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Full text of "Spatial analysis of childhood mortality in West Africa"

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TT 



"■^'«/iAR\^"' 



REPERTOIRE 



DES 



CONNAISSANCES USUELLES 



LISTE DES AUTEURS QUI ONT CONTRIBUfi A LA REDACTION 

DU 10« VOLUME DE CETTE EDITION. 



MM. 
AIIOBVllle (conite Armand d*). 
.iD^iieox. 
Aoberi 4e Vltnr. 
Aodlffret (H.). 
BBD«evllie(rabb<). 
BardtD (leg^n^ral). 
BartHMeniy H'abM J.). 
Baodry 4t Balxac 
Beaolterl (A. de). 
BCcliciii. 
BelOel«l-Ler«vre« 
BfriniDd (P.). 
Btllol. 

BodiD (Mad* Camille [Jenny Bastide]). 
Bordas- Drmoolin. 
■ornaa (Victor). 
■orjr 4e tfalnl-¥lBeeBt, de rAcad<^mic 

des sciences. 
BoaeliltM (H.)* ancien recteur de l*Aca- 

dfoiie d*Bare-et-Lolr. 
Boalllet « aucien provisear. 
Bonll«« (A.). 

Bourdon (D' laid.), dc I^Acad. de oMklecine. 
BracoDDler (fidouard). 
BradI (oomtesse de). 
Brcion, de la Gazette des tritmnaux, 
BrtfVinll (Engine). 
Bmnet (Giatave), I Bordeaux. 
GabeD (SL), tradacttur de la Bible. 
Casill-Blaxe. 
Gliabrol ((•:. de). 
GHampaffoae. 
GbarlionBier (DO* 
Ghasles (Pbilartte), professeor an College 

de France. 
Clarion, anden professear I la Faculty de 

nddedne de Paris. 
Oennont (N.). 
Goiante (Uode). 
Oolln. 

Ooiomkai, de l*Mre (D'). 
Gofinerel (Cbarleii). 
Danjon (F.). 
Darronx (Victor). 
Dclkare (Th.). 
MbmxIL 
Hnne-Baron. 

— (Mad* Sophie). 
f— (Dieiidonn€). 
BMCloxeanx (Ernesi), anc. secret. g^n£- 

ral da ministtre de la Justice. 



MM. 

Dnbier(F.). 

Dn Bols (Louis), ancien sous-pr^fet. 

Dncnetne (a(D<), conservateur de la Bi- 

blioib^oe imp^riale. 
Dnckeit (W.-A.). 
Dnfan P. -A.). 
Dofcy (de I'Yonne). 

Domaa (J.-B.), de rAcaddmie des scien- 
ces, s^nateur. 
Dn M«re (Alexandre'. 
Dnpin (baron Charles), de I'Acad^mie des 

sciences, s^iiatenr. 
DnpleMis (l'abb« J.). 
Dnpnis-Deieonrt. 
Dn Boxoir (Charles). 
Paneiie (Ilippolyte), 
Favrot. 

Fayot (FrM^ric). 
Ferry, aucien exaoiinatenr & r£cole poly- 

technique. 
FoaaaU (D'). 
Fonrnier (Edouard). 
Fran^ala 4e Nanlca (comte), anden pair 

de France. 
Friease (Camille de). 
Gailbert (Uon). 
Gallols (Napolfon), 
ianbcrt (D' Paul). 
GaolCier de GlanBry. 
Geii« (L.-N.). 
Genevay (A.). 
Ginfex (DO. 

GolMry (P. de), anden procureurgtodraU 
Gonpll (D' Auguste). 
Gnadel (J.). 
Balilex (DO. 
Bairy (P.). 
H«rfconrt (A. d*). 
HnMOn (Auguste). 
lanin (Jules). 
loncl^rcs. 
Inblnai (Acbille) , d4put« au corps l^is- 

latir. 
In men (Bernard). 
Klrwan(A.-V.),aTocatau(^i/«'en's Bench, 

k liOndres. 
Labliie (Charles). 
Laln^9 ancien gto^logisic des ordres 

duRoi. 
Lanrent (D' L.), anc chirurgien en chef 

de la marine. 



MM. 
Lanrentle. 
Lemonnler (Charles). 
l.«nioniey. de PAcad^mie fran^sc. 
Lenoir (Ch. Alexandre). 
Levemer. da TAcad^mie det sdeNces. 
Lonvet(L.). 

Mac-Gariliy (Oscar). 

Manix (Paul). 

Mailer* 

Merilenx. 

Merlin. 

Miilln, de Hnttitut. 

Mol«on (V. de). 

MondeloL 

Monfflave (Bug. G. de). 

Niaard (Cbaries). 

Odolant-Dcsnoa. 

Onrry. 

Raffle (C-IL). 

Pave (TtL), capitaine de Taisseaa. 

Faiicallot (B.). 

Faniet (Jules). 

Fecqnenr (C). 

Felllsaier. 

Pelonxe p^. 

Ponfferville« de 1* Acad^mle f^nc^iae. 

Beifr«nb«rf (byron da). 

Bendn (l^bb^), ^T^f ue dPAnaecy, 

BIcber (B.). 

Blenxl (L.*D. de). 

Bonjonx (baron de). 

Bonaacan (Jean-Jaoques). 

Bonx (B.). 

Salnl-Amonr (Jules^. 

Salni-Prosper. 

Saint-Prosper Jeooe. 

Sandean (Jules). 

Sandraa (DO. 

Sancerolie (D*) , A Lunivllle. 

Savagner (A.). 

Seg8la»(%nals). 

Teysaedre. 

Tbarand (Paul). 

Tlby (Paul). 

TlsftOty de TAcadtoiie fhui^iae. 

Vaimont Sw). 

Vandoncoori (le gfo^ral G. de). 

VIennet , de l*Acad4roie frani^lse. 

Viollei-Ledne. 

Virey (J.-J.). 

Zadlb Pacba (Micbel-Cxaykowski). 






Typographic Firmin DIdol. — Mcsnil (Eurr). 



DICTIONNAIRE 



DE LA 



CONVERSATIOIN 

ET DE LA LECTURE 

INVENTAIRE RAISONN& DfiS NOTIONS Gl^NtRALES LES PLUS INDI8PENSABLES A TOUS 

PAI UNE SOCIfiTfi DE SAYANTS ET DE GENS DE LETTRES 

sous LA DIRECTION DE M. W. DUCKETT 



Seconde edition 



BNTl^BBMENT BEFONDUB 
CORRIGEE, ET AUGMENT^ DE PLU8IECR8 HILUER8 D'aRTICLEK TOUT d'aCTUALITI^ 



Celui qui Toit tonl abr^ toot. 

MoirTKlQUIBU. 



TOME dixi£:me 



PARIS 

LIBRAIRIE DE FIRHIN DIDOT FR£:RES, FILS ET C" 

IMPRIMEORS DE L'iNSTrTOT, RDE JACOB, 56 



M DCCC LXXV 



.053 



L 



' Les lecteurs sont pr^venus que tous les mots espac^ dans le text« couranl (par 
exemple : Transsubstantiation, ImmorialitS, C^^ar) sont Tobjet d'articles 
sp^ciaui dans le Dictionnaire, et constituent d^ lors autant de renvois k consulter. 



iQO 



/o 7^'^3' DicTIONNAIRE 



DE 



LA CONVERSATION 



ET DE LA LECTURE. 



FR^RET (Nicolas), ftecr^aire perp^tuel d« TAca- 
dtoie des loflcriptloni et belle»-lettres , naquit i Paris, en 
16S8. Soo pte» procoreor au parieroeut, eftt dteir^ lui faire 
suhrre la carri^ da barreaa ; mais reconnaissant combien 
peo fl aTait Tesprit des affaires, il finit par le laisser libre 
d'obtir an pencbanl qui Tentratnait vers les lettres. En ef fet 
^ TAge de seiie ans. Fr^ret, ^hit de RoUin, ^ait d^jh 
on prodige d'6rudition; anasi en 1714 ne pourant encore 
prendre place parndles membres de TAcad^mie, k cause de 
•a )eanetse, 7 fut4], en attendant, admis A titre ^&Jtet, Son 
d^but flit sjgiiai^ par un discours sur Torigine des Fran^ais, 
qui cboqna les opinions alors admises, etblessa si TiTement 
I'abb^ de Yertot, que celui-d d^non^ai^autear au minist^re. 
Fr^ret ftit mis i la Bastille. Dados assure qoe des propos 
indiscrets sar I'affaire des princes l^itim^ furent la T^ri- 
table cause de sa d^ention. Quoi qa*il en soit, Fr^ret oc- 
cupa les loisirs forote qu'on lai falsait 4 retire attentlTC- 
ment les ao^eurs grecs et latins, acqu^rant ainsi une con- 
naissanoe plus approfondle de cette antiquity, qui Ait I'objet 
des traTanx de timte sa Tie. Dans Tardeur de son z^e pour 
\'A sdenoe, il Toulut aller Tisiter la Chine, afin d'^dier par 
hii-mfime ses annales ; mais, ne pouTant r^aliser son projet, 
il apprit du inoins le dii^ois d'un lettr^ de cette nation, 
Teno en France en 1712. Aid6 des lumiires d\m c^^bre 
luMsionnaire, le p^ Goubil, Frdret ^tablit que lliistoire 
des Chinois, loin de se perdre dans la nuit des temps, ^tait 
liite dans les liTres de Moise , et ne remontait pas au ddi 
de ran 3,S75 avant J.-C. 

La gtegraphie avalt ^galement dt^ l*objet de ses travaux, 
et daos ses papiers Ton ne troura pas moins de 1,357 
caries trae^ de sa main. Reconnaissant Pinfluence des idte 
rdigleoses et philosopliiques sur les r^Tolutions des peuples, 
11 entrepritde d^brouiiler la cosmogonie en mtoe temps que 
la philofophie des Orientaux, puis celle des Grecs; et nen 
de plos cnrieux et de phis instroctif que les dissertations 
qtt*il composa sur ces difliirents sujets. Outre les langues 
aadenneB, fl sarait Tan^s, lltalien et surtout I'espagnol. 
11 connaissaii aussi, dit BongainTille , son successeur k 
FAcadteie, Phistoire natorelle et les prccM^ technii (ues des 
arts, et poss^dait assei de gfom^trie pour devenir bon phy- 
siden. Quoi qu'U pounndTn la renomm^e, il ne la d^rait 
pas nniquementpour lui, mais surtout pour le corps dont il 
iaisait partie, et auqad il rapportait tous ses travaux ; c*est ce 
qui expKqne comment la plupart de ses Merits, diss^min^ 
dans Je recudl de TAcad^ie des Inscriptions, dont il ibt 
^ meaibre en 17 1 a, et secr^ire perp^el en 1742, ne 
(uTwt rasMfnbl^ et public qu^aprte sa mort. 

Jjes systtaes histmiques de Frdret , qnetquefois en d<S- 

ilCT. ftB LA COXmS, -^ T« !• 



saccord arec les Uvres saints, Pont foit ranger parmi les 
pbilosopbes de Tteole de Voltaire et de Diderot; mais s'il 
attaqua oavertement la religion cbr^ienne dans qudques 
torits, il les garda soigneosement en portefenille , on ne les 
communiquant qu^ii des amis discrets et ^prouTte. Passant 
la pins granue partie de sa Tie dans son caUnet , il n^sTait 
point ces formes dl^gantes et polies que le grand monde 
seal oiseigne. Aussi allait-il rarement dans les salons; il 
leur pr^fdrait de beauooup le ca f 6 Procope, od il disputait 
sans cesse STec Boindin sur des questions dem^physique et 
de philosophie. Ce fut Ul que Duclos fit sa connaissance. 
Fr^et moarut le 8 mars 1740, k TAge de soixantect un ans. 

SAiirr-PftosPER jeune. 

FRERON ( £lib-Catuebi!ib ), le fondateur du jonma- 
lisme en France apr6s Renaudot, naquit k Quimper, en 1719. 
II 6tait alli^ par sa m^ k la famiile de Malherbe. A la fin 
da dix-huititoie sitele, ^ Hnstant mtoie od la pens^ bn- 
mainecommen^t cette longuer^Tolte qai a enfant^ la plus 
longue, laplusdiffidle et la plus memorable des rdrolutions, 
an moment m^me od tonte I'Europe, ^blouieet 6t^n^, di- 
sait k Yoltaire : Tu seras roi, Voltaire I unhommearriTa 
pour d^endre, lui tout seul, la litt^tare du'dix-septi^me 
sitele, qui ^tait d^j^ de la Tidlle litt^rature, les prindpes du 
grand rt^e, qui ^taient d€ik de Tieux principes, la croyance de 
Bossnet et de Louis XI Y, qui 6tait ddjkde la Tieille croyance. 
Cet homme, qai combattit seal toute sa Tie pour la sainte 
cause da godt, et de Tart, et des ^ktUt cet homme, quf 
eut poar mot d'ordre : Racine ei Boileau, cet homme a 
M le plus courageax et le plus constamment oouragpax de 
son temps. Tout seul , lui qui n*6tait pas m6me fte dernier 
des gentilshommes, ou le dernier des horames d'£glise, il a 
d^fendu, nuit et jour, la cause du roi et de I'^gUse, aban- 
donn^ par la France enti^re, par TEuFope ^ti^re. Tout 
miserable que tous le Toyez lit, perdu dans la foule, sans 
protectenr, sans appoi, sans ami, sans consdl, tout seul , 
il a os^ s^opposer k Voltaire , le Mahomet de c6 temps-U ; 
il a tenn t6te , tout seul, aux encyclop^istes ameut^ en 
masse, et k VEncyclopMie, cette statue d'argile aax pieds 
d'argOe! 

II arriTe^ Paris toot jeane, fait ses 6tudes chez lesj^uites 
et professe quelque temps an coll^ Utuis-le^rand. Puis , 
&Tingtans,il odre k Tabb^ Desfontaines detrsTailler 
aTCc lui ^ ses Observations sur les Merits modemes et i ses 
Jugements sur quelques outrages nouveaux; et k pdne 
a-t-il pris la plume, qu'il4ilt oublier son mattre, qni meurt 
en 1745. Alors commence cette lutte de Tingt ans entre FHron 
et le parti philosophique. Chaque jour, matin et soir, fl 
i^tait sur la brtehe, Toyant Tenir 1^ nouTeaax hommes et 

1 



FVEltOir 



les oeaTrea noavelles. Tont le dix-septitoM sitele passa de- 
rant lui en huxiant des cris de rage; et lui, il jugea tran- 
quUlement et de aang-froid le dix-bidtltoie si^e qui pas- 
satt. Jamais Tie littiraire ne fut plus occopte et plus rem- 
plie; k chaqne instant c*6tait un nouTean vena dont il fal- 
lait 8*occuper sans relftche : Tant6t Diderot, moiti^ abbd, 
moiti^ philosophe, arriTant de sa petile Tille de Langres en 
sabots e^ k demi v6ta ; tanlAA tin hosune qoi aliait aToir qua- 
rante ana^ anriTanl de Gen^Te sans argen^ sans babtis, sons 
renommdB, tans pfoteeteur, 46to€^ depuis Tingt aos par d'in- 
▼indbles et poMes passions , et qui aliait Mre blent6t lean- 
Jacques Rousseau, c'est-li-dire Tauteorde Vimile, de VH^- 
loise etdu Contrat Social. £b bienl non-seuleroent Fr^ron 
juge Jean-Jacques, Diderot, d^Alembert, mais encore Mon- 
tesquieu et BofTon, deux gi^ds seigneurs d^un tr^-grand 
style. 

Ce sont \h des travaui! Nommez-moi un grand ouTrage 
du dix-huiti^e sidcle qui ait ^bapp6 h I'analyse complete, k 
la Justice ind^pendante, au jugement toujours sOr de Fr^ron ! 
Et en m^me temps nommez-rooi un grand ouvrage de ce 
^6cle i^ui ne demande pas pour ^tre jug6 enti^rement la 
▼ie d*un bomme! Etaprte les maltres, pensez-Tous aussi 
que les disciples n*aient pas eu lenr tour dans cette bistoire 
litt6rairedu dix-buijU^me si^cle, toite Jour par jour par 
Fr^ron? Les voici en effet qui arriTent les uns aprte les 
autres, tons les pbilosopbes k la suitp, tons les po(ites k la 
suMe, Grimm, Hek^tius, le baron d*Holfiacb, Condillac, La 
flarpe, Cbamfort , qui encore ? lis arriyent tons en masse, 
en (oule, en tombant sur la gloire, ou tout au moins sur la 
renommde, comme de pauTres morts de faim; les dcqno- 
mistes,1es pbilosopbes, les d^tes, les atb^es, les Tieillards 
et les Jeunes gens, les pl^lxUens et les grands seigneurs, les 
r^pnblicains et les tli^ocratlques, ils arrivcnt tous, chacun 
apportantsa petite ruine, chacun apportant son petit so- 
phlsme, celui-ci dtant k la langue» celui-Ui y i^utant, tous 
d^ruisant, arrangeant, recoroposantetmassacrant cette belle 
langue du si^e ae Louis XIV : et k tous oeux-l^, qui accou- 
raient en foule k la ruine de Cartbage, H f^llait que Fr^'on 
tout seul r^pondlty Pun aprte Hautre, et k tous en m£me temps ; 
Fr^ron seul d^fendait pied k pied, pouce par pouce, ce beau 
royaume de la pbUosophie, de la croyance, de Part et du 
goOt au dix-septitoie si^le, attaqu^ et battu en brtebe de 
toutes parts; et il publiait en 1746 ses Ltttres d 4f"^ la com- 
tHse de ***, supprimdes k cause de leurs violences contre 
ies c^l^rit^ de I'^poque, et de 1749 k i750» en collaboration 
arec I'abb^ de La Porte, 13 volumes in- 12 de Lettres sur 
guelques Merits du temps, qui auraicut eu le mdme sort 
sans'ia protection du roi Stanislas. 

Dans la liste formidable et trte-incompl^te des grands 
^rivains et des grf^ds outrages auxquels Fr^on eut af- 
faire dans sa yie, je na*vous ai pas encore nooun^ le plus re- 
doutable, le plus intr^pide, le plus atroce de tous, Voltaire. 
Autant Voltaire aimalt la gloire, autant il baissait Fr^ron. 
Autant Voltaire adorait la toute-puissance, autant il bais- 
sait Fr^ron. Qui, le grand Voltaire, ce mattre souverain de 
TEurope pbilosopbique et litt^raire, ce grand po^ qui a 
pens^ d^trCner le Cbrisk, ce roi tout puissant dont la capi- 
tale ^tait Femey, ce roi de Tesprit et des revolutions, des 
graces et des paradoxes, ce predige qui a renversd, en se 
Jouant, et comme il efit bris^ une porcelaine ciiez M"** da 
Pompadour, une monarcbie et une religion de qubze si^es, 
s'il a M jaloux de quelqu'un dans sa gloire et dans sa toute 
puissance, ce grand Vollafa^, il n^a ^Jaloux ni de Racine, 
ni de ComeQle, ni ifi Bossuet, ni de Jean-Jacques Rous- 
$eau, nl de MontesqiJueu, 11 a ^t^ jaloux de Fr^ron 1 Et Fr^ron 
a ete attaqu^ par Voltaire autant et aussi souvent et plus 
yiolemment attaqu6 que Notre-Seigneur Jdsus-Cbrist lui- 
mtoiel Fr^n a iU traits comiM une rel^on, attaqu^ 
comme une croyance, el ce rare esprit, Voltaire, a M aussi 
inqui^te par fAnrUe liU&aire que par la Bible! Qui, Vol- 
taire a ete arr^te par ces l^es ^crites avec sang-froid et 
sans colore! Qui, Voltaire a poil^ ses deux mains de for et 



de feu contre ce cbiflfon de VAnn^ litterair$, et il n^a pa 
venir k bout de ran^antir ! Lui Voltaire, arr^ dans sa 
gloire par cette misteble ieoUle, et jouant, lui Voltaire, vis> 
ihvis de Fr^ron, le r6le de cette princesse des oontes de Per- 
rault qu*une toiie d^araign^e empdcbe de sortir de sa prison, 
parce que la toile d'araign^ renalt toujours! Lui Voltaire, 
ainsi arr^ par Fr^ron ! Avouez avec moi qu*en effet cela 
est strange, el qu*en eCTet Voltaire, se voyant vainca oouune 
Cromwell par c$ grain de sable plaU (d, a eu bien raison 
d'etre fudeux toute sa yie, et de toute sa ftireur, contre 
Fr^n. 

Aussi, vons savez comment s*est exbalte cette immense 
colore de Voltaire, qui n'a jamais eu d'^ale : tout ce qu'un 
bomme pent supporter et soulfrir en ce monde, Fr^n Ta 
supports et soufiBsrt. U a eu tous les genres de courage : on 
Ta frapp^ k coups de b&ton, on Fa bumili^dans sa personne, 
dans ses enfants, dans sa fename, dans son bonneur, dans 
sa probity, dans ses moenrs, dans son foyer domestique; 
on i'a traln^ sur le tb^Atre (cbose inouie depuis Aristopbane) ! 
et lit, devant le peuple assemble, en presence de tous les 
grands seigneurs de la cour et de tous les puissants de la 
ville, 9'a ete k qui lui cracberait le plus au visage tout ce 
que la balnea de flel et la rage de venin, tout ce que le m^- 
pris peat imaginer dans ses accte de brutality, tout ce que 
des crocbeteurs pris de vii^ tout ce qpe des Mmnaes de la 
balle brOI^ de soif, peuvent trouver dans leur gosier des- 
6fych€ d'borribles, de sales et d^in0mes mensonges, tout 
cela a €\A prodigu^ et vers^ 4plein vase sur la t^ de Fr^ 
ron le journaliste I Voltaire k cette grande occupation a pass^ 
unegrandepartie de sa vie. Voltaire voyait Fr^ron partout, 
c'^tait pour lui I'abtme entr'ouvert qui 6pouvantait Pascal, 
Au miUeu d'une grande dissertation historique, VoUaire 
sintenrompait pour attaquer Fr^on. Au miUeu d'un conte 
l^er, il s'arrdtait pour insulter Fr^ron. En plein podme, 
11 insultait Fr^on. Partout, k cbaque instant, Voltaire ^cril 
le nom de Fr^n. Fr6ron ^insult!^ dans le m^uie livre que 
la Pucelle d'Orl^s. Fr^ron est insults dans Candide, 
Cest contre Fr^on que Voltaire a lanc^ sa plus iauuorteile 
satire, le Pauvre JHable, cette borrible pbilippique de g^e» 
k laquelle ou ne peut rien comparer, pas w&me les plus 
borribles passages de Juvenal. EnGn, c'est contre Fr^oa 
que Voltaire a torit Vicossaise^ cetite borrible com^e^ 
dans laquelle un bomme vivant a ^ montr^ au doigt£oiiune 
le plus aCDreux des mis^rabies. Le com<Sdien qui Te joua a 
imite jusqu*^ sa figure ; il s^est mtoie procure on de ses bap 
bits; il s'est avancd sur le bord du tlidktre, et il a dit : /e 
suis un voleur^ unsolf un mis^able, un mendiant, un 
vinal; et pendant les cinq actes 4e la pi6ce U s^est jet^ 
k Iui-m6me de la boue au visage, et personne n'a pris la 
defense de cet bomme, seul contre tous.... 

Cependant, k cette premi^ representation de L'£cossaiset 
plus d*un cceur ado battre, plus d'un iront a d(k pMir, quand 
soudain, au dernier acjte, au moment le plus grand de Tad- 
miration g^nerale, on yk aux premieres loges une pauvre 
femme qui tombait ^vanouie, et ^ TorcUestre un bomine 
eperdu qui se levait tout debout,en s^^criantavec deslarmes 
de d^sespoir : Ma femme 1 ma /emme ! Or , oette icmme 
evanouie, c'^tait la femme de Freron( or, cet bomme qui 
etait reste bnpassible pendant ces trois beures d'abomi- 
nables tortures , et qui pleurait voyant sa fenune ^vanouie, 
c*etait Freron biisntoie. Sont-ce U,je vous prie, les ven- 
geances d^un peuple civilise ^ Ce jour-li un luumne etait k 
c6te de Freron, et eel bomme eut seul le courage de difendre 
I'bomme attaque, en lui parlant avec la iceiisideration' due 
au roalbeur. Celui qui osasoutenir Fr^ron contre toute cette 
foule soulevee, c^etait MLalesberbes, lem^me bomme de bien 
et de courage qui osa plus tard defendre la vie de Louis XVI. On 
composerait, du reste, plusieurs gros volumes desexceUentes 
epigrammes et des immortelles satires dont Frdron a ete ac- 
ca^ ; Q n*y a pas un bomme dece temps-la, meme PaUisol, 
qui ne se soit trouve de J'e^rit et beaucoup d^esprit centre 
Fr^ron. JeanJacqiie^ .Rousseau, qui garde si souvent le plus 



I 



r 



PRISON - FRESNEL 



hoaonUssaag^froid coBtre Voltaife^ a adresfl4 i Fr^nm nne 
IcItitTkiSttileqQisetennlklepaTleBiotlapliuiiMoltant « Vous 
iiles,MoDsiettr,quefoiis tom Mteloppezdant Totre Tertu : 
)e ne tooi le coiAeille pas, toot aories tk no m^antman- 
tea«. • Rt cepettdatrt, Fr^n a tena bon, et B*a pas UcM 
4*011 pas ; inaqn'ii la fia U a pers^T^r^ dans la roate qu*!! 
s'dtait trac^ An nombre de ses tra? aux U faut plaeer sa 
ddeaae de I'ancieB tMfttre ct sa constante adonration pour 
CoroeiUe el poor Ractne , et son opposition constante k cette 
Urmoyaate el ftde oom^e par laqoelle on esp^rait rem- 
pboer la com^fidfie de Moli^re. Cf est Fr^n qui le premier a 
tro«T61a critk|Qedramatiqoe,€onuneil atrouv^Ie style de la 
erttaqne litt^aire. Fr^ron est le plus habile analyste de ce 
monde. Son coop d'oeil est prompt et sAr ; sa parole est rapide 
etTire ; il est pen ^le k ^blooir, et jamais homme ne s'est 
miem tena eo garde contre les ^tincelles du faux bel-esprit 
el les efforts grandioses du mauTais goAt. Fr^<m salt par 
eoeor tons les noddles : ajoutex que c^est hii qni a formula 
les droits de la eritique; on ^cootait, mdme en la maudissant, 
eeUe Toix importmie de Fr^ron, parce qu*^ tout prendre^ 
cette Toix disait la T^rit^. 

Fr^ron ^tait bien malade qumd on Tint Ini apprendra 
qoe ses ennenus remportaient enfin, et que le garde des 
soeaoxy II. de Miromesnil, Toiait de snpprimer le priTil^ 
de YAnn^ lUtiraire, A cette nourelle, Fr^ron, d^sann^, s'a- 
vooa Tainco pour la premiere fois; cependant , il ne ressentit 
ai indigpiatiotfliiool^re. « Ah ! dit-U , en s'effor^ant de sonrire, 
e^esl U un n^ihenr particulier qui ne doit d^umer per- 
some de la d^ense de fai monarchie; le salut de tons est 
attach^ an sien. » Disant ces mots, il baissa la t6te, et moumty 
accabl6 de fatignes et d'ennnis, le 10 mars 1776. An reste, 
il BMNinit k temps, quand la r^folntion allait veair avec sa 
graade toix imposer silence k toute parole qui a'^tait pas 
poor elle. Fr^ron emporta dans sa tombe le journal littd- 
cairi el la critique lilttoire. Aprte lui le joumai deTial 
ane pajnance politique; il ne s'^tait attaqu^ qu*^ des ^eri- 
TaiaSy il s'attaqua k tous les autres grands pooToirs t il. passa 
de la tbtorie des r^Tolutions k la pratique des r^Tolutjons. 
Qu*aurait dit Fr^ron s*il aTait pu pr^Toir les jour^aux de 
la Terreur, et si Marat , le p^re Ducliesne, appuyant sur 
son ^Mole sa main cliargde de sang et de barbarismes, fOt 
Teou lai dire -. Salut et fratemMt mon coj\firireFr&i'on! 

I^H£R0N (Looia-STANisLAS), n6 k Paris, ea 1705, fiU 
da pr^c^dea^ eut pour parrain le roi Stanislas. Anssi, quoi- 
qail a'eftt guto plus de dix ans ^ la mort de son p^re, le 
pritik^ de r^inn^e lUt^aire lui fut-il rendu, et il en jouit 
jBsqu'en 1790; aiais il ne pril que fort pen de part ^ la r^- 
dactloo , qui appartint surtoni k son oncle Royou et k Tabb^ 
Geofff ojy le futur collaboratenr du Joumai des D6bat$. 
ieoae bomme de fdtes et de plaisirs, il ne marcha pas, du 
icete, sor les traces de son p^re. Enfont et dans les bras de 
sa m^. Fr6ron le Ills aTait pu apprendre ce quMl en coQte 
poor d^Mbdre la soct^t^ contre ceux qui roppriroeni, et com- 
biea c*esi me triste position de d^fendre plus grand que 
soi. U est dope pardonnable de n*aToir pas youlu continuer 
Son p^i el d'aToir pris le parti le phis facile et le plus 
honors italbeoreosement, rancien condlsciple de Hobes- 
Bierre k tiOnis>le-Grand ne hit pas un simple r^ToIutionnaire, 
iaissant aOer la r^olution, qu^on ne pouTaii plus contenir; 
it fot oH r^olaftionnaire fonalique, impitoyable, sanguinaire. 
Qui le croiraltP la gloiro/de Marai empdchait Fr^ron de 
dormlrl t^nir contre-balaocer VAmidu Peuple, Fr^on 
fnhTiML'Oraleur du Peuple^ et 14 il s'abandonnait a tous les 
borrtbles excte d'nn liomme naturelleroent timide, et qui 
ne salt pas a'arrftler dans sa craautd, parce qu'il ne sail pas 
sVrftter dans sa Ciiblesse. Eafin, pour tout dire, le 61s de 
ttixpa le grand critique, oubliant k la fois son p^ et le 
nobie exhople qu*il lui aTait donn^, Tota la mort du roi, 
aoa bienikiteiir, et il osa s^ea Tanter plus lard! Et c^est ce 
mtoie Frir^n , fils de Fr^nm le critique^ que la ConTention 
CBT^ k ManeOIe comme un histrument de mort; et 14, 
k MaAieilE^ Fr^rua te lils« s^abandonnant de nouTcau a :»es 



fureurs, inscrivit son ndm saagiaat at dMonerA k tM da 
nom de CoBol d'Herbois, qui 4M/t le Friroa da Lyeff^ 
comme Fr^ron ^it le Cottot d'Herbols da Marseille. 

Qui sail si tel bomme qui aTaM battu des mains 4 la na* 
presentation de VAtossaUe ne paya pas de aa tAte, saiis 
Fr^n le proconsul de Marseille et de Touton, les ap||ba- 
dissemeats barbares dont il aTait accueiUi le aona du grand 
critique Fr^ron? Au 1^, qui pourrait dire ce qui se passait 
dans rime de Fr^n le fils, quand enfia, apr^s les loagaes 
annte de son enfance, ces annto charg6es d^nriliations 
et d'insoltes pubKques, il se tH dans sa jemMsse un nom re- 
douts k r^al du nom de Marat? Au fiiit, oet enfant, qui 
arait ^ tieri dans le cabinet de Fr^ron le critique, qui 
aTait Tu son p4re nuit et jour au traTail, d^Toai tovte sa 
Tie anx prindpes oonserTateurs, ne recaeillir de aen ouTrage 
que les insultes et les moqueries de ceux mtese qu'il di- 
fendaJt; au foil, Fr^n le 61s, qui arait tu Dionrfr son p4re 
sous les coups de la disgrace dn garde des sceaux Mtro- 
mesnit , arait dt prendre en graade piti^ el ea gn^ m^ 
pr» cette socl^t6 mis^able, qui 6tait si pen recoraalssanto, 
et qui se d^fendait si mal. Taat d'injures a^enmnltes pen- 
dant trente ans sar la t^te du p4re, el qodte^ injnrest out 
da n^cessairement retomber sur le coBur du fils; el comme 
c'^it \k, pour ce joone homme sans croyance et daas fid6- 
lit^, des injures saas contre-poids , comme ea ceci il n'^taH 
pas sootenu conune retail son p4re par la conscience de sob 
courage et d'un doTotr noUement rempU, oa s'expliqiie k 
peu pris commeat le fito de Frdron, eel enfant qui ^tait n^ 
si doux et si humafaiy soil dcTcmi £6roce par le besom de 
Tenger sob p4re. Ne tons ^tonnez done pas de hii Toir poHer 
sur le peuple dea mains Tioleates; ne tous ^lonnez pas de 
le.Toir conmiaader rartlllerie eontre le peuple : ce jour-tt 
il aTait sous ses ordres an jeuae officier d'artiUerie qui aTait 
nom Bonaparte, et qui aTait pris Toulon k lui senl ; et 14, aa 
milieo du ChampoHile^ars, Fr^roa le fils mitraillait le 
penpIeamonceU. 

Depuis ce temps Fr6ron fils ent des fortunes direrses h 
subir. De terroriste qu'il 6tait, O se fit Fennemi de Ro^ 
be8pierre;Rd)espierrebr!8d, rassasaindeTouloa etde 
Marseille se trouta bieotdt k la t«te de la reaction anM- 
Jacobine. II itait thermidorien; II aTait des parlisaBft, 
qu'on appehdt la jeunesse dorie de Fr^ron; puis 
enfin, qaand la J^rance arriTa ao 5 Tendtoiiaire, Fr6ron 
redeTint ce qu'il aTait toujonrs ^16, un mauTais agitateur, 
raoins querien. U alia mourir ep 1802, ASaiat-Domtngue, 
sous les ordres du giral L e c 1 er c , le man de PanKne Bo 
naparte. Chose strange encore I Panlme itatt afanto de 
Fr^n , et elle aimait Fr^ron aTOC raatorisaUon de son 
fr^e. On a eucore les corresponda^ass de Fr^ren et do 
PanlinP. Jules Jaaw. 

FRESEMUS (Cbarlbs-Rebi), chimiste allemand^ est 
n6 en 1818 4 Francfort. D'abord ^I^to en pbarmacie il sV 
donna ensuite 4 T^tude des sciences naturelles,et.fr6« 
qaenta I'nniTersit^ de Bonn et celle de GiesseDi o<l Liebtg 
le choisitpour suppliant. Re^ agr^i dechiniieen 1843, 
il fut chargi^ , en 1845 , d'enseigner cette science 4 Pias-^ 
titnt agronomiqve de Wiesb&den. Sor ees instancei* te 
gouTememeat do duch6 de Nassau fonda dans eel ^tablis* 
sement un Uiboraloire (1848), qui re^t plus lard de no* 
tables agrandissetnents et anqoel oa joignit, en 1882, one 
6M>le de pbarmacie. Les Ir^ons de Fresenios Font reada 
c^l^bre dans toute I'Allpmajzne , et ses oiiTragea loi oat 
acquis dart le monde scienlifiqae one autoiit^ ineontes- 
table. Nona citeroas en premise hgne ses denx TrtAUs 
d*analyse chimiqtte qwMative ( 1841 ) et quantitative 
(1846), pais son Manuel de chindB agrieole^ forestitre 
etfinanti^re (1847). 11 a fond^ en 1862 4 Brunswick an 
Journal d^analyse chimique, 

FREi^EL (acoustin-Jeaii), phygtclen edl^bre par ses 
belles recberchessur la lomi4re, naqaK le to mal 1788, 4 
Droglie (Enre), et apr4s aToir fait ses itudes 4 Caerr, fut 
re^u de bonne beaie 4 r£cole polyUcbniqae, d'ob II sortit 

U 



FHESNEL — 



pour eDtrer k Vtcolt dos PonU ei Cbauss^es, qu*U ne quitta 
que pour MreeuToy^ ayoe le ^tre dtng^eor dans le d^par- 
tement de la Yendte. Deatitu6 pendant les ceni jours, k cause 
du ztte royalislequ'U avail t^moign^, il rtelut dese livrer k 
I'tode des Sciences pliysiques et math^matiques pour les- 
quelles il s'^tait toujours senti une Tocation marqiite ; et un 
premier mtoioire sor la diflractionde la lumi^re, soumis k 
l*Acad^mie des Sciences au mois d'octobre 1815, le signala 
k Tattention du monde savant. Les mati^res traities dans ce 
m^oire devinreot le svjet d^un prix mis au coocours par 
FAcadtoiie en 1817 ; et Fresnel , rcpreoant et compl^tant ses 
exi)^riences pr^c^dentes, adressa a ce grand jury scientiiique 
un second m^molre, qui obtint, en 1819. leprix propose. 
Dans ce beau travail , il avait troov^, k I'aide de la tbuiorie 
des ondnlations et du prindpe des interferences, des 
formules repr^sentant avec la plus grande exactitude toutcs 
les oircoustances du pb^Dom^ne de la diffraction de la lu- 
ini^re , la largeur des franges colorte, la marcbe curviligne 
de leurs bandes obscures et brillantes , et llntcnsit^ de la 
lumi^e inlUckiedans Tombre. A la seoonde restauration, il 
avait ^ rfint^gr^ dans ses fonctions d'inginieur des ponts 
et cbaussto, et bientdtaprte cbarg6 d'un service k Paris, 
qui lui permettait de se livrer en mtoie temps avec fodlit^ 
aux etudes objet de sa predilection speclale. Plusieurs me- 
nx>ires , pubUes k I'appui d^une tbeorie nouvelle qui renver- 
sait lesideesemises paries plus ceM>resphysicien8,etqui a 
ete le point de depart des savantes recbercbes de MM. Ja- 
min et Caucliy, acheverent d*illustrer le nom dn Jeune sa- 
vant, qui des 1833 etait eiu k Tunanimlte membre de TA- 
cademie des Sciences, et It qui en 1825 la Sodete royale de 
Londres conferait le roeme konneur. Noami6 membre de 
la commission des phares, Fresnd eut bient6t Justifie cette 
marque de confiance sympatbique du ponvoir par inven- 
tion du systeme des pbareslentlculaires» admirable crea- 
tion, qui equivalait k une revolution dans cette partie si im- 
portante des serrices publics, et qui hii assured Jamais la 
reconnaissance des marins de tons les pays. 11 mourut k 
yaie-d'Avray, le 14 JuOlet 1827. 

FRESQinS 9 peinture faite avec des oooleurs terrenses 
detrempees dans de Teau pure et appUquees sur un mnr 
QOuveUement enduit d*un morUer compose de chaux et de 
liable , conditions toutes necessaires pour donner k la flresque 
one longue duree. En effet , le mflange de chanx et de 
$able devient, avecle temps, aussi duique la pierre, avec 
laquelle il s'unit beauooup oaieux que le plAtre,* qui finit 
nouvent par se detacher; puis la coUleur slncorpore parfai- 
tement dans repaisseur de I'enduit, rar lequd on ne Pappli- 
que que tandis qu*il est frais, c*est-i-dire assez * charge 
d'liumidlte lui-mteit pour que Teau colorte slinpregne dans 
tous les pores de Penduit. C'est pour cette raison que cette 
maniere de pelndre a roQU le nom de yres^tte ( de l*italien 
fresco ). Autrefois on ecrivait en fran^ firaisque^ afin de 
mieux (kin sentir son analogle avec le mot /raU. 

Pour que Penduit ait la Mcbeor convenable , on ne doit 
couvrir cheque matin que la portion de mur qui pent etre 
pclnte dans la Joumee ; et si quelque obose retarde ou sus- 
pend le travail de Partiste, fl doit foire abattre Penduit pour 
le reiaire de nouveau. Dans cette maniere de peindre , un 
artiste doit travaiUer vite et toujours au premitt* coup, car 
la fresque ne permet pas de retouches. Une grande compo- 
sition ne pent done etre executee que par fragments, et 
cheque partie doit etre totalement temdnee avant que la 
partie voisine puisse etre memo tracee. Ce genre de peinture 
exige des artistes fort exeroes , dont la main soit aussi sQre 
qu^habfle. Un tel travail ne convient non plus que pour de 
vastes oomposltionSy placees k une assez grande distance du 
specfatenr, comma sent les coupoles, les voQtes et les grands 
plafonds. 

Afin de ponvoir travaiUer avec securiie , Partiste a soin 
Pavoir des dessins o6 tous les contours solent bten arretes, 
•ft sur lesqoels il a egaleroent soin d^indiqner la place des 
dairs et des ombres. II calqu« alors ces dessins avec une 



FBESQUB 

pointe , qui les empreint fadlement sur Penduit, etacqniert 
ainsi la certitude de ne pas &be d'erreurs. Afin d'avoir un 
guide plus certain , ces dessins, nomroes car/ ons, sont 
ordinairement colories ; cependaot , qudqoefois ils n^offrent 
qu'un simple trait* de la grandeur de Pexecution ; pour le 
reste du travail , Partiste se contente dhm petit tableau , sur 
lequd il retrouve Peffet et la couleur. 

La methode de la peinture k fresque paratt etre la phis 
andenne de toutes : aussi ne peut-on fixer son origine. Les 
grandes peintures dont parte Pausanias, faitespar Poly- 
gnote dans le Poedle d'Athtoes et le Leche de Ddphes , 
ainsi que d'autres peintures antiques, pourraient bien avoir 
ete executees k fresque. Celles que Pon retrouve dans les 
temples d'Egypte, k Herculanum et k Pompd, sont ausd faites 
dans des manieres semblables k la fresque. Nous ne pensons 
pas devoir entrer ici dans aucun detail sur toutes ces an- 
dennes pdntures ; une grande partie d'entre dies sont main- 
tenant detruites , et on ne les connalt plus que par les des- 
criptions qu'en ont donnees differents auteurs , tant andens 
que UKxIemes, Pausanias, Philostrate, Plme, Caylus,Beliori, 
Norden, Pocockeet Winckdmann. Mais il sera peut^tre bon 
de donner une idee succincte des Iresques modemes les 
plus remarquables : nous citerons d*abord cdles qui ont ete 
faites par Giotto et Cimabue k Assise, cdles qui deco- 
rent les murs du Cam p o-San6) de Pise : dies ont ete foites 
par Buffalmaco, Orcagna^ Simon Memmi, Spindlo d'Arexzo 
et Benozzo Gozzoli; celles qui ont ete peintes en 1440 par 
Dominique de Bartolo dans 11i6pital de la Scala k Slenne. 
Nous dterons auiid les cddires flresques pdntes par R a- 
p b a el dans plusieurs des chambres dtrV a t i c a n, les arabes- 
ques peintes dans les loges , 11iistoii« de Psyche et de PA- 
mour, ainsi que Le Triomphe de Galdth^,' ilms le palaisde 
Chigi ; puis Les SibyUes, dans Peglise de Sainte-Marie de la 
Paix k Rome. Ces fresques sont toutes* des compositions do 
Raphad. Nous rappellerons encore cdles qui ont ete faites 
parMichel-Ange dans la chapdle Sixtine, et dont la 
plus importante est cette vaiale compodtion du Jugemeni 
dernier f qui occupe en entier le fond de cette chapdle; le 
ddn^ de Parme', dans lequd le Correge a repr^ente le 
paradis dans la coupole, et les quatre Peres de i*figlise sur 
les pendentift; la odebre galerie Famese, ou se voient les 
plus beaux temoignages du grand tdent d^Annibal Carra> 
che ; les fresques pehites par Dominique Zampieri dans la 
chapdle de la Grotta-Ferrata, ou sont representes plusieurs 
traits de la vie de saint Bartheiemy et de saint Nil ; puis les 
fresques rdatives k safaite Cecile, qui se voient it Rome dans 
peglise de Saint-Louis des Fran(|ds, egalement pefaites par 
le Dominiquln, ainsi que Hiistoire d'ApoUon , peinte k 
Frascati dans le palais Aldobrandini ; la coupole de Saint- 
Andre ddla Valle k Rome, par Laofranc; les voQtes et 
sotntes do palais Barberini, od se trouvent des compositions 
aliegoriques k la gloire de cette illustre maison , par Pierre 
Berettiid ; Phistoire de la maison Famese , pdnte dans le 
palais de Caprarole, par les fr^res Tliaddee et Frederic Zoc- 
chero; enfin, nombre d'autres grandes et vastes coropod- 
tions' peintes k Naples, k Rome , k Bologne et k Genes , par 
Charles Marotti , Ciro Ferri , Joseph d*Arpino , Luc Gior- 
d ano et Francois Solimene, ainsi que par Fran^ Sdviati, 
C i g n a ni et BitHenna. Nous dterons encore deux peintres 
itatois : Grimaldi, dit Bolognkse^ et Romandli, qui 
tous deux Vinrent k Paris, oil ils ont fait pindeurs pein- 
tures a fresque, soit dans di verses salles du Louvre, soft 
dans le palais Mazarin. Plusieurs d^entre dies ont d^4 ete 
detruites depuis longtemps. 

Nous terminerons cet article en dtant encore les fresques 
faites k Paris par plusieurs artistes fran^ : la plus andenne 
est cdle de la coupole du Yal-de-Gr^ce, peinte par 
Mignard et odebree par Moliere; la coupole d les pen- 
dentifs du d6me des Invalides, pdnts par Jouvenet 
et Ddafosse ; la chapdle de la Vierge a Sain^Sulpice, par 
Pierre; puis, dans la meme eglise, deux chapdles peintes 
de 1 820 k 1822, Tune par M. Vinchott et Pautre par M. Abd 



FRESQUE — FREYCINET 



de Pojol; la eonpole de Sa!nte*Geii6vi^Te, |>ar Gros; 
kttravmxde Delacroix, de Flandrio, etc ^ 

FBEn^.Cemoid^yitdeAmoisJraightt/raehtt vracht, 
qui sgoifieDt chaige dans les laagues du Nord. On nomme 
Fr$t le prix de la location d'unnaYire et aussi le transport 
de la cargaiaon dhin armateur {voyez Affe^eiient). 

FRETINy mean poisson. C^tait proprement et origi- , 
nairement la mortie, qui sedivisait en quatre quality : meil- 
knrfretin, ffmAfretin,firetin de rebut, et menu fretin. 
Par extension , ce mot a ^ appUqu^ a tout petit poiason 
{vopez TbtJMc)^ puis k tout rebut, k toute chose de bas prix, 
4e miniinc Taleur. Enfin , on s'en est serri autrefois dans 
le style grivois comme injure ou tenne de m^pris. Huet , 
^dque d'Avrancbe, d^ive ce mot de Tanglais /or/^tn^, 
petite monnaie du pays . 

FEEYBERG. Foyes Freiberg. 

FREYCINET ( Looi»-Cl40de oe SAULCES oe), na- 
▼igatear c61^re, eapitaine de vaissean, niembre de TAcad^- 
mie des Sdoioes, commandeur de la Legion d'Honneur, n^ 
en 1779, k Mont^timart, mort li Paris, en 1842, servit tour k 
tour en cpialit6 d*aspirant, d'enselgne, et de lieutenant de 
faissean. En 1803 il commandait la go(ilelte La Casuarina, 
qui! quitta pour la corvette Le G4ographt, k bord de la- 
quelle il fit son premier Toyage de d^couvertes sous les 
ordres da commandant Nicolas Band in, charge d'aller 
completer la reconnaissance des c6tes de la NouTelle-Ilol- 
lande. De 1804 k 1805, Freycinet monta la corvette Le Vol- 
tigeitr. En 1811 il fiit nomm^ eapitaine de frigate. En 
1817 il obtint le commandement de la corvette VUranie, 
dertin6e an grand voyage auquel il doit sa reputation, et qui 
dura plus de trois ans et deaA, Cette mission avait pour 
principal oljet la rechercbe de la figure du globe dans VM- 
laisphire du Sod, celle des ^toients du magn^tisme ter- 
restie dans ces parages et la solution de plusieurs ques- 
tioBs m^tten^ogiques proposto par rAcad^mie des Sciences. 

^'Z^ojsie partit de Toulon le 17 septembre 1817. A bord 
setrouvaient le eapitaine Dnperrev* cd^e depuis par 
•on voyage de La CoquilU; B6rard, aussi excellent marin 
qu*babile ol)servatear; Quoy, savant modeste, que bdnissent 
les bdpitanx de Brest ; Gaudicbaud, de I'Acadimie des Scien- 
ces ; Gaimard, pins tard prteident de la conmiission aden- 
tifiqoe cbargte d'explor^ le Spltzberg, et Jacques Arago, 
qnt devait livrer an public une esqnisse de ce Toyage, qu*il 
a rtimprim^ depuis. C'^tait la premiere fois qn'une femme 
ftisait partie d*nne semblable exp^tion : BP** de Freyci- 
net, rfoemment mari^ toote jeune, toute d^von^ avait 
snfrl k bord son mari, k son imo, sous nn costume de 
natdoi. Lonque cette violation flagrante des lois mari- 
lunes fut racont^ k Louis XVIII , il pensa qu'il fallait la 
juger avec indulgence, nn pareil exemple ne lui paraissant 
pas devoir Hre contagieox. 

Aprte avoir relAcb^ k Gibraltar et k Sainle-Croix de T^ 
B^riffe, oil M*^ de Freycinet reprit les habits de son sexe, 
sous lesqoels die fut aimte et respects de tout I'^ipage , 
ruranie gagna Rio-de^andro, se dirigea vers le Cap de 
Bomie-Esp^rance, mouilla k Maurice, k Bourbon, k la baio 
det Cbiens, h Itle de Timor, que Freydnet avait d6ik visi* 
t^ avec Bandin, k l*lle Ombay et k Dilli, chef-lieu des ^ta- 
biissements portngais de cette c^te. De Coram on p^^tra 
dana le d^troit qui s^pare Amboine de Bourou, on mtt le cap 
inr Gassa, on rectifia plusieurs erreurs gtograpbiques entre 
GnA^ et Valgioo, on dtablit un observatoire sur llle de 
Baswak, sons i'^uateur, d*o(i Ton partit le 5 Janvier 1819; 
puis, en passant, on vit les Uesde TAmiraut^^ on traversa 
VwrMptA des Carolines et Ton arriva auz ties Mariannes. L^ 
edles de Gnbam, Rottal et Tinian furent successivement 
explorte; et ce n'est qu*aprte avoir recueilli de nombreux 
DiatMaox sor les moeurs, l*histoire naturelle et la gtogra- 
pfaie de cette contrfe, qu*on fit voile vers les lies Sandwich, 
a^ lea aodea sdentifiqnes de Texp^ition se poursuivirent 
sor trob d*entre dies : Owhyhi, t6moin des mallieurs de 
Couk, Mowlii et Whahon. Ce fut dans la traverse de cette 



demi^ lie au port Jackson que la corvette fit la d^nverte 
de la petite lie Rose, qui fut ainsi nomm^ du nom de la 
patronne de M** de Freydnet 

En coupant les lies de la Polyn6de australe , on essaya 
de rectifier la position de celles du Danger, Pylstar, Howe 
et des Navigateurs; on double, en laissant sur sa route la 
terre de Van-Di^en, Textr^it^ m^dionale de la Non- 
velle-Z^lande ; on reconnut le 5 f^vrier 1820 les cOtes de la 
Terre-de-Feu, pr^ du cap de la Desolation, et Ton 8*ar- 
r^ k la baie de Bon-Socc^s, dans le d^oit de Lomaire. 
Un ^pouvantable ouragan en chassa bientdt la corvette : 
r^uipage se fdldtait d6j2i d^avoir i^happ^ k sa Airie, quand 
une rodie des Malouines vint le punir de sa joie. Ce fut le 
dernier dan de ce navire. 

Dans cette drconstance p6illeuse, le sang-froid de Frey- 
dnet ne lui fit pas d^faut un seul instant s toot ftit sauv^, 
et pendant le long s^our qu'on fit sur cette terre inhos- 
pitali^re, les operations magnetiqoesnediscontinuferent pas, 
quand on ne savait pas le matin si Ton aurait des vivres le 
soir : fort beureusement un mauvais navire mexicain La 
Paz, que les vents contraires et une vole d*eau contraigni- 
rent, sur ces entrefaltes, k relAcher aux Malouines, vint 
arracber r^quipage aux angoisses d'une mort bonible : on 
Tacheta, on le nomma La Physicienne, ^t, apr^<i une rude 
travers^e jusqu*k Montevideo, on regagna Rio-deJandro, 
demiere reUlcbe de ^expedition. Trois mois plus tard, on 
debarquait, le 13 novembre 1820, au Havre, apr^s avoir 
sauve les collections predeuses recueillies avec tant de zde 
durant cette longue campagne sdentifique. De retour k Pa- 
ris, Freycinet pr^senta le i^ultat de ses travaux k I'Acade* 
mie des Sciences. Le rapport d*Arago fut un doge sans res- 
triction de retat-major de la corvette, de requipage et de I'in- 
fatigable commandant. Le consdl de guerre, s^ant k Brest, 
en Tacquittant pour la forme, lui prodigua les lonanges les 
plus bonorables pour sa conduite avant et aprte le naufirage. 
La relation deson voyage, imprim^e avec luxe aux frais du 
gouvemement, a pour Utre : Vopageautow du monde entre- 
pris par ordre du roi sur les corvettes de S. if. Ltfranie 
et La Pliysidenne, pendant les ann6es 1817 h 1820 {fi vol. 
in-4*, 1824-1844, avec atlas). 

La large part de Freycinet dans ce magnifique travail lui 
ouvrit les portes de PAcademie des Sdences en 1826; il 
ftisait d^ partie du Bureau des Longitudes, dont il etait 
devenn Tun des membres les plus actifs. En 1820 11 avait 
M nomme caf^taine de vaisseau; en 1833 il obtint sa re> 
traite. Son nom a ete donne k une contree de la Nouvdle- 
Hollande, decouverte par Baudiu en 1803, et k nne He de 
Parchipd Dangereux, decouverte en 1823 par Duperrey. 
Freycinet a ete en 1821 un des fondateurs de la SocUt4 de 
G6ographie, 

Son frere alne , le oontre-amiral baron £fenri ns Saulces 
DE FREYaifET, ue cu 1777, mort en 1840, servit avec dis- 
tinction dans la marine militaire sous Tempire, administra 
llle Bourbon en 1820 et lar Guyane en 1827. 

FREYCINET (Charles-Locis de SAULCES de), in- 
genieur, ne en 1828, k Foix, appartient k la mdme faroiUe 
que les precedents. Admis k dix-sept ans dans I'ficole po* 
lytechniqoe il en hortiten 1 848 le quatrieme et devint plus 
tard ingenieur des mines. En 1856 la compagnie des die- 
mins de fer du Midi lui confia rexploitation en chef de 
son reseau. Au bout de dnq anneos il rentra au service de 
l'£tat, et fut charge d'une serie de missions scientifiques 
et Industrie! les, tont en France qu*k retranger, lesqudles 
fiirent Tobjet de consciencieux rapports couronnes en 
1869 par I'lnstitut. II les condense dans deux ouvrages 
intitules Traii^d'assainissement industriel (1870, in-8«) 
et Principes de Vassainissement des villes (1870, in-8*, 
avec planches). Avant cette epoque il avait deji publie 
des ouvrages dc science pure : Traiti de micanique 
rationnelle (1858, 2 vol.), itude sur Vanalyse infini- 
^«ima/e (1859), et Thiorie wathematiquedelad^pense 
des rampes de chemins defer (1860, in-8«). Apres la 



« FRETCLNET - 

r^Tololion da 4 leptembre, M. d« Frejcinet fat nommi 
pr'fet de Tarn -et- Garonne. Mais b leine H. Gambeflt 
eol-il prls possesBiOa du niiulsl^re de la guerre qu*il Tap- 
[H'la aussilAI k la dirKtion sap^rieare de ee ddpartement 
•Tfcle litre de iiU^i personnel dn minUtre [Jooclobre 
1870). La part de H. de Freyclnet dsna la cuuduite de la 
guerre eat encore trte-peu connue; il en a romipti It li- 
cit dans an litre Iris-simplemeal «crit et qui a pour (i- 
Ire ■■ la Guerre en province pen(tanl le tiige de Pa- 
Til (1!(7I, ip-S*). C'«al i lul qu'oR doit la reorganisatioh 
des aer*iC«B da mi oislire, lA cr^lion du bureau des car- 
irft, de cell) de« recaiinuNMDccg, du camili d'^lades dec 
mojeiu de I'^rense, dn corps da g^nie dtil, etc. Aprfei 
t'armUtice, H, de Freyclnet donua u d^aUaion et reutra 
dan* la tie prUfie. 

FRETftE ( Don Mahuel ), gininl npagnol, aitanib, 
k Ouufia, en Andaloutie, Tut nommi ea 179B major daot 
im r^meni de huuards, et veu^it de passer lieutenant- 
colonel au monienl ob ^elaia la giierre de I'iuil^pendaiice 
(1B0S-lel4).;Lee serTfcea diitingu^ qu'il rendlt k ton pafi 
ii cctte ^que le Rrent Buccessivement monler de grade en 
grade jnsflu'k eelui de lieulenant gfn^jol. Ea 1B20, Ferdi- 
naad VII I'ajrant choisi pour I'opposer i rinsurreclion Tic- 
torleiue de nie de Litea, il sdresia de Siville, le U jaoTier, 
aox tronpes placto «oua wa ordre« un ordre du jour, k 
Vettet de les preparer i marclier contre I'InsurrectloD. 
Toutefola, apprtelant lea difficulUs de la situation, Freyre 
■eniMa Tnuloir obteair par la vole dea njgociatioaii un ii~ 
soltat qn'll regardait comma Impossible atec le aeul emploi 
de la force; et wn mesares euauuit peut-Gtre Hi couroontea 
de suGcia, ai de nouTeaus mouremenU fnsnrTectioiinrU 
n'£ta1enl point surTenas en Galica el ailleurs. Pendant le 
mola de ttvntr , II aiait bloqn^ Tile de L^n da cdtd de la 
terte et hit poursulTre le gioini Riigp dans lea monta^ea 
de la Aonda, loreqne, le 7 mara, des d^puf^ se pr^senltrent 
k son quartier gin^rel de Puerto Santa-Maria ponr le son- 
mei*, an nom d'un grand nouhrc d'officiera de marine et 
d'artlllfrie en gamison k Cadix , d'avolr k laiie proelamer 
la contlitution. Fre;re le rendit de sa personne le surien- 
demain i Cadht, aflo i'j Juger par lul-meme du T^table 
dial deachosesi ctalora, contralntpar la force des cliosea et 
anssl par la nouvelle de I'arriTfe procliaine du comte de 
i'AblEbal, n promit de latre proelamer la conslitation le 
lonr iniTanf. Lonqull rerlnt, le 10, Ii Cadit, des seines de 
carnage, dont les cause* sont demeur^ un rayilire, telat^ 
rent dans c^tle fOle. AossitOt que I'urdre ful r^labli, lea ofll- 
ciers de la gsmlson Tinrent Te Iruuver , r£clanian( de lui I'anes- 
tatlon havMiate des oCTiciere d'artlDerle, corps danl lea opi- 
nions polltiqnes^laienl derenues su!;peclesatnL partisans de la 
conslitutlon. Frejre yconsenlil, et complfla celfe mesure 
de conciliation en faisant aortir de Cadlx lea balalllnnxcom- 
promls dans r^hanlToarte. LeUilretut enlinrordrerojal, 
6aU du 7, en lertu dnquel la constitution M solennelle- 
mcnt proclamfe k Cadli; mala I quelques Jours de U, il 
K voyail enlever son comQiandement, et II fiit mime mis 
en tM d'arresUtion, comme accii!^ d'avoir Hi le principal 
tncfigalenr des missures de Cadix. Remis en liberie lors 
da n^tabtissemenl da r^me ahsoln.Frejrre T&iitjusan'&la 
moft de Perdinmrt Til dans la t)tu< iirofonde retraile. Kn 
«belle, flit crM 
la garde royale 
init dte lea pre- 

Bic), professeur 

I, I'un des pins 

Mlanagna, m 

:'Bst surtout par 

rla , dans les an- 

du savant Syl- 

Te^fr^ de Sac}, qu11 ■ pu pirvenir au rang dlillnguf quil 

occnpe anjourdltbl parml les orltntallstes. Le premier r^ 

siilttt de CCS «!tudes fnt la publlcalion de Ks Selecfa et Bit- 



■ FRIBOURG 

toria Balibi { Paria , 1B19 }. l/amAa Hdmite fl IM ippcU 
k ia cbaJM qu'il occap« encore aajonrd'bai k Boon. Panul 
sea ourragw les plus importAnI* now dUrona u Oram- 
mair» abrijie de lajxmgut Htbralfte ( lus ), aa Cliret- 
tomatU Arabe, et mq pand LexUtn irabteuM LattauiH 
(4toI. in-4*, lB3a-37), dwM U a MpubUtwt abr^ 
{ IS37, ln-4 ). Moiw nieatloDnen»s cocore de hil i Ara- 
bum Proiierbia{3 toI„ 1B3b-44){ Cmbl Btn Sohair, 
CanMHin laudem Muhammedii diclMit I, Ii33,in-i'); 
Hamtux Carmina , oollectioa dea plua ancieni yaimm 
araLea d'Abua-Tennnlni , avec dea Kolies anbea fisu, 
Ui-4*); Bxpotilitm 4e la seraifieatUm arabe ( HM); 
n eslmoTtleianoremlH^ ISdl. 
FREYTAO (GoiijiTB), lltttwleur, n« te ISjnilW 
1816. k Kreuibourg (Silesie), fr^qDCnta t'nni*OTSit« do 
Breslan et futrrgaeii iwsdocteur «n pblhMopUekBtr- 
lin.En 1M7U allababilerMcide.etea m9Lal|aig,<il>t 
de concert alee Jnlien Stlnnldt, tl fonda l« Metiatftrd* 
la /rontitre, tonrnil qn'tl n'a eets* de rMiger iffm 1861. 
II detint, en ISM, conseiller auUqne da doc de Sale* 
Cofaourf-Oolba , qal le cboiait anaaitc poor aon lectear 
ordinaire. Aprts avoir dOnlt dani let httrea pv on r^ 
cuell de poisiea irUtuU A Brttlw (1845), il Scrivlt poor 
le tWAtre plnstenra dramea en vers, doni quel<Taes-nna 
aa Mnt malntenni aa r#perl<Hr«. Sa oomMie des Jour- 
MliafM (lS54)esl I'une d(B mdllenrea productiims d« 
I'art niodrnie en AUemaKne. Il eal auaai I'autenr (■« qael- 
quea ronanai cetsl de Boil et atair (1B9&), anrle d'^po* 
pte boorgeoiae, a tli tradnit en franfaia. S«a demlert 
ouvrages ont ponr litres : Tableaiut de la vM ptaiie M 
^Ifemopna (18iS, 2 thI), Kouvemui tableaux (ISai)* 
leMamucrit perdm (1884). etc. 

FBI ABLE, «piUiite qui a'appHqae aos OM-ps (endra 
el fragiies, qol se diviarnt on >e rMuisent ais^enl en 
poodre mus lea doigta : tela lont le plltre, tti pleires cal- 
ein^a en Rtafral, rlc. En physique , la friabililA est la 
proprijti qn'ont certains corps de ttAtr k laetlon d'one 
pviasaDcetendaiitA ea isoler les mol^ulei. Cet «tal ptt>- 
vlrnt du peu de coliesion des partiea de rei corps. 

FRIAND, FBIAWDISE. Us moU /riand, fnattde, 
s'appllquent ^aleinent ani personnes qui alment les cbo- 
aet d41icatea et rrcherditea, el * ees clwses elle»-n>*me», 
qnoique ces dernltres soieot pina aptetalement dfeign^ 
sousle oorodeJWondMea.C'eat* tort que quelqwaper- 
aonnea altachenl k iid*e de ee mot celle d'un »it«, et t« 
djiialtaeiii nn app^til dteordonni ponr laa cboaes diU- 
catea. Cest sans doate faira contracler aax enfanlB nna 
mauvaise habilnde qnt de lea gor ger de snereries, da Man- 
dlK«, rtials c« difant est moina hooteox qne la goar* 
m a n d i s e. Le poarmaDd recberche en gtatrii la qnantitd, 
le frUatd la quality. 

FRlBOUBGt nn del ilegt-detrx eantons misses, la 
nenvttaie dau I'ordre de la ContM^ation. prteente one 
superfine de :o mjr. carrte, et conflne ant cantons da 
Berne, deVaudetdeNeufebalel. D'apr^ to reoenaemcat 
del87o, aa popntatlon a'etevail k lio.saiindiviilnn, ihMit 
93,(KK> catboliques et ploa da la.OOO rtFonn£s. Les ba- 
bilants da 46 coatmnoBa de ce cairtoo parlent alletriand, 
el ceux da 319 commniies parieat iranfais. La francai* 
est la langue offidelk du goavenMment ; inatB tantes les bis 
et d6crets du grand-conaail, de mime que tous les arr£ti* 
obtigatoires sur toute I'^lcndue dn canbni, sont rMigte dana 
les deux langnes. Le sot d' ce canton le composa en 0t- 
nfral de collinea el de montagnes bdtbn, doat les plus die- 
Tto, continualion de la cliatne alpatre de I'OberlaBd, sokt 
situtes dans la partie mdridionale et la plus froide du can- 
ton, sans loulelois atteindre tea llmJIes de la region dea 
neigea Atemelles. La majeure partia dn lac de Moral, da 
mbne qne le lac Noir ( Sehwantee ) d oelid da Seedori 
aiipartiennenl k ee canton. Sea cours d'etn la* {dn* impor- 
tanta, la plupart afllaenls da Rliia, aontia Saane oa Sarine, 
la Braje et le Otandon. La poputalioa a pour prindpales 



PRiBOURG 



feuonrces llndustHe agricole ilpestre (fabrication des 
fromages de Gruff^es), ei la cufture des e^r^es, de la 
Tifiie, da ttbac et dea l^mea. Im montagnea foaniisseot 
du gits, de la jfrferre caicairede la nature du mari>re, eC un 
peode bouflle. 

La lille de Frilfour^p fondte ep 1179, par le doc Ber- 
tbold IV de Zohrixigeo, sor les bords de la Saane, profon- 
d^meot encaisste entre deai rangto de roehers, fnt pendant 
cent dnquante annta en constantes hostility avec Berne, It 
cause de cou attachement it ses seigneors. Aui tonnes du 
tnit6 de Stanx, dUa fut adndse en 1481 avec son territofre 
dans la oonflM^ration. tk aussi la ddmocratle ddgto^ra in- 
sensibleiDent en oUgarchie bourgeoise. Cn etfet, fnd^pen- 
dammept du grand-conseU, ^vestl de la puissance l^sla- 
tlve et dn p^-consefl, chai^ du pouToir ex^tif, tl s^ 
forma un conseil des Solxante, exer^ant le droit de censure 
sor les antorit^s sup^rieures , an^essus duquel 8*^leTa en- 
core plus tard nne cbambre secrMe, annte des pon?oirs les 
plus ^tqidtts. La domination exerc^ par les families pa- 
tridennes alia toujonrs se consolldant davantage; et dans 
leors longues luttes oontre la cour de Rome, de ro6me que 
contra les ^y^ues de Lausanne, qui depuis la ll^rmation 
rteidaieni i Fribourg, ces fancies s*emparkent de toute 
Tantorit^ civile. Toutefois, d^ 15S1 les j^ites obtenaient 
f antorisation de fonder un ^tabllssement permanent k Fri- 
bourg. Sous la Restauration, en 1818, non-seulement on y 
admit les lignoristes et bient6t apr^ les j^sultes, mats en- 
core on lenr resUtua leurs anciennes propri^t^. 

Vers la fin du dix-buHitoie si^e commencirent h se ma- 
nifester des germes de r^^olte contre le joug de l*oligar- 
chie, tant dans les earopagnes que dans la Title et au sein 
mtaie des populations fran^aises. Occupy le 2 mars 1793 
parWsFran^ak, Fribourg devintpartie faif^grante de la r^po- 
bUqoe Hc^y^tique, puis, sous le regime de la mediation , Tun 
des dix-neuf cantons et rune des six directions ( Vororte }. 
La restauration yenue, raridtocratie r^ablit son ancienne 
domination, tout en en adoudssant quelque pen les formes; 
et n en (ut aiosi )usqn'4 ce que, en 1830, un soul^ement 
populaire ent pour r^ltats la reconnaissance du principe 
d*^gaiit6 de droits et la constitution da Janyler 1831. De 
m€nie que dans les anCres cantons r^^^r^ ,, cette consti- 
tution garantissait la liberty de la presse, la liberty indiyl- 
duelle, etc.; mais elle d^dait en outre que la religion ca* 
tbnliqoe romaine ^tait la seole religion offtdelle du canton, 
^ TexceptSon de l*arroD<tissemenl de Moral, ob le culte 4e 
la coofession r^ormte 4tait seul permis par la loi. Elle stl- 
pnlait aussi la possibility de reviser la constitution aprte un 
ddlal de (k>uze ans. Cependant, en presence d*une opposi- 
tion lib^rale qui croissait toojours en forces, le parti aris- 
tocratique et sacerdotal ne laissait pas que de conserve 
sa preponderance, et fl s'en seryit notamment dans Taf- 
Cure des conVents d*Ar|oyie et k propos de la question des 
|esuites.En 1S47 Fribourg acc^da dc mdme an Sonderbund, 
0ae tentatiye a main armee faite par les liberaox en jan- 
yier 184e k PefTet de renyerser le gouyemement el de for- 
cer le canton h se retirer du Sonderbund , dcfaoua compl4- 
teroenL L^occnpalion de Fribourg par des troupes federates, 
le 16 noyembre 1847, put scute amener la chute du parti 
jesidtico-aristocratique. Elle donna le pouyoir non pas sen- 
lement an parti liberal, mais au parti demagogique. 

Lelendemain de cette occupation, un gouyemement pro- 
ytaoire (bt eiu et etabO en remplacement dn precedent En 
potoe tanpa one aaaembiee legislative et constituante, pro- 
dnit do soflragis universel et dired, fut conyoquee; et la 
fonsgfotion de 1$48, liberate dans la plupart de ses dispo- 
rifibtts et garantie par )a confederation, sortit des deiibera- 
lioos de cette aaaembiee. On omit toutefois, et pour cause, 
de soniM(btre le nouveau pacte oonstltutionnel k Tacceptation 
Ibrmelie on a^ r^ejt du peuple; k Pinstar de la constitution 
de 1830» /elle f%igeatt en outre qpll s*ecou1At un delai de 
loaloae aimers pour quH fAt possible d^en entreprendre 
la revision, 'foias les dtoyens ayaient (e droit de prendre 



part aux elections ayant pour but la BomlnatioB da c^m 
assembiee eonstiluante; nials on i'expUque qua sous IIm- 
pression immediate defeccupatioa par la4 troupes ftderalaa, 
te parti nagu^ domfnani et mamtenant valncu se soil aba 
tenu. Les antorttes etablies ea yertu de la nouveila eonsU 
tution deciderent d'aiUears que les dtojens qui se refuse 
raieni k prlter serment 4 la eonstittttion seraieni prives de 
I'exerdce du droit etocloral. Ces Aspositions, et snrtout la 
longueur dn dflai fixe pour la possibilite de modifier la 
constitution, exdterent beancoup de meconteatemeat ; et 
les meneurs du paril aristocratique et sacerdotal n'eurent 
garde de ne point le mettre k profit. U en resoKa diyerses 
lentatiyes d^insnrrection, notamment en l850et le22 man 
18&1. Cette demi^re se termina par la deroute des insnr- 
gesy commandes par un individu du nom de Nicolas Car- 
rard, et qui dejA avait pris part aux prteedentes insurrections. 
Six ou sept insurges furenf tues sur place, et les deux 
(Veres Carrard faits prisonniers. la sentence rendne le 16 
juin 1851 contre les insurges restes au pouyoir de la justice, 
les condanma k quinze ana d'emprisonnement dans una 
maison de correction ; mats des la fin de Janvier 1852 la 
pebe de Carrard etait commutee en quince annee» d*exil 
du territoire federal. De m^me, dans insurrection d'octo- 
bre 1850, malgre les faits de haute trabison qui ayaient ete 
positivement prouves , il n'y eut que onxe accuses de con- 
damnes k un certab nombre d^annees de bannissement In- 
dependamment de ces tentattyes de revolution k main ar- 
mee, & 8*organisa alors dans les formes leg^es une conti- 
nudle agitation, destinee k tem'r constaroment sur le qui- 
yive le gouyemement exisiant, et qui, ft faut Men le recon- 
naitre, ne representait qpe la mii^brite. Or qui ne sail que 
plus les minorites qui reussisseni 4 s'emparer dn pouvoir 
sont feiUes, et plus dies sont yiolentes et tyranniques? Une 
petition i^ue d*un comite central et revetue de la signature 
de 14,000 dtoyens, adressie it la diete f ederale, dont on sol- 
lidtait (Interyoition pour amener nn changement dans la 
constitution ayant et6 rep6nss6e, fopposition essayade 
panrenlr au meme but par des demonstrations d'un autre 
genre. Le parti clerical eut recours encore une fois k la 
force (21 avril 1853); mais ses adherents, commandes par 
le colonel Perrier , furent de nouyeau battus. II prit sa 
reyanche dans les elections de 1856 , oh il eut le dessus. 
Le grand conseil, qui yenait d'etre eiu, prepara un projet 
de constitution, quMI fit adopter k nne assez forte majo- 
rijte (1858). Une amnistiefutproclameeen fayeurdes per- 
sonnel compromises dans les deraiersevenements; on re-^ 
tablit plusieurs couyents , on rendit aux jesuites leurs 
proprietes, et Ton confia an derg6 rinstructionpublique. 

Le canton de Fribourg est divise en sept arrondUsements. 
Les prindpales localites qu*il renferme aont aprte son chd- 
lieu : £stavayer, dans une position charmante, sur le lac de 
NeufcbAtd; Bulle, petite yfile assez agreable, situeell'en- 
tree des yaUees de Gmydres, ob se tiennent d*importantes 
foires de betail et defix>mag^; Moratt sur le lac du meme 
nom, yille de 15 k 1600 habitants, ceiebre par la bataiUa 
qui 8*y livra en 1456. Un obeiisque a remplaoe le ceiebre 
ossuaire detruit par les Fran^als en 1798; Romont, la pUia 
jolie yiUe de tout le canton, bAtie sur nne colline dont le 
pied est baigu6 par la Glaise, 900 babitatits; Rue, sur la 
Broye; enfin Gnty&es, en allemand Greyen, petite yille 
de 4 k 500 4mes, au pied da Molisson : elle a doone son 
nom k toute la contree aivironnante, centre d^une inipor- 
tante fabrication de fromages. 

Lea snites de la guerre dn Sonderbund, la politique J6- 
suitique dn precedent gouyemement, el les troubles pro- 
yoques par les yiolences du gouyemement actual, out 
exerce des resnltats fAcbeux sur ses fi nances. Depute 
longtemps il y a tous les ans une diminution conatantesur 
les recettes, et la d.'tle publique s'eieyait, en 1865, A 
41,091,320 fr. On ne saurait nier cv^pendant nue le gou- 
yemement actuet n'ait fait beancoup |)our ameliorer laai- 
tuation intdlectuelle et morale des populations. O'eat ainai 



ft 



FRIBOURG 



que depuU la r^Tolofion de 1847 nnstitotion da jury a ^t^ 
introduiie dans le canton, et fnt raise pour la prani^ fols 
en activity k Morat, en ayril 1S51 ; qu*an comity sontenu par 
le gouTemement a ^t^ ^tabli pour perfectionner Tagriculture, 
et que rindnstrie de llioriogerie, dont le grand centre est k 
Lachaux-de-Fonds, a ^t^ introduite k Morat 

FRIBOURG, chef-lieu du canton, arec 11,000 habitants, 
qui park^dt francs dans la lille haute et allemand dans 
la Yille basse, s^^leve b&tie en terrasses sur les deux nves 
escarpte de la Saane. Elle occupe uno vaste superficie, est 
au total bien b&tie, et entour6e sur presque tous les points 
d*une haute et solide muraille. Pour ^rgner aux Toya- 
geurs arri?ant k Fribourg la fatigue de descendre et de 
remonter les rives si escarp^ et si €\ev6eB de la Saane, un 
pont en fil de fer de 272 niMres de d6?eloppeinent a ^t^ en 
1834 Jet6 d*une rive k Tautre, k une ^Mvation de 52 mitres 
au-dessus de la rivito. Parmi les quatre ^ises qu*on 
compte k Fribouiig, on remarque surtout celle de Saiut- 
Nicoiasy aTec son immense orgiie de Moser et sa tour de 1 12 
mitres de hauteur. L'anden college des jisuites s'ilive sem- 
blable k un cbliteau-fort, sur une hauteur. It pea de dis- 
tance de la ville. Prisde Fribourg, on a conslruitun hard! 
viaduc, qui donne passage au chemin de fer de I<ausanne 
k Berne. 

FRIBOURG EN BRIS6AU, ci-deyant capitale du 
Brisgau, aujourd^hui cheMieu ducercledu Haut-Rhin, 
dans le grand-duch6 de Bade, siige d'un archcT^hi, 
est situi sur le Treisam, qu'on y passe sur un beau pont. 
et sor le chemin de fer de Bade k BMe, k 15 kiloroilresdu 
Rhin, au pied de ia forit Noire , dans une belle et ferUIe 
contree, ricbe en yignobles, compte une population de 
20,000 Ames, non compris la gamison et les 6tudiants. Lafa- 
brication de la chicorfe« du tabac, du papier et de la potasse, 
la tannerie, ia librairie et la typographic constituent les 
prindpales industries de cette ville. Sa cath^rale, avec sa 
tour dicoupie It jour et haute de 118 mMres, dont la cons- 
truction, commencie en 1 152, ne fat achev^ qu*en 1513, est 
un chef-d*<Buvre d'architecture gothique. LMnterieur en est 
roagnifiquement orni , et on y voit un grand nombre de 
tombsaux, parmi lesquels on remarque surtout celui deBer- 
thold V , due de Zaehringen. En fait d'autres Edifices remar- 
qnables, on peut encore citer la roaison de vente, le UiiAtre, 
le palais archiipiscopal , Tancien hl^tel des itats de la pro- 
vince, et rhdtel de ville. L'universit^ catliolique fut fondie 
en 1457, par Tarchiduc Albert d^Autriche, et posside encorede 
ricbes fondatioos dans le pays de Bade , en Wurtemberg ct en 
Suisse, quoique la revolution francaise lui eo ait faitperdre 
une bonne partie, qui italent situies en Alsace. Au commen- 
cement de 1864 on y comptait six professeurs pour la fa- 
culte de thtologie, six pour la faculty de droit, sept pour 
la faculty de m^edne , et autant pour la faculty de plu- 
losophie, deux professeurs extraonlinaires et dix agr^is. 
Le Dombre des itudiants itait It la mime ipoque de 349 , 
dont 71 itrangers. A I'universiti est a^jointe une bibliothique 
de plus de 100,000 volumes. Fribourg posside en outre un 
gymnase et nn lycie. De son archevichi relivent les dvicliis 
de Mayence, de Fulda dans la Hesse, de Rottenberg dans 
le Wurtemberg, et de Umbourg dans le duchi de Nassau. 
Les souveralns de ces divers £tats, de miine que celui du 
grand-duchi de Bade, professant la religion protestante , il 
n*est malbeureusement pas rare de voir de graves condits 
d'autoriti et d*attributions idater entre Tarchevique de 
Fribourg et tantOt Tun , tantOt Tautre des gouvemements 
dans les tXhts duqnel habitent les ouaiUes dont il a la di- 
rection spirituetle. Cest ainsi. qu*ji la fin de 1853 Tarclie- 
viqueen est vena ftUmcery comme fl eOt pu faire au moyen 
Hge, une excommunication publique centre le grand-due de 
Bade 9 en punition des empi4,tements quMl reprochait k ce 
prince de commettre sur s^ {uijdidion spiritucUe. 

La ville de Fribourg fut fondee en 1 1 18 par le comte Ber- 
thold rv de Zaehringeu , et ilev6e en 1 120 au rang de ville 
iibre, atec Jouissance du droit de Cologne. Diclarie ville 



libre impiriale en 1218 , elle passa dix ans plot tard par 
.manage en la possession des comtes de Furstemberg, dont 
die secoua le jougen 1327, mais par qui die ne fit reconnattre 
son indipendance qu'en 1366, moyennant une somme de 
20,000 marcs d'argent, que TAutricbe lui avan^a ; et deux 
ans apris , en 1368 , faute d*avoir pu rembourser sa dette , 
die passa sous la domination de la roaison de Hapsboorg. 
Devenue place forte importante, die fut prise en 1632, 
1634 et 1638 par les Suidois, et en 1644 par les Bavarois, 
qui , sous les ordres de Mercy, y battirent le 3 et le 5 aoOt 
1644 les Fran^, command^ par le due d*£nghien et par 
Turenne. Ceux-d la reprirent par trahison en 1677, sous 
les ordres de Criqui ; mais apris y avoir construit dim- 
menses travaux de defense, ils furent obliges par la paix de 
Ryswick de la restituer k rAutridie. En 1713 et 1744 les 
Frangais s^en emparirent de nouveau ; mais ils durent Ti- 
vacuer, aux termes des traits de Rastadt et d*Aix-la-Cha- 
pelle (1748), apris en avoir rasi les fortifications. Le 24 
avril 1848 die tomba au pouvoir des forces de la Confidi- 
ration germaniqne, qui la vdlle avaient battn sous ses murs 
Tarmie insurrectionnelle ; et le 7 juillet 1849 , apris avoir 
iti ivacuie par les autorit^ badoises et les debris de farmi^ 
insurrectionndle , elle Ait occupie par les Prussiens. 

FRIBOURG ( Bataille et Siiges de ). En 1644 la situa- 
tion de I'armie d*Allemagne itait assez diffidle : Turenne 
n^avait pu empicher le giniral bavarois Mercy d'assi^er et 
de prendre Fribourg sous ses yeux. Le due d'Enghien , 
( voyez CoND^, tome VI , p. 234 ), qui amenait des renforts, 
n*arriva sur le Rhin que le lendemain de cet ivinement. 
De concert avec les marichaux de Turenne et de G r a m o n t , 
il risoiut d*assaillir immidiateroentavec ses 20,000 hommes 
Tarmie ennemie, dont la position dans les montagnes de ia 
forit Noire, appuy^ sur Fribourg, itait formidable. L'at- 
taque comment le 3 aoOt; le due d^Enghien conduisit et 
ramena pludeurs fois ses troupes a la charge. Voltaire , dans 
son Siicle de Louis XIV, a pritendo qu'il jeta son b&ton 
de commandement dans les lignes ennemies et marcha pour 
le reprendre, I'ip^ k la main, k la tile dn righnent de Ck>nti ; 
c*est de la poisie. Ce qu'il y a de certain, c*est que le prince, 
sautant 4 has de son cheval, prit la tite de la colonne, que 
tous les g^niraux, tous les colonels, tous les ofQciers, tous 
les volontaires mirent igalement pied k terre, ce qui redonna 
du coeur aux soldats; qu*ll franchit le premier Pabatis de 
sapins qui obstruait la route; que tout le monde le franchit 
apris lui, et que ceux qui difendaient la ligne s'enfuirent 
dans les hois k la faveur de la nuit, qui approchait. 

Apris un instant de repos. il attaque vainemeut sept fois 
un vignoble ou Tennemi s'est retranchi. Enfin , Gramont 
supplie d'Enghien et Turenne de faire cesser une boudierie 
inutile, et protige la retraite avec sa cavalerie. On resta 
trois jours dans le camp au miliea des cadavres, dont les 
exhalaisons flrent encorede nombreuses victimes. Enfin, on 
se didda k attaquer les Bavarois, et la victoire qu*on rem- 
porta sur eux eut ponr risultat immddiat la reddition de 
Spire, Philippsbourg, Mayence, et quelque temps apris celles 
de Berghen , Kreutznach et Landau. Mercy abandonna au 
vainqueur son artillerie et ses bagages. La perte de Tennemi 
fut de 9,000 hommes , la nOtre de 6,000. Cette terrible ba- 
taille ne finit que le 9 aoOt. 

Les remparts de Fribourg ont encore iti plusieurs fois 
timoins de fails d^armes de Tarm^ f^an^se. En 1677 
cette ville, vigoureasement difendue par le margrave de 
Bade, les comtes de Fortia et de Kaunitz, dut se rendre, le 
16 novembre, apris huit jours de siige. Lemarichal de 
Criqui, y ayant laissi une gamison, repartit le 19, et alia 
passer le Rhm k Brissac La nouvdle de cette prompte con- 
quite jeta la consternation dans Vienne. 

Villars, mattrede Landau en 1713, altaqua Fribourg. Le 
baron de Uarsch , gouverneur de la place, difendit tous ses 
ouvrages admirablement. Les instances de la population pour 
le diterminer k capitular furent superflues. Les FribourgeoiSy 
disespiris, craigpiant le pillage, vmrent prooessionndlemeni 



PR1B0URG — FBIDSRiaA 



ifiK tottit femmet «t leora «iifints, prMd^ da derg^ et de 
It magistratiire , le nipplier de c6der ; mm 11 demeura in- 
fl«\lb)e, et fit Gommencer le fea. Le si^e durait depuU deax 
E^ois; tOQs les eflbrts do prince E agdne poor le faire lever 
aTakal M inotiles. Enfio , le comte de Harsch fit dire k 
TiUars qoH loi abandonoait la TiUe et se reUrait dans la d- 
tadelle , en loi recommandant sea malades et ses bless^. 
YiUars les fit exposer tor le glads de la dtadelle. Des n^o- 
dations s'ooTrirent dte lore entre le prince Eog^ et le 
iiiar6chal; elles abootirent aox traits de Rastadt, des 
€ mars et 7 septembre 1714. 

Enfin, le marshal de Coign y Tint encore asd^ger Fri- 
bourg en septembre 1744. Loois XV, conrdescent , quitta 
Strasboorg poor dier le rejoindre. Le ddge fut long et p^ 
Bfiile, k caose de Tabondance des earn do Treisam, qu'il 
fdhit d^toomer. Les assi^gfe, qui avdent re^o des renforts, 
se ddiendirent opinifttr^ment soos les ordres de Damitz, et 
tnidrentpludeoTB sorties. La France perdit 500 grenadiers k 
rattaqoe d*un diemin coovert; presqoe tous les offiders do 
gteie (orent dangereusement bless^ , ce qoi n*empteha pas 
que la Title oe se rendtt le 5 novembre, et que le 6 les ar- 
ticles de la capitulation ne fossent sign^ dans la tente m^me 
da roL Ln dtuidle ne se sonmit que le 25 , et la gamison 
rests prisonni^e de goerre. 

FHLICI1£ , terre sans culture, et qui porte naturellement 
quelqoet berbes pea abondantes. La plopart des fricbes qui 
oisteol ea France pourralent 6tre cultiTto et produire des 
e^r^ales^ des foarrages, des bois, etc., sdon la nature de 
rhacuae; mais le d^fric)iement dans les pays oti dies 
occqpent ptudeors lieoes, dans les communes qui en sont 
presqoe cntiifement formi^es, est une entreprise impossible 
poor ka habitants ; la mis^ et Hgnorance dans laquelle lis 
Tivent scat one double imposdbilit^. U suffit de parcourir 
one partie de la Sdogne, du LimousiUi, du Berry, de I'Au- 
Tecgne, de Toir I'^t des babitants , la nature et I'^tendue 
de lenrt reaaoarces, pour rester convaincu que les ftiches 
prodoisent la mis^re, celle-ci Tignorance; que ces deux ef- 
iets deTeoant la cause de la persistance des firiches, ces 
mdbeofeoz sont dnd plac^ dans un cercle Tideox d'oil Us 
ne peoTent aortir seols. 

D^in autre cM , condd^rer les fticbes , d^une mani^re 
absdoe» eoomie la caose prindpale do pea d'abondancedes 
prodoits de notre pays, serait une erreur grave : dies n'en 
sont qo'ane caose bien seooodaire ; nous le disons et noos 
casommes profond^ment convainco, fdre coroprendre k 
nos coltiTateurs qo'ils ont plus d^aisance, de richesse k at- 
Icndre de la coltore de Tingt hectares de terre convenable- 
meit ameodte et asspl^s, que de celle de quarante avec 
uMlement triennal et jadiire, est chose plus orgeote, plus 
bale, pkia olfle k raccrois^ement des produits de notre sd, 
que de prteber It des malheureux , priv^ m6me des res- 
soorces nfe es adres pour raoquisition des instruments de 
tnfail , la coUure incomplde de terrains qui mangerdent 
tears aemeiices. P. Gaubert. 

FRICTION (de^Vicare, frotter). Onappelle dnsiune 
optetion qui se r^dult It exercer sur la peau des frottements 
aree la oiain noe ou ann^e de divers corps, dans le bat de 
ddarminer une exdtation phis oa moins vive, comme aossi 
poor faire absorber par cette surface diverses preparations 
pbarmaceutiqoea : soos ces rapports , les Arictions Tarient 
beaoeoap. 

Cdies qo*on pratiqoe avec la main noe exdtent doooe- 
BMot la partle frottte et y direot la cbdeor : 11 se passe 
daaa cette operation one doable action, une m^canique et 
MK dectro-dynamique. Cette demi^ admise par plusieurs 
B^dedns diemaoda, est analogue k edle qu*on proddt par 
la mugn^sme animal, et n'en est qn*une nuance. Ces frie- 
tioos solBseot qudquefois poor cdmer lea dooleurs dans 
des afliBctiona nerreoses, et poar proToquer ao sommdl, 
iurtaot lea eotaats et lea personnes trto-excitables. 

Les frktioaa qa*0A pratique aTec les mains arm^ de 
I, 00 de foul autre corps rude ddterminent sor la 



peao one exdtation qo'on pent rapprocher k Tolont^ de lln* 
flammation. Ce mode accrott la chdeor sur le thditre de 
Taction, y appelle le sang et exalte la sensibility : c'est une 
medication propre li d^Tier quelques afTections internes 
comme toutes les m^cations r^Tulsives; die est tr^udt^e 
par les personnes aflectte de rhumatiMoes chroniques et 
de dooleurs vagues. On les emploie aussi poor ranimer 
la vitality sur les parties oil die est Idble. Au lieu de brosses 
pour frotter la peau , on se sert souvent d*une doffe rude, 
comme ^tofle de Idne, drap ou flanelle. Tant qu*on n'ljoute 
rien k oes proc^^ , les fHctions sont simples et stebes. Ce 
dernier moyen n'est pas sans valeur, soit pour pr^venir ou 
gu^rir diverses affections qui proviennent de Tinertie de la 
peau , soit pour exercer une adion derivative ; mds il ne 
faut y compter que dans des aflections l^g^res et r^centes : 
on peut cependant les tenter impunement 

Les firictions qu*on pratique avec des tissus de laine im- 
pr^gn^s de substances m^icamenteuses sont tr^vari^es, 
et leor ibode d^agir devient complexe et pros ^nergique : 
non-seulement dies irritent la peau, mais elles fonmissent 
des mati^res qui peuvent se mder aux fluides appartenant 
k la composition du corps humain et influencer I'organisme 
entier. Diverses preparations de pharmacie sont employees 
dnsi sous le nom de nnimen^s ; telles sont le baume 
opodddoch, un melange d^huile et d*ammoniaque liquidOy 
auqud on assode le camphre, etc. Ces preparations, etant 
volatiles, ne sont pas absorbees, ou du moins le sont pen, 
et leur mode d'agir est local s on s*en sert avantageusement 
dans des cas de douleurs qui ne sont point accompagnees 
d'inflammatlon. La propriete irritante des substances pbar- 
maceutiqnes double Taction mecanique do frottement On 
emploie ausd de la meme mani^ des solutions de divers 
medicaments dans Tdcool ou Tether, et cdles-d sont absor- 
bees en partie. L*eau-de-vie campbree , la teinture d*iode , 
cdle d'ether, sont tr^communement administrees par cdte 
vote pour, agir localement d generdement On adminlstre 
aussi Thuile ou des pommades par la vote des frictions, et 
la medication est dors appeiee onc/ion; mds die ne differe 
des operations indiquees d-dessus que par la natore des 
medicaments. Cost par ce moyen qa*on trdte soovent des 
maladies graves ; cdles de la peao , d variees d d opiniA- 
tres , sont peut-etre plus curd>les par la voie des frictions 
que par toute autre. Les diTerses preparations de soufre , 
d*iode , de mercure , parviennent aind sur les theatres des 
combindsons les plus intimes qoi s'operent dans la trame 
des tissos animaux. On exerce ausd des frictions onctueuses 
dans pludeurs cas poor cdmer les irritations : k cet dfd, 
on emploie freqoenmient llii;iHb dmple , dans laqodle on 
fdt dissoodre de Topium ou du camphre. Par exemple, on a 
fdt un usage tr^* salatdre de ce moyen dans la petite verole. 

On donne ausd le nom At friction k un cSertain mode d*ap- 
pliquer Tdectricite au trdtement de qodques mdadies. 

D*" CHARBOlUUEa. 

FRID^RICIA, ville fortifiee du Danemark (Jutland), 
sitoee sor les bords do Petit Bdt, n*a d'importance que 
comme lieu de peage des droits de douane pour les vais- 
seaux qui franchissent le Petit Bdt, et aussi comme point 
d>mbarquementpour passer en Fionie, od Ton prendterre^ 
Middelfahrt. Fondee vers le milieu du dix-septidne dedc^ 
par le rol Frederic 111, Fridericia compte 6,500 habitants, 
dont 700 envhron descendants d*une colonie de Fran^ais re. 
fugies 11 la suite de la revocatidn de Tedit de Nantes. Ses 
fortifications sont insignifiantes, et ne saurdent resister 
qudque temps qu'4 un ennemi qoi ne disposerdt pas en 
meme temps d'une petite force navde. Le 3 md 1848, k 
la suite du souievement des duches de Schleswig-Holstdn, 
un corps prussien, envoye ao secoars du goovemement na- 
tional par le rdde Prosse Frederic-Guillaume IV, oc- 
cupa Fridericia, et y soutint dnq jours aprte on vif combat 
d*artillerie contra dx chaloopes canonnieres dandses, ap- 
puye&t par le Tapeur de goerre VBthla. Reprise ensuite par 
les Danois, Fridericia fut ioTestle et canonnee le 8 mai* 



to 

U49 par Vdm^ nattonald d^ 4^f^^> ^asfm9pdi» mr Iff 
g^^ral Boom. M juiUet fuifra^t Ics Danoi^, ^to avoir 
Teq^ par mer d'importanU r^ort9, op^rMnt h one beur^ 
du piatiD une ? igoureuse sortie, pi|r suite de laqaeile Varmi^ 
ie$ 4ucb^, apr^ une lopgue et saoglante r^ist^ce, dut c6^ 
ier ^ la 9\ip(^iorit^ de forces desDanoiset battre en retraite, 
laiss^t sur le carreau 2,800 hoiqmes et one partie do leurs 
batteries ann6e^. Dans la guerre de 1 864, cette plaoei 4o^t 
lea d^nsee avaient^t^ renforc^, fat bombardiie par le$ 
AUemancISi qui y ^ntr^nt sans rteistance apfte |a pfiB^ 
des )igne§ (^ Puppel (2S aTrll}» 

FAIF^DLAND ( Duch^ de), sitq< en Boh^, ifot 
fyngik en 1623 par I'einperear FenSinand en fiiTeor 4e W al- 
ien stein, cr^ en mime temps prince de |'£mpire. U so 
comppsait en partie de Tb^tage laiss^ h Wallenstein par 
un oncle fort riche^ et en partie de donuunes achet6s de 
1621 ^ 1623 avec la fortiipe de sa preipi^re femme» dom^ipes 
proven^nt des nombrei^ses confiscations prononc^es h 1§ 
suitie de la r^iblte de la Boh^rae, et pay^s alors 7 n^jllions 
de florins seulement, tandis qo'ils eq yalaient au Quoins 20 
(44 iQillioos c|e franps). Aui termes des lettres patentee 
portant oration da ducb^ de Friedl^d, il coroprenait 
neuf yilles, k saToir : fiie4l(in<f9 R^henberg^ Arnau^ 
WeisnDa$s$r, MunehengrxU^ BcphmUhrleippaf Tumc^u^ 
GU^chin et Aichq, et cinquante-sept chateaux et yillagesi 
parpiu lesquels nous ne citerons que ceui de Wdisch, 4e 
Klo^ter, de Neusdiloss ( Tantque d^bri^ ^p tpute cette co- 
lossale fortune rest4 k la Teuve de Wallenstein ) , W|din e( 
Neupestein. Apr^ Tassassinat de Wallenstein^ (1634) , tons 
see domaines furent confisqu^ , et les 4^t)ris du dncb6 de 
friedland serrirent^ payer \a^ participation des divers auteurs 
et coipplices de ce nqeurtre. p*est ainsi que le comte Gal- 
las obtint pour sa part les seigpeuries de Friedland et de 
Reicbemberg; teslie, celle de Neustadt, etc. On n^Talue 
pas II moins de einquante millions <)e flprips la Taleur des 
domaines qui furent alors eonfisqu^, taint ceux de Wal- 
lenstein que ceux des gefitilsbommes assassin^ en m6me 
temps qqe Iqi, comme ses complices. 

La yille de FriedlaT^d^ qui dopna soQ oom ao doch^ k\^ 
en faveur de Wallenstein, est situ^e dans le cercle de Boeb- 
inisb-Leippa, en Qob^me. Elle est le sl^e d*un tribunal 
de oercle, et compte 4,400 habitants. Son immense cb&teau, 
reinarquable par s^ comtrifc^on et par sea nombrcuses an- 
iiqoit^, mais oti W^'e>^^^ ^^ s^journa que fort r^rement , 
estsitu^ tout pv<to de la Title, sur un beau rocher basaltique, 
at joua un rAle important ds^ns \^ guerre de trente ans etdans 
oaUe de sept ans. Parmi les portrs^its des difTi^ents propri6- 
taires de ce manoir fiM^ f|u*on yoit dans la salle dVmes, 
il s^en tropve un original e( tf^-exact de Wallenstein. 

FIUC:Dl.iVNp (BataiUe de), gagn^ le 14 juin 1807 
par Napol^oQ, stfr Tarm^e nisse, k 32 kilometres d'Eylau. 

Friedland est line petite yille de la Prusse orientate, cbef- 
lieu decercle dans Parrondissementdo Koenigsberg, sur FAlle, 
a?ec 2,300 habitants, des fabriques (^e lainage «t des taoneries. 

Depuis la bataille sapgiante 4' £y la u , les Fran^ais avaient 
poMrsuiTi les Busses et leur ayaient livr^ deux combats, Tun 
% Ostrolenka, Tautre k Braunsberg, le 26 fi^vrier l§o7, et 
depuis ce jour il ne s^^tait pass^ rien d^important entre les 
deux armte : chacune ayaif repris ses quartiers d'hiyer. Sur 
ces enirefaites, I'une et Tautre, oepeivdant, receyaient des 
renforts, et Tempereur Alexandre arriyait ayec sa garde. 
hb 5 juin les hostility repommenc^ent : les Busses at- 
taqu^ent les Francis sur plusieurs points, au pont de 
Spandau, k celui de Lomitten, h Ackendorf, mais par- 
tout ils furent repouss^. A leur tour, les Franks atta- 
querent les Busses h Heilsberg, jour Orent ^prouver de 
fortes pertes, et les ooplfaignirent \ la retraite : ils s^arr6(^ 
rent It Friedland. |.'armto frap^ise y arriya le n ioip. ^e 
14, k trois lieures du matin , les Busses d^bouclient par le 
pont de Friedland , et NitpoldoQ de s'dcrier, au bruit de la 
eanonnade : • C*est un |oiur de bonheur; c*est Fanniversaire 
de Marengo) • Les Busses furent, aureste, de moiti^ dans 



FRIP^IUCU ^ FRIEDLAND 



rac^qapUse^ent df C(etie propb^ pp f obs|ii»iU k de- 
D^eurer dans la position Cicbeose od le bm^rd les ayait placi^, 

L(| riyi^ d'Alle, en toom^t a^tour del'riediand, fonna 
^m anse triangulaire, donf Foffyertore pent ayoir 2,340 k 
2,926 metres d'^tepdue. C'est dans cet ^troit espaee que 
Bennigsen laissait son arm^, s^exposant k 6tre refoul^ dans 
un cul-de-sac, et n^ayant pour retraite qn'un pont de pierre 
et on ou deux ponts yolants h peine ^tablis. Tant qu^U n'a- 
yait deyant lui que deox corps d'arm^ > de la force d'envi* 
ron qii^rante ipille boinmes, led^pger n'^tait pas immense ; 
mais Napol^n arriya sur le champ de bataille k une heure 
apr^s ipidi , et ne put copceyoir la faute de son i|dyersajre. 
Sa premiere peps^ fut de temporiseri pour dopner le temps 
k Dayoust et k Murat de reyenir sur leprs pas. II les stip- 
posait maltres de Koenigsberg, et ses aides de camp ^talent 
partis pour les rappeler k la b^; mais le corps de Mey 
^tant arrive k trois beures, et eelui de Victor k quatre, 
Temperear, ^pr6s une dtude plus approfondie de la position 
de iSennig^n, jugea peul-^tre, k la moUesse de ses attaques , 
de rin&^orit^ numi^rique d*ui| ennemi qui r^istait k peine 
aux charges de Grouchy et de Nansouty. II prit done la re- 
solution d^en finir, et eotaqaa s^fiensement la bataille k cinq 
heures et demiedu solr. Ne^. sputenu par les dragons de La 
tour-Maubourg, prit la droite de )a ligne. Lannes demeura 
au centre, ayant derri^re lui les cuirassiers de Nansouty^ 
I^ortier resta k la gauche ayec la cayalerie des g^n^raux 
Espagne et Grouchy. Le corps de Victor, fatigu^ d*une loi|- 
gne iparcbe, fut plac6 en r^serye ayec la garde imp^riale et 
|es dragons de L& Houssaie. Mortier eut ordre dfe ne pas 
faire pn pas , de seryir de piyot aux neuf diyisions qui ^taient 
eotr^s en ligne, et de laisser k Ney et k la droite Tinitia- 
tiye des moqyements offensifs. Ney deyait, par upe attaque 
de flaqc, refouler la gauche de I'arip^ russe, la pousser 
dansPanse de Friedland, marcher droit yers cette yi)le, 
Tenleyer et couper la retraite au centre et li la droite de Ben- 
nigsen. 

Cet ordre fut suiyi de point en point comme une man(ru- 
yre de parade. Efey d^boucha des bois 'de Sortlach , qui 
ayaient pouyert ses dispositions. Vingt pieces de canon pr6- 
c^daient ses colonnes. Ses troupes avanc^rent Tarme au 
bras sur les quatre diyisions russes de Bagratlon, dont les 
extr^mit^ se repU^rent en d^rdre yers Tanse fataie. Ba- 
gration rallia toute sa cayalerie , et la lan^a sur le Aanc gau- 
che de I^ej. Les g^n<iraux Blsson et Marchand continuferent 
leur marche, saps s^occpper de cette masse de tayalicrs. Les 
dragons de La Tpur-Maubourg ayaient couru au-dcvant 
d'elle et Payaiept reponss^ sur la ligne. Au mftme instant ^ 
ie gdn^ral Senarpiont se portait k quatre cents pas du centre 
et c|u corps de Lannes; il diSployait une batterie de trente 
pieces et foudroyalt les troupes de Bagratlon. Le corps de 
Ney ayangait tou jours sans hesitation, forgant tons les obs- 
tacles , refoulant I'enneitii dans hi tiile ou le culbutant dans 
pn ravin et un lac qui coupaient en deux le chaipp ^e ba- 
taille. Mais 14 apparaissent tout k coup les gardes russes, que 
Beonigsen y a'deploy^es. II sent hrop rimportance de la pos- 
session de Friedland et de ses ponts pour ne pas redoubler 
d'efforts. Le phoc impr^yu des gardes russes , Timpetuosit^ 
de leur attaque , ^branlent la diyision Bisson. Celle de Mar- 
chand s'antte et paratt h^iter. Mais le mouyement de la 
r6serye ennemie n'a point ^happ^ k Ifapol^n. Par ses 
ordresy la diyision Dupont s*est d^tach^e du corps de Vk^r ; 
elle remonte le rayin , pour attaquer k son tour le flanc droit 
de la colonne russe; Dupont communique aux diyisions 
^branl^ Timpulsion que rempereiir lui a donn(^e. Un effort 
simultan^ leur rend Tayantage. Les Busses sent jet^ dans le 
rayin , dans le lac ^ dans la yille. L'encombrement des rues 
et des chords est efTroyable : sMl faqt en croire pn t^moin 
Qculaire , 60,0000 hommes y combattaient dans un espaco 
de 585 metres. Bagratlon s'efTorgait dc inettre de Tordre au 
milieu de ces masses confuses^ €|ne mitraillaient les canons 
de Ney et de Senarmpnt. Bennigsen essayaitde sql cOte pne 
diyersion sur le centre et I'aile pauche de i*armte fran^fse. 



FRlBDLAin) — ^ 

Mils Lamw < Ovdlnet «l \mdkir repocMUlMit famitt am 
atlaquct lit fcMdroyaMt see obtonaM. 

BMnlgtai M loiigiA t^oi te km qo% sao^pv son dmM* 
rid. ft MpHMr lev ^omIb d« F#leilttM 4 110 pi^cM de 
mm artiUtri* , ^ve ftiilf «i€«i eii dterdrt les baiaiUons oou- 
fkM. U tot 01 BM>&i0iit rk)^ de f^lacd^ see eanoas ea battcrie 
aar la ri^e droHe ai te pretAn k reran lea dlrtrioBft fras- 
faiaaa, qni oambatltMi iar Paotte il?a. Maia, soit qua 
tea oidrat fusMot aMi aotnpria ^ soil qua ass treupea na 
aongeaiaaBt qu*4 fuir, U hii fut impossibla de r^parar ea d^ 
aastre. Rasserrtf da ploa en phia dans le oonpe-corgaoii il 
a'dlaH laias^ aeeidtf « sa sauva enfio ave^ lea debris da ses 
divisioBSy brAla let poiito qui avajeat servi 4 lanr retralte ; 
el la TiUe iaceadite devliit la proia du mar^cbal Hey. II 
restait an corps nisse sur la ri?e gaudie : c*6tait Taile droite, 
qui, sous les ordres de €k>rtschaikofl' avait attaqv^ la posi- 
tion de Mortier. Gdm-ci, fiddle k ses inatnietionay ^tait 
test^ impaaaible at rteistait froldemeiit k eatte attaqoe. II 
b6d$ mteie du terrain k soa enaeaii, pour I'^i^iar d« point 
o6 se d^eidait la yictolre. 11 «tait alers dia heures du aoir, 
et la Buit B*i6taft pas tout k Mk lisavt, Mais les flaasBies de 
Friedland r^4Mfent k aortscbakoff les d^saslres da centre 
at de TaOe gauche. Des fuyards Tlnreat hii annoncer la prise 
de la tWe et bi ratraita de Beanigsea. Mpar^ du gros de 
rarmie , preesd par las attaqoes de Mortier et par oelles de 
Savary, <fat aawosf t on rdgiment de la garde , m poufant 
plnd gagqer la pent da Frledbtnd, it se vtl au moment de 
metlre bas les armes. Mais des guiis loi farant hidiqiids^ at 
an prekdar ordta de retralte quil donna, ttea sea r^gunaits 
a^ jotirant en foola pour Mapper k la poiuwritades Fran- 
«ais. Le tiers de sassaMata p^ril dans lea flots, au sous le feu 
#esnAtres. 

Abisi fut a^Mbr^ raanifersaira de Marengo^ sdTant la 
pnMlefioB da Pensperear. La parte des Rosses s'Aata k 
)0,000 hoDuaea, tu6s on pris; It g^ndraux ftireal de oe 
Bombre, 70 pMces da canon , phisbsnrs drapeaui at una itt» 
BombraMa quantity da caisson definrent lea trorpbdes d'une 
▼ictoiri qae la moiflt da Karmde fran^ise atait arrachte k 
prte da 100,060 Rasses. Deux diTisloas da Yielor et 1m 
frois quarts de la garde imp^iale n> araieBt pris ancuae 
part. GTeat la plua bene jautnto do mar^ebal May : il s'y 
caotrit da gloire , et les r^snltats en fureat fannMBSca. SouK 
a*eat phis qo'li sa presenter daf ant Kcaaigsberg pour s'en 
emparer. Marat, d^SoKqn'oa eM gaga^ saAs lot uaebataHle 
atissi dMriTB, toaiba aur les arriira-gardes rosscS, qui 
AiyaiaBi aa Mil de la Pregel. 11 lea accdmpagaa josqu'au 
Nidaiaa, <^e Bannigsea et Lestocq pass^eat le 19. Le soir 
m^rne MapMfon porta soa qoartier gtodral li T 1 1 s it t, et le 
tur, tavano de'aes iUusioaa, dtebnsd des promesaasde 
FAnglatarre, d^sesptent d'eniratatr PAutriebe daas une 
oaaMion battoe, fiat Ini-mftme, le 2S jubi , signer la paix 
qae loi oOrslit le eoaqudraat de h Prusae- 

ViERNar, de lUeadMe FraocaiM. 

FRIEDRIGHSORT , petite fortaressa do docbd de 
Sdilaawig, poesdd6epar laPrnasa depaiala guerrede 1864, 
aur la froBlite da HolBteiB ai k Pentr^edu goMs de Kiel, k sept 
kUomMias da aette ville, pr^sente une rade sOra, un phara, 
«B arseaal, des magasbiSj dc EUafM ft>Bd6eea tesOpar le roi 
ObristlanlV,quiPappela CAHs^ianjiriia ^noaa qu'elle 
aoaawa Jaaqn'aa rftgnd de FrddMe Y at qo'ella reread 
lorsqoa le sonteraia! qui rigna an Daneinarfc s'kppalle 
ftbrisiaa. Prise d*aiaaul par Toritenson oi 164S, reprise 
Pana^ sahranta par lea Danofe , oette pbica firt rasda en 
1048 par FrMirie 111, poiareeoastrnita ea 1663* Aprte avoir 
m canoante la 10 ddoembra 1813 par les Soddoia, elle dut 
toor oonir aea partes. 

FIIiEBlll€H8TADT,vine da dacb^de Sch le s wi g, 
abel-liea do pays qo'on appelle SiapelMmy bAtie aa oon- 
iaantdaPEidaretdalaTreeo, sitr one baotenr, esttniTer- 
idaat eatourte par traiabru date Traaa^ drtonstaace qui 
fsk kAi naiiplaca Ibrle natorelle. EHapossMe nne dg^ise lu- 
Mieaaey aaa dtfisa meanottita el une ^ine de remon- 



FRIOORIFIQDES u 

traata^ ane diapelle cathetiqti^ el bba syiiagogne, iln port» 
a* ebaatier de eonatraetlon el effHfnti 3,060 bdittaiyts, qol 
aipkfftM qttekfti^ fobriqu^. kUe ftit ednstftdta eH i6tl, 
aMS le Ant FrM^ric 111, dans le style de leor f>ays, pior dea 
remcMraats bollandals qni afaient oiteau le pritfl^e d6 la 
llbertd de e6Belence. Le 14 aiHl 17 00 les Danois, aux ordreb 
da duo de Wnrtemberg, s'eb readfrent tiaiiM ; k ii 86^ 
▼rier 17ia, le roi Ftdd^rle It ^ le esa^ Plerra Ui Grand ea 
a hasfl ft rea t la gandson suMoise. Dans la guerre sautenoe 
eootre le Danemarkpat lesdncb^ de 8ehlesw?g-Bdfstein, 

rnr la d^fensedelear idd^endaaee et de (ear natletitrlitft, 
villa, oceBDde par les Danois, eat beaucoiip il sdnfirir 
dans la Journee du 19 sepleinbre 1850, dri tir des batfe- 
riea de rarmte des daGh68 qal, le 5 6ctobre atttvant, l'cra-< 
porta d'assaut. Dans la guerre de 1864 , efle capltula le? 
fftvrier, et reartlt auie AlleiuaDds soa materiel do guerre. 
Slle est prasaleanedepaia eatte Opdqaa* 

FRiE8LAND oo YRI16LA1ID. Kayaa Fkuss. 

FRIG AN B. Yoffei PBaroami; 

FRIGGA etPHEYJA soot, dans lamythologioieaBdaiava, 
deox dif iail^ distinctea , mais qui k roriglne n'en faisalent 
qu^une, et dont rexistence ae raHacha k eelle da Frey r. 
Frigga, dans b doctrine des Asos , estte d^esse siipMme, 
r^pouse d*Od i n , la filie du g^t FioBrgwyn^ et prdside aux 
nariages. Frayja est bi filla deMiord, la sonir da Freyr et 
la d^asaa da Panioor. EHe se prortn^no dias on char alteld de 
ebats s c^ k ale qae vleanaal les ftsnmes aioftes, de 
Bh toe qaa la aioitid des gnorriars qai meoraftt dans les 
eoabals ; de Ik son sumom de Tdl'fnyia. Sous ea demiar 
rapport, oa pent la consM^rer ooianie la Terra. Frigga, P^ 
poased*Odin, e'eat anssi la Tefre; et lorsqoa Frqijk est k la 
recberebe d'Odln, camme Isia k la reebercbede son Osiris, 
par Odin Q fant entendra tei le SoM. Lea oobk da Frigga 
et da Frsyja sakt aussik pea prks syaonyaiesy at on lestroove 
souvent conlbndua dans lesmylbes. 

Fri§ga est le nom donn6 h une plankte t^lescoplqoedO- 
couverte le 15 novembre 1862. 

FRlGORlFlQIIEg. Celte ^pitiiMe se donaa lo plus 
iHrdinaireatenl k dea mdlanges ref roidissants. 

€es BS^tengts seat de deux sortes: lesons coaststeat daas la 
asillioa intime de la aeigeon de la glaoa pilte ayec des ad- 
des ou daa auiUktas salines ; les autres, dans la dissolatloB 
de certains sola dans aa vdbicoie, tel qoeVeau ou les aeides. 
Mais il est des oorpa qai saas aueud mdlange peuvent 
donner, par le seul foil de leur ^poration, on abaissameat 
oonsidteMe de tempdrature. 

Oay-Lussac a fait voir que si aprks avoir oomprimd de 
Pair atmospbkriqoe on lai rend la liberie, et qae Pon pr^ 
sente an MnHfle qui en r^solte on corps da pea de masse et 
Baauvaii coadueteur do calorique, oa corps se recoovre de 
§rrro proveaant de Pbumiditi atmospfadriqne refroldle et 
oongelde par rexpaasio* dePdr. L'illostre physicien auqnel 
est do ce procdd6 le regarde comma applicable k la prodac- 
Uoff de graads froids. De son cOtd, M. Bussy a montr8 que 
b>rsqafoB a Hqu^6 du gaz acide .sulfbreox par un refroi- 
disseneat artificid ddermind par ua m^aage de sel et de 
glace, l*dvaporation de eet aCide liqadM donna lieu k un 
abaissoment de temperature qui peut aller Man au delk de 
89^, point de congelation du mercure, poisqn'en angnien- 
tant la rapklitf de Pdvaporatkm au moyen do vide, on peat 
attdttdra le 68* degrd an dessous de idro. On sail en effet 
qu'ua liquide qoelcoaque absoibe du calorique pour arriver 
k I'dCat dB vapeor (voyez Faom). 

Quant k la methode des melanges , elle est due k Fabren- 
bait; elie a etdsingulikrement etendue et p^rrectioaaee par 
diversespersoanes, au aombre desquelles figurent M. Lowitx 
etnotamment M. Walker. Fahrenheit d^terminait un refroi- 
dissemant d'environ 18® au-dessous de i^ro ea m^lant de 
la nei^ k du ael anunonfaiG* Oa obtient anssI fin^qnemmeat 
celte terapdrature ea radiant k parties dgales de la neige et 
du sel ordhudre, pris Pun et Pautra k la temperature da wko 
( point de la glade foadaale^. Ea sobstitaant le chlorura de 



12 

caidum au sel de cuisine, de mtnlire k m^langer 3 partieft 
de ce chlorure et 2 de neige, on obtient 28^ auniessoas de la 
glace fondante. La diaaoliition de 8 parties de sulCite de 
Boude dans 4 d*acide sulfuriqne ^tendu al)ais8e le Uienno- 
m^tre centigrade de+IO^^ — 16'',c*est•^-di^ede26^ La 
Bolotion de partie de sel ordinaire dans & parties d*acide 
cliiorhydriqael'abaisse dez^ro ii ~ 18*; eteu prenantchaque 
tidment da melange k une temperature plus basse, on 
obtient, en les i^outant I'un k I'autre, un froid plus grand. 
C'est ainsi qu'en ajoutant 3 de chlorure de calcium ^ l de 
neige, en partant de — 40*, on arrive k — 58*, qa*en prenant 
k la temperature de — S5* et dans le rapport de 8 4 10 , de 
la neige et de Padde soli urique ^tendu de moiti^ de son poids 
d*eau et de son poids d'aicool, on peut faire descendre le 
thermom^tre Jusqu'i — 68*. Colin. 

Ondonne lenom d*appareil frigorifique oncong^lateur 
k an recipient cylindrique creux destine k recevoir un me- 
lange r^ficig^rant et envcdopp^ lul-meme d'une capacity cylin- 
drique oil Ton introdait de Peau qui, aprte j avoir s^joarn^ 
de 204 30 minutes, deyient, par Taction du r^frig^ant int^- 
rieur, un cylindre creux de gl ace dont le poids varie suivant 
la capacity du r^ipient employ^. 

FRIMAIRE (d^T^ de/rimas), truisitoiemois francs 
du calendrier r^publicain. 

FRimAS, globules d'eau congel^ qui 8*attachent aux 
murailles, aux T^taux, etc. II ne se forme de frimas que 
dans lea saisons oft la temperature de Vair passe en ti^ 
peu de temps du chand au froid. Si par un temps hnmide 
ou de broaillard il vient tout a coup k geler , les gouttelettes 
aqoeusesqui etaient sospendnesdans Tatmosph^ acqui^- 
renten s'agglomerant un poids relativement plus grand que 
celui de Tair , tombent sur les objets non abrit^s, s'y g^ent 
et ferment ce qu*on appelle des frimas. Laros^e, legi?re, 
sent produits par des causes semblables* Tbtss^dr e. 

FRIMONT (Jean-Pbiuppe, comteoB), prince cTAntro- 
doeco, Tun des g^neraox autrichiens les plus c^l^res de ce 
temps-d, naquit en Lorraine, en 17&6, emigre en 1791 , et 
servit dins Tarmee de Ck>nde. Aprte le licendement de ce 
corps^ il entra aveo le regiment des chassears de Bussy, dont 
il etalt colonel, k la solde de rAatriche, et fit d^s lors 
toutes les campagnes de la coalition oontre la France^ Feld- 
marechal-lieatenant en 1812, il commanda Pann^e suivante 
une parlie de la cavalerie autrichienne. En 18 U, nomme 
commandant en diet de Tarmee autrichienne en Italie, il 
prit si bien ses dispositions, que Bianchi, qui fiit charge de 
marcher contre Murat,termina la guerre de Naples en six se- 
maines. Pendant ce temps, Frimont, qui etait reste sur la 
ligne du Pd avec le gros de son armee concentre entre Ca- 
sal-Maggiore et Piadena, la di? isa alors en deux corps, dont 
Tun, aux ordres du general Rade?ojewicz, fut charge de 
franchir le Simplonet d^entrer dans le pays de Vaud, et dont 
Tautre, commande par Bubna, fut dirige sur le Rhdne k tra- 
vers le mont Cenis et la Sa?oie. II reussit k s'emparer des 
defiles de Saint*Maurice avantque Sachet, conformementaux 
ordres de Napoleon, eOt pu occuper Montmeiian. Lestronpes 
fran^aises durcnt alors evacuer la Sa?oie, et les troupes 
aulrichiennes, apr^s avoir enleve le fort de I'^cluse, fran- 
ehirent Je Rh6ne. Le 9 juillet Grenoble ouvrait ses portes 
k Tarmee antrichienne, qui le 10 s^emparait de la tete de 
pent de M&con et entrait sans coup ferir le 1 1 It Lyon, que 
Suchet, instruit des evenements dont Paris venait d^etre le 
tlieitre, ne diercha points defendre. Le general 08asca,qui, 
soqs les ordres de Frimont, commandait une division de 
12,000 Piemontais, avait des le 9 juillet conclu un armis- 
tice avec le marechal Brune, k Nice. Frimont dirigea alors 
une partie de son corps d*armee, par Chalons et Salins, sur 
Besan^n, contre Tarmee fran^ise du Haut-Rhin. 

Aux termes du traite de Paris, le corps d'armee aox ordres 
de Frimont, qui etablitson qnartier general k Dijon, ftit charge 
de roccnpalion d^une partie de notre territoire, occupation 
qui dura Ju9qii^en 1818. En 1821, conformement aux ded- 
£iona du cougrds de Laybacb, Frimont It la tete de 52 000 



FRI60RIFIQUES — FRIOUL 



Autrichiens marcha sur Naples poor y compnmer k feTotit«« 
tion et y retablir Tancien ordre de choses. Le A et le 7 fd- 
vrier son armee franchissait le Pd, et le 24 fl entrait k Naples 
tandis que son lieutenant , Walmoden , oocipait mflitaire- 
ment la Sidle. Les services rendns par Frimont an gouTer- 
nement autrichien ne devaient pas rester sans recompense. 
Apr68 la mort de Bubna, en 1825, il ftit invest! du comman- 
dement supeneur des forces aotrichiennes en Lombardie. 
De son cdte, le roi de Naples, lui temoigna sa reconnais- 
sance en le creant prince d^ Antrodocco, honneiir qui serait 
demeare sterile s'il n*y avait pas johit une dotation de plus 
de deux millions de francs. Pins tard, Frimont fut rappeie 
k Vienne pour y presider le consdl auliqne de guerre. II 
mourut dans cettc capltale, le 20 deoembre 1831, victime du 
cholera. 

FRINGALE. Foyes Boulimib. 

FRINGILLID^ Voyex CoiaaosTRBS. 

FRIOUL. Cetait autrefois an pays independent, ayant 
ses dues particuliers, qui, dans Textenslon la plus large qn'ii 
ait Jamais eae, se composait de la delegation lombardo-veni- 
tlenne d*Udine, formantrandenFrioul renitien; descom- 
tes de Gorltz et de Gradiska, de hi capitainerie de Toll- 
mdn, et de ce qu*onappelait Tarrondlsseroent d'Idria, qui 
tons formaientranden FrionI autrichien. Oetetat de cho- 
ses a dure jusqn'en 1866 , ou TAutriche a ete forcee de 
ceder k Htalie le FrionI venitien , qui forme aujourd'hui 
hi province d'Udine. La partie autrichienne renferme 
environ 200,000 habitants. 

L'anden Frioul, en italien Friuli ou Patria del Friuli^ 
tire vraisemblablement son nom de Pandenne ville appdee 
Forum JtUii, qui etait sitoee sur son territoire. Cest une 
contree riche en bie et en vhi, abondamment poorvae de 
muneraux et de sources thermales, paroouruepar diverses ra- 
mifications des Alpes Carinthiennes et Juliennes qui ferment 
les defiles de Chiusa di Venzone, de Tolmino on Tollroeni« et 
Fermitage de Flitsch , et arrosee par llsonzo et par le.Taglia- 
mento. Les habitants professent la religion catholiqne, et sent 
pour la plupari italiens d'origine, mais d'une race partlculiere 
et avec nn dialecte k enx. Les prindpales villes sent Udine, 
chef-lieu de Tanden Frioul venitien. Camp o-F o r m i o , et la 
ville de dvidalCf au voisinage du village de Znglio, ot se 
trouvent des vestiges de Tancien Forum JulH et de remar- 
quables produits des fouilles qu^on y a executees. On j 
compte aujourd'hui 6,200 habitants, et on y voit une bdle 
catliedrale avec de bons tableanx , on pent construit en 1440 
sur le Natisone et long de 73 metres, des archives cdebres, 
un musee d'antiquites, divers etablissements d'instmctlon 
publique et de bienfaisance , des manufadures de soieries et 
de colonnades. Mentionnons encore Palma-Nova, place forte , 
Goritz, chef-lien du Frioul autrichien, et Jfon^e-Sa;i/o, 
ceiebre endroit de pderinage; Flitsch ou Pletsch, pres du* 
qud est situe Termitage de Flitsch ; Gradiska et Idria. 

Le Frioul partagea autrefois les destinees des autres con- 
trees du nord de lltalie. Habite k I'origine par les Camiens, 
il (ht, comroe les pays adjacents, expose k diverses reprises 
aux expeditions devastatrices des peuplades barbares de la 
Germanic, puis conquis au sixieme siede par les Lombards, 
qui en firent un dei trente-six duches entre lesquds fut di- 
visee, apres la conqnete, toute lltalie lombarde. Grasulfe, ne- 
veu du roi lombard Alboin, en fut, dit-on, le premier due 
(568-588). Sous son successeurGisnIfe, le khan des Avares 
envahit, en 614, le Frioul, et ravagea cette province. GIsulfe 
trouva la mort au champ d'honneur. Quand le roi des Lom- 
bards Dklier fut vaincn par Charlemagne, le due Rotgaud 
dut se soumettre au vainqueur et lui preter serment; puis 
quand, en 774, Charlemagne eut k lutter contre les Saxons, 
il se revolta, et essaya de soulever toute Tltalie oontre Vem- 
pereur. Mais, en depit des rigueurs de Phiver, Charlemagne 
accournt en Italie, surprit lerevolte etie fit decapiter. Char- 
lemagne etablit alors k sa place dans le FrionI des comtes , 
qui, parce quils etaient en meroe temps charges de survdUer 
la marche doTrevise, prirentaussi, vers ce temps-1^, le titn 



TRIOUL — 

^ mu^fM de Tr^rke. PHit tard la basse Pannoiiie et la 
Oaiintliia ftirait rtonies au Frioal. En SSO, poar opposer 
■•e digue aolide an irraptfoas des Slaves, Lothalre ^ea 
le Frioal en Biarquisaty et eo investit le eomte Eberbard. 
Gfaitaiiid que le Frioal, eonfloant^ laCarinthie, it la Car- 
nidley k k Styrie et Itla BaTitee, devint le lien qui rattacha 
rABena^w k la Lombaidie. Les lottes oontre les Slaves, les 
Bulfares et autres peuplades barbares cootina^rent aussi 
peodant longtempa sojis les marqois saiTants, josqa'ao Joor 
06' let cnvabis^ears pr^Mreat prendre rAUemagne poor 
hot de lean exp6ditkms. 

Afin de pouToir mieax d^fendre les (W>ntiires , la marche 
de Frioal Ait, h partir de S27, diTis^ en quatre grands comt^. 
SoQs les maiquis solrants, qui dte lors piirent soovent aossi 
le titre de comtes et de docs de Frioal, B^renger I^ 
(S88) ae fit proclamer roi d'ltalie; mais il eat k soatenir 
contre aen riTal Gaido, due de Spol^, et pins tard contre 
rempereur Arnoulf, de nombreases luttes, soavent mal- 
bcoreoses, et finit m^me par j perdre son marquisat de 
Frioal, dont AroouH dbnna I'mTestitare au comte Walfricd. 
Mais quand Arnoalf se ftit ^loign^ de lltalie, et aprte la 
Biort de WallHed, il reprit possession da marquisat, et 
partagea avee Lambert, flls de Gnido, la domination de 
ritalie. Lambert ^tant rena k moarir peu de temps aprte, 
fl se trouva seol roi d^Italie; et comme tel U hii fallot goer- 
royer d^abord contre rempereor Louis II, puis contre les 
HoBgroia et enfin contre Rodolphe, roi dela Bourgogue trans- 
jorane, josqa'au moment oft U p^rit, traltreusement assas- 
sin^ Kan 924. 

A la nrort de B^renger, le marquisat de Frioul fut mor- 
cel^ On en s^para llstrie , et V^rone deyint on marquisat 
parikoHer. Le Frioul ne fut plus alors, encore une fois, qu*un 
rimple eomt^, compris k partir de IMpoque d'Otbon an 
Borobre des £tat8 qui laisaient partie du royaume d'ltalie. 
II demeura fief de ITmpire josqu'k ce qn'au onziime si^le 
I'eo^erear Conrad II en eat octroy6 la plus grande partie 
(ce qo'on appelle le Frioul v4nitien ) au patriarche Poppo 
irAqniMe, qui le r^unit It ses autres possessions s^uli^res. 
1^ Frioul demeura sous la domination de ces patriarches 
j'tsqa*i1ee qu'en 13S& les bourgeois dUdine s^affranchirent 
/e leur Joog avec Tasslstance de la r^ublique de Venise, 
|ioar prix de laqueUe lis durent, en 1420, finir par se sou- 
iiettre k la soorerainet^ des Vdm'tiens. En 1500, il est rrai, 
Itsipereur Maximilien s'empara de la Tille d*Udine; mais 
l>^ Vteitiens en redevinrent mattres en 1515. 

Le Frioal aotrichien appartint d^ les temps les plus re- 
cuUa k la fofflille des comtes du Tyrol , dont une ligne, celle 
de Gofitz, qui afait bdiit6 du Frioul, s'^gnit en Tan 1500 
en la personne de Leonard, comte de Goritz. Aprte quoi, 
en Tertu d'andens traits remontant aux ann^ 1361 et 
1486, rempereur Maximilien I*' prit possession de ce comt^, 
qui d*aillenTS loi avait d6}k M engag6. Jusqu*^ la 'paix de 
Campo-Formio ( 1797 ), le Frioul T^tien demeura la pro- 
pria de Teniae, puia devint celle de TAutriche. La paix jde 
Presboaig I'adjugea, en 1805, au royaume d*ltaUe, r^cem- 
moit fond^ par Napolton, et dont, avec une partie du Frioul 
T^Ditien , il Ibrma alors le d^partement du Passeriano ( 37 
myriam. carr^ et 290,500 habitants). En 1809 PAutriche 
pcrdil oe qni lui restait encore du Frioal, par suite de la ces- 
sion de ses prorinces illyriennes. Les ^y^nements de 1814 
remirent de noorean l*empereur d*Autriche en possession 
coropUie dn Frioal; mais k la suite de la guerre de 1866, 
U lot kmk de o6der A I'ltalie le Frioul vtoitien {Voye% 
Vum). 

FRIOUL (Doc db). Voyez Doroc. 

FHIPIER, celui qui fait un commerce deyieux habits. 
On appelleyH/>erie le ma^hi 06 se trouvent rassembl^ les 
objetsde ee B^goee. II y a plusieurs Meux k Paris, comme Ven- 
dos 6u Temple et autrefois le march^Saint-Jacques-la*Bou« 
cheric-, sp^eialement consacr^ k des ^tablissemcnts de oe 
genre. Sous le syst&me des corporations , la compagnie 
des fripiersde Peris ^tait organist en corps r4gulier,etfai8ait 



FRIQBET It 

une figure considtoble panni fos autres corps de la yiUoj 
EUe ayait re^ ses premiers statuts en 1544 et ses demiers 
en 1665. EUe arait un syndic et quatrejures. L*^ection da 
premier ei de deux des Jurte afait lieu teas les ana le jour 
des Cendres. Pour fairs partie de oette communaut^ , il 
fkUait proayer trois ans d^apprentissage et autant de temps 
de compag n o n nage. Les fripiers deyaient tenir registre de oe 
quMls achetaient , le payer enyiron sa yaleur et appeler 
pariois un rdpondant. Ces obseryances sent encore It peu 
prte de rigneur anuenrd'hui pour les marchands cThabits. 
C*est le nom qa*on leur donne : le mot /ripier est frapp^ de 
d^su^tude. Ce genre de n^gooe est aussi d^olu it une sorte 
de marchands ambulants, qui fir^entent de pr^f<6renoe les 
rues habitte par un grand nombre de jeunes gens, comme 
ceDesdn quartier latin, k Paris, en faisant entendre le cri de 
vieux habits t vieux gaUms ! Ces ftipiers ambulants, dont 
le commerce semble assez lucratif par suite de la l^g^et^ et 
des habitudes des jeunes gens, traflquent ensuite ayec les 
fripiers staUonnaires. Billot. 

FRIPIERE ou MAQONNE, noms yulgairesd'un mollus- 
que gast^ropodepectinlbranche du genre troquBy le trochus 
agglutinans de Lamarck. La Mpihn est surtout remarquable 
par la propri^t^ singnlito dont die jouit. de coller et d*mcor- 
porer k sa coquille , k mesure qu*eUe s*accroIt, les corps 
strangers mobiles sur le sol ou elle repose , tels que petits 
caiUoux, fragmoits de ooquilles, etc. Elle babite la mer des 
Antilles. 

FRIPON, FRIPONNE, FRIPONNERIE. Dans la cate- 
goric des gens qui font du larcin un metier on an art, le 
fripon est le yolenr adroit : c*est assez dire qull est rare 
que le fripon soit pendu, ou seulement qu*il aille aux ga- 
lores ; il est mdme rare qu*U ne soit pas riche on en belle 
position pour le deyenir. On pent ajouter que, dans notre ^t 
social modeme, nous ayons des classes, des professions 
enti^res pour lesquelles imputation deftrijifonnerie semble 
nne qualification toute naturellCf et non one injure. Bor* 
non»-nous toutefois,dansla erainte des procte en diifama- 
tion, k citer comme telle la d^unte corporation des prty- 
eureurSf pour laqueUe sans doute personne ne s'ayisera de 
prendre (ait et cause. Mazarin donnalt It cette d^ignation 
une acception bien autrement large, lui qui disait souyent : 
« Croyez tousles hommes bonn^tes gens , et yiyei ayec tons 
comme sMls ^talent des^Hpoiu. » Qui salt si son finance 
fiisait une exception pour elle-m6me ? Un po^te de nos jours 
a hasarde cette autre assertion dans une de ses boutades ; 

II fant, jf le voii bien et le dit saot raocaoe, 
Etre sot oayhf^n poor foire st fortane. 

F^citons-nous done de ce que personne It coup sOr nV 
serait aujourd*hui fsire ce eyniqueayeu. Passe pour la nal- 
yete de cet bonn^te magistrat de yillage qui ^riyait an 
lieutenant-gto^ral de police da royaume : « Hier, pendant 
mon audience , un hidiridu m'a traits de fir^n, Je yoos 
prie, monsieur et cher confrere, de me faire sayoir com* 
ment yons en uses en pareil cas. » 

Si le mot de fripon est toujours une injure, sauf dans 
la locution de petit fripon^ appliqa^ par plaisanterie k un 
enltot espi^e, 11 8*en faut bien que le terme de fri* 
ponne soit pris dans un sens aussi. di§f)iyorable. Quelle est 
la soubrette que Moli^ on Mariyaux n*ont pas traiMe de 
fhponne? Et que de madrigaux adress6s k de belles dames 
out parl4 de leurs friponnes mines I C*est une de ces nuan- 
ces de langage difficUes It saisir poar an stranger, qui, yoyant 
le mot coquin signal^ comme synonyme Atfiripon^ emploie- 
rait fadlement dans ce dernier sens le f(6minin du premier 
de ces deux termes. Oubrt. 

FRIQUET, oiseau du genre moineatf, qo'on appelle 
encore moineau-friquet* Ce nom lui est yenu de ce que 
pos^ il s*agite, se remoe, se tourmente sans cesse : passe- 
reau, dIt un ancien, qui ne fait que fr^tiller sur I'arbre en 
becquetant des noix. Le friqnet est plus sauyage que le mot- 
neau domestique oa mofaieau-franc; II s'approche rarement 
des maisons; il pr^t^re yoler en liberty dans les cliamps; les 



14 FRIQDET 

bor^ del cbanuii 0t dct hiiMt«ii onttrigfo da taoles, 
foiU 8oa relbgf ftiTori. Y^m le troaTerfli nrementdiiM 
les bois. Peadant rinrw, let friqaels se Ptenlsteiit m tlon- 
pes. tts Dicha[itdMiil0erMidetarii#es» dtes les crtTasMB 
ies Wen muvt^ dait des fiBotes de roebef; leor ponte eet 
de six ttdii, d^Bii Umc eile^ et tachet^ de bntii. La tallle 
du friqoet est idot petite que oeUe du mtineaa-rrauo : il 
n'a I pea prte que 0'",t4 de lengaeur; male le ftiquet a le 
•ommet delatetereoge^ieiatlesjoueibUncbee, onarqnto 
d'lm poiat Boir^ taadia que le moiaeaa^raao a to deasus de 
to tete et lea joaea ceadrte. Lei moo?eneala du friquet oat 
d^aflleore ploa de gitoe, de l^gi^ret^ d*a»aaee , que ceax da 
moineaa. Le friquet, qooique moifls hardi, tolnbe plusaoii- 
▼eat dans lea i^ea. II ae Tit qae de fr^s, de ^raines 
aauvages et d'iaaectea; aon aaturel A'ast poiat pillard et 
deatructeur, comoie cdai do noiaeaa. L'eaptos ea est r^ 
paadne daas toote IHurope. 

Lea onriUiologiatet oat doaa^Ieaom d»/Hqtmt h«pp4 h 
nn oiseau qui porte une hoppe crarooisie, et qd'oa appelle 
auasi , k raisoa de to ooatrde q^^l habite^ moineau de 
Cayenne. 

FRi8GH-HAFF on mienx FRISCHES-HAFF. Voyez 
Hapf. 

FRISE (de Pknfgkm, Phrygkin, pares qae, toivant 
ScaiDoazi, toa Pbrygiena fureat tos premiere qui y brod^at 
des oraemeats ). CTest to partie derealaUeiBeat des noau- 
menta en atyle grec comprise entre rarchitra?e et la 
corofche; lea Greca Teppelaiieat C^M^i^oc^ (porte* figures 
d^anbDiux). La friae eat preaque toiHoars ora^ de baa- 
reliefe de peu de sailKe , repriaeatant des gulrlandes de 
fleura^ dea enruuleaieiits, d(» aaiaMrax, etc. 

Les frisea de Fordre dorique ae font distingoer par des 
Iriglypbeset des metopes : telles soat li Paris toa frises 
du porth]Be de VOiUota et du portail Saiat-Sulpice. II y a 
aoBsi des ddifiees dont les Arises soat lints on sans oraemeats 
ea relief : teUea soat les Arises de la Bourse k Paris. C*est 
«rdinairemeBt aar la fVisi qn'on graTO les iasoriptioas ou les 
aignes all^oriques qui iadk|ueat la desttoatioa d'un 6difice. 

Par extensioBy oa a doan^ le Bon de>Hae k des bandeaux 
de aculpture on de petotnre de pen de largeor, qui r^gaent 
▼era le haut et tout autour de Fint^rieur d*un teaapto^ d*uB 
aalOB. 

Write eat aussi nae sorle d'^loffiode tolaa a poir fris^, nne 
ratine grossly, qai n'est pas erois^ Ce mot ae dit encore 
d'uae toite Tenant de Frise ea Holtaode. TBvssinaB. 

FRISE {Friesland ou FrtoHaiki), Tune des proTinces 
es plus septentrionales et en roeme temps les phis riches 
do royaunie des Pays-Bas, dogate aussi sous le nom de 
Frise oeeideniale^ pour la distinguer de la Frise orienUUe^ 
proviaee du Hanovre (voye% Faisoas), pr^sente une super- 
ieia de 35 myriamitrea earr^s, a? ec uae populatioa de 
800,863 &mes(l869}; ileal divie^eotroiaarrondisaementoi 
Leeuwardm, ffeerenveen et Sneek. Le sol en est partout 
plat, et si bas sur les cdtes qa'on ae le met it Tabri des iaon- 
datlons qn'4 Palde de digues et de duaes. II a fallu ea par- 
tie rarracher p^niblemenl It to mer h Taide de traraux d'art 
qui tdmoigaent de to plus indusUrieuse patience cbec les 
populations^ oar elles ont su transformer k feroe de temps 
et de tobeur des laades sablenneuses et Biarteageiises m 
terres de la plus riebe aatore ; ce n'est qu'aa seji et 4rest 
qu*on leMoatre da vastea indues de terres sabtoanenaes 
eatremfitoes de mar^cagea et de lourbt^res, dont Texploi- 
tation, en raisoa de to raret^ da bols de cbanlfoge, est yn 
autre ^toment de riehesse poor to pays. Une BMiititnde de 
lacs poisaonneux, relics entre eux'par des coors d^ean aa- 
turels 00 par dea canaux, coatriboent It IMrrigatioo do pays 
et ea meme temps y fiioilitenl singukikemeat les oommual- 
cations. Nous dierons entre aatrea to canal de Treckscfmi-' 
ten^ qui trarerse presque toute to partie septeatrionate de 
to Frise, et cetoi qui conduit de Barlingen k Leeuwarden 
par Fraoeker, avee deox embraaebemeato mr Mikam et 
sur Qroaningae. 




— FMSOPfS 

L'air dana cette proriaoa est ctarg^ dlunnidtt^ 
L'agrioulture et T^l^e du MCaU y seat praliqatea 
▼aMe^dieltoetaveeimrareMeote. Oilf^GaUedea adrtalae, 
des l^aoMB rt dee graiaes detreflto} ea pra^brfl mmti 
baaoaoup de gras b^i^, da pares, de noatons at fc ato- 
vaut. La fiabricatioa da beurra s'y etore^ aaiite cnininnitai 4 
1 miUtoa de floriaa, et eeUe du Araaiage de 4 1 ^ aaHUoDa 
de livres peaaat Le coaanKrea d'exportattaautiliaa la i^lfia 
gruidepartto daces imporiantspiDduits lie ragrioollitffa. La 
ptebe, to coaatroetion des aaTires^ to eabeti^ at r«x|kkii- 
tation des tonrbidres occupent en outre uae partl« ■elirf>ia 
de to poputotioa. Les habitaata, deseeodanta dea aeoieiia 
Frisoas, appartieaueat pour to plupart h to religkMa rtfor- 
m^ ; ito se noatrent tf^atlach^ k l^idioaoe, aa ooatoooa 
et aux uaages de leurs aaceices. Auasi industrldBm ^ anssI 
passionnte poor to libcrUS que lea Uettandais f inata pins 
ottf ens, plua eommnidcatUs, plus gais qa^enx^ an Taale k 
boa droit tour toyaiit^ ea affaires, Klntr^pidit^ de leura ma- 
rias, Padresse de leurs patineufa. lis Jooissent de beau- 
coup de biea-6tre. L^^tat da I'instructioa pobliqqe dans 
oes contrto eat des plus satistolsanta. On a*a paa aenlemeet 
pounru aax besoias de rinstraetioa st^k^rieura per VA- 
ikautwmf iadis uniTersit6 c^tobre^ eaiaUnt k Fraaeker, et 
par ptusieura eoltoges ou oa enaeigpe tos tongues greo<|ae et 
totine, mato encore k oeax de Tinstruetion primaire, par 
to fondation d*ua graad aombre d*^cotoa ^tomentairea et 
gratuites. 

Le chef-Ueu de to proTlnceeat Leeuwarden iUi tiUe oom- 
merdale et maritime la plus importante est easoite JEMr- 
Hngen, Oitoas encore Frameker^ Dokkwn^ SMek, grand 
centre da conaeMrce da beorre et du (romage, SiavareHf 
Worhum et Hindelopen, yillea sHuto sur tos borda du 
Zuydente, enfin tos Itos d'Amekmd et de SdUermanni- 
hoog^ dont to population se livre surtout k la navigation. 

FAISE ( CHBtiJt oe). F9yes Cbbtal be Fmsb. 

FRISONNE ( Langue). F<^a FaMORB. 

FRlSONNfi ( Loi ). Foyes Faisoas. 

FRISONS ( en totia Frisii ; en latia du moyea %e Fri- 
mmes, Frisiones; dans tour propre tongue Frisdn ), peo- 
ple germaia, doaC le territoire s'^teadait encore an tceizitoie 
sitele le long des cdtes de to mer du Novd, depuis to Ftondre 
jusqu'aa Jutland , quand pour to preaitora fois ils eorent 
des rapporto directs avec les Romaim aa ratooa du tribot 
que tour bnposa Drusaa. Us babltaieat depois to Bhin jus- 
qu*^ r£ms Textr^aiit^ nord-eueat de to Germaaie, et con- 
finaient aax Bata?es, aux Bract^res et aux Ohaaees. Impa- 
tieats du Jong que Rome tour a?ait impost , iU le bris^eat 
Fan 23 apr^ J.-O., et r^ssireut k se mai^enir ad^pen- 
daats jusqa'ii ce qu'ea I'an 47 Domitius Corhulon tos soumil 
encore pour quekpie temps aux Romahis; mats plus tard, 
vnis aux Batatas et command^a par Civiiis, ils se lif oltereat 
de nouTcau. En mtee tempa que tos Fraacs s*avan^ent du 
bas Rbin vers to sud, les Prisons se r^pandaient ausui dans les 
ties formto par les emboudinres du Rbin, de to Mouse et 
de l*EsMat Dans to contr^ riferaine de to mer du Nord 
sitn6B eatre Vfims et TElbe, ce ne fut point rimroigratioB qui 
fit pr^domiBer to dteominatioa de Frisons , mats seoleflaeat 
oette drcowtance qn'on T^tendit aux Cba uces ( Chauci ), 
peuplades qui arsieat avec tos tours beauooup d*affinitto 
d'origine. De mtoe qu'oa divisalt toa Chaucea en Grands 
Cbauces ( Chauci Maifores ) babitaat k I'ouesI du Weser, 
et en Petits Gbaueis ( Chaud Minores }, habitant la con- 
tra sHu^ entre le Weser et P£lbe, de mtaie on dtTiaait 
les Frisons en FrisH Majares et Minores^ les premtors fix^ 
k Tooest, les seconds it Test du FIgr on Zuyden^a. Les 
Frisons da Nord ou du Littoral, qui aiM0urd*llBi eacore lia- 
bileat les uns, sur le contiaaet, to cete ocddentale d 
Sclileswig, les autres les ties afoisinantefi ( ^ardsirand 
Fabr, S^lt \ au aombre de 70,000 suivant le Prison Cle- 
ment, mais seulement de 80,00 Od'aprtele dernier recen 
sement, agglom^ea ea 40 paroisses, semblent ausai n'6tre 
point Tcnus to par MBBalgratMm, matoa^aToirregaceaom 



FRISONS 



15 



de ffkam 9M {Mtr ffsiMiiiaaioii dvu ]» prendera temps 
da ipoyen A^ 

Cf CbI Fepiii d'fl^Ul qui , vainqueur du prince R4U)q4 
k Dorited (6S9), 801111)]$ le premier \e& Frisons da 8ud-oue»( 
k U doaiiaatioD franke, et qui en or^^ipe temps inlroduisit 
peni4 ea^ le clir^ti^nisiDe , dont T^Tdoh^ d^Utrecbt devint 
bieotdl !<} prifidpti foj^ dans ces contr^. La domiuatioa 
(nuke ^^tepdit jnsqu'i^ IMTssel et au Fly, canal de d^harge 
da Zqyden^ que les empl^wepts de la nier h la suite des 
t e mp^te^ agrao&ent de plus en plus ; puis par Charles Mar- 
tel, qqi on 734 M^i et tua dan$ une bataOle le due des Pri- 
sons PoppOy deppis le Fly jusqirau f^auwers ou Laubach , 
00 Booifisce prfichait en ce motncpt m£me le christianisme, 
puis de 1^, de i'lmtre dit^ de T^ins jusqu^au Weser, ou les 
peuplades les plus orientales prirept part aux guerres des 
SaxoDs; par Cliariemagyjc, qui en 785 confia k saint Uudgar 
le soio de convertir les Frison^, et en S02 fit recueillir et r6- 
diger lear droit dads la lex frmormm. Des coipt^ furent 
institute dans le pays; et plus tard encore, en raison des 
tirigandms commis par les Nom^ands, fl fut cf^ un comt^ 
deihmtiores (flucaius Frisix ). Dans le tode que nous ve- 
Aons de roentionoer, U est d^j4 question d'une divisioq dtf 
territoire frison en trois parties ; Tune entre Teinbouchurc 
de la Meuse (SimfylO et la F)y (Zuyden^), Tautre entre 
le Fly et le L^uwers, la troisitoie entre le Lauwers et le 
Weser. 

fiOrs do partage de I'empire entre les fils de Louis FAIle- 
mand, le tiers situ^ k I'ouest du Zuydcrz^, on Frise occir 
^e^tal^f ^cbut k Charles; tandis que les deux autres pfir- 
ties, Echoes k rUleniagne, conserv^ent Jnsqu*au quiozitoie 
sIMe le Dom de Frise orientale, Les coutumes frankes 
afant d^ bopne beure Jet^ de fortes racines pfinni les Fri- 
toas di| sqd-ouest, le type frison s*y efTa^a insensi|^lement. 
Jl en ^t de mtsfte de Tantique constitution qe eea Prisons et 
de lear Itogoe, ep rt0)pla<?«ment de biquello se forma sous 
des influences fruike^ et saxonnes la lapgue n^erlandaise, 
Dans oette partie ocddentale fie Tapciep pays des Prisons, 
ee Alt aossi sealement an dixi^e et au onzitoie si^cli 
qoe se constitoa la sonverainet^ territoriale dans les coipt^ 
UMdHaires de Hoflande et de Z^elande, fte Gufldres et de 
Z^hen, et dans I'^fi^f 6 d' Utrecht et d'Vssel. Le terri- 
toipe d'Alkmaar ii^qu*i)Q Hoom ne ts(t r^uni k la (lollande 
qa'ao treixiime siM^y ^ la ^ite de Ipngqes et saqglantes 
gQerree. Cest ainsi qoe le nom de Frisp (Frieilami) ne 
resta en psage qoe pour dteigier \^ coptrte qui s^^tendait 
entre le Zn|derzite et le Weser; et d^ tors par FrUe occi- 
4entaie ( Westfne$land) on entepdit pe second tiers, si- 
lo^ entre le Zuydente et le Lauwers, et par Frist mien- 
tale {Qs^^fi^land ) la partie du tem'ioire des Fiisons libres, 
•fti^ a Test du I^auwers jasqu'au Weser, jusqu'i ce que 
ie noip de Frise orientale ne resta plus en ps^ge que pour 
dteigner la oontrte qu'on appelie eneore ainsi de qos jours, 
et qip est sltate k rembouehure de TEms (on province 
[laulrfrosleil d*Aarich, en Hai^ovre), 

Afant ta r^,pnion i^ la Hollande, la Frise orientale arait 
hit pnrtie de la conf^ratipp dite des sept cantons mari- 
tiinee, qui, )qrt de la (jestruction de la puissance des comtes 
(nnkSf Ifo^P^ ^ *"^ ^^* qupique avec des diUiroitatious 
deliroiiii^fVtt asiez pea fixes, les difTiirentes tribus frisonnes 
( PQ dfs Ff^iaoii^ li^eSf comrpes elles se d^nonunalent eHep^ 
aitpi^ pjpr opposition anx Prisons soumis k Teropire frank ). 
La nnt4etse et let pay sans libres fom^ient des communes 
ntrales, anxqueiles pr^sidaient des jages annapHepient dlus. 
tin cinril#4e jq^m et de d^l^ite d^ ^aptoos roaritiroes se 
rtoiwrit tons let ans en di^te g^p^e dp pays k Upstalt- 
tttonij pnte d^4oricb ; et cet^ atsembl^ exer^t le droit de 
Iftfilitlnn §6nte|e aiitttqoe le ppuvo^r judiciaire suprtoie, en 
mtaw tempe qu*eile v(^X ndsaion de yeiller k la defense du 
pays. Let quereUes et lea goerres intestine^ ^ea efiefs , qui 
pan ^ ptni^*^pps)t^Mit $^l pays, an^en&rent la dissolution de 
iille eonlM^t^nt qui cependapt fut encorf renopfclte 
m Ut3; Budt la di^ g6o^le cesaa compl^tement do so 



rtonir an quatoryitoHi sii^cle. (Consplte^ Ledebar, t^ cinq 
§aus de Munster ei les sept cantons maritimesde la Fns$ 
[Berlin, 1835]. ) L*iDd^ep4eace des Prisons futaussi Tobje^ 
d^altaques ext^rieures. A Pouest de I'Ems, dont rembouchurei 
k la suite d'irruptions de la mer arrives en 1377 et 1287, de« 
Tint le Dolla r t, la contr^ de la Drentlie et de GnBningo^ 
finit au commencement du qpinyitoie sitele par ^tre r^unip 
k r^Y^b^ d'Utrecht, qui depuis longtempt y ^tait infestj 
des droits comp^tant au eomtiq. Dans la eontr^ h laquelle 
on donna dks lors de pr^f^rence le |nom de Frise, situte 
entre le Lauwers et le Fly , et qui forme de nos jours la plus 
grande partie de la pro? ipce n^landaise appelte Frise 
(Friesland ) , les Prisons oppos^rent une resistance coara- 
gense aux tentatiyes de conqu6tes faites par le comfe de Hoi- 
tonde, et en 1457 aimtont mieux se.soumettre k TEmptre. 
Leduc Albert de Saxe se maintint cbez eux jusqu^en 1498 
comme gouverneur h^r^itaire; en 1523 Charles-Quint r^u- 
nit lear territoire k Th^ritage de Bourgogne. 

Dans la contr^ situ^e k Test de TEms , Edzard Zirksena 
fut nomm^ en 1430 chef d'une conC6d^ratiQn dont la forma- 
tion nut fin aux guerres priv^ quia?aientsii?i depuis le qua* 
torjci^me si^e. Son fr^re Ajbcrich, ^lu chef en 1454, fut 
cr66 par Tempereur Fr^^ric HI corote de la Prise orientale. 
A sa maison, qui s*^teignit en 1744, en la personne de Karl 
Pdaard, finir^t aussi par se soumettre, en 1496, les chefs de 
la partie orientale du pays ( habits par les Rtistrings ) , sou- 
mission qui permit, en 1S24, 1^ Siebeth Papinga de briser les 
liens de suzeralnet^ qu^exer^ ait sor le pays Tarchev^ue de 
Br(toe, Tadversajre le plos constant, a?ec les comtes sakons 
d'Oldenboargi de rind^pendance d^ Prisons. Consultes les 
ooYra^ allemands iptitul^s Bistoire de la Frise orien- 
tale, par Wiarda ( le toI., Br^me 181? ), et Bistoire de4 
Ch0 de la Frise orientale, par Suur ( Emdem , 1846 ). 

La langoe frisonne tient en qpelque sorte le milien entre 
Tanglo-saxonet Tapcien scandinaye; elle ofAre de nombreux 
rapports ayec la langoe des Apgles on Anglais du Nord , 
probablement par suite des immigrations, toujours plus fr6- 
queqtes, qui eurent lieu dans ce pays de la part des Prisons 
et des Chances. C^est dans les antiques monuments du droit 
frison que cette langue (Tancien frison) apparalt sous aa 
forme la phis ancienpe, qu*eUe censerya jusqa'an com- 
mencement du seizi^e si^cle. Ces pionupients sent, 9Q 
point de yue de la langue oomme It celui des idto, les Jur 
gements d*Ems de 1300 ou 1312 , la Uttre de Brokmer 
de Ift seconde moiti^ du treidtoie sitele, le Droit des 
Bmtring^ de la premiere moiti^ du quatordtoie siMe, 
et , parmi les lois auxquelles ob^issaient sans distinction de 
locality tous les Prisons, le lAvre d'Asega, compost yers 
Tan 12Q0. Chaqqe gatiayait d'ailleqrs ses lois propres, rr- 
dlg^s dans son dialecte particqlier; Les Sources du Droi^ 
Frison, par Richthofen ( Goettingue, 1840 ), contiennent la 
collection k pep prte comply de ce qui s'en est consery<^. 
A partir du quinxi^e si^e, le frison fut de plus en plus 
rempla^t ^ Touest par le hollandais, il^ns la Frise orien- 
tale par le haut et le plat-allemand , dans la Prise sep- 
tentrionale par le plat-allcmand et par le danois; aussi 
n'existe-t-U plqs cpmpie dialecte populajre, et encore it P^tat 
de miserable jargon, que dans quelqiiet fares locality isol^ 
de Tancien territoire des Prisons. Par opposition k Fapcieo 
frison, en Tappelle \e/rlson fiiiodemet ou encore le >H4pp 
des pagsans ( Bauen^riesisek ), parce que les paysans seul* 
le parlent et qu'il p'est point paryenn k T^tat de langpe toit<). 
On y distingue aujo^r4*hui cjnq dialectes principaux : celui 
dela Prise ocddentale; celui dela frise septentrionale, 
dpnt Ouien a public un Glossaire (Copenhague tS37 ) ^i 
qui est ToUJet 4e npmbreuses obsenrations dapn rouyragf 
de cii^ept; celui de Tile d'Heligol^d, fbrfeipeqt m^angii 
de plat et de haut-rallemand , et dent QE;iriob ^ public p;i 
petit dictionnMre ( 1846 ) • cplut de Waogerog^, qp'on parte 
dans rile de ce ppm; enfin celui d^ S)^^r, qu'on parie dpps 
les martogeuses contr^es du ducb^ d^Oldenburg qa'on ap- 
pelie salerland. On trouvera dans le 1*' yolnmc dei ilr* 



16 

chives Frisonnes d'EhreikinvXd'iOii^ressuiidi comparaisons 
entre ces dnq dialectes , dont U n*est pas d^aUieurs un seul 
qa'on employe soil dans les ^glises ou les ^coles , soit parmi 
les classes instraites; oe qni n*a pas emp^h^, dans les 
trente premieres ann<Ses de ce si^e, plusleurs torivains 
frlsons de d^ployer irae grande activity pour recaeiUir et 
publier quelques debris de chants et de traditions popolaires 
de leurs coropatriotes. 

