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Full text of "Essai statistique sur le royaume de Portugal et d'Algarve comparé aux autres états de l'Europe, et suivi d'un coup d'oeil sur l'état actuel des sciences, des lettres et des beaux arts parmi les Portugais des deux hémisphères"




^ :. '4 



t l 



'M 



ESSAI STATISTIQUE 



SUR 



LE ROYAUME DE PORTUGAL 
ET D'ALGARVE. 



I 



Cet ouvrage se trouve à Paris chez les principaux 
Libraires , 



Et à Bordeaux , chez Pierre Beaumc et Bcrgeret. 
Baronne , Bonzom. 
Lyon , Corinon et Blanc , Maire. 
Jioueii , Frère aine. 
Jfai>re, Clinpcllo. 
JSînies , Mclquioncl. 
Mats cille , Mossy. 
Strasbourg, Trcuttcl et Wiirtz. 

Dans l'étranger. . 

Lisbonne , Gcor;ïc Rcy. 

Londres , Dulaii et Cie et Bossange. 

Jinsti-rdam , G. Diifour. 

Turin , Pic et Bocca. 

J\lilan , Bocca. 

Florence , Piatti. 

Livourne , Glauciiz-Mazi. 

Borne , de Romanis. 

A'ofj/es , Bord , et Société du Cabinet Littéraire. 

Manheim et toute l'Allemagne , Artaria et Fontaine. 

Genève . Paschoucl. 

Leipsig , Voss. 

Bruxelles, Le Charlier. 

Madrid, Alfonso Pérès. 



IMPRIMERIE DE COSSON , RUE GÀRANCIERE , N» 5. 



ESSAI STATISTIQUE 

SUR 

LE ROYAUME DE PORTUGAL 

ET D'ALGARVE, 

COMPARÉ AUX AUTRES ÉTATS DE L'EUROPE , 



D'UN COUP D'ŒIL SUR L'ETAT ACTUEL DES SCIENCES, DES 
LETTRES ET DES BEAUX-ARTS PARMI LES PORTUGAIS DES 
DEUX HÉMISPHÈRES. 

DÉDIÉ 

A SA MAJESTÉ TRÈS-FIDÈLE, 

Par ADRIEN BALBI , 

AKCIBjr PROFESSECR DE GÉOGRAPHIE, DE PHYSIQCE ET DE MATHÉMATIQUES, 
MEMBBK CORBESPOA'DAiN'T DE l'aTHëKÉB OB TBÉVISE , ETC. ETC. 



TOME SECOND. 




PARIS, 

Chez REY et GRAVIER, LIBRAIRES. 



QUAI DES AUGUSTLVS , >" 55. 
1822. 



Dp 



65 



J- 




«»>k\VWH.VVK\\.V««^«V*>.VvVVvV\V\\XV\,\\>.*\».VVl\\X.\\kV%WVVVWV»V\V\\\V\V«^'"'«.\VV>.\\H\VV» 

GÉOGRAPHIE 

MODERNE. 
GÉOGRAPHIE ECCLÉSIASTIQUE. 

RELIGION. 

La religion clirélieiine a été introduite dans la Pé- 
ninsule dès le 2* siècle , comme on le voit clairement 
par les écrits de Tertullien et d'irénée. Dans la suite 
les Arabes, étant devenus les maîtres de ce pays, y in- 
troduisirent le mahomélisme, et c'est pendant leur 
longue domination que l'on vit en Portugal un grand 
nombre de mahométans et de juifs vivre pêle-mêle 
avec les chrétiens. Ceux-ci étant devenus les maîtres 
du pays à leur tour, les mahométans et les juifs furent 
persécutés à plusieurs reprises, et la religion catholi- 
que-romaine fut seule autorisée dans le royaume. Plu- 
sieurs juifs ayant embrassé le christianisme donnèrent 
lieu à la ridicule distinction entre les chrétiens anciens 
et les chrétiens nouveaux ] distinction qui coûta la vie 
à plus de 2000 individus sous Emmanuel, et qui sub- 
sista jusqu'en 1770, époque où le roi Joseph l'abolit 
entièrement. Maintenant toutes les religions sont per- 
mises en Portugal, et le Congrès vient de proclamer 
que la religion de la nation portugaise (article ij 
des bases de la Constitution) es/ la religion catholique ^ 
apostolique et romaine. On a déjà projeté le rappel 
des nombreux juifs portugais répandus dans toute l'Eu- 
rope et dans la Barbarie. C'est aux Juifs que les Por- 
tugais doivent en partie leurs premières connaissances 
en pliilosophie, en botanique, en médecine, en as- 
tronomie, en cosmograplùe, les premières notions 
II. I 



(^ ) 

des principes ilc Ja langue hébraïque et de la lilté- 
ralurc sacrée, qui, avant le xvi' siècle, étaient le 
sujet ordinaire des études. 

Les Portugais sont remplis de zèle pour leur religion, 
et suivent avec la plus grande exactitude toutes les 
pratiques qu'elle ordonne. C'est à ce respect pour la 
religion que l'on doit atiribuerla richesse et la magnifi- 
cence que les Portugais étalent dans la construction et 
dans l'ornement de leurs temples, quoique bien sou- 
vent elles ne soient pas accompagnées de ce goût ex- 
quis que Ton remarque en Italie. C'est surtout dans la 
construction du tabernacle destiné à déposer le saint 
ciboire, que rarchitecle étale toutes les richesses de 
son art. On peut dire en général que toutes les céré- 
monies religieuses se font en Portugal avec une ma- 
gnificence extraordinaire, mais surtout à Lisbonne et à 
Porto, dans l'exposition du très-saint sacrement, dans 
les dévotions de la semaine sainte et dans les proces- 
sions. Celle de la Fête-Dieu passe encore justement 
pour être une des plus pompeuses de toute la chré- 
lienté catholique. Dans toutes ces cérémonies les 
Portugais déploient une magnificence , un luxe dans 
les décorations et dans l'illumination qu'on ne trouve- 
rait point ailleurs, si ce n'est en Espagne et en Italie 
dans des circonstances semblables, particulièrement à 
Rome, à Milan et à Venise. Cet usage, outre l'avantage 
qu il a de contribuer à inspirer le respect pour les niys- 
tères de notre sainte religion, est encore très-utile aux 
beaux -arts, puisqu'il fournit des occasions multipliées 
d'employer un grand nombre d'artistes qui ont, par ce 
moyen, un champ toujours ouvert pour exercer leur 
talent; en conséquence, bien loin donc de blâmer cet 
usage, comme l'ont fait plusieurs auteurs qui ont écrit 
sur le Portugal, nous invitons ce peuple à le conser- 
ver, puisque tout ce qui tend à inspirer le respect pour 
le culte tend à entretenir celte salutaire vénération pour 
les vérités de notre sainte religion, qui est la base la 



(5) 

plus ferme d'une bonne morale et de toute société 
tien organisée. 

TRIBUNAL DE L'INQUISITION. 

Ce tribunal , qui, d'après les auteurs les plussavans, 
n'a été introduit que sous Jean lïï, pour découvrir et 
châtier les juifs cachés et les hérétiques, n'a jamais été 
aussi cruel en Portugal qu'à Goa et en Espagne. Son 
autorité était telle que les autres tribunaux souverains 
étaient obligés de lui rendre compte de leurs procédures 
quand il l'exigeait. Cependant le marquis de Pombal 
était parvenu à borner sa terrible influence au point 
que sous son ministère ses victimes se bornaient à des 
juifs, à quelques prêtres scandaleusement débauchés 
ou entachés d hérésie , et à quelques indiscrets qui mé- 
disaient du Saint-Office ; encore n'étaient-ils punis 
que par le fouet et le bannissement. Dans le dernier 
autodafé^ qui fut célébré en 1766, il n'y eut pas un 
sevXfiguron. Sous le règne de Marie l'inquisition avait 
repris une partie de son terrible empire, et la crainte 
qu'elle inspirait fît émigrer un certain nombre d'indi- 
vidus de toutes les classes, même de celle des militaires. 
Tous les pays de la monarchie portugaise, à l'excep- 
tion du Brésil , lui étaient soumis, il y avait quatre 
tribunaux suprêmes , savoir un à Lisbonne , qui avait 
la suprématie, et qui s'intitulait concclho gérai do 
Santo-Offlcio ; un autre à Coimbra, un autre à Evora, 
et un autre à Goa. Les trois tribunaux du Portugal 
coûtaient au gouvernement i5oooo cruzades par an. 
La sagesse et l'humaniié des Corlès viennent de les 
abolir entièrement. 

DIVISION ECCLÉSIASTIQUE DU ROYAUME, ET HAUT-CLERGÉ. 

Le royaume de Portugal offre autant de confusion 
et de désordre dans ses divisions ecclésiastiques qu'il 



(4) 

en présente clans les divisions civiles, administratives 
et militaires. Les réformes opérées vers la fin du règne 
de Joseph n'ont fait cpie diminuer le mal sans le gué- 
rir. Les juridictions des évêques s'étendent sur des ter- 
ritoires non-seulement très-inégaux, mais même in- 
terrompus et coupés par ceux d autres évéques et des 
prélats indépendans, qui, relevant immédiatement dn 
saint Siège, s'appellent /^e/zto^ (exempts). C'est à 
cette multiplicité de juridictions mal séparées les unes 
des autres que l'on doit attribuer la grande différence 
que l'on trouve entre les évaluations des écrivains na- 
tionaux et étrangers relativement au nombre des pa- 
roisses du royaume ; différence d'autant plus extraor- 
dinaire que le plus souvent on la trouve dans des auteurs 
contemporains, parlant presque de la même année. 

Sans nous arrêter à l'évaluation de Lima, qui en 
1752 comptait 5545 paroisses dans tout le royaume , ni 
à celle de Windham Beaves, qui en 1795 , prétendant 
le corriger, en comptait seulement 5554? parce que la 
première est trop ancienne, et la seconde évidemment 
inexacte, nous dirons que l'almanach de Lisbonne de 
l'année 1802 en compte 4^62 ; que le recensement de 
1798 porte ce nombre à 4262, celui de 1801 par 
couïarcas à 4o54 , celui de 1801 par diocèses à 
4046. Le major Gardozo , dans son Mappa liistorico- 
stalislique du Portugal, publié à Paris en j8i5, en 
compte 4255. Alberto-Carlos de Menezes, superinten- 
dente da agjicultura , dans un mémoire manuscrit 
présenté au Congrès , relativement à la division du ter- 
ritoire du Poilugal et des îles adjacentes, outre le nom- 
bre de paroisses trouvé dans le recensement de 1801, 
cite aussi les suivans : SgiS, 0987 et 4087. 

Le Congrès , sentant la nécessité de donner au Por- 
tugal une division ecclésiastique plus unifoime, et 
d'arrondir les territoires des différens diocèses, a déjà 
chargé de ce travail une de ses commissions. En atten- 
dant le résultat de ses travaux nous allons donner le 



(5) 

tableau de la division actuelle du royaume, en y insé- 
rant tous les exempts , dont la plupart sont inconnus 
non-seulement aux géographes étrangers, mais même 
à presque tous les géographes nationaux . Outre le 
nombre de paroisses appartenantes à chaque juridiction, 
nous avons indiqué aussi l'époque de la fondation des dif- 
férens diocèses , telle qu'on la trouve dansleMappa du 
major Cardozo sus-men lionne. Nous aurions voulu y 
ajouter aussi la quotité de leur revenu ; mais comme 
nous n'avons pas encore recules documens officiels qu'on 
doit nous envoyer de Lisbonne , et que nous trouvons 
des évaluations extrêmement disparates entre elles 
parmi les renseignemens que nous nous sommes pro- 
curés avant notre départ de cette ville, nous nous ré- 
servons de le donner dans le second volume de nos 
f^ariétés politico-statistiques. 11 est plus sage, à notre 
avis, de se taire que de publier des évaluations qui ne 
sont propres qu'à induire le lecteur en erreur. Nous 
ajouterons seulement que d'après le décret des Cor- 
tès ( P^oy. page 53o) du 28 juin 1821 la taxe que doit 
payer l'évéque d'Elvas monte à 70819 reis ; celle de 
l'évèque de Pinhel à 5i2 1 20, et celle de l'évéque d'A- 
veiro à 697 000 reis ; que la troisième partie des reve- 
nusdes dltiérens diocèses, depuis la créa lion du patriar- 
cat , entre dans la caisse du trésor , nommée Patriar- 
cale {Voy. pages 3 10 et 5i7 ), dont elle forme une 
des branches de recette les plus importantes; et que les 
prélats les plus riches après le patriarche sont l'arche- 
vêque de Braga , l'évéque de Coimbra, celui de Porto, 
l'archevêque d'Evora et lesévêques deFaro et de Viseu, 



(6) 

Tableau de la division cc<;lésiasliqii« actuelle tlii royaume. 

Paroisseî, 

Fatriarrat fondé en 1716 333 (1) 

Arclicvôclié de Lisbonne , fondé en i394ctabo]i en l']kl pour 
être réuni au patriarcat (2) 

Evéché de Lnniego dans le Vie siècle ', a38 

Giiarda sous Sanclic 1er 2o5 

Leiria en i545 , 5o 

Portalegro en i55o 4r 

Caslellu-Brauco sous Joseph le» 81 

archevêché iln Braga en 92. 1 292 

Evêché de Porto dans le Vie siècle 339 

— — Coinibra dans- le Vie siècle (3) 278 

Viseii dans le Vie siècle 300 

Aveiro sons Joseph 1er (1^). * ya 

Pinlicl sous Jcisepii 1er (5) . ....... 147 

Miranda (en i545 ) et Bragança (6) 534 

Archevêché d'Evora en iS-io (7) 1/44 

Evêche' d'Algarve sous Sanche Jer (8) ........ 70 

Elvas en 1570. A4 

Béja sous Joseph 1er 118 

Exempt de Crato résidant à Crato Za 

Exempt (le Grj/'o résid^ml à Grijo dans la comarca de Porto . . J 

Exempt de Thomar résidant à Thomar. 20 
Exempt deSnn-Joào de 2V/roi/ca résidant à Burgo dansla coniarca 

de Lamego 4 

Exempt de Sania-Cruz de Coimbra résidant à Coimbra. a 
Exempt de SantaCruz dn Douro résidant à Santa-Cruz doDauro 

dans la comarca de Porto près de Peiiafiel I 

Exempt de San-Christovào de Z/o/oes résidant à San-Christovào 

dans la comarca de Viseu. a 

Exempt de Salzedas résidant à Salzeda s dans la comarca de Lamego. 5 
Exempt de San-Pedro dus Aguias résidant à Granja de San- 

Petro das Ai^uias dans la comarca de Trancoso 8 

Exempt de f^illa-p'içnza 4 



(i) Le nombre des paroisses des diocèses s'accorde avec celui présenté par le ta» 
bleau page 2o4 ; il est tiré de documens officiels qui nous ont été fournis par 1» 
colonel Franzini. Celui des exempts est copié sur le tableau alphabétique de toutes les 
paroisses du royaume , rédige par le major Leal , employé au bureau statistique. 

(2) Lisbonne avait un évéque dès le Vie siècle. 

(3) Il a le titre de comte d'Arganil. 

(4) Son territoire a été détaché de celui de Coimbra. 

(5) Son territoire a été détaché de ceux de Lamego et de Viseu. 

(6) Lors de la réforme des diocèses , on sépara une partie du territoire de celui de 
Miranda pour en former le nouvel évcché de Bragança. Depuis quelques années levé- 
ché de Miranda a été supprimé et réuni à celui de Bragança. L'evêque, tout en rési- 
dant dans cette dernière ville, doit prendre le titre d'évéque de Miranda et Bragança. 

(7) Evora devint siège épiscopal sous le roi Sanche 1er , et archevêché en lL)^o , 
sous le cardinal Henri. 

(8)iLesévèques ontrésidéà Sllves jusqu'à l'époque où le pape Paul III transfe'ra 
1« siège à Faro, ou il est resté depuis. 



il) 

Le palriarche de Lisbonne est le premier de 
tous les ecclésiastiques du royaume. Cette dignité 
fut créée en 1716 sous Jean V, par le partage de 
l'archevêché de Lisbonne en deux diocèses ^ dont l'un 
resta à l'ancien siège sous le titre de Lisbonne orien- 
tale , et l'autre fut constitué en patriarcat en vertu 
d'une bulle de Clément XL Le prélat décoré de ce 
litre obtient de droit, depuis 17 5g, le chapeau de 
cardinal, a le titre de premier aumônier {capellào mor) 
de la chapelle royale^ et était le premier membre du 
conseil d'état. Son chapitre est très-nombreux et très- 
richement doté. Il est composé de 52 dignidades (di- 
gnités) et 20 conegos (chanoines). Les dignidades sont 
divisées en difïérentes hiérarchies, dont 16 portent le 
litre deprincipaes (principaux)et 36 celui de monsenho- 
res (monseigneurs). Liesprincipaes ont chacun 12000 
cruzades de revenu et portent le titre d'excellencia 
(excellence); leur habillement imite beaucoup celui des 
cardinaux. Les monsenhores jouissent d'un revenu de 
4000 cruzades et du titre de senlioria (seigneurie), et 
ont l'habit épiscopal sans aumusse. Les chanoines ont 
chacun 2600 cruzades de revenu avec le titre de se- 
nlioria. 11 v a en outre un grand nombre de beneficia- 
dos (bénéliciers ). Lorsque le patriarche officie ponti- 
ficalement il déploie une pompe qui rivalise avec l'éclat 
des cérémonies du Vatican. Son vicaire général porte 
le titre d'archevêque, depuis que l'archevêché de la 
partie orientale de Lisbonne a été aboli en 1741? et 
que le chapitre de l'ancienne église archiépiscopale a 
été soumis à la juridiction du patriarche sous le nom 
de basilica de Santa-Maria. Les revenus de l'église 
patriarcale montaient en 1 747 à 407 3o666g reis , et 
les dépenses ordinaires à 567 i5436o reis; ceux du 
palriarche à environ 100 000000 reis. Le roi Joseph 
les diminua beaucoup en 1755. Actuellement les re- 
venus de la patriarcale montent à 220000000 reis, 
sur lesquels 70 000000 environ appartiennent au 



(8 ) 

palriarche; ceux de la calhcJrale, iS<} ou basilique de 
Sanla-Maria, montent à 60000000 reis. ( Voy. pour 
les années antérieures le budget à la page 3i5. ) Le 
Congrès vient d'abolir la dignité patriarcale, et en a 
aflcclé les revenus au paiement de la dette nationale; 
on attend de Rome la bulle relative à cette abolition 
et au rétablissement de l'ancien arcbevêcbé. Le pa- 
triarche de Lisbonne est métropolitain des évéques de 
Caslello-Branco, deGuarda, de Lamego, de Leiria et 
de Portalcgre en Porlugal ; d'Angra dans l'arcliipel des 
AçoreSj'de Funcbal dans l'île de Madère; de Maranhào 
et de Para au Brésil. 

Après le patriarche viennent les deux archevêques 
de Braga et d'Evora , qui ont le rang de marquis et le 
litre de seigjieur ///^/5/m^z77z^. Celui de Braga porte 
encore le titie Ac primat diz royaume ^ et avait même 
autrefois celuide/7W//zaif de toute f Espagne. Ce pré- 
lat était seigneur ecclésiastique et séculier de Braga 
et de son territoire ; mais sa juridiction séculière a été 
abolie en 1790. Ses suffragans sont les évéques de Porto, 
de Viseu, de Coirabra, de Miranda etBragança qui 
réside à Bragança, d'Aveiro et de Pinhel. L archevê- 
que d'Evora a pour suffragans ceux de Beja, d'Elvas et 
a Algarve; ce dernier réside à Faro. Tous les évêquesont 
le rang de comte et le titre de seigneur. Leurs diocè- 
ses sont divisés par comarcas qui diffèrent desconiarcas 
séculières ou correiçoes. Les provinces d^outre-mer 
ont 2 archevêchés et 14 évêchés. 

Le roi a le droit de nomination à tous les évêchés, 
et reçoit un quart du revenu de chacim en Portugal ; 
la plus grande partie de ces sommes est employée à 
l'entretien du patriarcat. Le pape, dont l'influence 
a été bien restreinte en Portugal sous le règne de Jo- 
seph, confirme les évêques et ne peut y faire publier 
ses bulles sans la permission du roi. Il exerce par son 
légat son droit de juridiction sur le clergé, qui, sous 
le rapport des impôts, dépend encore de lui, et a 



(9) 

même le droit de nomination à quelques petites pré- 
bendes. Il n'y a pas long-temps qu'il tirait encore 
260000 écus romains du Portugal. Selon l'iiistoire du 
Portugal, composée en anglais par une société de lit- 
térateurs , on prétend que, durant le long règne de 
Jean V, Rome tira du Portugal plus de 94 millions 
de piastres fortes en argent comptant. 

CLERGÉ INFERIEUR, COUVENS D'HOMMES ET DE FEMMES, 
ET LEURS REVENUS, 

Considérations sur le nombre des ecclésiasti([ues actuellement ciistans 
dans le royaume. 

Le nombre des ecclésiastiques du Portugal a été 
€xtraordinairement exagéré par tous les écrivains qui 
ont écrit sur ce pays. Après avait fait beaucoup de 
recherches sur cet important sujet, nous n'hésitons 
pas à dire qu'il est dilïicile que le nombre total de 
tous les ecclésiastiques de ce royaume monte au-delà 
de 29000. Noire opinion, qui diffère très-peu de celle 
de 1 anonyme portugais auteur de l'intéressante bro- 
chure Os /rades julgados no tribunal da razào, 
paraîtra peut-être un paradoxe à ceux de nos lecteurs 
qui ont vu les évaluations de Dumouriez, deCarrère, de 
Chaielet, de Bourgoing, d'après lesquelles le Portugal 
aurait contenu 200000 ecclésiastiques des deux sexes ; 
celle de Laborde, qui en 1808 en portait le nombre à 
280000 , et celle des auteurs de l'article Portugal de 
l'Encyclopédie méthodique dans le Dictionnaire d'é- 
conomie politique, qui les portent) usqu'à Sooooo. Notre 
opinion n'en est cependant pas moins juste; et comme 
nous savons qu'il est des Portugais assez peu instruits 
des choses de leur pays pour suivre aveuglément les 
opinions absurdes des étrangers que nous venons de 
nonmicr, nous allons citer quelques faits assez positifs 
])our prouver jusqu'à l'évidence leur erreiir, et la ,vé- 
rité de notre assertion. 



( lo) 

D'après un lecensemenl exacl et détaillé fait par 
ringénieur Oistodio José Gomes de Villas-Boas en 
1794, on trouva que dans toute la province du Minho 
il n'y avait alors, sur une population de 636o82 Labi- 
tans, que 5177 ecclésiastiques séculiers et 14^0 régu- 
liers ou moines , ce qui fait en tout 6607 ecclésiasti- 
ques. La population du Minho étant à cette époque de 
quatre dixièmes environ moindre que le quart de la 
population totale du royaume , qui pouvait alors être 
évaluée environ à a 880000 habitans, en multipliant 
6607 par 4-45 ^^ aura 29071 ecclésiastiques, nombre 
qui excède certainement la quantité réelle , du moins 
pour la partie relative aux moines, qui sont beaucoup 
plus nombreux dans le Minho que dans les autres pro- 
vinces du royaume. Si l'on voulait connaître le nombre 
approximatif des individus appartenans au clergé ré- 
gulier, on pourrait y parvenir en raisonnant de la ma- 
nière suivante : si le Minho, sur 1187 paroisses, n'a- 
vait en 1794 que 5i77 ecclésiastiques séculiers, en 
supposantla même proportion pour le reste duroyaume, 
combien devra en avoir ce dernier dans l'hypothèse 
qu'il contienne /^o5/^ paroisses. On en trouverait la 
solution dans le quatrième terme de la proportion sui- 
vante : 

1 187 : 5177 : : 4o54 : x = 18000 environ. 

Si 1 on comptait 5 ecclésiastiques séculiers par pa- 
roisse, ce qui est trop, on aurait 4064 X 5 = 20270 
ecclésiastiques séculiers pour tout le royaume. De 
même en multipliant les 14^0 ecclésiastiques réguliers 
du Minho par 4.4, on aurait 6292 ecclésiastiques ré- 
guliers pour tout le Portugal. Ces résultats doivent 
étonner d'autant moins qu'on voit dès Tannée 1662 
1 auteur de VArte defuriar supposer que le nombre 
des moines de ce royaume n'allait pas au-delà de dix 
mille, et qu'il est notoire que depuis cette époque 
leiu" nombre a beaucoup diminué, surtout depuis la 
sujipression des jésuites et les nouveaux règlement 



(" ) 

promulgués pour diminuer le nombre des couvens. Ce 
même auteur suppose qu'il y avait bien i5ooo reli- 
gieuses; ce nombre est bien diminué aujourd'hui. En 
effet nous savons qu'en 1794 il y en avait ioo5 dans 
les 24 couvens du Minho. 

En partant de cette base et en comptant 106 couvens 
de religieuses pour tout le royaume, nous aurons, dans 
le quatrième ternie de la proportion ci-dessous , le 
nombre de religieuses existantes dans tout le royaume. 

24 : ioo3 :: 106 : x = 4429 ff , ou en chiffres 
ronds 445o. 

En mettant en somme les nombres que nous avons 
trouvés pour le clergé séculier et régulier, nous aurons 
18000 individus appartenans au clergé séculier, 6292 
religieux et 443o religieuses pour le clergé régulier, 
ce qui fait un total de 28722 individus, ou en nombres 
ronds 29000. Voilà donc réduits à 29000 les 200000 
et les Sooooo ecclésiastiques que tous les géographes 
et tous les voyageurs s'obstinent à supposer dans ce 
petit royaume , qui au contraire offre sous ce rapport 
une proportion beaucoup inférieure à celle de l'Es- 
pagne , de la France avant la révolution , de l'empire 
d'Autriche, avant la réduction des couvens faite par 
l'empereur Joseph II , et surtout du royaume de Naples , 
qui, selon Zimmermann, avait en 1782 4^520 ecclé- 
siastiques séculiers, 24694 moines et 20793 religieuses. 

Ce que nous venons de dire sur le nombre des ec- 
clésiastiques peut s'appliquer au nombre des couvens. 
L'exact Ebeling compte en Portugal 4i8 couvens d'hom- 
mes et 108 de femmes. L'auteur anonyme des Os f rades 
julgados no tribunal da razào porte à 41 5 le nombre 
des couvens d'hommes. Le Mappa cronologico do 
reino de Portugal, publié en i8l5, et dédié au 
prince régent , en compte 692 d'hommes et 106 de 
lemmes. Le major Cardozo, dans son Mappa do reino 
de Portugal , porte à 585 le nombre des couvens 
d'hommes et à io5 celui des femmes. Un tableau très- 



( ^^ ) 

délalUe, qui nous a été remis par une des personnes les 
plus insliuilcs du Portugal , évalue le nombre des pre- 
miers à 4i7 et celui des secondsà lo-; .Nous ne saurions 
dire d'où ces savans tirent leurs évaluations. Ce qui 
est bien certain c'est que le Mappa de Portugal de 
Joào Baptisla de Castro, qui est le *eul ouvrage dans 
lequel on trouve indiquées individuellement les maisons 
de tous les ordres réguliers du royaume , ne compte 
que 38o couvens de religieux, 24 hospices, 4 maisons 
d'infirmerie et 17 hôpitaux des religieux de San- Joào 
(le Deos. Les hôpitaux n'ont que le nombre de reli- 
gieux nécessaire pour l'administration et le soin des ma- 
lades; aujourd'hui leur nombre a éprouvé de grandes 
réductions. Les maisons d'infirmerie (casas de infer- 
maria) sont destinées à servir de retraite à un petit 
nombre de religieux malades ou invalides. Les hospices 
lie comptent que 2 , 3 et tout au plus 4 religieux , et ne 
peuvent pas compter comme couvens. Des 080 couvens 
sus-mentionnés il faut en diminuer huit des Coricgos 
regrantes de Santo- Agostinho , qui n'existent plus 
depuis plusieurs années ; deux des Padres theatinos 
da divina Providencia, qui ont éprouvé le même sort; 
quatre des Clerigos agonizantes, et ceux des Congre- 
gados de Covas de Monfurado, des Marianos concei- 
cionistas y de la Cong?-egaçào de Oliveira, etc., qui 
sont aujourd'hui presque inhabités, et que Castro mit 
dans son tableau, seconde édition de 1763. En taisant 
cette soustraction nous aurons seulement 363 couvens. 
Ce nombre peut nous conduire à connaître par un moyen 
différent de celui que nous avons suivi ci-dessus le 
nombre des religieux réguliers de tout le royaume. Le 
voici : d'après des recherches très-exactes faites sur le 
nombre d individus appartenans à chaque couvent, on 
a trouvé qu'il faut compter tout au plus l5 religieux 
j>ar commimauté. En leur en accordant même 1 6 , nous 
aurons : 363 x 16 = 58o8 religieux, et y en ajoutant 
1 00 pour les hospices nous aurons 6908 , somme qui 



( i5 ) 

dilTèrc irès-peu des 6292 que nous avions trouvée au- 
paravant, et que nous croyons s'approcher encore plus 
du nombre réel. 

Pendant que nous faisions ces calculs à Porto pour 
parvenir à connaître le nombre des religieux du Por- 
tugal , les différentes autorités ecclésiastiques du 
royaume , d'après un ordre du Congrès, dressaient des 
tableaux de tous les couvens actuellement existans, 
du nombre des individus profès et laïques qu'ils con- 
tiennent, et de leurs revenus. A notre retour à Lis- 
bonne nous nous sommes empressé de nous faire ccii* 
muniquer les résultats généraux que nous donnons 
ci-dessous , et que nous avons eu la satisfaction de 
voir s'accorder parfaitement avec ceux que nous avions 
obtenus de nos calculs. 

Tableau du résultat général du nombre de tous les couvens d'hommes 
du royaume, des religieux qu'ils contiennent et de leurs revenus en 
octobre 1821. 



OrJens militares (ordres mi'.itaîres) , monges 
(moines) , conegos regrantes et seculates 
(ckanoiaes réguliers et séculiers). 

Mendicantes (ordres mcndiaus) 

Mendicaates dotados (mendians dotés). . 

Misiionarios (mlssionnatres). 



Nomb. de 


Norah.de 


Revenus ea 


couvens. 


religieux 


argent. 


29 


1160 


336 580000 n-is. 


167 


3.0'iO 


16 620000 


i55 


2070 


2^3 680000 


9 


180 


1 l I^OOOO 


56o 


5-;Co 


607 ^Soooo 



Total. 



Il faut ajouter aux revenus en argent les articles snivans : 
<)26oo alqncircs de l'roiaent. 

4j8oo alqurires de seconde récolte (sccunda proJucçào). 
aSgoo alqueires d'orge. 

iloo alcjueires de légumes. 
Doooo? alniudcs de vin. 
2000? almudfs d'huile, etc. , etc. 

Les ordres militaires comptent 5 couvens, 106 re- 
ligieux et 66 domestiques. Leurs revenus se composent 



( i4) 

des articles sulvans : 3i 543407 reis en argent, iSgi 2 
alqueires de Iromenl et de seconde récolle , 25o3 al- 
nuelres d'orge, i53 alqueires de légumes, l655 al- 
niudcs de vin, 786 alnmdcs d'huile, et autres objets 
de moindre importance. 

Les Conegos regrantes de San-Agoslinho sont les 
plus riches. Ils comptent 7 couvens, 169 religieux, 
et leurs revenus se composent des articles suivans : 
g5 806754 reis en argent, 12960 alqueires de froment 
et de seconde récolle, i5i5 alqueires d'orge, 607 al- 
queires de légumes, 280 almudes de vin, 24 almudes 
d'huile , et d'autres articles de moindre importance. 

Tableau olfrant le résultat général du nombre de tous les couvens de 
!cmnics du royaume, des religieuses qu'ils contiennent et de leur» 
revenus en octobre 1821. 

Couvens de religieuses 126 

Couvens de commcndadeiras et recolhimentos 

f hospices ) 12 

^ ' ^ - i3S 

Religieuses professes 2726 

Commendadeiras et recolhidas ( retirées) . 162 

Novices 55 

Soeurs converses (leigas). i5i 

3093 

Dames séculières (senhoras seculares) . . . 164 
Elèves ( edncandas) 789 

Domestiques fcreadas ) 1907 

, 2810 

Total général. . . 5yoj 

Il y a en outre 4' prêtres cliapelains ( clerigos 

capeiàcs)ct i^i domestiques hommes (créa- 

dos) , ce qui fait un total de 382. 
Les revenus de tous ces couvens et hospices se 

composent de la manière suivante : 

En argent 363 000000 reis 

En froment 4y5oo alqueires évalués ;i . 2Ô 000000 reis. 

En orge 33ooo alqueires G 000000 

En vin 3900 almudes 4 000000 

En huile 63oo almudes 1 3 000000 

Fn articles divers. 10 000000 

Total du revenu. . .jai 000000 reis . 

En évaluant la surface du Portugal à 2855o milles 
carrés, ci en comptant, d'après les deux tableaiUL ci- 



( 15) 

dessus, 49S couvens et hospices , nous aurons 1 cou- 
vent ou hospice par 56.7 milles carrés. En éva- 
luant la totalité delà population 3 lySooo, et tous les 
ecclésiastiques séculiers et réguliers des deux sexes 
27000, nous aurons 1 ecclésiastique sur 117 { habi- 
tans ( les domestiques et les élèves non compris ). En 
ne comptant que les seuls ecclésiastiques du sexe mas- 
culin, on en trouverait un sur 65.35 habitans mâles, 
en évaluant ces derniers 1 5200oo ; c'est un tiers de 
moins que le gouvernement de Milan, où, en i8i5, 
sur 1 102548 habitans du sexe masculin on trouva 
1 1481 religieux , ce qui fait un ecclésiastique sur g5.o'2 
habitans mâles. Si on voulait faire ce calcul sur les seuls 
moines nous aurions un religieux sur 647 habitans de 
tout sexe. Celte proportion est bien inférieure à 
celle que donne pour l'Espagne le recensement de 
l'année 1787, dans lequel on trouva 49270 moines sur 
10 145975 habitans, ce qui fait un moine sur 206 ha- 
bitans. Le royaume de Naples en 1782 offre une pro- 
portion encore plus forte , puisqu'il y avait alors un 
moine sur 189 7 habitans. 

Les villes du Portugal qui contiennent le plus grand 
nombre de couvens sont : Lisbonne j qui en a Sq (1); 
Coimbra f qui en a 2 et 17 collèges, dont 14 peuvent 
être considérés comme des hospices ; Evora , 1 2 ; 
Porto, 10; Santareni y 11; Braga^ 4 > ^^ Guima- 
ràes , 4« Cette quantité, tout exorbitante qu'elle est, pa- 
raît peu considérable lorsqu'on la compare au nombre 
des maisons de ce genre qu'avaient , il n'y a pas long- 
temps , quelques ^^lles de l'Espagne et du royaume do 
Naples d'une moindre étendue et d'une population 
inférieure. Kalladolid avait 43 couvens \ yilcala , 
19 et 20 collèges; Salamanca, 20 couvens et 58 col- 



Ci) Cpu\ de friiiinpj ne sonf pa» compris dans ers f.ilciils. 



( 1^ ) 

léges ; Aquila, 17 couvens; Cosenza^ 16; SalernO) 
14 ; etc. etc. 

Nous lerniiiierons ce cliapitre |3ar quelques re- 
marques sur les casas de misericordia , les liôpilaux, 
les recolhimentos, et sur les e(x:lésiasliques en général. 

On trouve dans presque toutes les cidades et vil/as 
du Portugal un élablissemenl de bienfaisance qu'on 
appelle casa de misericordia [maison de miséricorde). 
C'est une institution des plus utiles à la société, et les 
monarques portugais lui ont toujours accordé une 
protection spéciale. Le Lut de ces établissemens est de 
secourir l'humanité souffrante , et ils ont à cet efi'et 
des revenus établis sur des immeubles (bens de raiz) , 
des cens (foros), des pensions (pensoens), des intérêts 
(juros), etc. Us sont chargés principalement de l'édu- 
cation des enfans trouvés et du soin des prisonniers in- 
digens, de l'établissement et de la dotation des orphe- 
lines, d'accorder l'hospitalité aux mendians et aux 
pèlerins, de donner des soins aux malades pauvres: 
de grands hôpitaux, et d'autres plus petits à qui 
on a donné le nom de albergarias sont destinés 
à ce service ; enfm toutes les œuvres de bienfai- 
sance entrent dans leurs attributions. L'administra- 
tion de chacune de ces maisons est confiée à une 
confrérie (confraria ou irmandade), qui est gou- 
vernée par un règlement nommé compromisso , Cha- 
que année le provedor da comarca , et suivant les 
lieux le corregedor , ou lejuiz de fora, ou ordinario 
de 1 endroit où existe un de ces éiablissemens , reçoit 
les comptes, examine la gestion de l'administration et 
surveille l'exécution de ses devoirs ; il envoie ensuite 
'AXxDezembargodo paço (voyez 1" vol., page 247) l'état 
de situation de rétablissement. Plusieurs de ces mai- 
sons ont des revenus considérables , comme celles de 
Lisbonne , Porto , Evora , Setubal , Braga , Coim- 
bra, etc. etc. Quoique les lois qui régissent cette ad- 
ministration soient sages , et semblent avoir pourvu à 



^ 17 ; 

tous les cas, il s'v est glissé cependant plusieurs abus, 
de sorte que malheureusement une insliîulion si phi- 
lanthrophique ne produit pas toutle Lien qu'on pourrait 
en attendre , par la dilapidation des revenus , souvent 
détournés par des administrateurs infidèles. 11 faut ce- 
pendant espérer que, d'après le nouveau système de 
gouvernement, des mesures énergiques seront prises 
pour faire rentrer ces établissemens dans le but exact 
de leur institution. 

Outre les hôpitaux particuliers et les hospices (alber- 
garias) des casas cla misericordîa ^ il y en a plusieurs 
autres établis par le gouvernement, et dont les revenus, 
provenant des mêmes sources que ceux des misericor- 
diasj sont très-considérables. Ou ne recevait autrefois 
dans ces hôpitaux que les seuls bourgeois malades 
indigens ; les militaires v sont admis aussi depuis \^ 
décret des Cortès qui abolit les hôpitaux militaires du 
Beato Antonio à Lisbonne , ^ Ahrantes , ô^Evora , 
de Lamego , de Porto et de Chaves , et qui a fixé 
5oo reis par jour pour l'entretien de chaque soldat 
malade. Les principaux hôpitaux du royaume sont 
V hôpital royal de Saint- Joseph ( San-Jozé ) à Lis- 
bonne , Xhôpital royal à Porto , ceux de Caldas 
da Rainha, d'Ehas, de Coimbr-a, de Braga^ etc. 
La faible mortalité observée parmi le grand nom- 
bre de malades traités dans le grand hôpital de Saint - 
Joseph à Lisbonne est le meilleur argument que l'on 
puisse citer en faveur dé la bonne méthode de traite- 
ment des maladies et des soins prodigués aux malades. 
On peut en dire autant de plusieurs autres, ainsi que 
des hôpitaux militaires. îl en est bien autrement dans 
ceux destinés à recevoir les enfans trouvés. La mortalité 
dans ces établissemens' est vraiment effrayante. Le ta- 
bleau suivant peut servir de preuve à ce que nous 
venons de dire sur les premier* ; nous regrettons seu- 
lement de n'avoir pas trouvé dans nos papiers \\n autie 
tableau que nous nous étions procuré à Lisbonne, et 

ïi. 2 



i8) 



qui ofîVait le nonilire de cures et de décès survenus 
dans les dix dernières années. 

Tableau tles malades guéris et moits aniuiellcment dans l'bôpital 
royal de S. Joseph à Lisbonne depuis 1788 jusqu'à 1807. 



Années. 

J789 
1790 

179' 
5792 

179^ 

179^ 
1796 

'797 
1798 

'799 
1801 
jSo.5 
1806 



Guéris. 



9 688 

10 445 

1 1 928 

M .73 




12 536 




i5 080 




12 1 08 




i3 235 




i4 802 




i3 oo4 
.5 .98 


2 


1 4 121 


2 


Î2 997 


2 



Morts. 
3o8 



663 
371 
666 
782 
4i5 

579 
933 
666 
o83 
076 
n6 



Dans tous les établissemens publics de Paris, dans 
les dix années qui se sont écoulées depuis i8o4 jus- 
qu'en i8i4j on soigna 555602 malades dont 57861 y 
moururent. A Lisbonne , pendant les 18 années sus- 
mentionnées , sur i66320 malades, 2ig3i seulement 
moururent. 

En i8i4> dans l'hôpital général de Madrid , sur 
10891 malades, il y eut 10169 cures et 722 décès; 
en 1818, le nombre des malades fut de 10010; sur ce 
nombre il y eut 9i5o cures et 860 décès. 

Les î-ecolhunentos (maisons d'asile) sont des en- 
droits où des fenmies vivent retirées du monde , mais 
sans cependant Taire de vœux. 

Le clergé séculier n'a pas, à quelques exceptions 
près , l'inlluence et la considération dont jouissent 
les moines dans les familles. Cependant dans ces der- 
niers temps les choses pnt bien changé à cet égard , 
surtout dans les grandes villes , et les ecclésiastiques en 
général ont beaucoup perdu de l'influence qu'ils exer- 
çaient sur les esprits. Les vœux monastiques sont de- 



( 19) 

venus déjà plus rares, surtout parmi les individus des 
tamilles les plus distinguées. Depuis quelque temps on 
a pris des mesures très-énergiques pour borner le nom- 
bre des couvens , dont plusieurs ne sont plus habités; 
En 1759 le Portugal fut le premier à chasser les jésuites 
de toutes ses possessions , et leurs biens furent confis- 
qués. Le ministre Pombal fit porter à 25 ans l'âge 
nécessaire pour prononcer les vœux. En 1788 parut 
un nouveau décret par lequel personne ne peut entrer 
dans l'état ecclésiastique sans la permission du roi. 
En dernier lieu les Cortès ont suspendu jusqu'à nouvel 
ordre toute nouvelle ordination. 



^^^vv^^<^•*^v*w^■^v^v\'\ 



(20) 



1.\'V'»'V^WV>IV»V 



,v»^»A^vvvv\MVv^\^»v^^*^^'v^vvvvvv\^wvvvvw^lVWv^fl«vvwvvwv^^Ar«v^^ 



GÉOGRAPHIE LITTERAIRE. 

CARACTÈRE PHYSIQUE ET MORAL DE8 PORTUGAIS. 

Pour juger convenablement du caractère physique 
et moral d'une nation , il faut avoir fait un long séjour 
dans le pays , de fréquens voyages dans les différentes 
provinces; il faut posse'der la langue nationale, et avoir 
vécu familièrement , ou du moins avoir vu de près les 
différentes classes de la nation. N'ayant habité le Por- 
tugal que pendant assez peu de temps, et n'aj'^ant visité 
que quelques parties de celte contrée, nous n'osons 
entreprendre d entrer dans des détails qui exigeraient un 
examen plus approfondi. Cependant, en rapprochant 
ce que nous avons vu nous-même à Lisbonne et à 
Porto dans un séjour de près de deux années, avec ce 
que nous avons appris de beaucoup d'éirangers très- 
insiruits qui vivent depuis plusieurs années dans ce 
royaume , et qui l'ont parcouru dans tous les sens , 
nous osons nous flatter de n'induire personne en er- 
reur , en peignant de la manière suivante cette intéres- 
sante nation. 

Les hommes sont en général bien faits , mais d'une 
taille médiocre ; beaucoup ont de l'embonpoint, pres- 
que tous ont les yeux et les cheveux noirs et la peau 
moins blanche que celle des peuples du nord de l'Eu- 
rope; mais en revanche on voit très-peu d'individus 
bossus et estropiés, et on peut dire que presque tous 
les habita n s sont fortement constitués. En général les 
femmes sont jolies; elles ont de beaux yeux noirs, des 
traits agréables, le corps bien proportionné, le pied 
petit et une tournure élégante. Les plus beaux hommes 



( .1 ) 

et les plus forts se trouyent dans la Serra d'Eslrella , 
dans le Minho elle Tras-os-Montes ; les liabitans des 
mêmes provinces sont assez souvent blonds ou châtains, 
et ont la peau assez blanche. 

Le Portugais est essentiellement bon et tranquille , 
et sous ce rapport il l'emporte sur tous les autres peu- 
ples de l'Europe. Les plus grands rassemblemens se 
passent sans le moindre désordre. Les derniers événe- 
mens, dont nous avons été tranquille spectateur, ont 
mis celte vérité en toute évidence. La politesse est ex- 
trême dans toutes les classes, sans en excepter le bas 
peuple , qui est très-officieux envers tout le monde , 
mais qui en revanche exige beaucoup d égards. Il est 
rare d'entendre un Portugais de quelque condition que 
ce soit jurer ou prononcer des paroles obscènes. Si le 
peuple est en général dévot, il faut néanmoins conve- 
nir qu'il n'a jamais été fanali([ue , lors même que ses 
rois lui en donnaient l'exemple. 

'Les hommes de cette nation ont beaucoup d'aptitude 
pour les sciences et les arts ; la poésie fait leurs délices ; 
et l'on trouve en Portugal comme en Italie d'excellens 
improvisateurs; les autres arts y sont plus négligés, 
et en général on s'y borne à l'imitation des chefs-d'œu- 
vre étrangers. Les Portugais cultivent au contraire et 
excellent aisément dans les sciences du calcul, car ils 
unissent au flegme et à la patience des nations du nord 
la brillante imagination des peuples méridionaux. 11 
nous semble qu'on accuse à tort les Portugais d'indo- 
lence et de manque d'activité ; un peuple paresseux ne 
pénètre pas dans des contrées éloignées, comme ils 
font encore aujourd'hui dans l'intérieur de l'Afrique et 
du Brésil. Cependant il faut avouer que ce reproche 
est juste pour les paysans des plaines de l'Eslremadura 
et de l'Alem-Tejo. 

Si l'on voulait assigner quelques traits caractéristi- 
ques aux habilaiis des différentes provinces du royaume 
on pourrait dire que ceux de l'Estremadura sont les 



( -^-^ ) 

plus policés; que ceux de rAliL;arve passent pour être 
les plus vifs; que ceux de la Beira sont irès-Jahorieux ; 
que les Minliotcs sont pleins de feu, d'esprit et d'in- 
dustrie. Quoique ceux du Tras-os-Monles soient un 
peu grossiers, il faut avouer cependant qu'ils sont 
braves, très-actifs, et qu'ils conservent encore dans 
quelques-uns de leurs charmans vallons toute l'inno- 
cence cl la simplicité des mœurs de leurs ancêtres. Les 
paysans de la haute Beira, et plusieurs de ceux du 
Tras-os-Montes et duMinho se rendent en hiver dans 
l'Estramedura et dans l'Alem-Tejo, où ils s'assujettis- 
sent aux travaux champêtres les plus pénibles; quel- 
qi^ies-uns même passent en Espagne où ils vont aider 
les habitans de quelques-unes de ses provinces dans 
les travaux les plus durs. Les Algarviens ont justement 
la réputation d'être les meilleurs matelots du royaume, 
et forment presque exclusivement le nombreux corps 
des bateliers qui couvrent de leurs bateaux les eaux du 
Tage à Lisbonne. Les Portugais en général sont bofis 
matelots et bons soldats; robustes, constans, coura- 
geux et très-sobres, ils sont appréciés comme marins 
par les Anglais, et ils l'ont été par les Français dans 
la guerre de la Péninsule^ où ils ont tant contribué 
aux succès des Anglais et des Espagnols. 

Depuis quarante ans, et surtout dans les dix dernières 
années les mœurs des Portugais ont beaucoup perdu de 
leur origmalité, et ont pris la teinte de celles des nations 
qui ont le plus de relations avec eux. Les mœurs dé- 
crites par Murpliy, Dumouriez, Chatelet et Link n'exis- 
tent presque plus; et si l'auteur du tableau de Lisbonne 
revenait encore une fois dans cette ville, nous n'hési- 
tons pas à le dire , il se verrait obligé de révoquer en- 
tièrement le jugement sévère qui peut-être était juste 
sous quelques rapports quand il a piononcé. 



(25 ) 

LANGUE PORTUGAISE. 

Laissanl aux philologues le soin de caraclériser la 
langue turdetaine , qui est la plus ancienne de celles 
qu'on a parlées dans les contrées qui forment le Por- 
tugal actuel, d'après l'aveu deStrabon, de saint Augus- 
tin, etc., nous nous bornerons à dire que cette ancienne 
langue se corrompit insensiblement par le commerce 
des Phéniciens et des Grecs, par l'occupation de la 
Lusitanie, d'abord par les Carthaginois, et ensuite par 
les Romains. Ceux-ci imposèrent, avec le joug de 
leur domination, la nécessité de s'exprimer dans leur 
langue. Le latin prit en Lusitanie la place du lurde- 
tain; mais corrompu par ce qui en restait, abâtaidi 
par ce mélange, ce n'était pas le latin de Virgile ou 
de Tite-Live que l'on y parlait, mais un jargon bar- 
bare qui, confondu depuis avec quelques mots gothi- 
ques et arabes (dont il ne prit cependant aucun des 
sons gutturaux), forma la langue que l'on parlait en 
Portugal, comme en Galice et en Castille, lorsque le 
comte Henri de Bourgogne fixa sa cour à Guimaràes , 
où il attira beaucoup de Français dont la langue fournit 
encore quelques expressions au portugais. Nous n'a- 
vons rien vu de cette langue antérieur à celte époque, 
que les fragmens d'un poème sur l'occupation de 1 Es- 
pagne par les Arabes , composition attribuée à Rodri- 
gue, dernier roi des Goths, qui l'écrivit, à ce que 
1 on prétend , dans son ermitage de Pederneira, vers 
1 an 73o. Sans garantir qu'ils soient de lui, nous trans- 
crirons ces fragmens au commencement de l'Appen- 
dix à la géographie littéraire, ainsi que tous les exem- 
ples de langage que nous croirons devoir citer. > 

Depuis Sanche V\ mort en 12 1 1, et sous le règne du- 
quel la langue portugaise fut un peu améliorée, jusqu'à 
Denis qui régna depuis 1279 jusqu'en 1025, elle ne 
se perfectionna que très-peu. Denis, fondateur de la 



( ^o 

lillératlire poilaqnJse, lui fit f:nrc des progrès consi- 
dérables. On peut dire cependant qu'elle ne fut entiè- 
rement formée que sous Alphonse V, mort en i48l, 
quoique ce qui nous reste du portugais avant ce règne 
soit plus intelligible, toute proportion gardée, que 
tout ce que nous avons vu des autres langues de l'Eu- 
rope, excepié l'italienne, à des époques contemporai- 
nes. Bien que dans imc langue quelconque il soit si 
difficile de se foire une idée juste de la prononciation 
jadis en usage, il nous paraît qu'avant Alphonse V 
celle du portugais tenait plutôt de celle àugoJego, ou 
idiome galicien actuel, que de celle que Ton emploie 
aujourd'hui en Portugal. Nous fondons cette opinion 
sur ce que, pour rendre les mots écrits avec l'ortho- 
graphe ancienne, il faut nécessairement les prononcer 
comme les Galiciens les prononcent encore . comme 
par exemple : Joom , coraçonij moni, pom , rasoin , 
coniy que l'on écrit actuellement en Portugais yoao, 
coraçâo, mào, pào, rasclo, ccio, en formant leuis plu- 
riels en des, des , doSj conimejooes , coraçoes, mdoSf 
pdes, rasôe.Sy cdes, etc., en leur donnant une pronon- 
ciation indéfinissable, et qu'aucun étranger ne peut 
atteindre , quelque long qu'ait été son séjour en Por- 
tugal. La même différence existe aussi pour les termi- 
naisons en em, dans les mots tels que tem, que/n, vejn^ 
qui produisent un son qui n'existe dans aucune des 
langues que nous connaissons. Alphonse V appliqua 
la connaissance qu'il avait du latin au perfectionnement 
de sa langue maternelle qu'il écrivait lui-même très- 
bien, et qui sous ses yeux et par ses soins devint une 
langue pure, énergique, concise, élégante et d'une ri- 
chesse extraordinaire. Quelques mots surannés en dispa- 
rurent, et au nombre de ceux qui furent proscrits , nous 
ne pouvons notis empêcher d'en regretter quelques-uns 
1res- expressifs, icls que ardiâo, guisa, soèrex. d'autres. 
Jean il, fds et successeur d'Alphonse V, continua son 
ouvrage; et depuis ces deux rois jusqu'à la malheureuse 



(=5) 

eîjpédition d'Afrique en 1578, la langue portugaise 
atteignit ce degié de perfection , cette vigueur niale , 
cette douceur suave qui dans les langues annonce la 
prospérité de ceux qui les parlent, surtout dans les 
pays méridionaux, où ^imagination s'enflamme aussi 
facilement dans le bonheur, que toutes les facultés 
s'énervent dans les revers. Les œuvres de Joào de Barros 
( surnommé le Tite-Live portugais ) , Frey Luiz de 
Souza, Frey Bernardo de Brito, Antonio Pinto Pe- 
reira, Joào de Lucena, Antonio deCastilho, Fernando 
Mendez Pinto, historiens; celles de Frey Heitor Pinto, 
Frey Amador Arràes, Frey Joào de Ceyt^, Frey Pe- 
dro Calvo, orateurs, se ressentent de la noble énergie 
qu'imprimaient à ces auteurs les hauts faits, la gloire 
et la grandeur de leurs contemporains, tandis que les 
poésies de Camoes, d'Antonio Ferreira, de Diogo 
Bernardes, de Jeronimo Corte-Real, d'Eloy deSouto- 
Mayor, de Vasco Mausinho, de Fernào Alvares do 
Oriente, et de Francisco-Rodriguez Lobo, en sou- 
tenant ce grand caractère ^ y ajoutent la douce expres- 
sion des sensations heureuses que l'on ne saurait 
jamais rendre sans les avoir éprouvées. Tout ce qui 
nous reste de cet âge d'or du Portugal est d^une 
force, d'une douceur et d'une élégance d'autant plus 
aimables, qu'elles ne sont jamais recherchées ni ou- 
trées. L'étude approfondie que tous ces grands auteurs 
faisaient du latin; la persuasion où ils étaient que leur 
langue maternelle en dérivait ; le soin qu'ils mirent à 
rapprocher ces deux sœurs, dont le rapprochejnent 
devint si sensible dans leurs écrits immortels, assimilent 
ceux-ci d'une manière frappante à ceux des classiques 
latins. Quelques-ims de ces écrivains s'exercèrent à 
écrire de longues phrases, à faire des vers que l'on peut 
lire à volonté en latin ou en portugais; car tous les 
mots sont indistinctement des deux langues; et la 
seule différence que l'on trouve en les lisant en latin 
consiste dans la construction des phrases, dont quel- 



(26) 

qiics-unes ne sojit pas d'un ]alin pur, parce que l'on 
a prélevé sacrifier la locution latine à Téléi^ance de la 
locution porlufjaise. 

L'année lôyS, à jamais fatale au Portugal, enseve- 
lît dans les sables brùlans de l'Afrique tous les genres 
de grandeur jusqu'alors si familiers aux Portugais ; et 
les événemens de l'année i58o achevèrent de lesanéan- 
lir. Les hommes de cette malheureuse nation, sou- 
mis à un gouvernement étranger et tyrannique, s'abru- 
tirent insensiblement par l'habiiude de la flatterie, 
monstre qui étouffera éternellement l'expression du 
génie, parce qu'il en borne l'essor. Les Portugais, 
honteux de* n'avoir pu conserver leur indépendance, 
rougirent d'un nom que leurs actions désavouaient; 
ils ne voulurent plus écrire dans la langue qui avait 
chanté leurs prouesses et celles de leurs ancêtres , lan- 
gue qui leur reprochait leur avilissement, à une époque 
si rapprochée de celle du plus haut point de leur gran- 
deur. Us crurent mieux plaire à leurs maîtres en s'adres- 
sant à eux dans leur langue; et Philippe II, harangué 
aux frontières du Portugal par un Portugais qui lui 
parla espagnol , l'interrompit en portugais , en lui or- 
donnant de parler sa langue; ce qui déconcerta telle- 
ment l'orateur, qu'il ne put rien articuler dans la lan- 
gue dans laquelle il ne pensait plus. Cette méprisable 
manie de paraître étranger dans sa propre patrie n'est 
pas encore extirpée du Portugal. La révolution de 
i64o arriva trop tard pour être réellement avantageuse 
à ce pays. Des institutions qui réprimaient la libre 
communication des idées; l'instruction publique con- 
fiée à un ordre régulier qui ne cherchait qu'à augmen- 
ter son pouvoir en comprimant la pensée; les plus 
belles conquêtes, le sceptre de la navigation et du com- 
merce passés dans des mains plus heureuses; un roi 
faible et borné : tout se réunit pour faire déchoir ce 
j)ays de plus en plus; la belle langue portugaise ne 
s'en ressentit que trop , elle dépérissait; et enfin l'ex- 



( '7 ) 
nnclioli de la représenlaliou nationale y [)orla la der- 
nière alleinle. Rampant sous le despotisme, elle se 
prostitua à la (laiterie; foieéc de laisser le langai;e du 
cœur pour celui de l'esprit, elle s'atténua dans des 
détours ingénieux qui la rendaient efféminée, apprêtée 
et subtile/Pour imprimer à une langue ce ton mâle et 
vigoureux qui l'ennoblit, il faut de grandes émotions, 
de belles actions à décrire, de fréquentes occasions de 
parler en public; et pour en adoucir la rudesse, il faut 
des affections tendres que la pureté des mœurs seule 
peut inspirer. Faute de grandes pensées, les auteurs 
portugais multiplièrent les métapbores, outrèrent Fby- 
perbole et donnèrent tête baissée dans l'afféterie. Le 
siècle brillant de Louis XIV, en étonnant toute l'Eu- 
rope par la quantité de génies sublimes qu'il produisit, 
fit adopter par les Portugais la littérature, les modes, 
la langue, et osons le dire, les ridicules de sa nation; 
car il est toujours plus taclle de singer que d'imiter. 
Les Portugais , atteints de celte puérile manie de ne 
pas vouloir paraître eux-mêmes, et délestant les Espa- 
gnols, connnencèrent à parodier les Français; le sacri- 
lège équivoque vint bientôt empoisonner leurs discours, 
et la crainte de donner lieu à un mauvais calembourg 
vint encore appauvrir la langue et augmenter les diffi- 
cultés que trouyaient partout lesbonsauteursque possé- 
dait encore le Portugal. Les ouvrages de Icm's meilleurs 
écrivains, dont les éditions avaient été peu nombreuses , 
enfouies dans des bibliothèques de religieux ou de 
nobles , étaient tout-à-fait épuisées. On ne songea pas 
à renouveler ces trésors d'une langue que l'on dédai- 
gnait. Les Portugais se gardaient bien de s'approfondir 
dans l'étude de leur langue; après avoir appris la lan- 
gue latine , Ils apprenaient deux ou trois idiomes étran- 
gers vivans; et affectant de ne pouvoir rendre leurs 
idées en portugais, on en vil qui multiplièrent l'usage 
des mois étrangers dans la conversation. Celte igno- 
rante fatuité passa bientôt dans leurs écrit?, cl nous 



( ^8) 

Toyons encore beaucoup d'ouvrages, d'un grand mé- 
rite d'ailleurs, qui fourmillent de mots étrangers tra- 
\eai\s en portugais, dans lequel ils auraient deux ou 
trois synonymes tout aussi expressifs, mais qui sont 
peut-être inconnus à ceux qui emploient les premiers , 
car ils savent par cœur Voltaire, Condillac, Raynal, 
Delille, Métastase, Filangeri, Guicciardinijl'Arioste, 
Milton, Pope, Hume, Gibbon, etc. etc.; et débitent 
gravement que, si l'on veut lire du portugais, on est 
léduit à lire et relire Cambes. Pendant celte triste et 
longue période d'avilissement pour le Portugal , on y 
a cependant vu quelques génies supérieurs s'écarter 
avec succès de la route battue , et soutenir glorieuse- 
ment l'honneur de leur langue, non-seulement par le 
fond de leurs ouvrages , mais même par la pureté de 
leur style. La poésie fut cultivée avec avantage par plu- 
sieurs hommes d'un grand mérite, depuis l'établisse- 
ment de l'Arcadie vers le milieu du siècle dernier. Ils 
s'adonnèrent à l'étude approfondie de leur langue; mais 
privés de pouvoir l'épurer dans la conversation, quel- 
ques-uns d'entre eux eurent le tort d'employer beau- 
coup de ces mots et de ces tours d'expressions proscrits 
dans la réforme du seizième siècle, et souvent leurs 
ouvrages trop étudiés sont d'un style didactique, dur, 
peu clair, et privés de cet aimable abandon si gracieux 
surtout dans la poésie. La prose fut moins heureuse, 
et cela devait être, car, à la portée de tout le monde, 
l'arbitraire lui est plus nuisible qu'à la poésie, dont les 
fictions, au-dessus du vulgaire, lui sont moins funestes. 
Nous devons cependant rendre justice au mérite émi- 
nent des nombreux ouvrages du père Vieira , de ceux 
des comtes d'Ericeira , de Joào Franco Barreto , 
Manoel Severim de Faria , doni Gonçalo Coutinho, 
Joào Salgado d'Araujo, Duarte Piibeiro de Macedo, 
Frey Manoel do Sepulcro, doni Francisco Manoel 
de Mello , que les philologues régnicoles placent avec 
raison parmi les classiques , pour la pureté du style, la 



( 2^» ) 

richesse et la force du ian^'age. Presque toutes les lois 
promulguées sous le minisière du marquis de Pombal 
sont très-bien écrites .Les traductions du Tartufe et du 
Médecin malgré lui, par le capitaine Manoel de Souza, 
sont de la plus grande perfection, et l'on n'y rencontre 
pas un gallicisme. C'est avec une véritable jouissance 
qu'on lit presque tous les mémoires de l'Académie des 
sciences de Lisbonne, dont le slyle est aussi pur, que 
l'érudition qui s'y trouve déployée est étonnante. Plus 
récemment, depuis 1807, on trouve quelques ouvrages 
bien écrits parmi ceux publiés hors du Portugal, mais 
quelques-uns, très-estimables au reste, pèchent par la 
profusion de termes étrangers ou par celle des mois 
hors d'usage; quelques-uns même réunissent ces deux 
défauts. En parcourant avec l'avidité qu'excile un bon 
ouvrage les Annales des sciences et des arts(Annaesdas 
sciencias e artes ) , publiées en portugais à Parii, nous 
avons constamment trouvé que les articles marqués 
F. S. C. et G. X. sont le modèle moderne le plus sur 
à suivre pour atteindre la perfection dans la langue 
portugaise : concision, naturel, force, clarté, élégance, 
pureté, tout s'y trouve réuni dans le plus parfait accord 
avec le jugement le plus sain, une profonde érudition 
et une généralité de lumières bien rare, dont nous 
avons beaucoup profité dans la composition de cet ar- 
ticle. 

Il est à espérer qu'une révolution qui doit rendre 
au Portugal sa gloire et son bonheur, en amènera une 
favorable à sa belle langue, car elle est d'une grande 
force quand elle est habilement maniée; elle est douce et 
même très-propre pour le chant, et elle est d'une 
abondance souvent embarrassante dans le choix des 
synonymes. Elle a les superlatifs par terminaison 
comme le latin , et les Portugais les emploient sou- 
vent, car ils se prêtent volontiers à l'exagération. Les 
diminutifs et les augmentatifs sont de la plus grande 
expression, et variés à l'infini : ceux-là sont d'une dou- 



(5o) 

cenr ailrayaiilt;, landls cjue ceux-ci sont imposaiis. 
Elle est d'une grande concision , qui provient de ce 
que l'on est rarement forcé, en la parlant, d'employer 
des pt'n|)lu'ases pour exprimer la pensée la plus diffi- 
cile et la plus obscure, parce que presque tous ses 
noms substantifs ont leurs verbes adjectifs et adverbes. 
Elle offre encore la singularité d'être la même dans 
toute l'étendue du Portugal, sans former aucun patois 
ou dialecte qui en diffère (i); à peine trouve-t-on une 
légère difîérence dans la prononciation dans les pro- 
vinces contiguës à la Galice , et nous serions tenté de 
croire que c'est l'accent primitif du portugais que l'on 
V emploie. Chaque langue a ses termes à elle : le por- 
tugais en présente une quantité dont on voudrait inuti- 
lement rendre la force par la traduction, tel s par exem- 
ple que : Saudade^ mémoire profonde de ce que 
ion désire; .sq/)'e^o, égoïste envieux, accapareur de 
tout ce qui lui plaît; ybr/Tzo^o, au-dessus de beau; 
geytOf adresse avec dispositioij particulière pour de 
certaines clîoses, que l'on prend au sens moral comme 
au sens physique, et qui est loul différent de l'adresse 
ordinaire, que l'on rend par les mots hahilidade ou 
dext rps(i\ /nano, tendre et affectueux, synonyme 



(i) 11 n'est pas (.xact de due que le langage des habitans du Minho 
est scnibiable à celui de l'Alem Tejo , car des p 



^o., ^,....^^„„.v, .. v,^^..x v.^ . .^.v....^ ^j^ , ^v.. ..^o personnes qui ont de- 
nieuré long-temps dans les deux provinces nous ont assuré le con- 
traire. On remarque dans le Minîio l'idiotisme presque général de 
«changer le b en v et le v en b , de manière qu'on dit vom binho au 
lieu de honn>iiiho (bon vin), ce qui n'arrive pas dans l'Alem-Tejo. 11 
y a aussi des mots semblables ayant une signification difl'érentej par 
Exemple le mot concertai- ( arranger) signifie dans rAlem-Tejo contenir; 
et on dit concertai- hum creado po»r Jiuie ses arrangeinens ave.c un do- 
mestique pour son seri'ice : au lieu cjue dans la province du MiuLo ce 
n>ot signifie raccommoder. 11 y a outre cela une dissemblance entière dans 
l'acception de plusieurs mots : par exemple dans l'Alem- Tejo les mots 
niaiural (berger) , alcacere ( orge en vert), ai-rcndar ( sarcler) , ont la 
même signification que dans 1<! Miniio ,;^flî<or( berger), sevada ein i'erde 
(orge en vert ) , sac/un- ( sarcler ) , etc. etc. On peut même remarquai 
dans l'intérieur de rAlem-Tejo de légères diflérences de langage entre 
<|uelqups-uues de ses villes. ( Note de l'auteur de l'Essai Statistique.) 



(3. ) 

do irmào, frère; minino, ternie mignon pour dé- 
signer un enfant, que l'on nonmic communément 
criança-j mavioso, plus fort que plaintif et déchirant 
réunis; /"« 5^ io, manque d'appétit; tenro, qui peut 
élre facilement coupé , incisé , broyé , soit par le feu 
ou par les dents, est le tendre physique, tandis que le 
/e/zf/r^ au moral se traduitpar ^er/zo.Touscesraotsont 
leurs subdivisions, tout aussi expressives qu'eux-mêmes. 
Nous pourrions nous étendre beaucoup plus sur cet 
article, mais en analysant le portugais dans une langue 
qui en difîère si essentiellement, nous avons cru devoir 
nous borner à lui rendre justice en le plaçant avec 
distinction parmi les langues polies de l'Europe ; et si 
nous étions parvenus à exciter chez quelques-uns de 
nos lecteurs l'envie d'étudier cette langue, à laquelle 
nous trouvons tant de charmes, les jouissances qu'elle 
ne manquerait pas de leur procurer seraient la plus 
douce récompense que nous osions espérer de notre 
travail. 

ÉTABLISSEMENS D'INSTRUCTION PUBLIQUE. 

Afin de mettre plus d'ordre dans la description de 
tous les établissemens d'instruction publique nous les 
avons divisés entre les trois classes suivantes : 

1°. Etablissemens dépendans de la direction générale 
des études (junla da directoria gcral dos estudos , 
voyez page 266 du I" volume). Tous ces établisse- 
mens, à Texception de l'université de Coimbra, qui a 
des revenus très -considérables, sont entretenus par le 
subsidio litei'ario. 

1°. Etablissemens dépendans des évéques, archevê- 
ques et du patriarche. 

5°. Etablissemens dépendans de différentes branches 
de l'administration , ou enirelenus par dos particuliers. 



( 3. ) 

ÉTABUSSEMENS DÉPENDANS Dli LA DiaKCTlON GÉ.XÉlUI.E 
DES ÉTT'DES. 

A la têle de ces éiablisseniens se trouve nalurelle- 
ment placée l'université de Coiinbra, qui, depuis l'a- 
bolilion de celle d'Evora, est le plus important et le 
premier élablissemcyit littéraire de toute la monarchie 
portugaise. 

Les écoles de premières lettres , celles de gram- 
maire latine ^ celles à^ philosophie et rhétorique , les 
collèges ou séminaires ecclésiastiques et civils et le 
collège royal des arts annexé à l'université , sont les 
éiablisseniens dans lesquelsceux qui se destinent à entrer 
dans l'université de Coimbra font leurs éludes prépa- 
ratoires. Tous ces établissemens peuvent se diviser en 
trois classes, savoir : écoles royales (regias) qui sont 
payées par le gouvernement , sur le produit du suh- 
sidioliterario^ écoles ecclésiastiques, sous l'inspection 
immédiate du patriarche, des évêques et archevêques, 
dans les séminaires et dans les couvens ; écoles parti- 
culières , qui sont tenues par des religieux ou d'autres 
individus approuvés par le gouvernement. Les cours 
d'inslruclion publique commencent dans les écoles de 
premières - lettres et se poursuivent dans celles de 
grammaire latine, de rhétorique, de langue grecque 
et de philosophie rationnelle et morale, dans les éta- 
bhssemens pubHcs royaux ou ecclésiastiques , et dans 
les instituts tenus par des particuliers. 

ÉCOLES DE PREMIÈRES LETTRES 

(Escolas de primoiras Ictras, ou menorcs). 

Ces écoles , qui furent instituées par le marquis de 
Pombal en 1769, devraient exister, d'après le plan 
formé par ce grand homme, non-seulement dans tons 
les lieux où il y a un juiz de fora et un Juiz or- 
(linarioy mais même dans ceux où il n'y a c^\ un juiz 
da vintena, c'est-à-dire dans les plus petits endroits 



(53) 

du royaume. La mauvaise adminlslratiou du suhsidlo 
literario , qui n'a jamais laissé assez de fonds dispo- 
nibles pour l'au:,niienialion du nombre de ces établis- 
semens, a toujours été un obstacle insurmontable à 
l'exécution de ce plan, et n'a permis de porter le 
nombre de ces écoles qu'à 875, y compris 24 écoles 
de petites - fdles (oscolas de meninas), dont 18 sont 
établies à Lisbonne et six à Porto. La méthode d'en- 
seignement qu'on y suit n'est pas exactement uni- 
forme dans tout le royaume. Néanmoins on peut dire, 
jL^énéralement parlant, qu'on y enseii^ne la grammaire 
portugaise de Lobato, l'arithmétique de Bezout, l'a- 
brégé du catéchisme de la religion chrétienne de 
l'évéque de IMontpellier, et quelques autres livres 
élânentaires. Dans la calligraphie l'écriture anglaise 
sert de modèle. 

ÉCOLES DE LANGUE LATINE. 
( Escolas de lingua latina. ) 

Le cours de ces écoles dure trois ans et est divisé 
en trois classes. Dans la première on enseigne les prin- 
cipes de la grammaire latine, à l'aide d'un petit livre 
intitulé ISovo Methodo de Pereira • de la grammaire 
portugaise, à l'aide de celle de Lobato ; et on fait tra- 
duire aux élèves les fables de Phèdre j dans la deuxième 
on poursuit l'étude du latin d'après le Nopo Methodo 
de Pereira , et d'après le traité de la syntaxe du même 
auteur; la traduction de Virgile, Tile-Live, Cicéron, 
etc. etc., forme l'objet des études de la troisième j 
nous domions ici la liste de tous les endroits du 
royaume où se trouvent établies maintenant des écoles 
de langue latine ; nous pouvons garantir son exacti- 
tude , car nous l'avons obtenue , de même que les 
suivantes, de la libéralité des employés du gouver- 
nement. 

Huit à Lisbonne, et une dans chacun des endroits 
suivans de sa banlieue (ternio) : Belem, Bemficaj Ca- 
11. 3 



{H) 

iuarale, Friellas, Lumiar, Marvilla, Oeiras, Queluz 
et Sacavem. 

Deux à Selubal, et une à Almada, Alcacer-do-Sal , 
Aldea-Gallega de Riba-Tejo , Bena vente, Cezimbra, 
Palmella. 

Une dans chacune des villes ci-après : Alemquer, 
Aldea - Gallega da Merciana , Alliandra , Arruda , 
Bellas , Cadaval, Cascaes, Castanlieira , Cintra, Eri- 
ceira, Lourinhàa, Olhalvo, Sobralde Monte Agraço, 
Torrcs- Vedras , Trucifal, Villa-Franca de Xira. 

Deux à Santarem , et une à Azambuja , Chamusca , 
Coruche, Golegàa, Pernes, Torrés-Novas. 

Une à ïhomar, Abrantes, Aîvaro, Certàa, Corti- 
cada , Figeiro dos Vinbos , Maçào , Oleiros, Ourem , 
Pampilbosa , Pedrogào-Grande , Punbete , Sardoal , 
Cinco- Villas , Tancos. 

Une à Leiria, Alcobaça, Batalba, Caldas da Rainba , 
Obidos, Pombal, Porto de Moz, Péniche, Soure. 

Dans la provedoria de Coirabra , non compris celles 
qui existent dans cette ville , il y en a une à Anciàa , 
Arganil , Cantanbede , Condeixa - Nova , Espinhal , 
Figueira da Foz , Louriçal , Louzàa , Monlemor- 
Velho, Poiares, Tentugal, Vacariça. 

Une à Aveiro, Angeja, Anadia, Bemposta, Cam- 
bra , Eixo , Feira , llliavo , Ovar , Pereira , Puzàa , 
Recardaes. 

Une à Vizeu , Azurara , Fornos de Algodres, Mor- 
tagoa , Mangualde , Oliveira do Conde , Penalva do 
Castello , Pinliel, San-Joào de Areas, San-Pedro do 
Sul, Santa-Combadào, San-Miguel de Outeiro, Ton- 
della, ïrancoso, Vouzella. 

Une à Lamego , Almeida , Armaraar , Arouca , 
Castro-Daire , Cedavim , Concelbo de Ferreiros de 
Tendaes, Concelbo de San-Fins, Foniellas, Freixo de 
Numào, Lobrigos, Loureiro, Mezào-Frio, Moiraenla 
da Beira , Penedono , Pezo da Regoa , Penajoia , Re- 
zende , Sernancelhe, San-Martinho de Mouros, Se- 



( 35) 

diellos , Sabroza , San-Joào da Pesqueira , Taboaço , 
Tarouca , Villa -Real, Villa -Maior , Villa-Nova de 
Foscoa. 

Une à Guarda, Avo , deux à Covilhàa , mie à Cea^ 
Celorico , Fiindào , Gouvea , Linhares , Manteigas , 
Tprtuzendo. 

Une à Castello-Branco , Alpedrinlia , Belmonte, 
Idanba-Nova, Monsanto, Penamacor , Sabugal, Sar- 
zedas , San-Vicenie da Beira , Ziljreira , Sortelha. 

Deux à Porto , une à Aguiar de Souza , Baiào , 
Maia, Matozinbos, Povoade Varzim, Refoios, Villa- 
Nova de Gaia , Villa do Conde. 

Une à Penafieî. 

Une à Guimaràes , Amarante , Braga , une dans la 
banlieue (ternio) de Braga , une à Cliaves , Cabeceiras 
do Basto , Concellio de Felgueiras , Concellio de 
Vieira , Mondim de Basto , Montalegre , Povoa de 
Lanbozo , Ruivàes, Villa-Pouca de Aguiar. 

Une à Vianna, Arcos, Barca, Barcellos, Caminha, 
Goura , Espozende , Melgaço , Monçào , Ponte de 
Lima , Valença , Valladares , Villa-Nova da Cerveira , 
Villa-Nova de Famelicào. 

Une à Moncorvo , Anciaes , Freixo de Espada a 
Cinta , Mirandella , Murça , Monforte de Rio-Livre , 
Sezulfe, Villarinbo da Castanbeira , Villa-FIcr. 

Une à Miranda, Algozo, Bragança, Izeda, Macedo 
de Cavalleiros , Mogadouro , \inbacs. 

Une à Portalegre , Alegrete , Amieira , Arroncbes , 
Aller do Chào , Castello de Vide , Crato , Marvào , 
Monforte , Niza. 

Une à Elvas, Alandroal, Campo-Maior, Mourào, 
Monsaraz. 

Deux à Evora, une à Avis, Alcaçovas, Arraiolos, 
Estremoz , Fronteira , Montemor-Novo , Redondo , 
Souzel, Vianna, Villa-Viçosa, Vimieiro. 

Une à Beja , Alvito, Cuba, Ferreira, Moura, Ode- 
mira, Porlel, Serpa, Torrào, 



( 56 ) 

Une à Ouiiquc, Almodovar, Messcjana , Saii- 
Tbiaj^o de Caconi, SiiK^s. 

