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Full text of "Les Femmes du Canada [microforme] : leur vie et leurs oeuvres"

IMAGE EVALUATIO;^ 
TEST TARGET (MT-S) 




1.0 



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CIHM/ICMH 

Microfiche 

Séries. 



CIHM/iCMH 
Collection de 
microfiches. 




Canadien Institute for Historicai Microreproductions institut canadien de microreproductions historiques 

1980 



El 



Technical Notes / Notes techniques 



The Institute has attempted to obtain the best 
original copy available for filming. Physical 
features of this copy which may alter any of the 
images in the reproduction are checked below. 




D 



Coloured covers/ 
Couvertures de couleur 



Coloured maps/ 

Cartes géographiques en couleur 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire 
qu'il lui a été possible de se procurer. Certains 
défauts susceptibles de nuire à la qualité de la 
reproductiorr sont notés ci-dessous. 



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D 



Coloured pages/ 
Pages de couleur 



Coloured plates/ 
Planchai en couleur 



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Pages discoloured, stained or foxed/ 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 



Tight binding (may cause shadows or 
distortion along intarior margin)/ 
Reliure serré (peut causer de l'ombre ou 
de la distortion le long de la marge 
intérieure! 



D 



D 



Show through/ 
Transparence 



Pages damaged/ 
Pages endommagées 



Mi 

in 

up 

bo 

fol 



S 



Additional comments/ 
Commentaires supplémentaires 



Certaines pages restaurées et pelllculées. 



Bibliographie Notes / Notes bibliographiques 



D 

n 



Only édition available/ 
Seule édition disponible 



Bound with other matériel/ 
Relié avec d'autres documents 



D 
D 



Pagination incorrect/ 
Erreurs de pagination 



Pages missing/ 

Des pages manquent 



D 



Cover title missing/ 

Le titre de couverture manque 



D 



Maps missing/ 

Des carlins géographiques manquent 



D 



Plates missing/ 

Des planchas manquent 



D 



Additionai comments/ 
Commentaires supplémentaires 



The images appearing hère are the beat quality 
possible considering the condition and legibility 
of the original copy and in keeping with the 
filming contract spécifications. 



Les images suivantes ont été reproduites avec le 
plus grand soin, compte tenu de la condition et 
de la netteté de l'exemplaire filmé, et en 
conformité avec les conditions du contrat de 
fiimage. 



The lest recorded frame on each microfiche shali 
contain the symbol —^- (meaning CONTINUED"), 
or the symbol V (meaning "END"), whichever 
applies. 



Un des symboles suivants apparaîtra sur la der- 
nière image de chaque microfiche, selon le cas: 
le symbole — ► signifie "A SUIVRE", le symbole 
V signifie "FIN". 



The original copy was borrowed from, and 
filmed with, the kind consent of the following 
institution: 

Library of the Public 

Archives of Canada 

Maps or plates too large to be entirely included 
in one exposure are filmed beginning in tha 
upper left hand corner, left to right and top to 
bottom, as many frames as required. The 
following diagrams illustrate the method: 



L'exemplaire filmé fut reproduit grâce à la 
générosité de l'établissement préteur 
suivant : 

La bibliothèque des Archives 

publiques du Canada 

Les cartes ou les planches trop grandes pour être 
reproduites en un seul cliché sont filmées à 
partir de l'angle supérieure gauche, de gauche à 
droite et de haut en bas, en prenant le nombre 
d'images nécessaire. Le diagramme suivant 
illustre la méthode : 



1 


2 


3 




5 



.,i^j\ru^vj 






L 



u 



SON EXCELLENCE LA COMTESSE DE MINTO. 
Présidente d'honneur du Conseil National des Femmes du Canada 



Les Femmes du Canada 



Leur Vie et leurs Œuvres 



OUVRAGE COLLIGÊ PAR 

LE CONSEIL NATIONAL DES FEMMES DU CANADA 

d'après le désir exprimé PrtR 

L'HONORABLE SYDNEY FISHER 

MINISTRE DE l'agriculture 



POUR ÊTRE distribué X 



L'Exposition Universf^lle de Paris 

1900 



ida 



* I 



HQ 



/ I 




A 



LA COMTESSE D'ARERDEEN. 
Fondatrice et Présidente consultative du Conseil National des Femmes ilu Canada. 



PRÉFACE. 



Dans le mois de mai, 1898, une délégation du Conseil national 
des Femmes du Canada se rendait auprès de M. Sydney Fisher, le 
ministre chargé de la section canadienne à l'Exposition de Paris, et 
le priait d'assurer aux femmes du Canada un local suffisant à cette 
exjwsition. C'est cette entrevue qui a déterminé la publication du 
présent volume. 

La délégation qu'en ma qualité d'alors de présidente du Con- 
seil, j'eus l'honneur de présenter, avait à sa tête les deux vice-pré- 
sidentes, lady Laurier et lady Thompson, et comprenait des femmes 
de marque de toutes les provinces de la Confédération. 

Aprèi mûre considération, M. Fisher, au nom du gouverne- 
ment canadien, déclara qu'il était disposé à nous accorder un peu 
plus que ce que nous avions demandé, et émit la brillante idée 
d'assurer aux Femmes du Canada une représentation plus durable 
que ne pourrait donner une section féminine. 

Il invita notre conseil à préparer un ouvrage qui donnerait un 
aperçu de l'histoire, des travaux et de. la condition des femmes 
canadiennes prises en masse. La proposition du ministre ayant été 
acceptée par le Conseil, le poste responsable de rédacteur en chef 
me dévolut. Ma responsabilité était grande, assurément ! Mais 
lorsque je cherchai à me rendre compte de ce qu'elle était, je 
m'aperçus qu'elle était disparue. 

Le comité de publication qui se chargea de la préparation du 
livre, nomma des comités, des compilatrices, des correcteurs, avec 
de si bons résultats, qu'il ne me reste plus que l'agréable tâche de 
présenter les auteurs du volume à leurs lecteurs, et d'offrir les 
remerciements du conseil aux amis nombreux qui ont rendu pos- 
sible cette publication. Mais c'est bien ici que mon embarras com- 
mence, car ces amis et ces aides ont nom légion. 

Nos pensées se reportent d'abord naturellement vers lady 
Edgar, laquelle en qualité de présidente suppléante, inaugura tout 
le travail du comité de publication, au milieu de difficultés et d'in- 
quiétudes multiples, assistées par les officiers du Conseil et Mlle 
McKay Scott, secrétaire intérimaire. Puis, lorsque nous jetons un 
regard sur les manuscrits prêts à être livrés à l'imprimeur, nous 



IV. 



PRÉFACE 



nous rendons compte de l'étendue de nos obligations envers celles 
qui ont fait la compilation des statistiques et des autres renseigne- 
ments, qui ont écrit les essais, qui ont convoqué les comités de 
section ; envers le comité de révision, et enfin et surtout, envers les 
deux dames sur qui est retombée la masse du travail, Mme G. A. 
Druramond, présidente du comité de publication, et Mlle Teresa F. 
Wilson, secrétaire du Conseil national des Femmes du Canada. Ces 
dames, à leur tour, me prient de dire qu'elles n'auraient jamais pu 
arriver au bout de la tâche que nous leur avions imposée, si ce 
n'avait été de l'obligeance et de la bienveillance des fonctionnaires 
du gouvernement fédéral comme des gouvernements des provinces, 
à commencer par M. Sydney Fisher, par le conservateur de la 
bibliothèque du parlement, par le chef de la statistique et par le 
directeur de l'imprimerie nationale, en descendant (y compris nombre 
d'autres par tojt le pays), lesquels ont fait preuve d'une patience et 
d'un bon vouloir inaltérables en répondant à nos demandes répétées 
et grandissantes de renseignements et d'aide. Personnellement, je 
suis très désireuse d'exprimer ma reconnaissance à cette armée de 
nos collaborateurs que j'ai pressés de questions relatives aux choses 
passées, présentes et futures. 

Les compilatrices de ce volume désirent maintenant soumettre 
le résultat de leurs travaux et de leurs recherches au gouvernement 
canadien et au public, avec l'autorisation et l'approbation de notre 
présidente d'honneur, son excellence la comtesse de Minto, et de 
notre présidente générale, lady Taylor ; mais elles le font avec 
crainte. Elles voudraient que le volume fût plus à la hauteur du 
sujet et de l'effort accompli, et elles n'ont que trop conscience des 
nombreuses omissions et imperfections qu'on peut leur reprocher. 
Elles prieront toutefois leurs critiques de tenir compte des difficultés 
contre lesquelles elles ont en à lutter, en cherchant à couvrir dans le 
court espace d'un hiver un champ aussi vaste et aussi peu exploré. 

Elles espèrent que ces aperçus, tou^ rapides et insuffisants qu'ils 
sont nécessairement, serviront à donner aux étrangers réunis à la 
grande Exposition internationale dans cette belle ville de Paris, 
quelque idée du bonheur, de la liberté et des facilités d'avancement 
dont jouissent les femmes vivant sous le sceptre bienfaisant de 
" Notre Dame du clair Soleil et dt^ Neiges." 

ISHBEL ABERDEEN. 



EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS. 1900. 
COMMISSION CANADIENNE. 



SECTION FEMININE. 



Sous la direction du Conseil National des Femmes du Canada. 



VE COMITE DE PUBLICATION. 



iN. 



Présidente : 
Mme g. a. Drummond, 874 rue Sherbrooke, Montréal. 

Lady Taylor, Présidente du Conseil, 49 Madison Avenue, Toronto. 

La Comtesse d'Aberdeen, Présidente consultative, Haddo House, Aberdeen. 

Mme Boomer, 538 rue Dundas, London (Ontario). 

Mme J. Cox, McGill University, Montréal. 

Mme J. V. Ei,us, rue Princess, Saint John (Nouveau-Brunswick). 

Mme E. Griffin, " The Russell", Oitawa. 

Mme h. g. Lamothe, 55 rue St. James, Ottawa. 

Mme Learmont, 30 rue McGregor, Montréal. 

Miss McKay Scott, 26 rue Albert, Ottawa. 

Mme Thibaudeau, 837 rue du Palais, Montréal. 

Mme Tilton, 37 rue Gloucester, Ottawa. , • 

Mme Hoodless, trésorière, " Eastcourt ", Hamilton (Ontario). 

Mme Willoughby Cummings, archiviste, 44 rue Dawson, Toronto. 

Miss Teresa F. Wilson, secrétaire, bureau central, 578 rue Somerset, Ottawa. 

(Les présidentes de sous-comités sont aussi d'oflSce membres du comité ci- 
dessus). 



ti 



SOUS-COMITES. 



Assistance KT Correction. 

Mme Thibaudeau (présidente) Montréal. 

Mme Learmont Montréal. 

Mme Léo * Montréal. 

Miss Machar Kingston. 

Mme Mackay Portage-du-Rat (Ontario) . 

Mme McLennan Montréal. 

Miss Murray Saint-John. 

Mme Parker Winnipeg (Manitoba). 

Miss Perrin Victoria (Colombie-britannique) . 

Mme Rottot Montréal. 

Dr. Stowe GuUen Toronto. 

Mme Jules Tessier Québec. 

Mme F. H. Torrington Toronto. 

Éducation. 

Miss H. Bartley (présidente, section catholique) Montréal. 

Miss Hunter (présidente, section protestante) Montréal. 

Mme Anderson Charlottetown ( Ile-de-Prince-Édouard ) . 

Mme Boomer London (Ontario). 

Mme Cameron Vemon (Colombie-britannique). 

Mme Gérin-Lajoie Montréal. 

Mme Skinner Saint-John. 

Mme de Sola Montréal. 

MÉTIERS ET Industries. _ • . ■ , 

Mme J. V. EUis (présidente) Saint-John. 

Mme Beecher Vancouver Colombie-britannique. 

Miss Carlyle Toronto. 

Miss Derick Montréal. 

Mme Geggie Québec. 

Mme Hoodless , Hamilton. 

Mme McCready Charlottetown. 

Mme Provencher Montréal. 

Professions et Carrières. 

Mme O. C. Edwards (présidente) ....Montréal. 

Mme. McLagan Vancouver. 



Vie Sociale. 



Miss Reid (présidente) Montréal. 

ainsi que les représentantes de la Wotnen's Christian Tempérance 
Union, de la Young IVomen's Christian Association, de la Girls' 
Friendly Society, de la King's Daughters et de V Association Aber- 
deen. 



SOUS-COMITES— ^KîV^. 



vii* 



Bkaux-Arts, Arts Industriel, Théâtre et Musique. 

Mme Digiiam ( présidente) Toronto. 

Miss Florence Carlyle Woodstock (Ontario) . 

Miss Eniil y Denison Toronto. 

Mme Stanton Dymond Toronto. 

Mlle Gérin-Lajoie Montréal. 

Miss Phillips Montréal. 

Lady Tilley St. John. 

LiTTéRATTTRE. 

Mme Thomas Ahearn (présidente) Ottawa. 

Mlle B.irry (Françoise) Montréal. 

Mme W. Wilfred Campbell Ottawa. 

Miss FitzGibbon Toronto. 

Mme Harrison (Seranus ) Toronto. 

Miss Mcllwraith Hamilton. 

Miss Agnes Scott Ottawa. 

CEUVRES Reugieuses. 

Miss Sadlier (présidente, section catholique) Montréal. 

Miss Eltnine Drummond Montréal. 

Miss Guerin Montréal. 

Mme H. -G. L,amothe Ottawa. 

Mlle Quigley Québec. 

Mme Tilton (présidente section protestante) Ottawa. 

Mme R. L. Borden Halifax (Nouvelle- Ecosse). 

Mme BuUock Saint-John. 

Mme Cleland Victoria. 

Mme Fortin Winnipeg. 

Mme Foster Knowlton (Québec). 

Mme Gibson Hamilton. 

Mme Grisdale Regina (Territoires du Nord-Ouest). 

Mme Maxwell Charlottetown. 

Femjies Indiennes. 

Mme Willoughby Cummings (présidente) Toronto. 

Dr. Susan Boy le Toronto. 

Mme Forget Regina, 

Miss Pauline Johnson Brantford (Ontario). 



Immigration, 



Miss Proctor, représentant Mme Cox (présidente) Ottawa* 

Mme Bryce Winnipeg. 

Miss O. Fowler Winn'peg, 

Mme McKinnon Vancouver. 



TABLE DES MA TJERES 



IX. 



TABLE DES MATIERES. 

PAGES 

Préface par la Comtesse d'Aberdeen, directrice ni 

CHAP. I.— INTRODUCTION, par Mme G. A. Drummond, présideLce du 

comité de publication i ^ 

CHAP. II.— LE PASSÉ ET LE PRÉSENT des Femmes Canadiennes. 

Essais : 

Femmes du Canada —Aperçu historique 6 - 

La Canadienne de langue anglaise au foyer et dans ses 

relations sociales, par Miss lily Dougall, Montréal 17 

Coutumes canadiennes-françaises, par Mme Dandurand, 

Montréal 24 

La vie de famille dans V Ouest, par Mme McEwen, Brandon 

( Manitoba) 33 

CHAP. III.— ÉTAT CIVIL ET POLITIQUE. 
Essais : 

L'étaf civil de la femme au Canada (excepté la province 
d',î Québec), par Miss Clara Brett Martin, bachelier 

en droit, Toronto 36 

L'état légal des femmes dans la province de Québec, par Mme 

H. Gérin-Lajoie, Montréal 44 

La condition politique de la femme, par Mme G. C. Edwards, 
Montréal 54 

CHAP. IV.— PROFESSIONS ET CARRIÈRES. 
Essais : 

Les Professions ouvertes aux femmes, par Miss Carrie M. 
Derick, Montréal 61 

Relevé par Mme O. C. Edwards, Montréal. 

Éducation professionelle 67 

Médecine 70 

Droit 75 

Théologie 76 

Chimie et Pharmacie 76 

Chirurgie dentaire - 

Journalisme et imprimerie 

Soin des malades 83 

Massage 92 

Sténographie ; 92 

Autres occupations 93 ^ 

Tableaux statistiques, etc 96 

(Pour l'Enseignement, les Arts, la Musique et le Théâtre, 
Toir les autres sections. ) 



X. TABLE DES MA TIERES 

CHAP. V.— MÉTIERS ET INDUSTRIES. 
Essai : 

Le développement industriel possible du Canada, par Mme 
Hoodless, Hamilton loo 

Relevé par Mme J. V. EHis, Saint-John, Nouveau-Brunswick. 

Tableaux statistiques lo6 

Lois réglementant le travail dans les fabriques 1 14 

Loi des magasin? 115 

'" Le "Sweating" 117 

Sociétés de prévoyance 117 

Service domestique 119 

CHAP. VI. 

i" Éducation Angi^aise. 
Essai : 

L' éducation des Canadiennes de langue anglaise : Quelques 
considérations générales, par Miss Cartwright, Toronto. 121 

Relevé par Miss Hunter, Montréal. 

Universités . . 125 

Écoles Normales '. .... 131 

Éducation élémentaire et secondaire : 

'•*'^' Remarques générales 137 

High Schools et Collégiale Institutes 150 

• • ■ • CoUègesde jeunes-filles 153 

• •■ Écoles privées 158 

Écoles techniques 160 

Jardins de l'enfance 161 

Écoles du soir 162 

Écoles pour "Défectueux"(aveugles, sourds-muets, etc.) 163 

2° Éducation Françaisb. ' .' ' "' "^ ' "" 

Essai: " • 

Nos établissements d^éducation, par Mlle Angers, Malbaie 

(Québec) 166 

Relevé par Miss H. Bartley, Montréal. ■•'-'--. 

Universités 173 

Couvents et académies 173 

Écoles des commissaires , 184 

Éccles séparées 187 

Écoles privées 188 

Écoles techniques 188 

Écoles des missions 189 

3* Bibliothèques 191 



TABLE DES MA TIÈRES 



xî. 



CHAP. VII.— WTTERATURE. 

Essais: 

Les f^ -nmes prosateurs de 1cnf[us anglaise au Canada, par 

Miss Fitzgibbon, Toronto 196 

Poètes, par Mme W. Wilfrid Campbell, Ottawa 204 

Les femmes canadiennes dans la littérature, par Mlle R. 

Barry ( Françoise) , Montréal 209 

Relevé par Mme Thomas Ahern, Ottawa. 

Poésie 216 

Roman 221 

Histoire, biographie, etc 226 



CHAP. Vni.— BEAUX-ARTS, ARTS INDUSTRIELS, MUSIQUE ET 
THÉÂTRE. 
Essai : 

Les Femmes du Canada dans et le développement des arts, 

par Mrs. Dignam, Toronto 228 

Relevé par Mme Dignam. 

1° Beaux-Arts. 

Associations, sociétés et clubs 236 i- 

Écoles d'arts et de dessin 239 

Écoles et Collèges où les arts sont enseignés 240 

Femmes distinguées dans les professions artistiques 243 

Femmes écrivains qui ont traité des arts 246 

Miniaturistes 246 

Dessinatrices 248 

Photographes 248 

a" Arts Industriel. 

Dentelle 248 

Broderie 249 

Sculpture sur bois 249 

Reliure 249 

Travail du cuir 249 

3° Musique. 

Sociétés musicales 251 

Collèges et Conservatoires 252 

Femmes compositeurs 254 

Critiques et écrivains traitant de la musique 255 

Pianistes, vocalistes et instrumentistes 255 

Notices biographiques, par Mlle Gérin-Lajoie 256 

4" Théâtre. i 

Cercles dramatiques 258 

Écoles d'art dramatique 258 

Critiques dramatiques et dramaturges 2.59 

Notices biographiques 259 

Xectrices dramatiques 260 



dl. 



TABLE DES MA TIERES 



CHAP. IX.— SOCIETES ORGANISEES NATTONALEMENT. 

Essai : * 

Conseil National des femmes du Canada y ce quHl signifie et 

ce qu'il/ait, pr»r la Comtesse d'Aberdeeii , . 265 ^ 

Relevé, par Miss Helen R. Y. Reid. 

Le Conseil National des Femm,,s du Canada 278 

The Women's Christian Tempérance Union 281 

The Voung Women's Christian Association 283 

The Dominion Order 0/ thc King's Daughters and Sons. . . 286 

V Ordre des Infirmières Victoria 287 

L' Association Aberdeen 291 

The National Home Reading Union 292 

• • The GirVs Friendly Society 0/ Canada 293 

The Dominion IVoman's En/ranchisement Association '>94 

The IVoman's Art Association (voir section des Arts) 



î 



:hap. X.— ceuvres rei^igieuses. 

(i) Cathouquks Romaines. 

Essai: 

Œuvres de foi et de charité, par Mme Jette, Québec 296 

Relevé par Miss Sadlier, Montréal. 

Les ordres contemplatifs 304 

Les ordres actifs, confréries, etc 306 

Statistiques 314 

(2) Autres que les Catholiques Romaines, 

Essai: 

Les oeuvres religieuses des femmes de religion protestante 
au Canada, par Miss F. E. Murray, Saint-John Noaveau- 
Brunswick 320 

Relevé par Mme Tilton, Ottawa 
(a) CEuvre?: religieuses organisées. 

Communion méthodiste 327 

•' presbytérienne 329 

'• anglicane 331 

" baptiste 333 

" congrégationnelle 334 

" épiscopalienne réformée 335 

autres sectes 335 

" juive 338 

{b) CEuvres religieuses sans distinction de communion. 

Missions urbaines 339 

Emulation chrétienne 340 

Confratemity of the Lord' s Tenth 340 



TABLE DES MA TIERES xiii. 

CHAP. XI.— CHARITÉS ET CORRECTION. 

Relevé par Mme Thibaudeau, aidée de Mn e T^annotit. Montréal. 

Lois réglementant Tassistance 34' 

Sociétés de concentration des œuvres 349 

Orphelinats et sociétés de l'enfance (garçons et filles) 350 

Établissements hospitaliers, généraux, pour enfants, hôpi- 
taux des accouchements, hôpitaux pour maladies conta- 
gieuses, pour phtisiques 367 

Hospices d'incurables, d'intempérants 383 

Institutions de sourds-muets, d'aveugles, asiles d'aliénés, 

d'imbéciles 383 

Dispensaires de médicaments, maisons de convalescence, 

dispensaires diététiques 389 

Soins à domicile 389 

Refuges de jeunec femmes 392 

Asiles d'indigents, hospices de vieillards, d'infirmes 392 

CEuvres de relèvement moral, et œuvre des prisons 404 . 

CEuvres de miséricorde 409 



CHAP. XII.— ASSOCIATIONS DIVERSES. 

Relevé par Miss Helen R. Y. Reid, Montréal 

Sociétés patriotiques 421 

^ Sociétés historiques 422 

Sociétés scientifiques 424 

Sociétés et cercles littéraires 427 

Associations et clubs politiques 430 

Associations athlétiques et de sport 430 

Bourses de travaux décoratifs 433 . 

Cercles de jeunes filles, maisons de campagne 434 



CHAP. XIII.— IMMIGRATION. 

Essai : 

D Immigration^ par Miss Mallock, Montréal 436 

La Colonisation, par Mlle Bélanger, Montréal 444 

Relevé par Miss Proctor, Ottawa. 

Renseignements généraux 450 

Adresses des agents 456 

Sociétés d'émigration 457 

Refuges d'immigrants 459 



Iî 



adv. TABLE DES MA TIERES 

CHAP. XIV.— FEMMES INDIENNEvS. 

Essai : 

La femme indienne du Canada, ses industries, son édu- 
cation et sa religion, par Mme Willoughby Cummings, 
Toronto 462 

La femme indienne des provinces de V Ouest, par Mme 
Forget, Regina (Territoires du Nord-Ouest) . . 466 

La Femme indienne des provinces de PEst, par D. Boyle et 
autres, Toronto 470 

Les Iroquoises du Canada, par l'une d'elles. Miss E. Pauline 
Johnson, Brautford 472 



62 

66 
7o 
72 



i I 




PRKSIDENTE ET MEMBRES 
du Comité de Publiciition. 



INTRODUCTION 



CHAPITRE I. 



INTRODUCTION. 



A une i.isemblée du comité exécutif du Conseil national des 
Femmes du Canada, tenue à Ottawa, le 9 mai 1899, fut lue une 
lettre de l'honorable Sydney Fisher, ministre de l'Agriculture et 
président de la Commission de l'Exposition de Paris, donnant les 
vues de la Commission à l'égard de la représentation des femmes 
canadiennes à l' Exposition. Ces vues, en bref, étaient les suivantes ; 
qu'en raison du manque d'espace, et dans la persuasion qu'une 
clarsification à part des travaux de la femme ne serait pas flatteuse 
pour :^l!e (bien au contraire), la Commission était d'avis qu'il ne 
devrait pas y avc'r dans la section canadienne d'espace particulière- 
ment réservé aux ouvrages manuels féminins ; mais que les femmes 
p3urraient contribuer plus efficacement à répandre parmi les étran- 
gers, à l'occasion de l'Exposition de Paris, une connaissance plus 
juste de notre pays, en présentant un exposé de leur vie et de leurs 
intérêts en un volume écrit par elles-mlmes. La Commission était 
disposée, en conséquence, à confier la préparation d'un ouvrage de 
cette nature au Conseil national des Femmes, avec l'entente que le 
gouvernement du Canada en supporterait les frais de publication. 

Les dames du Conseil, entrant dans les vues des Commissaires, 
se mirent courageusement à l'œuvre, bien que le peu de tempr, à 
leur disposition et la nouveauté de l'entreprise, qui n'avait pas encore 
été tentée au Canada, les fisser* douter quelque peu de la possibilité 
de mener cette tâche à bonne ..a. 

Il fut nommé un comité de publication, qui dressa un plan pour 
le volume projeté, et s'assura des services d'écrivains et de compila- 
trices pour la préparation de ses diverses parties. Les détails de 
leur plan d'action ne sauraient guère intéresser la plupart des 
lecteurs, lesquels pourront, s'il leur plait, omettre la lecture de 
l'alinéa suivant, le passage qu'il renferme étant surtout à l'intention 
de ceux qui pourront plus tard s'engager dans une semblable 
entreprise. 

Il fut décidé de distribuer le travail, suivant les sujets, entre les 
personnes plus particulièrement aptes à traiter de chacun d'eux, 



Il !i 



8 



FEMMES DU CANADA 



1 i' 

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'\ 
If 



i 



lesquelles, formées en comité, dresseraient la liste des questions rela- 
tives au sujet, et compileraient les renseignements reçus en réponse 
aux questions. Afin de réduire les dépenses, il fut convenu qu*^ 
tous les questionnaires seraient imprimés à Ottawa, à rim.primerie 
nationale, et que toute correspondance relative à cet ouvrage se ferait 
franc de port par l'intermédiaire du ministre de l'Agriculture. Il 
avait été suggéré par les Commissaires que le volume projeté 
devrait comprendre des exposés sous forme littéraire aussi bien que 
.sous forme de tableaux. 

En conséquence, des mesures furent prises pour la préparation 
d'un certain nombre de courts articles ou essais sur des sujets de 
même nature que ceux assignés aux compilatrices, et ces écrits 
devaient compléter la connaissance des œuvres des Femmes du 
Canada, en donnant un aperçu de leur développement historique et 
des traits sai''ants de leur existence. Ces essais et compilations 
devaient être remis le plus tôt possible en 1900 ; la mise en ordre des 
diverses parties devait être faite par des membres du comité de publi- 
cation (chaque collaboratrice, toutefois, gardant la responsabilité des 
opinions émises par elle) ; et le volume une fois complété devait être 
envoyé à l'Exposition de Paris en avril, ou au plus tard, en mai. 

Tel fut le plan d'action suivi dans la préparation de ce livre. 
Nous le donnons ici pour le bénéfice de ceux ou de celles qui, nous 
l'espérons, chercheraient dans un avenir rapproché à combler une 
lacune regrettable, en préparant un almanach exact et complet des 
œuvres et des organisations féminines dans la Confédération cana- 
dienne. Le présent volume n'a pas cette portée. I^a préparation 
en fut entreprise au moment où s'ouvrait la saison des villégiatures, 
et lorsqu'on ne pouvait plus s'attendre raisonnablement à recevoir 
des travaux en réponse aux questions qui pourraient être posées. 
En conséquence, le travail préliminaire de l'envoi des questions ne 
put être commencé avant que la société fût de retour à ses foyers 
vers la fin de septembre. Il ne resta ainsi que fort peu de temps 
pour faire la compilation, ou plutôt pour obtenir les réponses, les 
instances, dans certains cas, devant être renouvelées plusieurs fois, 
au grand ennui de l'une et de l'autre partie. Dans plusieurs cas 
également, la réponse ne cadrait pas avec la question, et ici sans 
doute, chacun peut prendre sa part du blâme, car il nous faudrait un 
second Socrate pour nous enseigner l'art de poser les questions et 
d'y répondre. Un autre obstacle, c'est que le travail se trouva à 
retomber presque entièrement sur les présidentes de comité, non 



INTRODUCTION 



pas par suite de mauvaise volonté de la part des autres membres, 
mais parce que les grandes distances rendaient toute collaboration 
npossible. Il n'est que juste pour les compilatrices de mentionner 
ces difficultés, et nous le faisons non pas pour les excuser (car à 
notre avis il n'y a pas lieu de leur chercher des excuses), mais pour 
faire compiendre qut dans des circonstances plus favorables, le 
livre aurait pu être mieux fait, et qu'il jra désormais plus facile 
d'en écrire un meilleur, la voie étant préparée. 

Disons quelques mets des matières dans leur ordre. En premier 
lieu, figure un essai historique, évocation pittoresque d'un passé 
court mais mouvementé, étude des origines du peuple canadien, issu 
c. Acadiens, de Franco-Normands, ou de " lyoyalistes " et colons de la 
Nouvelle- Angleterre. Trois essais descriptifs nous amènent ensuite 
à considérer la vie de famille et ia vie sociale des femmes cana- 
diennes d'aujourd'hui; puis, trois courtes études nous font connaître 
les lois et les coutumes qui règlent leurs rapports dans la vie privée 
et dans la vie publique, La condition civile et politique des femmes 
canadiennes se trouvant ainsi définie, deux chapitres sont consacrés 
à la connaissance de leurs moyens d'existence et des carrières qui 
leurs sont ouvertes pour l'exercice de talents spéciaux. Suit un 
chapitre important sur l'Education, expasant les avantages qu'offre 
le Canada, par ses écoles et ses universités, pour le développement 
des aptitudes individuelles ; puis, dans l'ordre naturel de succession, 
viennent des chapitres sur l'art et la littérature, où l'on voit 
comment les femmes canadiennes ont exprimé leurs sentiments 
propres dans leurs oeuvres en prose, en vers, par la peinture, par la 
musique et au théâtre. 

Nous allons laisser là maintenant la condition individuelle de la 
femme canadienne et les facilités d'avancement qui lui .sont offertes 
pour faire l'examen de ces organisations au moyen desquelles elle 
acquiert la puissance qui résulte de l'action corporative. La 
première par ordre, comme étant la plus vaste, est le Conseil 
national des Femmes, institué par la comtesse d'Aberdeen, en 1893, 
l'année que lord Aberdeen devint gouverneur général du Canada. 
L'histoire du Conseil est racontée par sa fondatrice, dont la forte et 
sympathique personnalité a servi de trait d'union entre ses éléments 
divers, et n'a cessé de lui inspirer de nobles fins. Des aperçus sont 
ensuite donnés d'autres sociétés à organisation nationale ayant pour 
oùjet la promotion des arts libéraux ou le développement de la 
pratique d'une vie nationale, pure, vraie et noble. Il n'est pas 



FEMMES DU CANADA 



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possible dans l'espace a notre disposition de donner plus qu'un 
aperçu sommaire des fins et des travaux de ces sociétés, qui sont des 
facteurs puissants de relèvement et d'embellissement de l'existence 
du peuple canadien. 

Le chapitre suivant traite d'associations d'un autre ordre, celles 
des femmes engagées dans les œuvres ou les communautés reli- 
gieuses. Il serait diflBcile de donner la statistique de ces œuvres ; 
celles des communautés religieuses sont essentiellement discrètes, se 
poursuivent sans bruit ; quant aux initiatives des femmes du monde 
en matière religieuse, elles sont trop nombreuses pour être 
racontées. On observera que les communautés dont la fin spéciale 
est la contemplation et la prière, sont classées parmi les œuvres 
religieuses, leur vexation étant de cette sorte reconnue comme 
principe d'énergie, et non comme état de pure passivité. 

Des œuvres religieuses, nous passons à un exposé général des 
institutions et des associations d'assistance et de bienfaisance du 
Canada, en tout ou en partie sous la direction de femmes. La 
grande place qu'elles occupent montre bien qu'au Canada comme 
dans les pays plus anciens, la charité et la philanthropie ont bien des 
occasions de s'exercer ; qu'il y existe des abus à corriger, des torts 
à redresser, des choses anciennes qui ont besoin d'être rajeunies ; 
mais ce n'est pas tant l'existence de ces choses qui se trouve ainsi 
signalée, mais plutôt leur amélioration. 

Il est ensuite question de ces associations et cercles locaux qui 
jouent un rôle si important dans la vie et le développement d'une 
société, en suscitant et entretenant des sympathies d'intérêts, et en 
établissant des relations sociales fondées sur la communauté de goûts 
plutôt que régies par les conventions. 

Restent deux chapitres, un sur l'immigration, l'autre sur les 
femmes indiennes : le volume se termine par une invitation aux 
femmes de l'ancien monde et un coup d'œil rétrospectif sur les 
femmes primitives du nouveau. C'était un bon temps que cette 
époque reculée où la femme indienne rentrait la récolte et chantait 
son hymne de louanges au soleil, ou se faisait entendre dans les conseils 
de guerre. Mais c'est une époque meilleure aujourd'hui, car sous 
les rayons du dieu-soleil qui luit comme autrefois, vivent les descen- 
dants de deux races venues de l'ancien monde et qui, sous un même 
sceptre, jouissent simultanément des franchises d'un grand empire ; 
et un nouveau conseil des Femmes est apparu dont la devise est la 



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INTRODUCTION 



grande loi de charité chrétienne.* Et re livre émane des femmes 
du Canada pour faire connaître quelque chose de la genèse de la plus 
jeune des nations ; pour dire comment elle grandit et va atteindre 
sa pleine croissance, non seulement par la prospérité matérielle, 
mais par " la force de l'intelligence et du savoir, par l'empire de la 
beauté, par l'influence des coutumes et de la vie sociale," et par 
dessus tout par " la puissance de la conduite". 

Un mot encore pour terminer. De crainte que le titre de cet 
ouvrage et son contenu ne fassent penser que nous désirons établir 
une séparation ou une rivalité entre "la vie et les oeuvres" des 
femmes et celles des hommes, nous dirons que notre classification 
n'est établie que pour plus de commodité ; et notre espoir repose 
plutôt dans ce sentiment grandissant de mutuelle dépendance qui 
rapproche hommes et femmes en une association plus étroite, et les 
envoie, non pas isolément, mais la main dans la main, pour secourir 
et sauver le monde. 

G. JULIA DRUMMOND. 



* Essai historique, p. 5. 



FEMMES DU CANADA 



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CHAPITRE II: 



LE PASSE ET LE PRESENT DES FEMMES CANADIENNES. 



FEMMES DU CANADA.— APERÇU HISTORIQUE. 



I: 1 



:: I 






Au temps où il restait encore de nouvelles terres à découvrir, 
les femmes se trouvaient toujours, figura tivement parlant, reléguées 
dans les vieux territoires de servitude ; c'est pourquoi aucun nom 
de femme n'apparaît parmi les noms de ceux qui ont découvert et 
exploré les premiers le Canada, 

Il est impossible de déterminer l'influence de la femme dans les 
hardies expéditions de Jean Cabot, de Jacques Cartier et de 
Champlain, mais, certainement, son rôle n'a été ni pittoresque ni 
brillant. Dans les fastes de cette histoire, elle se tient à l'écart, 
douce, modeste, obscure ; sa puissance se sent et ne se voit pas ; 
c'est le pouvoir derrière le trône. 

Pas un marin, faisant voile vers ce continent inconnu, ne sem- 
ble avoir eu le pressentiment prophétique que, dans un avenir peu 
éloigné, il serait connu comme le paradis des femmes. Et cependant, 
au cœur même de ce continent, il existait déjà ce que l'on pourrait 
appeler les symptômes précurseurs d'une haute destinée réservée à 
l'Amérique. 

Au dix-septième siècle, quelques femmes du désert étaient 
sorties de la sphère domestique et prenaient part ouvertement aux 
affaires publiques, intervenant même dans les questions de haute 
politique. L^es premiers explorateurs trouvèrent, entre autres 
choses surprenantes, dans la vallée de la Mohawk, une organisation 
très active et très estimée, connue sous le nom de " Conseil des 
Femmes " . 

Son but et son objet différaient cependant du but et de l'objet 
de l'organisation actuelle portant le même nom. 

Il avait le droit de prendre l'initiative dans la discussion, de 
présente! des sujets à la considération du Conseil des chefs et des 
anciens où il se trouvait représenté par un délégué. Pour détermi- 



1 




PASSÉ ET PRÉSENT 

ner la succession d' un chef. !a voix du Conseil des Femmes était 
très puissante, sinon décisive. L'ingéniosité et le jugement du 
même Conseil dans l'invention et l'application des tortures aux 
prisonniers de guerre étaient considérés comme inestimables par 
la nation. * 

Les hommes de cette nation, ou plutôt de la confédération des 
cinq nations appelées collectivement Iroquois, étaient les sauvages 
les plus féroces du nouveau monde. Pendant un siècle, ils furent 
le fléau du Canada, et la liberté qu'ils accordaient à leurs femmes ne 
se recommandait pas plus aux Européens civihsés que leurs autres 
coutumes païennes. 

Bien qu'un continent puisse être découvert, exploré, et jusqu'à 
un certain point, exploité au point de vue commercial par des 
hommes seuls, il ne saurait être colonisé sans femmes. 

Au commencement du dix-septième siècle, des marins, et des 
marchands disséminaient dans toute l'Europe des informations 
mirobolantes concernant l'Amérique, et plusieurs puissances 
s'arrogeaient sans scrupule des droits de possession dans le nouveau 
monde. Les lys des Bourbons, flottant ça et là sur le bas Saint- 
Laurent et sur les plages de l'Acadie, proclamaient la souveraineté 
de la France sur l'extrême nord. Alors la question de colonisation 
devint urgente, et les Français tentèrent une solution qui montre 
bien l'instinct immuable de leur race en fait d'organisation sociale. 

Le temps était propice pour essayer de la colonisation : La 
féodahté était au seuil de la dissolution ; l'indépendance des sei- 
gneurs était menacée, et l'autorité du roi déjà dans l'ombre. Entre 
les seigneurs qui tenaient leurs terres directement de la couronne, 
et leurs vassaux, les réels cultivateurs du sol, s'élevait une classe 
moyenne nombreuse. De riches bourgeois, des artisans à l'aise, des 
fermiers même, profitant des nécessités, soit du seigneur titulaire, 
soit de ses intendants, acquéraient de la terre, clef de tous les biens 
désirables. 

Conséquemment, quelques seigneurs et gentilshommes tournèrent 
les yeux vers cette Nouvelle-France où le sol semblait inépuisable, 
et où, s'ils pouvaient y transporter leurs familles et leurs vassaux, 
ils pourraient rétablir leur fortune personnelle, pourvoir abondam- 
ment à l'avenir de leur postérité, et perpétuer l'ordre social tradi- 
tionnel qui semblait menacé de disparaître à jamais. 



* Lafitau," Mœurs des Sauvages. 



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8 FEMMES DU CANADA 

Les différentes compagnies de colonisation formées à cette 
époque étaient donc basées sur l'idée féodale et de la famille, à 
laquelle s'ajoutait cependant la perspective nouvelle et séduisante 
d'accroître proportionnellement la prospérité générale. Bien que 
les chefs de l'immigration s'attendissent à recueillir la plus grande 
part des bénéfices, tous leurs compagnons voyaient, dans l'avenir, 
leur condition considérablement améliorée, et plusieurs caressaient 
l'espérance de s'élever au-dessus du rang où ils étaient nés.* 

Considérant la nature humaine, on ne saurait douter que les 
femmes ne supportassent cordialement un tel mouvement. Un 
homme se laisse entraîner par une gloire inconnue, une grande 
récompense, ou par l'amour des aventures, mais c'est la femme qui 
poursuit la fortune pour l'amour du foyer et pour assurer l'avenir 
de ses enfants. C'est aussi la femme qui, peut-être, s'est toujours 
le plus inquiétée de l'élévation sociale. Ni les périls de l'océan ou 
de la forêt, ni la crainte de la faim ou de la souffrance ne sauraient 
intimider la femme d'un petit fermier dont l'imagination s'est 
ouverte à des espérances d'élévation sociale, et qui voit dans la 
nouvelle condition de son mari la possibilité pour lui d'atteindre au 
rang de gentilhomme, et, pour ses fils, la noblesse avec la possession 
de vastes domaines. 

Les différents projets de colonisation avaient en outre une 
Sympathie et un appui puissants qui s'adressaient directement aux 
femmes et semblait entourer ses entreprises d'une atmosphère de 
sainteté toute spéciale. A cette époque, l'église catholique voyait 
clairement une magnifique occasion d'étendre son autorité, et elle 
s'occupait tout particulièrement de la Nouvelle-France. 

Au sieur de Poutrincourt, brave gentilhomme de Champagne, 
appartient l'honneur du premier essai de colonisation. Il amena en 
Acadie Mme de Poutrincourt, leur famille, et une vingtaine de 
fermiers et de laboureurs. Le roi le nomma vice-roi de l' Acadie et 
lui donna des terres considérables. 

Dans une vallée charmante, arrosée par une belle rivière se 
jetant dans la mer, le sieur de Poutrincourt déboisa un certain 
espace, bâtit une maison de troncs d'arbres et entoura son établisse- 
ment de palissades pour le protéger contre la trop grande curiosité 
des sauvages. A cette indication pathétique de l'arrivée de la 
souveraineté française et du système féodal en Amérique, il donna 



* Rameau, Colonie féodcle en Amérique. 



■ytSi. 



PASSÉ ET PRÉSENT 



le nom de Port-Royal. Ce nom a survécu à Poutrincourt, à sa 
colonie et a plusieurs autres colonies plus récentes. 11 n'est réelle- 
ment tombé en désuétude que longtemps après que les Anglais, en 
r honneur de leur reine Anne, l'eurent changé en celui de Anna- 
polis. 

Biencourt, fils de Poutrincourt, qui succéda au titre honorifique 
de son père en Acadie n'ajouta rien à la colonie. Lui et ses com- 
pagnons consacrèrent toute leur énergie à la chasse et au conmierce 
des fourrures, firent société avec les sauvages, et cherchèrent le 
bonheur dans des sentiers bien éloignés de ceux d'une vie de famille 
respectable. 

Avant qu'aucun autre effort sérieux de colonisation ne fût 
tenté, r Acadie passa, par droit de conquête, aux mains de la Grande 
Bretagne et fût renc^ue à la France par le traité de Saint-Geniiain- 
en-Laye. Alors, pendant environ dix ans, on y déploya une grande 
activité. Le sieur de Razilly, chevalier de Malte, et Charles de 
Menou, sieur d'Aulnay de Charnisay et un grand nombre de 
seigneurs d'une piété éminente, ayant naturellement obtenu, de la 
couronne, des terres et des pouvoirs étendus, amenèrent environ 
quarante familles et un certain nombre de partisans célibataires. 
En même temps, M. Nicolas Denys établissait une pêcherie sur les 
côtes de l'Atlantique. Des unions (irrégulières pour la plupart) 
formées par ses employés avec les " squaws " souriquoises, sortirent 
des familles de Métis qui se fondirent graduellement dans la colonie 
de r Acadie. 

De temps en temps, pendant ce siècle, ces établissements furent 
renforcés par des aventuriers et des laboureurs ; mais la première 
importation formait la base et la masse de la population acadienne 
qui, en 17 13, alors que le pays devint finalement une possession 
anglaise, comptaient plus de 2,000 âmes. Quarante ans plus tard, 
quand les Acadiens furent si inhumainement dépouillés et si cruel- 
lement dispersés, ils avaient atteint le chiffre de 14,000 âmes. 

Pendant ce siècle de luttes, l'histoire dit peu de chose des 
femmes acadiennes. Nous n'avons aucun moyen de nous renseigner 
sur la manière dont les femmes ambitieuses des seigneurs pauvres 
et celles des riches marchands observaient l'étiquette, se jalousaient 
ou s'humiliaient les unes les autres, ni comment ces pauvres malheu- 
reuses arrangèrent leur vie lorsque leur rêve d'une grandeur illimitée 
se fut dissipé devant la rude et même terrible réalité. Il est 
cependant facile de conclure qu'elles étaient généralement braves. 



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FEMMES DU CANADA 



I I 






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industrieuses, patientes et fécondes, sans quoi la population ne se 
fût point accrue si régulièrement, et l'état de prospérité n'eût point 
été si général au moment de la déportation. Mais, si l'histoire a 
négligé les femmes acadiennes, la poésie les a immortalisées : quoi 
qu'elles aient pu être en réalité, Evangéline existe et restera. 

Les quelques restes des Acadiens qui, vers la fin du dix-huitième 
siècle revinrent vers leurs foyers les trouvèrent occupés et se joignirent 
à leurs compatriotes sur le golfe Saint- Laurent, ou formèrent de nou- 
veaux villages. Bien que leur nombre se soit considérablement 
accru, ils sont restés une .société isolée et n'ont eu aucun effet 
appréciable sur la marche du pays dans la voie du progrès. Au milieu 
du dix-huitième siècle, une colonie britannique s'établit à Chebucto 
(Halifax), et quelques années après la déportation des Acadiens, 
5,000 habitants de la Nouvelle- Angleterre s'emparèrent des fermes 
dé.sertes de Grand Pré. Ce sont leurs descendants qui, avec les 
sujets fidèles à l'empire, — " United Empire Loyalists," — ont impri- 
mé un caractère tout spécial aux provinces maritimes du Canada et 
se sont répandus sur tout le continent, emportant avee eux cette 
vigueur mentale, ce courage et cette intégrité qui distinguaient leurs 
ancêtre:^). 

Le désir d'implanter une société féodale dans un sol neuf, qui 
inspira la colonisation de l'Acadie, influença aussi, bien que moins 
exclusivement, la première émigration au Canada, dans la province 
de Québec. 

Dès le début, l'église catholique établit sur les bords du Saint- 
Laurent une suprématie ecclésiastique qui existe encore. Des prêtres 
de l'ordre des Jésuites accompagnaient chaque expédition de France, 
et, dans les explorations de Québec au lac Supérieur, précédaient les 
aventuriers les plus téméraires et les marchands les plus avides. Leur 
zèle désintéressé pour la capture des âmes dissimulées des Peaux- 
Rouges, se communiqua, par leurs Relations, à plusieurs grandes 
dames de France, et enflamma tellement quelques communautés 
religieuses de femmes qu'il s'y éleva une concurrence vive et acrimo- 
nieuse pour obtenir la permission de quitter la France et d'aller 
pratiquer l'abnégation au Canada. 

Des visions transmettant des ordres miraculeux de vocation 
levèrent les difficultés du choix. 

Dans une vision, une jeune veuve riche et d'une vive imagina- 
tion, Mme de la Peltrie .se vit choisie pour fonder le couvent des 
Ursulines à Québec ; et, en vision aussi, Marie Guyard, ursuline de 



PASSE ET PRESENT 



II 



Tours, fut élue pionnière de son ordre. Ces deux rêves se vérifièrent 
si bien que, vers la fin de l'été 1639, Mme de la Peltrie, Marie 
Guyard, la mère Marie de l'Incarnation et deux sœurs ursulines 
de l'hôpital et de l' Hôtel-Dieu de Diepi^e, tombaient à genoux sous 
les falaises de Québec et remerciaient Dieu de leur avoir fait traver- 
ser la mer en sûreté pour annoncer aux iiaïens un droit inaliénable 
aux joies et à la gloire du royaume céleste. 

La vie de ces femmes, et celles d'autres femmes qui les suivirent, 
furent de celles qui jettent un éclat lumineux sur les pages trop 
souvent souillées de ri'stoire de l'humanité. On peut dire que 
dans les annales d'aucune nation il n'existe un plus remarquable 
caractère que celui de leur directrice, la vénérable mère Marie de 
l'Incarnation. Sa nature tenait du mysticisme le plus élevé et du 
sens commun le plus pratique. Entre ces deux extrêmes, il y avait 
place, dans son exquise spiritualité et sa généreuse humanité, pour 
toutes les vertus, et même pour ces légères imperfections de carac- 
tère et de jugement qui, sans porter la moindre atteinte à sa sainteté, 
font ressortir sa nature féminine. 

A plusieurs reprises, la colonie fut menacée d'extermination par 
la famine, par la peste, par les Indiens, par les tremblements de 
terre, par le feu ; et toujouis, en toutes circonstances, l'horreur du 
tableau est mitigée, ses souillures sont ennoblies par la figure par- 
tout présente de la dévouée ursuline. 

Le caractère de la mcre Marie et celui de Mlle Jeanne Mance, 
fondatrice de l' Hôtel-Dieu de Montréal, donnèrent le ton à la société 
au Canada pendant la période des mission*. Jamais nulle part la vertu 
n'avait été si populaire : la mère Marie disait qu'elle se pavanait 
dans les rues. Toutes les femmes, depuis la femme du gouverneur 
jusqu'à celle du plus pauvre paysan étaient d'une piété irréprochable. 
Plusieurs d'entre elles avaient été choisies en France par des per* 
sonnes portant intérêt au Canada et connaissant les besoins du pays ; 
par conséquent, on peut admettre qu' à leur valeur morale se joignaient 
les qualités physiques nécessaires pour affronter avec succès des 
privations extraordinaires. Elles venaient principalement du Perche 
et de la Normandie, et la force de leurs qualités se peut <.*stimer à 
leur persistance : en dépit de la plus récente affluence d'immigrants 
des autres provinces du nord et de l'ouest de la France, le Canadien- 
Français d'aujourd'hui est le type normand.* Sou accent et ses 



Benjamin Sulte, — Origine des Canadiens-Français. 



Il II 



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FEMMES DU CANADA 



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tournures de phrases se rapprochent sensiblement de la manière de 
parler de ces mères normandes décédées depuis si longtemps, et ses 
chansons sont les chansons qu'elles chantaient. 

La transformation d'Ecossais en Canadiens-Français opérée par 
ces femmes normandes, est encore plus remarquable : après la con- 
quête anglaise, quelques soldats écossais préférant rester au Canada 
s'établirent sur le bas Saint- Laurent. Ces soldats, dont plusieurs 
étaient protestants aussi bien qu'écossais, épousèrent les tilles des 
habitants français. Aujourd'hui, dans la quatrième génération, 
tout ce qui rappelle les ancêtres écossais, c'est le nom. Les Black- 
burn et les Fraser qui se sont multipliés si vigoureusement, ont adopté 
la langue française, les coutumes françaises et la foi catholique. 

Le Canada est peut-être l'unique pays au monde ou l'on puisse 
déterminer exactement la date de l'introduction du mal. Il n'y fut 
point introduit par une femme. 

Dans l'année 1665, le marquis de Tracy, avec un contingent du 
fameux régiment de Carignan, aborda à Québec et proclama en 
grande pompe que le jeune roi Louis XIV, avait à coeur le bonheur 
de ses sujets de la Nouvelle- France et que, conséquemment, dès ce 
moment la paix et la prospérité étaient assurés aux victimes des 
guerres sauvages et des circonstances les plus hostiles. 

Il est étonnant comme le diable sait déjouer les intentions les 
plus pures. 

" Notre bon roi, écrit une sœur de l' Hôtel-Dieu de Montréal, 
a envoyé des troupes pour nous défendre contre les Iroquois, et 
les soldats et les oflSciers «nt ruiné la vigne du Seigneur et ont 
implanté la méchanceté, le péché et le crime dans notre sol du 
Canada". 

Il n'est point douteux que le vif intérêt du roi, si habilement 
secondé par son laborieux ministre Colbert, n'eût pour conséquence 
immédiate un grand changement dans la société canadienne. 

M. Jean Talon fut envoyé au Canada avec le titre d'Intendant et 
l'ordre exprès d'étudier les ressources du pays, ses besoins et ses 
moyens, et d'en faire au roi un rapport complet. Personne n'a 
jamais mieux accompli sa tâche que M. Talon. Il a été justement 
appelé le créateur du Canada. Il comprit que le besoin le plus 
pressant de ce pays était la population ; et l'émigration aux frais du 
roi commença sur une vaste échelle. En moins de dix ans, il 
expédia 4000 colons dont 1000 filles en âge d'être mariées et connues 
sous le nom de ' ' filles du roi' ' . 



PASSÉ ET PRÉSENT 



13 



On ne saurait douter que toutes les précautions possibles ne 
fussent prises pour s'assuier de bonnes femmes, convenables pour 
des colons. 

On incita au mariage par des encouragements extraordinaires : 
Tout officier ou soldat qui consentait à rester dans le pays recevait 
des terres, et quand il était marié, une somme d'argent proportiotmée 
à sa condition sociale, M. Talon fit preuve d'un grand talent le 
marieur. Il n'avait que faire des pauvres filles des villes, faibles, 
délicates et mal nourries, et il demandait sans cesse des paysannes 
vigoureuses, saines et sans défaut physique. Il insistait pour que 
les gentilshommes épousassent des personnes d'une assez lx)nne nais- 
sance et d'une certaine éducation, mais il eut grand soin de n'eu 
point trop importer de cette sorte. 

Les jeunes gens qui se mariaient avant l'âge de vingt ans rece- 
vaient des primes extras, et toutes les jeunes filles avaient une dot. 
Les pères qui négligeaient de marier leurs enfants étaient d'abord 
réprimandés, puis condamnés à l'amende. On offrit des primes aux 
familles nombreuses, et Colbert proposa même que les célibataires 
obstinés fussent exclus de tous les honneurs et même flétris d'une 
marque d'infamie. 

Ainsi, en autant que les soins et la prévoyance du gouverne- 
ment peuvent rendre respectable une réunion d'êtres humains, la 
respectabilité était intronisée sur les hauteurs de Québec, comman- 
dait jusqu'aux sources des fleuves et explorait d'un regard vigilant 
les lisières des interminables forêts. 

Lorsque le roi fut obligé de se relâcher de sa surveillance pater- 
nelle et que l'immigration cessa, différents évêques de Québec s'oc- 
cupèrent activement de diriger la conduite de leur troupeau. Les 
femmes surtout furent l'objet de leur spéciale attention : ils éta- 
blirent des règlements pour lei^r éducation, leur maison, leurs 
plaisirs, leurs habits. 

Néanmoins, sous l'influence de belles dames de passage au 
Canada où leurs maris occupaient des positions officielles, la frivolité 
féminine s'accentua peu à peu et même la légèreté commença à 
fleurir parmi les canadiennes de Québec et de Montréal, Quoi- 
qu'elles fussent pauvres, elles trouvèrent moyen d'acheter des 
parures à des prix extravagants ; elles donnèrent des fêtes mon- 
daines ; elles essayèrent des théâtres privés et osèrent même porter 
des robes décolletées. En dépit des édits épiscopaux et des dénon- 
ciations, ces pratiques n'ont pas été encore entièrement abolies. 



14 



FEMMES DU CANADA 



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Mais ce ne fut comparativement qu'un bien petit nombre dont 
la vie était ainsi égayée. Pour la plupart des femmes la vie était 
dure et monotone. 

lyorsque Talon arri\a au Canada, il n'y trouva que quatre 
familles nobles, mais il s'employa activement pour faire obtenir des 
lettres de noblesse à plusieurs colons ; et plus tard, un certain 
nombre de marchands et de colons à 1' ai.se purent acheter des sei- 
gneuries. Cependant les femmes et les filles de cette aristocratie 
foncière avaient rarement des servantes ; elles faisaient tout le 
travail de la maison, et 'es gouv^erneurs relataient dans leurs dé- 
pêches que l'on pouvait voir des fennnes de la plus haute noblesse 
faisant la moisson on guidant la charrue. 

On observa de plus que le climat était favorable aux femmes, 
de sorte que, malgré leurs rudes travaux et leur bien être mesquin, 
elles avaient des enfants nombreux et vigoureux, et elles étaient en 
général avenantes et d'une humeur agréable. Elles ont de fait 
fondé une race d'une patience physique peu commune, d'une 
ténacité extrême, et si conservatrice des ses traits caractéristiques 
que, bien que .soumise à la couroi-.ie britannique depuis de longues 
années et environnée d'un peuple d'une énergie supérieure, elle s'est, 
en nombre, ifliniensément multipliée, a continué ses traditions 
significatives et conservé son identité essentielle. 

La seconde immigration au Canada confirma par l'occupation 
la conquête des armes anglaises. 

Lorsque les vieilles colonies d'Amérique conquirent leur indé- 
pendance, la population de lans^ue anglaise dans tout le Canada 
comptait à peine 12,000 âmes et occupait principalement la Nouvelle- 
Ecosse. Alors, 40,000 conservateurs, — ' ' Loyalists ' ' , — sujets fidèles 
à l'Angleterre, affirmèrent leur attachement aux institutions britan- 
niques d'une manière aussi courageuse que désintéressée, 
abandonnant leurs vieux foyers pour venir chercher fortune dans 
un pays appartenant encore à la Grande Bretagne. Il est juste de 
dire qu'un grand nombre d'entre eux avaient été proscrits de 
différents Etats pour avoir pris une part active à la guerre, qu'ils 
avaient été dépouillés de leurs biens et qu'on n'avait point insisté 
pour qu'ils restassent dans la nouvelle république ; mais, après tout, 
le mouvement était un sacrifice volontaire en faveur d'un principe 
d'existence sociale établie et même de civilisation. 

Comme la Nouvelle- Ecosse était d'un facile accès, le plus grand 
nombre d'entre eux s'y rendirent, et s'établirent sur la côte de 



PASSE ET PRESENT 



«5 



rAtlantic|nc et de la baio de Fundy où ils foiulèrent la ville de St. 
Jolm. Plusieurs étaient des personnes d'une grand importance 
politicpie, professionnelle et commerciale, établies depuis longtemps 
dans la Nouvelle-Angleterre, l'état de New- York et la Virginie. 
Les femmes représentaient la grâce, la dignité et la culture intellec- 
tuelle de la vieille société coloniale. 

Un écrivain américain contemporain nous donno une idée très 
claire et probablement très juste de ce que la plupart de ces femmes 
abandonnaient : " L-îs domaines des Tories- -conservateurs — étaient 
au nombre des mieux tenus, leurs imposantes demeures s'élevaient 
au sommet des coteaux d'où la vue était splendide ; les longues 
avenues, les larges pelouses, les haies de parcs et de jardins bien 
taillées, les serviteurs, l'argenterie de famille, les tableaux choisis, 
toutes les nombreuses marques d'une économie domestique digne et 
généreuse, tout cela se trouvait en général chez les Tories". Ils 
ab-'Klonnèrent tout ce bien-être pour les forêts primitive?., les 
cabanes de troncs d'arbres et les cruelles privations dont les Nor- 
mands avaient souffert un siècle auparavant. 

Le gouverneur Parr, décrivant l'arrivée des exilés à Shelburn, 
dit que " l'on pouvait voir de longues files de femmes assises sur la 
plage rocheuse et pleurant 3ur le triste changement de leur exis- 
tence". Plusieurs d'entre elles ainsi que leurs enfants moururent 
de froid, de faim et des douleurs de l'exil. Les plus résolus cepen- 
dant reprirent courage, et dans un espace de temps si court qu'il 
semble incroyable, les conservateurs de la Nouvelle-Ecosse attei- 
gnirent au moins à une apparence de la prospérité et à une ombre du 
bien-être auxquels ils avaient été accoutumés. 

Ceux de l'ouest souffrirent, sinon plus vivement, au moins plus 
longtemps. Plusieurs milliers d'entre eux s'ouvrirent un chemin 
par-dessus les montagnes désertes et traversèrent les grands lacs 
pour fonder la nouvelle prc rince d'Ontario. D'autres atteignirent 
l'ouest par la mer et le fleuve Saint-Laurent, mais aucun d'eux ne 
s'arrêta longtemps au milieu des établissements français. 

Un siècle de crainte et de défiance ne s'était point effacé parce 
que les fleurs de lis avaient fait place à Québec à la bannière rouge 
d'Angleterre. Ces exilés furent, dans toute la force du terme, des 
pionniers ; et ceux qui avaient été élevés le plus délicatement parta- 
gèrent le travail des plus humbles. 



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A l'ouest, comme à l'est, ils apportèrent cependant des trésors 
supérieurs à l'or, oui, à l'or le plus fin, ils apportèrent une intelli- 
gence libre et énergique et les qualités nécessaires pour se gouverner 
par soi-même. 

Ni l'autorité paternelle d'un roi, ni la sol icitude d'une église ne 
veilla sur les cœurs des fidèles consen^ateurs. Hommes et femmes 
résolus, ils conquirent le désert, fondèrent des viUes et enseignèrent 
à leurs enfants à ne jamais perdre de vue ces conceptions de liberté 
et de justice qui forment l'idéal si soigneusement entretenu de leur 
race. Ce respect conservateur pour les anciens usages et cette oppo- 
sition à tout changement brusque qui sépara les loyaux de leurs 
compatriotes pendant U révolution, a toujours distingué le gouver- 
nement du Canada de celui des Etats-Unis. 

Les Canadiens admettent que le monde tourne, mais ils ne 
sauraient se faire à l'idée qu'il doivent tourbillonner. L,a "femme 
nouvelle" existait aux Etats-Unis longtemps avant qu'elle traversât 
la frontière pour venir émanciper ses sœurs canadiennes. 

De même que les principaux traits dec femmes normandes 
dominent chez les Canadiennes-françaises, ainsi les qualités saillantes 
des vaillantes émigrées fidèles à l'Angleterre caractérisent les 
Anglaises du Canada. Leurs descendantes de l'-est et de l'ouest ont 
traversé les plaines et les montagnes rocheuses pour aller implanter 
sur les côtes du Pacifique une population forte et sûre d'elle-même» 
fermement attachée aux principes politiques de ses ancêtres. 

La position du Canada dans l'Empire britannique est celle d'un 
fils aîné qui atteint sa majorité : se trouvant pratiquement aflFranchi 
de toute dépendance, ses liens d'affection et de gratitude n'en sont 
que plus reserrés. Au dix-huitième siècle, les femmes des conser- 
vateurs abandonnèrent leurs foyers par attachement à un Empire 
uni britannique, et, à la fin du dix-neuvième siècle, leur esprit 
ferme et constant anime les femmes du Canada, qui sont prêtes 
même à de plus grands sacrifices pour maintenir l'intégrité de cet 
Empire. 

Montréal, janvier 1900. 



Éi 



VIE FAMILIALE ET SOCIALE 



17 




1/ LA CANADIENNE DE LANGUE ANGLAISE AU FOYER ET DANS SES 

RELATIONS SOCIALES. 

Il est rare que la vie d'une nation se manifeste fortement et 
sous son vrai jour dans les salons de la classe riche et fashionable ; 
mais l'on peut dire avec une certaine assurance, que là mieux 
qu'ailleurs, les aspirations sociales peu- 
vent être étudiées; car les plaisirs choisis 
par ceux qui sont à même de choisir sont, 
en général, ceux que la niasse voudrait 
s'assurer. Toutefois, pour saisir même 
superficiellement les aspirations qui ont . 
leur expression dernière dans les diver- 
tissements fashionables d'une jeune 
nation, il faut remonter aux sources, 
tenter de classer les premiers colons 
d'après leur nationalité et leur position 
sociale. Cet examen nous permettra de 
déterminer les grandes lignes de la vie 
de famille au Canada. 

Il ne faut pas oublier que l'établissement du Canada anglais est 
dû aux United Empire Loyalists (L,03'alistes de l'Empire uni, ou 
partisans du maintien de la souveraineté de l'Angleterre en Améri- 
que). Cette première immigration se composait de colons deï> Etats- 
Unis, restés fidèles à l'Angleterre durant la guerre de l'indépen- 
dance. La proportion d'immigrants de cette catégorie dans le 
Nouveau- Brunswick et l'Ontario fut assurément très grande. De 
sentiment ils étaient attachés à la Grande Bretagne, mais naturel- 
lement leurs habitudes étaient les mêmes que celles des habitants de 
la république voisine, et reproduisaeint le mode d'existence et les 
usages de l'ai ienne société coloniale. Leurs descendants pour 
cette rai.son fraternisent facilement avec d'autres qui, pour divers 
motifs, sont venus depuis des Etats-Unis se fixer au Canada. 

Une classe notable et nombreuse de colons purement anglais a 
été celle des soldats licenciés et militaires en retraite, qui se firent 
culti\ ateurs en vue de devenir propriétaires. Ils amenèrent leurs 
femmes et leurs filles, souvent très délicates, inaccoutumées au travail 
et à la monotonie de cette vie de labeur. Les exploitations entre- 
prises dans ces conditions réussirent très rarement ; mais par- 



18 



FEMMES DU CANADA 



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fois, des rudes épreuves du début victorieusement subies, il sortit 
un home paisible et pittoresque, où la culture de l'esprit et du 
cœur n'était pas sacrifiée aux intérêts sordides, et où le véritable 
raffinement demeurait après qu'on eût renoncé à toute recherche de 
luxe et d'apparat. De foyers semblables à ceux-là, dans l'Est du 
Canada, sont sortis plusieurs des jeunes gens qui subséquemment se 
sont établis sur des ranches ou fermes de prairie dans le Nord-Ouest. 
Il est dans l'ordre qu'ils y amènent leurs sœurs, et un jour, peut- 
être, les sœurs d'autres hommes ; de sorte que les rapports de 
parenté avec l'Ouest ajoutent grandement à l'intérêt romantique de 
la vie dans les établissements plus anciens de l'Est. Principale t, 
aussi, chez les classes militaires et professionnelles de l'Angleterre, 
se sont recrutés, et se recrutent encore, pour le Nord-Ouest, de 
jeunes colons en nombre plus grand que ne pourrait fournir le 
Canada Est. 

Au delà des Montagnes Rocheuses, la côte du Pacifique fut 
colonisée d'abord presque exclusivement par des Anglais. Là, 
_comme à Halifax, la vie sociale subit l'influence du voisinage des 
.stations militaires et navales. Naturellement, le plus grand nombre 
de colons se disant natifs d'Angleterre sont sortis des classes 
ouvrières ou industrielles, mais ceux-là ne sont pas eu grand nombre 
arrivés à la distinction. 

Il en est autrement des immigrants de descendance écossaise ou 
nord-irlardaise. Issus des classes ouvrières, commerciales et pro- 
fessionnelles, non seulement avaient-ils un esprit avisé et pratique, 
le désir de s'enrichir et l'aptitude intellectuelle, mais encore un sen- 
timent religieux très vif, des habitudes puritaines et des goûts roma- 
nesques. L'immigration a eu souvent pour effet d'intensifier ces 
goûts et ces préjugés ceux surtout rattachés au souvenir du home 
qu'on a quitté. L'histoire de plus d'une famille aujourd'hui bien 
notée dans le commerce canadien peut se raconter ainsi. Il y eut, 
d'abord, la maisonnette et le magasin au bord de l'eau dans une de 
nos villes des lacs ; puis le logis au-dessus du magasin en gros ou 
de la maison de banque ; puis, avec la prospérité croissante, la villa, 
le jardin et la voiture de promenade. Le centre de cette vie était 
généralement quelque mère de. famille calviniste dont l'activité 
incessante, les principes fermes et les sentiments profonds don- 
naient du ton et de la couleur à la prospérité de la .famille. Son 
autorité est dévolue à ses filles canadiennes d'esprit plus souple, 
dont la tâche (souvent mal remplie) se borne à savoir dépenser 



VIE FAMILIALE ET SOCIALE 



19 



sagement l'intérêt du capital accumulé par la prévoyance des 
parents. Il se trouve également une Ijonne proportion d'Ecossais, 
particulièrement dans nos villes, issus d'une caste dont les intérêts 
ont été de l'ordre purernent intellectuel. 

Une autre classe qui mérite peut-être une mention spéciale est 
celle des familles des fonctionnaires des compagnies de la Baie 
d'Hudsonetdu No^d-Ouest. Plusieurs de ceux-ci dans les com- 
mencements épousèrent des femmes indiennes et laissèrent à leurs 
enfants non seulement une grande fortune mais des traditions de 
famille très romanesques. 

A ces divers types de colons anglophones, si nous ajoutons la 
classe peu nombreuse mais influente de ceux qui nous arrivent cons- 
tamment de l'ancien monde pour occuper des postes de confiance ou 
remplir des fonctions dans le ministère ecclésiastique et dans l'en- 
seignement, nous aurons passé en revue les principales sources de la 
société anglaise du Canada. Peut-être un coup d'œil sur quel- 
ques-uns des homes typiques de la dernière génération nous 
fera-t-il saisir plus vivement les véritables .sources des diverses aspi- 
rations et divers idéals qu'on trouve aujourd'hui s' entrecroisant dans 
le milieu social. 

Il y a de longues années, un parti de touristes côtoyait les 
rivages de nos provinces maritimes de l'Est. Le navire s'arrêta, ^a 
nuit venue, à un village perdu de pêcheurs. Ayant à rendre visite 
au principal habitant, nos touristes cherchèrent leur chemin dans 
l'obscurité complète, et s'arrêtèrent à la porte d'une grande maison, 
dont les contrevents fermés ne laissaient passer aucune lumière qui 
permît de juger de l'extérieur. La surprise qu'ils éprouvèrent en 
entrant n'a jamais été oubliée. L'intérieur semblait celui d'un 
palais, riche en tentures, en objets d'arts et de luxe. Dans le salon, 
faisant de la musique, étaient une mère et ses filles, dont la beauté 
et la grâce, la toilette et le maintien indiquaient un mode d'exis- 
tence tout à fait inattendu sur cette côte sauvage. Le chef de la 
famille avait amassé une fortune dans le commerce d'approvision- 
nement des pêcheurs et dans l'emballage et l'exportation des pois- 
sons reçus en échange. Ses fils, après avoir reçu leur éducation 
en Angleterre, étaient revenus occuper des positions importantes 
dans diverses parties du Canada. Ses filles, qui devaient bi*^ntôt 
avoir leurs propres maisons à conduire, avaient eu tous les avan- 
tages d'une éducation soignée. 



20 



FEMMES DU CANADA 



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Un des fils de cette même maison entra en société avec un 
homme dont la famille avait UTie histoire différente. Il y a cinquante 
ans, ses grands parents demeuraient dans le quartier le plus pauvre 
d'une de nos villes. De l'étage supérieur qui leur servait de logis, 
ils avaient une échappée sur la terre et le ciel du bon Dieu : un 
modeste balcon, l'annexe presque indispensable de l'habitation 
canadienne, même la plus pauvre. Ici, à portée de vue des mon- 
tagnes laurentiennes et du large Saint-Laurent, habitaient l'activité 
et la simplicité de vie des paysans du nord de l'Irlande. Dans ces 
chambres, dépourvues de tapis et pauvrement meublées, le foyer 
était toujours gai, les gâteaux faits à la maison, des meilleurs, pour 
la réunion des filles mariées chez les vieux parents, chaque 
dimanche. Qu'elle avait été leur histoire? La pauvreté de sa famille 
avait contraint ane jeune fille à traverser l'océan pour se mettre en 
service. Elle fit des épargnes sur ses gages, et à une époque 
où le coût de la traversée était plus élevé qu'aujourd'hui, elle fit 
venir une de ses sœurs au Canada, puis une autre ; puis les trois se 
cotisèrent pour faire venir leurs parents trop vieux pour travailler. 
Bientôt il y eut des gendres pour aider à leur soutien. Il fut donné 
aux '-ieux parents à l'heure de la mort de bénir leurs arrière-petits- 
enfants, dotit la fortune croissait rapidement. 

Une histoire semblable qui s'est déroulée à la campagne, se 
rattache à une pittoresque petite ruine dans la vallée de l'Ottawa. 
Cette première maison de pierre de la contrée fut bâtie par un 
vigoureux défricheur écossais dans le dernier quart du dix-huitième 
siècle. Ses murs en ruines se cachent aujourd'hui sous le feuillage 
des érables et des arbrisseaux en fleur. Dans la grande cheminée 
béante de la chambre de famille, la crémaillère de fer, couverte de 
rouille, est toujours suspendue. Dans cette même chambre, la fille 
de celui qui construisit la maison s'occupait tranquillement des soins 
du ménage, recevait les convives de son péris à l'occasion des simples 
réjouissances des premiers temps de la colonie. Ici, elle se maria, 
et la ferme douceur de son tempérament se transmit plus tard à ses 
enfants qui devaient exercer leur large part d'influence. dans leur 
province natale. 

En contraste au tableau précédent, est T image des revers de 
fortune d'une famille aristocratique. Au milieu de vastes champs 
labourés, à mi-chemin entre la forêt primitive et la rivière impé- 
tueuse dont les eaux charrient .sans cesse les déchets de la scierie 
voisine, s'élève une mai.-on de bois. Point le peinture sur les boi- 






VIE FAMILIALE ET SOCIALE 



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séries, pas plus à l'intérieur qu'à l'extérieur : point d'ornementation 
ni de véranda confortable. A l'intérieur, des tapis de retailles, des 
tables grossières alternent étrangement avec de vieilles chaises cou. 
vertes en satin, des portraits de famille et de la porcelaine. Ici, une 
femme de haut rang, la reine de plus d'un bal à Dublin, éleva une 
génération de fils robustes. A leur tour, ils transmirent tous les 
grands et sincères sentiments qui se rattachent au vi\o\. gentleman, 
à des enfants qui vont tenter la fortune en ce nouveau monde dans 
des auditions à peine inférieures à celles qu'affronte le petit-fils du 
journalier. 

Sortie d'une famille semblable à celle que nous venons de décrire, 
une jeune femmeémigra vers les prairies de l'Ouest ; elle y est aujour- 
d'hui devenue grand-mère. Sa maison faite de troncs d'arbres s'élève 
en un endroit où la prairie est ravinée par le cours rapide des eaux ; 
on y découvre une vaste prairie ondulée et sans arbres, fermée parla 
dentelure blanche de la chaîne montagneuse, ainsi que par la perspec- 
tive plus modeste des bords verdoyants de la rivière, avec ses massifs 
gracieux de peupliers. Ayant passé près de vingt ans dans l'isole- 
ment, éloignée de douze milles de son plus proche voisin, cette femme 
courageuse est arrivée à se monter une bibliothèque avec collection 
de journaux, et à dresser ses filles non seulement à bien tenir une 
maison, mais de plus à s'intéresser largement au progrès intellectuel 
du monde. 

Ce qu'on peut appeler la société ^ le grand monde du Canada, 
trouve sa plus haute expression dans les réceptions officielles données 
sans arrêt par le gouverneur. général et sa femme, ou dans celles 
qui sont données en leur honneur par les personnages les plus en 
vue des villes qu'ils visitent. Leur principale résidence est à Ottawa, 
la capitale de la Confédération canadienne. Ici, dans l'ancien 
hôtel du gouvernement, une suite ininterrompue de dîners, de bals, 
de concerts et autres fêtes sont donnés dans le cours de l'année par 
son lîxcellence. Les femmes des personnages politiques y viennent 
de toutes les parties du Canada. Quelques-unes de ces dames on^ 
beaucoup voyagé dans l'ancien monde ; quelques-unes ont renoncé à 
des positions sociales plus élevées qu'aucune de celles accessibles dans 
le Dominion. D'autres sont venues de huttes de bois ou de ranches, 
de centres forestiers ou de villages de pêcheurs. Toutes nécessaire- 
ment rapportent chez elles les impressions reçues à la cour vice- 
royale. Les femmes canadiennes ont beaucoup de l'initiative, de la 
dextérité manuelle, des connaissances culinaires, du tact intuitif et de 



22 



FEMMES DU CANADA 






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la vivacité d'esprit qui distinguent leurs sœurs des états voisins. 
Elles sont généralement plus conservatrices et peut-être plus persé- 
vérantes ; mnis elles possèdent assurément à un haut degré la faculté 
d'imitation et d'adaptation ; et ce ne sont pas celles qui ont été mêlées 
antérieurement à la vie fashionable, qui sont le plus désireuses de la 
reproduire à leurs foyers ou qui y réussissent le mieux. Ainsi, s'il 
est vrai de dire que les personnes de bonne famille et de bonne 
éducation, — et elles sont nombreuses au Canada, — n'ont pas besoin 
de manuel de politesse, toutefois il s'est établi de la sorte une école 
de bonnes manières dont les leçons ont l'utilité pour ainsi dire de la 
monnaie courante. 

Il est à remarquer que les femmes canadiennes, même des classes 
qui ont le plus de loisirs, doivent donner beaucoup plus de leur temps 
à la conduite de leur maison, et à la surveillance de leurs enfants, 
que les femmes des pays où le service domestique est plus effectif. Il 
est également remarquable que les jeunes filles ainsi habituées à la 
compagnie de leurs mères sont laissées plus libres dans leurs relations 
avec leurs amis de l'un et l'autre sexe ; elles ne sont pourtant pas 
dispensées d'être chaperonnées. 

Si ce n'est dans les parties du pays oii les habitations sont sépa- 
rées par de grandes distances, le Canada est une terre de gaieté. En 
été, il n'est pas d'endroit si pauvre qui n'ait ses piques-niques et ses 
promenades sur l'eau. En hiver les glissades en trahie sauvage, le 
patinage et les promenades en raquettes sont devenus presque caracté- 
ristiques de la race. A la campagne, les longues veillées au foyer 
de la famille rurale aisée, appellent les divertissements. I^' hospitalité 
du propriétaire canadien prospère, à la ville comme à la campagne, 
est proverbiale. Elle est de fait si large, que les personnes qui en 
sont l'objet, se figurent que cela va de soi, et ne se croient pas tenues, 
comme dans les sociétés plus anciennes, d'en témoigner, lorsqu'ils 
sont en état de le faire, leur reconnaissance. 

La vie sociale qui a son centre dans les grandes villes trouve son 
expression dans deux cercles distincts : le monde élégant, et le monde 
universitaire ; il n'y a pas, toutefois, de ligne de démarcation très 
nette. Au même degré de l'échelle sociale, on trouve généralrment 
plus de prodigalité, plus de luxe, plus d'élégance dans nos villes que 
dans celles de la Grande-Bretagne ou d'autres pays européens. Par 
suite, de grandes salles à dîner, de grands salons, des meubles coûteux, 
des fleurs rares, des confiseries exquises, sont regardés communément 
comme conditions nécessaires d'une hospitalité même modeste ; mais 






VIE FAMILIALE ET SOCIALE 



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il s'en trouve un grand nombre qui conserve une préférence pour 
la simplicité. Les fêtes d'intérieur ont surtout le caractère anglais. 
Les invitations à dîner sont pour les sept ou huit heures du soir. Les 
toilettes de bal sent importées de Londres, de Paris ou de New- York, 
ou bien elles sortent des mains tout aussi habiles de nos meilleures 
modistes. 

Les cercles et les sociétés de musique sont bien encouragés et 
obtiennent de bons résultats. Le théâtre de salon est apprécié ; 
mais ici comme ailleurs, les pièces jouées n'ont pas un grand mérite 
littéraire. Les groupes de fidèles des diverses églises et chapelles 
fournissent un nombre si grand de divertissements publics, qu'on 
peut les regarder comme institutions sociales autant que religieuses. 

A Montréal un trait saillant de la vie sociale, c'est le grand 
nombre de tableaux de prix et autres objets d'art réunis dans les 
hôtels des particuliers le plus en vue, et qui donnent un cachet très 
distingué aux expositions publiques de la galerie d'art pour les- 
quelles fréquemment ils sont prêtés. Aussi bien à Montréal qu'à 
Toronto, la musique des concerts publics est souvent excellente. 
Toronto est les siège de la National ïVbmcîn's Art Society qui fait 
un bon travail de vulgarisation, et en développant le bon goût dans 
le vêtement et la décoration intérieure, ajoute assurément beaucoup 
au charme de la vie sociale. 

Heureusement, pour notre jeune nation, les grandes lois 
naturelles qui ont toujours gouverné la vie en société opèrent rapide- 
ment la fu'^ion de se.^ éléments divers en un tout de plus en plus 
homogène. La loj'auté de l'habitant des colonies est intense au 
point presque d'être pathétique. Elle est pathétique parceque la 
Mère-Patrie n'a pas l'idée de sa force, et jusqu'à cette dernière 
guerre, ne se rendait pas compte de sa valeur. La loyauté à la 
couronne est par excellence le trait de nature qui unit tous les colons 
britanniques l'un à l'autre. Puis, au second rang par la force, vient 
l'amour du sol natal, et ils sont rares ceux qui, ayant contemplé, 
avec les grands yeux étonnés dte l'enfance, les beautés naturelles du 
Canada, ont l'âme assez peu sensible pour ne pas être prêts à mourir 
au besoin pour sa liberté. 

LILY DOUGALL. 



«4 



FEMMES DU CANADA 



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MOEURS CANADIENNES-FRANÇAISES. 

Les traits caractéristiques de la race .sont restés imprimés chez 
les descendants des premiers colons français dans le nouveau 
monde. L'observateur, cependant, ne peut s'empêcher de 

remarquer l'influence que le climat, le 
milieu, le contact étranger ont eue sur le 
développement du rameau transplanté 
jadis sur les bords du Saint-Laurent. 

Parmi les qualités, retenues de 
l'héritage français, il y a l'aptitude aux 
arts. Spontanément, sans culture, 
jusque du fond de nos campagnes les 
talents surgissent. Nous avons nos 
conteurs, nos troubadours, nos musiciens 
populaires dont l'instruction et l'occasion 
auraient certainement fait les créateurs 
d'un art national. Malheureusement, 
tout encouragement a, jusqu'ici, manqué au génie canadien-fran- 
çais, et lui manque encore. 

Le culte du confort est le vice des pays dont le climat sévère 
fait lu confort une nécessité. Dans notre Canada aux longs hivers, 
la mère de famille, déjà fort occupée par les exigences d'une 
propreté méticuleuse complique encore sa vie des rites du formalisme 
anglais. 

Il n'est pas de meilleure ménagère. Dans son intérieur la 
vigilance la plus minutieuse, — qu'un terme d'adaptation canadienne 
traduit par " particularité ", — s'aUie à des besoins d'élégance, qui, 
s'ils n'atteignent pas toujours leur but, indiquent au moins une 
tendance ne demandant pour s'épanouir qu'un peu d'éducation 
artistique. La maîtresse de la maison la plus " particulière " donc, 
c'est-à-dire la plus soigneuse des infimes détails du ménage, ne 
renonce à aucune des autres obligations du décorum. Ses dôme - 
tiques, presque toujours féminines, ont une livrée coquette et 
impeccable et son activité qui ne connaît pas de détails insignifiants, 
s'étend au rangement du centième pot de confitures dans l'armoire 
aux provisions. La vraie ménagère canadienne, redoutable 
ennemie du microbe, est de celles qui, non contentes de brosser les 



MOEURS CANADIENNES-FRANÇAISES 



«5 



meubles, récurent l'envers des tables. Les riches ne sont pas les seuls 
à cultiver cette parfection dans la tenue du ménage. En tout temps 
la porte entr'ouverte des chaumières montre au passant un ménage 
bien rangé, des " catalogues " propres et tendues à droit fil sur le 
plancher jaune d'un récent écurage, un poêle de fonte reluisant 
auquel le " lit de parade," à l'air rigide et solennel, fait pendant. 

La propreté est le luxe du pauvre comme du petit bourgeois. 
Tout plai.-iir, toute solennité sont précédés et rehaussés dans le 
peuple, par un " berda", ou ménage à fond. Les fêtes de Noël et 
de Pâques, — suprêmes réjouissances de la vie du paysan, — les noces, 
la visite paroissiale de M. le Curi perdraient beaucoup d'attrait et 
de prestige s'ils n'étaient annoncés par de scrupuleux nettoyages. 
Plus l'événement est grand, plus le branle-bas est considérable. Un 
petit coin négligé laisserait le même remords qu'un péché non avoué 
sur la conscience. 

Pour plus de perfection, à la veille des principaux jours fériés, 
chacun complète l'épurement général par une confession qui rend 
les âmes aussi reluisantes que les meubles et répand une atmos- 
phère de sérénité dans un intérieur harmonisé d'avance à l'état de 
grâce de la famille. Au sein même des villes cette antique tradition 
fleurit dans nos patriarcales familles françaises. Rares encore sont 
les mondaines qui osent briser avec la coutume héréditaire. Les 
exceptions se font plus communes chez les citadins. L'hommet 
surtout dans le mouvement fiévreux des cités, est plus facilemen, 
entraîné vers l'indifférence religieuse. Il ne possède pas comme la 
femme, — suivant l'expression de Lamennais, — cette lumière plus 
intime et plus immédiate qui fait d'elle au milieu de la confusion 
des idées et de la révolution des systèmes, la gardienne pieuse et 
incorruptible des croyances par lesquelles l'humanité subsiste. 

L'idée religieuse éclaire et domine la vie de la femme cana- 
dienne-française. On a pu penser quelquefois, en voyant son 
étroite obéissance à l'autorité du prêtre que sa soumission, poussée 
jusqu'à la servilité appelait la tyrannie. On s'est trompé. 
L'influence cléricale dans la famille n'a rien d'excessif. Sollicitée 
par la confiance, elle s'y exerce discrètement et salutairement. A 
supposer qu'un tel pouvoir tendrait à l'abus, l'indépendance 
caractéristique du citoyen canadien, — normand croisé de breton, féru 
de ses droits et sachant les défendre sans oublier le respect dû aux 
personnes, — aurait bientôt fait de le ramener aux limites de juridic- 
tion. Il le prouve dans ses relations d'affaires avec son curé. Pour 



26 



FEMMES DU CANADA 



ce qui est des questions cradniinistration, comme marj^fuillier, ou 
encore sur le terrain politique, quand l'homme d'église a la 
malencontreuse idée de s'y aventurer, Jean-Baptiste ne se fait pas 
faute de " tenir son bout " comme il le dit. A ce respect universel 
de la discipline religieuse, on doit attril)uer la régularité de nos 
mœurs familliales. 

L'éducation reçue dans les couvents par la jeune fdle, jointe à 
l'exemple qu'elle trouve chez sa mère, la prépare à la vie de devoir, 
paisible, heureuse ou résignée qui deviendra la sienne après le 
mariage. S'il y a un inconvénient toutefois à la tutelle du cou- 
vent, c'est celui de désintéresser les mères delà formation psycholo- 
gique de leurs enfants et de faire qu'elles confient d'une façon trop 
absolue à des mains pieuses et dévouées, mais étrangères, la 
responsabilité d'une tâche que la divination maternelle peut le mieux 
accomplir. • 

Cependant après le vasselage du pensionnat et le " dorlotte- 
ment " du toit paternel, deux agents dont l'influence soporeuse 
semblerait devoir être fatale à la forte trempe du caractère, 
l'enfant, mariée d'hier, — Dieu sait avec quelle optimiste inconscience, 
— trouve spontanément en elle des réserve d'énergie et de volonté 
pour affronter les charges de la nouvelle vie qui s'offre. Avec le 
joli sérieux des fillettes jouant " à la mère", elle accomplit les 
obligations variées et délicates d'une maîtresse de maison, sans 
compter sur d'autres forces que les siennes, sans que sa jeune et 
intuitive expérience s'effarouche des difficultés du ménage. La 
maternité l'assagit encore en la confirmant dans la pratique de 
l'abnégation. La coquetterie, si peu qu'elle en ait, s'use chaque jour 
davantage chez la jeune mère canadienne, par l'exercice de l'oubli 
d'elle-même en faveur de ses bien-aimés petits. Ses quarante ans n'ont 
pas sonné que, d'elle-même elle prend sa retraite, renonce aux couleurs 
voyantes dans sa toilette et se range enfin parmi les douairières. 

On dit beaucoup de bien des mariages d' inclination. Au Canada, 
au moins, on ne croit qu'à ceux-là ; il est avéré qu'ils réussissent, 
non par ce que la raison n'y préside pas, mais, au contraire, à cause 
de la double dose qu'on y met après, quand l'inclination, plus sédui- 
sante, mais moins solide que le raisonnement, vient à faire faillite. 

Le divorce n'existe pas à l'état de loi dans notre pays. Le 
Sénat, dans certains cas, sous prétexte de circonstances exception- 
nelles dort il est juge, l'accorde par un " bill " spécial, mais les 
catholiques ne s'en prévalent point. 



MOEURS CANADIENNES FRANÇAISES 



27 



Une fois mariés, il est entendu que c'est pour la vie ; si l'on 
s'est trompé, on songe plutôt à s'acconunoder de son sort, à en tirer 
le meilleur parti possible qu'à se désespérer inutilement. L'enfant, 
on plutôt les enfants, sont presque toujours les sauveurs de ces 
.situations dangereuses. 

On ne se borne guère, en effet, à l'unité chez les Canadiens. Il 
serait plus aisé de compter dans nos maisons les tables autour des- 
quelles dix et douze convives mangent la soupe familiale, que celles 
ou trois seulement s'asseyent. 

La jeune fille, gâtée sous le toit paternel, le serait encore par 
son mari, si d'elle-même, elle ne comprenait son devoir et ne tâchait 
de s'élever à sa hauteur. L'homme n'est pas éducateur, au moins 
dans le domaine domestique, où on le trouve plutôt disposé à prendre 
les choses telles qu'elles sont. Le mari .se borne à jouir avec une 
surprise étonnée, des qualités que la vie commune lui révèle en .sa 
compagne, et ne se montre pas exigeant sous le rapport intellectuel. 
S'il n'en tient qu'à lui, elle sera donc entretenue dans l'ignorance 
d'une importante partie de son rôle. Pour lui, il .souffre des lacunes, 
s'il y en a, il les subit ; ou bien, il se console autrement. 

Pareille conduite procède plutôt d'une confiance excessive que 
de l'indifférence, ou de l'apathie, souvent reproché au Canadien. 
Notre compatriote .semble prendre pour acquis qu'il épouse une 
perfection. L'heure venue d'élever les enfants, la même confiance 
fait qu'il se décharge volontiers sur les épaeuls de la mère, de la 
plus grande part du fardeau. Le .sentiment d'irresponsabilité dans 
lequel, au début, on laisse s'endormir la jeune femme, voilà pour- 
tant la cause de l'imprévoyance qui règne généralement dans nos 
habitudes. L'épargne n'existe qu'à l'état d'exception. 

La femme de l'aristocratie, pour sa part, peu instruite des 
affaires de .son mari et libre d'ailleurs pour la dépense comme en 
toute chose, va jusqu'à la limite du budget conjugal, et le dépasse 
aussi, à moins qu'elle ne soit instinctivement économe. Le plus 
souvent les Canadiens, un peu bohèmes, ne craignent pas l'avenir. 
L'on se fie pour l'établissement des enfants à la grâce de Dieu, aux 
heureuses chances qui amèneront les bons partis, les excellents et 
les passables. En attendant, on les choie, les pauvres petits, on 
leur donne tout ce qu'on peut, en compensation de privations éven- 
tuelles. Il se produit effectivement de grandes inégalités dans la 
situation des frères et des sœurs, suivant leur instruction, leurs 
talents, leur beauté, etc. Il y en a au haut, et au bas de l'échelle ; 



28 



FEMMES DU CANADA 



il y a des riches et des pauvres, des hommes d'état et des ouvriers. 
Il se fait ainsi, un perpétuel échange entre les classes ; les uns 
montant, les autres descendant. Il ne faudrait pas se figurer qu'au 
sein de cette démocratie sar*? cesse en évolution, le sentiment aristo. 
cratique soit ignoré. On y est, au contraire, très chatouilleux sur 
le chapitre des préséances fraîchement conquises. 

Là où l'état d'irrespon.sabilité admis et toléré chez la femme, a 
les plus sérieuses conséquences, c'est quand il produit une insuffi- 
sance intellectuelle, nuisible à l'éducation de la Tamille. Beaucoup 
de mères en ressentent le malheur, mais trop tard, quand elles se 
trouvent sans prestige, sans pri.se sur sa raison, moralement impuis- 
santes, devant un fils qui grandit. 

La canadienne, si .sage, si intelligente, n'a guère le goût des 
lectures sérieu.ses. On compterait celles qui ont leur bibliothèque. 
Notre pays, au reste, souffre d'une disette de livres. On sort du 
couvent avec un excellent fonds de notions générales qui ne deman- 
dent qu'à être développées ; mais rien ne favori.se ni ne stimule le 
désir de se cultiver. Si l'indifférence en matière de haute culture 
règne presque généralement depuis un demi siècle chez les femmes 
canadiennes ; si les ' ' salons ' ' sont incoinius parmi nous, les 
hommes eux-mêmes, séparant ab.solument l'idée de plaisir intellec- 
tuel de celle de délassement social, — il faut reconnaître qu'un réveil 
s'est opéré depuis quelques années. 

Le mouvement inusité a fait craindre à quelques-uns une inva- 
sion du " Féniini.snie ". On a habillé de ce nom en d'autres pays, 
il est vrai, bien idaces et des eccentricités qui ne s'acclimate- 

ront jamair ' our ne c' er qu'un des effets du réveil dont 

nous pai' .a fondation d'une chaire de littérature pour les 

femmes, . oi bien que pour les hommes, à l'Université La^al, 
est venue à la suite des revendications de quelques-unes d'entre 
elles. Des femmes instruites, lettrées même, nous n'avons pas voulu 
dire que l'espèce n'en existe pas ; il y en a toujours eu au Canada 
français. 

De nos jours l'opinion publique, plus généreuse que le monde, 
les absout. Dans la société on met plusieurs conditions au pardon ; 
une modestie, un effacement complet d'abord ; puis, une maison 
mieux tenue, des enfants plus soignés que qui que ce soit. On pas- 
serait à d'autres un dîner retardé, un grain de poussière sur la 
cheminée du salon, une négligence de service, un bouton absent au 
veston du mari. A celles-là point. Il n'y a pas là trop à récriminer, car 



MOEURS CANADn-XXF.S FRANÇAISES 



29 



on a raison d'attendre de la femme, avant tonte chose, qu'elle main- 
tietnie l'ordre dans son intérieur et qu'elle fasse le lx)nheurdessieus. 

La vraie coquette est un type inconnu. Celle qui montrerait des 
dispositions à le devenir serait bientôt classée— ou déclassée, si l'on 
veut. C'est à peine si dans nos capitales et notre cité de Montréal 
nous pouvons montrer ce qui ressemble à la grande mondaine. Et 
encore, celle-là participe toujours de quelques unes des vertus de la 
Mère Gigogne. Sous les préciosités de .ses élégances il faut que le 
lx)ut de l'oreille de la ménagère perce. Je vous dénonce ces excel- 
lentes croquignoles que vous mangez à sa table. Leur délicatesse 
trahit la marque de fabiique et équivaut à sa signature. Nous ne 
.sommes encore, du reste, à cette période heureuse de notre vie 
.sociale, où, selon l'expression connue, le vice s'il existe — rend à la 
vertu le tribut d'hypocrisie. 

Les plaisirs, les distractions de la femme du monde ressemblent 
à ceux de ses pareilles dans les autres pays. Au fond, ils n'en sont 
que le pastiche, à cause de ce fait que l'esprit de sociabilité n'existe 
plus que du côté de la femme ; si le lien social subsiste, si l'on se 
fréquente encore de famille à famille, cela n'est dû qu'à elle. Les 
hommes se sont affranchis de toute obligation. Ils ne font plus de 
visites, excepté dans le cercle d'une très restreinte intimité. Leur 
participation au fonctionnement de l'organi.sation mondaine se borne 
à accepter de temps à autre, une invitation à une soirée de cartes, à 
un dîner, à un " At Home ". Or, pour leur en adoucir la corvée, • 
le fumoir est tor^ours là, offrant un refuge aux plus imiK)rtants qui 
rougiraient d'être surpris ayant l'air de s'amuser au milieu d'un 
groupe féminin. 

Un journal anglais de cette province pouvait encore, il y a 
quelques années, rendre à notre population canadienne-française le 
témoignage qu'elle détenait le monopole de la galanterie, et ajouter 
que la jeunesse masculine anglo-saxonne '•'liait policée à notre con- 
tact. Je crains bien que nous ne soyons en chemin de mériter de moins 
en moins un tel éloge. Cette fleur de la civilisation française que, 
nos pères ont su conserver si longtemps vivace, la galanterie, se 
meurt ; ou, du moins, elle s'est tellement étiolée qu'on ne la recon- 
naît plus. L'urbanité qui ne se dément pas et qui semble recher- 
cher les occasions de s'exercer ; cette exquise politesse indistincte- 
ment étendue à tous, devient par trop héroïque pour nos temps 
positifs. On ne fait plus guère de frais, aujourd'hui, que pour ceux 
qui nous plai.sent. 



30 



FEMMES DU CANADA 



l 



Les bals ne sont donc à peu près fréquentés que par la jeunesse. 
Les parents, d'ailleurs, n'j' sont généralement pas invités. La 
liberté d'aller ainsi dans le monde sous le patronage nominal d'un 
frère ou en compagnie de quelques sœurs et cousines ne semble pas 
présenter trop d'inconvénients puisque les parents, et des plus 
austères, la tolèrent. 

Pour plusieurs de la classe moyenne, l'idée de plaisir est intime- 
ment associée à celle de bie .aisance. Les fêtes de charité dont 
le profits ont convertie pays d'institutions magnifiques, sont tou- 
jours organisées par les femmes. Au sein d'une petite ville, le 
bazar annuel de l'hôpital, est une espèce de foire qui mêle en une 
occasion unique tous les rangs, offre un spectacle capiteux aux 
tranquilles villageois et tranche vivement sur l'éternelle monotonie 
de leur existence. Dans le concours des générosités, dans l'assaut 
de zèle général, toutes les passions comprimées, se donnent libre 
carrière. Le dévouement, la vanité, la coquetterie, la charité, 
l'amour du commandement, le besoin de se dépenser, la jalousie, 
mouvements humains habituellement déguisés sous la timidité 
villageoise, étouffés par la banalité grise du train-train journalier, 
trouvent ici à la faveur du bon motif, leur soupape de sûreté. 
Quelle aubaine pour ces populations stagnantes ! Quelle fièvre 
durant cette semaine de désarroi domestique ! 

A la campagne, le genre de vie ne diffère pas sensiblement des 
moeurs que nous avons décrites. Comme on parle le même 
langage d'un bout à l'autre du pays, on y a les mêmes habitu- 
des, une façon identique de régler l'emploi des heures. L'amour du 
bien-être, du luxe, l'insouciance du lendemain se retrouvent là, 
quoique avec des exceptions plus nomt'-euses. Car il faut observer 
que plus on se rapproche des classes laborieuses, plus les moyens 
diminuent, et plus l'importance de la femme et sa responsabilité 
augmentent. Chez l'ouvrier elle est des deux, l'associé le plus 
intéressé sans lequel rien ne se conclut. Aux champs, elle est 
l'arbitre suprême dont l'influence dicte au mari, souvent jusqu'à la 
manière de voter : — " C'est la créature qui décide ça ", dira volon- 
ticr notre paysan. Chez ces bonnes gens la somme énorme de 
travail que la femme contribue pour sa part aux intérêts de la 
famille, jointe à sa finesse naturelle et à son tact supérieur, lui 
donnent sur les siens une grande autorité morale. 

L'hospitalité proverbiale du Canadien, comme toutes les bonnes 
traditions de notre race, se conservent surtout dans les mœurs 



MOEURS CANADIENNES FRANÇAISE 



31 



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campagnardes. L'hôte y est toujours parfaitement reçu. L'exiguïté 
du logis ou la modicité des moyens ne sont pas des raisons valables 
pour se dispenser de le bien acceuillir. On se priverait plutôt 
pendant une semaine ; on donnerait son propre lit. 

Le retour des fêtes fait grande sensation dans les districts 
ruraux. Dans les vastes cuisines où grouille toute la famille, s'éla- 
borent les régals et les joies en perspective. Tandis que sur le poêle 
encombré de marmites mijotantes, rissole la croquignole parfumée, 
sous l'active surveillance de la mère, d'autres pétrissent la pâte deS 
innombrables "tourtières", assaisonnent les ragoûts, vident les 
volailles qu'on va tout- à-l' heure mettre à la gelée dans l'armoire 
aux provisions. A l'écart du va-et-vient des cuisinières, dans un 
coin, l'une des filles repasse la dentelle qui ornera les toilettes du 
réveillon de la nuit de Noël. Une autre encore dans l'embrasure 
de la fenêtre, se penche, absorbée, .sur le chapeau qu'elle garnit- 
Les enfants, faisant irruption au retour de l'école, oublient de 
fermer la porte derrière eux, attirés tout de suite autour des chau- 
drons au savoureux fumet dont ils réclament le gratin avec des 
airs de convoitise passionnée. Le temps d'abstinence où l'on fabrique 
toutes ces bonnes choses, double l'attrait de leurs promesses ; il vaut 
de bons moments à la fillette gourmande qui n'est pas obligée au 
jeûne, et qu'on institue la goûteuse générale. 

Interrogée sur ses opinions politiques, la citoyenne serait as.sez 
embarrassée d'en formuler une. Il est vrai que dans une colonie 
où les affaires publiques .se bornent d'ordinaire à des questions 
d'administration financière, les opinions ne courent pas les rues. 
Cependant, on trouve à la campagne, le type de la " politicienne". 
Les débats sur les personnalités politiques, la discussion sur le vote 
à doimer, voilà encore une soupape à l'ardeur de certaines natures 
combatives. Autant que l'homme, la femme cède au préjugé. 
Rouge ' ■ ou ' ' Bleue ' ' de nais.sance ou par alliance, elle défend sa 
couleur avec une extrême véhémence de sincérité. 

Le sentiment de la nationalité ou l'idée patriotique n'est pas 
très accentuée, faute de culture. On s'appelle tout uniment : Cana- 
dienne. Cela signifie : le contraire d'anglaise, d'origine francai.se. 
Il n'est pas indifférent de noter que l' air national de la province de Qué- 
bec chante les ' ' yeux doux ' ' de Jo.sephte et commence par les mots : 

' ' Vive la Canadienne !" 
. Qu'on me permette de lui rendre, à mon tour, en finissant cette 
imparfaite esquisse, un juste témoignage. 



32 



FEMMES DU CANADA 



' i 



i 11 



1 ,, 
ii 



En dépit de quelques lacunes dans son instruction, la femme 
canadienne représente au milieu de son peuple, la sagesse. Celui qui 
l'élève à la hauteur de sa confiance, la trouve de bon conseil. Sa 
douceur est comme une huile qui pénètre les mœurs. Sa droiture, 
sa pureté natives ont leur inconsciente influence. Elles conservent 
le culte de l'idéal. Elles transmettent de génération en génération, 
par l'exemple et l'atavisme, la bonté naturelle, la santé morale et 
physique. Sa patrie ne lui demande pas d'action d'éclat, et cepen- 
dant les commencements de notre histoire ont démontré qu'elle sait 
au besoin se hausser aux plus nobles tâches. Depuis, en des temps 
plus pacifiques, le courage ne lui a jamais failli c* ns l'accomplisse- 
ment de son rôle patriotique : celui de principale collaboratrice dans 
l'œuvre d'expansion en Amérique, de la nation canadienne-française. 

Ce n'est pas une Spartiate ; c'est mieux, peut-être, c'est une 
bonne mère. 

MADAME DANDURAND. 



LA VIE DE FAMILLE DANS L'OUEST 



33 




' LA VIE DE PAMILLE DANS L'OUEST. 

" Iv' Ouest " est le terme usité par les Canadiens pour désigner 
cette vaste région qui s'étend de la frontière nord des Etats-Unis à 
l'océan Arctique ; et depuis la province d'Ontario jusqu'à l'océan 
Pacifique, sur un parcours de mille milles 
d une riche prairie, suivie d'une largeur 
presque égale de pays montagneux 
aux perspectives les plus grandioses du 
monde. Cette immense contrée comprend 
les provinces du Manitoba, à l'est, et de 
la Colombie-britannique, à l'ouest ; ainsi 
que les quatre territoires d'Assiniboine, 
Saskatcbewan, Alberta et Athabaska à 
l'intérieur. Le Manitoba avec une grande 
étendue comprise dans les Territoires 
forme la zone de blé par excellence du 
monde. Déjà dans les régions de ranches * 

des Territoires, des bestiaux, moutons, chevaux sont élevés en 
grand nombre. La Colombie-britannique s'enorgueillit de renfermer 
eu elle-même tous les éléments de prospérité sociale. Ses seules 
richesses minérales en font un objet d'étonnement pour le monde ; 
ses bois de haute futaie sont de grande étendue et de grande valeur ; 
on peut dire la même chose de ses pêches ; et ses vallées, d'aut -» part, 
abondent en fruits, en produits agricoles et en gras pâturages. 

L,es habitants de ce grand Ouest diffèrent par l'origine, le 
caractère et la condition sociale ; mais en quelque endroit qu'on les 
rencontre, dans les prairies, dans les montagnes, ou sur les rivages 
de la mer, on les trouve toujours confiants, pleins d'espoir dans 
l'avenir. Ce peut être l'effet en partie de l'air exhilarant qu'on y res- 
pire, et en partie celui du sentiment de l'immensité des richesses qui . 
leur sont dévolues ; mais, en dépit des misères de la vie du défricheur, 
leur foi dans l'avenir du pays demeure inébranlable. La plupart des 
premiers colons de l'Ouest venaient des anciennes provincesdu Canada, 
honunes et femmes d'initiative et de ressources. Ils auront bien 
mérité de ceux qui viendront après eux, pour la sagesse avec laquell 
ils y ont inauguré le mouvement religieux, scolaire et politique. 

Il n'est guère possible dans cette courte étude de décrire com- 
plètement la vie de famille dans l'Ouest Qu'il me suffise de dire 
que la vie urbaine ici ne diffère pas beaucoup de la vie urbaine 



A- 



I I 



34 



FEMMES DU CANADA 



ailleurs. Pourtant, le progrès de ces villes de l'Ouest est merveil- 
leux ; elles rivalisent entre elles dans l'application des découvertes 
et inventions modernes, telles qu'éclairage à l'électricité des rues et 
des maisons, constructions d'aqueducs et d'égoûts, et, dans les plus 
populeuses, services de tramways électriques des plus effectifs. I<es 
établissements d'éducation et d'assistance sont d'un ordre supérieur 
et les églises se multiplient à mesure que s'accroit la population. 

Mais quelles expressions emploierons-nous pour décrire nos 
prairies ? Elles .sont toujours belles, et pour l'œil et l'oreille exercés 
pleines de merveilleuses harmonies. On ne peut que plaindre ceux 
qui trouvent monotone une prairie manitobaine. Les levers et les 
couchers de soleil parfois nous frappent par leur grandeur, parfois 
nous ravissent par leur beauté. Sur la prairie, un orage accompagné 
de tonnerre, lorsqu'on a devant soi le panorama du ciel tout entier 
vivement éclairé coup sur coup par la foudre, est un spectacle inou- 
bliable. Et quoi de plus réjouissant que la vue de nos grands champs 
de froment doré, quoi de plus enchanteur que le murmure du veiit 
lorsqu'il passe sur la face ondulante des blés. En vérité la moisson 
dorée de la prairie est d'un rapport meilleur et plus constant que ne 
sont les mines universellement renommées du Klondike. A partir 
du moment où la brave petite anémone se montre, au printemps, 
jusqu'aux gelées de l'hiver, la prairie est couverte de fleurs en suc- 
cession ininterrompue, parmi lesquelles la petite rose des prairies, la 
verge d'or, le martagon, le tournesol sauvage, l'aster pourpré et 
nombre d'autres. Plusieurs colons de la prairie ont aujourd'hui 
de beaux jardins et sont heureux de voir que les plantes d'ornement, 
les arbustes fruitiers et les légumes crois.sent ici en abondance et 
atteignent la perfection. On donne beaucoup d'attention à la 
plantation d'arbres, et la fête des Arbres est une des mieux observ^ées. 

Ee gouvernement canadien a sagement établi dans l'Ouest, à 
.différents points, des stations agronomiques, qui donnent des leçons 
pratiques dans la culture des céréales, des prairies, des arbres 
fruitiers, des arbres d'ombrage, des plantes d'ornement et des fleurs. 
Ee progrès réalisé dans ces plantations sur les pelouses et dans les 
jardins à la ville comme à la campagne, est la meilleure preuve de 
l'utilité de ces établissen..ents. Déjà sur beaucoup de fermes des 
mai-sons confortables et bien aménagées ont remplacé les petites 
huttes de bois, nues, d'il y a quelques années ; les champs sont 
mieux cultivés, et le troupeau eu meilleure condition, et les fermiers 
ont en banque de jolis magots. 




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LA VIE DE FAMILLE DANS L'OUEST 



35 



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La rareté de la main d' œuvre compétente pour le ser\'ice domes- 
tique a fait retomber sur la femme la plus grande part du fardeau de 
cette vie du colon de l'Ouest. Nous espérons qu'on trouvera quelque 
moyen par lequel l'excédent des domestiques bien dressés de l'ancien 
monde viendra satisfaire aux besoins et à la demande du pays. La 
prospérité du foyer en tout lieu dépend beaucoup de la mère, et l'Ouest 
peut se féliciter du grand nombre de ses mères de familles qui .sont 
cultivées et instruites. Il est certain aussi qu'elles sont à un degré 
remarquable braves, intelligentes et confiantes en elles-mêmes ; car 
autrement, elles n'auraient pas pris le parti de devenir colons en ce 
pays de "superbe isolement". La femme, dans les prairies, a la 
noble mission de faire tendre les siens, dans la pratique journalière 
de la vie, vers un idéal élevé de vérif.. et de justice, de leur ensei- 
gner l'amour du travail en lui-même et de leur faire accepter avec 
reconnaissance de la main c .1 Grand Bienfaiteur ces largesses de la 
nature distribuées ici par Lui d'une manière .si directe et avec tant de 
prodigalité. 

C'est chez les mères de famille, dans ce pays neuf, et actif que 
nous trouverons le sentiment éclairé de tout ce qui a trait au bien- 
être du groupe familial. Klles ne doivent pas seulement être tendres 
et .sincères, il leur faut de plus la sagesse et la largeur de vues, 
afin de bien préparer leurs fils et leurs filles pour ce grand héritage. 
De bons livres et des revues intéressantes sont aus.si nécessaires que la 
nourriture du corps et le vêtement, si nous voulons armer les garçons 
et les fillettes de la prairie pour cette grande lutte de la vie où ils sont 
appelés à .se distinguer. Il n'existe pas de meilleur milieu pour la 
formation de citoyens du meilleur type que celui de nos fermes de 
prairie avec leur vie si remplie et .si libre. On y trouve place pour 
l'exercice de tous les talents, le déploiement de toutes les énergies. 
Durant les mois d'hiver on a beaucoup de loisirs pour la musique et la 
lecture des bons auteurs. Bien que ces travaux de ferme soient durs et 
parfois absorbants, néanmoins les piques-niques et les fêtes agri- 
coles ont leurs jours en été, de même que le patinage, le hockey, le 
curling et les promenades en voiture, l'hiver. Notre Manitoba est 
tout autant " Notre-Dame du clair Soleil ", que " Notre-Dame des 
Neiges ". 

Avec sa superbe nature, sa population brave, confiante, sûre 
d'elle-même, que l'Ouest demeure toujours la forteresse de la Liberté, 
l'heureux séjour de milhons d'humains. 

/ JESSIE McEWEN. 



36 



FEMMES DU CANADA 



CHAPITRE m. 



ETAT CIVIL ET POLITIQUE. 



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l 'f 






ETAT CIVIL DE LA FEMME AU CANADA. 

(Excepté la province de Québec.) 

Un résumé succinct des lois est tout ce qui peut être donné dans 
cet article, vu le peu d'espace. 

La loi de l'Ontario est prise comme sujet principal accompagnée 

de quelques mentions très courtes des lois 
des autres provinces, quand il y a quel- 
ques divergences. Le sujet sera traité 
sous les titres suivants : i ° mineurs, per- 
sonnes au-dessous de 21 ans ; 2° femmes 
non mariées ; 3° femmes mariées. 

MINEURS. 

Les droits et responsabilités des mineurs 
des deux sexes sont presque les mêmes. 
Ils ne peuvent faire de contrat valide, 
excepté dans peu de cas tels que dans les 
cas de nécessité, ou pour raison de salaire. 
Ils sont sous le contrôle des lois concer- 
nant les mineurs jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans et par conséquent 
en tutelle. Dans l'Ontario, le contrat le plus important de la vie de 
l'homme et de celle de la femme, c'est-à-dire le mariage, peut être 
fait par les mineurs à l'âge de dix-huit ans, sans le consentement de 
leurs parents ou tuteurs. 

D'après la loi commune d'Angleterre, les enfants appartiennent 
à leur père, ils sont siens, et les siens seulement. Blackstone s'ex- 
prime ainsi : "les mères, comme telles, n'ont pas le pouvoir, elles 
ont révérence et respect ".Le père est le seul gardien de ses enfants 
mineurs, et nul contrat, avant le mariage, qui donnerait à la mère la 
tutelle et le contrôle des enfants de ce mariage, ne lierait le mari, il 



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ETAT CIVIL ET POLITIQUE 



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ne serait point soutenu par les cours. Aucun contrat, avant le 
mariage, par lequel les enfants seraient tenus d'embrasser une 
religion autre que celle de leur père ne peut lier le mari futri-. 
Même à la mort de leur père, la mère n'a pas plus de droit b^r 
réciucation religieuse de ses enfants qu'un tuteur nommé par le père, 
et si elle essayait de leur faire changer de religion, la cour peut et 
doit intervenir en nommant des tuteurs. 

Dans la province de la Nouvelle-Ecosse un contrat antenuptial 
concernant la religion des enfants est valide. 

Un père peut engager ses enfants, les mettre en apprentissage, 
les donner en adoption, les élever comme il veut et dans la religion 
qu'il veut. Il a droit à tous leurs salaires jusqu'à leur majorité. 
En réalité, il a le contrôle et la garde de leurs personnes jusqu'à cet 



âge. 



Une mère, aux yeux de la loi, a le même pouvoir qu'un étranger. 
Moralement ses enfants lui doivent une espèce de respect et peut-être 
obéissance. Un père peut, par testament, nommer un ou plusieurs 
tuteurs pour ses enfants mineurs et en déposséder leur mère. Par 
l'Acte de 1887, la loi a été changée dans l'Ontario dans les particula- 
rités suivantes : la mère est la tutrice, à la 'aort de son époux, si ce 
dernier n'a pas nommé un tuteur dans son testament. Mais s' il désigne 
un ou des tuteur=, ou si la cour le fait (car elle a le pouvoir de le 
faire, si le père ne l'a fait,) la mère a le privilège d'agir conjointe- 
ment aux personnes nommées. Provisoirement la mère peut nommer 
un tuteur, mais il n'a aucun droit d'action si la cour ne déclare le 
père incapable. Quand il arrive que la mère est seule tutrice à la 
mort de son mari, elle ne peut mettre ses enfants en apprentissage, 
excepté avec la sanction de deux juges de paix. Il est évident, qu'en 
loi, le jugement de la mère n'est pas considéré comme sain, puis- 
qu'elle ne peut pas avoir la garde de ses enfants. Dans le Manitoba, 
la cour a le pouvoir de nommer la mère seule tutrice, en dépit de la 
personne nommée par le père dans son testament. 

Dans le cas d'adultère de 4a mère, elle n'a même pas le 
droit de voir ses enfants, mais il n'en est pas ainsi du père dans le 
même cas. 

I^a loi criminelle du Canada est renfermée dans le Code 
Criminel, dont beaucoup d'articles ont pour but la protection des 
filles et des femmes, mineures eu loi. 

En cas de séduction ^à défendeur ne peut plaider consentement, 
à moins que la fille ne soit au-dessus de seize ans. 



38 



FEMMES DU CANADA 



Celui qui livre à la prostitution une fille au-dessous de quatorze 
ans est passible d'emprisonnement à vie et d'être fouetté (voyez les 
articles 6i et 269), mais pour le même délit la mère n'est passible 
que de quatorze années d'emprisonnement seulement. vSi une mère 
livre à la prostitution sa fille au-dessus de quatorze ans, elle est 
passible de cinq ans, tandis qu'une personne étrangère, pour la même 
délit n'est passible que de deux années ; ou, en d'autres termes, 
une mère est moins criminelle qu'un étranger quand sa fille est au- 
dessous de quatorze ans et plus criminelle que lui quand sa fille a 
plus de quatorze ans. 

De plus, un tuteur qui est complice de la prostitution de sa 
pupille est passible de cinq années d'emprisonnement, mais de deux 
ans seulement s'il est lui-même le principal coupable. 

D'après le code, les hommes seuls sont passibles du fouet. La 
peine du fouet imposée aux filles et aux femmes pendant plusieurs 
siècles et jusqu'à 1820, avait un effet si démoralisant que cette 
peine a été abolie la même année pour ce sexe. 



I 



Femmes non mariées au-dessus de 21 ans. 

Au point de vue des droits personnels et de propriété, les 
femmes non mariées sont égales aux hommes. Les veuves peuvent, 
sans inconvenance et pour des fins légales, être classées parmi les 
femmes non mariées. 

A l'exception de certains emplois civils et carrières profession- 
nelles, notre vieille loi commune n'a jamais eu la pensée de frapper 
d'incapacité les femmes non mariées, qui, majeures et saines d'esprit^ 
ont toujours été autorisées à administrer leurs propriétés person-, 
nelles et immeubles ; de faire et de changer leurs testaments et 
codicilles, comme et quand, suivant le bon sens ou le caprice, elles le 
jugeaient à propos. Aucun conseil de famille composé d'hommes 
ne se permettait de les contrôler ; il n'y avait pas de limites à leurs 
acquisitions et héritages. Les femmes non mariées ont, de temps 
immémorial acheté, vendu, tenu magasins, fermes et auberges, fait 
leur marché, perçu leurs rentes, fait leurs placements, poursuivi 
leurs débiteurs, composé avec leurs créanciers, '^t en un mot, vécu 
leur vie, sujettes à rien de pire qu'à une bonne considération et à de 
joyeux à-propos sur leur vie de célibataire. 

La loi des Mines rejette l'emploie des femmes et des filles, et 
celles des fabriques et des ateliers mettent certaines restrictions à 



..,iM 




ETAT CIVIL ET POLITIQUE 



39 



leur travail. Autrement elles peuvent légalement exercer toute 
profession ou métier, s'engager clans tout commerce ou occupation 
autres que l'armée, bien que les coutumes les excluent de certaines 
carrières. 

lya seule profession fermée à la femme dans l'Ontario est le 
ministère religieux, et probablement pour la raison donnée dans 
deux des états de l'Union américaine, à savoir : qu'elle est trop 
bonne, étant un ange, et dans l'opinion contraire : qu'elle est trop 
mauvaise, étant la cause de la chute de l'homme. 

Dans la province d'Ontario seulement elle a libre entrée au 
barreau. Possédant tous les droits et privilèges d'un avocat, aucun 
empêchement légal ne lui ôte le droit d'être Bencher (dignitaire de 
l'ordre de avocats), conseiller de la Reine, juge. 

Aucune femme ne peut devenir échevin, conseiller, maire ou 
député de l'une ou l'autre chambre du parlement, mais dans 
l'Ontario, les femmes non mariées peuvent voter dans toutes les 
élections municipales, pourvu qu'elles possèdent les mêmes titres 
propriétaires que les hommes. 

Femmes mariées. 



I,a situation légale des femmes change beaucoup par leuî 
mariage. 

Nos ancêtres out tenu à traiter le mariage comme une suspension 
de l'existence indépendante de la femme et comme une absorption 
par le mari de la personne de la femme et de tous ses biens, quelle 
qu'en soit leur nature ou espèce, bien que le mari ait déclaré 
solennellement à l'autel : " Je te fais don de tous mes biens ". 

Cette notion de l'unité de l'homme et de la femme, .signifiant 
la suspension des droits de la femme et la souveraineté du mari, 
parait avoir été très agréable à toute la race des juristes anglais, 
chatouillant leur austère humeur et satisfaisant leur vue bornée de 
1 harmonie des cho.ses. Avec quelle fine plaisanterie et quelle 
humeur le grand Blackstone traite ce sujet dans le premier livre de 
ces mimi'.ables commentaires: "même les incapacités qui sont le 
piopre de la femme sont en général destinées à sa protection et à 
son profit — le beau sexe est un si grand favori pour les lois de 
r Angleterre '\ 

hoxà Lyndhurst fut le premier avocat de renom, dit-on, qui 
dénonça cette unité. Il reste cependant un exemple oii l'unité 



40 



FEMMES DU CANADA 



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semble persister, ainsi : — si 5,000 dollars sont divisés entre Pierre, 
Jean et Jeanne en parties égales, et que Jeanne et Pierre aient la 
chance de se marier l'un à l'autre, l'héritage est alors divisé non en 
tiers, mais en moitiés, car Jeanne et Pierre sont regardés comme ne 
faisant qu'un, et prennent seulement une moitié pour eux, tandis que 
le veinard Jean s'en va avec l'autre moitié. 

Une femme mariée n'a pas pleins pouvoirs de contrat. Elle 
peut contracter et être responsable pour ce qui concerne sa propriété 
privée, immobilière ou personnelle, poursuivre ou être poursuivie, 
trafiquer sur des parts, fonds, obligations, ou autres intérêts de 
toute nature ou espèce, et être partie contractante dans tout papier 
commercial, lettres de change, billets à ordre, traites, etc., et par 
conséquent se lier comme caution absolument comme si elle n'était 
point mariée. 

Sa responsabilité dans tout contrat, n'est jamais personnelle 
cependant (comme cela existe pour un homme ou une femme non- 
mariée), mais propriétaire, c'est-à-dire eu égard à sa propriété 
séparée. 

Il a été jugé qu'en vertu de la loi d'Ontario de 1872, Married 
Woman's Property Ad, la femme ne peut se lier par contrat, si ce 
n'est en ce qui regarde ses biens propres. 

D'après la loi de 1884, ses pouvoirs de contracter quoique 
étendus par rapport à ses biens séparé** ne sont pas augmentés, 
et ils ne le sont pas non plus d'après la loi de 1897. 

On peut dire cependant qu'ils ont été étendus d'après la der- 
nière loi en ce sens que l'existence d'une propriété séparée libre au 
temps de l'entrée en contrat, ou en responsabilité, n'est pas, comme 
auparavant, une condition nécessaire à la validité du contrat. 

Une femme mariée a droit de propriété sans pouvoir d'antici- 
pation (telle est la jurisprudence), c'est-à-dire qu'elle ne peut engager 
d'avance ni le principal ni l'intérêt. Comme on ne peut saisir la 
propriété d'une femme mariée que dans quelques cas exceptionnels, 
l'unique avantage de cette situation est : "qu'elle peut se servir de 
ce frein pour déconfire ses ennemis et défier ses fournisseurs, et 
quand cela lui plaît elle requiert la cour pour empêcher toute saisie". 

ly' effet d'une mesure de la loi de 1897 est de rendre la propriété 
acquise par une femme, après la mort de son mari, responsable d'un 
jugement pour un contrat fait du vivant de son mari. D'après les 
lois antérieures, une propriété séparée seulement pouvait être 
responsable, telle est encore la loi au Manitoba. 



ETAT CIVIL ET POLITIQUE 



41 



D'après les lois des Biens de la femme mariée de l'Ontario 
et du Nouveau- Brunswick, toute femme mariée peut maintenant 
avoir, retenir et aliéner, par testament ou autrement, tous les biens 
personnels et innneubles acquis ou qui lui sont échus en tout temps, 
comme si elle n'était pas mariée. 

Excepté dans l'Ontario, dans le cas où elle était mariée le ou 
avant le 2 mars 1872, et que la propriété lui était échue ou avait été 
acquise par elle avant cette date ou entre le 30 décembre 1877 et le ler 
juillet 1884, la participation du mari est encore nécessaire dans l'acte, 
afin de transmettre ses propres droits sur la propriété de sa femme. 

Les lois régissant les Biens de la femme mariée ont été introduites 
dans les autres provinces à différentes époques, à savoir : Manitoba, 
1875; Nouveau-Brunswick, 1896; Nouvelle-Ecosse, ler janvier 1899; 
Ile de Prince-Edouard, 1896 ; Colombie-britannique, 1887 ; Terri- 
toires du Nord-Ouest, ler janvier 1897. La loi peut être énoncée 
comme suit : toute femme mariée peut avoir, retenir ou aliéner, par 
testament ou autrement, comme une femme non mariée, tous ses biens 
personnels et immeubles acquis par elle ou qui lui sont échus après 
l'entrée en force des susdites lois dans chaque province respecti- 
vement. Le consentement du mari au testament de sa femme est 
encore nécessaire dans le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse. 

Excepté dans les provinces qui bordent l'océan atlantique, 
une singulière anomalie se produit lorsqu'une femme mariée est fidéi- 
commissaire d'une succession en qualité d'exécutrice testamentaire. 
Si elle a l'usufruit de biens immeubles, elle peut en disposer sans le 
consentement de son mari ; mais si eu qualité d'administratrice elle 
n'a qu'un pouvoir représentatif, elle ne peut transférer la propriété 
légale sans son entremise ou sans les interminables procédés des lois 
3 et 4 Guillaume IV, chap. 74. Tandis qu'elle peut entre- 
prendre la tâche importante de poursuivre pour tout ce qui a rapport 
à la succession, elle ne peut faire une chose bien plus simple, trans- 
mettre le droit légal de propriété sans sa permission ; elle ne peut 
non plus transférer la propriété légale possédée par elle, en sa 
qualité d'administratrice, sans son concours, excepté si cela se 
trouve dans l'une ou l'autre des classes spécifiées dans l'article 10, 
Lois refondues d'Ontario, chap. 163. 

Tous les gages d'une femme mariée sont sa propriété person- 
nelle, qu'ils aient été gagnés par elle soit dans des emplois, métiers 
ou occupations, dans lesquels son mari n'a pas de part, soit dans 
l'exercice de travaux littéraires ou artistiques. 



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42 



FEMMES DU CANADA 



L'ancienne loi exigeait le consentement, exprimé ou implicite 
du mari autorisant sa femme à s'engager clans quelque commerce ou 
occupation, etc.; et connue notre loi est muette sur ce point, il 
semblerait que son consentement fût encore nécessaire à sa femme 
pour qu'elle pût gagner un salaire à l'emploi d' un autre. Par exemple, 
si elle s'engageait comme servante, il pourrait notifier son patron de 
ne plus réclamer ses services, et s'il refuse, le mari a droit de le 
poursuivre comme receleur. La raison en est qu'une femme pour- 
rait cesser ses rapports matrimoniaux .sans le consentement du mari, 
et sans qu'il en fût de sa faute, pouvoir que jamais la loi n'a pu 
avoir l'intention de lui dontier. 

Cependant, il paraît que, si elle s'engageait dans quelque com- 
merce, etc., ou suivait une profession, métier ou vocation, pour 
son compte, c'e.st-à-dire pas à l'emploi d'un autre, .son mari ne peut 
l'empêcher en autant qu'il n'a d'action que contre elle. Donc, 
bien que, maintenant, un mari ne puisse confisquer les gages 
de sa femme, il peut par son intervention paralyser son droit de 
gagner. 

Dans la Nouvelle-Ecosse un consentement écrit et enregistré 
du mari est nécessaire à une femme mariée pour avoir droit aux 
gains de son commerce, et dans l'Ile de Prince- Edouard, elle n'y a 
droit dans aucun cas excepté s'il existe séparation entre eux. 

Le mari exerce encore dans une mesure restreinte un droit de 
tutelle et de surveillance sur la personne de sa femme. Aujourd'hui 
cette tutelle cesse à la suite de mauvais traitements ou d'un arrêt 
de séparation de corps prononcé entre les époux. Le mari peut 
oommettre un rapt sur la personne de sa femme sans être passible 
de poursuite, même s'il lui communique des maux répugnants. La 
contrainte cependant ne doit pas mettre sa vie et sa santé en péril. 

Le cas Jackson en 1892 abolit toutes les sentences relatives à la 
restitution des droits conjugaux. Lord Esher, dans une pompeuse 
digression, foula aux pieds la loi commune, mais Lord Justice Fry, 
bien qu'il prît un ton plus solennel, embarrassé qu'il était par son 
érudition en la matière, admit, avec le reste de la cour, qu'un 
homme n'a pas le droit d'employer la force pour retenir sa femme ni 
de l'emprisonner. 