FRISQUETTE. Entennes d'imprimerie, c^est nn chas- 
sis d^up^ h joar qu'on abat sur la feuille blanclie ^tendoe 
sui le tympan de la presse, afin d'empteher que les marges 
n'en soient maculto. Les foiseurs de cartes k jouer se ser- 
yent de/rUquettes taillto selon les 6gures et left couleurs 
s^r^ qu*on fent y appliquer au moyen de la brosse. 

FRISSON. Ld frisson est une action physiologique qui 
a lieu chez Thomme et chez quelques animaui, sans IMn- 
fluence de la volenti, et qui paratt tout h fait sympatbiqne. 
II consiste dans un fr^mlssement comme convulsif de la 
peau, accoropagn^ d'un sentiment de froid : est plus ou 
moins g^aMi, et plus on moins fort et durable. Les causes 
d^tenninantes du frisson sont assez faciles k reconnattre 
pour la plupart; sa cause procbaine est beaucoup plus dif- 
ficile k signaler. ParmI les premieres, les unes sont physi- 
ques, comme Timpression subite etinattendne d*une temp^* 
rature froide; les autres sont morales , comme la frayeur 
qu'inspire la Tue d*nn objet hideux et mena^ant, ou m£me 
le spectacle de sa representation artistique ou po^tique ; les 
autres sont pbysiologiques , comme I'toiission des urines ; 
les autres pathologiquesy oomme la formation du put dans 
llntMeur de nos organes. Baudbt db Balzac. 

FRISURE se dit des cbereux, soit qu'on les cr^pe a?ec 
un peigne, soit qu^aprte les avoir roul^ dans les pap 11 1 o- 
teSy on les presse entre les pinces d'on fer chaud, soit, 
enfin, qu*on les roule autoor d^un fer chaud qui les desstehe 
et les crispe ; tons moyens auxqucls ont ordinairement re- 
cours les dames dont les cheveux ne frisent pas naturel- 
lement 

FRITH JOF (Saga de). On prdsuufe que cettecdMire 
saga islandaise fut ^crite Ters la fin du treizi^e si^e, 
quoique Torigine en soit d'une antiquity beaucoup plus re- 
cul^. Elle a pour sujet le h^ros norw^gidn Frithjof le Fort, 
et son amour pour la belle Ingebjoerge, fille de Bde, roi 
de Sogn, sur le Sognfiord (dans r6?teh6 actuel de Bergen). 
Helge et Halfdan, fibres d'Ingebjoerge s'oppos^entlt ce que 
leur sceur T^pousAt, et la donn^rent en mariage au vieux roi 
Bring, tandis que Frithjof avait k ^happer aux nombreuses 
embOches quMls lui pr^paraient. Contraint de fbir k cause 
de la Tengeance qu*il en avaittirte, il s*en vint chez le roi 
Hrhig, qui con^t de Tamiti^ pour lui , et qui en mourant 
lui laissa son Spouse et son royaume {Ringerike, dans la 
Nonr^ m^dionale). Fritl^of abandonna g^n^reusement 
les £tats du monarque d^funt k ses fils, apr^ avoir tu6 
Helge dans une bataUle , et avoir contraint Halfdan k lui 
c6Aer Sogn , od il r^a d^rmais avec autant de puis- 
sance que d'^laty enijoutant I'Hmrdaland 4 ses posses- 
sions. 

Mohnike fait viTre Fritl\jof Tan 800 de Vkn chr^tienne; 
Muller, avant I'annte 700 , et d*autres k une ^poqne beau- 
coup plus recul^ encore. Le manuscrit islandais original de 
tette saga a ^t^ publie par Bjoeme dans sa collection inii' 
ta\6^ Nordiska Kampa dater, etc. (Stockholm, 1737). 
Kafin en a donn6 une Milion beaucoup meilleure dans le 
ieuxitoe volume de ses Fomaldar Satgur Nordhr- 
landa, etc., etc. (Ck>penhague, 1820). Tegner, c^Idbre 
po^ soMois contemporain, a pris la saga de Fritlgof pour 
sujet deson beau po£me intituU Fi-Uhjqft Saga, 

FRITILLAIRE (dt/riliUus, comet k Jouer auxd^), 
genre de plantes de la (amille des liliac^ , essentiellement 
caractMiSe par une fossette glanduleuse et nectaril^re pla- 
ctekla base de cbaque division de la corolle. Les fritillaires 
•out des plantes berbacto, caulescentes, k feuilles altemes 
iMi subvertksillta, k fleurs axiUaires. Le type du g^nre est 



PRISONS — FRlVOLrrt 



]a/rUillairepintad€(JHHllariaineleagrU, Linn^), dont 
la tige porte k son sonunet, dte le mois d'avril, une, deux 
ou trois fleurs pendantes, semblables k des tulipes renver- 
B^, panachees, sur un fond vert ou jaunAtre, des taclies 
carr^ d*un pourpre vif ou obscur, dispose comme les 
cases d*un damier. Mais on rencontre encore plus souvent 
dans les jardins la frilillaire imp4riaU {/ritillaria impe- 
rialism Linn^), ou couronne imp&iale, dont les fleurs de 
couleur rouge safran^, avec des stries qu^a su varier la cul- 
ture, sont surmontte d*une houppe de feuilles llorales du 
plus bd aspect. Malheureusement la frilillaire impdriale, sur- 
tout sa buibe, exhale une odeur vireuse; oette bulbe con- 
tient un sue Acre, que Ton pent comparer k cdui de la ci- 
gu£. Cependant, dans une lettre communique par M. Payen 
k PAcadteiie des Sciences (s^nce du 22 aoOt 1853), 
M. Basset a annonc^ que la f^le de la fritillaire imp^iale, 
pr6par6e par les prooM^ordhiaires, pourrait remplacer 
avantageusement la f^cule de pomme de terre. Pour lui 
enlever son odeur et sa saveur d^sagr^bles, il soffit, apr^ 
les premiers lavages, de faire mac^er cette fteule, de vingt- 
quatre k quarante-huit heures, soit dans de I'eau simple re- 
nouveie, soit dans de I'eau vinaigr^ k un cinquanti^me , 
soit dans de Peau alcalis^ k quelques mtllitoies. La quan- 
tity de (6cu\t foumie par les bulbes de la fritillaire imp^ale 
est teUement grande, que M. Basset n'^value pas le prix de 
revient k plus de 12 fr. les 100 kilogrammes, tandis que 
pour la mtoie quantity de f^cule de pomme de terre il est 
an moins de 22 fr. 

D'autres esp^ces du genre^H/i/toire contribuent encore 
k rembellissement des parterres ; on les culUve comme les 
tulipes. Toutes sont originaires de TEurope, ou s*y sont 
compl^tement acclimate, excepts le firitillaria persiea^ 
qu^on ne pent ^ever qu*en orangerie. E. Merliboz. 

FRITTE9 vitrification trte-iroparfaite, ou piut6t simple 
agglomeration de substances vitrifiables par Paction d*une 
chaleur au-dessous de celle nteessaire pour la fusion com* 
pl^te (voyez £iiail). CTest princlpalement dans le langage 
des verriers qu'on Cedt usage du moi fritie; cependant, par 
extension d*analogie, les min^ralogistes et les g^ologues 
Tappliquentk diverses substances naturelles pour en carac- 
t^riser, sinon la nature vraie, du moins Tapparence ext^ 
rieure. L'aspect ffuteux appartient princlpalement k plu- 
sleurs Ejections volcanfques. Pbloczb p^. 

FRITURE. La ffuure est sans contredit une des 
branches les plus oonfortables de Tart culinaire, et , il (aut 
Pavouer aussi, elle est peut-^tre la plus populaire. II y a, du 
reste, tout un monde entre les fritures en plein vent et celles 
de nos restaurateurs (hmeux. Au prol^taire crott6 les pommes 
de terre y^'i^es et les beignets ^ un sou des marchands am- 
bulants et des gargotiers ^tablis ! Aux fashionables et aux 
amateurs de bonne ch^ les savantes combinaisons de 
friture des V^four et des V^ry ! 

D^finirons-nous maintenant \h friture et Taction defriref 
Ce serait faire gratuitement une grossi6re injure k nos lecteurs. 
Au reste, lesfintures doivent 6tre connues des gastronomes 
. depuis bien des siMes, car les Grecs et les Latins, oes mal- 
trcs pass^ en grandes inventions , avaient des mots sp^da- 
lement consacr^ k pemdre Paction de frire ; c*6tait d*abord 
le yerbejrigere (geindre, g^lr, frire) , d^rivant par ono- 
matopte, dit Pasquier P^rudit, du bruit que fait le beurre 
ou la graisse qui fond dans une po61e. D'autres savants de 
Pouest le font venir defiita, vieux mot celtiqueou bas-breton 
qui signifie yHcoMer. 

FRITZ9 abr^viation du nom alletnand Fbiedbicd, en 
fran^ PridMc, Le souvenir du glorieux r^gne de Fr6- 
d^c le Grand est demeiir^ tellement populaire en Prusse, 
que les paysans, lorsqn*ils veulent d^igner ce prince, disent 
encore aujourd*hui; unser Fritz ^ notre FrM^ic. 

FRIVOLITY. On oonfond souvent, et e*est k tort, la 
frivolity avec la l^g^et^. Ces deux d^auts pr^sentent dei 
syinptOmes bien UifT^rents. On pent 6tre frivole et possMet 
un ooeor constant, on esprit profond , un caract^ fernie ; 



FRlVOLlTlfe — FROC 

ikli tti niement Uger tens qaitiet dtf aut entnlne dm oertaine 
dmel^ de €(nr etmtaie beaocoap cT^lsme : one penonne 
Mg^s'^efllesoiiTent ayeclea mciUeoresiiiteiitioiisda monde, 
poor le eoncber areo la confldenoe charge d^ime manraise 
action. Neoompniiant pas le mat qn'dle lait, paroe qn'eUe ne 
a'arr^te h rien, ella Messe sana Intention, bait, aant motif, aime 
aant disoernement » et trahit sans remords. La frlTolH^ n'en- 
tralne pas de si grares cons^uences; die s'attache k des ba- 
gatelles , k des enbntHlages d'amoar-propre, k des afantages 
ezt^rieon. Onvoitdes bonimeset des femniesfort remarqua- 
bles Mre atteints de oe d^ot, sans qoe cenx qoi les aiment 
oo lea adndrent puissent en craindre les snites. Plus soavent 
le partage des femmes , paroe qu*eUes TiTent de riens , la 
frhroliti donne it leors maniites one sorte d'agrtoient qui 
dte le coarage d^essayer de les corriger. On leor r^p^ bien , 
qnand elles son! tr^jennes , qofl ne ftot pas €tre aiusi ; 
mais lonqn'elles se montrent sans pretentions, lorsqn'dles 
restent ftiToles sans cesser d*6tre bonnes, aimantes et d^ 
Tonto , on a penr,en essayant de les rendre pins parfoites, 
de tondier it lenrs graces , et elles se complaisent k caresser 
on d^ot qoi fait plus souvent soorire que gronder. La fri- 
Tolite pent se rencontrer dans les caractires les plus ^lev^ , 
poor qui cHe n'est qu*nne distraction , sonvent n^oessaire; 
mais quand ce d^faot se consenre dans la Tidllesse, il pr^- 
seote quelqoe diose de triste et de ridicule , parce qu^alors 
la fHrolit^ paratt rdl^cbie et seinble Veffet d'un abaissement 
d'esprit. h» femmes surtout doiyent se corriger de bonne 
beure de la frirolite : savoir Tiefllir est one science qu^ faut 
acqu^rir aTant d'en arolr besdn. Cest la frivoUt^ qui fidt 
que g^ntelement les femmes s'ennnient cbei elles. Ne pon- 
▼ant s'astreindre k aucone r^exion , k ancone occupation nn 
pea grafe , elles Tont chercber an debors un aliment k leur 
penchant; elles courent les magasins, font des Tisites, afin 
de dire oo d'entendre des riens, et ne rentrent cbei elles 
que pour sublr la peine de leur ddkut ; car lliomme k qui 
dies sont unies ne leor confiera rien de s^rieux , dans la 
crainte de les ennuyer. Du zeste, on se corrige tons les 
joors do dtfaut de frivolity dans le sitele oft nous lirons : 
les )ennes gens sont mtoie aojourdliui rdsonnables de trop 
bomie heore ; Us se d^oAtent trop tAt de oe quHl y a de bon 
dans la Tie ; Os jugent avant d^avoir pens^, rdsonnent afant 
d'ayoir to, njettent les plaidrs ayec mdpris, on s'en 
lalasent d^rorer comme par one fl^yre ardente. £n rMiA , 
■n pea de friyolite iralt mieux k la jeonesse , die enl^ 
teralt qodques folies de phis, mds les suiddes seraient cer- 
fainenaent moins commons. 

Camille Bonm (Jenny BAsnoB). 
FROBEN ( jKAif ),ron de ces savants imprimeors des 
premiers temps de la typograpfaie, naquit en 1460, k Ham- 
Hidboorg, en Franoonie. Api^. aydr ^dl^ dans sa yille 
natale, 11 passa k TuniyersitAde B&le, et ]k deyfnt correcfeur 
dans Tatdierde Jean Amerbach, oOfl trayaOla josqu'en 1491. 
Alors 11 fonda une imprimerie k son compte, et le premier 
ooyrage qui en sortit fut une Bible latine. 11 publia socces- 
dyement d'excdlentes ^Uons de sdnt JMme, de sabit- 
Hflaire, de sabt Cyprien et de saint Ambroise. Beauconp 
de dassiques l'occnp6rent ausd tour k tour; il m^tait des 
Editions des P^es grecs, qu*il n*eut pas le temps d*entre- 
prendre. Cest lui qui on des premiers sobstttoa par &e\k 
le Rbin les carad^res romains aox carad^res gothiqoes. 
Ses caract^res grecs ne »ont pas beaux ; d les romains, 
roods et nets, ne ilattent pas ToeiL Ses titres, un pen charges 
en gtetol, ont parfob ntenmoins des encadrements com- 
post sur les dessbis de Holbein, oe qui les recommande 
aox amateurs. Toutes les impresdons de Froben sont d*ail- 
lenrs d*nne correction admirable. 11 fut en dfet un de ces 
phildogoes profond^roent ^mdiU, on de ces oonsdendeox 
Mteors^oommelesddteMsiteleapo seol en prodoire, an 
nHieade ces grands monyeroentssodauxdintdleetueisoft 
qiparatssent taut de figures larg^ment dessinte,depais Lu- 
ther]usqo'41^rasme,dqH]isMdanditiionJosqD*4Vlyte. (Test 
qudqoe diose de charmant k lir^, dans la correspondance 

MCr. DB Uk COliyEKS. — T. X. 



It 

d*]^rasme»que ses rapports ayec son fanprimeor d son 
and Froben. Froben felt de jolis presents i£rasme, et £ras- 
me neles aocepte qnVec unedouce yioksnoe. Qoand Froben 
a on fils, firanne Id donne le nom d*Bra$nUus. L'imprl- 
meor de BUe pobHa aossi les ceoyres de Lntber. H mouml 
en 1537 , des suites d'une chute. 

JMme d Jean Fbobbn, continuant la profesdon de leor 
pto, rdmprimtant plosiears de ses liyns, d pnbUirent 
ansd d*exeellentes Editions de saint Aogostin, de sdnt Jean 
Cbrysost^me, de sabit Basiled de Platoo. 

II y eut encore nn AnUfroUe d nn Aurile Fboiem, qui 
fnrent typographes k Bftle yers la fln do sddtaie sitele , 
mais plus obscurfoient d sans racial des premiers temps 
de cette noble ftoniUe. 

La marqne des Froben ed on pigeon perch^ sor un bAton, 
que tiennent deux mains, d aotoor duqud se tordent deux 
basilics. Charles Labhti. 

FROBISHER ou FORBISHER (Sir ILlbtih), nayf- 
gateur anglais du sdzi^me dtele, n6 k Doncaster, con^ le 
projd de trouyer un passage par le nord-ooest poor aller en 
Chine. Apris qoteze ans d'dforts, il r^uadt k former une so- 
dd^ qui fit les funds nteessaires poor ^uiper deux petits na- 
yiresayec lesqudsilpnt mettre ^ la yofle deDepUort, le a 
Juhi 1 576. Le lljuilldilapercot la terre par 6i«de latitude 
nord ; mais les glaces Fempddidrent d^aborder. 11 gouyema 
ensuite an sud-ouest, puis au nord, d crot, le 28, ayoir yu 
la terre de Labrador. Le 31 il aper^t une troisi^me terre, dont 
il prit possession; d le 11 aoOt U se trooya dans nn d^troit 
qo'il parcoumt pendant dnquante heures, et anqud fl donna 
son nom; aprte qud il s*en rerint le 2 odobre k Harwich. 
Une pierre rapports par Fun des matdots do la terre dont 
Frobisber aydt pris possession engagea la sodd^ , qui crut 
qn'dle oontendt de Tor, k fdre les frais d*un second arme- 
ment, ayec leqod Frobisber partit le 26 md 1577. U reyint 
en Anglderre ayec toote Inoe cargaison de la pierre en 
question, et la refaie Elisabeth fut d satisfidte des r^nltats 
de son exp^lition, qn'dle le chargea de oonstmire oo fort 
dans le pays nooydlement d^cooyert, d d*y laisser ooe 
gamison ayec des trayaillenrs. H partit k cd effd le 31 
md 1576, ayec trds naylres, que douse autres ne tarddrent 
pas k sdyre. Le 20 juhi U dteonyrit une terre nouyelle 
qn'il appeto Angleterre oeeidenialef d dont fl prit posses- 
don ao nom de la reine £lisabdh. Mais les glaces Tem- 
p6ch^rent de ptedrer dans le d^troit anqud 11 ayait donn^ 
son nom. Qndqoes-uns de ses ydsseaux aombr^rent, d*ao- 
tres fnrent plus oo moins grayement endommagte : la salson 
^tdt trop ayancte ponr qu'on pdt fonder une colonic. Fro- 
bisber fht done obUg6 de se contenter de recoeOtir qudque 
dnq cents tonneanx de» prdeadoes plerres aorif^, d 
s'en reyint en Angleterre. Ces pienes n*ayant donn^ ancun 
des rfeuUats esp^r^s, on s'abstint d^expMitlons oltdrieores; 
et rial de mdns clalr aojoord^hoi qoe la qoestion de sayoir 
qoelles terras Frobisher ayait d^uyertes. 

En 156S n commandalt on des bltiments de la flotte qui 
alia d^yaster les Indes ocddentales sons les ordres de Drake, 
d en 1566 on grand yaisaeao de goerre destine k aglr centre 
la fameose AYmada. Eayoy6 en 1594 ao seooors du roi 
Henri IV ayec nne escadre de dix yaisseaux, il roQut une 
blessuie dans un combat llyr6 le 7 noyembre 1594 sur les 
cdtes de Bretagne, d moorot VivAdt aprte. It Plymouth. 

FROG, la partie de Thabit monacd qui cooyre la tde, 
et tombe sur Testomac d sor les ^ules. II se prend aussi 
poor toot lliabtt Soiyant Manage, on a d*abord dit.^octf- 
lu8t,fideeluSf d depo{s>Vt»etcs. Froedalt, en ootre, aotre- 
fds one grasse ddfe qu'on fabriqndt k Lisieox , k Bemai 
et en Beaoce , dont les pieces , soiyant les statots des dra- 
piers , doTdent ayoir demi-aone de large d yhigt-dnq de 
long. Prendre lefroe, c'est se fdre reUgieox; porter le 
froc , c*est Atre mofaie; qMter ie/roCf c'est sortfr d*un mo« 
nast&re ayant d'dre proAs. Ao figorA et Cimili^rempnt, 
/efer to /roc ott^orfleit laisser le .Ave dans les ortiesbor- 
dant les mors qoe le moine saote en s'enfuyant , signifia 



v, , 



t9 FROC — 

feooocer k to professioa monacal^ , et, par eitaision , ve- 
noncer li r^tat efccl^»astiq«^ On le dit auasi ^e toute per- 
90iu^ qu)» par ioconstapce, renoncd ii quelqu^e profession 
qp^ ce soit. 

FRO|ISGf|\Vll'LEn« Voyez Rpicushoffbn. 

FROHSDORF. Koyes Ip^aospanoAr. 

IF^OIP. h6 1^ e^ 4 la cbaleur ce que Vombre est 
|i, 1^ ftMmi^e : ca root signifie done absence de calorique; 
dependant, comroe U n*y a pas, pbysiquement parlant, dans 
la nature de corps qui ftoieat eoti^rement priv^ de cba- 
^e^r, il ne doit pas 7 en avoir non plus qui soient abso- 
lumeut Groids. Ainsi que le cbaud, le froid est done relatif : 
Teau est moins froide que la glace; celle-ci est encore pioins 
froide que le mercure congel^. 

Nous disons quVne substance est froide lorsque sa tem- 
p^ature, 6tant plus basse que celle de notre corps, nous en- 
l^Te unepartie de notre calorique; nous disons, aucontraire, 
qcCun corps est cha%id qjoand sa temp<^atnre e^ plus ^le?^ 
que la nOtre, et qu^ cMe It la main qui le louche une 
partie de son calorique. Ainn, la temperature de notre corps 
nous sert de terme de comparaison pour affirmer qu*uue 
substance est Croide ou cbaude. VoiUt pourquoi, lorsque la 
clia^leur qui nous est propre augmente ou diminue, soit par 
Teffet de la saison ou du climat, nous troovons froides ou 
cbaudes des fnati^res qui dans d^autres clrconstances 
nous auraient sembl^ chaudesou froides. Lea caves, par 
exemple, dont la temperature est h peu prte constante, nous 
paraissent froides en 6t6 etchaudes en biver. 

liO tbermoro^tre est Tinstruoient le plus propre que 
Ton oonnalsse pour apprteier lea divers degr^ de cbaud et 
de froid : il (aiit supposer que son ^cbelle ascendaute et 
descendante se prolooge ^ TiafinL 

Pour les e0ets du froid sur r^conomie animale, voyez 
CoNO^TiOM ( Pathologie ). 

A proprement parler, le froid est toijours naturel ; ce- 
pendant, les cbimistes et les pbysiciens sont convenusd'ap- 
peler arUficUl celui qu'ils produisent k volenti, en toute 
aaison. II y a plusieurs moyens de produire du froid, qui 
peuvent se r^uire k trois principaux. 1° On pent rendre 
on corps plus froid par le contact, en Tentourant de sub- 
stances dont la temperature est plus basse que la sienne; 
ce moyeo est le pins simple de tons : c^est ainsi qu'en ete on 
fsit congeler de Teau en entourant la carafe qui la eontient 
de glece pil^e, etc. Dans cette experience, la glace enl^ve k 
la carafi^ et k Teau qu^elle contient une partie de leur calo- 
rique, et cette esp^ d*absorption continue jusqu'^ ce que 
Te^V de la carafo soit aussi (roide que la glace. XI va sans 
dire que si nne partie de I'ean contenue dans la carafe g^le, 
e^est aux depons de la glace exterieure, qui passe k retat 
Uquide. Le froid produit par contact est le r^sultat d'une dis- 
tribution de calorique entre deux ou plusieurs corps qui 
auparavant avaient des temperatures differentes : c^est ainsi 
que deux eponges, dont une bumide et Tautre s^cbe, etant 
mises en oontM» m partagent la quantited^eau qui etait con- 
tenue dans la premiere. 2® On produit du froid pbysique- 
ment en faisant passer un corps de retat solide k I'etat li- 
quide, on k retat de gaz, par la raison que dans ces deux 
cas les substances al^rbait le calorique des corps envi- 
ronnants pour clianger d*etat. On pent done refroidir un 
corps en Tenvironnant de substances qui se llquefient ou se 
vaporisent Exposez un vase rempli d'eau dans un endroit 
od il se luse un conrant d^air : si vous bumectes de temps 
W tempt l*exterieur do vase, le liquid^ qu^il contiendra se 
rafralchira sensiblement ( voyes Alcabazas). La compres- 
sibilite donne de meme un tris-grand refreidissemcnt. 3° On 
produit du froid artiiiciel chimiquement k Taide des me- 
langes dit«/ri^ori/igue<. TETSSij>RE. 

ProidM exeesti/s, Le climat de I'Europe a eprouve de si 
grands changements depuis les premiers temps de rhistoire 
que les descriptions laissees par les anciens des bivers de 
la Tlir.ice, de la Qermanie et des Gaules, conviendraient 
k (leine aux froids de la Laponie , de I'Islande et du Green- 



FROID 

land. Selon TAcite, VAUemagiie ne pioduisail p^ 4'if^rM 
fruitiers; Vir^e pretend qa'en Thrace les neiges tomliA^^ 
k la hauteur de sept aunes; Ovide kii ecrivait sur les lieux : 
« Regarde comma inbabites etinbabitables, k cause da ttoid, 
tons les pays situes au deli du Danube, i^ Dm teaip« dea 
premiers empereurs, on ne recueillait enoore dans U piua 
grande partie des Gaules ni vin ni buile, et k peine 7 trou- 
vait-on quelques fruits. Diodore de Sicile rapporte gne lea 
fleuves de ce pays etaient pris regulieremeot par |es giacea 
cliaque annee; des armees entiferes tr^versaient ces ponts 
naturels avec leurs chariots et leurs bagages. Les barl>area 
des pays au del4 du Rbin et du Danube profitaient aoQveot 
des glaces pour penetrer dans les provinces de Tempire. 

Froids excessife en Europe et en Asie en 299 , en Frajice 
en 35S. La description faite par Tempereur Julien de Tun 
des bivers qu^on eprouvait babituellement 4 P^ns rappelle 
presque le dlmat de la Siberia; le froid de oette ville, qu*ii 
nomme sa cMre Lutice, lui paratt excessif : cependant U 
est constant, au dire meme de ce prince, que quelques yi- 
gnes, et meme des figuiers, croissaient alora dans le territoire 
de Paris, pourvu qu'on les couvrit de paille. Bivers tres- 
rigoureux en £cosse, pendant quatorze semaines, eo 359 : 
cette meme annee, les glaces couvrirent compietem^nt le 
Pont-^uxin, ainsi que le Bosphore de Thrace. En SQS les 
rivieres de TAngleterre furent geiees pendant deux mois. 
En 558 la mer Notre fut couverte de glaces pendant virigt 
jours. Le Danube ayant ete pris dans tout son cours , les 
Huns le traversereot, ravagerent la Mesie, la Thrace , la 
Grece, et menacerent Constantinople : la cour d'Orient aclieta 
leur retraite k prix d*argent, et s^engagea k leur payer un 
tribut annuel. 

Uivers rigoureux en Europe de 605 it 570. La Tamise fut 
si profondement geiee en 695, pendant six semaines, que 
Ton construi&it des cabaaes sur ce fleuve. Hivers rigoureux 
en Anglderre du l'*' octobre 759 au ^6 fevrier 760. En 
763 (roid excessif en Orient : la mer Noire gela k une pro- 
fondeur de 30 coudees , et sur une etendue de 100 milles. 
Ce grand froid, commence des le mois d*octobre, durajus- 
qu*au mois de l^vnerde Tannee suivante, et fut suivi dese- 
cheriesse^extraordinaires, quitarirent laplupaitdessouices 
^des fontaines; la rigueur de Thiver fut egalement excessive 
dans la plus grande partie de I'Europe. Dans certains pays, la 
hauteur de la neige fut de cinquante pieda. En 821 les plus 
grands fleuves et rivieres de TEurope, tels que TElbe , le 
Danube, la Seine et la Loire, furent pris par les glaces durant 
un mois. Hiver tres-rigoureux k Constantinople en 874 : le 
Bosphore fut entierement geie ; on passa d'une nve k Tautre 
sur un pout de glace. En 90S U plupart des rivieres de 
TAngleterre furent geiees pendant deux mois; en 923 la 
Tamise le fut pendant treize semames, et pendant quatorze 
sen.aines en 1063. 

Froids extraordinaires en Italic, en France et en Alle- 
mague en 991, 1044, 1067, 1124, 1125, 1205, 1216. £n 
1234 des voitures cliargees vinrent sur la glace de la terre 
ferme k Venise. En 1269 froid tres-violent en Angleterre : 
la Tamise fut prise par la glace dans toute son etendue, 
et les voitures la traverserent, meme pres de son embou- 
chure. En 1281 froid excessif en Allemagne. La mer Medi- 
terranee fut entierement couverte par les glaces m 1323 ; 
; la mer Baltique le fut egalement pendant six semaines. Hi- 
ver tres-rigoureux en France en 1325. Dans les pays du Nord, 
en 1333 on se rendit sur les glaces de Lubeck en Dane- 
mark , et jusque sur les cOtes de la Prusse : des auberges 
furent meme etablies sur cette route d^une espece nouvelie. 
Froid excessif en 1399. En 1402 ct 1423 la mer Baltique fut 
entierement geiee deppis la Pomeranie jusqu*au Danemark. 

Ce fut en 1403, et par un froid tres-rigoureux, que Ta- 
merl an fit les preparatifs de son expedition centre la Chine; 
Tinciemence de la saison ne put le determiner k siispendre 
sa marcbe. En 1407 froid extraordinaire en Angleterre, en 
Allemagne et en France. En 1408 les glaces couvrirent si 
compietement le Cattegat, entre la Su^de et le DanenMirkf 



FROID 



It 



fgaB les loops passaie&t d'oil r«yannm \ I'autre : eet hirer 
tr^-dtestKui est smnomin^ le orand Mver ]>ar les bis- 
torfens; la plupart des arbres ftinttera et deft vignes furent 
d^truits en Frtnce. Hker rigouren^ en 1420 en Allema- 
gne , en fiollande et h Paris : cette tille ^prouta one i^orta- 
lit^ d extraordinaire quMle hit presqae enttirement d^peu- 
plde; les loops entraient Josque dans ton enceinte poor y 
d^torer lea cadavres. 

Froids excessifis en Allemagne et k Paris en 1422. En 
1426 aotre hlver rigoureox k Paris et dans ses entirons. 
Froid ettraordlnaire en France et dans touie TEurope en 
1433 et en 1434 : la gel^ comment h Paris le 31 d^mbre, 
et dura deox mois et tingtet on jours ; la neige tomba pen- 
iant quarantc jours cons6cutifs, la nuit comme le jour; 
11 en fut de mftme dans les Pays-Bas; en Angleterre, H 
Tamlse fut gel6e ]usqu'2i Gravesend. Froid excesAlf en 
France et en Allemagne en 1458, 146S, 1460 : durant rhiver 
de cette demise anni^e , dit Philippe de Coinines , on con- 
pait le Tin atec la hache et la cogn^e dans le pays de 
Li^, et on le vendait au poids. En 1499 un froid ex^ 
cessif et la famine d^truisirent en Yalachie nne artn^ de 
70,000 Turcs, lerte contre les trusses. En 1515 h Londres 
les voitures pass^rent la Tamise snr la glace. Froids exces- 
sJCs en Angleterre en 1525 : on grand nombre d^habitanls 
perdirent Tusage de leors roembres. Hlvers trte-rigonrenx 
dans toute VEurope en 1537, i543, 1544. En 1570 en 
France, en Allemagne et en Angleterre, le froid dura troi^ 
mois entiers dans toute sa rigueur et sans aucone interrup- 
tion ; en Profence et en Languedoc, les arbi>es froitiers fu- 
rent atteihtsjusqoe dans leurs racines; dans d^aotres pfovinces 
de la France , les gel^ dur^rent depois la fin de noteinbtt 
insqii*^ la fin de fivrier. En 1595 des froids excessifii eu- 
rentUeo k Paris, en Allemagne et en Italic. 

En 1608 hiver trte-rigooreox dans toute I'Eorope. Un 
froid exctesif, aoi se fit sentir k Paris d^ le 21 d^cembre 
1607 , dura pendant deux mois entiers : les approTlsionne- 
tneiits de la capitale en combustibles ^taient dcvenos si 
rares que la charge de cotrets se' vendit 35 sols. Les 
troopeaux |)^rirettt en grand nombre dans les stables, et 
toutes les esp^oes do gibier dans les campaghes et dans les 
relets. Les plus grands fleuves de TEurope fnrent saisis par 
b glace k one si grande profondeur quMls portaient des cha- 
riots pesamment charges; en plusieurs pays, lesnoyers, les 
Ti^es, lesolitiets, etc., gel^rent josqu'a la racine. Les ri- 
goeurs de cet liiver out ek d^crites dans les plus grands 
details par M^-erai. En 1021 froid extraordinaire en Italie 
ei en Allemagne : one partie de la mer Baltiqoe se couYrit 
d^une glac6 tr^s-^paisse. £n 1655 froid excessif en Hollande, 
en Allemagne et en Boheme. En 1658 froid gto^ral en En- 
rope ; la Baltique fut profonddment prise par les glaces : 
les bras de'mer connus sous le nom de Graiid et de Petit 
Brit to Axrent converts ; le roi de Suide Gharics X traversa 
ces deUx bras de toer sur la glace, k la t6te d*une armi^e 
de 20,000 hommes, a?ec sonartillerie, ses chetaux, ses 
bSgages, et s'STanca josqo*aux port^ de Copenhague. 

En 1(^83 hlYer long, froid et tr^-dpre en France, no- 
tatoment en Touraine : on grand nombre d'olseaox pdri- 
rent; le tiers des habitants des campagnes Yoisines de 
Toors rooonit de faim et de mis^re, disent les ^criyaihs do 
temps. Cet hirer (ht tr6s-rigooreut en Angieterre; les gel6es 
duT^rent trelte semahies en France, en Allemagne, en Italie. 
En 1684 froid extraordbiaire dans toute I'Eutope : k 
Londres, la Tamise hit prise k one profondeur de trente 
centimetres, depots novembre 1683 josqo'en mars 1684; 
sor les cOtes de Normandie, les matelots de Saint-YaleTy fri> 
rent enferm^ par les glaces k trefate kilometres de distance 
en mer. En 1695 le froid fut excessif dans toute TEurope. 

En 1709 la Baltiqoe se gela dans Une si grande dtendoe 
qoe do haut des tours les plus ^levees bdties sur ses bords 
roeil ne poutait anerceTofr tout Te^liace couvfert par les 
frfmas. datts la tnhmit ann6e TAdHatique flit gel^ com- 
piaeihent C% froid extreme oecaslonna dans tonte l*Ett- 



rope one disetlA qui fit p^rfr un grand sMnbre dlutbitanls 
des classes paurres et laborienses; les dearte de premita 
tt6cessft6 se vendirent on prix exo^sif : on fobricfna k Ver- 
sailles et k Paris do pain d*aveine> qnl fnt serti jusqn^ sor 
la table des riches et des princes ; enfin, rimpossihllit^ d« 
conserver Tean et le vin k V€M flnide fit faiterminpre en 
France la c^^bk^tion de la messe. La rignenr de la saisen ^ 
qoi fat ^galement excessiTe en Angieterre depots d^oetebi% 
jusqo'eh man de la mfime ann^, ne se fit presqbe'p^ 
ressentir en Eco^ et en Iriande. Froids extreordinahrto 
en Europe en 1724 et 1733. Le natoraliste Gmelin dralua k 
67'' 8/9 le froid qu'il ressentit le 5 Janvier 1735 sur les bords 
du J^niss^l , dans la Tartarie ctiinoise. 

Le missionnaire danois Eg^de, qui a lafss6 dei obser- 
TStions curieuses sur le Greenland , oi^ il atait pttasi nife 
grande partly de sa tie, cite plosieuis eiemples dn froid 
excessif quMl ^prouTa dans ce pays : en Pannte 1738 , le 7 
jan?ier, la diemhit^e de sa chambre se remplit de glace jus- 
qu^l^ ronverture dn po61e, et, malgrd le Axi qu*il eot soin 
d'y entretenfr^ cette glace ne fondH point de toote la joom^; 
tout fut gel6 dans les habitations : le libge dans les armoireS, 
les bois de lit, les plumes et le duyet des conssins ^talent 
recooverts d'one couche de glace d'on ponce d'^paisseor. 
En 1740 rhiver fut encore pins rigooreox en Eorop6^ et no- 
tamment en Russie, que celoi de 1709 ; on conshrnisit k 
P^rsboorg on palais de glace de 17"',50 de bngueur, snr 
5™ ,50 de lar^nr; la Newa, ob forent pris les Uoos eih« 
ploy^ k ce bizarre ^ifice, ^tait gel^ k 0"',66 et 1 tnMre d'4 
paisseor ; oh fofonha aotoor de ce palais six damnls de glace, 
et deox mortiers k bombes ; les canons 6taient de 6 hTres 
de balles ; on les cbargea de 125 grammes de poodre^ et dn 
bootet de fer, lanc^ par Tone de ces pi^ces^ per^a one plttiche 
^paisse de 5 centimetres & 60 pas de distance : qooiqne le 
canon Ini-mdmen^eOt qne 0™,10 d'^paiaseor, il n*^ata point. 
La mime ann^, le froid hit-trM Tif en Hollande ; il y eot ^ 
Rotterdam , k Delll «t ii La Haye^ de nombrenses towntes 
prodoites par le reneh^rissement des denrto. 

En 1748 le froid fut exoessif k P6tersbontrg s le thermo- 
mMre descendit k 36 degrte dans plosieors parties de TEnrope, 
et particoli^rement en France. En 1754 les gdte d^roi- 
sirent un grahd nombre d*arbres; nh froid extraordinaire 
se fit stotlr dans le nord de TEorope. En 1760 le d^rott du 
Sond fut entitlement pris par les ^aces. En 1768, dam 
quelques proTinoes de France , phisieurs yOyageors pdrifent 
sur les routes ; des arbres se flendirent dins nne grande 
partie de leur longuenr. A Paris, on brisa phisieurs clbches 
en les sonnant ; k Lyon ^ le th(urmometre descendit, le l*** f6- 
▼rier, k I7%etle 18 Janvier^ kP^tnrsbonrg^ ^ 26M>esoise«ix 
strangers panirent sor les bords de la mer^ prte da Hftvre : 
plusieurs ^talent si exoSd^ de fetigoe tpl^ils se laiss^ent 
prendre k la maid ; enfin, on troova snr les oOtas de plo- 
sieurs pays de gfandes quantity de poissons raorts que k 
Mer avail abandonn^ shr le rivage. En Fi-nnce, froids 
exiraordinaires en 1774 et 1770. En 1779, froid trte-inteose 
en Angieterre iiebdant quatre-vingt-qoatre jours ; en 1764, 
pendant quatre-vingt-henf jours ; et en 1781, p^int cent 
qiiinze jours. Le 5 ndveinbre 1786 le mercore geli en pieih 
air k P^teriiibotit'g par uu froid de 30") le i*' ueueUibie le 
tliermom^tre y maN|da — 40^ $ le 7 il descendit jusqo*i 60 : 
le roereure se eongi^la en masse soiide de ihaniferto k pouvoir 
Mre batto do marteau k plusleors reprises. 

Le 80 d^cemb(« I7i8 le thermoihfttre descendit k Paris 
k' 18*; r^paisseur de la glace, mesur^ k Tersailles le ^ d^^ 
cembre, fijt de 0^,34. Le m6me froid se fit sentir en An-i 
glelerre, ok il dura un mois entfer : la Tarnish ftat pHse paf 
les glaces. En 1789 aotre froid extraordinaire dans le te4m6 
pays, pendant septsemaines; la gibce dodt la Tamise Stall 
couverte se brisa le 14 Janvier, pendant qnVm y tenalt nus 
foire. Froids exeeskifs en 1794 : la dnr^ de la gelte k Parte 
fut de soixante-hnit joors, et 18^ le point le plus ^v6 di 
froid. En 179600 ressmitit k Londres le fN>ld le plus excessif 
qu'on y eOt ^proot^. En 1799 On froid tris-rigourent sb 

3. 



so 



FROID — FROISSART 



fit Motir dans praiqoe toole I'Eorope. Ea 1810 le mereure 
gda k MoMOQ. En 1811 la Tamiae fat prise par lea glaoes. 
L*hiTer de ramfe 1812 est sortoot k jamais mtoiorable 
par les dtestras de rarm^ fran^aise en Ru ssie : le ther- 
momttre ne descendit cependant pas an-dessous de 16 it 18% 
temp^ratnra pea extraordinaire pendant cette saison dans 
le nord de I'Enrope. Le 27 dteembre 1813 froid extraor- 
dinaire en Ang|elerre» pendant six semaines, acoompagn^ 
d*an ^is broolilard , qai dnra huit joors , et qd s'6tendit k 
pins de 50 miOes de Londres dans tootes les directions. 
Frold excessif dans le mtee paya en 1814 1 la Tamise fat 
prise dans la ploa grande partie de son eoars k one tdle 
profondenr qn'on pat la oouTrir de maisonnettes et de ea- 
banes. £n 1820 , le 10 JanTier, le tbermoroitre marqoa 20* k 
Berlin, 12* k Paris; la neige, k Florence, alteignit une 
haatear de 0*,60. L'hiTer de 1820 k 1830 fat aussi trte- 
rigooreax. Aug. Savagrbb. 

En 1840, le jonr de Tentrto des restes de Napolton I*' 
k Paris, le 15 d^oembre, le thermom^tre descendit k 17^ 
Lliiver de 1864 lot des plus rudes : la Seine gela & Paris 
la Sa6ne& Lyon, le P6 en plnsiears endroits; on patina j 
Naples sor le grand bassin du chAteau royal; k Toolon 
les eitronniers telat^rent comme des pitees d'artifice; il 
y eat de la glace jasqa'i Saez. Le 2 jaoYier 1868, la Seine 
fat entidrement prise k Paris, et on put la trayerser jas- 
qa'aa 16 Janyier. L'biver de 1870 fat aassi froid et plein 
de neige : nos malheoreox soldats en earent crnellemeDt 
k sonffrir. 

FROIDEUR. C'estonesortede calme ezt^riear qui 
gtoe et 41oigne tons eeox qai sont en rapport avec Toas. La 
froidear, an reste, n'exelat pas toojoars ia yiolence de> 
passions : elle sertsealement Ala mieax voiler. H est des 
hommes qai n'ont dans la vie qn*nn seal atCachement oa 
une seale affection; lis s'en noorrissent sans cesse qnand 
Us sont n6s avec ce que Ton appelle de la froidear : en 
effet, ce qae celle-ci emptebe sartoat, c'est de s'ipancber 
avec les aatres, qae Ton tient A distance, n en r^salte qae 
les hommes froids, dte qu'ils renoontrent des obstacles 
qai menacent de les arr^ter longtempA, se portent k des 
ezcte, on k des crimes. 

Les orateors qnl n'ont qoe dn te airivent qnelqaelois It 
d'admlrsUes effete; mats fls eompromettent soutenl, en re- 
tour, la cause qol leor est confide; lis font mieax I'affaire 
de leor propre rotation que ceUe du client qui les a cfaolsis. 
Dans la vie Intimey one trte-grande froldeur, surtout lors- 
qu*dle est babitndle, yoos retrancbe, poor ainsi dire, de la 
tenxOle dont vous foites partie. On n*est Jamais bieo k Taise 
avec vonsy mtaie en d^t des plus excdlentes quality; 
c'est que cdles-d ne doivent pas avoir qoe leor atilit^, il 
faut aussi qu'elles aient leor agrtaient , et k moins de ces 
droonstances extraordinaires od Ton peat ddployer les plos 
rares vertus, la froideor ne m^ne, avec ceux qui vous con- 
naissenty qu'i one estime paisiUe et r^6chie; il importe 
d'sller on pen plus loin : pour 6tre heureux, il faut 6tre 
aimd. Saint- PaosPER. 

FEOISSART 00 FROISSARD (Jban), pr8tre, chanoine 
tr6sorierderdglise coIldglaledeChimai, etchapdain deGul 
deChltfllonynaqait AValendenneSyVeisran 1337.0ncon- 
Jectnre qnesonptes^tait peintred'armoiries. Pour lui, d^sa 
JeanessOy ft Ait destine iPdg^ quolqo^ fit preove chaqne 
joor d*an caractte pen compatUile avee la gravity do sa- 
cefdoce. Natarellement poitd k la dissipation, tt pr4f(6rait k 
rdtodelacbasse, lamnsiqae,lesdanses,la panire, la bonne 
ch^ les taimes; et lonqoH eot embrassd r^tat eocMsias- 
tlqoe, II se mit ibrt pen en peine de combattre ces penchante. 
Ndanmoins, si la poMa recevait ses hommages, il aimait 
1^ encore lliistoire. 11 ne fUsait que sortir de Tteole et 
avail k peine vingt ans, lorsqo'li la pritee de son eher sei- 
gneur et matire meiilre Robert de Namur^ ehewUier, 
seigneur de Bem^rt, fl entreprit d^toire les guerres de 
son temps , partfcnti^rement celles qui suivirent la batailie 
de Poitiers. Comme Hdrodote, il recueillait en voyageant les 



notions dont fl devait (aire usage : en conversant aroe 
qd agitalent le monde, il apprenait it connaffre leoia nac 
lean desseins; fl taivait, poor ainsi dire, sooa leor di 
et transmettait aax lectenrs llmpression immMiate dea j 
sans ancon systteie decomposilion, sans se dooler que 
toirepttt^tre critiqae, phUosophiqoe, on pittoresqoe. 

Quatre ans sprte, dtant alM en An^eterre, 11 prft 
une partie de ses chroniques k la reine Pbilippe de Haii 
femme d'£douard lii. Cette princesse, it qui fl avait so |A 
devina que Froissart, tout irivole qo^fl ^ait en apparc 
^oovait les tourmento d'on amour malheureux. En i 
fl aimait une femme dont on ignore le nom, mais qui 
d*an rang si distingu4 que les rois et les empereurs I 
raient recherche. En lisant avec die le roman de C 
madh, rimd par on tronvto de la cour de Henri HI, 
de Brabant, fl avait senti les premises ^tinceUes du fSeu 
avait fini par Vembraser. Cette passion cependant, si | 
sante qu^eUe fOt, ne le d^oumait pas d*une autre, plus in 
rieuse encore, cdle de reproduire son sitek. n p^^ra 
qu*en £cos8e, se rendit en France k la suite du prince f 
et visits la coor de Savoie. Ce fut 4 peu prte vers ce te 
qu'U perdit sa protectrice, la reine d^Angleterre, qui Fi 
nomm^ cUrc de sa ehamJbre.tXMDi retourn^ dans son | 
pour distraire ses chagrins, fl' y obtint la cure de Less! 
it deux lieues d'Ath. De tout ce qu'U fit dans Texerdo 
son ministry fl ne nous apprend autre diose dnon 
les tavemiers de Tendruit pendant son court rectorat 
rent 500 francs de son argent Froissart 8*attacba depu 
Vencedas de Luxembourg, due de Brabant, gentil, na 
Jolif fresqujs, sage, amuret et amoureux, Ce Yence 
avait do goOt pour la po^sie : fl fit recudUir ses cbansc 
rondeaux et viidais par Froissart, qui, y Joignant plusic 
pitees de sa composition , en forma une esptee de po^ 
sousle litre de M^Hador^ ou le Chevalier au Soleil d 
!oavrage qu'on nVpas encore retroov^. A U mort. du d 
i Froissart troova un antre protecteor dans Gui de ChfttlU 
oomte de Blots, qui Tengagea k reprendre son bistoire, q 
avut interrompue. 

En 1388 notre cbroniqoeur se rend k la cour de Gu 
Phoebus, comte de Folx et de B^am, poor y puiser des i 
seignements. Sur sa route, fl rencontre un chevalier 
comt6 de Foix, messire Espaing du Lyon, qui a jou6 
grand rOle, et qui lui frit des r^ts dont s'enrichiront 
chroniques. Tflles, cfaAteanx,masares, plaines, hanteors,i 
Ite, passages dflfidles, toot excite la syropathie de Froissi 
et rappefle k la m^moire du chevaUer les dlverses acti< 
qui s'y sont passte aous ses yenx, on dont fl a < 
pader k ceux qui y ont assists. Enfin, fl arrive aupris 
Gaston, dont fl re^it Paccnefl le plus flat teur. II bii Ut f 
roman de MHiador^ et en s|>prend des particiilari 
qn^ancon autre n'aurait M en ^tat de lui r6vder. En i 
mois, fl passe do BUisols k Avignon, ensoite dans la con 
de Fdx, d'oil fl revient encore it Avignon, et traverse Va 
veigne poor gagner Paris. On le volt, en moms de deux m 
succesdvement dans le Cambr^sis, dans le Hdnaut, en H 
lande, en Picardle, une seconde fois it Paris, dans le fo 
du Langoedoe, pais encore k Parb et k Valendennes, de 
k Bruges , k Piduse, dans la Zilande, enfin dans son pa] 
C*est en Z61ande qu'il troove un dievalier portugais qui W 
tretlent des guerres d'Espagne, sor lesqaelles U n*a enteoi 
parier Jusque \k qoe des Espagnols et des Gascons. II 
avait vingt-sept ans qu'fl ^it parU d'Angleterre, lorsqu 
Poccadon de la trftve fl y retonme, en 1394. Lk, nouv<Ku: 
r^to, nouvdles investigations historiqoes. Le tr6ne ^ta 
oocnp6 par Richard, qui moult bien pa^loit el lUeUfroi 
fois, et qui fut enchants do poeme de JMiador, Apri 
trois mois de s^Joor, Froissart prit cong^ do rd, d vto 
encore quatre ans an molns. B est impossible de fixer Vmni 
de sa mort. 

Son histoire s^^tend de 18164 1400. EUe ne se borne pi 
aox ^v^nemente qnlse sont pass^ eo Flrance dans oe loo 
espace de temps; die comprend ausd oe qui est arrir^ d 



FROISSART — FROMAGE 



21 



considerable en Angleterre^ en fcoese, en Irlande , en Flan- 
dres, tans n^gUger une foiile d'^T^ements dont le reste du 
moode a ^ le tbMtre. Pour les trente premieres anote, 
c'est-Mire dcfwift 1336 Jusqu^en 1356, il declare avoir suivi 
les vraies cluroniques deJehan Le Bel, chanoine de Saint" 
Lambert de IMge. C^tait un bel esprit comme lui, ayant 
ansa dee prMOectlont aristocratiqties, car les boargeois It 
cette ^[KHiue manqoalent de kmirs et de coltore; ils itaient 
strangers anx secrets des gouTemements. Froi8sart»aa con- 
tnire, frdqoentalt les oours et les cbMeaox. Aussl ne pr6- 
sente-t-U pas toi^oars sons leor v^table aspect les ^dne- 
ments aaxqnels le people prend part, et se montre-t-il en 
g^o^ral pea exact, sortoat en parlant de la Flandre et de 
Jacqnes d'ArtcTelde, qoe toos les toifains ft«n^ ont 
traTesti en brassear, et par suite en demagogue de bas ^tage, 
ior son t^molgDa^B unique. Quant a sa partiality pour 
PAngleterre, La Corne de Sainte-Palaje Ta suffisamroent 
Teng^ de ce leprocbe : plae^ trop prte de I'^poque quil 
retra^y il a pu 6tre tromp^ par le ddCaut de perspective, 
il a po cMer anssi k des influences diverses , h I'autorit^ 
d^n grand nom, k cellc, plus graude, d'uneflatteuseconfidence 
oad*ane bieirreillance magdfiqoe; mais sa bonne foi n'est 
pas saspecte s il a cherch^ constanunent la v^t^ avec scm- 
pole, tootant les parUs contraires et n'^pargnant ni fati- 
gpes ni dipenses pour la d^couyrir. Parmi les auteors de 
Bdmpires, il oceope la rn^me place que Joinville ; mais il a 
plosd'^taidne dans Tesprit, plusde souplesse et de flexibi- 
WiL Potte, il est comparable aux plus babiles trou? tos de 
sen^poqoe etdes temps ant^rieors. 

La pramiire Mlion de FrxAssart, avec une continuation 
aaOQfme josqu'en 1498, est en 4 vol. in fol., Paris, Antoine 
Y6nrd, sans date (T<»rs 1495). On Ta r^imprim^e hi Paris 
en 1503, 1514, 1518, 1530; ration de 1514 contient une 
fontimiitiftn jusqu^en 1518. Denis Sauvag^ en donna une 
Edition in-foL en 1559-61, k Lyon; mais, quoiqullannonce 
que le texte a ^t^ revo, ce texte est suuvent alt^r^. Dans 
tootisces publications , il y a des lacunes, et lesnoms pro- 
prassont m^comiaissables. Dader avait commence uner^ 
vision et nn commentaire sur Frolssart ; il n*a ^t^ imprim^ 
que les soixante-dix neof premieres feuilles de son ^tion , 
et Bttchon les a ifimprimto. La collection de ce dernier con* 
tieitf les poesies de Froissart, publita pour la premie fois, 
et les dironiques, plus completes que dans les Mitions pr^ 
e^denfes, mais tout aussi ftuitives. Db Reiffenberg. 

FROMAGEy aliment compost decas^um, partie so- 
lids du lait , et dont la nature depend probablement au- 
tint de ceUe des pltnrag^ et do climat que du mode de 
fibrication. La preparation des fromages natorels commune 
nepr^sente aucunc difficuUe, car le lait, ^Unt abandonn^ k 
lui-mlme dans des vases k une temperature de 18 h W 
eentigrades, e'aigrit, se coagule en une masse appel^e cailU 
dans les campagnes, et matUre caUeuse par les diimistes, 
matito co&teodit en grande partie de la cr6me ou beurre, 
et du firomage ou cas6um. La crftme, etant mont^e k la 
surface do lait, est enlev^e pour la baratter; ensuite on 
met le cailie dansdes formes oa vases, dont le fond et les 
paioissont perc^s de petitstrous,afinde laisser ^goutter 
ce qu'on nomme vulgairement le petU-laitt ou le sirum des 
savants. Gee Tases ou moules doivent avoir le double en 
baotenr de cdle que Ton veut imposer aux firomages. .Alors 
le caine s'egoutte, forme une masse, que Ton retire au bout 
de vingt-quatre ou quarante-huit beures , pour la manger 
fralcbe, ou la lauser s^cberik unconrant d'air: quelquefois 
on la consomme dans cetdlat de dessiccation, ou lilen on 
sale ces masses dessechto, et on les met sur de la paille 
dans des endroits frais, maU non buinides, pour les alfiner, 
€*est-4-dire pour lenr fiiire subir un commencement de fer- 
mentation putride. Cette m^tbode de tirer parti du lait dont 
so a 6ilk extrait la crtese est la plus gto^rale, et foumit 
dans la basse Normandie, par litre de lait, un firomage rond 
de 8 it 10 centimetres de diam^tre sur im et demi d'^paisseur 
4fMat sec, lequd se vend environ 10 c mais qui, le plus 



habituellement sert dans les fermes aprte la soupe et k cba* 
qoe repas k la nourriture Journaliire des hommes de cam* 
pagne. 

Qiiand on veut obtenir des fromages de lait franc, c*est4- 
dire de lait non toeme , on suit la m^me m^tliode de (Sibri* 
cation; mais on ameiiorela mati^re premie en forwent le 
lait k se prendre en caiUe le plus vite possible, pour que 
b cr^me ne puisse pas mooter, et cela sans donner de mao- 
vais goOt an cailie. A cet effet, on jette dans le lait, on du 
jus de citron ,ou du vinaigre, ou de Tesprit desel (acide 
chlorhydriqne), ou le plus g^neralement, on prend un mor- 
ceau d'environ 7 centimetres carr^s de caQlotte de veau pr^a- 
Ublement lavde, sal^e et dess^chee ; on la met trempeor une 
null dans un verre de petit4ait, puis le lendemain matin 
on jette une k deux cuillerees de cette pr^paratioii, appel^e 
pr4sure, dans cbaque litre de lait que Ton vient de traire et 
passer ; alors on expose ce lait k une temperature de 18 
k20** : il ne tarde pasi^ se prendre en masse; et Ton recou- 
nalt avoir mis snlflsamment de pr^sure quand le petit-lait 
sort du caiUe bien clair et avec une teinte bleuAtre; autre 
ment, s'il est blancbfttre et loucbe, on a manque d'y mettre 
sufflsamment de cette preparation, et il fiiut une autre fois 

j en augmenter la dose. Quand on veut donner encore plus 
d'onctuosite aux fromages, on ajoote au lait que Ton vient 
de traire un quart ou moitie ou autant de creme douce, et 
Ton force la presure en proportion de cette addition. Les 
fromages de Neufehdtel, qui jadis etaient les fromages k 
la crftme les plus gras et les plus estimes, devaient leur qua- 
lite It ces additions de maU^bulyreose. Ces fromages ont 
cda de particulier,' qu^aprto avoir ete mis qoelques beures 
dans des formes , on jette la masse sur une table couverte 
d'une serviette, et, avec ce linge, on petrit fortement ce 
cailie jusqu^e ce qu*il soil bien onctueux ; puis on en rem- 
plit de petits cylindres de fer-blanc de 4 centimetres de dta- 
metre, dans lesquels on appuie avec un piston pour resserrer 
la p4te et la faire sortir, afin de la rooevoir dans un roor- 
ceaude papier Joseph, dont on Tentonre artistement, pour 
expedier ensuite le plus t6t possible cbaque petit bondon 
sur les marches des villes les plus voishies ; mais k Paris 
la qualite de ce goLre de firomages a beaucoup perdu : ce 
qui vient assurement de ce que Ton ne fait plus an lait franc 
Paddition de crime dont n a besohi pour obtenir t6ute Tonc^ 
tuosite et la deiicetesse qui faisaient tant estimer autrefois ce 
genre de fromages. 

Ces fromag^ de MeufchAtel s'alfinent en les Adsant desse- 
cher et en les pla^ant sur des couches de paille, oil on les 
retoome tons les joura. hesftvmages de Brie, une fois des- 
8eches,s'af fluent en lespla^ant dans destonneanx, et lesy se* 
parantlesunsdesautre8pardeslit8depaille.L*alfinagedes/ro- 
magesdeLivarote/L de Camembert s'executeen mettantega- 
lementles fromages dessecbes sur un lit de paille, dans un en- 
droit firais, mais non bumide; puis cheque Jour on les frotte 
aveedu sel et de Teau-de-vie, et on les saupoodre de brique 
pulverisee, pour les empecher de s*attacher k la paille, leur 
donner du goOt et en eloigner les vers. Du reste, que Ton 
travaille sur du lait de vache, de chevre ou de brebis, que 
Ton fasse des Jnmagu de MarolUs, d^ipoisse ou de 
Langres, le priodpe est toujours le memo : c^est4-dire que 
plus on met de promptitude k foire cailler le lait sans lui 
donner de mauvais goOt et sans laisser de firomage dans le 
petit-lait, etplus on obtientde qualite dans les produits, quand 
raffinage consiste toujoure k lal/e d'abord dessecber le firo- 
loaga obtenu , et ^ y determiner ensuite vn Gommenoement 
de fermentation putride, en le lalssant expose dans des 
caves firalches, mais non humides. Cepeodant, ijoutons que 
Usi fromages de Montpellier se font aveo du lait de brebis» 
se salent lorsqu*ils sent sees, en les mettant tremper dans 
une eau l^erement saiee, jnsqu*^ oe qu^me ephigle enfonoee 
dans topAte cesse d*y rester adMrente; piUs on les ftoite 
avec nn melange d*ean-de-vie eld*huile, elonles affine en 
les lalssant environ on mob empilds dans ni pot Mencou- 

' vert. 



14 



FROMENT ~ FRONDE 



TACB ) aDsslt6t aprte U mot&son. LorsquMl est s<^par6 des 
balles, on le dispose en tas dans les greniers, on la 
renfenne dans des sacs, dans des tonneaux, dans des pa- 
niers de paille, dans des grenien soaterrains ou si 1 os : 
plos il a de dispositions aax maladies qui lui sont propres , 
k FenTahisseDient des insectes, plus il doit ^tre exactement 
prter? 6 do contact de Fair. P. Gaubebt. 

FRONDE9 FROND£UR. La^^-omie est un instrament 
UjgeTy ton^ de cuir et de cordes, serrant k lancer an loin 
dee pierres et mtoie des baOes. II fnt employ^ comme arme 
de tonte antiquity ; mais on serait pea dispose k le croire 
aoseeptible de jostesse, si le front de Goliatli n*eftt <t6at- 
teint de la pierre lanote par DaTid . Le mot fiondeur rap- 
pelle les baUtants des lies Bal^ares, les annte peraes et 
cartfaaglnoises, grecqnes et romaines. X^opbond^peint les 
frondeurs comme ^tant ponrms, on Jonr d'action, d'on sac 
en coir qo'ils portaient dcTant enx : c'^it leor paneti^ , 
leor giberne. Qointe-Cnrce nous montre les frondeurs asia- 
tiques portent leur fronde en mani^ de panire de t6te, 
c'^tait lenr coiffure. Les frondeurs ne lan^ient d^abord 
que des pierres : c^est Tarme de Ja nature. A mesure du raf- 
finement de Tart, ils jet^rent des projectiles de plomb, qu*on 
Dommait glands ou olives; plus taid, ik se servirent et de 
traits enilamm^ nommte (utioehes, et de globules d'argile 
nmg^ au fen : c*6taientles grenades da temps. Les psUUes 
grecs, derenns plus iud peliastes, combattaieut la fronde 
k b main; mais leor arme prit diverses formes, maiutenant 
mal connoes : il y ent des iirondes 4 bourse, des frondes k 
manche, des frondes d'Acbaie. U y en avait qu'on appelait 
fiutiballeSf d*autres UMlles, d^sntnAftrondibalUs : ces 
demiires dtaient de grand module. Les repas des enfants 
des ties Bal^ares ^talent la rtompense de lenr succte au tir 
de la fronde : one m^, dit Horns , ne perniettait k son 
enfant d*autre mets que celui quMl arait ea Padresse d*at- 
teindre aTec le projectile de sa fronde. Les femmes omaient 
de frondes leurs cbeTeux, et les bommea en a?aient de trois 
calibres, poor proportionner lejet aux distances : Tunede 
ces trois frondes, suifant Diodore de SicOe, se portait en 
ceinture, Taotre en coiffure, la troisi^e k la main. 

Les frondeurs romains se sont nomro6i aecenses, addits, 
firentaires, roraireSf vilUes, lis ^talent d'abord en petit 
nombre ; ils s'aocmrent eosuite, k mesare de la corruptioo 
de Part et de rangmentation des alli^ , qui pour la plu- 
part serraient comme frondeurs. Virgile et Yi^gto ne soot 
pas d'accord sar le maniement de la fronde; le podte dd- 
peint Mtence imprlmant 4 son arme une triple rotation; 
le tadiden alBrme qa*il suHisaitd'une seule drcouTolution 
autour de la I6te du frondeur; il pretend que la portte de 
Tobjet lanc^ ^taitde cinq k six cents pieds, mais cette port6e 
seroble exag^rte; il est Trai que le pied remain ^tait moins 
fort que le n^tre. 11 ne faut pas croire davantage an pr^ 
tendu pbdnomtoe citd par Ovide et par bien d'autres encore, 
au dire desquels le plomb lanc^ par le frondeur ^tait emport^ 
par une impulsion si puissante, quMl se fondait en Pair. 

Les Franks ont fait eux-m6mes assez longtempe usage de 
U fronde, surtout dans les si^es, car au temps d^Agatbias 
ils ne s'en serrdent pas en rase campagne. Les ih>n- 
deurs fran^ais roaniaient sous Philippe-Aogoste one fronde 
nommte en IsXaafunda^ et plus tard en fran(ais/ontfe//e. 
11 y avait dans les armte espagnoles en 1367 des fron- 
deurs. Dans le slide sui?ant, les d^fenseurs d'Orl^ans 
dtaient arm^ de frondes k bAton, comme le t^oignent les 
r^its de ce sidge. On commen^it alors 4 essayer de pro- 
jcter des grenades aTec des frondes, mais ie danger de ce 
mode y tit renoncer. Les Bretons sous Philippe de Valob, 
les Gascons sous Charles YlII, combattaieut encore k coups 
de fronde. La demi^ fois que I'histoire mentionne des 
frondeurs fran^, c*est ao si^e de Sancerre : les protes- 
tants qui d^feudafent cette place furent tounds en derision 
par les catholiquee loaa le titre d'arqnebusiersde Sancerre. 
Le perfecUonnement et Tusage plus g^ndral des armes a fea 
devaient entiiremeot discrWtcr la fronde en Europe. Ce- 



pendant, dans les combats livr^ k Oran en 1S32, les 
se serrireal encore habilement de cette arme. 

FRONDE (Goerre de la). « n y avait en oc ti 
dans les fosste de la Tine, dit Montglat dans see JCta 
one grande troupe de jeones gens Tolontairee qui 1 
talent 4 coups de pierres avee des frondes, dent U da 
qudquefois dee bless^ et des morls. Le pnrlement 
on antt poor d^tendre cet exerdce ; et un lour qa'< 
nait dans b graad'ehambre, on prMdent parlant a 
dMr de la conr, son fils (voyes fiACHAnHONT), q 
conseiller des enqndtes, dit : Quand ce sera num < 
FBORBBBAi Meii Vopinion de mon pire. Ce terme 
cenx qoi ^taient aoprte de loi, et depois on Bonmi 
qui ^taient contre la cour FaonnBOBS. « Done, nitl 1 
ne deralt manqner k la Fronde, pas rotaie eon noqi. 
one Ugne de vanity one reaction dintrigoe contre 1 
tique de Bididiea, tombte en hMtage an aonple gi 
Mazarin (1648-1652). 

Le drame que nons abordons se di? ise en deox acU 
distbicts. Le premier commence 4 la mort da cardi 
Rididieu. Mazarin lui succMait : il a?ait ses crdal 
lui, il fallait les satisfaire; puis les dlsgricee pr6c^ 
se chang&rent en intrignes. CliAteauneof,4 qui Ricbetie 
Ot^ les sceaux dix ans auparaTant, et qa'il BTalt teon 
prisonnier 4 AngouMme, fint s*dablir 4 Sceaux < 
dans un centre de cabale. M"^ de Cberrense , anda 
▼orite , qne Ricbdien aTait dgalement tenue dix-hn 
exilte, rqiamt aoodain. Mn* d*Haatefort, pins rfeei 
doignuSe, Tint se mder anx mftmes ambitions. Mazai 
sorpris par ces apparitions dlntrigoes, et leur oppo 
exils nooTeanx. Les princes de la maison de VendEta 
ni4rent le parti des importants , contre le doc d'Ort to 
suiTdt la conr a? ee son caract4re ambign. Les brigu 
Tinrent actifes, les riTalitte ardentes. Des qnerdl 
femmes se md^rent anx animodt^ polltiques : M«« de 
gueTillecommen$ait48e montrer btcc sa fiert^ jal 
U fallut lui sacriGer M"« de Muntbazon, qoi ardt 
6diapper qodques tte^t^s sur sa personne. La o 
divisa dafantage encore sons ces drapeaux divers. L 
de Beaufort, le rui des halles, alldt 4 odte guerra 
son caract4re Apre et groasier. On Taccusa d'avoir 
tner Mazarin. II fnt mis 4 la RastiUe. Qudqnes dods< 
lien. Le due de Guise se battit contre Collgny . La From 
tifiait ddj4 son nom. 

Cependant, la France soutendt des gnerres plus s6Ai 
et, comme Tnrenne et d'antres grands noms, le 
Gond< se signalait dans les batailles. Mazarin profit 
bord de ses socc4^ poor s'affermir; mds le jeone 
Tint 4 son tonr se m^ier anx pasdons qui s^agHaient a 
dn pouToir. Son caract^ dait vif et superbe : il follai 
tout pliAt Gaston, due d'Orl^ans, qui avait esse; 
parattre 4 la gaerre pour lui disputer un peo de gloir 
pot soutenir cette formidable ri? dit^. Cond^ arriva 4 la 
avec on cort^e de seigneurs qu*on a^pela les petHS' 
ireSf parce quails imitaient le ton fier et dominatenr dn m 
qui les tratnalt aprte lui. Sa gloire commen^a 4 parattr 
nante, et Mazarin exer^a son esprit 4 dteouvrir del subl 
propres 4 le ddivrer de cdte ambition. Le cardiod 
besoin de subsides; le pariement rtelsta poor Id en doi 
11 se tint unlit de justice, ob Talon, avocat gto^rd, 1 
an nom da people, Pauidliaire des flections. Anne d 
triche, r^gente du royaume, supporta peu patiemmen 
r^stances. EUe fit des plaintes durea aux magistrals, 
rotation n'en deyint que plus tIto. Le pariement proc! 
un arr6t d'nnion qui ^tait une gnerre ooverte. On ei 
qudques magistrals, qn'on mit en prison. Le people prit | 
pour eux, et s*accontuma aux actions. La rdne niand 
pariement, et lui parU de ckdliments exemplokrts 
itonnenUeni lapoiUrUi, Mais Mazarin espMttod cal 
par des n^odations. La Tiolenoe, comme la rose, fd im 

Cond^ a?dt Id8s6 14 les discordes et les petUs^naUrei 



FRONDE 



25 



iM tM raprandre le coots de ses Ttetounes. La nouTelle 
de k bataiUe de Leos aniTa parmi las difficult^ oil se 
tnmTait la ooor. Le moment parut opportun pour la Ten- 
geuoe. On profita des solennitte da Te Deum pour enleTer 
( 26 aottt 1648 ) les plus aodacieax des conseillera, B r o u 8 8 e 1 
en ttte, maf^strat populaire, bon bomme an fond, qni ser- 
Tait d'iBstniment k dee taniUs de seigneurs et 4 des jalou- 
sies d^ambitieux. A cette nouveUe, tout Paris se soulive, et 
alors se r€f Me ioopindmenl un caract^e qui jusqoe \k s^est 
trains sourdement et myst^rieiisement dans les intrigues, le 
coadjoteur de Gondy, qui resume en lui les passions d*un 
maurais prttre et celles d*on hypocrite facticuz, eolordes 
par des semblants de oMrale et des ruses de politique. // di- 
peiua, aroue-t-ily dans ces crises de rebellion, trentesix 
mUleicui en aum^et et en liMralitis, du 28 mars au 25 
ao^t (1648). Toute oeCte charity avail senri k preparer des 
bar rica des ;et pendant quale people se mail farieux dans 
les roes et sur let plaees (27 aodt), le coadjuteur, se pr^- 
pitant au triTers des masses, eourait au Palais-Royal, s^olfrant 
k la reine comme un homme de paix, r^lu k calmer la 
rootle. II y adela rdvolte^ lui ripondit la reine, d ima- 
giner gt^on puisse se rivoUer. C*^taitd(ji fait; mats Tins- 
tinct d^ la colto royale tomba sur le ooadjuteur. La reine 
lui porta la main ao visage. Mazarin la calma comme il put. 

Mais d*aotres nouvelles de la ville arrivent. Le danger est 
pand. On envole anx mutlns le marshal de La Meilleraye et 
le coadjoteur. Celui-ci, dans la m^^, re^it un coup de 
pierre et est rcnversd ; un mutin m6me porte la main sur 
lui, et va le Uier : Ah , malheureux ! si ton pkre te voyait , 
dit le pff61at, et de ce mot 11 dtorme le furieux. II rentre 
au Palais-Royal, embarrass^ du trop grand succte de ses 
Ub&alU^ et de ses oumdite^, et commen^nt k soup^nner 
ce qu*il y a de s^rienx dans ce Jeu de faction et de riivolte. 
Le niartehai dIt k la reine : Si vous ne mettet Bnmtsel en 
libertSt il ii*y aura pas demain pierre sur pierre d 
Paris. Le coadjoteur appuie cet avis. « Allez vous reposer, 
BKMisiear, lui r^pond la reine, avec ironic ; vous avez bien 
travailM! » Gondy sort en effet, tourment^ do mille pensdes 
d'ambition, de d^pit , de lerreur, de vengeance. La col^ 
remporte. II laisso fairs ce people quMI a si bien dressd, et 
pcnse seutement k donner des chefs k la sMition. Beaufort, 
Miapp6 de sa prison, est son premier instrument. La nuit 
se passe en pr^paratils de guerre; de son ctU, la cour 
songe 4 ses moyens de defense. Le pariement vient se jeter 
an travers de ces conflits, avec des pri^res et des remon- 
trances. Tout le monde r^ame la liberte de Broussd. La 
lelne cMe. Les prisonnlers sent rendus au peuple , et la fu- 
renr de la s^tion devient la joie do triomphe, dangei non- 
v«aa, phis grand peut-4tre poor Tautorit^. 

Les intrigues parlementaires suivent leur coots. L'6neule 
des met s*est r^ogMe ao palals , parmi les plus jeones con- 
seiUers. Mais les anciens out aossl leurs emportemenis de 
vanite et dlnd^pendance. « La barbe du premier prudent 
(nUostre MoU), si vdn^able, dit Monfglat, ne les poo- 
vaH relenlr. » Enfin, le doc d^Orldans vient, avec son carac- 
tkn irr^solo, se jeter parmi toules ces agitations. On tient 
des coiif<6rences avec la cour ; mais ses pretentions sent 
SI extrteMS, qa*elle dot quitter Paris soudainement ( 6 Jan- 
vier 1649). Ce fut un coup de foudre pour les divers pairtis. 

Dte lors, tout se mftle. Le due d'Orl^ns, moiti^i hi cour, 
moili^ an pariement, doming par rabb6 de La Riviere, son 
Binistre, qui veut dtre cardinal, joue des r61es de toutes 
soites. Cond^ ne salt plus quelle conduite tenir. Sa sceur, 
M^ da Longueville, se sdpare de lui, et le laisse k ses per- 
plexity poor se livrer plus aisdment k ses cabales. Un ins- 
«anttd*OTieaiis et Cond6 parorent nnis , Chacon se disputant 
h popnlaiite des actes qo'on voolait arfacher 4 la coor. 
Mds MauriBy toot en cedent et ramenant la coor k Paris 
(aoOt 1649), semait U diaoorde parmi ses vainqoeors. Le 
chapeau, aolllclt^ par Gaston poor La Rivi^, ^tait en m6me 
talps soilidie par la maison de Cond^ pour le prince de 
CoBti. La rivame fut vive et longoe. Deox femmes y ajou- 



ItKH*. UK I A CU>Vt4tS. 



T. X. 



tirent toute hi ferveur de leurs vanity, tout le gtoie de 
leurs hitrigues, If™* de Longueville et Mademolsdle, fille 
de Gaston. Le coadjoteur profitait de cette vasle anarchic 
pour ses essais de s^tion, appeUnt k lui lescur^s, les doc- 
teurs, les religieux ; et le people, depuis longtemps dpoisd 
par lesbatailies vdritables, se satisfalsait k ces conflltspar 
des r^ts d^dpigramroes et par des chansons quMl allait 
voir tons les matins placarddes sur )e Pont-Neuf. La cour 
recourut encore a la folte; mais cette fois avec des plans 
concerts de guerre conlre Paris et contre le pariement. D'^ 
tranges divisions se firent en ce moment. Condd suivit la 
c«ur, et W^ de Longueville, sa sdeor, resta k Paris, pour 
commander k la rdvolte. Le due d*0rl6ans ne sortait pas de 
ses ambiguil^ ; mais il servait de drapeSu k mille ambitions. 
L'armte royale assi^ea Paris. Le peuple, sans savoir ce 
qu'il faisait, ni quelles dtaient toutes ces qnerelles sans bot 
se laissa conduire par le coadjoteur et le due de Beaufort* 
II y cut des combats sdrieux, sans pro6t pour les partis. 
Cond^ y allait avec son ardeur accoutumte. L^intrigue 6tran* 
g^ profita de ce d^rdre , et apparut en plein pariement* 
D^autre part, de grands noms f urent emport^ dans la di • 
fection : Turenne prit parti en Allcmagne pour le pariement 
mais ses troupes rabandonn^ent. 

Tout marchait oependant de plus en plus au hasaid dans 
ce grand d^rdre. La delation dtait extrtoie dans Paris; 
le people se vengea de sa mis^re en Idcliant sur le palais du 
cardinal une tourbe de furieux : toot y fut divast^; les 
livres de sa biblioth^ue jonch^rent la rue et servirent d*a- 
liment ii un feu de joie. Lui, sur ces entrelaites, ne s^ani- 
mant k aocnne violence, n^ociait tranquillement et se croyait 
de plus en plus mattre 4 mesure que la coldre publique s*a- 
chamalt aprte lui. II eut lliabiletd de laisser ses ennemis 
staler leur ambition, leur cupidity II les perdit par leurs 
pretentions. La favour des masses finit par se detoumer de 
ces ambitions personnclles, & qui la fortune de Ytlat servait 
de pretexte. Alors Mazarin domina les negociations : un 
Te Deum fut chants en I'bonneur d*une paix rendue ndces- 
saire pom tons les partis, et qui h*en devait satisfaire au- 
cun. Ce fut la fin de la premiere Fronde. 

Tout k coup il y a des revirements, des reactions, des 
retours de partis. Les petits-maitres de Conde, fiers de hi 
victoire quits attribnent k leur briUant patron et k eox* 
mdmes, injurient les frondeurs : il y a des cartels d'hommes 
et des injures de femmes. Les frondeurs ont des h'ens k la 
cour. Leurs intrigues s^ment la defiance et la jalousie entre 
ceux qui soivaient tout ii Theure le m6me parti. D*autre 
part, M*^ de Longueville, qui s'est rapprocbee de son fr6re, 
lui reproche de ne rien faire pour agrandir sa maison. EUe 
lui souffle son ambition. Mazarin voit naltre ces dissenti- 
ments, et ne dit mot : fl a, comme la rone, besoin de se 6&- 
barrasser de ce patronage de Condd, dont la gloire pise k 
sa politique tortueuse. Des pretentions de gouvemement , 
des demandes de (kveur, des rivalites de mariage, vont h4ter 
les ruptures. En rndme temps le pariement de Bordeaux fait 
des reclamations contre d*£pemon, gouvemeur de la 
Guienne. Conde haissait d'Epemon, Mazarin le defend. La 
discorde eclate. Conde, qui demande Pont-de-rArche pour 
son beau-fi^re, le due de Longueville, essuie un refus ; sa co- 
lere est au comble : apr^s une seine anunee avec le cardi- 
nal, il s*eio{gne en lui passant la main sous le menton etlui 
jetant ces mote dMronie : adieu. Mars I D'aotrea griefs fotfiea 
arrivent. La coor se divlse poor des taboorete. Enfin, lldee 
vient 4 la reine et k Mazarin de se deiivrer de cette glove 
infportune en Tenvoyant en prison; coup d*£tat prepare par 
les femmes, et dans lequd M*** de Chevreuse entratne le 
ooadjuteur : les princes sent arrfttes et conduits ii Vlncennes 
(18 Janvier 16&0). CetaitU vieille Fronde qoisefrappait die- 
m6me, et Mazarin loi servait vokmtiers d^bietroment ; puis, 
par quelques retours de plus, ia coor de Gaston, qui n*avait 
pas connu ce mystere, en eut du depit Les cabales se meierent. 
La mto de Conde se fit suppliante auprto du pariement 
On vit des sctoes solennelles et attendrissantes lii oh s*etaient 

4 



S6 



FHONDE 



^es de sctoes igoobles et ridkoles. Le parlement de Bon 
deaux d^puta un orateur pleia d'^loqvence, Gnyoimet, qui 
^*en yini demander la iiberU des princes. Et pendaiit ce 
temps le peuple, dans la grossi^ret^ de sa logiqiie, faisait 
jastic^ des Tariations de la Fronde, et s'assemblait devant 
les hotels des Tieax frondeurs en criant : Mazarin I Ma^ 
%arin! 

Ainsitoot allait ^ la confusion. Le due d'brl^ans» avee 
ses ambiguity myst^rieuses, ne put ^cbapper non plus k 
cette ration du peuple, qui 8*en allait crier Bfaiarin I de- 
Yant son palais. Alors il y eut eotre le coadjuteur et Maza- 
rin un jeu d'intrigues et de tromperies. Le coadjuteur, qpi 
avait demand^ Tarrestation des princes » demanda leur li- 
berty. On les ayait Iransfdr^ au Havre, mais Tint^rdt pour 
eux n'en ^tait point diminu^. Le coadjuteur s'appUquait k 
leur attirer le due d'drl^ans^ et Mazarin s'appliquait k le 
retenir dans sa cause. Le chapeau de cardinal revint sur le 
tapis au milieu de ces manges. Mais le coadjuteur y pen- 
sait pour lui-m6me. G*^tait une diflicult^ de plus. Quant ^ 
d'Orl^ns , il ne s*appartenait pas : 11 n^appartenait k per- 
Sonne. Le plus assidu ^tait son maltre, et le coadjuteur s'em- 
para de |ui par des tours d^babilet^ que secondait M"* deCbe- 
vreuse. H le d^ida k vouloir la liberty des princes, et k Taide 
de son nom il alia tenir des assemblies cic^roniennes au par- 
lement. Une inmiense reaction ee faisait partout : Mazarin se 
voyait vaincu. 11 songea a s*^loigner, mais doucement, afin de 
ne pas fuir^ 11 partit pour Saint-Germain, cou? ant les choses 
deroeil, et es^rant les diriger encore par son g^nie de 
ruse et de mTst^re. Mais le peuple avait pris son depart an 
s^neux. La |oie ^ata de tons cdt^ avec une Tiolence me« 
ua^le. Une premiere concession ^it faite : on fit toutes 
les autres. la reipe ^igna la liberty de Cond^. C'^tait con- 
sacrer la r^traite d<$ Mazarin ; mais, chose singulis ! Maza- 
rin se crut assez de souplesse pour ^cbapper k oette der- 
ni^re n^cessit^, et il partit de SaintrGermain pour alter de 
s^'personne ouvrir la prison des captifs, comme pour se 
donner ie m^rite d*une politique dont il n'aTait pas ^ le 
maltre. Sa soumission fot en pure perte. L*orgue{l de Cond^ 
resta inexorable devant le muiistre obs^uieux ; et Mazarin 
yit.bien qu*il n'avait plus qu*ii s^enfuir; H s'acbemina vers 
(a fronU^e. De leur cAt6, les princes se rendirentli Paris ^ 
tout^nn^ encore du royst^re de leur liberty que le peo- 
ple, par sa joie bniyante et tumultueuse, leur reodit phis 
extraordipaire encore. Paris 4tait dans Texaltation ; des feux 
de joie s^allumaient dant les rues; les frondeurs s'embras- 
saient; nul retour d*opinlon n'avait januds ^t^ si unhersel et 
sisoudain. 

dependant, aprte quelques jours d^exaltation et de triom- 
pbe , chaque parti revint k ses pens^es, et la defiance repa- 
rut Les ambitions ^talent devenues plus ardentes par Tab- 
sencemtoMde Mazarin. Chaciin courait k ses d^pouilles, 
et pofirtant la reine ne voulait rien c^er. Cond^ imposait 
des clioix deministres. Le parlement ajoutait des exclusions 
contre les cardinaux, pour enveiopper Mazarin sans le d^i- 
goer. Le coadjuteur, qui vbulatt £tre cardinal et ne d^sesp^- 
rait pas d'^e ministre, fit of^sition. Puis, la noblesse de- 
mandait les 6tats g^raux; et T4^renne reparaissait, resold 
cette fois de s'attacher k la reine. Des questions de mariage 
se m^l^rent aux questions politiqnes. Le coadjuteur avait 
besoin de marier M"* de Cbevreuse au prince de Conti pour 
se fortifier da? antage. Cond^ avalt accord^ ce pro^jet, puis U 
le refusa. Ce f ut un nouveau commencement de rupture. 
Ua re|ne, secritement inspire par Mazarin, exdtait ces va^ 
nit^ les unes par les autres, pour rester mattresse. Gaston, 
pous86 par le coadjuteur, prlt parti pour M"* de Cbevreuse. 
II eut r«ir d'avoir du courage ; il tint des assemble dana 
son palais. On loi proposait At% violences ; il osa 6tre d'avis 
de (idre arr^ter de nooveau les prhices. l)s ^talent' dans 
une salle Tolsine : M"* de Cbevreuse dit qu'H ne fallait que 
donner vn toor de elef ; et eilc pariait pour remplir cet office. 
GastoB la retlnt. Le coadjuteur se f^lia contre Gaston, et 
s*en alia bouder dans le clotlrc Ndtre-Dame, Alors la reine 



se tooma vers hd, esptent (irofiter dd son irUati^ 
tait le oonseil At Mizarin, qui asslstait de Briillx k 
conflit de vanity. Le coadjuteur se prfita h toutes 1 
binaisons, mtoie au retour de Mazarin ^ t^ounra 
cardinal Seulenient, pour nepas perdre sa p6t>olari1 
pula ledrdit de d^damer conti^ Bfazarin et de doniH 
ses pamphlets, s^engageant k brouiller Gastdn et Ccm 
faisant ressortir surtout Talnbitieii dtl priliGey el dei 
k chacun de s'affranchh' de sa ddminatioB. II remplii 
son office, que la rehie l^appela,lui parla A^mrtti^er i 
veau Cond6, et lui riemtt sa oominatioii an canlfDala 

Coude, pouss6 par ses ainis, songealt A sa ftteorH 
il eut le malheur de toumer ses regards Vara les ei 
de U France : U fit des dispositioiis d^faoWm^^ et sc 
Paris avee un cort^e de gtterre. II n*y reparof qm 
menacer chaque parti. Le paritaaent derint one Sr£i 
s*y rum k coups de poing, k coups d'^>6e. Xes mu^ 
eurent peine k emp^cher des meurtres. Le ceadjutear 
rut avcc un poignard cach^ sons sa robe. Dans uae n 
il faillit 6tre ^touffii souq une porte par le dac de La Ri 
foucault, qui s^amnsa Ik Texposer anx coups et aiii itn^ 
de la populace. II se veugea par des quofibets; et qm 
temps apr^ il fit une ptoeessiott, od le peuple crialt : A 
le coa((;u^eur / lAais, par unebizarreriede phis^ cette j 
cession ayant renoontr^ le prinoe de Coad^, le prinoe i 
cendit de carrosse, se mit i^ genoux daas la roe, M se 
b6nir par le prdat. Les choses all^rtet h d'aotres exc 
Cond^ , apcte avoir ital6 des appareils d'hoetilitd dans 
foes de Paris, s^en alia (aire use guerre v^table etk Guieoi 
od sa m^, pendant sa captivity, avait mslsteoa 
puissance. Une double anarclile se mit alors dans Vtii 
la cour combattant par des actes wMxek le fteHi di 
princes, et le parlemetit, sans prendre parti pour edx; fa 
sent des d^arations de guerre onverte coriti^ Mazarin. i 
tMe do cardinal-ministre fot memo ndse k prix, ce qui ri 
Pempteba pas d'entrer en France poor se liunlr k la ooor 
qui marcliait sur Bordeaux. De son cdt6, le coadjuteur, de* 
Teou cardinal, continuait son double rdle contre Maiario el 
contre Cond6. Mais le peuple n'en fiit pas dope, et snfvlt Je 
parlement, qui restait dans I'opposition. Le coadjutedr hMi 
6tre misen pitees dans la cbur du Lnxembouig ; il sesauva 
par un coup de hardiesse, en se moatrant an niiien des 
mutins, et demandant aux premiers qui s'oflraient, depeudre 
les autres k la grille du palais. 

Cependant , la guerre des princes se faisait sans trop 
d*telat. Turenne avait snivi la eosr^ et allait bakuiofr Js 
fortune de Cond^. Blazarin ^ qui avait joint la feine^ fit eo- 
vahir les domaines du doc d'0rl6iiis, deot oa oonuntofait 
k se d^fier. Beaufort vouhit d^termiaar GastOD i veoir d^ 
fendre son apanage. Gaston refuSa. Sa fiUe, MadmoUelie, 
fut plus r6Solue ; elle alia se jeter dans Orleans. On la vJI 
parlir en Amazonef avee les comtesses de Fkique et de 
FronienaCf qu*on appelait ses markhalei dt cmp. If 
avait fallu lui doimef detix conseillers an psrittadt poiir 
terop6rer son ardeur. Cond^ n*dtait point bearenx I cttte 
guerre fotale. Ses troupes furent toqjoors battoes par Is 
comte d^Harcourt ; et comme il y avail en mptore k Bor- 
deaux entre M°^ de Longueville et le due de La Bo(Mni- 
cauU, U s'en vint par des detours, poar futr Oes fartHgoef ^^ 
k Orleans ^ od sa pr^ence anima lei troopes de Beaofort, 
que des tehees venaient de frapper. I| eat d'abord dei sao- 
ote. La cour, qui ^tait k Gien, fbt dans P^vante. Tnrenne 
la sauva. Alors Cond^ court k Paris ; il I'empare de Pesfirit 
de Gaston ; il don^ioe le parlement. On propose en son flonf 
une ligue entre toutes les villes de France. La fermentation 
s*accrott. Le cardinal de Rets lutie encore onntre Coadi Le 
peuple eommeDGe k faire des veeux pour le r^tabli^sem^ 
de rautorit^ l^^time. Pendant ee taaps, la guerre d'Or- 
l^ans a des succ^ divers. Mademobelte maoque d'etre prisl 
dans une revue de ses troupes; elle n'a (|oe le tempi de 
ruir du c6t6 de Parii. Turelme voulait S'apprscbtf de ^ 
ville pour la disputet aux partis. Le disordre t ^ lO 



eomble. Le corps mimicipal reftua de laisser entrer Tann^e 
die tioiid^."^ o6tii ks ircnipes ^cnt Tamassto antoiir de 
la tfll^ thie baiaiUe ^taH itmnlooite. Cbnd^ essaya Taioe- 
mettt d^ fUr^ 'd^darer Oastonl Alors il alia cbefcher aon 
arnSdepqnrla dlHg^ saf Paris; maU Turenne tomba sur 
soii'aiTt^thg^e. La tiataifle foi terrible. Cond^ y d^ploya 
son ^ide. Cehii de la France Pemporia , Turenne fot yain- 
qnenf li Jofllet 1651). II fUlaft sanver Ilirm6e du prince, 
ol'lei pories de la Tille restaicnt fem^es. Mademoiselle a^ 
racha de son p^ Poi^re de les onyrir, et courut au chA- 
teaii de Vbe^uies titer te canon vir l*arm^ <iu rof. Ge ^t 
le saldt de' Oondid; mals Bffazarin s*^cria, dit-on t « ToiU an 
coop de eanoh qtd Tient de (uer son inari 1 » 

Cbndd, rentr^'dans Paris, Toyait eipirer la Fronde dans les 
tqgoisses dq peuple; il tenta dels ranlmer par des tiolences. 
On tint des assembles 1 11)6tel de ville. On Ikbangea des 
signes de r^lliement On d^da des massacres. On s^arma de 
llncendie. On croyalt ^nsi rayiTer Tesprit de faction, on 
ne fit ^ le'ddtniire. Il fallnt qne Mademoiselle allAt elle- 
mime saarer de vfedx f^ondebrs en?elopp^ par les flammes 
k fbdtel de Tflle. Xes Toenx pour la paf x dcTenaient nni- 
fersds. Blaiarin eat rooins d*efldrt8 i faire poor se retirer» 
car il €(tM y^g^. 11 s'^oigna, et parlit pou^ Bouillon ayec 
ime lettre flatteuse da roi.La cOur Faccompagua }usqu*li 
Compile. Ce fui de la part de la reine un cbup d^babilet^ 
de se fotre ddslr^ pair les factions de Paris. Les princes ou- 
yriroit des n^odAtions. Le cardinal de Reta m donna le 
m^te des sopplkations t il alia ayec le clerg^ supplier le 
roi <|e rentreir ^ns sa capitale. It (Ut froidement re^u, et 




teudait de r^tir^ger Inl^rent d^aut Sa colore le poussa k 
une fatale r^lntton :^ coumtaut Espagnols, emportant 
de (^aiton la promesse quHl nie traheralt point sans lui. Dte 
kirs tout f^ libre. Beaofort quRU le gciuyeniement de la 
miti^e. life rui/majeur depuis une annte (il ayalt accompli 
sa (ijnatoT^l^pie ann^e le 7 septembre 16S1 ), se Ttndh k 
Saint-Cermainl La'inmcc' lui enyoya une deputation, md tbt 
re^beayiec hbnnei^f,' et lul-mlme arriya enfln k Paris le 
2VoctpDre 1651, accudlli ay^ entbousiasme. Bientdt Maia- 
rin i^entrait en t^rance/accueilA de mime par ceux qui IV 
yd^le plus'^maudit. Les yflles encore rdielles firent lenr 
sdunii^on. Gas^ afla ^puiser )i Blois les restes d*une yfe 
inutlleimiBnt passee danr Ffaifrigue ; et Gond^ n*eut plus qu*& 
sohgor \ s^rlter sa yieille ^ofre sous Tantorit^ du monar- 
que'. Laorertic. 

FRONOPUR (^rit). La fronde, cette arme oflTen- 
siyeltont nous ayons tralU ^ pait, a reproduit cette ex- 
preiaibn mlb|)hdr^ae. Utonder un homme, j^onoter no 
ouyrage, cela yeui dire leur jeter la plerre. C*est surtout ii 
l^^poonc de I'bistoire c|e France qu^on appelle la Fronde que 
ce tn^ s'est r^pandtt et popularise chez nous dans cette ac- 
ceptton. L*espi1t^on(/ettf a eu ses beaux jours en France. 
Riyaurol et Cbampcenetz j oht e\^M dans le si^cle dernier. 
« U nc sufBt pas^ dlsait le premier, qo^un trait sofit michant^ 

I&at encore quHl solt bon. » L*e$prit fran^is a foujours 
\ du reste,'un pen frbndeur. Nods epigrammatiques, yau. 
derilles^ parodle^ couplets malfns, atitanf de genres natio. 
■anx ^frmdani sans cesse le poiiyoir et le prochain. 11 fut 
UB temps oh cbez nous le monde youlait tout fronder, k tort, 
Itra^ers ; cette manie n'est pas encore comptetement eztirp^e. 
^O^SAC (en latin Franeiacum\ bourg de France, 
cbtf-lied de casutop , dans le d^partement de la G f r o nd e, 
k 1 f^nom^tres nord-ouest de Liboume , sur la rlye droite 
de'la t)brdogne, ayec une population de 1,500 imes enri- 
nm et de nombreqses distilleries. On r^colte dans les alen- 
tOQre ^*e\ce^ent8 yins rouges-et des yins blancs agr^ables. 
Ce Mit dans fortune une fbrteresse, construite en 769 par 
CfaTJjpnagne pour tenir en bride les A<piitains turbulents. 
bllifre de'^onsac, cbeMIe^ du Fronsadois, etait sons 
l^^^eqne mbnarclii^ une des plus belies do royaume. Cllc 



- FBQNT }J 

fut eng^e d^ 1551 en cmU, pnis, quatre ans aprte, eS 
marqulsat , en fayeur d'AntonIn' de Lnsib^c , dolkt la flllt 
uniqdc la porta dans la nuAson de CanmonL Francis d'Or- 
leans-Longueyille, oomtede Saint >PaM,'roarie k Anne d€ 
Gaomont, tai ck^ due de Fronsac et pair de France en 
1608. Le cardinal de RicbeliiBu, ayant acquis cette' terre ea 
16S1, aprte rextmctionde la ttoiille qui la possiMait, obtint 
du roi, en i6S4 , son Erection en dneb^-pdrie poor lui et 
ses hoirs des deux sexes. H la donna ii son neyen Anoand 
de Mailld-Bres^ , mort en 1646. La sceur de oelui-ei, Claire, 
en b^rita et la c6dtL k Armand-Jean du Plessis, doc de R i - 
chelieu. La post^t^ de ce dernier la consenra. Les file 
atn^ de la roaison de Richelieu portaient le litre de due de 
Fronsac du yiyant de leur p^re. 

FRONT (du latin yV'on^ ) , espace d^pouryu de cbeyeux 
<|ui forme la partie sup^hieure de la fa c e, limits en haul par les 
c h e y e u X, sur les c6t^ par les tempes , en bas par la raeine 
du nez et les sourcils. Dans Tesp^ humaine, le front, ha- 
bituellement d^pouryu de ^raiste , pr^sente une peau assez 
dense et bien tendue , slllonn^ de quelqnes ride^, les unes 
yerticales, partant de la raeine dii nez yers le bas do front, 
et gagnant sa partie moyenne, les autres transyersales, et 
sMtendant, ayec plus on moins de r6golarit6 et en plus ou 
muins grand nombre, d^une tempe ^ Vautre. En g^ral le 
nombre des rides augmente ayec TAge, et elles sont plus 
prononcte h mesure qu*on yieillit. 

Pour lesanafomistes, le front n*est pas bom6 d'one ma 
ni^e inyariable par les limites qne nous yenons d^mdiquer. 
Il est alors con8id6r^ comme faisant partie du c r i n e ; il est 
la portion ant^eure et infiMeure de ta botte osseuse qui 
renferme le cepreau , et le d^yelonpement des cbeyeux sm 
une ^tendue plus ou moins considerable des membranes qui 
recouyrent TOs frontal n^empdche pas de Hmiter le froni 
k la portion du crAne qui est formte par cet os. 

Par ses apparences diflifirentes , le front contriboe bean- 
coup ^ donner de Texpression k la physionomie ; les rides 
yerticales ou horizontales, les mouyements des sourcils, les 
colorations yari^ qui s^ jouent tour k tour, la s^cheresse 
ou la moiteur de la peau, sont les princlpaux tredts sous les^ 
quels se pejgnent sur cette partie les Motions et les passions 
yiolentet. De \k, dans toutes les langnes, I'usage du mot 
>oii^au figure. 

FRONT (i<r< mU^aire), Ltlfiront de hatailU est Ic 
rang ant^eur d*une troupe ou d'une ligne d^loy6e. Ri> 
goureusement parlant, une troupe non d^ploy^e a bien anssi 
un front de bataille ; mals on appeQe en ce cas Ute de 
colonne ce que dans I'autre on nomme ^ron^^ quoique t^ 
et front soient synonymes en bien des cas. On ne pent 
conceyoir une juste id6e du ^ont de bataille qu'en se ren- 
dant compte du sens ancien du root bataille. 11 ne sigiil- 
iiait pas d*abord, comn^^ on pourrait le croire, combat bu 
action de guerroyer ; m^is 11 expHmait on coirps, un batail* 
Ion plus ou moins nombreux, rang^ sulyant ccrtaines regies 
de t^ctique, lesquelles ont consid^rablement yari^. Quand la 
locution fiont de bataille ^tait naissante, la bataille ^tait 
de yingt rangs, qui se sont r^duits k douze, a dlx, etc., ayant 
de toniber k deux et^ trots; Tinfanterie ne combattait qu'en 
grosses masses carr^, ou en forme de phalange, ayant de 
s^ordonner en parall^ogramme, ou de s^^endre enfln en 
fr^le niban. La denomination de front de bataille ^tait done 
autrefois plus juste qu*aujourd1iui ; elle fkisalt yraiment 
allusion au deyant d^une tete d*animal regardant son en- 
nemi. Ce front est le premier rang en ordre naturel ; c*est 
le dernier rang en ordre renyers^. Les carr^s sont une con- 
tinuity de fronts sans flancs ; Tprdre de bataille se compose 
du front, des flancs, des derri^res : I'^ndue des proton- 
deurs ne doit jamais outre-pa$ser cclle des fronts. 

G*' Bardw. 

Un carr6 pr^sente autant de ironU que de cdt^. Sa- 
chant qu*un fantassin occupe deux tiers de mMre et on 
cayalier un metre, il est facile d'appr^ler le nombre de 
soldats contenus dans le front, etc., par suite dans la troupe 

4. 



tt 



F&OMT — FllONXIEtUES AtlLlTAlRES 



«atitee, n Pon fdH tor oombiai de rangi die ert plac^ 
CJn batalUoiiy na eieadlroD, one batterie, etc, qui, ranges 
ea betaille» le portent en tTent, ex^catent one marehe de 
tnmJt* On 9Ua4aeVeaMsaide front tootes les fois qo'ayani 
pris one Ugne de bataille panJl^ It It sienoe, on I'lborde 
en Uob tor U pins grande ^tendoe de son front de bataille. 
La mancenTie du changement de firont, inconnne aux an- 
densy 4 came de la grande profondenr de leur firont de ba- 
taille, est une des plus belles que Ton puisse extoiter. 

Pour les termesyhm^ de biauliire,JronideJorHfiea- 
tUm^fronidPattaquBf voyez hunakut^ GAsnuii^ATioiv, 
FoerincATioii et Siicn. 

FROlVTALy qui tient an front : ainsi , la rSgion/ron- 
tale indique la paitie de la t^ qui appartient an front; 
les nuuelei et nerfi/romtaux d^gnent les muscles et les 
nerft qui existent dans cette partle. Frontal repr^sente aussi 
nne esptee de bandeau m^dkainenteoxy qu'on applique sur 
le troaU 6t qui y agit k la manito des topiques. On ddsigne 
par le mAme mot nn instrument de sujpplice ou plutdt de 
torture dieting 4 serrer le front Enfin, le mot>h>nto{ sert 
4 indiquer l*os on les os du front. L'os frontal, le frontal, 
qu*on appelle encore coronal, est ccnnpos^S de deux parties 
sym^triques, qui dans certaines esptees se soudent Tune 4 
Tautre 4 un certain 4ge, et ne fonnent plus qu'un seul os, 
et dans d'autres eptees restent distinctes : on donne le 
nom de frontal 4 cet appareO ossenx d*une ou de deux 
pitees. Le frontal est justement la cbarpente oesense qui 
donne an front sa forme ; lui-mtoie prend presque toujours 
celle qoe lui impose la psirtie ant^eure du oerreau ; n 8*ar- 
ticttle en aiii4re a?ec les os do crAne, en avant et en bas 
aTec ceox de la face, d*o(l U r^ulte que le front paralt 
d*antant plus d^? eloppid que la (kce est moins allongte et 
que le frontal est plus pouss^ en aTant par les organes en- 
o^hallqoes. Le frontal pr^sente quelquefois, et presque tou- 
jours 4 un certain Age, des ca?itte enire les deux lames com- 
pactes dont U se compose : ces cavity, que Ton nomme 
eInuifirontauXf et qui conmiuniquent aTec IMnt^rieur du 
nex, penrent, par leur d^Tdoppement, donner an bas et an 
ndllBu du front plus de sailUe, et par cons^oent tromper 
snr la forme et le volume du eer?eau, qui est derri4re. 
11 y a des maladies particuliires des sinus frontaox qni 
trompent souvent les gens dn monde, et qudquefois mAme 
les inAdeclns, parce qn'on se laisse aller 4 rapporter an cer- 
Teau on 4 d^autres parties Toisines ces maladies douiourenses 
qui n'ont si sonvent pour si^ unique que les caYites dont 
nous parlous. Sur le basdu frontal seat dessin^ les sour- 
cils. Le bas du mAmeos , en se repliant en ardAre, forme 
la ToiUe de Forbite , et c'est le point od Ten? doppe osseuse 
du cenreau est plus mince et plus fodle 4 perforer. Partout 
aillenrs, PApaissenr do frontal est aesei considerable pour 
qull rAsiste 4 des contusions, mAme violentes ; ses articula- 
tions sent tdles d'ailleurs qu*il transmet presque toijgours 
par des points osseux trte-r^sistants et trAs-compactes Vetfoti 
qn'ii re^t 4 des parties solidement constituAes et Apaisses. 
Sur le derant du frontal se trouTent deux sailiies assez pro- 
noncAes snr certaines tAtes : on a donnA 4 ces sailiies le nom 
de boues frontales ; les phrAnoIogistes modemes y lo- 
gent des ftcultAs dllTArentes, sui?ant qu'eUes sont plus ou 
moisa rapprocbAes, plus ou moins dCTAes sur le fron- 
tal : cette saillie est exprimAe en gAnAral par un creux sur 
la face opposAe de Pos, et die coirespond 4 la partie an- 
tArieore d« h AmisphArei cArAbraux. 

FRONTEAU* On donne ce nom 4 one espAce de ban- 
dage encore appdA /ron tal;oii Ta donnA aussi 4 certaine 
piAoe do barnals d*un cheral destinAe 4 iui couvrir le front 
quand fl est capara^nnA pour qudqoe cArAmonie, ou giier- 
riAro 00 AoiAbre. C*est en ontre le nom qu'on donne 4 un 
bandeau que dans certaines solennltAs les Juift mettaient 
autrefois sur teur front 

FR0AIT1£R£S» bornes extrAroes, marquant les poinU 
qui sAparent des pays ct des £tats divers. On emploie sou- 
fent comme syudnymes les mots confins et limites, Les 



frontlAres qui limltent les pays voishis sont imtSii dd 
la natnro oo par la politique. Les montagnea, lee n 
les fleuves et les riTiAres fonnent des limites natnrellei. 
peoples sont aosd sAparAs natnrellenMnt par la dilEAi 
des langoes, signalAes commonAment par les froiitl4rei 
tnrdles qui les isolent les una des aoties. Les fhuil 
politiqnes sontcdles qui ont ACA assignAes aox nntion 
des oonventions diplomatiques, consenlies en g^nAmt 
Acarter le flAao de gnenes malbeureoses. 

FRONTliRES MIUTAIRES ( MUiUtrgrmi 
On appelle ainsi TAtroite UsiAro du territotre d# TAnti 
qui la sAparode la Turquie; contrfe soumise 4 one orgai 
tiou militaire et administratif e particolitee, et qni en is 
AtA Arigteeo donudnede la cooronne. EUe confine iau noi 
riUyri^ 41a Croatia et4 rEsclaTonie, 4 la Toyvodie de Si 
et au Banat de TAmes; 4 Test, 4 la TransyWanie et 4 la 
lachie ; an snd, 4 la prindpaniA de Senie, 4 la Bosnie 
la Dalmatie ; 4 Ponest, 4 la mer Adriatiqoe, et distrac 
&ite des FrontlAres ndlitaires de TransylTanie, sopprin 
en 1851 ( snperfide : 73 myriamAtres carrAs; popolati 
283,000 Ames), elle oontient nne enperfide de 406 m 
car., aTec 1,037,892 Ames, en 1870. A roaeat, les Al| 
Joliennea, venant dela Croatie, s'y prokmgant Jusqu'an n 
KlekoaTAted'Ogttlin({Vtfaiier4o^, hautde 2,167 mAt 
prAs de Zengg; le grand et le petit Capdla en dApend< 
C'est au Klek que commencent les Alpes Dinariques, 
s'Atendent le long de la FrontiAro, portent en partie le n 
de mont Vdlebit on Morlak, y attdgnent 4 Hdligenb 
nne altibide de 1833 mAtres, et ae prolongent jusqu'en T 
quie. A I'e^ les Carpatbes slncUnent dans la direction 
Danube, et enfolent dlTcrses ramifications vers les Fr 
tiAres du Banat, entre autres le mont Googoo ( 2400 mAtre 
le Sxemenik ( 1533 mAtres ),le Szarko (2,310 mAtrei 
le Mick ( 1910 mAtres ), ete. La partie centrale de ce pi 
est gAnAralement plate. On y troo? e aosd de magnifiqi 
TallAes, par exemple la vallAe d'Almase, prAs des FrontiA 
do Bana^ cdAbre 4 bon droit par sa beaotA Traimi 
fAeriqoe, et cdles de Zennagna, de Korbawa et de Kavenii 
prAs des FrontlAres de Croatie. Les eanx y sont trte-inAi 
lement partagAes. A I'ouest, le pays est baignA par la n 
Adriatique et par le cand Moriak. Les riTiAres des. Fn 
tiAres de Croatie se perdent pour la plnpart sous ter 
d'ou dies Tont rqoindn la mer, par exemple la Likka, 
Gacdta, etc Dans les autres parties, le Danube est 
principal coors d^eau. II anriTC de la ToyTodie de Serfie i 
le territoire des FrontlAres miiitairfs prAs de Peterwardd 
forme, 4 partir de Semlin, la FrontiAro du cAtA de k Turqo 
et abandonne complAtement le pays 4 OrsoTs. Ceux de a 
affluents qui arrosent ce pays sont la Dra? e, la SaTC aTse 
Koulpa et TOunna, la Tbdss, la Bega, le Temes,' la Ne 
et la Cserna. Cest seolement dans les FrontiAres de Karlsta 
qu'on rencontre qudqnes petits lacs de montagnes, dont 1 
plus importants sont les huit lacs de Plitfici, d le lac i 
Gaczka, prAs d*Ottochacx. Les marais qui aToidnent la Sai 
la DraTC, le Danube et la Thdss n^en sont que plus considAl 
bles. Le dimat dans les contrAes montagneoses est le p| 
i96nAralement rude; mais dans les plaines qd entoore 
Semlin, Carlowlcz, etc. , il est trAs^oux. L*air est mdsi 
dans les parties marAcageuses, od se dAclarent aaeei soitvA 
des fiATres et autres maladies. Les habitants, r^rtis \ 
12 Tilles, i^bourgs 4 marcbAs ct t,755 Tillages, sAat pel 
la plus grande partie des SUtos, notamment dv Orodi 
des Slowenes et des Serbes, puis des Valaqoes, des All 
mands, des ClAmentins. En ce qui est de la religion, I 
grecs non nnis, qui ont pour chef-le patriarcfae de Ci 
lowkz, sont les plus nombreox ( 600,000 ); Tiennent ^ 
suite les catiioliques remains ( 470,000 )• On comple ei 
Tiron 20,000 protestants, 5,400 grecs unis aa plus, etqns 
ques centamea de juifs. Les produits du sd sont trks-fsriA 
La bontA et la fertilitA sont extraordinalres daas ies^roi 
tiAres du Banat; et U en est 4 peu prAs de mtoe dans I 
FrontiAres d'f^la? onie. On y rAcolte tootes les ei|ikQS i 



tHOMTI^RES 

ttfM^t mrtoot do Inite, puts det legumes, des pommet 
de terre, betocoop de eboox, de rarw, de cttroniUes, do 
mdooM, ete. Les foomget y 8<Mit abondants, bien qa*oi& ne 
conge |Ms k s'ea procurer par des cultures artifidelles. L*bor- 
ticottiire n'est gate prodoctiTe; en reYaachey la cutture dM 
fruits y domie de ricbes risultats. On rteolte notammeiit 
beaucoup de prunes dans les Frontitoes d'EsdaToniey et on 
en retire une liqnenr Tineose appelfe sUvavic%a. A Tex- 
eeptioo des plus bautes montagnes, on cultife lavigne I pen 
piis partoot, inais plus partkuUtoment dans les Frontites 
d*EsGlaf onie, oil les vignobles de Fniska Gora sont cddt»res ; 
et on exp6die au loin les Tins rouges de Carlo? icZy le ScbH- 
lenfdn, le TropfWermiith, etc. On y coltive aussi le chancre, 
le Uo, le tabac» on grand nombre de plantes et de radnes 
tiuctoriales, direrses plantes aromatiques et m^didnales 
croisiant spontantoent, de grandes quaotii^s de joncs et 
de roseaux, qu*on utilise pour le dunifliige dans les loca- 
lity d^pounrues de bois. De yastes forMs, sttuto piindpa- 
lementdansiesFrontitesdeKarlstadt donnent lieu 4d'im- 
portantes exploitatioo9. Sur 4,072,729 arpents de terre en 
cultore, on en compte 1,379,817 en terres & bl^; 49,938 
en Tignes; 839,181 en prairies et Jardins; 779.739 en 
pltonges, et 1,624,056 enfor^ts, produisant 2,382,000 
cordes de bois. Le rigne animal oifre du gros b^taQ de race 
mediocre, des cheTaux, des moutons, dont Tespice de- 
miDde k 4tre am61iorfe ; des cb^Yret et des pores, beaucoup 
de Yolailles, et aurtout dans les Fronfites d'Esdavonie de 
Bombreux troopeaux do dbidons. Les produits de la cbasse 
et de la ptebe aont importants. Le r^gae mineral donne un 
pea d*or, de rargent, du cuine, du plomb et du for, beau- 
eoop de pierres et de terres de dlTorses esptees, peu de 
booflleetpasdaloutde sd. Enlaitde sources mio^rales, 
ks etox sulfureuses de Mebadia sont justement cdibres; 
et les bains solAireux de Topusiko dans les Frontites du 
Baaat attirent aussi an grand nombre de bai^oeurs. L'in- 
dutrie y est sans Importance, el on B*y compte en tout 
que 32 llibriqoes. On peut mentionner pluJeurs usines crates 
k SemUn el ailleurs poor le ddrid^e des cocons de sole, 
les chantien de construction ^tablis k lasienowitz, quelques 
moolins k papier, des Terreriesy des ftmdories de fer et de 
coifre. On fabriqua aossi ^assei bonne toUe de m6iage, 
des eotonnadet, des tapis de lafaie, des bas et autres ar- 
tides de bonneterie, det cuirs, beaucoup de chaussures, des 
pipes, etc, tons objets dont la Yente donne lieu 4 un com- 
ottree asiei important Le commerce de transit est d'autant 
pins actii; que presque toutes les relations coromeraales de 
f Antricbe avee la Turquie out lieu par les Frontites mili- 
taires. Le grand centre en est 4 SemUn. Les routes sont en 
gMal bien construites, et on en Toit notamment de fort 
belies dans les FiOBtiires du Banat Les deux routes con- 
daisaBt de Babakd jusqu^i OrsoTa, le long du Danube, et 
d*OrsoTapar Mebadia, les d^^ de Ter^va et de Szlatina 
k Karansebes, exdteraient radmiration mteoe dans des 
Piyspins aYancds en dYilisation. Le Danube, la SaTe, la 
l>n?e, I'Ounna, la Koulpa, la Thdss et le Temes se pr^ent 
«a transports par ean; et la naiigation k Tapeur est en 
pleiae aedyit^ <ur le premier de ces cours d'eau. Les c6tes 
^ U aer, bMaste de montagnes, se pr^tent peu au com- 
merce naritfane, dont fl n^existede traces qu'4 Zengg el 4 
Carlopago. En 1864, le mouveroent des ports des firon- 
ti^res mOltairesftiti Tentrde de 2,702 b41iments,jaugeant 
S3,752tonBeaux, et k la sortie de 2,747, jaugeant 56,584 
toooeaux. En ce qni toucbe la culture intellectuelle, on a 
pourm k llnstruction des classes populaires par des ^coles 
^nentaires ; mais le nombre (900) en est insufflsant, sur^ 
toQt dans les Frontieres de Croatie. n existe an gymnase 
calbolique k YInkoTcze, on gymnase illyrien k Carloyicz, 
et nn gymnase snp4rieur i Zengg. 

La constHution parUcalito de oette eontr^e , qui jusquli 
«o eertain point en fait paraiire les habitants commodes 
ioldats colonist, a subi d*essentiellcs modifications par la 
M oouTdle rendue le 7 mai 1850 pour les Frontieres mi- 



MiLttAIRES 



i9 



litaires, non en ce qui tottdie randenne organisation ndli- 
tdre, mais rdatirement anx rapports dvils. Tandis quils 
^talent autrefois d*une nature essentidlement ffodale , on 
▼oit aojourdliui lliabitant des Frontieres (Qrenzef ) Jouir 
de tdus les droits et guranties assort k tons les habitants 
des auties domaines propres de la couronne ( KnmUtnder) 
par la constltutioa de FEmpfare du 4 mars 1849 , en tant 
quils sont compatibles avee le but et les exigences de Tins- 
titutlon militaire. Pour les crimes et delits militaires, les 
habitants des Frontieres militaires sont soumis aux Ids qui 
r^gissent I'armde imperiale ; mais dans tout autre cas ils 
sont plac^ sous l*empire de la legislation dTile. Us sont to- 
nus de rendre k Tempereur, en temps de paix oomme en 
temps de guerre, toute espece de sendee militaire dans le 
pays et hors du pays, suiTant les ordres qui lour sont 
donnes , et de contriboer k Pentretien de tous les elabUsse- 
ments mflitaires interieurs. Par centre, tous les biens im- 
meubles des habitants sont desormais la complete propriete 
des communes, et on a abott la Id de 1807 qui ardt jiuqu'e 
present r^ la propriete territoride dans les Frontieres miU- 
tdres. Id aux termes de laqudle le sol etait la prot»riete de 
l'£tat, qui en concedait her6dltairement Tusage aux fiunilles 
des paysans avec exemption absdue de redoYances et dlm- 
p6ts, sous I'obllgation du senrice ndlitaire. La propriete 
fondere y est dhrisee en propriete bAtie , le plus generde- 
ment inalienable et doYant se perpetoer dans la fsmille, 
et en propriete arable, que les reglemenia dedarent etre sus- 
ceptilde d'etre Yendue et transmise k d^autres. Les pacages 
dont les communes out joui Jusqu*e present dcsneurent leur 
propriete. Les for6ts continuent, k la Yerite, k fdre partie 
des domaines de l*^t ; mais les habitants des Frontieres 
out le droit d^ tirer, sans redoYance aocune, tout le bois de 
diantEigB et de construction dont Os ont besoln. Les restric- 
tions apportees aubefois k ce que les habitants des Frontieres 
pusseni apprendre des metiers , se liYrer au commerce ou 
k la pretiqae des arts et des sdences, ont ete abolies. La 
Yie patiiarcale de b population des Frontieres est placee 
sous la protection des lob , comme constituent les moeurs 
nationales. On considere comme famiUe (Pune maison 
tous les indlYidns qui y sont coiucrits et ne sont pas 
gens de senrice, qu*ib sdent parenb entre eux, ou qu'ils 
sdent seulement admb dans la communaute. Pour main- 
tenir te cahne , le bon ordre, b concorde , b rdlgiodte et 
b moralite dans b/aml//e d*une maUon, Thomme capabb 
le plus 4ge, et exempt de corvee , est ordindrement charge 
des pouYoirs du pere de bmHb et d'administrer les biens 
de b famOb. II lui est adjoint k cet effet, pour raroplir le rOb 
de b mtre de/anUlU^ telle ou tdb femme qui paratt propre 
k ces fonctions. Les habitanb des Frontieres ( Grenser) qui 
se separent de leur maison pour s'etablir dans nne autre , 
on bien qui cessent d'etre astrdnb an serYice des Frontieres, 
cessent par oeb memo defaire partie de la communauti de 
la maison^ et ne peuYent rien repeter sur la fortune immo- 
biliere de cette moifon. De ce nombre fixe de families (en 
1853 on en comptdt 1 12,739) resoltent d'une part b grende 
hnportance et Torganisation toute particuUere du lien de fa- 
milb dans les Frontieres militdres, et de I'autre la fecon- 
dite des bmilles et le grand nombre de membres dont dies 
80 composent Par cetteorganisatlon l*£btatoojour8 sur pied 
de guerre une armee dont rentreUen ne lui co6te rien. AYant 
b suppression des Frontierss militdres de Transylvanb, ef- 
fectuee en 1851 , 11 existdt 18 regimenb de frontieres, cha- 
cun aYoc un batalUon de matebto, ou isenalkistes , appar- 
tenant k b flottille armee du Danube et de la Save. L*errectif 
ordinahv des troupes de Frontieres ebit de 50,000 hoimnes; 
mds en cas de guerre il pouYdt bdlement etre porte k 7o,000 
hommes, et etre en outre augmente sur les lieux memos d'une 
landwehr forte de plus de 18,000 hommes. En cas de lOYee 
en masse, on poovait mettre sur pled 200,000 combattanto. 
Depuis, son dieotif a ete fixe e 14 rdgimenb k 3 baUillons d 
un baUlllon de tschaikistes. L^armee est bien exero^e, 
bien dbdplinee,et, par on cordon continu dabli le long du 



80 



FRONTlfe]^ JflLIJAIftES — fRQNTIGNAN 



territoire turc, ne prot^ pas seulement le pays contre I^ 
•tiaqnes des iSircs e( rintasioh de' la peste, mais encore peut 
Veni^ en dde h llitat dans des guerres contre d*aufres puis- 
sances. Cest ainsi qu'on a m les Grenz^ (fronti^istes , 
^endre d'importants serrices non-senlement dans toutes les 
guerres coiiveles Tores, mais encore dans la guerre de la suc- 
tessiou d*Aatnche, dans la guerre de Sept Ans et tout r^m- 
tnent dans celles de Hongrie et dltalie. Sont astreints au ser- 
vice, k partir de TAge de vlngt ans, tons les habitants mAles 
des Fronti^res possMant an immeuble et en ^tat <)e porter les 
armes. Lefrtmti^riste reqoM de l*£tal un T^tement complet, 
des annes , un foumiment et des munitions. Cbaque soldat 
enr6f^ dans les bataillons de campagne re^it une solde an- 
noelle, qui est double en temps de guerre oti lorsqu^il tient 
Jamison hors du territoire des Fronti^res , et in^e augmen- 
ts alors d'un supplement. Les tilles et bourgs k marchd 
existant sous la dtoomination de communautis militaire!! 
des Fronti^es ont une organisation communale propre, 
dont la loi g6n^Ie qui r^Te la constitution des Communes 
est la base , sauf les modifications particuli^res exig^ par 
ieor nature mftme , et comme parties int^grantes des Fron- 
ti^res mititiires' , y sont rattachto. On y applique les pres- 
criptions de la loi gto^rale autrichienne rdative k la cons- 
cription et an recmtement de l*armS. 

Cest le roi Sigismopd de Hongrie qui fonda le systtoie de 
Fronti^res militaires, en <tablissanf \e<:apitanat de Zengg ; 
mais Tinstitutiod ne regut de d^veloppements ult^rieurs 
qu'au seizi^me si^e, quand le roi de Hongrie Louis II eut 
abandonn6 k son beau-rr^re Varchiduc Fer^nand d*Autriche 
les places fortes de la Croatie, pour les d^rendre k ses propres 
frais contre les turcs. Ferdinand I*' octroy a k des reHigi^s 
serbes , croates et roumains Sliapp^ k la fureur des 6gor- 
geurs turcs la Fronti6re de la Croaile, k reflet de s^y ^bfir, 
et sons Tobligation de la d^f^ndre. Ces r^fugi^ furent 
exempts d'imp6ts,mais astreints k an service militaire con- 
finael ; les nns obtinrent une solde de rAutriche : les autres 
darent servir sans solde. La constitution des Fronti^res de 
Croatie fut le r^sultat de fhospitalit^ donnS k plusleurs 
families morlakes, et surtout de P^tablissement d'nn grand 
nombrede r<^fugids dela petite Valachie, auxquels, en 1597, le 
prince qui porta plus tard la couronneimp^riale sous le nom 
de Fer^and II assigna pour r^idences 70 chAteaux forts 
abandono6s. Un privilege de Tempereur Rodolphe II leur 
accorda le libre exercice de leur colte, I'exeqaptionde tout im- 
pOt, sous robligation de mettre en cuttore ks terresqui leur 
etaient conc61to et de d^fendre les Frontl^res contre les 
Turcs. A diverses ^poques de nooveaux arrivants et d'antres 
r^fugi^s vinrent ac^rottre le nombre primiti! des frontii- 
ristes , car on comprit de plus en pins Tatiiite d^une telle 
institution, et on en favorisa toujours davantage Textension. 
C*est ainsf qu'apr^ le traits de p^x de Carlovicz (1699) 
forent form^ trofs g^n&alaU de Frontiires, ceux de Karl- 
sta^dt, de Warasdin et du Banat Le territoire conquis au 
sod des Fronti^es de Karlstaedt, en 1689 , Likka, Korbawia 
et Zwonigrad fut de mdme soumis, en 1711 , k une organisation 
militaire, qui compl^ta le syst^me de defense des Frontf^res 
de Karlstaedt. Sous Leopold r*", qui r^solut de donner aox 
contr^es riveraines de la Save, de la Thdss et du Maros 
une organisation militaire k I'instar de celle des Fronfi^res 
de Croatie, on cr^ en 1702 les Fronti&res d*Esclavon{d, 
places sous Tadministration du conseil de guerre et de la 
«hambre impdriale de Vienne. Ces Fronti^res dlCscIavonie 
ftubirent en 1747 une diminution , parce qu*on en fondit 
une partie dans le territoire de la Hongrie ; mais par com- 
pensation on y ajouta les Fronti^res du Banat, et en 1774 
•lies re^urent leur organisation actuelle. L'imp^ratrice Marie- 
Th^r^ institua les Frontiires de Valachie, savoir : la Fron- 
G^e des Szekler en 1764, et celle de Valachie en 1766. La 
paix de Szistowe, en 1761 , amena une modification dans 
les. di^ljmitations de ces diverses Fronti^res ; en 1807 dies 
re^urent le r^Iement g^n^ral qui les avait jusqn% pr^nt 
r^es. Aprte lesd^sastres qui amen6rent, en 1S09, li paix de 



Vienne, |a pix de Paris vint, eq I ^f 4 , r0fi|iir 

souslasouVerainet6'derAi4n<^e'tou^ \es pays ¥ 
Longtemps sans doute ills form^rent , ai^ |><>lii1 
litique, une partie int^ante sbii du VoYauine 
soit ^e la gran(i^ principauU de 'iTraiisyf^a^ie 
form^ment k l^espnt m6qae de fiY^Ututioiiy il^ 
compl^tement s^par<6s en Hongrie par une < 
militaire distincte en ce quttouclie la'copstftu 
ministration; et en Transylvanie , oti* d^^Ueui 
ti&istes n^ont pas de residence Oxe et Tiven| 
en quafre arrondlssemen^s proyfiiciAuXy seolcsj 
qui toucbe Tadministration ^ mats tbojo|irs pa 
r^nnis. Les Fronti^res militidres (fSlaient diyiseei 
g^nH^ala^s, ou commandements g^^raux, comn 
sup^rieures auxquetles etaient stibordonnds les 
dements 4e r^ments, analogues ^ux autofff^s 
etles repr6sentant, ayanl dans leacs aftributions 
lement toutes fes aflaires purenieiiit ioilitairesy m* 
les affaires ad mini strati veset Jujici^ires. Ces OPatr 
lats etaient : 1** celuide Croati^^ dpni Tea loc^ites les 
portantes ^talent Carlopago, Zengg, 'Belfovvary P€ 
Kostalnicza; 2® celut d'EsdaVonie, conopreiuuil Tani 
|a nouvelle Gradiska , Brood , Mltrovjczy I^ei^rwar4< 
lovicz , Somlin et le district des tscliat]c|^f e*;' 3^ 
Banat ou <)e Hongrie , comprenani IpancsoTa » 1^ 
Chen, Mehadia et ^aransebes ; 4"* celui ^ ^aiiaylf 
Lors des troubles de 1848, les ^ronti^res nii|itairei 
d'abord plac^ sous Tautorit^ 4^ iplnjst^re ho^gxok 
bientdt'elles se rattach^rept avec la plus opiniAtre coi 
k la lutte soutenue par Vautoqte jmp^riaie conlre / 
rection hongroise, et contribu6ren| tteaucoup k son i 
d^finitif. Pour r^compenser le' courage e( la fS^Wi^ d< 
gr€n%er^ ou frontUristes, Qrerif alors pretiye en Jta 
en Hongrie, 11 fut d^lari par ^ coi^^tutioq de VEt 
de 1849, que leterriioire des Fropti^res mUitakes const 
d^sormais un domalne propre de la conroone; ^t en 
elles re^urenl la nouvelle coQstitatioq dpnt (I a ^ put i 
tion plus haut, avecde notables avantages ^\ prlvil^es ( 
leurs habitants. La Frontiire mi)ita$re de ^jfcaifsyhaiMe a^ 
&& supprim^e eh 1851' ei plac^e d^nnaj^ sous Tauto 
de fadminTstratibn civ|t^, les trois srond^ (jivisjoos ^ 
vantes forent ^tabties dans cette insptuUon : t' U ^ 
tUre de Croatie^ su6divis^ en trots {erxitokes de Fri 
tih-eSf comprenant ensiemble huit r^fmenfs a*iDfaa|erie 
cercles, k savoir : la ^ronti^re de Karlsmt, avec jes f^ 
ments de Lfkka, d^Ottochacz, d'OgoUn et'de Sifuih ; la fro 
ti&re Banale, avec le premier et le second ri^iopeot baa 
et la Fronti^j'e de Warasdin, avecles r^inenis ^e |CreiB< 
et de Saint-George; 1^ la FrontUre (tBsclamie et ^ 
Servie (appel^ aussi jajis FroniUre ^ Si/rr^ie), aye 
trois raiments dinfanterie, li savoir : las r^'menb <)e Gr^ 
^ska , de Brood, de Peterwardein et le distdct 4a bataiUon 
de tschalktstes; 3* la Frontitre du Banc^f avec rois re- 
giments dMnlanterie de cercle, k savoir: cdiii; ^a ^oal sJ- 
lemand, du Banat iUyrien et du Banat rou^ai'a. ^ux termes 
d'une rtonte ordonnance, 11 n'exisfe gue deux conunav- 
dements supdrieurs : 1* celui de Croatie el (|'^8claVofil9f 
comprenant dix raiments de cercle , uno supqiiicio ^^ 
224 myriam^tres carr^ et une popoIatipD de 67|,000 ha- 
bitants ; 2* celui de $ervie et du l^aDaCcomprenant quapv 
raiments de cercle et le district de^ tachaikjs^s , ayec m(i« 
superficie de 174 myriamitres cartas e| une popalatida 4d 
339,000 habitants, ^onsultez Nei^b^ur, Z^ $lftves m^i' 
dionatue et leurs paus, dans Imn voj^t^ Wfc I'M- 
toire (en allemand ; Leipdg, l^lj}. 

FfiOIVipiGNAN, ville ^e france, ^-|i^ 4^ caoton 
dans le ddpartennent de T H ^ r a u 1 1, sur ('^(ajig de IHagoe- 
lonne, k 2 kilometres de la M^itecnn^, av($ ^.000 ijabf- 
tants et de nombreuses distillenes d^eaux-^e-yi^. On jr^ 
colte d'excellents vins niuscats, dits ausji mi ifi lun^^ 
les meilleurs de France apr^ ceux de liivesalte^. Sod terr|* 
toire produit en outre de tr^bons vins roages. 



trooU^iian b'dppai^ ff&^ jl&ds I'iiktolre kvaqt le ion- 
nhm» il^\k ^\^^e oh fiii cbiteaii fortlfi^ s'^Ieysdt sur son 
empUU^Hpt ^ I56i 1^ c|tTttii8te$ 9SsiJ^g^reiit Inatit^ 
ment U Wle. Eii itTi Louis tlSl j ^iablit lin si^ ptiodpal 
d'^amipiiiti. Friiiiil^aii ^t ^ors une J)lac^ Importante 
poor je ctfrnpiero^ mahtiiiie de \i pbtliice. 

J^OnriN* personnagb cdmlqde. H^ritl^r da Dave dk 
la commie |inc|enDe, snccesseur du 5 cap in et da Mef'Hn 
de lasc^edu dix-septitoie si^le, FrobtiQ est une cr^tioh 
des poetes comiqu^ da dix-lidti^e. Valet ptlas impudent 
que iborii^^ j>lils dbJkcieux qde rus^. son nbm indique as- 
aei qdll i hnj^i & I'^preuire de tout, qui iie rougit et 
qui ne pAlit Jamais. (Tbsi mi qoi est le maltre T^ritable de 
oeloi qa'il veai bien apjieler son maltre, qui le diHge dans 
MS amdM, ses intrigues, ses plaisirs ; c^est lui qui ^conduit, 
ou oitoe, au feesoln, cliasse ies cr^nciers; c*cst Frontlti 
qui, torijciurt amant sans b^rdmonle de quelque ?)ve et gen- 
tiUe Mariottj li iaii agtr poxii bamis ou Ffortiltfe^ j^^h$ de 
quelqil^ b6auld tendre ou iiig^nue ; c'est eneore lui qui, 
dans I'bccasioii, Se placera eHtre son patron et nn ^te ou 
uo oiide iiritd, dont il. Bi-averd les nienaces et la carine. 
Qq^u^ i^n^ pvant la r^Tohiibn, la Com^lie-Fran^se 
possuiit im actenr dont le pliysiaue et le talent ^taient uoe 
|ter$mtltoiti<^h i)arl^ite du Frontiil de iiotre ih^^tre. 11 se 
Donitn^t Aug4. Dorat^ d^ns Son ^me de la JOictamatibk 
th$IUr^e, ra dunct^risii pa^ ce^ deut vers : 

On tMt ^ocdf r diM son regard ■otia 
El I^ttoar de I'lmrigoe et U toif do butin. 

Aptti li rebate d'AOgd, pii gazon reprodoisit en partie ee 
type de rsiA bth)ihd, qiit depbis a dlsj^m de la sc^ne 
franttise, coi^e pr^que tout I'etnploi ditdela grande 
casajvh. U ius^epr^otali p\\ii ce qui se passe dans la so- 
d^, oh & ^i Bten ^Hboi-e dk vaiets Insolcsats, rnals seule- 
ineBtdag ily classes dU IMH n^ porte pa^ la li?r^. Ourry. 

FRbftn^ ( ^Etrvs Jpuus Frontinos ). La maisdn 
Mi se 41ylsd|t en pliisiehrs J^rniiles, dont Ies unes ^talent 
batrtbtenmls. ies autres pl^bdiennes. il est probable que la 
i>raiicbe i iaquelle apiiartenait FrontiH ^ialt in nbmbre de 
ces der nitres, et he tenait point {>ar des rappoHs de parents 
aut iolluS qui coml)laient parmi enx C^ar. Frdntln yivait 
au tcnpsdeY^pasien. Quant k lui^il ^tait devenu patri- 
deh pv lj» cuarges <{ue SeJ p^tes aVaieht occupies sous 
lesemiiereiirs. Li pi'edii^re mention qu^ nbus ayons de lui 
est due & Tidik, qui dit qii'lt convoqua le s^nat eh qualitd 
de pr^teor de la yiUe; on ne sail d*aiiletirs od il haqult ni 
en qiiel tero^s ^ oh cfoit quit abdiqua ta pf^ure pour faire 
place k Ikimitien. <^\ i^bitionnaH, et qu^l gagna aihsi lea 
Dohhes ^ices de Vespaslen i il ^arali que ce fut en I'an 74 
dehcAre^. 11 deVlnt ensulte consul subrbg6 (st^ecttis). 
Cb h!eiii, il est trai, dtf uhe conjecture, mais elle est bien 
loha^ ; d^abord, il est c^ilaln que Frontin fut consul, car 
tiien, da^ tin ohtra^ d^ ^trat^e^ I'appetle consulaire, 
Ms, on n*diVbVaii gu6rb eh Breiagne que des consulabres, 
el ce eoihxiu^dnent lui fut cbhHd. On d lieu de croire qall 
bbliot le cohsuiat en l*ah de Korad 827 de f^re de Var- 
rbal oh Cr(^ ni^itie quil fat le cbtl^e de i:k)mttien. Tacite 
le Mlhl de ^r&bd horhnie : 11 A\i qu^ oon-seulement il triom- 
phi dhnon&re. fhals encore de Id difflculU des Heux. C*^tait 
daiii la^erre de befealts, doht 11 p^ratt aybir 6U le succes- 
sor, ttti-meme eat pour snccessetir Agrlcola, dont Tacite a 
&Hlktie. 

Frbhtiijf Sohblt Ies Sllures. A son retour k home , 11 dcri- 
^les Stiriaiqghnes et ses autres outrages militaires. On 
croit qu1ls fbi-ertt i^ig^ av£tht lei guerres des tiaces, mais 
aprfis c^le^ de Genn&hi^ bomitieh y dtant nonuh^ cinq Ibis, 
et toajbhir^ appett Germahicus, hoitl qUMl itorta depms S4. 
tro^tih dt4it d^ €Crtt su^ M science roilitaire des livres que 
ttoiii h*itf pns plus. II s^^talt aussi occupd delatactique 
au ifsn^ d*floih$r^^ c( filien loue ses outraged. iSous le r^- 
joede potnltlen, 11 vdcut rettr^ pr^ de Ronie, ofii tl Tenail 
B^itimbini isses sotttCot* car ^ne dit dans une de ses let* 



— t'iioSTdN 



H 



tres rdvoli- consuls sbr uhe alfilre. bh p^ cohclur^ fl^ eh 
|>dssage tju'il ^tali jurlsconsqlte , ce que proJiTe d^aillem 
le sbin <p11 apporte, dans son Ttaii6 des Aqueduc$^ i d« 
t^r lbs s^natus-cbtlsultes reiatlfs k son sujfei. fl i^ulte d'uhh 
dbi^rahime de lilartial qiill fut deux fois cdnsdl, et Ton a 
lieu de penser (|ue sbti secohd cohsulatse rapporte& Pan 67, 
car imro^iatemeht 11 eut la direction des eaux, nomination 
dui lui arriva, commeil le dit hii-m^me, sous Nerva; mais 
il h'&cheTa son TraU6 sttr les Aquedttci qn'apr^ la raort 
db ce prihce. Frontin ^tait a^ide d'instrtiCtion ; il ne trou- 
Talt Hen de plus honteux pout* uh bomme supdrieur que de 
se Ikisser guider par Ies consells des subalternes. Pliiie vante 
aussi sa probitd, son d^sititdi-essement. Il mdhrut dans les 
premieres anodes du r^ne de Trdian. P. db Golb^t. 

FRON'tlSPtCE. Far ce mot, formd du latin frons, 
Jrontis, f)'ont,et inspicere, v6lr, rfegarder, on ddsigne en ar- 
chitecture la face principle d'tlh temple, d'uri palais, d'un 
ddifice d'utilitd publiqufe. Ain^ , le porlail d'une dglise , la 
porte d'uh h<)iei de tille, oU d'tine prison, quand leur ddco« 
railoh a un caract^re di^tettnin^, soht des ft-obtispices. Par 
analogie, bn a donhd ce noih k la premiere page d*an liTre, 
rjeprdseniaht jiar des symboles la nattire, I'objet , le rdsumd 
des rhaH6res doht U Iraite. 

f^fibNtdM (^ latin ftvhs stdiflm). Les deux cOtds 
du tbit s'*dlevaht insehsiblemeni poiir se Joindre sons on 
ahgle bbtus ddiis le Ritte, fonhent au-d<^tis de la facade 
^rlncipale un triangle au*oh appell6 le/ronton. Chez les an- 
clens, le fronton dtait uh des pHnclpaul omements des 
temples, et beltil^ar lequel oil les distlnguait partlctili^- 
rement : le frqnton ^tait essehtiel pburdonher k ces 6diflces 
de iadignltd et un extdrietir solennel. Les autres monamcfits 
publics avaient rarehient cette ddcoratioh. Oil eta dmaU 
encore moins les habitations des partienliers j qui aTairat 
ordinairement des tdits plats , de sorte ^ ^les ne poa- 
raient avoir de fronton; miiis lors meme 4de ik tdit y dtait 
en pente, bn he pbatait pdlnt j di)pliquer Un fronton dd- 
cord d*une corniche. qui rtsblsdt. Lorsqu'il fut permis k 
Cdsdr d^brher sa maison d*uh frontoii, on regarda cette 
p^mtssion cotnme uh liohheur di?in. II fbt sans contre- 
dit le premier & qui cette perraisslbn fut accordde; par la 
sdite les maisbhs des fethpereurs et d*ahtres personndges 
distltlgu^ en hirent ^alement ddcor6es. 

Le champ triangulsdre du fhmtdn pbrtait le notn de tpn- 
panuh, Ce mot yient pedt-Mre de ce qa6 In pedu do tam- 
bour dont on se sertalt dans le^ m|st6rfes dtait chargde de 
di?ers ornemenis, et qtie le chahlp' du ft-onton, qui ressem- 
ble uh pen k nhe peau tehdue shr TooTerture du toit , en 
dtait dgalement convert. A la facade antdrieure du temple, 
on pla^it quelquefois sar la cdniichfe des statubs, des vases 
et des ornements de feulUagfe. Pour dontibr ahe asslette idte 
k ces statues ptacdes sar ttti plkd inclindi tel qu^dtait la cor- 
nicbe qui entourait le fronton; on ^Id^it sur lo sommet du 
fronton, et k ses deux extrdrfiitds , deS piddestaox appeld^ 
acrotbres, Dans les temps les pluS aiiciens, le champ do 
fronton dtait sans omements, comtaie on ie voit encore au 
temple dePaestum,k celui de la Concorde ft Agrigente, k 
celoi de Sdgeste, et mdme ad temple de thdsde ft Xth^hes. 
Par la suite, le fronton des grands temt>les cdl^bre», sortout 
de ceiix qui fbrent construits apr^ la guerre de» Perses, 
tui ofdinairement ornd de bas-ttlHefs t^avaiUds par les ar- 
tistes les plus distinguds. Les sdjfets qh'on choh^ssalt dtaient 
le plus souvent (ju^lqde rapport ftu dieti auquel le tttnple 
dtdit consacrd. Qaek|Uefbis on choislssait fthssi on sujet pris 
dans Tblstoire de la natldn oo dads celt« de ta vllle qui 
faisalt bfttir le temple. Oh pent dter pdur e!temples les 
frontons du Parthdnon, da ttoililed'Hercule ft TMdies, 
do gfatid temple de Jupiter ft Agrigente, dii temple de Mi- 
nerve Alda ft Tdg^e, d» temple d'ApolIoa ft Ddphes, du 
temple de Jupiter ft Otympie, dii Panthdbn de Rpme, etc. 

A rdpbque oh le bon goOt de Parchltectiire Ait aitdrd 
par le goat des omements, on feisait aussi sormonter de 
frontons Ies portes et les (^dtres. Le p^re Laugier teutab- 



u 



FRONTOK — FkOTTEMENT 



solument iwMiidre. tos frontcms vox aeab toitf. Yttrare 
pantt aosfi ttre de oe tentjimait. On a cepwidant obscr?^ 
en (kTeor de ropinkm contnin, qu'on frontoa ert aisei 
natnrel aa-dessas d'une ports <m d'mie fe&Mre^ lonqa'on 
a orn^ les ijarto de oomlches trte-saSUaotety parce qoV 
lors le fronton raprteente le toit de ces omrertoret. H fuA 
n^anmouu conTeoir qa^k one facade dont les fenfiCres aont 
k pea de distance Pone de rautre^ ee grand nombre de 
frontons foit on maavais effet, k cause des nombreox an- 
gles pointos qa'on y toH de tons cMs. Get eflet des fron- 
tons de fen^tres deTient encore plus dtegrdable qnand les 
stages sont s^parte par des coniicbes; car alors les som- 
niets des fron|pns sont trop prte de ces comicbes : ce qui 
forme encore de nouTeanx angles par le point de contact 
du sommet do fronton avec la comlcbe de separation. 

On appeile fnmUm d iwr celui dont le tympan est 
^Tid^ ponr donner de la lumitee k qnelqae logement prati- 
qo^ par derri^ ; >rontoii briU^ cdui dont les comicbes 
rampantes ne se joignent point, mais sont reUmmte par 
redants on ressaats;>^oiitoii dimble, celni qui en couTre 
un autre plus petit dans son tympan, oonune an gros pa 
viilon da LooYre, od onen apratiqii6 trois i\aidans rantre; 
fronton gotMquey one esptee de pignon k Joor, et oni6 de 
nioulares de forme triangnlatre, raifermant one rose de 
vitraax, comme on en Toit aox portails lattonx de Notre- 
Dame de Paris ; fronton par enrouUmentf eelni dont les 
deux comicbes r ampan t es ne se joignent pofait, et sont eon- 
toum^ en enroolement, formant des esptees de consoles 
coucbte ; fronton sans base, eelni dont la base on corai- 
che de nirean est eoopte et retonmte d'^qnerre sur des co- 
lonnes oo pilastres;yhm^oii sans retour, celai dont la base 
n'est pas profile an bas des comicbes rampantes; yhmlon 
surmont^^ celai dont la pobito est plus dler^e qoe les bon- 
nes proportions ne le permettent, et qui tient da fronton 
gotblqae ; fronton surbalssip eelni dont la potato est plas 
bsMO qa*^ ne doit Mre. A.-L. BIillui, dsTiiHtiivt. 

Les frontons qnl 4 Paris se font remarqoer par lenrs 
sculptures sont ceox de T^glise de la Madeleine^ de Teliae 
Safnte-GeneTf^Te, da palais da Corps l^gislatif, de la porte 
orientale do Lonvre, etc. 

Cest sans dooto Temploi des TotMes, pins partlcall^renient 
adoptta dans I'arebiteetare romafaie» qoi a donnA lien 
tLvm frontons cbreukrires : on en roitnn de oe genre an 
portall de Safait-Gerrais 4 Paris* 

Les figures de ronde boise ont M qoelquefois employte 
poor la decoration des frontons. Ce systtaie, raiement soItI 
de nos fonrs, est cqwendant dans certoins cas d*an bel efKet 
architectural. 

FRONTON (BCABCosCoBMBUUsFaoMTO), c6l4breoratear, 

frit undesprdceptearsdeMare-Aar41e,4qai ilouTritles 

yeux sur le pen de Taleur des protestations de ceox qui en- 

tourent les grands. Aula-Gelle et d'autres auteurs ? anient 

son eloquence, son erudition, sa sagesse : d6s le temps de 

Tempereor Adrien, 11 s*etait acquis la reputation dun des 

plus habfles l^jistes de Rome. Marc-Aur4le lui lit eiever une 

statue par le sinat et le fit subroger consul pour deui mois. 

Fronton airait la parole grave, le style eiere, le goAt pur, 

qualites alors negligees depuis longterops. Nous n^avons 

plus on seol de ses onvrages entier ; noos n*en possidons 

que des fragments , entre antres de son traite De Diffe- 

rentUs verborum. En 1815 . Tabbe Angelo Mai d6ooaTrit 

dans la bibllotbeqae ambroslenne qadques morceanz de 

Frontoa qaH fit imprlmer ; quoiqne tres-restreinte, cetto 

pablication JasHfie le Jngement qa*on a porte da merito 

de cetantoor. Le meme savant pnbiia, A Borne, en 1823t 

one oorrespondanoe de Fronton avec Maro-Amr^ 

FROSCHDORF, on Ftohsdorf, aeigpenrie et Tillage 
de la basse Aalricbe , arec an magnifique chAleao et on 
▼aste pare, A so kil. sad de Yienne, sur la Lutha, appar- 
tint, an treizieme et aa quatorzieme sitele , k la fiunille de 
Ch)ttendorf. En 1822, Caroline Bonaparto, veuve de Mo- 
rat, ex-reine de Naples, en fit racquisition. En 1844, la 



dnebesse d'Angooieme y fiza sa demevtre* A 
eetto princesse, son neveo le oomte de Ghamb 
possession; il y passe la plosgrande partie de 
FROSINONE,l'ancienFyMj<nodii i^aysdei 

cbef-lieo de la province italienne de ce iftoiii,L 
beUe, sur une baoteor dominant an petit cour 
one station do cbemin de fer de Rome A Na p les. I 
deFrosinone, ancienne delegation des titats d 
annexee en^octobre 1870 an royanme d'ltalie 
alors 154,669 babitonto; la ville,8,000. 

FROSSARDCGHiOiLES-AiiGUflTE), g^n6ral, n« 
1807, sortit de Tficole polytecbnique et fit, dan 
le si^e d'Anvers et quelqoes campac^nes en A I 
1846, 11 devint officier d'ordonnaoce de JLouis-PJ 
prit part aox travaux do siege de Rome, ainel i 
du siege de S^l>astopol, et fut bless6 A l*iui et i 
Golond en 1862, general de division en 1856, ilcoi 
le genie dans la campagne dltalle et n'y fit riej 
marquable. Aide de camp de N&pol6on III , II pril 
A la cour one si grande influence, qn'on dbcrei da 
1867 le nomma gouvemeardo prince imperial. € 
gardait comme on mattre en tacUque militaire. 1 
la guerre eut eclate avec la Prosse, M. Frosaard r 
eommandement da 2« corps (17 Joillet 1870), et o 
loi que fut reserve Tbonneor de eonunencer lea bee 
Le 2aoAt,en presence de Tempereor, II attaqfoa av 
division la viUede SaarbrG^ck, et obtint on socote 
Lee, surpris k Forbach par le prince Fr6derio-Cb 
qoi disposait de troupes trolsfois plos fortes. It fotn 
^Ine deroate , et se replia sor Meti, aprte avoir < 
des preoves Incroyables d'impMtle. A la paix, il j 
aa plac e an co mite des forlificatioas. 

' FROTTEMENT. Si les corps n'avaient pas de] 
el si leors surfaces etaient parfoitement polies, le mc 
petit efTortsolBrait poor deplacer one masse d'on pofds 
conque qoi reposevalt sur one surface plane; 11 en est 
antrement : toos les corps soot plus oo moins poreuj 
qaelqoe blen polls qolls soient, leors surfaces oat tooj 
des asperites, de sorte que deux corps qoi glissent fan 
rautre s^aocrocbent redproquement. Cet obstacle, qu 
force motrlce doit vabicre k son detriment, s'appelle/fv 
nunt, 

Le frotteoMnt est prodoit da plosiears manieres M6i 
tea: l*par les ooips qoi glissent sor one sorfi^e, oonune 
tralneao sor la nc^e, one roote : le frottement prodoit 
cette maniere est, tontes cboses egales d'aillears, le p 
consid^able, parce qoe le fMeao qui est aind traloe d 
abattre les asperites qui Tarretsnt, oa etre sooleve pour I 
surmonter; 2* lorsqoe le corps en moovement est suppoi 
par des pivots cylindriqoes, la resistance prodoite par 
frottemeot est beaoooop moindre que dans ie mooveinei 
rectiligne : ainsi, par exemple, on seol bomme soffit poa 
mettre en voiee one clocbe da poids de plnsienrs milliers 
3"* dans le transport de la plopart des faideaox, do dimioui 
le frottement en les sooleoant sor des cylindres oo d« 
spheres : c'est cet office qoe rempUssent les rones de$ m- 
Uires, les rouleaux qu'on place snoceisiTenieot soos lea 
blocs de plerre, les grosses pieces de cbarpeate que l^on 
conduit 4 de p^tes distances; dans ce syst^ les rouss 
en toumant se degagent des asperites qn'elles renoootmrt 
sur la voie, comme ferait one rooe dentte qai tooraerajt sur 
ooe cremafliere; 4* afin de pnidoire le mdns de frottement 
possible, les mecanioens font soovent toaner les pf? ots dti 
arbres de certames rooes sor des gaUts : ce sont de peb'ti 
disqoes qd tooment eox-memes sur des plroti. 

Quel qoe soit le systems de mooYement qn'on adopte, or 
attenoera les effets do fhittement |Mr le poll, on bien en 
boucbant les pores, les creux des sarfaces frottantes, arec 
des graisses, des huiles , de la cire,ete. Le frottement offire 
moins de instance lorsque les surfaoei en contact rant de 
nature differente : ainsi, un pivot de fertournera aTeephii 
de facilite sur un coussinet de cuhrre que sor an vareil 



FROlTEBIEiNX 

Mosfinel en fer. Un corps solide qui est en inoa?emeut 
Mr OB liquide 6proa?e bien moins de frottemeot que s'U ^Uil 
porl4 sur MB p8Y^ : aiMsi Cant*U moins de force poor trainer 
no bateau qui est snr un canal que pour tirer une charge 
pareille sur one route. Les chemint de fer n*ont pas d'anire 
propri^tA qoe ceUe de dfaninuer le frottement que les roues 
des chariots ^prouTCot sur les voles ordinaires. Les flnides 
et les llquides qui se meovent dans des conduits ^troits et 
d'oae longueur un pen contid^rable j ^prouTent des effets 
de frotteawot qui ialentissent leor marche d'une quantity trte- 
sensible. On aogmente, au contraire, le frottement en ijou- 
tantaupoida des pitees mobiles, en interposant des sables 
dors entre les suriioes frottantes. 

Si les finotteroents sont un des grands obstacles qui s'op- 
poiiant k la perfection de la plupart des machines, il y en a 
aossi qui ne seraient d'aucun serrice s^ns le frottement : les 
▼is et les Serous , dont on fait un si grand usage pour fixer, 
presier, se relAcberaient d'eax*mdmes sans to frottement; 
il enserait de m^paedes cbeTiUes qui seryeoti tendre les 
cordes des Tiolons, des pianos, etc TfitsstoaE. 

On appeUeco^/S^Scien/ dejrottement to rapport de la r^ 
sittanee absolue 4u frottement d^un corps glissant sur un 
aotre ii la piession totato eiercte par ce corps perpendicu- 
hirement k U surCMe de contact. Cette quantity, ind^pen- 
dante de la vitesse du mouYcroent et de T^tendue de la sor- 
fKe, eat loujoors moiadre que Tonit^; die repr^sente la 
vslenr absolue de la r^stance au glissement sous Tunit^ de 
preision. Lea corps ^tant suppose seta , 11 rdsulte desexp^ 
rieaoes de Coulomb, de MM. Morin, Poncetet, etc., 
qa'en moyenne to coefficient de frottement est pour bois 
mi bois, 0,34 ; bois sur m^taux , 0,42 ; cordes sur chtee 
0,45 ; enk fort k plat sur bois ou ro^Ul , to cuUr 6tant battu, 
0,30; m^ux aur m^ux , 0,18. Ces chilfres sont relallfs au 
frottement de glissement Quant an fh>ttement de routo- 
neat, M. Poncetot a daan6 des tables qui contiennent les 
rapports du frottement k to pression , dans to cas du roule- 
Bwat des snrlkoes cyUndriques sur dies surfaces de niveau. 
Oa y trouve pour des roues de voUure gamies en/er, che- 
Btnant sur one cbausste en sabto et caiUoutte ii nouveau , 
0,0034 ; sur une cbausste en emptorrement k T^tat ordinaire, 
0,0414 ; sur une cbausste en empierrement en parfait ^tat, 
0,0150; sur une diauss^ en pav^ bien entreteno, au pas, 
0,01 S&; id., au trot , 0,0328 ; sur une chausste en plandies 
da cbfine brutes, 0,0102; pour des rot<ef enfonte, sur 
tails en bob saitlants et rectilignes, 0,0023; sur emigres 
plates en fer, 0,003& ; sur omi^es saillantes, avec alimen- 
tslioa de graisses ordinaires , 0,0012 ; Id., avec alimentation 
degraisse continue, 0,0010, etc 

FRUCnOOR, form6 du laUn frucius. C'^talt to 
domtomemcffs du caleadrier r^publicain. 

FRDCTIDOR (Joum^ du dlx^huit) ou du 4 seplembre 
1797. Oepuis longteroiM to Directoiren'^tait pins exempt 
<te r^Noches : on I'accusait bautement de Ttoalitd, on lui 
inpotait de fr^uents abnsde pouTolr. L'un de aes membres 
nvtout, Barras, blessait Topinion ripublicaine par sa con- 
diitoinddeente, son luxe, sa rapodt^ mal d^uiste, son 
n^ris de tout prindpe publto et priv^. De tour c6t6, les 
rsyalistes poursuivatont leur guerre Incessante de plume , 
ds discours, de calomnies, dMntrigues et de conjurations. 
Arguaat dea r6sultats, ito attaquaient to r^voluiion dans 
ce gowemementfaibie et sans prestige, Dependant , trois 
de ses merobrea esp4raiflot encore pouvoir dinger la puis- 
laoea piibliqoe entre les deux opintons Tiraces du pays, 
le roydisme et to rdpublicanisaM ; mato ito ^ient sans par- 
liiins. Dans ces fautes, dans cette roollesse, dans cette cor- 
nplioa , dans cette btigue des opinions disenchants , le 
parti monnrchique puisaqudque espoir; il ne devhit pu 
sue puissance, roais une caus^ active de diseordas faitd- 
rieoros. Maltre de la majority du ConuU des Cinq Cents, 
pv to bH des noufdies ^toctlons, ce parti appda Piche- 
t'o 4 to pvMdeoce de cdte assembtoe. Or, tout to roonde 
Mnit qu*enncmi do goo? emement, il 6USi prOt k donner la 

MCr. DC LA COilTCBS. — T. X 



— FRUCTIDOR 



83 



main k une restauradon. On le supposait m^me eotr^ dans 
des intrigues puissantes. Deux g^n^raux , Desaix et Morean , 
aTaient des preuTes de ses retotlons stoc T^tranger; mato 
ito se taisaient, parce quMto to voyaient dofgn^ d^ armte. 