Une à Ymo , Lagos, I ^oulé , Villa-lNova de Porlimào, 

Sllves, Taviia. 

ÉCOLES DE lilîETORlQUE. 

( f.scolas de ihetorica. ) 

Lecoui S dccesécoles ne dure qu'un an, et esl divisé eli 
4leux classe 5. On ci.udie dans la prenncre la iliélorlque 
(l'i.-prèsmi rxliail de Xclocjuence de QuintiUen par Bar- 
Ixiza < n\ explique l'A rt poétique d'Horace, le Traité du 
sublnnede I jOiigin,eton analyseles Oraisons de Cicéron 
pour trouver i'ajiplication des préceptes de Quintilien. 
Dans 1 autre classe on apinend les premiers éiéniens 
de riùsloire universelle et de la i,'éograplne, des anti- 
quités et de la littérature portugaise, par un abrégé de 
Soares. Ce! te niélbode d'enseigneraenl esl suivie dans 
îotis les éiablissfRiens dcpendans du gouvernement. 

Voici i;i liste des écoles de rliélorique actuellement 
cxisianles et déi)cndantes de la direction générale des 
études; quatre à Lisbonne, et une dans cliacune des 
villes suivantes , savoir : Setubal , Tliomar , Leiri;i , 
Ar'^'uiil, Aveiro, Viseu, Pinhel , Laniego , Cxuarda , 
Casiellu-Branco, Porto, Penafiel, Guimaràes, Braga , 
Braganca, Evora et l'aro. 

ÉCOLES DE LANGUE GRECQUE. 
( Escolas de litiç;ua giega. ) 

11 n'y a que Imil écoles de langue grecque dans tout 
le royaume, sasoir : quatre à Lisbonne et une à Porto , 
à Braga, à Evora et à Faro. Le -cours dure deux ans, 
et les écoles sont divisées en deux classes. Les tableaux 
de Coulebs , Anacréon , Homère , Bion et la grammaire 
de PortHoyal tout les ouvrages qui y servent de texte, 

ECOLES DE PHILOSOPHIE RATIONNELLE ET MORALE, 

( Escolas de lilosofia racionai e moral. ) 

11 Y a 27 écoles de pbUosopbie rationnelle et mo- 
lale dans le royaume, savoir : S à Lisbonne, dont 4 
séculières, et 4 dans les couvens de Graça, deSan-Do- 
miïigos,de San-Pedro d'Alcanlara et de INossa Senbora 



(37) 

c3e Jésus; les autres sont établies à ScluLal^ Tliomar^ 
Leiria, Arganil, Aveiro, Yiseu, PInliel, Lamego, 
Giuircla , Castello-Branco, Porto, Pcnafiel , Braga , 
Bra^j'ança, Portalegre, Elvas, Evora, Bcja et Faro. 

Le cours ne dure qu'une année , pendant laquelle 
on apprend la logique et la métaphysique de (ieno- 
vesi, et la philosophie morale, ou Bihica de Heinec- 
cius. On y analyse aussi quelques discours philoso- 
phiques de Cicéron. 

UNIVERSITÉ DE COIMBRA. 

Cet établissement, créé d'abord à Lisbonne en 1290 
p*ar le roi Denis, tranféré 16 ans après à Coinibra, fut 
encore transféré à Lisbonne, où il resta jusqu'en 152-7 » 
époque à laquelle Jean III l'établit de nouveau à 
Coimbra , où il est resté jusqu'à présent. Son organi- 
sation éprouva en 1772 , sous le marquis de Pombal , 
bien des changemens avantageux. Avant celte époque 
on n'y enseignait que la théologie y \:\ jurisprudence 
canonique et ciuile et la médecine ^ on y ajouta alors 
les deux facultés mathématique et philosophique. 
Dans celte même circonstance on régla d'après le goût 
et les connaissances du temps les bases de l'enseigne- 
ment des trois anciennes facultés, et on réforma aussi 
le collège royal des arts. Ce dernier avait appartenu 
aux jésuites, sous le titre de collegio das artes, qu'on 
nommerait en Allemagne un gymnasium illustre , 
et qui correspond à peu près à un lycée d'Italie et de 
France. Le roi actuel , en 1792 , ajouta à la lacullé phi- 
losophique de l'université une chaire particulière pour 
la botanique , et quelques années après une autre pour 
la métallurgie. Cet établissement important, qui, par 
le nombre des chaires, la science des professeurs et le 
nombre d'écoliers par lesquels il est fréquenté , est 
digne de figurer à côté des premières universités de 
l'Europe, est divisé en six facultés ^ sans compter le 



(38) 

collège royal des arts, qui cependant est censé en faire 

partie. 

Les Portugais appellent lente (professeur ) le pro- 
fesseur titulaire d'une cadeira (chaire) de l'université, 
ou de quelque école spéciale ; professer (professeur 
ou maître) le professeur titulaire d'une chaire du col- 
lège royal des arts , des Aulas regias de philosophie 
rationnelle et morale , de langue grecque et latine , et 
d'autres établissemens d'instruction publiques ; substi- 
tuto (substitut), celui qui dénjontre en l'absence du 
professeur titulaire ; suhstituto ordinario (substitut 
ordinaire) , celui qui est déjà (despachado) professeur 
breveté et vient immédiatement après le professeur 
titulaire ; substituto extraordinarïo (substitut extraor- 
dinaire) , l'oppositeur (oppositor) qui aspire à être 
admis dans la classe des professeurs (lentes), lors- 
qu'une chaire est vacante; opjr?6>5zïor(oppositeur), celui 
qui a le droit de passer dans la classe des lentes, selon 
1 ancienneté de son admission à la faculté à laquelle 
il appartient. Le substitut ordinaire a une solde fixe, 
quand même il n'exercerait jamais son emploi. Le 
substitut extraordinaire ou oppositeur ne touche au- 
cune solde , et est obligé de servir gratuitement pen- 
dant trois mois, lesquels écoulés , il reçoit pour chaque 
jour d'exercice la troisième partie des appointemens 
du professeur en titre. Le nombre des ojjpositores 
attachés à chaque chaire est indéterminé. 

Nous avons rédigé le tableau ci-dessous pour pré- 
senter d'un coup d'œil les différentes chaires attachées 
à chaque faculté, la classification des professeurs suivant 
leur ordre d'ancienneté, et le traitement dont ils jouis- 
sent en raison de cette classification , ainsi ([ue la quo- 
tité du traitement des suppléans. 

Faculté de théologie. 

Le 1'" professeur, qui occupe la seconde chaire de théo- 
logie pratique ( pratica ) , touche 48o''°o "''* 

Le 2" professeur, preniière chaire de théologie subsidiaire* 

(prinieira subsidiaria ). ■ 4"°°'^^ 



(39) 

IjC 3*, chaire de théologie explicative du Nouveau Testa- 
ment (segunda exegetica do Novo Testamento) . . SSooooreis. 
Le 4*, seconde chaire de théologie théorique (segunda 

theoretica). ^ 200000 
Le 5^, première explication de l'Ancien Testament (exe- 
getica de Testamento Velho) 200000 

Le 6'^, première pratique ( a primeira pratica ). 180000 

Le 7*, seconde subsidiaire (segunda subsidiaria ). . . 170000 
Le 8« , première théorique ( primeira theoretica ). 1 70000 

Les 6 professeurs suppléans ( lentes substitutos ) tou- 
chent chacun. 100000 
Par le décret ( carta) du roi du 8 octobre 181 8 , tous 
les professeurs appartenans au clergé régulier doivent 
toucher une augmentation de 100000 rcis de traite- 
ment en sus de celui qui est alloué à leur grade res- 
pectif. On a accordé aussi la même augmentation aux 
professeurs substituts séculiers , lorsqu'ils n'ont point 
d'église ou de canonicat. 

Faculté de droit canon (canones). 

Le 1*' professeur , qui occupe la chaire de procédure 

judiciaire ( forma judicial) 800000 

Le 2® , celle d'analyse du droit canon (analytica de 

canones). 75oooo 

Le 3« , chaire de droit naturel 700000 

Le 4^ , seconde chaire synthétique du droit canon 

(synthetica de canones ). 65oooo 

Le 5* , seconde chaire synthétique du droit portugais 

( synthetica de direito patrio) 600000 

Le 6® , première chaire synthétique du droit canon 

(synthetica de canones). 55oooo 

Le 7*= , chaire des institutions canoniques , . • . . Sooooo 
Le 8« , chaire d'histoire ecclésiastique. 4^'^''oo 

Les 6 professeurs suppléans reçoivent chacun . . . 4^0000 

Nous croyons indispensable de faire remarquer que 
les irailemens des professeurs de cette faculté sont 
considérablement augmentés par la jouissance de cer- 
tains canonicats et autres bénéfices simples (benefîcios 
simples) , accordée par l'université et confinnée der- 
nièrement par les Cortès. (Voyez page 329 dur'voL). 

Faculté de droit civil ( leis ). 

Le 1*' professeur, qui occupe la chaire analytique du 

droit romain , reçoit 800000 reis. 

Le 1^ , première chaire synthétique du droit romain. . jSoooo 

Le 3*^, chaire d'histoire du droit romain et portugais. 700000 

Le 4*, première chaire synthétique du droit portugais. 65oooo 
Le 5*, chaire d'analyse du droit portugais (analytica do 

direito patrio ) 600000 

Le 6", seconde chaire synthétique du droit romain. .55oooo 



(4o) 

Le 7" , chaire <lii droit naiurcl /inoooo reis, 

La 8» , chaue «Irs institutions <lii dioit civil roniuiii. ^^oooo 

Les 6 prol'essrurs suj>plèans toucliorit cliacun . . ^'^oooo 

Faculté de médecine. 

Le I'' piofesscvir , seconde chaire de cours pratique 

(scgimda cad<Mra pratica) 800000 

Le a*', chaire des aphorisines ( de al'orismo). 700000 
Le 3", première chaire du cours pratique ( primoiia ca- 

deira pratica ) • ■ 600000 

Le4*> chaire d'instnictions iTicdico-chirurgicalcs. . . Sooofic 

Le 5", chaire de matière médicale 55oooo 

Le 6^, chaire d'analomie , d'opérations chirurgicales et 

de l'art des accouchemcns ( arte obstetricia ). 5ooooo 

Les 3 professeurs suppléans reçoivent chacun . . 35ooo(' 

Faculté de mathématiques. 

Le i^' professeur , chaire de géométrie Soooon 

Le 2<-" , chaire d'astronomie théorir^ue. ^ooooc 

Le 3« , chaire de mécanique (foronomia^ 65oooo 

Le 4" > chaire d'astronomie pratique. 6oooof> 

Le 5^, chaire d'hydraulique 55oooo 

Leô"*, chaire de calcul. 5ooooo 

Les 3 professeurs suppléans ont chacun 35ooon 

D'après les statuts il y a aussi une chaire de dessin et 

d'architecture qui n'a jamais été occupée. 
Il y en a une autre de musique dont le professeur tou- 
che, d'après ce qu'on nous a dit , 4'''^'00o? 

H y aussi des oppositores (" aspirans aux places de pro- 
fesseurs ) qm travaillent à l'observatoire > et qui re- 
çoivent des appoinlemens. 
11 y a deux coinmancleries de l'ordre de Clnist ( com- 
niendas ) pour les plus anciens professeurs de cette fa- 
culté qui ont un certain nouibie d'années de service. 

Faculté de philosophie. 

Le 1"^' professeur de physique expérimentale .... Sooooo 

Le i"- , chimie. 700000 

Le 3'' , métallurgie 600000 

Le 4*^ > zoologie et minéralogie 55oooct 

Le 5*^ , botanique et agriculture Sooooo 

Les 4 professeurs suppléans reçoivent chacun Sooooo 

Dans le tableau que le gouveincment nous a rerais 
le traitement dont jouit <'.liacun des quatre demonstra- 
dores n'est pas indiqué j quelques personnes que nous 
avons consultées nous ont assuré qu'il est égal à celui 
des suppléans. Nous trouvons indiqués dans ce même ta 
bleau deux professeurs de plus , le ô" et le 7' , dont un 
avec un U alternent de 5oooooreis^etraulr€de45oooo. 



(4i ) 

Ne trouvant incliquécs dans la façullé des malliëraati- 
ques que six chaires seulement , nous croyons que 
ces deux professeurs de plus sont ceux de dessin et 
arcbiloctuie et de nuisique , que , d'après l'almanach 
de Lisbonne et des renseigneinens particuliers qu'on 
nous a fournis , nous avons cru devoir classer dans le 
tableau précédent. 

Collège royal des arts. 

Un maître (professer) de philosophie ratioDncllcct morale. 4^0000 

Un de rhétorique. 4^000° 

Un d'antiquités et d'histoire universelle /jôoooo 

Deux do giec , chacun à 4^0000 

Trois de latin , chacun à 4o^<>od 

Les cinq maîtres suppléans , dont un de logique , un de 
rhétorique et antiquités, un de grec et deux de 

latiu , ont chacun 200000 



Tableau du nombre dps étudians matricules qui ont suivi annuel- 
lement les cours de l'université et du collège royal des arts depuis 
1800 jusqu'en 1821. 



inécs. 


Etudians. 


1800 


I r;3i 


j8oi 


I 537 


i8o2 


I 562 


i8o3 


1 478 


1804 


1 455 


i8o5 


1 245 


1806 


I 198 


.807 


y86 


1808 


78, 


1809 


700 


1810 l'un 


versitc a été 



Années. 
i8ji 

l8i2 

i8i3 
1814 
181 5 
1816 
181'^ 
1818 
1819 
1820 



Etudia 



643 

827 
I 007 
1 077 
I 233 

' 44» 

I 65i 

I 783 
I 681 
I 6o4 



Les cours commençant en octobre et finissant en 
mai , chaque année doit se rapporter au dernier tri- 
mestre de la précédente et au premier semestre de 
celle qui- est indiquée dans le tableau. Dans le tableau 
ci-dessus et dans le suivant les étudians ne sont pas 
comptes individuellement, mais d'après le nombre des 
matricules appartenantes à chaque faculté- Il y en a 
quelques-uns qui fié(|uenient deux facultés à la fois, 
ce qui est ordinaire dans les deux facultés de matlié- 



(42 ) 

maliques et de pliilosophic. Le nombre des étudlans 
est donc moindre que celui des matricules. 

Tableau de la classification des tHiulians de l'Université et du collège 
Royal des arts , scion les diflérentes (acuités de ces étaljlissemens. 

Sur les 255 19 étudians qui depuis 1800 jusques et 
y compris 1820 ont été matricules, il y en a eu 

fiSo inatrifuK's en théologie. 
5i85 matricules en droit canon. 
6790 matricules en droit civil. 
1726 matricules en médecine. 
3660 matricules en mathématiques. 
2287 matricules en philosophie. 
1729 matricules en grammaire latine. 

916 matricules en grammaire grecque. 
1806 matricules en rhétorique. 
1940 matricules en philosophie rationnelle et morale. 

Maintenant, d'après les excellentes informations qm 
nous ont été fournies par plusieurs savans portugais , 
nous allons donner un court aperçu sur la méthode 
d'enseignement suivie dans l'université et dans le col- 
lège des arts. Nous commencerons par dire un mot 
sur les livres qui servent de texte soit dans l'université 
soit dans le collège des arts. Ces livres sont tous im- 
primés à Coimbra , dans l'imprimerie de l'université , 
à lexception de quelques-uns qui le sont à Lisbonne. 
Voici les titres de ceux dont on fait usage non-seule- 
ment dans ces deux établissemens, mais aussi dans tous 
ceux dépendans de la direction générale des études. 
Nous les avons tirés de la relaçâo dos livras que 
l'université fait publier chaque année. Nous prévenons 
nos lecteurs que tous les noms précédés d'une étoile 
sont des noms d'auteurs portugais , dont quelques-uns 
sont encore vivans. 

Dans la faculté de théologie : * J0.40 da Incar- 
NAÇAO, Grammatica linguœ sanctœ ; Danne^mayr 
Inst. hist. eccles. ^ Gep^bert, Prmc. theol. exeg. 
(logm.. etc. ; Gmeitseri , Inst. jur. eccles. ; Leusden, 
Novuni Testament uni. 

Dans les facultés de droit canon et de droit civil : Mar- 



(43) 

T\\i jPosit.juris nalurcBy ^ hlM^Q.v^,Instit.jur. cip. 
Heinec.y'GniiBi'SBKijTnsfit.jur. eccl.j"*^ Mf.lli i,Histor. 
et inst. )ur. lusit. ciim indice ; Martini , Ordo hist. 
jiir. ciu. y' Ordenaçoes do rezVzoy Cavallarii, Inst. 
jur. canon, y Heineccii , Elem. jur. cii^. ; Dan- 

KENMAYR , IllSt. JÙst. CCCleS. 

Dans la faculté de médecine : ^ SoaRes , Elementos 
de ancitomia ; Plenck , Elementa artis obstefr.j 
Haller , Primœ lineœ physiologiœ y Boerhaave , 
PatJiologia y CullejV , Trente de mat. médicale y 

* TAVARESfP/zrtrmaco/o^z'rty Plenck, Compendiuni 
inst. chirurg.; Culle.n , Elémens de inédec. prat. y 
HiPPOCRATis Aphorismi ; '^ Navabko, Distributio 
methodica Aphorism. Hippocrat. 

Dans la faculté des matliémalliiques : Bezout, Elem. 
de arithmetica; Elem. de geometria; Elem de trigo^ 
mmietria plana i Euclides, Elementos^ Lalande, 
Tables de logarithmes y Bezout , Elem. de analyse y 

* RiVara , Resol. analyt. dos pr obi. geom. y Maria , 
Tratado de mechanica y Bossut , Trat. de liydro- 
dynamica y La Caille, Leçons élément. cV optique ; 
La Caille, Leçons élém. d'astronomie ^ Epheme- 
rides astronomicas. 

Dans la faculté de pliilosopliie : Linnée, Systema 
naturœ y Dalabella , Physices elem. nsui acad. 
Coimbr. adcom. ; Jacquin, Elementa cliemiœ. 

Dans le collège royal des arts : * Lobato, Arte da 
gram. da ling. port.; *Pereira, Noi^o meth. da 
grain, lut. red. a comp. y PiiyEDui Fabulœ ; "^ Fo>- 
SECA, Lexicon latinum ; * Pereira Nopo methodo 
da gram. lat. ; * Pereira , Figuras da synt, lat. y 
Porto-Real nopo epit. da gram. grega ; Oliverii, 
Selecta opt. grœcœ ling. script, y Quintieiaîni , 
Instit. orat. libri^ll; Ciceroms Orationes selectœ; 

* SuARESii Epitome univ. historiée y Genuensis 
Inst. logicee et metaphysicœ ; HEiXECCir , Instit. 
phil. moralisj Cicero.xis Opéra philosnphica. 



( 44 ) 

Pour éviler d'inutiles répélilioiis , il csi bon de faire 
observer qu'.'uieun étudiant n est admis à suivre les 
cours des difiérenles facultés de 1 université , sans 
avoir fait ses éludes préparatoires dans le collège royal 
des arts à Coimbra pendant un an, ou du moins sans 
avoir été examiné par ses professeurs, et jugé apte à 
fréquenter les cours de l'université. 

Ces cours commencent au mois d'octobre et finissent 
aumoisdemai; alors vienilentles examens publics , aux- 
quels sont soumis tous les éludians ; ils durent jusqu'au 
mois de juillet, sans cependant dépasseï» jamais cette 
époque. Ces examens, de même que les cours, se font 
en portugais, et sont très-rigoureux. Depuis quelques 
années l'université a fourni annuellement près de 200 
étudians qui ont complété leur cours; ce nombre est 
évidemment excessif pour un si petit royaume, et bors 
de toute proportion avec celui des places à remplir. 
Tous les étudians et les professeurs ont un costume 
particulier , qui est pareil à celui des prêtres , à l'ex- 
ception du bonnet. 

Faculté de théologie. 

Nous croyons que la simple inspection des livres 
qui servent de texte dans celte faculté , et que nous 
avons cités ci-dessus, suffit pour donner une idée de 
la mélliode qu'on y suit. Nous ajouterons seulement 
que celte brandie de l'enseignement en Portugal de- 
manderait bien des modifications pour parvenir à la 
bauteur des connaissances du siècle, surtout dans la 
partie relative à l'exégèse et à l'berméneutique. On 
pourrait réformer cette faculté en adoptant les excel- 
lentes métbodes qui ont été adoptées par le gouverne- 
ment autricbien pour les deux universités italiennes 
de Pavie et de Padoue. 

Le cours de tliéologie dure cinq ans. Toutes les 
personnes qui se destinent à la carrière ecclésiastique 
sont obligées dé l'avoir étudiée soit dans les séminaires 
soit dans les couvens; mais celles qui aspirent à devenii' 



(45) 

pioiesseurs de celte faculté dans runiverslté doivent 
avoir iuil leur cours complet dans celle dernière. 

Facultés de droit canon ( canones ) et de droit 
civil (leis). 

Nous réunissons enseiuble ces deux facultés, parce 
que , à cause du peu de différence qui existe entre 
elles à l'université de Coimbra , les ctudians de l'une 
accompagnent ceux de l'autre dans presque toutes les 
classes, qui par conséquent leur sont communes; et 
parce que les proiésseurs de la faculté de droit canon 
occupent les chaires communes aux deux facultés , et 
vice versa. Le cours de cliacune de ces facultés est de 
cinq ans. Voici la méthode d'après laquelle ils sont faits. 
Dans la premièi'e année on suit deux cours com- 
muns aux deux facultés : i° celui de droit naturel de 
Martini ; 2° celui des institutions du droit romain de 
Waldeclv. 

11 en est de même pour la seconde année, où l'on 
suit : 1° le cours de droit public et de droit des gens 
de Marlinl ; 2° celui des institutions du droit ecclé- 
siastique de Gmeiner. 

On suit la même marche pour la troisième année, 
où l'on suit : 1° le cours d'histoire du droit romain 
de Martmi, et le cours d histoire du droit portugais 
de Pascoal José de Mello ; 2° le cours de droit civil 
portugais , du même auteur. 11 y a ensuite une classe 
jjarticulière pour la faculté du droit canon , dont on 
suit le cours d'après la méthode synthétique de Caval- 
larii ; et une autre aussi particulière pour le droit civil, 
où Ion étudie le droit romain, d après Heineccius. 

Les élèves de quatrième année suivent deux cours 
communs ; le premier a pour sujet la suite du droit 
civil et criminel portugais de IMello; le second l'his- 
toire ecclésiastique, d'après un abrégé deDannenmayr. 
Les études particulières aux élèves de cette année dans 
chaque facullé ont pour but le droit canon, la conii- 



(46) 

iiualxou de l'étude synthétique de ce droit par Caval- 
larii, et le droit civil ; la suite du droit romain par la. 
même méthode de Heineccius. Le grade de bachelier 
s'obtient dans cette quatrième année. 

Les élèves de cinquième année suivent deux cours 
comnmns aux deux iacultés; ils étudient dans le pre- 
mier l'analyse du droit portugais faile sur le code appelé 
Ordenaçoens do lieino ; ils apprennent dans le second 
la procédure judiciaire (forma judicial): ces cours sont 
dirigés au gré du professeur. Les études particulières 
ont pour but le droit canon, l'analyse du droit ecclé- 
siastique , faite sur les Décrétales ; et pour le droit 
civil, l'analyse du droit romain faite sur les lois du 
Digeste et du Gode. C'est dans celte cinquième année 
que se terminent les cours , et qu'on obtient ce qui 
s appelle formatura. 

La leçon de chaque classe dure une heure. 

Pour obtenir le grade de docteur il faut étudier une 
sixième année , dans laquelle on repasse ce qu'on a 
appris dans la précédente ; on est en outre obligé 
de soutenir publiquement des thèses sur divers points 
des éludes des facultés respectives , et de subir enfin 
un examen particulier appelé exaine pr'wado , après 
quoi î on confère au postulant le titre de docteur, ce 
<{ui fait l'occasion d'mie cérémonie pompeuse et bril- 
lante. 

Ceux qui se destinent à la magistrature et au bar- 
reau n'ont pas besoin de ce dernier grade , et il leur 
suffit d'avoir obtenu le grade de hachorel fomiado ; 
mais pour les premiers il faut qu'ils aient obtenu de 
plus une espèce d'approbation secrète sur leurs mœurs 
et sur leurs connaissances, ce qu'on appelé informa- 
çoens (informations) , qui est accordée ou refusée après 
l'examen de la cinquième année , par la majorité des 
professeurs de la^ faculté réimis à cet effet. Ces infor- 
mations sont envoyées tous les ans ofFiciellement à la 
cour royale souveraine (dezembargo do pàço). Autrefois 



(47) 

il fallait subir un examen devant cette cour sur une 
loi romaine, usage qui vient d'être aboli par un de'cret 
des Corlès; maintenant, lorsqu'on a obtenu le grade 
de bacharel formado , et qu'on a subi les informa- 
çoens, on est babile à la magistrature. Quant à la fa- 
culté de droit canon, les hacliarels formados et les 
doctores ont l'avantage d'être liabiles à occuper cer- 
tains canonicats et d'autres dignités ecclésiastiques 
dépendantes de cette faculté. 

Nous ne pouvons nous dispenser de dire un mot 
sur X école diplomatique (escoia diplomatica ) , 
qui , quoique établie à Lisbonne , est censée faire 
partie de la faculté de droit canon de l'université. 
Aussi son professeur jouit-il de toutes les prérogatives 
attachées à ce grade dans celte faculté , et du même 
traitement que son sixième professeur. Cette école se 
trouve dans la Torre do Tomba, qui est une partie du 
couvent de Saint-Benoît (San-Bento). Elle a été créée 
dans le but de former des élèves versés dans la con- 
naissance des chartes , des diplômes et autres choses 
semblables. En 1821 il n'y eut que trois étudians ; 
dans les années antérieures ce nombre a été de quatre 
à huit; pendant une seule il a monté jusqu'à douze. 

Faculté de médecine. 

En Portugal les personnes qui prétendent au titre 
de médecin doivent faire dans l'université leur cours 
complet d'études, qui ne dure pas moins de huit ans; 
Les trois premières années sont destinées aux études 
préparatoires. Dans la première on étudie dans trois 
chaires différentes , 1-* zoologie , la minéralogie et la 
géométrie ; dans la seconde Id. physique et V algèbre ; 
dans la troisième la chimie et la botanique. On entre 
ensuite en matière : la première année est destinée à 
Vanatomie théorique et pratique , à Vart des accou- 
chemens et aux opérations chirurgicales ^ la seconde 
à la physiologie , à la pathologie , à V hygiène , etc. etc.; 



(48) 

la troisième à la matière médicale el k la pharrr^cie ^ 
la qualricmo à la tjièrapeutique médicale et chirur- 
gicale ,- la cinquième à la clinique et à la nosologie. 
Il faut remarquer que Jans ces trois dernières années, 
outre les éludes ordnaircs, les élèves sont obliges de 
fréquenter la clinique à l'iiupilal deux fois par jour. 
Dans tout ce cours d'études il faut subir à la fin de 
chaque année un exanien pîiblic très-sévère. Après 
l'examen de la quatrième année on y prend le degré 
de hacharel. Pour devenir douctor et en prendre 
le bonnet, il faut fréquenter encore un an Tuniver- 
sité, et y répéter les éludes de. la deuxième et de la 
quatrième année , soutenir dans un seul jour soixante 
thèses ditïérentes sur les difî'érenles brandies de la mé- 
decine, et subir un examen très-rigoureux qu'on appelle 
exame privado. Par l'exposition de la méthode suivie 
dans Fenseigncjiient de la médecine , on voit qu'on 
exige trop des étudians; par exemple on les applique 
trop aux mathématiques et à d autres branches d'é- 
tudes dans lesquelles des connaissances superficielles 
peuvent suffire à des. personnes qui se consacrent à 
l'art de guérir. D'ailleurs on pourrait ajouter que les 
occasions d'observer et de traiter les maladies sont 
trop peu iréquentes à l'hôpital d'une ville d'une si 
petite population que celle de Coimbra. Les élèves à 
la fin de leurs études sont en général trop faibles en 
analomie, en chirurgie et dans l'art des accouchemens; 
on pourrait presque dire que l'enseignement est plus 
théorique que pratique. 

A 1 égard de ceux qui se destinent à être pharma- 
ciens, ils doivent étudier pendant quatre années. Dans 
les deux premières ils apprennent la chimie et la bota- 
nique , et ils suivent les expériences chimiques au 
laboratoire annexé à la prcnuèrc de ces deux chaires. 
Dans les deux autres ils étudient la pharmacie ])ropre- 
Uienl dite, qu'ils pratiquent même dans lajjelle offi- 
cine attenante à lliôpllal de l'université. 



(49) 

Relativement à la chirurgie, voyez ce que nous avons 
dit à l'article Chirurgie du Coup-d'œil. 

Faculté des mathématiques. 

Le cours est divisé en quatre années. On y enseigne 
dans les deux premières les élémens de géométrie 
d'Euclides, les élémens des mathématiques de Bezout, 
qui sont traduits en. portugais , savoir : Tarithmétique 
et la trigonométrie plane, par José Monteiro da Rocha; 
l'algèbre et son application à la géométrie et au calcul 
diflérentiel et intégral , dont nous ne connaissons pas 
le traducteur. 

On y enseigne dans la troisième année la méca- 
nique cic l'abbé Marie, l'hydrodynamique de Bossut, 
toutes deux traduites et enrichies de quelques notes 
du savant José Monteiro da Rocha ; on y joint aussi 
l'élude de l'optique de Lacaille. 

Les élèves de la quatrième étudient l'astronomie 
sphérique du même auteur, et l'astronomie physique, 
sur le traité de la mécanique céleste de Laplace, où 
ils trouvent la démonstration des lois de la gravi- 
tation universelle, et tout ce qui a rapport au mouve- 
ment des centres de gravité des corps célestes. Les 
leçons théoriques de cette année sont suivies des leçons 
pratiques dans l'observatoire de l'université. Les dé- 
monstrations pratiques d'astronomie se font dans ce 
bel établissement , qui depuis quelque temps est un peu 
négligé. C'est là que se font , .ivec un travail assidu , 
des oJDservations exactes et scrupuleuses pour la véri- 
fication et la rectification des tables astronomiques , 
et pour le progrès des connaissances reJalives à la géo- 
graphie et à la navigation. Ces observations corres- 
pondent à celles des étabhssemens de ce genre les plus 
célèbres de l'Europe. Pour remplir ce but l'obser- 
vatoire a un directeur , deux astronomes et quatre 
assislans. 

Les livres élémentaires qui servent de texte aux 
éludes des deux premières années, quoique les meil- 

II. 4 



( 5o ) 

leurs peut-élive qu'il y eût lors de la créalion de la 
faculté de njaihéiijanc|ues d.Tns l'université, ne peuvent 
néanmoins sutîire aujoiuvl'hui pour donner aux élèves 
les notions nécessaires sur les découvertes nouvelles 
dont la science s'est enrichie, et ne peuvent leur ap- 
prendreles lésiJtats des travaux importans des géomè- 
tres modernes , qui ont tant influé même sur la méthode 
de présenter les vérités connues jusqu'alors. Nous ne 
pouvons même concevoir comment le calcul intégral 
de Bezout peut siiffire po^r pénétrer dans les doctrines 
sublimes- qni font l'objet de Fétude de l'astronomie 
physique dans la quatrième année. C'est pour cela que 
la nécessité d'une réforme dans le choix des livres 
élémentaires d'analyse iinîe et infini! ésiinale étant gé- 
néralement sentie j la vérité oblige à dire, à l'honneur 
des professeurs de l'ui'jivversité et des autres établis- 
semens, que ces savans se vouent entièrement, autant 
que le plan d'enseignement le leur permet, à l'expli- 
cation des découvertes les plus récentes et des nouvelles 
méthodes des géomètres modernes, en mettant à la 

f)ortée de leurs écoliers les ouvrages les meilleurs et 
es plus profonds qui aient été écrits sur les diiférenles 
parties des mathématiques, tels que ceux d'Euler , de 
Lagrange, de Lacroix, de Monge^ de Poisson, de 
Laplace, de Legendre, de Gauss, etc. etc. 

Faculté de philosophie ou des sciences nature/les. 

Le cours des sciences physiques et naturelles , qu'on 
comprend en Portugal sous la dénomination générale 
de pkiîosophia , ou philosophia natural, est divisé en 
quatre années. 

Les élèves de la faculté de philosophie étudient, 
pendant la piemière année , la zoologie et la minéra- 
logie. Le sy sterne de la nature de Linnée, augmenté 
par Gmehn, sert de texte aux études; les élèves sup- 
pléent à ce qui manque dans ce livre , qui est plutôt 
un dictionnaire de classification de tous les animaux 



(5. ) . 

connus qu'un ouvrage élémentaire propre à l'ensei- 
gnement, par les explications du professeur, et en 
consultant les ouvrages de Cuvier , de Buffon , et 
le Dictiomiaire cThistoire naturelle appliquée aux 
arts, fait par une société de sa vans à Paris. On étudie 
très-peu les parties relatives aux insectes et aux vers, 
faute de temps. !1 n'y a point de livres élémentaires 
pour l'étude de la minéralogie; les élèves sont obligés 
ou d'écrire les leçons du professeur , ou bien de se 
servir de quelque traité de minéralogie , qui ordi- 
nairement est celui de Brochant ou celui de Bro- 
gniart. Les leçons théoriques sont suivies des leçons 
pratiques qui se font dans le musée contigu. Les 
élèves de seconde année étudient la physique géné- 
rale et particulière , sur un abrégé fait en latin par le 
professeur Dalabella, un des étrangers que le roi Jo- 
seph fit venir en Portugal lors de la réforme de l'uni- 
versité. Ce livre élémentaire est un recueil mal di- 
géré et manquant en plusieurs parties de tout ce 
qu'enseignaient les physiciens de ce temps, rempli 
de fautes, et de paroles et de répétitions inutiles. 
îiC savoir du professeur et les ouvrages de Bris- 
son , de Libes, de Biot, d'Haiiy et de Fischer, qu'il 
met entre les mains de ses élèves, remédient en partie 
à cet inconvénient. Des expériences faites dans le ca- 
binet de physique , contigu à l'école, confirment les 
théories qu on y enseigne. Les élèves de troisième 
année étudient la botanique et Vagriculture sous un 
professeur, et la chimie sous un autre. La chaire de 
botanique n'a point de livre élémentaire déterminé 
pour son enseignement. Les écohers peuvent se servir 
à volonté ou de l'abrégé de botanique, en deux volu- 
mes in-8% du célèbre professeur Brotero, ou de celui 
de Mirbel. Outre ces deux livres les écohers consul- 
lent le plus souvent aussi ceux de Linnée et de D^- 
candolle. On suit pour tout le cours la classification 



( ^^ ) 

du botaniste suédois; et le professeur enseigne la partie 
pratique dans le jardin botanique. 

On suit depuis quelques années dans la cbaire de 
chimie les éléraens de Jacquin, ouvrage qui, quoique 
bon pour la première époque de la chimie pneuma- 
tique , est à présent trop défectueux et trop arriéré, à 
cause des grands progrès que les expériences de Dawy , 
de Berzelius et d'autres grands chimistes ont fait faire 
à celte science. Les savantes explications du profes- 
seur et les ouvrages classiques de Henry, Berthollel, 
Thenard, Gay-Lussac, Thomson, Fourcroy, Orfda , 
Chaptal , et le dictionnaire de Klaprolh , remédient 
à cet inconvénient. Les expériences correspondantes 
aux théories sont faites dans l'école même, ou dans le 
laboratoire qui y est contigu. La métallurgie forme le 
sujet du cours d'études de la quatrième année. 11 n'y a 
point de livre élémentaire établi par le règlement. Les 
écoliers se servent ordinairement de la métallurgie 
qu'on trouve à la fin de l'ouvrage de Brogniart , du 
Dictionnaire des mines, de la Métallurgie du professeur 
Barjona , ei des ouvrages des auteurs de chimie sus- 
mentionnés dans la partie relative à la docimasiique. 
Un petit laboratoire où l'on analyse les mines est joint 
à l'école. A la un du cours de chaque année les élèves 
doivent subir un examen public sur les matières qu'ils 
y ont étudiées. Après le cours de métallurgie ils pren- 
nent le litre de hacharel^ et après un autre examen 
qu'ils subissent sur les matières enseignées dans les 
quatre années ils obtiennent ce qu'on appelle la ybr- 
matura dans la faculté de phdosophie. 

Dans les deux premières années du cours de philo- 
sophie, les étudians sont obligés de fréquenter aussi le 
cours de mathématiques , afin d être en état de com- 
prendre dans les sciences naturelles tout ce qui est 
relatif aux quantités. Dans la première année ils ap- 
prennent l'arithmétique de Bezout, la géométrie d'Eu- 
clideset la trigonométrie reciilignede Bezout. Nous ne 



(55) 

pouvons nous empêcher de faire remarquer qu'on fait 
étudier cette dernière à des élèves qui n'ont pas encore 
acquis la moindre notion d'algèbre, lis apprennent dans 
la seconde l'algèbre et le calcul de Bezout. (Voyez 
Ja faculté des Mathématiques pour ce qui regarde les 
livres élémentaires dont on s'y sert.) 

Pour obtenir le degré de (louctor,'A faut que le ba- 
charel suive de nouveau dans la même année le cours 
de chimie et de métallurgie , et qu'il soutienne en 
public douze thèses sur chaque branche de la faculté. 
Après cet examen il en doit subir un autre qu'on 
appelle exame privado (examen parliculier), sur les 
matières enseignées dans l'année qu'il a doublée ; alors 
il prend le degré de licenciado , et devient habile à 
prendre celui de doucior. 



Tableau du traitement anmitl des maities dépendaiis de la Direction 
- Géntîrale des études. 

Maîtres de premières lettres résidans à Lisbonne i4"oooreis. 

Leurs suppléans. 70000 
Maîtresses de premières lettres pour les petites filles , re'- 

nidantes à Lisbonne 1 00000 

Suppléantes. Soooo 
Maîtres de premières lettres résidans dans les chet-lieux 

des comarcas 90000 

Dito résidans dans les autres endroits. 60000 

Suppléans 4^000 

Maîtres de grammaire latine résidans à Lisbonne. . 4^^000 

Suppléans 200000 
Maîtres de grammaire latine résidans dans les chel-lieu.\ 

des comarcas 24^000 

Jjito résidans dans les autres endroits. r4ooou 

Suppléans loocoo 

Maîtres de philosophie rationnelle et morale résidans à 

Lisbonne. 4^000*' 

Suppléans u4oooo 

Maîtres de philosophie rationnelle et u'orale. 820000 

iSIai res de rhétorique résidans à Lisbonne 4 îooco 

Pilo résidans dans les autres villes. ,l4oooo 

Maîtres de langue grecque résidans à Lisbonne . . . 44^QOO 

Ditu résidans dans les autres villes. 35oooo 

Tous les maîtres, excepté ceux de l'université, de 
l'académie de marine de Porto et du collège des nobles 



(54) 

à Lisbonne doivent payer la décima, c'est-à-dire le 
dixième de leur traitement. Cette circonstance , jointe 
à la manière dont se fait leur paiement, qui se fait na 
forma da lei, savoir, moitié en argent et moitié en 
papier-monnaie , diminue tellement leur solde , qu il 
leur reste à peine de quoi subsister. 

Tableau du nombre des écoliers qui ont fréquenté annuellement toutes 
les écoles dépendantes de la Direction Générale des études depuis 
1800 jusques et y compris i8ao. 

Années. Ecoliers. Années. 1 Écoliers. 



j8oi 
180J1 
i8o3 
1804 
i8o5 
1806 
1807 
1808 
1809 
i8io 



4 876 


7 


838 


8 


796 


8 


5n 





764 





456 


9 


544 


5 


396 


4 


75. 


3 


6o5 



1811 
18112 

181 3 
1814 
i8i5 
1816 
1817 
)8i8 
181g 
1820 



4 770 
17 361 
19 26S 
21 802 
24 962 
27 073 
27 771 
27 244 

3i 40' 
3i 288 



Dans ce nombre sont compris aussi ceux qui ont 
fréquenté l'université et le collège royal de Coimbra. 
Il faut remarquer que les maîtres et les professeurs 
n'ont jamais été exacts à remettre annuellement le 
tableau du nombre de leurs écoliers à la Direction 
Générale des études , et que ce n'est que depuis les 
dernières années que leurs tableaux sont devenus plus 
exacts au moyen des mesures qu'on a prises à cet efïèt. 
La guerre et les troubles qui ont affligé le Portugal 
de 1807 à 1812 sont les causes de la réduction consi- 
dérable du nombre des écoliers que l'on y remarque. 

ÉTABLISSEMENS DÉPENDANS DES ÉVÊQUES , DES ARCHE- 
VÊQUES ET DU PATRIARCHE. 

Tous ces établissemens peuvent se réduire au.x 
snivans : 

Le SÉMINA.RE DU PATRIARCAT (seminario do patriar- 
cado), à Sanlarem. C'est Je premier établissement 
ecclésiastique de toute la monarchie. Il v aneuf pro- 



( 55 ) 

fesseurs^ savoir : de théologie dogmatique , tle théo- 
logie morale , à^ institutions canoniques , de droit 
naturel et éthique , de logique et met ha physique y de 
rhétorique , ^'hébraïque , de grec et de latin. Plu- 
sieurs familles distinguées y font instruire leurs enfans. 
Les SÉMINAIRES qui sont établis dans tous les lieux 
où résident des archevêques et évéques, excepté Beja , 
Casteîlo-Branco , Pinhel et Aveiro. On y enseigne le 
latin , la logique , la rhétorique , la théologie el la 
Tuorale. 

Les COLLÈGES DES ORDRES RELIGIEUX. Parmi CCS 

élablissemens , qui sont assez nombreux , ceux des 
Bénédictins (Benlos) se distinguent le plus par une 
méthode d'enseignement meilleure et plus étendue ; 
outre les différentes branches de la théologie, la rhé- 
torique et le latin , on y enseigne aussi V hébreu, le 
^r<?c, les mathématiques, \a géographie et V histoire. 

ÉTABLISSEMENS DEPENDAIS DE DIFFÉRENTES BRANCHES 
DE L'ADMINISTRATION; ÉTABLISSEMENS ENTRETENUS 
PAR DES PARTICULIERS. 

Parmi ces élablissemens le plus considérable est 

TaCADÉMIE ROYALi; DE MARINE ET DE COMMERCE DE 

Porto (academia real de marinha e commercio), créée 
en i8o5 sous Tinspection de la Compagnie Générale 
des vins du Haut-Douro. Elle a 9 chaires, savoir : 5 
de mathématiques , 1 d'agriculture , 1 de philosophie 
rationnelle et morale , i de commerce , i de dessin , 
1 de langue française et i de langue anglaise ; 8 sup- 
pléans, et 2 maîtres, dont 1 de premières-lettres et 1 
d'appareil et de manœuvre navale. Ce bel établisse- 
ment, qui remplace l'ancienne ^ula deNautica, in- 
stituée en 1764, est le second du rovaume après 
l'université. Il est destiné à former de bons officiers 
de marine, de bons négocians et d'inteliigeus agricul- 
teurs. II a parfaitement répondu auï vues de son 



(56) 

instiluleur en répandant les lumières de la science 
dans les provinces du nord , et spécialement sur la 
ville de Poito et la province du Minlio. Le cours des 
mathématiques y est divisé en trois années : dans la 
première les élèves apprennent l'arithmétique, la géo- 
méirie , la trii^^onojuélrie plane et les principes de 
l'algèbre jusqu'aux équations du second degré ; dans 
la seconde, la continuation de l'algèbre , le calcul inté- 
gral et diflérentiel , et les premiers principes de la 
statique , de la dynamique , de l'hydrostatique , de 
l'hydraulique et de l'optique ; dans la troisième , la 
trigonométrie sphérique , la navigation théorique et 
pratique , suivie des notions de manœuvre et de la 
connaissance et de l'usage des instrumens astronomi- 
ques et maritimes. La chaire d'agriculture, qui a été 
instituée avec l'académie , n'a été en exercice , pour 
des raisons par dculières , que depuis 181 5. Pourries 
autres établissemens d'instruction qui se trouvent 
à Porto y voyez la description de cette ville dans la 
section de la topographie. 

Tableau du traitement auniiel des professeurs , des suppléans et des 
maîtres de l'académie de marine et de commerce de Porto. * 

Les trois professeurâ de mathématiques reçoivent chacun 600000 reis. 

Leurs suppléans. /^5oooo. 

Les professeurs de commerce et de dessin , chacua . éooooo 

Leurs suppléans. 3.5oono 

Le professeu!- de philosophie fintiooo 

Son suppléant. 4^^''3'^*^ 

Le pro!'es.seur <i'c(griculture Ôtioooo 

Les mairres des langues anglaise et française , chacun. . 4'^"0t'" 

Leurs suppléans. Sooooo 

Le maitre de premières lettres 4'^0'-'0o 

Son suppléant. ^ot^ooo 

Lp maitre d'appareil et manœuvre navalo .... iooooo 



( 57 ) , 

Tableau du nombre d'étudians qui ont fréquenté annuellement Taca- 
démîe de marine et de commerce de Porto , depuis i8o3 jusqucs et 
y compris 18:^0. 

Années. Etudians. H Années Eludiaas. 



i8o3 
1804 
i8o5 
1806 
iSo7 
1808 
1809 
1810 
1811 



65o 
4o3 
25a 
328 

2l3 

i38 
189 
204 
a54 



1813 
i8i3 
1814 
i8i5 
1816 
1S17 
181S 
1819 
1820 



280 
270 
3i6 
284 
35y 
359 
339 
319 
3i5 



Les établissemens suivans se trouvent tous à Lis- 
bonne ou dans ses environs : 

L'école de commerce (aula do commercio), créée 
en 175g. Le cours d'études, qui jusqu'à l'année i8oi 
avait été de trois ans , ne dure , depuis cette époque , 
que deux ans, et est fait par deux professeurs ditférens. 
Le premier enseigne dans la première année 1 arith- 
métique , l'algèbre et la géométrie de Bezout ; le 
second , dans la seconde année , enseigne l'application 
du calcul au commerce , et la tenue des livres de 
commerce à partie double, d'après les leçons de 1 an- 
cien professeur Alberto Jaqueri de Sales. Les deux 
professeurs reçoivent chacun, v compris la déduction 
du dixième, 610000 reis de traitement. Le suppléant 
en reçoit 276000. 

Tableau du nombre d'étudians qui ont fréquenté les dix cours de 
1 école de commerce depuis 1800 jusqiies et y compris 1819. 



inées. 


Etudians. 


Années. 


Etudians 


1801 


i37 


1811 


lOI 


1802 


3o3 


i8i3 


166 


i.''o4 


227 


181.5 


.75 


i8o6 


22a 


1817 


i53 


1809 ' 


74 


1819 


!5l 



L'académie royale de marine (academia real da 
marinha), créée en 1779. Une partie du local du col- 
lège des nobles est affectée aux cours de cetie acadé- 
mie ; ils durent trois ans , sous la direction de trois 



(58) 

professeurs el de deux supplëans. On y enseigne la pre- 
mière année X arithmétique, V algèbre jusqu'aux équa- 
tions du troisième degré, la géométrie et la trigono- 
métrie rectiligne. On y enseigne dans la seconde le 
reste de V algèbre , le calcul intégral et différentiel et 
la mécanique y dans la troisième , la trigonométrie 
sphérique y Vastronomie et la navigation . Les élèves 
de cette année vont aussi à l'observatoire de la marine 
pour s'y familiariser avec les instrumens , et pour 
s'exercer aux observations. Le but de cet utile établis- 
sement , qui depuis sa fondation a toujours eu d'ex- 
cellens professeurs, est de former des officiers habiles 
pour la marine militaire , et de fournir à la marine 
marchande de bons pilotes et des capitaines instruits. 
Les trois professeurs et les deux suppléans de cet 
établissement sont des officiers du génie ou de ma- 
rine, qui , outre leur solde , jouissent d'un traitement, 
les premiers de 600000 reis par an, les seconds de 
5ooooo. Six prix annuels , deux pour chaque classe , 
de la valeur de 72000 rois chacun , sont distribués 
aux élèves. Ceux qui se destinent à être officiers de 
marine doivent faire leur cours complet. IjC gouver- 
nement en choisit annuellement 6 pour servir dans 
la marine militaire avec le titre de uoluntarios (vo- 
lontaires); mais ce choix ne tombe jamais que sur 
ceux qui ont remporté deux prix , un dans la pre- 
mière année , l'autre dans la seconde. Ces volunta- 
rios sont dispensés d'étudier les langues étrangères 
el ne sont pas enrégimentés et obligés aux exercices 
militaires comme les guardas-marinhas. Après avoir 
fait trois voyages , ils passent officiers ; leur solde est 
<ie 6000 reis, outre 12000 reis d'indemnité de vivres 
(comedorias). Lorsqu'ils sont à terre ils n'ont aucuns 
solde. 



(59) 

Tableau du nombre des <îtndians qui ont fréquenté l'académie de 

marine de Lisbonne depuis 1819 jusques et y compris 182a. 
Années.- Étndianï. 



1819 
l8ao 
18 il 
1812 



ijl dont 170 dans la première année et 5o dans la seconde. 
296 dont 16S dans la première année et yi dans la seconde. 
3i5 dont i83 dans la première année et 68 dans la seconde. 
428 dont 295 dans la première année et 82 dans la seconde. 



L'académie royale des gardes-marines (acadé- 
mia real dos giiardas-marinhas ), créée en 1784. Pour 
y être admis il fallait jouir des privilèges ànforo grande 
(être noble), ou être fils d'un colonel ou d'un capitdo 
de mar e guerra (capitaine de vaisseau). Cet établisse- 
ment depuis le départ du roi a été transféré à Rio-Ja- 
neiro (1), ou il se trouve encore , et où, d'après un 



ACADEMIE DES GARDES-M ARIKES. 

(1) L'académie des gardes-marines de Rio-Janeiro est absolument 
semblable à celle de Lisbonne, ou pour mieux dire est la même que 
cette dernière, qui a été transférée à Rio-Janeiro en 1807 lors de l'ar- 
rivée du roi au Brésil , et qui , à son retour en Portugal en iSaj , est 
restée en Amérique. 

Elle est consacrée à l'étude des sciences et arts suivans ; 
Sciences mathématiques, sciences physico-mathématiques , artille- 
rie, navigation , dessin. 

Son cours complet se fait en trois années. 

On étudie dans la première : l'arithmétique , l'algèbre jusqu'aux 
équations du second degré , la géométrie et la trigonométrie d'après 
Uezout. 

Dans la seconde : l'algèbre, l'application de l'algèbre à la géomé- 
trie, le calcul différentiel et intégral et la mécanique , d'après Bezout. 
Dans la troisième : l'optique et l'astronomie , d'après Lacaille ; la 
navigation , l'appareil nautique et la pratique des instrumcns à 
l'observoire. On reçoit aussi des leçons d'artillerie , d'après MuUer. 
Les éiève.s de toutes les années reçoivent des leçons de dessin. 

Les élèves de cette académie doivent pour y être admis connaître 
la langue française. Ils sont obligés de faire rexercicc du fusil , de 
la pièce de canon, du,moitier et de l'obusier ; ils s appliquent aussi à 
1 escrime et à la manœuvre navale. 

Les élèves de cette académie forment la compagnie des gardes- 
marines, qui a pour sou gouvernement intérieur un chef, qui est 
toujours tiré de l'arme de la niurine. 
Voici le nombre des professeurs 

Pour la première année i 

Pour la seconde i 

Pour la troisième :i 

Professeur de dessin i 

Suppléant de dessin. ........ i 

Professeur d'appareil. ' 



(6o) 

décret des Cortès, il doit continuer à rester. Les jeunes 
gens qui par leur naissance ont le droit d y entrer font 
leurs cours dans l'académie royale de marine à Lisbonne. 



Il y a aussi ua instructeur pour les exercices militaires , un maître 
d'escrime , un secrétaire et des gardes dont un sert de portier 

Le nombre moyen des élèves est de 40. 

On admet aussi dans cette académie des élèves qui se destinent à être 
pilotes , mais ils ne sont obligés qu'aux leçons de la première et de la- 
troisième année, et ne sont pas assujettis aux cxercicci militaires. Le 
nombre mojen de cette seconde classe d'élèves est de i5. * 

Nous croirions manquer au but que nOus nous somnxes proposé 
dans cette section de notre Essai , qui est de faire connaître l'état ac- 
tuel de l'instruction publique parmi les Portugais , si nous gardions le 
silence sur un établissement qui , quoique établi maintenant au Brésil, 
n'en est cependant pas moins dirigé par des Portugais . et qui , par 
l'excellente méthode de son enseignement et par les ouvrages qui y 
servent de texte , peut figurer avec tout ce qu'il y a de mieux en ce 
genre dans les états de l'Europe les plus avances en civilisation. Le 
court aperçu que nous en donnons d'après les renseignemens que nous 
tenons de robligcance de M. Joào Paulo dos Santos Barreto , qui 
tn est un des professeurs les plus distingués , mettra aos lecteurs eu 
«lat de juger de la vérité de notre assertion. 

ACADÉMIE ROYALE .MILITAIRE DE RI0-JA^EIB0. 

Cet établissement doit sa création à Don Rodrigo de Sonza Coutinbo, 
comte de Linhares , qui en traça lui-même le plan , et qui mit tous 
SCS soins à son entière exécution. Les c'ours ont commencé en 1810. 

L'académie se compose de quatre branches scientifiques , savoir : 

1'*. Scionces mathématiques; 'j.*^ . sciences militaires,- 3*^. sciences 
naturelles; f''- dessin. Le cours complet se fait en 7 années. 

Les élèves de la première étudient les mathématiques d'après les 
ouvrages suivans : Arithmétique , de Lacroix ; Algèbre ou analyse 
déterminée , de Euler ; Géométrie , de Legendre j Trigonométrie 
lectiline , du même. Ils suivent en outre une leçon de dessin de 
ligure. 

Voici les ouvrages qui servent de texte aux études de la seconde 
année : Algèbre , de Lacroix ; Complément d'algèbre , du même ; 
Application de l'algèbre à la géométrie; Calcul différentiel; Calcul 
intégral : tous du même auteur. 

On donne aussi , trois jours par semaine, des leçons de géométrie 
»k'3criptive de Monge, et des leçons de dessin de figure deux fois par 
&euiaine. 

Les ouvrages mis .entre les inains des élèves de troisième année sont 
eeux-ci ; Mécanique, de Krancœur ; Hydraulique, de Bossut. Le» 
«lèves reçoivent en outre chaque jour une leçon de dessin de paysage. 

Cci;x de la (juatriènie année i tudienl }a trigonométrie sphérique , de 



(6i ) 



L'observatoire de la marine ( observa lorio da 
.liarinha) à Lisbonne. Le but de cet établissement est 



Lcgendre; l'Optique, de Lacaille , à l'usage de l'école Polytechnique j 
{'Astronomie de Fcrreira , composée sur celle de MM. Lalande , Biot 
et Lacaille; la Géodésie de Puissant. Ils reçoivent encore une leçon 
de physique , d'après Haùy , trois fois par semaine , et une autre de 
dessin de paysage , deux fois par semaine. 

Ceux de la cinquième année suivent un cours de tactique et de 
fortilicalion de campagne , d'après Gay de Vernon. On leur donne en 
outre , trois fois par semaine , des leçons de chimie , d'après Chaptal , 
et des élémens de la philosophie chimique , d'après Fourcroix, et tous 
les jours des leçons de dessin militaire. 

L'objet des cours des éKves de la sixième année est la fortification 
permanente , d'après Gay de Vernon; l'attaque et le défense des pla- 
ces , par le même ^ la minéralogie, de Werner , et le dessin militaire, 
<lont ils reçoivent des leçons trois fois par semaine. 

Ils étudient , dans la septième année des cours, l'arlJHerie , d'après 
Millier ; les raines militaires , d'après Rosa ; la théorie de la poudre à 
canon, de la Mavtillitre. Ils suivent encore des leçons de zoologie , 
d'après Cuvier ; de botanique , d'après Liiinée , et enfin de dessin mi- 
litaire et de toutes les machines de gncrre. Us reçoivent les leçons des 
premières de ces branches d'instruction deux et trois fois par semaine, 
«t deux fois seulement de la dernière. 

Les leçons principales commencent à huit heures du matin et se 
terminent à neuf heures et demie; les leçons secondaires, c'est-à-dire 
de géométrie descriptive , de physique, de chimie, de zoologie et de 
botanique commencent à neuf heures et demie et se terminent à onze 
lieurcs ; les leçons de dessin commencent à onze heures et se termi- 
nent à midi et demi. 

Voici la liste des professeurs. 

Dans la première année i 

— deuxième — 2 

— troisième — 1 

— quatrième — 2 

— cinquième — 2 

— sixième — 2 

— septième — ...... u 

Professeur de dessin 1 
Suppléai* en mathématiques , en forti- 
fication et artillerie 2 

Suppléans en dessin. 2 

Professeur de langue française .... i 

— — anglaise.^ 1 

Maître d'escrime i 



21 
Le nombre moyen des élèves est de 120. 

Les cours commencent au i*' mars et se terminent au 3o novembre : 
le mois de novembre est destiné aux examens. 

Les mois de décembre, janvier et février sont consacrés aux écoles 



(62 ) 

(le faire toutes les observations sur les éclipses, et sur- 
tout d'cnseiirner aux élèves de la troisième année de 
racadéniie de marine 1 usage des msirumens de ré- 
flexion , et la pratique des observations et des calculs 
les plus utiles à la navigation, tels que les calculs des 
latitudes, longitudes et variations de Faiguille aimantée; 
on leur enseigne aussi à régler le pendule et les chro- 
nomètres par les angles horaires et les hauteurs cor- 
respondantes, et à observeriez éclipses des satellites 
de Jupiter et les occultations des étoiles par la lune. 
Cet établissement a un <://ré;c^or( directeur), 5 ajudan- 
tes ( assistans) et k partidistas (sons-assistans). Les 
partldistas sont des sujets qui ont l'ait leur cours com- 
plet de mathématiques, et qui s'instruisent dans la 
pratique des observations et des calculs astronomiques, 
afin de pouvoir parvenir au gracie d'assistant. Le sous- 
assistant Antonio Diniz do CouioValente est chargé de 
calculer les éphémérides pour le méridien de Lisbonne, 



de pratique : les élèves de la 7"" année font des expériences d'artil- 
lerie \ les élèves de la 4" se livrent aux exercices géodésiques ; et les 
élèves de la i »■« année s'occupent de la géométrie et de la trigonométrie 
pratique. Ces exercices durent 4 lieurcs , c'est-à-dire de 7 heures jus- 
qu'à 1 1 heures du matin. Le jeudi est un jour de vacance , excepté 
lorsqu'il se trouve un ou plusieurs jours de fête dans la semaine. 

Les leçons de langues anglaise et française et d'escrime ne sont pas 
d'obligation pour les élèves ; elles durent depuis 3 heures jusqu'à 6 
du soir. 

L'académie royale militaire de Rio-Janeiro est soumise, pour sa di- 
rection , à une junta composée de quatre officiers-généraux, dont un 
doit être lieutenant général , et avoir servi dans l'ajitilleric ou dans le 
rorps du génie, et en est le président. Le ministre de la guerre est 
l'inspecteur né de celte junta au conseil administratif. 

Un bureau des archives et un dépôt pour les instrumens géodésiques 
sont affectés à racadcmic militaire. Le local du muséum est très-com- 
mode. 

Cet ètablissi ment a un secrétaiie et six gardes dont un sert de por- 
tier. Il a aussi un employé chargé d'embaumer les animaux morts 
destinés à enrichir la collection zoclogique. 

Chacun des professeurs de cfs deux etablissemens reçoit 400000 reis 
par an ; chaque suppléant louihe 200000 reis. 



(63 ) 

en réduisant à ce méridien celles de l'almanach de 
Greenwich. 

Le directeur de cet établissement , outre son iraite- 
meut comme professeur pensionnaire (jubilado) de 
l'académie de marine, et comme major du génie, 
louche 3ooooo reis; le premier assistant, la solde de 
capitào defregata gracluado à bord ; le deuxième as- 
sistant , la solde de capitào tenente à bord ; le troi- 
sième assistant, outre sa solde de major du génie, la 
gratification de 200000 reis. 

Tableau du nombre annuel des ctudians qui ont fréquenté l'obserra- 
toire de la marine depuis iîîoo jusqu'en 1822. 



Années. 



j8oi 


72 


1802 


53 


i8o3 


4' 


1804 


23 


i8o5 


•y 


1806 


20 


1807 


23 


1808 


>4 


• 809 


18 



Elèves. 



Années. 1 


18 


1 


18 


2 


18 


3 


18 


'4 


18 


5 


18 


G 


18 


7 


iS 


8 


iS 


9 


1820 


j 1821 



Élèves. 

S 
i3 
1 1 

23 

'9 

17 
27 

49 
59 
60 
5i 



Les événemens polili(]ues sont la cause de la di- 
minution du nombre des élèves dans les années 1810 
et 1811. 

Uti atelier d'instrumE-XS de mathématiques 
(ofîicina de instrumentos mathemalicos) est attaché à 
1 observatoiie de la marine, quoiqu'il se trouve établi 
dans le même bâtiment que la corderie royale. Cet 
établissement, créé depuis quelques années, a pour but 
de former des artistes habiles pour la fabrication des 
instrumens demaihémaliques et d'astronomie. M. Haas, 
Allemand de nation, en est le directeur et le fabrica- 
leur en chef. Son traitement est de 48oooo reis par an. 
Le gouvernement lui fournit les matières premières, 
les ouvriers, et ensuite lui paie les instrumens au prix 



(64) 

qu'ils auraient valu à Londres. Frnncisco José Balbino, 
uuiapprend sous sa dirociion, jouit aussi d'un traitement 
annuel de 864oo reis, ei promet de devenir un artiste 
distingué. 

L'école royale de construction ou d'akchitec- 
TURE NAVALE (aula regia de conslrucçào ou d'archi- 
teiura naval), établie à l'arsenal de marine. Cinq in- 
génieurs constructeurs (engenheiros consU'uc tores) y 
enseignent la construction des vaisseaux à 12 élèves 
pensionnés et à 5 surnuméraues^ ce nombre, détern*iné 
parles statuts, ne doit jamais être dépassé. Le pre- 
mier ingénieur, qui est aussi le directeur de cet éta- 
blissement, a le grade de capitào tenente, et jouit d'un 
traitement de 5200 reis par jour, ce qui fait 1 168000 
reis par an; le second ingénieur touche 2000 par jour; 
le troisième 1600; le quatrième 1200 et le cinquième 
800. Parmi les élèves six sont tirés du corps des guar- 
clas-marinhasy et jouissent d un tr;iitement annuel de 
1 00000 reis; six autres parnn les bourgeois avec un 
traitement annuel de 70000 reis. Les trois surnumé- 
raires ne reçoivent pas de traitement. 

L'académie royale de fortification, d'artille- 
rie ET DE DESSIN (academia real de fortificaçào , arti- 
Iheria e desenho), créée en lyijO, et établie dans le 
palais Calheriz, où se trouvent l'académie royale des 
sciences et le dépôt de la guerre ( archivio militar). 

Les cours durent quatre ans et se l'ont de la manière 
suivante : 

Première année. Fortification régulière et tactique. 

Deuxièjne. — Fortification irrégulière , et celle de 
rampagne. 

Troisième. — Artillerie, mines, construction des 
affûts, etc. 

Quatrième. — Hydraulique , construction des 
ponts, etc. 

On étudie en même temps le dessin militaire dans 
l'ordre ci-après. 



(65) 

Première année. Dessin de fortification réi^nlière ; 
dessin militaire, divisé en vue d'oiseau, prolil et per- 
spective. 

Deuxième. — Dessin de fortification irrégulière, 
de fortification de campagne j problèmes à résoudre 
sur la forlilicalion de terrains donnés. La levée des 
plans s'explique dans ces deux années. 

Troisième. — Dessin d'objets qui ont rapport à 
l'artillerie et aux mines. 

Quatrième. — Dessinde constructions hydrauli- 
ques, surtout de celle des ponts. 

Il y a un professeur pour chaque chaire , mais un 
seulement pour le dessin, en sorte que le nombre des 
professeurs est de cinq. Chacun a un suppléant, ce qui 
en porte le nombre total à dix. Tous les professeurs et 
suppléans sont des ofîlciers de génie ou d'artillerie; 
outre la solde de leur grade respectif ils reçoivent un 
traitement annuel de'4ooooo reis; le traitement des 
suppléans est de 200000 reis. L'académie a en outre 
un secrétaire qui lui est attaché. Pour être admis 
comme élève dans cette école il faut avoir subi les exa- 
mens d'arithmétique, d'algèbre, de géométrie, de cal- 
cul différentiel et intégral et de mécanique , si on se 
destine au génie ou à l'artillerie ; pour ceux qui se des- 
tinent à la cavalerie ou à l'infanterie il leur suffit d'a- 
voir été examinés dans l'arithmétique , l'algèbre et la 
géométrie ; ceux-ci finissent leurs études au milieu de 
la troisième année. Tous les élèves subissent encore 
avant d'être admis un examen sur la langue française. 
Les examens, de même que les cours, sont publics. Il y 
a six prix de 72000 reis chacun pour chaque année. 

Quelquefois à la fin des cours on établit im camp ; 
les professeurs y accompagnent leurs élèves , et y sont 
joints par des officiers du génie avec leurs soldats. 
On s'y exerce sur la construction, la défense et l'atta- 
que de fpriifîcations permanentes et de campagne ; sur 
la construction et l'explosion des mines ; on lire au 
II. 5 



(66) 

l)1arjr avec toute sorte de boudies à feu ; on lève des 
pl;»rs :i vue et géométriqnemenl. C'est après un mois 
et demi ou deux mois d'exercices semblables qu'on re- 
tourne à Lisbonne pour subir les examens. Les élèves, 
en sortant de racadcraie , entrent comme sous-lieute- 
nans dans le corps du génie; s'il n'y a pas de places ils 
sont employés en attendant avec le même grade dans 
les régiméns d'infanterie. 

Le nombre total des élèves est ordinairement de 80 
à 1 00 , dont4o à 60 dans <;hacunedes premières années ; 
mais il est beaucoup moindre dans la dernière. Parmi 
les élèves il va toujours un grand nombre d'ofïiciers de 
«lifférentes armes. 

Les livres qui servent de texte dans cet établissement 
sont , pour la première et la seconde année, l'architec- 
ture militaire d'Antoni et la tactique du général Azedo; 
pour la troisième année la traduction portugaise du 
traité d'artillerie de Millier, et celui des mines com- 
posé par le général Roza, actuellement député aux 
Cortès; pour la quatrième année l'hydraulique de Bos- 
sut. IjCS élèves étudient les règles du dessin sur le 
taité de 1 ingénieur portugais A zevedo Fortes, mort 
depuis plusieurs années. Les professeurs suppléent par 
leurs profondes connaissances à ce qui manque dans 
<]es oiivrages qui sont bien loin d'être au niveau des 
progrès que ces sciences ont faits depuis quelque 
années. La même observation doit s'appliquer aux 
académies de marine de Lisbonne et de Porto et au 
collège militaire de Luz. 

Le Collège royal militaire (real coUegio mili- 
lar) , fondé en 1 802 à Feitoria prèsd'Oeiras et transféré 
en I 81 4 à Luz près de Lisbonne. 11 y a 1 1 professeiu-s 
f? maîtres, savoir 5 professeurs (lentes) de mathéma- 
tiques, 1 maître de premières lettres, 3 de grammaire 
j)ortugaise et latine, 1 de philosophie , géographie et 
liistoire, i de langue française, l de langue anglaise, 
1 de dessin ,, i de danse et 1 maître d'escrime. Les 



(67 ) 

pensionnaires sont on nombre de 200, dont 10, qui 
sont entretenus aux frais de l'Etat, doivent être tils 
d'officiers de terre ou de mer; les loo autres, appelés 
porcionistas , paient les frais de leur entretien; ces 
derniers , avant les événeniens de 1820, devaient être 
d'extraction noble. 

Le Collège royal des .nobles (real collegio dos 
Nobres}, créé en 1761 par le roi Joseph. Il a dix maî- 
tres ( professores ) ei quelques suppléans. On y ensei- 
gne la philosophie rationnelle et morale, la rhétorique 
et la poésie, les langues grecque, latine, anglaise et 
française; le dessin, l'archilectiire, la danse, l'escrime 
et réquitation. Il y a en outre un maîlre de premières 
lettres. 

L'École koyale de Chirurgie ( aulas regias de 
r.irurgia), annexée au grand hôpital royal de Saint-Jo- 
seph (San-José). Elle a cinq chaires occupées par cinq 
professeurs ('lentes) et un demojist7'ador y qui sont 
chargés d'enseigner l'anatomie , l'hygiène et la patho- 
logie générale, la pathologie et la thérapeutique chirur- 
gicales , les opérations chirurgicales etl'ai tdes d'accou- 
chemens. Voyez pourla méihoded'enseignementce que 
nous disons à l'article Chirurgie du chapitre MâoECi- 

-NE,etG.,dansrAPPEIVDIX.4.LAGÉOCR.APHIE'LITTÉRAlRE 

Le Collège de Mafra ( collegio de Mafra ) 
n'existe plus depuis plusieurs années, lia été remplacé 
parles 

Ecoles ROYALES du Monasïèuede Saint-Vincent 
DE Fora à Lisbonne (reaes escolas do Mosteiro de 
San-Vicente de Fora), créées en 1795. Elles jouissent 
des mêmes privilèges que l'université deCoimbra, et 
on y suit absolument la même méthode d'enseigne- 
ment. Sept professeurs avec quatre suppléaus y ensei- 
gnent la théologie dogmatique et morale, la philosophie 
rationnelle et morale, la physique et la géométrie, la 
rhétorique, la langue grecque, la langue latine et la 
lanj^ue Irançaisc. Voici le noniiDre des étudiaiîs qui ont 



(68) 

fréquenté annuellement cet élablissemcnt depuis i8oô 
jusqu'en 1821 : 

Années. Etudians. Amires. j Ktutlian?. 



1801 


55 


1803 


55 


j8o3 


73 


i8o4 


101 


iRo5 


.45 


1806 


ifiG 


1807 


laG 


1808 


58 


1809 


57 


1810 


5'i 



1811 
181:^ 

i8i3 
i8i4 
i8i5 
iSifi 
.8,7 
1818 
1819 

lS-20 



46 

sa 
81 

lai 

143 
201 
342 



Les Écoles royales de la. Congrégation de l'O- 
ratoire (reaes escolas da Congregaçào do Oratorio), 
établies dans la maison du Saint-Esprit (casa do Es- 
pirito Santo), tenues par des religieuxdn même ordre 
que ceux de l'hospice royal de Notre-Dame de Ne- 
cessidades. On y enseigne la grammaire latine à un 
nombre très-considérable d'écoliers. 

Les Écoles de grammaire , rhétorique et phi- 
losophie, établies dans l'hospice royal de Notre-Dame 
de Necessidades ( hospicio real de Nossa Senhora das 
Necessidades). Elles ont 3 maîtres qui enseignent la 
grammaire latine , la rhétorique et la philosophie ra- 
tionnelle et morale. Cet établissement est loin d'être ce 
qu'il était autrefois. H y a en outre une école de pre- 
mières lettres annexée à cet établissement; depuis 
1796 jusqu'en 1821 , elle a été fréquentée annuel- 
lement par i5o à 160 écoliers. 

Nous ayons dressé le tableau ci-après, afin de mettre 
nos lecteurs à même de voir la marche de l'éducation 
littéraire dans les établissemens de ce genre à Lis- 
bonne , qui offrent presque tous les mêmes proportions 
dans la classitication des éiadians qui les fréquentent. 



(69) 



Années. 

'797 
'7y« 

'7yy 

i8oo 
1801 
1.S02 
i8o3 
1804 
i8o5 
, 1806 
1807 
1808 
1809 
1810 
1811 
1813 
i8i3 
1S14 
181.5 
1816 
1817 
1818 
1819 
1820 
1821 





tTl)DlA,^S DE 




GiMmiiiain 


Hlu-toiitjiie. 


Fliilosnpbie, 


3o 


n 


6 


^-9 


8 
5 


4 
3 


32 


n 


5 


■26 


3 


4 


■>5 


5 


2 


29 

32 


6 
5 


3 

2 


26 
27 


4 

6 


4 


28 


3 


I 


25 


5 


3 


24 

33 


2 


4 
2 


•>8 


1 


3 


3o 


2 


4 


22 


2 




il 


1 


2 


20 


» 


3 


'9 

20 


5 
3 


2 
5 


54 

32 


4 
8 


7 
3 


28 


5 


3 


24 


5 


2 



L'£coLE ROYALE DE LANGUE ARABE (aula 1 egia de 
lingua araba) , établie dans le couvent de Noire-Dame 
de Jésus (Nossa Senliora de Jésus). Un religieux qui 
a le litre de professeur , et un autre qui a celui de 
suppléant , y enseignent celte langue d'après l'excel- 
lenle grammaire portugaise du père Souza. Il n'y a 
actuellement que deux étudians. Depuis plusieins an- 
nées le gouvernement entretient un ou deux religieux 
à Tanger, dans la maison du consid portugais, pour 
appiendre l'arabe par pratique. Ils reçoivent 600 reis 
par jour et l'habillement. Il n'y en a aucun inaintenani. 

Le Collège de Saiivt-Àivtoiine et de Saint- 
Pierre (collegio de Santo-Anlonio e San-Pedro), 
annexé à la Corderie royale. On y a réuni depuis peu 
les 5o orphelins de la Casa pia et les enfans vagabonds, 
recueillis par l'inlendance générale de police, qui for- 
maient deux ctablissemens séparés , l'un sous le nom 



(70) 

de CoUeglo de SantO'Ajiionio , l'antre sous celui de 
Collegio de San- Pedro. Le nombre des élèves a été 
fixé à 5o. 11 y a une école de premières-lellres , dont 
Je maître reçoit le Iraileinent annuel de 223200 reis. 
\.>Q% élèves passent alternalivenienl de celle école aux 
diflérens ateliers de la corderie pour y apprendre un 
métier. 

Le Collège i^oyal de Saint-Patrice (collegio real 
de San-Patricio), créé en i5go pour l'instruction des 
prêtres missionnaires irlandais (clerigos missionarios 
d'Irlanda). 11 a un professeur de théologie. 

Le Collège royal des catéchumènes (collegio 
real dos calhecumenos) , créé en i Syg pom- instruire 
dans la religion catholique les Maures de Barharie et 
autres infidèles convertis. 

Le Portugal ne possède encore aucune école civile 
d'enseignement mutuel ; il y a seulement depuis peu 
des Ecoles militaires d'enseignement mutuel j 
créées par mi décret (portaria) du lo octobre i8]5, 
mais auxquelles sont aussi admis les bourgeois des 
villes où elles sont établies. On y suit une méthode 
presque semblable à celle adoptée en France et en 
Angleterre. M. Joào Chrisostomo do Couto e Mello, 
capitaine du génie, professeur de tactique et de forti- 
fication dans le collège royal deLuz,estIe fondateur de 
ces écoles, et celui qui en a la surveillance, sous le 
litre de direclor da escola gérai d'hahilitaçdo dos 
TJiestres, dos ajudantes e dos aspirantes das escoîas 
p articula res dos coTpos do exercito e da marin ha de 
Portugal et dos Algarves. Tous les corps militaires 
stationnés ont une école de premières lettres, où les 
soldats a])prenncnt à lire, à écrire et à calculer. Au 
connnencement d'octobre l8i8, il y avait déjà i8 de 
ces écoles dans l'Rsiremadura et à Lisbonne, dont une 
annexée à la Corderie royale, lO dans rAlem-Tejo, 
3 dans l'Al^arve . i o dans la Beira , f> dans le Tras-os- 



( 71 ) 

INIoiUes, et q à Porto et dans lu province du MinliO. 
Jusqu'à celle époque on y avall matricule 1891 mili- 
taires et iqS^ paysans, en tout 5843 écoliers, dont 367 
otaieni déjà Jiabilitados ^ c'est-à-dn'e recomms en étal 
de faire les i'onclions de maîtres. Au 3i août 1818 il 
V avait ?.5i8 indivi<lus qui fréquentaient ces écoles, 
dont :2C,6 étaient à l'alphabet , 4*^19 au syllabaire , 
410 au dictionnaire , 801 aux phrases et périodes , et 
602 à la lecture; 5o4 écrivaient siu- le sable, 443 sur 
l'ardoise, et 1730 sur le papier; 827 étudiaient les 
premiers prmci[)es de larithmélique , 785 la com- 
position et la décomposition des nombres entiers et 
décimaux, 242 les nombies fractionnaires, et 61 la 
règle de trois. Depuis celle époque le nombre de ces 
écoles est devenu [)lus considérable. 