A la mort d'une femme intestat, quand un mari est usufruitier 
de faveur. Tenant by Ciirtesy (c'est-à-dire a un intérêt à vie dans les 
biens de sa femme), il peut aussi, d'après la loi de la 29e année du 
du règne de Charles II, chap. 3, article 24, se faire accorder des 



ETAT CIVIL ET POLITIQUE 



43 



lettres d'admitiistration sur ses inimeubles et comme tel adminis- 
trateur, se les approprier pour son usage, même s'il y a des enfants 
vivants. 

Une femme a un droit de douaire sur les biens de son défunt 
mari, excepté dans le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest où 
ce droit a été aboli. Une mère a dans l'Ontario les mêmes droits 
qu'un père dans le cas d'héritage sans testament. Mais dans les 
autres provinces, le père prend toute la succession à l'exclusion 
de la mère. 



ClyARA BRETT MARTIN. 



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FEMMES DU CANADA 



fîUDE SUR U CONDITION LEGALE DES FEMMES DE U PROVINCE 

DE QUÉBEC. 

Etudier la condition légale de la femme, c'est décrire son état 
dans la société civile, énumérer ses pouvoirs, mesurer son champ 
d'action, définir sa capacité. Le droit s'est emparé de toutes les 

phases de l'existence humaine pour les 
réglementer. Il s'étend sur nous à notre 
entrée dans la vie comme un immense 
réseau qui nous enserre à jamais. Nous 
sommes là pris à quelques-unes de ses 
mailles, et bon gré mal gré, nous en 
subissons l'irrésistible force. La loi s'ira- 
pose, et selon que nous sommes mineur 
ou majeur, célibataire, époux ou épouse, 
elle nous accorde des droits plus ou moins 
étendus, strictement définis. 

La femme non mariée, qu'elle soit 
fille ou veuve, possède dans la vie privée 
la même capacité que l'homme; elle exerce comme lui ses droits civils; 
est libredans ses actes et l'administration de ses biens. Mais si le code 
proclame l'égalité des sexes dans ces limites, il lui répugne au con- 
traire de la reconnaître au delà ; voilà pourquoi il déclare les femmes 
incapables de remplir certaines fonctions réputées publiques, telles 
que la tutelle, la curatelle. La mère seule et les autres ascend- 
antes en viduité peuvent être tutrices à leurs enfants et petits- 
enfants. L'épouse, par exception encore, peut devenir curatrice 
à son mari interdit. 

La femme qui se marie a-t-elle con.science du changement qui 
s'opère dans sa condition légale? Ce "oui " qu'elle prononce, sait- 
elle à quoi il la lie ? Sa liberté, ses biens, tout ce qui la touche, 
tout ce qui l'intéresse va subir une altération par la démarche 
qu'elle fait. 

Le code s'exprime ainsi : " La femme doit obéissance à son mari, 
le mari, protection à sa femme " . Et pour que cette dépendance de la 



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CONDITION LÉGALE DANS QUÉBEC 



45 



femme soit vraiment effective, et que la protection que le mari lui ac- 
corde ne soit pas un vain mot, la loi en fait une incapable ; elle la dé- 
pouille de l'exercice de ses droits civils, de tous excepté celui de tester, 
qui reste inviolable. Les privilèges, les bienfaits de la vie civile dont 
jouissent les majeur^, sans distinction de sexes, elle défend à la 
femme mariée d'en user; sa personnalité s'efface, s'éteint, elle est 
absorbée parcelle de son époux, au pc .;: que, veut-elle acquérir 
des biens, en disposer, recevoir une donation, prendre sa part dans 
une succession, déployer son initiative, soit pour tenir un négoce, 
se livrer à une industrie, se défendre en justice, intenter une action ; 
veut-elle favoriser quelqu'un, s'obliger pour autrui, faire une libé- 
ralité à ses enfants, pourvoir â leur établissement, etc., tous ces 
actes sont frappés ne nullité absolue, sans égard pour ce qu'ils 
peuvent avoir de juste, de raisonnable et d'avantageux pour elle. 
Leur valeur est nulle au point que la femme veut-elle ratifier plus 
tard, pendant son veuvage, ou avec le concours de son mari, un acte 
qu'elle a consenti sans autorisation maritale, par exemple l'accep- 
tation d'une donation que lui a faite un ascendant, elle ne le 
pourrait pas, car on ne ratifie pas le néant. Voilà dans toute sa 
crudité, l'exposé succinct de l'incapacité de la femme pendant le 
mariage. 

Mais la loi entend-elle réduire celle-ci à une inaction com- 
plète et son rôle doit-il nécessairement demeurer passif ? Non ; 
n^ais alors qui relèvera la femme de cette incapacité qui pèse sur 
e-'.e ? Ce sera son mari par l'autorisation qu'il lui donnera. 

Dès qu'elle est autorisée, la femme reconquiert momentanément 
sa capacité, et les actes, accomplis par elle dans ces conditions, ont 
pleine valeur, et reçoivent leur sanction de la loi. S'agit-il pour 
une femme de vendre ses immeubles, de les hypothéquer, de recevoir 
une succession, d'accepter ur don, de transporter un bien à ses 
enfants; elle pourra faire valablement tous ces actes de la vie 
civile, pourvu qu'elle soit autorisée. 

La femme mariée autorisée peut donc encourir toutes sortes 
de responsabilités, excepté toutefois, s'engager pour son mari. 
Cette disposition fort sage , une protection efficace que la loi 
accorde à la femme pour la soustraire aux obsessions de son époux et 
lui permettre de conserver ses biens intacts. La loi permet cepen- 
dant à la femme d'avancer des fonds à son mari, de payer ses dettes, 
croyant qu'elle appréciera toutes les conséquences de l'acte qu'elle 
fait en se dépouillant de ses biens. Mais la loi, en lui défendant 



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46 



FEMMES nir CANADA 



de s'obliger pour sou mari, entend la prémunir contre ses libéralités 
dangereuses, auxquelles on consent aisément quand, sans rien don- 
ner dans le présent, on ne fait que garantir le paiement d'obligations 
qu'on espère ne jamais rencontrer, et qui, d'après l'expérience 
journalière entraînent tant de ruines. 

Une autre restriction apportée à la capacité de la femme pendant 
le mariage, et celle-là est réciproque pour le mari, c'est la défense 
qui est faite aux époux de s'avantager tant que dure leur union. 
Les libéralités qu'ils peuvent se faire pendant cette période sont en 
principe toutes rembouisables à la dissolution du mariage. Le mari 
peut-il par une autorisation générale laisser jouir sa femme d'un»^ 
véritable liberté éludant ainsi la rigueur de la loi ? Cette libéralité 
a été prévue et défendue expressément par nos lois. Les agisse- 
ments de la femme doivent être contrôlés spécialement par le mari ; 
une autorisation générale ne vaut rien, l'autorisation doit être 
spéciale. 

Par anticipation, nous dirons que dans certaines conditions, la 
femme peut se réserver par contrat de mariage, la faculté 
d'administrer ses biens ; mais nous verrons en temps et lieu, que 
ce pouvoir ne contredit pas le principe de l'incapacité dont est 
frappée la femme mariée et qui se fait sentir d'ailleurs sous tous les 
régimes matrimoniaux. La femme reste- t-elle sans appel de la 
décision du mari qui lui refuse l'autorisation dont elle a besoin? 
Non, elle peut en appeler au juge qui l'autorisera s'il le croit 
convenable. 

Eu face de cette abdication de ses libertés, de cette abnégation 
c'c soi que fait la femme, que lui apporte donc le mari en retour ? 
Il doit la recevoir, la nourrir, la faire vivre convenablement, suivant 
ses moyens. Le mari doit recevoir sa femme ; mais celle-ci est 
obligée de le suivre partout où il juge à propos de s'établir; sa 
nationalité est liée à celle de son époux. Nous connaissons tous le 
vieil adage populaire : " Qui prend mari, prend pays". Les époux 
se doivent une fidélité inviolable, leurs serments sont sacrés. Le 
devoir est réciproque, mais la loi qui le sanctionne a des rigueurs 
inégales. L'adultère de la femme est toujours abominable, celle 
qui le commet, peut être poursuivie en justice et punie , le mari 
trompé peut toujours demander la séparation. Si au contraire, 
c'est le mari qui est coupable, la femme ne peut invoquer cette faute 
comme cause de séparation que s'il entretient une concubine datis 



CONDITION LÉGALE DANS QUEBEC 



47 



libéralités 

rien don- 

bligations 

xpérience 

e pendant 
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le sont en 
Le mari 
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libéralité 
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ablir ; sa 
tis tous le 
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:rés. Le 
rigu.-^urs 
ble. celle 
, le mari 
contraire, 
ette faute 
bine datis 



la maison commune. Un accident, une faiblesse passagère, pour 
une personne de sa maison, ne le ferait pas tomber sous le coup de 
la loi. 

Bien que le principe de l'indissolubilité du mariage soit forte- 
ment proclamée par le code, le parlement fédéral a le pouvoir de 
passer des lois spéciales pour permettre le divorce. 

Arrêtons-nous un instant à la situation que créent les liens de 
parenté entre la mère et les enfants. La loi civile, s' harmonisant 
avec la loi naturelle et religieuse, pose ce précepte : l'enfant à tout 
âge doit honneur et respect à ses père et mère. Les titres qu'ils 
ont à la vénération de leur descendance, sont en effet les mêmes ; 
la puissance, l'autorité, que la nature leur donne découlent de la 
même source ; mais le père seul exerce cette autorité pendant le 
mariage, la femme abdique la sienne ; elle renonce à ce droit comme 
à tant d'autres ; devient-elle veuve, elle le reprend en entier. 

Nous connaissons tous par expérience combien les mœurs 
corrigent ce que nos lois ont d'arbitraire et de rigoureux pour les 
susceptibilités d'une mère à ce chapitre de la puissance paternelle ; 
l'usage veut que la femme déploie dans l'éducation et la formation 
morale de ses enfants beaucoup plus d'initiative que ne lui en donnent 
nos lois. Hâtons-nous d'ajouter que le législateur a pressenti qu'il 
ne devait prévenir que les conflits entre père et mère et laisser 
autant que possible l'influence salutaire de celle-ci se répandre sur 
les siens pour le plus grand bien de la famille. A côté de l'autorité 
paternelle, il établit le droit de surveillance de la mère sur ses enfants ; 
droit qu'elle peut exercer même quand elle est séparée de son mari, 
et que la garde de .ses enfants lui est refusée. 

Qu'elle est l'étendue des pouvoirs de la femme sur ses biens? 
Il ne peut s'agir évidemment ici que de la femme mariée, nous 
savons que l'autre, celle qui ne l'est pas, use de ses biens selon son 
bon plaisir dès qu'elle est majeure. La loi qui détermine l'étendue 
de ces pouvoirs varie avec les régimes matrimoniaux. Le régime 
matrimonial détermine la répartition de la richesse entre les époux 
ainsi que les charges et les droits que s-^ possession entraîne. Le 
choix d'un régime matrimonial doit être fait avec beaucoup de 
discernement, puisqu'il est interdit de le changer après le mariage 
ou d'en corriger les lacunes par des dons mutuels entre époux. La 
seule atténuation apportée à ces défenses est celle qui permet au 
mari d'assurer sa vie en faveur de sa femme. 



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FEMMES DU CANADA 

COMMUNAUTÉ I^ÊGAI^E. 



La communauté légale est la loi commune, le régime qui s'im- 
pose aux époux par le seul fait de leur mariage, si le mari est 
domicilié dans la province de Québec. Le seul moyen d'échapper 
à ce régime est de s'en créer un propre par contrat de mariage. 

Dans la communauté légale, comme ce terme l'indique, les époux 
contribuent chacun pour sa part à la création d'un fonds commun, 
dont le mari devient propriétaire et maître, et sur lequel ils ont des 
droits fort inégaux. Les époux peuvent posséder, en outre, des biens 
person^els qu'on appelle leurs propres, et dont l'administration 
appartient encore ai; mari. Néanmoins il ne peut aliéner les propres 
de sa femme sans obtenir au préalable son concours. 

Donc dans la communauté légale, on doit faire trois parts : 
1° ce qui compose le patrimoine commun ; 2° les propres du mari ; 
3° les propres de la femme. 

L'actif du fonds commun se compose : 

1° De tous les biens acquis pendant le mariage, par l'un 
ou l'autre des époux, à quelque titre que ce soit ; fruit de l'indus- 
tne du mari, ou salaire de la femme, si elle se livre à un travail 
rémunérateur, dons, legs, tout tombe dans la communauté, 
excepté toutefois, les immeubles qui échoient aux époux, d'ascen- 
dants, et les meubles ou immeubles donnés par d'autres que ceux- 
ci avec stipulation expresse qu'ils ne deviendront pas biens de 
communauté. 

2° De tous les meubles que les époux possèdent au jour de la 
célébration du mariage ; ce qui comprend les actions dans les compa- 
gnies financières et commerciales, etc ; par conséquent la portion la 
plus notable des fortunes de nos jours. 

3° C'est encore dans le fonds commun, remarquons-le bien, que 
se versent tous les revenus des propres. 

En somme tous les revenus des époux, de quelque nature qu'ils 
proviennent, tombent dans la communauté ; et leurs propres ne se com- 
posent plus que de la nue-propriété, c'est-à-dire, du seul capital, sans 
les revenus des biens suivants : i " des immeubles possédés par les 
époux avant le mariage ; 2° des immeubles qui leur échoient 
pendant sa durée, d'ascendants, à titre gratuit ; 3° des meubles ou 
immeubles donnés ou légués avec condition expresse stipulée par le 
bienfaiteur qu'ils ne seront pas biens communs. 



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CONDITION LÉGALE DANS QUÉBEC 



49 



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Voyons maintenant comment se répartissent les droits des époux 
sur le patrimoine commun. Bien que dans un sens, les époux soient 
propriétaires conjoints, cependant le mari a seul l'administration des 
biens de la communauté. Il peut les vendre, les hypothéquer, les 
aliéner, les donner même gratuitement s'il lui plait, sans leconcours 
de sa femme, et sans jamais être tenu de lui rendre compte. La loi 
ajoute : Pourvu qu'il agisse sans fraude, Or, cette restriction appor- 
tée à la liberté du mari à l'égard des biens communs est fort peu 
efficace envers la femme puisqu'elle ne lui donne pas le moyen d'en- 
rayer le gaspillage ou la dissipation des biens communs. Elle signifie 
seulement que le mari ne pourrait pas par des placements frauduleux 
faire en sorte que sa femme ne reçût point sa part à la dissolution de 
la communauté ; époque oii le patrimoine commun se partage égale- 
ment entre les époux ou leurs héritiers. 

Les droits de la femme sur les biens communs sont donc négatifs 
pendant le mariage ; et rien n'est permis à son initiative pour leur 
conservation si ce n'est demander la séparation de biens dans le cas 
où le mari compromet les intérêts de la femme, quand celle-ci peut 
avoir des droits de reprises sur la communauté lors de la dissolution. 
Elle peut cependant par privilège accordé aux banques d'épargnes, 
faire en son nom, dans ces caisses, des dépôts jusqu'au montant de 
2,000 dollars et les retirer sur ses seules quittances. Si le mari autorise 
sa femme commune à agir, il devient responsable de ses dettes. On 
suppose toujours qu'il donne à celle-ci un mandat tacite pour faire 
les frais nécessaires à l'entretien du ménage. Le juge peut sup- 
pléer à l'autorisation maritale et rendre la femme commune habile à 
agir ; mais les obligations contractées ainsi avec simple autorisation 
judiciaire ne lient plus le mari ; la femme en supporte seule la res- 
ponsabilité. A "uel titre en effet engagerait-elle contre le gré de 
son mari le patrimoine commun. Est-ce parce qu'elle a contribué 
à sa formation. Est-ce à cause de sa mise, de l'apport qu'elle y a 
fait ? Croire cela, serait bien peu comprendre l'esprit de la loi ; sou- 
venons-nous que la femme commune se dépossède de tous ses 
revenus en faveur de son mari ; ils ne sont plus à elle, du moins elle 
n'a sur eux que des droits éventuels. Comment se paieront donc 
les créanciers de la femme commune autorisée judiciairement? Ils 
prendront sur ses propres? Mais oublie-t-on qu'elle n'en perçoit pas 
les revenus ; alors, ils se paieront sUr le capital ? Cela priverait le 
mari d'en jouir ! Les créanciers attendront donc la dissolution de 
la communauté pour percevoir ce qui leur est dû. Ces principes 



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50 



FEMMES DU CANADA 



étant compris, nous saisirons aisément le sens du tableau suivant 
qui donne un état complet de l'actif et du passif des biens communs: 



ACTIF. 

1° Biens acquis pendant le mariage, 
excepté les immeubles qui viennent 
d'ascendants, et les biens qui sont 
doimés avec stipulation expresse qu'ils 
seront exclus de la communauté ; 

2° Meubles possédés par les époux 
^u moment du mariage ; 

3" Revenus des propres. 



PASSIF. 

i" Charge du ménage; 

2° Dettes du mari antérieures au 
mariage ; 

3° Dettes de la fennne antérieures 
au mariage, pourvu qu'elles soient 
de date certaine, ou soient dûment 
constatées lors de sa célébration; 

4° Dettes du mari pendant le 
mariage; 

5° Pénalités encourues par le mari; 

6° Dettes de la fennne contractées 
avec l'autorisation maritale. 



Le patrimoine commun est donc employé à subvenir aux frais 
d'entretien, aux besoins de la famille, et cela sous l'administration 
exclusive du chef ; aussi les dettes de la femme ne sont-elles acquit- 
tées avec ces biens qu'en autant que le mari les autorise. Cepen- 
dant, nous l'avons remarqué au paragraphe troisième de notre 
tableau, la communauté s'engage à solder les obligations que la 
femme a contractées librement avant son mariage. Or, il est im- 
portant, que le mari ne soit pas induit en erreur par son épouse, et 
que celle-ci profite de cette porte ouverte sur le champ clos de ses 
libertés perdues pour imputer au compte de son époux des dettes 
postérieures à la date de leur union. Tout est prévu ; le mari r 'est 
obligé de payer les dettes de sa fcniLie antérieures à leur mariage 
qu'en autant qu'elles sont dûment constatées au jour de sa 
célébration. 

Nous avons encore remarqué au paragraphe cinquième que la 
communauté doit supporter les pénalités encourues par le mari pour 
crimes ou délits. Cette loi fait donc peser jusqu'à im certain point 
sur la femme la responsabilité des fautes de son époux ; puisque 
les amendes auxquelles on le condamne appauvrissent d'autant le 
patrimoine, et réduisent pour l'avenir la part qu'el^.e en retirera à la 
dissolution. La réciproque n'a pas lieu. Si la femme se rend coupa- 
ble de méfaits et devient passible d'une condamnation pécuniaire, 
elle ne subit sa peine qu'à la dissolution de la communauté, sur ses 
biens personnels seulement, afin de ne pas nuire au mari dans la 
jouissance des bien communs : " dura lex, la loi est dure, mais c'est 
la loi". 



CONDITION LÉGALE DANS QUÉBEC 



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Jusqu'à présent sans doute nous avons trouvé que ce mot : 
*' Communauté légale" a un sens fort dérisoire à l'égard de la 
femme. Ce régime autoritaire en effet ne mériterait pas ce nom, 
s'il devait indéfiniment rester ce qu'il est pendant le mariage. Nous 
pouvons dire sans trop de hardiesse que la communauté n'a de vrai 
sens qu'à l'époque de sa dissolution. Alors seulement la femme est 
mise sur un pied d'égalité avec son mari dans l'exercice de se.çf 
droits sur les biens communs. Même, elle use à ce moment de 
privilèges qui sont jusqu'à un certain point une compensation au 
rôle effacé qu'elle a joué pendant le mariage. La dissolution de la 
communauté arrive à la mort de l'un ou l'autre des époux et dans 
le cas de séparation. Les biens communs se divi.sent alors en deux 
parts, dont l'une va au mari et l'autre à la femme ou à leurs repré- 
sentants, c'est-à-dire à leurs héritiers. La femme fait tous ses 
prélèvements avant ceux du mari, et elle jouit d'un privilège très 
grand : celui d'opter entre l'acceptation ou la répudiation de la 
communauté, ce qui dans ce dernier cas la libère de toute contribu- 
tion aux dettes tombées à la charge de la communauté, même les 
siennes. 

Autant la loi est rigoureuse pour la femme pendant le mariage, 
autant elle devient généreuse et clémente après sa dissolution ; ceci 
est manifeste dans le douaire. Le douaire est un gain de survie dont 
jouit la femme et qu'elle prend sur les biens de .son mari. Il existe 
sous tous les régimes matrimoniaux. Ce droit lui permet de perce- 
voir à titre d'usufruitière les revenus de la moitié des immeubles 
possédés par le mari au moment du mariage, et de ceux qui 
lui sont donnés plus tard par ses ascendants ; c'est-à-dire la moitié 
à peu près des propres de son époux. Rien n'empêche que le 
mari n'accorde à sa femme un douaire conventionnel par contrat de 
mariage. 

Les immeubles sujets au douaire sont irrévocablement soumis 
à cette charge si l'enregistrement en a été fait ; et le mari ne peut 
pas les aliéner définitivement à moins que la f«^nime ne renonce à son 
douaire ; ce qu'elle peut toujours faire en partie ou totalement, 
soit par contrat de mariage, .soit autrement pendant sa durée. 
Dans le fait, la renonciation au douaire est devenue une clause 
qui se met dans tous les contrats de mariage ; au point que quel- 
ques-uns réclament son abolition. Les femmes ne se aonneront-elles 
pas la peine, elles aursi, d'étudier une question qui les intéres.se au 
plus haut point ? 



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52 



FEMMES DU CANADA 



L'espace restreint qui nous a été ti:arqué pour enfermer un sujet 
au-^si vaste que le nôtre, me défend de parler, autrement que pour 
en faire mention, des régimes matrimoniaux créés par contrat de 
mariage. Oe sont : i^ La communauté conveucionnelle ; 2° L'ex- 
clusion de communauté ; 3° La séparation de biens. Dans la 
communauté conventionnelle, les parties tout en acceptant pour 
régir leurs biens les règles ordinaires de la communauté légale 
stipulent cependant quelques dispositions spéciales relativement à la 
composition du patrimoine commun. Dans l'exclusion de commu- 
nauté, les biens des époux ne se confondent plus ; mais la femme 
renonce à la jouissance des siens en faveur de so?a mari, qui en 
perçoit seul les revenus à titre d'usufruitier. Il administre à cet 
effet la fortune de son épouse et est tenu à sa conservation. Il ne 
peut cependant aliéner les capitaux de sa femme sans obtenir au 
préalable son consentement. Ce régime est fort peu favorable aux 
intérêts de celle-ci. 

Dans la séparation de biens, les époux conservent chacun leur 
fortune personnelle. Ce régime se distingue du précédent en ce 
que, sous celui-ci. la femme conserve l'administration de ses biens 
et la propriété de ses revenus ; mais elle ne peut pas faire d'actes 
importants et qui tendraient à l'aliénation de ses immeubles sans 
obtenir au préalable l'autorisation maritale. Les femmes .séparées 
de biens peuvent donc s'enrichir par leur seule initiative. Mais le 
peu de connaissances qu'elles possèdent des opérations financières 
et les lacunes qu'offre leur éducation en ce point, font que, dans la 
pratique, elles laissent presque toujours l'administration de leur 
fortune à leur mari et ce par simple mandat tacite. Or, le code 
décrète que le mari qui a joui des revenus de sa femme du consen- 
tement de celle-ci n'est pas tenu de lui rendre compte des fruits 
perçus. 

En somme, de cet article sur la condition légale de la femme, il 
se dégage ceci : pour elle toujours et sauf ce qui est des purs actes 
administratifs qui lui sont permis quand elle est séparée de biens, la 
femme est incapable de faire quoique ce soit d'important et qui 
tendrait à l'acquisition de nouveaux biens, à l'aliénation de ses 
capitaux, sans l'autorisation maritale. Elle ne sau-^ait augmenter 
ses responsabilités sans le concours et l'assentiment de celui auquel 
elle a voué sa vie. 

La femme d'ordinaire exerce son activité dans urc sphère 
d'action dont les limites finissent bien en deçà des bornes que la loi 



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CONDITION LÉGALE DANS QUEBEC 



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lui a tracées. Ce n'est pour ainsi dire que par exception et comme 
en des points isolés de son existence qu'elle se heurte aux contins 
de son domaine, qui tend à s'agrandir, il est vrai. Mais la loi 
ne s'assouplit, ne devient plus généreuse qu'après des assauts 
réité es. et seulement lorsque la poussée que lui donnent les moeurs 
fait '.oir clairement qu'il lui faut s'élargir et progresser. 

MARIE GÉRIN-LAJOIE. 



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FEMMES DU CANADA 



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U CONDITION POLITIQUE DE U FEMME AU CANADA. 

A Nombre d'hommes d'état de race anglo-saxonne, qui dominent 

leur entourage et scrutent l'horizon politique, sont persuadés que 
les droits politiques de la femme seront un jour reconnus. Quelques- 
uns des chefs, comme lord Salisbury, 
prévoif 'it que le suffrage féminin aurait 
une influence heureuse dans la vie poli- 
tique anglaise. Au Canada, sir John A. 
Macdonald alla jusqu'à insérer dans la loi 
électorale de 1 883 un article conférant le 
droit de vote aux femmes (veuves ou filles) 
non sous puissance de mari ; mais 
l'opinion publique s'y montra tellement 
hostile qu'il le supprima. 

Les femmes canadiennes elles-mêmes, 
jusqu'à tout récemment se sont ft, peu 
intéressées au mouvement, et même il y 
a quelques années, prises en masse, elles y étaient opposées. Et 
pourtant aujourd'hui presque toutes les femmes canadiennes qui se 
préoccupent des questions actuelles d'éducation, de philanthropie, 
de vie sociale, sont en faveur de quelque forme de suffrage féminin 
dans les affaires scolaires, ou communales, ou législatives. Ce rapide 
changement d'opinion et les causes qui l'ont déterminé fournissent 
un intéressant sujet d'étude. Le niveau plus élevé de l'éducation 
féminine, les œuvres organisées des femmes pour l'assistance des 
pauvres ou l'avantage de la société, leur présence sur le marché du 
travail qui nécessite des lois pour leur sauvegarde et leur bien-être, 
ont fait comprendre aux femmes de notre pays qu'il serait utile 
qu'elles eussent une influence directe sur les gouvernants. 
L'influence dans la vie privée dont on parle beaucoup et qui est très 
effective dans sa sphère, est lente à amener des résultats. La femme 
est reine à son foyer et elle y gouverne ; malheureusement, les lois 
qu'elle édicté n'ont pas force hors de son domaine. Pour que ses 
lois, édites ou non écrites, soient reconnues au dehors, il lui faut, 
de plus, s'engager dans le mouvement politique, et elle s'y est 
engagée. 

Nulle femme au Canada ne vote à l'élection d'un législateur, 
pas plus au provincial qu'au fédéral ; son droit de suffrage est donc 



CONDITION POLITIQUE 



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limité à la commune rurale et à la municipalité, lesquelles n'édictent 
que des règlements en exécution de lois préexistantes. Bien que 
privées du suffrage direct, les femmes en unissant leurs efforts et 
par beaucoup de travail, ont obtenu des changements importants dans 
les lois civiles et criminelles, ainsi que dans leur condition politique 
dans les communes et municipalités. Les sociétés de femmes qui 
ont effectué la plupart de ces changements, sinon tous, sont le 
Conseil national des Femmes, société .sans attache de communion 
religieuse et la plus autorisée ; la Dominion IVomen's Christian 
Tempérance 6/w/<?w(r Union de Tempérance chrétienne des Femmes du 
Canada), laplus vasteet la mieux organisée ; eila Dominion IVoman's 
Enfranchi sèment Association (l'Association pour la Reconnaissance 
des Droits politiques de la femme au Canada). L'aperçu suivant 
de ce qui s'est fait, ces dernières années, dans les diverses provinces, 
nous fera voir combien le travail de ces sociétés a été efficace. 
Il est remarquable que plus la province est ancienne, plus elle 
est conservatrice en ce qui regarde la reconnaissance des droits 
politiques de la femme. La province de Québec s'est engagée avec 
répugnance à la suite des autres dans cette voie, et reste très en 
arrière. Tout en entourant la femme, comme pupille de l'Etat, 
d'une protection méticuleuse dans la jouissance de ses biens, 
Québec se hâte de lui enlever au mariage même ce suffrage restreint 
dont elle jouissait en qualité de fille ou de veuve. Le Nouveau- 
Brunswick a un record unique. L'honorable W. R. Emmerson 
disait dans la chambre des députés de cette province, le 21 avril 
1894, que "en 1783, lorsque le Nouveau-Brunswick fut érigé en 
province, les femmes avaient le droit de voter anx élections et y 
votaient. Ce droit leur fut enlevé en 1791 ". La Colombie-britan- 
nique est la première sur la liste à donner le droit de vote aux 
femmes mariées. A titre de propriétaire une femme mariée est 
appelée à voter aux élections communales et municipales, et à 
l'occasion d'octroi de licences aux débitants de boissons dans son 
voisinage; à titre de propriétaire et de femme d'un contribuable, 
elle est encore appelée à exercer le suffrage dans les questions 
scolaires. Le plus fort obstacle à la reconnaissance du droit de 
suffrage de la femme, c'est l'idée que le mari représente les vues de 
la femme. Nous voyons que la Colombie-britannique a adopté trois 
mesures en progrès sur cette idée : la femme n'y est pas représentée 
par son mari lorsqu'il s'agit de ses biens, de l'éduca*^" u des enfants 
et de la question des spiritueux. 



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FEMMES DU CANADA 






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Dans la provincr dr l'Ile-dk-Prince-Edouard, une loi a 
été passée eu 1888 conférant le suffrage dans les affaires commu- 
nales et municipales aux femmes propriétaires (veuves ou filles) 
hors de puissance de mari. A Charlottetown, en 1896, 160 votèrent 
à l'élection du maire et des conseillers. Une loi édictée en 1899 
déclare les femmes éligibles à la commission des Ecoles. 

Dans la province du la Nouveli.e-Ecosse, un projet de loi 
conférant le suffrage aux femmes fut rejeté en 1893. En 1894, un 
projet de loi reconnaissant aux femmes le même droit électoral 
qu'aux hommes fut rejeté à la majorité d'une voix. En 1895, un 
projet de loi de suffrage restreint pour les femmes fut rejeté à la 
majorité de neuf voix. La seconde lecture de ce projet de loi pro- 
voqua une longue discussion. Ces projets de loi furent tous pré 
sentes à la requête de la Wovien's Christian Tempérance Union. 
Dans cette province, le droit de voter aux élections connnunales et 
municipales fut d'abord accordé aux femmes hors de puissance de 
mari en 1887— (C. 28). La loi de 1895— (C. i)— autorise les 
veuves, femmes mariées et filles, lorsqu'elles sont contribuables, à 
voter aux élections scolaires. Une femme mariée, propriétaire en 
son nom propre et dont le mari n'a pas qualité d'électeur, a droit de 
voter aux élections communales et municipales, en vertu des dispo- 
sitions du Married Wonian' s Property Act. Dans la ville de Halifax 
(chapitre 58 de 1891), les femmes hors de puissance de mari obtien- 
nent le droit de vote sur versement de leurs cotisations. 

Mille femmes avaient droit de vote en 1897, mais seulement 
282 exercèrent ce droit. En 1898, l'élection du maire de cette ville 
fut en grande partie le résultat du vote féminin, Mlle Eudora 
Hilton, de Yarmouth, fut la première femme à faire partie de la 
commission scolaire de district. Les démarches faites par les con- 
seils locaux de Femmes de Halifax et de Yarmouth déterminèrent 
cette nomination. 

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Dans la Province de Nouveau-Brunswick, le pouvoir légis- 
latif, en 1886, conférait, de son propre mouvement, aux femmes hors 
de puissance de mari le même suffrage qu'aux hommes dans la sphère 
communale et municipale. En 1893, une loi fut passée, sur la péti- 
tion de la Woman's Auxiliary autorisant la nomination de femmes 
en qualité de commissaires d'écoles. Cette loi fut amendée (1896, 
chap. 14 des lois du Nouveau-Brunswick), de manière à rendre 
obligatoire la présence de deux femmes dans tout bureau scolaire. 






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CONDITION POLITIQUE 



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Aujourd'hui, seize fcnnues remplissent la fonction d'une manière 
satisfaisante. Cette loi s'applique aux villes et villages constitués 
Dans les villes les commissaires sont nommés ; ailleurs ils sont élus. 
On trou .' les franchises de citoyen reconnues à la fennne dans les 
ordonnances de la ville remontant à 18 17. Les habitants de Frede- 
ricton jouissetit de droits de pêche dans le havre de St. John, et un 
jour était autrefois désigné pour le tirage au sort des avantages con- 
férés par ces droits. Les femmes avaient au tirage le môme droit 
que les honunes jusqu'au jour où la loi fut alx)lie en 1862. 

En 1S94, î^iir ^a pétition de la Maritime IVomcn's Christian 
Tempérance Union, (Union de Tempérance chrétienne des Femmes 
des provinces maritimes;, un projet de loi de suffrage féminin fut 
présenté à la Chambre par M. Stockton et rejeté par sept voix. En 
1895, le projet de loi de M. Emmerson pour l'établissement d'un 
suffrage féminin restreint, fut rejeté par quatre voix. En 1899, M. 
Emmerson soumit un projet de loi de plein suffrage féminin ; lequel 
fut rejeté par 27 voix, quelques députés qui auraient donné leur vote 
en faveur d'un suffrage restreint, votant contre le plein suffrage, 

Dans la Pkovinck de Qukbec, en 1892, sur la pétition de la 
Women's Christian Tempérance Union, le suffrage dans les affaires 
connnunales, municipales et scolaires fut accordé aux femmes hors de 
puissance de mari dans les mêmes conditions qu'il existait déjà pour 
les hommes. La loi ayant trait au suffrage en matière .scolaire était 
ambiguë; pour cette raison, en 1899, la Women'' s Christian Tem- 
pérance Union présenta une pétition demandant que "les femmes 
fussent reconnues éligibles à la charge de commissaire d'écoles". 
La réponse fut un amendement excluant les femmes. Toutefois, 
précédemment, en 1891, Mlle Merry avait fait partie d'un bureau 
.scolaire à Magog. A Montréal, en vertu de l'ancienne charte, le 
suffrage en matières municipales était reconnu seulement aux femmes 
hors de puissance de mari et propriétaires. En 1899, la loi fut 
amendée, de manière à comprendre les femmes locataires domiciliées 
ce qui augmenta considérablement le nombre d'électeurs du sexe 
féminin. Cette augmentation contribua, lors de la dernière élection, 
en 1900, à assurer à l'association de Réforme une majorité de parti- 
sans au conseil de ville. En décembre 1898, M. Simpson proposa 
à la chambre d'accorder aux femmes hors de puissance de mari le 
suffrage dans les élections provinciales ; le projet de loi fut rejeté 
"sur division" (sans la formalité d'un appel aux voix). 



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FEMMES DU CANADA 



Dans la province d'Ontario, en 1884, le suffrage dans les 
affaires communales et municipales fut conféré aux femmes hors de 
puissance de mari dans les mêmes conditions qu'aux hommes. Toute 
femme propriétaire, qu'elle soit ou non sous puissance de mari, est 
appelée à donner son vote au sujet des règlements de finance lorsque 
ces règlements soumis à l'électorat (Lois refondues, 1887). Toute 
femme dont le nom est inscrit sur le rôle des contributions est éligible 
à la charge de commissaire d'écoles publiques et autorisé, a voter 
à l'élection des commissaires. Mme Stowe Gullen, docteur en méde- 
cine, fut la première femme élue à cette charge. En 1898, Mme 
Boomer fut nommée à la commission scolaire de London (Ontario). 
Ces droits furent reconnus à la demande de la Dovnnion JVoman's 
Enfranchisemetit Association, des Conseils locaux des Femmes, et de 
la IVopien's Christian Tempérance Union. La Dominion Woman' s 
Enfranchisement Association réussit en 1892 et 1893 à faire adopter 
deux mesures autorisant l'admission des femmes à l'étude et à la 
pratique du droit. Un projet de loi introduit par M. Waters au 
cours de plusieurs se.ssions consécutives, n'attira guère l'attention 
jusqu'à 1890 ; appuyée alors par une délégation de la Dominioji 
Womaji' s Enfranchisement Assoiiation, ia mesure fut présentée pour 
discussion, mais ensuite mise de côté. Deux projets de loi ont été 
préparés par la Women's Christian Tempérance Union et présentés à 
la chambre ; l'un conférant le suffrage dans la sphère communale 
et municipale aux femmes sous puissance de mari dans les mêmes 
conditions qu'aux femmes hors de puissance maritale ; l'autre confé- 
rant le suffrage dans la sphère législative à toutes les femmes dans 
les mêmes conditions qu'aux hommes. Les deux furent rejetés, — 
16 contre 53. 

Dans la province du Manitoba, en 1891, le suffrage -'u 
matière communale et municipale fut accordé aux femmes. Toute 
femme contribuable qui se trouve dans les conditions requises par 
l'article 360 du chapitre 100 des Lois refondues a droit de vote dans 
les affaires scolaires et peut être portée aux charges. Les femmes 
propriétaires votent sur les règlements municipaux au sujet desquels 
les contribuables sont appelés à se prononcer. En 1892, une loi 
pour la reconnaissance des droits politiques de la femme fut pré- 
sentée à la chambre, mais bien vite rejetée par un vote de 28 
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Dans les Territoires du Nord-Ouest, les femmes hors de 
puissance de mari jouissent du suffrage en matière communale et 
municipale {Mem. O. ; Cou. 1894), et en matière scolaire toute con- 
tribuable est appelée à voter et peut être portée aux charges. 

Dans la Province de la Colombie-Britannique, un projet 
de loi pour la reconnaissance des droits politiques de la femme fut 
rejeté en 1893 P^^" "^^ ioriQ majorité. En 1899, une mesure sem- 
blable fut de nouveau soumise à la chambre et ne fut rejetée qu'à 
la majorité d'une voix. En 1888, le suffrage en matière communale 
et municipale fut conféré aux femmes hors de puissance de mari et pro- 
priétaires {Con. Ads, Vol. i, Ch. 1888). Dans les matières scolaires, 
la femme de tout locataire ou propriétaire (aussi bien que le locataire 
ou le propriétaire même) possédait le suffrage, mais n'était pas éligible 
aux fonctions (1891, ch. 104). Dans une grande mesure sous la 
pression du conseil local Victoria, cette loi fut amendée en 1897, de 
manière à autoriser l'élection de femmes à la charge de commissaire 
d'écoles. En 1897, le suffrage en matière communale et muni- 
cipale fut conféré à toutes les femmes contribuables dont les noms 
étaient inscrits sur les listes d'électeurs. Seuls les propriétaires sont 
appelés à voter à l'occasion de règlements communaux ou municipaux 
engageant la responsabilité financière de la commune ou munici- 
palité. 

Au parlement du Canada, une pétition demandant le suffrage 
égal pour les deux sexes, signée par les officiers de la Women's 
Christian Tempérance Union, au nom des membres de cette associa- 
tion, fut présentée en 1894 par sir James Grant (à la chambre des 
Communes), et par Th -.lorable M. Scott (au Sénat) ; la pétition 
était accompagnée de mémoires des provinces. M. Mills donna 
avis de la présentation d'un vœu en faveur d'une extension 
du suffrage féminin, mais ne le soumit jamais aux Chambres. 
Le projet de loi de suffrage électoral de M. Dickey renfermait un 
article conférant le suffrage aux femmes (vtuves ou filles) hors de 
puissance maritale. Le projet de loi ne subit que sa première 
lecture. M. Davin, de soi propre mouvement, présenta un vœu en 
faveur de l'établi.ssement du suffrage féminin dans les mêmes condi- 
tions que celui des hommes. Quarante députés votèrent pour la 
proposition ; cent-cinq contre. 



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FEMMES DU CANADA 



Une pétition demandant la reconnaissance des droits politiques 
de la femme, signée par un grand nombre d' électeurs au fédéral, 
établis dans les diverses parties du Canada, fut présentée, en 1896, 
à la chambre des Communes et au Sénat par la IVomen's ChHstian 
Tempérance Union. Ce fut la dernière tentative faite au parlement 
fédéral, et comme depuis cette époque une nouvelle mesure a été 
adoptée en vertu de laquelle les listes d'électeurs au fédéral sont 
calquées sur celles des diverses provinces, la lutte devra, en consé- 
quence, se faire dans chaque province séparément. 

HENRIETTA MUIR EDWARDS. 



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CHAPITRE IV. 



PROFESSIONS ET CARRIERES. 



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Doté au début d'un fonds de traditions de l'ancien monde, If 
Canada est demeuré une des parties les plus conservatrices de 
l'empire britannique. La vie, pour les premiers colons, était une 
lutte sans répit engagée contre le milieu 
physique, et ne laissant que peu de loisirs 
pour l'enfantement et le développement 
des idées. Ceux en petit nombre qui 
devançaient leur époque, étaient trop 
clair-semés pour lancer un mouvement 
exigeant l'action collective, et les cou- 
tumes anciennes se perpétuèrent. Même 
aujourd'hui, la population est lente à 
céder à la poussée en avant, et les 
questions déjà résolues ailleurs restent 
pendantes au Canada. L'éducation supé- 
rieure de la femme est une question 

actuelle, et sa libre admission aux professions libérales ne serait pas 
en harmonie avec l'esprit du pays. 

L'éducation en commun de? garçons et des filles a depuis long- 
temps été de règle dans les écoles primaires et secondaires de 
plusieurs provinces, et dans les écoles normales les élèves du sexe 
féminin ont aflQué ; mais il n'y a pas plus de dix-huit ans qu'-, — la 
première au Canada, — une femme reçut le grade de bachelier es 
lettres et sciences {B.A.) de l'université de Mount Allison, un 
modeste établissement du Nouveau- Brunswick. 

Le premier effet du relèvement de l'éducation donnée à la 
femme a été de lui faire une position plus enviable dans une pro- 
fession reconnue comniv^ étant de son domaine. Depuis bien des 
aimées l'enseignement élémentaire dans le pays avait été confié, 
presque entièrement aux femmes, et l'enseignement secondaire et 
des collèges, tout aussi entièrement laissé aux hommes. Ces coudi- 



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62 



FEMMES DU CANADA 



tions si défavorables au développement normal de la jeunesse 
tendent à disparaître. Il est vrai que peu d'hommes consentent à 
accepter des positions dans les écoles élémentaires; mais les femmes, 
en nombre de plus en plus grand sont employées dans les high 
sdiools (écoles supérieures) et les collégiale instihites (collèges). 

I^es généralisations au sujet du professorat au Canada ne sont 
pas possibles. Il n'existe malheureusement pas de loi d'éducation 
émanant du parlement fédéral ; chaque province a son système 
d'instruction publique, et généralement se refuse à reconnaître le 
certificat d'aptitude pédagogique même de plus haut mérite obtenu 
en quelque autre partie du pays. A cette absence d'uniformité dans 
les conditions requises, il faut ajouter de grands écarts entre les 
appointements d'instituteurs ou d'institutrices de même capacité et de 
même formation. Dans les provinces de l'Est, où la moitié des 
femmes qui prennent leurs grades universitaires se livrent ensuite à 
l'enseignement, on rémunère ies institutrices au taux du tiers de ce 
que reçoivent les instituteurs faisant le même travail. Dans la 
Colombie-britannique, au contraire, le sexe n'entre pas en ligne de 
compte lorsqu'il s'agit de déterminer la position ou de fixer les 
appointements de l'instituteur ou de l'institutrice. Le salaire 
la plus faible est payé dans la province de Québec, où quelques 
instituteurs ou institutrices reçoivent quatre-vingt-dix dollars par 
année, et où une commune ruiale a fixé à cent-vingt dollars le 
maximum des appointements des instituteurs d'école primaire. A 
Montréal, des femmes dans des conditions exceptionnelles, reçoivent 
des appointements variant de six cents à neuf cents dollars par 
année. Les appointements les plus élevés sont payés dans l'Ontario 
et la Colombie-britannique, les institutrices dans les high schools et 
les collégiale institutes y obtenant jusqu'à quinze cents dollars par 
année. Dans l'Ouest du Canada, donc, la situation des femmes est 
assez satisfaisante, et les excellentes positions qu'elles occupent à 
V Ontario Médical Collège for IVomen, donnent l'espérance de choses 
encore meilleures pour l'avenir. Mais ce n'est que dans la province 
de Québec que des femmes ont été appelées à faire partie du corps 
enseignant d' une université. Au collège McGill, affilié à l'université 
du même nom, une femme a occupé une chaire pendant cinq années ; 
et, en septembre dernier, une directrice et plusieurs femmes profes- 
seurs entraient en fonctions au collège des Femmes Ro> al V ctona. 
Toutes ces femmes font le même travail et sont sur le même pied 
que les professeurs de l'université. En somnie, toutefois, il faut dire 



PROFESSIONS OUVERTES AUX FEMMES 



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que le professorat est encombré et que la perspective n'est pas riante. 
Les institutrices sont surmenées et peu payées, et il y a relativement 
peu d'espoir d'avancement même pour les mieux préparées et les 
mieux douées des institutrices. 

Une autre vénérable occupation des femmes, c'est le soin des 
malades, qu'on a élevé au rang de profession par l'établissement 
d'écoles spéciales rattachées aux grands hôpitaux. Cette profession 
est devenue tellement lucrative, honorable et même fashionable, 
qu'il est à craindre que les personnes d'un esprit inquiet et mécontent 
n'y cherchent un refuge pour échapper à leur propre malaise, plutôt 
qu'une occasion de rendre des services. Toutefois, la phase actuelle 
n'est que temporaire; et d'autre part, dans les hôpitaux, dans le 
service à domicile, dans les établissements de bienfaisance, dans l'ordre 
des Infirmières Victoria, on trouve des femmes des mieux douées et 
des plus dévouées, qui par les soins qu'elles ont donnés aux malades 
et aux indigents, ont beaucoup aidé à faire disparaître les préjugés 
hostiles à l'admission des femmes à la profession médicale. 

En 1867, Mme Stowe, docteur en médecine, graduée du Médical 
Collège for JVomen, de New York, étonna Toronto en s' établissant 
là comme médecin. Plus tard elle étonna de même le personnel 
dirigeant de l'Université en faisant inscrire sa fille à l'école de 
Médecine de Toronto. Miss Stowe prit ses grades en 1883 ; et 
l'anné'; suivante Miss Smith obtenait le grade de docteur en méde- 
cine à l'université de Queen, Kingston. Les écoles de médecine, 
toutefois, voyaient les étudiantes d'un mauvais œil, et les 
femmes se portant de plus en plus vers l'étude de la médecine, le 
collège de Médecine d'Ontario pour les Femmes fut établi. Ici, 
les étudiantes reçoivent la plus grande partie de leur éducation, 
qu'elles complètent par quelques leçons suivies à la faculté de 
Médecine de l'université de Toronto. De cette manière, les femmes 
se préparent à subir les examens pour les grades conférés par 
l'université Trinity et l'université de Toronto. Cette union étroite 
avec les universités, jointe à l'expérience acquise dans les hôpitaux 
de la ville, est un complément de la préparation nécessairement insuf- 
fisante que donne une institution restreinte sans attache avec de 
grands établissements. 

Dans la Nouvelle-Ecoss'î et le Nouveau- Brunswick, on a toujours 
eu les vues les plus libérales en ce qui regarde l'éducation des femmes. 
Les oretrières à se faire inscrire aux universités furent admises sans 
discussion, sans hésitation. Quelques-unes seule^nent ont paisé par 



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FEMMES DU CANADA 



les écoles préparatoires aux professions et pris le grade de docteur en 
médecine, mais celles-là sont encouragées et ont même du succès 
dans leur pratique. Dans le Manitoba, les Territoires du Nord- 
Ouest et la Colombie-britannique, les bureaux de médecins accordent 
des autorisations aux femmes aux mêmes conditions qu'aux hommes, 
et celles-là ne souffrent d'aucun désavantage dans l'exercice de leur 
profession. 

Des événements récents ont déterminé l'exclusion des femmes 
de la seule école de médecine qui leur fût ouverte dans la province 
de Québec. Les facultés de l'université McGill préparatoires aux 
professions n'ont jamais admis de femmes a. pirantes aux grades 
universitaires. Mais depuis plusieurs années elles se sont fait inscrire 
comme étudiantes à la faculté de médecine de Bishop' s Collège, et ont 
joui de tous les privilèges accordés aux hommes. Au début, ces 
fennnes recevaient leur formation pratique au Montréal General 
Hospital, le plus vaste champ de clinique du Canada. Bientôt, 
toutefois, le personnel dirigeant de l'hôpital, à cause d'objections 
théoriques à la présence de femmes en qualité d'étudiantes en méde- 
cine, retira la permission. L' hôpital Royal Victoria refusa également 
d'admettre les étudiants femmes, et seul l'hôpital IVeslern, un 
modeste établissement, leur est ouvert. Mais cette institution n'a 
que cinquante lits, et les règlements du collège des médecins et chirur- 
giens de Québec et du General Médical Councilùe la Grande-Bretagne 
et l'Irlande exigent que les aspirants aux grades de la profession 
médicale aient suivi les cliniques d'un hôpital pourvu d'au moins cent 
lits. Par suite de l'impossibilité dans laquelle se trouvent les femmes 
de s'assurer une pratique suffisante dans les hôpitaux pour pouvoir 
obtenir l'autorisation d'exercer, les gouverneurs du Bishop's 
Collège ont dû, à contre-cœur, interdire aux femmes les cours 
avancés de la faculté de médecine et les examens du doctorat. 
Ainsi, à moins que le personnel d'un des grands hôpitaux ne 
soit induit à permettre aux femmes de participer ' ' aux facilités 
exceptionnelles de clinique et d'enseignement pratique" assurés 
aux autres étudiants, ou, à défaut de cela, à moins que l'hôpital 
Western ne soit doté et agrandi, de manière à répondre aux 
exigences des Médical Acts du Canada et de la Grand- Bretagne, il 
ne sera pas possible pour les femmes de Québec de prendre le grade 
de docteur en médecine dans leur propre province. Ce mouvement 
de recul s'est produit à un moment où les femmes médecins et 
chirurgiens avaient triomphé des préjugés, non seulement du 



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PROFESSIONS OUVERTES AUX FEUMES 



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public, mais des membres mêmes de la profession. L'hiver dernier, 
pour la première fois, la Montréal Médical Society recevait un 
mémoire préparc par une femme, et à une réunion subséquente, un 
règlement fut passé autorisant l'admission dans la société de femmes 
qui seraient dans les conditions exigées. L'auteur du mémoire, 
Mme Abbott, docteur en médecine, après avoir pris ses grades au 
Bishop's Collège, passa plusieurs années à Vienne, y complétant ses 
études universitaires. Il y a quelques mois, elle fut nommée aide 
du conservateur du musée de pathologie de l'université McGill, et 
elle a déjà assez fait pour justifier sa nomination. Mme Abbott 
n'est pas seule ; plusieurs femmes médecins ont reçu la même 
formation, se sont montrées praticiennes habiles et soigneuses et ont 
conquis la confiance du public. 

Dans les professions secondaires qui se rattachent à la médecine, 
savoir, l'art dentaire et la pharmacie, les femmes sont entrées en 
petit nombre, mais sans qu'on leur fît d'opposition. Il en est de ces 
professions comme des métiers et de l'agriculture; quelles que soient 
les facilités offertes pour acquérir la formation première et se 
préparer aux examens exigés pour l'admission à ces carrières, le 
suCtès final, dépens .icrcuient de l'habileté (du tour de main) du 
praticien. 

Il n'est pas nécessaire de parler longuement des femmes 
engagées dans les autres professions libérales. A l'heure qu'il est 
il n'y a qu'une femme avocat au Canada. Miss Brett Martin prit le 
grade de bachelier en droit civil {B.C.L,) à l'université de Toronto, 
en iT , et celui de bachelier en droit {L.L.B.) en 1899. Afin de 
lui \. mettre d^ se faire inscrire sur la liste des avoués et des avocats, 
les lois de la province et les règlements de la Law Society d'Ontario 
durent être amendés. Miss Martin fait aujourd'hui partie d'un 
bureau bien connu d'avocats de Toronto. Aucune femme n'a 
demandé d'être admise à l'étude du droit ou d'être autorisée à exer- 
cer la profession d'avocat dans les autres provinces Dans le Mani- 
toba et la Colombie-britannique, l'exercice de la profession d'avocat 
n'est pas interdit aux fenmies, mais il n'en est pas ainsi dans l'Est. 
L'université Dalhousie serait disposée à donner la préparation néces- 
saire aux femmes, mais le Barristers' Act de la Nouvelle-Ecosse leiir 
interdit l'exercice de la profession. Dans la province de Québec, 
au contraire, les femmes sont exclues des facultés de droit des 
diverses universités. Si, toutefois, une femme acquérait la forma- 
tion requise par le conseil général de l'ordre des avocats de la pm- 



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FEMMES nu CANADA 



vince de Québec en faisant un stage de quatre années dans une étude 
d'avocat, rien dans la loi ne l'empêcherait d'être admise à l'exercice 
de la profession. Mais, comme on tient compte de la coutume dans 
l'interprétation des lois, il est probable que l'esprit traditionnel 
l'emporterait, et que la femme aspirante à l'exercice de la profession 
d'avocat dont le cas serait soumis en premier lieu, verrait sa demande 
rejetée. 

Plusieurs communions religieuses, suivant en cela l'exemple de 
l'Eglise primitive, ont rétabli l'on' e des diaconesses; et des femmes, 
sous la direction du clergé, sont chargées particulièrement de cer- 
taines œuvres religieuses. Même dans les pays les plus radicaux, 
peu de corps religieux ont admis les femmes au ministère ; au Canada, 
par conséquent, où îcs secti^s conservatrices sont en majorité, il 
s'écoulera bien des années avant que les femmes soient préparées à 
exercer le ministère et reçoivent l'ordination ecclésiastique. A 
l'heure actuelle, pous.sées par le zèle religieux, quelques-unes s'en 
vont dans les missions ou se font admettre dans quelque commu- 
nauté. Les femmes à la tête de mouvements de réforme, qui 
unissent l'amour de l'humanité à la faculté d'organisation, font 
beaucoup de bien en rapport avec les diverses sociétés. Quelques- 
unes douées d'éloquence et de spiritualité, ont mainte occasion de 
parler en public sur des sujets de morale. 

Les femmes qui font de la littérature, de la musique ou des arts 
leur profession, ne rencontrent pas non plus d'empêchements dans 
l'exercice de leurs talents. Mais le pays, dont la population est peu 
considérable, n'offre pas un champ vaste pour l'exercice de talents 
plus qu'ordinaires. C'est ainsi que la cantatrice canadienne la plus 
célèbre chante rarement dans son pays ; les tableaux des peintres 
canadiens les plus habiles ornent les salons étrangers ; les meilleures 
œuvres littéraires paraissent d'abord à Londres et à New York. 
Mais toutes ces productions sont du Canada et pour le Canada, 
estimées et honorées par les Canadiens pour leur mérite présent et 
les espérances qu'elles donnent pour l'avenir. 

Sans se montrer agressives, sans se rendre importunes, quelques 
Canadiennes par la réflexion, par leur claire vue des choses, par les 
services réels qu'elles ont rendus, ont préparé la voie pour celles 
qui vont les suivre, et fait reconnaître le droit de toutes de se livrer 
au travail auquel elles sont aptes. 



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PROF/CSSIOXS ET CARRIERES 67 



COMPILATION, 



EDUCATION PROFESSIONNELLE. 

(Rki.kvi'v par Mmk O. C. Edw.vrds). 

Les Hiffli Schooh et les CoUei^iatc Institutcs au Canada poussent 
les élèves assez loin dans les mathématiques et les études classiques, 
l)our leur permettre de se faire inscrire dans les universités du pays. 
Le droit d'inscription varie de un à cinci dollars. Aucun des grades 
conférés par une université n'autorise à exercer une profession. Dans 
la plupart des provinces, il est nécessaire de subir un autre examen 
devant un bureau d'examinateurs afin d'avoir l'autorisation d'en- 
seigner ou d'exercer. 

Dans les universités et collèges suivants, les femmes peuvent .se 
préparer aux profe.ssions libérales et prendre les grades en médecine, 
loi, sciences, musique, pharmacie et cliirurgie dentaire. (Pour 
les grades es arts (lettres et sciences), etc., voir la section d'Educa- 
tion proprement dite). 

Colièt(e Dalhousie, Halifax, Nouvdlc-Ecosse, admit les fennnes eu 
1881 à tous les cours, sur un pied d'égalité avec les hommes. Le 
cours de sciences et de médecine comprend quatre .sessions ; celui de 
droit, trois .sessions. Chaque session est de huit mois. Le droit 
à paj^er varie suivant la faculté, le droit moyen étant de trente- 
quatre dollars par session. A la faculté de médecine, .soixante 
tlollars par .session soldent tous les droits. Aucune femme ne s'est 
encore inscrite pour les cours de droit, bien qu'ils soient ouverts aux 
fenuues, la raison étant probablement que, en vertu du Darristcr' s 
.Ict, les fenuues ne peuvent se faire autoriser à exercer la profession 
d'avocat. 

Université du Nouvcau-Brunswick, Fredcricton. Les fenuues sont 
aujourd'hui admi.ses à l'université aux mêmes conditions que les 
hommes et a.ssistent aux leçons avec les hommes. Le cours pour 
les baccalauréat ès-sciences couvre une période de quatre ans. Djs 
diplômes sont accordés pour le génie civil et l'électricité. Les grades 
spéciaux confères par l' université .sont ceux de bachelier et de 
licencié ès-lettres et .sciences (/?. A. et M. A. ), bachelières-sciences, 
docteur en philosophie, bachelier en droit civil, docteur en droit 
civil, docteur en droit. 

Université McGill, Montréal. Aucune disposition n'a été prise pour 
permettre aux femmes d'obtenir des diplômes professionnels. 

L'Université de Bishop's Collège, Lennoxviile (Québec), admet les 
tenunes aux mêmes conditions que les honunes à tous les grades 
excepté ceux de théologie et de médecine. (Voir l'essai sur les 



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68 



FEMMES DU CANADA 



Professions ouvertes aux Ee/uffus. ) Elle confère aux femmes des 
grades en nuisique et en chirurgie dentaire. La faculté de chirurgie 
dentaire de l'université a son siège à Montréal. Le Dominion Colh\i>e 
of Music, de Montréal, et le Canadion Collège q/'.Uusie, d'Ottawa, .sont 
affiliés à cette université. Les membres du Co/U\^e, sur présentation 
d'un certificat attestant qu'ils ont subi avec succès l'examen d'agréga- 
tion, .sont admis au second examen qui permet de prendre le grade de 
bachelier en mu.sique {Mus. Bac.) à l'université, moyennant un droit 
de dix dollars. Ceux qui ont subi avec succès l'examen de licence 
sont admis à l'examen final de bachelier en musique sur paiement 
d'un droit de quinze dollars. 

Université de Toronto, Toronto (Ontario), n'a pas de règlement qui 
empêche les femmes de recevoir aucmi des grades conférés. Les 
femmes étudiantes en médecine se font inscrire à V Ontario Médical 
Collège for IVomen (Ecole de Médecine d'Ontario pour les Femme.^i, 
Toronto, et complètent l'instruction reçue là au moyen des leçons 
auxquelles elles a.s.sistent à l'université. Il n'est pas donné de leçons 
de droit ; mais le grade de baclielier en droit [LL.B. ) est conféré 
aus.si bien aux femmes qu'aux hommes à la suite d'un examen. 

L'Université de Trinity, Toronto, ouvre toutes .ses facultés à tous et 
chacun et à toutes et chacune, qui, suivant l'expression de sou 
fondateur, "désirent se prévaloir (homme ou femme) de .ses avan- 
tages". (Extrait de l'Annuaire de l'université Trinity, 1896-97). 
En tant qu'université, Trinity fait subir des examens et confère des 
grades en sept facultés, savoir : arts (lettres et .sciences), théologie, 
médecine, droit, musique, chirurgie dentaire et pharmacie. 

L'Ontario Médical Collège for Women, fondé en 1883. Affilié à 
l'université Trinity et à l'université de Toronto. Le per.sonnL'l 
enseignant comprend des hommes et des femmes. Le Collège n ;i 
pas qualité pour conférer des grades, mais il prépare pleinement ks 
étudiantes à subir les examens de toute université qu'elles pourront 
choisir, son cours d'études étant calqué sur celui du Collège of 
Physicians and Surgeons dCOwivctxo, de l'université de Trinity Collège. 
et 'de l'université de Toronto. Le Collège, donc, n'exige pas (le 
certificat d'inscription autre que celui accordé par l'université choisie 
par l'étudiante. Il e.st facultatif pour l'étudiante de faire tout s<>ii 
cours au Collège, ou partie au Collège et partie à l'université Trinity. 
Les certificats de présence n^x leçons .sont acceptés par l'université 
de Toronto et le Collège of i ùciansand Surgeons. En se référant 
aux listes de graduées de ce 'joUège on verra quelles positions hono- 
rables elles se sont créées dans la profession médicale. Le personnel 
enseignant comprend des hommes et des femmes. Les étudiants se 
préparant aux mêmes examens et prenant leurs grades des mêmes 
universités que les étudiants des collèges ré.servés aux hommes, elles 
se trouvent par le fait même placées au même niveau dans res]irit 
des membres de la profession et du grand public. De la classe de 



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l'an dernier, quartre occupent des positions d'internes dans les 
hôpitaux américains pour femmes et enfants. Pareilles positions ne 
sont pas accessibles aux femmes au Canada. Une des graduées de 
ce collège occupe une position à l'université Johns Hopkins, de 
Haltimore; une autre est surintendante et médecin résidente de la A^ew 
lingland Ilospital pour fenunes et enfants, de Boston. Cinq des 
graduées occupent des jx)sitions de pathologistes et médecins 
résidentes dans des asiles d'aliénés aux Etats-Unis. Le Western 
Ilospital, de Toronto, est le premier hôpital de cette ville à permettre 
aux femmes de faire partie du persoiniel dirigeant. 

Le Toronto Conservatory of Music, Toronto. (Voyez section des 

Arts, Théâtre et Musique. ) 

L'Université Queen, Kingston (Ontario). Il n'y a pas de mesures 
pri.ses pour que les femmes reçoivent les diplômes profes.sionnels. 
Antérieurement, pendant huit années, il exista un collège de 
médecine pour femmes, et trente-cinq y prirent leur grade de docteur 
en médecine. 

L'Université Western, London (Ontario), confère les grades en théolo" 
gie et en médecine. Les femmes sont admises à s'inscrire pour ce 
(lernier cours. 

L'Université du Manitoba, Winnipe^, confère les grades en médecine et 
en droit. Le Ma7iitoba Médical Collège, qui fait partie de l'université 
du Manitoba, admet les femmes à l'étude de la médecine. Deux 
femmes ont reçu leur diplôme. Les femmes sont admises à prendre 
le grade de bachelier en droit {LL.B.), mais jusqu'aujourd'hui 
aucune femme ne s'est inscrite pour le cours de droit. 

• 

Femmes engagées dans i.es Professions qui ont pris i^eurs grades 

es lettres et sciences. 

Derick, Mu,E C.-M. — Conférencière en botanique (pratique et théorie) à l'uni- 
versité McGill ; occupe la plus haute position de toutes les femmes 
engagées dans le professorat. Mlle Derick subit avec succès les 
examens du baccalauréat es lettres et sciences (R.A.) en 1890 et ceux 
de la licence es lettres et sciences ( J/. ^ . ) en 1894, à l'université McGill; 
étudia à Harvard, aussi à IVood's Hall, Royal Collège of Science, 
Londres, Angleterre. Elle a écrit des articles scientifiques pour les 
revues. 

O VKLEV, MLI.E HiLDA B.— N'est pas canadienne, mais en qualité de directrice 
du Royal Victoria Collège for Womcn, Montréal, occupe un rang élevé 
parmi les éducateurs canadiens. Mlle Oakley étudia à Somerville 
Collège, Oxford, suivit le cours préparatoire aux grades universitaires 
et reçut le diplôme d'honneur de plus haut mérite Litera Humanores, 
189S; boursière à la London School of Economies (Ecole d'économie 
politique de Londres), en 1899. C'^nférencière en philosophie au 
Royal Victoria Collège for Women, Montréal. 

Cameron, ^ ùLE Susan E.— Bachelier es lettres et sciences {A.B.) McGill, 
1895; licenciée es lettres et sciences {A.M.)ibid. 1899; professeur 
d'anglais au Royal Victoria Collège for Women, Montréal, 



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70 



FEMMES DU CANADA 



McLkan. Mlle Axxie-M.— Bachelier es lettres et sciences Acadia Collège^ 
1893; licenciée id., ibid. 1894. licenciée en philosophie (fii. /y.\ 
université lie Chicago. 1S97. et docteur en philosophie (/%. P.^ ihid. 
1S99; fait partie du personnel du Royal ytctoria Collège /or IVoiuen, 
M )ntréal, a fait certains travaux d'observation ; quelcjues-uns de ses 
articles ont été publiés tlans les revues &mér\c'A\i\csJoi4nial 0/ Sociology^ 
Southern Educational Magazine, Charitie»' Rcvtew et autres. 

BROORS. Mlle Harriett— Bachelier es lettres et sciences, 1S97, McGill ; 
professeur de mathématiques, Royal Victoria Collège for M'omen, 
Montréal. 

Mlhr, Mlle Ethel. — Licenciée es lettres et sciences {A/. A. ) ainsi (^uedocteur 
en philosophie (Pk. D.) et licenciée es lettres, Dalhouste Collège^ 
Halifax 

Femmes ayant reçu la Médaille d'or fes lettres et sciences. 

Université du Xoca-eau-Bruxswick, Fredericton. — Mar\*K. Tibbits. 1889; 
EUen F. P. Peake. 1S92 ; Isabel S. Mcintosh. 1S93'; Loretta F. Shaw. 
1894 ; Mme Frances Everest, 1893 ; Christina Canieron, 1894 ; Edna 
WTiite, i8g6. 

Uni-VERSITë McGill, Montréal. — Georgina Hunter. 18S8 ; Helen R. Y. Reid, 
1889: Mande Abbott. 1890; Annie Read (née Williams). 1890; Carrie 
M. Derick. 1890: Ethehvyn Pitcher, 1892; Aj^nes S. James. 1893; 
Charlotte Elliott «née Smarden). 1893; Suzanne E. Cameron, 1S95 ; 
Katherine H. Travis. 1895 ; Rosalina Watson. 1895 ; Alice H. Fraser, 
1896 ; Elisabeth A. Hammond. 1896 ; Winifred A. Locke. 1896 ; Laura 
Agnes Young. 1897 : Muriel Carr, 189S; Harriet Brooks. 1898; Frances 
Cameron. 1S98; Annie Holliday, 1899; Kathleen Finley. 1899. 



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iii 



MEDECINE. 

Les femmes sont admises à l'étude de la médecine dans la plu- 
part des universités excepté celles de la province de ^uéliec. Pour 
faire enregistrer un diplôme de médecin dans la province de Quél^ec, 
en vertu de la loi médicale de 1879, et obtenir l'autorisation d'exercer, 
il est nécessaire que tout étudiant subisse un examen préliminaire 
devant les examinateurs nommés par un bureau reconnu par le 
Conseil médical de la pro\-ince. (Voyez l'Essai sur les Professions 
ouvertes aux femmes\. Les étudiants qui se proposent d'exercer 
la profession dans d'autres pro\-inces de la Confédération, doivent 
passer l'examen d'inscription accepté par les divers bureaux de- 
ces provinces. Il est important de subir cet examen d'inscription 
au printemps, car quatre années entières d'études professionnelle- 
sont requises depuis !e jour de l'inscription avant que l'autorisation 
d'exercer dans la province de Québec soit accordée. Dans l'Ontario 
tout étudiant doit passer cinq années à des études professionnelles 
sérieuses ; et cette période prescrite doit comprendre quatre sessions 
d'hiver d'au moins huit mois chacune. La cinquième année doit 
être consacrée à la clinique, et six mois peuvent en être passés auprès 
d'un praticien reconnu do l'Ontario : et après s'être fait inscrirt 
comme étudiant en médc .me dans le registre du Collège of Physicia»^ 



i- 



PROFESSIONS ET CARRIERES 71 

and Surgeons 0/ Ontario, six mois au moins doivent être passés dans 
au moins un hôpital, dispensaire, ou lalx)ratoire consacré aux recher- 
ches de physiologie ou de pathologie, soit canadien, anglais ou 
étranger. Dans le Québec et l'Ontario, le grade de bachelier ès-lettres 
et sciences ili. A. \ dispense aujourd'hui de subir l'examen d'inscrip- 
tion. Le droit d'inscription dans les deux provinces est de vingt 
dollars. 

Dans le Manitoba et la Colombie-britannique, un bureau 
d'examinateurs nonunés par l'administration de la province, accorde 
aux femmes aussi bien qu'aux hommes, après examen et versement 
d'un droit, l'autorisation d'exercer la médecine. 



Femmes avant un diplôme dk médecine de quelque université 
canadunxe, ou exerçant au canada. 

(Dans la liste ci-dessous, les majuscules à la suite des noms de personnes 
ont les significations suivantes: B.A., bachelier es lettres et sciences; M. A., 
licenci'?e es lettres et sciences ; CM., licenciée ou docteur eu chirurgie ; M.D., 
docteur en médecine ; M.B., bachelier en médecine.) 

Abl)ott. Maude E., B.A., McGill. CM.. M.D.. Bishop, 1894. Investiitratrice en 
médecine, écrivain scientifique, aide-conservateur du musée patholo- 
gique à l'université McGill, Montréal. Etudia trois ans en Europe. 
Présenta un mémoire à la société médico-chirurgicale de Montréal, et 
après discussion, un règlement fut adopté permettant l'admission des 
fenmies à la société. 

Agar, Marj- Louise, M.D., CM., Trinity, 1890; Dover Centre (Ontario). 

Allen, Mary E., M.D., CM., Trinity, 1897; Alameda (Territoires du Nord-Onest). 

Annstrong, L. E., M.D.. CM., Trinity, 1897 ; Dehar (Colorado), Etats-Unis. 

Arthur, Isal)el D., (Mme); Nelson (Colombie-britannique). 

Beatty, Elisabeth R., M.D., CM., Queen. 1884; Brantford (Ontario). 

Bohme, Mary ; Montréal. 

Boyle, Susanna P., M.D., CM., Trinity, 1890; fit partie pendant plusieurs 
années du personnel enseignant de Y Ontario Médical Collège for 
Women ; a publié des articles littéraires et scientifiques dans plusieurs 
revues médicales, et particulièrement sur des sujets d'ethnologie, 
assistant son père, M. David Boyle. au Canadian Institute. Aujounrhui 
médecin au State Asyluut, Indëpendence (lowa), Etats-Unis. 

Bradshaw, Katherine, M.B., Toronto University, 1897. Professeur pratique de 
physiologie et assistante-professeur d'anatomie à VOntario Médical 
Collège for Women, Toronto. 

Brander, M. M., M.D., CM., Trinity. 1891^ ; Priceville (Ontario). 

Brown, Martha A. W., M.D., Dalhousie, 1897 ; Berwick, comté de King ( Nou- 
vel le-Ecosse) . 

Brown, Minnie, M.D., CM., Queen, 1890. 

Bruce A. (Mme), Montréal (Québec). 

Buchanan, J. M., (née Mackay), M.D., CM., Trinity. 1888: Inde Centrale. 

Buck, K. L., M.D., CM., Trinity, 1897 ; Rochester (Xew York), 

Burine, J. A., M.D., CM., Trinity. 1898 ; Collingwood (Ontario). 



♦ 




72 



FEMMES DU CANADA 



Burt-Shuatt, Ellen (née Bmt). M.D., CM , Trinity, 1893 ; Toronto (Ontario). 

Campbell, D. (néeBranderi. M.D.,C.M.. Trinity, 1897 ; Balliuafort (Ontario). 

Carson, Jennie L.. M.D., CM.. Trinity, 1889 ; Chatham (Ontario). 

Chambers, Annie, M.D., CM., Trinity, 1892; Port Elgin (Ontario). 

Chute, Pearl, (née Smith). M.D., CM,, Trinity, 1895 ; Akidu, Inde. 

Clarke, H. D., (née Fozton), M.D., Université de Manitoba, 1892; Détroit 
( Etats-Unis j. 

Cleland (Mme). Victoria (Colombie-britannique.) 

Cockburn, H. M.. M.D.. CM.. Trinity, 1897 : Hôpital Mémorial, Worcester 
(Massachusetts. Etats-Unis). 

Constantineau. Alice (née McLanghlin), M.D., CM., Trinity, 1887 ; L'Orignal 
(Ontario). 

Corliss, Margaret, M.D., CM., Qoeen, 1885 ; Australie. 

Craine. Agnes Dooglas. M.D.. CM.. Queen, 1888; Smith's Palis (Ontario). 

Cruickshank. Jean. M.B.. Unirersité de Toronto, 1898 ; New England Hospital 
for Womcm, Boston (Massachusetts), Etats-Unis. 

Cunin, Joséi^iine, M.D.. CM., Bisbop. 1898 ; a reçu la médaille d'or, Montréal. 

Davidson, Ahna (Mme), Neepewa (Manitoba). 

Davis, Lelia Ada, M.B., Toronto. 1889, M.D., CM., sage-femme assistante, 
professeur pratique d'histologie et de biologie, Ontario Médical Collège 
for Women, Toioato (Ontario). 

Deniorest, Clara; Napance (Ontario). 

Denovan, E. H. K. (née Paterson) ; M.D., CM., Victoria, 1898; Calgar>- 
(Territoires du Nord-Ouest). 

Dow, Jeannie T., M.B., Toronto. 1895 ; Chine. 

Drennan, Jennie G.. M.D.. CM.. Queen, Î895 ; Kingston (Ontario). 

Dymond, Bertha, M.B.. CM.. Trinity, 1892 ; sage-femme assistante, Collège 
Médical pour les Fenunes. Toronto ( Ontario). 

Embury, Elizabeth, M.D., CM.. Queen. 1896: Belle\-ille (Ontario). 

Fleming. M. A., M.D.. CM.. Trinity, 1894; ' -istante-Présidente, Asylum 
Hospital, Worcester ( Massachusetts), 1 -Unis. 

Forster, J. (née McMillan). M.D-. CM., Trinity, 1895 ; Victoria (Colombie- 
britannique). 

r'rasiïr, Ethel V., Québec. 

Pnller, Charlotte ; MontréaL 

Funnell, Ada, M.D-. CM.. Qnecn. 1887 : Trenton (Ontario). 

Punnell, Rozelle, M.D., CM., Queen, 1890. médecm résidente, Sanitarium, 
Ottawa. 

Fiffe, Mary, CM.. M.D.. Bisbop. 189S : Montréal. 

Gillen, Marion (née Livingstone), M.D.,C.M., Queen, 18S7 ; New York (Etats- 
Unis). 

Gomery, Minnie. CM.. M.D.. Bishop. 1898 : médaille d'or ; Montréal. 

Gordon, M.B. ; M.B.. CM.. Trinity. 1898; Toronto (Ontario). 

Gould, E.. M.A.,M.D..C.M., Trinity, 1898. Hôpital des Femmes, Philadelphie 
(Pensylvanie). Etats-Unis. 



P/iOF£SS/OXS ET CARRIERES 



73 



•anitariimi, 



Gray, Eliza, K., M.D., CM., Trinity, 1S92 ; Owen Sound (Ontario). 

Grav. Jennie, M.D., CM., Trinity. 1892; conférencière en ^ynécolopie et profes- 
seur agrégé d'anatoniie pratique, Ontario Médical Collège for H'omen, 
Toronto. 

GuUen. Augusta Stowe (née Stowe). M.D.. CM.. Victoria, 1883. Trinity ; la 
première femme à recevoir le diplôme de médecin d'une université 
canadienne. Etudia à l'université de Toronto et prit ses grades à l'uni- 
versité Victoria, en ibS3. Professeur de Maladies des Enfants, Ontario 
Médical Collège /or IVomeii, Toronto (Ontario). 

Hamilton, Annie I, M.D., Dalhousie. 1894; Halifax (Nouvelle-Ecosse). 

Hansford, Marion, CM., M.D., Bishop, 1898: Montréal. 

Harrison, Florence M.. M.D.. Western, 1S9S; Madras (Inde). 

Hearty. Jane L. ; Halifax (Nouvelle-Ecosse). 

Henderson. E. Mabel ; Hamilton (Ontario). 

Henr>-, A J.. M.D.. CM.. Trinity. 1898 : Toronto (Ontario). 

Higbee, Annie E.,(née Caweth). M.D., CM.. Trinity, 1893; M. B., Toronto, 
1893 ; Orono (Ontario). 

Hill. Jennie. M.D.. CM.. Trinity, 1895 ; Chine. 

Hiil. M. J. (née Poster), M. B., Toronto, 1892; South Bend (Indiana), Etats- 
Unis. 

Hulet, Winifred J.. M.D.. CM., Trinity, 1894; Norwich (Ontario). 

Henden. J.. M.D., CM. .Trinity, 1895, Assistante en Gynécologie à l'Université 
Johns Hopkins, aussi chargée du Dispensaire des Femmes, rue South 
Charles. Baltimore (Maryland. Etats-Unis). 

Jainieson, \lice ; London (Ontario). 

Jones. Annie (née Verth), M.D., CM., Trinity. 1896; Rossland (Colombie- 
britannique). 

Kilbom. Mary A. (née GifFord^. M.D.. CM.. Trinity, 1896; Chine. 

Lakeside, Marj' Mme ; Montréal. 

Lawver. Annie A., M.D, CM., Queen 1888 ; Ottawa (Ontario). 

Landau. Regina L., CM., M.D.. Bishop. 1895 ; Montréal. 

Lennox. Eleanor Grâce, M.D. au Collège Homœop.ithic Médical Collège^ 
Cleveland (Ohio), 1893 ; Toronto. 

I.,orrigan. Catherine. CM , M.D., Bishop. 189»; ; Montréal. 

I.ynd. Ida E., M.D.. CM.. Trinity. 1890. professeur pratique de matière 
médicale : assistante en anatomie : sage-fenune assistante, Ontario 
Médical Collège /or IVomen, Toronto. 

Macdonaid. J. îlelen, B.A., McGill. CM.. M.D.. Bishop, 1897 ; Montréal. 

Mickay. MaryC B., M.D.. CM.. Trinity. 18S8 Stellarton (Nouvelle-Ecosse). 

Mickay, Katherine, M.D., Dalhousie, 1895 New Glasgow Nouvelle-Ecosse). 

Macklin. Daisy Mary. M.D., CM., Trinity. 1895 ; Chine. 

Mathieson. E. B., M.D., CM., Trinity, 1898 : Saddle Lake (Saskatchewan). 

McCallum. Annie B., MB., CM., Trinity. 1895; Gananoque (Ontario). 

McConville. Isabel ; Kingston (Ontario). 

McDonnell. Mary, (néeHutton), M.D.. CM.. Trinity, 1890; Forest (Ontario). 



74 



FEMMES DU CANADA 



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McGillvray, Alice, M.D., CM., yaeen, 1S84 ; Ilamilton (Ontario). 

McKcllar, M;i.i;jiic. M.D., CM., yueeii, 1S9U ; Inde. « 

McLeod, Christiana ; Ottawa. 

McLcod, Mary ; St. John (Nouveau-Brunsmck). 

McMillan, Kate ; rivière Jacquet ( Nouveati-Bruiiswick ). 

McNeil, Mary ; Victoria (Colombie-britannique). * 

McPheL-, M. .\., M.D.. CM.. Trinity 1S97 Collège Royal des Médecins et des 
Chirurgiens, Edinil)ourg, 1.S97 ; Hôpital de l'île "^.andall, New York. 

McPhee, Vena ; Vancouver (Colombie-britannique). 

Mitchell, Elizjd)eth H., M.D., CM., Queen, prit aussi un grade à Kdimbourg ; 
Montréal. y 

Montgomery. Mme, Charlottctown (Ile-<le-Prince-Edouard). 

Muller ; Homœopathic IfospHal, Montréal. 

Murray, Myrtle ; Fargo (Ontario). 

Olding, Clara M., M.D., Dalhousie, 1896; Saint-John (Nouveau-Brunswick). 

Patrick, J. H., (née Head), M.D., CM.. Trinity, 1897 ; Vorktown (Territoires 
du Nord-Ouest). 

Pickering. Alice Louise, M.D., CM., Trinity, 1887; Toronto (Ontario). 

Pringle, R., M.D.. CM.. Trinitv, 1.S95. Médecin Présidente, Asile Blooming^ 
dale, White Plains (New York). Etats-Unis. 

Randall. Mary Xeila, M.D.. Dalhousie, 1899; Baj-field (Antigonish), Noud-elle- 
Ecosse. 

Reinhardt, Susie (née Carson), M.D., CM., Trinity, 1887 ; Chine. 

Ritchie-England. Grâce (née Ritchie), B.A.. McGill, CM.. M.D.. Bishop, 
189», Professeur-pratique d'Anatomie. Hôpital Western, Montréal. 

Rodger, N., M.D., CM., Trinity, 1894; Menoniinee (Mioliigan), Etats-Unis. 

Rutnam, M. H. (née Ir\vin). M.D.. CM., Trinity, 1896, chargée de la 
ditection de l'Hôpital, Colombo (Ceylan). 

Ryan, Helen E., Sudbury (Ontario). 

Secord, Mme: Hartland (Nouveau-Brunswick). 

Shirra, J. S., M.D., CM., Trinity, 1894 ; Bay City (Michigan), Etats-Unis. 

Shortt, Elizaljeth, L. (née Smith), M. D., CM., Queen, 1S84 : Kingston 
(Ontario). 

Sinclair, C, M.B . Toronto, 1896 ; Ottawa. 

Sirrs, L. K. (née Mead). M.D., CM., Trinity, 1891 ; Cargill (Ontario). 

Skinner, Emma Selia, M.B., Toronto, 1896, assistante en anatomie, sage-femme 
assistante. Collège Médical d'Ontario pour les Femmes. Toronto. 

Skinner, Nellie, Hamilton (Ontario). 

Smith, Emily Janet (née Irvine), M. B., Toronto, 1890; Woodstock (Ontario). 

Stone, E. C, M.D., CM., Trinity, 1888 ; St. Hilda, Melbourne (Australie). 

Stowe, Emily Howard, M.D., Collège Médical de New York, pour les Femmes. 
1867; Mme Stowe. n'ayant pu obtenir de prendre son grade au Canada. 
se rendit à New York où elle reçut son diplôme ; revint à Toronto et fut 
la première femme qui exerça en cette ville la profession de médecin. 



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PROFESSIONS ET CARRIERES 



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SvmiM.ton. MagRie P.. M D.. CM.. Trinity. 1895. licenciée du Collège Royal. 
"^ Kdinibourg, 1S95 ; Napanee (Ontario.) 

Tavlor S M M D . CM.. Trinitv, 1SS9. surintendante de IHôpital New Eng- 
' 'land pour les Femmes. Boston, (Massachusetts), Eutts Luis. 

Thomas, J., M.D , CM., Trinity, 1S91 ; Toronto (Ontario). 

Turiier .\.lelaide, M I).. CM., (iueen, 1S96 ; Gananoque (Ontario). 

Walker, HattieA.: Kingston (Ontario). 

Wallace. M. S.. M.D.. CM . Trinity, 1S9S; Missi.mnaire, Chine septentrionale 

JkVard. Marjorv, M.D. CM, Trinity, 1894; surintendante de l'hôpital 
'^ * Fomuilins and Suk Uaby,'iilo\\Uéa\. 

Wilson î M.. MB. Toronto, 1897; Farnhurst, D.C (Etats-Unis). 

Yeonians, Amelia L-, Winnipeg (Manitoba). 

Yeomans, Liliau B., Winnipeg (Mauitoba). 



DROIT. 

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Da* la Nouvelle- Ecosse, le Barristers' Act interdit aux femmes 
l'accès de la profession d'avocat, bien que l'étude du droit soit per- 
mi.se aux femmes dans les collèges. Dans le Quéliec. une femme ne 
peut ni étudier le droit aux universités, ni exercer la profession, 
même si elle a été autorisée à le faire en d'autres provinces. Dans 
l'Ontario, toutefois, il est pourvu à ce-n^ue fts femmes puissent se 
faire admettre à la profession d'avocat. Le La-iC School (école de 
droit) d'Ontario sous la direction de la Law Society of Uppcr Canada 
(Société des Avocats d'Ontario), admet les femmes à l'étude du 
droit. Les femmes sont aus^i admises aux cours de droit des 
universités de l'Ontario, du Manitoba et du Nouveau-Brunswick. et 
peuvent recevoir Ics grades conférés par ces universités, mais 
i'obtention de ces grades ne les autorise pas à exercer la profession. 

La première et jusqu'aujourd'hui la seule femme avocat au 
Canada est Mlle Clara Brett Martin, de la Société Shilton, Walbridge 
et Martin, avocats, avoués, etc.. McKinnon Buildings, Toronto. 
Mi.ss Clara Brett Martin a l'honneur d'avoir, avec lîeaucoup de 
patience et de courage, triomphé des préjugés de ceux qui s'oppo- 
saient à ce que les femmes étudiassent le droit en vue d'exercer la 
profession d'avoc^. Elle réussit à se faire admettre à l'étude du 
droit à Osgoodc Hall (siège de l'ordre des avocats à Toronto), en 
1893. En 1877 elle reçut le grade de B.C.L. de l'université de 
Toronto. Avant qu'elle pût se faire inscrire comme avoué et 
avocat, deux articles de loi durent être votés .spécialement, afin de 
placer les femmes sur le même pied que les hommes s' engageant 
dans la profession. ,^ 



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76 



FEMMES DU CANADA 



II. 



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THEOLOGIE. 

Aucune communion religieuse au Canada n'a d'école de théo- 
logie pour les femmes, ni de ministre consacré ; il faut excepter, 
toutefois, l'Armée du Salut, qui a quatre maisons régulières 
d'éducation où les matières suivantes sont enseignées : instruction 
générale, étude de la bible et théologie. Les femmes y ont les 
mêmes droits, privilèges et facilités que les hommes et reçoivent le 
connnandement de détachements. Au moins la moitié des stations 
sont sous la direction de chefs féminins. 



CHIMIE ET PHAI(^CIE. 

i 

Quoique la profession de pharmacien autorisé paraisse fort bien 
convenir pour la femme, peu de femmes ont profité des facilités qui 
leur sont offertes pour s'y faire admettre. Dans la Nouvelle-Ecosse 
les étudiants en pharmacie prennent des leçons au collège à Halifax 
et sont autorisés à exercer par un bureau d'examinateurs. L'Asso- 
ciation pharmaceutique de la province de Québec fait subir (à 
Montréal en avril, et à Québec en octobre) des examens annuels aux 
étudiants les plus avancés pour le diplôme de licencié en pharma- 
cie ; aux étudiants moins avancés, pour le diplôme de " commis 
autorisé' ' . Des examens préliminaires pour le diplôme d' ' ' apprenti 
reconnu "se font à Montréal et à Québec en janvier, avril, juillet et 
octobre. Le droit à payer pour le diplôme de licencié en pharmacie 
est de dix dollars ; pour les examens primaires, de cinq dollars, et 
pour les examens préliminaires, de deux dollars. Bien que la chimie 
soit enseignée dans tous les collèges, le cours n'est pas assez déve- 
loppé pour permettre aux étudiants de subir avec succès les examens 
imposés par la loi pour recevoir un grade. C'est pourquoi des 
collèges de pharmacie ont été fondés dans les villes les plus grandes 
pour l'instruction particulière des étudiants en pharmacie. 

Le Montréal Collège of Pharmacy, institué en 1867, donne des cours 
de matière médicale, pharmacie et toxicologie (droit, 12 dollars), 
chimie pratique et théorique (droit, 12 dollars), et botanique (droit 
10 dollars). 

L'Université Laval, i^s étudiants en pharmacie de la ville de 
Québec suivent un cours. Tous les étudiants doivent obtenir un 
diplôme et l'autorisation d'exercer de l'Association pharmaceutique. 

L'Ontario Collège of Pharmacy, en vertu de la loi pharmacie de 1 87 1 , a 
qualité pour faire subir les examens en vue du certificat d'aptitudes 
pour la profession de pharmacien. Avant 1882, la préparation aux 
examens était laissée entièrement à l'initiative privée. Par la loi de 
1889, tout étudiant est tenu de suivre les cours : le cours primaire 
soit à V Ontario Collège of Pharmacy, soit à quelque autre collège. 



P/iOF£SS/ONS ET CARRIERES 



77 



désigné par le conseil . et le cours supérieur à V Ontario Collège of 
Pharmacy. Les droits sont, pour l'inscription. 2 dollars ; pour le 
cours primaire, 42 dollars ; pour le cours supérieur, 53 dollars ; pour 
examen et diplôme, 10 dollars. Ce collège s'affilia à l'université de 
Toronto en 1892. La même année, une loi fut passée créant le grade 
de bachelier en pharmacie {Pharni. B.) Dans le Québec comme 
dans l'Ontario, un apprentissage certifié de quatre ans est nécessaire 
avant d'être admis à l'examen supérieur. 

Dans la Colombie-britannique l'Association pharmaceutique agit 
par l'entremise d'un Conseil composé de six licenciés en pharmacie 
et d'un bureau d'examinateurs. Les personnes qui se font inscrire 
en présentant un diplôme obtenu ailleurs que dans la province, 
do'.vent avoir un certificat d'aptitudes et de travail de même mérite 
que celui de l'Association, et avoir suivi deux cours de chimie, 
deux de matière médicale et de pharmacie et un de botanique. La 
cotisation de sociétaire de \ Association pour les personnes ♦»ngagées 
dans li commerce est de 8 dollars par année ; pour les licenciés 
commis, 4 dollars par année ; pour les apprentis, 2 dollars par année. 
Les examens ont lieu deux fois par année, en avril et en octobre. 
Le droit à payer pour l'examen préliminaire (apprenti reconnu), 
2 dollars ; pour l'examen primaire (commis autorisé), 10 dollars ; 
pour 1 examen supérieur, (licencié en pharmacie), 20 dollars. 



I 



Femmes pharmaciens ou chimistes. 

Curzon. Mlle; chimiste analyste; donne le cours de chimie à la School of 
Science, Toronto. 

Johnson. Mlle Mary K., Collège de Pharmacie d'Ontario. 1895, chez Pach, 
Davis & Co. ; \Vater\-ille (Ontario). 

Johnstone. Mlle .\nna M., Collège de Pharmacie d'Ontario. 1885. 

McCallum, Mlle Jessie, Collège de Pharmacie d'Ontario, 1883. 

Book. Mlle Mary H., Collège de Pharmacie d'Ontario. 1888. 

Tyrell. Mlle Margaret, Assistante-Chimiste, Laboratoire de l'Accise, Ottawa 
(Ontario). 

Simpson, Mlle, Chimiste, Wingham (Ontario). 

Youmans, Mlle, 29, rue Collège. Toronto. 

Passmore, Mme L. O., Toronto. Almanach des adresses Lovell, iSq?. 

Kane. Mme M. A., Amherstburg (Ontario), Almanach des adresses Lovell 
1Î597. 

Nesbit. Mme A. J., Angns (Ontario. Aimanach des adresses Might, 1S99. 
Deans, Mme E. A, Dundalk (Ontario), Almanach des adresses Might, 1899. 
Bain, Mlle Effie. Paisley (Ontario), Almanach des adresses Might. 1899. 
Greene, Mme Mary, Toronto. Almanach des adresses Might, 1899. 
McConnell, Jlnie Elizabeth. Toronto. Almanach des adresses Might, 1899. 
Hewitt, Mlle M., Victoria (Ontario), Almanach des adresses Might, 1899. 



FFJfAŒS DU CAJVAPA 



1^ liil 



1 



Davidtiot], Mlle Iviith, Chimiste-Analyste, Assistante du Dr Fiseï, Analyste 
Public, yuéliec. 

Dion, Mme O. J., Licenciée »le rAssoctation l'hannaceutique de Quelle, Lévis 
(Quél>ec). 

TrévoHt, Mme E. G., Licenciée de l'Associptiuu I'huniK.ceuti(|iic de QuélK>c, 
Sorel (Quéljec). 

St. Louis, Mme Fred.. Vallevfield (Quélicc), Almannch des adresses Lovell, 
1897. 

Beatie, Mlle Kate. pharmacien, l'ictou (Nouvelle- Ecosse). 

Clark, Mlle Klizal>eth. chimiste. St-Stejdien (Nouvcaii-Bruiiswick). 

Hooper. Mlle Mary, Souri» ( Ile-de-rrince-Hdouard), .\lmanaoh des adressm 
Lovell, 1S97. 

Au lazaret du Xouwau-Brunswick, deux sœurs sont prestjue 
exclusivement employées à la pharmacie. Leur connaissance de 
la chimie les rend propres à cette charge pour laquelle elles montrent 
de grandes aptitudes. Dans l'hôpital de Windsor (Ontario), plu- 
sieurs sœurs ont suivi un cours spécial de pharmacie. A l'hospice 
Sainte-Rlizabeth. Farnham (Quél)ec), une des sœurs a l'emploi de 
pharmacien. Au couvent de Saint-Damien, Buckland (Québec), 
une des religieuses est pharmacien ayant pris des leçons d'une autre 
sœur très apte à enseigner. Deux femmes sont employées au 
lalxjratoire de l'Accise. Ottawa, en qualité de chimistes assistantes, 
et deux autres au laboratoire de la Douane. 



CHIRURGIE DENTAIRE. 



Le recensement de 1891 
dentistes dans le Canada. 



porte à onze le nombre des femmes 



On s'est aperçu, toutefois, que cette profession ne convient pas 
aux femmes autant qu'on l'avait d'abord pensé. 

Le Collège dentaire de la province de Québec est affilié à 
l'université du collège Bishop et confère le grade de docteur en 
chirurgie dentaire (Z^.Z). 5".). Le droit à payer est de 10 dollars 
pour r inscription ; payable au Registrar de la faculté de méde- 
cine, 58 dollars pour la première année ainsi que pour la .seconde; 
au Collège dentaire. 105 dollars pour la troisième année, ainsi que 
pour la quatrième ; pour le diplôme de D.D.S., 25 dollars. Les 
étudiants désireux d'exercer leur profession dans la province de 
Québec sont tenus, dès leur entrée au Collège, de passer brevet, 
devant notaire public, avec un praticien licencié : car la loi des 
Dentistes exige quatre années entières d'études sous brevet une fois 
l'examen d'inscription subi. 

Il y a aussi un Collège dentaire vaste et bien aménagé à 
Toronto. 



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PROFESSIONS ET CARRIÈRES 

ENSEIGNEMENT. 

(Voir Prif'paration au Professorat, section de l'Education.) 



79 



musiciennes et professeurs de musique. actrices. artistes et 

professeur;^ de dessin. 

(Voir Section des Beaux-Arts, Musique et Théâtre. 

AUTEURS. 

(Voir Section de la Littérature.) 



JOURNALISME ET IMPRIMERIE. 

Comme résultat prévu des facilités d'instruction et d'obser\'a- 
tiou sociale aujourd'hui offertes aux femmes, nous voyons que 
nombre d'entr'elles se fiont distinguées dans ce genre de littérature. 
La liste suivante ne comprend que les femmes engagées dans le jour- 
nalisme. 

Atkinson, Miss (Madge Merton), rédactrice au Herald, Montréal. 

Barry, Miss Lily Einily Frances, naquit à Montréal, fit ses études à Ottawa. 
A la suite d'un voyage en Euro^)e, entra à la rédaction de Once a HWk 
à New York, où elle fut chargée de la page consacrée aux femmes et 
s'occupa de rédaction en général. L'édition canadienne de ce périodique, 
e!itreprise par ses conseils, fut aussi placée sous sa direction. En 1H96, 
elle vint à Montréal et fut charjrée d'un travail spécial pour l'édition 
hebdom.'idaire du Montréal Sicr. Chargée de la colonne des corres- 
potulances sous le nom de 3it. J/. Merry Body. A écrit plusieurs 
pièces de poésie et articles de revue. Son poème sur la princesse May 
(aujourd'hui duchesse d'York), a été particulièrement apprécié. 

Barry, Mlle Robertine, auteur et journaliste ; fit son éducation à Québec ; atta- 
chée à la rédaction de La RHrie de Montréal. Ses chroniques, sous 
le pseudonyme de Françoise pleines d'esprit et d'intérêt, lui ont 
fait une grajide réputation. ivUe collalxjra naguère à la revue Nationale 
et collal)ore parfois à la revue Canadienne. En 1895, elle publia Fleurs 
Champêtres. Grâce à ses démarches, la cloclie de l 'ancienne place forte 
de I.ouisbourg fut achetée et transjxjrtée à Montréal eu 1896. 

Bélanger, Mlle, attachée â la rédaction de La Presse, Montréal. Elle est 
chargée de la partie consacrée aux femmes. 

Bissett, Miss M. E., naquit au Cap Breton ; rédige le Cnmbcrland News, 
Union (Ile Vancouver), Colombie- Britannique. 

Blake, Mme Kathleen (née Colenian), originaire d'Irlande, vint en Amérique 
en 18.S4. Journaliste voyageur et rédactrice de la partie intitulée Tht 
IVonian's K'infrdom {le Royaume de la Femme], au Mail and Empire 
de Toronto. Nom de plume Kit. 

Blewitt, Mme. Jean, collabore aux journaux de Toronto, Toronto. 

Botting, Miss, collabore au Montiral Life; reporter du Witness, Mon» 
tréal. 



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FEMAfES DU CANADA 



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Bourke-Wrij<ht, Miss ; attachée à la rédaction du ll'i/nrss. 

Brodlique, Miss Kve H., auteur et journaliste. Naquit au Canada, étudia à 
l'université de Chicago. Son enfance se j)iissi» à I^ntlon (Ontario); 
où avant niênie d'avoir ses dix-neuf ans ré\'olus, elle coUalrara à 
VAdverliser ; elle fut la correspondante de ce journal à la chambre 
des Communes, Ottawa, trois années consécutives. Elle est aujour- 
(l'hui à Chicago, <»ù elle a fourni des articles spéciaux au TiiMt's, et 
à rEiYnitifT /bsf. A aussi écrit «les articles de revue et un roman, 
ainsi qu'une pièce de théâtre. En 1897, elle fut élue à la présidence 
de la Chicafi^o Press I.eagnc (Ligue de la Presse de Chicago). 
La même année elle fut déléguée par son journal aux fêtes jubilait es 
de la reine à Londres. 



Campbell, Miss Grâce (Geofîrey Cuthliert Strangej 
littéraire au St. John Progrrss. 



édactrice de la partie 



Charlton, Mme. Margaret Ridley, descendante du célèbre évêque Ridley. 
Attachée naguère au Dominion Illustrated. 

Cummings, Mrs. Willoughby (Sama), mais elle ne signe généralement pas 
ses articles). Attachée à la rédaction du Globe de Toronto ; cor- 
respondante particulière de ce journal à l'exposition de Chicago ; 
parcourut longuement les réserves des Indiens de l'Ouest et fournit 
une suite d'articles sur Nos j>upiUes indiens. Membre outanen <le 
la Société des Femmes journalistes d'Angleterre. 

Dennison, Mme Alfred {Lady Gay) ; attachée à la rédaction de Siilup-day 
Night, Toronto. 

Dougall, Miss (sœur de John Dougall, directeur du U^itness, Montréal) ; 
attachée à la rédaction du journal dirigé par son frère. 

Durand, Miss Laura B. ( P/iaros) chargée de la partie. Livres et auteurs dans 
le SaturJity Globe. Rédige également la page des Enfants et 
fournit des articles spéciaux au Globe. 

Pairbanks, Miss Constance, secrétaire en 1887 de C. F. Fraser, directeur du 
Critic, de Halifax (Nouvelle- Ecosse). De 1890 à 1892 ce journal 
passe entre ses mains, et elle fournit les articles de rédaction. En 1S93, 
elle devint rédacteur conjointe au SI Johnsbury Caledonian. Ecrit 
aussi en vers. 

Freeman, Miss Alice (Faith Fenton), collabora naguère ^V Empire. Toronto, 
et aussi au New York Sun. Directrice du Canadian Home Journal. 
Ecrivit des lettres intéressantes de Dawson city. 

Fitzgibbon, Mme. {Lally Bernard), journaliste de Toronto, sans attache à 
aucun journal. A écrit des articles sur les Doukhol>ors, qu'elle visita 
au Nord-Ouest. Issue de la famille Strickland si bien comme. 

Flesher, Mme. Helen Gregory. Naquit à Hamilton ; la première femme A 
l'université Trinity a recevoir le grade de bachelier en musique (Mus. 
Bac), 1886; envoyée au Japcn par le Cosmopolilan pour rendre 
compte de l'inauguration du premier parlement japonais ; rédacteur de 
Searchlight, iournal pour les femmes, San Francisco. Plus tard 
éditeur et rédacteur de Society; collaTx>re à plusieurs magazines 
bien connus ; est membre de l'Association de la Presse de Québec et 
aussi de la Pacific Coast Press Association. 

Gérin-Lajoie, Mme. H., collabore à diverses publications. 

Gibson, Mme., attachée à la rédaction du Mail, Toronto. 

Haycraft, Miss, attachée à la rédaction du Canadian Statesman, Bowman- 
ville (Ontario). 



PROFESSIONS ET CARRIÈRES 



8i 



Hou»ton. Mme Alice \M\^c, charKée de la revue «les journaux au Star 
Montréal ; atUchéc au Richmond Tinu;,, Virginie, où elle occupait 
une position lucrative. 

Landry. Mme V. A., attachée à la rétlaction <lu Fret Press de Weymouth- 
Briilge (Nouvelle-Ectwse), dont son mari est propriétaire. 

Lawson, Miss Katc. collaboratrice spéciale du IVorld de Toronto. Nom de 
plame k'athrrinf l.eslie. 

MacDonaUl, Miss Hclen. colla»)oratrice spéciale du Sunday World, Toronto. 

Macintyre, Mliss, journaîiste, d'Ottawa. 

McCrea, Miss, attachée à la rédaction de l'Observer, Tilsonbury, (Ontario). 

McCormick, Mme Mary, réclacteur du Courrier de Uigliy (heMomadirire), 
Digby ( Nouvel le- Ecosse). 

McOuat. Miss Marv Elizîibeth. naquit à Brownsburg (Québec); bachelier es 
lettres et sciences, université de Toronto, (1891). Collabora quel<^ues 
années à <livers journaux de New York, sous le nom de Afinam 
Pudlev. Attachée aujourd'hui à la rédaction del' Eveninf; Journal, 
d'Ottawa. 

Marston, Constance C, chargée de la page féminine et du carnet mondain au 
Daily Star, a fait un travail considérable de journaliste au Cana<la, 
à New Yorl , à Londres et à Paris. A aussi écrit nombre de courts 
articles et de nouvelles pour les revues. 

Mitchell, Mme, collaboratrice spéciale du Star, Toronto. 

Moore, Miss M. McLeod. Attachée au Herald de Montréal, en qualité de 
rédactrice et dessinatrice. Collal)ore également à d'autres publications . 

Mutch, Miss Jean Grant, collaboratrice spéciale de Saturday Night, Toronto. 

Murray, Mme Margaret Poison, collaljoratric" du Week de Toronto. 

Newhall, Mme Georgina Alcvandria, naquit à Galt (Ontario) ; plus tard 
occupa une position au Daily Press, de Toronto. Ayant de l'intérêt 
pour les jeunes filles forcées de gagner leu' vie. elle forma parmi elles 
des classes de sténographie dirigées par e'.ie-même, et elle a l'honneur 
«l'avoir été la première femme à enseigner la sténographie au Canada, 
tout en intrcxluisant un moyen «l'exisience «lont «'. »s milliers de per- 
sonnes se sont prévalu. A fourni des essais à la p -esse sur H condi- 
tion sociale «U la femme et son rôle dans la société à venir. Elle écrit 
aussi «les nouvelles, et dans ce genre elle a probablement eu plus «le 
succès qu'aucun autre écrivain canadien, homme ou femme. Vit 
aujourd'hui à Minneapolis (Minnesota). 

Randall, Miss Florence Hamilton, a f^'it le carnet mondain pour un journal de 
Toronto ; a écrit l'es vers et «les nouvelles pour le Canadien Maga- 
zine, Saiurday JVij^At et Montréal Life. Chargée «lu carnet mon«lian 
du Journal d'Ottawa, et fut la première à faire dans les journaux 
«l'Ottawa le compte-rendu quotidien du mouvement mondain. 

Rescoe, Mme, collaboratrice spéciale du Star, Toronto. 

Richardson, Miss, attachée à la rédaction «lu Witness, Montréal. 

Robins, Miss, rédactrice en second du Progress, St. John (Nouv-Brunswick). 

Robinson, Miss M., bachelier es lettres et sciences, rédactrice en second du 
Dominion Presbyterian. 

Sanford, Mrs. Mary Bouchier, naquit à Barrie (Ontario) et y reçut son éduca- 
tion. Founiit nombre d'articles au Grip, 1878 à 1882. En 1882, st 
rendit à Cleveland (Ohio), où elle fut attachée au bureau de publication 



ri 



82 FEMMES DU CANADA 

de r International Standard, journal publié par V International 
Institiite and Egyptological Society. Prépsira pour cette publication 
des rapports, notes et revues. Se transporta à New York, 1890, et a 
depuis fourni nombre d'essais et d'articles divers pour la presse améri- 
caine. 

Scott, Miss Agnes {The Marchioness). Attachée à la rédaction du Free 
Press d'Ottawa ; correspondante du Star, de Montréal ; collabore 
au Saturday Night. 

Scott, Miss Mary Mackay, fonda en 1884, le Woman's Journal qui commença 
avec un abonné et en compte maintenant 4,000, en fut rédactrice durant 
plusieurs années ; collabora à d'autres journaux aux Etats-Unis et au 
Canada. 

Smith, Miss, rédactrice de Palm Brandi, Saint-John (Nouv-Brunswick). 

Tudor, Miss Annie L., attachée à la rédaction du Journal de Newberry 
(Ontario). 

Waltou, Mme Ella, collaboratrice ordinaire du Montréal Life et du Herald, 
Montréal. Ecrit aussi jjour V Evening Star, Toronto, et le Cana- 
dian Home Journal ; a publié encore des poèmes et des articles dans 
les magazines publiés aux Etats-Unis. Elle demeure à Ottawa, Ont. 

Watt, Miss Lela, journaliste, Brantford (Ontario). 

Wetherald, Miss Agnes, néï à Rockwood (Ontario). Rédigea durant quelque- 
temps, le département des femmes au Globe, Toronto. Durant trois 
années elle fut chargée prescjue entièrement de la rédaction de Wives 
<iM^//Ai«^///rr5, publication mensuelle, London (Ontario). A collaboré 
à plusieurs autres périodiques, a écrit un roman et quelques pièces de 
poésie. 

Outre les journaux mentionnés ci-dessus comme ayant des 
femmes attachées à leur rédaction, nous avons les suivants : le Times, 
de Drayton (Ontario), publié par une femme ; l' Echo des Bois- Francs, 
•Arthabaskaville, dont le rédacteur en second est une femme ; J. 
Hawke, Moncton (Nouveau- Brunswick), qui emploie une femme 
comme gérant ; le Banncr, de Chatham (Ontario), dont le gérant est 
aussi une femme ; il y a aussi quelques tenimes attachées à un petit 
journal hebdomadaire, le Téléphone, de Baddeck (Nouvelle- Ecosse). 



Femmes employées dans les Imprimeries et Librairies 
qui ont fait rapport. 



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Etablissements relevés 2 

Attachées à la rédaction .... i 
CollalK)ratrices et correspon- 
dantes 3 

Correctrices d'épreuves . ... i 

Typographes 5 

A la reliure 

Teneurs de livres, commis, 
vendeuses, mécanigra- 
phes, sténographes, etc. 3 



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97 



PROFESSIONS ET CARRIERES 



83 



Des 153 établissements qui ont tait rapport, fort peu paient les 
femmes au même taux que les hommes. 

Les passages suivants sont extraits des réponses données à nos 
questions par les éditeurs et imprimeurs. 

" lyes femmes font d'assez bons compositeurs, mais elles ne 
peuvent en général être utilement employées dans la préparation des 
formes, etc. Si elles exigeaient les mêmes gages que les hommes, 
elles ne seraient pas employées " . " Nous trouvons les femmes soi- 
gneuses et propres à l'ouvrage et dans leur mise". " Nous avons 
trouvé que les femnics ne donnaient pas satisfaction. Elles faisaient 
moins d'ouvrage et voulaient ^tre payées aussi cher que les hom- 
mes. Ce résultat peut être l'effet de causes locales " . " Nous n'em- 
ployons pas de femmes, et rien ne saurait nous engager à les admettre 
dans la partie mécanique " , " Les typographes .seraient payées au 
même taux que les hommes, si elles faisaient partie de l'Union typo- 
graphique " . 



SOIN DES MALADES. 

Le soin des malades est de sa nature tellement un travail de 
femme qu'on est surpris d'apprendre qu'avant le dix-neuvième siècle 
aucun effort n'ait été fait pour procurer aux femmes des facilités 
particulières pour se préparer à remplir cette fonction importante. 
Parmi les causes qui ont déterminé l'avènement de l'infirmière 
autorisée, deux, surtout, sont à noter. La première, c'est qu'on a fini 
par se rendre compte de l'aptitude de la moyenne des femmes pour 
les études scientifiques. La .seconde, c'est le besoin qu'ont éprouvé 
les médecins et chirurgiens d'une a.s.sistance plus éclairée de la part 
de la garde-malade dans le traitement scientifique de leurs patients. 

La profession d'infirmière e.st destinée à croître en importance et 
en dignité. Au début, afin de s'assurer d'un nombre .suffisant de 
gardes-malades pour le .service des divers hôpitaux, il fallut offrir 
aux femmes au moins un salaire qui leur permît de vivre, pour les 
engager à commencer un apprentissage ; et on n'exigea pas que leur 
degré d'instruction fut très élevé, mais à mesure que le nombre des, 
infirmières grandit, le .salaire payé aux élèves-infirmières diminua, 
de sorte qu'aujourd'hui, dans quelques hôpitaux, on ne les salarie 
pas du tout. 

Dans la plupart des hôpitaux et des écoles préparatoires, on 
exige trois^ années d'études avant d'accorder les diplômes ou certi- 
ficats. L'âge d'admission varie de vingt-et-un à trente-cinq ans. 
Les conditions physiques sont : taille movenne. bonne con.stitution 
et absence de tare physique. Les aptitudes intellectuelles requi.ses 
sont : , 1° lecture à haute voix ; 2^' écriture lisible et correcte ; 
3 connai.ssance de l'arithmétique jusqu'aux fractions et à la règle 
de trois ; et 4° rédaction de notes aux cour.-,. Dans quelques écoles 
préparatoires, toutefois, un degré d'instruction beaucoup plus élevé 
est exige, La première démarche à faire pour quiconque désire 



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84 



FEMMES DU CANADA 



embrasser l'état d'infirmière, c'est après avoir décidé dans quel 
hôpital ou école il est préférable d'entrer, d'écrire à la surintendante 
la priant de faire par\-enir une formule de demande à l'adresse 
donnée. 

Il existe un grand nombre d'établissements privés pour accou- 
chements et quelques-uns pour le soin général des malades. Outre 
les infirmières formées, il y a nombre de femmes bien préparées par 
une pratique étendue à faire les accouchements, et qui sont employés 
par tout le Canada. Le Grant Nursing Home, Windsor ( Nouvelle- 
Ecosse), est un modèle de ce qu'on pourrait établir très profitable- 
ment dans presque toute? les villes. Miss S. E. Stainer, graduée du 
Boston City Hospital , établit cette ho.spice et. l'a fait prospérer au 
point de vue financier et professionnel. 



SERVICES REGIONAUX D'INFIRMIERES. 

• 

A proprement parler le seul ordre d'infirmières régionales est 
le l'ictorian <^V^(fr^A'«rj<'5 (pour plus de renseignements voir Ordre 
des Infirmières Victoria), mais un serv-ice régional pour le soin des 
malades est conduit par les institutions suivantes ou en rapport avec 

elles : 

The Nursing at Home Mission ( Mission des soins à domicile), Toronto. 

The Harbord Street District Nurses (Infirmières Régionales de la me 
Harbord ), Toronto. 

The Methodist Deaœnesses (Diaconesses Méthodistes), Toronto. 

The Episcopal Deaconesses (Diaconesses Épiscopaliennes), Toronto. 

The Sisters of Charity (Sœurs de Charité ) , Brock\'ille (Ontario). 

The Sisters of Providence (Sœurs de la Providence), Montréal. 

The Belleville Hospitdl Belleville (Ontario). 

The Diet Dispensary (Dispensaire Diététique), Montréal. 

The Western Hospital Montréal. 

The Matemity Hospital ( Hôpital des Accouchements) , Montréal. 

The Home Nursing Society (Société pour le soin des malades à domicile). 
Victoria, Colombie-britannique. 

The General Hospital. Winnipeg. Manitoba. 

En outre, plusieurs églises de Montréal emploient régulièrement 
des infirmières diplômées pour le service régional des malades, et il 
y a une infirmière attachée à l'église Saint-Martin (épiscopalienne) de 
Québec, Un service régional d'infirmière très développé a, en outre, 
été conduit depuis plusieurs années par la plupart des ordres reli- 
gieux de femmes de l'église catholique romaine. 

Il n'y a pas au Camida de publication périodique consacrée au 
soin des malades. 



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P/iOF£SS/ONS ET CARRIERES 



8i 



ASSOCIATIONS ET REFUGES D'INFIRMIERES. 

The Canadian Nurses' Association (Association des Infirmières 
Canadiennes), Montréal. La cotisation est de cinq dollars par année, 
et en retonr, l'infirmière est mise en rapport avec des malades néces^ 
sitant des soins, et a l'avantage de pouvoir une fois par mois à un 
cours donné par quelque sommité médicale de la ville. 

The Traiyied Nurses' Association (Association des Infirmières 
d.essées), Winnipeg (Manitoba), 

Le but et les règlements de l'association sont les mêmes que 
ci-dessus. 

Associations d'élèves dans la plupart des hôpitaux et des écoles 
préparatoires. 

Eu outre, des hospices privés établis par des infirmières, don- 
nant des soins à domicile dans plusieurs petites villes. 



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FEAfMES DU CANADA 



MASSAGE. 

Il y a plusieurs centaines de femmes qui exercent le massage au 
Canada, mais le degré de capacité requis ici n'a pas encore été 
déterminé. 

Les gp'aduées qui ont l'intention de faire une spécialité du 
massage, suivent généralement un cours aux Etats-Unis. L'institut 
du Dr Weir Mitchell, Philadelphie (Etats-Unis), est con.sidéré comme 
le meilleur établissement pour former les masseu.ses. M. Clark de 
Toronto (Ontario;, possède une école de massage. A Ottawa, an 
Sanitarium, on donne un cours régulier pour toutes les méthodes 
différentes de massage. 

Dans le City Hospital, Hamilton (Ontario), un cours pratique 
de massage est donné par la surintendante. A l'hôpital Saint- Vincent 
de Paul, Brockxnlle (Ontario), un des membres du corps médical 
donne aux religieuses des leçons de massage. A l'hôpital de Rock- 
wood, Kingston, un cours régulier d'enseignement est donné par la 
surintendante qui est dûment qualifiée à cet effet. L'hôpital des 
Enfants malades, à Toronto, compte dans son personnel un spécia- 
liste qui enseigne aux infirmières le massage et la gymnastique. A 
l'hôpital de Woodstock. et à l'hôpital Belleville, àBelleville, la surin 
tendante donne elle-même les cours. 



SAGES-FEMMES. 



La profession de sage-femme est maintenant une chose du 
passé. Son travail est presque entièrement réparti entre l'infir- 
mière diplômée et le médecin. Cependant, il y a encore quelques 
femmes qui se font qualifier aux hôpitaux d'accouchements et se 
procurent des licences pour exerce leur profession. 



! 



STÉNOGRAPHIE. 



Dans presque toutes les villes du Canada, il y a des écoles de 
commerce {bîishiess collèges) et des écoles de sténographie. Le prix 
des cours est en général comme suit : pour une période de quarante 
semaines, — une année scolaire, — 70 dollars ; pour une période de 
vingt-quatre semaines, 45 dollars ; pour un espace de douze semaines, 
25 dollars. Pour de courtes périodes, les prix sont : pour les trois 
premiers mois de quatre semaines chacun, 10 dollars ; pour les 
trois mois suivants de quatre semaines chacun, 9 dollars ; chaque 
période subséquente de quatre semaines, 7 dollars. Les livres coûtent 
de 3 à 5 dollars. 



1 ! 



PROFF.SSIONS ET CARRIÈRES 



93 



Plusieurs des écoles supérieures enseignent la sténographie, 
quelques autres la clavigraphie. Quiconque désire avoir une 
position de première classe comme sténographe, doit être capable 
d'obtenir un certificat d'aptitude sur les matières du programme 
prescrit par la Business Hducatorï Association (Association des éduca- 
teurs du commerce). Outre qu'elle doit être habile sténographe, 
rélève doit bien savoir l'orthographe, avoir acquis une connaissance 
générale de la langue anglaise ; de plus être suffisamment au 
fait des termes techniques particuliers aux maisons de com- 
merce, aux assurances, à l'électricité ou autres bureaux, banques, 
etc. Plusieurs ne réussissent pas parce qu'elles ne s'efforcent pas 
d'acquérir la connaissance des affaires, croyant qu'il suffit d'être 
capable d'écrire en sténographie tel nombre de mots à Id minute, et 
de pouvoir les transcrire sur le clavigraphe ; mais elles sont 
dans l'erreur. La sténographie est facilement apprise par la 
moyenne des femmes et tend au développement des qualités 
pratiques en affaires. Le fait qu'à Toronto .seulement, il y 
a environ cinq cents femmes étudiantes in.scrites cette année dans 
les différentes écoles de commerce, nous donne une idée de l'ardeur 
qu'elles mettent à se porter de et côté. Les appointements varient 
de 3 dollars à 15 dollars par semaine. Les avocats à nombreuse 
clientèle et les bureaux d'assurances donnent les meilleurs appointe- 
ments. 



SECRETAIRES. COMMIS-VOYAGEURS. DIRECTRICES DES POSTES. 

SURINTENDANTES. A\ATRONES. INSPECTRICES DE A\ANU. 

FACTURES, LIBRAIRES ET EMPLOYEES 

DE L'ADMINISTRAT'ON. 

Parmi les secrétaires appointées, il n'y en a aucune qui soit 

lussi connue au Canada et à l'étranger que Mlle Teresa H. Wilson, 

i'aljord secrétaire privée de la comtesse d'Aberdeen, et maintenant 

Isecrétaire du Conseil National des Femmes du Canada, office central, 

lOttawa. Mlle J. Crompton est secrétaire de la Société des Ingé- 

Inieurs canadiens, rue Metcalfe, Montréal. Mlle Long est secré- 

Itaire de l'Ecole d'Elocution, 2426 rue Sainte-Catherine, Montréal. 

iMlle Pangman est assistante-secrétaire de l'Association des Arts, 

[Place Philippe, Montréal. Mlle Mande Clark est secrétaire du 

[recteur de l'école .supérieure à Montréal. Onze des Younj^ Women's 

\Cfiristia7i Associations du Canada ont des secrétaires appointées, et 

plusieurs y ont ajouté des as.sistantes-secrétaires. Il y a sans doute 

plusieurs autres femmes secrétaires que nous ne connaissons pas. 

\ la Colombie-britannique, peu nous sont connues ; et au Manitoba, 

in bon nombre .sont ignorées. Nous en connaissons vingt- quatre 

ians Ontario et huit dans Québec. 



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94 



FEAUŒS DU CANADA 



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L'association des conimis-inarchamls du Canada {Dotnhiion 
Commet cial Travellcrs' Association) est la seule société, sur un total 
de cinq, qui coniptt des fennnes parmi ses membres (il y en a seule- 
ment trois) et à une récente assemblée du connté des directeurs, il 
fut décidé qu'aucune autre ne serait admise à l'avenir. On ne donna 
pas les motifs de cette décision. L'association du Nord-Ouest n'admet 
pas de femmes, dotniant pour principale raison que les compajçnies 
de chemins de fer dans la Province ne voudraient pas reconnaître la 
validité de leurs certificats. Il est néces-saire pour appartenir à une 
association de commis-marchands de voyager pour une niai.son 
de négociants en gros. Il y a quelques femmes qui voyagent pour 
des maisons de gros, et il y a aussi un grand nombre de femmes 
agents. 

Dans quelques-unes ùe nos petites villes, les bureaux de postes 
sont sous la charge de directrices des Postes et un grand noml)re 
de femmes sont employées dans les bureaux de postes de la plupart 
des villes. 

La position de surintendante d'un grand nombre de nos insti- 
tutions, telles que la Yointg Women' s Christian Association, demande 
une femme d'une haute culture intellectuelle, et de plus, douée d'une 
grande habileté en affaires. Les directrices de nos institutions de 
charité et de nos prisons sont des femmes remarquables, plusieurs 
d'entre elles donnant de grands exemples de dévoûment. 

La seule femme inspectrice de fabrique dans Ontario est Mlle 
Carlisie, A Quélnrc, il y en a deux, l'une anglaise et l'autre 
canadienne, demeurant à Montréal. Ce sont Mme King et Mme 
Provencher. 

On compte vingt-quatre femmes employées à la bibliothèque 
publique de Toronto (Ontaritj;, et une autre est commis à la biblio- 
thèque du parlement. Dans le comté de York (Ontario), il y a une 
femme bibliothécaire. A Montréal, plusieurs femmes sont employées 
à l'Institut Fraser, et plusieurs à la bibliothèque de rUni\ersité 
McGill. La con.servatrice de la bibliothèque de Westmount (Québec), 
est une femme. Mme Kate E. Hayes a été chargée durant quelques 
années de la bibliothèque de la chambre d'as.semblée des Territoires 
du Nord-Ouest, à Régina. 

Avant d'entrer dans le ser\âce administratif du Canada, il est 
nécessaire de subir un examen spécial. Ces examens sont 
tenus une fois par année durant le mois de novembre. Le 
candidat; doit être âgé de plua de dix-huit ans et n'avoir pas dépassé 
35 ans. Une instruction ordinaire est requi.se. Les diplômés de 
n'importe quelle université du Canada sont exemptés de l'examen 
d'aptitudes. 

Il y a 72 femmes employées dans le service administratif 
du Canada, leurs appointements varient de 400 à 1000 dollars par 
année. 

Les gouvernements des provinces emploient aussi des femmes 
qui eu général n'ont pas à subir d'examens d'aptitudes. 



PROFESSIONS ET CARRIÈRES 



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AGRICULTURE. 

D'après le recensement de 1891, il y a 11,590 fermières en 
Canada. Depuis dix ans, il y a eu une augmentation de 4,794 
d'après le recensement de i88i. Ces femmes sont propriétaires et 
exploitent elles-mêmes leurs propres terres ; 252 de ces fermes sont 
au Manitoba, où en 1H81, on n'en comptait que 71. 

Les femmes cam iennes ont réussi en horticulture, sj^ciale- 
ment dans la culture des pommes. Dans une famille, près de 
Montréal, les jeunes fdles de la maison ont fait seules l'emballage 
de 2200 barils de ponnnes. Une autre exploite avec succès un verger 
de 2000 jxjnuniers. Un grand nombre de femmes font le beurre et 
i le frcmiage, s'occupent de la basse-cour, du soin des abeilles, du jardin 
]H)tager et de la culture du lioublon. Les demoiselles Hewlitt, filles 
|de feu Thomas Hewlitt. ont leur résidence à Queenstown, comté de 
Queeu (Nouveau Brunswick). Elles ont exploité avec succès leur 
propre fermo de 350 acres durant les dernières vingt-cinq aimées. 
Une partie coii. 'dcrable de la ferme est en prairies qui leur rapix)rtent 
une grande quantité de foin. Elles élèvent des bestiaux, des 
cochons, des volailles, der moutons, etc. ; elles cultivent des légumes 
pour le marché, vendent des fruits, du miel, des œufs, du beurre, 
du froumge, de la laine, etc. 

Le journal lice publié à Toronto, constate que les femmes 
s'occupent de plus en plus d'apiculture, travail qui leur convient très 
bien. 

L'Ecole de laiterie de Kingston, maintenue par le gouvernement 
d'Ontario, donne des cours pratiques et théoriques sur la fabrication 
du fromage, la séparation de la crème, les fermentations, l'épreuve 
idu lait, l'emploi des ferments et la manière de tenir les comptes et 
jles registres de la fabrique. Le cours le moins long est de trois 
t. semaines, le cours le plus long est de six semaines. L'examen de 
fabrication du beurre est ouvert à ce'le qui a pa.ssé au moins neuf 
semaines dans la fabrique. Après )ir subi l'examen, il est 

nécessaire de diriger une beurrerie poui obtenir un certificat profes- 
sionnel. Une jeune fille de plus de 16 ans, qui a travaillé au moins 
une année, dans une fabrique de beurre et de fromage, pei t être 
admise à l'un des cours les moins développés. L'admission ai: troi- 
sième ou plus long cours est réser\'ée à celles qui ont travaillé au 
moins trois années (sai.sons) dans une fabrique de beurre ou de 
fromage. L'enseignement est gratuit. Le montant de i dollar est 
exigé pour inscription et un autre dollar pour les coiffures et les 
.tabliers qu'il faut porter durant les heures de travail, Il est permis 
aux femmes de suivre ces cours ; mais elles n'y sont pas encore 
entrées pour suivre le cours régulier conduisant à un certificat pro- 
fesssionnel. La raison en est que les heures de travail sont longues 
et qu'il y a beaucoup de choses lourdes à manier et de travaux 



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FEMMES nu CANADA 






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rudes à exécuter. Toutefois, il est dans la province d'Ontario 
quelques femmes très habiles à faire le fromage tel qu'il se fabrique 
dans les froma^jeries. 

G)llèj{e d' Agriculture de Guelph (Ontario). La laiterie est la seule 
section dans ce collège où les femmes soient admises. 

Ecole d'AjrkuHure, Traro (Nouvelle-Ecosse). Cette école est réunie 
à l'école normale du gouvernement ; elle reçoit des subsides consi- 
dérables. Le principal est W. H. Smith, bachelier es sciences natu- 
relles (B.S.C.). Tous les étudiants de l'école normale suivent le 
cours de cette école. Ils étaient au nombre de 143 en 1898. Les 
sciences suivantes sont enseignées : biologie, sois, laiterie, jardinage, 
chimie agricole, art forestier, entomologie. Cet enseignement se 
donne sous forme de leçons ou de démonstrations au laboratoire, dans 
les champs ou les jardins. Des diplômes de professeur d'agriculture 
sont accordés seulement à ceux qui suivent un cours complet à l'école 
d'agriculture. Des ses.«^' ans d'écoles îocalc. d'agriculture sont tenues 
dans les différentes parties de la province. 

Ecole d'Horticulture, Wolfville (Nouvelle-Ecosse). Directeur, M. P. C. 
Sears. Quarante-cinq étudiants s'inscrivirent en 1898 : on comptait 
parmi eux onze femmes. Comm? travail pratique, on y enseigne 
surtout la culture des vergers. Des cours sont donnés. En général, 
à la fin de l'année scolaire la propagande se poursuit dans les diffé- 
rentes parties de la.pro^^nce. Des séances d' arrosage au pulvérisateur 
sont données en rapport avec les leçons sur ce sujet. 