Cependant , to Directoire, malgrd to danger, s'^tait scind^ 
en deux fractions: Re wb ell, Barras et LaRe?eill^re 
Ibrmaient to premite; Carnot et Barth^lemy compo- 
sdent to seconde , ou I'opposition ; parmi les assaillants , on 
remarquait la ligue inilitante des joumalistes : Fontanes, 
Snard, Morellet, La Harpe, Michaud jeune, etc. 
Ces hommes ardents ptoidaient pour les doctrines tombS, 
pour le royalisme. La guerre quHls faisaient aa Directoire dait 
vi?e : die agitait d tronblait I'opinlon publiquc On senlit 
qu*il 4tait temps d*y mettre fin. Bonaparte aper^ ut to danger 
du fond de Titalie. II euToya k ParU un aide de camp avec 
mission de suivre to marche des affairep. On ne parlait 
plus k Tarmte dltalie que de I'agitaUon de Paris , de Tan- 
dace des dnigr^s ralU^, de Venvahissement du pouvoir 
Ugal par les traitres. Le gdid'd Bonaparte, en passant 
une roTue to 14 julUef 1796, avdt dit i^ses sddato : « Ju- 
rons sur nos drapeaux guerre aux ennemto de to r^ublique 
d de to constitution de Tan m ! « Et ces paroles avaient ralli^ 
tons les patriotes; cheque divuion , cheque brigade de Par- 
m^e d*Itolie avdt r^dig^ son adresse, et ces adresses se 
ressentaient des craintes du gdi^ral et de Tagitation Tiolente 
des esprito. Berthler les envoys au Directoire d anx con- 
seito. Les armte de Sambre d Mouse et du Rbin , partd- 
geant les sentimento d les prfoccupations de I'armte d*Italto, 
s*adressirent ansd au Directoire par Toto de petition. 

n s*op^ra dte lors un changement fold dans to public. Cha- 
con pressentait Tapproche et to ntossit6 d^un coup d*£tat : 
cette dtemative inqui^tait cependant bien des patriotes. Sans 
doute, la r^publique existait toujours , mats il fallait rafler- 
mir. L'dnotion dait vive partout ; die I'dait surtout dans 
les assemble. L4 , rompant en visiire au gouvemement, 
la nujorit^ l^ale mettait en avant les projeto les plus sub- 
versito. Tout k coup , to 17 fructidor, le bruit se r^pand 
qu*unooup d*£tot va 6tre frapp^ par le Diredoire, dque des 
mandats d'arrdt sont d^ji slgnds. A cette nonvdle, les 
d^put^ facUeux se refroidissent visiblement, d certaines 
altaques sont lyoum^. Les plus compromto, les plus vio- 
lents , se cachent : Taction du lendemain doit tont terminer. 
Angerean, rdcemment arrive d*Italie, to pr^dera avec 
cette aodaciense jactance qui le caract^se. 

A troto heures du matin, to 18, Augereau, nomm^ la veilto 
commandant de la division militalre de Paris, Investit le 
Corps togtototif d dispose ses troupes eomme pour un as- 
sent. Qndques affid^ entourent la demeure et to jardln de 
Camot; mato ce directeur les fdtretireren les mena^ant 
Au coup de canon signd d'atorme, to poste du Pont-Tour- 
nant est forc^, d un des lieutenanto d'Angereau, le gdi^rd 
Lemoine, vient camper dansle jardm des Tuileries. Raroel , 
commandant de la garde du Corps togislatif, vent Ten emp6- 
cber ; 11 n*y r^ussit point : Augereau s*danoe sur Ini, le d^r- 
me d lui arrache ses Epaulettes : U est suivi de 8,000 hommes 
et de qnarante places de canon. D^j^ des batteries sont poin- 
ts snr les bitiments des deux Consdls. A quatre heures, 
le g4nEral Verdi^ fdt signifier k qudques d^put^ assem- 
ble en comity an pavilion Marsan Tordre de sortir du lieu 
de la sdmce, d sur leur refus, il en fait former les portes 
d les retient prisonniers. Ramel, abandonnE de ses troupes, 
est envoy4 an Temple. Pichegm, sur lequel les soldato, in- 
terpdie par qudques d^put^s roydistes, n*ont pas os6 por- 
ter to main, est arr6t4 par quatre officiers, 4 qiu Augereau 
en a dohnE Tordre; odui-d terrasse lui-mOme Aubry d Vil- 
lot. Ddarue est an moment de lui brOler to cervelto, mato il 
ddtoiime rapidement le canon dupistotet, qui part; Ddarue 
re^it un coup de baionndte. Rovdre d Pichegm sont bles- 
s^, d leurs liabito mU en toinbeaux. Vers midi, to maioritd 
des membres du Conseil veut pEndrer dans Tencdnte; mato 
les baionndtes sont crols^es : il faut se rctirer. Un d^laclie- 
loeot de diasseurs disperse et arr€te lesd^putds. Le tuiem* 

a 



34 FBUCTIDOR 

bourg Ml ami par del soldala ' Ciniol ^cliippe ^ leur uir- 

tojIUncc t«r ooe pOrte du Jirdln qu'on ne conntUsuil pas, 

d, 1 dWnl d'ainii, qui toils soul glacis d'eH'roi, on pauTre 

porUer )• recueflle el \e cache derrKre un paravept de sa 

lose- Si Rewbel el Barras I'eiusenl prU, lit rauraient Uissi 

ftuiUer, taut lis le lnisMlent. BarUi^leitij, malide, est sal&i 

dau MD lit, et porU U) Temple, n Joint leg maina en s'£- 

Jou domeilitfue, Letelller, an 

}uei eal cethomnM ! dit Aiige- 

rllidleni;.'— Itneserapu teaU 

J. — Je luWraf partoul mon 

Lt i!n eflbl 11 alb i Cajenae , el 

DWnnit an relaor, quand lei iifOfUs s'enfhlrHit, c'ett-ft- 

dire dans la traiertte de Dimtrari k Loodres. Carool par- 

vlDtkMUuier. UbruUcourutquflavalttU assastine, et 

on en accuaa )a Directoire. Va grand ntmibre dajourna- 

listes coatre-r£v61utionn'atrtk , el principal emenl ceui que 

noiis'afons naming plus hsut, furent ^alemrnl krreUa. 

Le peCiple applauilit I ce mouieineni, ians pourtant le 
mCler aui Iron^. Quand teur tulasion fut ranpli'e, lea cria 
de vlvt la r6puJ>tHjue! se flrant entendre parlout. Le pu- 
blic approuTS le coup d'Eiat db qo'li conuut les aipllca- 
tlunsdu Dlrectolrel ellei donnaienl des preuTCS positlvej 
du complot, et di^ipontraleiit qu'll j atall eu impossibillli! de 
te concerter aiec les Conselts pour prendre U^emenl les 
mesures que ndcestitatent Its elrconstances. 

Ceui del tnembrei du Corps l^iilatitqui ftaientlibrei de 
loQte InDuence le r^unirenl k dtt heorei , lea Cinq Centi 
dau la aalle de I'OdfoD , lea Ancieni ti Vtcole de M&leciiie. 
Lei greaadiera de Ito:uel, sur leiquell lei faciieux iTaieot 
compt^, itnrenl le ranger aulonr des Conseils iparia aux 
crii de Vivt la ripabliquel Lei deux assemble w cons- 
lituirent. LamarquaprMd^tlei Cin7 C«n fj. Une com- 
miitian de cinq membres Tut nommte pour presenter soui 
peu d'lieurei dec meiDrel de lalut public, et des renseigne- 
mentl plus puitiEt (ureoldemandi^ au Directoire. On les re- 
futdaosla*JaBCednEoir.Boula]r{delaMei)rllie),ctiBrgii 
dentireun rapporlicesujel,montai la tribune: • Vousetei 
Tainqueurs aitjourd'biii, dit-^I en lertnin.ini : si tous n'uscz 
pat tie I> ildoire, detnain le combat recommenccra , raaii il 

■era laiigiiat et terrible ■ II a]ouIa que ce Iriomplic noo- 

Teau de la rtpubtique ne cotllerall point de lang i la palrie. 
A ia suite de ee rapport , la comroisiioa dci cinq propa&a 
un projet en neur articles, dont !a prineipale disposition 
A^t la deportation de S3 d^puiAs. Le coasell, aprte discus- 
sion, rUuliilu nombret OS. Thibau dean, Uupont (de 
I(enioiir«)etPDntecautantnirentrBy^deIalIsledepras- 
cripb'on. Cr^olie paria en faveur de Simfion, sain pau' 
toirle sanver. Boissy d'Anglas, Bourdon (del'Olse), 
Dumolard, Henri Lariviere.Camllle Jordan, Paslorel, 
Plcbrgru;Villol,du Cunseil dei Cinq Centa, et Darbide 
Harbois, Hatthieu pumas, Larnnd-Ladibat , RoTire, 
Tronpin-Duccodray, Portalli, duConseil desAnciens,i!taienl 
parni lei proicritt. Op gross'i la tiste des directeurs Car- 
ool el Bartliflemy , dei prtienni de baute traliison Lavil- 
leumo;, Broltier; de I'H-rofnistre Cochon, de fe^i'B^i^- 
nl Miranda, etdepluiiennjournalistea. Merlin (de Donai) 
et Fran (ols (de !Teiifcbtt«au) remplacirenl ail Directoite 
Bartlidlemy el Carnot. Tooi les corps de I'^Iat conserftreol 
jeurs ronctiont. La poputaltdn de Paris ne fut pas profon- 
dfmenl troublte; mail Honaparte connut par cettidnement 
(oute la faibtesse du Directoire. II put fuger comblen il lul 
•ereil Tacile do reoTereer ee gourememeDl. 

FrtderiC FjtTOT. 
FittJCTlFERE(dejVuc(ui, ftuIt.et/eroJeporlE). 
Ud arbre ou lout autre ttgiUI cbirgd de fruits ou de ftraines 
•St fructlffire, tl porte dtt fruUi ; lei Reurs fteund^es loiil 
fructiliret,>ffeiprai^ui»n(i;ei./rul/J,-ii[tbourgeonkneurs 
I'esl auiii, cir i( pent en produire. L'adjeclif fruelifire 
s'appl'qne done am T^g^taox ou parliei de v^i^laui qui 
portenl, pro<tuisenl, peuveni produtre des fruit a. 

P. GltrBBKT. 



(ieUfaidiTldu et«a re 

HJrbel, cesaot peutae 

Utg iwHqoe let el 

nlre t VtM de tmit parikit, tantOt Im* < 

doat I'ensemUe eonpoM le f»lt, tanlM Pet 

Moll* enx-intaMs sar ub r^flal ifnalaotiiiae. 

PHIIGALtTi^, sage emplol Oea <AMea mi 
dispotttion nee pliu on otoini d*alMnda»ce. C 
ration s'ap|tliqoe prttKlpdenieiit h la ManMrs 
DOurril. On Toitdsfgens riches dont fatabEa 
taeifee, et doni la IhigaliU n^anmoIiiB ae awn 
ptaire. Le isie de leur laUe est uoe aiafatSU d« lea 
tandh qne la IhigaliU est one retiii doBt lli oat 
n faut cependant recoanatire que dies lea petiples 
■fcient de vMtibtei ticheaws, la fmgttlftd diriet 
en plui rare,parcequ'*lor« toot s^chHs, et de p 
ce qui Gatte lei seni. Ao ccnHneneeiiieat d« leur' his 
Romahis ^tonneot par les eicti iRtow de lenr I 
mall k peine ont-ilt, lei armea t la nuibi, conqufa 
de I'Orient, quili efTrajenl non-aeulemoit par Bne id 
de <ricM, mils ciK«re par des d^pravalioiis de gloul 
Jtnque It inconnae* chei tous les peu(>lea, et quf, pt 
certaines, n'en paralsaenl pn moirii facn/yaWM. Ae 
de la ripubtlque, les bomioea lei ^ua reanarquabi 
leur g^nle et lenr Moquenee n'ritaient pas i l^bri 
monilruoiitji : Ctnr comme Cfciron ooaa^iUH le 
(orlvm, qol leur permeltalt Is meme Jour d'etre eoi 
partont oil on lei iovitilt. Viteltius, devenn emporeui 
Toriil en quelquM beures, arec sei comnieauut, de 
nourrlr un roots des populaUons enlitrei. En gtedral, 
L'intetligenc* d'uo peaple a'amoindrlt , pin* *a ftagilfli 
parall. Les Hollenlolt, qui *anl placd* au pins has <i 
de 1* Tie taut age, ont coutume, dans lean Ales, de ee 
ger de monlon, qu'll* dteonpieut par baodes, Jmqu'i 
que, detenus Incammeniurableroenl tnlUi, lis tombeal < 
une eipto de lommdl lAUargiqDe. La IhigallU est don 
dea iodlcea de la CiTllliation : on la retrouTS au nom 
des dcTofis de la religion chr^Oenne. Sairt-Pmihr. 

FRUGIVOHB, qui *H de fhiils. Si 1*00 prenail 
motyrult dans PacceptioD gAiMqiia del bolanislei, ( 
rappllqueut * loule eip^ de grains on de seoMBce qui 
conque des tfg^laui , le sombre de> laces ftnglTorei I'Mc 
droit indMniment. Maisle tangageonilDalrarteeTalsiH) 
de.^l( eux p^iearpe* svcculenls et cliaraos ou pulpet 

tenloureul beaucoup de graines,pep(Bi, BoyiDi, od amai 
d'librei el d'herbes. Nooi nm benmooi done iei 
race^lion comnrane, pour n'sppliquar la qoaliU de In^ 
Tare qn'aui animaux tela que le> liaget «u quadnimine 
parmi les mammirires , bien qu'nns liiole ds iwigeDn d 
m£me certains carnlTorea piiniigradet, dt* manapfiNi, dc* 
ruminants, ne relusent pas les rrnlli.'Cha lei abteai, oa 
place au premier rang del Ihi^vores ii gnada badNe in 
perroquets et Ici autre* grioipeun: piceidM, barbin 
( Aucco}, canroucooi ( trojron ), anit, luaruu), muMifili^ss; 
puis les me rles.tangaru, lor lots, biiDTreaJtt,loilM, 
dionrnean i, ffgulers, ete. Od uit que pluileun gil- 
liaacAi et pigeons ne dMalpient puvngrudiMinbte 
dc rniits, CoDiine loute* it* sunteca, leur noniTiliin hiiii- 
tudte. Enfln , il Vv\ vent <gtlnteat >p^ /niliorti 
tonlesces race* d'insecte* qul,uilirMfc Urvtsel de 
*en, toltk I'dtat parfalt, roDgcat lafniiU, ltlleai)ueweiDM 
Ibiilede teignes, de pyralei, it niMcliei.do ctt- 
ran;ont, da bruclie*, et nfaBetefieroii, itN|ii«- 
pes, elc.i'd&iolaBlnos jardla*, taqonliUdtuitlresinal- 
faiianU paraHre bientdl IllUniUe. 

Moins Dourriisanl qua la cbar, oali plu( luUUalid que 
I'lierbe, le fruit a<r*CMgraigealli|KU'liiiDli minii 
Clabor^ det Tdg^taui , ia plus ilincnliirc, lipliu ridic, 
U plus saTonreiise. Aosii, roT{uiNllMi det rmglrtni, 



FRUGIVORE -^ FRUIT 



U 



DiammiK^res et piMaax, eorrespond k oe genre d^alimeDUi^ 
tloo. Lean intestine h'ont ni P^trtme kngaeur et dUatetion 
des races |ier biro res, ni T^troitesse de ceuxdescarni* 
TO res. Lfur instinct n*est nullement f^roce comoiedans 
ces derniiersy ni si 'stupide on amorti que celui des brutes 
paissaot la Terdure'du rongeant le hols. ' Au contraire^ ces 
frugiTor^ singesy perroqbets, sont intelligents, imitateurs on 
mimes, lis Tivent d^St en une sorte de soci6t6 :iU d^plpien^ 
des faculty perfectlbles; unis par couples en monogamie, 
leur existence eii longoe, lenr chair siche et tenace; ils ai- 
ment Ui clialeur, et se tien^ent naturellement entre les tro- 
piques. 

De 1^ on a cliercli^ si Tbomme de la nature sautage, sans 
^treun singe, n^avait pas quelques quality qui l*en rappro- 
chassent. II paralt Evident, d'aprte les instincts* m^roe de 
Tenfant^ qn'il prdf^e les fruits k la chair, nourriture trop 
pbtride et trop ichaufTante, qui sonvent le rend malade. De 
mtoie, la Tie ind^pendante au roilieo des bois , le charroe 
qui 7 retient les sauTages/Ies habitudes imitatrices, moqueu- 
ses, griQia^ntes, du jeune &ge^ oifrent .des trails merTeil- 
leosement analogues k celles des quadrumanes. Les perro- 
quetft reprdsentent, dan&la classe despiseaux, lei princfpaux 
attribats des singes parmi les mammil^res. Les uns comme 
les autres roaoifestent le plus de d^yeloppement de leur 
coc^phale et le plus dHntelligence, ce qui l^ rapproche en- 
core de la race hamaine. On peut mtoie soup^nner, d'apr^ 
ce d^loieroent c6^ral concomitant de la Tie frugivoce, 
que celle-d est plus faTorable k T^tude que des nourritures 
trop lourdes ou aggraTantes, comme la chair et la graisse. 
Les gymnosophistes de Tlnde ou les brachmanes, les 
pjthagoriciebs, se contentaient , les uns de bananes, 
les autres de figu es on d^autres firuits doux et l^rs. Ainsi 
postirent &6 longs sidles de contemplation et'de bonheur 
ces premiers sages de la terre, k Tombre des palmiers et du 
figuier des pagodes, trouTant leur nourriture et leur abri 
•ans traTail, comme dans VSden oa le paradis terrtstre. 
La Tie TrugiTore est en eflet toi^ours temp^r^; elle n'ex* 
dte ni les bouillonnements des passions, ni cette colore 
gnerri^re qui anime les races da Nurd , gorg^ de chairs 
saoglantes, etaiTr^ de boissons spiritueuses. Les doux en* 
fonts de Bratuna ont toujours ^t^ opprim^» sans doute ; mais 
ils ont sans cesse enseicpo^ k leurs Tainqueurs les Tertus pa- 
dfiques et les premiers ^l^ents des sciences comme du Trai 
booheur. J.-J. Viret. 

FRUGONI (CjuiLO-ImtooEiczo), cflibre po^te italien, 
n^4 Gtoes, en 1692, fnt destine k T^t eccldsiastique^ £n 
1718 aTait d^jii r^ussi k se faire un nom, lorsqu'il fonda 
k Brescia, sous la d^ignation de Colonic arcadienne, one 
esp^ d*acadtoie dans iaquelle il re^ le nom de Cotnante 
Egtnetico. A partir de 1719, il fit des cours publics succes- 
siTement k Gtoes et k Bologne. La protection du cardinal 
BentiToglio lui Taint une reception des plus flatteuses k la 
coot de Parme. Ses Mimoires mr la maison Farnise, 
public txi 1729, furent r^mpens^,par le titre dMiistorio- 
graplie ofbciel. A la morl de son M^ne , le due Antonio , 
Frugoni reTint k G^nes, oik, s'aperceTant que son ^tat ^tait 
bicompatibie aTec la toumure de son esprit, il parrint k se 
foire relcTer de ses tocux par le pape Benott XIV. 

Son grand canzone snr la prise d'Oran fiac les troupes 
espagnoles aux ordres du comte Montemar, et d'autres 
poetnes qu*il adressa li la m6me ^poque au roi Philippe V 
et il la reine d*Espagne, eurent an succte immense. On Tap^ 
pela alors de pouTeaa k Parroe; mais la guerre qui ^clata 
sur ces entreCUtes, en Italic, entre TEspagne et TAutriche, 
le r6daisit 4 un ^tat voisln de la mis^re. A la paix d'Aix-la* 
Qiapelle. il put revenir k Parme, pour d^sorroais se tooot 
e)(clo8lTement k la po<isie, jusqu*a sa mort, arriT^ en 176S. 
11 existe diTerses Editions de ses cmiTres; la plus compile 
parut k Lucques, en 1779 (15. to].). On en a aussi imprim^ 
na cboix k Brescia ( 4 Tolumes, I7d2). 

FHUIT (du laUn/nic/itf). Pour le botanistc, lemot 
fruit d^signe Vovalre ficond,6 el diveloppi. L'acte de la 



r^Gondation k peine achevd, leslocs noarrielers se diri* 
gent rers Tembryon, ct sepuiageAt ctttreson enteloppeeC 
lui-mtene; alors 1^ f ^ear dianged'iadpeet : les organes mft* 
let (^/om^Mf )se flMssint et dis(«raisseiit- la^covche nop- 
tiale (eaeolle) se diasstehe et lonbe seu^^ent ; smiTent aossl 
les styles et lecadice tatle no^me eo^ La dons^eaee na- 
turelle de eecbaagenent-dansli direetioftdes sues 4labo« 
rte ett Paeeroiaaeroent da jeone so)et«. Le frait, de qnelqae 
T^gttal qo*!! proTlenoe, seodupoee let^^rs de denx parties 
pliii oa moins rapprocbto^ le p^p^icarpe et la gra i ne. 
Daasl#poiref lapommei li DiJel«n,kip^6heiete.,etc., 
le pMcarpe est tcHemeni distinct dela ^tdne, qae ITorobilie 
seal (bile) ^laMitle contact; dans le froment, Perge, 
PaTolneet nne foale d*9itves SeaMBoei, ee» deax parties 
adherent k tel point qo'onlee » oraes longiempe d^pounraes 
de p^rlttrpew Les diffiir^ntes ronrns' dtf fMertcarpe, at elrue- 
tore IntMenre etext^rieore^ sa eonsistanoe, les rapports et 
le* nomlvre des graines , ont Jusqn^li ee jeur wnri jdo base k 
la elasaifiealioa des fruks i sent tlmples eenx qui proTiea- 
nent d'on pistil uakim€ dans one fleur; nwltipleSy ceux 
qoi proTiennenV de plpsiears pistils ^tans one Hiur^ sees, 
oaox dont le saroocirpeiest minoe^ et peu-fonmi de sacs ; 
ekarnmSf oenx qai Pont trte-ddvelopp^ ; d^Mieents oa cap- 
iulaireij eeax qui s'ooTrent lil^poqae de la matoril^ : in- 
dihisccnttf ceux qd ftstent fenn^; enfin, on sp^d/kftuii 
eompo$6 qehii qoi r^solte de la ftooiidatioB distlncte de pin- 
sienrs flenrs. 

Les prtadpales larme^ aoiqoeUes pevreMl se rapporter 
tons lea fhrita sea| s Pxmr ImftmUs fiii^plef, jeet e/ iiKf^ 
hiseenti r i** 4e gUmd ( frail du cbftse^ moiee tte , eto.> ^ 
V^ V a hime (fS^nd t^MHyiV'MpoUMnei^n^ de per» 
sil, de cigui) ; 4* la eariopse {bli&,m$M)i ft* hMomare 
{(rmiatVinbley Pour les JhUA^shnplei, teeseidMi- 
cents : P* la ^oscsse (liarieeiSy ^ois) ; 2* ^efiHlieule 
(laarier<>rose,pieds dfaloMtte); 9* las</l^tfe{choax, 
raves); 4" la C0P SSI /e (paToti^ Pourtes fruHs eAm^ 
nm:i* Ie4(rup«(pteh0,cerise);2*ladale(raisin, 
groseilles); 3'*IaRoijr (amende, Belx);4*la bd-f 
lauste (fruits du lierre, du sareau); ft° la peponUe 
(neloii); 6° PAespK^ie (orange^ cifron) ; 7* la mi- 
lonide (poire, iid(l«). Pour les/ruUs composes : i* le 
cdne (fruit du pin, da sapin};2* l» serose(mOre) ; 
3* le sjfcdne (ligae). Cette claasifieatioa , qui comprend la 
pUipart des fruits, lalsee oepeadant beaneonp k d^rer; 
entre aatres d^fuits grares, die a eelai deeonfondreles b- 
roilleanaturdles. 

Les fruits sont alimentahies k des degr6s fort dlfRirents, 
selon la nature et le nombre des ^toients qal les consti- 
tuent. Les premiers sons oe rapport, eeax qui ferment la 
base de raKmeniatioa ohes leus les peoples dTiliste, sont 
\ei firuUs fteulents fCompoeiSf en proportions Tari^, de 
ficule, de socre, de glutea, d'albufnine, de mucilage, de r^ 
sine et de sd. Les principaux sont le bl^, le seigle, I'orge, 
I'aToine, le riz, le mais, les haricots, les pois, les t^es, les 
chAtaignes, les lentilles, etc. ; pour les rendre allmentaires, 
on les sonroet k diCKreitfes preparations. Leois dements 
sontd'une digestion plus fadle et phis prompte qoe les sub<* 
stances anhnales ; mais Jls noarrissent moins et prodnlsent 
an chyle moins stimolant. CSeux qui Tiennent ensaite sont 
les fruits fnucoso^suer6s.: beaoeonp aaoHis alinentahres 
que les pr^oddents, ils ne salfiraient pas»eols poor noarrir 
rhomme, sortoutdans noa pays tempMs et dans lea pays pins 
frdds. lis sont d*a«taat plasnoorrlssants que to sncre et le 
mucilage y sont plosabeadants, pits condense La prune, I'a- 
bricot, le raisin, U igoe, de., se nangeoCcnis ou dess^h^, 
oa caits en marmelades, en geMes, en consenres, etc. I^ 
plupart sont acides STant lear maturity. Les /htUs ot^ino' 
ficuieuXf tds qaeiesaMandesdouoes,la noi«dQ oocotfcr, 
les noix, les noisettes, ete«, plus riehes en prificlpcs d^as^i* 
mflation que les prMdents, ne pcorent Hee mang^ qu^cn 
petite qoantit^ et sontd*«ie digestion diffldle, k caose de 
Phuile qu*ils rcndMnnent. l^fauUs addes mMlagineux, 



t<l 



FRUIT — FRUITS 



lee iDoins oourrissaDU de toin, sont encore un pr^deax 
i]4eo(ait da Cr^teur pendant les ti? es chaleori de 1*^ : Us 
rafralchissent et portent une abondante proportion d*eaa dam 
le sang, appauni par les pertee de toutes espteet. Leurs 
prindpanx dements sont Tean, le mudlage, et oa acide 
qui varie selon les esptees. (Is senrent 4 confectionner dea 
boissons agrdables, des confitures, des conser? es. 

Dans le langage Tulgaire et dans celoi des jardiniers^yhiU 
s'entendseutomentdesproduiUdesarbresfruitiers, sans 
avoir ^rd I la graine. L'objet de la cnltare dn fhiit dans 
re cas est le d^veloppement da p^icarpe (ponime, p^cbe, 
abricot, etc). La greffe, ia taiUe bien dirigte, lesol 
appropri^ aux esptees , sont les moyens les plus efBcaoes 
de perfectionner et d*accrottre les produits. Dans une grande 
partie de la France, on ignore encore Timportance de cette 
ressoarce poor la nourriture : les paysans du Poitou, du 
Berry, de la Sologne, laissent incultes les environs de leurs 
knoM , qui pourraient leur foumir de beaux fruits et une 
alimentatioK saine. Dans les dtmats diauds, la nature, plus 
f(6conde, prodait sans le trafail de Tbonune des fruits aussi 
d^Ucieux qu*abondants ; dans nos pays tempMs, die Tent 
6tre aidte : trop nombreux, ils doivent 6tre d^dm^ , car 
le grand nombre nuit au d^vdoppement de chacun , en 
mtee temps qu'il ^puise le sujet Sdon T^poque de leur ma- 
turity ito sont d'^^, d*automne ou d'kiver; cette ^poque, 
touteiois, n'est pas tellement trancb^ qu'dle ne puisse are 
avancte de qodques semaines* Une incision drculaire sur 1'^ 
coroe durameau qui porta le fruit produit ce rteultat Sont 
aussi d^une maturity pr6coce les fruits piqu^ des insectes; 
mats ils ont perdu de leur quality Le temps de la rtoUe rarie 
suifant la nature des firuits; oeuxd*^t^ et d*autonme peu* 
rent Atre cndUis mftrs : ceux d'bi? er » et parmi les ptio^ 
dents les firuits qu*on veut conserTer, doiTent Mie riocAtiH 
avant la maturit^ Toutes les precautions qui les pr^serrent 
des variations' de la temperature, du contact de l*air, pro- 
longent leur dur^e : aind, les poires et left pomroes d'biver, 
cudllies une 4 une avec precaution, deposAos sans roeurtris* 
sores entre des ooudies de sable sec, se consenrent long- 
temps. 

Dans son aeoeption la plus eteodue, le mot/hH/ oom- 
prend tons lea v^getaox, grains, herbes, Mgumes, etc., que 
la terre produit, et dont un grand nombre serrent de nourri - 
tnre k Tbomme. Dans oe sens on dit : Ceite pluie sera 
tUile aux/htUs de la terre, Le mot firuU est encore em- 
ploye pour designer Tensemble des plats qui se serrent au 
dessert : Servei leJruU. L'usage de scrrir les figues imme- 
diatement avant ou apris lasoupe, generalement repandu, 
pourrait s'eteodre aveeavantagepour le gastronome 4 beau- 
coup d*atttres frtiUs mucaso'Sucr^f tek que le rdsin , les 
prunes , etc J*al observe sur un grand nomtNre de personnes 
que cette pratique fadlitait la digestion. P. GAOBEar. 

L6 fruit dtfendu se dit, paralludon k la desobdssance 
du premier bomroe , du penchant que nous avons k desirer 
ceque nous ne pouvons avoir. 

FRUlTfi) en termes de blason, se dit des arbres 
d^rgfe de fruits d'un emdl dilferent : d'argent d Voranger 
dt simple, fruUi d*or. 

FRUITIER ou GARDC-FRUITS. Un garde-fruits doit 
etredtue au nord, un peu au-dessus du rez-doK^aussee , 
et il doit etre garni de doul>les fenetres , afin que la tem- 
perature ne puisse jamais s*y abaisser au-dessous de la geiee. 
Place trop baut, Tdr y est trop sec, les fruits s*y alterent 
et y eprouventde la desdccation;dans im lieu trop humide, 
les fruits se corrompent. La dtuation la plus heoreuse se- 
rait cdle d*un souterrain sec oh la temperature serait cons- 
tante. Ce sont les brusques diangen;ent8 atmosplidriques 
qui les font gftter. 

II faut eudllir avant leur maturlte parfdte les fruits 
que Ton veut eonserver. II ne Ciut jamais les empiler les 
uns sur les autres; il vaut beaucoup mieux les eialer, de 
roaniere que chacun soit i»oie ; on doit se garder de l«s es- 
suyer,'vu*que leur surface seroble etre recoiiverte d'un duvet 




qui est neoessaire k leur conserratioB. II UaA q« 
soit doigne des fbmlers et des eaiix stasnanUH 
des fours et des serres cbaudes , qui en ferai^ 
rier la temperature. Le fruitier doit «tre plaoch^ 
garni de tabletles, que les uns recooTrent d*^ 
fine, secheet legere, les autres d'une concha 
seigle , de graine de millet ou de sable de Ht 
les visiter frequemment, pour retirer ceux qui 
k s'alterer. Une trop grande qnnntit^ de Fsisln 
le fruitier nuit k la conservation des atftrefl 
fdble gdde peut detruire en uno ouit toote la 
on ne la garantit pas du firoid par one lM>iuie 

Comte FsAii^is ( de Nai 
FRUITIERS (Arbres). On applique ceffe^ 
tion k tous les arbres ou arbrisseaax dout les fri 
mangeables. H y en a tout au plus une Tingtsloe d1| 
^ nos climats; ce sont : le pommi e r , le po < r I tfr,^ 
nier^Volivier^Xtnoisetier, le niftier , !< 
boisier,\»groseillier9Vef%guier, le chdtai 
le cognassitr, le cormier oo Morbier, le- 
sier,{tmieoeoulier,l»cornouillier, le C 
bier,Varbousier, Valizier^ Vazerolier, r^ 
vine tte, tic, Plosieurs ont mtoie pea cl*lmportanc4^ 
reusement les antres ont, dans la culture, donni de 
breuses varietes. L'AfHque et TAsie nous oot cM6 la v\ 
Voranger, le cerisier^ \t picker^ Vabricai 
Vamandier^ le grenadier, le mUrier, le pi 
cAier, etc D^autres ne sont pas encore sortls de noa S4 
Parmi les arbres fhiitlersexotlques, on dte Varbre d pi 
\tcocotier,\edattier,\ebananier, le goyavi 
le manguier^ le mangoustan, etc. 

Les arbres fhiitiers se cultivent en serres, en es/ 
Her, et en plein vent. On les dasse sufvant qu'ils donn 
des fruits en 6aie«, des fruits k pepins, des fruits i nopt 
ou des fruits eovdoppes dans une cogue, Le semis pi 
page les especes types , mats beaucoup de varieu^ se p4 
drdent d Pon n*avdt que ce seul moyen de reprodu 
tion. 

Les fruits que nous cultlvons sont loin de resserobler 
ceux que produit la nature livree k dic-meme. La tallie 
lagreffe, Hnddon annulaire, Tarcure, V^bourgeon 
n erne n f, etc , joints aux labours, anx fiimureft, ont anient 
ces ameliorations. Mais, comme les esp^ces sauvages, /es 
arbres k fmits cultives ont besoin, pour proddre aboadim- 
ment, d*espace, d*dr et de soldi. De ces conditions dt^pend 
ausd la qualite des fhiits. Ainsi ceax qd vieonent dans les 
lieox orobrages sont insipides et aqueux. 

FRUITS (Droif). Dans la langne dn droit on appcllo 
fruits les produits d*une chose ; ils en soot raccessoirc, cf 
appartiennent lice titre au proprietaire. On les disUngoeen 
fruits naturels, fruits industriels d fruits ciiHls, Us 
fruits naturds sont ceux qui sont le produit spontaod de 
la terre; le produit d le crott des animaux sont aussi des 
fmiU naturds. Les fruits industriels d'un fonds sont oeux 
qu*on obtient par la culture; ils n*appartiennent au pro- 
prietaire (\u^k la charge par lui <le rembourser les frais de 
labours , travaux et seroences fails par des tiers. Les fmih 
naturds et les fhiils industriels sont immeubles tani 
quits sont attaches au fonds ; ils sont me u b les dte quHs 
en sont detaches. Les fruits dvils sont les prix des loyers 
des mdsons et des banx k ferroe, les int^iiftts des sommes 
exigibles etlesarreragesdes rentes : Ils s^acquiirent joor 
par jour 

On dedgne encore sons le nom At fruits pendant par 
racines les recoltes non detach<*es da sol. Le Codede 
Procedure civile regie tout ce qui est relatif au mode de 
restitution des fruits ordonnee par jugemeot,^ lamani^d'io 
faire la liquidation, A la salsie etitlaTcnteqoelescr^aa- 
ders ont le droit de poursuivre de ccut appirtenaotileon 
debitcurs, k la distribution du prii enproveniotdaudruif 
quo ecs creancicrs ont sur les fniiU mi^ tMenmi arec 
le (ends auqud ils sont attaches. 



PRUMENTAIRBS — FUALDtS 

FBDlfENTAIRES {L^). Od appdait aiiui chti les 
RomaiM lesloisqiu ordonnaientdeftdistributioiis gra- 
ttitesdebM. 

FRUNDSBERG(6BoaoB8i>K),teigiMurdeMiiidelbeim, 
gMral an serrice de I'empereor, ^Uii nA k Minddbeim, 
Us 34 aeptembre 1476. Ce fut sarlout dans let guerrea que 
MaximiUen I*' eut k soateoir contre lea Suiaaas qae aea to- 
IflDti militairea purant se d^oyer. Dte 1504 on le regar- 
dait comme I'on dea phia bra? ea cbaTaiien de Tann^ inn- 
p^riale, et fl la commanda en cbefli partir de 1512, en Italte. 
A la balaille de P aTi e ( 1525), il rendit dea senricea aignal^ 
k Cbariea-Qnint ; et plua d'nne fois 11 amena k ce prince des 
aeciMira en bommes de guerre recrut^a par lui en AJIemagne. 
Cast ainai qu*eB 1520 U en enr<Sg{n)enU dooxe mille k aes 
faiit et en cngageant aes domaines, et qu'il fint atec ce puia- 
saot renfort accroltre reCfectif de rarni6e aTec laquelle le 
coanrtaMe de Bonrbonmit le ai^e devant Rome. LVt 
miUtaire Inl ddt de notablea perfectiontteinenla. Une Yieille 
cbroniqne maanscrite* rapporte qu'il ^it dou^ d*une telle 
force corporeDe, que rien qa'arec son doigt du milieu il 
contraignait rbomme le plua Tigoureox, quelque r6sistance 
que (It celul^ci, ii reculer et i^ Ini cMer la place. Un clieval 
prenalt-il le mora anx dents, il TarrMait sur place, du mo- 
nent od U pouvalt aalsir la bride. II transportait sur son 
dos, et conune si ce n*eAt rien M pour lui , les plus lourds 
fesils de rempart et Jnaqu'it des couleyrines. Ses gens s'^- 
tiat muting sous les rours de Ferrare en rtelamant leur 
Mlde arri^r^, il fit de Tains efTorts pour les raroener k 
leor deroir, et dana la aurexdUtion que produisit sur lui 
eette r^olte, il fut frapp^ d*apoplexie et transports dans 
oncbAteao Toisln. « Yoia ou j*en auis, dit-il alors k son con- 
fident Scbwalinger ; Toil4 bien lea Ihiita de la guerre ! II est 
trott chores qui dcTraient retenir un cbacun de guerroyer : 
la mine et Toppression des pauvrea gens qui n*en peuvent 
mais, la Tie di^rdonn^ des gens de guerre, et ringratitude 
des princes, aupr^ de qui les traltres prosp^rent toujours, 
liodis que les braves gens restcnt sans recompense. « En 
1531, k la di^ de Worms, ou Lntlier Tint se justlQer doTant 
Chiries-Quint, le regard calme et assure de Taccm^ pro- 
duisit one telle impresston sur Frundsberg, quMl diik Luther 
en lui frappant amicalemcnt sur TSpaule : « Mqinillon, mon 
gan, til joues U une partie telle qu'il ne nous est jamais 
arriT^ k moi et a bien d*autres cbela d*arm^, d'en joner 
dans les plus aSrieuses bataiiles rangto. Si tn as raison , 
et si tn es sOr de ton bon droit, continue au nom de Dieu, 
et sois aana crainte : Dieu ne Tabandonnera pas 1 » 

Frundsberg moorut k Blindelhdm, en 1528. Ses domaines 
^(sienl tellment groT^, par anlte dea emprunta quHl 
sTait dd contracter pour leTer des troupes, qu'ils sufQrent ii 
grarKTp einej Steindre ses dettes. 

FRIJSI*E (du Terbe latin /rtutore, briser) se dit d*une 
Bi6iaille,d*une monnaie, d^une inscription us^, rompue par 
le froUement, et qui a perdu son empreinte. Ce mot repro- 
dttit exactement le son radical ; le son radical est une 
onomatop^. Les Latins disaient frustum ^ frxuttUum^ 
pour d^igner un morceau, une pi^, nn Tragroent, parce 
qoe Taction de frotter aboutit k detacher d'un corps IrottS 
itec force des morceaux, des pieces, dea fragments, et It le 
rtdaire,>la longue, k rstatdescorps/rtu^es. 

FRUSTRATOIRES ( Actes ). En tcrmes de praUque, 
•ff appdle ainsi les actes qui sont uniqtiement fails pour aug* 
menter les ^noluroents de Toflicier minist^iel ; ils ne doi- 
vcBl pai etre pasK4^ en taxea, comme Stant inutileait Pins- 
traction : ila demenrent k la charge dea oCQciers mlmstSriela 
qui les ont fisita; la loi les rend en outre passibles des dun- 
na^oBA-intSr^ auxquela cea actea peuvent donner lieu ^. ils 
peuTent mtoie 6tresnspendu8 de leurs functions. 

FRUTILLIERouFRAISlER DUCHILL KoyesFiuiSE, 
Fuisita. 

FRY (tuaABcra), quakeresse, n^ en 17S0, ct Tune des 
famaei qui bonorent le plua notre altele, a consacrS sa vie 
tati^li la bieniaisance. Filledu quaker Jolm Cumey, de 



S7 

Cartham-Hall, dana le oorote de Norfolk, elle comment 
par OQTrir une €co\t libre et gratuite pour lea filles de pau- 
Tres et lea orphelinea. Elle se roaria k un bourgeoia de Lon- 
dres, qui partageait sea goOts et aea espSrances, et qui se 
noromait Joseph Fry. Cea deux dtrea dSvou^ , ddnt la phi- 
lanthmple ainc6re avalt pour rtaltat dea actea tM% et 
une constanle et eontinoeile abn^tion , a*6tablirent k Lon« 
dres, oh leur premier sohi fut d'ouTrir une Scole religieuao 
destine aux enlknta dea priaonniera de 'Newgate et aux 
orpheUns et orphelinea du people ; lis avaient , avec une 
admirable sagadtS, compris llmpuSssance de la legislation 
et de la sodete sur ces jeunea genSrationa, n^es dans la fanga 
dea grandes villas, abreuTto de Ticea dte fenfance, n^ayant 
pour moddes et pour le^ns que la Tie crimindle de leurs 
parenta. L'oeovre de regeneration tcntee par mistreas Fry 
et son man ne resta paa sans succ^; et bientdt, proteges 
par quelqoea personnes bienfoisantes et pieuses dea bautea 
classes sodales en Angleterre , ils organiserent , pour lea 
indigents laborieux, uno salle d*asile et de travail. Lea en* 
couragements que re^ ut mistress Fry lui penntrent de com« 
menoer ensuite une serie de voyages en Ameriqoe, en 
France et en AUemagne, et de se consacrer au soulagement 
de la souCTrance et k Tetude des miseres liumaines. La mya- 
tidte qui s'eat mdee k ses actes, et qui a ete en Angleterre 
I'objet de plus d'une attaque, ne doit pas empecher de rendre 
justice k cette existence Traiment sublime, dont toules les 
Joumees ont ete marquees par un bienfait et toules les beu- 
res par un sacrifice. Mistress Fry est morte le 12 octobre 
1845, k Ramagate. Ses fiUes ont publie : Memoirs qf the l\fe 
Elisabeth Fry (2 vol. Londrea , 1847 ). 

Philar^te Chaslis. 

FRYXELL (ANnsaa), historien suedois, est ne en 
1785, dans la province de Dalaland, oh son p^re etait prevOt. 
Apr^s avoir etndie k Tunlversite d*Upsal, ou il remporta, 
en 1821, le prix d*honneur de philosophie , il hit nomme 
en 1828 retteur k recole de Marie k Stockholm , et en 183a 
profesaear. Eii 1834 il fut re^ membre de TAcademie de 
Stockholm et de la Societe des Antiquaires de Copenhague. 
La roeme annee il enlreprit un voyage en AUemagne et en 
Pologne, et il son reUmr, en 1835, il obtint la cure de Sonne, 
en Wermlaud. Le but de cette excursion scientifique avail 
ete de rechercher des documents rdatifa k la Suede et k 
son histoire. Ses Essals sur Fffistoire de SuMe (tomes 1-X, 
Stockholm, 1823-4 3 j, ouvrage remarqnable par les senti- 
ments patriotiques dont I'auteur y Cut preuve , et par la 
maniere phiIo5opiiique dont il envisage lea faita, eat la base 
de la grande reputation dont il jouit comme historien dana 
sa patrie. Un autre ouvrage, en quatre volumes, publie de 
1845 k 1850, dana loquel il defend la noblease contre une 
foule de reproches que lui adressent certains historien^ 
lui a fait penlre depuis les sympatliies du parti liberal. 

FUALDES (Affaire). Le 20 roars 1817 la ville de Ro- 
dez apprit avec epouvante qu*un meurtre odieux avail ete 
commis dans ses rours. Le matin de ce jour un cadavre 
avail eie trouve flottant sur les eaux do TAveyron : c^etait 
celui de M. Fuatdes, anden magistral, entoure de la consi- 
deration publique. Une large blessure au cou, repouasant 
tonte idee de suicide, ne demonlralt que trop Texistence 
d*un assassinat £tait-ce TflMivre de gens Aetna par la jus- 
tice? Fualdes, qui appartenait au parti liberal, avait-il peri 
▼iclime de son ophiion? Bientdtoes incertitudes ceaserent, ct 
des hidices qui ne tarderent pas k devenir dea preuvea ac- 
cablantea, sereunirent pour signaler les assassitts k la ven- 
geance des lois. On avail au que le 18 M. Fiialdea avail 
re^i de M. seguret, en efTets de commerce, une somme 
considerable pour partie du prix d'un domaine qu*il lui 
avail Tendu, et que dans Tapres-midi du 19 un rendef-youi^ 
pour la negodation de ces effets lui avail ete donne k liiu't 
lieures du soir. M. Fualdea etait sorti en diet de cii^a lui 
vers cdle heore-lk, et une demi-lieiire aprfta un individu 
avait trouve dans la rue du Tcrral, pr^s da celle ties lie IkIo* 
mandiers, one canne. rnconnue pour etre cdle de .M. Fual> 



38 

dh, et, non loin de U mnUon de tolMoce B&Dcal, toi' mou- 
cboir as^,r6cemment torda dans toute sa Idliigiieor. *Ces ' 
premiei^ remcignemento en amen^rent d*antr^ ; it fat re- 
oonnn qil'Qn hofmme arait ^ pocl6 prhs dt la maisen de 
M. Fualdte, et qu'ao moment oA odui-d ^ ^tait sort!, ce( 
individa arait quttt^ son poste et ^t descenda dans la rue 
de rAoberge-Droite, crof aboutft h oelle des Hebdomandiers. 
D'aotres hommes ataient M Element post^ au coin de 
diTerses maisons^ dans les rues des Fr^res de F^cole chr6- 
tienne, et sor la portd de la mai86n Yergnes, habits par 
Bancal. 

L*inrortuii4 l^oald&s marcliait avco s^corit^ ; il dtait h 
peine arriv^ pr&s de la maison Missonnier, qu^lt un signal 
doond plusicnrs hommes fondirent suf lui, hii mirent un 
bAillon etie tratn^nt dans la maison Bancal. L^ on le Jette 
sur une table, et !es assassins s^pprfitent; rainement il de- 
mande un instant pour recommander son Ame h Dieu , on 
le repousse avec ironle. 11 se d^t, la table est renvers^e; 
les assassins la relfefcnt; Tun tient les pieds ; un autre, arm^ 
d^un couteau, essaye de lui porter le coup mortel , mais sa 
main tremble; un Iroisi^e lui rcproclie ce ipan(iue d*as- 
surance, et, lui arrachant le couteau, le plonge dans la gorge 
de la victiroe. Le sang qui coule est re^ dans un baquet et 
donn^^ un cocboni Aprtn la consommation dn crime, le 
corps est plac^ sur deux barres , dans une couverture de 
laine, li^ comroe une baliede cuir arec des cordes, ct 
port^, vers les dix heures du soir, danS'l*ATe3rron par qnatre 
individus pr^ciid^ d'un bomme de haute taille, arm^ d*un 
fusil, et suiYi de dcuxautres, dont Tun est anssl armd d*un 
ftisil. Ces revelations encore incomplMes proviennent de 
propos Inconsider^s tenus devant des tiers par la femme 
Bancal, et surtout par les jeunes enfants de cetto femme. 
Une perquisition Mi decouvrir une couTertnre de laine et 
du rmge ensanglantes, ainsi qu*une Teste que portait Bancal 
le jour de Tassasinat; cette Teste tarhee de sang. 

Dans la prison , la Temme Bancal tint des propos qu*on 
ne manqua pas de recueillir. Bientdt Topinion publique si- 
gnala comma les reritables assassins des hommct apparte- 
nant aux families let plus considerables du pays, admis 
dans les meillcurea malsons, parents et amis de Fualdte. 
cretait h Bastide et h Jausion que la population tout entlto 
4lemandait compte de ce meurtre. Le premier etait on 
proprietaire cultiTiteur, le second on agent de change; et 
IMndependance de leur fortune semblait les garantir cen- 
tre la plus simple idde d'un attentat qui n*aurait eu pour 
mobile que la copidlte. Cependant, le lendemain du crime, 
Jausion s'est introduit, vers sept heures du matin, dans la 
maison de Foald^; Ik, sans paderk sa tcuto, 11 est monte 
aui appartements, il a enfoncd, k Taide d*iine liache, un*bu- 
reaa, d*oi^ il a soustralt un sac d*argent, un liTre-Journal oii 
Fualdte ioscriTait toutes ses aRaires, un grand portefeiiUle 
de maroquin et filu^ieurs eftcts de commerce que Fualdte 
aTait re^s la Teille de M. Segtir^t Le m^me jour, k dix 
heures du matin, 11 frappe h la porte, et demande (Pun air 
egare si Fuald6sy est; alors personne nMgnorait sa mort. II 
roonle rapidement ii la chambre du maftre; le domestique 
le suit. II court liram^oire od Fuaklte tenait certiiSns pa* 
piers, y met la main, en- feme la porte, et en dte la clef. 
Jausion et Bastide son! arrttes, et aree eux les nommes 
Bach, Oolard, Misisonaier, Bousquier et la fltle Anne Be- 
nolt, que de nombreuses declarations font regarder comme 
complices du crime. Depuis ce moment la lumi6re jailUt 
de toiis cM^ : un mendiant, couche dans une ecurle depen- 
dant de la maison de Missonnfer, declare avoir entendu 
qu'ott « se debattait dans la rue, pr^ de la porte de Vecurie 
o6 il etait couche; on poiissa deux fdls la porte; le mal- 
henreiix qu*on trahiait, arrive devant la maison Bancal, 
poossa deux ou trois crls , dont le dernier etait etoofre 
comme une personne qiii sufloquait. • Pendant ce temps, 
des joneurs de vielle qu*0B n*a jamais pu retronvcr, eiaient 
places devant la maison Bancal, ct faisalent entendre, pen- 
dant une hcure, le son de leurs instruments. Puis, an sieur 



iFUALDfiS 

Brast raeontequie vendes limt heures un qtidv 
Diarcber dtos la riie piusieurs petuotm^B, qu 
porter une balle ou un paquet , tfu^eUes se 
devant la maison Bancal , -dont line 'porte s\ 
s'est fermee bientOC; que pen de temps ^pr^ 
des coups de sifftet. Enfm, le ^5' mars, une 
Bancal, la jeone Madeleine, a Tait Toir A la mi 
tfous du riteu par lesqueli die a tout Vo. i 
du pain ; et comme la Alie MotiUil s^apprete I 
« Non pas avecoe couteau 1 dii-elle ; c'est aroc i 
a tneie monsieur! » 

Bientdt une lueur nouTelle ra ae r^pandre su 
affaire et lui domter un Intertt saiiilssant. On n 
dame^ appartenanf i rone des fawiiHes lesrplus 
de TAveyron, s'est trouvee condnite, par vn'moi 
cun explique h sa mani^e, dans la maison Bani 
et k rbeure ofk Tassassinata ete cbmmiSy et qu'elle i 
du crime. On va mdme jM>qu^^ designer pfusiefi 
qui leur education etIe rang qu^elles occupent dsum 
interdisent, sous peine de deslionnenr, Teiitree de 
Bancal. Un ofDcier, nofnme Cl^mebdpt, raconfe 
juillet 1817, etant k se promener avec la dame M 
lui dit qu'on hi die comme la, personne qu*un r& 
a appeiee dans la maison Bancal nu moment du crfi 
see de questions, la dame fintt par avbuer le f^ll 
moment tbote Tattentton se concentre sur ce t^noln 
Insaisissable. En efTet, quand on s^apprdfe k recueillf 
roles , elle refuse de parler ; un Jour la Teritd s^Mnf 
bouche , le lendemain die s'accnse de roensoQge. Ell 
vu, dit-elle ; et bientAt die le ole. Ce ttooln, per se 
nudlei tergiversations, par la lutte qui sembte se iirr 
son esprit, exdle, Ditigue et Oiit renattre la cuWosJ 
tient tous les esprits en suspens , gradoe finteret, a 
fixe sur elle les regards de la France, de TEiirope. 
M. Enjakan, son p^re, desoie des bruits qui ooorent 
fHle, prleleoomte d*Estoiirmd, prefet de PAreyn 
llnterroger, dans Tespoir quMl en ohtiatidra la verfie. Af 
longues teigiversations, die avoue tout. Conduite par I 
fet dans la maison Bancal : « Sortons, je vous en cenji 
s'ecrie-t-dle aveo une grande agitation; « Emmenei-mi 
mourrai si )e reste id. » Elle conflBSse de plus que ce 
\k die etait habiliee en liomme , d qu'elle a brOle son fn 
Ion parce qu*il etait taclie de sang par aufted'un saignei 
de nez. 

D'antres revelations importantes se succident de jou 
jour. Mais quels molOh ont pu determiner un si grand crii 
lei on n'a jamais eu qne des conjectures : voiti poud 
les probatiilites auxqudles Tophiion publique se fixa. Oil 
soovint que qiidqiies jours avant rassassinat, Fuafd^ 
Jauilon avaient eu uue querelle tr^rive, dins laqoeilc 
premier avait menace le second de faire revivrs des p/^( 
relatives k ime affaire crlmlnetle dont il ne s^eiait (ire q 
par suite de la soustraction de documents importanfs, 
s'a^issait d'un enfont dont II arait rendu take la fenin 
d*on riche negodant, d quMI arait jete dans une fosse d'a 
sauces. Peut-etre ne dut-il son salut qu'ii la bfenreiilanc 
de Fualdte, alors procureur imperial. D'un autre c6(6 
Jausion avaft plus d*une fois ea recours k la signature di 
Fualdes, sous le non^ duqud II empruntait pour son compte 
On calcula que les effets mts ainii en circniatiods'dievafenl 
k la somme de too ^ 1M),000 fr. II ^t impossible que 
Fualdte n'edt pas exige une cbntre-lettre comme garantie 
de sa signature. Toutes ces cfrconstances expliquaient Via- 
sassinat. Enfin, de nombreuxU^molasattestaient que Bastide 
etait debiteur personnd de Fuald^^ et que, preis^ par ce 
dernier de se llberer, il avalt rdpondu : Je ckercketous les 
moyens de vous /aire voire cmptece soir. Trois Iteures 
aprto, rinfortiine Fuald^s etait as$a<ain(!. 

La justice etait assez edairde : les accus6i furent renroy^ 
devant la cour d'a&slseS de Roirlet. L'aocusd Bancal, qui avail 
fait esperer (fimportantes reviii^tiooii, roourut eopoitonnf, 
sans qu*on ait pu percerleroystiredecenonreaa crime. Ln 



PUALDBS — PttENl^-DE^KOftO 

tM>ito decatteyi^ire k^ottftifenC derftnt la coar de Rodei, 
it 19 aeftt t»17; nuis rarf^fc^ooiidanuMut^eftaoeiii^ fut 
«ttt^ ptr lieourde cavaUoOi «ttfft neuYflaiixdtets eorent 
liev denal la coar 4*asiiite ^Albi. Atdrs aa raoaateliraAt 
leaadnaslea plw dnBiAti(|Qaa« Lafils da Fuald^ damandant 



M 



d^ose Tdfx tent k la jui^liea de i^adgar las mAnas da too 
p^re, tnkttuHkrtuar ktaat l« ianmsat l^adniratido. Let 
b]rpoerilea*v6|KmMa da JiMMkHi, rai^iiraBaa animiMa de I iMt),g6n6rrie8pagnol,ii«ao taaOyli ValkadoUd.fit eolMO 



lOBBain T6rk>Bia y r^^iaAit en 'IA65« 4 Taide d^iiitf aodetl!^ 
d'aetiaonair^S^t rendiU FagrianUara las l«,0Od baelarea 
qu'oeoQpait Ib lac* 

FUCUS^ ndm adeatlfiqiia dat co^moM, ^rirachs el 

autfesplaaila&toaridBS analogues, qoa Uiui^ «t aolras bo- 

tanUtesdassentparmi tesalgaea i9o^ IlTMorants). 

FUENTeS (Dbfl PaoRo-HtiqiiQiTU o'AZEVEDO, coaita 



BatUda, la fraMa ImpassibUiU da la femma Uanoal, radon 
blircol rbarMir. A edIi&d'iMn , Oatard al Anna Banoltt sa 
mattPOMa^ na sa aonfenaieBt «fuMl8 4talattt sar la bane des 
accaste qua pour <kfre Malar lootes las aottidtadas d'n 
tmaoraxaltd qui arsit pris ailssaaoa dans las habitudes Ics 
ptusbmitaiiaas^aaAn, M"*Mainoit, persistant dans la d4>lo- 
rahle systtaia 4li*ella STalt adopts, pitMneaaft las asprils 
dVmotioti aa 4nMoB, Par.Miife de la dtelaration du )ary, 



Isionr^Pasahtaseanitoinna teibmoa isneil, Bastiday Jan- en 159&, dn goavbmamant inlMbaira des Pays-Dasvafec 



skm , Colard et Bach k la peine de mort, Anne Benott aux 
trafaax Torcds k perp^tblt^, et Missonnier k denx ans de 
prjmn. La fenm io Baneal oblilit one oomtotatioa da peine ; 
fifth moornt en prison; Bastlde,JauBion M Colard Airentet^ 
cutts la3)aia I8ia. dnqnaiKe anssasont^oooldsdepuisce 
proete, et H ahine encore snr toute eette alAdre nn myst^ 
qd B*a pfl4tra Malrd. 11 aVaH did d^raontrd aon dtfbaU 
f^^qiOnieassiusintauni&int remplissafanCIa colsfaie dela 
maSsoR Baneal. XHcupiAt^ avidt Men pu armer le bras de 
fit^Ude et da ladsidn^inab elle n'avalt pas dA 6tre leinobiliB 
delbtis. Pifr anite de quel^Ue^ t^molgiMfges nooTeanx, trols 
iad|fidus, les noinfaii^Oobstiaits, YenceeC Bessiires-Vdnac, 
terent tradufts ^fant la 6)or d^asstses; roais, raalgr^ la dd- 
etaration dei la fietome* Baneal et de Ifech , lis r^issfrent k 
teblir tm aKbl qui les sauTa. E. bs Cfliaaoc 

M** Manson, h la sdilie de rhorrlbte proete doot on'vieiit 
de lire leTtfeH, Tint k Parish oh pour subtler ella se rait 
dome de compioir. Pluiichfs limonadlers exploit^rent sne- 
eesalTement cette (rists c£t6brltd en hi faisant trdnar k tear 
compioir. Laeiiriositi6 puMlque aaefblsrepuedansiin quai*- 
tier, M** htansOtt allait' poser dans un autre. Aprte aioir 
d^bot^ (tens an des somptuenx caASs du qoartier deto Bourse, 
elle ilnlt paf lanir potir son pr<q>fe oompte un mis^rebla 
Htamfnet^biillard dan^ la rue Copean, derriirele Jardin 
des Plantes, et mourut en 1 835, li Versailles, dans ana 
proftmde mis^e. Le fils de Fuatd^ est mort en 18&6. 

FUGUSIA^nom dehn^ par Plmnier k un geare.de phntes 
dela fomflla dea tenolh^r^, en llionneer.^e L^nard 
Foch9, cilAbre mddecitt M botaniste allemand du selzi^mc 
litele. Ce genre Venferase plus de cbyquaate espMs ; roals 
qui pourraH eompter lebrs ianombraMes Tariia^? Depuis 
quVUes oat^ imporUSes^n France, oes ptantes, origi- 
nalres du Ghifi, du Meiique et du Pdrou, n*ont pas cess^ 
d'lhre reeberchte des amateurs; grftoe k leurs flours tutx/- 
laoies,' pendanies, renfldes'k la gorge, ayant ordhialrement 
Imrs dhrMdas relevte en dessus, ce qui a TaR comparer 
kar forme k celle d^un ehapeau chinOls. Par dc^ fdconda- 
UoBs artHkSelles, les hortlculteurs eh ant obtend de graa- 
lau^dhFerses et de cotdeur ofhrant une foola de nuances 
iMeraoddlaires entre to Maoc, la fMet blenAhraet le rouge 
vlf. Celte demlire eoaleor est souvent celle du calioe. 

FUCHSIIVEy matl^re colorante d'un eramoisi ma- 
gnifiqae, d^eooyerte eh 1858 par M. Hofhiann en sonmeC- 
tanl Fanfllne k I'acfloh dn chlerure de carbone. Elleest 
detehu^ 1*Dbfet, dam la tebihire, d*une Induttrie da pre- 
Biler ordre; on }'• employde afecsocchs snr la sole, la 
Mae, la eoloa, dans lei TftCements, lest^liinMSt )8 refiure. 
Cast de li fuchsfaiiB qi)*on a tit^ les rouges d'ahtlinh, le 
rouge de Lyon, le aotferiHo', Ih niigenta, etc. 

FUCiN (Lac), anclenneneht loctlif FuHmtu^ aa)o«r- 
dlHii La^o di Ctt&no, sltud^s Ih pays des Marses, au 
Bdli d^rOmlrrie. Cdsai* et ^Raude , ayant tdiHu le deasd- 
<har,eniptoyCirefii trente ndlle hammeah percerune ihan- 
t^gbe, pour Wt^ ikoulAr les eanx du lac dans le Hhra et 
te Urii. Haisr ttXit entreptlse' fht aans tuccis. Le prince . 



sa premltea caropagne^h PortiqpU, sous las ordnea du due 
d^AlbewTers 1581 , on Penvoya dans les P2^*388 seconder 
le c6ttbre Atexandr^ Famte, tant daasie eabfaiet qua sur 
les abaaapa de balailla. Apris la mort de cagmnd capitaine, 
ilaonsenra las mdmes ioDctkms auprds de aon^ auoce«anr» 
le corote de Hansfeldt ; pais auprhs de Parchidoc Ernest , 
qh*U disauada de fitfre la pafx area les Hottaadals. Le i6le 
faithingent dont U aTait fait preuv»lul yahit d'htie chargd. 



pAahiapoaToirs pauri^oire Isaliollandais, soitparla dtpk>- 
maha, soil par la foiaeL Quand le cardinal archtduc Alliert 
(htnorehod gouTamaur dea Pays-fias^ lacomta de Foenths 
aUa k Milan remplir lea fondtlona de goqranwnr et dacapi* 
tafaia gfodral. Sa poUtfqna inquihieet caotelaasa kiipira de 
Ttrea ddflanbes aux princes Hallens, el starlout aux Vtol* 
tiens. U acheta sur hss edtas de I'lttat da Gtees la porlde 
Finale, et, en 1803, fit constndro. snr les confins de la 
YaMeUne, an pohit du I'AdJa Tiant sa jetet dans le lao de 
CAme , le fort de Foenths ; entroprise qui irrita au pins haut 
degrd les Grisons. Voyaat avae una jalonsa inqoi^tuda Pes* 
sor de prospdritd que la France prenait sous le gourernement 
patemel de Henri IV, 11 conelut avec le due de SaToie un 
traitd dont leimt secret dtait ledteembrement da la France, 
et fomenta hi coasphrafion duknar^chal da Btron. A hi nou- 
felle de Tassasshnt du bon roi, Fttcaths'tteoigna la joie la 
phw inddaente. Quand, k la roori doLouia Xill, la France 
eut k saolemr de nauYeau la goerra contra^ rfispagna et 
TAutriche, Foentte, quOiqued^ trte-aTane^ea ^e, en* 
▼ahit hi Champagne k la tdlrd^nia arih^c espagaole Ue a&^oao 
horames d'dlita^ dans le but de roardier droll sOr Paris. 
Mais.attaM(|ud aYoc des forces de beeuooup inA^ures, le iti 
mal 1643, sousles HgnesdeRDefoy; qa'il tdnaK Msi^g^, 
par lejenne due d'Enghien^ cdul qui dof ioit e^syHe le prand 
Co^<f^,Uessuya one diNtHiie compl^tB^ Les i^spagnols, 
ottfire nne imoMnsa qnantitd de prisonnier« , eunmt 6,000 
bommea da tu^, et dans ce nombre leui^ gdndral en chef; la 
parte des Fran^ na s^dtefa pas k plus de 3,jM>0 hommes. 
Fuent^, homme d*une activild at d^nne -audaee peu com- 
munes, en revanche (hir, dgoiste et msubordannd, nous offire 
le type exact de ce qu'^tait alors fainoUeasa espagaole. 

FUENTES-DE-ONORO ( BataUla de ), Uvr^ en 
Espagne a S3 kflomMras ouest de Ciodad-Rodrigo, prte dn 
Tillaga ahisi nommd, dana la royahflsa de Lion, entre les 
Francis d*une pari et nne armde d'Anghiis, de Poring^ 
et d'Cspagnols da rautre^do 3 au 6 nai, l8Mo Aiprto un 
infiructotose tisntatiTa en Portugal, Massdna aiait repassd 
hi Ihintito et laissd dans Almeida una gamison de 1,100 
honnnes, qui n'sTait que pour un mais de fivfes et que 
▼ingt mille ennerals bloqnirent bienUU Itroitament U soiigea 
k la' ravitaHler i la t8te da 30,000 fontassfais et de 6,000 clie- 
raux ; sans tenir comple de I'approdie de Wdlington aTec 
50,800tsoMats et des nules de guarilleros, qui a? aient pris 
poidtton sUr nn coteau,d*aocte difficile, pr^du niisseau da 
las dos CaiaSf la drolta appuyde sur Fuentte-do-Onoro et 
2laTar-de-Atel, le oenhne aur PAlameda, la gAuche snr les 
rufaii^ da foride la Conception. 

Le 3 au roatfai las Frani^is poussMant aa aTanL Le 
gindral Ferey fk\t et perdit phiaiettrs fois le Tillage de 
Fuentis-de-Onoro, et ii la nuH nons ^tions maltres de TAU- 
meda.1 Le 4, Mass^na, Tonlant peroer la llgnede Wellington, 
appuyd sur le lit de la Coa, qui olTre partout d'afTreux pre- 
cipices, cmt avoir trouTd un point acc«Mible entre Paso- 
Bello et Navar-de-Avd. II manoenvfa toata hi soiide et 
toute la mdt pour (Hrc »e leaderoliin en mesure d*attaquor 



40 

ces deax irflUgeg. Le &, an point du jour, U brigade Mau- 
cuM Mil^e de yist force le premier et les bois ^environ- 
Mats qoi fdaonnent de tirailleurs. L^ennemi d^veioppait en 
•rri^ Tingt eieadroas, nne nombreose inAmterie et douze 
places de canon. Montbrun, s'^tendant par la gaocbe, sabre 
eette eavaleriey enfonce deux oarr^ de la meilleure infon- 
terie anglalse, et Mt 1,200 priaonniers. L*aile droite de Wel- 
lington , contrainte ii r^ograder, a pendant prte de 5 kilo- 
DiMres noire caTalerie el notre artillerie l^g^ k sestrousses. 
D*autre part, la fusillade est engage aur toute la Ugne 
ennemie. On remarqoe d^j^ dans sea colonnes cette incerti- 
tude, cette confusion, prelude ordinaire d'une d<iroute. 
Ferey est maltre de Fuent^s^e-Onoro, et tout semble pro- 
inetlre one nouvelle palwe au Tainqueur de Zuricli. 

Bfalbeureusement, par une inconcevable fatality, les di- 
visions fran^ses qui se trouTent en arant de Paso-Bello, 
infanterie et caval^e, s'arrdtent fimte d^ordres. £n Tab- 
sence de Mass^a, le g4n6ral Loiseau n'ose prendre sur 
lui de se Jeter sur ces masses ^branlte, et la Yictoire nous 
^cbappe. L*ann6e ennemie a le temps de se raffermir. Wel- 
lington efTectoe h propos un cbangement de front sur son 
centre, la droite en arri&re, et aprte avoir r^tabli son ordre 
de DataiUe, reotre dans Fuantte-de-Onoro, et s*y tient sur 
la d^feosife. Ifassdna, c6dant4 une prodence exag^rte, crolt 
ne pas devoir attaquer nne seconde fois, et le feu cesse de 
partetd'aulreii deux heureaaprte mtdi. Les Fran^ rest^rent 
mattres d*une grande partie de cbamp de bataOle; roais 
l*cnnemi, se fortifiant, rendit sa position inabordable, et 
Masstaa, dtesp^rant de ravitailler Almeida, enfoya quatre 
ItaiiitiieA de bonne Tolont^ porter au g^^ral Brenier, com- 
mandant cette place, Tordre de d^tmire le materiel el de 
se frayer ensnlte, ii la t6te de la gamison, on passage T^te 
ii la main. Troia de ces liommes rest&rent en chemin. A 
I'arrivte da qoatritoie, une grande explosion se fit en* 
tendre; c'^laient les fortifications d'Almeida qui sautaient. 
Les 1,100 asfti^gte, sortis de ces mines k dia bMres et demie 
dtt soir, favorisis par les Itoftbres, el snppMant par la bra- 
▼oure k rinfdriorit6 dn nombre, traversirent les cantonne- 
ments anglais sans ^prouver trop de pertes et rcjoignirent 
an point do jonr la dlvialott Reynier. 

JPUEROS9 mol espagnol, d^v^ du latin >bniiii, et qui 
d^signail jadia tdut i U fob le si^e d*un tribunal et sa Juri- 
diction. Dans cette seconde acception, on 8*en est senri en 
Espagne pour d^igner certains recneiis de lots, conmie le 
Fuero Juzgo, andenne loi des Visigobta {Lex VisigothO' 
mm), approprite aux moeurs et aux besoins de certaines 
▼illes. On dlsaft en ce sens le/iiero de lAon, le fuero de 
Najera, ponr ne dter que les deux plus c^bres corps du 
droit communal espagnol. Ces droits commonaux consis- 
tant le pins soufent en exemptions, immunity et privil^es, 
le moifaero prit insenslblemont cette signification complexe, 
el fbt partfeniiirement employ^ pour d^gner Pensemble 
des droits, prlvil^es et cbartes formani les constitutions 
parUculiteesde la iVa oar r#et des trots provinces basques : 
Ul Biseaye,VAlaoa el le G iilpusco a. G'estpresque 
exdosivement sous cette demito acception qu*il est restd 
en usage, acqu^rant dans ces demi^res ann^ une nouvelle 
Importance blstorique et politique par suite de la lutte 
adiamte que les Basques ont soutenue pour la defense de 
lenrt privileges. En ehet, la Navarre, qui porte le litre de 
royanme, el les autres Irois petits£tata qui se d^rent de 
celui de seignenries, ne AirenI -famais consider^ comma 
parties int^grantes die la monarchic espagnole. Dte qu*ils 
parviennent, de temps k autre,- ii secouer un peu le joug, 
ils redeviennent des espies de r^publiques, placte sous 
1.1 protection de la couronne de Castille, qui est tenue de 
gwardar sus/ueros^ de respecter et Ciire respecter leurs 
constitutions. La diOicult^ d'un terrain accidents, b^riss^ 
da roeliers, creus^ do ravins, a prot^^ dte la plus liaute 
antiquity llnd^pendance des habilanU de ce pays centre la 
domination ^rangtee. Les Pli^nlciens et les Carthaginois ne 
sen occup^rent point. Rome ne les soumit jamais enii^ 



FUENTte-DEONORO — FUEROS 



IVC 



ment. Les Goths, les Yandales, les Alains 
leur conquMe ooAterait cber^ ne tentteent | 
doire, et finirent par a^allier avec leors peUts £t 
dont Tensemble foimait dte lorn une ocmis 
r^ilite. II en advini que lort de IHnvesloii i 
danger commun r^unissanl ce q«al restait de 
aux ehr^iens dM versants aeptentrioneiix de 
r6iaiqne, les uns*et les autres, Tirant d*accorcl 
coniiointement de raster au •croiasent sous Is 
la Croix. Les Maures oommirent la grande fiuate 
soumetire, 00 de ne point lea extermlner. Tai 
rapides conqutonts d^bordaienl sur la France 
les montagnards du nord de TEspsgne se soole' 
donn^rent des chefo, dont Pdection eut lieu A la | 
suflrages; mais, dans cette souverainet^ HtkWe d 
ment de tons k certaines conditions, II liiC biea e 
le pacta serait synaUagmatique, sans que le dr\ 
iotervlnt en quoi que ce soil. 

De ces temps li^ruiques datent Icsa fueros de 
Biscaye, Alava et Guipuxcoa. Les premiers'fureni 
par Ferdinand le Catliolique lorsqu'il unit la ^m 
Castille. 11 en fut de mtoie pour ceaz de JBisca; 
Charles-Quint ranges cette province aooa aa da 
Quant aux yUeros d'Alava el de Guipuxcoa, leur 
tion par TEspagne dale dea roia de Csslille Jei 
Charles n. Ils ftirent en grande partie supprimda I 
premie r^eace d*Espartero; nuUs la reine laa 
rendit k ces quatre provinces en Juillel 1844. Le 1 
de Valence, la Cataiogne el sortoul TAragon ont < 
jadis leurs /fierot trte-ind^pendants, mala depuia de 
its n'existeni plus. Oenx qui restent encoie aur pi 
teUement exorbitauts, quails ne pourraient a'accordi 
les charges qua le gouvemement espagnol, r^la 
port^ au niveau des autres £tata constitutionneifi, v< 
imposer k ses administrte : ils oonslsteflt en une 
cratie pure, oil les masses d^Mguent, par T^lection I 
libre, I'exerdce du ponvoir ii des diets qu'dlesrenou? 
annuellemeni, ou de deux en deux ans, sdon la natui 
fonctions. Le souverain d*£8pagna n'est que fd^tft 
pays, et ne prend pas d*antre Hire dans ses relations 
lui. Les pays de fuerot ont leurs tribunaux ind^pend^ 
lla ne payent aucun imp6t, si ce n*est ceux que voteot i 
assemblies nationales, sous le litre tie don graiuiL On 
connalt pas de douanes, et ils commercent avec qui 
leur semble, recevant lea denr^ de toutes les parties 
TEurope, et n^acquittanl pour les marcbandises ^tiaag^ 
qu'un droit tr^noodique. On n'y soufifrit jamais de gabell 
le sd, le combustible, Tean et Tair, coasid^^ comne 
propri^t^ imprescriptible de chaqae indlrido, n'y pay^rc 
janiais la moindre redevance, et oes moatigntrdt oe con^ 
vent pas quMI y ait dei pays oik dd bomnies se disaot Jibr 
consentent k laisser taxer ces choses. lis n^idmlreot jaina 
dlntendant; les gens de guerre n^y doireot janiais « 
joumer. Le commandant militaire doit htn un enftot <i 
pays. Nul n*y est sujet k la milice, ni 4 la ler^ des matelotj 
le pays devant se difendre lui-mtoie en temps de gnerrc 
et ses ddenseurs n'^tant point teaos de poursoifre la fie- 
toire on de mardier sous des g^n^ox da louferiln lion 
de leors limltes. Non-seulement chaqoe fille oa boain a sei 
magistrals, mais las bameaux et les maisons isoI(^ ^pars 
dana quelque vallon tort6 et formant le plus petit dU" 
trici, ont les leurs, qui rd^rent des dUT^rends surrenus de 
canton k canton ou de vilUge 1 Tillage aux assembli^ 
g^n^rales. Chacun a'impose d le gourerne; on oe s*aper- 
^it nutle part nl des impositions ui du gourernemeat, ete. 

Cd ^tat de dioses, qui n*a pas Tarii depuis deux raille 
ans, au milieu de tant de vicissitudes hisloriques, pest con* 
venir k une surface restrdnte, qneses aorractuosil^ sour- 
cilleuses d profondes isoleni au milieu d'un eeotloeat II 
a 6ii6 cdui de toutes cea petites r^bllques giecquai, oA les 
dtoyens daient Element prot^^ par la nature du terrain. 
Mais TEspagne constitutlonndle ne potirra eousenrer I ces 



FUEROS — FUGGER 



41 



proTinoes leors fuero$ , reliqnes T^n^rables des temp* 
primitifs de leur liberty. Bobt db Saint- Vmciirr. 

Les prif il^s des fuero$ ont ^t^ supprim^ par la cons- 
lUotioo da !•' Jain 18((9. Cette soppreftsion a serri de 
pr^texte k rifirarreclion do parti cariisteen 1871. 
FUERTA VENTURA. Voyet GANAues. 
FUGGER* Ce noaOy quMI faut prononcer Fcucker^ c&t 
cdid d^une famiUe de comtet et de princes de la Souabe, qui 
desoeodent d'un simple tisseraod , Jean Fogcer, ^tabli k 
GrabeOy Tillage Toisin d^Augsboarg , et inari^ k Anne Meis- 
ner, de Kirckheini. Son fits aln4 , qui portait le rodme noro, 
et qoi fut tisserand coinine lui , acquit, en 1370 , par son ma- 
riage arec Clara WIdolph , le droit de bourgeoisie k Augs- 
bourg, odytont en continuant k exercer son Industrie de 
tisserand ^ il entreprit aussi le commerce des toiies. DeTenu 
Teof, en 1S82, il ^pousa, en secondes noces, £lisabeUi 
Gfattermann, fille d^un dchevin, dont il eut deux fits et 
deux Ulles. II avail ^t^ ^lu Tun des douze syndics dela cor- 
poration des ti^serands, etroourut en 1409, laissant une 
fortune ^valute ii 3,000 florins, somme considerable k cette 
^poqne. Son fits atitife, Andri Fogger, sut si bien faire pro- 
§ter la part qui lul ^lut dans Th^tage patemel , que l»ient6t 
00 Del'appela plus que Fugger le Hiche, (Test de lui et de sa 
lemnie, Barbara, de Tancienne maison des Staromler d^Ast, 
que descendait la tigne noble des Fugger vom Reh ( du Che- 
freiiil ), ainsi nommte k cause des armes parlantes que lui 
aittit accordtes Teropereur Fr^d^ric III , laquelle s^^teignit 
88 1S83. 

Le fils cadet de Jean Fugger, Jacques Focgcr, fut le pre- 
mier de sa famine qui possMa une maison k Aiigsbourg , et 
il lit le commerce sur une ^belle d^jk tr6s-large pour Pdpo- 
qne oil U Tivait. II mourut en U69. De ses sept fils, il y en 
eottrois , Vlrich , Georges et Jacques^ qui |iar leur activity, 
lenr intdUgence et leur probity, agrandirent considerable- 
roeot le cerde de leurs afTaires; lis lurent les cr^ateurs 
de la menreilleose prosperity qui devait reudre leurs des-. 
cendants si ceid>res. Tons trois se mari^ot li des ftlles 
appartenant aux families les plus iUustres, et furcpt anoblis 
par rempereiir Maximilien, qui lenr engagea la seigneurie 
de Weissenhorn pour 70,000 florins d'or, et k qui plus tard 
fls afanc^nt, pour le comptedu pape Jules II, une somme 
de 170,000 ducats, k litre de subsides, pour faire h guerre 
4 la r^poblique deVenise. Ulrich Fugger, ne en 1441, mort 
en isio, s*etait spedalement consacr6aux relations com- 
merdales que sa maison aTait ouTertes avec I'Autricbe, 
et il ii*y avail pas de si minces details des aflkires qui ne 
loi passassent par les mains. Ainsi , c^est lui qui se diar- 
geait de faire passer en Italie les tableaux d*Albert Durer. 
11 aida de ses deniers Henri II Estienne, qui prit le 
tftred'imprJmeurefeFu^^iT. Jacques, neen 1459, morien 
IS25, comte palatin de Latran et conseiller de Tempereur, 
s^occiipait k peu prto exdusivement de Pexploitation des 
nines. II avail pris k ferme celles du Tirol , et cette In- 
dustrie devint pour lui la source d*une fortune immense. 11 
prftta aux ardilducs d'Autriche 150,000 florins, et fit cons- 
truire le magnifique chAteau de Fuggerau en Tirol. 

C*est ainsi que le commerce d*iine part et de Tautre 
llnduslrie mini^re exploitee sur une large edielle augmen- 
laient sans cesse les ridiesses des Fugger. lis expediaient 
des roarehandises dans toutes les parties du roonde; et il n^y 
avail pas de mer qui ne fOt sillonnee par leurs navires, pas 
de grandes routes que ne couvrissent leurs convois. Mais c^est 
tousle r^ede Charles-Quint que ces Rothschild du sei- 
titaae si^e parvinrent k Tapogee de leurs grandeurs et do 
leurs prosperites. 

La posterite de Jacques et d*Ulrich Fugger etant venue 
k s^etdndre, en 1538, Antoine et Raymond Fugger, fils de 
Georges Fngger et de Regina Imliof, se trouv^nt les seuls 
representants du nom et de reclat de cette famille; Tune et 
Tautre dcvhirent les souches des deux brandies encore au- 
iounThai exislantes. Ces deux frires etaicnt d*ardents ca« 
>ho(.ques; par leurs sccours ea argent, lis contribnirent puis- 

•ICT. OIS LA COAVfcMS. — T. X. 



eamment k entretenlr .'anlmosite d'Eck contre Luther et 
les Wittenbergeois. Quand, en 1530, Charies-Qnint s*en 
vhit k Aogsbourg presider la dlMede I'Empire, il Ipgea dans 
la magnifique maJson que possedalt Antoine Ft^ger, sur 
la place du Marche aux Vins de cette vllle. Le 14 n<ivembre 
1530 il deva les deux frdres, Antoine et Raymond, ii la 
dignite de comtes de I'Empire, avee droit de banni^, et 
leur abandonna en toute propriete les domahies engages 
de Kircliberg et de Wdssenliom. II les fit en outre ad- 
mettre parmi les princes de TEmpire, an banc des oomtes 
de Souabe, et leur deiivra des lettres patentes contenant Too- 
troi des privileges et Immunites atlribues k la dignite de 
prince. En reconnaissance de Tassistance qu'ils lui pr6- 
t^rentpourTexpiHlition qu'il entreprit en 1535 contre Alger, 
il leur accorda le droit de baltre des monnaies d*or d d*ar- 
gcnt, droit dont leurs descendants firent encore usage en 
1621 , I624etmdme 1694. A sa mort, Antoine Fugger laissa 
six millions d'ecus d*or en esptees, sans compter une quan- 
tite infinie de joyaux , d*objets predeux d de proprietes si- 
tuecs dans, toutes les coutrees de TEurope , et m^^me dans 
les deux Indes. Quand Charies-Quint , vena k Paris , alia 
visiter le tresor royal, on raconte qu'il dit tux seigneurs 
cliarges de lui en faire les honneurs : « Nous avons k Augs- 
bourg un simple tisserand assec ridie pour aeheter tout 
cda. » 

L'empereur Ferdinand II ajouta encore k la splendeur du 
nom des Fugger, en oonflrmant tons les privil<<ges quo 
Charies-Quint avail octroyes k cette maison , et en en accor- 
dant de plus considerables encore aux deux chefs de la fv- 
mille, les comtes Jean et J6r6me FoGcea, qui eureot le 
bon sens de con tinner le commerce , source premie de Til- 
lustration' de leur nom, et qui par 1^ ajoutferent encore aux 
ridiesses imroenses de leur flsdnille. Les plus hantes dignltes 
de TEmpire leur furent 8ccordee8,et pludeurs fiunilles sou- 
veraines se vantaient hautement de lenr Mre alliees lis pos- 
sedaient de predenses collections de tableaux , de statues et 
de livres , favorisaient les sdences et les arts avec une noble 
liberaliie d falsdent des pensions k un grand nombre d'ar- 
tistes, pehitres on musidens. Leurs demeures, leurs Jardins, 
reunissaient toutes les mervdlles du luxe dealers; et les 
ecrivains contemporainf s'extasient k les deerire. Jean de 
Schweinichen, dans ses Memoires, ri instruftifli pour 
ceux qui veulent connaltre retat moral et politique de TAI- 
lemagne i la fin du sdzieme sitele , raconte avee i]|ne char- 
mante naivete combien 11 se sentit depUce , lui rustre gen- 
tilliomme campagnard, n*ayant auparavant jamais connu 
d*autre magnificence que les oripeanx de la miserable petite 
conr de son due de Siiesie-Liegnitz, lorsque les aventures 
de ce vagabond couronne et en guenilles Pamen^rent ii Augs- 
bourg, ob les Fugger lui Orient les honneurs de lenr table 
d de leur maison. A cdte occasion , Schwehiichen , en sa 
qualite de gentilhomme do due , servit son prince k table, 
d dans sa vidllesse il gimit encore en songeantli la morti- 
fication qu'il eprouva , ainsi qu'lt la bruyante hilarite qu'il 
provoqua parmi les convives, en se laissant choir tout de 
son long, sur le pave en mosaique de la somptueuse sdle 
k manger de Topulent marchand, avec le lourd plat d'or 
masdf et charge de viandes qu'il tenaltde ses deux mains . An 
dessert, Fugger, en homme bien appris, consentit^ faire, sous 
forme de prd, au due de Siiede, 4 un prince du saint em- 
pire, TaumOne de qudques milliers de florins. 

Celuxe, cette magnificence, ces richesses immenses, 
donnent de la vraisemblance k one anecdote suivant laqudle 
Charies-Quint, au retour de son expedition d'Alger, etant 
descendu k Augsbourg chez Antoine Fugger, cdui-d mil le 
feu au las de hois de cannellier place dans la chcminee de 
la chambre reservee k Tempereur, avec Tobligation que ce 
prince lui avail souscrite. Mais ce qui assure one longne 
duree I la memoire des fr^res Fugger, c'est le bien qu'ils 
firent, ce sent les institutions chariUbles qu'ils fonderent en 
diverses contr^es et plus particulitement k Augsbourg, 
od subsiste encore de nos jours, dans le faubourg Saiut- 

6 



4S 



FUGGSR — FD6DB 



Jacques y toot an qtiartier de masons ooMtruites par lem 
soint poor j loger, moyennani ana tr^minirae rederiidice, 
cent famUlet d'artisans panttes. Lea fr^res Fugger, on le 
Toit, cr^rent des cU6s ouvrUres plus de trois siteles a^ant 
qoe certains flibostlers oontemporains s'atiaasseht de les 
inventer poor en faire l*olqet de f oci^/tfi en eommandUe 
et par aeiions. Ge sont 14 certes des htenfaits rdels et do- 
rabies, en consideration desqaeb on pent leur pardonner 
d'avoir introduit les ignites en BaTih^ et mtoie de les 
aToir richement dot^. 

A la niort de Raymond etd'Antoiae Fugger, la famille se 
partagea , comme nous TaTons dit plus haut » en deux lignes. 
La ligne atn^, issue deRaytnoddy^e diTisa en deux branches, 
ceUe de Fugger-Pfirt et celle de Fugger-Klrchberg-Weis- 
sentiom , qui subsistent encore de nos jours. La Hgne ca- 
dette » issue d*Antolne , se diTisa k son tour en trois branches, 
dont la premiere s'est 6teinte ea 1S76, dont la secoinde 
oompte aujourd^hui trois rameanx t Fug^r^GUttt, Pugger* 
Kirch h^m et Fugger-Nordendorf^ et dont la troisi^e, 
enfin, siibsiste encore ditns le ranieau de Fugger^Babeh" 
hmism, Le comte Anselme-Matle FtrcctB-BABKMBAusEif, 
mort le 22 noTcmbre 1821 » avait ^ 4Ati6 par rempereur 
Fnn^is II, le 1** aoOt 1803 , a la dignlte de prince de TEm- 
ptre, pour en jooir lui et sa post^t^ par ordre de priroog^^ 
niluru masculine ; et les seigneuries de Babenhausen, Boor et 
Kcttersliausen , pr^sentant une superfide d'entiroB sept my- 
riam^lres carr^, avecnne population de U,<K)0 Imes et on 
revcnu de 200,000 florins, afaieni ^ ^rtg^ eb prind- 
pautf^ d^Emiiire sous le nom de Babenhausen. La crte- 
tion de la Conf^^tion germanlqiie la playa, avec plusienrs 
Biilres, sous la souTerainct6 de la Bati^re; tootefbls, des trai- 
ts particttliers paM^s avecla eooronne oataatur^diters pri- 
▼il^goA importants k la maison prihdto de Babenhausen. Le 
prince actuel, Uopold»Charles^Marie\ n^ lb4oetobra 1827, 
a su c<M<^, he 29 niai 1836, k son p^, Ansieime^Antoine. 

FUGITIVES (Po6sies), pifecet de Temd^tachM, n^es 
de ToccaiUoo, ou inspirto par la fanfadsie, et qnfn^ont entre 
dies aucune liaison. Tons les poMes, sMIs out la joie de pu- 
blier des cbu? res complies, y Joignent des pidoes de ce 
genre pour tteoigner de leur tn^polsable flexibility. Ce sont 
d'ordiiiatre des ^pltKes badines, des odes anacrtentiqoes , 
des madriganxi des stances, des fables , des contes, descoa^ 
plets, etc. Tootafois, les pontes du grand si^e, les Comdlle 
et les Radne, ne s*anuisaieiit gu^re k oes bagatelles, ou d^ 
daignaient de les recneniir;ear oil n'a da premier qaHme 
cbanson, et da second qoe qddques ^plgrammes; En r^alite, 
lespideesyii^Mf etiient Toccupation foYoritedoees cer- 
des k la mode o^ se rencbntriaient des esprits d^ite, ri- 
mant poor ooenper leurs loisirs ct se crte Une renomm^ 
dans la bonne oompagnie. Les Vol tare, 'les Montreoll, 
les PaTillon, les Chariefal, les Saint-Pavin, ^taient autant 
gens du moiide qoe poiStes. H est rrai que qudques^ns 
d'entre enx s'appny^nt de leur talent ponr mooter k la for- 
tune; mds la plupart ne Toyaleat dana leors petlts tots 
qu*ua d^lassemeat glorienx. Au reste, les premiers mattres 
en ce genre remontent k uilb ^poqve airtdrieure: Marot, 
Saint-Gdaia et De» por tes, qui r^gdaientli la cour de nos 
rois, y perfeetlonnaient le Itfigage en Tdpurant, et ensd- 
gnaient aux ooorlisans k se roontrer naflii sans grossiiret^, 
spirituds atiec d^lieatesse. Mais alors les po^i^ Aigltfres 
^talent exclusiTenlent gdantes ; elles conserv^reot ce carao- 
t^ sous la phime des toriydns qui parurent k Taurore du 
F^gne de Louis XIV et en flrent le charme darant les vlngt 
premieres anuses. Yoiture oependantm^rited^Mre excepts 
de ses fmules : en settiant les siennes d^ peA de morale 
et de pbilosephie, il donna une pbysionbmie nobvdie k de 
frlToles cumpodtions. Le premier il conniit aussl Tart de 
plalsanter a^ec les grander sans oiTeaser leororgadl, et de les 
loner sans servHitd en leur adressint des lettres d*un badi- 
nage atissi ddiCat qa*ingtoieux. €baiiU ou , vena pins tard, 
ft*est immortalise k sonidor par un petit noml>re de fcrs 
qui sont rest^ ilails la mdmoiro; nnls sa philoSophie mX 



plos grsTe qoe eelle de T^rttorei et s*eKn|»rcnt 
mdanooUqne qui aetodle 4 la' peisttire d^ piaii 
Endn, YoltalrOf disetplete Cttaotfete',; Vn 
loin derri^re tnl, par l'^tendu<«, kt '^stkc^ et la ifj 

reste ualHodde en ce genkv.^jQ'i-esset s'e^t er 
k part, en fatstit autfoneitt .<tu^ ^*^ ^e^amci 
prooMe par ^num^Mioki, et «H1 ^6bPoMl, il fati 
par runiformfte'des toiln et ' la longtiear dt 
Be mis a tons ses d^fauts cA'pfeu de ses quallfi 
paHd'ons que pour 'm^moire #^ Dor at, des 
Desmaliis et de thnt d*aatres, ]^Tldence de VAltri 
Muses J et qui sont moits lougtemps arant hir. i 
marque au mtaie type, n*oM'|k>iiit de pliyslonofi 
Ube obsenration singuliife, main Vrafe. o'e^l gu' 
tore les i^res les plus futiles sont qnefquelbis in^ 
au talent s^rleot. De1{Ile'n^« pa ritner avec i 
de ces ^tres badines ^nt Boaflsrs se tfrai'l si 
sement. Ce qtii tious reste des Grecs en ce gear 
asste md leur r^jputatlon. A rexceptfon des ode^, c 
des cbansons d^AnacrdoUion ii*a d'eat que des < 
sanssd d des dpigramtnes sans polnfe. ^l^es eCfn 
des Grecs; ies Romains, si InflSriears h leurs maftj 
surpass^reiit en ce genre, car Us produfsfreot Hot 
Martial, qui sufent itianier assez bien I'srme do i 
et aiguiser les fltehes de r^pigranim^. Aujoordliuj 
6tat soctd laisse parmi nous les poesies fugitiTes %ai 
teurs : n (Hut que les Ters s'impk^^gnent de religion 
pbilosophie pour captiTer le public : k ce prix seal, 
les grands noms, lis obtidinent des sucd^f qui ne d 
encore sourent qa*un jour. SAmr-PaosreA jeune. 

FUGUE. La fbgbe est one pldc^ de musfque ^ond^ 
les r^es de rimitation p^tddi^tdMliodrque. LV>bjetej 
tiel de la fugue est d^ensdgner, iitt moyen d^miiaiion 
divers genres, aitistement oombfnto, k d^uire nne c 
position toot entid^ d^une seide Id^ prlikdpali^, d pai 
d*y dablir en mtate temps runit^ d la Varidi^. V\d6e pi 
dpale s'appdle le sujet de lafil^; on tfppdle eonire-sn 
d^autres kk^ subordonoMs li la premiere; d Ton donm 
nom de r^ponse aux diyenes ImitaUons de sqfds e( de coot 
si^eis. On eon^^ d*Sprto oda^ <juM y abra on tr^-gra 
nombre d'espdx^s de fugiiei, sdbri la hmdire dont le fera 
r^ponse. icetteprenidltf eobdd^rkUd^iKjarcondiifti endi 
tinguer d*abord qiuitre dipdces priiTdpalfs, ^Vdr^ la rogti 
du ton, la fbgoe n^^dfe, la* fugue ftgull^ mbddl^, el 1 
fugue d^imltatfon. La fU^ du /dnV on toriaU, est cd/ 
dans laqadle le sujet et la r^pdnse sont conteoos dans h 
limites de f octave. LH p^ponse-i*y fail de ndaiii^'ine poinl 
modoler. ta/ugue r6eUe est celle dafait lafqueOe fa r^ponse 
se fdt k la quinte supdienrtB*, ndte poor note, ioterra/lepoor 
intervalle, dams les mtoiies temps de la mesare, et doot le anjd 
cdmmence -etfinit par tat iddne n6te. ti fugue HgulUre 
fMdtMe est Ibnd^ sdr fa tonality moderne :1lel|e8 soot 
presque toutes les fugues de'Jfome1ii,deCberobJnJ, 
de n i»ndel, de Bach. Enfin, dans la^^ (timUadqnf 
la r^ponse imite le sujet k mi interralte (|(ielpoAqiie. toutes 
les autres esptees, teUes i(ue la fugue mixle^ MguiUre, 
serrSe, etc., Se rapportent k ces qoatre ^pSces. 

Pour feire une fugue «n autant de i^tiies qoe ce soft, d 
faut considi^rer dbq cboses : l^lesiijetpolhtaiei riar^ 
ponse 4- eVst la reprise drt sn)d par la partie solvante; i'M 
contre^d , dont bn accomp^e' fi premi^i partfe; 4' ia 
UMHhMion *: c^est fot^re dani leqo^ le injet et sa r^poase 
se font dtematitement danir Id difffrtnles parties ; 5« k 
contre-potnt, dont un remplfl fes^ d'o&e niddulatlbo^ 
Tautre. VoiU les cinq pdnts caractMques dTune JusQe, 
lesquels obsertte 4 la 'rigbdir/stiitattt' lei regies iUm 
pour diacun de ces points; foment la'^fugiie %ili^ et 
qui, n^llg6s en pSrtie, teudentUi fiigoe IttiiMrt. 
• La fugue est oblige ou Nbie. tne Aigde est ippei^ ri- 
gulitre ouodA^e'qaatkioiriiifttrtilcqde'lodujetpeD^t 
touts! In fugue; en ne* le qiiHtant que pourle nieux npm^ 
soittA eiitidr,- toit eh (nrftle', H« dY ^dmettaal aocunr 



rUGUE — PULCEMCE 



Wttonfe qnt t^m ^tikt^^ wi pac.augmeotaMoA, ^it par 
diiDiimtioii^ foH Jfvt opposition de temps oo de mou?eiiient 
EOftMiirr^tilrf 00 ii^« qmnd on ne.tiaUe PM du 
vo^AmAf ei qu'^a le quitte de.tant>s ea tooips pour pasuMr 
InM antra id!te qui* bieB qu^elk ne soH pis tir^e du sujct, 
ddt ntemnotes ^tra CD pariGiit npport arac hii. Lt fugue 
B^a qu*Mi^iu)et oo.ai^ a phuieursit cette qui n'a qu'uu si^et 
est eppaMeaiiK^leMit>9ifc;.ceUe q^i en a daf anlage s*ap- 
peUe fitgueAdmx^JUniSt fuairM nii^. A qoatiii parties, 
lalbgtfe n*aji«aBlBpiBf k|Qe VtM.au)els ;.ponr en atoir qualre, 
ilfuititoalarugnesoiti hoit |»aiUes. ^ inaUf, leclMtet 
par lequeLUXogoe kdem. sojats eanunenoe^ est toujoais le 
pitQiier anlflt nDiiiiii^siniplaaiiot»io«(; toua les aatresqui 
la suiTflotaottt autant.da «ontra«suieis on eoatre-tbtaies. 
si est nteesaaire, aprte leapcemitees enlfte ou modula- 
tionsonAinaireada la fugue, ftxto sur.le noodure des pacties, 
que le sojet et sa r^nse ae iapproclieBtr{faur pirodiiiie de 
ladifer^t^* laAig^4plosk|irasi^ deoModaqnelesdif- 
ftreoti suieladoDieUese ooApoee arriieal tour ^tour par 
lemoyen du rauretsement des partiea else prtenteot ainsi 
tanlAt en baut , oa dans lea parUeailn milien ^ AanaAt en bas. 
Touscas arUficeaexIgflnlimeconnaissanctparlaitadu centre- 
ponU double, par toifueioo appflend'i fftavecser ks si^a. 
A rvganl dei.diverses aH>^ees dlasMaUons^ m peut ransir 
Cilles de It Aigue CA Irob clasMS»4oiit;la piMBite eootient 
Jes initatkkBs liruBism, h iB.secoiide^ k Ja tieree, quarte, 
qoinle, sfxt^ septitaia-j^ lactam LatpbiSBsit^; et en a^me 
tevpa la plua patlbitadd cea kaitatlaBa, est ceile b la quinta, 
qui par ^emwaekBent paut atra una quarte, paroe 
qo*ella Alt eBtendm les "priBcipatos oordes du ton, e'est-b- 
dira las oetavea de la toniqua et de la domlBanie. Pour ee 
qui est des inutitions k la seaande. tierce, sixte et septitoi^ 
oBnes*en sert qua dans la «atfsdaJapr^a6dante» pour rap- 
pr6eber lea ai^etetLasaeoBdacUssa^ontient leslmHationspar 
BMNiYement samblabte, eonti^ire ,. r^ograde , eft retrograde 
par BMHiTeaseBt caotrairB s ces ^eun flamiteesne s^emploient 
qua dans la cours deardem pranidoesw La troisii^me contient 
les jtoHatbMia par augmentat&an el poa diminution : on ne 
les eteptole qa'tti ulliau <Funa fufue ordinaifa. 

Etuiutf vioit du hHMtJUfOi /uile, 4iar«e que les parties, 
psrtMitsaeoeasifaBiai|t, seolbleBtae fuir> se.poorsui?re Tune 
raatta.* - '.'.);/-...''-• ■ ■ 

Um fttfvc i^ nptiqiiie ctt no m^rceaa tieta ' fort, 

a dit Regnard dans UtMiei amawreusu. ^ 

Poor sa Banrir de la fugue au t^tre^ 11 ta^drait la (aire 
cbsnter par det persoBBages animas du mama sentiment ; 
les MoUfe^^eties entr^ ^tant parfaitement synftriques, il 
taadralt qua ces personnagas arrivassent par groupes sur 
hwbatf at las nnsaprte ies au|res^ un tel morceau serait 
d*uiie<ro^r gladala^ Cependant, les imiUtionsque Ton 
fencoBtrt 4tm oartains finales sont dessinte ed fugue. 
L'baienara da La FIM •tichanUeesi une fugue irr^u- 
aiiablatarit^'makricliadascieBca,dejn4odie, etd*un 
BHneiHeoi elfel, Oo ironve das fofmes fugute dans Tou- 
fertuiadlffttftoii/a aidaas cartaiui cboeiirs de la JiUve et 
dstf B¥9UMmtSi C*es| daps ces moroeaux qiie le contiposi- 
teor peut idployer son lal^t et mettre4 profit, sous d*autres 
annws, lea narcbas (igui^, lc« iwiutions^ les renyerse- 
■eats, et loalea les stJW^ tiarmoniques^ les recbercbes 
de style qui ne semblaient falter que pour les p6danU. 
... v.;., . r . ' Castil^Buie. 

FUIB« Ob anipWar W »|ot. ao pelnture, en parlanl des 
abieU qd semMent s'eafoBoer el s*61oigner da la tue. C'est 
U perspactife qui piascrit les moyens de faire ainsi /iiir 
tertaiaas partles^'oB tableaM* Oaappe^le amlmtrs/uyanles 
seHes qid sont lr*s-propres ifcat efleti-comme le blanc et 
fe Meu oHa4e. ' A»-L* Miujn, 4* l'lMii«nt. 

FUITE. Foirea WJianra, 

FtnTE8 Il« AU * ouvcrtures ou Assures t»ar lesqudles 
i»eclispi»ant las ean% contenues dans un canal, «tt.£*«?«» 
sna eMcme, etc. Lea fultas d*eau sont souvent fort diniciles 



41 

a booober ; ausai les ing^iieura et les architadas recomman- 
deni-ils aux constnicteurs de bassins, de dtames, da digues, 
de preadra toutas les praeautions Ima^naMfs, afin de pr6- 
venlr lea ftdtes d*eau. On boucba las fuilas d*eau de diverses 
mani^ras ; qoelqBalois il suffit de d^yer de la terre dans 
un etang pour faire cesser lea fuites d'eau qui TappauTris- 
sent; dans d^aatreaxirconstances on emptoie des mastics , 
des ciments, des glaisas, du bituine, etc; quelquefois il 
arrive ausai qu'oo est oUig< de refaiia Touvrage en tout ou 
en partie. • iBYSsiURB. 

FULBERTy cbanobie da Paris et onde de U tendra 
lUloise, reM^ fameui ifans nos annales par la barbare ran- 
geance qu'il tira d'Ab^Urd^ < 

FULD A ( PioflBce de )^ divfsioB taniloriale et poUtique 
du grand*ducbe de Hesse Electorale, d'una aaperficiede 24 
myriamMres carraa, avae 13C>S69 babltants, professant pour 
la pinpart la religion catboUqua. Ella comprend ind^pen- 
danmentdes deox Iwilliages do Friedewald et de Landeck de 
la basse Hesse, de l*ancieB ducba de Hersfeld et de la sei- 
gaeurie de Sclimalkalden, pras des deux tiers du territoire da 
rancien ^racbd de Fulda, qui dans rancienne drconscrip- 
tfon de I'Empire fiiisait partie du oercle du Haut^bin. En 
744, saint Boniface, apatre da rAUeraagna, Iboda dias 
la province de Budtonia one abbaye de Tordra de Saint- 
Benott, qui dte 7&1 avait ^alfirancbie de touta juridic* 
tian aplscopale, poor ne plus relever que du ai^ da 
Rome. tJoe teole qui jeta un vif ^at au milieu des t4n^res 
du moyen age , et qui oempta pendant quelque temps le c6> 
l^ra Hraban Maur au nombrade ses professeurs, ne 
tarda pas k ajouter enoore 4 Pimportaace de catte abbaye, 
dont le tituUire obtbt, en »68, la prateiinence sur tons 
les princes abbte d*Alleroagne et de France* Investis d(*puls 
le r^gna de l^empareur Cbarlas IV de la digait^M^archicban- 
ceUers de llmp^ratrice, les princes abbas de Fiilda, sans 
jooir pracisdmant d*une grande puissance territoriale, r^us* 
slront II traveraer paisiblament les Opaques les plus critiques, 
voire celle da la Raformation, tout en conservant llnt^ralitd 
de leurs bians atlas privil^ bonorUiques que leur avaient 
concMfe les papas et les empereurs. 11 fallail faire preuva 
de quartiers de noblesse pour atre adints k faire profaMioB 
d'Imraflilddans cetta maisoD; et quand te litre d'abba venait 
h vaquer par U mort du titulaire, c'dlalent les moines eux- 
mames quf dllsaieBt son reinpkfaot et qui le daaignaient k 
la cottfirraatton du saint-siage. 

En 17(2, l*abbaya deFulda.fut ^levte au rang d'^vacha; 
mais par suite du remaniement gkatnl que subit rAllemagne 
an 1803 , cat dvftcba lul s^ularisa-en da|Mt de la vive r^^is- 
tance de I'avaque Adelbert , qui occupait le si^e h cette ^k). 
que, *t aUribua 4 la roaison de Kassau-Orange, avcc le litre 
de principaota. U cliel de ceUo nudsoo ayant os^, k quel, 
que temps de U , liiira causa commmie avec les euocmis de 
NapoWon, le domlnateor da TEurope conCsqua le nouvel 
£tat au profit do grand^lucb* de Francfort , dont U con- 
tfnua k ftlre partie Jusqu'i ce que ks diNfomenU de 1814 
et de 1815 vinrenl encore une Ibis modifier U oonstilutkm 
territoriale de rAHcmagne. Aprto divers Utonuamcnts el h«. 
sitations, apr*5 avoir at* succasaivement adjug^ 4 la Prusse, 
puis k te Bavi^. II finit par ttia an grande partie attnbu^ 

4 la Hesse £lectorale. . . .x ^ 

FOLDA. clicflieude la province, Utiesur la rivi^ du 

mame nim. est une ville •»»« |;*8"«*f«^^^^^^^ 
et qui coropte 9,8»9 babitants. Ella est le si^ de 1 admi- 
nistraUon provtodala supdrieure, de U liaute oour Je justice, 
et T m^ catboKqua de U Hesse. U cathadrale , toute 
en plertes de Uille et o«i se troove la tombeau de samt 
Sniface, est un monument digne de mtenUon des voya- 
^rs. Ell 1842, on a «g6 * «atot Bon Mace, au milieu do 
la place puWiqne qui s'atend devantl^noan paUw ^pis- 
copal , une statue en bron« et de gmndaur colossale. 

FULGENCE (Saint), FABiusCuoDiosGoaniAKi^ot. 
ceJttos, ^vaqua de Rusplna en Afrique, naquit k Taiepte. 



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FULGENCE — FULGURITES 



daat U Biiac^DAy €d 468. £lev6 sous les yeax de sa mere, 
aprte la perte de son nuuri, il fut form^ par elle h, la pi^td. 
Ses grands succte dans les letUres grecques et latines et les 
talents qu*U d^ploya dans radministration'des biens de sa 
lamille le firent Clever ii la charge d'intendant du domaine 
dans la proTince. Mais la ft^qoentation des religieux du 
pays et de T^T^e Fauste et la lecture de quelquesouTrages 
de saint Angustin le d^termin^rent i se retirer du monde, 
malgr^ la doulcur que cette r^lution causa h sa in^. 
Oblige, a^ec F^iix, quMl secondail dans Vadministration d'lin 
iiionast^ef de fuir les persecutions des ariens, dont ils fail- 
lirent 6tre ▼ictimes, ii vint h Rome , en Tan 500, visiter les 
tombeaux des apOtreset des martyrs; puis, sans s*6tre laiss^ 
sdduire par la gloire et les richesses de Th^oric, il revint 
k son nionasUre, dont il reprit la direction. Ckimroe il cber- 
cbait dans la solitude ^^happer aux embarras insurables 
des dignity eccl^iastiques, il fut ramen^ par Fauste, qui 
I'ordonna pr6tre. Bientdt les fid^es de Ruspina Tdureut 
^T^que, centre les ordres forniels du roi des Vandales, 
Tlirasimond. Mais il no tarda pas k 6tre arracli^ par ordre 
de ce prince aux cbr^Uens de son diocese, qu^il ^ifiait par 
sa vie exemplaire, et exile en Sardaigne, avec les autres ev6- 
ques ortbodoxes, dontil devint Fappui et le conseil. Cependant 
Thrasimond d^ra le Toir, et Tayant fait venir 4 Cartliage, 
lui soumit plusieurs difficult^ sur les points qui parta- 
geaient les catholiques et les ariens. Se rangeant li son avis, 
ce prince loua hautement sa sagesse. U lui aurait m^me 
permis de rester h Carthage, sans les reclamations du 
cleiigd arien, auquel son influence portatt ombrage. De 
rctour dans son diocese k raT^nement d'Hilderic, apr^s 
afoir fait condamner les erreurs des semi-()eiagiens, il as- 
siftta encore h deux conciles, et mourutdans Ttle de Cercine, 
en 533, le l** Janvier. II reste de lui quelques ouvrages diri> 
g^s pour la plupart centre la doctrine des ariens et centre 
eelle^es peiagiens. H. Boucnnrt. 

FIILGORE, genre d'insectes h^mipteres, de la famille 
des cicadaires; il oomprend environ dnquante esp^ces, 
pour la plupart remarquables par la beauts et la variety 
des couleurs, omements des eiytres et des ailes, ainsi que 
par la forme de la t6te, qui dans les unes prdsente une sde, 
ou une trompe seinblahle k oelle d*un 4iepbant, et dans 
d'autres une sorte de niufle. D'ailleurs, ce genre a pour ca- 
ractires un front avanc^, deux yeux lisses, sans appendices 
au dessous des antennes. Les plus grandes esptees de ful- 
gores sunt apport6ss en Curo|»e de TAmerique meridionale, 
de Cayenne ou de Surinam ; elles y vivent sur les arbres. 
Les esptees qui liabitent TEurope sent tr^s-petites, et se tien- 
nent constaroment sur^ les arbustes et les buissons. 

La fulgore portC'lanterne (fulgora latemariaf Linn^) 
a prib de dix centimetres de longueur; elle est agr<^ablement 
variee de jaune et de ronx, et offre une grande tadie en forme 
d*(eU sur chaque aile. Son museau est tr^s-dilate, vesiculeux, 
large at arrondi en devant. Au dire de plusieurs voyagenrs, 
cet insecte r^pand une forte lumiere dans Tobscurite. 
M'**Merian, dans son grand onvrage sur les insectes de Su- 
rinam, assure mftme que la darte qui en ii^lte est assei 
grande pour permettrede lire les caracteres les plus fins; 
roais ce fait a encore besoin d*etre constate. 

lA/ulgore porte-chandelle a dnq centimetres de lon- 
gueur; unXronttres-prolonge, mince, recourbe , de couleur 
jaune; les yeux bruns, la tete et le corselet d*un beau jaune, 
Tabdomen jaune en dessus, noir&tre en dessous; leseiytres 
d'un beau vert, avec des bandes transversales et des taclies 
Jaunes. Les nervures des ailes sont eievees , et entre dies 
existent de petits traits, qui fonnent des espeoes de grilles. 
Les ailes sont d*uu jaune safran , avec de larges bandes 
noires a Textremiie; les pattes jaunes, les quatre jambes 
anterieuret noires, les posterieiires epineuses. On nous en rap- 
ftorte beaucoup de la Chine. Cest le pays qui en foumit 
le plus. 

lA fulgore europdenne (Julgora europaa, LlntuS) aonxe 
millimetres de longueur. Elle est cntierciuent veile; son 



front est conique, ses dytres et ses ailes sont t 

N. Ci 

FULGOSO oil FR£G0SE , illastre fama 
d'origine piebeienne, quiembrmssa le parti g;ibej 
temps en lutte avec la famille des Adomi. I«e 
sonnage de cette maison qui figure dans VUu 
minique Folcoso, eio doge en 1S71» aprte I 
Gabrid Adorno, it laquelle il avait puisaamme 
En 1378, le peuple, exdte par Antoine Adorn 
Guarco, le deposa k son tour, et l^emprisoni 
obtenu de briUants succes k Chypre, tnmi9 il 
ment essaye de cbasso^ les Venitiens de T4a6doi 

Jacques Fumm>so, fils de Dominique, fut ^u do 
apres Tabdication d'Antoine Adomo. II ^lait i 
doox et padfique. L*annee suivanle il fat contr 
force des armes, de rendre la place k Antoine A 
se repentait de Tavoir abandonii6e. 

Thomas Fulgoso, tils du precedent, prit ane 
active aux troubles qui agit^ent G^nes k U 6i 
torzieme et an commencement du qtiiozitoie ai 
doge en 1415, il se recommanda par una adm/j 
beaucoup plus sage que sa conduite antdrieare ne 
faire esperer, fit lever an roi d'Aragon le si^ < 
fade, et dedda Cahri k chasser sa gamiaoa aiagooai 
m mettre sous la protection de G^nes. II abdiqu 
gnite en 1411, lors du siege de Gtees par Cam 
general de rtiilippe-Marie, due de Milan, auquel i 
dtoyens voulaient, centre son avis, se soumettre. L 
blique , en consideration de cet acte et avec I'appn 
du meme due, lui ceda la ville de Sarxane avec sc 
trict, pour en jouir sa vie durant, ne pouvant loud 
ceder ni la transferer qu'4 la republique. En 1435 
de nouveau eiu doge, mats depose en 1442. 

11 avail un fr^re, Baptiste Folcoso, qui entrepnt 
soUidtatlon du due de Milan, de le sopplanter. II 6c 
et Thomas en garda si peude ressenUment, qu*il le fit i 
mer chef d^une escadre que Genes founut k Itene d'Anjoi 

Apres bien des revolutions, Jean Folcoso, puis / 
Fulgoso, furent doges de 1447 k 14&0. Cdui-d fut dei 
en cette demiere annee, et Pierre Folcoso, neveu 
Tliomas, lui succeda. C'est lui qui perMiada aux G6n 
en 1458, de se soumettre k Charles VII, rd de Fran 
mais il se souleva Tannee suivante, et essaya decbasser 
Fran^ k Taide de troupes que Id foumit Ferdini 
de Maples. 11 peril dans cette tentative. 

Paul FoLGOSo, qui avail ete d*abord archev^ue de Gen< 
poursuivit les projets de Pierre, contribua k Teipolsion d 
Fran^ais, et apris avoir subi comme doges Prosper Adorn 
Spineta Fulgoso et Louis Fulgoso, supplanta ce deroic 
en 1463, reunissant en sa personne les pouvoirs spiritu< 
et temporel. Mais ce ne fut pas pour longtemps : il /u 
oblige de se retirer devant les troupes de Franfoii Sforce, 
due de Milan, ii qui Louis X( avait c^^ ses droits Mr Genes. 

Baptiste Folcoso, neveu du pr^c^dent, fut (flu doge en 1478, 
et diasse en 1483 par son onde, defena cardinal et ^m, apre* 
quelques annees de pouvoir, remit Gtoes au ducde Milan. 

Oetavien Fulgoso, proclame dogeen ISU, traits en 1515 
avec Francis 1*', qui le fit goa?eniear de Gtees. En 1522 
il fut oblige de se rendre au marquis de Pescaire, %ia6nl 
de l*Empire, et mourut qudqoes mob aprte. II arait faf( 
preave de sagesse et d^equite. 

En 1528 la ftunille Fulgoso fot incoiporte par Andrtf 
Doria dans celle des Fomari, alin d'Midre avec sob oom 
les qoerdles incessantes qu*dle su^taitdans lar^btique. 

Augoste SATAGsa. 

FULGUR ATION. Vogez Fouunatiox, D^PLAcaATJOii. 

FULGURITES {quasi Julgure ieta, dit 5oooius), 
nom que les Remains donnaient aux lieux aloii qu'aux ob* 
jets sur lesquels la fond re etaittorob^ 

Ou donne aussi le nom de fulgurites kdtitabn Tilrili^ 
k rinierieur et granuienx k Pext^rieur, prodiiiU par le pas- 
sage (le la foudre k travers un terrain k sable quartiiux. 



FULGURITES — FULMINANT 



Ctt ftilgoritfls, qa*on appelle encore tubes fiUnUnairu^ 
pMtrent sourent 4 une grande profondeur, mais lear dU- 
mHft Be d^pane g^6n\eineai pas doq centimitres. 

FULIGINEUX ( de fuligo, suie). On applique cette 
^pitb^ k une fiun^ ou vapeur supportant une grande quan- 
tity de suie ou de mati^ grasse. Le noi r de fumte n'est 
que ce que l*on relient des vapeurs ftiligineases de substances 
r^sineuses qu*on a brni^; la litharge est ^galement le 
produit dea Tapeurs fuUgineuses, retenues et ramass^, des 
ttt^laoi qui entrent en fusion. En m^lecine, on applique 
aux dents, ii la langue et aux litres T^pitb^te de fiLligi- 
neusa, quand elles sent couvertes d^un esptee de croAte 
Boiritre, k peu prte oouleur de suie, ce qui arrive dans cer^ 
tsines ii^Tres. 

FULIGNO. Voyez Fougko. 

FUIXER (Saiuh-Margarr), Tune des plus x^Mes pro- 
motrices de rdinancipation de la femme aux £tats-Unis, na- 
qoit en 1810, k Cambridge-Port, dans l*£tat de Massachu- 
setts. Son p^, ThHnothy Fcll£r, jurisconsnlte el membre 
du coogrte de lgl7 & 182S, acquit plus tard anx environs 
de Boston un petit domaine, quil cultivait lui-mtoie. II 
doana k sa fille une Mucation toute virile; dte Tige de buit 
us, il Itti impoaait, dit-on, pour ticbe de composer chaque 
jour on certain nombre de vers latins ; et la pbilosophie , 
riiisloireet resth^que deviorent les etudes Civorites de la 
jeaae fiUe. Cest sons oes bifluenoes que se d^eloppa le ca- 
racUreteergiqueet original de Marguerite Fuller. Sonp^ 
inort, die eontriboa k nourrir sa famllle en donnant des le- 
foas; eten novembre 18S9 elle fonda k Boston une socl^t<^ 
de dames, au sdn de laquelle elle 0t des cours, qui dans 
cclte vHle, aascatiellement puritaine, produisirent une 
Tire impression, k cause des liardiesses <^tranges du proTes- 
lear. En 1844, d^aprto Pinvitation d'Horace Greeley, r^- 
dactenr de r<Ae Tribune, elle se rendlt k New^York, ott elle 
^vit poor ce journal une suite d*art|cles relatifk k la litt^ 
nlars et aux beaux-arts, qui ont 6U recueillis et publics 
loos le titre de : Papers on literature and art ( Londres, 
1S4<). Dans son ouvrage intitule Waman in the nine- 
teenth centurjf, elle a expose des i^^es hardies et souvent 
jttstes, mais quelquefois empreintes aussi d*une grande 
euHalion, sur la nature de la femme et sa destinte. £n 
1S46 die vint k Londres, od elle fit la oonnalssance per- 
Mmadle de Carlyle, pour qui elle professait depuis long- 
temps la plus profonde v^n^ration. De ]k elle se rendit k 
Paris, 00 , comme on le devine bien, die n'eut rien de plus 
press^ que de se fiiire presenter k madaroe Dudevant, puis 
die gagna Pltalie. A Rome, die fit la connaissance du mar- 
qds Ossoli, qui lul donna son amiti^ et qui P^usa en 1848. 
Elle prit une part des plus actives aux ^v^nements de cettc 
^poqoe, et la chute de la r^publique romahie lui navra 
le enr. Son roari fut exild par le gouvemement ponti- 
ical,et en join 18&0 die s'erobarqua pour revenir aux 
ttats-Unis avec lui et un jeune enfant, qu'dle allaitait. Le 
18 joillct 18&0, le navire li bord duqud elle se trouvait 
|M corps et biens sur la cM d'Am^rique, dans la grande 
lonpMe que signala cette joumte. L'incontestable talent, le 
carad^ i^nergique et la fin lamentable de Marguerite Fuller, 
ooteatourd son nom d^une espto d*aurtole po^Uque. 11 s*en 
dnait qo*elle f(kt jelle femme, et cda ne Pemptelia pas d*ins- 
pirer plosieurs attadiemonts profonds et durables. Emerson 
et Cliamiing ont publi<S les Memoirs qf Sarah Market 
FuUer, mar^usa Ossoli ( 3 vol., Londres, 18&2 ). 

FOLm-COTON, COTON-POUDRE, PAPIER-POU- 
DUE, nouis vulgdres doon6k k un nouveau produit explo- 
»f, qui vers la fin de Pannte 1846 fit son apparition dans 
ic moode scientifique, od on le d^igne sons celul de pyro- 
sffUne, On Pobtient en trempant certaincs mati^res ligneu- 
xs, Idles que le colon, le papier, etc., dans de I'acide 
uotique^ et lalssant sddier. Cest en r6alit^ M. Pdouze qui 
ena doon^ la recette il^ 1838,^ tout en Ignorant que son 
Hpisr^poudre, brfilant soudain, pAt ddoner comme la poudre 
wdiaaU'e ct la rcmplacer. il ue le croyait propre qu*a lor- 



45 

mer des cartouches promptes k s'embraser et pouvant aind 
rendre la poudre k canon plus efficace, plo8 i^ssante. De 
mtoie que F. Bacon, M. Pdouxe n'a done fidt que charger 
la pito, et c^est M. Schombein qui Pa tir^ L*annonce 
de cette d^converte produlsit une vive sensation; mais Pen- 
gouement dont le fulmi-coton fut d'abord Pobjet ne tarda 
pas k faire place k ^ sentiments plus ralsonnables; la 
nouvelle d^uverle, d bdle qu*elle pOt are, fut depuis 
r^uite k sa juste valeur, et de longtemps encore sans 
doute le fulmi-coton ne parviendra k d^trOner la poodre ii 
canon. On reconnalt que Pemploi en sera utile et ^oonomique 
dans les carri^res, dans les mines et dans quelques auties 
applications pratiques de ce genre; mais quant k s'en servir 
pour les usages de la guerre, il n'y Ciut pas songer. II est 
demeur^ avM en eflet, k la suite d*exp6rienees laites avec 
toute la prMslon imaginable, que les eflets du fubni-coton 
sont beaucoup plus in^ux que ceux de la poudre; que sa 
grande inflammabilild (Il s*enflamme k 70* Reaumur, tan- 
dls que la poudre ne le bit qu'4 240" ) rend la fabrication 
des munitions avec cette substance, leur transport et leur 
conservation beaucoup plus dangereux que ceux des mum'- 
tions confectionnte avec de U poudre ; que la confection 
des cartouches de tons genres avec la substance ea question 
est extrteiement lente; que dans P^tat actnd des fusils dMn- 
ianterie, dea carabines et des pistolets, le fulmi-coton est 
inapplicable k ces armes, par cons^uent qu*il ne aerait pas 
propre pour Pusage de Parm^. 

Combing avec la pondre ordinaire, le Ailmi«colon a fourni 
k M. Pdouze le moyen de (abriquer d'excellentes amorcei 
fuhuinantes, pour le confectionneroent desqudles on pent 
d^sormais se passer du f u Iminate demercure, qui en etait 
la base. On salt que c^<itait \k avec les procM^ andens one 
operation des plus insalubres et des plus dangereiises, et 
que depuis longtemps il ^tait k d^rer qu*elle fAt rempla- 
cte par un procM^ moins funeste i la vie et ii la sante des 
ouvriers qu'elle occupe, et dont le nombre est consid^able, 
car, d*aprtsdes renseigoements certains^ on ne labriqne pas 
en France moins de 7&6 millions de capsules par an, sans 
compter celles que consomme Parmte et qui sont conlec- 
tionnto dans k» atdiers de I*Elat La d6couverte de la 
quality explodble communique par Padde nitrique aux 
corps ligneux est encore sons d'autres rapports une bdle 
conqoMe de la sdence : le ftilml-ooton sert de base an col- 
lodion, dont la plmtographie et la ddrurgie se dispntent 
Pemploi. 

Dans plusieurs pays, la police a cm devoir soumettre la 
fabrication et la vente du fulmi-coton k de gtoantes et res- 
tricUves formality. £n France, cette malite est assimiMe k 
la poudre et soumise, comme elle, aux dispodtions des lois 
des 13 fnictidor an v et 24 mai 1834. II est en outre d^- 
fendu aux propri^dres de Urs d^employer le coton-poudre 
pour les exerdces qui ont lieu dans leurs ^tahllssements. 

FULMINAIRES (Tubes). Voyez Fulgurites. 

FULMINANT (de^/men, foudre). Ondonne cenem 
k toutes les prorations qui jouissent de la propria de 
d^oner ou d 'dialer avec bruit, lorsqu*on les chauffe legd- 
rement, qu*on les triture ou qu*on les soumet k one pres* 
sion plus ou moins forte. Les substances fulmlnanlcs peu- 
vent se printer sous des ^ts divers. Parmi les gas, on 
pent dter Poxyde de dilore, qui, sounds k one chaleur de 
mdns de 100"*, se d^ompose en donnant lieu k ime explo- 
sion; parmi 1^ liquides, le dilorure d'aiote, dont l*<Uiergie 
fulminante est encore plus grande. Mais c*est dans la dasse 
des corps solides qu*on trouve les exemples les plus nom- 
breux de propri^t^ d^tonantes. Les fulminates en gd- 
n^ral, et paiiiciili^rement ceux d*afgent et do raercure, 
Pammoniure d^rgent, oehil d*or, et l*iodure d'axote, occ4i- 
pent le premier rang parmi les corps solides suseeplibles «le 
fulmination. La p o udre k can on dle-mtoie pent pnSsen* 
ter tous les caract^res de cette toergie lubninante, si elle 
a ^t^ prt^r^ avec un diarbon l^ger, et soumise au grai- 
nage sans Pavoir pr^alablement comprim^ : alors die bribe 



46 



ttlLMlNANT - PULMlNAtlON 



les CUMM les plus rMUtants, cprnme poumil le faliek 
ftilmioate d'argoK lufr^tew. Get enemple, soseeptihle d'«p> 
liiiettkm I beaueovp d'autrw sabtUnoet, dtoole combiea 
r^t pbysfque dHiii corps pent mfber sur le temps a^cat- 
Mire pour en op^rer le d^compoeUUm* et par siute ear 
left r^Mlfats quVm eo attend. Toutes choses ^lea d'aU- 
leurs, vne mati^ poreute et \igjbn sera phit npidemenl 
d^composte que la mtaie inati^e 4 laqoeUe on aurait coo- 
•erv^ 00 donn6 de la colidsien par la eompression on par 
toot autre ttoyen. Pour que la mteM subetaDce devieooe 
le plue folmfoaBle poesible, U taut dene favoriser an phia 
baut degi^ UnataaUB^t^^ aa. d^coroposition chimiqoe. 
CTtet presque toojoacsdana leor propre coaipositkNi que 
les mati^res fubnlnantos trbufest le prlndpe de leor d^ 
oompoaition; fonu^ d'^Mmeots gaiiifiahies qui aTatent 
M tonus dans un 6tat de condensation trte-oonsid^rable, 
souvent le moindre cboc, iVl^vation de la temperature, 
quelqaefoia une simple vibration des colonnesde Tair, le 
passage aourtout d'une ^ltooelle^lectrique« tout suffit pour 
op^rer one brusque d^oomposition : alors, les gaz devenus 
libres ob^scent i ieur force d'eipamion , se r6pandent dans 
Fair ou'r^snent avee violence centre les parois-des vaaes : 
supposant rotaieqve les drconstaooes lavoriiasient le re- 
tour instantan^ de ees gaz d^gag^. k la teniptotore sous 
laquelle ils n'auraient plus qu^une- lalble OKpan^o, d^ii la 
promptitude dei effsls rfeullent do d^gagement pent avoir 
eu un eflet m^nique d*ttne teorme puissance : e*est bien 
plus fort encore si , cooune cda a soovent Ueu , la tempe- 
rature de ees gez expanaifc tend k s'eiever au moment de 
la decomposition. Qoelquefois eette elevation va josqu'aii 
rouge» c*eat-li-dire k plusleurs centaines de degres du ther- 
mofit^re; et dans ce cas il est tadle dMmaginer Taccrois- 
sement d'inteosite que delt prendre la force de repulsion , 
puinque le eoedident de dilatation des gaz etant-jfy^ le 
volume de eeiix 'qui se d^gagaront aera double par diaque 
augmentation de-<dialeur representee pendant L*acte de la 
decomposition far le nombre 2^7. 

Un certain nombre de substances fbkninantes trouvent 
de FempM dansplusieors arta,entre autres les fulminates 
d*lwgent et de ^neroufe, et 4'ammoniure d'or. 

Pbloozb pere. 

Depuis la deeouverte du fulmJ-ceton plusienrs autres 
substances Ailminantea, du plus puisaant eflet, ont ete 
mises entami^; les pkis coqaoea sent 1* nitroglycerine, 
le picratede potasse, la dynamite; puis nous dterons la . 
doaline, la poodre.de Scbultie, le «b|onire d'azote. Une 
lof,voteole 17 Mvrter 18SS, atatuaqn*un emprisonnement 
de sit moisli cinq ans ponirait toutindivktu detenant on 
ayant fttbrique de la pondre fulminante, quelle qu'en Uki 

la composition, 

FULMINANTE (Legion). Vopez^Ucion TuiMinkKn. 
FULMINATE, sel resultant de la combinaison de Taoide 
fulroiniqu« et d*une base. On obtient les.fulminales en 
faisant reagirde I'aclde nitrique sur ua metal fin presence 
de I'alcool. Le fulminate d'argent^ que Ton appelle encore 
poiidre fulmintmte d$ Berthollet, du nom du aavant an- 
quei on en doit la deeouverte , est la plus intactile peut-etre 
de toofes lea snbatancea que nous connaissons. Ce n'est 
qu*aveo beaoeoup deprecautlotts qu'on peut la preparer, 4 
ciiise des dangers qui accompagnent sa detonation, et en 
operant sur dee quantites extrememeot petilaa de matiere. 
Apres avoir diasoos de rargent fin dans de Tacide nitrique, 
on v«fse^dans la liqoeur une petite quantite d'eau de cbaux, 
qui y -tbrme ni^predplte bmn, qo'on lave k plusienrs reprises 
avcc'de l*eau distUieo; on verse ensuito sur ce residu hu- 
mtdo uneiietlte qnantite d*aBMnoniaque , qui le dissout^ et 
onebandoniie l» matiere 4 Pair pour qu'eHe sedessecbe. Si 
on operait sonlement'sur ua decigraoune d'aigent, il (audrait 
distHbuer le predpite obleno par la cUaux dans una dou- 
zaine de vines domootre avaiH d*y verier Ijamnioniaque, 
car, une fois fermee* la poudre fulminanfe |iourrait detooer et 
Conner Ueu 4 de tr66*(p«ves accidents. On ne pourraii san« j 



s'expoier cbercbar 4 enlaver oolte oopkbinai: 
mide, pour ladiviser en plusienrs parties etc 
aussi des riwiDesque de la placer dUuw un ▼. 
de poroelatee, qui pourraient ^ir^ t>ris^ dans 
et les Iragmeote lances avec iipe ^'ande vi4 
Toxyde d*argent encore bumide a €k/6 vers^ 
quantite dans les ven^ de montre» on les pi. 
graode distance les uns des autres* sur un 
ajoutede rammoniaque pour dissotjdrie r«xyd 
la desaiccation s!operar. Yjent-oo aiocs ^ tou^ 
avec nn tube de verre ou un MtoB» sout^d 
une bailee de plume* une ddton^on Tioi^ 
verre de montre est ofdinairenaeDt.bris^ en 
et souvent le mooveoient occasioond par I'ai 
fairefulminer la matiere renfennd^ clans quelqtie 
qui sont places 4 peu de dist^npe. 11 arrive 9o^r 
quoique preparee de U meme msoitee. une. oe 
lite de Taigent fulminant se ddtono pss, wfH 
frotteoient assez fort; oqais sa ddcoippaiiltfoii i 
la plupart des cas avec tant ,de facilite qu,*|l ^at 
se servir d*un b4tos d*un metre su molm 4^ loa 
le .toucher. Cette poudre fubnioante p^r^ge are 
autres la singuUere proprietedeproduir^ uo eOe 
siderable sur les corps qui U suppoi;|tei4,.et qu'e 
avec beaucoup de violence, tandia que la ppudiie e 
produit d'adion ^t sur le proj^dlile quijui et 
On n*a jusque td donne.aucune expllca|k>n mtji^ 
tisfaisante de ce pbeaomene. 

On n^empioie goere le fulminate d>rgei|t qoepoi 
paration des pois /ulroioants. H. .G4|u.t4£ii on Cu 
Pour preparer le/u/mino/e cfe m^rciir^ oy pou* 
minante de Jfovard, on opere sur un gnuqmie 4e 
et 12 grammes d^adde nitrique concen|iie^on verso 
dans cette solutioa 12 grammes d*alcooI, et. on a 
caution de chauffer lenteoient. D'putres proced^ 
employes pv Tindustnepour preparer en gr^qde q 
ce fulminate » qui sort i la (abricalion ^es cap su 
amorces (ulminantes. Le fulminate de mercury se cc 
de 0,24 d*adde fqlminique et de Q^e d^oxyde de nn 
II se decompose avec flamiue et eiplosionf s/oii par le 
soil lorsqu*on Iechaulfe4 la temperater^ de 188^ 
que le clioc donn^ lieu 4 une ^xpio^ion, il faut que les 
clioques possedent. une cerUine (luret(i. 

En moyenne, 1,000 grammes de roerciire donnent 
grammes de Culminate, qui luOiscqt pour preparer 4( 
capsules. A oet eflet on broie le (ulmioate arcjp 30 p. 
de son poids d'eap, et oq y iocorpore 0,6 de sen poid 
poudre ordinaire. On introduit eosuite cette plte dans 
capsules. Pour pr^veiiir racUon de riiuinfd^<^, on recot 
la p&te avec de la tdnlure de be/^oin ou avec uoe dissc 
tion de mastic dans de I'huile essentielle de t^lieiitl)ia< 
Lorsqu^on iait detoner une capsule as milieu d'uoe cai 
qui en est ren4>Ue« riuflamm^lisa oe le proifage pas^ i 
n'y a pas de poudre interpoaee. Cepeodaot oes cap<uJ(^ 
soDt pas sans danger : aussi reinplacs*(-oo yuelquefc 
dans Ieur fahrieation te AiUninate de inercttre par le fu 1 aji 
coton. 

FULMINATION, FULGURATIO.N. Cen^est que d'i 
pres la rapidite d^ riniUminatloD et d>pr^ ia fioirce d( 
bruit, qu'en a etabli une diflVrence eolre la iitpnatioA 
et la/ti/mino/ten. Quand ie pynon^oe ^estaccompagn^ 
que d^un bruit comparativeinent falble, il preod le ooiii de 
ddtonadan ; si te bruit qst consid^able, et que I'exjtfosKS 
soit violente, on dit qu'U y a eu/ulminat'm* TmU que 
le mot /uUniMOtion rappelle i;id(iede Iktoudttl/ulmen), 
fulgurcUhon exprime la rapiditd de ledair (Julgur), il j 
a done gradation de la fuUuioatioai la fulguratioa (voi/ei 
Dirt^caATton). 

FULUlNA'f ION ( 2>9-oi^ canon ),acle par lequel uo 
eveque ou tout autre deiegue du pape anoo(ice lui rescil, 
une buUe et en ordonne l*execuUoii. Jadis le.ioQiciaiji ^ta.eo( 
A*oraiu««ire uui|^ .^^.^^ miasioat, qoj^ Ieur ayiol c(d 



FDLMINATION _ PULTON 



47 



tallies daof lei forlnas TOoAiies , ne pouvaf ent toidme leur 
Hte ratMes* pw la noft dn' flaiiil«p^re. Usne poDtraiMit 46- 
Mgov penoBM pour renditi la aanteBoe d*eft6cutioii, mais 
il leur ^ttH pMan de transmettra k dioB tiers le pon* 
Toir dMarroeer.les pnrtieSy d^asaigiier «t o«1r lea Umoina 
fur les ftlts e&posds dans Taete de la ^oor de Rome. Lea 
olfctB da- la IbbniQatioo, aussi tarite que eenx dea bullea, 
cmferaiialeDl lea eieoraniuiiieaUona, lea mandementt 
des ^eqaea, abbds et abbeitiea, lea dbpoisea de niiariage, 
les si^iatDrea. portani rdparationa d'irr^Uiril^, lea res- 
criu r^etsmant contra dea vonx, etc., etc. 

FUiMINfQIFE (ACSde). Dteoimrt par Gay-Lnssao, 
u/t adde n^etiste qa'en eomMiiaiBOD atcc lea bases dana les 
falmiaates. Qaand on cberche k Tlsoler, il se decompose 
CD aoJ Boyanhydriqne et en d^anlrea prodoHa. 

FULTON (Rokrt) naqoit Tan 1765, en Pensyhranie^ 
dsos te oont^'de Laocastre, de parents paoYres ; son pftre et 
ssm^^taient M malhenraox toiigr^i irlandals, charge 
dedaq enfants. Foltbn n'avalt encore que trois'ans lors- 
qaH perdit sonr pi^^ et ii dlx-boit il saTait k peine Hre, 
tain et compter : c'toit \k toote TMuMion qnll atalt 
pa poiser dana l^eeole de son tfflage. Plein de liie' et d'in- 
dastrie, 11 se rebdit d*aberd ii PhitadetpMe, oil , nalgr^ le 
dtetaMnt le ptan complet, ItparviRt k^todlerledessin, 
la pehrtore et la mdeaniqo^. Allant d'auberge en anberge , et 
iosqnedans lea roes, irendre dea paysagea et fkfre des por- 
traib; te jeiine artiste parttnt , an bout de qoelquea ann^, 
I se procurer one stfmme sufltsante poor payer nne petite 
kttM qne sa ili^ teisait taloir. Lul en ayant ainsi assort 
la propff^y et wredontant phu pour elle les besoins de la 
vfe,Ptilton paasa en Angleterre en novembre 1786, esp6- 
not tronfer dana le c6l^bre peinlre d*liistoire West, aon 
oompAriote , nn mattre baUle et un protecteur gto^euT. 
Boa aspairiie ftit pu d^ : le retpectable artiste rac^melllft 
cdttma diselpte et commensal. Fnlton fit aooa Ini de rapides 
pro^res; huda ^n gtoie le poossalt sortout vers la m^ca- 
alqae* En I7d3 il pr^aenta an gonTemement des projets 
d^mdiontiott ponr les canam , oir tea edaaes sont rem?- 
plaoto par: dea plans fndf n^ sor lesqnels montent et des- 
eenctent des bMtenx li roolettes^ A cette idee, pratique dejii 
ei Chine defHiia uti temps Immemorial, el rq[>fMlQite en 
Earope 4 des epoqoes reonlto par llng^nlenr anglais Rey- 
nold, Palton ajcaita beaoconp d'autres periectionneroents, 
et snctont la coYiStniction de rontes, d'aquedocs et de ponts 
en fiBT fondo ; mafs oe Ait en Tain quil s'adressa an goiF 
irernttMnt et ii dea aodetto particolieres ponr Vexdeution 
^ m prOjets. Afin de les (aire appr^der, 11 Ait oblige de 
les d^srire dens nn Hvre. A la fin de cet ooTrage se trouTe 
enelettre i I'lraflQois de NenAMtean, alors ministre de 
llatiMenr en Frine^, relative k un pro]et de canalisation 
de ee p^ya, % raldedea soldata. Fulton tmagina aussl des 
lApkes <te ehahnea pour ereoaer les canaux ; il perfectionna 
i h neme ^poque dea monllns pour scier le marbre, et des 
tiacft^ ponr filer le chantre et commettre lea cordages. 

Qmlqiies leUrea de remerelments de la part des society 
nvamtte et frols on quatre bretets d*&iTention Airenttout 
oe <|tfirobtlnf dans la Grande-Bretagne. Pensant trouTer en 
Prance ploa dVncouragement , 11 am>a k Paris Ters la fin 
d^ 1796. IttTitd par J<6d Bar low, alors ministre pldnipo- 
KiUiire des l^XiMJnh en France, k venir feaider an mi- 
Headeti f^me. Pulton accepla cette ofRre genereuse, et 
% loM Alt ciment^e entre le plus lllustre des poetes ani^ 
rieafais et le premier ingji§nlein' dn NouTeau Monde cette 
^iMrite amitie qui derait dtii^ autant que leur Tie. Pendant 
lesAeptannMqoe Fufton passa auprte de son ami, il se 
^m ft raode du Aran^is, de ritaKen et de rallemand , 
^ia Ieamafhi6matliiques , la pliysiqne, la chimfe et la per- 
ipeUIVe, et oam|<o aa plusieiirs ecrits qui n*ont pas et^ public, 
n^rtff'aa 1797, epoque oti Ift France et TAnglolerre son- 
VHfontl lapaSx , detoir domicr ses idto sor la Nbefi# des 
loers ^ dtf eommerce t ft cet elAsf , il entra en correspond 
^»Ktt ivee le^««Nll>re Camot , qni rafrcctionnait Darttculi^ 



I 



rement; mala la rerolutkm do itrfru'etldor ayant A>rcd 
Camot k a'expatrier, Fulton priaenta Tidnemeot ses projeta 
aux nonveanx inembres du DIreetoire. II entraprit alors de 
faire adopter ft la Franca un nooTean genre de goerre mari- 
time , et dea le moii de d^oembre 1797 il fit ft Paria qnel- 
qu^ easais sur la manl^ de diriger entre deux eanx , et 
defelfe edater* ft un point doane, des boltea remplies de 
powire ; €(*est Ift que s'^taient arrets en 1777 les expe- 
riences de rAmericain Bashnell. Fulton dcbona comma Ini 
dans cette entreprlae , anasi bien que dans cdle d*employer 
des bateaux soos^marins ponr conduire des petards 
8OU8 la carina des tai^seaux. L^rgent Ini manqnant, Fnlton 
s'adi^essa an goutemement. Maia to petifton, renyoyee au mi- 
ttlsti'e de la guerre, n*obtint pas de rdponse. Sans se decon- 
rager, il execute en aoajbn uh nkodeie de son bateau , et 
avec cet argument , qui pariait aoz yeux , il se preaehta de 
nooteau au Diredoire. Ausslldt une oommisiton Ait nom- 
mee pour examiner ses plans. ' Les rapports Airent Aito- 
rables , mais , aprds de longs deiats, le ministre de la guerre 
les rejeta enticement. Trois anndes s'etaient eoouiees dana 
ces travBux; Fulton , ne consenrant pins d'espoir anprte da 
gouTememeitl' Awi^als, sadre&aa an Directoire de la repo- 
blique batave , qui , de meme que la France , meconnut Tlm- 
portance de la guerre sonS-marine , ft l^xeeption , cepebdant, 
d*nn de ses membres , nomme Vanstapliast , lequd Anmiit 
ft llngenieur de rargent pour executer plusienrs macblnes. 

BonapaHe ayant ete reretu de la dignite de consul ft Tie, 
Fulton lui ecriTit pour obtenlr des Ibnds pour la construc- 
tion d^un bateau sous-maKn, et pour qn'une commission 
examlnftt ses experiences. Cette donble reqnete out tout son 
efilet; Targent AH accorde, etVolney, Monge et Laplace 
Airent nommes et appnHii^rent le projet; le bateau Ait 
constroit en ISOO et essaye pendant rautomne ft Rouen 
et au HftTre. Le snccfts ne repoffdit pa^ ft Tattente de lln- 
Tenteur. Aytot'entrepris dialler ft Brest, il ne pat adieter 
la traVersee, et son bateau soiis-marin echoua aux enTi- 
ronH de Cherbourg. Un second Ait coostruit dans les ate- 
liers de MM. Perrier, ft Paris, et esaaye, en 1801 , snr la 
Seine, Tts-ft-Tls des fUTalides. L*ingeiiieiir, enferme dans son 
bateau ayfec un matelot et une bougie aUomee, sVmAm^ dans 
Peau , y resta •dix-ltuit ft Tingt minoftes , et surgitapres atoir 
parcouru une asset griinde distSfn'ce, puis disparaissant de 
nouteau, il regagna le point do depart Tdmoin de edte 
experienco, Guyton^Morreau reimit ft Fulton vta menfolre 
sur les moyens de prdonger la respirfttion des bommes et 
la combusfion des tnmi^rei ft bord des natlrea sous-marins 
en restituftnt de Fair Tftal et attsorbant le gaz' eaitOnique. 
Le meme bateatf fut plus tard essaye ft Brest, et un rapport 
deb plus foTorables fot dresse par des ofliders de marine. 
Fulton s^occupa ensnite de manceuyrer un {MStard contenant 
Tingt liTres de poudre atee aon bateau soua-marin , ^ il 
reussit ft faire santer une chaloupe mduIHee dans la rade. 
Mais chek Bonaparte le ^t ponr les innoTations dimi- 
nnait ft mesure qu*n Toyait crottre sa puissanoe. I^ md- 
moires et les petifions de Fulton resterent sans reponse ; tou 
tefois, le profit qu*il retira du premier panorama olTert par 
lui aut Parisians lui permit de poursuiTre ses experiences. 

Pendant ce temps, lord Stanhope parlait aToc anxit^e, 
dans la cbanibre des pairs , du sejour de Fulton en France, 
et, sOr sa demande, un rapport etait adresse atl premier 
ministre , lord Sydmootli , pour Tengager ft rappder Tlia- 
bile ingenieur. Fnlton nc se decide pas d*dbord ft accepter 
les offres du gouTcmement britanniqoe ; il s*occopait de 
construire nn bateau ft Tape nr snr 1ft Seine, atec Tas- 
sistance de M. Liringston, ministre pienfpotentiaire des 
£tats-Unis ft Paris; le bateau , termine, f (it essaye, mais 
H se rompit par le milieu. Le ministre Anirnit des sonimes 
pour la construction d^in second bateau , qui tut eprouve 
ft la fin de 1803 , et rexperience ayant ete satisfaisante , 
Fulton cl son protecteur concurcnt dfts lors le projel , qu'ili 
realu^rent ^l"*!** *"• 9pri», d'etablir des bateaux ft rapeur 
sur les Hcuves d'Ameriqnc. 



49 FULTON — 

Do retour en Angjeterre^ Fulton n*y rencontra, eotnme 
«tt France, qa^obfttacles et d^oAto. En le rappeUnt, Tinten- 
tion da goufernement anglais avail ^ ainipleinent d# 
juger ics prajeU et de lui acheter le secret au moyen d*ane 
ftirte pension ; mais c'^tait grandement se tromper snr son 
carac&re. On pent 8*en convaincre par cette r^nse 4 dev 
agents do pooydr : « Soyex assures , leur dit-il » qnela que 
poissent Atre tos desseiosj que je ne consentirai jamais k 
cacher mes inventions lorsque rAm^rique en anra besoln. 
Vons rn'oirriria en vain une rente de 20»000 Ut. sterl., Je 
surifierai toujours tout k la sAret^ et k I'ind^pendanoe de 
mapatrie. » Aprte bien des ddais, le minist^ consentit 
enfin k faire essayer les torpiUes ou p^rds soos-marins 
pcKecUonn^ par Fulton. La premiere experience, qni eut 
Hen la nuit du 2 octobre 1805 , fiit sans succto ; mais Fnlton 
insista , et le 15 du rn^me mois, en presence des ministres, 
il fit sauter un brick danois du port de 200 tonneaux , qui ^it 
k Tancre dans la rade de Walmer. Cependant, ce qui devait 
etre fsTorable k I'ingtoieur produisit reflet contraire, et 
vers la fin de Fannte snivanle, ayant pins que jamais k se 
plaindre do gonvernement britannique , il quitta PAngleterre 
pour New-York. Rentr6 dans sa patriOy jaloux de pr^venir 
ses compatriotes en fayenr de son projet relatif anx torpil- 
les, il r^nit dant llle du GouTcmeur les autorit^ de 
New-York et nn grand nombre dliabitants , et entra dans 
les moindres details sor ses inventions. Puis il s*occopa de 
la construction d*on bateau k vapeur, Le Clermont, Cette 
entreprise avait ^ condemn^ par I'opinion publiqne ; le 
chanodier Livingston fournit seal les foods n^oessaires. An 
mois d*aoOt de I'annte 1807, Le Clermont fut essays. Le 
snoc^ fut complet , et le trioropbe du g^nie arracha k la 
multitude, jasque alors incrddole, des acclamations et des 
applaudissements immod^r^s. 

Fnlton s*occiipait k observer toates les parties de son ba* 
leao , *aftn d*en connattre les d^fauts et de poavoir les cor- 
riger. Aprte quelques cliangements, Le Clermont alia de 
New-York k Albany en trente-deux beures , et on revint 
en trente heui^. Dans ces deux traverses, qui s*ex^t6- 
rent de nait et de jour, cette ^norme machine jcta la terreur 
parmi les habitants des rives de THudson et parmi les 
^nipages des navires qui se trouvaient sor son passage. 
Les marins, ^onn^s de eette longne ftim^ qui s'^lovail 
dans les airs et entendant le bruit des roues qui frappaient 
rean k coups redoobMs, se prfeipit^ent (disent les 
{oamaax de r^poque) k fond de cale pour se d^ber k 
oette effirayante apparition. Les plus bardis se prostemdrent 
snr le pont, imptorant la Providence centre lliorrible 
monstre qui divorait Tonde houleuse. Pen apr6s Le Cler- 
mon fit r^Ii^rement le service de la poste entre Mew- 
York et Albany. 

La constrnction du Clermont et ses succ^ engag^rent le 
calibre m^canicien et son associ6 , le respectable chancel Icr 
Livingston , k contitruire de nouveaax bateaux k vapeur , 
qui tons i^§assirent Element. Alors s'accrurent prompte- 
ment la lortnne et U reputation de Fnlton, qui , le 12 aoOl 
1807, r^p^ta aux frais du gouvemeroent, dans les environs 
de New* York , Texperience des armes sous-marines , quMI 
avait dejk ex^cutee k Walmer, et fit sauter un vieaz navire 
d*environ 200 tonneaux. £n 1810 il publia un ouvrage 
sur ses torpllles. En mars, roftmeannee, le'congrte vota 
des fonds pour en Abriqaer. Fulton s'occupa ensuHe succes- 
sivement de la creation des block-ships , des colombiades 
sous-marines, et des mutes ou bateaux muets, etc., les- 
quels furent successivement eprouT^s. MaL^ il etait destine k 
trouver partout des obstacles : on alia jusqu*k lui disputer 
devant la legislature de New- York lagloire d*avoir le premier 
i^tabli iitilement la navigation imr la vapeur, et on cberclia 
a faire revoqner son brevet. Sa sante etait d^ja alteree : cette 
aflaire acheva de la deranger; il fut oblige de garder le lit. 
Un jour, etant sorti par un froid tr6s-rigoureux pour donner 
des ordres aux uuvriers , et etant longtemps reste expose 
k Tair, la maladie se declara avcc une nouvelle force , et, 



FULVIE 

le 24 fi&vrjer 1815, il monrut k Fige de quarante-«eul mm 
Dhs que la nouvelle de ce triste evenement fut Gonnoe , U 
donleur pabliqoe se manlAnta d^une maniftra ^datante 
Les Joomaux 8*entonr^nt de marqaes de denil. Im mu 
nicipaUte de New-York et les diverses societes aawantes d 
litteriires arrM^rent que toos leors membres portemieiit le 
deuii pendant nn certain temps. Le seaat, de soo o6^^ 
s'assoda au sentiment general, ea arrMant anssi que le denil 
serait pris par les deox chambres. Y. na Mol^om . 

Fulton etait mort en kissant poor 100,000 ck>llarade 
dettes. En 1 829, le oongrte accorda k ses enfanta ane aomme 
ie 50,000 dollars avee les intMts 6ekuM depuis 1815, el 
phu tard eocore, en 1838, il leur vota nne autre aonune de 
100,000 dollars. 

FULVIE. Deux femmes de randenne Rome oat reoda 
ce nom cei^bre. L*une joua le r61e de denondatrice dana Is 
conjuration de C a t i 1 i n a, et degrada oneillnstre painaance 
en faisaut le metier de courtisane. Elle avait pour amant en 
titre on chevalier Q. Cnrius, qui dehonorait auaai par sa 
condnite nn des noms les plus respectables de Rome : exchi 
par lea oeosenrs da senat pour plusieurs infamies , fi>rc^ par 
le derangement de ses afbirea de cesser ses prodigaliies 
envers Fnlvie, il se mit toot k coup, voyantqne cette feiaroe 
avide lui tenait riguenr, k changer ses doieances et sea auppli- 
cations en promesses extravagantes, entrem8iees de menaces 
si die ne leremettait pas en possession de sesandena droits 
snr die. Fulvie, sarprise d^abord, 8*adoudt asses pour 
deoouvrir d'oh provenait Tarroganee inaocoutumee <le aon 
amant, et elle ne crut pas devoir tenir secret le p6rtl qui 
mena^t T^t. Elle fit sonrdement drculer dans le public ce 
qu*dle avait appris, sans nommer personne. Cioerony ^a con- 
sul, enobtintdes revelations plusexplicites; et, de concert avec 
die , determina Curius, par les plus bdles promesses, 4 lui 
reveler tout le projet de Catilina. Plus tard, lorsque denx 
des conjures confront le projet d'assassiner Cioeron,Coriuf 
ae hAta de Ten (aire avertir par Fulvie. Qvand le prooes 
des complices de Catilina fut defere au senat. Curias , ap* 
pde k deposer comme temdn, chargea beaaooup Cdsar; 
mais ses denondatlons centre ce redoutable dtoyen a'eareot 
d*autre resultat que de lui fkire perdre la reoompeaae pro- 
mise aux denondateurs. Quant k Fnlvie, tl est probable 
qo^elle s*etait fait payer d'avance snr les fonds dont pouvait 
disposer Cicerun en qualite de consul. L*historien Floras 
parle de cette Fulvie avec beauconp de roepris : il la quatifie 
de courtisane des plus viles (vilissimum seortum). 

L'autre Fulvie fut appeiee k jouer an rOle moins seoondairt 
que sa contemporaine. Fille de Marcus Fulvius Bambalki, 
n*ayant, suivant rexpresslon de Yelieius Paterculus, riea 
d*une femme que le corps, die fnt suecesdvement repouse 
de trois liommes considerables dans la repnblkpie, et qui 
tons trois naqoirent pour le malliear de Rome : C lodius, 
Tennemi de Ciceron ; Cur i an, tribun non moins seditieox 
que Clodius, dont il avait ete Taml ; et le triumvir Maro-AB- 
toine. Quand Clodius ent ete assasshie par les satellites de 
Milon, et que son cadavre, rapporte k Rome, fut expose dans 
le vestibule de sa maison, Fulvie, par ses discours vebe- 
ments, aniroa le peuple k la vengeance. Curion, leie psr- 
tisan de cesar, ayant peri en Afrique aprte la bataiUe de 
Pbarsale, Fulvie ne s'amusa pas a le pleurer, et epoosa 
Marc-Antoine, qui etait aiors I^Ame damnee du dictateor^ 
Apres la mort de cesar , tant que son man («it maltre des 
affaires, die le |ioussa aux rapines les plus scandaleuscs, 
comroe anx actes les plus violents et les plus cruels. Ce fut 
k rmstigation et sous les yeax de Fulvie quMl decima une 
legion roroaine. Plus tard, lorsque Antoine fut proscrit, apr^ 
sa defaite devant Modene, die se vit en butte k de meoa^ies 
represailles; mais die trouva on protectenr puissant et tiAi 
dans Atticus, Tami intime de Ciceron, qui poorsulvaif ^ 
Antoine avec achamement. On salt comment ce grand ora- ' 
leur paya le tort d*avoir ete vaincn dans edte guerre k mort : ii ' 
fnt proscril par les triumvirs Octave , Antoine et Lepide* el ^ 
Fulvie, k qni Ton apoorta la tete de Ciceron , se dunoa le 



FULVIA — FtMETERRE 



49 



plaisir de pcrccr d'une luguiDe dV octle Uogoe qui aralt 
bBO^ eoatit elle et son 6poax des traiU si ac^r^. Tandis 
qu*Aiitoine proscriTait de son c6l^, Fultie proscrivait dn 
sien; ct Antoine la laissait faire. 

Lursque, Tainquenrs de Brutus et de Cassins, Antoipe et 
Oct a f e n'eurent pins qu*k se dispnter Tempire du monde, 
FolTle, qd dtait reatAt h Rome, tandis que son ^ponx se trou- 
▼ait en Orient, tronbla tout par ses intrlgnes et par ses fn- 
rears. Elle avait denx motifs pour d^tester Octate : d'abord, le 
jeune triumvir^ qui n^afait ^pous« la fille qu'elle arail eue 
de Clodhis que pour oMir aux l^ons, ne t^moignait k Clo- 
dia que froideur et m^ris, Jusqn'il se refuser k consommer 
ce mariage; en second Ueu , la Ticille Fulvie aurait soohait^ 
se teire ainier de son gendre , qui Toulot encore moins de la 
mire que de la 611e. die n*^tait pas femme 4 pardonner 
tant d*ofren9es : elle anima de ses passions, en leur donnant 
one eouleur politique, Lucius Antonius, son beau-fr^e ; et 
cedemier, prenant le masque r^publicain, se dtelara contre 
le trinmvirat, a*annon^ corame le protecteur des propri^- 
laiiesd^pouill^, et prit les armea contre Octarc pour la 
cause de la liberty. Ce mot ralUa sous ses ensclgnes plusieurt 
UpvM etuneaTeugle jeunesse, qui voyaient le restaurateur 
do parti de Pompte dans le docile instrument d'une vieille 
femme. Octave fit marcber contre Lucius trois arm^, dont 
unesoas ses ordres imm^iats. Lndus s*enfenna dans P^- 
roDse avec Fulyie, qui animait elle-ro^me les oombattants; 
mais toot c^ait ators k la fortune et ii Thabilet^ d*OcUTe. 
LochMse rend h son adversaire, qui cette fols se montre 
dement. Fulvle, sans esp^rance, se retire d*abord k Pouz- 
xoles, ensuite k Brindes , enfin dans laGr^ce. £Ue ^tait ma- 
lade k Slcyone en Achate, lorsque Antoine Tint dans cette 
cootr^ II ne daigna pas lul Diire une Tisite ; et elle mounit, 
Tan de Rome 712 (42 arant J.-C.)» dans les angoisses de 
tootes les mauraises passions tromp^. 