L'Ecole royale de des«i.\ et d'architecture 
CIVILE (aula regia de desenlio c architectUra civil), 
créée en 1785 par la reine Marie, et établie dans une 
partie du couvent des Caetanos. Elle dépend dii Trésor 
Royal (Erario Regio, voyez F' vol., page 252),eia deux 
professeurs et deux substituts. Le professeurd'arclii- 
tecture enseigne , dans les dfeux premières heures de 
son cours , les opérations lés plus indispensables de 
l'arithmétique et de la géon.iélrie élénien taire, ensuite 
la construction , le dessiti d'orncmeiil élla perspective. 
Le professeur de figure eusèigtié à dessiner toutes soiles 
de productions ni\lurclles animées ou inanimées, les 
proportions du coips humàiii, en comparant toujo tirs 
les dltléicines parties des gravures et des tableaux avec 
les objets originaux, et en en faisant sentir à ses élèves 
la différence, les beautés cl les défauls. Le cours Jure 
o ans, et les leçons ont lieu deux fois j)ar jour, le 
matin et 1 après-midi. Le traitement annuel de cha- 
que professeur est de 4^0000 reis ; celui de chacun 
des suppléans est de 200000 reis» Pour encourager les 
élèves à se distinguer dans cet art aussi noble qu'utilo 
le gouvcmcinenl distribue annucUemcnl six prix^ donl 



(70 

irois pour chaque chaire. Le premier pvix est de 
5oooo reis , le second de uoooo , et le iroisiènie 
de loooo. Le tableau ci-dessous offre le nombre 
d'élèves qui ont fréquenté annuellement cet établis- 
sement depuis 1800 jusqu'en 1H22. 



Années. 

1800 
1801 

r8o3 
j8o4 
180Ô 
iSoG 
1807 
]8o8 
i8c9 
1810 



Elcv( 



9 
3 

17 



Années. 



1812 
i8i3 
.8,4 
i8t5 
1816 
J817 
1818 
1819 
1820 
1821 



EU 



G 
'9 



■20 

)6 



2i 

iG 



11 y avait à Lisbonne une autre école de dessin 
ET d'architecture ( casa do risco) , entretenue 
aux frais du roi pour former dans ces deux arts les 
enfans des officiers de sa maison. Elle est passée avec 
lui à Rio- Janeiro , où elle est restée. EIle,a,deux,pror, 
lesseurs et douze élevés. .^ ,, .. '\ ]\^r 

L'académie de peinture (academia do nu), créée 
par le ioi actuel peu de temps avant son départ pour 
le Brésil/ n'existe plus 3 au grand regret de tous 
les Portugais amateurs des beaux-arts. Elle avait été 
établie sous la direction. du peintre José da Cunl^a 
Tab^i-da, dans le château de San- Jorge , dit. aussi le 
Caste Ilo , et à l'instar de celles d'Italie. Le gouverne- 
ment avait fait -venir de Rome, à ses Irais ;,. de belles 
e|)reuvës en plâtre des plus belles statues aniiques, él' 
à autres matériaux nécessaires à deserablables établisse- 
méns, qui furent déposés dans de vastes appartemens. 
\l j avait déjà quelque temps que les |rav^,ux 4p 
Taborda et des autres directeurs de l'académie avaient 
commencé^ lorsque, dans la confusion qui précéda 
et suivit le dépari du prince régent, on donna l'ordre 
au direcleiir d^ cet <?lablissement d'embarquer sous 



(75) 

24 iieures tous les objets d'arls confiés à ses soms. 
A peine avait-il commencé à emballer cl à envoyer 
les premières caisses à l'arsenal, que l'armée française 
ëtaiit entrée à Lisbonne , une autorité portugaise lui 
envoya l'ordre d'abandonner ses ateliers aux troupes , 
cjui s'y logèrent, et dégradèrent, pendant leur long 
séjour , tout ce qui s'y trouvait encore ; les objets en- 
voyés à l'arsenal restèrent pendant quelque temps 
épars dans ses magasins et sur les quais. C'est 
ainsi qu'à peine commencé on a vu détruire un établis- 
sement si utile, qui un jour aurait peut-être l'ait écloi:e 
sous le beau ciel de Lisbonne des lalens dignes dq. 
rivaliser ceux qui forment une partie de la gloire de 
la Rome moderne , et l'admiration de tous les étran- 
gers instruits qui y accourent de toutes les parties du 
monde civilisé. 

L'École royale de sculpture (aula regia de 
escultura) , établie dans un bâtiment du Thesouro 
Velho , et dépendante du bureau das Obras Publicas 
(voyez V vol., page 268). Elle a un professeur et deux 
suppléans. Le traitement annuel du professeur est de 
1 000000 reis; celui du premier substitut de 600000 , 
et celui du second de 4^0000. Le cours dure ] o am , 
4o.tit,5 sont employés à l'étude de dessin et 5 à celle, 
de ïa sculpture. Ce temps écoulé les çièves ont le titre 
d ajudantes de escultura , et jouissent d'un traitement 
journalier qui est déterminé par le professeur, selon 
le mérite de l'élève. Ce traitement est ordinairement 
de J à G testées par jour; il est daG. ou 10 testées au 
plus quand ils ont qx,ercé en cette nouvelle qualité 
[)endant 4 ou 5 ans. Cette gratification cesse d'être 
payée en cas de maladie. Tout élève, eii entrant dans 
cette école, reçoit 2, testùe^i par jour, outr.c le papier, 
le crayon et tout ce qui lui est nécessaire pour l'étude. 
Malgré cet encourageinent , l'école de sculpture a 
toujours été très ]>eu fiéquentée.En effei , par l'Inspec- 
tion du tableau des élèves de cet établissemeut que 



(7i) 

nous avons sous les yeux, nous voyons que de 1800 
à 180Ô, de 1806 à ]8i2, de 181 5 à 1817, el de 1817 
à 1821 , il n'y eut point d'élèves ; qu'en î8o6 il y en eut 
3;en]8i2, en 1810 el en 1817 un seul: eifi en 182J . 

L'Ecole royale de gravure (aula regia de gra- 
vura), établie dans une partie du bâtiment de l'inipri- 
nierie royale, par les soins de son premier inspecteur 
el professeur Joaquim Çarneno da Silva. Depuis quel- 
que temps on peut la considérer comme éteinte par 
le manque d'élèves. D'après les statuts de sa création 
elle devrait en avoir 10 ou 12 pour le moins. Le pro- 
fesseur actuel, Gregorio de Queiroz, dont le traitement 
est «le 600000 reis par an , n'en a maintenant qu'un seul. 

L'iivsTiTUT DE MUSIQUE ( semiuario musical) est 
annexé à la j)alrlarcale. Cinq maîtres de musique y en- 
seignent à un nombre d'élèves indéterminé le chant, la 
musique instrumentale et la composition. Depuis 1800 
oii y a donné des leçons à environ quinze élèves par 
année. Le premier professeur a 600000 reis de trai- 
tement; deux autres en ont 400000 chacun. La mé- 
thode d'enseignement est assez bonne , quoique un 
peu trop éloignée du goût de la musique moderne. 

On peut dire qu'il n'y a aucune école publique 
d'équitatioin , puisque celle du collège des nobles 
appartient exclusivement à cet établissement, et que 
le manège royal de Belem est destiné seulement à in- 
struire les personnes attachées à la maison du roi, et â 
dresser les chevaux de selle qui lui appartiennent. 
Tout particulier qui veut aj)prendre l'équilalion , ou 
y faire dresser ses chevaux, «ioit payer les piqueurs de 
('es deux manèges. Voyez pour plus amples détails, dans 

l'ApPEIVDIX A LA GÉOGRAPHIE LITTÉRAIRE, l'article 

E(juUcdion du chapitre BeauX-arts. 



ETAELlSSEMEt.S r ARTICOLIERS. 



Dans les villes principales du Portugal, mais surtout 
à Lisbonne cl à Porto , il y a quelques collèges el ({uel-; 



( 7^ ) 
qucs écoles leims par des parliculiers , où beaucoup 
de faïuilles envoient leurs enfaus. On peut dire en 
i;énéial qu'à très-peu dV\ceptions près tons ces t'ta- 
blissemens sont au-dessons du médiocre, el cju aucun 
lie peut soutenir la comparaison des établissemens les 
plus considérables en ce genre qu'on trouve en Italie, 
en France, en Angleterre, et surtout en Allemagtie 
el en Suisse, soit pour leur importance, soit pour la 
bonté de la méthode suivie dans l'enseignement. 

Nous croyons indisj)ensablc, puisque nous sommes 
sur le sujet des établissemens particuliers , de faire men- 
tion de celui que le Portugal doit à la philanthropie 
de M. Antonio Palricio, sous le lilre de Aula tj^ratuita 
para surdo-mudos (école gratuite pour les sourds et 
muets), et qu'il vient d'ouvrir à Lisbonne. Dans celte 
école , qui est la seule de ce genrb que possède le 
royaume, on enseigne à ces infortunés la lecture, 1 écri- 
ture, les principes de la religi(m , et les premiers élémens 
de l'arithmétique , de la géométrie, delà géographie, de 
l'histoire, du dessin, et deslangues française el anglaise. 



>■£> SU>^^A1RE S, 



Nous manquerions à l'équité et à la justice ,si5 après 
avoir signalé ce que l'ancien régime oflVail de vicieux 
dans radmmistralion ,nous ne disions rien d'une insli 
tution de la plus grande utilité , et à laquelle le Portugal 
doit plusieurs grands hommes tpii lui onl rendu des 
services imj)orlans par leurs laleiis, cl ont puissam- 
ment contribué à entretenir dans la naùon le goût des 
beaux-arts, et à répandre la connaissance des progrès 
que les sciences naturelles et l'astronomie ont faits 
parmi les nations étrangères de[>uis quarante ans. Nous 
voulons parler de la détermination aussi sage que; 
généreuse prise par la reine IMarie el par son auguste 
fils, le roi actuel, d'envoyer à leurs Irais de nombn'ux 
])ensionnalres à Paris, à Ijondres, en Allcntagne et en 
Italie, pour y étudier, ou pour s'y peifcclionner.dans 



(76) 

ia liiédeciiie , la chirurgie , la physique , la chimie , 
ia minéralogie, la botanique , la zoologie, l'art vétéri- 
naire, l'agriculture ei les beaux-arts, surtout clans la 
gravure et la peinture. Ces pensionnaires touchent une 
pension de 600000 reis par an , sans comprendre les 
frais de voyage et les dépenses extraordinaires , qui 
leur sont remboursés; la pension de ceux qui étudient 
1 histoire naturelle est de 720000 reis. Les premiers 
pensionnaires lurent Manoel Ferreira da Camara Bet- 
tencourt, José Bonit'acio d'Andrade, et Fragoso, tous 
trois connus par des ouvrages et de savans mé- 
moires ; ils quittèrent le Portugal en 1788 pour se 
rendre en France et en Allemagne , afin de s'y per- 
fectionner dans l'histoire naturelle , la minéralogie et 
la chimie. En 1791 la reine Marie, à la prière du doc- 
leur Manoel Con^ancio , envoya 7 pensionnaires en 
Angleterre et en Ecosse pour y étudier ou se perfec- 
tionner dans la chirurgie et la médecine : Antonio 
d'Almeida , actuellement professeur d'opérations à Lis- 
bonne; Manoel Alves da Costa Barreto, maintenant 
professeur de chirurgie à Rio -Janeiro; Francisco 
Solano Consiancio, actuellement chargé d'affaires pour 
Sa Majesté Très-Fidèle près des États-Unis d'Améri- 
(pie, en sont les plus marquans. On en envoya d'autres 
par la sliiie, parmi lesquels José Eusiaquio Gomes, 
aclueliement médecin à Pernambuco, les deux frères 
Silveira, dont l'aîné est médecin à Bahia, et le cadet 
mi chimiste très-distingilé , méritent une mention 
parliculière ; ce dernier est actuellement à Paris. Les 
pensionnaires les plus distingués envoyés en Italie pour 
s'y perlée tionner dans la peinture sont Sequeira , Vieira , 
ïaborda, Foschini, etc. ; parmi ceux envoyés à Lon- 
dres pour la gravure on doit citer Queiroz , élève de 
Bartolozzi , et Rivara. 

L iiilendant général de police Manique envova aussi;, 
aux fiais de la caisse de radministralion de la police, 
\m assez grand nombre de pensionnaires à Edimbourg, 



(77 ) 

parmi lesquels on remarque Jacinto , chirurgien dis- 
tingué et bon opérateur, et Couto, accoucheur. 

L'université de Coimbra a entretenu aussi des pen- 
sionnaires à Paris et en Allemagne , parmi lesquels le 
docteur Monteiro , minéralogiste très-distingué, qui 
réside actuellement à Paris , et qui a mérité l'estime 
de M. Haiiy ; le docteur José Pedro de Mello, pro- 
l'esseur d'hydraulique à Coimbra; les deux frères Na- 
varro , et Paulino de Nola , méritent une mention 
particulière. 

Le gouvernement entretient actuellement 6 élè- 
ves en France, dont 3 à l'école vétérinaire d'Al- 
fort ; il en entretient encore 5 autres en Angle- 
terre. 11 vient de charger M. Joào Paolo dos Santos 
Barreto , major du génie et professeur de mathé- 
matiques à l'académie militaire de Rio - Janeiro , 
de parcourir la France , l'Allemagne , l'Angleterre , 
i'Ttalie et le nord de l'Europe , pour y examiner les 
établissemens publics les plus considérables relatifs aux 
ponts et chaussées et aux travaux hydrauliques , alin 
de perfectionner cette branche importante de l'archi- 
tecture dans les [)avs soumis à la domination por- 
tuijaise. 



ACA'DÉMIES LITTÉRAIRES , BIBLIOTHÈQUES , CABINETS 
D'HISTOIRE NATURELLE , JARDINS BOTANIQUES, CA- 
BINETS DE PHYSIQUE, OBSERVATOIRES, COLLECTIONS 
DE .MÉDAILLES , TYPOGRAPHIES , COMMERCE DE LI- 
BRAIRIE. 

Nous commencerons ce chapitre par l'AcADÉMiE 
Royale des sciences de Lisbonne ( Academia Real 
das Sciencias de Lisboa ), qui est la première acadé- 
mie de toute la monarchie , et qui , avant les derniers 
événemens, était le seul établissement littéraire du 
Portugal. Elle a été fondée en 1778 par le duc de La- 
fôes, sous la protection de la reine Marie. Le roi en 



( 78 ) 

esl le protecteur, el l^inlant Don IVJiguel le président. 
Ses membres sont partagés en socios Jionorarios , qui 
sont, an nombre de vinf^t-cinq , parmi lesquels on 
compte , outre des prmces , des f^énëraux et de grands 
savans étrangers, quelques minisires et quelques Por- 
tugais de la plus haute distinction \ en socios ve- 
teranos , parmi lesquels il n'y a que cinq Por- 
tugais ; en socios effcctivos^ qui sont au nombre de 
vinajt-trois , tous Portugais, et dont Luit appartien- 
nent à la classe des sciences naturelles , sept à la classe 
des sciences exactes , et Imita celle de la littérature por- 
tugaise ; en socios livres ( associés libres ) , ainsi 
nommés parce qu'ils ont la liberté de choisir les 
sujets qu'ils veulent traiter; on en compte trente-trois, 
et ils sont tous Poitugais ou naturalisés en Portugal ; 
en socios '.Gorrespondentes , qui sont au nombre de 
soixanie-dix-huit , presque tous Portugais d'Europe 
ou d'Amérique ; les autres sont étrangers. 

L'Académie possède une typographie oùl'on publie ses 
mémoires, et où Ton a imprimé plusleursouvragesutiles. 
Ce coi"{)s savant n'a pas peu contribué , par ses re- 
cherches, par ses écrits j par les prix d'encouragement 
qu'il a distribués , à réveiller l'industrie dans tout le 
royaume. Ses savantes dissertations sur la chimie, 
l'astronomie, la physique, la navigation, l'architec- 
ture navale , les mathématiques , l'agriculture et l'éco- 
nomie politique , insérées dans ses mémoires dont on 
publie un gros volume in-fol. chaque année, prouvent 
sans réplique l'activité et le profond savoir de ses mem- 
bres, et font bien voir que ces matières ne sont pas aussi 
étrangères aux Portugais que le prétendent l'auteur 
du Tableau de lAshonne et d'autres auteurs qui ont 
écrit sur le Portugal. Depuis quelque temps l'Acadé- 
mie publie tous les ans un volume d'éphéjuê rides 
nautiques j ou un journal aslroiiomique calculé pour 
le méridien dé Lisbonne. C'est aussi par ses soins 
qu'ont été imprimées en J790 les Tables perpétuelle* 



( 



(79) 
aslronomlqucs à l'usage de la navigation portugaise. 
Indépendamment de ses Mémoires et de ses Epliémé- 
rides , elle a présidé aussi à l'impression de beaucoup 
délivres, tantoriginaux que traduits du français, de l'an- 
glais et de l'espagnol. Le catalogue que nous publions à 
Ja suite des tableaux bibliographiques insérés à la fin de 
cet ouvrage sera une preuve limiineuse de l'activité 
et du zèle de ces académiciens , et servira en même 
temps à justifier les Portugais du reproche qu\)n leur 
fait de nésliîjcr encore toutes les sciences exactes et 
naturelles. 

L'AcADÉMiii DE Géographie, instituée en 1799 
pour répandre les connaissances géographiques en 
Portugal , et pour en faire une bonne description ac- 
compagnée d'une carie, s'est éteinte lors du départ 
du Roi pour le Brésil. Il faut espérer qu^on la ré- 
tablira. 

Les membres qui formaient le cabinet littéraire de 
Lisbonne , établi en 1821, viennent de s'organiser en 
Académie littéraire, sous le titre de Socledade li- 
TERARiA PATRioTiCA DE LiSBOA ( Société littéraire 
patriotique de Lisbonne). L'installation de cette 
académie a eu lieu le i*' janvier 1822. 

Le but essentiel de cette société est dedonne r 
une bonne direction à l'opinion publique , par 
le moyen de ses écrits , qui sont imprimés avec 
ses annales ; et de donner à ses membres, par les dis- 
cussions auxquelles ils se livrent, l'habitude dépar- 
ier en public avec facilité. 

Les membres de la société se divisent en deux 
classes, qui sont celle «les membres effectifs, et celle 
des membres correspondans ; les premiers doivent 
avoir leur résidence à Lisbonne; les seconds peuvent 
demeurer partout où bon leur semble. 

Les étrangers peuvent être admis à 1 une de ces 
deux classes , suivant les circonstances où ils se 
trouvent. 



(8o) 

Le nombre des membres eilfectifs ne doit jamais 
être au-dessous de cenL vingt. 

Les ver tus sociales et l'amour de la patrie sont les 
qualités indispensables pour être admis dans le sein 
de celte compagnie, qui appre'cie , comme ils le mé- 
ritent, la sagesse et l'amour des sciences, mais qui 
est loin de les préférer au patriotisme. 

La présence de soixante et un membres au moins 
est nécessaire pour la réception des nouveaux can- 
didats , qui sont élus à la pluralité des voix. 

Les membres efTectifs sont assujettis cbacun a« 
paiement d'une somme de 12000 reis par an, 
dont le montant est appliqué aux frais de loyer, 
d'achat de livres , d'abonnement aux journaux , gages 
des portiers, etc. 

Le local, les livres^ les ouvrages périodiques, etc. , 
sont tous les jours à la disposition des membres , 
depuis dix heures du matin jusqu'à deux heures 
après midi, et depuis quatre heures jusqu'à dix du 
soir. 

La société a , pour la direction de ses travaux , 
un président, deux vice-présidens, un secrétaire et 
un vice-secrétaire, qui tous sont élus à la plura- 
lité des suffrages dans la première séance de chaque 
mois. 

Elle a une commission de censure , composée de 
cinq membres, élus au scrutin, et dont les attribu- 
tions ne durent que trois mois. Cette commission 
est chargée d'examiner i" si l ouvrage présenté à la 
société contient des doctrines solides, est écrit d'un 
style pur, et tracé sur un bon plan ; 2° s'il ne pèche 
pas contre la loi relative aux abus de la liberté de la 
presse ; 0° enfin s'il ne s'écarte pas des règles de la 
bienséance , que la société se propose d'observer envers 
toutes les classes de citoyens. 

La société a en outre une commission admini- 
strative qui se compose d'un directeur, un trésorier, 



(81 ) 

iin secrétaire , etc. , tous élus au scrutin; les fonctions 
de cette commission durent trois mois. 

Elle en a encore une autre chargée de la rédac- 
tion de son journal , qui est intitulé : Jornal de la 
Sociedade literaria patriotica. Cette commission est 
permanente , et ses membres ont été élus à la plura- 
lité des suffrages. 

Ce journal est divisé en cinq sections : la première 
est consacrée aux nouvelles nationales; la seconde 
aux nouvelles étrangères ; la troisième aux ar- 
ticles politiques sur les avantages que tirent les 
peuples d'un bon gouvernement constitutionnel j la 
quatrième à l'analyse des résolutions et lois des Cortès 
de Portugal , afin de faire sentir à la nation portu- 
gaise les résultats avantageux qu'elle en peut attendre; 
et la cinquième, enfin , aux articles variés de sciences 
et d'arts : les découvertes faites par des Portugais sont 
toujours publiées les premières. Ce journal paraît 
deux fois par semaine et contient cinq feuilles d'im- 
pression à peu près. 

A l'imitation de celle de Lisbonne , il s'en est 
formé une autre àCovilhàa, qui a été installée en fé- 
vrier sous le titre de Sociedade literaria patrio- 
tica DE Covilhaa. Cette société est en tout sem- 
blable à celle de Lisbonne, avec laquelle elle en- 
tretient une correspondance suivie. L'harmonie la 
plus parfaite règne entre ces deux compagnies. 
Outre le but que la société de Lisbonne s'est pro- 
posé , et que celle de Cavilhàa a adopté , cette der- 
nière se destine en outre aux œuvres de bienfaisance; 
elle fait administrer à des époques déterminées des 
secours pécuniaires aux familles honnêtes et indi- 
gentes, et se charge du soin philanthropique de pour- 
voir à l'instruction gratuite des enfans pauvres des 
deux sexes. 

On nous écrit de Porto qu*on va y établir aussi une 
académie sur le modèle de celle de Lisbonne, et 
II. 6 



(Sa) 

avec le litre de SocitDADE literaria patriotica 
DE Porto. 

11 vient de se former à Lisbonne une autre société 
sous le titre de Sociedade promotora da industria 
NACioNAL ( Société d'encoura^emenl de l'industrie 
nationale ), dans le but principal de rassembler de 
toutes parts et de publier toutes les découvertes qui 
peuvent être utiles à l'agriculture en général, aux 
pêcheries , aux arts et au commerce de la nation ; 
d'encourager l'industrie par des prix annuels décer- 
nés aux savans , aux artistes et aux fabricans qui au- 
ront le mieux répondu aux vues de la société ; de pro- 
pager l'instraclion publique sur tous les objets relatifs 
à l'industrie, en publiant des mémoires , en faisant 
construire et même distribuer des modèles de ma- 
chines et d'instrumens ; de former un établissement 
sous le titre de Dépôts des arts ( déposito das artes), 
dans lequel on rassemblera tous les plans , dessins et 
modèles d'instrumens et machines qui seront inventés, 
et qui sera ouvert au public à certains jours déter- 
minés; de fonder une bibliotliéque où les artistes 
pourront trouver tous les ouvrages analogues aux 
vues de la société ; d'établir des relations avec tous 
les Portugais ou les étrangers qui par leur profession 
ou leurs lumières peuvent concourir au progrès 
des arts ; de diriger les essais nécessaires pour dé- 
terminer ou vérifier l'utilité des procédés et des in- 
ventions qui promettent de grands avantages ,* de 
donner des secours aux laboureurs et aux artistes 
distingués qui auraient essuyé des malheurs, ou qui 
manqueraient de moyens pour réaliser des projets 
utiles ; de former le centre de tous les établissemens 
de ce genre qui s'organiseront dans les autres parties du 
rovaume , et qui voudraient se mettre en correspon- 
dance avec la société. 

Tout membre de la société doit payer 12000 
reis par an. 



(83) 

La Société ne tient que quatre sessions générales 
dans l'année , une par trimestre. 

Pour remplir les diflérens buts que la société se 
propose, on doit élire dans une des prochaines sessions 
générales, au scrutin secret et à la pluralité des voix , 
un conseil de direction ( concelho de direcçào ) , qui 
servira gratuitement pendant une année, et qui, par- 
tagé en ditiérentes commissions, s'acquittera de tous 
les travaux de la société. 

j\ous avons cru nécessaire d'entrer dans ces détails 
pour faire voir l'esprit dont sont animés les membres 
de ces utiles établissemens ; esprit qui est bien loin, 
de prêcher des principes contraires à la morale, à la 
religion et aux bases sur lesquelles repose toute so- 
ciété civilisée , et dont la propagation dangereuse ex- 
pose les peuples qui s'y livrent aux désordres affreux 
que de nos jours nous avons vus en être les suites. 

Il y a peu de bibliothèques publiques en Portu- 
gal. La première et la plus considérable est la Biblio- 
thèque royale publique , qu'on appelle maintenant 
nationale. Elle est placée dans le second étage du 
grand bâtiment qui forme le côté droit de la place 
du Commerce, et renferme, d'après les informations 
que nous avons prises des bibliothécaires, de 80000 
à 85ooo volumes. D'après le nouveau règlement elle 
est ouverte tous les jours ouvrables. Le local est grand 
et bien éclairé. Les livres y sont disposés d'après les 
sciences et les arts auxquels ils appartiennent. Le pu- 
blic y est très-bien reçu , et les bibliothécaires four- 
nissent très - promptement les livres qui leur sont 
demandés. Nous avons remarqué , toutes les fois 
que nous avons visité cet établissement, un grand 
nombre de personnes occupées à travailler. Quoi- 
que elle ait plusieurs ouvrages imporians , en- 
tre autres quelques-uns d'histoire naturelle , toutes 
les éditions de Bodoni, et beaucoup de manuscrits 
très-curieux, elle manque de presque tous les livres 



f 84) 

niockrnes scientifiques et littéraires publiés derniè- 
rement par les Anglais, les Fiançais, les Allemands 
et les Italiens. Elle n'en a presque pas de géographie 
et de statistique modernes ; elle ne possède même 
aucun des nombreux atlas qu'on a publiés depuis 
la fin du siècle dernier jusqu aujourd'hui. On peut 
dire qu'en général les ouvrages allemands manquent 
dans toutes les bibliothèques publiques et particulières 
du Portugal, et que les livres anglais, français et 
italiens y sont beaucoup plus communs. Parmi les 
manuscrits on y remarque celui sur vélin d'une Biblo 
hébraïque avec un commentaire rabbinique , qui , par 
la manière dont il est écrit, représente au premier 
coup d'œil un cadre d'arabesques de couleur rouge 
autour du texte. 

Parmi les bibliothèques descouvensily en a trois qui 
sont publiques. Celle du Couvent de Jésus (Con\ento 
de Nossa Senhora de Jésus) est très-bien tenue , et peut 
contenir environ 320oo volumes, parmi lesquels on 
trouve beaucoup d'ouvrages portugais et espagnols 
modei^nes. Elle est riche surtout en bibles et livres 
de théologie, de littérature, d'antiquités, et de 
livres classiques grecs et latins. Elle possède quelques 
bons ouvrages de sciences naturelles ; mais elle n'a 
rien de ce qui a été publié depuis 1806 , excepté la 
continuation de l'Encyclopédie Méthodique. La biblio- 
thèque du couvent de San ~ Francisco est assez bien 
fournie, quoiqu'elle ait moins de volumes que la pré- 
cédente; nous croyons qu'elle peut en avoir de 18 à 
'-20Q00 , parmi lesquels on remarque beaucoup d'édi- 
tions précieuses du premier siècle de l'imprimerie. 
Nous ne pouvons rien dire sur celle du Couvent de 
San-Domingos , parce que nous ne l'avons pas vue, 
et parce que les renseignemens que plusieurs per- 
sonnes nous ont donnés diflerent tant entre eux , 
que nous croyons prudent de ne hasarder aucune opi- 
nion sur le nombre de volumes qu'elle contient. Cela 



(85 ) 

peul servir à nos lecteurs pour ju^er du de^a-é do con- 
fiance que mérite cet étalage de chiflVes qui accom- 
pagne la description des bibliothèques. 

Quoique la Bibliothèque de Saint- f^inceiit de 
Fora (San-Vicente de Fora) ne soit pas censée pu- 
blique , elle l'est par le fait , puisqu'il suffit d'y être 
admis une fois , poui- pouvoir ensuite la Iréquenter à 
toute heure. Cette bibliothèque contient en tout 22000 
volumes; et dans le nombre il y en a environ 4000, 
dont les éditions sont doubles, de manière que le U)lal 
de volumes des ouvrages différens monte seulement 
à 18000 volumes. Elle se compose en général d'ou- 
vrages de sciences , de littérature et d'arts. On y 
trouve les auteurs les plus connus du XVlll' siècle j 
une belle collection d'ouvrages des littératures grec- 
que, latine et portugaise, et les relations des voyages 
les plus célèbres entrepris jusqu'à l'année 1790. On 
y remarque des éditions distinguées et rares, une 
grande partie des classiques latins par John Basker- 
ville, des bibles, et des polyglottes de grand mérite; 
plusieurs éditions du XV* siècle , et quelques autres 
anciennes éditions portugaises. On y voit aussi avec 
mtérèt des manuscriis curieux , comme par exemple 
une collection en 26 volumes in-iblio , qui com[)reud la 
correspondance des ministres portugais près des cours 
étrangères depuis le roi Jean 111 jusqu'au roi Jean V ; 
un auUe manuscrit en 6 volumes, contenant l'iiistoiie 
des principaux événemens de l'Europe jusqu'à la paix 
d'Utreclu en 1715, avec les documens originaux; 
plusieurs bibles manuscrites, parmi lesquelles on en 
irouvi; une du Xll-^ et du Xlll* siècle, et divers autres 
manuscrits épars. 

La bibliothèque de ï Hospice royal de Notre- 
Dame de Necessidade s (do Keal hospiclo de Nossa 
Senhora das Necessitades) ne contient pas moins de 
27 à 28000 volumes , dont 20000 sont insci its dan* 
Je catalogue. Elle vient d élre consacrée à l'usage des 



(86) 

dé pillés des Cortès , qui tiennent aujourd'hui leurs 
séances dans le local où était placée la bibliothèque. 

Ij Académie royale des sciences possède aussi 
une bibliothèque assez riche en livres scientifiques. Le 
nombre des volumes qu'elle contient peut monter de 
i o à 1 2000. La Bibliothèque du roi à Ajiida , qui 
était très -riche en toutes sortes d'ouvrages et qui 
comptait environ 20000 volumes, n'existe plus, ayant 
été transportée à Rio-Janeiro pendant que le roi y 
faisait sa résidence. Celle du Couvent de Beleni ne 
correspond ni à ce superbe édifice, ni à sa réputation , 
car elle ne contient guère que de i4 à 16000 volumes. 
On y trouve une superbe Bible manuscrite , dont 
le pape Jules II fit présent au roi Emmanuel , 
en reconnaissance du premier or des Indes que ce 
monarque lui avait envoyé (1). Ce manuscrit, dont les 
miniatures qui l'embellissent passaient dans l'opi- 
nion des connaisseurs portugais pour être de Jules 
Romain , ayant été examiné par les plus habiles pein- 
tres membres de l'Institut de France , a été reconnu 
appartenir à un siècle antérieur à celui de Raphaël , 
et même à celui de Pietro Perugino. 

CoiMBRA ne possède qu'une seule bibliothèque 

publique; c'est ceWedeY Université. Cette bibliothèque 

,est la seconde du royaume pour le beau local qu'elle 

occupe et pour la masse de volumes qu'elle contient , 

(i) Cette Bible fut enlevée dans la dernière guerre et apportée à 
Paris par une personne que son rang et son pouvoir mettaient au- 
dessus de toute réclamation. Sa Majesté Louis XVlll , aj-ant été 
informée de ce fait par un rapport de M. le marquis de Marialva , 
ambassadeur de Portugal , et de M. Brito , envoyé extraordinaire de 
cette puissance, a raclieté pour la somme de 40000 francs ce magni- 
licjue manuscrit aux héritiers de celui qui sel'était approprié, et l'a 
rendu au Portugal en accompagnant cet acte degénérosité de ces paroles 
remarquables , si bien empreintes de ce sentiment de délicatesse ex- 
quise qui forme le fond du caractère de ce monarque ; que c'était 
moins comme chose précieuse et due , qu'il le restituait , que comme 
un document constatant les heureuses entreprises des Portugais au-delà 
des mers. 



(8? ) 
qui, d'après un calcul approximalifque nous en avions 
fait sur des bases positives, aurait été de 42000, mais 
qui, selon les renseignemens exacts qu'on nous envoie; 
de Coimbra , ne monte qu'à 58ooo volumes , quoi- 
que l'opinion généralement reçue lui en accorde 
de 60 à 90000. Cette exagération nous ayant mis en 
garde contre les évaluations que des savans nationaux 
nous avaient données des autres bibliothèques du 
royaume , nous en avons diminué proportionnellement 
et selon les circonstances le nombre des volumes , 
afin de nous approcher autant que possible de la vérité. 
Nous avons entendu plusieurs savans portugais avouer 
que la bibliothèque de Coimbra manque presque en- 
tièrement des ouvrages les plus importans de sciences 
et de littérature publiés dans les derniers temps en 
France, en Angleterre, en Italie, et surtout en Alle- 
magne et dans le nord de 1 Europe ; néanmoins nous 
devons avouer que nous y avons trouvé les principaux 
journaux littéraires de l'Europe. Parmi les éditions 
rares de cette bibliothèque, qui toutes sont antérieures 
à l'année 1480 , on remarque la Bible de Mayence , 
de 1462 ;une autre imprimée à Nuremberg en 1478; 
quatre exemplaires de la Vulgate. Parmi les manu- 
scrits en parchemin il y en a un du IX' siècle , un du 
XII*, un du commencement du XI V% et un autre un 
peu phis moderne. On y trouve aussi les Pandectes , 
le Code elles Nouvelles de Justinien , écrites sur par- 
chemin ; les Epîtres de saint Jérôme , imprimées à 
Mavence en 1470 ; saint Augustin, De Ciuitate Dei ; 
ibid. en i^tjS ; De Trinitate. , en 1470. 

Porto n'a pas de bibliothèque publique ; cependant 
Pévèque , qui est un des premiers savans portugais , 
accorde l'usage de la sienne aux personnes qui lui 
demandent la permission de la fréquenter. Nous savons 
qu'elle a été formée presque entièrement par lul-ménje 
pendant les 3o années qu'il a été professeur de droit 
à Coimbra, et qu'elle contient de 5o à Daooo volumes. 



(88) 

Nous l'avons trouvée riche surtout en voyages anciens 
et modernes, et en livres d'histoire; elle possède quel- 
ques manuscrits précieux très-anciens et très-bien 
conservés. Nous avons admiré la mémoire prodigieuse 
et la vaste érudition de monseigneur , qui , sans avoir 
besoin de regarder le catalogue , trouvait lui-même 
sur-le-champ au milieu de tant d'ouvrages celui que 
nous lui demandions. 

EvoRA a une bibliothèque publique d'environ 20000 
volumes. Cet utile établissement doit sa création au 
savant archevêque Genaculo, qui légua en mourant sa 
bibliothèque à l'archevêché, à condition qu'elle serait 
ouverte à tous ceux qui désireraient la fréquenter. Elle 
est riche surtout en livres de théologie, dont elle a une 
collection magnifique, en ouvrages portugais et en 
classiques grecs et latins. 

Dans tous les palais des évêques et archevêques du 
Portugal, de même que dans les chefs-lieux des ordres 
militaires et dans les couvens , il y a des bibliothèques 
plus ou moins considérables, mais qui sont la plupart 
composées de livres de théologie. Il se trouve aussi en 
Portugal plusieurs personnes qui ont des collections de 
livres plus ou moins grandes et plus ou moins bien as- 
sorties. Voici les bibliothèques particulières qu'on nous 
a indiquées comme les plus remarquables , soit par le 
nombre de leurs volumes , soit par la choix des livres 
et des manuscrits plus ou moins rares qu'elles con- 
tiennent : 

Dans l'EsTREMADURA à Lisbonne : celle du marquis 
de Penalva, qui peut contenir de i5 à 17000 volu- 
mes, dont plusieurs manuscrits très-rares; celle qui a 
appartenu au fameux comte d'Ericeira , que possè- 
dent maintenant ses héritiers; celles du comte de 
San-Lourenço, du marquis de Marialva et du marquis 
d' Angeia ; celles de M. Sebastiào Mendo Trigoso , qui 
vient de mourir, et de son frère Francisco ^!^finoel Tri- 
goso , irès-richc surtout en livres d'histoire, de belles- 



(«9) 

lettres et de législation; celle de M. Venceslào Braam- 
camp, baron de Sobral, qui contient de lO à i5ooo 
volumes, parmi lesquels se fait remarquer une collec- 
tion superbe de livres d'architecture civile ; celle de don 
Francisco de Mello Manuel, qui peut contenir de 1 2 à 
j[5ooo volumes, parmi lesquels un grand nombre ap- 
partiennent à la littérature classique j celle des héritiers 
du comte de Linhares. 

On trouve en outre à Lisbonne quelques autres par- 
ticuliers dont les bibliothèques, quoique peu riches 
en volumes , sont cependant très-importantes par le 
choix des ouvrages, qui peuvent passer pour les meil- 
leurs qui existent dans toutes les branches de la littéra- 
ture. Nous devons placer au nombre de ces bibliothè- 
ques celle de M. Adolphe de Lindenberg, ricbe de 
■iooo volumes, parmi lesquels on trouve les ouvrages 
des Allemands, des Français et des Anglais dans les 
sciences et dans la littérature, et les journaux lit- 
téraires les plus renommés publiés dans ces trois lan- 
gues, outre un bon choix d'ouvrages portugais; celle 
de M. Joaquim da Costa Macedo, qui contient environ 

0000 volumes, parmi lesquels on trouve une collection 
complète de voyages modernes et du moyen Tige , une 
autre des dictionnaires et des grammaires des princi- 
pales langues connues, et beaucoup d'autres livres 
très-coûteux et classiques ; celle du savant médecin 
Francisco José d'Almeida, qui contient ào. 8 à 10000 
volumes, parmi lesquels on trouve les meilleurs ouvra- 
ges anciens et modernes dans tous les genres. 

Après les bibliothèques de Lisbonne, il faut nom- 
mer, dans l'EsTREMADUKA à Alcobaça^ celle du mo- 
nastère de San-Bernardo, qui contient de 20 à 26000 
volumes, et où l'on trouve beaucoup d'ouvrages mo- 
dernes ; à Thornar, celle du couvent chef- lieu de l'or- 
dre de Christ, qui a beaucoup perdu depuis ([uel(|ues 
années; à la Batalha^ celle du célèbio couvent de 

1 ordre des Dominicains (Domingos); à Santareniy 



(90) 

celle du séminaire patriarcal ; à Mafra , celle qui ap- 

{)artient aux anciens desservans de ce couvent royal , 
es Arrabidos , toute composée d'ouvrages ascétiques , 
de théologie scolastique et d'ancienne philosophie 
péripatéticienne , et qui peut contenir 20000 vo- 
lumes. Il ne faut pas confondre cette masse d'ou- 
vrages surannés avec la belle collection de livres qui 
s'y trouvait réunie avant que les Conegos Regrantes 
fussent transférés à leur ancien couvent de Saint- 
Vincent de Fora à Lisbonne , où elle forme la bi- 
bliothèque dont nous avons parlé. 

Dans la Beira on trouve plusieurs bibliothèques à 
Coimbra , dont les plus remarquables sont les sui- 
vantes : la bibliothèque du monastère de Santa-Cruz , 
riche de 36ooo volumes , parmi lesquels on trouve 
beaucoup d'ouvrages et de manuscrits rares , dont 
quelques-uns du Xr siècle ; celle du collège de Santa- 
Ritta 5 qui est la plus ancienne de Coimbra , et qui 
compte 14000 volumes ; celle du collège de San- 
Bento, qui contient i5ooo volumes parmi lesquels on 
trouve beaucoup d'ouviages choisis relatifs à la litté- 
rature orientale ; celles des collèges de Graça et de 
San-PedrO;, dont la première compte i5ooo et la 
seconde 12000 volumes; celle du séminaire èpiscopal 
en contient 8000 ; celle des deux ordres militaires 
d'Aviz et de San-Thiago n'en a que 6000 ; celle du 
collège de Thomar de l'ordre militaire de Christ en 
possède seulement 5ooo ; celle du collège de San- 
Jeronimo environ autant ; mais elle est remarquable 
par un exemplaire de l'édition très-rare d'Homère, de 
i488 , par Nerlius , dont parlent Vogt et autres bi- 
bliographes. Les bibliothèques particulières qui se 
font remarquer tant par le nombre des volumes que 
par leur choix , sont celle de monseigneur l'èvêque 
et celle du professeur de mathématiques Antoiïio Ho- 
noralo, qui contiennent quelques milliers de volumes. 
Un incendie arrivé en 1821 a détruit la bibliothèque 



(91 ) 
du professeur Joào Pedro de Mello et celle de 
M. Aillaud. 

Dans I'Alkm-Tejo nous ne connaissons que celle de 
l'évéchéde Béja,quipeut contenir de8à loooovolumes. 

Dans r AlgaRve nous n'en connaissons qu'une seule; 
c est celle de l'évèque de Faro, qui, à ce qu'on nous 
a assuré, peut contenir de 5 à 6000 volumes. 

On trouve dans le Tras-os-Mo.\tes celle qui a ap- 
partenu au dernier évêque de Bragança, qu'on présume 
contenir environ 8000 volumes. 

Il y en a plusieurs dans le Mi.nho. A Porto_,outre celle 
de l'évcque, dont nous avons parlé, on remarque celles 
des couvens deSan-Francisco, desCongregados, des Car- 
melitas , de Santo- Antonio , et parmi celles des particu- 
liers la bibliothèque du vicomte de Balsamào, qui, avant 
le pillage qu'elle a souffert lors de la première invasion 
des Français, comptait 1 2000 volumes , et qui est ré- 
duite maintenant à 5ooo ; celle de M, Joào de Souza 
Morgado de Villar de Pardizes, riche d'environ 4000 
volumes; celle du député aux Cortès Ferreira Borges, 
qui en compte environ autant ; celle de M. Ricardo 
Raimundo Nogueira. On pourrait citer aussi, pour le 
choix des ouvrages dont elle est formée, la petite bi- 
bliothèque de M. Joào Baplista Edolo,professeur de vio- 
loncelle, et celle du médecin Agostinho Albano. A 
Tibaens, dans le termo de Braga, celle du couvent de 
ïibaens , appartenante à la congrégation de Saint-Be- 
noît, qui ne compte pas moins de y 5 à 5oooo volumes; 
à Braga celles de l'archevêché , des Congregados et 
de Saint-Tvrso (couvent de Saint Benoît), celle de 
Villar de Frades, à une lieue de Braga, appartenante 
à la congrégation de San-Joào Evangelista, qui peut 
contenir de 8 à 1 0000 volumes. 

Le gouvernement portugais ayant jusqu'à présent 
niis de grandes entraves au commerce de ia librairie, 
il ne faut pas s'étonner s'il n'y a qu'un petit nombre de 
libraires dans ce pays. On ne trouvera de véritables 



( 9^ ) 

libraires, en i)renaiu ce mot dans le sens qu'on Ini 
donne en Italie, en France, en Allemagne et dans le 
reste de l'Europe civilisée, qu'à Lisbonne, à Coimbra 
et à Porto; toutes les autres villes n'ont que des bou- 
quinistes plus ou moins mal fournis. Les principaux 
libraires de Lisbonne sont MM. Rey , Borel , Ber- 
trand, Rolland et Martin, qui sont des Français 
établis depuis plusieurs années en Portugal. Ces li- 
braires , surtout les trois premiers, ont des magasins 
très- grands et très-bien assortis dans presque toutes les 
branches de la littérature. Parmi les Portugais, quoi- 
que dans un degré bien inférieur, on compte Carva- 
Iho et Joào Henriquesj dont le plus grand commerce 
consiste dans la vente des livres nationaux et des ou- 
viages périodiques du pays. A Coimbra, outre la li- 
brairie de l'université, où l'on vend les livres de classes 
pour le compte de cet institut, on remarque les maga- 
sins de MM. Allaud et Orcelle, qui sont très- bien 
fournis. Un incendie vient de détruire entièrement la 
librairie du premier, qui contenait environ ôoooo vo~ 
1 urnes. Les principaux libraires de Porto sont MM . Costa 
Paiva, França et Emery. Nous remarquerons même 
que M. Costa Paiva est le seul libraire portugais qui 
ait des relations directes en France et ailleurs. 

Relativement aux musées ou ca^binets d'histoire 

^'ATUÏ{ELLE, aux JaRDIINS botaniques , aux CABIiNETS 
DE PHYSIQUE , aUX LABOllATOIRES et aUX OBSERVA- 
TOIRES , il faut avouer qu'il n'y en a aucun en Por- 
tugal qui puisse soutenir la comparaison avec les 
grands élablissemens qu'on voit en ce genre en France, 
en Angleterre , en Allemagne , en Italie , en Espagne 
et en d'autres parties de l'Europe. Cependant on doit 
convenir que quelques-mis de ces étabîissemens , quoi- 
que fort inférieurs a ceux de Paris , de Londres , de 
Vienne et d'autres grandes capitales, méritent néan- 
moins d'être vus, à cause de plusieurs pièces impor->" 



(93) 

tantes, et parce qu'ils sont les principaux établissemeHs 
en ce genre de la monarchie portugaise. 

Lie CAbiNET d'histoire naturelle a Ajuda est 
encore assez bien assorti, surtout dans la partie miné- 
ralogique, el dans celles des oiseaux et des coquillages, 
quoique le savant commissaire envoyé par Napoléon 
pendant Toccupation française lui ait enlevé 3ooo 
pièces de minéralogie, 4^0 espèces d'animaux rares 
du Brésil et d'autres j^ossessioiis portugaises, dont 
quelques-unes venaient d'être découvertes , et un her- 
bier contenant 2000 espèces, parmi lesquelles plu- 
sieurs étaient très -rares. I^e Portugal n'a pas encore 
pu obtenir la restitution de ces objets. Tout en con- 
venant que le cabinet d'histoire naturelle de 
l'université de Goimbra est très-pauvre en vers , 
en insectes et en herbiers, on doit assurer cependant 
qu'il est fourni de tout ce qui est nécessaire pour l'en- 
seignement de ces deux sciences, surtout dans la classe 
des coquillages. Cet établissement est très-bien placé 
et très-bien tenu, grâce aux soins du professeur Bar- 
jona et à ceux de son savant demostrador le docteur 
Caetano Rodrigues de Macedo , actuellement député 
aux Cortès. Il y a d'autres cabinets d'histoire naturelle 
qui sont bien inférieurs aux précédens. Les principaux 
de Lisbonne sont les suivans : celui de l'académie 
royale des sciences, celui ^it Mainense àsLns, le couvent 
de Nossa Senhora de Jésus, et celui qui est placé dans 
l'hospice royal de Necessidades; et les collections par- 
ticulières du marquis d'Angeja , du marquis d'A- 
brantes et de M. Adolphe Frédéric de Lindenberg , 
consul général des villes hanséatiques : cette dernière 
collection , qui est une des plus belles et des plus com- 
plètes, a été mise en ordre par le savant voyageur et 
naturaliste distingué le comte de Hoffmannseg, ami 
du propriétaire. Coimbra possédait autrefois le (îabinet 
d histoire naturelle du dezembargador José Bonifacio 
d Andradee Silva, qui l'a fait transporter au Brésil,oùil 
>e trouve actuellement. On ne trouve à Porto que la col- 



(9M 

leclion du vicomte de Balsaniào, qui, avant le pillage 
uni eut lieu lors de la première invasion des Français, 
était assez bien assortie, surtout dans la partie des mi- 
néraux et des coquillages. 

11 n'y a en Portugal que deux jardins botaniques : 
celui du roi à Ajuda et celui de l'université à Coimbra. 
Le premier est supérieurement bien placé est très-bien 
tenu ; le célèbre Broiero en est le directeur et l'admi- 
nistrateur ainsi que du musée qui y est annexé. Ce 
jardin n'est pas vaste, les serres v sont peu spacieuses; 
mais il a un excellent bassin pour les plantes aquatiques. 
M. Brotero nous a assuré qu'il contient 1200 espèces 
difiérentes , parmi lesquelles il y en a plusieurs du 
Brésil, d'Angola , du Cap-Vert et d'autres établisse- 
mens portugais. Le local du jardin botanique de 
Coimbra est vraiment superbe , quoiqu'on puisse s'é- 
tonner avec raison que, dans le terrain fertile au milieu 
duquel est bâtie cette ville, on ait choisi justement une 
colline de gravier pour son emplacement. Ce n'est 
qu'à force d argent el de bras qu'on est parvenu à faire 
des échelons sur lesquels il a fallu porter la terre, ou 
la former artificiellement. Les serre» ne correspondent 
pas à la grandeur de cet établissement, qui , par la 
manière dont il est tenu, nous parut plutôt le verger 
particulier du professeur de botanique que le lieu dans 
lequel les écoliers de l'université vont apprendre à con- 
naître les innombrables individus du règne de Flore. 
Ce jardin, qui du temps du célèbre Brotero comptait 
plus de 4ooo espèces différentes, n'en compte main- 
tenant pas même un millier. 

11 a plusieurs cabinets de physique ; mais celui de 
l'université de Coimbra est le seul qui soit important. 
11 est placé dans le même bâtiment que celui d'his- 
toire naturelle, et exactement vis-à-vis de ce dernier 
Il contient une grande quantité de machines et d'in- 
strumens remarquables non-seulement par leur qua- 
lité , qui ne saurait être meilleure , mais encore par la 



(95) 

matière précieuse dont ils sont faits. Il manque cepen- 
dant de quelques machinesqui seraient nécessaires pour 
le compléter. 11 fut conunencé sous le professeur Da- 
labella, et fut beaucoup augmenté sous la direction du 
professeur CoisiantinoBoleJ ho d;-; LiicerdaLobo. Le ca- 
binet deY.hysique du roi à A j ad a , et ceux de l'académie 
royale des sciences, de Ihospice royal de Notre-Dame 
das Necesrâdades (Real Casa de Nossa Senhora das I\e- 
cessidades) , du monastère royal de Saint Vincent de 
Fora , et du vicomte de Santarem à Lisbonne , sont 
bien inférieurs à ceux des lycées de Venise et de Vé- 
rone. Celui d'Ajuda est réduit à rien depuis que ses ma- 
chines et insirumens ont été transportés à Rio-Janeiro. 

Il n'y a que trois laboratoires de chimie qui 
méritent une mention particulière : celui de l'hôtel 
des monnaies àLiSBO.\.\E, celui d'AjUDA appartenant 
au roi, et sous l'inspection du célèbre Brotero; et celui 
de l'université à Coimbra. Ce dernier est beau , vaste, 
bien éclairé , et richement fourni de tout ce qui est 
nécessaire à de semblables établissemens ; nous remar- 
querons cependant qu'il manque d'un pilier de Vol ta 
capable de produire les décompositions qui , de nos 
jours , ont tant fait reculer les bornes de la science. 
Il y a aussi un laboratoire annexé à la chaire de mé- 
tallurgie , mais il est très-petit, et on n'y fait d'ex- 
périences que très -rarement. 

Le Portugal compte cinq observatoires, dont un 
à CoiMBRA attenant à son université, et les autres à 
Lisbonne , savoir : celui de l'académie royale des 
sciences, celui de l'académie royale de marine, celui 
de l'hospice royal de Notre-Dame de Necessidades , et 
celui du Castello. L'observatoire de Coimbra est bien 
construit et très-bien placé. En 1808 il était aussi 
très-bien fourni d'instrumens ; mais depuis que les 
meilleurs ont été enlevés par les Français , on ne les 
a pas remplacés , et il y a plusieurs années qu'on n'y 
fait plus d'observations astronomiques , excepté celles 



(96) 

qui sont nécessaires pour la rédaction des éphéme- 
rides, qu'on publie tous les ans. On n'en fait point du 
tout dans ceux de Necessidades et de l'académie royale 
des sciences. Quoique l'observatoire de racadémie 
royale de marine soit très-mal fourni d'instrumens , 
c^esl le seul maintenant de tout le Portugal où l'on 
fasse quelques observations astronomiques ; encore 
n'est-ce que pour exercer les pilotes dans la pratique 
de leur art. 

Mais en revanche le Portugal compte plusieurs col- 
lections DE MÉDAILLES plusou moins importantes. Les 
plus considérables, tant par le nombre des pièces que 
par leur rareté, sont celles de la bibliothèque nationale 
et du vicomte de Santarem à Lisbonne ; viennent ensuite 
dans la même ville celles du couvent de Nossa Senhora 
de Jésus, appelée vulgairement Musée Mainense , et 
celle du roi à Ajuda. Celles de l'académie royale des 
sciences, des moines bénédictins (monges benediti- 
nos), du marquis d'Angeja, de M. Francisco de Cosio 
Moreira Alves, de M. Francisco Rodrigues Batalha, 
sont moiDS considérables. La collection des médailles 
de la bibliothèque de l'université à Coimbra contient 
714 pièces d'argent , presque toutes des empereurs. On 
remarque à Porto la collection de médailles de monsei- 
gneur l'évèque , qui , par le nombre des pièces et par 
la rareté de quelques-unes , est la première du royaume 
après celle de la bibliothèque nationale. Elle ne 
compte pas moins de 2700 médailles d'argent, dont 
plusieurs consulaires ou de familles romaines; plus de 
2000 en bronze et en cuivre , dont une trentaiae 
d'arabes; et environ 200 en or. Celle du vicomte de 
Balsamào dans la même ville comptait, avant le pillage 
qui eut lieu lors de la première invasion des Français, 
plus de 1000 pièces, parmi lesquelles on en remarquait 
plusieurs très-rares de familles romaines, et quelques- 
unes du temps de la domination des Maures; elle est 
maintenant réduite à la moitié. U y a encore à Porta 



( 97 ) 

\me autre coUeciion moins considérable qui appartient 
au savant moine bénédictin Fr. Bento de Sanla-Ger- 
trudes. On trouve à Braira celle de M. Vicenle José 
INÎaria deKoboredo, maître de la chapelle de cette ca- 
thédrale, qui contient environ 2000 pièces, parmi les- 
quelles on reiuarque une collection presque conjplcle 
des empereurs romains , et plusieurs médailles et mon- 
naies nationales et étrangères très-rares. Il existe à 
Tibaens, dans le territoire de Braga, une belle col- 
lection de médailles, quoique moins considérable que 
celle dont nous venons de parler, dans le couvent des 
moines bénédictins. Il en existe à Evora une aiUre qui 
appartient à la bibliothèque publique, à qui elle a été 
léguée par l'archevêque Cenaculo, et qui est riche de près 
de 2000 médailles. On trouve àSelubal celle de M. An- 
tonio José Bons ^^nncs, qui compte plus de 3oo mé- 
dailles romaines et phéniciennes, trouvées dans les 
fouilles faites dernièrement dans les environs de cette 
ville. (Voyez la note à lu description de Selubal.) 

Le Portugal n'a actuellement d'imprimeries qu'à Lis- 
bonne, Coimbra etPorlo(i). A Lisbonne, au commen- 



(i) Par le savant mémoire de l'académicien Antonio Ribciro dos San» 
tos ( voyez rarliclc lypographie du Coup d'ceil} , on voit que dans la 
première iJi'ricde de l'imprimerie trois villes possédaient des presses, 
savoir Leiria , Lisbonne et Braga ; dans la seconde ce nombre s'aug- 
menta par la raison qu'on y compta aussi Almcirim , Coiml^ra , Evora 
et Selubal en Portugal , et Salsete peu loin de Goa dans l'Inde. Depuis 
i53G plusieurs autres endroits du Portugal et de ses possessions dans 
l'Orient ont possédé des imprimeries , mais dont la plupart n'étaient 
que provisoires. Voici la liste de ces diflcrens endroits, tirée du mémoire 
susmentionné : dans le XVI* siècle , Alcobaça , Almeirim , Braga , 
Coimbra , Evora , Goa , Amacusa au Japon , Leiria, Lisbonne , Macao, 
Porto, Salsete près de Goa, SarnacLe dos Aihos à deux lieues l'e 
Coimbra, Sctubal , Villa-Vcrdc et Viseii. Bans le XVII"^ siècle , outrs 
Lisbonne, Evora , Coimbra, Porto et Braga , nous trouvons Alemcpjer, 
Bemlîca.près de Lisbonne, Benavcnte, Bucellas , Carnofa , Goa, 
Lordello dans le Tras-os-Montcs, Macao, Nangazachi au Japon , Eic- 
Janciro , Salsete , Viana do Minbo et Villa-Viçcsa. Les Portugais 
avaient aussi dons le même siècle une typographie V Canton et nue 
autre à Hiang-Xan dan? la Chine. 

li. •» 



( 9^ ) 

cemenlde 1821 , on n'en comptait que 12 ,dont 10 ap- 
parlenaienl à des particuliers. La princi[)ale est la ty- 
pographie royale ou nationale, qui est le premier éta- 
blissement de ce ^^enre de toute la monarchie. Elle a 
18 presses qui maintenant sont toutes en activité; la 
fonderie royale des caractères est réunie à Timprimerie. 
La typographie de l'Académie Royale des Sciences n'a 
que deux presses. Parmi les typograpliies particulières 
celles de Rolland, de Thadeo, de Galhardo et de La- 
cerda sont les principales, et celles qui ont un plus 
grand nombre de presses. Il n'existe à Coimbra que 
l'imprimerie dé l'université quia 12? presses; et dont 
les éditions sont loin de passer pour des modèles dans 
cet art. On compte à Porto 3 imprimeries, dont celle 
de la veuve Aivares Ribeiro et fils est la plus ancienne, 
puisqu'elle appartient à cette famille depuis plus de 
cent ans. Quoique l'imprimerie de INI. Joào Nogueira 
Gandra ne soit établie que depuis le mois de mai 182 1, 
elle est actuellement la première de Porto, tant pour 
la beauté des caractères qui tous sont neufs, et plusieurs 
d'une forme élégante , que pour la netteté avec laquelle 
on imprime depuis quelque temps la Borholeta con- 
sizYwcio/zc// (le Papillon constitutionnel), journal né 
avec cette typographie et rédigé par son propriétaire. 
Il n'y a donc dans tout le Portugal que 16 imprimeries. 
Le seul gouvernement de. Milan, qui ne comprend 
que les Provinces Lombardes avec une population qui 
en 1816 n'allait pas au-delà de 2 191709 habiians , 
en a 71. Le royaume de Suède en 1818 en avait 45? 
dont 16 à Stockholm. U y a beaucoup de villes en Alle- 
magne , dont la population est fort au-dessous de 
celle de Coimbra, d'Evora et d'Elvas, et qui ne comp- 
tent pas moins de 10 à 12 typographies. Il est plus que 
probable que la liberté de la presse , dont les Portu- 
gais jouissent depuis quelque temps, nécessitera 1 éta- 
blissement de nouvelles imprimeries dans ce royaume, 
surtout dans les villes les plus riches elles plus peuplées. 



('99 ) 

Relativement au nombre d'ouvrages publiés annuel- 
lement en Portugal, nous prions nos lecteurs de con- 
sulter, dans la seconde partie de l'Appendix à la Géo- 
graphie Littéraire , les Tableaux bibliographiques 
rédigés par le savant médecin Antonio d'Almeida , le 
Catalogue des livres imprimés par les soins de V Aca- 
démie des Sciences y et le Catalogue des liçfres sortis 
des presses de VuTiiversité de Coimbra, où ils ver- 
ront que les Portugais ne sont pas sous ce rapport 
aussi arriérés qu'on le croit. On sera au contraire 
étonné de voir paraître tous les ans dans ce pays un 
nombre d'ouvrages qui devient même considérable 
lorsqu'on a égard à la petite masse de la population, à 
l'élatde l'instruction chez le plus grand nombre des ha- 
bitans, au prix élevé du papier et de la main-d'œuvre, 
au manque de tout encouragement donné aux auteurs, à 
la grande sévérité de la censure politique et ecclésias- 
tique , et au peu de communications littéraires et com- 
merciales. A l'égard de ces tableaux il faut même re- 
marquer qu'ils ne contiennent pas exactement tous les 
livres imprimés annuellement en Portugal , parce que 
M. d'Almeida les ayant rédigés d'après la Gazette de 
Lisbonne , seul moyen à sa disposition pour les 
exécuter , il est possible que quelques-uns, n'y ayant 
pas été annoncés, n'y soient pas compris. Nous croyons 
cependant qu on ne peut pas s aitaclier a ces omissions, 
parce que nous y voyons parfois quelques ouvrages 
répétés dans des années diflérentes, ce qui devait né- 
cessairement arriver en rédigeant les tableaux sur les 
annonces de la gazette de Lisbonne. Quelque imparfait 
que soit un tel travail , pénible il est vrai, il ne laisse pas 
d'être très-important à cause de sa nouveauté et parce 
qu iloflrele moyen de comparer d'une manière approxi- 
mative l'activité des presses portugaises à ceiledes autres 
Etats de l'Europe. C'est aussi dans ce but que nous avons 
priéM.Teixeira Aragào d'en rédiger le tableau ci-après 
sur les Tableaux bibliographiques de M. d'Almeida. 



( î^>o ) 

Tsbiean t'u notnhre a'tVrit» pubiifs en Porfugal dans le XIX» siècU. 



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1804 


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1 


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27 


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2 


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2 


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1806 


56 


33 


6 




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1807 


42 


38 


1 


3 


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1808 


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22 


7 




3 


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1810 


73 


i3 








86 


1811 


i38 


34 


2 


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175 


l8l2 


58 


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2 




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69 


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56 


6 


3 




2 


67 


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12 


2 


I 


3 


59 


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58 


29 


3 


^ 


3 


95 


1816 


57 


i5 


6 


I 


2 


81 


1817 


76 


39 


I 


6 




122 


1818 


56 


22 


4 


8 


2 


92 


1819 


56 


26 


2 


3 


•4 


10( 


Total. 


I2o5 


428 


57 


io 


36 


1766 



(*> Les sommes de celte année manquent parce que M. d'Almcida n'en a pas rédigé 
le tableau bibliographique. 

Le total des ouvrages publiés en Portugal depuis 
1800 jusqu'à 1819 est selon ce tableau de 1766, non 
compris ceux de l'Académie des Sciences et de l'Uni- 
versité de Coimbra qui sont au nombre de 116, en 
sorte que le ternie moyen des j)ublications est d en- 
viron 100 ouvrages par an. 

Maintenant si nous voulions faire sous ce rapport 
des rapprochemens entre le Portugal et quelques autres 
Etats de l'Europe , nous trouverions que le seul royaume 
de Suède, non compris la Norwége, a publié en 1816 
377 ouvrages, dont 90 originaux et 87 traductions; 
en 1817 ce nombre a été de 226 , et en 1818 de 662, 
dont 271 originaux et 91 traductions. Les ouvrages 
mis en vente à la foire de Leipzig montent annuelle- 



( lOl ) 

menl depuis plusieurs années à environ 5ooo , et il 
s'en faul encore de beaucoup que les ouvrages publies 
dans les difleiens Etals de l'Allemagne se bornent à ce 
nombre. La fe'condité et le nombre des auteurs vivans 
de ce pays, eu e'gard à la population, sont supérieurs 
à ceux de tout autre pays de l'Europe. En i8i8, à la 
foire de Leipzig, on mit en vente 4760 ouvrages, dont 
691 appartenaient aux seuls libraires de celte ville 
62 à ceux de Gotba et 60 à ceux de Jena ; cette der- 
nière ne compte que 5 100 liabitans permanens. D'après 
le journal de l'imprimerie et de la librairie, rédigé par 
le savant ]\1 Beuciiot, dans Tannée 1816 on a imprimé 
en France 5545 ouvrages et brochures, 968 gravures 
et 269 pièces de musique; dans Tannée "i 81 7 on y a 
imprimé 4208 ouvrages et brochures, 1179 gravures 
et 470 pièces de musique; dans Tannée 1818 le 
nombre des premiers s'est élevé à 4857, celui des se- 
condes à 1068, et celui des troisièmes à 441 ; dans 
l'année 1819 ces nombres respectifs furent de 4558,86 r 
et 445. On y publia dans Tannée qui vient de s'écouler 
5499 ouvrages et brochures et 666 gravures. Tandis 
que le royaume de Naples , d'après le catalogue im- 
pnmé par le Giornale enciclopecUco , n'a publié que 
11^ ouvrages dans Tannée 1817, ^^ Hoyaume Lom- 
bardo-Vénitien, qui Tait partie de l'empire d'Autriche, 
en a publié dans la même année , selon la Biblioteca 
italiana, ii4o ; encore dans ce nombre ne sont pas 
comprises les gravures , qui montent à plus de cent. 
PSous ajouterons, d'après la même autorité, que les 
seules Provinces Lombardes ont publié dans la même 
année 653 ouvrages et 98 gravures. Cependant il est 
bon de remarquer , poiir plus d'exactitude, que dans 
les calculs relatifs à la France et au royaume d'Iialio 
les nombres n'indiquent pas toujours des ouvrages ni 
même des volumes, mais simplement les articles dif- 
ferens qu'on y a imprimés. Ayant compté dans le 
journal de la librairie de M. Beuchot , où sont indiqués 



( 102 ) 

lous les ouvrages que l'on publie annuellement en 
France , le nombre de ieiùlles correspondant à 400 
articles pris au liasard dans les années 181G, 181 y, 
1818, 1820 et 1821, nous avons eu pour résultats de 
nos recherches 684 1 feuilles, qui donnent la quantité 
moyenne de 17 feuilles par article, parmi lesquels 
nous en avons remarqué un de 166 feuilles et demie 
et un autre de 194, tandis que dans toutes les années 
susmentionnées nous en avons trouvé plusieurs d'une 
feuille, d'une demi- feuille et même d'un tiers et d'un 
quart de feuille. Nous ajouterons que M. Beuchot, 
que nous avons consulté sur ce sujet , nous a assuré 
que les affiches, les placards des provinces, les alma- 
nachs , et les autres ouvrages qu'on appelle de ville, 
n'arrivant pas à Paris, ne figurent pas dans son jour- 
nal , qui en recevrait une grande augmentation si ces 
articles y étaient insérés.. 

D'après ce que nous venons de dire en parlant des 
libraires en Portugal, et tout ce que nous avons dit 
dans l'introduction à notre Coup d'oeil et à l'article 
Typographie , on doit s'attendre que le commerce 
de librairie n'est que peu de chose dans cet Etat. 
N'ayant pu, pendant notre séjour à Lisbonne et à 
Porto, nous procurer aucun renseignement positif sur 
la valeur de ce commerce, nous nous bornerons à faire 
des calculs approximatifs d'après quelques faits positifs 
que nous tenons de plusieurs des principaux libraires. 
Nous commencerons par évaluer le commerce des 
livres étrangers. 

L'époque de la réforme des études et surtout celle 
de l'université pendant le mémorable ministère du 
marquis de Pombal , fut aussi celle de la plus grande 
activité du commerce de librairie. Des sommes très- 
considérables sortirent du royaume pour former ou 
compléter plusieurs bibliothèques puliliques et particu- 
lières, et ce ne serait certainement pas exagérer que de 
porter à 400000 francs la valeur des livres importés 



( 103 ) 

annuellement en Porliiyal à celte e'poque. Pendant la 
prennère période du rè-ne delà reine Marie cette activité 
lui bien ralentie, et ce n'est que de 1 800 à 1 807 que ce 
commerce reprit un nouvel essor. Les calamités que 
répandirent sur le Portugal, les trois invasions f,-an- 
çaises, la ruine de son commerce et le départ de la 
cour pour le Brésil , et la misère générale qui en fut la 
suite, réduisirent ce commerce presqu'à rien. Il faut 
aussi ajouter que la diminution de ce commerce vient 
en grande partie de ce que depuis long-lemps on im- 
prime a Coimbra et à Lisbonne les livres classiques qui 
auparavantetaientfournisparlespressesétrangères sur- 
tout par celles de Venise qui les fournissaient à trés-bas 
prix.yuoique les derniers événemens aient donné, avec 
1 abolition de la censure, une nouvelle activité au com- 
merce de librairie avec l'étranger , il est encore peu 
considérable, et nous croyons que ce serait le porter 
bien haut que de le faire monter à 180000 francs par 
an; dans cette somme 140000 francs appartiennent 
aux livres français et 40000 aux livres anglais, italiens 
et d autres nations. Quoiqu'il soit beaucoup plus difii- 
cile de parvenir à connaître la valeur du commerce 
intérieur deslivres , nous sommes cependanten état de 
1 évaluer avec assez de précision pour ne pas nous éloi- 
gner beaucoup de sa valeur réelle. Par un calcul que 
nous avons sous le yeux , et qui nous a été fourni par 
deux des principaux libraires portugais très-instruits, 
a 1 msu 1 un de l'autre , de la quantité de livres i)0rtugais 
vendus annuellement par tous leslibraires de Lisbonne 
Loimbia et Porto, par les typographies Royale, de 
Académie des Sciences et derUniversité,ainsi qnepar 
le ca.cul que nous avons faitparapproximation des jour- 
naux, almanachs et calendriers, éphémérides nautiques 
répertorias, catalogues commerciaux, affiches, annon- 
ces, registos ( images de saints), vendus annuellement 
dans les trois villes susmentionnées, oous sommes à 
même d évaluer ce commerce pour tout le royaume 



( lo-i ) 

à 1 23oooo francs. Nous nous arrêtons d'autant plus 
volontiers à cette somme , que nous la voyons corres- 
pondre à celle que l'on obtiendrait si l'on voulait dé- 
lerniinerla valeur du commerce intérieur par la con- 
naissance de celle du connnerce extérieur. En effet, 
en supposant que ce dernier soit sept fois moins cop- 
sidérable que l'autre , ce qui est bien loin d'être exagéré, 
vu l'état actuel des choses ,1e grand nombre de journaux 
et leur prix élevé, nous aurons 180000X 7 =L 260000 
francs , somme presque identique avec celle que nous 
avons obtenue auparavant. En réunissantces deux bran- 
ches , nous aurons pour la totalité du commerce de 
librairie du Portugal 1 4ioooo francs, que nous 
réduirons en chiffres ronds à 1 400000 francs. 

Que cette somme est modique quand on la 
compare aux capitaux inmienses que met en mou- 
vement le commerce de livres de certains autres 
pays ! Selon un calcul très-modéré , et établi sur des 
bases positives par le savant directeur de la Bibîloteca 
italiana , on voit que dans le seul gouvernement de 
Milan on a imprimé, en 1819. pour la valeur de 
5 20o355 francs, dont -2 720610 pour des ouvrages 
imporlans, la plupart publiés par souscription ;56o520 
pour les livres ascétiques, de théologie et de religion, 
tels que missels , bréviaires , etc. ,* 470220 pour des 
almanachs, des abécédaires et de petits ouvrages élé- 
mentaires à l'usage des enfans ; 499200 pour les cal- 
chographies musicales de MM. Pvicordi, Artaria et 
Scotii ; 5ooooo pour des calchographies de différens 
objets de beaux-arts, tels qu'images de saints, caries 
géographiques , etc. ,* 4^^000 pour des ordres , des 
affiches, des circulaires, etc., imprimés pour le compte 
du gouvernement. Sans compter les livres que Milan 
reçoit de l'Ailemagne et d'autres parties intérieures de 
l'Empire Auti ichlen, cette ville reçoit annuellement de 
la France, de la Suisse et de l'Angleterre environ 700 
caisses du poids moyen de j5o kilogrammes chaque. 



( io5 ) 

Celle grande aclivité comnierciule est due en partie à 
la mesure sage, prise par le gouvernement autrichien, 
d'abolir la taxe d'un centime sur ch.uiuc (cuillo d'im- 
pression dans Fintérieur, el de 5o povu- cent sur tous 
les livres provenans de l'élranger, imposée par le fatal 
décret du 3o novembre 1810. 11 y a quelque temps 
qu'on évaluait à près de 9000000 de francs les affaires 
de librairie faites annuellement à la foire de Leipzig, 
qui est l'entrepôt des spéculations des principaux: 
libraires de l'Allemagne. Dernièrement on estimait ù 
environ 24 000000 de francs la valeur du millier d'ou- 
vrages publiés chaque année en Angleterre ; cette 
somme serait beaucoup plus petite si le prix des 
livres, comme celui de toute autre chose, n'y était pas 
si fort au-dessus de ce qu'il est dans les autres pays. 
D'après les longues recherches que nous avons faites 
à Paris pom" connaître la valeur approximative du com- 
merce de librairie de cette ville immense, nous croyons 
qu'on peut Lien l'évaluer à 19 200000 francs , non 
compiis la valeur de ce qui est imprimé pour le coniptc 
du gouvernement, qui monte à des sommes très-for- 
tes (1). D'après les calculs approximatifsque nous avons 



(1) Nous croyons indispensable de présenter à nos lecteurs les bases 
dont nous avons déduit tics évaluations qui dillèrcnt tant de celles du 
suYant M. Bcnoiston de t.hât. auncuf dans sa seconde édition de ses 
intéressantes ^ec/^e7■c/^es sur les consommations de la ville de l'aris en 
J817. 

D'après les calculs approximatifs que nous avons faits sur les docu- 
mens offerts par le journal de la librairie, nous avons trouvé que , tout 
bien pesé , on ne peut accorder plus de 17 feuilles, terme moyen , pour 
chaque article dont on y fait mention. Le nombre moyen dos articles 
dans les 7 années écoulées depuis 1814 jusqucs et y compiis 1S21, est 
de 4399, ou en chiffres ronds de 44oo. 

Kuus avons vu qu'on peut évaluer le commerce de librairie de Paris 
à trois cinquièmes de celui de toute la France, ainsi nous aurons pour 
celte ville 2G40 articles par an, et 44'^'^o '^'^"i''cs 5 ou en nombres runds 
45000 feuilles. Multipliant ce nombre par i5oo, parce qu'on n'imprime 
presque rien à Paris au-dessous de 1000 exemplaires , et presque toujours 
à i5oo, très-souvent à 2000 et quciqucfoisàS, 37 eth Sooo, nous aurons 
67 5ooooo feuilles, ou en cliilTres ronds GS 00000 feuilles , qui , diviséci 



( io6 ) 

faits aussi sur les données offertes par Je journal de la 
librairie , et d'après ce que nous a dit verbalement le 



par 5oo, font i36ooo rames. Cette quantité , qui est bien loin d'être 
exagéiée, représentera la masse de papier employée pour l'impression 
des livres et des brochures. Ayant trouvé assez exact le calcul relatif 
aux journaux politiques et littéraires fait par M. de Châteauneuf nous 
lavons adopté, sans y faire le moindre changement, quoiqu'il se 
rapporte à l'année 1819. D'après ce savant distingué la masse de papier 
employée parles 1 3 journaux quotidiens, les 38 qui ne le sont pas et les 
j5 semi-périodiques monte à 5388o rames , que nous porterons à 54ooo 
pour éviter les li actions. Dans une ville qui est le centre de tantcraf- 
faires , et d'un commerce aussi varié qu'étendu , où il v tant de spec- 
tacles et tantd'amusemens,il est impossible d'évaluer" la quantité de 
papier employée pour les annonces des théâtres et d'autres spectacles 
les afhches , les ventes et tout ce que l'on comprend sous le nom d'ou- 
yrages de vilk , au-dessous de 8000 rames. Nous aurons en consé- 
quence, pour la ville de Paris, un total général de 198000 rames que 
l'on pourrait même porter en compte rond à 200000 rames. ' 

Cherchons maintenant la valeur de tous les livres et journaux im- 

E rimes : 
e prix moyen d'une rame de papierétantde 12 francs , 

nous aurons pour les 200000 rames . " 2 4ooooo fr 

Pou r la composition de 85ooo feuilles à 1 2 francs chaque i 020000 
Pour le tirage des 200000 rames à 5 fr. chaq_u6 ... i 000000 
Pour les autres frais compris sous le nom & étoffes , le\s 
que corrections, etc., et en y comprenant le gain de 
l'imprimeur à 10 francs la rame, pour 200000 rames 2 oooooo- 
Pour la brochure de lôoooo rames à 2 francs 5o cent, la 
rame (875000) et pour la reliure de loooo rames à 

38 francs la rame (38oooo) -SSooo 

Pour le gain des libraires, des journalistes et des au- 
teurs , en comptant, terme moyen, 3o francs la 
rame sur 190000 rames. 5 320000 

Total général . . 12 490000 
M. de Châteauneuf n'évalue toute cette branche qu'à 7 192000 francs, 
quoiqu'il estime presque le double le nombre des articles imprimés 
annuellement dans la ville de Paris. 

Quelque considérable que paraisse notre évaluation , elle est bien loin 
d'être exagérée, puisque, d'après le nombre des presses en activité ap- 
partenantes aux 80 imprimeries de Paris, il est très-probable qu'on y im- 
prime pour le moins 290000 rames, ce qui obligerait à élever en pro- 
portion la valeur de tous les articles du calcul susmentionné. Cependant 
il est bon de remarquer que la somme considérable à laquelle nous 
avons fait monter le gain des libraires est sujette à des rabais infini- 
ment plus grands que les autres articles de commerce, parce que ceux- 
ci conservent toujours une valeur proportionnelle au prix primitif de 
leur fabrication , tandis que bien souvent les livres, les brochures et 



( 107 ) 

savant M. Beuchot cjui en est le rédacleur , nous 
croyons qu'on s'ap[)rocherait beaucoup de la vérité en 



les journaux perdent plus de 9 dixièmes de leur valeur nominale, 
étant Tendus aux cpicieis pour la moitié seulement du prix du papier 
blanc. 