L'Ecole de Laiterie du jouvemement, Winnipe^ (Manitoba). Sous la 
direction du ministère de l'Agriculture et soutenue par le gouverne- 
ment. Le directeur est C. A. Murray, surintendant des laiteries 
de la province, assisté de trois professeurs. Onze étudiants, dont 
quatre femmes, assistent aux séances. Un certificat d'assiduité et 
d'application est accordé à chaque étudiant (pour la fabrication du 
beurre et du fromage) qui : i** assiste aux leçons de chaque cours ; 
2° n'est pas absent de l'école durant les heures d'ouvrage sans 
une excuse valable. Chaque étudiant des cours qui subit un 
examen satisfaisant à la fin du terme et qui donne des preuves 
d'habileté et de compétence dans la fabrication du beuire et du 
fromage, et se montre bon gérant, en dirigeant avec succès une 
fabrique, durant deux saisons après avoir quitté l'école, est par le 
fait même en droit d'être diplômé. Aucun droit n'est exigé des 
étudiants qui viennent de la province du Manitoba. 

STATISTIQUES. 

L'^s statistiques suivantes des professions et des carrières ne 
sont pas présentées comme étant complètes en aucune manière ; 
on a voulu simplement donner un tableau des différentes occupations, 



autant qu'il a été possible de s'en assurer, sans y comprendre Is». fabri- 
cation proprement dite,. Nous n'avons pas tenté de relevei le 
nombre considérable des commis de magasins, des demoiselles de 
téléphone, des sténographes, des clavigraphistes et des domestique». 



(i) Professions et autres occup.^tions. 



(2) Marchandes. 



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PROFESSIONS ET CARRIERES 



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i.p.e. 

Agents (non déterminés) i 

Agents ( assurances ) 

Agents { machines) 

Commis de banque (recens. 1891) . . . . 

Teneurs de livres 15 

Courtiers e^ comptables (recens. 

1891) 7 

Chimistes et pharriaciens i 

Commis et copistes (recens. 1891 ). . 11 

Collecteurs 

Femmes emploj'ées dans l'industrie 
laitière 

Service administratif (recens. 1891 ) 12 

Concierges (recens îSçi) 

Juristes (recens. 1891) 

Gérantes de buanderie 

Propriétaires d'écuries de louage 

Fabricantes de modèles et patrons 
(recens. 1891 ) 

Tapissières 

Emballeuses et expéditionnaires 
(recens, des emploj-ées 1891).... i 

Fabricantes de médicaments breve- 
tés 

Photographes 

r^'^^édecins et chirurgiens i 

l:<diteurs (recens. 1891) 

Sacristains (recens. 1891 ) i 

Commerçantes 

Gérantes de théâtres (recens. 1891). . . 



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I.P.E. N.E. N.B 

Boulangères i 2 

Coiffeuses 

Libraires 5 

Cordonnières 

Bouchères 

Marchandes de charbon i 

Confiseries, marchandes de fruits, 
de bonbons 6 24 

Fabricantes de corsets • . . 

Marchandes de tissus au détail 21 

Teinturières et nettoyeuses 

Fabricantes de plumes 

Marchandes de poissons 



QUE. ONT. MAN. T.N.O. C.B. 
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93 



FEMMES DU CANADA 



Marchandes. — Suite. 

I.P.E. N.E. N.B. 

Commerçantes de farine, de grain, 

de fourrage 3 

Foumire et chapelerie i 

Articles de coiffeurs (vente) 

Quincaillières . . i 

Herboristes i 

Articles indiens (vente) i 

(Commerçantes de 
tricots, vêtements de dessous 
pour femmes et enfants, etc 4 

Marchandes de journaux 

Marchandes de volailles 

Papeterie 3 i 

Aubergistes i 8 .. 

Machines à coudre (verile) 

Poêles et ferblanterie (vente) 

Marchandes de tabac 

Entrepreneurs de pompes funèbres 

Marchandes de légumes 

Papier-tenture (détail) 

Fabricantes de perruques 

Marchandes de vins et liqueurs i 10 



QUE. ONT, MAN. T.X.O. C.B. 



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Le paragraphe suivant renferme la liste des carrières exception- 
nelles pour les femmes : 



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Forgeron, Mme J. F. Lawson, Saint-John (Nouveau-Bruns- 
wick) ; chaloupes de louage, MmeE. Humphreys, Toronto (^ Ontario) ; 
marchande d'œufs et emmagasinage à froid, Mme Marj McQiiaig, 
Iroquois (Ontario) : moulin à farine, Mme Mar>' Mitchell, Broute 
(Ontario) ; deux moulins à farine sont conduits par des femmes 
dans la province de Québec ; armurier, Mme E. Rodgers, Halifax 
(Nouvelle- Ecosse) ; la seule marchande de glace à Saint-John (Xou- 
veau-Brunswick), est Mme Whetsel, qui vend en gros et en détail 
étant le principal fournisseur des bateaux à vapeur ; fournitures de 
machines, Mme D. Robertson, Hamilton (Ontario) ; chaufournier. 
Mme William Gray, Elora (Ontario) ; prêteuse sur gage, Mme D. 
Lazarus, Montréal (Quéljec) ; taxidermiste, Mme Robinson, Près- 
cott ; marchande de bois, Mme A. Wood, Ottawa ; manicure, Mme 
Carr, Montréal ; Mme Eliza M. Jones est une marchande bien connue 
de vaches jerseys, elle publia en 1892 une brochure intitulé : Dairying 
for Profit, or the Poor MaiV s Cow, qui a une vogue extraordinaire : 
les gouvernements des provinces en ont acheté des milliers d'exem- 
plaires pour être distribués gratuitement. Elle vendit ses vache^ 
jerseys en 1896. Il y a plusieurs* femmes pilotes en Canada, un on 
deux mécaniciens et quelques mineurs. On dit que les femmes 
font de très bons barbiers ; à Fraserville (Québec), le seul barbier est 
une femme. 



PROFESSIONS ET CARRIERES 



99 



En comparant le recensement de 1881 aver celui de 1891, on 
remarque un fait intéressant : dans le recensement de 1881, il n'y a 
que trois professions ou occupations dans lesquelles les femmes sont 
classées séparément, savoir : l'enseignement, l'agriculture et le 
service domestique. Dans les tableaux du recensement de 1891, 
toutes les professions, tous les emplois ou carrières, ont une 
colonne entière réservée pour les femmes. Cela montre bien à 
quel point les femmes, au Canada, se sont introduites dans 
les établissements industriels, et aussi dans les professions et 
emplois ci-devant réservés exclusivement aux hommes. Cek peut 
sembler un peu dur aux hommes, mais nous devons nous souve- 
nir que la raison de ce changement, est que ce qui occupait la femme 
autrefois (la couture, le filage, le tissage, la fabrication du beurre et 
du fromage) lui a été enlevé, et, par conséquent, il est devenu néces- 
saire pour elle de chercher d'autres emplois. 



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FEMMES DU CANADA 





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CHAPITRE V. 



METIERS ET INDUSTRIES. 



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LE DEVELOPPBIENT INDUSTRIEL POSSIBLE DU CANADA. 

Pour donner l'idée du développement possible de l'industrie au 
Canada, le mot *' illimité" vaut mieux que toute étude générale ou 
spéciale du sujet qu'on pourrait tenter de faire. On peut dire que 

le Canada présente la série entière des 
conditions géographiques, géologiques, 
ciimatériques et ethniques. La nature 
a pourvu toutes les facilités pour la 
satisfaction des goûts les plus capricieux 
et pour l'essor des talents les plus divers. 
Il est donc évident qu'on ne saurait 
e-pérer. en une courte étude comme 
c^lle-d, rendre justice à un pays doté de 
tant d'avantages, surtout lorsque ces 
avantages doivent être considérés au 
point de vue du parti que la femme 
peut en tirer. 

Les renseignements généraux contenu au chapitre Métiers et 
Industries, nous font voir que les industries établies au Canada sont 
susceptibles d'un plus grand développement. Il nous font voir 
également qu'il reste dans d'autres directions un vaste champ 
ouvert à l'initiative. 

Jusqu'aujourd'lim, on ne s'est guère préoccupé de développer 
un caractère nettement canadien dans les divers arts et métiers. En 
raison du défaut d'enseignement technique spécial, les fabricants ont 
dû compter dans une grande mœure sur les artisans et dessinateurs 
fournis par l'étranger. Cette circonstance, jointe à l'introduction 
des machines, a en pour résultat de multiplier le nombre des ouvriers 
sans formation professionnelle, aptes à copier un modèle plutôt qu'à 
tirer de leur propre fonds. C'est là une condition inévitable dans 
tout pays neuf. Le Canada a traversé l'âge de l'empirisme et se 




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MÉTIERS ET INDUSTRIES 



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trouve en mesure d'adopter et de développer des méthodes indus- 
trielles en harmonie avec les découvertes scientifiques modernes. 
Les préparations sont à se faire pour l'établissement d'écoles techni- 
ques, lesquelles, jointes au système actuel d'instruction publique, 
— reconnu sans supérieur au monde,— devront donner un cachet 
bien canadien aux produits des divers arts et des diverses industries. 

Par suite du peu d'espace ri notre disposition, ilsera nécessaire 
de limiter notre examen du développement industriel possible de la 
femme à ces occupations auxquelles elle est particulièrement apte 
et qui lui assurent un salaire satisfaisant. A cet égard, et aussi à 
cause de leur importance dans l'économie générale du pays, les arts 
domestiques et l'agriculture doivent figurer en tête de la liste des 
industries féminines. 

Il existe diverses industries reliées au foyer oti aux arts domes- 
tiques et dans lesquelles les femmes ont été engagées de temps 
immémorial. La fabrication des tissus depuis la matière première 
jusqu'au produit achevé ; les divers procédés par lesquels on fait 
passer ces tissus avant d'en confectionner des vêtements ; la prépa- 
ration des aliments ; la décoration intérieure et d'autres industries 
domestiques, ouvrent un champ très vaste à l'activité et à 
l'ingéniosité de la femme. 

Jusqu'ici l'exploitation de ce champ s'est faite au hasard, sans 
méthode scientifique ; mais grâce à des conditions plus favorables 
pour le développement de l'inteUigence dans cette direction, une 
nouvelle ère de progrès s'annonce ; et dans le service domestique 
entendu, dans les diverses catégories de travaux d'aiguille et d'arts 
manuels, la femme canadienne a un champ d'action illimité. 

Au second rang par l'importance pour les femmes, nous plaçons 
l'agriculture. Dans ce département, comme dans celui des arts 
domestiques, il nous faut constater à reg^ret le défaut de formation 
scientifique. Mais ici encore, comme dans le cas de l'éducation 
technique, le Canada est à l'état de réceptivité, et les dirigeants, 
'x)mmencent à se rendre comte de l'importance de la femme comme 
facteur de développement national. En conséquence, comme 
l'agriculture est l'industrie canadienne par excellence, l'éducation 
de la femme en vue de l'ag^riculture devient l'objet d'une attention 
spéciale. Des conventions ont été faites avec les divers cercles et 
collèges ag^coles, en vertu desquelles les femmes sont à même de 
recevoir la formation nécessaire pour les rendre aptes à promouvoir 
cette grande industrie. 



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FEMMES DU CANADA 



Afin d'obtenir une idée juste du développement possible de la 
femme dans le domaine de l'industrie au Canada, plusieurs questions 
furent posées pour chaque province. Invariablement les réponses 
corroborent les opinions exprimées ci-dessus. 

Ce qui est en plus grande demande, c'est la main-d'oeuvre 
entendue dans les arts domestiques. La réorganisation des indus- 
tries domestiques semble s' imposer. On signale les grands développe- 
ments dont sont susceptibles des industries comme celles de la laiterie 
et de la basse-cour, l'apiculture, l'horticulture (y compris la prépa- 
ration des marmelades et la mise en conserves des fruits), la culture 
en serre-chaude et même l'élevage du bétail. 

Ce n'est que dans ces dernières années qu'on a reconnu l'impor- 
tance de l'exportation des produits laitiei's, des fruits, etc. Quand 
on considère les grandes ressources du Canada et les débouchés 
énormes ouverts à ses produits en Angleterre et ailleurs, on se ren- 
dra compte facilement du vaste champ offert à l'activité de la 
femme dans le domaine de l'agriculture. L'homme tire ses ali- 
ments surtout de la terre ; c'est pourquoi un pays si libéralement 
doté de tous les avantages au point de vue du climat, du sol et des 
eaux, devrait donner en retour le meilleur de ce qu'il a. 

La Colombie-britannique fait rapport que la production locale 
de denrées laitières n'égale pas la demande. Le prix des denrées 
ordinaires, telles que beurre et œufs, sont presque aussi élevés qu'à 
Londres, Angleterre. Le climat et le sol de la Colombie-britannique 
sont particulièrement bien adaptés au développement de l'industrie 
laitière et fruitière. 

Dans le Manitoba et les vastes territoires du Nord-Ouest, 
l'élevage des bestiaux et la culture des grains ont absorbé toute 
l'attention au détriment de l'industrie laitière, la conséquence étant 
que celle-ci n'a été développée que dans la mesure des besoins 
locaux. ; 

Avec un chemin de fer reliant les ports de l'Atlantique à ceux 
du Pacifique et pourvu de wagons-glacières ; avec, de plus, un 
service raj)ide de transatlantiques, il n'est guère possible de se faire 
une idée exagérée de ce que pourrait être le développement agricole 
de ces provinces, en rapport avec les marchés européens. Nonobs- 
tant les hivers froids du Manitoba et des Territoires du Nord- 
Ouest, les produits laitiers, ceux de la basse-cour, les fruits baies et 
toutes sortes de végétaux, y sont obtenus dans des conditions satis- 
faisantes. 



MÉTIERS ET INDUSTRIES 



103 



ly'Ontario a été justement appelé le jardin du Canada. Il est 
particulièrement connu pour ses fruits. Les pêches, les poires, 
les prunes, les cerises, les raisins, les pommes, les baies, les tomates, 
etc., s'obtiennent sans difficulté en plein champ. Un peu plus de 
connaissance scientifique dans les procédés d'emballage et d'expé- 
dition assurerait aux fruits de l'Ontario une place importante sur 
les marchés étrangers. Cette province, à la vérité, présente les 
conditions les plus favorables ix)ur toutes les formes d'exploitation 
agricole. Quoique moins bien adapté que l'Ontario à la production 
de certains fruits, le Québec offre de grandes facilités pour les 
autres formes de travail agricole. Comme le Nouveau- Brunswick, 
la Nouvelle-Kcosse et l'Ile de Prince-Edouard, le Québec a des 
ports de mer qui assurent à ses produits agricoles des débouchés 
plus faciles. 

Des beurreries fonctionnant sur le principe coopératif, ont été 
établies dans plusieurs provinces, avec des résultats très satisfai- 
sants. Toutefois, lorsqu'il s'agit des femmes, c'est au point de vue 
du travail individuel et de l'intérêt individuel qu'il faut considérer 
la laiterie, la basse-cour et les travaux agricoles plus légers. De là 
la nécessité de former la femme dans ce sens, de manière à la 
mettre en mesure de soutenir, pour ce qui est de la qualité des 
produits, la concurrence des établissements plus considérables. L' Ile 
de Prince- Edouard peut être citée comme exemple des bienfaits à 
retirer du régime coopératif dans la fabrication du fromage (voyez 
le rapport). 

La Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick présentent des 
conditions aussi favorables pour le développement agricole, parti- 
culièrement pour les occupations le plus nettement féminines. 
L'industrie laitière, la culture des fruits baies (qui se lie à l'industrie 
des conserves), jointes, tel que dit ci-dessus, à la proximité de ports 
de mer, qui ouvrent de nouveaux débouchés à ces produits, font de 
ces pro\'inces des champs d'action particulièrement favorables pour 
les femmes qui se vouent à l'agriculture. 

Dans chaque province, des fermes expérimentales et des collèges 
d'agriculture ont été établis en vue de diffuser les connaissances 
scientifiques parmi les agriculteurs. L'influence de ces institutions 
a été assez marquée et étendue pour déterminer, de la part de toutes 
les classes agricoles, une demande générale de méthodes plus 
scientifiques. Dans le cours de l'année dernière, l'étude de l'agri- 
culture est devenue obligatoire dans les écoles rurales. Une école 



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104 



FEMMES DU CANADA 



normale pour la formation de professeurs de science domestique et 
d'art domestique, a été établie à Hamilton (Ontario), avec l'assis- 
tance du gouvernement, en vue de greffer plus tard l'étude de ces 
sujets sur le programme des écoles publiques. 

En somme, l'enquête sur le développement indtistriel possible 
du Canada en rapport avec le travail féminin, établit que l'agricul- 
ture offre un champ sans bornes à l'activité de la femme. Le point 
capital, celui du revenu ou des profits à obtenir des diverses bran- 
ches de l'agriculture, ne doit pas être perdu de vue. En faisant les 
calculs, il sera bon de se rappeler le dicton "la santé* est une 
richesse". Il serait difficile de juger de l'influence des occupations 
agricoles sur le développement physique des habitants. I^ travail 
dans les fabriques et les bureaux n'a pas eu pour effet d'améliorer 
le physique. Quelques industries, notamment la fabrication des 
allrruettes, ont été trouvées très nuisibles, Conséquemment, le 
travail agricole, à cause de son action bienfaisante sur la santé et les 
mœurs, doit être placé en tête des occupations qui conviennent aux 
femmes. 

Afin d'obvier à quelques-uns des obstacles qu'ont à surmonter 
les femmes agriculteurs, on a proposé l'établissement de villages ou 
de colonies, grâce auxquels le3 femmes seraient mises à même 
de coopérer d'avantage les unes avec les autres. 

La tendance au Canada a été d'exploiter de grandes étendues 
de terres, nécessitant une mise de fonds plus forte et une somme de 
travail plus grande qu'il ne serait possible à la généralité des femmes 
de fournir. Ces conditions, et l'isolement social qui en est la suite, 
ont empêché les femmes de s'attacher à l'agriculture comme carrière 
principale. 

D'après le projet d'établissement en colonie mentionné plus haut, 
les grands domaines seraient divisés en petites fermes, ce qui per- 
mettrait aux femmes de peu de moyens de s'assurer d'une étendue 
de terre suffisante pour l'exploitation de ces industries nettement 
féminines mentionnées plus haut. Dans le travail de ferme, dans la 
vente des produits, etc. , le régime coopératif doit prévaloir lorsque 
les femmes s'adonnent à l'agriculture comme moyen d'existence. Il 
est difficile de prévoir ce qu'il adviendra de ce projet. A bien des 
poiitsde vue, il paraît fournir la solution la plus acceptable de 
quelques-unes des difficultés qui ont retardé le développement 
agricole de la femme. Une fois qu'il aura été pourvu à l'éducation 
scientifique de la femme dans cette direction, et qu'elle se sera 



MÉTIERS ET INDUSTRIES 



105 



rendu compte de l'importance de ces industries, son ingéniosité native 
lui fera bien trouver le moyen de surmonter ces difficultés qui l'ont 
arrêtée dans le passé. 

L'offre de main-d'œuvre féminine dans les magasins, les bureaux 
et les ateliers dépasse la demande ; par conséquent, comme résultat 
des conditions existantes, les deux grandes occupations qui offrent 
à la femme des débouchés illimité et un avenir sans bornes, sont les 
arts domestiques et l'agriculture 

ADELAÏDE HOODLESS 



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JEMMES DU CANADA 



MÉTIERS ET INDUSTRIES. 

(Relevé par Mme J. V. Ku.is.) 




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• TABLEAUX STATISTIQUES. 

Il faudrait deux ou trois années d'observation et d'étude 
attentive pour faire un rapport exact des conditions du travail de la 

femme dans la catégorie intitulée métiers 
et mdustries. 

Le présent rapport soumis par le 
comité chargé du présent chapitre du 
Livre des Femmes est aussi coniplet que 
possible pour le temps employé à cet 
ouvrage. 

Les renseignements ont été recueillis 
de toutes les parties du Canada et toute 
inexactitude, s'il y en a, est plutôt due à 
un défaut d'appréciation de l'importance 
du livre de la part du patron plutôt qu'à 
un manque de zèle de la part de ceux qui 
ont fait le livre. Cependant, en général, 
la courtoisie et la bienveillance ont carac- 
térisé la conduite des personnes questionnées sur le sujet- 

TABLEAU I. 

s 

Divers MériERS et industries dans i.esquei.s les eemmes sont 

EMPLOYÉES DANS TOUTES LES PROVINCES DU CANADA. 

QUÉBEC. 

Montréal. — Bonneterie, vêtements de cuir, spécialités de cuir, mitaines et 
gants, chemises et cravates, matelas, verre colorié et décoratif, articles 
émaillés, chemises, faux cols, pantalons de travail et blouses, parapluies 
et bretelles, broquettes et clous à cheval, confitures, gelée et confiserie, 
enveloppes, savon, lainages, drap écossais, coton, estame, étoffes à par- 
dessus, parfums, médicaments et produits de pharmacie, ceintures, élec- 
trotypie, compagnie chemisière, compagnie typographique. 

Qi'éBKC.— Fabricants de perruques, de cigares, de capotes de voitures. 

HuLL. — Lainages, bonneterie, fil. 

Lêvis. — Livres, chaussures fines, tuileries. 

Lachute. — Lainages, ceintures, cartoucherie, fabriques de papier, de bobines, 

de bretelles et de parapluies. 
Rock Island. — Fouets et cravaches. 

Trois-Rivières. — Bottines et souliers, fabriques de gants, ameublement. 
JOLIETTE. — Buanderie. 



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MÉTIERS ET INDUSTRIES 



107 



Granby.— Vêtements en caoutchouc, bottines et souliers, fabrique de cigares, 
magasins de modes, couturiè'-es, compagnie de papeterie. 

MARiKViLr,K.— Chapeaux de paille, chapeaux de feutre Hn. 

Bkdforu.- Magasin de couture, chapeaux de femmes, aiguilles pour machines 
à tricoter. 

ST-AnorÊ.— Couturières. 

Lapointe. — Compagnie de tricotage. 

Stb-Annk DR i,A PÉRADE. — Fabrique d'allumettes. 

Str-Cuneoonde. — Fabrication de ouate. 



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nitaines et 
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confiserie, 
fïes à par- 
tures, élec- 

es. 



ie bobines, 



nent. 



ONTARIO. 

Toronto. — Savon et parfumerie, lithographie, gravure, gaufrage, manufacture 
de produits chimiques, cordage, lignes à pêcher, rets, papeterie, cacao 
et chocolat, teinturerie et nettoyage, ameublements, voitures d'en- 
fants, articles en roseaux, compagnie d'insignes (ouvrages faits à la 
maison), ouvrages en \yo\% dans les lamineries, buanderie, boulange- 
ries, poudre à pâte, épices, gelées, essences, cirage, parapluies, parasols 
et ombrelles, bouchons, fabrique de broderie. 

Brantford. — Ficelle d'engerbage, épices, café, extraits, triage des chiffons, 
fabrique de cigares, poudre à pâte amidon (buanderie et cuisine), fabri- 
que de boîtes, fabrique de biscuits et bonbons, filatures de coton et de 
laine, carosserie, boulangerie. 

Berlin. —Chemises, faux cols et manchettes, souliers et pantoufles. 

WOODSTOCK. — Biscuits et confiserie. 

BRLLKViLr.K.— Chemises, buanderies, fabrique de conserves, fabrique de 
corsets. 

Ar.MONTE. — Vêtements de dessous pour hommes, camisoles de laine. 

C0RNWAI.L. — Papeterie. 

Georgetown. — Livres, journaux et papier coloré. 

Ingersoll. — Cadres et meubles rembourrés, matelas. 

Niagara. — Chaînes d'acier et pièges. 

OwEN Sound.— Chaises, lithographie, publication et reliure. 

Port Hope. — Limes et râpes. 

Ottawa. — Linge d'autel, fleurs artificielles, tapis, robes, magasins de modes, 
couture, ouvrage de tailleur, tissage, imprimerie, gravure, billets de 
banque. 

Windsor.— Typographie. 

Waterloo. — Boutons d'ivoire, de corne et de perle. 

Deseronto. — Allumettes non soufrées. 

Petrolia. — Corsets faits à ordre, jupons, boulangerie, magasins de modes, 
couture, magasins de fruits, 

CoBURG. — Lainages, sacs de coton et de jute. 

Trenton. — Etablissement de conserves. 

StraTford.— Chiffe, fabriques de lainages, de chaussures, imprimerie, maga- 
sins des modes, boutiques, confections de robes, fabrique de tricots et 
carderie. 

Leamington.— Manufacture de tabac, établissement d'évaporation, manu- 
facture de farine de citrouilles. 

Peterboro.— Fabrique de lainages, électricité. 

Parkiiill.— Fabrique de lainages, buanderie à vapeur. 



À 



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FEMMES DU CANADA 



PR8STON. —Fabrique de lainages, manufacture de broaaes et pinceaux, fabriques 
de ga Jts. 

Kingston. — Pal.rique de bonneterie et de faux cols, fabrique de cigares, 
magasinj de modes, couturières, boutiques. 

LiNDSAV. — Magasins d'articles de fantaisie, magasins de modes, confection de 
robes. 

MbrrickvillS.— Confection de robes, magasins de modes. 

Grimsby.— Boutiques, bureaux d'imprimerie, laiterie, établissements d'évapo- 
ration et de couserves. 

Palmbrston.— Coupe, machine à tricoter, voitures rembourrées, magasins. 
Oakvillb. — Couturières, magasins de modes, coupeuses, teneurs de livres. 
DrayTON.— Couturières et vendeuse^. 
CoLUNGWOOD.— Fabrique de bas. 
WvoMiNG. — Fabrique de lainages. 
Durham.— Fabrique de lainages, bureau d'imprimerie. 

GODEUICH.— Fabrication de tricots, coupe, confection de robes, blanchissage. 
GUEI.PU. — Marchandises de fantaisie, magasins de modes, livres, couturières, 
épicières, lingot es, fleuristes, laitières, maîtresses de pension. 

Gravenhurst.— Matîasins de modes, couturières. 

Midland. — Coupeuses, confection de robes, service domestique. , 

Forest. — Arrachr^ge de lin, conserves de pommes, fermières. 

Fort William. — Buanderies, marchan(!es. 

LoNDON. — Couturières, maîtresses de pensior bourgeoise, boulangères, tissa}i;e 
de tapis, fabrication de corsets, laitière, marchandes d'objets de fantaisie, 
magasins de poisson et de gibier, n:agasins u> fruits, épicières, marchandes 
d'articles tricotés, buanderies, fournisseurs de marché, modistes, papete- 
rie, restaurateurs, bureaux dt tabac, magasins de fruits et légumes. 

Blmwood.— Magasins de nnodes, confection de robes, coupe. 

Calbdonia. — Confection de robes, blanchissage, conserves de pommes, cueil- 
lette de fruits baies, boulangeries, magasins de modes, domestiques, 
ménagères, maîtresses de pension bourgeoise. 

KiNGSViLLB. — Fabrique de lainages, établissement d'évaporation. 
Sarnia. — Couturières, magasins de modes. 
Port Crédit.— Aciérie. 

MANITOBA. 

WiNNiPBG. — Fabriques, tentes, habits tout faits, marinades, fabriques de boites 
et de biscuits, buanderies, service domestique. 

Hartnay. — Magasins de modes, confection de robes. 

Nbbpawa. — Magasins de modes, confection de robes. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

V*-.iCOUVER. — Fruits en conserves, café, confitures, gelée, extraits, sauces, 
fabrique de matelas, confection de robes, magasins de modes, confiserie, 
buanaeries, fabrication de tentes et de voiles, compagnie chimique. 

Westminster. — Buanderies . 
Nanaimo. — Fabriques de chaussures. 

Victoria. — Confection de robes, magasins de modes, coupe, ouvrage dans les 
fabriques, service d'hôtel, service domestique, blanchissage, coiffure. 






fabriques 

cigares, 

ection de 

d'évapo- 

asins. 
krres. 



:his5age. 
turières, 



, tissage 
antaisie, 
chaudes 
, papete- 

les. 

^s, cueil- 
îstiques, 



le boites 



sauces, 
•nfiserie, 

e. 



dans les 
ure. 



M ÎTIERS ET INDUSTRIES 
NOUVUAU-BRUNSWICK. 



109 



St. John.— Hôteln. lioscrands de tapis, buanderie, bottines et souliers, poudre 
à p&te, épiées, café, habit, confection de iupes et de blouses, bottes à 
papier et siiécialités en papeterie, livres blancs, bonneterie, étoffes de 
laine et laine en échevauz, txiuneterie en laine, Imanderies, confection- 
neuses de robes, modistes, marchande de glace, fleurirttes, papetières, 
confection de perruques, restaurants, pharmacie et faonque de 
cotonnades. . 

MoNCTON. — Blagaiiins de modes, confections de robes, ameublement de maison, 

librairie, buanderie. 
Prbdbricton.— Couiiervea, fabrique de bottines et de souliers, magasins de 

modes, confection de robes, coupe. 

Gagetown. — Epicerie, confection de robes, hôtel. 

CAMPBBl.t«TON.— Magasin de modes, confection de robes, magasins généraux; 
établissement de vêtements de femmes, hôtels. 

Dalhousib.— Magasin de modes. 

jACQtJBT. — Magasin général. 

CbaTHam.— Chapeaux et costumes de femmes, r ifiserie et fruits, librairies, 
hôtel, pharmacie. 

St. Andrews. — Confection de robes, magasin de modes, marchandises, restau- 
rant, pension bourgeoise, agiiculture. 
St. STEPH4;n.— Confiserie. 
St. George.— Produits alimentaires de la mer. 

WOODSTOCK.— Robes de matin et jupes pour femmes, conserves, mwrinadtt 

et gelée 
HabcptON. — Email et ferblan erie. 
Bathurst. — Cueillette du houblon. 

Haetland. — Magasin de fantaisie, comection de robes, magasins de modes. 
New CastlB.— Confection de robes, coupe, magasin de modes. 
MARYSVILI.E. — Fabrique de cotonnades. 
Port Bi:.GIN. — Fabrique de lainages, coupe. 

NOUVELLE-ECOSSE. 

Haupax.— Biscuits et confiserie, fabrique d'allumettes, habits pour hommes et 
adolescents, buanderie, fabrique de cotonnades, jupes de rue, blouses 
et marchandises pour enfants, magasins de modes, marchande d'habits, 
cigares, fabrique de souliers. 

Oxford.— Etoffes de laine. 

AntigonisH. — Compagnie de lainage, teinturerie, cordage, etc. 
Picfou.— Confiserie, manufacture, ma asins de mod^s. 
WESTVU.LB^— Marchandes, couturière.., magasins de modes. 
Canso —Conserves de homards, confection de robes, magasins de modes. 
GnvSBORO. — Confection «le robes, magasins de modes, service domestique. 
Windsor. — Magasins de modes, confection de robes, calicot, pensions bour- 
geoises. 

ILE DE PRINCE-EDOUARD. 

Industrie des homards en conserves, travaux de ferme, fabrique de lainages, 
coupe, reliure, machinistes, blanchisseuses, imprimeurs, confiseuses, bimbe^ 
lotterie et papeterie, fourrure, fleuristes, boulangères. 






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FEMMES DU CANADA 



k_,MARQUES. 

A. — Le plus grand uoiiibre des femmes qui au Cauada s'occu- 
pent de travaux industriels sont des Canadiennes. 

3. — La grande majorité des femmes restent à la maison ; les 
patrons même préfèrent les jeunes filles qui demeurent au foyer 

paternel ; de plus les conditions de vie au Canada tendent au main- 
tien de la vie de famille. 

TABLEAU II. 

La liste suivante donne un aperçu des métiers et des industries 

où les femmes trouvent de l'emploi ; on y montre aussi le minimum 

et le maximum du .salaire qu'on leur paie, aussi exactement qu'il 
nous a été possible d'en faire le relevé : 

Dollars. Dollars. 

Bottines, souliers et pantoufles x.50 à 8.00 par semaine. 

Poudre à pâte 2.cx) à 4.00 " 

Cirage 250 a 5.00 " 

Ficelle d'engerbage 2.50 a 4.50 " 

Courroies 2.50 a 6.50 " 

Livres blancs, etc 1.50 à 4.50 " 

Couvertures de lit 3.00 a 5.00 " 

Boutons, (ivoire, comt et écaille) 35 à 0.75 par jour. 

Livres, papier de couleur et journaux .65 a 1,00 " 

Fabriques de brosses 

Boulangeries (propriétaires) 

Librairies, " 

Pensions bourgeoises 

Faux cols, manchettes et chemises . , 1.50 à 15.00 par semaine. 

Voitures d'enfants et ameublement de roseau 3.50 a 7,0c '• 

Conserves, café, gelée, confitures, marinades 3.00 à 12.00 " 

Confiserie et biscuits de fantaisie 3.00 a 7.50 " 

Fabrique de cotonniides 3.00 a 10.00 " 

Cigares 2.50 a 10.00 " 

Manufacture de voitures 1.50 a 3.00 " 

Voitures rembouriées 1.50 à 3.00 " 

Cordage, apprêtage des étoiles, teintiirerie 45 à 50 par jour 

Corsets, vêtements de dessons i.5'> à 3.0c " 

Chaises ^ 3.50 à 6.00 par semaine. 

Bouchons 3.00 a 7.00 " 

Cordage, lignes de pêche.. 

Filets 3- 50 à 7.00 •• 

Cacao et chocolat 1.50 a 5.00 " 

Vêtements de laine faits sur mesure 40 à 50 par ]our. 

Fabrication de tapis 

Couture de tapis 03 à 05 par verge. 



MÉTIERS ET r.YDUSTRIES 



III 



a s occu- 



r semaine. 



semaine. 



Toile de coton et de fil 

Conserves 

Lait condensé, café, crème . . 

Confection des robes 

Teinturières et nettoyeuses. . . 

Laiteries 

Service domestique 

Pharmaciens (propriétaires). . 
Etablissement d'évaporation . 

Electricité 

Gravure, gaufrage 

Email 

Enveloppes 

Email et ferblanterie 

Cadres, meubles rembourrés. 

Arrachage du lin 

Limes et râpes 

Ameublements 

Fourrure 



2.CO à 


8.00 par semaine. 


60 à 


I.oo par jour. 


30 à 


50 " 


2.50 à 


15.00 par semaine. 


4.00 à 


6.00 



2.00 à 8.00 



2.00 a 


6.00 




2.50 à 


550 


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350 à 


500 


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2.25 à 


7.00 


lis 


5.00 à 


7.00 


« 



Exploitations de fermes 

Fleuristes ( propriétaires) 

Magasins de poisson et de gibier (propriétaires). . 

Triage des chiffons 

Fabrique de gants 

Epiceries (propriétaires) 

Magasins généraux 1 propriétaires) 

Bonneterie, fil, écheveaux, chemises, faux cols, 

vêtements de travail, blouses 

Ameublements de maison : 

Bonneterie de laine 

Bonneterie de coton 

Hôtels ( propriétaires) 

Marchande de glace ( propriétaire ) 

Bureau de renseignements, " 

Sac? de jute et de coton 

Fabrique de tricots et carderie 

Aiguilles à tricoter 

Buanderies 

Conserves de homards 



4.00 



2.00 à 
3.00 à 



.40 à 
.50 à 

.10 à 
8.00 à 



Lithographie 1.50 à 

Vêtements de cuir, spécialités de cuir, mitaines et 

gants 2.00 à 

Matelas 6.cx) à 

Magasins de modes 2, 5c à 

Fabrique d'allumettes t. 00 à 

Habits d'hommes et d'adolescents 3.00 à 

Mécaniciens 3.00 à 



par semaine. 



7.00 par semaine. 
7.00 " 



I.20 par jour. 
1.00 " 



.20 


par 


heure. 


16.00 


par 


mois. 


pension compnse. 


2.80 


par 


semaine. 


10.00 






7.00 






1500 






6.00 






6.00 






6.00 
















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112 FEhf MES DU CANADA 

Vêtemeuts de dessous et tricots de lame 50 a 1.50 par jour. 

Allumettes non soufrées 50 a .80 " 

Jardins potagers (i»opriétaires) 

Fau7 cols, cravates, nœuds, etc 2.50 à 7.00 par semaine. 

Etoffes à pardessus et cweeds (drap écossais) 8.00 à 3S-O0 par inois. 

Imprimerie 2.00 a 6.00 par aemaine. 

Parfimj, médicaments, produits de pharmacie. . . 1.50 à 5.00 par semaine. 

Papeterîs 5» à JD par jour. 

Photographie (retouche et monture) 

Manafactnne de isAat de citrouille 2.00 à 8.00 par semaine. 

Publication et reliure 3.00 a 6.00 

Paquetage de broquettes 4><m " 

Boîtes de papier (spécialités) 2.00 a 8.00 

Ins^nes 

Habits en caoatchoac, bottines et souliers en 

caontchonc 18.00 à 24.00 par mois. 

Restaurants ( propriétaires) 

Chemisettes, habits d^enlants 1.50 a 6.00 par semaine. 

Chapeaux de paille, chapeaux de feutre, fin 10.00 à 40.00 par mois. 

Empois (buanderie et mtnage) 3-50 à 6.00 par semaine. 

Chaînes d'ader et pi^es 50 a .70 par jour. 

Chiffe 06 à .07 par heure. 

Papeterie 1.50 a 4.50 par semaine. 

Verres colorés et décoratife '-75 à 5.00 par jour. 

Savons 2.50 a 7.50 par semaine. 

Produits alimentaires de la mer 75 a 2.00 par jour. 

Fabricf ■ 'on de voiles 

Coupe de robes 

Fabrique de tabac i.oo â 4.00 par semaine. 

Articles de toilette . . 4.00 a 6.00 " 

Typographie 

Broquettes 2.50 a 5.00 " 

Costumes faits sar mesure 7.00 a 20.00 " 

Fabrication de tentes et de voQes 

Parapluies, bretelles, parasols et ombrelles 2. 25 â 7.50 " 

Fabrique de lamages 3.00 a 7.00 *' 

Ouvrage en bois pour lamineries 3.00 à 4.50 par semaine. 

Fouets et lanières 4.00 a 9.00 

Etoffes de laine 10.00 à 26.00 *' 

Fabrication de perruques, coiffure 2.00 â 4.00 " 

Manufactures de robes» de matin et de jnpes 5.00 a 8.00 " 

Papier à tapisser 2.50 a 5.00 " 

Nous ajontercrns à cette liste, la cueillette du houblon et des 
fruits, laquelle empl<Me durant l'été beaucoup de jeunes femmes et 
de jeunes filles. Il y a des groupes entiers de population qui 

comptent sur ce ti^avail pour vivre. Le travail est à la tftche; 
lorsque la cueilleti^« est adroite, elle gagne beaucoup d'argent 



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ili. 






r joor. 



r semaine, 
rtnois. 
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r semaine, 
r jour. 

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et des 
imes et 
ition qui 

tftche; 
Id'aigent 



MÉTIERS ET INDUSTRIES 1 13 

Dans les provinces où l'on e :erce cette industrie, les bottes et les 
paniers se fabriquent sur le terrain, pendant que la préparation et 
l'emballage des fruits donnent un emploi à part. 

Remarque. — Le coût de la subsistance varie à un tel point 
dans les différentes localités, qu'il est impossible d'en donner une 
idée exacte. Cependant, les moindres salaires sont de 2 dollars à 5 
dollars par semaine. 

TABLEAU III. 

Ce tableau nous donne une idée approximative du nombre de 
femmes au-dessus et au-dessous de seize ans employées dans les 
établissements industriels, par province. 

1891. 1900. 

Au-<lessus Au-dessous Au-dessus Au-dessous. 
dei6ans. de 16 ans. dei6ans. dei6ans. 

Nouveau-Brunswick 4.75o 5^8 6.175 73^ 

Nouvelle-Ecosse 6,566 625 8,535 81a 

Ontario 32.835 2,482 42.685 3,226 

Ile de Prince-Edouard 1,309 192 1,701 249 

Québec 22,898 3,018 29,767 3,923 

Manitoba 54» 31 703 4» 

Colombie-britannique 1,331 157 1,73° 204 

I<es Territoires 50 3 65 3 

Total 70,280 7,076 91,364 9,198 

4 

, Remarques. 

A. — Les hommes et les femmes obtiennent le même salaire 

2uand l'ouvrage est également bien fait. Dans la majorité des 
tablissements où des hommes et des femmes sont employés, le 
salaire payé à celles-ci est moindre que celui payé aux premiers. 
Cela ne signifie pas, toutefois, que leur travail soit à plus vil prix, 
mais simplement qu'on leur as.signe des tâches différentes de celles 
des honmes, qu'elles n'ont pas toute l'habileté professionnelle 
requise et qu'elles sont incapables, physiquement, de faire le travail 
de l'homme. On a trouvé, après information prise, que si la 
rivalité existe de femme à femme, il y en a peu ou point 
d'homme à femme, leur ouvrage n'étant pas de la même spécialité. 

.5.— L'âge des femmes employés dans les établissements 
industriels varie de 16 à 40 ans. Les femmes, dans les ouvrages 
qui leur sont propres, dépas.sent le nombre requis, excepté dans le 
service domestique. 

C. — Les femmes se font placer dans beaucoup de genres d'on- 
vrages qui étaient considérés jusqu'ici comme exclusivement réservés 
aux hommes. Quand l'ouvrage a été mené à bonne fin, il semUe 



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1 • 



114 



FEMMES DU CANADA 



qu'il n'y ait aucune raison de faire une distinction ou division. 
Parmi ces emplois, mentionnons la décoration des maisons (peinture 
d'intérieur,) peinture à fresque, culture maraîchère, ce eu quoi les 
femmes réussissent toujours bien ; l'agriculture où un nombre tou- 
jours croissant de femmes trouvent de l'emploi. Quelques femmes 
s'occupent de l'exploitation d'écuries de louage, ou du commerce de 
la glace. Dans une \'ille canadienne de l'Est, une indienne, engagée 
dans ce commerce, qui demande une grande connaissance des 
affaires, du tact et de l'habileté dans les rapports avec le public a 
plus de cent cinquante hommes à son emploi. Elle possède plu- 
sieurs grandes glacières et huit ou dix attelages. Son succès est 
considéré par ses concitoj'ens non seulement comme une autre 
preuve de ce que peut faire une femme, mais aussi comme une sorte 
de triomphe pour sa race. 

LOIS DES FABRIQUES. 



î 



Le Canada a pris et prend encore, dès que la nécessité se fait 
sentir, toutes les précautions pour mettre à l'abri des accidents, les 
femmes et les enfants, dans les usines, manufactures, fabriques ou 
magasins où ils pourraient être employés. Cette mesure de pré- 
voyance s'applique à leur sûreté personnelle et collective. C'est dans 
ce but que deux provinces, celles d'Ontario et de Québec, qui 
ont de grandes industries manufacturières où il y a plusieurs mille 
femmes employées ont des lois spéciales qui déterminent les 
conditions dans lesquelles les femmes doivent être employées. 
L'Ile de Prince- Edouard possède aussi sa loi des Fabriques mais 
elle n'a jamais été mise en force. Les lois règlent 'l'âge où les 
enfants et les jeunes filles pourront travailler, fixent leurs heures 
d'emploi ; pourvoient à l'état sanitaire des pièces de travail, inter- 
disent l'encombrement, exigent l'installation de chambres de toilette 
et de lavabos. Elles s'occupent encore de la sécurité de celles qui 
travaillent au milieu des machines, des matières explosibles et des 
endroits où il y aurait danger d'incendie, etc. 

Des inspecteurs de fabriques, tant hommes que femmes, ont été 
nommés pour veiller à ce qu'aucune infraction de la loi ne soit com- 
mise et toute contravention est passible d'amende. Ces inspecteurs 
font tous les ans des rapports publics dans lesquels ils rendent 
compte de leur travail, de l'état des bâtiments et des conditions des 
ouvriers qui sont sous leur juridiction, suggèrent des améliorations, 
donnent des axis sur la meilleure manière de faire l'ouvrage, d'entre- 
tenir l'état sanitaire des appartements si cela est nécessaire. Comme 
il peut arriver des circonstances fortuites, des accidents qu'on n'a 
pu prévoir, ces inspecteurs appliquent le remède plus vite et d'une 
manière plus efficace que si on attendait que le public, ' ' par lon- 
gueur de temps", se rendît compte de l'état des choses. Les 
inspecteurs qui ont rempli leurs fonctions durant c lelques années, 



'N 



MÉTIERS ET INDUSTRIES 



"5 



division, 
peinture 
quoi les 
ibre tou- 
femmes 
merce de 
engagée 
in ce des 
public a 
ède plu- 
iccès est 
le autre 
me sorte 



é se fait 
lents, les 
riques ou 
; de pré- 
î'est dans 
ébec, qui 
;urs mÛle 
inent les 
nployées. 
jues mais 
ye où les 
rs heures 
ail, inter- 
e toilette 
celles qui 
es et des 

;s, ont été 
soit com- 
ispecteurs 
rendent 
itions des 
iorations, 
;, d' entre- 
Gomme 
qu'on n'a 
et d'une 
' par Ion- 
ises. Les 
îs années, 



approuvent hautement le choix de femmes comme inspectrices, car 
il a été prouvé que par leur entremis', on a pu remédier à bon 
nombre de plaintes très justes qui autrement n'eussent pas été 
portées ni reconnues. 

On fait des recherches très minutieuses sur la manière dont les 
bâtiments sont c^'auffés ou éclairés; les inspectrices voient à ce que les 
femmes employées dans les départements de la vapeur, de l'élec- 
tricité ou du gaz, ne soient pas sans raisons exposée au danger. On 
a encore fait des règlements au sujet des ascenseurs, puits de 
service, tr ippes, entrées et escaliers. Toutes les précautions sont 
prises pour prévenir une panique ou une crise hystérique, qui, chex 
les femmes ner\'euses peut faire autant de mal qu'un véritable 
danger. Des mesures ont été proposées pour le soulagement 
immédiat des victimes d'accidents, en attendant qu'on puisse appeler 
un médecin. Un examen attentif des rapports entre patrons et 
employées, montre clairement que les cho.ses vont toujours en 
s'améliorant. Si au seul point de vue des affaires, le patron trouve 
son intérêt à tenir ses employées dans des chambres bien ventilées 
et bien éclairées ; à voir à ce que la santé de ses ouvrières ne .souffre 
en rien, à les secourir lorsqu'elles sont malades ou incapables de 
travailler, il o^itiendra, eti retour, par la manière dont il .sera servi, 
la juste récompense de ses .soins. 

Le système de ne jamais réprimandt-r un coupable en public et 
de se faire une règle de louanger généreusement autant qu'il est 
po.ssible, "a pour résultat, dit un de nos manufacturiers, de faire 
de noi ouvrières des filles heureuses et pleines de .santé et qui ne 
consentiraient pas à nous laisser excepté pour .se marier ' ' . 

La nomination d'inspectrices des fabriques où travaillent les 
femmes fut obtenue sur la demande du Conseil National des 
Fenmies. Ces inspectrices sont : — dans la province de Québec, 
Mme Provencher et Mme Louisa King ; dans la province d'Ontario, 
Mlle Margaret Carlyle, qui est, en même temps, inspectrice de 



magasms. 



Le rapport de Mlle Carlyle nous donne un résumé intéressant 
de l'ouvrage des femmes employées dans les établissements 
industriels. 



LA LOI DES M;^GASIN$. 

Ontario a ime loi réglementant le travail des enfants, des jeunes 
personnes et des femmes dans les magasins et les endroits autres que 
les fabriques. Cette loi se définit le magasin comme su't : "Par 
maga.sin on entend tout bâtiment ou partie de bâtiment, échoppe, 
étalage ou place dans lesquels des marchandises sont apportées, 
exposées ou mises en vente, et tel bâtiment ou partie de bâtiment' 
échoppe, étalage ou place où des marchandi.ses sont fabriquées^ 
et auxquels les lois des fabriques d'Ontario ne sont pas appliquées' 



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FEMMES DU CANADA 



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et les buanderies où ni la vapeur, ni l'eau, ni l'électricité ne sont 
employées comme force motrice en ai Je au travail qui s'y fait,; 
mais ne comprend pas une place quelconque où le seul commerce 
exercé est soit celui de marchand de tabac oji de journaux, 
d'hôtelier, de tavernier, d'aubergiste ou autre, où, en vertu d'une 
licence, des spiritueux ou boissons fermentées sont vendus eu détail 
pour la consommation " . 

La loi règle aussi l'âge des filles employées ; elle entend par 
"enfant" une personne ayant moins de quatorze ans, "jeune 
fille" une personne de quatorze à dix-huit ans, "femme" une 
personne de dix-huit ans et plus ; aucune enfant au-dessous de dix 
ans ne peut avoir un emploi quel qu'il soit dans un magasin. La 
même loi exige qu'une heure soit accordée pour le repas de midi, 
et si les services sont requis pour le travail de la soirée il est accordé 
au moins quarante cinq minutes pour le souper. Elle interdit le 
travail du dimanche ; exige que des sièges confortables soient 
fournis aux femmes quand leur travail ne réclame pas mouvement ; 
qu'une salle à manger soit installée pour elles, si l'inspectrice en 
voit la nécessité, et aux frais du propriétaire ; que la ventilation et 
la propreté des magasins soient irréprochables ; et qu'il y ait des 
latrines bien entretenues. Pour les cas d'incendie beaucoup de 
précautions sont prises ; des échelles de sauvetage et des cordes se 
voient dans tous les bâtiments de trois et même de deux étages. 
Cette loi a pour objet d'assurer le plus complètement possible la 
sécurité des personnes, la conservation de leur santé et de leurs 
mœurs. Les inspectrices insistent sur la mise en pratique de ces 
règlements et rapportent qu'en général ils sont en vigueur. 

Il se fait des démarches pour obtenir des lois semblables et la 
nomination d'inspecteurs hommes et femmes, pour les autres villes 
et provinces. ; ^ 



Remarques. 



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Les femmes, règle générale, travaillent dans les magasins une 
moyenne de neuf heures par jour, les couturières les femmes dans 
les boutiques et en beaucoup d'autres emplois, travaillent de cinq à 
dix heures par jour. Quand l'ouvrage presse elles travaillent beau- 
coup plu:î longtemps, mais alors elles ont un surplus de salaire soit 
pour le temps extra soit pour l'ouvrage. 

Dans quelques grands magasins de tissus où un grand nombre 
de couturières sont employées à la confection des blouses et des 
jupe ^, elles sont gardées, pendant le temps de relâche pour faire 
du linge de lit et de table. On croit souvent que les couturières 
qui travaillent à ces articles sont fort mal payées, parceque ces 
objets sont annoncés "ourlés gratuitement". Au contraire, 
ceci se pratique pour leur donner de l'ouvrage pendant la saison 
morte. 



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LE "SWEATINO" (excès de travail à vii prix). 



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Le Canada n'a guère eu à souffrir de ce régime anormal de 
manufacture. Les lois de l'accise du Canada empêchent l'intro- 
duction de ce "Sweating" dans l'industrie du cigare, laquelle lui 
fournit un champ favorable en d'autres pays. Bien que la chose 
existe dans beaucoup d'établissements, on ne l'a point propagée 
de manière à en faire une calamité publique. La réputation de ce 
régime et la présence de l'inspecteur tendent à le maintenir à 
l'écart. Le commif;saire, dans son rapport, mentionne très peu de 
chambres de travail défectueu.ses sous le rapport des conditions 
sanitaires ; l'habitude de se servir des chambres de travail pour y 
séjourner et dormir n'existe pas. Quoique les appartements où 
l'on reste et où l'on dort sont, par exception, en cas de surcroît 
d'ouvrage, changés en lieux de travail, l'inspecteur n'a pas pu 
mentionner avec preuves à l'appui, aucun cas de maladie contagieuse 
engendrée par les vêtements faits dans les magasins on dans les 
maisons privées. Les conditions de la vie famille au Canada et 
l'absence de ces habitations remplies de inonde ont arrêt' le mal, 
mais à. mesure que le pays se développe et que l'immigration aug- 
mente, il se produit une demande plus forte d'habits tout faits, et il 
semble que, à moins qu'on ne le supprims sans délai, le Sweating 
s'implantera dans le pays. 

L'ouvrage se fait généralement dans les fabriques et les maga- 
sins. Dans quelques établissements seulement il y a un travail fait 
par ceux que l'on appelle travailleurs "en dehors" ce travail en 
dehors consiste en grande partie en broderie de linge d'autel, d'in- 
signes de différentes sortes, et dans la fabrication, à certaines saisons 
de l'année, de chemises et vêtements blancs. Mais on ne doit pas, 
dans tous les cas, confondre ceci avec le sweating ; le travail est 
fait à la maison par des couturières qui, pour raisons de famille, 
trouvent plus convenable de faire ainsi. La broderie exige un prix 
élevé et est pour ainsi dire une profession ; les couturières qui 
cousent en dehors sont presque toujours raisonnablement payées. 
Plusieurs femmes travaillent à la maison pour les tailleurs ; le 
nombre est illimité et le salaire aussi, mais une inspection sévère 
dans beaucoup de villes et la peur de cette inspection dans d'autres, 
l'empêche dégénérer en malheur public. 

SOCIÉTÉS DE PRÉVOYANCE, 

La conséquence naturelle des différentes conditions sociales 
qu'amène le nombre toujours croissant de femmes pourv^oyant à leur 
subsistance, est l'organisation de diverses associations de secours 
mutuels. Dans plusieurs grandes villes des provinces, les femmes 
ont établi des sociétés qu'il ne faut pas confondre avec d'autres 
associations de travaux ou métiers, dans lesquelles le^? femmes n'ont 
pris, jusqu'ici, que peu ou point d'intérêt. Ces sociétés de secours 



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FEMMES DU CANADA 



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mutuels sont d'abord établies pour la plus grande utilité pratique 
de chacun des membres, l'entretien des rapports sociaux, et en 
certains cas très rares, pour venir en aide à celles que la maladie 
ou autre cause justifiable empêcherait de vaquer à leurs occupations. 
Entre toutes ces sociétés de bienfaisance, nous mentionnerons 
l'Association de Secours Mutuels Aberdeen à Ottawa, laquelle peut 
servir de modèle à toutes les autres. Cette association naquit 
d'un désir qu'avait exprimé Lady Aberdeen d'aider les jeunes 
filles employées à l'Imprimerie nationale à Ottawa, et de l'espoir 
de faire naître chez d'autres jeunes filles l'idée d'établir des sociétés 
semblables. Le but de l'Association Aberdeen est le soulagement 
des malades et des membres incapables de travailler. En cas de 
maladie on a institué un fonds de secours qui permet un versement 
de trois dollars par semaine, pendant une période de six semaines 
par année. Le but de la société est encore de promouvoir l'esprit de 
fraternité parmi les jeunes filles de l'Imprimerie. Le secrétaire Mlle 
Clara Saunders, de l'Imprimerie nationale, recevra toute communi- 
cation de la part des femmes désireuses de faire partie de cette 
association et qui voudraient obtenir de plus amples renseignements. 
Après avoir pris connai.ssance des opinions exprimées par les patrons 
11 est évident que ce genre de société rencontre l'approbation 
générale. Plusieurs personnes déplorent le manque d'une organi- 
sation plus étendue par laquelle on viendrait en aide aux vieillards 
et aux malades. Ce n'est pas là un manque de prévoyance de la 
part des femmes, mais leur formation présente les porte à voir dans 
le mariage la solution du problème. 



ONTARIO. 

LONDON. — (Compagnes de la Forêt). Objet : bénéfices en cas de maladie ou 
de décès ; 2.50 dollars par semaine et l'assistance d'un médecin ; 50 
dollars au décès. Visiter les malades et les affligés. Trois cercles de 
quarante membres chacun. Adresse: Georj^e Berry, 748 Avenue Princes. 

Kingston. — (Loge des Filles de Rebekah) ; bénéfices en cas de maladie et de 
décès. Adresse Mme Miller, 

Renfrew. — Loge des Filles de Rebekah. Adresse : Mlle Carruth. 

Sarnia. — Compagnes de la Forêt. Adresse : Mme Steadman. 
Filles de Rebekah. Adresse '. Mme Luscombe. 

Niagara. — G. F. S. Home circle (Cercle Familial) , bénéfices en cas de ma- 
ladie et assurance. 

IngKRSOLL. — Companions for Mutual Aid and Bencvolence (Compagnes de 
Bienfaisance et de secours Mutuels). Succursale de l'Ancien Ordre des 
F'orestiers . 

QL-ÉBEC. 

MONTRÉAI.. — Ordre des Forestiers Indépendants. Section de • femmes. Celles-ci 
furent admises en 1899 à bénéficier des assurances. Membres, 37. Treize 
succursales de cette société dans la province de Osébec lesquelles 
comptent 500 membres. 

Loge de la Princesse de Galles, de l'Ordre Indépendant des Fils de Ben- 
jamin. Succursale avec bénéfices de fraternité. Organisées en 1896. 



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MÉTIERS ET INDUSTRIES 1 19 

KOCVEAU-BRUNSWICK. 
St-Stkphkx. — Loge Rebecca, Adresse : ^Ime C. A. Lindow. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

Vancouver. — Dames de l'Ordre des MacL?bées. Société américaine, orga- 
nisée en 1S89 exclusivemeut pour les femmes. Membres, 86,681. A des 
succursales dans les provinces de Québec et de la Colombie-britannique. 
But : Prendre soin des membres de la société ; enterrer les morts ; établir 
des fonds de secours pour payer les dettes de ceux qui sont morts ou 
mcapables de se pour\'oir à elles-mêm^'s ; s'occuper d'œuvres littéraires 
ou sociales. Membres à Vancouver : soixante-cinq. Adresse : Mme 
Mary L. Griffin, 414 rue de Cordoue. 

Victoria. — Ladies of the Maccabees (^Darnes des Machabées). Adresse: 
Mme \V. Jackson, rue Carr. 

New - Westminster. — ( Dames des Machabées). Adresse : IMme J. M. 
Archibald. 
Daughtert of England (Filles de l'Angleterre). Adresse : Mme B. 

Smi..h 
Beulah Rebekah Lodge. (Loge Beulah Rebekah). Adresse : ]\Ime Pearce. 

LES DOMESTIQUES. 

Au Canada corime ailleuri, !a question des servantes a acquis 
une grande importance, et vu le petit nombre de familles riches, on 
n'a besoin d'ordinaire, que d'une seule domestique appelée "ser- 
vante générale ". La plupr.rt des maisons nemployant qu'une seule 
domestique, il s'ensuit que le nombre de femmes de chambre bien 
dressées comparé à la demande qu'on en fait, est des plus limité. La 
grande répugnance que semble éprouver les Canadiennes pour le 
ser^'ice domestique provient de différentes causes dont la plus grande 
est peut-être la facilité avec laquelle ces jeunes filles peuvent 
obtenir de l'emploi dans les magasins, manufactures, imprimeries 
et autres établissements semblables, où elles n ont qu'un certain 
nombre d'heures consacrées au travail durant le jour seulement, 
le genre de travail leur donne assurément plus de liberté et 
d'indépendance. 

De l'Est et de l'Ouest nous arrivent des demandes spontanées 
de serviteurs. Voici ce que nous dit un fabricant : — ' ' La grande 
lacune de nos jours est le manque de servantes ; je puis avoir des 
douzaines de jeunes filles de seige à vingt ans à 2 dollars par semaine, 
pour le magasin où la manufacture, mair il serait très diiiicile de se 
procurer des servantes à . dollars et à 2.50 dollars par semaine, y 
compris la pension et un logis confortable " , Ce serait un bienfait 
pour un grand nombre de mères épuisées par le travail si on pouvait 
procurer au Canada une classe intelligente de servantes aurcquelles 
on pourrait enseigner les principes généraux d économie domestique. 
I^es cours d'art culinaire et de culture potagère répondent dans une 
certaine mesure à ce besoin. 



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FEMMES DU CANADA 



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Dans l'Est du Canada, une bonne à tout faire reçoit de 8 à 14 
dollars par mois, et de 10 ^. 20 dollars dans l'Ouest du Canada. 
L,es cuisinières îont payées de 12 à 20 dollars par mois, excepté 
dans les hôtels et les restaurants où les salaiies sont plus élevés, 
Les femmes de chambre reçoivent de 8 à 12 dollars ; les infirmières 
de même. Plusieurs jeunes filles sont employées comme bonnes 
d'enfants ; elles accompagnent les enfants ^ la pron^enade, en pren- 
nent soin, et les amusent. Ces jeunes filles retournent chez elles 
chaque soir ; elles sont payées de 5 à 7 dollars. Les blanchisseuses 
ont de 16 à 20 dollars, mais ce travail exige un apprentissage. La 
servante a son blanchissage, sa nourriture et l'éclairage en plus de 
ses gages qu'elle peut employer à .son gré à l'achat de ses vêtements. 
Il est impossible de donner le nombre exact des jeunes filles ou 
femmes ainsi employées : car il varie d'ailleurs avec la population. 
On a calculé que dans tout le Canada une famille sur dix emploie 
une servante, mais ces doanées ne sont peut être pas authentiques. 



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CANADIENNES DE LANGUE ANGLAISE. 
^ CHAPTTRK VI. 

(I) L'ÉDUCATION ANGLAISE. 



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L'ÉDUCATION DES CANADIENNES DE LANGUE ANGLAISE. 
QUELQUES CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. 

On a dit et répété jusqu'à satiété que l'éducation est le plus 
puissant facteur de la vie nationale, et cette vérité est indéniable. 
Mais l'éducation, tout en étant d'une puissante influence pour le 
bien si elle est bien dirigée, n'est efficace qu'à la condition de 
reposer sur un principe vrai, et sur l'application juste de ce principe 
aux faits. 

Donc en abordant un système quelconque noua devonâ nou.s 
demander s'il est bien orienté, et jusqu'à quel point il répond aux 
nécessités du milieu. I^'éducation, sans doute, couvre luie période 
illimitée, mais, dans ce travail, nous devons nous borner à la vie 
d'école et de collège, où elle est à ses débuts. Le prmcipe de 
l'éducation pour la femme est le même que pour l'homme, et le 
môme au Canada que dans les autres pays ; le principe de l'éduca- 
tion des garçons étant de les former pour les fonctions de la vie 
d'hommes, et le principe de l'éducation des filles étant de les former 
aux fonctions de la vie de femmes, et non pas aux professions ou, 
encore moins, aux fonctions des hommes. Les exigences de la vie 
moderne obligent beaucoup de fennnes à se livrer à des travaux 
longtemps réservés aux hommes seulement, mais ces dérogations 
accident'îlles à l'ordre naturel ne devraient pas dégénérer eiv système 
ou principe général. Pourtant, le principe est souvent sacrifié et 
immolé aux " idoles du théâtre " qui égarent encore les esprits. 

En éducation les idées fausses proviennent autant de l'ignorance 
de sa nature, que de l'aveugle ambition des parents et des professeurs. 
L'éducation envisagée comme la connaissance, ou plutôt comme une 
" teinture ", d'un certain nombre de sujets, a été très désastreuse. 
C'est une erreur grossière d'estimer un élève d'après le nombre 
des sujets qu'il a étudiés et les prix qu'il a obtenus. La concur- 
rence, toujours nuisible, est funeste en éducation ; chez les filles 



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bien douces elle produit une insupportable prétention ; les filles 
à rintelliKcnce lente perdent toute chance de se dégourdir, et les 
filles inii)ressionnables se découragent, certaines qu'elles ne jK-uvent 
faire ce que leurs parents en attendent. De cette manière le progrès 
individuel n'est pas basé sur lu capacité de chacune, mais sur 
l'aptitude de quelque élève bien douée qui est prise comme 
modèle ; les sujets sont multipliés à l'excès ; lécole au lieu d'être 
\\\\ moyen de développement de toutes les facultés, n'est qu'une 
affaire d'érudition livresque. Les iilles intelligentes remplissent 
as.sez bien ce programme, et pas.sent dans la vie ordinaire avec 
une bonne notion des livres, mais mal armées jxjur la vie, et 
•.'intéressant à fort ix:u de choses. Les filles à l'intelligence lente 
luttent quelque temps et finalement quittent le higli school o\x leurs 
efforts constants n'ont obtenu que peu de succès ou d'encoura- 
gement, pour tomber dans la douce routine d'une école privée où 
elles s'attendent à combler les lacunes des années précédentes. Mais 
il est trop tard déjà pour apprendre à s'intéresser à beaucoup de 
choses, pour se préparer à la vie, et à faire face à tous les événe- 
ments. Tout cela à été sacrifié à la nécessité d'entreprendre 
beaucoup de sujets, généralement oubliés vite, et presque inutiles 
s'ils restent dans la mémoire. Quelquefois, aus.si, on s'arrête trop 
tôt sur une spécialité, et les filles qui n'ont pu continuer la course 
se livrent à la musique ou à une branche quelconque des arts, avant 
d'avoir acquis même les rudiments d'une éducation ordinaire. 
Les facilités pour l'étude de la musique sont nombreuses dans les 
grandes villes, mais la co*i.sécration de l'âme à ce qui est bon, si 
essentielle à l'art, est cf nent impossible si elle ne repose sur 

une bonne préparât' .te défectuosité se fait remarquer sur- 

tout chez les jeur js qui se dévouent à la musique avec le 

désir d'arriver au piv..<;ssorat. 

L'idéal de la maîtresse est de s'occuper intelligemment de toutes 
ses élèves et de leur donner la chance de dévelopi^er leurs facultés ; 
mais un grand nombre d'élèves seront négligées dans les écoles 
qui visent à l'érudition livresque et où par conséquent, les élèves 
les plus intelligentes auront la principale attention. Ce chauffage 
scolaire en vue des examens absorbe toute l'attention, car la répu- 
tation de l'école est fondée là-dessus, et pour cette considération 
beaucoup d'autres côtés de l'éducation .sont négligés. 

Dans un pays aussi peu développé que le Canada, on 
a montré beaucoup d'imprudence en établissant un système 



CANADIENNES DE LANGUE ANGLAiSE 



123 



d'éducation qui ix:ri)ctue le mépris du travail manuel, lequel est si 
essentiel au bien-être j^énéral. Un cours obligatoire mîvnuel ou 
tcclini(iue devrait fair** partie de l'école des filles : nous ne pouvons 
pis tolérer que nos filles soient instruites seulement des sciences 
intellectuelles, et quand nous voyons à quel point la formation du 
goût est due à l'école, un enseignement manuel s'impose rigoureu- 
sement. Le dessin enseigné régulièrement est d'une grande imiwr- 
tance ; et une fille ne peut .se dire instruite, même dans le sens le plus 
restreint, si elle ne sait .se servir, et si elle n'aime à se servir de ses 
mains .soit pour la couture ou la cuisnie Des exf)ositions de dessin 
et de couture, auxquelles concourraient les écoles publiques et les 
écoles privées, seraient d'une très grande utilité , le jardinage est 
une autre spécialité importante de l'école II e.st facile d'avoir un 
jardin pour toute une classe, alors qu'il est impossible d'en donner 
un à chaque élève. Des idées de toutes sortes nais.scnt et .se déve- 
loppent par la vue des plantes ou autres objets de la nature, et 
personne ne peut devenir l'amant de la verte nature si on ne lui a 
pas enseigné, dans .sa jeunesse à reconii"'Ure dans la nature une 
.source de plaisirs infinis. 

Un autie mauvais côté existe dans le système des récompenses 
(jui consiste à donner des prix à la première élève, dans une suite 
de sujets, non pas à raison de la qualité de l'ouvrage, mais parce 
qu'elle a été première, tandis que les autres, aussi intelligentes et 
presque aussi capables, n'ont point de récompense. Donner des 
prix à toute élève qui i fait des progrès généraux, qui a atteint 
une bonne moyenne de points dans tous les .sujets, est plus conforme 
au bon sens et prévient une quantité des mauvaises conséquences 
dérivant du système des prix. 

Il y aurait beaucoup de réformes possibles si on modifiait les 
épreuves d'examen ; dans l'Ontario, par exemple, le travail des 
écoles publiques et des écoles privées e.st déterrrliié par les pro- 
grammes du ministère de l'Education ; les écoles privées elles- 
mêmes sont bien tenues par prudence de tenir compte du seul 
critérium public d'aptitudes qui existe dans le pays. En matière 
scolaire l'examen devrait être simplifié ; une connaissance solide des 
mathémathiques élémentaires et des éléments des deux langues, et 
la composition anglaise, seraient des sujets à la portée de toutes les 
écoles, et celles-ci seraient débarrassées des entraves qui paralysent 
beaucoup d'entre elles ; ou bien les exigences seraient remplies par 
un exan:2n semblable à ceux des collèges d'Oxford et de P ^bridge, 



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FEMMES DU CANADA 



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examen jxjur lequel un certain nombre de sujets facultatifs donnent 
droit à un certificat II n'y a point de sujet particulier qui soit 
très important en lui-même ; une langue bien apprise dans ses 
éléments est plus instructive que trois mal apprises, et il n'y a rien 
de plus pernicieux pour l'esprit que d'être bourré de plusieurs sujets 
simultanément. Toute maîtresse, — du moins toute >. uîtresse d'école 

privée, — connaît ce refrain : " M déteste tant son arithmétique 

qu'il faudra en cesser l'étude", mais ^omme les filles, ordinai- 
rement, n'aiment pas ce qu'elles trouvent difficile, et par consé- 
quent ce qu'elles devraient surtout s'appliquer à étudier, il ne serait 
pas sage d ; donner trop d'attention à leur goût ou dégoût en la 
matière. 

Le grand problème n'est pas intellectuel, mais moral et 
spirituel. L,e défaut d'espace, cependant, rend impossible tout 
examen de cet aspect de la question. 



Toronto. 



M. CARTWRIGHT. 



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EDUCA TION ANGLAISE 



125 



L'EDUCATION ANGLAISE AU CANADA. 

Rei^evê par Mlle Georgina Hunter. 



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EDUCATION UNIVERSITAIRE. 

Il y a en tout dix-sept institutions au Canada qui portent le 
nom d'université et qui ont le pouvoir de conférer des grades. 
Quelques-unes d'entre elles ont plusieurs 
facultés et collèges ; d'autres ne sont 
que petits collèges de provinces. 

Il y a à peine dix-huit ans que. pour 
la première fois, une femme obtint le 
grade de bachelier es lettres et es sciences 
(B.A.) dans une université canadienne ; 
mais, depuis cette époque, presque toutes 
ces écoles qui confèrent des grades ont 
ouvert leurs portes aux femmes, et leur 
accordent, en général, les mêmes privi- 
lèges qu'aux hommes, à savoir, l'assis- 
tance aux conférences, les grades, 
d'honneur, les expositions, les grades 
etc. L'université Mount Allison, Nou- 
\-eau-Brunswick, est la première qui ait 

accordé un grade à une femme (Mlle Hattie S. Stewart, 1882), 
elle fut suivie, peu après parles universités de Toronto, de Kingston, 
et plus tard par celles de Dalhousie, McGill et autres. 

Environ onze pour cent des étudiants de tous les collèges du 
Canada sont des femmes. La plus ancienne des universités est celle 
de King's Collège, à V/indsor, Nouvelle- Ecosse, qui a été fondée 
en 1790, suivie de l'université du Nouveau Brunswick en 1800, et 
de l'université McGill en 1821. Mais pendant la plus grand partie 
du premier siècle de leur existence, les privilèges de ces institutions 
supérieures furent accordés aux hommes seulement. La période de 
1880 à 1890, vit la plupart d'entre elles accorder les mêmes faveurs 
aux femmes. 

Université McGIil, Montréal, fondée en 1821. Le personnel dirigeant de 
l'université McGiU e-t établi par une charte royale. Ce personnel 
est composé des directeurs qui nomment pour remplir ies vides qui 
surviennent dans ] .r nombre le principal et ies agrégés dont 
quelques-uns sont élus par les directeurs et d'autres par les diffé- 
rentes facultés de l'université, les femmes ne sont pas éligibles 
comme agrégés, mais peuvent voter pour les candidats. L'univer- 
sité est soutenue par des dons privés et par les sommes perçues 
des étudiants. Le personnel, composé de cent soixante-quatre 



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FEMMES DU CANADA 



maîtres, professeurs, conférenciers, démonstrateurs, comprend sepi 
femmes. Le nombre des étudiants inscrits en 1898-99, dans touter 
les facultés, était de 1,034, dont 86 étaient des femmes. I.,e? 
cours de lettres et «sciences {Arts), la seule faculté dans laquelle les 
femmes puissent être admi.ses, leur furent ouvertes, grâce à la 
générosité de Lord Strathcona, en 1884 ; et en 1888 pour la première 
fois, huit femmes reçurent leurs grades. Depuis cette époque cent 
vingt-trois femmes ont reçu des grades, et beaucoup d'entre elles 
ont obtenu les plus hauts rangs dans les examens de l'université. 

Comme autrefois, les classes pour les femmes qui se pré- 
parent au grade de bachelier es lettres et sciences, sont séparées 
de celles des hommes ; mais tous les cours d'honneurs et supplémen- 
taires, y compris les travaux de laboratoire pendant les troisième et 
quatrième années, sont communs. Les examens pour les fem» es sont 
les mêmes que ceux des hounnes sur les sujets communs aux deux 
sexes. Les femmes ont les mêmes privilèges que les hommes quant 
à la classe, les honneurs, les prix et les médailles. Les mêmes 
grades .sont conférés aux femmes et aux hommes dans les sciences 
et les lettres (y compris la .science pure), à savoir : B.A.. bachelier 
es lettres et sciences. M. A., licencié es lettres et sciences, M. Se. 
licencié es sciences, D. Se, docteur es sciences, et D. Lit., doc- 
teur en littérature. La bibliothèque de l'université, le musée et les 
laboratoires de la faculté des sciences et des lettres sont ouverts aux 
femmes. Un bon nombre de femmes graduées ont fait des études 
complémentaires, soit chez elles, soit eu dehors. Secrétaire- 
archiviste— M. W. Vaughan. 

Collège Royal Victoria. Montréal, bâti et doté par Lord Strathcona. 
Un collège avec pa\nllon pour les femmes, a été ouvert ait mois de 
septembre dernier, dans le but de reprendre et de continuer le travail 
fait entre 1884 et 1899 dans le cours spécial pour les femmes dans la 
faculté des sciences et des lettres, connu sous le nom de Fondation 
Donalda. Les leçons sont données par les professeurs et les confé- 
renciers de l'université, a.ssistés du personnel des répétiteurs attachés 
au collège. Recteur — Mlle Hilda D. Oakley (Oxford). 

Univenitc de Toronto, fondée en 1827. D'après un décret légis- 
latif l' université proxnnciale comprend maintenant l'université et le 
collège de l'université, chacun ayant ses attributions respectives. 
L'université a des facultés où l'on enseigne les lettres et les sciences, 
le droit et la médecine. La faculté du collège de l'université pos- 
sède des professeurs et des conférenciers pour les classiques, les 
langues orientales, l'anglais, le français, l'allemand la morale et la 
philo-sophie. Toutes les autres parties du cours des lettres et des 
sciences sont confiées à la faculté de l'université de Toronto, et les 
leçons données sur ces sujets sont ouvertes également aux étudiants 
du collège de l'université et des collèges affiliés 



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EDUCATION ANGLAISE 



127 



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Les institutions suivantes sont maintenant affiliées à l'université 
provinciale : l'université Victoria (Méthodiste), l'école de médecine 
Trinity : les écoles de théologie — 1° collège Knox, presbytérien; 
2° collège Saint-Michel, catholique romain ; 3" collège Wycliffe, 
épiscopalien ; 4° collège Huron. épiscopalien ; l'école de science 
pratique ; le collège royal de chirurgie dentaire ; le collège de 
pharmacie d'Ontario ; le collège médical des fennnes ; le collège de 
musique de Toronto. 

L'université de Toronto n'a aucun règlement qui interdise 
aux femmes l'obtention d'aucun grade. Le cours des lettres et 
sciences compte beaucoup de femmes et est totalement pour les deux 
sexes. Il y a des femmes qui ont obtenu des grades dans chacun 
des divers cours d'honneurs, et cette année (1899) il y a 103 
femmes inscrites dans les cours d'honneurs. L'université n'a 
jamais désigné de femmes pour occuper des chaires mais il y a 
eu des femmes agrégées. Actuellement Mlle Benson occupe la posi- 
tion d'agrégée en chimie. Depuis 1 883, où pour la première fois une 
femme reçut un grade, il y en a eu 286 graduées par l'université. 
Secret. -archiviste — Jacques Brebner, bachelier es lettres et sciences. 

University Collège. — Etudiants inscrits en 1898-99, 446 dont 125 
femmes. Les femmes sont admises à tous les privilèges du collège 
sur le même pied que les hommes. Les femmes ne résident pas au 
collège. Les femmes occupent un rang très élevé dans cet établis- 
sement ; 222 sont graduées. 

L'université Victoria. — Elle a été fondée en 1836. Elle a été la 
première institution de hautes études ouverte aux femmes. Mlle 
McCarthy, maintenant Madame Crawford, de Colx>urg, fut la pre- 
mière femme admise dans une université et soixante-quatre femmes 
ont reçu leurs grades dans cette université, ou depuis son affiliation 
ont eu des grades conférés par l'université de Toronto. Ecole 
entièrement mixte. Victoria a fait une innovation en introduisant 
des leçons d'économie domestique. Un tiers ou un quart des 
étudiants dans les lettres et les sciences dans les laiiversités d" Ontario 
sont des femmes. 

L'université de Queen's Colle|(e, Kingston, établi en 1841. L'univer- 
sité possède des facultés de lettres et sciences, de théologie, de méde- 
cine, de droit, de science pratique. Les fenmies y sont admissibles 
à tous les grades dans les lettres et les sciences. Les règlements 
sont les mêmes pour les deux sexes et tous les cours de lettres et de 
sciences, ordinaires et d'honneurs sont pour les deu.x sexes. Sur 
40oétudiants en lettres et en sciences inscrits en 1S98, 93 étaient des 
fennnes. En 1899- 1900, des 449 étudiants dans le cours des lettres 
et sciences 107 sont des femmes. Il n'y a pas de femmes dans le 
personnel enseignant. Mlle E. Fitzgerald, la première diplômée de 
cette université a été admise dans le conseil de l'université. Secré- 
taire-archiviste — G. Y. Chown, bachelier es lettres et sciences. 



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128 



FE.VJ/ES DU CANADA 



Université Daihousiic. Haîibx, Nouvcile-Ecosse, fondée en 1851 : réor- 
ganisée en 1 863. Les étudiants ne résident pas dans cette uuiveisité ; 
elle est sans attache de communion religieuse; elle ix)ssède d€ pleins 
pouvoirs universitaires. Les femmes et les hommes y ont les mêmes 
privilèges. L'université a des facultés de lettres, de sciences, de 
droit, de médecine. Les femmes y furent admises pour la première 
fois en itJ8i, sur la demande de deux jeunes femmes qui y furent 
reçues sans discussion. Cinquante-deux femmes ont reçu leurs 
grades de l'université la plupart dans les lettres et les sciences. Des 
83 diplômes donnés en 1898, neuf furent conférés à des femmes 
dont quatre obtinrent le grade de licenciée es lettres et sciences. 
Des 74 grades conférés en 1899, onze furent donnés à des femmes, 
dont huit reçurent le diplôme de bachelier es lettres et sciences, 
deux leB.L. (bachelières lettres), uneA/.D. (docteur en médecine), 
C.J/. (docteur en chirurgie). Il ne sera pas hors d'intérêt de 
remarquer la proportion des hommes et des femmes qui y sont 
maintenant étudiants: dans les lettres et les sciences 131 hommes, 
58 femmes ; dans les sciences, 21 hommes, 14 femmes ; en méde- 
cine, 71 honmies, 6 femmes. Dans toutes les facultés réunies il y 
avait 362 étudiants iuiJcriLs. Dans ce collège les autorités parlent 
très favorablement de l'école mixte. Secrétaire, faculté des lettres 
et des sciences. — A. McMechan. Ph.D. (docteur en philosophie). 

L'université Trinity, Toronto, fondée en 1882 ; elle est sous la direc- 
tion de l'église d'Angleterre. Elle possède les facultés suivantes : 
lettres et sciences, théologie, droit, médecine, musique, chirurgie 
dentaire, pharma'rie. Les femmes sont admises à toutes les 
leçons et ont les mêmes privilèges que les hommes en ce qui con- 
cerne le classement, les rangs, les médailles, les bourses, les grades. 
Deux des bourses mises au concours en 1898 furent gagnées 
par des femmes. En tout, l'université Trinity a conféré aux 
femmes 123 grades. Secrétaire-archiviste — Rev. Wm. Jones, licencié 
es lettres et sciences, docteur en droit Q\\i\. 

Collège St-HiMa. Toronto, fondé en 1888. C'est le pavillon 
des femmes qui étudient les lettres et les sciences au Collège 
Trinity. En 1899 il y avait 10 étudiants internes et 12 extenv.;s. 
C'était l'intention de faire de St-Hilda un collège ix)ur l'enseigne- 
ment avec classes séparées pour les femmes ; puis les déiîenses d'un 
double personnel de profes.seurs, pour les étudiants à Trinity, pour 
les étudiantes à St-Hilda, furent trouvées trop grandes et on réta- 
blit les classes mixtes, mais les autorités n'y sont pas favorables. 
Principal — Mme Ellen Rigby. 

Université du Manitoln. Winnipej, fondée en 1877. C'est le seul 
établissement qui confère des grades dans la province. L'université 
du Manitoba consiste en un personnel d'examinateurs. Quatre 
collèges relevant de communions rehgieu.ses différentes et le collège 
médical du Manitoba y sont affiliés. Les collèges qui sont autonomes. 



EDUCA TION ANGLAISE 



129 



diffèrent d'attitude à l'égard déS femmes, mais l'université n'établit 
aucune différence à leur égard et les femmes sont graduées dans les 
lettres et les sciences et la médecine. Comme règle, les femmes 
inscrites à la faculté des lettres et sciences s'adonnent à l'étude 
des langues modernes. Ju^u'à présent deux seulement ont obtenu le 
grade de docteur en médecine et de docteur en chirurgie. L'école 
est mixte, et ce régime favorablement vu. Le premier bâtiment de 
l'université de Manitoba pourvu d'un matériel complet pour les 
travaux scientifiques est maintenant eu construction. Dans la suite, 
cette université aura des chaires d'enseignement comme elle a son 
bureau d'examinateurs. Eu 1893, la chambre des députés avec 
l'assentiment de l'université, passa une loi, en vertu de laquelle le 
gouvernement local, après avoir consulté le conseil de l'université, 
peut instituer des chaires de sciences naturelles, do mathématiques 
et de langues modernes. En mai dernier le gouvernement signifia 
son intention de nommer prochainement det: i ofesseurs de sciences 
naturelles. Secrétaire-archiviste — ^J. Pitblacio, licencié es lettres et 
sciences, bachelier en droit. 

Collège du Manitoba. — Il est sous les auspices de l'église presby- 
térienne, en affiliation avec l'université de Manitoba, possède un 
personnel de huit professeurs et agrégés. Il a des facultés des 
lettres et des sciences et de théologie. Les hommes et les femmes y 
ont les mêmes privilèges ; l'école mixte est en vogue ; vingt- 
sept femmes ont reçu leurs grades dans les lettres et les sciences, 
beaucoup d'entre elles avec distinction dans les langues mod- 
ernes et les mathématiques. Principal — Rev. G. Bryce, licencié 
es lettres et sciences, docteur en droit. 

L'université du Collège de Mount Allison, Sackville, Nouveau- Brunswick» 
fondée en 1862. Elle est sous la direction d'officiers nommés spéci- 
alement par la Conférence générale de l'église Méthodiste du Canada. 
Des femmes font partie du conseil des directeurs. L'université ne 
fait aucune distinction quant a la collation des grades. Les femmes 
sont sur le même pied que les hommes pour les conférences et les 
concours. Mont-AUison fut le premier collège ayant charte, en 
Canada, qui admit les femmes à tous ses cours et grades au même 
rang que les hommes. Cette université fut ouverte aux femmes en 
1873. Elle donne des cours de lettres et de sciences et de théologie. 
Elle n'a pas de pavillon pour les femmes, mais beaucoup d'entre 
elles restent au collège des Dames d'Allison. Depuis 1882, trente- 
six grades ont été confères à des femmes. Cette année il y a 140 
étudiants d'inscrits dont 60 sont des femmes. Celle-ci, cependant, 
ne sont pas toutes sans grade. Peut-être un quart des femmes 
graduées font des cours complémentaires. Président — David Allison, 
licencié es lettres et sciences, docteur en droit. 

Université du Collège d'Acadie, Wolfville, Nouvelle- Ecosse, fondée en 
1838, sous le contrôle d'un corps de directeurs nommés par la con- 
vention baptiste des provinces maritimes. Elle a un personnel de 



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130 



FEMMES DU CANADA 



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oii7,e professeurs, tous des hommes. En 1898 il y avait 142 étudiants 
inscrits dont 25 femmes. En 1899, 141 étudiïints dont 36 femmes. 
Les femmes y sont sur le même pied que les hommes et suivent le 
même progrcmme. L'attitude est en faveur de l'école mixte. 
Président — Rév. Thomas Trotter, docteur eu droit canon. 

Université du Nouveau-Brunswick à Predericton, fondée en 1800. 
L'université a les mêmes règlements pour les étudiants des deux 
sexes. L'assistance aux leçons est obligatoire pour obtenir les grades 
de bachelier es lettres et sciences. L'éducation mixte est en vigueur. 
La première femme graduée de l'université du Nouveau-Brunswick 
fut Mlle Marie K. Tibbits qui obtint son diplôme de bachelier 
es lettres et sciences en 1889. Depuis, 31 femmes ont reçu ce 
diplôme. De celles-ci, treize ont passé avec distinction. Deux ont 
poussé jusqu'au grade de licenciée es- lettres et sciences. Les 
femmes ont gagné beaucoup de prix et de médailles accordés à cette 
université. Il y a d'inscrits cette année (1899-1900) 77 hommes et 
18 femmes outre ceux qui font des cours partiels. Chancelier et 
Princijîal — Thomas Harrison, licencié es lettres et sciences, docteur 
eu droit. 

Université McAUster. Toronto, fondée en 1887. C'est une institution 
baptiste ; elle a un jjersonnel de dix-sept professeurs et agrégés 
Les femmes peuvent résider au Collège des Dames de Moulton. 
(Voyez Collège des Dames). L'université McMaster possède des 
facultés de lettres, de sciences et de théologie. Il y a présentes 
maintenant vingt femmes non graduées et trois suivantdes cours par- 
tiels dans les lettres et sciences, et en outre 117 autres étudians. Il 
y a eu dix-sept diplômes de bachelier es lettres et sciences de con- 
férés aux femmes dont trois sont allées jusqu'au grade de licenciée. 
Deux femmes du personnel du Collège Moulton furent Jespren:ières 
à recevoir le grade universitaire licenciée. Chancelier et Principal 
— O. C. S. Wallace, licencié es lettres et sciences, docteur en droit 
canon, docteur en droit. 

Université Western, London, Ontario. — Cette université est dirigée 
par un sénat et a une charte pour conférer les gradesdans les lettres 
et les sciences, la théologie et la médecine. Le département des 
arts e.st soutenu surtout par des souscriptions annuelles provenant 
de citoyens de London. Point de femmes dans le personnel ensei- 
gnant, mais les femmes reçoivent les mêmes privilèges que les 
hommes dans les classes et les cours partiels. Il y a maintenant une 
assistance de vingt-quatre femmes. Le programme et le règlement 
sont les mêmes qu'à l'université provinciale de Toronto. Proviseur 
— Rév. B. Watkins, licencié es lettres et sciences (Cambridge). 

Université du Collège Bishop, Montréal. Les femmes y furent admises 
pour la première fois aux clas.scs de médecine en l'année 1889-90. 
Depuis lors vingt femmes ont été inscrites et dix ont été graduées. 
A pré.sent il y en a quatre qui assistent aux cours ; une de ces 
femmes étudie la chirurgie dentaire. 



EDUCA TION ANGLAISE 



131 



ÉCOLES NORMALES ET ECOLES PREPARATOIRES 
AU PROFESSORAT. 



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QUÉBEC. 

Ecole Normale McGill, Montréal. — Cette école normale est la seule 
pour les instituteurs protestants dans la province de Quél^ec. 
L'école est sous la direction du conseil de l'instruction publique ;: 
elle est administrée par le surintendant de l'instruction publique de 
la province de Québec avec l'assistance du comité de l'école normale 
composé de cinq directeurs et agrégés de l'université McGill. 

C'est parmi les gradués de l'école normale McGill principalement 
que se recrutent les instituteurs protestants de toute la province. 
Depuis son établissement, en 1857, elle a accordé en tout 301 S 
diplômes ; de ces diplômés, 2083 personnes ont enseigné chacune une 
moyenne de six à sept années dans les écoles publiques de la pro- 
vince. Cette école est soutenue par une subvention annuelle accordée 
par le gouvernement provincial, inie contribution fournie par les 
commissaires d'école et les versements des élèves. Il y a dans son per- 
sonnel enseignant (en comptant les écoles modèles en rapport avec 
l'école nonnale) onze hommes et quinze femmes. Une des femmes 
a un grade universitaire. L'école normale McG 11 a le pouvoir 
d'accorder aux candidats qui ont réussi à le "s examens, des 
diplômes leur donnant le droit d'enseigner dans la province de 
Québec. Ces diplômes se divisent ainsi : élémentaires, école mo- 
dèle, académique, kindergarten. L'année dernière des diplômes 
furent obtenus par neuf hommes et cent trente femmes. La classe 
de pédagogie est formée des gradués et des aspirants de l'univer- 
sité McGill ; l'année dernière il y avait une assistance de neuf 
hommes et huit femmes. 

Le bureau central d'examinateurs peut accorder des diplômes 
de tous grades à ceux qui ont réussi leurs examens, mais un mini- 
mum de quatre mois de préparation est exigé de tous les candidats. 

Par une loi récente, le gouvernement a décidé qu'aucun 
diplôme ne serait accordé sans que le candidat ait une certaine 
préparation professionnelle ; le minimum est un cours de quatre 
mois à l'école Normale McGill. La classe de kindergarten y a été 
récennneut établie. L'enseignement pratique est donné dans les 
écoles modèles attachées à l'école normale. L'instituteur reçoit les 
deux sexes, mais vu la prépondérance des fenmies, l'enseignement 
est adapté à leurs besoins. Les étudiants qui résident dans la ville 
payent quatre dollars par mois pour l'enseignement. On accorde 
'"ntre 30 et 40 dollars pour la pension à ceux qui obtiennent des 
:liplômes durant chaque année de leur assistance à l' école normale, 
sur le rapport de leur succès dans l'enseignement dans le pays pen- 
dant deux années. 




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133 



FEMMES DU CANADA 



Des cercles d'instituteurs sont établis dans différentes parties 
de la province dans lesquels sont discutés des sujets pédagogiques 
et des explications sont données par des professeurs d'école normale 
et les inspecteurs de comtés. Il n'y a pas cependant de loi, dans la 
province de Québec, qui empêche d'enseigner dans les écoles pub- 
liques inie personne qui n'a pas obtenu de certificat ; en 1898, il y 
avait 41 femmes enseignant sans certificats où diplômes. Secrétaire — 
J. W. Brackenridge, bachelier en droit civil. 



ONTARIO. 



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La province d'Ontario pourvoit très largement à la formation 
d'instituteurs. Chaque po.sition doit être remplie par un instituteur 
diplômé, porteur d'un certificat ; aucun professeur de high schooloxx 
d'école publique ne reçoit un certificat final, à moins qu'il ne 
possède des qualifications d'une triple nature : i ° certificat d'études; 
2" connaissance des principes pédagogiques ; 3" preuves de succès 
par expérience. Le cours d'études se fait dans les universités, les 
écoles secondaires et les collèges. La préparation professionnelle 
se fait à l'école normale. Les écoles normales d'Ontario sont donc 
ainsi des écoles professionnelles seulement. 

Il y a dans Ontario les classes suivantes pour la préparation des 
instituteurs : — Les kindergarteus, y compris les écoles locales du 
même genre ou l'on se prépare au certificat d'assîst et le jardin 
de l'enfance provincial attaché aux écoles normales où l'on se 
prépare au certificat de diiectrice. Une jeune femme qui désire 
être une institutrice attitrée de kindergarten doit faire une année de 
préparation dans une école locale de ce genre fétnblie par un bureau , 
d'école publique. L'examen subi à la fin de l'année donne un certificat 
d'assistante. La personne qui possède un tel certificat peut entrer 
aux kindergarteus de Toronto ou d'Ottawa, où une année d'étude 
est requise pour avoir un certificat de directrice. Ce certificat lui 
donne droit de conduire tout kindergarten établi par un bureau de 
commissaires d'écoles. En 1 898, le ministère de l'éducation a conféré 
31 certificats de directrices et 21 certificats d'assistantes. 

Ecoles modèles de comtés. — Pour commencer à enseigner dans une 
école publique, il est nécessaire d'obtenir un certificat de troisième 
classe d'un bureau d'examinateurs de comté (tous les autres cer- 
tificats sont décernés par l'administration). Ceux là seuls sont 
admissibles à l'examen qui ont passé une session dans ime école 
modèle de comté, où ils ont obtenu un certificat de troisième classe 
valable pour trois années. Pour entrer dans cette école il faut avoir 
subi les examens primaires du high scJiool. Le nombre des écoles 
modèles en 1898 était de 60 avec une assistance de 12S8 aspirants 
instituteurs, 494 hommes, 794 femmes. De ce nombre 1 166 obtinrent 
des certificats, 435 hommes et 731 femmes. 



EDUCATION ANGLAISE 



133 



Ecoles normales provinciales. — Pour avoir le droit d'enseigner à 
vie dans une école publique, il faut au moins avoir obtenu un cer- 
tificat de deuxième classe. On ne l'obtient que d'une école 
normale. Les écoles normales d'Ontario .sont : — Toronto, Ottawa 
et lyondon (qui connuence eu 1900). 

Ecole Normale de Toronto. Un personnel de quatre professeurs, 
51 liommes et 105 femme;: étudiants en 1898. Principal — ^T. 
Markland, licencié es lettres et sciences. 

Ecole Nomude d'Ottawa. Un personnel de quatre professeurs. 
Etudiants en 1898, 49 hommes, 100 femmes. Principal — ^J. A. 
McCabe, licencié es lettres et sciences. 

Le Collège Normal d'Ontario. Hamilton. Dans le collège nonnal 
sont formés les professeurs de première classe pour les écoles publi- 
ques, les assistants et principaux de high schools et de collegiatc 
instiUitcs et les inspecteurs d'écoles publiques. Le cours d'études est 
]>resque entièrement professionnel. Un personnel de onze professeurs. 
Etudiants en 1898, 86 hommes, 90 femmes. Principal — J. A. 
Mclycllan, licencié es lettres et sciences, docteur en droit. 

Cercles d'Instituteurs. — Dans chaque comté ou district d'inspecteurs 
il a été établi des cercles dans le but de donner des explications .sur 
les méthodes d'enseignement et de discuter des sujets d'éducation. 
Beaucoup de ces a.ssociations ont des bibliothèques professionnelles. 
Dans les villes, ces associations se réunissent chaque mois, sous la 
direction de l'inspecteur. En 1897 il y avait 73 de ces organisations 
avec un total de 7627 instituteurs. Ces cercles sont soutenus par 
des subventions du gouvernement, des municipalités et les cotisa- 
tions des membres. L'assistance à ces réunions est obligatoire. 

NOUVELLE-ECOSSE. 

Personne ne peut être employé comme instituteur dans une 
école publique de la Nouvelle-Ecosse sans un permis du Conseil de 
l'instruction publique. Avant d'obtenir un tel permis, le candidat 
doit acquérir i" un certificat du degré prescrit d'instruction aux 
examens de l'école supérieure provinciale ; 2" le certificat prescrit 
d'aptitude pédagogique, obtenu à la suite soit de l'examen appelé 
examen du plus bas degré pour la qualification profes.sionnelle 
{minimum pro/cssio7tal qualification') , ou de l'école normale provin- 
ciale ; 3° un certificat d'âge et de bonne conduite. Il y a quatre 
classes de ces permis. 

L'Ecole normale provinciale à Truro est l'institution reconnue 
pour l'émission du certificat professionnel d'instituteur d'école pu- 
l)lique, mais beaucoup de candidats obtiennent le certificat requis 
en subissant les examens dits M. P. Q. (plus bas examen profes- 
sionnel). Des 2,510 instituteurs employés en 1897-98, dans la 





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FEMMES DU CANADA 



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Nouvelle- Ecosse, 798 furent formés à l'école normale ; des 2,494 en 
1898-99, 840 furent formés à l'école normale. Il y a eu 753 permis 
d'enseigner donnés en 1898 en comparaison de 213 en 1893. Il ei. 
fut délivré en 1899, 803, 235 a des hommes et 568 à des femmes. 

Ecole normale provinciale. Truro. Personnel de sept instituteurs ; 
enseignement presque entièrennent professionnel. Kn 1898, 147 
diplômes ont été aa^ordés, 7 académiques, 4 hommes et 3 femmes ; 
32 de première classe, 18 hommes, 34 femmes ; 43 de deuxième 
classe, 14 hommes, 29 femmes ; 45 de troisième classe, 6 hommes 39 
femmes. Il faut remarquer que les hommes s'efforcent d'obtenir 
les premières classes, tandis que les femmes se contentent des grades 
inférieurs. Des 70 instituteurs ayant des diplômes académiques, 58 
sont des hommes et 12 des femmes. Principal — Jean Calkin. 
licencié es lettres et sciences. 



NOUVEAU-BRUNSWICK. 



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Pour avoir le droit d'enseigner au Noiiveau- Brunswick, il est 
nécessaire d'avoir obtenu un diplôme d'écjle normale provinciale. 
L'école normale donne un cours préparatoire professionnel qui dure 
de 3 mois à i an ; tous les instituteurs doivent y prendre part 
avant d'être admis à enseigner. Ces diplômes sont accordés par 
l'autorité provinciale. Le minimum de 4 mois d'assistance à l'école 
normale donne droit à un diplôme de troisième classe, tandis qu'une 
année avec cours d'études correspondant pour justifier l'admission 
est nécessaire pour obtenir les diplômes plus éLvés. Les classes 
de diplômes donnés sont : certificat de high school ; de première, 
de deuxième et de troisième classes. 

Ecole normale. Frederîdon : sans attache de communion religieuse. 
— Dans l'année finissant en juin 1898, il y avait 57 hommes institu- 
teurs, et 226 institutrices. A la fin de l'année les étudiants recom- 
mandés pour les permis conformément aux règlements du bureau 
d'éducation étaient 1ère classe, 49 ; 2ème classe, 144 ; 3ème classe, 
88. Principal — Eldon MuUin, docteur en droit. 

Cercles cTinstituteiin. — Des congrès d'instituteurs ont lieu chaque 
année dans les différents comtés, suivis en grand nombre par les 
instituteurs de la localité. Ils sont présidés par les inspecteurs de 
district. La convention provinciale des instituteurs, qui dure trois 
jours, a lieu une fois tous les deux ans. 

On y engage les instituteurs à s'appliquer à obtenir des certificats 
de plus haute aptitude, et beaucoup profitent des examens annuels 
pour y arriver, examens qu'ils peuvent subir sans retourner à 
l'école normale. 



EDUCATION ANGLAISE 
COLOMBIE-BRITANNIQUE. 



135 



m 



Il n'y a pas de mesures prises pour la formation professionnelle 
d'instituteurs dans la Colombie-britannique ; mais personne ne peut 
enseigner dans les écoles publiques saus un permis accordé par le 
conseil de l'instruction publique. 

Peu importe les certificats de ceux qui font leurs demandes 
pour être admis dans le i^ersonnel des écoles publiques ; ils doivent 
avant tout avoir obtenu un certificat du conseil de l'instruction 
publique qui est composé des membres du conseil exécutif de la 
Colombie-britannique. Les examens des candidats aux certificats 
pour enseigner dans les écoles publiques ont lieu annuellement à 
Victoria, Vancouver et Kamloops. Le nombre des candidats en 
1898 était de 286, dont 223 obtinrent des certificats. 



Première classe. 


Grade A, 


4 


hommes 


, 4 femmes 


tt i( 




B, 


6 




14 


Deuxième " 




A, 


21 




19 


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B. 


24 




54 


Troisième •' 




A, 


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Sept des huit qui ont obtenu la première classe A' avaient le 
g^ade de bachelier es lettres et sciences d'universités du Canada. 
Dans l'ordre des places, c'est une femme qui est en tête de chaque 
liste. 

' . MANITOBA. 

Il y a des mesures prises au Manitoba pour la formation pro- 
fessionnelle des instituteurs dans l'école normale provinciale de 
Winnipeg et dans les sessions normales locales qui ont lieu à diffé- 
rents endroits de la prox'ince. A ceux-là seuls sont accordés des 
certificats qui ont reçu leur formation à l'école normale. Des cer- 
tificats de troisième classe sont accordés, bons pour trois ans d'en- 
seignement, à ceux qui ont assisté dix semaines à l'école normale 
locale et ont subi leur examen avec succès. Des certificats de 
deuxième classe, bons pour la vie, sont donnés par l'école normale 
provinciale. En 1898 les diplômes suivants ont été accordés : — 
première classe, 18; deuxième classe, 216; troisième cla.sse, 90; 
total, 314, 

Ecole normale provinciale, Winnipej. — Etudiants en 1898, candidats 
pour les permis des première et deuxième cla.sses, 184. Principal — 
W. A. Macintyre, bachelier es lettres et sciences. 

Les écoles préparatoires locales donnent des permis temporaires. 

Des conventions d'instituteurs ont lieu à Winnipeg, Gretna et 
autres centres et sont bien suivies. 



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136 



FEMMES DU CANADA 
L'ILE DE PRINCE-EDOUARD. 



Ceux-là seuls qui ont des certificats décernés par le bureau 
d'éducation sont autorisés à enseigner dans la province. Pour obtenir 
de ces certificats il faut (a) subir des examens, (b) un mini- 
mum d'assistance de cinq mois à l'école normale. Ces certificats 
sont de première, deuxième et troisième classe. Le total des insti- 
tuteurs employés dans l'Ile en 1898 était de 581, dont 261 femmes 
et 325 hommes. ièrecla.sse, hommes, 71 ; femmes, 30; total, 101. 
2ème classe, hommes, 181 ; femmes, 143; total, 324. 3ème classe, 
hommes, 66 ; femmes, 88 ; total, 156. 

Ecole normale provinciale, établie en 1856. Personnel de cinq 
professeurs. L'école normale est unie au collège du Prince de 
Galles et sous la direction du bureau d'éducation. En consé- 
quence, il y a deux classes d'étudiants, 1° groupe littéraire et 
scientifique, 2** professionnel. Les femmes sont admises à toutes 
les clas.ses. L'examen d'entrée au collège équivaut à un examen 
de troisième classe pour le permis. Les diplômes d'école nonnale 
furent conférés pour la première fois en 1885 et sont de trois degrés : 
d'honneur, 1ère classe, sème classe. Les diplômes suivants 
furent accordés en 1899 : honneurs, 4, i homme et 3 femm» s ; pre- 
mière classe, 17, 8 hommes et 9 femmes; deuxième cla.sse, ii, 3 
hommes, 8 femmes. Un diplôme d'honneur e.st accordé à ceux-là 
seuls qui ont fait un cours de trois années et ont obtenu au moins 
soixante-quinze pour cent des points en latin, grec, anglais, fran- 
çais, mathématiques, sciences et histoire. Les diplômes de première 
et deuxième cla.sses sont accordés à la suite de deux années passées 
à l'école nonnale. Principal — Alex. Andcrson, docteur en droit. 

TERRITOIRES DU NORD-OUEST. 

Ceux qui possèdent un certificat donné par le conseil d'ins- 
tniction publique sont les seuls admis à enseigner dans les écoles 
publiques. Ces certificats s'appellent : troisième cla.sse, deuxième 
classe, première classe, écoles supérieures, et peuvent être obtenus 
en rempliss'ant les conditions suivantes : (a) fournir un certificat 
de bonne conduite ; (b) subir un examen non- professionnel : 
(c) subir l'examen professionnel prescrit ; (d) recevoir un rapport 
satisfaisant d'un inspecteur après avoir enseigné un an dans 
ces Territoires avec un certificat intérimaire. Les certificats de 
troisième classe sont valables pour trois années seulement. Les 
examens pour certificats non professionnels sont tenus annuelle- 
ment, sous la direction d'un conseil d'instruction publique. Ceux-là 
seuls sont reçus à l'école normale qui ont un certificat non profes- 
sionnel. Il y a des sessions à l'école normale, pour les candidats 
de différentes classes de diplômes : trois mois de session pour le certi 



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EDUCA T/ON ANGLAISE 



137 



ficat de troiciième classe, quatre mois de session pour le certificat 
(les deuxième et troisième classes. Il y a aussi de courtes sessions 
d'écoles normales locales tenues dans différents endroits, commen- 
çant le ler décembre et finissant le ler mars de chaque année. 
Nombre de certificats donnés en 1898: 1ère cla.s.se, 16 hommes, i 
femme; 2ème classe, 22 hommes, 26 femmes; 3ème classe, 11 
hommes, 32 femmes. 

Certificats intérimaires aux porteurs de certificats d'autres 
provinces, 136. Etudiants présents à l'école normale de Régina : 
première classe, 23 ; deuxième classe, 35 ; troisième classe, 28 ; 
total, 86. Pendant les mois d'avril, mai et juin, des congrès 
d'instituteurs ont lieu dans les centres les plus propices des Territoires 
sous la conduite du .surinteudant assisté des inspecteurs. En 1898, il y 
avait une assistance de 269 instituteurs. La préparation académique 
jxîurles instituteurs se donne dans l'école supérieure et la prépara- 
tion professionnelle à l'école normale. Les candidats ne sont admis 
à cette dernière qu'après avoir passé les examens non professioiniels 
et ils n'ont le droit d'enseigner qu'après avoir complété leur cours de 
formation professionnelle. Il est regrettable que les qualifications 
pour l'enseignement ne puissent être uniformes dans tout le Canada, 
ou que les diplômes et permis accordés parle mini.stère de l'éducation 
d'une province ne soient pas recoinms par les autres provinces. 
Comme cela se pratique, chaque province a son critérium d'apti- 
tudes et ne reconnaît aucun autre : l'adoption d'un certificat uniforme 
d'aptitude pédagogique pour tout le Canada serait d'un grand 
avantage pour l'éducation. 



EDUCATION ELEMENTAIRE ET SECONDAIRE EN CANADA. 

En vertu du pacte fédératif de l'Amérique britannique du nord 
de 1867, le droit de légiférer en matière d'éducation fut lais.sé aux 
gouvernements des différentes provinces, les droits et privilèges 
des écoles séparées et de celles rattachées aux diverses communions 
religieuses qui existaient alors étant, toutefois, spécialement garantis. 
Les systèmes en usage varient dans les différentes provinces, mais 
tous sont basés sur le principe de la gratuité de l'enseignement. Les 
fonds sont fournis par des subventions du gouvernement et par la 
taxe locale dans la proportion de 30 pour cent du gouvernement et 
70 pour cent de la taxe locale. Dans la Colombie-britannique 
et les Territoires du Nord-Ouest, les écoles sont entièrement à la 
charge du gouvernement. L'éducation est plus ou moins 
obligatoire. Ontario, Québec et les Territoires du Nord-Ouest 
ont des écoles séparées pour les catholiques romains et les pro- 
testants. La loi d'éducation du Manitoba, 1890, a supprimé toute 
attache de communion religieuse dans les écoles publiques de cette 
province. 



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FEMMES DU CANADA 



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QUÉBEC. 

Education protestante. Tout ce qui a trait à T éducation dans la 
province de Québec est sous la direction du surintendant de l'instruc- 
tion publique, assisté par un conseil exécutif de trente-cinq membres 
divisés en comités pour l'administration des écoles catholiques et 
protestantes respectivement. Surintendant de l'instruction publique 
— M. Boucher de la Bruère. Secrétaire du comité protestant — 
G. W. Parmelee, licencié es lettres et sciences. 

Les écoles de la province de Québec sont dirigées par des 
bureaux de commissaires ou des commissaires. Les membres de 
ces bureaux sont élus par les contribuables, excepté dans les villes 
de Québec et de Montréal dans lesquelles les commissaires sont 
nommés partie par le conseil exécutif de la province, partie par les 
conseils respectifs de la ville. Les femmes ne sont pas éligibles au 
poste de commissaire d'écoles. On a essayé à Montréal d'enlever cet 
empêchement, mais en vain. Le système d'éducation de !a province 
de Québec reconnaît les degrés suivants dans les écoles publiques : 
élémentaire, modèle, académique. 

Le cours d'école élémentaire dure quatre années ; le cours 
modèle, trois années, et le cours académique ou d'école supérieure 
trois ans, et quatre dans les écoles supérieures de Montréal. Le 
kindergarten ne fait pas encore partie du système des écoles 
publiques mais les jardins de l'enfance sont établis par un certain 
nombre de bureaux de commissaires en rapport avec les écoles 
publiques. Les académies et écoles supérieures préparent les 
élèves aux examens d'inscription à l'université et pour le certi- 
ficat d'associé es lettres et sciences, accordé par l'université 
McGill. L'éducation n'est pas obhgatoire ; elle n'est pas gratuite, 
excepté dans le cas des enfants dont les parents sont dans l'indi- 
gence. Dans les écoles élémentaires un paiement de cinquante sous 
au plus est demandé aux enfants chaque mois par le bureau des 
commissaires, Co montant est exigé des enfants qui sont capables 
d'assister à l'école, et payable, qu'ils assistent ou non à la classe. 
Dans les écoles supérieures les cotisations sont déterminées par cha- 
que bureau d'école er particulier. I^e gouvernement actuel a 
annoncé qu'il a l'intention de fournir gratuitement les livres dans les 
écoles élémentaires. Le régime mixte est en vogue dans les écoles 
élémentaires, modèles, académiques, et les privilèges sont les mêmes 
pour les hommes et les femmes mais il y a un grand écart entre 
les appointements des hommes et ceux des femmes faisant le même 
travail. Cette différence est plus grande dans la province de 
Québec que dans toute autre province du pays. Ceci est dil surtout 
au grand nombre de femmes institutrices dans les pauvres cantons 
éloignés, où la population très clairsemée ne peut tenir ses écoles 
ouvertes que six ou huit mois de l'année. On cherche aujourd'hui 
à fusionner les écoles dans les circonscriptions où elles sont trop 



EDUCA TION ANGLAISE 



139 



multipliées, de manière à pouvoir mettre sur un meilleur pied celles 
qui resteront. Ceci a fait faire des arrangements pour permettre 
aux enfants de passer d'un district rural à un autre. 

Il est très regrettable que le gouvernement ait été obligé 
d'annuler le décret ministériel fixant le minimum des appointements 
des institutrices à cent dollars par année. Le retrait de ce règlement 
très raisonnable se fit à la suite de déclarations de quelques commis- 
saires d'écoles des cantons ruraux qu'ils ne vou'. 'eut pas se sou- 
mettre à cette décision. 

D'après la loi chaque école doit être visitée deux fois l'année 
par l'inspecteur du gouvernement ; mais une des visites semes- 
trielles est maintenant remplacée par une conférence d'institu- 
teurs et par des conférences pédagogiques données par l'inspecteur 
aux instituteurs de son district. Il n'y a pas de loi empêchant la 
femme de devenir inspectrice ou surintendante d'école ; mais aucune 
femme n'a encore rempli ces fonctions. Il est regrettable que, à 
défaut de loi obligatoire concernant l'assistance à l'école, tant 
d'enfants entre sept et quatorze ans n'aillent à aucune école. Les 
derniers rapports montrent que 8,272 enfants en âge de fréquenter 
l'école n'en fréquentent aucune ; ces chiffres ne donnent pas une 
idée complète du mal, car dans bien des cas les rapports ne sont 
qu'approximatifs. 

En 1898 les plus hauts appointements payés à un instituteur 
étaient de 3,000 dollars, à ime institutrice 900 dollars. Il n'a pas 
été possible d'obtenir le chiffre des plus bas appointments payés, 
mais dans un canton un instituteur reçoit 112 dollars ; et dans un 
autre district la moyenne des appointements de deux institutrices 
était de 96 dollars par année. 

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Statistique des éco'.es ÉrÊMENTAiRES et secondaires protestantes. 



Nombre total d'écoles publiques ouvertes en 1899, 972. Assistance totale 
des élèves (garçons et filles) 1899, 36,616. Nombre total des instituteurs 
employés en 1899, hommes, 140 ; femmes, 1,288 ; total, 1,328. 

Nombre d'écoles élémentaires protestantes en 1S99, 891. Nombre 
d'enfants inscrits en 1899, 27,393. Assistance moyenne, 20,071, 73 pour 
cent. 

Nombre d'instituteurs ayant certificats en 1898, 46; appointements moyens, 
570 dollars. Nombre d'instituteurs sans certificats, 7 ; appomtements moyens, 
183 dollars. Nombre total d'instituteurs dans les écoles élémentaires, 53 ; 
appointements .nioyens, 519 dollars. 

Nombre d'institutrices aj-ant certificats, 1,007 ; traitement moj'en, 183 
dollars. Nombre d'institutrices sans certif ' , 28 ; traitement moyen, 161 
•lollars. Nombre total des institutrices dans les écoles élémentaires, 1,035 ; 
traitement moyen, 182 dollars. 

Nombre total d'instituteurs et institutrices, 1,088. Comme on peut le 
remarquer les appointements moyens des institutrices ayant certificats dans 
les écoles élémentaires protestantes ne sont pas tout à fait un tiers de ceux 
«les instituteurs avec certificats. En outre, comparé avec les rapports de 1897, 
le traitement moyen des instituteurs a augmenté de 55 dollars annuellement, 
taudis que celui des mstitutrices a diminué de i dollar annuellement. 



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140 



FEMMES DU CANADA 
ONTARIO. 



En 1876 les écoles d'Ontario furent placées sous la direction 
d'un membre du gouvernement, avec le titre de ministre de l'édu- 
cation (Hon. W. Harcourt 1900), et tous les règlements relatifs aux 
écoles publiques et supérieures sont faits par lui, sujets à l'appro- 
bation du gouvernement provincial. 

Quelques-uns des avantages dignes de remarque dans le système 
d'éducation adopté dans Ontario sont : un cours uniforme d'études 
pour toutes les écoles ; toutes les écoles publiques et supérieures 
sont entre les mains de professeurs formés professionnellement ; 
l'examen d'instituteurs est sous le contrôle de la province ; les livres 
sont uniformes pour toute la province; l'inscription est la même pour 
l'admission à toutes les universités et les hautes professions. Il y 
a ainsi unité dans le sj'stème scolaire qui comprend i ° le kinder- 
garten ; 2" les écoles publiques ou séparées ; 3° les écoles supé- 
rieures ou collèges ; 4** les universités. Chacune de ces divisions a 
ses fonctions propres, et autant que possible évite de faire double 
emploi avec les autres, et toutes sont indépendantes. L'idée est de 
mettre l'instruction à la portée de tous. Les écoles publiques sont 
toutes gratuites; les écoles supérieures sont ou gratuites, ou imposent 
de très faibles contributions ; les plus hautes distinctions universi- 
taires sont obtenues par les garçons et les filles de la classe ouvrière. 
L'éducation est obligatoire pour les enfants entre sept et quatorze 
ans. 

Des examens uniformes ont lieu chaque année pour l'admission 
aux écoles supérieures et aux collèges. Les candidats qui subissent 
avec succès les examens du premier et du deuxième degré dans les 
écoles supérieures, reçoivent des certificats primaires d'école supé- 
rieure ; ceux qui passent les examens du troisième degré obtiennent 
des certificats de junior leaving ou d'inscription universitaire. 
Cetix qui réussissent aux examens de quatrième degré obtiennent 
un certificat de senior leaving. En général un enfant entre au 
kindergarten entre l'âge de quatre et cinq ans, aux écoles publi- 
ques à six ans, aux écoles supérieures à quatorze. Il est ainsi 
préparé pour entrer à l'université à l'âge de dix-huit ans ; il y entre 
dans le but d'obtenir son grade de bachelier es lettres et sciences 
(B.A.). Dans tout ce mode d'éducation garçons et filles étudient 
ensemble et les mêmes privilèges sont accordés à tous. Quant aux 
appointements, cependant, il n'y a pas d'égalité entre les instituteurs 
et les institutrices ; ceci est dû en partie à ce que les femmes ne se 
préparent pas en vue de positions aussi élevées que les hommes. 
(L'écart entre les appointements des femmes et ceux des hommes 
n'est cependant pas aussi grand dans l'Ontario que dans les autres 
provinces.) Les écoles de l'Ontario sont administrées par des 
bureaux de Commissaires d'écoles. Ceux-ci sont nommés de deux 
manières : les membres de bureaux d'écoles supérieures sont nommés 
par le conseil municipal ; les commissaires de bureaux d'écoles 



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EDUCA TION ANGLAISE 



141 



publiques sont choisis par les contribuables. Les femmes ont été 
éligibles aux fonctions de commissaires d'écoles pendant près d'un 
demi-siècle, mais très peu de femmes ont fait partie des bureaux 
scolaires. L,a fonction d'inspecteur d'écoles est accessible aux femmes, 
mais il n'y a pas de femme qui ait rempli cette position. Comme les 
fonctionnaires de ce ministère de l'éducation reçoivent des appoin- 
tements relativement élevés, il est malheureux qu'aucune de ces 
positions ne soit occupée par des femmes. Dans les écoles publiques 
on enseigne aux élèves les sujets élémentaires, et en outre, dans les 
classes plus avancées, la biologie, la physiologie et la tempérance, 
la tenue des livres, l'algèbre, la géométrie, la botanique, les éléments 
de physique, l'agriculture. 



Statistiques. 

Dans l'année 1897-1898 il y avait dans toute la province 9,699 institnteurs, 
dont j,26i étaient des hommes et 6,438 des femmes. Les grades et les certificats 
obtenus par les femmes sont : grades universitaires, 45 ; diplômes d'école nor- 
male, 2,348 (deuxième classe); diplômes d'école modèle de comté (troisième 
classe), 3,600. On peut remarquer que la proportion des institutrices aux insti- 
tuteurs est de deux a un environ. Il y a 3,500 institutrices dans l'Ontario qui 
ont le titre de principales dans les écoles où elles enseignent ; mais ceci est dû 
à ce que dans les cantons ruraux les écoles étant petites, il n'y a qu'une institu- 
trice dans chacune d'elles. 

Elèves inscrits dans les écoles publiques en 1898 : (a) garçons 230.335 ; 
(b) filles 210,822. Total des écoles publiques ouvertes 5,669. Total des insti- 
tuteurs employés, (a) hommes 2,784 ; (b) femmes 6,344. Instituteurs munis de 
certificats de première classe 343 ; de deuxième classe 3,386 ; de troisième et 
autres 5,399. 

Coût moyen par élève : (a) calculé d'après l'assistance totale, 8.73 dollars; 
^b) d'après l'assistance moyenne, 15.41 dollars. 

Enfants inscrits dans les écoles séparées protestantes : ^a) garçons 277; 
(b) filles 266 ; nombre d'écoles, 9 ; nombre d'instituteurs : (a) hommes, 2 ; (b) 
femmes, 13. 

Appointements moyens dans les écoles séparées protestantes : (a) hommes, 
425 dollars; (b) femmes, 212 dollars. Instituteurs munis de certificats de 
deuxième classe, 3 ; in.stituteurs avec certificats de troisième classe, 8 ; insti- 
tuteurs ayant certificats temporaires, 2. 

Recettes provenant des subventions du gouvernement et des municipalités 
et des cotisations individuelles, 6,168 dollars. 

Appointements moyens dans les écoles publiques : (a) des instituteurs. 391 
dollars ; (b) des institutrices, 294 dollars ; ou, division faite des instituteurs 
suivant les districts, appointements moyens des instituteurs dans les comtés, 347 
dollars ; des institutrices dans les comtés, 254 dollars ; des instituteurs dans les 
villes, 894 dollars ; des femmes dans les villes, 425 dollars ; des instituteurs dans 
les bourgs (ou villages), 621 dollars ; des femmes dans les villages, 306 dollars. 



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NOUVELLE-ECOSSE. 



Les écoles publiques de la Nouvelle-Ecosse sont sous la direction 
de bureaux d'administrateurs {trustées) dans les cantons ruraux, el 
sous la direction de bureaux de commissaires dans les villes consti- 
tuées. Les trustées sont élus annuellement par les contribuables, 



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14a 



FEMMES DU CANADA 



et les commissaires sont nommés partie par la ville ou par le conseil 
de ville, partie par le gouvernement de la province. Les sommes 
affectées à l'éducation publique dans la Nouvelle- Ecosse proviennent 
de trois sources : i ° la subvention du gouvernement provincial payée 
à l'instituteur en proportion de la classe de permis qu'il possède; 
2° le fonds de comté payable aux commissaires principalement en 
proportion de l'assistance dans chaque école ; 3° les taxes locales 
d'arrondissement. Bien que les femmes aient légalement le droit 
d'aspirer à la position de commissaire d'écoles, aucune n'a encore été 
nommée à ce poste. Dernièrement une femme a fait partie d'un 
des bureaux de commissaires d'écoles de district , elle y fut 
nommée par le conseil de l'instruction publique ; mais ces bureaux 
de districts n'ont qu'une autorité bien générale sur les grandes 
divisions scolai .îs. De mêmes aussi la loi n'empêche pas une 
femme de devenir inspectrice d'écoles ou surintendante, mais 
ces positions n'ont jamais été remplies par des femmes. Le 
surintendant de l'éducation de la province est A. H. MacKay, 
docteur en droit. 

Le système d'instruction publique de la Nouvelle-Ecosse couvre 
une période de douze années, quatre années de cours primaire, 
quatre années de Grammat school, et quatre années d'école supé- 
rieure. Toutefois, la plupart des écoles supérieures ne comprennent 
que onze années excepté dans les grandes villes. L'éducation est 
gratuite pour tout le cours d'école publique. Les classes sont 
mixtes depuis le kindergarten jusqu'à l'université, et hommes et 
femmes ont le même programme. Cependant, dans certains arron- 
dissements urbains, les filles ont comme ouvrage manuel de la 
couture et de la cuisine, et les garçons des ouvrages en bois. Les 
instituteurs qui font leur cours préparatoire professionnel à l'école 
normale proNanciale sont tenus, hommes et femmes, de faire un 
cours d'ouvrage en bois en plus du cours de travail manuel. Dans 
îa ville de Halifax quatre-vingt pour cent des filles apprennent la 
couture dans les écoles publiques. 

Le but de la Nouvelle- Ecosse a été d'établir dans les écoles 
publiques une éducation industrielle basée sur des travaux d'obser- 
vation et sur les leçons de la nature, et d'appliquer toutes les con- 
na'-';ances que donnent l'ag^culture à l'amélioration des conditions 
de !.. vie rurale. L'année dernière 1 1 ,497 garçons et filles des écoles 
publiques suivaient un cours de physique ; en outre l' agriculture était 
enseignée à 2,018 enfants, garçons et filles en dehors du collège 
d'agriculture attaché à l'école normale, collège où se font des 
expériences d'agriculture et d'horticulture. On fait actuellement 
différentes réformes en matière scolaire. Une de ces réformes 
aurait pour but la réunion de petites sections scolaires en grandes 
divisions afin de donner aux élèves l'avantage d'avoir des maîtres 
plus capables dans les écoles centrales ; ce changement soulèverait 
la question du transport des enfants à l'école et de l'école à la maison. 
L'autre réforme est l'assistance obligatoire. La Nouvelle-Ecosse a 



EDUCATION ANGLAISE 



143 



une loi obligatoire pour l'assistance partielle — 120 jours par année 
entre les âges de sept et de douze ans — mais il y a des difficultés à 
la faire observer en pratique et les résultats ne sont pas satisfaisants. 

Statistiques. 

En 1899 il y avait dans toutes les écoles publiques de la province 2,494 
instituteurs, 594 hommes et 1,900 femmes. Les grades et certificats des insti- 
tutrices sont les suivants : grades universitaires, 20 ; diplômes d'école normale, 
600 ; certificats simples d'aptitude pédagogique, 1,300. Il n'y a pas d'instituteurs 
employés dans 'es écoles publiques à moins qu'ils ne soient munis de permis 
professionnels. Les appointements les plus élevés payés à l'instituteur sont de 
1,600 dollars, à l'institutrice, 850 dollars. Appointements moyens dans toute la 
province, classe *A, hommes, 841 dollars; femmes, 552 dollars; classe B, hommes, 
400 dollars ; femmes, 291 dollars ; classe C, hommes, 286 dollars ; femmes, 225 
dollars ; classe D, hommes, 179 dollars ; femmes, 164 dollars. 

Les appointements des instituteurs des classes A et D ont augmenté depuis 
l'année dernière, tandis que ceux des institutrices ont diminué. La diminution 
est due surtout à la concurrence des institutrices jeunes et sans préparation 
dans les places où les administrateurs s'occupent plutôt du bon marché que de 
la capacité. C'est pourquoi les institutrices ne se font pas qualifier pour des 
[>ositions supérieures. Dou^e femmes seulement ont des certificats de la classe 
A, tandis que quatre-vingt huit hommes ont des permis de cette même classe ; 
S39 femmes ont des certificats de la classe D — la classe la plus inférieure ; dans 
cette classe on ne compte que 2 1 2 hommes. Une des dix-huit académies de 
comté a une femme en qualité de principale, et beaucoup d'écoles de moindre 
importance ont des femmes pour directrices. Nombre d'écoles en activité 
2.385. Sections sans écoles 124. Il n'y a pas une séparation distincte entre 
l'école commune et l'école supérieure ; les huit premières années forment le 
cours d'école commune ; les classes des quatre dernières années forment le 
cours d'école supérieure et rendent les élèves aptes à entrer aux universités. 

Nombre d'enfants inscrits en 1898-99 : garçons 51,333 ; filles 49,284. Dans 
les classes I. à VIL, écoles communes ou publiques, sont inscrits 94,080 
enfants; dans les classes de la IX. à XII., cours d'école supérieure, 7,123 
inscrits. 



NOUVEAU-BRUNSWICK. 



Le bureau d'éducation du Nouveau- Brunswick est formé du 
lieutenant-gouverneur, d-^s membres du conseil exécutif, du prési- 
dent de l'université du .'J'ouveau-Brunswick et du surintendant eu 
chef de l'éducation, J. R. Inch, docteur en droit. Depuis la mise 
en vigueur en 1871 de la présente loi scolaire, il y a eu une très 
grande augmentation, en proportion de la population, dans le nombre 
des écoles, des instituteurs et dans l'assistance des enfants. Les 
écoles sont dirigées par des bureaux de commissaires. Dans les 
nlles ils sont élus partie par le gouvernement de la province, partie par 
les conseils municipaux. Dans d'autres places les commissaires sont 
choisis par les contribuables de l'arrondissement où est située l'école. 
Les femmes ont été éligibles à la position de commissaire d'écoles 
depuis 1896. La loi qui fut alors passée exige qu'il y ait au moins 
deux femmes dans le bureau des commissaires d'écoles dans les 
grandes villes et les petites villes. Dans le rapport présenté par 



144 



FEMMES DU CANADA 



II! 



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les bureaux des écoles de la ville de St. John, l'excellent travail fait 
par les femmes commissaires a été digne de remarque. La province 
a six inspecteurs d'écoles. 11 y a aussi des in.specteurs dans les 
petites villes ; ils sont nommés par les bureaux de commissaires de 
ces villes respectives. Il n'y a pas eu encore de femmes nommées 
inspectrices ou surintendantes. Il n'y a pas de loi d'assitances 
obligatoire dans le Nouveau-Brunswick. I^es écoles sont mixtes : 
c'est l'idée acceptée et suivie dans tout le cours d'études. L'éduca- 
tion publique est entièrement gratuite. Quant à l'enseignement 
secondaire, la loi scolaire du Nouveau-Brunswick y a pourvu en 
établissant des Grammar schools et des High schools ; cependant 
dans toutes ces écoles supérieures, il y a des élèves qui n'ont pas 
dépassé les classes priraairesdes écoles communes et toutes les classes, 
soit primaires soit supérieures, sont sous la direction du principal 
de l'école et administrées par le même bureau de commissaires. La 
différence entre les deux cla.sses d'écoles de la province consiste 
principalement dans la classification des enfants et la classe de 
permis exigé de l'instituteur. Le cours d'étude pour les écoles 
communes est divisé eu huit degrés ou classes, chaque degré exigeant 
en moyenne une année d'assistance. L,a. Grammar school commence 
au neuvième degré et finit à la fin du douzième. Le cours détude 
de la Grammar school a pour but de préparer les élèves soit à l'ins- 
cription universitaire soit à remplir avec succès les positions 
suivantes: agriculture, mécanique, commerce professions. L'école 
supérieure est une école contenant plusieurs classes partagées au 
moins en deux catégories et doit n*avo\ pas moins de dix élèves 
au-dessus de la classe VII. La Grammar school ne doit pas avoir 
moins de dix élèves au-dessus de la classe VIII, et aucun étudiant 
ne peut y être admis avant d'avoir passé l'examen d'entrée de l'école 
supérieure. Il y a des examens de promotion des écoles ordinaires 
aux écoles supérieures qui correspondent aux quatre dernières années 
du cours d'études (de la neuvième à la douzième année) ; ces examens 
ont lieu vers le milieu de juin pour chaque Grammar school, ainsi 
que pour celles des écoles supérieures qui font des demandes au surin- 
tendant en chef pour avoir des papiers d'examens. 