Charles Du Roaoia. 

FULVIUS9 nom d^one illustre famille pl^b^enne de 
Rome, originatre de Tusculum , qoi foumlt k la r^nblique 
des consuls et des pr^teurs, et se sobdi? Isa par la suite des 
temps en cinq branches, distlngute entre elles par les sur- 
Doms de Flaeeus, NMlior^ PcBtinus, Curvus et Cenlu- 
mahis. 

Quinhu Fultius Fuocus, aprte arolr obtenu, k deux 
reprises, le consulat, et avoir exerc^ la censure Tan 231 
sTsnt J.-C., fut pend(ant deux annte de suite, aprte le d^- 
sastre de Cannes, charg6 de la pr^tiire. Nomm^ pour la 
troisi^me fois consul, Tan 2t2 avant J.-C., ii battit Hannon 
an Campanie; Pann^ suiyante il soumit Capooe, et la punit 
s^rireroent de sa defection. II mourut aprte avoir ^ pour la 
qDstritaie fois nomm^ consul. Van 209 avaot J.-C. 

Son petit-fils, Marcus Foltius Flaccos, nornm^ consul 
Tan 125 avant J.-C, ayant propose d*accorder aux allies 
'•es droits de dtoyeu, fut envoys par le s6iat dans les Gaules, 
ik ivrrpt de porter secours aux Massiliens, vivement presses 
par leors Tolsins. Plus tard, il se lia ^troitement avec Calus 
Gracclius, et p^rit avee ses deux fils, en 121. 

FUMc. Ondonne ce nom k I'^reuve dhrne gravnre en 
bois obteniie an moyen du brunissoir. Cast une sorte d*^ • 
prenve d*artiste, faite pour s'assurer des r^sultata dn 
traraO. 

FUMl^E. Tous les corps ^tant chaufTite k un degr^ con- 
Tenable passent de r^tet solide k r^tat llquide, oa k I'^tat 
de gax. Les matiires qu'on brOle dans les foyers pour obtenir 
un certain degr^ de temperature sont le bois« le charbon 
v^g^l on foaaile, la tourbe, etc Cea roati^rea soumises 4 
radioa du feu ne produisent presque pas de liquides; dies 
doonent, an contraire, une quantity extraordinaire de gsz, 
doDt la nature depend de celle du combustible. Si la oombus- 
tion dtait parfaite, on no verrait point ce que nous appelons 
fitmSe s'elever et monter au-dessus du foyer, piiisque ce 
eourant ascendant se composerait de fluides invisibles comme 
Tair que nous respirons. La fum^ est sensible k noa yeux 
par la raison qnil se mde au eourant ascendant des gu 

mCT. I>B LA COHVERS. — T. X. 



de la vapenr d'eau, des particules du combustible qui, oun • 
snmte en partie, ont acquis asses de l^^ret6 pour 6tre 
relativement m^ns pesantes que Fair qu'dles d^placent. II 
ne faut pas confondre la vapeur avec la y^tn^ ; celle-d est 
toujours composte de plusieurs mati^res solides et liquides 
de diffdrentes natures; la vapeur, an contraire, ne contient 
pas de matiftres k T^tat solide : la vapeur d*eau pure, par 
exerople, est un gaz imparfeit, qni ne contient aucune ma- 
ti^ palpable. 

La ftim^e a de graves Inconv^nients, surtout dans les gran- 
des dt^ od Ton brAledu charl>on de terre, soit pour les usages 
domestiques, soit pour le service des manufactures dont la lot 
y autorise Texistence. Cesinconvteientsont attir^rattention 
du parlement anglais, qui a d^d^ qu'k Tavenir toutea les 
cheminto de Londres seront pourvuesd*appardlsfumi- 
vores. Cet exemple a ^t^ ImitA k Paris. La santd publique 
y gagnera ; les paiiiculiersy trouveront m6me une ^cononiie, 
car la fum^ est un combustible imparfaitementbrtiie. 

Au figure, il n*papoint defiinUe sans feu signifie : il ne 
court point de bruit qui n'ait quelque fondement. Jl n*ff a 
point defeu sansfunUe veut dire : On a bean cacher une 
passion vive, die se manifesto toujours. S^en oiler en fumde 
s*appllqueaux choses qui ne produisent point Teflet attendu * 
Tous ses projets s'en vont &kjum^, Un vendeur de/umie^ 
c^est un homme qoi n*a quVn credit appareoU On dit aussi 
fomili^rement : Lu/umies du tin, pour les vapours qui moO' 
tent de Testomac au cerveau ; les fumies de VcrgueU^ de 
Vambition^ pour les mouvements qu*exdtent ces passions. 
FunUe est en outre' synonymede vain : la gloire et les 
bonneurs ne sont le plus souvent que de \hfttmie, 

FunUe est un terme que les chasseurs emploient pour 
designer la fiente des betes fauves. TETSStoaB. 

FUM^E (Noirde). Fojfes Nom. 
FIIMET9 terme de venerie et de cuisine. On designe 
aind certaine emanation, certaine vapeur particoliere , 
qni s'exhde dn corps des animaux cms ou cuits, et qui en 
felt reconnaltre la presence ou la qualite. Toote substance 
extraite du rigne vegetd ou animal exhale probablement un 
fumet plus ou molns caracterise, mais dont I'imperfection de 
notre odorat ne nous permet pais de nous apercevoir dans le 
plus grand nombre des cas. La plupart des animaux , tds 
que le ch ien , par exemple, doues d*un organe olfactlf bean- 
coup plus sensible que le nOtre, per^ivent d*nne maniere 
etonnante le fumet les uns des autres ou celui des corps 
organises qu*ils peuvent avoir interet de recbercher ou de 
ftair. Cette esptee d^emanation, qui s>xbde dn corps de 
tout etre anime, est memo un guide beauooup plus sfir que 
la vne pour diriger les animaux camassien dans la recher- 
che de lenrs proies, et poor donner k ces demieres le moyen 
d*echapper k leur ennemi. Billot. 

FUMETERREy genre de plantesde la famille des pa- 
paveracees, ayant pour caracteres : Un cdice de deux pieces 
et caduc, une corolle composee de qnatre petales, irregn- 
lieie iBt comme labiee; dx etamines diadelphes; un ovaire 
snperieur surmonte d'on senl style. En general, les tiges des 
ftiroeterrea ne s'eievent pas tres-haot, et deux especes seule- 
ment ont des fleurs nn pen grandea : Tune est Indigene, c^est 
la fumeterre bulbeuse (Jumaria bulbasa , Linne) ; Tautre 
est origindre dn cap de Bonne-Esperance. Parmi les indi- 
genes, Tesptee qfflcinale (Jumaria qffteinalis, Linne) est 
la plus commune : on la trouvedans lescultures, les hdes, etc. 
Ses tiges, grdes et rameuses , ne s*eievent tout au plus que 
de trois dedmetres, et les feuiUes suroomposees, les fleurs» 
tres-petites et sans edat, n'atUrent pdnt Tattentlon d'un 
spectatenr qui n*est ni botaniste ni mededn. Le cultivaleur 
voudrait debarrasser ses champs de toutes ces plantes pa- 
radtes <pii nsurpent le sol etetouffent dans leur eroissance le 
bieet d*autres ceredes ntUes ; mais les semenees de la AmM- 
terre, comme celles des coqudicots, des bluets, etc, ecbap- 
|)ent, par leur extreme petitesse, aux operations de nettoyaea 
des grdns. U seule espeoe dont on ponrrait s*occoper plus 
qu*onne Ta faitjusqu^^ present est la /fim^etre bulbeusez 

7 



50 



FUMETEIRRE — FUMIEIt 



M6 fleure ft'embelliraieDC peut-^tre par la culture ; et il semble 
que M racine deTrait 6tre soumise aux inftmes exp^ricnc^^' 
que celles des orchis, de la bryone, des arums, etd'autres 
plantes, qui (oumtralent, au besoin, soit de$ aliinent$, soil 
des mati^res dont les arts pourraient tirer paKi. Fesuit. 

FUMEUR9 celui qui aspire et expire habiluellement de 
la fum^ de tabac, au moyeu de cigarres, de cigarettes 
etsurtoutde pipes. 

FUMIER9 le plus abondant et le plus pr^ieux db tous 
les en gr a i s , d^une action H^ndante sup^rieure k celle des 
matiires T^^tales, m6ins puissante et moins rapide que celle 
des mati^es animales pures, mats beauconp plus durable. 
11 est de nature mixte, v^^to-animale, compost de pallles , 
d'autres tiges ou (euilles de plantes qui, ayant servi de li- 
ti^re aux animaux doroestiques, sont iinpr^to de l6urs 
exhalations, imbibtode leur urtne, etmdlangi^ avec leur 
fiente ; les Hquides qui s'en ^coulent en font aussi partle. Tel 
est le sens du moi jiimier dans son acception la moins Ven- 
due; mals ordinairement on Tapplique h Tcnsemble des pro- 
duils v^^taux et anhnaux qui en forment la masse dans 
nne exploitation rorale blen entendoe. Alors il se compose 
du Tumier propreroent dit, de la flente des TolaiUes et des 
pigeons, des r^sidus provenant de la fabrication du Tin, 
du ddre, de Thuile, etc, de la chair, des os et du sang des 
animaux; detoutes les plantes coup^ en tert qui poussent 
dans les foss^ et les endroits maricageux de la Terme, des 
Tases retirdes des fosste et des mares, des sdures de bofs, 
des cendres, de la suie, des cribhnes, etc., des eaux grasses^ 
des eaux alcalines, du jus de fumier, des terres Ranches 
irobibte de sues Tdgdtaux on animaux k V€tBi de d^compo* 
sition putride, du produit des fosses d*aisance, etc. 

Le fumier proprement dit offre de grandes difT^renees se- 
lon les animaux qui le prodoisent : \t fumier de eheval, 
divis^, d*une fermentation prompte et Cicile, poosse active- 
nent la v6g6tatk«; il eonvient surtout dans les terres 
fortes et argilenses ; oehii de vacke^ beauooup plos oompacte, 
est d'une fermentation lente et 8*appUqoe sortout aux terres 
s^ies et maigres , anxqnellea il danne du corps, le fumiet 
de coehon jouit 4 peu prtedes mdmes propri^t^ que le prd* 
cMent, mais k un inoindre degr6; le>^mler de mouton^ 
de cMvre, etc, compost de paille imbibte d*urine, et de 
crottes dont les moh^les adherent (brtement, est plus ac- 
tif et plus durable dans son action sor les plantes que les 
autres fumiers. Le mdange bien ^gal des trois premieres 
esp^ces forme une masse d*une fenfnentation fadle et r^n« 
li^e, et produit un engrais consomm^, d'une quality 
excellente. Selonles liabitudes locales, la nature des lerres et 
la quantity d'engraia produite, le fumier s'emploie : 1* d T^ 
tutfraie aTant que la fermentation s*y soit d^reloppde; 
V* d mQitU consommi; 3** d Viiat de pdie onclueuse et 
dense ;k^ enfm, d PHcU de terreaut meuble et puMHsi. 
De ces quatre procM^, lequel est pr^iirable? Pour la so- 
lution de cette question, il est n^essaire d'examiner le mode 
J'action de cliacun. 

Par ses pailles tongues ou ses aotres tiges Y^gitalea, le fu- 
mier frais, r^pandu dans les terres aii sortir des ^cuiles ou 
quelqucs semainea aprte sa formation , soul^ve et diviae 
la tcrre, et y manage des canaux souterraina pour l^^coule- 
ment des eaux ; par les urines et les excrements qu^il ren- 
ferme, il ^liaulTe les plantes et leur foumit des sues. Mais 
toutes les mati^res ^6g6{Mke non d<k:ompo6te n*agissent 
d'abordque d^unemani^ ffitonique; eliesse oonTertissent 
lenteroent en terre T^^tale, parce que la CDrnientation pu- 
tride n*en pr^ipile pas la decomposition. 

Dans le fumier k moiUe consomme, la fermentation a 
deji produit des cbangements notables, la oombinaison des 
mati^res animales et veg^tales estcomraenoee; dies sont 
iuoins distinctes Tune de Tautre ; la paille, en partiediTisde, 
saturtfe de sues qui lui donnent une couleur brune, en par* 
lie con fondue avec les matierea animales pour former un 
tout homogene, presente imroediatement la nourrilure aux 
vdgetaux par la portion en combinaison intime at ec les ma- 



tiir^ animales, en mftme temps qu^elle agit encore m^caai- 
quement par la portion non coufertie. te temps n^^essaire 
k la confection de ce fiimiei* tarie de ^ix semaines k trois 
mois, suivant les esptos qui entrent daqs la composition 
de la masse, et aussi selon la position et les ciroonstances 
atmospheHques. 

La fermentation a cesse, la (emp^ratures'eat abaisft6e, la 
masse enti^re est bomogtoe 6u k peu pr^s ,. la couleur ojij- 
form<^nient brune ou noire : nous avons du fumier consomme 
ou du terreau. Le premier forme une pftte onctueuse ; le se- 
cond . moins pburru diuimidite el de parties grasses , e$( 
diTise : c^est Tessence de rhumus.L*uh et Tautre soat dans 
leur ensemble un aliment tout prepare pour les plantes. Le 
furaier frais pour arrlYcr k cet etat perd environ les trois 
quarts de son volume. 

De \k nous conduons que : r k volume egai, le fumier con- 
somme est preferable au fumier frais pour la production im- 
mediate; 2^ dans les exploitations oil le fumier est en graode 
abundance, le frais est preferable au consomme, parce que 
la decomposition 8*operant avec lenteur, son action est plus 
durable ; S^ il convient toujourS mleux dans les terres 
fortes et argilenses, k cause de Taction, mecanique que sa 
composition exerce sur dies ; 4" il convient moins que le 
demi-consomme dans les terr^ de consistance et de qualite 
moyennes; &*dans les ferm&s qui produisent peu de fuoiier, 
le consomme est preferable, parce que les y^^taux ont 
immediatement besoin pour leur accroissement d^ tous lea 
sues que Tengrais pent ^oumlr; 6** on pent p<xser cororoe 
prindpe general, toutes choses egales d*ailleur8, que Tac- 
tion fecondante des fumiers et des autres engrais est d^au' 
taut plus rapide quUIssont plus ^itises, plusreduits, etque 
la duree de cette action est eq raison inverse de leur divi- 
sion:?* enfin, lea fumiers loqgs ou demi-oonsommes, ^pan« 
dus immediatement, doivent etre reconverts, alin que leur 
decomposition s*accomplisse et qn*ils impregnent U terre 
des sues quMls renfermeni; les fumiers consomni^ Jes 
terreaux, les poudrcttes, la colbmbine, la pouline , en nn 
mot tous les engrais divises, sont plus productifs lorsqu*i7ii 
sont jetesegalement sur les terres ensemencees, vers la fin 
de Thiver, ou sur les plantes en Y<^tation| an , commence- 
ment du printemps. 

La production et la fabrication du fpmier, cette branche 
sans contredit laplusimportante de rindusirie agrlcole, pois- 
qu*dle est le point de depart et la source de toute produc- 
tion du sot, est encore k nattre ()ans une grahde iiartie de la 
France. Et cependant, ue serait il pas possible aux fermicrs, 
par la mise de leur Industrie, de leur activite, seuls capitaui 
disponibles ic plus souvent, d'^ugmenter, de doubler mtoie 
les fumiers? Examinons : qud aspect presente la ferroe ei 
ses abords? Autour des ecuries, les fosses, les mares qui 
servent d*abreuvolr, remplls de fange et d'une eau dont la 
couleur etPodeur infecte annonccnt la presence de matiervs 
animales en decom|)osition ; denriere les murs, les liaies de 
d6ture, des matieres fecales , qui aiigmentent Tinfection; 
dans rinterieur de la cour, le fumier jete au hasard, aban- 
donne aux volailles, anx cochons, broye et disperse par le 
betail, par les voitures et par les gens de la ferme, altema- 
tivement brftie par le soldi etiave par lapluie ; desdoaques 
od sejoume et se dlsdpe la partie liquide de Tengrais ; dans 
les etables, un sol inegal, humlde, des tas de fi^te amasses 
depuis des mois, des gaz ^ufToquantsj ailleurs, les debris 
et les radnes du cbanvre, du lin, les fknes dos ponunes de 
terre, les feullles des arlMres leii herbes, qui poussent dam 
les fosses, dans les ||>arties marecageuses de Texploitation, 
se dessechent et perissent sans utilite, etc. On n*en lioi- 
rait pas si on voulait enunoerer toutes les mati^i 
vegetales ou animales qui se perdent alnsi (voyez Basse- 
coin ). 

Que le fermier, avant de penser li prodnire de nouveaux 
engrais, s*appliqiie ii conscrver ceux quil poss^dt ; qu'il 
recudlle et entasse tout ce qui est fUmier ou pcut le devenir, 
qu^U y veille comme un avare i son tresor : U seatemeiit 



ttJMlER - 

m trtmire pont hii 1^ p^titee de raisance, du bien-6tre et 
mime de lal richesse. Alors il pourra profiler des savantes 
le^t des maltres : la masse des fumiers utilise sera doo- 
bl6e. QQ*aura-t-il h Cairepour airiyer it ce but? 1** Creuser 
k use profondeur de 0"',&0 ^ ,i m^re, sur le poiot de la 
codr le moiDS 6xpos^ au soleil et aax courants d*air, ou 
miedx au dehors, si la disposiUon des lieux le permet, une 
fosse proportionnte ^la quantity probable des fumiers, sur 
un plaii1^^ementindin6 ; 3^ reyi^tir te fond d*u^ cpuclie 
argileuse ; V pratiqber k rune^dea^^tr^mit^s ^ass^ u^ ,trou 
pour seririr de rifoervoiraux engrais liqiii^^' 4^ plac^ sur 
un point recu!^, derri^re lesbitiments,des iatfinei pour le 
sertke de tbutes lea personnes de la ferine : un tonneau 
garni d^anses remplit tr^bien cet objet ; 5? sortir le 
fumier'des &:uries une fots i)ar sematne. ou au moins tous 
Ics quinze joars . le r^pandre dans la fosse unilbrm^ept, 
sanstrop te foulef' (le fumierdes bergeriesse conserre k 
part); is^ dispbsek- le sol'des ^curies et des stables de telle 
sorte quH donne ^ulemebt aux urines vers la fosse des- 
tinte aox engrais liquides^ 7** recueillir avec $oi|i toute 
mati^ animate ou v^^tale, el la d^pos^ seton sa nature 
^aos Tun des trois r^serrotrs principjiux ; S^ ras^embler k 
part la fiente des yolailles et des pig^ns, la s^her, |ar6- 
duire en poussi^ etia conserrer ppur I'usage. 

Fumerune terre^ c^est y r^pandre du fumier ou tout 
autre engrais. Quelle qqe soft la nature ou la consistence 
des mati^i^ TertUisantes, elles dotvent toujotirs itre r^pan- 
does onifbrnb^ment k la surface du sol. Les proc6Ms de la 
n)ain-d*<EU¥re varient selon f^p^ deft engrais : la pou- 
drette et tobtes les substances de nature pulfdruknte se 
stetent k la toI^; le Aioiier est disperse k Taide de four- 
cbes; Tengrais liquide dont on n*a point form^ de compost 
se r^pand avec un tonneau k arroser; les ihaUftres tiroes 
des latrines, n^^tant jamais utilise sans ^tre roftlto k !la 
mame ou k la terre francHe et dess^cli^ ensuile, se dis- 
persent comme lesautres substances poWirulentes. 

P. GU'BBRT. 

FUMIGATION* On d^lgne par ce substantif, Grd 
du verbe latin fumigare, r^uir^ en fumde, une m^ica- 
lion appliqu^ sous la forme de vapeur ou de gaz, et qui est 
tiifrusitt^y soit pour pr^fenir des maladies, soU pour les 
go^r. Les fumigations qu*on emploie dans uh but pr^ven- 
lif se composeAt de diTerses sufaAtanbes dont les modes 
d'agir sont trds-vari^; la plus simple est la fumde engen- 
drie par la cbmbinaison du twis, de la paille, etc. £lle iitait 
employ^ et recoromand^ Anciennement dans les lilies 
od des ^pldiSmies pestilenlielles se manifestaient : d^abord , 
ces fumi^tions favorisent le renouTellement le Tair ; elles 
peoTcnt ensuite avoit- de I'efncacit^ , en att^uant I'actiTit^ 
des miasmes par la division ; elles peuvent encore agir 
chimlqoement, car la fum^, surtoutcelledu bois, rec^ des 
principes actifs, Facide pyroligneux et la cftosote. L*eau 
r^uite en Tapeur peut ^alement atttouer les miasmes en 
les dirisant, roais elle peiit aussi plus probaUement leur 
serrir de moyen dVxpansion, et ce fluide est vraisemblable- 
ment le v^icule qui entratne dans l*air, par . le concours 
de la chaleur, deft Emanations putrides provenant de sub- 
stances anjnndes et T^^les; les ti^vres intermittentes^ 
la fi^vre Jaune^ n'ont peat-6tre point d'autre source. 
Une fumi^Con ^ratiqu^e comroundment dans la chambre 
des malades est celle qu'on forme en brdlant des bales de 
geni^Tre sur d^ charbons ou sur urie pelle rougie au feu : 
elle D'acepisndant pas la propri^td d^as^inir Tair, elle four- 
iflt leulement nn at*6me agr6able, roais tout k fait inefHcace : 
die est aussI fnactiire que les fumigations qu^bn produit 
arecdu sutre, des clous fumanls, de Tencens et difT^rents 
pirfbms qui afTectentro^ep^niblement plusieurs indlvi- 
das. Le vinalgre n^est pas be^ucoup' plus convenable. 

Les fomigaOonft usit^ comme moyen de traiter un 
gnnd nomfa^' de maladies sont aussi nombreuses que Ta- 
ilte : on les emploie surtout sous le nom de bains de ra- 
pMr, et dlfcn apparells ing^nicux ont tU Invents pout 



l^tJMlVORE 5t 

appliquer cette m^catioa, soit locaiement, soit g^n^rale- 
menty m^e dans un lit, sons forme bumide ou sous 
forme stebe. Les fumigations bumides sont foumiei 
par divers Uquides, ba)>ituellement par Teau booillaDte, 
seule ou cUargte de dilf^entes substances. L*alcool est 
souvent aussi employ^ k c/fi efTet. Les fumigations stebes 
sont foumies par Tair EchauffE dans des espaces plus ou 
moins circonscrits, et auquel on m61e diverses substances , 
notammeqt le soufre, le campbre, le beojoin , quelquefois 
le mercure. So^s V}int on Tautre forme, la m^ication est 
appliqu^ dans une sorte d^^tuve oil les individus sont en- 
ti^rement plac^, oa seulement jusqu*a la t^te. Ces fumiga- 
tions sont fr^uemmept employ^ pour le traitement des 
maladi^ cutan^ et pour un grand itombre dWections 
Internes 2 conu^e dies exercent sur la peau, m^e par le 
calorique seul , une excitation puissante, on parvient par ce 
rooyicn k d^vier des affections internet et chroniqpeft. 

Les fuqaigatjpps qo*on admiaistre localement sont encore 
simples ou compos^, bumides ou stehes; ainsi on dinge 
lur telle pfiitie une colonne d'eau en vapeur ou d'air ^lauflE. 
V^ proc^ banal pour agir sur la t^te est de la couvrir 
ave<^ une serviette, tandis qu*on la tient au-dessus d*un vase 
rempU d'eau bpuUlante. On y^a recours tr^fr^iuemment 
pour rem^er aux rbumes de cerveau ou coryus : cette 
fumigation produit nno excitatipn tr^s-vive, et dont l*actioA 
nous paratt Mre phitOt nuisible qu*utile. On a plusieora 
fois tentE de diriger dans la poitrine des fumigatiofis, afin 
d0 combattre les affections pulmonaires; TexpMence n*a 
jamais confirm^ les espEranoes fond^sur cette m6dlcation, 
qui paratt d*abord trte-rationnelle, et qu*il est facile d'ad- 
mifiistrer. D' Ciiabbonnibii. 

FUMISTE» ouTrier qiii s'ocoupe du soln et de la cons* 
tmctiqndescbemin^es, poeles, foumeaux et calorif^ 
res. Le fumiste oonstruit les Mres, pose les rideaux, les 
tuyaux, place les grilles, ramone les chemiiite, etc. See ouUls 
sont le marleau-liacliette des masons, i(voc lequel il taille sur- 
tout la brique, la truelle , on petit rflteau k main avec leqiiel il 
gntte rintiMeur des cliemindes, one ^lelle et des cordes. II 
commaode en g^ntol k un \fi\\tr les objets de tOlerie dont 
il a besoin. 11 marche sur les tolts , grimpe dans les cliemi- 
n^es avec Tadresse d*un cliat ; niab en general 11 e>t ruuU- 
nier. Da reste, II f^ut le dire, les savanU se sont pen occupy 
des moyens de. d^couvrir et de faire disparaltre les causes 
qui rendent les cliemini^ fumenses ; et qnoique les sciences 
physiques et cliimlques aient fait des progrto extraonlinaires, 
Tart du fumiste est encore tr^-linparfhit; k Paris, la plupart 
des fumistes sont italiens. 

FUMl VORC ( deyicmvj, furo^, et vorare, d^vorer )« 
Ainsi qu'il a 6tE dit 4 1'artide FuMte, si le combustible Elait 
complElement brQ16, il ne monterait dans le tuyau de la die* 
DilnEe que des fluides invisibles et point salisAants Comme 
il est impossible d*atteindre ce but dans les foyers ordi- 
naires, on 8*est Iivr6 k la recbercbede systftroes de calorif^res 
dans lesquels la fumte, traversant de luiit en bas la masse 
du combustible, puisse sortir d^barrass^ de toute bnpuretE 
saUssante. Daleame est le premier qui, en Tann^ 16&6, ait 
tentE avec quelque succte une experience d^ ce genre : son 
appareil Etait simplement un tuyau compost de trois par- 
ties, une borizontale ei deux verticales. Le tuyau lioritontaV 
Etait EcbancrE en son milieu et portait un bout de tuyau 
qui servait de foyer. Ceet U que Dalesroe pla^it le com- 
bustible, lequel produisait de la fumde k Tordinaire quand 
les orifices supMeurs des tuyaux verticaux ^talent ferm^; 
mais si Ton ouvrait un de ces orifices, la (wn6e plongeait 
dans le combustible, s'y brOlalt, et il ne sortait par I'ori- 
fice ouvert que des fluides invisibles, pourvu que le leu Hit 
aliment^ par deux peUtes bOclies; car, diose singulis, 
sit6t qu^on retiratt une de ces biidies, la fum^ paraissait, 
elle disparaissait quand on remettait la m6me bOclie. Les 
combustibles qui r^pandent naturellement cerlaines odeurs 
fes perdaient dans cet appareil, male seulement au moroeol 
od le feu dtait bien allumd. 11 ne se produisait pas de fumdt 



FUMIVORE — FUN^aAlLLES 



53 

Don plus lorsqne los deui orifices ^taient ooverU; alors le 
comnt des gai ascendants se partageait entre les deax 
tuyaux Yerticaux, pounru qu*Us eussent la m6me baateur et 
la mtoie tempteture. 

Nos grands appareils fumUwes ont depais M bien per* 
feolionn^. On peat les ranger en trois classen : 1** ceux dans 
lesquelSy sans rien elianger d*ailleurs an foumeau, on brtUe 
la Tum^ an nioyen d*un on de pliisieurs jets d'air arriTant par 
desoufertnres mtoag^es en diverses parties da foameau , on 
k I'aide de Tappel de la cbemin6e; 2^ ceax dans lesquels on 
5Edt usage de courants d'air forcte ou de Jets de yapeiir; 
3* ceux qui sontpourvn8,soit de plusieurs grilles, soit d^une 
seole gnfle molAle aT«ctr6nie ou distributeor m^canique 
pour le cbargement du combustible. Les appareils de la 
premiere dasse sont les plus simples et les moins codteux. 

TCTSStoRB. 

FUNAMBULE* Vayet Danseor db Ck>RnE. 

FUNAMBULES (ThMtre des). Ce petit tlid&tre du 
boulevard du Temple fut ouvert par tol^ance en 1816. 
On 7 dansait sur la corde et ony Jouait des pant omimes. 
La r^olution de 1830 lui permit de supprimer les danses 
de corde ; mats il cut le bon esprit de ne pas renoncer 4 
ses pantomimes , arlequinades oti le jeu spirituel et fin de 
son mime. Deb u reau , suffit longtemps pour attirer nn pu- 
blic nombreux.,Bien plus, les dispensateurs de la renom- 
mte s'^ant 6pris du c^ebre Pierrot, amen^rent k son thd&tre 
les gens d^sceuvr^ et les curieux Jaloux de sulYre la foule. 
Cependant, en 1845, le pr^fet de police mena^ Texistence 
deoe spectacle populaire. On disait alors qu'ii y afaittrop de 
tb^tres k Paris : on pensa naturellement k fermer les 
plus petits; et puis la salledes Funambules n'^it pas dans 
les conditions dMsolement exig^es par les r^lements. Pierrot 
eut de bons d^fenseurs; la mesure fotale (ut ajourn^ La 
r^ToluUoo de F^vrier sunrint, et Ton n*en paria plus. Mais 
le tliMtre des Funambules perdit son Pierrot bien aim^, 
et le Jeune Debiireau n*h^rita que de quelques-unes des 
quality de son p^re. Ce tb^&tre a €X6 dtooli en 1862. 

FUNCHAL. Vopez Mad^rb. 

FUNDUCK. Koyes FoROOCCK. 

FUNfeBRE(Oraison). Voyez Oraison FotfiBRB. 

FUNEBRES ( Jeux ). Hom^re et Virgile oftrent de bel- 
Jes descriptions de ces jeux. Pline en attribue r^tablisseroent 
k Acaste etiThMe,qui fondant dansristbmedeCoriotbe 
des jeux k la m^oire d*Arcb^more. Les Remains ,' imi- 
tateurs des Grecs, ajout^rent k la pompe des (u n brailles 
des combats de gladiateurs, appel^ buituaires. Les 
jeux fun^bres ^talent les seuls qu'on pOt faire c^l^brer sans 
£tre maglstrat. On y asslstait T6tu de noir; les femmes en 
aaient exclues. Dans ceux que P. Scipion, le premier Afri- 
caIn, d^ma dans Cartbage k la m^moire de son pire, on 
Tit des individus de baute extraction se presenter pour com- 
battre k la place des gladiateurs. Deux princes africains, Cor- 
bis et Orsus, profit^nt de Toccasion pour d^der par la 
Toie des armes k qui la ville d'Ibes, qu*ils se disputaient, 
serait adjugte , et lis luttirent k outrance ii la vue de rarrote 
romaine. Les jeux Am^bres se nommaient aussi novem- 
dkiles, parce qu'on les c^brait ordinairement neuf jours 
aprte lamort. Us ^talent militaires, ayant ^ imaging dans 
Torigine pour bonorer la m^molre des guerriers, ou sub- 
•Utu^ plus tard aux sacrifices de prisonniers et d'esclaves. 

Til. Dblbare. 

FUN^RAILLES (du latiny^nii5, au pluriel funera, 
00 ytrytes, A<nicti/i, torclies, derges; ou du greC9ov6;, 
mort ). Ce sont les c^r^monies dont on entoure le cercueil 
de rtiomme; c^est le dernier devoir rendu k celui qui a 
oess6 de vivre. Lldstoire atteste que partout, dans tous les 
temps, Icculte desmorts a ^ consacr^ par la rdigion, U mo- 
rale et les lois. Chez les ^ptlens, a la perte d*un roi le deuil 
^it g^n^ral pendant M>ixante^x Jours, on inlerrompait le 
cours de Injustice, les temples se fermaient ; aucun jeu n*^ 
lait eik\^M, Tout le monde s^abstenait de bains, de longs 
lepas, de vin, mtoie de nourritore cuif^. Une fois cba- 



que jour, les cbeveux aooUl^ de pousiitee et le 
de sang, 300 personnes , bommes et femmes, 
la Tille* remplissant Fair de «^issements et 
bdles actions du roi. Les m^mes c^r^monies s*o 
sur une dcbdle plus restreinte, dans les fun^railles priv^Ses. 
II y avait dans toutes cela de particulier que les feaaines, 
s^parte des bonmies, se couvraient le visage d^ordtires* et, 
suivies de leurs voisins et de leurs procbes, erraJent, le* 
sems nus, par les rues et lescarrefours, se frappanC la poi- 
trine et se dtebirant lesjooes. Les £gyptiens embanniaieiit 
leurs momies pour leur foire traverser le lac Acb^msie. Au- 
paravant, quarante juges, assis au bord du lac, exaxntaiaient 
les bonnes et les mauvaises actions du d^funt. ChacaiB mwMii 
le droit de Faccuser devant les juges et de r6vder les meereU 
qu*il connaissait de lui. Les rols eux-mteaes pouvaieni 6lre 
accost par le dernier de leurs sujets. 

Les funtoiUes des H^reux 6taient mobis UmgoeSy Kiais 
presque aussi solenndles. Elles duraient sept joitrs poor 
les deuils priv^, et se prolongeaient qudquefoia Jtaaqii^aa 
trentidme jour pour les princes et les rois. Pendant oe tampa, 
les Juiis je6naient, s*arracbaient les cbeveux ou se les ra- 
saient en forme de couronne. lis marchaient pieds et f^te 
nus, et coucbalent sur la cendre , se rev^taient d^un cilioe 
tissu de poll de cbivre et de cbameau. Leur dooleur 
primait par des lamentatiom et des bynuies fun&bres 
llionneur du mort dans le genre des pUUntes de David 
sur Saul et Abner, ou de IMadt sur le roi Joslas ; dea 
femmes, appd^ lamentatrices, cbantaient ces bymaes. 
L'^vangOe nous apprend en outre quily avail des Joueurs 
de flOte, lou^ pour mder le son de leurs instruments mux 
bruits de la foule dans la maison du mort Le corps* em- 
baum^ d*aromates et de parlums pr^deux, ^it enTetlo|>p^ 
de linceuls ; un nuUre couvrait la t6te, et on le portait oiasi 
an milieu des cris de douleur, dans le nionument. Qoel- 
ques passages du lAvre des Rois, des Paralipomtnes et de 
J^rtoiie nous apprennent qu'on brAlait aussi quelqueTois les 
corps. 

Les andens peoples pratiquaient, en gto^al, des fun^rall- 
les longues et solenndles; il en faut peut-^e excepter les 
Perses, qui, au dire de Diodore de Sidle , de Quinte<?urce, 
de Sextus Empiricus, de Strabon, avaient d*^tranges c6r6- 
monies : 4 la mort de leur roi, par exemple, ils ^letgnaient 
pariout le feu sacr^ , et pendant dnq jours se livraient a 
toutes les sortes de ddMudies. Les Thraces riaient et jouaieut 
aux fun^railles : ils n*avaient de pleurs que pour les enfants 
k leur naissance, regardant sans doute la mort comnne le 
termedes maux qui commencentavec la vie. Les Troglodytes 
attachaient la t^te du mort k ses pieds et lui jetaient de? 
pierres, avec de grands telats de rire, jusqu'it ce qu'il en 
fOttout couvert; alors, sur le monceau, ils pla^ent une 
come de bouc, et se retiraient joyeux dans leurs antres. Bien 
des tables ont ^ inventdes sur les (un^railles des peo- 
ples andens les moins civilises. Les Massag^tes, quelques 
tribus de TAsie, les Sidoniens, les Indiens, les babttants du 
Pont et du Caucase, les Hircamens, auraient, a en croire 
cesr^its, d6vor6 leurs parents, ne sacbant mieux les lio- 
norer qu*en leur servant de tombeau. Qudques nations alors 
presque sauvages, entre autres les Etbiopiens, les jetaient 
aux polssons , qui en faisaient leur nourriture baUtudle, 
voulant leur rendre ce qu*ils en avaient re^ , comme nous 
rendons k la terre les corps qu'dle a fornub. 

Les Grecs et les Remains ne le cddaient en rien dans lo 
deuil ext^eur aux Egytiens et aux enfants des patriarcbeSi 
Dte que les Grecs avaient ferm^ les yeux du mort, mis dans 
sa boticbe la pitee d'airaln pour Caron, Vobole^ le Sotvd- 
XT), ils le lavaient avec de Teau tlMe m^lte de vin , versalent 
de rhuile sur tous ses membres , et le d^posaient sous le 
vestibule de la maison, rev^tu de ses plus beaux habits, 
couronn^ de fleurs, coucli4 sur un lit, k cM duquel on d<$- 
posait un vase plein d*eau et un pinceau forni^ de dieveux. 
La religion catbolique a conserve de ces usages. Des Itommei 
cbantaient oe que les Grecs appelaient laUuot. Apr^ mu 



FUNERAJLL£S 



SS 



tes tanoMS, toor i tour, i. commaicer par les plus prochet 

piraotesy t'aftofaiMit, et, tenant d*une main la Idte da 

mort, donnaient afee Tautre totu lea signes d*une Tive dou- 

leor, d^ctiirant lenrt T^tements el leurs teUu, r^pandant 

Mv le cadavre lean ebefeux ooup^, sou? eat mdme arra- 

ch^ Lea hoainies ae ooopaient la barbe et les cheveax , ne 

cooserrant qu^one petite couronne cooune les H^breux. 

Alexandre, qui poor lea ftinteilles d*£pliestion d^pensa en- 

Yiron sept niilUoiM de notre monnale , fit raser non-seulement 

Itt boromes, non-seulemeot les dieraax et les mulets, mais 

eneore plosieon Tilles. Dans les prindpales contrte de la 

Gftee, ces c^r^mooies duraient neuf jours; le dixidme, on 

brAlait le cadavre et Ton en recoeiUait les cendres. Cepen- 

dant, rinliuoiatloa y (bt plas ositte que partout ailleurs. Quand 

on brtklait le corps, des bommes, T6tus dedeuil, la t^ ? oil^, 

prtetdaient le dtfunt, que soiTaient des feroues sous les 

nteies TMements higubrea, mais le Tisage dtouTort et les 

cbereox 6pars. On marcbait au bruit des flOtes et des 

cymbalea. Dea ebants tristes s^Aeraient ^ et U ; tous les 

assistants Jetaient des fleors snr le cercueil , et Ton portait 

les annes, lea Tfttements et les bQoox du mort, afee les pr6- 

lentsdeses procbeset de sesamis. Le cadaTre <tait d^posd snr 

lebOcber, qo^on aTaitcoarertdefleurs. Les pr6tresimmo« 

talent des Tictimes, dont Ua Tersaient la graisse sur le corps, 

ain qa*fl brOUl plus Tite ; ils pla^aient encore autour, des 

vases pldna de mid et d'huile. SI le dtfunt ^tait un grand 

iteM, dooxecaptib ^talent ^rg^, comma desanimaux, 

poor Inl serrir d*esclaTes cbes les morts , et le fea consu- 

nait les Tictimea, les presents et les raroeaux Terts qu'on 

jelait an bOcber, en aigne de la Tictoire remportte snr les 

pelaes de la Tie. On se retirait en pronon^ant k baute voix 

le aom dn tr^^ss^, anquel on disalt an^temd adieu; puis 

le lendemain on enfiBrmait dans des umes mortuaires les 

osndrea et les os. Les cMmonies fund>res ^talent encore 

soiTies de sacrifices commtoioratifo, de libations, de fes- 

tias, de )enx, d'apotb^oses. 

Les ftindrailles dies Remains ressemblaientbeaucoup I celles 

kn Greca : elles Tariaient suiTant TAge, la condition, le lieu 

et le genre de mort Les enfants qui n'aTaient pas encore de 

dents ne poaraient «spirer k Thonneur ni d'une oraison 

foaibre ni d*un bdcber : les parents les sulTalent avec des 

torcbes. Nous voyoos dans Ovide que les mkes elles-m6ues 

portaient leurs petits enrants. Pour les jeunes filles qu^une 

mort prtoiatnrte enlcTait k leur famiUe, les fun^raitles 

^taient tumuUuaria, c'est-A-dire foites k la bite, en quelque 

mrte Improf isto. Les joueurs de fldte assiataient aux fu- 

oMUes de ceux qui mouralent dans an Age moyen ; la 

trompette pr^cMait les morts dans on k%4 plus STanc^. On 

portait les femmes k bras, les bommes sur les ^paules. Les 

paoYres et les platens ^tiJent Uvrtek quatre TespUles pour 

ttre brOl6s oo hihumte sans pompe, tandis que Hen n*^a- 

bitU magnificence etlasomptoosit^ desftin^raillesdes ricbes. 

Ceux qui nKMiFak»tl Tarmte ou en exil, ^talent privte des c6- 

rtoionies dont lis aoralent €ii Tobjet dans leur patrie; car 

ta loides Dome Tables ddendait de recaeilllr les os d*un mort 

poor hil faire ensuite des fun^railles. Mais on permettalt de 

eoQper an membre d*un guerrier mort, et de lul rendre les 

bonneors funibres, en Tabsence du reste du corps. Les 

cendres pouTaient aussi £tre rapportto dans la patrie. Les 

eMnonies dUf&raient enfin selon le genre de mort : ceux 

^^STait frappte la foodre ^talent confite aux aruspices , qui 

leiooof raleot seulement 4e tenre. Mais on Tiola quelqneTois la 

loi de Numa 4 ce sqlet : aUisi , nous lisons que Pomp^e 

StraboQ, p^ dn grand Pompte, obtint dea fundrailles pu- 

bfiqoes, quoiqu'll eOt ^t^ tu^ par la foudre. Comme cMtait 

aae bonte de se sulcider, les Romalns aYaient coutume , en 

coafoqnant leurs amis pour lesobs^ucs, de les avertlr 

<|ne le dtfunt ne devait la noort ni a la violence, ni k un 

nenrtre, ni au poison. 

Lenr deuil public et particulier dtait, h |iea de diose pres, 
tehii des t^ptieas et des Grecs. Comme ccs derniers, ils 
lifiient et embaamaient les corps. Comme eux aussi, cou- 



Trant le mort de TAtements conTenables k u conditloB et k 
sa dignity, ils le pla^ient dans an vestibiilede mani^ k ce 
qu^il sembUt regarder debors, les pieds tournte vers la porte. 
Prte da lit ^talent nne cassolette o& brAlaient des odears, 
des torcbes en dre allum^ et un vase d*eaa lustrale. Le 
gardien da mort ^tait an des membres de la famille dee /i- 
bitinaires, oa ministre de JUbUinef dAesse qui prMdait aux 
fun^raiUes. Des serriteurs en deuil entouraient le cadavre 
et renouvelaient leurs oris de douleor avec ceux qui arri- 
vaient On Usait au peuple , ou Ton affichait k U porte de la 
maison , des doges compost par des poetes et des orateurs 
en Tbonneur du ddnnt Dte qu*une semaine s*^tdt ainsi 
dcoul^, on biTitait le peuple aux fundr«lles par ces paroles : 
;v. Quiris Utha dahuest; ad exequias quibui est cam' 
modum ire, jamtemput ett; Ollus ex mdibtu ^ertur, 
Le corps dait port^ aur un lit entourd de aomptueuaes dra- 
peries ; des sonneors de trompettes le pr^^daient, mAlant 
des cbanta lugubres aux sons tristes de leurs instruments. 
Ces trompettes daient regardte comme souillte, d devaient 
dre purifite deux fois Tan, le 10 des calendes d'avril d de 
jubi, par llmmotation d*une Jeune brebis. Puis, fendent 
les amis, les insignes glorieax, lea presents, etc., comme 
cbez les Grecs. Aus 11 y a? ait d'afnrancbis, plus les c6rdno* 
nies daient pompeoses. 

A tant de cboses graves se mdalent mdbeurcusement 
d'autres cboses grotesques : Devant le lit fund>re dansaient 
les mimei; I'archbnime, repr^sentant le ddunt, imitatt ses 
gestes, sa voix, ses manld«s. Cette dense, souvent inddrente, 
s*appdait sieinna, Des bommes, ordinaireroent les plus bo- 
noraUes de la dt^ portaient le lit du mort sur leurs ^u* 
les. Qodques sduteurs et des Testales portdrent Sylla; dea 
envoytede la Macdlolne , Paul -Emile ; M^tdlus fut port6 par 
ses sept file, dont trois daient consnlaires, deux avdent 
triompb6, an avait d^ censeur, et le dernier exer^alt encore 
la priture. L'b^ritier du moit, avec ses longs v^tements 
noirs k frangea de pourpre, roeoalt le deuil ; derridis sui- 
valent les femmes, marquant leur doulenr par les signes 
que noos avons dterits cbes les H^breux d les £gyptiens; 
enfin , le peuple , avec des torcbes, des cieiges, des babits 
noirs, fermdt la marcbe. Quand on arrivait k la tribune 
aux barangoes, le corl^ s^arrdait pour entendre I'oraison 
fun^bre, laite par an parent ou un ami. Lorsque le corps 
dait arrive sur le bfidier, ordJnaJrement composA de bois 
odorants et en gdiiral consacr^ aux morts, on Tarrosait 
de divers parfums. Cdui qui avait fermA les yeux du mort 
les lui rouvrait, afin qu*il regardM le cid, lui versait dans 
la boucbe un breuvage, et lui disdt le dernier adieu, qu*on 
r^pdait ordinairement ainsI : Vale, vale^ vale I nos le or- 
dine quo natura permiserit sequemur, Le reste ressem- 
blait beaucoup aux cddnonies des Grecs, si ce n*ed que 
les Romalns avaient de plus que les Grecs des combats de 
gladiateurs ( vo^ei BusruAmES ), d que le sang bumain, qui 
avait d^k que^udois coul6 sur leurs bOcbers, coulait en« 
core apris dans des jeux fu nib res. Les sacrifices s*ap- 
pdaient/erij?; ils comprenaient les novemdiales, les de- 
nicales , les terlim, les Iriqesimx , les /eralia , et les in- 
/erUs. 

Les Gaulois avaient des fimd«illes presque aussi magnl. 
fiques que les Rouudns; maia dies daient de longue duri^. 

Dans les temps modemes , comme sous la domination 
romaine, comme obex tous les peoples du monde, k de rares 
exceptions prte, les derniers devoirs rendua aux morts ont 
constitu^ un culte solennd d podlque. Ceux qui ne I'ob- 
servalent pas Ataient regard^ ooaune des sacril^es, comme 
des i9{fdmes. Les peuples les pbis Idoces ooblialent leur 
cruaut^ k cesl moments soprdnes. Lea Cannibales se rdi- 
nissaient pour pleurer un Jour et one nult; d, oomme U 
plupart des nationssauvages, ils emportaient avec eux les os 
de leurs pd^a. Les voyageurs dans la Nouveau Monde nous 
ont r^vdd Tbistoire de ^oco^ei de la mort, les femmes sus- 
pendant leurs enfants morts aux brancliesi couvertes de 
fleurs d de verdure, coutume que pratiqnaient, du reste, 



I 



FUNfiRAlLLES — FtlRETlfeRfi 



64 

iDsdybien adpafatant^ quelques pcuplades scythes, qui sus- 
pendaient au tronc des arbrcs 1^ corps de leurs p^res; les 
habftants de la Golcbide, qui les pla^ient aux branches les 
plus 61ev(^ ; les Goths, qui attadiaient dans les branches 
leurs morts, mals aux chines seulement. Chez plusleuts na- 
tions antiques, comme chez les £gyptiens, c^^tail se rendre 
coupahle d^une Impi^t^ monstrueu^ que de laisser un ca- 
davre sur un chemin sans le couTrir de terre; et le plus 
grand des sacril^es ^tait de renverser des toinbeaux ou de 
r^pandre ^h et \k les cendres et les os des naorts. La religion 
catholique, en s^cmparant de certaines c^r^monies grecques 
et romaineSy offre quelque chose de plus grave et de plus 
profond^ent douloureux dans ses chants lugubres du 
De prqfundis, du Dies irx, du Miserere , oil la crainte et 
Tespoir luttent sans cesse, nous montrant les r^mpcnses 
^temcUes ou les chdtiments qui n*auront pas de fin. Mais on 
regrettera toujours qn'une retigion d^^alit^ ait des fun^ 
rallies qui difF&rent pour les riches et pour les pauvres; 
on regrettera surtout ces fosses communes od les os des 
pauvres, ces amis de J6ius-Chri8t, dorroent p^le-m61e 
confondus^ tandis que tout pr^ se pavanent orgueiileuse- 
meiit les tombeaux des riches. Les lieuxdes sdpultures, 
plac^ aux portes des villes, out de profondes terreurs et 
de salutalres enseignements. La Tille des morts se trouve 
k la sortie de celle des virants. Le p^erinage est court; la 
vie est un cliemin battu ; et les tombeaux qu'on voyait f^k et 
\k le long des voies romaines offraient ^alement une su- 
blime image k m^iter. Victor Boreau. 

FUNFKmCHEN (en hongrois Pdcs ), si^go d*^vdch4 
et chef-lieu du comitatde Baranya, est une des villes les plus 
belles et les plus agr^blementsitu^esde la Hongrie, quoique 
constrmte sans aucune r^ularit^ et avec une extrtoie confu- 
sion, conune cVtait I'usage jadis. Ses ^Ifices publics les plus re* 
marquables sont : la catli^rale,vaste^iseom^d*un grand 
nombre d*aatels en marbrej le palais Episcopal, bMI dans le 
fit) le italien et restaur^ depuis peu; rh6tel de v iUe et d u comitat, 
le \jc&d catholique, le gymnaso etle s<iminaire. Fundirchen 
poss^e en outre de belles ^lises, une riclic bibliothdque 
publique, une 6co)e industrielle, et uu th^Atre sur lequel 
on joue lUtemativement en hongrois et en allemanJ. La po- 
Dulatbn, oil domine Tti^raent magyare^ et forte de 19,500 
dunes, 8*occupe surtout de commerce et d'induslrie, dont les 
produits en tons genres so;nt vivement redierch^ dans le 
pays, Les vastes vignobles qui entourent la ville de tons 
cdt^s et produisent un vin compte au nombre des meilleurs 
qu^on r^oolte en. iloogrie, forment au^sl une branche'im- 
portante dMndustrie, 

Funlkircheiiy ville forte ancienne, ^tait autrefois bien 
plus considerable qu'aujourd'hui, et ses ^colcs jouissaient 
d*un grand renom. D*apr^ des renseignements digncs de 
foi, plus de 2,000 etudianlsde Funfltirchcn prirent part k la 
bataille de Mohaecz et 300 environ y p^rirent. 

FUNGINC9 partioessenticlle des champignons. La 
fungine est blancliAtre » molle k 1 V^tat humide , fibro-celiu- 
leuse, d*une odeur et d'une saveur fades. A la distillation 
sidie, elle donnede Tammoniaque. Quand on la traite par 
I'acide nitrique, on obtient du tannin, de Tacide prussique, 
de Tacide oxalique et one rnati^ e grasse. 

FURCULAlRE(Os). Fojfes Claviculs. 

FURET9 esp^ce du genre i7iar/e. Cest le mustela 
fwo de Llnnd. Trte-voisin duputois, le furet est long 
d'oiviron O^ySS quand il a acquis tout son d^velopp&nent; 
sa queue a 0'",i3. La couleur du poll est jaunAtre, et ce poil 
est assez touf&i. Les yeux sont roses, la t^te tr^-^troite, le 
museao fin et l^^remenl prolong^ vers Torifice des na- 
rines, dont le bout est coup6 obliquement. Les oreilles sont 
courtes, larges et droites. Quelques naturalistes ont pensd 
qu6 le furtt n*est qu*une espto de putois ; mais outre que 
la forme et les proportions du corps sont senslblement 
diffiirentes, le furet a quinze cOtes de cheque cOt^ tandis 
que le putois n'en a que quatorzOi et d'ailleurs ces deux 
djtp^ces ne s'accouplent point ensemble. La feroelle du furet, 



sensiblementplus petite que lemAle» met bas deux 
de cmq k six petits. II paratt qu*elle est d'une gran 
car si elle n^est salisfaite, elle meurt prom piemen 
vements du furet sont fort agiles et habiluellem^ 
D^un naturel ordinairementassez docile, la moind 
lui inspire des mouvements de la colore la plus < 
la plus singuli^re. II r^pand alors une odeur exc 
fiitide, dontiln^estabsolumentd^pourru dans au< 
Essenb'ellemcnt camassier , il suce plut6t le sai^ 
times quMl a saisies quH ne d^vore leur cbair. Ia 
originaire d'Afrique : il a^t^ introduit en Espagne, i 
de Strabon , dans le but de reduire le nombre d< 
dont, selon BufTon, cette contrde est lo cliniat na 
elTet, il est Tennemi naturel du lapin , eC quoi 
volume trois ou qnatre fois moindre, il Tattaque c 
sement et le d^ait toujours. 

Les chasseurs se servent du furet pour faire d^i 
lapin des profondeurs de son terrier; niais si Ton 
s6Ie le traqueur, ou si on ne le tient en laiase, en le 
dans le terrier, on court risque de le perdre : apr^ 
copleux dont on lui a foumi Toccasiun , II fait la sU 
la fum^ m^e qu*on dirige dans le terrier ne sul 
toujours pourPobnger^ sortjr; elle s^^chappe d*aillei 
les ouvertures di verses du terrier. Le furet n^est 
qu^^ demi domestique : il accepte la nburrilure qu 
donneet prend de Tesclavage les commodity qu^n lu 
nit, mais k la moindre occasion il r^up^re sa liberty ; i 
funeste pour lui dans nos climats, car la rigueur de I 
le fait p^rir. II ne se propage chez nous qo*A I'aide des 
que I'homme lui foumit. On T^l^ve dans he& tonneaux, 
dement gamis d'^upe. Les furets dormeot presque c 
nuellement : lis ne s'^veillent que pour manger. Or 
nourritde pain, de son, de lait, etc. BAunaf oe Baj 

FURETIERE (Aktoine), auteur de fables, de saUr 
de plnsieurs ouvrages titt^aires, n*est plus connu au. 
d^hui que par son proc^ avec TAcad^mie Fran^fse , q 
bannit de son sein, et qu^ll poursuivit k son tour par 
factums rfmptis de flel et quelquefois d*esprit. II naqu 
Paris, en 1070, suivit d'abord la carri^re du barreau,et 
Vint procureur fiscal de Pabbaye de Saint-Germaln-des-Pi 
II occupa cette charge durant plusieurs ann^. Ayant < 
tenu I'abbaye de Chalivo, 11 y prit les ordres, ce qui 
Temp^ha pas dccultiver leslettres avec succ^. L'AcaJ^n 
le re^ut dans son sein en 1662. Fondle en 1635 par le C2 
dinal de Richelieu, elle commen^it li exciter lainbitlon d 
gens de lettres et^ fixer I'attention publiqiie. Charg^epars 
statiits de r^lemenfer la langue, elle oral remptir on devo 
en s*occupant de la reaction cTun dictionnsire. C*^ta 
uneoHivre longue et difftcile, k laquelle concouraient tous se 
menibres. Fureti^re, en trouvant Tex^iition d^ectueuse, c 
surtout Incomplete, con^oitle projet de puhlier un lexiqix 
de sa fa^on. 11 solSictte un privil^e du grand sceao pom 
autoi>iser son entreprise. Renvoy^ i^ar le cliancelier A Char- 
pentior. Tun de ses contr&res , 11 trompe sa bonne foi en lui 
persuadant que cet ouvrage sera exclusivement consacr^ i 
la definition des termes des sciences eldes arts. Le priTlidgeest 
accord^ et I'aoteur public un premier es8a{,(]Mi, eodi^Toi* 
lant sa ruse, soul^ve centre lui TAcaddmie, A laquelle if 
fait concurrence. C\\A devant une assembl^e extraordinaire, 
il y subit un interrogatoire minutieux, et Racine, BoHean, 
alors au nombre de ses amis les plus intimesj sont ^harg^s 
dele disposer ^ abandonner son projet. En eflet, ayant pris 
part k toutes les discussiuns, et soup^nn^, non sans cause, 
d^avoir eu ^ sa disposition les cahiers du diclionnaire, W ne 
pouvait, sans manquer aux lois de Thonneur, cntrerenriralit^ 
avec sa compagnie. II persista cependant, malgr^ le blilme de 
ses protecteurs et de ses amis. L*un d'eux, M. deNicolaif, pre* 
mier prudent du parte ment, lui dit nettement que, comme 
juge et comme acad^icien, n ne pourraits*emp^herdele 
condamner : ce fut ce qui advint. L^Acad^mie, impuissaote i 
obtenir son d^istement, pronon^ son exclusion. 

Furcti^re en appela aux tribunaiix, qui r^roquirenl son 



FURETlfiRE — FURFURAClS 



pri?n^ en 1A$5, e( au public, qui s'amusa de ses fac- 
turos, sans approuver sa conduite. II est Olchcux que lea 
injures y tiennent trop souvent la place des raisoos. La 
Fontaine surtout, qui avait cru devoir voter contre Fu- 
reti^» J est abreuv^ d^ootrages calomnieiix. Tion content 
de le trailer d'Aretin mitig^, il faccuse d^etre lui-meroe 
nnstrument desdn d^iionneur, fondant cette accusation 
sur un de ses contes, ou La Fontaine fait en badinant I'cloge 
de llnfid^lit^ conjugate. Des atlaques si violentes pro- 
diiisirent des ri^futations du mfime genre. II parut entre 
autres un dialogue en prose entre un acad^micien et un 
avocat, dans lequel Tinsulte r^pond ^Vinsulte et la ca- 
tomnfe k la calomnie. On y raconte comment Fureti^re avait 
escroqu^ k aa m^re 6,000 livres poiir acheter la charge de 
procnreur fiscal de Saint-Germain- des-Pri^, puis , comment 
il avait abus^ de sa place pour se faire r^igner un b^n^fice. 
On y ddvoiJe Tartlfice dont il usait k TAcad^mie pour s*ap- 
proprier des jetons sans assister aux s<^ances. Bref , on y 
passe en revue toutesa vie, que Ton s^medebassesses et d'iu- 
famies. A la guerre des factums se meia celle des dpigrammes, 
dont la violence grossi^re d^passe toute mesure. Cette longue 
querelle dura jusqu^a la roort de Fureti^re, arrive en 1688. 

11 n'avait pas eu la satisfaction de voir la (in de son pro- 
c^et rimpression de son dictionnaire, qui ne fut publiJ en 
Hollande qu*en 1690. Augments par Basnage et d*autres sa- 
laots lexicograpbes , cet ouvrage pent encore Ctre consults 
avec fruit. De toutes les autres productions de notre auteur, 
Useulequt se Use encore est son Roman bourgeois, peinture 
assez amasaDte des moeurs et des ridicules de cette classe , 
Hon si difTerente de celle de nos jours. Quant k ses satires 
rim^s et k ses fables, elles sent tombdes dans Toubli, quoi- 
que Tauteur ae glorifi&t d*avoir invents lea sujets de ces 
demises, tandis que La Fontaine ne pouvait se glorifier 
que de son sfyle. Son Histoire des troubles arrives au 
royaume d^Uoquence est une all^orie trop ot>scure main- 
tenant pour int^esser le lecteur. La prose de Fureti^re, 
plus vive et plus praise que celle de ses contemporains, 
m^te sous ce rapport d^^tre remarqute. Li^ avant son pro- 
c^ avec Racine , Boileau , La Fontaine , Moli^re , il brillait 
dans leur^ r^^um'ons par la vivacity de son esprit. Racine 
lui doit, dit-on , quelques bons traits de ses Plaideurs, et 
il eutia plus grande part k cette d^lMinche d^esprit, attribu^ 
a Dcspr^aux, dont la perruque de Chapelain est le si]^et. 

SAiNT-PnosrER jeune. 

FUREUR, de icvp, oufire, le feu. C'est en effet comma 
un feu ddvorant les entrailles, qui allume la fureur dans les 
passions violentes, la colore, la vengeance, Tamour, la ja- 
lousie, ia liaine, le d^spoir , et m^me le fanallsme reli- 
gieux, patriotique et .militaire, pouss^ k Texcds. Outre ces 
causes morales, la fureur peut etre suscit^ ou d^ter- 
\nin6t par des moyens pliy^iqucs : une faim rongeante ra- 
vi( les carnivores, et.mtoie les animaux les plus pacifiques, 
iusqti'4 la fiireur et k une sorte de rage. L*dnergie du besoin 
de ta propagation pendant Tdpoque du rut cliez t>eaucoup 
d'animaux ecliaulfc la furie belliqueuse entre les mAles ri- 
va^x. II « a des Jureurs uUrines, ou nymphomaniaques 
dans plusieurs femelles, comme chez les filles de Proetus, 
les Messaiines , etc. , surtout vers certaines ^poques. Les 
lem))eraments irop^tuoux ou tr^-irritables , tels que les 
bUieux, ins sanguins-nerveux ardenls, dclatent souvent jus* 
qu'a \9 fureur dans leurs alTections Ic^ plus exaltdcs. Cet dtat 
d*exa<r^ration se mauifeste encore k Toccasion de Tivrcsse, 
et ADUH utf^ eleux bnUants, ou durant le^ saisons les plus 
duiides. L^^e de la vigueur y contrlbui. ^rlncipalement, 
pui«iue c^eKt aussi Tj^ge des grands attentats, le temps des 
|iius redoiitables manics. On observe parmi les constitutions 
l<;poc!Mindiiaques et hyst^riques que I'extr^me mobility de 
leiir systems oerveux les tran.^portejusqu^ la fureur, m^me 
lans cause appn^ciable, ou par un simple malaise, par une 
(tiSKKition ira<K:ibIe. LMiistorien De Tliou fait reuiarqucr 
fie les temps frotd<» et sees stimulafent lellcment la fibre 
lu riii Henri 111, qu'alors il 6talt mal monl6 ct devenait (u- 



I 



rieux pour la inoindre cause ; il Gt assassiner dans cette cJr* 
Constance le due de Guise. 

La fureur peut etre ^lement le produit d'une fifevre ar- 
dente, du causus (de Ta frfin^ie), en faisant monter le san^ 
au rerveau, comme dans un violent acc^ de d^lire on de co- 
lore. Si ce n^est qii'un sympt6me momentand, sans doute 
le. danger est moindre; si la fureur persiste, elle peut d^ 
gdn^rer en manie redootable, contre laquelle les bains , let 
saign^, le regime antipblogtstique ne sont nas tou jours ef- 
ficaces. En efTct, il se manifeste deux sortes tretat/uribond : 
run, avec cbaleur, rongeur de la fkce, pouts dievd, exhala« 
tion lialitueuse, vive explosion de courroux , mats capablf 
de se dissiper, quoiquMl puisse ensnrvenir une h^morrhagie, 
un coup de sang; t'autre pftle, concentre, mome, on tad' 
turne, est plus nerveux, plus profond, plusdangereux, plus 
capable de crimes. Celui-ci fait crever le cocur ou de gros 
vaisseaux; son ddpit souvent cach^ cause des an^vrismes; 
il se conserve longtemps et foujours avec p^ril. II y a done 
beaucoup dMnconvenient k s'abandonner aux passions iras- 
cibles ; elles peuvent d^dn^rer en rage liomicide , comme 
on en a vu de terrfbles exemples. Horace nVt-U pas 
dit: 

Ira furor brevif est : aniuiuni rcge, qui, nisi parit* 
Impcrat : hune frenia, liunc tu eompesce cateoe. 

Cette ardente passion tyxannise princlpalement les toes sur« 
tout faibles , s'il s*y joint une profonde susceptibilite dea 
organes, comme dans le sexe f6minin. Ccoutcz Virgile : 

Nottmqae fareot quid fcnina poscitae. 

Telle est la j a tou si e, le d^sespotr d*une amante abandon- 
n^, m^pris^e ou trabie : la flsmme alors n^^coute pins rien, 
elle invoque sa mort ou la vengeance, comme Hermione ou- 
trag^e. X^es limes tnagnanfmes ne succombent |>as d*ordi- 
naire k ces faiblesses. La raison sup^rieore ressaisit son em- 
pire, ou ne s*enflamme, comme Caton d*Utfque, que pour de 
plus nobles causes. Cependant, le patrfotiame pousa^ jus- 
qu^au fanatiame, comme la religion, peuvent s*exalter 
jusqu*^ la fbreur dans des combats sacr^ : le martyr vole 
au supplice, Tinnocent k T^baf^ud, pour la Divinity, pour hi 
justice, noble furie qu*on respecte jusque dans aes erreurs, 
comme celle du guerrier s'ensevelissant, k la roani^re de 
Samson, sous les mines m^mea de aon tHomphe. 

J.*J. ViREY. 

Par exag^ration, on dit faire fureur en parlant d*une 
personne on d'une chose qui est fort en vogue, et qui excite 
dans le public un grand empresseraent, une vive curiosity. 

Fureur se prend encore chez les liommes pour one 
passion demesurde, pour lliabitude importune qu'a quel* 
qu'unde faire cerlalne chose, pournn transport qui nous 
6l^ve au-dessus de nous-meines. Les fureurs^ au pluriel , 
sont des transports fr^n^tiques, des emportementa , des 
exc^ de cotere, d'exaltation. 

Le mot latin /uror etant du genre maaculin, lea Remains 
en avaient fait undieu, dont Virgile et P^trone dtoivent les 
attributs : il avait Pair ^thicelant de rage, la Agure couverte 
de cicatrices, le corps d6chir^ de blessures; il ^tait arm^ 
d*un glaive sanglant, et avait k ses pieds un lion rogissant. 

FURFUR AC^ (en latin /ur/^raceta), qui ressembte 
k d\i son, se dit : 1^ de petites portions d*6piderme qui se 
d^tacbent apr^s plusieurs phlegroasies; 2" d*un genre de 
sediment de i'urine qui offre Papparence du sun ; 3® d^une 
dartre d<k;rite avec aoin par Alibert, qui consiste dans de 
l^^res exfoliations de T^piderme, semblables ^ de la farine 
ou kdw son, tantOt tr^-adh^rentes k la peau,tant6t s*en 
d^tachant avec facilitd , dispose aur lea t<^raents par 
plaques irr^Hferes ou r^uli^rement arrondies, ou Uen 
queiquefois en cercle, an centre duquel la pean reste salne|; 
qnand elle affecte ces caract^res, ellie porte partsculidreinent 
le nom de dartre furfuracde arrondle. Asset souvent 
r^pidenne sed^che^sous forme de pellicutes minces et Irr^ 
guli^res. Llrritation ae d^place avec une grande faulit^ : 
alors cette dartre est dite Jur/urade voianle. Dans tous 



68 PURST — FUSEAtI 

FURST (Waltkrj, du canton d*Uri, se pla^ avec Ar- 



nold de Melchthal et Werner Staoffacher ^ lat^te de la ligue 
qui flit forrn^ en 1317 pour la d^Uvrance de la Suisse. 
Guillaunie Tell 6tait son gendre. 

FURSTEMBERG(Principaot^de), anden^Ut imm«- 
diat de TEoipire germanique, aujourd'bui m^diatisd, ^it 
compris dans le cercle de Sooabe, et tirait son nom du cbft- 
teau de Furstemberg, rendez-Toos de cbasse de la for^t 
Noire, situ^ sur une montagne, h 40 kilometres nord-ouest 
de Constance, dans le grand-dnch^ actuel de Bade. Cette 
principaut6, qui eat d*abord le titre de comt^, eomprenait, 
outre le cliAteau de Furstembeiig et le village j attenant, qui 
ne compte gu6re que 340 habitants, la seigneurie de Haus- 
sen, dans la fordt Noire, et les seigneuries de Heiligenberg, 
Stilhlingen, MoBskirch, etc. (acquisesen 1630); le tout for- 
mant 27 myriam^trcs carr^ , avec une population d^environ 
97,000 ftrnes. Elte clmngea, en 1664 ,le Utre decomt^ contre 
celul de principaut^, et Tut mfkliatis^e en 1806 ; elle est encore 
acgourdiiui partagde entre le grand-duch6 de Bade, qui en 
contient la plus grande partie, le Wurtemberg et la princi- 
paul^ de Holienzollern-Sigmaringen. 

La maison de Furstemberg , une des plus nobles et des plus 
anciennes de TAllemagne, pretend descendre des Agilolfinges, 
par £gar, roaire deDagobert l^^ Ce qui est plus certain, c*est 
qu^elle descend des anciens comtes de Fribourg (Brisgau) et 
d*Uracb. Elle a poursouche le comte Henri f, qui fonda,en 
1250, le chMeauet la petite villede Furstemberg, d*o<i Tfntle 
nom de la famille. Cette maison se divisa an moyen Age en 
difTd^ntes branches, qui finirent par se confondre toutes en 
la personne de Frdd^c IT1, mort en 1559. Ce dernier laissa 
deux fils , d*o£i sortirent les lignes de Kinzingerthal et de 
Heiligenberg : la premiere de ces lignes n^avait encore que 
le titre decont/e; la denxi^me obtint en 1664 le titre de 
prince de C Empire; elle s'^teignit en 1716, et la dignity 
princi^re passa k la premiere ligne. Celle-d se subdiTisa k 
son tour en divers rameaux, dont le premier s^^teignit en 
1804. Le deuxitoie prit alors possession du titre et des do- 
roaines dela principaut^; U est aujoordMiui repr^nt^ par 
le prince Charles Agon db FcasTEMDERG, n^ le 4 mars 
1820, quia ^us6, en 1844, Elisaheth-Henriette, princesse 
de Reuss-Greitz. Sa r^dence est k Donaueschingen , od 
se trouve une source longtemps regard^ comme la vraie 
source da Danube. Ce prince, membre h^r^itaire de la 
premiere cliambre des Etats de Bade, a environ 600 ,000 
florins de revenu. 

Une ligne collat^rale, dite Furstemberg-Weilra , est de- 
puis longtemps possessionn^ en Moravie et dans la basse 
Autrlche (od se trouve Weitra, bonrg de 1,800 habitants, 
dont elle prend le nom ) ; son chef porte le titre de landgrave, 
Elle est aojnurd'hui rrpr^sent^ par le prince Jeanj ne le 
21 roars 1802, chambellan, conseiller intiine et grand- 
roattre des c^r^monies de Tempe reur d'Autriche, et (lis de 
FrMiric- Charles, grand-mar eihal de la cour, mort le 4 
f^vrier 1856. 

FURSTEXBUND. Foyes Coiif^d^ratio^ UEsPRmccs. 

FURTIl , %ille manufactori^re, situee en Bavi^re, an 
confluent de la Pegnitz et de la Rednitz,^ 15 kil. de Nurem- 
berg, sur le chenin de fer de crtfe ville k Wiirzbourg, 
compte (1^65) 21,001 habitants, donl 12,500 protestant*, 
500 catboliqucs, et plus de 3,000 Israelites. Elle est le si^ge 
d^une coar royale, et elle poss^e deux ^glises protcstantes, 
une ^lise catholiquc, deux grandes et quatre petltes syna- 
gogues, un tli^tre et un grand hOpital, un coll^, une ^le 
de commerce et une dcole talmudique, espdce d*universit^ 
Israelite. Ses habitants vivent principalement des produits 
de leur Industrie manufacturi^re et du commerce. Les pro- 
duits connus sous le nom d'articles de Nuremberg, tels 
que miroitcrie, bimbclotcrie, articles eslampds en m^tal dor^ 
etargcntd, lunettes, instruments d'optique, de chirurgie 
et de roa(b<$matiqnes, gantcrie, ivoirc, corne, bonnetcrie, 
cotonnadcs, plumits h <Scrire, plumes dc fer, cire i caclie- 
ter, ca(L^ dc cliicor^!, pnpicrsgrossicrs, jouetsdVnfants, etc., 



y sont Tobjet de transactions considerables poor les deut 
Am^riques, le Levant, la Hollande, la Belgique, PEspaj^e, 
le Portugal, Tltalie, rAllemagne septentrionale^ le Dane- 
mark et la Su6de. 

II est question de cette ville d^ le dixi6me si^le ; sa pros- 
perity actnelle date d'nn sitele environ, d*one ^poque oo le 
gouvemement prussien, sous les lois duqud elle se trouva 
momentanement, y favorisa les developpements de rinduetrie 
par des encouragements de toos genres. Furtli D*a obteno 
les droits et privileges de ville qu'en 1818 : elle n^dCait an- 
paravant officidlement designee qoe sons le nom de boarg. 
FUSAIN. Ce genre de plantes appartlent k la famille, 
assez norobrense, des ceiastrinees. n comprenddes arbres et 
des arbrisseaux. L*e$p^ commune, appdee le fusain d^ Eu- 
rope {evongmus europxus, Linne ), vulgairement bonnet 
depritre, k cause de la forme du fruit, est mi grand ari»ris> 
seau, qui crott en abondance sur les hales, an fond des 
taillis, dans presque toute TEnrope centrale et septentrio- 
nale. II est eieve de quatre k dnq metres, et reconvert sur 
le tronc d*une ecorce verdfttre, lisse. Le bois en est extr^ 
roement fragile. Les branches sont nombreoses, portant des 
teuilles opposees, enti^>res, ovales, finement denizes, et des 
fleurs d'un blanc sale, qui naissent en petits paqnets aux 
parties laterales des tiges. Le fruft, k quatre lobes ok>tus, est 
ordinairement rouge, qudquefois blanc. Les f^uilles tombent 
tous les ans, et les fleurs paralssent dans le dlmat de France 
au mois de mai. Pendant les mois de septembre , octobre 
et novembre, la plante est couverte d'ime abondance de 
fruits vivement coloris, qui font Tomement des bosquets 
d*automne. L^utillte de cet arbrisseau surpasse encore l*tigre- 
ment qa*il procure. Son bois obeit facilement au ciseau, et 
sou rent on Ta employe avec snccte k de petits ouvrages de 
sculpture et de lutherie. On en fait de trte-bonnes vis, des 
foseaux de (ileuses, des lardoires (d*o5 son nom vnlgaire 
de bois d lardoire ), des cure-dents et une foule de petits 
ustensiles. Avec des baguettes de fusain, charbonnees dans 
un creuset clos, les dessinateurs se font nne espto de 
crayons noirs, dont lis seservent fort commodtoent, et 
qui dans certains cas ne peuvent etre remplaces par ancone 
autre mati^re. Ce crayon convicnt parfaitement pour les 
esquisses, k raison de la facilite avec laquelle on peut en ef- 
facer les traits sur le papier. Les (dntnriers emploient le 
fruit du fusain, et fls en retirent, suivant les preparations 
auxquelles fls le soumettent, trois coulenrs, le vert, lejaune 
et le roux. Le cultivateur ne neglige pas non plus le Hi- 
sain, qui lui procure de bonnes haies. Rien de si fiadle que 
sa multiphcation par semences, par marcottes ou par bou- 
tures. Cest toujours en automne qn'il convient ou de semcr 
les grains, ou de coucher les Jeunes branches, on de planter 
les boutures. Au boat d^m an , les jeunes sujets doivent 
etre transplantes dans une pepini^re; 11 convient de les y 
laisscr deux ans avant de les placer k demenre. 

Nous ne ferons quindiquer les fusain d larges feuilles, 
fusain galeux, fusain d'Amirique, fusain tobine^ fusain 
bdtard, toutes plantes des bosquets d^agrement Nous dirons 
seulement que c*est mal k propos qu*on avait range les fu- 
sain tobine et fusain bdtard dans le genre evonymus : la 
premiere de ces denx plantes est on ptttospore, et la se- 
conde est un c^lastre. Pelocze p^re. 

FUSEAU, brochc de fer ou deader sur laqodte on en- 
file unebobine destinee k recevolr un fil qu*on tord. qu'oo 
Hie ou qu^on decide; double cOne en bois sur lequei les R- 
leuses k la quenouille roulent le fil k mesure quMl se forme 
(voyez Filage). 

En mecanique, on appelle^eaux les ailes dUm pignon 
creux , appeie teteme. En geometric, les fuseaux sont les 
parties de la surface d^une sphere comprises chtre deux m'^- 
ridiens. Les chevitlcs sur lesquellcs est rouie le 01 destine a 
faire de la dentelle s^appellent aussi fuseaux. On donne 
encore ce nom aux bAtons ou rouleaux de la lanteme d*un 
moulin, aux tuyaux d*orgiie qui ont cette forme; enfltt, anx 
choices longucs ct menues en general, dont la grosseur n'est 



FUSEAU — FUS1£E 



pas proporlionn^ k la longueur, tulles que ccrUines colon - 
nes et les Jambes (Tun homme maigre. Teyssj^re. 

FUSEAU {Conchyliohgie), genre demollusques g^t^ro- 
podes, rennsrmant plus de 300 espies r^pandues dans toutcs 
1^ mers, principalement dans celles des pays cbauds. Le 
oom de ce genre rappelle la forme de la coquille allonge , 
Aisifonne, qu*oifrent toutes lesespices. Cette coquille, g^ 
n^ralement ^trolte, a la spire aossi longue ou plus longue 
que le canal taininal ; TouTerture est ovalaire, k colunoelle 
tantdt simple, tint6t pHss^, soil k la base, soft vers le mi- 
lieu. Le canal terminal de la coquille est allong^, ^troit, 
sans ^chancnire terminale. Ce canal est droit et non renters^ 
vers le dos de la coquille^ qui est encore caract^rls^e par 
onopercolecom^, anguirorme,ii sommet terminal. L*animal, 
rampant sur un pied petit, ^pais, ovale oa subquadrangu- 
laire, a la t£te petite, aplatie, ^troite, termin^e en avant par 
deux fentacules courts, cdniques, portant les yeux k la base, 
du c(^t6 ext^eur; la t6te est perc^e en dessous d'une fcnte 
boccale itroite , en forme de boiitonni^re , et par laqiielle 
Tanimal fait sortir une trompe plus ou moins longue. Le man. 
leau est court; il se prolonge ext^ieurement en un canal 
^troit, un peu plus long que celul de la coquille. 

FUS^Ebu FUSJ^ VOLANTE (Pyro/ecAnie), une des 
pieces le plus employees dans les feox d' a r 1 1 f i ce. Le cartou- 
che ou bolte de ces fus^, ^trangl<^ k sa partie inf^rieure, doit 
ttn en papier fort bien coll^, presque blanc. On commence par 
foire du carton avec ce papier, en en coUant trois ou quatre 
feuilles Pune sur Tautre; puis on roule et on coUe, Punesur 
Taotre aussi, plusieurs feuilles de ce carton, Jusqu'^ceque lo 
cartoncbe ait acquis T^isseur qu^il doit avoir. Lorsqu'U 
estk moiti^ sec, on IMtrangle k 20 ou 22 millimMres de Tei- 
Mmiti, en le serrant jusqu*^ ce que I'ouverture solt r^uite 
k moiti6 du diam^re int^rieur du cartouclie. On presse cette 
gorge au moyen de plusieurs nmuds d^artificier, puis on acli^ ve 
de faire s^ber le cartouche; on le coupe carrement aux di- 
mensions qu'il doit avoir, et on le charge d'une composition 
de 0,248 pnlvi^rin, 1,054 salp^tre, 0,216 soufre et 0,496 
charbon grossi^rement pil^. On obtient un leu plus briUant 
avec 1,280 salp^tre, 0,320 soufre, 0,400 cbarbon, 0^130 11- 
mailte d^acier ou de fer. Le cartouclie se charge avec mie 
broche et avec des baguettes percdes suivant Taxe. Le carton 
est rabattu sar le massif de la charge et perc£ de trois trous 
pour la communication du feu. La gorge est amorc^e avec 
un bout de m^ie k ^toupilles. Le pot est rcmpli d^artifi- 
ces de gamitares, qui doivent varier la nature de leur explo- 
sion «n Pair. 

Pour maintenir la direction des fusses dans leur ascen- 
sion, on y attache, k la partie inf^rieure, des baguettes d'une 
longueur calcutde sur un peu moins de neuf fois celle du 
cartouche. Elles sont dis|)os^cs de mani^re k ce que la fus^ 
M tienne en ^ulllbre sur une lame de couteau, ptac^ k 
trois diamMres extdrieurs de la distance de la gorge pour 
les (us^ qui n*ont pas plus de35 millimetres, k deux dtam^ 
tres et demi pour celles qui ont plus de ce cliiffre et ne d^- 
passent pas 5 centimMres, et enfin k deux diamMres pour 
tdlesquien ont davantage. S*agit-il de lancer les fusses, on 
l**s suspend librement, la baguette toum^ vers la terre, dans 
une esp6ce de mortalse, faite k travers un liteau placd hori- 
zontaiement et fix^ k un poteau ou k un arbre. Aussitdt 
qu*on les a allnm^, le feu p<^nMre instantan^ment jusqu'au 
massif, et^ s^^chappant par le bas, les chasse dans Pair en 
doonant naissance dans Pint^rieur k des Huides adriformes, 
qui tendent a se dilater uniformiiment dans tons les sens , 
et qui, rcncontrant moins d^obstacle du c6t6 oil la fus<^ est 
ooverte que du cdt^ ou elle est fermte, la poussent de ca 
dernier c6t^ avec une force <^gale k la difference des deux 
r^tances. Le ma<si( sc consume )>endant que la fus^ s*^- 
l^e, et si sa hauteur a ^t^ bien calculi, II fmit au mo- 
Qientob la fus^Se a atteint son maximum dMldvation, en com- 
noniquanl le feu k la garniture du pot, qui produit par sa 
fiomhnstion une liimi 're vive et brillante. Meruin*. 
FUSEC (ir/ZZ/ene), nom que Pon donne gdn^rale- 



69 

ment k de grands ou de petits artifices enferm^ dans wm 
cartoudie de forme cyllndrique, variant de dimensions sui- 
vant son objet. On distingue trois esp^ces principales de fu« 
8^ : Ies/u5^e5 d bombes, obus et grenades i les fiu^s 
volantes ou de signaux^ enfin les^^^ incendittires ou 
jfus^ it la Congrive, 

Fusies a bombes, obus et grenades, Elles sont desti- 
ne k commnniquer le feu k la poudre qne renferment ces 
projectiles, poor les faire plater dans les lieux ot iU sont 
lanc^, k des distances et k des points donn^. Elles doi- 
vent dtre faites avec de bon bois fort sec, sain et sans 
nopuds; les plus propres ^. cette destination sont le tilleul, 
Paune, le frAne, Porme. le boiilesu, ou, k d^faut, le hAtre; 
mais il convipnt moins, car il ne remplit pas avec autant de 
pr<k^ision Prpil de la bnmhe. Les fxis^es sont iaites sur le 
four, en tonne de r6ne tronqu<^, d^apr^ des dimensions do 
longueur et de srosseur proportionni^ au calibre auquel 
elles sont dest'nt^s, afin d*entrer convenahlment dans 
Pfpil de la bombe, de Pubiis ou de la grenade. I>;iir grot 
bout, ou tete, est ^vas^ en calice, tant pour les rend re plus 
faciles k charger que pour contenir les bouts de mMie qui 
servent d*amurce. Elles sont perc^, suivant leur axe, 
d*une ouverture on canal qu'on nomme lnm\hre^ de gran- 
deur determine pour chaque diam&tre. Cette lumi^e ne se 
prolonge pas dans toote la longueur de la fu&^ : on laisse 
au petit bout quclques lignes de bois plein, que Pon coupe 
en sifllet, lorsqu'on adapte la fus^ k son projectile. Lo calice 
et la lumi^re sont remplis d*une mati^ d*artifice que Pon 
nomme composition , form^ de 1 partie de soufre, 2 de 
salp^tre, 3 de pulv^rin. LA/usie ^nt charge, on Pamoroe 
avec on bout de mkhe k ^toupiiles, pli<§ en deux, sur le- 
quel on bat la composition, pour remplir le canal. Les bouts 
de m^e sont rabatlus dans le calice, qu'on empUt de pul- 
v^rin non battu. On place une premise rondeUe en pa« 
pier, puis une seconde k franges, qa*on coUe sur le bois; 
et si la fus^ doit*voyager, on la coiffe avec do parcheroin» 
de 1atoile,de la serge, arr^t^ par on noeud d'artificier; on 
plonge ensuite Ul t^te dans one composition de 4 parties de 
r^ine, 5 de poix noire, 10 dc cire Jaone. 

Les fus^ sont introdultes k force de coups dans Poeil de Ul 
bombe, en frappant du maillet sur le chasse-fus^ jusqu*^ 
ce que la t6te repose bien sor le projectile. Des circons- 
tances diverses peu vent faire que la bombe ou Pobus 
delate plus tot ou plus tard, soit k hauteur des toils pour 
les incendier, soit entre les pleds des chevaox pour d^monter 
la cavalerie. Dans tous les cas, hi fus^e doit fttre coup^ k 
une longueur ^Icul^ , avant d'etre enfoncte dans le pro- 
jectile, pour qu'cUe communique le feu li la poudre mU- 
rieure au moment voulu. 

Fusses volantes ou de signaux. Get artifice , qui est ie 
m^me que edui que nous voyons dans les f6tcs et r^jouis- 
sances publiques et particuli^res ( vogez Fed d'aktificb ) , 
est employ^ un jour de balaille en d'autres drconstances , 
lorsqu'il s^agit dMndiquer le moment d*agir k des corps d^ 
tach^, pour mettre de Paccord et de Pensemble dans de 
grandes dispositions strat^giques. En marine , elles servent 
k faire des signaux de nuit et de conserve, entre les divers 
bdtiments d*une division, d*une escadre oo d^me fiotte. 

U y a encore de petites fus^ destines k communiquer le 
feu aux pieces de campagne : elles portent 1^ nom de/u- 
s^es d*amorce ou^loupilles. 

Fusees ii la Congrtve, Ce fut le c^^l^bre Hyder-Ali qui 
le premier s*en servit aux Grandes- Indes, pour jeter la ter- 
reur panni les elephants, et, par suite, la confusion dans lea 
rangs de l^arm^ cnnemie. Ces fusses consistalent en tubes 
de fer» du poids de 3 i 6 kilogrammes, fix^ k des bamboos 
de 2 ^ 3 metres de long, et charg6s avec les ingr^ients dont 
le melange entre ordinairement dans la composition des 
fusdes. En 1799, lors du si^e de Seringaptnam, Pinven- 
teur fit bcaucoup de mal aux Anglais aveo ces projectiles 
d'une nouvelle esptee. Le colond Cong rive, quand U 
(aisait la guerre dans Pinde, emprunta Pidte de cette ma« 

8, 



FDSEE — FUSIBILITY 



60 

chine defttroctive anx Mahrattes; il Tappliqua bient6t en | 
Europe, et imposa son nom k ce nouyeau mode de des- 
truction. Des essais plus ou inoins satisfaisants enrent lieu 
tour k tour en France, en Autriche, en Prusse, en Saxe et ail- 
leu rs. Aojou^liui cette ftiste est adopts par toutes les puissan 
oes. Construite d'aprte le mAme princtpe que celle des feux 
d'artlfice, elle porte k sa fftte une cartouche, qui lui donne 
rimpoUion et ^ate ensuite en gerbes lumineuses. Appel^ 
racket par les Allemands, elle a pour affAt des chevalets, 
et sc tire soit en parabole, oomme les bombes, soit horizon- 
talemenf comme le bonlet et Tobus. EUe porte en t6te une 
^orme cartouche on cylindre en I6le, et un pot en fonte, 
destine k ^dater comme les obas. L'appareil contient des 
roati^res incendiaires, jaflUssantes, de la roitraill^ des balles, 
des grenades , qui partent successlTenient, et dont les Mats 
meurtriers se prolongent longtemps. Pour obtenir une plus 
grande force expansive, il est n^cessaire de les charger avec 
rapidity. I/addition de cblore que les Anglais mettent dans 
Ics leurs est un proc6d^ qui pr6sente de graTes dangers, en 
raison de Textrtoie inflaromaMUt^ qu*elle leur communique. 

En 1854, quand €dhip la gnerre d'Orient, on ne croit plus 
trouver un auxiliaire suffisant dans les anciennes fusto de 
guerre. Le I*' juillet il est proc6d^ k Tonlon , an fort Saint- 
Louis , en presence de nombrenx spectateurs, aux ^reu? es 
de nouvelles fusses fabriqute par T^cole de pyroteclmie 
maritime pour les escadres de la mer Noire. Ces fus^, 
de 0^,95 de longueur, sont armte de Tobus de 12. Les r^ 
snitats qu'elles ont fournis sont magnifiques et les port^ 
de beauooup sup^rioures anx plus belles qui aient encore 
^ obtenues jnsqu'^ ce jour en France depuis trente ans 
qu*on cherche k perfectionner la puissance de cet artifice 
incendiaire. Jamais dans les tirs ant^rieurs ex^t^ soit k 
Tonlon, soit ailleurs , on n^avait atteint des portto de plus 
de 3,300 k 3,500 mMres. Dans eelui du 1*' juillet elles ont 
^^ de 4,000 k 4,300 mitres. Un moisaprte , en aoOt 1854, 
l*£cole de pyrotechnic de Meti obtient, k son tour, de ma- 
gnifiques snccte dans le tir et la port^ de set Tnste de 
guerre. Lauc^ dupolygone, des fustodeO'tOOdediamMre 
tur l'",lOde longueur (y compris lechapitean incendiaire) 
allirent tomber par det^ Malroy et Rupigny, c*e8t-l-dire k 
plus de 5,600 mHres. Quant k la d^Tiatlon, les points de 
chute extremes n^^ient qn*k enTiron 160 mitres I^in de 
Pautre, ce qui donnait 75 mitres de plus grande deflation. 
En TisHant le lendemain lespointo de chute, on constata, 
pris de Rupigny, qn*une de ces Tuste avait pte^tr^ dans 
le sol d'environ I'^OO. Cette distance et cette penetration 
sont efTrayantes. Atcc un diamitre de O**,!} au lieu 
de 0'*,09, on ne doute pas que la nouvelle fuA^e ne portftt 
ais^ment k 8,000 mitres ou deux lieues. 

FUS^E ( Technologk). Ce mot est imite de>Vaeatf.Xes 
charrons, les carrosslers, appellent ainsi les parties coniques 
d'nnessieu qui entrent dans le moyeu, parce qu'en elTet 
elles ressemblent k un (useau chargi de fil. 

Les horlogen nommenifusde une piice qui a la forme 
d^un cOne tronqu6y sur laqnelle est taiUie une Tis dont les 
filets imitent, par leur disposition, les revolutions d'un 
cordon ronli sur nne toupic. LMnvenlion de la fus^e, dont 
on ignore rauteor, passe pour Tune des plus heureuses qui 
aient ite faitesen horlogerie; elle est destbeei cornger 
les Inegalitis de force du moteur. Chacun k pn observer 
que plus un ressort est tendu, plus lefTort qu'il fait pour se 
dibander est grand. On a pn remarquer aussi que le mon* 
vementd^une montredevient acciliri 1orsqu*on toume 
la cie qui sert k )a monter en sens contraire. Si la force du 
ressort moteur est Tariable, la marche de la montre sera 
nicessairement irrignllire : 11 a done fallu trouver lemoyen 
de rendre constants les effets du ressort , ce k quoi on est 
parvenu par Tinvention de Ul fUsie. Void une idie de ce 
micanisme : le ressort est eontourne en spirale et loge 
dans un barillet cylindriqiie. qui, en toumant aatour d^un 
pivot, bande le ressort, et celui-ci fait toumer le barillet en 
sens contraire en se dibandant, de sorte que si le barillet 



d^ 



portait une roue dentie, elle pourrait commosiiq 
du ressort k toot le rouage; mais, comme noiis I*j 
dit, cette action iraiten diminuant d'intensite h 
le ressort se dibanderait. Pour la rendre unifomie^ aa adaptm 
sur TartMre de Ul premiire roue un oOoe tailli eta wi» s G*est la 
fusee. Elle pent toumer dans un aens indepeodanuBeBA do 
moovement de la rone, un diquet Tempicbe de toumer cb 
sens contraire. Une petite chalne est accrochee pmr oa boot 
sur le barillet et par Paotre sur la fusee. Le systteie est 
combine de sorte qne la fhsee toomant dans sua aaiw le 
barillet suit son monvement §t bande le resaort pendaot 
que la petite chalne s*enroule entre les spires de la fas^ 
en commen^nt vers la base da o6ne et Ifaiissant Ten le 
sommet 

Comme le dlan^re des spires diminue en allaaC de fa 
basede la fusee k son sommet, on pent considerer la fmee 
comme composee d*une suite de poulles que nous auin^ro- 
terons 1, 2, 3, 4, etc, et partant du sommet, c*e8t-A-dire dela 
plus petite, etc. Quand la cbatnette est rouiee sar la poulie 
1, le ressort est i son plus haut degrede bande : aosei m^-U 
au nooyen du levier le plus court de la fnsee, puisqoe la 
poulie 1 estla phis petite de toote. La chaise se ddroutont , 
le ressort se debande et perd de sa force : aussi Bgit-il mr 
on levier plus long, qui est le rayon de la poulie 3 , |rfos 
grande que la ponlie 1, et afaisi de suite, de fa^oa qii*ii 
mesnre que le ressort se detend, il agit socoessivemeoC wr 
des leviers plus longs. Si done on represente la force de- 
croissante du ressort par la progression 12, 11, 10^ 9, S, 7, 
6,.5y 4, 3, 2, 1, et les diamitres des spires de la fkMaie par 
fai progression croissante 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 1 1, 13, 
y aura compensation parfalte , et Taction du ressoff 
sur le rouage sera constante et uniforme. 

On taille lea fbseet an moyen d*une petite mecaolqne : 
neanmoins on est obligi de les regulariser k la lime el en 
tAtonnant, par la raison que la Ume d'ader qui, contooniee 
en spirale, fonne le ressort, n*est pas egalement Urge, ega- 
lement epalsae dans toote son etendue. On eon^t encore 
quil est physiquement impossible de lul donner partout le 
mime degre de trempe : la force du ressort qni ae detend 
ne doit done pas.decrottre d^une maniire nniforme. 

On a fait beauooup de tentatlves pour supprlmer la 
fhsee dans les montres, afln d^eviter les firottenienls pro- 
duits par la chahiette et les pivots de la premiire roue 
dentee, qui ponrrait alors etre flxee sur le barillet. Tons ks 
systimes qu*on a proposes pour atteindre ce but oa( 
ete rejetes, oomme etant plus Imparfaits que la fusee. 

Dans les horloges k ressort, et qui sont rigiees par nn 
pendule, on supprime la fus^e, par la raison qu*on pent 
doubler, tripler.. la force qui anbne une horioge regiee par 
un pendule , sans que sa mardie varle avec trop d*incon- 
venients pour les usages ordinahies. TivskoaB. 

FUSkE (Art v^mnaire), maladie du cheval, qui lul 
vient au canon sur le trabi de devant et qui natt de denx 
sur*os dangereux qui se joignent ensembki de haut en has, 
et montant au genon , estropient souvent Tanimal. 

En termes de chlmrgio, one fusSe puruleate est on 
conduit, un trajet fistuleux, que forme le pus d*ttn abcis, 
lorsqnMI tend a faire eruption. 

FUSl^E (Blason), meuhledVmoiries, fait en fbrme 
de fuseau, et qu*on porte dans reco. Qudques ecrivains le 
regardent comme un symbole de deshonneor que les rois 
de France au moment des croisades infligirent anx gentili- 
homraet qui refusaient de partir pour U Terre Saiote, les 
didarant ainsi eflemines et indignes d*etre homnes. Oe 
mime, k repoqne de notre grande revolution, les emigres 
envoyaient une quenonille et un fiisean aux nobles qd re- 
fusaient de miitter la France. 

FUSELE se dit dans le blason d*nn champ ou d'luu 
piice toute chargee de/ti « ^ e f . 

FUSELY. Voyez Fcssli. 

FUSER. On dit que les nitrates et les chlorates /tfifx/ 
lorsquMIs sont projetis sur des charbons incandesr^ti. 



FUSIBILITY — FUSIL 



Nom se (oooaissons que ees deux ^ores de sets anxquels 
puisae 8'«p|#ttquer rigonreoMment le mot fuur, L'efiet r^ 
tulte d*iiiie ftdlon double, et qui s'eierce simnlUntoent : 
1* odb du transport npide.de I'oxygtee contenn dans ces 
wia sur le carttone , aTec lequel ii a^ ooml>ine cliiiniqne- 
manl poor former des gaz carbonte, qui 8*^chappent dans 
Talr; 3* laftision ou fonte du corps apquel 4tait pr6c6- 
damment mil eet oxygtoe : cette fosiun , k cause de la 
le aap ^ atn re trte-^leTte qui se d^yeloppe au point de con- 
tact el qui rtealte de la combinaison chlmique, est ^e- 
mcDl inctantante, et une partie da charbon se tiouve re- 
eoarailepat la substance fondue. Le mot/tMion n'est done 
paale substaitif form^ da Terbe fiutr^ qui n*en a pas en 
frm^b, et poorl^qoel H ne serait peut-^tre pas d^ralsen- 
naUede crter le root>Wseiiieii^, afln de pouroir exprimer 
saos ^uivoque des propri4l68 cbimiqnes qu*il est si fM- 
qoeot d'aroir 4 caract^riser. Pbloozb p^. 

FUSIBILITJ^ quality dece qui est fusible, oa dispose 
k se fbndre. L*^t de solidity et de fluidity des corps depen- 
dant de la qoantit^'de calo riq ue qui y est appliqude, les 
corps se sottdifiant par la privation du caloriqoe, et rede- 
Tenant fluides quand on l^r restitue le mtoie calorique, 
on en pent oonchire cette loi g^n^rale : Tons les solides , 
poonru qu*on y applique une quantity de calorique sofOsante 
et reUtlTc i four constitutfon propre, peuYent £tre ranien6« 
k la liquidity Cost ce passage qui a 4t6 appel^ Jut ion. On 
estime fo plus ou moins de fusibility d'on corps par le degr^ 
de cbalear auquel il dolt 6tre ameu^ poor passer k T^tat 
4iqaid6. Peloozb p^e. 

FUSIL9 arme ^ feu dont Torigine est anssi incertaine 
quecelfode la poudre k canon. Cette arme a cbang^ 
plosieors fob de nom : elle 8*est appei^ arguebuse^ mous- 
fuei; elfo a ^i construite suivant difers syst^mes; et roal- 
gr6 ses rares avantages, die n'est panrenue au degr6 de per- 
fectloo qa*on lui connalt qa*aTec beaucoop de lenteur; en- 
core y reste-t-il beaucoop k (aire. Le premier fusil fut indubi- 
tablenient vok canon portatif de m^tal forg^ ou (ondo, que 
Ton foisait partlr an moyen d^une m^4ie allumte qu'on te- 
nait k la main. On con^itqn*il ^tait difBcile de tirer juste 
ctprestement aTec une telle machine ; c'est ce qui donna lieu k 
rinTcotfon de la batterie, dont, au reste, on sTaitdepois tong- 
temps Cult des applications analogues aux arbalMes. Les pre- 
mieres batteries, asset grossierement ex^cutees, se compo- 
saient dHm bassinet, d'un ressort, d*one noix, etc. Le cbien, 
au Keo de pierre, portait on bout de corde, qu'on alluroait 
an b»oln, et qol brliliiit lentement, comme les m^cbes dont 
on se aert pour falre partir les canons. On coroprend que 
lorsqn'on pressait la detente, le bassinet s'oovrait, et que le 
ehien, s'abattant, portait le bout de corde sur la poudre, etc. 
Les premiers fosils oa arquebuses eiaicnt si fourds, 
qall follait deux bonunes pour les porter. 

La corde alluroee avait en outre plosleurs tncouTenients : 
elle produisalt de la fum^e, et tout porte k croire que la 
poudre oontenue dans le bassinet ne s^alluroait pas toutes 
les fois que la m^che la touchait; ce qui fit naltre lld^e 
d*iiB perfectfonnement ba^e sur les propriet^s du briquet k 
pierre. Une roue d'ader tremp^, de la grandeur d'une piice 
de dnq francs, plus ou moirjs, dont le contour etait ray^, frot* 
tait, en toomaut, centre un cailloo fixe au-dessus du bassi- 
Bft a en faisait jaillir des eUnceUes, qui mettaient le feu k 
la poudre. Le meeanisme qni faisait toomer la roue etait ani- 
me par un resaort qn^mi remontait avec une manivelle 
«pron Malt et qu'on mettalt k Tolonte. Cette arme, appe- 
MeyVui/ A roueif ratait pen, mais, outre qu^elle etait 
knirde, elle exigeait beaoeoup de temps poor etre chargee 
et armi^ 

On fit done nn grand pas de plus Ters la perfection 
loraque, d^s 1685, on arma le cliien d*un cailloa qui, allant 
frapper eontre le cooTercle, appeie platine du bassinet , 
Ic RouleTa ct en fit jaillir des <Hincelles. Cest de Tap- 
p'icatKm da cailloii (focile) que le mousquct prit le 
Ma ^ fusil, Louis XIV en arma tons ses soldats en t70i. 



6t 

Depuis, le Jusil de munition, stcc sabaionnette* f«it 
ramie prindpale des soldats de TEurope. 

Le fusil d pierre, k Tusage des chasseurs, fut construit 
sur les mtaies prindpes que le fusil de munition, mais son 
canon fut forge avec plus de soin, afin de le rendre resistant 
et leger k la fois. En outre, fo chasseur pooTant ne pas 
abattre le gibier du premier coup, on f^briqua des fusils 
doubles, oa composes de denx canons reonis au moyen 
d'une bande de fer brasee entre les deux. On libriqaa des 
fusils d quatre coups; nous en aTons Tuk sept canons. 
Du reste, ces tours de force sont rares : one arme aussi 
compliquee est plus singuUere qoe commode. Enflu, au 
commencement de ce siede, nn Anglais amor^ le fusil de 
chasse aTec de la poudre fulminante, qui a la propriete de 
prendre Un quand on la cheque aTec on corps dur ; des fors 
la pierre k feu, le bassinet, etc.,deTinrent inutiles, et furent 
supprimes. L'arme ainsi modifiee prit le nom de>Wsil d pis- 
ton, denomination qui n*est point motiTee, attendu qu'il n*y 
a point de jeo de piston dans sa batterie : on dcTrait s'en 
tenir k Texpressfon de fusil d percussion, Les fusils k pierre 
etaient dej^ si parfalts, quHl ne fallut pas moins d^une Ting- 
taine d'annees pour fos faireabandonner k Tarmee; d'abord, 
parce que les amorces de poudre fulminante cofttaient dier ; 
puis on fut longtemps k s'aperceToir qoe par four em- 
ploi on n'aTait pas besoin de mettre autant de poudre dans 
le canon pour chasser le memo projectile, etc Depuis que 
les Cibricanls d'amoroes ont pu les liner k bas prix, et 
qu*on a reconnu les STantages qu'fl y aTait k les employer, 
fos fbsils II percussion ont remptace entierement, ou k pen 
pres, ceux 4 pierre. Nous aTons dit que les fusils k pisikm 
n*ont point de bassinet ; cette piece est remplaote par un 
conduit appeie cheminie, qni communique aTec llnterieur 
du canon; Tamorce, composee d'un melange de poudre ful- 
nUnante et de poudre ordinaire, est contenue dans fo food 
d'une petite capsule de cniTre ayant la forme d'un de k 
coudre ferme ; le dlametre interienr de la cheminee est egal 
k son dlametre exterieur , de sorie que to capsufo coUfo 
celle-d et tient dessus comme le couTerde d'une tabatfore 
sur la cuTctte. Au bout du cliien du nouTcau fusil est pra- 
tiquee une caTlte dans laqiidle, quand I'arme est au repos, 
est logee la capsufo et le sommet de la cheminee. Par cetto 
disposition, Tamorce est^l'abri des chocs, de to pluie,etc. 
Quand on Teut tirer I'arme, on redresse le chien, qni, lors- 
qn'on presse la detente, Ta frapper unooup sec sur to cap- 
sule; Vamorce prend feu; et comme la flarome qu'elle pro- 
duit ne pent se repandre k I'exterieur, die penetre dans Tin- 
lerienr du canoti, et le coop part. TETS^toRB. 

Anx qualit^s exigees autrefois de toute arme k feu por- 
tatire on a joint, surtont depuis les succes de to Prusse 
en 1866, la condition d'untir rapide. Or, cette rapidite de 
tfr ne pent guere s'obtenir qn'en introdui^ant direclement 
to cartouche sous le systeme determinant I'explosioa, c*est« 
k dire au moyen du chargement par laeulasse. II existe 
deux sy^temes prindpaux de fusils se chargeant par la 
colasse : le systeme d tabatiire et le systeme d aiguUle» 
On a beaucoop discnte to Taleor do fusil k tabatiere, et 
Ton est resU d'accord pour couTenir que son principal 
sTantage ^t de permetlre fadlemeiit la transformation de 
Tandeu fusil k piston en fusil se chargeant par to cutosse. 
Pour operer cette transformation, Ton retranche la cheminee 
(*e randen fosll, et Ton opere la sectfon du canon sur U ton- 
gueur de cette cheminee et sur la largeor do canon en 
dehors du f fit de Parme. Il est fadle de ^isaer , par ce Tide, 
la cartouche dans le tonnerre, qui se ferme au moyen d'un 
(OUTercle de fer, jouant de droite k gauche. Le oooTercfo 
porte k I'exir^mite droite une tige manoMiTrant oblique- 
ment daus nn tube saillant et sous Paction d'on chfon, 
ft qui , apres sToir henrte to cartouche, se reiere ensuite 
sous Paction d'un ressort deader. 1a cartouche est euTc- 
loppee de laiton et amorcee de ftilroinate de mercure. 

Les trols rspeces de fusils k tabatiere les plus connus 
sont le fusil Siiiders, adopte pour Parmee anglaise, et lea 



62 



FUSIL — FUSIL A VENT 



fusils am^ricains Peabody et Remington. Dans 1e Sniders, 
rinflaminatioD s'op^re par une cartouche en papier reid- 
tue d*une enveloppe en clinquant de cuiTre poor former ob- 
turateur. l)ans te fusil Peabody, Tun des meUleurs du 
sysl^e 4 tabati^re quoique un peu lourd, la batterie se 
d6couvre par la chute int^rleore de la plaque mobile qui 
forme le rerdtement de la lotte. Le canon u*a pas de cu- 
lasse ni de tonnerre ; il repr^ente un cylindre ercux, ren« 
forc^ I^giirement en arri^re. La botlc^ roaintenue par one 
Tis-charni^e, s'appliqoe par juxta-fosilion contre Tinter* 
section de ta cross**, ct porle deux entaitles. L'entaille in* 
t^rieure, l^^rvment arqu6e, renferme une tigeou (urseur 
dont la partie post^ietire, ressortant a Tarriere de la faosse 
culasse , est «oumise k Taction du ehien , tandis que la 
partie ant^ieulre va fi'otter, apr^s une course de 3 k 3 mfl- 
limMrcs, le fulminate de la cartouche, dispose tout an- 
tour de celle-cl et garni d'on tx;ui relet. Le fusil Reming- 
ton, arme courte et 16};^re, dont le canon bronz^ par un 
proc^d^ galranoplastiqae r^lste bien ilarouilie, est muni 
d*une batterie mobile en aeier, qui se meut d*a?ant en ar- 
ri^re, dans le m6me sens que le cliieo, quit faut mfttre 
au cran de band^ pour ouvrir le tonnerre. A la partie in* 
t^rieure de la t haipbre du canon se trou^re un <^peron des* 
tin^ k enlever le tube de la cartouche. Emploj^ en France 
pendant la guerre de 1870-I«7I, le fusil Remington n'a 
pas douL^ les hons resultats qu'on poufait en altendre. 
11 se trouve t ite en mauvals ^tat, par l*usare resultant du 
fW)ttement de la pi^ce de culasse et de la pi^ce de batterie; 
d'autre part, le point de r^istance aux gaz ^(ant plac^ 
au-dessous de la plaque de fermeture, tandis que Teffort 
des gaz se porte sur le dapet m^me, il en r^sulte de 
fr^uents crachements. 

Le syst^me k aiguille comprend denx types principanx t 
le fusil Dreyse on fusil k aiguille prossien, et le fiisil Chas* 
sepot ou fusil module 1866. Dans le fusil Dreyse, le ca- 
non porte, viss^ a sa partie inf^rieure, une bolte de cu- 
lasse d*un diam^tre plus fort que celui du canon. Ala partie 
superienre, en dehors de la monturt* , eten arriire du pdnt 
oh le canon se joint k ia bolte de cubsse, eette biile est 
coupte dans sa longueur, de k^n k laisser passer la car* 
toucbe dans la chambre. Dans la n.toie bolte est plac^ la 
culasse, ou cylindre mobile , que Ton inlroduit par Tar- 
ri^re de la bolte, ouverte k cet eflet. LMnt^rieur du cy* 
lindre comprend deux parties creuses , dont I'uoe, situ^ 
prte du canon , s*appeUe la chambre d air^ it st rt k re- 
cueiilir les risidus de la poudre ainsi que les debris non 
brftlte de Tenreloppe de la cartouche. La secoode partie 
du cylindre, qui s*ouvre en arrl^re, contient un autre cy- 
lindre creux, portant une tige, dite tigede l*aigtiiile,([m 
dgale la culasse en longueur. Autour de cette tige est en- 
rool^ un ressort k boudin. que Ton peut tendre en tirant 
a soi un petit anneau , plac6 II Textr^mit^ inftrienre et en 
dehors de la culasse. Un cran, dont la tige est inunie et 
dans lequel s*adapte unet^tede gftdiette s'abaissant sous 
la pression de la detente, permet au ressort de rcprendre 
sa position normale ; la tige , ramen^ en avant , projette 
I'aiguille dans la cartouche, et proToque Texplosion. 

Daos le fusil Chassepot la culasse mobile est log<^e dans 
une cuvette presque cjliudilque, Tissi^e sur la tranche pos- 
tenetire du canon et solid ement iix<fe au bois. Cette cu- 
rette porte, dans 1^ sens longitudinal, trois intersections. 
La premiere, plac^e ▼ers le milieu de la rartie sup^rieure 
ct semblable k Tenlaille | ratiqu^e sur la douille d*une 
baioonettej permet le Ta-et-vient d*une clef ou manotte 
adapt^e sur un fube concentrique avec la bolte; ce tube, 
fonoant verrou, n'est autre que la culasse mobile. Le recul 
de la manotte entralnanl celui du irerrou determine Tou- 
verlure Uu canon. La deuxi^me inttrsection lungitudinale, 
bitu^e k la partis inf^neure de la cuvette, livre passage 
au corps de la detente, pl^e qui r^ag^t au n oyen d'une 
siillie formant gftcbette, U troisi^me intersection, qui se 
trouTO k la fois sur la partie sup^rieure et sur la partie 



post^rieurede la cuvette, permet de fa ire gli 
selotte, qui a pour function de faire manoeu 
Dans le verrou est contenue une tige porte 
laquelte s'enroule un ressort h boudin ^a1 
pooroir se comprimer et repreadre ensxilte 
mat, k Taide d'nne sorte de d^ocher. - (^tti 
dans rni tube, dont Tavant affec^e la forme 
c6ne, et le milieu ceHe d'nn disqve; contre 
fix^ une rondeHeen caoutchouc, dlte obiurt 
assez ^aisse pour se dlhiter en &*aplaflssaDt 
sion dei gaz. Le long dn verrou ftont pratk.iii 
nnres qni portent les noms ^% eron de rep 
bands, eran de depart; dies corresiiondeii 
tiS'aniMr ajusl^ sur la masselotfe. SelcH 
ment imprime au verrou, Textr^mit^ de I'ar 
contre le ressaut de la ralnure et d^temi'ne Vs 
Poor charger I'arme, il faut I'ouvr r de droHe 
I'aide de la manotte, en faii^ant toumer le rerr 
mdme fens; on porte ensuite Tensemble du i 
arri^re, mouvement r<^gl^ par une via qui adh^n 
et plonge dans une rainure du verrou , puis on 
la cartouche. L'arme ^tant charge, lorsqn^on i 
masselotte en arri^re, la noix fait tendre le ressi 
din. Quand la partie ant^'Tieure da ressort d^pas 
cheUe dont la saillie est drstin^e k arrtier la i 
faire partir le res ort, Tarme se trouve au band 
une r ression sur la detente provoque r^happemci 
gdchette , tt la noix lance Taiguille k Teflet de \ 
Text losion. La noix et I'aiguille ^tant irnmoMI/s 
que h l>oIte n*est pas ferm^, le chargeroentde 1*4 
produit aucun danger. Quand l*arme est cbarg<^, le 
repos soiilage le ressort el constitue ui e sQref^. Lc 
sepot, dont la longueur est de l»,290 et qui r^^ 
grammes, lOO, se mancuvre facHement. H secbar| 
rapidity ; le soldat peuttirer six coups ajust^ par in 
Le tir en estr^gulier jusqu*a ],000 metres 

Le ftisil Chassepot, dont les Francis firent la pre 
^preave k Mentana, en 1867, s'est moofr^, en 1870- 
superie r au fusil Dreyse de? Prussiens, que ceux 
sunt empresses d'aro^iiorer. L^Italie a le fusil Viteii 
Belgique, le fiisil Albini ; la Russie, le fusil Krenk. 

FUSIL (de I'italien focile, caillou), morceau d*; 
tremp^ avec lequel on frappe un caillou poor in faire 
lir do feu. Si Ton tend un papier blanc au-dessot]£ 
caillou au moment oh il est frappe, on recueille les ^ 
cellos, qui, vues au microscope quand elles ^ont refV-oid 
pr^entent de petites bonles de fer : ces ^tlncelles sonl d* 
du fer fottdu. 

Fusil est encore le nom d*on cylindroffle d'acier if( 
les boucbers, les cuisinlers, etc., font usage pour dooi 
le fil k leurs couteaux. 

FUSIL A VKNT.LViratmosph^iqueittoDs'esgj 
en general ayant la propri4t6de faire ressort lorsqu*on h 
com prime dans un espace herm^iquenieDtfenn^, on a dt 
puis Ibrt longtemps emplo}^ cet agent enferme dans m 
tube I our chasser des projecti'es. On cioit que k/iuU i 
vett 6tait connu k Constantinople do temps dufias- i:in- 
pire; les HoUandais, les Alleroands soutifDncnt que c'est 
dans leur pays qu*il en a ^t^ faliriqu^ pour la premiere fois. 
Les Francis pr^tcndent de leur cdt^ que le j)remier de 
ces sortes de fusils qu'on ait tu en Europe fut ce'ni qo'iio 
bourgeois de Lisieux prdsenta^ Henri IV. Qooiqu'ii en mt^ 
on a liiu de s*^tonner qu'une amie austi pertide, aussi 
commode, n'ait f 'as ^t^ en usage dans les arm(i(s, si efie 
^tait connue plUbieurs si6c!es STant la poudre icaooo. 

Le principe de tout fusil k Tett est le mtmt quece ni 
dela caone k vent. On faitenra^tallacrossad'unAjsrl 
ordinaire , dans lequelle on m^age une cavity apffi^er^- 
servoiff qui comii. unique avicilDt^rieur da canon parune 
-ouverture qui se ferine a I'aide d^une soopape qu'on oiivre 
a volenti en pressant une detente; one autre soopa/ e fait 
communiquer le r^ervoir avec Fair tiUrlm, Cette s( u- 



tnsr 



FUSILIER 

pape s'ocTTc du dehors en dedatis. Quand on Tcot charger 
iarme, oti prend une porope roolante, oo Tadapte h cettc 
derni^re soupape et on foule de Tair dans le reservoir. Plus 
on y introduit de ce flaide, plus son ressort augmente. La 
balle ou tont autre projectile ^tant plac^ dans le canon, 
on presse U detente, une soupape s'ouTre et se refermelL 
rinstant; una partie de Tair contcnu dans le reservoir 
slntroduit avpc imp^tnosit^ dans le canon, et cbasse le 
projectile avec une certaine forc^, quiva en diminu^nt d'^- 
nergie k ine^nre que le r^ervoir se vide, Oa p eqt tirer ainsi 
Tiogt ou trente coups. 
Lc8 autorit^s oit sagement di^feudu ]'usa;;e du fusil k 

Tent. XETSStOBE. 

FUSILIER. Cemots'est d'abord 6cr\ifuielier,/uselier, 
pour signifler des hommes de caTalerie l^^^e» portant Tar* 
qnebuse k rouet , Tarquebuse k fusil ; on les distingitait par 1^ 
des cavaliers portant roonsquet k ni6cbc. La loi a rendu tech- 
nique ce terme, en I'appliquant k des corps d'infanterie qui, 
au lieu d'etre arm^ en partte de piques , en partie de mous- 
qnets, n*^taient ann^ que de fusils ayant une platine k silcx : 
ees fusiliers (antassins nMtaient en rdalit^ que des canonniers, 
ou plutdt des garde-canons, dont on surcharged le nora d*nn 
g^nitif sans signitication , qnand on les appela /iMi/ifr^ du 
roi Les ordonnances de Louis XIV d^nommaient technique- 
ment soldats les antres hommes d*inf^nterie quVtuellement 
on 9p^]e fusiliers. Quand le raiment des fusiliers du roi 
sem^morphosa en corps d*artillerieeten canonniers, le mot 
fusilier s'effa^ pour ne reprendre Tigueur que dans les 
guerres do milieu du dernier si^cle ; il fnt d^ lors appliqu^ 

I des corps sp^daux dinfanterle Idg^re ; l^usage le consa- 
crant k (fistinguer les compagnies du centre des comiia- 
gDies dVlite. G*' Bardin. 

FUSILLADE, On donne le nom de fusillade k un 
engagement partlel on k un combat dans lequel la raousque- 
terie jooe le principal rdle. II semblerait, d'aprte cette d^- 
finition» qae les deux mots fusillade et mousqueterie sont 
cynonymes , et pourtant il n*en est rien. La fusillade est 
philM un feu dinfanterle d^cousu qu*un tir en salve, k 
conunandement, k explosions r^gl^, comme la mousque- 
terie. On repousse par des fusillades rasantes les attaqucs de 
cheniin eouTert; on defend de m6me une banquette. Ce 
qn*on appelait autrefois chandelier de trancMe et cor^ 
beilles d^nsives ^talent autant de moyens de nourrir une 
fusillade k Tabri. Cen'est pas par la (usillade, c^est g^m^ra- 
leroent par les feus d*ensemhie , k petite port^e, quMI faut 
receroir les charges de cavalerie. Quand aux charges d'in- 
fanterie, le mieux est de marcher r^lument k sa rencontre. 

II est pea d^exemples de l)atailles ou la fu&illade ail joud le 
principal r6le. Pourtant, ^Lutzen,oiila cavalerie man- 
qnait presque totalement 5 Tempereur , la fusillade et Tar- 
tillerie dMd^ent sculcs la victoire. Le gain de la balaille 
de Monterean fUt dO en partie k la vi? e fusillade qui ^lata 
sar Tune et Tautre rive de la Seine, particuli^rement du M^ 
de la ville et snr le pont. A Wa te r I o o , une fusillade chau- 
dement engage sur la gatiche , de la route de Paris k 
Bnnelles, allait ranger la victoire du cdt^ des Fran^ais, 
loTsqoe tout k coup apparut sur les dcrrl^res de Tarm^ le 
corps pmssien de Blflcher. Lliistoire de la premiere r^volu- 
tiori retrace k nos souvenirs le tableau d^chirant des malheu- 
raux habitants de Toulon , qui te.l9 d^embre 1793, lors de 
la reprise de la place, trouv^rent la roort dans cette horrible 
boucjierie ordomi<Ms par les proconsuls dc la Convention, el 
trap conniie sous le nom 6e fusillade de Toulon, 

FUSILLER. Ce mof, qui signifle luer d coups de fusil, 
ne s'emploie gu^rc quVn pariantd*uncpersonne condamn^e 
k Mre pass^ par les armcs (voyez Exfctrrioif miutairb). 
Si e*est nn milHaire, il est d^rad6 auparavant. 

FUSION* L'Acad^mie fait ce mot synonyme de fonte , 
iiquMction. Cependant, qnand nous disons liqu6f action 
tmfimie de Teau glac^ , nous Indiquons un changement 
mnplet dans r^tat physique de feau. Mais & r<^ard d'une 
Miltftiide d'^tttrea substances, y a-t-il identity de ph^no- 



— FUSION 



63 



m^es et de rdsultats .' Non , assur^rooit Nous ne connais- 
sons pas d*dlat interm6liaire cntre la glace (ondante et 
Teau k Thiitiale de la liquidity; tandis qu*entre un corps gras, 
un m^tal , un alcali , simplement ramollis k un degr^ plus 
ou moins avanc^ , et T^tat de compile liquidite de ces mtaies 
corps , il y a une infiniUS dedegris de ramoUissement, pen- 
dant lesqu^ls nous ne savoos pas s*il cxiste , ni k plus forte 
raison dans quelle proportion il so combine du calorSque 
qui devienne latent. Nous ne voyons qu*un ramoUissement 
plus ou moins avanc^ ; et dans le progrte de ce ramoUisse- 
ment la chaleur indiqo^ par nos Uiermom^trcs et pyrom^- 
ires en point de contact avec le corps en. voie de liqo^fac*' 
tion denote un accroissement continuel de temperature. 

Il est extr^mement probable , pour ne pas dire certain, 
que runiversalite des corps de la nature sont soumis au pas- 
sage de retat de solidity k celui de liquidity par Teflet d*one 
accumulation de calorique qui les p^n^tre eten toirte 
les molecules : les exceptions qu'on a era trouver k cetle 
loi g^n^rale , en observant qu^une classe assez nombrense 
de substances passait imm^iatement do la solidity ii la 
gaz^ite, ne tienneat sans doute qu'^ rinstantan^it^ de reffet, 
qui ne permet nl k nos sens ni aux InstninMnts dont nous 
les aldons , d'apprto'er le passage par T^tat intenn^diairc. 
Les accumulations de chaleur n^cMsaires pour amener au 
point de fusion les divers corps solides marqoent lea degr6s 
d'une tehelle fort ^tendue , dont une des extrtoilt^ r^le 
la liqu^action des graisses, des Iiuiles concretes, de la 
cire, dela citine, de certains alliages m^talliquea trte*fa* 
sibles , d^un petit nombre de in^taux ,des alcalia, etc., etc., 
tandis que le progrto de cette ^cbelle , en marquant one 
infinite de dcgrds intermMiaires de chaleur, vient s*arr#ter 
aux derqi^res iimitea que nos moyens de calorification 
aient pu jusque ici produire. lit nous trouvons la mesore du 
calorique qu*extge la fusion des m^taux les plus r^fractalres, 
de la plupart dfsoxydes m^talllques appel^ terres, etc. 
La liqu^action de certaines substances , que nous B'avons 
pas encore pu op^rer, telles que le ctiarbon et nn petit 
nombre d'aulres , est ^ des degr^ en deliors des llmites de 
cette ddiellc , ddtermin6ea par rinsuRisance de nos moyens 
actuels,mais qui probablement seront unjour frandiiea; 
car, raisonnant d^apr^ les lois de la plus atricte analogie, 
nous pouvons d^avance consid^rer tous les corps de la na- 
ture comme soumis k celle du passage par F^tat de liquidity. 
D^ik , aide de Tappareil k combustion du gaz oxy-hydro- 
gtoc , nous avons obtenu im conunencement de ramoUisse- 
ment du charbon. 

Depiiis le mercure, qui est fusible k 39* au-dessous de z^ro 
du thermom^tre centigrade, jusqu^aux m^taux infusibles 
au feu dc forge, comme le titane, 1^ cerium, etc^. on ren- 
contre des corps d*une f u s i b i I i U qui passe par tons les 
degr^s ioterm^diaires. Ainsi le potassium entre en foaion k 
+ 58" ; le sodium, k + 90" ; fi^tain, i + 2 10" ; ie bismuth, k 
+ 236"; le plomb, k + 260" ; le jlnc, k + 373" ; I'^rgont, k 
20" du pyromMre de Wedgwood ; le cuivre, k -^- 27"; Tor, ^ 
+ 32"; la fonte de feK k + 130"; le fer^ malKWe, ii 
+ 158" ; le mangan^Q et le nickel, ^4- i^O" di;^na6me pyro- 
mMre. Cette ^norme di^T^ence dans \e» points dejusion des 
divers cprps ne pent s*expliquer que par la cpnsidt^ration 
des plu^nom^nes qui dot vent r^sulter deJaTorce de4H)h^on 
mol^culaire : la force expansive du calorique est Tunique 
cause de la (hsion ; or, le degr^ de coh^ion variant dans 
des limites tr6s-^ndues pour clutque corps , il en doit nd- 
cessaircment r^ulter que la fusion ne s'op^era que dans 
des limites ^galement fort ^tendues , c'est-lt-4irc k des tern- 
p^ature s tr^s-difT^^ntes. . Pelouxs p^e. 

FtlSIOrV (La). Sous ce nom demeqrera c^re dans 
lliistoirecontpmporaine unccombinaison politique au rooyen 
de laqueUe, k la suite dela revolution de F^f rier 1648, 
certains partisans de la maison de Bourbon eap^r^nent un 
instant op^r une nouvelle Restauration ; con^bioaison, ou 
mieux intrigue, doqU il faut le dire, Tid^ premi^ ^tait 
^dose dans les conciliabulcs orl^nistes. Louis-Ptiilippe unt 



64 



FUSION ~ FUSSLI 



fois mort, U n^ ivait plus, suivant ces profoikds politiquefl, 
d*ob8Ucle s^rieui k une fraoclie et comply r^conciliatiou 
entr« la braoche atn^e et la braache cadette. Dhs lora plus 
de divisions, plus de tirailleraents dans le sein du grand parti 
roonardiique, lequel, dominant bient4t la situation, impo- 
serait facilement an pays ses pr6fi£rences dynastiques. Parmi 
les demiers mtnistres de Lonis-PliiUppe , il s*en trouTsit 
an» M. de Sal vand y , qui, enroy^ de France k Turin k 1*^ 
poquedn Cuneux p^leriaagedeBelgra re-Square (1842), 
irait noMement reftis^ de s'assoder 4 un Tote de ool^ et 
de liaine par lequel le cabinet que pr^idait nominaleinent 
le mar^chalSoult, maisen r^lit^ M.Guizot, avail es« 
taytf de ftilrir cette demonstration, plus puerile que dan- 
gereuse, des amants de la l^timit^. Ce fut sur hii qu*on 
jeta les yeux pour cette d^icate n^ociation k laqueUe le 
readaient plus propre que tout autre la compile honora- 
bilite de ses ant^cMents poUtiques et surtout le langage g^ 
n^ux qu*au prix d'une brilUnte position ii n*aTait point 
Ms\iA k tenir dans cette memorable dreonstance. M. de 
Sal? aady fut re^ k Froischdorf nee les plus sympatbiques 
^gards, et rtosit si bien dans sa mission, que quelques mois 
plus tard M. le due de N emo ur s, passant par Yienne, 6tait 
admis k presenter ses hommages au cbef de aa maison. 

Tout semblait done aller suiTant les voeux des fusion' 
nistes ; miis malbeureusement pour eux M. Thiers refuse de 
8*associer k leurs eflbrts, Traisemblablemcnt parce qu*il ne 
pouTait gu^ esp^rer d*obtenir jamais Tonbli de ses rapports 
avec riiUlme Dentz et du rOle qu*il afait jou^ dans I'a- 
▼oHement de r^haufTourte teot^ en Vendte par M"** la 
ducltesse de Berry en 1832. 11 se forma dene sous son 
drapeau nn parti ^*antifuiionnUteSy dont les mente pa- 
tentes et les intrigues oocultes tendirent k contrecarrer autant 
que possible les projets de leurs monarcbiques adversalres. 
Dans ce camp-U, les imprescriptibles droits de M. le comte 
de Paris , bas^ sur la cbarte hdclie le 7 aoOt 1830 par les 
32 f, ^ient proclam6s articles de foi; tout comroe pou- 
▼aient Tdtre dans I'autre camp les droits Ugitimes deM.de 
Cham bo rd, Tatni des peiits-flls de saint Louis et de 
Henri IV. Ajoutonsque, par Tattltude pleine de reserve 
qu'elle gardait k Eisenach, la mhre du jeune prince dont on 
persistait k fahre un pr^tendant quand mime, madame la 
ducbesse d*Orl^us, semblait protester centre une Intrigue 
qui aHait droit k d6tr6ner son fils une seconde fois. 

Les fusionnistes et les antifusionnistes n^^taient d*accord 
que sur un point : la nteessit^ de se serrir, en attendant, du 
pr^ident de la r^publique pour tirer Im marons du feu 
au profit de l*une ou de Tautre brancbe de la maison de 
Dourbon, saui k lui promettre, s*il dtait sage, de le r6- 
compenser quelque jour suiTant ses m^rites. La coalition 
des partis monarcbiques ne serf it qu'i aflalblir la r^pu- 
blique et k rendre possible le coup d'etat tent^ par les bo- 
napartistes le 2 d^cemhre. Bien souTent. depuis cette 
^poque, on Tit se produire dans certains Joumaux la nou- 
velle que la fusion allait 8tre accomplie entre la brancbe 
aln^et la brancbe cadette des Bourbons. Mais toujours 
l!eTtoement Tenait d^mentir les faiseurs de nouYelles. 
Cette aHianceintime, que pouTait commander rint^iM, 
reneontrait une barri^re insurmontable dans la fid^lit^ aux 
principes. II paralt cependant hors de doute que Tun des 
membres de la brancbe cadette, le due de IfemourK, re- 
connals^ait dks lors pour sou leul roi l^itime le repr^sen- 
tant de la brancbe aln^. 

Aprte la chute du second empire on essaya de ressus- 
dter, contre la r^publique , ce projet de la fusion. Mais 
d'abord les intrigues de quelques meneurs se bris^reot 
contre Faltitude du comte de Chambord, qui sVpposait 
fermement k toute esptee de transaction. Dans un ma- 
nifeste, date du 6 juillet 1871 , ce prince ecriTait ; « La 
France, cmellement desabus^e par des d6astres sans 
eiemple, oomprendra qu^on ne reirient pas k la T^rite en 
changeant d*erreur, qu'on nVchappe pas par des expe- 
dienta 4 dea neceaaUea eteroellea. Elle m'appellera , et Ja 



viendrsi k elle tout entier, a^ec mon d^vo 
prindpe et mon drapeau. Henri V ne peut i 
drapeau blauc d'Henri IV. » Quelqaes mois a| 
prince protestait avec force contre les projets < 
faisait de nouTeau couriret contre foute id6 
en faTeur de la branrbe cadette. Par suite d 
tions redouble et si nettes , la fusion sem 
plus que jamais impossible. Cependant des j 
non^dent toojours comme probable ef des r 
sen'aient eocore Tespoir de la r^Iiser. Uoe • 
comte de Paris, cbef de la brancbe d^Orf^ns, 
donner a crolre quails ne caressaient pas une 
prince rendit ▼isite, le 5 aoOt 1 87S, au conit< 
bord, et s'indina pour lui et aa faiuillet dcFai 
k la conronne. La fusion 6lait done accompli 
princes; il rertdt k savoir si elie pourralt i 
entre leurs deux |iartis, si doign^ Yvn de Vai 
prindpcs et les fdts. 

FUSIONIENS y d^DOinioation Kooa laqnel 
sign^ des sectaires qui aTaient pour chef uu 
nomm^ Louis de Toureil, originaire du Vauclas< 
▼ers 1805. Homme instruit, d*un caract^re dot 
main, il aTait entrepris la siuguli^re lAclie.d6 fo 
semUe les tbteries de Saint-Simoo, de Fourier, i 
et d*en Mte une seule, sous le notn de reli^ 
nienne. La base de cette religion ^talt I Vgalif^ soc 
puy^ elle-m^e sur le sentiment rellgieux. On 
conndssalt d'autres principes que rexlateoee d'l 
juste et bienfhisant, et rimmortalit^ de Tame bumai 
le deToir 4tait de pratiquer lea pr^ceptes de U moi 
tnrelle et la destin^e de /usionner aprds la mort ava 
M. de Tourdl a public plusienrs brochures pour e 
cette th^rie plus puMle que dangereuae. 

FUSSEN , Tille de Baf ite , dans le cercle de S< 
sur le Lech, afec 2,000 Ames, possMe one fkbriaii 
toilea et d'instraroents de musique. Un Iraitii y ful 
clUy en 1745, entre la BaTi^ et rAutriche. 

FOSSU ou FUSEU, nom de c^^res artistes si 

Jean-Gaspard Fossu, portrdtbte, n6 k Zurich, en 1 
mort en 1781. Ses portraits eurent un immense suoc^ 
plupart out ^t^ graT^. II chercha aussi i [fskn com 
ses idtes en matiires d*art. Ind^pendamuieot d'une his 
desartistes suisses et d*un catalogue des principaux graF< 
on a de lui : Choix de Leilres de Winckelmann d 
amis en Suisse ( Zurich, 1778), et Idies de Mengs su 
beau et legoUt dans lapeinture ( Zurich, 1792 ). 

Son fils, Jean-Henri Fossu, peintre d'histoire, en c 
nier lieu directeur de TAcad^ie royale de Peiature deL 
dres ( oh on aTdt coutnme d'^crire son nom Fuseii ) , 
k Zurich, en 1742, ^tudia k Berlin soos Sulier, voysges, 
1791, afec Lavater, et se rendit eoiuits eo ADgleterT 
oh les consells de Reynolds le d^termio^enl i s'sdon/i 
exdusif ement k la peinture. Aprte SToir profondtoeat iU 
d\6 Toeuvre de Michel-Ange k Rome de 1772 i 1778, il refit 
en Angleterre, o^i on le re^irda comane le plus griod peiolr 
aprte West II mourut k Puthiey-Hill, pr^ de Loodies 
le 16 avril 1825, et fut enterr^ dmVif)m Saint-Piui, 4 c6U 
de son ami Reynolds. Parmi ses tahleaui , oo estimt 
surtout VOmbre de DidQn^kCmbatttHerculecoHtreles 
chevaux de DionUde, et sa galerie miltooienne, compost 
de soixante figures pour le 'po^ de Milton. U lit paraiire, 
en 1801, des Lefons sur /a/>dA/ure,doBtoncritiqiii stcc 
raison le style peu coofenable, et od on rdeva 1m juge^ 
ments par trop traachants qa^l se permettaiti-i'^gard de 
quelques chefs-d*cDUTre gte^emeotadmirte. 

Jean-Bodolphe Fossu le jeass, d^ i Zaridi , eo 1709; 
mort en 1793, se forma k Paris, sous Loutlierbotfi^galo^, 
et parrint k dtre un renuurquable peintre eo iniflialiire. Oo 
a aussi de lui qudques dessins d*aprte RapluMi et aotres 
grands maltres, et un Dktionnaire unimuldes Artisiu 
(Zurich, 1763), Iruit de treote ass de traraiL Soi Itis, 
Jean-ffenri, mort iZuricb, eo 1832, euadoDD^ianila. 



arii 



FUSTANELLE 

FUSTANELLE, parUe du cofttnmtt natioiial gree, 
Buis piriiculite cepjondant mx bommes; c'est ce qa'on 
appdie Mssi U cAemlM o/toiialM. Ce vaUeAdMH du 
lore >|ri<tfji, eC ligiiifie an propre un T^tenKiit de femroe. 
Afint lenr r^Tolution, los Greca annte, les Klephtca no- 
tamBMBt, portaieiit poor U pluparl U/iuianelU; et plot 
tardeUe a M oooaeirte poor les mOieet in^suU^rea do 
royaoiiie. 8or le eontinenl gree, elle est gtetolement 
porUe par lea gens de la campagne; car one fois bora d'A- 
thteesy on oe retroare plos goitee le costome europten qoe 
daasles grandes Tilles. Depois qoe la Ortee a a^^f teao rang 
de pnlManoe ind^pendanle et qoe das populaUons greequea 
OB a lut one nation ; depois qoe le roi Othon a lul mtoie 
adopts la fustanelle, oooune partie essentielle do eostnme 
national » les Grecs, dans les TiUes sortoot, y attacbent 
beanconp plus d*iuportance qo*antre(ofo , et apportent iiifi* 
nfaneot plus de soins k la confectionner de mtoe qo'^ en 
fabriqoer r^ofle. Ia fostaneUe^ d*one telatante blancbeor, 
allant de la taille aox genoox » retenue et fiite sor les 
bancbes an moyen d*une ceintare» est faite d*une fine ^fTe 
deeoton ; ceile des gens de la campagne^ oo de la niUice, est 
f^toflfe plos grassi^y et ts jusqu'aox geooui en faisant 
ie larges pUs, qui sent I'obH d'un soin toot particolier 
et qooy k Taide du fer et de I'empoiSy on maintient fermes et 
nnia. Cbes les riches, le bord InfiMeor en est plus oo moins 
on€ de brodeiiesy et» comme les aotres parties du costume 
national grec, la fustanelle fonmit nne Taste carrl^ k la 
Tsnit^ et ao d^sir de plaire; aussi les fashionables grecs 
ont-ils fiiit de Part de porter la fustanelle Tobjetde T^tude la 
phBapprofondicAoertahis ^ards cette partie dn costume 
grec ra^ipeUe le chitdn des andens Hellenes, et pr^sente 
qoelque ressemblance stcc le y6teroent mao^donien. An 
lieo de fostaoelles , les babitants des lies et des ports de mer 
portent de larges pantalonsbouffonts, en colonnades de con« 
han bariolte et qodquefols aossi en sole. 

FUSTET ( Bois de) , produit d*nne esptee de sumac, 
qni cratt ao midi de la France, mais qu*on trooTe Element 
k la Jamilque, k Tabago, et dans qudques autres des Antil- 
les. Le bois de fustet est entour^ d*on aobier blanc ; Tlnt^ieor 
eit jaunAtre , qnelqueToia d'un Jaune assex vif, mtf^ de vert 
pAle : Taltemation de ces deux couleun le (aitalors parattre 
Tein^. n est pen eompacte,etcependant assex dur, nooenx 
et tortueox. II est mis assex souvent dans le commerce, 
tronc et soodie, d*une aeule pito* La radne est plus es- 
timte qoe les branches. U arriTcen paquets de bagu^tes, en 
branches relendoes, d^pouiUte de lenr icotet , et qudque- 
fois, mais raremeat, en tiges tortoeuses un pen grosses. Ce 
boiidonne one telnture jaone. 11 sert aussi aux lutbiers, aux 
A^nistes et aux lonmeora. Pblooxk ptee 

FUSTIGATION, action de fooetter, de Cure subir k 
qaelqu'un lesoppllce do fouet, application sur le corps de 
coops de fooet; ponitlon longtamps pratiqu^ dans les ar- 
mdts de France , et encore en usage dans quelques con- 
Mm do Noid. En fertii de Tordonnance dn 10 d^^mbre 
1670, les gooiats coopables dcTaient Mre fustigds k coops de 
fooet, les iemmes suspectes ne dcTaient Mre battues que 
de Teiiges. Sous Henri IV, le mancbe de la ballebarde tirait 
nison des infractions des fantassins; cette correction s'appe- 
hit aossi le fnorioji. Sous Louis XIII, les cavalien, an lieu 
tfMies bAtonn^ (voyes BASioraunc), n'^taient pnnis qu'A 
coops de plat de sabre , parce que, dit Tordonnance, lis 
•oat en grande partie gentilshommes. La distinction dont la 
K giriati o n avait IkToris^ rbommede cbcYal fut maintenoe 

Cr lapdnaUt^ de 1727; a n*aait battu quVec de I'acier; 
piston, quVec du bols. Le mlnistre Saint-Germain rfifait 
MBS doote d^jA rabolition des prifil^as quand 11 ^tendait k 
loQSles bommes les coops de plat deubre: c*aaitleor dire: 
Teas Ates tons gentilshommes. La giOanterie arait d6cm en 
i7M :. ce n^Ctait plus k coops de rerges, mais k coups de 
fooet qoe les femmes uiaies ao camp de Compi6gne ^talent 
Itgdltes. La bastonnade pmssienne s*bifligeait Jadis, sur la 
. ^Uce, k la parade : c*daft une des rtertetions des liabitants et 

aiCT. OE LA COMTEU. — T. X. 



— niTAlNE 



64 



dela gamison. UscblagneantricfaieBnesedialribQaitA 
coops de bagoettes decoodrier, on k ooopa de canne x cenx 
que touchait la canne avaient rbonnenr d'AtrecbAti^ de la 

mabi des ofBderB on des seqrento ; les aotras ae r Alaiant qot 
par des caporaox. U canne de Pienre I*' 4bi% na nlTean. 
sospendn anraes troopes : un gfoAral n'Atott pw plus 
exempt desesatteintesqu*nnfirre. VoilA comment le despo- 
tisme enteod T^gaUt^ Le knonf , qui n'^paigne pMles 
4»Mles des Rnsses, s*appeaantit sor cellea des Mantchous; 
eniin le ehai A ne^f queues rappeUe parfols rotilit^ de la 
sobri^aox sddats an|^ qni ensont on pen tiop ooblieox. 

FUT (en latin /ustis, bftton). On appelle ainai en ar- 
cbftecture la partie de lacolonne comprise entrela baseet 
lechapitean. Lea fdts soot des conoides , exceptA ceui 
des colonnes dites torses, qni ont la fonne d*un titre-bou- 
cboA, oommeonen Yoit anx autelsdes^i^lsesdu Val-de-GrAce 
et des Inralides. Les dots de Tordre dorlqoe grec sent des 
cAnes tronquAs, c'estA-dire qu*ils dfauinuent r^liArement 
de grosseor de la base ao cbapitean. Les fOU des ordres 
ioniqoe, eorfaitbien, et doriqoe dit ronuan, sont renfl^ k 
partir do tien de leur hauteur ; mais la courbore de leur 
profil est assex arbitraire; elle dApend do caprice et do goOt 
de rarcbitecte. Les fots dUlkent de proportions : on en voit 
qui n*ont en bauteor que 4 oo 5 diamAties, tandis qoe d*au- 
tres en ont 7 , 8, 9, soiyant les ordres. Lescobnnes d*oidre 
doriqoe, ionique et corinthlen, sont lantAt lisses, tantdt can- 
nd^ en tout on en partie. Les f Ate om^ ont des rodentu- 
res dans leurs cannelures; d*autres sont incrust^ de ban- 
desdemarbreomAeade sculptures dAlicates;enfin, on ren- 
contre des fOts toot couTerts de fenillages, de rinceanx, etc. 
Dans plnsieurs arto m6caniques, le mot jf^t est synonyme 
de Aoii ; on dit le ytt/ d'on f n s i I, poor la pi^ de bols qni 
forme la crosse, et sor bupieUe est AJost^ le canon. Le fttt 
d'one f ariope est le morceao de hois qni porte le fer, la 
poign6e de Toutil, etc. On appdle/tti d'ooe girooette on 
bols plat comme une latte et large de quatie doigts, oA lagi- 
rooette du vaisseao est fixte. TetssAdob 

FOT, FUTAILLE, sedlsent des tonneauxoA Ton met 
lesspiritoeuxetles huUes. Les fuCaiUea Tides, snrtoutcelles qui 
ont serf! ao premier de ces osages, sont encore Tobjet d'un 
certain commerce. On enexpMie en Belglque et en HoUande 
o6 elles sont employ^ pour les geni^yres; Atant d^a im- 
bibe d*esprit, elles donnent moins de perte de liquide. 
Les futaiUes bnpr^nAes d^huUe serTcnt k la ptehe de la 
baldne, et le commerce de Marseille en emploie une grande 
quantity pour aller chercher des buUes dans le Levant 

FXJTAIE, bols qu'on a laissA croltre ao-deia de V^- 
qoe ordinaire des coopes, et qui a ^ telairci de mani^re 
k ce qne chaqoe sujet pAt atteindre son maximum en 
grosseor et en hauteur. Avanticette op^tion, Ten V^ de 
qoarante ans; le hois recoit le nom de futaie sur taillis; 
dix ouquioxe ans plus tard,c*est((emi-/tf/ale; enfin, les hois de 
quatre-Tingts, cent ans et plus, sont haute futaie. Les arbres 
des ftitaies sont les grandes espices, telles qoe le chAne, 1 
charme, le sapb, etc , dont le tronc et les branches princi- 
palea sont employes k oonlectionner des bob de charpente. 
Toules les terres ne cooTlennent pas A la culture des 
futaies : celles qui sont maigres et stehes, pea profondes 
ne foorniasent pas de sues assex abondants ; elles produi- 
sent des arbres qui poossent lentement, et qui se couronnent 
ayant d'ayoir attehit de grandes dimeii^ons ; les terres trop 
abreoyte de socs, portent ao cootraire, des bols qui se 
dAydoppent ayee rapiditA, mats dont la texture n'est pas 
dense : ces bols ont le double InconyAolent de pen rMsler 
aox chocs ou aox poids quits ont k soutenlr et de tomber 
(iMuIemcnt en yermoolure. P. Gaobebt. 

FUTAINE, ^toffe croiste simpleroent oo dooble, qo*on 
fabrique ayec une cbalne en fil et uiie trame en coton. Quand 
elle est double, die o'a pas d*enyers. II existe des futaines 
k poll. Dans les fabriqucs, on les gamit comme les drapsoo 
Vk couyertores aux chanlons. 



•0 fut£ 

WVnt, fin, nu^ adroit. £■ termes 4e UatoB, fAi4 m 
dit du tiois d*uBe jmliae, d'ane lanoe, d*one pique, d*aii 
irUre on d'ane forftt, torsque le for oa ks feuUlet tontbla- 
•onnted'iinteai), et que ie trooeoa le (Ot Tent autrement : 
D'or 4 troit jaireiines de guealea^/it^te de sable. 

FUTILE, FUTILITY. Suitanl VEneyclopMie^ eet mots 
noos Tiendraient de la langue des Romains, od ftUiU aorait 
M le nam d*on Tase, I large orifice, k Ibod tr^s-^troit, dont 
on8e8erfaitdanslocuitedeVe8ta.ll seterminaitenpointe, 
afin qoe Ton ne pftt le poser kterre sans i^pandre la liqnear 
qa'il contenait. Ainsi, fiUilt^ en francs, de?iendrait one 
sorte de terme all^gorique. L*hommeyW</e seralt don^ celni 
qoi aaralt |»ea de fonds et qui ouTrirait one large boache 
poor ne dire que des nlaiseries oa des choses friTolea. Una 
partie de noire existence se passe k s^oceoper d»/kHUiis, 
Remarquons cependantqoe ce mot a sourentun sensrelatif, 
d^termUi^ par la direcUon d*esprit de cehd qui Femploie. 
Ainsi, le g^om^tre, le pliysiden trou? era >kfi/e« les occu- 
pations du poete, tandis que le banquier, Tagcnt de change 
regardera commetr^fiitiles les cakmts et les recliercbes du 
savant. II est cependant des Intiliti^ sur lesqndles il n*y 
a qu^one opinion : dans la science, * par exemple, oes labo- 
rieuses recherches de qndqoes inidits sur des questions his- 
toriques sans intdrftt pour nous; dans la po^ie, ces acros- 
ticbes, ces bonts-rimte, etc, tours de force, n^ajant qoe le 
m^^rite trte-mlnce de la difficult^ Talncue. Oumit. 

FUTUli, tout ce qui est dans ravenir. On appelle com- 
mun^ment /^ur, ou jWtire, celui ou cdle qui se trouvent 
11^ par nne promesse ou p1ot6t par on projet de mariage. 
Les choses/utures peuTent 6tre l^olijet d'obligatlons et de 
conTentions. N^anmoins la loi interdit comme inmiorale 
toute sUpdlation ftiite ao sojet d*one succession future. 

Futur^ en termes de gnunmaire, sert k designer le temps 
du verbe qui marque qu*one chose se fera. Ainsi, dans ces 
phrases : La tictolre sera pour nous, noos Mompherons 
de nos ennemls, les deux Terbes itre fXtriompher sont em- 
ployes au futur, |iarce quMls ont k indiquer simplement qoe 
tel ou tel ^T^einent arrivera dans un temps qui n*est pas 
encore. On distingue dans les conjugaisons deux sortes de 
fuiurs, \e futur simple ou absolu et ]e/atur pau^,q\ie 
des grammairiens appellent aussi futur antMeur. 

Nous avons (l^k d\€ des exemples do fotor simple. 

Lefuiur pass^ ou ant^rieur marque Tavenir avec rapport 
au pMs^, c*est-^ dire qu*U fait eonnaltre que dans le temps 
qu^une cliose arrlTcra one autre chose, qui n*est pas encore, 
sera consommto. Ainsi , Ton emploie le fUtur pass^ quand 
on dit : Lorsque faurai fink ma idche,firai vous voir, 
ou faurai fini pta tdehe : hrsqueje vous InH voir; de 
i'nne ct de Tautre fa^n, la tSciie i finir estconsid^r^ 
comme ^tanl au pass^ par rapport k la ? islte qui est aussi k 
faire. II est des cas od le pr^nt tient la place du futur, 
comme dans ces expressions : Je reviens (out ii Vheure : Je 
pars demain pour la campagne *, ce qui veut dire ^ndem- 
ment t Je reviendrai tout A Vheure; Je partirai cfe- 
fiuzin, etc. Lindicatif pr^nt a encore la signification du 
fiitur qoand il est prdc^^ de la conjonction condition- 
nelle si, comme dans cette phrase : Nous sommes prits (S 
combatlre, si nous rencontrons Vennemi, C*est comme 
si Ton disait : iVous sommes prits h combattre quand nous 
rencontrerons Vennemi. Le priH^rit ind^fioi st prend quel* 
qoe.'bis poor un futur pass^; on dit de cette roan&re : Ave%- 
vous bientdt icrit voire letlret ^urt Aurezvousbientdt 
icrit voire lettre? Quelquefois \e futur simple a la signifi- 
cation de rirop^Fatir. Ainsi, dans le Decalogue : Vous ai- 
%Mre% Dieu de tout voire camr; vous ne (uerez point, etc., 
signifient : Aimez Dieu de lout voire caur; ne tuet 
9oinl, etc CuAMrAcnAC 

FUTURS CONTINGENTS. Vo^ez Contmcot. 

FUYARD, nom dont on fKtrit les soldats qid aprte un 



— FYT 

combat dteTantageoi absndonnant eo d^sordre' le chnaip 
de bataille, cherchant leor aalut dans nne foite boBteote. 
Si, pressfo par des forces sopMeores, one arm6e bal em 
letraite avec ofdre, die Impose tooioors k renneoii par son 
attitude. La Ibite, au contraire, a pour ooBs^qoenos iaM- 
table nned^route compMe;le soldat sepr^dpite de torn 
c6t^, se Jette dans one ri?i^, dans un maials, dass on 
d^fil6, dans on bob , d'oli il se the plus diffidlemesit que 
d*an combat en r^ qali anralteu k sootenir eontee l^en* 
nemi. 

Chei les nations gennanlqaes, les foyards ^taiemt Boy^ 
et ^ufMs dans un boorfaler. La lol saliqiie IwaposmlA mw 
amendel quiconque, sanspreove, accosait on Frame d*«- 
foh* jel^ son boodier poor Itair et le traitait de IMre. hes 
capitulaires d^darent inAme eehd qui toume le doa ^ Ten- 
nemi etrefusent son t^mo^nage en JosUee. Ao tempa de U 
f«6odafil^, le fuyard descendaH dans la dasse dei gesis tail- 
lables etoonrteblesl merd. Les ordonnances de Francois I*' 
et de Henri II le font passer par les piqaes. La loi do 31 bra- 
maire an ▼ ponit de truis ans de fer cdoi qoi Jette aea ar- 
mes et frappe de toort cdui qui abandonne son poate de- 
yant Tennemi. SH s^agpt d*nne troope enti^, les six plas 
anciens soldats sobisseat le mtaie sort. 

FUZELIER ( Loms), n< k Paris, en 1672, mort le 19 
seplembre 1752, tt afallla poor toos les thMties, et aa db- 
tingua pins par sa ffeondit^ qoe par le ra^rite de ses pitees. 
n donna ao ThMtre-Fran^ : ComHie^ en sodM aree le 
president Hteaolt; Momus fabulisle ; Les Amusement* de 
Vautomne; Us Amazones modemes ; Les Anknaux rof- 
sonnables; Le Prods des Sens. L'Op^ represents de lul : 
Les Amours diffuisis; Arion ; le Bsllet des A§esp Les F^ 
tes greeques et romaines; Les Amours des Dieux; Les 
Amours des D6esses ; Les tndes qakmtes ; Vacate des 
Amours ;L$Camavaldu Parnasse; Les Amours de Tempi; 
La Seine des Pdrii ; JUpiter et Europe; Les Bomans, 
op^ ea trols ades , mis en mosiqae par GambM ; et le 
ballet de Phaituse. Foielier eomposa, en ootre, pour le 
Th^tre-Itallen beaocoop de pitees, aotammsat t V Amour 
maitre de tongues; Le Mat; la Miridienne; La Mode; La 
Rupture du eamaval; Le Paueon; Milusine; Uercute 
filanl; Arlequin Persie; Le Vieux Monde; Les Noees de 
Gamaehe; Les DiMs!^jies Satmmaks; Amadis cadet; La 
Bague magique; enfin , il fit mi grand nombre d'ooTragas 
poor rOpte-Gomiqoeet mtese poor les MariottBettes de la 
Foire, tantAtseol,itetM STeeLe 6age,d*0rae?d, etc, elc; 
tds qoe Arlequin grand-viMlr ; Arlequin d^fenseur d^Ho- 
mkre ; Le RiveilUm des Dieux; La Mairone d^Bph^e* J^ 
fht rMacteor do Mereure, eoidofaitement arec La Bro^ 
autre fidseur d*op5ru; et sa collaboration k ce recoeil dura 
depuis nofembre 1744 Jusqo'en septembre 1752. 11 ^tait 
petit, trapo , aTait le coa trte-ooort, se fsisdt router daas 
one brooette, et appdait rhomme cpil la tiraitson ehevair 
baptisi, Qool qo'en alt dit La Harpe, il ne manqoait ni d1- 
mi^^tion nl de talent po(ttiqoe. Cbavpagivag. 

FYEN. Voyet Fionn. 

FYT ( JiAN ), peintre, n^ k Anrers, Ters 1625, pdgnit 
beaocoup de toUes en ooDaboratioB aree Robens, Jacob 
Jordaens et Tli. WUIdwrt. La fifcoadlt^ de son pincean tell 
tdle qo*il est aoJoord*hni pen de galeriea de qudqoe Im* 
portance qui ne possMent de aes taMeanx. II exedlalt daas 
les sujets de diasse, de mime qu*li repr^seater les qoadro- 
pMes k retat saoTage oo kF^tat de domestldte, les etami, 
les frufts, les fieors et les bas-relief^ Son dessio, toot ea 
reproduisant la nature avec one graade fiddll6, est too* 
jours noble; son colorls a do f^i et de la force, et il adt 
si Men assortir ses couleurs aox effets de lomlire, qii*! est 
^rd II rivaUse a?ec de Voes et Snyders. n exeefiait aasd 
dins la gravnre 4 reao-forte. Oa ignore Flpoqae disa 
mort David Koniiig lot te plus oOdntde ses ^Mfea. 



G 



G 9 septitaie lettre de Talpbabet tatio que nous afont 
adopts y eftt en m^oie tempft la dnqui^me des coosonnei; 
e'esi la troisitoe de Talphabet des Orientaox et des Grecs. 
La G ^tait appel^ gamma par les Grees, gimel par les M- 
braix et let Phteidens, gmnel par les Syriens, et gum par 
lea Arabes. Le Sanscrit possMe un G simple et on Gaspir^ 
Dans les langues sla?es , G, tant6t quatritoie lettre de Tal- 
phabety comme en msse, en serbe, tant6t teptfiine, comma 
.en poloiiaiSy etc » est toujoars la gottarale douce du grec 
Dans qodqaes-unes seolement die re^t unel^re aspira- 
tion. En attemandy eette aspiration est beaaconp plusfr^ 
qncnte, sortout derant dessyllabes finales. Cependant, 
dana oertaines parties de I'AllemAgne, on prononoe les deux 
g comme dans le mot fran^ gui. Souvent anssi cette lettre 
s*7 confond tToir 1*1. En italien et en anglais, le g de? ant 
• el i se prononce o<»nme 4^0, ^i; mais cette r^e poinr 
ranf^ ne s'appUqoe qn*aux mots d'origine romane. Le g 
espagnol est une giitturale moins douce qu*en fran^. 

n y a nne affinity bien prononcte entre le G et le C. 
ATint que le G prit place dans falphabet latin, le C seul 
reprtentait les denx articulations, la forte et la faible, 
que eC gue. Mais, poor dissiper tous les doutes k regard de 
I'exacte prononcbtion, les Latins donn^renticUaqneaiti- 
cnlatkm nn earact^ particulier. Alors on prit pour expri- 
mer la faible le signe ni6me de la forte C, en ^joutanl seu- 
lement li Textr^mit^ de sa partie inCirieure nne petite 11- 
gne Tertieale , indiqnant que l*expression du C detait 6tre 
afEaiUie : de U le G td que nons FaTons re^u dea Latins. 
A Tinstar de ce people, nous avons consenr^ dans Tor- 
ttiographe de qudques mots le signe de Tarticulation forte , 
eomme poor retenir la trace de T^tymologie, tandis que 
dans la pronondation nous ne faisons sentir que Tarticula* 
lioa Cslble. AfaMi, nous itxiroM second, et nous pronon* 
coos segend, H «t d'autres cas, an contraire, oik tout en 
eraployant le G, caract^ de Particulation foible, nous pro- 
noofons la forte, comme lorsque Ton toit rang Mknenl, 
qvi doit se prononcer rank Eminent. 

fMxt lettre G s^appdle aqioonThni ge, parce que r6d- 
leoienl dDe exprime plus sonvent rarticulat^on je que Far- 
tfcatatkm gue , qu*on lui donnait primitlTement Dn reste, 
ea changement dans la pronondation n^en a pdnt amen6 
dans Tortiiograpbe. Not regies rdativementl cette lettre sont 
aaaei caprideuses. G devaot les Toydles a, 0, if , consenre 
la Talenr de Tartlculatlon gue; devant les voydles e, i , il 
prand toujoars bi valeur de rarticnlatlon^e. Dans IV / 1< ion , 
II ne prend Jamais un son dur. Quand le g final se lie avec 
nne tnyelle, il prend qndquefois rarticulation forte du k, 
Ateelalettre n, le^ forme nne pronondation mouUlte, comme 
dans ces mots digne, agneoM, signal; mais dans qudques 
Bbols d6iT^ du grec on du latin, ces deux lettres ont 
me pronondation phis dure ou plus stebe : ^nomoni^ne, 
Ofnafloii. 