En comparant les clémcos de notre calcul avec ceux du calcul fait 
par M. deChàteauueuf, on voit qu'ils en diflèrent beaucoup : 10 pane 
qu'il suppose qu'on imprime annuellement à Paris 3ooo volumes de 25 
feuilles chaque, et 2600 brochures, tandis que M. le comte Chaptal , 
dans son savant ouvrage de l'Industrie française, tome II, pag. 197, ap- 
plique ces calculs à toute la France, et tandis que nous, prenant la 
mojenne des 7 ans susmentionnés , nous avons trouvé que dans toute 
la France le nombre moyen des articles annuellement imprimés est de 
4400 y compris les brochures ; 2° parce que , en conséquence de ce que 
nous venons de dire, nous avons retranché deux cinquièmes de ces 
4400 articles, comme appartenans au reste de la France, et nous n'a- 
vons calculé les 2640 restans qu'à 17 feuilles chaque ; 3° parce que, 
d'après les renscigncmens que nous avons pris de plusieurs impri- 
meurs , et d'après notre propre expérience, nous n'avons pas pu évaluer 
à moins de 49 francs la rame ce que l'impression ajoute de valeur 
au papier; M. de Châteauncuf estime ceitc somme à peu près égale 
à celle du prix du papier, puisque, après avoir évalué ce dernier 
3 192000 francs, il ne porte la seconde qu'à 3 000000. En cela nous 
nous sommes beaucoup rapproché du calcul fait par M. le comte Chap- 
tal, qui, après avoir estimé 1 22681 5 francs la valeur des i235So rames 
des 0090 \olumes imprimés annuellement dans toute la France, porte 
à 10 S26363 francs les frais de composition, de tirage, de brochure, de 
gravure et les bénéfices de rimprimcur. 4° Parce que nous avons estimé 
le gain moyen du libraire et de l'auteur sur 190000 rames imprimées 
à 5320000 francs, tandis que ces deux articles très-importans ne ligurcnt 
point du tout dans l'évaluation de M. de Chàtcauneuf. îSous ajouterons 
aussi qu ayant prié un savant très-distingué de s'informer du nombre des 
presses existantes à Paris, il nous a assuré que, d'après le compte fait 
par M. Hy, marchand d'ustensiles d'imprimerie, qui a dans ses mains 
toute cette branche de commerce , les 80 imprimeurs de Paris , l'impri- 
merie Royale et celle de la Banque, ont ensemble 1400 presses à l'usage 
de l'impression en lettres, dont 1200 en bois de divers modèles et 200 
à la Stanhope en fer; sur ce nombre l'imprimerie Royale seule en pos- 
sède 38o. 

Deux des principaux imprimeurs nous ayant assuré que les 80 typo- 
graphies particulières de Paris ont au moins 58o presses en acti\ité 
qui tirent pour le moins 800 rames par jour , nous aurons 29^000 
rames par an. Cette grande quantité de papier , qui serait imj>riiuée 
dapièsce calcul, qui a été fait par des personnes parfaitement in- 
struites de ces matières , est une nouvelle preuve que nos évaluations 
sont bien loin d'être exagérées. Nous croyons même que ion pourrait 
porter sans aucun scrupule les 12 49^000 francs à i5 000000 pour avoir 
des résultats plus approchans de la somme représentant cette branche 
de commerce f.e la ville de Paris. 



( ïo8 ) 

évaluant le commerce de la librairie de toute la France 
à environ 24 000000 francs, de manière que Paris seul 
en ferait les trois cinquièmes pour la quantité , et 
presque les quatre cinquièmes pour la valeur, à cause 
du genre des ouvrages qu'on y imprime, dont un 
grand nombre ont des prix infiniment supérieurs à 
ceux que l'on publie dans les villes de province. Dans 
ce calcul n'est pas comprise la valeur des contrefaçons 
qui l'augmenterait de beaucoup. 

APERÇU SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET SUR QUELQUES 
ÉTABLISSEMENS LITTÉRAIRES DES PRINCIPAUX ÉTATS 
DE L EUROPE, 

Pour servir de point de comparaison entre ces Etats et le royaume 
de Portugal. 

D'après tout ce que nous venons d'exposer dans les 
deux derniers chapitres , on voit que le Portugal est 
bien loin d'être, sous le rapport littéraire, aussi ar- 



Nous venons de voir que la seule branche des journaux , des livres , 
des afliches et annonces, sans comprendre tout ce qui s'imprime pour 

le compte du gouvernement , monte à i5 ooocoo fr. 

Maintenant, en suivant les calculs de M. de CM- 
teauneiif, nous aurons les sommes suivantes à 
ajouter : 
Pour la consommation du papier à écrire en y com- 
prenant celui des registres, des porte-feuilles, car- 
tons, plumes, ccritoires, cire, pains à cacheter, 

canifs, couteaux d'ivoire , ctc i aooooo 

Pour la valeur de l'industrie des 4oo graveurs et des 

100 imprimeurs en taille-douce 2 oooooo 

Pour la valeur de l'industrie des 200 marchands 

d'estampes, environ i oooooo 

Total général. . 19 2000000 

Sans compter les cartes ù jouer , dont le commerce appartient au 
gouvernement, on pourrait ajouter 1 600000 ou i Suoooo francs pour la 
valeur du commerce des papiers peints ou de tenture , et une somme 
assez considérable pour les 400 pièces de musique imprimées annuelle- 
ment à Paris, et qui ne sont pas comprises dans les calculs susmen- 
tionnés. 



( lOQ ) 

riérë que !e prétendent ceux qui l'ont décrit. II n'est 
presque pas d'élablissemens d'instruction publique dont 
il soit absolument piivé , cl los Portugais trouvent chez 
eux tous les élémens nécessaires pour apprendre toutes 
les sciences et tous les arts. C'est seulement sous le 
rapport de l'importance et de la perfection relatives 
de ces institutions que le Portugal est inférieur à la 
plupart des Etats de l'Europe. I^es efforts constans du 
célèbre marquis de Pombal pour éclairer la nation 
produisirent des résultats heureux , mais ceux qui lui 
succédèrent ne suivirent pas ses plans avec la même 
ardeur. Les progrès que Ion voulut faire faire aux 
sciences sous le règne de Marie , pendant la ré'^ence 
et sous le règne de son auguste fils , quoique dîri^^és 
dans le même sens, tendirent plutôt à donner a la. ' 
nation des savans distingués ou de bons artistes, qu'à 
répandre dans sa masse une instruction générale. C'était 
les écoles populaires qu'il fallait non-seulement sou- 
mettre à une meilleure méthode, mais dont il fallait 
encore augmenter de beaucoup le nombre pour at- 
teindre un tel but. Ceci explique pourquoi le Porlu'^al 
et l'Espagne , après avoir fah d'aussi grands progrès 
sous le rapport de l'instruction individuelle, sont ^de- 
meurés si en arrière des autres Etats sous celui de 
1 instruction générale du peuple. 

En faisant ie total du nombre des écoliers et des 
élèves des diflérens élabHssemens d'instruction pu- 
bliqiie du Portugal , nous trouvons que ce royaume , 
en 1820, ne comptait guère plus de Sgooo écoliers 
sur une population de 5 iSoooo babitans. Dans ce 
nombre ne sont pas compris tous ceux qui sont instruits 
par des maîtres particuliers aux frais de leurs parens, 
parce que nous n'aurions eu aucun moyen de les con- 
naître, et parce qu'en Portugal, comme dans presque 
tous les aiurespays de l'Europe, ce nombre est peu 
considérable. D'ailleurs, devant comparer cet Etat aux 
autres, il faut exclure des élémens qui n'entreraient pas 



(ilo) 

dans les calculs comparatifs que nous allons ofTrir. 
Quoique 59000 écoliers soient très-peu de chose rela- 
tivement à une population de 3 i5oooo liabiians, c'est 
toujom^s beaucoup lorsqu'on compare ce nombre avec 
celui des élèves qui fréquentaient annuellement les 
élablissemens d'instruction publique avant la réforme 
des études. D'ailleurs nous savons de bonne part que 
même en 1787 on ne comptait pas 10000 écoliers dans 
tout le royaume. 

Quel contraste n'offrent pas presque tous les Etats 
de l'Allemagne , considérés sous le rapport de l'in- 
struction de la masse générale de leurs habitans! Parmi 
la foule d'exemples que nous pourrions oflrir à nos 
lecteurs , nous préférons choisir ceux que nous allons 
citer dans les provinces allemandes de l'empire d'Au- 
triche , parce que l'état de l'instruction du peuple de 
ces provinces est presque généralement ignoré chez les 
nations méridionales et occidentales de l'Europe , où 
l'on a les idées les plus fausses sur cet objet- et parce 
que, étant appuyés sur des faits ofiiciels, ils ne peuvent 
être révoqués en doute. 

En 181 1 la Bohème avait des écoles dans 10609 en- 
droits ; et 1073 hameaux ou villages seulement en 
manquaient; sur 357647 enfans en âge d'être instruits, 
284721 ont fréquenté les écoles. 

Le gouvernement de Moravie et Silésie, en 1811, 
n'avait que 66 endroits seulement qui manquassent en- 
core d'écoles ; sur 197675 enfans susceptibles d'in- 
struction , 149482 les avaient fréquentées. 

La Basse-Autriche, en 181 1, comptait 4479 ^^~ 
droits pourvus d'écoles, et 106 seulement en man- 
quaient encore; sur 1 1 1 191 enfans en âge d'apprendre, 
101922 les avaient fréquentées. 

La Haute- Autriche, en i8n (i), comptait 2964 

(1) La Haute Au Liiche en 1811 n'avait que 425oo habitans, à cause 
de la soustraction des provinces qui en avaient été détachées par le 
traité de Vienne, et qui appartenaient alors au royaume de Bavière. 



(.n) 

endroits pourvus d'écoles , pas un seul n'en manquait ; 
sur 4o553 enfans susceptibles d'instruction , 32787 
l'avaient reçue. 

En 1 8 1 1 la Slyrie , y compris le cercle de Klagenfurt , 
qui maintenant fait de nouveau partie de la Carin- 
ihie, comptait 2600 endroits pourvus d^écoles , avec 
45026 enfans susceptibles d'instruction , et 4o68 en- 
droits manquans d'écoles, avec 4io42 enfans en état 
d'être instruits ,• dans la même année 67754 écoliers 
ont fréquenté les écoles. L'instruction publique a fait 
de grands progrès depuis celte époque , grâce aux 
soins bienfaisans du gouvernement ; et Je cercle de 
Gràlz, en i8i5, sur une population d'environ 286000 
habilans , comptait 52000 écoliers ; encore dans ce 
nombre ne sont pas compris les étudians du gymnase 
et du lycée, qui sont au nombre de plusieurs centaines. 

Ces résultats consolans pour le pliilantlirope , qui 
voit les progrès rapides de l'instruction publique dans 
toutes les provinces de ce puissant empire seconder les 
vues bienfaisantes de l'auguste monarque qui le gou- 
verne , sont dus en grande partie au plan excellent des 
écoles primaires imaginé par l'abbé Felbiger; plan qui 
fut adopté pour la première fois en 1775, et ensuite 
perfectionné par le respectable ecclésiastique Kinder- 
mann dans son village, et depuis si puissamment en- 
couragé par l'immortelle Marie Thérèse et par son 
auguste fJs Joseph II. Ce grand prince, qui est le 
véritable restaurateur de l'empire d'Autriche , auquel 
il a donné tant d'utiles élablissemens, et qui a été le 
créateur de son industrie et de son commerce, devenus 
ensuite si Ilorissans sous le monarque qui règne aujour- 
d'hui , régla d'après un plan uniforme les nombreux 
établissemens d'instruction publique dont il enrichit 
ses peuples , et eut le plaisir d'en voir les plus beaux 
résultats. Au moment de l'institution des écoles pri- 
maires en Bohème, sur 200000 enfans susceptibles 
de recevoir de l'éducation , il n'y en avait que 1 4ooo 



( I I 2 ) 

cjul en reçiisseni effeclivemcni ; en 1789 on en comp- 
tait déjà j 58767 sur 25oooo. C'est aussi à ces insti- 
tutions précieuses qu'est due en i^rynde partie la supé- 
riorité morale de celle province sur bcaucouj) d'autres, 
supérioiité conslalée par Je relevé des crimes commis 
dans les diverses parties de l'empire d'Autriche. Nous 
croyons que nos lecteurs agréeront un court a[)ercu 
du plan uniforme d'après lequel la jeunesse est instruite 
dans cet empire , qui sous ce rapport comme sous 
bien d'autres offre des instiuilions qui mériteraient 
d'être adopiées ailleurs , et qu'on ne connaît guère en 
Italie , en Espagne et en d'antres contrées de l'Europe. 

Tous les établisseraeiis d'instruction pitblique , à 
quelques petites dilférences près , se partagent dans 
tout I'empire d'Autriche de la manière suivante : 

1°. £^co/<?.9popz^/<3ire.s' (Volksschulen), subdivi- 
sées en : 

Ecoles élémentaires (Triviaîscluden ou Elementar— 
scbulen) pour toute sorte d'individus; elles se trouvent 
dans tous les endroits où il y a une paroisse ; on y 
enseigne à hre et à écrire. 

£^00/^5 pr/f/zczp«/e.s( Hauplsclmîen ), divisées en 
trois classes et destinées à instruire les jeunes gens 
qui s'adonnent aux arts et métiers , au commerce en 
petit , o!i qui veulent faire les études préparatoires 
pour les Ecoles moyennes (Mittelschulen); ces écoles 
sont établies dans plusieiu's villes et bourgs. D'après 
l'Aîmanach de la cour, il y en a i5 dans la Basse- 
Autriche, dont 6 à Vienne ; 56 dans le royaume de 
Bohème, dont 1 à Prague. Ces écoles ont depuis deux 
jusqu'à quatre maîtres. 

Écoles 7zor^'z«/e5(]Nonïial-FIaupischulen oz^Haupt- 
musierschuîen), divisées en quatre cksses; elles ont de 
cinq jusqu'à onze maîtres, et se trouvent ordinairement 
dans les chefs-lieux des provinces. 11 y en a une à 
Vienne avec onze maîtres , une à Linz avec six , une 
à Grâtz avec neuf, une à ivlagenfurt avec dix , mie à 



( ii5 ) 

Prague avec cinq , uneà Brdnn avec cinq, une à I.om- 
berg avec Imit, une à Zara avec sept , une à Laibacli , 
une à Milan, etc. 

Ecoles royales ou bourgeoises (Real oder Bùiger- 
schulen) , divisées en trois classes, destinées à l'instruc- 
tion de ceux qui se vouent aux beaux - arts , au 
commerce en grand , au change , à la comptabilité et 
aux emplois publics. Ces écoles ont de douze à quatorze 
maîtres. Il y en a à Vi(*nne , à Lemberg et à Trieste. 
On fait dans celle de \ienne les cours préparatoires 
pour suivre ceux de l'institut polytechnique : douze 
maîtres y enseignent l'histoire et la géographie , la 
granmiaire et le style des affaires , les mathématiques 
élémentaires, l'histoire nalurelle, les langues italienne, 
française, bohémienne , latine et anglaise, la caUigra-î 
phie , le dessin appliqué aux manufactures , et le des- 
sin géométrique et architcctonique. On enseigne aussi 
la navigation dans celle de Trieste , qui a douze 
maîtres. 

Ecoles rZe5j^//^5(Mâdchenschulen), qui y sont de 
deux espèces : écoles populaires (Trivialschulen) , où 
les fdles sont instruites pèie-mêle avec les garçons; 
écoles pour les filles de condition élevée (Schulen fiir 
Tôchler der gebildeten Stânde) , où les demoiselles 
sont instruites séparément ; ces dernières se trouvent 
dans les tàlles les plus considérables , et dans cette 
classe sont aussi comprises les maisons d^éducation 
dans les couvens , la fabrique de dentelle de Prague 
(Spilzenanslalt in Prag ) , et autres semblables. 

Ecoles d'industrie* {l\\à\is\.TÏe-sc\\\ûcn) , où l'on 
enseigne différens méliefs. 

Ecoles de dimanoi^e et des jours de fête ( Sonrt- 
und-feiertagsschulen ) , destinées particulièrement à 
l'instruction des apprentis parmiles artisans etles mar- 
chands. 

Toutes ces écoles dans les provinces hongroises sont 

n. 8 



divisées en National ou Trivial, ot Normal ou Mus- 
terschuleji. 

1°. Ecoles supè rieures générale s (Gelehrl« 
allgemeinc Scliiilon ) , dislrngiiëes en : 

Gymnases nu écoles de grammaire ( Gymnaslen ou 
Gramniaîicalschulen) , qui se trouvent ordinairement 
dans les cliers-lieuxdes cercles, et ont presque ious sept 
professeurs, dont deux enseignent les humanités, 
quatre la grammaire , et un les'principes de la religion. 
On y enseigne à peu près ce qu'on enseigne dans les 
collèges communaux en France. L'empire d'Autriche 
en compte actuellement 197, savoif : 8 dans la basse 
Autriche , dont 5 à Vienne ; 5 dans la haute Au- 
triche, 7 dans iaSty rie , 26 dans le royaume de Bohème, 
dont 5 à Prague; 12 en Moravie, i5 en Galice, dont 
2, à Leraberg; 10 dans les Provinces Lombardes , dont 
2 à Milan; 16 dans les Provinces Vénitiennes , dont 5 
à Venise , 5 à Vérone et 2 à Padoue ; 5 en Dalmatie , 
7 dans le Tyrol, 10 dans le royaume d Illyrie, et 80 
dans le royaume de Hongrie et de Transylvanie : ceux 
des plus grandes villes de la Hongrie ont le titre dV/r- 
chigymnases. 

Ecoles moyennes (Mitteischulen), qui sont l'inter- 
médiaire des gymnases et des univeisités. Dans celte 
classe sont compris les instituts philosophiques , les 
académies d'enseignement, le Thercsianum^ Vienne, 
plusieurs collèges du royaume Lombardo-Vénilien , 
et les lycées. 

Les Instituts philosophiques (Phiiosophi.sche siu- 
dienanstalten) sont des éiablissemens qui ont ordi- 
nairement cinq professeurs chargés d'enseigner la phi- 
losophie théorique et pratique, La religion et la langue 
grecque , les mathématiques et l'histoire. Il y en a 
12, savoir: deuxà Vienne, dontcelui quiest connusous 
le nom de Lôwenburgisches a quatorze professeurs , 
et un à Seitenstelten, un à Rrems, un à Briix, un à Bud- 
weis , un à Leitomeschel , un à Pilsen, qui a quatre 



l lia ; 

professeurs ; un à Biùnn, un àNikolsburg, un à Czer- 
nowilz, qui a huit professeurs, cl un à Przemysl. 

Les Académies d'enseignement (Gelehrte Akade- 
niien) ne se trouvent qu'en Hongrie, et sont de 
petites luiiversités qui ont des facultés de droit avec 
quatre professeurs , et de philosophie avec cinq ; ces 
Académies sont celles d'Agram , de Caschau, de 
Presburg , de Raab et de Gross-^Vardein. 

Le Theresianmn de \ ienne est un superbe établis- 
sement où un grand nombre d'enlans sont entretenus 
et élevés partie aux frais de l'Etat , et partie à ceux de 
leurs parcns. Quarante-neuf professeurs et maîtres y 
enseignent la grammaire, les humanités , le droit , la \ 
philosophie , les langues , et les littératures française , ^ 
italienne, bohémienne et hongroise; les beaux-arts, la 
danse , Tescrime et l'équitation. 

Le Royaume Lombardo-Vénilien ne compte pas 
moins de 52 collèges approuvés par le gouvernement, 
dont 24 de garçons et 28 de filles. Quelques-uns de 
ces élablissemens correspondent , par les cours qu'on 
y suit , aux collèges royaux de France. 

Les Lycées se trouvent dans les principales villes de 
l'empire , et possèdent tous une bibliothèque avec un 
bibliothécaire ,' mais ils diffèrent beaucoup entre eux 
sous le rapport des cours qu'on y suit et du nombre de 
leurs professeurs. 11 nous semble qu'on pourrait les 
distinguer en deux classes , savoir : Lycées du pre- 
mier ordre , qui ont de trois à quatre facultés , et qui , 
parle nombre des professeurs et par celui des éludians, 
non-seulement peuvent être comparés aux universités 
des autres Etats, mais qui, sous ces deux rapports, leur 
sont même supérieurs (i). Il faut comprendre dans 



(i) L'université de Cambridge a dix-sept professeurs , celle de Saint- 
Andrew , treize j de Glascow , dix-sept; d'Utrecht , dix-neuf; de 
Charkow , vingt-cinq ; de Christiania et de Kasan dix-huit ; de Lund , 
vingt-deux; d'Abo,vingt-quatic; deRostock, vingt-quatre; de Gicssen , 



( "6) 

celle classe le lycée de Linz , qui a dix-neuf profes- 
seurs , dont six pour la lliéoloi^ie , cinq pour la phi- 
losophie, deux pour la chirurgie, et six autres pour les 
langues française et italienne , le dessin^ la danse , etc.; 
le lycée de Salzburg , qui a seize professeurs , dont 
cinq pour la théologie , six pour la philosophie et 
cinq pour la médecine et la chirurgie j le lycée de 
Grâlz , qui a vingt-cinq professeurs , dont six pour le 
droit , cinq pour la médecine et la chirurgie , six pour 
la théologie et huit pour la philosophie; le licée de Kla- 
genfart, qui a dix-neuf professeurs , dont six pour la 
théologie , six pour la médecineet la chirurgie , et 
sept pour la philosophie ; le lycée d'Olmiitz , qui en 
a vingt-six , dont six pour la théologie , cinq pour le 
droit , six pour la médecine et la chirurgie , et neuf 
pour la philosophie; le lycée de Laihach , qui en a 
vingt et un , dont huit pour la théologie , cinq pour la 
médecine et huit pour la philosophie ; le lycée d'Inns- 
bruck , qui en a vingt - sept , dont sept pour la 
théologie , cinq pour la médecine , cinq pour le 
droit , et dix pour la philosophie ; le lycée de Rlau- 
senburg , qui en a quinze , dont quatre pour le droit, 
cinq pour la chirurgie et six pour la philosophie. 
Les lycées du second ordre comprennent tous ceux 
qui n'ont qu'une ou deux facultés. On suit des cour^ 
philosophiques dans tous ces étabiissemens , qui diffè- 
rent beaucoup les uns des autres, tant sous le rapport 
de la méthode d'enseignement que sous celui du 
nombre des professeurs. Les lycées du royaume Lom- 
bardo- Vénitien sont , à quelques cliangemens près , ce 
qu'ils étaient sous l'ancien régime ; ils ont de huit à 
neuf professeurs qui enseignent les malhématiques , la 

Tingt-trois , etc. Le lycée d'Olmiitz comptait ^54 étudians en 1817. 
Koiis remarquerons aussi que le gyjnnase réformé de Saros-Patak 
avait 1241 étudians en 1808 j que le collège réformé de Klausenburg 
en Transilvanie avait 564 étudians en 1820 , que celui de Debreczin 
eu avait 620 en 1818, et le gymnase royal de Pest 749 en 1819. 



(»7) 

philosophie théorique et pratique ; le dessin , l'hisloîre; 
la religion , l'iiistoire naturelle , l'allemand ei la litté- 
rature allemande , la littérature latine et la philologie 
grecque. Il y en a deux à IMilan et un à Bcrgame , 
Brescia, Mantoue, Crémone, Como, Venise , Vérone, 
Vicence et Udine. Dans la basse Autriche , il y en a 
un à Rremsmiînsler avec sept professeurs ; et dans la 
Hongrie un à Erlau , qui dépend de l'archevêque , où 
neuf professeurs enseignent le droit et la philosophie. 
On doit aussi comprendre dans cette classe le lycée 
kithérien de Kesmark, le lycée grec de Karlowitz , le 
collège luthérien d'Eperics , les sept collèges réformés 
à Debreczin, Papa, Saios-Patak , Nagy-Enyed, Klau- 
senburg , Maros-Vasarhely et Udvarhely , le collège 
grec-uni à Rlausenhurg , l'école arménienne à Lem- 
berg , le collège arménien à Venise , etc. etc. etc. 

Unwersités (Universitâten). Il n'y en a que six dans 
tout l'empire , mais toutes se distinguent parle nombre 
des professeurs et par leurs ètablisseraens accessoires, 
tels que bibliothèques , cabinets de physique et d'hi- 
stoire naturelle , observatoires , etc. Ces universitéssont : 
celle de Vienne , qui a cinquante et un professeurs 
titulaires (ordentlichen) , et dix-huit agrégés (adjunk- 
ten et assistenten ) : trois professeurs appartiennent à 
l'école vétérinaire, qui est censée faire partie de l'uni- 
versité; celle de Prague , qui a cinquante-quatre pro- 
fesseurs titulaires ; celle de Pest , qui a quarante-iiuit 
professeurs titulaires et plusieurs agrégés; celle de 
Padoue , qui a quarante-cinq professeurs titulaires et 
douze agrégés; celle dePavie, quia quarante professeurs 
titulaires et sept agrégés = il y a en outre dans celte uni- 
versité des chaires particulières pour l'instruction des 
jeunes gens qui se destinent à devenir ingénieurs , 
architectes et arpenteurs; celle de Lemberg a trente et 

un professeurs titulaires. 

'^".Ecolesspèciales (Besondere Lehranstalten). 

A cette classe appartiennent l'Académie médico-chi- 



(ii3) 

lurgicale Joséphine (Medizinischchirui^nsch Josephs- 
academie) , et 1 Insliliil vétérinaire-niililaire (inililair- 
Thierarznei-instiuu), à Vienne ; les écoles vétérinaires à 
Pest (annexée àrimiversité)elà Milan, plusieurs écoles 
spéciales de médecine dans le royaume Lomhardo- 
Vénitien , l'institut de sages-femmes à Czernowitz. 

L'académie des ingénieurs et celle des arcliers 
(Arciercn) de la garde du corps à Vienne, l'académie 
militaire et l'institut militaire d'équitation à Wiener- 
Neustadt , l'académie militaire à Milan , l'académie 
de Loudovic ( Ludoviceische académie ) à Waitzen 
en Hongrie , plusieurs écoles attachées aux régimens 
(Pvegiments-erziehungshaiiser). 

L'académie des langues orientales, avec sept pro- 
fesseurs et l'institut d'instruction supérieure pour les 
prêtres séculiers (die liôhereBildungsanstalt fur Welt- 
priester) à Vienne ; l'école spéciale pour la langue 
grecque à Milan ; l'académie des raines à Schemnilz , 
avec quatre professeurs ; l'institut d'agriculture théori- 
que , pratique et économique du comte Festetics de 
TolnaàKessthely (theorelisch-praktisch-ôkônomische 
Institut Georgicon) , avec huit professeurs ; les écoles 
des forêts à Mariabrunn , avec trois professeurs, à 
Budvveisetà Goldenkron; l'école d'économie rurale à 
Hungrisch-Altenburg , avec huit professeurs ; Tinsti- 
lut polytechnique à \ienne (i) ; l'institut technologi- 
que à Prague, avec quatre professeurs; l'école de 



(i) Ce superbe établissement, que S. M. l'empereur François P"^ 
vient cVétablir à Vienne pour former des fabricans et des négocians 
instruits , capables d'honorer TEtat et de l'enrichir , est composé de 
l'école royale (voyez à la page 1 13) où les élèves font les études prépa- 
ratoires , et de deux facultés de technologie et de commerce. Dans la 
première ( technische- dbtheilung ) neuf professeurs et 6 suppléans en- 
seignent le calcul intégral et dillcrcntiel , la physique, la mécanique, 
la technologie , la chimie appliquée aux arts , la géométrie pratique , 
l'architecture civile et hydraulique et les mathématiques élémentaires. 
Dans la seconde (commcrcial-ablheilung) trois professeurs enseignent 
la science du commerce , le stjlc des afiaires commerciales , et Tar^ 
de connaître les marchandises. 



chimie appliquée aux arts à Milan j Técole de naviga- 
tion à Triesle , annexée à l'éflole royale de celle ville; 
l'académie des beaux-arls réunis (vereinigten bilden- 
den Kiinste) à Vienne avec seize professeurs qui ensei- 
gnent la peinture, la sculpture , la gravure et la mosaï- 
que , et trois autres qui enseignent raichiteciure , 
trois qui enseignent l'incision des pierres (gravierkunst), 
et deux l'application des arts aux manufactures ; l'aca- 
démie des beaux-arts à Milan avec dix professeurs > y 
compris celui de l'académie de mosaïque ; l'académie 
des beaux-arls à Venise ^ avec six professeurs ; le Joan- 
/zez^m (Stândisclies Joanneum) àGrâtz, superbe établis- 
sement qui possède un jardin botanique , créé par 8ou 
Altesse Impériale l'arcliiduc Jean ; neuf professeurs y 
enseignent la botanique , la chimie , la zoologie , la 
minéralogie , le dessin , les langues française et 
italienne , réquitatiori , la danse et l'escrime; les con- 
servatoires de musique à Milan, Prague , Vienne, eic; 
un grand nombre de séminaires et aluninats des arche- 
vêques et évêques ; plusieurs insniuls d éducation à 
Vienne, Prague, Waitzen, Milan, etc. ; l'institut d»s 
aveugles à Vienne , Prague et Linz ; l'institut des sourds 
et muets à Vienne, Prague et Waitzen; beaucoup de 
maisons d'orphelins; sans compter un grémd nombre 
d'autres instiluts purement littéraires, tels que l'aca- 
démie des sciences de Prague , la société d histoire 
naturelle et de géographie de Moravie et Silésie (Natur 
und Landesliunde); d^agriculture de Vienne, etc., etc. 

L'instruction publique est très-bien organisée dans 
toute la MoNAKCHiEPjRLSSiEN-NE.etles proyincesdecet 
Etat puissant, comprises entre le Weser.et l'Oder, 
présentent un des peuples de l'Europe dont la masse est 
la plus instruite. Cela est dû au grand nombre d écoles 
élémentaires. Le seul gouvernement de Magdebourg, 
cniBiy, avec 47201 2 habitans, ne comptait pas moins 
de io56 écoles éiémeiilaires , dans lesquciies 1120 



( 120 ) 

maîtres enseignaient à 66944 écoliers. Les Gelehrte 
schulen , qu'on peut CQiiside'rer comme des lycées ^ 
sont aussi très-nombreuses. D'après la nouvelle orga- 
nisation la province de la Prusse orientale en a i4; 
celle de la Prusse occidentale 10; celle de Posen 5; celle 
de Poméranie 9 ; celle de Brandenlmrg ^5 ; celle de 
Silésie 20; celle de Saxe 5i: celle de Westphalie 16; 
celle du Bas-Rhin i4; celle de Cleves-Berg 11. 

Beaucoup d'autres Etats de FAllemagive offrent des 
faits non moins favorables sous le rapport de l'in- 
struction publique- Nous nous bornerons à en citer 
quelques exemples : 

Le duché de Nassau, avec une population de ^02769 
habitans, comptait naguère 826 écoles populaires fré- 
quentées par 65ooo enfans. 

L'instruction publique a fait des progrès rapides dans 
le royaume de Bavière , grâces au sage monarque au- 
quel cet Etat doit son agrandissement et tant d'utiles 
institutions. Ce royaume comptait ? il y a peu de temps , 
plus de 5ooo écoles populaires, 19 gymnases, 7 lycées 
«t 5 universités, savoir : à Landshut, Wiirzburg et 
Erlangen, outre beaucoup d'autres écoles spéciales 
et d'instituts littéraires plus ou moins considérables. 
La ville de Munich, avec une population d'environ 
66000 habitans sédentaires, comptait en 1820 près 
de gooo écoliers dans ses différens étabiissemens 
d'instruction publique. 

Le grand-duché de Baden , qui ne compte qu'un 
million d'habitans, a 2 universités, celles de Heidel- 
berg et de Freyburg ; 4 lycées, établis à Constance, 
Biklen, Carlsruhe et Mannheim^ 10 gymnases, àUber- 
lingen , Villingen , Freyburg , Ofl'enburg , Rastadt , 
Bruchsal, Heidelberg, Wertheim, etc.; 8 écoles nor- 
males (pedagogien), destinées à former des professeurs; 
7 écoles latines j en outre l'académie de commerce à 
Mannheim, l'institut des sourds et muets., l'école des 
forêts , l'école d'architecture et celle de dessin pour 



( 1" ) 

objets de commerce à Carlsrulie, le séminaire lliéolo- 
filque pour les curés catholiques à Merseburg, le sé- 
minaire pour les curés prolestans à Carlsruhe , les 
séminaires pour former les professeurs (Landsschul- 
lehrer seminarien) à Heidelberg et Carlsruhe. 

L'Archipel BritAN.mque offre sous le rapport de 
l'instruction de la masse générale de ses habilans les 
imances les plus disparates. Tandis que FEcosse, grâces 
aux sages dispositions prises par sonancienparlemeiit , 
qui décréta desfonds permanens pour renircticndes éco- 
les dans chaque paroisse^ compte autant d'écoliers qu'il 
y a d'enfans susceptibles d'instruction, l'Angleterre, 
selon M. Brougham, en comptait naguère 45oooo qui 
ne suivaient point les écoles; et l'Irlande , avec une po- 
pulation de près de sept millions d'habitans , ne comp- 
tait guère, en 1820, plus de 80000 enfans qui appris- 
sent à lire et à écrire. La ville même de Londres, il n'y 
a pas plus de deux ans , comptait 4oooo enfans qui ne 
recevaient point d'instruction. Les efforts philanthro- 
piques de plusieurs sociétés ont tellement amélioré 
cet état de .choses que dans la seule Angleterre, y 
compris la principauté de Galles, il y avait, selon le 
rapport du i*"" mai 1820, 57582 écoles de toute es- 
pèce, dans lesquelles sont élevés 1 671572 enfans des 
deux sexes. Dans ce nombre 18276 sont des écoles 
primaires. Sur i4ig2 , qui sont appelées écoles du 
commerce, 8575 sont destinées aux jeunes filles. On 
enseigne le catéchisme de l'église anglicanedans 22571 
écoles. Les systèmes de Bell et de Lancaster ont été 
plus ou moins adoptés dans i4ii écoles; la méthode 
d'interrogation sans réponse, inventée par M. Philips , 
est en usage dans 5672 ; et le système de l'analyse orale 
de Pestalozzi est suivi dans 7 écoles. La langue française 
fait partie de l'enseignement dans 7620, et les langues 
mortes dans 5027. Le nombre de personnes employées 
a l'éducation en qualité d'instituteurs, d'institutrices. 



( 122) 

tle sotis-maîtres, sous-maîtresses, etc., et de précep- 
teurs particuliers, s'élève à 5633o. Ce nombre paraît 
s'être beaucoup augmenté dans les deux années qui 
viennent de s'écouler , car il résulte du rapport lu 
dans la séance de la société des écoles du dimanche 
à Londres _, du 27 mai dernier, que dans celle seule 
ville on compte 662 écoles de celte espèce, compo- 
sées de 555g8 élèves , et dirigées par 4908 maîtres 
et maîtresses , dont les fonctions sont gratuites ; et 
que dans la Grande-Bretagne et dans l'Irlande 700000 
enfans au moins reçoivent les bienfaits de l'instruc- 
tion dans environ 6000 écoles , déplus de 5oooo maî- 
tres et maîtresses qui s'occupent gratuitement tous les 
dimanches des intérêts temporels et spirituels de leurs 
élèves. Pour donner une idée de la manière dont l'art 
de l'enseignement est rétribué en Angleterre , nous 
ajouterons un seul fait tiré de l'histoire des collèges de 
Winchester, Eton et Weslminster,écrite depuis peu par 
Ackermann ; c'est que le directeur du collège d'Eton 
près deWindsor aSoOoliv.ster. (76000 francs) de trai- 
tement; qu'en 1817 le nombre des élèves de ce col- 
lège montait à 620, et que chacun payait. 200 liv. ster, 
(5ooo francs) par an. 

L'ancien ROYAUME de HoLLA^ de doit aux efforts de 
sa Société du Bien public l'état florissant dans lequel 
s'y trouve l'instruction élémentaire, qui avant 1784 y 
était très-négligée. Dans l'espace de cinq ans cette 
société avait étendu son influence bienfaisante jusqu'au 
cap de Bonne-Espérance, et comptait déjà 7000 mem- 
bres. A celte même époque (1789) ce petit royaume 
comptait 445 1 écoles et 190000 écoliers, sur ime po- 
pulation qui n'arrivait pas alors à deux millions. Les pro- 
vinces nouvellement agrégées , qui avec les anciennes 
forment le royaume des Pays-Bas , sont loin d'offrir 
des résultats si satisfaisans. On y trouvait encore en 
1817 certains cantons où sur 60 habitans on en irouvaii 



( '25 ) 

à peine un seul qui sut lire et écrne. L'eiicoura^enient 
flonn.é par le roi actuel et par ses ministres à cette 
branche injportanle de î'adininistraiion a lait faire des 
pro£,'rès étonnans. Le Hainaut , qui en 1817 ne comp- 
tait pas même Soooo écoliers , en avait au-delà de 
60000 en 1820. 

On peut dire qu'en général le peuple de la Suisse 
est un des plus instruits de l'Europe , puisque il y a 
presque autant d'écoliers qu'il y a d'enfans en âge 
d'apprendre. Le petit canton de Vaud avait en 1820, 
selon la Revue encyclopédique, 65c) écoles fréquentées 
par 1^9000 enfans; et cependant sa population, qu'on 
évalue à 160000 âmes, pourrait bien n'être que de 
i5oooo selon Hassel, de 1 4621 5 selon d'autres, et même 
au-dessous de ce nombre selon X Helvestischer ka~ 
lender de 181 5. 

Le petit KOYAUME DE Danemarcr ne compte pas 
moins de 5ooo écoles de village , plusieurs écoles supé- 
rieures et gymnases, 10 écoles nonuales (Scliullehrer- 
seminarien), oi^i, en 1816, 280 élèves se formaient dans 
l'art de l'enseignement , et 2 belles universités à Kiel et a 
Copenhague. 11 y avait dans cette dernière ville en 1816 
114 écoles, outre plusieurs établissemens superbes 
pour l'instruction spéciale. 

Quoique la population, l'industrie, le commerce et 
les Ibrces militaires de la Russie aient fait des progrès 
immenses depuis Pierre-le-Grand jusqu'à la fin du 
siècle dernier, on doit avouer que les progrès de l'in- 
struction de la masse générale de ses liabitans ont été 
bien peu considérables, et hors de toute proportion 
avec les précédens. 11 était réservé à un monarque 
magnanime et philosophe, à l'empereur Alexandre, 
d'ajouter aux titres de gloire de Pierre et de Catherine, 
celui d'être le véritable créateur de la civilisation de 
tant de peuples différens soumis à son sceptre, par la 



( 124 ) 

iimhiplicalion d'élablissemens savamment organiser 
pour répandre les lumières dans toutes les classes de la 
nation. La création des universités de Dorpat, deWilna, 
de Kasan, de Charkow et de Péiersl)Ourgj la restau- 
ration de celles de Moscou etd'Abo; la construction des 
observatoires d'Abo et de Nicolajew; l'acquisition 
d herbiers rares, de collections précieuses de minéra- 
logie et de zoologie ; la création du lycée d'Odessa , 
de l'école de clinique de Moscou, et d'autres établis- 
semens non moins utiles en différentes villes; celle des 
gymnases ou collèges dans toutes les capitales des 
gouvernemens de l'empire , et des écoles dans les 
clief-lieux de tous les cercles; la protection accordée 
à 1 enseignement mutuel qui convient à la Russie plus 
qu à tout autre Etat, et son introduction puissamment 
l'avorisée dans tout l'empire; l'organisation et la mul- 
tiplication des écoles ecclésiasliques sur un plan uni- 
forme et plus vaste que l'ancien; plus de 12000 élèves 
nourris et instruits aux frais de l'État, et les honneurs 
et les grâces accordés aux savans nationaux et étran- 
gers , sont autant de preuves incontestables de l'em- 
pressement que met ce grand prince à propager les 
lumières, et à justifier le titre glorieux que l'admiration 
de tous les savans de l'Europe lui a donné, de X Au- 
guste du Nord. Tant de soins et tant d'efforts ont été 
couronnés du plus grand succès, et dans le court espace 
de temps qui s'est écoulé depuis le commencement 
de son règne glorieux la littérature russe est sortie de 
l'état d'enl'ance ou elle se trouvait , et les lumières ont 
commencé à se répandre rapidement jusque dans les 
dernières classes du peuple. Les typographies , les 
fonderies de caractères, les librairies , les cabinets de 
lecture , les journaux politiques et littéraires se sont 
multipliés dans une proportion très-rapide; un grand 
nombre de sociétés savantes se sont formées dans les 
villes principales de l'empire ; et la littérature russe , 
si pauvre encore en auteurs et en ouvrages sous le 



icgne précédent , complait deriiicrejuent 5:")0 auteurs 
vivans et plus de 8000 ouvrages (i). 

L'instruction publique dans l'empire russe j)eut être 
partagée en trois branches distinctes, savoir : l'instruc- 
tion séculière , l'instruction ecclésiastique et l'instruc- 
tion spéciale. La première commence dans les écoles 
de paroisse , continue dans celles établies dans chaque 
chef-lieu de cercle et dans les gymnases et les lycées, 
et se complète dans les universiiés. Dans l'année 181 5 
les universités de Dorpat , de Wilna , de Charkow , 
de Kasan et de Moscou comptaient i552 étudians , et 
selon M. Slein les étudians des gymnases et des écoles 
de cercle et de paroisses montaient à 41712. L'instruc- 
tion ecclésiastique , qui est entièrement séparée de 
l'instruction séculière, commence dans les 18 écoles 
inférieures où 80 maîtres enseignent la langue russe , 



(i) Voici quelques faits qui viennent à l'appui de notre assertion. 
Avant 1800 la Russie n'avait guère plus de 25 imprimeries; elle en a 
actuellement, sans compter celles de la Finlande suédoise et du royauinc 
de Pologne, 58, dont 20 à Moscou , i5 à Pétersboaig, 5 à Wilna, 2 à 
Revel, 2 à Dorpat , 2 à Charkow , etc. , etc. Cet empire possède actiicl- 
lemont 9 fonderies de caractères, et le commerce de librairie s'est accru 
sous le règne actuel dans le rapport de i à 5. Avant 1800 il n'y avait. 
que 10 journaux et écrits périodiques; leur nombre en 1820 montait à 
5o. Dans la même année les sociétés savantes et littéraires, sans comp- 
ter celles des provinces conquises sous le «règne actuel, étaient au 
nombre de 17. Backmcister, dans sa Bibliothèque Busse, ne compte 

3ue 4000 ouvrages publiés jusqu'en 1807; et en 1800 la bibliothèque 
e l'Académie des Sciences de Pétcrsbourg ne possédait que 3ooo ou- 
vrages nationaux; aujourd'hui il y en a plus de 8000. Selon la Ga- 
zette littéraire de Leipzig (21 avril 1821 ) , 7 libraires de Pétersbourg 
et 9 de Moscou ont publié depuis 4 ^ns environ 1000 ouvrages en 
langue nationale. On voit par tous ces faits que l'on a plus imprimé de 
livres russes depuis 1800 jusqu'à présent, que depuis Pierrc-Ie-Grand 
jusqu'au commencement du règne actuel. Quoicpie 35o auteurs vivans 
soient un bien petit nombre pour une masse d'environ 4» 000000 d'Iia- 
bitans russes, elle est cependant très-considérable lorsqu'on considère 
qu'ilsappartienncntpresque tous a la noblesse, qui sùrementne forme 
pas le cinquantième de cette grande population. 

La civilisation de la nation tatare fait aussi des progrès rapides. Plu- 
sieurs milliers d'enfans fréquentent les écoles établies par la bienfai- 
sance de l'empereur Alexandre, et depuis i8oo les presses de Kasan 
ont fait paraître 14 ouvrages en cette langue. 



( ^^G ) 

l'aritlniicûijne et la religion ; se coîitinue dans les 56 
séniinaires qui coniplent 207 professeurs , et se ter- 
mine dans 4 académies qui ont ensemble 5o profes- 
seurs. En 1820 le nomLre total des écoliers de ces 
établissemens montait à 44^oo , dont 4000 pour les 
académies, 20000 pour les séauinaires, et 20000 pour 
les écoles inférieures. La jeunesse reçoit l'instruction 
spéciale dans les villes principales , mais surtout à 
Pétersbom^g et à Moscou, où se trouvent un grand 
nombre d'établissemens richement dotés , et organisés 
sur un plan digne d'un grand empire. Les Russes doi- 
vent même à la prévoyance et à ]» tendre sollicitude 
de S. M. l'impératrice - mère l'établissement d'un 
excellent institut destiné à former des jeunes personnes 
dans la profession d'institutrices. Cet établissement 
promet les plus heureux résultats pour l'éducation du 
beau-sexe. Les élèves y apprennent la religion, les 
langues russe, française et allemande , l'arithmétique , 
la géométrie , ia géographie , l'histoire , la physique , 
l'histoire naturelle, la musique instrumentale, le chant 
et la danse. 

Nous croyons que, même sans compter le royaume 
de Pologne , on pourrait estimer à 4ooooo tous les 
écoliers de l'empire russe, quoique M. Stein et autres 
géographes aussi savans qu'estimés ne lui aient pas même 
accordé, Tannée dernière, le quart de ce nombre (l)- 



(i) Voici les bases de notre calcul : 
Les 26173 écoles de paroisse, à 6 écoliers seulement 

chaque, donnent i57o38 

Les .'5i2 écoles de cercle, à 20 écoliers chatfue, donnent 10240 
Les 57 gymnases, à 5o écoliers chaque, donnent. . . 2860 
Les universités de Dorpat , Wilna , Moscou , Kasan , 

Charliow et Pétersbouig . 2000 

On ne peut évaluer à moins de looono les enfans in- 
struits par renseignement mutuel , puisque , dès 
l'année 1820, on calculait qu'en très-peu de temps 
76000 enfans appartenans à des militaires au- 
raient été instruits de celte manière; et que celte 



écoliers. 



( 1^7 ) 

L'Italik, à laquelle personne rie dispute Thonneur 
d'avoir été, à deux époques différentes, le berceau des 
sciences et des arts et le foyer des lumières de l'Europe 
civilisée; l'Italie, qui se dislingue encore parmi les 
régions les plus policées , par ses superbes établisse- 
inens littéraires en tout genre,* l'Ilalie, qui compte avec 
orgueil parmi ses nombreux liabitans plusieurs grands 
liommes qui soutiennent son ancienne gloire, et qui 
laissent à peine passer une année sans s'illustrer par 
d'utiles découvertes ou par des perfectionnemens ingé- 
nieux (i); l'Italie, si féconde eu artistes , en poètes et 



excellente méthode , grâce à la protection de Sa 
Majesté l'empereur et aux efforts de quelques phi- 
lanthropes russes, avait déjà été introduite jusqu'en 
Sibérie. Nous aurons donc à ajouter aux noml)res 
ci-dessus looooo 

Nous avons vu que l'instruction ecclésiastique seule 

comptait 4400*^ 

Dans les établissemens d'instruction spéciale , tels 
que les écoles militaires , de navigation , de méde- 
cine et chirurgie, etc. etc., et dans les maisons 
d'enfans trouvés, il y en a au moins . 12000 

Total 328128 écoliers. 

Maintenant il faut ajouter les écoliers ecclésiastiques des religions 
catholique, mahométane, luthérienne, etc. etc. , et ceux de l'instruc- 
tion séculière de la Finlande ci-devant suédoise, et l'on sera convaincu 
que notrck calcul est bien loin d'être exagéré. Le royaume de Pologne 
n'entre point dans toutes ces évaluations. 

(0 Nous regreltous beanconp que le sujet de notre ouvrage ne nous permette 
pas d'enlrer dans des détails qui seraient trop étrangers à la sfatislique, mais qui 
prouveraient jusqu'à l'évidence Tinexactitude , l'ignorance ou la mauvaise foi de 
certains voyageurs qui ont osé adresser aux. Italiens des reproches tels que ceux-ci: 
çue If s malhéniatiques ne régnent guère dans leur pays ; que les sciences phy- 
siques et médicales n'ont pas Jliit chez eux , depuis un certain nombre d'années , 
les mêmes progrés que chez plusieurs autres nations civilisées de l'Europe ; de 
manquer d' établissemens propres à instruire convenablement la jeunesse dans les 
sciences exactes et naturelles ; et de négliger toutes les branches du savoir pour se 
vouer presque exclusivement aux beaux-arts et à ia poésie, qui forment le sujet de 
toutes lés discussions de leurs sociétés savantes , et qui remplissent les pages de 
leurs journaux littéraires. Né dans une des principales villes de l'Italie, nous aurions 
cru manquer à ce que tout Italien doit à sa belle patrie , si , écrivant sur les boids de 
la Seine un ouvrage dans lequel il est question des principaux établissemens littéraires 
de l'Europe , au milieu des savans d'une grande nation qui a su depuis long-temps 
ïllier ensemble les plus brillans trophées de Mars 4 ceux plus paisibles , mais non 
rioins glorieux , de Minerve et d'Apollon , nous eussions gardé le silence lorsque 



( 128 



en liiu'raleurs dislinglies; Tltalie, lorsqu'on la consi- 
dère sous le lappoiL de Imstruclion ijencrale de ses 



l'argiiraent qui nous occupe nous présentait une occasion favorable pour repousser 
vicloi ieusement, par l'exposé succinct de quelques faits , d'aussi injustes accusations. 

Comment pouvait-on dire, eu parlant de l'Italie, que les mal/iémaliçues ne 
régnant guère dans ce pays, lorsque Masclieroni, Boscowich, tVisi , I,orgna , Za- 
notti, Grégoire et Antoine Fontana , Toaldo, les frères Vincent et Jourdain Riccati , 
Bonall et autres astronomes et raalliénialirien» célèbres, soutenaient la renomméi; 
acquise à'I'llalie par Galilée, Maraldi , Bianihini, C.assini , Tartaglia , Cardano , 
Cavalieri ,elc. ; lorsque peut-étro aucune Jiutre nation de i'iinrope ne pouvait op|)oser 
aux Italii'us de fcmraos aussi savantes que Gaetana Agnesi dans les raalliémaliques 
et Lourc Uassi dans la physique; et lorsque l'immortel Lagrangia(Lagiangc) répandait 
au-delà des Alpes la renommée de l'académie de Turin j.ar ses imporlans travaux , 
qui ont taut contribué à reculer les tornes des matliénialiques analytiques , et qui lui 
ont mérite l'honneur d'être associé aux travaux et à la gloire des géomètres les plus 
«lislingués de la France, où il a fini ses jours, emportant les regrets de f,es nojubreui 
élèves et de ses savans collègues. Ces beaux temps de l'Italie sont bien loin d'être 
passés, et quoiqu'elle ait à pleurer la perte de tous ces grands raathématicieus , elle 
en possède encore assez pour s'en consoler et pour ne pas craindre, sous ce rapport, 
la comparaison avec quelque autre nation que ce soil. 

Parmi les nombreuses écoles de ijiathématiqueS répandues sur tous les points de la 
péninsule , quatre nous paraissent pouvoir être considérées comme les principaux 
loyers de l'instruction : en effet, un grand nombre degéomèties profonds, de grands 
astronomes, de physiciens distingués et d'habiles ingénieurs s'y sont formés. L'école du 
célèbre Fergola à Naples fait revivre depuis plusieurs années sur les bords du Volturno 
les beaux temps d'Arrhimède et d'Apollonius , et passe justement pour la première de 
l'Europe dans Js géométrie synthétique. Parmi ses élèves nous trouvons Giordano , 
Sangro, Scorza, Tucci, Giannatasio etJegrand Fl'^uti ; cedernicr, par l'importance de 
ses travaux,partage avec l'allemand Gauss l'honneur d'être le plus grand commentateur 
de la géométrie des anciens. L'université de Pavic, rendue si célèbre par * Brunacci, 
élève du grand géomètre Paoli , a été. le foyer d'où se sont répandues en Italie les 
doctrines analytiques modernes, et a produit les profonds mathématiciens dont les noms 
suivent: Bordoni, auteur du Traité des ombres, qui remplace si dignement son maître, 
ï-nlevé trop tôt à Ja science ; iVlagistrini, auteur de lapolygonométriL> ; Wossoti , Belli, 
Pjola et autres géomètres, tous connus par d' imporlans travaux. L'université de Bo- 
logne , illustrée pendant long-temps par le professeur Vcnturoli , a produit beaucoup 
d'ingénieurs habiles , parmi lesquels se distinguent surtout Vccchi , Berghenli et le 
jeune Lbreta. Le professeur Mazelti a remplacé Venturoli établi depuis quelque temps 
à Rome, où Sa Sainteté vient de fonder sous sa direction un institut d'ingénieurs qui 
promet de donner à l'Italie des élèves dignes d'un si grand mailre. L'observatoire 
de Brera à Milau , si renommé en Europe à cause d'Oriani , qu'on pourrait nommer 
ie créateur de la trigonométrie sphérique, et qui peut passer pour un des plus 
grands astronomes vivons, doit tire considéré comme l'école qui a contribué plus que 
toute aulro à former d'excellens professeurs en iistronomie. Cet institut, qui comjite 
parmi ses astronomes, outre Oriani, les profonds mathématiciens Cesaris , Carlini , 
Mossotti et Bràmbilla , a publié régulièrement depuis un dernl-siècle de savantes 
éphémérides justement estimées de tous les astronomes étrangers. Comment peut-on 
dire que l'astronomie n'est pas cultivée dans un pays où se trouve un si grand nombre 
d'observatoires fournis d'excellens instrumens, et où un si grand nombre de savans 
sont constamment occupes à observer les astres, à calculer les mouvcmens des planètes 
«t leurs perturbations ? Quel est l'astrononie qui ignore les brillantes découvertes 
laites à l'observatoire de Palerme par l'infatigable Piazzi ? Rome, si riche en éta— 
blissemens de littérature et de beaux-arts, ne possède pas moins de trois observa- 
toires, celni du duc de Sermonetta, celui de la Sapienza et celui du Collegio Romano; 

* Tous les auteurs dont les noms sont précécHs d'un astérisque sont morts depuis 1800, 
à l'exception de quelques-uns, tels que l'ilangeii , Carli, Spedalieri , elo- , décédés quelque» 

années aiiparav.int. 



( 129 ) 

habilans , est bien au-dessous de l'Allemagne , de 
l'Ecosse, de l'Angleterre, de la Prusse, de la Hollande; 



te dernier est renommé par l'activité et le savoir de ses deux astronomes Calan- 
drelli et Conti, qui ont publié depuis vingt ans des Opuscoli asironomici remplis 
d'excellentes observation» sur les planètes , les étoiles, les comètes , etc. etc. Les ob- 
servatoires do Padoue , de Florence, dePise, de Turin et de Naples, sont diriges par 
les habiles astronomes et profonds mathématiciens Santini, Inghirami , Piazxiui , 
Plana et Briosclii , qui se sont perfectionnés dans celui do Brera , et qni tous sont 
connus par de bons ouvrages et de savans me'moires. L'habile astronome Cacciatore 
vient de remplacer Ir; célèbre Piazzi dans la direction de l'observatoire de Palerme, et 
Catluregli.directeur de celui de Bologne , soutient l'anciennerenommée de cet e'tablis- 
scment en reprenant la publication des Ephcmérides, interrompue depuis long-temps. 
L'Italie possède en outre beaucoup d'autres personnes qui se distinguent soit dans 
les mathématiques pures , soit dans les mathématiques appliquées , et qu'on rencontre 
daus les universités , dans les lycées, parmi les inge'nieurs, et inémt p.irmi des per- 
sonnes dont les occupations sont tout-à-fait étrangères à la science du calcul. Pour 
ne pas dépasser les bornes étroites que nous nous sommes prescrites, nous ne citerons 
que les plus connus; les voici : à fllodène , Venturi , ancien ministre en Suisse, et 
Rnfiini professeur de médecine à l'université, et un des pvemiersanalysles de l'Europe; 
à Reggio , le comte Paradisi , ex-président du sénat et de l'institut de Milan, mathé- 
maticien profond et poète clegant[; à Pise , Franchini et le célèbre Paoli ; à Florence 
le chevalier Fossombroni , ministre des affaires étrangères et de la guerre , et les 
professeurs Ferroni, FruUani et Fabroni; à Turin, Bidone; à Gênes, Multedo ; à Pa- 
doue, * Collalto et Avanziui ; à Milan , l'ingénieur Parea , le professeur Racagni et le 
comte Stratico , si connu par ses ouvrages sur la navigation et la construction nava- 
le , etc.; à Rimini, Barbetti ; à Venise, Romano et Grones. Vérone vient de perdre le 
célèbre * Cagnoli, et Ferrarc , * Bonati, le Nestor des géomètres italiens. Nous trou- 
vons en outre dans d'autres villes Zola, Tadini , Majocchi, Nobili , Mozzoui , etc. etc. 
Cette foule de mathématiciens habiles répandus daus la presqu'ile,et qui y propagent 
partout l'étude des mathématiques pures et appliquées, répond victorieusement à l'as- 
sertion complètement fausse que les mathématiques ne régnent guère en Italie. Nous 
remarquerons aussi à cette occasion que ce lurent deux Italiens, les astronomes Car 
lini et Plana, qui en 1818 eurent la gloire de remporter le prix décerné par l'Ins- 
titut de France pour la solution d'un problème très-difficile relatif au perfectionne- 
ment des tables lunaires. 

Passant des sciences mathématiques aux sciences naturelles , nous trouverons que 
celles-ci ne sont pas cultivées avec moins de succès que les premières. Dès qu'on se 
met à lire l'histoire des grandes découvertes faites depuis peu dans la physique et 
dans la chimie, et qu'on veut passer en revue les faits nouveaux qui ont tant étendu 
la Sphère delà physiologie , de la physique, de la géologie , de la minéralogie , de la. 
botanique et de la zoologie , on voit encore presque toujours des Italiens se signaler 
parmi les savans les pluscélèbres qui se sont voués à ce genre de sciences. Sans par- 
ler des grands travaux de "^ Spallanzani , * Olivi, * Galvani , * Soldani , * Fortis , 
* Amoretti, * Jean-Baptiste Beccaria , * Benvenuti, ♦Félix Fontana , etc. etc. , 
parce que l'Italie en pleure la perte depuis long-temps , nous pouvont citer les tra- 
vaux non moins importans de plusieurs Italiens qui soutiennent dignement la répu- 
tation de leurs devanciers. Les ingénieux appareils dus au génie de Volta, seuls ont 
fait faire des progrès ctonnans à la chimie, à la physlqu» et à la physiologie ; son élec- 
trophore perpétuel, son électromètre, et surtout son pilier électrique ont servi à ex- 
pliquer une multitude de phénomènes ; ce dernier même est devenu entre les mains du 
savant et habile Dawy le plus puissant moyen d'arracher à la nature ses plus impé- 
nétrables secrets. Les belles expériences de Carradori sur les loriots et sur les insectes 
phosphoriques , sur le sommeil, sur la vitalité des plante», etc. ; la théorie thermoxi- 
gène de Brugnatelli, qui a répandu tant do lumières sur celle de l'oxigène du grand 
Lavoisier; les nombreuses espèces nouvelles de coquilles et de vers do l'Adriatique et 
delà mer Méditerranée, découvertes, classifiées et décrites par les professeurs Renier 
à Padoue , et Poli et Caulini àNaples; Timportanto découverte de la vapeur espansile 
«lu sang de Rosa ; les belles expériences de ConCgliacchi pour prouver l'identité du 
fluide électrique avec ce qu'on a appelé mal à propos fluide galvanique, et son procédé 

II. 9 



( i3o ) 

et de quelques parties de la France. En effet le peuple 
en Italie, même dans les parties les plus policées, est bien 



potir obtenir par l'éraporallon plus l'acilcmeiit cl pins vile qu'^ivec celui df Leslio , la 
congclalidn de l'eau et du mercure; lîipila u secco , invente'e à Ve'rone par Zamboni 
dans Je même temps fjuc De Luc )iTiat;iiiait si colonne 61eclri(;iie à C-enève, et l'iilen— 
tite' des Ihiides inagne'tique et gnlvanicpie observé.c parle docteur Fondi plnsitur» 
années avant le célèbre chiii/iste danois (Grstedt; le nouveau briquet à gaz liydrogène 
«le Polcaslro ci ses intéressantes expériences sur l'aréoniélrie; celles de Ijelbini sur le 
iii6me sujet, et ses travaux sur l'attraction et l'ascension du mercure dans des tubes 
capill.iircs, sur la tliéoric des vapeurs, du tkermoniètre, elc ; les perl'ectionnemens faits 
par le comte Moscati A plusieurs iustrumens météorologiques; 1rs cclaircissemens et 
les savantes modifications deGattoni à la théorie du contro-coup e'ieclrique de l'An- 
glais Malion; la découverte de la propriélc niagnélique que possède l'extrémilc du 
rayon violet du spectre' solaire et de l'exislentc de l'acide fluorique dans l'émail des 
dents de l'Iiommc, des bœufs et d'autres animaux, trouvée par l'dorichini ; les heu- 
reuses et utile') applications de la chimie aux arts et à TagricMlture de Giobert , do 
Ginori, de RidoKi, de Brugnatelli , de Dandulo et d'autres Italiens; la superbe 7^/ora 
napotetana du professeur 'l'enorc, la Dtscrizione d^dle plante pih rare délia Siciliv 
de Bi voue, baron de AltaTorre; la i^/ora iicinensis des professeurs Calbis elNocca; la 
Flora îtaliana du professeur Savi; la Flora médita d'Alberli ; les Ainœriitates ita- 
licœ du professeur Bertoloni; la Flora roinana du professeur Mauii; la Flora peJe- 
moiitana d'Aglioni; les ïristitutiones botanicœ de Targioui Tozzelli ; et les cxccl- 
lens ouvrages éle'racntaires sur la botanique de Civo Pollini , de San-Giorgio, etc. } 
la Conrhidiogia suhappeririina de Bi occhi; les Insîiluzionl geologic/ie de Bicislack; 
les Elementi di chimica et Ja Maferia medicu vcgefahile ed animale de * Brugna- 
îelli ; le Corso di c/iijiiicà Jhrmareutica du professeur Porali , l'jÇ/j/o?Ho/n^i« du 
marquis Spiuola de Gènes , honorent autant les auteurs qui les ont produits que la 
nation à laquelle ils appartiennent. 

Lea ouvraocs et les travaux importans qni traitent des sciences dont nous venons 
de parler, de Scmentini,de Conlîgliacchi , de Morosi , de Zamboni, d'Aldinî, de 
Mangili , de Racagni , de Carradori, de Gardini, de Vassalli-Eandi, de Rossi , de 
Berlonrelli , d'Origo , de Bellani , de Catullo , de Scina , de Cortcsi, de Zerbi , de 
Traversi , de Mojon , deFabroiii, des pères Fini et Ricca , de Santi, de Bonclli, de 
Mandruzzato, de Mclaudri, de Venturi , deCiovene, de IJe-Rosato, de GallizioUi, 
de Viviaui, des comtes * Dandolo, i\larzari Pencati , Del Rio et IMarc Corniaui, de 
Beroaldi, de MarabelH ; et ceux non moins iniportms sur ragricullurc , l'art ve'te'- 
rinaire et les branches accessoires des comtes* Dandolo et * Philippe Re, de 'l'argioni 
Tozzetli , de * De Capitarii curé de Vigauo , de Tavanli , des marquis Fagnani et 
Prospero Balbo ministre d'état à Turin; de Paulc Balasmo, Venturi, Ferrari, Morelti, 
Onprati, Ciro Pollini, Pozzi , Dominclli , Fabroni , Abati , etc. , démontrent victo- 
rieusement avec quelle ardeur et quel succès on se livre à ces études en Italie. 

Ce pays est bien loin de manquer des e'tablissemcns public*^ nécessaires pour 
former la jeunesse dans les sciences naturelles. Les universités, les lycées sont 
tous pourvus de jardins botaniques, de laboratoires de chimie et de cabinets de 
physique et d'histoire naturelle. L'école vétériuaire de "iilan , depuis les aniélio— 
râlions qui ont été faites depuis peu, peut être comparée aux meilleurs éta~ 
blissemcns étrangers en ce genre. Parmi les nombrcii.x cabinets d'histoire naturelle . 
ceux de F"lorence et de Pavie sont les plus magnifiques. Parmi les cabinets de 
minéralogie, celui du conseil des raines à Wilan , celui de Florence , celui du collegio 
Romano à Rome, et ceux de l'université â Bologne , Naples et Palerme , sont les 
plus riches. L'Italie possède même plusieurs collections particulières de minéraux, 
qui sont remarquables par le nombre et par la beauté des pièces qu'elles coulienuent. 
A Milan, les prlncinalcs sont celle du comte Vilaliano Liorromco , qui compte 
près de dix mille pièces tant espèces que variétés, et celles de MM. Isimbardi 
et Breislak ; à Parme ,. celics de IM.tt. Linati et Porta; à Gènes , celle du marquis 
Durazzo; à Bassano , celle de M. Paroliul ; à Venise , celle du comte Marc Corniani; 
à Sienne, celle du père Ricca dans le collège Tolomci ; à Florence , celle du 
savant naturaliste Targioni Tojzetli; à Naplcs , celle du duc Délia Torre el du 



moins Inslruii que les peuples qui halntenl les conlrees 
que nous venons de nommer; et les iliits pul)!ies dor- 



clieralier Monticclli. Parmi les jardins botaniques annexés à nos universités et 
à nos lycées , et qni sont an nombre de pins <lç trente, «m remarque, à cause 
de la^quanlite' et de )a rareté dis plantes qu'on y cnllive , «l'abord celui de Naplcs , 
ensuite ceux de Pavic, de Milan el de Pajernie; et parmi les établlsscracns jinr- 
ticuliers , le jardin du marquis Spi,;no à Turin , dont on a le catalogue ini- 
jirimé avec des notes sur les ]ilaiite; les plus rares; celui du conile Rizzo à 
Venise qui conlient plus de seize cents espèces diflercntes, doi:t plusieurs de la 
Nouvelle Hollande, et d'autres régions éloignées ; ceux de l'ravcrsi à Desio , 
du duc Litla à L.iinale , du prince Bcgliojoso à IJegliojoso, du marquis Viscunlî 
à Vimerate , tous situés à peu de distance de ftiilin ; celui du comte Freilino à 
Rutigliera près de Turin; ceux du marquis Gian-Carlo di Negro et de la marquise 
Durrazo à Gênes : el ceux du comte Lccchi à Brescia' , de M. Parolini à Unssauo , 
et du comte Calmaldoli à Na])les. l'armi nos nombreux cabinets de physique , 
Ceux de Pavic , de Florence et de Bologne ne craignent la comparaison avec 
aucnu autre établissement de ce genre : nous pouvons mé;no dire que celui du 
lycée de Venise, lormé, pendant une longue suite d'années, par le savant phy- 
sicien Travers! , et cède' à cet établissement dont il est le directeur , est supérieur, 
pour la beauté et le nombre des instruimns et des Machines , aux cubinets de 
physique de quelques universités d'Allemagne , de France, d'Espagne et d'autres 
pays. Nous ajouterons aussi que le prince de Castclnuovo , dans sa vllia di Colli 
près de Palerme , a créé à ses frais un bel institut agraire perpétuel, qu'il a doté 
d'une rente annuelle , et où douze jeunes gens sont élevés el formés dans la pra- 
tique et la théorie de l'.Agiiculture. 

Les rdimenti cli Fibiologia e Patologia lecondo i prîncipi d' Ippocratc , 
du professeur Scuderi ; le Traliato di medicma légale, Vlipitome di mtdicina 
pralicn , etc. etc. , du professeur Barzellntli ; les savans ouvrages du professeur 
Brcra , dei principali vermi del corpo untano el délit; malatlie conlagiose ; 
les Fondantenti di Patologia aiialilica , de Maurizin Bufaiini ; les Elementi 
di Fisica del corpo umano , du professeur Gallini; le Maniiale di Chirurgia , 
du chevalier Assalini ; les Fxercitationes pat/iologicœ ^ du professeur Paletta ; 
ia Srienza dell'uomo sano'e nialaito , An (locleuv Passer'i; la Piosperità Fisïca,, 
tt les Malatiie del niidollo spinale, du * Raihelti; les Institutiones Pauio- 
logicœ 1 et l'ouvrage sulla Pelagra, de Fanzago ; les Insiuzioni chirursiche, 
de * 31onteggia; les Operazioni cJiirurgiche , de Rossi ; les JMalcitlie del cuore 
e del sislerna san{;uigno , de * Testa; le traité délia Glossi/ide, de Raggi ; de 
Ischiate , de Collunio ; délia Pellagra , de Strcniblo ; délie Febhii, de Giannini; 
délia Fchbre petecchiale di Genova, de Rasnri; les Malatlie deH'j/gro iici- 
7jcnsf, de Borda ; la Guida d'anatomia , Ac Fattori , etc. etc., démontrent que, 
dans le pays où Scarpa , ' Mascagnl , * ftlalacarne et * Moscati ont renouvelé de 
nos jours , par leurs importantes découvertes , la gloire acquise par. les célèbres 
MercatOj Turli , Bellini , Falloppio, Eustacbio, Baglîvi , Morgagni , Fracastoro 
et Val.sah'a , il existe encore un grand nombre de savans qui souticnncut digne- 
ment l'antique céiébrilé de leurs pré.iéccsreurs par l'ardeur qu'ils mettent à per- 
fectionner la science d'Hippocralc. Aussi trouvc-t-on en Italie un grand noinbro 
de savans anatomistes, do grands médecins et de chirurgiens habile^, tels que Agiielli , 
Trois, Federigo , Pezzi , Zanini de Belluno , Dalla-Decima , Oeresa , Penada , Da 
Matleis, Tagliabo, Quadri , TrlnchineUi, Moreschi, '^ R'ubini , Spcdalieri, Biauclii , 
LocatcUi , Pasta , Vaccà-Berliughierl , Ruggeri , Campana , etc. etc. 

La géographie , qui doit tant au savoir et à l'intrépidité des voyageurs italiens 
du moyen âge, et aux géomètres italiens drs deux derniers siècles; la géographie , 
à parler vrai, surtout celle qu'on peut ajipeler descriptive et historique , n'est pas 
cultivée avec beaucoup d'ardeur dans notre presqu'île. Cependant nous comptons 
encore plusieurs géographes qui, par la rectification des anciennes cartes, par des 
opérations géodésiques très-délicates, par des commentaires sur les travaux de nos 
anciens cosmographes et voyageurs, el par des détails intéressons publiés sur de» 
régions cncvre imparfaitement décrites, ont sa conserver aux Italiens leur répn- 



iiicrementpav MM Nesli, Serrislori, Tarlini Salvatici 
cl Rldolfi relalivement à la Toscane, et les documens 

talion dans cette branclie tlu savoir. Quoiqd'on ait disputé à M. Joseph Acerbi 
roriginalitë de. son intéressant voyage au Cap-Nord en 1801 , il n'en est pas 
moins prouvé , pour Ions ceux qui connaissent le détail de celte étrange dispute , que 
c'est il cet Italien que D'urope doit la prt-mière description exacte de son extrémité 
boréale (l), et des détails inléressans sur quelques autres parties de la monarchie 
suédoise à celte époque. Les voyages de IMM. Della-Cella , Panauti et surtout ceux 
de Trediani et de * Borgia , ont fourni des renseignemeus précieux pour compléter 
la description encore ijnparfaile de la cùle septentrionale d'Afrique, depuis les 
frontières de l'Egypte jusqu'à celles de l'crapirc di; fliaroc ; ceux de Lazzaro Pappi do 
Liucques aux Indes orientales ; de Mantegazza à Saint Domingue et dans les empires 
Eusse et Ottoman ; du père Caronni à Tunis et en Hongiie , dans la Valacliie et 
dans la Moldavie; de Pomardi en Grèce, ont augmenté la masse des connaissances 
que l'on avait sur ces régions ; et les étonnantes découvertes, faites en Kgyple et 
dans la Nubie par l'intrépide et infatigable Belzani , formeront toujours une époque 
dans les annales do la géographie historique , et associeront la gloir» de cet Italien à 
celle des plus illustres voyageurs anglais, français et allemands, qui de nos jours 
oui rtpandu tant de lumières sur la géographie de ces région» célèbres. La savante 
explication de la mappemonde de Fra-Mauro , et les commentaires sur les voyages 
de Cadamosto . des frères Zeni et de ceux du Humholdt du moyen âge , de notre 
Marc Polo, ont assuré à l'ahbé Zurla une' place distinguée à côté des Manncrt, des 
Uckert, des Malte-Brun, des Walkenaër , des Uosselin , des Marsden et d'autres 
grands géographes qui se vouent à ces études difficiles. Le Costume a/itico e 
rnodcrno du docteur Jules Fsrrario , publié à Milan avec tout le luxe typogra- 
phique , quolqu'avec des défauts, est néanmoins un des ouvrages historiques et 
géogra])liiqucs les plus utiles et du plus grand mérite. Les travaux géodésiques 
importa ns dont s'occupe l'institut topographjquc de Milan , combinés avec ceux des 
ingénieurs piémontais , toscans , romains et napolitains , d'un côié, et des ingénieurs 
autrichiens de l'autre, réunis aux résultats déjà obtenus des opérations des ingénieurs 
anglais le long de la côte méridionale de l'Adriatique, donnent aux géographes 
l'espérance fondée d'avoir enfin une carte exacte de cette importante région, qui , 
dans le savant Brocchi , possède un voyageur capable de parcourir ce sol classique, 
eu l'examinant sous lous les rapports de l'histoire naturelle, des antiquités, de la 
littérature et des beaux-arts. 

Bien que nous devions avouer que , par des raisons dont le détail serait trop long, 
l'Italie, eu égard à sa grande population, ne compte qu'un pelit nombre d'ouvrages 
périodiques , nous remarquerons néanmoins qu'il est souverainement injuste de 
reprocher à nos journaux de ne pas s'occuper de sujets scientifiques , puisque nous 
en avons depuis long -temps plusieurs qui traitent exclusivement de mathématiques, 
de sciences naturelles et médicales, tandis que d'autres allient les sujets scientifiques 
à ceux de la littérature et des beaux-arts. Depuis janvier 1820 jusques et compris 
février 1821, on a publié dans la presqu'île vingt-huit journaux littéraires. Dans 
ce nombre la Biblioteca italiana , rédigée et publiée à Milan, par l'auteur du 
Voyage au Cap-Nord , se fait remarquer par l'excellente méthode de sa rédaction , 
par la régularité scrupuleuse avec laquelle , depuis six ans, paraissent ses cahiers, 
et par ses intéressans articles sur toutes les branches du savoir , qui sont presque tous 
originaux. Ce journal se distingue aussi de tous les autres journaux littéraires de 
l'Europe , parle savant discours préliminaire dans lequel M. Acerbi , avec l'impar- 
tialité d'un honnête homme , l'élégance d'un écrivain exercé, et la critique la plus 
délicate , expose au commencement de chaque année l'état actuel des sciences et des 
arts en Italie , en passant en revue les ouvrages publiés dans le cours de celle qui 
vient de s écouler. Outre ce journal , ou en publie encore six autres à Milan , parmi 
lesquels VApe italiana de Beltoni , et le Raccogliiore de Bertolotti, auteur de 
(1 ') Nous faisons alislraclion du voyage fait par l'abbé François Negri de Ravenne , el publié 
% Padoue en 1700 par ses Uérilicrs après la mort de l'auleur. C'est le premier Européen qui 
ait visité et décrit en détail le Cap-Nnrd et l'extrémité boréale de l'Europe. Ce Voyage tr^s— 

Ïieu connu , quoique intéressant par l'époque où il a été fait, est inlinimenl inférieur sous tous 
e-i r.ipporls k celiude M, Acerbi. 



C .35 ) 

oDiciels présentés par le tableau à la page i5o ne lais- 
sent aucun doute sur cette vérité, dont 1 aveu doit tant 
coûter à un Italien. 



I intéressant voyage au lac dfï Como, se font remarquer par rélègance de la diction 
et la grâce do style , it les Annali Universali di medicinn e chirurgia , par 
des sujets plus importans et .plus utiles. Parmi les autre» jeurnaux entièrement 
littéraires , publiés dans la péninsule, les plus estimés sont les suivans : à Pavie, le 
Giornate difiiica . chiniica , hisioria naturale , medicina ed arti, des professeurs 
ConGgliacclii et Brugnatelli ; à Padoue , les Nucvi commentnrj di medicina e di 
chirurgia , des professeurs Brera, Ruggeri , * Caldani et Dali' Oste , et le Giomale 
deW i/aliana letleratura , dn comte L)el Kio ; à Bologne , les Opuscoli icienlifici , 
les Opuscoli letterarj , et le Giomale délia nuvva dottrina medica ; à Rome , le 
Giomale jârcadico et les Effemfridi letterorie ; à Florence, le Ginrnale dèlGenio 
et X'Antologia ; à Naples, la Biblioteca analitica , le Giomale Enciclopedïco et 
\es Annali di agricultura ; à Gènes, les Annali di viaggi tX la Correspondance 
astronomique , géographique , hydrographique et statistique. Nous obserrerons, 
à propos de co dernier , rédigé en français par le baroa de Zach , qu'il est alimenté 
en grande partie par les travaux de plusieurs correspond-'ns italiens, parmi lesquels 
nous citerons Santini, Plana, Carlini , Inghirarai , Ciccolini et autres grands 
astronomes et profonds géomètres. Quant aux jeurnaux politiques ou semi-littéraires , 
nous remarquerons que le feuilleton de la Gazzetta di Milano , rédigé par M. Pezzi 
de Venise, pourrait éfte compare , sous plusieurs rapports, au feuilletou du Journal 
de l'Empire, publié pendant long-temps à Paris, et qui a valu une si grande célébrité 
à Geoffroi ; celui du Giomale délie Due-Sicilie , publié depuis quelque temps à 
Naples , rappelle, dans plusieurs de ses intéressans articles , les grâces, l'érudition et 
la critique exquise de celui de Milan. 