Statistiques. 

Nombre total des instituteurs dans les écoles en 1898, 1,912 ; 382 hommes, 
1,530 femmes. Vingt fenmies possèdent des grades universitaires; toutes les autres 
ont des diplômes d'école normale, 1ère, 2ème ou 3ème classe. Les appointe- 
ments les plus élevés payés à un instituteur sont de 2,000 dollars; à une institu- 
trice, 650 dollars. Le plus bas traitement payé à un instituteur est de 200 dollars ; 
à une institutrice, 175 dollars. Dans les écoles de toute la province le traitement 
moyen payé à un instituteur est de 500 dollars ; à une institutrice, 300 dollars. 
Appointements moyens, Grammar school, ^39.47 dollars ; école supérieure, 
608.55 dollars ; appointements moj-ens d'instituteurs de première classe, 463.99 
dollars ; d'institutrices de première classe, 309.03 dollars ; d'instituteur de 
deuxième classe, 278.40 dollars ; d'institutrices de deuxième classe, 229.75 
dollars; d'instituteurs de troisième classe, 224.25 dollars; d'institutrice de 
troisième classe, 187.65 dollars. 



* 1 



EDUCATION ANGLAISE 



145 



Les fonds pour le traitement des instituteurs sont fournis par : i ° le trésoi 
provincial ; 2° les taxes de comté ; 3° les taxes de district. Le montant annuel 
doimé par le trésor provincial est proportionné au degré de permis des insti- 
tuteui-s ; ainsi le trésor provincial donne 135 dollars à l'instituteur de première 
classe; 100 dollars à l'institutrice de première classe ; 108 dollars à l'institu- 
teur de deuxième classe et 8r dollars à l'institutrice ; 81 dollars à l'instituteut 
de troisième classe et 63 dollars à l'institutrice. Un professeur de Grammat 
.îfA(?tf/ en reçoit 350 dollars ; un professeur d'école supérieure 250 dollars. La 

f)lupart des écoles n'ont qu'un instituteur, et dans la plupart des cas c'est une 
emme. Les écoles qui ont plusieurs classes (les écoles supérieures), et 
plusieurs professeurs, ont \\\\ personnel enseignant dont plus de la moitié sont 
des femmes. La proportiori des instituteurs et des institutrices dans les dix 
dernières années a été de im à quatre. Dans la ville de St. John, la moyenne 
pes appointements d'un instituteur est de 935 dollars ; d'une institutrice, de 
410 dollars. 

Le nombre total d'écoles en activité en 1898 était de 1,778; nombre total 
d'élèves inscrits 63,333 ; 32,980 garçons, 30,353 filles. 

L'assistance moyenne de toute l'année dans la province est au-dessus de 
62 pour cent ; celle des grandes villes et des petites villes d'environ 82 pour 
cent. Le nombre total d'écoles supérieures en 1898 était de 45, dans 40 des- 
quelles il y avait des élèves dans les classes d'école supérieure au nombre de 
661. Le principal de l'école supérieure doit être porteur d'un diplôme spécial. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

Le Conseil exécutif de la Colombie-britannique constitue un 
conseil d'instruction publique dont les devoirs sont ; d'élire des 
examinateurs pour examiner les candidats aux fonctions d'institu- 
teurs et d'accorder des certificats d'aptitude pédagogique; de choisir, 
d adopter et d'ordonner une série uniforme de livres d'écoles pour la 
province ; d'établir des écoles supérieures et des collèges dans les 
cantons ruraux et les petites villes ; de payer les appointements des 
instituteurs, excepté dans les quatre villes de Victoria, Vancouver, 
New- Westminster et Nanaimo ; de nommer des inspecteurs d'écoles. 
Le lieutenant-gouverneur en conseil nomme un surintendant d'édu- 
cation pour la province — Alex. Robinson, bachelier es lettres et 
sciences. 

Dans chacune des quatre villes, Victoria, Vancouver, New- 
Westminster et Nanaimo, un bureau de sept commissaires est choisi 
par le vote populaire. Les devoirs de ces bureaux sont de nommer 
des instituteurs et de les payer ; de s'occuper de toutes les dépenses 
scolaires, des établissements, terrains, ameublements et réparations, 
etc. Ils reçoivent du gouvernement une somme d? 10 dollars par 
iiujée et par tête sur la moyenne d'assistance journalière des élèves. 

En outre, il y a une capitation de 3 dollars sur tout homme 
majeur. 

Dans les cantons ruraux et les petites villes, il y a trois com- 
missaires élus par le peuple, mais toutes les dépenses scolaires sont 
payées par le gouvernement. La position de commissaire d'écoles, 
dans les villes et les cantons ruraux a été accessible aux femmes 
pour une période de trois années et des femmes font maintenant 




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146 



FEMMES DU CANADA 



partie de beaucoup de bureaux. Dans la ville de Victoria deux 
des sept commissaires sont des femmes et à Vancouver un des sept 
commissaires est une femme. Dans beaucoup de cantons ruraux un 
des trois commissaires est une femme. 

Il est consolant de voir que dans la Colombie-britannique les 
instituteurs et les in;iti tutrices ont les munies appointements. L,a 
moyenne des appointements des hommes est un peu plus élevée que 
celle des femmes parce que les hommes occupent des positions plus 
élevées ; mais quand le travail est le même, le salaire est égal pour 
les deux sexes. 

Il n'y a pas d'école du soir dans la province. Il n'y a pas de 
kindergarten du gouvernement, ni d'écoles pour les infirmes (aveu- 
gles, sourds, faibles d'esprit). 

L'exécutif a le pouvoir de créer de nouveaux arrondissements 
scolaires à mesure que la nécessité le demande, pourvu que chaque 
arrondissement n'ait pas moins de quinze enfants en âge de 
fréquenter l'école. 



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Statistiques. 

Total des instituteurs, 44"^; hommes, 178, femmes, 265. Appointements 
moyens dans les différentes parties des villes, 729.26 dollars ; dans les cantons 
ruraux, 604.88 dollars ; appointements moyens dans la province, hommes, 
730.92 dollars, femmes, 618.72 dollars ; hommes dans les écoles supérieures, 
1,266 dollars; femmes, 930 di llars. Le plus haut traitement payé à un instituteur 
est de 1,620 dollars, à une femme, 1,080 dollars ; le plus bas traitement payé 
à un homme est de 480 dollars, à une femme, 300 dollars. Cependant, toutes 
les autres institutrices excepté une, payée 300 dollars, avaient un traitement 
de 420 dollars ou au-dessus. Sept institutrices ont des grades universitaires. 
On est favorable à l'école mixte et la plupart des écoles ont des filles et des 
earçons dans la même classe. A Victoria et à New- Westminster, cependant, 
il y des écoles séparées pour les filles. Des femmes ont la position de prin- 
cipale dans beaucoup de ces écoles. D'après la loi, il n'y a aucune distinction 
de sexe. I^es hommes et les femmes subissent les mêmes examens et dans 
tous les cas sont éligibles aux mêmes positions et ont les mêmes appointements. 



MANITOBA. 



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Les écoles de la province sont administrées par des oureaux ae 
commissaires choi.sis par les contribuables dans chaque district. Le 
gouvernement donne une certaine somme d'argent à ces écoles, 
pourvu qu'elles .soient dirigées conformément aux règlements tracés 
par le bureau de direction. Ce bureau est un conseil d'instruction 
publique qui a.ssiste le ministère de l'éducation. Il est composé 
de huit membres, dont cinq sont nommés par le ministère de l'édu 
cation, deux d'entre eux sont choisis par les professeurs et un par 
l'université v^a Manitoba. Les femmes ne .sont pas éligibles à la 
position de commissaire d'écoles dans le Manitoba. 11 y a huit 
inspecteurs pour la province et un surintendant pour les écoles 
publiques de Winnipeg. La question de .savoir si une femme est 
éligible à la position d'inspectrice d'écoles n'a jamais été soulevée; 



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EDUCATION ANGLAISE 



Ï47 



les hoinnies ont toujours rempli ces fonctions. Les étudiants, hom- 
mes et femmes, ont le même programme et sont instruits dans les 
mêmes écoles et par les mêmes instituteurs. Il n'y a pas d'école 
publique où les deux sexes soient instruits .séparément. L'éducation 
élémentaire est entièrement gratuite au Manitoba. Des droits sont 
prélevés danr les écoles supérieures et les collèges, mais ils sont très 
minimes. I' n'y a pas de loi d'assistance obligatoire dans la pro- 
vince. Il n'3' a ni école technique, ni école du .soir, ni kindergarten 
dans le Manitoba sous la direction du gouvernement. Le président 
du liureau de direction est le très Rév. Robert Machray. Le cours, 
d'études dure environ onze années, huit dans les écoles élémentaires, 
de six à treize ans, trois dans les écoles supérieures ou collèges, de 
quatorze à dix-sept. En 1890 il y avait à Winnipeg 8 instituteurs et 
55 institutrices ; cette année il y a 8 honunes et ici femmes. 
L'éducation est entièrement gratuite pour les élèves résidant dans 
la circonscription .scolaire, les autres payent 50 .sous par mois dans 
les écoles publiques et 2 dollars dans les collèges. 

A part les épreuves impo.sées par l'administration pour l'admis- 
sion au collège, il n'y a pas d'examen pour décider la question de 
promotion. Il e.st admis que le rapport de rin.stituteur sur l'habileté, 
les connaissances et le travail de l'élève offre plus de garanties que 
tout examen, outre qu'il sauve de la tension nerveuse et des 
fâcheux accidents de l'examen. 



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Statistiques. 



Les recettes <îes écoV<î publiques sont de trois sortes : la subvention du 
gouvernement, celle de la municipalité et une taxe spéciale imposée sur le 
district, suivant la nécessité. En 1898 il y avait en activité 1,250 écoles et 924 
maisons d'écoles. Le nombre d'écoles a triplé dans les dix dernières années. 
Total des instituteurs employés en 1898, 1,301 ; 654 hommes, 647 femmes. Les 
instituteurs sont classés d'après le degré de leurs certificats professionnels 
connue suit : certificats de collège, 25 ; de première classe, 224 ; de deuxième 
classe 658 ; de troisième classe, 375 ; certificats intérimaires, 4. Appointe- 
ments les plus élevés d'instituteur 1,800 dollars, d'une institutrice 1,000 
dollars. Appointements moyens dans toute la province 433.80 dollars ; dans 
les grandes villes et les petites villes 562.96 dollars ; dans les écoles rurales 
397.21 dollars. Total d'élèves inscrits en 1898, 44,070. 



ILE DE PRINCE-EDOUARD. 

Le système d'éducation, de l'Ile de Prince-Edouard e.st sous la 
direction d'un bureau con-po-sé du surintendant en chef , du principal 
du collège du Prince de Galles et des membres du conseil exécutif. 
Il y a trois inspecteurs, un pour chaque comté. L'Ile est divisée 
en circonscriptions scolaires; pour chacune d'elles il y a, d'élus chaque 
année par les contribuables, trois commi.ssaires qui .sont nommés pour 
trois ans, uti .'Portant chaque année. Les écoles sont soutenues partie 
par la subvention du gouvernement, partie par les taxes de district. 



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L'assistance est obligatoire entre les âges de huit et treize ans ; 
mais la loi n'est pas strictement mise en vigueur. Les écoles sont 
gratuites. Elles sont divisées en trois classes, primaires, avancées, 
supérieures. Dans les campagnes, les maisons d'école .sont rarement 
éloignées de plus de trois milles l'une de l'autre, et dans la plupart 
des cas il n'y a qu'un instituteur par école. Il y a cependant un 
certain nombre d'écoles qui ont plusieurs classes. Le régime de la 
gratuité a été introduit en 1852, et la loi des écoles publiques fut 
passée en 1877. Dans les écoles subdivisées {graded), on enseigne 
l'agriculture qui est aussi un sujet r'>l""')';oire à l'examen pour le 
certificat d'aptitude pédagogique. Ou a aussi introduit le dessin 
dans presque toutes les écoles. 

Les écoles de Charlottetown sont sous la direction d'un bureau 
de commissaires, ce sont tous des hommes nommés partie par le 
gouvernement et partie par le conseil de ville. 

Statistiques. 

Nombre d'écoles dans la province en 1898, 468. Instituteurs employés, 581. 
Classe I, hommes, 71 ; femmes, 30 ; total, loi; classe II, hommes, 181 ; femmes, 
143 ; total, 324 ; classe III, hommes, 68 ; femmes, 88 ; total, 156. Total de 
toutes les classes, hommes, 320; fennnes, 261 ; total, 581. 

Appointements moyens des instituteurs de première classe en 189S, hommes, 
401 dollars ; femmes, 335 dollars ; première classe d'instituteurs recevant un 
traitement de deuxième classe, hommes, 243 dollars ; fennnes, 200 dollars. Ins- 
tituteurs de deuxième classe, hommes, 233 dollars ; femmes, 187 dollars. Institu- 
teurs de troisième classe, hommes, 184 dollars; femmes, 141 dollars. Les plus 
hauts et les plus bas apixiintements payés pour chaque classe de permis ont été 
connne suit : les plus élevés, première classe, honnnes, 758 dollars ; fenmies, 351 
dollars ; deuxième classe, hommes, 386 dollars ; femmes, 326 dollars ; troisième 
classe, hommes, 220 dollars ; femmes, 241 dollars. Le plus bas traitement, pre- 
mière classe, hommes, 310 dollars ; femmes, 341 dollars ; deuxième classe, 
hommes, 225 dollars; femmes, 180 dollars ; troisième classe, hommes, 180 dol- 
lars ; fenmies, 130 dollars. A titre d'encouragement et pour les engager à 
continuer leur profession, on accorde aux instituteurs une gratification après 
une période de cinq années de service. 

Le nombre totid des élèves inscrits en 1898 était de 21,852; garçons 11.911, 
filles 9,941. La quotité de l'assistance journalière montre un intérêt croissant 
dans le travail scolaire. La moyenne est de 61.58 pour cent, une augmentation 
de 7.09 pour cent sur celle de 1888. Le coût moyen de l'enseignement de 
chaque enfant inscrit est de 7.18 dollars. 

TERRITOIRES DU NORD-OUEST. 

Le système d'éducation des Territoires du Nord-Ouest est sous 
la direction d'un conseil d'instruction publique formé du conseil 
exécutif et de cinq membres nommés. Les membres additionnels 
sont nommés par l'exécutif. Un des membres du comité exécutif 
des Territoireiî est nommé, par la même autorité, président du 
conseil de l'instruction publique. Les membres nommés ne votent 
pas et reçoivent les honorîfires que l'exécutif juge à propos de leur 
accorder. Le président du conseil de l'instruction publique est 
l'honorable F. W G. HauJtain 



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EDUCA TION ANGLAISE 



149 



Une circonscription scolaire embrasse une étendue d'au moins 
vingt-cinq milles carrés, et doit comprendre au moins quatre contri- 
buables domiciliés et douze enfants en âge de fréquenter l'école. 
Les genres d'écoles établies sont des écoles publiques et des écoles 
séparées. La minorité des contribuables dans tout district d'écoles 
publiques soit protestantes, soit catholiques romaines, peut y fonder 
une école séparée. Dans ce cas les contribuables qui ont établi une 
telle école ne seront taxés que d'après la cotisation qu'ils s'imposent 
eux-mêmes à cet effet. Deux lots de terre (1,280 acres) .sont ré.servés 
dans chaque municipalité et confiés aux soins du gouvernement du 
pays sous le nom de terres scolaires pour aider à l'entretien des 
écoles. Ces terres ont une contenance d'environ 1 1 millions d'acres. 

Un des aspects les plus graves et une des difficultés les plus 
pressantes du problème de l'éducation dans les Territoires du Nord- 
Ouest, c'est la nécessité où l'on se trouve de traiter avec des gens 
appartenant à tant de nationalités étrangères, groupés en colonies. 
L'augmentation rapide d'une population étrangère relativement 
ignorante présente en matière d'éducation des difficultés qui ne .sont 
I)as connues dans les autres parties du Canada. Cependant c'est 
par les écoles seulement que ces étrangers arriveront à faire un tout 
homogène et deviendront partie intégrante du pays. Dans le 
programme d'études il a été introduit des sujets dont la connais- 
sance est très utile dans les relations commerciales, pour 
l'accomplissement des devoirs de citoyen, le soin du corps et la for- 
mation morale. On donne une attention spéciale à l'étude de la nature 
et à l'agriculture. Dans la plupart des écoles la nature du sol et la 
culture des plantes et des fleurs sont étudiées objectivement. Dans le 
district scolaire de Lacombe et Saint- Albert il y a de grands jardins où 
les élèves travaillent. Beaucoup d'instituteurs font suivre leurs leçons 
d'expériences en faisant assister leurs élèves aux travaux des champs. 
Dans tous les cours qui suivent le cours élémentaire, les livres 
d'école sont uniformes. Aucun enseignement religieux n'est 
autorisé dans les classes avant trois heures de l'après-midi ; alors 
l'enseignement religieux adopté par les commissaires est enseigné, 
les parents sont toujours libres de faire sortir leurs enfants à cette 
heure s'ils le désirent. 



Statistiques de 1898. 

Nombre d'écoles en activité, 426 ; nombre d'élèves inscrits, 16,754 ; gar- 
çons, 8,694 ; filles, 8,060 ; assistance moyenne, 8,820 ; quotité de l'assistance, 
52.69 pour cent. De tous les élèves, 28 ont atteint le huitième degré, le plus 
élevé présentement. 

Période moyenne pendant laquelle toutes les écoles sont ouvertes, 159 jours ; 
nombre d'instituteurs employés, 483 ; 232 hommes et 251 femmes ; nombre 
d'instituteurs de première classe, hommes, 74 ; femmes, 42 ; deuxième classe, 
hommes, 118; femmes, 153; troisième classe, hommes, 40; femmes, 56 ; te , 232 
hommes, 251 femmes. Coût moyen de l'enseignement par enfant, 18.45 dol- 
lars par année. 



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FEMMES DU CANADA 






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ECOLES SUPÉrIEUPB ET CLOLÈûEi 

QUÉBEC. 

Les icoles publiques de la ville de Montréal sont sous la direction du 
bureau de coiniiiissaires protestants, au nombre de six, dont trois 
sont nommes par le conseil exécutif de Québec, et trois par le 
conseil de ville de Montréal. Nombre d'écoles sous leur direction, 
15 ; dans ce nombre il y a 12 écoles élémentaires dont une élémen- 
taire supérieure, et 2 écoles supérieures, une pourles garçons et une 
pour les filles. Le bureau accorde aussi des subventions à deux 
autres écoles, l'école modèle McGill et l'école du jour du baron de 
Hirscli. 

Sept des femmes enseignant dans ces écoles ont des grades uni- 
versitaires ; presque toutes les autres, des diplômes d'école nor- 
male. Des classes d'art culinaire ont été établies dans les écoles et 
beaucoup de filles des écoles publiques y assistent. Le S/ovd est 
enseigné dans les écoles supérieures de garçons et les écoles mo- 
dèles ; dans les écoles supérieures de filles, on enseigne la couture 
et l'économie domestique. Le bureau a des kindergartens rattachés 
à ces écoles. 

L'école supérieure de filles (fondée en 1875) avec un nombre 
d'environ 500 élèves est la seule école séparée pour les filles dans la 
ville. La classe des graduées passe l'examen à l'université McGill 
pour le certificat d'associée es lettres et es sciences qui correspond 
à l'inscription universitaire. Un grand nombre des femmes 
graduées de l'université McGill ont reçu leur formation à cette 
école. 



Statistiques. 



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Les écoles modèles protestantes et les académies (y compris les écoles 
supérieures de Québec et de Moutiéal), avaient à Montréal, en 1899, 9,049 
élevés inscrits, filles et R»»rçons, en nombre presque égal. Nombre des insti- 
tuteurs employés, hommes, 40, femmes, 224 ; total, 264. Appointements les plus 
élevés payés à un homme, ,"^,000 dollars; les plus bas, 600 dollars ; Appointe- 
ments les plus hauts payé; à une femme, 900 dollars, le plus bas, 275 dollars. 
Appointements moyens des instituteurs, 1,376 dollars ; appointements moyens 
des institutrices, 418 dollars. Nombre d'écoles modèles dans la province en 
1899, 52 ; nombre d'académies en 1899, 29 ; nombre d'élèves inscrits 9,223. En 
1898, nombre d'instituteurs ayant certificats, 68 ; Appointements moyens, 824 
dollars ; nombre d'instituteurs sans certificats, 10 ; appointements moj-ens, 733 
dollars. Nombre total d'hommes enseignant aux écoles modèles et aux univer- 
sités, 78 ; de ce nombre, 30 enseignaient aux écoles modèles et 48 aux académies, 
Nombre de femmes institutrices ayant certificats, 215 ; appointements moyens. 
30T dollars ; nombre d'institutrices sans certificats, 13 ; traitement moven, 306 
dollars ; nombre total des femmes aux écoles modèles et aux académies, 22S • 
de ce nombre 106 enseignaient aux écoles modèles et 122 aux académies. 



EnuCATION ANGLAISE 
ONTARIO. 



151 



Ecoles supérieures et collèges. — Actuellement, aucune de ces institu- 
tions n'est sous ''> direction d'une femme ; cependant il y a quelques 
années une femr remplissait les fonctions de principale dans une 
des écoles sui)crieures. Les sujets enseignés par les femmes sont les 
mêmes, règle générale, que ceux enseignés par les hommes; cependant 
elles ont peut-être une préférence pour les langues modernes. Dans 
les dernières années, la tendance a été de réduire l'écart entre les 
les femmes recevaient des apix)intenients inférieurs de plus de moitié 
appointemeiîtsdes instituteurs et ceux des institutrices. En 1875 
à ceux des hommes ; aujourd'hui les institutrices d'écoles publi- 
ques reçoivent des appointements équivalant aux trois quarts de ceux 
des instituteurs. Dans toute la province, les plus hauts appointe- 
ments payés à un homme sont de 2,500 dollars, à une femme 1,500 
dollars; les plus bas appointements, homme, 185 dollars; femme 
150 dollars. 

Statistiques. 

Nombre de collèges, 57 ; nombre d'écoles supérieures, 93 ; total, 130 ; nombre 
d'élèves inscrits, garçons, 11,942 ; filles, 12,448 ; total 24,390. Assistance moyenne 
14,714. Environs 42 pour cent des élèves sont des enfants de fermiers, 22 pour 
cent, d'artisans; 25 pour cent, de marchands; 11 pour cent, de gens de 
professions. 

Nombre de professeurs dans les collèges et les écoles supérieures, 571 ; 
honmies, 477, femmes, 94. Appointements moyens des professeurs (hommes et 
femmes) dans les écoles supérieures et les collèges, 916 dollars; des femmes 
professeurs aux écoles supérieures et aux collèges, 696 dollars. Sur 94 femmes 
professeurs, 43 ont des grades universitaires ; la plupart d'entre elles ont reçu 
leurs grades des collèges Victoria et Queen à Toronto. Les plus hauts appoin- 
tements payés à un professeur (principal ) sont de 2,500 dollars à une femme 
(assistante) , 1,500 dollars. Nombre de femmes enseignant dans les collèges, 39 ; 
appointements, moyen des femmes professeurs dans les collèges, 822 dollars ;le 
plus haut traitement 1,500 dollars; nombre de femmes professeurs dans les 
écoles supérieures 55 ; traitement moyen, 610 dollars, le plus haut traitement, 
1,100 dollars. Coût moyen par élève sur l'assistance totale, 29,55 dollars; sur 
l'assistance moyenne 48.66 dollars. 



NOUVELLE-ECOSSE. 

Il y a 18 académies de comté dans la Nouvelle-Ecosse. Celles- 
ci ont une très haute réputation comme écoles secondaires. Nombre 
de professeurs dans les académies, 51 ; 40 hommes et 11 femmes. 
Nombre d'étudiants d'écoles supérieures 1,768 ; 830 garçons, 938 
filles. Nombre d'étudiants d'écoles supérieures qui se sont pré- 
sentés à l'examen de l'école supérieure provinciale pour obtenir des 
certificats d'instruction d'école supérieure en 1899, 1,164 garçons, 
2,140 filles. Coût moyen par élève pour toutes les écoles en 1898, 
15.06 dollars par année. 



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FEMMES DU CANADA 
NOUVEAU-BRUNSWICK. 



En 1898 il y avait 13 écoles supérieures {grammar schools) 
en activité, employant 20 professeurs et 8 assistants. De ces 20 
professeurs, 2 seulement étaient des femmes. Le noml^.e total des 
élèves dans les écoles supérieures était de 862. En mettant ensemble 
les classes des écoles supérieures et des grammar schools, le nombre 
total des élèves dans les études supérieures était de 1,523. Ces 
écoles secondaires sont très importantes, puisque la province compte 
•iur elles pour la formation de ses instituteurs, pour l'inscription aux 
universités ainsi que pour la préparation de ceux qui s'engagent dans 
les carrières industrielles et commerciales. Le nombre des garçons 
qui suivent les cours des écoles supérieures est à peu près égal à 
celui des filles. Le programme dans les écoles est le même pour 
les deux sexes. Le dessin industriel est en.seigné aux garçons et 
aux filles dans les écoles communes et les écoles supérieures. 
Il n'y a pas de formation manuelle excepté la couture qui est 
enseignée à un très petit nombre de filles. L'agriculture n'est pas 
beaucoup enseignée. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

Il y a quatre écoles supérieures dans la province, une dans 
chacune des villes de Nanaimo, Victoria, New- Westminster et Van- 
couver. La première école supérieure fut établie à Victoria en 1876, 
la deuxième à New- Westminster en 1884. Il y a 12 professeurs 
employés dans les écoles supérieures, 10 hommes et 2 femmes ; 
l'assistance des élèves est de 459. Environ un huitième des élèves 
vont aux écoles supérieures. Un certificat d'entrée est donné aux 
gradués de l'école supérieure. En 1898, à l'examen fait par le 
ministre de l'éducation^ pour le concours des médailles données 
annuellement par le gouverneur-général, six des huit médailles 
furent gagnées par les filles. Les écoles ne se rat», hent à aucune 
secte religieuse. L" oraison dominicale peut ê.re récitée au commen- 
cement et à la fin de la classe au gré de l'instituteur. L'éducation 
est absolument gratuite dans les écoles publiques de toute la province; 
elle n'est pas obligatoire. La promotion d'une classe à une autre 
dépend de l'élève ; ce classement périodique fait que le cours n'a 
pas de durée fixe ; les élèves ont leur avancement quand ils y 
sont préparés. Mais en général, un élève étudie de six à sept ou 
huit années avant d'arriver à l'école supérieure, oii il fait uii cours 
de trois ou quatre années. 



MANITOBA. 

Parmi les écoles publiques, 31 ont des élèves qui font c'^s 
études plus développées. Ces sortes d'écoles sont appelées intermé- 
diaires ; elles existent dans différentes parties de la province ; elles 



Nil 



EDUCATION ANGLAISE 



i53 



préparent les élèves à entrer au collège. Nombre de professeurs 
employés dans ces écoles intermédiaires, 1 1 1. Le principal de l'une 
de ces écoles est une femme ; toutes les autres écoles ont pour prin- 
cipaux des honuiies. Pour les études plus avancées il y a trois 
collèges attachés aux écoles publiques de Winnipeg, Brandon et 
Portage-la-Prairie. Ces écoles ont pour but de doinier une éducation 
générale, et en môme temps de doinier la formation spéciale 
requise pour les instituteurs et pour l'inscription universitaire. 
Inscrits en 1898, garçons et filles, Winnipeg, 525; Brandon 210; 
Portage-la-Prairie, 126. Il y a 16 professeurs dans le persoiniel 
enseignant du collège, 1 1 hommes et 5 femmes. Appointements 
moyens, lionunes, 1,218 dollars, femmes, 880 dollars. 

Nombre des écoles urbaines à Winnipeg, 18 ; professeurs, ici, 
8 hommes, 93 femmes. Sept des femmes professeurs à Winnipeg 
ont des grades universitaires, les autres ont des diplômes d'école 
normale. Les apjx)intements le plus élevés payés à un instituteur 
sont de 1,800 dollars ; à une institutrice, 1,000 dollars; les appointe- 
ments les plus bas payés à un instituteur sont de 700 dollars ; à 
une institutrice, 500 dollars. Nombre de femmes principales dans les 
écoles de la ville, 11. Surintendant des écoles delà ville- -D. 
Mcintyre, licencié es sciences et lettres. Inspectrice de dessin — 
Mlle J. J. Patterson. 



LADIES* COLLEGES (COLLEGES DE DEMOISELLES). 



QUEBEC. 

LescoMègesdedoinoiselles préparent à l'inscription universitaire 
et à l'examen d'associée es lot<:res et ficie"'.ces. Ce sont des pen- 
sionnats d'enseignement secondaire pour demoiselles ; la plupart se 
rattachent à une communion religieuse ; quelques-uns reçoivent des 
subventions provenant du fonds <-' 'éducation supérieure. 

Collège des Demoiselles de Dunham. -Cest tuie école épiscopalienne 
pour demoiselles ; il y a un personnel enseignant composé de deux 
hommes et de sept femmes. L'année dernière il y avait 59 
étudiantes inscrites. Principale- Mlle E. O Loaue. 

Collège Stanstead Wesleyan, Stanstead. -Pas de rapport. Principal — 
Rév. Mr. Flanders. 

• 

Col!è|(e des Demoiselle.s de Compte.;, Comptort. — Episcopalien. Per- 
sonnel en.seignant, un homme et quatre femmes. Les élèves sont 
l)réparées aux examens universitaires locaux, etc ; 42 élèves pré- 
sent*:s l'année dernière. Priticipale- Mme. Broase. 

Institution Trafalgar. Montréal. — Collège de demoiselles affilié à 
l'université McGill et pourvu par fondation. La .spécialité de 



154 



FEMMES DU CANADA 



I I 



l'école sont les hautes études pour les femmes ; le cours d'études 
est arrangé en vue de la préparation à l'université. Les 
professeurs ordinaires de l'école sont toutes des femmes et la plupart 
ont des grades universitaires. Les étudiantes sont les unes internes 
les autres externes. Principale — Mlle Grâce Fairley, licenciée es 
lettres et sciences (Edimbourg). 

Collège et école Saint-François, Richmond, fondé en 1854. Le cours 
donné par le collège correspond à la première et à la deuxième 
année du cours de lettres et sciences à l'université McGill. Il y 
a aussi un cours commercial (de deux années) et des classes pré- 
paratoires. Le collège reçut des jeunes filles pour la première fois 
en 1875. Mais le résultat ne fut pas satisfaisant ; on discontinua 
de les recevoir. En 1887, les femmes furent de nouveau 
admises dans toutes les classes aux mêmes conditions que les 
hommes; aujourd'hui c'est encore le même régime. En 1897 
une femme fut poui la première fois mise sur le pied d'égalité 
avec les hommes faisant partie du personnel enseignant. Il y a 
maintenant d'autres femmes dans le personnel. Nombre total des 
élèves inscrites l'année dernière, 207. Nombre dans le cours collegiate, 
73, 51 hommes et 22 femmes. Princ 1 — J. A. Dresser, licencié 
es lett» es et sciences. 



ONTARIO. 



Ces écoles ont pour but de donner aux jeunes AHes une éduca- 
tion avaucéc ; c? sont surtout des internats rattachés à des 
coinnunions religieuses. Ils préparent à l'inscription universitaire ; 
quelques uns remplissent le progrrmme des deux premières années. 
L? plupart se distinguent dans l'enseignement des arts et de la 
musique. 

^ollèje presbytérien de dt.noiselles, Toronto, organisé en iS»^^. Il y 
a trois hommes et six femmes dans le personnel enseignant. 
Nombre des étudiantes, toutes des fil) "es, 1 1 1 . Le collège accorde un 
diplôme h la suite d'examens. Principale — Mlle Margery Curlette. 

Collège de dcinofesn«s d'Ontario. Whitby, méthodiste. Il y a huit 
hommes et dix-neuf femmes dans le personnel enseignant. Assis- 
tance, 14T jeunes filles. Le'ï cours dontjés sont ceux du collégiale, 
musique, commerce, économie domestique. Le cours eolleeiale 
tient lieu des deux premières années de l'université. Le collège de 
sciences domestiques donne un cours complet et prépare les élèves 
a. IX examens du bureau de l'instruction pu'^lique pour le diplôme 
de profeojeur de r.ciences domcstif.ues. Principaux — Rév. ^. J. 
Haie, dccte'iren ohi!o=ophie. et Mme. Hare. 

Collège Albert, Bcllcville, méthodiste, ouvert aux hommes et 
aux femme* : en\âron deux cents élèves présents en nombre 



EDUCA TION ANGLAISE 



155 



égal des deux sexes. Ce collège complète le travail de l'étudiant 
de première année à l'université de Toronto, à laquelle il est afl&lié. 
Il prépare en outre aux examens pour le certificat d'aptitude 
pédagogique imposés par le ministère de l'instruction publique. Il 
y a, en outre, des cours de musique, de beaux-arts, d'éloquence et de 
commerce, y compris la tenue des livres, la sténographie et la 
clavigraphie. Le personnel enseignant comprend neuf hommes et 
cinq femmes. Principal — Rév. W. P. Dyer, licencié es lettres et 
sciences, docteur en théologie. Principale — Mlle S. Emma Sisk. 

Aima Ladies' Collège, St. Thomas. — Méthodiste ; affilié à l'université 
Victoria. Personnel enseignant : 7 hommes et 1 5 femmes. Elèves, 
135 filles. Principal, Rev. R. J. Warner, licencié es lettres et scien- 
ces • principale. Miss S. Emma Sisk. 

Hellmuth Ladies' Collège, London; collège épiscopalien fondé en 1869 
par l'évêque Hellmuth. Il y a quatre cours préparant aux grades : 
cours académique, de musique, d'arts, d'éloquence. Principaux 
— Rév. E. N. English, licencié es lettres et sciences, et Mme 
English. 

Collège presbytérien pour demoiselles, Ottawa. — Sous la gestion de 
l'assemblée générale de l'église presbytérienne du Canada. Environ 
140 étudiantes. L'école a toutes les classes, prépare à l'inscription 
universitaire ; il y a des internes et des externes. Principale — Mlle 
J. M. McBratney. 

Collège Wesiéyen et conservatoire de musique, Toronto. — Les cours 

suivants sont donnés : commerce, musique, lettres et sciences. 
Principal — R. Burns, docteur en droit. Principale — Aleda Bums. ' 

Collège Moulton, Toronto, baptiste. C'est une annexe académique 
de l'université McMaster. Il y a un personnel enseignant de dix 
femmes ; outre le cours d'inscription, le collège Moulton aies cours 
suivants : classique, langues modernes, ai jlais, sciences. Le cours 
est de cinq années, les études de la cinquième année, excepté 
l'éloquence et les exercices choratix, sont faits à l'université 
McMaster. Nombre total d'étudiantes inscrites en 1898-99, 159. 
Principale — Mlle A. L. Dicklow, docteur en philosophie. 

Collège de Brantford, presbytérien. Un personnel de 26 profes- 
seurs. Cours : académique, collégiale, de musique. Principal — 
Rév. W. R. Cruickshank, bachelier es lettres et sciences. Princi- 
pale — Mlle Clara Kniseley. 

Collège de demoiselles, Kingston.— Quarante jeunes filles présentes. 
Le programme d'études du collège est celui de l'inscription universi- 
taire ; mais les études des deux premières années du baccalauréat 
y sont également faites. Environ 25 pour cent des étudiantes vont 
aux universités. Principale — Mme Marie Cornwall, licenciée es 
lettres et sciences. 



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FEMMES DU CANADA 



II 



Collège SL Marjard, Toronto, organisé en 1897. Nombre de pro- 
fesseurs, 43 ; 1 1 hommes, 32 femmes. Les appointements les plus 
forts payés à une femme sont de 2,000 dollars. Nombre d'élèves, 
198 jeunes filles. Le cours d'études au collège St. Margaret com- 
mence avec le kindergarten et finit par l'inscription universitaire avec 
diplômes Principal — Mme Dickson. 

Coilèj{e DoniD. Ostuwa. — L'année dernière il y avait d'inscrites 
environ 100 étudiantes. Diplômes accordés en musique, littérature, 
sciences, éloquence. Président — Rév. A. B. Demill. 

Collège de Tévéquc Bcthune, Oshawa. — Sœurs de Saint-Jean de Dieu. 
L'enseignement est donné par les soeurs, par le chapelain et la direc- 
trice de rétablissement. Tuteur de la communauté — Rév. C. J. S. 
Bethune, docteur en droit civil. 

Ecole de Tévêque Strachan. salle Wykeham, Toronto, fondée en 1S67 ; 
c'est une école pour jeunes filles. Les cours sont préparatoires à 
l'inscription universitaire. Principale — Mlle Helen E. Acres. 

Collège Havcrjal. me Jarvis, Toronto, pensionnat et externat pour 
jeunes filles. Nombre actuel des élèves pensionnaires 100 ; externes, 
180; total, 280 filles. Principale — Mlle Knox. 

NOUVELLE-ECOSSE. 

G)llè((e des dcmottcUes de Halifax et conservatoire de musique. Ecole 
presbytérienne, affiliée à l'université Dalhousie ; fondée en 1886. 
Nombre des élèves, 149. On y fait deux cours réguliers d'études, 
savoir: 1° le cours classique, de quatre années préparant les 
élèves jusqu'à la deuxième année de l'université Dalhousie ; 
2° le cours littéraire, de trois années, préparant les élèves jusqu'à 
la première année de l'université Dalhousie. Un cours gratuit est 
donné aux jeunes filles qui se livrent à l'enseignement et à des 
travaux de mission. Principale — Mlle E. Pitcher, bachelier es 
lettres et sciences. 

NOUVEAU-BRUNS WICK . 

Colline Mont-AKson. Sackville.— Ce collège à été fondé en 1854; 
personnel enseignant, un homme et sept femmes pour les cours de 
collège. L'institution a les cours d'études suivants: primaire, cours 
préparatoire à l'université, cours pour le grade de M.L.A. (Licenciée 
es littérature et arts), cours réguliers pour le grade de bachelier 
es lettres et sciences (à l'université), cours de sténographie et de 
clavigraphie, de musique instrumentale, de desdn et de peinture. 
Nombre d'élèves présents, 200, sans compter les étudiantes en 
musique et en arts. Depuis la fondation du collège, il a été inscrit 
3,000 élèves : 120 ont obtenu le grade de M.L A. Principal — Rév. 
B. C. Borden. docteur en théologie. 

Soi:t annexés à ce collège le Oweri's Art Institution et le con- 
servatoire de musique. (^ voyez section des Arts). 



EDUCATION ANGLAISE 



COI.OMBIE-BRITANNIQUE. 



157 



Collège méthodiste Columbia, New-Westminster. Soua la direction 
d'un bureau nommé par l'église méthodiste en assemblée ; soutenu 
par les contributions des élèves et une allocation de l'église. C'est 
un établissement*mixte où les élèves des deux sexes suivent le même 
programme. L'année dernière 14 jeunes filles et 20 jeunes gens se 
sont inscrits. Principal— W. J. Sipprell, bachelier es lettres et 
bcieuces, bachelier en théologie (Toronto). 

MANITOBA. 

Collège de Brandon. Brandon. -Sous la direction d'un bureau 
nommé par le congrès des baptistes ; soutenu par les contributions 
de particulier'^ et de la secte et par des droits prélevés. Personnel 
enseignant ; quatre hommes, deux femmes. L'école est mixte ; les 
jeunes gens et les jeunes filles suivent le même cours. Il y a deux 
divisions, le collège et le cours commercial et de sténographie. 
Principal — Rev. A. P. McDiarmid, licencié es lettres et sciences, 
docteur en théologie. 

Collège Manitoba. cours préparatoire, Winnipej. Ce cours fut établi 
alors qu'il n'y avait pas de collégiale inslitules dans la province ; il 
est maintenu encore pour la commodité des élèves qui résident dans 
les parties du pays où l'on ne peut obtenir l'enseignement des 
classiques. Le cuurs d'études comprend le grec, le latin, le français, 
l'allemand, les mathématiques et l'anglais. 

ILE DE PRINCE-EDOUARD. 

Collège du Prince de Galles. — Ce collège, ouvert aux étudiants de 
toutes les croyances, fut fondé en 1860 et annexé à l'école Normale 
provinciale en 1876. Son but est d'instruire dans la littérature et 
dans les sciences les jeunes gens des deux sexes, et de former en 
même temps des instituteurs et des institutrices. Une école modèle 
dirigée par deux maîtres est rattachée au collège. Cette institution 
appartient au gouvernement, et c'est la seule qui ne soit pas entiè- 
rement gratuite. 

Des diplômes de trois différents degrés : diplôme d'honneur, 
diplôme de 1ère et de 2me classe, furent décernés pour la première 
fois en 1885, et donnent droit d'inscription dans n'importe quelle 
université. Le nombre d'élèves, cette année, y était de 1 18 hommes 
et 116 femmes. Les élèves des deux sexes y reçoivent l'éducation 
entièrement en commun. On y dispose de huit bourses, dont 6 d'une 
valeur annuelle de 80 dollars et valables pendant deux ans. Les 
deux autres donnent droit à l'admission gratuite aux cours pendant 
deux an-. Principal — Alexander Anderson, bachelier es lettres et 
sciences, aidé d'un personnel de cinq professeurs. 




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158 . FEMMES DU CANADA 



ECOLES PRIVEES. 

N.B.— Cette liste d'écoles privées est très incomplète, vu le peu de renseignera 

sont parvenus. 



qui nous 



QUÉBEC. 



L'Ecole de Mlle Henderson pour jeunes filles, 86 Grande Allée, Québec". 
Le but principal de cette école est l'enseignement supérieur de 
l'anglais et celui des langues modernes. 

L'Ecole de Mlles Symmers et Smith. 916 rue Sherbrooke, Montréal. 
C'est une école privée pour les jeunes filles et oii l'on prépare les 
élèves à subir les examens dits A. A. ^Associate in Arts, Associé es 
lettres et sciences). 

L'Ecole de Mlles Bryson, 115 Sliuter, Montréal. Kindergarten 
privé et école préparatoire. 

L'Ecole de Miss Lawder, 2716 rue Sainte-Catherine, Montréal. 
Pensionnat et externat privé, pour les jeunes filles. 

L'Ecole de Mlles Oardiner, rue Victoria, Montréal. Ecole pour les 
jeunes filles ; prépare aux examens d'associé es lettres et sciences. 

Le Roslyn Ladies' Collette, 85 rue Mackay, Montréal. Principale 
— Mme Arnold. Cours complet d'études primaires comprenant le 
programme de 6ème catégorie ou la plus avancée. Classes spéciales 
en littérature anglaise et en langues modernes. 

L'Ecole de Mlles Shanks pour jeunes filles, 471 Avenue Argyle, West- 
mount. Nombre d'élèves, 42. Outre les externes, on y reçoit 
quelques pensionnaires. 

ONTARIO. 

L'Ecole Olen Mawr, Toronto. Principale — Miss Veale. Le per- 
sonnel enseignant comprend 8 hommes et 1 8 femmes. Le nombre 
des élèves inscrites l' année dernière était de 1 24. Cette école prépare 
les élèves pour l'admission aux différentes universités. 

L'Ecole Harmon, Ottawa. Principale — Miss A. M. Harmon. 
Personnel enseignant, 4 hommes et 12 femmes. Prépare également 
pour l'admission aux différentes universités. 

L'Ecole Sandymount, 288 Avenue Daly, Ottawa. Principale — Miss 
C. Humphreys. Kindergarten et classes avancées. 

Miss Lojan, Liudsay. Ecole préparatoire pour filles et garçons. 

Miss M. Yeomans, Belleville. Kindergarteti, privé. 

Miss J. Cullen, Lindsay. Cours commercial : comptabilité, sténo- 
graphie et cla\'igraphie. 



EDUCA TION ANGLAISE 
NOUVELLE-ECOSSE. 



159 



Ecole pour jeunes filles (Church School). Windsor. Episcopalienne. 
Fondée en 1891. Principale— Miss L. Blanche Lefroy, (diplôme de 
première classe décerné par r nniversité de Cambridge). Le personnel 
enseignant se compose de i homme et de 6 femmes. Les élèves y 
sont au nombre de 81, On y prépare aux examens d'entrée au 
collège Royal de Windsor et à l'admission aux universités. 

Séminaire de l'Acadie, Wolfville. Pensionnat de jeunes filles, sous 
la gestion du conseil d'administration de l'université Acadia. Main- 
tenu partie par des fonds de dotation et partie par les rétributions 
des élèves. Principal — J . H . Macdonald , bachelier es lettres et .sciences, 
assisté d'un personnel enseignant composé de trois honmies et de 
onze femmes. Nombre d'élèves, 93. 

Ecole Saint-Andrews, Annapolis. Principal — H. M. Bradford, 
maître es arts, et un personnel de cinq instituteurs. Ne reçoit que 
peu de jeunes filles. 

Ecole de Miss Brydon, Tatamagouche. Etablie spécialement pour 
les élèves qui vu leur fai'i ^e état de santé ne peuvent fréquenter les 
écoles publiques. Les élèves de cette école obtiennent des diplômes 
de l'école supérieure pro- ' .le. 

L'Ecole de Mlles Forbc», ilalifax. Principale — Miss Mary F. Forbes, 
Nombre d'élèves, 25. 



NOUVEAU-BRUNSWICK. 

L'Eco' kothesay pour jeunes filles. — Ecole appartenant à l'église 
d'Angletv, re. Principale — Mme J. S. Armstrong. Personnel ensei- 
gnant, un instituteur et neuf institutrices. Nombre d'élèves, 29. 
Le cours d'étude comprend toutes les branches d'une éducation 
solide, mais on apporte une attention toute spéciale à l'enseigne- 
ment de l'anglais. Pension et instruction, 250 dollars par an. 

Miss Stewart et Miss Hanington dirigent un kiudergarten 
à Saint-John. C'est une institution privée. 



COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

Ecole ûranville, Vancouver. Etablie en 1896. Pensionnat et 
externat pour jeunes filles. Per.sonnel enseignant, quatre profes- 
seurs et sept institutrices. I^es élèves y .sont préparées pour l'uni- 
versité McGill et les examens locaux de Cambridge. Principale — 
Ivl.lle Louise Kern. 



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FEMMES DU CANADA 



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Ecole préparatoire, 1 26 rue Haro, Vancouver. On y prépare les 
élèves aux examens d'entrée à l'école supérieure. On y enseigne 
aussi la danse, les travaux à l'aiguille et la peinture. Nombre 
d'élèves 30, dont 8 garçons et 22 filles. Principale — Mme George 
Frith. 

Ecole de Miss Minnie Wilson, Duncan, Ile Vancouver. Ecole pour 
jeunes filles et petits garçons. On y enseigne l'anglais, la musique 
et les langues modernes. 

Ecole de Miss Maitland, rue Seymour, Vancouver. 

Ecole de Mme Gordon, rue Georgia, Vancouver. 

Ecole de Miss Newman, Vancouver. Kindergarten. 

New- Westminster et Victr/ia possèdent aussi plusieurs kinder- 
gartens privés, et Vancouver a deux écoles de gymnastique. 

MANITOBA. 

La seule école privée qui nous ait été signalée, est une école peu 
importante dirigée par Mme Madge, à Virden. 






ILE DE PRINCE-EDOUARD. 

Ecole Saint-Pierre, Charlottetown. Ecole pour garçons et filles, 
en rapport avec l'église d'Angleterre. Prépare les élèves pour l' ad- 
mission au Collège Royal de Windsor, Nouvelle- Ecosse. 



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ECOLES TECHNIQUES.-SCIENCE DOMESTIQUE 

ONTARIO. 

Ecole de science domestique. — Cette école est sous la direction du 
comité exécutif de l'union Chrétienne des Jeunes Femmes, Young 
Women' s Christiaii Associatiott. Elle est soutenue par les 
contributions des étudiants et par des souscriptions volontaires. 
Une dame charitable y a fait une dotation en faveur des enfants 
pauvres. Les classes y sont fréquentées par environ 70 élèves. 
Secrétaire de la Y.W.C.A. — Mlle A. A. Chown. Directrice de 
l'école — Mme Délia Prugue, de l'école culinaire de Boston, et une 
autre institutrice. 

Ecole normale de la science et de l'art do.niestique d'Ontario. — Affiliée 
au Collège normal d'Ontario. Sous la direction d'un conseil de 
directeurs ; soutenue par une allocation du gouvernement, par les 



EDUCA riON ANGLAISE 



i6i 



rétributions des élèves et par des souscriptions. Cette école a dû 
s'ouvrir le 30 janvier 1900. Cours de science domestique, compre- 
nant la chimie, la physique, la diététique, l'alimentation écono- 
mique, etc., aussi l'art domestique : la coupe, les modes et la con- 
fection des vêtements, etc. Présidente — Madame J. Hoodless. 
Principale — Miss A. G. E. Hope, diplômée du collège Technique de 
Liverpool, secondée par un personnel choisi d'institutrices et de 
conférenciers. 

Première école technique d'Ottawa. — Sous la direction de trois 
professeurs qui l'ont fondée. Soutenue par les recettes provenant 
de l'enseignement. Le personnel ensei};,'nant se compose de trois 
hommes et de deux femmes. Les élèves y sont au nombre 
de 72. dont 33 hommes et 39 femmes. Le gouvernement confère 
des diplômes à ceux ou celles qui subissent avec succès les examens 
prescrits. Huit femmes ont obtenu ce diplôme en 1897, et un même 
nombre en 1898. Secrétaire — Miss A. M. Living, diplômée de 
l'Ecole des arts industriels et de dessin technique de New- York, 



NOUVELLE-ECOSSE. 
Ecole culinaire de Halifax. — Principale— Mme Bell. 



ILE DE PRINCE-EDOUARD. 

L'Ecole des sciences pour les Provinces Maritimes du Canada. — Etabli en 
1887. Ouverte pendant les vacances d'été ; se déplaçant générale- 
ment d'année en année. Secrétaire — M; J. D. Seaman, à Charlotte- 
town, Ile de Prince-Edouard. 



MANITOBA. 



Il n'existe, dans cette province, aucune école technique sous la 
direction du gouvernement. 



KINDERÛARTENS. 



ONTARIO. 



Les kindergartens furent introduits pour la première fois en 
Ontario en 1882, et devinrent partie intégrante du système scolaire 
en 1885. Le rapport de 1898 accuse l'existence dans cette province 
de 105 kindergartens, celui de 1899 ^^ accuse 116. On y comptait 
alors 223 maîtresses, et 10,693 élèves au-dessous de six ans. La 



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162 



FEMMES DU CANADA 



ville de Toronto possède 43 kindergartens employant 1 1 7 maîtresses 
sous la direction de Miss Louise N. Currie, surintendante des 
kindergartens. Hamilton en compte aussi 13, avec 21 maîtresses 
et 1,280 élèves. Enfin London en possède 10, avec 25 maîtresses 
et 1,139 élèves. 



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NOUVELLE-ECOSSE. 

Le seul kindergarten .soutenu par le gouvernement est celui de 
l'école Normale. Les autres sont maintenus par les commissaires des 
circonscriptions, comme les autres branches des écoles publiques. Le 
nombre des élèves fréquentant ces kindergartens était de 726, en 
1898, ce qui accusait une augmentation de 139 sur l'année précédente. 

Kindergartens de Truro. — Cinq institutrices, 47 élèves. Directrice — 
Mme. Sara B Patterson. 

Kindergarten d'Halifax.— Directrice — Miss Notting. 

Kindergarten de Pictou. — Directrice — Miss Nicholson. 

Kinder jarten d'Amherst — Directrice — Miss Béatrice Fuller. 

NOUVEAU-BRUNSWICK. 

Il n'y a point de Kindergarten dans le système des écoles 
publiques. Cependant il en existe cinq ou six dans cette province, 
mais tous sont privés. 



ECOLES DU SOIR. 

QUÉBEC. 

En 1898, il existait dans la province de Québec 108 écoles du soir, 
ouvertes en 64 localités. Le nombre d'élèves inscrits y était 
de 6915. On y enseigne en général la lecture, l'écriture, la tenue 
des livres, et autres branches de 1 instruction élémentaire. A 
Montréal, 26 classes furent organisées sous la direction du comité 
des écoles protestantes. Ces. classes étaient confiées à 16 institu- 
teurs et à 9 institutrices, et recevaient 706 élèves, dont 544 hommes 
et 162 femmes. 

ONTARIO. 

Grâce à la condition relativement plus perfectionnée des écoles 
publiques et des écoles supérieures et à l'instruction plus développée 
du peuple en général, les écoles du soir ont rapidement diminué 



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EDUCA TION ANGLAISE 



163 



depuis quelques années. Dans certaines villes, les écoles du soir 
fonctioinient pendant six mois de l'année. Il y en avait 18, en 
1898, dix à Toronto et 3 à Hamilton. L,e nombre des maîtres y 
était de 37, et celui des élèves inscrits de 1046, à peu près autant 
d'hommes que de femmes. On y enseignait la lecture, l'arithmé- 
tique ; la grammaire, la comptabilité, le dessin et autres branches 
élémentaires. 

NOUVELLE-ECOSSE. 

Des écoles du .soir du gouvernement sont établies dans les. 
principaux centres industrieh , et les commissaires d'écoles, sous la 
direction de l'inspecteur, peuvent en ouvrir partout où cela leur 
paraît désirable. En 1898, quatorze écoles du soir subventionnées 
par le gouvernement et dirigées exclusivement par des instituteurs, 
recevaient 528 élèves donnant une moyenne de présences de 310. 

NOUVEAU-BRUNSWICK. 






Il y a, à Fredericton deux écoles du soir ouvertes pendant six 
mois de l'année, et trois à St. John pendant les mois d'hiver seule- 
ment. Dix instituteurs et cinq institutrices dirigent ces écoles. 



ECOLES POUR LES INFIRMES. 

QUÉBEC. 

Institut Mackay pour les sourds-muets et les aveugles protestants, â 
Montréal. — Cette institution fut reconnue par le gouvernement en 
1869. Son personnel enseignant se compose de quatre hommes et 
de six femmes. En 1898, le nombre d'élèves s'élevait à 62, dont 34 
garçons et 28 filles. De ce nombre, 5 étaient aveugles, 17 partielle- 
ment sourds et parlant très imparfaitement, 21 complètement sourds, 
et 20 .sourds de naissance. Outre l'instruction qu'ils reçoivent dans 
les branches ordinaires, les aveugles apprennent à foncer les chaises. 
On enseigne aussi aux garçons la charpenterie, la cordonnerie, la 
menuiserie et la composition typographique. En dehors des heures 
de classe, on enseigne aux filles la couture, la confection des 
vêtements et l'économie domestique. Président — M. Wolferstan 
Thomas. 



ONTARIO. 

L'Institution d'O'xtario pour les aveugles, à Brantford. Elle fut fondée en 
1872 et elle est outenue par le gouvernement de la province qui y 
exerce son contrôle par l' intermédiaire d' un inspecteur. Le personnel 



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FEMMES DU CANADA 



enseignant se compose de 14 professeurs dont 6 hommes et 8 femmes. 
L'institution compte 147 élèves, 74 garçons et 73 filles. On y 
enseigne l'arithmétique, la grammaire, la géographie, la lecture, 
récriture, la littérature anglaise et l'histoire. Pour enseigner la 
lecture on emploie les caractères en relief que l'aveugle .suit avec les 
doigts. Ponr l'écriture on fait usage d'une sorte de règle plate à 
rainure. L'instruction dans les arts industriels occupe une large 
place. On enseigne aux garçons à fabriquer des chaises et des 
paniers d'osier, les mettant ainsi à même de gagner leur \'ie. Les 
filles apprennent à coudre et à tricoter. La classe où l'on enseigne 
l'accordage du piano compte plus de 20 élèves. Il y a un kinder- 
garten pour les enfants. Des femmes spécialistes y sont employés 
comme suit : 2 pour la musique, 3 pour l'industrie, i pour le 
kindergarten et i pour la préparation des aliments. Les élèves dont 
la famille habite la province d'Ontario, y reçoivent gratuitement 
la pension et l'instruction. Principal — Rév. A. H. Dymond. 

Institut d'Ontario pour les sourds-muets, Belleville, fut fondé en 1870 ; 
est subventionné par le gouvernement provincial. Le nombre 
d'élèves atteint 284, dont 168 garçons et 116 filles. Les moyens 
employés pour l'enseignement sont l'articulation et les mouvements 
accentués des lèvres. Le cours complet qui couvre une période de 
sept années est tout à la fois littéraire et industriel. Les filles y 
apprennent les ouvrages domestiques en général, la coupe et la con- 
fection des vêtements, etc. On n'exige point rétribution, mais 
ceux qui le peuvent doivent payer 50 dollars par an pour la pension. 
Les élèves qui y complètent leurs cours reçoivent un diplôme. Surin- 
tendant, R. Mathieson, bachelier es arts, auquel est adjoint un 
personnel enseignant comprenant huit hommes et huit femmes. 



NOUVELLE-ECOSSE. 



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Ecole d'Halifax pour les aveugles. Incorporée en 1867. Cette école 
reçoit des élèves non seulement de la Nouvelle- Ecosse, mais encore 
du Nouveau-Brunswick, de l'Ile de Prince-Edouard et de Terre- 
Neuve. Elle compte 106 élèves, 67 garçons et 39 filles. L'année 
dernière, sept jeunes gens et trois jeunes filles de cette école obtin- 
rent leur diplôme. Six d'entre eux sont d'excellents maîtres de 
musique, trois sont accordeurs de piano, et le dixième a obtenu une 
place d'assistant au kindergarten de l'école. Tous se trouvent 
ainsi en état de subvenir honorablement ^ leurs besoins. On y a 
introduit dernièrement une nouvelle sorte de travail pour les filles, le 
tissage de rubans, de ficelles, de pailles, de roseaux français, etc. , et 
la fabrication d'articles utiles et de fantaisie susceptibles de se ven- 
dre facilement. L'école est gratuite, de sorte que, au point de vue 
de l'instruction, les aveugles se trouvent sur le même pied que leurs 
frères et sœurs mieux partagés. Président — M. W. E. Silver. 



EDUCATION ANGLAISE 



165 



L'Institut d'Halifax pour les sourds-mucb. — Cet institut fut fondé en 
1857, L'assistance pour l'année courante a été de 132 élèves ; 65 
garçons et 67 filles. De même que l'Ecole ix)ur les aveugles, cet 
institut reçoit des élèves des provinces maritimes et de Terre- Neuve. 
Le langage des signes et la méthode orale y sont employés, cette 
dernière y est actuellement prédominante. Les jeunes filles y 
appreiment la couture, le tricotage, le raccommodage, les ouvrages 
de fantaisie et la confection des vêtements. On y enseigne aux 
garçons, entre autres choses, la compo.sition typographique et le tra- 
vail d'imprimerie. Principal— M. James Fearon. 

NOUVEAU-BRUNSWICK. 



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L'Institut de Fredericton pour les sourds-muets. — Fut fondé en 1883. 
Comptait 43 élèves en 1899: 26 garçons et 17 filles. On s'est efforcé 
d'y attirer les enfants sourds-muets négligés et retenus à la maison. 
Pour 80 dollars par année un élève y reçoit le logement, la pension, 
l'instruction et les soins médicaux dont il peut avoir besoin. Principal 



•M. A. F. 



Woodbridge 



Directrice— Mme Woodbridge. 



MANITOBA. 






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Ecole des sourds-mucb. Ecole subventionnée par le gouvernement 
et entièrement sous sa direction Aucun renseignement concernant 
cette éqole n'a été reçue. Principal — M. McDermid. 






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FEMMES DU CANADA 



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(2.) EDUCATION FRANÇAISE. 



NOS ÉTABUSSEMENTS D'ÉDUCATION. 



Au Canada les religieuses enseignantes ont précédé les défri- 
cheurs. 

Champlain venait de mourir et le frêle berceau de la Nouvelle- 
France était encore tout environné de forêts, quand les ursulines. 
arrivèrent à Québec avec une jeune et noble dame d'Alençon. Sur 
les bords affreusement sauvages du Saint-Laurent, ces femmes 
admirables venaient allumer un foyer de lumière chrétienne. Elles 
espéraient attirer les cruels indigènes à l'Evangile ; par la force de 
la charité elles comptaient les donner à l'Eglise, à la civilisation, et 
ce n'est pas seulement l'héroïsme de la foi et de l'abnégation qui 
consacre leur mémoire, c'est aussi la gloire du courage. Les Fran- 
çais qui étaient comme perdus au milieu de la barbarie, accueil- 
lirent les religieuses avec une joie et un enthousiasme indescrip- 
tibles. Elles débarquèrent au son des canons, des tambours et des 
fifres, et tombant à genoux, baisèrent la terre de leur sauvage patrie 
d'adoption. Aucune habitation n'avait pu être préparée d'avance. 
On logea les ursulines dans un chétif petit magasin, et avec les 
enfants qu'il y avait alors à Québec, on leur amena les néophytes 
huronnes. Les religieuses se mirent immédiatement à l'étude des 
dialectes du pays ; et tant que les naturels n'eurent pas déserté les 
centres de civilisation, elles se dévouèrent aux petites sauvager '. 
comme aux petites françaises. 

Le jour de l'arrivée des ursulines, le gouverneur, ^L de 
Montmagny, leur ' ' avait départi et distribué six arpents de terre 
ou en\nron, en nature de bois, en la ville de Québec". Au prin- 
temps de 1641, les défrichements étaient assez avancés pour qu'on 
se mît à bâtir, et au mois de novembre 1642, les ursulines entrèrent 
dans leur monastère. "Il y restait à faire plus qu'il n'y avait de fait ' ' , 
et elles pensèrent mourir de froid. Cependant ni les souffrances, 
ni l'insécurité où il fallait vivre, ne purent ébranler leur constance. 
Ce qu'elles avaient osé entreprendre, elles surent l'accomplir. Alors 
que la pauvreté était si grande dans la colonie, elles virent deux 
fois le feu consumer tout ce qu'elles possédaient. Mais les pires 



ÉTABLISSEMENTS D'ÉDUCATION 



167 



désastres semblaient accroître leur ardeur. Au lendemain des incen- 
dies, sans asile, sans pain, presque sans vêtements, elles repre- 
naient leur œuvre d'éducatrices ; et si l'éducation est la communica- 
tion de l'intime, que n'ont-elles pas déposé au fond des cœurs de 
foi robuste, de saine vigueur, d'héroïque vaillance. 

Ces religieuses qui nous apparaissent tout illuminées de surna- 
turel, avaient plus à cœur que j^ersonne l'affermissement de la 
colonie. Lorsque les continuels périls s'aggravaient, que tout sem- 
blait perdu : " Mon Dieu ", s'écriait une de ces saintes femmes qui 
s'offrait sans cesse en victime pour le pays, " effacez mon nom du 
livre de vie, plutôt que de permettre la destruction de la Nouvelle- 
France". " Il n'y a que Dieu qui empêche les sauvages de voir 
comme nous sommes peu nombreux et comme il leur serait facile de 
nous anéantir ", écrivait l'illustre et vénérable Marie de l'Incarna- 
tion. 

En 1660, quand les cinq tribus iroquoises s'unirent pour en 
finir avec les Français, la même religieuse écrivait après cinq mor- 
telles semaines d'alarmes et d'angoisses : " Je n'ai pas vu qu'aucune 
de nous eut été hors de sa tranquilité ". 

Ces sublimes femmes ne purent faire aux féroces indigènes tout 
le bien qu'elles avaient rêvé, mais elles firent un immense bien à la 
colonie et, plus que les gouverneurs et les intendants, contribuèrent 
à la façonner. ' ' C'est à l'endroit des filles françaises que nous sommes 
le plus utiles ", écrivait Marie de l'Incarnation ; " il n'y en a pas 
une qui ne passe par nos mains". Pour assurer à ces enfants le 
bienfait d'une bonne éducation, on ne reculait devant aucune diffi- 
culté, et de l'Acadie, du Détroit, de la Louisiane, ces hardis explora- 
teurs qui ont couvert de gloire le nom français, envoyaient leurs filles 
aux Ursulines. Qu'il nous soit permis d'ajouter que tous lesétrangers, 
qui visitèrent le pays à cette époque, font des Canadiennes le plus 
complet éloge. Energiques dans les périls, dures à la peine et au 
travail, ne répugnant en général à aucun ouvrage, elles n'en étaient 
pas moins, disent-ils, de vraies dames françaises pour l'éducation et 
les manières. Très hospitalières, elles excellaient à voiler leur 
pauvreté sous un air d'aisance. C'est du Canada que Charlevoix 
écrivait en 1720 : " Nulle part ailleurs, on ne parle plus purement 
notre langue. On ne remarque surtout aucun accent". Sur ce 
point, les témoignages abondent. D'après Charlevoix, on trouvait 
à Québec, en 1720, un petit monde choisi où rien ne manquait de ce 
qui peut rendre une société agréable. ' ' L'esprit enjoué, les manières 



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FEMMES DU CANADA 






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douces et polies sont communes à tous ", dit-il. " et la rusticité, soit 
dans les façons, soit dans le langage, n'est pas même connue dans 
les campagnes les plus reculées". Si l'on ajoute que cette popu- 
lation si remarquable pour son urbanité, l'était encore plus par sa foi 
religieuse, son patriotisme, sa moralité, son courage, il faut bien 
convenir que jamais femmes n'ont mieux compris, mieux rempli 
leur rôle que les femmes de la Nouvelle- France. Car, comme l'a 
écrit le regretté M. Rameau, — le premier Français qui se soit 
sérieusement occupé de nous, — à l'époque de la conquête, il y avait 
sur les bords du Saint- Laurent " un peuple d'élite auquel rien n'a 
manqué que la fortune et le concours de la mère patrie ". 

Le général Murray, qui avait vu les Canadiens sur les champs 
de bataille, leur témoigna toujours un grand respect. Accusé de les 
favoriser, il répondit: "Je me glorifie d'avoir fait tout en mon 
pouvoir pour gagner à mon royal maître l'affection de ce brave et 
généreux peuple ' ' . C'est dans l'église des Ursulines que Montcalm 
fut inhumé après la bataille des Plaines. ' ' Notre église, dont le 
toit et le plancher avaient été en plusieurs endroits traversés par 
des boulets, se trouvait cependant la seule en état d'abriter un peu 
convenablement les restes du héros", dit V Histoire des Ursulines. 
"Ce fut le soir même du 14, vers les neuf heures, que se fit la 
cérémonie funèbre ; les ténèbres et le silence planaient tristement 
sur les ruines de la cité, pendant que défilaient du château Saint- 
Louis aux Ursulines, le lugubre cortège, composé du clergé, des 
officiers civils et militaires auxquels se joignirent, chemin faisant, les 
hommes, les femmes et les enfants qui erraient çà et là au milieu 
des décombres. Les cloches restèrent muettes, le canon ne résonna 
point et les clairons furent sans adieu pour le plus vaillant des 
soldats. Mais quelle scène à l'intérieur de la chapelle ! Les sanglots 
comprimés jusque-là éclatèrent ". Il semblait qu'avec la dépouille 
du grand vaincu on ensevelissait tout l'avenir et la vie même, de la 
patrie. 

Après la prise de Québec, les blessés anglais encombrèrent 
longtemps le monastère. Le généreux soin que les religieuses en 
prirent leur valut l'estime et la bienveillance du général Murray. 
Il mit les ursulines à la solde du roi d'Angleterre et tous les jours 
fit servir à chacune une ration. La misère était partout à son 
comble. Un grand nombre de familles furent plusieurs mois sans 
voir du pain, et pour ajoutera tous les maux de la guerre, la banque- 
route du gouvernement français fit perdre aux Canadiens quarante 



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ÊTADLISSEMENUS D'ÉDUCATION 



169 



millions de francs. Pour ces abandonnés qui avaient tout sacrifié à 
la défense du pays, ce fut la ruine dans toute son horreur, et, déses- 
pérant de l'avenir, beaucoup de familles s'embarquèrent pour la 
France. "Il semblait au peuple canadien", dit V Histoire des 
Ursulines, " qu'il était ce navire détaché de ses ancres, battu par la 
tempête, dont les pièces disjointes s'en vont bientôt une à une à la 
dérive". 

Cependant, à peine déchargées des blessés, les religieuses 
ouvrirent leurs classes. Françaises de sentiment et de pensées, elles 
surent s'élever au-dessus des amertumes du présent et des inquié- 
tudes de l'avenir. Dans les événements elles voyaient l'action de la 
Providence, et tout en versant de nobles larmes, elles mirent admi- 
rablement en pratique cette maxime de leur grande Marie de l'Incar- 
nation : " Quand on s'est donné à Dieu, il faut le suivre où il veut 
et se perdre dans sa sainte volonté ". Le dignité et la sagesse de 
leur conduite leur concilièrent tout d'abord les autorités nouvelles. 
On leur laissa la plus entière liberté de continuer leur œuvre. 
Mais la lutte contre la pauvreté fut rude et longue, et une gêne 
plus amère s'ajouta bientôt à toutes les autres. La politique 
britannique prohibait sévèrement l'importation des livres français. 
Il eu résulta une disette qui fut pour les ursulines, comme pour 
tous les corps enseignants, un grand sujet d'inquiétude et de tris- 
tesse.* Les livres anglais ne manquaient pas, mais on fut quelque 
temps sans savoir s'en servir, et avec la religion on voulait conserver 
la langue des aïeux. 

Il y a presque deux siècles que le pensionnat sauvage s'est fermé, 
mais le pensionnat français va toujours grandissant. En 1830, 
pour s'accommoder aux besoins de la société, les ursulines mirent 
sur le même pied l'enseignement de l'anglais et iu français. Depuis, 
de tous les points du Canada et des Etats-Unis, on afflue vers le 
vieux monastère, l'institution scolaire la plus ancienne de tout le 
continent. Il y a longtemps que la race britannique est largement 
représentée dans le personnel de la communauté, mais les ursulines 
n'en restent pas moins gardiennes incorruptibles des traditions 
nationales. 



* " Les grammaires françaises étaient tellement rares, qu'il n'y eu avait 
qu'une pour l'externat : elle était placée sur un pupitre au milieu de la chambre ; 
la page ouverte était retenue par un cadre de bois ; chaque élève pliait à tour 
de rôle apprendre la leçon du jour, et la maîtresse seule avait la permission de 
tourner les feuilles du livre respecté." Histoire des Ursulines. 



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FEMMES DU CANADA 



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Les sœurs de la Congrégation ont été bien longtemps leurs 
seules auxiliaires. Cet admirable institut, qui compte aujourd'hui 
vingt-six mille élèves, a été fondé à Montréal. Une cinquantaine 
de Français commandés par Maisonneuve étaient venus s'y établir. 
Ils voulaient arrêter les incursions des terribles Iroquois, et dans 
Vîle sauvage, fonder une puissante ville en l'honneur de la Vierge. 
Humainement parlant, c'était bien le projet le plus extravagant, 
le plus téméraire qu'on eût jamais conçu. Mais contrairement à 
toutes les prévisions, les sauvages ne purent jamais triompher de 
cette poignée d'hommes, et Ville-Marie s'étendit et s'affermit. Pour 
soutenir sa colonie, Maisonneuve fut plusieurs fois obligé de passer 
en France, et dans une visite qu'il fît à sa famille, l'une de ses 
sœurs lui présenta cette Marguerite Bourgeois que le Canada espère 
voir bientôt sur les autels. Le fondateur de Montréal crut recon- 
naître en elle une auxiliatrice. Il lui proposa de l'emmener au 
Canada travailler à l'instruction des enfants de Ville-Marie. Et 
après avoir consulté ses supérieures, Marguerite accepta. Elle se 
prépara au départ, en distribuant aux pauvres tout ce qu'elle pos- 
sédait et partit, se disant que .si son dessein était de Dieu, il saurait 
le faire réussir. A Ville-Marie on vivait encore dans de continuelles 
appréhensions, mais l'horrible guerre de surprises que les Iroquois 
faisaient aux colons n'inquiéta jamais Marguerite Bourgeois. 

C'est dans une étable dont elle fît une maison qu'elle ouvrit son 
école, le 25 ""ovembre 1657. Elle ne voulut accepter aucune rétri- 
bution, vécut du travail de ses mains, c'est-à-dire de privations, et 
sut inspirer son sublime désintéressement à des amies de France qui 
lui offrirent leur concours. Ainsi fut fondée la congrégation de 
Notre-Dame. Elle eut bientôt un pensionnat, unouvroir, des mis- 
sions. L'héroïque femme qui avait quitté la France, n'emportant 
que sa bonne volonté, devait être dans le nouveau monde l'une des 
grandes bienfaitrices de .sa race. Dans l'éducation des femmes elle 
voyait l'avenir de la religion, de la civilisation, et, dit Charlevoix : 
"sans autre ressource que son courage et sa confiance en Dieu, 
elle entreprit de donner aux jeunes personnes, quelque pauvres et 
quelque abandonnées qu'elles fussent, une éducation que n'ont 
point dans les royaumes les plus policés, beaucoup de femmes 
même de condition". 

Et, d'après le même historien, elle y réussit .si bien, que tous 
ceux qui fai.saient quelque séjour dans la Nouvelle-France, s'éton- 
naient du bon langage et de la politesse des plus humbles femmes. 



ÉTABLISSEMENTS D' ÉDUCATION 



171 



La sœur Bourgeois vécut longtemps, et les épreuves ne lui 
manquèrent pas, mais rien ne put la détourner de sa mission, ni 
ébranler sa confiance en Dieu. Après l'incendie qui consuma la 
spacieuse maison qui avait remplacé l'étable, berceau de l'institut, 
elle se remit à bâtir sans autre ressource qu'une pièce de quarante 
sous. Leclercq, dans son litablissimcnt de la Foi d Bacqueville de 
la Potherie dans son Histoire de i' Amérique septentrionale , parlent 
de la Congrégation de Notre-Dame avec de très grands éloges. Les 
intendants, les gouverneurs, tout comme les personnages ecclésias- 
tiques, confirment le témoignage des historiens. Aujourd'hui les 
sœurs de la Congrégation n'ont pas moins de cent douze établis- 
sements et leur pensionnat de Ville-Marie est sans rival pour la 
beauté. Jusqu'en 1842 les ursulines et les sœurs de la Congré- 
gation furent nos seules religieuses enseignantes. Depuis, à la 
demande des évêques, il nous en est venu de France. 

Les dames du Sacré-Cœur arrivèrent en 1842; les sœurs de 
Sainte-Croix, en 1847 ; les sœurs de Saint- Joseph, en 1851 ; les 
sœurs de la Présentation, en 1853 ; les religieuses de Jésus-Marie, 
en 1855 ; les .sœurs servantes du Saint-Cœur de Marie, en 1892. 

Les dames du Sacré-Cœur ont un magnifique établissement au 
Sault-au-RécoUet ; les religieuses de Jésus-Marie dirigent avec 
succès le beau couvent de Sillery, près de Québec, et toutes ont 
trouvé un vaste champ à leur zèle. Mais les sœurs de la Présen- 
tation semblent particulièrement sympathiques au peuple canadien. 
De la jeune ville de Saint-Hyacinthe, où elles s'établirent à leur 
arrivée, elles se sont répandues de tous côtés et la maison mère 
grandit sans ces.se. 

Les sœurs de Lorette, établies à Toronto, sont venues d'Irlande; 
les filles du Cœur immaculé de Marie, les sœurs de l'Ecole de 
Notre-Dame nous .sont venues des Etats-Unis, et aussi, croyons- 
nous, les sœurs de Saint-Joseph qui dirigent à Hamilton les écoles 
.séparées. 

En 1843, trois Canadiennes, enfants du peuple, fondèrent à 
Longueuil une nouvelle congrégation enseignante. Une humble 
maison du village en fut le berceau, mais dès l'année suivante les 
sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie comptaient une cen- 
taine d'élèves, et maititenant ces religieuses canadiennes sont répan- 
dues jusqu'au golfe du Mexique, jusqu'aux rives de l'océan Paci- 
fique, et partout la splendeur de l'estime publique les entoure. La 
congrégation des sœurs de Sainte-Anne, fondée à Vaudreuil en 



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FEMMES DU CANADA 



1850, s'est aussi rapidement et luagtiifiquement développée. A 
Nicolet, à Riiiiouski, à Saint- Hyacinthe et à Buckland il s'est 
formé d'autres congrégations uniquement vouées à l'enseignement. 
Ajoutons que les établissements d'éducation catholiques et français 
qui se développent en dehors de nos frontières sont dus en grande 
partie aux sacrifices de la province de Québec. Les sœurs de 
l'As-somption et les sœurs Grises de Nicolet ont même des missions 
dans les régions polaires. A la demande de Mgr Graudin, 
ces religieuses canadiennes sont allées partager les souffrances et les 
labeurs des Fidèles Compag^nes de Jésus venues de France. 
'* Elles réussissent très bien auprès des petits sauvages, dit le saint 
évêque de ces rudes et lointaines missions, elles relèvent la femme 
si avilie parmi les sauvages, et formeront à la longue répou.^e 
et la mère chrétiennes ". Toutes les religieuses vont à leur 
tâche allègrement. Former des catholiques, des femmes de 
de\'oir, voilà ce qu'elles veulent avant tout. L'éducation est 
profondément chrétienne, et dans nos couvents le travail manuel est 
en honneur. Aux ursulines, à Ville-Marie et dans les autres 
grands pensionnats, l'étude des deux langues du pays est obliga- 
toire, et rien n'est négligé pour mettre l'instruction en harmonie 
avec les besoins intellectuels de l'époque. Aux élèves qui auront à 
gagner leur vie, on enseigne la sténographie, la télégraphie, la cla- 
vigraphie. Le gouvernement n'a de contrôle que sur les maisons 
qu'il subventionne. L'éducation supérieure ne relève aucunement 
de l'Etat et les diplômes sont distribués par les couvents. 

LAURE CONAN. 



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EDUCATION FRANÇAISE 



L'EDUCATION FRANÇAISE AU CANADA. 



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REI.BVÊ PAR Mlle H. Bartley. 



UNIVERSITÉS. 



McGill est aux Anglais de 
Canadiens. Jusqu'ici, les 




UnivenHé Uval. — Ce que l'université 
la province, l'université Laval l'est aux 
facultés de droit et de médecine n'ont 
point ouvert leurs portes aux femmes. 
Le.« femmes sont admises, cependant, 
aux conférences sur la littérature et la 
rhétorique, et environ une centaine de 
femmes y assistent. Tous les quinze 
jours les membres de la Faculté donnent 
des conférences sur différents sujets, et 
le public y est bienvenu. Dans ces occa- 
sions la vaste salle de l'université se 
remplit d'auditeurs, preuve que le progrès 
intellectuel se fait dans la bonne voie. 
L'érudition et l'éloquence de M. Pierre 
de LabrioUe. a attiré à ses conférences, 
un bon nombre de personnes de nr.tiona- 

lité anglaise. M. le professeur de Labriolle a été appelé de France 
pour occuper la chaire de littérature à Laval. 

COUVENTS. ÉCOLES ET ACADÉMIES. 

Au Canada, un grand nombre de femmes reçoivent leur éducation 
dans les couvents. Dans quelques arrondissements, les différents 
degrés d'enseignement, depuis le jardin de l'enfance ou kindergarten, 
jusqu'à l'instruction secondaire, suffisent aux besoins, mais dans les 
grands centres, le programme des études se continue par ce qu'on 
appelle l'éducation supérieure des femmes. 

Quoique les communautés soient nombreuses, et portent tant de 
noms différents, leurs méthodes d'enseignement, sont pour la plu- 
part identiques. Le corps gouvernant de tous les couvents consiste 
en une supérieure, une assistante-supérieure et un conseil de 
religieuses. Celles-ci à leur tour, peuvent être .sous la direction de 
la supérieure du district, ou bien être innnédiatement respon- 
sables à la maison mère. Les fonctions de la maîtresse des études 
sont de former les institutrices plus jeunes, de choisir les livres 



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IKMMES DU CANADA 



d'études, de visiter fréquemment les classes pour examiner les 
élèves. Celles-ci ne scjiit jamais informées de la date de ces 
examens. Dans les communautés non cloîtrées, la maîtresse des 
études vi.sJte les cinq ou six couvents de .son arrondissement et 
prépare des rapports à la maison mère sur l'état de l'éduca- 
t'on. Toutes les communautés enseignantes ont une école 
centrale de préparation jxjur les jeunes personnes qui désirent être 
admises dans la connnunauté. Les deux ou trois premières 
années de leur entrée au couvent, les novices ne sont pas appelées à 
enseigner, mais plutôt à étudier les méthodes d'éducation. Dans 
quelques couvents, elles ont l'avantage de recevoir des leçons 
de professeurs sur les matières pour lesquelles elles i m- 
trent le plus d'aptitudes. On exige maintenant de toute.-- es 
aspirantes au noviciat, des certificats d'aptitude du bureau des 
instituteurs. 



INSTITUTIONS D'ÉDUCATION DE L'ORDRE DES URSULINES. 



1) I 



Monastère des Ursulines, Québec. — Bien que l'on doive à Mme de 
la Peltrie le commencement de cette grande œuvre ainsi que les 
premiers fonds, il n'en est pas moins vrai qu'à la première supérieure 
des ursulines, Marie de l'Incarnation, est surtout dû le succès de 
cette grande entrepri.se. Le premier couvent fut détruit par le feu 
en 1650 ; rebâti sur le même emplacement, il fut de nouveau réduit 
en cendres en 1686, et recon.struit. Une portion de l'ancien bâtiment 
fait partie du célèbre monastère tel qu'il existe aujourd'hui. Cette 
institution vénérable, siège du .savoir et de la culture intellectuelle, 
est la plus ancienne du Canada, et pendant toute sa longue carrière, 
elle s'e.st maintenue à la hauteur de sa réputation. Les recettes pro- 
viennent des rétributions payées par les élèves, des revenus des 
biens fonds légués par Mme de la Peltrie et quelques autres per- 
sonnes charitables. Les subventions du gouvernement sont .seule- 
ment pour l'école Normale et les écoles d'externes qui sont sous 
la gestion des commissaires. Chaque année, la communauté accorde 
un certain nombre de bourses. Les pensionnaires et les externes 
sont en tout 612. L'école Normale est .sous la direction des ursu- 
lines ; il y a 132 élèv-es, et dans l'école modèle, 302. La commu- 
nauté compte 80 religieuses. S'adresser à la R. M. Sainte-An- 
toinette. 

Trois-Rivières. — L'histoire de ce monastère, comme celle du précé- 
dent, est des plus intéressantes; elle nous reporte aux premiers jours 
de la colonie. La fondation eut lieu en 1697. Il y eut des temps de 
privations, dont on a de la peine à se faire une idée. Notons, par 
exemple, la difl&culté de faire venir des livres de la mère patrie. Ceux 



EDUCATION FRANÇAISE 



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(ju'oii en recevait en très petit nombre étaient considérés si précieux 
(ju'on les plaçait sur des pupitres où les élèves, tour à tour, venaient 
étudier la leçon du jour, et, de peur qu'ils ne fussent quelque peu 
eiidonwnagés, la maîtresse seule avait le privilège d'en tourner les 
pages. 

Le couvent des ursulines de Trois-Rivières est soutenu par le 
revenu provenant d'un legs de Mgr de vSt-Valier en l'année 1697, et 
des rétributions jiayées par les élèves, et par les fortunes privées des 
religieuses. Il y a 36 religieuses qui s'occupent de l'enseignement ; 
elles ne reçoivent aucun traitement. Le nombre des élèves est de 
600, et, grâce à la générosité des religieuses, sei/.e d'entre elles ne 
paient aucune rétribution. Ces jeunes filles seront ainsi à même 
de gagner ensuite leur vie, en qualité de commis ou d'institu- 
trices. On accorde des diplômes. S'adresser à la R. M. Marie de 
Jésus. 

Stanstead. — Ce monastère est une autre succursale de la maison 
mère à Québec et fut fondé en 1884. Le cours d études est le 
même et le nombre des élèves est de 135. La communauté 
se comix)se de vingt religieuses. S'adre.sser à la R. M. Sainte- 
Hulalie. 

Hoberval. — Le monastère fut fondé en 1882, par un petit nombre 
de religieuses missionnaires venues de la maison mère à Québec. 
Les ursulines furent entre les premiers colons qui s'établirent dans 
la contrée du lac Saint-Jean, et elles ont fait beaucoup pour la 
prospérité temporelle et spirituelle de la population. Les pensioîi- 
naires et les externes sont au nombre de 185. Les ursulines tien- 
nent aussi une école industrielle, qui est jusqu'à un certain 
point une école d'agriculture. Elles enseignent aux jeunes femmes 
le tissage, le filage, la couture des robes, l'apiculture, le soin de.^ 
vergers et l'emballage des fruits. 



CONGREGATION DE NOTRE-DAME. 

Cette communauté fut fondée par Marguerite Bourgeois, qui 
vint au Canada en 1658. Son but était a instruire les jeunes filles 
des colons français, et aussi d'enseigner les jeunes filles et les fennnes 
sauvages et de s'occuper d'elles. En 1676, il fut ouvert des écoles 
dans des cabanes d'écorce. Plus tard, les écoles furent transportées 
dans deux tours de pierre, qu'on peut voir aujourd'hui encore sur 
les terrains du grand séminaire, rue Sherbrooke, Montréal. En 
1671, fut ouverte dans une cour de la rue Notre-Dame, un pensionnat 
]K)ur les jeunes filles des militaires, des fonctionnaires civils et des 
colons les plus à leur aise. La maison mère de la communauté fut 
transportée sur la pente ouest du Mont-Royal mais elle fut détruite 
par le feu, et les religieuses retournèrent alors temporairement au 



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FEMMES DU CANADA 



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bâtiment historique de la rue Notre-Dame. En 1854 fut établi le 
principal établissement c''éducatiou de la congrégation à Villa-Maria, 
près de Montréal, dans l'ancienne résidence vice- royale de Lord 
Elgin. comme alors sous le nom de Monklands. Cette coramurautc 
compte au Canada 1 1 2 maisons, où le nombre total des élèves est de 
27,092. 

La maison mère garantit la capacité des religieuses. Pendant 
leur noviciat, elles reçoivent une éducation spéciale qui dure de deux 
à rois ans. Pendant les vacances d'été, il est tenu des réunions 
d'institutrices dans les grands centres, tels que Montréal, Ottawa, 
Québec, ou dans des villes des Etats-Unis. Le cours d'instruc- 
tion commence avec le kindergarten et conduit l'élève par les 
différents degrés, jusqu'aux classes supérieures et classes de gra- 
duées, qui correspondent parfaitement à la première et à la deuxième 
année du cours universitaire. A celles qui désirent prendre une 
éducatioa commerciale, on donne un cours complet dans les mathé- 
matiques, avec sténographie, clavigraphie et tenue des livres. Il y 
a des facilités spéciales pour l'étude de l'espagnol, de l'allemand, 
de l'italien, du français et du latin. Le latin est enseigné après le 
cours intermédiaire. Les certificats accordés par la congrégation 
de Notre-Dame permettent aux graduées, de recevoir les honneurs 
académiques et avec quelques études additionnelles, de prendre les 
grades des universités américaines et canadiennes. Dans tous les 
couvents de la congrégation, la musique est une spécialité et les 
méthodes employées dans l'enseignement sont les mêmes que celles 
du Conser\-atoire de musique, où plusieurs élèves de la congréga- 
tion ont remporté de grands honneurs. On enseigne la couture 
dans toutes ses variétés depuis la dentelle la plus délicate jusqu'à la 
couture des robes et l'usage de la machine à coudre. Les classes 
d'art sont dirigées par des professeurs de talent et les élèves y 
apprennent la peinture des aquarelles, la peinture 
la peinture sur porcelaine. Il est aussi donné des 
culinaire. 

Dans les établissements les plus considérables, il y a une 
bibliothèque et un musée. Les rétributions des élèves varient sui- 
vant les circonstances. Dans tous les couvents, l'instruction est 
gratuite pour un certain nombre d'élèves : à d'autres on ne 
demande qu'une rétribution purement nominale. On recommande 
de garder secrètes les faveurs ainsi accordées. 

Sur l'autorisation du gouvernement local, les religieuses ont 
ouvert en 1899 une école normale, dans la rue Notre-Dame. 
Montréal. Les élèves doivent toutes être pensionnaires ; elles 
reçoivent instruction dans toutes les matières anglaises et françaises. 
L^ inspecteurs du gouvernement font subir les examens. S'at^resser 
à la R. M. Sainte-Sabine. 



à l'huile et 
leçons d'art 



EDUCATION FRANÇAISE 



177 



ETABLISSEMENTS D'EDUCATION DES DAMES DU SACRE-CŒUR. 

Sauit-aU'Récoiict. — La ville d'Amiens, eu France, est considérée 
comme le berceau de l'ordre ; mais la maison mère est à Paris, 
i'rance. La première maison de l'ordre au Canada, fut fondé en 
1842 à Saint- facques de l'Achigau, par quatre religieuses, venues de 
France. Kn 1847, elles allèrent s'établira Saint- Vincent, et, en 1853 
ilans le couvent magnifiquement situé au Sault-au-RécoUet. 

C'est une règle de l'ordre que le surplus des fonds doit être 
consacré au maintien d'une école pauvre, d'un orphelinat ou d'une 
école normale. Les recettes des différents couvents proviennent des 
rétributions des élèves et de la fortune privée des religieuses. Il 
n'est accepté de subvention du gouvernement que dans les localités 
où les écoles publiques sont confiées aux religieuses du Sacré- 
Cœur. Ces dames ne peuvent détenir que des propriétés utilisées 
pour des fins d'éducation. 

Le programme des études est gradué et commence au jardin de 
l'enfance. Le français, l'italien et l'espagnol sont enseignés par 
des dames européennes. Les leçons de musique sont données par 
les religieuses ainsi que par plusieurs professeurs de la ville. On 
s'occupe beaucoup du dessin, de la peinture et des travaux de cou- 
ture. L'institution pos.sède une bibliothèque et un musée qui lui 
font beaucoup d'honneur. Il y a 175 élèves pensionnaires. On 
n'admet point d'élèves externes. La communauté se compose de 
80 membres. S'adresser à Mme Sarens. 

L'Ecole Industrielle de Sainte-Sophie doit son existence à un legs de h 
fondatrice de l'ordre Madeleine Sophie Barat et à la générosité 
de feu Mgr Dinet, dont la sœur était religieuse du Sacré- 
Cœur. Cent vingt-cinq jeunes filles de la paroisse fréquentent cette 
école. Elles paient uue faible rétribution. S'adresser à la R. M. supé- 
rieure. 

L'Académie de la rue Saint-Alexandre est une succursale de la maison 
du Sault-au- Récollet, fokuiée à Montréal en 1860, et maintenant 
exclusivement un externat. Les élèves entrent à huit heures du 
matin et sortent à six heures du soir. A partir de trois heures, les 
élèves écrivent des exercices et préparent les leçons du lendemain. 
Le programme des études est le même que dans tous les couvents 
du Sacré-Cœur. Il y a à présent 100 élèves et 74 religieuses. 
S'adresser à Mme de Backer. 

L'école Industrielle est attachée à l'Académie et est de fonda- 
lion plus récente (.892). Cent quinze enfants pauvres la fréquen- 
tent, et on enseigfne aux plus grandes la couture, la cuisine, les soins 
du ménage, etc. Un certain nombre de petites filles italiennes assistent 
à l'école. Les religieuses n'acceptent point de rétribution. Quand 




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FEMMES DU CANADA 



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un élève a assisté aux leçons de l'Ouvroir pendant un certain 
nombre d'années, on lui accorde une petite allocatiou pour &on 
travail. 

Halifax (Nouvelle-Ecosse). -Cette succursale fut établie en 1849. La 
communauté compte 51 religieuses, qui dirigent une pension et 
externat, ainsi que l'école paroissiale. Elle donne des diplômes et 
des médailles d'or. Le programme des études est gradué et com- 
mence avec le jardin de l'enfance. La musique, le dessin, la peinture, 
les travaux à l'aiguille et la gymnastique font partie du programme 
scolaire. S'adresser à la R. M. C. Lewis. 

London (Ontario). — Autre succursale fondée en 1852. Pension et 
externat. La conununauté se compose de 48 religieuses. S'adresser 
à la R. M. Sheridan. 



SŒURS DES SAINTS NOMS DE JESUS ET DE MARIE. 



Hochelaja (Québec). — Cette conmumauté enseignante a été fondée 
à Longueuil, en 1843. Les fondatrices étaient trois dames cana- 
diennes, Mmes Eulalie Durocher, Mélodie Dufresne et Henriette 
Cère. La congrégation fut formée sous la direction des pères oblats 
de Marie innnaculée et sous les auspices de feu S. G. Mgr 
Bourget, évêque de Montréal. Avec la bénédiction de Dieu, elle a 
rapidement étendu sa sphère d'utilité. Les sœurs des Saints- Noms 
ont actuellement 44 couvents, dont 32 dans Québec, 7 au Manitoba 
et 5 dans l'Ontario. En 1860, la maison mère fut transférée à Hoche- 
laga, près de Montréal. 

Le seul but de la communauté est l'éducation chrétienne des 
jeunes filles. Elle y travaille dans des pensions, des écoles payantes 
et des écoles parois.siales gratuites. Les religieuses qui enseignent 
dans les écoles paroissiales sont les seules qui reçoivent un traite- 
ment. Les pensions et les académies se .soutiennent elles-mêmes. 

Le progrannne d'études est académique, régulièrement gradué 
à partir du jardin de l'enfance, comprenant le français et l'anglais. 
Les élèves qui complètent leur cours d'études sont graduées et 
reçoivent la médaille d'or de l'institution. La musique vocale, 
instrumentale et théorique ; les différentes branches du dessin de la 
peinture, la céramique, la couture simple ou de fantaisie ; et tous les 
arts qui contribuent à polir et à cultiver l'esprit sont régulièrement 
et parfaitement enseignés. 

Le musée renferme des spécimens d'oiseaux, une très bonne 
collection de monnaies et des échantillons minéraux et botaniques 
de valeur. La collection des appareils de physique est des plus 
complètes. Il y a aussi un magnifique télescope, et les élèves sont 
très intéres.sées à l'étude de l'astronomie. 



EnUCA TION FRANÇAISE 



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SŒURS DE SAINTE-CROIX ET DES SEPT DOUL^l'-iS 

Saint'Laurent. — Cette congrégation fut fondée en France, en 
1837. et au Canada en 1847. Les religieuses s'établirent d'abord 
à Saint-Laurent, à quelques milles de Motitréal. Cette maison est 
encore considérée, comme la maison mère de l'ordre qui a 28 suc- 
cursales. Le nombre des religieuses est de 366 et celui des élèves 
S,i 12. Des succursales sont établies à Saint- Martin, Varennes, Saint- 
Lii^uori, Sainte-Rose, Magog, Alexandria, Renfrewet quatre à Mont- 
réal même. Le cours d'étude est académique et gradué à partir du 
jardin de l'enfance. On prépare les élèves pour l'obtention des 
brevets d'école élémentaire, d école modèle et d'académie. S'adresser 
à la R. M. Saint-Basile. 

Institutions de la Bienheureuse Vierge Marie ou Couvents de Lorette. — 

La Bavière peut être considérée comme le berceau de ces institutions. 
L'électeur Maximilien Kmmanuel et .son illustre épouse en devin- 
rent les protecteurs, et fondèrent des maisons à Munich, à Aug.sbourg 
et ailleurs. Les couvents qui ont été établis depuis, portent le nom 
de ' ' Couvents de Lorette ' ' , d'où le nom . ' ' Religieuses de Lorette ' ' . 
Ixi propagation de cette congrégation en Canada est due principale- 
ment à la R. M. Teresa Dease. qui, à partir de 1847. ^t pendant 
quarante ans veilla sur les intérêts de la communauté. Elle eu la 
consolation de voir s'é 'ir au Canada, de .son vivant, outre 
l'Abbaye, sept institution.,, savoir, celles de Toronto, de Niagara 
Falls, de Guelph, de Hamilton, deStratford, de Lindsay et de Belle- 
ville. Depuis lors, des succursales ont été fondées à Sault Sainte- 
Marie et à Welle.sley Place, Toronto. 

Toronto. — La R. M. Ignatia Lynn est la supérieure actuelle 
de l'institution, dont la maison mère est à l'abbaye de Lorette. Une 
pension et un externat pennettent aux élèves de se perfectionner 
dans toutes les branches de l'éducation. Le programme d'études 
comprend toutes les études anglaises depuis la clas.se primaire à la 
classe préparatoire pour l'université ; et les élèves peuvent suivre un 
cours commercial complet. Les langues modernes .sont enseignées 
par des personnes venues des pays mêmes. L'-'^^elier de peinture 
est affilié à l'école des arts du gouvernement, et le système musical 
est sur le modèle des conservatoires européens. Les considérables 
additions qui ont été récemment faites à l'abbaye en font un des 
plus beaux bâtiments de la ville de Toronto, et les nombreux avan- 
tages qu'elle offre lui donnent une place très importante parmi les 
établissements d'éducation du Canada. 





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CONGREGATION DES SŒURS DE SAINTE-ANNE. 

La communauté des sœurs de Sainte- Anne a pris nais.sance à 
Vaudreuil (Québec), en 1850. Elle fut fondée par Mlle Esther 
Sureau dit Blondin. C'est la maison mère de plusieurs autres 



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FEMMES DU CANADA 



établissements, Je t 21 dans la province de Québec, 11 dans la 
Colombie-britannique et 5 en Alaska. Outre la supérieure générale 
qui, avec un conseil général, gouverne toute la communauté, chaque 
maison est dirigée par une supérieure locale, assistée d'un conseil. 
Les recettes proviement des rétributions des élèves pour la pension 
et renseignement et de la vente d'ouvrages confectionnés dans les 
couvents. 

Lachine (Québec). La maison mère, située aujourd'hui dans la 
ville de Lachine file de Montréal), pos.sède sur sa propriété un vaste 
établissement destiné aux jeunes filles qui viennent recevoir une 
éducation supérieure et étudier le français et l'anglais. Les élèves 
qui complètent leur éducation dans cette institution, tout en étudiant 
les sciences et la littérature, s'adonnent aussi aux différents travaux 
manuels que toute femme de la bonne société doit connaître, tels que 
la couture, le raccommodage, la taille des habits, la cuisine, etc. Le 
dessin, la peinture, la musique vocale et instrumentale reçoivent 
aussi une attention spéciale. 

Un externat de 237 élèves est sous la direction des sœurs de 
Sainte-Anne, à Lachine. Il y a des établissements semblables à 
Victoria (Colombie -britannique), Juneau, Dawson et Douglas. 
Chacune des succursales (à Sainte- Angèle, Saint-Henri-de-Montréal, 
Saint-Jérôme, Saint-Jacques-de-l'Achigan, Rigaud, Saint-Cyprien, 
Saint-Rémi, Saint-Esprit, Rawdon, Saint-Félix-de- Valois, Sainte- 
Geneviève, Saint-Gabriel-de-Brandon, Saint- Ambroise-de-Kildare, 
etc.), ont la même organisation et le même but que la maison mère. 
Le cours d'études est le même, sauf les modifications nécessitées par 
les besoins particuliers de chaque localité. S'adresser à la R. 
M. de r Ange-Gardien. 



LES SŒURS DE SAINTJOSEPH. 



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Académie Saint- Joseph, rue Saint -Alban. Toronto. Pension et 
externat pour jeunes filles sous la direction des sœurs de Saint- 
Joseph. Nombre des religieuses enseignantes, 16 ; élèves, 150. 
Nombre d'élèves dans les classes (grades) du jardin de l'enfance, 
des écoles primaires et grammar, 90 : des écoles supérieures {high) 
ou d'académies, 60. Le programme d'études comprend toutes les 
matières entrant dans le cadre d'une éducation supérieure. Les 
élèves qui suivent le cours collégial sont préparées à subir 
les examens du ministère de l'éducation et de l'immatricu- 
lation du premier et du second degré. Les élèves qui suivent 
le cours académique doivent étudier les sujets obligés d'une 
bonne éducation anglaise, tout en ne négligeant points les arts 
d'agrément. Les arts, la musique et les langues sont enseignés par 
des professeurs spécialistes. Dans le département des arts, on pré- 
pare les élèves à l'examen de l'école des arts de l'Ontario. Dans la 



EDUCATION FRANÇAISE 



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musique, les élèves sont mises en état de subir les exan"^ns du Con- 
servatoire, et de prendre le grade de B.M. S'adre^ocr à R, M. 
Euchérie. 

Dans les écoles séparées de la ville de Toronto, les sœurs de 
Saint-Joseph ont la direction d'à peu près 50 classes, auxquel' s 
assistent 3,150 élèves. 

Il y a des succursales: à Toronto, le couvent St. Mary, externat: 
5 institutrices, «90 élèves. St. Catharines, académie St-Joseph, 
externa pour jeunes filles : 3 institutrices, 60 élèves. Ecole séparée 
de St. Catharines : 4 institutrices, 1 30 élèves. Ecole séparée de 
St. Mary . 2 in.stitutrices, 55 élèves. Ecole séparée de Thorold : 
3 institutrices, 130 élèves. Ecole séparée de Merritton : 2 institu- 
trices, 85 élèves. Ecole séparée de Barrie : 4 institutrices, 205 
élèves. Ecole séparée de Lafontaine : 3 institutrices, 175 élèves. 
Ecole séparée d'Oshawa : 2 institutrices, 78 élèves. 



SŒURS DE L'ASSOMPTION DE LA SAINTE-VIERGE. 

Nicolet (Québec). — Congrégation fondée en 1853 a Saint-Grégoire 
(Québec), (mais la maison mère est à Nicolet depuis 1872). Le 
but de cette institution est l'instruction des jeunes personnes pour 
en former des institutrices. La congrégation compte 27 établisse- 
ments ; 364 religieuses et 3,497 élèves. S'adresser à la R. M. 
Saint-Joseph. 



SŒURS DE LA PRESENTATION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE. 

Saint'Hyacinthe (Québec). — La maison provinciale de cette congré- 
gation, dont la maison mère est en France, a été établie à Saint- 
Hyacinthe en 1853. Il y a au Canada vingt établissements : 202 
religieuses et 4,125 élèves. S'adresser à la R. M. Marie du Saint- 
Rédempteur. 



SŒURS DE JESUS ET MARIE. 

Sillery. près Québee. — La maison mère de cette communauté est 
à Lyon (France). Au mois de décembre 1855, six religieuses de 
l'ordre vinrent au Canada et s'établirent à Saint- Joseph de Lévis. 
En 1873, il fut construit à Sillery, une succursale qui est devenue le 
centre principal de la communauté au Canada. Les sœurs dirigent 
aussi une école paroissiale. L'ordre compte 203 religieuses ; 
il y a II couvents et 3,416 élèves. S'adresser à la R. M. Sainte- 
Euphémie. 




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FEMMES DU CANADA 
L'INSTITUTION DU SAINTCŒUR DE A\ARIE. 



Saint-Ephrem de Trin^ (Québec). —Le couvent de Saint-Ephrem est 
sous la direction de douze religieuses du Saint Cœur de Marie. Le 
but de l'institution est l'éducation de l'enfance et de la jeunesse. 
Le nombre d'élèves est en moyenne de 150 par année. L'école 
est fréquentée par des garçons et des filles. Le prix de la pension 
est de 40 à 50 dollars par année. Ce sont les seules recettes de l'ins- 
titution. Le cours n'est que primaire, et il n'est conféré aucun 
diplôme L'instruction religieuse est catholique romaiut. S'adresser 
à la R, M. Sainte- Léontine. 




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FIDELES COMPAGNES DE JESUS. . 

Les religieuses de cette congrégation s'établirent en Canada en 
1883. La maison mère est à Paris. Il y a deux succursales dans 
le Manitoba ; trois dans les Territoires du Nord-Ouest. 

A Duck Lake (Saskatchewan), il y a une école industrielle avec 
95 élèves sauvages. 



SŒURS DE CHARITE DE SAINTFRANÇOIS-XAVIEK. 

Halifax (Nouvelle-Eco<tse.) — La Mère Seaton en est la fondatrice. 
Ordre d'institutrices et d'infirmières ayant des succursales au Canada 
et dans les Etats-Unis. Les succursales de l'ordre sont affiliées aux 
universités. Les sœurs qui enseignent dans les pensions et les 
externats ont pris les grades universitaires. Le gouvernement 
accorde une certaine subvention à l'ordre ; l'externat compte 80 
élèves. S'adresser à la R. M. Fidelis. 



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SŒURS GRISES DE LA CROIX. 

Ottawa (Ontario). — La maison mère de l'institution est dans la 
rue Water. Pensionnat et externat. A Ottawa le cours d'études 
va jusqu'au cours collégial. Dans toutes les nombreuses écoles de 
l'institution, à Ottawa, Aylmer, Egativille, Pembroke e<: ailleurs, 
le programme des études est le même que dans les collèges et est 
préparatoire aux examens de l'université McGill. S'adresser à la 
R. M. Kirby. 

Trente-cinq établissements appartenant à cette communauté, 
ont un total d'environ 8,000 élèves. 

Saint'FrancoiS'du-Lac (Québec). — Cette maison d'éducation est 
dirigée par les sœurs Grises de la Croix. Le personnel se compose 



EDUCATION FRANÇAISE 



183 



d'une supérieure et de cinq religieuses. Sur cinq maîtresses il y en 
a trois brevetées. Une de ces soeurs à une classe d'abénaquts. Le 
nombre les élèves ost de 82 à Saint-Kninçois-du-Lac, et de 75 chez 
les Abé naquis, l Saint-Thomas- de- Pierre ville. Cette dernière école 
a c'es recettes de 300 dollars par année, provena».. des rétributions 
de.i élèves. lyc programme des études comprend un cours élémen- 
taire de français et d'anglais, de calcul, et l'instruction religieuse. Il 
y a cinq heures de classe à part le chant, la gymnastique et les 
ouvrages de couture. Le pri:: de l'instruction est de 1.40 dollars par 
mois. Ce sont les .seules recettes de l'institution. S'adresser à la 
R. M. Saint- Alexis. 



RELIGIEUSES DU BON PASTEUR, 



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Couvent de Saint*Louis de Gonzague, Montréal. — Pensionnat et externat 
pour jeunesfilles, établis en 1878 ; 405 rue Sherbrooke. Il y a 36 
religieuses et 72 élèves. 



INSTRUCTION PUBLIQUE 

COMITÉS DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. 



La question de l'instruction publique qui agite si profc.idément 
toutes les populations mixtes est réglée depuis longtemps dans le 
Bas-Canada. Il y a un surintendant de l'éducation pour toute la 
province, aidé d'un comité catholique romain pour les écoles catho- 
liques romaines, et d'un comité protestant, avec son secrétaire, pour 
les écoles protestantes. Les évêques sont membres du comité 
catholique roraain, et y siègent soit personnellement, soit par nn 
délégué. 



ÉCOLES MODELES ET ACADEMIES. 

n y a dans la province de Québec 487 écoles modèles catho- 
liques ^t 131 académies. Nombre des élèves 96,752 ; personnel 
enseignant : 626 laïques ; sur ce nombre 395 sont des institutrices 
Sur les 3,365 professeurs appartenant aux ordres religieux, 2,544 
sont des femmes. La moyenne des traitements de ces institutrices 
dans les écoles modèles et les académies, lorsqu, elles ont le brevet de 
capacité, est de 130 dollars. 



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ECOLES DE C0A\M1SSAIRES. 

Baie Saint*Paul. Québec. — Kcoles élémentaires, modèles et acadé- 
mies. Elèves : 315 filles, 355 garçons ; 45 institut' ices et 8 profes- 
seurs. Il y a une très bonne école du soir sous la direction des 
commissaires. Il est donné aux instituteurs des conférences péda- 
gogiques qui sont très appréciées. L'inspecteur du comté de Char- 
levoix est M. J. M. Savard. 

Bassin de Gaspé. — M. J.-A. Chabot, inspecteur pour le comté 
de Gaspé, fait rai)port qu'il y a 100 instituteurs ou institutrices 
tous brevetés à l'exception de huit. Le traitement le moins élevé 
est de 60 dollars par an, le plus élevé de 150 dollars. Elèves : 1,810 
garçons et 1,898 filles. Il est accordé des diplômes d'écoles élémen- 
taires, d'écoles modèles et d'académies. L'école reçoit une subven- 
tion des commissaires. Il y a une école pour les sourds-muets et 
les aveugles. 

Chicouiimi. — M. Tremblay fait rapport que 6,643 élèves fré- 
quentent l'école. Il y a 280 institutrices, dont 40 sont des reli- 
gieuses qui enseignent dans leurs propres couvents. Le traitement 
moyen est de 72 dollars par an. Les institutrices ont des brevets 
d'école élémentaire de l'école Normale. On y prépare les élèves 
aux examens pour obtention de ces brevets. L'école reçoit une 
subvention du gouvernement. 

Académie de Mme Mackay-Woolf, rue Dorchester, Montréal. — 
A commencé en 1885 comme école privée et est passée en 1890, 
sous la gestion des commissaires. Le personnel enseignant se com- 
pose actuellement de six institutrices dont cinq ont des brevets 
d'école modèle et élémentaire ; il y a un professeur de gymnas- 
tique. Les élèves sont au nombre de 180, dont 40 garçons de moins 
de neuf ans. Les élèves reçoivent des brevets d'école élémentaire 
et d'école modèle. On donne la même attention aux langues 
anglaise et française, moitié des élèves étant français et moitié 
étant anglais. La clavigraphie et la sténographie sont enseignées. 
On prépare d'une manière spéciale les jeunes filles qui se destinent 
à l'enseignement ou à des positions commerciales. 

Académie de Mlle Cronin, 257 rue Saint-Antoine, Montréal. — 
Cette école compte 180 élèves. Outre l'anglais et le français, la 
sténographie et la clavigraphit, la gymnastique et la musique font 
partie du progamme des études. L'école se soutient au moyen 
d'une subvention du gouvernement et des rétributions des élèves. 

Académie de Mme Marchand, rue Saint-Hubert, Montréal. Le cours 
primaire compte 190 élèves; le cours modèle, 80; le cours acadé- 
mique, 80. Le bureau central des examinateurs pour la province de 
Québec accorde des brevets d'école élémentaire, d'école modèle et 






EDUCATION FRANÇAISE 



185 



d'académie. Cette école est exclusivement une école de filles. Il 
y a deux professeurs de musique, un de dessin et de peinture, et 
huit maîtresses de classe. L'académie se maintient à l'aide d'une 
subvention du gouvernement et des rétributions des élèves. 

Académie de Mme Octave Coté, Saint-Roch, Québec. Les recettes 
proviennent de la subvention du gouvernement et de la rétribution 
mensuelle. Il y a 150 jeunes filles qui étudient pour obtenir des 
brevets ou jwur se préparer à une carrière commerciale. On y 
prépare 60 jeunes garçons en vue du séminaire ou pour suivre 
le cours conmiercial. Outre l'anglais et le français, on enseigne la 
coupe des robes, la broderie, les ouvrages de fantaisie et la peinture. 
Les institutrices sont brevetées. 

Outremont. — L'école modèle destinée à l'éducation des jeunes 
filles de l'arrondissement de la Côte des Neiges est installée au rez-de- 
chaussé de la modeste chapelle dédiée à Notre-Dame des Neiges. 
Cette chapelle fut bâtie en 18 14 par les MM. de Saint-Sulpice qui 
avaient la desserte des habitants de cette localité, comme faisant 
partie de l'immense paroisse de Notre-Dame de Montréal. Sous la 
direction de ces prêtres dévoués, l'école fut tenue par des institutrices 
laïques jusqu'en 1863. Cette année-là les MM. de Saint-Sulpice, 
de concert avec MM. les commissaires de l'arrondissement 
scolaire qui en ont la gestion, appelèrent les sœurs Grises de 
Montréal à se charger des classes. Les salles d'instruction sont 
si>acieuses, bien aérées et l^ien éclairées. Le matériel d'école qui a 
été renouvelé, est très complet. Les classes sont réparties en trois 
cours comme suit: cours préparatoire (1ère et 2e années) ; cours 
moyen (3e et 4e années); cours supérieur (5e et 6e années). Trois 
institutrices religieuses se partagent ces cours. Dans la belle saison 
rao à 130 élèves fréquentent l'école. 



ECOLES ELEMENTAIRES. 

Le nombre des écoles élémentaires catholiques est de 4,256. 
Elles sont fréquentées par 173,215 catholiques et 684 protestants. 
Il y a 4,250 institutrices et 61 instituteurs. Traitement moyen de 
ces derniers, 221 dollars ; des institutrices, 107.50 dollars. Avec 
des traitements si modiques, il e.st surprenant que l'en.seignement 
trouve f^iicore des candidats dans la province. Et pourtant, en 
juin dernier, il s'est présenté devant le bureau central des exami- 
nateurs catholiques romains 1,481 candidats, nombre qui e.st de 447 
supérieur à celui des candidats en 1898. Sur ces 1,481 candidats, 
634 ont échoué à l'examen. Les brevets accordés ont été 407 pour 
écoles élémentaires, 370 pour écoles modèles et 7 pour académies. 

Le nombre total des élèves qui fréquentent les différentes écoles 
publiques de la province est de 318,443, chiffre de 3,716 supérieur 
au recensement scolaire de l'année dernière. 



Ii6 



FEMMES DU CANADA 



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On a essayé dans certains endroits de réduire le nombre des 
petites écoles de campagne afin de mieux maintenir et organiser 
une école centrale. La grande objection à cet arrangement était 
la distance à parcourir pour les élèves. Pendant la dernière session, 
le gouvernement a décidé de .se charger des frais de transport des 
élèves de chez eux à l'école centrale. 

Une autre innovation est le retrait partiel des subventions 
accordées précédenmient aux universités. Les sonnnes ainsi épar- 
gnées .sont consacrées aux écoles de campagne. Des crédits ont été 
votés pour des conférences pédagogiques aux instituteurs et chaque 
école reçoit gratis le journal scolaire, \ Enseignement Primaire, 

Dans les écoles catholiques séparées de l'Ontario il y a i,io6 
institutrices dont 440 sont des religieuses. Il y a 347 écoles fré- 
quentées par 41,620 élèves. Le traitement le plus élevé aux insti- 
tutrices est de 450 dollars, le moins élevé, 152 dollars. 

Sacré'Caur (Québec). — Il y a ici une école élémentaire, sous la 
direction de deux religieuses de Notre-Dame du Perpétuel Secours. 
Les élèves sont au nombre de cent six. Ils apprennent à lire en 
français et en anglais et reçoivent l'instruction religieuse. 

Saint'Damien de Buckland (Québec). — Ecole élémentaire et orpheli- 
nat agricole ; sous la direction des sœurs de Notre-Dame du 
Perpétuel Secours. Il y a une centaine d'élèves, garçons et filles 
qui apprennent à lire en français et en anglais et à calculer. Ou y 
enseigne aussi aux filles les ouvrages domestiques, tels que la 
cuisine, la couture et le lavage ; aux garçons, l'agriculture. Les 
recettes proviennent de l'allocation scolaire municipale. Chaque année 
quatre ou cinq élèves subissent des examens pour avoir un brevet 
d'école primaire. Les sœurs donnent aussi des certificats aux élèves 
qui ont montré une aptitude spéciale pour les ouvrages de la maison 
ou les travaux des champs. 

SaJnt-Raphaei (Québec). — Les sœurs de Notre-Dame du Perpétuel 
Secours dirigent à Saint-Raphaël une école pour les enfants des 
deux sexes. Il y a 150 élèves et six maîtresses. Le cours élémen- 
taire se termine vers l'âge de quinze ans, et le cours modèle à dix- 
huit ans. Ces deux dernières années, quatre ou cinq élèves de cette 
institution ont obtenu du bureau central des examinateurs leurs 
brevets élémentaires et modèles. Les recettes proviennent de l'allo- 
cation scolaire, car les sœurs sont à l'emploi des commissaires. 
Les élèves sont tous canadiens-français. 

RimouskI (Québec). — La congrégation de Notre-Dame du Saint- 
Rosaire se dévoue particulièrement à l'éducation des pauvres dans 
les écoles paroissiales. La maison mère fut fondée à Rimouski en 
1879 et il y a des succursales au Canada à Saint-Gabriel, Saint- 
Godefroi, Saint-Anaclet, Sainte-Lucie, Sainte-Flavie, l'Assomption, 
Sainte- Anne-de- Beaupré et Chicoutimi, avec 39 religieuses et 1,240 
élèves. 



EnUCA riON FRANÇAISE 



187 






ECOLES SEPAREES. 

SaintC'Ajathe (Ontario) — L'école séparée est dirigée par les sœurs 
de Notre-Dame, qui ont des brevets de l'école Normale. II y a 62 
élèves dans la division des filles et 79 dans celle des garçons. Grades 
d'instruction : kindergarten, primaire, intermédiaire, et .secondaire. 
On enseigne aux filles l'allemand et la couture ; les élèves n'ont 
rien à payer. L'école reçoit une subvention. 

Soeurs de Chariti, Winnipej. — L'année 1899, a été pour les institu- 
tions catholiques de Winnipeg la trentième année de leur exi.stence. 
Jusqu'en 1865, les catholiques de langue anglaise d«i côté ouest 
de la rivière Rouge, de l'établissement de Fort-Garry, vis-à-vis de 
Saint -Boni face, appartenaient à la paroisse de cette ville et assistaient 
aux offices à la cathédrale. Leurs enfants fréquentaient aussi 
régulièrement que possible, les écoles de Saint-Boniface. Sauf en 
hiver, il était très difficile de traverser la rivière. Feu Mgr 
Taché comprenant ces circonstances pénibles, résolut de 
leur donner une église et une école ; mais ses ressources étaient 
jxîu considérables, et il n'avait pas un pouce de terrain de l'autre 
côté de la rivière. Les commencements furent nécessairement 
modestes ; on loua deux chambres, et les .sœurs de charité de Saint- 
Boniface se chargèrent des classes. Chaque joui les r<eligieuses 
traversaient les rivières Rouge et Assiniboine, et faisaient à pied le 
chemin depuis Fort-Garry jusqu'à leur destination, souvent à tra- 
vers la boue et à travers l'eau, car en 1869, on avait peu ou point 
de trottoirs à Winnipeg. Avec le temps la maison entière fut levée 
et une partie fut aménagée en chapelle. Telle est l'origine de la 
paroisse de Sainte- Marie. 

Sœurs de l'Hôpital Général. Montréal, connues sous le non\ de Sœurs 
Grises. — Au Manitoba, les sœurs Grises instrui.sent i ,000 enfants ; 
dans les territoires du Nord-Ouest, 600 ; dans la pro^ ice de 
Québec, 2,519. 

Ces religieuses se livrent principalement aux travaux des hôpi- 
taux ; néanmoins, elles s'occupent aussi d'éducation ; car elles 
enseignent aux orphelines de leurs institutions ; et dans quelques 
localités elles ont dû se charger des écoles paroissiales. 

Sœurs de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, Battleford, Territoires 
du Nord-Ouest. Cette école est fréquentée par 67 garçons et 50 filles. 
Les deux sexes suivent le même programme d'études ; la plupart 
quittent l'école dans la quatrième classe. Il y a un kindergarten. 
Les six religieuses qui enseignent dans cette école sont brevetées ; 
quelques-unes d'entre elles ayant subi des examens aux Etats-Unis 
aussi bien qu'au Canada. Les recettes proviennent des rétributions 
des élèves, des subventions du gouvernement et des taxes scolaires. 
Ce couvent est une succursale de la maison mère, à Nicolet 
(Québec). S'adresser à la sœur Saint- Anselme, 



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FEMMES DU CANADA 



ÉCOLES PRIVÉES. 



Académie de Mlles Bariley. 702 rue Sherbrooke, Montréal. Cet 
établissement a commencé par des leçons privées. Il comprend 
les différents degrés d'instruction à partir du kindergarten. On 
prépare les élèves pour les examens du McGill ou ceux du bureau 
central des examinateurs. Il y a quatre institutrices et 50 élèves. 
Les institutrices ont obtenu des médailles d'or au couvent du Sacré- 
Cœur, sont Associates in Arts de l'Université McGill, et ont des 
certificats du collège Emerson de Boston, pour la gymnastique et 
rélocution. Mlle Sharp, qui a fait son éducation musicale 
en Angleterre, est la maîtresse de musique. Cette école est 
privée et ne reçoit point de subvention. Quelques citoyens influents 
ont donné de l'encouragement en offrant des médailles d'or aux 
élèves graduées à cette école. 

Ecole de Mlle Stephen, 8 rue du Fort, Montréal. Mlle Stephen 
a un brevet de l'université McGill. Quarante-cinq enfants fréquen- 
tent les classes. L'école est privée et ne reçoit point de subvention. 

Première école au Yukon, Dawson City. — En novembre 1898, a été 
ouverte la première école, fondée par les prêtres catholiques. Elle 
est .sous la direction des sœurs de Sainte-Annede Lachine. On y 
reçoit les enfants de toutes confessions. Il y avait à Daw.son, en 
1898, cinquante enfants en âge d'aller à l'école. 




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ECOLB TECHNIQUES. 

Classes de couture de Mme Ethier, Monument national, Mont- 
réal. Il est tenu ici des classes du soir pour la coupt , l'ajustement 
et la couture des robes. La rétribution est de i . 50 dollars pour le 
cours de douze semaines. Une fois par semaine, il y a une classe 
de couture pour les enfants pauvres; rétribution, 50 sous pour tout 
le cours. 

Institution des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, Québec. 
L'institution des sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie a été 
fondée aux Indes pour œuvres missionnaires et de charité. La 
maison de Québec a été fondée en 1892. Une supérieure générale, 
qui réside à Rome, gouverne l'institution dont les ramifications 
s'étendent dans le monde entier. Le but en «>t les œuvres catho- 
liques, en général, et le relèvement de la position de la femme 
dans les pays infidèles. Elle a institué à Québec une école tech- 
nique où les jeunes filles apprennent l'économie domestique et 
acquèrent les connaissances pratiques nécessaires pour la conduite du 
ménage. Pour être admises les jeunes filles doivent avoir au 
moins douze ans. Le cours se compose de trois trimestres ; rétri- 
bution par trimestre, 3 dollars, soit 25 sous par semaine. 



EDUCATION FRANÇAISE 



189 



écOLES DES MISSIONS. 

LAret CAssinIbolne). Les sœurs de Charité, nu nombre de 20, 
ont ici un établissement. HUes instruisent 1 25 filles sauvages. Elles 
sont aussi chargées de l'entretien du linge de 112 garçons sauvages 
et des travaux du réfectoire et de la cuisine. Elles reçoivent cha- 
cune 100 dollars par an. 

Les .sœurs de Notre-Dame des Missions, au nombre de quatre, 
ont ici une maison d'éducation jxjur les ' unies filles de race blanche. 
Elles ont 22 i^ensionnaires, et autant d'e,.ternes. Elles demandent 
6.25 dollars par mois ix)ur l'eiLseignenient, le logement et de la 
pension. 

La Montajne-de-Tondre (Assiniboine). — Il y a ici une école-pension 
pour les enfants .sauvages, dirigée par quatre .sœurs Grises de 
Montréal. Elles enseignent et élèvent 40 enfants, .soignent leurs 
habits et s'occupent aux travaux du réfectoire. 

Lac Croche (Assiniboine). — Qiatre sœnirs de Notre-Dame des 
Missions tiennent une école-ijen.si'^n pour environ 25 enfants sau- 
vages. Tout ce que les sœurs demandent comme traitement est un 
logement et une nourriture très simples. 

Qu'Appelle. — La R. M. Gould est à la tête d'une école indus- 
trielle qui est maintenue par le bureau des affaires indiennes. 
Il y a dix in.stitutrices et 122 élèves. Le traitement le moins 
élevé est de 8 dollars par mois, le plus élevé, de 20 dollars. L'école 
est graduée, depuis le kindergarten jusqu'à l'instruction secondaire. 
II y a six heures d'école par jour, ei\tre les heures de travail 
iriustriel. / 

l^éserve des Plé((ans. — Il y a ici une école élémentaire dont le but 
est d'instruire et de civili.ser les enfants sauvages. Cette école est 
sons l;i direction des sœurs de Charité dont la maison mère est dans 
le diocèse de Nicolet. Cette maison étant à .ses débuts n'a encore 
que peu d'élèves. 

Ecole-Mission des Soeurs Grises. Saint* Albert (Territoires du Nord-Uuest). — 

Cette mission fut fondée en 1859. Son but est l'éducation d'enfants 
sauvages et de race blanche, mais surtout l'évangélisation de la civili- 
sation des sauvages, par l'éducation de leursenfants. L'école se com- 
]x)se de 150 élèves, .sauvages, métis et autres, et il y a 75 élèves dans le 
département industriel. En dehors des heures d'école, on enseigne 
l'agriculture aux garçons qui y réu.ssis.sent très bien, et aux filles la 
conduite de la laiterie, du jardin et de la basse-cour. Elles appren- 
nent encore à coudre, à tisser et à filer. Recettes : subvention du 
gouvernement et moyens privés. Les religieuses s'emploient aussi 
à diverses œuvres de charité. S'adresser à la R. M. supérieure. 



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190 



FEMMES DU CAf^ADA 



Brandon /^Manitoba). — Les sœurs Missionnaires de Notre-Dame 
ont ici une école fréquentée par 63 élèves. Il y a quatre religieuses 
enseignantes. Les recettes de l'école sont les rétributions des élèves 
et 'es contributions de membres de l'église catholique. 

Wicfcwanikonj (Ontario).— Ecole élémentaire et industrielle, fré- 
quentée surtout par des enfants sauvages. On y enseigne à lire en 
anglais et à coudre. L'école est sous la direction de Mme H. Miller 
et de onze religieuses du Cœur Immaculé de Marie. L'école a 160 
élèves. 



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BIBLIOTHÈQUES 



191 



(3). BIBLIOTHÈQUES. 



Les bibliothèques dans la province de l'Ontario sont nombreu- 
ses et florissantes ; les autres provinces sont n: jins avancées sous ce 
rapport. Dans l'Ontario, la loi de 1895 a changé le nom de Mechanics 
Institutes (Instituts d'artisans) en celui de bibliothèques publiques, 
et a pourvu à l'établissement de bibliothèques gratuites, soit en les 
constituant séparément, soit en transférant les Mechanics Institutes, 
les bibliothèques et les salles de lecture, aux conseils municipaux 
des villes et villages. La législature fait une allocation de 
46,000 dollars par an, pour les bibliothèques publiques. Le 
gouvernement ne donne point d'aide aux bibliothèques dans la pro- 
vince de Québec. 

Au Nouveau-Brunswick, le gomernement donne de l'aide aux 
bibliothèques scolaires de district. Il y a maintenant des biblio- 
thèques .scolaires publiques dans 27 districts, toutes très petites. 

Dans les collèges {Collegiate Institutes) du Manitoba, les biblio- 
thèques sont subventionnées par la province. 

Dans les bibliothèques, un grand nombre des employés sont 
des femmes, mais il y a peu de femmes à la tête des bibliothèques, 
sauf dans le cas des plus petites. Les appointements varient 
entre rien du tout et un maximum de 600 dollars. La bibliothèque 
publique de Toronto, qui est la plus grande bibliothèque de prêt en 
Canada, emploie 25 personnes, dont 22 sont des femmes. De plus, 
cinq femmes surnuméraires sont employées à l'occasion. Les 
apîMjintements varient de 300 à 600 dollars par an. 

BiBUOTIî' QUES AU CANADA, PAR PROVINCE. 

VOLUMES. 