Le G ches les andens <tait une tettre numirale, qui 
d^rifialt quatre cents ; lorsqull 4tait surmont^ d*un tiret , 
I atait la Yalenr de quarante mille. Le y grec reprtente 
le nooibre (rais, et le nombre trois mlile s*n est pr^oM^ 
An petit trait, y. Dans les inscriptions romafaies, le G 
iwait dilttittttes significations : seul, il sij^fiait, 00 gra- 



tis, on gens , ou gaudium ; accompagn^, U <talt si^ aux 
m6mes variations : G. V. <tait poor Genio urlHs ; G. P. R. 
Gloria populi ronumi, Dans le eompot eccl^siastique, le 
Gest la septitaie et demise lettre- dominicale; dans 
lesandens poids, il signifie un gros ; sor les monnaies fran^ai- 
ses U indk|ue la viUe de Poitiers, Gen^e snr les monnaies 
suisses, et Stettin snr les pmssiennes. 
En cbimie, Gl dteigne un ^ui?alent de glocynium. 

CnAMPACRAG. 

G 00 G <ol r4 ut {Musique). Cette lettre seit k desi- 
gner , dans I'andcn syst^me de notation , la dnqui^me note 
de la gamme naturdle d^ut ou de sol. Ce syst^me uTest plus 
employ^ aujourdliui que par qudques compositeurs alle- 
mands ou italiens, poor indiqner le ton d*un moraeau de 
musique ou d*un instmment. 

GABARE. Gemot, d'origine b^braique (habarah, ba- 
teau de passage), apparalt de bonne beure snr lei rlTos de 
la Loire. Quand Nantes fut derenue nne Tille de commercn 
importante , les babitants eorent souTent beM>in ^euToyer 
an bu de km xMbrt des bateaux pour recoeillir ies Carl- 
sons des naYires strangers, qui n'osaient remonter dans lin- 
t^rieur des terres, sdt que le lit dn fleure n*e6t pas asses 
d'eau pour leur navigation, soit qu*ils craignissent que les 
firanchises de la Tille ne fussent pas pour eux une suffisante 
protection contra TaTidii^ fitodale des sdgneurs rlTerafais. 
Ces bateaux , larges et plats , d*une Taste capadt^ , et portent 
nn seul mlit, furent appeMs gabares, C^tait aussi le nom 
qu*on leur donnait sur la Bidassoa : nuncupaias gabarras, 
dit un titro fort ancien de la Bibllotliiqoe Imp^rialey dal6 
de Fontarabie. Les Hollaudais qui trafiquaient sor nos dMes 
transport tent cette appdlation dans leur langue maritbne^ 
lis en firent een gaiaar, Le mot s'est oonsenr^ ; la marine 
militaire I*a adop^, et lui a donn^ une importance inesp^rte. 
La gabare est essentidlement nn nsTire de cbarge ; die di6* 
signe i la fols ces lourdes et Tilaines barques pontto et non 
pontto dont on se sort dans nos ports poor porter k bord 
des naTires en rade les objets de consommation , et ces <^nor- 
mes corvettes, aux Danes larges, aux murailles drdtes, k la 
zzjhoe Taste et profonde, qui Tont dans nos odonies, dans 
les mers de Hnde, et par dd4 le cap Horn jusqu^an Cbili 
et an P^u, raTitailler nos garnisons, nos escadres on nos 
stations. Depnia Toccupatlon d*Alger, nos gabares sont fort 
employ to dans la MMiterrante; dies font nn cootbuid 
transport de troupes, de TiTres et de munitions. 

On appdle gabare d vase, ou Marie Sahpe, nn gros ba- 
teau qui sort II rtolter la fsnge que les madiines k coier 
tirent dn fond des ports. 

En terroes de ptehe, on nomme gabare une esptee de filet 
plus petit que iM seine ordinaire; on en lUt usajie sor nes 
cMes de VOciaa , k Tembouchure de nos riTi^res ; des mor- 
eeaux de li^ le tiennent suspendu k la surfiMe de Teau'; 
son propre poids, augments de qudques ballm de plomb, In^ 
donne une podtion Terticde; on le tire k terre aTec des conlet 
Les poissons qui se trouTcnt dans Tespace qull embrassi 
s*eflbrcent en Tdn de rompre odte barlri^; les gros des- 
oendent dans le sac , les petits s*engagent dans les mallles, 
d sont arrfttte par les omes. La p^icbe est d*autant plus 
abondante qne le poisson s'approcbe plus de la surfMe da 



07 



68 



6ABAEE — GABIEB 



I'eaa : on U fait de prdf^renoe pendaint la noU ; le titso da 
filet diaparalt dans lea tte^rea; le poiiaon nedistiBgoe paa 
le danger. Enfin, Ton appelk aoaai qiielqiief6is gabart le 
Mean plat qm sert k oette ptehe. 

Th^Ogfene Page, eapiuioe de taiMeao. 

GABAEIT. On d^igne ainai, dans les oonstnictions 
maritimeSf le module sor leqnel les charpentiers IraTaitlenty 
en donnant aux pitees de bois qui doiTententrerflans la oom- 
positioa da bitiment la mtaie former les m6mes oontoors 
et les mtaies proportions. Par soite, oncotend par gabarii 
la forme mtoe d'un raissean. Le mattre gabarit d*un ca- 
Tire n'est autre que le moHre couple. 

GABELLE* Ce mot yient de TaUemand gabe , imp6t, 
tribut Le mot gabeUe fut d*abord appliqa6 en France 4 
dlTertes sortes dimpdts. On lit dans plu^rs Coutnmes : 
gabelU de tin, gabelle de draps^ gabellede tonlieu, Mais 
ce mot s'appliquespMalement k rimp6t du sel. L*origineen 
remonte k PIdlippe lY (1286). PhiUppe YI ^blit les greniers 
4 sel en 1331. Get impdt itait d*on double sous Philippe le 
Long ; il ne derail durer qu^une ann^e. U fut de six deniers 
sous le roi Jean; il aTait M renou? ek^ pour payer la ran^on 
de ce prince. Cbaries Y T^tablit k perp^tuil^ et poita la taxe 
Il huit deniers ; eUe s*aocrut encore sous les r^es soiTants. 
EUe <tait de 13 deniers sous Louis XI et Cbaries YIIL Fran- 
cois I*' r^lera k 21 liTres par muids ( ordounance de 1&42). 
Henri II, en 1&&3, venditk haul prlx I'exemption de rimp6t 
dn set 4 quelqucs provinces : an Poltou, k PAunis, k la 
Saittfonfe, 4. TAngoumob, au P^ord, au baut et bas U- 
mousin.lLe cbUTre gto^ral de rirop6t ne fut point dlmlnu^ 
par ces alMnations ; le taril fut soccessif ement augm^nt^ de. 
puis. 

Louis XIY organise sor une plus grande ^cbeOe cette par- 
tie de I'adminis^Uon fiscale ; le f a ux-saunage fut class^ 
an rang des crimes : des Iribunaux d*exception furent M- 
g6x, et des offices de juges, der^gisseurs, d'employ^ de 
tout grade, furent crM et rendus. Cette optetion fut la 
plus remarquaUe de la fhi du ministto de C o 1 ber t L*or- 
donnance rojale de mal 1680 dlvlsa la France en pays de 
grande gabelle et de petite gabelle^ etc Tons k» produits 
des salines fiirent lin& anifermlersg^n^raax, qui 
employalent 4 1'exploitation de leur monopole one armte de 
commis et de gardes, et en retiraient encore des btedfioes 
formes ; les Juridictions des greniers 4 sel, les conrs sup<^ 
rleures, et surtout les juridictions pr^T6tales, se falsaient 
lesauxiliaiies des iermiers gMranx. Get impdt, qui pesait 
aurtout sor les masses, avalt soufent excit4 les plus graves 
d^soidres. En IMS, Bordeaax et toate bi population de 
la Guienne s*insuiig^rent contre les pr^pos^ de la gabelle. 
Le chef de Padmlnlstration, Tristan de Moneins, fut assom- 
oj^ d<ipeo^ et sal4. n fallut faire marcher une armte contre 
cette province. Le conntoble de Montmorency la comman- 
dait, et la province fbt b^risste de gibets. Annte commune, 
il y avail 4,500 saisles dans rinUrieur des maisons, plus de 
dix mille sor les routes on les lleux de passage, et trois cents 
condamnalions aux gal4res pour crime de contrebande de 
sd ou de tabac. Le nombre des prisonniers varialt de dix- 
sept 4 dix-hoit cents, de tout 4ge et de tout sexe. On avail 
imaging poor int^resser lea magistrals 4 la poursuite des 
ftax-sauttiers, d^assigner le payement de leor gages sur les 
pioduKs de la gabdle. 

Le chiflre de eel Impdt varUit de province 4 provfaice, 
«t mtoiede ville 4 ville. Quelques localilds en payaient pen, 
d'aotres b^aucoup, d'aufres n^en payaient aacun. Quelques 
wrof to eesn'^laienl point tax to pour leur consommalion.et 
MH d'antres chaque f4miUe ^lait obUg^ de prendre au 
magasin, oa grenicr 4 sel, nne quantity de sd d^lerminde. 

Les fia^s de grande gabelle ^laient ceux qui suppor- 
tileBl le maximum de cet impdt,. 4 savoir : Hle-de- 
Fitnee, rori^anais, le Maine, TAnjou, laTouraine, le^erry, 
Je Bourbonnais, la Bonrgogne, la Picardie, la Champagne , 
le Perclieet la plus grande partie de la Normandie. Le chtf- 
*a de la vente obligee s'^evaitannaeUement 4 760,000 quin- 



tanx, et le prix du quintal 4 62 francs. On y ^lait tnxd I 
neuf livres de sel par t^le. 

Les pays diepelUe gabelle ^talent ceux qnl ne pnyaaeal 
que le mlninttcm de cet impdt : le M4ooanals, le Lyansaia, 
le Forei et Beaqiolais, le Bogey, la Bresse, le pajs de 
Dombes, le Dauphin^, le fianpiedoc, la Provence, le Roua- 
slllon,leRoaergue,le G^audan, quelques cantons de FAa- 
vergne. La consommation oblig6e ne pouvait are au*desaoas 
de 640,000 quinUui ; le prix du quintal €M 33 UTrea la 
sous, on y daittax^ 4 11 et 12 livras par Ute. 

Les page ridlmis daient les provinces qoi ATaieBC 
achet^ et pay^ Texemption entl4re du droit ; leur enti^fe li- 
btetiott del'impdt de gabelle leur avail coOU 1,750,000 fir. 
aoas Henrilll; mais elles n*en fiorent pas moins aasu- 
Jetties 4 une partie dc cet impdt, au sixi4me 4 pea prte dm 
cens fix< pour les grandes gabelles. La quantii6 inipoade 
aux consommateurs 6Uit de 830,000 quintaux. Le prii da 
qdntal variait de 10 4 12 francs. La categoric des pays r6- 
dim^ oomprenait le Pottou, TAunis , la Sainionge , TAa- 
goumois, le Limousin, une grande parlie de rAaver^goe, 
le P^ord, le Querci , la Guienne, les coml^ de Fois« 
Bigorre et Coouninges. 

hetpags de quart- bouillon ^talent ceux qui avaient !a 
facultd de s*approvisionner par des sauneries particoli^raa, 
o4 Ton Msait bouillir nn sable impr4gn6 d^eaux salines, 4 
la charge de verser, 4 leurs frais et gratuilemeot, dans les 
greniers du roi le quart du produit de leur fabricatioa. Ce 
versement en nature avail 6i€ depuls oonverli en ua droU 
p<^niaire Equivalent. Le d^^t Etait d*environ 115,000 
quintaux ; le prix du quintal Elait de 16 livres. Ce droit 
n'apparlenail qu*4 nne partie de la basse Normaadle. 

Les propincefyroncAes de gabelle HMHeai motns impo- 
st que toutes les autres. Elles devalent cet avantace an 
voisinage des marais salants; un prix trop ^vd y edi 
provoqud une contrebande plus active et plus dtendoe. 
Cette cal^orie se composait de la Bretagne, de FArloia, da 
la Flandre, du Hainaut, du Calaisis, du Boalonnais^ das 
prindpaul^ d^Arles, de Sedan, du B^am, de la Basse-N» 
varre, du pays de Soule et de Labourd, d'une partie de 
I'Aunis, de la Saintotoge et du Poilou. Le prix du quintal 
y variait de 8 4 livres. 

Les provinces de salines exploUies pour le compte du 
roi ^talent la Francbe-Coml^ la Lorrahie, les Trois-Evtebda 
(Metx, Toul et Yerdun ), le BeOielols, le duchE de Bar, une 
parlie de TAlsace et du Clermontols. Les ventes de sel poar 
oomple dul roi s*y devalent par an 4 275,000 quinlaax, le 
prix du quintal Elant de 21 livres 10 sous. 

En 1780, le vocu pour la suppression de la gabelle lut 
r^pEld unanimement dans lous lescahlersdes trois ordres. 
EUe fut m cons^iuence supprim^ par la loi du iO mai 1790. 
Mais un impdt sur le sel n'en fut pas moins' r^bli sous 
rempire ( 1806). Dufet (de inroooe). 

GABELOU9 commis et employ^ des gab el les. Celta 
expression n^est d*usage que dans le style familiar, et sa 
prend loujours en mauvaise part. On Pemploie encore , 
surtout dans le midi de la France, 4 regard des douanien, 
des employes de Toctroi et des commis des contributions in- 
diredes. 

GABIAN (Huile de). Foyes PinoLB. 

GABIER, nom que Ton donne aux premiers et ana 
meilleurs malelotsde P^qoipage d*un grand b4timent de 
goerre. lis sont choli^ par le conimandant pour le serviccdes 
h unes, pr6pos^ 4 la sarveillance du grdtaient, et charge 
d*y f^dre les r^rations ntessaires. Dans les travaoi de 
gr^emenlet d^gr^ement, de prise des ris , etc., oe sont les 
gabiers qui dirigent les matelots sous les ordres d^un chef 
de hune, orOcicr marinier InfiMear, qui obdit lui-mteie 4 
PofTicier de quart, lis prennent le nom da m4t au service 
duquel ils sont atlacli^ : ainsi, on distingue les gabiers de 
misaine, de grand* hune, d*arllmon et de beaupri. Le 
mot de gabier n'esl que le nom d*un emploi , et non cetid 
d*nn grade ; il cesse d*toa portd lors da ddbarqoemeat 



GABIES — GABRIEL 



6f 



Tovldbit, 1m eontre-iiultret soot diolsit de pr^fiftreiiee 
iianiil let ipaldoU ayaot ^ gaMers, VvnM det eonsnls 
da 9 fCDttee an it, relattf aai prises bites par les biti- 
m tn U de fttalyattriboe 3 parts i/M 4 chacon des gabiers^ 
landb que les matdott n'ont droit qu^ one part Le nom 
de goHir ikni do mot gabie, qui dans la MMiterrante 
aigBifie dmiU'kune. Arant d'etre one plate-Tonne k I'extrtl- 
wM du nAt, c'^tait one cage , en italien et en espagnol 
goMa, appKqote k Parri^ dn aommet du mAt et ayant la 
forme d*iine boCte. Le premier gibier ftit on guetteor, qni, 
roefl onvert ear toot les points de llioriaony y cberchait 
qnelqae narlre, on la lerre sor laqneOe on gooVemait. An- 
joordiNii , c'est nn matelot trAs-important, dont les pieds 
portent rarement en plein, qui est toujoars sor des cordes, 
o« sormi paqoet de lattes, laissant des Joors cntre dies. 
Autrefois vAmt^ si le temps le permettalt, U conchalt dans 
la huM, et y d^Msait le sac contenant ses effets. Dans les 
radee U scrtqnelqoefoia de canotier, serfke honorable entre 
tooa. MoujN. 

GABIES9 en latfo GcbH, antique TiOe dn Latiam cbei 
lea Vobqaes, tett nne cokmle d*Albe sitnte entre Rome et 
PiaiMwtii (a^founrbnl Palestrina), snr les bords dhin lac 
appdd aojoordlioi tago di CatthflioM, A la foite d*mi 
si^ loog et opiniAtre, nn stratagtaie employ^ par Se&tns, 
Ills deTarqnin le Sopeitey qui Telgnit de s*£tre brouIlM aTec 
ton pAre et se retira ches les GaMens en proToquant leors 
tympathies pour les maotals traitements dont n se disait 
Poljet, la fit tomber an pooroir de ce prince. Ville Jadis 
Horiasante et poissante. Gabies ne tarda pas A tomber en d^ 
«adence«tn*Mtd6iA phis que des mhiesau temps d'Au- 
gnste. 

Les carri^ras de Gables fbnmlsBaient anx Romalns d*ex- 
ceBente pierre A bAtir. 

On appelait A Rome gabimus diichM one partie de TAte- 
ment empmntte att& Gabions et ayant pour bat de pv^serrer 
la toge de toutesooillure. On s*en serrait lors des sacrifices 
et d^ d*aatresdrconstances du culte pabHc 

GABINIUS (AuLOs), Romahi d*orighie pl^Mienne,^it 
tribun do people I'an 67 atant J.-C, lorsqull propose et 
fit adopter une loi, appel^ d*aprAs loi Lex Gabinia, en 
vertu de laqneUe des pouToirs ilUinit^ aaient conf^Ms A 
Pomp^e dans sa guerre eontre les pirates. Plus tard 11 
Taccompagna comma l^^gat dans ses pierres d*A8ie. Nomm^ 
tonsol aTOc L. Calpomius Pison, par llnfluence des tHum- 
vira, Pan 5S avant J.-C., H appuya Clod ins dans son op- 
po^tion ayctteatiqne centre Cic <r on , qoe toot deox pai^ 
fuirent A fake exiler. Nomm« Pannte adtanlB an gooTcr- 
neroent de la Syria, 11 ^ponsa la cause dn grand-prAtre 
Hircan contra son lirAre Aristoboleet son nefeo Alexandre. 
Poor satiikfoire am ToloBt^ de Cter et de PompAe, 11 
passa en £gypte, et raaUit PtolAmAe AulAte sur le trtae. 
Pendani ce terops-IA, sa prorhice Atait ra^ragAe par des 
bandes de pillards arabes, et Alexandra eidtait de nouYeanx 
troublea en JodAe. ForoA par Crassua de retoomer A Rome 
en AS, tt lot aocosA de IAse-ma)estA puMique poor avoir, 
sans I'ordra du sAnat et du peuple, abandonnA son com- 
maidsment. L'Influenee de PompAe, qui rAossit A lui ga- 
gner les synipathies de acAron luinaiAme, et surtout Pin- 
flnencedes hommetqull rAu8sitAcorrompre,lefit absoodra 
de cette terrible accosation. Halt il fht coadamnA qudque 
IflmpsaprAapoor concussion etbrigoe, etsa fortune ftitconfia- 
(piAe. En Pan A9, CAsar le rappela d'exU, et, aprte la ba- 
tane de Phamie, hd eonfla un commaadement militaira. 
11 BonnitASalone, dana nne expAdltion contra les Dal- 
Bialesy an commencement de Pan 47 avant J.-C 

n na fluitpas eonlbndra Aohis GaMniua aTCC Qntolitf 
GoAintef, antra tribun du peuple, qoi. Pan 140 avant 
J.-O., fit randra nne toi, dite Agalement Ux GeAliii<i,d'a- 
prAi laqudle le scrothi secret dut Atra di^ormais employA 
pour la collation des sollrages. 

GABION9 terme d*artiHerie par leqoel on dAsigne ua 
lugs panier sans load, de forme cylindriqnc, qui a o*,80 



de hauteur, et 0*,65 de diamAtra extMenr, foraA d*na 
dayonnage entrdacA autour de sept A neuf i^ets drassAs 
sur un cercle. Ces gabions senrent dans les siAgM, Agarantir 
les troupes et les traTaiUeurs du feu de monsqueterie de la 
pUce attaquAe. C*est pourqud on les appelle gabions de 
tape on de trancMe. On les place debont les nns A cAtA 
d« autres, et on les remplit de terre, pour en lormer le 
parapddes sapes, logements, tranchAes etautres travaux de 
siAge . La terra fouHIAe pour rampllr les gabions sert de tran* 
diAe de communication. Atoc ces gabions on confttruit par> 
ticuliArement Pexhauasement de travail appdA cavalier de 
traneMe^ que I'on AlAve en avant du chemin coovert d\aie 
place assiAgAe. Une autra espAce de gabion, appdAe farcl 
oo nmlant, de 2 ",30 de haut, et de 1">,30 A i n,S0 da 
diamAtra extArieur, farde de 25 on 30 fosdnes raliAes par 
qnatre 00 dnq harts, remplie de laine ou de bourre, ou de 
menus copaux, etc., ^ employAe couchAe d roulAe au moyen 
d*nn crochd, en avant des travailleurs, pour les metbre A 
Pabri des coops de fosQ des dAfenseurs de la place. Ce ga- 
bion a AtA substituA au numUlei, petite machine sur deux 
roues, servant jadis A U mAme destination. Convrir une Ugne 
de gabions, c^est la gabionner, 
' GABON (CAte de), situAe entra 8* SO' de bUtude nord, 
et 0* W de latitude sud, sur la c6te orientale de la Gu i- 
n Ae , ,est un pays encora fort pen connu des EuropAens. 
En 1842, le gouvemement firan^la a formA nn cooiptoir 
fortiflA A Pen bouchure dn Gabon , flenve appelA par les 
naturals Ouongavonga, et formant avec le Dan^jer, le 
Rio dd Rey et le Rio de los Camerones, Pensemble det 
grands cours d^eau qui airosent celte vaste conlrAe, At 
viennent se Jeter dans PocAan Atlaotique. Cette possession 
s*e8t completAe en 1802 par U cession du territoiraducap 
Lopes, et plus rAceir ment plnsieurs chefs Indi; Aoesde Pin* 
tArienr ont reconnu la sonverainetA de la France. La po- 
pnlation noire est AvaluAe A plus de 100,000 indlvidus, 
dont nn quart en^ron nous est entiAremept soumls. Le 
Gabon est admlnistrA par un gouveraenr, qni a sous sa 
dApendance les comptoirs dn Grand-Ba8sam,de Dabou et 
d'Asshiie, situAs sur la CAte d*Or. 11 y a une gamison de 
70 bommes. C*est le centra de la division navale des cAtes 
ocddentales d'Afrique. Ce pays produU en abondance la 
dra, le caoutchouc , le bois rouge, la gomme copal , PA- 
b^ne et le bois de teinlura. Le mouvement commerdal, en 
1866, donnait, en y comprenant Pimportation et I'expor- 
Ution, 1,645,000 fr., et en 1868, 1,616,000 fir. Le portdn 
Gabon est nranc 

Parmi les produits prAdeuz el pen connus de celte con* 
trA^e, il &ut signaler lepolii (fe iJika^ produit olAaghieux 
d'une variAtA sauvage du manguier, et qui sert A la Ibis 
d'aliment , de cira et de savon ; la graine du m/d^ qui 
contienl CO pour 100 d*hnile exceUente au goOt ; la graisae 
de PoiNfM, employAe dans la prApantion des dhuents; 
PAcorce du cambOf snccAdanA du quinquina. 

GABRIEL (L*ange). Son nom, en hAbrau, vent dira 
force de Dieu. Gabriel, selon les rabbins, est Pangedela 
mort pour les IsraAlites, dont les Ames sont ramisesentra 
ses mdns. D'aprAs le Tahnud, il est le prince dn feu, il gon- 
veroele tonnerra, il n.Orit les fruits. C*estluiqui,par 
ordre de JAhovah , mil le feu au temple de JAmsdem 
avant que les soldals de Nabuchodonosor ne vinssent le 
souiller. Ce sera lul enfin, tonjours selon le Talmud, qui 
donnera unjour la chasse au grand poisson LA via than, 
et qui le vaincra avec Paide de Dieu. Gabriel fut envoye 
souvent sur la terra : il apparut deux fols A Daniel, et lui 
prAdit la venue de JAsus-Christ. Gabriel vint aussi an- 
noncer A Zacharie que sa fenmie Elisabeth lui donnerait 
un fils nommA Jean-Baptiste; et comma Zacharie doutalt, 
Gabriel, pour le punir de son IncrAdulitA, le condamna A 
Aire mnetjttsqn'Ala naissance de son fils. Mais le plusoA- 
lAbre message de Gabrid, ce fut son entravueaveclfarie 
le Jour de PAnnonciation, 

Dana la tradition mahomAtane, Gabrldt nndea qoatra 



70 



GABRIEL — GACHEa 



faroris d' Allah, inspire ou diclc le Coran h Mahomet, 
qu*il aoraii rari josqu'aa seplitoie del, dans anjoar d'ex- 
taae, aycc one rapidite telle, quv» le prophete aoraii eo 
le temps de rctenir dans sa chole, eo rerenant, on rase 
qoll aorait heurt6 en partant. 

Mahomet a fait le portrait de Gabriel. « Son teint 6tait, 
dit-il, blane comme la neige ; ses chereox blonde, tresses 
d'ooe fa^oD admirable , loi tombaient en booclea sor les 
^paoles; il arait on front majesloeox, elair et serein, les 
dents belles et Inisantes, les jambes teintesd'un jaone de 
safran. Ses y^lements 6talent tons tissus de poil et de fil 

d*or tr6s-por. » 

Anals StjRKLAA, 
GABRIELLE D'ESTREES. Foyes Esrato. 
* GABRIELLI (Catabuia)^ cantatrice o^dbre par ses 
toecte et plus encore par ses caprices, naquit k Rome, le 11 
BOYcmbre 1730. Son p^^tait cuisinier do prince Gabrielll. 
EUe ne pot done Mre initio de bonne] heore aos secrets de 
Tart dans leqoel elle derait briller ; II lallut qo*elle se t€i^ 
IM d*elle-m£me et sans lesecoursdesmaitres, carderares 
▼isites ao tliMtre, od la conduisait son pto, (orent d*abord 
toote son location mosicale. Mais, au rcAoor, sa voix 
suaye et fralche r^p^tait ayec tant de charme les airs que 
son beoreuse miimoire ayait retenos ,;que dans le palais on 
ne parla bientdt que de la petite coisini^ cantatrice, co- 
detta caniatrice. Le prince lol-mftme renteadit; el de ce 
^our le sort deCatarina fot fix6; on la transplanta dei» cui- 
sines dans one 6cole de chant. Porpora yoolot pr^ider k 
r^ucaUon du jeone prodige; et produite bientdt au grand 
joursouslesauspicesderillustre maei(ro,elle enleya toosles 
sufftages. II ne fut plus bruit dans Rome que de la eochetta 
di GaMelli. Le nom lui ea resta si bien, que TEurope 
enti^ ne distingua bient^t plus le nom de la prot^de de 
celui du prince son protecteur. La Gabrielli n'avait pas dix- 
sept ans qoe d6j4 elle ^tait en possession de la plos brillante 
renomm^e k Lncques, od la So/onisbe de Galuppi ayait 
senr i> ses debuts, et ou le o^l^e Guadagni aida par ses eon- 
seils II la rendre une yirtnose accomplie. A Naples, 06 elle 
parut en 17&0, son suocte fut plus grand encore. Elle y sou- 
leya dans la Didone de MiHastase Tenthousiasme de toos 
les dilettanti, Le bruit de son triomphe eut do r^entisse* 
ment jusqu'li Vienne, oh Pempcreor Francis I** Tappela sor 
llnvitalion de M^tastase. Elle deyint cbanteusede la cour, 
et ce titre Ait une puissance pour elle. Relne au thMre par 
M^tastase, son amant, soom^tant k Tonmipotence de ses 
Itotaisies les ambassadeurs de France et de Portugal, qui 
se di^putaient ses fayeurs, sobjuguant Tempereur lai-m6me 
par le prestige de son talent , elle prolongea pendant quinze 
annte son r^ne dans la capitate die rAutriche. 

A Palerme, oh nous la trouvons en 1765, la mtaie fayeur 
deyait Taccoeillir, la mtoie poissance] j fut son partage ; 
mals \k anssi, mieux encore qu*li Tienne, elle en abuse k 
lorce de caprices et de bizarroies. Un soir, sachant que le 
yice-roi d^hrait se rendre an VMXxt pour Tentendre , elle 
rteolut de tromper cette belle attente , feignit one indisposi- 
tion sobite, et reftisa de paraltre. On ybt parlementer auprfes 
d'dle, la supplier, et, de guerre lasse, la menacer de la pri- 
son : « Vous pouyex m'emprisoBncr et me faire pleorer, 
dil-elle, mais me Mre chanter, Jamais. » Ce fut sa seole r^ 
ponse; et pour que la dignity do prince qo^elle fUsait si in- 
solemment attendre fOt saoye, U fUlot en ellet user de 
rigueor et hi faire enfermer. Elle s*y pr^ de bonne grftce, 
fit de sa captiyit^ one DMe conthmelle, r^gala rojalement 
toos les prisonniers, paya tears dettes; et, Itbre enfin, 
quitta Palerme de pear d'y 6tre de nouyeav yiolentte dans 
ies hntairies. A Parme, od elle se rendit, llnfant Philippe 
se fit son amant dtelar^, et malgr^ cette fortune, la plot 
haote qoe loi eassent conquise son talent et ses galanteries, 
Catarina ne changea pas. Le prince se yit, comme un amant 
▼olgriie, saerifi6 A ses inconstances, et cheque fob qu^U 
lui en Aisait reproche, die le raillait de la difformit^ de sa 
tdlte, et se donaait le plaisir de I'appeler gobbo maledeito 



(maudit bosso). Ces incroyables licenees forent 
b jda encore en prison; mais, qooiqoe de nottyelles 
teries do prince Vj attendisseot encore , mal^^ la 
tM de Tappartement qu*on lui ayait Ciit preparer eC Ia 
breose suite qol s'y ^tait rendoe poor la aorlr, die 
sentit pas phis tdt libra qo*eUe s'enftiit de Parme. La 
Ikuyette ayait peur mente d*une cage dorto. On la 
I Londres, mais die feAisa de s'y rendre : les dMrs 
rieux des Anglais et leur enthousiasme un pen tmital IVf- 
frayteeot : « Li, disait-dle, si je m'avisdsde ne yonloir 
chanter, le people m'assommerait, eti toot prendra, j^ 
mieox la prison qoand il me plait de me passer nae 
taisie. » 

Elle partit pour la Rnssie, oh Catherine II la fiiisait 
.^ppeler. Arrive k Sdnt-P^lersbourg, die traita de 
sance k poissance ayec la cxarine. Elle demanda diz ndUe 
roubles par an. «lfab jene donne pas taot k mes fdd-oMr^ 
chaux', dit Catlierine. — Eh bien, que yotre m^i6 tesne 
chanter ses feld-martehaux. » Cette bootade edt po onwrir k 
la Gabridli le cliemui de la SibMe , Timp^ratrice aima mieiix 
en rire et c6der. Quand la Catarina reyint de Sabt-PHers- 
bourg, die n*avait pas moins de yingjt mille ^cus de resite; 
mais cdte fortune fut bientdt dissip^ A dnquante ans , 
die fut obligte de se mettre k la solde de nmpresario de 
Venise. Par booheor, die ayait encore asset de yoix pear 
^nner le fameox Pacchiarotti hii-mtoe , et r^gner sams 
rivale. C*est seulement A Milan , en 1780, qoe Marohesl » 
alort dans la pl^itode de ses moyens, loi ayaat €U oppoad, 
die craignit oae concorrenoe. Cette premito attefaite porlte 
Il sa reputation lui senrit d'avertissement, d sage poor la 
premise fois, die se retira du th^Atre. C*est k Rome, sa 
yille natale, qu'dle passa les demi^res annte de sa Tie, 
tonfiours prodigue dans ses plaidrs, maisansd, disons-la, 
dans ses aomtoes. Sa fomiUe fot la premi^ k se resaentir 
de ses bienfdts. Cette coadoite lui readit Festime qoe aea 
d^sordres pass^ hii ayaient bit perdre ; et qoaad die moo- 
rut, ea ayril 1799, elle €tait entoorto de la coBsid^ratioa 
uniyersdie. idooard FooaiUBa. 

GABBY AS. Koires BAsaius. 

GABURON 00 JUMELLE, pitee de bob creoste 
sur l*une de ses foees, arrondle sor Taotre, lite sor rkyant 
d*un nayire par de nombreox tours de cordages et le ga- 
raatissaat des frottements do mAt sop^rieur quand on goinde 
iodui-d 00 qo*on le eale (qo*on le monte oo le descend). 
Le gaboroa recooyre le bas-mAt depuis sa naissance losqu'aa 
quart aiyiron de sa longueur au-desseus de la bane. Fal- 
seat corps ayec lot, il renforoe le mit MM, endommagd 
00 trop foible, d le prteenre des contacts ruiaeux pour sa 
soUdM^ Garafr on mAt de gaburoas ou de Jorodles, c*est le 
fmMler, A TApoque oh le mit ae receydt pu encore od 
mIt sop^rieor ou de bone, il avail A son soromd on ga- 
boroa de bob tendre, senraatde coosdn poor le frottemeat 
de la yergne. C*dail un diaperon, caperaecio , eaperone, 
dont par corruptiea oa a foit gaberon, puis gaburon, 

GACHER, GACHEUX, GaCHIS. Le rertie gdeher 
s*appliqoait d*abord seolemeat aa trayaii de ces appreatfo 
maacBoyres qui pripareat 00 gdehent le plAtre poor les bm- 
^ns. On ea a foit on terme mAtaphoriqoe et ai^prlsant 
poor tout ce qui est extents ayec aialadresse ou a^igenee. 
Aiad, neiit ayoat aombre de maaoBoyres dramatiqoes qui 
gdehent des pitees , d d'kppreatit Htt^ateurs qui gdekent 
des ydmaes. Quant ao BK»t gdeheux, il s'emploie sor- 
tout dans les colleges. Les mdins dcoliers oat soraomm^ 
dnsi le pauyre soos-maltre, qoi, deyant ydller sar enx 
peadant les rtotetlons, d coatraiat de rester ddiors, qod- 
qae temps quH fasse, pour hispecter leurs jeox, *t rechauffe 
ea mvchant , a'h risque de gdeher de la booe. Dans la lia- 
gueedl^gienne, le syaoaymede ce terme est chlen deamr, 
LeydcAb, eutre d^riy^ du verlw gdeher , est un mot dont 
oa a sonyent occasioa de foire osage ea Fraace. II dd^gae, 
ea gAa^al, tout ce qui maaque d*ordre, de raisoa, dt 
clart^. La lecture d*ua ooyrage md coafo, lartpv6seatafioi 



GACBETTE — 6A£UQUE 



4*iiAe pieee mil tissue, ei mille aotrw droonstanoes, pirmi 
ieafseUet U Auit inettre au prtmier rang un tyst&ine poli- 
tiipie InbabilemeBt mis en oBuvre, voiU ce qui sm^ne toat 
aatureOemeBl sar iios l^fres celte exclamation , nn pen tri- 
Tiato » mais teergique : quel gdehis I Oorat. 

GACBETTE^runedes places prindpoles de la platine 
da fusil, ayant unegrande brenche, ou queue, contre laquelle 
appoie la detente pour foire partir le coup, quand le cliien 
est ann^ La petite branche, ou le devaut, est termini par 
un bee, pour engrener dans les cnns du repos et du band^ 
de la jBois : ette est perc^ pour recevoir la vis qui assujeltU 
eette pito an corps de platine. On distingue ainsi dans la 
K&cbelte : la queue^ le 6ec, le trou^ et la vU. Tout le mo- 
tile d'one platine de fusil consiste dans le bon ijustage de 
In moix et de la gdchelU : on doit r^r g^n^ralement les 
diflMndons du bee ^ de la oourbure de cette demi^ pi^ 
nor les crana et le contour de la noix, etsur les dispositions 
do cbitti, par rapport k la &ce de la batterie. Merlik. 

GAGON (FmAM^ois), poete satirique, n6 k Lyon, en 
1667. Aprte avoir appartenu pendant quelque lerops k la 
eoBgv^^galion de roratoire, ii la quilta pour se livrer plus 
KbremeBt k son goOt poor la satire et le scandale. On le vit 
alors s*attaquer, dans le style le plus grossier, k toutes les 
c^Mbrit^ deaon si^e : J.-B. Rousseau, Lamothe, Fonte- 
nelle et fioileaa hii-m6nie, farent le point de mire de ses 
diatribes. J.*B. Rousseau, moins patient, le terrassa par une 
^pigrauBM qui Pa condamn^ k Timmortalit^ du ridicule. Ses 
«ovngea lea plus oonnua sent : Le PoiU soM/ard (1696); 
VAnH'Smuseau (1712); VMomhrevengi (1715); Em- 
bUmeswdevUes ehrHiennesi ili^ti 111%); Les Fables 
de Lamethe^ traduUes en venJrangaU (1716); le Se- 
arUaire du Pamaue ( 1723 ) ; one traduction dUnocrAm 
(1712). En 1717 U remporta le prix de po^sie k TAcaddmie 
Fran^alse. Vera la Nn de ta vie, 11 reprit rbabit de son or- 
dre, et obttnt le prieordde Baillon, pcte^de BeaunKmt-aur- 
Oise, ou 11 BMNinit, le \h novembre 1725. 

GAD (c'eaU-dira Bonheur)^ file de Jacob et de Silpa , 
et chef <PuBe tribu isra^te qui, dans les deserts m6me 
da mont Sinai, s*dtaitmnliiplitede Un^Rk presenter un ef- 
fectif de 400,006 bommes en #at de porter les armes, Gomme 
lribaiionade,ceftitla premite de toutas qui fintse fixer 
4GiMad*Soiiterritoire(te|NiyfdeGa<0 ^Uit silu6 au nord 
de edtti de la tribu de Ruben, et comprenait k district 
DKNitagpeux s'dtendant depula le fleuve Jabbok juaqu'i laeser, 
et k rest Jusqu^li Rabbath-Ammon ; mais dans la plaine du 
JoordaiB, ilatUignait le sod du lacGdn fa areth. Le Jourdain 
en fl^rtinait i*extr^itd occidentale, depub le lac O^ndtareth 
juaqn'li la mer Merle. Ge pays dtait snrtout propre k Tdl^ve 
des truopean. Les Gaditains fonnalent one population bel- 
liqQease,qaele foisinagodes Arabes obbUgeait greater tou- 
joora eo annes. LorsderteblisaeaMnt de la monarcbie, lis 
ae mootr^rent lldMes ^ David et ^ an maison. 

GADy^pMU Mbreu, qui aide de ses bons conseils Da- 
vid lorscpie eelul-d se posa en prdtendant k\k courone; 
une feis mMitd avr in trOne, il vtoit dans son^inUmitd. A 
Poccasloa d^m ddnombrementi du peuple ordonnd plus tard 
par Dtvidi 11 exprloaa le mteontenteoient de JdliovaU au su- 
)«t de cetia DKaare, et ddtsmiinA le rol i^daoumer par dV 
bendviU aaoriftoflsde vidimes lea eOeU de la cdl^e du Trto- 
Hant La tndHkni Jolve veut que ce soit 4se propli^ qui bi- 
troduisit ruaagede la musique dans le temple^^ eUe le cite 
avec Kathan oomme hisloriea de David. 

GADE* Oe genre linnteD ieraieaiMOunl'bui une fomille 
de poissotts nuilaoopt^ygiens, que quelques 'aoologMes 
neinmestfacMfcfet. llrenfermelesmoruea, lesmerlu- 
ehea, lea merlans, les lotlea, les phycias, etc, qui ont 
poor earactirea communa lea ventrales attacbte sous la 
gMge plus en avant que lea pectorales, et doat le premier 
c( le aetxHid rayon se prolongent em un filet plus ou moins 
ddk. Cea polssons ont le corps allong^ attend et compri- 
m6 vort la qneue. Toiia donnent k rUomme un aliment re- 
cbCKh6» daas leur chair l^fgto et de bon goot. Des dcailles 



71 

gdndrakment petites, une t6te asset grosse, une gueuie lar<^ 
gement ouverte, armfe de dents implants sur les roAchol 
res et sur le vomer, an estomac tr^s-grand , avec de nom- 
breux ccecums anprte du pylore, complMent lea caractftres 
les plus constants du genre gade, 

GADOLINITE, silicate multiple dont les principales 
bases sontles oxydtt dec'^S r i u m , d*yttrium, d* e r b i u m , etc. 
La gadplinite est compacte, et d'un noir veloat^. 

GADOITE ou ENGRAIS FLAMAND. La m^thode usit^ 
en Flandre pour utiiiser lesvidangesest beaucoup plus 
nitiunnelle, et sortout plus bygitoique que la confection de 
lapuudrette. On donne le nom ^engrais fiamand o« 
gadoue aux excrements humabus retire des fosses d*ai- 
sance, et conserve dans des dtemes voOtto placto au- 
dessous du sol, sur le bord d*une route, et k proximity deS 
cbamps cultiv^. Ces dtemes, dont le fond est en grte et 
lea murs en briques, sent remplies quand les travaux agri- 
colea le permettent au cultivateur : on laisse fermenter cet 
engraia qudques mois avant de s*en servir, et on a soin dV 
juuter de la mati^re k mesure qu^on en retire. 

L^engraia flamand est destine prindpalement k activer la 
v^S^tion des plantes ol^agineusea et du tabac, qui donnent 
le plus de b^fice; il s*emploie sous forme licpiide; on le 
trainsporte aux champs sur des chariots, renferm^ dans des 
barils. Arrive k leur destlnatioD, on vide ces barils dans 
des baqueta, od on poise rengrais k Taide de ton- 
gues cuiU^res en fer pour le vc^ser sur les semences. Les 
graines dchauffdes par cette mati^ en fermentation se d^ 
vdoppent promptement, et y puisent une nonrriture abon- 
dante. Cet engrais est aussi d*un emploi trte-avantageux 
aprte le repiquage des Jeunes plants; on le verse k la main 
pour ^viter d'en mettre sur les feuUles. II feat une grande 
habitude aux cultivateurs de la Flandre pour supporter To- 
deur infecte et repoussante qui s'exhale de la gadoue. An 
reste, c^ Emanations ne sent nuUement insalubres. 

G^U£L1QUE ( Langue ), idiome parlE de nos Joura en- 
core par lea |iaysans montagnards de T^cosse, qui I'appel- 
leut kimri ou cumreag, et dont I'origine est la mteie que 
cdle de la langue en e, c*est-li-dire Panden celtique ou 
langue des Cdtes. Gant, dans son onvrage intitule Thoughtt 
on the Origin and Descent qf the Gaels (l&dhnbourg, 
1S14 ), pretend que le ga^lique est un des idiomes les plus 
andens du monde, et quH provient des PElasges; seule- 
ment 11 oublie de nous apprendre quelle langue pailaient 
les Fdasges, k regard de laqudle nous manquons k pen prte 
de tout lenseignement positif. Quoi qull en soil, le ga^liqae 
n*est phis gu&e parH aujourdliui que dans les lies da 
nord de l'£osse, ob, malgrE tons les elTorts du gouveme- 
uent anglais, la population peraiste k repoosser la langue 
des vainqueurs. 

Le ga^ique eat plein de sons gutturaux , et I'^criture en 
est b^riss^ de consonnes qui cependant ne se prononcent 
pas; aussi une wd&A savante a-^elle propose un prix pour 
rintroductioD d*un syst^me d'orthographe plus rationneL 
La litt^rature ga^lique consiste snrtoot en vidlles traditions 
poEtiqnes, que les baides se transmettaient jadis lea una 
aux autrc», qu'lls diantaient dans les ((fttes de famille, et 
dont qudques-unes se sent conservte Jusqu'k la fin du 
sitele dernier. Les poesies d'Ossian^ traduitea en langue vnl- 
gaii6 par Macpherson, paraissent en avoir felt partie. Mala 
ce ne sont pas Ik les seules poesies des Gads; leurs chants 
lyriques peuvent ai^ourdliui encore se compter par cen- 
tame^; les plus beaux furent composes, k ce qu*on pr^ume, 
dans les premiers siteles de notre ftre. De li jusqu'aa 
douzi^me ai6de , il y a interruption dans U tradition po^ 
lique, peut-are Wen parce que les bardes de cette Epoque 
ne compos^t rieu qui valOt la peine Tdtre conserve. Mala 
k partir du trdzi^me aitele Us trouvftrent de fifeondes Ins- 
pirations dans les guerres intestines et ftodales des diven 
dans; et on poss^le une asset ridie collection de cbaato 

compost au moyen ige. Dans les slides •"|]^*»»J2 
andens bardes ont eu poor suc6eiiea»pluslew»po«escioiii 



.7S GAl^IQUB 

toft Boms ont M portte par la teootamiit loin de lean 
iNiiiiieiiMs moDtagnes, par esemple Mac-Intyre, dont lei 
po^sieft ont para ea 176$. On y remarqne im Y^iftaMe di<* 
thyrambe contra le bill du parlement qui enjoint anx po- 
polations toasaiies de porter d^sormais une colotte an Hen 
de ce ooort Jupoo que Tons saTes. Ewen Mae-Lachlan, 
mattre d'ioole k Abeideen, a tradult en langoe gatiiqoe le 
troifti^me livre de llliade et compost on po6me en qoatre 
cbantftftor kft saisona. En tsi&, Armstrong a pobli6 h Um- 
dres on Dictionnairt i;i^qiie-anglai8. Sous le tHre de 
JHcikmarium ScoUhOelticum, la Social dea Higlilanda a 
r^ig^ (t public on travail plus complet ( £dimboarg, ISM ). 

GACTE (Gaeta), yilie dltalle (ancien royaume de 
Naples). 8ita6e dans la proYinee dite Terre de Laboor 
{Terra di Lavoro), baignee par la MMiterran^, qa*on ap- 
pelle dans oes parages mer Tyrrhinienne , h rextr^iirit^ 
d'un promontoire qnl forme k Tonest le golfe do mtoie nom, 
ti^e d*un ^?teb^y conipte one population de 11,000 Amea, 
3t est rang^ an nombre des places les plus fortes de TEo- 
rope. Dans la citadelle, on conserre encore aajonrd*boi le 
corps du conn^table de Bourbon; mab le tombeau magni- 
fique que lui arait fait Clever en 162$ le prince d'Ascoli fut 
d^truit par les Franks k K^poqoe des guerres de la R^olu- 
Uon. Parml ses Mifices publUx, on remarque sortoot la 
eatb^lrale, plac^ sous rinTOcation de Saint-Erasme, avec sa 
baute tour, dont on attribue la oonstraction k Teinperear 
Fr6d^ric Barbe-Roosse. Les environs de la ville sont d6U- 
cieux et orn^ d*ane foule d'ddguites villas. 

Strabon attriboe Toriglne de Ga^ k one eolonie grecque 
venue de Samos, qui g^j flxa apr^s une longue navigation. 
Ces Grecs Id donn^rent le nom de CaUta^ qui esprimait la 
courbe oo la concavity de eette c6te. Vii^le imet mw 
autre q>inion : il pense que son nom lul vient de la nour- 
rice d'En^, Cajeta. Quoi qu^ll en puisse 6tre de ces ^mo- 
logies, un fait avM, c^est que Ga^ fut fondte longtemps 
avant Rome, et servit k toutesles ^poques der^sideiice aox 
Romains les plus distingu^ Son port, dont Cic6ron flait 
mention comme propre k recevoir un grand nombre de na- 
vires marchands , fut agrandi par Antonin le Pieux , vera 
Tan 145 de notra ^re. Parfaitement abrit^ et offrant en 
mojenoe sept brasses de profondeor, il est aojourdlrai le 
centre d'un grand commerce (Texportatlon et dlmportation. 

Comme place de guerre , Ga61e 6tait sans contredit la 
clefdu royanme de Na|i4es,da cdt^du nord. Fortifl^lout 
autant par la natnre que par Part, n est impossible de 8*en 
rendre mattre sans on sl^ long et r^Ber. Le cbAtean, de 
forme carr^ , trte-^lev^ et flanqui de qoatre tours qui db- 
minent et en d^endent les approcbes, (bt constrait par Al- 
fonse d*Aragon, vers 1410, et augments depuis par le roi 
Ferdinand. Les fortifications, presqne tontes creuita daos 
le roc vif, sont Poeovre de Cfeuarles-Quint 

Aprte la chute de TEmpIre Romain, Ga^ conserva pen- 
dant assez longtemps one constitotion toute r^poblicaine et 
son independence. Plus tard, elle Ait soeoesaivemait gon- 
vemto par un grand nombre de duc», qui reconnaiasalent 
le pape pour seigneur snxeraln , jusqu'A ce qa*en 1435 le 
rotAlfonse d'Aragon s*en rendit mattre et la rtanit k la cou- 
ronne d'Aragon; et plus tard elle passa sooa la soaveraineie 
de Naples. 

L*histoire moderne mentionne divers sieges dont 6a^ 
fut Tobjet Alnsl , en 1702, une arrote anUicblenne, anx 
ordres du g^^ral Daun, la tint assi^^ pendant trois mob, 
et finit par la prendre cTassaut. Apr^ un si^ qu*elle sou- 
tint depuis le commencement d*avril Jnsqn^au 6 aoit 1794y 
conlre un corps d^arm^ compost de troupes framcaiaes, eapa* 
gnoles et sardes, la garnison de Ga^te capitula avec tons lea 
bonneurs de la guerre. En 1799 , Ghampionnet s'en em* 
para par un coup demain bardi. Le gouvernement napo- 
Utain avail oonsenll, en 1806, & ce que oette place fut 
occup^e par un corps de Fran^ais ; mais le prince de Hesse- 
Philippsthal, qui y commandait, refusa d*ob^ir, el Mas« 
s6oa ne put y entrer qn^aprte en avoir fiiit le si^e de Hr 



— 6A<j£EN 

vrier i la fin de joillet. A la anlte de la r^volntloit <ioi 
I'avait contralnt desortir de Rome, le pape Pie IX y rfiafihi 
depots le 25 novembre 1848 Jnsqo'an 4 aeptembre 1849. 

En 1860, aprte la d^ite de Parm^ napolitalne mas las 
bords do Vnlturne, GaMe fnt le dernier boolevaM des 
Bonrbons : le roi Francis II et aa Jeone femme s'y enfier • 
nr.^rent avec les troupes qui leor ^talent ttMm iddles, 
et sootlnrent avec ooorage les horreors de la gnerre . de 
r^i^demie et de la bmlne. A U suite de TexploskMi 
poodri^, qnl entralnalt la raine eomplMe dNm 
le roi reoonnut la dilficnlti d'nne pins longne 
et se rendit an gin^ral Claldlnl, lelSfiftvrier 1861. LO) 
dnrait,depnla le 5 novembre de riBD6eprMdeale. 

GAETE ( Due de). Foyes Gaunra. 

GAFFE, fer k denx branches. Pone draite, «b 
pointoe, Pautre crocbue, tenant tontes denx k me 
commune, qni s^embolte sor le plus groa boot dHm 
Le mandie est droit, de la grosaenr de edul d'nne Mrt i c 
ordinaire, king de 4 li 5 mMres, ou de 1*,60 k 2*, seloai que 
la g^ffe est destin^e pour Pavant oo pour Parri^ dHme en- 
barcatlon. On se sert de la gitffe poor pooaacr les embar* 
cations au large d*un navire ou d*nn qnal an mayea do tet 
droit, et se Rendre des abordages ; oo bien encore poof 
fkire mouvoir oo approdier le canot, ao OMyen da fief 
courbe ou crochet. En termes de marine , se tenlr, ae bat* 
tre, etc., k longoeor de ga(fe^ c'est ae tenir, se battre, ete., k 
trto-petite diatanoe. Avaler sa gaffe, c*est mourlr; 6tre kmg 
comme on manche de gttffe, c*teH 6tre extrAaaeaent hmiU 
gre. Lesp6cheorsse servent d*one sorte de g^ffe trte-loiigiie 
poor tirer le poisaon > terre. M bojh. 

GAFFOZ ou GAIfl^ES. Foyes CAOora. 

GAGARIN (Famille). Les prteceaGagarin font reaaonler 
Porigine de lenr maison k Roorfk, prinoe aooverala de Staro- 
doub. Le personnage le plus remarqoable qo'att prodnit 
cette fam&le rosse fot sans contredit Matkku GAoanm, goo- 
vemeor gMral de la Sibdrie aeos Pierre le Grand. Qoaad 
la goerre coatre Charles XII prit one maoviise t ouiny fe 
poor son mattre, Gagarin con^ le projet d'arracber la 
SibMe k la domhiation de la Rosaie, et de ^*en dMarer 
sooverain Independent Mala II lot arrMA k Sninl-Paera- 
boorg, avant ^avolr po mettre ce pr<4et k ex6oatloa, et 
pendo devant lea fenMrea do steal , quoiqoe Pierre loi e6t 
formellement pronia aa grioe 8*11 a*avooait eoopoble. 

Parml les membres au|oord*hui vhrants de cetle Dunilie, 
noos dteroBS SergH S«rgk(feiPles Gaoamoi, grand mattre de 
la ooor; Sergii ioanowkt et Paul Poatowlca Gacinnf , 
Bterabras do steal ;etle gte^ral AlexU l94mowie% GAOAaia, 
goovemeor miKlaire de Kotalak. 

GAGE* On oitend par ya^lenantlssementd'one 
chose moMMre qu^on d^Mteor remet k on orteader poor 
sArelA de aa dette. PrUer sur gages, c'eat prMer en ayaat 
poor garantie do prtl on objet d'one valeor le plos souvent 
sopMeure k la aomme pr6lte. Le mot^o^e sedtt ^ement 
d*ol4els que Poa depose dans eartaias petils Jen x de ao • 

Ao plorld, le mot gage sigirifie salaire : aind, oa dU : 
les ^o^ei des domestiqoes. Les gages dea gaaa de service 
poor Pannte tehoe, el ce qid est d6 poor Panate eooranle, 
sont rangte par leCtodeOlvllao nombre dea erteacea privi- 
Mgites. Ao figorft, on dtt cotf er aux gages poor exprimer 
qo*oa renvoto qiielqo\m dHiae position qu'il occupail. Oe 
mot se pread toojoors alors en maovaiae part. Le relralt 
do gage par le dteiteor, aon eeasionaire ou son fond^ de 
poovoir, s'appdle ddj^ofemeaf (eoyea Mo?rr-aB-Pi£ii) 

GAGE ( Lettras de). Voget Oatoir roaocn. 

GA€vERlV(JBAii-CaMaToraB>EaiiBST, baron nc), na> 
quit prte de Worms, en 1766. Entr^ de boane heure ao 
service d'one des branches de la maison de Nassan, Q fut 
charge, en 1791, de la reprtenter k la di^le de rEmpire,;d 
plos lard k Paris. ObUg6 de donner sa dtaiission, par soila 
d*un dteret de Pempereur Napdten, qol interdisait k torn 
les hidividos nte sur la rive gaoche dn Bbin la (acoltA da 



m 



6AGERN 



79 



jtffir one autre puissance que la France, il se retira h Vienne. 
Cn tSI4 il Alt appel^ avec ie titre de ministred*£tat, h Tad- 
ininistrati<m des poesestioDs de la maison deNassau ;en ISIS, 
H assista au congrte de Vienna eomine repr^aentant do roi 
dea Pajt-Bat, et rtussit h obtenir dea agrandlasemeots de 
terriloiie ea fiiYenr de la Hollande. Mais 11 ^cbooa alors 
^ns ses efforts pour foire enlever PAIsace k la France. Le 
tui des Pays-Bas le nomma ensuite son ministre prte la 
ConfM^tion germanlquey fonctiona qo*ll oonserra jus- 
^o'en 1818; et dana la correspondance quH 4^.hai^ 
aTec M. de Metternich a?ant TouTerture de la dl^ on 
Toit quMl insista pour ^adoption de mesures qui eusseit aa- 
8nr6 Ihinion politique de TAlleniagne. Dans le sein m^me 
4le la diMe, il insista avec force pour que des constitutiona 
Tepr^sentatlTes ftissefit introdnites dans lea divers ^tats de 
la ConliM^ration. En 1820 il se retira, arec une pension du 
Toi des Pays-Bas, dans sa terre de Homau ( grand-ducb^ de 
Hesse-Uannstadt ). Derenu alors membre de la premite 
cbai)|bre des ^ts du grand-ducM, sans appartenir prdci- 
steent k une opposition systtaiatique, il se distingua en 
tonte occasion par ses tendances patriotiques et phUanthro- 
piqnes. Cruelieinent ^pronv^ en 1848 par la mort de son 
"fils Fr^dM;, et par ceUe de sa femme, qui lui aTait donn^ 
^x enfonts, il ayait compl^tement renono6 i la Tie politique, 
lorsqne la mort Tint Penlever k Hornau, le 22 octobre 1852. 
On a de lui : RituUaU de tBistoire des Mcturs (6 
Tol.y i93S'Zl)iBisMrenatU}naUdetAllemands(iSU), 
et Critique du droit des gens ( 1840 ). 

GACERN (Fatotaio-BADDotTiN , baron db), I'nn des fils du 

pr^e6dent, g^ntod au serrice des Pays-Bas, c^l^bre surtout par 

aa fin lamentable , arri?^ lors de la luUe que llnsurrection 

^e Hecker amena dans le grand-ducM de Bade, n^ le 24 

octobre ITOf, k Weilbourg, entrad^abord au serrice autri- 

cbten, qu*0 qnitta ensuHe pour passer k celui des Pays-Bas. 

II aalt capitaine d*^t-major en 1830, qnand lea ^v^ne- 

ments militaires que Tannte 1831 Tit s'accomplir, le fi- 

rent appder aux foncUons de cbef d^aat-mijor du due 

Bernard de Saxe-Weimar. En 1838 O passa, sur sa de- 

mande, dans la Kgne, et fut nomm6 colonel d*nn regiment 

ile caTalerie. Envoys en 1843 dans les Indes orientalea ayec 

une mission importante, 11 obtint k cette occasion le gnude 

de g^n^l, et II son retour en Europe on lui coufia le oom- 

man *6:nent snp61eur de la proYinoe de Hollande. Au prin- 

lempa de 1848, il s'^tait rendu en Allemagne ayec un cong^ 

leroporaire, et il se trouyait dans le grand-ducbtf de Bade 

•qnand y ^data rinsurrection de Hecker. H parut Thonmie 

•capable d^inspirer de la confiance aux troupes cbargte de 

la r^primer, et en accepta le commandement sans attendre 

I'antorisation du gouvemement des Pays-Bas. II cbercha k 

amener par de sages representations, et sans coup f6rir, la 

tlisflolution de la bandede Hecker. Le 20 ayril, U s'^taitd^jk 

Inutilement abouch^ k cet effet, k Kandem, ayec les chels 

-itt mouyement, lorsque, one demi-beure plus tard, les denx 

troupes se trouvftrent en presence k Scbdda^k. « Ayancez, g6- 

-niral ! » lui cria-t-on des rangs des insnrg^; plein de con- 

-fiance, Gagern alia encore essayer d*un accommodement, 

et ayant ^lou^ dans tons ses efforts pour determiner les 

1nsurg(% k mettre bas les armes, il ayait r^int sa troupe, 

et ae disposait k monter k cbeyal ponr aller opposer la force 

-k la force, quand une d^cliarge partie des rangs des in- 

surg^s retendit noide mort. Cette fin tragique d'un bomme 

^ Uen, dHm general distingue, causa une douleur gen^raie 

en AHeroagne. 

GAGERN (Heicm-GoiLLADiiE-AuGosrrB, baron db), fr^re 
du precedent, et dont le nom fut un moment si populaire 
-m Allemagne, est nd en 1799, k Baireuth, et a fait ses etudes 
jnridlques kGcBttingue, k lenaetk Heidelberg, apr^ avoir 
-combattu k Waterloo. II s^associa alors aux eflbrts tentes par la 
Burschensehaft pour regenercr rAllemagnc. Sesetudcs 
adievees, il entra dans l^administration du grand-duclie de 
Hcsse-Darmfttaclt, et fut ein, en 1822, mcmbrc de la soconde 
xliambre des eiats, au tcin de laquclle il yuta toujours sur 
mcT. ne la conveas. — > t. x. 



les questions de pnndpes dans le sens leplus liberal. Mfs k 
la retraite. Ion de la dissolution de cette assembiee, il envoya 
an ministere la demission de ses dlyers emplois, en refu- 
sant la pension qu^on lui offrait, sans doute pour acheter son 
silence; et il donna alors une nouyelle preuve de son inde- 
pendence en declarant kses concitoyens, qui youlaient sup- 
pieer k cette pension par une souscription patriotique , qv'il 
n'acceptenit pas cette marque de leura sympathies. £lu de 
nooyeau, comma proprietaire, membre des diktes de 1834 
et 183S , il Alt Fun dea ehels de Foppodtion dans ces deux 
assemUees; mais quand la politique illiberale du gouyeme- 
ment eut reusd k en restreindre Faction politique , il cessa 
d'y paraltre, pour ne pas se preter k une comedie represen- 
tatiye, jooee nnlquement au profit du pouvoir. 

n n*aocepta de nouyean le mandat electoral qu^en 1847 , 
moment o6 la yille de Worms le choisit ponr son represen- 
tant, k la suite de nonyelles elections generales, qui amenk- 
rent k la cbambre one majorite liberate comme on n'en 
ayait encore Jamais yud'aussi forte. La dikte yenait k pdne de 
a'ouyrir qnand eclatkrent lesterribles orages de 1 848 ; et dks 
le 27 leyrier, k la nouyelle des evenemeots jdont Paris ayait 
ete le thektre, il deyeloppait dans la seconde cbambre une 
moiion tendant k proyoquer la creation d*un cabinet ca- 
pable de proteger et defendre tant k Finterieur qu*k Fexte- 
rieur Findependance et la liberie de FAllemagne, de memo 
qu'k ftdre a^joindre au chef proyisofa'e de i*Empire une repre- 
sentation nationale composee d*une chambre des princes et 
d*une cbambre populaire. L^agitationreyolutionnaire ne tarda 
point k gagner aussi le grand-duche; et le grand-due s*etant 
alors adjoint son fils comme oo-r^ent, cdui-d appela aussitM 
M . de Gagern k prendre la direction des affaires. Dans une 
eioquente proclamation, en date du mars, le nouyeau mi- 
nistre expose les prindpes que se proposait de suivre le ca- 
binet ntf&rmiste, Dks lors ausd la solution k donner kFim^ 
pcrtante qnestion de la constitution de FAllemagne ftit sent 
cesse Fnne de ses plus graves preoccupations. Appeie k fair% 
partie du parlement preparalolre ( vorparlament ) qui de- 
ydt se rennir k Francfort le 31 mars, il exer^ toot aussitM 
une inflnence deddye sur cette assemUee, dont la plupart 
des votes les plus importants furent rendus sur des motions 
presentees par lid. A partir de ce moment, 11 n> eut pas en 
Allemagne , pendant qudque temps , d*homroe plus iniRuent 
ni plus popuUire. Son energie, sa franchise, sa loyante, 
Fenthottdasme gdnereux que respirait diacune de ses paroled, 
jdntsk unexteiieur ImposantetenunemmentchevalereMine, 
le rendirent Fexpresdon Ui plus vraie en meme temps que 
la plus eievee de la premlkre phase de l^agitation de 1848, 
moment ok tousles esprlts, pleins de confiance dans I'avenir, 
nedoutaient pu de la posdbilite de r^generer politiquement 
FAllemagne et de constituer enfin Fnnite nationale. Quand 
lepariement nationd s'onvrit, le 28 mat, k Francfort , il eiut 
pour preddentM. de Gagern, qui dans rintervdle avail redgne 
son portefeuille en qualite de ministre du grand-due de Darm* 
atadt, et des elections nouvdies leroaintinrent constararoent k 
la presidence de cette assembiee juMpi^au moment oti il fut 
appde kfaire partie du mhiistkre de I'Empire. II ne contribua 
pas pen alors k determiner Feieclion de i'archiduc Jean en 
qudite de vicaire de FEmpire. Les complication!^ qu^amena 
rantagonisae de la Pmsse et de I'Autriche dans la question 
d*un pouyoir central k constituer en Allemagne le trouve- 
rent k la liauteur dea difficultes et des perils d*une telle crise ; 
et le l&decembre 1848 II ftit appde par Farcliiduc, vicaire 
de TEmpire, k presSder son mhiistkre; mds le projet de cons- 
titution, k la redaction duqud il avail eu une grande part, 
ayant ete rcjde snr la motion du depute Wdcker, il donna 
sa demisdon en mkme temps que tons ses collkgnes { 21 

mars 18i9). < 

Le rehis de U Pmsse d*acc<^er k la constitution dans la 
forme nouvdle qu^dle avail regne remit tout en question. 
M. de Gagern s'eifor^a vainenient de se poser mediateur 
entrc le paKi democratique extrhne et cdui de la reaction; 
rOie dun liorome de bien et d*nn bon patrlote, mds qui •• 

10 



GAGERN — GAIL 



74 

lniTalatde part et d'autro que les plus croelleseilea plus 
d^courageaDtos accusationf . RcjeU coropldtement m dehors 
d« la directioo des afTaires par la formation da ministtee 
GneTell-Detiuold-Wittgeiistei.Q, U s'efTor^ tout ausai Soutile- 
meiit avec ses amis decombattreles resdutioos extrtaiesde 
VAssembl^ nationale, et io§ea deroir cesser dte tors de 
preudre part ^ ses d^libtoitions ( ao mai 1&49 ). Quand U 
PruiBse , lors de I'aUiance des troit rois , sembla Youloir 
prendre en main la cause de rassemU^e aationale , ce Ait 
encore M. de Gagern qui, ayec ses amis, aida k amener un 
accord sur ce point ; et tiu membre de la di^ d'Erfurt 
( mars 1850 ) » il ftit dans cette assemble le chef du parti 
qui fit accepter le projet de constitution. Mais la Pnitse 
avait compt^ sur Tinsuccte de hi combfaiaison politique 
imagmte sous le nom dWnion : et k partir de ce moment 
M. de Gagern et ses amis furent rejet^ sur r*arri^re-plan 
de la sctoe poliQque. Lui-m6me compritque sob rAle ^It 
finl, et il se retira plein d'auitees tristesses dans; son asile 
champ^tre, qu'il ne se decide k quitter que lorsque la guerre 
iclata de nouveau dans le Schleswig-Holsiein. Aprte la te- 
taille dMdstedt, il acconrut se mettre k la disposition du 
gouTemement national des ducbte, et fit le reste de la cam- 
pagne aTec le grade de m^or dans les rangi de Tarmte 
scbleswig-holstemoise. La lutte use fob comprimde, M. de 
Gagern revhit k sa cbarrue. Depuis, il a yendu son domaine 
de Monsheim pour se retirer k Heidelberg. II est sort! pur 
et sanstache decetler^?ohition dont fl eOt pn Mre le chef, 
pour pen qu'il eOt d'ambition. Cependant il finit par mo- 
difier sesprindpeslib^raux, etdonnason adhesionen 186S 
an parti de la Grande-AUemagne,qui souteoait les preten- 
tions de la Prussc. En 1864 il bit nommiambassadenr du 
grand-due de Hesse a Vienne. 

Son friire, Maximilien , n6 en 1810» siigea aussi dans 
le parlement de Francfort, et dans celui de Gotha. Aprte 
avoir M au serrice du due de Nassau, il passa, en 1855, k 
celui de VAutriche. 

GAGES DE BATAILLE. On appelait afaisi le Cha- 
peron ou gant jet6 k un adversaire en eigne de proYOcation 
au combat judiciaire, et aussi la caution exig^ de 
celui qui demandait ou acceptait cette esptee de duel. 
Elle entralnait en eflet certains frais, certalnes d^penses; 
Taide du chbiirgien el de rarmiirier, par eiemple, pouYaient 
devenir n^cessaires. Le gage de bataille pourYojait k oes 
d^penses. On le d^posait entre les mains du seigneur Justicier. 
Ck>nsultez CMmonies des gages de bataiUe, Paris, Crapelet 
1830 ( un Yol. in*folio). 

G AGEIIRE) promesse que les persoanes qui gagent se 
ro!it r^proquement de se payer ce dont elles oonYienaent 
vn gageanL Ce mot a la m6nie signification que pari^ et 
l*jn se sert indifli^remment de Tun ou de Tautre. Un c^ 
K:bre l^sUteur indien a pr^tendu que dans touts esptee de 
ga^ure il y aYait un fou et un fripon. Les g^eures de nos 
vo^ns d*outre-mer d^nteent souYent ea folies. Courses 
de cheYaox, combats de coqs» boxeors, etc, etc., tout tour 
est un pr^texte de satisfaire ce penchant faYori. Des sommes 
6iormes sont souvent engagte , et il n^est pas rare de Yoir 
U mine d*un gentleman suiYre de prte une course k 
New-Market. Les Anghds out eiport^ ce gofit effr^n^ Jus- 
qu*aux Indes , et nous commencont nous-mtenes k parte- 
ger leur traYers. 

GAGUIN (Robert), sttp^rienr g^a^ral des mathu- 
rins, naquitliColineSydioo^d'Arras.Yers 1440. Entr^ 
de bonne heure dans l*ordre des trinitaires, il fot enroy^ 
par ses clicfe dans U maison des mathurhis de Paris pour 
y ^tudier la thtelogie, et s*y distingue teUement, q *en 14^ 
U fbt choisi pour rempkicer GuiUaume Frischer comme 
profcsseur de rh^torique, et ^u en 1473 sup^rieur g6n6«i 
de Tordre. Louis XI, Charles VIII et Louis XII Teroploy^ 
rent dans plusieurs n^ociations Importantes. En 1477 , le 
premier TeuYoya en Allemagne pour mettre obstacle aux 
projets de manage entre Bfarie de Bonrgogne et Maxlmilien, 
fib de l*empereur FrMdric ill. Charles VUI le nomroa son 



ambassadeur k Rome, et le chargea, en I486, de iMimsiMm 
en son nom, auprte des Florentine, les hilMts de Rcn^ dc 
Lorraine centre Ferdhiand rot de Naples. Louis XII, ciUla, 
TeuYoya en Angleterre. Quelqaes auteurs pr^tendent qull 
fnt g^ de k Bibliotti^ue du Rot ; mais ce titre lui e 
test^ par Gabriel Naud^ H prot^gea PuniYersit^ de 
fht rami d*£rasme, et mourut en 160^. Ses prindpao: 
Yrages sont : V* one CAroni^tie latfaie depuis Phananond 
jMsqu*en 1491 (Paris, 1497, b4'), qu'il continua plus twd 
jttsqu*ea 1499, ouYragequi doit Hte consults syoc diHk»nrm, 
et qui pourtant a grandement servi k la composition de U 
Chrtmique tnartinienne et des Grandes Chroniques de 
Saint' Denis; T une traduction fran^aise de la Chrontque 
Utine dufaux arehevique Titrpin, sousCharlemagne, Ro- 
land et les pairs de France ( 15!17); S* Epistolx ei or a- 
tUmes ( 1497 ). On hii attribue de plus une Chronique naa- 
nuscrite de Tordre des mathurins, plusieurs podsies latfaee 
et un po^me fran^ hititul^ : La Ropie de bon repag^ ou 
le passe-temps (toisiveti, 

G AI AG ou G A YAC, genre d*art>res de la famllle des zj^c^ 
phyllto. On en conoatt deux esp^ces, le gaiac d/euilles de 
lentisque et le gaiac officinal, qui croissent aux Antiilft» 
et n'ofRrent de diff^^nces qu^aux yeux des botanittes. 

Le gdUiC officinal (gayacum officinale) s'^I^yo ^13 
et 15 metres ordinairement, et acquiert de 1"*,^ k l"^,6a 
de tour; son decree est d*un gris foncii; son hois, jaooe k la 
circonf6renceet d'un Yert brun au centre, est d'une texture 
tr^compacte ; ses branches sont noueuses ; ses CeuUles ,. 
' paripenn^, opposte, se composent de quatre k six foholes 
sessiles , d*un Yert tendre ; ses fleurs sont form^es dVn ca- 
lico 4 cinq folioles, in^es et caduques, d'une coroUe k 
dnq pdtales ouYcris, plus grands que le calice, et d^un blei» 
d*azur. Elles sont dispofties en faisceaux ombeliifonnes ^ 
I entre les idiYisions des jeunes branches ; elles oflkeDt dix 
Itamhies k filaments fius, un style k stigmate simpto; le fruit 
est une capsule anguieuse, diYiste en deux ou quatre logee 
contenant chacune une semence. La duret^ du hois de gaiac, 
sa longue dur^ le font cholsir pour U construction des rooes 
et des dents de mouiins k sucre, pour la confectioD dca 
manches d*outils, des poulies, des galets, des roulettes de 
lits , etc. ; on en fabrique aussi des meubles remarquables 
par le nombre et la beauU des nuances, qui YarienI du 
jaune au Yert fonc^. En mMecine, to bds de gaiac ei la 
r^ine sont employ^ conime tonlques^ stunulants etjodo* 
rifiques dans une foule de maladies, telles que ta goutte,. 
les scrofoles et les maladies Y4n6riennes. AppoHd en Europe 
par les Espagnols, ce m^licament fut longtemps adminis^ 
comme sp^que contra la Syphilis; seul ou assocl^ 4 la 
salsepareille, k la squfaie et au sassafras, ce hols sert k Cairo 
des tisanes sudorifiques. La galacine en est U partie 

actiYO. P. GAUBttT. 

GAIaGINE 00 GATACINE, prindpe actif deU r^aine 
qui exsude naturdlement du tronc du gaiac ou qu^on e» 
obtient par des incisions. La galacine a une l^g^ odeor 
de benjofai, une saveur douce d*abord, puis am^ et enfin^ 
tri»4icre; elle cause une irritation da pharynx qui dieter- 
mine la toux. Pour Tohtenir pure, il faut faire mao6rer 
dans Talcool des copeaux de gaiac. Sa density est 1,2289* 
L*eau en enl^e 0,09; T^er et i'akool la dissoWeiit en- 
totality. Sa composition est inconnue. 

GAIE SaENGE, GAI SAVOIR. Cost ainsi que ler 
troubadours appeUient leur art, gaya cienea {voyes 
Jeux Funudx). 

GAIL (Jeah-Raptiste), sarant h^teiste fran^, na- 
quit k Paris, de parents sans fortune, le 4juillet 1755. 
LMdiome d'Hom^ et de X^nophon devint Tobjet special de 
ses premieres ^udes. Ses succte dans une languc qui ^ cette 
^poque n'^tait cultiYde que par on petit nombre d*^rudits 
lui m^rit^rent TaYantage d*Mre nomm^, en 1791, suppliant k 
la cliaire de grec, au Coll^ royal de France, alors occu- 
lt6e par le cdl^bre Vauvillien. L*abb^ Gail, qui Yenait de 
prendre ce litre arec le petit eollat, saai tooMiis enkrv 



GAIL — OAILLARD 



dant let ordres , uevint titiiUire de eetle m^me chaire ea 
17939 par la d^ssion spontan^ de VaavUliera; dtoinion 
4|iii tcnait k dec pen^catioiis poUtiqiies. 11 tuccdfU la 
place; mab, dans nne declaration 6cri(e le jour mteie'de 
SOD insUllatioB, il fit oonnaltre au gooremement qoe Ice 
a'^Cait qa*i tUre de d^positaire. lie torrent de la revolution 
grueeisaant de jour en jour, VauYUliers ne repanit plus 
dans sa cbaire, et Gail Icontinua de Toccuper avec suc- 
c^ Sons 4a loi des suspects, ami devout et hardi, U 
ne craignit pu d*entretenir une correspondaoce avec La 
fiarpe, frappe de proscription. Dansces temps malbeoreux, 
fl ourrit on coiirs gratnit de grec pour les jeunes gens sans 
ressonrees, quHl ^daH de ses lumiires et de ses Hnes : 
une maison eontiguS au College de France hii serrait k cet 
eflet de suocorsale. L'uniterBlie n*eut point ^gard li un lel 
derouement; eUe n'admit point ses oaTrages an nombre de 
ses Hrres Mnentaires. Cepeodant, ses nominations sooces- 
sives k la troWtee clatse de Tlnstitut, dcTenne plus tard 
TAcadtoiie das InseriptionSy et la croix de la Legion d'Hon- 
nenr, qoHl re^ut de Louis XVIII, Yinrent adoodr tootesses 
petites amertumes litteraires. Une tribulation d*un autre 
g^nrs loi entia plus profondtoeneat au conir ; die tenait k 
SOB benneor de sarant, k son amour-propre national : un 
Orec venaitde remporter le prix d^oennal k la face de tous 
les belienistes de France, et ceU, arec sept pages : ce Grec 
Mi Koray, de Smyme. Le professeor, pk|ne an Tif, 
laaca an ?ol. in-4*, esp^ d« manifesto dans lequel il s*ef- 
IbrQait de relefer bss contre-aens, et qui pis est, les belltols- 
mes de HieUeniste Koray, qu*il accusait de oompietement 
ignorer la langoe de oette Academic mdme doot il te- 
nait nnecovronne. Loois XVIII Tint encore Terser dn 
baome sur oette plaie : il Toidut que Gail occupAt la place 
de conserTateor des mannscrits grecs et latbs, Tacante par 
h mort de La Porte du TbeiL Ge fbt aox yenx des saTsnts 
one profiuiation ; ik lanoirent Tanatbeme contre Timpie 
belMaiste. 

Gafl est aatenr d*un grand nombre de Unes eiementaires, 
•et de traductions d*anteurs grecs, entre lesquelles celle de 
Tbucydide tient le premier rang, par son importance, sa 
difficolte et son roerite. Sa Terdon de Tbeocrite est aussi 
on cbef-d'cBiiTrede style, de correction et de fldflite : c*est 
la simplidtd, la nalTete mtoe ;o'est enfln le ndroir de To* 
figinal; c^etait rceoTie faTorite de llieUinlste, roBOTre de 
sa JeuBCSse. Gafl moorat le S feTrier ISM, ae laissant pas 
fDobu de 90 Tolomes fanprimes. ■ Dnnm-BAMNi. 

GAIL(EMn-SoPBiBGARRE, IT"*), nee4 Paris, oi 1776, 
etait fille d*un babile cbiruigien. EUe rooatra de bonne 
lieure un goOt proaonoe et les plus benreoses dispositions 
pour Tart musical, t^it de Peme, elle aralt compose et 
pobueii dome ans d'agntebles romances. En 1794, eUeeponsa 
le ceiebre beOeaiste Gafl; mais cette uaioa ae (bt pas beu- 
reuse : les goOts des deux epoox etaieat trop opposes : une 
separatioa Toloataire les readit bient^t entieremeat, Tua 
aox seieaoes graTes et serieuses, Tantre aux distractioas de 
la sodete et aox arts. Aprts qnelques aanees de Toyagcs, 
M"^ Gail reTiat k Paris , et comment k traTsiUer poor 
rOpera-Comiqae. Son debut, en 1813, fut la partition des 
iftux JaUmx, petit cbef-4'oeoTre de fralcbeor et de grke, 
dont presqoe tcms les moreeaox, surtout le deiideux canon 
Ma Fanchelie est cAormofi/e, derinrent rapidement des 
airs popolaires. La mosique de MademaUelle (fe Lmnay 
t laBoiiUUp autre opera ea daq actes, represente la meme 
•anoee, n'aorait peut^e poiatsembie ^op inferienre k celle 
des Deu» JaUmx^ si U froideor du pofoie ae TeOt eatral- 
Bte4aa8 sa demi-ebttte. M** GaU ae Ibt pas plus beureuse 
tes le cboix de ses poites lorsqu^ea iSU die ecrivit les 
pMtioasd'Ja^^ et de lo M^piise. Les conaaisseurs toote- 
iMs readireat justice k ua taleat qui aaraK pu s^eiercer snr 
ds plus beureui sujets; et les succte de vogue de ses noc* 
taraes et de sos roroaacet loi offrireat ooe compensation 
des eeheea qn^on ne p6uTalt loi altribuer. Plus tard die 
« obUnt one plus llatteose el plus complile dans la reus- 



7k 

site du joli opera de La S&^nade, de Regnard, arranges 
par Alexandre DuTal et IT** Gay. Eocouragee par ce aooTeao 
socote, die s'occopait de compositions plos Tastes, lorsqo'oae 
maladie aigue FeafeTa ea 1819, k pdae Igee de quaraate- 
trois aas. 

M^e Gafl jolgaatt k soa taleat musical ua esprit dlstiague, 
qui penaettaitli pdae de remarquer le pen d*agreraeats de 
sa figure. Uprise de tous les arts, de cdui de la poesie plus 
eacore peut-etre que du sien, die sTait ete iiee aTOC La 
Harpe, aTcc Ddille; et son salon reunissait presqoe tootes 
les aotabilites IHteraires et artlstiques de la capitate. Ce qui 
coobrttNiait eacore 4 les y attb^, c*etait le cbarme et reclat 
de ses ImprOTisatioas sor ie piano, qoe souTent on trouTa 
soperieures encore k ses ooTrages. Mebul STait applandi k 
ses premierB essais. OtJiatT. 

GAIL ( Jeam-Feanqois), fils des precedents, ne k Paris, le 
28 octobre 1795, oecopa deox cbaires d'bistoire, et suppiea 
soa p^ au College de France. Oa a de loi ; IMse sur 
H6rod0te (in-S'', 1813). La tb^se latiae qa*il sootlnt ega- 
lament poor le doctorat aTait pour siijet la refutation du 
systeme d'HdTetius. On lui dolt encore des Meeherches 
sur le eutU de Bacchus ^ couronnees par TAcaderoie des 
Inscriptions (in-8*, 1821 ) ; une Dissertation sur le Piriple 
de Sqflax (in S"", 1825) ; ses Geographi Graci minores 
(3 Tol. bi 8*, 1826*1831 ); une traduction, aTec M. de Lon- 
gucTille, de la Grammaire grecque de Matthix (4 toL 
bH8** , 1831-1839) , et bon nombre d^artides dans le Die 
tionnairedela CanversaHon. II est mort en 1845. 

GAILLAC9 Tille de France, cbef-lieo d'arrondissetuent 
du Tar n , il 21 kll. ooest, sur le Tarn et le cheniin dc fcr 
d*Alby k Toulouse, compte 7,870 habitants. II y son tri- 
bunal cMI, on colKfge /une bibliotbdqoe publique etdes 
Cabriqoes de toiles de manage et d*emballage, des briqne- 
teries, des teintureries, des tanneries. On y fait un grand 
commerce de Tins bianco estim^s. Parroi sesddifices, d- 
tons Saint-Micbel, qtcc une nef du treizi^me si^cle; Saint- 
Pierre, eglise plus romanequ^ogivale; la tour de Palmate, 
aTec de curieuses pcintures de cheTalerie. Snr la place 
Taissette, on a eioTe nne statue ao general d*fIaotponl. 

GAILLARD (Marine), parties du pont superieuTi d- 
tuees l*uae k TaTant, l*autre k Tarriere des bAUmeoli. II 
a*existe de gaiUards qu'aux bAtiments de grande dlmeadoa. 
Le gaillard d'arrih'e s'etend depols le couroanemeat jus- 
qu'ao graod mAt; le gaillard d*avant est compris entre les 
apdtres et le bout de Tarri^des porte-liaubans de misaiae. 
Avaat la suppressioB des passsTants, on conmiuaiquait 
d^un gaillard k Tautre par ce moyen ; maintenant, c*est 
parte pont superieor. Les gaiUards, conune les auties 
ponts, sont annes de booobes k feu, mais d'un eaUbre bi- 
f^ear et d*une maaQeoTre plus facfle. C*est sur le gaillard 
d^arriere des Taisseaox de ligne que sont plaoees les tf fi - 
nettes, Peadaat les traTcrsees, et dans la Tie ordinaire du 
bord, les ofBders seuls, etles passagers admis k k table de 
retat-mijor, oat le priTflege de se promeaer sor le gaillard 
d'arrOre : c'est une terrasse ob Ton se presente toujoors 
sinon en tdletle, du mobn dans le costume de gens de bonne 
compagnle. Dans le port on en rade, lorsque le bitbnent 
est k Faacre, le c6te de tribord du gaillard d'arrihre est 
la place dbonneur: et qoand le commandant y paratt, 
tout le monde passe k babord. Si le bAtbnent est sous Toiles, 
tribord n*a plus son privUege : le c6te bonorable est cekii 
du Tent. McRijy. 

GAILLARD (CbAtean). Voj/ei Anmlts. 

GAILLARD (GABRiBirHBimi), historien et critique, ae 
le 16 mars 1726, k Ostd, prte de Soissoas, OMrt le 13 le- 
Trier 1806, k pr^de qoatre- vt ngts ans, avail dans sa jeuaesse 
quitte le barreau pear ies Idtres. II debuta ea 1745 par uae 
RMorigue/ranfaise d Vusage des demoiselles, souveat 
reimprimee, d une Poelique/rangaise d Pusage des da- 
mes, EllesfureatsuiTlesd'un Parotide des quaire Electre^ 
en 1750. Mais ce fut dans ses .Wtoit^ m/jfrair«f,lmpfiBiif 
en 1756, que se reveia sa Tocalion pour l*bistoifa . oa y ri- 



76 



OAILLARD — GAIMARD 



narqua one Vie de Gaston de Fotx, dcrite aT6C IntMt. 
l/n an apr^, il publia VOistoire de Marie de Bourgogne, 
Allede Charles le T^m6raire, qui eot an socote de Togue. 
Cette production ei une collaboration trte-importante au 
Journal des Savants ouvrirent k GaiUard les portet de 
TAcad^ie des lAscriptions et bellee-lettrea en 1760. Les 
quatres premiers ▼olumes de VHistoire de Francois I^, 
qu'il pobUa en 1766, prouvent de ▼astes et oonsdeneieoses 
recliercbes ; mais i*ordre complete qu'il a soifi enl^ve 
tonte uniU k I'ouTrage, et fait di^paraltre la grandeor du su- 
jet Trois ans aprte ii 6t paraltre les trois demieri Tolumes. 
VHistoire de Francois I*' h M plosieon fob rtimpri- 
mte; eUe est encore fort estim^e, malgrtf see d^Cnits. On 
peut en dire autantde son Histoire de Charlemagne ^ p«< 
Mite en 1782, quoiqu*on ait pr^tendu qn*eUe ^tait hngue 
et plate, comme I'^pfte de oe b^ros. 

Deux autres compositions hlstoriques de Gaillard, qui ne 
sont pas sans m^rite, p^chent encore par le plan : ce soot 
VBistoire de'Ja Rivalit^ de la France et de FAngleterre 
(1771-1777), et VHistoire de la Rivalitide la France el de 
FFspagne (1801). On lui doit encore le Dictionnaire Ms* 
torique qui fait partie de VEnqfelop6die nUihodique; 
enfin, quatre Yolumes A^ Observations sur tOistoire de 
France de Velly, Villaret et Gamier, ei des fioget de 
Cbarles V, de Henri IV, de Comeille, de MoU^ de La 
Fontaine, de MassiUon , de Bajard, an disooors sor les 
avantages de la paix, et dilTdrentes pieces de totb, qui ob- 
tinrent des prix ou des accessits k TAcadtoile Fran^dse et 
dans des Acadteiies de province. Lors do ooncoort de Tan- 
nte 1760 , il envoya k I'Acad^mie Franfaise dnq pitees . dont 
one seole obtint I'aecessit; elle aTait poor titre EpUre 
aux Malheureux , eomposition tr^fUble, qui fit dire k 
Grimm que M. Gaillard ^it on gaillard bien triste. En n&S- 
il partagea avec Thomas le prix dVloquence poor VEloge 
de Descartes. II fut admis parmi les qoarante en mai 177 1 . 
Dans son disooors de rteeption, il donna le premier 
Texempledene pas looer sans restriction le cardinal de Ri- 
chelieu. Mais en Ufxier 1785 il ^prouva one dlsgrftce sans 
excmple : on moroeao qu*il lot sor Dtoosth^ne fut ootrtp 
geusement siffl^ : il fallut le? or la stence et emporter Pore- 
leur ^Tanooi. Quelques mois aprte, GaiUard se d^domma- 
geait de cette disgrace en llsant une dissertation sor Jeanne 
d'Arc,qoi ftit plus go(U^ Retire dans one stodieose solitode 
k Saint-Firmin, prte de Chantillj, il teba^^ aax persteo- 
tions r^Tolutionnahpeai. La cUsse d*histoire et de litt6«ture 
andeane de Flnstitut Tadmit dans son sein en I'an it. 

Charies Do Roxom. 
GAILLARDE. C*est, dit Roquefort, one femme ddib^ 
rte, aimantle plaisir et en prenant k son aise. On a donn^ 
encore ce nom k une danse venue d^Italle', appelte d*abord 
la roma$iesquef qui n'est plos en osage depots longterops, 
et qu^on extentait tantot terre k terre, tantot ca cabrioiant* 
Thoinot Arbeau la d^crit dans son Orch^sographie. En im- 
primerie, la gaillarde est on caract^re entre le petit* 
romain et le petit-texte. 

~ GAILLARDISE. C'est one certaine toomore d*esprit, 
gaie, yive, iteonde en allusions relatives aux plaishv des 
aeos, de sorte qu*on pent dire non-seoloment que toute 

1 giiUardise est d^asses mauvais goOt, mais qn'en gto^ral la 
morale la condamne. Elle est toujoort d^acte dans la 

' booche d*on Jeune bomme. Entre gens d*an Age mOr, une 
giUllardiae spirituelle et gazte peut qudqoefois 6tre permlse. 
Dans la liberty d*on entretlen particulier ou d*oae corres- 
pondanoe dpistolaire, one m^re risque avec sa fille, surtoot 
qoand elle est marite, des gaillardises, qu*on est tcnt^ d'ap- 
peler cliarmantes : ainsi en ose M"* de S^vign^ avec M^ de 
Grignan. Blais bors ees exceptions, on ne saurait trop r6- 
primer le pendiaat aux gaillardises. SAiNT-Paosra. 
GAILLET. Voye% Caoxe-lait. 
GAILLON, chef-lieu de canton du d^rtement de 
TEure , avec 3,219 habitants, une fabrication de lissos de 
4oie ct pduches et une maison eentrale, oil les d^tenoa { 



fabriqiient des tresses de paille pour chapeaox, des 
en paille, de la bonneterie , de la rouennerie, de la _ 
rie. Cest one station du chemin de fer de Paris k Hcnsco ct 
au UAvie. La maison de detention a ^ constroile nor 
I'emplacement de Tancien chAteao de plaisance des arcbe> 
vdquesdeRooen,bAtipar lecardhial Georges d* A moo ise; 
il n'en reste plos qoe des vestiges endavte dans les 
de la prison, quatre tourelles gothiques , une galerle , 
terrasse. Une des fo^ades, dites Fare de Gaiilon, a M 
port^ Il Paris par les soins de M. Alexandre Lenoir. EBe 
a ^t^ rMifite dans hi premie coor de I'teole des Beavx* 
Arts k Paris. Get Mifice, ainsi que la plopari de cem qn 
ont 6U dev^ k cette ^poque de fai renaissance de I'nrt eo 
France, est de trie-petite dhnension, ce qoi lui dome Tair 
d*u&e pi to d'orli^rerie sculpts etdsel^ avec toot le sofo 
imaginable. Les portes et les fenfires, par one sinfo to ti f 
qoi caracft^ise T^poqoe de transition k laqoelle appnrticBt 
le monoment, ne sont nl en plein dntre ni en ogive. 1j» 
angles sup^eurs des croiste sont arrondis, et Tare 4e In 
porte est surbalss^ 

Le chAteau de Gaillon a ^t^ d^roit en 1793; H se eons- 
posait de qoatre corps de togia de baoteor ^gide, fonnaat 
one coor carr^ irrdgoliire, ao milieo de laqoelle 6tait mw 
fontaine k plusieurs vasques de narbre blanc soperpos^es. 
Elle se trouve aujourdlioi an Mosto de la scolptoi^ ftwa^ 
^aise ao Loovre. Les stalles do cbceor , les boiseries de l» 
cbapelle, travailMes avec on art Infini, sont actoeUeoMnt dans 
r^ise de Sahit-Denis. Le chAteao de Gaillon ftit one des 
premMres et des plos belles prodoetions do style de k re- 
naissance; le dochetoa, la dentelore et Toglve gottuqoes 
s*y mariaient sans dteecord avee le pilastre ttaUea et les 
arabesqoes florenthies. Tons les auteors qoi ont paiM de 
ce palais en ont attribu^ la construction k Gioooedo, cAMire 
architecte v^xmnais que Louis XII fit venir en France ^ 
cette ^poqoe. Cette magnifique demeure dtalt entoorfe de 
d^icieux parterres, terrasses, pitees d'eau, orangeries,, 
serres chaudes, grottes et pavilions k rimitatkNi des viUss 
de ritaUe. 

GAIMARD (Paul), m^dodn de la marine de l'£tat et 
xoologiste, a pass6 sa Jeonesse k voyager, et lot d^sigo^ , 
en 1831, avec le docteor G^rardin, pour aller Modier le eho- 
IteoiRonlSi JM dansle d^rtemeot du Var, vers les sin 
demiires annte do dix*buititaie sldde, II se lia avecle doc- 
teurQuoy,ai|]oQrdlKdhispecteor g^6ral do service desant^ 
de la marine flran^aise; suirit, comme lui, les hOpitaox de 
marine, fit avec lui divers voyages de long coors, et plu- 
sievrsfois le toor du monde, d*abofd sous la cdnduHe des 
capilahies Freyciuet et Duperrey et plus tard avec 
Domont d'Urville. Qooy etGaimard Airent pendant 
dix-sept ans des noma fais^rables. Ensemble lis ^todiaienl 
des peopUKles ineoneoes, soivaient ensemble les histractioaa 
de rinstitot et reeevaient ses ^loges ; tous deox attachanl 
leors noms k ces beaux voyages dont l*fitat favorlsait fai 
publication , de mAme qu*A ces hmombrables et noovellea 
esptees d*animaox dont le Mostem s^est enrich! par leors 
r^tes. M. Gahnard est peot-4tre, de ces temps-cl , le seot 
voyageor bomme d'esprit qoi ait en le don de plaire aox 
maltres dogmaliques qoi profitalent de ses d^converies en 
les dassant et les d^nvant. II montrait tant de d^renoe 
poor les systtoies d*aotrol et one tdle indinsdrence k fUre 
pr^valoir ses id^es particoH^res, qne lea acadtoiicieBt lea 
plos sosceptibles ne voyalent en hii qu*un ambassadeor poor 
leors amoors-|)ropres, qo*on d^Mgo6 de leor gdnle. Ceptn» 
dant 11 airiva on moment ob , firt^ de Duniont d*Urvllle 
encore plus qoe des voyages, M. Quoy r^eohit de resler 
s^dentmre et d^en revenir k sa chalre et A son bOpltal 
de Toidon. Ce fat pour M. Oainard Poceasion d*on graad 
ennoi et d*one sorts d*embarFBB. 

Cependant, rhomme d'esprit vtet an seeoors do savant trop 
i«ol#.On^iten 1837 on 88, M. Mol^ ^H pr^ident do 
consdl, et M. de Rosaroel mioistre de ki marine; ce mhiirtre 
conoalssait M . Gaimard, et renddt jostice k son caracl^ 



GAIMABD — GATTE 



77 



condliaai etii ses difHirents uMtet. Or, k T^poqne donl ■oat 
parlooft, Qn iD^Uit une e&p^tion Ters le Nord. LouU-Plii- 
Uppe avait k Unioigiier de sa reoonnaissanoe en?eri una 
feuune respectable TiTant dans ees coDtrte et doot U avait ra^ 
llKfSpitalit^ dans Pexil. Le roi lui destinatt une pendule de 
prix. Ce fut k Toccasion de oette mission personnelle qu*an 
▼ojage de d^uTertes ftit dddd^. Louis-Pliilippe lui-m€aie 
eo tra^ llUn^raire. Une commission sdentifiqoe Ait akm 
compost, etM. Paul Gaimard en fut nomm^ president. 
On loi adjoignit, selon ses vocux, MM. Martins, Robert, 
X. Marmier, le peintre Biard et M"** Biard, MM. V. 
Lottin, BraYais , Beralet, sa?ants firan^s ; et d'autres sa* 
rants, danois, suMois, norr^giens et lapons: MM. Laesta- 
dios, Kroner, Doe, Tahl, Boeck, Blayer, Gyldenstolpe, LU- 
liehook , Sunde?aU , Sil jestrom , en toot Tingt laTants sons 
ses ordres; dix Frangais et dix strangers. Cette acad^mie 
Toyageuse, qui ne se comply que peu k pen, de rojaume en 
royaome, fut embarqute k boti de La Beeherehe, OMrette 
ditjk cfl^, dont le capilaine Fabfie arait le comroande- 
ment. On visita successivement les lies Ferro6| Hammert- 
ksi, le nord do Spitzberg , puis llle Cberry et de noofeao 
Hanunersfest,d'o6 la conrette se renditk Brest, pendant que 
la oolonie safante explorait la Laponie. M. Gaimard acoom- 
pagpa la correttey et paasa k Paris le rigooreox hiTer del839. 
L*ann6e snivante, les saTants strangers, qui ayaient eux- 
mteoesiUit^ on instant leor patrie, durent se r^unir du IS au 
20 Join k Hammersfest , rendex-Tous couYenu avec M. Gai- 
mard. Pendant tela, BUM. Brarais et Lottin a?alent ^tabli 
k Bossekop, dans le West-Finroark, plusieors ob^er? atoires, 
soit poor Tastronomie, soit pour le magn^Jsme et la m6- 
ttenrfogie. On recueOlit de nombreux ^cbantUlons de plantes 
el d'animanx, k peu prte de toutes les classes, productions 
jnsqoe Ik presque inconnues, et dont Tlnstitut fit grand 
broit et le Museum son b^n^ce. L'exp^tion fit au Spits- 
berg des observations dont quelqoes-unes semblent en di- 
saccord avec oelles de Saussure, Humboldt et Gay-Lussac. 
On remarqoa que la temperature s'^levait au lien de dimi- 
Boer, k mesore qu'on s^tioignait du sol. Qoatone experiences 
tuceessivesi solgneusemenl faites, donnirent dea rteultata 
semblables, et tons contradieloires des lots ^tabUes : par 
exemple, la temperature ^tait de 18 degr^ centigrades au- 
dessous deo k Itfurface du sol, elle n'^alt plus que de 14 
d^r^ au-dessoos de k 60 metres d'^ration dans Pat- 
mospb^ ; ce qui donne en eflet 4 degr6s de cbaleor en 
plos. Ce r^sultat inspira qndque 6tonnement k rinstitnt, 
qui ^Tita d*en parler. Gependant les tbermomktres dont on 
le serrit talent de M. Walferdin ; de plus, etafin d*atteindre 
plus positivement lenr but, lea sa?ants dn Nord s^^talent 
nmnisde ballonskgax bydrogtoede2 k 4 mktresdediamktre, 
btlkMks qu'on dlerait daiis Tatmosph^ par un temps calme, 
at aoxquete on appcaidait des tbermomktres de Walferdin et 
des tbermomklres k index de Bunten, serrant k se contr6ier 
les UBS lea autres. On prit aussi la temperature des gei ser s. 
N. Gaimard se r^ser? a personnellement les obserrations 
physkfues et morales sur Tespkee humaine. U etudia Pin- 
flocBcedu (rold sur la stature de lliomme et des animaox, 
conune auni aor lea dlmensioDs dn erkne; dierdiaut k dteou- 
Trir sil existe quelques correlations appredablea entre cer- 
tains arrets de structure et la somiue de IlntelUgence on 
radivHe dea Instincts. H fut d'aiUenra cnconrag^ par des 
saraBts de premier ordre, accueilli de toutes parts ayec dls- 
tinelkio, memo par des tetes couronnees, decore dea ordres 
de SoMe et de Danemark, et les poetes de ces contr6es 
gladales sortirent de leur letbargie seculaire pour le (Mer un 
aoment. Ce voyage ceikbre eut cependant son maufais 
tHe, comme tant de dioses de ce monde. M. Gaimard se 
BHMitre si genereux avec les sarants ses cooperalenrs, que 
les gonremants dealers trouv^rent scs depenses cxoea- 
dres. Ce sarant eat mort ic 10 decembre 1858. 

D' Isidore Boormmi. 
GiilN. Ce mot se dit en gendral de tout profit que Ton 
fire de son traTail, de son iudustrie; U est oppose k perte. 



On appelle encore gain les benefices par les Jen x de b a- 

sard, lesparis, I'agiotage. Entermesdepratiquey^ain 
de ead$e se dH du sucete obtenn dans la poursuite d'une 
affaire litigleuse. On appelle gmm nuptUmx tide survie 
les afantagea qui out lieu entre epoux au profit du surri* 
▼ant On appelle encore gains de survie tousles avantages 
qui se stipiilent entre toutes sortes de particoUers au profit 
du surrlvant. 

GAINE, etui d'un oouteau , d*on poignard, d^une paire 
de ciseanx : on appliquait mkine autrefois le nom de gatne 
au foorreao d*un sabre , d'une epee; de Ik les Yerbes digai' 
net, rengatneTf employes encore aiqoordliai dans cette 
aceeption. 

En arcbitecture , une ^ofiie est une espkce de support k 
baotear d*appoi, plus large da baut que du bas , sur lequel 
on pose des busies : quand la gatne et le buste sont d*une 
senle pikce, on leor donne le nom de terme, 

Gaine eat aussi usite dans les sciences naturelles, pour 
designer, en botaniqne, une espkcede tuyan que la base de 
certaines feuiUea forme aotonr de la tige ; en anatomie, cer- 
taines parties qui ont pour usage d'en contenir d'autres, aux- 
quelleselles senrent d^enveloppea, telles que its gidnes de 
I'apopbyse stylolde, de la veine-porte, etc. 

GAINIER ( Teeknologie }, oovrler qni lliit tootea sortes de 
galBes,d 'etuis, pour desooutetnx, des lunettes, dea 
instruments de matli^natiqnes : 11 y avait antrefoto k Paris 
on corps de metier de galniers, fourreliers et outriers en culr 
bouUli, etabli |iar one erdonnanoe de 1813. 

GAINIER (Bofonfgice}, genre d'arbres de la fkmOle des 
papiUonaoees, ayant pour caractkres essentiels : Calice k cinq 
dents obtuses; carkne k deux petalea dlstincts ; ovaire pedi- 
cnie; dix etandnes taegales, fibres; gousse algae, trks- 
aplatie ; graines presque globuleuses ; embryon au centre d^m 
endosperme cbamu, les fleure de ces arbres se dereloppent 
par fascicoles sur les brancbes, les rameaux et quelquefob 
iestiges. Aprte ellcs, naisaent les feuilles simples, nerruiees, 
Gordees k lenr base. 

Le gainier coninniA (cerd< siiiquastrum, Linne) crolt 
dans les contrees meridionales de PEnrope, et dans la Tor- 
quie d'Asie, particuUkrement dans la Judite, d'ok lui est yenu 
le nom ^arhre de Judie, 11 s^eikre k plus de buit mktres. 
Cost un des plus beaux arbres qu*on puisse culti?er dans 
les Jardina d'agrement ; mats 11 redoute le froid. Ses fleurs, 
d'on rose pourpre ecUtant, ont une sa?ear piquante; elles 
senrent kosaisonner les salades, ou sontconfites au Tinaigre. 

Le goMerdu Canada {eereis Canadensis, Linne) , tuI- 
gaiiement bauion rouge, est plus bas que le precedent. Ses 
lleurs sont d^un rose plus pAle. 

GAINSBOROUGH ( TnonAs), I'undes plus ceikbres 
paysagistes anglais, ne en 1727, dans le Suffolkshlre, k Sud' 
bury, dereloppade bonne beure son reroarquable talent pour 
la peinture eteut ensnite pour mattre, k Londres, Gravelot. IF 
fut Tun des membres dela Sodetd royale des Arts, et mourut 
k Londres, le Saoftt 1788. Ses portraits se dlstinguent par la 
plna firappante reasemblanoe. On cite snrtoot cenx des diYert 
membrea de la fiHDiHe royale, dn compositeur Abd et de 
raeteor Qirin. Ses plus beaux paysages sont : The She- 
pkrn^e Bag; The Fight between lUtle bogs and dogs ; The 
Sea'SkoreHihe Woodman in the storm, he p\M ceikbre de 
tons eat The Bhto Bog, qui ome la galerie Deronshire, telle 
pebite en oppodtkm deckle kbi manikredesir Joauab Bey- 
nokto et dementee fidorleuse dins cette Intte. 

GAIT£, aotrefob gaMi, not derire de gandium, 
Joie on joymiseie (du gree y«Cm, rfiOlM). La gafte depend 
du caractkre, du temperament, de rbumeur (humour des 
An^b); la joie pent n*etrequ'nne affeGtion passagkre. Or, 
queues sont les conditions physlologiques qui donnent, 
rokme en permanence, un careclkre gai, malgre lea drcon- 
stances les plustristesTC'estd'abordlasaQte,oo lebien-6tre 
corporel, ^tat qui resulte eminemment dn deTeloppement 
expansif de la jeunesse, et de raecroisserotnt de tons les 
etrea. Yoyer. lea jeunes animaux ; iU ne songeot, aprks setre 



GAITti — GALA 



^8 

liieD repas , qu*li Jooery paree que les fonctioiis, dans T^* 
•fance , s'op^ent avec facility : Ic aang drcole avec liberty, 
4a nourriture se i^paod dans le corps : la vie heoreuse, sua 
toucis f 8*^panouit oomme les fleorft sous les rayons bie»- 
laisants du soldi ; on ne r^ve qu^amours, plaisirs, espoir; on 
aavoure le nectar de Texistence. La oomplexfon sanguine , 
Jeune, encore spongieose, dilatable, danslaqoelle fennen- 
tent la chaleur et la vivacity , aTec des organes neu&» son- 
nies , sensibles , conUent one source in^uisable de gatt^. 
<2tti n'a pas tu , au milieu des combats, parmi les latigoes, 
le d^nuement complet, les priTations et les souflrances, la 
^t^ fran^ise se faire jour, par un bon mot ^lectriqoe, dans 
les rangs de nos- jeunes consents, Toler de bouchc en bou- 
elie, ou Plater dans ces refrain^ joyeox qui trompent la 
4ooIeur pr^nte? Qui ne relit avec attendrissein«nt cesgais 
|»ropos faisant tr^TC k nos discordes ciTiles et dtennant 
tout h coup P^eute? 

De tous les peoples de la terre, aucun n'est aussl gai 
peut-^tre que le Fran^. L'ltallen est plus bouRbn, le 
Crec plus fin, Tfispagnol est s^eui ou grate dans sa folic 
m^me. Mon-seulementlajeunesse est naturellement riense, 
cbaude, sanguine, insoociante, mais toutes les causes qui 
procurent des dispositioqs semblablcs d^yeloppent la gatt^. 
Ainsi les passions expansiyes, Tan^our, le d^ir, Tesp^ance, 
entretiennent cette ardeur juT^le ; ainsi , des bo is son s 
eicitantes ou spiritueuses , prises avec rood^tion, rallu- 
ment le feu de la Tie; ainsi, les plaisirs de la table sans ex- 
€^8 r<k:liaufrent ou rajeunissent Torganisme ^is^ de fatigue 
et de travaux ; ainsi« le sommeil, r^arant les forces, appelle 
au matin le contentement , la joviality. De w^ant , tout oe 
qui dissipe les longues pensto ; toot ce qui torte les toui^ 
mentfl de TaTcnir ou Tambition dhme baute fortune et de 
Tains bonneors, amine le oalme saluiaire de la gatt^ dans 
l*6conomie. 

Ce n*est pas la dplendeur toi^ours en?lde ei p^rflleosedes 
irtoes , ce ne sont ni les f(fttes des palals enTironnte d*6dat 
et d'embdches; ni les festins, suspects de poisons; ni les 
jouissances sem^ d'inqui^tudes oo d'assasslnats, qui apel- 
lent la galt^. Oil elle nalt pure, sans Jalousies, sans efTorts, 
€'est sous rhumblecabane, apr^ un trarall rustique ; c^est 
au foyer modeste od cuisent des aliments simples et r^pa- 
rateurs. Voyex quelle galt^ bruyante , quelles joies inextin- 
guibies daus les gulnguettes oh le pauvre secone ses bail' 
Ions , et dans ces fMes Tillageoises oik se mdlent la Tieillesse 
et Tenfance, od souvent les plus iudigents sout les plus gris. 
Sans songer au lendemain , Us mangent. Us boivent, \\» dan- 
sent, Us se gorgent de ?iandes et de Tin , puis Us s*endor- 
roent lieureux. De m^me, les nations pauTreset laborieoses 
des pays froids Tlyent joTiales; les peoples riches des oon- 
trto cliaudes sont mdancoliques. J.-J« Vibct. 

GAIT£ (Tliatre de la). Ce th^tre, le plus anden de 
tous c^x ^u b ou 1 CT a r d do Temple , y fut fbnd6 en 1700, 
pai Nicolet, sous le titre de Th&Ure des grands danseurs 
du rou Des danses de corde, des tours de saoteors et d'6- 
quUibristes , deyaient toiijours faire partie des representa- 
tions, qui se composalent, en ootre , de grandes pantomimes 
et de petites comMies do genre boufTon. Taconnet, adeoir 
de ce spectade, y ent longtemps la fourniturc presque 
exdusiTe de cette demise sorte de pieces. D^gag^ , k 
r^poque de la r^Tolotion , des eotraTes qoe iui imposait son 
priTil^e, il fut, aprte la mort de son fondateor, exploit^ en 
1795, par Ribier, qui Iui donna d*al)ord le non de TMdtre 
d^imulation , pais oelui de ThMre de la GaiU, qu(*il a 
con^^d. Kibierfut reroplac^en 1796 par une administration 
d'adeurs soci^taires , k laqueUe soocMirent la direction do 
com^ien Mayeor, eosuite celle de Martin et de Coffin- Rosny. 
€e fut sous cette demiire, Ters 1800, que Toil y Tit les 
premiers ro^lodraioes, dont le genre sombre contrastait 
singuli^emontaTec le nom inscrit ao firontisplce de la salle. 
Le tli^tre n*en prosp^ra pas moins sous la seconde admi- 
nistration de Ribier, qol TaTait repris en 1802. Le succte fou 
^ la groteaqoe fteie du Pied de Moutan fut pour Iui une 



de oes bonnes fortunes pea commones dans les fkates dxm - 
matiqaes. Trois ans apris, Ribier, Toulant mettre en mctkm 
la liible de La lAce et sa compagne, et se pritendant pro- 
pri^taire do thMtre , perdit son proc^ aTec les bMticrs do 
Nicolet Bourgoignon , gendre de ce dernier, se chxrgieM dee 
fonctions de directeur, et, en 1808, fit reoonstmire la saUe, 
qoi menacait mine. Sa mort laissa, en 1816, cet ^tablisse- 
ment aux mains d*une directrice, M"^ Bourguignon, sa ▼eave. 
DMd^ en 1825, die fut remplac^ par une administra- 
tion compost de Gullbert de Pix^r^coort, 
d I'adeur Marty. Laf^rgoe, GroTfai, Mb«* Bourgeois e4 
Dupuisdaient ses prindpaux auxilidres. Un disastre 
les demiers jours de cette administratation : le 3t 
1835, pendant la r6p<$titiond'une fterle, des ^loupes 
mto oocaslonnirent un bcendie, qoi consoma tout VuM' 
rieor d le mat^d de la salle; die fbtreconstroite la mteie 
ann^ par les solus de la nouTdle direction. Le tti^Ure de la 
Galt^,' on le Toit, a eu depuis 1789 presque autant de goa 
Temements que notre bientieurease patrie. Ooajir, 

Ce fut sous la Erection de Tadeur Bemard-L^n que 
le tb^tre de la Catt^ rouTrlt en noTembre 1835. Cette di- 
redion ne M pas beoreose , et en 1837 le boron de C^> 
Caopenne obtint Tautorisation de r^nir sous son sceptre 
les tli^tres de TAmbigu et de la Gatt^. Cette tcntatiTe n^ecit 
pas plus de succte. Au bout d*un an, le double dirccteur se 
Tit forc^ de remettre son priTU^e de la Gatt^ k MM. Mob- 
t'gny et Meyer, dontl*admfnlstration traTcrsaleslmmen- 
ses succ6s du Sonneur d$ Snint-Paul et de la Crdce d€ 
Diett, Apr^ la r^Tolulion de F^Trier, la Gatlfe ferma en- 
core, puis rouTrit en 1849, et Til Tun des grands siicc^ 
de notre ^poqoe, celui des Cosaques, En 1862, la Tieille 
salle de Nicolet fut d^molie, aprte aToir obleau one in- 
demnity de 1,800,000 fr., et rebAtie dans la radme ann6e 
deTant le square des Arts et Metiers, Le genre de reper- 
toire ne changea pas; on augmenta seulemeat la richesse 
des costume, et des decors. Son plus grand succ^jusqa*i 
present a dt^ fe Rol Carotte, deM. Sardou, ]oa6 en 1872. 
I GAIUS. Quoiquc Gaius ait joui d'une tr^haafe r^ 
' potation , c'est ccpendant un des jurisconsiiUes roiuains 
que Ton connatl le n olns. Une opinion, qui paratt fond^, 
I 6Ublit qu'U serait n6 sous Adrien, et aarait ^cHt aont 
I Marc-Aurile. On en est done r^nft k des conjectures sor la 
biograpbie de Gaius ; mais son m^rite d sa renommte soot 
consacrte par une constitution de Valentinien III , qui k 
place au nombre des cinq jurisconsultes dont 1^ ^rits 
doivent SToir force de loi. Gaius s*est rendu c^ldbre surtoat 
par ses /nifi/tt^es, qoe Justlnien a copito en grande 
, partie dans les siennes. Pendant longtemps cd important 
ooTrag^ ne futconnu qoe par ce qoe nous en poss^ons dans 
le Brevlarium alaricianum, et par diTers autres frag- 
ments. 

C'est en 1816 seulement que NIebubr d^u\'rit les Trales 
Institutes de Gaius dans un pallmpseste de la blLUotli^ue 
du chapitre de Tyrone; d la connaissance de cet ouTrage a 
eu pour rfeultat de d^truire une foule d'bypotb^ses phis ou 
molns ing^nienses, hasard^ par les saTants au sqjet de 
riiistoire du droit remain^ d aussi de jeter un jour tout nou- 
Toao sur bon nombre de questions rest^ obscures jut- 
qu*alors. Les Institutes de Gaius ont ^t^ imprim^ d'aprte 
one copie qui a ^t^ prise par Goeschen, Becker et Bethmana- 
HoUweg. On y trouTe one pr^flice de Gcesdien, dans laqqeUe 
sont d^taUK^ les drconstances de cette d^cotiverte. 11 y ex' 
pose rdat et Tanciennet^ du manuscrH, ainsi que la mani^ 
dont il a ^t^ d^chlffr^. E. de Chabbol. 

GALA. C*ed aux Espagnols que nous STons emprunt^ 
ce mot II a dans leur langue plusleurs accepUons. Dans la 
ndtre, il signifiait autrefois, ou un Tdement riclie et somp- 
toeux , dont les grands sdgneors se paraient poor les fetes 
00 festhis de la cour, ou mtoie ces festins d ces fMet« seole 
acception que nous Iui ayons conserTite. En apercetant tlaoi 
la mise de qudqu*un plus de recbercbe que de ooutume 
\ Doas disons famUi^rement quH est de gala. Loi chrod-' 



GALA — GALANTERIE 



79 



qatnn franftis n'aMigneDt aucane date prfeise k Tadop- 
tioo de ce mot dans notre langiie; U est pi^somaMe Depen- 
dant qoll a M imports diez nous par let Castfllans k V^ 
poqoe at lea corns de France et d*Espagne entretenaieot de 
frtqnents rapports. Lorsque, par eierople, Cbaries-Qoint, 
maltre du Brabant etdo Halnant, At demander k Franfois I*' 
la permiKion de traTcner la France poor s*y rendre, U 5 
ent, sans doote, ^rond gaia k la eour poor c^l^rer le pas- 
sage dn sonyerain espagnol. SoiTantles^ymologistesespa- 
gnoby gala est synonyroe de grdce, bon air; il est pris qael 
qoefois ansai poor le profmium, la recompense dteemte au 
nteqneor. (Test un joar de gala, disent les EspagDols, poor 
SHintx le joor 06 Poo e^l^e la Fdte-Dieu, la naissance, 
I IVteement des roia, refnes, princes 00 autres personnages 

de distinc tion. V. db Moufoii. 

; GALACnTE. Les aneiens min^ralogistes dMgnalant 

, iOQS ce nom une sobstance pierreose k laquelle ils recon- 

[ lalssalent la propri^tA de (aire prendre k Teau qui la tenait 

m dissolotion nne couleur laiteuse; de U , ce nom de go* 

lactUe d€tM de t^^> 1*H. La galactite, qu*on rencontre 

m Saie, en An^eterre, en France et en SuMe, k des prot 

fondeurs yariablesy od elle forme des couches plus ou molns 

eoDsiderablea , n^est autre qu^une espto d*argile smeetiqne 

ou terre k foulon, qu'on emplole au d^graissage des laines 

et des draps. Cette substalice est opaque, teodre, |iresqne 

friable, graase an toucher et m^iocreroent pesante. Berg- 

mann, en la aoumettant k Tanalyse, a trou?^ qu'elle se com- 

posait de 51 parties desflex, is d^argile, 3 de chanx, 0,7 de 

magnMe, 3 de fer eC 15 d*eau. 

GALAGTOlitlTRE ( de T<fi>a, Y^^«ctoc, lait, et \^ 
tpov, mesnre ), instrument propre k faire appr^cder la qualit4 
do lait d*api^ la proportion de ses ^ments. Le lait est 
pur quand le microscope n*y fait pas d^couTrir <iautres 
corpuBculea que ces globules perl^ qui composeront la 
cr€me. Cest le eontraire quand il 7 lUt aperceroir des 
paiticales moqueuaes ou pumlentes. On peut done appr6- 
ier les bonnes quality et la richesse du lait, aolt au moyen 
do microscope, soit par Panalyse clUmique, ou en mesurant 
simplement en quelle proportion 8*y troore la erteM, 
que composeni ces globules en forme de perles que le mi- 
croscope rend aenslbles. Si Ton remplit de lait un tube ffndu^ 
en cent parties, II est hdk de mesurer la richesse de ce 
Wt, en oonstatant comblen de degr^ la crftme oocupe dans 
ce tobe. Or, fl a 6te experiments que ie lait de yadit , sur 
eeot parties, contlent de dlx k Tingt parties de cr6me ( d'un 
10* I un 5* ); le lait d*Anesse, nne ou deux parties seule- 
eieut, et le lait de HBrome, trois parties sur cent, s*ll est 
de bonne quality. Le galactom^tre arrive au mtoe but en 
dooaant la density du lait : son principe est le m^me que 
eeloiderar^om^/re Apoids conitant. On Ini donne 
quetquefols Ic nom de phe-laii, aussi impropre que ceini 
de pkesel qu*on applique k d^autres areom^tres. 
GALACZ ou GALATZ (On prononce Galatsch), la 
teeoode Tillede la Roumanic et son unique port, dief-lieu 
do eercle du mdme nom oude Koyarlul, snr lariye gauchd 
do Danube et sur les bords d*on 1 tc , cnlre ren.boacbure 
do Sereth et celle dn Pruth , est une yille ouyerie et mal 
UUe.ayec deschanlicrs de conslructi)n, un etabllsse^ 
iMrt de quarantaine bien organist, un riche bazar, etune 
population qui depuis un demi*sfMe s^osldleyeede 7.000 
babitantsik 80,000. Commec*est k Galacique commence 
bt nayigatlondu Danube ayec la mer, ou du molns comme 
bt oavigation maritime ne remonte gu -re t>lus haut que 
BralUi, en Valaehie, situ^ k quclques myriametres au- 
dessos de Galacz , il en r^snlte que celtc yille est k bien 
dire le principal port du has Danube, *de m^me que le 
gnod entrepot du commerce maritime de toutes les con- 
tra qu'arroae le has Danube. La coropa^ie du Lloyd 
ialrichien entretient un senricede bateaux ii yapeurentre 
Qakcx et Constantinople, desseryanten mtme ten^psles 
lUtions intermMiaires de Tutcza et de Varna. L'ouytr- 
tare dn cbemin de fer de Tcbemayoda k Koustendji a 



I 



contribu6 bcaucoup k d6yelopper le commerce de la: 
yille. 

Au mois denoyembre 1769, les Busses livr^rent Itataille 
aux Turos sous les murs de Galaci. Le i*' mai 1780 Us 
prirent cette yille d'assaut; mala le 18 aoOt suiyant , com- 
mand^ par le gSnSral Geismar, ils y essuyirent une il^aite. 
Le 11 aoOt 1791 les pr^limin^fres die la paix entre la Russie 
et la Porte Airentsignes k Galacx Le 13 maflS)! les bStai- 
risleft grecs s*y bat^rent ayec les Turcs, qui le lendemain ,. 
command^ par Joussouf-Pacba, tocendi^rent la yille et flreni 
un borrible carnage de ses habitants. Le 10 mai 1828 les Bus- 
ses renqKMTt^rent encore sous les murs de Galacx une nou- 
yeile yictoire sur les Turcs. Occupy par les Busses lors- 
qu'ils eurent enyahi la Moldayie en 1853, cette yille a ii&^ 
^yacnie Tannie suiyante. 

G ALAM ( Betirre de ). Foyes Elas. 

GALANGA) racine aromatique, que Ton troupe dana 
le commerce, et qui proyient du maranta gaianga, plante 
de la famille des amomto, congfote de celle dont on ro- 
tire Tarrow-root On yend cette racine en morceaux 
longs de dnq k huit centimetres et de un i dnq centim^tres- 
de diamitre, cylindriques, souyent blfurqu^s, d*un bnm* 
rougeAtre ext^rieurement, marqu^ de lignes fnngto, circu* 
laires, blanches. Leur int^enr est d*une couleur fauye rou- 
geAtre, d*une texture fihieuse pen compacte; leur odeur 
forte est analogue k cdk du oudamome, et leur sayeur est? 
piquante, aromatique el trto-Acre. On peut comparer le 
galanga au gingembre, qui lul est gin^ement ^t€fM. 

GALANT. Get adjectif a une signiUcation diff^reute 
quand il prMde ou quand il suit le substantif homme : un. 
galant homme est un Lomme probe et honorable; un 
hamme galant est un homme qui suH les lots de la ga* 
lanterie. La licence des morara pendant la r^gence et le 
rigne da Louis XV n'empteha pas quelquea hommes de se 
iistingner par leur galantetie : une fenune de la sod^ dn 
dernier prince deConti, ayant d^shr^ le portrait de son serin 
dans nne bague, accepta que ce prince lul en lit le pr^nt^ 
k condition qu'aucune pierrerie n*omerait ce b^ou : d^u- 
yrant, aprte I'ayoir reipi, quTun dianiant en recouyrait la> 
peinture, die le dtoonta, et le renyoya au prince, qui,. 
Payant fidt pOer, en saupoodra le billet quil lui toiyit. Une 
autre femme ayant empruntd poor Longchamps une ca- 
Itebe k certain yieomte, qui en ayait deux, odui-ci, qoi^ 
les ayait d^JA promises, en fitacheter une troisiime, et la. 
lul enyoya. On trouya que le prince et le yieomte ayaient 
Md galanti; car ni Ton nl I'autn n^taient amoureux des 
femmes pour lesqnelles lis faiaaient ces d^penses. 

On appliqua loogtemps T^pHh^ de galant k certaine ma- 
ni^ de sVxprimer : quand le fiU de W^ de Grignan, en^ 
reyenant du ai^ de Phihppsliourg, 06 n s'dtalt distingu^, 
^criyait k sa m^ : « Quel aera mon bonheur de me trouyer 
k Tos pieds, de balser yotre mahi, et d'oser aspirer k yotre 
ionel » on dit qu*il afait donnd un tour galant k cette- 
phrase. Le maltre de M. Jourdain trouye le petit dishabilU 
qoe porte aon ^l^ye pendant aes lemons tout k Uxi galant. 

Les hommes et les choses ont pu retirer quelque avan- 
tage de cette d^si^ution; mala elle a toDJoars fl^ri lea* 
Csmnes. Dint ses Dames galantet, Branidme ne noua 
point que des tenmes perdues; et Ton ne d^signe eocora 
sons le nom dnfgmme galanie que cdle qui est entitea- 
ment ddshonor^ La Bruyire et presque tons lea dcri- 
yains qui Tout prMdd ont employ^ substantiyement le nom^ 
de galant pour celui d'amnnl ; les filles du peuple en pro> 
yince et dans les campagnes appellent de nos jours lliomm*- 
qu*elles abnent leur galant. Ea tout, le mot galanterie el 
ses 4Mfi» sent un peu surann^; et c'est asses aonyenl" 
ayec ironie qu'on Ub emploie encore. C^ nn Bham. 

GALANTERIE> yieux mot trtu^aie^ qui exprimaitan-^ 
trefois une politesse k regard des femmes, si attentiye, ek 
exqulse, quil eAt m possible de la eonfondre ayec I'amour^ 
dont die emprunUit les formes, si ramonr ne r^senrait paa 
I m seal objet des sentimenU dont la galanterie n*a qnt- 



rappareaee. Oa ne troure guire trace de galanUrU dans 
I'antiquiMI : la Bible, les liTres d^Hom^re, montrent des 
lionmes passionn^, mais point gaUmU, II eat probaMe, 
oependanty qu'i toutea les ^poquea les bommea niraul 
dam leurs rdatlons ayec les fenunea qiielqiie cboae da dooK 
et d*affectueus; inais ils leor accordaient alora pInlOt de 
la proteetioii qoe dcs bommasea. C'est de r^tabllasemeia 
du christianisme que date celte pitii pour la iaibleaie, 
qa*uiie ddicatesse gi^n^reose d^gulsa spoa dei formes ti<* 
gantes : c*est lorsque la religion eut ^t^ moralement la 
ferome k la hauteur de rbonune, qu'il crvt pooToir, sana 
d^roger k sa dignity se d^vooer poor die. Le culte de Marie 
op6« une revolution en faveur des fenunea, non-aeole* 
meot parmi les clu^tiens, niais encore cliei les nationa qoi 
les combattaient; car on salt que la guerre utoie icbange 
les ooutumes entre deux peuples. La tIc retire des fenunes 
dans rantlquite ne motire point leur d^ut de galanterie^ 
pulsqu*on a decide que c'^taient les Arabes, dont lei barems 
ont toujours ^t^ Impto^trables, qui en avaient donn^ les 
premi^i^ le^ns k TEspagne. La raieur, les connaissances, 
Tesprit tif et piquant de ces Orientaux r^pandaient sur 
leors actions one grftce que Ton s'empressa d'bntter ; k leur 
eiemple, on donna des hit$, on Ufra des combats en l*hon- 
nenr des dames. 

An temps de la cheTalerle, un goerrler (alsalt tow 
de galanterU autant que de braToure. Non*seulement 11 
devait aToir une dame et lui rester fid^, maia fl lul lallait 
encore etre pr^ k les difendre toutes, et ne m^^re d*au- 
cune. Les countVamour, que ]» troubadours ont lant 
o<^l6brte, n*aTaient €iA institute que pour Juger de sem- 
blablescas ; et lenrs arrets, dont noua ponMons des recuells, 
prouTent pen dindolgenee poor les conpables eo iUt de 
gabuiteri9 : H y avait quelque cbose de noble dass ee res- 
pect poor dea m^resy des spouses, des maltraiaea, Mres'quf 
n*ont pas la force d*en exiger. Mais la galnnterU ^exag^ra 
aes devoirs, quand elle se erut obligee k sati»ftdre les ca« 
prices et les impertinences des fensmes. On fit des hommes 
Changer lemr cuirasse centre une jupe, et combattre ainsi ; 
en en vit d*autres employer leur fortune en tonrnois, afln 
de r^Jooir les dames d*nne province; enfln, quelques-nns 
poussftrent Jusqn*i Tidolltrie la dddrence et les ^itb que 
les damea sonten droit de reamer, et B CaAut distinguer la 
^aianfeiie de la courtoisie, qui ftit toijoors mesur^. 

Plus tard, la galanterie cbangea de forme. Le mot eut 
one nouvelle |acception, quand U s*app|{qaa an liberti- 
nage : Francois I*', Henri IV, ne se bom^rent 
point k ^tre galand^ qnoiqu'ils ambitionnassent ce titre. 
Le pooToir aux mains d*une fomme ranima fesprit de ga^ 
ianterie pendant la r^gence d^Anne d*Autriche; cbacun 
toit frondeor on royaliste , selon qu^ plalsait aux dames 
de sa soci^U. Quand la guerre fut ^teinte , les pastorales de 
dllrf^, lesromana deScuderi, etla carte du pays de 
Tendre, gfttirent un pen cette renaissance; puis Louis XIV 
joignit k la galanterie one liberty de mceurs qm n*avait 
rien de common avec lea sentiments de ceux qui la profos- 
aaient primitivemenL Ainsi d^natur^ la galanterie fot hientot 
dMaignte; et la crainte d*£tre appel^ galant poussa les 
bommes Jusqu'& la grossi^t^ ; dans les cercies, lea femmes 
pamrent lea ennuyer, et ils s'en doign^ent Dans les 
lieox publics, fls abus^ent de leur vigueur pour s^roparcr 
des roeilleures places , et manifestftrent k haute voix leur 
opinion snrlabeaoM, lalaideur, la vieillesse', les infirmity 
des femmes, qn'lls regardaient d^daigneusement : c^^ait 
alijnrer toute galanterie. Nous ne dirons point que les lia- 
bitudes des camps achevdrent de nuire k Tesprit de galan- 
terie en France, puisqu^il avait pendant si kinglemps foit 
partie du caractdre militaire; mats c'est au ro^lange de 
Ibutea les classes de la soci^ qu*on a da sou andantisse- 
«ient ; car la galanterie n*est que le rteullat d*une 61uca- 
iion distingu^, de mani^res dl^antes, ou dHme bont^ et 
d>uie douceur si paruiles que la nature en fait rarement 
les lirais. Ce qui resie ae galanterie en France ne s'appelle 



GALANTERIE — GALAT^E 



plus que poUtesse, C*est souvent si pen de eUofte, qoHl as 
vaul pas U pehie d^en parler. Om m^ BmAuu 

GALAJNTHIAS. Koyes GAuimou. 
GALANTINE, tenne de eharcuteiie, corto 4e m^ 
fait avec de la ebair de cocben de lait on de dimtaft, flle., 4^ 
sosate et laid^ Aprte avoir bien itehawM vncodMiide la^ 
on le disease; on leeooviftd'uneki0lracoiicii» 4« heem 
Carce de viande assaiaonnte; on aead sur oette Canoe «bi 
rang6edelardonadeJaniboB,anede lard, une de tnif1iBS,aBi 
de Jannea d*iivili dura ; on eonvre encore tons cet InHoai 
dampen de tluoe ; oo route le eochon de lait, as ajanl aeit 
de nepw dtenger tea lardooa; oa renvelopp^ de bnsdei 
de lard et d*one ^tamine I^te; on te scare fort eTec de li 
llcelte, eton tefaltcuire, pendant trois beures, ar^^motSi 
bouillon, moiti^vin blanc» ad, poivre, radom. oigpans, 
un bouquet deperall,cjboole,6fbaIotte8, ail. girpfl^, tlijB, 
teurier, baaiUc, etc Quand il estcuittOn le Ula«e refroidir 
danaaa oilaBon, et on teaertfiroid,nour entremets. To^ea lei 
antrea espteeade galantines ae conlectionnent deoi^ne. Poor 
en (aire une dedindon, on te flambe, on le vide, on le d<6toaa^ 
et on proc^ absolument comma pour te oochon de laiL 
GALAPAGOS ou GALLOPAGOS, et encore Ues des 
Ttnrtueip archipel sito^ des deux cot^. de r^qoefeur^ entre 
le 70* et le 7&* de longitode oeddatate , et d^^peodaot 
de h r^blique de TEqaatenr, dans rAm^riqoe da 
Md. n aeeooipoae^ outre on grand nombre d^ilotn, de dii 
grandes ties, dont AtbermarU est U plus Importanle, et 
oouvrant ensemble une superfiote de 117 myriam^tres car- 
r^. Ces ties sont foutes d*origine volcanique ; Albenoarle a 
dnq volcans, dont to Norborough^ sitii^ k rouest, el proba- 
blement te plus considerable de tout le groupe, est lort ac- 
tif. Le nombre dea crat&res ^teints s'tiive k plus de 2,000. 
Ceshnmenses erat^res, soulev^ hnm^atemenf d.is pro- 
tbndeors de rOc^an, tee masses ^normes de lave notre qui 
aur beaocoup de points des c6tes forment des rocliera extr^ 
mementitev^, en m^me temps que toot pr^ de \k I'Oc^n est 
telteroent profond qu*on n^en trouve pas le fond, donneot k 
ces ties le caract^ te plus sauvage et le plus fmposafll. 
Bien.qu*fiolgntadn continent des4 myriam^res seulement^ 
te flore en estd%me nature toute partictili^e, comma aussi 
les poissons, les ofseanx et les amphibies, et, malgr^ one 
situation iquatoriate, priv^ de coidenrs ^atantea. Snr les 
180 esptees de pUnte<( qu*on y a recueiUies, 11 en est too 
qu^ou ne rencontre sur aucun autre point du globe. Les 
euphorbes et te borrerte sont les plantes qui domiaeat 
dans lea valines; et la pelexte, le eroton et la cordia, cdtes 
qu*on trouve le plus oitlinairement dans les baates terres. 
Sur 26 espices d^oiseaux qu*y rencontra Darwin t A 7 ^ 
avait 35, mtoie les mooettes, qui tout en se rapprocliant 
beauconp dn type am6ricain, pr6sentaient des carect^res 
tout particuliers. Les tortues qu*on y rencontre en trte-grand 
nombre, et qui sont vraisemhiablement Tespi^M la plus grande 
qu*on conmdsse ( testudo indiea), pisent de 2 li 300 kilo- 
grammes, et sont excellentes k manger. 

Lea lies Galapagos fureot dioouvertes au seizi^me sMcte, 
par lea Espagools; mate ite ne s*y ^ablirent pas : et phis 
tard dies ne fUrent plus visities que passag^rement par des 
flibustlers on des pteheura de baldnes. Depuis tS32, te 
rdpubliquedel^Eouador enapria formellement possession; d 
te entente qu'on y a londee poor servir de lieu de deporta- 
tion oompte aujourd*hui quelqucs eenta'nes dlndividus* 
GALATA 9 faubourg de Constantinople. 
GALATfiEf une des 50 tiltes de Ndr^ d de Dorfs , fot 
te plus bdte des nympliea de te MMiterrante. Ainsi que tes 
Nir^ides, ses sofurs , elte ne connut Jamds les flote saa- 
vagea de TOo^an. Son nom vient du grec y^« » Idt : Tli^ 
crite , Ovide , Y irgile , ^uis^rent aur dte toutes lenrs m^ta- 
pliores. Comme elte se jouait dans les Hots transparente de 
lamerde Sicile, tecyclopePolyphime en devint d ^prif 
que dte ce jour, incessamment asste au sommd de rEtoSi 
il en perdit le sommetl , te rdson d sa i<^rodt^ La nym- 
plie , insensibte k ses tourments, enivralt de ses divines fli- 



GALATEE 

an bcrger, le bal Acis, qo^anjoury le gtent jitoax 
teriM tout on f|iiaittor de U?e amcM k TEtaa. Dans m 
iMwIitiott , GAlatte chaagn ton amint en one sooroe Um* 
pide. La GalaUe de VirgMe a tuivi le eoon de la dTiiisation : 
4aiif ritalie impMale, eUe est deremie nn pea coquette ; 
eee deox cbarmante fen, ei connas, font aoorke Tamaot et 
le lecleur : 

Malo ne Galatea petit , laaetra poella { 
St fogh ad lalieci , et te eapit aote videri. 

Galatte M aassi, sekmd'andens historiens, la flile d'an 
voi oeUe ; elle fat almie d'Hereule, qui la rendit m^re 
d*on Ills. DsravB-BAROir. 

(MaU$, en astronomie, est le nom donnd k une plan^te 
tileseopiqae, d6eooTerte le 29 aoAt 1862. Son exoentii- 
dte est trta-prononoie. 

G ALATES. Koyn GiLAtiB. 

GALATIE on GALLO-GRfeCE. Dans I'antiqaH^ on 
donna le nom de Galatie k one contrtede rAsie Mineare, 
d*ini6 eztrtoie fortitit^i qal confliaftlila Paplilagonie, an 
Toyamne de Pont, k la Cappadoce, k la Lyeaonle, k la Blthy- 
nie eC ^ la Phrygie. EUe 6tait habits par les Gaiates, me- 
lange de Gfecs d de Ganlols on de Celtes; de III le nom de 
GallO'eHee qn'on lui donnalt ^ement, de mteie qoe ses 
Imbitants dtaienl an88id^sign6s sous celui deOa/lo-6rect. An 
trolaitae aitele avant J^. , dinnombrables hordes de Gaa- 
lolSy parties de la Ganlesoas les ordres d'nn chef qoe ies liis- 
toriensd6s%nent sons le nom de Brennus, tandis qoe oen*6 
tait lA qne le litre mtaie ( laiinUi ) qoe oes bartares don- 
naieol i tears cbeft oa prfaioes (oi celte Arvnn ), envaliirent 
la Grtee, etpoorsalfant leormarche derastatriee, s'empar^ 
rent de Bynnce ainsl qne de la c<Me de la Propontlde. Vers 
Tan 278 avant J.-C. , lis flranehirent lUelletpont li la de- 
manda de NieomHe, rol de nthynie, qal Toulat les opposer li 
Z^p^t^Sy son frte ^ son concarrent au tr6ae. Us lul donn^ 
rent la Tletoire» et ce prince leur abandonna poar prix de 
leiin aenrlces la Troade et toule la partte septeatrionate de 
la Pbrycie poor s*y fiter d^finitivement Pins tard, Fan 228, 
Attale I*', rof de Pergwoae, tes refoola dans le toritoire den- 
ies dflimitations ont ^ indiqate pliM haot 

Ln eonstittttlon de la Galatie demenra pareroent aristo- 
craliqoe, oomroe die Tetait i'roriginey josqu'lt ce qne les 
dooza tHrarqueM , qni partageai^ot le poaroir souyerain 
aree on sfoat l^gislalif compost de trois cents fieUlards, 
rendiaaent lenis fonctioas bMditaires. Alors Tan d*eax, ap« 
pd^ DeJ ot a r a s, prit, atec Tappaide Ponp^e (an 38 avant 
S4}. ),le litre deit>i. A samort, lacoaronnepassali Amyn- 
taa; i&als les Roraains s*eniparftrent de ce royanme dte Tan 
2S» eft le rMuisirent en dmpte protinee. Sous te rtgne de 
Tbtedose, cette proTince de Tempire Ibt ditlste en Galatia 
pHma» doni Ancyredait la capitale, d en Galaiia secunda, 
avec Peesinonte pour chd-liea. Cmt U qoe se troaYait, en 
ran 53 d ensoite en I'an 87 de notre ktt, Tapditre saint Pau I, 
doDt rone des ^res ed adresste aux Galaies, 

GALATZ. Foyes Gaucz. 

GALAXIE9 nom que les astronomes donnent k !a 
Toie laet^e, d'aprte les Greos , qal rappelalent YoXaCCac 
xuiXoc (oerde lact6). 

GALBA (Sonrns Solpious), emperaar romdn (dejuin 
88 k }an?ier 89 de notre ^), naqolt d'une fiunilto distingo^ 
ran & avant J.-C* U eier^ atec bonneut les charges de 
coBSol k Rome (an 32) d de goarenieur en Aqottaine 
toot Tib8re» de Germante sons Cdigatey d'Afrlqae aoas 
Ctoode, en8n, it partir de Pto 80, de la Tarragonaise soot 
fISnm. D^k, k la mort de Caligola, ses amis lai avalent con- 
leillf de s'emparer da trftne ; mais il demenra fidde k Claude, 
d obtint jdnsi tonto sa faveur. En Tan 68» Jallos VIndex, 
qui %mk\i soolev^ k la t^te des k^ons gauloises contra 
H^roa, Tengaget encore k se faire proclamer empereur ; mais 
Ce ne Alt que lorsqu^il sut que N^ron avait d^cki^ oa 
QMcty qull ae soulcTa ausd contre lai en qodil4 de Idgd 
in people remain dde ses Iribuns. La nooTdle de la mort 
Mcr. Dt u ooNTEaa. — t. i« 



— GALE gt 

de 19«ron fbt m8me senle to dMder it Tenh* I Rome prendre 
possession da tr8ne qoe les prdoriens lul offraient. Gdba» 
au Ilea de d^oyer I1iabilet8 dont U airait donn8 tant de 
preures dana la premise partte de sa carri8re, se bdssa 
gooTemer par dnadignes favoris, d s*ditea tes espriU par 
dImpoUtiques ades de rigneor. Ced aind qnH sdrit sana 
pitte contre cdlea des villes d*Bipagne qui aTaient hi6ai\6 k 
se declarer pour lui; d qoe lea prdoriens lul ayant r^elamd 
les largesses qu*on lenr aTait promises oi son nom, n ren- 
dit: « On empereur cbofsit ses gardes, One les acbde pas. » 
Mot coarageux, mais qui ne conrenait go8re k r^poqoe od il tI* 
ydtl En mftme temps son avarice te renddt odieux au peoploy 
dcehii-d ne tarda pas ii regrdterN^n, quldamoins lui don- 
ndt des fttes d des spectacles. Les l^oni campto an fond 
de te Germante sommirent les prdoriens de choisir un autre 
emperenr : Galba cmt ddonmer od orage en adoptaot Pison 
d en le d^ignant poor son sueoesseur; mais par cd ade il 
blessa profonddnent Othon, goaremeor de te Ludtante, 
qui n*aTait paa h€A\i qudques mote aupararant it se pro- 
noncer en sa fayenr, d qui attendait de lui te r^mpense 
de I'appui qu^ ayalt pr8t^ k sa cause. Othon n*ent pas de 
pdne II ponsser k te r^rolte les prdoriens , pour qui Tadop- 
tlon de Pison n'aTdt M Toccaaion d'aucune tergesse; d te 
ts jantler 89, remperenr s^^tant rmdn au Forum pour apd- 
ser ce dterdre, Othon I'y fit massacrer. 

Galba dalt nn bomme dou8 de rares quality : on I'dkl 
toujours cm digne de I'empire, sll n*y (ftt Jamate arrir^. 
« n d^Toila, dlt Ifobly, un secret fhneste aux Romdm^ en 
montrant qu'un emperenr pouvait 8tre da dehora Rome. » 

GALBAlVUMy gomme r8sfaie qui d^coote des difarses 
partfea d!i bubon galbanumf plante de la temille dea om- 
bdlill^es. Le galbannm se rencontre dans to commerce, soit 
en larmes, soit en masses. H ed stimulant d tonlque. II 
entre dans plustonrs preparations officinales, tdtes qne le 
diascordiaro, te thiriaque, de. 

GALBE (de lltdien garbo, bonne grioe). Ce mot ed 
fort en usage pamd les architades, les acolpteurs, pour de- 
signer les contours plus on mdns henreux du profil d*kine 
coupde, d'one stdue, d*un Tase, du mt d\uie cotonne. 

I GAL£* Ce mot a deux dymologies : ea//ti«, durete, ou 
galla^ nododte Y^gdato prorenant de piqAres dinsectes. 
Paimi les nombreoses maladies de te peau, te gde ed une 
des mohis redoutables d des moins rebdles k te mededne. 
C'ed une maladle acddentelle, qui, une fote gu<rte, ne se 
reptoduit pdnt, d ne laisse aucnne trace risible, outre que 
le sang n*en conser?e aucun lerain. Certahiea mdadies do 
te peau supposent parfote de reprehensibles habitudes on 
des intimites coupables. II n'en est pas de m8me poor te 
gate ; U soffit de toucher te main d*an galeux poor contrac- 
ter aoi-meme te maladie : d qui n'est pas expose k de Idles 
approches f C*ed meme te un des dangers d*une linmear par 
tn^ debonnaire. Le aeul contad d*un objet louche par un 
gdeux peat lui-mtaie communiquer te gate. Ctti ahid qu*tti 
rapport da dodear Safy, Bonaparte, dora dmpte com- 
mandant, gagna la gale eo saidssant le refouloir d*un 
brsYe canonnler, toe sous ses yeux au siege de Toulon. 

La gde ne conslste qu*en de petltes Tesicules roses i lenr 
baM, transparentes d terminees en pomte k leur semmd , 
qui restent cacheea dans le pli des jointures, entre les doigte 
ou vers les aines d tea aiaselleSi Ces petites pudules n'ont 
rien de desagreabte k Toell, d les crodtes qui leur soocMent 
sent II pdne vidbles. Presque toojonrs d'aOleurs dies sont 
plaoees de manMM li ne pas denoncer ceux qui les portent : 
dies epargnent constemroent le visage. U est Yrd que le 
prurit cause par ces eruptions porte frequemment les gatenx 

II se trahir. Ctsi un teconYenient sans doute ; mate te deman- 
geaison elle-meme est li pdne un md , souYent m8me c'est 
une sorte de plalsir. 

U gale est assex facite k guerir, d toutdbte on ne i'8 
pas laissee trop s'etendre d s*lnYderer; d sons ce rapport 
ausd dte ed prtttrabto lioDe Amto d'antras matedtes de te 

peau, aflecttoM tenaees, qne tone les effbrti date mededne 



M^ 



HALE —GALEN 



MptnrtaMil pit tooJomvilUie dl$9m»it. hm mof mig' 
&t fo^ritoa aom memeUte^iaiples} Qa wftmi liw^lM 

Uae dernMfe conaid^ntte k ^U^fKer «b Amv «• te 
9^6, 4;^ qu^dle nelftlneiittll^teii^iprta tilbi^qmk^ifm 
poisse dirt te p0Mf fwrrto, qvA l«tniK*a>A«ta^4«t 
U i^poMiM de mdreiMatttelef et dtffiMn Utov ■»• 
dreomtaact ^ni doil msuereeus^iaeligyefMniiit^ 
firayer^ ifest .^'«He n'oflta weoii ^Mfer |MWPl»fto» el 
^'ordkwIraiiMBt, ette n'tppoite McaM stee •ntiMiiiil' 
mentseta^obHgelttticair^gliMu ' i 

trw«e» tmrt temoiide eat d^amord ivli ««BUiloir 



gaW; c'eat no fait ttwma^ de tovCe nXiqfMi 
dont maioteiuuit 00 eoiuudtlft ouMeL Le pov^voi ^ 
ment de cette traoanoJaaopi ^'mtt p^monae^^ ta»Mlni)tr 
le ainiple contactt eat on ^ Tha^ty im inaeole saM-^dlai 
( racor<i« scabiei). Ceat eel Miaeele, •utrenenfrdft mp* 
cop/e da TUomm^ qui prodpit U "r^rieule d» 1* gale^'et 
ftse aon domicile dana on anion ^acM qui l^?oMiie«l Ini 
eatafMranl. Aocondec^nttHtt^ enieberoMracaro* 4Ma 
la Tactile m^Bie ( AUbert oi VitfX), ae font tUMifC «i use 
main imprudente ae met^ conta<^ aTeot}^4te glAeM, 
aosaiMt quelquea-nna de cea ioaeetea qaltt«U tear ancian 
mattre pour le nottrean* et ToQit'la gale traaamiae^ Cat in- 
aecte a M minntieaseaient dteril piBur^nelqiMa obaerfataom : 
« Ceat na Ter, dlaent-ils, dont la i^ira appraobe de aelle 
d'ane tortoe, de coolear blanohitra, le doa d^aaa «aataar 
on peu plua obtKSure, gamf de qvdqaea poila1oaga«^tnia« 
(ina; le petit animal montre beauooup ^ tWaciti dma^aaa 
moaremento; il abuit paftea, la t£la poiataett oroide 
petitea oomea on antenbea k reitr6niiU du maseau. Vin- 
aecte aMntrodnit d'*abord aoda la pean par at tMe aiga^ ii 
a^agUe eosuite, rong^nt et fouiUent comma ane taapa, jua- 
qn'lioe qn*il soit enti^rement caeh6 aoaa P^iderme, ot^ ii 
aait ae creuser'dea eap^cea de cbembia tooateria^ ettdaa MWtea 
aootemdnaa d'un point ^ ua antre. » Vail^ ana deaaripHon 
()ien complMe, et qui n^a pit fitre faite qne d^apr^ nabve^ 
Ce n*est paa toot encore; on a aurpri^ rinae^te k aa naia^ 
aance ; on a to raoama pondre an oMif blanc da figare «bl0n« 
gue comme ua cBuf de pigeon. YoiU ce que dea natiiraliatea 
rlignea de foi affirment avoir tu^ de leura propres yeni'tu 
( avec un microscope toutefoia). SI d^trea mMaetaa on 
i.ataraiiates tout aassi dignea de fol n'oat pu troufar Vata*' 
rus; a*ila I'ont cberch^ dix^ Tlngton cant Ibia aana qieiae- 
voir mtoie le boot de aea comes, nona awna dit k qaoi 
tenait l^insucc^ Au reste. peu importe le ftilt oa ladoata, 
car Pacania ne change rren an trailement de>la gala id k 
868 dangers. Rien de plua certain toutelbfa qae Teyisteoee de 
Vacarui , pulsqu'on salt que les nigrea de la Ouadeloope 
et quelquea fcmmca coraes out le d^ de fextralre deaon 
sillon, aTeola &m pointe d\ai6 aigoHle. 

Quant au traitement de la gale, \on la go^lt preaqae bn- 
manqnablement avec lea toplquea aoufrte : pommadea, sa- 
yens, baina, fumigations, etc. L'buile depfttrole/^tendn^ . 
sur la partie nialade, s'emploie aussi comma im exeirtlent 
moyen. Le aoufVe^ lea alcalia^ le mercore, dea corps hui^ 
leux oil graissenx les essences aroma(i<tue8 de myrtey de 
lavande, etc. , voHli les baaes pHncifmlea de looa lee traite^ 
ments eflieaces. Or, de pareils aiiocte sent confirmiKift de 
l*existence de racaroa. Ce petit animal en olTet aa eaorait 
tivre Sana respirer, aana respirer par dea traeh^« Mama lea 
Insectea : il^est dto lors fort naturel que le meroore la tee, 
qiie le soufre Taspbyxie, connne il &<p1iyxfe tant d*aotita 
animaux ; naturel que lea corps gras lul ooupent la lespirl- 
tUm eomme aux courtil teres ou tanpes-grillona» Diipuytren 
gu^ilssaii la gale avec des lotions faifes avec une solution 
de 124 grammes de potasse dans 750 grammes d>au, ayec 
addition de 16 grammea d*acide anlfnriqne. 

D' Isidore Doutiood. 

Gale se dit aossi d'une mala<lfe dea v<^<}tatix, caracteHale 
par dea ragosltea qui iT^l^vent sur IVeorae des braocliea, 
aur les feuilles ct sur lea Cruits (voyez Galle). 



^#MjB*<Saalu#|inaiBtt pliilila|aa il 
DfriBeartov, danaieiraribsbM^4aiaia/iTaK 
ndaadea paeqaaa t M dMta dNtt 





i iSaiMdia. AMMl* ^ ift 

.^^ ^- "^r^ 1r 11*11 nai > f irmUnii , iliniaii ia 
eiar-aaa^ fi 7 daiaai '^aelqBei4iM^ 4ai Haaanc 
diatia8adidarAi«MaRa.UaMtada Gak le 
BMBhia da ta 806M6 mala da Landra^ dowt a 
phia laid oa daa aacoitataaa baaaiaia^i. Ma. JTmrn iCTe 
oaMmdi daaad ana pNbaada i IVgliaa da 
ia9la««ii«aBia leilo)FaBBtt dTfafki 
^aialaiiat^pUiaaarbie^ paMa» iMH^aa, aoar 
riena eBBkaaaaa-iaat avaa la mdoaa aadaor at la 
cild.rPafrifcsaaa. aaamaa / biMmii aopaaa, Ir 
pablii. aaaa 'ca >«iaa e -l|(M0aAi mptMogtem, 
ffkfiUa (OanAridge^ ta7t^ !»«•). M 
dea^ pytbagOfteiaaa , U li^ d^fiamlaa' « iaa 
boBMrtqaaa.. Ma-'ViatflMedillaaidrApriMDa^, d* 
da HaMBieatf^FaithaB iaa, alat, aaaa te Ikra-s IKtAwte 
»$Micm Bt Ht Hm rm awN ji ifc ^ahii% i Paris eai ie7ft » 
aoftaaHatt ftil aii m p ri Bi f a liLoirtiai d^ taid. £a 
aaate p«nin&t ki Oa imAkB JtMansi ae^itli, qvl ne^ani 
paa^pvMaioieaUaaaialaaia €iMiiaa< Mala aaltar Aaapa- 
bUeatiaaada-fialaqaiaaanawiflaadladlaatibMoBknihiqi^ 
UiplBirgVHMlaiBinflaaa'lat Faatma dlMMIqw^ J>e 
I^fti€m», MfffpHanmk AoaamonaaMota^a IVattifsir^ 
a aa o6 <iw n t dja ianiwi e m a.dn awfeii^ia t id ^i ap d l, la le- 
en^l Jl4i<ari» ^»$Ucpmm Scrtpionu yalafaia <Omtari, 
iftM) lyUa uttiaaaeadiaaaetf, fiia oarieax aoaoffatc JNf- 
k)rimSrUamt^mh StuftmiemfAftfUh-DaiiiemSeHpUtrts 
jtt< im ki< w iOitoai» te»i>..gpala< par tana aaa tHmaix 
d'eoaaigBflBMaUt ^aritiqae, ia^oyan dnrofk moiirat, en 
1709^ <daaa aad^a paarataae^, plaaat da aea voanlitaax 
diaoipla»«^4alaal !» mnadaiifaat. lUntta. - 

GhLt; Mffcsaaa Mlglae da geara ayviea jm^^rm 
>iAi;'L.), ^al piwm erit appeUe aiyHa Mttorrf, ^ a la irti 4e 
Bra$tmi,U iMefa<aa boHaaa 4 la'liaBtear d^a aiMra. 
etlai6raaBe)i«r1'baaiirarematlqaaqttV(ibaiaat aaa fosKlea 
larsqttVte lea fVataw eMra la»4bi|^ La galft ciatt an Ba • 
rope daas lea lieax aoarteagaax. baa Saedoia eka naCleDt 
daaaleifrMmpenr laldoDaarplai da aaveori aaPa- 
logna, on l^en^aiajKNtrdMraira la^eradna daa-toaa- 
peaax. • 

OAUfiASSEy mha d'ane aapM de narim h im aeal 
pttttt; A'U^ialaata , et A ta oasa baaaa da nnwinSt V^ 
6Mteaaa8ge daM PAdrlatique, larliMitefranea^ A I'^pa- 
qas de la Maalaaaace, et qaedanalea batalias aaaalaa ^ 
metfirttA l%tBa^gBtd^ paree^qa^ ralsoa de kar teaaao 
lea eonaid^rait, nous dit un bMorlea de la marfaiaf aomne 
lto'eAoiii)>laai de Varmiie, O^Ataieat en eflet lea pins 
gitads dea takaeaax latins. Loagaea et etiaitea aa pBD- 
perUoD'da laBrloagaettr, lee galAasseaaaaleBtlaanaAnies 
partMs et lea mAmea tnembrea qae lea ^aUret^ mais 
^talent d'nn tAera plus longnes, plua targea et plna hintes. 
A la poupeeA A la proue Ataient dispoaAea denz graades 
plades db Ataieat poaMa lea aoldataet l*artlUerle: U y avait 
en oalre une espAee derneau de coniaiva antaofaDt laut 
le narire A llntArienr, et ob aeteaaieatanasi lea eoldats 
pbur eambattre; lea borda iflfArleaia Atalent garnla de 
menrtHArea par leaquellea on dAcfaargealt anooiqaeta et 
arqaebnaea aairrenneml en Teatant APabri de aaa aodpa. 
Inutile d*alontereaas donte qafon ne veocoaira plna aa* 
)oard*bid de galAasAes que dans lea Tieaz reeaalla d'AS^ 
lampea conaaerAs A lliiatoire de la marble* Lemat^Miiitf 
' ft*eat maltttenu oependant, qaolque eorreBapa;etdaBales 
mers du nord ott appelle encore at^ourd*lrai9afiaMerea« 
pAce debAthnentsque nous nommons goileti04 

ThAogAne Pacb, tiM-«ttink 

GAL^Ey terme d*bnpi1merle,eapAoe deplaadieear- 

r^e , arec un rebord , od le cbrnposKenr met les Hgnes A 

mcsureqtt'il lAs 'compose <^oyea Gobposmmw). Pear les 

grandes pages, comme ccllc3 d?s Joarnaux , les grands Is* 



tma 



GALEN - 

Meant, etc., on'se sert'de gal^es A coulisses, qnroiltfifols 
reioitfs soail«fsqael8s%gage ^e pe^teplaiichetter^iec 
pQign66, 4iM f 00 ipeot retirer k Yolontd, 

OALEGA f g«9re de plantes apparteiiant k la fomfllt 

d^ 16g^iiieci8€S papilionaoies. Le^ v^taiaqul te torn* 

pmmt iMmt ides herbes vlvaces , qui croissent fiato^Ue- 

«Mtit tern P^tirope «i6riAoaale et le Levant. Veap^ la 

^ss TOnarqoaHe est U gal4ga of/Mnai, ^\ atteiQt iine 

iMNilenr d^nA m^ oa n^^me daTaotage, et doon* des 

^^H ManeM , (foekilielbla dhtii b)6a p4te. CMt one 

lifante l-MUqoe' ei trte-TigOttreose, qui palatt desttote 

A fimrnir on abondaiit fourrage. II y a entre eUe €% \k 

ionme one graaidp aoatogie; m^Is le galdgi , n%yaiit pas 

aiielMi|(M iBclaepUoUttt^. u^ pas besoia d*im6 terre 

aoisi profoddc dI aussl ehoisie pour ae clftYeioppef ; ette 

«rott* peo prto partoat, a'accommodede todte ecposition; 

tl p^ foBiBir, dte la 4n do maxsi, m. fiMittagii.liiidrode 

0* 30iO" K de loogocor. Oif pcutsenereiiUwtBOoboil, 

e^MpM^les eitrtaes ehatars et lee gel^es. Leaagronomss 

oeoU 0t qael^es utoateort connalssent, eli Frane6» le 

'^^il^a comme plaiite foiirragire, et s^eHTbrceDtd'eik r6- 

ftlndro iftoahure. (Consaltez GiUeC-Damitte, U CaiSga, 

nHintam f€ii^trage\ PaHs, i867, 1^-18.) 