Quant aux académies littéraires, nous devons avouer que le nombre de celles qui 
s'occupent de poésies et de belles-lettres est vraiment excessif, comparé au petit 
nombre de sociétés destinées à propager l'étude des sciences exactes et naturelles. 
Cependant , bien loin d'en manquer absolument , comme on nous le reproche , nous 
en avons un assez grand nombre, parmi lesquelles le Reale Instituto italiano , 
divisé naguère en quatre sections résidantes à Milan , Vérone, Venise et Bologne ; 
l'Academia Reale délit-, scienze de Turin , et celle de Naples ; les académies de 
Padoue, de Vérone, de Modène et de Lucques, et celle des Georgcfili de Florence, 
se distinguent par le profond savoir de leurs membres, et par l'importance de leurs 
travaux. Parmi les nombreux athénées qui se trouvent dans les villes principales 
de la presqu'île , celui de Trévise se fait remarquer par les savans distingués qui 
le composent, et par les mémoires intéressans qu'il public annuellement. Nous 
engageons même ceux de nos lecteurs qui voudraient se convaincre de l'impartialité 
de nos jugcmens sur le mérite littéraire des Italiens, à consulter les mémoires 
publies par les sociétés que nous venons de nommer, les Ephémèrides astronomiques 
de Milan et de Rome , et les journaux littéraires sus-menlionnés, où ils trouveront 
l'exposition des travaux importans exécutés annuellement par des italiens pour les 
progrès de ces mômes sciences qu'on les accuse de négliger. 

Malgré tous les faits que nous venons d'exposer, nous devons avouer que nous 
étions naguère bien au-dessous de plusieurs nations de TEurope sous le rapport 
des ctablissemens d'éducation et de la méthode d'enseignement. Nous devons beau- 
coup, pour no pas dire tout, en fait de système d'éducation, au contact dans lequel 
nous nous sommes trouvés avec des nations étrangères dont nous avons emprunté 
les meilleurs ouvrages élémentaires et les meilleures méthodes. Leurs reproches 
nous ont même réveillés de notre impardonnable indifférence pour cette partie 
importante de la civilisation, qui contribue tant aux progrés de la bonne morale. 
On ne connaît presque plus depuis long-temps chez nous le cicisbeismo que les 
voyageurs, en se copiant toujours,nous ont tant reproché et qu'à tort on aous reprocha 
encore. Une instruction plus ou moins étendue est donnée en général aux nobles 
et aux jeunes gens des classes les plus aisées , qui autrefois n'apprenaient qu'un peu 
do latin et de logiqne, les règles de la poésie, et à bégayer le français. Nos jaunes 



( »-^^i ) 

Quoique l'inslruclion lie soit pas aussi répandue 
dans la masse de la nation en Fraince qu'elle l'est 



seigneurs voyagent pour s'instruire , apprennent les langues élrangcres , et offrent 
dans toutes les brandies du savoir des amateurs et bien souvent des connaisseurs 
polnire's. Nos gouvcrncmens , qui connaissent l'influence des lumières sur la murale 
des ])euples, secondant l'impulsiou donnée depuis (juelquc temps pnr des savans 
Italiens et par de sages minislrcs, n'épargnent aucun soin pour multiplier les e'tablis- 
uens d'instruction publique et pour leur doniiCr uue organisation qui les melle au 
niveau do ce qu'on a de mieux et de plus utile eu ce genre au-delà dos Alpes- Depuis 
le Mout-Cenis jiiiqu'au délroit, et de là jusqu'au centre de la Sicile, on a niS'.liolié 
])arlout les écoles primaires , on a favorisé presque partout et quelquefois môme puis- 
samment protégé l'introduction de l'enseignement mutuel ; méthode admirable , qui , 
par un singulier hasard, après avoir pris naissance paimi nous en i536 , est revenue 
eu Italie riche des perfectionnemens qu'elle a reçus en France et en Angleterre. Des 
écoles spécialeset des universités nouvelles, des gyuinascs et des lycées nouveaux , des 
sociéte's savantes et des sociétés économiques sont créées dans les dill'erens Étals de la 
péninsule; de n-uv.eaux observatoires sont éleve's et richement dotés par la libéralité 
des souverains à Lucques, à NapJes, etc. ; des chaires nouvelles sont ajoutées aux uni- 
versités, aux lycées et aux gymnases anciens dans le royaume Lombardo-Vénitien ; 
et l'instruction publique, organisée sur des plans plus vastes et plus re'guliers , pro- 
met de réponlre aux vues bienfaisantes des princes auxquels on doit tant d'institu- 
tions avantageuses. ^ 

Un pays où Flauti étend les bornes de la géométrie des anciens qu'on ne croyait 
plus susceptible d'aucftin perleclionnement ; où Oriani a créé, pour ainsi dire, de 
nos jours la trigonométrie sphéïique ; où * Lagrangia (Lagrange) , Paoli, Uullini et 
leurs savans élèves perfectionnent le calcul inventé par Newton et par Leilinitz ; 
où Voila, par ses élonuar.s appnreils et ses savanles théories, ajoute de nouvelles 
branches à l?i physique et à la chimie; où hloricciiiui découvre des propriétés nou- 
velles dans les rayons de la lumière solaire , et Piazzi de nouvelles planètes et des 
milliers d'étoiles ; un pays, où * ÎMascagiii, * Comparetti, Scarpa et **■ Caldani pcrfec- 
.tionnent l'anatomie ; Tommasini et Gallini la physiologie ;* Brngpntelli et Giobert 
la chimie; Conligliacchi et Zamboni la physique; * Moscati , * Rubini , Rasori , 
Tommasini, Borda, Locatelli, Vaccà-Boilinghien, Assalir.î ctPalella l'art do guérir; 
Brocchi et Breislak la géologie ; un pays où le génie créateur de Morosi, de Locatelli ^ 
ds niamanti, do Crirclli,d'Albanese , de Marclielti Tomassi, deScarara.azzi , sait inven- 
terdes machines utiles; où rahljéTrentiii ajoute de nouveaux inslruniens à la musique; 
où * Bodoni fait faire de nouveaux progrés à la t3'pographie , Pirauesi et Bartolozzi à 
la gravure; un pajs où l'infatigable activité du savant Mai déteiro de la poussière des 
bibliothèques, tant de trésors de la litlératurf classique, qu'on croyait à jamais perdus ; 
où l'érudition de Michali , d'Inghirami, de * Visconti, de * Carli, de Sestini, de Bor- 
ghesi, de Ciampi , de * Lanzi, de Rosini c'vèque de Pozzuoli, de Bossi, de Filiasi, etc., 
répand tant de lumières sur des points encore trè.«-ohscurs de l'histon-e des Italiens 
primitifs, dos Etrusques, des Romains, des Grecs, et sur toutes les branches de la lit- 
térature classique; où Gioja, Mengottl et Cuslodl remplacent dans l'économie politi- 
que "^ Filangieri , * Galiani, * Beccaria et * Vcrrl ; où les profonds puldicistes Ro— 
niagnosi , OelCco , Ro^si et * Briganli répandent tant de philosophie et de lumières 
sur les branches les i)lu5 importantes de la législation ; et Cuoco et Uefendente Sacchi 
soutiennent dans la philosophie la réputation acquise par * Vico, * Genovesi,, ''Soave 
ct"^ Spedalieri ; un pays, où l'aimable * Tambroni faisait naguère oublier à ses nom- 
breux auditeurs, dans l'université de Bologne, les grâces de jon sexe pour admirer 
l'étonnante érudition qu'elle déployait dans ses leçons sur la littérature et la l.ingue 
d'Homère ; où le modeste abbé Mezzofanti, laissant loin derrière lui les plus grands 
polyglottes nnus, sans en excepter le fameux Nemnlch de Hnralmurg et le célèbre 
Lee, professeur à Cambridge, oUrcdans la même ville le phénomène unique dans l'his- 
toire de l'homme, de parler quarante-cinq langues djiferentes ; un pays qui po-sède 
des littérateurs tels que * Eetlinclli, "^ Valpcrga Cahiso, Perticari , LamprcUi, Costa, 
Napione , Colombo , Giordani, Salfi , Gherardiai , Leoni , Bellotti, etc. ; des hislii- 



( i55 ) 

dans presque tous les Eîais de rAUeinngne, il faut 
avouer que depuis quelque temps elle fait de ^-ands 
progrès, dus eu grande partie aux-eflbrls généreux 
du gouvernement pour la propager , efl'orls se- 
condés par beaucoup de philanthropes , qui se sont 
réunis en société dans le but louable de la répandre 
de tous leurs moyens. Ij 'état ci-dessous , que nous 
tenons de la libéralité de M. Guinard , avocat à la 
Cour Royale et chef de bureau de l'Académie de Paris, 
le prouve de la manière la plus évidente. 

Comparaison de l'état de l'instruction primaire des deux années 1817 
et i8so à l'époque du !«"■ juillet. 



Nombre des communes ayant une on plusieurs écoles. 

Nombre total des écoles 

Nombre des élèves 

Nombre des maîtres 

Nombre des écoles teîiues par les frères. . . . . 
Nombre des écoles d'enseignement mutuel. 

Écoles du premier degré 

Ecoles du second degré . . . , 

Lcoles du troisième degré 



181:. 


1820. 


Différence. 


17 800 


24 124 


6324 


20 200 


27581 


7 58r 


855721 


I io5 "00 


237 979 


20 784 


'28 945 


8 161 


60 


.87 


127 


5i3 


1 073 


760 


5o 


238 


188 


1 5oo 


5539 


4o39 


i8 65o 


2. 8.-4 


3i54 



riens tels que* Denina et Botta , et pour la partie relative aux i>eaux-arts, Cico- 
gnara <t Andrca Maicr; des bibliographes tels que * ]\Iorclli et Pczzana; des lapi- 
daires, tels que * ftlorcclii; dej i'ciuînes telles que jXlbrizzi, jN'iclueli, Dionisi, tiahizzo , 
Bandollini, Perpenli, Pellcgrini-Celoni , Mazzci , Luna-Folliero, IVlonti-Pt-rticari 
et Gbcrardi ; un pays où le médecin Aglielti dëploie , dans ses discours académiques 
auï ?ociétcs savantes de Venise, l'érvidition et l'éloquence qui valurent tant de 
célébrité a:) prand Rodi académicien du Cimento ; où Koscolo promet de remplacer 

* .Mfieri, et Nota * Goldoni ; où JNIonti , Pindcmonti ,NiccoIini, Arici, Rlauzcni, 
pnr leurs belles compositions, rendent moins sensible aux Italiens la perte de 

* Cesarotli , * Parini, ' lilazza , * Lorenzi ; où les jeunes poètes Sgrizzi et Garnira 
offrent le phénomène unique dans la poésie d'inijiroviser des tragédies , et où 
(iagiiufli étonne les plus grands littératturs par les vers a\issi élégans que remplis 
do l'eu qu'il improvise avec une rave facilité dans la langue de Virgile et d'Ovide ; 
un pays qui possède des peintres tels que * Appiani , * Bossi , * Renvenuti, Cam- 
muccini , Londi , Sanquirico, etc., et des graveurs tels que Morgcn , Longi , Rosaspina 
<?t Ridolfi; où Canova donne la vie an marbre, où Rassini crée des iuélodies nouvelles, 
et Paganini des sons nouveaux : un pays qui possède de tels hommes ne peut 
craindre la comparaison avec ancun autre; aussi tout habitant de cette terre clas- 
sique, en état d'apprécier le mérite littéraire de ses compatriotes, peut et doit répéter 
avec orgueil :ye suis Italien, 



( i56) 

Ces résultais, très-favorables par eux-mêmes, le 
deviennent encore plus lorsqu'on réllecliit que la Corse 
n'est pas comprise dans le tableau ci-dessus, et lors- 
qu'on prend pour terme de comparaison les années 
1817 et 1821. En effet, dans le cours de cette der- 
nière , il V a eu en France i 33 12 57 garçons qui ont 
fréquenté les écoles dépendantes de l'université; il 
faut ajouter à ce nombre environ 400000 filles pour 
avoir la totalité des individus qui ont reçu une in- 
struction dans ces différens établissemens. Nous nous 
arrêtons à ce nombre , au lieu de le porter , avec le 
savant M. Jomard, à 5ooooo, parce que nous savons 
que dans les cadres envoyés au Conseil Royal de l'in- 
struction publique il se trouve plusieurs tableaux où les 
filles sont comptées indistinctement avec les garçons , 
et par les raisons que nous avons données à la page i45. 

Nous allons maintenant exposer en peu de mots 
l'organisation de l'instruction publique en France , 
afin de donner à nos lecteurs les moyens'de comparer 
sous ce rapport le Portugal à celte monarchie, et de 
leur rendre intelligibles les faits intéressans offerts 
par 1 £?tableau officiel à la page 146. 

ToL tes les branches de l'instruction publique sont 
confiées à l'université de France , qui se divise en 
vingt-six Académies, dont le ressort est le même 
que celui des vingt-six Cours Royales, et qui se trou- 
vent indiquées dans le tableau susmentionné. 

Les écoles de divers degrés sont classées ainsi qu'il 
suit : 

1°. l^GS Faculté s , qui ont pour objet l'enseigne- 
ment spécial des connaissances nécessaires aux diffé- 
rentes professions lettrées , et la collation des grades 
qui attestent le degré d'instruction où l'on est par- 
venu dans ces diverses connaissances ; elles se divi- 
sent en cinq ordres, savoir : faculté de théologie, 
faculté de droit , faculté de médecine , faculté des 
sciences et faculté des lettres. Ces facultés, isolées 



( .3? ) 

OU réunies ensemble dans les villes principales de la 
France , correspondent aux anciennes universités. 

II y a autant de facultés de théologie catholique 
qu'il y a d'églises métropolitaines actuellement exi- 
stantes, savoir: à Paris, a Bezançon , à Lyon , à Aix, 
à Toulouse, à Bordeaux et à Bourges. Il y a de plus 
deux facullés de théologie protestantes ; l'une à Stras- 
bourg pour le culte luthérien, l'autre à Montauban 
pour le culte calviniste. Chaque faculté de théologie 
est composée de trois professeurs au moins, savoir un 
d'histoire ecclésiastique , un de dogme et un de mo- 
rale évangeliqne. 11 y a en outre dans plusieurs fa- 
cultés des chaires d'hébreu et d'éloquence sacrée 
confiées à des professeurs spéciaux. Le cours ordinaire 
des études dure trois ans. 

hesjacultés de droit se trouvent établies dans les 
villes de Paris, Strasbourg, Dijon, Grenoble, Aix, 
Toulouse, Poitiers, Rennes et Caen. On y enseigne 
i" les élémens du droit naturel et du droit des gens ; 
2" le droit civil français ; 5" le droit romain consi- 
déré surtout dans ses rapports avec le droit français ; 
4° le -droit public français et le droit civil dans ses 
rapports avec l'administration publique ; 5° la légis- 
lation criminelle et la procédure civile et criminelle. 
L'école de droit de Paris compte uu plus grand nom- 
bre de cours, quinze professeurs et huitsuppléans. Le 
cours ordinaire des études est de trois ans ; ceux qui 
veulent obtenir le grade de docteur font une année 
de plus. 

\^Gsfacultès de m<?'c?(?c«/ze sont placées dansles trois 
villes de Paris, Montpellier et Strasbourg. H y a en 
outre des écoles secondaires de médecine et des cours 
d'instruction médicale institués dans les hôpitaux des 
villes suivantes : Amiens, Angers, Arras, Bordeaux , 
Caen, Clermont , Dijon, Grenoble, Lyon, Marseille, 
Nantes, Poitiers, Rennes, Reims et Toulouse. Le 
cours ordinaire des études dans les facultés de méde- 



( 'S8 ) 

cine est de quatre ans ; ceux qui veulent obtenir le 
i^n'ade de docteur font une année de plus. 

YjQS facultés des .çcze;zc(?5 actuellement organisées 
sont placées à Paris, Strasbourg, Caen , Toulouse, 
Montpellier , Grenoble et Dijon. Dans cliaque faculté 
un professeur enseigne le calcul différentiel et inté- 
gral; un autre la mécanique et l'astronomie 5 un troi- 
sième la physique et la cbimie tbéorique et expéri-» 
mentale ; un quatrième les diverses parties de l'iiistoire 
naturelle. Il y a dans la faculté de Paris un plus 
grand nombre de professeurs que dans les autres 
facultés. Le cours ordinaire d'études dure trois ans. 

D'après le décret du i y mars i SoSune /acuité des 
lettres devait être établie dans chaque académie près 
du Collège Royal du chef-lieu ; mais il n'y en a que 
six actuellement organisées ; savoir celles de Paris , 
Besançon, Caen, Dijon, Strasbourg et Toulouse. 
Chaque faculté des lettres se compose de trois pro- 
fesseurs au moins, dont un enseigne la philosophie, 
savoir la logique, la métaphysique et la morale; un 
autre les belles-lettres, savoir la littérature française , 
grecque et latine ; un troisième l'histoire, savoir l'his- 
toire ancienne et moderne, la géographie mathéma- 
tique, physique, historique et politique. La faculté 
des lettres de Paris a seize professeurs , dont trois sup- 
pléans. Dans les académies qui n'ont point de faculté 
des lettres, une commission établie au chef-lieu est 
chargée d'examiner les aspirans au grade de bachelier 
ès-lcttres. 

Les grades dans chaque faculté sont au nombre 
de trois : le baccalauréat , la licence , le doctorat. Les 
facultés de droit délivrent aussi de simples certifi- 
cats de capacité. Nul étudiant ne peut prendre sa pre- 
mière inscription dans les facultés de théologie , de 
droit ou de médecine , s'il ne justifie c[u'il est pourvu 
du grade de bachelier ès-lettrcs; à compter du i" jan- 
vier 1825 , nul ne pourra s'insciire dans les facultés 



( i^^9 ) 
de médecine , s'il n'a ubieiui nussi le grade de ba- 
chelier es sciences. 

Tout professeur de facidtë jouit d'un traitement 
fixe de 5ooo francs, et reçoit en outre un traitement 
e'venluel qui varie suivant le nombre des examens et 
des actes publics auxquels il assiste (i). Le doyen 
reçoit de plus un préci[)nt , dont la quotité est déter- 
niincc par le conseil royal. I:es supplcans reçoivent 
aussi un traitement fixe déterminé par le conseil 
royal , et ils participent , conn^ie les professeurs , aux 
droits de présence. Les professeurs et snppléans sont 
lof>cs, autant que les localités le permellent, dans les 
batimens de la faculté à laquelle ils appartiennent. 

2°. Les Collèges , où l'on enseigne les élémens 
des lettres , de l'histoire , de la philosophie , des 
sciences mathématiques et physiques, et qui se dis- 
tinguent en collèges royaux, collèges communaux, 
et collèges particuHers. 

Les Collèges -royaux correspondent aux anciens 
lycées. Il- y en a 38 , et ils sont distribués de manière 
qu'il V en a au moins un dans chaque chef-lieu 



(i) Voici rj'.ielqiies clonni'cs relatives aux traitemcns des employés 
(.le l;i faculté de droit de Paris, que nous tenons d'un de ses professems 
les plus distingués. 

JiaiteTiient des professeurs. 

[". Traitement fixe, 3ooo fr. ; 20 traitement supplémentaire, 2400 fr.; 
3" droit de présence aux examens et aux thèses , 10 fr. par candidat 
et pour cliacun des actes aux(]uçis il se présente. Le président d'une 
thèse, 1 5 fr. Le nombre moyen annuel des élèves étantde 12400 à 2600, et 
chaque cours de 5oo au plus, on peut évaluer 'de 12 à 1 5 mille francs 
le traitement des professeurs. Ils ont en outre le logement dans les bâ- 
tinicns de l'école à mesure qu'ils vaquent et par ordre d'ancienneté. 
Le doyen reçoit eu outre 4000 francs. 

Traitement des suppléans. 
1". Traitement fixe 1000 fr. ; 2" traitement supplémentaire 2400 fr. 
lorsqu'ils sont chargés d'un cours pour une chaire vacante ; 3" droit 
de présence comme aux professeurs. On peut évaluer de 3 à 4ooo fr, 
le traitement des suppléans , indépendamment des 2400 fr. que reçoi- 
vent ceux qui sont chargés d'un cours. 



( i/fO ) 

d'académie. Les académies suivantes en ont un plus 
grand nombre. Celle de Paris en a 7 , savoir : les 
collèges Louis-le-Grand, Henri IV, Cbarlemagne , 
Bourbon et Saint-Louis dans la ville , un à Versailles 
et un à Reims ; l'académie de Montpellier un à Rho- 
des ; celle de Nîmes un à Avignon et un à Tournon ; 
celle de Rennes un à Nantes et un à Pontivy ; celle 
de Clermont un à Moulins. 

Dans tous ces collèges l'instruction est donnée à 
des boursiers que le roi y place ; à des élevés bour- 
siers entretenus et placés par ii3 villes; à des élèves 
pensionnaires que les parens présentent au clief du 
collège ; à des élevés externes , qui n'y viennent que 
pour le temps des classes. 

L'enseignement est Je même dans tous les collèges 
royaux. 11 est divisé en trois parties distinctes, savoir : 
l'enseignement élémentaire , l'enseignement des lettres 
et l'enseignement des sciences. 1/ enseignement élé- 
mentaire , outre l'histoire sainte , comprend la gram- 
maire française , la grammaire latine , la géographie , 
l'arithmétique et l'écriture. L^ enseignement des let- 
tres comprend essentiellement les lettres latines , 
grecques et françaises; on y joint la géographie ^ 
l'histoire tant ancienne que moderne , la mythologie , 
une connaissance sudisante des antiquités grecques et 
romaines, et les premières notions des sciences na- 
turelles. L'enseignement est divisé en six classes , sa- 
voir : classe de sixième , de cinquième , de quatrième , 
de troisième, de seconde et de rhétorique (i). L'en- 
seignement des sciences remplit les deux dernières 



(i) Nous donnons ci-après le tabkau de la marche suivie pour 
renseignement. 

Dans la sixième on explique le Se.lectœ è profanis ou le De ^'iris 
illustribus urbis Rotule , les tables de Phèdre en les comparant à celles 
de La Fontaine ; on étudie la géographie ancienne dont la connaissance 
est indispensable pour l'intelligence des auteurs , et on la compare à 
la moderne. Dans cette classe et dans la suivante les élèves contiaueni 



( i4i ) 

années du cours d'études. 11 est divisé en classe de 
philosophie de première année , et classe de phi- 
losophie de seconde année. L'enseignement de la 
première année comprend la logique , la métaphy- 
sique et la morale qui renferme les principes du droit 
de la nature et des gens; les mathématiques élémen- 



ile recevoir des leçons d'écriture et d'arithmétique. Les tlièmes donnes 
aux élèves , entre les deux classes , sont relatifs à la mythologie. 

Dans la cinquième on explique un choix de Justin , de Cornélius 
Neyos , des lettres familières de Cicéron , les fables d'Esope et les 
élémens de la langue grecque. Les thèmes donnés aux élèves sont 
relatifs aux antiquités grecques et romaines. 

Dans Ja quatrième on explique Quinte-Curce , Tile-Ln'e ,\cs Coiii- 
inentaires de César, les trMtiis De Aniiciliâ et De Seneciute , un 
choix des Dialogues de Lucien, la Cyropédie de Xénoplion , et uîi 
choix de poésies latines tirées des Bucoliques et àesGéorgiques def^irgile 
et des Métamorphoses d'Ovide. Les thèmes donnés aux élèves sont 
relatifs aux élémens des sciences naturelles. On commence à exercer 
les élèves sur la versiBcation latine, et on leur fait apprendre par cœur 
un choix de poésies françaises analogues aux poésies latines qui ont 
été expliquées. Les élèves reçoivent dans cette classe les premières 
leçons de dessin linéaire et de Bgure, et en continuent l'étude dans toutes 
les autres. 

Dans la troisième on explique un clioix de Snlluste et de Tacite , 
un choix de moralistes latins, un choix de moralistes grecs et un choix 
de l'Enéide et de l'Iliade. On continue à exercer les élèves sur la 
versification latine , et on leur fait apprendre par cœur un choix de 
poésies françaises analogues aux poésies latines qui ont été explicjuécs. 
Les thèmes continuent à être relatifs aux élémens des sciences natu- 
relles. 

Dans la seconde on explique un choix des harangues de Cicéron , 
un choix de l'Iliade d'Horace et de l'Enéide. On commence à pré- 
parer les élèves à la rhétorique , en leur faisant connaître les figures 
et en les exerçant à composer des narrations en latin et en français. 
Les devoirs qu'on donne aux élèves sont des narrations. L'étude de 
l'iiistoire profane est ainsi répartie entre les quatre classes qui précè- 
dent : en cinquième l'histoire ancienne ; en quatrième l'histoire ro- 
maine ; en troisième l'histoire du moyen âge ; en seconde l'histoire mo- 
derne proprement dite ; dans les deux dernières le professeur s'attache 
particulièrement à l'histoire de France. 

Dans la classe de rhétorique on explique les Conciones e ueterihus 
historicis exce.rptœ , un choix des oraisons de Cicéron , des harangues 
de Démosthènes , des Conciones poeticœ , et un choix des poètes 
tragiques grecs. On enseigne les préceptes de l'éloquence et les règles 
de tous les genres d'écrire. On fait apprendre par cœur aux élèves des 
morceaux choisis d'orateurs et de poètes dramatiques français; on 
leur fait composer alternativement en vers latins, en discours français, 
en version latine , en version grecque, eu discours latin. 



( l42 ) 

taires , savoir : l'arithmétique complète, la géométrie, 
]a trigonométrie rectiligne et les premières notions de 
]'algèl)re. La leçon de philosophie est donnée en 
latin. L'enseignement de la seconde année comprend 
la statique, les élémens de l'algèbre et l'application 
de l'algèbre à la géométrie, la physique proprement 
dite , la chimie et les élémens de l'astronomie physi- 
que. L'histoire naturelle , qu'on enseigne dans celle 
année , est aussi étudiée par les élèves de troisième , 
de seconde et de rhéiorique. L'enseignement des let- 
tres et sciences est confié à dix professeurs divisés en 
trois ordres difiérens, savoir : les professeurs de 
sixième , de cinquième , de quatrième, de troisième, 
qui sont compris dans le troisième ordre ; les profes- 
seurs de seconde et de rhétorique dans le second ; et 
les professeurs de philosophie , les deux de mathéma- 
tiques, et le professeur des sciences physiques qui sont 
compris dans le premier ordre. 

Le taux de la pension pour les élèves et la quotité 
du traitement fixe pour les fonctionnaires , diffère 
suivant les localités et l'ordre des professeurs. 

Tableau du traitement fixe annuel des fonctionnaires et professeuis 
des collèges royaux. 



Fo^cTIO^•NAInEs. 


Collèges de 

Paris et 
Versailles. 


Collèges de 


i"''^ classe. 


2'' classe. 


3'* classe. 


ProYÏseur 


5ooo 


4000 


35oo 


3ooo 


Censeur 


35oo 


25oo 


2000 


1000 


Aumônier . . . . . , 


S.'ioo 


25oo 


2000 


i5oo 


Econome 


3ooo 


2000 


iGoo 


i4oo 


Professeur du 1'="^ ordre. . . 


3ooo 


2000 


1800 


i5oo 


■ — du 2'' ordre. , 


25oo 


1 Soo 


i5oo 


1200 


— du 3e ordre. 


2000 


i5oo 


1200 


1000 


Mailres d'études ; . . . 


IQOO 


1 000 


Soo 


700 


Prix de 1» pension. . . . 


yoo 


75o 


65o 


Goo 



( i43) 

Les collèges roj^aux de Paris et de Versailles for- 
ment une classe parliculière. Les collèges royaux de 
icr classe sont ceux de Piouen , de ëlrasbourg , de 
Lyon, de Marseille et de Bordeaux; de 2<^ classe , 
Reims, Caen, Amiens, Douai, Metz, Besançon, 
Dijon, Grenoble, Nîmes, Montpellier, Toulouse, 
Orléans, Angers, Nantes, Rennes; de 5^ classe, 
Nancy , Avignon , Tournon , Rliodès , Caliors , Pau , 
Poitiers , Bourges , Ponlivy , Limoges , Clermont , 
Moulins. . * 

Outre le traitement fixe, les professeurs et le cen- 
seur ont un droit éventuel , pris sur deux masses 
qu'ils se partagent entre eux également , et qui pro- 
viennent: la ï"-' du dixième du prix de toutes les pen- 
sions ; la 2^ des deux tiers des rétributions payées par 
les externes. Cette rétribution est à Paris de 60 ù\ par 
élève. La part éventuelle de cbaque professeur dans 
cette double masse est , à Paris, d'environ 2000 fr. Les 
professeurs agrégés la perçoivent ainsi que les profes- 
seurs titulaires ; mais au lieu du traitement fixe indi- 
qué dans le tableau ci-dessus , ils n'ont qu un trai- 
tement de 400 !''• 

Les collèges communaux sont ainsi appelés parce 
qu^ils sont entretenus à la cliarge des communes. 
Dans chacun de ces collèges , quel que soit son degré 
d'enseignement littéraire , les élèves étudient l'iiistoire 
sainte, le calècliisme , la géographie , les élèmens de 
l'histoire de France, l'arithmétique, et, autant qu'il 
est possible, les élèmens de la géométrie et des sciences 
physiques. Les collèges communaux actuellement exis- 
tans sont au nombre de 022 , distribués dans les vingt- 
six académies , comme on le voit par le tableau à la 
page 146. Tous ces collèges ensemble renferment 
environ 1700 fonctionnaires, dont le traitement fixe 
est de I o4o francs , terme moyen. 

Les collèges partlculiei'S sont des maisons particu- 
lières d'éducation, qui, par la confiance qu'elles ont 
inspirée aux familles dont ils ont élevé les enfans et 



( .41 ) 

j>af la force de leurs éludes, ont mérilé du ^gouverne- 
ment le titre de colléires particuliers de plein exercice : 
ils jouissent de plusieurs privilèges que n'ont pas les 
autres établisseniens de ce genre. Paris en a deux 
seulement. 

5°. Les Institutions et Vensions sont des 
écoles tenues par des maîtres particuliers , dont l'en- 
seignement s'élève au-dessus de l'instruction primaire. 

Les pensions désignent celles de ces écoles où les 
éludes ne dépassent |)omt les classes de grammaire et 
les élémens d'ariihméiique et de géométrie. 

On appelle institutionsles écoles particulières dont 
l'enseignement s'étend jusqu'aux humanités , et peut 
même, avec l'autorisation du conseil royal, embrasser 
tout le cours d'études des collèges de plein exercice. 

11 faut être bachelier ès-lettres pour pouvoir ob- 
tenir le titre de maître de pension. 

4" Les é c o l e s p ri 771 ai r e s sonl ceWes oiil'on donne 
l'instruction élémentaire ; elles se partagent en écoles 
de premier y de deuxiè77ie ei de troisième degré , sui- 
vant que l'enseignement y est plus ou moins étendu. . 
Dans celles du premier degré on enseigne la lecture , 
l'écriture, la grammaire française, l'arithmétique, 
l'arpentage et la géographie ; dans celles de deuxième 
degré, la lecture, l'écriture, l'orthographe et le calcul; 
dans celles de troisième degré , à lire , à écrire et à 
chiffrer ; 

En écoles te7iues par un ou plusieurs membres 
des diverses sociétés de frères des écoles chrétiennes, 
et e7i écoles te7iues par des instituteurs isolés y 

En écoles d' e7îseigne7ne7it mutuel , d^ enseigne- 
ment simulta7ié ou di enseig7iement individuel ; 

En écoles publiques onconmiunales ei en écoles 
apparte/ia7itcs à des particuliers _,• 

£n écoles g7rituites et en écoles dites paya7ites. 
Le traitement légal des instituteurs se compose, i° du 
logement fourni par les communes , ou , à défaut de 
logement . d'une indemnité équivalente ; 2° d'une ré- 



(i45 ) 

liîbulion fournie par les païens, et de'terniinée par les 
conseils municipaux de concert avec les instituteurs. 
La commune paie à ces derniers pour tous les enfans 
de parens pauvres qui dépassent le cinquième du 
nombre total des élèves. 

Outre ces 4 classes d'etablissemens , il y a en outre 
une grande école normale établie à Paris, et des 
écoles normales partielles placées dans les diverses 
académies pour y former un nombre sullisant de 
maîtres en état d'être employés dans les dillérentes 
branches de l'instruction publique dépendantes de 
l'université de France. 

La grande école normale de Paris est un pensionnat 
normal destiné à recevoir jusqu'à 3oo jeunes gens qui 
y sont formés dans l'art d'enseigner les lettres et les 
sciences. L'instruction est principalement donnée par 
les professeurs des facultés des lettres et des sciences, 
dont les élèves suivent les cours dans l'ordre déterminé 
par les réglemens. Les aspirans à Técole normale doi- 
vent être âgés de 17 ans au moins et de 21 ans au plus. 
Les écoles normales partielles sont établies près de 
ceux des collèges royaux de Paris qui ont des pension- 
naires, et près du collège royal du chef-lieu de chaque 
académie. Chacune de ces écoles est composée de huit 
élèves nommés par le roi. 

Le tableau ci-après offre le nombre des établisse- 
mens compris dans le ressort de l'université de France, 
et celui des étudians qui les ont fréquentés ; il se rap- 
porte à l'année 1821. Quoiqu'il soit officiel, nous 
croyons néanmoins qu'il faudrait retrancher 4oooo éco- 
liers au moins de la somme totale , parce qu'il n'est 
pas probable que les 460 écoles primaires de l'Aca- 
démie de Clerraont aient eu précisément le même 
nombre d'écoliersque les i49'^ écoles de celle de Dijon. 
Cependant nous l'avons retenu, parce que lorsque nous 
nous en sommes aperçu nous n'éiions plus en mesure 
de nous adresser à qui pouvait le rectifier. 

11. 10 



( i46 ) 



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IWPcquc^oCCOijHÎSS^SSOa; fcB-pS «mH 



(^47). 

Outre les etabllssemens dont nous avons parlé , la 
France en a beaucoup d'autres qni sont indépendans 
du conseil royal de l'instruction publique , et qui dé- 
pendent des administrations particulières dans le ressort 
desquelles ils sont compris. Les plus considérables à 
Paris sont les suivans : 

Le Collège Royal de France , où 2 1 professeurs titu- 
laires et 2 professeurs honoraires enseignent l'astrono- 
mie, les mathématiques, la physicfue mathématique, la 
physique expérimentale, la médecine, l'anatomie, la 
chimie, l'histoire naturelle, le droit de la nature et des 
gens, l'histoire et la morale, les langues hébraïque, chal- 
daïque et syriaquCjl'arabe, la langue turque,Ie persan, la 
langue et la littérature chinoise et le tartare-mandchou, 
la langue et la littérature sanskrite, la langue et la litté- 
rature grecque , la langue et la philosophie grecque , 
l'éloquence latine, la poésie, la littérature française. 
L Ecole royale et spéciale des langues orientales vi- 
vcmteSyQn 7 professeurs enseignent le persan et le ma- 
lai, l'arabe littéral, l'arabe vulgaire, le turc, l'armé- 
nien, la littérature grecque moderne, l'archéologie. 
Le Muséum d^ histoire naturelle , où i3 professeurs 
enseignent la culture des jardins, l'anatomie humaine, 
la botanique rurale , l'iconographie naturelle , la zoologie 
des reptiles et des poissons , la botanique , la zoologie 
des animaux sans vertèbres, la zoologie des quadru- 
pèdes , des oiseaux et des cétacés , la minéralogie , 
1 anatomie comparée , les arts chimiques , la chimie 
générale, et la géologie. ,11 y a dans ce superbe établis- 
sement un jardin botanique et plusieurs galeries où se 
trouvent disposées méthodiquement des collections ap- 
partenantes aux trois règnes de la nature et d'autres 
galeries pour l'anatomie et la botanique , ainsi qu'une 
ménagerie d'animaux vivans^ une bibliothèque d'his- 
toire naturelle et un ampliiihéatre avec des cours. 
L Ecole royale polytechnique, où 10 professeurs et 1 3 
maîtres et répétiteurs enseignent l'analyse et la méca- 



( '48 ) 

nique; la géomélrie descriptive; 1 analyse appliqiK'e, 
la géodésie , l'arillimctique sociale ; la physique ; la 
chimie ; rarchiteclurc ; le dessin de fip;ure et de 
paysage; la grammaire, les Lelles-letircs, l'histoire et 
la morale ; le dessin lopographique. Viennent ensuite 

Y Ecole cV application des ingénieurs géographes au 
Dépôt de la guerre; les écoles royales des Mines , des 
Ponts et chaussées , de Musique et de déclamation^ 
Spéciale des beaux-arts y etc., etc. 

Les plus considérables hors de Paris sont les suivans : 
\J Ecole d'artillerie et du génie, -A Metz ; Y Ecole mi- 
litaire royale et spéciale, à Saint- Cyr près de Ver- 
sailles ; V Ecole militaire préparatoire , à la Flèche ; 

V Ecole d'instruction des troupes achevai , à Saumur; 
les écoles royales d'arts et métiers , à Chalons-sur- 
Marne et à Angers ; les Ecoles royales d'économie ru- 
rale vétérinaire , à Lyon et à Alfort près de Paris ; 
X Ecole spéciale du génie maritime ^ à Brest. 11 y a en 
outre 44 écoles de navigation , parmi lesquelles celles 
de Brest , de Rochefort et de Toulon sont les plus 
considérables. 

Afin que nos lecteurs eussent le moyen de comparer 
l'état de rinstruGiion de la masse générale des habitans 
d'un Etat, avec celui" des autres, nous avons rassemblé 
dans le tableau ci-dessous quelques faits imporlans qui 
en sont la véritable mesure. Nous croyons indispen- 
sable de les prévenir que dans le nombre des écoliers 
des monarchies portugaise, espagnole, française, an- 
glaise, de l'empire russe et de l'ancienne Hollande, on 
a compris aussi les étudians des universités, qui ne 
le sont pas dans celui du royaume de Naples où ne 
figure pas non plus celui des écoliers des lycées et 
des collèges, qui dans ces derniers établissemens seuls 
montaient en i8i8 à 1240. Parmi les écoliers qui en 
1820 ont fréquenté les écoles de l'Angleterre et de la 
principauté de Galles se trouvent compris aussi ceux 
qui sont instruits par des maîtres particuliers. Nous 



( '49 ) . 

sonirac'S persuadé que le nombre actuel des écoliers de 
l'Espagne est pour le moins (juatre fois plus grand qu'il 
n'est porté dans le tableau à une époque si éloignée , 
et depuis laquelle la nation espagnole a fait tant de 
progrès dans l'instruction. Mais faute d'aucun rensei- 
gnement plus récent il nous a bien fallu nous tenir à 
celui-là , car nous n'avons pas encore reçu ceux que 
nous avons demandés. Nous aurions voulu donner plus 
de conformité aux élémens de notre tableau , mais nous 
n'en avions pas le loisir, et nous n'étions plus en me- 
sure de nous procurer les documens nécessaires. Ce- 
pendant, pour offrir des données qui pussent mettre 
à même de comparer la poprJation de chaque pays et 
le nombre d'écoliers respectif, nous avons réduit la 
première à l'année à laquelle se rapporte le nombre des 
seconds ; les chiffres ronds indiquent quelles sont les 
populations que l'on a réduites de la sorte. 



( i^'^o ) 

Tableau coiiiparatil du nombre dos l'tudians qui unt fr.C(]ucntc les 
écoles de plusieurs Etats do rEuropc. 



ETATS ET PR0V1^CES. 



Monarchie Portugaise 
Monarchie Espagnole. 
Royaume Je Naples. . 



lîmpire d'Autriche. . Bohème. 



Silésle et Moravie. 
Basse Autriche. . 
Haute .Autriche. . 
Styrie et cercle deKlageiîl'urt 
Cercle de Gratz. . 
Helegal. de Biescia. . 
Delegat de Beigame. . 

Monartliie Françîiise. _. 

L'acad^ie de Paris dans les écoles primaires. 
Le département de PAuhc 

— — Eure-et-Loir! 

— — • Marne 

— — Seine. .... 

— — Seine— et— Marne . 

— — Scine-et-Oise. 

— — Yonne .... 



-Vnn. 



1820 

1787 

i8i5 

1818 

1773 
1789 
iSn 
iSn 
1811 
i8n 
1811 
i8i5 
i8i5 
\vm5 

il82I 

I82I 



POPULA- 

Tiori. 



r.inpiic Russe sans le royaume de Pologne. 



Monarchie Anglaise. 



Angleterre et Galles. 

Ecosse 

Irlande 



I\0J1BRK 
D'ÉTUD1A^S. 



Monarchie des Pays-Bas. Hollande ou les anciennes' 
Provinces-Unies. 
Province du Hainaut. . .1 



TMcnarchie Prussienne. Couvernem deMagdcbourg 

Duché de Nassau ; . . î . . 

Confe'dération Suisse. . Canton de Vaud. 



1830 
i8ji 
1820 



1817 
I82-' 

.817 
1818 
1S2I 



3 1^0000 
10 269150 

5 0.')226l 

5 006883 

2 3.^0000 
2 85oooo 
3 i5i53o 

1 690000 
j o4oooo 

425ooo 
i o>>5uoo 
286000 
3i iSgÔ' 
50^876 

3o 465291 

2 686831 
239688 
264448 
309444 
82170(3 
3c)3i5o 

4q449° 
332905 

5o 600000 

n 800000 
I 599068 
6 700000 



I 900000 
4586 16 



472012 
302769 



04000 
5o73o 

48913 
745.5 

i4ooo 

158-67 
284721 
149482 
101922 

32787 

37754 

32000 

21212 

21557 

I 730000 
160644 dont 
22to4 
■ 7019 
81097 
18194 
23377 
27162 
S1191 

.^00000 

I 571072 
170000 
80000 



190000 
3oo(io 
60000 

66944 

65ooo 



160000 29000 



Le tableau suivant, dont la rédaclion nous a coulé 
beaucoup de peine , présente les principales uni- 
versités de l'Europe, et le nombre d'éludians qui les 
ont fréquenlées,avecl indication de l'année à laquelle 
ce nombre doit se rapporter. Nous avons fait suivre d'un 



( -5' ) 

point inlerrogalif les chiffres sur lesquels nous n'avions 
pas de données bien sures ; nous avons du prendre 
ce moyen , par exemple , à l'égard de plusieurs uni- 
versités d'Italie sur lesquelles nous n'avons pas encore 
reçu les renseignemens que nous avons demandés , 
parce que nous n'avons pas voulu répéter les évaluations 
inexactes que l'on rencontre dans tous les ouvrages des 
géographes étrangers. Nous avons donné le nombre 
d'éludians des trois années i8i8j 1819 et 1822 de 
l'université de Gôttingen , pour faire voir l'influence 
qu'ont eue sur les cours de ce grand établissement les 
troubles qui ont agité cette ville. Les nombres d'élu- 
dians sans indication de l'année se rapportent à d'an- 
ciennes dates , ou sont les nombres moyens déduits de 
plusieurs années. 

Tableau comparatif des principales universités de l'Europe. 



États. 


Villes. 


4NMF.F.S 


Étudians. 


Monarchie Portugaise 


Coirabra. 


1820 


iGo4 


Monarchie Espagnole. 


Salamanca. 


1787 


'909 




Saragossa. . . . 


1786 


2000 




Sevilla. 


1786 


5oo 




Cervcra 


1786 


800 




Valencia. 


182I 


i8j2 




Dans les 23 univers. 


1787 


12538 


Monarchie Française 


Paris 


.8.1 


6761 




Besançon. 


1821 


^6 • 




Bordeaux. . 


1821 


4o 




Caen. 


1821 


270 




Grenoble. . . ■ 


1821 


55 




Lyon. 


1821 


70 




Montpellier. . . 


1821 


73o 




Poitiers. 


1821 


200 




Rennes 


1821 


260 




Rouen. 


1821 


65 




Strasbourg. . . . 


1831 


8.3 




Dijon. 


1821 


4op 




Toulouse. . . . 


1821 


ligS 


Royaume Sarde 


l'iirin 


1820 
1813 






Gênes. .... 


àooî 




Cagliari. 




5oo 


Grand duché de l'oscane 


Pise 


1822 


600 


Duché de Modi'ne 


Modène 


1820 


3oo? 


État du Pape. 


Rome. 


1819 


5oo? 




Bologne 


1820 


680 


Royaume des Dcux-Siciles 


Naples. 


.819 


lOÛO? 




Palermc. 


1819 


4oo? 



( ^-^^ ) 



Ivi'ATS. 



Empire Autrichien. 



F.miiire Russe. 



Mouarcliie Suédoiii;. 



Miinarcliie Danoise. 
Idonarcliie Anglaise. 



Monarchie «les Pajs-Uas. 



Monarcliie Prussienne. 



Royaume Je Hanovre. 



Grand-duché de Mecklenbourg-Schwerin. 
Royaume de Saxe. 

Grand duché de Weimar 

Grand duché' de Hesse. 

îlesse Electorale 

Grand duché de Baden. 



noyauine de Wurlemberg 
Royaume de Bavitire. 



Confede'ralion Suisse. 



VlLLliS. 



Vienne. 

Pest. . . 

Prague. 

Lembcrg. 

Pavie. 

Padmie. . 

Moscou , norpat , 

Kasan , Charkow 

cl AViina. . 
Moscou. 
Dorpat. , 
Wilna. 
Charkow, 
Kas.m. 
Pétersbourg- 
Varsovie. 
Abo. . . , 
Upsala. 
Lund. 
Christiania. 
Copenhague. 
Kiel. 

Oxford. . . 
Cambrigde. 
Edimbourg. . 
Gl.iscow 
Saint-Andrews 
Abccrden. 
Dublin. . . 
Louvain, . 
l>iége. 

Gand. . . 
Leyde. 
TJlrecht. . . 
Groningue. 
Berlin. . .. 
Hîlle. 

Breslau. . 

Kônigsherg. 

Greifsvi'ald. . 

Bonn. 

Gôttingen. . 



Eoslock, . 

Leipzig. 

Jeua. . 

Gicsson. 

Blarburg. 

Freiburg. 

Heidelberg. 

Ta])ingen. 

Landshut. 

Wurzburg. 
Erlangen 

Paie. . . 



! 

ANNIÎES 


Éti'dians. 


1817 


ilo5 


iSiq 


<)85 


1817 


879 


)8i8 


1017 




1000 


1821 


800? 


18:3 


i35'2 


i8!8 


200 


I8i5 


3io 




600 


i8i3 


234 


1816 


i3o 


1821 


4oo? 


l82t 


507 




200 


1822 


i42o 


1818 


5oo 


i8l8 


A9 




1100 


i8io 


117 




2,'JOO 


1820 


HOU 


18.8 


2250 


181O 


1700 


1817 


,75 




35o 


1S18 


1209 


1830 


24* 


1820 


437 


1820 


Qll 


l8:!o 


320 


1820 


2 5o 


1820 


2l5 


i8<9 


loir 


1819 


74.'i 


lS2o 

1 ,.4.n 


632 
....6 



1819 
1820 

1818 

iSrg 
1822 
1820 

1819 



1818 


200 


1819 


837 


i8j2 


482 


1822 


6o3 


1822 


■76* 


1817 


420 


18 U) 


.Ggo 


.818 


576 




200 




i5o? 



( .53 ) . 

Nous nous proposions de rédiger aussi un lablean 
du nombre des espèces diftérenles cultivées dans les 
principaux jardins botaniques de l'Europe, lorsque la 
difficulté de nous procurer des renseigneraens exacts , 
et d'accorder ensemble les évaluations si différentes 
des voyageurs et des géographes , nous ayant déter- 
miné à consulter M. le baron de Humboldt, comme le 
savant qui plus que tout autre aurait pu nous mettre 
à même de le rédiger convenablement, nous y avons 
renoncé par son conseil et d'après les remarques qu'il 
nous a faites sur ce sujet. En effet , il est très-peu de 
jardins dont on connaisse le nombre d'espèces qu'ils 
contiennent. On décrit le plus souvent dans les ca- 
talogues les plantes que l'on a possédées à différentes 
époques j on y ajoute souvent les plantes indigc^nes que 
Ion pourrait cultiver, et dont le nombre, s'élève à 
deux ou trois mille. Le savant botaniste Decandolle 
admet 12000 espèces pour les jardins les plus riches 
de rEuro[)e, qui sont ceux de Berlin, de Kew et de 
Scliônbrunh. M. le baron de Humboldt estime de 
10000 à 12000 le nombre des espèces cultivées au 
jardin botanique de Berlin Au jardin des plantes de 
Paris on cultive entre 6000 et 7000 espèces. Selon le 
Quarterley Revew, 1821 , N" 4^, page 4i5, on cultive 
dans tous les jardins botaniques d'Angleterre ensemble 
1 1970 espèces exotiques, dont 6766 ont été introduites 
sous le règne de Georges 111. Selon le professeur 
Horneraann le jardin botanique de Copenhague pos- 
sédait 7600 espèces en 181 3: ce même jardin n'en avait 
que 5ooo en i8oi.Cekû de Varsovie, grâce aux soins 
du professeur Szubert , en compte plus de 5ooo. 

Lorsqu'on compare ces faits positifs avec ceux que 
nous avons exposés à la page 94 en parlant des jardins 
botaniques du Portugal, on voit combien il reste en- 
core à faire sous ce rapport dans ce royaume. On peut 
même dire qu'eu égard au délicieux climat de Coim- 
bra et à sadoucc température si favorable à la culture de 



( i54 ) 
tant de plan les exotiques,son jardinbolanicpe dansTélat 
actuel ne nie'rite presque pas ce nom , en comparaison 
des établlssemens superbes que nous venons dénommer, 
et où le soin et l'art du botaniste doit continuellement 
lutter contre le climat et le sol. Nous somnies per- 
suadé qu'avec des dépenses extrêmement modiques et 
un peu de soin, Coimbra pourrait en peu de temps 
offrir un des jardins les plus riclies de l'Europe , et 
d'où tous les botanistes portugais pourraient tirer à peu 
de frais tant dé plantes rares ou utiles qu'il serait si 
facile d'acclimater en Portugal. 

On peut dire, sans craindre de se tromper, que le 
nombre de volumes des bibliothèques publiques de 
l'Europe est encore beaucoup plus incertain que ne 
l'était celui des babitans de la plupart des Etats qu'elle 
comprenait vers la moitié du siècle passé. Les recher- 
ches multiplées auxquelles nous nous sommes livré pour 
en rédiger le tableau ci-dessous nous ont fait décou- 
vrir plusieurs fautes qui se trouvent répétées dans les 
meilleurs ouvrages de géographie , où l'on rencontre , 
même chez les plus savans auteurs contemporains, les 
opinions les plus disparates relativement au nombre de 
volumes contenus dans la même bibliothèque (i). Indé- 
pendamment du penchant qu'ont presque tous les 
bibliodiécaires à enk\ev le nombre des volumes de 
leurs bibliothèques respectives pour en relever l'éclat , 
il faut remarquer que cette grande disparité d'opinion 

(0 M. Stein, dans la 4e édition de sa géographie , donne 36ooo volumes à la 
bibliothèque d'Olmùtz nue M. Cannabirh , dausson Lehrbuch der géographie, etc., 
publié à Sondershauscn en i82l,:porle à 5oooo.M. Stem, dans sa géographie estime 
à 25ooo volumes la bibliothèque lis runiversité de Leipzig , qui dans son Diction- 
naire est évaluée 60000 volumes et pics de 1000 manuscrits. Il accorde 11. ion 
volumes à celle de Laudshut , donlCannabich ne iait pas du tout mention ; et tancli» 
que ce dernier estime de 4o à Soooo le nombre de volumes de la bibliothèque de 1 uni- 
versité de Halle, Stein ne l'évalue que 20000. De même celui-ci donne 20000 
volumes seulement à la bibliothèque d'Erlangen et 23000 à celle de Heidclberg.lauais 
que Cannabich porte à tooooo la première et à 45ooo '» seconde •^I.Cannabica 
donne aussi i2oo«o volumes .à la bibliothèque de Marseille, qtie M. ïctit-iiaael 
n'évalue qu'à 5i'fno. 



( i55 ) 

entre les i,fëograplieset les voyageurs est la conséquence 
inévitable des anomalies auxquelles sont sujets les prin- 
cipaux éléniens de ces sortes d^évaluations^En effet le 
nombre des volumes des bibliothèques publiques de'- 
pend de leur dotation plus ou moins riche , du nombre 
plus ou moins grand d'ouvrages publiés annuellement, 
et qui d'après des réglemens, doivent y être déposés, 
et des acquisitions plus ou moins grandes et des pertes 
auxquelles des circonstances extraordinaires ont pu 
donner lieu. C'est ainsi que les bibliothèques des uni- 
versités de Liège, de Christiania et de Varsovie, créées 
depuis quelques années, comptent déjà, la première 
plus de 26000 voliunes, la seconde près de 76000, et 
la troisième environ 80000.; que les bibliothèques du 
Roi à Paris , Impériales à Vienne et à Pètersboiug , 
Royale à Berlin , de l'Institut à Munich , de Brera à 
Milan , de l'Université à Gôttingen , etc. etc. , aug- 
mentent chaque année de plusieurs milliers la masse 
de leurs volumes ; que la bibliothèque Royale de Co- 
penhague, depuis 1787, a fait l'acquisition des 5oooo 
volumes de celle du comte Otto Thot et des 1 00000 
qui formaient la bibliothèque du célèbre historié a 
Suhm, et celle d'Erlangen des 40000 appartenans à la 
bibliodiéque deruniversilè d'Al fort qu'on a supprimée; 
que dei)uis quatre ans celle du. HJ u s eum de Londres a 
augmenté considèralement le nombre de ses volumes 
par l'acquisition des bibliotliéques de Ginguenè et du 
docteur Burney, et par le legs que lui a fait M. Banks 
de la sienne ; que la BocUejana à Oxford a acheté 
6000 manuscrits qui appaiienaient à la bibliothèque de 
l'abbé Cannonici à Venise , et que la bibliothèque par- 
ticulière du grand-duc à Florence augmente annuelle- 
ment par les fortes sommes que ce prince très-inslruit 
destine à l'acquision des ouvrages les plusimportans qui 
paraissent dans les principales villes de l'Europe ; c'est 
ainsi enfin que la bibliothèque de Gôttingen a subi 
dernièrement luie grande diminution par le grand 



( JÔG ) 

rombre de volumes (ju'elle a tlù rendre à celle de 
Wollenbûllcl, qui lui avaient été réunis pendant le 
régime weslphalien, et que les deux bihiiolhéques de 
Chio ^t de Lucques viennent de disparaîU'e , la pre- 
mière à la suite des scènes sanglantes qui ont détruit 
cette viile naguère si florissante , et la seconde par 
l'effet d'un incendie qui en a dévoré une grande par- 
lie. Nous n'avons rien dit dans notre tableau de toutes 
les bibliothèques particulières, quelque considérables 
qu'elles soient , lorsqu'elles n'appartenaient pas à des 
princes régnant , faisant une seule exception pour les 
trois de Barberini , de Corsini el àe Ghigi , que l'on 
trouve à Rome , pat ce qu'elles sont ouvertes au pu- 
blic. Nous avons dû. prendre cette détermination dans 
la crainte de nous exposer à citer certaines bibliothèques 
peu importantes dont tous les géographes font mention, 
lundis que nous en aurions passé sous silence beaucoup 
d'autres plus considérables qui nous étaient incon- 
nues. Nous dirons cependant , puisque l'occasion s'en 
présente , que la bibliothèque du comte Czartorisky 
à Pulawy dans le royaume actuel de Pologne ne 
compte pas moins de iSoooo volumes j que celle de 
lord Spencer à Londres en compte près de 5oooo , 
et est peut-être , pour la rareté des éditions dont elle 
est composée , la première de toutes les bibliothè- 
ques particulières ; que celle de lord HoUand dans la 
même ville en a 3oooo et celle de sir Thomas Gran- 
ville i5ooo ; que la bibliothèque de Son Altesse Im- 
périale le grand-duc Constantin à Pétersbourg est 
composée de 3oooo volumes ; que celle du feu duc 
Albert de Saxe à Vienne en a 60000 , outre une su- 
perbe colleciion de 80000 gravures; que celle du 
prince Esterhazy à Vienne est riche de Soooo vo- 
lumes, tandis que les bibliothèques de l'avocat Reina, 
du marqiiis Jean -Jacques Trivulzio et du comte 
Gaétan Melzi à Milan en comptent,, la première 
5oooo , la seconde -20000 et la troisième 1 5ooo ; 



( 1^7 ) . 

que les bibliolhéques Pisani , Zeno et Quirini à Venise 
possédaient, la |»remière i4ooo volumes , la seconde 
12000 et la troisième possède encore environ loooo; 
que celle du marquis Jean Filippi à Vérone compte 
environ 12000 volumes, celle du marquis Jacques 
Philippe Durazzo à Gènes autant , tandis que celles 
d'Albanl et du marquis Massimi à Ptomesoni estimées 
en avoir 20000. INous avons donné ces détails afin de 
mettre nos lecteurs à même de comparer les bibliothè- 
ques particulières duPortu^al dont il a été question avec 
celles du mèmegenredansles autres pays. Nous n'avons 
éparij^né aucun soin pour donner la plus grande exacti- 
tude à notre tableau ;nous y avons rectifié , d'après un 
excellent article de la Gazette littéraire de Leipzig, le 
nombre de volumes des bibliolhéques publiques de la 
Russie. Nous avons pris {)Our guide, relalivement à la 
bibliothèque impériale de Vienne, l'ouvrage récent de 
M. Léon; nous avons réduit , d'après le résultat des 
recherches du célèbre abbé Mai , dont nous avons 
eu connaissance , à 64ooo , le nombre "des volumes 
imprimés de la l)lbliolhéquc du Vatican. Enfin 
nous avons ajouté des renselgnemens si non absolu- 
ment exacts, du moins très-apj)roximatirs sur plu- 
sieurs bibliothèques publiques de l'Italie, sur lesquelles 
tous les géographes gardent le plus profond silence. 
A l'égard des bibliothèques de la France, nous avons 
suivi l'ouvrage de M. Petit-Fiadei, nous permettant 
seulement de rectifier son évaluation relative à la bi- 
bliothèque du Roi, que les informations que nous avons 
prises des savans bibliothécaires MM. les chevaliers 
Langlès et Van-Praet nous mettaient à même de 
faire- En réduisant à un nombre, qui nous paraît s'ap- 
procher beaucoup plus de la vérité, la grande quantité 
de livres qui forment les trois principales bibliothè- 
ques d'Oxlbrd , que Sleln,Cannabich et autres savans 
géographesconsidèréntà tort comme une seule,à laquelle 
ils accordent 5ooooo vol. et 5oooo manuscrits , nous 



( i58 ) 

trouvons que la plus grande masseconnue de livres réunis 
dans un seul élablisscment est sans contredit celleide la 
bihliolliéque du Roi à Paris. Nous avons cru indispen- 
sable d'entrer dans ces détails pour mériter la confiance 
de nos lecteurs, et afin de ne pas voir confondre un tra- 
vail qui nous a coûté tant de peines avec celui que tout 
autre aurait pu faire, en puisant sans aucune critique 
dans une géographie générale toutes les données rela- 
tives au nombre des volumes des bibliothèques qu'il y 
trouverait indiquées. Nous regrettons seulement de 
n'avoir pas eu assez de loisir pour faire les mêmes 
recherches à l'égard de l'Espagne , de l'Italie méri- 
dionale, de la Suisse, etc., régions relativement auxquel- 
les notre tableau est bien loin d'être complet. Nous re- 
grettons aussi de n'avoir pu vérifier les estimations 
relatives à certaines bibliothèques , dont le nombre de 
volumes nous paraît exagéré , telles que les bibliothè- 
ques de Malte , de Mayence , de Trêves , de Wolfen- 
biittel,ainsi que d'autres dont le nombre nous paraît éva- 
lué trop bas, telles que les bibliothèques de Sèville, de 
Valence , de même que les évaluations du Blakwoods 
magazine à l'égard de celles du Theresianum , de 
Landshut , Halle , etc. etc. Nous terminerons par 
déclarer qu'après tant de recherches nous ne som- 
mes pas en état de garantir l'exactitude des éva- 
luations offertes dans notre tableau , dom le seul 
mérite consiste à présenter l'ensemble de tout ce 
que l'on sait de moins inexact à ce sujet. Nous nous 
estimerions heureux si notre travail excitait la curiosité 
de quelque géographe ou de quelque littérateur qui , 
ayant plus de loisir que nous , pût pousser plus loin 
ses recherches et présenter un tableau complet du 
nombre des volumes , accompagné de l'indication des 
ouvrages les plus précieux contenus dans les princi- 
pales bibliothèques de l'Europe, sujet qui mérite au- 
tant d'attirer l'attention du géogra]ihe que celle du 
littérateur. 



( -59 ) 

Tableau comparatif des principales Libliotliéques publiques de 

l'Europe. 



Etats. 



Monarchie Portugais« 



Monarchie Espagnole. 
Monarchie J'rançaise. 



V11.1.RS ET mBi.inTn;'yiJES 



Lisbonne, Royale 

celle de Jésns . . . . 

— celle de S. Francisco, . 
celle deS.Vicenlede Fora 
celle de Ncccssidades. 

Coimlira, celle de l'université . 

— celle de Sauta-Cniz. . 
Porto, celle de Mgr. révêguc, 

Tibacns . , 

Evora 

Madrid , Royale. ... 
Escurial. 

Seville. 

Valence. ...... 

Paris , Royale .... 



NOMBRK r>t VOLUMES. 



Mazarine 

celle de Sainte-GeneTièvc. 
celle de Monsieur à l'Arsen 
relie du conseil d'Etat, 
celle deriustitut de France 
de l'école Polytechnique . 
celle delafaculté de médec. 
celle du collège Royal de 

France 

de l'Hôtel des Invalides, 
celle du collège de Louis 

le-Grand. . 
celle de la cour de cassation 
celle du tribunal de pre 

mière instance. . 
celle de la chambre des 

députés 

Mézières 

Troyes 

Aix. 

Marseille 

Saintes. 

Dijon 

Saiat-!3rieux 

Besançon. 

Charlre.*! 

Toulouse, du collège royal . , 

celle du clergé . 
Bordeaux. • 

Montpellier , de la faculté. 
Tour.^. 

Grenoble . ■ 

Nantes. 

Orléans 

Angers. 

Chaumont. . . . _ . 
Châlons-sur-Marne. 
Reiras. 
iNancy 



8.5ooo 
ôsooo 

2CO00 
23COO 

28000 

58ooo 

36ûoo 

3200O 

25oOO 
20000 

Qooooo et beaucoup de m. 
90000 et 10000 manuscr. 

20i)00 

25ooo 
ASoooo Tol. imprimés. 
/|5oooo brocb. en feuilles 
réunies en reçut ils 

5oooo manuscrits. 

goooo et 3j^37 raan. 
iiooooetîooo man. 
i45oooel 5ooo mau. 

3oooo 

5oO('0 

24ooo 

aSooo 



3oooo 
3oooo 

20000 

Boooo 
21000 
Doooo 
72670 
5j5oo 
2 385o 
35ooo 
2^^000 
53ooo 
28679 
3oooo 

20000 

xo5ooo 

3oooo 
4200U 
22000 

25oOO 
22000 
aicioo 
i4ooo 
ï^ooo 
23ooo 



( ï6o ) 




Royaume Savdc 



Duclié lie Parme 
Gr.-Duché de Toscane. 



Elat au Pape. 



Duché Je Modtne. • 
Roy. des Deux-Siciles. 
Empire d'Autriche . 



Mclz 
Cambray 
Douai 
Arras 
Strashcur 
IColmar 
Lyon 

La J^Icclic. 
Le Mans 
Rouen 

Versailles 

Amiens « • ■ 

Avignon 

Turin , de l'université. . . • 

Gênes , Tranzoni ou dei Preti, 

— celle de l'universilé. . • 
Novarra. 

Cagliari 

Parme, Ducale. ... 

plaisance. 

Florence , Magliahecchiana. 

— IMaurocolliana. 

— Laurenziana . • . • 

— Ricardiana. 

— particulière du grand-duc 
Fisc. 

Sienne . . . . 

Rome , Vaticana . , • • 

— delà Sapienza ou de l'univ. 

— de la Minerva. 

— Angelica 

— Barberini. 

— Corsini 

— Ghigi. 

Perouse 

Ravenne. . • 

Riraini ,1a Malatestiana. 
BJogne, de l'univiTsité. 

— de Magnani 

Ferrare . 

Modène , Ducale . • ■ 

^<>Sgi° „ . 

Naples , de l'umyevsite. . 

de Monte OU veto". . . ■ 

Vienne , Impériale. . . • 

— de l'université. 

_ del'acad.Thercsicnne . . 

— partie, de l'empereur. . . 
Kloster-Neuburg. . . • ' 
Linz. • 

Grâlz , du lyce'e 

Krernsmiinster. 

Melken 

Inspruck. 

Prag'.ie , Impériale . . . 

— du collège Cicmpnlinum 
Olmiilz. 

Krcmsier 

Nicoîsburg. . . • . • 



N(J!MrHIi DK VOLl'MliH. 



27004 
54ooo 

3oooo 
I 06000 
22000 
4 1 000 
23ooo 

/|0OOO 

4oooo 
265oo 
jloooo 
30000 
aSooo 
20000 
20000 

1 lOûOO 

20000 
120000 
50000 

20000 presque tous m, 
20000 et 6000 manus. 
80000 
Aoooo 
2.5ooo 

64ooo et 60000? manus. 
3oooo 
80000 
jor.ooo 

24000 et 6000 manus. 
36000 
25ooo 
24000 
24000 
20000 
160000 
3oooo 
5oooo 

60000 et beaucoup de m. 

3oooo 

i5oooo 

20000 

7)00000 et beaucoup do m. 

11 0000 

5oooo 

60000 

25ooo 

22000 

looooo 

25«oo 

35oûo 

20000 

120000 
lOOOOO 

4oooo 
Boooo 

2 0000 



( i6. ) 



VllLCS Ï!T DIEHOTHLQUES, 



t'iiipire d'AnlrirliC 



r.nipire Russe. 



Monarchie Snedcise. 



MviiArchie Danoise. 



Monarchie Anglaise 



Monarchie Je» Pays-Bas. 



.Moii.inhie Prussienne 



II. 



'.S.nl7.bourg , de Saint-Pierre. 
' — (In lycc?. 
i Venise, de San-Marco. 
I Padoiie , de l'universile. 

jViccuce 

jBrescla 

IBergainr. 

jMaaloue 

miiau , do Urera. 

— .Ambrosiana. 
i'avic 

jPesl. 

Debreczin 

Maros-Vasarhely 
Saros-Patak , du gym réformé 
Lemberg. 
Pctersbourg , [mpérialeàrtler- 
milage 

— Impér. ci -devant Zaluski. 

— de racadémie des sciences. 
Dorpat. 

Varsovie , de l'université. 
Riga. 

Wittau 

Stockholm , Royale. . . ; 
Upsala. 

Lund 

Christiania. ...... 

Copenhague, Royale. . . 

— de l'université. 

— do Clasen 

Kiel. 

Londres ,du Muséum hritann. 

— particulière du roi. 

— delà comp. des Indes orient 
O.xford , Bodlejaua , celle de 

RadclifT et celle du Christ. 
Saint-Andrew, de l'université'. 

Glasgow 

Edimbourg, des //^/js7«r« iothe 

signet 

— des avoeals. 

— de runiversité. . 
Dublin , do l'universile. 

Bellast 

iMalte ,. publique, 

— du gymnase acdeniique. 
La H^ie , Royale. . . 
Bruxelles. 

Leyden 

Louvain. 

Gand 

Amsterdam. 

Liège i . . 

Berlin , Royale. ... 

— de l'Académie ... 
Brssiau. 

Halle 

Magdcboiirg 

Trcvt3 



NOMBKE DU VOr.CWES. 

38ooo 

2oooc> - 

yooc'o '^ 
70000 
20000 
611000 
3oooo 
ôoooo 
moooo 

boooo et lôooo nianus. 
.^0000 
.'îoooo 

20000 

60000 
20000 
20000 

3ooooo 
•5oooo 

60000 

ôoooo 

80000 

25"0O 

?3ooo 

4oooo 

85ooo et 1000 manus. 

24ouo 

75ooo 
3ooooo 

60000 
looooo 

60000 

i.5oooo et 4oooo man, 
looooo 

24ooo 

^ooooo et Boooo man. 
36ooo 
iqoooo 

5oooo 
3oooo 

24 000 
70000 
2000a 
goooo 

25oOO 
7OOOO 

boooo et îooo manuscrits 

40000 et toooomanui. 

40000 

36000 

3oooo 

25ooo 
160000 

3oooo 
100000 

ÔO.TOO 
2Ji)Oii 

70000 

1 1 



( >60 



États. 


Villes f.t bibliothèques. 


Nombre na vomîmes. 




Miinsler 


3,')000 




Koenigsberg , Royale . . . 


.^oooo 




Danlzick. 


27000 


lîoyaume de Hanovre. . 


Goellingen 


280000 


Duelié de Brunswick. . 


Wolfenbultel. 


170000 et loooo moniïj. 


G.-D. de Mecklcnbourg- 






Schwerin. . . . • 


Rostock 


35ooo 


G. D.deWeckl.-Strelitz. 


Neu-Strclilz. 


22000 


Royaume de Saxe. . . 


Dresde , Royale 


25oooo et Sooomann». 
looooo vol. debrochurej. 




Leipzig, de la ville (Rathaus) 


.^6000 




— de l'uuiversité. 


60000 et 2000 manu*. 


G.-D. de Saxe-Wt'imar. 


Weiraar 


1 1 1000 
20000 brochures. 




Jena. 


60000 


Uuclié de Saxe-Gotha. . 
D. de Saxe-Meinungen. 


Golha ■ . . 


66000 


Mcinungen 


24oo" 


Grand-duché de Hfsse. . 


Darmstadt. 


Coooo 




Mayence 


70000 




Giessen. 


24ooo 


Hesse-Electorale . . . 


Ca.ssel 


60000 




Marburg." 


70000 
80000 


Grand-Dnché de Bade. . 


Freiburg 




Manheim. 


70000 




Heidelberg 


ôoooo 




Carlsrube. 


70000 


Roy. de Wurtemberg. . 


Stuttgardt, Royale. . . . 


aooooo 




— particulière du roi. 


3oooo 




Tiibingen. 


3oooo 


Royaume de Bavière. . 


Munich, de l'Institut . . . 


400000 et 8.^)00 manu». 




Landshut. 


I i5ooo 




Wurtzburg 


40000 




Erlangen. 


I 00000 




Augsbourg. 


24ooo 


Ville» Hanséaliques. 


Hambourg 


100000 




Francfort. 


80000 




Lubeck , . 


3oooo 


Confédération Suis.?e . 


Bâl« 


20000 




Berne. 


DOOOO? 




Genève 


40000 



i^^WWWWN^^V 



( iGS ) 
TOPOGRAPHIE. 

DIVISION GÉNÉRALE DU ROYAUME ET DÉFINITION DES 
TITRES DONT JOUISSENT SES DIFFÉRENS ENDROITS. 

La confusion extrême qui règne en Portugal entre 
les différentes juridictions civile , militaire et ecclé- 
siastique, et l'amalgame informe des pouvoirs admi- 
nistratif, judiciaire et financier , dont aucune autre 
nation civilisée n'offre d'exemple , sont les causes qui 
ont induit en erreur les géographes étrangers et na- 
tionaux , lorsqu'ils ont parlé de la division territo- 
riale de ce royaume. Les limites des provinces , qui 
déjà par elles-mêmes sont arbitraires et rarement ré- 
glées par les divisions naturelles , ne cadrent aucune- 
ment avec celles des gouvernemens militaires, niavec 
les districts exacts d'un certain nombre de comarcas ou 
de provedorias; il arrive souvent aussi que les districts 
de ces comarcas et de ces provedorias ne correspondent 
pas non plus entre eux,ni à aucune des grandes divisions 
ecclésiastiques. Ufautajouterà tout cela les grandes irré- 
gularités qui résultent des enclaves d'une comarca dans 
une autre , et les anomalies qu'ont créées les anciennes 
juridictions des seigneurs {clonatarios) , et que la der- 
nière législation continua de consacrer. Ces dernières 
viennent enfin d'être abolies par le Congrès. Ce man- 
que de rapports entre les différentes divisions terri- 
toriales et administratives jette une grande confusion 
dans les différentes branches de l'administration , et 
a été et sera toujours le plus grand obstacle à la for- 
mation d'une statistique exacte dû-Portugal. 

Le Congrès a déjà senti la nécessité d'une nouvelle 
division du royaume , et il vient (séance du 5 juillet 
1822) de donner provisoirement celle des Divisées 



( iG4 ) 

EIeitorae.'s(dï\\sionbélecloru\Gs), ou des districts, entre 
lesquels sont partagées les six provinces géographiques 
du royaume , et qui à proportion de leur jiopulation 
doivent nommer un certain nombre de députés aux 
Corlès. En attendant ia nouvelle division qui sera le ré- 
sultat des travaux iraportans de la Commission de Sta- 
tistique, nous allons offrir les principales divisions civiles 
et administratives telles qu'elles subsistent encore. 

Pour ne pas répéter ici ce que nous avons dit ailleurs, 
nous renvoyons nos lecteurs , pour ce qui regarde la 
division inilitaire , aux pages 545 et suiv. du 1" vol. , 
où nous avons donné les détails les plus essentiels; pour 
ce qui regarde la Division ecclésiastique , à la page 6 
de ce volume , où nous avons tracé le tableau de tous 
les diocèses actuels du royaume et du nombre de 
paroisses que chacun comprend ; et pour ce qui con- 
cerne la Division financière , à la page 2y5 du pre- 
mier volume, où nous avons indiqué les 24 provedorias 
entre lesquelles est divisé ce royamne. Nous avons 
réservé les deux divisions par provinces et par co- 
marcas pour cette section , destinée à la description 
des lieux les plus considérables du Portugal. Mais 
afin que nos lecteurs puissent avoir une idée précise 
des titres différens donnés par les géographes natio- 
naux à chacune des contrées du royaume , nous allons 
leur en donner la définition telle qu'elle se trouve dans 
le premier volume de nos Variétés , où nous avons 
aussi indiqué en quoi consiste la différence entre les 
divisions militaires subsistantes depuis long-temps, et 
les divisions provinciales adoptées par tous les géo- 
graphes. 

Cidade {c\\.é) est une ville qui jouit de ce titre 
par concession du roi, qui a une camara (municipa- 
lité) , un nombre plus ou moins grand de magistrats 
pour la gouverner, qui jouit de certains privilèges, 
et qui est ou a été le siège d'un archevêque ou d'un 
évéque. 



( i65 ) 

/7//« (ville on gros bourg) conlioni une population 
oiiUnaii-ement moindre que celle d'une Cldade, quoi- 
qu il s'en trouve plusieurs qui en ont de plus con- 
sidérables , telles que Setubal , Saniarem , Guima- 
raos, etc. etc. Il faut aussi une permission royale pour 
qu'un lieu puisse porter ce litre. 

Les noms de alde.a ( petit bourg ou village ) , de 
//^^rtr( hameau) et de casai {{dvkxe) , indiquent un 
assemblage plus^ ou moins grand de maisons, selon 
la graduation qu'on donne en France au nom corres- 
pondant. 

Chaque cidade ou villa a un tenno (territoire, 
banlieue) , qui consiste dans un nombre plus ou moins 
grand d'endroits qui l'environnent^ et dans des maisons 
dispersées dans la campagne, qui sont administrés par 
les mêmes magistrats. 

Concelho est un endroit auquel plusieurs autres 
sont attachés, même des métairies éparses, qui ont un 
seigneur commun. Quelques-uns ont le droit de nom- 
mer les juges, qui sont ensuite confirmés par le 
Dezemhargo do Paco. Les concelhos sont très-nom- 
breux dans les provinces du nord. 

Honra est une seigneurie donnée jadis par la cou- 
ronne en récompense de services éclatans; elle a dif- 
férens harueaux et même de peiites communes sous 
sa juridiction. Les honras jouissaient autrefois de 
plusieurs privilèges qui dernièrement ont été bornes; 
celles qui sont de création antérieure à l'an i5i5 , et 
qui furent approuvées par le roi Denis, sont les seules 
encore subsistantes. 