Ontario . Publiques 384 ( 103 gratuites) 417,645 

" D'éducation et spéciales. 34 537,582- 



418 



Québec . Publiques ro 59.350 

D'éducation et spéciales. 40 508,462 



50 

Nouvelle-Ecosse 26 

Nouveau-Brunswick 15 

Manitoba 8 

Colombie- Anglaise 10 

Ile-(le-Prince-Edouard 3 

Territoires du Nord-Ouest i 



531 



Bibliothèques fédérales 4 



535 

Remarques : Toutes reçoivent de l'aide du gouvernement, 
la plus considérable est de 200 dollars par an par institution. 



97.520 

54.787 

34,730 

11,303 

8,528 

2,150 

i,732.i[5& 
240,000 



1,972,156 
La subventioa 




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FEMMES DU CANADA 



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Bibliothèques de Toronto. 

VOLUMES. 

Institut Canadien (scientifique) 6,800 

Institut Militaire canadien 3,000 

Association de Droit du comté d'York 3,000 

Ministère de l'Education 10.200 

Bibliothèque médicale de l'Ontario 4,500 

Osgoode Hall ( Droit) 30,000 

Bibliothèque de l'Assemblée législative, province de 

rOntario 60,000 

Bibliothèque publique 108,276 

Bibliothèque de l'Université 6c ,000 

Collège Knox 14,000 

Collège Trinity 12,000 

Université McMaster . 10.000 

Collège vSt. Michael 6,800 

Ecole de Science pratique 2.000 

Collège Wycliffe 8.500 



Sont omises : les bibliothèques des écoles, des clubs, etc. 



337,576 



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Bibliothèques de Montréal. 

VOLUMES. 

Bibliothèque des Avocats 16,500 

Association des Arts 1,000 

Bibliothèque paroissiale de Notre-Dame 18,000 

Collège Bishop 

Institut littéraire du chemin de fer Canadien du Pacifique. 4,000 

Collège de Montréal 46,000 

Collège Congrégationnel 3,000 

Société canadienne des Ingénieurs civils 7,000 

Collège diocésain (bibliothèque du Synode comprise) . 6,500 

Institut Fraser (bibliothèque publique gratuite) 33,ooo 

Institut littéraire et scientifique du chemin de fer du 

Grand-Tronc 7.500 

Société d'Horticulture 1.200 

Ecole Normale Jacques-Cartier 10,000 

Bibliothèque gratuite des Jésuites 12,000 

Collège des Jésuites 

Université Laval 

Université McGi 11 78.000 

Ecole Normale McGill 4,000 

Mechanics' Institute 14,000 

Société d'Histoire naturelle 7,ooo 

Bibliothèque de Droit, bâtiment New- York Life 10.500 

Société des Numismates et des Antiquaires 6,000 

Collège Presbytérien 16,000 

Séminaire 

Collège Wesléyen 3.500 

Bibliothèque publique de Westniount ^ 2.500 

Union Chrétienne des Jeunes Gens ' 4,000 

Remarques. Le gouvernement ne subventionne aucune bibliothèque 

dans la province de Québec. Cette liste ne comprend pas les bibliothèques 
scolaires ni celles des clubs, Il y a .ilusieur» bibliothèques contenant moins de 
mille volumes, telles que la bibliothèque de l'association d'Architecture et 
celle de l'union Chrétienne des Jeunes Femmes qui ont été omises ici. 



BIBLIOTHEQUES 

Bibliothèques dans d'autres vili.es. 

VOLUMES. 

Québec, bibliothèque de l'Assemblée législative 50,000 

" " du bureau de l'E'Uication ( publique ) 12,000 

(Ce sont les seules bibliothèque^ du gouverneni'^nt dans la province). 

Kingston, Université Queen's 35.ooo 

Halifa.1 (Nouvelle- Ecosse) Université Dalhousie 8,000 

" Bibliothèque gratuite des Citoyens 22,000 

** " de l'Assemblée législative . . . 25,000 

*' . •• de droit 10,000 

•• *' de l'Institut scientifique 3,000 

Sackville (Nouvelle- Ecosse) Université de Mont-Allison . . 8,000 
Fredericton ( Nouveau-Brunswick ) Université du Nouveau- 

Brunswick 8,000 

Winnipeg, Collège du Manitoba 6,000 



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GEORGIANA M. HUNTER. 



Faire mention, dans ce rapport, de toutes le'î bibliothèques 
catholiques, serait réellement impossible, puisque presque toutes les 
églises possèdent leur bibliothèque propre. Il arrive quelquefois 
que ces bibliothèques ont un caractère religieux bien mai que, mais 
le plus souvent, elles possèdent des ouvrages de littérature géné- 
rale. Les curés des paroi.sses travaillent activement à l'établissement 
de bibliothèques, et partout où il y a des membres de la société aes 
Enfants de Marie, ils sont des plus utiles pour soutenir et étendre 
cette œuvre. 

A l'honneur des petits villages de la province de Québec les 
rapports font connaître que leurs bibliothèques contiennent de :Aic 
cents à deux mille volumes. Un bon nombre de ces livres sont à 
l'intention des enfants. 




MONTREAL 

La Bibliothèque Gratuite de Montréal fut ouverte le 4 octobre 1889, 
dans la salle du Gésu, rue Bleury. Jusqu'à l'année dernière, 
c'était la seule bibliothèque de prêt catholique gratuite du Canada. 
La direction est entre les mains d'un comité de dames qui deman- 
dent aide et avis au R. P. directeur et à quelques mes- 
sieurs qui se sont intéressés à cette œuvre dès sa fondation. La 
principale source de revenu de la bibliothèque est un thé animel et 
quelques dons que font des amis. Elle n'a jamais contracté de 
dettes, et a réussi à réunir 11,981 volumes. Il est donné attention 
toute spéciale à la section des enfants, qui comprend 2,384 volumes. 



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194 



FEMMES DU CANADA 






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Daus la bibliothèque de prêt, 7,295. Dans la bibliothèque d'ouvrages 
à consulter, 2,302. Circulation mensuelle, 1,500. Présidente : 
Mlle M. J. Gethin. 

Bibliothèque de l'Union Catholique. — Cette bibliothèque de prêt, 
établie depuis plus de vingt ans, est devenue bibliothèque gratuite 
l'année dernière. La salle de l'union Catholique e.'Jt dans le sous- 
sol du Gésu, de .sorte que les deux bibliothèques anglaise et fran- 
çaise sont à côté l'une de l'autre. Des dames et des messieurs 
français ont envoyé de généreuses contributions afin qu'il soit ajouté 
des livres nouveaux à l'ancienne collection, dont le nombre dépasse 
1,200 volumes. 

Bibliothèque de l'église Saint-Joseph. — Contient six cents volumes. 
11 y est constamment ajouté des livres nouveaux. On y demande 
une minime contribution. Promoteur, R. P. I^eclerc. 

La Bibliothèque sous la direction des PP. jésuites, est attenante 
à l'église de l'Immaculée Conception, dans la partie nord-est de 
Montréal. Cette bibliothèque fut commencée d'abord par les dames 
de la paroisse, et elle est maintenue par des dons volontaires d'argent 
et de livres. Elle a été formellement ouverte au mois d'octobre der- 
nier (1899), et contient déjà quinze cents livres ; trois cents autres 
seront prochainement ajoutés à cette collection. L'ameublement de 
la bibliothèque a été généreusement donné par les personnes intéres- 
sées à avoir une telle bibliothèque dans la paroisse. 

Jdi Bibliothèque Paroissiale et le Cercle de Lecture de Ville-Marie furent 
ouverts au public en 1844, avec le chiffre honorable de 2,400 volumes. 
Le succès fut tel que, dès le mois de juillet 1845, il fallut changer de 
local. A la fin de la première année, il y avait déjà 800 alx)nnés, et 
le nombre de volumes en circulation pendant l'année, atteignait le 
chiffre très respectable de 12,460, et il devint nécessaire d'imprimer 
un premier catalogue. En 1 844, la bibliothèque paroissiale fut affiliée 
à la société des Bons Livres de Bordeaux. Avec diverses alternatives, 
l'œuvre se continua jusqu'en 1858, où il y avait plus de 11,000 
volumes réoartis entre la bibliothèque elle-même et les différents 
dép ts établis en diverses parties de la ville. Un nouveau et 
spacieux local a maintenant été construit, l'ancienne répondant plus 
aux besoins actuels. 



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Bibliothèque de Terrebonne (Québec). — En 1878, le curé de Terre- 
bonne, M. l'abbé Grattonet son vicaire fondèrent cette bibliothèque 
par un don de soixante volumes. Les Enfants de Marie en donnèrent 
quarante autres. La gérance de cette bibliothèque est entièrement 
entre les mains de ces dames. La première présidente est 
Mlle d'Eschambault. Au moyen de concerts annuels, etc., elles ont 
réussi à recueillir des fonds suffisants pour acheter d'autres livres et 



BIBLIO THÈQ UES 



195 



pour faire face à toutes les autres dépenses. Sur les raj'ons de cette 
bibliothèque on peut parmi les huit cents volumes voir les œuvres 
des meilleurs auteurs français. 

L'Epiphanie. — I^es dames de la paroisse ont réussi en 1 894 à fonder 
cette bibliothèque, et ce sont elles qui la gèrent. Klle contient plus 
de quinze cents volumes. Il y a cinq cents abonnés. Contribution 
cinquante sons par année. Présidente — Mlle Rosa DeCelles. 

Trois- l^ivières. — Une bibliothèque gratuite existe depuis 1896 pour 
le district de Saint-Maurice. Les livres et journaux illustrés ont été 
recueillis jusqu'à présent dans la ville de Trois- Rivières et distribués 
par les négociants en lx)is. La société n'ayant pas l'avantage d'en- 
voyer ses paquets en franchise par la malle, elle a pris le seul moyen 
de distribution à sa disposition. Il y a très peu de familles anglaises 
dans ces régions. î,a .secrétaire est Mlle Emilie Suite. 

Port Arthur. — Il y a été récemment ouvert une bibliothèque gra- 
tuite. Comme elle est encore dans son enfance, elle- n'a point la 
force numérique de celle de Montréal. Le P Connolly est le fonda- 
teur des deux bibliothèques. 

• . . H. BARTLEY. 



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196 



FEMMES DU CANADA 



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CHAPITRE VII. 



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LinERATURE. 



LES FEMMES PROSATEURS DE LANGUE ANGLAISE AU CANADA. 



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Il est difficile de se renseigner complètement sur le sujet des 
premiers écrivains du Canada par ordre chronologique. Les premiers 
livres canadiens se publiaient à des éditions très limitées, et il est 
arrivé que les plus belles collections qui se 
trouvassent dans les bibliothèques publi- 
ques ou particulières ont été détruites 
dans des incendies. 

Un des premiers ouvrages de quelque 
marque, The History of Emily Montagne 
(Londres, 1784), était l'œuvre de Mrs. 
Frances Brooks. Sir James LeMoine parle 
de cet auteur avec éloge et non sans être 
un peu flatté de ce qu'il fait honneur au 
village de Sillery. Les lettres de Mrs. 
Brooks remplissent quatre petits volumes 
et sont d'une plume alerte et fine. L'ou- 
vrage est dédié à lord Dorchester. Les descriptions pleines de 
verve qu'elle y fait des paysages canadiens, de la vie romantique 
des colonies, des flirtations, de même que des fréquentations entre 
jeunes p*^.rsonnes et des mariages, sont une peinture vivante du 
monde québécois. L'auteur avait un champ très riche à exploiter. 
Alors que les nouveaux sujets britanniques regardaient les nouveaux 
arrivés d'un œil critique, ceux-ci, pleins d'une générosité chevale- 
resque, n'avaient pas tardé à gagner les cœurs. Les ciels clai s et 
un climat vivifiant ; la beauté et la grandeur des sites ; l'orgueil 
national se glorifiant dans la nouvelle possession gagnée après des 
années de luttes sur un aussi vaillant ennemi ; les possibilités 
illimitées de l'avenir, tout constituait un fonds comme il a été 
donné à peu d'écrivains subséquents d'exploiter et dont l'allègre la 
Frances elle-même n'a pu tirer tout le parti possible. 



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LITTÊRA TURE 



197 



Quand plus tard l'arrivée des United Empire Loyalists fuyant 
les colonies révoltées, eut augmenté la population et donné le signal 
de l'établissement de la province supérieure, un nouveau champ 
s'ouvrit à l'écrivain, mais nous ne trouvons rien dans les livres du 
temps qui ressemble aux lettres vives et spirituelles de Mrs. Brooks. 

The Backzvoods of Canada, le premier livre de Mrs. Catherine 
Parr Trail (née Strickland). qui avait commencé ses travaux litté- 
raires dès 1818, a été publié en 1835. Vinrent ensuite The Feniale 
EmigranV s Guide ; Lady Mary and her Nurse ; The Canadian 
Crusoes ; Pla^it Life in Canada ; Pearls and Pebbles, or Notes by an 
Old Natîiralist et Cot a?id Cradle Stories. Ce dernier ouvrage a été 
publié en 1895, et a clos une carrière littéraire d'une longueur sans 
exemple de soixante et dix-sept années. Mrs. Trail est morte au 
mois d'août 1899, âgée de quatre-vingt-dix-sept ans et sept mois. 
Elle a conserv^é jusqu'à la fin son excellente mémoire, son amour 
pour la nature et son goût des lettres. Elle était, à l'époque de sa 
mort, la plus âgée des femmes auteurs dans les possessions britan- 
niques. 

Mrs. Moodie (née Susanna Strickland) est un écrivain de force 
et de génie. I^a réputation que lui a value sa prose tant dans le 
domaine de la réalité qu'en celui de la fiction a nui à celle qui lui 
aurait appartenu comme poëte. Elle a publié plusieurs ouvrages, 
tant en Angleterre qu'au Canada. Le plus connu comme aussi 
peut-être celui qui a été le plus lu, a pour titre Roughing it in the 
Bush. Mrs. Trr.il et sa sœur Mrs. Moodie furent les premiers 
écrivains et les plus \ sévérants à collaborer au Literary Garland, 
magazine d'un mérite littéraire supérieur, publié à Montréal, par 
John Lovell, de 1838 à 1854. C'est par la voie de cette publication 
ainsi que de \ Ang la- American, du Snow Drop (magazine pour la 
jeunesse édité par Mrs. Cushing), du Maple Leaf, du Canadian 
Magazine (York 1823), du Barker' s Magazine (Kingston 1846) et 
du Victoria Magazine (Belleville, 1847-48) — ce dernier édité par 
Mrs. Moodie — que les noms et les œuvres de plusieurs femmes de 
talent arrivèrent à la connaissance du public anglais en même temps 
que du public canadie»-. Plusieurs des écrits ainsi épars ont ensuite 
été réunis et publiés en volumes à Londres ou à Edimbourg. 

Mme Leprohon (née Rosana MuUins), auteur de Manor House of 
Villerai et à.' Antoinette de Mirecotirt , etc., etc., a écrit avec un talent 
réel et Un goût littéraire très marqué. Ses ouvrages ont été réédités 
par Lovell en anglais et en français, et sont encore fort estimés. 



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FEMMES DU CANADA 



Mrs. Cushing, d'abord co-éditeur (avec Lovell) du Literary 
Garland durant les dernières années d'existence de ce magazine, est 
ensuite devenue éditrice du Snoru Drop. Mrs. McLachlan. Helen 
M. Johnson, Helen Walker, Augusta Baldwin, Mrs. E. Sawtell, 
Mrs. Giles, Mrs. J. G. Spooner, Mrs. E. F. Ellet, Mrs. J. V. Noël, 
auteur de Dinah Blake's Revenge, Mrs. Sadlier, auteur des Blakes 
and Flanagans, et Mrs. Chenie, étaient toutes des prosateurs bien 
connus des lecteurs du Literary Garland, le seul recueil où l'on 
puisse retrouver la plupart des productions de leur esprit. 

Le Maymel d' Histoire du Canada, de Mrs. Jennet Roy, publié 
à Montréal en 1847, a atteint sept éditions et a été imprimé 
en anglais et en français. Cet ouvrage était méritoire autant 
qu'opportun. 

Depuis 1860 le nombre des écrivains en prose parmi les femmes 
a beaucoup augmenté. Le British American Magazine, le Canadian 
Literary Quaterly Revieiv, le Canadian Literary Journal, le Canadian 
Magaziyie, le Canadian Monthly and National Revietv, et ses succes- 
seurs, le Belford a7iû Rose, le Belford's Magazine et le Week de 
Toronto, le Dominion Monthly, le Dominion Illustrated, le Monthly, 
le Young Canadian, les Canadiana, et d'autres que l'espace m'em- 
pêche d'énumérer, ont dû beaucoup de leur succès à des plumes 
féminines. Parmi les plus distinguées de ces collaboratrices, men- 
tionnons Miss Louisa Murray, auteur de Fauna or the Red Flower 
of Lcafy Hollow. On a dit de ce roman qu'il témoigne de plus de 
puissance intellectuelle que toute autre œuvre du même genre qui 
ait paru au Canada. Un autre de ses livres, Margaret Kneller, 
Artist and Woman, se distingue par une grande pureté de style, par 
l'élévation de la pensée et par une remarquable originalité. Miss 
Murray a aussi écrit des essais caractérisés en général par une nette 
intelligence du sujet. Nous avons d'elle des«pièces de poésie lyrique 
d'une grande délicatesse. 

Miss Machar, mieux connue sous le nom de plume de Fidelis^ 
et auteur de For King and Country ainsi que de plusieurs autres 
romans, récits, historiques et poèmes et Miss Wetherald qui a écrit 
The Algonquin Maid en collaboration avec Mr. Mercer Adam, sont 
aussi des prosateurs dont les livres sont répandus ; la dernière 
cependant, s'est surtout fait connaître par sa poésie. Leurs œuvres 
prennent par leur mérite uii rang beaucoup au-dessus de la moyenne. 
Annie Rothwell (née F >wler) a écrit nor bre de romans dont les 
plus importants sont Edged Tools et Loved I not H01 our More. 



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LITTÉRATURE 



199 



Parmi les écrivains plus récents, qui non seulement jouissent 
de plus grandes facilités de publication, mais s'adressent encore à 
un public plus considérable que leurs devancières plusieurs se sont 
acquis une réputation qui dépasse les liornes coloniales. Il y a beau- 
coup à dire de leurs œuvres, bien que je ne puisse en parler sans une 
certaine timidité. Parmi les femmes nées au pays et qui sont connues 
à la renommée se trouve Mrs. Harriet Roach (aujourd'hui Mrs. 
Boomer). Son livre intitulé On Trek in the Transvaal a été 
publié a lyondres quelques années après 1870, L'édition est 
aujourd'hui épuisée ; mais depuis le commencement de la guerre 
sud-africaine, la presse canadienne en a reproduit "laints extraits. 
Mrs. Coates (née Sara Jeannette Duncan), auteur de A Social Dcpar- 
turCy A?i American Girl in London,e\.c., est un des plus connus entre 
ceux de nos prosateurs qui ont porté leur talent sous d'autres cieux. 
Le développement de ses moyens littéraires et sa connaissance crois- 
sante du monde marquent graduellement ses ouvrages, et ceux-ci 
sont moins des œuvres d'imagination que des peintures de mœurs 
prises sur le vif et des études de caractères façonnés par leur en- 
tourage. Miss Joanna Wood, auteur à^ Judith Moore est une plume 
forte et caustique et qui obéit à plus d'imagination, ce qui se remar- 
que peut-être le plus dans son dernier ouvrage, A Daughter if 
Witchcs, lequel a été publié dans le Canadian Magazine. Miss 
Lilly Dougall, auteur de Beggars Ail, What Necessity Knows, A 
Madoina of a Day, etc., etc., écrit avec beaucoup de grâce et se 
plaît surtout à ce qu'il y a de plus élevé dans les caractères qu'elle 
crée. C'est sur des scènes canadiennes que se déroule l'action de ses 
récits. Sa plume reste fidèle à la vie, mais elle ne s'en distingue pas 
moins par une originalité qui lui est propre. 

Marshall Saunders est l'auteur de Beautiful Joe, The Hanse oj 
Armottr, The King oJ the Park, etc., etc. Dans son roman Rose à 
Charlitte, la scène se passe en Acadie, les personnages sont les des- 
cendants de cei'x qui, ramenés par la nostalgie au beau pays aimé 
d'où on les avait arrachés, et trouvant leurs foyers pris, étaient allés 
s'établir sur les bords de la baie. Il n'est point dans l'histoire du 
Canada de pages plus romantiques, plus fascinatrices, et qui offrent 
plus de matériaux aux récits historiques ou à la fiction que celle de 
l'histoire des Acadiens. Marshall Saunders a peint la vie d'aujour- 
d'hui, non celle du passé, et son œuvre fait preuve d'un sentiment 
des proportions et d' un talent tout sympathique qui ont valu à son 
auteur une place intéressante dans le monde des lettres. Son 



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FEMMES DU CANADA 



intelligence de l'enfance, son entente de l'atavisme, ajoutent beau- 
coup de charme à ses récits. Mrs. Roger, auteur d^ Stories of the 
Land of Evangeline ^ est un autre de nos écrivains qui a fait son 
thème de l'histoire de l' Acadie. D'un côté Mme Harrison {Seranus), 
poète, musicienne et prosateur, s'est, dans son livre intitulé The 
Forest of Bourg- Marie, inspirée de la vie de 1' " habitant " franco- 
canadien. Cet écrivain a une rare faculté de perception, grâce à 
laquelle elle peut retrouver, sous les rudes dehors de ses personnages 
souvent ignorants, les traits et traditions de la vieille noblesse fran- 
çaise, qui ont laissé leurs traces dans le caractère de ses descendants. 
Ce roman a, d'un autre côté, la particularité de n'avoir point 
d'héroïne. Miss Mclllvvraith (Jean Forsyth) est, elle aussi, par ses 
œuvres, connue en dehors du Canada. Le plan de Making of Mary, 
et la manière originale dont elle a traité son sujet, ont donné lieu 
a une grande diversité d'opinions sur le mérite de cette œuvre. 
Avec Mr. W. McLennan, Jean Forsyth a collaboré au roman Span 
of Life, livre fort répandu et qui mérite tout succès. 

Son dernier ouvrage est une Histoire du Canada écrite pour 
The Children's Stiidy Séries, bibliothèque publiée à Londres par 
Fisher Unwin. Entre plusieurs autres écrivains, Montréal nous a 
donné Miss Blanche Macdonell, auteur de Diane de Ville-Marie, 
récit historique allègrement écrit, et dont les personnages et événe- 
ments principaux appartiennent à une époque mouvementée de 
l'histoire de Montréal, la fin du dix-septième siècle. Miss Macdonell 
a montré beaucoup d" habileté en utilisant comme elle l'a fait cette 
page pittoresque de l'histoire, et par la manière dont elle eu a 
agencé les événements en un livre plein d'intérêt. 

Parmi les auteurs de relations de voyage, nous avons Lady 
Macdonald, la veuve du célèbre homme d'Etat canadien, sir John 
A. Macdonald. Elle raconte un intéressant voyage et une aventure 
d'un nouveau genre, dans le livre qu'elle a intitulé : Through the 
Rockies by Rail and Cowcatcher, (le cowcatcher est le chasse-pierre 
ou espèce de défense qui se place en avant de la locomotive). Les 
brillantes descriptions ont engagé maints voyageurs à aller admirer 
la magnificence de la nature dans la partie des montagnes Rocheuses 
qui appartient au Canada. A la mort de sou mari, lady Macdonald, 
en récompense des services qu'il a rendus au Canada et à l'empire, 
a été créée par Sa Majesté baronne Macdonald d'Earnsclifïe. Parmi 
les ouvrages de la même nature, citons : Front Ontario to the Pacific, 
de Mrs. Spragge, et Overland to Cariboo, par Mrs. Margaret 



LITTÉRA TURE 



20I 



McNaughton, qui raconte dans un style élégant le voyage entrepris 
par les premiers chercheurs d'or eu ce pays aujourd'hui mieux 
connu et plus accessible. Ce livre composé sur des écritures jour- 
nalières d'un des membres de l'expédition, manque de ce charme 
qui appartient aux réminiscences personnelles ou aux créations de 
l'imagination. 

Il est un autre genre que des femmes ont aussi adopté avec 
succès : celui qui consiste dans la relation de la vie modeste et 
calme passée au milieu du peuple, de la vie simple et comme il faut, 
que sont à portée d'observer ceux qui se font les compagnons sym- 
pathiques du défricheur dans ses joies comme dans ses peines. 
Parmi les meilleurs de ce genre citons Glimpses from a Parsonage 
Veraiidah, par Mrs. Jeffers Graham. Quelques-unes des nouvelles 
qui composent ce volume vont jusqu'à l'âme des choses et sont dites 
avec une bonhomie spirituelle remplie d'attrait. Faces that Follow, 
par Mrs. E. M. Mason, est un autre livre du même genre. Celui 
de Lottie McAlister, Clipped Wings, est un roman dans lequel l'au- 
teur s'est posé un problème qu'il a résolu de manière à faire preuve 
non seulement d'habileté littéraire mais d'un beau talent de création. 

Parmi les relations de voyages en pays étrangers, nous avons les 
Scènes in Hawaii or Life in the Sandwich Islands, par Mrs. M. 
Forsyth Grant, sorte d'agréable causerie qui, après avoir été impri- 
mée dans un journal, a été publiée en volume ; A Révérend Pilgrim- 
age, par ly. Berrymau, qui fut écrit pour le Dominion Illnstrated do. 
Montréal, et qui est le compte rendu d'une visite en Ecosse dans les 
recoins romanesques de cette terre fertile en hauts faits et en souve- 
nirs historiques. Citons encore On Bicycle throiigh Europe^ par 
Constance Boulton, qui a été écrit pour le Canadian Magasirie, de 
Toronto. Miss Dcxie, a Romance of the Provinces, par Stanford 
Eveleth (Mrs. Dickson), a eu beaucoup de succès dans un certain 
raj'on. Ce roman appartient à la classe d'oeuvres sentimentales, 
assez faiblement écrites, mise en vogue par Wide, IVide, World, 
littérature inofïensive, pure d'intention, mais d'un mérite fort nié. 
diocre. 

Comme écrivain de nouvelles pour les enfants, Virna Sheard, 
dans ses Trêve ly an' s Little Daiighters, montre beaucoup de talent en 
même temps que sa connaissance de la simplicité, du naturel de l'en- 
fant donc la vie se passe dans des milieux agréables, de la chevaleres- 
que charité de celui que forme une douce éducation, et de la fière 
réserve du pauvre qui a connu des jours meilleurs. 



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FEMMES DU CANADA 



Mm<» Achille Frcchctte (née Annie Howells), dnns se." deux 
petit!" volumes On G*'and l'ixther" s Farm et The Farm' ^ l.ittu People, 
a de délicates choses pour les enfants, tandi^' que Reiihtn Paie et 
Summer Walcring Places on the St. Lawrence, sont des ouvraj^es 
p'eins d'intérêt et d'un grand channe de style Mme Fréchette a 
beaucoup écrit \o\\x les nu»ga/jnes et sur nombre de sujets. 

Frappées du fait que la destruction de maints papiers privés 
enti aîné la perte d'une bonne partie de notre histoire domestique, 
Kathleen et Robina Lizars, petites-filles de feu le juge Lizars, qui 
était venu au Canada avec des officiers de la Canada Company, eu 
1826, voulurent d'abord dans un ouvrage intitule : The Dxys 0/ the 
Canada Company, sauver cette époque de l'oubli. B entôt ce livre 
était suivi d un autre : Humours o/'jj. L'œuvre des deux sœurs est 
surtout; caractérisée par beaucoup d'esprit, un style châtié et d'abon- 
Jantes anecdotes fort bien racontées. Dans le dernier volume les en- 
tê..e des chapitres sont d'une vigueur épigrammatique remarquable 

Un autre écrivain d'histoire, mais d'une veine plus sérieuse, est 
lady Mrs. J. D.) Edgar, dont les Tcn Ycar: 0/ L'pper Canada in 
Peace and ÏVar, sont une compilation de lettres de famille e*^ consti- 
tuent l'une det* plus précieuses collaborations à 1 histoire du C^ ada 
Mrs. Curzon (S. A. C), qui pendant plu.sieurs années a prêté sa 
plume aux principaux journaux, est l'auteur d'im drame lyrique 
Laura Sccord, ainsi que d'une esquisse en prose sur l'exploit de cette 
héroïne L«s travaux de cet écrivain ont largement contribué à 
éveiiler chez nous la sollicitude qui se manifeste aujourd'hui pour la 
conser\'atiou des souvenirs canadiens et un patriotique intérêt pour 
toutes les choses de notre histoire. 

Miss Agnes C. L,aut, pendant quelques années l'un des écrivains 
du Winnipeg Free Press, est l'auteur d'une œuvre vigoureusement 
écrite, qui a poui thème la vie ec les aventures dans la région de la 
baie d'Hudson. l'ouvrage est inticulé : Lords of the Aorth, est 
d'une lecture engageante d'un plan bien conçu, et est fidèle aux 
annales historiques. Miss Emily E. Weaver a écnt nombre de 
romans et ncuvelles r '^us avec faveur en Angleterre. My Lady 
Nelt The Rabbi s Sor. it Soldter<! of Liberty, sont parmi les plus 
populaires. Miss Weavrer a sous presse un manuel pour les éco.'es, 
qu'elle a intitulé : A Canadian histuryfo.- Boys anù Girls. Son style 
e* la manière attrayante doni elle présente les faits, sont en f'-appar.t 
contiaste avec l'aridité des textes fou*"nis jusqu'ici pour l'étude de 
l'histoiic la plus remarquable et la plus pittoresque au monde. 



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LITTÈRATVE 



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Quant aux femmes qui écrivent aujourfl liuî pour la presse quo- 
tidicinie, en qualité de correspondantes, d'attachées à la rédaction, 
de chroniqueuses ou de critiques, l'espace manque pour en taire une 
mention particulière. Miss Barrv, de Montréal ; Mrs. B.lake Cole- 
man ( Kit), une Irlandaise que les Canadiennes aimeraient à réclamer 
comme une des leurs ; Mrs. Cumniings (vSama) ; Mrs. Dciison 
(Lady Gray) ; Jean Blewett, Marjorie MacMurchy, Tyaura Durand 
et plusieurs autres se font remarquer par la qualité littéraire de leurs 
travaux. 

Il est impossible dans des limites aussi restreintes d'emhrasseï" 
en toute .son étendue le sujet qui nous occupe. Par suite des diffi. 
cultes mentionnées au début de cet article et en 1 absence de toute 
encyclopédie et de tout catalogue complet de bibliographie cana- 
dienne, j'ai dO me borner presque entièrement aux pi us auciennes» 
provinces du Canada. Les provinces maritimes et l'Ouest ont fourni 
beaucoup d'oeuvres de mérite er nombre de prosateurs sur lesquels 
il m'a été impossible de nie procurer les renseignements qui m'eussent 
été nécessaires. Peut-être les '-^cunes du présent travail engageront- 
elles à y suppléer quelqu'un de mieux situé que moi pour reccieiJlir 
les matériaux et ayant à sa disposition plus de temps que je n'ai été 
à même d'y consacrer. 

Quoi qu'il en .soit terminons cette courte rc'^ue t'e l'œuvre des 
femmes qui ont écrit en prose anglaise au Canada, en disant que si 
souvent elle manque de vigueur et de mérite littéraire, le ton en est 
invariablement pur et les enseignements toujours sains. Nos ciels 
purs et notre atmosphère vivifianie exercent leur influence tiur nos 
écrivains, et notre littérature encore au berceau, déjà exprime le 
caractère national. 



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MARY AGNES FITZGIBBON, 
Auteur de A Jrip to Silanitoùu, .<■! l'deran 0/1012, etc. 



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FEMMES DU CANADA 



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LES FEMMES POETES DE LANGUE ANGLAISE. 



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Si l'on jette un coup d'oeil sur l'œuvre poétique des femmes de 
languie anglaise au Canada, on est d'abord frappé par le nombre des 
ouvrages qu'elle comprend ; si on l'examine de plus près, on est 

surpris de la somme de bonne poésie qui 
s'y trouve, surtout dans les productions 
d'une date plus récente, lesquelles, mar- 
quent une ère de développement bien ca- 
ractérisé dans notre littérature nationale. 

Les livres, il est vrai, sont, plusieurs 
d'entre eux, peu volumineux, et ceux 
qui représentent le premier période de 
notre histoire littéraire ne touchent guère 
qu'à des thèmes assez limités. Quelques 
auteurs ont cherché des champs plus 
vastes, ont tenté des sujets de plus 
grande envergure ; mais ce qui a été fait 
de mieux est purement canadien, tirant double valeur à la fois 
du mérite littéraire et de la couleur locale. Cela repose de cette 
tendance à la mélancolie et l'introspection religieuse ou sentimen- 
tale, qui marque les écrits de femmes dont l'esprit, souvent bien 
doué, n'avait pas, au Canada, durant la première partie de ce siècle, 
l'occasion de se développer. 

Dès l'année 1815, une dame demeurant au Canada, Mrs. Anne 
Cuthbert Fleming, publiait un volume de poésies, lequel était suivi, 
en 1824, par un autre dû à la plume de Mrs. Blennerhasset. Deux 
autres volumes paraiscaient dans le cours des six années suivantes 
— l'un par Mrs. Ethelind Sawtell et l'autre par Miss Rhoda Anne 
Page. Dès lors ont paru à différents intervalles des ouvrages plus 
importants. Harriet Annie Wilkins imprimait en 1851 le premier 
des trois volumes qui portent son nom, et trois ans plus tard Clotilda 
Jennings mettait aussi un recueil de poésies devant le public. 

Nous arrivons maintenant à l'œuvre de Mrs. Susannah Moodie, 
qui en 1853 faisait paraître des poésies et des esquisses en prose très 
caractéristiques. Je parlerais plus au long de l'œuvre de cette 
femme remarquable si, à propos de ses productions en prose, elle ne 



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LITTERA TURE 



205 



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devait faire l'objet d'une notice particulière dans une autre partie 
du présent chapitre. Depuis longtemps le nom de cet auteur est 
familier au Canada. Dans le cours des vingt années qui ont suivi 
1853, ont vu le jour une demi douzaine de recueils poétiques, parmi 
lesquels les poésies d'une nièce de Mrs. Moodie, Miss Mary Eliza- 
* eth Muchall. Tous ces vers sont principalement sur des sujets 
canadiens ; la plupart sont descriptifs ou semi-religieux. Ils in- 
diquent dans le discernement et la culture littéraires un progrès tout 
à l'honneur des conditions dans lesquelles se trouvait la jeune 
nation. 

A partir de ce moment la qualité des ouvrages qui se publient 
indique un mouvement progressif très accentué, et dans les quelques 
années suivantes plusieurs volumes de poésies dignes de reniarque 
ont été livrés au public, entre autres, en 1881, ceux de Mrs. Lepro- 
hon, de Kate Seymour McLean et de ALielia Vining Yule, dont le 
mérite littéraire est d'un ordre élevé. 

Isabella Valancy Crawford, jeune fille très bien douée, signait 
en 1884 un livre de vers intitulé Old Spook' s Pass and Malcolms 
Katie, et qui indique de l'originalité, de la vigueur et du génie 
poétique. La mort de l'auteur, arrivée peu de temps après, a mis 
fin à une carrière qui donnait de rares promesses. 

Trois volumes publiés en 1887 ont été de précieuses additions à 
la collection des poésies canadiennes, qui ne cesse maintement de 
s'enrichir. Ce sont le livre de Miss Mary Morgan (Gowan Lea), 
auteur de sonnets fortement pensés, celui de Mrs. Curzon, qui a 
signé le beau poème historique de Laura Secord, et celui de Mary 
Barry Smith, dont le nom a depuis été attache à deux autres recueils 
de bonnes poésies. Miss Morgan a tout récemment écrit un petit 
volume de vers exquis sons le titre de Traumerein. 

Différentes publications périodiques ont publié de Mrs. Annie 
Rothwell des pièces de ix)ésie forte et pleine de vie. C'est en 1891 
(jue Mrs. Harrison (Seranus) a donné au public son premier volume 
de vers, qu'elle a fait suivre depuis d'un lutre recueil de pièces 
pleine de caractère et de verve. Les stances qui suivent sont un 
exemple de ses descriptions de la vie canadienne. 



: 



Old Mère Marmette with lier withered face, 
Under tlie cap with its starched white lace, 



Just as one sees in a cold Mardi wood 
Aq old browu leaf with its suowy hood, 



2o6 



FEMMES DU CANADA 



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Pushed back a little that one may know 
Will melt full soon the frost and snow. 






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Aud hère is old Jacques, the blind habitant, , 

Who can sing you the whole of Z,^/«ï/"iE"rra«/, 

And plays on his fiddle such tunes so gay, 
hs Le vent frivolant or p ai tant dansé. 

And nowall t'ie Seigneury forms in a Une, 
. Theu the Grand Promenade with air so fine, 

One can hardly believe it is " homespun grey " 
And bottes sauvages who are leading the way. 

Il serait impossible de mentionner dans ce court ré-sum 4 tous les 
ouvrages en vers portant des signatires de femmes, qui ont paru 
dans les vingt dernières années du siècle. Nous nous contenterons 
de nommer les quelques auteurs suivants : Helen Merrill, Mrs, 
I^awson et la Havergal canadienne, Miss Anny Parkinson. 

Un des livres les plus remarquables qui aient été écrit f^r une 
canadienne est celui qui a pour titre : The White Wampunt, par 
Miss E. Pauline Johnson, dont l'œuvre, par son origfinalité et sa 
virilité, prend place à côté de celle de Miss Wetherald, dans celle 
des poètes qui honorent le plus les colonies, taudis que, en raison 
de l'extraction indienne de s> n auteur, elle a une valeur historique 
qui la rend unique. 

ly' extrait ci-dessous est emprunté à l'un des*» poèmes lyriques, 
intitulé The Song my Paddle Sings. 



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" We've raced the rapid, we're far ahead ! 
The river slips through its sileut bed, 

S way, sway, ■ 

As the bubbles spray, 
And fall in tinkUng tunes away. 

And up on the hills against the sky, 
A fir tree rocking its lullaby, 

Swings, swings 

Its emerald wings, 
Swelling the song that my paddle sings." 

En 1895, la même année que Miss Johnson publiait son livre, 
Miss lyily Alice lyefevre (Fleurange), l'auteur d'un beau poème 



LITTERA TURE 



207 



carnavalesque, V Italian Bofs Dream, faisait aussi imprimer un 
recueil de vers. La même année aussi paraissais The House 0/ 
Trees, de Miss Ethelwyn Wetherald. Cette dernière fait partie 
ici de ce groupe de femmes journalistes qui ont fait en poésie une 
œuvre caractéristique et d'un mérite réel. La poésie de Miss 
Wetherald n'est peut-être pas aussi virile que celle de Miss Johnson ; 
elle possède, cependant, une délicatesse et une spiritualité qu'on ne 
trouve dans les chants de nulle autre poétesse canadienne. Les 
vers qui suivent sont de sa plume : 






MOONLIGHT. 

When I see the ghost of night 

Stealing through my window-pane, 
Silken sleep and silver light 

Struggle for my soûl in vain ; 
Silken sleep ail balmily 

Breathes upon my lids oppressed, 
Till I sudden start and see 

Ghostly fingers on my breast. 

Wliite and skyey visitant, 

Bringing beauty sucli as stings 
Ail my inner soûl to pant 

After undiscovered things, 
Spare me this consummate pain ! 

Silken weavings intercreep 
Round my sensés once agaiu, 

I am mortal — let me sleep. 



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Mrs. Jean Blewett est aussi connue depuis longtemps comme 

auteur de plusieurs belles pièces d'une poésie toute vibrante, de vie. 

L'extrait qui suit traite d'une façon originale un thème fort 

rebattu. 



Spring, with the dafiFodils at her feet, and pansies abloom in her ej'es; 
Spring, with enough of the God in herself to make the dead to arise. 

For, see, as she bends o'er the coffin deep — the frozen valley and hill — 
The dead river stirs. Ah ! that ling'ring kiss is making its heart to thrill. 

And then, as she doser and doser leans, it slips from its spowy .shroud, 
Frightened a moment, then rushing away, calling and laughing aloud. 

The hill where she rested is ail abloom — the wood is green as of old ; 
And wakened birds are striving to send their songs to the Gates of Gold. 






208 



FEMMES DU CANADA 



Depuis plusieurs années Miss Agnès Maule Machar est bien 
connue au Canada comme écrivain en prose et en vers. Son 
récent volume, Lays 0/ ihe True North, contient plusieurs pièces 
patriotiques, descriptives ou philantropiques qui lui font honneur. 
Je cite l'extrait suivant de la pièce Canada to the Lauréate, à cause 
de l'esprit qui l'anime et de l'importance qu'il emprunte aux choses 
actuelles. 

For we hâve British hearts and British blood 
That leaps up eager when the danger calls. 
Once and again our sons hâve sprung to arms 
To fight in Britain's quarrel, not our own. 



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Canada's blood has dyed Canadian soil, 

For Britain's honor, that we deemed our own ; 

Nor do we ask but for the right to keep 

Unbroken still the cherished filial tie ' 

That binds us to the distant sea-girt isle 

Our fathers loved and taught their sons to love. 

Miss Machar est l'une des personnalités les plus intéressantes 
parmi nos femmes de lettres. 

Miss Helen Fairbairn, Miss Katherine L,. Macpherson et les 
deux romanciers. Miss L. Dougall et Sara Jeannette Duncan, ont 
également écrit de bonnes poésies. 

Dans cette courte esquisse, l'auteur aurait voulu rendre plus 
ample justice à l'œuvre vraiment excellente de la femme canadienne 
dans ce champ de la littérature, mais le manque d'espace l'a empêché 
d'en donner plus qu'un simple aperçu critique et historique. 







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LITTERA TURE 



209 



LES FEMMES CANADIENNES DANS LA LITTERATURE. 



Le rôle des femmes canadiennes dans la littérature de notre 
pays commence à peine à s'affirmer. 

C'est seulement depuis quelques années que nous voyons des 
articles de journaux ou de revues, et quelques pièces de vers signés 
de noms féminins. Les œuvres de plus longue haleine font événe- 
ment quand on les rencontre, tant elles apparaissent rarement. 
Cependart, le talent littéraire ne fait pas défaut à mes compatriotes ; 
autant peut-être que leurs sœurs de France, elles possèdent l'in- 
tuition du beau, un goût délicat pour les lettres et leur culture in- 
tellectuelle, de tout temps, ne fut pas négligée. Dès l'origine de la 
colonie, on rencontre à Québec deux institutions vraiment remar- 
quables où se sont formées la plupart des femmes de la société cana- 
dienne Ce sont les religieuses Hospitalières et surtout les Ursulines, 
qui donnèrent l'instruction, entre autres élèves distinguées, à une 
sous-gouvernante des rois de France : Mlle de Joybert-Marson, 
épouse du marquis de Vaudreuil. 

Ces deux communautés religieuses se fixèrent au Canada sous 
le second gouverneur français, M. de Montmagny, en 1639, c'est à 
dire, environ vingt-neuf ans après que M. de Cliamplain eut fondé 
sa colonie. Ces deux maisons ont survécu à la chute de la domina- 
tion française et elles n'ont cessé de procurer aux jeunes filles du 
pays une solide et brillante éducation. Leur enseignement, paraît- 
il, ne laissait rien à désirer, si l'on s'en rapporte à la renommée 
d'intelligence et de savoir qu'ont laissée après elles plusieurs 
générations de nos aïeules 

Un savant antiquaire, avec lequel je causais un jour de ce sujet, 
m'a dit, avec plus de franchi.se peut-être que de galanterie, que nos 
mères, dont plusieurs connaissaient le latin et diverses langues 
vivantes, en savait au demeurant plus que nous, en dépit de nos 
prétentions et d'un certain vernis d'éducation moderne. 

Puisque nous ne devons attribuer le rôle effacé de la Canadienne- 
française dans le domaine des lettres, ni au défaut de talent, ni au 
manque de culture, quelles causes faudra-t-il donc lui assigner ? Ne 
serait-ce pas surtout le fait d'un état d'esprit social hostile aux- 
travaux littéraires de la femme, qui ne lui permettait de s'exercer 
ou de s'habituer à la pratique de l'art d'écrire ? Une extrême 




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FEMMES DU CANADA 



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réserve - cette réserve qui n'est pas inconnue à nos sœurs de France 
— a longtemps empêché les Canadiennes ''e livrer leur nom et leurs 
œuvres à la publicité. L'éducation de famille, et plus encore celle 
que l'on donne dans les cloîtres tendait à accentuer cette instinctive 
répugnance. 

Il s'écrivait autrefois des lettres charmantes dont on se dispu- 
tait la lecture, tout comme on frappait à la porte de mesdames de 
Coulonges ou de la Fayette, pour se procurer les lettres de Mme 
de Sévigné. Il nous est permis de regretter que ces effusions 
épistolaires n' nient point été imprimées après la mort de leurs 
auteurs ; elles seraient demeurées pour nous un enseignement utile 
autant qu'une lecture agréable. 

Parmi les épistolières dont la tradition nous a transmis le 
souvenir, citons, en passant, Marie-Françoise Céloron de Blainville, 
qui naquit à Montréal en 1744, et mourut en 1809. Très jeune 
encore, elle se consacra à la vie religieuse dans la maison des sœurs 
Grises, alors encore sous la direction de Mme d'Youville leur 
fondatrice. La sœur de Blainville fut elle-même supérieure de 
sa communauté de longues années durant ; et c'est pendant cette 
époque qu'elle eut l'occasion d'écrire des lettres remarquables, qui 
ont été précieusement recueillies et conservées par des membres de 
sa famille. . 

En 1789, naquit à Québec, Amélie Panet, fille de l'honorable 
Louis-Antoine Panet, juge de la cour du Banc du Roi, homme de 
grand savoir, qui s'appliqua à développer la vive intelligence de sa 
fille, en l'initiant à toutes les connaissance agréables et utiles. Son 
biographe, M. Baby de Ranville, dit qu'elle était versée dans 
l'italien, le latin et l'allemand. Elle épousa M. William Von Moll 
de Berczy et vint habiter un campagne éloignée de la ville, où pour 
charmer sa retraite elle s'adonnait à la littérature qu'elle aimait 
passionnément. M. Baby de Ranville, cite d'elle en preuve de son 
talent pour la rime et le style, une pièce de vers, intitulée /' Oiseau- 
Mouche et une lettre charmante, qui ne nous laisse aucun doute sur 
le mérite de l'écrivain. 

Devrons-nous réclamer comme nôtres, bien qu'elles aient vu le 
jour en France, Marie de l'Incarnation et Catherine de Saint-Au- 
gustin, l'une ursuline, et l'autre hospitalière, à Québec, dont les 
lettres, les relations et les mémoires, d'une incontestable valeur 
littéraire, ont tant fait pour l'histoire de notre pays ? On ne saurait 
hésiter, puisque leurs œuvres ont vu le jour ici même, sur cette terre 



LITTÉRATURE 



211 



du Canada, qui les inspira eu très grande partie. Mais, pour nous 
eu tenir scrupuleusement aux Canadiennes, nommons Françoise 
Juchereau de Saintl-gnace, née à Québec, en 1650, et auteur de 
l Histoire de r Hôtcl-Dicu, publiée en 1751, qui fait d'elle un écrivain 
distingué. Cet ouvrage, d'une forme soignée et littéraire est un 
travail des plus précieux au point de vue historique. De nos 
jours, les hospitalières ont aussi présenté, en 1881 à l'occasion du 
i88ème anniversaire de la fondation de l'Hôpital général, une His- 
toire du Monastère de Notre-Dame des Anges qui ne le cède pas en 
mérite à vSa devancière. 

Les religieuses ursulines ont aussi publié, en 1866, V Histoire des 
Ursulines de Québec depuis leur fondation. Les quatre volumes qui 
la contiennent, attestent de réelles qualités d'historien et d'écrivain, 
et il se dégage de l'ensemble un souffle réconfortant de patriotisme 
qu'on aime toujours à respirer. 

Je termine la partie historique de la littérature féminine de 
notre pays par une mention de la Vie de la Vénérable Mère 
</' Youville, fondatrice des Sœurs de la Charité de Montréal, suivie 
d'un historique de son institut par Mme Jette. Cette œuvre, qui 
vient de faire son apparition, raconte les événements avec une 
abondance de documents, une précivSion et une clarté de style qui 
lui donnent une grande valeur de fond et de forme. 

En consultant le Répertoire national recueil de littérature 
canadienne, publiée en 1848, par J. Huston, membre de l'Institut 
Canadien de Montréal, oii il est fait mention de tous nos littéra- 
teurs de la période antérieure, je n'y relève que deux noms de 
femmes. L'une, demeurée inconnue, signe du nom de Josephte 
deux poésies parues en 1845 et intitulées : V Oiseau Blanc et A 
une Etoile. Je ne constate nulle part ailleurs les traces du passage 
de cet écrivain. Si le secret de son pseudonyme a été si bien gardé, 
c'est sîîus doute que ses œuvres n'ont pas été nombreuses et qu'elles 
sont bornées aux timides essais publiés par le Répertoire national. 

Huston fait encore mention de Mlle Odile Charrier, née à 
Montréal en 18 18, " qui s'occupa, dit-il de littérature et surtout de 
la traduction en français des meilleures productions de la littérature 
anglaise, ^es traductions, qui ne virent le jour que dans les 
journaux de Tépoque, no semblent pas avoir été conservées; du 
moins, il m'a été impossible d'en retrouver aucune. 

En dehors des noms et des œuvres historiques que nous venons 
d'indiquer, la littérature féminine a été à peu près nulle au Canada 



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FEMMES DU CANADA 







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jusqu'à ces derniers temps. I^es lettres sont actuellement cul- 
tivées par quelques femmes de talent, qui ont signé des livres de 
mérite. 

Parmi ces contemporaines, je cite Mlle Félicité Angers (Laure 
Conan), qui a l'honneur d'avoir été la première romancière de notre 
langue française, et dont les œuvres marquent une date importante 
dans l'histoire de notre littérature. Laure Conan a débuté par une 
nouvelle intitulée : Un Amour Vrai, publiée par /a Revue de 
Montréal ^n 1877. Mais son talent se révéla surtout et s'affirma 
dans les romans qui suivirent. L,e premier, Angéline de Montbrun, 
qui eut deux éditions successives, fut honoré de cette appréciation 
flatteuse de M. René Bazin : "A côté des Chaw'^ns populaires, j'ai 
mis Angéline de Montbrun, un bon livre aussi français de toute 
façon, de style, de sentiments, d'éducation, dont je serais fier si 
j'étais Canadien. . . . Un auteur doué d'une sensibilité si 
parfaite, d'un esprit naturellement vif et ami des hauteurs, cultivé, 
riche même d'études et d'observations, doit laisser dans la littéra- 
ture canadienne une trace profonde...." Si les Canadiemies 
le voulaiejit, qui parut ensuite est, sous forme de dialogue, un 
chaleureux plaidoyer, en faveur du rôle patriotique de la femme. 
A P Œuvre et à l'Epreuve, parue en 1891, mérita la faveur de la 
princesse Czarthoriska (Marguerite d'Orléans), et fut traduit en 
anglais aux Etats-Unis. Enfin, mentionnons Un Oublié, épisode 
de la fondation de Montréal, dont la publication est incessante. 

Le style de Laure Conan est sobre, impeccable de forme, 
d'une élégance toute française. Sa pensée est originale, sa phrase 
est concise ; elle sait exprimer ses idées avec un incomparable bon- 
heur d'expression, et un charme pénétrant. Un mot, une tournure 
de phrase, un simple trait descriptif ont, sous sa plume le don de 
remuer le cœur jusque dans ses fibres les plus intimes et de l'émou- 
voir délicieusement. Un de nos hommes de lettres, M. l'abbé 
Casgrain, a surnommé Laure Conan, V Eugénie de Guérin cana- 
dienne. Ce titre élogieux vaut toutes les louanges. 

Mme Daudurand, née Joséphine Marchand, est une autre de 
nos femmes de lettres distinguée. Fille d'un fin lettré, — M. Félix- 
Gabriel Marchand, en ce moment premier ministre de la province 
de Québec, — Mme Daudurand débuta par des articles remarqués 
dans le Franco- Canadien, de Saint-Jean, journal fondé par son père et 
M, Ch Lab^rge. Elle avait alors dix-sept ans. Puis, elle écrivit 
simultanément dans /' Opinion Publique^ le Journal du Dimanche, 



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LITTERA TURE 



213 



le Canada Artistique, V Electeur, et la Patrie qui sollicitèrent cette 
précieuse collaboration. En 1890 parurent les Contes de Noèl, 
recueil de récits frais et gracieux qui feront les délices de nos heures 
de lecture. Elle fonda le Coin du Feu en 1892. Cette revue 
féminine, — la première du genre parue au Canada, — reçut dès son 
apparition la faveur du public et sut la conserver tout le temps de sa 
publication. Mme Dandurand en fit presque seule les frais de 
rédaction : chroniques, critiques littéraires, études de mœurs, 
bibliogiaphie, etc., elle y pratiqua tous les genres avec une plume 
alerte et expressive. Mme Dandurand a inauguré dans le Coin du 
/r?^ le plébiscite littéraire, qui fut honoré du concours de personnages, 
tels que MM. Paul Bourget, Jules Simon, J.-I. Tarte, F.-G. 
Marchand, sir Wilfrid Laurier, sir Adolphe Chapleau, M. le juge 
Routhier et autres personnages de marque. Fondé dans l'intérêt 
des familles et surtout dans le but d'inspirer à la jeunesse cana- 
dienne-française, la dignité, le respect d'elle-même et le goût de la 
culture intellectuelle, ce magazine vécut quatre ans. Il disparut 
parce que sa fondatrice ne pouvait suffire à l'accomplissement 
d'autres devoirs toujours croissants. 

En 1894, à une séance du Conseil national des Femmes, tenue à 
Ottawa, et dont Mme Dandurand était alors la vice-présidente : elle 
prononça sur l'union et la concorde qui doivent régner entre les deux 
races, un discours qui a été cité dans la chambre des Communes, de 
même qu'un article sur les institutrices mérita l'honneur de fournir 
à un orateur du conseil législatif de Québec de puissants r.rgu- 
ments en faveur de cette classe de femmes si méritantes et suffisam- 
ment appréciée de notre société. Mme Dandurand a publié, en 1896, 
trois saynètes : Rancune, la Carte postale et Ce que pensent les 
Fleîirs qui ont déjà essuyé les feux de la rampe, où on les a saluées 
avec de vifs applaudissements. 

Au mois de mars 1898, notre éminente collègue a été promue 
au grade d'officier d'Académie par le gouvernement français, pour 
la situation distinguée qu'elle s'est faite dans les lettres françaises et 
pour les efforts patriotiques en faveur de la diffusion de la bonne 
littérature au Canada. Elle y a effectivement contribué, en effet, 
par l'œuvre des Livres gratuits qu'elle a fondée, il y a deux ans, 
au profit de la classe ouvrière et des personnes pauvres de la cam- 
pagne, privées dans leur isolement du secours de lectures instruc- 
tives ou récréatives. Cette œuvre se développe et prospère tous les 
jours. 



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FEMMES DU CANADA 



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Dans son livre, Nouvelle- France et Nouvelle-Angleterre, Mme 
Th. Bentzon rend un sincère hommage aux talents de L^ure Conan 
et de Mme Dandurand. Dans l'allusion que fait encore Mme Bent- 
zon à " la fille d'un jurisconsulte, composant un cours de droit élé- 
mentaire pour aider les femmes à bien mener leurs affaires et celles 
de leurs enfants ' ' , les Montréalaises ont reconnu une concitoyenne, 
Mme Henri Gérin-Iyajoie, née Marie Lacoste. L'auteur de ce 
traité, que l'on trouvera bientôt, j'espère, dans toutes, nos maisons 
d'éducation, s'occupe surtout de littérature sérieuse. Dans les 
articles sociologiques qu'elle a écrits dans le Coin du Feu sur des 
questions d'intérêt féminin, on a plaisir à relever des qualités 
sérieuses e^ solides, qui s'exercent avec une grande aisance, dans 
des problèmes qui n'ont pas l'habitude de solliciter l'attention des 
femmes. 

Citons aussi dans l'histoire des lettres féminines, une brochure 
intitulée : uti Terrible Secret, qui, par son peu d'étendue tient 
plutôt de la nouvelle que du roman. Son auteur, Mlle Adèle Bibaud, 
fille de l'historien Maxime Bibaud, a de plus collaboré à plusieurs 
journaux de Montréal. 

La poésie, cette fleur de rare et délicate beauté, a aussi germé 
sur notre sol. Nos femmes-poètes forment, en vérité, le petit 
nombre des élues, mais leur valeur est assez reconnue pour qu'on 
les signale. 

Saluons Mme Duval-Thibault (née Anne-Marie Duval), une 
compatriote maintenant fixée aux Etats-Unis, qui a publié en 1892, 
un gracieux recueil — Fleurs de Printemps — dont M. Benjamin 
Suite a dit : "La variété des coupes du vers, des stances, des cou- 
plets, des strophes y est remarquable, signe d'un talent fécond et qui 
a des ressources. Chaque cri du cœur a son intonation particulière, 
comme un instrument touché par l'artiste invisible, Mme Duval- 
Thibault fait résonner le vers et charme votre entendement ' ' . Long- 
temps encore, nous le souhaitons, la muse de cette gracieuse femme 
continuera de réchauffer notre cœur et de captiver notre esprit. 

Mlîe Marie Beaupré, plus jeune, est une autre poète d'excel- 
lent mérite ; les pièces qu'elle a signées sont assez nombreuses pour 
démontrer amplement le charme et la souplesse de son talent. Ses 
vers sont doux, harmonieux, pleins d'inspiration. Le sentiment et 
la pensée respirent la vie et leur expression unit la grâce à la 
simplicité. Une de ses compositions. Souvenir de 15 ans, lue par le 
poète lauréat, M. Louis Fréchette, devant la société Royale, lui a 



LITTÉRA TURE 



215 



mérité une mention élogieuse dans le compte rendu des délibérations 
de cette assemblée de lettrés. L'extrême jeunesse du poète, — elle 
avait alors seize ans, — ajoutait à la valeur de ce précoce essai. 

Parmi les poésies, déjà parues, de Mlle Beaupré, mentionnons 
Lorenzo{it\h%\€) La Première Communiante .Moncklands , qui ont attiré 
à leur auteur, entre autres suffrages honorables, les encouragements 
de M. ly'abbé Guillemet, savant professeur de sciences naturelles au 
Séminaire d'Issy et occupant une chaire à l'Institut catholique de 
Paris. A propos de l'une de ses productions, le Brin d'Herbe, 
voici ce qu'écrivait M. Guillemet: "J'aime beaucoup le Brin 
d Herbe, parce qu'il est d'un sentiment délicat et original, d'une 
facture souple et harmonieuse, d'un style simple, coulant et 
naturel. ... Le poète a des pensées et des sentiments qui méritent 
d'être traduits et transmis aux autres. Il y réussit très bien. ..." 
La jeunes.se du poète nous permet de comj^ter sur de nombreuses 
inspirations que l'avenir fera éclore sous sa plume élégante et fine. 

Les femmes canadiennes on; encore essayé leurs talents dans le 
journalisme, et quelques-unes même s'y .sont crée une carrière rému- 
nératrice. Le principaux journaux de langue française ont 
maintenant cha.., .isa collaboratrice régulière qui rédige, une fois la 
semaine une page exclusivement consacrée au choses féminines ; cau- 
series, chroniques,nouvelles, recettes, à l'intention de la ménagère mo- 
dèle, tout ce qui peut, enunmot, intéresser et récréer le sexe féminin, 
se partagent ces colonnes. Parmi ces femmes-journalistes, notons, à 
Montréal : " Colette " au Journal ; " Gaétane de Montreuil ", à /a 
Presse] "Françoise", à /a /'a/r/V; et "Madeleine" au 7>w/>j, d'Ottawa. 

Une revue, le Monde Illustré, qui fait profession d'encourager 
surtout les jeunes écrivains corilpte un essaim de collaboratrices, dont 
la personnalité se dissimule sous des pseudonymes aimables de 
fleurs et d'oiseaux. La plupart de ces écrits décèlent beaucoup de 
facilité, d'aisance et de naturel, et, qui sait, si leurs auteurs ne 
signeront pas un jour des œuvres de brillante valeur, quand leur 
talent plus mûr, aura atteint son plein développement. 

Oui, ayons foi dans l'avenir de la littérature féminine au Canada ! 

La liste de nos femmes de lettres est courte, mais notre pays 
est jeune encore, ne l'oublions pas, et qui peut dire les pages 
glorieuses qu'il est réservé aux historienes de l'avenir d'ajouter 
à nos annales nationales •* 

FRANÇOISE. 



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FEMMES DU CANADA 



ŒUVRES LinERAIRES. 

Releva par Mme Thomas Ahearn. 



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POESIE. KOMAN. HISTOIRE. BIOGRAPHIE. ETC. 

La liste suivante contient les noms des femmes qui ont contribué 
dans une grande mesure à enrichir la littérature canadienne. Depuis 

les premiers jours de la colonie, depuis la 
dévouée Marie Guyart de 1" Incarnation, 
qui dans ses lettres, à ses parents en 
France, racontait l'histoire de son pays 
d'adoption ; depuis cette femme d'officier 
qui dédiait son premier roman à sir Guy 
Carleton, gouverneur du Canada, jus- 
qu'aux femmes éditeurs, journalistes, 
poètes et romancières de l'époque actuelle, 
les femmes canadiennes ont ajouté à la 
littérature de leur époque, des œuvres 
très méritoires. Nous nous bornons à 
donner ici les noms des écrivains dont la 
vie et œuvres ont été le sujet des essais 
précédents. 

POÉSIE. 




AppleTON, Lvdia Ann, de Whitechurch (Ontario). 
Miscellaneous Poems, Toronto, 1850. 



Vl,MON, Sophie M., de Halifax (Nouvelle- Ecosse). 
New- York. • 

Poems, Halifax, 1889. 
A Woman's Love Letters, 1895. 

Adams, Mary El,ECTa, née au Nouveau-Bn 

From Distant Shores, Toronto, 189b. 

Ai,DEN MargareT h., née dans le comté de Simcoe (Ontario) 
actuellement à Saginaw (Michigan), Etats-Unis. 
Chris tmas Poems (2 volumes). 

Ardagh, Alice Maude (Espérance). 

BAI.DWYN, AuGUSTA, de Saint-Jean (Québec). 
Poems, Montréal, 1859. 

Beaupré, Mtxe Marie. 

Souvenir de Seize Ans ; 

Lorenzo ; 

La Première Communion ; 

Monklands ; 

Le Brin d'Herbe. 



o"8a H. A. Hensley de 



Mourut à Toronto en 1898. 
Elle demeure 



LITTERATURE 



217 



Rr.KNNKRHASSKT, Mmr. Elle était la femme de Ilarman niennerhasset, coni- 
paf^non d'école du duc de Richmond, gouverneur du Cauada. Mourut à 
New-York en 1842. 

The Wido'iV of the Rock and other Poems, Montréal, 1824. 

Ill.KVVETT, Mmk Jran, demeure à Blenheini (Ontario). Auteur d'un roman 
intitulé : Oui of the Depths. Collabore à plusieurs brochures et journaux. 
Heart Songs, Toronto, 1897. 

r.lHND. CaTHBRINK ELKANOR. 

Poems. 

IkRNS, Mrs. Elizabbth Koi,i«iT, a publié une brochure de poésies cana- 
diennes, 19X). 

Campbkll, m. n. 

Posthumous Poems. Woodstock (Nouveau-Brunswick), 1868. 

Ci< ARKB, Mrs. W. m., de Toronto. 

The New Song and other Poetm, Toronto, 1883. 

Ci.arkk, Kathleen. 

Lyrical Echoes, Toronto, 1899. 

Crawford, Isabrlla Vai^ancy, fille de feu S. Crawford, médecin de Peter- 
boroufîh (Ontario), mourut subitement à Toronto, en 1887. 
Old Spook's Pass ; 
Malcolm's Katie, Gic, Toronto, 1884. 

Crawford, Mrs. Tohn. 

Song of AU Seasons. Toronto, 1890. 

Curzon, Mme Sarah Ann (S.A.C. ) née en Angleterre. Vint au Canada 
avec son mari. Ecrivit en prose et en vers pour les magazines et les 
journaux. Mourut à Toronto en 1898. 
Laura Secord, the Heroine 0/ /812, Toronto, 1887. 

CuRRiE, Mrs. MarGaret GiIvI., de Fredericton (Nouveau-Brunswick). 
Gabriel West. Fredericton (Nouveau-Brunswick), 1886. 
John St. John, 1897. 
Anna Gray, 1897. 

CtJSHiNG, Mme E. L. auteur et journaliste de Montré .1. 
Esther, A Dramatic Poein, Montréal. 

CoGHiLi,, Mrs. h. (Annie E. Walker). 

Oak anci Maple, English and Canadian Poems, 



London, 1890. 



DuNN, Mrs. C. a. 

Fugitive fHeces, Woodstock, 1867. 

DuvAL, Anna^.vIarie (Mme Thibault). 
Fleurs du Printemps, 1892. 

Ei,more, Blanche, de Toronto, mais d'origine anglaise. Aveugle de naissance. 
Poems (2 volumes), Toronto, 1896. 

Fi.ECK, VEXTVE,de New-Glasgow, dont le mari mourut du choléra. 
Poems on Various Subjects, Montréal, 1833. 

Fleming, Mrs. Anna CuTHBERT, écossaise de naissance. Demeure à 
Montréal. 
Home, A Poem ; 1815. 
A Year in Canada, 1819. 

FuNNELl,, RosELLE V., docteur en médecine, demeure à Ottawa, et exerce la 
médecine. 
A Jubilee Offering, Ottawa, 1897. 




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FEMMES DU CANADA 



Gilbert. Sophia V. 

iVayside Echoes, Toronto, 1894. 

Grant, Mrs. J. P. 

Slray Leaves, Montréal 1865. 

Graham. Mrs.. E. Jkffers. 

Etchings from a Parsonage Verandah, Toronto, 1895. 

Goixg, Miss. 

With thc IVild Flower ; 1894 ; 
Field, Forest and Wayside, 1899. 

Haight, Jekxie e. 
de Dewart. 



quelques-uns de ses poèmes parurent dans le Sélections 



Hayward. Mrs. .\lfrEd, de Port Hope (Ontario). 

jiie Bailles of Ihe Crimea and other Poems, Port Hope, i855- 

Hayes, Miss Kate, de Regina, Territoires du Nord-Ouest. 
Rough Ben, et des chansons. 

Hazelwood, Hetty. 

A Garland Galftered at Noon, Toronto, 1871. 

Herbert. Mary E. et Sarah. Deux sœurs qui demeuraient à Halifax en 1857. 
The Eolian Harp and other Slories, Halifax, 1857. 
Flowers by Ihe Wayside y Halifax, 1868. 

HuNT, Mrs. Sterry ( Claude Berwick) . 
Studiesfor Poems, 1877. 

IZARD, Mrs. e. H., de Newmarket (Ontario). 

Jack, Mrs. AxneL. (Loyal Janet), de Châteauguay (Québec) Collabore à 
diverses revues périod'qaes, par des poèmes, des histoires et. des articles 
sur l'horticulture dignes d'être mentionnés. 
Belated Violets. 

Johnson, îkliss. Helen M. Un écrivain de promesse, née à >Iagog (Qué- 
bec), en 1835, où elle mourut, en 1863, après une longue et dure maladie. 
Canadia'' Wild Floiuers, (Avec portrait et biographie) 1864. 

Johnson. E. Pauline (Tekahionwake). Fille d'un chef de la tribn des 
Mohawks, demeure à Brantford (Ontario), Décrit sortant les mœurs 
indiennes et collabore beaucoup à des revues périodiques, canadiennes 
et américaines. 

The IVhite IVampum, London et Toronto, 1895. 

Jennixgs, Clotilda (Maude et Mileta). Née à la Nouvelle-Ecosse, monru'^ 
1 Montréal en 1895, où elle demeura vingt ans. 
Linden Rhynies, Halifax, 1854 ; 
Tke White Rose of Acadia, 1855 ; 
North Mountain, 1883. 

Jerdon, Gertrude (Mrs. Waller), ae Montréal, antenr de Keyhole Country, 
etc. 
Flowering Thoms, London, 1886. 

JotJSSAYE, Marie, de London et Bf.Ueville (Ontario). 
Songs that Quinte Sang, rtCileville, 1895. 

Jaryis, Mrs. Edgar 

Knight, Dorothv, de La ucaster (Ontario). Elle n'avait que onze ans quand 
parut son premier »rolumt de poésies en 1892. 
Echoes fron^ ihe Thousand Isiands, Brockville, 1892. 
Visions 0/ the Season 



LITTERATURE 



219 



Iawson, Mrs. W. (Mary Jane Katzman). Née à Preston (Nouvel le- Ecosse . 
Mourut à Halifax. Etait par jnte de Prescott, rhistorien. Elle écrivit pour 
plusieurs revues périodiques et publia le Mon l/tly Mag^azine de Halifax 
et» 1890. 
Fra7ikinceuseai..,AIyrrh, Halifax, 1803, 

Lefebvre, Mme Lily Alice (Fleurange\ épouse <le J. Lefebvre, médecin. 
Demeura d'abord à BrockviHe (Ontario), est maintenant à Vancouver. 
Elle écrivit des vers pour la presse et i'agna le prix de 100 dollars pour 
un poème sur le carnaval de Montréal, The Italian Boy' s Dreani. 
The Lion' s Gâte and other Poems, Victoria, 1B95. 

LÉONARD, Mrs. Carrie, de London (Ontario). 
Gems for the Home Circle, London, 1869 

LoCKBRBV, EuzABETH N. Née à Charlottetown (Ile de Prince- Edouard). 
The mid Briar, Charlottetown, 1866. 

McCoivi., Mary J., fille de Evaa McCoU, poète. Née en 1847, elle vécut à 
Kingston jusqu'à son mariage ; en 1881, et épousa le professeur O. H. 
Schultze, Jersey City (New-Jersey). 
Bide a Wee and other Poems, Toronto, 1882. 

McDoUGAL, Mrs. (Nora) de White River (Ontario), 

Verses and Rhymes by the IVay, Pembroke, 1880. 

McLeod, Mrs. E. S., née à Edimboui\j, Ecosse. Ecrivit en faveur de l'émi- 
gration au Canada. Epousa A. D. McLeod, Charlottetown (Ile de Prince- 
Edouard). 
Carols 0/ Canada, Charlottetovn, 1893. 

MacIver, Mary A., de Ottawa (Ontario), Epousa en 1870, Carrol Ryan, de 
Montréal. 
Poems, Ottawa, 1869. 

McLean, KaTE Seymour. Née à Fulton (New-York\ vint au Canada en qua- 
lité d'institutrice, épousa Allan McLean, attaché au personnel de l'asile 
des aliénés, à Kingston (OntarioV 

The Comingoflhe Princess and other Poems, Toronto, 1881 

MacNiven, Mrs. C. Née en 1823. Mourut à.IngersoU en 1865. 
Aileen —A Poem, IngersoU, 1865. 

McKiNNELL, Mrs. George, de Orillia, Ontario. 
Couchichmg Carols, Orillia, 1889. 

MacManus, Miss Emily Julian, de Bath, Ontario, possède le grade de 
licenciée es lettres et sciences de l'université Queen's à Kingston. 
' Auteur d'un roman The Old, Old Story. 
Froney ; 

A Prize Story, et autres historiettes ; 
Gordon at Khartoum ; 
Manitoba ; 
Drifting ; 
The Lady of Ponce de Léon, etc., Kingston. 

MacPherSON, KaTE, Montréal. A mérité un prix pour la chanson nationale 
canadienne 
Acanada, 1897. 

Marham, Rose. 

Fallen Rose Leaves, Toronto. 

Merrill, Miss HELEN M. Née à Napanee (Ontario). Maintenant a Picton 
(Ontario). Auteur de plusiers poèmes détachés ; collabore en prose et en 
vers aux revues canadiennes. 
Piciuresque Prince Edwafd Island, Picton, 1892. 



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FEMMES DU CANADA 



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Morgan, Miss Mary (Gowan L/ea) Demeura dans les environs de Montréal 
jusqu'à Tannée 1893, est maintenant à Devonshire, Angleterre. Son 
père était membre de la société bien connue de Morgan. Montréal. 

Poems and Translations, Montréal, 1887 ; 

Sonnets from Switzerland, 1896 ; 

Marguerites, 1898. 

Mountain, Mrs. Annie. 

A Wreath of Rue for Lent : 
The Sacred Lake, Toronto, 1873. 

MucHALL, Mary Euzabeth, de I^akefield (OntarioX Epousa T. W. Muchall* 
en 1863. Mourut en 1892. Sa mère était Mrs. C. P. TmiJi une des 
sœurs Strickland. 

The Bluebottle's Bail ; 

The Stolen Skates ; .... 

Step by Step, Toronto, 1876. 

Norton, Mrs. Mary. 

The Ministry of Flowers. 

Page, Rhoda Anne (Mrs. Faulkner). Née à Hackney, Angleterre, en 1826. 
Vint au Canada a l'âge de six ans ; mariée en 1856, elle s'établit près de 
Rice Lake, où elle mourut en 1863. 

IVild Notes from the Backwoods, Cobourg, 1850. 

Paimer, Lizzie E., épouse de Ambrose Palmer, Fredericton (Nouveau- 
Brunswick). 
Selcded Poems, Fredericton, 1889. 

Panet, Amélie, née à Québec en 1789. Elle écrivit des poésies. 

Parkinson, Miss Amy, de Toronto. Elle vint de Liverpool, Angleterre, alors 
qu'elle était très jeune. 
Love Through AU, Toronto, 1.393. 

Porter, Miss. Jane, de Toronto 
Poems, Toronto, 1879. 

PRESCOTT, HENRIETTA. 

Poems written in Newfoundland, London, 1839, 

Prince, S. O. (Mrs. S. O. Davis). 
Poems, Toronto, I090. 

Read, Mrs. Jane B., de Braatford (Ontario). Veuve de feu Rev. Samuel 
Read. 
Poems on Moral and Religions Subjeds, Brantford, 1872 ; 
Poems for Yoiing People, Brantford, 1878. * 

RoBBRTS, J. Elizabeth Gostwycke (Mrs. McDonald). Née à Westcock 
(Nouveau-Brunswick), est la sœur de C. G. D. Roberts, poète. Demeure 
maintenant à Fredericton (Nouveau-Brunswick). Elle écrit des poèmes 
et des histoires pour divers magazines. 

RoGERSON, Mrs. Isabella Whiteford, de St. Jean de Terreneuve. 
The Victorian Triumph and other Poems, Toronto, 1898. 

RoOD, Mrs. Lillian (Louis Lloyd), collaboratrice au Weekly Pall Mail 
Gazette, Times, London World, St. James Gazette and Galignani's 
Magazine. 

RUSSELL, EuPHÉMiA. Perdit la vue alors qu'elle était étudiante à l'école 
normale de Toronto. 
Poems, Toronto, 1869. 

Sawtell. Mrs. M. Etheund. 

The Moumer's Tribute, Montréal, 1840. 



LITTÈRA TURE 



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SiMSON, LETITIA F. 

Flowers of the Year and other poems. Se. John (Nouveau-Brunswick), 
1869. 

Skimings, Ei<oisb a. de Goderich (Ontario). 
Golden Leaves, Goderich, 1890. 

Smith, Mary Earry, de St. John (Nouveau-Brunswick\ 
Jubilee Poem, St. John, 1887. 

Spencer, Agnes fMrs. H. H. Spencer) de Brooklin (Ontario). 
The Log's Lantent, 1898. 

Thayers, Mrs. M. J. 

A Wreath of Wild Flowers, Toronto, 1877 ; 
Buds and Blossonts, 1899. 

Wetherall Miss. A. Ethklwyn, Bel Thislelwaite du Globe de Toronto. 
Elle écrivit The Algonquin Maiden, en collaboration avec G. M. Adams. 
Elle écrit eu vers et en prose dans différentes revues périodiques. 
The House of the Treesand otherpoems, Boston, New- York et Toronto, 
1895. 

WiLKiNS, Miss Harriet Annie (Harriet Annie), de Hamilton (Ontario). 
The Holly Branch, Hamilton, 1851 ; 
The Acacia, Hamilton, 1860 ; 
Aulumn Leaves, 1S69; 
Wayside Flowers, 1876 ; 
Victor Roy, A Masonic Poem, 1882. 

Willard, Mrs. F. J. 

A Life Idyll, Hamilton, 1869. 

Veai, Miss A. A. 

Grains of Truih, Montréal, 1860. 

Yui,E, Mrs. T. C. (P.S.V.) de Ingersoll (OntarioV Mourut en 1897. 
Poems ofthe Heart and Home, Toronto, i88i. 




ROMAN 



Alma, Maud. 

Isabel Leicester, A Romance, Hamilton (Ontario), 1874. 

Angers, Mlle F. fLaure Conan). Demeure à la Malbaie (Québec). 
Angéline de Montbrun, 1884 ; 
Si les Canadiennes le Voulaient, 1884 ; 
A l'Œuvre et à V Epreuve, 1884 et 189 1 ; 
Larme d'amour ; 
Un Amour Vrai ; 
Un Oublié. 

BiBAUD, Mlle a. 

Un Terrible secret. 

Barry, Miss KaTE Madelink. Née à Montréal ; a fait ses études à Ottawa 
où elle demeure ; elle a écrit des articles et des revues pour la presse de 
New-York ; publia son premier livre à l'âge de dix-sept ans. 
Honor Edgeworth ; . 
The Doctor's Daughter. 

Brooke, Mrs. Francis, épouse du chapelain de la garnison de Québec quand 
sir Guy Carleton était gouverneur du Canada. 

The History of Emily Montague, écrite à Québec et publiée à Londres, 
Angleterre, en 1784. 






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FEMMES DU CANADA 



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CONGBR, JANET E. 

A Daughter of St. Peter' s, Montréal, 1889. 

Charlton, Margaret Ridlky. Demeure à Montréal. Son père, feu John 
Charlton, de Laprairie, était un descendant du célèbre évêque Ridley. 
Miss Charlton écrivit les premiers comptes de fées publiés au Canada. 
A Wonder Web 0/ Stnries, 1892. 
IVith Printless Feet, 
In the Days of Sir WaHer Raleigh, 1900. 

COLFKR, RKBKCCA B. 

Stray Leaves front the Drama of Every-Day Life. 1878, 

Dickson, Emma Wells (Stanford Eveleth), de Truro (Nouvelle- Ecosse). 
Àfiss Dexie. 

DUNCAN, Miss Sara Jeannette (Mrs. Everart Coates) — née à Brantford, 
Ontario, demeure maintenent à Calcutta. Ecrivit sous le pseudonyme 
de Garth Grafton dans le Globe de Toronto et autres journaux. 
Mariée en 1891, elle a depuis écrit plusieurs contes anglo-indiens, etc. 

A Social Departure, 1890 ; 

An American Girl in London, 1891 ; 

A Voyage of Consolation, 1891 ; 

Vernon's Aunt, 1894. 

DoUGALT, Miss Lily. Née a Montréal, fit ses études à New-York. Elle 
voyage beaucoup, et demeure la plus grand partie de l'année à Edimbourg, 
Ecosse. 

Beggars AU, 1891 ; 

Wfiat Necessity Knows, 1893 ; 

The Zeitgeist, 1896 ; 

A Question of Fault ; 

A Madonna of a Day ; 

The Mortnon Prophet. 

Danditrand, Mme Raoul (Josette) de Montréal, est la fille de l'honorable 
F. -G. Marchand, premier ministre de la provincede Québec; elle a fait des 
essais de mérite et a publié une revue littéraire intitulée, le Coin du Feu. 

Contes de Noël, 1889 

Une Rancune, 

La Carte Postale, \ Trois comédies. 

Le Langage des Fleurs, 



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E. F., Miss. • 

Nothing Like Black and iVhite, 1878. 

FLBBflNG, May Naud. 

Norine's Revenge, Toronto, 1875. 

Flitchie, Ameli.a, de Halifax (Nouvelle-Ecosse). 
Kerchiefs to Hunt Soûls, Halifax. 

FRéCHETTE, Mme Annie Howells de Ottawa, est la sœur de W. D. Howells. 
Epousa le frère du lauréat canadien, Louis Fréchette. 
Reuben Date, 1873 ; 
The Farm's Little People, 1894 ; 
On Grandfather's Farm, 1897 ; 
Summer Watering Places on the St. Lawrence. 

Fraskr, Charlotte A. 

Constance — A Lay ofthe Olden Time. 

GwELT, Fanny. 

Wanted—A House Keeper. 



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LITTERA TURE 



Harris, Carrie J. 

The Chrislmas Babies ; 

Mr. Perkins of Nova Scotia ; , 

A Rotnantir Romance. 

Harrison, Mrs. S. Franges {Seranus), de Rosedale, Toronto. Critique 
musicale, compose des chansons et collabore aux maj^azines anglais et 
américains. Auteur de /)own Ihe River and other Poems, et Pine, Rose 
end Fleur de Lis, Toronto, 1891 ; 

Forest 0/ Bourg Marie, 1896; 

Crowded Out and Other Stories, 1 897. 

Hammond, Mrs. J. B. (Constance MacDonald). 
The Unexpeded Bride, 1895. 

Henshaw, Mrs. F. J. (Julian Durham), de Victoria, Colombie-britannique. 
Hypnotized ; 
The Experiment of Sir Hugh Galbraith. 

HoLT, Miss. 

Autobiographical Sketches of a Teacher's Life, 1875. 

Hayes, Mrs. K. t. (Mary Markwell). 
Prairie Pot-Pourri, 1895. 

Lauder, Mrh. m. E., de Toronto, est aussi une linguiste accomplie. 
Evergreen Leaves, Toronto, 1877 ; 
Legends and Taies ofthe Hantz Mountains, 1885 ; 
At Last, A Novel, 1894. 






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Leavitt, Lydia. 

Bohemian Society, 



Brockville, T^Si. 




Leprohon, Mme J. (Miss Rosana E. MuUins), née à Montréal où elle y fit 
ses études commença dès l'âge de 14 ans à écrire pour les magazines. Elle 
épousa, en 1851, Jean L,. Leprohon, médecin connu et littérateur de Mont- 
réal ; un volume des œuvres poétiques de Mme Leproiion, fut publié 
après &a mort en 1879. 

Le Manoir de Villerai, 1861 ; 

Antoinette de Mirecourt, 1864 ; 

Armand Durand, !869. 

LizARS, Katherine et Robina. 

The Story 0/ the Canada Company ; 
The Hmnors of the Rébellion of 183J. 

LoGAN, Annie Robertson, (Mrs.) Née a St. John fNouveau-Rrunswick). 
Epouse de Barry Dane, de Montréal ; remplit avec succès, les fonctions de 
critique littéraire et de collaboratrice de la presse; elle écrit pour le 
New York Nation ; elle a écrit anssi Story 0/ Canada (inédit). 
Children of the Hearth. 

Laut, Miss. Demeure à Ottawa (Ontario). Vient de publier im roman. 
The Kings of the North, 1899. 

MacDonell, Miss Blanche Lucii.E. Demeure à Montréal mais est née, à 
Toronto, où elle fit ses études ; elle écrit pour les meilletu's magazines et 
aussi pour la presse religieuse. 

The World'!* Great Altar Stairs; 

For Faith and King ; 

Talcs of the Soil : 

Diane de Ville Marie. 



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FEMMES DU CANADA 



MacIlwraiTH, Miss Janb Newton (Jean Forsyth). Née â Hamilton 
(Ontario), fille de Thomas Macllwraith, ornithologiste, un écrivain de 
talent, à la plume facile ; ses historiettes et ses critiques ont également 
beaucoup de mérite. 

The Making of Mary, London, 1895 ; 

The Span o' Life, 1898; 

A History of Canada for Children, London, 1899. 

M ACHAR, Agnes Maule ( Fidelis\. Demeure à Kingston. Fille de feu Rév 
J. Machar, docteur en théologie de Kingston ; sa poésie est bien connue 
des lecteurs des magazines canadiens et américains. 

Stories of New France ; 

For King and Country ; 

Lost and Won ; , . 

Marjorie's Cajiadian Winter, 1892 ; 

Roland Graeme : Knight, 1892 ; 

The Heirof Fairwood Grange, 1895. 

Mason, Mrs. G. M. 

Faces That Follow. 



MouNTCASTLE, Miss C. (Caris Sima), de Clinton (^Ontario), où elle est née 
est un artiste de talent aussi bien qu'auteur et journaliste , a écrit j 
Mission of Love and Other Poems, Toronto, 1882 , 
A Mystery, 1886. 



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Merritt, Katherine. 

When George ihe Third Was King, 



Toronto, 1891 




McAuster, Lottie ly. 

Clipped Wings, 1899. 

Murry, Kate. 

The Guiding Angel, 1871. 

Murray, Miss Louisa, De Niagara (Ontario) ; mourut en 1895 , écrivain de 
grand talent. 

Merlin' s Bower ; 

The Cited Curate ; 

The Selliers of Long A rroiv .; 

Fatina, or the Red Flower of Leafy Hollow ; 

Margarel Kneller, Arlisl and Woman. 

Moodie, Mrs. SUSANNA (Miss S. Strickland). Née et mariée en Angleterre, 
Elle vint au Canada avec son mari la même année que sa sœur, Mrs 
Trail. Demeure ordinairement à Peterboro. Elle était romancier, poète 
et historien ; écrivit Etilhusiastn and other Poems, 1830. Mourut à 
Toronto en 1885. 

A Matrimonial Spéculation , 1854 ; 

Mark Thurlstone, or the Two Brothers : 

Flora Lindsay, or Passages tn an Eventful Life; 

Roughing il in the Bush ; 

Life in the Clearings ; 

Ltfe in the Backwoods ; 

Geoffrey Moncton. / . : 

Noël, Mrs. H. D. 

Abbey of Rathmore and other Taies. 

NoEL, Mrs. J. V. 

Dinah Blake^s Revenge. 

Ogilvy, Miss Maud, de Montréal. A écrit d'excellentes biographies de 
sir J. J. C. Abbott, autrefois premier ministre du Canada, et de lord 
Strathcona et Mount Royal. 

Matie Gourdon ; A Romance of the Lower St Lawrence, 1890 : 

£ic Light House, 1891. 



LITTÉRA TURE 



225 



Ross, Mrs. EllKN. Demeurait autrefois à Montréal. 
Violet Keith ; An Autobiog^raphy ; 
Le,s;end of the Grand GotdonSy ib68; 
Legend of the Holy Stonc. 

RoTHWKLL, Annie (Mrs. Christie)- 
Alice Gray, 1873 ; 
Edged Tools, 1880 ; 
Requital, 1886 ; 
Loved I noi Honour More, 1887 

ROWE, IvIZZIE. 

An Old IVoman's Story, 1886. 

RODGERS, Grâce Dean McLEOd (Mrs). (Née à Liverpool, Nouvelle-Ecosse), 
Fit ses études à Halifax ; épousa en 1891, H. W. Rodgers, de Amherst, 
(Nouvelle-Ecosse). 
Stories ofthe Land of Evangeline. 

RowELL, Mrs. J. h. 

Julia Campbell, 1876. 

SadliER, Mrs. M. A., de Montréal. Publia les poèmes de Thomas D'Arcy 
McGee. 

The Confédérale Chief tains ; 

Eleanor Preston ; 

Con O'Regan ; 

Stories ofthe Provmces, 1895 ; 

The Blakes and Flannagans. 

SaduER, Miss Anna T., de Montréal. A publié plusieurs volumes de 
biographies et d'historiettes, pour les enfants surtout. 
The Story of M aster Gérard. 

Saunders, Miss Margaret Marshall. Née à Milton (Nouvelle-Ecosse). 
Elle est la fille du Rév. E. M. Saunders, docteur en théologie, et demeure 
à Halifax. Son œuvre la mieux connue est Beautiful foe, pour laquelle 
ou lui décerna un prix, et qui fut traduite en langue japonaise, allemande 
et suédoise. 

Beautifiil Joe ; 

The King in the Park ; ' . ■ 

Rose à Charlitte ; 

For the Other Boy' s Sake, etc. 
Savigny, Mme Annie Gregg, de Toronto. Elle écrit sur aes sujets astrono- 
miques pour la Société Astrale de Toronto. 

A Heart Story of To-Day, 1886 

ARomance of Toronto, 1888. 

Sheard, Virna. 

Trevelyan's Little Daughters. 

Skelton, Mrs. 

Grâce Morton, 1873, 

Traill, Mrs. Catherine Parr. We en 1802. Vint au Canada avec son 
mari en 1832, t s'établit à Laketield (Ontario), où elle continua à 
s'occuper d'œu res littéraires jusqu'à sa mort, qui arriva au grand âge 
de 98 ans. Mrs. Trail a aussi mérité une mention spéciale comme natura- 
liste, et fut une collaboratrice appréciée des magazines anglais. 

Backwoods of Canada, 1835 ; 

The Female Emigrants Guide ; 

The Canadian Crusoes, A Taie of the Rice Lake Plains, 1854; 

Lady Mary and Her Nurse, 1856 ; 

Afar in the Forest, 1883 ; 

Plant Life in Canada ; 

Pearls and Pebbles : Notes by An Old Naturalisi • 

Cot and Cradle, 1895. 




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York, Miss Eva Rose. 

Chaon Orr ; Portions 0/ His Autobiography , 1896. ' 

WOOD, JOANNA E. 

Judith Moore, 1897 ; 
The Untempered IVind ; 
A Daughter 0/ Witchcs. 

YouNG, Catherine A. 

Stories 0/ the Maple Land , i?to^. 

Watt, Mrs. Alfred J. (Madge Robertson), delà Colombie-britannique. Elle 
est un écrivain de mérite. 
JaneVs Love and Service. 

Weaver, Miss Emily P. 
My Lady Nell 
The RabbVs Sons ; 

Prince RtiperVs Namesake, Toronto ; 
Soldiers qf Liberty. 

HISTOIKE, BIOGRAPHIE, ETC 

Alloway, Mrs. Mary Wilson. 

Old Firesides of French Ca«arfa, Montréal, 1898. 
Berryman, L. 

A Révérend Pilgrimage. 

Blainvili,E, Françoise Celoron de. Naquit à Montréal en 1744, et mourut 
en 1809. Etait à la tète de la congrégation des sœurs Grises de 
Montréal. Ecrit des séries de lettres remarquables. 

Boui,TON, Constance. 

On a Bicycle through Europe. 

Carnochan, Miss JaneT, demeure à Niagara (Ontario). Est une collabora- 
trice appréciée de plusieurs revues périodiques. A aussi écrit un 
volume de poésie intitulé : Fugitive Poems. Présidente de la société 
Historique de Niagara. 

Niagara, One Hundred Years Ago ; 

Two Frontier Churches ; 

Early Schools of Niagara, etc. 

Day, Mrs. cm. 

History of the Eastem Townships. 

Edgar, Matilda (Lady), demeure à Toronto. Veuve de feu sir James D. 
Edgar, président de la Chambre des Communes, et sncien président de la 
société Historique de Toronto, pour laquelle elle a écrit des œuvres 
littérair remarquables, 

Ten ears of Upper Canada in Peace and War, 1805 — 1815. 
'loronto, 1895. 

FesSENDER, Mrs. E. J. Promotrice de la Fête de l'Empire dans nos écoles. 
Membre Associée de la société Canadienne des Auteurs. Ancienne 
rédactrice de Niagara Leaflet. Elle écrit pour la presse sur des sujets 
d'actualité. Auteur de Our Union Jack. 

FiTzGiBBON, Miss Mary Agnes. Née à Belleville, (Ontario), et demeure à 
Toronto. A hérité des talents littéraires de sa grand'mère, qui était une 
des soeurs Strickland ; a publié aussi A Trtp to Manitoba et Home 
IVork. Elle écrit aussi pour divers magazines et journaux. 
A Vétéran of iSrz, Toronto. 

Grant, Mrs. M. Forsyth. 

Scènes from. Hawaii, or Life in the Sandwich Islands. 



LITTERA TURE 



227 



JucHEREAU, Françoise. A écrit Histoire de V Hôtel Dieu, publié en 1751. 

Macdonald, Sara h Agnes, baronne d'Earnscliffe. A écrit une série d'articles 
pour le magazine Murray, intitulée : By Car and Cow-catcher, oui sont 
(les résumés de son célèbre voyage sur le chemin de fer canadien du 
Pacifique dans lequel elle accompagna son illustre mari, sir John A. 
Macdonald, premier ministre du Canada. A écrit aussi On a Canadian 
Sahnon River, et On a Toboggan, pour le même magazine, ainsi que de 
superbes articles poui le PaU Malt Magazine, \^ Ladies' Home Journal 
et le Star de Montréal. 

McNaughton, Mrs. Margaret. 
Overland to Cariboo. 

NoRRAOKOW, la ComTESSE Eli.a. Née à Toronto ; épousa à New York un 
Russe noble, le Comte Norraokow, collabora au magazine Lippincott, 
au Cosmopolitin, au Harper's Monthly et Weekly, et autres revues 
périodiques. A traduit des historiettes de Tolstoi. 

Reugikusks, LES Ursulines. 

Lettres de la Mère de V Tncamation ; 

Histoire du Monastère des Ursulines depuis la fondation jusqu'à nos 
Jours. (4 vols.). 

Religieuses, les Hospitalières ont célébré le i88e anniversaire de l'Hôpital 
général en publiant un livre intitulé : 
Histoire du Monastère de Notre-Dame des Anges, 1881. 

Roach, Mrs. Harriet (maintenant Mrs. Boomer). 
On Trek in the Transvaal, London, 1876. 

Roy, Mrs. Jennp:t. 

Text-Book 0/ Canadian Hi s tory, Monirêa\, 1847. 

Spragge, Mrs. 

J^rom Ontario to the Pacific. 

La liste suivante contient les noms des femmes écrivains qui 
ont également contribué au développement de la littérature au 
Canada, mais dont les oeuvres ne peuvent être mentionnées ici : 

Augusta Baldwin, Mrs. Chenie, Mrs. E. F. EUet, Clare Everest, 
Helen Fairbairn, Rose Ferguson, Mrs. Giles, Jeanie Grey, Maud 
Kegan, May Austin Low, Martha Martin, Isabel McPherson, Mrs. 
McLachan, E. M. Na.sh, Kate B. Simpson, Mrs. J. G. Spooner, 
Ada M. Trotter, Helen Walker. 

M. H. AHERN. 




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FEMMES DU CANADA 



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CHAPITRE VIII. 



ARTS, METIERS, MUSIQUE, DRAME. 



LES FEMMEi DU CANADA DANS LE DEVELOPPEMENT DB ARTS. 





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On a dit avec vérité que l'histoire de l'origine et du développe- 
et des formes artistiques est partie intégrante 
la civilisation. Dans l'évolution de chaque 
peuple particulier et dans ses efforts pour 
exprimer la beauté idéale au moyen des 
formes et des couleurs, on peut trouver 
une preuve convaincante du degré de 
perfection auquel il a atteint. 

Un examen attentif de l'exp^'ession 
artistique chez un peuple quelconque 
nous fait voir qu'il a fallu des périodes 
progressives de différentes durées \\o\\x 
produire des résultats appréciables. Les 
grandes époques .sont marquées par de 
grands succès dont il n'e.st pas toujou s 
possible de retracer l'origine. Le génie 
peut former son propre milieu et devancer .son siècle dans sa marche 
vers le but auquel il tend, mais c'est par le développement du grand 
nombre qu'on atteint à une .sphère intellectuelle plus élevée et que .se 
forment les nouveaux idéals. Dans l'accroi.ssement progres.sif d' une 
nation, à mesure que se développe le sens de l'ordre, de la propor- 
tion, de la beauté, le sentiment arti.stique s'étend et trouve les 
moyens de s'exprimer efficacement. 

Des cabanes de troncs d'arbres taillées dans la forêt par nos 
hardis pionniers, nous sommes arrivés, au Canada, à la période de 
la brique et de la pierre, aux constructions architecturales préten- 
tieuses, ornées, - embellies, d'après les différents styles anciens ou 
modernes, œuvres d'architectes et de constructeurs représentant 
autant d'idées différentes. A la vue de cette diversité on est porté 
à se dei. .ander : "Se peut-il que dans un nouveau pays, et dans de 



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DEVELOPPEMENT DES ARTS 



229 



nouvelles conditions, après tant de siècles d'exploitation, l'art 
puisse nous offrir quelque chose de nouveau, quelque chose qui ne 
soit pas une simple variation des sujets ou des genres passés?" 

L'art est aussi susceptible de transformation que la j^ensée de 
l'homme qui l'inspire ; et certaines phases de la pensée moderne ont 
encore à trouver leur interprétation dans l'art contemporain. 

La situation où se trouve une nation après son époque primitive 
est celle d'un élève qui apprend les idées conventionnelles et 
acquiert des connaissances techniques. Après cette période, la 
l)ensée latente de l'âge, se manifestera nécessairement en quelque 
nouvelle phase de l'art, connue il arrive pour la philosophie, la 
littérature et la politique. Le Canada est encore, en grande partie, 
en tutelle, pour ainsi dire ; cependant de nombreux indices font 
])ressentir sur plusieurs points une prochaine et prompte émanci- 
pation. Quelques-unes des conditions les plus favorables aux arts 
n'existent pas encore au Canada, ou y existent depuis trop peu de 
temps pour que les résultats en puissent être apprécial)les. 

L'histoire nous montre que les beaux-arts ont été florissants 
lorsque les nations ont été prospères. Les papes accordaient à 
Michel-Ange et à Raphaël une protection qui les rendait indépen- 
dants des nécessités de la vie et les laissait libres de se livrer entière- 
ment à leurs puissantes inspirations. Les gouvernements de 
Florence, de Venise, de France, etc., commandaient les chefs 
d'œuvres des grands artistes ; de nos jours même, c'est dans les 
vieux centres de civilisation, la où la fortune accumulée a formé 
une classe cultivée et indépendante que l'on recueille les oeuvres 
d'art dans les galeries publiques ou privées, que l'on encourage les 
artistes et que l'on fonde des écoles. 

A l'époque du développement de l'âge d'or dans les arts, la 
femme était supposée y prendre peu de part, mais aujourd'hui, elle 
tient une large place dans presque chaque branche de travail et 
d'éducation. 

La première manifestation de l'art au Canada se voit dans la 
poterie, différents objets d'argile, ouvrage des femmes indiennes. 
Le musée archéologique de Toronto en possède un grand nombre 
de spécimens de formes artistiques et de décoration excellente. 
Dans le tissage, la teinture, les ouvrages en rassade et autres, dans 
les métiers et les diverses industries domestiques, les femmes 
indiennes eurent des débuts dignes d'éloge et vraiment remarquables. 
Les pionnières du nouveau monde continuèrent tt développèrent 



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FEMMES DU CANADA 



ces industries jusqu'à ce que l'extension du commerce et les 
nouvelles inventions vinssent les priver de cette occupation. Il est 
très intéressant de suivre les ingénieuses devises et l'habileté de nos 
grand' mères et de nos bisaïeules dans la décoration et le bien-être 
de leur intérieur. Le cardage, le filage, la teinture et le tissage de 
ces étoffes dites " du pays ". si à la mode encore tout récemment, 
montrent un goût artistique inné, tant dans la couleur que dans 
le dessin. 

Forcées d'abord par la nécessité de filer, de tisser et de teindre, 
ces ouvrières des premiers jours sentirent leur ambition s'augmenter 
à mesure que leurs ressources et leur bien-être s'accroissaient. Le 
tricotage, la broderie, la confection des tapis formaient une industrie 
importante ; et les beaux spécimens qui nous restent attestent que 
le sentiment arti.stique était déjà éveillé et vivace. 

De temps à autre, dans les premiers jours de la colonie, il s'est 
trouvé quelques artistes primitifs qui représentaient à la plume et 
au crayon les scènes de défrichement, les vastes et riches pâturages, 
les lacs, les ruisseaux et les montagnes* 

Des femmes telles que Mme Simcoe, épouse du gouverneur 
Simcoe, lady Alexander, lady Head et Mme Jamieson, firent, 
pendant leur séjour au Canada de nombreux croquis dont plusieurs 
sont aujouii'hui entre les mains de quelques familles de Toronto. 
Mme Paul Kane, dont feu sir Daniel Wilson a dit que son habileté dans 
l'usage du crayon et du pinceau égalait celle de son mari, travailla 
avec celui-ci à la préparation de la série de peintures qui se trouve 
à la bibliothèque du parlement à Ottawa, ainsi qu'à une centaine de 
tableaux représentant des scènes indiennes, des paysages, des por- 
traits et des groupes, maintenant la propriété de l'honorable G. W. 
Allan, de Moss Parle, Toronto. Mme Moodie, Mme Kane et Mme 
Hayward nous ont aussi laissé des esquisses au crayon et à 
l'aquarelle, représentant différents sites aux premiers jours de la 
colonisation. 

Bien qu'à cette époque, les enfants des colons eussent peu de 
facilités d'apprendre le dessm et la peinture, les quelques œuvres des 
femmes des fonctionnaires publics ou d'autres résidents temporaires 
au Canada, y exercèrent une réelle influence, firent naître dans 
l'esprit du peuple le désir de s'instruire et l'engagèrent à saisir 
avidement toutes les occasions qui se présentèrent. Les couvents 



* The Old Régime in Canada. Parkman, page 367. 



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DEVELOPPEMENT DES ARTS 



231 



furent les premières écoles où l'on enseigna les arts. Leurs pro- 
tesseurs d'occasion venaient de France ou d'Angleterre, restaient 
([uelque temps au Canada et y laissaient des élèves qui à leur tour, 
devenaient professeurs. 

Parmi les élèves d'un de ces maîtres fut Mme Maria Morris qui 
consacra son talent et sa vie au développement des arts. Elle eut 
une influence inestimable sur les dévelopi^ements progressifs des 
provinces maritimes. Elle avait été, vers 1830, avec lady Mary 
Fox et lady Colin Campbell, élève d'un artiste anglais établi à 
Halifax. 

Il est évident qu'à ce moment là, il se produisit dans la Nou- 
velle-Ecosse un enthousiasme artistique dont l'effet se fait encore 
.sentir aujourd'hui. 

En 1840, Mme Maria Morris Millar publia, à Londres, 
Angleterre, la première série des Fleurs sauvages canadiennes, 
et peignit au.ssi une collection d'une trentaine d'as.siettes ou 
plaques pour Sa Majesté la Reine, qui en accusa gracieusement 
réception. • , 

Voici ce que dit un écrivain à .son sujet : ' ' Lorsqu'elle mourut, 
ses élèves étaient dispersées dans toutes les parties des provinces 
maritimes, et, comme plusieurs d'entre elles appartenaient à des 
familles de généraux et d'ofiSciers en service actif, il s'en trouvait 
jusque dans les villes les plus éloignées de l'empire britannique. 
Dans la Nouvelle-Ecosse, elle est considérée avec raison comme 
l'inspiratrice du goût artistique, et son œuvre se poursuit actuelle- 
ment dans au moins cinq collèges, une université et une école 
des arts. " 

Les arts se développèrent rapidement dans les couvents établis 
de si bonne heure dans la colonie. On y broda des ornements 
sacerdotaux, on y façonna de riches dentelles pour le service des 
autels et l'on y copia des peintures représentant les saints ou la 
Vierge, pour en crner les .sanctuaires. Les religieuses ursuliues 
excellaient surtout dans un genre délicat de broderie dit ' travail 
sur récorce ". C'était une sorte de peinture à l'aiguille toute 
originale et fort jolie faite avec les longs poils d'élan. Ces poils 
teints de riches couleurs remplaçaient les teintes ordinaires de la 
.soie et, pour le fond de cet ouvrage, on employait, au lieu des riches 
tissus de brocart et de velours, l'écorce extérieure du bouleau blanc 
ayant l'apparence d'un cuir très doux. Ces ouvrages étaient très 
admirés et fort recherchés des familles venues au Canada avec 



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FEMMES DU CANADA 






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une certaine fortune. Plus tard, la dorure pour la décoration 
des églises, des tabernacles, etc., devint pour les Ursulines une 
source considérable de profits. Les premières leçons de dessin 
au crayon et de peinture à 1" huile, leur furent données, en 1820, 
par un artiste français, qu'un écossais remplaça en 1832. A 
partir de cette époque les principaux reliquaires et les autels du 
monastère furent décorés de peintures, œuvres d'habiles élèves ; et, 
depuis ce temps-là jusqu'à nos jours, de nombreux artistes sont 
sortis de ces couvents où ils avaient largement profité des labeurs de 
leurs prédécesseurs. 

L'année 1867 vit le succès d'une Canadienne dont un écrivain a 
dit dans le Nexo Ccntury juin 1875 : " C'est le travail le plus 
remarquable qui ait jamais été tenté par une femme". L'artiste 
elle même disait : ' ' Mes Fleurs sauvages du Canada, publiées à 
Montréal, en 1867, par M. John Lovell étaient mon premier travail 
de quelque importance. En 1865, je devins veuve, chargée d'une 
famille et n'ayant qu'un très modeste revenu. Ma tante, Mme C. 
P. Traill av^ait écrit un livre sur la flore canadienne ; et. cet ou\Tage 
n'étant point illustré, nous unîmes nos efforts en collaboration. 
Mme Traill fournit le texte t)^^ ographique des planches du livre. 
Groupes de fleurs sauvages. En cherchant à former une liste 
de souscripteurs afin de couvrir les frais d'impression, je promis 
que ce travail serait entièrement exécuté au Canada, mais je 
vis bientôt qr''l me serait impossible d'y trouver quelqu'un 
de compétent pour ce genre d'ouvrage et j'entrepris de le faire moi- 
même. * ' 

C jst ainsi que, sans se décourager, Mrs. Agnès FitzGibbon se 
mit elle-même à l'œuvre pour mener à bien le projet à l'exécution 
duquel elle s'était engagée. Ses connaissances se réduisaient à 
quelques leçons de peinture qu'elle avait reçues de Mme Hoppner 
Meyer, à ce qu'elle avait appris dans son enfance en regardant sa 
mère, Mrs. Moodie, peindre des fleurs à l'aquarelle, et enfin à 
quelques conseils que lui donna plus tard M. Hoppner Meyer sur 
l'emploi de la craie litliographique. Après quelques essais sur les 
fleurs sauvages qui croissaient en abondance autour de sa maison, 
Mrs. FitzGibbon commença à dessiner sur la pierre des groupes de 
fleurs, d'après nature. Ces fleurs furent imprimées par M. Fuller 
et elle les coloria elle-même. Avant que la première édition de cinq 
cents exemplaires fut complétée, ou en demanda une deuxième et 
une troisième. Elle inventa un poncis qu'elle expliqua plus tard à 



DE VEL OPPEMEN T DE "^ AR TS 



233 



l'une des plus anciennes maisons de publication de Londres, Angle- 
terre, qui ne pouvait comprendre qu'un travail si bien exécuté 
laissât si peu de trace du poncis ou du pinceau. On peut se faire 
une idée de l'importance du travail en considérant que chaque 
planche passait en moyenne seize fois entre les mains de Mrs. Fitz- 
Gibbon soit pour l'application des couleurs, soit pour la correction 
des détails. Les trois premières éditions comparaient quinze mille 
planches. La seconde et la troisième furent imprimées à Mont- 
réal par la Burland Lithographing Company. En 1898, cent autres 
exemplaires numérotés et lithographies furent publiés à Toronto 
par William Briggs ; et, comme pour les éditions précédentes, les 
fleurs furent coloriées à la main. 

Dans les différentes maisons d'éducation qui se sont implantées 
au Canada il y a un demi-siècle, les travaux à l'aiguille, la broderie 
et les copies de dessins au crayon et de peintures à l'huile ont été 
enseignés comme art d'agrément. Il y a à peine une vingtaine 
d'années que les Canadiennes ont commencé à rechercher l'étude 
des arts et à .sentir que l'art peut être pour une femme une vocation, 
une profession ou une carrière sérieuse. Les expositions pro- 
vinciales et locales, industrielles et agricoles, qui furent inaugurés 
dans les centres importants, vers 1860, stimulèrent énergiquement 
les industries domestiques et les beaux-arts. On offrit des prix 
pour toutes sortes d'ouvrages, depuis la couverture de lit, sorte de 
mosaïque formée de mille pièces de différentes couleurs, courtes- 
pointes et produits du métier à tisser, jusqu'aux peinttires, originales 
ou copies, représentant des sujets variés et pittoresques. La raison 
d'être de ces expositions annuelles a été de procurer aux habitants 
des campagnes l'occasion de se rencontrer et d'exposer, de comparer, 
d'acheter et de vendre tous les produits de leur domaine. Les Cana- 
diennes rivalisent d'adresse dans les ouvrages au crochet, le tricot 
et le raccommodage. Les housses de fauteuils, les tapis de tables 
et de cheminées, les " catalogues " sorte de tapis de chiffons, etc., 
dénotent non seulement le désir du confortable, mais fournissent 
encore l'occasion de déployer un certain goût artistique dans la 
disposition des couleurs et le choix des dessins. Les flci de cire, 
les ouvrages de cheveux, de rassade, des représentations de scènes 
sérieuses ou comiques reproduites en laine, étalent le bon ou le 
mauvais goût de l'auteur, mais indiquent surtout l'amour inné chez 
les femmes de toutes conditions pour l'expression du sentiment 
artistique. Plusieurs parmi celles qui travaillent à ces ouvrages dom- 



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FEMMES DU CANADA 



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estique eussent été capables, en d'autres temps, en d'autres circonstan- 
ces, de produire des tapisseries excellentes et des broderies compliquées. 

C'est ainsi que s'éveilla l'intérêt artistique que vint encore 
fortifier et développer le grand événement de l'exposition centenaire de 
Philadelphie, en 1876. C'est là qu'il fut donné pour la première fois 
à un grand nombre de Canadiens d'admirer, non seulement les trésors 
artistiques de l'ancien monde, mais encore les résultats d'un siècle 
de progrès dans le nouveau monde. Quelques femmes canadiennes 
y avaient exposé des peintures à l'huile, des aquarelles, et des dessins 
peintures sur velours et des ornements sacerdotaux richement brodés. 

En sa qualité de directeur de la section de l'éducation pour 
l'exposition centenaire, le ministre de l'instruction publique 
d'Ontario avait adressé aux écoles publiques une circulaire dans le 
but de former une collection de dessins exécutés par les élèves de 
ces écoles. On prétend que personne n'aurait pu dire au juste ce 
qu'un grand nombre de ces dessins ainsi réunis étaient supposés 
représenter. L,e ministre vit alors la nécessité de faire au dessin 
une part plus importante dans le système d'éducation, on accorda 
une subvention à l'école des Arts d'Ontario, Ontario School oj 
Art \ et, en 1878 l'école des Arts de London fut établie. Le 
résultat des examens simultanés qui eurent lieu en 1883 fut aussi fav- 
orable aux femmes qu'aux hommes. La seconde année, le nombre de 
femmes qui obtinrent des diplômes fut le double de celui des hommes. 

En 1883 l'enseignement du dessin devint obligatoire dans les 
écoles publiques d'Ontario, de sorte qu'aujourd'hui 500,000 élèves 
l' étudient. Bien que le système d'enseignement ne soit pas des 
plus satisfaisant et que l'instruction que l'on donne dans ces écoles 
reste bien imparfaite, on constate cependant un progrès marqué. 
En 1886, quatre écoles des arts et huit collèges pour les femmes 
prirent part à l'exposition coloniale de Londres, Angleterre. Les 
dix années écoulées entre ces deux grandes expositions font époque 
par les efforts tentés pour l'enseignement des arts en ce pays. 

En 1872, la société des Artistes d'Ontario avait été fondée, 
et en 1880, l'association des Arts de Montréal ouvrait ses portes. 
L'Académie royale canadienne fut aussi fondée en 1880, par son 
Excellence le marquis de Lorne, dans le but d'encourager le dessin 
appliqué à la peinture à la sculpture, à l'architecture, à la gravure et 
aux arts industriels. On décida que les femmes seraient admises 
comme membres, mais qu'elles ne seraient point obligées d'assister 
aux simples réunions d'affaires, et que leurs noms ne seraient point 



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DEVELOPPEMENT DES ARTS 



235 



entrés sur la liste d'admission au conseil de direction. Ainsi, leur 
droit n'était que nominal et elle ne s'en prévalurent jamais. On 
pensa aussi qu'il était nécessaire d'introduire dans les règlements 
une clause excluant les ouvrages à l'aiguille, les fleurs artificielles, 
les ornements en papier découpé, les articles en coquillages, les 
modèles en cire coloriée, ou tout autre ouvrage de même nature. 
Cela donne une juste idée du niveau général des femmes en matièie 
d'art et de leurs travaux, il y a quelque vingt ans. Ce ne peut 
être d'ailleurs un sujet de surprise pour ceux qui se rappellent cette 
manie de décoration, laquelle s'abattit à cette époque sur ce pays et 
y régna si tyranniquement. Pendant près de dix ans, l'art décoratif 
fut en démeu'^'' • tout était peint à la main, il n'y avait point de 
limites. On dit même que cette folie ne fut point entièrement 
l'apanage exclusif du Canada et qu'elle se fit sentir même en 
Angleterre et ailleurs. Les ouvrages domestiques d'autrefois firent 
place aux écharpes, bannières, écrans et miroirs peints de festons, 
de couronnes de fleurs, ou de figures, paj'^sages, oiseaux, papillons 
et toutes espèces d'êtres ou de choses qui rampent ou grimpent. 
Les ustensiles de cuisine mêmes n'échappèrent, point à cette rage de 
tout décorer : les marmites, les casseroles, les rouleaux à pâtisserie, 
les tabourets employés dans la traite des vaches, tout était décoré, tout 
s'étalait au salon. Cette prodigieuse époque est cependant heureu- 
sement passée. Elle s'est dépensée en productions inutiles et elle a 
été suivie d'efforts sérieux sincères et constants de la part des femmes 
pour s'instruire, élargir leurs perceptions artistiques, épurer leur goût 
et diriger leurs efforts dans des voies plus dignes et plus nobles. 

La folie décorative a été amenée tout naturellement par la tran- 
sition naturelle de la situation nécessairement restreinte des pion- 
niers à celle plus large et plus exigeante d'un peuple prospère aux 
aspirations toujours grandissantes. Elle a été suivie par une ré- 
action tempérée qui indique une heureuse orientation du sentiment 
artistique et qui ne peut manquer de produire de bons résultats. 

Le Canada offre aujourd'hui une somme plus grande d'avan- 
tages au point de vue de l'éducation artistique. Bon nombre de 
Canadiennes ont pu se faire admettre dans les grandes écoles de 
l'étranger en Angleterre, en France et en Italie. Elle s'y sont dis- 
tinguéco et se sont mises en état de tenir une place honorable parmi 
les femmes des autres pays, aux grandes expositions universelles. 

M. E. DIGNAM. 



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FEMMES DU CANADA 






LES CANADIENNES ET LE DEVELOPPEMENT DES ARTS. 



Relevé par Mme Dignam. 



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ASSOCIATIONS. SOCIETES ET CLUBS POUR L'ENCOURAGEMENT 
DES ARTS, FONDÉS ET DIRIGÉS PAR DES FEMMES. 

- Association Artistique des Femmes du Canada — Fondée en 1890. Cette 
asscxriation fut reconnue par l'état en 1892. 

Son but est d'encourager et d'élever l'art original aH Canada en 
lui assurant la coopération des femmes artistes élèves ou amies des 
arts. Il existe déjà, dans divers centres du Canada, plusieurs 
succursales de cette association. 

Il nous faudrait plus d'espace que nous n'en pouvons prendre 
ici pour énumérer tout ce que l'association a fait en faveur des 
arts, le point de vue auquel elle s'est placée, et l'émulation qu'elle 
a fait naître dans l'application du dessin aux divers travaux 
manuels et à l'indu.strie. Elle a inauguré, il y a quelque douze ans 
passés, des conférences sur les arts ; et ces conférences se donnent le 
plus souvent dans les écoles et les collèges de chaque province. 

ly' association a ouvert des ateliers oii artistes et élèves trouvent 
toutes les facilités possibles de s'instruire et de se perfectionner. Elle 
fournit les modèles, organise des excursions pour l'étude du paysage 
d'après nature, des expositions fréquentes auxquelles prennent part 
les membres de l'association résidant à l'étranger, et où les œuvres 
des maîtres et des élèves peuvent trouver des acquéreurs. Plusieurs 
grandes expositions d' œuvres empruntées à différentes galeries 
publiques et privées 01. 1 été organisées avec succès, mettant ainsi 
en relief certains gerres ou certaines époques artistiques. La plus 
considérable de ces expositions a été celle d'une riche collection de 
portraits, en 1899. Il y a aussi des concours fréquents pour l'encou- 
ragement du dessin. Le 22 févTÎer 1900, eut lieu, à Toronto, une très 
importante exposition de travaux de femmes : vieilles dentelles, 
broderies, travail sur métaux, reliure, sculpture sur bois, poterie, 
cuir ouvragé, etc., produits de différentes époques et de différents 
pays. On peut ainsi juger du degré d'habileté auquel ont atteint 
les femmes canadiennes dans ces sortes d'ouvrages. 



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237 



La chambre des communes et le sénat offrirent à la comtesse 
d'Aberdeen, à son départ du Canada, un magnifique service de table 
décoré de sujets historiques par les meilleurs peintres sur porcelaine 
du pays, sous la direction et avec le concours de l'association. 

Le principal bureau de l'association se trouve à Toronto, 
Canada. La galerie et l'atelier sont situés dans le bâtiment de la 
Confédération Life Association. 

Présidente, Mme Dignam, 284 rue Saint-George, Toronto. 



SUCCURSAI.ES 



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Montréal — Présidente, Miss M. M. Phillips, 2278 rue Sainte- 
Catherine. 

Hamilton — Présidente, Mme John Calder. 
Brock ville — Présidente, Miss Cochrane. 
Saint-Thomas — Présidente, Miss Ermatinger. 

Saint-John — Présidente, Mme George Murray, 2 Wellington 
Row. 

Kingston — Présidente, Miss A. M. Machar, rue Sydenham. 
Portage-la-Prairie — Présidente, Mme Weir. 

Le Women's Art Club de London (Ontario). — Institué en janvier 
1893. Il fut réorganisé en février 1894 sur les mêmes bases que 
l'association Artistique des Femmes du Canada et en devint une 
succursale jusqu'en 1896, époque à laquelle il reprit son indépen- 
dance. Actuellement connu sous le titre de Wometi' s Art Chcb, il 
continue la même œuvre avec succès. — Présidente et foiidatrice, 
Mme Charles Léonard. 

Société des arts décoratifs de Montréal. — Fut organisée en avril 1879, 
et constituée au mois d'octobre de la même année. — Présidente, Mme 
W. F. Torrance. 



INSTITUTIONS NATIONALES, PROVINCIALES F^ LOCALES. OUVERTES 

AUX DEUX SEXES. 

L'Académie Artistique Royale Canadienne. — Fondée en 1879 par le 
marquis de Lorne et la princesse Louise. La première réunion et 
l'élection du conseil d'administration eurent lieu en 1880. Au mois 
de juillet de la même année, l'académie reçut de sa très gracieuse 
Majesté, le nom sous lequel elle est connue aujourd'hui. Les 
femmes peuvent en devenir membres, mais elles n'ont aucune voix 
au conseil ni ne peuvent faire partie des différents comités. Une 
moyenne d'un quart ou d'un tiers des exposants annuels sont des 
femmes. En font partie, comme membres sociétaires : Miss Harriet 






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FEMMES DU CANADA 



Ford, Miss Sarah Holden, Mrs. M. H. Reid, Miss Gertrude Spurr. 
Miss Laura Muntz, Miss Emma H. Windeat, Miss vSydney Tully 
Miss Margaret Houghton et Miss Florence Carlyle. . • . 

Société des Artistes d'Ontario. — Fut reconnue par l'Etat en 1872. Les 
femmes y sont admises en qualité de membres et d'exposantes. Le 
gouvernement lui accorda une subvention en 1875, et elle ouvrit une 
école des arts l'année suivante. Mme Schreiber, professeur de 
peinture à l'huile et les membres dont les noms suivent exposèrent 
à Chicago en 1893. Ce sont: Mlles Muntz, Spurr, S. S. Tully, 
Martin et Mme Reid. 

Ligues artistiques scolaires. — Leur objet est multiple : améliorer 
l'architecture des écoles, fournir de bonnes copies ou reproductions 
des chefs d'œuvre pour l'usage des étudiants et pour la décoration 
artistique des salles de classe ; stimuler le bon goût dans l'art de 
construire, de décorer et de meubler les maisons ; encourager parmi 
les élèves des classes supérieures la formation de ligues artistiques 
pour l'étude des arts comme moyen de culture intellectuelle et une 
.source de jouissances délicates, prendre toutes les mesures 
nécessaires pour améliorer le milieu artistique de l'enfance et 
éveiller chez tous un plus vif intérêt dans les arts. En 1898, 
à la .suite d'une conférence à l'école Rosedale, un comité fut 
nommé pour aider de ses conseils les différentes ligues qui s'adress- 
eraient à lui. 

La Première lijue artistique au Ginada, fut formée à Toront'^ lors 
de l'ouverture de l'école Rosedale, en 1896. 

La Li^ue artistique de l'école de la ru<î Huron, à Toronto, est de 
formation plus récente. 

L'Association Artistique de Montréal. — Fondée en 1871. Les femmes 
y sont admise.»!, peuvent y exposer leurs œuvres, et faire partie des 
différents comités pour la partie industrielle et décorativ^e. Un 
grand nombre de dames en .sont membres à vie et sou.scripteurs 
annuels. Les femmes sont admises dans toutes les écoles d'art 
patronnés par cette association. 

La ligue Artist'que de Hamiiton a pour objet l'étude d'après nature. 
Miss Galbraith, Miss Païen et Mi.ss Rose Baine sont des artistes de 
profession et font partie de la ligue. 

L'Association Artistique pour les Femmes, à Wolfville, Nouvelle-Ecosse, se 

livre actuellement à l'étude de l'histoire de l'art. Les membres 
sont, pour la plupart, des artistes amateurs. Dans l'été, on y 
organise des excursions dans le but de rechercher des sujets 
d'esquisses. La secrétaire est Miss Mary L. Richardson. 



ART 



239 



écOLES D'ART ET DE DESSIN. FONDEES ET DIRIGÉES PAR DES 

FEMMES. 

* 

La Associated Artists' School of Art and Desijn. Toronto. Cette 
école d'art et de dessin des artistes associés fut instituée en 1884, 
par Miss Westmacott dans le but d'encourager l'éducation et les 
travaux artistiques. Miss Westmacott reçut son éducation 
artistique à New- York, au temps oii les ^emmes commencèrent à 
entrevoir les vastes champs que l'art dans ses différentes formes offre 
à leur activité. Son cours fut organisé en vue de procurer une 
instructio'i complète et pratique en dessin industriel pour tapis, 
toiles cirées, vitraux, tapisserie, cotonnades et tissus imprimés, 
détails pour décoration intérieure, broderie, sculpture, modelage, 
bosselage, céramique, etc. En 1886, Mrs. Dignam y adjoignit des 
classes de dessin, de peinture et de modelage. L'école est parfaite- 
ment organisée et a produit d'excellents résultats dès le début. 

Ecole des Arts et de Dessin appliqué, Montréal. Fut fondée en 
octobre 1883. Elle est dirigée par Miss Mary M. Phillips secondée 
par cinq professeurs et elle reçoit une moyenne de 75 élèves par 
année. Son but est de fournir aux élèves le moyen d'étudier l'art 
dans ses différentes applications industrielles, et d'encourager 
l'acquisition des connaissances dans les arts appliqués. L'école a 
exécuté nombre de dessins pour des architectes et des fabricants et 
a contribué puissamment à développer et a généraliser l'étude du 
dessin chez les femmes. 

Première école Technique d'Ottawa. — Fut fondée en 1898 par Miss 
A. M. Living, d'Ottawa, dans le but de procurer une éducation 
artistique complète et pratique, aux personnes des deux sexes 
désireuses c adapter leur travail aux besoins des manufacturiers, des 
architectes et des constructeurs de machines, ou à celles qui désirent 
étudier Vart de l'illustration dont le développement est si rapide de 
nos jours. 

Ecole des Arts de Pictou, Nouvelle-Ecosse. — Dirigée par Miss Mary 
Munroe et Miss Jean Munroe, toutes deux diplômées de l'école des 
Arts de Liverpool, Angleterre. Les différents sujets suivants y 
sont enseignés : nature morte, dessin d'après l'antique et d'après 
nature, paysage, portrait et peinture sur porcelaine. 



ÉCOLES D'ART ETABLIES PAR LE GOUVERNEMENT. 

Le gouvernement a établi des écoles d'art à Brock ville, à 
Hamilton, à Kingston, à London, à Saint-Thomas et à Toronto. 
Les classes sont ouvertes pendant î i journée et le soir. Le dessin 
mécanique et le dessin industriel y sont enseignés aussi bien que les 



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FEMMES DU CANADA 



beaux-arts. Le gouvernement a institué des examens et confère 
des diplômes à ceux qui les subissent avec succès. Cette branche 
d'éducation publique fut inaugurée en 1882. 

Ecole centrale d'Art et de Dessin industriel de rOntarlo. Toronto. 
Affiliée à la société des Artistes de l'Ontario. Le nombre des 
étudiants inscrits ^n 1899 était de 165, dont 55 femmes. Or fait, 
dans cette école des cours élémentaires et des cours supérieurs de 
dessin et de peinture ainsi qu'un cours d'art mécanique et d'art 
industriel. Miss L. Beresford Tully, élève de l'école des Arts de 
South Kensington, y enseigne, la sculpture sur bois et le gaufrage 
sur cuir. 

Ecole des Arts de Hamilton. — Il y a eu 122 hommes et 76 femmes 
inscrits dans cette école, en 1898. Miss Muntz y enseigne le dessin 
d'après nature. 

Ecole des Arts de Kingston. — Mlles H. et A. Wrenshall y enseignent 
la peinture sur porcelaine et la miniature. Miss L. Saunders et 
Miss E. Fraser sont des artistes de profession. 

Ecole des Arts de London. — Aucun renseignement ne nous est 
parvenu. 

Ecole des Arts de Saint-Thomas. — Une dame y enseigne et l'école 
compte 36 élèves. 

Conseil des Arts et Manufactures de la province de Québec. — On y 

enseigne le dessin appliqué à l'industrie. Les cours y sont gratuits 
et l'instruction s'y donne tout à la fois en anglais et en français. 
Il y a aussi pour les femmes des classes de coupe et de montage 
de robes. 

Ecole Victoria d'art et de dessin, Halifax (Nouvelle-Ecosse). Fut 
fondée en 1887, en commémoration du jubilé de Sa Majesté la reine 
Victoria. Plusieurs dames furent choisies comme membre du 
comité de direction, et quelques autres y enseignent. 

ECOLES ET COLLÈGES OU L'ON ENSEIGNE LES ARTS. 

Collège Moulton, Toronto. Dépendance de l' université McMaster. 
Les ateliers d'art du collège Moulton furent organisés par Mme 
Dignam, en 1889. L'école des Arts des artistes associés fut annexée, 
en 1890, à la section artistique dont Mme Dignam est la directrice. 
Chaque année, de 90 à 100 élèves s'y inscrivent et s'y préparent à 
l'admission aux écoles artistiques de Paris, de Londres et de New- 
York où plusieurs se distinguent c^ obtiennent un réel succès. 

Collège presbytérien des dames, Toronto. Le cours des arts y est 
confié à Miss May Martin, fille du directeur. On y enseigne le 
dessin d'après modèle et la peinture sur porcelaine. 



ART 



241 



Collège Sainte-Marguerite, Toronto. Fondé en 1898. Miss Laura 
Muutz y enseigne le dessin et la peinture à l'huile ; Miss Harrison, 
la peinture sur porcelaine ; Mme A. R. Williams, la sculpture 
sur bois. 

Havergal Hall, Toronto. Fondé en 1887. On a ouvert dans le 
nouveau bâtiment un splendide et '^aste atelier, où enseigne un artiste 
éniinent secondé par Miss Nainby qui possède un diplôme de South 
Kensington. 

Rolleston House, Toronto. Classes d'art académique dirigées 
par Mme Dignam ; dessin, modelage et peinture, d'après la bosse et 
d'après nature. 