G ALlEkV (CBtofopnt'BERiiiBDDB) , ivdaoe 6^ Monster, 

naffott k Bispiok ea WestphaHe, le ISoetoore 1600, d'une 

fe^HIe noble, et fat poorvd d^s TAgelde 16 ansd'un ca- 

oonScat dans le ehaplhre de Munster. A^Ss des^tud^ 

<e(ni)ii^eiic6eschWlesj6stifte8de ce(teTtlle,ipub€onliiintei 

^oooesslrembnt k Gologoe, k Ifayence, k (Li^e et k Bor- 

deaM, ft partidpa k la direction des alTalres de son pays, 

taiitot dans ies imbassad^ , tantdt dans fadmlQistration 

lotMenre. Le si^e de Mdnster dlant venu k Taqner, ee 

futsor Galen , promu tout r^ceniiheAt aux Ibncttoos de 

€r^80rier, qv^? se fllMnt les spffVages (r4 nOTerolMre 1650). 

La Tllle de Ifunstertefttsaltnon^seulemeotdereconnattre 

I^MDtit6 de son 6Y6qae^ ma^ in^nne 4e radmetlredans, 

aea mors. An inoment ott G^len se di^po^ajt k rinreatir, 

ceHe^'entamaaTec lui des pourparlers qui amen^rent^en 

1655; la conclusion d*ane convention^ Cepepdaot, loin de 

•'apiiser, rirrilalion des habitants centre leur^vdqqerson- 

vmin s'augm^ta aa contraire. La HoUande prit dut et 

cause pour la fihe da Monster, et lui consentit on pr6t de 

25,600 florins , tandis que I'empereur la menasait de la 

niet^ au ban 4^ I'Empire, puis faisall envahir, en 1660, 

I'^^ch^ par 1,100 hfMmnes de eavalerie. Ce ne fut cependant 

qne le 25 mars d6 Tannte suivante que put ^tre condu le 

traits relatif k la red^ltion de la ville. Une fois qu*il en fut 

redeveno ixaitri^ Bernard de Galen ne n^igea rien de ce 

qui twuTait lui en assurer la paiqible possesion centre Tes- 

pritturbulent des habitants. 

tia en 1663 administrateur de la c^l^re abbaje de Cor- 
rvj, Bernard d^ G^Jen Ibt cbarg^ par la di^ tenue en 
1654 k Ratifibonne de diriger conjointement avec le mar* 
grave TrM^c de Bade les affaires militaires de la ligue » 
ft partit ensnite avec la plus grande partie de ses troupes 
contre le'Turc De retpur bientdt aprte dans ses £tats, 
r^6que de Munst^ r^solut de tirer vengeance des nom- 
breoses insultes dont il avait &/& Tobjet de la part des Hoi- 
landals. II cpnclul done,' en 1665, avec TAngleterre nn traits 
par lequd, moyeimant nn subsidy consid6rd)le, il s^engagea 
^ porter I'efiectif de son arm^e k 15,000 hommes; puis il 
atlMida lel Pfovincea-Ubies par terre, tandis que l^Angle- 
terre les attaq;aait par mer. Aux termes du traits conclu 
le 18 avrfl 1668, sous la mMiation de Louis XIV , les l^tats- 
gtetenx s*engag^rent, il est vrai, k retirer leurs troupes de 
tovtes les parties de r^V6pM de Munster qii*elics occupaicnt; 
raais, de son cot^, r^v6que ()ut renoncer k certains droits 
de suzerainet^ qu*U s*^t|tit iirrog<b sur des portions de terri- 
toire en litige. Par consi^uent, le r^ult^t final de la lotte 
d^^ les plans e^ les e^p^rances qu'il avait pu former. 

AprH avoir arnialilement termini, en lOTi^undiffdrend 
aurtenu entre la maison de ftrunswick et lui relalifcment 



GALENE , ii 

k ribtey^ deCorvey, Bernard de Gal^ acd^a k un nouveas( 
> trails jcT^liance que lulprpposa la Arance cdntre leK Pro- 
vinces-Unies. D^J^ il avait remporl^ sur les Hollandais des 
avantages marqu^^ lorsqu^mie mena^ante diversion sur ses 
dertijiraa Tobligea tout k coup k (aire voHe-tace pour alter 
d^endjre ses propres £tats, envalds par les Imp^riaut et'par 
f ^leeteur de Brandebourg. Mais |^Ient6t, reprenant k son tour 
feffenstve, il envabit la Marche de Brandebourg, et^ agbsant 
alors de concert avec Turenne, gdo^ral en dief de Tahnte 
francaise, il s*empara en Westphalie de la plus gr^de p^'rtie 
d<B9 possessions de T^lecteur. Mais obl^ en. 1674, de'lever 
pr^pitamment le si^e de Cosvorden, ii la suite d'un Violent 
orage qui inonda son camp, il pr^ I'oreille k des proposi- 
tions d*arrangemeaty et s'engagea k re^tituer tobt le teiTitoiriB 
qu'li avait enlev^ aux Pays-Bas. En4675, U acc6da li la Ugiie 
fonnte par rempereor contre la France ; et on vit alors ce 
ecndoUifire mM agir avec aotant de v^eur pour le 
eempte de sesnouveaux alli4s, quil en avait d^ploy6 nagp^re 
au profit de la France. En apCtt de cette m^me annte, il 
conclut avec le roi de Danemark et avec l^lecteor de Br^ 
debonrg un taraitd dirig^ centre la $uMe, et par suite duquel 
ce Alt A bii qu*6chut la mission d'attaquer les ducb^ de 
BrAme et de Werden , alors d^pendances de la SuMe, eti 
quH garda pour lui. n envoya aussit6t un^ partie de sea 
troupes grossir Tarm^ irop^riale camp^ sur les bprds d,u 
Rhin et de la Moselle, tandis que le reste allait prendre 
ses qbartlers dliiver dans la Frise orientale. En 1677 11 signa 
unnouveau traits par lequel il mit 9,000 honunes A ladis* 
]>osition du roi d'Espagne contre la France, et 5,000 k celle 
du roi de Danemark contre la Su6de. L^occupation de la 
Friae orientale lui atdra une guerre de plus sur les bras; 
mais One consentit k T^vacoer, en 1678, que contrepayement 
(rune forte Indemniii Pendant les pr^rolnaires pour la^paix 
ourerts A Nim^gue, Bemaid de Galen tomba noalade A 
Abans, ^il y moarot, le 19 septembre 1678. 

GALENE. La gaUne^ ou mlfure de plomb^ est d'on 
gris m^tallique assex brillant; sa texture est lameUense, ce ^ 
qui lui donne la facoltA de se diver facilement; ses cris- 
taox sontordinairement des cubes tr^rdgullers; quelquefois 
cependant on tronve la galtoe cristauis<^ en octaddres , en 
cubo-octaMres, etc. ; roais ces formes ne sent elles-m6mes 
que des modifications du cube , dont dies d^rivent Cette 
substance n^est point mailable : un choc assex \6get sufGt 
pour la briser ; eUe se distingue du zinc sulfui*^ ou b 1 e n d e^ 
avec lequd on pourrait la confondre, par la propri^ti 
qu'elle a d^^tre ray^e par ime lame de couteau qui laisse sue 
la gal^ne une trace brillante, tandis que cette trace est 
sans ddat sur le zinc sulfur^. La plombagine, ou car- 
bure de fer, peut aussi se confondre avec la gal^ne, mais la 
difti^nce de poids seule sufGt pour la distinguer. La pre- 
mise est trois fois moins pesante que la seconde, qui ne 
forme pas de traits sur le papier, tandis que la pion^>agine 
y forme des traits d*un gris m^tallique. La gal^ne, cbaufHS; 
w on charbon au chalomeau^ se d^'mpose; le soofre qui 
entre dans sa combidalson se d^gage ; le pTomb entre en 
ftM^a , et se reconnalt aux caradiferes qui lui sent propres. 

La gal^ n*est Jamais pure, die cootlent toujours des 
mdaux strangers : ce sent Targeut, rantinioine d 
1* arsenic. La quantity du premier de ces m^taux estor- 
dlnairement assez considerable pour que son ex trac^n soil 
ayantageuse. En dfet, il suffit de 90 grammes d*argent par 
cinquante kilogrammes de mineral pour compenser let firaif 
que ntossite sa separation. Les variet^s qui en contieanent 
le plus sontoelles (pii out le grain fin et serr6 comme celui de 
leader, dont dlesontlacoulenr; en general, \epiomb suyta-^ 
dit strii^ doit cette propriety k rantlmolne qu'il renferrae. 
La galtoe se rencontre en (ilons ou en coudies considerables, 
«lans les montagnes primitives et .seeondaires, (brmees leplus 
MMivent de chaux carbonatee compacte. Sa gangue e^ttan- 
161 le quartz, la baryte suilatee, la cbaux carbonatee, la chaui 
fluatee, d qudquefois le silex agate et le silex calcedoine. 

(Test de tous les minerals de pi omb le seal qui soil ex» 

11. 



$4 



GALfilNE - GAtEaE 



ploK^ ptree que e'est le ml qui le trotrre ea quantiite soT- 
fisMtM. Sea prifdpilas minm sont en France edfes 4e 
Pouttaooeo, dans le d^partement du Finletto, de Saint- 
SaoTenr en Languedoe, de La Croii dans les Yoafea, de 
Vienne dans le d^ariement de lls^ ; en Angleterre* cellet 
dn Derbyghite. Les filons qui les eomposent sonl tr^nom* 
]»reiiXf et renfennte dans de la chani carbenaMe ednn)[»acte 
qui contient dea coquiUea fossiles; dans quel()Qes points, 
cet filoot HuMeai n^aroir aucune adherence k la masse 
de la montagne, et les suifMes en contad sont Inlsanies et 
mtae adroitantea. Qoelqoea min^raloglstes assnrent qne 
dte qn'on met cette singnlMre inbstanee k d^coiirert, die 
p6tille et bit una explosion^ qni d^tacl»e de gros morceaux 
de ilons; ee fait, asiea bien prour^, n'a pa encore Uouver 
d^expBcation. Ces mtoies filons contiennent aussi da p^trole 
et du biturae^astiqiier L^Espagne , la SO^sle et la Carintfafe 
sonl ^lament riobes en mines de galtoe. 

Sons le nom d'alqolfonx,la galtee a cBfMreafs osages 
dana riadiistrie. C. Favaor. 

GALEKUS» GALtimSTES. Fdyes AffABAPrtsTES. 

GALl^PITBfeQCJE (de yakfi, chat, et icmi, singe). 
Ce nom a ^t^ donn^ par Pallas h nn genre de mammU^res 
qni lessemUe d'one part am Mmuriens, et de Taatre anx 
chanfes-soaris. Ge qnl les rend sortdut remarqoabtes, e^est 
la membrane alifomie dont fls sont poartns, membrane qiit 
oonMDeneeaax edt^dn coo,a*^tead dans fangle que laissent 
entre enx le bras et Pavant-bras, palme les doigte, est en- 
anite soua-tendoe par les qnatre membres, qtd sont assez 
^no^, et passe de 1^ entre les pattes de derri^re poor en- 
Telopper la queue dans touts son Vendue. Cette membrane 
est pour le galtopithique comroe no parachute qui M 
permeti non pas de Toler (comme le eroyafent les naturs- 
listes qoi Tavaient nomm^ mM volant ), mala de se stfutenlr 
asiea aistoent dana Talr quand 11 veut s'^laaeer d'utt arbre 
ploa^lef^Ters ua autre qui Test molns. Les galteptth^ues 
appartiennent k TAsie et li ses arcMpels, sont nocturnes , 
se nonrrissent dHnsectes et peut'^etre de fnllts. On n*ett 
connatt encore que deux esp^ces, le gMopHhique roux, 
et le gal^opithkqm fforH, 

GALERE (MarinE). Les antiques nations de la M^ 
diterrante se lirraient d*kmnenses batailles natales. On 
comptait par centoines de mffle les aorabattants qui se henr- 
taient en pleine mer t eh bien , nous Ignorons coropl^lement 
avjourd'hui la construction de leurs falsseavx. Nous avons 
m£me appel^ paUrt le premier type de tears nsTires de 
guerre, sans songer quecenom-li, Inconnnaux anefens, est 
de la falurique des eod^t^ du raoyea Age. Les dr-Hvains 
grecs du Bas-Empfre et les Mstoriens latins des crofsades 
ont JeUi dans les tangoes modemes les mots goMias (grec 
moderne), ot gaiex ( basse latinlt^), dont nous aTons Ant 
ya2^ et enfin yoMia. La seale trace , mals tegltlve et dou- 
teuse, de cette apparition cbez lea Eomains se troure dans 
le distiqoe d'Oride : 

Ctt aiShi, sitqae. prccor, flavie tateU Mioerrc, 
Nam, el A picta canide oomen habet. 

Ainsi, la gaUre tirerait aon nom do casque (gtEtea), qui 
aenrait quelquefois d'omement k sa proue. Quo! qu*il en 
aoit, pour nousconformer k Tosage, aooa appellerons ga^ftt 
lea xardfpeoctot viitc des Grecs et les navt$ iongx ou rof- 
iratx des Romains. Les premieres galftres n'^talent que de 
shnpleft bateaux dtouTcrts, portent vers la proue et vers 
la poupe des planchers oil se placaient les soldats poor 
combattre. Les plus petitsavaient de chaque c6t6 dix rames ; 
la barque k laquelle C^aar confia sa fortune dans la nuit 
orageuse qui pr^cMa la bataille de Pharsale «tait de ce 
genrie. Les plus grands en avafent dnquante ; ilsne servaienf 
que pour la guerre ; lenr fond <^talt plat, leur carina pen 
renn^, la longueur de leurs c6t^ en ligne droile, efRI^ et 
tianc6i k l*avant et k Tarri^, mais resistant bien an choc 
des lames. On roettait un soln particolier dans leur oons- 
traction ; \h allaient k la voile et k Taviron, sortout k Pa- 



viron, car jansaia on ne eombattait sons ToOe ; jct ppv Jh 
rendre plus l^ers et plus maniablesj on les conslrQlsafl en 
pm et en sapin. lis avaient en longueur sept oa hidt . Ibii 
leur largeor, et tears dimensions 6talent d<itennin^ par 
rintervalle des rames; tear m&ture ^tait haute : ^le poctait 
de l^ngues voiles k antennes, qu*on sunnontai|.d*uiie voiSe 
l^^re quand la 1)rise soufOaft doacement sur les flota^ Poor 
donner plus de force k P^ron, ou bee en bofs HerH qpi 
armait la proue, on Tappuyait de deux grosses poolreti^a 
avant-becs nomm^ Spotides. Quelques-ons. portaient ^taix 
gouvemalls, fun k Uavant, Tautre i Tani^ Alom U^ aol^ 
fisaii de changer Iliiipulsion des rames pour qu# la. pcooe 
devtnt la poupe. tine ceinture entourait A renfori^t la 
rallte'; elte Servalt de point d'appoi aux bancs dea 
pendant la nuit, cea bancs ^ent leurs lits, et lean 
leu^ abri ; nous lisons dans YirgUe ; , 



4*k 






, |lini<i la<iTtfot 

Telle fut la g^^ primlUTC. Les Tbasiens.la couTrka^i 
d^un planclier. ou^pontysur toufe sa longuenrt lea raqamtis 
furent k l*abn, et Ton put y combattre de p&sd rersna. Sor 
ce pont on disposa un second rang de rame#i €i Too ant 
la birhne, puis, on second pont d^un troiai^ineraiig <i« ta- 
mes : ce fut la tririme ou trUre; ensuite la auiufrirdnie, U 
quinquirime ou penthre^ la sextirttne, Enun, pe priocjpa^ 
pouss^ jusqu*^ rabsardli6 par les Grecs, gjens de parade^ 
ametia Foctire de Memnon, la galore k 16 raoga de V^aU- 
trius Poliorc^, celled^Hi^on a 20 rangs de rameat el le 
palaiS Oottant de PtoUm^-PUUopator, i 40 rangs de raoMs. 
Cette multiplication des Stages de rameurs a ^t^ dddar^ 
math^nuitiquement impossible par quelques savants, qui oot 
donod un d^entitormel aux testes les plus ciairs dea aoteoi^s 
anciens. Sans douts, si les murallles de ces gigantesques 
galores avaient ^tddroites, ou rentrantes comme le soot oel- 
les de nos vaisseaux, le jeu des rames sup^eures eOt ^ 
impossfble ; mats Ihispectioa d^un bas-relief d^ Palestrine 
fait voir qa*& fext^eur de la muraille U y avait ua delta 
faodage en saflUe , oil se tenaient les rameurs : ainsi devenait 
possthle la manoeuvre simultante de toute lachiourme, 
sans que les rames les plus liautes fussent d4mesur4es;aeo- 
lement on avalt so! n d^armer de plomb la polgn^ de ces rames 
pour faire ^quilibre k la pelle. 

Mais toutes ces constructions colossales n*avaient pour 
but quelWentation; quelques-unes furent doolies sans 
avoir Jamais ^t^ k la mer. L'usage rdv^a Jes plus allies, et 
les deux grands champions de la MMiterran^^ Romains 
et Cartha^nois, peuples navigateurs et guerriers, donn^rent 
la palme k la trirdme : Tantlqaitii Tappcla le Talsseau de 
guerre par excellence. Essayons Icl de ressusdter cette tri- 
reme antique, ce Talsseau de ligne de Rome et de Cartliage. 
Immddiatement au-dessus de la nlate-forme infi^eore, qui 
servalt de base k toute la construction, ^tait la s^ntine (cale) : 
\k, comme de nos Jours, s*entassaient les vlvres, les muui- 
tions , les cordages el les voiles de rechange, et , comme de 
nos jonrs encore, IVau qui s*y hiQKrail €tait vid4e avec des 
pompes , car presque toufe cette partie plongeait dans la 
mer. Le premier ^tage de rameurs venait ensuite k quelques 

i>ie(ls au^essos de la llottaison ; son pen de liauteur (or^l 
es matelots k une position Inclinde, d*oii lui vint la d^omi- 
natton grecque de thalamos, lit, et aux rameurs qui Toccu* 
paient, le nom de ihalamites; quelquefois aussi on les 
appeiait koloboi^ rames *tronqu(^, parce qu'ils avaient les 
rames les plus courles. Mais dans les coups de roulisles da- 
lots, ou ouvertures pratlqu^ dans la muraille pour le passagi 
de ces basses rames , eussent M autant de voiesd^eau.: un 
manchon en cuir, clou6 autour dela rame et contre le bord, 
s'opposall aux envahissements de la mer. Le second ^U^ 
^ygo$^ dtalt occupy par Icssygites : leurs rames plus longuei 
ne gfiuaienl point la cliiounnc infdrieure; et quand on ns- 
vigiiait k la vollc , lis sautaiont sur le pont sup^rieur pour 
!i!der & la man<euviie des antennes et de cordages, lis €taieoJ 



GALfiRE 



d'liiie daiM sopMepre mn tbaUmites : arbtoDbane noat 
a tnmttnlt queiqaet termes m^risants dont Ut apostro^ 
pbalent ees der^nlers. Enfin, anr le troUi^me ^tage» ou le 
popt| tkranoif M tenaient lea thranites^ marios d^^ife 
(le raoUqait^; k la foU mateloUy soldaU » rameurs. S^ii £ai- 
lait Ubt TOgoer la ti!rime. Us maniaient lea ploa longs aTi- 
rooft; si I^on d^ployait lea YoUea, lis grimpaient le long des 
anteiDes; pub, dte quale CQinhat a^engagealt, Qs quittaient 
la rame et la corde , praialent le casque, la pUjue et le bou- 
cUer, repoussaient rattaque^ ou, les premiers et les plus 
agiles a l*abordage, ouTraient, k coups de hache, aux soldaU 
de la flolte, leurs fr&res d*armes, un cbemlu sanglant sur les 
ponts de rennemS. De leur courage et de leur adressc d^- 
pendrit souvept le sncc^ de la bataille; aussi le tUranite, 
(taimtfe matelot lemieux pay^ de tout F^ipage. S*n i 
a? ait qodqoe rteompense extraordinaire h accorder, c*^tait 
ii lid qa*on la rdservatt; le r^uUiqiie votaii un* couroDuo 
d^boooeorau thraniU'qfA tuprht on pendant le combat 
ayait ravitaOM aa trir^e d^s^pac^e. 

Sot le pont. Ten TarH^, ^tait fe kaiastr&mma\ csp^ 
de dmiette, oA logeaient les ofBciers, et par-dessus, un car- 
roiseoa trdne, ihr6n9S^ souventen drap d^or, d*oti le g(tn6- 
ral dirigeait la bataiHe, et d*ob le pilote gouTcmait le na?ire« 
Sur la prooe iT^etatt en outre une gu^te; pour prot^er 
le proreia, contre-maltrc diairg^ de la manoeuvre de Tarant ; 
la austf se fedait le matelot en yigie. La trireme rdunissait 
toutes les conditions qui rendent un narire propre au com- 
bat: aucone de ses dimensions n*^tait exa^^r^; die itait 
ladie 4 manoeuTrcr et I^^re h la course; elle poss^ait 
toos lesmoyena d'attaqde et de defense alors counus; sa 
prooe 6taif armte de T^peron ferrd et du rostrum tridenSt 
ou bee k trob polntea, pour d<!c1iirer et entr^ouTrir les 
flaoes db fennemi. Afln qu^une seule blessure ne Pexpos&t 
pas^e-iBftme k s^abtmer sous Tcau, on avait partag4 sa ca- 
r^e en on grand nombre de cases presque herm^tiqnement 
calfat^ : ainsf^ I*irruption de la mer dans sa cale ne pou- 
Tait fUrt que locale. Le long de ses mur^IIes s^adaptaient 
des tours mobiles pour les arcbers, des catapultes, des ba- 
tistes, en^ de guerre redoutables j au sommet de ses mAts 
6taient des plates-formes ou bastions d^ob les soldats fai- 
saient pleoTolr une gr^le de pienes; au bout de ses anten 
lies penddent des crocs, des grapins, des masses de plomb 
poor accrocber Pennemi et d^foncer ses ponts; enHn, sur 
les trfrteiesromaines, h la proue, presque dans le prolonge- 
ment de r^rare, se dressait un mat ou style perpendicu- 
loire; et ce mat portait le terrible corbeau de DuiHius, esp6ce 
de pont-Ievis dont Tune des cxtr^mit^ tournait autour du 
pied do mat comma sur on axe, tandis que Tautre ^tait 
attacMe i la tCte par une corde qu*on ladiait ou serrait k . 
volont^ selon qu'on Toidait lalsscr tomber ou relever le 
corbeau ; cette m^me extr^mit^ portait par-dessous une 
^Dome brocheen fcr bien ac^^, qui clouait deux navires 
I'uo k l*aatre, et diangeait ainsi le combat naval en un com- 
bat de pied ferme, dans un espace ^troit, ob la fuite dtait 
impossible. La trlrtoie pouvait manoBuvrer en combattant; 
ses thranttes couraient aux armes, et ses tlialamites^ k Ta- 
bri des traUa, la faisaiept marcher, car leurs rames, fort 
courtes et cadito sous les flancs ne couraient pas le dan- 
ger d*6tre couples on bris^ dans un abordage. Le seul 
avantage qu'ebt sur die la quadrir^me ^it de la donii- 
ner de toote la hauteur d*un ^lage | les coups de cette der- 
ni^ ^talent done plus sftrs et plus dangereux, et i*abor- 
dage presque Impossible, ce qui d^tcrmina Cartliage k 
fopposerk llrr^sistible valeur des Romaios : mais son poids 
^ rendaH diffldle k mouvoir, et la trireme finissaijl par la 
lahicre. 

Tons ces navires renfermaient de nombreux rameurs : 
oneneomptaH au moins cinquantc par ^age, et, pour ob- 
ieoirune grande vitesse, il fallait que les dforts de tous 
cttattronsfussent sfmultan^s, comme si une sculc volontt^, 
BO led bras, les eusscnt (ait mouvoir. Un pareil rdsuUai 
e%ait on long et p(!nible excrcice, ct cepcndant les au- 



M 

dent 7 anivalent : c*teK dioae admiftble qeede toir tone 
cesraowun s*asaeoir ensemble, easemble s'lndinersur leutt 
rames, ae r^ter en arrive et retomber tooa ensemble : 
une Toix, un cri donnait la roesure, tant6( lente, tantdt ra« 
pidOf aeloQ qu^on vouldt acc^rer plus ow inoina la mar- 
cbei souvent les notes d'une flbte mvquaiatfl k cadence; 
tous les avirojBs y r^poodaient en ptooi^Baitt i la fois dans 
l*eao ; le muslden ^talt TAme de la chiourme. ct ses aocoi^s 
faisaient oublier les ptoibles heures. Tel parut Orphde dans 
IVzpdditton dea Argonautas t rhannonie da aa lyre rempbV 
salt le navire et animalt les rameurs 3 

AceKttIt malo twdiit ioMoat Orpbcdt 
Rcvilgibai, tCBlsaqae jobet aesdre Itkoret. 

Telies 6taient lea trfateea dont Augoste fot fier, car il 
leur dut Tempire du monde k Acti ddk Blais aprte bit la 
marine d^ebut, el lomba si vtte que sous ThMoae et Cons- 
tantin la constrnction m^me des navires k trots rangi de 
rames dtait d4J^ oublide. Aux beaox Jours do Bal«£mpire, 
rempereur Lton i^tablit lea birteies': fl lea appda dromo^ 
nes, Ses auccesaeura lea abondonntoent, et leur aubstitnd* 
rent la tongue barque k un seal rang de rames, to galto, 
telle.que Tadopt^sent les V^tiens, telle ^*dle s'eat main- 
toiue jusqu*ao skK^le de Louis XIV. La gatifere hA le Tdaseau 
de ligae din n)oyen h^ comma la trirtoie avait €^ odolde 
Tautiquit^ En France, soua Cbaries IV, an dfstittguait la 
r6aU gal^$9 pc^tant r^tendard n^, et monU^ par le g6- 
n^ral dea gal^reai et la Pai^nne^ que montait le Ueoie- 
nantg^raL las ^aMaas de Malta » toujonrs en course 
conbre lea Muaulmana, leur faisaient redouter la Taleur desr 
dievaliera. cbr^tieas. Aodr6 Daria, le premier, mft phi* 
sieurs raukeurs sur le mtee avlron^ et eette modification, 
jointed Temploi du canon k la p!aee dea balistes, distingua sa 
galore de la fameuse aamlenne, dont Folycrate de Samoa 
avait donni le module. Louis XIV entretlnt dans la MMK 
terrap^ one flotte de galores s c*dtait one marine k part, 
qui avait ses allures en deborada la marine de baut bord. 
Son quartler g^n^ral dtait k Marseille; on y prodiguait nn 
luxe elMid % Tarriikfe de ees navires dait soutenu par des 
fcrmes du plus beau travail^ aonvent aertis du; dseaa du 
Paget. On y mulUpHait partoot ka basHrdieff sculpts, les 
moulurea dor^ les paviUonSi les banderoles, les flammes, 
les ^tendards; les pa? ilkma dtatent en taClistas avec tea armes 
du souverain brodto.en <»r eten ade; le carrosse et la 
tente en damaa eramoisi, garni ^ firangea et de cripines 
d'or.... Tout ce hixe a disparu, ct le navire ]ui*m6me 1^ 
snivi. La cdibregal^ du moyen Age n*exista phia guh*e 
que dans lea mos<^ ds saariaa t k pdne la retrouve-t-on 
chez qudquea natlona de la MMiteiranile, mala diform^^ 
et d^cr^ite oonuae la trace ^br^b6e d'une dtfiisation qui 
ii'est plua. . Th6ogtoe Paies, vsm-oim. 

GALERE iZoologie), Quand on navigue dans les mers 
des Antilles, on voit souvent flutter k la surface de Teau, au 
grd des vents et des ondes, un petit atre singulier : il n^a 
ni t6te, ni yeux, nl queue, ni pattes, ni ailerons, et pourtant 
SOB allure eat gracfasose; aa fstrma est edte d'une vessie 
daire, d*une traimparence mate et tyleuatrei cemme cdle 
de Topale; sa partle sup^enre est serolilabJa li una crate 
de coq; il la dresse au vent eomme une petite vofle. Est>fl 
sensitie ? Fort pen sans donte; mats quand on le toodie, on 
^rouve une sensation d^plaisante ; sea Hbres enighient la 
mabi; on dit mama qo'il dnanle parfola le bras d*nne ae- 
cottsse dlectrlque, et fait 4>rooter une sorte de brfthire. On 
ra nomm^ galire. H eat gto^ralement conaMir^ comma 
on zoopbyte de Tordre des acaiipliea hydrostatiquea, baM* 
tant les profondeura da la ner, et dou6 de la propri^ti6 de 
stouter des gai dont 11 rempUt la ?essie qui loi sertdebd* 
Ion pour^aea voyages. Tli^tae Page. 

GALORE (Caics Galeric8 MAxndANfja), cmpereor ro- 
main, eat un dea soldats couronnda dont le nam demeure- 
rait ignore sll ne se rattaebait ^la plus sanglantepersteulioc 
que la politique imp^taleait excroie centre la nouveHa ao> 



86 



GAL£R£ — GALERIE 



thteOame, « M dan let btittet det Dacct, at Cki- 
iMobriaady ee flMdav de troopeaax l Bowri di tt jeo- 
MMe^ mm$ b edotim de cfaerrier, me aaibitioa eflir^ii6e. 
Id cil le malheor d*oa ttaft 06 let lob a'oot poii^ fix6 U 
■■cceiiinn ea povfeir^. GiUrhii seraUe porter sor ion 
fh»t b Baniieoa ploiMb Ibtrbcore de set serf ioes; c*eit 
mee^tode fteitdoot b Yoix etl^ellirajaiite tttbregvd 
borribb. Leipilet ibifendinti dei Romabt erobntie Tes- 
§adt§fnj€nnqp9\0atinMfinceCiur,mM dcmiuiitb 
tnraon ^Armentarinu (prdeor dt troDpeam}. Coomie on 
booMBe qd bl affuDi bnottb de M Tb, Gtbriof pisie lei 
joora ^ bbb, el probosD dav bi t^iMna de b ooft de 
baaiei el ernideoaei of)^ea« Am wnittoB dci nn latnnialei de 
b snadeor^ bittooa tea dknU poord^gDiaerst premite 
Dodib Moa Teifirooterie de soi^ lose ; roais plua fl t^eoTeloppe 
daoa ba rqiUa de b robe de Ciaar, plos OD apercoU b tayon 
da berger. » Gabre c^endant n'^tait pas sana mdrtte; du 
raagde sbqpb soldat, perreou aux premiers gradea de b 
mflicey fl s^^tait distingo^ soua lea emperears AureUos el 
Proboa. CM Cter par DioeUtlea, Tan 292 de Vhn 
cbrtlbnne, U eat poar aoA d^partement b Thrace^ b Mao^- 
debe el b Grtee. ITajant rbn de graqd h Um coatre bs 
eraeoib derempire, il fitd^frlcber dans b Paononie pla- 
sbara tMU con^erabbSy.etfit ^coaler an be dans b Da- 
Dobey criant abii one nouTeUeproTinoe, qui fol appekb 
Valerie, dn nomde son Spouse, laqoeDeaaitfiUe deDiocb- 
Ibo. MaU U ne fat pas beareox dana /mw exp^tion eootre 
JUnbif rol de Perse, et ftit compbtemeot d^t entre Calli- 
ni^ie el Cbarres. Dfod^tlen, qui HaSi k Anfiocbe, Je re^at 
a?ee tootea bs marques do pbs lU nKtoontentemeot; el 
PorgueUbox Cdsar Ail forcd de marcber k pbd derri^ b 
cbar toap^al, comme b dernier dea soldab. D se rdera de 
eetb bumaiatbo par one Tldoire teJIemenl dtoisiTc que le 
monarque persan o6d& dnq proTinces k Fempire pour obtenir 
one paix qui fol obserr^ pendant quarante ans. D^ ce mo- 
ment Gabre, regiurdd comme b h^roa de Pempbi et d^ 
eor6 das noma bstneox de Peniqpe» d*Arm<niqae, de l|^- 
diqMad'Adbb^oe^se fitcraindredeOiocbtien,el bbo- 
161 b br^n d'abdiqner. 

Gabre a? ail apport^ sar b tr6ne ane forear a?eugb con- 
Ire lea cbr^ens. La mke du c^r^ paysanne ffouihn et 
•uperstltieose , ^t livr^ a?ec fanatisme k Tadoratba des 
diTinitte dea montagnes. fib aTait inspire i son fib i'aTer- 
sbn qa*elb^proQTait pour lea secbborsdei'iTangib.Gabre 
poossa d*abord b faibb et barbare Maximbn, oolbgne de 
Obcbtba, k pers^ter Ftiglbe; mab ce ne ftitquVee peine 
quMl triompba de b sage moderation de Diocbtbn. Enfin, 
Galtea arracba eel ^t de proscription qui a rendu aon 
aom el celai de Dbd^tien ai odieox dans lea annates da 
^rislbnisme. Aucune perstoition ne fut plus g^ntob et 
plus saTammenlcruelb : co mm ence Ian S03, elb dura dix 
ana. <b bloa btptteae de sang que regut le christianisme 
an momaol de Iriomplier par Tadoptton <b Constantin. Aprts 
rabdbatioa de Maximbn et de OiodOien (an 305)» Gabre, 
dominatear de I'Orient, ftot en paix a?ec Constance 
Cblore, aoncolbgue^ qui r^ait en Occident lln'en fut 
pu demtaie deConstantint fils et successeor de Cons- 
tance Cbbre t Pactivit^ de c^ Jeune coU^gue troubb b tieii- 
bise de Gabre. Ce dernier &Tait ordomb on recensement 
dea proprbl6s» afin d*asseoir une bxe fte^rab sur bs 
tenea el sor bs personnes; il voulut 7 soumeltre Tltalie. 
Rome so soobray et appeb k b pourpre Maxence, fib de 
i*ex-empereor Maiimbn^ Maximien bi-mftme sortit de a 
retraite, reprit b pourpre en Gaub, et se ligua a?ec Cons- 
tantiaeonlnGabre. Cependant Galore, avec une forte arm^ 
YinI eo ItaDe pour assbger Rome, quMl n'aTaitdamais me. 
Elfrayd de i*aspecl de cette ville immense, il se retire. Quel- 
qoe temps aprto (310), Gabre auooomba dana Sardiqoe, k 
on mal alfireox etd^Atanti pareii koelul qui avail <»ibT^ 
SjUa. Lea cbr^tiena altrUnbrent cette mabdb k b ven- 
0ainoediflne.Gal^enJageademtaie,car ilfitpubller, le 
1** nan 311, on ^t pour bire cesser b persecution. Le 



dd ne fut pobt d^sarme par ce (ardif repeitir : b't^ tm^ 
Gabre a*eiail plus. Cbarba Do Edfeotti. 

GALfeRES (Peine des). Les cbercbeors d*origbM #nt 
bH tons bars efbrts poor daerrerb traeeoob premWd^ 
Pexblence deb peine desg^brescbexbsKonaiao: ^IWt 
se meprendra ecrangemenl sor Tespdl de Reme. Kitea cot 
one Iropbanb idee da mAier de malebl et de rttnear poor 
en bire on soppllce ignobb; poor triempber de tmoMgt 
el commander k fonfters , I! bd blbH des beroa, itom det 
sofierab; cefarentbsc2asfiaHinii/Ues,lesiocUnaMil^, 
qui annireni ses chloarmes. 5n1 teib de aes lob ne porte 
rempreinted'an diSfiment de oe loenre. Peot-^tre pomtaH-on 
conclore de qodqoes passages d^auteors andens qa*^ exb- 
tail k ktbhae^i OMbresI dans bRaa-Empire quH Ibot Att^ 
Cher b mot e| b soppUoe. D'abord on nomma TaXi^o^ 
galearU en bass^ btinite, les matdob, pub bs eoeloTei 
d les forcab , qui semleot sur les gal^ea. Les 'FMi^ 
rapportirent oe mot k b suite des crobades; ib appeitflvtU 
goM figdUrien b for^t condanub anx gali€$ d Box gz- 
Ures, encbaloe d tirant b rame : 

Keaks 

Un arrM da parlemeol qui defend aox jugea d^M^M dd 
Pappliqner aux dercs en bit mention poor b p emite 
fob en 1532. Les ordonnanees de Charles IX ae llr»it 
que rendre cette pdne appbcabb par toosjes tribmnui 
secuUers du rojanme. Ce mtaie prince enjoignit nni 
parbmenb de ne pas condamner aux giJbtt poor molm 
de dix ans. Un rig^ement de police de 1635 dendll eette 
peine k tons lea Tagabonds ramasses dans les roes de 
Paris s Tordofiianoe desgabelles de 1680 y condamna 
les faux-sanniers ; bs deiib de cbasse d ceux de conlrehande 
furent ponb des galores k temps d m^me k pcrpdulte Jos- 
qu*aa rigne de Loub XYL En dehors des caa prerus 
par bs ordonnanees, b pdne des cabres dait applkriuee par 
b jurisprudence des cours d truMmaux k b plupart des 
crimes et deiito ordin^res. Ids que tob, box , etc C*dait 
en rdalite b pdne b plas ositee, les joges ne se bbant au- 
cun scrupub de rappUqoar, parce qu*eib oflrait PaTintage 
de purger b pays des malbitenrs en mtoie temps qo'dle 
les employait au serrice du roi et de PtlUt 

La chlourme, €*e$t-i-dire le nombre des gaieriena, Aait 
pour cheque bAtlment de 108, sans compter 80 mariniers de 
rames, 92 suldaU d 30 mariniers dib de rambave, OeOe 
chiourme dait surrdlbe par on argousin, un saui-argonsin, 
d dix compo^onj ou gardien% qui eier^cnl on poavdr 
brutal sur bs malheureux for^b. La partb do bttimeot 
appdee b vague renftnnait dans un espace d'enfiron 3d 
mdres 26 bancs de part et d*autre, aoxqueb MaienI eodial- 
nib les for^, qui passaient bur Tb aotts d Jours dans crt 
etroit espace. Aux jours de combat les bouleb faisaient 
d^affreux ravages panni les gaieriens. Ce tai sous Loob XIY, 
quand bs galirescessftrent d'dre en usage.dansb ma- 
riue fran^alie, qoebs gabrbns furent renfermes dans b 
bagnes. 

JU penalitd usitee euTers les gaieriens dait atroce. Tou 
condamne coupable d'atoir IVappe un surrdUant arec un 
ferrement dait rompo ; all aTait tud un camarade, pendu; 
pour sodomb,brObTif; pour a?oir jure le nomde Dieo on de 
la Vierge, il aTait b langue perc^e d'un fer rouge. A b pre- 
mito evasion, on lui coupdt une oreiib;lk b seoondOy il etait 
condamne k Tie, d on lui ooupait le nex* 

GALERIE. Dans son acoeption la plus ordinabne, oe 
mot serl kdiblgner one piece dont blongueur ed au moins 
trob fob b lai^r 1 dans qudques pabb, il y a dea gsle- 
rbs qui senrent de communication entre dlTcrses parties des 
appartemenb; abrs bur longueur est consideFabb : telle 
ostja gplerie du Loot re. Les grands d Tastes apparte- 
menb out souTent une galerb : c*ed une piece d^apparat dam 
bqudle on se reunlt lorsqoe les salons ne soni pas sol- 
lisanb. Elles sent dana oe cu deconbs aToc spbndeor : 00 } 






^1 



GALfCRHE, 



B) 



toOtM looTMil ioiA eouveit^ de pdniores, diTiste par cbm^ 
fnifiUMlliy'lbfjb^ 'd^praemi^U , foit ep itiic. soit^en pdn- 
tnttf et'tHDy^ourt doidtL Um trameaax, d*abord recouverU 
de tttttbresoi lotfou eblibeart d'or d d*argent, out aoski 
re^D ^ l^t^^ des UpttteHet reprtentant des personnages ; 
pafsbtt y,a tn^dt des tabl^ux ori^ox de diyersesdl- 
menslbiif. Le mo( gdUrie alors a ^ employ^ pour d^- 
goer te <ioUeetibDS da tableaux appartenant I dei 8pu?e- 
rains ^'k He^ pili^e^, mfiiie I de riches particalfers, quand 
ees coDectidil^ '<taf^t* trop considerables poor porter 1^ 
simple d^aoiyika^on dS cabinet Depuis qudques ann^ 
on s^est serf! deft'mots musie ou musium comme 
iynonyoMt de galerie; <^ emploie aossi maintenant le mot 
pinaebtKj^due. 

n y a plotsleors galerles calibres par leur richesse oii''par 
le roifrife des peintures donf dluUles maltres oot 6i6 cbarg^ 
deles 'd^rer. Nous dterons en premiere Kgne lagalerie 
do pHais Faroes el Rome^ Tune des plas peUtes par ses 
dittiaisloiis ; eOe JouH (Tone grande c6l6briti^ k cause de la 
ridMede sadMnlion. La ^eirie du palals FaTii Bdogne^ 
odsetoit rbfttoired'lteQ; oeBedu palaia Magaant k Bo- 
logna, reprtentant lliistoir^ de RomnloSi eDfln, le clottre 
Saiot-Hicbel4n-Bosc6, aossl k Bologne, sont toutes les trots 
peiDtte par Tea Car'raclie. A Rome on Toit anssi la galeHe 
VerOApi, peihte par Francis Albane et BadalocchI ; la ga- 
feHe ix pilais Pampliile^par Pierre Beretinl ; puis cett^ cbar- 
m^te'flleriedapAlais Cbi^, sourebt dfoignle sous le itom 
de ^a f n ei i II d y et dans' laqoelle' Rapfaad a peint fhls- 
totre de TAntour HI PtfjM; enfin, la galerle du V a t lea n , 
a laqo^ on donne en Ilalle le nom de loges *. ^es roiHibs 
.^nt M^ par ctoquaiitenleox sujets d^^^AAcien ^ du 
Nooreitt Testament, tandis que les trameaax et les eai- 
brasnres' des fehMiek sont' couverts d*arabesque8 o(i Rii- 
pbael a montr^ la grke, U UfXifii et la dirersit^ de son 
c^nie. 

Rpof IrddTierons <^ France plusteors galeries cfi^res, 
(dies que la gderie du Louvre, la petite galerie d'ApoIlon, 
pdbtapat !( Bnin, et rdcemment restaur^e ; la galerie pelnte 
auLqxem1t)olirgj)ar Rubens, et dans laquelle cet habile 
tftiife arait doiinel'histoire de M^ds, maintenant d^jtruite; 
la galerie IHaiarlne, A la AlbUotb^ne imp^ale ; la galerie 
des ambattadeorgy souY^t dlte galerie de Dlane^ auxTul- 
leries; la galerie de l*hdtd Lambert, k Hie Saint.-Louts : la 
ToAte est pdnto par . Le Bran, et repr^sente l*apoth6o6e 
dUereole; la (pderie de rhAtd de Toulouse, aujourdliui 
I'hAttf de la B&que de Fran^ : sa To6te, pemte en 1645, 
par MtK^ Perrier, repr^sente Apollon au ndlien, et les 
qaatre A^ments dans les bouts. Nous ne derons point omet- 
tre la galerie du palais d^ l^atnt-Gloud, pefnte par Bflgnard; 
ni la cderie de T er s a i II es, dans laquelle Le Brun a pdnt 
rbistoire de Louis XIV; nl enfin Fontainebleau, pal^ 
doot la constracfion est si slnguli^re, dans lequd 11 a exlstd 
cinq galeries, dont 'troTs sont abattues depuis •longtemj^. 
Parmi les gderles qui n'exlstent plus, 11 taut dterl'ancfenne 
galerie du Palais-Royal^ la galerie Aguado. On salt de quelle 
richesse ^ait la galerie du roar^chal Soult 

KoQs parlerons encore de la galerie construlte en Angle- 
terre dans le palais d*Hampton-Court par le roi Guillaume III 
e( la rehie Marie, exprte pour placer les sept grands cartons 
pc&its par Raphad, et que Ton croit avoir appartenu i<»har- 
Ittl*; puis aussi de la galerie du palais Schletssem en Ba- 
▼i^, ^gakment d^r^e de pdntures et de plus 3,400 
isbienix. Nous tennincrons, enfin, eh dtant seulement les 
BOQs des c<ld)res collections de tableaux qui portent le 
Mmdbpoleirie, tdles que lagalerie de Florence; k Vienne, 
^ |Me Imp^riale, au Belv^^ qui contient 1,250 ta- 
Ueaai; eelles des princes de Lichtenstein et Esteriiazy, qui 
tOBtiamiDt, la premiere 700 tableaux, et Tautre 550; dans 
ie resl^ de TAllemagne, la galerie de Dresde, oil se voient 
If^ tabieanx; celle de Sans-Souai, qui en renrerme 170; 
c^deJ)u8seldorf, d^Bninsv?lck, n'existent plus; ^ IVMers- 



Hidborob^, Stafford e( Cl^rvdaiid* ODoatmBaW. 

GAUBHIE (>brr{^ton). On <^l8tiiig«e deox eaptaa 
^e gateries iouierrai^ei^ t*^e servant ^ KattaquJB, faiitre 
k la dtfense des places. La jfqlerie dite de eammimieatUn^ 
est benstrulte par les assi^6,poor conannniquer du cwpe 
de la place 6u de la cbntrescarpe anx oovragea d^Mic^, 
afln de n'etre point aper^deTemiemi. La ^oZerleclemliie 
est un foss^ cohstrait par let assi^seants poor allar, k Tabri 
de la mousquetericL au pied de la muraflle et y aitacber le 
mfaienr. Cette galena a t% 30 de hauteqr, snr 1 mitre eo- 
yiron de largenr ; dl^ fait partie des travaox d'^ptoche. La 
galerie de confre-mini constate en une tsghoi de tranche 
itablie par lea asd^ pour Inienrompre oo d^trnire lea 
iraVaux de niine. Cdle^, qui appartient an sys^toiede d^ 
fense, est or^Hnairement ibaiponn^e, tandis que la premik^ 
est crens^ en terre et ^tay^ avec des planches k meanjre 
^e le mfneur Sivance. On appdle galerie d*6cottte ceDeqnl 
est' prafi(^6e le long des deux c^t^ des galeriea de com- 
municatloQ poor y placer des personnes cbar^^ d*^eonter 
ct de d^ooovrir i^^roU oh travkitle I'ennemi. 

L^orighie dee galeries souterraines est fort andeme : 
Ente le factfcten,, qui taivdt vers le milieu da quaU^teiie 
^tele avant J.-C., eo parle eomme d*one Invention comrae 
depuk long-tempa. Chez (es Grecs e( chez lea Romahis, dies 
^talent beaocoup plus larges que les nOtres , et exigealent 
par constant nn travail plus long et plus minutieuz. Lors* 
que les Romdns eulreprenaient un ai^, Hs ^bttssalent 
d^abord des tranchdes, on p^u^lldes continues. I)es sapes 
couveites commnniquaient, sans p^rfl, du camp k ces tnuH 
ch^ et de ses ouvrages aux batteries de Jet. I^autres sapes 
cbndtttsaient in bdler lorsque le moment de Aire manoen- 
yet" cefte machine €M venu. Les galeries souterraines leur 
servaient de mine, mats lis ne fidsalent usage de oe moyen 
qu*l fhistant oh It bdier Jouatt avec le plus de force, €*eat* 
^ire lorsque le sMge toudiait k sa (in. Cea galeries se pra* 
tiqudent en ^tattlissant des dtals sous les murs et sous lea 
tours desi^^^s. Lorsqu^elles ^talent adiev^ on y apportait 
des flttdnes goudronn^, amqudles on DMltait le feu. LV 
baissement qu*occasionnait I'incendie des dtais falsait crouler 
k la tbfs et la partie du terrdn qui a*0tendait au-dessus 
e( la constraction qui s*y trouvait plaote. O'est ausd aouf 
Tabri des galerifs qu^on faisait Joner le b61ier. Une des gale- 
ries les plus remarquables ^it la vigne (vlnte, vinea) on 
treille, destm^o k ftdliter Tapproche d\ine place. Conshrulte 
en bois. de charpenfe, die avdt 5 mMres de long, 2'",60 de 
hant, et 2^,25 de large. La coovertore ^tait plate et se com* 
posdtd'une double toiture, dont Tune en plandies, Tautre 
en dayonnag^ Les cdl^ ^ient rov^s, en dedans, d'o- 
ders pi^par& pour cet usage ; en dehors, de cuir mouill^. 
On mettdt ordindrement plusieurs vignes k la suite les unes 
des autres pour en former une longue gderie. 

GALERIE (Mines), Lorsqo'on s*est assur6, par an 
nloyen qadconque, de Texistence et de la position d*un 
filon, et de la natote du mineral dont il est composd, on y 
parvient par des chemins souterrahis, que Ton lippdleptii/s 
ou bures, torsquHs sont perpendiculdres ou tr^s-obliqnes. 
Ces chemins prennent le nom de gateries quand leur direc- 
tion est iiorizontale ot« do moins tr^-peu taclhite. Si la 
galerie est perc^ daus le sdn d^une roontagne, et d sa lon- 
gueur est un pea considerable, on ouvre, an^essus, des 
poits de distance en distance. Cest par ces puits ou soupi- 
raux que Talr de la galerie se renouvelle. Tbyss^drb. 

GALERIE (Marine), C^iait one esp^ de bdcoc 
dtabli k Tarri^re, au-dessus du gouvernatl, faisant un peu 
saiine en dehors , d^rd d^ordindre d'uoe hdiistrade , et 
servant de promenade au capitaine. Aujourdliui la galerie 
est k peine saillante, |>arfois m^me die n*est que dmul^ 
Autrefois il y en avail souvent deux stages, et on les apiielait 
Jar dins, k cause des fleurs dont on les enibdliHsail. On les 
fermait avec des rideaux de sole ou de vdours, garnis dc 
pa<isemen(erie. 



6ALEBIB -*- GAIJSxiIEN 



On nommd ^galfiment galerU un couloir oa corridor pra* 
tiqu< dant llot^eur d'on Taisseao de guerre, k la bauteur 
du Ciux-poDt, c*est*&-dtre k la flottaUoo. EUe lert aui char- 
pentiera pour la Tisite qulla foot de la muraille du Tafsseau, 
et fecilite, pendant le combat, les reparations que n^ceasi- 
tent left btessures (kites k la coque du b&timent par les bou- 
lets enneniis. 

GAL£RIEN« AYant la suppression des ba g n e s , quand 
un Toyagenr yenait yislter nos grands arsenaox maritinies, 
son oreilie ^tait d*abord firapp^ d'un bruit de dialnes len- 
tement tralnto sur le pay^ ; ce bruit sinistre l*accompagnait 
partont : sur les quais, sons les To6tes des MiOces od n'eiA- 
eutent les trayaui du port; puis k cbaque pas il rencon- 
trait des hommes T6tus d*une maniire strange et accoupl^ 
deui k deux ; un lien de fer les nnissait, riv^ par cliacune de 
ses extr^mitte k la cbeyille de leurs pieds : des sonliers In- 
formes, un pantalon en lainejaune, une chemise rouge bi- 
garr^ de )aune et marquee de num^ros dirers, un sale 
bonnet avec une plaque de plomb num^rotde, tel ^tait leur 
accoutrement; et T^tranger qui s'arr6tait deyant le passage 
de ces bandes d'hommes enobaln^s ne demandait pas m^me 
leur nom k son guide : il ayait reconnu .les gaUrietu, 
bommes qui ne conduisaient plus de galires, inais qui en 
ayaient gard^ leur denomination ; il avait lu leur condamna- 
tion, iravauxfordSf dans les deux lettres TF, imprimees 
sur le dos de leur chemise. Un premier sentiment de pitie ou 
de douleur s^eveillait au fond de son Ame quand U yojait le 
garde cbargd de ramener au pare ces dtres humalns acci- 
lerer leur marche ayec le bAton , et, semWable an cbien dn 
berger qui rdde en grognant autour du troopeau, rallier par 
d*e(frojabies menaces ou par des coups le tratnard qui s*^ 
cartait des rangs; mais all fixait un histant son osil sur 
toutes ces figures bA16es et bronxto, il fr^missait inyolon- 
tairement sous leur regard oblique et fauye; sa piue s*ef- 
b^ait et faisait place k la crabte ou au d^goAt : c'est que tous 
portaient sur te front un stigmate de reprobation et de 
hahie inyeteree; c*est quMl pnssbentait hisliuctiyement que 
cette horde de brigands, au milieu m^me du cb&timeot 
qu*ils subissaienty ne cbercbait dans la nature entiire que de 
nouyeaux mojens, de nouyelles occasions de crime. 

Une fotale destbee prdsidait 4 la yie du gdUrim. krtiH 
au pobit de sa destination, on lui arrachait ses yMements, 
deroier souyenir de la society qui le repudiait; Q endossait 
Tuniforme degradant da format; on lui jetait an basard un 
eompagnon qui deyait partager sa cbalne, son sommeil, ses 
trayaux, sa nourriture, son repos, son existence de tous les 
instants; on le mariait,^ £pousailles etrangesi une chalne 
de fer, riy^e sous le marteau de Texecuteur, etait la ban- 
ddette sacrie du mariage du format, un garde-chiourme 
4Udt son dieu d^hymdneet... et alors s*ouyriJent deyant lui 
les grilles du bagne. C*etait dans co sejour maudit que yenait 
se naturaliser le for^t Si cette terro ne lui etait point 
etrang^re, ou, pour nous senrir du lang^ge consacr6 des ha- \ 
bitants, sll etait vieux fagot, 11 se yoyait A Tinstant en- ; 
toure, serre, embrasse, porte en triomphe par ses anciens 
compagnoos; il racontait «es course yagiabondes, ses hauls 
fails, sa gloire et sa chute; il terminait par une nouyelle 
methode dn tromper Vargousin. Mais si le condamne ap- 
paraissait pour la premie fois dans cette enceinte de bannis, 
si son nom n*/ ayait pas encore ete apporte par la renommee, 
s^ etait boU vert, en un mot, on jeune fagot , il sublssak 
un inlerrogaloire, et on rinitiait k la morale du lieu, morale 
brAlante comme un fer rouge, et doni Hiorrible langage 
trouyait le moyen d*eyeiller un dernier rayon de pudeurau 
front meme de i'homme qui a laisse toute lionte sur la sel- 
lelle des assises. Dans les enseigneiuents quil reoeyait, tout 
remords s^efTacait; il prenail confiance en lui-meme; la 
reprobatioo universeile cessait de peser sur son Ame; il 
trouyait deb atiilK, des (r^res. 

Le soir, quand le format ^it rentre, il soupait, caiisait et 
badinait, puis, au coup d^ udlet d*un adjudantdcschiourmes, 
d M talsait et s*endormait Cetait an millea de ses ebals dn 



soir qu*il fallalt etudier le lor^t; ses causerfes ^aient da 
cours complets de yol et d'assasainat, le r^cit de fbrfaili 
hiouis, son badfaiags lUsait peur ; ou craigualt tonjours qm 
du poids de ses lers il ne broyAt la lAte qu*il aemblalt carei- 
ser. Blaia le lonrd blton du garde de serrice pinnait $m 
cesse sur lui, et preyotait lout deooOment tragique. Parfoii 
deasoeieratsfiuneuz s'apostropbaientet eogngeaieat oae cob- 
yersationlktaM^te.L'assassin,lefiuissaire, le ▼oleurdegraadt 
cbemfais, le subomeor atrooe, sechargeaieot loar k Umr de 
peindre la sodeie, sa Justice et ses lois. I«a Uogue qo'os 
parlait U a son dictionnaire et sa grammeire, argot d^ 
gontant, plein de comparaiaons fangeuseSy od eciacelloit 
aussi d^effirayanles metapbores, des onomatop^ea lerrtlrf& 

Au bagne tout etait ignominie et lAchel6 ; le fanatisme, 
la yanlte, rtoergie, abandonnent bien yite rbomoDe daas 
lea chalnes; la traliison mine tout : c*etait le grand ieyfer de 
gonyemement de leur chef; A Taide de qoetqnea primes 
offertes k la delation, il se tenait an conrant des plua soordi 
complots. Le cercle des plaiairs et des doiUeun dn for^ 
etait trte-petit ; pour lui , la pudeur et rhonnetir D*etaaeBt 
plus une barriere ou un aiguUlon; lea coops de bAloo oe 
reyeilUient pas son orgueil, il ne lea mesornit qu^au taai 
de la douleur physique. Maia toute son apatbie dia p a r a ts sa it 
au flair d*une mauyaise action; il allait qu^lant aana oesie 
le consent on le yoyageur badaud , pour bil escamoter u 
montreet son argent; il s'agissait de plumer ViAsom, elakn 
il deployait une adresseet une actiyite prodtgieosea : oepen- 
dant, ilneresistait pas4 lamenacsdeacoupa de oordeqoaad 
11 etait deconyert : le yol, au ba^ie, n*eiatt qu^iua deUt dt 
discipline. 

Suryenait-O une grande catastrophe, rime dn for^t, 
ayide d'eaotioAs (iNles, s'eieyait et semblalt se purifier : 
on n*oubliera pas que quand Sidney-Smith Yint iaoendier 
nos yaisseanx k Toulon, oe furent les formats qui sta- 
y^rent I'arsenal. Pendant le cholera, an momeat od la pear 
Cslsait ooblier les deyoirs les plus chars, c*etaieiil sua qui 
ramassaient et enterraient lea cadayres; Us jooaie&t aree 
la mort, et comme alors lis etaient Totjet de soina partiott- 
liars^ dans leur reconnaissance diabolique, Ik criaient ; 
« Yiye le cholera! • Lore de Tlncendie du chantler du Bens- 
siUon k Toulon, lis se montr^rent pleins de i6le. Aocuaae 
chercha k Aiir: Lea eya^ns de formats etaient do rests assei 
rarea en general : U ne aufllsait paa d*ayoir franclil renoeiate 
de Tarsenal, il leur fallait de Targent ponr gagner un aaile. A 
I'expiration de leur chAtiment, Tautorite leur donaait 13 fr. 
pour se procurer un y^tement; le pecule qu*ils ayaient amas^e 
dans leurs annees de captlyiie leur etait paye k domicile. 
Mais le bagne etait un tourbillon qui absorbait tout cs qui 
ayait mis une fois le pied dans aa sphere d*actlyite. Que 
pouyait faire le for^ libere? Objet des craintea on des de- 
goftts de tout le monde, line pouyait que rarement Uaant 
du trayail pour exister ; la aodcte le for^t k la guerre , et U 
allait de nouyeau, entratne par une force inyincible, peupler 
le bagne, qui ne lAchait que rarement aa prole pour long- 
temps. On yoyait mtoie quelquefois des priaoniera dea mai- 
aona centrales commettre quelque crime dana Is seoi bat 
d'aiier au bagne. 

Le mariagt du bagne n'^^i pohit Indissoluble ; aooyent 
deux exiatences antipatliiques se trouyaient fixdea k la w6me 
clialne;de 14 d'effroyables balnes, dea querellea, des luttes 
sanglantes; le diyoroe aiora etait prononcev et d*antre 
unions se cimeotaient. 

KuUefemme n'entrait au bagne, nulle, excepte la rdi- 
gioise hoiipitalierequi a*est deyouee k toutes les agonies do 
rhuroaniie ; 14 il y ayait dea iiassions dont le nom seul 
tuerait la pudeur. 

Lea b8gnes,qui ont ete, exofpte on, fcrmes rtommeol, 
n'eiaieot plus que Torobre du tAl»leau qui yienl d'en eirs 
trace. Lea bras du forgat out ete rpmiilaces par d<*s bras 
d'ouyriira libres. La luia'.r IVnci'lioiHieit Iravaiix i*»r^ 
traiis|>orta k la Gu)ane lea coiid'>mii<^ qui linis«aieiit autre- 
foia Icura jours dana lea bagnes. Ju«qu*4 quelpoini Icsg^- 



.GAL£RI|I( — GAUANI 



llrieM«iMlsgM^l^lMttlM'niflBiin do ba(iie?Nous neiaa- 
riOMledlre. Tli^eBtee Pace. 

OMJRf*'hb ■MMiTaiMnl^et iragoii, eo iNNMtaat ftn 
li oOte dM firtgnaits d$ ndbm ameh^ mi food di U mm, 
lwan«ifit«ft1«sft«ttiMlMiAteiMitrdiM anUit* Deili 
rtanenl «ea^lni(ritt iito ro«l^ q<d 0(wVNiit b pla0» 80 te 
terdli de U ner, et <fie Poft BOBMM ^oMf. Bit'ieeMBQ- 
km m toKk^m ^piteMt ioi polnu Xt pks <le«te •!- 
tdirtt ptr let fagM»; iModft dee gilett itat pM M»t MMt 
po» )€ fgM^g^ La muuitkNi de flasiem tnude ets 
cafOkmi looite Mm M-dMMs do nlfCM MlMl da la nar 
ikidlQtM Ib aooldtenanl iiiil'tt dft a^aflicHMr dans ^artaiiiaa 

OALfiTs fMftIt dUqbe dlttoir^ de in^lal, ^., ^oi tart k 
phteletin iisag€t. En tt^eaiifM, M amp^ 
aiidliiaer let f rttttemen'tat alovi ila tout fliottMa tiir tti 
atevorianalet rmiet d^ngraii^t : dat (saHa «ppliaatio», 
fes gilctt fomelimnient «amme det tooaa da toittrat. Par 
Mentplt, toplMsoiis <pi1l t^agittt d*mi dat pivatt da tobta 
d^a i^bdtrotiert'iltoomaKdaBaoiicavttiMty it^proo* 
verait «tt eeHalnr flrottcnattt, <|Qi 0er« ttagalttranaot dl- 
nriiidd id cH ttiyra pete tat den galett meMaa aenr lanrt 
net, el vree IttcpNiAfl ii*ett en eoataet qti'eii daux poMt 
aeitfalMnt " TBtBtliMi. 

OMifiTAS. Cf(Mt, dans to laugt^ dMalgaaux detteToris 
d6l4 faftnia, rtuttnMaf^Mlda rindigettoaw A oe aei, on 
MiepffiMDle iiiie^^peiH»eiiajiifer» pabdidatow tea toHa, 
euTtrta tut i^aaCi^ taott , masbMe da cpWkiiiet etitiaat ct 
d^aii navnii frtM » lelMt^ diaofdre, dMOMtaiice iii- 
h^enta k ia d faoraiiiation da gaUtoi. 

GALGTTE , pdHttarto faHe at«c dala ptteiisdflleMe. 
Ixgrfttlaa feltlarertiiiiedaqiielqttfa dliUbBemeiitt ^ 
mUi \t ffk» eiOihm , ^lu^fc<AUdoli^ilr»d«OynH 
naae^ flif Mnrt Ik la iv de iBi(> et anri^it ptotfamrida 
aek pf o pfidt tf raa. Ifaatret dMia de et genre •anrent mwH 
lavr ftopatfaooa, par exampla caloi q^e-fto cRtH toaa la 
nenfr'^ firt'Co9ife*iimf<mri. tafi^tReddeyinaaiaa 
Ml t^laaa an 18^ H no «al^ 

«AUilNi (FnoMMi «id); Baqnll la « d^eanlwa 
fTMi, « GMitt^ dant fMMnna eitlfflanTO.^Nla l*«8a de bait 
«n» II 4itt aai^yd ^ NaplBty eban aan asda, damCOaitiBr Oa- 
IMI, ^ 4Mi alert p a en i i ar ctapaMa da vol* fta'y Knai 
•raiada de la phUeaaphie' et det lattna, ei tartani 4 ceile 
dtf aaaiiaerae ei^fdeaMaile-pottl<pie.'A aaUaaat^daat 
BpaacaddHiia det Bnmimt il fvH pear •tqiatdeaealn- 
^ntn rdtatitela aaaatia an laatpade la g aa n a da Tiaia. 
ir paita daat'ealla dtttartttina, qid olilinla»«raad'tuaati, 
ridte pmnMra de eoa fraad oatfana tor let maaaalBt.A' 
^ta-MI ant, ik^tvtpill an trafail anr l^taeknae hirtoiK 
da la navifliAta de la Mddltenali^ED l?4a fl pakUa on 
fellt toloaai^ ^fcalttot on'gfaad.naaa>i da taaadala. <7d- 
tait rdle0a Ibatbia da beonaao J aw ia tea /mnaoonB, 
qrfil ^ Dia po ta p a a ree yeagtr tfoae aoa d d ai i e deat 11 cfoyatt 
avoir k ee flatodaB. lAMBgs^tabU par ee corpt Ulottfa de 
iaHerari Toolait qoa lonqoH Maaialt h fbifAm (pwi yn) 

louaoge da d^unt on raoieil de piteet en pnae el ea vert. 
La haacreandaNtpletdUDi mart, CMkai, aidtfd'aa datat 
attia, eonpeta tar la mertde ea/me^lofiaoire on reeneH de 
piteat trte-tMantat, qa*a attriboa A chaeua det acadtei- 
deaty M imttaat raBorada lear ttyle. Oatte pubtteatioB Ta- 
int kranteur dii jourt d*exerckei $plrtiu$U. Pea de teiapa 
aprte« fl At oobUar catte ateapade de jeanette en pnbliant 
tea Trait4 $ur U$ Sannaie$f anqnel il travaiUait dqMiis 
pMeort aandea. Le grand anecte de eet ooYrage engiget 
rMqoe de Tarente i foire obtenir k OaUani qnJquet 
btetfcet, qal le ponatdreat k prendre let ofdret ndnenrt. 
Sea onde le fit aotnite voyager en Italia. Il fat aoeueifli 
ptitoot avee lionaeur, et TAcaditeiie de la Crusca le re^t 
vtmri tea membret. 
U a Iaitt6 an noarant boU grot voluaMt de lettret 

aiCT. DE L\ COWVF.RS. — T. X. 



89 

de tavantt italient, el qnatone de t^ antt, de ndnistrea el 
de tooveraint ^trangefv, qui rtanit dvec let siennat oon- 
Itfennent lliiitoire politlqoe et Utt^raire de eon tempt. Eo 
1754 H pnblla nn oavrage toot ce litre : Delia per/etta 
CmuavasBhnBdel Grano, disearso di Bartolomeo Mieri. 
Cel Intieri ^talt on tBibtt mteniden, qui, d^tirant rendre 
pnbttqoeyparla voiede Tfanprettion^ la machine de r^luvl 
Ji bK, qnll avail invents vingt ant anparavanty t'^tait adretat 
k la plume ^Mgtnte de ootre abb^. Galiani fat le premier qm 
entareprit de former one oeUectioa de pierret etde mati^iet 
Velcaniqnet du Tteve. II toivit snr let ^raptiona de cette 
montagne one dittertation tavante, qo'Q d^ia an pape Be- 
ttott XIV. Le pontife y r^ndit par le canonical d'Amalfl, 
qui valaft 400 doealt de rente. Galiani po$s61ait d^jk un 
b^ntf oe de 500 docatt, qd lot donnait la mitre, avec le titre 
de monteigneor, e( on autre » mobit bonorifiqae, matt 
quf lid rapportail 000 docatt. Son OrcA$tm funkbrt de Be* 
noit XIV aecml ta renonmite. H a foumi plntienrt m^- 
moires au premier volume det Antiquity d'fferculanum^ 
qoiparuten 1757. Leroidellaplety poor r^compentertet tra- 
taox, hd St one pention de 250 docats. En Janvier 1759 
H fbt nomm^ leci^taire d^t, en mtoie tempt que tecri- 
take de te nudton do monarqney et qaelque tempt aprte se- 
cretaire d'ambattade en France. 11 arriva k Parit au moit 
de Juin tuivant L^originalit^de ta convertation, la vivacity 
de tea gettet, de son etprft, Veitrtaie petiteste de sa laHle et la 
mobilffte de set traits, oblinreni Uentdl dans let talons de 
la capitala on tMaUe tnecto. \M avec Grimm et Diderot^ 
it devfnt on det habito^ dea salons de H>m* Geof frin et 
d*Epinayetdu baron d*HoIbach.Il8*eier9aassldament4 
dorire en franfalt, et comment ton Commentaire tor Ho- 
race. L*abbd Amaody avec qui Q ^lall Intimement lid, en 
itts^npliftieort fragmentt dant sa gazette litt^Mre. 

Aprte qoelqoes voyages, fl ^crivit en ftan^ des JHa- 
toffuee $ur le Commerce det BUs, -public par Diderot, en 
IVtbtettce de Galiani, sous la date de Londres, et sans nom 
#anlear. Oel oovrage fit one vivo sensation. Voltaire disait 
lyaepoor le composer Platoo et MoK^ semblaieat 8*6tre 
rdonfs. Pendant qoe ce llvre instroisait et amosait Paris, 
fMaor #talt entr6 k Naplet dant let fonctfons de consefller 
do commerce t il y joignil bienlM celle de secr^tre du 
mdttie trfiNmal. Cat deox plaoee Ioi valaient 1,600 docatt 
par an. En 1777 fl devbrt Ton des ndnistret de UJunte 
desdomainet royaoi, k laqoelledtatt coni6 tooloe qol regar- 
dall le patrbnoine priv^ du rol. Gas occupationt no nolsaient 
potait k set liavaux littdraires. H a bist^ pretqu'au eomplet 
on traits qol lui ftit lntpir6 par son grand amoor poor Ho- 
raoe. Le pr<4el qo^ eot d*one acad^mie dramatiqoe le coo- 
daisil k veoloir composer lui-mtme. on op^a-comiqoe sur 
•a aoial fataaare : c'dtalt Le Saerate imaginaire, repr^ 
aentd par an bomme ridieule el bom^, Canatiqoement^iis 
de Socrate, el tmitant barletqoement let actions de ce pbi- 
loaopbe.Le poaie Lorenzi ^crivit la pitee; PaitieUo en com- 
pose la moslqae, el eel opte booffon eut le pins grand 
toccte en Italie, en AUemegne, et jasqn*^ Saint-P^ertbouig. 
L*alM QalianI coUivalt lul-mtaie la mosiqae avec one pas- 
tion rMle : II cbantaU agr^iMement et t*accoropagnalt fort 
blen do daveda. n avail on nratte da monnaiet antiqaet, 
de mMalHea raret, de pierret grav^et, de camte, et ce mu- 
Ut dtait 00 des plus corleux de Naples. 

Le a aoAl 1770, one terrible dnq»tion do Vteve jota 
remroi dant celte ville. Poor dittiper la terreur de set con- 
dtoyens, GaUani torivil en une seule noil on pamplilet sor 
celle Option : on rlt, et on ne trembla plot. Dans la rotoie 
ann^ il pnblla on oovrage intitdd Del DkUeUo fiapole» 
iano. On y lot ponr la premie folt rhistolre de ce dla- 
lecte, que I'abb^ Galiani toppote avoir ^t^ la langue priml- 
ve. En 178a il poblia on in-4** snr les Devoirs des princes 
neutres envers les princes bellig^ants, el de ceux^d 
envers les neutres. La mtaie annte il ful nomm^ premier 
assetseor do conteil g^ntel det financet. Un moit appte, 
le roi ioi donna Fabbaye de Scurcoli, qui valait, tootat 

12 



^ 



GALIANI — 6ALIEN 



charges et peasioiis diddles, 1,100 teats de raito. La 
place d 'a ssc s s eur d*tomoBiie dans to sarintendaiice dcs foods 
de la eonroniM^ k toqaelle ii tot nomine en 17S4, ajotita 
000 dneats k son reyeno; mail d^ sa sanl^ s'attArait : 11 
eat le 13 mai 1785 one pmnite attaipie d'apopleiie. H 
Toyagea. De retoiur i Naples, i^ d^dina rapidement U Til 
approcber 'a miort sans riett petdre do sa gittt, et s*eodor- 
mtt paislUemeot da sommea #enMl le so octoine 1787, 
Igi de dnqoaale-near ans. Jules Sahdbad. 

GALIANO (Don Amokio Alcala), loogtemps Fan 
das cbe&do paitid^mocratiqae en Espagne, n^ tots 1790, i 
Cadix, ^tatt encore compl^temeot Inmmna atant 1810. H 
seconds alors pufssammest lemoaTemeBt insarrectionnel de 
llle de L^on, et rM^ea les piodamafions da ^boMi Qd* 
roga. En 1811 fl aait ehrf polUiquei^ptML) de Cordooe, 
lor8qu*il Ait appc3^ It fdre parCie de FassembMe des eor- 
tte, dans lagndle fl ne tarda pas ^ se signaler an nombre 
des exaltados les pins aidents. Qoand llnterrention de to 
France mena^ to isolation dans son existence, GaUano 
nti^dta pas k demauJer qa'on d^clarAt le rot en 4tai d^em- 
pichement marai, caspn^ par to consUfntion, et qa'one 
r^sence profisoire llkt, en cons^qoence, chargte du pouvoir 
eUeniU. Les saccte de raimtefranfalse ajant bientOt con- 
traint teas cenx qai s'^tatont compromis ^ aUer demander on 
refbge & r^tranger, GaDano se retira en Angleterre. La mort 
de Ferdinand loi rooTrit, en 1833, les portes de sa patrie; 
et d^put^ aitx cortte de 1834 par to tUIo de Cadix , fl re- 
prft dans oette assemble son rOle de Iribun do penpto. 
Tontefois, le* drteem^to de to Gran] a ( 1836 ) sembl^rent 
modifier profondteent ses opinions; et tons ses discours pri- 
rent dte iors ope teinte de moderation qui insensibleaient 
dei^t one desertion comply de ses andens prindpes. Yoito 
d^k loogtemps qu*on to compte au nombre des membres 
les plus inflaenU da parti conserTateur; noavel et flrappant 
exempto de to TersatOit^ qoi de nos Joars est le carac- 
t^ 4 peo prte g^n^ral des hommes politiqpes. M. Ga- 
Uano a occdp^ dans to diplomatic dm postes considerables : 
il a suocessivementrepresenteson pajs4Li8lK>mie (1851), 
k Turin (1854), de nouTeaa en Ponoga](1858). Rappeie eo 
1800 il dcTint cottseUler d'ttat, pals sen^tenr, et accepts, 
le 16 septembre I8C4, dans le cabinet If anraez le porte- 
feaille de8 traTaox publics. II mount le 11 a?ril 1865, 4 
Madrid. On a de loi des PrindpcB d$ legislation urU^ 
venelle (1811) et one tradnction espagnole de VBistoin 
du CoMulat ei de VSmpire, de M. Thiers. 

GAUCK (en espagnol Galicia), chex les anciens le 
pays des Ariabri et one portion de la GalliBda, province 
fotmant, ayec le titre de royaome, rextremite nord-oaest 
de r£spagne> comprenant one superllde de 19,378 kil. car- 
res, one poputotion de 1,880,511 habitants (1865), et 
qnatre proTinces : celles de to Corogne, de Lugo, d'Orenseet 
de Ponteredra. La Gallce,.qui se rattacbe aox montagnea 
boisees dn royanme de lAon, est one vaste region monto- 
gnease,dont tochalnecentrato,to montCebrero, s'^tendantde 
Test k rooest entre to Minbo et Ijb Sfl , atteint one ei^Tation 
de 1,000 metres et est entourte de cliaqne cOte de ptoteaax 
deserts, paoTres en boto comme en plant^ Teritables steppes 
de montognes appeies Patameros, que domlnent des |Scs 
de 3 i 500 mitres de hauteur, compietement nos et 66* 
pouiltos. Ces gateaux Tont en s*abatosant par terrasses suo- 
cessifis jnsqo'i la cOte, qoi presente ape multitude d'echan- 
druresprolbndes, aux contours abruptesettoormentes, etque 
borde one chatoe de rocbers d'enTuron 350 mitres d'eiera- 
tion et presentant les anfractiiosites les plus sauvages. Les 
caps Finist^rre et Ortega! formeut les saUUes extrim^ 
de cette cOte. De nombreux ooars d^eaa , dont le plus im- 
portant est le Iklinho, a?ec ses affluents le Sfl et i'ATia, et qui 
en outre doTient naTigabto dans sa partto faiferieuie , cons- 
tituent chacoo k \eat\ embouchure ce qa*on appelle des rias, 
c*est-4-dire d^ .soluttons de condnuite de to cOto assez 
sembtobtos 5 ce que dans les mors «le to Sc^dinavie on 
tt<nnno des ;Sfonft, offrant des rades et des ports as8« «0r8. 



Le cUmat dans llnterienr du pays est Apie, et sur lea ter- 
rasses folsines des c6tes humide et tempore. La imtiue do 
sol Tarie beaucoap : aride et sterito id, U se wvwn to des 
plas riches pAtarages, et se pr6te mAme k to. cnttva 4e b 
Tigne et dies oringers. 

Lesbabitanto, appetos en espagnol CMtegw^ Mntaae 
racevlgoareose,energlqueettoboriease. Us paroovest PEi- 

pagne en cbeichant pMoat k gagner et i amass^ an naojea 
des pfau mdes trsTiax iin peo d*aiigeot poor reveoir ptot 
tard se fixer dqis tour pays nataL Tbos tea portem d*cni 
k Madrid soot des GaUciens. Comme soktoto, fls ferment 
d^excellenter troapes , remlrqnables par i'ekacid dtodpUae 
qo*elles obserrent, par to fadllte ateclaqoeUe eOet aoppor- 
tent les plus grandes prirations, to faim, tosoif; aqsai cob- 
Tiennent-Us sdrtoot an serrice de llntonterie. On to appelle 
sooYent les OoMctms de VBtpagne\ et etfectiTenieBt y y a 
one resse m btonce frappante entre le caractire de eea deux 
races. La piche et to naTigatlon constltoent les princ^les 
occupations des habitanto de to Galioe, et o*est depoto pea 
seulement que qodques bbriqnes de toitos oirt €iA fondto 
dans to pays. Les fUles les plus importantes de to Gatice, 
aprteSafait-JaoqnesdeCdmpoBtelle, son chef-linn , sooi 
La Corogne etLeFerr el, tooteadeax portodemer et 
entonrees de fortificatlona. II fant encore mentionnerXif^, 
▼Uto de 5,000 habitanto; Ormte, dont to chtflire «le poputo- 
tion est to mtaie, arec on beau pent snr to Minbo; PimU- 
vedra, aiec 3,000 habitanto, on port et on pont aor le Ge- 
res; TVy, arec 5,000 habitanto et one forte dtadette;.Fivere 
et Fi^, petito ports, chaean aveo 3,000 ha^tanls. 
OALIGIE. Foyex Galuos. 

G ALIEN (CLiOBfi), naqoit saos to r^eiedaii^ d'A^fcn, 
Ters t*an 181 de Thte chretfenne, k Pergame, ▼IHede FAsie 
Minenre,tomease par son temple d'Escutope. Encenadquence 
d*un songede son pire, ses etodes Airent diri^to ven la 
mededne, ce qui ne l'emp6cfaa pofait de coHiPfer to philo- 
sophie, dont fl snirit les plus grands mattres. Aildadte- 
truction, tt parcoonit stodieusement la Grto, solvit les le- 
mons des prodKsenrs d'Athtoes, Tisito TAde Mineure, et se 
fixa plusleurs annees i Alexandria, alors to seoto Vttto do 
monde oft Ton ensdgnit I'anatomto de Ttfomme. Toute- 
fois, GaUen ne trooTa dans cette dte que de« moyena d'e- 
tude fort restrdnto. Alexandria ne possddalt que deox sque- 
lettes humains, et to dtosedion des cadavres y etait inteidite. 
Galien dtes^qna prtacipalement des singes; et sa descriptioa 
do larynx en est to preave. D se procora d'aUlean des 
squdettesde brigands latoses sans sepulture ; les otoeanx de 
proto, dit-ll, prennent sohi de preparer ces squdettes. Avec 
des eiemento anssi iknparfalts, on comprend eombieD U a 
toUu de merited Galien pour composer ses ouTrages d^ana- 
tomto et de phydologie, en particalier le De Um Pariium 
et rouTrage totituie De Locli tiffeUU^ oft qodques errenrs 
de detail ont de d poissiinto motifii d'excose et de d noni- 
breuses compensations. 

Gdien exer^ qodqae temps to cMrurgto 5 Pergame, son 
Heu natal. H y thit fiAdme une offidne pour to veide dea le- 
mMes. Mato fl se rendit bientot ft Rome, oft il eat comme 
mddedn un soccfts Incomparabte, une vogue humle. Ses 
profondes etudes, rhabitude du travaU, son erudition, sa (^* 
dlite, sa Jactance, sa parole brillante, le ptac^reot aa-d«- 
sus de toote rivaUte, et I'expos^rent aux Jaloasiee. Jamais 
mededn n*eot plus d^ennemto et n^exdto tant de hafaies. 
Lep^reLabbe, qui a fidt Fhistoire de Galien par annee, 
dft que trois fob qultta Rome devant la Jdousie de ses 
confrtoes.Le mdheur est que to peste r^odt alors; et l*oa 
pent crdre que la cratote de la contagion ne Ait pas etAn- 
gtoe ft cd exfl momeatane mais reitere. 

U etdt to inededn et Fami assidu de LndusTims, d, 
ce qui est bfen plus honorable, de Marc-Aurde. Alors que, 
pendant la peste de Rome, GaUen s*etait retii^ ft Pftgame, 
ces denx princes s'etaient enx-memes refogies ft AqnlMe, 
tant la contagion pretendoe faispirait de terreor en ces temps 
eioignea. Appete ft Aquflee par tos denx emperaars, Gdton 



GALHaf -^ 6ALIL£B 



qtHtflB PflTR^iiie et ee raid prto {ten. MUt bie&t6t to pesle 
wtiMuth Aqiril^, et'les enipei^tv iM sattrent TersFAI- 
leoMi^My pendant qoe OaHen le btte d^ retotihier h Per- 
game. Mirr-Aurite, d brate % lagnerte, ataft peirir d^^ttie 
^pid^mie : fiifble eieme poor Gafor ' 

Ui niddeieiiie delyalien est tQ«it(B dt raiaoiiiidjMnt ; 
fl Ignorait lea foits rdd«, fl ralmnnait aor dea iaita hypoth^ 
tfqoea s 60 Ye toit aaika cesae disserter anr lee ^MinenU^ aor 
r^fat dea homeiin, lea tntempMisa, le see et iWmide, lea 
tempMrnenfa, etc. li tt*a(feotalt an rdBti aocune doeti^ 
pai^coUire; maia conune 11 lea vnH tontea itodldea^ fl 
lea rqiKMasait tootea. II a^ ttientrait ^^thodktd aVee lea 
cmpirlqaea, einpiriqne nrpt lea m^thodistea. Son avla pr^ya- 
laH conatamment, ainon par la bont^ de sa doctrine, an 
nioins par la puiaaance de aon eaprit et la TiyacttA 69 aon 
langaga , diffua , prolixe , mala totljpnjra m^thodfqne, oomme 
est le 8^e de aea ouTragea, ai contraafant arec la coocfsion 
et le d^aordre dea aentencea blppocratiqiiea. Boerhaave a 
dft de Galien qnll a beanconp nd et beauoeup aerrf , aana 
declarer si c'ck Tntilit^ qni remporfe : multvm prqfiiit, 
muiium nocutt.^m doute lei aoppoaitiona gratnftea dont 
lea onrrages de Galien aont retnpHa.noia^ lent au bro^r^ de 
la m^decine d'obserration ; en ce pofait eDes ont retard^*, 
xrM6 la marche de Teaprit bnn^n. An lit to maladea , 
pendant dea aitelea, la grande ahyra n^^tait p^a d*^udier 
en qnoi lliomme aonffirait, 11 fall^ aavdr ce qn^en eAt pens^ 
Galien ; et plotdt qoe d'dtodier dea aympltoea apprteiables, 
on feoflletait dea in-fpUo exigeant interpretation. Pendant 
qa*on interpr^tait, le Doalade albit toot doociBinent retrour 
▼cr Galien. 

Maia ot Galien a 6t^ d'one otiHt^ ineonteataMe, c'est en 
anatomie. La atroctore de rbomme i^^a point change ; et 
comme anatoiniste» GaUen est toujoorajeune : on le prai- 
drait poor on contemporain. Boerbaaye lui-mdme a'inatmi- 
aait h aea le^oa, et bien d^aotrea qoe Boerhaaye. A Texcq^ 
tion de raradinolde, il connalasaitliA meninges on membranea 
da ceryean; fl aaydt qoe la oeryeaq est insensible h la sor- 
face, et n^ignoraitpaslea mouymienta d'^^yatibq et d'abaia- 
aement qoe loi commoniqoe la reapirationf II connaissalt 
comme Booa lea plitoom^ea do croiseroent nenreox , eft 
preaqoe autant qoe Lorry, Legallois, A(. Ilounms, h point 
de la moelie yert^rale qni pr^de aox mouvements vilapi : 
Galien croyait co point plac6 yis-^ryia la deoxi^e yert^re 
ceryical^. 5*0 n!a paa cl^^oyert lea nerfe r^orrcnta^ on 
laryng^ inf^eora, .ao mohia lea a-t-U bien d^rita; et 
II ayalt obsery^ qoe lea perfs yert^braos^ pi:^i(|ent k la 
foia aox actea de aensibilit^ et de roooye^ent. Il n'ad- 
roettait encore qoe aept paires de nerfo c^r^raox, ao 
lien deadootze goe nooa connaiasona ; mais U niait comme 
Dooa qoe les nerfs optiqoes fossent crois^. Ck>mn^ lea par- 
tiaana actoels do ^oide neryeox, il croyait lea nerla canali- 
cnl^; son erreor ^tait de placer le si^e dePolfaction dana 
lea yentricolea do ceryeao, et de faire passer les odeora 
par lea troos de la lame cribl^ de l^ethmoide. 

II aayait que lea art^rea contlennent do aang, et cecoorait 
^ la compression des yaisseaox poor arrdter les bimorrhagiea ; 
cependant, il n'ayait pas le moindre aoiop^n qoe le aang 
droole, qooiqu'U ae rendition compte jodicieox de TotUlt^ 
dea anaotomosea yasculaires. 

Ancon naturaiiste, sans exceptor Buflbn* n*a donn^ de 
la main et do pied one desoiption aossi complete et aoaal 
magnifiqoe que Galien. Cesi lui qoi compare lea organea 
corpor^a h U forge de Volcain, ou tons les ootila, ^ale- 
ment anim^a, ae roouyaient d'eox-mtoiea. Le premier fl 
ayait remarqo^ qoe les muscles des mkiboirea soot d'one 
tergie proportionn^ ao genre 4c noorritore : en cda fl 
ayait deyano6 Coyier, qui a plac^ Galien en cons^ence fort 
au^esaoa d*Hippocrate,moins profeaseur et molns torirain 
que loi, mala penseor plus yrai et plus profond. 

Ce qoe les pUilosophes et les mddecins anciens pla^ient 
m oorar, TinteUigence et les passiona , Galien loi le pla^t 
jodideosement au cerveau.'^ 



91 

de 



Qudlqne le^preMler el le phia oeCiipi d^ 
Rome, GaAlen' DMmioina ae* ffyitlll h dea 
Uiqaea d'auatomie; et B ^dhnpeaik pbtif IS1 >6at6riti'ini 
nombre ji^rodfgieox d^odnlgei; fHiia def ftfe TOy^etdeaea 
teiUea. Pen i^woMoH' Tent ^gw pOdr la fSeonditI de Tea- 
prit nayrt«eritpliiade800liyi^8iirUtti«te^ ^W, 
et 250 aor la i^bfloaopblei fa gMn«trle,Mlogiqoeetinteia 
I* gramOMire. ^Piinqoe tone Ibea dendera oarragea'k>nl 
perdoa, ainaT qoe plol de la moftM dea antte^. 

JFoaqo'ao qtteiiteoe4Me,1iHiaceiixqiii dot ^crtt 1ibr la 
m^dedne , aana exeepter lea Arabea , n'ont fait qiw opmitoen- 
ter lea cenyrea de Galleii 00 en dcnUnW dea AMfta'. 

n exer^ait i la foia toutea lea partiea d^ Pairt degodriry 
eomme ttos m^dedna dea eampagnea , I eela pr^ de la so* 
pMoHt^ t B pratktmdt dea opi^vtiona et pr6paralt lea re- 
mMes. II iyait fa pmdenfe dOotome de n'admiiflati^ ancon 
mMfcaroent nooyeao sana llayoir ^pront^ anr loMtoie. 

C'eat k loi qo*eat dO le prindpe que Us maladies se gu4» 
Hssent par leHfS doMrtdres^ mMbode op|toa^ k ceOe 
deflabnemann, dont lea partiaana fa repooiMent aons to 
nom H^aiUipatMe f qo'ila prononcenf aor oil ton dfnjorea. 

GaAieik dfyfaaKtoot parqoalre HTadmettairqoatre ^teienta, 
qpkite qoaiit^ dteientaiHSa^ ^atre temperaments, qoatre 
bomeors , to aang, fa pititte, fa Mle, ratiUbne. 

Gaflen connaissalt do pooto tont ce qu*on grand m^dedn 
pent en aayoir. Loi qni ignorait fa drcniatfon do aang ^ 
la caoae dei battenienta arteHefa , fl con^KMa josqn'i iMae 
liyres anr le pools. Le aeol toocber dHrae art^ hd flt ploa 
d*nne fols pr6dire des bemorrh^ea, des cHsea direkrses , 
et deoonyrir dea maladiea et ]oaqa*^ dea paaaiona cachees. 
C'est afnaf qnll decodyrit'qne fa maladle d*one dame ro- 
maine ayait poor caoae aon amonr Contrarie pooi^ nn baladin 
nomme Pflade. H eat yrai qnil ayait aorpris ee PUade aox 
genoox de sa nialade. 

Gafien ayait rieroarqoe ^esp^ dlnqolMde^^eprootent 
les mafadea k Phistant ob le m^dedn aaisk le bna poortOo- 
dier Partilre. H tira parti de eette obsenratioa. II choiafa* 
aait ce moment d*emotion poor obtt^nir d*eoi, avee aolen- 
nite , le sennent de ne Ini rien eacher de ce qiii Ootocertiait 
aon art et pooyait intereiaer fa goeriaon. De aofete qne fa 
poofa loi r^ydlait d*aotant ploa de cboaea , qoe le malade^ 
agii^ de cndnte, montraft plus de dno^te. n decooyril 
ainsi qo^on iieyrenx ayalt qoitte sea remMea poor ceox 
d'on goeriaaeor Ignorant ; et Gidlen ^enyante ayec orgoefl..* 
On dvn pent-etre qoe ce n'eat paa fa do charfataniame« 
Peot-Mre I mais e'en eat bien pr^. 

Get bomme ai c^l^re et d hal pendant aa yfa, d admb^ 
et tant comments aprte aa mort , on ignore ob fl moorot 
On ne aait paa dayantage qnd fut fa oompte de Ma Joora , 
et d longoe fot aa carri^. 

On a'accordeltyanterPordre, rinl^f^ inatmctif et Ten- 
cbalnement de chacnn de aea onyragea. CfeM partoot fa 
meme onit^ de yoes, fa ro^me ostentation d'esprit, fa m^me 
style, et partoot fa rotoe main , one mdn soople et aa- 
yante. D' Iddore Booboon. 

GAOGAI (AiioNORJi). Fosres Amcbb (marqolaed*). 

GALIL£E (c*est-l-dire en h^reo Contr4e), nbra qoe 
porta d'abord on petit distrld de la trtbo de Nephtdl ob 
^tdent yenoa a*^biir on grand nombre dIdoUtrea, el 
qn'on donna enaotte k toote fa r^lon dtote an nord de 
la Paleatine, qoi 4tait bom^ k Pest par to Joordafal, ao 
sod par le terri.toire deSamarie, k Pooest par fa MMiterran^e 
et fa Phteide et ao nord par 1^ Syria et le mont Lft»an , et 
qoi n'^tdt go^ habitue que par de panyrea pfcbenrs. Mafa 
comme berceao do chrlstlanisme, ce petit paya aaojoord'hol 
poor nooa on IntMt tout particoller. Onf y remarqoait aor- 
toot les yilles de Naxaretb, deCaoa etdeCaphar- 
naflm sor le lacllb^riade, le fleoye le Joordain et lemont 
Th abor. Lea habitants de la Galil^ dfff^raient de ceox de 
la Jod^ par leor accent rode et grossler, de m£me qoe par 
leurs id^es, en g^^al plus flbrea et ploa ind^pendantea, 
drconslance qoi a'explique peut-6(re par leors rapports ayec 

12. 



QAULtSR 



n 

k> idoMitrct; et legraad noNirede d^attres mflitadfes qoHi 
ATaient essays comiDe Toislat dm Syiieos les sTaicBt Uki 
ro^priser par les antres Joifik Aoaai let Chretiens, dont U re- 
U^im aTait pris naiaaaaeeea GaUMe, Airaot-Us appeMt dM' 
soirement Galikens par les Juifs ; et plus tard vahm Vem- 
pereur JqUoi essaja ,de faire pr^aloir cede dteomiBalioB 
pour d^igner les seetatears de Jtet-Chriit 

Ai^OQrdluu U GaliMe fait partie da pachalik de Damas, 
danala proTinee torcpie de Sjrie (Soristdn); mais eUe 
ae o(Miipte qu*im petit nombredtcbr^tieiiflpaiiiii sea babl- 
tants. 

GAUL^ (Haot et sooTeraia Empire de). C'^taU le 
litre (jewtoenx qu'ayait pris Passociation oo cemmnaanf^ des 
dercs des procurenrs k la chambre des oomptes de Paris, 
poor se distingaer dea dercs des procoreurs «« pariement, 
organist en rayaume de laBasoche, Lear chef tempo- 
raire et SecUf ^tatt dtord da titre d'empereur. Us afaknt 
empnint^ ce nom de OaliUe k le petite rue de Galiite, Toi- 
«iie do palais, et habits ea grande partie par des juifii. 
L^empereor, son diaocelier et ses prtedpaui offiders , ae 
r^ODissaieDt dans one diambre qui donoialt sur cette me. 

L'^poque de sa creation est fort doateuse. II est du mdns 
4:ertalQ qu'elle est post^rieore h cdle da royaame de la Ba- 
sodie. Le but de oetle Institutioa ^tait de aiaiateair le boa 
ordreet la sobordlaation panal les dercs des procoreurs de 
la chambre des oomptea, de juger leors coatestatioas. Le 
tribunal se composait da ehaoodler da baut et sooTeraia 
empire et de juges qui preaaient le titre de maUres des re- 
quites, Le chanceliinr ^tait an besoin remplao§ par on vice* 
cbaacelier. Les andens registres de la chambre descomptes 
font Ibi qu*ua jour elle flt emprisoaaer un dare ejapereiir 
de GaliUef pour a'aroir pas touIu readre k oa autre derc 
le maateaa qa*il lui avait (kit 6ter pour garaatie du paye- 
ment d*one amende. 

Henri m supprima les titres d*empereur de GaliMe et de 
roi de la Basoche. Les titalairea parodiaieat ea public I'au- 
torit^ souTeraiae, et se montraieat soorent avec uae es- 
oorte de gardes. Mais le nom d'etitpire de G<iUUe fut ooa- 
serr^. Les attribotioas de I'empereur fureat d6?olues an 
chaaceHer, qui depuis cette ^poqne fut chef de la comma- 
naut^ des deres des orocnrmrs k la chambre des comntes. i 
Le chancetier ftit plao6 sous le patronage du doyen des mat- | 
Ires des oomptes, qoi prit le titfe de protecieur de Vempire . ! 
de GaliUe. II avait seul le droit de faire les r^lements dont i 
la suscriptioa ^lait ainsl formal^ : « Nos am6i et fiaux 
3hanrelier et offlders de I'empire, etc > Le diancdier ^tait 
4^lectir. Tous les dera araient droit de cooeourir k cette 
Election » aind que les procureurs qui pendant leur cl^ica- 
ture avaient M ofBders de I'empire. L^dection terming, 
le diancdier du harangoaitlacompagnle, prenait ensuite 
s^nce k cdt^ da protecteur, et se couTrait d*une toque ou 
petit chapeau d*une forme bizarre. Conduit k la chambre du 
consdty od tout rempire ^tait assemble et debout, il prfttait 
serment de faire obserrer les r^^ements d de roaintoiir les 
priTil^es de Tempire , et termhiait la c^r^onle par un 
discours. Les fnds de reception ^talent de 4 4 600 liTres; 
mais cette d^pense n*^tait que focultatiTe. Le plus beau pri- 
vily du cbanceUer ^tdt Texemption du droit de sceau pour 
Tenregistrement de ses proiidons de procureur quand il 
^tait promu k cet office. 

Le corps de I'empire se composait de qulnze dercs, saroir 
le diancdier, le procoreur g^n^ral, dx maltres des reqa^les, 
deux secretaires des finances pour signer les lettres, un 
trdsorier, un contrdleur, on greffier, deux huiss^ers. Les di- 
gnitdres s^assemblaient tous les jeudis aprte Taudience de 
la chambre des comptes. Leur costume consistait en une 
toque ou petit chapeau, one petite robe noire, qui ne d^pas- 
salt pas le genou. Le costume ^tait de rigneur, Tinfraction 
etalt punie d^une amende. L'officicr qui manquait k son 
service sans emptehement l^tlme et justing ^tait condamn^ 
k chiq sols d*amende. Les dos aux charges ne pouvaient 
reAiaer, et s'ils refusaient^ ils dtaient, sant d^rt, coa- 



danm^^ ooe amende deqoiaiiliTras. II ^taitdilipailuap 
dercs de la chambre de porter Viip6e, L* m JaaTier da 
cbaqoe aante, jour de Sahit^harleaMgney laa olftdn, 
sappOto et sigels de rempire, CtaieBt ca^breir ma amm 
aoleaaelledaaslacbapellebaaaedapalaia. L'eaapenar aiait 
ea le droit deftire placer deux caaoasdatBS la covrdaps- 
lais; dea aalTea aaaoncaleBt la o^rteoaia. 

DonT(de rroaae). 

GALILEE (GAUiaoGAUun), Tna das pins iUoalraspr^ 
eorseors de Newtoa, aaqoit k Pise, le 16 Mrrier 1664. Soa 
p^ Vincent Oauud, ^lait ua gwitjlhomma floreafia, na- 
th^Biatidea, aotear de phuiears Merits sor la naneiqDe. Le 
jenae OaUlte re^ot de lui lea premieres leQona de aMktbdBi- 
tiques, et llmpreasioa que cea adeaces prodoiaifeiit sor ma 
esprit d^tennhia sa vocatioa. L*atteatioa de rc»fiuit Aait 
ramen^ irr^sistibleroeat Ters les objets de aea etudes Cifo- 
rites; son pire, qui ddt passional pour la miMlqae, ae 
put (kire appreodre ^ aoa fUs qoe les appUeatfona pen aon- 
breuses des aiathematiqoes ^ cet art ; loot le reste M w^ 
glig^. Afinde r^lariser ses etudes et de oompl^er eoaii» 
troctioa , II fut mis au colMge i Teaise, el sea progrte j 
fiirent d rapides qull fut choUi trte^eaae csioore pour oc> 
cnper oae chaire de phfloaophie k raaiyemlttf de Padooe. U 
s^jour de Galilte k Padooe dura diii*hait ana , et cet espa^ 
de tomps fbt rempli par Texpositloa dea lolado moafemeat 
accdM , I'hiTention d*un telescope et ploaieiira antres 
d^couTertes, an profit de la m^caaique , de la physiqae H 
de Tastroaomle. 

Le grand-doc de Toacane, Cdme 11 , ambitkNiDatt depdi 
longtemps de readre Gallic k son pays natal , de ne psi 
Idsser sur oae terre ^traagte ua homme qu oontriboeiait 
i rniustration de ses£tats; il rfosdt enfin It d^derlepro- 
fiBsseur de Padooe et 4 se fixer k Florence, conune premier 
phihsophe ei premier math^maticient attachd 4 sa per- 
Sonne. II sembldt que la Tie de Galikte deTatt s^^ooder 
d^scNrmais au sdn de toot le bonheur que la culture dei 
sdences peut procorer k un homme si digne de les aimer; 
il en fht toot autrement En fdsant usage du telescope qoli 
avait InTont^ Gallic augmenta le catalogue des dtoiles coo- 
nnes, d^ooorrit leA sateUHes de Jupiter, d^termlna la dsxrft 
M leur r^TohitkNi, etc ; k mesore qu*il parrenalt ainsi i 
d^Toiler qudques nooTelles parties de Tonivers, il ^Uit plus 
fortement convainco de Terreur du systtoie aatroDomiqot 
admis jusque alors, et ne put r^sister k la tentation d*y sub- 
stituer celui que Co per n ic avait con^. Pour faire adopts 
ces dodrines en Italic, il falldt prouver qo'dles n*a?aieni 
rien de contralre k U foi reUgieuse ; Galilte s'arma de pas- 
sages de I'^criture Sainte et de Tautorit^ des toiTains eod^ 
aiastiques. Cependant les oeurres astronomiquea de GafiMe 
forent d^f<^^ au tribunal de rinquisition , oondamn6e9 
conune hMliquesei absurdes^ et il fiit express^ment d^ 
fendu k Fauteur de souteoir que la tore n'est pas immobile 
au centre de roniyers. Gallic ardt fidt les plus grands ef- 
forts pour ^viter cette condemnation , et rMig^, poor ^Is> 
rer ses juges, des m^OMires remplis d^^rudition tb^o- 
gique ; il se soumit, parce qu^on ne lui fanposdt qoe le silence, 
sans exiger une retractation. EffectiTement, il eut le courage 
de se tdre pendant plus de seiie ans ; mais enfin , sdt qu^il 
cOt epuis^ toute sa patiaice» soit quH\ imaghiAt que le temps 
dtait moins d^faforable poor I'exposition de T^t^ encore 
dd)attues , 11 publia des dla/ogt«e« sor notre systdme pis- 
n^tabe. Cite de noureku par llnquisition, il ne desesp^ra 
point d*amener ses juges mdmesk Porthodoxie astronomiqQe» 
d Tint k Rome $ mds ses esp^rances s*eTanouirent bientdt, 
et cette fois le tribonal fut rigoureux : le syst^e ezpoi^ 
dans les dialogues fut declare contraire & la bonne phUo- 
Sophie et d la foi, absurde et impie ; Taoteur, comme relaps, 
Tut condamne k la r^dusion et k reciter chaque semaioe, 
pendant trois ans, les Psaumes de la penitence ;xsdni 
tout, le condamne dut faire rabjuration des ses erreurs 
agenouilM, les mains sur rfiyangile. Galilee, se relcTant* 
apr^s cette liumfliante cd-emonie, ne put s'emp6cber de 






QAULtR ^ 6AU0N 



^bt : M JNTT H wmove! (H poartaot e*€il k tcrro qui lie 
meoi). Le gmd-dae de Totcane obtlBt que eon inath^- 
DMtkieOy alort s epl ng^iMrfr e, fill mneii^ tn Toteane, od 
n d^tatkn Art a^looele aateat que l*iiiqiiiritie& poartit le 
loUrar. On reprocbera oependant ^ ee trflmnal d^ivoir 
fnpp^de sl^rilit6 one poi^ de la Tie d*iiii eaTant, qui 
tAi certainement hH vm boo emplei do teni|M oi tea tei- 
iMiifeafeoBltteiie|iOTeiil ^treooiMacr^ ^ raccroiisement 
de aoa rieheaaee iiMlecteellea. Lea ceoTrea de GaMMeaoot 
eaoore i riiNfe», h Rome, aoignemeoMnt cnfenNea et 
sooatraileak tooa lea regaffdaytandiaqiiele btbUotMcake 
da Vatleaa met entre lea maiiia de la Jeoneaie atndleose le 
Traiti ttAsirmwmie par Lalande, VExpotUkm du Syi- 
t^M du aamU par Laplace; et tone lea oonagea mo- 
defBea ott lea doetriaea de TailraMNDe losean aost prote* 
8^, cemmeatfciy ^tabttet. 

CelMes t633 que la d^tentien de Gaia^ eommeaca : to 
fiederahntue aavant aepraloigeajaaqo'anejaBTier ie41. 
El less, tt ftTait perdu la ?«e. Amd aimable qalnalruH, 
don6 d^me exeettaotemdraolre , poaa^dant plualcura talenta 
agrteblea, ebercbaiiti plaire aana oltaiier aocon amoor^ 
propie, II r ^mhttlt tout ce qui conalltoe ITwmme fait pour 
UbomeaodM. 

Sou file , finem^i QAuiiiy eat regard^ eomme un dea 
praoMiteura de I'ftrlde Itioriogerie : ee ftit hd qui appUqua 
le premier le paulnle anx borlogea. Maia il paratt que aou 
go6t poor la podaie rentratna bora de la carritee dea aclen- 
cet, en aorte qii*on ne pent dire quH ait maieh^ sur lea 
traces de aon p^. II moorut en 164$. Fbbkt, 

GALnHAFBl^EvQuelqueB ?feux fllnenn pariaiena, quel- 

qnea nrea amateura de apectadea gratU en pleia air, ont 

oouerr^bi mtaioire de eet taiuie de BobAcbe. Comme lui, 

le ptradiiie qui, aouale premier empire, arait prb le nom de 

GaUmaMe^ asset bien assort!, do reate, auz booObuneriea 

OoBt il T^lait on pidilk pen difficile , d^tait aes lani et 

ses grosaea plaiaanteika derant un des petita apectadea 

do boQle?ard d« Ttenple; il avait aussi ses babitu^, sea 

psrilRaBs , diaona mdme ses admirateura. Lorsque Bobtehe, 

eail^de ses suocte, Toolot, oomme nos acteurs en vogue, 

exploiter son renom, et aller donoer des repr^seotationa 

aiproTbioe,Ga]imalMe, pbissage, ne qnitta point sea tr^ 

team , od il ae trootait d^rmais sans rhral , et longterops 

eacoit il y Jooit de la (linreur popubdre. Le fait est que dans 

oes parades bnprovis^es, qni n*6taient point sonmises aux 

ciseaox de la eensure, on remarqnait parfots quelqaea traits 

piqQsnts et malins qui ne d^pareraient pohit mainte com^ 

die de nos Jours. GdiroafMe et Bobtebe sent morts depuis 

loagtemps , et priv^ des lazzl de ces deux forceurs le bou- 

lerard do Temple a perdu ce qu*il STalt, suivanl nous, de 

phis original et de plus caractMstique. Gardei-Tous d'ailleurs 

de mire que GalfanaTrte et Bob^che soient d^c^d^ sans 

Isisser de post<rit6. Lear race n'est pas prte de finir ; seule- 

ment, leors bMtiers directs, croyant au^essous de leur di- 

gait^de parader comme enx , eaj»lein yent, sur destr^teaux, 

lesont foits Joomalistea. Dans cette transformation, y a-t-il 

OB progrte rM ? II est permis d*en douter. Odmt. 

GALIMATIAS9 que Ton a ^crit quelquelbis galUma* 
(kias^ indiqne un discours conftis, inintelligible, on assem- 
blage de mota qui semblent aroir un sens et qui nesignifienl 
rice. Qnelques ^dits ont fait d^riTer ce mot du grec iro- 
Ivfiirta, qui rent dire dirersit^ de sciences. Moins sarante 
ert rttymologie adopts par le docte ^T^e d*ATrancbes, 
Huet, qni raconte h cette occasion ce Tieux fiibliau : Ao 
temps ob Ton plaidait en latin, un arocat parlalt pour un 
Dooini^ Matbias, qui r^amait un coq (en latin galltts) : k 
foree de r^ter lea mots galltts et de McUMas, il fini* 
ptr s'eaibroidUer, et, an lieu de gallus Mathix, il dit 
9MMaihku, Depuis, on s^est serri de ce mot ampliigouri- 
que pour expriroer un discours embrouiU^, et soorent mftme 
we affaire conftise, extrayaganfe. Manage, sans recherchcr 
leer g^n^alogie, prononce que les mots galimatias et gali* 
^oMt aaot eoosins. Sans doute, ils ont M forg^ dam 



9t 

one saflHe, afaMi que le mot de ^al/i-rftoinas, \iainM par 
Toltaire poor dMgMr le atyle ampoold de Pacadtaddea 
Tbomaa. Cbarlea Do Roiom. 

6AL1NTHIAS 00 GALANTHU8, fille de Pimtus , 
8aiTMiteetamied*Alcnitoe.AyantyaleaParqoeaet Lodna 
on Jonon assiaea defeat la deoaeared'Alemteey lesmaiaf 
eotrdac^ea, aBn de Tempteber de mettre ao moode HerculOy 
eHe lea trompa en leor amioatait qu'Alcmtee Teaait d'ao- 
coodier d*on garooa. A eette mmrelle, eNea a^rAreot 
learaoHdnadMlroiy etdasa eet totenraUe raeeooebement 
ae fitavec boalieor. En punitioa de aa sopercberie, Galan- 
tbiaa ftit cbaagto en chatte on en bdette. Hereole loi drigea 
on temple par reconnaisaanoe , et lea Tbdbnfaia edd>raient 
eaaonboMMuraae Me appdde GattnfiUaite, et qui prte^ 
daft tooloora edie de ee demi^dieo. 

GALION9 on dea Taisseaax des flottes do moyen Age , 
doot il ne reste phisque le nom. H dtaitafaMi appdd Aeause 
deaa Ibnne, qui ae npprodiait de eelle de la galore, le 
plos long des oaTlres alora eonnu, et edui qd marcbait le 
mieox. Le gaUoo Jooa on grand rOle daoa la narigation com- 
merdale depois le aeidtoe ]osqu*au dix-bultStaie aitele. 
La Fraaee, Rbodea, PEspagne, le Portugal avaient de tr^ 
teta gaUoaa qui tranaportdent dea marchandiaea en con- 
eorreace aree lea groaaea gaMrea, lea nelii et lea caraqoee. 
La Hette mOHaire poaa<dait aoad sea gaUoaa, ayant traia k 
qoatre ponta, noa dea poata armda, niaia dea eoorertes, les 
deox supMeorea aeidenieat reee? ant dea canons. Les Espa« 
gDolafbreat lea deralera k wiai&ntt k dea nariree decbargp, 
graadaoo petita, suoceaaeors des aodeoa gallons, un nom 
qui a tout It fdt disparo de b nomenclature na^de euro- 
pdenae. Ge Itot Pexploitaitioa de PAmdriqoe par ce people 
qui readit odd)re eette esptee de bAtbneat, que Tart dea 
ooaatrodloaa Biar^bnea arait fidt coodaaiBer ^ TooblL 

Dte qoe rAm6riqoe eut M dto o rerto, la eooronae 
d'Eapagne a*eo arrogea b possession exdudre ; elle aecapara 
et Toutot Adre dl^mteie le coomierce de aea aujela qui y 
dlaient fonder des odoaies. Elle aablit doac k S^Tllle un 
bureau dinspection, appd6 casa de eontrataeion, ob du- 
rent eemparatlre tone les nailres qui cbargeaient pour 1*A- 
nidriqae,ety reoefoironelioenoedesoffidersdurd, oona- 
tatant la nature de b cargaiaon et aa deatlnation ; k leur 
retoor encore, fla ^talent obUgte de ae pr6aenter derant le 
mtaM boreau, sous pdae de confiscation. Gette adminlstra* 
tion d*entraves derdt proToquer U f^ode : pour b pr6?e- 
nir, on multiplia bs restrictloas; 11 fbt conTennque les na« 
Tires cbargte poor PAmdrique ne pourrdeat piua fdre voile 
d*Espagne qui deux dpoquea fixes, tons rtenb ea conrd, 
sous la protection on plnt6t aoua b sunrefllanced'nne forte 
escorte ;et ce systtene condoislt k on monopob absdu ;l^tat 
brisa b coocorrence des partkuUera. Sdrille, pub Gadix, k 
cause de Pexcdbace de son port, fbt b seul point deddpart et 
d*arriT^ de ces coufois, dont Pun ae nommdt les galions^ 
Pantre la Jlotle, lajlottc d*argenL Les gaiions, an nombre 
de dooze, d^signda par les noms des douxe ap6tres, dtaient 
de gros nariree de cbarge, do port de 1,000 k 1,200 ton* 
neaux ; ib parbientde Cadia ordinairement an mobde aep- ; 
tembre, toucbdent aux Ganaries, dont b gouremeur avdt 
Pordre de donner avis de leor passage k la eour d*Espagne , 
puis faisdent route Ters bs Antittes, qn^ib coupaient entrd, 
Tabago et b Grenade; ib longedent ensdte bs Oes sous la 
Vent, et lea prolongedent Josqoe par b traTors du Rfo di ^ 
b Hacha : b, un d«i nartrcs mouiUdt pour arertir de Par* ;. 
riroe des gallons, et sor-le-cbamp on expddidt des ezprte k 
Carthagtoe, a Lima, It Panama , pour bAter la collection et 
i*exp^ition des trdsors do roi. Les gaiions continuaient leur 
marcbe jusqu'^ Cartbagtee, 06 ib stationnaient soixante 
jours : bs ofDders royaux, bs marcbands de Caracas, do 
la Grenade, de Sante-Martha, y accourabnt apportant bora 
lingots, leurs doublons etleurs pia>itres, poor les expddier 
en Espagne, ou l«s troqoer contre des roarcbandises ; en 
m£me temps b commerce entler du P^rou d dn Cbili dee> 
cenddtYersna manrab yilbge martogeox et mdsain, ba- 



il 



•4 



tiAUON — QAUi 



lilll iiiilitmifnt pir i|Mili|itn ■fjm'. TtirrT ff n — f^ 
#0||9. CitteliiatriMe pli«B dmaail te«t k caop le tMitee 
d*ne fBif» iBiaste :paidaBlqo«aBte jMnqoeiM sriioaf 

j iliBiMiiiirBt Ml inrlfr ilr riTftiiirfi ft i^ fliitrft m trl 
wtofOBBDC d'or et d'irseBi ca iBgolli, « tenM, ca pMdra, 

« ptf Me^qoeh^dear appTOikMtfvMiptfiiilMTOfiUe. 
|M Poarto^Bello.ito nlMaatCirtliafltee ?<^teil Isar fo^ 
do A^Mrt powr U HavaaBy oi i^apMlkar JoadioBavM 
la iotte» qoi nreiitU de It ycra4lnB» di«96e det praMIt 
de loalei kt aiiaet 4m If eiiqM. Toot fi tai Mn flrinieal 
0a«ott» loMe poor nGorepe, CD i^AefiBt aa BQiii pir 16 oh 

nalde Bahiaia. 

Qoaad PfaMppe n OBt OQfwt desMngndireeliaBlre 
l€tlUPbilippto6g€tUeflteoeddeBlrie46 P AiaMy w^ce 
foraat cocora lot gnHons qoi ocrfporttniil €0 aoataaa mbh 
meree de moDopole 4 traf en k griade aMT doSad. Cteqoe 
uui6e, Yen le mote de man^ le Ttee^ral de la Movreilfr 
Espa^ie Ikteait poblier^oe le griloa d^eapoke 4tatt ea 
eh afg wae a t poof ManiUe. Oetto cafgikoaded^pift ae eea- 
tkUitqn'enoretaiigeDteDltagoto oo aMtaaayte ; a^alear 
a'dkfaii 4 10 oo 11,000,000 de friaei. U apperteit^aa ro> 
toor, dee mooifeliiiei, deatoierkt, de riebsa poraektaei de 
Cbiae, eC lototes lea ^rioea pr6deaea deal Hade aboade. 
Lee diinenriooad6 cegaiioa aakaKaonaea; •oaport^fariatt 
entre 1 ,100 et 3,000 lonaeanx. QoeDe prok 8ttni]finiteeet aa- 
virea ao kit d'or ae derakal^k pat oflHr k V&fm6 det pi- 
ratotet det conalret de tootot let aatknt ea lieatlUM afec 
I'EapagadfCe Alt tor kor route qoe kr^bUqoe detfll- 
bottlert pota ton aire;oa ftttdekqo'elkkorteadttdet 
goela-qiMBt : cet banUt afeoftoikn n^^takM point arrOlte 
par IVippvefl d*artllkrk dont oa armait kt flanet do ga* 
Uon : let canoat defeaaknt on ridkok ^MNrmitaQ, k 
grandeor do natlre k frappaft dInnlilitA pear k eombat 
Qd ne tail ka crottkret de OaTeodkh et tfAntoo dant k 
nierdnSod,cllet rlchot dtpooilkt qolk ealerkeataoi 
galiont de ManOk? Aqjooidlioi , kt eenqoOtet det Etpa- 
gnok^ et leor commerce d*or et d'argnt , el lean gaUoat, 
toot oela tt^eil plot qo'on toorenlr hktoriqoe. 

TMogtae Pagi, oipteS—defrfMB a i^ 

GAUOTE. Let ont font Tenir ce nom de FKattea po- 
IMta^ diminotirde gaUa, e'ett-l-dfre petite gakre; et cette 
dMieooe ett bten anolemie, car on k troore daat k latin do 
moyen tge t SUbstantiam dviumgaiMiM regis H tufbta 
pridonum nupiunt (Pal6o Beoerentanot). D'aotret lirent 
gaUotta do gree t^Xiioitv, nom qoe IVm donnatt k Tea- 
padon dant k Botpbore de Thnce, etdonl k gaHote atail, 
dit^n,k forme. Dorette,fly ataitonellaUonintimeentre 
la gftUoteetle pirate : k gidtete ae retrooTo dant tontet kt 
guerret on pilkrlet mailtimet de Maore k Chretien, el na- 
guirea encore kt oortairet barbareiqoet en kitaient grand 
osage. LlHttfad do pillage avail rtfrM daatk griioto na 
excellenl navire poor kt goett-apent de k IHdllerTannte, 
car ton grtanent el ta oontlroc&on ^taienl let mOmet que 
ceoxde k felooqoeel de k galore; aet dimentkns 
^taknlintennfidiairetlcelktdecet deox nariret.* 

QnanI k k gaXlote hoUandakiB^ €td on bon grot et 
bien loord balean de HoUande (ooyea FUmiD* tool bond^ 
de marchanditet, arrondi k VmuX et k rarrike, arec det 
flanat largw et carrte, Togoani pteibkmeni entre deox 
eaoiytantOt par-det8at,tantOlpar^dettootkTagae.lSi4fe 
tegaUote bollandaiteel k giUote barbaretqoe, {10*7 a gate 
de common qoe k nom. Leon gr^emeak mtae n'<ml ao- 
cime restemblance. 

GAUOTE A BOMBEa Foyes Bonaanb 

GALIPOT , tobetance rMneote attei tenOikbto 4 k 16* 
rdbenlhlne,donleUedi(f(ire cependani partaeontittance 
el ta demi-opadte ; ta codeor eti JaonAtre, ta tateor amte 
el son odeor celk d*ane maoTaise tMbenthlne, paroe qo^eik 
ratieni un peo dliuik voktile, qn*on peul iai enlerer par 
k dtaleur el on courani de Ttpeur d'eaa. Le galipot ne so 
rtoite qu^ la fin de raotomne. Comme la tempiSratare n^esl 
point astei ^yte alon poor k faire cooler promptemeni 



aa pkd de raA^ er fn rkrik Ttklfle ae ^ Inova pbr 
ca qaoBllte toOkaate, 1 80 denMM ^ I Vr ear le traacfl 
to tatt depok k pkk 10140*4 km. Oa kvteelia 
Pbifor, et eakawl4 part; daat ^ael|nafpayt,e» 
k aon de .Oorof. De ailne ^oa k IMteatMaa, tt 
aae poriieatka afaal d*«lre llffd an 

par k teka el k dkaatdka qi^Vmy 

Oa atoatoe aaati pali^ k aaaqafdteakda 
gwm mi ^m do Liaa6, aoqoel ka babitaak dofe 
od fkil oelM(e,attriioeat detpfopcktea Ttia^rabva. 

GAUraN.rai^ QaLTRtn. 

GALL(FaAn90M-Jot8Hi).<ktafaaleiMin aaqail k 
mars 17aa, iTteiaibnaai, piiftde Pfonfaekt (graad-dacM 
de Bade, daat oae karflk catbeUqae. Son graad*p^ra, <ror)- 
gtae Hatkaae, tett oiigkairedolliknak,eirappekft 6«IIo. 
SetdetceatottyiroBknldflaaeff ^kornoai oae dMaanee 
gtnaaaiqoe, qoittereal kderakrekltiadaaoai,etde GaW> 
flreal GaU, Le pte de GaB, booaMe marebaad, el le prin- 
cipal de aaa vilkge, aTail aix caknta. Teao ao oMwie k 
derakr de looa; FraacokiJdtepb Irecal ta prendre Adoea- 
Hon d'on oade qd ^ait cor^ Plot lard II fit dea ^tndei 
plot r^goUtoet k Bade, pok tt paata ^Bradital el €oaaif« 

4Slrirt»org,oOiitelifnir<Uidedekm6dedBe,awMk 
direetkn do prefotteor lleimanli , qoi aTail ntooaan daat 
ton Jeoae ditdpk on etpril d*ob8erfalioa peo f « t ffft" » . 
Pendaafaona^ooriStratboorg, Gall fit one trt ty ave bm- 
ladie, k kqnelk O lUttl soeeoariMr. Une Jeone fomaie atk* 
Cbte4kmaiaonqo11babaaileol,dant eeRe oectsioD, let 
phu grandt aoint poor ioi; U n*ea kMol pat dafantagepoor 
qoll en dtfftnt amooteoi, el qoll en fit ta taame pee de 
leaipa aprku NOIre pbOoeepbe ne ftil pat beoreox daaa oette 
onfon : ta fMome ^tait d*on caractte empofte el liokat, 
elk manqnail d^Mocation el d^inatmdion; Blk moorol i 
Vkane, en 182&, tant Jamakavoir en d^enknlt. De Straaboofg 
Qall patta, en 1781, 4yienneettAotricbe,oOilcoatinna tet 
aodetinMkakttootVanSwkten elStoU, dealfia'eaorgBdl- 
UttaK plot lard d*atobr M VUkxt. Cetl U qoe, en 17«a, il 
racot k litre de doeteor. II aMtalt kit connattre eomme 
mddedn de mMte; on arait one bante opinion de aoa k- 
lent, el bkntOI one clientMe nombrente dant ka claitei 
Aofte dek tod^ en All la oont^qotnoe. B yjooiaaail dene 
d'one graade aieaace. 

Dant Pan de tet ootraget, CkO a raeonte oomment Id 
Tint poor k premikv f ok lidk de redieroher daat Phooome 
det dgnet eitMeon de tet dtikrentel capadt^ aatorelkt: 
« Dant ma plot lendre jeonette, dll-il, je Tteot ao aeio 
d*one kmlUe eoropot^ de plotkon fiNNrist d toeaio, d 
afoc on grand nombre de canuradet d de oondkdpkt. 
Chacon de cet indifidot atdt qudqoe chote de parlicalier, 
on taktti, on pencbant, one ftcnlte, qid k ^ttttlngoail des 
aotret. Let coadiadpkt qoe f OTak k plot k redooler daient 
eeox qoi apprenaicnl par ccBor afeo onetrte-grande kdlift^, 
d je remarqoak qoe lent afaient de grandt yeox tailkiita. La 
Jottette de cette obsenralion m*ayaald6 confirmte entoite, 
)e dot natardkaient m*atkndre 4 Iroofer one grande &)€- 
moire cbes loot ceoi en qui Je remarqoak de grandt yeui 
taOlanto. Je toop^onnai dono qo^O deratt exitter one con- 
nexion enUe k mteioire d cdte conformation det yeox. 
Aprte avoir longtempt r^lkchi, J'imagiaai qoe d k m^ 
mdre to reconnaittail par des dgnet exterieon, 11 ea poo- 
Tail bien OIre de mOme det aotret Itedtte intdledoelkt, etc » 

Aprk aToir flat^, par one opinlAtre penMranee d par 
det obterraHont mottipUte 4 llofini, kt prindpet de ta 
nooTdk pbilotophie, GaH entrepril tet reeherebet tor k 
cerToao , kitani marcber de front lea obterTatlont phy- 
dologiqnet d kt obterrationt anatomlqoet. Dana kt toks 
il aTail entendo parler det fondiont do fok, de Pettomac, 
det reins, d de toutes les aotres parties do corpa, aant qoe 
Jamais il fOt question des fonctionsdu cerreaa. ATanlhD, oa 
Tiso^ 6tait regard^ comii^e one polpe, one matte informt, 



GALL 



^ OB B'andt jamais cbercM k ^todier let lob de sa fonna- 
tloD et las npporta existant entre ses dfrenes parties; 
niais, par suite de ses recherebes et de ses d^oooTertes, 
tl fM d^fiiltiTeiMBt recoDBtt poor Torgane le plus impor- 
tant de la tIb animale; sa T^rilable structure fbt d^couTerte, 
«t |b d^Iissemeiii de ses droooTolutions (bt annonc^ et 
dteoatr^ anz sarants de FEorope ^tono^. Le oerreau fut 
prodam^ Torgaae nniqae, lodlqiiensable k la maniiSMtation 
4ies Caevltd^de Time o« de Tesprit; H fut pron?^, an 
moyea de la physiologiey de Tanatomie compart ^ de la 
fiatholegie^ qn^ le eerrean n'^tait pas on organe simple, 
iHMBOgtee; mais qu^ dtait une agnigation d'organes difl^ 
rents, ayant des attrilmti communs et des qualiMS propres 
sp^eiBqaes. Dans ses ounages, non-seuleiiDent Gall a d6- 
waoM ioules ees yMt^, inais il a ipdiqn^ le sMge de ees 
orgpnes dans le oerVean et la possibUiti de comiaitre leurs 
foBctioiis lespectiTes par le degrd d'^ergle de certaioes 
tacolt^ , ea rslson du d^Yeloppement plus ou moins con* 
•idtebie de eertaines parties oMbrales. 

Gall, pour «rriTer ii d^nnir et & d^nontrer les t^rlttede 
sa iMMiTdledoctriiie, dut dipenser beaucoup d'aigent et beau- 
coup de4emps, aoquMr une ooUection nombreusede crines 
■dliommes el ^Taifeimaux, de tAtes moul^ ea plltre de per- 
•onnages eomus par quidque focult^ ou par quelque talent 
triS'^nergique, de preparations en cire, de porMts, etc. 
II ^tait done oblig6 de contiuuer Pexercace de la m^dedne 
pour pouToir sobTenir idetels frais, en mdmetempsque pour 
•Atre Ubre de se liner k ses etudes, force lui ^tait de rMuire 
le plus ponlble le nombre de ses risites. 

Cest V^t k Tienne, que Gall comment k Uire des 
CMurs publics poor Tulgariser ses id^; et en 1798 , dans 
una lettre au baron de Retzer, public dans le Mercure 
alUmand^fi donna pour la premiere fois un apergu gto^ral 
de sa . th^orie. Ses cours dcTenalent de pbis en plus suiTis. 
Lea aaditeurs y acoouraient de toutes parts , ayides de re- 
^neillSr desidte nuuTelles sur la structure et les fonctions 
dtt eerrean et de s'lnltier k la connaissance d'one nontelle 
philbsophie des focult^ humaines. Mais en mtoie temps que 
la rotation de Gall grandlssalt de jour en jour i Yienne , 
ri^iotance, le fimatlsme et l^ypocrisie, qui out toujours si 
fsdlement accte pres des tr6nes , r^usslasaient k tire in- 
terdlre par fautorit^ ses lemons pnbllques, ainsi que la tuI- 
garlsation par la Yole de la presse des rMi^B qu*fl a?ait eu 
la gloire de d^couTrir. 

FU^n6 de ees sourdes pers^utions, Gall quitta Yienne 
au commencement de 180& , et pendant deux ans et demi, 
accompagn^ de son ^I^tc et ami, le docteur Spurtbeim, il 
paroourut le nord de I'Europe, la Pruase, la Saxe, la SuMe, 
la Hdlande, la Bavite, la Suisse, et Tint s'^tablir k Paris. 
Pendant son voyage, les saTants les plus distingue, des 
princes, des rols mtaie, Tinreat assister avee le plus rif 
iniMI k ses d^nonstratkms pbydologiqnes et anatomlques; 
et des mddaiUes fiirent fttipp^ k Berlin en son honneur* 
AniH h Paris en 1807 , il y fit imm6diatement un cours 
publie i rAtb^B^. Les savants francs I'^coutirent aveo 
la mtoie liveur que ies savants d^outre-Rhlti ; le calibre 
Corvisart, entre antres, se montra l*un de ses plus en- 
tliousiasteaadndrateurs. MallieureusemenI la France portal! 
alort )e joog d'ua mattre absolu, qui avait en horreur la ^bi« 
ioeophle et les pbilosopbcs, qif il appelaK del idMoguei, 
II n\sk (iUlut pas davantage pour que ses codrtlaans et oer« 
tains savantSy doute d*un esprit aussi souple que leur colonna 
verl^brale , se dMarassent contraires anx idte da doc- 
teur allonand. De U les ridicules et ignobles plaisanteries que 
dOUftreat k Teavi U Journal de VSvUpIre et la phipart des 
ievaeilx de Paris; noyen indigiie, s1l en M, quand 11 s'a- 
gissalt d'une qaes6oo aussi grave que oelle des llMUlt^ de 
rime el des fondiotts du terveau. Sans doute ees valnes 
disaears a^tteignirent jamais I'tae dev4e du philosoplie , 
mais dies contribn^rent beaucoup k entraver l\Hude d la 
prspafdioB des v6rit6i que Gall avait annoncto. A la fln, 
«i ouvrages panirent, d les bommet de bonne foi Turent 



9S 



alors snrpria de Ifmmeose foaatit^ d'observations qn'Os 
contenaient, aind que de la haute capadt^ d de la profon- 
deur d'esprit de Tanteur. 

GaO, fix< k Paris depuis phisieon annto, s'en fit une pa- 
trie adoptive, et obtint des lettres de natura]isati<m par.iine 
ordonnaaoe du rol ea date du 29 septembre 18t9. On lui 
avait dK qu'uae fois natardis^ il lui serait hxAe d'obtenir 
les distinctions bonorifiqnes auxqudles il aspirdt. A Hi^i- 
nuation d\ai de ses amis, il se mil snr les rat^ en 1821 
pour uae place k TAcad^ie des Sdeaces : fl n*obtintqae la 
settle vdx de Fami qd Pavdt d6ci^ k poser sa candidatuie, 
la voix de Geoffroy Saint-Hilairel 

Depols 1805^ ^poque de sen d^rt de Yienne, jusqu'di 
1813, a avdt tojjoors ea auprte de Id le docteur Spur- 
didm, son d^e d protedenr, d ensuite son ooUaborateur. 
II est ficbeux que 1m rapports d*amiti4 qui existaient entre 
ees deux estimables savants aient oess^ alors, d que rien 
n*dt pu les rapprocbeir dans la suite. 

Gall , bomme de gfole, pbilosophe profond , avdt aussi 
de rares quality du ccenr. Il dmdt k dder d k encoura- 
ger les Jeunes gens en qui il reconnaissdt des talents d de 
I'avenir. Gdi^ralement bienvdilant pour tons, il accorddt 
difflcaemeat son amiti^. Sa francbise d sa loyapti n^ex- 
cludoil ni la finesse d la dreonspMtion ; il ddt dou^ de 
la plus admirable perspicadt^, L'd^vation de la penste, 
llnd^pendance de fesprit et la fiert^ de PAme dominaient en 
Id ; dies expliquoit la profonde indifference que toujours 
il tdnoipia pour les critiques injurieuses dont sa doctrine 
fut rofasjet Pendant son s^jour k Berlin, il avait v^cu dans 
Pmtitait^ du cdd>re Kotzebne; et c*ed k ce moment 
mtoie que cdutd fit repr^senter sa pi^ intitule La Crd^ 
fdonuinie. Gdl assista k la premie reprtentation de cd 
ouvrage, d avec le public ril de tout son cceur du feu rou- 
laot deplaisanteries, de quolibets dirig6 contre son syst^me. 

En 18)3 Gdl fit pour la premi^ fois un voyage k Lon- 
dres. On lui avdt mis en t^te qo*ea y feisanl des cours il 
r^drdt un ti^s-grand nombre d^audlteurs, et qtAX gagne- 
rdt aind des summes condd^bles. Gdte id^ lui sonrit, 
parce que les fortes dipenses de sa mdson lui Idsaient 
d^sirer d*un t6i6 une mdlleure podtlon , d que de I'autre 
son Age avanc^ lui Idsdt sentir trop p^blement les fotigaes 
de la vie du m^dedn. Croyant done rteliser ses esp^rances, 
U partit pour Londres dans le mois d^avril, et en revint deux 
mois aprfes, biea d^sabus^. Ses frais avdent absorb^ bien 
au-ddA de ce qu*il avdt retir6 de ses cours. H ea ressentit 
un vif cbagrin. Pendant son absence, fl m*avait charge du 
soin de ses mdades d de la correction des ^preuves d*un 
travaU qnH avail sous presse. De retour k Paris, fl oonti- 
nua II (dre des cours, d acheva la pubUcation de son 
demier ouvrage. Devenn Veuf en 1825, il se remaria ; mais 
les fat^^ues de la pratique ro^dicde d les travaux d'espril 
avaient mln^ sa forte constitution. Dte le commencement 
du printemps de 1828 sa sant^ dednt chancdante. Le 3 
avril, rentri cbet lui aprtoses vidtes, lime dit quMI vendt 
d*^pniuver un dourdissement assez fort, d qu'il s*dait 
(rouv6 comma fou pendant un quart d*heure. En parlant, 
sa langne ddt embarnss^ d sa bonche un peu de travers : 
j*en fas effray^. Les vertiges se succdd^rent; sa faiblesse 
augmenta, les fonctions digestives se d(iraiig^reiit A la 
paralyde soocMa Tassoupissement, d flnalement, aprte en- 
viroa dnq mois de maladie, fl cessa de vivre, le 22 aoQt de 
la mteie annte 1828, dans sa maisoa de campagn^ k Mont- 
rouge, prta de Paris. II avdt ordona^ que ses restes mor- 
tels fttsseat pertte direetemeat de la mdson mertudrv au 
Pire^Lachaise, d 11 ra*avdt (kit promettre de veilier k ce 
que son crAne fit plac^ dans sa coUedion. U s'y trouve, d 
la cdlectloa eatii^^existe adueUemeat au Musdnn d'bis- 
tdre nbtordle au Jardln des Plantes. 

ie raebomerai A dterdeGdl, ses Jtec^ereAe^ surle ijff* 
time nerveux en g^n^ai et sur cehii du cerveau en parti- 
ai/ler(Paris, 1809,in4*)fdsoniliia^miiee//iAyrto/o^ifti 
S9ttimenerveu»eng^4raletdU€erteauenpartkutier9 



96 



GALL ^ GALLAS 



(4 ?oL aveeaOas, i%oumB); Swrles/onetUms dueerveau 
Bi surceUes de chacuM de tes parties, aTecdes obserralkms 
sur la possibility de leconnaltre les instincU , les penchants, 
les talents on les dispositions morales ei inteliectuelles des 
bommes et des animaox, par la configuration de leor cenreau 
et de lear tae (Paris, 1S22-2&, 6 yoI. in-S"*). Gall a en 
ootre donnd les articles Cerveau et Crdne.au IHctiomiaire 
des sciences nMicales. D' Fossin. 

GALLAIT (Louis), Ton des peintres d'histoire les 
plus lemarquables de notre ^poqne, et membre de rAcadtofe 
des Sciences et beaux-arts de Bdgique, n^ k Toumai, en 
.1810, ^dia son art d'abord dans la Tille natale, puisi 
Anyers et k Paris. Ge <iai distingue cet artiste, c'est une 
conception k la fois profonde et po^que de see sujets, une 
babilet^ eitrfime k grouper ses personnages, et Tbarmo- 
nieuse distribution de ses ooulenrs. Ses toiles les phis re- 
marquables sont : Le Taue en prison ( an palais dn roi, 
k Bnixelles ), V Abdication de Vemperewr Charles-Quint 
dans la salle d^audicnce de la cour de cassation, k Broxel- 
les), les Demiers Moments d^Egmont ( propri^t^ parti* 
culi^ d*un amateur allemand), enfin V Exposition des 
cadavres des comies d^Egmont et de Boom aprhs leur 
supplice (1851), tableau achetd par la fiUe de toumai. 
Jeanne la Folle devant le cadatre de PMUppe de Bow- 
gogne (1859) est peut-^tre la mellleure de ses composi- 
lions. 11 a peiut aus^i des tableaux de genre etd'excellents 
portraits, eatre autres celui de Pie IZ, en 1S61. M. Gal- 
lait a ^t^ tin, en 1870, associ^ de TAcadtoie firan^se 
des beaux arts. 

GALLANO (Artoinb), orientaliste, otiibre par sa 
traduction des Mille et une Iftdts. M k Rollot, prte de 
Montdidier, en 1646, sepUtoie enfant d^une fiuullle trte- 
paurre, et orpbelin d^ Tenfanoe, U aurait U6 rMuit k cber- 
cber sa susbsistance dans quelque bumble metier sans la 
protection de respectables eccl^siastiqnes <inl lui procnrirent 
le moyen de commencer ses etudes k Noyon, el de les ter- 
miner dans la capitate au coU^ du Plessis. Passionn^ pour 
le grec, Tarabe et lli^breu, il se Youa au dassement et au 
catalogue des manuscrits orlentaux de la Sorbonne. II dut 
k ses premiers succte dans cette carri^re Toccasion de bin 
trob Toyages en Orient Dans les deux premiers, il aceom- 
pagna Nointel, ambassadeur de France, d*abord k Constan* 
tinople , puis k Jerusalem : on lui arait recommand^ de vi- 
siter les ^lises grecques de Syrie et de Jerusalem, et d'y re- 
cueillir les traditions sur des articles de foi qui occasionnaient 
k cette i^poque des contestations trte-Tives entre Amauld 
et le cei6bre ministre protestant Claude. H entreprit le 
trolsi^me Toyage aTCc une mission spdciale de la Ckunpagnie 
des Indes. 

Ge fnt dans ses excursions en Syrie que OaDand rassembla 
une multitude de contes ^pars, dont les Arabes s'amosenl 
depuis un temps imm^orial, et dont les premiers narrateurs 
ne sont guire plus connus cliez eux que parmi nous les 
auteurs des anciens fabliaux , des contes des f<6es, et des ro • 
mans de la Bibliothique bleue. Un passage de fifassoud 
a accrMit^ Tophiion que ces histoires remontent au qua- 
trlMno sitele de Th^ire. On y Toit figurer Tempereur Cbah- 
Kiar, le Tiiir et les deux filles de ce ministre, bien digne d'un 
tel maltre, GUeheiad et Dinarzad. Ge sont imkisdment, k 
un l^ger changement d'ortbographe prte , les noms des per- 
sonnages du premier conte des mile et une Nuits. Gette 
histoiresertdeUen k toqtes les autres, par un artifice aussi 
simple mais moins faig^nicox que celui dont Ovide a foil 
usage pour les Metamorphoses. Le pramier litre du recuetl 
dans la langue orighiale a ^ Xei mille Contes. liUle id 
^it pris dans un sens ind^temdn^. 

Appel6, en 1701, k £iire partie de TAcaddmie des Inscrip* 
tions, Galland obtint en 1709 une chaire d*arabe au GoU^ 
de France, et mounit le 17 (d?rier 1715, k soixante-neuf ans. 
Bote a dit de lui : • II travaillait en quelque situation qu'il se 
trouTUt, ayant trte-pen d'atlention sur ses besolns , n'en 
ayant aucunesur ses commodity.. Simple dans ses moeurt 



et ses maniicei comme dans les oumgef » il anrall iasU 
sa fie enseign^ k des enfiuits les premiers ^l ^ men t s de is 
grammaire arec le mteM plaisir quit avait ea k exercer 
son Erudition sur difG^ntes mati^nes. » Le ^tyle dee oo- 
Tragus de Galland pr6aente malheurenseroent plus que dc 
Usimplidt^;ilfourmilleden^igences,et fl Cant toot rat- 
trait dn sqjet pour falre supporter la ledare m^me des 
meilleurs contes, tels que £a Lampe merveilieuse^ AU- 
Baba ou Xei quarante Voleurs, etc. Ses antres Merits sont 
trto-nombreux. n a fait des rediercbes sur la munismati- 
que, notamment sur les m^daiUes de Tetricus. Ln aieiUeare 
^tion des BRlle et une Nuits est celk qui a a^ public 
en 1S06, par Gaussin de Perceval pire. GaUand aTait laiss^ 
entre autres manuscrits, plusieurs contes eaoore in^iiti. 
Gaussin de Perceral en a traduit d^autres encore, et a ter- 
mini dignement la collection par le conte qui coaUent le 
▼Writable denouement, savoir la grAce enti^ accord^ psr 
rhnb^dle et lS6roce sultan k ralmable narratrice. 

BasToic. 
GALLAPAGGS. Voge% GiukPicoa. 
GALLAS9 peuple n^re, qui habita la partie noid-eit 
du grand plateau dont se compose U moitid aiMdioaaJe de 
TAtHque. Quoique appartenant k la race n^gre par ici 
caract^res gdndraux, il n^en prdsente pas le type dans 
toote sa pureid; il forme au contraire avec les Foulabs, 
les Mandingos et lea Noubas comme la transition de Is 
race n^igre k la race cancasienne, el semble appartenir k h 
grande fionille des peuples baUtant Pest de TAfHque d^ 
puis les fronti^res de la Terre duCap Jusqu*A VA by ssinie, 
qu'on a lliabitude de designer sous le nom de Cafres. 

Les Gallas sont une belle et Tigoureuse race d*luNmnei, 
et ne se distingnent pas moins des autres peuplades nigrei 
par leur ^nergle et kur esprit guerrier que par leurs cs- 
padtte bitellectuelles. L*bistoire n*en fait mention qa'k partir 
du sdzltaie sl^de, ^poqueoii die nous les montre comme na 
peuple barbare et conqu[6rant, sorti de Tint^rieur de I'A- 
fdqoe, qui depuis lore n*a point duA ses incursioas et ses 
effiroyables d^Tastations dans les diff(&rentes contrto dool 
se compose la r^on montagneuse de TAfirique orientile 
jusqu^aux plateaux de TAbyssinie, qui en a successiyement 
subjugu^ ou expuls^ les populations aborigines, conquis one 
grande partie de I'Abysshiie et p^n^^ jusqu*! la ma Rouse 
d au golfe d*Aden. (Test dans ces demiers temps seulemeot 
que leur puissance semble aroir dimlnu^ en Abyssinie, de 
m^me que leurs inuptions dans ce pays, surloot par suite 
de r^nergie dont a lait preure le gouvemeroent du roi de 
Thoa, leqod est mfime parvenu k soumettre qudques tribus 
des Gallas et & les forcer i embrasserle cbristianisme. Us coo- 
tinuent toujours cependant k occuper de aombreDses^partief 
de TAbyssinie, d'od lAs dendent leur domination sur des coo 
trte au sud d au sud-oued de 1' Abyssinie , dont les d6* 
Umitations sont trte-lncertaines, d qui semblent dre an- 
jourd'hui le prindpd tbditre de leurs brigandages. 

Les Gallas ne prteentent point d^unit^ politique; ilssc 
subdivisent en une multitude de grandes d de petites peu- 
plades, formant autant de centres particuliers, d souved 
en guerre les unes contre les autres. La plupart des peupiet 
Gallas sont demeurte pasteurs, d conser?ent encore avec 
le genre de Tie particulier aux peuples pasteurs touts la 
sauTage mdesse de leurs anc^tres. Gependant queiqoe^- 
nnes de leurs tribus, cdles qui habitent pr^ ou au milieu 
des Abyssbis, tout doYenues agricdes, d des lors un peu 
plus ci?iiisto. GeUes des peuplades Gallas qui sont demeo- 
rto k r^tat sauYage d nomade, tout en menant la Tie pas- 
torale, ne laissent pourtant pas que de s'oocuper beaucoop 
de chasse d de trafic d'escla? es. La plupart sont encore 
IdoUtres; toutefois llslamisme a fait de grands progr^ 
parmi dies. Yaincus en 1865 dans deux sanglantes rea- 
cootres par Th^odoroa, les Gallas abyssins aocuellUred 
a?ec bienTeiUance I'exp^ition anglaise (1867) et pr^' 
rent m^me leur conconrs k son chef, le gdn^l Napier, 
pour abattre la tyrannic du n^ous. 



GALLAS — GALLE 



GALLAS ( Mathias, comte dr ), l^in des g«n4raiix de 
^Empire pendant la gnem de trente ans, n^ en 1589^ d*ane 
fiuuiUe stabile dans le pays de Trente, fit ses premieres 
amet en 1616» dans la gnerre des Espagnols contre la Sa- 
▼ofe, en quafit^ d'toiyer d'on gentilhomme lorrain, M. de 
Beaufremont, dont II ayait commence par 6tre page. Mais U 
ne tarda pdnt k entrer an serrke de remperenr, et toi 
nomm^ colonel toot an d^ut de la guerre de trente ans. II 
se distingoa d'one manlire toute partlcoU^ dans les opera- 
tions eontre les Danois, et aprte la paix condue k Lubeck, 
en 1629, alia commander comma g^n^ral on corps d*Imp4- 
riam en Italic, oil II prit Mantooe et fit en m6me temps on 
riche botin. CM alors comte de TEmpire, il prit en 1631 le 
commandement d^ane partie de Parmte qae les SuMois re- 
naient de battre k Breitenfdd, couTrit la Bob6me a combattit 
eunite contre Gustare-Ado^he k Nuremberg et ^ Lotzen. 
Ayant M Pun de ceux qui mirent le plus d*achamement Ik 
d^ooncer Wallenstein k rempereor, U obtint aprts Pas- 
sassinat de ce grand capitaine non-seulement sa sdgnenrie 
de Pried land, mals encore le commandement en chef des 
nnnto imp^lales. A Nordlingen, Gallas remporta sor le 
due Bernard de Saxe-Welmar une Tictolre qui eut poor 
rtottat de replacer la partie snd-ooest de TAllemagne sons 
rantorite de rempereur. En 1637 11 combattit contre Baner 
et Wrangel, en Pom^ranle; mals i la fin de 1636 a se Tit 
oontraint de se r6ftigier en Bob6me arec son arm^e eit^ 
na^, et dnt alors d^poser son commandement. 

Malgr^ le malbeor qui s'attachait k ses oitreprlses etles 
preoTCs dlncapadte qo^ renait de donner conune gMral* U 
B'en (bt pas moins appel^, eA 1643, k commander Tarm^ des- 
tine k op^ier contre Torstenson. Ce fbt en rain qu'il 8*ef- 
for^ de raccoler ea Holstein, od 11 ravait suItI du fond 
de la sn^sie; par une manoeoTre habile, Torstenson r^usslt 
aa contrahre k le rejeter sur la rlTC ganch^ de TElbe, aprte 
hii aTofa* Alt essnyer des pertes ^noraies; et alors Hatzfeld 
Tint le remplacer i la t6te de son arm^. En 1645, pourtant, 
ee fot encore loi qo*on donna pour chef aux Imp^rianx, 
battus k lankowftz. II mourut k Vienne, en 1647. II aTait 
agrandi sa seigneurie de Friedland par I'acqulMtion de nom* 
breux domaines en Bobteoe; et ses descendants s*^bli- 
rent aussi en Stifle. Gependant sa descendance mAle s'^ 
teignit au milieu du dix-huititaie si^Ie; et alors rh^ritier 
de la seigneurie de Friedland, le c(Hnte Clam, ajoota k son 
nom celoi de Gallas. 

GALLATE, sd r^ultant de la combinaison de Tacide 
gailique et d*une base. Les gallates sont Insolubles, ex- 
cepts ceux de potasse, de sonde, d'ammoniaque, et ceux k 
baset T^g^tales. Presque tons les gallates se dissolyent dans 
les addes forts qui sont capables de former des sds solu- 
bles arec leurs oxydes. Ceux de fer se dissolyent non-sea- 
lement dans un excte d*acide oxalique, mals encore dans le 
bioxalate de potasse (sel d'(»dlle). C*est sur cette propria 
qo^est fond^ Tusage du sel <f osdlle pour enleyer les taches 
d'encre de dessus le linge. Berz^Ihis admet que dans les 
gallates neutres la quantity de Toxyde est k celle de Tacide 
comme 1 est i 6. 

GALLATIN (Albert), homme d^tat am^ricain, n4 
k Gendye, en 1761, yenait k pdne de terminer ses etudes, 
quand, en mars 1780, 11 courut en Am^rique prendre part k 
la lutte que les habitants des d-deyant cokmies anglalses 
soulenaient pour assurer leur ind^pendanccll se dirtingna 
tdlement dans les rangs de Parm^e am^ricaine, d'abord 
comme simple soldat, qu^on hii confla bient6t le comman- 
dement du fort Passamaquoddy. Aprte la condusion de la 
paix, il (bt nomm6 en 1783 professeor de llttteture ftan- 
faise k runiyersil^ de Haryard. A quelque temps de U, il 
acheta des terres, d*abord en Virginie, puis en Pensylyanie, 
okf sur les bords du MonongMiela, il s'occupa actiyement 
tl*agriculture. Sa carri^re politique ne date que de Pannte 
1789, ^poqueod il fut appeI6 k faire partie de la conyention 
diargfe de rM*ger un projet de constitution pour P£tat de 
Pensylyanie. £n 1793 il fut ^lu membre du s^nat des l^tats- 

MCT. in LA OOflTBIIS, •— T. X. 



Ul 



Unis; et lore des troubles qn'on appda Vimuhreetiim du 
Whisky, il contribua puissanunent k r^bUr i'ordre. £a 
1794 ses condtoyens lui donn^rent une prenye flatteose de 
Pestime qu'Us lui portaient, en Pdisant le mtoie Jour membre 
de Passemblte l^gislatiye dans deux arrondissements ^lecto- 
raux k la fois. En ISOI son ami Jefferson le nomma secre- 
taire de la tr^sorerie; eten 1809 Bfadison hii ayant offert le 
portefenille des afiaires arangftres, il pr^fte garder sa sp6- 
eialite , et n*accepU que le mhiist^ des finances. Quand, en 
1813, la Russie oflHt sa mediation pour i^tablir la pah entre 
PAngleterre et les £tots-Unls, il tut enyoy^ comme ambas- 
sadeur extraordinaire k Sahit-P^tersbouig; et plus tanl, 
PAngleterre ayant demand^ i traitor diiectement, il se rendit 
k Gand , oh le traits d^finitif fut condn et dgn^ par lui. En 
1815 U n^godaayec Clay et Adams un traits de commeroe 
ayec PAngleterre; et de 1816 k 1823 Q remplit k Paris les 
fonctions d'enyoy4 extraordmaire et de ministre pl^nipoten- 
tiaire de ItJnion. A son retour en Am^rique, il refuse un 
ministto afaisi que la yice-pr^sidence de la r^obliqoe; 
mais en 1826 il alia encore occuper k Londras le poste 
d'ambassadeur. Depm's lors II ne remplit ptas aocnne func- 
tion publique, et k New-Tork, od il s*aait fix6, II ne s'occnpa 
plus que de sdences et de litttetare. 

Gallatin (bt un des orateurs les plus d^gants et Jes phit 
corrects qu*on ait encore entendus au congi^ ^oonomlste 
de V^cole d*Adam Smith, U paria et toiyit en fliyeur du prin- 
dpe du fibre iehange, et resta Jusqu*en 1839 president de 
la banque nationale. H mourut le 12 aoOt 1849. On a de hii 
qudques bons onyrages sur Phistoh^ de sa patrie adoptiye, et 

il fut president de hi Sod^ histofique afaisi que de la Soci^ 
ethnok)gique des £tats-Unis. Cette demi^re lui est m6me rade- 
yable de sa ibndation. Son Memoir on the north'^attem 
boundary (New-York, 1843), kPocoasion de U discussion 
touley^ par la question du territoire de POr^on, de mdnie 
que ses toils sor la guerre ayec leMexIque, sont deschefs- 
d'oBuyre desagadt^ et de luddit^; et Us exerc^c&t alors une 
poissante faifluence sur Popinion. Dans les ymgt demiiree 
annte de sa yie, 11 se liyra k une 6tude toute particulltee 
des antiquity et de Pethnograpbie de PAmM]ue ; et personne 
n'acquit une connaissance plus parikHe des diffiirents Idiomea 
des Indiens. Son trayail taiUtul^ : SpupsU qf the Indian 
tribes vHthen the United States and in the BrUish and 
Russian possessions in North-America, qui forme le tome 
IT des Transactions and collections of the American. 
Antequarian Society (Cambridge, 1836), et ses dilKirents 
articles insMs dans les Transactions de la Sod^ ethno- 
logique (New-Yorii, 1845-1852), sont jnsqu'k pnlsent la 
mdllenre antorit^ k faiyoquer sur les questions d'archto- 
logierelatiyes k PAmMque ; en mteie temps que Pon y tronye 
la prenye de Ptoidition profonde et tout enroptome de Pan- 
teur. 