Coulo était originairement un asile. Ces asiles ayant 
été abohs par la loi du lo janvier 1692 , rendue par 
Pierre II, les coutos ne sont maintenant que des dis- 
tricts séparés de la ville au territoire de laquelle ils 
appartiennent, et qui comprennent plusieurs hameaux 
ou petites populations qui jouissent encore en quel- 
ques endroits du droit d'avoir une juridiction toute 



( i66 ) 

parliculière pour les causes civiles de peu d'impor-* 
tance. Les îionras étaient ordinairement données par 
les anciens rois aux laïques, et les coutos aux évêques 
et aux moines. 

Les Behetrias ont cessé d'exister du temps du roi 
Emmanuel. C'étaient des endroits ou pour mieux dire 
des districts qui jouissaient du droit, à la mort de leur 
maître, de s'en choisir un autre. 

Les Reguengos sont des territoires anciennement 
conquis sur les Maures, et dont les rois se réservèrent 
la jouissance, et que dans la suite des temps, soit 
pour encourager l'agriculture, soit par l'effet de grâces 
particulières, ils donnèrent à quelques-uns de leurs su- 
jets , ou gratuitement , ou sous la condition de payer 
annuellement une certaine redevance. 

Tout le royaume est divisé depuis long-temps en 
sept provinces ou gouvernemens miiitaii-es, qui ne cor- 
respondent exactement à aucune des six provinces 
entre lesquelles tous les géographes étrangers et natio- 
naux partagent le Portugal. Ces dernières ne sont que 
purement géographiques, et ne coincident aucune- 
ment avec les divisions administrative , judiciaire, 
ecclésiastique et militaire. La véritable division ci- 
vile et administrative du royaume est celle par co- 
mafcas, qui sont au nombre de quarante-quatre. Cha- 
que comarca est gouvernée par un magistrat, qui a 
le titre de corregedor , et qui en est le juge supérieur, 
lia sous sa dépendance les Juizes de fora et lesjuizes 
ordinarios , dont les districts forment ce que l'on pour- 
rait appeler des sous-comarcas . Chacun de ces dis- 
tricts est subdivisé en différentes vintenas gouvernées 
par des juges particuliers qui dépendent àes juizes de 
fora et des juizes ordinarios respectifs. 

Les quarante-quatre comarcas sont partagées très- 
inégalement entre les six provinces géographiques ^ 
puisque 4i forment le royaume de Portugal propre- 
ment dit, et 5 seulement le petit royaume d'Algarv<' 



( i65 ) 

Voici le tableau des Diç'isoes Eleituraes , lel qu'on 
•.ous l'a envoyé de Lisbonne , tiré du Diario do 
^overno du 2g juillet 1822. 



î'roviiiccs ot nom- Cliei's-licux des di- 
bre des divisions 



électorales. 



^linho. 



Tias-ot-Moiil«3 a 



Oeirn 



l'!«troin>dura. 5 



A'rm-Tejo 



Algatv*. 



1 oui geaëral. 36 



visions électorales 



ArcOH de VaUevcz 
Barcellos 
Braga. . 
Guimaràcs. 
i'ennfiel. 
Porto. 

Total 

Bragança . 
Villa-Real. 

Total 

Arganil. . . 

Avciro . . 

Castello— Bvanco 

Cuimbra. 

Feira. 

Ouarda. 

Lara ego. 

Trancoso 

Viscu 



ToUl 



Alcniquer. 
Leiria 
Lisbonne. 
Sri!, l. il 
1 buniar. 



Total 



Beja. . . 

Kvora. 

Porlalcgre. 



Total 



Faro. 





NO i\I B R E 


DES 




Conce- 


Parois- 




Habi- 




Ihos. 




Feux. 




Députés 


ses. 




tans. 


ri 


200 


288-!2 


Ug^Sg 


4 


13 


228 


26096 


lo.Sbgi 


4 


35 


25l 


agSia 


118071 


4 


21 


211 


3o42r 


iiqSgS 


li 


3i 


•99 


517C8 


117381 


4 


20 


u8 


0890* 


i62g79 


5 



i36 

43 
35 



38 
33 
28 

4' 
i( 

29 
î'9 

44 

37 



33o 



2^ 

3o 



125 

32 

32 

37 



101 

i5 



448 
261 



185573J 743662] 2.'> 



5219g 
394,7! 



Il 7664] 
162544! 



709 


71 586 


280208 


9*5 


21627 


853 n 


78 


28317 


108670 


i33 


21093 


79063 


100 


37878 


146552 


75 


2oq48 


8o865 


-74 


22585 


86SQ3 


i65 


27484 


109242 


s66 


25.''97 


938ào 


i56 


01702 


131975 



1273 

109 
86 

i65 



23723l 


922438 


25483 


qq865 


2i()5.'i 


8i3-;6 


575.3 


36oC)5o 


aoi4'> 


75395 


4i6i8 


1G3825 



49a 

ii3 

125 



166715 

27174 
24762 
2il99 



GSi3ii 

96033 
89013 
80964 



336 
69 



74.35 
■■'997'* 



3^ 

7, 



266000] 9 
12o323J 4 



f 1) Le ii'dacteur du Diano do 
totale des habitans, qu'il porte 



7B5 I 4o86 |-652iol3oi395o| 102 

I 11 (>)' 

Govfftio, après avoir donné la soninie 

Ji 3 oi3g5o, ajoute qu'en y joignant 



( i68) 

DESCRIPTION DU ROYAUME DE PORTUGAL proprement dit. 

Celle p;»rlie du Porlugal comprend les cinq pro- 
vinces géographiques de l'Eslremadura , de l'Alem- 



laSoo religieux, religieuses et antres personnes annexées aux couyens , 
on a pour la totalité de la population du royaume 3 o2645o habitans. 
Comme ce calcul olHcicl pourrait inspirer à nos lecteurs du doute sur 
l'exactitude des évaluations que nous avonsdonnéesauxpages 187 et 188 
du premier volume de cet ouvrage et dans la dissertation sur la popula- 
tion du Portugal , qui forme partie du premier volume de nos Variétés 
Politico-Statistiques sur la Monarchie Portugaise, nous nous croyons 
obligé de faire voir d'où vient cette ditférencc de s4755o Labitans 
entre nos évaluations et celles que le Congiès vient de publier. INous 
ferons remarquer, 10 que les 3 026450 babitans,que le Diario do Goi/erno 
donne comme le total de la population actuelle, n'étant que celle 
trouvée dans l'énumération exécutée en 1820 , il faut ajouter à la 
somme indiquée l'accroissement de la population qui doit avoir eu lieu, 
et que nous avons calculée dans notre évaluation , depuis le ly janvier 
1820 jusqu'au 3 1 décembre 1821, c'est à-dire pendant deux années entiè- 
res. Cet accroissement;, comme nous l'avons démontré dans le mémoire 
susmentionné , monte pour le moins à 60 000 âmes ; 2° que dans ce nom- 
bre ne sont pas comprises toutes les personnes appartenantes au clergé 
séculier, ni les militaires sous les drapeaux, et qui doivent pour le moins 
monter à 5iooo individus (Voyez dans la section de la Géographie 
Ecclésiastique, et à la page 362 du premier volume) ; 3° que la popu- 
lation de Lisbonne est encore très-imparfaitement connue , et que M. le 
colonel Franzini ne l'évaluait, dans un calcul approximatif (ju'il a eu 
la bonté de nous donner la veille de notre départ de Lisbonne, qu'à 
220000, tandis que, par les raisons indiquées dans notre mémoire sus- 
mentionné, et à la page 178 de ce volume, nous l'avons porté à 
260000 ; 4" que dans un recensement quelconque fait en Portugal , où 
l'on n'est pas habitué à ces sortes d'opérations administratives, on peut 
bien supposer qu'il existe beaucoup d'omissions , et que par consé- 
quent le résultat général de l'énumération soit de <fuelques milliers 
au-dessous du nombre réel, mais jamais au-dessus. (Voyez à la page 
203 du premier volume. _) En réunissant toutes ces dillérences nous 
trouverons : 

60000 individus pour l'accroissement qui doit avoir eu lieu dans les 
deux années de 1819 à 1822. 

33ooo — — pour les militaires non compris dans le recensement; 

18000 — — pour les ecclésiastiques séculiers ; 

35ooo — ~ pour la différence entre notre évaluation de la po- 

pulation de Lisbonne et celle de M. le colonel 

146000 Franzini. 

Voilà donc 146000 habitans donnés par ces quatre articles seulement. 
Nous croyons inutile de compter toutes les personnes employées sur 
la flotte et sur les vaisseaux marchands étrangers et nationaux , celles 
attachées à la cour, et la différence en plus qu'il doit y avoir entre Ife 



I 



( 1%) ) ■ 

Tejo, de la Beira, du Minho et de Tias-os-Monles, 
*;Lii , d'après la population que leur assignent les nou- 
velles divisions électorales , paraissent avoir subi quel- 
ques modifications dans leiu's confins (i). 

Pkovinoe ue l'E strehadura. 

Cette province confine au nord avec la Beira ; à 
l'est avec la Beira et TAlem-Tejo ; au sud avec l' Alem- 
Tejo et l'Océan ; à l'ouest avec l'Océan. L'Eslrema- 
dina comprend les onze comarcas suivantes : 



CQMARCA DE L'.SBON.NE. 



Chef- lieu. Lisbonne, que les Portugais appel- 
lent Lisboa , est la capitale de la comarca et de tout 
le royaume. Cette ville est bâtie en amphilbéâtre sur 
plusieurs collines le long de la rive droite du ïage , 
s'étendant l'espace de sept railles de l'est à l'ouest , 
depuis Xabregas jusques et y compris Belem, et trois 
du nord au sud , dans sa plus grande largeur. 



nombre d'habitans trouvé tlaus le recensement et celui réellement 
existant, parce que cet excédant peut servir à compenser l'aiigmenta- 
tioa que nous avons calculée dans quelques comarcas, où l'énumcra- 
tion , n'ayant eu lieu que très-tard , se trouverait par conséquent 
comptée deux fois. Voilà donc réduite à bien peu de chose la grande 
différence qui semble se trouver entre notre évaluation et celle qui a 
été publiée dans le journal ofliciel. Cet accord nous fait le plus vif 
plaisir , et nous dédommage du grand travail que nous avons entrepris 
pour connaître la population du royaume, dans un moment où les 
nationaux les plus instruits sur ces matières avaient tous des opinions 
si différentes de la nôtre. 

(i) Nous voyons, par exemple, que la population du petit royaume 
d'Algarve est évaluée 120700 habitans , tandis que, d'après l'énumé- 
raiioa faite en 1S20, il n'en avait que ii36oi , comme on le voit par 
le II1<= tableau de la population du Portugal , à la jiage iqS du premier 
volume. Nous croyons même indispensable de faire remarquer à nos 
lecteurs que lorsque dans cet ouvrage nous parlons du dernier recen- 
sement, nous l'avons toujours rapporté à l'année 1819, parce que, 
quoiqu'il ait été fait dans l'année iSjo, il otlre les résultats relatifs î» 
J'anuée précédente. 



( lyo ) 

Celle vaste capllale présente un contraste frappant 
dans son ensemble. La ville ancienne, celle quia 
échappé à la terrible catastroplie de Jj55, est laide 
et malsaine; ses rues sont étroites , tortueuses, ob- 
scures , et d'une malpropreté extrême. Tout au con- 
traire, dans la nouvelle, qui s'agrandit tous les jours, 
les rues sont d'une larj^eur et d'une longueur conve- 
nables ; quelques-unes sont parfaitement alignées , 
garnies de trottoirs, et coupées par des traverses mul- 
tipliées qui favorisent les débouchés. Les maisons, d'mi 
extérieur agréable, sont élevées de trois à cinq étages. 
Beaucoup ont un jardin du côté opposé à la rue prin- 
cipale. En général les rues de celte partie sont assez 
propres, quoique mal pavées. 

Les principales places sont les suivantes : la place 
duConmierce (praça do Commercio) ^ dite aussi place 
du Palais (terreiro do Paço) , nom qu'elle lire du Pa- 
lais Royal qui s'y élevait et qui fut incendié lors du 
grand tremblement de terre de ijSS ; c'est la plus 
belle et la plus grande de Lisbonne. Au midi cette place 
est baignée par le Tage ; ses trois autres côtés sont 
garnis de beaux édifices qui s'élèvent sur des portiques, 
et qui sont le siège de la bourse , de la douane , de la 
maison des Indes , de l'intendance de la marine , de la 
bibliothèque royale et d'autres étabhssemens ; le côté 
du nord et celui de l'ouest ne sont pas encore achevés. 
Au centre s'élève la superbe statue équestre en bronze 
de Joseph L-^, de tienle-deux palmes de haut, ouvrage 
de Joachim Machado de Castro. Voyez à la page cxcix 
du Coupd'œd. Laplacedu Rocio(p/Y?prt f7oi2oc/o),qui 
communique; à la précédente au moyen de trois rues de 
la plus grande beauté, tirées au cordeau et bordées de 
belles uiaisons d'une architectuie régulière ; ces trois 
rues s'appellent communément de tQr { do Ou?'o) , 
Augusta^ et de V Argent (^da Prata) , et sont embel- 
lies par des boutiques d'orfèvres et de joailliers* l'Au- 
gusta est occiqiée par des magasins de draps et d'é- 



(^71). 

lolïes de soie. Sept autres rues moins grandes pailagent 
de Test à l'ouest les trois précédeiiles, et contiennent 
toutes de belles boutiques où l'on trouve toute sorte 
de marchandises. La place du Rocio, beaucoup plus 
petite que celle du Commerce, est un carré lonj^ pres- 
que entièrement environné de boutiques et d'assez 
beaux cafés; le côté du nord est fermé en grande partie 
parle vasie palais de l'Inquisition, où se trouvent main- 
tenant les bureaux des difïérens ministres d'Etat. Au- 
dessous de ce palais sont les prisons où étaient enfer- 
més les individus condamnés par l'inquisition, et qui 
depuis quelques mois ont été ouvertes à la curiosité du 
public. Lors de notre séjour à Lisbonne, une grande 
ioule de peuple s'y portait pour les visiter. Après ces 
deux places , qui sont de beaucoup les plus belles et 
les plus fréquentées , sont les suivantes : la place de 
Figueira , où se tient le marché aux herbages, aux iruits 
et aux légumes, et où l'on vend aussi beaucoup de 
volailles et de gibier; la place de Saint-Paul {San- 
Paulo ) , où l'on tient vm marché aux herbages et 
aux légumes, et qui communique à la poissonnerie qui 
est placée le long du bord duTage; le Cais Sodrè, 
belle place formée par la partie du quai qui se trouve 
presque en face de la grande rue d' Alecrim , placée 
en partie sur des arches , et qui longe les largos de 
Quintella et de Loreto ; la place des Mûriers (praça 
dos j4moreiras ) ; la place de la Gaité (pinça cla 
Alegria) , où tous les mardis se tient un marché de 
vieilles bardes et de marchandises d'occasion ; les 
deux places de Sainte- Anne et de Sainte-Claire , qu'on 
appelle canipo de Saiita-Anna et canipo de Sauta- 
Clara^ celles dites Largo de Quintella^ do liato et de 
Loreto ; la place do Carmo. On peut ajouter les jardins 
publics ( Passeio publlco) , dont le déiaul est d'être 
trop petits et trop, monotones. 

Bien qu'on puisse tlire , qu'à l'exception du fameux 
aqueduc, Lisbonne n'a aucun bâtiment qu'on puisse 



( 172 ) 

appeler un clit'C-d'œiivre d'aichitecUire, il faut cepen- 
dant avouer qu'il s'y en trouve plusieurs qui séduisent 
au premier coup d'œil, par leurs orneniens et par leur 
dimension ; quelques-uns même ont des parties vrai- 
ment belles.INous l'erons remarquer qu'en général toutes 
les églises réédiilées depuis le tremblement de terre de 
1755 sont construites en belles pierres de taille et 
ornées de beaucoup de beaux marbres du pays. 

Parmi les églises qui méritent le plus d'être men- 
tionnées , nous remarquerons les suivantes : la cathé- 
drale (Se) , connue sous le nom de Basilica (Je Santa- 
Maria , bâtiment vaste , de construction ancienne , 
restauré depuis le tremblement de terre avec un goût 
mclé d'antique et de moderne ; cet édifice se trouve 
placé sur la pente de la haute colline sur laquelle est 
assise la citadelle dite le Castello , et près de la prison 
publique qu'on appelle Z/Z77zoé?ïro y cette dernière était 
anciennement la résidence des rois. Non loin de 
la cathédrale est une nouvelle rue dans les environs 
de laquelle on a découvert vers la fin du siècle passé 
les restes d'un théâtre romain. L'église de Saint-Roch, 
remarquable par la superbe chapelle de Saint-Jean- 
Baptiste que le roi Jean V fit construire à Rome, et 
de là transporter à Lisbonne , poitr en faire présent 
aux jésuites auxquels appartenait alors ce temple. 
L'église de Saint-Antoine, près de la cathédrale, remar- 
quable par son architecture et par ses ornemens. 
L église du couvent de Jésus, située à Estrella, dite 
autrement do Coraçào de Jésus (du Cœur de Jésus), 
qui est le bâtiment le plus vaste et le plus somptueux 
qu'on ail bâti à Lisbonne depuis le tremblement de 
terre , et qui est couronné d'un dôme d'une exécution 
hardie; on vient d'y élever un mausolée à la feue reine 
Marie,corame fondatrice de ce bâtiment,qui a été érigé 
en accomplissement du vœu qu'elle avait fait pour ob- 
tenir un héritier du trône ; l'église de Saint-Vincent 
de Fora (San Vicente deTora), ainsi nommée parce 



( '73 ) . 

que , lors (le sa fonilalion , elle se trouvait hors delà 
première enceinte de Lisbonne ; cet édifice répond 
pour la grandeur au magnifique couvent des chanoines 
réguliers de Saint-Augustin qui la desservent. L'église 
de Nolre-Dame-de-IjOrcie ( Nossu-Senlioia do-Lo- 
reto), dont Tarchitecture est loin de mériter la ré- 
putation dont elle jouit. L'église des Martyrs (dos Mar- 
lires), balie sur remplacement même où Alphonse T' 
porta le dernier coup aux Maures en s'emparani de 
Lisbonne ; c'est la paroisse la plus ancienne de cette 
ville , et comme telle elle a le pas sur toutes les autres 
dans les solennités. L'église da Graça , qui domine une 
des plus belles collines de Lisbonne , d'oii Ton jouit 
d'un coupd'œil magnifiqLie;sa sacristie est remarquable 
par le mausolée du fameux Alphonse Albuqueique , 
vice-roi des Indes. L'église du Garmo , bâtie dans le 
genre gothique par le connétable Nuno Alvares Pe- 
reira , chef de la maison régnante de Braganca ; on a 
commencé à la restaurer , mais toujours d'après les 
règles de l'ancienne architecture. L'église de Saint- 
Benoît ( San-Bento ) , bâtiment vaste , mais qui n'est 
pas encore achevé , de même que celle de Saint-Fran- 
çois. L'église de Santa-Engracia, bâtie par la confrérie 
noble du Très-Saint-Sacrement (confreria dos Irniàos 
do Santissimo Sacramento), dont le roi est le chef; ce 
vaste édifice , construit en forme de dôme en belles 
pierres de taille , et orné de beaux marbres , n'est pas 
encore achevé ; d'après le plan il ne doit avoir qu'un 
seul autel au milieu. 

Parmi les couvens les plus remarquables sont les 
suivans : de Saint-Vincent de Fora ( San-Vicente de 
Fora); de Saint - Augustin (dos Grillos ) ; de la 
Grâce ( da Graça); de Saint- Jean Evangeîiste (dos 
Lojos) ; de l'Estrella, où est l'église du Cœur de Jésus 
dont nous avons parlé ; de Necessidades , où les Cortès 
tiennent leurs séances ; de Jésus ; des Paidistes (dos Pau- 
Jistas); de Siint-François (San-Francis'^o) ; de Saint- 



C M ) 

Benoît ( San-Bento ) , où sont ('tablics les arcliîves 
royales (Torre do Tombo) et l'école de diplomatie. 

Parmi les autres bâlimcns publics qui méritent d'être 
cités, outre ceux dont nous avons fait mention, l'a- 
quéduc (agoas livres) , baii en \']/\0f est sans contredit 
le plus beau , puisque c'est un des ouvrages les plus 
magnifiquesde l'Europe moderne ,etqui peutêtre com- 
paré à toutce que l'antiquité a de plus grand en ce genre. 
Vientensuitele palais Royal à Ajuda , qui, lorsqu'il sera 
fini, pourra, malgré de grands défauts, passer pour un 
des plus beaux de l'Europe. Le roi possède encore à 
Lisbonne deux autres palais qui sont plus petits; celui 
de Bemposta, où il donne ordinairement audience 
quand il vient en ville , et celui de Necessidades , 
près du couvent de ce nom, destiné au logement des 
princes étrangers, et dans lequel a résidé pendant plu- 
sieurs années l'Académie Royale des Sciences. Le 
théâtre royal de Saint- Charles ( San-Carlos ) , où l'on 
joue 1 opéra italien, et qui, sous le rapport des dimen- 
sions et des décorations, peut être comparé aux beaux 
tbéàtresd'ïtaliedu second ordre. L'arsenal de lamarine, 
où se trouve un salon d'une grandeur extraordinaire : 
l'arsenal de l'armée de terre , la douane du tabac , la 
balle au blé (Terreiro publico), la fonderie de canons, 
le collège des Nobles avec un manège superbe , la fa- 
brique de soie , la corderie, l'imprimerie royale, l'hô- 
pital de la marine et celui de Saint- Joseph ; le palais 
du grand-veneur ( do monteiro mbr) , où se trouvent 
depuis long-temps établis les bureaux de la grande 
poste générale (o correio gérai) ; enfin le palais de 
Calbariz , où sont installés l'Académie des Sciences , 
l'Académie de fortification etl'Archivio militar (Dépôt 
de la guerre). 

Les bâtimens particuliers les plus considérables sont 
les palais du mai'quis de Niza , de don Gaston , du 
duc d Alafoes , de Don Rodrigo^ du duc de CadavaL 
du marquis de Borba , du mxirquis de &astello-BIel-' 



( 175) . 

fwr , de M. Baîideira , du marquis d'Angeja, du 
baron Quintella , ceux du /jiarguis de Ponibal dans 
la rue Formosa et dans celle de Janellas-Verdes. 

Celle ville immense est actuellement ouverte, quoi- 
que le roi Ferdinand V' , à la fin du qualorzicnic siècle, 
l'eût ceinte de murailles garnies de soixanle-dix-sept 
tours et percées de trenle-six portes. La citadelle 
(o Castello), qui est balie sur la colline la plus élevée, 
ne sert aucunement à la défense de la ville , et n'est 
remarquable que par son antiquité. Dans ce lieu était 
autrefois aussi la maison de piété {a Casapia) , dont 
nous avons parlé à la page 72 de ce volume et à la 
page cxl du Coup d'œil. Elle est établie maintenant au 
vieux couvent du Desterro. Les fortifications du côté 
de la mer sont très-importantes, et mettent la ville 
à l'abri de toute attaque. \oYez à la page 568 du pre- 
mier volume. 

Rigoureusement parlant on peut dire que Lisbonne 
n'a point de port proprement dit , mais un des j^lus 
beaux mouillages du monde. Tous les navires , mémo 
les gros vaisseaux de guerre , mouillent devant la ville 
au milieu du fleuve , ce qui les expose quelquefois à 
beaucoup d'avaries , surtout pendant l'hiver , lorsque 
régnent ce qu'on appelle les vents de travessia elpal- 
mellào qui correspondent au sud-est et au sud-ouest. 

La police de cette ville , qui jusque vers la fin 
du siècle passé était très - mauvaise , tant sous 
le rapport de l'hygiène que sous celui de la sûreté 
personnelle, est très-bien faite depuis cette époque, 
surtout à l'égard de la tranquillité publique. 11 n'ar- 
rive presque jamais d'homicides , et les vols sont 
très-rares, ce qui est extraordinaire (1) pour une 



(1) Cet état de tranquillité fut troublé vers la fin de 1820, épo<juc 
où beaucoup de prisonniers niis en liberté et beaucoup de solflats dé- 
serteurs ont donné l'alarme a cette viîlc et à fout le royaume par ira 
rrand nombre d'homicides et de vols. 



( '76 ) 

ville marhinie et marcliancle d%ine si grande popula- 
tion. Le règlement sur les incendies, qui y sont très- 
frequens , est irès-sage, et il est rare qu'un incendie se 
communique d'ime maison à une autre ; le plus souvent 
on parvient à sauver même la maison où le feu s est dé- 
claré. Tous les porteurs d'eau (Gallegos ou agoadeiros) 
qui sont inscrits aux 24 fontaines publiques de la ville 
marchent au premier signal avec la pompe de leur 
district, portant chacun leur barrique d'eau (i). Lapre- 



(i) Kous venons de recevoir de nos correspondans de Lisbonne un 
tableau officiel de tous les chafarizes et bicas ( fontaines à plusieurs 
robinets et à un seul) de la ville de Lisbonne , publié par le Aenado , 
où nous avons trouve des cboscs assez curieuses et assez importantes 
pour mériter d'être insérées dans la descrijition de cette ville , sur 
laquelle on a débité tant d'erreurs , dont quelques-unes trouvent ici 
leur rectification. D'après ce tableau, Lisbonne n'a que 24 chafarizes , 
qui contiennent ensemble 80 robinets, et 20 bicas, dont 10 d'eau 
douce et lo d'eau saumâtre. A chacun des chafarizes sont attachés un 
certain nombre de Gallegos ou porteurs d'eau , qui sont divisés par 
compagnies de aS hommes chaque. Le nombre total des individus 
employés à ce seivice monte à 3454, répartis en 119 compagnies, 
commandées chacune par un chef qu'on appelle capaïaze. Tous , à 
l'exception de 36o qui en sont dispensés, doivent accourir avec leur 
barrique remplie d'eau lorsqu'un incendie se déclare dans quelque 
partie de la ville. Les chafarizes qui comptent le plus grand nom- 
bre des Gallegos sont les suivans : celui de Loreto, qui en a 262 ; du 
Carmo 278 , de San Pedro d'Alcantara 200 , de Rua Formosa ao5 , de 
Campo de Santa Anna 200, du Rei(avec9 robinets) 352, de Den- 
tro 229 , de Praia 212, d'Alegria 232. Chaque barrique, d'après l'or- 
donnance (postura) du 17 juillet 1780, devant contenir 18 canadas , 
on a trouvé , par. une vérification de mesure cjue l'on vient de faire, 
[u'elles étaient réduites les unes à 14 et les autres h 12. M. Antonio 
oaquim dos Santos, qui est l'inspecteur général des incendies , remar- 
que à cette occasion que , calculant à lo barriques par jour ce qu« 
fournit un porteur d'eau , le public a été fraudé chaque année de 
.56 864000 reis , et dans la totalité de 37 années écoulées depuis 1780 
jusqu'en 1817 , de 2 io3 896000 reis. La barrique d'eau est payée un 
vintcm on 20 reis. Lisbonne possède 1 5 pompes à feu , dont ii appar- 
tiennent à la ville, 3 au bureau des travaux publics , et une au corps 
du commerce. 

Voilà donc réduites à 24 ou fout au plus à 34 , les 41 et 45 fontaines 
que les géographes accordent à celte ville, et à 7000 tout au plus les 
l'k)000 Gallegos qu'ils lui attiibuent en parlant de sa population. JVous 
disons 7000 , parce que, d'après nos propres observations et d'après 
les informations que nous avons prises sur les lieux , iious croyons que 
Von ne peut sans commettre une erreur choquante supposer que le nom- 



l 



( 177 ) 

mière pompe qui arrive à J'endrolt de l'incendie a un 
prix de.4000 rcis, la seconde ella troisième en gagnent 
seulement cent. Chaque individu de la compagnie de 
Gallegos qui arrive la première avec ses barriques 
pleines d'eau reçoit 100 reis de récompense- 
Lisbonne est divisée en treize quartiers ( Bawros ) , 
savoir : Rocio , Bairro Alto , Belem , Alfama, Re- 
molciT'es, Rua Nova, Andaluz , Castello , Limoeiro, 
Mocnmbo^ Mouraria, Ribeira, et Santa-CatJierina. 
Cette ville a 55i rues droites (ruas direitas) , 2i5 
rues de traverse (iravessas), 65 montées (calçadas) , 
11g culs-de-sac (becos), 48 petites places ( largos),plu- 
sieiirs places encore plus petites (terreiros),outre 12 pla- 
ces (praças), toutes éclairées dans les nuits obscures par 
plus de 2000 réverbères. Elle a cinq théâtres, savoir : 
le théâtre Royal de Saint-Charles, le théâtre National 
de Rua dos Coudes, et ceux du Salitre, du Bairro- Alto 
et de Boa-IIora. H y a en outre un cirque annexé au 
théâtre du Salitre pour les combats de taureaux; et 
un autre plus petit est établi dans la place du Poco- 
Novo, pour les exercices de chevaux et autres spec- 
tacles populaires. (Voyez à la page ccxxilj du Coup- 
d'œll. ) 

Quelque temps avant le tremblement de terre 
de 1755, Lisbonne n'avait que 34^^49 Teux; en 1780 



bre do Gallegos existans à Lisbonne, sans (?tic attaches aux chafarizes , 
soit plus (lu double ou des deux tiers de celui des agoadeiros (por- 
teurs d'eau), inscrits et formés eu compagnies. On pourrait en dire 
autant des belles fontaines de Coimbra , où il n'en existe pas une qui 
mérite d'être citée sous se rapport. Nous ferons même remarquer à 
cette occasion qu'il en faut dire autant du giand nombre de clochers de 
Lisbonne et de Porto dont parlent presque tous les géographes, et qu'à 
l'exception de la Torre clos Clengos de Porto, ils n'existent que dans 
leurs ouvrages; car on ne peut donner ce nom à des bàtimens très-peu 
élevés , qui forment partielle l'église , et qui ne s'élèvent que fort peu 
au-dessus de sa voûte. C'est tout autre chose que les hauts clochers 
qu'on trouve en si grand nombre en Italie . et qui méritent bien d'oc- 
cuper une place dans la description des villes de ce pays. 

II XI 



( ,78 ) 

elle en avait 33764; en 1790, 58io2; en i8oi elle 
eu comptait 44067 ; et 456ii en 18 19. D'après le 
recensement de 1801 , Lisbonne aurait eu à celle e'po- 
que 200000 araes seulement. La difllcullé qu'on a de 
connaître le nombre exact des liabilans des grandes 
villes, et les omissions inévitables qui doivent avoir eu 
lieu dans cette énuméralion, faite à une époque et 
dans un pays où de semblables travaux sont bien loin 
d'être exécutés avec le soin et les méthodes perfec- 
tionnées et suivies en France, en Prusse, en Autri- 
ciie etc. etc., nous portent à croire que Lisbonne 
devait contenir en 1801 pour le moins 220000 âmes; 
et nous croyons qu'aujourd'hui elle n'en contient 
pas moins de 240000. Le nombre moyen des nais- 
sances des années 1787, 1788, 1709 et 1790 a été 
de 6845. En comptant i naissance par 32 vivans , 
ce qui n'est pas beaucoup pour une si grande ville , 
Lisbonne, en 1790, aurait déjà eu 219040 liabilans. 
Le nombre moyen des naissances dans les années i8l5, 
j8i6, 1817, 1818 et 1819 s'est élevé à 7496; en 
comptant de même 1 naissance sur 62 vivans , Lis- 
bonne aurait eu, dès le commencement de 1820, 
239872 habitans. Nos évaluations diffèrent très-peu 
de celles du colonel Franzini, qui, dans un tableau du 
mouvement de la population de Lisbonne , dans les 
années susmentionnées, nous faisait remarquer qu'en 
accordant seulement une naissance par 5o mdividus, 
cette ville devait avoir pour le moins 226000 âmes. 
Depuis cette époque, la population de Lisbonne doit 
avoir considérablement augmenté, à cause du séjour 
des Corlès et du retour du roi et de la cour. Nous 
aurions plusieurs faits incontestables à ciler à l'appui 
de cet accroissement; mais nous le croyons inutile. 
Comme dans les calculs susmentionnés il n'a jamais été 
question ni des nombreux habitans non catholiques 
étabhsà Lisbonne, ni de la population fluctuante qui, 
le militaire compris, s'élève à plusieurs milliers , nous 



(>79) 

croyons qu'on pourrait bien évaluer Ja totalité des ha- 
l»itans de cette métropole à 260000 âmes. (Voyez la 
note sur la population de Lisbonne, dans le premiel- 
volume de nos Variétés, page 76.) 

Lisbonne , selon le Mappa de Joào Baptista de Cas- 
tro , a 246 églises et cbar)clles, dont, 41 sont paroisses. 
Celles de Loreio et de Saint -Louis ne dépendent 
point du patriarche, qui, depuis la suppression de l'ar- 
chevéché en 1741, est la seule autorité ecclésiastique 
de celle ville. L'ouvrage susmentionné lui donnait 
82 couvens et hospices en 1788. 

D'après l'almanach royal publié en novembre 1820 
Lisbonne compte 140 avocats patentés (corn portaria)^ 
65 niédeciiis , 96 chirurgiens, io3 aiK)thicaires, 4 180 
boutiques des cinq classes (loges das cinco classes), qui 
sont celles où l'on vend des étofles de laine, soie, lin, 
coton et les quincailleries, et qui comprennent 60'qua- 
Llés de métiers (oiFicios); plus de 4ooo boutiques de 
provisions et d'épiceries (loges de mercearia), et à pro- 
portion pour les autres espèces de marchandises; 1 159 
boutiques de cordonniers (çapateiros), dont plusieurs 
ont 3, 4 et6 ouvriers (officiaes); 440 tailleurs (alf^tiates); 
plus de 4oo barbiers (barbciros); plus de 1000 cabrio- 
lets de louage à deux chevaux ou mules ( seges de alu- 
gel), qui étaient autrefois au nombre de plus de 2000; 
58o négocians portugais matricules (matriculados), et 
170 étrangers. Cette ville n'est devenue la résidence 
des rois et la capitale du royaume que sous Jean V\ 
qui y créa un archevêché. Quoique depuis le départ 
du roi (5o novembre 1807) pour le Brésil, et surtout 
depuis le malheureux traité de 1810, les flibriques , les 
manufactures et le commerce de celle ville aient beau- 
coup perdu, surtout dans les trois dernières années , 
son industrie est encore très-active et son commerce 
Ires-imporlant. 

A regard des établissemens littéraires et d'instruc- 
tion publique de celle ville et des autres du royaume. 



( iBo ) 

nous prions nos lecteurs de vouloir bien lire la partie 
correspontlantede la Géograi)ljie littéraire où ils sonl 
ions indiqués. 

DESCRIPTION DES EKVIRO^S DE L1SB0^•^•E. 

Nous avons cru nécessaire de comprendre ici plusieurs lieux qui n'ap- 
narticnnenf. pas à la comavca <lc Lisl>onnc, laquelle est extrêmement 
circonsciite, parce qu'il arrive souvent que le \oyagcur , en explorant 
les environs de cette capitale , pousse ses rcchercbes bien au-delà de 
leurs limites. Voici les endroits cpi nous ont paru les plus dignes d at- 
tirer l'attention. , i • , 

BsLEM (il, qui était anciennement un faubourg de Lisbonne cessa 
d'être considéré comme tel après que le roi Joseph l'eut incoipore a la 
ville eu lui donnant un corregedor de Isaino, comme il y en a dans 
les autres quartiers de la capitale. Le tremblement de- 1:55, et 1 incendie 
qui sensuivit . ayant consumé le palais du Terreiro do Paco le roi alla 
Habiter une rési'dence temporaire sur le haut d'AicoA, dominant le 
Ta^e, parce que les maisons et jardins situés à mi-cote et apparte- 
nans au domaine ne sufiisaient pas pour loger la cour et sa nombreuse 
suite. Ce bours;, connu anciennement sous le nom de hestello , 
sur la grève du Tage , s'embeliit dès le départ de l'expédition de \ asco 
da Gama pour la découverte des Indes , et après son retour par a 
construction du couvent de Belcm, faite dans le goût magnifique de 
l'architecture ^othi^ue parle roi Emmanuel, et digne monument d une 
entreprise si mémorable. Lefondateur, en choisissant pour son empla- 
cement le lieu même de l'embarquement de Gama, n oubha pas de 
faire ériger sur le portail de l'église la statue de l'inllint dom Henri , 
l'auteur de tant de découvertes ; il s'empressa aussi de faire exécuter le 
plan de la tour de Belem , tracé par son prédécesseur Jean 11 ; en sorte 
que ces deux raonumcns rappellent dcssouvenirs historiques de la gloire 
des Portugais. Le voisinage de la résidence royale concourut dans le 
dernier siècle k embellir Belcm ; une belle place avec un quai en pierres 
détaille devant la Quintados bi'chos ( le jardin delà ménagerie ), 1 éta- 
blissement du jardin botanique dans l'autre Quinta do meio (a mi-cote; , 
celui d'un cabinet d'histoire natuicUe, de belles casernes, et d autres 
appartenances, peuplèrent bientôt ce quartier, qui gagnera encore de 
grands embeliissemens quand la cour viendra habiter le nouveau palais 
auquel on travaille depuis plusieurs années. Cet édifice, dont nous 
avons parlé ailleurs , est magnifique ; il est bàti a peu près sur 
le même local que celui qui a été incendié il y a quelques années , 
et dont il existe encore une petite partie qui doit être démolie : celle- 
ci est attenante à la chapelle Royale, autrement dite église patriar- 
cale parce que le cardinal patriarche eu est le grand-aumonier. Ce nou- 
veau palais domine une grande partie de la ville, et une vaste étendue 
de terre et de mer ; ce lieu sembledevoir devenirun séjour des plus agréa- 
bles etdes plus imnosans. Dansla magnifique église de Belemsont enterres 
cinq rois et deux reines. Comme la tour de Belem sert de bureau pour 
M Nous avons placé Helcm et AjinU danslcs environs de Lisbonne, quoique, con- 
sidérés sons le rapport administratif et judiciaire , ils en fassent partie , parce que 
leur position les fait regarder ordinairement plutôt comme des. appartenances immé- 
diates que comme des parties intrinsèques de cette ville. Cependant n-us les avons 
compris d?nstouslescalcul3 relatifs àLisbonnequenousavonsfaitsdanssadescripMon. 



J 



( i8i ) 

i'euregistrementdes naviiesqiii entrent et sortent Ju Tage, li y a u» Lh- 
reau de douane, iinautrcde sutité , et des einployésdepoiice rnaritime. 
Toute la route de Lisbonne est bordée de maisons jusqu'à Bclem , et 
de même garnie de campagnes situées sur le côté droit jusqu'à l'em- 
bouchure du Tage, défendue sur les deux Lords par les forteresses de 
S. Juliào etBugio. La plage jusqu'à S. Juliào ctà la dernière forteresse 
de Cascaes est parsemée depetits forts, et du côté de terre les hauteurs 
sont garnies de couvens et de maisons de plaisance plus ou moins mes- 
quines. La seule remarquable est celle de la princesse douairière du 
Brésil à Fedrouços ; on rencontre ensuite 

Caxias, joli petit château ro3al accompagné de jardins , derrière les- 
quels est placée la petite Chartreuse de Lciweircts , et à deux milles dans 
1 intérieur la grande poudrière dans le hameau de Bt-acarcna , qui prend 
ce nom d'un ruisseau ainsi appelé, et qui est garni de plantations d'oran- 
gers et de citronniers. 

Paço d'Arcos , à un mille en avant de Caxias , est un hameau habité 
par des pêcheurs et des gens occupés au transport et à la garde des 
magasins des fruits et des vins arrivant de Tinléricur pour descendre 
le Tage jusqu'à Lisbonne. Une boulangerie militaire pour les garnisons 
des forteresses et un dépôt d'agiès pour secourir les vaisseaux en danger 
sur la barre y sont établis. Il est à regretter que le bassin construit par 
ordre de Pombal dans le but de ser^ir d'asile aux bàtiraens maltraités 
de l'orage ;, ait été , par la jalousie de son successeur dans !e ministère , 
si négligé, que l'encombrement desable cachedéjà les bords du parapet. 

Oeihas est dans la même direction, à 8 milles de Lisbonne, et tout 
près de la forteresse de San-Juliào. Le marquis de Pombal en reçut la 
seigneurie avec le titre de comte et la juridiction judiciaire exercée 
par un j'ui'z de fora de sa nominat on, qui compte ce service comme 
fait pour la couronne j cette prérogative a été aussi accordée à quel- 
ques autres grands donataires en Portugal. La maison de plaisance 
a'Oeiras est belle pour le pays, et le domaine y attaché est de grand 
rapport en vins et en frpits, quoiqu'il le fût davantage autrefois, 
parce qu'il était bien administré. On y remarque les travaux de la cana- 
lisation delà rivière d'Oeiras , à laquelle on devait en joindre d'autres, 
ce qui faciliterait en partie le transport des fruits de l'intérieur et des 
environs de Cintra. Le roi Joseph, en 1775 et 1776, venant habiter la 
maison d'Oeiras pour faire usage des eaux d'Éstoril , le marquis de 
Pombal saisit l'occasion d'une foire qui devait se tenir au village, pour 
développer sous les yeux du souverain les progrès que l'industrie 
nationale avait faits sous son règne : aussi les boutiques n étaient pleines 
que des objets fabriqués en Portugal, et la cour parcourut cette foire 
pendant trois jours, y acheta beaucoup d'objets, et les courtisans en 
firent de même pour flatter le ministre tout-puissant. C'est la première 
exposition des produits de l'industrie qui ait eu lieu en Europe. Voyez 
les Annaes das Sciencias e Arles. Cette uilla contient * 3356 habitans , 
presque tous pêcheurs. 

Carcavellos , petit village de 287 habitans, en avant d'Oeiras, 
remarquable par la qualité de ses vins , bien connus en Angleterre et 

* Lors de notre départ de Lisbonne , le bureau de la statistique n'ayant pas en- 
core achevé de faire les sommes des ditférens tableaux de la population recensée en 
1820 et remise par les curés , nous avons été obligé de donner le nombre d'habitans 
de quelques endroits tel qu'il a été trouvé dans le recensement de 1801. Pour ne pas 
conifondre les résultats de ces deux énumerations, nous avons mis un aatérique avant 
ceux de l'année i8oi. 



( ÏÔ2 ) 

dans toul le Nord. Ou y reiiiaïque un siipciiic domaine appartenant aia 
Mor^ado d'/Hai^éa, mais si néjjligé aujourd'hui qu'à peine peut-on se 
figurer combien il rapportait jadis, et qu'on a peine à croire qu'il pos- 
sédait de superbes pressoirs, de vastes caves, et de grands i'oudre» 
en bois du Brésil, destinés à recevoir ses vins exquis. Un peu en 
avant, et à une petite ilistance de la grande route, se trouvent les 
Bains d'Esloril , dont se servent avec succès ceux qui sont attaqués de 
maladies de la peau. 

*Cascaes, à quinze milles de Lisbonne , sur la côte, est un« 
vdla de 2121 hai)itans , qui a deux forts destinés à défendre l'ap- 
proche de la barre; elle a aussi une iabrique d'étoffes de laine, qui 
Jadis travaillait beaucoup et paifaitement , mais dont l'activité est 
)ien ralentie mainlenant. A quelque distance de ce bourg, près du cap 
Koca, est le Fanal de Guia; et plus dans l'intérieur se trouvent quel- 
ques villages peu considérables. 

* Cl^TRA , à quinze milles à l'ouest-nord-onest de Lisbonne, est une 
vdla de 3^41 habitans , située sur la pente d'une chaîne de montagnes 
j-ocailleuses qui se prolonge jusqu'au cap Roca. On y trouve un ancien 
château royal d'architecture gothique , dont les deux cheminées de la cui- 
sine sont romarquablesparleur hauteur etpar leur forme conique. Sur 
le plafond d'une des salles du château sont peintes toutes les armoiries des 
nobles portugais, d'après le règlement mis en vigueur par le roi Emma- 
nuel, qui fixa le blason et créa des ofliciers chargés de veiller à la 
conservation des familles de la noblesse. Le roi Alphonse VI fut enfermé 
dans ce palais, où l'on remarque encore la chambre qu'il a habitée. 
L'abondance des eaux qui ruissellent de tous côtés , la quantité de 
vergers remplis de toutes sortes d'arbres, les bocages d'orangers et de 
citronniers qui contrastent avec l'aspérité des rochers amoncelés les uns 
sur les autres de la manière la plus bizarre, rendent ce site extrême- 
ment pittoresque. En avant du château, qui a une vue magnifique , 
la maison de campagne de Sitiaes , appartenante au marquis de 
Marlalva , occupe le sommet d'une colline qui se détaciie un peu de 
la ligne des montagnes, et présente un poiAt d'optique admirable. Les 
bàtimens et les jardins sont dans le meilleur goût anglais : la fameuse 
capitulation de Cintra, pour l'évacuation du Portugal par les Français 
en 1808, fut signée à Sitiaes. La campagne de Penha verde (Rocher 
vert), n'est pas moins pittoresque, quoiqu'elle soit la plus ancienne 
qu'on connaisse dans ce pays, car elle a été bâtie par le flimeux vice- 
roi de l'Inde Jean de Castro , qui l'a enféodée sous la condition d'être 
entretenue par ses descendans, sous le seul rapport de l'agrément, et 
non sous celui du revenu. Ce rocher, boisé depuis son sommet jusqu'à 
«a base , est un jardin distribué d'une manière extrêmement variée , et 
contraste singulièrement avec les masses énormes de rochers pelés qui 
l'environnent : on y remarque des antiquités indiennes, suitout une 
pierre qui porte une longue inscription dont le sens n'est pas encore bien 
connu, et dont Murphy a donne la gravure. Les familles de Cadaval , 
de Marjalva et de Porobal possèdent de très -belles campagnes sur la 
prolongation de la montagne ,• et parmi celles qui appartiennent à 
d'autres particuliers, on en distingue deux qui méritent d'être remar- 
quées. D'abord celle de Monserrate, située sur une colline détachée, au 
milieu de la route de Cintra à Colares : la maison représente un châ- 
teau gothique , dont la construction fut si mauvaise qu'il tombe main- 

* On a |jlacé un astériqoe devant tous les noms d'cnilroits mentituiucs dansts 
topo^r;iphip,qui ont an juiz de fora. Tous les chofs-licux des coniarca3 oui va uucr» 
un corregeUnr. ^ 



( 185) 

teiiatil en ruine. Vient ensuite telle de M. Joseph Dias , auprès du 
village de Coîares ^ ccUc-ci se compose de beaux jardins teiinirn'» 
par un belvtfdèro sur une cascade artiticiclle de très- bel effet. Cette 
montagne serait couverte de beaucoup d'habitations si elle n'ei'it 
^té un lieu de chasse pour les souverains qui habitaient le château 
royal. Cependant depuis quelques années on a défriché beaucoup de 
terrains. Les routes qui vont depuis Cintra jusqu'au Fanal da Guia , 
sur le cap de Roca , sont bonnes, quoique tortueuses à cause de l'iné- 
galité du terrain j mais le voyageur est bien dédommagé de cet incoi!- 
vénient par les points de vue ravissans qu'il découvre à chaque pas. l,a 
montagne est dominée sur ses deux points extrêmes par le Couvent Ja 
Feiiha, au-dessus de la ville de Cintra , et par la Chapelle da l'enna , 
encore au-dessus du Fanal da Guia. Le premier est bâti sur l'empla- 
cement de l'ancien château des Maures, dont on voit encore quehjurs 
pans de murailles et une belle citerne fort bien conservée. La vue di: 
cette hauteur plonge dans un vaste horizon à l'intérieur, sur r(3céaa 
de l'autre coté , ainsi que sur la côte du nord au-delà d'Ericeira. La. 
perspective que l'ermitage de Penna présente à l'œil n'est pas moins 
magnifique; ou y découvre à vol d'oiseau l'embouchure du l'âge jus- 
qu'à la tour de Belem, le ruisseau de Coina , unepartie du cours du 
Sadoetle cap Espidul. Au milieu de la montagne, entre les rochci» 
les plus élevés, est un petit couvent de capucins, bâti d.Tns la cavité 
des rochers , dont les cellules comme les oilicines sont doublées de liège 
pour garantir les habitans du froid et de l'hiimidité qu'occasionnent 
de fréquens brouillards. 

CoL.iREs , à trois milles de Cintra , villa de * igsS habitans. La 
vallée de Colares est renommée par l'abondance et la qualité de ses fruits, 
surtout des citrons : la vigne est très-cultivée jusqu'à la plage, et le 
vin resseinble à celui de Bourgogne quand la fabrication en est soignée. 
Pi es de Cintra et sur la grande route de Lisbonne est la maison de 
plaisance de Banialhào , appartenante en propre à la reine. 

* Mafra. , vilLu de 2720 habitans, à 20 milles de Lisbonne, 
dans une position très-forte. Les Maures y bâtirent un château 
dont il ne reste aucun vestige. Cet endroit est devenu célèbre sous 
le roi Jean V, qui y a fait construire un magnifique couvent pour 
accomplir un vœu qu'il avait fait lors de la naissance du prince héré- 
ditaire. Cet édifice, composé d'une superbe basilique, d un couvent 
également vaste , et d'un palais, est le plus beau monument moderne 
du Portugal. Il a été bâti par un architecte étranger, et embelli par 
les productions d'arlisles italiens, français et hollandais, pour ce oui 
concerne les peintures, les statues, les ouvrages en fer et en bronze , 
le carillons qui garnissent les deux tours , et les ornemcns du culte ; 
ces derniers furent tous fabriqués à Lyon , avec delà soie seulement, 
parce que l'austérité des moines (Arrabiclos) qui occupent le couvent ne 
permettait pas l'usage des métaux ])récieux. L'érection de cet édifice 
créa parmi les Portugais l'art de tailler et de ciseler la pierre avec un 
fini rare, et leur procura aussi la découverte de beaux marbres dans la 
montagne de Cintra et dans les carrières de Pero-Pinheiro. Dis blocs 
de marbre de toutes couleurs et d'une grauileur et d'une beauté remar- 
quables y sont employés avec la même perfection que si c'était de la belle 
marqueterie en bois. On admire six colonnes colossales en marbre rouge 
d'un seul bloc qui décorent les trois grands autels de l'église, et despan- 
rpaux énormes ^n marbre noir , sans le plus petit point de mélange. Le 
i'ai8««au de l'pgiise na répond p.a»' à l'idce de grandeur qxie donnei.tsA 



( iS4 ) 

masse carrée et-son ftontispice qui est fort beau, quoique imitation 
très-faible de Saint-Pierre do Kouie, et qui est encore embelli par un 
beau dôme et deux clochers de 820 pulinos dehaui^ qui équivalent à 
216 pieds b pouces 10 lignes. Dans le vestibule, qu'on aj-pello la Galilée, 
et dans les chapelles de l'église sont placées 56 statues en marbre de 
Carrare dont quelques-unes sont d'un travail parlait. Les tableaux des 
chapelles furent reni])lacés par des bas-relieis de marbre exécutés par 
des sculpteurs portugais dirigés par le romain Jus ti, qui a établi celte école. 
Le palais est encore accompagné d'un beau parc, de grands jardins_, et 
d'un enclos (la Tapada de Mafra) réservé pour la chasse, dont l'enceinte, 
qui est de troislieucsportugaises,a enlevé a l'agricultme autant de terrain 
jadis cultivé , et main Itnant sacrifié à la pâture des daims, ch'S cerfs et des 
sangliers. Cet édifice, monument d'une piété fastueuse, de\iut sous le 
règne de Joseph I*^*^ un monument plus utile, et moins à la charge de 
l'Etat; car ce prince, ayant aboli onze convens de chanoines réguliers 
de Saiut-Augiistin, leur donna ce magnifique couvent, en hii a|)pli- 
quantles revenus de ceux qu'il venait de supprimer, à condition d'y 
entretenir un collège pour l'éducation delà jeunesse, avec des cours de 
belles-lettres, de langues anciennes et modernes. Cette institution dura 
trente ans , la feue reine ayant rendu en 1 792 aux Arrabidos Je couvent 
de Mafra , et aux chanoines de Saint-Augustin leur couvent de Saint- 
Vincent-de-Fora. (Voyez à la page 67 de ce volume.) Le roi actuel ha- 
bitait Mafia avant de partir pour le Brésil; il se plaisait même dans 
cette résidence, qui est la seule digne d'un souverain en Portugal. 11 
avait commencé à l'embellir et se proposait de la meubler avec une ri- 
chesse égale à la grandeur des apparlemcns, dont la suite fi'it coordon- 
née de manière à pouvoir devenir le séjour d'une grande cour. Cette 
résidence est distribuée en deux palais, dont celui du nord porte le 
nom du roi, et celui du sud,, de la reine. La façade de ce bâti- 
ment superbe a i s 5o palnios on 778 pieds 6 pouces et 1.75 lignes de 
long; ou porte à 8dG le nombre des apparfemens, et à 0200 celui des 
portes et des fenêtres. A l'extrémité de fliafra se trouve la belle cam- 
pagne du marquis de Ponte de Lima, avec une ancienne maison et 
des jardins frès-vast( s. 

Qui-Lvz, à ciuq milles de Lisbonne et à pende distance de la route de 
Cintra, est un château royal appartenant à la maison d'infantado ,. 
c'est-à-dire aux frères puinés du roi. Depuis l'incemlie du palais d'Ajuda, 
arrivé il y a quelques années, la cour est venue l'habiter ; maintenant 
c'est son séjour ordinaire. Lesbàtimens sont irréguliers, mais de belle 
apparence, quoique élevés à difiércntes reprises; les jardins en sont 
beaux , de même que le parc. 11 n'y a d'autres habitans que ceu.x qui 
sont attachés, à la cour. 

Bellas , villa de 3446 habitans , à sept milles au nord de Lisbonne, 
n'est remarquable que par la belle campagne du marquis de Bellas, 
autrefois maison royale de plaisange : tout près du village sont des 
sources d'eaux ferrugineuses. 

Bemfica est un joli village de 8873 habitans sur la route de Cintra, qui 
termine la banlieue de Lisbonn.e.Le grand aqueduc d'jégoas liu/^es (i) 

(i) Le grand aqwcduc appelé par les Portugais Ar':os das a^oas livres , qnoiquo 
plus beau que ceux de Gêaes, de Spoleto , de Caserti et de Rome, leur est infé- 
rieur sous le rapport de la masse d'eau qu'il peut Iburnir, puisque celai de Rome, 
d'aprùs Vigero , fournit dans les vingt-quatre heures 600000 muids d'eau. Celui 
à' A q lias livres commence près du hameau de Can.essas , à deux lieues de Lisbonne ; 
mais on l'augmenta avec des eaur que l'on prtîtend. avoir altéré la qualité de la. pre- 



( i85) 

y passe à côté J'iin endroit nommé Campolide ( Campus litis), qui porte 
ce nom parce qu'il a été le théâtre d'une bataille entre les Espagnols et les 
Portugais , sons le roi D. Fernando. On y ai rive de la cnpitalc pur une 
route garnie de campagnes, dont la plus belle est Palhavàa, appar- 
tenante au marquis de Louriçal. On trouve ensuite le couvent des 
capucins dit de Coiwalescença , à Sete Pùos , ainsi nommé à cause 
du nombre de (ilets d'eau qui en faisaient autreibis une nappe im- 
mense. Sur ce terrain desséché et livré à la culture s'élè'.c aujourd'hui 
la grande campagne du baron de (^)uintella , dont la maison , qui donne 
sur la route des Lai uiigeifus, en fait tout le prix par la beauté dosa con- 
struction. Les belles campagnes des marquis de Frontcira et d'Abrantes 
embellissent BcniHca :1a premièicest dans le goiit italien; et la seconde, 
bâtie par le négociant anglais Devisme, porte ie cachet de l'arcliitecture 
anglaise. Un couvent de dominicains s'y l'ait remarquer par deux mo- 
numens historiques j l'un est le mausolée du l'ameux Joùo das ilegras , 
célèbre jurisconsulte et politique dont l'influence dans les Coiîès de 
Coïrabra fit proclamer roi Jean l""" . le maitre d'Aviz. La famille titrée 
de Cascaes descend de cet homme d'Etat. L'autre monument est la 
belle chapelle bàlic par la famille de Castro. On y admire le beau mau- 
solée du vice-roi don Joào de Castro : elle sert de caveau de sépulture 
à cette famille. 

Lez est bâti dans une plaine et n'est rcmai-quable que par l'école mili- 
taire, un vieux couvent des elievaliers île l'ortlre de Christ, un couvent 
de moines et la maison du vicomte de Wesquitella ^ qui est accompa- 
gnée d'un joli jardin. On y tient une foire franche qui dure trois jours, 
dans le mois de septembre. 

LcjHAR est un grand village de* i636 habitans, qui n'est remarquable 
que par les maisons et les beaux jardins des marquis d'Angcja et 

mière. Le fait tst que BI. Vandclli fut le premier qui analisa les eaurc de cet 
aqueduc en 1791 ; il a consigne soa travail dans le ""volume des Mémoires ùiono- 
miques de l'Académie des Sciences. < in doit regretter que les observations de 
cet acndémici-en , ainsi que celles de l'aîibo Cabrai, in.e'rces dans un autre mémoire 
du même volume , soient restées jusqu'à ce jour sans aucun avantage pour une 
ville aussi populeuse , qui aie plus grand besoin d'être mise à l'abri de la pénurie 
d'eau pendant les trois moi«3 les plus ardens de l'année. Ces deux académiciens 
ont p.ppuyé sur la nécessité d'utiliser le superbe cbàtcau d'eau du Rato , qui 
termine l'aquéduc, et au pied duquel commencent les conduits souterrains en pierres 
de taille. L'aquéduc a, depuis sa naissance jusqu'à la première fontaine, 5658o 
pieds de long : il traverse les vallons sur de belles arclies en pierres de taille; le 
pont sur lequel il est porté dans celui d' Alcantara présente un coup d'œil majes- 
tueux et unique. Trenle-cinq arches, dont quatorze en ogive, franchissent l'espace 
de 28.57 pieds et demi ; la plus grande arclie a 100 pieds trois pouces entre les deux 
pilastres qui forment sa base; la hauteur jusqu'au cintre est de 206 pieds, et 
jusqu'au parapet de 2(4 ; sa largeur est de 2» pieds 4 pouces. Les conduils qui 
sont au milieu sont recouverts par la voûte entrecoupée de clairevoies à des espaces 
réguliers, ayant de chaque côté un large trottoir avec un parapet, le tout en 
pierres de taille , ce qui forme une promenade très-agréable qui abrège de moitié 
le chemin pour les gens de pied jusqu'au joli village de Bemfir.a. On en trouve un 
plan dans l'Histoire de l'académie des sciences de Pans , 1772, 2^ partie. Il existe 
aussi un autre plan do cet édifice .so-.nptueux , levé en 1807 avec la plus grande 
exactitude par l'habile ingénieur lly^l^aulique italien Josepli-Thérèze Michelotli. Il 
est à espérer que la nouvelle société d'encouragement établie depuis peu à Lisbonne 
s'empressera de faire valoir auprès du gouvernement les observations de MM. Van- 
delli et Cabrai sur un objet si important d'utilité publique, et qu'aucun de ceux 
développés dans les Mémoires économiques sur divers objets n'échappera au zèle 
qui anime les membres de cette société. 



( iS6 ) 

d'Olliào , et quelques autres qui appartienneut à des particuliers : mi 
y ticut une Ibire fiaiiche de trois jours dans le «îois de juin. Do 
là on suit la grande route qui conduit de Lisbonne à Loires et au- 
delà , sur laquelle se trouvent divers petits villages peu remarquables. 

Loires , àhuitmilles de Lisbonne, vers le nord-nord-est, avec 'J283 
habi tans. Cet endroit est remarquable par les belles plantations d'oranger» 
de ses environs; le fruit de ces arbres passe pour être de la meilleure 
qualité : on y tient une loire tranche de trois jours dans le mois de 
juillet. En revenant sur Lisbonne j ar Lumiar, et plus près de ce der- 
nier lieu , on trouve plusieurs maisons de particuliers dont quelques- 
unes sont bâties avec assez de goût. 

CAMPO-GRA^Di: , qui est sur la même route, est une très- grande 
plaine oblongue plantée d'arbres et entourée de jardins potagers et de 
maisons de nobles et de particuliers , dont la plus remarquable est uue 
fabrique de soieries. Ce lieu, qui compte i.3o2 liabitans, est le rendez- 
vous ordinaire des cavaliers et du beau sexe de Lisbonne, particu- 
lièrement les dimanches, et on y fait quelquefois des courses. On 
y tient dans le mois d'octobre une foire de huit jours, dont les trois 
premiers sont francs : cette foire est devenue très-importante , étant 
fréquentée par une grande partie des habitans de Lisboane et des 
environs , ainsi que par ceux de l'intérieur. Plus en avant , du cote 
de la ville, est Campo Peçceno , bâti dans une plaine moins grando 
que l'autre et lie forme carrée, où les troupes vont faire des manœuvres; 
elle est entourée de maisons avec des jardins , dont les seules remai- 

auables sont celles de M. d'Almeida et du baron de Sobral ; le chemia 
e ce lieu, jusqu'à la ville, est couvert de maisons. En sortant p.tr 
la Calçada d'Arroios on passe par l'Jrco do Cego , où est la maison 
dans laquelle le ministre D. Rodrigo de Souza avait établi une imprimerji; 
et une école de gravure, établissemens dirigés parle naturaliste Velloso, 
et d'où sont sortis plusieurs ouvrages imprimés par l'ordre de ce zélé 
ministre d'Etat. Cette calcograpliie comptait en 1801 vingt-quatre 
graveurs. 

Char>eca , à dnw milles vers le nord de Campo- Grande , avec 
*'jo^ habitans, est dans uue plaine entourée de maisons et de jardins 
potagers peu remarquables : ou y tient ime foire franche de trois 
jours dans le mois d'août. 

.Sacavem, à deux milles plus à est, et à six milles de Lisbonne, avec 
1023 habitans, prcs du Tage et sur la rivière de Friclas , qu'on y passe 
sur un bac, avait anciennement un pont en pierres qui a été emporté par 
la crue des eaux; mais l'intérêt du péage, qui appartient au domaine 
de la maison de Bragance , a fait substituer le bac construit par l'ingé- 
nieur hydraulique Bento da IMoura. Cet endroit est remarquable par 
la grande quahlité de magasins de vin qui s'y trouvent. On y tient 
une foire franche de trois jours dans le mois d'août. Deux routes con- 
duisent de ce bourg à Lisbonne , l'une, qui se dirige par l'intérieur, 
est bordée de vignes et d'oliviers , et n'a rien de remarquable que quel- 
ques grandes maisons de particuliers ; sur l'autre , qui longe le Tage , 
ee trouvent le dépôt des poudres de Beirolas ; Ouvaes et Braço eï 
Prata , où sont de grands dépôts devin , et Marvilla où est une sa- 
vonnerie. Ces derniers lieux forment un faubourg de Lisbonne , car les 
maisons de nobles et de particuliers se suivent sans interruption. 0» 
rencontre en s'apprcchant de la vilL: trnis couvens de moines et deux. 
dg religieuses. La maison de plaisance du patriarche à Marvilift 



( i57 ) 

a lieux «ailes (jui «outornces des portraits des arcljev(}>iiits de Lisbonne , 
les uns faits et d'autres retouchés seulement par le célèbre peintre 
Vitira l'ancien. 

COMARCA. DE TORRES-VEDRAS. 

Chef-lieu. Torres-Vedras, gros bourg près du 
Sizandro, avec un aqueduc et 3410 habilans. 

Endroits les plus remarquables. Bellas, 
Gascaes, Carcaveeos, Colares, Quelus et Ma- 
FRA. Tous ces endroils ont ctc décrits dans les envi- 
rons de Lisbonne. 

Ericeira , villa., bâtie sur un petit golfe, et hu- 
bilée par * 255o liabitans presque tous pêcheurs. 

COMARCA DE RIBA-TEJO , OU DE CASTANHEIRA. 

Chef-lieu. Castanheira. , -villa de ^^o habi- 
lans, bâtie à peu de distance de la rive droite du Tage, 
dans ime plaine très-fertile. 

Endroits les plus remarquables. *' Villa- 
FRANCA, villa, avec un port sur la rive droite du 
Tage et 4^98 liabitans. Depuis cet endroit jusqu'à Sa- 
cavein on trouve un grand nombre de salines le long 
du Tage ; de l'autre côté de la rivière on en trouve 
aussi beaucoup depuis Pancas jusqu'à Montijo , outre 
plusieurs antres plus considérables placées dans les 
sinuosités formées par le fleuve du côté du sud. 

* Alhandra, villa de 1669 liabitans, avec un port 
sur la rive droite du Tage. Il s'y trouve plusieurs fa- 
briques de tuiles et de briques , qu'on emploie pour lu 
plus grande partie des constructions qui se font à 
Lisbonne. C'est ici que commencent les terrains bas 
connus sous le nom de Lizirias de Villa-Franca , qui 
ont une surface de 68 milles carrés , et qui ne sont que 
des îles très-basses mais très -fertiles en blé et en pâtu- 
rages qui sont arrosés par le Tage. 

COMARCA d'alEMQOER. 

Chef- lieu. Alemquer, villa de r-iSyi habilans, 
bâtie près de l'Aleraqucr sur un terrain élevé ^ mais 



( i88 ) 

irès-ferlile en fruits, blé et vin. La fabrique de papier 
la plus considérable de tout le royaume est établie dans 
cet endroit. 

JEn droits les plus considérables. ^ Obi- 
dos, iiilla de 2770 habitans, balle sur une colline près 
de l'Arnoya, qui se jolie dans le lac d'Obidos. On y 
trouve des restes d'antiquités , entre autres un aqueduc 
de plusieurs centaines cî'a relies. 

*^ Caldas , 'Villa bâtie sur la pente d'une colline. 
Dans les mois de mai et de septembre, cet endroit est 
fréquenté par beaucoup de personnes qui s'y rendent 
de toutes les parties du royaume pour prendre les bains 
sulfureux connus sous le nom de Caldas da Rainha. 
Population permanente ^ i444' ^c>n juiz de fora est 
le même que celui d'Obidos. 

* Chamusca, villa de 5o54 habltans, bâtie sur la 
rive gauche du Tage , dans une plaine très-fertile en 
blé et en vin rouge excellent. 

'^ Gi?<TRA. Voyez les environs de Liishonne. 

San-Joao das Lampas , villa de 2625 îiabitans. 

COMARCA DK LEIRIA. 

Chef-lieu. Leiria (cidade) , très-ancienne ville 
épiscopale, bâtie près du Liz, dans une vallée fertile 
et bien cultivée. On y voit encore le palais à demi 
ruiné où habitait le grand roi Denis. Cette ville est 
assez marchande et contient 2o3 1 Iiabitans. Sur les 
collines environnantes sont de superbes forêts de sapins 
qui furent plantées par ordre du roi Denis, pour em- 
pêcher les vents de transporter les sables de la plage 
sur le sol fertile de l'intérieur. A environ trois milles 
au sud est le village de Marinha grande , avec une 
superbe verrerie qui fournit aux besoins de la plus 
grande partie du Portugal et de ses possessions d'ou- 
tre-mer. 

Endroits les plus remarquables. Ba- 
TALHA , villa de i552 habitans, remarquable par le 



( i89 ) 
superbe couvent bâti par Jean 1"% qui passe pour être 
un des plus beaux morceaux cVarchilccture normano- 
goibiqùe , et dont Murphy a public une description 
ornée de gravures représentant toutes les parties de ce 
chef-d'œuvre. 11 est à regretter queAec^Capellas /mper- 
feitasycs^ècc de Panthéon destiné à recevoir les cendres 
des rois, se trouvent exposées aux ravages du temps et 
à toute l'inclémence des saisons , sans qu'aucun abri 
protège les belles sculptures qui s'y trouvent, et qui, 
malgré la négligente insouciance des hommes, résis- 
tent à la desiruclion qui les menace depuis tant d'an- 
nées. La chapelle, qui contient le beau mausolée de 
Jean T'entoure de ceux de ses en fans , répond par- 
faitement à l'opinion que l'histoire nous conserve de ce 
grand roi. 

* SouRE, bourg de * i/i-'jB habitans. 

* Péniche, ^illa de 25i8 habitans, dans la pres- 
qu'île de ce nom, avec un port qui ne peut rece- 
voir que de petits batimer.s. Voyez à la page 669 du 
premier volume. 

A quelques milles à l'ouest de Péniche est le groupe 
des lies Berleugas, qui est formé par l'île Berlenga et 
plusieurs rochers qui l'environnent. L'île Berlenga, 
qui est d'une grandeur et d'une hauteur moyenne , 
imie sur son sommet et presque taillée à pic dans la 
majeure partie de sa circonférence, est coupée dans 
presque toute sa largeur par un isthme large de 5o 
brasses qui sépare les deux parties appelées CarT\?lro- 
dos-Caçoes et Carreiro-do-Mosteiro. Au sud-ouest 
de ce dernier s'élève à peu de distance, sur un rocher, 
une forteresse qui communique avec la Berlenga par 
un pont étroit de deux arches, et un mauvais chemin 
qui conduit au sommet deLîle. 

* PoMBAli, villa peuplée 6e. '^ 4^4^ habitans assez 
industrieux, avec un beau palais appartenant aux 
descendans du marquis de Castello -Melhor. On y 
trouve aussi les ruines d'un ancien château. 



( '9^^ ) 

eoMARCA O AI C<)CA'*\. 

Chef-lieu. Alcobaça, villa de i534 habitans,' 
hutie au conflucnl de la Baça cl de l' Alcoa. On y trouve 
la célèbre abbaye cbef-îieu de l'ordie de Cîteaux en 
Portugal , ricbeiiient dotée parle roi Alplionse Henri 
lors de la prise de Santarem sur les Maures. Les do- 
maines de cette abbaye sont très-étendus , et l'abbé 
jouit de beaucoup de privilèges non - seulement 
comme (esmoler mor) grand-aumônier , mais encore 
comme donataire de la couronne , pour la nomination 
des ofiiciers de justice , des officiersîle milice (ordenan- 
cas) et de toute espèce d'administration. Le couventest 
vaste, l'église très-belle; on y remarque un riclie sanc- 
tuaire , et dans l'une des chapelles on admire le mau- 
solée contenant les corps du roj Pierre I^"^ et de la 
fameuse reine son épouse Ignez de Castro. La biblio- 
thèque est riche en manuscrits relatifs à l'histoire an- 
cienne du royaume : le catalogue en a été imprimé il 
y a quelques années. Sous le règne du roi Joseph on 
établit un collège dans le beau bâtiment attenant à la 
façade deTéglise. Le marquis de Pombal utilisa d'autres 
emplacemens du couvent, en y plaçant des métiers de 
batiste et de linon. On y établit ensuite une belle 
filature de coton dans la ville , qui fut incendiée par 
les Anglais dans la dernière guerre. Le pays est d'ail- 
leurs renommé par l'abondance et la qualité supérieure 
des fruits qu'il produit. 

Endroits les plus remarquables, Peder- 
NEIRA, villa bâtie sur la petite baie de Pederneira, 
dans laquelle se jette l' Alcoa. Les habilans, qui sont 
au nombre de * 1901 , sont presque tous pêcheurs. A 
une petite dislance est l'église de Notre-Dame de Na- 
zareth (Nossa Senhora de Nazareth), qui est visitée 
par un grand nombre des pèlerins, et dont le clocher 
très-élevé sert de signal aux marins. 

S an-Martin HO , cilla de * 907 habitans, avec un 



porl nag[uèie presque entièrLMuent comblé de sables , 
et que le plan savamment imaginé par le colonel du 
génie Luiz Gomes de Carvalho vient de rendre au 
commerce etàla marine militaire (i). Vers le milieu du 
siècle passé il offrait un abri excellent aux vaisseaux 
marchands qui venaient charger les bois des forêts 
de Leiria. 

COMARCA DE THOMAR. 

Chef-lieu. Thomar , ajilla de 5720 habitans , 
bâiie dans une plaine délicieuse couverte d'oliviers et 
de jardins, à la droite du Nabào, peu loin des ruines 
de ^'ancienne ville de Nabcmcia. C'est là que réside, 
dans un couvent d'une grandeur imposante, le grand- 
prieur de l'ordre de Christ. Thomar a une grande fila- 
ture de coton qui est la plus importante du royaume, 
des fabriques de soie, etc. 

Endroits les plus remarquahles. Figueiro 
DOS ViNHOS sur l'Aiso, influent du Zezere , "villa de 
* 24io habitans. 

Pedrogag Grande, villa de 486 feux, remar- 



f Ce port , qui clans le XVP siècle compta quelquefois jusqu'à So 
vaisseaux mouilles dans ses eaux , et qui possédait encore dans le 
siècle dernier un chantier militaire où furent construits deux vaisseaux 
de 60 canons et deux frégates de 3o à 40 , se détériora d'une manière 
très-rapide depuis l'alluvion de 1774 > époque à laquelle le Rio de Al- 
feizirào qui s'y jetait du coté do Selir établit son lit du coté de San- 
Martinlio. En 1799 le port ou bassin ( concha) du côté de San-Mar- 
tinho avait à peine, dans le meilleur mouillage, 11 palinos de fontl 
à la basse marée , et ne pouvait recevoir que 2 à 3 bàtiniens. En 1812 , 
181 3 et 1814 il n'y avait pas plus de 5 à 7 palnios tle profondeur et 
quelquefois même moins. Le plan proposé en i8i5 par M. Carvalho , 
que l'on commença démettre à exécution vers la fin de 181C, eut le plus 
grand succès. En 18 iS la sonde marquait déjà un fond de 14, i5 et 
16 pal/nos dans la basse marée, et en 1821 de 16, 17 et 18. Lcstravaux 
sont sur le point d'être achevés , et le Portugal aura gagné un beau 
port avec la modique dépense de 32 000000 reis. Ce mouillage est dou- 
blement important par sa position et pour sa grande sûreté , ce dont 
'*n a eu une preuve lors delà terrible bourrasque de décembre 183 1 , 
qui ne fit souiïrir aucune avarie aux hyacts qui s'y trouvaient mouillés. 



( 192 ) 

quable par la seule forge de fer actuellement en activité 
dans le royaume, qui se Irouve dans son lermo. 

SardoaLj villa de 5345 feux. 

'^ AdraNtes , villa de 4914 l''^ti'^''»î^s , bâtie sur la 
rive droite duTage^, dans une plaine délicieuse et fer- 
tile. L'église de Saint-Vincent est une des plus grandes 
et des plus magnifiques du royaume. Ce bourg fait un 
commerce très-important en blé, en huile et en frails, 
dont une grande partie est transportée à Lisbonne par 
le ïage. 



COMARCA D OUREM. 



Chef-lieu. Ourem, villa, bâtie sur une rnon- 
tagne, avec une vieille citadelle et 3o68 babitans. 

Endroits les plus remarquables. * Porto 
DE Moz, villa de 223o liabilans. 



COMARCA DE CHAO DE COUCE. 



Chef- lieu. Ghao de Gouce , villa de "*" 127g ba- 
bitans , dans un terrain fertile en bon vin et en châ- 



taignes. 



Endroits les plus remarquables. Aguda , 
villa de '*' ii48 babitans. 



COMARCA DE SANTAREM. 



Chef-lieu. SaNtakem^ villa de ySSS babitans. 
La partie située sur une assez haute montagne est 
défendue par une ancienne citadelle. Cette ville a 
été la résidence de plusieurs rois de Portugal, et l'est 
actuellementdu séminaire patriarcal.(Voyez à la page 54 
de ce volume.) La campagne environnante est très- 
fertile en blé et en huile , mais pendant l'hiver elle est 
sujette aux inondations du Tage, auxquelles est aussi 
exposée la partie basse de Santarem. Cet endroit fait 
un commerce très-actif avec Lisbonne. Dans son ter- 
ritoire est situé le village de Rio-Maior sur le Rio- 
Maior avec 3669 babitans; il a une source salée qui est 
la seule dont on tire parti dans tout le royaume. A peu 



( '9^ ) 

de distance se trouve le village ^ Azinheira y remar- 
quable par la fabrication des pierres à fusil. 

Endroits les plus remarquables.^Qou^Y.- 
r,AA, villa de 260G babitans, btitic au milieu de vi- 
gnobles qu'on a replantés après la mort du marquis de 
Ponibal , qui avait fait déraciner tous ceux qui se 
trouvaient depuis Gollegàa jusqu'à Sacavem pour les 
cbanger en cliamps de blé. 

* ToRREs-NovAs , villa de 4226 babitans, avec 
une manufacture de colon. 

Almeirim, villa de iS;] babitans, baiic en i/^ii 
par Jean r% où lui et d^autres rois ses successeurs 
venaient cbasser et passer une partie de l'biver. 

Salvaterra de Macos, villa de 21 38 babitans, 
avec un cbateau royal, dans lequel les rois, d'après 
une ancienne coutume , séjournaient depuis le 18 jan- 
vier jusqu'au mardi-gras. Son théâtre royal est aban- 
donné depuis long- temps. 

* AzAMBUJA, villa de 1 636 babitans. 



COMARCA DE SETUCAL. 