Olen Mawr. Toronto. Miss Windeat, de l'académie royale cana- 
dienne, y dirige les classes d'art qui .sont surtout élémentaires. Les 
élèves peuvent cependant y être préparés aux examens d'art du 
gouvernement. 

Abbaye de Lorette, Toronto. L,es sœurs de cet ordre y enseignent 
le dessin, la peinture à l'huile, l'aquarelle, et la peinture sur porce- 
laine. L,es élèves y .sont aus.si préparés aux examens d'art du 
gouvernement. Le's sœurs enseignent les mêmes branches artis- 
tiques à Niagara et à Toronto. Les travaux à l'aiguille y sont 
enseignés avec des résultats merveilleux. 

Ecole Métropolitaine de musique, Toronto. Section des arts .sous la 
direction de Miss Maud Smith. Le programme suivi est le même 
que celui des écoles provinciales d'art. 

Ecole publiques de Toronto. — Miss Semple en est la surintendante 
et on y enseigne par la méthode Prang. 

Aima Collège, Saint-Thomas, Ontario. Deux dames y ensei- 
gnent le dessin et la peinture. Le cours régulier dure deux ans 
après lequel on peut obtenir un diplôme. Il y a aussi un cours 
complémentaire pou ' les élèves diplômées. Ce cours comprend 
l'étude du portrait et du paysage. 

Collège Hellmuth, London, Ontario. Deux professeurs, Mlle 
Van den Broeck, diplômée à l'Exposition universelle de Lyon, et 
Miss A. M. Jones, assistante. Le cours couvre une période de trois 
ans. Le collège décerne des diplômes. 

Harding Hall, London. La section des arts y a été organisée 
jl y a deux ans, sous la direction de Mlle Van den Broeck. 

Collège de jeunes filles d'Ontario. Whitby. Il y a deux dames assis- 
tantes dans la section des arts où l'on enseigne le dessin, la peinture 
à l'huile et la peinture sur porcelaine. On y prépare les élèves pour 
les examens des arts établis par le gouvernement. 







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FEMMES DU CANADA 



Bishop Bethune Collège, Oshawa. On y enseigne le dessin et 
les travaux de l'aiguille. 

Collège Albert. Belleville. Miss Emma Clark dirige la section 
des arts. On y enseigne les éléments du dessin, la peinture à l'huile 
et la peinture sur porcelaine. 



Collège de jeunes filles de Brantford. Brantford. 
Cockshutt y enseigne la sculpture sur bois. 



Mme W. F. 



Collégiale Institute, Brantford. Le dessin y est enseigné par 
Mlle Long, élève de l'institution Cooper, New- York. 

Ecole Normale Mcûill, Montréal. Dans la section des arts. Miss 
Green. Classe avancée pour garçons et filles, une dame professeur, 
Mme Simister. On y enseigne le dessin pratique. 

Ecoles Supérieures de Montréal. — Le dessin y est enseigné suivant 
la méthode Prang, par Miss James pour les garçons et par Mme 
Simister pour les filles. 

Couvents du Sacré-Cœur. — Dessin, peinture à l'huile et peinture 
sur porcelaine, enseignés par les religieuses de l'ordre. 

Couvents du Saint-Nom, à Hochelaga et rue de Lagauchetière. 
Dessin, peinture à l'huile, peinture sur porcelaine et broderie 
artistique, y compris les ornements sacerdotaux. 

Couvent desUrsullnes. Trois- Rivières. — Paysage, peinture à l'huile, 
fleurs et portrait enseignés par Mlles Bernadette Dufresne et Flora 
Bellefeuille. 

Collège de jeunes filles de Mont'Allison et Musée des Beaux -Arts de Owens, 

Sackville. — Ouvert en mai 1895. Il y a deux dames professeurs dans 
l'école : Miss Ethel Ogden et Miss Bessie McLeod. La galerie 
compte 383 tableaux parmi lesquels des œuvres originales de 
Morland, Copley, sir Joshua Reynolds, Etty, sir Peter Lely, West, 
Elizabeth Thompson et autres artistes de l'école anglaise. On y 
admire aussi plusieurs œuvres de Poussin, Carlo Dolci, Rembrandt, 
Claude Vernet et Jean François Millet. 

Church School pour jeunes filles, Windsor, Nouvelle-Ecosse. — 
Section des arts, Miss Shaner. 

Collège Dalhousie. Aucun renseignement n'a été reçu. 

Académie du comté de Halifax. — Miss Hill y dirige les cours 
artistiques. 

Collège de jeunes filles de Halifax. — Une dame y enseigne en qualité 
d'assistante. 



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Séminaire Acadien, WoîfviU^ (Nouvelle- Ecosse. Le cours est de 
quatre ans. On y décerne des diplômes. Il y a 36 élèves dans 
l'ateiier ec 26 y étudient l'histoire de 1 art. 

Ecoles publiques, Wirnipeg— -La méthode de Prang y est enseigné 
par Miss Patterson, élève du Ptatt Instituée de New York. Miss 
Patterson enseigne aussi le dessin aux instituteurs et institutrices 
qui suivent les cours de l'éccle Normale. 

Ecole publique de Brandon, Manitoba. — On y enseigne le dessin. 

Collège et Couvent, Brandon. — Une artiste de profession, Miss 
Sinclaiî, diplômée de l'école normale de Prang et de l'école des Arts 
d'Ontario. Mme et Miss Hardy y euseiguent la broderie et la 
dentelle. 



I^MMBS CANADIBNNKS QTTT SR SONT BlSTlNGUéES DANS Tjk. 
PROFESSION ARXISTIgUâ. 

BeJl, Miss Mary A. Association Artistique royale canadietire et association 
Artistique des Femmes du Canada. A étudié s& prof îssion dans ies 
écoles d'art au Canada, .puis à New York, à Paris et à Londres. A 
exposé au Salon de Paris et à l'Académie royale de lyondres, 
Ai^ , ♦îrre. 

Banncnnan, Mrs., fille de l'honorable A. G. Jr.nes, Halif^r Noirvellt-Bcosse. 
Commença ses études à Halifax et les continua pendant deux à Paris, 
dans l'atelier de Krug; exposa au Salon de Pari? en 1883. Elle se maria 
en 18S5. et, depui» ce temps habite le Cornwall et les bords de ^a 
Tamise. Elle expose tous les ans à l'Académie royale. Son adresse 
est à Great Marlow, Bucks. Engknd. 

Berthon, Miss, Toronto. Fille dun des premiers et des meilleurs portraitistes 
du Canada. Peint le portrait. 

Carlyle. Miss Florence, de l'Académie royale canadienne et de l'association 
Artistique des Femmes du Canada. Etudia à Paris dans l'atelier de 

iulien et fut admise au Salon en 1893. Deux de ses tableaux eurent le* 
lonneurs de la cymaise en 1894. Exposa de nouveau en 1895. Fut 
élue membre de la société Royale canadienne en 1897. Est renommée 
pour les illustrations. 

Chamberlain, Mrs. B. Elle a illustré, en chromolithographies l'ouvrage de 
Mrs. Train, Studies in Plant Life in Canada, or G eanings frotn 
Forest, Lake and Plain. Adresse : 94 rue Willcocks, Toronto. 

Currau, Mrs. Margaret, fille de M. Richard Fuller, "Clairmount" Hamilton, 
Ontario. A étudié l'aquarelle avec Mr. William Smeîlie, président de 
la société des Aquarellistes ; s'est distinguée comme pe'ftre de portraits 
militaires, entre autres ceux de lord Roberts de Kandahar, de lord 
Wolseley et de lord Chelmsford. 

Cunard, Mrs. Fille de " Sam Slick " (Judge Haliburton), a exposé à la galerie 
des artistes britanniques à Londres, Angleterre. 

De Bur>', Mlle Jean Visart. Fille ainée du comte de Bury de Portland, 
Suivit d'abord l'académie Saint-Jean, puis l'institution Artistique de 
Owen, Nouveau-Brunswiek. Plus tard, elle étudia cinq ans à Florenc;, 
t Italie; reçut du ministre de l'Instruction publique à Rome, un diplôme 
de professeur de dessin dans les écoles techniques et dans les écoles 
normales du royaume d'Italie. 



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FEMMES DU CANADA 



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Diguaul, Mrs. Mary Ella. Canadienne de naissance ; fit son éducation artisti- 
qiu* à la Art Sltidcnts' Lcague, New-York, à Paris et en Hollande; en 
«tornier lieu, élève de Olivier Merçon et de R. Colin, à Paris. Se fit 
connaître d'abord couitne peintre <lc fiortraits et de fleurs. Actuellement 
peint principalement le paysage et le plein-air. Se rend fréquemment 
en Hollande pour y chercher des sujets. Mrs. Dignam fut la fondatrice 
et est maintenant la présidente de l'association Artistique des Femmes 
du Canada. Elle a consacré une partie considérable de son temps 
à promouvoir parmi les femmes les études artistiques. C'est aussi 
grâce à ses efforts que se sont établies des relations entre les femmes 
du Canada et celles des autres pa^'s, au sujet des arts. Elle a organisé 
•ilusieurs écoles f l'art, et contribué à la fornn.tion de nonjbreuses 
igues artistiques jcolaires. Depuis 1882, elle expose à l'Académie 
, royale canadienne et d l'Académie nationale de dessin à New York. 
Quelques-uns de .ses tableaux figurèrent à l'Exposition coloniale de 
• • Londres, en 1886, et à l'Exposition universelle de Chicago, en 1893. 

Elle expose souvent à Londres et à Paris. Mrs. Dignam est membre 
de la société des auteurs canadiens et a écrjt nombre d'ouvrages sur 
l'art et les méthodes artistiques. 

Ford, Miss Harriett, Toronto. Etudia à Paris et en Italie, pendant plusieurs 
années ; réside maintenant en Angleterre. Expose au Salon de Paris. 
Spécialité : portraits et décorations murales. 

Forbes, Mrs. Stanhope. Canadienne de naissance ; avant son mariage. Miss 
Elizabeth Armstrong de Kingston. Commença ses études artistiques 
au Canada et les continua a la Art Students' League. New-York. 
Epousa M. Stanhope Forbes, membre de l'académie des Arts, Londres 
Angleterre. 

Machar, Miss Agnes Maude, Kingston. A organisé à Kingston une succursale 
de l'association Artistique des Femmes du Canada, et en est la prési- 
dente. A envoyé à l'exposition annuelle des cro luis excellents de son 
délicieux domaine sur les bords du Saint-Laureui. Dessine elle-même 
les couvertures de ses livres. 

.Grey, Miss Ethel Wood, Québec. Fille du lieutenant-colonel Frost Grey. 
Portrait; excelle surtout dans la repr«^sen«:ation des uniformes militaires. 

Galbraith, Miss Clara E., de l'association Aitistique des Femmes. Présidente 
de la succursale de cette association à Hamilton, membre de la ligue 
artistique de Hamilton et professeur dans les écoles d'art de Hamilton. 
Aquarelle et peinture sur porcelaine. 

Houghton, MissM. Membre de l'association Artistique des Femmes du Canada 
et de l'association Artistique royale canadienne. Portraitiste et 
paysagiste. A étudié à Paris, à Londres et en Hollande. Réside à 
l'étranger. 

Hagarty, Miss Clara E. Membre de l'association Artistique de l'Ontario; 229 
rue Simcoe, Toronto. Tête et portrait ; a étudié a Paris 

Holden, Miss Sara. Membre de l'association Artistique royale canadienne et 
de l'association Artistique des Femmes au Canada. Peinture à l'huile, 
portrait et genre ; une des meilleures artistes canadiennes ; a étudié à 
Londres, à Paris et eu Hollande. Réside temporairement à l'étranger. 

Jephson, Lady Harriett Julia. Naquit à Québec en 1854 ; épousa en 1873 le 
capitaine sir Alfred Jephson, de la marine royale. A exposé à l'expo- 
sition annuelle de l'association des Amateurs des Arts et à l'Institut 
royal des Aquarellistes, à Londres, Angleterre. 

Joy, Miss Ida. Naquit à Tilsonburg, Ontario, en 1858. Après huit années 
d'études en Europe, elle exposa au Salon de Paris et à l'Exposition 
royale Albert, à Londres. A obtenu plusieurs médailles. Une de ses 
meilleures œuvres est un grand portrait du gén 'rai Boulanger. 





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Jainieson, Mme. Auteur de Winter Studics aiid Summer Rambles. Pendant 
son séjour nu Canada en 1S37 et en 183S, elle fit un ^rand nombre 
d'esquisses de paysaj^es et de scènes de la vie indienne. Quelques-unes 
de ces esquisses sont entre les nuiins de M. James Bain, Toronto, 

Miller, Mme Maria. Née à Guysboro (Nouvelle-Ecosse), en 1813. A publié 
plusieurs volumes de IVild Floiv s 0/ A'ova Scolia illustrés par elle- 
niêiiie. Cet ouvrage fut publié, |.our la première fois, en Angleterre, 
en 1840. KUe en peignit, pour Sa Majesté, 25 à 30 spécimens qui 
furent splendidement reliés et présentés par sir Colin Campbell. l<a 
reine en accusa récejïtion à l'auteur en lui assurant son royal patro- 
nage. Mourut à Halifax en 1875. 

Macdonnell, Miss Harriett J., Montréal. Paysage et aquarelle. 

McConnell, Mary. Peintre de portraits, Toronto. 

Mountcastle, Miss Clara H., The Wigwam, Clinton, Ontario. Née à Clinton, 
Ontario; fut élève de feu John U. Howard, Toronto. 

Peel, Miss Mildred, London, Ontario. Sculpteur et peintre ; née à London, 
Ontario ; sœur de feu Paul Peel, membre de l'Académie royale 
canadienne. La seule femme sculpteur du Canada qui ait livré ses 
œuvres au public. Elle a exécuté, pour l'école Normale de Toronto 
une série de bustes des principaux hommes jjublics du Canada, entre 
autres ceux de lord Dufferin et lord Lansdowne, lord Derby, sir 
John A. Macdonald, sir Olivier Mowat, sir M. C. Cameron, sir J. H. 
Hagarty, sir W. P. Howlaud, sir Adam Wilson, sir Thomas Galt, sir 
Sandford Fleming, etc. 

Phillips, Miss Mary M., 2278 rue Sainte-Catherine, Montréal. Présidente, à 
Montréal, de la succursale de l'association Artistique des Femmes du 
Canada. Principale et fondatrice de l'école des Arts et de Dessin de 
Montréal. A étudié à la Art Students' Leafrue à New-York; a exposé 
des aquarelles. Depuis plusieurs années, Mme Phillips s'est beaucoup 
intéressée à l'application pratique des arts aux métiers et à l'industrie, 
ainsi qu'à l'éducation générale de l'œil et de la main. C'est une 
enthousiaste de l'éducation artistique, et elle a fondé à Montréal pour 
les enfants, plusieurs classes qui obtiennent un réel succès. 

Plimsoll, Miss, Montréal. A reçu son éducation artistique à Paris ; réside 
actuellement en Hollande. Peinture à l'huile. Expose au Salon de 
Paris. 

Pomeroy, Miss Mary. A exposé à Paris où elle a étudié la peinture. Portrai- 
tiste et paysagiste. 

Reid, Mme M. H., membre de l'Académie artistique royale canadienne. Née 
et élevée à Philadelphie ; épouse de C. A. Reid ; présidente de la 
société des Artistes d'Ontario ; réside actuellement à Toronto. 

Schreiber, Mme Charlotte M. B., membre de l'Académie royale canadienne; 
réside à Woodham, South De von, Angleterre. Reçut son éducation 
artistique à Londres, sous la direction de J. R. Herbert, de l'Académie 
royale. A < x;écuté une série de dessins pour l'illustration de Red 
Cross Knight par Chaucer ; ces dessins furent publiés avec le texte de 
l'ouvrage en 1871. Illustra aussi une édition du poème de Mme 
Browning The Rhyine of the Duchess May, publié en 1874. Son tableau 
de concours qui la fît admettre à l'Académie royale canadienne, The 
Croppy Boy, fut placé dans la galerie nationale à Ottawa. C'est la 
première et seule femme qui ait été admise membre de la société 
royale canadienne. 

Simcoe, Mrs., épouse du gouverneur général du Haut-Canada. Fut un artiste 
amateur. Pendant son séjour au Canada, de 1792 à 1796, fit un grand 






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346 FEMMES DU CANADA 

nombre d'esquisses rli . quelques-unes sont encore entre les niains de 
M. James Bain, et du révérend Dr. Scaddini; de Toronto. Les 
esquis.ses canadiennes «le Mrs. Simcoe ont paru dans le Penny Maga- 
zine, Londres, volumes 3 et 4, 

Tully, Miss Sidney Strickland, 176, avenue Roxborouj,;h, Rotedale, Toronto. 
A exposé au Salon de Pans et à l'Académie royale de Londres, et est 
m9inten"nt membre associée de l'Académie royale canadienne. 
I\»rtraitiste. peinture à l'huile et pastel. 

Tully, Miss Louise lieresford, 175, avenue Roxborouj»h, Rosedale, Toronto. A 
un atelier pour sculpture sur lK)is. A étudié à l'Ecole South Kensing- 
ton, Londres. 

Watts, Mrs., membre de l'association Artist que des Femmes du Canada; 
avenue Orosvenor, Westmount, Ivlontréal. A exposé au Salon de 
Paris. Paysage ; peinture à l'huile. 

Femmes îîcrivains sir i.p^ arts. 



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Rand, Mrs. Emmeline A., 17, avenue Madison, Toronto. T'ne série d'articles 
gracieux sur l'art italien. Dans la National Gallery, quatre lettres 
sur le développement de l'art italien, 1894. 

Por-l, Miss Harriett. A écrit un grand nombre d'articles sur l'art. Dr>nna des 
conférences sur les arts, à l'université de Toronto, aux membre*» de 
l'association Artistique des Femmes du Canada. 

Dignam, Mrs. ( Voir autres mentions. ) 

Mutch, Mrs. Anna E., 91, rue Charles, Toronto. A été pendant trois ans le 
critique d'art dans le Toronto Saturday Night, et a fourni plusieurs 
articles sur des questions d'art intéressant le Canada, à Y Artist de 
New- York et au Sluiio de Londres, Angleterre. A contribué large- 
ment à l'encouragement des ligues d'art scolaires. 

Fairbum, Mrs., Toronto. A dirigé la partie des arts dans plusieurs j^oumaux: 
a écrit des revues d'expositions et nombre d'articles sur l'art courant 

Dandurand, Mme J. M., 914, rue Sherbrooke, Montréal. A écrit, dans le 
Coin du Feu, des critiques littéraires et des impressions fMX l'art, sous 
le nom de Météore. 



Miniaturistes. 

Bell, Miss, Ottawa. 

Dnunmond, Miss Harriett D., 104, rue Clinton, Toronto. 

Edwcrds, Mrs. O. C, 15, rue Bayle, Montréal. 

Hemming, Miss Edith, 582, rue Church, Toronto. 

Jopling, Miss, rue Bloor Est., Toronto. 

Sulli\^an, Miss Béatrice, rue Saint-Vincent, Toronto. 

Van der Linde, Mme, i, avenue Tyndale, Toronto. 



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Peintres professionnels sur porcelaine. 



Adams, .Vliss L. O., 326, rue Seaton, Toronto. 
Antrobus, Mme, rue McCaul, Toronto, 
Archib'ild, Miss, Halifax. 



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Raker, Miss Klla, 106, avenue Cowan, Parkdale. 

Haldwin, Miss, 98, avenue Dowlinj^, Toronto. 

Herlrani, MissJ., 103, rue Saint-Vincent, Toronto. 

Houltbee, Mrs., 563 rue de l'église, Toronto. 

Hrown, Miss, Halifax. 

Corning, Mrs. K., Yarnioutli, Nouvelle-Ecosse. 

Coiien, Miss Louise, Toronto. 

Dranie, Miss Stella, Vancouver, Colombie-britannique. 

Dudi: 1, Mrs., Viinnouth, (Nouvelle-Ecosse-. 

Ivgan, Miss, 173, rue South, Halif.ix, f Nouvel le- Ecosse). 

lUlis, Mrs., Vancouver, Colombie-britannique. 

(ialbraitli, Miss Clara, 186, rue Main, Haniilton. 

Hunilton, Mrs., Winnipeg. 

Harrison, Miss, iM, avenue Madison, Toronto. «r 

Hc-ndersholt, Miss ly., Oddfellows' lUiilding, Toronto. 

Heald, Miss, ^9, rue Wilcox, Toronto. 

Ilessin, Miss, Stratford, Ontario. 

Howson, Mi.ss J., 16, avenue Hrunswick, Toronto. 

.'rvine. Miss M., 3 rue King, Est, Toronto. 

Jackson, Mrs. Edward, rue Sherbourne, Toronto. 

Johnson, Miss, Sarnia, ^Ontario). 

Jiidd, Mrs., 98, rue Bay, Sud, Hainilton. 

Jiuior, Miss Kay, avenue Chambers, Toronto. 

Kelly, Miss A. L., Yarmouth, (Novuelle-Pxosse). 

bo;^'an, Miss, 71, rue Shuter, Toronto. 

.McClung, Miss, 1155, rue Figuerson, Los Angeles, (Californie), Etats-Unis. 

l'arkin, Miss, Chicago, Etats-Unis. 

l'aul. Miss, Saint-Thomas. 

l'roctor, Miss, Y. W. C. A. (Union Chrétienne des Jeunes Femmes), rue 

Mcfiill, Toronto. 
Robert! Miss, 310, rue Huron, Toronto. 
Ross, Miss Caroline, Y.VV.C.A., rue McGill, Toronto. 
Scgsworth, Miss Florence, Castle Frank Ro.id, Toronto. 
Tomlinson, Mi.ss B.FV, 384, rue Sherbourne, Toronto. 
W'atson, Miss P.O.. Galt, Ontario. 
Wliiton, Mrs., ;25, avenue Hazelton, Toronto. 



IlJ.USTRATRURS. 



l'iliott, Mrs. Emily Oit, 491, rue Church, Toronto. 

Hagarty, Miss Clara, 229, rue Simcoe, Toronto. 

Il-msted, Mrs., 415, rue Shaw, Toronto. 

l'.iiin, Miss Ethel, Toronto, 

S,.ringer, *Itss Florence, Toronto. 

^illivan. Miss Béatrice, rue Saint-Vincent, Toronto. 



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248 



FEMMES DU CANADA 

DESSINATEURS. 






Baylis, Miss E., Montréal, diplômée de South Kensington. 

Benallack, La Compagnie Benallack de lithographie de Montréal emploie une 
femme qui est tout à la fois dessinateur et graveur sur pierre. 

Hemsted, Mrs., 415, rue Shaw, Toronto. 

Living, Miss Marion, Ottawa. 

Phillips, Miss, 2278, rue Sainte-Catherine, Montréal. 

Shaw, Miss Edith, 166, avenue Jamieson, Toronto. 



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Photographes. 

Dixon, Mrs. Bessie, Londres, Angleterre. Née au Canada. 

McCaul, Miss Helen, Londres Angleterre. Née au Canada. 

Frazer, Miss, Durham, Ontario. 

Moodie, Mrs., fille de Mme Chamberlain ; est photographe de profession. 
Elle a photographié un grande nombre de cérémonie': religieuses 
indiennes actuellement abolies par le gouvernement ca; Jen. Le 
gouvernement a acheté ses photographies des écoles industnelles de la 
réserve Battleford. Elle a tait aussi d'excellentes études des fleurs des 
Territoires du Nord-Ouest. 

Dans les différentes villes suivantes, il y a aussi un grand nombre de femmes 
photographes : Smith's Falls, Almonte, London, Montréal, Uxbridge, 
Sombra, St. Mary's, Gananocjuc, St. Thomas, Prescott, Thomburg, 
Paisley. 



2. TRAVAUX MANUELS. 



Dentei^le. 



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Green, Mrs. Price, 194, rue Bloor, Toronto. Dentelle de Limerick, Honiton, etc. 

Grant, Miss, Toronto. Honiton et point. 

Laët, Mlle de Herreboult, ?27. avenue Clark, Westmount, Montréal. 

Chérée, Mme de, 740, rue Berri, Montréal. 

Camille, sœur, du couvent de Jésus et Marie, Montréal. 

Russel, Mrs. Colin, rue Rideau, Ottawa. 

Sleeper, Miss Eleanor, Coaticook. 

Brabazon, Miss Mary, Portage-du-Fort. 

Carr, Miss Edith, Victoria, Colombie-britannique. 



TRA VAUX MANUELS 



249 



Broderie. 



Baldwin, Mrs. Ouvrages scientifiques faits à l'aiguille; professeur à l'école 
modèle, 

Grier, Miss Isabel, Toronto. Bro<lerie sur ornements sacerdotaux. 

îlenley, Mrs., Toronto. Travaux à l'aiguille, etc. 

Sœurs de saint Jean l'Evangéliste (anglicanes), rue Major, Toronto. Broderie 
d'ornements sacerdotaux. 

Sœurs de saint Joseph (catholiques romaines 1, Toronto. Ornements d'église, 
vêtements sacerdotaux et dentelles de toutes sortes. 



Sœurs de l'abbaye de Loretle, Toronto, 
ornements sacerdotaux. 



Broderie de différents genres pour 



Barrett, Miss Rosina J., Ottawa. Principale de l'école des Travaux à l'Aiguille. 
A étudié pendant douze ans les travaux artistiques à l'aiguille d'après 
les méthodes les plus perfectioimeés, et s'est constamment tenue au 
courant des progrès accomplis dans cette branche à Kensington et à 
New York. Trente de .ses élèves ont été diplômées et enseignent les 
travaux artistiques à l'aiguille dans les différentes villes du Canada, 
subvenant ainsi amplement à leurs besoins. La commission colom- 
bienne de l'Exposition internationale qui eut lieu à Chicago en 1893 
décerna un diplôme à Mrs. Barrett; et 24 de ses élèves y obtinrent 
aussi des médailles. 

Oulton, Miss Iv., 200, rue Main, sud, Hamilton. Broderie d'ornements sacer- 
dotaux, etc. 

Couvent Jésus et Marie rue Lagauchetière, Montréal. Les sœurs font de la 
broderie pour ornements sacerdotaux, et de la dentelle de différents 
genres. 

Couvent des Ursulines, Montréal. 

Hoerner, Mrs., Trois-Rivières. Broderie romaine, dentelles de Honiton, de 

Battenburg et Renaissance. 
Il y a aussi, à Trois-Rivières, trois femmes artistes en broderie. 






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SCIXPTURE SUR BOIS. 

Edwards, Miss Cameron, Deer Park, Toronto. 
TuUy, Miss Beresford, avenue Roxborough, Toronto. 
Williams Mrs., rue Borden, Toronto. 

Reliure. 

Frazer, Miss, Durham, Ontario. 
Mallock, Miss, Ottawa. 
Scott, Miss, Brampton. 



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Gaufrage du cuir. 



Tnlly, Miss L-, Beresford, Toronto. 

Wallace, Miss, Toronto. 

Robertson, Miss Emily L., Port Hope. 



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250 



FEMMES DU CANADA 



3. MUSIQUE. 



LES FEMMES CANADIENNES ET LA MUSIQUE. 



L'aurore du siècle nouveau trouve ie niveau musical des 
femmes canadiennes solidement établi, suffisamment élevé et plein 
de promesses. On est émerveillé, vu la jeunesse de notre pays, 
du rapide développement de la musique parmi notre popu- 
lation et du nombre considérable de ceux qui s'y livrent 
par amour de l'art ou qui en ont fait une profession. Il 
y a trente ans, ou ne pouvait recevoir des leçons avancées en 
musique qu'en s'adressant à l'étranger. Maintenant, bien que 
plusieurs de nos meilleurs professeurs de musique ne soient pas nés 
au Canada, nous y voyons une multitude de jeunes personnes, nées, 
élevées et instruites au Canada qui atteignent au premier rang 
comme professeurs, pianistes, vocalistes, etc. Quoiqu'il nous reste 
sans doute beaucoup à faire pour atteindre la culture musicale, les 
ressources le raffinement et la science de l'ancien monde, nous avons 
droit cependant d'être fières de nous et d'envisager le futur plein 
d'espérances, en comparant le présent au passé. Dans trente années 
encore, et peut-être plus tôt, les progrès accomplis et les succès 
obtenus par les femmes, auront placé notre pays au premier rang 
parmi les autres nations. La musique s'est réellement implantée et 
répandue au Canada avec une extrême rapidité, et à cet égard, nous 
devons mentionner l'établissement d'examens musicaux par diverses 
institutions. On ne saurait trop louer non plus l'influence heureuse 
et efficace des clubs de femmes ayant pour but l'étude de la vie et 
des œuvres des grands compositeurs. Il en a surgi de tous côtés 
dans ces dix dernières années. 

Si l'on désire savoir sous quel aspect la musique est générale- 
ment envisagée au Canada, nous pouvons dire que les femmes cana- 
diennes sont avant tout pianistes, puis cantatrices et enfin 
violonistes, organistes et compositeurs. Cela est dû principalement 
à ce que nous possédons en Canada d'excellentes fabriques de pianos 
ce qui met cet instrument à la portée de presque toutes les bourses. 
L'exécution sur le piano est arrivé à un degré de perfection auquel 
n'avait jamais osé penser ceux mêmes qui y ont atteint. 



EMMA STANTON DYMOND. 



MUSIQUE 



CLUBS DE MUSIQUE FORMES ET DIRIGES PAR DES FEMMES. 



251 



La Toronto Chamber Music Association doit son origine à Mrs. 
Torrington. Elle en est à sa quatrième année. Le but de l'associ- 
ation est de promouvoir et d'encourager la musique de chambre de 
manière à en faire un art qui s'impose à la société. 

Le Woman's Mornin^ Club, Toronto. — Formé en janvier, 1899. 
But : Progrès mutuels en musique vocale et en musique instru- 
mentale ; 40 membres actifs et 1 25 membres associés. Réunions, 
une heure par semaine. Présidente, Mrs. George Dixon. 

Club choral des dames, Toronto. — Formé et dirigé par Miss Norah 
Hillary de 1889 à 1896. C'est le premier club choral établi dans 
l'Ontario. 

ûlee Club des daines de l'Université de Toronto. — Présidente, Mrs. C. 
S. Wegg. 

Club de Guitare et de Mandoline des Dames de l'Université de Toronto. — 

Présidente, Miss Amy Morrison. 

Club musical du jeudi, Toronto. — Organisé et fondé par Mrs. 
Edward Fisher. But : perfectionnement mutuel, encouragement à 
l'étude de la musique vocale et instrumentale. Deux cents 
membres. 

Le Woman's Morninj Musical Club de London ; fut établi en 
1894, est par conséquent dans sa sixième année. Ee but de ce 
club est d'augmenter l'intérêt dans les études musicales. A chaque 
réunion semi-hebdomadaire, on exécute des œuvres choisies d'un 
compositeur particulier. Ce club compte actuellement 186 mem- 
bres. Présidente, Mrs. Gr^ydon. 

Le Woman's Morninj Club, Ottawa. — Présidente. Mrs. Charles 
A. E. Harriss. Miss Carling forma ce club en 1894, conjointement 
avec les Morning Musical Branches à Hamilton et London. Il 
a rendu des services importants en assurant les services d'artistes 
de talent, l'échange de musique chorale et de littérature musicale. 

Le Ladies' Morninj Club, Montréal. — Présidente, Mrs. Murray. 
Nombre des membres 272. Il y a plusieurs comités pour la musique 
instrumentale, la musique vocale et la musique de concert. 

Le club de musique de Wcstmount, Montréal. Vient d'entrer dans 
sa quatrième année d'existence. Son but est le perfectionnement 
mutuel, le di\'ertissement musical de ses membres et la propagation 
de l'étude de la musique. 

Le Club Arion, Montréal — Formé en octobre 1898. C'est la 
continuation du Morning Iduîic Club qui cessa d'exister, il y a 



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252 



FEMMES DU CANADA 




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deux ans. Les jeunes filles seules y sont admises. ( Le Morning 
Music Club avait existé pendant neuf ans et exercé une grande 
et salutaire influence en étendant et en élevant le goût et les con- 
naissances musicales.) Le club Arion compte 53 membres. Prési- 
dente, Miss Marguerite Sym. 

Chœur de Motet, Montréal. — Composé d'hommes et de femmes; 
60 membres. M. Reyner organiste en est le directeur. 

Club musical des femmes, Port Arthur. — Miss E. Una Clavert en 
est la présidente. Ouvert le 9 février 1899, pour l'étude de la 
musique en général. Nombre de membres, 50. 

Club Musical des Dames, Kingston. Formé en 1898. Compte près de 
200 membres. Fondatrice et présidente, Mrs. Campbell. 

Club de musique, Owen Sound. — Vient d'être formé pour l'étude 
de la musique classique. Présidente, Mrs. Horsey. 

Cercle musical, Saint-Catherines (Ontario). 

Le Club d'harmonie, Saint-Stephen (Nouveau-Brunswick). Son 
objet est d'encourager l'étude de la musique élev^ée, et en même 
temps d'étudier la vie et les œuvres des maîtres. Formé en 1895. 
Présidente, Mrs. G. J. Clarke. 

Club de musique, Fredericton (Nouveau-Brunswick). Se réunit 
tous les quinze jours. Est composé d'hommes et de femmes. 

Club musical des femmes, Winnipeg. — Présidente, Mrs. L. A. 
Hamilton. Réunions hebdomadaires auxquelles on étudie la vie et 
les œuvres Je quelque compositeur. Compte 40 membres. 

Association des Professeurs de Piano, Winnipeg. — Formé par Miss 
Frieda de Tersmeden pour développer sa remarquable méthode 
d'enseignement. L'association est composée de celles de ses élèves 
qui ont choisi la profession musicale. La première assemblée eut 
lieu en juin 1898. But: élever l'enseignement du piano et établir 
une échelle de prix uniforme. 

Victoria (Colombie-britannique), est le centre musical de la pro- 
vince. Il y existe plusieurs clubs, quelques-uns de femmes seule- 
ment et d'autres d'hommes et de femmes. Il y a aussi un con- 
servatoire de musique — Miss Sharp. 



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COLLEGES ET CONSERVATOIRES DE MUSIQUE. 



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Collège de Musique de Toronto. — Fondé en 1888. Reconnu par l'État 
en 1890. Afl&lié à l'université de Toronto qui confère des diplômes 
de bachelier en musique, aux élèves qui remplissent les conditions 



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MUSIQUE 



253 



déterminées par le sénat de l'université. Il y a 17 femmes pro- 
fesseurs de piano ; i, professeur de violon; i, professeur d'orgue, 
et 5, vocalistes, et i pour l'enseignement de la théorie musicale. 

Conservatoire de Musique de Toronto. Revendique l'honneur d'être 
le premier établissement de ce genre au Canada. Reconnu par l'Etat 
en 1886, il fut ouvert au public en 1887. Affilié à l'université 
Trinity en 1888, il le fut à l'université de Toronto en 1896. Cette 
dernière université confère des diplômes de bachelier et de docteur 
en musique. Possède un aménagement complet de conservatoire 
moderne et les élèves y peuvent recevoir à des prix modérés une 
solide éducation musicale dans toutes les branches de l'art. Il y a 
1 1 femmes professeurs de piano, 8 de musique vocale, 2 professeurs 
d'orgue, et 2 de violon. 

Ecole Métropolitaine de Musique, Toronto. Cette école est mainte- 
nant dans sa sixième année d'existence. Onze femmes y enseignent 
le piano ; 2 la musique vocale, une l'orgue à tuyaux ; une, 
l'orgue à anches; 2, le violon ; i, la mandoline, le banjo et la 
guitare. 

Conservatoire de Musique de London. Six dames y enseignent le 
piano ; 2, la musique vocale ; i, l'harmo ie la théorie et le 
contrepoint ; 2, le violon et le violoncelle ; i. la mandoline, 
la guitare et le banjo. 

Méthode de musique Fletcher. (Jardin de i enfance et Simplex ) 
Le corps est divisé en cours élémentaire, cours académique, et cours 
pour collèges ou cours supérieur. Les élèves reçoivent des diplômes 
suivant leur mérite. La méthode a été inventée par Miss Êvelyn 
Fletcher, canadienne, qui emploie 197 professeurs dont 7 à Londres, 
Angleterre, et 65 à Boston. Miss Fletcher prépare les professeurs 
qui forment une association • nue sous le nom de l'association 
musicale Fletcher pour se perf tionner et s'aider mutuellement. 

Conservatoire de musique de Hamilton. Quatre dames y enseignent 
le piano, et une le violon. Il y a aussi une dame professeur au jardin 
de l'enfance Fletcher. On y prépare les élèves aux examens des 
universités Trinity et de Toronto, à ceux du Conservatoire de 
musique de Toronto, et à ceux du bureau commun du collège 
Royal et de l'académie Royal de musique, d'Angleterre. 

Conservatoire de Musique de Brantford. Neuf dames y enseignent le 
piano ; 4, la nuisique vocale ; 2, le violon ; 2, les classes chorales 
et le chant à première vue. Au jardin musical de l'enfance, méthode 
P'ietcher, i dame professeur. On y prépare les élèves pour les 
di])lômes de bachelier et de docteur en musique, décernés par le 
collège de Musique de Toronto. 

Conservatoire de musique de Saint-Thomas. Sept professeurs. 



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254 



FEMMES DU CANADA 



Collège de Musique de Saint-Thomas. Prépare aux examens du 
Collège de musique de Toronto. Sept femmes y sont professeurs de 
piano ; 2, y enseignent la musique vocale ; i, l'orgue ; i, le violon ; 
I, la guitare, la mandoline et le banjo. On y enseigne la méthode 
de musique de Fletcher. 

Conservatoire de Musique de Halifax. Quinze femmes professeurs; 
296 élèves. 

Ecole de Musique de Charlottetown. Neuf femmes professeurs. 

Conservatoire de musique de Mount-Allison, Sackville (Nou^eau- 
Brunswick. Le collège confère des diplômes aux élèves ^d. ont 
suivi le cours d'une manière satisfai.sante. Deux femmes y 
enseignent la musique vocale et deux le piano. 



ECOLES ET COLLEGES OU L'ON ENSEIGNE LA MUSIQUE: 

(Voir Section de l'Education). 
Compositeurs. 



Moore, Mrs. Francis J., London (Ontario). Fille de J. L,. Hatton, le chan- 
sonnier anglais bien connu, Mrs. Moore occupe le premier rang comme 
compositeur. Elle a écrit et pviblié plus que toute autre femme 
au Canada. Ses compositions sont principalement pour piano et sont 
connues en dehors du Canada. 

Harrison, Mrs. J. F. W. (Seranus) Toronto, Dans ses chansons canadiennes du 
terroir, French Canadian Fotk Songs, publiées à Philadelphie 
et à Toronto, chansons inconnues jusqu'ici, si ce n'est de l'habitant du 
Bas-Canada, Mrs. Harrison a touché une note distincte et originale. 

Branscombe, Mrs. Gêna E., Toronto. Chansons publiées par la Hatch Music 

Company, de Philadelphie, Etats-Unis. 
Jarvis, Mrs. Edgar, Toronto. 

Fraser, Mrs. Emma, Toronto. Compositeur et éditeur. 
Jarvis, Mrs. Kathleen Kerr, Toronto. A composé des valses. 
Arthurs, Mrs. G. AUan, Toronto. A composé et publié ime chanson. 
Gurney, Miss Irène, Toronto. A composé et publié une chanson. 
Barrie, Mme A. J., Port Arthur. A écrit pour l'orgue une composition qui a 

été publiée par Whaley Royce & Cie, Toronto. 
Lewis, Miss Joker, Hamilton. Valses, marches et chansons, publiées à Toronto 

et à Chicago. 
Muir, Mme G. Ernest, Montréal. Musique instrumentale et vocale. Editeurs, 

Hatch & Cie, Philadelphie. 
McGowan, Miss Béatrice Maude, Montréal. Chansons. Editeurs, F. A. 

Keeler, New- York. 
Morrison Miss Louisa, Montréal. Chansons qui ont été publiées en Angleterre 

et aux Etats-Unis. 



MUSIQUE 
Critiques ht écrivains musicaux 



255 



Papps, Mrs. Hamilton (Ontario). 

Cartier, Mlle V., Montréal. Une des meilleures organistes de Montréal. A 

écrit de savantes critiques musicales. Adresse, 61 rue Saint-Hubert, 

Montréal. 



Hamilton, Miss Mary, Toronto, 
de New-York. 



Correspondant canadien du Courrier Musical 



Dymond, Mme Ema Stanton, Toronto. A écrit des critiques musicales, etc., 
pour /' Étude de New-York et pour d'autres journaux. 

Parmi les femmes qui écrivent des critiques musicales, nous 
mentionnerons aussi : Mrs. Moore, Mrs. Harrison, Miss Amy, Mrs. 
M. Graham, de Fort Erié ; Miss Hamilton, de Toronto ; et Mrs. 
Peter, de Winnipeg, 

Pianistes. 

Parmi les canadiennes résidant au Canada et autres qui excellent 
dans l'exécution ou l'enseignement du piano, on peut citer : 

Toronto : Miss Ada Hart, Mrs. George McPherson, Miss Florence Marshall, 
Miss Katherine Birnie, Mme Anna Farini, élève de Liszt ; Miss 
Frances Morris ; Miss F. Heinrich ; Miss McCutcheon et Miss 
Williams. 

Hamilton : Miss M. Cummings, 

Brantford : Miss A. E. Reville. 

Irondon : Mrs. Moore, Miss Eva Robbin, Miss E. Walker, Miss Inez Smith, 
Miss K. Moore. 

Chatham : Mrs. Thomas Wrong. 

Ottawa : Miss Eve IJerry, Miss Jenkins. 

Kingston : Mrs. H. R. Chown. 

Saint-Thomas : Miss Kains, Miss Chute. 

Port-Arthur : Mrs. W. J. Rapsey, bachelier en musique ; Mrs. A. J. Barrie. 

Montréal : Mrs Turner, Miss Marguerite Lyon. 

Winnipeg : Mlle Frida de Tersmeden, Miss Louise McDowell. 

Charlottetown : Miss Ella A. Palmer, directrice du chœur de l'église Saint- 
Paul, principal de l'école de Musique ; Miss Edith Emma Hill qui a 
obtenu un diplôme de la société Scientifique et Artistique de South 
Kensington, I.,.ondres, Angleterre, organiste de l'église Saint-Paul, 



VOCAUSTES. 



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Houston, Mrs. Stewart (Miss Augusta Beverley Robinson), Toronto, fille de 
feu 1' honorable John Beverley Robinson, lieutenant-gouverneur de 
l'Ontario, de 1880 à 1887. A étudié la musique à Toronto, à New- York, 
à Paris et en Angleterre. De retour en Canada en 1895, elle chanta 
dans la Création, Elisée et le Messie. L'année suivante, elle accompa- 
gna Albani dans le tour triomphal qu'elle fit aux Etats-Unis et au 
Canada. 



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256 



FEMMES DU CANADA 



Hillary, Miss Nom, Toronto. Soprano dramatique ; reçut sa première éduca- 
tion à Dublin. Elle a dirigé, de 1889 à 1896, le club choral des dames à 
Toronto. A eu une large part au développement du goût musical dans 
cette ville. 

Miller, Edith J., née au Canada. Contralto. Soliste à l'église Saint-Barthé- 
lémi, New-York. 

A Toronto, mentionnons encore: Miss Williams, Mrs. Norma Reynolds Reburn, 
Miss Mary E. Nolan, Mrs H. W. Parker, Madame Stuttaford (professeur 
de nmsique vocale), et Miss M. H. Smart. 

Montréal : Mrs. Jean Harvey. 

Brantford : Miss Marie C. Strong. 

Brandon, Manitoba : Miss Lee. Enseigne dans les écoles et dans les couvents. 

Guelph : Système Fletcher enseigné à l'école de Musique par Miss Gardner 
Harvey. 

Vernon, C.B. : Miss Graham. 

Victoria, C.B. : Miss Sharp, conservatoire de musique; aussi Miss Smith, 
école de musique ; Miss Wegs, pianiste. 

Violonistes, organistes, etc. 

Clench, Miss Nora, violoniste. Fille de Léon M. Clench, de Sainte-Marie, 
Ontario. A étudié au Collège Hellumth, London (Ontario). A 13 ans, 
elle entra au Conservatoire de Leipsig, en Allemagne sous le célèbre 
violoniste russe, Brodsky ; elle y reçut un prix spécial d'excellence. 
Elle fut pendant un certain temps directrice d'un orchestre à Buffalo, 
New-York. Donna des concerts dans les principales villes de l'Europe 
et joua devant la reine à Osborne. Elle demeure à Londres, Angle- 
terre. 

Blight, Mme H. M., organiste, Toronto ; est une accompagnatrice bien connue 
dans les concerts de premier ordre, ainsi que Miss Dallas, bachelier 
en musique, et Miss M. G. Ferguson. 

Adamson, Dreschlar, Mme, Toronto. Elle a dirigé pendant plusieurs années 
un orchestre d'instruments à cordes, compose d'hommes et de femmes 
donnant chaque année un concert public. 

Adamson, Miss Lina, et Miss Kate Archer sont aussi violonistes accomplies et 
demeurent à Toronto. 

Street, Miss Eveline de Latre, fille de l'honorable Wm. Street, juge et juriste. 
Diplômée du Conservatoire de musique de Leipsig, Allemagne. 
Excellente violoniste. Demeure à Toronto. 



CANTATRICES ET MUSICIENNES CANADIENNES FRANÇAISES. 






Albani (Marie-Louise Emma Cécile Gye, née L,ajeunesse). 
Naquit à Chambly (Québec) , en 1847, et fit son éducation à Platts- 
burg (New York), et au couvent du Sacré-Cœur, du S • H-au- 
Récollet (Québec). Son talent se révêla de bonne heure. udia 

d'abord sous .son père, puis, à l'aide d'épargnes péniblement amas- 
sées, se transporta à Paris, et plus tard à Milan, où elle prit des 
leçons de Laraperti. Fit sa première apparition à Messine en 1870, 
sous le nom d' Albani, nom qu'elle aurait adopté sur le conseil de 
son professeur. Se fit entendre successivement à Malte, à Florence, 



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MUSIQUE 



257 



à Yjowàx^s {Royal Italiuu Opcra, 1872), à vSaint-Pétersbourg, à Paris, 
à Berlin, et dans toutes les principales villes d' Europe, ainsi qu'aux 
ICtats-Unis. S'est aussi fait entendre au Canada, où elle a toujours 
reçu l'accueil le plus enthousiaste. Epousa en 1878 Krnest Gye, 
directeur de théâtre, dont elle a eu un fils, qui poursuit les études 
artistiques de su mère. 

NJta Carritte, Mlle ; naquit dans la Nouvelle- K)cosse ; de descen- 
dance française et anglaise. Débuta comme chanteuse à l'âge de 
quatorze ans, en créant le rôle de Patience, dans l'opéra de Gilbert et 
Sullivan. Etudia à Paris sous Mme Marchesi, et reçut des conseils 
de Massenet. Aux Etats-Unis, remplit le premier rôle dans Faust, 
Cavallcria Rusticana, Pagliacci et Carmen. Très appréciée à 
L/ondres et aux Etats-Unis. 

Attalie Claire, Mlle ; naquit à Toronto ; belle voix de soprano, 
pleine, flexible. Accompagna Mme Patti et Mme Albani dans leurs 
tournées artistiques en Amérique, Aujourd'hui Mme Kaine, de 
New- York. 

Le Boutillier. Mlle ; issue d'une famille d'armateurs de Gaspé 
(Québec), autrefois riche. Son talent artistique et la merveilleuse 
souplesse de sa voix lui ont déjà fait une réputation au pays. 
Grâce aux épargnes réalisées sur les recettes de .ses concerts, elle a 
pu aller se perfectionner dans l'art à Paris, oti elle est actuellement. 

Marie Terroux, Mlle ; de Montréal. Douée d'une voix des plus 
sympathiques et des plus agréables, 

Céline Marier, Mlle ; de Montréal. A fait des études sérieuses en 
Europe, et .se livre aujourd'hui avec succès à l'en.seignement. 

Lafricain, Mme E. ; de Montréal ; étudia .sous M. Achille Portier, 
puisa Paris sous R. Bussine ; s'adonne aujourd'hui avec succès à 
l'enseignement. ; 

Hortense Villeneuve, Mlle ; de Montréal ; étudia sous M. G. Cou- 
ture ; voix flexible et sympathique ; très appréciée. 

Béatrice Lapalme, Mlle ; violoniste de mérite : ler prix Strath- 
cona, ce qui lui valut depouvou étudier à Londres, plusieurs années, 
sous les meilleurs maîtres. 

Camille Hone, Mlle ; de Montréal ; jeune violoniste de distinc- 
tion ; fille de M. Jules Hone, compositeur et professeur de mérite. 

Victoria Cartier, Mlle; de Sorel (Québec). Talent précoce; dès 
l'âge de quinze ans, organiste à l'église paroissiale de Sorel, et pro- 
fesseur. Plus tard, organiste à l'éghse Saint-Louis de Frau'^e, 
Montréal ; s'adonne en même temps à l'enseignement ; donna plu- 
sieurs concert.s ; fonda avec MM. C julet et Dubois, le Schwnann 
Club, et avec M. J. Saucier, la société chorale de Sainte-Cécile. Se 




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FEMAfES DU CANADA 



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transporta à Paris, où elle étudia sous les grands maîtres ; mène 
de front l'étude de l'orgue, du piano et de la théorie musicale. 
Depuis son retour d'Europe, s'occupe de populariser la musique 
française, par le moyen d'auditions. 

Franchère, Mlle : organiste et pianiste ; conduit avec talent la 
partie musicale à l'occasion des fêtes religieuses. 

Adam, Mme ; professeur de musique ; élève de M. D. 
Ducharme. 

Bernadette Dufrcsne, Mlle ; de Trois-Rivières ; pianiste de talent ; 
a fait des études en Europe ; professeur à Trois-Rivières. 

Louisa Prince, Mlle ; naquit à Montréal ; fit ses études musicales 
à Leipsig (Allemagne) ; établit, à Chicago, le collège Stauton pour 
l'enseignement du piano. 

Cette liste est nécessairement incomplète : nommons, toutefois, 
en passant, Mme E. Tassé (veuve Kearns), organiste de l'église 
du Sacré-Cœur, d'Ottawa, et remarquablement douée ; Mlle Tassé, 
aussi d'Ottawa ; Mlle Herchmei (Mme Gault), et Mme Laberge, 
pianistes de talent. 

ANTOINETTE GÊRIN-LAJOIE. 



4 LE DRAME. 



CLUBS DRAMATIQUES. 

Club Garrick, MontiéaL — Composé d'hommes et de femmes ; fondé, 
en 1897, dans le but de continuer le club Social et Dramatique de 
Montréal. Compte 500 associés et 30 membres actifs. Les frais 
du club sont couverts par une souscription annuelle de ses membres. 
Outre plusieurs représentations publiques dans le but de venir en 
aide aux hôpitaux, aux institutions de charité, etc., le club donne 
chaque année quatre représentations où les membres seuls sont 
admis. 

ECOLES DRAMATIQUES. 

Ecole d'Elocution, Oratory. Physkal Culture and Dranuitic Art» 
Toronto. — Alliée au collège de Musique de Toronto. Adjointes 
comme professeurs, Miss Mary Berryman et Miss Christian CoUins. 

Ecole d'Elocution àa Conscfvatoire de Toronto. — Miss Maude Massou, 
professeur. Deux adjointes. 






LE DRAME 



259 



Monument National. Montréal. — Cours d'élocution ; existe depuis 
deux ans, et promet de bons résultats. 

Couvents. — Les sœurs écrivent des pièces de théâtre et les font 
représenter par leurs élèves. 



CRITIQUES ET ECRIVAINS DRAMATIQUES. 

Dandurand Mme (Météore), Montréal. — A écrit Ranaine et 
Ce que pensent les fleurs. Ces pièces ont été plusieurs fois 
représentées. Elle a aussi écrit nombre d'articles sur l'art, dans 
le Coin du Feu. 

Chadwick, Miss Marion (Mme Grayson Smith), rue Huron, Toronto. — 

A écrit tcne Double Mascarade qui fut représenté par des ama- 
teurs, à Toronto, en 1893. Aussi une comédie intitulée Scandale 
représentée à Toronto et en d'autres villes canadiennes, en 1891 
et 1892. 

Merritt. Miss. — A écrit une pièce historique : Quand George III 
était roi. Cette pièce fut représentée à Toronto, par des ama- 
teurs, en 1897. 

Curzon. Mme.— A écrit un drame : Laura Secord. 



NOTICES BIOGRAPHIQUES. 

Anjlin, Marjaret. Toronto. — Fille de feu l'honorable T. W. Anglin, 
président de la chambre des Communes. Née à Ottawa, en 1870 ; 
élevée aux couvents de Toronto et de Montréal. Étudia pour la 
scène à 1' Empire School of Dramatic Acting, de New- York ; y 
fut diplômée en 1894. Elle parut pour la première fois sur la scène, 
à New- York même ; a joué depuis principalement avec James 
O'Neil, dans Dr. Jekyll and Mr. Hyde, Virginius, Hamlet, 
Monte Christo, etc. 

Tibbit, Blanche (Blanche Crozier). — Née à Brantford, Ontario. 

Arthur, Julia. — Née à Hamilton, Ontario, en mai, 1869, de parents 
irlandais et gallois. Son nom propre est Ida Lewis. A l'âge de 
onze ans, elle joua dans un club dramatique d'amateurs, et à qua- 
torze ans, elle débuta comme actrice professionnelle. Plus tard, 
elle étudia le violon et l'art dramatique en Angleterre et en Alle- 
magne. Son premier succès à New- York fut dans le Masque 
noir. {The Black Mask). Elle entra alors dans la compagnie 
de Sir Henry Irving el fit ses débuts à Londres, en février 1895. En 
1896, elle accompagna Irving et EUen Terry dans leur tournée au 



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FEMMES DU CANADA 



Canada. Elle a écrit pour les journaux des articles sur le Royaume 
des Coulisses, et a aussi composé quelques chansons. En 1899, 
elle épousa M. Cheney. 

Allan, Miss Viola. — Née à Kingston, Ontario. 

Valian, Miss Marie, Toronto. — Actrice, née à Napanee, Ontario, elle 
épousa, très jeune, William G. Fralleck. Après la mort de son 
mari, elle étudia pour le théâtre et débuta à New- York dans Old 
Kentucky. Eu 1896, elle parut sur la scène du Garden Théâtre 
à New- York. Elis est très populaire sur la scène américaine. 

Morrison, Mme Charlotte, — Toronto. 

Ferjuson, Frances Ida. — Née a Toronto. Fille du juge en chef 
Ferguson. Etudia pour la scène à l'école dramatique Wheatcroft, 
New- York. 

Mather, Miss A\arjaret. — Actrice. Fille de John Finlayson. Na- 
quit à Tilbury, Ontario, en 1860, reçut son éducation à New- York et 
y fit ses débuts en 1881. Elle }o\X2l Juliette avec succès, à Chicago, 
en 1882. Son répertoire comprend : Rosalinde, Imogene, Lady 
Macbeth, Leah, Jtilia, Peg Woffington, Mary Stuart, Pauline, 
Jeanne d' Arc, Constance, et Mêdée, 

Keejan. Miss Mary. — Fille de George W. Keegan, avocat, Ha- 
milton, Ontario. Naquit à Hamilton et re^^^ut son éducation au 
couvent, à Belleville et à Montréal. Dès son jeune âge elle fit 
preuve d'un talent dramatique remarquable. Elle compléta ses 
études à Paris, France, et parut pour la première fois sur la scène au 
théâtre Royal, à Margate. Elle débuta à Londres au théâtre de 
la Royauté. Fit une tournée en Angleterre avec l'une des compa- 
gnies de Beerbohm Tree. Enfir., en 1895, elle obtint un grand 
succès à Londres dans la Nouvelle Madeleine. 



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LECTURE ET DECLAMATION.. 

Alexaruler, Miss Jessie, avenue Brunswick, Toronto. — Lecture et décla- 
mation. 

Black. Mme Ajnès Knox. — Lecture et déclamation. Naquit à 
Sainte-Marie, Ontario, et y reçut son éducation. Plus tard, devint 
élève du collège d'Êlocution de Nefî, à Philadelphie, Etats-Unis, 
où elle fut diplômée en 1885. Revint au Canada et s'y livra avec 
assiduité à l'exercice de sa profession. Elle a épousé M. Charlton 
Black avec lequel elle a fait plusieurs tournées au Canada et aux 
Etats-Unis. 



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LE DRAME 



261 



Johnson, Miss E. Pauline.— Lecture, déclamation, poésie. Fille de 
feu George Henry M. Johnson, chef principal des Indiens Mohawks. 
Elle est née sur la réserve des Six Nations, comté de Brant, Ontario, 
et a reçu son éducation à l'école modèle de Brantford. Ses poèmes 
et ses récits traitent de sujets empruntés à la vie indienne : le 
Cri de Mort, le Cri d'une Femme Indienne, Comment Meurent les 
Peaux-Rouges, etc. Elle parut pour la première fois eu public pour 
y lire ses propres poèmes, eu 1891. 



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FEMMES DU CANADA 



CHAPITRE IX. 



SOCIÉTÉS ORGANISÉES NATIONALEMENT 



LE CONSEIL NATIONAL DES FEMMES DU CANADA > CE QUEL SIGNIFIE 

ET CE QU'IL FAIT. 

Par la Comtesse d'Aberdeen. 

(Première présidente du Conseil, 1893- 1899.) 

Un étranger visitant le Canada et s' informant de la condition, 
du travail et des avantages des femmes dans ce pays en général ou 
dans quelqu'une des provinces, en particulier, se verrait souvent 
renvoyer au Conseil National des Femmes; et n'ayant jamais entendu 
parler ailleurs d'aucune organisation de ce genre, il aurait peut-être 
quelque difficulté à comprendre tout d'abord ses fonctions et sa raison 
d'être précises. Dans un endroit, il trouvera le conseil organisant sur 
des bases communes, des agences pour coopérer au soulagement des 
infortunes ; dans un autre, il le verra fondant un hôpital ou prenant 
l'initiative pour l'établissement d'une bibliothèque publique ; ici, 
présentant au gouvernement provincial une députation demandant 
l'enseignement de l'économie domestique et de l'éducation technique 
dans les écoles publiques ; là, pressant l'amendement des lois ou 
statuts concernant les ateliers et les fabriques en faveur des ouvrières 
qui y travaillent ; il en entendra parler à l'occasion des services 
notables rendus aux immigrants nouvellement arrivés, à l'occasion 
de l'œuvre patriotique de la Croix-Rouge, de l'ordre des Infir- 
mières Victoria et de la compilation des faits concernant la vie des 
femmes au Canada qui doit être publiée dans le volume du gou- 
vernement canadien pour l'exposition de Paris. Il sera confondu 
de la multiplicité de ses occupations et ne pourra le qualifier à sa 
propre satisfaction. 

Notre voyageur pourrait demander : 
Est-ce que ce conseil est une organisation politique "* 
Non, ses rangs comptent des femmes de tous les partis. 
Dépend-il d'une église quelconque ? 



CONSEIL NATIONAL 



263 



'IL SIGNIFIE 



Non, des membres de toutes les églises protestantes et de 
l'église catholique travaillent ensemble dans ce Conseil, aussi bien 
que les adhérentes à la foi juive. 

Quels sont donc ses buts distiuctifs et comment peut-il exister 
aucun esprit de corps dans une société formée d'éléments si variés 
et naturellement opposés i 

Et pour réponse, on présentera à l'investigateur un exem- 
plaire de notre constitution et on l'invitera de plus à assister à une 
réunion de notre Conseil National pour entendre le rapport du 
travail commun réellement exécuté grât e. aux efforts combinés des 
éléments contraires dont il parle. 

Voici notre profession de foi : 

" Nous femmes du Canada, croyant sincèrement que le bien- 
être de nos foyers et la prospérité de notre pays seront accrus 
par notre plus granue unité de pensée, de sympathie et de but, et 
qu'un mouvement organisé des femmes sera pour le plus grand 
avantage de la Famille et de l'État, nous nous engageons par les 
présentes à favoriser l'application de la grande loi de charité 
chrétienne à la société, aux usages et aux lois." 

Et voici )e pivot sur lequel repose notre constitution et sur 
lequel tourne toute l'œuvre du Conseil: 

" Ce Conseil n'est organisé dans l'intérêt d'aucune propagande 
privée et n'exerce d'action sur les sociétés qui le constituent que 
par voie de conseils et de sympathie. Par conséquent, aucune 
société se décidant à entrer dans ce Conseil n'aura àsouffrir d'inter- 
vention en ce qui concerne son unité organique complète, son 
indépendance ou ses modes d'action, ni ne sera liée par 
aucun principe ou méthode d'une autre société, ni par aucun acte 
ou décision du Conseil lui-même, en dehors des termes de cette con- 
stitution." 

Ceux qui formèrent ce Conseil, en 1893, se gardèrent bien de 
formuler aucune règle qui sentît le formalisme administratif, mais 
s'efforcèrent simplement de former une organisation qui, dans 
chaque centre de population, réunît dans une même pensée et un 
travail comuiun, ceux qui s'efforcent de promouvoir le bonheur de 
la société, sans égard au parti politique, à la croyance, la classe 
ou la race. 

Sur ces baseS il existe actuellement au Canada vingt-et-un 
Conseils locaux de femmes, depuis l'île de Prince-Edouard à 
l'extrême est, jusqu'à l'île de Vancouver à l'extrême ouest ; et 



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FEMMES DU CANADA 



la liste des sociétés locales et des institutions affiliées à ces Conseils, 
établies pour tous les buts imaginables, remplit les pages d'un 
opuscule de dimensions respectables. 

Ces vingt-et-un conseils locaux, avec sept associations organisées 
sur des bases nationales sont réunis ensemble en un Conseil National 
qui assemble, une fois par an, dans les différentes villes du Domi- 
nion, les représentantes de toutes les sociétés affiliées, pour recevoir 
des rapports, pour conférer sur des sujets suggérés par le comité 
exécutif ou les conseils locaux, pour décider sur l'opportunité d'une 
action nationale combinée, reconnue désirable, et pour recommander 
aux conseils locaux, dans leurs provinces respectives, différents 
travaux ou sujets de recherches. 

Mais le Conseil National, ou les sociétés, ont-ils accompli quel- 
que chose de plus que de s'assembler pour délibérer, presser 
l'adoption de certaines mesures et se livrer à des investigations? 

I/a seule difficulté que nous éprouvions à répondre à cette 
question est la longueur de l'énumération que nous devrions faire 
pour rendre pleinement justice à notre Conseil. 

Nous nous bornerons cependant à choisir quelques exemples du 
travail entrepris ou exécuté par le moyen du Conseil, agissant comme 
Conseil national, provincial ou local. 

1° Il a obtenu l'introduction de l'enseignement des travaux 
manuels et de l'économie domestique dans les écoles d'Ontario, et 
la formation de maîtres pour l'enseignement de ces arts. Il a aussi 
donné une vigoureuse impulsion à ce même mouvement dans les 
autres provinces. 

2° Il a obtenu la nomination d'inspectrices des fabriques et 
ateliers où l'on emploie des femmes, dans les provinces de Québec 
et d'Ontario. 

3° Il a obtenu dans la province d'Ontario, l'extension des 
articles de la loi des fabriques aux ateliers et aux magasins en ce qui 
touche à la surveillance des ouvrières, et il s'occupe de promouvoir 
la même extension dans la province de Québec. 

4** Il a obtenu la nomination de femmes dans les comités des 
écoles dans le Nouveau-Brunswick, et l'amendement à la loi des 
écoles dans la Colombie-britannique de manière que les femmes 
puissent être désormais élues commissaires. 

5° Il a amené des changements très désirables dans la condition 
des prisonnières en différents endroits, principalement dans la pro- 



CONSEIL NATIONAL 



265 



)mouvoir 



vince de Québec où des matrones sont actuellement chargées de la 
surveillance des femmes et où les jeunes filles sont internées dans 
un établissement séparé. 

6" Il a organisé dans différents centres des comités d'associa- 
tions de charité ou d'autres moyens coopératifs pour le soulagement 
des infortunes ; il continue cette œuvre, profitant de toutes les occa- 
sions qui lui sont offertes, et il a propagé un journal sérieux traitant 
du problème des sans-travail. 

7° Il a établi des hôpitaux dans des centres relativement peu 
importants. 

8° Il a donné naissance à l'idée de l'ordre des Infirmières 
Victoria et a puissamment contribué à son établissement dans les 
différents centres. 

9° Il a organisé des écoles de cuisine, des classes de cuisine ; 
et, à Québec, il s'occupe d'aider à l'établissement d'une école 
pratique pour la formation de domestiques. 

10° Il a répandu les connaissances sanitaires, spécialement au 
moyen de conférences aux mères sur la santé, données par des 
médecins de Montréal. Ces conférences ont obtenu un très grand 
succès parmi les mères anglaises et françaises. 

Il" Il a fait une enquête dans toute l'étendue du pays sur la cir- 
culation de la littérature immorale et a pu contribuer à la restreindre 
notablement tout en en signalant le grand danger aux instituteurs et 
aux parents. Il espère faire davantage encore en s' adressant à 
la législature et en propageant une littérature saine et intéressante. 

12° Il a inauguré l'union nationale de Lecture en Famille 
pour promouvoir les habitudes des bonnes lectures systématiques, 
et cette union progresse d'une manière satisfaisante. 

13° Il a étudié les conditions qui entourent les ouvrières dans 
les différents centres et a suggéré à ses membres différents 
moyens de les améliorer. 

14° Il a dirigé une -^nquête, dans toutes les provinces, sur les 
lois établies pour la p. élection des femmes et des enfants et a 
soumis au ministre de la Justice certaines recommandations que 
celui-ci a approuvées, en présentant des amendements à la loi cri- 
minelle, en 1899. Ces amendements ne sont pas encore en vigueur, 
pour cause de manque de temps pour leur considération définitive, 
mais le Conseil s'est sérieusement engagé à en appuyer l'adoption. 







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15** Il s'occupe avec zèle du soin et du traitement des vieillards 
pauvre» et des faibles d'esprit. 

16** Il a fait appel à tous ses membres pour qu'ils unissent 
leurs efforts pour protéger les animaux et la vie des oiseaux menacés 
d'une destruction inutile dans l'intérêt de la mode. 

17° Par l'intermédiaire d'une de ses sociétés affiliées, il s'ef- 
force de trouver, pour venir en aide aux immigrants, un moyen 
plus efficace que ce qui a pu être fait jusqu'à ce jour ; et, dans le 
cas des Doukhobortses, il a fourni aux femmes le matériel nécessaire 
pour exercer les industries domestiques, et a pourvu à d'autres 
besoins pressants pour les aider à passer leur premier hiver au 
Canada. 

18** Il s'est engagé à coopérer avec les autorités médicales 
pour recommander que des mesures immédiates soient prises pour 
enrayer les ravages toujours croissants de la consomption en ce 
pays ; pour répandre les connaissances sur ce sujet et en faire 
porter la responsabilité à qui de droit. 

19** Il désire promouvoir l'enseignement systématique de l'art 
du dessin appliqué aux industries et aux manufactures, considérant 
que cet art ouvre un vaste champ à l'actix-ité des femmes. 

20** Dans différentes occasions à quelques heures d'avis, grâce 
à l'action d'un Conseil des femmes d'une nlle voisine dont l'organisa- 
tion a permis d'apporter une assistance prompte et efficace, on a pu 
pour\'oir aux besoins les plus pressants des femmes et des enfants 
d'une ville partiellement détruite par un incendie. 

21*' Répondant au désir de la société de la Croix Rouge, il 
organise en ce moment, dans tout îe Canada, des branches de cette 
société pour venir en aide aux victimes de la guerre, 

22** A la demande du gouvernement du Dominion, il a compilé 
pour être imprimé et distribué, à l'Exposition de Paris, aux frais 
du gouvernement, ce volume de renseignements sur tout ce qui con- 
cerne les femmes canadiennes et leurs travaux. 

Je pourrais prolonger indéfiniment cette liste si je voulais rap- 
porter en détail les efforts si nombreux et si variés des Conseils 
locaux pour l'introduction de certaines réformes ou l'encourage- 
ment de quelques projets approuvés par les sociétés affiliées. Mais 
je m'arrête. Je voudrais seulement faire remarquer ici combien il a 
été plus facile de faire adopter certaines réformes avec la coopération 



CONSEIL NATIONAL 



267 



de» membres de toutes les églises et de tous les partis, que si ces 
réformes avaient été considérées comme le thème favori d'une asso 
ciation quelconque. 

Kt maintenant que j'ai prouvé que le Consiil National fait 
quelque chose de plus tangible que de simples causeries, permettez- 
moi de prétendre que ces simples causeries ou discussions ont une 
certaine valeur par elles-mêmes. Pendant les six aimées et demie 
écoulées depuis la fondation du Conseil, les conférences qu'il a orga- 
nisées entre les membres de tous les différents points du pays ont 
été d'une immense utilité, eu général, et une source d'avis précieux. 
Je citerai quelques-uns des sujets de ces conférences : 

Ce que les femmes peuvent faire en agriculture ; le devoir des 
Canadiennes concernant les privilèges de votation qui leur sont déjà 
accordés ; le problème du service domestique ; le développement 
de la littérature nationale au Canada ; Les unions des mères ; le 
rôle d'une mère instruite dans l'éducation de ses enfants ; la morta- 
lité infantile et ses causes ; le soin des prisonnières ; comment 
lire et ce qu'il faut lire ; le problème des sans-travail, l'importance 
du Conseil National pour soutenir et développer le patriotisme des 
Canadiennes ; nourriture et récréations en rapport avec l'intempé- 
rance ; développement du sentiment artistique au Canada ; effets 
de l'humour sur le caractère. 

Des conférences de même nature ont été faites sous les auspices 
et grâce à l'initiative de la plupart de nos conseils locaux ; et nous 
avons lieu de croire que l'échange de renseignements et d'opinions 
sur ces sujets, et sur beaucoup d'autres d'un intérêt pratique, ont 
contribué puissamment à reserrer l'union entre nos membres, et à 
leur faire mieux comprendre leurs points de vue réciproques, tout en 
augmentant leurs connaissances et leur utilité. 

Que notre Conseil puisse légitimement se féliciter de tels 
résultats pour les six années de son existence, cela semble presque 
trop beau pour être vrai, car la plupart d'entre nous nous rappelons 
encore les doutes nombreux exprimés au début quant à la réussite 
et à la vitalité du mouvement. Ces doutes sont maintenant dissipés; 
nous en remercions Dieu et nous prenons courage. 

L'une des principales raisons des succès du Conseil est le 
caractère, le talent, le zèle et le jugement éclairé des femmes qui 
ont été choisies comme officiers du Conseil National et des conseils 
locaux. En ma qualité de présidente du conseil, je puis parler en 
toute conuaissauce de cause, et d'après uue expérience personnelle 



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je puis dire qu'il n'y eut jamais de mouvement plus favorisé dans ses 
promoteurs ni de présidente plus loyalement et plus efficacement 
secondée par ses collègues. L'importance des membres de notre 
Conseil s'est bien affirmée au congrès international desFenmies tenu 
à Londres, en 1899, où une quarantaine d'entre elles étaient pré- 
sentes et s'attirèrent beaucoup d'honneur par la part qu'elles prirent 
aux discussions du congrès et dans les délibérations d'affaires avec 
leurs sœurs membres des autres conseils nationaux. Aussi croyons- 
nous que le Conseil National des Femmes du Canada a amplement 
prouvé ses droits à re> tence ; et nous espérons que ses bons amis 
qui l'ont constamment outenu n'auront jamais lieu de regretter 
leur généreux appui. 

Nous nous rappelons avec gratitude l'appui précieux que ncus 
avons reçu de nos principaux hommes publics et les paroles d'en- 
couragement qu'ils ont fait entendre, de temps en temps, à nous- 
mêmes et en notre faveur ; et je prends la liberté de clore cette 
courte description de ce que signifie le Conseil, en citant quelques 
extraits, choisissant pour cet objet des représentants des diverses 
églises et des différents partis politiques : 

L'un de nos premiers et de nos plus fermes amis était le regretté 
défunt premier ministre du Canada, le très honorable sir John 
Thompson qui approuva cordialement la formation du Conseil. A 
notre première assemblée annuelle, il nous disait : 

' ' Permettez-moi de dire que personne en ce pays ne saurait ap- 
précier mieux que les hommes publics, les avantages que ce mou- 
vement a en vue. Un autre résultat aussi important qu'inévitable 
sera qu'en venant en aide à toutes les institutions charitables de 
ce pays, il unira, par des liens de sympathie et des sentiments 
patriotiques plus intimes, tous ceux qui portent intérêt aux œuvres 
de charité, et il les soustraira à l'influence des mille et une causes 
qui divisent notre peuple. Tout mouvement tendant à rapprocher 
les sujets des différentes provinces qui diffèrent d'opinion, de 
principes politiques et de croyances sera patriotique dans son but 
et béni de Dieu dans ses résultats. 

" J'offre toutes les félicitations qu'il est en mon pouvoir d'ex- 
primer pour les tendances patriotiques de la conférence, qui se 
déclare en faveur de l'union du peuple canadien et veut enseigner 
aux jeunes générations la valeur de leur pays, et les exercer à 
l'aimer et à le servir comme elles doivent faire. Pour ces raisons 
j'ai le plus grand plaisir à seconder cette résolution ; et. au nom 



CONSEIL NATIONAL 



269 



' des hommes publics et des simples citoyens, je présente aux fem- 
" mes de ce Conseil nos félicitations les plus cordiales et notre 
*' détermination de coopérer à cette œuvre bonne et noble. " 

Plus tard, à une autre assemblée annuelle, à Montréal, le 
premier ministre actuel du Dominion, le très honorable sir Wilfrid 
Laurier, grand-croix de l'ordre de Saint-Michel et de Saint-Georges, 
parlait dans le même sens : 

" Le Conseil des Femmes a fait l^eaucoup pour opérer le 
rapprochement des éléments épars qui forment la famille cana- 
dienne. Je dis la famille canadienne, et je le dis à dessein. Car 
sans doute, nous de race française, n avons pas l'intention de rien 
oublier. Nous voulons conserver nos vieilles coutumes et surtout 
cette belle langue que nous tenons de la France, cette langue de 
Racine, de Molière, de Victor Hugo. Mais, tout en voulant 
rester nous-mêmes et en réclamant en même temps notre part 
de justice, de liberté et de soleil, ce que nous demandons 
pour nous, de tout cœur nous voulons l'accorder aux autres. 
Nous voulons que tous nous apprenions à nous connaître, à nous 
respecter dans notre diversité et dans notre union. Mesdames, 
s'il est un pouvoir qui puisse faire s'opérer, je ne dirai pas ce 
changement, mais qui puisse faire arriver cette bonne œuvre à 
bonne fin, c'est certainement le Conseil des Femmes." 

Voici un extrait d'un autre discours de sir Wilfrid à une assem- 
blée postérieure : 

' ' Je suis ici pour certifier que ce Conseil des Femmes, qui 
' n'existe que depuis deux ans, a déjà fait beaucoup. Mon ami, 
' M. Poster, a eu grandement raison de dire que si le Conseil 
' National n'avait rien fait autre chose que de réunir les femmes dt 
' l'est à celles de l'ouest, il aurait déjà fait faire un grand pas à l'uni- 
' fication de ce pays de tant de races et de croyances diverses. Son 
' Excellence a dit que l'un des buts du Conseil National était de 
' faire disparaître, d'effacer toutes les vieilles dissensions et rancunes, 
' Quel travail plus noble que celui-là peut-il y avoir ? Ce qu'il nous 
' faut avant tout en ce pays, si nous devons devenir une nation, 
' comme nous le deviendrons avec la grâce de Dieu, c'est la paix, 
' l'harmonie et 1 union entre tous les éléments hétérogènes qu'il a 
' plu à la divine Providence d'amener en ce beau pays. J'attends 
' cela surtout des mains de la femme, et vous admettrez avec moi 
> qu'une main de femme e.st faite pour l'union. " 



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FEAfMES DU CANADA 



Ayant cité ces extraits des discours des premiers ministres, j'en 
ajouterai quelques-uns empruntés à d'autres discours : 

De l'honorable G. E. Foster, ministre des finances sous le 
gouvernement conservateur : 

" S'il n'y avait d'autre résultat que la réunion de femmes 
réfléchies et actives d'une extrémité de ce pays à l'autre, ce 
serait une excuse sufl&sante pour l'existence et pour la continua- 
tion de l'œuvre de cette société. Je maintiens qu'il n'y a pas 
d'influence plus effective dans la direction et l'unification du pays, 
rien qui aide plus puissamment à son élévation et à son accroisse- 
ment, que les connaissances simples et usuelles qu'une personne 
reçoit d' une autre personne dans le cours d'un travail ou d'une 
entreprise en commun. 

" lyC simple fait qu'une dame de Victoria s'est rencontrée avec 
une dame de Halifax et qu'elles ont échangé leurs vues respec- 
tives sur quelque question publique ou sociale à laquelle elles 
s'intéressent toutes deux, constitue un lien qui ajoute non seule- 
ment au plaisir de la vie, mais à l'utilité de la vie et à l'efl&cacité 
du travail pour l'objet commun. L'établissement de sociétés dans 
tous les principaux centres de ce pays, et le fait d'attirer dans ces 
sociétés les meilleures femmes de toutes les classes, de toutes les 
religions, de toutes les races, de former entre elles une connais- 
sance qui, plus tard, deviendra de l'amitié et de l'intimité en ce 
qui touche à un travail, à un but commun, ne sauraient manquer 
de produire les plus grands avantages, non seulement pour les 
individus, mais pour le pays tout entier. Si le Conseil National 
des Femmes n'avait rien accompli de meilleur que cela, son exis- 
tence serait amplement motivée, et nous serions entièrement jus- 
tifiés, nous qui n'avons point le privilège d'en devenir membres, 
de lui donner l'appui le plus sincère et les sympathies les plus 
cordiales qu'il nous soit possible de lui donner ". 

De l'honorable W. S. Fielding, ministre des finances sous le 
gouvernement libéral : 

" Si le Conseil National des Femmes n'avait rien fait de plus, 
" ce serait déjà beaucoup que d'avoir organisé cette œuvre, quel- 
'' que chose dont le peuple a le droit d'être fier. Nou^ avions un 
" grand nombre c'*» sociétés s'occupant d'œuvres diverses, mais, 
*' jusqu'à ce jour, nous ne connaissions ni le nombre de ces sociétés 
'' ni l'immense étendue de leurs bonnes œuvres ; et ainsi, en nous 



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CONSEIL NATIONAL 



271 



présentant simplement des statistiques ^t en nous montrant la 
force du pouvoir pour le bien que posFMent le^ femmes, on 
nous a fait sentir ce qu'elles font pour le développement du 
Canada. Les hommes ont l'avantage de se rencontrer les uns les 
autres ; s'ils ne se rencontraient ni n'avaient de conférences per- 
sonnelles, ils seraient incapables de diriger leurs affaires. Une 
assemblée du Parlement est une grande force et un grand pouvoir 
pour le bien, et il en est ainsi des représentantes des femmes du 
Canada. C'est vraiment un pouvoir pour le bien, quoiqu'il ne 
paraisse point dans les statistiques. L,e pouvoir d'une organisa- 
tion féminine ne saurait s'estimer trop haut. J'ai été profondé- 
ment frappé par ce qu'a dit sir John Thompson concernant le 
projet de réunir ensemble les femmes de croyances et de nationa- 
lités différentes. Il y a tant de choses qui nous séparent, en 
affaires, en politique et en religion que toute grande organi- 
sation qui réunit les intelligences des femmes dans un même but 
est un grand pouvoir pour le bien du Canada. " 



L/'honorable Sir Charles Hibbert Tupper, chevalier de l'ordre 
de Saint Michel et de Saint Georges, ministre de la justice sous le 
dernier gouvernement conservateur : 

" Jusqu'à ces derniers temps, j'étais si peu au courant des 
" intentions et du but réel du Conseil que, je dois l'avouer, il m'est 
" arrivé, en plus d'une occasion, d'exprimer des doutes graves et 
" sérieux sur son utilité ; mais, il faudrait qu'un homme, et j'ose- 
" rais même dire une femme, fut bien borné pour ne pas être con- 
" vaincu, après avoir entendu le rapport intéressant que ion vient 
" de nous présenter ce soir, que non seulement les intentions du 
' Conseil sont bonnes, mais qu'aucune de ses intentions, qu'aucun 
" de ses buts ne saurait donner la moindre prise à la défiance. Je 
" suis heureux de savoir que ce Conseil National représente toutes 
'' les provinces du Dominion du Canada. Sous sa direction, les 
" représentants sont réunis successivement dans les différentes 
" villes, et il ne peut manquer d'en résulter un grand bien et de 
" grands avantages pour les Canadiens en général. Il n'y a pas 
" une seule impulsion dans tout mon être qui ne s'unisse à vos 
'■ projets et à vos aspirations tels qu'exprimés dans les différents 
' ' articles de votre programme. Des discours comme ceux que nous 
" venons d'entendre, imprégnés de nationalité canadienne et de 
*' sentiment canadien, trouvent un écho dans les cœurs de tous ceux 



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' qui sont ici ce soir et de la grande majorité des Canadiens. Nous 
' avons besoins d'être stimulés, comme tout le monde. Une Tois 
' déjà, un danger sérieux menaçant notre propre pays vint nous 
' soulever et nous faire réaliser que nous sommes réellement un 
' peuple uni par des liens communs. Je veux parler de la rébellion 
' naissante du Nord-Ouest qui, peut-être plus que toute autre 
' chose, depuis 1867, a contribué à réunir le peuple canadien dans 
' une véritable sympathie et une réelle fraternité. Et pourtant, 
' on faisait appel à ces mêmes sentiments. J'ose donc vous dire 
' que, à part ces incidents dans la jeune histoire de ce pays, il n'y 
' a rien qui surpasse l'influence des efforts unis d'une .société de 
' femmes comme le Conseil National des Femmes du Canada, 
' assemblées pour délibérer sur tout ce qui touche au bien et à 
' l'avantage du public en général. " 

De l'honorable Da\-id Mills, ministre de la justice sous le gou- 
vernement libéral : 

" C'est la première assemblée du Conseil des Femmes à 
"laquelle il m'ait été donné d'assister, et je le regrette extrême- 
" ment. Le Conseil avance en faisant le bien. Il cherche, da, 'a 
" condition des hommes et des femmes, ce qu'il peut y avoir ue 
" susceptible d'être amélioré, et il accomplit ce travail avec intelli- 
* ' gence. Je suis donc heureux de constater que ce qui a été entre- 
'' pris va se développer sur une plus gr nde échelle, et que plusieurs 
" choses que l'on ne croyait pas pouvoir améliorer vont l'être prati- 
•' quement. Je donnerai ma plus sérieuse attention à certaines 
" questions que le Conseil ma soumises, et je suis certain de pou- 
" voir compter sur l'aide du Conseil avant l'ouverture des Chambres 
" fédérales. Ces questions sont d'une grande importance, et j'ai dû 
" chercher ailleurs ce qu'il est nécessaire et possible de faire. J'ai 
" la certitude que ce Conseil des Femmes rendra des services im- 
" portants et avantageux pour le bien-être social et moral du peuple 
" canadien. " 

De l'honorable Clifford Sifton, ministre de l'Intérieur : 
" Je suis ici ce soir, parce que j'apprécie hautement l'utilité de 
" votre Conseil. Je puis dire que je ne connais aucune organisa- 
" tion plus parfaite, et j'exprime la plus ferme espérance qu'il ue 
" décherra point de sa condition actuelle, mais continuera à accroître 
" son pouvoir pour le bien. Je reconnais la valeur inestimable de 
' toute force qui, constitutionnellement et avec persévérance, em- 



CONSEIL NATIONAL 



273 



'• brasse la cause de la justice et de la loyauté. Dans une organi- 
" sation de cette nature, les dames doivent s'attendre à rencontrer 
" de nombreux motifs de découragement. Quelquefois, des dames 
" se sont adressées à moi, désirant que certaines mesures fussent 
' prises, et quand elles étaient parties, j'ai pensé souvent qu'elles 
" devaient être bien découragées et qu'elles pouvaient penser qu'il 
' ' était inutile de poursuivre leur œuvre. Ce serait la plus grande 
" erreur de croire qu'il est inutile de persévérer parce que vous 
" n'avez pas obtenu immédiatement unt réponse favorable. Croyez 
" m'en, chaque fois que vous venez. Mesdames, vous faites une 
' ' impression et le temps approche où vous atteindrez votre but. ' ' 

De l'honorable sir Louis Davies, chevalier de l'ordre de Saint- 
Michel et de Saint-Georges, ministre de la marine et des pêcheries : 

" J'applaudis à vos efforts, mais quelques-uns des sujets pré- 
" sentes ne me sont pas assez connus; et je ne puis dire que 
" ge n'éprouve pour eux plus qu'une simple ' amitié '. Je me sou- 
" viens d'avoir entendu, il y a quelques années, un discours d'un 
" grand homme qui disait : ' Je n'ai pas toujours eu confiance en 
" M. Gladstone ; j'ai différé d'opinions avec lui, mais j'ai toujours 
" senti mon cœur battre pour lui, parce qu'il a toujours marché ve: s 
"la lumière'. Maintenant, je n'approuve pas tout votre pro- 
" gramme, mais je sympathise avec vous parce que vous ' marchez 
" vers la lumière', et je crois que, par une mutuelle discussion, 
" année par année, vous avancerez constamment vers un succès 
" certain. " 

De l'honorable G. Ross, premier ministre d'Ontario : 

" L,e Conseil National djs Femmes, comme je le comprends, 

■' n'est point une société spéciale, mais plutôt une consolidation ou 

' une mobilisation de toutes les sociétés ou associations existant 

' dans le pays ; il ne demande aucune révolution domestique ou 

' politique, il ne propose point une nouvelle classification des sexes, 

' des races ou des croyances. C'est, sans aucun doute, dans mon 

' opinion, une œuvre patriotique, une œuvre noble et une œuvre 

■ qui aura la sympathie de tout Canadien aimant son pays. Il y a 

' environ un an, je lus quelque part que ce Conseil National des 

' ' Femmes avait choisi un comité chargé de se rendre auprès du 

gouvernement d'Ontario pour demander que l'on fît des lois pour 

l'introduction des travaux manuels et de l'économie domestique 

dans les écoles d'Ontario. Plus tard, je l'appris d'une manière 



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FEMMES DU CANADA 



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" plus pratique, car c'est à moi que s'adressa ce comité. Il vous 
" sera agréable d'apprendre que ce que le comité demandait se 
" trouve maintenant inscrit aux statuts de la province. Une autre 
*' pétition fut présentée demandant que l'on nommât une inspectrice 
" pour les fabriques et les magasins où l'on emploie des femmes. 
" Cela aussi est devenu une loi dans Ontario. Voilà quelques 
" indications permettant de juger des dispositions et du travail 
" patriotique et sympathique du Conseil." 

De l'honorable George Murray, premier ministre de la Nouvelle- 
Ecosse : 

" Je dois confesser franchement que, jusqu'à ces derniers 
temps, je n'avais qu'une idée bien imparfaite du but et des 
projets que le Conseil poursuit. Et je désire être aussi franc 
en disant que, après avoir parcouru vos statuts et votre rap- 
port, j'ai été profondément impressionné par les discussions 
intelligentes et pratiques que vous avez tenues sur des mesiîres 
de réformes importantes. Tout d'abord, j'étais sous l'impres- 
sion que le Conseil des Femmes se livrait à d'interminables 
discussions et accomplissait fort peu de choses d'une nature 
pratique ; et, sans avoir beaucoup réfléchi sur cette matière, je 
m'étais fait une idée, je ne sais comment, que les sujets de 
réformes dont s'occupait le Conseil était d'une nature idéale et 
impraticable. Mais un simple coup d'œil jeté sur vos rapports a 
dissipé ces deux erreurs, — car c'étaient certainement deux erreurs, 
— et je suis surpris de trouver cette association s' occupant de 
problèmes qui, depuis longtemps auraient dû attirer et occuper 
l'attention de nos législatures. Me serait-il permis de suggérer 
que vos rapports soient plus répandus ? Il ne sufi&t pas que les 
amis de l'œuvre soient instruits du travail sérieux et réel que vous 
accomplissez. Je crains qu'il n'y ait un grand nombre de per- 
sonnes au Canada qui, ne connaissant pas suSisamment le Conseil 
National, ne vous donnent pas toute l'aide et tout l'encouragement 
que vous méritez et qu'elles seraient heureuses de vous offrir si elles 
connaissaient mieux le noble travail que vous exécutez. Je 
suis heureux de voir que votre Conseil a été renforcé par l'union 
des diverses sociétés qui avaient été formées dans différentes 
parties du Canada. Cette union doit augmenter considérablement 
votre force en vous apportant les avantages de la sagesse, de 
l'expérience et de l'énergie collectives des femmes les plus intelli- 



CONSEIL NATIONAL 



275 



" gentes du Cinada, qui, au prix d'années d'un travail enthousiaste, 
" ont appris a diriger, de la manière la plus avantageuse et la plus 
" efficace, les opérations centralisées de cette association. " 

De l'évêque d'Ottav a : 

" L,a véritable preuve qu'une œuvre soit bonne, est qu'elle soit 
" persévérante, qu'elle survive longtemps à son origine et à ses 
" premiers promoteurs. Je n'ai aucun doute sui le développement 
' et les progrès du Conseil National des Femmes du Canada. Ces 
*' développements et ces progrès sont, nous le reconnaissons tous, 
' ' pour le bien du pays tout entier. ' ' 

De l'archevêque O'Brien, d'Halifax : 

" Nous avons suivi votre œuvre avec sympathie, et je puis dire 
' que nous croyons qu'il y a beaucoup à admirer dans le travail 
' accompli. Je suis certain, que tous, nous l'apprécions comme il le 
' mérite et nous espérons qu'il s'en suivra encore un plus grand bien. 
' Vous avez un vaste champ d'opération, un champ si vaste que vous 
' pouvez y travailler pendant nombre d'années sans empiéter sur un 
' terrain que l'élément masculin regarde comme le sien propre. 
' J'éprouve un réel plaisir à vous demander d'approuver cette réso- 
' lution : 

" Que cette assemblée publique exprime ses sentiments de 
' satisfaction du succès qui a couronné l'œuvre patriotique du 
' Conseil National des Femmes du Canada, et fait des vœux pour 
' que son utilité ne cesse de s'étendre de plus en plus." 

Du révérend W. T. Herridge, de l'église presbytérienne Saint- 
Andrew, d'Ottawa : 

' ' Cette assemblée est sous les auspices du Conseil National des 
' Femmes du Canada dont le nom est un gage assuré de succès et 
' de réussite. Le Conseil National a déjà été l'objet de critiques. 
' Une critique intelligente n'est point à craindre et n'appelle point 
' la vengeance ; et je ne suppose pas que le Conseil National ait 
' aucune prétention à l'infaillibilité. Je n'hésite pas à dire qu'il a 
' déjà exécuté un travail qui mérite la gratitude provoque 
' l'admiration de tous les vrais Canadiens." 

Du révérend John Potts, docteur en théologie, de l'église 
méthodiste du Canada . 

"J'ai été profondément intéressé par votre rapport de l'année 
' dernière, intéressé par la variété des sujets, par le talent avec 



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276 



FEMMES DU CANADA 






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" lequel ils sont présentés et par les possibilités qu'embrasse le 
" Conseil National des Fennnes du Canada. Kt cependant, ce soir 
" avec mes tendances conservatrices, je sens qu'il est téméraire de 
" ma part de me prononcer ainsi. De deux choses l'une : ou ie 
" deviens téméraire dans ma vieillesse, ou j'apprends à me réformer. 
" Il vaut autant que nous, hommes de croyance, regardions l'inévi- 
" table en face. Si les dames ont déjà renversé les murs, elles 
* ' prendront la ville. ' ' 

Du R. P. Ryan, Toronto : 

" Je viens devant vous ce soir comme un très hnmble repré- 
sentant de Sa Grandeur l'archevêque de Toronto. Il m'a chargé 
tout d'abord, de vous exprimer aussi fortement que possible sa 
sincère appréciation et sa profonde sympathie pour le travail 
splendide exécuté par le Conseil National des Femmes du Canada. 
Il approuve et bénit cordialement ce travail. Notre archevêque est 
un prélat aux vues larges et aux impulsions généreuses et bienveil- 
lantes, et il désire appuyer sur le fait qu'il sympathise de tout cœur 
avec r œuvre, qu' il entre dans les vue •> et les intentions de ce Conseil 
National. Il sait, en sa qualité de Canadien qui aime le Canada, que, 
dans ce pays de races mêlées et de différentes croyances religieuses, 
il peut y avoir, ici et là, des inégalités et des aspérités qu'il faut 
faire disparaître ; et il voit l'influence marquée et considérable de 
cette association nationale pour égaliser et faire disparaître ces 
inégalités sociales et religieuses qui empêchent cette union des 
esprits et des cœurs que Sa Grandeur désire voir exister dans 

notre Canada 

" Et nous savons que c'est précisément le but où tendent les 
efforts du Conseil National des Femmes du Canada. Conciliation de 
toutes les classes et de toutes les croyances, conciliation sans 
compromis et conciliation qui mène à l'union des esprits et des 
cœurs. ' * 

On remarquera que, dans les extraits que j'ai cités, on appuie 
spécialement sur le fait que le Conseil possède le pouvoir de pro- 
mouvoir l'unité et on ne saurait trop appuyer sur ce point, dans 
l'opinion des directeurs du mouvement du Conseil. En réalité, 
c'est en cela que consiste son essence. 

Mme Drummond, qui a agi comme représentante du comité 
responsable pour la publication de ce volume, nous exposa une fois, 
cette idée en des termes si éloquents que je ne puis résister au désir 
de les répéter comme le meilleur résumé possible du sujet : 



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CONSEIL NATIONAL 



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' Parlant de ce mot ««/'//, nous avons la clef de voûte de 
" notre Conseil ; cette unité qui est 1?. préi>upposition et la conclu- 
" siOii de la science, de la philosophie, de la théologie, est aussi 
" l'idée dominante de notre Conseil et le but vers It-quel il s'efforce 
" de marciier. " . , 

" Unité de but, dominant toutes les différences He pensée et 
" d'opinion ; unité d'égalité qui remplace jxjur janiai.. cet idéal 
" divisé lequel assignant la pureté à la femme, la vérité, l'honneur 
" vît la force à l'homme, rend en réalité l'homme moins homme et 
" la femme moins femme, et qui prouve son illusion en causant la 
' ' moitié des fautes et des misères de la vie ; unité de vie par 
' ' laquelle elle ne sera plus faussement divisée en séculière et reli- 
" gieuse, sacrée et profane, mais sera, dans toutes ses parties, 
•' inspirée par la conscience d'un but divin qui, en se réalisant sous 
" les innombrables aspects de la nature, dans toute la vie humaine, 
" éclairant tout, transformant tout, absorbera définitivement tout 
" en lui-même. " 

Par ce qui précède, on voit que le Conseil des Canadiennes a 
eu le grand avantage de rencontrer dans son travail, dès ses débuts, 
la sympathie de nombre d'hommes parmi les plus influents du 
pays, qui ont traité les obserx'-ations qui leur ont été présentées par 
le Conseil avec une attention et une déférence qui ont fait naître 
chez tous ses membres la conscience de leur propre responsabilité. 
Quand les gens sentent qu'ils possèdent une influence réelle dans 
les affaires, il ne sont point tentés d'être agressifs ; et le principe 
immuable de notre Conseil est d'avoir confiance dans les hommes 
et de nous efforcer de travailler toujours en coopération avec eux 
vers la fin que nous avons en vue ; nous avons trouvé que c'est 
la meilleure politique à suivre, et notre confiance a été récompensée. 



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ISHBEL ABERDEEN. 



Haddo House, Ecosse, février 1900. 



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SOCIÉTÉS NATIONALEMENT ORGANISÉES. 

RELEvfe PAR Miss Helîîn R. Y. Keid. 



CONSEIL NATIONAL DES FEMMES DU CANADA. 

BUREAU . 

PRÉSIDENTE D'HONNEUR 

Son Excellence la Comtesse de Minto. 

PRÉSIDENTE 

I<ADY Taylor, Toronto. 

PRÉSIDENTE CONSULTATIVE 

La Comtesse d'Aberdeen. 

VICE-PRÉSIDENTES D'HONNEUR 

(Les Femmes des Lieutenants-Gouverneurs des Provinces). 

Mme Jette Québec (Prov. de Québec). 

Miss Mowat Toronto (Ontario). 

Lady Dalv Halifax ( Nouvelle-Ecosse). 

Mrs. McClelan Fredericton ( Nouveau-Brunswick) - 

Mrs. Howlan Charlottetown (Ile de Prince-Edouard). 

Mrs. PaTTERSOn Winnipeg (Manitoba). 

Mme Forget Regina (Territoires du Nord-Ouest). 

Mrs. McInnes Victoria (Colombie-britannique). 

VICE-PRÉSIDENTES ÉLUES 

Ladv Laurier, Lady Thompson. 

VICE-PRÉSIDENTES PROVINCIALES 

Nouvelle-Ecosse Mrs. R. I . Borden, Halifax. 

Nouveau-Brunswick Lady Tilley, St. John. 

Ile de Prince-Edouard Lady Davies, Charlottetown. 

Québec Mme Thibaudeau, MontréaL 

Ontario Mrs. Boomer, London. 

Manitoba Mrs. McEwen, Brandon. 

Assiniboia Mrs. Flood Davin, Regina. 

Alberta Mrs. Lougheed, Calgary. 

Colombie-britannique Miss Perrin, Victoria. 






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PRESIDENTE DU CONSEIL NATIONAL 
et Membres du Comité «le Publication. 



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SOCIETES ORGANISES 279 

VICEPRÉSIDENTES D'OFFICE. 

(Présidentes des Couseils lucaux et des Suciétéa affiliées). 

TRÉSORIÉRE. 

Mrs. Hoooi^bss, Kastcourt, Hr«milton. 

ARCHIVISTE. 
Mrs. Wii.U)UGuby Cummings, 44 rue Dawson, Toronto. 

SECRÉTAIRE. 

Miss Tkresa F. WitSON, Bureau Central, Ottawa. 

Il y a vingt-etun conseils locaux et sept sociétés nationales 
affiliées. 

Conseil local de Toronto et dix-sept sociétés affiliées. Présidente, 
Miss Carty ; secrétaire, Miss Cayley. 

Conseil local de Hamilton et vingt-deux sociétés affiliées. Présidente, 
Mrs. J. M. Gibsou ; secrétaire. Miss Harris. 

Conseil local de Montréal et vingt-sept sociétés affiliées. Le comité 
d'organisation, présidente, Mrs. Drummond, Mrs. Cox, Mme 
Thibaudeau, Mrs. Bovey, Mrs. Learmont, Mrs. H. C. Scott, 
secrétaire, Mrs. Walton. 

Conseil local À'Ottawa et trente-une sociétés affiliées. Présidente, 
Mrs. Edward Griffin ; secrétaire Mrs. McLeod Stewart. 

Conseil local c* London, et treize sociétés affiliées. Présidente, 
Mrs. Boomer ; setiétaire, Mrs. E. N. English. 

Conseil local de WInnipej, et quatorze sociétés affiliées. Présidente, 
Mrs. G. Bryce ; secrétaire, Mrs. G. Parker. 

Conseil local de Québec et sept sociétés affiliées. Présidente, Mme 
Routhier ; secrétaires, Mrs. Geggie et Mlle Routhier. 

Conseil local de Kingston et quinze sociétés affiliées. Présidente, 
Mrs. Fraser ; secrétaire, Miss Machar. 

Conseil local de St-John et vingt sociétés affiliées. Présidente, Mrs. 
R. Thomson ; secrétaire, Miss. F. A. Murray 

Conseil local de Halifax et de Dartmouth et dix-sept sociétés affiliées. 
Présidente, Mrs. C. Archibald ; secrétaire. Miss A. P. Fitch. 

Conseil local d'Aljoma-Ouest et treize sociétés affiliées. Présidente, 
Mrs. Frank Gibbs ; secrétaire, Mrs. T. S. T. Snielly. 



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Conseil local de Victoria et de Tlle de Vancouver et vingt-huit sociétés 
aflSliées. Présidente, Mrs. Perrin ; secrétaire, Mrs. Galletly. 

Conseil local de Vancouver et quatorze sociétés affiliée. Présidente, 
Mrs. McLagan ; secrétaire, Mrs. Charles S. Finch. 

Conseil local de Résina et six sociétés affiliées. Présidente, Mrs. 
Beneke ; secrétaire, Mrs. Goggin. 

Conseil local de Vemon. (Colombie-britannique) et dnq sociétés 
affiliées. Présidente, Mrs. Fraser Cameron ; secrétaire, Mrs. B. 
Henderson. 

Conseil local de Brandon et dix sociétés affiliées. Présidente, Mrs. 
D. McF'ven ; secrétaire, Mrs. Kirchoffer. 

Conseil local de Portaje-du-l^it et treize sociétés affiliées. Prési- 
dente, Mrs. McKay ; secrétaire, Mrs. C. C. Robinson. 

Conseil local de Charlottetoym, (Ile-de- Prince- Edouard) et quatorze 
sociétés affiliées. Présidente, Mrs. Anderson ; secrétaire, Mrs. 
C. C. Gardner. 

Conseil local de Nelson, (Colombie-britannique) et onze sociétés 
affiliées. Présidente, Mrs. Robertson ; secrétaire, Mrs. Day. 

Conseil local de New Westminster, (Colombie-britannique) et douze 
sociétés afF;liées. Présidente, Mrs. A. J. Hill ; secrétaire, Mrs. 
C. S. Young. 

Conseil local du Comté de Pictou Est et sept sociétés affiliées. Pré- 
sidente, Miss C. E. Carmichael ; secrétaire, Miss A Murray. 

Les sept Sociétés Nationales affiliées sont : 

L'association Artistique des Femmes du Canada ( The Women's Art 
Association of Canada ) ; la société Protectrice des Jeunes Filles du Canada 
( The Giris' Friend'v Society of Canada); l'association pour la Reconnaissance 
des Droits politiques de la Femme au Canada (Dominion IVoman's Enfranch- 
isement Association); V Ordre canadien des Filles du Roi {Dominion Order of 
King's Dauj^hters); r Association Aberdeen ; l'Ordre des Infirmières Victoria; 
r Union nationale de Lecture au Foyer {National Hotne Reading Union). 

COMITÉS PERMANENTS 

NOMMÉS POUR DÉLIBÉRER SUR LES SUJETS SUIVANTS i 

Lois tendant h assurer une protection plus efficace aux femmes et aux 
enfants. — Présidente, Mrs. O. C. Edwards, Montréal. 

Littérature pernicieuse. — Présidente, Mrs. Woodruffe, Hamilton. 

Surveillance des femmes faibles d'esprit — Présidente, Mrs. C. 
Yarker, London (Ontario). 



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SOCIETES ORGANISES 



281 



Soin des vidUrds pauvres. — Présidente, Mrs. Willoughby Cum- 
niings Toronto. 

Pfnanccs. — Présidente, Mrs, Hoodless, Haniilton. 

Immigration. — Présidente, Mrs. Cox, Montréal. 

Fi-essc — Présidente, Mrs. Willoughby Cumniings, Toronto. 

Prélèvement d'un emprunt en faveur des femmes Doukhobortses. — Prési- 
dente, Mrs, FitzGibbon, Toronto. 

Secours pour le régiment du TransvaaI.— Présidente, lady Taylor. 

Bureau de renseijnemenb. — Présidente, lady Taylor. 

ComKé de Publication du Livre des Femmes du Canada destiné i TExpo* 
sition de Paris. — Présidente, Mrs. George A, Diiininioiid, Montréal, 




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L'UNION CHRETIENNE DE TEMPERANCE DES FEMMES DU CANADA. 

C'est à Owen-Sound, dans l'Ontario, que s'organisa, au cours 
de 1874, la première Union de Tempérance des Femmes d'i Canada. 
Il existe actuellement des unions de ce genre dans chaque province, 
et la Colombie-britannique, le Manitoba, l'Ontario, la province de 
Québec,^ le Nouveau- Brunswick, la Nouvelle- Êco.sse et l'^le-de- 
Priiice-Êdouard ont leurs unions provinciales respectives, auxiliaires 
de l'Union fédérale. Les Territoires du Nord-Ouest possèdent des 
organisations locales et l'on est en voie d'élaborer l'organisation 
d'une Union Territoriale. 

L'Union fédérale fut organisée à Montréal le 20 octobre 1883, 
à une conférence des unions provinciales de Québec et de l'Ontario. 
La première convention eut lieu à Ottawa au mois de février 1885 : 
feu Mrs. Letitia Youmans étant présidente. Mis, Tilton, d'Ottawa, 
secrétaire, et Mrs. Steadman. de Fredericton, trésorière. 

Il existe acti' ^Mement au Canada, 505 unions comptant 10,890 
membres acquittc^ ^ leur contribution , outre nombre d' autres dont les 
noms figurent sur les listes. Le buieau actuel comprend : Mrs. 
Annie O. Rutherford, Toronto, présidente ; Mis. Edith J. Archibald, 
Halifax, vice-présidente; Mrs. Emma K. Atkinson, Moncton, 
secrétaire ; Mrs. Elizabeth W. McLachlin, Montréal, archiviste; 
Mrs. Odell, Ottawa, trésorière. 

Le but principal de l'Union est la protection du foyer domesti- 
que, et les moyens employés pour atteindre ce but sont les engage- 
ments de s'abstenir de l'usage de toute boisson alcoolique ; la créa- 
tion et l'encouragement des habitudes de sobriété ; l'enseignement 
spécial donné à la jeunesse dans le sens de la tempérance ; l'agita- 
tion dans le but d'obtenir la prohibition absolue du commerce des 
alcoo's au Canadn. . 



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Afin d'assurer une coopération plus entière et plus systématique 
de la part des membres aux fins de la société, l'œuvre se divise en 
différentes sections, à chacune desquelles une femme qui est censée 
faire une étude spéciale de la partie qui lui est assignée et indiquer 
aux surintendantes des sections similaires, dans les unions provin- 
ciales et locales, Hs méthodes et les moyens à appliquer pour attein- 
dre le but voulu. C'est, dans une large mesure, à cette unité de 
dessein et à cette communauté de prières qu'il faut attribuer le 
remarquable succès de l'Union Chrétienne de Tempérance des 
Femmes. 

Voici la liste des différentes sections de l'œuvre entreprise par 
la liOciété : Paix et arbitrage ; En.seignement scientifique de la 
tempérance ; Hérédité et hygiène ; chasteté; CEuvres à l'étranger ; 
Concours et expositions agricoles; Flotteurs et Forestiers; Législation 
et pétitions; Droit de suffrage; Distribution de fleurs, de fruits et de 
douceurs ; Ligues de miséricorde ; Marins ; Pêcheurs et gardiens 
de phares ; Soldats et milice ; Auberges et restaurants ; Employés 
de ' hemins de fer : Mis.sions évangéliques ; Jardins potagers ; 
Narcotiques ; Prisons ; Stations de police et géoles ; Couvre-feu ; 
Banques d'épargnes scolaires ; Services organisés pour secourir 
l'indigence, etc., etc. Sous ces titres fonctionnent au-delà de 30 
asiles pour les petites filles, retraites pour les marins, ainsi que 
plusieurs autres institutions de bienfaisance et de secours dont nous 
n'avons point reçu de rapport. 

\,ft Joumal dci Femmes, l'organe national publié à Toronto par 
Mrs. Rutherford, présidente de l'Union fédérale, est d'une impor- 
tance inappréciable au point de vue de l'avancement de l'œuvre de 
la société. La pétition polyglotte, sur laquelle figurent plus de 
huit millions de signataires, dont soixanle-sept mille canadiens, fut 
présenté eau gouvernement fédéral, le 3 mai 1898, pa- Mrs. 
Alexander, d'Ottawa, Mrs. Atkinson, secrétaire, ayant donné 
lecture de l'adresse. ** 

Unions Provinciales. 

Unions de l'Ontario, 240 ; membres 5,597 ; présidente, Mrs. M. R. Thornley, 
London ; secrétaire, Mrs. Wiley, Richmond Hill. 

Unions de Québec, 105; membres, 2,167; présidente, Mrs. Sanderson, Dan- 
ville ; secrétaire, Mrs. McLachlan, Montréal. 

Unions du Manitoba, 43 ; membres, 834 ; présidente, Mrs. Geo. Stewart, Win- 
nipeg ; secrétaire, Mrs. A. B. McKay, Winnipeg. 

Unions de la Colombie-britannique, 16 ; membres, 399 ; présidente, Mrs. Lamb, 
New Westminster ; secrétaire, Mrs. Cunningliam, New Westminster, 

Unions de la Nouvelle-Ecosse, 43 ; membres, 876 ; présidente, Mrs. Chesley, 

Lunenburg ; secrétaire, Mrs. Whitman, Canso. 
Unions du Nouveau-Brunswick, 44 ; membres, 761 ; présidente, Mrs D. 

McLeod, Newcastle ; secrétaire, Mrs. Atkinson, Moncton. 

Unions de l'Ue-de-Prince-Edouard, 9 ; membres, 200; présidente, Mrs. C. W 
Strong, Summerside ; secrétaire, Mrs. Holman, Summerside. 

Unions des Territoires du Nord Ouest, 7 ; membres, 102 ; présidente, Mrs. A. B. 
Bulyea, Regina. 



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SOCIETES ORGANISES 



283 



L'UNION CHRETIENNE DE TEMPERANCE DES JEUNES FEMMES. 

Outre l'œuvre de l'Union chrétienne de Tempérance des Femmes 
il existe aussi celle de l'Union chrétienne de Tempérance des Jeunes 
Femmes. Les opérations de ces deux unions sont similaires, et 
toutes deux poursuivent le même but. La Surintendante pour le 
Canada est Mrs. A. B. R^e ' ', de Teeswater (Ontario). Il existe 
dans l'Ontario 27 unions de oe genre qui comptent 805 membres. 
Miss Charlotte Wiggins en est la surintendante. La province de 
Québec compte huit unions de ce genre, dont la surintendante est 
Mrs J. A. Nutting, de Waterloo. Il en existe 5 au Nouveau- 
Brunswick. La Nouvelle-Ecosse en compte 6, se composant de 291 
membres ; Miss E. E. Smith, de Windsor, en étant la surinten- 
dante. Le Manitoba en compte trois, dont Mrs. Kate Marwood, de 
Winnipeg, est la surintendante. L'Ile-de-Prince-Édouard en pos- 
sède deux, dont la surintendante est Miss Annie Johnson, de Char- 
lotte town. Nombre total des unions, 49. 



AUTRES ASSOCIATIONS DE TEMPERANCE. 

Il y a aussi deux autres associations de tempérance au Canada 
les Royal Templars et les Good Templars possédant respectivement 
un certain nombre de membres des deux sexes, lesquels sont cepen- 
dant moins nombreux que ceux des unions des femmes. 



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L'ASSOCIATION CHRETIENNE DES JEUNES FEMMES DU CANADA. 



Les unions chrétiennes des jeunes femmes du Canada, sont 
au nombre de 22. Elles furent organisées en 1893. ^^ elles tendent 
au perfectionnement des jeunes femmes au point de vue spirituel, 
intellectuel, physique et social. Les conférences se tiennent tous 
les deux ans. L'affiliation avec l'association générale World' s 
Association eut lieu en 1895. 

Organe officiel : The Young Womari' s Gazette. Secrétaire- 
visiteuse, Miss B. Ross, bachelier es lettres et sciences. Représen- 
tante dans la colonie universitaire Calcutta, Indes, Miss G. R. 
Rouse, bachelier ès-lettres et science. 






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286 FEMMES DU CANADA 

Bureau de i^'union chrétienne des jeunes femmes du Canada. 

Mrs. John McDougall, présidente Montréal. 

Miss Blackburn, trésorière Ottawa. 

Mrs. Chs, B. Miles, archiviste. London. 

Mrs. R. McConnell, secrétaire 363 rue Besserer, Ottawa , 

Vice-Présidentes Provinciales. 

Ontario Miss Winnifred J. Macdonald, Toronto . 

Québec Mrs. J. F. Stevenson, Montréal. 

Colombie-britannique 

Manitoba Mrs. Parker, Winnipeg. 

Territoires du Nord-Ouest Mrs. Lougheed, Calgary. 

Nouvelle-Ecosse 

Associations Universitaires s — Université de Toronto ; Collège de 
Médecine de Toronto ; Université McGill de Montréal ; le Queen's 
Collège de Kingston ; le Collège Dalhousie de Halifax ; Collège des 
Dames de Moimt-Allison, Sackville. 

Succursales des Membres dispersés: — Secrétaire, Miss Togie. 

Dans presque toutes les autres villes du Canada où l'on reu 
contre des unions chrétiennes de jeunes gens, il existe des comités 
de dames auxiliaires qui prêtent leur coopération au point de vue 
social à l'œuvre de ces sociétés. 



BRANCHE CANADIENNE DE L'ORDRE INTERNATIONAL DB FILLES 

ET DES FILS DU ROI. 

Cet ordre est une organisation religieuse sans distinction de 
croyance. Son but est de développer la vie spirituelle et de 
stimuler l'activité chrétienne. " Toute personne dont les vues et 
les tendances concordent avec celles de l'ordre et qui se considère 
responsable de ses actes envers Notre-Seigneur Jésus-Christ, notre 
roi et notre sauveur, peut devenir membre de la société. ' ' Voilà 
à quoi se résume l'affiliation. 

Cet ordre fut fondé par deux fen:mes de la ville de New-York 
en janvier 1886. La même année, des cercles se formel ent au 
Canada, et l'ordre se multiplia si rapidement qu'en 1891 on oie^anisa 
une succursale canadienne qui compte six mille associés : on ion 
contre un peu partout au Canada, et surtout dans la province dt 
l'Ontario, les membres de cet ordre, qui portent la croix d'argents 
insigne de l'ordre. Il s'est formé des cercles parmi les sauvages du 
Nord-Ouest et de l'Ontario, ainsi que parmi les nègres ; de sorte qu'il 
se trouve dans l'ordre des représentants des races jaune, noire et 
blanche qui tous ne font qu'un en Jésus-Christ. L'Ordre corn 
prend quatre champs d'exploitation : le Cœur, le Foyer, l'Église et 



SOCIÉTÉS ORGANISÉES 287 

le Monde. La devise de l'Ordre est: "Ne point se faire servir, 
mais servir ". Le mot d'ordre est " En son Nom ", Les membres, 
après la consécration de leur personne, rendent tous les bons offices 
inspirés par la charité et c'est ainsi que partout, ils allègent 4es 
fardeaux, et tendent une main secourable aux affligés et aux néces- 
siteux toujours ' ' En son Nom ' ' . 

Au Canada, l'Ordre a établi et entretient un asile pour les 
enfants abandonnés ; un autre, pour les personnes âgées des deux 
sexes, une salle de réunion pour les jeunes filles, une pension pour 
les jeunes femmes salariées. Les membres de l'ordre ont réussi à 
construire et à meubler des hôpitaux ; ils entretiennent des infir- 
mières régionales, et ils ont fondé une crèche, pour la saison d'été, 
qui fonctionne bien. 

Voici le bureau de l'Ordre au Canada. 

Secrétaire-génêrai, : 

Mrs. E. M. Tilley 554 rue King, London (Ontario). 

Secrétaires provinciaux : 

Ontario Mrs. J. E. Austen, 714 avenue Spadina, Toronto. 

Nouveau-Brunswick Miss H. Barker, rue Germain, St-John. 

Nouvelle-Ecosse Miss Macdonald, rue Gottingen, Halifax. 

Ile-de-Prince-Edouard. . .Mrs. H. W. Longworth, Charlottetown. 

Québec Mrs. Auchmuty, 16 avenue Lorne, Montréal. 

Colombie-britannique. . . . Mrs. F. Maitland Dougall, Corfield. 
Manitoba et territoires du 
Nord-Ouest Mrs. E. M. Tilley, Sec. Général. 



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ORDRE DES INFIRMIERES VICTORIA. 



Cet ordre, fondé par la comtesse d'Aberdeen, est le résultat 
du vœu exprimé par les femmes du Nord-Ouest, qui voulurent 
commémorer le Jubilé de Sa Majesté par la création d'un service 
d'infirmières au bénéfice des régions lointaines du pays. 

Se souvenant de l'usage que la reine avait fait des fortes sommes 
d'argent que les femmes de la Grande-Bretagne lui avaient offertes 
en cadeau à l'occasion de son jubilé, lady Aberdeen estima que le 
moyen le plus convenable de commémorer cet événement, serait 
l'établissement d'un ordre qui ferait bénéficier tout le pays du confort 
et de la sécurité résultant d'un bon service d'infirmières. 

Dans ce but, elle chercha à intéresser à son projet les médecins 
et les personnes d'influence au pays. Le docteur Worcester, de 
Waltham, Massachusetts, qui s'était occupé de l'établissement 
d'écoles pour la formation d'infirmières, reçut de lady Aberdeen 
l'invitation de donner dans les grandes villes du pays des conférences 
sur ses méthodes d'organisation. On préleva un fonds et l'organisa- 
tion commença. On élabora les règles et règlements voulus ; l'on 





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forma un conseil de gouverneurs t l'on obtint une charte royale 
d'où nous extrayons les passages suivants : 

" Son Excellence, le gouverneur général du Canada, est le patron de 
l'Ordre. Il désigne cinq membres du conseil des gouverneurs. 

*' Le conseil d'administration de chaque association locale ayant un revenu 
annuel de 500 dollars au moins, désignera un membre, et il désignera xni nouveau 
membre par chaque somme supplémentaire de mille dollars de revenu annuel. 

" L'association Médicale Canadienne nommera deux membres, et chaque 
association médicale provinciale en nommera un membre. 

" Les fins principales de l'ordre sont de fournir des infirmières parfaitement 
aptes au soin des malades dans les hôpitaux et dans les districts ruraux, et cela 
d'une façon subordonnée à notre autorité centrale, afin de soigner les malades 
qui ne peuvent obtenir les soins d'habiles infirmières à domicile, soit à la ville 
soit dans les campagnes. ' ' 

Quelques citations des statuts et des règlements donneront une 
idée des devoirs de la surintendante en chef et des surintendantes 
régionales, des associations locales et des comités régionaux : 

" Il sera du devoir de la surinlendante en chef d'exécuter les instruc- 
tions du conseil des gouverneurs et du conseil exécutif, pour le bon fonction- 
nement de l'Ordre, etc. 

Les devoirs des surintendantes régionales consistent à : " Exécuter les 
instructions du conseil local d'administration pour le bon fonctionnement de 
l'Ordre, et à surveiller la formation des probationnistes, en conformité des 
instructions de la surintendante en chef. ' ' 

Associations locales : " Chaque association locale aura le droit et le devoir 
de développer l'œuvre de l'Ordre dans les limites territoriales assignées à 
l'association locale, en conformité de la charte royale, ainsi que des règles, 
règlements et statuts édictés par le conseil des gouverneurs, et d'administrer ses 
propres affaires. ' ' 

Les comités régionaux sont formés avec l'approbation du 
conseil des gouverneurs ou du conseil exécutif, à moins que la 
circonscription ne se trouve dans les limites territoriales d'une associa- 
tion locale, et dans ce cas, ces comités seront formés avec l'approba- 
tion du conseil d'administration de l'association. 

La comtesse d' Aberdeen fut la première présidente du conseil et 
exerça ces fonctions jusqu'en 1899. Lorsqu'elle se démit de sa 
charge, l'honorable juge Burbidge fut appelé à lui succéder. 

Peu après la nomination du comte de Minto au poste de gouver- 
neur général du Canada, Son Excellence la comtesse de Minto 
devint présidente d'honneur de l'Ordre. 

Les premières écoles pour la formation des infirmières furent 
établies en 1898 ; on en compte actuellement deux, dont une à 
Montréal et l'autre à Toronto. Le but de ces établissement est de 
donner un cours préparatoire de six mois pour fournir à l'œuvre 
régionale des infirmières graduées parfaitement apte': à ce service. 
Après avoir terminé leurs cours, elles peuvent, si elles le désirent, 
être admises à faire partie de l'Ordre, en promettant de servir 
durant deux ans. On leur assigne ensuite une circonscription spéciale 
où elles exercent leurs fonctions dans un hôpital-cottage ou ailleurs et 



SOCIÉTÉS ORGANISEES 



389 



elles sont tenues de transmettre à la surintendante en chef des 
rapports mensuels de leurs travaux. Les travaux d'une infirmière 
régionale commencent à huit heures du matin ; et dans le cours de 
la journée, elle peut donner ses soins à cinq ou six patients, laissant 
un rapport pour le médecin, préparant souvent la nourriture du 
patient et souvent lorsque la mère est malade, ayant elle-même soiu 
des enfants. L'hôpital-cottage sert vraiment de foyer domestique à 
nombre d'hommes ou de jeunes gens isolés, éloignés de leurs amis 
et travaillant soit aux mines, soit à l'exploitation forestière soit sur 
un ranch. 

En 1898, M. Geo. A. Cox plaçait à la disposition de lord 
Aberdeen une somme sufl&sante pour l'achat et l'ameublement d'une 
maison à Ottawa devant servir de siège principal à l'ordre. 

Lord et lady Aberdeen souscrivirent 3000 dollars au fonds central 
et avant leur départ du Canada, ils donnèrent une somme d'argent 
à un village situé sur la baie Chaloner, pour l'entretien d'une infir- 
mière régionale pendant six mois. A l'expiration de ce délai, les 
services de l'infirmière étaient devenues si inappréciables que les 
habitants du village résolurent de la garder, et ils souscrivirent 500 
dollars dans ce but. 

A Baddeck, Cap- Breton, une branche de l'ordre fut établie, 
grâce à l'influence du général et de Mrs. Montgomery Moore qui y 
avaient séjourné quelques jours avant leur départ du Canada. Ils 
s'entendirent avec le conseil d'administration à Halifax, afin d'obtenir 
une infirmière chargée de prendre soin d'un patient. Ceux qui 
furent témoins du soulagement et du confort résultant de soins 
habilement administrés, résolurent d'avoir au milieu d'eux une 
infirmière de l'Ordre, et grâce à un octroi de 50 dollars ils prélevèrent 
une somme sufl&sante pour leur permettre de demander une infir- 
mière. 

Au printemps de 1898, il vint de la région du Yukon une 
demande d'infirmières expérimentées. De concert avec le conseil, 
lady Aberdeen fit des efforts pour prélever les fonds voulus et l'on 
fournit l'aménagement nécessaire à quatre infirmières qui partirent en 
même temps que les troupes destinées au Yukon. Après un long 
et pénible voyage, effectué, partie à pied, partie à cheval, elles arri- 
vèrent à Dawson précisément au moment où l'épidémie de la fièvre 
tj^hoïde était à son apogée. Ces braves femmes eurent à surmonter 
les plus grandes difficultés, car les articles même de première néces- 
sité leur manquaient ; les malades n'ayant qu'une couverture pour 
tout lit ; et cependant il ne s'est pas formé de plaies de lit. Cette 
branche de l'Ordre a été supprimée puisque, sauf à cette époque de 
besoins urgents, Dawson City n'offre pas de champ au zèle des 
infirmières. 

On a ouvert un hôpital-cottage à Regina (Territoires du Nord- 
Ouest), dans une maison d'habitation offrant du logement pour six 
malades, deux infirmières et une servante. Au bout d'un peu plus 
d'un an, on avait donné des soins à soixante-dix malades dont trois 



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seulement sont morts. L'œuvre de ces infirmières a éveillé beau- 
coup d'intérêt, et avant la fin d'une autre année on aura bâti un 
hôpital convenable. 

Moyennant des octrois de 50 à 200 ou 300 dollars, les villages et 
campagnes éloignées sont en mesure d'engager une infirmière pour 
une année. Les minimes sommes perçues des patients au cours de 
l'année s'élèvent au chiffre de 100 à 200 dollars, et il est facile de 
prélever 300 ou 400 dollars par voie de souscriptions, pour s'assurer 
les excellents services d'infirmières de l'Ordre. 

En 1899, le gouvernement de l'Ontario a donné l'exemple à ses 
provinces sœurs en accordant une subvention de 2,500 dollars, ce 
qui a permis à l'ordre d'aider à six stations dans la partie ouest de 
l'Ontario à former des succursales. 

L'avenir de l'ordre Victoria e.st plein de promesses. Florence 
Nightingale appelle l'infirmière régionale "la missionnaire des 
malades". Quand on est témoin des avantages inappréciables 
résultant de l'établissement de petits hôpitaux-cottages et de 
l'emploi des infirmières régionales dans les centres ruraux, on peut 
se faire une idée du bien qui découlerait de la propagation de l'Ordre 
dans toute l'étendue du pays. 

CHARLOTTE MACLEOD. 



Associations locai^es, comités régionaux et hôpitaux-cottages déjà 
organisés par l'ordre victoria. 






MONTRÉAL, 113 nte Uuiversité. Retraite pour infirmières et école prépa- 
ratoire, six infirmières ; surintendante ou infirmière en chef, Miss 
Barbara Haggart ; président, l'honorable sénateur Drummond. 

TORONTO (Ontario), 206 avenue Spadina. Retraite pour infirmières et école 
préparatoire, quatre infirmières ; surintendante ou infirmière en chef, 
Miss Charlotte Eastwood ; président, l'honorable G. W. Âllan. 

OTTAWA (Ontario), 578 rue Somerset ; retraite pour infirmières, deux infir- 
mières ; surintendante ou infirmière en chef. Miss A. Ethel Béer ; prési- 
dente, Mrs. G. E. Poster. 

HALIFAX (Nouvelle-Ecosse), 32 rue Grafton ; retraite pour infirmières, deux 
infirmières ; surintendante ou infirmière en chef, Miss Maud Broddy ; 
président, M. le lieutenant-gouverneur Daly. 

KINGSTON (Ontario), 75 rue Division ; une infirmière, Miss Emily Baker; 
président, M. le principal Grant. 

HAMILTON (Ontario), 123 rue Jackson ; ime infirmière, Miss Emily Dakin ; 
Président, Mr. Thomas W. Watkin. 

ST-JOHN (Nouveau-Brunswick), 13 Chipman Hill ; retraite pour infirmières, 
deux infirmières; surintendante ou infirmière en chef, Miss Gertrude 
Hunt ; président, M. le juge Porbes. 

TRURO (Nouvelle-Ecosse) ; ime infirmière. Miss Kendrick ; présidente, Mrst 
F. A. Lawrence. 



SOCIÉTÉS ORGANISE/£S 



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BUCKINGHAM (Quél)ec) ; une infirmière ; président, M. Albert McLaren. 

NEW RICHMOND (Québec) ; une infinnière, Miss Annie Brown ; président, 
M. R. H. Montgoinery. 

NORTH BAY (Ontario) ; une infinnière, Miss Margaret D. Kelman ; trésorier, 
M. J. M. McNanama. 

THESSALON (Ontario). Hôpital-cottage, une infirmière, Miss Rose Douglas; 
président, M. A. E. Dyment, député. 

BRACKBRIDGE (Ontario). Une infirmière. Miss A. E. Hutchinson ; prési- 
dent, révérend M. Burt, doyen. 

BADDECK, Cap-Breton. Une infinnière. Miss Olive Burr ; président, Mr. I, 
G. A. McKean, docteur en médecine. 

FORT WILLIAMS (Ontario). Une infirmière, Miss Mary A. Haimsworth ; 
présidetit, révérend W. H. Rowand. 

PORT ARTHUR (Ontario). Une infirmière. Miss Margaret Burris ; président, 
M. J. Matthews. 

FORT FRANGES (Ontario.) Une infirmière. Miss Martha Redfeam ; prési- 
dent, M. C. J. HoUand. 

REGINA, Territoires du Nord-Ouest. Hôpital-cottage, deux infirmières; 
surintendante ou infirmière en chef, Miss Maiule Dalims ; président, 
M. D. J. Goggin. 

VERNON (Colombie-britannique». Hôpital-cottage, deux infirmières ; surin- 
tendante ou infirmière en chef, Miss Bena Henderson ; président, M. G. 
Henderson. 



AGES DEJA 



cole prépa- 
chef, Miss 

ires et école 
ire en chef, 
ïn. 

deux infir- 
>r; prési- 

..lières, deux 
|ud Broddy; 

lily Baker; 
flily Dakin ; 

I infirmières, 
liss Gertrude 

Lidente, Mrs. 