GALLE. On d^signe sous ce nom des excroissanees de 
formes diyerses, qui se ddydoppent sur les y^g^tanx, par 
suite de la piq(u« dinsedes de dlfTiirentes families » mais 
prindpalement decdie des A ym^n op <d re s,et du genre 
cynips^ de Linnd. Toutes les parties des y^^taux sont 
sosceptibles d^^tre attaquto par ces insectes, qui, aprte 
ayoir percd le tlssn du y^g^l, y ddposent leurs oeuft, an- 
tour dMquels se rdpand le snede la plante, qui grossH con- 
siddrablanent Porgane piqnd et donne lieu k une tumeur 
qudquefois trts-yolominense. Parmi les aombreuses gpdiea 
que pr^sentent les difCftnents y^gdtanx, quelques-nnes sen- 
lementm^itentd*6treeltto. Celle du rof ier ^^<afi^ i er 
on b^digare&i de la grossenr d*une pommet oouyerte de 
longs fiUonents roogektres, pinn(6s; on lui attribue des pro- 
prid^ antiscorbutiques et astrin^tes.Elle se tronve sur la 
tige de ce y^taU La galle du hitre se prdsente sur les 
feuiUes de eet arbre, sous forme de e6nes trks-luisants et trte- 
durs. La noix de galle est la plus fanportante de toutes, 
tant par son emptol en tebiture que par son ntilitd dans la tan- 
nerie. C*est uneexcroissancearrondie, dure, solide, pesante, 
prodoile sur les rameaux du quercus infectoria, par It 

13 



§0 



GALLE — 6ALLES 



piqtee d'nn cynips. Cest prindpalcmeiit le booigeon des 
ieunei bnMbei one la iBiiMUe cboisit pour y d^poser Mm 
flMif;le bourgeon, aprte MM d^eloppMMnt,iie eooaenre 
de sa foHM primithre qoe les aspMtte formte par la pvtie 
sopMeon dot toiHes toodte. L'omf M6t,ellalarfede- 
▼ieot sooeeHiTMMiit iniecte parCut A cette ^poqoe. il d^ 
Tore one partie do la sobttanoe qoi fonno 8a prison, eo 
perco l'«B?e(oppo eC t'^ebappo; cot noli do |^ aiasi 
porete preontBt le nom do galles bUmehei; cUoi iont 
boaoooop mofatt tatimtm dans le oommeroe que la galU 
wtre oa verte d^AUp , qni Tieot aux eoTifont d'Alep 
en Syrie. Lagrotaenr de cette demlto erteeUe d'uie are- 
line ; tile est compacte, trteiwiante et trte-astringente, pn>- 
pri^t^ qa'eOe doH i ce qo*on Ta r^oolt^ a?ant la sortie 
de llnseete. La galle do Smyme est mofait estim^ qae 
la piMdente, paroe qn*eUe contieni pbis de gMu blan* 
€kes, 

Le quereus rohir de Linn« pr^sente h U capote deson 
gland one exeroisaanoe irr^litoe, que Ton nomme gatUm 
de PiimoHt : elle offke an centre d*ane enTdoppe ttgnense 
une catitt onlqne, prenant de Tair par le sommet, conte- 
nant one eoque blancbe, qui a dO serrlr aux m^tamopboses 
de rinsecte. La galU rwde de France est entf^rament 
•pbMioe, dore,asseiMgftre.Sa8arftoeest poUe et d'nn 
blane rongeltre. Elle est proddte per le quereus ilex, qui 
crott dansle midi de la France. On trooTe dans les enviions 
Bordeanx nne galle nommte pamme de cMie, qni crott 
snr le cb«ne teutin. Cost la plos {grosse de tootes; elle 
est prodnite par le d^Tdoppement monstruenxde roraire, 
piqu4 a?ant la Cicondation; die est spongiease et derient 
MirUqjbre par la dessiocation. M. Goiboorg a retif^ d^lne 
eoqne blancbe, ofale, plaete an centre de bi galle, Plnsecle 
tifant,leqnd reeerait del'air par nn conduit trte-itroit, qui 
pvtaitdnpMoncule]usqu*iUcoque; U pense que ee con- 
duit doit exister dans toutes les autree gaUes, et snrtout 
dans edie du Lerant, qui est trte-dnre et trte-compacte. 

Fatbot. 

GALLE (AiiMii), cdd>re graTeur en mMaiUes, naqult 
en 1761, 1 SaiDt-ttlenne. D'abord simple ourrier dans une 
Urique de boutone, il traTailla ensulte diei un orftfre de 
Lyon; et 6*081 Uiqomeentlts'^dUer en luile g6niede la 
grafure. Galle so forma sans mattre, et sesoommeneemeDts 
fbrent trte-reroarqnables. 8a premie roMaiUe Ait odie de 
b Conguite de la haute it^e,et die est restte l*une de 
aes plus bdles productions. 11 execute ensuKe cdle du 
Reteur d'Jtggpte, V Arrive de Bonaparte d Fr^, la Ba- 
taille de Friedland^ le Conroniiemen^ de ffapoUon, etc. 
En ISlo il remporta te premier prix dn concours que 
TAcadtole des Beanx-Arts aydt ouvert poor les mdlleors 
ovfrages de graTure. Nomm6 membra de llnditut, son acti- 
fit^ no so repose pas un seul jour, et cheque ^T^nement 
glorienx de noire histoire trouTa en bd on interpr^ adroit 
el faispir^ Le burin de GaHe a racont^ tons lee triomphes 
du consubt et de i*eropire. II expose au Salon de 1824 on 
hil^ressant cadre de mMailles, 06 figuraient VBntr^ du roi 
dPorif , La Duchesse d'AngoulSme quittant la France^ et 
eaBn les effigies de Descartes et de Malesberhes. Depois 1 830 
GaUeaextoit^ Um^daflledebCoiiTiidre (Tiller (18S0),et 
plus rteemmentla 'Dranelatian descendrti de NapoUon : 
ces CBOTres, les demi^res qui soient sorties de sa mab 
coorageuse, attestent qu*en TidlHssant son talent n*a?ait rieu 
perdu de sa lermeM premise. Les m^dailles de Galle res- 
teront comme dee moddes de prfeidon, de nettet^ et de 
sdence. Ce bberienx el patient artiste est mort Tors la fin 
de rannte 1844. 

G ALLEGOS. On nomme afaid en Espagne les babitants 
delaGallce. 

GALUSS, prttres deCybde,diyi8iondescoryban* 
tea. A t ys,qoe Cybde dma, a^^tant (Ut eonuque, Gallus, pre- 
mier pr8tre de cette dtese, Imita oet exemple, et dans la 
suite tons lea minbtres de Cybde forent de mftme eunuques. 
Oyide bit ddrlTer ce nom d'nn fleuTO de b Pbry^e, 



nommtf Galbu. Lnden a parbiteroent ridSculls^ ces fu^ 
tlqoes, en racontant les oMmonies de lemr csilr^ dus 
I'ordre. Plutarqoe se plaint de ce qu*4b oat rendu b po^ 
des oracles TulgiIre et m^risable. lb conduisaleBt 4i 
bourgade en bourgade llmage de leur ddease , et distri- 
buaieat des r^ponses en vers a ceux qui les eonaoUaieBt, ce 
qui bisdt n^iger lea orades rendus sur le tripled. lev 
dalt permb, trte-andennement,saiTant Gio^ron, de demu- 
der, seub, I'aumOne dnrant certaitta jours. Bs araleit n 
cbef; nonun6 are Ai^aUe. Avec un fouel ferni^ d'ossdeb 
enfibs dans Irob bnitees, bsgdbs se ftistigenieBl cnMOe- 
meni en i*bonneur de b dtase. On pent voir dans A^ 
des d^tdb fort curieux sur ces prOtres, qui de son tBD|M 
^ient d^ik tombte dans un grand dberMit. 

GALLES ( Pays on Prindpaut^ de ), eo intia ^Htaaais 
teeunda ekmbria, en angbb Waiee, et autrefob WeUit, 
prindpaut^ jadb bMbpendante el rtenb aii}onrd1id aa 
royaume de bGrande-Brebgae, sor b o6to ooddeatito 
de TAngbterre prop r emeni dite, esl bomte A I'ooest dn 
nordparb merd'lrbnde, ^Tesl par lea coml^ anglsbde 
Obester, de Sbrop, de Hereford et de Monmouth, et an iid 
par le canal de Bristol. EUe comprend une superficb d'ei- 
▼iron 128 myriamdrescarr^ Son territoire est traverse par 
trob chdnes de montagnes, dont le pic b plus dev< eitle 
Snowdon,bautde 1,181 mdres. Les formes abruptes d ei- 
carpte de burs nombrenses ramiAcations, lea Talbespfo- 
fondes qu*elles renferment et qu'arrosent une innltitnde de 
pdlb bcs et de ndsseanx, des bronllbrds preaqne perp6- 
tuebd b ndge, qni en.oertains endroito dure Jaaqo*an nnii 
de Jub, donnenl 8 tonb cette contrte rasped to ploi pitto 
resque, et IV»t bit sumommer b 5ifbse anglaUe, Le di- 
mat sans doote en est 8pre, mab non pas mabain. La 
edtes, bMastede rocberset forKcbancrte, fonnentaa 
grand nombre de golbs et de promontoires. Lea conrs d'ew 
bs plos importante aont b Dee, la Cbyd, le Conway, le 
Tany, b TaTO, b SoTem, b Wye et TUske. Le aol esttr^ 
ricbe en for, notaroment dans b comt8 de Cbmongan. Oa y 
trouteaussi dq cuiTre, du pbmb, dn marbre etde b booilfe. 
L'eiploibtion des mines d b bbHcalion dn ler constitoeot 
bs priodpdes industries de b population; el la nature do 
sol bTorise d*une manid« toute particnlide, ind^pendim- 
ment de ragricutture, Tdbre dn bdail. Sur tea cAtes, U 
p8cbe, edb des hultres surtont, occupe fructueusement 
un grand nombre de bras ; d second^ par de nombreux ci- 
naux, le commerce auqud donne lieu b pbcement des divers 
produib du sol est des pUis aclib. 

Le pays de Galles est divis^, sous le rapport politique, en 
pays de Gdles du sud ( South* Wales ), et pays de Galbsda 
nord ( North-Wales ) ; b premise decesdlTisionscompreDd 
les comt^ de Bredmock , de Cardigan , de Cacnnarthea, 
de Glamorgan » de Pembroke et de Radnor; b seconde, 
les coml^ d'Angtesey (lb d*)« de Caernarfon, de Denbigh, 
de Flint, de MerionetbetdeBfontgomery. Le chef- lieu de 
la principaot^ esl Pem6roie. Sa population en 1841 dai( 
de 911,321 babitanU, et en 1871 de 1,216,470. 

Les babitanU priroitib du pays de Galles furent fraisen- 
bbblement des iC|rmr» 00 C I m bres. Au temps de b domi- 
nation romaine, cette contrte portdt le nom de Cimeria^ d 
aujourd*bui encore les indigenes sed^gnent eux-m^nes per 
b nom de Cpnery, Quant k I'dymologie mtoe du nom de 
Galles (en anglab Wales)^ d*o(i on a bit pour designer 
les babibnbde cette contrte b mot GalMs ( et dans les fo^ 
mes anglo-germankioes, Walen^ Waleser, Walliser d 
ausd Welches ), c*estb nne question demeorte sans solu- 
tion. Lorsque, an dnquidne d^de de notre ^re, let Anglo- 
Saxons (vogei AHCLETEiaB) enydiirentb Bretagne, ^ 
partie de b popubtlon bretonne, qui descendaH des Cel- 
tes, hiyaut derant le gbive des conqu^rants, se Hfop* 
dans les montagnes et les for^b do pays de Galles, oil ces 
teugrte cdtes se confondirent pen k peu arec les liabitsnts 
primitift de b contrte, parmi bsquds dominait V^itmcai 
dmbre , pour former nne popubtion particuli^, qui a coa- 



GALLES ^ GALLET 



M 



aeiT^ jiiaqii'4 ce temps-ci, en opposition k I'^Mnent anglais, 
set morars, son earacttee et sa languo propres. Los Gallois 
tie DOS jours sont one race d'bommes grossiers, sopersUtieai, 
mais^nergiqoes g^n^reux, bons et liospitaUers. Les classes 
snpMeures ont scales ado pU ia langue el U dTiUsatlon an- 
glaises ; el encore se composcDt-eUes en grande partie d'^16- 
meots foomb par Uniin^ration. Aojoord'hoi encore, cenune 
jadis, les Gallois c^l^cent lenrs antiques flttes natlonales, od 
Ton dteonne faciienient des traces des antiques croyances do 
fiaya, aloes qne sa religioa 6tail celle des dmides ; et lenrs 
pokes popolaires on bardes se rfanissent tocjonra annoelle» 
meol poor se dispnter le prix dans des jootes poMqoes. Par 
oontre, llnstraclion poQidaire j est encore des pins ddeo- 
taenses, et f^eti tont rfeemment senlement que des 4coles y 
out ^ fondte sous fimpuision donnte par T^ldment anglais 
de la population. La lan^e des Galleis, qui se compose d*un 
melange de mots germains, celtes ( ^dliqnes ) el romaiiis, 
poeaMe une grammaire et memo une lltt^fatore. 

A r^poque de Pbistoire d*Angleterre dMgnte sous le nom 
de p&iode oHghhsaxonne, 11 est TraiaemblaUe qne les Gal- 
lois ob^isealent d'aboid i unseal et mftme chefou prince indd- 
pendant, que par la suite lis en reoonnurent piusieors^ dont 
les dlYisioos et les luttes intestines Aivoristeent lIuTasion 
^Irangkre. D^ le roi anglo-saxoa Athelstan ( 925-941 ) 
«Tait oonlraint les Gallots i kii payer on tribut, oonsfotant I 
partie en argent et partie en peanx. de loup. L'^tablisseneat j 
de ce tribal eutk la longue pour rteultat rextennlnation com- 
pete des loupe dans I'lle enti^. 

Quand, en Pan IO669 les Normands a'emparkrent de TAn* 
gleterre, les Gallois essayteent de se soustralre an Joog de 
oes nooreaux euTahissenrs; mais Ouillaume le Conqutont 
entra dans leur pays k la tMe d*une arm^ formidable, et 
contraignit lenrs dlTcrs princes on chefs k reconnattre sa su- 
zerainey et it lul payer tribut Poor mettre obstacle i Pinva- 
skm dn sol anglais par les populations saurages et guer- 
ridres dn pays de Gailes, le roi Giuillaurae Ilinstitna sor leurs 
fronti^res des comles de Marches, des fytarcAers oa marquis ; 
el retranchte dans leurs ch&teaux forts, ceux-d soomtoit 
pen k pen les diyerees parties du territoire, en mtaie temps 
qa% tinrent en respect les chefe ou princes les moins pato- 
sants. Ifais pendant les guerres dTiles qid signaMrenI le r6- 
gned'titienne, le dernier roi d'Angleterre de race normande, 
les princes ou chefii du pays de Gailes r^ussirent k se sons- 
Irake presque compl^tement k rinfluence ang^se, et rava- 
fftfent m^roe le sol anglais, k litre d'allite tanlM dn roi, el 
tanUM de la prinoesse Mathilde (voyes Plahtaqsiir). Enfin, 
le roi Henri II sot mettre k proGt leors dissensions et lenrs 
luttes intestines pour sonmettre de nooTcan toot le pays de 
CaQes k la sooteraineU anglaise. Le prince Madoc de Po- 
wis on Montgomery, Tami et le yassal de Henri, ayant iM 
roliiel de maoTais traitements et d^ades d'hostiMt^ de la part 
de plosieors antres princes, notammeni de la part d'Owea 
Gwincrth, prince du North- Wales { Gailes du nord ), ap- 
pda le roi i son seoonrs. En cons^enoe, Henri^ i la leie 
d'une aimte nombrense, euTahil le pays de Gailes, en 1157, 
▼ainquil el soomit, aon sans pehie, Owen, et contrdgnil I'an- 
n6t satvante les (nrinces pos8essi<Hm6s an sud et moins puit- 
sants k reoonnatbe sa snxeraineltf. Mais les Gallois ne sup* 
portaieni le Jong qn*atec impatience; ausd dte 1163, quand 
Henri II se trouTa embarrass^ dans une gueire contre la 
France, Res, prince du Swtk- Walei ( Gailes m^dionale ), 
fit-H irruption en Angleterre; el Pannte sdTante 11 ne fad 
(bt pas dUOdle de determiner les autres cheb k prendre les 
annas k son exemple. Henri en? oya alors de nombreuses 
armies dans le pays de Gailes ; mais leurs efforts tatuA im- 
poissants, parce qneles Gallois firent alors allbnce aree la 
France. OefhIseolemenlsoustdonardI*', qdmontasurla 
trtoe d'Angletenre en 1272, qu'on rtessil k sonmettre com- 
pieiemeni ce pays. Llewellyn, alors prince sourerain dn 
pays de Gailes, ayait souteno, sous le rigne de Henri III, le 
parti de Leicester, et reftisait, sons dlTcrs pr^textes, de Tenir 
rodreen personne foietbommagek tdouard. EnooDS^quence 



£douard entra, en I'annte 1277, a?ec des Ibrces eonsid^nblec 
dans le pays de Gailes, et force Lleweilyn i implorer lapaU, 
el k reconnattre sa snieraineU ; exemple quednrentsucolBSsi-l 
Yemeni imiter les antres barons du pays.. L'exeessife duret^ 
avec laquelle les marcAert ( marqais ) anglais traitaieni 
les populations galloises ddevmlna Llewellyn k d^yer, 
en 1282, Paeadard de to r^olte; mais U fat baitu, etp6rit au 
ranis deddoendMede la memeana^dansunengagemenl a?ec 
destroopesanglaises. Son cadaYre,relroov6surle champ de 
betallle, fut coupd en quatre quartfers el expose en san^anl 
trophde sur les rouraHlesdesquatre p^is grandes YiUes d*Att- 
gleterre. II existait une Tiellle prophdtie de MerUn snivanl 
laquelle un prince de Galies de^ un Jour Tenir k Londres 
celiitfre la couronne ttargenL Pour rialiser ddriaoirament 
cette prophdtie, qui continnait k exeroer me polssante in- 
fluence sur les populations galloises, le Tainaaear III sns- 
pendre an sommel de la Tow de Londres la tMe dn noble 
insurgd an bout d'une piqne el cooTerte dHme couronne 
d'argent Son Mn Datid, qui tenia de continuer k luttei 
pour nnddpendance de la patirie eommnne, loadia, an mois 
d'octobre 1283, entre Jes maina du roi, el mourul de la main 
du bourreau, liSbrewsbory. 

Le pays die Guiles M alors traits en prorhiee eonqulse. 
ifidouard dMara qne la prindpautA constituerait d^sormak 
un flef reierant de la couronne cPAngMerre, el ordonna en 
outre qu'on y failroduistt les lois et lescootumea anglafaes. En 
1301 le roi oono6da sa conqueie, k litre de flef rekrrant de la 
couronne, ik son flis aM el hMtier prtoo mp tif, qui prildte 
lors le litre de prince <fe GoUei, el qd r6gna pins lard sons 
le nom d'tidooard n. CTesI depuis cette^poqoe que le prince 
royal d^Angleterre, quand il est flis atn< du roi i^ant, on 
sll Tient k mourir, son flIs aln^ porte toqjonrs ce titre de 
prince de Cfalfes, qui cependant ne hii est accord^ qnequd- 
ques mois senlement apr^sa nalssance el toners par let* 
tres-paientes spteiales. Pour en flnir atec l^esprit d*bid6- 
pendance et de nationalitt qui caraddrisait lea populations 
galloises, les rob d'Anglelerre s*attaehkent k exiirper el 
antetfr la caste dee bardesi pemnnages infestisde diferi 
prifiMges particuliers, el qui en leur qualHA de reprtentanis 
dn gdide national continuaient par leurs chants k eonsenrer 
dans le penple des soufenlrs el des traditions patiiotiqoes el 
sonrent memo Pexcitaient k se r^olter contre ses oppres* 
seurs. Owen Glendower, barde ten d*une andenne fttnffle 
de princes gallois, proftta des Ironbles anxqnela PAngle- 
terre fut en prole sous Henri IV pour lerer, m Pan 1400, P^ 
tendard de llnsnrrection. II enrabit PAnglelerre el ddfasta 
les possessions dnoomte de La Marche k la teied*ttne bande 
nombreuse, aux d^H^dafions de laquelle les hommes 
d'armes de ce seigneur, non phis qne. les troupes envoys 
k son secours par le roi d*Angleterre,'ne pmvnl mettre un 
terme. Ce fbl senlement rers la fin du r^e d'Henrl I Y que 
les Anglais rtessiroit k lUre renlrer le pays de Gailes dans 
le deroir. Les rois suiranls instttntoent alors dans les difers 
districts de la proTuice des seigneurs anglaia on mareken^ 
chargte d'exercer une Juridietion paftieulMre el aAHrabe, el 
r^prim^rent desormaisde la manl^ la plm sanf^te toote 
tentative der^toKede la part des habitants. Enfin, en 1538, 
pour mettre un terme kcet^tdedterdreetachererd'ef* 
facer les demiers restiges de Pantique faid^peDdanee deces 
contrte, Henri Till, 4 la demande dn pariemeBt, rtaill 
diflnitiTement la prindpaut* de Galies k PAn gi eter i e; el m 
meme temps les popuhitions galloises furenl admlBes k lna| 
les droito, fiwichises et liberie, garantis k la nation angfadae 
par sa constitution politique. Oonsniter, sor les nombrensei 
antiquity du pays de Gailes intMenres 5 P^oque chr5- 
tieune,rAe ComMcmiMiwIariliiNgiiiliesdeRnbefiC Lon- 
dres, 1815 ). 

G ALtES (HooTdle). Foyei Nodtbxi Gaum. 

GALLES (He du Prince de). Fofes PooLO-Pnuno. 

GALLET, n< k Paris, Ters le oommencemenC do dix- 
huititoie sitele, chansonnler pldn d'espriteldenatnrd, 9:u 
STaittiteu deno6)oori,aoraltrMabilit4 la corporation des 

11. 



100 



GALLET — GALLICANE 



4pMen, fbrtcompromiae tons le rapport Intdlectnel par 
Im raflleurt de notre ^poque. II exet^ en «ffet cette bo- 
DonMe proTeMioii k la pointe Saint-Eustache, et c*est \k 
qaH iMerait PaBtrdvPlron, Col U, dans dejoyeax 
banoaeto, qui Amnt I'origliie de randea Caveau, Oe- 
pendant, ayant trop scandaleaseinent joint I son com- 
merce d'^ptoeriet oelm dea prtts sar gaget, m$d la petite 
semaine, 11 (tot exda de Pacadtole chantante, dont 11 
^tattle fondatenr. bnoodant ^picnrien, U t'en oonaoia 
en felaant one chanson de plos, car sa fteondit^ ^tait trto- 
grande en ce gonre : ces petHes piteesy tontefois, n*ont Ja- 
mais M recoelUles en corps d'on?rage; mab on en troiiTe 
nn assei grand nomlwedans Tancien ChansannUr/hmfait, 
Gallet ayait anssl oompoi^ en soci^ stcc Piron, Panard 
et Cott6, qnelqoes faoderilles, nonwii6salon op^ras-coml- 
qaes, entre antres. £e />rlM fiiidff et la JPrtfeoiaion iiit^ile. 
Sa galetd, sa fadUt^ dlmprafiMtiony leCdsalentrechercher 
dans beaocoap decercles, od Pon^taH moins s^tee que le 
CaTcan sor sa morality Ge ftot pent-ttie la cause de sa 
mine. Quoiqa*!! ettt poor ftilre fortane, oomme on yient de 
le>roir,nn moyen de pins que ses conA^res (en ^plcerie 
bien entenda ) , fl paratt que le gottt des plaisirs finlt par 
Id feke teUement n^gliger ses affaires, qu'll (tot contraint de 
Mre folilite et de knaer son magasln. Poor ^chapper anx 
prises de corps, 11 se rMtogia dans reocemte dn Temple, qnl 
#tait alors mi Hen d*aslle poor les d^btteors. Et quolqne 
rMoU k one sitoatlon pen als6e, k d^ot de noavelles 
dettes, 11 y fit de noorelles chansons. On noos a conserve 
les tfois cooplets de celle qu*U adressa k Colli, ao momoit 
de soccomber 4 sa derail maladie, en 1767. En Toid le 
dernier, sor unreAraIn alors en togne : 

Antrefois, presau'ia mine iatUnt, 
fta aoruf pa niBer auttut 
Qm noiM racoDiuuatODt d*ApAtref. 
Aojoard'hai j'abrige, d'aotant 
Qa*A l*^i«c OB pratre iD*aUeod, 
Aceompagiti m pttuUurs auires, 

AussI , aprte son dMs, fit-mi coorir dans le monde cette 
^itaphe laoonlqae : 



Ci-git le dianaonoier Galkt, 
Mort en acheraot an eoaplet. 



OonRT. 



GMJLIGANE(IKg|i8e).Lorsqae la doctrine do Christ 
comment It se r^iandre dans ronlTcrs romain, les Gaoles 
furent de tootes les proTinces de Tempire celle oh elie 
s^implanta toot d'abord. Les disdples wAme des ap6tres y 
▼inrent prteher la foi, et soelMrait de leor sang leor 
oooragoQse et salnte mission. Les premien Inartyrs dont 
on ItoMe mention sont Gatlen, k Tours; Trophlme, k Aries ; 
Paol, ANarlxmne; Satumin,ATouloose; Austremoine, ACler^ 
inoBt;MarUal,ALbDOges;Pothin,ALyon;Cresoent,4Vienne. 
Mais oomme le aang des martyrs est essentiellement fifeond, 
ces deux demiires TiUes (torent blentdt remplies de fid^es ; 
c'est ce qoe Ton peat voir dans la lettre authentiqoe des 
^gUses de Lyon et* de Vlenne aux fiddles de TAsie. Saint 
Irinie, qoi mourut martyr dels fol dans les premieres an- 
nte da troisitaie siicle, ayant k combattre des hMtiqoes, 
leur oppose les traditions des ^glises des Gaoles. Toutefois, 
la nooTcUe religion ne se ripandit goto d'abord que dans 
les proTittces mdridionales de cette contrte. Celles do Nord 
et de rooddent langolrent plos longlemps dans les ten^ 
bres; cependant, dles-mtaies ne tard^rent pas k accoell- 
Ur la bonne noordle : des ^T^qoes pldns de i^e se d6- 
▼ookenl avec Jde Ala mission pMUeose de renseigner; 
et dijA Ters la fin do qoatri^ne sitele 11 n*y restait 
phis qoHm petit nombre de palens, qoesahit Martin con- 
Tertitii la rdigion chritienne. Poor mieox parrenir ao bot 
qolls se proposaient, les apdtres des Gaoles formirent 
dlTcrs itablissements monasUqoes, d*oii la religion chri- 
tienne de? ait s*6tendre ao loin, comme d'un centre rayon- 
oant Saint Martin (tot le premier qoi, Tan S60, fonda 
prea de Poitiers le monasttee de Lign^ et plos tard, en 



372, cehii de Marmootier. En 390 saint Hooonl ^kn 
cehii deL^rins. 

Mab toot leor lAle ne pot empteher qoe I'ariaaiame m 
Tint A son tooreoTahirUi Gaole : cette do^rinen'y fitcepea- 
dant point d'abord de sirieox progrte. S'il y eut dea ariees 
dans ce pays, ce ne fot qoe plos tard, lors de linTasioD 
des barbarss , ao dnqolAme sitele. BientM les Freooa, coa- 
doits par CIotIs, se jetArent sor cetle r6gioii ; ea y pte6- 
trant, lis ^talent palens ; mais CloTis ayant, per ooefiiTeiir 
odieste, remport^ one grande Tictoire, se fit chrdtien afee 
Ui plos grande partie de son armte. Les Gauloie orHiodoxes, 
Toyant on Jeone prince Chretien, se soomirent k son pooYoir, 
et, an lieu de le combattre, raidArent dans ne conqu^ 
lis se plaignlrent A loi des croant^ des Wislgoths arkas : 
CIotIs ne tarda pas A les combattre, les TeinqoH eotMre- 
mentet les obliges A senietersui l*Espagne. Ce fiitdeoette 
maniAre qoe notre France (tot ddinAe do scfaJome d'Aiios, 
de sorte que les traditions orthodoxes ne pureut b*j alttor, 
etsV co ns enrArent A rabri de tout contact impur. li est boa 
de remarqoer en passant conibien, A cette dpoqae de dA- 
sordre et de barbtfie, les ^Aqoes de France lorent utiles k 
la nation, comblea lis oontriboArent A adoodr lea moMirs de 
ces peoplades du Mord, qui conserralent encore toote la f^ 
rodtA de leor caractAre. Les pr^latB, oomme lea d^posftairet 
des traditions, comme les hommes les pies telaMa de V^ 
poque, lurent faitroduits dans les conseils dea princes, et 
ocoupArent la plus grande partie des charges de I'^at Ik 
aTaioDt la haute dh«dlon dans les assemblAes nationales, et 
ne (torent guAre hiqul^tte par les hMsies qui toamieotaM 
la chrAtient^ au dehors ; jusqu'ao onsiAme slAcle, its n*eo- 
rent A s*oocuper dans leurs condles que d'affaires d^* 
ministration lotMeure; lis chercbArent A rAprfmer la si- 
monle, les brigandages des sdgnetin, linconttneBoe dei 
dercs, etc, et A prot^er le foible centre le (brt. 

Mais en 1047 BArenger, ayant publlA ses erreurs sor TEo* 
charistie, (tot condamnA, non-seulement A Rome, nials anssi 
dans plusieun condles tonus en France. A lliArAeie de B^ 
renger succ6da celle de RosceUn, qui folsait trois dieux des 
trois personnes de la sainte TrinitA. RosceUn, oondamnA 
dans un condle tenu A Soissons en 1092, abjura aoo emor. 
Nous ne parlerons pasdes hArfeies semi-tbAologiques, semi- 
politiques d'Arnaod de Brescia, de Pierre Valdo, d'A- 
bA lard, de Gilbert de la PorAe, qoi pendant le domEJAms 
siAcle agitArent TtilgUse et I'Eorope, et qoi (torent si biea 
combattoespar saint Bernard, Pierre le VAnArable, 
Hildebert, AvAqoe do Mans,et Pierre Lombard. Moos 
passerons aossi sor celles des Albigeoiset des Vaodois, qoi, 
ao trddAme liAde, occasionnArent tant de troubles eo 
France et exe tArent des rigoeors que nuos sommes loia 
d'approoTer. 

V£glise gaCUeane oe (tot plos faiqoiAtAe par TbArteie jos- 
qo*ao commencement do seixitoie siAde, Apoqoe d^as- 
treose poor FEorope, oh se rApandirent aToc one rapiditA 
prodigieose les doctrines de Lother et de CaUin; toot 
le monde salt qoe Ui doctrine de la rAforme, condamnAs 
ao condle de Trente , foomit aox sooTerains de I'Eorope 
I'occasion de dAployer leor xAle poor la foi cathoUqoe. Ao 
dix-septiAme siAde, 11 y eot non pas one hArAsie, mals des 
dispotes SOT la grAce et des discossions sor le qoiAtlsmo 
qoi ne forent pas de longoe dorAe. 

Dans le prindpe de rAtablissement de la religion chrA- 
tienne, 11 s*Atalt Atabii des chants, des rites et des cootumes 
difTArentes dansia litorgiedes dilTArents pays, et c'est ce qui 
arrlTaaoftsidans les Gaoles. II y eut josqu^ACbarlemagDeim 
chant galUean, une messe galUeanef qui n'Ataient pas les 
mAmes que le chant et ToCBce grAgoriens, suiyis A Rome, et 
que Charlemagne fit adopter aux Aglises de France; il n'est 
done pas Atonnant qu'il existAt en France des coutumes, des 
moeurs, des constitutions propres A I'^gUse de ce pafs, 
coutumes qu*dle conservait par tradition, et auxquelles oa 
a donnA le nom de liber tis gallicanes; c'est lA on Aiil 
centre lequd on ne saurait AlcYer aucun doute. Nous ne 



GALLICANE 



101 



pooTMt d^lsQtor Id les ooatomes qol font Mt prlTil^ges; 
nous dirons aommairement qu^eUes condgtaien t k recon- 
Baltra raatorit^ dea papaa quant au apirituel aeuleiiMot, et 
leur InlidUiMlIU dans lea questioiia d^dte par eux et par 
\m ooBcUea da la mtaiemaiiitee, k reoonnattre lea aonveraiiia 
da rojaaine oomme chefs temporels, et k leur prater ser- 
BMit de fld^Ut^ IM ir^quea dea Gaaka, ayant aaaist^ k la 
fondation da la monarchie fran^aiie et purtidpd ao poaToir, 
s*6taie&t accoQtum^ k respecter l*autorit6 tempOTelle. £loi- 
gn^ de U cour de Rome, Ua ne a'^taient nuUement m61^ 
aox dlCKrenda dea papea avec lea empereuray et dans cette 
grande Intte ila n*aTaient ni approoT^ ni d^sapprooT^ les 
actes dea sourerains pontifes. 

Josqu'lt Gr^oire VIII, les papea, qaoiqoe afBcbant 
naiBtea 161a des pretentions exag^rte, n*avaient oependant 
pas os^ mettre leor antorit^ an-dessns de Tantorit^ de tons ; 
Grfgoire imagliia de soamettra rautoritA temporelle k Tau- 
toritA H»iritodla, et d'arrifer ainsi k la monarchie uni- 
TerseHe. Plus tard, lorsqoe Gr^ire DC, aprto avoir de- 
clare remperaar FrMArie d^o de son royaume, vint 
engager aalnt Loala> aVmer oontre lui, ofDrant k aon Mn 
Robert le trdna qn'il rtndait vacant , ce saint roi rejeta les 
offres dn pontlfo; et les grands do royaume, parmi lesqnels 
se trooraient grand nombre d^^T^ues, et qui formaient ses 
conseib, ne cnch^rent pas Tindignation que leur inspirait 
une teUe conduita. U est done certain que, quoique ne I'ayant 
pu didu€ formeUemcnt, leclerg6 de France ne recoonaiasait 
pas an pape le pouToir de disposer I son gr6 des royaumes , 
et quHl fiisait une distinction bien positite du pooToir spi* 
litoel et du pouToir temporeL On connait les diff^rends de 
qodques rob da France avec les papea et la manite dont 
lis se sont termini. 

La BMnarchie firanfaise n*a M constitu^ d*une maniira 
d^finitiTe et abaolne que sous Louis XIV. C'est alors que , 
fibre (TentraTea, eUe a considM sa puissance, et que, scntant 
sa force et aon droit, elle a touIu T^tablir d*une mani^ 
definitive en raietant la pretention da Gr^goire VII, que 
de droU dUfin les souverains pontifes sont monarqites 
detous les numarques de la terre. Louis XTV profita dea 
troubles qui araient edati k Toecasion da la rigalel pour 
Mre declarer sea droits Immuables par les eTdqoes da France. 
Li r^oJe etait un drdt fifodal, que les rois avaieot aur car* 
tains evecbes qui venaient k Taquer. Tant que durait la ▼»- 
caaoedtt siege, ils en perceraient les rerenus; et lis talent 
aptes de phis, d*aprtele droit de rigaUf k conferer, aans 
qae les pounrua eussent besohi d'institution canonique, 
toos les benefices, axcepte les cures qui pouvaicnt etre k 
lanomfaiation des arcbeyequea et ereques. Ce droltde r^ 
90^, contre leqoel s'etaient aoorent eierees les plaintes dea 
^^qoes, eiistait depuis des siteles : e*etait one suite de ce 
prindpe de droit feodal, qn'k la mort du vassal le fiel ra- 
toome au aeignear. Blais il n*y avait que certains sieges qui 
ftnsent assujettis k ca droit; ce qui les feisait se plaindre. 
I/Kiis xrv Jugea k propos d'y soumettre tons les evdches 
ct arcbevechea de France ; il signa deux declarationa , Puna 
de 1673, et Tautre de 1575, portent que tootes les eglises 
do royaume sont sujettes k la rigate^ et que les arcbeve* 
<IB« at eveqnes qui n'ont paa fliit enregistrer leor serment 
le feroat dans deux mois. Le clerge ne s'opposa paa & ces 
^l^ciirations; U n*y eot que deui preiaU, I'eveque d*Alaia 
ct cehii de Pamiers, qui protest^rent, pnbli^rent des man- 
dements contra les declaratioas royales , et s'adrosserent di- 
'tcieoNnt an papa. Le aouvarahi poniife prit fait et cause 
poor les dissidenU , et envoya k Louis XIV troU brefs dans 
leiqoels U bUmait sa conduite, disant qu*il avait excede ses 
poQvoiis , et le mena^ant d'en renir k dea moyens extrtoies 
^ peisistait dana ses declarationa. Cette resistance des 
^<quei| soutenus par le pape» donna lieu k qudques troubles. 
« On ne voyait, dit la Collection des proUs-verbaux des 
^^^n^bUes du clergi, d'un cOte qu'eicommunications 
IfDc^ pour sootenir les definitions du concile general (cdui 
asLyon, sor lequd s'appuyalt le pape), de Tautra qua 



proscriptions de biens, exils, amprlsonnements , oondam- 
nations meme k mort, pour soutenlr ce que Pon pretendalt 
les droits de la couronne. La plus grande conhision regnait 
surtout dana la dlooisa de Pamiera : tout le cbapitra etait 
disdpe ; plus de quatre-vfaigts curte eroprisonnes, on oblige 
de se cadier; on voyait grands-vicaires oontre grands- vl* 
caires , le aiega episcopal vacant ; le pftre Cede, grand-vl- 
caire nomme par le chapitre, f^t condamne k mort par la 
parlement de Toulouse. » 

Louis XIV , qui croyait k juate titre avoir fait asaea pour 
PfigUse, Alt outre des brefo du pape et des troubles qu*ils 
fomentaient dans son royaume. 11 ordonna aux evequea qui 
sa trouvaient 4 Paria de sa reunir chei Parcbeveque de 
cette ville poor y deUberar sor les brefs du pontlfe; mala, 
aprto de longnea discussions, Parcbeveque de Paris, crai* 
gnant qu'on n'attribuAt k Pinfluenoe de la cour lea decisions 
qu*ito pourraient prendre, demanda|l Louis XIV la per- 
mission de convoqoer pour Pannee suivante one assembiee 
generate de tout le derge du royaume : le roi y consentit En 
consequence, les provinces envoyerent des deputes, et Pas- 
sembiee s'ouvrit an moia de mars. Ce fut dans cette reunion 
que te cardinal de Lorraine, un des prindpaux ome- 
menta do siega romafai, a*exprima dans ces tennes, que nous 
nous plaiaona k oppoaer aox adversaires dea liberies de P£- 
gUse galUkane : « Je ne pnia nler qua Ja aula Franks, 
Doorri en Punlversite de Paria, en laqueUe on tient Pan- 
torite du condte par*dessus te pape , et sont censures conrnie 
heretiques ceux qui tiennent le contralre; qu*en France, on 
tient te condte de Constance pour general dans toutes ses 
parties, at que pour ce Pon fen plutet mourir tea Fran- 
faia que d'aUer au contralre. » 

Dans cette cetebra assembiee, B ossnet, charge defer* 
muter les doctrines de P£glise gallicane, lut, 4 te seance 
du 19 mara 1682 , one declaration en teUn qui etabllt so- 
lennellement « que P^^sa doit etre regie par lea canons ; 
que aaint Pierre et ses successeors, que toute P£gUse meme 
n^a re^o depoissanca da Dieo qoa sur les choses spiritudles ; 
que tea regies, les moeurs et les constitotions revues dans 
ie royaume doivent etre maintenoea et tea homes poaees par 
noa piraa demeorer inebranlables; que lea decreta et te Ju* 
gement du pape ne aont point Irreformables, k moins que 
te consentement de PEglise nintervienne; que c^est en cela 
que consistent nos libertes, auxqudlea 11 n*est permis k 
personne de deroger. » ( Foyex DicLAaATioii no CuEacd db 

FnANCB.) 

Telte est la substance des quatre caHcUs at de tedefensa 
publiee par Bossuet, i*&me de aetto illostra assembiee. 
Tout y est emprdnt de cette gnvite antiqoe qoi annonca 
te mijeste des canons inspires par Dieo at consacres par te 
respect universd du mondo. Cette declaration ftit adrassea 
par Passembtee k tons les eveqoes do royaome, avec ona 
drculaire poor les engager k feira professor cette doctrhie 
dans leors dioceses et 4 ne point permettrequ'aucnne antra y 
nkt ensdgnee. Louis XTV, par un edit enregistre an parle- 
ment te 23 mars 1682, ordionna que te declaration du derge 
de France sereit enregistree dana toutes les coon de par- 
lament, bailliages, senecbauaseas, oniversltes, fecoltes de 
thedu^ et da droit canon ; qoMl n*y aorait d^rmais qoa 
cette doctrine-14 d*enseignea dana lea oniversltes; qo'on 
professeur en serait spedalement charge, at quaPon ne poor- 
rait etra llcencie ai Pon n*avait soutenu cette doctrine dans 
Pune de ses theses pubUques. L*asaembiee adressa egalamant 
cette dedaration au papa Innocent XI, avec una lettre ex- 
plicative redigee par Bossuet Le pape cassa et annute te de- 
liberation prise par tea eveques gailicana; 11 leur repondit 
une longue lettra pour leur prouver qu^ite se trompaient at 
les engager k raoonnaltre leur erreur. Mate ceux-d parstet6- 
rent dans leur declaration, et, apria pluateun annees de dia- 
Gussion, la chose en resU te. Le grand roi etalt satislhit, et 
ne 6*inquietait pas de te cour de Rome. Le saint-pere, de 
son cAte, pou valt voir aisement que les temps euient diangea, 
et qu'il ne lui aerait plua permte de tenter ce qu^avait feit 



16) 



GALLICANE — GAtUCIE 



autrefois Gr^goure VU. H se tat .* assei de douleore avaient 
■ccabl^ Vti^ pour qu'dle ne soogeit pas 4 oowir 
au-dsTant de nouteUes 4preuTes. Peut-^tre bien anssi les 
noms de Loob XIV et de Bossoet, la supMorit^ de FfiH 
teUigence et de la force, ^filfcreiit-lls k la catboUcM de noa- 
▼eaux malheurs* La d^eUration de lGb3 demenra eomme 
le oode de I'^glise gallicaiie, contre laqoeUe les petHes pas- 
sions ultramoDtaincs se soul toqjoars mab en Tain d^ 
chaln^es. 
GALUGANES (Libert^ ). Toyes GiLueAiii (Ifiglise). 
GALLIGANlSMEy doctrine de ceux <)ui dtfendent 
ies liberty de i'tgMse gallic ane, par opposition k I'ul- 
tramontanlsme, qui se montre enti^rement d^vou^ am 
volenti du satntosi^ 

GALLICIE 6AUGIB oo (en altemaQd (Tattsfen), pro- 
vince de la numarchie autrichienDe , comprenant anjoar- 
dliui les royaumes de Gallide et de LodomMe, aree les 
dncbte d'Auscbwiti et de Zator, et le grand-doeb^ de Cra- 
coTie. Etie confine au nord k la Pologne et ii la Enssie, k 
Test k la Rnssie, an sod I la Bokowine et k la Hongrie, 
k Pouest k la Sildsle, et contieot one soperilde de 10,347 
kilometres carrte, dont 166 appartiennent au grand-dncbd 
de Cracovie, qd a 6t^ plac6 en 1846 sous la domination de 
I'Autriche. Ce pays est une haute terrasse , situ^ au pied 
septentricmal des monts Carpathes, et qui s'^end an sud 
en dtorivant un grand arc depuis les fronti^res de la SiMsie 
jusqu*^ celles de la TransylTanie. Aprte une region monta- 
gneuse qui p^Mre dans llnt^rieur des terres Jusqu'k une 
profondeur de 4 4 S myriamMres, il prtente une fertile region 
moyenne, onduleusement entreooup^ de coDines, qui par- 
fois arrlTO k former des plateaux et parfols aussl, pris des 
fleuTeSyd^g^oiireenplalnessablonneusesou marteageuses. La 
partie septentrf onale notamment n'est gu^ quhme immense 
plaine, interrompne seulement^ etl4. La Gallide compte un 
grand nombre de coure d*eau importants, qui k I'ouest 
appartiennent au bassin de la Vistule , et k Test k ceux du 
Danube et du Dniostr. La Ylstule, qui devientnarigable prte 
deCraooTie, re^it les eaux de la Biala, de la Sola, dela Skawa, 
de la Skawhia, de la Raba, du Dujanec, de la Wysloka Te- 
nant du plateau des Carpatbes , et de la Sin Tenant du pla* 
teau de Lemberg. Le Dniestr , qui prend sa source dans Tune 
des ramifications que les Carpatbes euToient en GalUdey 
re^it de fort petites riTi^res, par exemple, sur sa riTe 
droite,leStry, la Swika et la Bistrixa ; et sur sa riTe gau- 
cbe, le Sered, prte des frontieres de Russie, le Podhom, 
et atteint ensuite le territoire russe. Le Prutli, I'un des af- 
fluents du Danube, ne tarde point k abandonner ce pays. 
La Gallide ne po^AMe point de grands lacs. De toutes 
les parties de la monardiie autrichienne , c'est cdle dont 
le dimat est le plus rude; et les hiTers od le froid atteint 
jusqu'k 28* Rteumur ne lont pas rares. Dependant , et en 
d^pit des nombreuses r^ons sablonnenses ou mar^cageuses 
qu*n renferme, ce pays est au total tr^-fertile et foumit k 
Texportation des c^r^ales, encore bien que Tagriculture 
soit loin d*y sToir pris tout le d^Tdoppemcnt dont die se- 
rait susceptible. On y cultiTe sur une asset large ^didle le 
chanTre et lelin, le tabac, le hooblon, etc La ridiesse 
foresti^re de la proTince est Importante, quoiqu'au nord 
les forftts soient fort 6claircies, tandis que dans les Car- 
patbes dimmenses quantity de boU poorrissent sur pied. 
£n ce qui est du r^oe animal , la GaUide produit surtoot du 
gros b^tail, et dans des proportions suffisantes pour quil y 
ait lieu k exportation, quoique I'onne donne pas partout assei 
de soins k Tamdioration des races; puis des cheTaux, qui 
se distingnent pas de bonnes quality, et des moutons, 
dont on a dans ces demiers temps beauconp amdlor6 Tes- 
ptee. Let abeiOes, tant s^uTagea que domestiques, et dont 
rdducation est one Industrie trte-r^pandue, surtout sur les 
fronti^res de Test, produtsent asses de mid etde dre pour 
constituer dimportants articles de commerce. La chasse, 
dans les montages surtout, ne lalsse pas que d'etre assei 
yfoductlTe. Les oors et les loops, ainsi que les castors qu*opi I 



y rencontrait autrefois en grand myoAn, tool devem 
aujourd'boi fort rares. La ptehe donne des prcNtuits dW 
certaine importance. Uneesptee de kermte qa*on reaowbi 
aox mois de mai et de jirin sor les radnen d« ccrtdaei 
plantesTiTaoes, teSes que la fleur deSabrt-Jeui,fe«iit 
oe qu*on appdie li^eoeheniUedePologn$. SAQrune grMie 
qnantit^ de terres et de pierres dont rindnstrto aait titer b« 
parti, le rlgne mineral offire peo de ressooroee ; tontefoii h 
ricbessede la proTinee en sd est d*one importanoe extrtee: 
ou le tfare, soit des pnissantes couches de sd cwmmo diota 
sur le Tersant nord des Carpatbes, notamment des cddra 
mines de Bochnia et de Widiczka , soit de nombreoMi 
sources saMes. Dans qudque locality on reeoeflle etondift* 
tille en napthe la p^trole qui dteoule aux epproohes &m 
couches de sd. Les sooroes min6rales sent trte-nombreotfli, 
mals fort peo uUliste. Aind on ne peot go^re titer qm 
cdle de Krynica,de LuMeniet de Knesmwice (ennx suMo- 
reoses), d'lwoniec (riches en lode et en brAnie), d de 
WIeUcsa (eaux gueuses). 

On compte en Gdlide 8,444,689 babiUnU (1809), dad 
140,700 pour le grandduch^ de CracoTie. lis soot peer 
la plupart d*origlne daTe, et cathi)li|ue4. Lee Rmikimt 
(Rusniaqoes), qui sent les habitants primitifls da pays *i 
fonnent une masse compacte dans le dbtrict de Euthea, 
c*est*4*dire dans ce qu*on appdalt autrerois les dooM 
cercles orientaox de la Gallide, fonnent la race la plaf 
nombreose. Les Pofofioit, au nombre d'enTiron deox nd- 
lions^ babltent surtout les rilles de Lemberg el de Craco- 
Tie et leurs euTirons; dans les Carpatbes occldedtaux. as 
les appelle GoraUSf c*est-k-dire habitants dee montagoei, 
et dans hi Tcrsants nord-est de la montagne , Gorakt 
orimUnuf on Hou%oules^ c'est-l-dire nomades, par oppo- 
sition aux Matouraks ou habitants des plainea. Ind^- 
damment decesSlsTes, on rencontre euGalUcie des AFk- 
mands, des Arro^niens, des luifo et des Karaites, des B^- 
htoiiens, etc. £n ce qui louche la religion, on oomptait 
en 1869, en GalUcie, 2,509,015 catholiqoes remains (Po- 
lonais de race , et releTant d'un archcT^ue dont le si^ 
est k Lemberg et qui a pour suffragants les ^T8qufs de 
QracoTie . de Priemysl et de Tariiow) et ArmMens (re- 
leTant d'un archev^ue d^geant k Lemberg) , 3,316,781 
Grecs unis, appartenant k la population rutMne on rm' 
niaque, rdcTant d*un archeT^e dont le sl^e est k Len* 
berg et d'un ^T^ne r^dant k Pnemysl , 33,99) prates- 
tants, plac^ sons TautoritA d'un twrinteniont eccIMs- 
tique r^idant k Lemberg, et plus de 676,000Jnil8, plaote 
sous Taotorit^ d'un grand-rabbfai resident k Lemberg. Ls 
propri6t6 fond^re repose presque tout eoti^ eotre les 
mains de la noblesse polonaise. La bourgeoisie, par soitt 
dela preponderance commerdalequ'exercentlesjoifs, eit 
r^uite k un rOie presque ausd obscur et inflme que celd 
du paysan. Celui-d a cess6 d'etre serf; mats 11 se trooTS 
souTcnt dans I'inipossibillte de payer son ferroage atitre- 
mentque par sou travail personnel, c'est-4-dire en oorrte 
Quant aux d4ments dTHisateurs, on dolt reconnaltre 
que Industrie a hit dans ces demiers temps, de remaiqoa- 
bles progrte ; mais die manque toojours d'ouTriera capable^ , 
d les grandes entreprises industridles font ddkut. Le filsgs 
etletissagednUnetduchanTresontasseairepandns; auidle 
pays produit-ilde grandes quantity de grosses tofles d de 
toiles mi-fines, qui en raison de la modidte de leur prii 
trouTent des d^bouch^ k I'dranger. Le tissage du eofoa 
et la fobricationdes draps donnent Heu k des produKsmoiai 
importants; la tannerie et la fabrlcatfon des cuirs sod 
k cd ^gard dans des conditions plus fsTorables. La distillatloD 
des eauxrde-Tie de gndns se fait sur nne large ^cbdle. Ut 
artides de bQouterie fousse que fobrique&t lea juits de Riessow 
sont en grand renom et font I'objet d'un tanportantoonuneres 
de colportage. La production des pierres k feu qui jadb K- 
Tnut cheque annte k la consommation au dd4 de 300 millioii 
de pierres k fou et qui en foumissait toute rAutrlche, oa* 
partie dela Pologne, la Prusse, etc, a beaocoup dloiiao^ 



OALLIQE 



10$ 



iMis Be laiffle pas que d'etre eneore considteble. Le oom- 
nicroe , jasqa*! prteeot peu actif , commence cependant k 
prendre quelques d^veloppenients depots qu'en 1850 on 
a 8Qpprim6 la Ugne de deuanea qui exiataU k la froa- 
U^re da Hongrie. Lea prindpanx articles en aont le sei, 
le boisy la poUase, le b^taU, les grains , les tottes. Le com- 
roeroe d^expMitioa el de transit qni se fiidt li Brody pour la 
Russia, U Pologne, la Moldavie et la Valachie, est trte* 
considerable. Lea routes de la Gailicie sqnt pvfaitement 
oonslniites et eatretenues; et tout r<cemment r^blissemcnt 
du cbemin de ter leliant la haute Sil^aie k GraooTie a encore 
lyoot^ k la Iacilit6 daa oommonications. La plnpart des 
COOTS d*eaux aont natigablea on flottables. Depuis pea la 
naTJgatioa k Yapeor a M ^teodoe sor U Vistole ||asqu*a 
CracoTie, de nitoe qn'on Ta introdulte sor le Di^anec et 
sor la Slo ; el on a*occope en ce moment de r^golariser le 
coon do Dnieetr. La Gailicie possMe done, comme on Toit, 
tooles les conditions d^m direioppemenl grandiose : ee qoi 
loi manque eneoief ce aont les deox plos poissanta leyiers 
de toote civfliaation; Tesprit de IraTail et Tesprit d^entre- 
prise. La colture intellectoelle laisse aossi beaocoop a do- 
urer. En fiiit de aoei^tte oo de collections scioitiAqoes , les 
plus importantessont k Lemberg et k CracoTie, 06 se trou- 
feot anaii les deox oniTersit^ qol existent dans le pays. 
E'i 1869, la Gallide poasMait en ootre 22 gymnases oa 
collies, roais seolement 2,815 teolea primairea : ce qui 
doone k peine nne 6oole pour deux yillages. 

Josque dana oea demlera temps, la Gallide ajait M di- 
▼is6eeo 19 cerdes, parmi lesquels la Boko wine formait 
le cerde de Czemowilz, et auxqoels on ijoota, en 1846, 
CracoTie et son territoire. Mala la constitution donnte k 
Pempire en 1849 en s^para la Bukowinei Utrededomaine 
sp^dal de la cooronne (AroftlojiiO* Lea diriaions admi- 
nistrati?e8 oot M plosieurs fois remani6es : en 1849, on 
6tabUt en Gallide trois cerclea der^noe, sobdiTisfia duk- 
con en on certain nombre de eapitalneriea; en 1860, elle 
fot partag6eeodenxrigeDoea. Depuis 1867, cette proTince 
est placie sona h dlreetk>n d*un gouTemeor, qui I'admi- 
niftre arec le concoors d'on lieutenant imperial et de 74 
eonnissairea de diatrict Dana. lea viUes de Lemberg, de 
CracoTie et de Stanistawow, rteident les 3 coura supe- 
rieares, auxquelles reasortissenta coura d'appel et 201 tri- 
boaanx de cerde, dont 27 fonetk»nant comme tribunaux 
decdl^ d'arrondisaement. La cour auprtoie de Stanls- 
iawow fonctioBne ausaipour la Bukowine. 

La repr6$entationpro?indale a subi^atementdenom- 
brenses lidsaitudes, dont la canae principale reside dans 
la constitution faclice de Tempire d*Au(riche. En 1849, on 
donna k la Gallide , an lieu de di&te, trois curies corres- 
poodant aux trois cerclea de r^ence, et investies du droit 
de cboisir les membres d'un conseil provincial, dont les 
attribotions 6Uient fort limit6es. A la finde 1861, ces si- 
molacreafde repr^ntation turent abolis. Le4 feTrier 1861, 
on octroys k la Gallide une dlMe nationale , compos6e de 
d4pot^ de droit et de ddputis ilus; les premiers sont au 
nombre de 9, dont Sarcherdquea, 4 ivaque8et2 recteura 
d*BniTtfdt6; lea aeconds comprennent 44 grands propria- 
taires, 23 reprteentants des Tilles, du commerce et de 
llndostrie, et 74 ^lus par lea oommunea rurales. Le pre- 
sident de tadi^te est ao choixde Vempereur; la l^gtola- 
tme dure six ans. La dlMe cboisit dans son sein 38 mem- 
bres, qoi vont d^ger dans le conaeii de Tempire {Rekhs- 
rath). D'apr^ la constitotion de 1867, la Gallide doit 
foornir, pour son contingent militaire, 12 regiments d'in- 
Merle, 8 de eoiraasiers, 6 de landers, et 2bataillonade 
chasseors 

Uallemand a ete pendant longtempsla langue officielle 
et administratiye du pays; on Temployait dans lesdi^tes 
etdansl'enselgnement religieux. Tout fonctionnaire public 
etait tano de la eonnattre. Sor les rtelamations constantes 
des differentes assemblies, cet etat de choaes a pria fin en 
1868 : le gooTemement reodit la langoe poknaiae offi- 



cielle dana presqoe tootea lea branohea de radminiatra- 
tion, et dana lea deux uniTersitte* 

La GalMde, qui tire aonjpom d^ randemie ville et forte- 
ressede Ualicx, aito^scv les riveadu Dniestr, et dont les 
babitanta slsTes aborigtoes, lea Muthines ou Ruaniaquea, 
entreteoaient dte le neuYitoie aiMe dea rapports politiques 
et religieux avec lea empereurs de Byzance, de mame qu'ils 
afaient dea relationa commerdalea Ibrt ^tenduea et qo'ila 
ob^issaient k dea princca Indlgtoea de la race de Chrowat, 
Alt conqaUe vers la fin do neuTlteie sitele par les Russes 
de Kief. La partte ocddentale d^pendalt d^, il est Trai, de 
la Pologne; mala die avait anasi ses souveraina particuliers, 
k Textinction de la race desqods le rd de Pologne Casimir 
a'empara de cette partie de la Ruth^nle ou Pruaae-rouge et 
y introduisit la constitution polonaise. Mjik d*ailleurs la partie 
de cette contrte aitute plos k Test , le long des rives du 
Dniester, etc, avait ^t^ enlerte aux Poionais par lea Ruases 
au onzitoie sitele. Elle ne tarda paa cependant k s^affranchir 
de tous rapporta tant avee la Pologne qu'avec Kief; et U se 
forma sous la protection des Hongrois diverses prindpaut^ 
ind^pendantes, notamment k Vladimir (1078), k Prxemys' 
(1094), liTerebowl (1097), ensuite k Halicz (112a) sous le 
prince bongrois Boris lui'mame; prindpaut^ qui s'agrandit 
aux d^pens des autrea, et qui demeura sous la suzerainete 
de la Hongrie juaqu*en 12ao. £rigte en royaome k partir 
du commencement du trdzi^me aitele, riunie k la Lithuania 
vera le milieu du m^me sIMe, la Gallide et Wladimlr ( Lo- 
dom^rie) furent adjointsen 1311 k la grande prindpaottf 
de Moseoo. Mala en 1S40 le roi de Polo^ie Casimir III en 
prit de nouyeau possession, en mame temps que le roi de 
UOngrie loi foisdt abandon de tons ses droits et pretentions, 
tandia que Wladimir ^tait donn^ poor prix de la Litbuanie. 
Le rd de Hongrie Louis le Grand ayant de nouveau conquia 
ce paya, 11 fit encore une foia retour k la Pologne, en 1382, k la 
auite du roariage dUedwige, fiUe de Louis; et il continue 
de faire partie de ce royaume Jusqu'en 1773. Lors de ce 
premier partage de la Pdogne, laGalUde, avec diverses par- 
cellea qid avaient d^pendu jusque dora de la petite Pdogne» 
fut adjug^ k rAutricbe aous le titre de royaume de GallU 
eie et de Loudomirie ou lodonUrie , que rimp^ratrica 
Marie-TbMse avait cr^ dte 1769; et en 1786 cette puis- 
sance y ijouta la Bukowine, devenoe aotrichienne depuia 
1777. Quand, k T^poque do dernier partage de la Pologne, 
en* 1795| rAotriobe aeqoit de nooveaox terriloires en Po- 
logne (602 myriam^tres carr^, avec one population de 
1,307,000 ames), Os furoit d^gn^ sous le nom de A011- 
va//e Gallide oo Gallide crientale, tandis que ses pre- 
mitos acqoiritiona reoevaieot cdoi de Vieille Gallide 00 
GMide ocddentale. Depoia, la cbancellerie aotricbienne 
adopta la d^omination de Gallide et LudomMe. 

Aox termea de la paix de Vienne de 1809, TAotricbe dut 
fdre abandon k Napoleon de la Gdlide ocddentale avec 
Cracovie et la partie do territoire dependant de cette ville 
sito6e sor la rive droite de la Vistole , ainsi qoe le cerde de 
Zamosc en Gailicie orientale ( formant ensemble one super- 
fide de 640 myr. carrte, avec 1,470,000 liabitanU); et le 
conqu^rant r^unit le tout au dudi^ de Yarsovie. En mame 
temps, PAutricbe c^a k la Roasie 115 myriam^es carrte 
de la Gallide orientale avec 400,000 habitants. La paix de 
Paris laissa la Gailicie ocddentale ao royaume de Pologne, 
mais lendit k rAotriche la partie de la Gallide orientda 
qo*elle avdt c^lte k la Rosde. Toutefois, en verto d*one 
dddsion docongr^de Vienne, oneparlie de la Gallide 
odentale fot 6rig6e en r^publique de Cracovie; mda ce 
dernier debris de la Pologne finit pardisparattre dansrem- 
plre d'Aotriche (6 novonbre 1846). La politiqoe de rAo- 
triche en Gallide a toojoors eu le caract^re d*une lutte 
opIniAtre contre les tendances k rautonorole. Gourb^e sous 
un joug despotique ]usqu*en 1860, cette province n'a re- 
C0Qvr6 qoelqoe ind^pendance qu'a cette 6poque; ellevit 
mtoie la politique ftdSraliste qu'elle soolenail introdulte 
dana le gpuvernement par un de sea diputte, le co^ite. 



104 



GALLIQE — 



Golucbowftki, qnl o«enpa 1e mfnlst^ d'etat du 20 oeto- 

kre au 13 ddcembre 1860. Bien que la politique oppos^e 

etii repris le dessus, un 6dit dn 16 feyrier 1861 oclroya 

une diMe particuli^re de 150 membres k la Gallide. Le 

80ul^einentdetPolonais,en 1863, renoontra beancoupde 

ftympatbie et uo concoun de tous lea instants; mais tln- 

surreetion vabicne, I'Autricbe rait la Galiide en 6tat de 

ai^e. La eonstitution de 1867 n'apporta point de cbange- 

ments fororables aux aspirations de ce pays, qui ont sana 

oesse ^t6 6toufi%e8 par le parti bongro6. 

GALUGISilE. On entend par oe mot oertainea tomv 

nores ou locations propres k notre langoe, et dont il eit 

quelquefoia asses difBcile de rendrecompta par les r^tes 

dela syntaze.Tdleesteette expression :iN>i»opesfrefltitNwt 

tourmenter. Qn*est-ce que c*est qu'avoir beauf traduisei* 

^ litt^ralement en latin, en italien, en anglais, tous n*ob- 

tiendrei que des barbarismea, et, qui pis est, des non-sens. 

II y a prteis6ment I^ on idiotisme de notre langue, un gal- 

lieisme. H serait impossible de nombrer cea formes particu- 

litres ; dtons sealement Ce plao6 derant le verbe Sire : c*est 

moi,&e8ttoi,&estnouSfC*estvaus, cetont eux; De,du, 

de la, dee, pris, non pas oomme indiquant le rapport 

qu'expiime ordinairement la proposition de, ou r^pondant 

au gtoitif latin , mats dans un sens partitif : donnez-moi 

du pain ; Que, dans une multitude da locations : // ne dU 

que des sottiiei;Jen*irai pas Id que taut ne soitprit; 

Quelque,.,. que^ quel que, tout,... que, employ^ pour 

exprimer la supposition giftntele de tontes les dioses d'une 

rotoie esptee, ou de toutes les modifications ou maai^res d*Mre 

de cette cbose : Quelques droits quevous ayet; quelles 

que Solent vos Hchesses; toute belle que vous 4tes, etc., et 

de mtooe : qui que vous soffet, quol que vous fassiez ; 

Laisser, pris dans le sens de ptrmettre : lalsse% faire, 

Ittisset pauer ; Alter, devoir, avoir, venir de, pris pour 

exprimer des temps dans nos Terbes : Je vais chanter : c*est 

un (btur procbain; Je dois chanter : ifest un fiitur ind6- 

termin^; fai chants : c'est un passd indttermtai^; je viens 

de chanter : e'est un pass4 procbain, etc, etc; les bnper^ 

sonnels il est et surtout il y a : il est des itres bien di» 

gradis,ilyades gens biem peu d^icats. 

Bernard Jollibh. 
GALLIEN (PuBuus Licnoim Ecnatius), empereur ro- 
main, fils de VaUrien, naquit Tan 133 de J.-C. En 253 
son p^ I'assoda k Tempire « Quand Yaldrien eut ^ fait 
prisonnier par Sapor , il r^a seal. Au lien de songer k 
d^irrer son p^, Gallien s*abandonna dans Rome k la 
d^baucbe et i la cmanttf. Pendant ce temps-U les Ger* 
mains, les Gotbs, les Sannates, lea Francs, les Marco- 
mans, les Cattea franchissaieDt lea Alpes et mena^ient TI- 
lalie. Comme il ilUlait r^sister avec force 4 i'ennemi qui se 
pr^sentait de toutes parts , et que les soldats savaient bien 
que Gallien en ^tait incapable, cbaqiie armte nomma un 
empereur, qui ^it presque tou^ors son gta^ral. II y en eut 
bientM trente dus k la fois par lea armte romaines. L*bis- 
toire a appel^ cette ipoque d'anarcbie miUtaire Vipoque des 
trente tyrans. Plusieursjustifiirent cette d^nondnation par 
leurs cruautte; quelquea-una cq»endant ftirent trto-utilM k 
VttMt et repousstoent les barbares qui mena^ient de le d^ 
truire. Mats Gallien , loin de chercber 4 Imiter ses comp^- 
teurs en oombattant Taillamment, oubliait dans les loisirs de 
la d^baucbe qu'on ^tait empereur sans douta pour quelque 
diose; il laisiait k d*autres le soin de maintenir llionneur 
du nom romabi. Od^n at, prince de Palmyra, en rdera 
la gloire en Orient, en battant Sapor comme alll^ des Ro- 
luins. Soit crainte, soit reconnaissance, Gallien jugea k 
propos de se Ta^ioindre 4 Tempire en le dtelarant C^sar. 
Qndque temps aprte, Aurtole, qu*il avait ^lenient revMu 
le la pouipre impMale , marcha sur Tltalie pour le d^poser. 
Gallien alors sembla se r^vdller de sa longue apatbie : il 
quitta aussHAt Rome, et se rendit en toute h4te sur Milan , 
quMI assi^ea. 11 p^rit 4 ce 8i4ge , sansqu^on sadie bien exao- 
teraent de qudle fl^on (268). 



GALLIPOLT 

GALLIN AC^S , ordre de la dasse des oiaeanx , ayal 
pour type le coq domestique. Les gallinacte ont pour a* 
raet4res prindpaux : Bee moins long que la tftte, mandHiak 
sup^rieure Tofttte , reoouvrant rinfi^rieure , et portant k a 
base une dre dans laqueUe sont percte lea narines, qse 
recouvre une ^iHe cartUagineuse. Lenr toI eat louni et 
embarrass^ , 4 cause de la forme concave et <le la bri4vctf 
de leurs ailes et aussi de la conformation parttcalttredelear 
sternum. Emplumte jusqu'au talon , leurs jambea , mtfw- 
crement tongues , sont sootenues par dee taraes robosta 
termini en arant par trols doigts bordte d'une ooorteraen- 
brane. Dans les genres o6 il existe an pouoe, il est libred 
porte en entier sorle sol. 

L'ordre des gallinae^ renferme Via genrea Aooco , paen, 
4peronnier,dindon, pintado, eoq,/aisan,arymt 
coqde bruyire, perdrix,eaille, eoiin, fran- 
co Un, pig eon^^u^ 

GALLINETTE. VoyetCLvrjMM. 

GALUNSEGTES, funOle d*insectes h^mfpttres, de 
la section des bomopt4res , et anxqneU Latreille asalgDelef 
caract^res sulrants : Un article aox tarses, aree nn seal cro- 
cbet au bout; le m41e, d^pourru de bee , n*a que deux aBes, 
qui se recouyrent boriiontalement sur le corps ; aon abdo- 
men est termini par deux soies. La femdie eat aaot aflei e( 
munie d'un bee. Les antennes sont en forme de fil oa de 
sole , to plus souvent de onie articles. Cette fiunille a poor 
principal genre la co chenille. 

Lenaot^o/ZiniecfesTientpar contraction de^oUe^iuecto, 
parce que ces inseotes, se moufant tr4s-difficilemeot, par 
suite de to bri4Tet^ detours pattes , ressemblent mix excroii- 
sances y^g^tatoa qu*on nommeya//es. 

D' Saocbbotr. 

GALLIONISME. Juniua Gallio, Mre de Ste4qiie, 
6tait proconsul en Acbaie lorsque les Juift lul amenteeil 
saint Paul pour tofoire condanmer. Esprit sopMeor,GaOioa 
ne Toulut pas serrir les babies rdigieuses des Juifi, et refot 
de se m61er de cette querdto. C*est de 14 qa*OB a appeM 
qudquefois gallionisme llndifridrenoe en matitoa de reMgtoa; 
parce qa*on a condu, mais 4 tort, des Actes des ap6trtti 
que to paganlsme, to Judalsme et le christianiame afaieal 
M ^gatoment faidiff(6rents4 Gallion. 

Junius Gallio se nommait d'abord Annmus Novahu; 
c*est de son p4re adoptif qull prit son second nom. ToaU 
dans to dlsgr4ce de N6ron apr4s to mort traglque da soa 
Mtt S6n4que, Gallin mit fin 4 ses joois en se percent de 
son ^p^ 

G ALLIPOLI , Tflle de to Turquto d^Europe en RoumOe, 
sur to presqulle de son nom, 4 Pentr^ du d^troit dei 
Dardanelles, appd^ aussi encetendroH ditroUde GoXr 
lipoli. Sa populatfon ne d^passe paa lO^OOO haMtaati. 
Stoge d'un ^rtebd grec , on y fobrique des soieries et de 
besux maroqnins. Son port est excellent et Adt un com- 
merce tr4s-actif. Le nom de cette Tille n*est que to conup- 
tlon de CalHpoUs, bdle Tille, comme l*appdient les Grecs. 
Sur son emplacement ^tait sKu^e autrefois Cardie, dont & 
est d sonvent question dans les discours de Dtenoatbtee, iah 
portante dtuatlon strat^que, que Pbilippe de MaoMoiae 
finit par enlerer aux Grecs. Gallipoli fot to premiere coa* 
quAte des Turcs en Europe ; lis s*en empar4rent en 1349, 4 
to fareur d*un tremblement de terre. 

An mois d'avril 1854, Gallipoli est derenue one place 
d'armes et un lieu de d^piyt de rexp6dlUon anglo-francaiseeB 
Orient Nos soldato en ont presque foit une Yifie europdenoe, 
en tra^ant au milieu du dMale biextricabto de aes rueUes et 
de ses maisons, si pittoresques, de larges rues se coupsat 4 
angles droits, qui la traversent ai^iourdliul en tous sens. 

GALLIPOLI, Tilto de llUlto m^rldionato, dans ii 
proiinoede la Terre d*Otrante , doit yraisemblableroeot 
son nom, corruption du grec Kallipolis, 41abeaut4 desa 
situation, dans une lie du golfede Tsrentequhm ponlre- 
Ito au continent. Son port est excdlent, bien que I'ariseal 
rait cr^; mais Tentr^e en est diffidle. U Tille, entoor^ 



6ALL1P0L1 

6t iwtlfleitioiis et proUgto par nne dtadelle, est le si^e 

d'aa ftTteb^ et eompte 1 1 ,000 Ames, doat la p^che da thon 

et le commereedes flrnits sees, de fhaile et do colon sent 

les priBcipales reuources. La cathMrale eat on Mifice re- 

manfuable. 

GALLIQUE (Adde). Cet adde, d^eoatert par Scheele 
ea 1796, setrouTe dans la noil degalleetduia plosieort 
torces ; tt criitallise sous fonnea d^aigrettea transpareBtes, 
btanches, d'une saTeor aigre, DuHement astringente, nm- 
gissant la teintore de louniesol. n se disaoot dans troia Ibis 
lOB poida d'eao boaUlaiite, et aeuleaient dana ttngt fols son 
poida d'eao froide. 11 secomUne avee tontea lea baaea aali- 
flablea, et fonnedea gallatea. L'addegalUqiieeat form^de 
2 Tohunea dliydregtee, 2 de carbone et 1 d'oxygtoe. L'adde 
gaWqiie por n'a d*iiaage que comme rteetlf dana lea labo- 
Tatolrea. Unl an tannin, Ueat fr^qnemment employ^ en 
tdotore. 

A meanre qo*oa le efaanffe, radde galHqne abandonne de 
Poxygtee : k 215^ U ae innaiormemkoeiiepifrogailique; 
klMT, 11 ftNnrBit onrMdn noir, Vaeide mdiagalUqWt res- 
lenblant k I'aeide nhnique. 

6AL1X> (Habxio MASTRIZZI, marqnUde), habile bomme 
dtet itallen, k qui dlmporUntea miaaiona dont le chargea, 
pendant la goarre de la Mvohitlon fran^alae, le roi Ferdi- 
aaod IV, oavrirent la Toie dea haota emploia. Nomm^, en 
1795, premier rolnlatre en remplaeementd* Acton, ilreftisace 
poste. Aprte aroir aaaiaM aax conf^rencea dUdine, 11 aigna, 
eo 1797, le traits de Campo-Formio. Vera la fin de 1802, 11 
Alt aecrMit^ en quality d'ambaaaadeur dn roi dea Deax-Sidlea 
prM de la r6pabllqne Italienne, et UenUH aprfta en France. 
11 atfinta au coaronnement de Napul^n comme roi dUtalle, 
etiigBaen 1805, k Milan, le traits relatif k T^Tacuation da 
terrHoire napolitain par lea troapea fran^alaea, traits qai Ait 
rompo qnelques moia aprte. Lora da d^barquement doB An- 
glaia et dea Russea k Naplea, il donna ae dkHniaaion. 

JoMpb Bonaparte, devenu roi de Naplea, Id conAa le 
portefeoille dea aflairea ^trang^ea, qu*il conaerra sooa Murat 
Le 11 jaBTier 1814, il aigna en cette qoalit^ aToc rAutriche 
le traits par kquel le beaa-frto de Napoleon a'engageait k 
bm cauM conunane contra lui aTec la aainta-ellianoe; et 
deoiear^ MHtk Marat joaqoe aprte aa chate, 11 vteut enaoite 
ea dflbora dea afTairea pobliqaea. 

La r^olntlon de Naplea de 1820 confia le ulnlatto dea 
aflj^ies dtrangiroa an marqab de Gallo , qui ploa tard aooepta 
uBe miaaion eondKatrice prto de la oonr de Vienne. Mala 
irriT^ k Klagenfort, il y trooTa on ordre de Mettemkh d Voir 
^ ne paa pouaaer pina loin aon Toyage, Pempereur ne poa- 
Tint pas Ini aecorder d'aodience. II accompagna cnaaite le 
roi k Laybach, o6 II a'efforfa Tainement de modifier lea 
prajeta arr^^ par lea paiaaancea k regard de Naplea; poia 
n rentrade nonTeau dana la Tie priT^ H eat mort 4 Naplea, 
en 1838. 

GALU>-€yEIEGE. Voyet Galatib. 

GAtLOMANlE et GALLOPHOBIE (de Gallus, 
6auloi8,et p«via, manie,ou f66oc, liorreur). Cea deox termea 
lenrent k dMgncr deox exc^ contralrea dana rappr^datlon 
, qoelea penplea ibrangera aont appeMa k feire de noa meeara, 
de Boa inirtitationa, de notre litt^niture et de notre infloence 
pofitique. Par gdhmanie on ddaigne oette prMllection 
exagMe poor toot ce qol eat fran^, qui porta oertaina 
individnal n*eatlmer en fait dlioaunea, didte, de ayalteiea 
et mftnie de produlta Indoatriela, que ce qol lear Tlent dl- 
nctement oo Indiredement de France. L'Influenoe de Fr^ 
Mc le Grand aor aea compatriotea, aon goOt excloaifpoar 
ce qui aTait le cachet fran^aia, cootribuirent beaucoup au 
«j^ dernier k propager la gallomanie en Allemagne, au 
^ d^plaiair dea patriotea allemanda, qui InTcnt^rent le mot 
poor foire joatice d'un ridicule k la deatrudion duqud ila 
Rgardaient llionnear national comme engage La r^c- 
tioo en aena oontralre produite de I'autre cdtd do Rhin 
par le joog de for que NapoMon fit peaer aur lea populatkma 
iflcBMndea donna enauHe naiaaance ^ ana exagtetion noa 
Mcr. BE LA coimtaa. ~ t. x. 



— GALLUS 



106 



moina ridicule, la haine inatfaicthFe de tout ce qui aTait 
one origine flranfaiae : d*oii le moi gallophobU ^ employ^ 
pour d^gner ce aeoUment exagM de patriotisme qui porte, 
de noa joura encore, certaina Allemanda k alfeder pour la 
France, aea idte et aea tendancea, nne liorreur dont leura 
condtoyena eux-memea font Juatice ea lea affublant du ao- 
briqnet de Fratuosef\flre$ser (mangeura de Fran^ia). 

GALLON, meaurede capacity employ^ enAngleterre 
pour meaurar lea matiirea atebea et Uquidea. Autrefoia 11 y 
en BTaU de dlTeraea contenancea Maia, aux termea dea 
demiirea d^dakma l^galea, Vimperial gallon doit contenir 
10 liTread'ean distill^ k la temptetore de is* 1/3 R., ou 
277,274 poa6» eubeaanglaia(& peo prte 4 litrea 54 $en- 
tHitrea.). Quatre quarta ou buit pintes forment le gallon; 
deox gallons ^enton pedt, et holt gallons aont ^ux 
k on bushel (boiaaeau). 

GALLON DE PII^ONT. Voyes Gaixb. 

GALLOPAGOS. Voget GALAPAcoa. 

GALLOWAY. Voge% Galwat. 

GALLOWAY ( HBiau, marquia db RUMIGNY, eomte 
db), n4 en 1687, aefit naturaliaer en Angleterre, kUt suite de 
la r^Tocation de I'Mit deNantea, qui for^a phiaieura roiUien 
de aea eor^Hgionnairea k aller demander aux paya ^tran- 
gera le Ubre exerdoe de lenr culte, d^aormala proscrit en 
France. Ghoid par lea gentUahommea proteatanta r^ftagi^a 
comme M en Angleterre pour etre leur repr^ntant 
anprte da gooTemement qui leor accordait rhoapitallt^, 11 
ne tarda paa k 6tre gratiA6 par le roi Guillaame III du titra 
de eomtede Odlowag, en r^compenae de la braToure dont 
il BTdt f^it preuTe k la batalHe de' Nerwinde k la t^e d^u 
regiment de caTalerie uniquement ooropoad de refugi^ fran* 
eaia. En 1696 11 fut promu au grade de marfehal de camp 
et nomm^ commandant en chef du corps auxiliaire anglato 
euToy^ par le cabinet de Saint-Jamea en Pitoont Au mo- 
ment od ^data la guerre de la aucceaaion d'Esjiagne, la rdne 
Anne le nonuna en 1704 gte^raliaaime de aea forces en Por^ 
togal. BleaaA aooa lea mora de Badajox en 1705 , battu k 
Almamaen 1707, et dana lea plalnea de Gudioa en 1709, il 
fot rappdd en Anglderre, et en 1715 il fat aomm<( lord 
grand-juge dlrlande. 11 moumt en 1720, dana un domaine 
qull poaaMait dana le Hampshire. 

GALLUS (GNEoa ou Poauoa OoBifBUoa) naquit l*an 688 
de r^ romaine, lea noa dlaeot k Fr^ua, d^autres dana le 
Prioul. Auguate, dont il^tait Tami et li qui 11 aTait rendu 
dea aerTkea dana la goerre.d'Alexandrie, lui confia la prefec- 
ture dePtilgypte; mda Gallua uaa d mal desa haute fortune 
qull fut dedko^, pula frapp^ par le a4nat d*une amende con* 
aidteble et de I exil. N^oaant aiirTif re k aa lionte , il se 
donna la mort| kVi%9 dequarante ou quarante-trois ann. 
Augnate ne fit rien pour aauTer raocose, parce que, soU Id- 
^jbnMp aott Ingratitade, ce dernier aTdt teno des discours 
pea meaorte aor le oompte de l*empereor. 

Gallua ^talt poMe, et Joulaaait d^une aaaei grande c^l^ 
brit^i doe k aea d^giea amoureuaea et ^aea liaiaons aTec 
lea eaprita lea plua diatingate de aon tempa. Virgiie ^tait son 
and, et lui a dMid aa dixitee ^ogue. II avail roeme, diton, 
rempll de aon doge une partle du quatri^e livre des GiioT' 
giques; II y aobaUtoa par la anile Tepiaode d^ArisU^. Outre 
aea d^glea, Galiua aTait pubM dea traductiuna et des iroita* 
tions d*l£uphorion de Cbalcia, po6te fort eatim^ k la oour 
d'Augoste, malgrd Pobacorit^ de aea Tera, charge d*una 
^rodition d^^lac^ Quintiiien reproche k Gallua la dureW 
de aon atjie. Quoiqu'il en aoit, noua ne poovona en juger 
aujourd*hai, aMIeat Trai que lea aix d^gies qui nous restent 
ne aont paa de lui , mala d'un certain Gallus Etruacus, qui 
TiTait au dxidne litele. Saint-Pkosper jeune. 

GALLUS (GAioa VmiuaTREBORiAMoa). N^ dans Tile de 
Meninx,aujourd'hui GerM, aur lao6te d'Afrique, il aTait un 
commandement dana, Fannie de M^aie loraqu'il fit pdir par 
trahlaon Tempereur Declus, dana uneexpMition contra 
lea Gutha, et ae fit proclamer lui-meme empereur. 11 s'asaoda 
HostiUen, puia aon fila Voluden, acheta bonleuseroent la 

14 



toe 

l^x des Goths, et pentoitt \m chMtfans. (Jn de set g^ 
u^auXy aprts ime ^dataote fteioire sor les GoUis, ayant 
M/6 proelam^ emperenr par ses soldats« il se port t i la 
feoooDtre de oe oomp^tttonr loraqo'il fat tu^, en 2H P^ ms 
propres troopas, aoprte de Rome. 

GAfXUS (Martin), cbnmk|uear polonais, qui toiTait 
de 1100 k 1110. Les andens aatean ne a'acoordent pas sor 
son origine. Les ims le disent Fran^, I cause de sonnoni ; 
lesautresLatiB, parceqa*Ua4crtteDlaUnet ^Rome^dans 
le clottredeSaint-Gr4oire.Leii8iiiel, qui a public SOB ou* 
▼rage, dit que raotenr^latt Pok)nai8,qo'U portad'abordle nom 
de Martm, et quo pins tard ses camarades de noTiciat lol 
doonireot en poiooais le sobriquet dtKur, toq,d'o6 T^ 
tymologie dn somom de OMui. Son liTre est moins une 
histoire qu*uB eommeBtaJfe sor le r6gne de floleslas UI, 
snniomm^ Bonehe de trovers, Le principal mirite de Galius 
est la precision de son style et Texactitode de ses renselpie- 
ments gfographiqoes. Qnand il nous nconte les goerres de 
Boleslas STec les emperenrs d'Allemagne et les cbevaliers de 
Pordre teutonique, il place sous nos yeux un tableau topo- 
grapbique de la SiUsie, de la Moravie et de la Pmsse orien> 
tale encore plebi de ?Mt6 aqjoordbui. Quoiquil n'ait su 
comprendre ni le but de rblstoire ni sa phUosophie, il a 
rendu cependant un grand service en frayant le premier la 
route de notm histoire nationale, et en donnant Texemple 
k ses successeurs. Le manuscrit de son ouTrage se trouvait 
encore en 1630 k la bibUoth^e de Pulawy, propria dn 
prince Ciartoryiski. Zume Pacha (Michel CuTKomu). 
GALOGHE (MentoB d^. Fofes PtMT, tome VII, p. tS3. 
GALON, nom que 1*00 donne Ides tissos 6troits oomme 
lesrubans,mais eroiste, fort ^pais, et ftbriqute avec des 
Ills d*or, d'argent, de caitre ou d*argent dor6 , de soie, de 
ooton, de laineoo de til.. Legabn estprodigu^ dans Tusage 
babituel de la plnpart des conditions de la soci^ : il est la 
marque distinctive de Tambition el du pouToir, de la ser- 
vitude et de rorgneil. Ahui, le premier degr^ de rambition 
du soldat, c*est d'obtenir les galons de laine» et le dernier, 
c*est de voir briUer I son chapean le galon de marichal de 
France : de 14 le proverbe i Quamd on prend du geUon, en 
fi'en taurait trip prendre, Mab tandis que la possession 
de ce genre de tissu excite une noble ambition, il est, d*un 
autre cAt^, lamarque humilianiade la servitude, car ebaque 
jour le valet dtale avee insoleMe dans I'anticbambre de son 
mattre ou derri^ sa voitura la livrto doniles ooutures son! 
cbamarrfesde galons. L'^gUse aussi emploie le galon dans 
ses omeroents : T^ole, la dalmatique en sont converts. Dn 
reste, si lestailleors el les chasubjiers prodiguent ce tissu, 
il en est de mtaie des tapiasiefs dans les omements de not 
babilations, et des carrosaiers dans la doublure dt tootesles 
voitures, Le gilon a done one importance bien plus grande 
qu'on oe semble gtotelemeni le peaser. Autrefois les ga- 
lons se (kbriquaient k Talde do metier k la lire; a^iourd'boi 
lis se font presque partool aveo le uMet k la Jaoquarl. Lyon 
foumit les galons de soie, et Amiens ceux de Idne. Quel- 
qnefois, pour les livrtes, onfobriqne des galons vefootte en 
laine ou soie, de divenes cooieurss cependant ceux qu*oa 
emploie le plus sont en leine et enlil ou en or, en aigenlon 
en faux. Ges demiers se reoonnaissent ais^ment ; car la loi, 
poor pr^cnh>loutes les fraodesquipoonaienlseconiniettre 
dans la vente des Ills d*or et d*argsol fins avee lesqoeis on 
fait les galons, a voulu que le fabrkant, k noins d^enooorir 
les plus fortes pefaies, Ml oblig6 de filer For on Taigenl fin 
sur de la sole, et le faux sur des file de chaavre on de Un; 
it s'agit done, qnand on vent rMAer la quality dte g^on, 
des'assorer deresptoedefllsor leqoelle m^tal esl rooU; 
antrement, on a reoours I la pierre de loodMb 

Les galons portent diversinomsi en ralson de lenrs vari4* 
tts : ahisi. Ton connatt les gaioni pUUu on k dessins vi- 
sibles des deux eOt^, et qui n*ont point d'envers; les fo^ 
lonsflgur^, on k dessfais ne parainant qu*! Pendniit. leal 
sn ayant Tenvers forrod des mteies matitees; les (fotons 
ijfstimes, ne montrtnl k renters ni dessins ni or ni argsat 



OALLtJS — GALOm 



Aprte la dtelaratkm de guerre 4 la Praise, en 1870. 
nn dteret sur la tenne desdfficieffien campagna renapla^ 
les epaulettes par de snnples galons d*or anx ■^•■^^iy* «t 
au kepi; savoir, 1 galon poor les sons-lientenaoto, 1 pov 
les lieutenants, 3 pour les capitaines, 4 pour lai cbnfodb 
bataillon ou d'escadron, 6 pour le lientenail^eloaol et k 
colonel, en variant le m4tal pour le premier; 6 poor lege- 
n4ral de brigadeet7 pourled|visk>nnaire.UenMaildqB 
ainsi dans Tarmte prussieane, ou les insigaes des gradss 
sont pen apparents en tenue de campsgne. Peadaal lonle 
lagnerre, celtemani4rede disUnguer les grades fnl adop- 
Ite par lesoffiders de tons les corps, inlanterie, catnkne, 
arliUerie, garde mobile el garde nationale. 

GAIX>P (ifon^). Ce mol est alfe6l6 A mdie la pins 
^ievte et la plus diligente des allures natnieUes da cbevaL 
Les MymologisteBs'aocordentgtoinleaMOl A le foire tenv 
du grec, ndXscr,, que les Latins ontrendn par cai^porc^ coZo* 
pens, et donl les Franfais ont foil gai^ goioper. CeUs 
allure n*eslqu*one suite iipidedesauts en avant Oa ditle 
grand, ItpeiU gaiop; un galop r6gnlier, rapMe, dl^gaat, 
ais<; un galop irr^ier, d^foctueux; le galop de miafgi, 
legslop de cbasse, le galop de course. La vitesse dn premier 
esl de 300 4 330 m4tres par ndnute ; ceUe du second^ de6&0 
4 600;celledotroisi4me,de800 4900. lis varient suivant 
i'4ge du cheval et le poids ducavalier. Virgile a point ndmi- 
rablemenl le galop du cheval dans ce vers, mod4le d^har- 
monie imitative : 

Qaadnipedaatc patreai toaita ^aatll irajala eafopoa. 

Un bon cheval galope longtemps sans fotlgue poar hn- 
m4me, ni pour son cavalier. Rouinante, au contraire, pa- 
tron des coursiers ^oes, n*avait, au dire de l*histoire^ g^ 
iop6 qu^unefais dans sa vie; c^est plus encore que nos 
chevaux de fiacre. 

GALAP ( Danse), De nos Jours, od tout va au galop, 
la val se elle-m^me a fini par sembler trop lente aux ama- 
teurs du bal. lis ont ^ chercher dans fo has people de la 
Hongrie et dans les montagnesde la vieUle Bavi4re one dense 
plus rapide, plus entrahuuite, quelesuns ont appelde le 
galop, d'autres la galope , d*autres encore la galopade, 
Le premier de ces noms, loutefois , est le plus usiUL Ea 
1822 cette danse parut pour la premie fois, sulrant les 
uns 4 Vienne , sefon d*atttres 4 Berlin , lors du manage da 
prince royal de Prusse avee la princesse £lisaheth de Ba- 
viire. Oe fot M. Rodolphe d*Appony, fils de rambassadeitf 
d*Autriche, qui rintroduisit en France, od elle f ut dansee 
pour la prtei4re fois aux bals donn^ pendant le camaval 
de 1829 par la duchesse de Berry. Deux ans plus t6t cepen- 
dant, Maxttrier, aid^ d*une gentille danseuse, Tavait i6^Mt 
au public Parisian dans le ballet de La Neige* Les vicux ha* 
bitu^ du Grand-Op^ n*ont pas oubli6 le galop du bal mas- 
que de Gustavo III; et aucun Stranger n*a voulu passer un 
hiver 4 Paris sans voir de ses yeux ce galop forienx , ^che- 
vel^, hifemal, qui termine les bals ntasqute dirigte par 
Musard, et qn*Auguste Barbierasi ^nergiquement stigma- 
tise dans ses vers, 

GALOPADE. En termes de man^e , une galopade 
signifie une course d*un espace determine foumie au galop 
par un cheval. Galopade se dit encore d^une ^tendue d<6ter- 
minte de chemin 4 parcourir en galopant; il n'y a d*ici 14 
qn*une galopade, 

GALOPIN* Ce nom indique ordinairemeut un de ces 
pedts commissionnaires que Ton fait galoper pour quel* 
ques sons dans les rues de la capitate; il s*applique aussi 4 
ces petite vanriens, ces vagabonds enlierbe, qui parcourent 
en oisifenos promenades pobliques et nos boulevards; et 
dans ce dernier cas il sort 4 diteigner une des variety dn 
g ami nde Paris. OuEar. 

GALOTTI (Antohio), offider napolitain, originairedes 
enviftons da Salerne, el secretaire d'une vente de carbonari, 
fit pconvei pea de temps avant qu*eclat4t la rdvolution «Je 
Naples de 1820t d'un x41esi inconsidere, qn'il fot anM, con- 



GALOTTI — 



dinn^flaUaH^lMeoaiteilittayppUce^^ortqiie lajonrnte 
do i*' joiUat 18209 qnft Mson le suoete du mouf enent r^ 
foliitioiiMln,luinadllUTieetU Ubertf. PlosUrd, apite 
lansUantiMidopoinroir abMlOf U prtt oioore unaparldM 
ploi actiTM It diTtfi complots, doDt Pon abuutit Mme Iabiun- 
raetioB pratqnt MHitAI Aomprivite. £Uec»M» la Tie I im 
grand Dombre dindividus; mail plus baorMx que ses «obi» 
plicet f Gaiotti rteaiit 4 ft'anfuir k LiToune , d'aa il patsa 
en C^NTsa. II jf^tklait deftois plosiean niois 9 lory^^ 
r^damatioiii da )*ainbasiadeur napoHfam, prince de Caatel* 
dcaliy leqaelaffiniiait qua Gaiotti n^^taitpaspoonufvi pour 
d^t polittqua, maia poor asaminatj le goaTerBament fran* 
fait eooMntit k soo extraditieiu Get acta de oonplaisaDce 
pour iM vengeaiicea de PabiekitUiiie fit Jeter let haute cris 
k Toppositieii libtele; et Je ministre, qui eemprit qa*oa 
itait maiiqa^ k la France en teoncant fiuMsenient U na- 
tme de Paecusatian ao aujet de laquelie Gaiotti afatt k r^ 
pondfederant la justice de son pays » enveya umnMiate- 
neat nn brldi de guerre dans les eanx da Haples rtelamer 
OB prisonnier dont Textradition nVait ^ que le rtenltat 
d*aae erreur. Cette dtoiarctie offioieUe du cabinet fran^is 
flutdu moina pour effiat de saufer la Tie I Galotti» diont 
Is eondamaation Imort, proncmcte le 14 octobre 1829, tot 
eoounnde en dix annte de bannissement dans una des Ilea 
de Is cOte, peine 6quiTalant 4 celle des traTaux forcte. 
Gaiotti fut en consequence conduit dans llle de FaTignana, 
prte de Palemie, et renfermd dans les casemates de la f or- 
tereise. Aprte la r^Tolution de 1830, le gouTemement de 
Louis-Philippe fit de la popularitd k bon march^ en r^a- 
BsntdenouTeau Gaiotti, clont la pohie fht de noureao com- 
nofo en dix annites de bannissemcnl pur et strnple. Ra- 
men^ alors en Corsa, il y mourut quelques anndes plus 
lard, sans'qn'aucnn des joumanx lihtenx de Paria, qui 
avaient si bien exploitd ses malheurs et sos tortures pour 
proeorer quelques Amotions 4 leurs abound, se soodAt de | 
dire OB mot de sa fin. II avait eependant^crit des Mdmohres, 
dans lesquels II s*est complu 4 retracer tout ce qu*il avait 
sooCRBrtpourla cause dela hbertd, et qui ont 4td traduita en 
fraofais par S. Vecchianelli (Paris, 1831). 

GALOUBET ou FLUT£T» histrument 4 Tent, dont 
ruMgs est fort ancien en France^ mals qui depoia pina de 
deux si4cles n'est cultivd que dans la Provence. Le plonbet 
est le phis gai dea histmments champMns, et le plus aigu 
de Unis les tastrumeats 4 Tent Ge n'est qu'4 Coroede traTail 
et de sehis que Ton parrient 4 bien Jouer d*un faistniment 
qoi a'emploie qne la main gauche pour le tenir et le mettre 
en jeu, afia d'ea rethrer denx octaTea et un ton aTee trois 
troas senlement. L'artiflce de remboochure anpplde 4 des 
moyens si bomds. Le ton du galoubet est celui de r^. La 
gsoune se fut de trois vents dUQirents ; le r^ d*en has com- 
mence par un Tent doux, que Ton augmente Jusqu*au si ; le 
siper un Tent moddrd, que Ton augmente jusqu*an>b; et 
le /h par un Tent fort at phicd^ qn'on angoMnte jnsqn'au 
dernier ton. 

Le galoubet neva pas Sana le tarn bo urin, iur kquel 
rexdcotant marque le rhythme et U mesure en le frappant 
avee una petite baguette dlvoire on d'dbtae. Ce tamboorin 
dhm m4fa«d'advation, snr 0^,40 de dhmi4tre, est talOd dans 
DB bloc de Boyer, et par cons^qoeat d*une eenle pi4ce; on 
le suspend an bras gauche avac nn niban. 

Les Jooeors de galoubet sent trto-communs en Provence, 
peu sent mnsidens; fl y en a d'une force prodlgieose, qui 
extetentdeaeoQcertosdevlolonsttr lenr flotat On en raa- 
ieokblejusqa'4 vhigt-dnq dans una Ate champMre, en leor 
«4ioignanl one on deux darinettistaa. Qooiqne leur musiqne 
mH hNjeon gale et rapide, rememble le ptas parDaitne cesse 
jsmabd'exiater entre eux. Je crois en trouver la raison dans 
les (lappaments rhythmiqnes dn taaabourin, qui les main- 
fienaeat constamment dfna la mesure. Les Jooeurs de ga- 
loubet, quand lis sent an nombre, Jouent 4 deux parUee, et 
'<' clariaettistaeB Improvise une troisiteie. Leur histinct est 
^ !*^iirettx quH est rare que leur harmonie ne soil pas aussi 



GALT 1 7 

bonne qn'on podrratt le ddsirer. Cequ'il y a de prodJgieox, 
e'esCIa vivaelt^saiispareille de leurs traits, la clartdde leurs 
ga m aaes chroraatkiues, la coquetterie de lenrs passages en 
triolets. 

Cea troopasde nosiciens champOtres sent form^ ordi- 
nakvment dans una mOme famille : le p4re, les enlants, le 
gt«nd-p4remtaie^ les ooosfais, vont piircaravanes dans les 
foires, les fittes, lee cosrses de tanreaux, lea lottos. lis se 
eonunnniquent leora talents de p4re en fils, et sUs ont des 
descendants, cheae qui ne leur manque go^re, lis refuseront 
lenr doctrhie 4 des strangers quA les payeralent bien. Les 
Labbd de Safait^Reniy, les Foomler d'Orange, sent des fa- 
milies en renom pour le gahrabet et la clarinette. 

CASTIL-BLiZB. 

Joseph^Noti Carbond, mort pen^onnaire de l*Opdra en 
1804, parvhit 4 donner 4 cet instrument tout le d^vetoppemenl 
dont il ^talt sosoeptible, et 4 en Joiier dans tousles tons sans 
changer de corps. Garbonel 6tait filS d*un berger de Salon 
en Provence. Appeld 4 Vfenne en Autriche poor falre en- 
tendre son galoubet on flOtet, II y connut le o6l4bre If overre, 
qui dlait alors mattre de ballets : 11 fut amend 4 Paris par 
Glack et admis 4 TAcaddmle royale de M usique. Son com- 
patriole Hoqoet compose poor luisonouvertoredn Seigneur 
bim^fitlsani^ qn'tt exdcotait derri4re la toUe. Caibonel joua 
auasi la ftrandonle , dans Topdra de La PrUe de Toulon, 
en 1703. Plus rdoemment, Chlteauminois a fidt entendre le 
galoubet an thditre du Vaudeville ; M Jouait quelquefois des 
joloi sor oet Instatmient , pendant les entr'actes, et il dtait 
fort apiOandi. Garbokwl a donnd une mdthode do galoubet. 
Th. Delbabb. 

GALSWnVTHE. FoyesCatLPiaie ^ Bbonbhaiit. 

6ALT( JoBV), run des dcrivains bumoristes les plus cd- 
I4bres de I'Angleterre, nd en 1779, 4 Irvine, dans P Ayrshire, 
passa unepartie de sa jennesse 4 Greenwich, oh la frdquen- 
tation des classes moyennes et infdneores imprima un cachet 
toot partkalier 4 son talent d*dbservation afaisi qu*4 la 
gaield desoB caract^re. Apr4a 4voir dtd obligd de renonoer 
4 un eommerce eatrepris en soddtd avac nn certain Mac- 
LagtUan, 11 essaya pendant qoelque temps de Tdtude du 
droit; pois il aa ddtermlna 4 voyager, et visita en 1809 Tlta- 
lle et la Turqule. A son retour en Angleterre, il consigna les 
rdsoitata de cette toumde dans ses Voyages and Travels 
In ^Ae years 1809-1811 (Londres, 1812, in-4**), ouvragepr^- 
denx par lesaper^s et les rensefgnementsqu*on y trouve sur 
ce quia trait 41a statistique elan oonmiercedu Levant L*au- 
teur avail con^ un plan nouveau pour le transit des mar- 
chandises dn Levant; mals ilnerdussit pas plus 4 faire adop- 
ter sea Mes par le gouvemement que par le commerce. 
Aprteun voyage en Amdrlque, ii revlnten Angleterre se con- 
saerer ddsarmais exdusivement 4 la littdrature. Cependant 
en 1828 il consentit encore 4 ae charger d*afler fonder ao Ca- 
nada, pour le compted*nnecompagnle, one colonic noovdie; 
mats l^treprise dchona compldtement* II passa les diner- 
nitres annte desa vie 4 Greenok , od il mourut, 1^11 avril 
1839. Parmi ses remans historiques, on pent dte^vec dlo 
ges SouthennoHf The SpcswVe, Stanley Buxton, Rtngan 
GilfUdze, notAelan, Bogle Corbet, et Lairds oAGrippy. 
n avalt d^ foit preove antdrieurement de taleftcomme 
biographe dans sa Vile et itudes de BenjamHn Tfii|^amsi 
que dans sa Fie al administration du cardinal ^isey 
( Londres, 1813). Comme Poovrage de Leigh Hunt, sa Yie 
de Byron flit Pobjet d*aotant de cHtiques que de looanges. 
Dans son Aotobiographie ( 2 volumes. Londres, 1333), il a 
rdnssi 4 m^ler la fiction etla vdritd d*une mani^re toot 4 fait 
orighiale. Aux quatre Iragddies qa*ll publla en 1812, fi fkut, 
pour eompldter son bagage podtique , ajouter ta coUectioo 
de ses Poems ( Londres, 1833 ). Sa grande rdputation eomme 
humoriste est fondde sur The Annals qf the Parish, 
Ayreshire Legatees, the Prevost et Lawrie Todd, nou- 
velles dans lesqnelles la vie calme et paisible des classes 
moyennes et fatfdrieures de l*£cosse est ddcrite avac tanl 
da charmes et de vdritd^ qu*4 cet dgard Walter-Scott lui- 

i4. 



tOB 



GALT — GALVANISME 



intoie, nous ne craignont pas de le dire ^ Id retto \nikUm 

GALUGHAT. Cesi le Dom qae te^i la peaa d*Oiie 
esptee de raie et da diTenes esp^oes de squales lonqo^eUe 
a ^iA pr^par^ d*Dne oertaine mani^ ei rendue propre 4 
dtre employ^ parlesgplniers eomme oonverture de bottes 
et d^^tuis. n 7 a le galocbat 4 grot graiiu (e*est le moins es- 
tim^), et le galocbat 4 petHs grains , fonnd par la peaa de 
la raie. Les parties let plus dares de cette Mo, Torlgine 
des nageoires , parexemple, sont employta'dans di?erses 
industries en goise de rftpes fines. La galocbat brat est ooa- 
Yert d*asp^t^ qu*on fiidt disparattre 4 l*iside do gr4s. 
On ramincit ensoite a?ec la pierre ponee de niani4re 4 ce 
qu*U n*aitplus qu'one demi-ligne d'^lsseor. RMoit 4 eel 
^tat, les galniers Tappliqaent sar les diffftrents objets qai 
rentrent <Uns la spteUlit^ de lear profession, et qa*ils ont 
d'abord revfitos d*Dn fort papier pr^laMement tremp^ dans 
une dissolution de Tert-de-gris, qai commoniqot one belle 
couleur Tert clair au galnehat. 

Longtemps l*Angleterre fut en possession de nous foor- 
nir le galucbat employ^ dans notre indostrie. Lact^^Me 
nous apprit le premier 4 en fkbriqoer d'exoellent avec la 
peaa de la rale, et ce serait 14 sans doote aoioard'bal one 
braocbe asses importante de fobrieatlon , si la mode too* 
jours tyrannique n*^Uit Teniie aablir Tosage do roaroqoin 
dans la gatnerie ; mais poor tous les ooTrages qol exigent 
one grande solidit6 on donnera toujoors la pr^liireiioe an 
galucbat 

GALUPPI (Baldassabo), dit aossi BURANELLO, com- 
positeur d'optes^ qui Jouit de son vifant d*une grande r^* 
tation, n^en 1703, dans llle de Borana, pr4s de Venise, fbt 
r^4Te du e«14bra LotU. Aprte avoir d^Mit^ d4s 1713, 4 Ve- 
nise, par on op^ qol n*obtint qa*an mMiocre sucefts, U 
ne tarda pas 4 devenir par ses aotres compositioas rob|et de 
Tatteution g^rale, et fbt nomm6 maltre de cbapelle 4 
Saint-Marc en mdme temps qoe professear ao ConterwUorio 
degli Jncurabili. Appet^ 4 P^tersbourg en 1766, comme 
mattre de cbapelle, H revint deox ans aprte reprendre ses 
foQctions 4 Venise, ob il mourat, en 1786. Le genre dans 
lequel il r^ssit le mieux Ait celni de Top^ra - comique. II 
n'^criTit pas moins de dnquante partitions de oe genre. 

GALUPPI (Pasqoalb), philosophe italien, n^ en 1774, 
4 Tropea, en Sidle, mort 4 Naples, en 1646. Sans faire prtei- 
s^ment ^poqoe dans Tbistoire de la pbilosophie, il a tout 
au moins le m^te d*aToir su affranchir l*Italie de Tempi- 
risme de Romagnosi et d'aToir initio ses compatriotes 4 la 
connaissanoe des pbilosophes de TAllemagne. Comme pro- 
fesseur, ses ouvrages obtinrent un immense soco4s en Itolie, 
od les propag4rent |de nombrenses Mitions originales et 
d'aussi nombreu«es contrefe^ons. Noos citerons entre aotres 
ses Elemeniidiniosofia (4« Mition. Milan, 1646), ouTrage 
qui a eu les bonneurs de plus de dlx oontreCscons; FUoiofta 
delta Fii>/oiito(4 vol., 2* Mition, 1646); UiiereJUosoflche 
su H vicende della filosojla relativamenie d prinelpi 
delle conoscense umane de Cariesio insina it Kant (2*Mit, 
Naples ,1838); ouf rage tradoit eo fran^ par Peissel 
( Paris,! 847 ); ConJleferosioni //Of o/cAe su Videalismo 
transcendentaU et sul razlUinalUmo assohUo (2* ddit, 
Milan, ijkb); Storia de #1itoso/a( Naples, 1642); Blementi 
de TeoAia nattira/e(Naple6, 1844); etc., etc. 

GflEVANI ( Loms ) , mMecin et pbysicien o<14bre, na- 
qoit 4 Bologoe, le 9 septembrel737. Il est plat6t connn 
par llmportance qoe par le nombre de ses traTaox , car 
une seule dteooTe/te, doe au hasard , mais ao basard at* 
tentivement observ*^ , r^leva soudainement et presqoe 4 son 
inso ao plos haot degr^ d*iUustration. Les premiires annte 
de la jeonesse de GalTani forent oonsacrte aox ^todes 
tb^logiqaes ; II roontra de bonne beore on i4le fcrrcnt poor 
la religion catboliqoe, dont il obsenra toojonrs mfaiutieaso* 
ment les pr^ceptes* 11 allait quelqueTois dans on oooTent 
babii^ par des religienx , dont la r^ ^4alt d*assister les 
moorants 4 leor derni4re lieore. Troovant lenr Institotion 
sobUme, il reebercbait ktoc passion lenr entretien , et too- 



lot m6me, dans on moment de* fBrreor et deate, ptfJis 
rbabit de leor ordre ; mats on de ces P4ren reapednblts it 
d^looraa de ce preset, et le rendit 4 Ptode dee wdmm, I 
comment d4s lors 4 s^oocoper des difl§reiit6t branches da 
la mMedne, soos le patronage do savant protoa se or Gs» 
leazd , qoi eot poor loi Pattachement d*aB pte« , et kd se> 
oorda en mariage one de see tUles. 

En 176) , Galvani sootint aree distbietioii one tb4se sa* 
yante sor la nature et la formation des on. II fat Menttt 
nomm^ professeor d*anatoroie 4 Vinstitot dee sciences dc 
Bologne. L'excellence de sa mdtbode «t In fuilit^ de na 
dlocotion loi attir4reni on grand nombre dPnodtteors. \m 
courts loisirs que loi lalsulent les de? oirs de na cbalre et h 
pratique babile de la cbhnrgie et des aceooclMnents, il lei 
employait 4 I'dtode de Panatomle oompar6e. L*niiBte 179S 
fbt la plos doaloareose de sa vie : 11 perdtt son ^pooseebM, 
et ce nsalheor afflreox, qol le rendait fnoooaolnUey fat Fa- 
▼ant-coureor de nooTelliM Infortones. La r^pnbliqiw dial- 
pine exigea de teas les fonctioanaires on sermeot qoe Gahaoi 
relbsa de prMer. FidMe 4 la voix de sa conadenoe, sacri- 
Aa aTcc one resignation exemplaire les taiolainenta ^laeMs 
4 la place qo^il occopait, et, ddpooilM de sea dlgnit^s, di 
son dtat , presqoe rMuit 4 Pindlgence, il se retira ebes loa 
fr4re Jacqoes, jorfsoonsolte babile. BientAI U tMnbadaai 
on ^t de langneor et de marasme, dont les sotas, aossi ddai* 
r^ qo'assidos de ses amis, ne parent arr6ter lea progrsi. 
Par ^gard poor sa grande c^Mbritd, le goQTamemeat d- 
salpin dtorte qoe, malgrd son obstlnationy an chafaretai 
serait rendoe ; mais cette fevear fbt tatotOe : tnnt de eo^pi 
portte 4 sa sensibility dtaient irr^parables, et U moii, qol 
afait tant ddsir^. Tint 4 soixante ans (le 4 d^oembre 1798f 
terminer cette Tie IMtrie par Pioiostlce et le cbngrin. 

Les traTaox, trop pen nombreox, qoi ont immortaliid li 
nom de Gahrani sont consign^ dans les l#^Mo<reff de llai- 
titut des Sciences de Bologne; les plos important^ sent : 
1* he renilMM aiqm wreterUms voUUiUum, qui donna ns 
description exacts des reins des oiseanx et dea TarlatioBf 
qoMIs pr^sentent dans les direrses esp4ces; 3* De voloN- 
Hum aure^ qni contient one partie des matMaox impor- 
tants qo^l pr^parait poor on grand oofrage sar In stmctare 
et les fonctkms de Poreille. Qoand le c«l4bre Scarpa fit 
parattre ses Observations sur la/enitreroiuU, piqo^ds 
Toir dans cette monographic la plupart des fails qa*il aTstt 
le premier fUt connaltre dans les stances parlicali4fes ds 
rinstitat, GalTani renon^a 4 son projet, et eoosigaa daai 
cette coorte esqaisse les remarqoei qoi ne se trooTaient pu 
dans le liTre de Scarpa. 3* De viH^ia eleelHdlalis imnoM 
mtijetctori eomeii^ariiis. Cet oposcole, qoi ne contiflirf 
qo*unecinqaantaine de pages, portera le nom de Galnai k 
bi postMtA U plos recoltedtQooiqoni soil fbcile de Toir qos 
son aoteor ne connaissait quMmpaHUtement oe qoe'l'oB 
saTait aiors sor P^leetricit^, droonstance qoi expHqos 
comment il s^est lalss^ entratner 4 des idte systtealiqosi 
d^poorToes de nettet^ et de rigoeor, on admire sortoot b 
sagadt^ rare et le Triable gtoie qa*il Id a Iblla poor saisir 
et Tarier aTec tant d*art le pliteom4ne extraordinaire dsi 
oonTotsions en apparence spontante qoe les corps motil^ 
des animaox ^rooTcnt apr4s la mort par le contact des w^ 
taox, et en faire sortir onebrancbe nooTelle de la pbysSqae, 
connue soos le nom de galvanisme, ANDMnrx. 

GALVANIQUB. ( Dorare, Argentore ). Voffss Do- 

ROUE. 

GALVANISME. On donne ce nom 4 la cause qd 
prodoit certabis effeta ^lectriqoea par le dmple contact ds 
corps h6t4rog4nes, oo ni6me db corps semblables, mais ds 
temp^ratore difKirente. Ce (bt en 1769 qoe les praritrei 
obsenrations de ce genre se pr^sent4rent 4 GalTani, nd* 
dedn et professear 4 Bologne. II pr^parait des grenoniUei 
poor des recberebes sor PexdtabiUt^ dee organes nuneo- 
laires, et, aprte les SToir ^eorchta et couples par ie m- 
lieo do corps, il aTait pasa6 ao traTers de bi colonne fert^ 
brale on ill de coiTre recoorbd en crochet ; les suspeafiant . 



OALVANISBfB 



109 



ilaif ftrhatard I mi btleon de fer , U tU aTae ^tomiMnent 
^iieeMgreiioiiUlMiiiortesetrooUlta ^rouTaieat ao m^ine 
nmnealde rhm coBTuUioos. Unobterfalmr moins habile 
aoffait po ranarqiier ks liih, maiB il en aorait ImagM quel- 
que eipUcatkiD spteieaM , el ae serait occop^ d^autre choati 
Gatraai Ibt moifM prompt dans sea Jugementa : don^ d*aDe 
rare sagaeU^ , U saiiit dana ce pMoorotee un prindpe non- 
▼ean , eC ea lit sortir cetto branehe fteonde de la physiqoe 
k laqnelle on a donnA aoa nom. II remarqoa d*abord qae 
lea eoBTolaiona dee grenooillea B*4talent pas permanentes, 
que pour lea prodolre U Ikllalt qoe le Tent on une autre 
eaoae aoddeoteOe fit toocber qaelqae pofait de leors muscles 
k la tige de far qui portait le crochet de culTre. H Taria 
beaoooup cette experience, et reoonout enfin que toot se r6- 
doisait k teblir entre lea mosdes et les nerfli de lagrenouille 
one commonicatioB par un arc m^Uique. H -obsenra que 
les convulsioBa s*excitaient encore quand cet arc ^talt d'un 
led mdtal , naaia qn*ellea ^talent alors trte-fUbles« et que 
poor les rendre fortes et durables 11 AUIait employer le con- 
tact de deux mteux dUMrents; qu*alora on pou^ait com- 
piler la communication par des sobatancea qoelcoaquea, 
poonm qn*ellea fhssent conductrices de r^lectridte. II fit 
edrer dana U chalne de communicalion d*autres partiea 
loiiBalea , et mtaie des personnes Tifantes; se tenant par 
la main , et eea eonndalona se maaifoatArent encore. Gal- 
fani, qui aavalt alora que r^lectricit^ produlsait des 
eftts pareila ear les grenou l flea expoate k eon influence, 
aorait d* peaaer que lea couTulaiona produites par les m4- 
tan h M ^i og to ea ^talent auaai reffot da quelque courant 
aeetrique, maia 11 n*en tira paa cette cona^queace si sim- 
ple; B cmt 7 Toir reflbt extraordiBaire d*uae nouTeUe 
source d'dectridie, qn'a appda UecMcUi atUmaU, et 
qui, exMant primittremeat dans lea muadea et dana lea 
narfi, drculail quaad on mettait cea partiea en oommuni> 
catka par uu are m^lallique. 

L'expllcatioa est sMulaanle; eUe Ait accueOlie arec trans- 
port, i cette ^poque de grandea rtformea et de grandea d^ 
ooofertesy et le fluide nou?eau Ait appel^^tfi^ gtUvani' 
qvt. Nab Volta , en r^p^lant ces experiences, y d^couTrlt 
dei indicationa toutea diflereates ; II rechercba d'abord quelle 
^ait la quantity d*dectridte ntossaire pour fidre contractor 
les musdes de la grenouille en lea trafersant par dlcharge, 
et reeonnut que cette quantity etait tellement Aftle qu*dle 
nflbait k pctae pour ftilre dlTcrger les pafllea d'un dectro- 
seope trte-seasible; rapprochant ce Mt de la nfoeaaite du 
eoalKt de deux m^taux het^rogtees pour exciter des con« 
fdsions, il en condut que le contact mtaie des m^taux 
^UH la drconalance jusque alors Inaperfue qui determlnait 
le dlfeloppement subit de I'dectricite. Cette yMM M mise 
honde doute quaad II prouTa que deux disques Isolds, Tua 
de line et Tautre de cuifre, prenaent en se teucbant des 
Hih dectriques oppoaes, et peuTeat charger ua dectr o- 
leopearme d'un condcaaateur. Ea cantinuant ses rechercbes, 
Vdta decourrit lea propridea de la pile eiectrique. 

Ob qd dabHt une diffi&reace foadameatale cntre cette 
tetiicHe gdveaique d cdle produite par le frottement , 
e*estqae lorsqne deux mdanx aont superposes, non-seule- 
NMit cbacun roanifeste une cerldne charge d'dedrldte 
cootrdre, mala encore, d on enl^Te cette d^tridte, die se 
nprodoit spontandnent, et d l*on etabHt |un condocteur 
cdie kss faces opposeea des deux rodaux , il livre passage 
4 on courant continu d*eiectridte. II semble done qu*uue 
pdisaace inoonnue ecarte les deux fluides eiectriqnea de 
k mriiMe de contact dea mdaux, tandia que ces fluides se 
Ktediient sans ceise dans lecondudearintermediaire : cette 
Pdnsnce a re^a le aom deforce 4Uetromotriee; die aatt 
doeontaddesubataacea hderogteea,d reside It la surltee 
eejondlon : 14, die separe lea deux fluides dectriques, fd- 
Md passer le rdineux sur ua dea corps et le dtre sur I'au- 
tn. QasDd on tdMchit au nombre prodigleux de aubstances 
diMrentea mlsea en conlad dana la terre que noua habi- 
torn, dmtaiedaaa lea pluapdita dea dree orgmisea, on 



Toit qud rde Immense doit Joaer cette fbrce universeUo. 

Dans les premiers temps du gdvanisme, on a fdt de 
nombreuses expdieaces sur ses efTets therapeutiques; mala 
cea essaia, tentes par dea mMedna qui connaisadent md 
la theorie, dors fort iaoomplde, de cea phdiomdies, ou 
par dea phyddeas compldement etrangera k Part de gudrir, 
ne donnant pas lea reaoHata merrdlleux qu*on a*ea ddt 
promia, le gdvanisme fot presque abandonne. C'mit cepen- 
dant un moyen trte-poissant, qui seul a le priTiUge d'agir 
directemeat sur les aerfs maladea, k qudque profondeur 
quils soient dtu^s, tandia que lea autres medicamento exer- 
cent leur action sur lapeau ou sur les membranea muqueu- 
ses d n'oat sur le systdne nerreux qu'une action Uidhrede 
(twyes ^LBcno-PiiiicnmB). Dea experiences curieuses, 
fdtcs en AagMerre par Wilson Piiilippa pour etudier lea 
phenomteea de hi digeatioa, montrent Jusqu*o6 Ta le pou- 
Yoir d'nn courant gdf aniqne loraquH parcourt les nerfii. II 
sTait cbdd deux lapins : tous deux mangerent des quantitea 
egalea de perdi; inunediatement aprte le repaa , las nerfa 
paenmogastriques f^ireat coupes dreaTcrses sur tous deux. 
Les extremitea iuferieurea dea aerfa fhreat chex un aeul 
misea en commnnication avec le p6le sine d'un appardi gal- 
ranique, doat le pde cui?re etait ea rapport afec la r^;ion 
de restomac. Qoatre heutea aprte, en ounant le lapin 
soumisaugdvanisme, on Tit quele perriietait digere, tan- 
dia que cbei Pautre, qui a?aitsubi uae mntilatioB sembla- 
ble , cd aliment n*afdt eprouTe qu*une dteration trte-ieg^. 
Cette experience, repetee par dea obaenrateura dilierents, a 
toqioura donae le memo resultat , toqjoura le courant gdya- 
nlque a suppiee radion Titale. 

Uana les corps reoemment prires de la Tie, le courant 
gdfanique excite encore des commotiona et dea mourementa 
extraordlnairea : on dirait que tout rorganisme ftit dln- 
croyalilea efforts pour se ranimer; ma!s ces Tiolentes con- 
vulsiona cesaent aToe le courant, d tout retombe dana 
rinertie de la mort. On a to en Angleterre un pendu , une 
heure aprte aTofar subl sa sentence, executor, sous Pin* 
floence d*un courant gdTanique des mouTcments respire- 
toires semUablea k cenx d*un hommequl dort profondeinent, 
puia rouler lea yeux d faire des grimaces effroyablea, de 
manidie k donner I'esperance de le rappder k hi Tie. Le gd- 
Tanisme ofTre le mdUeur moyen de decider d la mort ed 
redle oa apparente, d de rendre ii la Tie les noyea d les 
aspbyxiea. 

Les eflds pbyslqoes de la pile ne sont paa moina cnrieux. 
Si le courant pease k traTcrs un condudeur suffisant, on 
a^obaenre aucnn pbenomdie eiedrique; il n'y a plus au* 
cune tendon dana I'apparell, mala ce condocteur presente 
alors dea phenomteea d'attractlon d de repulsion ; il deTie 
I'aiguHle aimantee. SI le coududeur est insufflsant, d c'ed 
an fli metdUque asset fin , il s*eebiuffo d rougit pendant 
tout le temps que le courant le traTcrse. Si le flI ed plus 
fin eaoore, il ed Ibodo , d qndquefbis memo Tolatilise. Si 
fan fhit paaser le courant autre dtux morceaux de charbon 
phicesdana le Tide, ces cbarbona dcTiennent hmdneux, 
eblooiasants , tant que le courant passe , d ne perdent pour- 
taut aucune partle de leur pdds. Les effets chlmiques de la 
pile sont plus menrdlleux encore : Teau est decomposee par 
die, d Toxygtee ae rend k nn dea pdea et Thydrogtee k 
Pautre. Lea oxydes sont reduita par la pile d decomposes 
comme Peao : Poxygtee pardt au pde dncd le meial an 
pAle culTre. Les addea se decomposent comme les oxydes , 
d leur oxygtee se rend encore au pde podtiT. Enfin , toua 
lea ads sont decomposes de la memo maniere; d tandia 
que leura dementa Toyagent pour aller au pde de la pile o6 
ila ddTcnt se rendre, lis peuTcnt traTcraer lea liqutdes, 
pour lesquds lis ont onUnafrement U pina graade affiaite, 
aana se combfaier sToe eux , de aorte que rafflnite chimique 
change aToe Petat decMque dea corpa dont die parall Itre 
une consequence Aimaiiux. 

Leaadiona gdTaniquea ont ete miaea I profit par Pmdo» 
trie. On pent en donner comme excmple le/er galvuni$i. 



ll<r 



GALVANISME - GALVANOPLASTIE 



Ce urodoit ii'mI antre chose que dn ier tiago^ par dm pfo- 
oM^analogaesltoeiix de T^tamage. MaU ii doit acm 
Bom et aes propritt^s k Tactioii galTaniqiie rteaUaal dn 
ooBtact d«8 dmx m^taux, fer et xiae ; le fer» n^gatir par 
rapportaa linc^eBtinofaiaoiydable; lexlnea'oxydodono 
dans Teao at prot^ le for; maia, enootre, aon oxyda fail 
Tcmia, etanptebeainai ToxydaUon de conliinier. Laa cioua 
gatvaniate aoot dCone gnode utiilt^ daiia lea oonatmctkNia 
narales. 

On potfaerro anaai las aarCMea de for par on eadutt ionn^ 
de liiie en poodre et d'one aobstanee onctoeaaa, et que l*on 
tippeXlepeUUurtgaivanique, 

GALVANOGRAPHIE (da gaimmisme, et YP^fccv, 
graTor). Imai^nte par le profesaeor Kobell deMonicb,la 
galvanograp^ a poor bat de reproduire avee da cnivre 
pr^dpit^ par Toie gidTaniqiie dea imagaa an pinaaan ex6- 
cut^ aor one plaque m^taiUqne , de-manMre k cooatitoer 
dea planchea de coiTre qui aerrent k mulllplier lea imagaa, 
de la mfime manltee que lea planchea gravte an barin. 
Lea proc^dte de la galTanographie dMvent dea oateMa tbfo- 
ries queceuxdela galyanoplaatie. Get art a d^ ftit 
di^ppogrto s^rleax, car M. Gro?e a'ett «ecnp^ de repro- 
duire avec aon aide dea ipreo^ea daguerriennea. U ,a obtenn 
ainsi dea gravnree dont on a dit avec Jnateiae : I>6t$in4par 
la lunUire^ grm>4 par nUctrkUi. Capendant aea pro- 
cMte laissent encore k dMrer aona la rapport de la perfec- 
tion dea rtaltata^^ 

GALVANOMETREt MULTIPUGATEUR on RH£o- 
M^TRE , faiatmnient imagfai^ par M. Schweiger poor meaorer 
rintenalt^ dea couranta ^lectriquea. Sa tbforie appartient k 
r^lectroHuagn^tisme. Le^ofooiiom^M le plus oait^ 
mainteoaat ae compoae d'un cadre rectaagolakeen boia, dis- 
pose Tcrticaleiiieiit dana le niMlien ma^i^tlqiie, et de telle 
mani^ que aea longa c6t^ aoient borliontanx. Ua fil ai6- 
talliqae reoomrert de aoie eatoore ce cadre par phialeara dr- 
convolutioBa. U pr^aente k rext^rieor aea deux boata Ubrea 
que Ton petit mettre en contact arec la aMedeooadactenra. 
Uoe aiguille aimantte trte-fine , auapeadoe par un fil de 
coton, oocnpe la milieadu cadre; loraqa'elle n'^proare 
d*aatre inflneace qne oelle do globe, die ae dkige parall^le- 
nient anx rectanf^ fonnte par le 111. Blais qoand le fil eat 
parconm par nn coorant ^leciriqne, I'dgoille eit ddfite dn 
mdridien magn^tique par lea actions coacordaates dea longa 
cMa de tooa ces rectangles, qui forroent antant de eondnc- 
tears rectilignes, et dans cette noa?elle Ipodtion, die eat 
perpendicnlaire au plan du cadre. U est focQe de Toir qne 
les couranta infMeora k raignilleyqnoique dirig^eaaena 
coatrafare de ceax qui existent an-dessns d*elle , tendeot ce- 
pendant k falre marcher le pAle austral dn mfime cdt^ ; en sorte 
que toua ees couranta partids a*accordent pour angmenter la 
deviation. Cdted^Tiation^tantd'autantplasgrandequelecoa- 
rant ^rour^ est plus ^neigiqne, pent aerrir k comparer la 
farcede phisiears eonraata. On ifispose ordinairementdans le 
galTanom^tre deux aigoUles aimantto, ayant k peo pr6s la 
Di£me force, trxTersant paralldement, et en sens Inverae Tune 
derautre, unepaHleTerticale anspenduei un fil de sole aana 
torsion. L^me de eesaignilUsa occupe encore le millea des 
rectangles; I'antre est an<lessus du cadre, et ^prouve des 
actiona inyeraea de la part des couranta partids aupMeura 
et de ceax inC6rieura; mala Taction dea premiers Temporte 
snrcdle des seconds, qui sont ploadoign^,et& est fadle 
de compreadre qne leur dUr46reaee tend k faire toamer le 
systtoie mobOe dana le m6me aena que les actions exercte 
sur raigniUe qui occupe le milieu |do cadre. Mais ce qui 
tend surtout k rendre lea d^viationa phis sensibles, c^est la 
graade dfaainotioa de la rMstance opposte par Paction du 
globe, car lea deux aigniika ayant des moments magn^tiques 
k tr^-peu prte ^nx-, ^tant pardldes et dirig^ en sens 
contralrea, U n'y a qne la idble diffi^rence des forces di- 
rectrices que le globe exerce sur dies qui tende li les ra- 
meaer daas le m^ridien magn^tique. Dans ce galvanoroitre, 
an cerde de carton gradud plac6 ao-dessous de raiguUle su- 



pMeure kisse paaaer la paille qui traTcrae d'aiitoiialebsd 
da rectaagle par aae feate mteag6e eatre laa qiirea. La d^ 
Tiatioa de Paigaille exttfeaie eat alon «irahi6e facikaisii 
par lenombredeadifisioaa da cerde decaftDsi|a*dle psr* 
ooart Tsvaateas. 

L*actioadueouraBt8urraiguilleaetroaTe f mm i Hf iU e u 
qudqoe aofteparleadreaaTohitli)Badatt;de Ikleaoaide 
wmUipikattwr, Oepeadaat, an deli de qoatre k cinq ceab 
drooaTolntiona la senalbilitd da gdTaalmiMre a'est pfaa 
aaaceptibifl d **^» gn wi itatl i? tti 

Quant au aom de rAdoai^^, d6riT^ de ^lo, coaler, d 
plTptfv, raeaarottt rappeUequa cat iaatruanasil penadde 
BMaurerlea couraaftadectriqaea. Eafia, lemoC^vs/aoaoai^ 
eat IbrmA dn greo p<Tpov,mesare, etdn Boai de^olaad 
pris pour la adeace qu*il a foad^ 

GALVANOPLASTIE (deGataoni^poor folpaaJOK. 
et ladcoM, Je ■Mdde).Cetart, qo*onappdle encore dleefra- 
^Srirfe (d*ipisinpov, doat oa a fttit deetrlcit^ et TOxoct typi^ 
ooaaiate k prteipiter, par Tactioa d*un ooarant galTttdipe, 
aamddea diaaohitioadaaaaallquideanr meltfetdaaai^ 
aoit peer l*y Cdre adherer (noyea DeaoaB), aoilpoora 
aMenirrempfeiate.€eftitiDorpatqueM.Jaeobi, cafi- 
▼rfer 1837, eat la preoiito r^datloa de la dteeoYcrle de Is 
gd^anoplastie. Ahid quil est arriT^ k d*antfea ln?aele«i, 
ce fht une droonatanee presqne faisigniftante qui doaaa IV- 
?dl li aoa eaprit et hd auggta de premiirea rech er ch ea. U 
rsaMrqaa aar aae iBuille de edfre dea tachea pee apparealM 
qn*il ae aa^dt k qudle eanse attribuer, U aoppoaa qae en 
tachea dqulToquea poufaleat avoir uae origiae galvaai^aiL 
Pour TMAer cette premlteTueet la rendre Cteoede, II 61- 
lalt qne M. Jaoobi parvtat k reprodaire k Toloet^ ea catieos 
phteoostee, qni reaaembUit tant k ua caprice da haaaid : 
c*eit k qad il appliqua soa ide. H aoomit k V^diSm ^ 
eooraataimltaiqueadea plaquea aur leaqueUea oa arait ^wi 
au burin dea caract^rea on dea figurea; et U tU qae la d^ 
oompoaitioB galvaaiqae de la couperose bleoe evait dooo^ 
lien I dea d^pdta de cui?re mddliqoequi vfinalent a*adapler 
avec uae forte adli^renoe aax figurea tracte aur lea pit- 
qaea , et qnll ei| r6aultait un relief mddUqaa ea toot aem- 
blable an desdn gravA en crenxsur TorigiBd. Ii est viai quH 
a*obteadt d'abord qae dea fragmeata aiiacea ei trls-lra- 
gilea;maia aea essaiarteasirentBiianxdte quil eoteaqilo;^ 
dea batterlea gdvaniquea k force ceaataate et k dofaoas. 

MM. Speaoer, Sm^ Boquillon a'occupteeat de gdfaat^ 
plaatle aToc uae rare pera^T^reace. BieatAt M. Jacob! m 
rastrdgait plus aa dteouverte k la reprodudioB aenleoMd 
curieese dea mMaillea et dea baa-rdieA; U I'appliqua atee 
snccte k Tart de rhnprimerie, 4 la atMotypie; il a^en mnU 
poor fdre ou copier dea dich^, pour multiplier et aohdifier 
cea assemblagea de caract^res qn'on appdle dea /maei , 
en atyle dimprimerie; eafia, pour copier dea gnmuas, poor 
fkbriqoer des billeta de baaque, dea Tignettea , etc M. FS- 
lean, de son cdt4, reprodnldt le premier des ^pronves Js 
daguerrtotype. 

II va aans dire que dans ces difl^rentes op^ratioBs 11 ya 
dea loia k auivre, qudquea precautions k prendre , qodqutf 
procM^ k observer. Oe sont \k des adna, et non des dUB- 
cult^; poor en avdr one idte, il aufllrad*en dter qndquet- 
uneas par exerople, le plAtre, pour ne pas se ddsagr^» 
doit Atre prialablement plough dana nn melange de dre et 
dCessence ; il taut easnite le rendre conducteur de Pdectridt^ ; 
ce qui s*obtlent par un fh>ttisde ploaabagiBe ( lea m^daiilesv 
les monndes ne sont pas aiydtes k ces deux optetions). On 
plonge dans le bain lecorpa dont on vent obtodr l*empreiJita 
an ereux^ d aprte on a^joor plua ou mohisprolong6 qui vs- 
rie en gto^rd de ua Jour k bolt, suhrant les dimensions et 
auivant T^pdaaeur qu*on d^re avoir , on Ten retire d ii a*/ 
a plus qu^li a^parer la oopie de Torigind , ce qui s*obtieDt tr^ 
(adiement On trdte ce creux conune on a iait poor l*ori- 
gind et Ton produit enfin une troidtaie pitee ea riU^^ ^^ 
est enti^meat identiqneii la premise. 

MM* Becquerdf Qanltier de Glaubry et Ondry ontap- 



GALVANOPLASTIE — GALYZIN 



111 



^^4 ia ^lVanopla8&« k la m^Ullarsie. Get art, encore 
Coot noare o, est done susceptible d*iuieinfinit^d*applicatioii8 

ipdastrielies. __*_ 

GAL ^ANO-PHNCIUHE. Voyet ^LKcrao-piniGTUKi. 

GALVESTON, importante Tille commerdale maritiroe 

de r^tat dn Te xa s, ran de ceux qui composent i*Union Am4- 

ricaine da Mord, bAtle k Textrtoiit^ nord-est d*ane He aride, 

T^isine de la cAte , ofTre on assez bon port eu €gard aax trto- 

manvais abris qne toate cette c<)te pr^^ente en giaMi anx 

iiAirigiteiirs, dont la barre, par la mar^ baote, n*a que qoatre 

m^res^et trois senlement & la mar^e basse; et en 1865 on 

J oomf^t d<j4 10,000 baUtants. Sa fbndation ne remonte 

q&k Pann^ 18S5. D^ 1839 on y oomptaH 2,500 babitants, 

el le nombre de nayires entree dans son port s'^levait cette 

annfe-lA k 288, ayant imports poor 6 mifllons et exports 

poor 2 millions. Ces chiff^n'ont pa qne snlrre le non- 

▼ement croissantdela popalation. Dans lademi^re guerre, 

Galreatoo fot pris par lesfM^raux le 5 octobre 1862. 

GALWA Y on GALLOWAY, eomt« de la proVinee da 
Oomiaagbt en Irlande, bom^ an sud et h Touest par 
roc6aa Aflantique, qui y forme grand un nombre de baies eC 
d'aoses nstea et profondes, et dont lea flots yienneot batCre 
«ie satte bob taterrompoe dllotset derocbers qui sonblent 
pteete tt par la nature pour prot^ger ces cOtes contre ses 
foreurs et ses en^ablssemeats. Le comt6 de Galway est, 
aprte eelQl deCork, le pins grand quH y ait en Irlande; it 
pr^aente one aoperficie de 74 myrlunMrea carrte, dont on 
Hen ea montagnesi marais et marfeages, et plus d*un dn- 
qnitee en lacs et ^tanfs. En faft de coors d*eau , on y re* 
marqae sortoot! le Sbannon, qui a pour affluents le Suck 
eft la Clare, le Camamart, etc. La partieooddentale est con- 
Terte par on groupe de montagnes arides et nues ; et on en 
trotnre ^lemoit an sod. La partie orlentale forme une Taste 
pMne, qulnlerrompent seulement ^ et Ik quelques coUines. 
A Fooest etan sud on troureaussl beauooup de lacs, d*6tangs 
et de maralsf mats k Test le sol est fertile et courert en 
partie de rielies pktoniges; seulement ragricultore y est en- 
core fort pen arano^e. II produit surtout de Payoine et des 
pommes de terre, et nne bonne espto de fh>ment. On y 
Mrt aosfd d€» Mies k comes d^me fort beDe race et des 
moutons donnant une excellente lafaM. La population ru- 
rale est tr^s-panrre; les demenres dans les^ielles elle s'a- 
brite sont les phis mis^bles qn'lly alt dans toute flrlande. 
Satif la fabricfrtion des tolles, lindustrie 'mannftcturiire n*a 
aacme impertanee dans le oomt6 de Galway. La ptebe y 
doiiiie des produits assex eonsld^rBMes, notamment oelle du 
barrage Ge comt6 envole an parlement quatre d^pnt^s; et 
en 1841 on y comptait, non oompris le chef-lieu, 422,923 
habitants; en 1871 cechiffre se trouyalt rMidt i 285,073. 
La diminution 6taft done de 45 p. 100. 

GALWAT, chef-lieu de comt6, sltu6 an nofd de la bale 
da mtoe nom et au pohit de dtebarge dn lac Corrib, qu'un 
cheotiin de for rellek Dublin, possMe un port Taste, mais 
Taaenx, et prot^6 par un fort. On y trouTe une cathi- 
drale cafholique, une ^gllse coll6giale protestante, le pa- 
lais de ParebeT^qne de Tuam, nne bourse, des casernes, 
et, noo compris les faubourgs, nne population de 13,184 
teaes, en 1871 (Q y en aTait 23,787 en 1851), que fontsub- 
aister le traTall dansquelques manufactures de draps gros. 
alers et de toiles, ainsi que la ptehe du saumon et du ha- 
reng. Cette Tille est aussi le centre d*nn commerce assez 
considerable, fl retail autrefois beaucoup plus qu'anjour. 
d*iiai ; mais fl s'est en partie d6p1ac6 pour aller se fixer k 
Coric, k Limerick et k Waterford. Galway ^tait Jadls une 
dee places les plus fortesde I'lrlande. On y a ^tablien 1859 
une ligne de paquebots aTec rAm^rique dn Nord. Les 
TiDes les plus importantesdu comt^ sont ensulte : Tuam^ 
riege d'un archcT^ue catbolique et d*an archeTdquepro- 
lestant, grand commerce de toiles, aTec 5,000 kmes; Bal- 
iinasloe, sur le Suck, aTec 2,000 kme^leptus important 
marche de llrlande pour les bestiauxlt les laines; Lovr 
gbreUf arec 6,ooo babitanta et on grand eommeroe de 



toiles. Le bourg de Cutttfert est le si^ d\an 6yMiA cathoo 
lique et d'un ^Tteh4 protestant . , 

GALYZIN on GOLYZDf, nom que souTent Ton tolt 
Galizin, GalUzin, GaUitiin; Tune des maisons nobles russei 
qui comptent le plus de branches et qui ont foumi le phis 
dMiommes cfl^res dans rbistoire dn nord de L'Europe. 
Elle descend dn prince Uthuanien Gedimin, tnmc <v>ftmmi 
d'ok sont issus aussi letJagellons. 

Les princes Miehall et DmUri GALTxm commandalent 
les arm6es russes sous le grand-prince de VarsoTie Was- 
siii IV, et fnrent fiilts prisonnlers par les Polonais, dans la 
grande bataille llTr^k Or8cba,en 1514. Dmitri mourut dans 
les fers, et Miehall ne fot rendu k la liberty qu*aprte trente- 
buit ans de captiTit^. II rcTintalors k la conr de son sout^ 
rafai, dont il fut tUentOt Tun des prindpaux faToris. 

Le petit-fiis deMicbaa, WaulHGAhizm, fot, aprte la 
mort du foux Dimitrius^ au nombre des pr^tendants k 
la oonronne de Russie. EuToy^ en 1610 en Pologne k relfet 
d'y annoncer au prince polonais Wladlslas son ti^Tatlon k 
la dignit6 de cxar, 11 se Tit accuser par des cabales de sei- 
gneurs polonais de s'^tre rendn ooupable de trahison k Toe* 
casion du si^ de Smolensk, fot retenu prisonnier, et languit 
dans les cachets jusqu^k sa mort, arriTte nenf ans apres. 

Son petit-ncTeu Was$Ui Galtzui , sumomm^ le Grand 
Galjfzin, fut le conseiiler et le foTori de la princesse Sophie^ 
cette TindicatiTe sceur de Pierre I*'. De mtoie que Pierre 
le Grand fut constamment obs^d^ par la noble id^ de ci- 
Tiliser sa nation , restte jusque alors pkmgte dans une pro- 
fonde barbuie, WauiH Galtziii eut aussi, mais aTant lui, 
Tambition de mettre son pays en contact aTec rJSorope oc- 
cidentale, uniqpe foyer de to ciTilisation, et de transplanter 
les sciences et les arts dans les ^coles et jnsqu'au milleti 
m^me de la conr de Russie. Gatyxin ayant 6cbou^ dans son 
projet d'^pouser la princesse Sophie et de partagor le 
trOne aTec die, fut baimi Ters U mer Glaciale, oh il mourut 
empoisonn^, tandis que Pierre condamnait sa sorar k prendre 
le Toile dans un doltre. 

Des deux eousfais de ce Wassili, Tun, BorU Galtcih, fut 
pr^ceptenr de Pierre le Grand et charge de radministration 
de Tempire pendant le premier Toyage que ce prince fit en 
Europe; Tautre, Dmitri Gkvnm, bomme diktat distingu^ 
fot ambasadeur k Constantinople, puis minUtre des finan- 
ces de l*empire , et enfin chef dn parti des Galyxin et des 
Dolgoroucki qui, k la mort de Pierre II, essaya de 
mettre des Umites k la toute-puissance des czars (consul- 
tei la Notice sur les pincipales Families de la Busiie, par 
lierre Dolgoroucki [Bmxdles, 1843]). Le plan de Dmitri 
Galyain ^choua; les deux families fnrent bannies, et lui 
mteoe expira dans un cachot k Schlussdbonrg. 

Son fwire, Bliehail Galton, Ton des mdllms gto^aux 
qu'ait ens la Rnssie, justeaient cdd>re pour son courage et 
sa braToure, fot llns^parable compagnon de Pierre le Grand 
dans toutes ses campagnes. H se distingua surtout k la ba- 
taille de Ifanra, oh il sauTa le regiment de S^m^nofT, ainsi 
qu'k la bataille Utt^ prks dn bouiig de Liesnaja, oh il baltit 
leg^n^ral Loewenhaupt d oh le csar Tembrassa sur le champ 
de bataille mtaie ; enfin, k Pultawa. La conqu6te de la F i n- 
1 a nd e , quil op^ifa en 1714, mit le comble k sa cd^brit^ d k 
sa giohre. Il mourut en 1730, aTec le litre de fdd-mar6chai. 

Son frire, appd^ ausd JtficAoff , fot ambassadeur en Perse 
sous Pierre le Grand, d grand-amiral. 

Des fils Iaiss6s par le premier de ces Miehall, Pun, le fdd« 
mar^chal Alexandre Galtein, se distingua en 1769 par la 
prise de Chociim en MoldaTie; I'autre, Dmitri Galtzin, di- 
plomate habile, fut ambasadeur de Russie k Paris, sous le 
rdgne de Louis XV, puis k Vienne auprte de Joseph il, d 
mourut dans cdte capitate, ou son tombean 8*d6Te sur la 
hauteur dlte, d*aprto lui, Galyzinsbeiig. 

Des fils laiss^ par Alexandre Galyzfai, Tun, Alexandre 
GALTzm, fut Tice-chanceUer pendant les premieres annte 
da r^e de Catherine 11 ; raotro, Pierre Galtxin, se dis- 
tingua par MM talents mOitaires. Lear cousfai, DmUri Ga« 



119 



GALYZIN — 6AMA 



GALTtm , fat miiiistre li U Haye, soas Catherine 11, et 
mottrot eo 1803. L*^iXNue de ce dcsnier, AnUlit^ princesae 
GAtTxm, taune Justement cflMi>re par la haute aittore et 
par la grioe ile son esprit, par aesliaiaona aTec tons lea aa- 
TaAtaettoos lea podtos ea renom de son allele, et sartont 
paraeatendaneeaaumystidaiiie, 4tait fille do gto^ral pnia- 
aiea eomte de Schmettan, et avail pasa^ one partie de sa 
JeuneBae \ la coar de la femme.da prince Ferdinand de 
Pruaae, fi^e de FrMM: 11. A Munater, 06 elle r^aidait 
habitoeUement, die avait rtoni autoor d*eUe un cerdede aa- 
▼anta dbtinguea. Fnrateoberg, Jaeobi , Gootlie, etc., etc, y 
forent pendant ploa on mohia longtempa sea ftddea commen- 
aaox; maia Hemsterhuys et Hamann rest^ent aea amis lea 
pioa intimea. Cest elle la JHotima k laquelle Hemsterhays, 
sous le nom de Diodas, adressa aa Uttr€ iur FAtMUme 
(170S); Hamann monrut chei elle, et (ut enterr^ dana aon 
propre jardin, k Monster. L'influence qu'elle eier^it sar 
tout oe qui Tentourait hit la oause prindpale qui d^termina 
Stolberg et aa famille k embrasser la reUgion catholique; 
elle proToqua cette aoreidtation de la pens^ retigieuse qui 
se nudntint ai longtempa dana beaocoup de cerclea, et que 
Voas, dana aon pamphlet faititulft : Comm$nt FridMc de 
Stolberg est devenu un micNant, a d rudement atigma- 
tis^. La prinoesse Gdydn mourut en 1806, k Angdmode, 
prte Mnnster. Elle aTait dcr^ sea enfants auivant la m^thode 
pr^ooniate par Rousseau dana son EmUe. Elle d6cida aon 
fits Dmitri Galtzim k se rendre, en quality de missiondre 
cathoUqne, en AmMque, oh il est mort, en 1840. 

Dans ces demiers temps, on pent encore dter parmi les 
membres celd)resde cette lamille Dmitri Wladimiropitsch 
Galuih, mort en 1844, 4 Paris, aprte aTolr M depuis 
Tannte 1820 gouTemeiir gtainl de Moacou, fonctiona dans 
Texerdce deaqudles, 4 Poccasion du cholte, du grand in- 
cendle de 1'831 et de cent autres droonstances ou 11 s*agis- 
sdt des plus cbers int6r4ts de cette capitate, sut acqn^rir 
de Jnstea litres 4 la reconnaissance de aea habitanta. Des 
futt^raOles preaque fanp^rialea ftirent fdtea 4 cd bomme 
d'etat, qui de son vivant avdt M entour^ de Testhne d 
du respect uniyersds. 

Nous nomroeroas encore ici Serg4i GAtTzm , qni d^, 
sous le r^e de la grande Catherioe, s'^tail fait un nom 
commemlUtdre; il remplit les foncUons de grand-mar6- 
chal au couronnement d'Alexandrell, et mourut le 19 
^▼rier 1859, 4 qnatre-Tingt-dix ana. 

Le prince JSmmanucl Galtzm, mort le 13 mai 1853, 4 
Paris, a tradnlt en francs la Sitf&ie seplentrionale 
(t843, a vol.), ouvrage de Wraogel, et pubU4 la Fln^ 
Umde (1862 , 2 Tol.) , notes d*nn voyage scieatifique. Le 
prince if icA«/, ambassadeur de Russie 4 Madrid, est mort 
te 29 mars 1880, 4 Montpellier, Idssanl une predeuse col- 
lection de livres. 

Enfln le prince Anguetin Galyzdi, converti au cathoU* 
dame, a bit paraltre en France , 06 il r^de, plodeurs 
4crita relatifa 4 la Rnasie. 

GABIA (VA800 DA);.cofiae de Vidiguegra^ cd4bre 
amird portugds et ;commandant de la flotte qui la pre- 
mi4re doubla le cap de Bonne-£ap4ranoe et ouvrit ia voie des 
Indes par le grand Oc4an, naquH vers 1469, 4 Sines, viUe 
marithne de hi prorince dCAlem-Ttjo. laau d*une Oluatre Ci* 
mille, 11 re^ut d4a aa phis tendre Jeonesae, dit M. le vi* 
comte de Santarem, TMucation 4 la foia gueni4re et sden- 
tifique 4 laqudle dnrant ce si4de le Portngd dut tantj de 
grands bommes. D^ da temps de Jean II il avdt rendu 
de grands services; tons les terivains de f^poque a'accor* 
dent 4 dire que aous ce r4gne U avdt acquis one grande 
eip^rience de la navigation. II Cut charg^ cntre antres mis- 
dons, de saidr tons lea b4thnenta flranfda qui ae trouvdent 
dans les porta du royanme, comme rqM'^sdlles de hi prise 
d^itt navire portogals , revenant de la Mhie, charge d'or d 
d*antres marchandJses de prix, capture par des corsah«s 
francds en pldne pdx. Charies vni ordonna la restitution 
du l^timent, et punit sdv4reoient lescorsdres. Apr4s leretonr 



de Bartdommeo Dias, Gama (tat appd4, en odobre 149S, 
au commandement de l*exp4dition charg4e de fdre le tour 
de PAfriquedde p6i4trer dans l*Inde ;mdB la mortde Jtmn U 
igouma le depart de rexp6dition. Ce projet ftit reprla par 
le rd Emmanud, qd ne changea rien anx plans de son 
pr6d6cessettr. Apr4a avoir plusieurs Ida rteni 4 EstresMi 
les membres de son consdl, il y fitappder Gama, en Janvier 
1497. Lorsqne TexpMition fot prde 4 U fin de juhi, le nw- 
narqne se rendit en grande pompe 4 r^gtfse de Restello, an 
tute 4 one lleue de Liabonne, aur le bord du Tage, eCy r»> 
mit de sa nudn an navlgateur le gnnd pavilion royal, ptn- 
denrs earlea marinea, de nombreoses instmcUona, des lel- 
tres enfin p6ar les princes d*Ade d te rd de Calicut Genaa 
avdt 4 peine vhigt*hult ans. 

Le 8 JuiUd la flotte, compost de troia vaJaseanx et de 
cen4«oixanta bommea d'4qdpage, mettaK 4 la voile. Bnrto- 
hmmeo Diai, qd dix ana anparavant avdt double le cap 
des Temp4tes,aocompagndt Gama. Yeapvce, parti dnq nns 
aprte le premier voyage de Chriatopbe Colomb, ddooa* 
vrait en ee moment TAmMque mMdionde. L*amM, da- 
giant d'abord vera le sod, Idssa dana Fed lepen qn'oa oon- 
hialssdt des bords africalna, et vera le oonchaat, lea tfea do 
cap Vert, oh U arrive le 8 aoOt Apr4a lea avoir doubMea, 
il porta vera lemidid Vint rd4ober 4 la bale de Sdnte-H6- 
Itee, qu'il avail Ciit reeonaalhne par Pedro d'Alemqiiea. L4 
la flotte, ayant, en s^ de reoonnaiasance, sdo4 le pavllloa 
de Pamird, rd4cha pendant une aerodne, qne Gama ndt 4 
profit pour 4tudier le pays d les mosars des habitanta. II it 
m4me asseoir 4 aa table un de cea n^grea. H^anmoiaa, it y 
(tot bleas4 d*nne fl4ehe 4 la jambe, ce qui ne PempAoha paa 
de partir deax Jours aprto, le 16 noveinbre, poor rextr4inil6 
de TAflrique. Le 22 TexpMition dovMait le ed4bre cap da 
Bonne Eap4ranee, qui, pour 4trele point cnlmliMuit, 
du voyage, n*en ddt pas n4aiimdns le larme. Lea matdols, 
aongeant qn*il poovdt n'en paa 4(ie mtaie la mdti^ eora- 
mene^rent 4marmarer, d Tamlrd se troavadaaa la poaitioc 
diflidle de Cdomb, kMraqoe, louchant anx flea Lucayea, fl 
fut an moment d*4tre Jd4 4 1'ean par aoni6qvipages nuitia4. 
Apr4s la cap de Bonne-Esp^rance, 11 Idldt encore doobler 
cdd d« Aiguilles an poortour dnqnd hi mer eddore. Les 
Portugds de nouveau parialent de rebrooaser chemhi, oiais 
leur cM parrint encore 4 lea oontenir. 

On se dlrign ensoite vera Pest, le k»g de la oMe; on 
rd4cha dana la bde de Sdnt*Blaiae; d Pon arriva, le 17 
dtombre, an rochet de la Gron , puis 4 la rivi4re de Pla- 
(knte, Umite des dteouvertea de Bartolommeo Diax. Game 
pottssa lea siennea plus de mille Ueues au dell. En renoon- 
tant vera le nord, U envoya mahites fds exptorer lea lieax 
oh il aperoevdt des habitants. Le 16 Janvier fl d4oo«ivrit 
nne rivi4re,qu'il sippda de Cuivre, d mieterre, qu'U nomraa 
des Bonnes gens, Apr4s y avdr rel4ch4 dnq Jours, fl par- 
vint , le Jour de P£piphaiiie, 4 Perobouchure d*un grand 
coura d*eaa, oh U mouiUa, d qu*il appda le flenve des 
Rois; il y fit reposer ses gens, que le acorbut rongedt. La 
terre leur prodigua des (hiita d des plantes adntdres ; maia 
les hommes qu'on renoonlra, parlant un langage strange, 
ddent ponr kv voyageurs comme an peuple muet, dont Us 
ne pouvaient Hrer aucun rensdgnement, d Gama, parcoo- 
rant, 4 travera dea p4rils sans eesse renaissants, de nom- 
breux rivages, demanddt 4 toua des nouvdles de Tlnde d 
n'en reoevdt Jamais. C*est 4 Solda, oh dea vents favorables 
le condoisfa'ent enfin, que, sttp4rieur au d4oouragement, 
mais Citlgo4 ld-m4me d souf&ant, 11 se sentit comme re- 
tremp4 , en iroaginant avou* rehrouv4 Pantiqoe Ophir. U 
n*avdt depds Sines rencontr4 que des esp4ces de brutes 
4 figure noire, avecqui nul parmi les siensn^avait pu a*en- 
tendre. II trouvdt 4 SoCda dea hommes 4 demi dvilis^, 
Chez qd lesnavires de La Mecque employes au commerce 
de rorient, avdent une atation; la plupart entendaient IV 
rabe, et cdto langoe, qd dans leur p^hisule d sur les 
cOtes barbaresques, oh les Portugds portaient babttudle* 
ment la guerre, ddt ceUe de leurs intimes canemis, de 



QAMA — GABfBA 



in 



tM iMir ooMoUtrloe for det bordt (i6 Us I'eotaidaient aprte 
ii*aTiiir ti longtenys po s'eiprimer que par aignes. 

Dana lea premien Joan db mara 1498, a flotte toocba k 
MoKaaibiqiiey d?oii» aa dirigeant droit an nord, elle k»gea 
jnaqn'lt Monbaie la c6te da Zangndmr, contrte encore pen 
oonnoBy quoiqa*elle ait d'aaaez bona ports et qn'elie produise 
beanconp dlvoire et de pondre d*or. Lea Maurea ^talent 
nomlweiix et Jooiaaaient siir lea prinoea da pays dHittc grande 
inflnenee; ito reeonnnrent ansaitAt dans les compagnons de 
Gama les pareila de eenx qoi, vers one antra extrteiitA de 
rAfHqne, ftiaaient k lenrs pkes one guerre k ontranoe; et 
dte lors toate leor astnce M employ^ k lenr sosciter des 
eoabarras. Les habitanta de cbaqae paya avec lesqaela pon- 
▼aient a'entendre lea nonveaux tenna accneJilaient d'abord 
C6ox-d aToe des dtoomtrations de cordiaUt^; maia Us ne 
tnrdaient point, excites par lea Bfaores, k lenr tendre des 
embOcbes 06 tonte la sagadt^ de Gama ftit n^cesaahre poor 
qo'aneon n*y tombAt II armadenx cbaloopeade aon naTire, 
dont lni-mtaQ6 monta Fane, et fit tirer snr lea embtrcations 
des Arabes^ qni prirent la ftdte. Ce ftit Ik que pour la pre- 
mise fois U renoontra de;grands bltiments dn paya anr lea- 
qoeia on se serrait de boossoles et de eartea nitfines. Let 
Portogaia captui^rent quelques-nna de oea natires. Le batin 
f ut partag^ entre les Equipages : le ebef ne se r^serra que 
les litres arabea, poor lea oflMr au roi k son retonr. U se 
dirigea ensnite Ters Monbaze, yUle alors fort commer^ante, 
pais ?era M^linde, dont le prince Ini fit nn accoeU aflfoc- 
tneax, montant k bord de la flotte, 06 tt ftit reca avec les 
plus grands honneors. Le 24 avril, Gama ayant pris la route 
de la oOte de Malabar, Jeta Tancre derant CaUcat, le 20 
niai 1498. U euToya deux messagera au Zamorln pour lui 
amioocer aon arrlTte conune ambassadeor do rot de Por- 
tugal, charge de lettras poor lui. Les pnmiiraa n^godations 
eurent tant de aooote, que le port Alt oorert imm^diatement 
k la flotte, que le prince Tint la ilsiter de qninze Heues de 
distance, et que Gama fit Ion entree solennelle dans la TiUe 
an mUien d*ane foule immense. 11 atait dAiaiqn^ avec une 
soite de treiae perMunes, hdssant k aon IMre Paul le com- 
m andement des yaisseaux, lui reoommandant de ne tirer 
ancune rcngenee de sa mort all tombait tietime de quelque 
perfidie,maisdarepartirimm<diatementpoaraUerannoncer 
au roi la diooaYerte des Indes. Dana son entrcTue aTCc le 
Zamorin, Yasco montra une dignity parlliite et une grande 
fermet^. II se flattait d*obtenbr pour le Portu^ la faculty de 
Tenir oommercer dBlicnt; mais oet espoir s^^Tanooit 
dte la aeeonde entrerue, qoand U se Tit traltrensement 
urUL Les Blanres et Arabea, poor la plnpart sqjets da 
grand-seignear, dont les possessions s*iteiidaient Jnsque 
\k, redoutant la concurrence des nouTeaux Tenns, les 
sTaient repr^sent^ an Zamorin comma n'^tant attiria dans 
sea Etata que par la aoif do pUlage. Cependant, grftce k son 
impertorbable presence d*esprit, Gama parvint k renooer 
les n^godations. Hais k peine de retour k bord, ayant ap- 
pris que qnelques-ons des siens, restte k terre, STaient M 
arr^tte, U fit Jeter dans les fera dix-neof sujets dn Zamorin 
qui ^talent yenos risiter la flotte. Tant d'^nergie en iroposa 
au prince, et Di^ Diaz rerint atec one lettre de sa main 
poor le roi de Portugal taite sur des feuflles de palmier. 