Chef-lieu. Setubal , villa de i4826 babitans, 
bâtie à la droite de l'emboucbure du Sado , sur \\n 
golfe qui y forme un très-beau port, mais dont l'entrée 
est très-difficile à cause des bancs de sable qui Tob- 
struent. Le sel qu'on fabrique dans ses nombreuses 
salines et le vin que produit son territoire sont avec 
les oranges et les citrons les articles les plus considé- 
rables de son commerce , qui est le plus étendu du 
royaume après celui des villes de Lisbonne et de Porto. 
Du côté opposé à Setubal se trouve une langue de terre 
i qui porte le nom de Troja , qui , d'après les monumens 
qu'on y a trouvés à différentes époquos et ceux qu'on 
a découverts en 181 4 (i) et qui ont été examinés par 



V; ''i)En i8i4 des pêchi^urs y trouvèrent une caisse qui contenait un 
cadavre qui tomba en poussière au contact de l'air; elle contenait eu 

II. i3 



( 19^ ) 

M. Antonio José Bons- Anios et autres savans du pays ' 
aurait été primitivement une colonie pliénicienne , e^ 
ensuite une coionic romaine. 

Endroits les plus remarquables. * Cezim- 
BRA, villa avec un petit port, un ancien fort sur une 
montagne , et 42.55 liabitans qui presque tous vivent 
de la pèche. Sur im sonimet du cap Espichel est une 
petite église nommée Nossa Senhora do Cabo, avec 
quelques bâtimens accessoires pom- les nombreux pè- 
lerins qui viennent la visiter , surtout dans le mois 
de mai. 

* Almada, Di/la de 4i66 babitans , bâtie sur un 
petit golfe vis-à-vis de Lisbonne , dans un terrain très- 
bien cultivé. Elle a un fort siu- un rocher, un hôpital 
pour les matelots anglais, et un grand magasin de vins. 
Dans ses environs se trouve la mine d'or à^Adissa. 
Voyez à la page i36 du premier volume. 

'^ AzElTAo OU Villa NoGUEiRA, villa industrieuse, 
avec une manufacture de coton, une teinturerie et 1670 
habitans. 

* Palmella, uilla de 2747 habitans, bâtie sur une 
montagne d'où l'on jouit d'une vue magnifique , et 
d'où l'on découvre Lisbonne et Setiibal. Le grand- 
prieur de l'ordre de San-Jago y réside dans un couvent. 

'^ ALDEA-GALLiiGA DE Riba-Tejo, vUla de 3477 
habitans, la plupart pêcheurs et matelots. Elle est bâtie 
sur un golfe fornié par la rive gauche du Tage. C'est 



outre une lampe qui exhalait encore un goût d'iuiile , une tasse , un 
chandelier , le tout en argent , avec des figures en relief très-bien con- 
servées. Ces objets et plus de i5o médailles se lro!tvent entre les mains 
des héritiers du lieutenant-général Dom Rodiigo de Lancaster, qui était 
alors gouverneur militaire de Setubal, et qui est mort en i8i8. Nous 
tenons tous ces détails de M. Antonio José Bons-Annos, qui nous les 
a communiqués par écrit lors de notre séjour à Setubal , en novem- 
bre 1821. Il serait à souhaiter que de savans antiquaires étrangcis 
examinassent ces monumens pour voir jusqu'à quel point il fiiut adop- 
ter l'opinion des savans nationaux sur l'cxisten«e et l'origine de cette 
colonie phénicienne. 



( 195 ) • 

le passage ordinaire tic tous ceux qui vont de l'Alem- 
Tejo à Lisbonne. Dans son territoire se trouve le sanc- 
tuaire de A'ossa Senhorn de Atalaya , bâti siu- une 
liaïUeur, et visité par beaucoup de pèlerins. 

* ^iouTA, villa de ii'Si habiians, bâtie sur la rive 
couche du Tage, qui a dans cet endroit une largeur de 
trois lieues. 

* Alcacer ou Alcacer-do-Sal, villa très-mar- 
chande , bâtie sur la rive droite du Sado , avec des 
salines très-inq^orlantes et 2582 liabitans. 

Graxdola, villci de 2o85 liabitans, bâtie dans une 
plaine à l'ouest de la Serra da Grandola, sur le Da- 
niini, influent du Sado. 

* ToruaO, villa sur la Gliarrama , avec 1807 lia- 
bitans. 



PU OVIN CE D AL EM -X !• JO. 



Cette ])rovince touche au nord à une très-petite 
partie de la Beira et à i Estreniadura espagnole; à l'est 
elle est bornée par l'Es' renia dura espagnole et l'An- 
dalousie; au sud par l'Algarve; à l'ouest pendant un 
petit espace par l'Océan, et pour tout Ij reste par l'Es- 
tremadura. L'Alem-Tcjo est divisé en huit comarcas. 



C03I\RCA D f.VORA. 



Chef-lieu. Evora , cidacle archiépiscopale, bâtie 
sur une hauLeur au milieu d'une grande plaine fertile 
en blé , vin et huile. Cette ville a éfé la résidence de 
plusieurs rois, et [)asse pour être la seconde du royaume 
quoiqu'elle soit beaucoup au-dessous de Porto en po- 
pulation , en industrie et en richesse. Son université 
a été supprimée lors de l'expulsion des jésuites. Elle a 
un séminaire et une grande et belle cathédrale. Sa po- 
pulation est de 9062 liabitans. On y tient à la Saint- 
Jean une foire qui est très-riche et très-fréquentée. 
Parmi les monuraens qui attestent la puissance des 



( '96) 

Romains, on remarque le bel aqueduc allrlbué à Quintus 
Sertorius ; du moins il en poi le le nom , et est très- 
bien conservé : il est bâti en pierres informes, ex- 
ceplé les arcbes qui sont en briques. Vers l'extrémité 
par laquelle il touclie à la ville, est un pavillon circu- 
laire en briques , destiné à couvrir le réservoir d'où 
parlent les canaux qui conduisent l'eau aux différentes 
Ibnlaineset citernes d'Evora. ParFélégance de la forme 
qui rappelle la fameuse lanterne de Diogcne à Athè- 
nes, et par sa parfaite conservation , nonobstant la fai- 
blesse des matériaux dont il est composé, ce monu- 
ment est un des morceaux de rarcbiteclure ancienne 
les plus beaux que l'on puisse trouver en Poriugal. Il 
est à*regrelier qu'un autre monument fondé aussi par 
Sertorius , le temple de Diana , qui était un lemple 
périptère , soit abandonné aux ravages du temps , et que 
les liabitans d'Evora le laissent- profaner au point de 
le faire servir de boucherie. L'élégance qu'on admire 
dans les restes de ce temple a fait penser que l'archi- 
lecte était un Grec, d'après la supposition que Rome, 
ati temps de Sertorius, ne possédait pas d'artistes ca- 
pables de concevoir et d'exécuter un monument aussi 
parfait. 

Erzdroils les plus remarqudblp.s. * Estre- 
Moz , "vilhi bâtie sur une hauteur dans un terrain fer- 
tile , avec une citadelle et une place très-vaste. Elle a 
6268 habilans. On y fabrique une grande quantité de 
ces vases de terre qui, à cause de leur grande porosité, 
sont employés dans tout le Portugal et dans une grande 
partie de l'Espagne pour faire rafraîchir l'eau. On 
trouve dans son territoire des carrières de marbre 
d'une excellente qualité. 

^ MoNTEMOR o Novo , v'illa de 2g45 liabitans, 
bâde près du Canha. Sur le sommet de la montagne 
est un fort de construction arabe, qui tombe en ruines. 

Vendas-Novas , village dans un endroit sablon- 
neux f où le roi Jean V fit bâtir une superbe maison 



( 197 ) 

de campagne. Il servait encore, il y a peu de temps , 
de château de chasse aux rois de Portugal. 

* Redon DO, villa de 2423 habilans. 

Barroca de jXossa Semiora da. Brotas, village 
remarquable à cause du grand nombre de pèlerins qui^ 
de plusieurs endroits de rAlem-Tejo, viennent y vi- 
siter une image de la Sainte- Vierge. 

* Vianna.d'Alem-Tejo, villa de. 1 356 habitans. 

COMARCA DE BEJ4.. 

Chef-lieu. Beja , cidade épiscopale de 5444 
habitans, située sur itnecolline^ avec un fort bâti par 
le roi Denis , et quelques restes d'antiquités romaines, 
telles que la porte du Sud, un aqueduc, etc. L'évé- 
que Cenaculo y avait forme un musée composé des 
antiquités et des inscriptions qu'on y a découvertes. 
Ce musée fut depuis transporté presqu'en totalité à 
Evora, dont ce prélat devint archevêque, et où il 
mourut. 

Endroits lesplus remarquables. ^ Moura, 
villa à 3 milles à l'est de la Guadiana, avec 3844 
habitans. 

^ Serpa, villa, bâtie sur une hauteur, "à environ 
deux milles et demi à l'est de la Guadiana, avec 4582 
habitans, qui font un com'iuerce considérable de con- 
trebande avec l'Espagne. 

'*" Alcoutim, villa ) bâtie sur une montagne à la 
droite de la Guadiana , avec un fort entièrement 
ruiné. Celte ville a 1 566 habitans, et un bureau de 
douanes. 

'*" V1MGUEIRA, villa de 2382 habitans, bâtie dans 
une des plus délicieuses positions de la province. 

* Cuba , villa de 2435 habitans. 

COJIARCA d'oUIUQUE. 

Chef- lieu. * Ourique, villa de 2078 habilans, 
bâtie sur une hauteur qui domine le fameux Campo 



( ^9^ ) 

d'Ourkjue, ou Aiplionsc 1 ' baliilies Mauicsen i i3g. 
D(ipuis lon^- temps le conegeclor n'y réside plus, mais 
demeure àMessejana, qui est la véritable capitale delà 
comarca, quoique Ourique en conserve encore le litre. 
Endroits les plus remarquables. * Mer- 
TOLA, villa baiie sur le sommet d'une montagne, sur 
la rive droite de la Guadiana , avec 1792 Labitans. 

* Almodovar, villa de ^471 habitans. 
Castroyerbe, villa &\i\\e Corbes, avec * 2oo5 

habiians. 

* SiNES, villa avec une citadelle, un port et 164^ 
habitans ;^ la plupart pécheufa. 

ViLLA-NovA DE MiLFOM'ES, Villa * de 1800 babi- 
tans j bâtie à l'embouchure de TOdemira, qui y forme 
un petit port. 

^ SA^ ÏHIAGO DE Cacem, vUla de 2o45 habitans, 
avec un petit port. 

* MessejawA;, villa de 1214 habitans. C'est la 
résidence ordinaire du corregedor de la comarca. 

^ Odbmira, villa bâtie sur le petit iîeuve de ce 
nom, avec 23^2 habitans. 

COMAKCA DE VILLA-VIÇOSA. 

Chef-lieu. Villa-Vîçosa , villa bien bâtie, 
avec un ancien fort et un grand palais, où résidaient 
les ducs de Bragança , et où dernièrement les rois ve- 
naient passer une partie de l'année. A huit milles de 
distance se trouve un parc (tapada) de dix milles de 
circonférence, environné de murs, avec un palais de 
cîiasse. Ce parc est rempli de gibier. Villa-Viçosa con- 
tient 3452 habitans, et est le chef-lieu de l'ordre de 
la Conception. Voyez à la page 396 du T'" volume. 

Endroits le s plu's rernarquab les. '*'Bokba, 
villa de 3424 babilans. 

^ Alter do Chxo, villa sur lErredal , avec 1968 
habiians. 



( ^99 ) . 

* Arrayolos, villa de 1881 lial)ilu!)S, balic sur 
une montiii^ne, avec im fort. 

* Porte L, villa de 17 58 halnians, bâtie sur une 
hauteur, avec un palais jadis habité par les ducs de 
Bragança; on y trouve le premier ha: as du l'orlui^fah 

^ MoiysARAS, villa siliice sur un rociier élevé à la 
droite de la Guadiana, avec un for!.. Elle a l3t)5habilans. 

* Sou ZEL. , villa de 162^4 habilans. 

*^ Mon FORTE, W//adego8 habitans. 

eOMARCA d'eLVAS. 

Chef -lieu. Elvas , que le^ Espagncîls nomment 
Yelves QM. Helves ^ CiV/ar/^ épiscopale, bâtie sur une 
hauteur, dans une canipai;ne irès-t'ertile en blé, huile, 
vin et fruits. Les édifices les plus considérables, outre 
Iqs fortifications, sont la cathédrale qui est grande, 
l'arsenal, et l'aquéduc qui est long de plus de trois 
milles. Cette ville, où ^e trouve une douane, fait un 
commerce très-important et très-avantageux avec la 
place de Badajoz, par laquelle elle fait passer en Es- 
pagne plusieurs sortes de marchandises de contre- 
bande. Elvas a un théâtre et contient 994g habilans , 
non compris sa nombreuse garnison. Elle est la plus 
forte place du royaume. Voyez à la page 367 du pre- 
mier volume, et a la page ccxxv du Coup d œil. 

Endroits les plus remarqua blés. * Ca.mpo- 
Maior , villa et place forte à 1 est de la Cava , avec 
4496 habitans. 

* MouRAo, villa àe i486 habitans , non loin de la 
nve gauche de la Guadiana. 

* Terena, vi/la de 689 habitans. 
OuGUELLA., villa bâtie près de la Gevora , sur une 

montagne, avec'*' 129 habitans. 

Barbacena, villa de 814 habitans. 

COMARCA DE PORTAI.ECRE. 

Chef-lieu. Portalegre, cidade épiscopalc, bâ- 



( 5r»o ) 

t le sur une colline, .as ce une grande manufacture de 
draps et G 1 38 habitans. 

Endroits les plus remarquables. * Ar- 
iojNCItes, villa de iidq baLllans, au confluent de 
TAllegrete avec la Caya-. 

^ Castello de Vide^ villa bâtie en partie sur une 
colline ; elle a une manufacture de draps et 5^43 ba- 
biians. 

^ NiZA ou NissA, villa de aSgi babitans. 

^ Marvao, villa de 960 babitans, et place forte, 
bâtie sur une montagne escarpée, que quelques geo- 
grapbes croient être le Merminius minor des anciens. 
Dans une quinta de son territoire appartenante au 
marquis de ïancos on a trouvé beaucoup de vases de 
terre, de médailles, d'inscriptions et autres antiquités; 
on y a découvert des débris d'anciens bâtimens jus- 
qu'à la profondeur de deux toises. Les auteurs portu- 
gais prétendent que c^est l'ancienne Meidobriga. 

MoîntalvaO, villa de 736 babitans, bâtie sur une 
bauteuràla gaucbe du Sever, influent du Tage. 



COMARCA DE CRATO. 



Chef-lieu. CratOj bâtie près de l'Ervedal sur 
une bauteur. Celte villa, contient 1 169 babitans et est 
la résidence du grand-prieur de l'ordre de Malte. 
Voyez à la page 394 du premier volume. 

Endroits les plus remarquables. Sertao , 
villa près du Sertào , avec un ancien fort qu'on croit 
avoir été bâti par Sertorius ; elle compte ^ 0284 
babitans. 



COMARCA D AA'IZ. 



Chef-lieu. Aviz, ^illa bâtie près de i'Aviz, 
aveciogS babitans. Le grand-prieur de l'ordre d'Aviz 
habite une belle maison de cette ville. (Vovez à la page 
5^4 du premier volume.) 

*Endroits lesplus remarqua blés. "^ Bexa- 



20I ) 



VENiE, pies du Son-aya, non loin de soa CûnnueiU 
avec le Ta-e, Pi//a de j 954 habil., avec un palais royai. 

^ ÇoRUCHE, P77/r. de2320 liabhans ,près du Sor- 
rayiij au pied d'une montagne. 

"^ Cabeço de Vioi], sur mie colline, wV/.v, de ic86 
haMlans. 

'^^ Fronteîra, f^if/ri Uile sur une colline, près du 
Zelas, avec 181 3 habiians. 

Jerumexiia, Pilla et place forte à la droite delà 
Guadiana. LUea '*" 53o habitans. 

PROVINCE DE LA BEiaA. 

Celte province esfbornëe au nord par celles du 
AJmho et de Tras-os-Montes ; à l'est par le royaume de 
Léon et 1 Lstremadura espagnole ; au sud par cette même 
!>rovmce et 1 Eslremadura portugaise; à l'ouest par 
1 Ucean. La J3eira est divise'e en 1 1 comarcas. 

COMARCA DE COBIDRA. 

Chef- lieu. Coi^iBRA , cidade épiscopale, bikie en 

amphiineaLresurunecollinedominantleMond-^o,dans 
une situation charmante, moitié sur le coté occidental 
Cl imecoliineescarpéeetmoiùé dansla plaine arrosée par 
celJeuve.Coimbra est entourée de collines i^arnies de 

couvcnsetaebaUmenscpdsejoisnent,depuis.lcséminaire 
episcopal avec les couvens deSanla-Anna, des Marian- 
nos et des beaedictms , par un bel aqueduc , et avec le 
palais de 1 université, qui lui-même est couronné par 
la tour carrée de ce dernier établissement, d'oii l'on 
jomt du superbe coup d'œil de la plaine dite Campa 
do 3Iondego,<^m s étend l'espace de sept lieues jusqu'à 
ii^ueira. Cette vde, qui paraît d'un aspect riant à 
extérieur par la disposition de ses édifices, devient 
triste des qu on y est enlré, et de quelque côté qu'on 
y arrive on y remarque le même ton de tristesse : cela 
vient de ce quêtant une position très-fbrie sous les 
hOmains,les Alams et les Maures, l'cncelnie arélréci 



( 202 ) 

l'mtt'i leur dune luaiuère très -bizarre. En arrivant 
par la roule de Lisbonne on la découvre à l'endroit 
nommé Cruz dos balouços dans toute sa longueur , 
se terminant d'im côté par le beau séminaire ;, et 
de l'autre par la belle église de Santa- Justa, près 
de laquelle on aperçoit le beau pont da Geria , sur 
lequel on traveise les marres d^au formées par le 
ruisseau de Ciiselhas et autres. Sur la colline qui 
reste vis -à vis Goimbra est bâti le superbe couvent de 
religieuses de Sainte-Claire. Ce couvent a une belle 
église où se trouve le corps de sainte Isabelle , épouse 
du roi D. Diniz : au bas de cette colline, et en face du 
pont qui traverse le Mo Jidego, ^ont le beau couvent et 
i église des Franciscains, bâtimens d'une bonne archi- 
tecture. En se dirigeant vers le pont, auquel on par- 
vient par des avenues plantées de beaux arbres , 
on rencontre une petite plaine qui conserve le nom 
de Santa-Clara à cause de l'ancien couvent dont il 
n'existe que des ruines. 11 y a dans le même endroit ce 
qu'on nomme la Feitoria y c'était le magasin où l'on 
gardait et où l'on fabriquait des cordages avec le 
chanvre de Coimbra, sous le roi Emmanuel. Tout près 
se trouve la Quinta dos lagrimas (la campagne des 
larmes), où i ori voit la Fonte dos amores ( la fontaine 
des amours), célébrée par Camoens dans le touchant 
épisode d'ignez de Castro. Le culte traditionnel du 
peuple pour cette fontaine , qui lui rappelle des sou- 
venirs si touchans^ n'a pas permis au propriétaire de 
la Quinta das lagrimas d'enclore le petit recoin qui 
porte un tel nom; il a dû en faire le sacrifice au public. 
Les souvenirs que réveille ccî lieu mériteraient bien 
que l'on y fit quelques crabellisscraens. Le beau pôni 
sur le Mondego est b;ki en pierres de taille au-dessu> 
de celui qui fui construit du temps de» Maures , et qui 
est aujourd'hui enseveli tous les sables charriés par la 
rivière. 

Tous les ordres religieux qui ont des collèges à 



( 205 ) 

Coini))ia , étant assez bien dotés , il s'en trouve de 
bienliatis. Les plus notables sont les suivans : des Cru- 
sios, bâti sur le modèle 'de celui delà Sapienza à Rome, 
et dont Tégllse , en belles pienes de taille , est con- 
struite sur celui de lu Sorbonne de Paris j des Bénédic- 
tins, des Hiéroniniiles, des Bernardins , des Loyos et 
de l'ordre de Clirist. Le collège des A rts , appartenant 
aiurefois aux jésuites , est aussi un bâtiment remar- 
quable. Lors de l'abolition de cet ordre célèbre on 
donna une nouvelle destination aux édifices qui lui 
appartenaient àCoimbra. Leur ])elle église située dans 
la Praça da feira (place du marché) a été convertie 
en cathédrale, et une partie du couvent est devenue 
l'hôpital pour la .ville , dont l'inspection fut confiée 
à l'université, et qui fut mis à la disposition de la fa- 
culté de médecine. Sur l'emplacement attenant à la 
cathédrale on bâtit le î»iuseimi d'histoire naturelle, le 
cabinet de physique, le laboratoire de chimie, et 
1 amphithéâtre d^anatomie ; ces bâtiiiiens embellis- 
sent la ville, et contiennent de belles collections. Le 
roi Joseph a beaucoup augmenté la dotation de i uni- 
versité avec les biens des jésuites. Ces étabhsseniens, 
consacrés aux sciences physiques , se trouvent séparés 
du Palais Royal de l'Université (Paços Reaes das Es- 
colas), qui est un bel édifice dans lequel se trouve une 
grande chapelle desservie par des chapelains aux frais 
du roi, usage qui s'est conservé depuis le temps où les 
rois de la première dynastie habitaient Coimbra. Une 
grande salle , destinée aux cérémonies académiques , 
est ornée des portraits de tous les rois ; î("S classes(geraes) 
disposées autour d'une galerie en arcades , la biblio- 
thèque , l'observatoire et l'imprimerie compîètenl ce 
bel établissement. Le vaste monastère de Santa-Grux 
de Coimbra est dans la ville basse; il fut bâti et riche- 
ment doté- par Alphonse Henri, qui y est enterré 
dans un mausolée érigé par le roi Emmanuel. L'édi- 
fice est construit dans le genre gothique du plus raau- 



( 204 ) 

vais goi\l , mais les embellissemeiis modernes ont re- 
médié en partie à ce défaut. Le sanctuaire, bâti en forme 
de rotonde dans le genre moderne , est le plus riche 
ornement de ce monasfère vaste et sombre , qui pos- 
sède quelques beaux tableaux et des vases en métal 
précieux d'un travail exquis. Le chef des chanoines 
réguliers de Saint- Augustin , auxquels appartient ce 
riche monastère, jouit non-seulement de gros revenus 
et des droits seigneuriaux , mais encore de la juri- 
diction épiscopqle dans un quartier de la ville basse, 
sans être s#umis en rien au diocésain : il a en outre à 
perpétuité la place de chancelier de l'université , ce 
qui lui donne le droit de conférer le grade de docteur 
dans toutes les facultés. Un superbe parc attenant au 
monastère renferme de beaux jardins avec des cascades 
et d'autres embellissemens , qui sont encore relevés par 
des plantations très-variées d'arbres à fruits ou d'or- 
nement. Deux églises bâties .l'une au-dessus de l'autre 
ornent la grande place de la ville basse; elles sont dé- 
diées sous l'invocation de Saint-Jacques (San Thiago), 
et de Saint-Martin (Martinho). L'ancienne cathédrale 
est dans le genre gothique ; on remarque au dehors 
de l'église le tombeau du comte Sizenando , adossé 
à la muraille (i). 

Coimbraest la résidence delà direction générale d'in- 
struction publique (Real jwita de directoria ^ercd dos 
estudoseescolas), (|ui est présidée par le recteur de l'uni- 
versité ; il n'y a actuellement qu'une seule typographie 
où l'on imprime les livres classiques à l'usage des nom- 
breux étudians de l'université et d'une grande partie 
des écoles du royaume. Sa population permanente est 
(le * i52io habiians , dont une partie s'occupent à 



{\'j D'aprc« r.wîcirnnp discipline ecclésiastique, il n'était pas pernni 
H'inl'.iiiïier les rorps dans rintéiicur «le? temples. 



( 2o5 ) 

fabriquer de la faïence, de la toile, des ouvrages en 
corne et autres. Elle est le centre d'un commerce in- 
térieur assez considérable. 

Les environs de la ville présentent une culture soi- 
gnée et variée; tous les fruits sont d'excellente qualité, 
surtout les oranges; les vergers où on les cultive pré- 
sentent l'aspect d'une foret. Les villas baignées par le 
JMondego jusqu'à Buarcos présentent de beaux sites , 
mais on n'y voit pas cette aisance à laquelle on devrait 
s'attendre dans un si beau pays. Ce llcuve a fait de 
grands ravages sur un terrain immense qu'il a couvert 
de sable , en se détournant de son ancien lit. Il faut 
espérer que les théories hydrauliques qu'on enseigne 
à 1 université seront avant peu appliquées avec succès 
à rendre à la culture des champs autrefois si fertiles , 
et que l'envahissement des sables condamne mainte- 
nant à la stérilité. 

Endroits les plus remarquables. Mi- 
RA^DA DE CoRYO, villa^YQs du Dueça, avec ^ 388i 
habitans. 

Anciao , villa bâtie sur des collines près de l'An- 
ciào. 

BtiARCOS, villa de '^^ 682 habitans , remarquable 
par la mine de charbon qu'on y exploite. 

^ FiGUEiRA ou FiGUEiRA DA Foz , sur le bord 
septentrional du Mondego , qui v forme un port. Les 
habitans de cette villa , qui sont au nombre de * 6407, 
font un commerce assez considérable. Les principaux 
articles d'exportation consistent en sel, huile, vin et 
fruits, surtout en oranges. 

LouzaA, i>/7/« de '*' 3i58 habitans, bâtie au pied 
du mont Louzàa , d'où l'on tire la glace qui est en- 
voyée à Lisbonne. 

'*■ Pe^ella , villa de * 5457 habitans. 

"*" Monte Mor-o-Velho sur le Mondego, villa 
de * 2 5 2 5 . hab itans . 

* Te'ntugal, W//«. 



( 206 ) 
COMARCA d'aRGANIL. 

Chef 'lieu. AuGAiviL, villa àe^ ï^^QÔ habitans. 
E adroits les plus remarquables. Goe^, 
villa de * D.bq^ habitans. 

COMAF.CA d'aVEIRO. 

Chef-lieu. Aveiro, czc/«<:/(? épiscopale, à l'em- 
bouchure de la Vouga, qui y forme un port aussi vaste 
que profond. Cette ville, naguère pauvre et oubliée , 
recouvre de jour en jour (i) son importance maritime 



(i) La Voiîga , qui traverse cette çoinarca fertile, focilitc le com- 
merce cl'exporiation de ses tleiirées par la sûreté qu'elle oll're pour la 
navigation dans un port qui ne s'étend pas à moins de 9 milles d'Aveiro 
vers Ovar. Aveh-o a toujours été, par cette raison, une des villes les 
plus importantes du Portugal. En i55o elle avait 12000 habitans, et 
possédait plus de i5o Lâtimens marchands. Tous les ans il sortait de 
son port 60 vaisseaux qui allaient iairc la pêche de la morue sur le 
grand banc de Tcrre-lNeuvc , et loo vaisseaux chargés de sel pour le 
Minho , le Tras-os-Montcs et la (îalice. Mais cet état florissant alla 
toujours en diminuant de iS^ô à i685 , à mesure que son port se com- 
blait. Le mal était atrivé à son comble en 1801. Le mouvement conti- 
nuel des sables le long de la côte éloignait la barre au sud jusque 
près de Mira , c'est-à-dire à plus de i5 milles de sa situation primitive. 
Les fertiles campagnes d'Aveiro, qui rendaient autrefois 3oooo moyos 
de blé, éprouvèrent les conséquences fatales de ce changement, ainsi 
que les grandes salines qui fournissaient annuellement plus de 16000 
moyos de sel. Ce grand et fertile territoire s'était transformé en un ma- 
rais d'où s'exhalaient des vapeurs qui devinrent un fléau contagieux pour 
.sa population et celle des environs. Telle était la situation déplorable 
de cette ville lorscju'en 1801 le comte de i.inhares ordonna au bri- 
gadier Oudinot et au lieutenant- colonel L. G. de Carvalho de pré- 
senter un plan pour rendre à Aveiro son .ancienne splendeur. Les plans 
de ces deux habiles oiîiciers ayant été trouvés en rapport, on commença 
les travaux en 1802 sous leur direction. Le brigadier Oudinot étant 
parti pour Madère, le colonel Carvalho fut chargé de l'inspection , et 
l'entreprise fut accomplie le 3 avril 1S08 , après une dépense de 
100 ooocoo rcis Le port d'Aveiro fut formé par la construction d'une 
di^ue de 1 a 10 brasses de longueur , sur une largeur moyenne de "/i 
palmos , s'élevant dans toute la longueur de plusieurs palmos au-des- 
sus du niveau des plus fortes marées d'hiver. Par le moyen de celte 
di"ue, qui traversait entièrement le Vouga , on parvint à faire ser- 
vir les eaux mêmes du fleuve à enlever les sables ou dunes qui le sépa- 
raient de l'Océan , à mesure que l'on fit avancer la digue de l'orient 
à l'occident. _ . 

Le courant du Vouga, qui d'abord était insensible, s'augmenta par 



( 207 ) 

et devient moins insalubre. Les anicles principaux tle 
son commerce d'exporlation sont le sel , qu'on y fabri- 

la compression îles taux que j)roduisait l'avancement de la digue. Ce 
couiant.arliticicl a enlevé le sable qui. en divers lieux, s'élevait en 
dunes de 3o palmos de hauteur. La barre se dirige maintenant tout- 
à-fait vers ce point d'appui, qui la retient toujours sur le côte lucri- 
dional, et sans lequel elle se porterait de nouveau vers le sud, Afin 
d'apprécier l'efTct de cette digue , il faut remarquer qu'en 1778 l'an- 
cienne barre était située à la distance de 8 _i milles au sud de la cha- 
pelle de Nossa Scnhora das Areas ; il y avait alors 8 palmos d'eau sur 
le banc à basse marée. En 1802 , lorsque les travaux d-j la digue lu. ont 
commencés, la barre était déjà à lo ^ milles au sud de ladite chapelle , 
et n'offrait plus que 5 palmos d'eau à basse marée. Au commencement 
de l'année 1812 la barre se trouvait éloignée de 1 1 _£ milles au sud 
de la chapelle, et il n'y avait plus qiie4pilmos de profondeur su rie banc. 
De tout ceci on conclut que la marche progressive était de 87 brasses 
p.Tr an vers le sud. La barre sera meilleure et miiux affermie dans sa 
direction dès qu'on pourra arranger le bord septentrional du canal de 
manière à ce qu'il coure parallèlement à la digue, et rende nuls les 
etibrts des vents du nord-ouest qui tendent à poiter le sable vers l'in- 
térieur du port. Poui: empêcher cet inconvénient, il faudra planter 
tou.te cette vaste étendue sablonneuse de sapins. Il serait fort à désirer 
que les autres endroits de même nature , qui existent le long de la 
cote , fussent ainsi garnis et présentassent des bois semblables à celui 
de sapins de Leiria, qui a été d'une si grande utilité. C'est ainsi qu'on 
parviendrait à mettre des bornes à ces déserts arides qui empiètent 
continuellement sur les terres fe'rliios de l'intérieur sur lesquelles ils 
gagnent annuellement 3o palmos de terrain, comme l'a démontré le 
savant José Bonifacio d'Andrade. La côte, qui s'étend depuis Povoa de 
Varzim jusqu à Vianna do Minlio , était autrefois bordée de terrains 
très-fertiles en grains et en fruits, qui aujourd'hui sont devenus stériles 
à cause des sables dont ils sont couverts. Ce ne .sont pas seulement des 
champs cultivés qui ont disparu, mais des habitations en ont été com- 
plètement couvertes. Le village de Paredes , situé au nord de la forêt 
de Leiria, se fait à peine reconnaître par quelques vestiges de ses 
anciens édifices, qui paraissent comme des taches sur le sable. Le 
village de Lavos , sur la rive gauche du Moudego, aujourd'hui enseveli, 
en est une autre preuve. 

L'urgente nécessité de ces plantations ne paraîtra pas exagérée si 
l'on réfléchit que dans la circonférence de la cote du Portugal on 
compte 188 milles de terres rocailleuses et 247 milles de sables. Dans 
l'espace compris entre Espinhos et l'extrémité méridionale de la forêt 
de Leira, sur une étendue de 72 milles , il y a iQo^ milles carrés de 
sables où l'on ne voit que les seuls bois de sapins de Tocha, Quiaios, 
Leiroza , Urso , Concelho et Leiria , qui n'occupent que 35 milles carrés 
de cette vaste étendue si favorable à la végétation des sapins. Le mi- 
nistre de la marine D. Miguel Pereira Forjaz , convaincu de la nécessité 
de faire ces plantations, chargea, il y a quelques années, le savant 
M. d'Andrade de proposer les moyens les plus convenables pour parvenir 



( '2o8 ) 

que en grande qiiantiu», l'huile , le vin el les oranges- 
Ses liabilans, au iioiiiibre de li 34, s'adonnent parli- 
culièrenient à la peclie. 

E ndj^nits les plus remarquables. Mira, 
villa de 6980 liabilans, sur un petit golfe sur lequel se 
rassemble en hiver une inniiense quantité d'oiseaux 
aquatiques. 

ÎLHAVO, villa de yaSS habitans. 

* Oliveîiia doBairro, rilla de 1909 habitans. 
^ Angeja, sur ia Gânia, villa de 1646 habitans. 
SousA, villa de Syoô ha])itans," partagée entre les 

deux comarcas d'Aveiroetde Barcellos. 

* S. I^ouREÀÇo DO Bairro, vHIq de 1262 habi- 
tans. 

* RecapdaeSj villa de * 424 habitans, parlagée 
en're les conîarcas d'Aveiro et de Barcellos. 

COMAIXA DE FEIP.A. 

Chef-lieu. Yr.mk, villa de 1 652 habitans, dans 
une vallée délicieuse. 

E Jidroits les plus remarquabl es. ^Ox.^Kf 
sur l'O var, in fluent du Vouga j cette villa, qui ne coni pte 
pas moins de loSyo habitans.fait un commerce assez 
considérable avec les colonies. 



à ce but d'une manière cconomiqne ; ce qui donna occasion à ce der- 
nier de rédiger im savant mémoire sur la nécessaé et l'utilité de planter 
de iioiu'ellf;s forets en Portii£~'l , particulièrement de sapins , sur les cotes 
sablonneuses de la mer; la méthode d'ensemencement et la dépense 
d'entretien et d'administration. Voyez dans le Coup d'ccil l'article 
Sciences JSaturelles. 

Les registres des paroisses font voir évidemment les salutaires ef- 
fets produits parles travaux hydrauliques terminés en 1808. Pen- 
dant les cinq années cjui précédèrent l'ouverture de la barre, il mou- 
rut ù Aveiro 863 personnes, ce qui fait presque 172 décès par an. 
Pendant les quatre années qui suivirent l'ouvcrlure , on n'y compta 
nue .'>i3 décès ou 128 par an; encore faut-il remarquer que l'on com~ 
j)rcnd dans ce dernier nombre les émigrés d'autres localités qui y raon- 
rurent en 1810 et iSm , et qui, à la rigueur, n'y devraient point être 
comptés. Ces faits sont confirmés p:n- le dernier r:^censement comparé 
à celui de iSoi , puisque la population, malgré la perte considérable 
«'•prrnvée pendant l'invasion française, s'est élevée de 3778 à 4'^4 
babil an 3. 



( 309 ) 

Cambra, villa de '*' i5o5 habitnns. 
* Oliveira de kzmims, villa de 1896 habitans. 
partagée entre celle comarca el celle de Pono. 

COMARCA DE VIZEU. 

^ Ch ef-lie u. Vizeu, cidade épiscopale très-ancienne 
balie sur une bauleur dans une plaine feriile en vin' 
oranijes, châtai-nes et lin. On y trouve deux tours de 
construction romaine, et '^^ 9 160 habitans. On y tient en 
septembre une foire qui passe pour être la plus riche 
du Portugal , car on y (hit des affaires pour la valeur de 
plusieursmillionsenbijouxet ouvrages d'or et d'ar'^ent 
en draps et en bestiaux. C'est dans cette ville que réside 
icgovernador das armas de la Haute-Beira. 

Endroits les plus remarquables. Penalv a 
DO Castelloou Penalva, concelho de * iSqS hab 

Ban HO, concelho de '^^ 791 Jiabitans, avec un beau 
pont de pierres de dix arches sur le Voudra. 

VouzELLA, villa àe G3o halntans. "^ 

^ Lafoensou Alafoens, concelho de 665 hab 

S. JoAO DE Areas , concelho de * 2448 habitans. 

OJ.IVEIRA DO Conde, concelho de * 246o habitans 

* Azurara daBeira, i;z7/a. 

COMARCA DE LAMEGO. 

Chef-lieu. Lamlgo, cidade épiscopale, bâtie au 
pied du mont Penude près du Balsamào, dans une 
campagne fertile en fruits el surtout en vin excellent 
1^ ''glise cathédrale a été bAlie par les ordres du comte 
Henri ; une autre était anciennement une mosquée 
arabe. Jl s y trouve un séminaire et beaucoup de belles 
maisons. Le palais de.l'évéquc est vaste. C'est dans 
cette ville que fuient rassemblées les Cortès en 1144 
pour etabhr les bases de la constitution du royaume 
de Poriugal. Population, 8870 hab. 

Endroits les plus remarquables. Tarouca, 
villa de 1689 habitans. 

.4 



( 210 ) 

A nofCÀ , 'Villa do ^ 55oi habitons. 
MoNDiM, concelho de * 58o habitans, (ans un ler- 
ritoirc où l'on recueiUe beaucoup de soie dont on Fait 

des bas et des étoiles. n^.,,^ 

S. MartiNHO DOS M013R0S , a la gauche du Douro, 
co/2cr?/Ao de * 477oliabilans. 

P vivA , concelho de * 6677 babitans. 

Arm^^las, grosvdlage à la gauche du Douro, ou 
sont établis de grands magasins de vm de Porto. C est 
l'échelle par laquelle les vins du Haut-Douro vont a 
Porto et à Feira, et le sel d'Avciro dans le Tras-os- 
Montes et la Haute -Beira. 

^ TABOAÇO,i^z7/ade9'i4babuans. 

* Mezaofrio ou Mezamfrio, villa de 582 hab. 

COMARCA DE PINHEL. 

Chef-lieu- Pi^HiiL, cidade épisœpale bâiie sur 
une montagne dont le pied est arrose par le Pinliel. 
Ellene compte que 1671 habilans. ..^.rm. 

Endroits lesplas r^emcLvqucthles Almoda 
peu loin de la rive droite de la Coa, vûla de il52 
Lbitans. C'est une place fortifiée,bâtie surunehauteur 
qui domine une plaine déserte. 

COMARCA DE TRA>'COSO. 

Chef-lieu. Trancoso, villa de 1242 habitans, 
bâde sur une montagne avec deux anciens torts. 

Endroits lesplus remctrquctbles.^^.JoAO 

daPesqueira, près de la gauche du Bouro, vdla de 

l643 habitans. 

* Castello-Rodrigo , vi/la tres-ancienne, avec 

181 habitans. , -, 

AlfaYates, appelé Castello de Luna, quand 1 
c'était sous la domination espagnole. Cette villa esl 
bâtie sur une montagne, et ne compte que 588 hab. 

COMARCA DE GUARDA. 

Chef lieu, GuARov, cidade épiscopale, bâtie sur 



une 7nonia£,'ne de rEsiiella, peu loin de la source d)i 
Monde^'o. Elle a une belle calliédrale , un séminaire 
et 2085 habilans. 

Ejidroits les plus renidrquab les. ^ Covi- 
I.HAA, au pied dcl'Eslrella, dans un terrain aride. Celte 
villa compte (;55o habilans. 11 y a de belles manufac- 
tures de laine et une société littéraire. Voyez pa^e 81 
de ce volume. 

Ma^îteigas, inlla bâtie au pied de l'Estrella , avec 
1964 habitans. Une belle cascade qui se trouve dans 
les enviions mérite d'attirer l'attention du voya^^eur. 

"^ GouvEA, villa de ^ 1 678 habilans. 

"^ Cea, villa de '^ 1 196 habitans. 

^ Celorico, villa de 1666 habitans, bâtie près du 
Mondego, sur une hauteur au pied de l'Estrella, 

^ FuNDAO, villa de 2409 habitans, près du Moncul, 
influent du Zezere, bâtie dans une position délicieuse 
et environnée de vergers, de vignobles et de bois de 



châtaigniers. 



COMARCA DK LINHARES. 



Chef -lieu. Linhares, villa de 820 habitans. 
Endroitsles plus remarquables. For.nos, 
villa de ^ 854 habitans. 

COMARCA DE CASTELLO-BRANCO. 

Chef-lieu. Castello-Branco, cidade épisco- 
pale très-ancienne, sur ime hauteur, avec 6720 habi- 
tans. C'est la résidence du governador das armas de 
la Basse-Beira. 

Endroits les plus remarquables. BEii- 
'tvionte , sur une montagne, villa de 1 144 habitans. 

"^ Alpedkinha, villa de 1241 habitans. 

^ Sa BUG AL, villa près de la Coa, avec 749 habi- 
tans. 

.Monsanto , villa fortifiée, bâtie sur une montagne 
d'une approche très- difficile 3 elle a ''^ i55i habitans. 



( 21:2 ) 

* San Vicknte da Beira, villa de ôZ"^ ha>>îtans. 

* SoRTELHA, villa de * 870 habitans, bâtie sur 
une montagne , avec un fort. 

* Sarzedas, -D/V/a de 244^ babitans, près duLiça, 
influent du Tage. 

PROVINCE DU MINHO, OU ENTRE DOURO E MINHO. 




sept comarcas. 

COMARCA DE BRAGA. 

Chef-lieu. Braga, ciddde archiépiscopale très- 
ancienne^ bâtie sur une bauteur au milieu d'une plaine 
grande et fertile, entre le Cavado et le Deste. Le pa- 
lais de l'archevêque, le séminaire et la cathédrale sont 
les bâtimens les plus remarquables. Cette dernière est 
un édifice de la plus haute antiquité et très-vaste ; le 
rite et le bréviaire mosarahique s'y conservent dans 
une chapelle particulière, où l'on officie selon cette 
ancienne liturgie. On a tenu à Braga des conseils na- 
tionaux , et tandis que ce siège était reconnu primatial 
par les évêques portugais , il recevait , de la piété gé- 
néreuse des rois, de beaux domaines , la seigneurie de 
la ville et de la comarca qui porte son^nom , et dont 
le corregedor est nommé par l'archevêque , et admi- 
nistre la justice en son nom ; il devenait en même temps 
maître d'autres terres et châtelleries dans la province 
d'Entre-Douro et Minho. Le comte Henri rebâtit la 
cathédrale , où il voulut être enterré. Dans les derniers 
temps deux princes de la maison de Bragance ont oc- 
cupé ce siège , l'un des plus riches du Portugal. On 
trouve à Braga des restes de bâtimens romains , entre 
autres d'un temple, d'un amphithéâtre et d'un aque- 
duc. Cette ville a été la capitale du royaume des 



( 2l3 ) 

Siiéves. Elle a plusieurs fabriques el inantifaclures de 
tuiles, d'armes, de clous, de chapeaux , çic. Braga 
fait un commerce assez considérable et conipie i4'i28 
babitans. A environ deux milles à 1 est se trouve sur 
ime colline le fameux sanctuaire do Senhor Jésus do 
Monte jQ^m est visité annuellement par un grand nombre 
de pèlerins , el d'où Ton jouit d'une vue superbe. 

Endroits les plus remarquables, PiiADO, 
coûta de '*' 645"i habilans. 

COMARCA DE POKTû. 

Chef- lieu. Pokto . cidade épiscopale , biîtie en 
ampbidiéâlre dans une cluu mante position le long du 
bord septentrional duDouro, sur deux monts nommés 
de la Se et de la /Victoria. Celte ville , qui , à cause 
de sa position , peut être divisée en haute et basse , 
est divisée civilement en cinq quartiers (bairros), dont 
ceux de Se et de P^ictoria forment la ville proprement 
dite , et sont environnés d'une muraille de 3ooo paâ 
de circonférence et de 3o pieds de baut ; les trois au- 
tres, savoir: San Idelfonso , Mîraga^ya ei P^illanovay 
sont ouverts. Ce dernier , qui conq)rend Gaya el Ca- 
beçudo , est bâti le long du bord méridional du Douro, 
et forme avec les quatre premiers , auxquels il tient 
par un pont de bateaux , un des plus beaux coups 
d'œll dont on puisse jouir. 

Celle ville a plusieurs places dont les principales sont: 
la place Nova das Hortas , qui, depuis les derniers évé- 
nemens , porte le nom de place de la Constitution y le 
Campo da Cordaria , avec trois rangs d'arbres et une 
belle allée fréquentée par beaucoiq? de promeneurs ; 
ïe Campo dos Ferradores ; le Campo de San-Ovidiq 
ou place de la Régénération ^ le Campo de San- 
Lazaro i le Terreiro de San-Doiningo ; la Praça 
~de San-Bento das Freiras ou Campo da Feira ; la 
Praça da Rïbeira; le Largo de Miragayaj le Campo 
da Batalha. 



( 2ï^ ) 

Les prljfcipalcs e'ijliscs sont : la Se ou Cathcdrciîe ^ 
^église dos Clerigos , dont 1<.* clocher est le plus haut 
duPortui,ral, après cenx de Malra; celles de Nossa Scm- 
hora âa Lapa derrière la place de Santo Ovidio, des 
Bcntos , des Cùngregados , de San-Joào Novo , des 
Grilos , de San Domingo ^ des Franciscanos el des 
CarmelHas dùscalços. 

Parmi les baiimens publics ceux qui méritent les 
plus d'être mentionnés sont : le Palah du tribunal 
d'appel (Senado da pLclaçào), où sont aussi les prisons; 
la Blaisoa de ville (Senado da C'amara); V Hôpital 
royal, dont un quart seulement est achevé; le palais 
de l'évêque , où l'on remarque un escalier magnifique; 
les vastefi magasins où la compagnie des vins du Haut- 
Douro a éfahli son entrepôt; \-a factorerie anglaise ^ 
les casernes du dix-huillèine régiment qui forme la 
garnison de la ville; la casa pia ; le théâtre. Voyez 
pour celui-ci à la page ccxxiv du Coup d'œil. 

Parmi lés édifices appartenans à des particuliers, 
les principaux sont : les palais de MM. Carrancas, José 
Maria Brandào , dom Antonio de Amorim, Monteiro 
de Almeida , Pierre Pacheco , Diogo Léite , vicomte 
de BalsamàojGonçallo Chrislovào, et ceux de Freitas, 
du Paraizo au Boni Jardim et defeu le chevalier Veiga. 
Porto est une ville ouverte. De mauvaises fortifi- 
cations la défendent du coté de la mer ; c'est sur- 
tout dans la grande difîiculié de l'entrée de son port 
que consiste sa plus grande défense. Cette ville riche 
et populeuse doit à l'accroissement de son commerce 
la constante augmentation qu'on observe depuis plu- 
sieurs années dans sa population. Depuis 1787 jusqu'à 
présent on y a bâti plus de 2000 maisons. Selon la 
Descripçdo topographica e historica d'Antonio Al- 
varez Ribeiro, cette ville est divisée en dix paroisses, 
savoir : Se, San-Nicolào et Victoria intramuros, et 
formant les bairros de Se et de Victoria ; San-Idel- 
fonso et Campanham , formant le bairro de San-Idel- 



(2i5) 

fonso.; San-PcJro, Boa-Viagem elCedofeila, formant 
le bjino de Miragaya; et SaïUa-Maàniia et San-Chris- 
lovào de Malamede , qui rornient le bairro de Villa- 
nova. Selon le même Ribeiro ces dix paroisses , qui 
en 1732 n'avaient que 20j0j habitans , comptaient 
l5i38 feux et 655o5 en 1787. I-es sept paroisses seu- 
lement de Se, San-Pedro de Miragaia, San-Nicolào , 
Victoria, San-Ideltbnso, Cedoleita eMaçarellos avaient 
en 1801 li345 feux et 432i8 habitans. Les cinq pa- 
roisses de Se, San-Idelfonso, San-Nicolào , Victoria 
et San-Pedro de Miragaia avaient en 1819 loSig feux 
et 45 180 habitans. Par la comparaison de ces trois 
difï'érens recensemens on voit que la population s'est 
considérablement accrue , mais on ne peut en déter- 
miner l'accroissement parce qu'on y à compris dans 
chaque recensement un nombre diflérent de paroisses. 
IXous avons tiré le dernier du tableau alphabétique ma- 
nuscrit de toutes les populations, etc. etc., du royaume, 
rédigé par le major Leal, et celui de 1801 des tableaux 
originaux que nous avons trouvés dans les archives de la 
Commission de Statistique du Congrès. Quoiqu'il en 
soit, fondés sur les informations que nous avons prises à 
Porto de plusieurs savans de cette ville, nous n'hé- 
sitons pas à porter au moins à 70000 âmes la popu- 
lation de cette ville aussi riche que florissante. 

Porto est la résidence à\x gover^iador dus arrnas du 
Partido de Porto, et contient un grand nombre d'é- 
glises et chapelles, douze couvens de religieux et cinq 
de religieuses. Cette ville riche n'est pas du toutéclairée 
pendant la nuit. 

Porto a plusieurs établisseraens d'instruction pu- 
blique, savoir V Académie de marine et connnerce , 
\Ecole de chirurgie et anatomie annexée à l'hôpital 
de la Misericordia , le Séminaire épiscopal , VEcola 
de philosophie , de rhétorique , etc. j V Ecole de gram- 
maire latine f le Séminaire des ercf ans-abandon- 
nés , 5 Ecoles militaires et '2 civiles de premières. 



( '^i6 ) 

lettres, 4 autres séminaires ou collèges et 18 écoles 
tenues par des particuliers. 

Celte ville est la plus industrieuse et la i)lus mar- 
chande du royaume après Lisbonne; elle a une grande 
fabrique de \abac et de savon qui emploie envi- 
ron 60 personnes, une corderie qui en emploie de 
i5o à 200 ; elle a beaucoup de fabriques et de manu- 
factures de toiles , de soiries , de coton , de lame , 
de faïence, de chapeaux et plusieurs tanneries. On y 
construit beaucoup de vaisseaux marchands. Porto est 
le débouché de presque tout le Minho, du Tras-os- 
Montes, et de la plus grande partie de la Beira. C'est 
le siège de la fameuse compagnie des vins du Haut- 
Douro. Les principaux articles du commerce d'expor- 
tation sont le vin qui est la branche la plus mipor- 
lante, l'huile, la toile, le sucre raffmé, les draps , les 
étoffes de soie, les galons , la faïence, les chapeaux, 
la crème de tartre, les oranges, le liège, le sumacli et 
les peaux tannées. 

Endroits les plus remarquables. Saps-Joaq 
DA Foz à l'embouchure du Douro , très- joli endroit 
de 35o3 habitans, avec un fort qui défend l'entrée du 
port. C'est là que pendant les grandes chaleurs les 
habitans de Porto viennent prendre des bains de mer; 
c'est là aussi qu'ils font leurs parties de plaisir les jours 
de fête. San-Joào da Foz et Matozinho sont le séjour 
ordinaire des personnes aisées de Porto pendant l'été 
et l'automne. 

Matozinho, à l'embouchure du Leça , avec * 19 10 
habitans, un assez bon mouillage, une sdine construite 
dernièrement par M. Antonio Bernardo Brito, et un 
sanctuaire visité annuellement par plus de 3oooo pè- 
lerins. 

"^ PovoA DE Varzim , vUla de 6672 habitans pres- 
que tous pêcheurs , avec un petit port. 

San-Pedro da Cova, couto de * 679 habitans, 
remarquable par sa riche raine de charbon. 



JMafamude , avec 2747 habitans. 
PiîiDROZO , avec 3494 liabitans. 

COMARCA DE PENATIEL. 

Chef -Heu. Penafiel, dit aussi Penafiel de 
SoLSA ou DE Akrifa>JA , ciclcide bâlie sur le flanc 
d'une montagne dans une belle vallée , avec 2289 ba- 
bitans. Son évéclié , créé en 1770, fut supprimé 
quelques années après. 

Endroits les plus remarqua blés. Cana- 
VEZEs , villa près de la Tamega , avec * 766 babitans. 

COMARCA DR GUIMARAENS. 

Che f-lieu. Grimaraens , villa jolie et indus- 
trieuse , balie sm* une bauteur , au milieu d'une cam- 
pagne aussi cbarmante que fertile , entre l'Ave et la 
Vizella , avec une belle église , plusieurs fabriques et 
manufactures de couteaux , de toiles, etc. etc. etc. 
Sa populaliori est de 6008 habitans. Grimaraensa été 
la première capisaie de la monarchie portugaise. Les 
bains chauds de afs environs étaient fréquentés du 
temps des Romains, qui y avaient aussi baii un beau 
temple à Cérès. 

Endroits les plus remarquables.^ Atax- 
RANTE , villa agréablement située au bord du Tamega, 
avec un beau pont et 1009 babitans. 

Caldas do Gérez , chétif endroit qui s'agrandit 
tous les jours, à cause du grand nombre de personnes 
qui vont y prendre des bains dans la saison. 

COMARCA DE VIAN.VA. 

Chef-lieu. Vianna, villa bâtie à l'embouchure 
du Lima qui y forme un port. Ses habitans, qui sont 
au nombre de 8010, font un commerce assez étendu 
et s'adonnent beaucoup à la pêche. C'est dans ce lieu 
que réside le governador das armas du Minlio. 

Endroits les plus remarquables. * Ponte 
DE Lima, sur le Lima, l'i/Za de 1678 habitans, avec un 



superbe pont de 2'i arcliei sur le ijDia, do]\l i6 sont 
de conslructiou ljoî bique. 

* Ponte da Barca sur !e fâma, ui/la de 746 ba- 
bil ans. 

"^ Villa nova da Cekvi:ira, villa à la ganohe du 
Minho, avec f)32 habilans. 

^ Mo^CAO, à la gauclic du Miiibo , villa de 1040 
babitans. 

* Arcos de Valdevez , wZ/a bade sur une bauteur, 
près du Vez , influent du Lima , dans une campagne 
très-fertile, avec 729 ha})Uans. 

SA^TA Martha do Bourg , cortcelho de '*' 2544 
babitans. On y reniarqne .sur une niDntîJî^ne le sanc- 
tuaire de Nossa Seiihoru da Ahbudia^ qui est visité 
par un grand nombre de pèlerins. 

COMA RCA DE DARCELL03. 

Chef-lie u. Baucellos, villa de 58ç)2 babitans, 
avec un beau pont de pierres sur le Cavado. 

Endroits les plus remarquables. * Espo- 
ZENDE, villa de 109g babitans, la plupart })êcbeurs, 
avec vAi pelil port à l'emboucluire du Oivado. Vis-à- 
vis, sur la rive gauclie, est située l'autre ''z;z7/ûî de Faïvi 
ouFao, peuplée de 1372 babitans, dont un grand 
nombre s'adorment à la pêcbe. 

* Villa ijO Conue, wY/a bâtie à la droite de l'Ave, 
près de son emboucbure, et vis-à-vis AzjL'rara, avec un 
portet5io5 babitans, dont le plusgrand nombre s'adon- 
nent à la pêcbe et au commerce. Non loin se trouve le 
couvent des religieuses de Santa-Clara, remarquable par 
les maisons dont il est entouré et par un aqueduc d'une 
grande longueur cjui court parallèlement à la côte. 

* MiiLGAÇo, à la i^aucbe duMinbo, sur une bauteur, 
avec 83 1 babitans. C'est la villa la plus septentrionale 
de tout le royaume. 

* Eixo , à la gaucbe du Vouga , villa de 5 102 hab. 
Castro Laboreiro, villa de i4g5 babitans, bâtie 



( 219 ) 

sur un plaleau. C'est un des endroils les plus fioid» du 
Porlugal. 

COIARCA DE VALLNÇA. 

Chef-lieu. Valeisça , villa et place forte, à la 
gauche du Minlio, avec 1629 iiabitans. 

Endroits les plus remarcjuahles. Caminha, 
villa fortifiée sur la rive j,^auche du Minlio , près de 
son embouchure, à l'endroit où il reçoit le Couro , 
avec des salines et i548 Iiabitans. 

PROVINCE DU TR AS-0 S-MO NTES. 

Cette province est bornée au nord par la Galice et 
le royaume de Léon ; à l'est par le royaume de Léon ; 
au sud par la Beira , et à l'ouest par le Minho. Le Tras- 
os-Montes est partagé en 4 coraarcas. 

COMARCA DE MIBANDA. 

Chef-lieu. MiraNDa , à la droite du Douro^ au 
confluent du Fresno , cidade épiscopaje , avec un sé- 
minaire et 484 Iiabitans. Depuis plusieurs années l'é- 
vèque réside à Bragança. 

Endroits le s plus remarquable s. '*" Algoso 
sur TAnguiera, influent du Macans , villa àe 4i7 hab. 

* MoGADOURO, villa bâtie sur une hauteur, avec 
438 Iiabitans. 

* ViMioso, i;i//<r/ près du Macans, avec 91 7 habitans. 
^ ViNHAES, villa de 483 habitans. 

COSIARCA DE MOXCORVO. 

Ch ef- lieu. ^MoNCORVo, villa bâtie sur une colline, 
dans une région très-mon tueuse, à peu de distance du Sa- 
bor etduDouro; elle aune fabrique de soie et 1629 habi- 
tans. On recueille beaucoup de soie dans son territoire. 

Endroits les plus remarquables. ^ Alfan- 
DEGA DA Fè, villa de 645 habitans. 

* Freixo d'Espada a Cinta, jolie villa près de 
la rive droite du Douro , avec 845 habitans. On re- 
cueille beaucoup de soie dans son territoire. 



( 220 ) 

* MiRANDELLA, à la gauclie de la Tuela, qui prend 
ici le nom de Tua , jolie villa dans une campagne 
très-fertile, avec 926 habilans. Un pont de pierres de 
î 9 arches la réunit à Golfeira , qui peut passer pour 
un de ses faubourj^'s. 

^ Mo>' FORTE DE Rio LivRE , 'vUla de 4o8 habitans. 



COMAÎvCA DE VILLA-REAL. 



Ch ef~ li e u, Villa-Real sur le Corgo , jolie villa 
industrieuse et commerçante, avec Sggô liabitaus. Son 
territoire est très -fertile en vins et en huile. 

E ndroits les plus remarquables. * Alijo , 
villa sur une colUne avec 641 habilans. 

^ Santa-Martha de Pena-Guiao, villa de * 2026 
habitans. C'est dans son termo que se trouve Lobrigos, 
où l'on a fait les observations météorologiques dont il 
est question à la page ii5 du premier volume. 

San-Mamede près du Tua , couto de * 11 84 habi- 
tans , renommé pour ses vins. 

Pezzo de Regoa, concelho de 1622 habitans, re- 
marquable par la grande foire des vins , dont ses vastes 
magasins contiennent toujours une grande quantité. 
Voyez à la page 4i2 du premier volume. 



COMARCA DE PRAGAN'CA. 



Chef-lieu. Bragança, c/cZ<7c?e très-ancienne et 
épiscopale , bâtie près de la Fervenza , sur un plateau 
très-peu boisé , avec des manufactures de soie et 3672 
habitans. C'est le siège de l'évèque de Miranda et 
Bragança. 

Endroits les plus remarquables. * Cha- 
TES , villa assise sui" un plateau près du Tamega , sur 
lequel est un pont de dix-huit arches construit par 
les Romains. Cette villa a des eaux minérales qui ont été 
très-fréquentées du temps des Romains. Population 
5224 habitans. 



( 221 ) . 

'*■ Mo.XTALECRE , vUla bAtiè sur un plateau très- 
ëlevé et très- froid, avec 716 habiians. 

*Ol'TEIro, villa àe*^ 322 habitans, avec un fort 
sur une montagne. 

DESCRIPTION DU ROYAUME D'ALGARVE. 

Ce petit royaume est borné au nord par l'Alem- 
Tejo ; à l'est par ^Andalousie ; au sud et à l'ouest 
par l'Océan. L'AIgarve est partagée en trois comarcas. 

COJIARCA DE FARO. 

Chef- lie u. Fard , cidade épiscopale , à l'embou- 
chure du Valformoso, avec un port et 844o habitans , 
dont le plus grand nombre s'adonnent à la pêche. Son 
commerce d'exportation est très-^considérable , et con- 
siste surtout en figues , raisins , amandes et autres 
fruits secs, en oranges , sumacli , liège, corbeilles de 
sparto , etc. etc. Son évêché , qui avait été établi à 
Silves pendant plusieurs siècles, fut transféré dans 
cette ville en i58o. Les murailles de Faro ont été 
construites par les Maures. 

Endroits lesplus remarquables. * Silves, 
cidade ^vx le Portimào , qui commence à y être naviga- 
ble , avec 2095 habitans. 

* Lagoa ou Alagoa. , villa de 5o32 habitans. 

COMARCA DE TAVIRA. 

Chef- lieu. Tavira, à reml30uchuredela Sequa, 
qui y forme un petit port, jolie cidade , avec un beau 
palais où réside le governador dos armas de l'Algarve 
et un beau pont de pierres de sept arches. Sa popula- 
tion est de 8607 habitans, dont une grande partie 
s'adonnent à la pêche. 

Endroits les p lus remarquables. * LoulÉ, 
villa bâtie dans une charmante vallée, avec 8210 hab. 

* Castro-Marim , à la droite de la Guadiana , près 



( 222 ) 

(le son emboncliure. Celte ifilla , qui a été ancienne-- 
ment le chei-lieu de l'ordre de Clirlsl , compte 22^6 
habilans, dont beaucoup se livrent à la pèche. Elle a 
des salines. 

'*■ Villa. Ueal daSanto Aisto.mo de Arenilha, 
ou Villa Rkal, jolie villa, butie en 177^, par Je mar- 
quis de Pombal , à l'embouchure de la Guadiana , qui 
y forme un port. Elle a une belle place ornée d'une 
grande fontaine en marbre, un beau bâtiment pour la 
douane, et 1710 habitans, presque tous pêcheurs. 
Toutes les maisons sont bâties sur un même plan , les 
rues sont bien pavées et bien alignées, se coupant à 
angles droits et partageant la ville en quartiers égaux. 



COMARCA DE LAGOS. 



Chef- lieu. Lagos, cidade bâtie dans un terrain 
extrêmement fertile, avec un bel aqueduc, un petit 
port et 6793 habitans. 

Endroits les plus remarquahles. * Villa- 
NoVA DE PoRTiMAO , sur le Portimào , villa mar- 
chande , avec un port et 0222 habilans. Le siège 
épiscopal, qu'on y a institué en 1773 , n'a jamais été 
occupé. 

Sagres, villa et place forte, avec un port et 291 
habitans. Celte villa a été bâtie vers l'an i4i6 par le 
prince Henri, qui lui donna le nom de JerçaNabal-y 
on l'a aussi appelée Vïlla-do-Infante . Ces deux noms 
se perdirent à la mort du prince , qui y passa une 
grande partie de sa vie, et d'où il fit partir les nom- 
breuses expéditions qu'il envoya pour faire des décou- 
vertes sur la côte d'Afrique. 

* Albufeira, sur une colline, villa de 2665 ha- 
bitans, la plupart pécheurs, avec un port. 

'^ Mo-NCHiQLiE, jolie villa, dans une position ro- 
mantique, sur la pente d'une montagne, avec 2766 
habilans. Non loin se trouvent des bains chauds, qui 
depuis quelques années sont très-fréquentés. 



( 225 ) 

Alvor, à rembmichure delAIror, qui y forme 
un petit port. Cette ville possède des salines et 
t^ompte 1255 habilans , presque tous pécheurs. 

v^\^^^^v^^^/vvvv^vv\'V\^^v^^AVvv\^'\^v\\'\^vvv\^>^vvv\\^^^'VVVv\xv\V\\|\lV■»^^vV'V\'\vvvA^(V\*v^^v\^'v\v 

PAYS QUI FORMENT LA MONARCHIE 
PORTUGAISE. 

Jamais Etat resserré dans des bornes aussi étroites 
que celles du royaume de Portugal n'étendit dans un 
plus court espace de temps sa domination sur des con- 
trées aussi vastes et aussi éloignées. Depuis la glorieuse 
conquête de Ceuta (i4i5) jusqu'à l'audacieuse expé- 
dition de Barrcto et Homen (lôyS) aux mines d'oi- 
de Manica et de Butua dans le Monomotapa , ce peuple , 
animé d'une activité sans exemple, découvre Madère, 
les Açores, les Canaries, les îles du Cap- Vert et celles 
du golfe de Guinée , et s'y établit; explore et fait de 
nombreux établissemens tout le long de la côte occi- 
dentale d'Afrique ; double le terrible cap des Tour- 
mentes, et sonmiet à sa domination ou rend tribu- 
taires les princes maures de la côte orientale d'Afrique ; 
arrache des mains des Arabes la navigation et le com- 
merce de rinde et de la mer- Rouge, en leur possession 
depuis des siècles ; et étonnant les peuples de l'Orient 
par des prodiges d'audace et de valeur, parvient à s'é- 
tablir à Ormus, à Diu , à Damào, à Goa, à Bombay, 
à Cochin , à Ceylan, à Meliapour , à Malaca ; et de là 
se fraie un chemin à travers le vaste archipel des 
Indes , à Java , à Bornéo , à Timor , aux Moluqaes , 
à la Chine, au Japon , tandis que des navigateurs ;iussi 
habiles qu'inlrépJides découvent la Nouvelle Hollande, 
la Nouvelle-Guinée, 1 îlcMindanao et autres terres qui 
forment ce qu'on appelle actuellemonl l'Océanie. D'un 



autre côté le hasard ayant porté quelques-uns de ses na- 
vigateurs sur les côtes du Brésil, il y forme des établisse- 
niens sur plusieurs points, et en moins d'un siècle tous 
les vastes et fertiles terrains compris entre l'Amazone et 
la Plata sont soumis à sa domination. Plus de cent 
cinquante princes étaient tributaires du roi Emmanuel, 
et les plus puissans monarques de l'Orient recherchaient 
son alliance. Les efforts muliipliés que ces rois faisaient 
pour secouer le joug des Portugais n'aboutissaient qu'à 
mettre à découvert leur impuissance , et à démontrer 
la supériorité de ce peuple entreprenant. De nouvelles 
conquêtes et de nouvelles acquisitions qui en étaient 
la suite , en appesantissant leurs chaînes , augmentaient 
les forces et affermissaient l'empire colossal des Por- 
tugais dans ces régions éloignées. Tant de gloire, tant 
de puissance disparurent comme un éclair dans la 
courte période de la domination espagnole. Quelques 
faibles établissemens épars sur la vaste étendue des 
mers et le long de côtes immenses , et l'usage presque 
tijénéral de la langue portugaise, qui se conserve encore 
de nos jours dans les parties les plus recalées de 
l'Orient , sont les seuls monumens qui attestent la 
gloire et la puissance de ce peuple aux temps des 
Albuquerqite et des Castro, de même que le Panthéon, 
les obélisques et les amphithéâtres de Rome moderne 
sont les seuls souvenirs qui rappellent au voyageur 
étonné la splendeur de l'ancienne Rome aux temps 
des Césars. Mais s'il ne reste plus aux Portugais en 
Orient que les débris du vaste empire conquis par leurs 
étonnans exploits, ils y possèdent encore des territoires 
assez considérables , très- fertiles et dans des positions 
avantageuses ; ils ont encore dans leurs grandes pos- 
sessions d'Afrique et dans les importantes îles de l'At- 
lantique des possessions aussi vastes que précieuses , 
et qui, unies à leurs superbes possessions d^Amérique, 
les mettent en état de figurer parmi les grandes nations 
de l'Europe, et de faire encore sans ces dernières, si 



(2-25) 

la scission qui a commencé s'achève, un commerce des 
j. lus . ricl.es et des plus florissans. 11 est vrai que ces 
etabijssemens d Asie , d'Océanie et d'Afrique sont en- 
core dans 1 état le plus misérable; mais ils contiennent 
deja une population assez nombreuse, et ils présentent 
tant de ressources, que nous ne doutons pas que dans 
le court espace de dix ans un gouvernement sa-e et 
aclit ne puisse leur donner une grande partie de la 
richesse et de l'importance commerciale et l^olilique 
a laquelle la variété de leurs riches produits et leurs 
excellentes positions semblent les avoir destinés. Sans 
entrer dans des détails qui appartiennent à la statis- 
tique particulière de ces possessions d outre-mer et à 
la section âe.s Considérations Politiques , que nous ré- 
servons pour des ouvrages séparés , nous allons offrir à 
nos lecteurs le tableau de la division de tous les pays 
lormant la Monarchie Portugaise , suivi de celui de leur 
surlace et de leur population. Quoique la scission com- 
mencée dans les provinces méridionales du Brésil pa- 
raisse vouloir s'étendre sur toutecette vaste contrée et la 
séparer tout-à-fait de la mère-pa trie, ce grand événement 
n étant pas encore consommé, nous croyons que ces 
régions peuvent encore figurer dans le tableau général * 
des contrées appartenantes à la Monarchie Portugaise, 
lies divisions politiques et administratives que nous 
ottrons ci-dessous ne sont pas rédigées sur les infor- 
mations vagues des voyageurs, ni sur les détails con- 
tradictoires qu'on trouve dans les meilleurs ouvrages 
de géographie ; nous les avons tirées nous-même du 
rapport original fait au Congrès le 5i juillet 1821 , par 
le ministre de la marine et d'outre-mer (secrelario 
destado dos négocies da marinha e ultramar), et que 
nous avons eu entre les mains , grâce à la bienveillance 
dont nous honorent les savans députés aux Cortès qui 
composent la Commission de Statistique. 

Nous avons travaUlé la partie du tableau qui regarde 
ies populations sur les données précieuses aue nous 
II. 



( 220 ) 

avons trouvées dans un savant rap^iort présenté à Sa 
Majesté Très-Fidèle en 1819, par le vicomte de San- 
Lourenço,ancien ministre des finances de la Monarchie 
Portui^aise^au Brésil, et que nos relations avec cet 
homme d'Etat nous ont mis à mémo de nous procu- 
rer. Dansée rapport ce ministre oflie les résultats gé- 
néraux des états de popidation rédigés par les dilFérens 
capitaines et gouverneurs généraux, d'après les ordres 
et les instructions qu'ils avaient reçus de Rio-Janciro 
le 22 août et le 5o septembre 1816. Comme plusieurs 
causes concourent a rendre inexactes les listes fournies 
par les autorités chargées des recenscmens particu- 
liers (i) 5 M. le vicomte les a rectifiées en comparant 
leurs résultats avec ceux de deux autres qui avaient 
eu lieu à des époques antérieures , et en augmen- 
tant , selon les circonstances locales , le nombre des 
esclaves , qui dans tous les tableaux qu'on lui avait 
remis étaient évidemment de beaucoup au-dessous du 
nombre réel. M. le vicomte nous ayant averti que tous 
les enfans au-dessous de sept ans n ont pas été compris 
dans les listes susmentionnées , il faudra ajouter au 
inoins un sixième aux sommes indiquées dans le ta- 
•bleau pour avoir la totalité de la population de ces 



([) Les propriétaires au Brésil paient tous les carcnies 4 vintems par esclave h leur 
curé pour la confession. Le Jizi/no c'tant calculé sur le nombre des ngiiciiileuis , 
qui sont presque tous esclaves , les maîtres ont un intérêt à en diminuer le nombre. 
Kous connaissons un Brésilien qui , possédant vingl-un esclaves , n'en a déclaré 
que quatre , et qui nous a assuré que presque tout le monde en fait de mémo , sur- 
tout dans l'intérieur du pays. Ucaucoup do propriétaires en cachent aussi le nombre 
pour éviter les frais dn baptême , qui au Brésil montent i 1200 reis par esclave , 
et qui en coiilent 800 dans les ports de leur embarquement où il est permis de les 
baptiser, tels qu'à Mozambique , à Angola et à Benguela. Nous avons sous les 
yeux un tableau de la population de la province de Maranhào dans Tannée 1820, 
remis au Congres en octobre 1821 , dans lequel le rédacteur déclare, dans u^ne noie , 
une le nombre des esclaves , qu'il ne porte qu'à 70253, n'est pas exact , à cause de la 
frauûo qu'emploient les propriétaires pour n'en pas donner la liste aux paroisses , 
et dans laquelle il ajoute qu'on peut supposer avec beaucoup do probabilité qu'il 
excède du double celui indiqué. La conse'quencc naturelle de ce que nous venons 
de dire estqu'on ne connaît pas encore exaclemcnt la population de ces vastes région?; 
mais que, par les recenscmens qu'on y a faits, on est parvenu à connaître un 
minimum au-dessous duquel il est impossible de l'évaluer , et que ce minimum est 
de beaucoup supérieur aux calculs extrêmement inexacts qiîi avaient e'io admis 
comme des vérités démontrées par les géographes les plus eslimés. 



( 227 ) 

vliOërcmes coiUrees. Nous croyons qu'en ajoutant celle 
quanlitc aux sommes auxquelles M. le vicomte s'est 
arrête, on obtiendra des résultats qui s'approcheront 
beaucoup du nombre réel existant au commencement 
de 3 bi9, parce que le grand nombre d'esclaves adnltes 
importes amiuellement au Brésil ne permet pas d'éva- 
luer a près dun cmquiéme la totalité des mineurs, 
commenous lavons fait pour le Portugal, où le rapport 
desmajeursaux mmcursestcorame5.iià i.(Voyezà la 
page 214 du I-' volume.)Comme depuis le commence- 
ment de 1819 jusqu'àla fin de 1821 la population de 
ces régions doit avon- augmenté dans la même propor- 
tion que dans les années antérieures, puisqu'il n'existe 
aucune cause qui ait pu en arrêter la marche progres- 
sive , pour avoir le nombre d'habiians existans au 
commencement de 1822 il fondra ajouter aux sommes 
données par le tableau une quantité qui doit être très- 
considcrablc, puisqu'on ne peut évaluer à moins de 
1 00000 1 augmentation de la population produite pen- 
dant ces trois années par la seule importation des 
esclaves. i\ous nous réservons à déterminer cette quan- 
tité dans notre Coup d'oeil statistique sur^-le 
15RESIL, que nous nous proposons de publier inces- 
samment, et dont nous oflVons le prospectus à la fin 
lie ce volume. 

Nous avons calculé sur les meilleures cartes la sur- 
iace des. grandes divisions politiques et administratives 
dont nous offrons le tableau. Nous avons suivi pour ce^ 
calcul la lueme méthode que celle que nous aviont 
adoptée des 1 année 1816 dans le première édition de 
notre Lompendio di geografia unwersale (voyez la 
note du Compendio à la page 366), c'est-à-dife que 
nous avons considéré comme territoire portugais tout 
ce qui n était pas occupé de droit ou de fait pa/d'autres ' 
puissances européennes, bien qu'en Amérique et en 
Atnquo des espaces immenses soient habités par des 
populations sauvages, pl«Wott: moins nombreuses; qui- 



( 228 ) 

ne reconnaissent aucunement la domination portu- 
gaise. Si les Anglais considèrent comme une appar- 
tenance de leur empire toute la partie du continent 
américain qui s'étend au nord du Canada et des Etats- 
Unis jusqu'à l'Océan Glacial, quoique plus de 1 4 quin- 
zièmes de cet espace mimense soient déserts ou habités 
par des populations indépendantes, pourquoi ne fau- 
drait-il pas en faire autant pour les possessions portu- 
gaises d'Afrique , dans l'intérieur de laquelle cette nation 
a plusieurs établissemens plus ou moins considérables, 
et où plusieurs nations à moitié civilisées ou barbares 
sont réellement tributaires ou se reconnaissent vassalles 
des Portugais, quoique un bien pluj grand nombre en 
soient absolument indépendantes. En partant de ce 
principe , et suivant pour l'Afrique et l'Océanie la 
méiliode adoptée par les géographes pour déterminer 
les surfaces de l'Amérique soumises aux Européens et 
aux Anglo- Américains, nous aVons considéré comme 
terriloiie portugais sur la côte occidentale d'Afrique 
tout l'espace compris du nord au sud entre le cap 
Lopez et le cap Negro , et de Test à l'ouest depuis le 
Congo ou Coango jusqu'à l'Océan; sur la côte orientale 
tout l'espace qui s'étend depuis le cap Delgado jusqu'à 
l'embouchure du Rio de Lourenço Marques, et depuis 
les monts Lupata jusqu'à la côte. Dans l'évaluation de 
l'Amérique nous n'avons pas compris la surface du 
territoire de Montevideo et de ses dépendances, quoique 
depuis plusieurs années elles forment une partie du 
Brésil, parce que nous attendons l'issue définitive de 
ce^rand démêlé politique. 