ASSOCIATION ABERDEEN. 

Au mois de novembre 1890, les dames de Winnipeg, à prière 
de la comtesse d'Aberdeen, formaient une association pour la distri- 
bution de livres de lecture parmi les colons disséminés dans les 
vastes territoires du Nord-Ouest, et dans le but spécial d'instruire et 
d'amuser leurs enfants. 

En 1893, une succursale de l'association fut formée à Halifax, 
tandis qu'à des intervalles assez rapprochés d'autres furent organi- 
sées. Ces différentes succursales sont demeurées tout à fait indé- 
pendantes les unes des autres jusqu'en 1897, époque à laquelle un 
comité de direction central fut crée donnant à chacune de ces 
succursales, deux représentants. 

Il y a maintenant au Canada seize succursales de l'association 
qui, par ordre d'ancienneté figurent comme suit : Winnipeg, 
Halifax, Ottawa, Calgary, Vancouver, Regina, Toronto, Montréal 
(section anglaise), Montréal (section canadienne-française) Hamilton, 
Victoria, Brandon, Kingston, Québec. Saint-John et Kamloops. En 
Ï899, 520 bureaux de poste reçurent tous les mois de ces succursales 
un paquet de 5 livres de poids, contenant de la littérature et adressée 
à chacun des 1900 noms inscrits sur la liste postale. Ainsi, 
il est fait annuellement plus de 20,000 envois de littérature à 
huit milles individus. 






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292 



FEMMES DU CANADA 



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Ces lecteurs ne se trouvent pas seulement sur les exploitations 
agricoles isolées dans les prairies du Nord-Ouest ou sur les ranches, 
mais encore dans les mines, dans les forêts, sur les navires pêcheurs 
de phoques et sur les phares. On cherche à atteindre les colons 
isolés. 

Dès le début, lord et lady Aberdeen ont favorisé l'a.ssociation 
de toutes leurs forces lui donnant une grande publicité en Grande- 
Bretagne, d'oii quantité de bons livres sont expédiés régulièrement 
d' Aberdeen, de Gla.sgow, de Liverpool et de Londres. 

Cette œuvre admirable qui mêle l'utile à l'agréable di.spense 
la lumière et le contentement à une foule de foyers dans toute 
l'étendue du pays, fonctionne sans grands frais, grâce à la généro.sité 
du gouvernement fédéral qui autorise la di.stribution de cette 
littérature en franchi.se postale ; tandis que les compagnies de 
transport en Angleterre et au Canada transportent gratuitement 
tous ces colis par voie terrestre et maritime. 

Tous les membres de l'Association se dévouent à cette œuvre 
sans rémunération et conviennent de correspondre avec les lecteurs 
au moins deux fois l'an. Les lettres touchantes et pleine de recon- 
naissance qui arrivent de toutes parts parlent en termes éloquents de 
la nécessité de cette œuvre et de tout le bien qu'elle opère. 

Patronnesse — Son Excellence, la comtesse de Minto, Hôtel du 
gouvernement, Ottawa. 

Présidente — La comtesse d' Aberdeen, Haddo House, Aberdeen. 

Présidente de la succursale en Grande-Bretagne et en Irlande — 
La marquise de Dufferin et d'Ava. Olandeboys, Irlande. 
Vice- Présidente — Lady Taylor, 49 avenue Madison, Toronto. 

Secrétaire d'organisation dans la Grande Bretagne: Mrs. Gordon of 
Ellon, bureau de l'association Aberdeen, Institut Im- 
périal, Londres, Angleterre. 

Trésorier— M. Fred White, Ottawa. 

Secrétaire— M. C. F. Whitley. Ottawa. 

Archiviste— Mr. J. H. Larmonth. 



L'UNION NATIONALE DE LECTURE AU FOYER. 



1'!' : 



Cette union, établie en 1885, est une succursale de l'union 
nationale de Lecture au Foyer de la Grande-Bretagne, qui, depuis 
1898, s'efforce de guider les lecteurs de tout âge dans le choix des 
livres, et de les unir en une grande association de lecture, les 
groupant en cercles dans une communauté d'intérêts. 

Les cours de lecture se divisent en trois sections, connues sous 
le nom de section spéciale, section générale, et section des jeunes 
gens; chacune de ces sections se subdivisant en sujets, tels que 



SOCIÉTÉS ORGANISÉES 



293 



histoire, littérature, science, roman, biographie, etc. On dresse 
une liste de livres, pour chaque sujet. Dans chaque section, on 
exige ou on reconunande la lecture de certains livres tandis que 
d'autres servent d'ouvrages de référence. Les membres des cercles 
ou de simples particuliers peuvent suivre ces cours de lecture. La 
contribution exigée des membres est peu élevée ; et entre autres 
avantages, l'union fournit une revue qui est publiée mensuellement, 
d'octobre jusqu'en juin, contenant des notices biographiques sur 
certains ouvrages, outre des renseignements d'int<f^ét général jxjur 
tous les membres. On publie également une liste de livres à lx)n 
marché, populaires, instructifs, d'une moralité irréprochable choisis 
par des experts. Au Canada, la .société compte 500 membres, de la 
Colombie-britannique à Halifax. Le secrétaire consacre annuellement 
400 dollars à l'achat de livres et il reçoit nombre de lettres attestant 
tout l'intérêt qu'on prend à cette œuvre. A ceux qui s'acquittent 
de certaines conditions l'union accorde des certificats et nombre de 
lecteurs ont demandé ces certificats. Le .siège de la succursale 
canadienne est à Montréal et la directrice en chef est Miss Viola 
Kerry, 149 rue Durocher. 



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SOCIÉTÉ PROTECTRICE DES JEUNES FILLES AU CANADA. 

La succursale canadienne de la société Protectrice des Jeunes 
Filles, a été formellement organisée en novembre 1882, à titre de 
succursale nationale de la société mère. Voici les fins qu'elle se 
proix).se : grouper en.semble, dans un but de .secours mutuel, au 
point de vue séculier et religieux les femmes de l'église anglicane à 
titre d'as.sociées et les jeunes filles à titre de membres ; encoura- 
ger à la chasteté, à l'obéissance envers les parents, à la fidélité 
envers les patrons, à l'économie et à l'épargne ; procurer à tous les 
membres les privilèges de la .société, en présentant les membres 
voyageurs d'une succursale à une autre. Comme c'est une organi- 
sation de l'église anglicane, il a fallu, au préalable, obtenir la 
sanction des évêques, pour l'établissement de cette œuvre. Le 
conseil de Toronto, ayant pris l'initiative du mouvement d'union 
entre les différents diocèses, consentit à servir de centre de rensei- 
gnements et de distribution de matières imprimées, et il conti- 
nue à s'acquitter de cette besogne. Il existe 22 succursales parois- 
siales disséminées à travers 9 diocèses et la société compte environ 
800 membres y compris les associés ou bureau de la société. Il se 
tient des réunions hebdomadaires tant pour les ouvrages de couture 
que dans un but d'instruction et de récréation. En entrant dans la 
.société, chaque jeune fille reçoit une carte d'admi.ssion et un manuel 
contenant les règles de la société, outre un blanc de reçu pour la 
niinime contribution trimestrielle. On admet les jeunes filles à partir 
de l'âge de quinze ans, et pour celles au-dessous de cet âge, il exi.ste 
des classes d'aspirantes. 



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294 



FEMMES DU CANADA 



Depuis 1893, on a ouvert, chaque été, sur les bords du lac à 
Hamiltou, une villa ix)ur les vacances au bénéfice des membres de 
la société, qui ont besoin de repos et de changement d'air. Au 
début, on avait loué une maison, mais l'entreprise fut couronnée 
d'un tel succès qu'on acheta un lopin de terre où l'on construisit 
une maison convenable, grâce à l'aide de la succursale de Toronto. 
En 1892, on adopta un insigne en argent de la forme du sceau de la 
société et portant sa devise et son monogramme. Des revues 
mensuelles publiées en Angleterre pour l'usage de la société sont 
distribuées dans les différentes succursales ainsi qu'un calendrier 
orné d'illustrations bibliques et qui est très populaire. 

Au point de vue international, la meilleure preuve que la société 
est hauten twt appréciée, se trouve dans le fait qu'on présente cons- 
tamment des membres d'autres pays, par voie de lettres de recom- 
mandation. 

Présidente — Mrs. Wood, 100 rue Pembroke, Toronto. 
Secrétaire — Mrs. Boultou, 15 Grange Road Toronto. 



SOCIETE POUR lA RECONNAISSANCE DES DROITS POLITIQUES DE 

LA FEMME AU CANADA. 



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Le but de cette société est d'assurer aux femmes au Canada, 
le droit de voter à toutes les élections, tout comme les hommes. En 
1893,^ le société a obtenu le droit de suffrage communal et municipal 
en faveur des veuves et des femmes non-mariées dans l'Ontario, et 
aujourd'hui ce privilège est accordé aux veuves et femmes non- 
mariées des provinces de l'Ontario, de Québec, des territoires du 
Nord-Ouest, du Nouveau- Brunswick et de l'Ile du Prince-Edouard, 
à moins que les chartes des différentes villes ne portent des stipula- 
tions spéciales dans le sens opposé. 

Ces mêmes dispositions s'appliquent au vote en faveur des 
femmes ou à leur élection à titre de commissaires d'écoles. 

Les différentes associations de suffrage se sont fortement employ- 
ées à obtenir des adhésions, à faire des pétitions et de la propagande 
et ont réussi à éveiller parmi les femmes électrices un plus vif senti- 
ment de leurs devoirs envers leur pays, enve s leur ville, envers leurs 
organisations scolaires et envers elles-mêmes. Dans nombre d'as- 
semblées on discute et on résout des questions portant sur la réforme 
municipale et autres sujets de nature patriotique. 

Association succursale. Toronto (Ontario).— Adresse, Miss Augusta 
Stowe Gullen, docteur en médecine, 459, Avenue Spaditia. C'est le 
centre primitif de l'œuvre du suffrage au Canada. Elle a exercé une 
action importante aux élections municipales, en appuyant l'élec- 



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SOCIÉTÉS ORGANISÉES 



295 



tion de femmes aux conseils scolaires et en contribuant à l'élection 
de bons citoyens au conseil de ville. 1/ union chrétienne de Teni|)é- 
rance des Femmes y a tenu un parlement-modèle. 

Association succursale, Halifax. Nouvelle- Ecosse. — Adresse, Mrs. 
Harrington, 164, Tower Road. Dans cette province, la question 
(lu suffrage des femmes a joué un grand rôle à chaque session de la 
législature, ces années dernières. L'a.ssociation provinciale s'est 
employée avec beaucoup de succès \ la réforme municipale. Un 
journal mensuel, Equal Suffrage, a été publié par les partisans H 1 
mouvement. 

Association succursale. St-Johk. (NouveaU'Brunswick), 1894. — Adresse 
Mrs. E. S. Fiske. Cette association a présenté deux fois au parle- 
ment un bill relatif au suffrage des femmes, mais ce bill a été 
rejeté. Elle s'occupe de la question de l'enseignement et de la 
réforme municipale. Elle compte vingt membres. Elle a réussi à 
faire adopter une loi accordant aux municipalités de la province le 
droit de nommer aux commissions scolaires deux nouveaux mem- 
bres et ces commissaires doivent être des femmes. 

Le Club d'Egalité de Suffrage du Manltoba, Winnipej. — Adresse Mrs. 
Amelia Yeomans, docteur en médecine. Etabli en 1894. Il se 
tient des assemblées annuelles. Il y a trois circonscriptions électorales 
et les suriutendantes sont : West Poplar, Mrs. Teller ; Stony Moun- 
tain, Mrs. David French ; Melita, Mrs. Graham. Les membres 
du club ont engagé et soutenu des débats, et .se sont fait entendre en 
présence du conseil des Arts et Métiers. Ils ont aus.si composé et 
publié une livre, traitant du suffrage des femmes au Manitoba, et 
ont en outre présenté tme supplique à la législature en faveur de 
cette réforme. 



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296 



FEMMES DU CANADA 



CHAPITRE X. 



ŒUVRES RELIGIEUSES. 



1 CATHOLIQUES ROMAINES. 



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ŒUVRES PIEUSES DES CANADIENNES FRANÇAISES. 

La part qui nous revient, dans cette exposé de la somme de bien 
quo réalisent les femmes canadiennes dans toute l'étendue du pays, 
comprend spécialement : i ° lycs différentes communautés de charité ; 

2° Les confréries ou associations pieuses; 
3° Les ordres contemplatifs. L'espace 
qui nous est attribué étant fort restreint, 
nous avons dû nous borner à un court 
aperçu. 

|o LES COMMUNAUTÉS DE CHARITÉS. 

Jésus-Christ, en établissant son 
Église, confiait à ses apôtres le soin de 
continuer sa divine mission d'enseigner, 
de consoler, de soulager et de guérir. Le 
christianisme, en effet, devait changer la 
société. Les peuples habitués au des|K)- 
tisme et à l'esclavage, écoutaient étonnés la nouvelle doctrine, toute 
d'amour et de charité, et se convertissaient à la voix de Pierre, de 
Paul, des autres apôtres et de leurs successeurs. Les siècles succé- 
dant aux siècles, l'Eglisr- toujours immuable, traversait les années 
de persécution, triomphait des hérésies et par son infaillible doctrine 
donnait aux âmes la vie divine et surnaturelle qu'apportent au 
chrétien la foi, l'espérance et la charité. 

La foi, cette lumière qui révèle à l'homme les vérités fonda- 
mentales de la religion, l'espérance, cette confiance dans la réalisa- 
tion des promesses éternelles, seraient cependant insuffisantes sans 
la charité. Il ne suffit pas de croire et d'espérer, il faut encore 




ŒUVRES RELIGIEUSES 



297 



aimer. Car cet amour qui vient unir l'homme à Dieu et qui le 
porte à se dévouer comme lui et pour lui, c'est l'apôtre lui-même 
qui l'appelle " le lien de la perfection". 

L,es œuvres de la foi et de l'amour ont été de tous les âges. A 
la suite des apôtres, des milliers de chrétiens ont scellé de leur sang 
leur foi et leur amour ; la pensée du ciel a peuplé la Thébaïde de 
pénitents et de pénitentes ; des monastères out surgi au sein des 
villes et de la forêt, ouvrant un refuge aux âmes attristées par les 
crimes si communs aux .=iècles barbares et venant s'ensevelir dans 
le calme et la solitude et prier pour le salut de tous. Et l'Église, 
cette mère toujours jeune et toujours féconde, suivant et protégeant 
l'hum.anité dans sa marche douloureuse à travers les siècles, n'a 
cessé de multiplier les œuvres pour le soulagement de toutes les 
misères, la consolation de toutes les peines. 

C'est par l'établissement des hôpitaux que les ordres d'hommes 
et de femmes viennent d'abord au secours de l'humanité souffrante. 
Les hospitalières, du fond de leurs cloîtres, reçoivent et soignent 
partout les malades pansent, les plaies des blessés jusqu'au jour 
fixé par la Providence, où apparaît dans le monde le plus grand des 
philanthropes, saint Vincent de Paul, venant donner à l'amour de 
Dieu et du prochain sa plus merveilleuse expression en créant la 
" fille de charité ". Mais l'Europe n'est bientôt plus assez vaste 
pour satisfaire le besoin de se donner, de se dévouer. L'Afrique et 
l'Inde ouvrent à l'apostolat un champ nouveau, et ^Anléri^^ue 
agrandit encore son domaine. 

Li- première communauté établie au Canada fut celle des 
religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus, choisies par 
Mme la duchesse d'Aiguillon, qui consacrait sa fortune à promou- 
voir les intérêts de la religion dans la Nouvelle-France. Parties de 
Dieppe en 163/, elles vinrent fonder à Québec une colonie de leur 
ordre, tandis qu'une communauté de La Flèche, les Hospitalières de 
aint-Joseph, envoyait quelques-unes de ses religieuses à la suite 
de Jeanne Mance établir un hôpital à Ville-Marie. Une branche 
des Hospitalières de Québec allait, en 1893, fonder dans la basse- 
ville l' Hôpital-Général, destiné aux vieillards et aux infirmes. Et 
beaucoup plus tard, en 1873, à la demande de Mgr Taschereau et 
à l'inspiration dun pieux laïque, quelques religieuses se détachaient 
de r Hôpital-Général pour établir l'Hôpital du Sacré-Cœur, de Saint- 
Sauveur, et se dévouer exclusivement aux incurables et aux enfants 
trouvés. 



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FEMMES DU CANADA 



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C'est en 1659 que fut fondé à Montréal par Mlle Mance, 
r Hôtel-Dieu, confié aux Hospitalières venues de La Flèche. En 
1868, ces religieuses se chargeaient d'une mission exigeant un 
dévouement exceptionnel : quelques-unes d'entre elles quittaient à 
jamais leur maison mère et leur patrie pour aller s'enfermer avec les 
lépreux de Tricadie (Nouveau- Brunswick); elles ont depuis le soin 
du lazaret. 

En 1746, la vénérable mère d'Youville fondait à Montréal la 
communauté des sœurs de la Charité (Sœurs Grises), destinée à 
secourir les vieillards, les orphelins, les épileptiques, les cancéreux, 
les idiots, les aliénés. Les sœurs Grises ont d'- maisons dans 
toutes les parties du pays et consacrent tout leux temps et leur 
travail au soutien des malheureux qu'elles abritent, Les sœurs de 
la Charité ont constamment agrandi leur œuvre. A mesure que le 
missionnaire s'avançait dans les plaines du Nord-Ouest, la sœur 
Grise le suivait portant des secours aux pauvres sauvages, instrui- 
sant leurs enfants, recueillant leurs vieillards abandonnés. Dans la 
ville de Montréal, les sœurs de la Charité se sont encore chargées 
d2 l'institution des Jeunes Aveugles, où leur admirable dévouement 
réussit à donner l'éducation à ces infortunés d'après les méthodes 
les plus perfectionnées. 

En 1843, Mgr Bourget, voyant que les sœurs Grises ne pour- 
raient bientôt plus suffire au nombreux besoins de Montréal, établit 
une autre communauté qui, comme celle des sœurs Grises, devait 
embrasser toutes les œuvres de charité. Fondées par une humble 
et sainte femme Mme Gamelin, les sœurs de la Providence ont 
merveilleusement répondu à l'attente du pasteur qui les a établies, 
et aujourd'hui elles ont des maisons jusqu'à Vancouver et même 
dans les États-Unis, et jusqu'au Chili. 

A Montréal, elles sont chargées de l'œuvre des sourdes- muettes 
et obtiennent des résultats surprenants. Elles sont parvenues grâce 
à la méthode orale à faire articuler les sons par leurs élèves, et elles 
leur donnent une éducation très étendue et qui leur procure des 
jouissances intellectuelles dont elles devaient par nature être à 
jamais privées. 

Les sœurs de la Providence ont encore, dans le district de 
Montréal, le soin des aliénés, qui, à Québec, est confié aux sœurs 
Grises. De toutes les infirmités qui peuvent atteindre l'homme, la 
folie n'est-elle pas la plus triste? Les religieuses donnent à ces 
pauvres malades les soins le plus attentifs, et, si l'on considère 



ŒUVRES RELIGIEUSES 



299 



rénorme chiffre de 1500 aliénés à Montréal et à peu près autant à 
Québec, on aura une faible idée de la somme d^ dévouement 
dépensée par ces charitables religieuses, dont quelques-unes sont au 
même poste depuis vingt-sept ans ! 

Ajoutons à ces magnifiques œuvres, enfantées par la charité 
catholique, le refuge pour les femmes tombées, confié aux reli- 
gieuses du Bon-Pasteur d'Angers, arrivées à Montréal en 1844. 
Recueillir ces malheureuses que le remords amène au repentir et à 
la pénitence, protéger l'enfant abandonné par des parents indignes, 
réformer la jeunesse qu'un mauvais instinct ou des exemples perni- 
cieux ont poussée au vol et au libertinage, voilà le but des reli- 
gieuses du Bon-Pasteur. L'état leur a aussi confié la surveillance 
des prisons des femmes. 

Les religieuses de la Miséricorde devaient arriver à leur heure. 
Fondées par Mgr Bourget, évêque de Montréal, elles sont destinées 
à recueillir ces pauvres victimes de la séduction qui souvent autre- 
fois recouraient à l'infanticide pour cacher leur faute. Sauver leur 
âme par le repentir, procurer à leurs enfants la grâce du baptême et 
leur assurer l'existence par des soins intelligents et maternels, voilà 
le résultat que cherche cette communauté. 

Après cette énumération des nombreuses œuvres destinées à 
secourir les misères qui se rencontrent surtout dans les villes et les 
grands centres, nous arrivons à une de ces institutions qui méritent 
le plus d'attirer l'attention du penseur et de l'homme d'État: les 
orphelinats agricoles. L'iustitut établi à Montfort en 1884 a été 
fondé par M. le curé Rousselot et confié aux Filles de la Sagesse, 
qui doivent leur existence au bienheureux Grignon de Montfort. 
Recueillir les orphelines et les préparer à la vie dure et laborieuse 
de la femme du colon défricheur, tel est le but de cette fondation. 
Aussi y enseigne-t-on à la jeune fille, avec les connaissances élémen- 
taires, le travail manuel que requiert l'entretien d'une ferme et les 
notions d'agriculture qui lui permettront d'aider plus tard celui qui 
l'aura choisie comme compagne. Enfin, pour couronner cet 
ensemble que nous venons de présenter au lecteur, arrive, en 1887, 
cette femme proclamée sans égale dans tous les pays qui ont le 
bonheur de la posséder : la petite sœur des Pauvres ! Se dévouer au 
soin des vieillards et des infirmes et pourvoir à t ">us leurs besoins 
par leur travail et l'aumône qu'elles vont solliciter chaque matin, 
sans qu'il leur soit permis d'accumuler pour plus d'un jour, telle 
est l'œuvre admirable de ces véritables servantes des pauvres. 



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FEMMES DU CANADA 



L'église catholique du Canada peut être fière de la part qui lui 
revient dans le soulagement de toutes les misères. La série de ces 
œuvres, ouverte par l'arrivée des Hospitalières dans la colonie en 
1637, s'est continuée par la création de ces nombreuses institutions 
de bienfaisance que l'on trouve aujourd'hui dans toutes les parties 
du pays. Le malade, l'orphelin, le vieillard, l'infirme, l'incurable, 
l'épileptique, le cancéreux, le lépreux ont été recueillis et soignés ; 
l'enfant abandonné a été sauvé de la mort ; la femme déchue a vu 
descendre sur sa vie un rayon d'espérance ; enfin toutes les plaies 
physiques et morales, tous les délaissements, toutes les misères, tout 
ce qui est douleur ici-bas a été adouci, consolé, guéri par la grande 
et sublime vertu qui se nomme charité, c'est-à-dire amour de Dieu 
et du prochain. 

2° CONFRÉRIES. OU ASSOCIATIONS PIEUSES. 

L'origine des confréries dans l'Église ne saurait être déterminée 
exactement, car les monuments historiquies ne les mentionnent d'une 
manière précise qu'après le triomphe de Constantin (324). Nous 
savons cependant que les premiers chrétiens menaient une vie si 
unie et si fraternelle qu'ils ne formaient en réalité qu'une grande 
famille. Rien plus que la souffrance n'est, en effet, propre à 
rapprocher les esprits et les cœurs. Cachés dans des retraites 
souterraines, ils puisaient dans l'assistance aux saints mystères, 
dans la réception du pain des forts, dans les encouragements qu'ils 
se donnaient les uns aux autres, la force d'affronter les dangers et 
supplices qui les attendaient. Mettant en commun leur pauvreté 
et leurs richesses, leurs tristesses et leurs espérances, ils formaient 
comme une grande fraternité. ' ' La grâce était grande dans tous 
les fidèles, disent les Actes des Apôtres, car il n'y avait aucun 
pauvre parmi eux, parce que tous ceux qui possédaient des fonds de 
terre ou des maisons les vendaient et en apportaient le prix, qu'ils 
mettaient aux pieds des Apôtres, et on le distribuait ensuite à 
chacun selon qu'il en avait besoin." (Act. Apost. , V, 33-34-35.) 
Et les tyrans et les persécuteurs disaient : ' ' Voyez comme ces gens- 
là s'aiment." 

Ne semble-t-il pas que c'est dans cet état de confraternité pri- 
mitive qu'il est permis de rechercher le modèle, sinon Torigine, de 
toute association pieuse ayant un but de charité ? Sans vendre leurs 
maisons et leurs terres, comme ; os pères dans la foi, les catholiques 



ŒUVRES RELIGIEUSES 



301 



qui s'enrôlent dans les différentes confréries n'apportent-ils pas tous 
dans le fonds commun leur- aumône, leur obole pour secourir l'indi- 
gence et le malheur ) 

D'autres rapprochements sont encore plus frappants dans cer- 
tains cas particuliers. Constantin, ayant fait construire à Byzance 
une église dédiée aux Saints Apôtres, y établit une fraternité ayant 
pour mission de présider aux funérailles des fidèles. Cette confrérie 
s'étendit à la plupart des villes d'Orient, où elle a subsisté jusqu'en 
1453. L'Union de Prières fondée à Montréal, a pareillement pour 
objet de pourvoir aux funérailles du pauvre. En Occident, les pre- 
mières preuves de l'existence des confréries remontent au cinquième 
siècle. Une vie de saint Martial de Limoges, écrite vers 420, parle 
incidemment de ces associations pieuses. 

Cependant les premières congrégations séculières ne prirent un 
développement réel qu'au moyen âge et surtout à l'époque de l'ins- 
titution des grands ordres mendiants. En 1208, Odon, évêque de 
Paris, fixa une fête annuelle pour une confrérie de la Sainte- Vierge, 
et ce privilège fut le signal de l'extension des confréries dans l'Europe 
chrétienne. Depuis cette époque, les associations pieuses se sont 
multipliées, et il n'y a pas aujourd'hui de ville catholique dans 
l'univers où il ne s'en trouve quelques-unes ayant pour but soit la 
pratique de la charité en commun, soit la participation aux nom- 
breuses indulgences accordées par l'Église dans certains cas parti- 
culiers. 

L'expérience des excellents résultats obtenus par cet enrôlement 
spécial sous l'égide d'un saint devait inspirer aux fondateurs de 
cette colonie la pensée d'y établir différentes confréries. On compte, 
parmi les plus anciennes, celles de la Sainte- Famille, de la Bonne- 
Mort et du Scapulaire. Protéger les familles canadiennes, les con- 
server dans leur primitive ferveur en leur proposant comme exemples 
Jésus, Marie et Joseph, ces parfaits modèles de la famille chrétienne, 
tel est le but de la premièie de ces confréries. La seconde a pour 
objet d'apprendre au chrétien à bien mourir. La dévotion du scapu- 
laire, révélée par la sainte Vierge elle-uiême, promet à ceux qui 
portent cette livrée en son honneur la grâce de ne pas mourir sans 
sacrements et une prompte délivrance du purgatoire. 

Après le scapulaire viennent les autres congrégations de la 
Sainte- Vierge, Quiconque aime Dieu aime et vénère sa mère ; aussi 
ces congrégations sont-elles nombreuses et il est peu de femmes et de 
jeunes filles qui ne portent la médaille et le titre d'Enfant de Marie. 




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302 



FEMMES DU CANADA 








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. L'immense charité de Notre-Seigneiir pour les hommes est l'objet 
de la dévotion au Sacré-Cœur. Honorer le cœur de Jésus-Christ, 
reconnaître l'amour dont il est embrasé pour les hommes, lui faire 
amende honorable de ce qu'il a souffert et de ce qu'il souffre, tel est 
le but de la confrérie du Sacré-Cœur, de l'Apostolat de la Prière et 
de la Garde d'Honneur. 

lyC Rosaire qui tient une place éminente parmi les confréries, a 
été établi par saint Dominique et consiste dans la récitation répétée 
des plus belles prières de l'église et la méditation des mystères joyeux, 
douloureux et glorieux. Dès son institution, cette dévotion fut 
accueillie avec une faveur extraordinaire. Sa Sainteté Léon XIH lui 
a donné un nouvel élan par la publication des magnifiques lettres 
qu'il lui a consacrées. 

L'adoration du Très-Saint-Sacrement fournit aux personnes 
pieuses l'occasion de témoigner leur amour à Notre-Seigneur Jésus- 
Christ d' une manière directe. Faire des heures d' adoration aux pieds 
de Notre-Seig^eur exposé sur l'autel, l'accompagner dans les proces- 
sions, le visiter pendant les Quarante-Heures, lui amener des adora- 
teurs nombreux et fervents, tel est le but des confréries du Très- 
Saint-Sacrement. 

Nous ne saurions, dans une aussi courte notice, mentionner 
toutes les confréries ; nous ne pouvons, cependant, passer sous silence 
celle des Dames de Sainte-Anne, qui, presque toujours, à part la 
dévotion à la sainte patronne, a un but de charité, comme de visiter 
et d'assister les pauvres. 

' Les congrégations d'Enfants de Marie, outre le but spirituel de 
s'encourager à la pratique du bien et de la vertu, ont aussi celui 
d'assister les pauvres et'les malades. 

Nous devons renoncer à parler ici de la Propagation de la Foi et 
des différents Tiers-Ordres. La belle œuvre de la Propagation de la 
Foi, enrichie de nombreuses indulgences, et dont le but est d'aider 
le missionnaire par des aumônes et des prières, demanderait seule 
plusieurs pages, ainsi que les Tiers-Ordres de Saint-Dominique et de 
Saint- François d'Assise. 

3° Ordres contemplatifs. 

C'est dans la retraite et le silence que l'âme s'élève à Dieu. 
Aussi avons-nous vu toujours, depuis les premiers siècles de l'Eglise 
jusqu'à nos jours, nombre de chrétiens se séparer du monde pour 
aller d'abord dans la solitude du désert, puis dans le silence des 
monastères, consacrer leur vie à la prière et à la pénitence. Implorer 



Î13 



ŒUVRES RELIGIEUSES 



303 



la miséricorde divine pour eux et pour les autres et la mériter par 
leurs vertus et leurs mortifications, tel est le but des ordres contem- 
platifs. " Le devoir d'un moine, dit saint Jérôme, n'est point d'en- 
seigner, mais de pleurer ses péchés et ceux des autres." Dans ces 
temps de tendance à la vie purement matérielle, les ordres contempla- 
tifs ont leur place nécessaire dans toute société, car c'est la doctrine 
de l'Église, dit Mgr Gaume, que tous les biens spirituels soient 
communs entre les fidèles, en sorte que les grâces que chacun reçoit, 
les bonnes œuvres que chacun pratique profitent à tout le corps et à 
chaque membre de l'Eglise (Catéchisme de Persévérance, tome IV, 
page 96). Nous n'avons que deux ordres contemplatifs de femmes 
dans notre pays : le Carmel et le Précieux-Sang. 

Le Carmel, réformé par sainte Thérèse au seizième siècle, est 
un des ordres les plus anciens et aussi l'un des plus rigides. Les 
Carmélites sont peu nombreuses dans le monde entier ; cependant le 
Canada compte un monastère de ces religieuses, établies à Montréal 
depuis 1875. Vouée exclusivement à la prière et à la pénitence, la 
carmélite couche sur la dure et jeûne toute l'année ; aux jours de 
jeûne prescrits par l'Église et depuis le 14 septembre jusqu'à Pâques, 
elle exclut de sa nourriture le 'ait, le beurre et les œufs. Les aliments 
gras ne sont permis qu'aux malades. La carmélite est une victime 
qui s'immole pour les pécheurs; elle veille, prie, expie, par des 
macérations effrayantes, pour ceux qui vivent dans la mollesse et les 
plaisirs, et arrête le courroux de Dieu prêt à châtier les crimes des 
hommes. - 

La communauté des religieuses Adoratrices du Précieux-Sang 
a été fondée à Saint-Hyacinthe, en 186 1, parla Mère Aurélie Caouette 
et autorisée par Mgr Joseph LaRocque. Ces religieuses sont, comme 
les Carmélites, vouées à une vie d'oraison. Elles vivent dans le 
silence et la retraite et ont pour but spécial de rendre hommage au 
sang rédempteur du Dieu fait homme. Elles font des pénitences 
quotidiennes, couchent sur une planche nue, se lèvent pour psalmodier 
l'ofiice, enfin elles veulent expier par leurs mortifications volontaires 
les crimes commis chaque jour et obtenir la conversion des pécheurs. 
Leur fondatrice, qui vit encore, a eu le bonheur de voir son œuvre 
s'étendre dans tout le Canada et même aux Etats-Unis, où elle 
compte deux maisons. 

BERTHE JETTE. 



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FEMMES DU CANADA 

ŒUVRES RELIGIEUSES. 

(Relevé par Miss Saduer.) 




APERÇU DES ŒUVRES RELIGIEUSES— SECTION CATHOLIQUE. 

L'église catholique harmonise au plus haut degré, dans l'excel- 
lence de son organisation, l'unité et la variété et laisse le champ 

libre à toutes les formes de l'activité 
humaine ainsi qu'à toutes les aspirations 
religieuses. Il est facile de le constater 
par la réunion des associations pieuses 
qui se groupent sous la désignation 
d' œuvres religieuses. 

I— ORDRES CONTEMPUTIFS. 

Aussi nécessaire à l'ensemble que les ordres 
militants. 

Les Carmélites. — L,e Carmel est le plus 
ancien et le plus austère des ordres con- 
templatifs ; son origine remonte à un 
groupe de cénobites qui vivaient avec 
Élie sur le Mont Carmel et qui tous furent convertis au christianisme 
à l'avènement du Christ. Au seizième siècle, sainte Thérèse consacra 
son énergie à la réforme du Carmel qui n'avait pas échappé à l'esprit 
de relâchement de cette époque. Il y a loin de l'Espagne du moyen 
âge à notre moderne Canada et pourtant, en 1875, six religieuses 
carmélites partaient de Rheims, France, pour Montréal, où elles 
fondèrent une maison sous la direction de leur supérieure, une 
femme accomplie, la Mère Séraphine de Jésus, maintenant décédée. 
Le Carmel est un ordre purement contemplatif et strictement cloîtré. 
Une fois qu'une religieuse est entrée dans cet ordre, jamais elle ne 
peut plus être vue par ceux qui l'ont quittée ; ses proches parents 
eux-mêmes ne peuvent lui parler que derrière une grille et voilés. 
Dans les jardins aux hautes murailles qui entourent les couvents de 
carmélites, il y a de petits hermitages où les sœurs peuvent se retirer 
individuellement pour y jouir d'une plus profonde solitude. Les 
exercices ordinaires se font en commun. Le silence absolu règne 
partout, quelques instants seulement de conversation sont accordés 
dans les courtes récréations. La journée est divisée en heures de. 
travail, de prière, de lecture pieuse et de récitation des offices. Le 
trav^ail esi obligatoire, les pénitences sont très sévères, les heures 



ŒUVRES RELIGIEUSES 



305 



de repos sont courtes et la couche sur laquelle elle se reposent 
consiste en une simple planche. Le régime alimentaire ne 
comporte pas de viande ; à certaines époques, les œufs, le beurre et 
le lait sont même exclus. Pour le monde, la carmélite accomplit 
l'œuvre de Moï.se au sommet de la montagne, elle prie pour les 
combattants qui luttent dans la plaine et elle recherche le seul bien 
nécessaire. ly' esprit de l'ordre est essentiellement apostolique et 
universel. Aucun pécheur qui n'ait le bénéfice de ses prières, rien 
n'est étranger à sa sollicitude. Sou sacrifice est joyeusement accompli. 
Personne, sinon les enfants, n'a le cœur aussi pur que les religieuses 
cloîtrées. Bien que les esprits légers proclament l'inutilité des 
ordres contemplatifs, ils sont plus que jamais nécessaires à la géné- 
ration actuelle. 

Sœurs adoratrices du Précieux Sanf(. — Ordre cloîtré et contemplatif, 
communauté d'origine récente, d'origine essentiellement canadienne 
fondée par Mlle Aurélie Caouette, dans sa ville natale de Saint- 
Hyacinthe, province de Québec, en 1861, sous l'épiscopat de Mgr. 
lyaRocque. De merveilleuses manifestations des faveurs divines, 
inutiles de rapporter ici, marquèrent les origines de cette nouvelle 
institution destinée à honorer la Passion de Notre-Seigneur et son 
Précieux Sang. L,a mère Catherine Aurélie a vécu assez longtemps 
pour voir s'élever des maisons de son ordre dans les principales 
villes du Canada et des États-Unis, bien que l'isolement y soit 
presque aussi grand que chez les carmélites. Les sœurs peuvent 
converser à visage découvert à la grille du parloir. Elles instruisent 
les néophytes, préparent les adultes aux sacrements et font des 
retraites aux femmes laïques. La journée, comme chez les carmé- 
lites, est employée à la prière, à la méditation, à la récitation des 
offices et au travail, qui est de première nécessité vu que les maisons 
doivent pourvoir à leur propre subsistance bien qu'elles reçoivent 
du public des dons volontaires. Leurs moyens de vivre s'accroissent 
de travaux de couture, de broderie et de confection d'objets du 
culte. Les jeûnes et autres pénitences sont rigoureux ; les heures 
de repos sont courtes, le lit se compose d'une planche en été, d'un 
matelas d'un demi pouce d'épaisseur en hiver. A minuit les sœurs 
se lèvent et revêtent une robie rouge en souvenir de Celui qui ' ' était 
seul à fouler le vin". Elles restent une heure en contemplation 
devant le tabernacle en souvenir de l'heure d'agonie de Gethsémani. 
Toutes les lumières sauf une sont ensuite éteintes et les sœurs 
retournent à leur cellule en chantant le miserere — ce cri sublime de 
supplication pour le monde qui justement à cette heure — nage dans 
le plaisir ou le crime. L'ordre possède un symbolisme spécial 
emprunté aux Écritures ; chaque monastère s'appelle Bethany, 
Gethsémani ou Emmaiis. Les sœurs portent tracés sur leur voile 
les instruments de la passion qui sont aussi reproduits sur les enrou- 
lements des murs de la chapelle. Tout rappelle le grand mystère 
de la rédemption. Cette communauté remplit la même mission 




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de prière et de sacrifice que les carmélites, mais avec moins d'iso- 
lement ; car tout le monde peut venir solliciter son assistance et ses 
conseils. Le Carmel est le désert ; le monastère du Précieux Sang 
est le cénacle. 



2— LES ORDRES ACTIFS— CONFRERIES. ETC 

Le Tiers Ordre de Saint-François. — Saint François d'Assise a étonné 
toute l'Italie en établissant, en 1221, à la suite de ses autres insti- 
tutions monastiques, un ordre à l'usage des gens du monde qui, 
tout en restant chez eux, pouvaient adopter celles des règles générales 
de l'ordre qui ne sont pas incompatibles avec leur genre de vie. Ce 
nouvel ordre se répandit dans toutes les contrées civilisées avec une 
merveilleuse rapidité. Les hommes et les femmes peuvent y entrer; 
parmi ses membres, de siècle en siècle, on rencontre les noms les 
plus illustres. Christophe Colomb, Michel- Ange, le Dante et 
Raphaël étaient des Tertiaires ; sept Papes, beaucoup de princes et 
de souverains, y compris la douce margrave de Hongrie, Elisabeth 
et sa tante et homonyme de Portugal appelée la bien-aimée. La 
cause principale, peut-être, de son immense extension, c'est parce 
que cet ordre eut toujours un attrait pour les mas» 'S. Les PP. 
Récollets l'introduisirent au Canada au dix-septième le, mais le 
Tiers-Ordre ne fut rétabli à Montréal que depuis cuiquante ans. 
Jusqu'à l'arrivée des PP. Franciscains, il resta sous la direction 
des Jésuites. La moitié de ses membres les plus actifs sont des 
femmes. Les Tertiaires ne portent ordinairement que la corde et le 
scapulaire, mais dans les réunions et dans les circonstances solen- 
nelles, ils revêtent l'habit brun de Saint-François et en sont revêtus 
après leur mort. Leurs obligations, en dehors des prières et des 
réunions régulières, prescrivent l'observation stricte de la loi de 
Dieu et des devoirs sociaux et domestiques : la justice tem- 
pérée par la charité dans les relations ioumalières ; abstention 
de tout blasphème ou de toute mauvaise conversation ; renon- 
cement volontaire aux théâtres, bals ou autres amusements ; 
abstention de tout costume riche ou grotesque ; soulagement des 
pauvres et des malheureux ; pratique exemplaire des devoirs reli- 
gieux et assistance zélée aux pasteurs spirituels ; voila brièvement 
l'esprit du Tiers-Ordre dont le centre est à Montréal avec ramifi- 
cations dans différentes villes et dans plusieurs paroisses voisines. 

Les Enfants de A\arie constituent peut-être la plus considérable des 
congrégations. C'est une manifestation de l'honneur rendu par les 
catholiques à la Mère de Dieu, la plus noble des créatures, la plus 
puissante des intercesseurs ; honneur inférieur à celui qui est rendu 
à Dieu, mais réel et tangible. S'il était possible de se procurer des 
statistiques exactes, on serait surpris du nombre des Enfants de 
Marie, car cette organisation existe dans la majorité des 1,500 



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ŒUVRES RELIGIEUSES. 



307 



paroisses du Canada et dans toutes les écoles conventuelles ; dans 
chacune le chiffre des membres varie de vingt à trente et plus. 
Toutes les divisions sont affiliées à la Prima Primaria de Rome. 
Klles sont régulièrement organisés avec des officiers, un conseil et 
un directeur spirituel. On peut signaler des congrégations impor- 
tantes à la cathédrale Saint-Michel, aux paroisses Saint- Pierre et 
Sainte-Marie de Toronto ; à l'église de l'Immaculée Conception à 
Winnipeg ; à la basilique et chez les Jésuites à Québec ; à Saint- 
Jacques, Saint- Patrice, à l'église Saint-Pierre des Oblats, à Saint- 
V'iJicent de Paul, de Montréal ; à Saint-Patrice et Saint-Joseph 
d'Halifax ; à Lévis, à Terreboniie, à North Bay, à Hamilton, à la 
Beauce, à Buckinghani, à Chambly, à l'Islet. Plusieurs des 
couvents des principales villes ont des affiliations spéciales pour 
leurs anciennes élèvtM ou autres personnes qui veulent s'y associer. 
Elles sont présidées par un religieux. On trouve des associations 
de ce genre au couvent du Sacré-Cœur et des .sœurs de la Charité à 
Halifax ; au Sacré-Cœur de Saint-John (Nouveau- Brunswick) ; aux 
Ursulines de Québec ; au couvent de Lorette à Toronto ; au couvent 
de la Congrégation à Montréal et à celui de Saint-Roch et au Sacré- 
Cœur de Montréal. Les membres .se réuni.ssent une fois par mois 
p:)ur la messe, la communion et pour une instruction du révérend 
directeur ; on discute aussi à ces réunions les affaires de la société 
et les membres peuvent proposer de nouvelles œuvres de zèle ou de 
cliarité. La première affiliation de cette .sorte remonte presque à la 
fotidation de Montréal ; la congrégation des externes ou enfants de 
Marie tenait ses réunions dans la vieille écurie en pierre de la rue 
Saint- Paul où la .sœur Marie Bourgeois "la plus touchante figure 
des atuiales coloniales " dit Parkman, avait établi .ses écoles. Comme 
ces affiliations se recrutent généralement dans les classes supérieures 
de la société et comme il est essentiel que toutes les cîa.s.ses soient 
imprégnées de la salutaire influence de cette organisation, il s'est 
créé, dans beaucoup de cas, des congrégations pour les ouvrières. 
Il en existe à Winnipeg, Halifax et Québec. Dans toutes les 
situations, l'enfant de Marie est appelée à donner l'exemple autour 
d'elle. En entrant dans l'association elle entreprend d'honorer la 
mère de Dieu par la pratique de ses vertus, en particulier par la 
pureté, l'humilité, la charité et par l'accomplissement rigoureux de 
ses devoirs .sociaux et domestiques. De cette façon, l'écolière et la 
grande dame, la maîtresse et la .servante, une fois entrées dans la 
confraternité, sont engagées à prendre Marie, la vierge bien-aimée, 
pour modèle et pour idéal. 

L'Association des Saints-An jes mérite aussi d'être citée. Elle se 
compose d'enfants trop jeunes pour appartenir à la précédente asso- 
ciation, mais ils aspirent à y entrer et ont le même objet en vue. 

La Société de la Sainte-Famille appartient à 1 histoire. Elle fut 
introduite à Montréal par le Père Chaumonot, un des premiers mis- 
sionnaires jésuites, et se développa avec la coopération du clergé de 



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3aint-Sulpice et de Jeanne Mance, un des pionniers de notre cité, 
fondatrice des sœurs de l'Hôpital de Saint- Joseph, dont les traits 
vivent dans le bronze de la statue de Miisonneuve qui s'élève sur 
la Place d'Armes de Montréal. Cette société s'établit à Québec sur 
l'invitation de M^r Laval de Montmorency, une tles plus illustres et 
des plus frappantes figures de d'histoire religieuse primitive du 
Canada. Les réunions se tenaient au monastère des l^rsulines, 
théâtre de tant de vicis.situdes, comme le raconte elle-même la mère 
Marie de l'Incarnation, dans se lettres spirituelles qu'elle nous a 
lai.s.sées. Depuis 1759, les a.s.semblées ont lieu à la Hasilique où des 
centaines de dames se réunissent tous les mois. li y a aussi utie 
.section nombreuse à l'église du Sacré-Cœur à Quéljec. L'église 
catholique .saisit admirablement ce qui convient aux circonstances, 
et cette société convenait particulièrement à la condition d'en- 
fance oh se trouvait le Canada à sa fondation, quand la conservation 
de la famille était le point capital. Cette 'lévotion .se répandit 
parmi les Hurons et les autres tribus qui apprenaient à considérer la 
fatnille de Nazareth comme l'idéal familial. La confraternité, qui 
comprend trois classes : hommes, fennnes et enfants, s'est répandue 
dans tout le Canada ; mais, ici encore les statistiques font défaut. 
A Montréal, le centre le plus important est Notre-Dame, la parois.se 
primitive, aux souvenirs innombrables ; à Sainte-Anne la .société de 
la Sainte-Famille compte neuf cents membres dirigés par des PP. 
Rédemptoristes qui furent les premiers directeurs de l'association lors 
de son établissement en Belgique. L'objet de l'as-sociation est 
"d'honorer Jé.sus, Marie, Joseph et de fournir à .ses membres de 
puissants moyens de salut", d'élever le niveau moral de la vie de 
famille. Les obligations sont entièrement spirituelles. On n'exige 
pas de contribution. 

L'Association des dames de Sainte-Anne est une association de femmes 
chrétiennes désireuses le s'appliquer et de s'entraider à la pratique 

vertus et des devoirs de leur état dans le patronage de Sainte- 
té, de la \ ierge bénie et immaculée dont elles se proclament les 
w-iifants dévouées. L'objet de cette association e.st entièrement 
spirituel bien que la charité pour les pauvres ev soit l'âme. Seules 
les femmes mariées peuvent y appartenir. La société est très nom- 
breu.se si on en peut juger par les quelques statistiques reçues. Une 
section importante existe à Montréal à la chapelle de Lourdes sous 
la direction des Sulpiciens ; elle compte 800 membres ; à Saint 
Vincent de Paul, Montréal également, 700 membres. D'autres 
sections fonctionnent à l'église rédemptoriste de Sainte- Anne ; à 
Saint- Jean, Québec ; à Sandwich, Ontario, et dans plusieurs paroisses 
de campagne, notamment à Sainte-Thérèse-de-Blainville, rAs.somp- 
tion, Buckingham, Saint- Jérôme, Saint-Félix de- Valois. Les 
réunions régulières ou semi-mensuelles se tiennent toujours sous la 
direction d'un prêtre. 






ŒUVRES RELIGIEUSES 



309 



La Société des Mères Chrétiennes est à peu près analogue, mais beau- 
couj) moins répandue au Canada. ICllea été fomlée en 1.^50, à Lille, 
iMance, par Mme W'ilhelm, fennne du piésident du tribunal civil, 
jxmr combattre l'indilTérence religieuse en sauvegardant dans le foyer 
l'influence chrétienne. Il existe au Canada, à Mildmay, (Ontario, 
lui centre florissant de cette institution, qui s'y est propagée des 
I\tats-Unis. 

La confraternité du Très-Saint- Rosaire tjui est alHliée au Rosaire vivant 
déjxiud de l'ordre des Dominicains qui l'ont fondé. L'église doi^ à 
saint Dominique le rosaire sous sa forme actuelle. Bien des enfants 
illustres de l'nglise ont vu leurs noms inscrits sur les registres de 
cette congrégation (jui exigedesesmembreschaque jour la récitation 
d'un tiers au moins du rosaire. Elle compte au Canada des milliers 
(le membres. 

Le Rosaire Vivant divise les quinze dizaines entre quinze as.sociés 
qui conviennent de les réciter chaque jour, en méditant au commen- 
cement du mois sur le mystère que rappelle chacune. Ils forment ainsi 
une chaîne vivante de prières. Les membres visitent les autres 
membres malades et travaillent pour les pauvres. Quelquefois, ils 
s'occupent du service de l'autel. Il en est ainsi à Saint-Patrice de 
Montréal, où. il y a quarante ans, le vénéré P. Dowd avait fondé 
une importante section. Les membres de cette confrérie prennent 
ordinairement ^îart en corps à la procession de la Fête-Dieu. Ils cons- 
tituent un groupe important composé des femmes de toutes les condi- 
tions sociales. 

Association du Très-Saint-Sacrement. — Tout un groupe d'associations 
a surgi de ce mystère fondamental de la. foi catholique, la présence 
réel'e. Dieu avec nous, dans le divin sacrement de l'autel. Leur 
fin «.tant purement spirituelle, ces sociétés sont à l'égard des confré- 
ries ce que les ordres contemplatifs sont aux ordres actifs. Le centre 
de cette société est l'église du Saint-Sacrement à Montréal, où les 
PP. du Saint-Sacrement ont institué l'adoration perpétuelle. 

Garde d'honneur. — Comme son nom l'indique, cette société veille 
jour et nuit auprès du Saint-Sacrement ; ses membres s'arrangent 
pour qu'il y en ait toujours n'^iqu'un au pied de l'autel. Ce que 
l'on appelle l'agrégation est une société dont les membres sont affiliés 
à la garde d'honneur et participent à tous leurs mérites et prières. 
Les membres s'engagent à propager de toutes les manières possibles 
l'adoration de Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie ; et, à l'exemple 
du divin maître, de prendre comme règle inviolable de conduite, la 
vérité, la justice et la charité. 

Le Tiers-ordre du Saint-Sacrement. — Se compose de ceux qui désirent 
s'unir aussi intimement que possible à la congrégation du Saint- 
Sacrement en observant toutes les règles qui ne sont pas incompa- 
tibles avec leurs devoirs d'état. 





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310 



FEMMES DU CANADA 






L'Œuvre des Semaines Eucharistiques a pour but de fournir les objets 
extérieurs nécessaires à l'exposition du Très Saint Sacrement. Ses 
membres fournissent des fleurs fraîches, des cierges de cire et tout ce 
qui peut embellir le sanctuaire pendant les heures de jour et de nuit 
où se fait l'adoration perpétuelle. Les membres se divisent en 
treize groupes qui sont chacun de service pendant un certain nombre 
de semaines et durant ce temps participent à toutes les prières, les 
messes et les bonnes œuvres de la congrégation. Les directrices des 
groupes constituent un comité de fonctionnement avec une présidente 
et un directe' religieux ; ce comité siège tous les mois. 

L'Œuvre de l'exposition mensuelle est établie dans plusieurs paroisses 
et cathédrales. Un certain nombre de personnes conviennent de se 
réunir une fois par mois au pied de l'autel pour faire une heure 
d'adoration. Les prières sont souvent dites en commun. Les mem- 
bres sont divisés en groupes dont chacun choisit une heure, de façon 
qu'il s'en trouve toujours un groupe pendant toute la journée en 
adoration devant le Saint Sacrement. Naturellement cette associa- 
tion, comme les précédentes n'est pas composée de fennnes seulement, 
bien qu'elles aient la direction de la société, l'élection de la prési- 
dente et des personnes d'office. 

L'Œuvre du Tabernacle a pour objet de confectionner et de fournir 
aux églises pauvres des vêtements sacerdotaux et autres objets du 
culte. Il y a une sf rtion importante de cette société à la Basilique 
de Québec, une à v aint-Roch, nue à Lévis ; à Montréal il en existe 
une au couvent de la Co is^régation Notre-Dame, rue Saint-Jean- 
Baptiste, et rue Saint-Alexandre au couvent du Sacré-Cœur. C'est 
grâce aux contributions et au travail de ces associés que les chapelles 
des missions du Nord-Ouest, le missionnaire qui transi^orte son autel 
portatif, et même auprès de nous, les églises pauvres, reçoivent ce 
qui est essentiel au service de l'autel. 

La société de l'Autel est une œuvre charitable qui s'occupe du soin 
de l'autel de la paroisse ou de la cathédrale. Quelquefois elle n'est 
qu'une particularité d'autres pieuses associations; d'autres fois elle a 
d'autres fins pieuses, elle est la société d'assistance et de l'autel de 
Sainte-Marie à Winnipeg, institution combinant le soin de l'autel et 
l'assistance des pauvres ; la société de l'assistance et l'autel de 
l'egli-se Saint-Joseph à Chatham (Ontario). Toronto a plusieurs suc- 
cursales, à la cathédrale Saint-Michel, aux églises Saint-Basile, 
Sainte-Marie et Saint-Pierre. 

Les confréries qui suivent n'admettent les femmes qu'à titre de 
membres ; il y a un si grand nombre de ces associations qu'il n'en 
sera fait mention que d'un certain nombre. 

Les confréries du Scapulaire. — Le scapulaire brun le plus communé- 
ment porté est celui du Mont Carmel ; il procure à ses fidèles l'asî^^o- 
ciation spirituelle avec l'ordre des Carmélites. Il les revêt de la 



ŒUVRES RELIGIEUSES 



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livrée de Marie symbolisée : petits morceaux d'étoffes brunes que 
portent les membres en signe d'affiliation et comme rappel du 
devoir imposé : l'observation d'une vie chrétienne exemplaire. 
Cette confrérie est répandue partout. 

La Propagation de la Foi et la Sainte-Enfance, toutes deux pour les 
missions étrangères sont, en grande partie soutenues par la géné- 
rosité des femmes. 

La Bonne-Mort ou Confraternité de la Bonne-Mort, oblige ses membres 
à prier tous les jours pour les mourants, à demander pour eux- 
mêmes et les autres membres, la faveur d'une mort chrétienne. La 
confrérie est très considérable. Le siège de la société est à l'église 
des Jésuites à Montréal. La confrérie du Précieux Sang est une 
pieuse association qui invoque le Christ agonisant pour les pécheurs 
à l'article de la mort. 

La conlrérie des Ames abandonnées est une conséquence de la doc- 
trine et des prières d'intercession pour les morts. Son centre est à 
Montligeon, France, où une église splendide a été érigée. Les 
femmes ont beaucoup fait pour propager cette œuvre au Canada. 

L'archiconfrérie du Cœur immaculé de Marie, association pour la con- 
version des pécheurs par l'intercession toute puissante de la mère 
de Dieu qui nous permet d'atteindre le médiateur suprême, le 
Christ Jésus. 

L'archiconfrcrie de Notre-Dame de Secours Perpétuel. — Sous la direc- 
tion des PP. Rédemptoristes à Sainte-Anne, Montréal, est des- 
tinée à honorer Marie par l'imitation de ses vertus et à implorer 
son secours pour ceux qui en ont besoin en cas de tentation ou 
d'épreuves extraordinaires. 

Toutes ces organisations comptent des millions de membres. 

La ligue du Sacré-Cœur et de l'Apostolat de la prière est la plus moderne 
des associations spirituelles, car elle rencontre les besoins spirituels 
du travailleur qui est si occupé qu'il ne peut offrir tous les matins à 
Dieu ses prières et ses souffrances de la journée ? C'est le seul 
devoir que la Ligue impose à ses membres. Il est vrai qu'il y a 
deux degrés supérieurs qui exigent chacune une dizaine de rosaire 
et une communion réparatrice mensuelle, en commun autant que 
possible. Fondée en France en 1844 P^r le jésuite Henri Roumière, 
la Ligue compte maintenant, de par le monde, trente millions de 
membres ; au Canada elle comprend sept cent cinquante mille 
hommes, femmes et enfants. Le corps dirigeant, connu sous le nom 
de ' ' Promotrices' ' , se compose habituellement de femmes sous la 
direction d'un prêtre. Il y a quinze mille promotrices dans les onze 
cents centres canadiens afi&liés. La promotrice est une per- 



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sonne qui s'efforce tous les jours de promouvoir la gloire de Dieu 
et d'assurer le salut des âmes, la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, 
et les autres dévotions approuvées par l'Église, ense servant des pou- 
voirs que lui confèrent ses supérieurs. Elle dirige un groupe de quinze 
affiliées à qui elle distribue mensuellement des billets leur rappelant 
leurs obligations. Elle fait circuler aussi dans ces groupes le 
Messager, organe ofl&ciel de la ligue qui, publié en 35 langues, 
a au Canada une circulation de 29,000 exemplaires environ 
en français et en anglais. Au Gésu, il y a deux sections 
distinctes : section française et section anglaise qui sont le 
noyau de plusieurs bonnes œuvres, par exemple, la bibliothèque 
gratuite de Montréal, dont il est parlé au long dans d'autres pages 
de cet ouvrage et qui est l'œuvre de la section anglaise ; on peut en 
dire autant du club des Matelots atholiques dont le comité primitif 
se recrutait en grande partie parmi les promotrices. Ees promotrices 
avec leur bureau et leur directeur tiennent des réunions mensuelles. 
Une contribution annuelle de 10 sous par tête couvre les dépenses. 
Le but de l'association est d'étendre le royaume de Dieu sur cette 
terre, par la dévotion à Jésus-Christ ; les insignes ou rubans portent 
avec l'image du Sacré-Cœur, ces mots : " Que votre règne arrive ". 
Contrairement aux autres sociétés pieuses, celle-ci ne s'adresse pas 
exclusivement aux dévots. La fenmie épuisée, qu'elle soit reine ou 
paysanne, l'homme d'affaires, le travailleur, l'homme délicat, le 
soldat, peuvent remplir les légères obligations qu'elle impose. C'est 
ainsi qu'une grande partie de l'équipage de l'infortuné Maine, était 
enrôlé sous la bannière du Sacré-Cœur et d'après les nouvelles qui 
viennent des champs de bataille d'Afrique, on trouve des deux 
côtés, mais surtout dans les régiments anglais, des membres de la 
ligue. La reine d'Espagpie est promotrice, son fils est associé 
En un mot la ligue ne va pas chercher ses membres dans les cours 
royales seulement, elle les prend dans toutes les classes de la société 
et si leur idéal spirituel n'est pas très élevé elle leur dit: "peu 
importe, commencez toujours et suivez les autres ". Et c'est ainsi 
que le globe est entouré de chaînes d'or alxjutissant aux pieds de 
Dieu. La grande idée est de répandre l'amour et l'adoration de 
Jésus-Christ, le Dieu fait homme. 

Dans cet aperçu, il n'a pas été possible de faire autre chose que 
de tracer les fins principales des confréries dont le but commun est 
l'amélioration spirituelle de leurs membres et du prochain. Il 
n'est pas non plus été possible de faire de distinction entre Anglais 
et Français, bien qu'on puisse faire remarquer que si les Canadiens- 
français catholiques rivalisent entre eux de zèle et de dévotion, les 
catholiques d'origine anglaise, écossaise et irlandaise ne restent pas 
en arrière. Les statistiques sont peu nombreuses mais significatives, 
car elles montrent qu'il n'existe pas en somme de paroisse catholique 
ni peut-être desiiuiple mission qui ne possède l'une ou l'autre de ces 
associations. Il a pu se commettre des oublis dans cette nomenclature 
et dans certains cas, comme pour les écoles du dimanche, les statis- 




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tiques étaient trop restreintes pour donner une idée convenable île 
l'importance de ces œuvres qui, de fait, restent généralement entre 
les mains de leligieux. 

Nous en avons cependant indiqué suffisamment pour prouver 
que partout où le clergé catholique travaille avec un zèle infatigable 
et modeste, à élever le niveau moral de la population à la hauteur 
des enseignements du pur christianisme, il a incontestablement les 
femmes pour coopératrices infatigables. A cet égard l'influence des 
associations mentionnées est considérable. Elles concentrent l'activité 
individuelle et y ajoutent la force de l'exemple. C'est en enrôlant 
et en perfectionnant les unités qui compo.sent ces organisations que 
la famille s'élève, et l'État en subit une réaction .salutaire. Ju.sque 
dans les centres les plus éloignés, dans les fermes et dans les villes, 
parmi les tribus indienne-, comme dans les grandes agglomérations 
cette œuvre s'accomplit silencieusement et sûrement. 

Il est impossible dans cette section de l'œuvre de l'église 
catholique de faire toucher tlu doigt de nombreux résultats qui ne 
peuvent être estimés au niojxn de procédés mécaniques. Nous 
n'avons pas songé à énumérer les œuvres adjointes de charité ou de 
dévouement qu'accomplis.sent ces organisations. On admettra, toute- 
fois, que cet aperçu indique un groupement sincère d'efforts tendant 
à accroître la sonnne de bieu, de noblesse et de vérité dont le Canada 
est appelé à profiter. 









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Montréal Québec. 1875 18 4 .. .. i R. M. prieure du Monas- 
tère des Carmélites. 

SŒURS ADORATRICES DU PRE'CIEUX SANG. 

St. Hyacinthe.. Québec. 1861 30 14 5 3 6 R. M. Véronique de la 

Passion . 

Toronto Ontario. 1869 19 S 7 3 4 R. M. Saint-Joseph, 107 

rue Saint-Joseph. 

Montréal Québec. 1874 22 4 5 i i R. M. Marie du Précieux 

Sang, Notre-Dame de 
Grâce. 

Ottawa Ontario. 1887 13 4 i i 4 R. M. Sainte-Auréiie de 

Jésus, Elmbank. 

Trois-Rivières. Québec. 18S9 11 3 4 i i R. M. Séraphine de 

Jésus. 

Sherbrooke " 1895 7 i 3 .. 2 R. M. Saint-David. 

Nicolet •■ 1896 8 I 2 I I R. M. Saint-Stanislas. 



Apostolat de la Prière. Ligue du Sacré-Cœur. Statistitjues géné- 
rales du Canada. Nombre des membres-associés, 750,000. Nombre Jcs promo- 
teurs, 15,000. Nombre de vill-*s affiliées au Gésu, Montréal. Circulation de 
l'Organe oflSciel, 29,000. 

Association DU Très-Saint-Sacrement. Statistiques générales. Agré- 
gation d'adoration, 12,000. Garde d'honneur, 2,000. Fraternité eucharistique, 
iso- 
L'Adoration Perpétuelle existe dans les principales églises cana- 
diennes. 

L'Exposition Mensuelle du Très Saint-Sacrement a lieu dans 
presque toutes les cathédrales, paroisses et chapelles des couvents dans les 
principales villes, aussi bien que dans plusieurs des districts éloignés. 

L'Adoration Diurne, possède dans l'église Notre-Dame, Montréal, 1,200 
membres. 

Tiers-Ordre de Saint-François. Nombre de membres au Canada, 
25,000, sous la direction des PP. Franciscains, Montréal ; mentionnons encore 
les Tertiaires isolés et ceux qui sont sous la direction des PP. Capucins d'Ottawa 
dont les statistiques ne sont point parvenues. 

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2. ŒUVRES AUTRES QUE LES CATHOLIQUES ROMAINES. 



LES ŒUVRES RELIGIEUSES DES FEMMES PROTESTANTES AU CANADA. 

Iv' œuvre religieuse * des femmes protestantes au Canada a 
commencé lorsque les premiers colons anglais vinrent au pays, et 
comme toute œuvre efficace et durable, dans ce monde de progrès, 

elle a eu diverses phases et s'est déve- 
lopiîée graduellement. Elle a eu ses 
débuts, ses époques de croissance ; et son 
avenir semble promettre des résultats 
encore inconnus aujourd'hui. 

Comme les statistiques des œuvres 
religieuses seront présentées dans un 
autre chapitre, cet es.sai sera consacré 
surtout à donner un court exposé des 
différentes périodes traversées par l'œuvre 
religieu.se des femmes protestantes depuis 
son commencement, et à faire connaître 
son état actuel. 

Autrefois, l'œuvre naissait souvent au milieu des forêts cana- 
diennes. Une hutie de bois, nouvel abri de l'émigré et de sa famille, 
est bâtie au milieu d'un défrichement. Le travail de la semaine a été 
une lutte pénible contre les géants de la forêt ; mais le dimanche e.st 
arrivé ; le mari se repose en fumant assis sur un énorme tronçon, sa 
compagne, qui a travaillé durant la semaine depuis l'aurore jusqu'à 
une heure avancée de la nuit, afin de donner le confort à son mari et 
à ses enfants, a maintenant réuni sa famille autour d'elle, à l'ombre 
des érables et des sapins odorants. Ils sont loin de l' ancienne demeure 
où peut-être se faisaient entendre les cloches d'une cathédrale ; peut- 
être encore se trouvaient-ils près de quelque ancienne église de la 
joyeuse Ecosse, où ils faisaient partie de quelque congrégation 
baptiste ou méthodiste fervente et zélée. Tout est maintenant 

* Le mot protestant est employé dans cet essai d'une manière générale pour 
désigner tous les chrétiens qui ne sont pas membres de l'église romaine. 




ŒUVRES RELIGIEUSES 



32'- 



changé. Les enfants sont en " habits de dimanche " ; ils répètent 
leurs versets de la Bible, lenrs hynnies ou leur catéchisme, ils 
apprennent à observer le dimanche et à vénérer Dieu ; c'est là 
que commence le travail religieux de la femme protestante au Canada. 
C'est ainsi que ça et là dans plus d'un endroit isolé, les germes de 
la religion ont été semés petit à petit par la femme dans l'Est du 
Canada. Maintenant, la même œuvre se contimie dans le lointain 
Nord-Ouest de notre vaste pays, toujours .sans bruit.* 

Les années s'écoulent, la hutte de bois de l'émigré a fait place 
à la maison proprette du colon. Le défrichement s'est étendu ; le 
firmament n'est plus rétréci par la cime des sajMns et des épinettcs. 
Les voisins ne .sont plus éloignés et une mai.son d'école e.st bâtie 
vers le milieu de la colonie. Là encore, chaque dimanche, l'œuvre 
de la femme continue. Le surintendant peut être l'un des princi- 
paux citoyens du village ; cependant la femme .sera à la tête de 
chaque classe et de l'arrangement des classes ; elle préparera les 
sujets à traiter à l'école du dimanche ; elle assistera à des récep. 
tions et aux discussions des moyens à prendre pour prélever de 
l'argent afin de con.struire une maison, pour le culte : telle e.st 
dans son ébauche l'œuvre religieuse des femmes protestantes du 
Canada. 

A mesure que le siècle avance, les Canadiens sont liés plus 
étroitement les uns aux autres, et leur vie, tant .séculière que reli- 
gieuse, devient plus active, mieux remplie. Les établissements et 
les villages se développent en des villes de progrès, d'où s'élève 
plus d'un clocher, et chacun de ces clochers représente le foyer 
lumineux de l'activité du travail religieux de la femme, lequel est 
plus apparent aujourd'hui qu'autrefois. 

Les écoles du dimanche augmentent en nombre et en impor- 
tance. Le cercle de couture du village dont l'objet est de prélever 
des sommes d'argent, pour des fins religieuses est divisé en plusieurs 
sociétés et chacune d'elle a sa mission spéciale ou son travail reli- 
gieux. Les présidentes, vice-présidentes et secrétaires sont choisies 
par scrutin ; on forme des comités ; les rapports des délibérations 



* Ceci n'est pas un trbleau imaginaire. Le vieux juge Botsford du Nouveau- 
Brunswick qui, durant la première partie du siècle (il mourut en 1864, âge de 92 
ans), traversa en tous sens, à cheval, les forêts de l'Est du Canada, parle souvent 
de l'aspect de repos et de la paix du dimanche qu'il avait observés dans lesabatis 
des émigrants situés à plusieurs milles de toute église. Cet aspect du dimanche, 
dit le juge Botsford était toujours l'indice d'une bonne administration, et du 
succès. 



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sont imprimés et publics, et c'est ainsi que même les moins bien 
disposées à l'action sont prêtes à entrer dans le champ plus vaste et 
plus varié du travail religieux qui s'ouvre aux femmes aujourd'hui. 
On peut classifier ces œuvres de la manière suivante : i** œuvre con- 
cernant l'église et son service ; 2° école du dimanche {Sunday schools); 
3° œuvre des pauvres de la paroisse ou congrégation. Quant à 
ce qui concerne la première division, on peut dire que durant les 
cinquante dernières années les femmes protestantes du Canada ont 
contribué dans une large mesure au prélèvement des fonds, pour la 
construction et l'ornementation des églises. Un grand nombre de 
femmes riches ont personnellement donné des sommes d'argent 
considérables, des chaires, des orgues et des vitraux, etc. ; on a 
obtenu encore des sommes considérables par des loteries et des 
ventes d'objets de fantaisie. Ces moyens peuvent être condamnés, 
critiqués, tolérés ou approuvés, mais ils sont trop identifiés avec 
l'œuvre de la femme pour être ignorés. Au premier aljord ils 
peuvent être considérés comme des manières faciles et frivoles 
d'obtenir ce qui aurait du être offert avec plus d'empressement. 
Mais ceux qui observent attentivei lent les choses, savent combien 
il faut d'abnégation et de travail pour préparer et organiser ces 
ventes. Tout en obtenant de l'argent, on se sert de ces fêtes pour 
unir les membres de l'église plus étroitement en un travail commun, 
résultat important en ces jours de désunion parmi les membres des 
églises qui n'ont pas été dotées également des biens de ce monde. 
C'est ainsi que presque toutes les églises ont leur vente annuelle ; 
et ont des femmes zélées et réfléchies qui donnent leur concours 
à des procédés qu'elles considèrent évidemment connue légitimes et 
avantageux.* 

Quant aux offices dans les églises, les femmes contribuent 
beaucoup à en augmenter l'intérêt par leur assistance nombreuse et 
régulière. Dans les églises épiscopaliennes liturgiques, il y a des 
groupes de femmes qui s'occupent des autels et du .sanctuaire ; leurs 
devoirs consistent à prendre soin des vêtements du clergé, qui don- 
nent des fleurs et autres décorations pour le chœur. 

Des broderies les plus recherchées .sont faites pour les étoles, le 
linge d'autel et les voiles de calices ; le temps et l'argent sont 



* Depuis que j'ai écrit les lignes précédentes, on m'a demandé de faire 
connaître que parmi nos femmes protestantes du Canada l'habitude de donner 
systématiauement s'étend ; les réunions de charité n ont lieu que dans le but de 
maintenir de bonnes relations entre les membres. 



ΠU VRES REL ICI H USES 



323 



dotiiiés avec autant de libéralité cjne Marie de Béthanie fit de son 
parfum. Dans les é}j;lises non-liturgiques, ce travail n'est jias 
nécessaire, mais il existe des sociétés de dames charital)les (jui 
prennent soin des décorations d'église et autres accessoires jxiur le 
culte. De plus, dans cfîs églises, qui, généralement, n'ont pas de 
de jeunes garçons dans les chœurs, les femmes aident à la p rtie 
nnisicale de l'office religieux, et prennent une part importante dans 
des chœurs mixtes. 

Dans les églises liturgicjues, on a .souvent besoin de femmes 
pour diriger les voix des jeunes garçons, et, dernièrement dans plu- 
sieurs églises canadiennes, les fennnes ])ortantles vêtements d'office, 
ont complètement remplacé les jeunes garçons dans les chœurs. 

La deuxième et la plus importante des œuvres des femmes est 
celle des écoles du dimanche. Il faut recoiniaître avec regret qu'en 
rai.son de certaines cau.ses, par exemple, l'état de division dans les 
opinions religieuses, la nécessité des études, le travail de la vie de 
famille, nos enfants ne reçoivent à la maison où à l'école qu'une 
faible instruction religieuse. C'est pour cela que l'école du dimanche 
est ab.solument nécessaire pour familiariser nos jeunes gens avec les 
vérités de notre livre .sacré, la Bible ; t)our enseigner les vérités 
fondamentales du christianisme ainsi que leur application à la vie 
quotidienne ; et pour nourrir en eu?: l'idée de l'invisible et implanter 
l'esprit de dévotion au culte divin. Cette œuvre de l'école du 
dimanche est presque complètement entre les mains des femmes. 
Le pasteur agit souvent comme surintendant ou bien il est remplacé 
par un des principaux membres de l'église et un membre influent. 
Les jeunes gens sont les bibliothécaires. Nous verrons peut-être 
une ou deux classes de jeunes garçons dirigées par des hommes 
quoique généralement et par tout le Canada, on puisse affirmer que 
les professeurs de l'école du dimanche sont généralement des 
femmes. Ceci n'est pas étonnant. Élever un enfant et l'instruire 
sont les devoirs familiers de la femme, tandis que les hommes absorbés 
par les affaires pendant la .semaine .se sentent incapables le dimanche 
(le faire un travail de cette nature. Nos femmes canadiennes 
sentent le poids de cette responsabilité, et malgré leur vie active, 
elles se préparent à leur école du dimanche par l'étude, l'assi-stance 
aux leçons des professeurs et aux examens des professeurs. Plusieurs 
femmes ont écrit sur les écoles du dimanche et ont lu leur écrits 
aux conférences. Ces essais ont été publiés, et un ou deux 
d'entr'eux ont paru dans une brochure anglaise bien connu {Ejiglish 



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FEMMES DU CANADA 



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Siaiday School Magazine). Il ne faut pas oublier les récents déve- 
loppements de l'œuvre de l'école du dimanctie, l'œuvre de bienfai- 
sance parmi les Chinois ; ces étrangers frappent souvent à la porte 
de nos écoles du dimanche. Nous serions peu dignes de notre nom 
de chrétiens, si nous refusions de les admettre. Les Chinois sont des 
élèves dociles et attentifs, et désireux d'apprendre l'anglais, et très 
reconnaissants envers leurs maîtres. 

Nous mentionnerons en troisième lieu, le travail charitable et 
religieux qui a été exécuté par les femmes parmi les pauvres. Ce 
travail est très varié. Dans les petites églises, il existe plus d'inti- 
mité dans les rapports sociaux, et chacun met la main à l'œuvre, 
d'une manière moins bruyante ; mais les grandes églises ont leurs 
visiteuses de district, leurs femmes enseignant la bible, leurs diaco- 
nesses, et quelques-unes ont des "sœurs" qui se reconnaissent à 
leur costume particulier. Ces dernières font des visites régulières 
aux pauvres, font connaître ceux qui sont dans le besoin. Lorsque 
la chose est possible, elles leur donnent des conseils et leur aident à 
franchir l'abîme qui s'élargit entre les " classes et les masses ". Il 
y a encore les réunions des Mères où les femmes qui s'occupent de 
rudes travaux passent quelques^ heures ensemble, une fois par 
semaine. Elles cousent pendant que les dames leur font des lectures 
ou un peu de musique ; puis, on leur donne une tasse de thé. Il y 
a environ seize ans, les membres de l'église anglicane établissaient 
une succursale canadienne de la société Protectrice des Jeunes 
Filles pour venir en aide aux ouvrières de toutes croyances et leur 
procurer un endroit agréable pour leurs réunions et récréations du 
soir. Eu outre, il y a rattachés à chaque egli.se, des orchestres et 
associations de bienfaiteurs qui, sous différents noms, font leur part 
de l'œuvre religieuse. Ils organisent des réunions musicales et 
littéraires, afin de créer des rapports sociaux entre les membres de 
l'église, et procurer de l'argent pour des fins d'église. Des cadeaux 
de Noël sont préparés pour l'arbre traditionnel de l'école du 
dimanche et des donations sont faites pour les missions lointaines. 

Après avoir examiné le travail religieux des femmes protes- 
tantes, durant ses premières phases, nous sommes arrivés à son 
développement le plus récent, le plus sublime et le plus désintéressé : 
celui des grandes organisations formées pour propager l'œuvre des 
missions parmi les sauvages des Territoires du Nord-Ouest, les païen^ 
de la Chine, ceux du Japon, de l'Inde et des îles de l'océan. Dans Ic^ 
colonies, nous nous sommes placés pendant un certain temps dan . 



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la position de ceux qui avaient besoin de secours plutôt que de 
ceux à qui on en demandait pour l'œuvre des Missions. Des 
collectes, il est vrai, ont été 'faites de temps à autre pour les 
missions, mais aucun travail systématique n'a été entrepris. C'est 
à l'église baptiste qu'appartient le crédit du premier mouvement de 
missions parmi les femmes protestantes, dans les provinces maritimes. 
En 1870, une jeune fille .'^ée. Miss Norris, de Canso, Nouvelle- 
Ecosse, parcourut sa province, éveillant l'intérêt des femmes pour 
leurs sœurs des contrées païennes. Elle a établi trente-trois missions 
et alla ensuite elle-même en Birmanie, comme missionnaire. 

En 1876, les femmes presbytériennes du Canada étaient orga- 
nisées en deux grandes sections de missionnaires ou auxiliatrices, 
l'une pour l'Est et l'autre pour l'Ouest du Canada, en rapport avec 
les sections est et ouest de leur comité des missions étrangères. En 
1881, au collège des Dames, de Hamilton, une société a été ina"- 
g.irée sous le titre de société de la Femme missionnaire de l'éguse 
méthodiste du Canada. En 1886, à une assemblée des principales 
fcinmes de l'église d'Angleterre à Montréal, le con.seil des Missions 
de l'église d'Angleterre a été augmenté de femmes auxiliatrices 
dont le nombre et les contributions se sont accrus rapidement. Des 
milliers de femmes se sont enrôlées dans les grandes sociétés et 
d'autres plus petites et de même nature et toutes ces sociétés ont 
une organisation à peu près semblable. La société centrale est 
composée de plusieurs sociétés affiliées qui ont elles-mêmes de 
nombreuses succursales. Les succursales font leurs collectes et 
envoient leurs rapports aux sociétés plus étendues, le.squelles, à 
leur tour, adressent leurs montants et leurs rapports à la société 
centrale qui fait une assemblée annuelle, dans quelque grande ville. 
L'objet principal de cette œuvre des femmes protestantes est de 
répandre la connaissance de la vérité et de faire participer aux bien- 
faits d'une éducation et d'une civilisation chrétiennes leurs sœurs 
qui en sont privées, en leur envoyant des missionnaires et des ins- 
titutrices, en construisant et en maintenant des églises, des écoles 
et des hôpitaux. Les statistiques montreront quelles sommes 
d'argent cousit, blés sont perçues et déboursées annuellement 
pour ces fin ; par les femmes protestantes du Canada. Ces dépenses 
sont contrôlées soigneusement, chaque bureau ayant plusieurs 
secrétaires (généralement non payées), qui sont en correspondarce 
avec les missionnaires et sont parfaitement au courant des besoins de 
la !iiission. Pour être en mesure de bien apprécier l'étendue de cette 







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FEMMES DU CANADA 




œuvre, il est nécessaire d'assister à l'une des assemblées annuelles. 
Des femmes déléguées viennent de très loin et reçoivent un accueil 
hospitalier. On consacre trois ou quatre jours aux affaires ; on 
présente les rapports des différentes parties de la mission ; les 
demandes de secours sont reçues et prises en considération, les 
allocations d'argent sont judicieusement faites, et l'œuvre des femmes 
reçoit une impulsion qui ne s'est fait sentir nulle part ailleurs 
jusqu'à ces dernières années, lors de la formation du Conseil 
National des femmes du Canada. 

Une autre considération intéressante autant que touchante 
est celle des privations et des dangers si gaiement affrontés par les 
femmes missionnaires en paj-s étrangers ou dans nos régions du 
Nord-Ouest. Chaque société a son récit de souffrances et de labeurs, 
que ses missionnaires ont eu à endurer. Le manque d'espace ne 
permet pas de mentionner plus de deux exemples : Dans le Japon, 
Mme Large, une canadienne de la société méthodiste, eut l'affreuse 
douleur de voir son mari assassiné sous ses yeux ; elle-même n'échap- 
pant à la mort que très difficilement. Une autre Canadienne a 
accompagné son mari dans les régions lointaines du nord, où, dans 
les limites du cercle arctique, et parmi les pauvres Esquimaux, tous 
deux travaillent comme missionnaires de l'église d'Angleterre. 
L'abnégation et les privations constantes d'une telle vie ne sauraient 
être suivies ; cependant, le révérend M. Stringer et sa femme dévouée 
ont bravé toutes sortes de difficultés et se sont fait tellement aimer 
en instruisant les enfants et en soignant les malades pendant une 
épidémie qu'ils ont été surnommés le Pire et la Mère de la tribu. 

Nous avons décrit le développement de l'œuvre religieuse des 
protestantes au Canada jusqu'à nos jours ; nous ne connaissons pas 
l'avenir ; mais à travers le voile qui nous cache le lointain aspect 
des choses, on peut lire en lettres de lumière, " que ce qu'elles ont 
fait n'est qu'un avant-goût de ce qu'elles feront ". 

FRANCES ELIZABETH MURRAY. 

St. John (Nouveau-Bruuswickj. 



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ŒUVRES RELIGIEUSES 



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ŒUVRES RELIGIEUSES ORGANISEES. 

Relevé par Mme Tilton. 



(a) ŒUVRES RELIGIEUSES DES DIVERSES CONFESSIONS. 

ÉGLISE MÉTHODISTE DU CANADA. 

Dans l'église méthodiste du Canada, les femmes participe it 
activement à l'œuvre religieuse dans ses diverses manifestations, sous 
forme de sociétés de missions, sociétés de dames charitables, 
sociétés Dorcas de couture, œuvres des 
diaconesses, directrices de classes, pro- 
fesseurs d'écoles du dimanche, ligues 
d'Epworth. ^ 

Société de missions des dames. — La 

société de missions des dames est la 
seule organisation méthodiste pour les 
femmes qui couvre tout le Canada. L,a 
présidente est Mme W. E- Ross de 
Montréal (Québec), et la secrétaire cor- 
respondante est Mme E. S. Strachan, 
163 rue Hughson Nord, Hamilton 
(Ontario). Cette société a été fondée 
en 1881 dans le but d'engager les femmes 
chrétiennes à évangéliser les femmes 

infidèles et les enfants ; d'aider au soutien des femmes missioiuiaires 
et professeurs de subvenir aux besoins des travailleurs spéciaux 
qui se dévouent aux œuvres évangéliques à l'étranger et dans le 
paj's ; et de prélever des fonds pour faire subsister la .société. Les 
sociétés auxiliaires sont au nombre de 685, le nombre des membres 
est de 15,654 et les recettes en 1898-99 ont été de 40,106.81 dollars. 
La section de littéra"ture et de publication indique que la circulation 
de la Monthly Letter est , . moyenne de 13,000 exemplaires sans 
compter les diverses petites feuilles qui sont également distrilxiées. 
Bien des travaux accessoires à l'œuvre des missions ont été entrepris 
entre autres : les pensionnats d'internes et d'externes, les jardins 
de l'enfance, les écoles du dimanche, les orphelinats, les hôpitaux, 
les dispensaires, l'enseignement de la Bible dans les réunions de 
fenuues et d'enfants. Trente missioni>aires canadiennes ont suivi 
(les cours préparatoires prescrits et se livrent à l'évangélisatiou. 




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FEMMES DU CANADA 



Leurs missions sont établies au Japon, en Chine, à Terre-Neuve, 
chez la population française de la province de Québec, chez les 
sauvages de Fort Simpson, Chilliwack, Kitamaat, VVhite Fish Lake 
et autres points importants de la Colombie-britannique et parmi les 
Chinois de la côte du Pacifique. Toutes ces missionnaires parlent 
avec satisfaction des heureux résultats de leur dévouement et de 
leirs sacrifices. L'année dernière, il a été distribué 14,000 dollars 
parmi les nécessiteux des divers postes des missions, san.'j toucher au 
fonds général. 

Sociétés de Dames charitables. — La date de la fondation de la pre- 
mière de ces sociétés remonte à 1837 ou 1838 ; elles sont maintenant 
au nombre de 1,350. Leur but principal est de meubler les pres- 
bytères, et d'aider les pasteurs et les dignitaires de l'église financiè- 
rement et socialement. Des comités de ses sociétés veillent au 
.soulagement des pauvres, visitent les étrangers, les malades et les 
vieillards de la congrégation. De plus, ces sociétés fournissent des 
infirmières et ont fréquemment aidé l'union Chrétienne des Femmes 
et celle des Jeunes Gens. Dans ces deux dernières années, ces* 
sociétés ont dépensé pour toutes ces œuvres 100,000 dollars par an en 
moyenne. Les membres des sociétés Dorcas, ou de couture, visitent 
aussi les pauvres et les soulagent. La société de dames charitables 
de Saint-John (Nouveau-Brunswick), coopère avec le fonds de 
soutien de l'église pour subvenir au traitement des *"asteurs dans les 
circonscriptions pauvres. 

Institution des Diaconesses et écoles pour leur formation. — Cette maison, 
rue Jarvis, à Toronto (Ontario), administrée par Mlle E. D. Scott, 
présente toutes les facilités possibles pour la formation pratique non 
seulement des diaconesses mais aussi des missionnaires du pays et à 
l'étranger, des professeurs d'écoles du dimanche et autres ; instruc- 
tion complètement gratuite, sauf un droit d'entrée de 2 dollars. Les 
diaconesses font beaucoup de visites d'évangélisation et de malades : 
elles distribuent des aliments et des vêtements si c'est nécessaire. 
L'œuvre des diaconesses s'est jusqu'à présent exercée principalement 
à Toronto. La société de Secours des Diaconesses de Toronto a été 
fondée en 1897, et a pour but de subvenir aux besoins de l'institution 
et de l'école des diaconesses et de l'aider à développer son œuvre. 

Directrices de classes. — Il y a dans l'église méthodiste i ,461 femmes 
directrices de classes ; leur devoir consiste dans la surveillance et 
l'instruction spirituelle des femmes qui appartiennent à leur église. 
Elles se réunissent toutes les semaines pour recevoir de bons avis et 
pour s'entretenir de sujets religieux. 

Professeurs d'écoles du dimanche. — Dans l'église méthodiste dn 
Canada, les deux tiers environ des professeurs sont des femmes. 
On en compte actuellement 22,000. 



ŒUVRES RELIGIEUSES 



329 



Ligues d'Epworth. — La ligue d'Epworth fut organisée eu 1889. 
Son but est de sauver les âmes et encourager la jeunesse à mener 
une vie active, intelligente et chrétienne pratiqué. Elle s'occupe 
aussi de missions, et l'année dernière elle a prélevé 12,759.80 dollars 
à cette fin. Il existe 658 ligues d'Epworth et 869 ligues d'Epworth 
d'Émulation chrétienne qui, avec plusieurs autres sociétés de moindre 
importance constituent un total de 81,935 membres dont les deux 
tiers probablement sont des femmes. La ligue d'Epworth peut 
s'affilier aux sociétés d'Émulation chrétienne des autres églises en 
se servant du nom de Ligue d'Epworth d'Émulation chrétieinie. 
De cette façon les jeunes gens ont l'avantage de se réunir et de faire 
connaissance de confessions religieuses différentes. Il a été ample- 
ment démontré que l'esprit d'amitié le plus large existe entre les 
diverses communions religieuses. Secrétaire-général — Rév. A. C. 
Crews, Wesley Building, Toronto (Ontario). 



L'ŒUVRE DES FEA\MES DU CANADA DANS L'EGLISE PRESBYTERIENNE. 



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L'œuvre des femmes du Canada dans l'église presbytérienne 
peut se subdiviser en trois catégories. 

1° Organisations locales. — Presque toutes les congrégations ont des 
sociétés de femmes pour aider aux affaires spirituelles et temporelles 
de l'église, comme: {a) assistance des dames; ligue des dames; 
sociétés Dorcas ; associations de bienfaisance ; associations pour 
réunir des fonds destinés aux div^erses œuvres ; {^b) distributeurs 
de feuillets ; assemlîlées des mères ; visites de districts; associatrices 
de prières, etc. Comme ces œuvres occupent généralement toutes 
les femmes de la congrégation, il est impossible d'en donner le 
nombre. 

2° Sociétés de missions. — (a) La socièrê des missions êtran- 
Gî'RES DES FEMMES (DIVISION DE Iv'ouest) — s'éteud du comté de 
L engarry à l'Océan Pacifique. Son Init est d'aider le comité des 
missions de l'église à répandre l'évangile chez les femmes et les 
enfants des régions infidèles. Organisée en 1875 son champ d'action 
comprend : la Chine (Honan), l'Inde (Indore), le Japon (Formose), 
les Indiens du Nord-Ouest et de la Colombie-britannique et les 
Chinois de la Colombie-britannique. Le siège principal est à Toronto. 
Les .sociétés auxiliaires sont au nombre de 642; cercles évangéliques, 
332 ; membres, 21,000 ; le montant recueilli en 1899 a été de 45,513 
dollars. Cette société entretient 50 missionnaires et professeurs et 
cinq dames missionnaires médecins dans l'Inde; elle a deux hôpi- 
tuix pour les femmes à Indore et une maison de formation à 
Toronto, L'organe de la société est le Foreign Missionary Tidings 
dont la circulation est de 16,000, la société distribue aussi des 



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FEMMES DU CANADA 



petites feuilles. En 1889, 31,000 livres de vêtements ont été 
distribués aux Indiens du Nord-Ouest. La présidente est idrs. 
Shortreed, de Toronto ; la secrétaire correspondante, Mrs. Hugh 
Campbell, de Toronto. 

ib) La société des missions étrangères de femmes (divi- 
sion DE l'est). — Elle comprend les provinces maritimes. Organisée 
en 1876. Siège principal à Halifax (Nouvelle-Ecosse). Membres, 
5,184. Montant prélevé en 1899, 11,031 dollars. Champ d'action : 
Trinidad, Demerara, Sainte-Lucie (émigrants des Antilles), Nouvelles 
Hébrides, Corée. La société soutient dix missionnaires en plus des 
distributrices de bibles ; elle publie le Message a\ ec une circulation 
de 3,340. L'année dernière, elle a envoyé dans les mi.ssions 65 
caisses de vêtements évaluées à 806 dollars. Présidente, Mrs. J. 
Currie, de Halifax (Nouvelle-Ecosse). Secrétaire correspondante, 
Miss Louise Book, de Halifax. 

{c) Société des missions étrangères des femmes de 
Montréal, comprenant la province de Québec. Siège principal, 
Montréal; organisée en 1881. But: assistance à l'œuvre d'évan 
gélisation de l'intérieur, de l'étranger et de la population française. 
Entretient une dame missionnaire médecin a Honan, Chine. Le 
montant prélevé en 1899 s'élève à 3,021 dollars ; 750 membres. 
Présidente, Mrs. G. A. Grier, Montréal ; secrétaire correspondante, 
Mrs. E. Scott. 

Toutes les sociétés qui précèdent sont organisées sur la même 
base ; chaque scjiété générale est divisée en sociétés presbytérales 
et celles-ci se subdivisent en sociétés auxiliaires de congrégation et 
en cercles évangéliques. 

(</) Société des missions étrangères. Église Saint-André, 
Montréal, affiliée à l'égl'se d'Ecosse en 1891. B..I : évangélisation 
et assistance médicale dt:» femmes de Guzerat, Inde. Deux dames 
de la congrégation ont fourni 20,000 dollars pour fonder un hôpital 
de femmes. Présidente, Miss E. M. Perkins, Montréal. 

{e') Société de femmes missionnaires de l'intérieur, 
attachée au presbytère de Saint-John, Nouveau-Brunswick. Orga- 
nisée en 1882. But : aider les missions du pays particulièrement 
dans la circonscription de Saint-John. Recettes en 1899 : 448 dollars. 
Présidente, Mrs. E. O. Smith, de Saint-John ; secrétaire. Miss G. 
Murphy, Saint-John. 

Il y a des sociétés de mis.sions intérieures attachées à l'église 
Saint-André, à Ottawa ; à l'église Saint- André, à Toronto ; à 
l'église Augustin, à Winnipeg ; à l'église Thurso, etc. Deux 
infirmières diplômées ont été envoyées dans les districts miniers 
d'Atlin, Colombie-britannique, par les soins de la société des Mis- 
sions intérieures de Toronto. Il existe aussi de? sociétés de missions 
dans presque tous, sinon tous, les collèges presbytériens de jeunes 
filles du Canada. 



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3. Œuvre d'éducation. — Un grand nombre des professeurs d'écoles 
du soir .sont des femmes ; il en est de même dans les cla.s.ses chi- 
noises dont on trouve un nombre considérable dans les grandes villes. 
Presque tous, sinon tous les profes.seurs des collège de jeunes filles à 
Ottawa, Brantford et Halifax appartifunent à l'église presbyté- 
rienne ; il en e.st de même à l'école des missions françai.ses de la 
Pointe-aux-Trembles, province de Québec. Il est impo,ssible de 
donner des statistiques exactes au sujet de cette partie de l'œuvre 
des femmes presbytériennes, mais leur action est con.sidérable. 

L'Ecole évan{(élique, à la Pointe aux Trembles est une école pres- 
bytérieiuie .sous la direction du bureau d'évangélisation françai.se. 
Le principal de l'école est le révérend J.-J. Bourgouin. Le personnel 
comprend 7 profes.seurs, dont 4 dames. Le nombre des élèves est 
de 1 50 : 90 garçons et 60 filles. 



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L'EGLISE ANGLICANE AU CANADA. 

Il y a au Canada, à l'Est des Montagnes Rocheuses, deux 
provinces ecclésia-stiques : savoir: celle de l'Est du Canada et celle oe 
la terre de Rupert. La première s'étend de la Nouvelle-Éco.sse à 
l'Ontario formant dix diocèses; la dernière comprend le Manitoba, le 
district de la baie d'Hudson et les territoires du Nord-Ouest divi.sés 
en neuf diocèses. A la Colombie-britannique il y a trois diocèses, 
ce qui fait vingt-deux pour le Canada. 

Les femmes prennent une large part aux œuvres de l'église 
anglicane au Canada. 

1 Œuvres paroissiales. — Parmi les œuvres paroissiales on compte 
les sociétés pour l'entretien du culte ; les ligues de l'autel ; les 
sociétés Dorcas pour le .soin des pauvres ; la société Protectrice des 
Jeunes Filles ; les associations de prières d'intercession ; les classes 
de Bible ; les unions des mères et les réunions des mères, qui four- 
nissent un vaste champ à l'activité féminine. Les femmes cons- 
tituent la majorité des professeurs des écoles du dimanche. 

2 Œuvres des missions. — Dans les diocèses de la Nouvelle-Ecosse 
et de Fredericton il existe des sociétés secourables de dames et 
des sociétés évangéliques intérieures qui aident au travail des 
missions dans les diocèses. Les enfants appartenant à l'église 
anglicane sont divisés en groupes pour aider à l'éducation des gar- 
çons et filles des Indiens. La société Zenana de l'égli.se anglicane 
a des sections à Saint-John, Nouveau- Brunswick, et à Charlotte- 
town, Ile-de-Prince-Edouard. Dans Québec, le Manitoba, le Nord- 
Ouest et la Colombie-britannique, l'Auxiliaire féminin de la société 
des missions intérieures et étrangères de l'église anglicane au Canada 
possède des sections diocésaines et paroissiales. L'a.ssociation orga- 
nisée en septembre 1896 a pour but de répandre parmi les femmes 



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FEMMES DU CANADA 




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appartenant à l'église anglicane la connaissance du travail des 
missions et de stimuler le zèle au moyen de prières d'intercession 
communes et d'un travail systématique ; d'unir dans un intérêt 
commun les sociétés existantes et de s'efforcer d'organiser des 
sections diocésaines et paroissiales des œuvres auxiliaires dans le 
Canada. L'Auxiliiire se compose de jeunes gens et de jeunes filles 
formant en tout 639 sections. Les membres sont au nombre de 
15,540; 242 sont membres à vie; 13 enfants de niis.sionnaires reçoivent 
l'instruction; l'Auxiliaire a 11 enfants et 4 distributrices de bibles 
dans l'Inde et au Japon, ainsi que 4 dames missionnaires au Nord- 
Ouest; 8,267 exemplaires du Monthly Lcttcr Leajict ontéié distribués. 
Des bibliothèques diocésaines ont été établies et des clî» es ont été 
formées pour l'enseignement de l'œuvre d'évangélisatiou de l'église. 
Beaucoup des dames anglicanes sont membres de la société de 
l'Union des Glaneuses qui e.st alliée à l'association évangélique cana- 
dienne. La spécialité de ces deux sociétés est d'aider les missions 
canadiennes et étrangères à procurer des professeurs aux écoles 
indiennes, des infirmières aux hôpitaux indiens et aux hôpitaux 
de l'étranger, particulièrement au Japon ; de pour\'oir à l'éducation 
des enfants de missionnaires ; de fournir des ornements ecclésias- 
tiques et des ameublements d'église ; des vêtements et des provisions 
sont envoyés aux missions nécessiteuses (blanches ou indiennes) 
dans l'Algoma et le Nord-Ouest. Les organisations de jeunes filles 
et d'enfants sont très actives et constituent d'excellentes écoles pour 
former systématiquement les missionnaires futurs de l'église. 
Secrétaires correspondantes, Mrs. E. St. G. Baldwin, 86 rue Saint- 
Georges, à Toronto ; Miss Millege, collège Saint-Jean à Winnipeg. 
Secrétaire pour les jeunes. Miss Tilley, rue Simcoe, Toronto. 

3 Soeurs de l'Eglise Anglicane. — Il y a quatre communautés de 
sœurs au Canada. Une succursale de VAll Hallo^cs Sistcrhood, 
Ditchingham, Norfolk, Angleterre, qui a commencé son œuvre en 
1884 dans la Colombie-britannique, parmi les Indiens de Yale et de 
Thompson cantonnés à Yale, a créé là une école de missions 
indiennes pour les filles. Les sœurs dirigent aussi un pensionnat 
pour les jeunes filles blanches. Les sœurs de Sainte Marguerite, de 
East Grinsted, Sussex, Angleterre, ont une maison affiliée à Boston, 
Massachusetts, avec une succursale à Montréal et s'occupent de l'asile 
des incurables de Sainte Marguerite, sur la rue Sherbrooke, à 
Montréal. Les sœurs de l'église de Kilburn, Angleterre, s'occupent 
d'œuvres d'éducation et d'orphelinat et ont des professeurs diplômés. 
Elles ont des écoles à Toronto, établies en 1890, et à Ottawa, 
établies en 1892. Les sœurs Saint Jean de Dieu, Hôpital Saint-Jean, 
à Toronto. C'est la seule église canadienne de l'ordre des sœurs 
anglaises. Leur principale occupation est le soin de l'hôpital à 
Toronto. Elles ont aussi, pour les vieillards pauvres, un dépôt 
de mendicité rattaché à l'église Saint-Georges de Toronto et un 
pensionnat pour les jeunes filles à Ottawa, Ont. 



ŒUVRES RELIGIEUSES 



333 



4 Œ'jvre des diaconesses. — L'institution des diaconesses de l'église 
anglicane et de l'école préparatoire des missionnaires, 125 rue 
Isabelle, à Toronto (Ontario), forme aux travaux de missions et au 
soin des malades les femmes canadiennes qui veulent devenir mission- 
naires et diaconesses. Les élè\es diplômées qui ont reçu l'ordination 
ou sont réservées pour l'église, travaillent à Montréal et à Toronto 
et chez les Indiens du Nord-Ouest; deux ou plus sont même parties 
pour l'étranger. La surinteadunte est Miss Cross, 125 rue Isabelle, 
Toronto. 

5 Ligue du soin des enfanb. — Une succursale canadienne de cette 
importante société a été créée par la fondatrice la comtesse de 
Meath, sous les auspices de l'église anglicane en 1885. Son but est 
de dresser les enfants à avoir des égards les uns pour les autres et 
leur faire acquérir des habitudes de générosité et de piété. Sa 
devise est : ' ' Pas un jour sans action ' . La ligue fait partie des 
(euvres religieuses dans beaucoup de paroisses de Montréal, Toronto, 
London, Peterborough, Ottawa et autres lieux. Le travail des 
sections de la ligue consiste surtout à faire des vêtements pour les 
pauvres, à s'occuper aux missions et aux hôpitaux pour les enfants. 
La présidente est Mrs. S. G. Wood, 100 rue Pembroke, Toronto 
(Ontario). 



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EGLISE BAPTISTE, 

Il existe parmi les femmes de l'Église baptiste du Canada sept 
orgo "isations de missions intérieures et étrangères : 

1° L'Union évangélique baptiste des femmes des Provinces 
Maritimes. Le premier bureau des femmes baptistes du Canada a 
été fondé le 20 septembre 1870, à l'église de la rue de Bruxelles, à 
Saint-John, pour le Nouveau-Brunswick. Le bureau de la Nouvelle- 
Ecosse fut fondé en 1871, celui de l'Ile-de- Prince-Edouard en 1874. 
En 1884, une union a été formée sous le nom d'union Evangélique 
baptiste des femmes des provinces maritimes. La présidente est 
Mrs. AUwood, 171 rue Leinster à Saint-John Nouveau-Brunswick; 

"^ La société des Missions Étrangères des femmes baptistes de 
Qur : ec et de l'Est d'Ontario organisée en 1876 ; 

3° La société des Missions intérieures des femmes baptistes 
de Québec et de l'Est d'Ontario, fondée en 1896 ; 

4^ La société des Missions Étrangères des femmes baptistes 
d'Ontario, fondée en 1876 ; 

5'' La société des Missions intérieures des femmes baptistes, 
fondée en 1885 ; 

6° L'union Évangélique des femmes baptistes du Manitoba et 
du Nord-Ouest, fondée en 1888, et comprenant les missions étran- 
gères et intérieures ; 



334 



FEMMES DU CANADA 




7° L'union Êvangélique des femmes baptisiez de la Coloniliie- 
britannique, organisée en 1898 pour les missions intérieures et 
étrangères. 

L'objet des sociétés évangéliques intérieures est d'aider les 
églises panvres et d'ouvrir de nouvelles églises au Manitoba et an 
Nord-Ouest; d'aider à l'évangélisation et à l'éducation des Canadiens- 
français de la province de Québec. Les missions étrangères s'occu- 
pent d'aider à l'évangélisation des femmes et des enfants dans les 
pays infidèles, particulièrement à Teluga (Indei. Le MissioHary 
Link et le Visito , o'ît les organes de la société. Des cercles 
évangéliques travaillent parmi les jeunes et ix)rtent différents noms 
Mayjîoîvcr, Light licams, Kiug" s (heu, Sunlijrfit, Eanust Hof/ccrs, 
Shinifig Stars. La propagande parmi les Scandinaves, les Galiciens 
et les sauvages se fait sous la direction dn bnrean des fennnes. 
Beaucoup de femmes baptistes s'occupent dans les écoles dn dimanche 
d'instruire les jeunes Chinois vivant au Canada. Des distribntrices 
de bibles sont employées à la Grande Ligne et dans d'autres missions. 
La majorité des professeurs des écoles du dimanche sont des 
femmes. Les femmes s'occupent dans toutes les congrégations du 
Canada, par les sociétés secourables de Dames et autres .sociétés, à 
promouvoir les intérêts financiers, sociaux et re^'-ieux de l'église. 

On peut se procurer d'autres renseignements dans les livres 
suivants : L'Annuaire baptiste d'Ontario, Québec, Manitoba et 
territoires du Nord-Ouest ; le rapport annuel de l'union Evangélique 
des femmes baptistes des provinces maritimes. 

L'Ecole évanjélique baptiste de la Grande Ligne.est sous la direction 
d'un bureau de directeurs élus par ceux qui contribuent au maintien 
de la mission. Le principal de l'école est le révérend G.-N. Mas.sé, 
qui a un personnel de dix professeurs dont cinq dames. Il y a 437 
élèves, 89 garçons et 58 filles. On est en faveur de l'éducation 
mixte. Ceux qui pas.sent les examens prescrits reçoivent des cer- 
tificats qui leur permettent d'entrer à l'université McMaster de 
Toronto sans subir d'autres examens. Un dixième environ des 
étudiants profitent de cet avantage. Il y a 20 bourses affectées 
au.x. élèves méritants et nécessiteux. 



L'EGLISE CONGREGATIONNELLE DU CANADA. 



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Dans l'église congrégationnelle du Canada, il y a deux sociétés 
évangéliques pour les femmes et chaque église a ses autres sociétés 
de femmes : cercles Dorcas, sociétés secourables de dames, cercles 
secourables, et cercles évangéliques. 

Les deux sociétés évangéliques sont : 

Le bureau des missions congrégationnelles des femmes du 
Canada, organisé en 1886. Secrétaire, Mrs J. D. Nasmith, 207 rue 
Bloor Est, Toronto, Ontario. 



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ŒUVRES RELIGIEUSES 



335 



Le bureaii des missions de feiniues à la Nouvelle lîcosse et au 
Nouveau-Brunswick, organisé en iHyy. vSecrétaire, Miss Ida Baker 
Académie Sheffield, Nouveau- Brunswick. 

.L'objet de ces j-ociétés est identique : cultiver l'esprit de prosé- 
lytisme, et prélever des fonds pour l'œuvre des missions à l'intérieur 
et à l'étranger. Il y a 800 membres. Les œuvres sont les suivantes : 
(a) entretien de deux missionnaires et maintien partiel de la 
station de Cesamba, Afrique centrale occidentale ; (^) maintien 
d'un lit et d'une infiiniière à l'hôpital des femmes de Manipey, 
Ceylau ; (r) entretien de professeurs et de prédicateurs pris parmi 
les natifs en Turquie ; {d) aide financière à la société des nn's- 
sions intérieures dont l'objet e.st d'aider les églises ntcessiteuses à 
l'intérieur. 

Les deux tiers des professeurs des écoles du dimanche sont des 
femmes. Les sociétés d'Énutlation chrétienne ( hommes et 
fennnes) constituent des auxiliaires précieux de propagande reli- 
gieuse dans la majorité des congrégations. 



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L'ËGUSE EPISCOPALIÇNNE RÉFORMÉE. 

Les femmes de l'église épiscopalienne réformée, s'occppcnt 
au moyen d'associations secourables de Dames de pourvoira l'entre- 
ti jn du culte et de secourir les pauvres de la paroisse. Les femmes 
font des classes de Bible et du dimanche. L'Émulation chrétienne, 
les Uhio's Daughtcrs, les Rands 0/ Hopc, sont les organisations pour 
les jeunes filles et enfants de l'église. 



L'EGLISE CATHOLIQUE APOSTOLIQUE, 

Il y a deux organisations féminines dans l'église catholique 
apostolique, les diaconesses et les assistantes laïques. Les pre- 
mières organisées en 1835 ou 1840 aident les pasteurs dans le soin 
spirituel des femmes ; elles dirigent les assistantes laïques dans des 
œuvres de piété et de charité envers les malades, les pauvres et les 
affligés qui leur sont confiés, que ceux-ci appartiennent ou non à la 
congrégation. Elles aident aux écoles du dimanche, s'occupent de 
l'entretien du culte et des vêtements sacerdotaux. 



L'EGLISE UNITARIENNE. 

Il y avait autrefois plusieurs sociétés de femmes dans l'église 
unitarienne. La plus importante étai*- ' société Samaritaine. Mais 
en 1890 l'alliance nationale des f<.iames unitariennes et autres 



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FJÎMA/ES DU CANADA 



femmes chrétiennes lil^érales a été fondée avec son siège prin- 
cipal à Boston, Massachusetts. Cette société a différents 
objets : i*"' activer la vie religieuse de l'éj^lise unitarieiuie et créer 
parmi les femmes de cette église des relations plus intimes, une 
coojiération et une amitié suivies ; 2*^ fonder des sociétés de femmes 
pour l'évangélisation et la propagande ; 3*^ réunir et réi)an(lre 
les informations relatives aux questions qui intéressent l'église ; 
4"' rechercher les moyens d'accroître l'action efficace de l'église. 

Il y a cinci succursales au Canada : a Montréal, Ottawa, 
Toronto, Hamilton et Saint-John (Nouveau-Brunswick). Dans la 
plupart des églises unitarienncs cette alliance des femmes est la 
seule société féminine. Klle forme divers comités pour les différentes 
sections du travail, savoir : publications, hôpitaux, amusements, 
charité. La plupart des professeurs des écoles du dimanche sont 
des femmes. 



L'EGLISE UNIVERSALISTE. 

Dans l'église universaliste il y a trois sociétés de femmes : 
L'union Chrétienne des Jeunes Enfants, \es Juniors et la société 
évangélique des Femmes. J.l a été organisé au Canada neuf cercles 
évangéliques. Le travail actuel de ces cercles est de faire la propa- 
gande au pays, c'est-à-dire de distribuer des publications et de 
stimuler les écoles du dimanche. Le travail auquel .se livrent 
jeunes et vieux, tend particulièrement à l'élévation de la vie morale. 
Les femmes s'occupent activement des écoles du dimanche et les 
quatre cinquièmes des professeurs sont des femmes. Les uni versa- 
listes .sont très actifs à la Nouvelle-Éco.sse. 

Adresse: Mrs. A. Y. AUan, Waterloo, P.Q. ; Miss L. M. 
Smiley, Hatley ouest (Québec). 




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ARMEE DU SALUT. 

Les femmes de l'Armée du Salut s'occupent au Canada des 
diverses œuvres chrétiennes suivantes : 

(a) Relèvement moral des filles perdues ; {b) refuge pour les 
travailleuses, (pour leurs asiles, voir charités et réformes) ; (<-) visite 
des bouges et œuvre de la ligue du pardon, visite des maisons 
pauvres dans les centres ouvriers ; soin des malades, des mourants 
et des indigents ; visite des hôpitaux, des maisons de correction et 
des prisons, etc. ; distribution de publications, lectures, conférences, 
prières populaires dans diverses institutions ; {d) maternité parmi 
les femmes pauvres ; {e) travail d'évangélisation ordinaire ; {/) 
écoles du dimanche pour les jeunes soldats et visite des corps plus 
considérables ; 500 femmes sont employées à l'œuvre des écoles 
du dimanche. 



ŒUVRES RELIGIEUSIiS 



337 



Il y a plusieurs or^janisations secondaires ; Groupes de zéla- 
trices, corps de musique, clueurs de chaut, groupes des stéuo- 
graphes, clavigraphistes et caissières adjointes aux qtiartiers î^éné- 
raux de province et de Toronto. 

EvaiiKéline Hooth, conuuissaire pour le Canada. 

Quartiers générau.s. pour la province, Toronto. K. lîaskin, 
secrétaire général. 



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LB CHRETIENS OU FRATERNITÉ UNIVERSELLE. 



Autour et au nord de \'orktown, il existe vu groupe important 
de près de 2,5(X} Russes du Caucase. Ils apparti^'tuient à mie secte 
qui s'est rendue fameu.se au milieu du dix-huitième siècle, et 
dont les doctrines ressemblent à celles des paulistes, groupe 
chrétien du deuxième siècle. Ils rejettent le rituel de l'église 
grecque : ils s'intitulent simplement chrétiens ou membres île la 
fraternité universelle. Leur croyance et leurs aspirations sont 
énoncées dans le sermon sur la montagne. Ils s'abstieiuient de 
manger de la viande ; ils ne boivent pas, ne fument pas et ne 
jurent pas et ils ne portent pas les armes. Ces principes ont attiré 
siu" eux les persécutions rigoureuses de l'église et du gouverne- 
ment ; ils ont été chassés de place en place dans le but d'arriver à 
leur extermination. Les chefs des Doukhoborts ont été envoyés en 
Sibérie et ceux qui restent ont eu la bonne fortune d'être autorisés 
à émigrer. Les quakers d'Angleterre qiri sympathisent particulière- 
ment avec leurs idées religieuses et leurs principes de non-résis- 
tance à la force ont fourni des sonunes importantes pour leur per- 
mettre de venir au Canada où ils sont arrivés au pnutemps de 1899. 



LES LUTHERIENS OU FRERES UNIS DANS LE CHRIST. 

Pas de sociétés de femmes. Il y a des écoles paroissiales et 
des écoles de jour et aussi des sociétés de Dames secourables. 






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LES CHRETIENS OU DISCIPLES DU CHRIST. 



Il y a dans cette église trois organisations de femmes dont 
l'objet est : l'évangélisation à l'intérieur et à l'extérieur et l'entre- 
tien des écoles du dimanche. 

Elles aident au soutien des missionnaires de l'Inde et du Japon. 






338 



FEMMES DU CANADA 



FRERES CHRETIENS. 






X 



Il y a trois organisations de Frères : organisation ouverte, fermée 
et neutre. Ils n'encouragent pas lés organisations et prêchent 
l'œuvre individuelle, per se, pour chaque frère ou sœur. 



LES SCIENTISTES CHRET NS. 

Iva révérende Mary Baker G. Kddy lança en 1866, l'idée de la 
science chrétienne. L'égli.se mère est à Boston, Massachu.setts, et il 
existe maintenant dans le Canada 50 congrégations. Les «ervices 
religieux sont dirigés par deux lecteurs, un homme et une femme. 
Les femmes s'occupent activement de toutes les œuvres de cette 
congrégation. 



LA NOUVELLE JERUSALEM OU L'ÉGLISE DE SWEDENBORG. 

Le siège principal de ce corps paraît être dan-; Ontario où il s'est 
organisé des sociétés secourables de Dames et des cercles de couture 
pour les jeunes remmes. Son objet est religieux et social. 

On trouve des sociétés de ce genre à Torotito et à Berlin. Dans 
cette ville, cinq femmes s'occUpent de l'œuvre des écoles du 
dimanche. 



LE MOUVEMENT DE SANCTIFICATION OU L'EGLISE. 

Pas d'organisation "^éminine. 
N. B. — IvC comité reffie. de n'avoir pas reçu de renseignements i\ l'égard 
des fondations tles Scandinaves, des quakers et des tunkers pour les inclure 
dans cette étude. 



LES JUIFS. 



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Les femmes d'Israël aident aux écoles du Sabbat, cousent pour 
les pauvres, assistent les indigents et les vieillards, prennent soin 
des réfugiés qui arrivent au Canada sans res.sources et sans amis 
et trop souvent pleurent les êtres chéris qui péri.ssent .sous les 
coups de l'oppression. Elles ne s'occupent ni de refuges, ni d'asiles, 
ni de missions, parce que les Israélites .sont absolument opposés à 
ce genre de propagande. 

Parmi leurs sociétés dans ie Canada on \At\\i citer : 



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ŒUVRES RELIGIEUSES 



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Saint'Jean (Nouveau-Brunswick). — "Les Filles d'Israël' , société de 
couture de 50 membres. But : veiller sur les immij^rants russes 
qui arrivent dans la ville en hiver. Adresse : Mi.ss B. H art, rue 
King. 

Québec. — Congélations allemandes et polonaises. Une orga- 
nisation féminine adjointe à la synagogue se réunit tous les dimanches 
dans le but de veiller aux malades et d'aider les Juifs qui arrivent. 

Montréal.— Les congrégations espagnoles et portugaises ont 
deux organisations : l'une, société secourable de Dames rayant pour 
objet d'aider la synagogue ; l'autre, société de couture fondée eit 
18H9 par des dames de la synagogue pour coudre pour les pauvresv 
vSes recettes proviennent d'une contribution annuelle de 50 sous et de 
dons de tissus pour confectionner des vêtements de feuunes et 
d'enfants. Elle a soulagé Ijeaucoup de cas d'indigence. Elle est 
affiliée à l'institut du ]);',ron Hirsch par l'entremise duquel se fait 
la distribution des vêtements. Elle a une école du sabbat pour les 
Juifs et pour l'instruction religieuse. La congrégation allemande et 
polonaise a une .société de dames qui s'appelle la ' ' Cheora Kadi.sha " . 
Adres.se: Mrs. J. Hirsch. vSociété de, couture, adresse: Miss 
I^ssie Hirsch. La synagogue roiunaine n'a pas d,' organisation 
féminine. 

Hamilton, Ontario. — La synagogue a une organisation de femmes. 
Ol)jci : charité ; adresse : Mrs. H. Levy, 143 rue James, Sud. 

OtUwa. — 2 congrégations, pas d'organisation féminine. 

Winnipc^, Manitoba. — Sociétés .secourables de Dames de Rosh 
Piiia et de Shaared Zedek. Objet — assi.stance aux ^jauvres et aux 
malades. Présidente : Mrs. J. Rosau, 109 rue Henry. Des écoles 
séparées sont tenues après les heures d'école publique dans les 
chambres de réunion de la synagogue de Rosh Pina. 

(b.) LES ŒUVKES RELIGIEUSES NEUTRES. 
MISSIONS DES VILLES. 



Ontario. — Union des Missions de Toronto, organisée eu 1891 par M. 
W. H. Howland. La particularité de l'œuvre de l'union est (jnelle 
" dépend pour .sa direction et les re.s.sources de ses diverses sections, 
uniquement de la sagesse et de la bonté de Notre Père céleste ". 

Fonctionnement de l'œuvre : - assemblées de prières, visites à 
domicile, 'l^stribution de'fonds suivant les vues de la société. Elle a 
une maison pour les di.stributrices de bibles, une classe de Bible pour 
les jeunes femmes, réunion de mères de famille, clas.se de couture et 
jardins de l'enfance pour les filles, crèches, mis.sion de Soins à 
domicile, assemblées pour les jeunes filles de manufactures. Secré- 
taire— Miss Agnès L. Good, 35 Avenue Lowther. 



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340 



FEMMES DU CANADA 



Mission mainte de Bienfaisance. — Ktablie par le révérend A. Shuster. 
Soutenue par des contributions volontaires. Quatorze dames aident 
à l'œuvre des école- du diman.ne. Mlle Edith A. Ainiinj4, aidée 
d'un grand nombre de personnes de bonne volonté, dirige un jardin 
de l'enfance où sont enrôlés 50 enfants. 

Mission de la Bienvenue, Montréal. — Cette mission a pour objet 
de secourir les déclassés. Elle s'adresse aux hommes et aux 
femmes de Montréal. Elle fait beaucoup de bien parmi les hommes ; 
pour les femmes, des réunions hebdomadaires sont tenues sous la 
direction du Dr Susan Dougall, de Mlles H. Alden, R. L. Thompson 
et de Mrs. Frazer et autres. Ces réunions réconfortent beaucoup 
les mères dans leur vie intérieure. 



LA CONFRERIE DE LA DIME DU SEIGNEUR. 

Une .société s'est formée dans la Colombie britamiique sur les 
mêmes bases qu'une société anglaise appelée le Trésor de Dieu. Le 
secrétaire e.st MissCrease, Cadboro, Bay Road. Ee but de la .société 
est de " répandre au dehors l'antique coutume imposée à chacun da 
doinier au .Se "neur la dîme de son revenu et de contribuer au 
service de Die, . et au secours de .ses voi.sins pauvres ". 

.• LA SOCIÉTÉ D'ÉMULATION CHRÉTIENNE. 

Cette organisation est une des plus développées du Canada et 
bien qu'elle se compo.se des deux sexes, les femmes sont en grande 
majorité et ce sont elles qui travaillent à atteindre le but que la 
société s'est tracé, rétablissement d'une vie spirituelle et laconnai.s- 
sance du Christ. Le nombre total des sociétés d'émulation chré- 
tienne au Canada est de 3.476, dont 589 sont des sociétés de jeunes 
personnes. Le nombre des membres est de 138,258. Chaque 
p'ovince est parfaitement organisée, avec un personnel complet 
d'officiers qui sont presque tous des jeunes gens ; mais dans chaque 
province, il v a une jeune femme qui occupe la ]>lacede surintendant 
provincial de l'œuvre de la jeunesse. Avec un tel bataillon de 
vaillants travailleurs, nous pouvons attendre avec confiance l'aurore 
du siècle nouveau qui .se lèvera au son des voix d'enfants chantant 
en chœur : " Pour le Christ et l'Église ". 



LES AUTRES SOCIETES. 

Dans la catégorie des œuvres neutres il existe au C*anada des 
sections des missions suivantes où travaillent des femmes : mission 
McAll, Juifs amis, cercles Ramabai, missions des lépreux indiens, 
cercles des missions sud-africaines, sociétés Rébecca et missions 
intérieures de Chine. Cette dernière société a une maison de mission 
ainsi qu une écx)ie préparatoire, 632 Church Street, Toronto. 



CHARITES HT CORRECTION 



341 



CHAPITRE XI. 



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CHARITES ET CORRECTION. 

Releviî par Mme Thibaudeau, avec l'aide de 
Mrs. Learmont. 



LOIS ET STATISTIQUES RELATIVES AUX ŒUVRES 

DE CHARITÉ. 

LOIS RELATIVES AUX ÉTABLISSEMENTS ET ASSOCIATIONS DE CHARITÉ 
DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC. 

En vertu des lois de la province de Québec régissant les asiles 
d'aliénés, le gouvernement est autorisé à construire ou à acheter un 
ou plusieurs asiles en temps utile. Il lui 
est loisible de les confier à des connnu- 
uautés religieuses. Les asiles d'aliénés 
ainsi construits et qui sont subventionnés 
par le gouvernement .sont sujets à sou 
contrôle. Lorsque les parents sont pau- 
vres, le gouvernement supporte à partie 
égale avec la mu' 'cipalité de la ville ou 
du comté où le maïade est domicilié, le- 
frais d'entretien et de traitement. Per- 
sonne n'est admis sans certificat du 
médecin. Il est attaché à ces asiles un 
médecin en chef, un aide-médecin en 
chef et deux médecins internes, dont 
les traitements sont payés par le gouv- 
ernement provincial "et ne doivent jamais dépasser 3,000 dollars. 

Quant aux institutions de correction, le gouvernement a le pouvoir 
de faire ériger dans la province, des " écoles de réforme " destinées 
aux jeunes délinquants. Les frais de garde et d'entretien sont à la 
charg du gouvernement pour moitié, et pour l'autre moitié à celle de 
la municipalité où .se trouvait l'enfant lors de son arrestation. Les 
écoles d'industrie ou de correction peuvent mettre leurs sujets en 
apprentissage chez une personne recommandablc jusqu'à l'âge de 
2\ ans. 





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342 



FEMMES DU CANADA 



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Presque toutes les institutions de charité sont gouvernées par 
des chartes spéciales et il y a fort peu de lois générales sur le sujet. 
Les articles 3096 et snivants des Statuts refondus de la proviuer de 
Québec (1888) assimilent ces institutions à des corporations ordinaires. 
Elles se forment de la même façon, constituent une personne civile 
qui possède tous les droits et a toutes les obligations de ces personnes, 
avec le pouvoir d'élire des officiers, d'établir des règlements et 
d'acquérir des biens. 

(3096) Des sociêtiîs de secours mutuels et des sociétés 
CHARITABLES. I ^ Les mots ' ' sociétés de secours mutuels ' ' désignent 
toute société établie dans le but de se mettre, au moyen des contri- 
butions de ses membres, en état de secourir ses membres mêmes, 
lorsqu'ils sont frappés de maladie ou qu'ils deviennent victimes 
d'accidents ou de revers de fortune, et, — dans le cas de décès des 
membres, — de secourir leurs veuves, orphelins ou repré.sentants 
légaux. 

2° Les mots ' ' sociétés charitables ' ' désignent toute société dont 
l'objet est, au moyen de contributions ou .souscriptions volontaires, 
dons ou donations de ses membres ou du public, de secourir les 
affligés par suite de maladie, accident, revers de fortune, les veuves 
et les orphelins, ou de soustraire au vice et réformer les femmes 
déchues, de prévenir les actes de cruauté envers les femmes et les 
enfants, ou d'atteindre d'autres fins analogues. 

(3097) De l'organisation DES SOCIÉTÉS, i^ Des personnes, 
au nombre de vingt, peuvent faire et signer une déclaration consta- 
tant leur intention d'établir une société de secours mutuels ou une 
société charitable en cette province. 

2^ Cette déclaration doit indiquer : 

(a) le nom de la .société; 

(b) son objet; 

(c) les noms, prénoms et adres.sesd'au moins trois et d'au plus 
neuf personnes qui doivent en être les premiers directeurs, et les noms, 
prénoms et adresses des personnes qui doivent en être le premier pré- 
sident et le premier secrétaire; 

(d) la localité où elle aura son siège principal. 

3° Sur requête, il est loi.sible à l'Exécutif de permettre aux 
requérants et a ceux qu'ils s'adjoindront on qui leur succéderont 
de former une société de secours mutuels ou une société charitable. 

4*^ Avis que l'autorisation a été accordée doit être publié par 
le secrétaire de la Province dans V Officiel de Québec, suivant la 
formule de la cédule A et déposé par les requérants, après telle 
publication, au greffe de la cour supérieure du district oii sera 
situé .son siège principal, et à partir de cette publication et de ce 
dépôt, elle est constituée en société d^ secours nuttucls ou en 
société charitable suivant le cas. 

5" La pubhi.ition, le dépôt et l'en regi.strement de l'avis reqrds 
par cet article sont aux frais de la société. 



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CHARITES ET CORRECTION 343 

6" Quiconque fait des opérations pour ou au nom d'une 
société visée par cet article avant qu'elle ait accompli les formalités 
ci-haut mentionnées, est passible d'une amende n'excédant pas 
cent dollars, et à défaut de paiement, d'un emprisonnement n'ex- 
cédant pas trois mois. 

(3098) Iva société peut établir et maintenir des succursales 
lK)ur atteindre les fins pour lesquelles elle a été autorisée à se for- 
mer, à condition de déposer au greffe de la cour supérieure du dis- 
trict où sera établie la succursale une copie de l'avis publié dans 
r Officiel du Québec. 

Subventions accordées en 1899 P^'' ^^ gouvernement de la 
province de Québec : 

Écoles de réforme et d'industrie 5,400.00 dollars. 

Asiles d'aliénés 45,000.00 " 

Écoles de sourds-muets 13,000.00 " 

Asiles d'aliénés 320,000.00 " 

Écoles industrielles de réforme 58,900.00 " 

Institut ]\IcKay 500.00 " 

Institutions de bienfaisance 44,675. 75 " 

Total 487,475.75 " 

I<e conseil de ville de Montréal donne 68,500 dollars potir 
certaines œuvres de charité et de réforme, comme suit : 

Entretien des prisonnierh 10,000 dollars. 

" " aliénés 24,000 ' " 

Orphelins de Montfort 10,500 " 

École de réforme du Bon-Pasteur i ,000 ' ' 

Écoles de réforme . 20,0(J0 " 

Ambulances des hôpitaux ... 1,000 " 

Bureau de placement 700 " 

Refu.ije de nuit 500 ' ' 

Société Protectrice des femmes et des enfants 400 " 

Société Protectrice des animaux 400 " 

Total 68,500 

Montréal. — Les institutions charitables font une œuvre excellente 
à Montréal. En 1897, la société Saint- Vincent de Paul a, dans ses 
24 conférences, dépensé en charités une somme de 23,578 dollars. 
KUe secourt ainsi par an, 1,500 familles. 

La mendicité e.st interdite dans la ville, à moins d'un permis 
signé par le maire, un prêtre, un ministre ou deux juges de paix. 
D'après sa nouvelle charte la ville a sur les enfants les droits 
."•'livants : (524) Toutes les fois \ l'un enfant, apparemment âgé de 
six à .seize ans, est traduit devant le recorder pour être envoyé à 



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FEMMES DU CANADA 



l'école d'industrie ou de correction, celui-ci peut interner ce': enfant 
dans une école d'industrie ou de correction, ou le confier à la garde 
d'une personne respectable pendant un temps suffisant pour recevoir 
les informations sur son compte et préparer les pièces justifiant son 
internement, pourvu que cette détention temporaire, qui peut être 
renouvelée, n'excède pas huit jours consécutifs. C525) Toutes les 
fois qu'un enfant âgé apparennnent de moins de seize ans, et n'ayant 
aucun parent ni aucune autre personne pour en prendre un soin 
convenable, est amené devant le recorder et qu'il ne peut être envoyé 
à une école d'industrie ou à une école de correction, le recorder peut 
placer cet enfant dans une institution, ou le mettre en apprentis- 
sage, ou en service domestique, ou le confier à une personne respec- 
table, jusqu'à ce qu'il ait atteint V .ge de 18 ans. (526) Le recordtr 
peut, sur preuve satisfaisante qu'un enfant âgé de moins de seize 
ans est .sans protection suffisante, faire comparaître cet enfant et le 
traiter comme il est dit aux articles précédents. 