Gama, ayant atteint le bnt principal de son expMition , 
mit It la ToUe le 27 aoftt 1498 pour retouroer en Europe. 
II relidia aux Agendires , Jeta Tancro k M^Unde le 9 iftfrier 
1499 , prit k bord on euToy^ dn prince du pays, doubla le cap 
de Bonne<-Esptence la 20 mars, mit de 1& Tingt-sept Joors 
poor atteiodre les ties da cap Yert, et anrira k Lisbonne au 
niols de aepCendNre de la mime ann^, pins de deux ana aprte 
^n depart Le roi le re^nt atec la plua grande magnificence, 
U\6bTh son retonr par des fetes, le combia de distinetloos , 
at le rerMit en 1502 do titre d'amiral des Indea. Pendant le 
1 ppes qu*il prit li sa cour, Alonzo et Cambral ftit euToytf dans 
rinde ayee mission d*y fonder des ^tablissements t celni 
qo'U er^ k Calicot ne prosp^ pas, et les Portogaia qo*li 
y Islssa ftirent peo li peo massacre. Emmanoel, en appre- 

mCT. M lA OOIfyRRS. — T. X. 



nant cette nooyelle, ordonna Parmement d'una flotte yenge- 
resse, et Gama, ayec dix yaisseaox, soutenas par deux es- 
cadres compost de dii yaisseaox chacune, reprit, le 10 
f<6yrier 1 5 1 2 , la roote qo^il ayait fray^ C'eat dans ce voyage 
qoMl ^tablit , non sans combattro , les comptolrs portogaia 
qui aubdstent encore si mistablement k Moiambiqoe, ainsi 
qu'i SotUa. II yenait cette fois ayec nn systteie d'intlinida- 
tion ; et fl mit d'abord le feu k Ton dea granda nayires do 
soodan d*£gypte, qu*U reooontra, parce qoe son mattre 
6tait soap^nn4 d'ayoir trerop6 dana les machinations dont 
le dtestre de Cabral ^tait rfeoK^. Le broit dea ayan- 
tages remporUSs par Gama ayant annonoi son retour ao 
Malabar, Itayancor, od fl prit terre, le re^ot ayec soomis- 
sion. Se rendant alors dans les £tats do Zamorin, U ddtroisit 
toos les nayirea do pays qoll rencontra, et dans one seule 
occasion fit pendre k ses yergoes dnqnante des matelots 
qu*U y trooya. Ayant ainai yeng<( ses compatriotes , trat- 
treosement ^rgte , et s*4tant fait redooter ao loin, il re- 
yint k ses habit^les acoootomto de douceur, et se fit des 
alli^ de tons ceox qoi manifest^rent llntention d*eotrer 
en rapport avee Id. 11 s^onU particoliirement ayee le roi de 
Cochin, riyal natnrel de celui de CaUcut, dont U obtint les 
plus fructueuses r^paraUons , et mlt tant de c^^ritd dans 
toutes ses operations, quale 20 dtombre 1503 U dtait de re- 
tour en Portugal, ramenant treize yaisaeaux chargte de ri- 
chesses. 

, Aprte tant de seryices signal^, U est cruel d'ayoir k re- 
marquer quite ne trooya point dans sa patrie la reconnais- 
sance qu*ils semMaient deyoir lui m^riter. n fidlot mtee 
tootes les sollicitatioas do due de Braganee, dom Jaimea, 
pour lui fairo obtenir le titn de eomte de Vidiguepra ayec 
la grandesse. Pute U ftit laiss^ dans llnaction pendant 
ylngt-et*un ans, et ne prit part k aucune antra expedition 
aousle rigned'Emmanael; mais, aprte la mort deoe prince, 
dom ^ouard de Mtoezte ayant, durantsa gestion, prM- 
pite les aablissements portngais d'Asie dans une decadence 
complete, Jean III rappela Yasco de sa retraite de Yidi- 
gneyra, et le nonuna Vice-roi des Indes en 1524. Le noble 
yieUlard partit de Ltebonne le avril, ayec une flotte de 10 
y^sseaux et de 3 carayeUea, pour aUer doid>ler une denUera 
fois ce cap de fionne-Esperance, dont le nom est desormais 
inseparable du sien. Arriye dana llnde, U n*y gouyerna lea 
yastes oonquMes du Portugal qoe trots mois et yingt joors, et 
moorut I Cochin, le 25 decembre. Mteie sor son Ut de mort 
il pouryoyait k tout En 1538 son corps ftit transports 
dana sa patrie, 06 le roi lui fit fiiirade magnifiqoasobs^oes ; 
U repose dana I'e^tee da cooyent des Cannes de la yUle de 
Yidigoeyra. Une statoe loi a m erigee It Goa , et sa graode 
expedition k foorni k Camoens lesi^etde ses Lusiades. 
GAMALIEL, pharisien, contemporam de Jeaos-Christ 
et membra do .Sanbedrin , homme d'on eaprit condfiant et 
modere, eat poor disdple saint Paol, et par ses sages re- 
presentations empteha le Igrand conseU des Joifs de mettre 
k execotion les sanglantes condanmations qoMl ayait pronon-' 
cees contra les ApOtres. On soppose ayec beaoooop de yrai- 
aeroblance qoe c'est de loi qoMl est qoestion dana plosieors 
passages do Talmod od on o^ebra le fite de Simeon et le 
peta^te deHflld. Les traditions posterieorea . qui noos le 
presentent comma ayant profease en secret lea doctrines du 
Christ et oomme s'etant fiiit baptiaer, en memo temps que 
son fite et NlcodteDe, par les apOtres safait Jean et sahit Pierre, 

ne paraissent paa plus fondees que lea opinions eroises par 
qudqoes ecriyains modernes qoi ont pretendo qoe Gamalid 
n'ayait faiteroede en fiyeor dea ApOtres qo'en baine dea sad- 
duceens 00 bien encora poor gagner les cbreUeos I ses plans 

ambitieox. 

GAMBA( BAMOLomrao ), cei^e bOiUographe, ne le 
16 mai 1768, k Baaaano, entra k TAge de dix ans en qoalite 
de commte dans nmprimerie dn comte RenKindini, et y 
trooya le tempa et lea moyena d'y acqnerir de profondos 
connaissanees bObUographiqaea. Aprte ayoir dfaige Josqu k 
la mort de Bemondtaii U soceorsale euklie par cette raateoe 

15 



114 

k VeniMy ii fonda loi-iiiteie nne Ubrairie k Padoue. En 
1811, ^poqoeli laquelle il flit nemm^oenseur poor 108 pro- 
vinces adrtetiqiies, U ichets Tinpriiiierie di AlvitopoHf Ibn- 
idte It Veniie par Moecnigo; et qnelques annto plot tard , 
le guafemement autrichieii le nommait Tice-UiiUotliteaire 
d» Saint-Marc 11 estmort le 3 mat 1841 , frapp6 d*nn ocNip 
d'apoplexie k IMnkthe od U faisalt an cours. Son premier 
miTrace tat lea Serie tfai teiti di lingua usati a stampa 
nel^VoetOuiario della Crusea (Baasano, 1805, in-i*"), 
dont une nouveHe Mition a para k Venise en 1818 ; liTrein- 
ditpensal>la k cent qui se lirrent k T^tode des sonrcea his- 
toriqaes de la Ntl6ratar6 et de la pliUologie. A cet ounage 
se rattachoit lea Serie degli serUU impretH nel dialeUo 
veneziano ( Venise, 1831) , le CateUogo delUpHi impor- 
tanii ediiionie degli illuitralmidella Divina Commedia 
delV anno 1472 al 1832 (Padooe, 1832 ), eC la Biblio- 
grafia delle noveUe Italiane in pma ( 2* MMon, Flo- 
rence, 1835 ) ; on a ansa! de Inl un grand nombre d'essaii 
biographiqaei , et des notleea* 

GAMBETTA (Lion), homme d'etat fran^fs , n« le 
30 octobre 1838, k Cahors, descend d'nne faroille g^noise. 
Re^ aTocat, \t se fit inscrire en 1859 an barreau de Paris. 
Son premier d^bnt dans la vie poUtiqoe, en 1862, se boma k 
nnr6leseoondaire dans le moovement electoral provoqui 
par lea Elections au Corps l^slatir. GVat snrtont en plai- 
dant des procto politiqnes, soit k Paris, soit en province, 
qn^il se rendit popolaire. Dans rafMre des sonscriptions 
reeneillles par les Joamaox , I la fin de 1868, poor ^ever 
un monnment k la m^moire du repr^ntant Baodin , il 
attira vtvemeot Tattention , et se troava alnsi d^sign^ k 
I'opposltion radicale poor les deetimisygislativesdu mois 
de mal 1869. Candidal dans les Bondies-du-Rbdne et en 
mame temps k Paris, od il I'emporta sor an des v^t^rans 
de la d^ocratle , M. Camot, il arriva ao^Corps l^latif 
par une double Election et opta poor les Bouches-du- 
Rhdne. n prit place sur les bancs de la gauche, prte da 
M. Joles Pavre , avec qoi il dirigea la campagne drs irr^- 
conciliables eontre le gouvememenl imperial et centre la 
pretention do cabinet £mile OlIiTierli faire accepter par 
les lib^raux le pouvoir de Tenipire oomme un gouTt me- 
ment liberal. Aprte K^Mre^lev^, coanme ioute U gauche, 
contfe la d^laration de guerre k la Prnssf , il r^ama, k 
la suite de nos premiers d^sastres^ Tarmement de tout le 
pays. I>ans les stances du 8 et du 4 septembre, il s'unit k 
M. Jules Favre pour demander la d^ch^nce du gouver- 
nement imp^al. Quand la foule eut enyahl les tribunes, 
il la conjura de garder I'ordre et le cafme n^cessaires aux 
deliberations. Le president de la Chambre, M. Schneider, 
exborta les envahlsseursli suivre les conseils de M. Gam- 
betta, et lui rendit ce temolgnage : « II ne pent atre sus- 
pect k aucun de Tons; Je le liens, qnant k moi , comme un 
des hommes les plus patriotes de notre pay^^. » Qnelques 
heures plus tard , le gouTemement de la Defense natio- 
nale, compose des deputes de Paris, etait insfalie k TbOtel 
de Tille. M. Gambetta en faisait partie, qooSqull eOt opte 
pour le departcment des Bouches-du-RhOne; il fat deie- 
gue an departemient de Tinterieur. 

OnjogeabienfOt, dans lesconsiflsdn gouvernement,qu*il 
fallait k la t6te des populations de la province, alors pri- 
vees presque compietement de toute relation d*idees et de 
sentiments avec Paris, eiposees ao decouragementou tra- 
vel liees par tea partis extrtaies, un homme Jenne, ener- 
gique, capable d^acles vigourenx et rapides. On adjoignit 
done M. Gambetta k MM. Cremienx et Glais-Bizoin, charges 
de la delegation k Tours , et on lul donna de ptoins pon- 
voirs pour llntericnr alnsi que pour la guerre. II partit en 
ballon ,'le 8 octobre, et, aprk avoir failli tomber dans les 
lignes ennemies, arrira dans le departement de la Son me. 
La canine qui s'ouvrait devant lui etait pleine de grar- 
deur, mals aossl de perils et de responsaUlites. Af^ssant 
presque seul, nVtant soumis k aucun contrOle, il ailait 
remplir en fait le rdle de dictatetir, sans en avoir le litre. 



GAMBETTA — GAMBET 



L'nn de ses premiers actesflit de blferlalefe^deagBrta 
mobiles «t rorganlsation dea armees. Une de sea pliia 
grandea difficnitea fot aanadoute de talnerela diMno^ ai 
natnrdle chetdes mllitaifes eaTera on rafailaire aoa mill- 
taire; mais 11 n*eB eprouva paa molns peot-atre h aniiMr 
du meme aoulDe patriotique dea armees od se tro u ^ aicnl 
remds tantd'eiements divers, od combattaitd*Qn eOl^ Ga- 
ribaldi, de I'antre Charette arec lea sonaves pontificMtx. 
Si Ton en excepte le prinoe de loiBviHe, aoqoel it ne per- 
mit paa de rester dans les rangs derarmee tran^aise, il ne 
demanda paa corapte k cenx qui venaieot combattre de 
lenra opinlona politlqoes. Mals, eb dehors de rarmee, 
dans le gouTemement do pays, il trsvailla activemeni d la 
propagatfon de Pidee repobUcaine. Uchoisitdanaee but lea 
prerets et les antrea admintatrateiira. Par cette eoodoiieb 
il gagna en grande partie la popnlation dea villes. II bVo 
fot p9S ainsi des campagoes, od lea granda propridtairea 
aurtovt lui firent nnr sourde oppoaiUon, dont llnlluence loi 
pamt assez redoutable pour qu'il snpprlmat lea conseils 96- 
neranx, par on deeret en date du 25 decembre, el lear 
sobstituat des commissions departementales. 

Parmi les reproch* s formuies contra M. Gnnbetta, rim 
des plus considerables est d*avoir reToqneirop fecUeneBt 
les chefs d'armee, d*avoir donoe, par exemple, en pen de 
temp?, trois chefs successifs k Tarmee de la Loire, lea g«^ 
neraux de La Motterouge, d*Anrellea de Paladine et 
Chanxy. Un autre reproche pins grave peot-etre eat de 
a*atre laisse entratner k des exagerations, k des onpor- 
tements de parolee toojours regrtttables chex un homme 
d'£tat A la nonvelle de rarmistlce signe, le 28 Janvier 187 1 , 
par MM. Jules Favre et de Bismark, il ne diss:mola paa son 
irritation et manifesta le deasein de oontinuer la lulte artcc 
la proTince seule. En meme temps, il Tou'ot exdure do 
droit d'etre eins& PAssembiee natioiiale les hauls fonctioD- 
naires et lea candidafs offidels de Teropire. M. Jules SinMm 
ayant ete envoye de Paria k Bordeaux poor faireexecoter 
lesdecrets do gouvemement de la Defense nationale, il loi 
fit d'abord une resistance tres-vive, mala, le 6 fevrlsr, aa 
demi{«ion mit fin an conflit. £lu, le snrlendemaio, repr^ 
sentanti TAssembiee nationale parleadeparteroenta de la 
Seine, de Seine-et-Oise, du Var, des Bouches-da-Rlidiie, 
du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, et par la drconscriptlcMi 
d* Alger, il o|^ poor le Bas-Rhin, et donna aa demissftoQ 
danslaseance do 1*' mars, arec les anlrea deput^a de i*Al- 
sace et de la Lorraine. Aprte nn sejour de qnelques inoia 
k Saint-Sebastien « en Espagne, il i«vhit ea France et fut 
ieeto,le 2 juillet, membrede I'Assembiee par laSdne,lea 
Bonches-du-Rhdne et le Yar; il opta pour la Seine. Dana 
la seance du 30 aodt, il combattit le deasehi que mamfea- 
tail I'Assembiee de se ikire constituante. Au moia dVic- 
tobre il poblia, sooa forme de lettie, nne sortede manife^te 
od, k propoa des eiecUoca n'centes des conseils generaux, il 
revendiquait la victoire pour le parti de la repnbKqoe ra- 
dicale, qu'il diatingbait du parti dea republicaina forma- 
listes, et od il semblait chercher k donner le progran me 
du « radicalisme ». On Paccusa, non sans raison, de rester 
dans le vague et de ne pas definir les institutiona orga* 
nlqnes qui devaient, sulvant lui, constituer la repuUiqoe 
radicate. M. Gambetta se fit un organe potKiqt^e special 
arec la Ripublique fravfaUe, ioumal dont le premier 
numero parut le 6 noveml.re 1871 et qui prit bientat une, 
importance conaiderable. Dans un disoours pronoooe k 
Grenoble, en octobre 1872, il demanda hantement la die- 
solution de I'Assembiee. En avril 1873, 11 appuya reiection 
de M. Barodet, k la suite de laqudle la droite Tota eontre 
M. Thiers et lui donna le marechal Mae-Mahon poor sue- 
cesseur. 

GAM BEY (HsMM-PnunEiicE), mecanidrn ilhistre, ne 
en 1787, mort k Paris, en 1847 , membre de PAcademie 
des sciences et da Bureau des lopgitndes, eut des com- 
mencements obacors et penibles. II lui fallot d'abord se 
contenter do posle de oontre-mattre k Gompiegne, pois k 



tiAMBEy - GAM£LLE 



VtieolB ded arU et metiers de ChAloos. A sa sortie de cet 
Mablissementy U 8'^Ublit dans unerue do Fa ubourg-Saiat 
Denis, et a*y liTra k la fabrication des Instruments de 
prMsion, ooostmisaDt d^ lors des sextants et des cereles 
i^p^tenrs qui d^^ portaient Pempreinte de la sfiret^ de 
s% main etde la rectitude de son jagement. Al*exposition 
de 1819 OB rem^rquases beaux tb^odolitliesilagrande 
mMaine d*or r^eompensa ce travail. La construction d'na 
^aatorial on lunette parallactique appelade nouTcan sur 
cet artiste Tattention du roonde saTant ; on peut admirer 
k robaerratoire de Paris ce bel instrument. On a encore 
dans 1e mtoe ^tablissjment, outre un cerde mural , une 
lonette mMdienne construite par Garobey. Ifons dterons 
aussi parroi les instruments on inventus ou perfectioBnte 
par Gambey, le catMiomdlre, k Taide duqnel on mesnre 
corredement les distances Tertioales; et son Mliottai, 
cher-d*cenTre qui a pour but de donner anx physiciens le 
moyen de fixer dansune direction constante un faisceau de 
lami^. Le ministre de la marine nomma Gambey son 
ing^nieur en instruments de navigation; le Bureau des 
longitudes I'appela dans son sein, et I'Acad^ie des acira- 
ces le re^t en 1837 dans sa section de m^canique. 

G AM BIE , aprte le S^n^l le plus grand fleuTe de la 
S^n^ga mbie, snr la cAte ocddentale^PAfrique, prend 
sa source dans la contr^e qu'on appelle Fouta-^Toro, et 
aprteun cours d'enyiron 1,600 kiloro., vient se Jeter dans 
i'Octen atlantique, au cap Sainte-Marie, par un grand 
nombre de bras, qu'unissent divers cananx naturals, qu'on 
tenait jadis pour aotant de riTitos distinctes. Des cata- 
ractes fr^quentes et un grand nombrea dliea y rendent la 
navigation trto-diffidle. 

La Gambiey colonic anglalse proTenantd'^tablissements 
et d^cquisitions qui remontent aux annte 1618, 1631 et 
1816, compte une population de 7,000 ftmes sur une su- 
perficie de 54 Itilom. carr^. Elle se compose de Pile Sainte- 
Marie , oil se trouTO le chef-lien Bathurst , de Ttle Mac- 
carihy, dHme He artificielle cr6^ dansle fleuve k peu_de 
distance de son embouchure et sur laquelle on a cbnstruit 
ie fort Saint-James, etdequelques bameaui voisins. La 
Gamble ofiVe des produits norobreux , notamment Tor et 
le fer, le colon et Vindigo; llgnaroe^le riz, plusieurs va- 
jiM$ de sorgho, raracbide, le labac. On y rtolte de 
grandes quantity d*hu1tres , sur les mangliers, dont les 
branches tombentJQsqu'au fond du deuve od elles forment 
des arcades de 2 k b metres de hauteur. En 1868 void 
quel ^tait le mouveroent du commerce : exportation, 
4,683,950 fr.; importation 3,613 100 fr. 

GAMBIER (lle^), archipel situi dans le6rand-Oc£an, 
par ^3* de latitude m^ridionale, et 137o de longitude ocd- 
dentale , fut d4couvert en 1777 par I'amiral anglais John 
Gambier (n^ en 1756, mort en 1836), que le bombarde- 
roent de Copenhagae en pleine paix, en 1807, a readn si 
lameux. Ce groupe se compose de dnq ties fort £lev6es 
et de plusieurs autres beaucoup plus basses : une chalne 
d'^cueils de corail ceint ces demi^res. Les habitants, 
ime des races les plus m^lang6es de la Polyntoie , sont 
d'une liaute stature; on en compte un millier, vivant k 
P^tat demi sauvage. Ces ties sont soumiscs k la Ftauce 
depuia 1844, et se rattachent au groupe de Talti. 

L1LE9 gr>nd ▼Asc de hois ou de fer-blanc k 



ruaage des matdots et des soldats. S'il est vrai que les pro- 
verbes soient la sagesse des nations, oehd-ci : « La soope 
Hut le aoldat, et le soldat mange k la gamdle » » suffit k 
aiontrer Hmportance de la gamdle dans les armies : lei 
cbefii de corps doivent done vdller k son eatretien comme 
k eehd dea armes; le succteoes campagnes en depend sou 
venty car le soldat mal nourri est k demi vaincu. Le soldat 
est one veritable machine de guerre : on Ini p^ son som- 
meil^ et ses jeux, et son pain, Bien qu'd^ent constituant 
ie tonte la puissance militaire, ii n*dtend gu6re son horl- 
100 au ddi de la port^ de son bras; sur le champ de Ini- 
^aiBe, u iw aoit soqger qu'li sa compagnie , k son drapeau ; 



rentr^aucamp ou It la caserne, la gamdle deviant son sigoe 
de raUiement ; qu^il ait assez d*inteiUgenca pour reconnaltre 
les huit hommes qui mettent la main au plat avec Id, quH 
sache serrer lee range avec eux autour de la mtaie gamdle, 
et son Education est fort avanc^ Au plat conmie k Texer 
dee, iecaporal est son chef de file ; la soupe est vers^daos 
la gamdle, et de la gamdle dans cbaque asslette des huit 
soldatsqui , debout encore , entourent la table ol>longue dont 
la gamdle occupe le centre; puis les portions de vianoe sont 
d^coup^ et plao6es sur la soupe. Chacun doit prendre 
sans cboisir ceUe qui se trouve devant hii. Autrefois, aprte 
avoir pos^ sur leur pain leur morceau de viande^ tous ensem- 
ble prendent la cuill^re k la nudn, pr6ta k la plunger dana 
lebrooet; il se fkisait un dlence sdenud ; le capond pui- 
aait le premier, c*dtait le dgnd d*ex6cution ; les autres, tour 
k tour et par ordre, imitdent la manusuvre du chd de file, 
d bientOt on n'entenddt phis qu'un diquetis de cuiU^res et 
un bruit de mAchoires. La joie et lesquolibetsn*aiii?aient 
que quand la gamdle commen^t k s'^iser; d cd lieu- 
reux moment se renoovdait deux fois par jour. Aujour- 
dliui, cheque soldat mange k table comme un bourgeois, 
et n^en est pas plus fier pour cela. A la guerre, ou en cam- 
pagne, les gamdles, marmltes et bldons, sont en fer-blanc ; 
on les envdoppe avec aoin d'na fourreau d^ toUe , d lea sd- 
dats les portent sur leur havresac. 

Le matdot ausd mange la soupe k la gamdle; sa gamelle 
k lui est un vase en hols ouvert d plus large par ie haut 
que par le has; il ressemble k un petit sceau; deux cer- 
des en fer le consolident, d il doit dre assez grand pour con- 
tenir la ration de huit k dix liofitmes. Tous ceux qui man- 
geiit k la m^me gameDe sont ^ux ; les matdots, les quar- 
tiers-nuittres, ont leurs gundles s^par^ ; cependant, ton- 
tes ont un chef de plat, dteign^ pour la police de la table.... 
Rous disons tabUf parce qu'lt bord des grands navires , 
vaisseaux ou Crates, le . matdot mange sur dea iM» 
suspendues dans les batteries. Mds k bord des petits bAti- 
ments, le gaiUard d'avant est sa salle k manger ; le ckA 
bleu, gris ou brumeux, lui sert de pavilion; le pont, de 
table; sa nappe est une toile goudronnte; ii pose dessus la 
gamdle et le bidon pr^ieux qui renferme son vin : tout le 
monde s*asned en rond autour du plat, les Jambes croistes 
ou k demi coucli^ k la fa^on des empereurs romains. Le 
vieux de la bande fdt une croix k traven les flots de vapeur 
qui portent enl'dr le parfbm de ses fbves, d dit : « Attitipe 
£ manger I le branle-bas de la gueule conunence. » Puis le 
bidon passe et repasse k la ronde ; bidon cMiA I tous le cou- 
vent de Tceil dans sa route drculaire : le nectar qull verse 
est si doux au matdot^ c*est le banme de toutes ses bles- 
sures ; c*est son Ame t Et il court tant de dangers, ce bidon 
d'amour I Quand un coup de roulis chavire pde-mde ga- 
mdles, nappes d matdots, one mam protectrice maintient 
le bidon dans la verticale, auspendu sur toutes les tetes. 
Quel sombre d^sespoir si le vin du bon pieu alldt dre r6< 
pandu ! La gamdle est mohis pr^^ieuse; d la vague qui 
d^ferle coovre le pent d'une doume sdto, nul nese donne 
la peine de preserver la soupe de cdte assaisonnemeni 
impr^vu, car Pestomac se faQgue du lard sal6 d dea f^- 
ves ; on a bien assei de nourriture k bord. Mais du vin! 
ce vin d cher, qui retrempe lea forces , piovoqne lea 
{oyeux propos d les histohres de Vautre monde, qui foil 
oublier les fatigues, la pluie d les oMm g|ao6ea, qd 
donne des ailes pour grimper dans les cordages, d dea gitf- 
fes pour se cramponner anx mftts quand la mar brise el 
d>ranle le navire, Jamais, jamds on n'en a asses ! Do resfe» 
gamelles d bidons sont entretenus avec un soin parfdt; le 
hois en est d^m blanc sans tache, oa convert d*uue cou- 
che de noir brillante cooame du ]d ; les oerdes en fer sont 
fourbis comme de Taderpdi. 

Le mot gamelle a pris dans la marine des ain arido- 
cratiques ; de la table des matdots il est mont< k ceUe oes 
chefo : on dit la gamellp des q/ficiers, la gamelle du oort- 
mandant; dquelque Jour TAcad^le sera condamn^e ^ cu 

Iff. 



116 



GAMELLE — GAMME 



registrer cette expresnon dans la laogue des marins. Cest 
line grande affaire qie radmiDistratton de la table d'on ^t- 
uajor de vaisseau : rofScier qni en est charge momentan^ 
ment prend le nom de ehtf de gamelle; il est 61u par ac- 
damation, oa par le sort 

Le mot gamelle n'est pas sans illustration ; peot-^e se 
vanteraitril ayec raison d'etre contemporain de la naissance 
de la langue latine ? La po^sie romaine, sons le stylet d'Oridey 
lui confdra , da temps d'Augoste, des titres de noblesse : 

Dob licet appotite, TaloU eratere, e am ^ll a 
Lac nivetun potes, parporeaiMioeaapaiD. 

Le latin da moyen Age modifia sa premie consonne et 
en fit gamelle. Nona sommes te&t6 de croire qoe Tarmte de 
terre Pa emprunt^ k la marine, car le pins ancien oa?rage 
od il se rencontre a trait aux marins. 

Th60gtoePAGE, Tke-tmhtl. 

En 1852 la gamelle commune fat d^finiti?ement rempla- 
c^ par la gamelle individuelle. 

GAMIN* Ce motn'est pas fran^ ; mais c'est plnsqu^un 
mot fran^, c*est un mot parisien. Pour bien dire, ii faut 
dire : le gamin de Paris, Gamin est un mot qu*il faut 
prendre en bonne part. Dans cette grande Title, ot tootes 
les mis^res viennent aboutir, dans ce rendez-Tous g^n^ral 
de toutes les infortunes, fl arrive souvent qu*un honn6te 
homme, pauvre et ruin^, on vieux soldat, un vieU artiste, laisse 
apr^s lui un enfant de son nom, pauvre enfimt qui, m^e 
dans la mis^, se sent encore d^une mdUeure origine. Tout 
enfant parisien, fils du peuple, honn^te enfant de cette 
grande ?ille, n€ au milieu de Tesprit et de la misire, est 
un gamin de Paris, en attendant qu*il soit un bomme. Le 
gamin de Paris, avant d^avoir un ^tat k lui, entreprend au 
liasard tons les ^ts. H est propre k toot, U sait tout, il 
est tout Mais d^jk, m^me dans sa bardiesse la plus bardie, 
m6me dans ses espi^eries les plus tItcs, le gamin de Paris 
reste, sans le Touloir, sans le saroir peot-£tre, un bonn^te 
bomme. Nous n^entendons pas autrement le gamin de Paris. 

Le gamin de Paris est un gambi k sept ans jusqu*4 qua- 
torze, quelquefois josqn*li seize ans. Jamais plus tard. Le 
gamin de dix-buit ans n^est plus un gamin, c*est un oisif, 
un paresseux, on mauvais sujet, un bomme qui toumera 
mal, et qui est atlendn sur les bancs de la police correc- 
tionnelle, eft des assises plus tard. Malbeureux I qui a oubli^ 
la bonne, JoTiale et sfaic^ nature du Trai gamin. Le ga- 
min de Paris a nom Joseph on Napol^n, comma sa soeur 
s^appelle Marie on Pam^ II se souYient encore avec or- 
gueil de toutes les revolutions aoxquelles ont contribu^ si 
puissamment les gamins ses prM6cesseurs. II y a en lui 
quelque cbose du bero8,^en ce sens qu*il est toujours mer- 
veiUeusement dispose k Tagitation et au tnmulte : c*est un 
li^ros en berbe et en gucuiUes, qui se bat 4 coups de poings, 
en attendant qu*fl se batte contre le canon ; grand joueur k 
la toupie, illustre goguenard, le fl^u de ses voisins, et pour- 
tant la joie de son quartier; nuilin, flaneur, vaniteux, ta- 
quin, bon fils; n*ayant peur de rien ni de personne, mais 
tremblant devant sa bonne grand'm^re , trte-connu du ser- 
gent de ville et du garde municipal ; osant tout, excepts d^ 
cliirer sa blouse et perdre sa casquette : tel est le gamin de 
Paris, n grimpe, 11 gUsse, il saute : c^est one anguille, c^est un 
ficben. II est la joie de notre pav^, Q est T^at de rire de 
nos carrefours, il est I'ami de tout ce qui souffre, U est le 
Don Quicbotte bienveillant et d^vou^ de toutes les mis^res 
IMirisiennes. Du reste, PobA ^veilld, la cbevelure ^booriff^e, 
le aourire moqueur, one Joue rose et lav^ Tautre Joue 
toute noire, pdgn^ k demi, fier et gueux comme un Espagnol, 
Francis d^jk an fond de I'Ame, portant crftnemeat sur To- 
reille un superbe casque en papier, et chantant tout baut 
les chansons patriotiques de Bdranger. Voilk le gamin de 
Paris : e^eat comme la grisette de Paris, il ne se trouve 
qu'i Paris, c'est un prodidt de la ville. Dans les autres villas 
de France, tous n'avez que de m^hantes et plates contre- 
fafons du gamin de Paris. 



Le gamin de Paris, par Tesprit, par la grftce , par le coi- 
rage, par les saiUies, par son habitude de wtwre de pen, par 
son insouciance pour Taveoir, est plus qu*un ^afant el monis 
qu*un bonmie. Les autres enf^ts sent dee eiiibnta oa do 
bommes, des niais ou des prodlges; le gamin de Paris, ^ 
ne saurais ndeux le difinfa-, c*est le gamin de Paris. II va, 
il vient, il court, ilmarche un peu : ilobdt k une mbn plot 
souvent qu'lt un p&re; il est Tappui, le protectenr, le dtfn- 
seur de sa m^re. Toiyours sans habits, souTeot sans pain, 
jamais sans joie, il rit toujours. Son grand bonheur, c'eit 
de voir joum le mflodrame, de tirer des petards, d*^ever 
des barricades, de sentir Todenr de la poodre, d'entendre 
le bruit de Tarme blanche, de rire an net da oomnalsaaifa 
de police. 11 est naturellement le fl^au des Spiders el Tea- 
nemi des r^verb^res. 11 aime le soldat qui passe ; II est foo 
de la musiquemOitaire; il joue du mirliton ; il bat du tam* 
hour; il sonne delatrompette;ilmonte ItcheTal; 11 saote^ 
il grimpe ; il ne bait ni le pain d'^icea, ni le socre dV>rge, 
ni le verre de bitee; depuis quelque teinps il a acfael6 one 
pipe, et il Uun». 

Chose strange t cet ^Itoient de disoorde dans les roes, ce 
joyeux toieutier des jours de barricades, ee r^TolaHonnaiie 
espii^e, toujours pr6t k remuer les pavte de fond en oomhli^ 
eh bien 1 le gendarme ne le bait pas autant qu^on pourrait le 
croire au premier abord. Au contraire, le gamin de Paris 
et le gendarme se comprennent k demi*mot, ils se tatoiant 
Le gamin de Paris se plait en la oompagnie dn gendaraie; 
marche au pas comme le gendarme; il admire le gendarme. 
De son c6t^, le gendarme reoonnaissant veut bien foire la 
guerre au gamin de Paris quand il est trop iamilier, mais 
c^est toujours k armes courtoises. Le gendarme veut bieo 
faire peur au gamin, mais il serait d^l^ de lui faire da 
mal. II n*y a pas de gendarme qui n^ait pour fiUeul un ga- 
min de Paris. En un mot, si je n^avais pas pear de tomber 
dans le marivaudage, je dirais que le gamin de Paris est le 
papfllon du gendarme ; le gendarme novice commence par 
faire hi chasse aux gainins, pour la faire plus tard aax vo- 
leurs. Quand il a acbev^ le cours de ses espi^gleries, le ga- 
nun de Paris prend une femme et un ^tat ; il gagne sa vie, 
il monte sa gairde, il rempUt tous les devour du citoyen, et, 
de temps It autre, il s^amuse k mettre au monde de petiU 
gamins de Parte. Jules Januc. 

GAMME 9 table on ^chelle des notes de musiqoe, dis- 
pose sdon Tordre natural des tons. Le nom de gamme, qui 
a ^t^ donn6 k cette ^elle vient du tkimmc* de Talphabet gcee 
(D, que Guy Ar^tin choislt pour designer la corde qn'il 
tjouta au grave du diagramme des Grecs, et dont il fit la 
base de son systime musical. Les andens se servaient de 
sept lettres de Talpbabet pour marquer les diff^ents degris 
de r^chelle mc^cale; et comme le nombre de cea lettres ne 
sufGsait pas k T^tendue de leur gamme, ils les changeaient 
de forme oo les redoubhiient pour indiquer la position res- 
pective de chaque degr^ par rapport aux diff6rentes octaves. 
Dans notre systtoie mufical mcxleme, nous n^avona fo- 
ment que sept litres t c, d, e, /, g, a, b, ou sept syl- 
labes : tff, r^, mif/a^ sol^ la, si, pour d^gner lea 50 de- 
grte appr^iables de Tdtendue instrumentale comprise entre 
Toctave grave du tol de hi contrebasse , etle ao/aigu de la 
petite flftte. Mais pour obvier k cet inconvenient et marquer 
d'une mani^re hidubitable la position relative de cliaque de* 
gr6, on emploie dea tignes parall^es qu'on divisedecinq en 
cinq k Taide de certains tignes appel^ c^ff. 

Le mot ^amme, pris dans un sens moins absolu, s^entend 
anssi d*ane fkacUon plus ou moins ^tendue de T^Jielle mo- 
sicale, comme, par exemple , des difTirents tons renferm^ 
dans Tespace d*une octave, quelle que soit la note par la- 
quelle commence cette octave. On appelle gamme diaio* 
nique celle qui procMe par tons et demi-tons, tels quails le 
trouvent dans Tordre natural du ton et du mode ou Ton est, 
ti gamme ckromati que celle qui n'est compos^ qoe 
de demi-tons. II y a deux sortes de gammesdiatoniques, 
i*nne m/ajcur et Tautre mineur» Biles se oomposent toutef 



Bg « ii » 



6AMME — GAND 
doui dc six toDg ou dome demi-Ums, mais dans un ordre 

Mode tnqjeur. 

i i 1 

ton too too 



117 



1 

too 



1 

ton 



ton 



at 



t6 mi 



la 



• 

too 



Ut 



ton 



fa sol 
Mode nUneur, 
^ i i 1 ^ li 

ton ton ton ton ton ton 
la ai ut r^ mi fo sol dito la 
On Tdtpar le premier exemple que T^chelle ou gamme 
majeure est oomposte decinq ions et deui demi-tons; et 
par le second , que T^chelle ou gamme du mode mlneor est 
fxmiposte dequatretons etquatre demi-tons. En addition- 
nanl les tons et les demi-tons de cbacune de oes deoi tehel- 
let, on Terra que les deui sommes sont ^es; car il est 
^Tidentqueqnatre tons d quatre demi-tons 6qiiividentidttq 
Urns et deux demi-tons ; en d'aotres termes, ces deux 
floounes sont ^gales h six tons ou douze demi-tons. 

Les gaomies sont d'un usage frequent et indispensable en 
mosSque. Quels que soient le genre d'un roorceau, le senti- 
ment on la oouleor d'une m^lodie , U est bien rare d*en par- 
conrir phisieurs mesures sans rencontrer one gamme on une 
fiaicclledegamroe. Les gamnes desdeux genres sont un 
excdlent exercice pour T^tode de la musique instnmientale 
ou Tocale. Sous le rapport de Pex^cution, on ne saurait trop 
en recommander I'usage aux personnes qui d6sirent attdn- 
dre i un certain degr6 de perfection. Cest par Texerdce 
trte-ft-^quent des gammes dans tons les tons que la Toix 
d^ln cbanteur ei 1m doigts d^n instnmaentiste pearent ao- 
qu^rir cette souplesse , cette flexibility, cette agUitd qui les 
rendent propres k I'ex^cution irr6prochable des passages les 
plus diffidles. De nos Jours, les cantatrioes abusent des 
gammes diromatiqnes dans leurs roulades.. Elles ont d*au- 
lant f\uB tort, que les ganunes de ce genre ne peuTent se 
rendre d^nne maniire satisihisante que sur quelques instru- 
m^ts k claTier, k cordes ou k yeaU Quant k la toIx, elle 
sepr^peoi une succession rtpide de demi-tons, qui 
ex^ tant de nettet^, de justesse et de precision. Bbcobh. 
GANAGHE, mAchoire inCMeore dn cherai : ce sont 
deux OS qu'a ce quadruple de part et d*autre du derriire 
de la tAte, oppose k Tenoolure, rt qui forment la mAchoira 
inf<irieure et la font mouToir. Dire qu'tin cheval est ehargi 
de ganaehCf c'est dire quMl a la mAcboire grosse et cbamue. 
Certains auteurs ont pr^tendu que quand Tangle form^ par 
ces deux os ^it trop resserr^, U en rteultait un dtfaut de 
re^iration presque Incurable. Le saTant professeur Baucher 
ne paitage pas cet a?is : il pense que poor rem^dier k ce 
dtfaut il suffit de Aire c^er les Tortures de rencolure les 
plus ^loignto du sominel de la t^e. Ganache Tient de Tita- 
lien ganascia, ou del'espagnol ganassa, signiflant la mtoie 
cliose. Borel le d^ye de gena, comme qui dirait grande ou 
grosse Jcue, 

GANAGHE* Le mot ganache n'a gu^ droit k Tbon- 
neur que nous lui faisons , et nous Taurions complement 
paisA sous silence, si Tempereur Rapolton ne s^en ^tait senri 
un jour dans one clrconstance importante. « Madame, di- 
sait fempereur k Timp^ratrice Marie-Louise, votre phre est 
une ganache I » Llmp^ratrice, qui ne saTait pas assez le 
fhuigals pour comprendre tout ce quil y a de sei attique 
dans cette injure ganache, s*en ra demander k Duroc ce 
que vent dire le mot ganache^ appUqn^ par I'empereur 
Napolton il Tempereur d'Autriche. « Gcnathe, reprend 
Duroc, cela Tent dire grand homme, Le ptee de Totie ma- 
jesty est un grand homme! » Voil^ I'lmp^ratrloe qui ne dit 
mot; mais, k qudqoes mois de 1^, un Jour que I'empereur 
NapdI6on pr^sentait k rimp^ratrice un de ces g^n^raux Tain- 
qnenrs qui lui Tenaient de toutes les frontiifes t • Monsieur 
le g6n^, dit rimp^ratrice, atec son plus aimable sourire, 
Tons dtes one illustre ganache t' » VoUk comment les plus 
petits mots de carrefour peuvent ayoir ao besoln one exis- 
tSBos imp^rlale et royale. Le dictionnaire de TAcadtoiie les 
i^Httei lliiileire t'en •ottYienL, Jules Jamu«. 



GANCHE. Voyet Estbapadb 

. S^*^' *"j^."^'*"°^ ^^'^^ dela Flandreorientole. 
autrefois TiUe prmcipale de cette Flandre qui faisait tremble? 
^ mattres et leur dietaH des lois. 6galeiient ^rise de I'i^ 
d^pendanoe et de Tindustrie, et lirant de cette Tie forte et 
puissante dont TexubAance. si eUe produit quelquelbis le 
d^rdre, communique aussi Itla sod^t^ une ^ergie mer- 
yeflleuse. Son andenne grandeur a laiss^ de nombreux et 
imposants Testiges : onreconnatt k ses mors la dt^ d'Arteydd. 
klsL ph]rdonomie de ses babitants les bourgeois qui braT^rent 
Charles-QointMds oti fenneniaient les passions popu- 
laires, on ne remarqne plus que Taction paddque des in- 
nombraUes madiines que remue la Tapenr ; k la place des 
edifices bigarr^, des forteresses et constructions Tarito du 
moyen Age , s'd^ent partout des habitations d'un style 
monotone, maU commodes et fidtes poor une ^poqoe plus 
tranquUle et plus positiTe. Les ^gUses les |rfus bdles sont 
la catbedrale de Saint-BaTon, Saint-Micbd, Saint-Jacques 
Saint-Sauveur, Saint^Nicolas; les monuments profanes les 
plus (Mgnes d'attention, qudques-unes des portes. le beffroi, 
rh^td de TiUe, et l^uniTerdt^, constmite en partie par 
M. L. Roeland. L^bAfHtal de la Byloque (ou de TEnclos) et la 
maison de d^ntion, oommenc^ en 1773, tetmin^ en 182«, 
m^ltent de fixer les regards des pliilantlut>pes. Gand pos- 
s6de une dtadeUe, oommenc^e en 1822, achey^ en 1830, 
et qui (ait partie de la 2«ligne de fortification du cdtede la 
France. CeUe tUIo est le si^e d'lm ^Tteh^, d'une cour d'ap- 
pd, d'un tribunal de pr»mi^ instance, ainsi que d'un tri- 
bunal dc commerce; die se trouTe an confluent de Tfiscaut 
et de la Lys, et & la t^te du canal de Bruges. Coup^ par 
un grand nombre de canaux naTigables, qui cominuniquent 
kl'Escaut, k la Lys, k U Li^Te etltla Moere, die est par- 
tag^ en Tingt-dx ties r^onies les ones aux autres par une 
multitude de p<mts. Le canal do Sas-de-Gand, qui marie 
Gand k ta mer, y amtoe des bAtiments d'un tonnage asses 
considerable. Sa population est (1808) de 1 16,607 Ames. 
Le commerce des Gantois, d^ja tr^s-cd^bre au treizi^me 
si^de, re^ut un coup ftineste au sdzitaie, et ne se rdeya 
ayec distinction que sous le gooyemement iran^. Mais 
en 1819 fl prit un aocroissemoit yraiment prodigieux. Les 
premises tiaseranderies furent stabiles k Grand, en 068. La 
premiAre filature de ooton de la Bdgique est due 4 Li^yin 
Bauwens, qui la crtoen 1800, et qui, au p^ril desa yie, 
intrciduisit inr le continent les m^caniques anglaises. Cn 1830 
Gand poas^dait dans son encdnte 60 machines k yapeur, 
de la force moyenne de 18 cbeyaux et de la force totale de 
800; |rfus de 20,000 ouyriers trayaillent dans les filatures, les 
blanchisseries de colon, ainsi que dms les fabriques de toiles 
pehites. lis emplolent cheque annte enyiron 40,000 balles 
de ooton, et produisent plus d'un million de pi^cies de call- 
cots torus et imprim^. Les capitaux consacr^ k transfor- 
mer le colon en fil et en ^ffes s'di?ent k prte 44,000,000 
de firancs. Les autres usines sont des ralfineries de sucre 
de canne et de betteraye, des fabriques de bronzes et de 
cristaux, de garance et de laque, d'acide sulflirique, decou- 
tellerie, de fils de lin, de papiers pdnts, de yoitures , de dre 
et de bougies, de cordes d de plaques, de pompes k iitcen- 
die, de baUmces, de bleu, d*amidon, de toilo do Un , de toile 
rayte, de papier d'impression, de tabac, de pipes, de cha- 
peanx, et en outre des distilleries de geni^yre et des brasse- 
ries» etc. Gand a de plus un commerce de consommation, de 
trandt et d'exp6dition fort acUf : il s'y trouye neuf armateurs. 
Ayant le septitoie siMe, il n'est pas fait mention de Gand, 
qu'un diplome de Louis leDdionndre place dans le Pagus 
Brachbatensis. Ce fut yers Fan 636 que sdnt Amend yint 
y prober le christianisme. Dix-huit ans aprte , saint Li^yin, 
^yAque ^oossds, arriya k Gand et aOa annonoer VEyan^ile 
dans le pays d'Alost, od il re^t le martyre. En 811, Char- 
lemagne yint y inspeeter la flotte, compost d'esp^ces de 
bateaux fdats qu*il ayait £dt oonstruire pour raster aux ir- 
ruptions des Normands et des Danois. II y enyoya ensulte 
itginliard, son seof^tdre , nonmid abb^ des monastires de 



11 



GAlSi) — feANGE 



Saint-Pierre el de Saiiit*Ba?on. Vers an 868 , Baudoln Bras 
de Fer, premier comte h^rdditaire de Flaodre, qui tacc6da k 
ces graTerneors appdteen langtie teutonlqae vorst {prince 
ou ch^, dwkt on anra fait forestier en francais, roa- 
lant dtfeodre son pays contre les Rormands , bAtit h Gaud 
le ehdteau du ConUe, dont I'entrte est encore deboot; ce 
qoi n'empteha pas les Normands de Tenir sojourner k 
Gand pendant TliiTer de 880. An n^ieu da dixiteie si6de, 
Gand, d6lk people , s'adonnait afee soccte an trarall de la 
laine qoelui foumissait I'Angleterre. 

L'dglise de Saint-Bayon fiit dMite en lt)67. Sous Philippe 
d'Alsaoe, Ters 1178, Gand re^it une eharte de eommune, 
qui setoble Gonfirmer an ^t ant^rieur et t^liser des li- 
berty de fait ou leur donner on d^eloppcoM^nt nouveau. 
Bandoin, comte de Hainaut, successeur de PliUippe d* Alsace, 
accorde aux Gantois des poiTil^es d^aprte lesqaels tout 
bourgeois poufait onrrir une 6sole publiqoe , Tendre ou 
aligner ses biens; aucun M\t du oomte n'a^t force de loi 
sans le consenteroent de la commune. C^>endant la Title 
ne comprenaH encore que Tespace renferm^ entre la Lys et i 
l^Escaut. Un r^ement de 1202, qui autorisait les bour- 
geois k exercer exduBivement toote esptee de profession 
dans un rayon d*une lieue autour de Gand , rayon ^tendu 
ensuite k trois lieues en faTeur des tisserands et drapiers , 
dcYait en pea d*ann^ reculer ses limites. Vers 1252, P^ 
trarque Tisita la Flandre, et admira sa richesse et son activity. 
D^k S6 deasinaient dans cette province devx partis dlstincts, 
le parti flran^ ou de I'aristocratie, ennemi des priTil^es, 
et ie paiH flamand ou deiiiocratique, ardent k les ddfendre. 
La bataiUe des Mpermu ou de Courtrai, lin^ le il 
juUlet 1302, assura aox communes flamandes un trionplie 
Matant. BientOt, fatigute dugouTemement du comte Louis 
de RcTers, tout entier k la Action fran^aise , elles ne ba- 
lano^rent pas k dire pour mwart, on protecteur, le cd^ire 
Jacques d* A r toTO Id. 

Ce Isrand bomme, assassin^ par le peuple, qui i'aTait ido- 
Utr^, eut pour sucresseur son Ills, qu^on arracha k la Tie 
d^Tote et contemplatiTe pour l^TOStir du pouToir. Philippe 
d'AHoTdd perdit la Tie k la fameuse bataiUe de West-Rose- 
beke, oh la flkidaliti, T^p^au poing, combattit r^ellement 
la democratic corps k corps. 

L*opposition que firent les Gantois k une mesure finan- 
ci^re du gouveiucnientde Clisrles-Qniiit etait d'abord l<^- 
tfane; die prit ensuite an caract^re s6diUeux. Charles, qui 
cherchaK k centraliser rautorit^, Tint dans les mors de 
Gand en maltre irriUi ; il supprima tons les priTil^ges dont 
cette cite aTait ete si fi^re, et exigea que les magistrals, 
trente des dtoyens les plus dislingues, les doyens de chaque 
corps de metier, grand nombre de leurs supp6ts, et dn- 
quante homnses do people, ceux-ci seulement, la coide an 
cou, Tinssent lui demander pardon k genoux. On a dit que 
le cordon de sole que les magistrals porterent en echarpe 
jusqu*en 1791, et dont ilsetaient omes mdme aTant Charles- 
Quint, etait un deguisement de la corde qoMls aTaient M 
condamnes k porter perpetoellement; mais cette anecdote 
est controuTee. Pendant les troubles qui marquirent lerigne 
de Philippe II, le congrto connu dans Phistoire sous le 
nom de Pacification de Gand unit momentaneroent toutes 
les proTinces des Pays-Bas contre les Espagnols. Mais la 
paix ne tarda pas i etre troubiee par les faetions de RyboTe 
et d'Hembyse. La Belgiqne retomba soos la domhiation de 
retranger f elle se reposa quelque temps aTec deiices de ses 
perils et de ses (iitigues dans renenrante admhiistnilioa des 
archiducs Albert et Isabelle, puis s'affaibUt de jour en jour. 
Marie-Thertee lui rendit un pen de Tigueur, qu'eUe touma 
contre le Ills de cette souTcrafaie. En 1789, Gand traita 
Joseph II en prince dechu, et ounit ses portes hvxpoMotes, 
Reuni k la France, Gand deTint le chef-lieu du departement 
deFEscaut En 1814 cette TiUe fut rendueaux Pays-Bas. Un 
traite de paix y fut signe, qui mit An k la gueire entre TAn* 
ileterre et les Etats-Ilnis. Pendant les cent jours, 
feouis XYlll se retire k Gand, ou il tint une sortede 



oonr, et oh parut le MonUeur dit de Gand , r^lge par le 
baron d'Eckstein, M. Guizot, etc. Db Reiffcmberc. 

Cette Title a tu s'accroltre son importance iodiielrielle 
depuls qu'elle est en rapport par les Toies ferrees aTec 
toute la Belgiqae. Ses jardios et ses p^ini^res ont one 
legitime ceiebrite. La demolition de sa ciudeile a et6 Totee 
en 1870. 

GANGANELU. Voyez CUmEm XIV. 

GANGE (en Sanscrit Ganga)^ le plus grand llcuTede 
THindoustan, prend sa source dans Tune des rasuificationf 
que rHhnalayaeuToie au sud, et resalte d^bord de la joao' 
lion du BhagirathigaMga et de VAlakanandaganga. Le 
premier, situe k Pouest, proTloBt d'un glacier h pic, da 
4,500 mehres d*eieTation, et sort d^ en nappe d^une Ur- 
geur de 50 i 60 metres d'une hnmence caTeme app^ee la 
Gueule de FocAe, situee au nord du teoipledeGangotri ; le 
second, situe k Test , le rcjohit k Deoprag oh se trouTe Ton 
des temples les plus en Teneration parmi les Hindoos. Lear 
Jonction faite, le Gauge a deji 80 metres de krgear. 
Apres SToir ete d*abord un impetueux torrent de montagnes, 
II alMmdonne k HourdTar, ieuTiron 8 15 metres aa-dessos 
du niTeaa de la mer, le plaleau de PHimalaya poor entrer 
dans U grande plahie qui ports son nom et s'^tend depais 
les deserts des afnuents de Plndus, entre le mont VIendhya 
et PHfanalaya, jusqu'au gdfe du Bengale, en formsnt Pun 
des territoires les plus riches qu'il y ait dans teul PoniTers. 

Le Gauge traTorse les proTinoesde Delhy, d*Agra, d'Oode, 
d*Allahabad, de Berar et de Bengale, et, apres un oonrs de 
142 myriametrea en ligne drolte, mais de 294 myrismecres 
en tenant compte des nombreuses sinuosites qu'll decrit, 
se jette par un grand nombre de bras dans le Grolfe da Ben- 
gale, enformaat aTeole Brahmapootra, dont Tembou- 
chure ooindde aTec la sienns k YeiA, le plus grand dolts de 
la terre. Le bras prindpal de ce ddta, k Pouest, esl Is JSTon- 
gli^ sur lequd s*eieTe la Tille de Calcutts ; celai da mOiea 
est le Bowringottaf et cdui de Pest le Padna. Entre enx 
s^etend une immense contree marecageuee, trsTsrsee par 
de nombreux canaux et sur beauooup de points protegee 
par des digoes contre lea inundations, cultiTee stcc ssser 
de sdn sur certains points au nord, mais au sod coaTcrte 
osiqnement de la plus Inxnriante Tegetatioa natoreUe, 
patrie du cholera, qu*oa dit etre originaire de cette msreca> 
geuse cegion od 11 se serait deTdoppe spontanement poor 
la premiere fois an milieu des miasmes putrides qu^exbalent 
les enormes qusntites de debris du regno animal et du re- 
gno T^getal que le fleuTe y charrie incesssnuneni. Ceii 
dans cette partie meridionale du delta, le long des Htcs de 
la mer, que la lutte entre les eaux du fleuve et celies de la 
mer forme un inextricable labyrinthe de marais pios on 
moins preticables, entrecoupes de canaux et d^es au sd 
tantOtsaUonneux, tantOt spongieox, oouTertes suit d'epaisses 
broussaOles soit d*impen^ables forOts. 

Comme le Nil, le Gango est sujet k des inondstioas 
annuelles periodiques, quolque n*offinuit pas la memo regu- 
larite. II re^ les eaux do Tingt riTieres, dont donze sunt 
plus considerables que le Rbhi. Le plus important de ces 
affluents est le Xt/otimna, qui arriTO de PHimalaya par Ddhy 
et Agra , et apres s'etie gross! des eaux du Tchambal Te- 
nant du mont Vyndhla, confond ses eaux aTec les dennes k 
Allahabad, et forme aTec le Gauge le iiays qu^on pourrait ap- 
pder la M^opotamie, VEntrt-RUa de la presqu'tle de 
Plnde. Le basdn du Gauge est de 14,420 myriametres carres, 
et en y comprenant cdui du llraUiia|ioutra, de 2 1 ,420. Son to- 
lume d'eau est d considerable qu*li Allahabad, k 88 myria- 
metres de son embouchure, il a une profondeur de 1 1 a 12 
metres; et sa largeur y est encore Idle, qu*on dirait plutet 
un lac intdrieur qu^uoe riTiere. Dans la saison des secbe- 
resses, U Terse dans la mer 22,000 metres cubes d'eau 
par secande, et se f&it sentlr des uaTigateurs k une distance 
de |rfus de 8 myriametres en plehie mer. 

Le Gauge est aussi le fleuTe sacre des Hindous. Le Md" 
magana raconte qu'il naquit un Jour parce qu'ii la pri^ 



GAN6E — GANGRENE 



do pieui Bbagyralha, la nymphe Ganga, fille alnte de TBi- 
mavAn ou Himalaya, comenlit k se prteipHer «ar la terre. 
(Test la raison poor laqndle 80D eaa 68l T^putte sacrte, etqiM 
les habUaBU de sm rfrea soul tenas de t'y baigner k da 
certainet ^^oques. De ]k anssi kA nonbren pd^rinages 
donl ce fleoTe est Tobjet^ et pbis particoli^renieDt aa Toisi* 
nagedeaesfooroeB. Oehii qui a le bonfaenrde moarir sur ses 
liTea <Mi sevlement de boire de son eaa aTant de monrir 
B'a pat besoin pour rereBir sur terre de subir les longoes 
dpreuves de la transndfration des Anas. Aassi lui appoHer 
Wm de toates parts des raaladespoar les iimnerger dans ses 
floto 00 poor y abandonner tours cadap^res qoand lis sent 
morts. Ceox qui bdittent loin do fleore saer^ eonservent 
toujours dans de pelites fioles de sen eao, objet d*un impor- 
tant commerce, afin de pooroir en boire k Hieore de leor 
nort. S*ils sent ricbes , lis ont soin que leurs corps scneat 
brdl^ , qu*on recueiUe pr^deusement leurs cendres et qu*0D 
les jette dans le GAnge. 

Le gouTemement anglais s'est occupy aetifement dans 
ces derniers temps derassainissementdu Oange. II a d'a« 
bord interdit aux Hindous de Jeter des cadarres dans les 
eaux de ce fleuTe ; puis il a enirepris le percement d*un 
canal destine k hire disparatlre les roar^cages du Taste 
delta que ferment les bras nombreux entre lesqnels se di- 
Tise le Gange, bien arant de se Jeter dans le golfe de Ben- 
gale. Commence en 1854, ce canal atteignait, en 1866 , un 
d^Teloppement de 1,000 Idlom^tres; il doit, pour Mre 
acboT^, en avoir 1 ,300. 

G A NGLION (en grcc, yirfl^toii) . En pathologic, un gan- 
gUon est one petite tumeur dure, doni-transpafeote, d'od 
partent des doolenrs landnantes qui Tont slrr^er en difliS- 
rents sens sur le tn^et du nerf ; on a domi6 plus r^cemment 
4 cette tameur le nom de n6vr&me. Le mot ganglion est 
n^anmolns rest^; il est plus usit^ maintenant pour expri- 
mer certaines tumours enkystte qui se forment sur le 
trajet ou dans les gatnes des tendons. Ces kystes, dont la 
membrane est mince, le liquide tfsqoenx, roogefttre et 
lilant, sont en gto^ral petits, durs, Indolores, et ne go^- 
rissent que quand on les incise on qu^on les cr^ve Tlolem- 
ment, de manite k d^rmfaier dans leur int^rleor une 
inflammation adhMve qui emptehe un nouTd ^pancbe- 
uient clrcottscrit de liquide s^reux. Ces tumeurs sont surtout 
fr^uentes yers les articulations des polgnets, et vers les ten- 
dons qui Tont aux orteils. lis n'ont une certaine gravity que 
quand on ne pent pas sans inconv^ent grave y porter le 
bistonri, comme dans les gatnes des tendons profonds, ou 
sous les ligaments ant^eurs du carpe. 

En anatomic, on ddsigne par le nom de ganglions de 
petits organes de volume variable, qu*il taut dUstlnguer tout 
d*abord en deux ordres : les ganglions Ijpnphatiques et 
\eM gang lions nervetuc. Les ganglions lymphatiques, qu'on 
appelle aussi glandes lymphatiques ou congloMes, sont 
peu nombreux le long des membres, mais trte-multipli^ 
dans le ventre et la pdtrine; leur volume variededeux mit- 
lim^es et moins k trois centimetres et plus de diamMre ; ils 
forment une sorte de reservoir ob aboutissent et d'od partent 
des vaisseaux lymphatiques. A Text^rieur, ils sont quelque- 
fois trte-reconnaissables k Taine, dans Taisselle, dans les 
mamelles chez les femmes, an cou, od ils forment chez les 
scrolhlenx des tomeurs plus ou moins considerables, lis 
parais^ent form^ par un entrelacement faiextricable des vais- 
seaux lymphatiques. 

Les ganglions nerveux sont de petits centres nervenx 
d'od partent des filets nerveux qui vont se distribuer dans 
les organes, ou se confondre avec d*autres filets nerveux 
provenant de quelque ganglion voisin. Ces ganglions et leurs 
filets de distribution et de communication forment on en- 
semble auquel on a donn^ le nom de systhme nerveux gan- 
glionnaire, pour le distinguer du systtoie nerveux auquel 
prudent le cerveau et la moelle ^pini^^e ( voyez C^^brm. 
[Syst^me | ). On ne trouve de ganglions appartenant k ce 
lysl^me qu^au tronc, et ils forment dtffi^nts appareils 



US 

pour les organes de la Mte, do thorax et de rabdomea. 

Par analogie, on a donn^ le nom de ganglions k certains 
amaa de maMre grise qui se Iroavent toujours an potot otk 
lea nerfs c^^faro-spinaux doiirent subhr une division. Dani 
Topinion de Gall, ces amas de substmce grise sont des 
appareils de renforcement indispeasables pour augmenter le 
volume du nerf qui va se subdivlser. Cette thtorle n*est 
point g^^ralement kdmlse; n^amnoins, il est probable que 
la dteomhiation de ganglions restera aux diff^rentes parties 
que Gall a ainsi d^signte, quelle que soit la destine ul- 
t^rieure de s« opinions. D' S. SAmuus. 

GANGREBifi (do gree Tdrrp«va, mortification, ddrivd 
de YP«M, manger, eonsomer), mortd'one partie do corps 
d^ animal oo d*m bonmie, e'eBt-4-diie extlnetion ou aboli- 
tion parfiiite du sentiment et de toute aotion oiganlque dans 
cettelpartle. Quelques auteurs ont vonin donner au mAga^ 
grine un sens plus restraint en Tappliquant k certaines gan« 
grtees sp^dalement, et en rtervant le mot sphaMe poor 
les affections gangrtoeoses dans lesqnelles ou plos particoll^ 
rement leeos ou on memlure dans toute son ^paisseur ^talent 
Arappte de mort L' osage aprdvalu de donner le nom de gan- 
gr^e indistlnctenient k tons les ^tats maladife dans lesquels 
une partie plus oo mofais considerable du corps cesse de 
raanifoster les phenomtoes propres k la vie, quelle que soit 
d'ailtours la cause proebalne et la naturedu mal quldonne lien 
k la gangrtoe. Cet 4Ui de mort partielle a pour caract^res 
gfo^raux la couleur noh'e, livide ou plomb^e de la partie 
gangr6nee, le refiroidlssemeiit en quelque sorte cadaveceux 
de la mfime partie, la cessation compMe et absoloe des fono- 
tionsorganiques anxqoelies eile 8ervait,et, enfin, Fapparition 
des phenomtoes cldmiqnes propres aux tissns organises 
priv^s de vie, soit que les liquides abundant dans la partie, 
la fassent entrw en decomposition putrlde, soit qu*elle se 
dess^he et se momifie en quelque sorte par rev^poration 
des particoles liquides qu*elle contenait. Presque tons les 
autres signes de gangrtoe lalssent Jour k des doutes qui ne 
sont pas one des p^tes difficuKes de Pari quand 11 faut 
agir; mais les signes de putreihction que nous avons men 
tionnes en dernier lieu ne donnent pas naissance k des meprises 
quand II s'agit de gangrtaes, comme qoand U s'agit de de- 
cider si rindivldo tootentierest bien mort Poor la gai^ne, 
la putrefaction precise definitivement le diagnostic 

A ces signes generaux, propres en quelque sorte k toule 
gangrtee, qoels qu*^ soient le siege et la cause procbaine, 
s'l^outent presque to^Jouro des signes particuliers, qui difle- 
rent d'aprte la nature de Talteradon qui donne lieu k la gan. 
gr^ne : ainsi, certaines gangttoes sont accompagnees de con* 
tusions trte-manifestes, oo de commotion; certafaies autres 
d*infiltratlon et d*une sorte d'oedeme erysip^ateux; certai- 
nes, dephlycttees et de tacbes livkles; certaines, de dechi- 
rements de parties denses serrees et resistantes, et d'epan- 
chements de liquides plus oo moins irritants dans les tissus 
gangrenes ; certaines, dMnoculation de matiere venimeuse, 
de seo^tion d*un pus tout particulier; d*autres, de la conge- 
lation des liquides; dans quelques cas, les limitesdu dial 
sont tracees par un cercle legerement enfiamme, d\me teinte 
variable, depuls le rosepftleJusqu*au violet fence*; dansd'au- 
tres cas, la mortification n*est separee du vif par aucune li- 
miteque le praticien puissesaisir ; enfin, tantdt la putrefaction 
accompagne presque Iramediatement la gangrtoe, et tantdt, 
ao contiaire, des Jours et mtaie des semaioes se passent 
avant que ce eigne extreme de mort se manifesto. 

On a divisd les gangrenes en gangrenes humides et gan* 
grtnes s^hesi par gangrtee bumide on entend cello dans la- 
quelle il y a engorgement, c'est-ii-dire snrabondance de sues 
arretes dans la partie qui tombe en mortification ; par gangre- 
nes seclie on entend tontes celles qui ne sont point ac- 
compagnees d'engorgement, et qui sont suiviesd*im desseche- 
ment qui preserve la partie morte de tomber en dissolution 
putride. Ces deux gangrenes demandent des soins diflerents 
du medecin charge de trailer un Individu qui oi est atteint. 
Les gangrenes out encore ete distinguees, sous le rapport dt 



ISO 

leur cause, en gangrtne s4nti€^'gangr4niepareonhuUm^ 
par stuptfaciiontpar in/iUration,par^ranglemmU, par 
inftam$iMtionfParempoisonnementf pareongUatUm^par 
MLlure^ etc., dans ehacane desqueUee il se prt&sente k tear 
plir det indkatlont carati?e8 toatet particaU^res, et qu'il 
est auMi facile que cela est important de distingner les 
lines des autres. On oomprend trto-bien rimportanoe qn'il 
y a il pi^Tcnir la gangrene qoandon peat la prtToir; k la limi- 
ter, ([uand on n*a pas pa Pempteher de se prodaire; k en de- 
tail asser le reste viTant de Torganisme qoand on est forc^ 
d'abandonner i la mort, qai s'en est empar^e, one portion 
plos on rooins considerable de rindivida. Comme, au reste, 
dans tons les cas de gangrtee oo mort partielle, il arriTe 
toajoars de deax choses I'une, on que le inal nes^arrfite pas et 
fait des progrte plus oa moins rapides josque k la mort d^fini- 
tive, auquel cas le m^decin n'est guteque le spectateur im- 
poissant de ce qui ce passe, ou que le mai tend k se Itniiter, 
c*est-kpdire que lestissas TiTantssobissent une inflammation 
de meillenre nature qui tend K les debarrassM* par la soppa- 
ration des parties mortes aTec| lesquelles lis sont en con. 
tact, auquel cas le mMedn est appel^ k jooer un r61e 
beancoup plos acUf, la qoestion est presque toajoars sur la 
determination du moment oti il fout interTenir,surrappr6cia- 
tion des circonstances qui permettent, onmdme qui exigent 
rintenrention de Tart. Les connaissances plos exactes que 
nous avons aoquises sur lescauses de la gangrene, sor les res- 
sources de latb^rapeiitiqueet sor la ▼alau' r^elle des moyens 
curatifs en rapport aTec les tendances phjsiologiques de la na- 
ture, tout cela a beaucoap aimplifi^ oes questions dang la 
pratique modeme. La tb(k>rie et la pratique la plus justifi^ 
par Fexp^rience s'accordent maintenant poor engager le 
cbirorgien i ne pas prteipiter des secoura extremes, dont 
la douleur et les mutilations les plus graves ne sont pas le 
moindre incony^nientTeU sont les cas de contuston, d'in- 
flammation, d'^trangleroent, de congelation, et encore cer- 
tains cas de gangrenes partidles, comme cciles qui forroent 
les es car res, lesbourbillonsdesfuroncles, les portions 
gangr^nees des anthrax, des tumeura cliarbonueuses, des 
pustules malignes, des bubons pestilentiel» ou non. C'est 
certainement an des points sur lesquels la pratique de la 
chirurgie a ete le plus lienrensement simplifiee. 

GAJVGIUSNKUX, epitbete que Ton applique k c&- 
taines affections , qui out pour effet de determiner la mor- 
tification d*une portion de tissu superfidel , et qui se detache 
sous forme d'escarre: ainsi, on parte de ftuoncles, d'an- 
thrax, de pnstulesauxquelles on troave pour caract^de 
gangrener quelqiies portions de membranes muqueuses , ou 
de la peaa et des tissus sous^Jacents, quoiqn*on ne soit pas 
dans Vusage de donner le nom d% gangrene proprement 
dite k la mortification de ces petites portions. On donno en- 
core, par une sorte dliabitude, le nom d''irijsipile gan* 
gr^eux k certains e rysip^les qui occupent la peau et 
lieaucoup du tissu cellullaire sous-jacent, quoiqu*il y alt 
dans ces cas trte-rarement gangrene proprement dite, et 
qu*on appelle mieux cet erysip^le phlegmoneux que gangre- 
neux ; de la na6me mani^re on donne trte-souTcnt encore 
le sumom de gangr4neuses k certaines ang ines dans les- 
quelles il y a rarement de la gangrene, mais dans lesquelles 
on aTait toqjourscra en voir autrefois, quand on se rendait 
un compte moins exact des phenomtoes locaux d*une ma- 
ladie. Le mot gangrinmx doit etre plus reguUerement re- 
senre k une sorte d*a(Tection dont la nature particuUeraest 
de Ihipper immediatement de mort les tissus enflammea. 
Les fn r n c 1 es , les a n t b r a X , sont des affections gangre- 
neiises. Les parties sont, dans ces aflecUons, frapp^es d*une 
inflammation k laqnelle on poiirrait etendre repitbete d^in- 
HamnuUUm morte, que Quesnay appliquait poetiquementk 
ane sorte d'^rysipeie qu*il ayait observe, et qui dans cer- 
taines annees se retronve plus fr^quemment sur des Tiefl- 
lards. D*" S. Sandras. 

GANGUE. Ce mot, d*origlne allemande, designe la sub* 



GANGR]^E — GANNAL 



stance dans laqnelle on mineral est engage Aatrefoti 
la gangue portait le nom de maMee des min^raax , pares 
que les alchimistes pensaient que les gangues se transfor- 
maient en metanx, lorsqa*elles araient 4iA f^coodees psr 
les Tapeon minerales. Anjourd'hoi, nous saTons qa'ilB'ea 
est point ainsi , et noos aTons abandonn6 cette d^noraiiia- 
tion,aus8i absurdeqne fonsse. La gangneest tant^t diffifrento 
da terrain dans leqoel est sitae lemlaerat, tanl6t elle est de 
meme natnra; elle est quelqaefois amorpbe, et soaTeot cm- 
talUne. Sa composition est trte-Tarlable : c*est raremeot uae 
seole espeoe minerale qui la constitue ; leplus <»tifiiiairemeat 
die est formee par lareonion de plosieunsortes de matieres 
terreases ou siltoeuses, dont Tune est qaelqaefoU domi- 
nante. II arriye tres-soavent qu^on ne fieut dlstingoer U 
gangue du minerai qu^elle renferme. Los sabslanoes qoi la 
eomposent sontordinairement le quartz, la chaax carbonates 
spathiqae,labarytesuUatee, lacbaux fluatee, le schiste ar- 
gileux, etc 

L*etude de la gangue des mineranx est une partie essen- 
tielle de la mineralogie: die pent aider dans la recberche 
et la connaissance des gisements et des locality qui les rea- 
foment; et comme la natora de la gangue fnilue sur le 
mode de traitement K employer pour rexpluitation du mi- 
nerai , fl est necessaire de saToir si on doit le bocarder et 
le layer ayant de le soumettre aux operations iD^lallurgiqntt. 
Ce layage a ordinairement pour butdediminuer la masse k 
fondre, et de degager le minerai d'une substance plus oo 
moins refractaire qui nuirait k la ftislon du m^tal. Quelqo^ 
fois la gangue fadiite la ftidon du minerd , soit parce qu'dle 
est dle-meme tr^fusible, soit parce qu*eUe se combine ayee 
les substances etrangtees, d purifie le metd en formant ce 
qu^on nommedu /airier ou des scones. Sonvent, lorsqoe 
la gMigue n^est pas assex fusible par dle-meme, on y ajoole 
d*autres substances poor augmenter sa fudbilit^, foctJiter, 
par consequent, oelle do minerd , et li&ter la puriflcation da 
metd. C. Fatrot. 

GANNAL ( Jbak-Nicolas), diimiste inventif, naqoit i 
Sarreloois, le 28 julUd 1791. Sa ferme d yiye intdtigence 
resta sans culture ; son pire , architecte de pen d'inu^ins- 
tion d ydetudindre depnis des aunees , ayait surtout de 
frequentes relations ayec les pbarmadens de sa yille, d 
cela dedda de tidestinee dujeune bomme, qui d*aillears 
ayait dnq freres plus Ages que lui d pen de fortune gi pe^ 
spectiye : dte TAge de quatoree ans on le pla^ dans one 
pbarmade, sans qu*il eftt mis le pled dans aucun college. 
Comme il sayait Tallemand ddej^ un pea de matiere medl- 
cdo, TEmpire utilisa son actiyite dans pludeura campagnes 
d'outre-Rhin. D*abord commissionne pour l*b6pital de Metz 
des 1808, il passa de 1^ dans les b6pitaux de Hambourg, de 
Lubeck et de Mohflow; fit la campagne de Russie en 1813, 
d eut largement sa part aux desastres de cette expedition 
hero'ique d bineste. A la restaoration des Bourbons, Ganoal 
rentra en France , mais non dans la pbarmade. Toutefois, 
pour s'eioigner le moins possible de son premier etat, fl ac- 
cepta de M. Tbenard. la place de preparateur de cbimie, 
soit k r£cole Polytecbnique, sdt K la Faeolte des Sdences, 
place pea locratiye et peo importante, mais k laqodle la 
nom da professeur dirigeant pretdt qodqoe distinction de 
souyenire , puisque M. Tlienard ayait rempli le meme rde 
pres de Foorcroy. En 1815, le 20 mara, la federation d 
Waterloo yinrent encore one fols troubler ses etudes d le 
Jeter dans la yie des camps et I'exaltation des partis , plus 
tard dans le decouragement et la crdnte d^etre persecute; 
mds enfin , aprfes un prudent yoyage et un court sejour k 
Sarrdoois, son pays natd, il reprit ses trayaux ayec le feme 
youloir de ne plus les quitter et de les rendre effectifis. il 
s'est tenu parole. 

Ne parlous que des perfectionnements qui lui sont dos. 
Son precede pour le raffinage do borax a eu pour effet da 
reduire de 6 fr. 4 80 c le prix de ce prodnit, qu*ayant Id la 
France tirait de la Hollande. C*est lui <nii eut la premiere idei 
de ces cheroinees k courants d^dr chaucl, inyention qu'oo a de- 



GANNAL 



iSi 



puis appUcpite aux poAlet et modifl^ de tant de manitees. 
C'eitenoore^ lui qu'on Mtiederable de cea briqoeto k ^tui 
rouge en earton, briquets dits oxyg4n^ ou ao chlorate 
de potasse » que les allnmettew cbimiques et (uUuinantea ne 
▼audront jamais y au moins pour la oonserYatkm des yeux 
et la 8^curit6.Gau]ial trouva un mode noufeau pour foodre 
le suif et le durcir; et telle fut la premitee origine de la 
bougie cbanddle, qui n'est pas le P^rou. Sa Ikbrique d*en- 
creet de cirage exoeUents, vers 1S21, eut quelque r<H>ata- 
tion, mais ne Teiirichtt pas. U se mit alors k fobriquer de 
la ooUe fOTte^ qu'on nommait gelatine. Gannal contestait dh$ 
Ion k la gelatine sa propria nutritiTe. Gannal a ^t< des 
premiers h prtounir le gouvemement contre le blanchi- 
inent des papiers timbr^ et la folsification desactes publios 
an moyen du cblore ; oe»fut en 1825 qull propesa iM.de 
Peyronnet, alors ministre de la justice, ua moyea de d^ 
Joner ces firauduleuses tentatires et de lea constater. Mais 
cette grave question, soulefde il y a yingt-trois ans, est 
encore k T^ude. L'institut lui d^cema un piix de t,&00 ir., 
pour avoir utileuient conseiUd et appliqu6 les vapeurs de 
chlore dans les catarrbes pubnonaires cbroniques; et quol- 
que sans titro l^al, il a quelquelois sans IntMt dirlg6 
des traitements de ce genre. II ooroposa de toutes pieces, 
probablen»ent avec du cbauTre, 6,000 kilog. de charpie 
Tierge poor Texp^dition d'Alger en 1830 : cette charpie 
coOtalt k peine le tiers du prix auquel fOt revenue la charpie 
delinge^ tr^-rareen ce temps-tt. A lamdme^poque, Gannal 
modifia les tentes-bAcbespoureampements et lea convertures 
des caissons d'ambulance; roais cette foia encore, en gar- 
dant le secret de ses inventions. Son proj^ de panifier U 
pomme de tene et diverses f^cuies ne r^ussit pas compl^te- 
ment II pensa trouver la source du dnqui^me de la chaleur 
▼itale qui dipasse les proddts posltifs de Ui respiration pul- 
monairey dans cette portion d*air qui prMde dans Testomac 
chaque boucbte d*aliments. Avec de la g^Utine et du sucre 
il composa ^nomiquement pour les imprimeors ces rou- 
leaux ^Ustiques qui sont requis par hi presse ro^canique. 

A plnsieurs reprises, Gannal renouvela ses etudes et ses 
exp^encessur lag^latiae. Aprto s'6tre fait maigriret 
d^p^rir jusqu'i la soufihmce en m61ant k sa nourritnre 
joumalito des qnantiUte croissantes de g^tine, il finit 
par d^monirer que cette matitee, k pen prte inerte k ee 
dernier 6tat, a plusleurt degrte et plnsieurs iiaUf dans les- 
quels i'analyse cblmique permet de comtater de« difVfrenoes 
furt sensibles. Le premier degr^ ou geUne est la matl^ or- 
ganist et primitive; la substance du deuxl6me degr^, ou la 
g6lSe, n'est que le produit de Taction de Tean et de la cha- 
leur sur la giUne; enfin la g^UUine, ou troisitoedegni^ n*est 
que de la gelte dess^cb^ Le principe primordial est done 
la gfluse. (Test lagdUnequi se decompose et s'alt6re par U 
fermentation pubride. Or, Gannal eut le basard de d^oouvrir 
que cette g^line a la propria de d^mposer tons les sels 
solubles d*alun, et dte ce jour U avait trouvd la mani^re de 
conserver les viandes pour les grandes expeditions et les 
voyages de long cours, le moyen de conserver les pitees 
d'anatomie daps les musto sans de coAteuses d^penses 
d*alcool, le moyen d*assafaiir les amphitb^tres d'anatomie 
et de prolonger teonomiquement et sans danger la dissection 
d*un m6me cadavre, enfin le secret, biea autrement Impor- 
tant, bien plus ine^r6, bion phis flructueux, de conserver 
sans decomposition les corps ensevelis pendant un temps 
presque ilUmit^ A partir de ce moment Vembaume" 
ment devint unart dont Gannal fbt Pinventeur et dont il 
put Mgitimement s'attribaer le monopoto. Void son procM^ : 
Par une ^troite euverture pratiqude k I'une des arttres ca« 
rotides, on Uyecte dans I'aorte et runiversalit^ des art^res 
une solution de sels alumineux. Tons les organes sont Im- 
pr6gnto de ce sel d'alun, qui pourvoit k leur conservation. 
Eosuite onentoure d9 bandelettes, k la manitee des DHxnles 
d'tigypte, les membres, lo tronc et la tAte du corps embaomA, 
ainsi prAsehrA du contact de rair, ce subtil A16ment de touta de- 
composition. Viennent enfin dit essences et des parfiima 
mcT. DB La coNvms. — t. x* 



qu'on proportionne au luxe du peraonnage ddfhnt pluUM 
qu'k un rigonreux beaoln d'Aclipser d'autres odeurs. L'opA* 
ration Mit, renseveli pent Atre embarquA pour des rives 
lofaitafaies etpour rAtemHA. On a plnaieurB Ibis exhumA da 
ces corps embaumte qni n'oflraient api^ des annAes pres* 
que auoune alteration visible. A I'exposition de 1839, on 
voyait une merveilleuse momie de petite flUe dont la figure 
vermeiUe Atait dAcouverte, et que des parents inconsolables 
venaient embrasser tons 1^ bull jours. Avec cet embaume- 
ment d'inventionnouvelle,les corpsrestentpaiiutementfai- 
tacts et les organes au grand oomplet; on n'en distrait ni le 
cerveau, ni le coeur, nl les entrailles, et rloi n'est mutilA. 
Tout semble rtod poor le jogement dernier. Tandis que par 
Pembanmement dit A ia Louis XIV, les cavitAs sont videsde 
leurs visckes« le cerveau ddtruit, et le corps en lambeaux. 
Pour r^usslr , 11 lui fidlait surtoot des depouilles d*houunet 
iUustres, qui pussent motiver de louangeuses rAdames ! le 
cadavre de Cuvier lui Achappa, H ne put non plus se fiiire 
concAder ni I'embaumement de Talleyrand, ni celui du jeune 
due d'Oridans, qui lui avait pourtant promis qu'aucun des 
siens ne serait embaumA que de sa main et d'aprte son pro- 
e6d<L Plus tard ChAteaubriand etBaliac passArent du moins 
parsesnudns. 

Notre embaumeur obtint Tassentiment des societAs sa* 
vantes : llnAltut lui aocorda un dM grands prix Montyon, 
comma sll se fiHt agi d'une dAoouverte bitAressant la santA. 
II eut aussi I'approbation de I'AcadAmie de M6dedne, mal- 
gre les munnures de quelques praticiens qui s'eflrayent de 
toute concurrence. DAs ce moment 11 fbt de mode d'etre 
embaume. II restalt bien encore certaUis scrupules en quel- 
ques Ames pieuses, craignant de divorcer d'avec le del en 
adoptant dea pratiques paiennes ayfint pour but de perpe- 
tuer des restes perissablea. Mais I'archevAqne de Paris, 
M. de Quden, leva ces scrupules en vouant ses morteUes 
dApouilles aux li^ections et aux bandelettes de M. Gannal , 
k qui la Ikmille fit don du magnifique portrait du cdebre 
preiat Non content d'exploiter en personne la capitate , Gan- 
nal eut des cessionnalres en province et k Petranger ; 11 em- 
bauma par ambassadeurs. Depuis O jusqu*A 2,000 fr., 
c'etaient les limites de ses prix. Cependant hi dteouverte 
ne passapas sans objections. On accusait Gannal d'intro- 
duirede Parsenic dans son liquided'iojeetion. Descbiroistes 
de Rouen , appeUs comme experts prte des tribunaux, 
erurent remarquer que les corps embanmAs renfiBrroaient 
quelqnefois de Parsenic do (ait de Pembanmement. Une or- 
donnance parut, interdisanttout erobaumement au moyea 
de Parsenic. Llostitut s'lng^ra de cette question si grave, 
et declare que les pafcelles d'arsenlc qu'on avait pu trou- 
ver dans quelques corps embaumte parle procMA Gannal 
provenaient sans doute de I'impurete des liquides em- 
ployes. Cette savante compagnie a reconnu que le procede 
Gannal n'iroplique nuUeipent llntervention de Parsenic, 
et que sa reussite ne se fonde pas sur un poison. 

Homme d'esprit parfois excentriqne , on Pa vu envoyer 
au jour de Pan jusqu'e 100,000 cartes derislte, oh se Iron- 
vait mentionnee sa qnalite d'embaumeur. Sa politesse 
allait surtout cbercber lespersonnes riches el Ag^es, aox- 
quelles 11 semblait dire : Memento, homo.qti^apulvises. 
Mais la mort vint Penlever hti-mAme au mois de Janvier 
1852. II Uissait ses procedes et sa dienteie A son fits. 

Gannal a publiA d'innombrables brochures, et les deux 
ouvrages sulvants : Du chlore employ i comme remide 
contre la phtfMe pulmontrire (Paris, 1822, m-8); HU' 
toUre desembaumements et des pr4pnraiions des pieces 
d'anatomie normale^ d'anatomie pathologique etd'his- 
totrenatwrellefT!' Adit.; Paris, 1841, in-8). 

D' Isidore Boordor . 
GANNATfVUlede France, chef-lieu d'arrondissement 
de TAllier, sur PAndelot, A 58 kilom. sud de MouUns, 
avec 5,528 habitants , communique par vole ferrAe avec 
Ciermont-Ferrand, Moulins et Lyon. Elle possAde une 
eeole supArienre piofessionnelle, une cbambre d'agricuU 

16 



123 



6ANNAL — GANS 



ture, et fabriqae de la ooutellerie. De ses ancieones for- 
tifications il reste trois ou quatre tonrs en mines, et da 
cliAteau deux tours qui serTeot de prison el qnelques salles- 
Son seul Mifice reroarquable est I'^glise de Sainte-Groiz, 
qui a 6t6 Mtie du oazi^me an qnatord^me si^e, et oi 
Ton Toit de beanxTitranz. L'origine de Ganoat n'est point 
oonnue; c'est aeulemeat & la fin du trdzidme sitele qui! 
est fait mention de son nom dans une nomenclatnre des 
cli&teilenies du Boorbonnais. 

GANNERON(HiFi>oLTTs),ancien membredeUchamlire 
des d^ut6i , et ancien prudent du tribunal de oommeroe de 
Paris, ^tait n^ dans cette Tille en 1793 , d'une (amille d'ho- 
norables mais nxtdestes marcbands. Un onde, rest^ c^- 
bataire et panrena k une fortune asses notable dans un com- 
meroe peu attrayant , la fobrication et la Tente en gros des 
obandelles , se ebargea de son Mucation , et le fit Clever avec 
sdn au coD^ Sainte-Barbe. A sa sortie de cet ^bUssement, 
Ganneron suifit les cours de l^cole de Droit, subit avec 
distinction les examens et autres ^preuves d*usage, et , re^ 
enfin licenci^, put faire inscrire au tableau de Tordre des 
avocats un nom qui n*avait gu^ encore brills qu'au-dessus 
de la de?anture de la boutique, passablemcnt enfum^ , od 
son oncle d^bitait si fructueusemrat , rue Montmartre, ses 
paquets de chandelles. Avocat staglaire pendant deux an- 
n^, il fit consdendeusement son apprentissage de d^fen- 
seur de la veuve et de Forphelin, puis 11 s'aper^t un beau 
)our que tant d*assida travail n^avait abouti , en d^nitive, 
qu'^ le classer dans les douze ou qtdnie cents nvocats sani 
cause qui obstiiient les avenues du palais de Justice. Ce fut 
lA pour Hippoljte Ganneron un instant blen douloureui. 
Son oncle comprit sa juste tristesse ; il reoonnut que tons 
deux avaient fait fonsse route, et pour r^parer de son 
mieux sa part dans le toit oommun, II lot offirit de c^der 
sa maison de commeroe. Ganneron eut le bon sens d*ac- 
cepter la g^u^reuse proposition de son bienftiteur, et de 
faiie rayer oourageuseinent son nom du fameox taUean 
de Fordre, pour Hnscrire d^sormais toot siioplement dans 
TAlmanacb du Commerce* 

A partir du moment oh II eut flUt le sacrifioe de ses 
peoste de glolreel de soccte an barreau, il appliqua aux 
affaires le bon sens pratique dont il ^tait nainrellement 
dou6. Loin de d^g^n^rer entre ses mains , la viellle maison 
Gaiioeron prit au contndra une ini|iortanr;e nouvette, grftoe 
aux sp^euiitionS anssl bardies que blen eiimbfaite qnll 
fit sur les Buifs de France €t de r^trangor. Il ^tait naturel 
que par la positioB qu'il oceupait dans le moude conDmer- 
cial et par ses etudes spteiaks, Ganneron IBt d^o6 ae 
cboix de ses pairs, les n^godants notables de la place de Paris, 
pour les dections au tribunal de commerce^ 11 faisait done 
partiede cette magistrature si populaire et si honoralile, qui 
Tavait m^e appd6 h pr^sider Tune de ses sections , au 
moment oil le minlstto Polignac tenta contie la Charte et 
les liberty publiques I'audadeux coup d^tXai qui devait en 
trois jours amener la ebute du trdne de Cbarles X. Les fa- 
meuses ordonnattees de Juillet supprimaient la liberty de la 
presse, et interdisaient aux joumaux la foculC6 deparaltre 
d^sormais sans aotorisation pr^alable de rautorit^ royale. 
Les imprimeurs de plusleurs fiduilles publiques, quoique 
tonus par des marob^ r^gidiers pass^ aviso les propria 
taires de ees Joumanx, se b&tirent do se soumettre aux 
ordonnaaces du 25 h^Ulet, en reftisant dlmprimw les 
feuilles qui ne seraient pas autotisto. Les Jonmallstes, 
dont on an^antissalt ainsi, d*un trait de plume, la pro* 
pridte, traduisirent Imm^^tement h la barre consulaire 
leurs imprimeurs pour y voir dire quails enssent k con- 
tinuer d*ex6cuter les clauses de leurs divers march^ no* 
nobstant les UMgales ordonnances publides par le Moniteur 
da 26. La ftisillade avait d^^ commence roe Saint-Honor^ 
entre le people et la garde royale, quand la section do 
tribunal de commerce prdsidte par Ganneron rendit un 
jugement conforroe aux condasions des demandeocs, en 
Id motivnnt sur Tftl^galit^, et par suite sar la compme 



nuliltd d'ordonnances qui pr^tendaient substitoer k Tavenir 
le bon plaisir royal k llempire des lols. An miliea de P6- 
motion g6n6ra]e qui r^gnait dans l*auditoire et que josti- 
flait la gravity des cifeonatances, oo lemarqon la noUe 
formet^ avee tat^Mlle Ganneron pronoii^ sa eeatepce. 

La reoonaaissaice pubiiqae n'oublia pas de oompreodrs 
Ganneron parmi les hommes qui avaient le plas ooirtii- 
bu^ li la rdvolotlon de Juillet, par lear mflexible re»> 
ped pour la loi et par lenr d^vouement k la cause de la 
liberty. Aux premieres dections qui eorent lieu, GanueroB 
n'eut pour aind dire ffu^lt se presenter aux suffkvges des 
^lecteurs pour oMenir les honneors de la ddputaliaD. Md- 
heurensement, oomme tant d^aotres, il se bdssa piper anx 
bdles promesses du prince aodam^ rd dans la joon^ di 
7 aoM par letdeox cent vingt-un, el se ranges dans le parti de 
la rMstance eoatre l*idte du progrte et du perfectionnemeat 
successif des institutions. Ganneron , dans la lutte ardente 
qui s*ensuivit, eat bientdt perdu une popularity d juslement 
et d bonorablemeat acqulse. Cependant Ganneron se fit en 
|rfus d'une droonstance remarqner k la cbambre par la nd- 
tet^ d la laddit6 de ses appr^dations finandtees ; aussi joois- 
sait-ll d'un^grande influence dais les oomitte, qui maintes fois 
le choisirenl pour rapporteur. Onne sanrait ider ntenmoins 
que dans la nu^t^ antlnatkmale qui sootint pendant dix- 
liuit ans le systdne de corruption k Taide dnqud Louis Pbi- 
lippe entenddt non pas seulment r^gr^er, mais gfmvemer^ 
Gannercm n'dt M Tun dea repr^sentants les plus oom- 
promis de eelte boorgedsie 6gobte qd cml un instant 
que la r^vdution n'avait ddrait les privileges de la no- 
blesse que pour oonsdider la pr^nd^rance do baol com- 
merce. Esprit droHd poslHf, Ganneron ne tarda pas , aprte 
d*auiers ddx>ireB, It prendre la politique en indiflfereooe as- 
set prononote, c*est-li-dire k atladier ibrt peu d'bDportanoe 
anx IntMts pistes et cupides, qu'elle ne sort que trop 
souveni k dissimuler. Qudque d^geant au centre, II Id 
arrive plus d'une fob de ne pas voter avec la nudoriK 
tompade enrOMe par le minist^, d de tdndgner d'ona 
Independence qui vers la fin le fUsdt comproadre dttis 
la partle de Tasseinbiee designee sous le nom de centn 
gauche. 

En 1644, k une epoqoe oil fessor Ikotice imprind 
au commerce d It la apeculation par le systdne politique 
de Louis-Ptdlippe avdt amen^ sur la place de Paris un 
grand d^pldement d'activit6 Uidtistridte, Ganneron fit 
appd au crMH m^rit6 dont son nom ddl universd- 
lemenl entour6 dans le monde commodd pour Ibnder, 
sous le nom de Comptoir Ganneron, une banque d*es- 
cempte, bas^e k peu prto sur les mtoies prindpes qo'nn 
dabtfssement du mdroe genre cr^e, pinsieurs annees an- 
paravant, par Jacques Laffitte, d que la revoluticm de 
F^vrier a entratn^ dans une rube Identique. Les capi- 
taux aCDuteent pleins de oonfiance dans la capadt6 et la 
baute4»robil6 de Pbomme qui les appeldt k son aide, mais 
li qui il ne de^t pas dre donne de mener k bonne ifai 
rnie entreprlse comiiienc6e sous de blen trompeurs aus- 
pices. Le 24 mars 1847 , une dotbieaenterie enlevdt pr6- 
matnrement le fondsteor du oomptolr, dont la parte inspira 
de Titi regrets K tons ceux qui avdeiit pu apprederen 
lui les vertus de lliomme prive. 

GANS (&0O0ABD ), repr^senlant de reode pbUoeopliiqoe 
de Jurisprudence d disdple de Tliibaut d de Hegd, naquit 
k Beriin, le 22 mars 179S. Roqu dodeor en droit, ce fut k 
partir de Pann^e 1820 quil commenva k Berlin son opi- 
nlMre oppodtion contre Tdsote bistorique de jurisprndence, 
qui y domindt , el It la tde de laqodle se tronvait S avi- 
gny; d il* se (It d'autant plus depaitisans dd'admirateors 
quel*faifluence de Hegd ddt dors pins puissanle sur la 
jeunesse des universites d ausd en debors de ce cerde 
restrdnt Blen que dans les acd^mations d Jes sympaUiies 
de Is foule, il n'y eut pour bien des gens qn'une afl^re de 
mode, eon oppodtion k V6co\e bldorique eut du mdns cd 
avantage qu'dle laisdt conbre^poids k tm bystdne appuyl 



GANS — GANT 



19S 



uu)»9nniimaau4% Sitfgny, de Hogoetdela plnpart 
&m Jurieonraltot aUcnuuidft. 

Aprte u toyage fait €0 1825 k Paris et k Londrea , 
Sana Mnomm^pfofeMeiiragr^ K Berlbi;UnMNinilpr^ 
faneor tttolalra en 18219. DteUMil MraH pubUd sea Sehe- 
tiuawr Gaiui (fi&tUn^ 1837). Mais Toavraga qui lui assure 
ooeplaea aa premier rapgdeajor i aconan H ea estson TrMi 
kiiU>hqueduJ>roUdeSueeeulonlh ToL,1814-3&).llfitpa- 
rattra enaoHaaonSif Jl^me du droU d.pil dei nomainf, Ce 
foreat seseoors publics qnile rendirent T^tablemait popa-^ 
laire, BoUmmeat ses le^otta sor llustoipe modame^ od par 
sa liraiidiise» par la cbaleur de aon d^bit, par ses tms iog^- 
nienses el profoodes, il saiait fleebriser un anditolre non 
pas tiompostf d*^tiidiaats seuleiiieiit» mais 4Hk Tenaieat se 
eoofoodre des bomines apparteaaiit k Uutes les classes de 
U soci^; leipoas que rautoritA omt deToir sospeodre toot 
4 ooop, enraisoQ da caracttee dangarenx qo^elles Id sem- 
blaient aTolr. Gaos r^ndit am attaqnes dont sa doctrine 
^ait I'objetde la part de r^oote historiqua .dans son Uvre 
ifiiiapoiir tibre : i^ssoi fur les ^ondemefi^ <fe to Posset- 
«loa (BcrUn, 1839), dans leqael U combat Savigny de la 
nanltee la phis piqaante et la ploa spiritiielle, r^AiCaat 
fopinlon de oalni-ci d*aprte laqoeUe la pos ses s i on n^est qa*un 
frit, et 8*eflbrfant de prooTer qoe la poaaesskm est on droit, 
kmd6 sor des principes pbiloaophiques. En se faisant V^ 
df tear des lemons de Hegel sar la PkUoiopMs de PHistoire. 
Gans ne m^ta pas nfoins de la science; on peat rodme 
dire qu*il est le T^ritable aoteor de oet oaTrage, car Hegel 
a'en avait laiss^ que I'faitrodaction. 

GANSE. La passementerie et les tapisaiersaraploient en 
aaseagrande quantity an petit cordonnet rond, canNi ou plat, 
auqoel on donne lenom de ganse, U est, sotrant le besobi , 
d'or, d'argeat, de soie, de coloa oade fll, et d*ane gros- 
aeor indaermbi^ Les tr^petttes ganses plates et toutes 
ceUea de forme ronde se fabriqaent sur le metier k lacets , 
biventA par Vaooaason; mais lesgansea plates, assealarges 
OQ fafonn^ c'est-Mire montrant sor leor endroit des^es- 
aias, seat fiibriqatesor leboisaeaa aTec des foseanx, ou 
bien an crocbet des bootonniers, oa aor on metier k tisser 
a^ec la naTette, comme les rabans et leagaloas* Lesgaa- 
aes on tresses en cha? eax ont oflert dans leor fdlNication 
plosieafR dilficnlt^ asset grandes, prorenant da pan de Ion- 
goear de la mati^ emploj^; cependant , en modiflant les 
poi^ite du mttier de Vaucanson, on est arri^^ k fabriqner 
des ganses en cbeyeux d'uaa longueur faid^finie, et sans 
que les raboutagea se laissent aperceroir. Les ganses sont 
emplojte oomroe lea lacets, ou dans les omements de pas- 
sementerie : les tailleurs en placent quelquefois aussi en 
goise da bootonniires sur les redingotes li la polonaise. Quant 
aux ganses 00 treaaes en cbe?eax,eUes sont porttecomme 
soufenir en collier, ou bien en bracelets ou en bagues. 

J. ODOVAlfr-DBSKOS. 

GANT9 partie de nos Tftteasents ser?ant k cooTrir les 
maina,aoit pour les gurantir des injures du temps, soit tout 
simplement par ddiirenoa aux dtoats de la mode. On fait 
les gants en fil', coton , sole ou laine, aur le metier k bas , 
tfaTail qui n'a rieo d'extraordbiaire et se rattacbe enti^rsme&t 
aux antres trsTaux du bonnetier. Mais onfalwlque aussi, et 
mtaae en bien plus graad nombre, des gants en peaux de 
cherreao, de cbivre, de chaawit, da daim, de chien, d'^Un, 
de oerf , d*agneaa etde mooton, tootes m4giss6es k rbuile. 
€>alte ftbricatioa n'est plus aussi simple que celle du bonne^ 
tier : d^abord , il fluit saToir choisir ses peaux chez le m^ 
gisaier, pi^ las d^groasir ou parer, afln de leur donner par- 
toot une ^le ^paiaseur, et r^partir ces peaux en raison de 
fesptee de gants qa*elles son! dastintei fbumir. Alors on 
les met k lliumide, en les bomectant aTec une brosse trem- 
pte dana de Tean , et on les entasse les unes sur les autres 
pour les Touler par doosaines et les laisser aiusl pendant 
ane beore environ, jlprte aToir, par ce rcpos, pris de la 
louplesse , cbaque peao est ouverte ou d^bord<^ par un ^• 
rage qu*on lol fiiit subir de tous c6l^ sur les bords d'une 



table. Un autre ourrler d^kke la peau d^bord^ en la divi- 
sant en deox si eUe pent teontenir deux gants, et il donne k 
coups de dseaux une premie forme tris-grossl^ k ces 
gants, quHl entasse par douzaines derant lui, en mettant sur 
ebacnn d*eux un'pouce ^ement ^baucb^, quMl a pris dans 
un coin perdu de la peau , ou k d^faut dans un autre mor- 
ceaa. Dans les gants /ovHii, le pouce foit corps stcc le 
reste du gant. Ces peaux ainsi ^baucbte portent le nom 
dVlavi/lMU, et passent i un autre ouTrier qui leur fait so- 
bir le dotage, dont Taction est d'enlerer, avec un couteau de 
fdrme padrticoli^, k la peau fbrtement tendue sur un marbre, 
assez de chair pour la rendre ^galement mince et souple 
dans toutes ses parties. 

L'optotion du dolage termini, on autre onvrier reprend 
ces ^TiDoiis, les passe encore un pen 4 Thumide en les 
pressant dans one serviette mouill^e, et lesdresse, c*est-h-dire 
quHt leur donne la forme parfaite en les ^rant sur sa teble , 
en les pliant de mani^ qu*il n*y ait pas de couture droite 
du c6t^ da pouce, et en les ^barbant pour les empiler au 
fur et k mesure sur one planche et les ex poser ainsi sous 
une ftdble pression. Enfin, an autre ouvrier raflUe ces gants ; 
c'est lui qui enl^TC la place 06 se pose le pouce dans les 
gants o(t le pouce est k part, coupe chaque doigt k la lon- 
gueur convenable et en arrondit les bouts. Un dernier ou- 
Trier donne la seconde ft^n en gamissant le gant de t6ntes 
les pitees nteessaires : ainsi , il coupe les fonrchettes plac^ 
entre les doigts et les carreaux ou petits losanges cousus au 
bas des fonrchettes , pour donner aux doigte Tampleur suf- 
fisante. 

Un gants , ^tant ainsi coup^ et pr^par^, soot Iitt^ aux 
couseuses, puis k la brodeose. Cette cooture a longtemps 
M faite simplement i la main ; mais dans les grandes fo- 
brl^es d*An^eterre, on emploie depuis bien des annto une 
machine pour alder k coudre plus Tite et plus r^uK^re- 
ment Ce ne fbt que de 1824 k 1825 qu^il nous a ^ permis 
de connattre cette iflfention, qui donnait aux Anglais la pos- 
sibility de Tendre leurs gants k 30 pour 100 au-dessoos des 
nitres : cette machine, fort simple, estun ^tau en hois, dont 
une des mAcboires mobiles s*approche ou s*doigne k Tolont^ ; 
le dessus de ces deux mAchoires ^tant l^^ement cannd^ , 
11 en r^ulte que TouTri^re , en pla^t son aiguille au fond 
de chacune des canndures, est toojours certaine de faire ses 
pofaits k ^ale distance : aussi ce cousoir facilite beaucoup 
la cooture , surtout en ligne droite. 

L*usage fr^ent de ce Tdtement a fait employer son nom 
au flguri pour exprimer one foule d'actions dans lesqueiles 
on ne lui feit jouer qu'un r61e suppose. Ainsi , Pon dit que 
tel fat se donne les gants d*une mattresse quMl ne poss^a 
jamais ; que tel courtisan est souple comnie un gant ; Ton 
dit en outre, Jeter ou ramasser le gant- Cependant , cette 
demi^ acception exprimait autrefois une action T^ritable : 
en effet , dans les toumois des temps pass^ , les cheTaliers 
n'accepteient pas tocjours un d^fi en allant toucher de leur 
lance T^cu suspendu de leur adTcrsaire; souTent c'4talt son 
gant qu^il aTait rdellement jet6 pour d^ au milieu du champ 
clos, et to combat ^taocepte parcelui quiosait le ra- 
masser. J* OooiAirr-DESifOS. 

Poor donner aux gants ce lustre, ce briUant qui les a fait 
nommer gants glae^, on les trerope dans un m^^lange de 
jannes d*<Bufs et d'buile d^oliTe arrosd d^un autre ra<^.lange 
d'esprit-de-Tin et d*eau. 

Au 16* sl^cle, d'apr^s OliTier de La Marchc, les dames 
frangaises couvraient leurs mains de gants qui lear Te- 
naientd'Espagne, etqui 6taient parfum6s 4Ia Tiolette. L'Es- 
pagne est d^pouill6e de cette branche d'industrie ; et sauf 
les gante de Sudde, que Ton oontrefait m^me cbez nous, 
non-seulement la France sufBt k sa consomroalion, mais 
elle exporteles trois quarts de sa fabrication. En 1867 on 
estimait sa production annuelle en ganterie de peau k 
prte de 2 millions de douzaines de paires, ce qui donnait 
une Tsleur de 70 A 80 millions de fr. l^ris et Grenoble, 
en premi^ ligne, puis Chaumont, Lun^yille, Rennes, 



134 



&ANT — GARANCB 



Nancy, Blols, Niort, sont les prlndpani eentresdeprodne. 
tioD. L'Angleterre est, aprte la France, le pays qui prodoit 
le plas et lemieax. LaBelgique, rAllemagneetrAotriche 
font de pi^rence lea articles inferieors et k bon niarcli6, 
c'est-4-dire en peaa d'agaean; la Belgiqae (kit anssi da 
cbevreau. En Italie on fid^rique k trte-lM>n marclift, mais 
la qnalile est mauTaise. Lesprogrtede la fabrication sont 
notables en Bspagne. 

Ajoutons que les gants de ooton poor I'armde et ponr la 
livrte, oeox de fil , de laine et de sole, sont fabriqate en 
France et en Ecosse an nombre de plos de 50 millions de 
pairespar an. 

GANT DE NOTRE-DAME on GANTEL^E. Voyez 
Campanulb et Dicitalb. 

GANTELET, esptee de gant trte-fort, pitee essentidle 
de rannore des anciens chevaliers, dont I'usage se r^pandit 
an commencement da quatonitoie si^de. Notre gant d la 
Crispin peat en donner nne id4e , avec cette difCfirence tou- 
tefois qae les d<^ da gftntdet ^talent recouverts de mailles 
de fer oa de lames d'ader en forme d*6caiiles , jonant les 
unes snr les autres, ce qui permetbit aa chevalier de mon- 
Toir les doigts comme 11 voulait. La partie qni recoarrait 
one portion du bras se composait de pieces d'acier eo forme 
de tuyaax, absolument comme lesbrastardt.hb gantelet 
€tait de rigueur, ainsi que le casque , dans les anciennes 
marches en c^r^monie. On Jetaii le gftntelet poor appder 
an ennemi aa combat, et le relever c'6talt accepter le diH, 

Gantelet se dit encore, en chirurgie, d'one sorts de ban- 
dage employ^ dans le cas de fracture, luxation ou brOlure 
de la main : ce bandage enveloppe la main et les doigts 
comme ferait un gant. 

GANTELINE Vaye% CLATAmB. 

GANYMEDE, Tdchanson et le favori du mattre des 
dieoi, ^tait, suivant la Fable, ais deTros, rol des Troyens, 
d'autres disent, fils d'un berger du mont Ida. Sa beaut^ 
ilait si merveilleuse qu*elle frappa Jupiter lui-mtane, qui 
Toulut TaToir k ses c6t^ dans TOIympe. 11 cut bient6t une 
occasion d'exteuter ce projet La d6esse H6b^, au mo- 
ment de lul presenter la coupe immortelle, fit une chute 
maladroite, qui provoqua chei les dieux ce rire inextin- 
guible dont parle Hom^. D^ ce moment Jupiter, malgrd 
ies priires de Junon, ravit k n(M le minist^ qu*dle avait 
jusque alors rempii avectant de grAce. Quelque temps aprte, 
Jupiter, planant sur le mont Ida, aper^it GanymMe, et 
bienU^t, descendnsous la forme d*un afgle, il enl^ve le Jeune 
prince ^rdn, qui, transports dans TOlympe, versa d^r- 
mais le nectar k la troupe immortelle, et mSrita par ses ser- 
vices d'etre placS dans le lodiaque sous le nom de Vet' 
ieau, 

GAPy situ^ dans le haut Dauphin^ et nomm^ par les 
Romains Vapineum, 6tait la capitals d*un pays qu'habitaient 
les TrinocrU. An sixitoie sitele, lorsque la nation des 
Lombards franchit les Alpes Juliennes , Gap (bt piil^ et 
presque d^tmite. EUe soaffrit plus tard des ravages des 
Sarrasins. Aprte avoir suivl le sort duDaupbinS, elle de- 
vint, lors du ddmembrement du oomt^ de Bourgogne, 
au onziime sitele, la propriSt^ des comtes de Forcalquler. 
Un de ces comtes, GuUlanme, homme iUvotieux, c6dA la 
seigneurie de Gap et le Gapen^is k son Svdque. Les habi- 
tants de Gap firent prisonnierrsv^e Othon. Celui-ci, pour 
les rSdulre, leur donna un second mattre, plus puissant 
que lui, Charles d'A^jon. Les ^dques de Gap rendirent 
hommage aux successeurs de ce prince Jusqu'en 1447. A 
Textinction de la maison d'AnJou, Gap revint k la oouronne 
de France. Dans le sefad^me dtele. Gap prit le parti de la 
ligue; mais die se sonmit une des premieres k Henri IV. 
En 1644 die ^rouva an violent tremblement de terre, qui 
y renversa pludeors ^fices. Vlctor-Amdd^, due de Savoie, 
s'en rendit mattre dans Tannte 1692. II la saccagea et la 
rMuisit entiirement en cendres. Cdte ville sortit pen It peu 
de ses mines. 

Elle est dans une large valMe, et forme une ellipse assez 



bien desdnSe. Les colUnes dont die est ent ou rtfe sVtagciit 
comme les degrte des hantes montagnes qui grandteeot 
aa ddlu L*aspect de la ville, k une certahie dirt«ncif», est 
pittoresqoe et prteente des paysages sSvtoes ; mais IHatMcor 
n^est qu'un labyrinthe de roes sales , Stroites et mal pftiFtea^ 
berdte de Iddes maisons; son Mifice le |rfut remarquable 
est la cathMrale, qoi renferme on snperbe man8ol6e en mar- 
bre du due de Lesdigai6res, cbef-d'osuvrede Jacob Rieber. 
Lesbas-rdief^ sont d*albltre, et U masse da saroophage est 
enmarbra noir. 

Gap est le ehef-lleado d^partement des Haotee-Alpea. 

Elle est dtute sur la rive droits de la Lule» k 671 kiloiiiMiee 

de Paris. Elle est le si^ d*un tribonal de premise instaaoe 

et d*nn <vteb6, sufRragant de Tarchevteh^ d'Aix. Gt^p a dee 

fabriques de (^xps oommuns, de cadis et de barate en 

Idne et sole; de ooatil, de basin , de toOes roosaea et da 

cbapeaux ; die a ausd des m^gisseries, des rhamo lmari ea at 

des fobriqoes de coirs trte-forts. La Idne et le si^ y aoat 

tr^s^xploitte; cette ville compte (1866), 8,165 habitaaU. 

Elle possMe plusieurs ^lises, dont sa vieille catb6drale, 

en vole de restauration; un college, un mnsAe, one ^oole 

Dormaleprimaire,anebibliolh^ue de 16,000 volnmea. 

GAPENQOIS. Ce pays, portent le titre de oomt^, 
fdsait partie du Dauph in^. 11 avdt poor homes an nord 
le Gr6dvaudan , an sod et au sud-etl la Provence , k Test 
rEmbronois, etil'oaest le Diois et le pays des Baronniet. II 
avdt 44 kilometres de long, sur 28 de large, oa eoTiroa 
20 myriam^tres carrte. Sa capitate <tdt Gap; sea viiiet 
prindpales Serres et Tallard. 

GARAMANTES, peaplefaidigteedel'AfHqaeancieBBe, 
qui habitdt au sud de TAtlas le pays de Zab et one aaaet. 
notable partie du Sahara. Garania (aiMOurd*hni Gherma) 
^tait leur capitde; c*^tdt un rendea-vons de oonuneroe 
entre les indigtoes de la Libye et les Grecs^ Ptiteicicns, 
Cartbaginois et Ro^ns habitants de la oOte. Comelnis 
Edbns fitsonexp6dition c6ldNre sur le territob« des Gam- 
mantes (an 31 av. J.-O.) 

Ptol^mte fdt grand r^t des vertus dee Garamanfaa. 
Les Carthagiiiois , au temps de leur puissance, cntrete- 
ndent avec eux des relations commerddes assez saiviesy 
qu*explique fSuilement la dtuation gtegraphique de Car- 
thage, grande ^tape du commerce de PAIrique. Qaoiqaa 
tonjours errants, les Garamantes avaient coiisacr6 on 
temple en Thonneur de Jupiter Ammon, qui y 4tdt repre- 
sent^ avec des comes de bdier, symbole de rabondanoe. 
Leur pays, comme la libye, nourrissdt une immenee 
quantity de brebis, dont le lait servait de nourriture k ce 
peuple pauvre et frugd. 

GARANGE. Cette plante,origindredamldiderEorope 
et de TAsie , est le rubia tinctorium des botanistes, appar- 
tenant au genre rubia de la famille des rabiacte; die est, 
k cause des prindpes colorants de sa racine, Pobjet d'une 
culture importante dans beauooup de parties de PEuro- 
pe; celle de Zdande est la plus estioMte. Les radnes da- 
la garance, r(§unies toutes en un pohit commun, traeent sous 
la terre, longues, ^pdsses et nombreoses ; ses tiges, quadran* 
guldres, articul^ et pourvoes de pointes courtes et reooor- 
bdes, portent des feuilles vertidllte, sur le ndlieu desquelles 
se prolongent les ^phies qui d^fendent la tige; les fleors se 
composent d'un calice i quatre dents, d^nne ooroUe d*un blane 
jaunAtre, campanula ; les ^tandnes sont an nombre de quatre 
ou dnq; Tovdre, mfi^riear et toible, foumlt deux bdes 
noires et arrondies. 

On mulUplie cette plante par sa graUie et plus sonvent 
par la plantation de jets enradnte ; une terre Uflhre et ho* 
mide, abondamment fhmte et amend^ est cdle qui lul 
convient le mieux. Aprte an labour profond, les phurts 
sont dispose en Kgnes et espacte de 0°*, 60, en ayant soin 
de Idsser vide une ligne sur quatre ou dnq. La terre de 
cette ligne sert plus tard ponr recbarger lesplantesd^velop- 
p^. La garance, plants vers le moisde md, n*a attdo* 
son aocrdssement complet que dans le courant de la troi- 



GARANGE — GARASSE 



IM 



sitoieiimte, et alon eUe serteotte aTmt lliiTer. A la fin 
<ie chaqoe aatomiie, lea plancbea dotrent Mre recoorertea 
dHme ooocbe de ftmiier, dontlea d6l»ria aoni jet^ aprte lea 
gd^ea dana rexcaYatkm de ia Ugne laiaa^Tide. Lea coltiTa' 
tears qaine la laiaaent que deux ana dana la terre obtien- 
nent on produit moina bean, moina riebe en prindpe colo- 
rant , ^ n^en troorent paa ansai CMilement le dMt, 

lA garanoe pent 6tre ^rteoltte k la cbarnie si cbaqne 

imyon eat laoM; poia la deaaiecation doit MrePop^rte dana 

des lieax a^^ et K rombre. La radne ainai a^te refoit 

dans le oomineroe lenomde garaneeen branches; celle 

qoi a 6t6 d^pooillde de I'^pidenne et rddalte en one pondre 

grossi^re est la garanee rob4e on en grappes} enfin, la 

g€aranc€ non rob4e est la garanee pnlT^risfe a?ec son 

^piderme. La radne de la garanee eat d'ane eonlenr jaune- 

roogeAtre, d'nneodoir nans^abonde, d'nne aaveur amire 

et Apre; elle oontient troia mali^rea colorantea, Vali- 

sarineoayorondne, lap«rpiiriiie,qai8ont rouges, et 

la xantinef qni est jaune. IMposte dana Tean k tOO% 

elle Ini donne one teinte bmne fono6e. Traitto par Falun, 

elle prteiplle en rouge-bron; par lea carbonatea alcalina et 

par Peaa de ehauz, en rouge lit et ^datant; par Tao^tate de 

plomby en bran. Une certaine quantum de sulfate ou d*ac^ 

tate de fer m^lte au mordant aluminenx ftit prendre anx 

tissos dea teintea Tidettes. KUe teint en rouge lea oa et lea 

orinea des anfanaux qui en sent nourris. Cette aingnltere 

proprJdld a serri de base k pludeors traraux importanta de 

M. Plourena. 

La guance trWe, vbMie, d^poolllte de son ^piderme et 
r^duite en poudre. est oonsenrde dans dea tonneaux, d'od 
on la tire poor la tdntnre. EUe sort ordinairement k tdndre 
le lin, le eoton et la laine en rouge; on peut d'aUleurs, en 
▼ariant le mordant^ donner aux tissus tootes les nuances 
entre le ronge clair et le rouge fonc^» entre le violet dair 
et le ncrfr. Aprte le blanebtment on le d^graissage, selon 
la nature dea ttesus, lea ^toffes mordancies aont soumises 
4 Plnuneraion dans un bain de teintnre. La radne de ga- 
ranee aert eneore^ preparer nne laqued*unebeUe qnalltd, 
qui doit aa odoration It la purpurlne seole. P. Gadbbrt. 

\jBL garanoe, repandue dans le nord de la France dte le 
donzkine sitele , fut Introdnite en Alsace sons Cbariea- 
Qoiat, et imports en 1760 dans le comtat Venaisdn, par 
TAnnteien Altben. Elle eat derenue pour led6partement 
da Vaadnserobjet d'nne cnltnre actlTO et 6tendne, et luf 
proenre, ann^e coromune, nn produit de 20 millions deflr. 
On I'a transport6e aussl en Alg6rie. La cbaleur solaire 
exerce one influence trte-marquie sur la garanee ; ansa! 
dans VOrient les racines sent rouges; dies aont ros^ea 
dans le roldl de la France, et jannea dana le nord ; la pre- 
miere donne pins demati^ colorante que les autrea. Pin- 
aienra chimlstes ont esaay^ de tirer de cette propri6t6dea 
rouges pour la teintnre; les impreasiona qn*on aobtennea 
Juaqo^ present sent trte-simplea comma desain etcomme 
assodalaon de couleura. Mais le prix, assez deT6 , decea 
estraita, limitera pent-dtre lenr emplol k la bbrication dea 
artidea oortant dea deaaina l^gera. 
GARANOINE. Voge% AuzABmn etGARANCB. 
GARANTIE» GARANT (X>roi^). Ces mots Yiennent de 
rdlemand Wahren^ garder. La garantie consiste dana I'o- 
bligatioa de defendre une personne d*un dommage ^Tentod, 
on de lindemniser d'nn dommage ^prooT^ Le garant est 
eehii qui eat tenn de garaniir. La garantie eat de droit 
lorsqu'elle est stabile par la lol ; die eat defaii lorsqu*dle 
rteiUe das contentions des partiea. On distingue encore la 
garantie enybrmeKe et en simple* Elle eat forroeUe lors- 
qu'eHea lien en matlteertelle i tdle eat la garantie que ddt 
le vendeur k Tacqu^reur d'nn inunenble qui en est ^rinc^; 
elle est simple lonqa*dle a lien en matitee peraonndle : 
tdle est eelle InToqote par le d^biteur solidaire d*un billet 
eoritre aon eo-oblig^ Le Code Mapoltoo r^ T^tendue et 
let eCfota de la garantie suitant les dlTers cas qui y don- 
Beutlieu. Le Ckxie de ProcMore (art 176 i 184) con- 



tient des riglea communes anx difersea sorfes dejgarantiea. 

En mati^ de commerce la garantie se r^e par les dis- 
positions gto^rales du droit dvil^toutes les fois que laid 
commercide n*y d^roge point Nous reuToyons k cd ^gard 
aux mots Atal, Billet, Cowussiomnairb , EMDosaBMBm'i 
Lbttrb db cbahgb, VoiTORisa. 

Dans la langue du droit public on appdle garanties in- 
dMduelles lea moyens que la sod^t^ assure k ses membres 
pour foire respecter les droits qu^dle lenr reconnatt Ainsi, la 
liberty de la presse» celle dea cultes, Tinstitution do Jury 
l*inamoYibilit^ des juges sent des garantlea da droit de la 
liberty des opinions et des consdences et de la sOret^ dea 
citoyens. 

On appdle encore ^aran^ie des/onctionnairespu' 
blics\ti protection dontla loi couTre un certdn nombre 
d'entre eux, en ddSendant de les poursuitre sans une auto- 
risation sup^eure. 

GARANTIE (Bureaux de). L'andenne et la nouvdle 
Illation ont, dans Tint^t g^^rd de la aod^t^^ assnjetti 
les mati^rea ouvrto d*or d d'argent k un contr61e l^gd , 
indicatif de la tdeur intrins^e des ouvragea de bijouterie, 
d'orfdrrerie dde plaqu^* La premie ordonnance connue, 
d qui a scttI de base anx r^leinenta ultMenrs d'adminis- 
tration dana cette partie, a 6\ii donn^ par Philippe de Ya- 
lois ( 1245). La Illation ant^rlenre k la r6?olution n'a ^t^ 
modifite par une loi du 19 juiUd 1791 que quant aux ptea- 
lit^ contra les fraudeurs. Quant k la qualiti des objets fa- 
briqute, et It la contrefo^n des marques d poin^ns, tous 
es r^ements andens d les changements que r^damdt 
rexp^rience ont d^ r^om^ dans la loi du 19 brumdre 
an Ti (9 noTembre 1797). U y a, pour marquer les ouTrages 
d*or d d'argent, trois esptees de poin^ons , saToir : celui du 
fabricant, ^ni du titre, cdui du bureau de garantie; un 
autre pour les ourragea double, plaqu^ d'or d d'argent; 
on autre, dit de ricence, qui s^appliqne par Tautorit^ pu- 
blique, pour empteber Tdfet de qudqne infiddit^, etc. Le 
poin^n du (kbricant porta la lettre initide de son nom avec 
nn symbde. Les poin^ons du titre ont eu dUT^rentes em- 
prdntes. Les dgnes carad^ristiques de ceux de garantie 
aont d^termin^ par Fadministration des monndea. II y a 
en outre un petit pdn^n destine aux menus ouvrages d*or ; 
despdn^ns pour les ouTrages d'argent; nnpoin^n pour 
les ouvragea Tieux; un pdn^n pour les ouTrages drangers ; 
le poinfonde doublft on de plaqu^ d6termin^par radministra- 
tion des roonndes doit indiqoer par cbifRres la quantity d'or 
oil d'argent qu^ls contiennent d insculpter en tootes lettres 
I sor PouTrage le mot doubU. Le poin^n de r^ence est 
' ddermin^ par radministration dea monnaies. Tdles sent 
les prindpales dispodtions des lois rdatives k la garantie 
des roati^rea d'or d d'argent n a d^ dabli des bureaux de 
ganmtie dana tona lead^partements, et suifant les besoins 
et I'importance des locality. Chaque bureau de garantie se 
compose d*nn essayeur, d'on receveur et d'nn contr61eur. 
Dans lea communes populeuses, le ministre des flnancee peut 
autoriser un pbxa grand nombre d'employ^s k raison des 
Siesoins dn commerce. II y a i Paris un y^ficateur 4 la fa- 
brication des poin^ons, coins d bigomes, un inspecteur 
des bureaux de la garantie d un vMficateur commis d'ordre. 
Les attributions de ces pr^posia, lea pdialitte prescrites 
pour les contrsTentions indiquto dana cette loi n'ont paa 
re^ depuia de grates modificadons. 

GARASSE (FBA11901S), J^ite, dont lenom, oomme cdui 
de Z 1 1 e , ed rest^ honteosement cdibre, naquit k Angou* 
16me, en 158&, entra k quinae ana cbez lea enfants de Loyola, 
d pronon^ aes tcbux en iei8. II ae livra enauite k la pr^i- 
cation en France d en Lorraine, od il obtlnt du sneers au- 
prte de la multitude, quMl cbarmdt en lardant ses sermons 
de quolibetsd de bouffonneries. Tourment^ dn d^r de fdre 
parler de lui, il prit part aux luttea litt^rdrea et rdfgieuses 
de son temps, d s'attaqna ^toutea lea rotations pour ea> 
sayer de les fl^trir en s*illustrant k leura d^pens. II profeA- 
sdt d^ailleura un attachement fanatique pour son ordre, ei 



136 GABASSE 

I'enflaiiiinait dt baiiie contre set adfenafret, distUlant con* 
Ira Ml sans relAche le 6el et la cakHiiiiia. Cest aingi qo^il 
poursuiTit TaTOcat gtatol Louis Senrin, qui n'aimalt pas 
ies j^soites, et sortout le c^^bre £tieiiiie Pasquier, coo- 
pable d'aToir, eo t&S5, plaids contre eux en faveur de I'li* 
nivenit^. U est Trai que le Uxtam de oe dernier avait sou- 
leT^ I'opinion contre la Sod^, en d^oUant haotement ses 
foes arobitienses et son esprit d'enTshisBeBient 

Fatign^ des inyecti? es joomali^res qoe Garasse ne oes- 
sait de vomir contre la mdmolre de lear pte, les fils de 
Pasquier y firent r^pondre par on aTOiSat nonun^ Remi, qui, 
dans son Anli-Garasse, lendit k I'kgresseor oatrages pour 
outrages. Th^ophiley podte renomm^, fut aussi enbotteaox 
trails de Garasse sansPaToir proroqu^ : aoeus^ d^atb^isme, 
it sTait tout k craindre des attaques dn jtoite, qui pon- 
yaieot ie ponduire au bftdier. Mais les inl^rets de la religion 
on ceox de ses confi^res n'excitaient pas seulement la bile 
de Garasse; il suffisait de Uesser son amour -prepre pour 
qu*elle d^rardAt. Un pr^dicatenr, Francois Ogier, ayantos^ 
critiquer son liyre intitule La Doctrine cmieuie de$ beaux 
espriis du temps, ot il pr^cbait la monle en style de la 
foire, tout sem^ de polntes et de tnrlopinades, Garasse fit 
pleuToir sur lui un d^loge d^injuras aiiasi ignobles que tio- 
lentes; et cependant, s*il faut en croire rbistorien di; I'insti- 
tut des j^uites, il itc^ plein detnodeitie, de douceur et 
d'qffabiliU, Habitant Poitiers^ od il avait, dit-on, M rele* 
gud par ses sup6rieurs , U sollidta, lorBqu^Dne maladie eon- 
tagieuse fondit sur cette THIe, la faTeurd'aller soigner les 
malades k rhdpita), et mourut yictimede son pieux d^voue- 
nient, le 14 Juin 1031. 

Outre ses toils satirlques contre Servin et Paiqoler» il a 
compost des poMes latines assez estimte, et una Somme 
tMoiogique, qui UA censor^ par la Sorbonne^ eomme ren- 
fermant des fidsifications des passages de PEcriture. On a 
encore de lui'i^us de ybigt vohunes d'toits asc^Uques, rest^ 
manuscrits. S4iNT-Piiospn jeone. 

GARAT ( DoHimQUB-JosEPH, comte), n^ le 8 septembre 
1749, i Bayonne, <tait ills d'un m^edn domidlid k Usta- 
ritZy bourg pen distant de cette Tille. II re^ut de eon p^ 
et d'un parent, qui ^tait cur^, une excellente Mucation, qu*U 
alia terminer k Bordeaux, an colMge de Guyenne. Aprte 
s'dtre foit receYoir arocat dans cette Tille, 11 Tint k Paris, 
od il se lla ayec les pbilosophes, et se fit bientAt connattre 
ayantagensement par ses Jilogee de VHdpital ( 1778), de 
Suger (1779), deMontautier(i7%i),deFontenelle(i7Si), 
dout les trois demiers Aireut eouronnte par TAndtoie 
Fran^aise ; il 6criyit en meme temps dans le Mercurefian- 
foU , dans le Journal de Paris, et fut charge au Xye^ du 
eours d'bistoire qui yenait d*y etre fbnd^ en 1786. En rela- 
tion ayec Gond o r c e t et ayec tous les pnbKcistes qui sur- 
girent des assemble des notables, il babitait Paris au mo- 
ment de la conyocation des ^tatsg^n^ux. Le tiers dtatdu 
bailliage basque du Labour le nomma , lui, son Mn et leur 
cousin d'lturbide, leurs repr^sentants k TAssembl^ natio- 
nale. On fut surpris de yoir un orateur d^un pareil m^ite 
monter rarement k la tribune : peut-etre la falblesse de sa 
yoix en fut-elle la cause. Du reste, il seryit sans doiite plus 
efBcacontat le parti des r^forroes par Tanalyse raisonnte 
qu'il donnait des s^nces dans le Journal de Paris, 

Port^ deux fois au minist^ dans les temps les plus ora* 
deux de la r^olution (k celui de la Justice le 12 octobre 
1792, k celui de rint^rienr le 14 mars 1793), ii eut, en la 
premie quality, k reroplir le triste deyoir de notifier k 
Louis XVI son arrM de mort. Pen de jours ayant le Si mai, 
11 ne pouyait croire k la possibility d*un attentat de la com- 
mune de Paris contre la representation nationale. II fiit 
pourtant bienl6t jet^ dans les prisons; on le croyait perdu , 
des amis le sauvirent. Aprte le 9 tb«tnidor, il fkit nomm^ 
ministre de rinstniction publique sous le litre de commis- 
laire gte^ral; etquand I'Ecole Normale s'ouyrit, il y fit 
des le^ns brillaDtes sur Vanalyse de Ventendement, L*lns- 
IHut, lors de sa formation, I'admit dans sa secUon des 



— GARAT 



sdeoeee morales et poliliqiias, et le Directoire le choiiit, a 
1798, pour ambaittdeur k la eoor de Staples, fkani^ 
lard mea^irednCoaseildesAncieBSv U Aift port6 an S^ 
aprte lar^yohiUon dn 18 bramaire, pranoi^ar^lQgidi 
KMber et de Desaix lors de FinangnratiiMi dn monMi 
eiey^ k lem' mtoioire, et, comaM prtetdenl de la seoaadi . 
dasse de llnstltot, r^pondit, en ises, an discoorB de ita^ | 
tioB de Pamy. 

Le ateat oonseryatenr ayaU yv se foivicr dnaa aaa lai 
one eppodtioB fort mod^rte, ooaipoete 4e Grd^oire, A 
Volney, de Destutt de Tracy, de I«aBj a inaisd^ 
Siey^s.Attlr6yertPeiapenttr,qiiirayait fiaitcomte,Ganl, 
qu*on8yaitapp46Jadis lejaeobtn malgrS Isfl, a'esailpii 
Bon i^s mfeonnattre on combafttre la Tire syn^atbisfi 
Tentratnait yers leK opinions lib^rales. Ainsi, quoiqat a^ 
rateur et partisan de Napolten, il peaohatt tot^oms vm 
ToppeaitioB, et cepeadant son nom ae sa retro a ye poiit 
sur laUstedes steatenra appeMs 4 la palne kirB de la pi^ 
mitee Restaoralioa. Stealear dimiB< par les Bottfboas, flu 
ftot pas dayantaga oompris au nombce des pairs des ad 
ftmn, lors du retonr de Tempereur. Mais, wwmi6 k k 
cbambre des reprtseatants par lea Basses-Pyrte^es, I Isim 
de odt4 Foocher et ses intrigues. La Fayette et sea opiitttn 
Qtopie, et se d^lara francbemeat pour NapoMoa, deal k 
maiatiea lui paraissait indispeasaMe an saint de la Fraaoe. 
II toiyft, «i bruit du canon qui tonnait airtoor de la ei|s- 
tale, une d^daration de prindpes digne d\ui graad paqik 
et portaat I'empreinte d'un grand talent. Ansai, danslaito^- 
ganisation de llnstitut, ftit-il expnlsd de I'Acad^asieFnDcsiie, 
oomme Dayid de cdle des Beaux-Arts. 

En 1818, B publia ses JMnoirei nir if . Suardeisurit 
dix-huUiMne siiele. Jamais llndodle t^conmi de soaa- 
prit ae s'^tait d^oilte phia ingteument : tt a'ayatt d*aM 
yonlu composer qu'une sfanple aotice, Ce ftit le denier m- 
yrage quH fit imprimer; il donna seulemeat d^puis qsd- 
qnea artidea dans diyers recoeils litt^raires. On lai doit, 
outre ses tiloges, aa trayail sur Moreau ( 1AI4); des Cm- 
sMratioms sur la Revolution Jhmfaise (1792), etda 
Mimoires sur la B^oolution ( 179&), dans lesqoeb fl ei- 
pliqne sa oonduHe pendant qa*il ^tait anx aflairea. H ^Ui^i 
encore un portefenille riehe de trayanx importaats et yams, 
teto que des ^loges de Bossuet, de Candillaep de Mmieh 
quieu, et une Histokre des Basques, aes eompatriotes, qa^te 
dtt pldne d*int6rtt. 

Le oomteGarat mount lead^cembre 1833»^ Ustarili,|WB 
de temps aprteayoir M rdnt^ k I'Acadtoie des Sdeaen 
morales et pditiqiiea, mala sana ayoir €\ik rappeld k FAfis- 
d^mie Fran^se. Eug. Garat db BIoNCLAya. 

GARAT (Piiaai-JBAa), neyeu dn comte Garat, li 
4U8Uritf,le2&ayril 1764 , ftit le cbanteor le ploa ^tooaaa^ 
que la France ait jamais eu. Fils d*un ayocat dislinflDi, U 
n'^tait point desUn^ k la profession d'aitisle : gnid< pv 
nn instinct irr^stible, il fut muddea dte son eaftaoe. 5i 
m^ Ini donna les premieres lemons ; il apprit ensntte U 
yocalisation d*un Italian nomm6 Lamberti, qui babitait b 
yille de Bayonne. Fran^ Beck, compodteur d'un grand 
m^te, diredeur de rorchesire de Bordeaux, perftetioBOi 
legoAt et le sentiment du beau qui adent natureb K iod 
d^ye. A sdze ans, il yint k Paris pour y faire ses dodes 
en droit : c>st k lamudque, au cbant, quil donna tod 
son temps. II se lia ayec le dieyalier de Saint-George** 
yidoniste famenx , prit part aux disputes des gludcistss d 
des picdnistes, preflta des exemples prteieax qoe hii don- 
naient M"** Todi et Mara, yirtuoses itdiennes d'un (alfld 
difMrent, et pour la prcmitee fois il eut lld^ d'un disnt 
pur, €ii^iuA, correct, d^sne yocalisation parfdte d d'lae 
expression naturdle. Son pte, yoyant qu*i n^gUgedt tout 
k fait r^tnde du droit, supprima la pension quil Id payait 
pour son entretien k Paris. Le oomte d^Artois rindcinoitf 
en ie nommant son secretaire particulier, et le fit entendre i 
la rdne Marie-Antoinette, qui radmit k l*honaeur de fairs 
de la mi^que ayec die. 



GARAt — GAhCU 



1^7 



Toato relalioo a?ait oess^ €otre Gtnt el son pte, Ion- 
|De l6 «oiiiled*Artois^ on Toyage i BofdeBOt : son 86cv6< 
taiieraooMipagiiAy etcbanUdans im€oiioert deiiii4aab6* 
B^fict de MB Mudsa naltre Beck. Garat a'y aurpaaaai el 
finit par attcMlrir celui qui n'aTatt pas toqIo lui pardoniMr 
joaqoe aton. Le pte, eiilnlD^ par lea accenta m^kidieos de 
<oofib,rembra8aa»etdevinll^deaeiplBH^jidmiT«teora. 
DeretooriiParif.Gafaly tronTalatroapeltatteDiieooaDiie 
louft le nom de inmpe de M<m$ieur : eUe y aTattd^bntAen 
17S9. lUBdiiiit rjganoiii, Mll^ MoricheUi, Bantl, chan- 
teiiTs adndrablea, 7 briUaumI aa premier raog. Garal, nie^ 
qa'oa aatre» poorail appr^der lenr m^rile. Sa aitaioire 
jHukale Mail prodigieiue : il saTait non^aeolement lea mor* 
oeaui qalls chantaient» maisU retenaileocore lea iafle»iona, 
lea fioritoiea de chaqiie phrase. .Ind^peadamingnt de aon 
gdniepoar I'embeUiaaeiiient du chant, Ua'onparail k i*ina- 
tant el poor toqioorade loot oe qui ^tail boa. 

Joaqa'i la r^Tohitkmy Garal n'afait €tA qa'amaleur : la 
perte de aa fortone le lan^ parmi lea artiatea. Pendant le 
tempa de la terreor, il voulut paaaer en AngMerre aYec 
Rode : lenr Taiaaeaay emportA par lea Tenta, alia aboider h 
Haraboorg, ou d*exceUenta concerts oflraenl des resaoureea 
tux ittuoses vo jagenra. Oarat rerinl en France Tsra la fin 
de 1794, etae fit enlondre aox concerto dn th^itre Feydean, 
aux oNiearto de la salle Cl^ ; paitoot oa raecoeilUt aYOc 
desUaniportod'eolboiiaiaaine. Proteaeoran Oonaerratoire, 
Gant y forma des ehanteors poor loos noathMtres el mteie 
pour lea tbMtrea Mrangera. Doa6 d'nne chaleor ei^ralnante 
etdelaiacolld si rare de commrndgper em propraa sense- 
ikm, U a S9, mieox qo'ancon aotre, eseiter Tteralatien 
des d^Tes, Cure naltreeneux le aentiment dn bean, el leor 
iospirer biconfianceda talent Roland, Npnrritp^, 
Desp^iamona, Poncbard, Letaasew, RtoM^ lllf"**'.Bar«> 
bier-ValbooDa,Branoha,Pbaia,Di]nt,Boalanger, Ri- 
guit, Docbanp, el b^aneoop d'aotrea chantenra, forent 
^TQi da Garal 9 el Ini ont dft la ploa grande partie de leora 

8D6C^ 

La foil de Gniat MaH on t^nor Hkf^, dana le genre de 
oelaideRablni, moins Tolmninenx ponrtant* U cbantail 
des airs de basse d'one manito trteHMtisfiuaante. Son en^ 
catipo, pleine de fsn, de Tenreet de ft? acitA, aavait se pUaa 

I tons lis genres de composition, el donner li cheque on* 
vrage la cooleur el le caract6ce lea ploa comreDaUea : en- 
tfaloaat dans le path^iqne , d^gant , apfaritoel dans le demi- 
caract^, d'un oomique parfiiit dana le a^Ie boofle, il a 
CQBipos^ des romancea jet dee pi^eea AigltiTea qu'il cfaanlait 
iravir, et doni le aoecte a M merfeilleax^ leUea qne U 
Mtautrel, BiUsakre, Je t(Hm$ kaUif eU). Ceat loi qui a 
Uit ooanaltre 4 la France la moaiqnedelfosaft, en e&6en« 
tatttdhioe ifiattitoencbaulereiae,etavocooUefbugue,€e(iBO, 
dontonn'avait pas didte encore : flncKhan dalvino, Ifon 
10 pi& cosa son, iVdia pM omiral , etc II excellait li chanter 
la oHuiqne simple et a^f ^ de Glnck. II n*<tait paa lecteur 
mtnmi, ce qoi fit dire K Legroa : « Qoeldommaga qne 
Garat chante aana muaiqoel — Sana muaiqaeU*toia Sae^ 
diini, Garat eat bi mnsique mftme. • 

Dans lee demi^resanntedesa Tie, il perdit aa toIx : II 
CB (at affii^i aensiblement Le souTenk de sa venommtef 
lain de cbarmer sa vielUesae, ^tait on toorment poor lai ; 
U Malt eneoie avide des soccte c|d*U nepoofaitphiaobtenir« 

II cherchait k ae foire Illusion et chantait encore; mala il 
n'^lait ploa qne I'orabre de bd-mtaie. L*aapect d'un bean 
talent dana la dtei^pttttde ninapfaralt phia que de la piti6 k 
Msamia. U a'en ape^eufin. La conTiction qn'il nevifaft 
qve par le paaadaltte sa aant6» et ftiil par lui dooner la 
Boit, le t" man lg33, k I'Agede chM|piante*near ana. iinai 
» tannina la earri^ d'un dea chanteoia lea phia pariUto 
qoll 7 ait eu. Une Mucatioo forte, comme calle qii^on re- 
centt aatrefoia dana lea «oolaadltalie,n'anilpoiiitdiri86 
Mpreaderapaa : il ne dot aon taleot qo'i aea ppoprea ob* 
NTfationa, iaonginie. OAmii-BLAiB. 

MMAVAGLIA (Gwntk), Pun dea plua bafailea gm- 



veura dea temps modemes, naqnit le 18 mara 1790, k Payle, 
et dte aa ploa tendre entence desslna sous la direction do 
profiB8aenrFao8tinAttderloni,qu'lil'ftgede seize ana ilse 
troora en 4U/L de pooToir seconder pour la graTure dea 
grandea planebea anatomiquea de Scarpa. Heureux dea 
grandee disposMona qu'annon^ un €^e i qui il portail 
one tendre amitfd, Anderloni entoja en 1808 lejeune Gara- 
Tagtta k Milan, o6 tl lui foonit dea moyena de aobsistance, et 
oAaon prot^pot auitre lea le^ona de Longhi. Sur lea pre- 
miera oonagea que GaraTagUa estoita dans oette ville, il y 
en ent d4ik deux de eourofmte par rAcaddoiie : La FilU 
d^Hen>dkUf d'aprto lAlni, et fforoHus Coeles, la sainte 
#^ensl/led'aprtoRq»hael,qu'ntermbia4 Tftge de Thigt-trois 
ana, aprte aon retoor & Pafie, obtint aussi le mame honneur . II 
graTaenootre lea portraito dHm grand nombre de personnagea 
c^l^bna, aoit par lenr nalsaance, aoit parla gloire dea armes 
on par leur gteie, et an premier rangdesquels U &ut ctter 
Cbarlea-Quint. II extoita ensuite poor Luigi Bardi le David 
du GneKhfai et VSnftmt J^nu de Maratta. A TAge de vingt- 
trofe ana il comment la Rencontre de Jacob et de Rachel 
d'aprte Appiani, et d^Tdoppa dans ce traTall une telle babi- 
let^de graTure el one telle grAoe de dessin que cet ouvrage 
aeralt peut^tre celui qo'onpr^f^rerait dans toute son oeuTre, 
s'il n'aTait paa fiidt paraltre presqo'en mdme temps La Ma- 
donne h la chaise d*aprte Raphael, oeuTre encore ploa re- 
marqnable, el qui ne le oMe en rien k toot ce que Morghen 
a pu graier de mienx. Un autra cbef-d'tBUTre de cet artiste 
est sa Bealfiee Cenei d'apr^ Giddo Renl, dont la tMe est 
d'uue adndrable expression. En 1833, GaraTagUa spoc6da 
A'lfoiglMn eomme profosaeor de graTure k TAcadteie de 
Florence ; mala il mourat dte le 27 ayril 1835. 

GARAY (icAN), Tun dea meOleurs poetea hongrois, n^ 
en 1813, K Szekaaard, dans le comitat de Tohia, fit aea etudes 
k partfr de 1829, 4 Funfldroben, poia k Pesth, o6 plus tard il 
obtfait k la bibUoth^oe de la profinoe un pdit emploi 
quilui permRtontau mclnsdese lirrer sans pr6occupa- 
tiona d^TenirA aon goOtpour ta po^sie. Pr^par^par une a6- 
riense ^lude des dassiquesallemands, et exdt^ par leader- 
giqoea poMea de VGBrQesmarty , 11 fit paraltre en 1834 son 
potee b^rolqoeCMi^ar, dontl<i succte ftit des plus enoou- 
rageanto. II donna ensuite k de trte-coorts intenralles lea 
utts dea antres pluaienra dramas, dont lea svyeto sont g6n6ra- 
lementemprunt^ k I'bistoire, et parmi lesquds on remarque 
surtoot ilr^ocs (1837) et Bathorff Brszebet (1840). De 1834 
k 1836, l*un dea coUaborateurs dn Regeta^ etde 1838 k 1839 
rMaoteor en chef dn ffimok de Pesth, Garay enrichit en 
outre nn grand nombre d'autrea jbumanx et recueils pMo- 
diques hongrois de ses productions lyriques. II excelle sur- 
tout dana la baUade^ comme le proure le cycle de ballades 
hiatoriqnea qu'on a de lui aooa le litre ^Arpadok (Pesth, 
1847 ; 2* ddit 1848). Sea po^aiea lyriques, Balatoni Kagy- 
M (1848), sont anaai fort remarquables. Son dernier ou- 
Trage est nn podme ^iqoe , dont aaint Ladislas est le 
h^roa(1850). En 1843 ila^ti ftit unrecuefl desea po^aiea, 
et en 1853, une Edition complMe de aea csuTres. Garay eat 
mort le 5 norendMre 1853. 

GARGETTfiS <3^m ^^ de fil de caret oo bitord 
par un agenoement altematif de brina en nombre imoair $ 
ellea n*ont Jamaia plua de 2 m^rea k 2 mMiea 30 de long. 
EUeaaerrent 4 prei^dearia(dlmhnier ramplenr deaToilea, 
lorsqu'il tell trop de vent), ou k marier (fixer, attacher) le 
tonmefire (petit cordage) an ciMe quand on l^TO rancre. U 
ganette de tonmefira eel d^4gale groaseuT; mala lea garcettea 
de ria sont plua groaaea au mifien qu'aux deux booto, 
comme elleraontdlnd^de grandeur. Dana lea andena use- 
gea dep^naltd maritime, la gareetteMIX llnstmme&t atee 
lequel onfirappattanr ledos nu des matelola qui avaient en* 
oonru nn cbfttiment (vojfes Boouiii). 

GARGIA (Ifamnn^, bhanteor odMire et oompoaiteur 
habile, n6 en 1779, 4 S^Tille, mort 4 Paris, en 1832, acqnil 
comme cbanteur one grande et juate reputation anr lea 
IhMtrea de Cadix et de Madridi et tint en 1808bParia, e« 



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II se fit entendfe aTec le plus grand soocte k TOp^ra italien. 
En 1811 il alia en Italie, k Rome et k Naples, ou 11 ne fiit pas 
accueUU atec moins de fiiTear, et od 11 ^tudla la thtorie de 
Tart du diant Aprte afolr de 1816 k 1834 alternatif ement 
T^M k Londres et k Paris, oti, ind^pendammeot de ses 
trsTaux oomme chanteor, il donnait encore beancoup de 
lemons de chant, il partit poor New-York a? ec une troape 
d'op^ qu^ aTait form^ loi-mtaie, et qui se composait en 
pailie des membiesdesa famille, et de U se rendlt k Mexico. 
An moment de s'eo retoumer en Europe , II fut attaqu^ 
sftr la route de la Vera-Crus , ]^ des brigands qui lui en- 
ler^rent toot le fruit de ses travauz; et h son retour i Paris, 
il se Tit oblige de rouvrir ses cours de chant Quelques 
essais tent^ pour se faire de nouyeau entendre surle th^tre 
le conTainqulrent de Tinsulfisance de sa ?olx, amente par 
rage; et-4 partir de ce moment II se boma k composer et 
k faire des ^?es. Dans le nombre nous dterons Nou rrit, 
M™* M^ric-La^ide, et surtout sa fillealnde, Marie (voyez 
Malibrah). Manuel Garcia a bien molns de reputation 
comme compodteur que comme chantear; et c^pendant 
quolques-uns de ses ouTrages ont obtenu un veritable 
succ^, par exemple : El Poeta CalculUta et U CaH/b di 
Bagdad, < 

GARCIA (M^ Padunb VIAROOT), fille cadette de Manuel 
Garcia, nte en 1831, k Paris, accompagna ses parents i Lon- 
dres , k New-York et k Mexico , mais ne regut que bean- 
coup plus tard, k Paris et k Bruxelles, sa T^tableMu- 
cation musicale. Son p^ voulait foire d^elle ime pianlste, 
et elle ne tarda pas k de? enir de premie force sur I'lnstm- 
ment qu'on lul faisait apprendre. Mais, comme sa scenr 
alnte , eile faisait preuve de taut de dispositions pour tous 
ks arts en gditol, qu'il ^alt Uen difficile de pr6ciser sa 
Tocation particulidre. Cest ainsi qu*k une focilit^ extrtoie 
pour apprendre les langues ^rangtos, elle Joignait des dis 
positions plus ^nnantes encore pour ledessin et une fa- 
cility Yraiment extraordinaire pour le portrait , faisant de 
mtoioire et d'une ressemblance frappante ceux de gens 
qu*elle n'avait tus qu^une fois. Ce ne fut que plus tard que 
se d^termina son talent comme cantatrice , et H panrint 
en pen de temps k toute sa maturity En 1888 elle entreprit 
atec son beau-fr^re B^riot un yoyage artistique en Aile- 
magne ; et Pannte suiyante elle alia k Londres, ot elle pro- 
duisit une si rive sensation, qu'elle c^da aux offres qui 
lui ^talent faites de toutes parts, et imton^a k sa resolution 
de rester cantaMce de salon, poor monter sur la sc^ne, oik 
elle debuta par le r61e de Desdemona. Un succ^s d*enthon- 
siasme 1^ accneUUt Depuis ee moment son nom est un 
de ceux qui ont le privilege d*attirer la Ibnie, et les repre- 
sentations qu'eUe a donnees k Paris et k Saint-Peteisbourg 
ont rappeie la plus belle epoque de la carriere the&trale de 
sa sosur. En 1840 elle epousa k Paris M« Viardot , qui yenall 
de quitter la direction de la scene des Italiens , oil elle aval 
obtenu des succes. Parmi ses creations on dte surtout 
celle de Fides dans Le PropMte, qu*elle a joue avec le plus 
grand succes k TOpera de Paris. 

Sou frere alne, Manuel Giacu, ne k Naples, en 1813, 
8*est (ait, k rinstar de son pere, une reputation comme chan* 
teor et comme profcsscur de chant, k Paris. 

GAJIGILASO DE LA Vl^GA, nom que le public et 
la poiterite ont impose k GarciaS'LasQ, prince iteslyriqoes 



GARQA — GARCILASO DE LA VEGA 



11 naquit k Toledo, yers 1503. Son pere etait conseiller 
d*£tat de Ferdinand le Catholique et son ambassadeur pris 
de Leon X. Sa mere etait dona Sancha, dame de Bertres, terra 
considerable appartenant k la yieille maison des Guzmans 
Quant k leur ills, fondateur d^une nouyeUe eooSe poetlque^ 
il'a tenu Tepee toute sa yie, et n*a pourtant chante que les 
douceurs du repos. II quittait la meiee ardente, rentrait dans 
sa tente, et, deposant son epee sanglanteet sa cuirasse meur- 
tne; feoilletait Yirgile et Petrarque,et d'une main noircie par 
la poudre, tra^it des yers deiideuz et tendres, qui lui ont 
sunrecu. A lire ses oenyres, on le dirait ne pour le bonlieur 



champetre, pour la contemplatiOD triste et soHlalre. Ses poe* 
lies ne respirent que tendresaes et bmgoeiirs vnaman, 
paix da ylUage, heurescbarmantes, ecotd^ee eons les oi^n- 
ges silcndeux et frais. Toutes, elles reyeient la douoeor plaii- 
tiye du caracterele plus tendre; et cependant liaei sa rie. D 
entre de boime heure dans les annees de Chailes-Qaat, 
(ait un long s^joor en Italle, yoyage en AUemagne pour mi 
maltre, porte les armes dans la guerre da M ilanals ea tui, 
et asslste k la bataille de Payie, od Ton remarqoe la foops 
Impetoensede sa yalenr. En 1&33 il sert dans le corps «• 
pagnol qni, joint k rarmeehnperiale, se distingue par sabn* 
youre contra les Tores. Cbaries-Quint Jette les yeox sur ee 
yaiUant jeune komme, et le deoore, k Vienne, de la erai 
de SaintJacques. Blentdt, pour que rien ne manque an ro- 
man da poMe-soldat, le monarque s^epreod de la mtf- 
tresse d'un oomhi de GarcOaso, on plot^t, selon qoeliiiia 
bistoriens, le cousin dupoeteessayedesopplanter le mo- 
narque amoureux, of&fe sa main k la fayorite, et parrjeit I 
lui plaire. Place entre son parent et son sourendn, Gtrd- 
laso embrasse la cause da plus laible, et conspire oontre la 
amours de Tempereur. Charles*Qufait Tappreiid : on ne pu^ 
donnepas les crimes de ce genre. Le cousin est exUe; Gar- 
dlaso est reiegne dans une tie du Danube. Cest Ik, dans alto 
solitude, qu*il prete poor la premiere lois Poreflle anx doo- 
oes inspirations de la muse. Rien de plus tonctiant q js b 
caneUme od il deplore son malheur : les chamies de la cw- 
treequ'arrose le dlrin fleoye (Daii«cMo, rio divino) le cos* 
solent cependant et finspirent 

Cet exn n^esl pas de longue doree. En 168& il lalt pir 
tie de Texpedition que Charles^int entreprend ocmtre Tu- 
nis; blesse an bras, il yient prendre quelque repoe k Napb 
et en Sidle. Tous ses loisirs, II les youek la po^: retodi 
de Petrarque et de Sannasar charme sa conyalescence, d 
cette annee yoit eclore qudques-unes de ses foayres le pin 
justement adimirees. Mais k peine gueri, ce Jeone honuiie, 
qui yient de maudire en yers harmonleux les trayans et 
les fatigues de la guerre, ce poete bucollque, dont timap- 
nation a cree pour son usage une Arcadle romanesque, vat 
region de paix eteraelle et d*amoar sans regrets, resmlsit r^ 
pee et l^krqoebose. Des Tannee 15Se on le Tolt entrsr a 
France ayec Parmee imperials, et commando* treats com- 
pagnies de Cantassfais espagnols. La mort Tattendalt denat 
Marseille. Une yieOle toor, betle par les Maoies, celle de 
Muy, pres de Fr^us, arrfite longtemps fannde castfllMK. 
Un gronpe de paysans proyen^x 8*y tient aifemi6; de 
Ik Us inquietent, par de yiyes et ftequentes sortkss, lestroi- 
pes imperiales. L'einperenr donne ordre d'enleyer la toor 
GarcOaso s*ayance la lance an poing: une grdle de pierrei 
Taccueille ; k pehie a-t-U pose le pied sur rechelle, qu'il tombe 
enarriere,renyer8epar unquartier de roche. BlcMse kla t^ 
on le transporte k Nice, et yingt^piatre jours apres expire : 
c'etait en noyembre 1536. Le poete soldat n'ayalt quo trente- 
trois ans. Cette mort glorieuse toucha I'empereur, qui jugtt 
GarcOaso di^ie d'une becatombe sanglante. La tour fsA 
emportee, et yingt-boit paysans, debris d'une garnison de 
dnqoante hommes, fiirent pendns aux creneaux. Le fils uof- 
que de GarcOaso et de dona Heiene de Zuniga, dame arago* 
naise, qu'O ayait epousee k yingt-cinq ans, sulyit la meme 
route heroique. II mourut en 1&69, coomie son |»ere, h k 
fleur de rege, les armes k la main, dans on combat oontre 
les Hollandais. 

GarcOaso a felt epoque. Ilmarqaeune phase dlstinde de b 
Utterature espagnole. Cest de lul que datent, k lui que so rap- 
portent tous ies ecriyains souples et sayants qui ont cbsrcb^ 
le merite de la forme et grefle reiegance de VIrgOe ou b grAce 
harmonieuse de Petrarqne sur la yigonreose yegeiatkm de 
TEspagne primltiye. FUs de limitation itaUenne, Gvdiaao 
a clyOise la fenreur sauyage et passlonnee de son pays. Les 
Italiens ftirmt poor hii ce que les dassiqaea romaias et 
grecs ayaient ete pour TlteUe modeme. Ce n'est pofait oo f^- 
formateur, ainsi que les critiques Font appeie, c*est ub 
civilisaleur PbilareteCoASUS. 



■%,». 



GABGILASO DE LA VtiGA — GABD 



VEgpBffnB a en un hiftonen de mMte , s'appelaiit anui 
QarcUato de la V^ga^ snrDomin^ VInea, parte qnH des- 
eeadait par sa m^ de cette taiille royale da P^oo. V6. 
kCauoOf en IMOyilfleliTra de bonne henre It T^tnde; This- 
toire de la i^rtte de I'AmMiue m^ridionale qui lui avait 
donn6 le Joor attira snrtoot son attention, et U 8*ap|dkiaait 
atec ardenr k ^daircir toutes let traditions et tons les docn- 
uwnts qui ponraient la liiiie connattre, lonqne Philippe il» 
ayant oon^ deroiid>n9e de ces laborieoses rachercbes, lui 
ordonnadeierendreenEspagne. Ilsefixa^VaUadolid^Ses 
ouvrages n*en Tirent pas molni le jonr, mais longtemps aprte 
sa roorty arriTte en 1020^ lis se oomposent d*anehistoire dn 
P^ron, intitnlte Comentarioi reales que tratan del origen 
de los Ineas rqret, etc (Hadrid, 1729 , 2 toK in-fol.) , etde 
La/lerida del /nca( mdmedate, 2 vol in-fol.}- Une^ition 
eoeplete deses oeuTres (lSOO-1801 )^M