Dans ces différents cas, les articles 3176, 3177, 3178, 3180 et 
3 181 des Statuts refondus de la province de Québec s'appliquent au 
recorder, comme ils s'appliquent aux directeurs de toute école 
d'mdustrie et de correction. 



PROVINCE D'ONTARIO. 

Les lois d'Ontario relatives aux enfants abandonnés et assistés 
ont été revues et refondues en 1S97 : Voici les articles principaux 
de cette loi. 

1° Cette loi peut être citée sous le titre de : Loi de protection 
des enfants de la province d' Ontario, chapitre 259. 

2" Dans cette loi, {a) le terme de "société d'assistance aux 
enfants " s'applique à toute société dûment constituée et organisée 
dont l'objet est, entre autres, de protéger les etifants contre la 
cruauté des parents, de prendre soin et de diriger les enfants 
négligés ou dépendants de la charité publique, lorsque cette société 
a été approuvée par l'Exécutif pour les fins de cette loi. 

3° L'Exécutif peut nommer un fonctionnaire qui portera le nom 
de surintendant des enfants abandonnés et assistés et dont les ap- 
pointements seront pris sur les .sommes destinées à cette fin par 
l'assemblée législative de la province. Le devoir de ce fonctionnaire 
sera : («) d'aider à établir des sociétés d'a.ssistance aux enfants; 
{J)) d'inspecter les écoles industrielles et les refuges ; (r) de faire des 
inspections spéciales ; (âf) de donner des conseils aux commissions 
qui visitent les indigents à domicile ; (é*) de conserver les ca.siers 
judiciaires ; ( f^ d'inspecter les mai.sons enregistrées conformément 
aux statuts revisés, 258 ; ( g) de préparer et de soumettre un rapport 
annuel : {li) de remplir les devoirs qui pourraient lui être tracés 
par l'Exécutif. 



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CHARITES ET CORRECTION 



34; 



4** (a) Afin de mieux protéger les enfants abandonnés, il sera 
établi dans chaque ville, dont la population dépasse dix mille âmes 
un ou deux refuges pour les enfants ; ces endroits seront connus 
seulement sous le nom de refuges temporaires ou abris, (^b) L,e3 
asiles existants peuvent servir d'abris, (f) Dans une nuuiicipalité, 
quand une société d'assistance aux enfants aura reçu l'appro- 
bation du lieutenant-gouverneur, cette société aura immédiatement 
la surveillance et la direction de ces enfants dans le logis temporaire 
ou l'abri fournis par (ou aux dépens de) la dite municipalité ; mais 
cette disposition ne s'appliquera pas aux asiles d'orphelins ni aux 
autres institutions d'enfants mentionnés dans le paragraphe 2 de 
cette section, sans le consentement des syndics ou du corps dirigeant 
de ces institutions (56 Victoria, chapitre 45, section 10(2-3) 5)- I^ans 
chaque collège électoral d'Ontario, il sera nommé une commission 
de six personnes ou plus, dont la moitié devra être des femmes à 
laquelle on donnera le nom de " Comité visiteur d ' enfants' ' de ce collège 
électoral. La dite commission travaillera de concert avec les sociétés 
assistance aux enfants et ne recevra pas de rémunération. 
Ses niem])res auront en tout temps le privilège de visiter les abris 
temporaires ou les refuges dans tout leur collège électoral et de 
sug'^érer les dispositions, changements ou nouveautés qu'ils juge- 
ront raisonnables. La commission s'occupera aussi, s^ous la 
diri^"'" du surintendant, de choisir soigneusement des 

ir^' ns d'adoption pour les enfants qui se trouveront dans les 
rei tiges et les abris temporaires, et de visiter les enfants qui ont été 
placés dans des familles choisies ; cette visite devra se faire une fois 
au moins tous les trois mois, et la commission aura le droit de 
retirer l'enfant de la famille ovi il a été placé pour l'envoyer à l'un 
des asiles ou refuges choisis, ou dans une autre famille au 
gré des commissaires, en se conformant à cet égard aux disposi- 
tions approuvées par l'Exécutif. La dite commission aura 
aussi le droit en tout temps de visiter et d'inspecter les maisons 
désignées dans la première partie de la loi concernant les maternités 
et la protection des enfants en bas âge, et d'exercer les pouvoirs qui 
l:ii reviennent, en vertu de l'article 9 de la dite loi 56 Victoria, 
chapitre 45, section 11, (i) et 58 Victoria, chapitre 52, article 6, 
etc., etc. 

Sonnerie du couvre-feu, 21. (i) Les conseils municipaux, dans 
les villes et villages constitués, pourront passer des règlements 
pour déterminer le temps après lequel les enfants ne pourront 
pas, le soir, se trouver dans les rues sans être accompagnés de 
leurs protecteurs, et l'âge réel ou approximatif auquel les 
enfants seront tenus de se trouver à la maison à l'heure fixée ; 
et, dans ce cas, le conseil municipal fera sonner une ou plusieurs 
cloches à titre d'avertissement à (ou environ) l'heure fixée. Cet 
avertissement s'appellera " Sonnerie du couvre-feu " et, après qu'il 
aura été donné, les enfants tenus par le présent règlement d'être 



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346 



FEMMES DU CANADA 



chez eux ou de ne pas se trouver dans la rue, ne devront pas être 
rencontrés sur la voie publique à moins d'être accompagnés de 
quelqu'un, ou dans des cas de force maieure, etc. 

Enfants envoyés dans les rues pour mendier, 24. Le chapitre 
58 des Statuts du Canada, 1894. traite de l'arrestation, du procès 
et de l'emprisonnement des jeunes délinquants. Le chapitre 161 est 
la loi relative aux apprentis et aux mineurs. 

Le chapitre 258 traite des maternités et de la protection des 
enfants en bas âge. (i) Personne n'aura le droit de garder ou de 
recevoir pendant ] ;. , de vingt-quatre heures pour argent ou dans 
l'espoir d'une récompense, plus d'un enfant, et en cas de jumeaux 
plus de deux enfants, âgés de moins d'un an, pour lesnourrirou les 
élever loin de leurs parents, à moins que ce ne soit dans une maison 
enregis 'ée .spécialement à cet effet (Statuts refondus dOntario 
1887, chapitre 209, article i). 

(2) Enregistrement des maisons pour recevoir des enfants, etc., 
Ile partie, 15. Les maisons de maternité ne sont pas autorisées à 
moins d'être enregistrées, etc., (23). Un médecin doit assister aux 
naissances qui surviennent dans ces maisons. 

Adoption des enfants (26). 

Aucun enfant ne peut travailler dans une manufacture s'il est 
âgé de moins de quatorze ans (Statuts refondus d'Ontario, chapitre 
256, article 3). 

Il est défendu de vendre des boissons enivrantes à une personne 
au-dessous de 21 ans (Statuts refondus d'Ontario, chapitre 245, 
article 78). 

Personne ne peut sans s'exposer à une peine vendre du tabac à 
une personne âgée de moins de 18 ans (Statuts refondus d'Ontario, 
chapitre 261, article i). 

Les personnes qui tiennent des jeux de billard ou de bagatelle 
n'ont pas le droit de recevoir dans leur établissement des enfants 
au-dessous de seize ans (Statuts refondus d'Ontario, chapitre 247, 
article i). 

Les prêteurs sur gage ne peuvent recevoir aucun objet en 
nantis.sement d'enfants paraissant être au-dessous de quinze ans. 
(Statuts refondus d'Ontario, chapitre 188, article 33.) 

L'école est obligatoire de huit à quatorze ans et les enfants 
compris dans ces deux limites d'âge doivent y assister à moins d'en 
être dispensés pour bonne et valable raison (Statuts refondus 
d'Ontario, chapitre 296, article 2). 

Les propriétaires de magasins doivent fournir des sièges aux 
jeunes filles employées dans leurs magasins et elles doivent pouvoir 
se servir de ces sièges lorsqu'elles ne sont pas occupées à remplir 
les fonctions pour lesquelles elles sont engagées (Statuts refondus 
d'Ontario, chapitre 257, article 11). 



CHARITÉS ET CORRECTION 



347 



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Toronto. — L,e conseil municipal vote un certain montant i)our 
secours extérieurs. La ville paie un préposé à l'assistance nnini- 
cipale ; celui-ci reçoit les demandes et envoie des .sollicitants anx 
endroits où ils seront assistés. 

La société pour l'Assistance aux Enfants est à peu près la .seule 
organisation charitable de Toronto qui ne reçoive pas d'aide du gou- 
vernement. 

Ott.vw.v est la capitale administrative du Canada. La 
municipalité accorde aniuiellement au maire une .somme de 1,555.24 
dollars pour pourvoir aux besoins de la charité. Cette somme m'est 
])as déterminée, mais elle varie peu. Elle .se répartit généralement 
ainsi : 500 dollars pour l'Union charitable {Associated charitics) ; 
6,108.49 dollars pour l'hôpital des maladies contagieu.ses et 275 
dollars par an pour l'entretien des aliénés. Les asiles des pauvres 
sont entretenus par la charité privée. 

Kingston. — A King.ston les fonds pour le secours des indigents 
proviennent de contributions volontaires et .sont répartis par des 
agences gratuites. La société Saint-Vincent de Paul prend soin des 
indigents catholiques romains. 



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), chapitre 

t personne 
pitre 245, 

du tabac à 
d'Ontario, 

bagatelle 
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ipitre 247, 

[1 objet en 
luinze ans. 

les enfants 

noins d'en 

refondus 

I sièges aux 
lut pouvoir 
(s à remplir 
Is refondus 



PROVINCES MARITIMES. 

NouvELi^E-ÊcossE. — La province de la Nouvel -o- Ecosse donne 
].ar an pour la charité publique 123,604,81 dollars. Depuis 1886, il 
■xiste une loi qui permet aux comtés d'ériger des asiles. Il y en a 
1 5 actuellement. Les aliénés qui ne .sont pas dangereux peuvent y 
être envoyés directement ou bien de l'hôpital. Les idiots, les épilep- 
tiques tranquilles et les aliénés intermittents ne sont pas reçus, par 
disposition spéciale de la loi. Les articles du chapitre 38 des Statuts 
refondus, cinquième série, fournissent les indications nécessaires pour 
ceux qui dé.sirent l'admissioi d'un malade. Le surintendant ne peut 
pas admettre de patient sans un ordre du commissaire des Travaux 
Publics et des Mines. 

Halifax. — L'assistance extérieure à Halifax est sous les .soins 
d'un fonctionnaire municipal mais l'argent provient de la charité 
privée. 

Dans le comté de Digby, il y a un dépôt de mendicité. 

Nouveau-Brunswick. — La province du Nouveau-Brunswick 
accorde pour les œuvres de charité et de correction 63,500 dollars. 

Il y a dans le Nouveau-Brunswick .six maisons de secours 
soutenues par les municipalités. La plus grande est celle de '^nint- 
John qui reçoit un nombre considérable d'indigents. Les secours 
extérieurs provenant de la charité publique .«ont distribués par la 
commission des maisons de secours, après enquête. 



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FEMMES DU CAXADA 
ILE-DE-PRINCE-ÊDOUARD. 



lylle-cle- Prince- Edouard dépense 24,958.96 dollars pour l'assis- 
tance publique. Il y a une maison d'indigents entièrement à la 
charge du gouvernement. 

TERRITOIRES DU NORD-OUEST. 

Les territoires du Nord-Ouest offrent un champ d'action très 
invit^uit pour les établissements hospitaliers et le pays doit une pro- 
fonde reconnaissance à la générosité de ses habitants. Sa subvention 
territoriale ne s'élève qu'à un peu plus de treize sous par journée 
d hôpital, ce qui, au taux de 25 sous par journée d'hôpital de 
chaque malade non payant, est loin de rembourser l'hôpital des 
services charitables rendus. 

En 1859, après le traité conclu entre le gouvernement et les 
sauvages, les enfants indiens recevaient du gouvernement quelques 
dollars par année. Finalement le gouvernement a donné 30 
dollars par an par enfant indien, mais rien pour les enfants 
blancs ou métis. Dernièrement la somme payée jxjur les enfants 
indiens a été augmentée et les sœurs reçoivent une rémunération 
comme institutrices. Elles s'occupent de leurs œuvres sans contrôle 
extérieur. 

COEOMBIE-BRITAXNIQUF. 

La Colombie-britannique avec l'île de A'ancouver est devenue 
province de la Confédération en 1871. Les subventions du gouver- 
nement aux hôpitaux et pour les fins de charité dans les cin([ 
dernières aimées sont indiquées au tableau ci-après : 

Hôpitaux en Autres institu- Secours en gêné- Subventions 

général. lions de rai aux pauvres aux médecin ; 

charité. et indigents, dans les ]K>stes 

éloignés. 

Dollars. Dollars. Dollars. Dollars. 

1S95 ^3.500 3.270 6.942 5,688 

iS0 34.000 8,872 3,840 6,450 

1897 . 34.500 11,232 3.703 6,050 

1898 36,500 1 1,263 5,080 5,876 

1899 40,000 13,543 10, 103 4,572 

Pendant ' même période, les frais d'entretien des asiles 
d'aliénés ont c. respectivement de 31,369 dollars ; 35,548 dollars , 
36,083 dollars ; 42,828 dollars ; et 59,839 dollars. Ces chiffres com- 
portent seulement les frais d'entretien et non les frais de réparation 
aux bâtiments. 

Il y a quatorze hôpitaux qui sont subventionnés par le gou- 
vernement. L'asile des vieillards n'est pas classé comme hôpital 
et est entretenu entièrement par le gouvernement. En dehors de.s 



aiARfTFS ET CORR lier ION 



349 



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hôpitaux et de l'asile des vieillards, la seule institution charital)le 
(|ui reçoive des secours directs du gouvernement est la maison de 
Refuge (pli reçoit une subvention annuelle de 1,000 dollars. 

Victoria. — Il n'y a pas à Victoria de règlements jx)ur les 
indigents, mais la ville donne par an 2,000 dollars pour les in.stitu- 
tions de charité. 



2.— SOCIETES DE CONCENTRATION DES ŒUVRES. 

Principe et but. — Une société de concentration des œuvres peut 
se définir comme suit : 

1° Un bureau commun d'enregistrement et de renseignements 
et un point de raccordement pour toutes les œuvres charitables de la 
ville où la société existe; 

2 ^ Une sorte de bourse par l'entremi-se de laquelle on tire parti de 
la coopération pour les œuvres de bienfaisance; grâce à laquelle, dans 
chaque cas d'indigence, les meilleurs ressources de la ville peuvent 
être mises à profit en vue d'une assistance permanente et efficace ; 
le tout conduit d'après des principes propres à mettre pour l'avenir 
les solliciteurs à l'abri du besoin d'assistance temporaire ou phy.sique; 

3° Une agence commerciale de renseignements pour connaître 
les institutions charitables de la ville et pour s'informer de la 
position réelle des solliciteurs. 

Le but des .sociétés de ce genre est de secourir le pauvre par 
l'amélioration des conditions sociales et sanitaires et en lui incul- 
quant les principes de prévoyance et d'initiative. 






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Subvention.s 
iiix médecin ; 
inslesiMistes 
éloif^és. 
Dollars. 
5,688 

6,450 
6,050 

5,876 
4.572 



des 

48 dollars , 

liffres com- 

réparation 

)ar le gou- 
rme hôpital 
dehors des 



VILLES OU IL EXISTE DES SOCIETES DE CONCENTRATION DES 

ŒUVRES. 



Halifax (Nouvelle-Êcos.se). — Population, 39,000. Association 
l^our l'amélioration de la condition des indigents. Adresse, 61 rue 
Granville. 

KiNSTON (Ontario). — Oigani.sée en 1899. Population, 3,500. 
Secrétaire ou agent, Miss A. Chown. 

LoNDON (Ontario). — Organisée en 1896. Population 50.000. 
Pré.sident, J. S. Pearce. Secrétaire ou agent, Joseph Sanders. Adresse 
Hôtel de Ville. 

Montréal. — Organisée en 1900. Population, 300,000 Pré- 
sident, l'honorable G. A. Drummond. Adresse, 98 rue Bleury. 






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FEMMES DU CANADA 



Ottawa, — Population. 63,480. Union des œuvres, 
ou agent, John Keane. Adresse, Hôtel de Ville. 



Secrétaire 



Toronto. Population, 200,000. Associations de charité. 
Président, James Massie. Secrétaire ou agent, Rev R. C. Tibb. 
Adresse, 12, rue Richmoud, E- 

Victoria (Colombie-britannique). Fondé en 1895. Population 
19,000. Société de secours mutuel. Secrétaire ou agent, Mrs. 
Gould. 

Remarque. — La société de London a pour les pauvres, des champs de 
pommes de terre et des terrains à Ijois, et la société Amicale de Secours de 
Victoria (Colombie-britannique ). fait des charités. 



ASILES ET SOCIETES POUR JEUNES ENFANTS. GARÇONS ET FILLES. 

PROVIN'CE DK QUÉBEC. 

Montréal. — L'institution des sœurs Grises de rhopital c(énéral, rue Guy, 
fondée en 1738 par la vénérable Mère Marguerite Dupont de Lajeni- 
meraie, veuve de M. d'Vouville. But: la sanctification de ses 
membres et l'accompli-sseraent des œuvres de charité. Maison mère 
à Montréal, avec cinquante-trois maisons sous sa juridiction : vingt- 
quatre dans la province de Québec, dix-huit dans le Manitoba et les 
territoires du Nord-Ouest, et onze dans les États-Unis. Il 3' a à 
présent dans l'Ordre 596 sœurs professes, dont 100 demeurent à la 
maison mère ; il y a en outre 50 novices et 29 sœurs auxiliaires. 
Recettes : .subvention du gouvernement provincial divisée entre les 
succursales de Montréal et de Sainte- Cunégonde. Cette subvention 
n'est pas suffisante ; les religieuses y ajoutent la charité publique et 
l'industrie des sœurs. Adresse — R. M. supérieure. 

Montréal. — Orphelinat et Crèche, rue Guy, peut recevoir 200 enfants 
des deux sexes. Les pauvres ont la pension gratuitement, pour 
les autres les prix varient. La crr -he reçoit une subvention du 
gouvernement et s'occupe de 97 eniants trouvés. Adresse — R. M. 
supérieure. 

Montréal. — Hospice Sainft- Joseph; 50 rue Cathédrale, fondé en 1841 
pour servir de refuge pour les femmes pauvres et les enfants trouvés, 
dirigé par un comité de dames. En 1854 les .sœurs Grises en prirent 
la direction et ne s'occupent actuellement que des orphelins d'origine 
canadienne. Il y a un atelier. Nombre des orphelins, 179 
Recettes : travaux manuels des pensionnaires et le profit d'un 
banquet donné chaque année par des dames charitables. Adresse— 
R. M. .supérieure. 



CHARITÉS ET CORRECTION 



351 



Montréal. — Salle d'asile Saint-Joseph, 541 rue Saint- Jacques, fondé 
en 1858 et placé sous les soins des sœurs Grises. But : sauvegarder 
l'innocence des petits enfants âgés de deux à cinq ans, développer 
leur intelligence et leur force physique. Moyenne des enfants, 242. 
Recettes : subvention du gouvernement provincial. Adresse — R. M. 
supérieure. 

Montréal. — Asile Saint- Patrice, rue Dorche.ster, établi pour le soin des 
enfants irlandais catholiques ; il y en a 200 à l'institution. Ils sont 
entretenus par une association de dames irlandaises et dirigés par 
les .sœurs Grises. Adresse — R. M. supérieure. 

Montréal. - Asile de Bethléem, square Saint- Antoine, rue Richmond, 
fondé en 1868 ; aux soins des sœurs Grises. Il y a 85 orphelins à 
rétablissement et 200 enfants au-dessous de sept ans qui vont à la 
salle d'asile. Adresse— R. M. supérieure. 

Montréal. — Asile de Nazareth, rue Sainte-Catherine, fondé en 1850 ; 
aux soins des sœurs Grises. * But : l'éducation des enfants des deux 
.sexes, entre les âges de trois et neuf ans. Il y a 300 enfants dans 
rétablissement ; c'est un grand ser\-ice rendu aux parents que de 
prendre soin des enfants qui ne sont pas assez âgés pour aller à 
l'école. Les mères peuvent y lai.sser, sans crainte, leurs jeunes 
enfants pendant qu'elles s'occupent de leur travaux de ménage ou 
qu'elles travaillent en dehors pour gagner leur vie et celle de leurs 
enfants. Adresse— R. M. supérieure. 

Montréal. — Orphelinat de l'Hotel-Dieu, avenue des Pins. P'nviron 30 
orphelins sont admis chaque année. Adresse — R. M. supérieure. 

Montréal.— Orphelinat Catholique, rue Sainte-Catherine, fondé en 
1832, après la terrible épidémie du choléra qui fit tant d'orphelins. 
Une société constituée, composée de dames, le dirige et le soutient. 
Jusqu'en 1889, 32 orphelins y étaient reçus gratuitement ; il y a 
maintenant 72 orphelins dont 40 payent pour leur pension de i à 5 
dollars par mois. Depuis i88g les i-œurs Grises ont le soin des 
enfants et de la maison sous le contrôle d'un comité d'administration. 
Recettes : subvention provinciale ; subvention de Notre-Dame pour 
les services rendus par les enfants du, chœur de chant ; dons des 
caisses d'épargnes, etc. Adresse — R. M. supérieure. 

Montréal. — Orphelinat Saint-Alexis, 247 rue Saint- Denis, fondé en 
1853 P^r les sœurs de charité de la Providence. Il y a 133 orphe- 
lines, 172 élèves dans les cla.sses gratuites, et 400 enfants au jardin 
de l'enfance. Adresse — R. M. supérieure. 

Montréal. — Salle d'asile de Saint- Vincent de Paul, 36 rue Visitation, 
fondée en 1855 P^^* ^^'^ sœurs de la Providence Outre la salle de 
jour, qui a 258 enfants, il y a un jardin de l'enfance avec 568 
enfants. Adres.se — R. M. supérieure. 



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35- 



FEMMES DU CANADA 



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Montréal. — Crèche, rue Saint- Hubert, fondée par les sœurs de la 
Miséricorde. Jusqu'en 1880, les enfants nés à la Maternité, étaient, 
après le baptême, transportés chez les sœurs Grises qui avaient 
ouvert une crèche à l'hôpital général. Le local était trop restreint 
et Ijeaucoup d'enfants étaient mis en nourrice, moyennant paiement 
mensuel. Cette mesure était coiiteuse et les enfants n'étaient pas 
toujours bien .soignés ; c'est pourquoi lès sœurs décidèrent, en 1889, 
de ne plus prendre d'enfants de la Maternité. La construction 
d'une niai.son fut arrêtée et une association de dames patronnesses 
fut formée en 1898 pour aider les religieuses. Ces dames établirent 
" la chari^.é du lait ", et fournissent les vêtements des enfants. Secré- 
taire - Mme L. Franchère. 

Montréal.— Orphelinat protestant, 93 Chemin de la Côte des Neiges, 
fondé en décem'ore 1822. A pour but l'entretien et l'éducation des 
indigents orphelins protestants des deux sexes. Administré par un 
conseil de directrices au nombre de vingt-neuf, Maintenu par un 
octroi du gouvernement, des souscriptions volontaires, des intérêts 
d'obligations et de placements. Les enfants r»*çoivent une éducation 
élémentaire ; ils sont préparés au service domestique et placé dès 
l'âge de quinze ou seize ans. Il y a 53 enfants à l'orphelinat. 
Secréiriire— Mrs. J. W Eadie. 

Montréal.— Institut Hervey. 2 1 5 rue de la Montagne, Fondé en 1 847 ; 
d'abord école élémentaire, connu plus tard sous le nom d école 
Industrielle et finalement sous celui d'In.stitut Hervey, en 1 honn*^ur 
de la fondatrice, Miss Hervey. Dirigé par un comité de dames et 
un conseil consultatif d'hommes. Objet : le soin de jeunes filles à 
demi orphelines et la formation de servantes. La conduite sati.sfai 
saute des jeunes filles qui ont quitté l'Institut est la preuve de la 
bonne direction morale qu'elles ont reçue. Recettes . octroi du 
gouvernement ; rétributions de celles des pensionnaires qui en ont 
le moyen, souscriptions volontaires. Présidente — Mrs. G, Sumner. 

Hospice des Enfants trouvés ou nutlades, oc rtlontréal. 43 avenue Arg>'le. 
A été fondé par les .sœurs de Sainte-Marguerite qui y admettaient 
les mères avec leurs enfants. Continué par elles comme hospice 
des Enfants trouvés. L'organisation actuelle a été constituée en 
1891. But : le soin des enfants. On reçoit surtout les enfants illé- 
gitimes de parents pauvres et les orphelins qui n'ont pas atteint 
l'âge de 2 ans. Il y a trente-six lits , dans une plus petite salle, 
six lits, pour les enfants malades. Enfants donnés pour être adoptés. 
Ecole de préparation pour bonnes d'enfants Recettes • souscrip- 
tions. Il y a un conseil de médecins et des directrices. Présidente — 
Miss Grâce Robertson. 

Salle d'asile de Montréal. 174 rue de la Montagne, la première saLe 
d'asile du jour au Canada. Ouverte en 1885 par l'entremise de 
l'union Chrétienne des Jeunes Femmes, est maintenant constituée ; 



CHARITÉS ET CORRECTION 



353 



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constituée ; 



dirigée f^ar un comité de dames avec un coiuieil consultatif d'hommes. 
Objet : le soin des enfants des travailleurs indépendamment de la 
croyance, de la nationalité et de la couleur, pendant que les mères de 
famille sont à l'ouvrage ; nourrir un esprit d'indépendance, donner 
aux femmes le moyen de s'aider elles-mêmes et de maintenir leurs 
enfants. Ceux dont les mères sont malades dans les hôpitaux 
sont teni{)orairement reçus. Recettes : souscriptions individuelles 
et pension des enfants. Président — Mrs. J. B. Leannont. 

Société de Bienfaisance des Dames. Mor.trc^. 31 rue Berthelet. Fondée 
en 1833 pour le .soin des femmes et des enfants abandonnés ou sans 
ressources, après les ravages du typhus et du choléra ; s'occuper des 
enfants des deux sexes. But : amoindrir le paupérisme et former 
les enfants à une vie honorable et utile. Les dames font partie du 
conseil de direction, les jeunes filles, du comité scolaire, les mes- 
sieurs, du con.seil consultatif. On donne quelques leçons sur l'art 
industriel. Recettes : subvention du gouvernement et de la ville, 
contributions volontaires et intérêts des fonds de dotation. Prési- 
dente — Mme G. J. Savage. 

Montréal. — Crèche (protestante). 508 lue Guy. A été constituée 
en 1870. But : recevoir les enfants de parents protestants qui, par 
maladie, pauvreté ou autres causes, sont incapables de s'en occuper 
à la maison ; les enfants sans père, ni mère, ou abandonnés, et les 
enfants trouvés. On admet les mères avec leurs enfants : on encou- 
rage celles qui ont été assez malheureuses pour déchoir et on les 
engage à mener une vie régulière. Dirigée par un comité de femmes. 
Subvention peu considérable du gouvernement et souscriptions volon- 
taires. Secrétaire — Mrs. W. J. Benalleck. 

Montréal.— Refuge des jeunes garçons. 1 1 5- 1 2 1 , rue de la Montagne. 
Débuta en 1868, par une école de jeunes enfants, sous la direction 
<ie l^congrégation protestante de Sion. et lesta ain.si jusqu'à ce que 
les commissaires de l'écok prote.stante se fussent chargés des enfants. 
Fut changée en 1871, en un refuge pour les vagabonds et les enfants 
al)andonnés. Admet les jeunes garçons de dix à dix-sept ans et 
«les garçons plus 4gés. pourvoyant à leurs besoins. Recettes : inté- 
icts des placements, rétributions des jeunes garçons et souscriptions 
volontaires. Surintendant — James R. Dick. 

Parc Laval — Refiige de Lorctte. succursale du monastère du Bon 
Pasteur de Montréal. C'est une école d'industrie et de correction, 
fondée en 1895 et transférée à Laval, sur les bords de l'Ottawa; 180 
enfants y reçoivent une instruction élémentaire en agriculture, 
cuisine, lavago, etc. La subvention accordée par le gouvernement 
couvre la dépense de 50 enfants ; les autres enfants y sont envoyés 
par des personnes charitables et peuvent y rester aussi longtemps 
«lu'ils le veulent. 



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354 



FEMMES DU CANADA 



Québec — Refuge des sceun de Charité, foudé en 1874. Cet ordre a 
i\ missions dans les différentes parties du Canada et des États-Unis, 
outre 1 2 succursales dans la ville de Québec. But : soigner les 
malades à domicile, adopter de jeunes enfants des deux sexes ; s'oc- 
cuper des vieillards et des infirmes ; ces religieuses font aussi l'école. 
Recettes : subvention du gouvernement provincial, ouvrages des 
sœurs et charité publique. Adresse — R. M. supérieure. 

Québec. — ^Salle d'asile, dirigé par les sœurs de charité, a 1 50 enfants 
des deux sexes. Adresse — R. M. supérieure. 

Québec. — Hotel-Dieu du Saoé-Cceur, fondé 
d'hôpital, reçoit aussi des enfants trouvés, 
rieure. 



en 1873, pour servir 
Adresse — R. M. supé- 



Québec. — Couvent du Bon'Piastetv. rue Lachevrotière ; refuge pour 
environ 30 jeunes filles qui travaillent au dehors et qui ont pension 
et logement dans le couvent. Les sœurs acceptent aussi des enfants 
pauvres qui veulent apprendre à travailler, elles les gardent jusqu'à 
l'âge de quinze ans. Adresse — R. M. supérieure. 

Québec. — Asile Sainte-Brijitte, fondé pour les enfants irlandais, il y 
a 84 orphelins des deux sexes. 

Québec— Asile d'oqphelines, fondé il y a bientôt 70 ans par les 
membres de l'église d'Angleterre pour donner un refuge à 12 orphe- 
lins ; dirigé par 1 2 dames, chacune ayant la direction à son tour, 
assistée d'une matrone. Recettes ; intérêts de placements, souscrip- 
tions et paiements irréguliers faits par les parents ; présidente, Mrs. 
Hunter Dunn. 

Québec — Hotel-Dieu du Sacré-Ono-. fondé en 1873, pour servir 
d'hôpital ; il reçoit au.ssi des enfants trouvés. Depuis .sa fondation 
5,612 enfants y ont été reçus. 

Québec — Hospice Saint-Charics, ancien hôpital demarine, rue Gignac. 
Saint-Roch, établi en 1870. par les sœurs de rho.*^pice du Bon-Pasteur 
de Québec. C'est une maison de correction et une école d'industrie 
ayant 210 enfants, dont 117 sont à la charge du gouvernement et les 
autres reçoivent leur apprentissage aux frais de rétablissement or. 
payent une pension nominale. Adresse — R- M. supérieure. 

Sainte-Cunégondc— Oq>hcIinat et sale d'Asile, fondés en 1897 ; aux 
soins des sœurs Grises. Il y a 80 enfants de-* deux sexes et 375 
enfants à la salle d'asile. Adresse — R. M. supérieure. 

SaInt'Henri. — Orphelinat et SaUe d'asflc. fondés en 1884 ; aux .soins 
des sœurs Grises. But : aider la classe ouvrière en ayant .^oin de' 
leurs enfants de quatre à .six ans pendai . le jour. Il y a 40 orphelins 
et 604 enfants à la salle d'asile. Recettes : rétributions des élèves 
et travail des sœurs. Adresse — R. M. supérieure. 



CHARITÉS ET CORRECTION 



3Ji5 



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oigner les 
xts ; s'oc- 
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[ 50 enfants 



pour servir 
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Payant soin ttc 
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Loni^ueuil. — Refujc Saint-André, fondé eu 1876 soua la dépendance 
de l'hôpital général des sœurs Grises de Montréal. Il y a 10 sœurs 
et 95 orphelins des deux sexes ; les enfants de jour .sont au nombre 
de 180. L,e gouvernement donne une subvention. Adresse — R. M. 
supérieure. 

Chambly. — Hospice Saint- Joseph fondé en 1859 ; aux .soins de 7 
sœurs Grises de Montréal. But : .soin des pauvres et des orphelins 
et visites aux malades à domicile. Une .société de dames charitables, 
fondée en 1860, comptant 160 membres, aide au maintien de l'orphe- 
linat. Adresse — R. M. supérieure. 

Saint-Benoit — Hospice d'Youville, fondé en 1854 ; sous la gestion des 
sœurs Grises de Montréal qui visitent les pauvres à domicile. 
L'orphelinat a 29 orphelins et une école élémentaire pour les jeunes 
filles. Adresse — R. M. supérieure. 

Varennes.— Orphelinat Lajemmeraie et refuse, fondés en 1859 par les 
sœurs Grises de Montréal. Il y a 63 orphelins des deux .sexes. 
Adresse— R. M. supérieure. 

Saint-Jean d Iberville. — Salle d'asile rattachée à l'hôpital Saint-Jean, 
aux soins des sœurs Grises de Montréal ; 150 enfants, garçons et 
filles de deux à .sept ans, sont à la .salle d'asile. Adresse — R. M. 
supérieure. 

Saint-Jérome.— Salle d'asile rattachée à l'hôpital ; fondé en 1889 par 
les sœurs Gri>es de Montréal. Le jardin de l'enfance fut établi en 
1890. Adresse — R. M. supérieure. 

« 

Beauharnois.— Institution des sœurs de Charité, fondée en 1S61 ; aux 
soins des .sœurs Grises de Montréal. But : œuvre de charité, parmi 
lesquelles l'éducation de 60 orphelins des deux sexes. Adresse — 
R. M. supérieure. 

Beauharnois. — Orphelinat, fondé en 1 801 par les sœurs Grises de 
Montréal. Soixante orphelins des deux .sexes. Adresse — R. M. 
supérieure. 

Saint-Hyacinthe.— Institution des saurs de Charité de l'Hotel-Dieu, fondée 
en 1840 par les sœurs GrLses de Montréal, qui se sont offertes 
d'elles-mêmes pour établir cette œuvre. L'ordre de l' Hôtel-Dieu 
comprend à présent presque toutes les sortes d' œuvres de charité : 
hôpitaux pour les malades et les bles.sés ; asiles pour les vieillards et 
K s infirmes ; refuges pour les orphelins et les enfants trouvés ; 
i 'idins de l'enfance pour les enfants d'ouvriers ; visites des pauvres 
il (les prisonniers ; soin des malades, etc. Elles .sont aidées dans 
leurs œuvres de charité par une fondation auxiliaire des Petites 
S'Lurs rattachée à l'Ordre. Il y a 11 succursales établies, dont 7 






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356 



FJÏ.1/AŒS DU CAKADA 




dans le diocèse de Saint- Hyacinthe. Recettes: subvention du gou- 
vernement, vente des ouvrages des sœurs, rétributions des pension- 
naires et dons de personnes généreuses. Adres.se — R. M. supérieure. 

Saint-Hyacinthe. — Orphelinat dirigé par l'ordre de l'Hôtel- Dieu, a 
soin de 83 garçons et 1 1 2 filles, tous orphelins. 

Sainte-Geneviève. — Ecole industricle. fondée en 1840 par les sœurs 
de la Charité de l' Hôtel-Dieu, qui se consacrent au soulagement de 
la misère des femmes et des filles pamtes en leur ouvrant une 
maison où elles peuvent travailler sous surveillance tt être ainsi 
délivrées de la misère et de la paresse. Des fennnes j.auvres sans 
ouvrage peuvent y trouver de l'emploi et gagner un minime salaire. 
En 1 864 la première maison étant devenue trop petite par le nombre 
des ouvrières, une nouvelle fut bâtie qui. quelques années plus tard fut 
adaptée aux be.soins actuels. Pensionnaires de l'établi.ssement 1 1 
fennnes et 12 orphelins des deux sexes. La maison reçoit de l'aide 
du dehors. Adresse — R. M. supérieure. 

Sorel. — Orphelinat 'A salle d'asile, fondés en 1862 fiar quatre sœurs 
de Charité de Saint-Hyacinthe qui \nnrent ou\'rir un hôpital général. 
Cette institution appartient à la municipalité, mais les cours, sous la 
direction d'ure supérieure générale de l' Hôtel-Dieu en ont la 
charge. But ; œuvre de miséricorde spirituelle et corporelle. Il y 
a dans l'in.stitution 18 sœurs, 62 pau\-res. 112 orphelins, 7 pension- 
naires. Recettes : subvention du gouvernement provincial, dons et 
aumônes, ouvrages et industrie des sœurs et rétributions des pen- 
sionnaire.^. Adresse — R. M. supérieure. 

Marieville.— Hospice de Sainte-Croix, fondé en 1865 par les sœur;^ de 
Charité de Saint-Hyacinthe ; 61 orpheUns y sont soignés. Adresse 
— R. M. supérieure. 

Famham. — K^fuje Sainte-Elizabeth. fondé en 1876 pour le soin des 
pauvres, des malades et des infirmes, ainsi que des orphelins des 
deux sexes. Il y a 93 de ces derniers sous les soins des sœurs de 
Charité de Saint-Hyacinthe. Recettes : dons, aumônes et collectes 
des paroisses d'où sont venus les malades. Adresse — R. M. 
su|iérieure. 

Sherbrooke. — Refuj^e du Saorê-Cisv. ouvert en 1875 par les .sœurs 
de Charité de Saint-Hyacinthe ; il y a 58 orphelins. Adresse— 
R. M. supérieure. 

Trois-Rivières — Asile de la Providence, a reçu des orphelins depuis 
1867 ; aux soins des sœurs de la Providence de Montréal. Adresse 
— R. M. supérieure. 

Trols-Riviires- Société d'aide pour ks jeunes filles, fondée en 1892. 
But : habiller les petites filles qui ne sont pas assez convenablement 
vêtues pour aller à l'école ; elles reçoivent au.ssi des livres et du 



CHARITÉS ET CORRECTION 



357 



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Idée en 1892. 
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papier ; 30 ou 40 enfants sont habillées ainsi chaque année. 
Recettes : dons des membres et du public. Secrétaire — Mlle Blanche 
Bergeron. 

Valkyfidd. — Asile de la Providence, fondé eu 1884, par les sœurs de 
la Providence pour le soin des orphelins ; elles sont aidées par une 
société de dames charitables. Adresse — R. M. supérieure. 

Saint-Damicn de BucRIand. — Orphelinat agricole, dirigé par les sœurs 
du secours perpétuel. Adres.se -R. M. supérieure. 

RnnousU.— Orphelinat, fondé en 1871. par les sœurs de la Charité 
de Québec, a soin de 41 orphelins. Adresse — R. M. supérieure. 

Chicoutinû. — Hotel-Dieu de Saint 'Valier, fondé en 1884, parles .sœurs 
de l'hôpital général de Québec. But : soin et éducation de 38 orphe- 
lins. Adresse — R. M. supérieure. 

Chicoutimi. — Société de Saint-Antoine de Padoue, fondé pour aider les 
orphelins de l' Hôtel-Dieu de Saint- Valier. Il y a 50 membres. Pré- 
-sidente — Mrs. C. Brown. 

Uvtt. — Asile de Saint'Josepli de la Délivrance, fondé en 1858, par les 
s<eurs de charité de Québec. Elles prennent soin de 319 orphelins 
des deux sexes. Adresse — R. M. supérieure. 



PROVINCE D'ONTARIO. 

SOCIÉTÉS DE SECOURS POUR LES ENFANTS. 

En vertu des dispositions de la loi d'Ontario, concernant la pro- 
tection des enfants, des sociétés de secours ont été formées dans 
presque toutes les principales villes de la province, et le travail réuni 
de ces sociétés, obtenu à un minimum de dépenses, serait une cause 
d'étonnement et de satisfaction pour toutes les personnes intéressées 
à ce sujet. Dans le but de faire cesser en grande partie des maux 
manifestes, tels que la mendicité dans les rues, le colportage de menus 
objets, l'immoralité de la jeunesse et le vagabondage, les sociétés ont 
soustrait les enfants à la société des criminels, des ivrognes et des 
femmes dépravées ; Elles ont recueillis dans les bureaux de bienfai- 
sance et les refuges, un grand nombre d'enf ts sans mère, et ont 
donné un foyer respectable et une éducation «.nrétienne à plus de 
mille enfants qui vivaient dans une condition mi.sérable et dans le 
dénuement. L'œmTe a commencé vers 1891, à Toronto, et grâce 
surtout au travail incessant de M. J. J. Kelso, surintendant, elle s'est 
rcjiandue dans au moins trente villes de la province. 

Toronto. — ^Société de Secours pour les enfants. Le Refuge, 135 me 
Adélaïde Ouest. Recettes : subvention de de la ville, collectes et 



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358 



FEMMES DU CAA iDA 



donations. En 1898, les plaintes et les demandes de renseignements 
qui sont venues à la connaissance des fonctionnaires étaient au nom- 
bre de 1,306, dont 878 provenaient du tribunal des enfants. On a 
placé dans des maisons d'adoption 54 enfants. Adresse du bureau, 
bâtiment de la Confédération. 

Toronto. — La Société de Saint*Vincent de Paul pour les enfants. Durant 
l'année, 298 enfants ont été secourus par la société. Beaucouj) 
d'oeuvres appréciables ont été faites sur plaintes recueillies au 
bureau. Recettes : la ville donne une subvention provenant de 
contributions privées. Elle est sous la gestion d'un conseil con- 
sultatif et d'un comité de membres des deux sexes. Agent, P. 
Hynes. 

Ottawa. — Société de Secours pour les enfants. Pendant l'année, Mrs. 
Harvey, visiteu.se provinciale, donna des renseignements très favora- 
bles sur un bon nombre de maisons d'adoption où l'on élève les 
enfants. Secrétaire et Agent, M. John Keane. 

Kingston. — Société de Secours pour les enfants. Etait d'abord associé 
à la Crèche, elle est maintenant une société séparée. 

Guelph. — Association de Secours pour les enfants. Refuge, avenue 
Waterloo. Très habilement dirigé par Mrs. McRobbin. On a 
inscrit douze cas de négligence et de cruauté, et lieaucoup d'autres 
ont été soumis à la décision du juge. Recettes : subvention du 
conseil de ville et de la municipalité ainsi que des contributions 
privées. Président, E. R. Bollert. 

Stratford (Comté de Perth). - Société Humanitaire. Plusieurs avertisse- 
ments ont été donnés aux vendeurs de tabac et aux hôteliers défen- 
dant la vente de tabac ou de liqueurs aux jeunes garçons ; ainsi 
qu'aux parents qui contraignaient leurs enfants à mendier. Deux 
enfants ont été confiés à la société en tutelle par le magistrat, et 
dans le cours de l'année, on a confié .sept enfants à des maisons 
d'adoption. Président, John Read. 

Compagnie Owen Sound et Grey. — Société de Secours pour les enfants. 

S'est occupée durant l'année de 73 cas qui lui ont été soumis 
au refuge de la société, 27 ont été placés dans des maisons 
d'adoption et quatre autres incorrigibles ont été envoyés à l'école de 
correction. Deux enfants ont été placés dans un asile d'aliénés à 
cause de certaines défectuosités mentales. Comité de refuge, Mrs. 
C. A. Fleming. 

Collingwood. — Société de Secours pour les enfants. Bon travail accompli 
en coopération avec le comté de Grey. Vice-présidente, secrétaire 
et trésorière, Mme Berniard. 

Brantford. — Société de Secours pour les enfants. Dans le cours de 
Vannée, 57 demandes ont été faites ; 18 enfants offerts à la société 



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CHARITES ET CORRECTION 



359 



pour être adoptés ; 8, adoptés ; 4, mis en adoption ; i , envoyé à l'école 
de correction ; i , décédé. Recettes : subsides du conseil de ville et 
souscriptions. Président, A. H. Dymond. 

Orillia. — Société de Secours pour les enfants. Durant l'année qui vient 
de s'écouler, 7 enfants ont été sous la surveillance de la société ; 4 
ont été placés en de bonnes maisons dans le voisinage. Président, 
Williani Thompson. 

Peterboro. — Société de Secours pour les enfants. Entretient un refuge 
et a un agent. 19 enfants ont été mis en adoption. La société s'est 
occupée de 79 cas ; 41 ont été traduits en cour de police ; 31 admis 
au refuge; uotifications données aux parents, 11. Trésorière et 
secrétaire, Miss Clarke. 

Chatham. — Société de Secours pour les enfants du comté de Kent Ont 

été placés sous la tutelle de la société, 52 enfants, dont 18 garçons et 
34 filles ; 189 visites ont été faites durant l'année. Président, Dr. 
T. K Holmes. 

Dresden. — Société de Secours pour les enfants. En rapport avec l'œuvre 
de Chatham. Fondée en octobre 1898. Président, M. C. Tassie. 

Windsor. — Refuje Cary pour les enfants, 68 rue Gayeau. CEuvresen 
rapport avec la société de .secours d'Ontario pour les enfants, maison 
fondée en 1896. Le conseil d'administration est la société des Filles 
du Roi. Recettes : dons et sou.scriptions privées ; a pris soin d'en- 
viron 40 enfants. Secrétaire, Margaret A. Black. 

Windsor. — Société de Secours pour les enfants. Agent, M. J. V. 
McEvveu. 

Samia.— Société de Secours des enfants de Sarnia et du comté de 
Lambton. Fondée en octobre 1898. Reçoit une subvention du con- 
seil de ville. Président, Dr. A. McLean. 

Colbome. — Société de Secours des enfants. Cette .société a produit les 
effets les plus .salutaires. Secrétaire, M. H, J. Folk. 

Brockville. — Société de Secours des enfants. Réorganisée en 1894. 
Durant l'année, 1 1 enfants, depuis l'âge de trois à quatorze ans, ont 
été placés dans des bonnes familles. Président, H. J. McCready. 

Walkerton. — Société de Secours des enfants du comté de Bruce. Fondée 
en 1898. Secrétaire, J. J. Rowland. 

Paris. — ^Société de Secours des enfants. On s'occupe d'assister les 
autres organisations, à visiter les enfants en adoption et à placer 
ceux qui sont sans asile. Présidente, Mrs. Emma A. Wheeler. 

Lindsay. — Société de Secours des enfants, du comté de Victoria. A un 
conseil composé de dix hommes et d'autant de dames. On s'est 
occupé de cas très importants. Président, M. J. H. Kniglit. 



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360 



FEMMES DU CANADA 



Galt. — Société de Secours des enfants. Coopère avec la société mu- 
nicipale des secours, et cherche à amener des changements radi- 
caux dans l'état actuel des affaires. On attire l'atteutiou de la police 
sur les vagabonds. Président, James Good. 

Banrie. — Société de Secours des enfants. Plusieurs enfants r.égligés 
ou abandonnés de leurs parents, ont trouvé ici asile et protection. 
Président, H. H. Strathy. 

Napance. — Société de Secoun des enfants. Organisée en 1898. Le 
comité municipal de secours s'aperçut qu< tandis que cette as.'-ocia- 
tion pourvoyait aux femmes et aux ei nts, beaucoup d'adultes 
vivaient dans l'oisiveté la plus complète. On résolut plors d'opérer 
une réorganisation et la société de secours polir les tnfauts fut 
fondée. Président, Stephen Gibson. 

Saint 'Thomas. — Société de Secours pour les enfants. Organisée en 
1898. A une maison de refuge pour les enfants. 

London, Ontario. — La Société de Secoun pour les enfants. Hst mainte- 
nant reconnue comme l'une des organisations philanthropiques les 
plus importantes du comté. Dans le cours de l'année, 43 enfants 
assistés furent rais en adoption. Président, M. le Shérif Cameron. 

Hamilton.— -Société de Secoun pour les enfants. Fondée en 1 894. A 
peu près 30 enfants sans asile ont été envoyés en adoption, dont 18 
petites filles. Opère conjointement avec les sociétés de la ville. Un 
grand nombre d'enfants ne mendient plus. Président, Adam Brown. 

Berlin. — La Société de Secoun des enfants. A amélioré la condition 
d'un grand nombre d'enfants. Comité mixte — Révérend R. Atkin.son. 

En 1898, Mr. J. J. Kelso, surintendant à Ontario des enfants 
délaissés et nécessiteux, fut invité par le gouvernement du Manitoba 
à visiter la province et à expliquer le mode d'application de la loi des 
enfants d'Ontario. Le sujet fut accueilli favorablement et bientôt 
le livre des Statuts du Manitoba contenait la loi protectrice des 
enfants. (Voir chapitre 6, loi pour la protection des enfants délais- 
sés ou nécessiteux soutenus par la charité publique ; sanctionnée le 
27 avril 1898). 

Winnipej. — Société de Secoun des enfants, 456 rue Main, fondée en 
1898. Conseil composé d'une dizaine d'hommes d'autant de femmes. 
Président, D. Mcintyre. 

AUTRES SOCIÉTÉS POUR LES ENFANTS. 

Institut Saint-Nicolas pour les Jeunes Garçons., rue Lombard, Toronto. 
Sous la gestion des .sœurs de Saint- Joseph. Fondé en 1869 ; but : 
de protéger de la mauvaise compagnie les jeunes ouvriers et leur 
donner le confort du foyer domestique. Les sœurs en sont les 



, 4 



aiAR/TÉS I£T CORRECTION 



361 



directrices générales, tandis qu'un homme digne de confiance prend 
soin des jeun«.*s jjarvons. Lorsque ceux ci se trouvent sans ouvrage 
ils sont reçus à 1 institut, et si la chose est possible, on leur procure 
de l'ouvrage ; il y a une école du soir dans l'établissement : sub- 
vention du gouvernement et de la ville, rétrilnitions des garçons et 
prcKluit d'une conférence annuelle. S'adresser à la K. M. 
Supérieure. 

Orphelinat du Sacré-Cœur, Sutuiyside Pour les orphelins des 
deux sexes. Fondé en i «51. lùi 1H59 les orphelins étaient trans- 
férés à la maison de la Providence ; en 1885, ils venaient demeurer 
sur les Iwrds du lac près de High Parle. Sous la .sur\'eillance du 
gouvernement, et des fonctionnaires de la ville, et administré par 
les .sœurs de Saint-Jo.seph. Recettes : subvention de la ville et du 
gouvernement de deux sous par enfant chaque jour et sou.scriptions. 
Nombre actuel de pensionnaires, 295. 

Refit je des Orphelins Protestanti, 4 1 1 chemin Dovercourt. Constitué 
en 1894. Vingt directrices. But : aider les orphelins, les placer, ainsi 
que d'autres enfants dont les parents ne iHiUvent prendre soin. 
Moyenne des enfants, 200. On les admet de trois à douze ans. Sont 
parfois adoptés ou envoyés en apprentis.sage chez des persoimes 
responsables qui les envoient à l'école jx>ur quelque temps. Ils 
reçoivent 50 dollars à la fin de leur apprentissage. L'école est .sous 
la gestion du bureau des écoles publiques. Recette.i : subvention 
(le la ville, du gouvernement d'Ontario par enfant, souscriptions 
individuelles, dons reçus et droits perçus. Président — Mrs. John 
Cawthra. 

Refu je des garçons travailleurs. 39 rue Frederick. Fondé en 1876, 
comme logement des petits porteurs de journaux. Changea son 
nom et son mode d'action, il y a cinq ans. Son but est de trouver 
(les situation^ permanentes pour ces jeunes garçons ; pos.sède une 
école du soir ; les enfants paient à peu près la moitié des dépenses du 
refuge. Comité composé de membres des deux sexes. Recettes : 
rétributions des enfants, subvention de la ville et du gouvernement 
provincial. vSouscriptions générales et intérêts sur legs, dotations et 
déi^ôts. Surintendant— S. J. Smith. 

Refuje des garçons, 339, rue St. George. Fondé en 1859. Son 
origine : un jour Mrs. Elizabeth Dunlop trouva un pauvre enfant 
couché le long du chemin ; et frappée de la pensée que de nombreux 
enfants étaient exposés à la même mi.sère, elle créa le refuge que 
nous venons de mentionner, et dont le but e.st de prendre soin des 
l>etits garçons dont les parents malades ou nécessiteux sont inca- 
pables de pourvoir à leurs besoins ; instruire et as.sister ceux qui 
deviendront plus tard des membres utiles de la .«société. Recettes : 
subventions du gouvernement et de la ville, lesquels accordent deux 



il 4 



II 



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V t. 



3G2 



FEMMES DU CANADA 






sous par jour chacun par cnfatit. vSouscriptious, intérêts sur 
placements et rétributions de parents capables de payer. Prési- 
dente, lady Gzowski. 

Kcfu je pour jeunes filles, 229, rue Gérard Kst. Fondé en 1856. 
Coiistiluc en iH<)3. Ol)jet : Pour sauver les jeunes filles de la corrup 
tion, et iKnir maintenir et jxjurvoir aux enfants de deux à quatorze 
ans. Ia'S jeunes filles s<mt liées par contrat d'apprentissa>çe à 
des i)ersonnes de confiance. Il y a plus de demandes (juc de sujets. 
Knfants admises temixjrairement dont les mères st>nt aux hôpitaux. 
Recettes : subvention de la ville et du gouvernement, dons, etc. 
Secrétaire — Miss Crawford. 

Crèche, 21, rue .Sainte- Marie. P'ondé en 1875. Origine : accrois- 
sement alarmant d'infanticides. C<jnstituée en vertu de la loi de 
l'Assistance aux enfants (" Cliildren's Aid Act";. But : s'occuper 
de placer les enfants avec leurs mères, durant les premières années 
de leur vie, s'<K*cu|)er du soin des enfants sans mères et de ceux des 
veuves ; soustraire les enfants indigents ou autres aux dangers du 
" Baby farm " (dé|)ôt subreptice (le nourrissons). Dès que les 
enfants ont atteint leur ))reinière amjée, on les envoie à d'autres 
institutions. Subvention du gouvernement par enfant en vertu de 
la loi de l'Assistance aux enfants ; subvention de la ville, souscrip- 
tions ] «rivées et rétributioiis des parents. Présidente — Mrs. Charlotte 
B. Kidout. 

La Crèche (Salle d'Asile), 18 rue Hayter. Fondée en 1862. Ou 
prend soin des enfants ]x.*ndant le jour, tuiidis <|ue leurs mères stjnl 
au travail ; 81 familles re])résentées. Dépense (|noti<lienne par 
enfant, dix-neuf sous, dont un tiers e.st payé par les parents. Main- 
tenue par des souscriptions et une subvention de 100 dollars de la 
ville. Secrétaire, Mrs. Overton MacDonald. 

Ottawa. — Orphelinat Saint-Joteph, Terrasse Rideau. Fondé en 1885 
pour abriter les orphelins ciiitdicns- français. Sous les .soins des 
soeurs Grisesde la Croix, connnunauté fondée en 1845, par les sœurs 
Crises de Montréal ; devint indépendante en 1854. But: édi.\ition 
et œuvres de charité , cette connnunauté a 35 établissements, 346 
religieuses j^rofesses, 86 sœ*urs converses, 70 novices et 30 jiostu- 
lantes. Maison mère à Ottawa. Recettes subvention du gouver- 
nement de deux sous par jour pour cha<iue enfant, dons et souscrip- 
tions. S'adresser à la R. M. supérieure. 

Ottawa. — Asile de Saint-Patrice pour les orphelins. Fondé en 1 865 pour 
les eîifants <r origine irlandaise. Un cotiseil d'hommes res])otisables 
IMiur les <léi>enses, direction intérieure des sœnirs Grises aidées des 
dames auxiliaires. Nombre d'eni"ants durant l'année actuelle, 95. 
Recettes • subvention du gouvernement, du conseil de comté et sous 
criptions volontaires. Secrétaire, Mrs. lî. A. Mara, 



CHARITfi^ ET CORnnCTION 



363 



ârêts Hur 
r. Prési- 
en 1856. 
lacorrui) 
L qiiiitor/x- 
iitissa>çc à 
de sujets, 
hôpitaux, 
(loiis, etc. 



le : accrois- 

i la loi tl<-' 
: s'occui)cr 
ïres aimées 
e ceux des 

daiiK»-*''^ "^^ 
)ès que les 
à d'autres 
en vertu de 
le, souscrip- 
•s. Charlotte 



;n iHr)2. On 

lucres si)nt 

idienne par 

lits. Main- 

oUars de la 



uidéen 1HH5 

us soins des 

lar les sœurs 

édi.^ition 

leinents, 34^) 

•t 30 postu- 

dù KO"ver 

et souscrip- 



.n 1865 pour 
I responsables 
[s aidées des 
lactuelle, 95- 
l)inté et sr>us 



Ottawa.— Le Refu je des orphelins de la ville d'Ottawa, rue Kl^ii. Fondé 
en 1864 ; constitué en 1H65. vSnr paiement de cinquante douars, 
toute personne lient être élue membre h. vie, ou sur (Kiiement de 
quatre dollars, membre |)our l'année, de la wx-iété. l'arini ces 
membres, trente femmes formant le conseil de direction et représen- 
tant (lifTérentes croyances, ont des as.semblées mensuelles. Comité 
consultatif d'hommes. Hut : le maintien et l'éducation desorphelins 
et d'autres enfants abandonnés, secours et sup|y)rt des veuves in<li- 
geutes et des fem^ies âjçées. /îcole \m\\x les enfants sfmtentie par le 
bureau des écoles pnbli<jues de la ville, et dans laquelle on enseigne les 
.sujets ordinaires dans l'éducatitM» anglaise II y a aussi le jardin de 
l'enfance ; on en.seijïiie l'exercice militaire aux garçons. On place 
les enfants dans des Ixmnes familles <iuand l'iKTasirm se présente. 
Recettes : subvention du gouvernement et du comté, .soustrriptions, 
dons et legs. S'adres.ser au secrétaire. 

Ottawa.— Asile de Bethléem pour les enfants trouvés, Fondé en 1879 
par les sœurs (irises. Recettes : charités publiques. S'adresser à 
la R. M. supérieure. 

Kinjlston, — Orphelinat. Fondé en 18,36. Kn rai)port avecrhftpital 
de l'Hôtel-Uieu, confié aux soins des s(eurs <|ui ap|)artenaient à 
riIôtel-Dieu de Montréal, mais (pii en .sont actuellement iiidé|xrn- 
dantes ; 32 orphelins. Recettes : aide du gouvernement et sous- 
criptions. S'adresser à la R. M. sn])érieure. 

Kingston. - Refuge pour les orphelins. Ouvrit ses i)ortes en 1857 : 
constitué en i«62, Hut : donner un refuge aux enfants qui n'en ont 
pas, et en faire de bons citoyens. Conseil d'administration coinix*>ié 
de 30 femmes. Le refuge compte 5? orphelins. Le bureau df s 
écoles publiques se sert de l'asile |)our école pnbli<|ne. Recettes : 
subvention de la société <les écoles du district et de l'intérieur, du 
gouvernement provincial, du conseil de ville, du conseil dec«>mté. 
intérêts sur placements, rétributions, etc. Secrétaire — Miss 
Muckleston. 

t1an\jlton. Refuge des |eunes filles. Fondé en 1H62 ])our les enfants 
piuvres. Organisations: comité de femmes et conseil consultatif 
d'hommes. Jeunes filles adoptées 011 préparées ;\ entrer en service 
jusqu'à ce (ju'elles aient atteint l'âge de dix-huit ans. On place 
( inq dollars par année à la bîinque d'éi)argnes au nom de chaque 
jeune fille ; et elle reçoit le montant avec intérêts comjvisés à l'expi- 
ration de son temps de service. Il y avait 37 enfants dans le refuge 
:\ la fin de l'année dernière. Recettes : subvention du gouverne- 
iiient suivant le nombre d'enfants, subvention de la ville, contribu- 
tions et legs. Secrétaire, Jane M. Macklean. 

Hamilton. -Refuge des orphelins protestants. Fondé en 1848. Ecole 
du jour i)our les pauvres de la ville. Les enfants sont en-=uite placés 
dans de iKïunes fermes. Une partie chi bâtiment est consacré au 
Kefuge iK)ur les femmes âgées. 



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^& tr. A M \ 

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3^4 



FEMMES DU CANADA 



Mamilton. — Refuse des jeunes garçons. Fondé en 1870. But : 
donner aux enfants l'éducation de l'école publique et les mettre 
en apprentissage principalement chez les fermiers. Sous la surveil- 
lance de l'inspecteur du gouvernement. Nombre actuel de jeunes 
garçons résidant au refuge, 64. Secrétaire — P. Grâce Teetzel. 

Hamilton. — Asile Sainte^Marie pour les Orphelines. Établi par les 
soeurs de Saint-Joseph en 1851. Compte 56 jeunes filles pension- 
naires depuis l'âge de trois à quatorze ans. Elles fréquentent 
l'école et sont préparées au .service domestique. On leur procure 
de bonnes maisons, lorsqu'elles sont devenues assez âgées pour .«^e 
pourvoir à elles-mêmes. Subvention du gouvernement. S'adresser 
à la R. M. supérieure. 

London, — Refuge des Orphelins Protestants. Fondé en T874. 
Travaille de concert avec la société de secours des enfants et donne 
un abri temporaire gratuit aux enfants de la ville. Les autres en- 
fants du comté doivent donner un dollar par semaine. A un conseil 
de syndics composé de 48 femmes ; conseil consultatif composé 
d'hommes. Dans le cours de l'année 65 enfants ont été admis, 
dont 30 sont placés dans des bonnes familles. Recettes, subvention 
du gouvernement et de la ville. Secrétaire, Mrs. Shuttleworth. 

London. — Refuge des Orphelins Catholiques Romains. Fondé en 1868, 
par l'entremise des sœurs de Saint- Joseph. Il y a actuellement 95 
orphelins au refuge. Subvention du gouvernement. S'adresser à 
la R. M. supérieure. 

Berlin. — Refuge des orphelins. A un conseil de directeur.^ dont sept 
femmes et sept hommes. Les dames auxiliaires s'assemblent men- 
suellement pour s'enquérir des besoins du refuge. Les enfants, au 
nombre de 12, vont à l'école. Recettes : subvention du gouver- 
nement et du comté. Présidente des Dames Auxiliaires, Mme J. 
B. Shanty. 

Sainte-Catherine. — Orphelinat Protestant. Le nombre des pension- 
naires diminue. Les enfants fréquentent l'école publique. On les 
place dans de bonnes familles. 

Dundas. — Maison de la Providence. Orphelinat pour jeunes filles 
sous les soins des sœurs de Saint- Joseph qui dirigent encore une école. 
Il y a, dans l'institution, no orphelines. S'adresser à la R. M. 
supérieure. 

Wickwenukong. — Ofphdinat et éî:ole Industrielle. Fondés en 1862 par 
les sœurs du Cœur Immaculée de Marie. Il y a soixante orphelines 
dans le refuge, et cinquante-trois à l'école industrielle. S'adresser 
à la R. M. supérieure. 



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Niagara. — Asile d'enfants, pour filles seulement, placé sous les 
auspices de la société de l'église d'Angleterre dans le but de 
donner des refuges aux délaissés et aux vagabonds ; administré 
par un comité canadien. 

PROVINCE DE LA NOUVELLE-ECOSSE. 

Hzlifax. — Crèche. — Fondée en 1875 ; but : recevoir et soigner les 
enfants abandonnés et mettre fin au ' ' baby farming * ' . Comité 
composé de 12 dames assistées par un comité consultatif d'hommes ; 
les mères sont reçues avec leurs enfants ; un grand nombre d'en- 
fants ont été adoptés dans d'excellentes maisons. Recettes : legs 
et souscriptions. Adresse, Mrs. Murray, secrétaire-correspondante. 

Halifax. — Orphelinat du mont Saint- Antoine dirigé par les sœurs de la 
Charité ; environ 150 orphelins. Établissement soutenu par des 
contributions volontaires. Adresse, R. M. supérieure. 

Il y a deux écoles industrielles de correction à Halifax pour les 
enfants incorrigibles ; et une école modifié ayant le même objet à 
Springhill. 

PROVINCE DU NOUVEAU-BRUNSWICK. 

Saint-John. — Orphelinat protestant. Matrone, Mrs. A. H. Butler. 

Saint-John. — Asile protestant fondé en 1854. But : donner asile 
aux orp)\elins abandonnés. Établissement dirigé par \\\\ bureau de 
directeurs appartenant à l'église protestante et par un comité de 
dames. Nombre d'enfants présents, 31. Revenus: souscriptions 
et quêtes. Secrétaire du comité des dames, Mrs. Jack McLaren. 

Saint-John, — Couvent de Saint-Vincent. Dirigé par les sœurs de la 
Charité qui se sont établies à Saint-John en 1854. But : s'occuper 
des orphelins pauvres, enseigner les cours supérieurs et primaires 
et visiter les malades. Sœurs au nombre de 43. Six sœurs sont 
chargées de l'asile qui compte 70 filles. Recettes : contributions, 
legs, etc. Adresse, R. M. supérieure. 

Saint-John. — Réforme pour garçons t maison fondé en 1892 par les 
soins de sir Léonard et lady Tilley. L'ancien pénitencier de Saint 
John a été changé en un asile. Bureau de direction composé 
d'hommes et de femmes. Les garçons reçoivent une formation 
industrielle. Présidente, lady Tilley. 

Fredericton. — Orphelinat Catholique; établi en 1858 par les sœurs de 
Charité. Adresse — R. M. supérieure. 

Silver Falls. — Orphelinat Saint-Patrice pour |(arçons. Fondé en 1879 et 
dirigé par les sœurs de Charité. 90 orphelins sont actuellement à 






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FEMMES DU CANADA 



r institution ; 50 assistent aux classes enseignées par deux sœurs. 
Recettes : Contributions des congrégations catholiques de la ville, 
ainsi que des revenus de la grande ferme de l'institution. Adresse — 
R. M. supérieure. 

Saint B.^flc de A\adawask£. — Hôpital. Pensionnat, Académk et Orphelinat. 

Fondé en 1875 par les sœurs de l' Hôtel-Dieu de Montréal. On y 
loge 50 orphelins. »S'adresser à la R. M. supérieure. 



PROVINCE DU MANITOBA. 

Winnipcj. — ^Asile d'enfants. Avenue River, Fort Rouge. Fondé en 
1885 par l'union Chrétienne des Femmes et dirigé par elle jusqu'en 
1887 où il devint indépendant et obtint une constitution 
séparée. Le bureau a le pouvoir de faire un contrat pour avoir la 
tutelle absolue de l'enfant. Les enfants reçus à l'asile sont des 
garçons au-dessous de cinq ans, et des filles au-dessous de quatorze. 
Les enfants sont habillés et envoyés à l'école II y a de la place 
pour 55 enfants seulement à 1 asile , 30 assistent à l'école de Fort 
Rouge. La taxe pour les membres annuels est de 3 dollars ; pour 
être membre à vie il faut verser 25 dollars. Il faut payer 5 dollars 
par année par enfant jusqu'à l'âge de seize ans ; alors il faut payer 
15 dollars par année et 20 dollars quand l'enfant a 18 ans. Ce 
montant est payable à l'enfant par la communauté quand la tutelle 
de l'asile est finie. Recettes : subventions du gouvernement et du 
conseil de ville, etc. Secrétaire — Mrs. Culver. 

Saint-Boniface. - Société de l'Orphelinat indien Victoria. Présidente — 
lad y Schultz. 

Saint-Boniface. — Hospice Taché tenu par les révérendes sœurs Grises, 
venues de Montréal en 1844, où elles avaient ouvert un pensionnat ; 
cet établissement a été transformé, et porte depuis 1898, le nom 
d'Hospice Taché. On y soutient 90 orphelines, 25 enfants aban- 
donnés et 30 petits garçons au jardin de l'enfance. Adresse — R. M. 
supérieure. 

PROVINCES DU NORD-OUEST. 




SaintAlberi — Orphelinat et Asile. Fondés pour les femmes âgées par 
les sœurs Grises, venues de Saint-Boniface en 1859. L'Asile d'You- 
ville abrite 118 orphelins des deux sexes. S'adresser à la R. 
M. supérieure. 

L'lle-de-la*Croix. — Hospice Saint Joseph. Fondé en 1869 par les 
sœurs Grises venues de Saint-Boniface, où elles ont un orphelinat et 
une école. Elles visitent les pauvres et les malades à domicile. 
S'adresser à la R. M. supérieure. 



CHARITES ET CORRECTION 



467 




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Lac b Sdlc — Orphelinat cf xolc Fondés en 1898, tenus par les 
^œurs Grises. 7 religieuses, 4 tertiaires et 30 jeunes enfants. 
S'adresser i\ la R. M. supérieure. 

McKenzie. — Hospice du Sacié Coeur. F.ndé en 1860 par les sœurs 
Grises. Mission indienne. S'adresser à la R. M. supérieure. 

AChabaska. — Orphelinat et Ecole, Fondée par les sœurs gri. ss, 
venues de Montréal en 1874. 6 religieuses, 2 sœurs tertiaires. 43 
enfants indiens. S'adresser à la R. M. supérieure. 

Mission de la Providence.— Orphelinat, Ecole. Fondés par les sœurs 
grises. 7 religieuses, 4 tertiaires, 30 enfants indiens. Visite des 
malades à domicile. S'adresser à la R. M. supérieure- 
Petit Lac des Esclaves. — Mission Saint-BemanL Fondée en 1894 P^i* 
les sœurs de la Proxndence, venues de Montréal. 6 religieuses, 4 
sœurs tertiaires, 105 élèves internes, des deux sexes. S'adresser à 
la R. M. supérieure. 

Smoky Kiver. — Mission Saint-Aujustin, Fondée par les sœurs de 
la Providence, en 1898, pour venir en aide aux indiens. S'adresser 
à la R. M. supérieure. 

PROVINCE DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

Victoria. — Orphelinat protestant Fondé en 1873. dirigé par un bureau 
mixte. Il y a actuellement 57 enfants présents. Recettes : Con- 
tributions volontaires. Adresse, Mrs. McGregor, matrone. 

Victoria. — Orphelinat catholique romain. Présidente. Mrs. J. Leamy. 

Vancouver. —Orphelinat Alexandrie. 579 rue Howe, doit son origine 
aux besoins de plusieurs enfants sans mtre et dont le père ne pouvait 
s'occuper; dirigé par un bureau composé d'hommes et d'une 'dame 
de chaque église de la ville. Présents. 40 enfants. Recettes : 
Charité publique volontaire et subvention de la ville. Présidente de 
la direction intérieure Mrs. McPhaiden. 




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(4) HOPITAUX-GENERAUX. DES ENFANTS. MATERNITES. ETABUSSE. 
MENTS POUR MALADIES CONTAGIEUSES, U CONSOAUHION. ETC. 



PROVINCE DE QUÉBEC. 

Montréal — Hotel-Dieu. Avenue des Pins, fondé dans l'île de Mont- 
réal, en 1642, par Mlle Jeanne Mance, comme succursale de la 
congrégation des religieuses hospitalières de Saint- Joseph, laquelle 










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fut instituée en 1636, dans la ville de la Flèche, en Anjou (France). 
Il y a maintenant 8 succursales de l' Hôtel-Dieu de Montréal dans 
d'auties diocèses, mais chaque maison une fcis établie, se suptiorte 
elle-même et reste indépendante de la maison mère. Il y a présen- 
tement dans la communauté 100 professes et 10 novices. Deux 
chapelains desservent l' Hôtel-Dieu et y ont leur résidence. Il y a 
des lits pour 250 malades, qui sont admis sans aucune distinction de 
nationalité ou de religion, il y a également des chambres privées et 
des appartements pour les prêtres malades. Depuis 1887 l'hôpital 
est ix)urvu d'un dispensaire où sont traités les maladies d'yeux, 
d'oreilles et de gorge. Le nombre des pauvres externes secourus, 
soit par consultations ou prescription.s donnés gratuitement, s'élève 
par année à 3,800. La plujjart des médecins qui font le service 
médical appartiennent à la Faculté de médecine de l'université Laval. 
Recettes : subvention provinciale ; la ville ne lui donne aucun 
secours. S'adresser à la R. M. supérieure. 

Montréal. — Hôpital Notre-Dame, 143 1 rue Notre-Dame. Fondé eu 
1880, ouvert à toutes les personnes pauvres sans distinction de 
croyance ou de nationalité. Le personnel de médecins est sous la 
direction de la Faculté de médecine de l'université Laval. Le soin 
des malades et la direction intérieure de l'hôpital sont réser\'és aux 
sœurs Grises qui dépendent d'un bureau de médecins et du bureau 
des directeurs, aidés d'un comité de dames patronnesses. Pour la 
première fois, ce printemps, le bureau a conféré des diplômes de 
gardes-malades aux sœurs de l'hôpital qui ont suivi avec succès le 
cours de trois années enseigné jar les médecins internes. Outre 
les salles ordinaires, il y a des .salles privées à 50 sous par jour, et 
des chambres privées pour ceux qui sont capables de payer. Les 
malades ont le privilège de recevoir les soins de leurs propres méde- 
cins. Nombre de lits, 1 25 ; coût de chaque patient par jour, 1 .08 
dollar. Recettes . subvention du gouvernement proWncial, recettes 
du dispensaire, subvention de la ville pour les .ser\nces de l'ambu- 
lance ; rétributions des étudiants, etc. Médecin surintendant. E-P. 
Lachâpelle. 

Montréal. — Association des Dames patronnesses de Thopital Notre-Dame : 

fondée en 1881 pour aider au soutien de l'institution. Plus de 200 
membres, chacun payant une contribution annuelle de 2 dollars. Ces 
dames se chargent de fournir à l'hôpital tout le linge néces-saire aux 
malades. Deux des membres visitent les malades de l'hôpital 
chaque semaine. Présidente, Mme J. R. Thibaudeat' 837 rue du 
Palais. 

Montréal. — Hôpital Catholique de b Maternité, 346 rue Lagauchetière , 
cette cgmmunauté fut fondée en 1846 par la veuve de Jean-Marie 
Jette, mieux coiuiue sous le nom de Mère de la Nativité. But " tra- 
vailler au salut des âmes abandonnées, en établi.ssant un rr'uge 
pour les femmes et filles débauchées qui y trouvent non seulesient 



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CHARITES ET CORRECTION 



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le confort corporel, mais le moyen de rentrer dans la vie régulière. 
Un établi ssen;cut pour les prostituées et les enfants trouvés est 
annexé à l'hôpital de la Muternité. Il y a aussi deux succursales 
de cette institution, une - Ottawa, 1 autre à Wiimipeg. Nombre de 
femmes reçues pendant l'année, 1,131 ; malades assistées au dehors, 
2,007. Il y a onze infirmières sous la direction des sœurs f.t du 
médecin. Recettes : Subvention du gouvernement, dons privés, 
etc. Adresse, R. M. supérieure. 

Montréal. — Hopi^il civique des maladies contagieuses, rue Moreau ; bâti 
en 1886 sous la direction du comité de santé de la ville ; géré et 
maintenu par les membres de ce comité ; peut recevoir 1 20 malades ; 
près de l'hôpital il y a une station de désinfection à la vapeur où 
s'emploie un cylindre Geneste-Herscher. Il y a 9 religieuses et 3 
salles pour les malades et un pavillon séparé pour les varioleux. 
Médecin surintendant, Dr. Laberge. 

Montréal. — Institut Ophtalmique, rue Sainte-Catherine ; fondé par 
les sœurs Grises pour le traitement des yeux, des oreilles et de la 
gorge, pour les maladies nerveuses. Il y a une .salle d'hydrothé- 
rapie et une autre pour les traitements par l'électricité. La charité 
privée a doté l'établissement de lits pour les pauvres. Adresse, 
R. M. supérieure. 

Montréal. — Hôpital général, rue Dorchester, Est ; fondé en 1821. 
La première pierre du bâtiment central fut posée avec les honneurs 
maçonniques par sir John Johnson, baronnet, eu 1821 . Constitué en 
1823 comme hôpital de charité pour les malades pauvres de 
Montréal, sans distinction de croyances ni de nationalités. Il y a 
quatre médecins de service, 4 chirurgiens, 6 assistants médecins et 
8 médecins internes. En 1899, 2,928 malades internes et 35,078 
externes reçurent les soins de cet hôpital. Les bâtiments couvrent 
un grand carré bonié par quatre rues ; 200 lits. En 1897 la pre- 
mière pierre de la maison des infirmières fut posée par lord Lister. 
Bureau de 13 administrateurs choisis annuellement parmi les direc- 
.teurs. Recettes: quêtes et legs, intérêts des placements, rétributions 
des malades et souscriptions volontaires. Président, F. Wolferstan 
Thomas. 

Montréal. — Hôpital Royal Victoria, Avenue des Pins, fondé en 1887 
par lord Strathcona et lord Mount-Stephen, en souvenir du jubilé 
de Sa Majesté la reine Victoria, pour le traitement des malades et des 
blessés de toutes nations et croyances, surtout des pauvres. Malades 
soignés dans l'hôpital en 1898, 2,379, malades du dehors 14,681. 
Bureau de directeurs. Donation de 1,000,000 dollars. Recettes: 
intérêts de placements ; rétributions des malades et des étudiants, 
dons, etc. Secrétaire et surintendant, J. J. Robson. 

Montr^ial.— Hôpital gratuit Samaritain pour les femmes, 1,000, rue Dor- 
chester. Ouvert par la comtesse d'Aberdeen en 1895. C'est un 



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établissement pour les femmes et dirigé par des femmes, toutes les 
croyances et les nationalités y sont admises ; oa n'y reçoit pas d'étu- 
diants, il n'y a pas de maternité ; la plupart des cas sont des opéra- 
tions spéciales. Bureau de 30 dames. Recettes : présents et sous- 
criptions, rétributions de traifements. Secrétaire honoraire, Miss 
Cramp, 

Montréal. — Hopiial de l'Ouest 1269. nte Dorchester Ouest. Établi 
en 1873 sous le titre d'hôpital de la maternité; appelé hôpital général 
en 1895. I^epuis cette époque la subvention du gouveniement a été 
transférée à l'hôpital des femmes. Durant 1899, 2,158 malades ex- 
ternes et 474 internes ont été soignés. Recettes : souscriptions 
volontaires et donations. Présidente du comité des dames, Mrs. 
Pennell. 

Montréal. — Hôpital des femmes. 170 et 172, rue de la Montagne ; 
constitué eu 1874, pour le traitement des maladies de femmes et pour 
les accouchements. Bureau de directrices et comité d'administratrices; 
50 lits et 10 chambres séparées; infirmières, 5, en plus une surinten- 
dante, une matrone, un chirurgien et une aide-accoucheuse. Recettes: 
légère subvention du gouvernement et une autre de la banque 
d'Épargnes. Médecin, Dr. Reddy. 

Montréal. — Hôpital de la Maternité. 93, me Saint-Urbain ; constitué 
en 1 854 .sous le nom de "The University Lying-in Hospital"; changé 
en celui qu'elle porte actuellement par une loi du parlement en 1887. 
But : développer la science de l'accouchement et fournir les secours 
de la science aux femmes délaissées au temps critique. Dirigé par 
un comité de dames. C'est aussi une école préparatoire pour les 
élèves médecins de l'Université McGill. pour les infirmières de la 
maternité ; le professeur d'accouchements leur donne des leçons 
cliniques. Recettes : subvention du gouvernement, rétributions des 
malades, souscriptions annuelles. Secrétaire, Mrs. H. C. Scott. 

Montréal. — Hôpital HonKKopathique de Montréal. 44 Avenue du collège 
McGill, constitué en 1865. Le bâtiment actuel a été achetéen 1893. 
Bureau mixte ; 30 lits ; dispensaire externe ; toutes les salles sont, 
ouvertes aux malades de tout médecin reconnu ou de toute école de 
médecine. Recettes : contributions des directeurs, souscriptions 
privées, nonoraires des infirmières. Présidente du comité des dames, 
Mrs. J. T. Hagar. 

Québec. — Hôpital du Précieux Sanj. En 1639, la mère Marie Guenet 
de Saint-Ignace, et deux sœurs de l'ordre des infirmières des Augus- 
tines, établies à Dieppe, arrivèrent à Québec. La duchesse d' Aiguillon 
les engagea à r »nder une succursale de cet ordre au Canada. Toutes 
les religieuses dont 60 professes et 40 noxices sont employées au service 
de l'hôpital et observent la constitution et les règles de l'ordre. But : 
prendre soin des malades de toute nationalités et croyances, riches et 
pauvres. lyCS médecins de l'université Laval donnent leurs serv'ççs 



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gratuitement aux pauvres. Recettes provenant de terres données à 
rétablissement au dix-septième et au dix-huitième siècles et défri- 
rhées par les soins des religieuses ; le gouvernement prox'incial lui 
accorde aussi une subvention. Nombre de malades internes soignés 
eu 1898, 1,336, Adresse — R. M. supérieure. 

Québec — Hôpital du Sacré-CoÂir. Fondé en 1873 par les sœurs 
infirmières de la Miséricorde. Cet ordre tire son origine du monastère 
des sœurs infirmières de Dieppe, où il fut fondé en 1285. Les 
locataires de l'hôpital, hommes et femmes sont au nombre de 200.. 
Cet hôpital est le seul qui reçoive les épileptiques. Recettes : ren- 
dement des terres données par le fondateur Mgr de Saint- 
Valier, subvention du gouvernement pour 20 pauvres ; économie et 
travail de chaque sœur. Adresse — R. M. supérieure. 

Québec — Matcmiti de la Miséricorde, rue Rouillard. Fondée vers 
1840 par Mlle Métivier. En 1874 les sœurs du Bon Pasteur prirent 
la direction de l'établissement. Nombre de malades reçus chaque 
année, de 125 à 150. Il y a 2 infirmières. Recettes : subvention 
du gouvernement, droits d'admission, collectes, et le travail des 
patientes. Adresse — R. M. supérieure. 

Québec — Hôpital Jeffrey Haie, 2 rue Olivier. Fondé en 1865, est 
sous la direction d'un bureau d'administrateurs, une matrone et 
cinq infirmières. But : avoir soin des malades, surtout des pro- 
testants, tant ceux de l'hôpital que ceux du dehors. Il y a 40 lits. 
Président — J. T. Ross. 

Trois-I^ivières. — Hôpital. Fondé en 1 864 par les sœurs de la Provi- 
dence de Montréal. Malades soignés durant l'année, 240. L,es 
.sœurs visitent les malades, les soignent chez eux et dans la prison. 
Recettes : subvention du gouvernement et travail des religieuses, 
etc. Adresse — R. M. supérieure. 

Saint-Hyacinthe. — Hotel-Dieu. Fondé en 1 840 ; il est dirigé par les 
sœurs de la Charité (sœurs Grises), qui, sans avoir suivi un cours 
préparatoire d'infirmières, ont reçu des médecins internes des 
leçons pratiques pour leur genre de soins. Les sœurs visitent et 
soignent les malades à do nicile ; 56 malades internes soignés pen- 
dant l'année. Adresse — R. M. supérieure. 

Arthabaskavillc— Hôpital. Fondé en 1881 par les sœurs de l' Hôtel- 
Dieu de Montréal ; 15 personnes pauvres dans l'établissement. 
Adresse — R. M. supérieure. 

Nicolet. — Hôpital. Fondé en 1886 par les sœurs Grises de Saint- 
Hyacinthe. Adresse — R. M. .supérieure. 

Saint- Jean. — Hôpital Fondé par les sœurs Grises de Montréal, 
ciui \-isitent aussi les pauvres à domicile. Il y a 15 malades dan? 
1 Iiôpital et 25 incurables des deux .sexes. Adresse — R. M. 
supérieure. 






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372 



FEMMES DU CANADA 




Saint* Jérôme.— Hôpital. Fondé en 1888 par les sœurs Grises de 
Montréal. Les sœurs visitent aussi les femmes à domicile. 

Nomininjuc — Hôpital. Fondé par les chanoinesses des Cinq Plaies 
de Notre Seigneur, venues de* Lyon, France. Cet ordre suit les 
règles des Augustins et les constitutions de l'ancienne communauté 
des chanoinesses. Leur temps se partage entre l'assistance au 
chœur et les travaux de charité. Recettes : charité, travail manuel, 
enseignement et autres ouvrages auxquels elles se livrent. Adresse 
— R. M. supérieure. 

Fraservllle. — Hôpital du Prédeux-Sanj, fondé en 1889, par les sœuis 
de la Providence de Montréal ; 51 malades ont été soignés pendant 
l'année. Les sœurs visitent aussi les pauvres à domicile. Adresse 
— R. M. supérieure. 

Chicoutimi. — Hotel-DIeu Saint* Valier. fondé en 1884, P^i* ^^s sœurs 
infirmières de Québec. Adresse — R. M. supérieure. 

Sorel. — Hôpital général, fondé en 1862 ; appartient à la municipa- 
lité civile, mais les sœurs de charité de l' Hôtel-Dieu de Saint- 
Hyacinthe, sous la direction dt la supérieure, en ont l'administra- 
tion. But : œuvres de charité spirituelle et corporelle. Recettes : 
dons, aumônes, travail des sœurs, rétributions des pensionnaires et 
subvention du gouvernement. Adresse — R. M. supérieure. 

Sainte-Agathe des Monts. — Sanitarium Laurenticn, institution pour le 
traitement des maladies de poitrine à leur première période. Le 
Sanitarium est bâti sur une colline de i ,550 pieds au-dessus du niveau 
de la mer, dans le village de Sainte- Agathe, 64 milles de Montréal ; 
0:1 s'y rend par une ligne du chemin de fer Canadien du Pacifique. 
Le personnel est composé du médecin interne, de la matrone qui est 
une infirmière de profession et deux infirmières assistantes. Prix 
de la pension par semaine de 10 à 15 dollars. Grâce aux fondations, 
les malades sont soignés à peu de frais ; il y a aussi 2 lits gratuits 
|X)ur des cas spéciaux. Directeur— Dr. A.-J. Richer. 





PROVINCE D'ONTARIO. 

Toronto. — Hôpital-Général, 460, rue Gerrard Est ; établi en 1819 ; 
constitué en 1847 ; 400 lits ; succursale des cas pressants (premiers 
soins aux blessés), 105 rue Bay ; pavillon ix>ur les maladies de 
femmes ; dirigé par un bureau de commissaires de cinq membres, 
composé de trois commissaires du gouvernement, du maire de la 
ville de Toronto et d'un membre choisi par les souscripteurs de 
l'hôpital. Un certain nombre d' étudiants du collège de médecine de 
Toronto et du collège de médecine des dames reçoivent des leçons 
de médecine pratique dans cet hôpital. La salle d'opérations a 



CHARITÉS ET CORRECT/ON 



373 



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[scripteurs de 
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Jit des leçons 
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mille sièges. Recettes : placements, subvention du gouvernement, 
rétributions des malades. Surintendant médical — Charles O'Reilly, 
docteur en médecine. 

Toronto. — Inrirmcrie d'Andrew Mcrcer pour les yeux et les oreilles, admi- 
nistrée par le bureau de l'hôpital général. 

Toronto. — Hôpital Bumside pour les accouchements, 128 lits; dirigé 
par le bureau de l'hôpital général. 

Toronto. — Hôpital des enfants malades, rue Collège, coin de la rue 
Élizabeth ; fondé en 1875, constitué d'après les lois de la province 
d'Ontario, dirigé par un bureau de conmiis.saires. But : soi- 
jjner les enfants malades entre les âges de deux à quatorze ans. Dirigé 
par une dame surinteudante aidée d'un personnel de 30 infirmières. 
Nombre de malades internes, environ 600 par année, malades 
externes 4,000. Environ 190 lits. Recettes : subvention du gou- 
vernement d'Ontario de 30 sous par tête et par jour ; subvention 
(le la municipalité de la ville de Toronto, souscriptions volontaires. 
Coût par tête du maintien de l'hôpital, 70 sous par jour. 

Toronto. — Hôpital orthopédique, 12 rue Bloor, est ; ouvert en 1898, 
constitué d'après la loi concernant les sociétés de bienfaisance, de 
prévoyance et autres de la province d'Ontario ; dirigé par un bureau 
de commissaires qui administrent les affaires de l'hôpital, nomme le 
personnel des médecins, etc. C'est le seul établissement au Canada 
réservé exclusivement au traitement des boiteux et de ceux souffrant 
(le quelque difformité, et pour l'étiidede la chirurgie orthopédique ; 
a un matériel et des arrangements spéciaux pour exécuter son travail ; 
des chaussures spéciales pour les boiteux, etc. , fabriquées dans l'éta- 
blissement d'après les indications des chirurgiens ; il y a un gym- 
nase orthodépique bien monté î.<^tir les déviations latérales de 
î'épine dorsale et les autres difformités ; un personnel de médecins 
ponr les opérations et pour les cons' citations ; un comité de dames ; 
172 malades admis la première année lont loo au-dessous de 14 ans. 
Recettes : rétributions des malades privés et semi-privés, subven- 
tion du gouvernement et souscriptions. Secrétaire-trésorier — War- 
ring Kennedy. 

Toronto. — Hôpital Saint-Jean, 28-34 ^^^ Major, organisé en 1885 ; 
dirigé par les sœurs de Saint- Jean de Dieu du Canada ; le premier 
dispensaire dirigé par des femmes à Toronto a été fondé dans la 
maison des sœurs de la mission pour le soulagement des maladies 
particulières aux femmes ; 27 lits ; l'établissement est soumis à 
l'inspection du gouvernement. Section externe à la maison de la 
mission, rue Follis. Entre 600 à 700 malades soignés annuelle- 
ment. Soins des malades à l'hôpital donnés par les sœurs de Saint- 
Jeati de Dieu et des infirmières de profession. Les malades y sont 
reçus sans égard à leur religion. Recettes : subventions du gou- 
vernement provincial et de la vilb, rétributions des malades et 
souscriptions. 






374 



FEMMES DU CANADA 





Toronto. — HopHâi Grâce (homéopathique), coin des rues Collège et 
Huron ; fondé en 1890, constitué en 1893. Origine: un dis- 
pensaire gratuit en 1887 ouvert pour donner des traitements 
homéopathiques aux malades pauvres de la ville ; il y a une section 
pour la maternité. Comité de dames, et comité de demoiselle!-.. 
Recettes : subventions du gouvernement et de la ville, souscrip- 
tions, etc. Secrétaire, Mrs. James Hay Smith. 

Toronto. — Hôpital de l'Ouest, 159 rue Collège ; fondé en 1885. 
Origine : un dispensaire gratuit pour les pauvres établi dans 
la partie ouest de la ville ; ce aispensaire fut constitué en hôpital 
général ; persotmel de 42 membres de la profession médicale ; il 
y a un bureau de femmes chargé de l'entretien de l'établissement. 
Recettes : l'établissement reçoit 40 sous chaque jour pour chacun 
des malades que l'officier de santé y envoie ; subvention du gouver- 
nement par tête ; contributions des membres et souscriptions ; secré- 
taire du personnel des médecins — W. J. Wilson. 

Toronto. — Hôpital Saint-Michel, rue Bond. Aux soins des sœurs 
de Saint- Joseph de la maison de la Providence ; établi en 1892 ; 
possède un matériel très complet des modèles les plus modernes et 
prêtés aux différentes écoles de médecine de la ville ; pharmacie 
gratuite ouverte aux pauvres du dehors chaque après-midi ; bureau 
consultatif d'hommes. Le personnel des médecins comprend le 
surintendant, 2 chirurgiens internes et un personnel assistant de 30 
des meilleurs médecins et chirurgens de la ville. Nombre de.s 
malades internes durant l'année 2,127, ^^ malades externes 7,790. 
Recettes : subventions du gouvernement provincial et du conseil de 
ville. Adresse — R. M. supérieure. 

Ottawa. — Hôpital général catholique romain, rue Water. Fondé en 
1845, sous la direction des sœurs Grises au nombre de 18 ; le per- 
sonnel des médecins est composé de deux médecins consultants, 8 
médecins visiteurs, 2 internes et 2 spécialistes ; il y a de 250 à 300 
malades; rétribution exigée de ceux pouvant payer la pension et les 
traitements, 3 dollars par semaine. Malades admis durant l'année, 
161 2 ; il y a une société auxiliaire de dames comprenant 80 mem- 
bres, formée en 1898 ; cette société à contribué à l'érection d'un 
nouveau pavillon de l'établissement. Recettes : subvention pro- 
vinciale de 20 sous par jour pour chaque malade adulte, 7 sous par 
enfant; subvention du comté et rétributions des malades. Adresse— 
R. M. supérieure. 

Ottawa. — Hôpital des maladies contagieuses. Annexé à l'hôpital 
général, aux soins des sœurs Grises au nombre de 5. Adresse- 
R. M. supérieure. 

Ottawa. — Hôpital général protestant. Fondé en 1869. Soins donnés 
aux malades par les infirmières de l'institut Lady Stanley ; nombre 
de lits, 140 ; il y a des salles pour maladies contagieuses. La sous- 



CHARiTES ET CORRECTION 



375 



Collège et 
le : un dis- 
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Soins donner 
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Jses. Iva sous- 



ciiption des membres de la société auxiliaire du bureau des directeurs 
est de 50 sous par année ; il y a un comité de dames visitantes. 
Recettes: subventions gouvernementales et ninnicipales, rétributions 
d( s malades, collectes d'égli.ses, t lu.scriptions annuelles, etc. 
Surintendant des médecins — W. F. Maybury. 

Ottawa. — Hôpital jinéral Saint-Luc Fondé en 1898, appartenant 
\ une communion religieuse ; bureau de directeurs et bureau de 
médecins. Il y a deux salles publiques contenant 61 lits 1914 
malades soignés pendant l'année. Il y a une école préparatoire 
attachée à l'hôpital : une société auxiliaire de dames est établie pour 
subvenir à l'ameublement. Président — M. John B. Booth. 

Ottawa. — Hôpital de la Maternité. Con.stitué en 1894. But: pro- 
curer aux femmes mariées, moyennant une petite rétribution si pos- 
sible, durant le temps de leur accouchement les soins de médecins 
et d'infirmières de profes,sion. Les femmes pauvres sont aussi 
soignées à domicile. Bureau de directeurs à vie, de commis.saires à 
vie et i;: commissaires élus annuellement. Le bureau des médecins 
comprend des médecins consultants et médecins assistants ; 85 
malades admises durant l'année dont pas un seul cas de mort. 
Recettes : subvention du gouvernement d'Ontario et du conseil de 
comté, rétributions des malades, souscriptions, dons, etc. Secré- 
tarie — Mrs. William Hutchinson. 

Ottawa. — A\alson de la Miséricorde (matemHé), 790 rue Wellington ; 
rétablis.sement d'Ottawa est une succursale de la maternité de 
Montréal ; établie en 1879, administrée par une supérieure locale et 
trois assistantes ; un personnel de médecins et 5 infirmières présents 
chaque jour. Recettes : subvention du gouvernement, rétribu- 
tions des malades, souscriptions, donations et travail des sœurs. 
Adresse — R. M. supérieure. 

Ottawa. — Hôpital pour les enfants malades i 51 enfants admis pen- 
dant l'année. Recettes: subventions de la province d'Ontario et 
du comté de Carleton, rétributions \ malades et souscriptions, etc. 

Hamilton. — Hôpital de la ville y compris la maternité, 173 malades 
durant l'année. Recettes : subventions de la province d'Ontario, 
de là ville de Hamilton et des municipalités, rétributions des ma- 
lades, etc. Surintendant— Dr. Edgar. 

Hamilton.— Hôpital Saint-Joseph, établi en 1881 par les sœurs de 
Saint-Joseph. Nombre total des malades soignés présentement, 423. 
Recettes : subvention du gouvernement, rétributions des malades, 
souscriptions, etc. Adresse — R. M. supérieure. 

Kin|(ston. — Hôpital de l'Hotel-Dieu, fondé en 1860; aux soins des 
sœurs de la charité ; admissions dura"nt l'année, 423. Recettes : 
sul)vention du gouvernement, rétributions des malades, souscrip- 
tions, etc. Adresse — R. M. .«-upérieure. 




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376 



FEMMES DU CANADA 



Kingston. — Hôpital général. 168 lits; personnel, un surintendant 
médecin, une surintendante des infirmières, 2 chirurgiens internes, 
22 infirmières ; une annexe pour la maternité et un dispensaii e 
externe. Environ 1,000 malades soignés gratuitement chaque 
année. Recettes ; subventions du gouvernement, de la ville, du 
comté et des municipalités, rétributions:des patients, dons et collectes 
des églises de la ville, rétributions pour la pratique à l'hôpital, etc 

London. — Hôpital général. Un grand bâtiment neuf à trois 
étages bâti sur l'emplacement de l'ancien hôpital. Malades admis 
durant l'année, 125. Recettes: .subventions du gouvernement pro- 
vincial, de la ville et du comté, rétributions des malades, souscrip- 
tions, etc. 

London. — Hôpital SaintJoseph, établi en 1858, confié aux sœurs de 
Saint- Joseph ; 180 malades reçus durant l'année. Adresse — R, M. 
supérieure. 

Sainte-Catherine. — Hôpital général et de Marine. 238 malades soignés 
durant l'année. Recettes : subventions du gouvernement, de la 
ville et du comté, rétributions des malades, souscriptions, etc. 

Sainte-Catherine. — Société auxiliaire de l'hôpital des Dames. Secrétaire — 
Mrs. Larkin. 

Galt. — Hôpital. La ville et les environs sont exempts de maladie, 
par conséquent peu de malades à l'hôpital, 85 y ont été admis j^en- 
dant l'année ; personnel comprenant 7 infirmières et une surinten- 
dante. Recettes: subventions du gouvernement provincial, de la 
ville et du comté, etc. 

Guelph. — Hôpital général, peut recevoir 85 malades, nouvelles amé- 
liorations, y compris une machine pour le massage. Il y a une 
annexe pour les maladies contagieuses ; 18 infirmières, une dame 
surintendante et un chirurgien interne. Recettes : subventions du 
gouvernement, de la ville et du comté, etc. 

Guelph — Hôpital Saint-Joseph, fondé en 1861 ; aux soins des sœurs 
de Saint- Joseph ; contient 50 lits, des appartements privés. Recettes : 
subventions du gouvernement provincial, de la ville et du comté, etc. 
Adresse — R. M. supérieure. 

Windsor. — Hôpital de l'Hotel-Dieu, ouvert en 1890 ; sous la direction 
des sœurs de l'hôpital de Saint-Joseph ; une section spéciale a été 
ouverte pour les traitements orthopédiques. Recettes : subventions 
du gouvernement provincial, du comté et de la ville, rétributions 
des malades, dons et souscriptions. Adresse — R. M. supérieure. 

Pembroke. — Hôpital général, établi en 1878 par les sœurs Grises 
d'Ottawa. Recettes : subventions du gouvernement provincial et 
du comté, rétributions des malades, souscriptions, quêtes, etc. 
Adresse — R. M. supérieure. 



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CHAR/TES ET CORRECTION 



377 



Mattawa. — Hôpital général, aux soins des sœurs Grises. Nombre de 
malades reçus pendant l'année, 215, Recettes: bubventious du 
gouvernement provincial et du comté, rétributions des patients, 
souscriptions, dons etc. Adresse — R. M. supérieure. 

Brockville. — Hopita. de Saint-Vincent de Paul, établi en 1887 ; dirigé 
par les sœurs de la Charité de la Providence de Kingston ; 365 
malades admis durant l'année. Recettes : si entions du gouver- 
nement provincial, de la ville et du comté, souscriptions, dons, etc. 
Adresse — R. M. supérieure. 

Brockville. — Société auxiliaire de Dames rattaché à l'hôpital Saint- 
Vincent de Paul. Cette société a beaucoup aidé aux finances de 
l'hôpital. Secrétaire — Miss Bradley. 

BrucRville — Hôpital général, organisé par les protestants de la ville ; 
en 1881, un dispensaire gratuit fut établi. La fondation de cet 
établi.ssement est due à l'énergie des femmes de la ville qui recueillent 
de l'argent au moyen de souscriptions. Bureau de directeurs, 
assisté de la société auxiliaire des dames ; deux membres de ce 
buicau sont désignés pour visiter l'hôpital de temps en temps. 
Aménagé pour recevoir 42 malades. Quelques salles pour les 
pauvres. La rétribution demandée pour les soins donnés dans les 
autres salles varie suivant les moyens des malades ; il y a 
une salle de maternité. Il y a un président, un médecin, une 
matrone et 1 2 infirmières. Recettes : contributions volontaires» 
subventions du gouvernement, de la ville et du comté. Secrétaire 
du comité des femmes — Mrs. Albert Gilmour. 

The.5salon. — L'hôpital Victoria, fondé en 1899 ; est aux .soins des 

infirmières de l'ordre Victoria. Le gouvernement provincial donne 
une subvention pour subvenir au traitement des infirmières. 
L'hôpital est entretenu par des souscriptions pubhques. 

Belleville. — Hôpital, établi en 1886 par l'union Chréstienne des 
Femmes. Le bureau de l'hôpital est composé de 9 dames; 116 
familles ont reçu du secours, 87 pauvres de la ville ont été soignés. 
Recettes: subvention de la ville, rétributions des malades, souscrip- 
tions, etc. Président du personnel des médecins — Dr Dolan. 

Brantford. — Hôpital de J. H. Stratford, 209 malades admis pendant 
l'année. Recettes : subvention du gouvernement provincial et du 
comté, rétributions des malades, souscriptions, etc. 

Port Arthur. — Hôpital Saint-Joseph, établi en 1873; aux soins de.i 

sœurs de Saint-Joseph. Admission durant l'année, 132. Recettes: 
subventions de la province d'Ontario, de la ville et du district 
d'Algoma, rétributions des malades, souscriptions, donations, etc. 
Adresse — R. M. supérieure. 

Berlin. — Fondation de l'hôpital de Berlin et Waterloo, instituée en 1895 
hôpital d'isolement. Recettes : subventions de la province d'Ontario, 



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378 



FEMMES DU CANADA 



de la ville et du comté, rétributions des malades, souscriptions, etc. 
Organisée en 1896 dans le but de pourvoir aux besoins de l'hôpital. 
Secrétaire des dames auxiliaires — Mrs. G. Wegenast. 

Chatham. — Hôpital Saint-Joseph, établi par les sœurs de Saint- 
Joseph, de London, Ontario. Environ 120 admissions durant l'année 
dont plus de la moitié étaient des protestants. Recettes: subventions 
du gouvernement provincial et de la ville, rétributions des malades, 
quêtes, donations, etc. Adresse — R. M. supérieure. 

Saint-Thomas. — Hofùtal d'Amasa Wood, une matrone et cinq innr- 
mières; 135 malades soignés pendant l'année. Recettes: subven- 
tions du gouvernement et de la ville, rétributions des malades, 
souscriptions, etc. 

Collinjwood. — Hôpital général et de marine, a un surintendant et 5 
infirmières. Moyenne de 50 à 70 malades par année. Recettes : 
subventions du gouvernement provincial et du comté, rétributions 
des malades, etc. 

Stratford. — Hôpital jênénl. 214 malades admis durant l'année ; la 
direction a l'intention de faire bâtir un hôpital d'isolement pour les 
maladies contagieuses. Recettes : subventions du gouvernement, 
de la ville et du comté, sou.scriptions, etc. 

Peterborou^ — Hôpital Nichol, 284 malades admis durant l'année. 
Recettes : subvention du gouvernement, rétributions des malades, 
souscriptions, donations. 

Peterborou^ — Hôpital Saint- Joseph, aux soins des sœurs de Saint- 
Joseph. La partie supérieure est isolée pour les maladies conta- 
gieuses. 184 admissions durant l'année. Recettes : subvention du 
gouvernement, rétributions des malades, souscriptions, etc. Adresse 
— R. M. supérieure. 

Owen Sound. — Hôpital |(énéral et de marine, 135 malades reçus durant 
l'année. Recettes : subventions du gouvernement local, de la ville, 
du comté, rétributions des malades, souscriptions, etc. 

Sudbury. — Hôpital général, 123 admissions. Recettes : subvention 
du gouvernement proxàncial, rétributions des malades, souscrip- 
tions, etc. 

Sudbury. — Hôpital Saint- Joseph, aux soins des sœurs de Saint- Joseph, 
154 malades admis durant l'année. Recettes : subvention du gou- 
vernement, rétributions des malades, souscriptions, donations, etc. 
Adresse — R. M. supérieure. 

Huntsvilk. — Hôpital général, 71 malades reçus pendant l'année. 
Recettes : subventions du gouvernement et de la municipalité, etc. 

Woodstock. — Hôpital général, 105 malades durant l'année, 8 méde- 
cins dans le personnel et 9 infirmières. 



CHARITÉS ET CORRECTION 



379 



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Samia. — Hôpital général, admission pendant l'année, 126. Il y a 
tine salle pour la maternité. Recettes : subAJ-entions du gouverne- 
ment et du comté, rétributions des malades, etc. Médecin de l'éta- 
blissement — Dr Mclycan. 

Samia. — Société auxiliaire de l'Hôpital des Dames, est dans la cinquième 
année d'existence. 

Barrie. — Hôpital royal Victoria, établi en 1897 ; 83 admissions depuis 
l'ouverture. Recettes: subventions du gouvernement, de la ville et 
du comté, rétributions des malades, dons, etc. 

Comwali. — Hôpital de l'Hotel-Dieu, établi en 1897 par les sœurs de 
l'Hôtel-Dieu de Montréal. Admissions depuis l'ouverture de l'hôpital, 
358. Recettes : subventions de la ville, du comté et des municipali- 
tés, souscriptions, dons, etc. Adresse, R. M. supérieure. 

Gravenhurst — ^Sanitarium national pour la phthisic, 3 villas annexées à 
rétablissement principal et 2 en voie de construction ; quand elles 
seront finies, 50 malades pourront y être admis. Recettes : subven- 
tion du gouvernement, rétributions des malades, dons, etc; chirurgien 
de la maison, Dr Elliott. 

Pcrtaje-du-Rat. — Hôpital général, logement trop restreint. Dame 
surintendante, 4 infirmières, un bon personnel de médecins pour le 
service. Recettes : subventions du gouvernement provincial et de la 
ville, rétributions des malades, souscriptions, etc. 



PROVINCE DE LA NOUVELI.E-ECOSSE. 

Halifax. — Hopftal général Victoria et maison d'infirmières. Surinten* 
dante — Miss Bertha Elliott. 

Halifax. — Infirmerie, aux soins des sœurs de la Charité ; refuge pour 
les femmes âgées. Adresse — Sœur Marie Vincent. 

Windsor. — Hôpital de la maternité, Grant Niirsing Home, fondé en 
1898. Asile pour les personnes qui demandent des soins spéciaux. 
Matrone — Miss Susan E. Stainer. 

Sprin^hill. — Hôpital, révérend Charles Wilson (pas d'autres ren- 
seignements). 

New ûlasjow. — Hôpital Aberdeen, organisé en 1898. Des infirmières 
régionales sont à la disposition des médecins de la ville. Une rétribu- 
tion est exigée des personnes capables de payer, les autres ont les 
services gratuitement. Surintendante Mrs. Sherston. 



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380 FEMMES DU CANADA 

PROVINCE DU NOUVEAU-BRUNSWICK. 

Chatham. — Hôpital, fondé en 18 19 ; aux soins ties sœurs de 
l'Hôtel-Dieu de Montréal, 25 lits. Adresse — R. M. supérieure. 

Campbellton. — Hôpital fondé en 1889 ; aux soins des sœurs de 
•l'Hôtel-Dieu de Montréal. Adresse — R. M. supérieure. 

Silverfalls. — Hôpital et Maison Mater Misericordia (de la Miséricorde) 
établi en 1888 ; ^rigé par les sœurs de la Charité ; pensionnaires 
63 hommes, 46 femmes, un dispensaire dirigé par le médecin visi- 
teur. Recettes : collectes d'églises et legs. Adresse, R. M. 
. supérieure. 

Tracadie — Hôpital des lépreux, fondé en 1858 par les sœurs de 
l'Hôtel-Dieu de Montréal qui désiraient se consacrer aux soins des 
lépreux. Toutes les précautions recommandées par la science sont 
prises et à venir jusqu'à présent aucune sœur n'a été atteinte du 
fléau. Il y a 28 sœurs ; 21 malades, 15 hommes et 6 femmes. Dans 
un établissement complètement séparé, les sœurs ont soin de 30 
enfants orphelins. Recettes : subvention du gouvernement fédéral 
et travail des religieuses. Adresse — R. M. supérieure. 



Il A- 




\\ 



PROVINCE DE VII.E DE PRINCE-ÉDOUARD. 

Chariottetown. — Hôpital de l'Ile de Prince-Edouard, constitué en 1884^ 
dirigé par un bureau de 8 commissaires ; personnel de 8 médecins ; 
163 malades ont été soignés durant l'année ; 62 malades externes. 
Recettes : souscriptions, donations et collectes d'églises, rétributions 
des malades, etc. Secrétaire-trésorier — Mr. B. Balderston. 

Charlottetovm. — Hôpital. Fondé en 1 879 par les sœurs Grises de 
Québec. 175 malades reçus pendant l'année ; au dispensaire, des 
médicaments ont été donnés gratuitement à 280 malades. Recettes : 
charité pubUque et travail des sœurs. Adresse, R. M. supérieure. 

PROVINCE DU MANITOBA. 

Winnipeg. — Hôpital général. Organisé en 1872 et constitué en 
1875. Le personnel est de 5 médecins consultants, 3 médecins de 
service, 4 chirurgiens, 5 spécialistes pour les maladies d'yeux, 
d'oreilles, du nez et de la gorge, 2 médecins pour la salle d'accouche- 
ments, I médecin pour la pathologie. Une salle pour enfants, 
appelée la Bridges MemoHal ÎVard, ouverte en 1 888 ; hôpital pour 
les maladies contagieuses ouvert en 1893 '< l'annexe Jubilé Victoria 
sera consacrée à des opérations chirurgicales. Recettes : subven- 
tions du gouvernement fédéral, du gouvernement de la province et 
de la ville, etc. Secrétaire — M. J. F. Bain. 



CHARITÉS ET CORRECTION 



38i 



Winnipej. — La société auxiliaire de Tiiopital des Dames, formée en 
1883 pour fournir le linge nécessaire et d'autres commodités. 
Recettes : rétributions des membres, collectes et amusements, etc. 
Secrétaire — Mrs. E. M. Wood. 



Winnipej. — ^Société de l'hôpital indien catholique. 

Schultz. 



Présidente — I<ady 



Winnipej. — AUison de la maternité calhoiqne, fondée en 1898, sous la 
direction des sœurs de la Miséricorde de Montréal ; personnel de 7 
sœurs et 3 infirmières. Les enfants qui naissent à l'établissement 
sont envoyés à la crèche des sœurs Grises de Saint-Boniface jusqu'au 
nombre de 25 ; s'il y en a plus, les sœurs de la maternité sont tenues 
d'en avoir soin. Adresse — R, M. supérieure. 

Saint-Boniface. — Hôpital Général, aux soins des sœurs Grises de Mont- 
réal ; contient 135 lits et reçoit indistinctement les personnes de 
toutes religions et nationalités. Recettes : subventions du gouver- 
nement fédéral et du gouvernement provincial, de la ville de 
Saint-Boniface et des autres municipalités. Adresse — R.' M. 
supérieure. 

Brandon. — Hôpital Général. Médecin interne ; 489 malades reçus 
durant l'année. Recettes : subventions du gouvernement, de la 
vil e et des autres municipalités, souscriptions, etc. 

Morden. — Hôpital franc-maçonroque, a soigné beaucoup de malades et 
en a reçu de bonnes sommes d'argent ; subventions du gouverne- 
ment et de la municipalité. 

Médecine Hat — Hôpital Général, le seul dans les Territoires qui 
emploie un médecin surintendant interne ; malades amenés de toutes 
les parties des Territoires ; 16 malades actuellement dans les salles ; 
le pavillon de la maternité a été rebâti. Établissement d" incurables 
ajouté depuis 1896. 

Edmonton. — Hôpital Général, établi par les sœurs Grises de Mont- 
réal ; 30 lits ; on n'y accepte pas les cas de maternité ; 1,155 malades 
ont été soignés pendant l'année. Recettes : subventions du gouver- 
nement fédéral et du gouvernement local, rétributions des malades, 
contributions volontaires de la \411e et de la société auxiliaire des 
dames. Adresse — R. M. supérieure. 

Rejina. — Hôpital de Tordre Victoria, 1898, (voyez l'ordre Victoria). 

Cal jary. — Hôpital Général, virtuellement toutes les opérations chirur- 
gicales du district sont faites ici parceque l'hôpital de la Sainte-Croix 
n'a pas de chambres d'opérations, ni d'infirmières pour la chirurgie ; 
un pavillon pour accouchements et une infirmerie seront bientôt 
bâtis et meublés. 



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382 



FEMMES DU CANADA 



Calgary. — Hôpital de b SaMc Croix, établi en 1891, oirigé par les 
sœurs Grises ; très bien aménagé pour aider les poitrinaires à recou- 
vrer la santé. 267 malades soignés durant l'année. Adresse — 
R. M. supérieure. 

Lethbrkije. — Hôpital Galt; soutenu en grande partie par une 
retenue faite sur le salaire mensuel des employés du chemin de fer 
et de la compagnie houillère. 

Saint'Albcrt. — Hôpital; aux soins des sœurs Grises de Montréal. 
Il y a relativement peu de malades à cause de la proximité de 
l'hôpital d'Edmonton. 

MacLeod. — Hôpital général, ouvert en 1896. Subventionné par le 
gouvernement en 1897 ; héberge 17 malades, est assez grand pour 
faire face aux nécessités du district. 

■(berve des Indiens Picds-Noin. — Hôpital indien. Fondé en 1873. Le 
père Lacombe, oblat, obtint du gouvernement une somme d'argent 
pour faire bâtir un hôpital dans la tribu des Pieds-Noirs la plus 
barbare des tribus. Le personnel est composé de 5 sœurs, d'une 
matrone, de 2 infirmières, d'une couturière et de trois employés ; 
il y a deux salles pourant tenir 8 malades chacune. Il y aussi une 
chambre mortuaire où les malades sont portés pour mourir. Cette 
mesure est nécessaire, par suite de la répugnance des Indiens 
à occuper un lit où quelqu'un est mort depuis peu. L'hôpital 
reçoit du département indien la nourriture pour les malades, les 
remèdes, les soins médicaux, et le traitement de 3 des sœurs ; pour 
le reste, il faut compter sur les dons. 



PROVINCE DE LA COLOMBIE-BRITANNIQUE. 



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Victoria. — Hôpital Jubilé royal fondé en 1887, ouvert à toutes les 
religions ; il est dirigé par un bureau d'administrateurs ; sur le 
même terrain il y a un hôpital d'isolement, à quelque distance du 
bâtiment principal. La salle des opérations est peut-être la meil- 
leure de province. Recettes : rétributions des malades, contribu- 
tions privées, subventions du gouvernement et de la ville. 

Victoria. — Société Auxiliaire des Femmes, constituée en 1899 ; but : 
fournir à l'hôpital Jubilé royal des lits, des vêtements, de la ver- 
rerie, de la porcelaine et d'autres ustensiles nécessaires au confort. 
Souscriptions volontaires. 

Victoria. — Hôpital des Marins, soutenu par le gouvernement du 
Canada. 



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CHARITES ET CORRECTION 



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Victoria. -Hôpital Saint-Joseph, fondé eu 1874 par les sœurs de 
Sainte- Anne de Lachine, province de Québec. But : éducation des 
jeunes filles ; mais à cause des besoins du pays un hôpital fut 
établi. 

Victoria. — Hôpital de la Maternité; c'est maintenant une mai.son 
pour la société des infirmières. Présidente — Mrs. D. W. Higgins. 

Vancouver. — Hôpital de la ville; les malades pauvres et ceux qui 
peuvent payer y sont soignés. 

Vancouver. — Hôpital Saint-Paul, ouvert en 1894, admet toutes les 
croyances ; aux soins des sœurs de la Providence ; 8 sœurs assis- 
tées par des laïques, hommes et femmes ; 508 malades reçus pen- 
dant l'année ; 61 étaient des malades admis par charité ; 324 repas 
donnés en dehors. L'hôpital ne reçoit aucune subvention du 
gouvernement ni du conseil de ville, mais les sœurs apprécient 
hautement la bienveillance et l'obligeance de tous. Adresse — R. M. 
supérieure, ou Mme F. H. Martin. 

Vancouver. — Maison de Saint-Luc et hôpital de la maternité ; Surinten- 
dante — Sœur Frances. 

Esquimalt. — Hôpital royal naval, pour les soldats et les marins, sou- 
tenu par le gouvernement britannique, 

Vernon. — Hôpital Jubilé, 1897 (voyez ordre Victoria). 

Nelson. — Hôpital et Société de l'hôpital. 

New-Westminster. — Hôpital des femmes, fondé en 1894 par l'union de 
Tempérance chrétienne des femmes de la ville ; donné en 1898 
au conseil local des femmes, établissement bien installé ; un 
bureau de dames directrices représentant les sociétés afi&liées. 
C'est la seule institution sur le continent ou dans la province en- 
tièrement pour les femmes et dirigé par des femmes. Il est d'une 
grande utilité pour les femmes qui restent loin des médecins. Pré- 
sidente — Mrs. J. Cunningham. • 

Kootenay. — Hôpital, fondé en 1898 par les sœurs de la Providence 
de Montréal; mission indienne; 560 malades reçus pendant l'année. 
Les sœurs visitent aussi les pauvres à domicile. 

REFUGES POUR INCURABLES, IVROGNES, SOURDS-MUETS, AVEUGLES, 

FOUS ET 'IDIOTS. 

PROVINCE DE QUÉBEC. 

Montréal. — AsHe des incurables, 11 16 rue Saint Denis, fondé en 1898 
par cinq jeunes filles qui habitaient rue Saint-Charles Borromée oii 
elles prenaient soin des femmes pauvres atteintes de maladies in- 



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384 



FEMMES DU CANADA 



curables, de difformités, etc., et qui étaient rejetées ailleurs. Elles 
furent bientôt obligées de louer rue Saint-Denis où elles peuvent 
recevoir 50 malades. En 1899 l'œuxTe fut confiée aux sœurs de la 
Providence. Elle a reçu beaucoup d*encouragement et de géné- 
reuses donations. Adresse — R. M. supérieure. 

Montréal. — Asile de Nazareth, me Sainte-Catherine, fondé en 1 869 
par le M . l' abbé Rousselot et confié aux soins des sœurs Grises. Une 
grande attention est apportée à l'éducation des aveugles à qui l'on 
enseigne les mathématiques, l'histoire, la littérature, etc. La 
musique a une place importante dans les études; elle est enseignée 
par un profes.seur aveugle, gradué à l'institution. Une moyenne 
de 80 aveugles des deux sexes y sont instruits chaque année. 
Recettes : subvention du gouvernement, dons de la banque d'Épar- 
gnes, souscriptions, etc. 

Montréal. — Association des dames patromcsws de Nazareth, comprend 
environ 100 membres payant i dollar par année ; d'autres recettes 
proviennent d' un dîner annuel et d'un concert donnés par les aveugles 
au profit de l'asile. 

Montréal. — Institution des Sourdcs-Moettcs. 593 rue Saint-Denis, fon- 
dée en 1851 par la sœur Marie de Bonsecours (née Gadbois), des 
sœurs de la Providence. Un noviciat des sœurs de la Providence, 
établi en 1887, fut commencé pour permettre aux sourdes-muettes 
appelées à la vie religieuse de suivre leur vocation. Elles sont au 
nombre de 14. Il y a 1 12 élèves enseignées par la méthode orale et 
57 par ;a méthode des signes. L'institution reçoit aussi des orphe- 
lines et des enfants pauvres. Recettes : subvention du gouverne- 
ment, rétributions des élèves, vente des ouvrages des pensionnaires, 
etc. Adresse — R. M. supérieure. 

Montréal. — Association des bieniutriccs de Tinstitiition des Sourdes-Muettes. 

But : aider les sœurs directrices par l' agrandissement et l'améliora- 
tion de 1 ' institution . Recettes contributions des trois cents membres ; 
le pain de la charité : un souper annuel. Secrétaire — J'.îme A. 
Gagnon, 457 rue Sherbrooke. 



Montréal. — Saint- Jean de Dieu. as3e d'àiMaks. établi en 1873 par les 
sœurs de la Providence. But: soigner et guérir ceux de ces imbéciles 
qui sont'guérissables, les protéger contre eux-mêmes et enfermer ceux 
qui sont dangereux pour la société ou le bon ordre, etc. L'asile 
peut loger 2,000 malades; il y en a présentement 1455. Les idiots et les 
vieillards des deux sexes qui sont tombés en enfance y sont aussi 
admis, parcequ'il n'y a pas d'autre refuge pour eux dans la pro- 
vince de Québec ; mais dans Ontario il y une loi spéciale concernant 
ces derniers. Il y a 18 salles contenant chacune 45 malades. Le 
^gouvernement paye 114 dollars par tête chaque année, et pendant 
l'année 271 malades y ont été admis. Il y a trois manières 
d'obtenir l'admission des malades : i" par un ami remplissant les 



CHARITÉS ET CORRECTION 



385 



conditions requises par le gouvernement. Le malade est soumis à 
la surveillance du surintendant pendant quinze jours et n'est 
accepté qu'après un minutieux examen ; 2° par ordre du magistrat ; 
3** les idiots criminels y sont admis par ordre de l'exécutif. Surin- 
tendant officiel — Dr George Villeneuve. 

Montréal — Hôpital Sainte-Marjuerite pour les incurables, 557 rue 
Sherbrooke, constitué en 1890 ; personnel dirigeant de sœurs de 
Sainte-Marguerite ; pour toutes sortes de maladies incurables 
excepté la folie et l'épilepsie ; un certain nombre de malades reçus 
gratuitement. Recettes : dons, collectes, rétributions des malades. 
Sœur directrice — R. M. Êlizabeth Marguerite. 

Montréal — Institut MacKay, Notre-Dame de Grâce (Voyez section 
de l'Éducation). 

Verdun. — Hôpital protestant pour les aliénés, organisé entre 1879 et 
188 1 ; constitué en 1881, ouvert aux malades en 1890 ; dirigé par 
un bureau de directeurs et un bureau d'administration. But : soi- 
gner et guérir les aliénés protestants de la province de Québec ; 
nombre des internés récemment, 355 ; places pour 400 personnes. 
Taux des renvois pendant les 10 dernières années 52.75 pour cent 
des admissions ; taux des guérisons 40 pour cent. Recettes : pen- 
sion des malades, intérêt des fondations et souscriptions. Surin- 
tendant des médecins — T. J. W. Burgess, docteur en médecine. 

Québec — ^Asile des aliénés de Beauport 1 aux soins des sœurs Grises 
depuis 1893. Admissions pendant l'année, 197, dont 58 étaient des 
incurables lunatiques, idiots ou paralytiques. I^es lunatiques et les 
idiots sont admis par exception ou lorsque la loi le demande. Les 
pensionnaires sont au nombre de 108. La proportion des gfuérisons 
est de 41. II pour cent de ceux qui ont été admis pendant l'année. 
Surintendant — Dr Vallée. 

BelodI. — Institut des Sourdes-Mueftes, succursale de celui de Montréal; 
fondé en 1869 par les sœurs de la Providence ; est aussi un asile 
pour 32 pauvres et pour 8 pensionnaires adultes ; il y a 23 sourdes- 
muettes. Adresse — R. M. supérieure. 

Saint-Ferdinand (près Halifax). — ^Asile Saint-Ferdinand, fondé en 1872 
pour les aliénés et les idiots ; dirigé par les sœurs Grises ; nombre 
de pensionnaires, 120 ; prix de l'admission, 100 dollars. Subvention 
du gouvernement. 

B^ Saint-Paul. — Asile d'idiots et d'imbéciles, aux soins des petites 
sœurs Franciscaines de Marie ; le nouvel établissement possède toutes 
les améliorations modernes et peut loger 200 malades. Prix de la 
pension, 75 dollars. Subvention du gouvernement. Adresse — 
R. M. supérieure. 



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FEMMES DU CANADA 
PROVINCE D'ONTARIO. 



Toronto. — ^Asile de fous et d'idiots, rue Queen, Ouest, institution 
du gouvernement ; il y en a d'autres du même genre dans la 
province, toutes dirigées et inspectées par le gouvernement ; moyenne 
journalière de malades, 702. Les malades sont employés à des 
travaux utiles tels que jardinage, divers métiers, couture, buan- 
derie. Surintendant des médecins — Dr Daniel Clarke. 

Toronto. — Asile d'incurables, 130 Avenue Dunn, fondé en 1874, 
pour donner refuge aux incurables qui ne peuvent payer les médica- 
ments et les soins ; dirigé par un bureau d'hommes et de femmes. 
Recettes: subventions annuelles du gouvernement et de la ville, 
souscriptions publiques, collectes- par les membres du bureau, legs. 
Sécrétais; — Mlle M. Martin. 

Toronto. — Asile d'aliénés, établi en 1840 ; nombre des malades 
soignés pendant l'année, 859. Dans la partie de l'établissement 
réservée aux femmes il y a eu 40.4 pour cent de guérisons. Les 
amusements ont été nombreux pour les pensionnaires : il y a eu 40 
concerts pendant l'année. Coût de chaque malade, 139.37 dollars. 
Recettes : rétributions des malades. Surintendant des médecins — 
Dr Daniel Clarke. 



Ottawa. — Asile Perley pour incurables. 

Annie Drummond. 



Dame surintendante — Miss 



Hamilton. — Asile, établi en 1895 ; nombre des malades soignés 
pendant l'année 1,113. Coût des pensionnaires, 112.72 dollars par 
tête. L'hôpital a été ouvert en juillet 1898 ; un personnel d'hommes 
et des femmes infirmières. Les amusements .sont nombreux et tout 
est disposé pour donner aux malades une vie calme, heureuse et 
tranquille. Médecin surintendant — Dr. James Russell. 

London. — Asile d'incurables, établi en 1892 par l'union Chrétienne 
des Femmes, pour le soin des maladies incurables. Adresse — secré- 
taire de l'union Chrétienne des Femmes. 

London.— Asile, établi en 1871 ; environ 1,000 malades internes. 
Le personnel comprend un médecin surintendant, 3 assistants, une 
matrone, une aide-matrone et des infirmières. Les travaux de 
ferme et de jardin de l'asile ont un bon effet. Il y a eu durant 
l'année 22 concerts, 44 danses, 24 at homes, et 15 conférences pour 
amuser les malades. Coût annuel de chaque malades 121. 51 dollars. 
Recettes: rétributions des malades. Médecin surintendant — Dr. 
R. W. Buck. 

Kingston. — Asile, établi en 1855, devint une institution provinciale 
en 1877. Nombre de malades soignés durant l'année, 636 ; les soins 
des chirurgiens sont reçus sur demande et les meilleurs procédés sont 



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CHARITÉS ET CORRECTION 



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.naïade, 134.42 dollars. Recettes: rétributions des malades. Surii:- 
tendant médecin — Dr. C. K. Clarke. 

Kingston. — Hôpital Rockwood pour les aliénés, a été sous la gestion 
du gouvernement d'Ontario pendant 22 ans ; moyenne des malades, 
563. Les travaux de la ferme, du jardin et de la laiterie sont 
exécutés par les pensionnaires, qu'on occupe également à divers 
métiers, à la couture et dans la buanderie. Médecin surintendant— 
Dr. C. K. Clarke. 

Brantford. — Institut pour les aveujles d'Ontario (Voyez section de 
l'Éducation). 

Bellevilie.— Institution pour l'éducation des sourds^mueb d'Ontario (Voyez 
section de l'Éducation.) 

Bellevilie. — Institution des sourds^muets (Voyez section de l'Édu- 
cation). 

Bellevilie. — Asile Saint-Pierre pour les incurables. 

Brockville. — Asile, établi en 1894 ; nombre des malades soignés, 
592 ; 141 admis pendant l'année. Dans les pavillons qui ont 60 
malades il y a trois personnes de service. Les jeux et les amuse- 
ments habituels de la saison d'hiver sont par excellence les diver- 
tissements des malades. Le persoiniel des médecins comprend un 
assistant médecin, outre le surintendant. Surintendant — Dr J. R. 
Murphy. 

Orillia. — ^Asile pour les idiots, établi en 1877 ; nombre de malades 
internes, 641.