Surface. Population. 
^En EUROPE : le Royaume de Portugal, partagé en 
six provinces, dont celle d'AlgarA'e a le titre de 
royaume. Ces deux royaumes sont subdivisés en 

44 comaicas aSSSo 3i^3ooo 

L'Archipel i>es Açoiies , qui formait naguère Ja 
capitainerie générale de ce nom , et qui forme ac- 
tuellement la PROviftCiA nos Açores , partagée 
entre les trois comarcas suivantes, créées dernière- 
ment et qui prennent leur litre du nom defeur capi- 



( 329 ) 

. Surfsge. P«pBl«lioM. 

taie respective- : d^4nij;ru, nui comprend les iles 
Terccira , Graciosa et San-Jorgi; ,- de Ponla Del- 
Sada, qui comprend les iles Sau-Miguel et Saota- 
Maria ; de. llorta , qui comprend les iles Fayal , 
Pico , Flores e Corvo 800 200000 

En AMERIQUE : le Royadmi; du Brésil, oagnère 
partagé en dix capitaineries générales (1) dont 
la plupart étaient subdivisées on plusieurs gou- 
vcrnemens subalternes sous le rapport mili- 
taire , mais indépendans sous le rapport ad- 
ministratif. Ces capitaineries générales s'appel- 
lent maintenant provinces, de même que leurs 
anciennes dépendances militaires. Voici les 
subdivisions de chacune de ces dix grandes divi- 
sions du Brésil. PRovl^cIA do Paka , qui com- 
prenait Para et les gouvernemens de Rio-Nes;ro 
et de Macapa; ce iiernier n'est considéré que 
comme un poste militaire. PR0v^^cIA de Mara- 
^HAO,qui comprenait Maranhào et Piauhy. Pno- 
vl^cIA DE Per^ambdco, qui comprenait Per/iaw*- 
buco , Searà , Parahiba do Norte et Alagoas. 
Provi>cia de Bahia, qui comprenait Baliia avec 
Sergipe (2) et Espiritc-Sanio. Provircia de Rio- 
JA^E1R0, qui comprenait Hio-Janeiro et Ilha de 
Santa-Catherina. Provincia de Rio Grarde de 
SA^-Pl:DR0-D0-SuI, , Provikcia de Sar-PadlÔ , 
Provircia de Miras-Geraes , Provijcia de 
GoYAZEsetPROTiKCjA DE Matto-Grosso. ChaCUDC 
de ces di.vsept provinces est subdivisée en comarcas 
et districts , a aSoooo 3617900 

En AFRIQUE : la PR0v^^cIA de Madeira (Madère), (3) 

formée de l'île de ce nom^ de celle de Porto- 



(1) Ayant trouvé des différences considérâmes entre les divisions du Brésil effertc, 
par lo rapport susmentionné et celles données par le savant abbà Mano»l Ayres da 
Cazal (voyczà la page c.tTdiiCoBp d'œil ), et n'ayant aucun moyen de les com- 
biner à cause de la grande distance des lieux, nous avons cru devoir retenir dans 
le texte les divisions du ministre et présenter en note à nos lectents celles du géo- 
graphe brésilien , nous réservant d'expliquer ces différences dans notre ouvrage sur 
cette vaste contrée. Voici les provinces entre lesquelles M. Ayres partai^e le Brésil; 
Provmcia de S. Pedro ou do Rio Grande do Sul , provincia do Parana , do 
Uruguay , de Santa Catîiarina, de S. Paulo , de Matto-Grosso , de Goyaz , de 
Mmas-Geraes , de Rio-Janeiro , de Espirito Santn , de Porto-Seguro , de Bahia , 
de Strgipe dPLRey , de Pcrnambuco , de Parahiba , do Rio-Grande do Norte, 
do Ciara , de Piauhy , do Maranhào , de Para, de Solimoes elde Guianna. 

(2) Lé ministre de la marine , dans le rapport susfnentionné , fait observer que 
la capitainerie subalterne de Sergipe, après avoir été dernièrement rendue indépen- 
dante de Bahia , y avait été réunie de nouveau. 

(3) Uont 843000 blancs ; a594'jo Américains de différentes tribus ( Indios detodas 
as castas) ; 426000 métis , ou de sang mélangé libres (mistissos, mulatos c mama- 
lucos libertos); 201000 métis esclaves (capllvos) ; iSgôoo noirs libres de différente? 
nabons africaines (pretos forros e do todas as naçoes africanas ) ; i 728000 noirs 
«iclavc» ( pretos caplivos ), 



( 230 ) 

Sui fille. Pi>jiulaliou. 

Sanlo et lie (jiiclqiits au'ics îlots \oi5iiis, ijuifui- 

maiciit naguère la capitainerie g<5néralc du Ma- 

'Icre ';yo i ooooo 

La PROVI^CIA do Cado-V£Rdj2 , qui formait, avant 

les derniers cvcueinens, la capitainerie générale 

de ce nom , composée des îles San-Thlago , Fogo, 

Brai/a , San - Wicolào , Sanio-ylnLao , Boa^ 

F"ista , Mayo , San-Ficenle , Sal et Santa- Luziaj 

cette dernière jest inhabitée;. Les coniandos dos 

Presidlos de Bissdo et de Cacheu en Scnégarabie, 

où l'on trouve, outçe les places de Bissào et de 

Cacbeu, les postes de Farim, Zeguicbor et Geba. ^-''O-' ^oeuo 
Le Royaume d'Angola ex, Congo, qui formait avant 

les derniers cvénemcus la capitaimrie générale de 

ce nom, et qui com^îrendyj'/ii.'o/a proprement dit, 

la capitainerie de Bensuela dont dépend le poste 

{presidio) de Caconda. 11 a en outre sons sa dépen- 
dance les postes [presidios) de Novo-Rcdondo 

sur la côte, et dans l'intérieur ceux de Muxima , 

S. José do Concogc , Arabaca , Pedras de Pungo 

Andongo, • Cambambe , Golungo, Massangano . 

etc. etc. Le gouvernement portugais conserve 

encore, comme appartenans à cette antique posses- 
sion, ses droits sur les territoires de Cabinda et 

Mclembo , auxquels il n'a jamais renoncé, de même 

qu'il conserve aussi , sur la côte appelée vnlgaire- 

ment de Mina , l'établissement du Castello ou 

Forlalezza^ nommé San Joào Baptista de Ajuda, 

comme point d-'appui du commerce portugais dans 

cette partie de l'Alriquc. Cet étaljiissement a tou- 

jonrs été compris dans les dépendances de la pro- 
vince de Babia , à cause du commerce qu'elle y 

faisait presque exclusivement de son tabac et de ■ 

son eau-de-vie 262000 876000' j; 

Les îles de Sak-Tuojié et do Pra?.ciPE dans le 

golfede Guinée,autrefois dépendantes du raji^aume 

d'Angola (2), forment une petite province séparée. 4*^^^ iCiooo? 
LaPr.ovI^CE de Mosambique, ci-devant capitainerie 

générale de ce nom, qui comprend, outre la capi- 
tainerie de Mosambique proprement dite , les 

capitaineries subalternes de 6e«/2a , de Sofala, de 

Inhambane , de Quelimane , de Bahia de Lou- 
renço Marques ou Cabo de Correntes , et celle 

(1) Dont 12000 blancs , 60000 noirs esclaves et 320000 noirs vassaux. 

(2) Ces deux îles sont classifiées avec celles de Madère , des Açorcs et du Cap- 
Vert dans le rapport susmentionné. Nous savons cependant d'un 15iésilien tr<is- 
instruit , qui avait élé nommé il y quelques années gouverneur de S. Thomé , 
et qui avait pris les meilleures iufoimalious sur ces deux lies, qu'elles dépendaient 
autrefois du capitaine-général d'Angola. Aussi, dans le rapport du vicomte de San- 
Lourcnço , leur population doit avoir été comprise avec celle de rc royaume , doat 
nous avons lire les 16000 liabitaus que nous leur avons accordés. 



( 25i ) . 

des Il/tiii lie C,ih„ Drl'^u.lo Surfai-c .Population'. 

Lu•ASlEc■tOCÉA^lE:leVKx•-Ikv^ll.or;, u, '''^""^ 'J8o(ho(.) 

et Je A,,^ ,Zai ;Vo^«i Conquistas fie pays des non 
ve es ooncji.c,os) . jusq.Au.lnÀchl Bon su". 
Sont anss. sous sa dcpeudanco les (foui^ernemens 
Je ^..«.,> et de Diu sur la eôte d'e Maîaba o 
Jl conserve en.orc l'ancien comptoir (feitoria )dc 
Surate forn.é j^ar suite des traités einclus aiec 
le Aabab, (jucn doit aujourd'hui considérer 
sous un autre aspect . i cause de rinduenee de là 
domination anglaise dans ces contrées. Dans U 
pue de la Chine so Irouvô l. ^'ou.emeTentt 
.^Tacao, dépendant aussi du vice-roi de Goa 

vuitable point de vue, ne soit qu'un comptoir 
eommercial (feitoria commercial . elle a néan 

ZZl ^"""V'*^ *«"^ ''' ^"^-^ goulerner^en; 
portugais, pari-organisation des autorités civiles 

PÔ S: '' ^"^f^-^'q"-- l>-s l'Océan è les' 

Poituga.s possèdent encore une partie de l'île de 

^unor, presque toute celle de Solor , dite aussi 

Flores et Oende-Grande, et les petites les^o 

snies Adonara et Oende-Menor, qui forment e ' ■ 

gouvernement subalterne de^o.o.l. T^maJ!' Sooo.' 54^900 (.) 

Maintenant résumant le tableau précèdent, et fal- 
rIi:Tt P.^Pl^^^^r^^^- rAméHque; de f Afrique, de 
^ Asie et de lOceame, les modifications nécessaires 
pour avoir la toiaJité de la population exist^iîe au 
oommencement de l'année 1819, nous aurons: 

"a^rr AtrT"""^'^^°^^"^-^^^^'^ï»-ve, '"'^^^ ""^'^^'^^^ 
tn Ar„ , j, royaumed'AngoIa', là p;ovinc; de '^'^" ^^^^°"'' 

En AMÉniyuE: le royaume du Brésil 473' yo 967000 

Total . . 2 757340" y oySooo 



^«saux ( vassallos) ' ^°°'"' "'^'""" ^ ^^co noirs esclave, et 180C..0 

; rSp°cO Ub°~Tc^'!';:^^^^^^^^^ Canarinsd. différentes caat.s , 32oo Afr-'c-.., 



( 232 ) 

CONSIDÉRATIONS POLITIQUES 

SUR LES RESSOURCES, LA FORCE ET L'IMPORTANCE DE LA 
MONARCHIE PORTUGAISE. 

On peut dire que l'on ne connaît parfaitement un 
État, quelque étendue et quelque détaillée que soit 
la connaissance que l'on a de ses ressources et de ses 
moyens, si l'on n'est pas à même d'en comparer les 
élémens avec ceux des autres Etats qui ont le plus de 
rapports avec lai, ou qui figurent le plus sur le grand 
théâtre du monde. C'est précisément cette comparaison 
qui complète la connaissance d'un Etat quelconque, et 
sans elle les détails statistiques les plus exacts et les 
plus nouveaux ne sont que des faits isolés, toujours 
précieux pour les progrès de la science, mais d'une uti- 
lité bien secondaire pour tout lecteur qui manque des 
moyens de les appliquer convenablement, afin de dé- 
terminer avec exactitude le rang qu'occupe dans la 
série des grands corps politiques l'Etat auquel ils se 
rapportent. Intimement convaincu de la vente de ce 
principe, que l'on peut même considérer comme un 
axiome de la géographie politique , nous l'avons tou- 
jours eu devant les yeux dans la rédaction de notre 
Essai Statistique, et nous avons tâché de comparer 
toujours le Portugal à d'autres Etals dans les diflerentes 
matières qui devenaient tour à tour le sujet de nos 
recherchés. 

Des circonstances fâcheuses et imprévues nou? 
ayant ôté le loisir et le calme d'esprit si nécessaires pour 
devolopper convenablement tout ce qu'un gouverne- 
ment éclairé pourrait entreprendre pour mettre le Por- 
tugal dans un état tout-à-fait florissant, nous nous 
trouvons dans la nécessité de commencer par où nous 
aurions dû finir, c'est-à-dire que , pour ne pas laisser 
incomplet notre ouvrage , nous sommes obhges d eu 



( 235 ) 
altérer le plan, en renonçant pour le moment à pré- 
senter toutes les considérations qui devaient pn'cédcr 
ies tableaux que nous avions redi-és pour servir de 
moyen de comparaison entre ce royaume et les autres 
Jiiats. [Nous reservons donc pour le second volume de 
nos V arietes,dont nous publionsle prospectus détaillé à 
la lin de cet ouvrai,^e, les considérations qui servent 
de développement à beaucoup de faits cités dans cet 
Jissai et a beaucoup d'autres que nous avons réservés 
pour cette section, destinée uniquement à signaler 
aux Portugais par quels moyens , en suivant les traces 
des gouvernemensies plus sages de l'Europe, on pour- 
rait en peu de temps tirer parti des grandes ricliesses 
minérales de leur patrie; relever l'agriculture , l'in- 
dustrie, le commerce, et augmenter la population ; ré- 
organiser les finances sur des plans plus simples, moins 
onéreux pour les contribuables et d'un plus grand 
profit a lEtat; faire disparaître un grand nombre 
d emplois mutUes pour les remplacer par d'autres 
d une utilité reconnue; améliorer l'instruction publique 
et en répandre les bienfaits sur une plus grande masse 
d individus,- développer convenablement les forces de 
terre et de mer, et faire prendre au Portugal parmiles 
puissances maritimes et commerciales leVang que la 
providence paraît lui avoir assigné par la grande éien- 
due de ses côtes pourvues de ports nombi.eux, peu- 
plées de matelots aussi habiles qu^in trépides, et par 
la richesse et la variété des produits de ses vastes pos- 
sessions d outre-mer, trop négligées jusqu'à présent, 
quoique a 1 avantage d'une position extrêmement favo- 
rable au^commerce elles unissent celui d'être placées 
de manière a faire jouer un rôle important à la puis- 
sance^<jui les possède. Nous sommes d'autant plus flt- 
che d être obligé de renoncer à ces considérations 
que nous les avons citées dans quelques chapitres de 
cet Lssai, et parce que nous avions réservé tout exprès 
pour celte section.plùsieurs faits importais et plusieurs 
remarques sur différens sujets, afin de les rendre plus 



piqiiaiis par Tenseniljle même avec lequel nous vou- 
lions les oflVir à nos lecteurs. La simple indication des 
articles qui formeront celte section leur indiquera la 
marcbe que nous avons suivie, et amènera même 
ceux qui ne sont pas étraui^crs à ces matières à deviner 
une partie de ce que nous aurions pu leur dire. 

Les tableaux que nous allons donner sont divisés en 
trois séries différentes , selon les trois buts principaux 
pour lesquels nous les avons rédigés. Ceux de la pre- 
mière série sont destinés à comparer la Monarcbie 
Portugaise aux principaux Etats du glpbe^ sous le trq)le 
rapport de la surface, delà population absolue et de 
la population relative. Dans ceux de la seconde, 
après avoir comparé le royaume de Portugal sous 
les trois rapports susmentionnés avec tous les Etats 
de l'Europe , on le compare aussi sous les rapports des 
revenus, de la dette publique et des forces de terre et 
de mer. Les tableaux de la troisième série oflVent dan 
cbaque Etat de l'Europe toutes les villes qui ont une 
population de "quinze mille Ames et plus, afin de les 
comparer avec toutes les villes du Portugal qui comp- 
tent un nombre égal d'habitans. 

Familiarisé depuis long-temps avec les ouvrages 
classiques çles plus grands géograpbes et des plus célè- 
bres voyageurs modernes , et habitué de bonne heure 
à comparer les données statistiques des ims avec cellfcs 
iburnies par les autres, nous nous flattons d'avou- pré- 
senté sous les dilïérens chiffres adoptés dans ces ta- 
bleaux tout ce que l'on sait de plus positif sur la sur- 
face, la population, les revenus, les forces déterre et 
de mer, et la dette publique de chaque Etat. 'Ce n'est 
qu'en comparant soigneusement entre elles les dilïe- 
renies opinions énoncées dans les ouvrages classiques des 
ïlumboldt, des Malte-Brun, desHassel, desGaspari, 
des Camiabich,desFabri,des Mannert, des Diirberg, 
des Antillon, des Ritter, des Pictet,des Herbin, des 
Golquhoun, des Playfair, des Rennel, des Hamdton, 
des Morse, des Wavdcn, des CioniC; des Wicbmann, 



( 2^5 ) 

des De Biicli, des Liccblensleni , des Schwailner, des 
Railles, elc. etc., el en consultanl les ouvrages pério- 
diques, tels qucles Nouvelles Annales des voyai^es, de la 
gc'ograplneetderiiisloire de Malle-Bran et d'Eyriès, 
ie Journal des voyages de M. Verneur , les Geo<rra- 
phischen Ep]wmeridenAcSNQ\m^v,\e^ VaterlaencUs- 
chenBlaetteràc Vienne, la Chronik des XIX'' Jahr- 
hunderts de Venturinl, le Poîltisches journal de Ham- 

ffi -^n^^^*'^^ ^ ^'^^^^ "^"^ plusieurs données slaiislicjues 
otlicieiles que nous avons pu nous procurer nous-méme 
sur quelques pays, que nous sommes parvenu à des ré- 
sultats quenous voudrions bien justifieren détail, si nous 
en avions le loisir. Cependant, comme il nous est arrivé 
quelquefois d'adopter des opinions qui différent beau- 
coup de celles des géograi)hies de Gulhrie, de Pin- 
kerton, de Goldsmith, de Mentelle, de La Croix, de 
Hérisson, de Stein, de Le Sage, etc. sur l'estimation 
des surfaces, des populations, des revenus, des dettes 
publiques et des forces de terre et de mer; ces ouvra- 
ges d'ailleurs se trouvant entre les mains de tout le 
monde, nous nous voyons obligé de faire ici quelques 
remarques, afin de gagner la confiance de nos lecteurs, 
qvu autrement pourraient croire que nous avons pris 
sans aucune critique dans le premier dictionnaire 
géographique ou dans le premier traité de géographie 
moderne qui nous Goit tombé sous la main, les diffé- 
rentes évaluations que nous leur offrons. 

Dans un Tableau Statistique de l'Europe , publié en 
16x8 dans les Ephémérides géographiques de Weimar, 
^savampjent rédigées par M. Berluch, les revenus delà 

Monarchie Britanniquenesomévalués qu'à] 99275835 
Worins,ou environ 120 760000 livres sterl. Dans celui de 
*redau,publieeni8i9,ilsmonientà 290 000000 rixda- 
lers, ou a 58 000000 liv. sterling. Dans celui du baron 
cleLiec.luenstern,publiéàViennc en 181 9, ils sont 
portes a 465 000000 fiorins; Hasscî, dans son nou- 
veau Dicuonnairc géographique , publié à Weimar 



( 256 ) 

en 1817, les évalue à 4^1 000000 florins ou envi- 
ron 45 85oooo liv. sterling. Slein , dans son Diction- 
naiie géographique imprijné à Leipzig en 1818, les 
porte à 67 560691 livres sterling pour 1816, et à 
4.7 277450 pour l'année suivante. M. de Laborde éva- 
lue la rente fixe de celte monarchie à 62 000000 liv. 
sterling. JjEtat actuel de t Angleterre au commen- 
cement de 1822 , qu'on doit considérer comme officiel, 
estime le revenu annuel à 56 000000. On voit d'un 
coup d'œil que ces grandes différences viennent de ce 
que les uns comptent pour rente les seuls revenus qui 
servent à couvrir les frais d'administration, faisant 
abstraction tantôt de ceux qui sont employés à paver 
les intérêts de la dette, qui montent actuelleujent à 
environ 3o 000000 sterling , tantôt de ceux qui for- 
ment le fonds d'amortissement , qui s'élevait le 5 jan- 
vier 1820 à i5 8i5ooi livres sterling, et tantôt de ces 
deux sommes ensemble , pendant que d'autres com- 
prennent dans leur évaluation tous les revenus quelle 
que soit leur destination, comme nous l'avons fait 
nous-même dans nos tableaux , afin de pouvoir y pré- 
senter une échelle comparative des finances des diffé- 
rens Etats. Nous remarquerons même que dans l'usage 
ordinaire le budget annuel anglais ne comprend que 
les dépenses extraordinaires et celles qui sont suscepti- 
bles d'augmentation ou de diminution, telles que l'.en- 
tretien de l'armée, de la flotte, de l'artillerie, etc.; car 
celles bien plus considérables de l'intérêt et de l'amor- 
tissement de la dette consolidée, et celles de la liste 
civile sont considérées comme ordinaires , parce 
qu'elles sont permanentes. D après ce système la re- 
celte du Royaume-Uni pour l'année 1832 a été évaluée 
par le trésorier de l'Echiquier à 21 272670 livres ster- 
ling, etla dépense à 21 196456 livres sterling. Une autre 
source d'anomalie c'est que quelquefois on ne com- 
prend pas les revenus du royaume d'Irlande , comme 
nous l'avons vu dans un tableau comparatif delà recelte 



( 237 ) 

de la Grande-Bretagne entre les années 1818 et 1819, 
que l'on estimait dans la première année à 48982960 
et 48 162233 livres sterling dans la seconde. Pour avoir 
la totalité du revenu de la Monarchie Anglaise en 1818, 
il faut y ajouter celui de l'Irlande^qui e'tant monté dans 
la siisdite année à 5 070971, on aura 64 053937 liv. 
sterling. 11 bon aussi de remarquer que dans FévaJua- 
tion des revenus des Etats, tantôt on comprend les 
frais de perception, tantôt on en fait abstraction, et 
cela sans presque jamais en avertir les lecteurs. Cette 
méthode est une source inépuisable d'erreurs et des 
plus grandes anomalies dans l'estimation des revenus. 
Les exemples ci-après vont le prouver. Le budget 
des recettes de îa France pour l'année 1820, sur 
S77 457880 francs, calcule les frais de régie et de per- 
ception, etc., à 1 38 58845o fr. ; le revenu net pour la 
même année ne serait donc que de 739 049460. Les 
revenus de l'Espagne avant les derniers événemens 
montaient à 649 78641 1 réaux, tandis que le revenu 
net, après en avoir prélevé 92 475487 pour les frais 
de perception, se réduirait à 479 582253 réaux. Dans 
le royaume de Bavière les frais de perception et d'ad- 
mmistration,sur 35 19286 1 florins,monièreiît dans l'an- 
née 181934 45884o florins. Nous avons toujours com- 
pris dans nos calculs, ou du moins toutes les fois que 
nous 1 avons pu , les frais de perception parce que 
ces valeurs forment une partie réelle des sommes payées 
par les contribuables, parce qu'elles donnent des 
moyens d'existence à un grand nombre de personnes, 
et parce que, en soumettant ladministration des tinances 
a un plan plus économique et mieux entendu , il ne 
tient qu'au gouvernement d'en tourner une partie au 
profit de l'Etat en augmentant le revenu net à pro- 
portion qu'il parvient à diminuer les frais de percep- 
tion ; comme il est arrivé en France , 011 avant la ré- 
volution la somme payée réellement par le peuple 
montait à 700 millions, tandis que le revenu net ne 



( ^58 ) 

s'élevailquà 47^ 2jj/p27 livres. LesElals de l'Eaiopc 
offrent sous ce rapport conimc sous tant d'autres les 
différcnees les plus l'rappantes. Tandis que les frais de 
perception ne montent qu'à 6 j)Our cent en Ani^le- 
terre, qu'ils forment actuellement en France environ un 
sixième de la recette, au lieu que sous l'ancien régime 
ils en formaient presque le tiers , et tandis que dans 
le budget des revenus du royaume d'Hanovre ils 
figurent pour un sixième et dans le budget de la 
Bavière pour un huitième seulement, nous croyons 
que dans le système actuel des finances en Portugal ils 
montent à plus d'un tiers. Nous ferons observer aussi 
que bien souvent les géographes omettent de calculer 
dans les revenus de quelques Etats la recette des biens 
domaniaux, qui dans plusieurs en forment une partie 
très-considérable, comme on le voit dans le tableau du 
baron deLieclitenstern,oii les revenus du royaume de 
Hanovre ne soiit portés qu'à c) /jôoooo florins. Dans le 
budget de l'année 1822 du grand-duché de Hesse- 
Darmstadt, on voit qu8 sur la totalité des recettes , 
estimée à 5996010 florins , les domaines seuls entrent 
pour la valeur de 1 9io655 florins, c'est-à-dire qu'ils 
forment le tiers du revenu ; le tableau de Wfeimar 
n'accorde à cet Etat que quatre millions de florins , et 
celui du baron de Lieclitensternque trois et demi. ]Ne 
connaissant pas les revenus de tous les cantons de la 
Suisse, nous nous sonmies borné à donner dans le 
tableau ceux qui proviennent du contingent payé par 
chacun pom- couvrir les frais communs à la fédération, 
et qui sont bien au-dessous de la somme qu'on ob- 
tiendrait en calculant les budgets de chaque canton , 
puisque , d'après celui de Tannée i8ic) , la recette 
du canton de Genève montait à i 457635 florins 
de Genève , ou 676062 fr. MM. Hassel et Liechten- 
stern et le tableau de Weimar susmentionné évaluent 
seulement à 3o 000000 llorins les revenu^ de l'Em- 
jiire Ottoman, qui sont estimés 3o 576000 ilorins par 



( ^3y ) 

ThoriUoii, 4o4^ouoo par Elon 014^)000000 par Man-' 
nert; mais ceslrois derniers auteurs disent expressément, 
qu'on ne comprend dans celte (ivalualion que les seuls 
revenus du Mirl^ qui est le trésor de l'empire , et qui, 
selon Tliornion et Elon, sont inférieurs à ceux du 
Khazneh, tpii est le trésor particulier du Grand-Sei- 
gneur ou autrement son domaine. A moins de Hiire 
une semblable abstraction pour les revenus de tous 
les autres Etats, nous avons cru qu'il fallait réunir la 
recelte du 3Iiri à celle du Khazneh pour évaluer 
convenablement les revenus de l'Empire Ottoman; 
c'est aussi ce que nous avons fait dans le tableau des 
revenus des diffcrens Etats de l'Europe, en portant 
ceux de cet ejiipire à 78 000000 florins,- Olivier esti- 
mait 200 millions de livres tournois les sommes en- 
vo^ées annuellement àConslanlinople de toutes les par- 
tics de l'empire , et portait à i5o millions la recette des 
deux trésors y compris le bénéfice du monnayage. Tan- 
dis que les revenus de l'Empire Russeneseraicnt, ïëlon 
quelques géographes, que de 120 a i36 millions de rou- 
bles etde i45 selon MLdler,M. Wicbmann les porte à 
280 millions et le baron de Liecbtenstern, dans son 
tableau susmentionné, les réduit à 245 millons de flo- 
rins. Le grand accroissement ([u'ont reçu toutes les 
branches des revenus de cet Etat nous font penser 
qu'à l'époque actuelle on ne peut, sans commettre une 
grande erreur, lui accorder moins de 260 millions de 
roubles. En effet le seul produit de la capitaiion et des 
boissons monte presque à 170 millions. M. Hassel, 
dans son dictionnaire géographique, publié en 1817 , 
n'évalue les revenus du royaume de Wiirtemberg 
qu à 6 528090 florins, tandis que le baron de Liecbten- 
stern les porte à 16 millions et Rliiber à 18. D'après 
le budget imprimé en 1819 elle monta, din s l'année 
1818, à 14862000 florins, dont 6002601: provenaient 
des seules rentes domaniales, et dans le budget de 
1820 elle était évaluée 1002845?) florins^ Nous avons 



( 24o ) 

suivi celte dernière évaluation. Nous avons porté dans 
le tableau à i 55oooo florins les revenus de la princi- 
pauté de Liechtenstein , parce que nous y avons com- 
pris les I 5ooooo florins que rapportent les vastes posses- 
sions média tesappartenanles au prince de Liechtenstein, 
dans les Etats autrichiens et prussiens; le tableau de 
Weimar ne les évalue que i 200000 florins ; celui de 
Fredau seulement 27000 rixdalersou 1 56900 francSjCt 
celui du baron deLiechtenstern 19600 florins, ce qui ne 
lait pas môme 5o6oo francs; mais MM. Hassel et Stein 
les portent à 1 5ooooo florins,et Cannabichà i 54oooo. 
Dans l'évaluation des revenus des duchés de Bruns- 
wich et d'Anhalt-Dessau nous avons compris les rentes 
de leurs possessions médiates eil Silésie et en Saxe, et 
dans celle du duché de Lucques les 5ooooo fr. payés 
annuellement par l'empereur d'Autriche etle grand-duc 
de Toscane jusqu'à ce que la duchesse actuelle succède 
à l'impératrice Marie-Louise dans le duché de Parme. 
A cibse de la difficulté que l'on trouve à évaluer, même 
par approximation, les revenus des colonies des diffé- 
rens Etats,et sachant d'ailleurs que dans presque toutes 
les frais d'administration et de défense ne laissent au- 
cun revenu net, nous nous sommes bornés à n'indiquer 
dans le tableau que les revenus de leurs possessions 
européennes; et nous n'avons excepté de cette règle 
que les Empires Russes et Ottoman, à cause de la con- 
tiguité de presque tous les pays dont ils sont formés. 
Nous ferons observer seulement que le revenu net de 
toutes les colonies espagnoles ne montait en 1804, selon 
M. le baronde Humbolt,qu'à 44 280000 fr.,etque vers 
la fin du règne de Charles IV tous les revenus nets de 
la Monarchie Espagnole s'étaient élevés à 200 millions. 
D'après les budgets officiels du Brésil des années i8i5, 
1816, 1817, 1818 et i8ig, que nous avons sous les 
yeux, nous trouvons que la totalité du revenu de 
toutes les possessions portugaises d'outre-mer, sans 
comprendre les Açores et Madère , parce que le pro- 



(24i ) 

dult net lie leur revenu était destiné à payer le corps 
diplonialiquc, montait annuellement, terme moyen, 
a 6027900000 rcis ou 1 5 069760 cruzades. ]>fous 
ajouterons aussi, d'après ce que nous a assuré M. le 
vicomte de San-Lourenço, ancien ministre des finances 
de la Monarchie Portugaise , que la totalité moyenne 
annuelle de la recette dans toutes les possessions portu- 
gaises, depuis 1808 jusqu'à iS'm , y compris les frais 
d'administration, s'est élevée à environ 5o 000000 de 
cruzadcs ou à 1 25 000000 tic francs. 

La dette publique de la Monarcliie Anglaise mon- 
tait au 8 janvier 1820 à. LtzSj 776674 livres sterling, 
dont 420 820751 ayant été raclielées par le fonds d'a- 
mortissement , la dette réelle n'était à la susdite épo- 
i(ue que de 856 946925 liv. sterling. Nous faisons cette 
remarque parce que, quand il est question de la dette 
anglaise, on parle ordinairement de la totalité des 
sommes empruntées , sans faire la soustraction des 
sommes très-considérables dont cUe a été diminuée. 
Dans la dette publique des diiférens États on a tou- 
jours compris non-seulement le pa[)ier-monnaie en 
circulation, mais aussi la dette qui ne perçoit pas actuel- 
lement d'intérêt; celte partie de la dette de l'Espagne 
était en 1820 de 2000 096000 francs; la dette arriérée 
des Pays-Bas monte à 25 j5 1 00000 francs. On croit 
ces remarques d'autant plus nécessaires qu'il est des 
géographes qui, ne comptant pas dans leurs évalua- 
tions ni le papier-monnaie, qui est réellement une dette 
contractée par le gouvernement envers la nation, ni la 
partiedela dette qui provisoirement ne perçoit pasd'in- 
térêts, ladetle nationale se trouve par là réduite tantôt à 
la moitié , tantôt aii quart de l'évaluation donnée dans 
notre tableau. Cependant il faut considérer que toutes 
les dettes des diflérens Etats , quelques-uns exceptés , 
représentent dans notre tableau des sommes bien au- 
dessus de leur valeur réelle , parce que, en les rédui- 
sant en francs, on a calculé la dette particulière de 
îï. 16 



( 242 ) 

cliaqtie Eial par le pair des monnaies , car en les cal- 
culant d'après le cours actuel des changes, qui peuvent 
varier de beaucoup en peu de lenjps, on se serait ex- 
posé à une source inépuisable d'erreurs. Nous citerons 
le seul exemple de la delle de la llussie, qui avec une 
valeur nominale de plus de mille millions de roubles 
ou de 4ooo millions de francs, a une valeur réelle qui 
peut être estimée tout au plus à 1 2,20 millions tle francs, 
puisqu'avec cette somme on pourrait l'éteindre entiè- 
rement. On doit faire la même remarque à l'égard 
des revenus de quelques Etats, tels que la Russie, l' Au- 
triche, etc. , où le rouble et le florin en papier ont 
une valeur réelle bien inférieure à la valeur nommale. 
Dans l'évaluation de la dette nous avons toujours tenu 
compte de la grande quantité de papier-monnaie qui 
a été brillé , et qui l'a réellement diminuée de beaucoup. 
Avant la création de la banque, la Russie n'avait pas 
moins de 876 567920 roubles d'assignats en circulation; 
dans l'espace de cinq ans on en a brûlé pour la somme 
de 191 109420 roubles, et dans l'année courante 
(1822 ) on doit en brûler 44768230, de manière que 
la masse restante ne sera au commencement de 1823 
que de 5g5 926240 roubles. L'empire d'Autriche n'of- 
fre pas des résultats moins favorables, puisque la quan- 
tité de papier-monnaie brûlée s'élève déjà à près de 
200 millions de florins. Dans la dette de la Monarchie 
Suédoise , nous avons compris les 5 raillions d'écus de 
banque de Hambourg qu'elle doit payer au Danemarck 
pour la renonciation à ses droits sur la Norwége , et 
dans celle de la' Prusse les dettes provinciales , qui 
montent à 25 9i4694écus , la dette qui ne perçoit pas 
d'intérêt qui est de 10 242547 écus, et la grande masse 
de papier-monnaie qui est encore en circulation. Nous 
croyons ces remarques nécessaires pour accorder noséva- 
luationsavec lavaleur de la dette pLlbliquedece^Etat, an- 
noncée dans le journal officiel. Nous ferons remarquer 
aussi que la plus grande partie de la dette des Monar- 



( 243 ) 

chies Suédoise et Danoise consisle dans le papier - 
monnaie en circulation. Par un savant orliclc très- 
détaillé sur la dette danoise , inséré dans le Po/itisches 
journal àe. Hambourg de l'année i8i5 , on voit quà 
celle époque il ne circulait pas moins de 35 espèces 
diflércntes de papier-monnaie dans ce peut Etat, outre 
1 1 autres émises par des établissemens publics. On y 
évaluait leur somme totale à yS millions reiclibank- 
thaler silberwerth , d'après les intérêts qui moulaient 
annuellement à 5 millions de la même monnaie. D'après 
les documens officiels publiés à Slockbolm en i8i8 , le 
papier -monnaie en circulation dans le royaume de 
Suède montait à do millions reicliihalcr - banco •' 
N'ayant pu nous procurer de renseignemens positifs 
sur le montant actuel de la dette de la Suisse , nous 
avons porté sur le tableau la somme à laquelle elle 
s'élevait en i8o4^ qui est de 3 ii8336 fr. Nous ne 
croyons pas qu'elle ait duninué depuis cette époque. 

L'évaluation des forces militaires de terre et de mer 
entretenues par les différens Etats est presque aussi 
difficile à faire que celle de leurs revends et de leurs 
dettes , par la multiplicité des causes qui peu- 
vent induire en erreur le géograpbe lorsqu'il n'examine 
pas la date et les circonstances particulières où chaque 
Etat peut se trouver placé. Aussi peut-on dire hardi- 
ment que tous les tableaux statistiques généraux de 
l'Europe n'offrent qu'un vain étalage de chiflrcs qui 
sont bien loin de présenter le nombre réel des hommes 
qui sont sous les drapeaux. Outre les grands cljange- 
mens qui ont lieu d'un moment à l'autre à cause des 
événemenis politiques, et qui réduisent quelquefois les 
forces d'un Etat à la moitié de ce qu'elles étaient, et 
ceux qui sont produits par un changement de plan 
dans l'administration intérieure d'un pays quelconque, 
il faut tenir compte , lorsqu'il est question de deux 
époques distantes de quelques années l'une de l'autre , 
de toutes les diniiautions produites par la niorlalil.é et 



( 'M4 ) 

par les congés accordés en i>ran(l noniljrc. Dans le 
courant de i8i5 à l8i6 l'armée et la marine de la 
Monarchie Anglaise furent dimlmices de 5ooooo 
honnncs. L'état militaire tîe cette monarchie était en 
1816 de 99000 honmics, sans comprendre ceux à la 
solde de la compagnie des Indes Orientales; en 1817 il 
était de 81000 , eu i8i8 et 1819 de 78000. L'élat mi- 
litaire de la monarchie des Pays-Bas souffrit en 181g 
une énorme réduction, puisque l'armée d^Europe fut 
mise celte année sur le pied de paix à 40000 hommes. 
Par la méme.raison nous avons évalué heaucoup moins 
haut l'armée de quelques autres Etals qui l'ont mise sur 
le pied de paix, comme par exemple le royaume de 
Wiirlembcrg , dont l'armée est réduite à 5c)'45 
hommes , non compris l'état-major , les ingénieurs H 
les invalides , tandis qu'elle montait à i8gg5 hommes 
sur le pied de guerre. Une foule de causes du même 
genre et qu'il serait trop long de détailler ici nous ont 
porté à n'évaluer qu'à 800000 hommes l'armée de l'Em- 
pire llusse, quoiqu'un tableau que; plusieurs journaux 
donnaient pour olliciel la portât pour l'année précé- 
dente à I o58ooo, non compris l'armée polonaise qu^ 
seule monte à plus de 5oooo hommes. Nous avons 
lait cette grande diminution parce que nous avons 
réduit les ïo5534 soldais de cavalerie irrégulière qui 
figurent dans le susdit lal^leauà 5ooo seulement, qui 
est le nombre en service effectif en temps de paix; et 
parce que, selon les plus savans auteurs qui ont écrit 
récenmient sur la Russie,hien que son armée ait été au 
complet dans la dernière guerre, elle ne comptait pas 
plus de (i/i(î000 comballans. D'ailleurs des rapports 
semi-ofliciels la disaient réduite à 4^0000 hommes , 
lorsque rcn.jK'rcur ordonna à Archangel, en août 
i8ig, la levée de deux hommes sur cmq cents habi- 
tans dans toute l'étendue de l'empire. Nous ne croyons 
pas inutile de remarquer que M. IMidler l'estime 
à 899538 hommes, tandis (|ucM. Ercdau.dans son ta- 



C 245 ) 

bleau de l'Eurcjn; en 1819, la réduit à 680000 , cl que 
MM. Hassclet Wiclinianii l'évaluent à 60941 5 pour 
l'année 1812^ nombre identique à celui adopté dans 
le tableau de Weimar, qui cependant devait se rap- 
porter à l'année 181 8, et à celui du tableau du baron 
de Liecbtenstern publié à Vienne en 181 9. M. Slein, 
dans la même année, la porte dans son dictionnaire à 
987117, et M. Cannabicb, dans son Lchrbuch der 
geogîYtphic publié à Sondersbausen en 1821 , dit 
qu'en 1820 elle montait à 989117 bommes. En éva- 
luant, d'après Griffiili, Tbornton, Elon, etc. , l'armée 
ottomane à 5S8ooo hommes, nous nous sommes bien 
gardé de suiv.re l'opinion des savans rédacteurs des 
deux premiers tableaux (1) susmentionnés , qui parais- 
sent avoir réduit cette armée à 1 80000 hommes seule- 
ment, parce qu'ils n'ont point rais en compte les 20000 
qui forment la i,^armson de Constanlinople, les 1 00000 
qui sont employés à garder les difïerentes places de 
l'empire, elles 5oooo levantis qui doivent servir sur 
la flotte. Nous n'avons fait aucune/le ces déductions , 
parce qu'en les faisant pour cet État nous aurions dû 
les faire pour tous les autres qui ont des £,^irnisons 
nombreases et des flottes. En effet les soldats qui ser- 
vent sur ces dernières et ceux qui garnissent les places 
fortes et la capitale ne figurent pas moins pour cela 
dans les cadres des armées respectives. Dans les 
588000 honmies nous n'avons pas compté les i5oooo 
individus qui jouissent du titre et des prérogatives de 
jannissaires, parce que nous les avons considérés comme 
une espèce de garde nationale, car ils ne sont obligés 
de prendre les armes que seulement dans le cas ou il 
serait question de défendre la vifle où ils sont domici- 
liés. Nous croyons cependant qu'on pc urrait bien aug- 



•(0 Le baron de Licchstcoftern , dan? son Tablcm Hc l'Enropc, la 
porte à 200000 hommes seulement. 



(246) 

menter de plusieurs autres milliers d'iiomuies l'éva- 
luation des 388ooo hommes susmentionnés, à cause 
des troupes nombreuses à la solde des pachas d'Egypte, 
de Pcrgame, de Jeuzzat, etc. , dont la plus grande par- 
tie ne figurent pas dans les cadres- de l'armée ottomane. 
Quoique la Prusse ait eu en 1814 plus de 260000 sol- 
dats , nous n'avons porté dans le tableau son armée 
qu'à i58ooo hommes, parce que, d'après une liste 
officielle détaillée qui a été publiée en 1819, elle ne 
montait alors qu'à lôyôyo hommes, et qu'elle n'a pas 
été augmentée depuis cette époque. Néanmoins il faut 
considérer que cette monarchie a une Landwehr ou 
milice organisée de 400000 hommes très- bien exercés, 
et dont la moitié peut marcher au premier appel. Dans 
l'armée espagnole, qui en Europe a été réduite en 1820 
à 54129 soldats, et dans les armées du Portugal et des 
Pays-Bas, on a compris aussi les troupes qui se trou- 
vent dans leurs possessions hors d'Europe. Dans l'ar- 
mée anglaise on a compris aussi les 5o253 soldats eu- 
ropéens à la solde de la compagnie des Indes Orientales, 
quoiqu'ils ne figurent pas dans les cadres présentés au 
Parlement; car ils n'en appartiennent pas moins aux 
ressources militaires de la Monarchie Anglaise. Nous 
croyons indispensable d'avertir nos lecteurs que les 
32886 hommes qui forment l'armée de la Confédé- 
ration Suisse dans le tableau des forces militaires des 
difïérens Etals, ne sont pas sous les drapeaux; il n'y en 
a que les cadres qui , au premier appel de la diète 
fédérale , doivent être remplis d'après le contingent 
fixé pour chacun des vingt-deux cantons en parti- 
culier, et d'après l'état déclaré de sa population. 
Les forces militaires de tous les petits Etats formant 
la Confédération Germanique ne sont pas non plus 
leurs forces réelles, mais seulement le contingent qu'ils 
doivent fournir en cas de guerre. A l'égard des Etals 
plus considérables, tels que les foyaumes de Bavière , 
vie Saxe , de Wiirtemberg , de Hanovre , des grands-» 



(=47) 

duchés de Baden , de Hesse-Damrstadl et de la liesse 
Electorale , nous avons mis ce ineme contingent entre 
parenthèses^ ponant dans la colonne des armées le nom- 
bre des soldats actuellement ou dernièrement sous les 
drapeaux. Nous n'avons pas parlé de l'armée des Etats- 
Unis des îles Ioniennes, parce que ces îles étant sous 
la protection immédiate de Sa Majesté le roi d'Angle- 
terre , qui a droit de garnison dans les places, presque 
tout l'état militaire qui s'y trouve a déjà été compris 
dans l'armée anglaise dont il fait partie. 

Pour l'évaluation des forces de mer nous nous 
sommes borné à indiquer le nombre des vaisseaux de 
ligne et de frégates , qui dans l'état actuel de la tac- 
tique navale sont les seuls batimens qui constituent les 
forces réelles disponibles sur lesquelles est basée la 
puissance maritime des nations de l'Europe ; puisque 
les corvettes , les bricks , le goélettes , les galères et 
autres batimens légers ne sont employés que pour 
défendre les côtes, l'embouchure des ports et des 
fleuves , et pour faire la correspondance. Nous 
avons indiqué dans notre tableau tous les vaisseaux 
et frégates en état de tenir la mer que chaque Etat pos- 
sède, quoiqu'un grand nombre de ces buiimens ne 
soient point armés. En cela nous avons suivi une autre 
métliode que pour l'évaluation des forces de terre , 
dans laquelle nous n'avons compté que les soldats réel- 
lement sous les drapeaux. Les vaisseaux de guerre coû- 
tent des sommes immenses et exigent un temps con- 
sidérable pour leur construction. Dès qu'ils sont en 
élat de servir , qu'ils soient armés ou non , ce sont 
toujours des ressources militaires qui existent en efl'et, et 
dont l'Etat peut disposer. Voilà pourquoi nous les 
avons comptés , quoique la plupart ne soient point en 
activité , comme on peut le voir par l'exemple suivant 
tiré de l'intéressant Annuaire de M. Lesur pour l'an- 
née 1820. Tandis que dans V jéperçu statistique et 
comparatif des principales puissances (le V Europe 



C 248- ) 

il fait monier le noJîibre des Lâtimens qui coiiiposent 
la marine IVançaisc à 48 vaisseaux de liqno , 5i fréga- 
tes , ]5 corvclies, et qu'il porte le total des bâiiniens 
à i58, dans V effectif des équipages embarques 
en 1820 ( page ôyS ) , oiî voit que cette marine n'em- 
ployait cette même année que 2 vaisseaux de ligne , 
7 frégates , 7 corvettes , 1 3 bricks , 1 1 goélettes et 
avisos , 2 canonnières , 8 flûtes ,21 gabarres , l trans- 
port, 72 bâtimens de servitude j le total de ces bâti- 
mens monté par 8760 liommes. La marine militaire 
anglaise, coniposée en 1814 de io54 bâtimens , dont 
a 61 vaisseaux de ligne et 264 frégates , montés par 
1 71549 liommes , ne comptait en 1816 en service ef- 
fectif que 281 bâtimens, dont 41 vaisseaux de ligne, 
i5 de 44 ^ 5o canons, 65 frégates, 75 sloops, 70 
bricks, 4 cutters, i5 goélettes. Dans notre tableau 
nous avons compté parmi les frégates les vaisseaux 
de 5o, qui forment une classe à part dans la flotte 
anglaise. 

N'ayant pas le loisir de rédiger le tableau des impor- 
tations et exportations moyennes des principaux Etats 
de l'Europe , nous nous bornerons à offrir dans le ta- 
bleau ci-dessous les importations et les exportations de 
quelques-uns seulement sur lesquels nous avions déjà 
commencé à rassembler des documens pour prendre les 
moyennes relatives. Nos lecteurs pourront facile- 
ment, en réduisant les différentes monnaies en francs, 
comparer ces différens Etats avec le Portugal , sur 
lequel nous avons donné les plus amples détails 
dans la section de la Géographie commerciale du pre- 
mier volume. Nous croyons cependant indispensable 
de faire ici quelques remarques nécessaires à l'intel- 
ligence du tableau que nous avons rédigé. Dans les 
importations de la Monarchie Française des années 
1787 , 1 788 et 178g , que nous avons tirées de Y Indu- 
strie française du comte Chapial/ sont comprises tou- 
tes les productions des colonies d'Asie , d'Afrique et 



( 249 ) 

d^Aniériquc pour une somme de 240 millions , cl les 
monnaies clrangères et les lingots d'or et d'argent pour 
60 millions ; l'exportation pour les colonies dans la 
même période monte à 90 millions par an. Dans les 
importations et exportations de l'Empire Russe sont 
aussi comprises celles des douanes de terre qui sont 
très-considérables ; mais dans celles de la Monarchie 
Espagnole , que nous avons tirées de l'ouvrage de 
M. Alexandre de Laborde , on n a compris que le seul 
commerce de l'Espagne avec l'Amérique. Ce savant 
évalue à 87 204^49 livres le commerce actif que ce 
royaume faisait avec les diftérens Etats de l'Europe à la 
même époque. Nous aurions beaucoup d'observations à 
faire relativement aux importations et exportations de 
la Monarchie Anglaise , dont la valeur est indiquée 
d'après l'estimation des douanes , qui sont basées sur 
un vieux tarif de l'année 1697 ; mais cela nous mène- 
rait trop loin. Nous ferons remarquer seulement que le 
savant Arthur Young et ses comi)atriotes les plus 
instruits prétendent que la valeur réelle est à la valeur 
oflicielle connue 17 à 10. Cette opinion est bien loin 
d'être exagérée , puisque , d'après un tableau de la va- 
leur totale réelle des importations et exportations de 
l'annéer 1797 offert au parlement , les premières 
auraient monté à 49 002170 et les secondes à 
5o 290190, au lieu que d'après le tableau de la va- 
leur ollicielle elles n'ont été que de 21 01 6956 et de 
28 91 7010. L'auteur de la Réponse â îétat de VAn~ 
gletejTe au commencement de 1822 porte à 68 302884 
la valeur réelle des exportations de l'année 1814 > à 
70 15941 7 celles de l'année i8i5, à 67 5o 1220 celles 
de l'année i8i6,ct à 61 191056 celles de l'annéeiSiS. 



( 25o ) 



États. 


AftK. 


IwPOUTATlO.NS 


Bîonaicliie Auglaise. , . 


1796 


23 187319 




1797 
179S 


21 oi3956" 




27 8^7899 




ngg 


26 837432 




1800 


3o ijoboS 




1814 


36 559788 




i8i5 


35 089650 




1816 


3o io5565 




1817 


33 971026 




181H 


4o 135953 




1819 


53 65a74i 




1830 


36 517263 


IVIoiiaitliie IVauçaise. . . 


1787 


63o 871700 




1788 


675 393400 




1789 


634 563ooo 




1817 
1818 


574 958995 




609 5J0000 
493 oooooo 




1819 


AJonnrcliie Espagnole. . . 


1788 


aol 173433 


Empire Russe 


180a 


56 530094 




i8o3 


55 557675 




1804 


Açf 5ooiog 




1819 


167 SggooS 



i:JXPORTAT10^S. 

3o 518913 livres slcrliug. 
28 917010 
53 091777 
35 991329 

43 l5201g 

56 624229 
60 97830g 
5i 2J5574 

53 625 102 

56 85i3i9 
46 912492 
5i 730616 

444 61 1100 francs. 
463 1 56700 

438 4t7ooo 

439 735964 
620 770000 
490 269000 

75 1 79381 livres tournoi». 

63 277769 roubles. 
67 i4!jti^3 
59 017349 
310 5âgâ44 



Nous aurions une foule d'observations à faire à Fé- 
i^ard de nos tableaux de la surface, des populations ab- 
solue et relative des différens Etats et du nombre des 
babilans de leurs villes principales. Comme nous nous 
llailons d'avoir traité ce sujet dans la seconde édition 
de notre Compendio di Geograjîa imiversale , de ma- 
nière à mériter la confiance de nos lecteurs , nous nous 
bornerons à dire que nous avons conservé les mêmes 
évaluations que nous avons publiées en 1819, à 1 ex- 
ception des populations des Monarchies Française, An- 
glaise , des Pays-Bas , Prussienne et Portugaise , de 
celles de l'Empire Russe , du grand-duché de Meck- 
lenbourg-Schw^erinet de quelques autres Etats sur les- 
quels nous avons eu des renseignemens plus récens ou 
Elus exacts. Nous aurions voulu revoir tous nos ta- 
leaux , mais la raison qui nous empêche de publier 
à présent nos Considérations sur la Monarchie Por- 






( =51 ) 

tagaise nous empeclie aussi de le faire (i). Nous 
croyons cependant indispensable de donner quelques 

(i) Nous ne pouvons nous dispenser de justifier notre évaluation 
relativement à la population de l'empire de Russie , auquel nous accor- 
dons 54 000000 âmes, quoiqu'un journal vienne de publier un tableau 
olliciel c[uiaëté répété par plusieurs autres, et selon lequel cet empire 
n'aurait que ^o 0G7000 habitans , sans comprendre dans ce calcul le 
nouveau royaume de Pologne. 

Voici les raisons principales qui nous ont engagé à accorder une popu 
lation si considérable à cet empire. 

I. Le recensement des habitans depuis Pierre-le-Grand ne se faisant 
que de vingt en vingt ans , et le dernier qui eut lieu étant celui qui fut 
exécuté de 1793 à 1797 , les détails offerts par le tableau susmentionné 
ne peuvent être que le résultat de l'énumération postérieure qui a eu 
lieu dans les années i8i3 et 1817. Onpeutdoncen tirer la conséquence 
que ces résultais doivent être bien inférieurs k ceux qu'il offrirait si 
1 énumération avait été faite en 182 1. 

II. Supposant pour un instant que le tableau en question offre les 
résultats du dernier recensement , et comparant les populations qu'il 
donne aux dillcrens gouvcrnemens de l'Empire Russe avec celles trou- 
vées dans le recensement fait de 1798 à 1797, que M. Bertuch a public 
dans SCS Ephémérides' géographiques de l'année 1809, nous avons 
trouvé : 

10, Que plusieurs surfaces des gouvernemens sont de beaucoup infé- 
riejires à celles données par les plus savans géographes allemands ; en- 
tre autres celle de la Finlande, qu'il n'évaluequ'à 48oomilles carrés d'Al- 
lemagne , tandis que cette province en compte actuellement 6402 ; celle 
de Jaroslaw , à laquelle il n'accorde que 600 milles carrés au lieu de 
G\)\ , et celle de la Tauride qu'il estime li 1000 seulement au lieu de 
1646 comme presque tous les géographes, et 2042 comme M. ^Yich- 
mann. 

2°. Que dans le tableau susmentionné il n'est point fait mention de 
la petite province de Bialystock , que M. Cannabich , dans sa Géogra- 
phie publiée à Sondershausen en 1821 (*) , continue encore à décrire 
séparément , et qui parait avoir été réunie au gouvernement de Grodno 
dans le tableau. On n'y fait point mention non pins ni du pa3"S des 
Cosaques du Uon dont M. HasstI évalue la population en 1820 a 4980UO 
habitans , ni de celui des Cosaques de la mer Noire que M. Cannabich 
estime à 80000 habitans , ni du gouvernement de Grusinie avec Der- 
bcnt, ni de celui nouvellement créé de Bessarabie ou de Rischenew, qui 
comptent, selon M. Cannabich, 871000 et 4^0000 habitans. Nous 
trouvons qu'on n'y fait pas non plus mention d'aucune des vastes ré- 
gions cédées dernièrement par la Perse à la Russie dans la région du 
Caucase, ni de trois hordes des Kirgis qui reconnaissent sa suzeraineté. 

3". Que la population de toute la Finlande est évaluée un cinquième 
au-dessous de sa population actuelle, puisque le tableau ne lui accorde 
que 9S0000 habitans, tandis que , par un recensement fait en i8i5, 
on sait que l'ancienne Finlande russe , ou le gouvernement de Wiborg , 

(*) Elle parait avoir élé travaillée, pour la partie qui regarde la Russjc , d'après la 
savante description de cet empire donnée par IM. Hassel dana le VoUdaendi^a 
Jlandbuch der Neueêien Erdebese/ireibung , etc. etc. 



(.252.) 

éclaiicisscmciîs sur des cvaluaiioiis (jui pourraieiil pa- 
raître exagérées au premier abord. Nous avons par 



avait 193747 habitans, et la Finlande nouvelle , ou ci-clcvant suédoise, 
en avait 902210 , ce qui fait un total de 1 096957 , que M. Hassel es- 
time être monté en 1820 à 1 346000. 

4". Que d'après le tableau eu <]ucstion les gouvcrncmens de Péters- 
bourg , de Kostroma , de Nowogorod , de Smoleiisk , de JNishegorod , de 
Wladimir et de Grodno auraient, contre toute probabilité, éprouve 
une baisse considérable dans leur population. 

5°. Que dans ccuy de Courlandc, de Wologda, d'Olonez, de Kahiga , 
de Poltawa , de Minsk et de Volbynie , la population auiait été ])rcsque 
stationnaire , et cela sans qu'on paisse citer une seule cause à l'appui 
d'un phénomène si extraordinaire dans la marche générale de la popu- 
lation observée dans tous les pays de l'Europxi, même daus ceux qui 
sont moins favorisés que la Russie sous ce rapport. 

6°. Qu'au contraire les gouvernemens d'Archangel , de Woronesch , 
d'Astrachan et d'Orcnbourg auraient presque doublé leur population 
dans le même intervalle, tandis que ceux de Tula , de Twer , d'Orel , 
de Tambow, de Slobodsk-Ukraine, de Pensa et de Wiaetka l'auraient 
aussi considérablement augmentée. 

Poui" rendre j)lus sensible à nos lecteurs ce que nous venons de dire , 
nous avons rédigé le tableau ci-dessous. La première colonne indique la 
population trouvée dans le recensement de 1793 a 1797, telle que nous 
l'avons tirée des Ephémérides géographiques de Weimar 5 les chiflVes 
précédés d'un astérique sont les résultats du même recensement que 
nous avons tiré du Dictionnaire de M. Hassel publié en 1817 , parce 
que le tableau des Ephémérides était incomplet. La seconde ofl're la 
population du tableau dont il est question. La troisième présente la po- 
pulation telle que le savant M. Hassel l'évalue pour l'année 1820, et que 
nous avons tnée.de la géographie susmentionnée de M. Cannabich , 
parce que nous n'avons ]iu nous procurer à temps le volume de la Russie 
du Volislaendi^es llandbuch , etc. 



Gouvememetis. 


Selon la 5« 


Selon le 


Selon M. Hassel pour 






l'annùe 1820. 




révhiait. 


tableau. 


PétersLourg. . . 


G55G69 


5qoouo 


8080U0 


Kostroma. 


1 i46oc)2 


85oooo 


I 422000 


Nowogoroil . . 


7558'j3 


675000 


960000 


Sniolensk. 


953735 


950000 


I 297000 


rs'isliogornd. 


992392 


970UO0 


1 .3^)9000 


Wladiniir 


9611446 


9'2O0OO 


1 3o6ooo 


Grodno . 


• 608237 


585ooo 


842000 


Courlande. . 


418162 


4ioooo 


569000 


Wologda. 


689830 


620000 


802000 


Oloncz 


226966 


225oOO 


353ooo 


Kaluga. 


845375 


85oooo 


I 169000 


Poltcuva .... 


I i5o72fi 


I 370000 


I 933000 


Minsk. 


834619 


840000 


1 i35ooo 


Wolhynif. . 


I 076427 


1 II 0000 


I 464ooo 


Jckatcrinojlaw 


• 54io5o 


55pooo 


761000 



( 253 ) 

exemple porté à 397000 âmes la populalion du grand- 
duché dcMccklenbourg-Schwcrin, parce que, d'après 



Gouvernemens. 



Selon la 5 e\ Selon le 
réfision. 1 tableau. 



Selon M. Ilassel pour 

l'ajinée iS^o. 



jArchangel. . 

Tiila. 

Woroncscli 

'l'wcr. 

Orel. ... 

Tambow 

Slobodsk-L'kraine. 

Pc-nsa. 

Winctka. . . , 

Asliaclian. 

Orcnboiirg. , 



9349 'i!l 

I o2Jo88 

6 7808 

75040:"» 

900787 

139153 

• 68tf568 



200000 

t O^JOOOO 

I 3ooooo 
t looono 

I lÔOOOO 

1 2.)oooo 

f)10000 

BCoooo 
I 100000 

190000 
I 000000 



310000 selon Cannabicli. 
i looooo selon Cannabicli , 
1 43oooo 
( 253ooo 
I 2;roooo 
1 591000 
I 471000 
i 0^5000 
I 266000 

383ooo selon Cannabkli. 

t O_|:|O0O 



III. Le recensement, ou comme on dit en Russie, la révhion nr 
comprenant que les seuls habitanssujets à la capitation . pour avoir la 
lolahlc (les habilans de l'empire à une épofrnc gnelconquc , il faut 
ajouter a la somme donnée par la rcTision tontes celles fournies nar'les 
classes exemptes , savoir : tous les militaires do terre et de mer tout le 
cierge , tous les employés publics , toute la noblesse , toutes les person- 
nes employées dans 1 instruction ou attachées à la cour et \ 1 acadé 
mie des sciences, tous les négocians et toutes les familles de' ces dilTé 
rentes classes j ensuite tontes les nations nomades et celles oui ne sont 
que simplement tributaires ou vassales; enfui , il fantaionterà toute-» 
ces sommes la population des pays agrégés à l'empire depuis la dernière 
révision , et tout 1 evcLdant des naissance.^ sur les décès qui peut avoir 
en lieu depuis le dernier recensement jusquù l'époque à laquelle on se 
rapporte, bi on voulait faire ce calcul ea partant de la cinquième révi- 
sion qm a eu lien depuis.793 jusquà!797, on trouverait pour la fin 
de 1 année 1821 les résultats suivans • 



Pour les personnes comprises dans les listes de la révision 
3j iCl>36(j, on en nombres lond^. .... 

Pour les personnes qui n'y sont pas comprises .... 

Ponr la l'inlande ci-devant Suédoise 

Pour le district de Bialyslock cédé par la Prusse en 1807.' 

Pour le nonvcan pjouvcrncmenl de Cessaralic réuni en x8i2 

Pour le reslaiil du grand-dmho de Varsovie , qui forme ac- 
tui-IIcmtiil le royaume de P.ilo<;ue .acquisition lait-- en i8t4, 
et qui , d'après un recensement qui cul lien en 1820 , con- 
tenait 3 45872S , ou en cliillVcs ronds 

Pour les peuples seulement vassaux: ou tiibulairesde l'empire, 
savoir pour les Kirgis de la p-til.- borde cl de la moyenne,' 
et pour ceux de la f;raniic qui viennent du vcconnaitre la 
souzinaïuutc de l'empereur Alexandre. 

Pour les nalitias de la He^'ion du Caucase dont une partie 
lorniciil des gouvcrnemcns créés depuis la cinquième révi- 
sion , et dont la population totale peut selevor à 

Pour l'excédant des iiais'Jances sur les décès de tout rempirc 
depuis le commcntement de 1796 jusqu'au 3l décembre 
1*21 , cvalue seulement à 4oooûo individus par au. 

Total. . ~r 



'ij i(ï5ooo 
" 100000 ? 
I 000000 
200000 
280000? 



43900 



4joooo? 



10 4ooooo 
54 53dco3 



( ^54) 

les docuniens officiels publiés de[)uis quelques années 
par le savant conseiller Rudolff dans son almanacli, qui 

Cette somme est bien loin d'ctre exagérée , puisque les seules classes 
non comprises dans la cinquième révision devaient alors monter an 
moins à 2 5ooooo , et ne peuvent pas être estimées actuellement à 
moins de 3 5ooooo. Il fant aussi renjarq\ier que la cinquième révision 
ayant eu lieu depuis 1798 jusqu'à l'année 1796 tout entière, on na 

fas compté, dans l'évaluation de l'excédant des naissances sur les décès, 
accroissement que la population a laite pondant ces trois années , 
accroissement qui, tout bien calculé, pourrait bien s'élever à un mil- 
lion. Nous avons aussi négligé de porter dans noire calcul les nombreux 
colons qui , dans ce long intervalle des 29 dernières années , ont reflué 
de presque tous les pays de l'Europe pour aller s'établir en Russie, et 
qui doi\ ent monter à plusieurs milliers. En6n nous ferons observer que 
l'augmentation annuelle de 400000 âmes que- nous avons accordée à 
cet empire est sûrement beaucoup au-dessous de celle qui a réellement 
lieu , puisque la seule église russe , à laquelle se rapportent les listes 
des naissances, des décès et des mariages , que l'on publie annuelle- 
ment , et dont nous avons donné, à la page 196 du i"^' volume, 
l'excédant annuel des naissances sur les décès , présente un accroisse- 
ment moyen aunuel de 47'ooo âmes. Quelque imparfaites que l'on 
veuille supposer les listes des décès , on ne pourra jamais év.duer les 
omissions à plus d'un sixième , de manière qu'il existerait toujours un 
excédant d'environ 4'7-^'^o > auquel il faudait ajouter celui que 
doivent fournir les habitans professant d'autres religions , qui for- 
ment environ le quart de lapopidation totale de l'empire. Nous sommes 
même persuadé que la population de la Russie doit augmenter de plus 
d'un demi-million par an , puisque nous voyons qu'elle augmente dans 
une proportion encore plus rapide dans lesMonarcbies Prussienne et 
Anglaise, qui se trouvent dans des circonstances moins favorables 
pour son accroissement. (/^oyes aux pages 196 — 197 du premier volume.) 
En eit'et la Monarcliic Prussienne, selon VÉuropens Monarcliische und 
Ilepublihnnische Staaten, etc. de M. Ockhart, en 1801 , avec une po- 
pulation d'environ 8 800000 âmes, avait eu un excédant de loSooo nais- 
sances sur les décès, et en 1802 de 164000. Selon les listes oliiciellcs cet 
excédant en 1817 sur une population de lo 536571 habitans a été de 
147547 , et en 1820 , sur une population d'environ 1 1 millions , il s'est 
élevé à 187609. La Grande-Bretagne , où la population est si concen- 
trée , où les vivres sont si chers et où l'on compte plus d'un million et 
demi de pauvres, offre de 1801 à 181 r, sur une population d'environ i3 
millions , un excédant annuel moyen de 98000 naissances , et de iSi i 
à 189, 1 , sur une population d'environ i3 millions et demi , un 
excédant annuel moyen de 126000 naissances. 

IV. Il nous semble qu'après tout ce que nous venons de dire, il est 
tout simple d'en conclure que, tant qu'on n'aura pas démontré par des 
argumens sans réplique que les faits présentés par les- listes annuelles de 
la Russie sont controuvés et tout-à-fait opposés à ceux qu'offrent 
celles des autres pays de l'Europe, avec lesquelles cependant ils s'accor- 
dent parfaitement, ou que l'on n'ait trouvé une cause quelconque 
assez puissante pt'ur faire disparaître 3 à 400000 individus par an , otï 



( 255 ) 

peut servir de modèle pour la rédaction de ces sortes 
d'ouvrages , on ne saurait plus évaluer à 358ooo âmes 
la population de cet Etat, comme nous l'avons fait 
dans nos différens ouvrages , suivant en cela les éva- 
luations des plus grands géographes allemands. Quoi- 
que le savant réJaclcur de V Allgemelne Literatur- 
ZczYz/7Z^ reproche conmie une fliute à M.Fredau d'avoir 
donné dans son Tableau de l'Europe en 1819 à la 
Monarchie Suédoise 35254oo habitans, parce que la 
Suède, eu 18 15, n'en avait que 2 465o66 et la Nor- 
Avége 910000, ce qui forme un total de 5 SySoGô ha- 
bitans, nous n'avons pas hésité à porter dans notre 
tableau la population de cet Etat à 5 55oooo amcs , 
parce que nous savons que la Suède, dès l'année 1818 , 
comptait déjà 2 5455 12 habitans ; parce que nous 
savons que la population de ces deux royaumes unis 
augmente annuellement d'environ 5oooo amesj parce 
que nous savons d'une source officielle que , depuis la 
réunion de la Norwége , cette monarchie avait aug- 
menté sa population de 200000 âmes. Les listes offi- 
cielles des naissances, mariages et morts du royaume 
de Hanovre depuis 181 4 jusqu'à 1822 , par le grand 
excédant des naissances sur les décès qu'elles offrent 
annuellement, ne permettent pas d'évaluer au-dessous 
de 1 38oooo la population de cet Etat auquel tous 
les géographes s'accordent à ne donner que 1 5o5ooo 
habitans, d'après les calculs faits en i8i4 et la décla- 
ration donnée à la diète par le gouvernement respectif. 
Pour convaincre nos lecteurs de l'exactitude de notre 
évaluation, quelque grande que soit la* différence exi- 
stante entre elle et l'évaluation officielle, nous leur cite- 
rons l'exemple du grand-duché de Hesse-Darmstadt, 
qui ne déclara en i8ig qu'une population de 6ig5oo 
habitans, tandis que les listes du recensement faites 

ne pourra jamais raisonnablement admettre que l'Empire Riis^e ait à 
l'époque acluelle moins de 54 millions d'habitana , nialp;rc toute l'au- 
then licite des tableau? olliciels ou semi-officiel s quel'on pourrait alléguer. 



( 256 ) 

anléiieviremcnl cl publiées en 1 8 i61c portalcnlàGSy 109 
âmes. Le i;rand-ducbc de Mecldciibouriî-Scliwerin 
ne déclara de même que 558ooo âmes , tandis qu'il en 
avait plus de Syoooo. Nous pourrions citer beaucoup 
d'autresexcmplcsrélalirsàlaConfédéraiionGcrmanique 
et à celle de la Suisse, mais cela exigerait des rccbcrcbes 
auxquelles nous ne pouvons pas nous livrer à présent. La 
o-uerre terminée si glorieusement par le marquis d'Has- 
tings dans l'Inde^ayant dissout la puissante confédération 
des Maratcs, toute la Péninsule Lidienne, depuis le cap 
Comorin jusqu'à l'Hymmalaia et depuis Guzerate jus- 
qu'aux confins du royaume d'Assam, est passée sous la 
domination immédiate ou médiate des Anglais. Les 
États des Seiks et les possessions du royaume de Ca- 
boul dans l'Inde sont les seules contrées de cette vaste 
région qui ne reconnaissent pas leur suzeraineté. Nous 
avons , en conséquence de ce que nous avons dit à la 
pa^e 226 en pariant des pays qui forment la Monar- 
cbie Portugaise , évalué la surface et la population des 
possessions anglaises en Asie d'après ces imporlans 
cbangeraens. La belle description de Java, publiée 
par M. Rallies qui en a été le gouverneur , nous a 
aussi obligé à donner aux possessions des Hollan- 
dais dans l'Océanie un nombre d'babitans presque 
double do celui qu'on leur accorde ordinairement. 
Dans l'Amérique Française, au contraire, nous n'a- 
vons pas compris la partie de Siànt-Domingue, quoi- 
(iu'elle soit encore nominalement sujette à la France, 
parce que , fonnant depuis long-temps un Etat indé- 
pendant et organisé , auquel les derniers événemens 
viennent de donner une nouvelle consistance , on peut 
la considérer comme défmitivement séparée de cette 
monarcbie. Bien que plusieurs des colonies espagnoles 
se trouvent dans le même cas vis-à-vis de l'Espagne , 
nous les avons encore comjtriscs dans les appartenances 
politiques de ceUc jouissance , en attendant l'organisa- 
tion définitive que se donneront ces belles régions, qui 



( 257 ) 

paraissent deslinécs à jouer un rôle important parmi 
les nations modernes. Nous avons accordé 3 millions 
«l'habilans à l'Océanic espagnole, parce que, sachant 
que la partie des Philippines soumise aux Espagnols a 
augmenté sa population , dans l'espace de dix-huit 
ans (de 1792 à 1810), de 865728 habitans, et ap- 
prenant par l'ouvrage de M. Tomas Cojnin que la po- 
pulation était de 2 626406 âmes en 1810, nous avofts 
cru qu'il fallait au moins la porter à Tépoque actuelle 
à la somme susmentionnée. Dans l'évaluation du nom- 
bre d'habitans des plus grands Etats du globe , nous 
n'avons jamais compté les tribus sauvages ou demi- 
civilisées qui conservent encore Jeur indépendance, 
quoique dans celle de leurs surfaces nous ayons tou-- 
jours compris le sol sur lequel elles demeurent, par 
les raisons que nous avons données ailleurs. Nous 
<!royons inutile d'avertir nos lecteurs qu'on ne peut ti- 
rer aucune conséquence des faits présentés par le Ih 
tableau de la population relative , lorsqu'ils se rappor- 
tent à de très-petits Etats, tels que ceux qui comptent 
moins d un million d'habitans. En effet , que pourrait- 
on inférer de voir dans notre tableau que la popula- 
tion relative de la république de Hambourg est de 
i355 habitans parmille carre', que celle deBremen est 
de 960, tandis que celle de la France n'est que de 
i8i , et celle de l'empire d'Autriche de 147 ? Si l'on 
décrit sur une carte un cercle de 6 lieues de rayon 
autour de chaque grande ville de l'Europe et autour 
des capitales de tous ces petits Etats, on trouvera que 
la population relative des surfaces , dont ces grandes 
villes sont les centres , non-seulement est égale à celle 
de tous ces Etats de petite étendue , mais que bien 
souvent elle leur est de beaucoup supérieiu-e. 

Nous avons tiré de la seconde édition de notre 
Compendio dl gsografia universale presque toutes les 
évaluations qui se trouvent dans les tableaux de la po- 
pulation des principales villes de chaque Etat. Nous 
II. I- 



. 



( 258 ) 

prions nos lecteurs do vouloir bien lire la dissertation 
sur la population de l'Ein^ope, où nous avons signalé 
les sources des principales variantes que l'on trouve 
dans les meilleurs traités de géographie." 

Dans la population des capitales des Etats et dans 
celle des grandes villes , nous avons toujours compris 
les militaires qui y sont stationnés et les étudians des 
universités. Nous croyons important de rappeler à l'at- 
tention de nos lecteurs que bien que dans les meilleu- 
res gëo,"rapliies on ait adopté les nouvelles évaluations 
relatives à la population absolue des différens Etats , . 
nous y avons presque partout trouvé celles des villes 
calculées sur d'anciens reccnsemens , et par conséquent 
inférieures à leur population actuelle. C'est ainsi que 
dans la description de l'empire d'Autriche le nombre 
des babilans des villes de la Hongrie est celui donné 
par le reccnsemenl de i8o5, et la population des 
villes de la Bohème et de la Moravie est celle trouvée 
dans les énumérations de î8ii et de 1804. Pres,que 
toutes les villes de l'Empire Russe sont dans le même 
cas , ainsi que toules celles de la France , à l'exception 
de Paris , que nous avons tirées de l'Annuaire pour 
l'an 1822, où presque toutes les populations qui v 
sont indiquées sont identiques à celles trouvées dans le 
recensement de 1806 , depuis lequel la population s'est 
considérablement accrue , surtout celle de Lyon , de 
Rouen, du Havre, dcBordeaux, de Marseille , et d'au- 
tres villes et ports de commerce. La plupart des popula- 
tions des villes delà Monarchie Prussienne de notre ta- 
bleau sont de l'année 1 817, elles militaires y sont tou- 
jours compris, de même que dans celles de tous les 
autres Etals de la Confédération G ermaniquc.lNous re- 
grettons beaucoup de n'avoir pas le loisir d'entre- 
prendre ce travail important sur la population des villes 
de tous les Etats de l'Europe , pour en donner les résul- 
tats dans notre tableau. Ce travail serait. d'autant plus 
intéressant qu'il n'a encore été exécuté par aucun géo- 



(^59) 

graphe. Nous pouvons cependant assurer à nos lecteurs 
que nos évaluations présentent ce que l'on avait de 
plus certain en 1819. Comme nous y avons ajouté la 
population de quelques autres villes , d'après des ren- 
seignemens qui nous ont été fournis depuis celte épo- 
que , nous nous flattons d'offrir dans notre tableau _, 
quelle que soit son imperfection dont nous venons 
d'indiquer les causes , tout ce que l'on a de moins 
inexact aujourd'hui sur ce sujet. 



PREMIERE SERIE. 

TABLEAUX COMPARATIFS DE LA 110>AnCHIE PORTUGAISE AVEC LES PLTJÏ 
GRA>DS ÉTATS DU GLOBE SOUS LE TRIPLE RAPPORT DE LA SURFACr:, DIS 

LA POPULATION ABSOLUE ET DE LA POPULATION RELATIVE. 

I. Tableau de la surface. 

I. Empire Rnsse 6 175000 milles carrés. 

3. Monarchie Espagnole 4 léSoco 

3. Empire Chinois ... ...... 4 120000 

4. Monarchie Anglaise 3 ûJoooo 

5. JMONARCHIE PoRTCGAlSB . . 2 757OOO 

6. Elats-Unis d'Amérique. 2 l^fooo 

7. Monarchie Danoise avec le Groenland . . . 716000 
S. Empire Otloman. 682000 
g. Royaume de Perse 58oooo 

10. Royaume de Cnboul. 55oooo 

11. Dschagataï ou Kanat deBocbaraavecTaschkent.etc. Sooooo 

12. Monarcliie Suédoise 256o4t4 

l5. Empire Birman 210000 

14. Monarchie Française 204700 

15. Empire d'An-Nam. 2o3ooo 
a6. Empire d'Autriche 197000 

17. Monarchie des Pays-Bas. zooooo 

18. Empire de Maroc , sans le désert de Sahara. . 162000 

19. Royaume de Siam. lôoooo 

20. Belochistan i3ooon 

21. Empire du Japon. 92000 

II. Tableau de la population absolue. 

1. Empire Chinois 170 000000 habltani. 

2. Monarchie Anglaise. 109 oooooo 
5. Empire Russe Ôt oooooo 

4. Monarchie Française. 3i oooooo 

5. Monarchie Espagnole 3o 44oooo 

6. Empire d'Autriche. ag oooooo 
7: Empire Ottoman 20 5oû<'00 

8. Empire du Japon. 17 oooooo 

9. Monarchie des Pays-Bas l4 oooooo 

lo. Empire d'An-Nam \'A oooooo 

II. Etats-Unis d'Amérique 11 oooooo 

12. Monarchie Pouicgame 9 looooo 

13. Empire Birman. 9 oooooo 
i4. Royaume de Perse. 8 oooooo 



( 26o ) 



l4. Royannie du Caboul 8 oonooo Iiaqitans ■ 

i5. Fir.pire du Maroc sans le Sahara. 5 oooooo 

16. Royaume de Siam ,4 oooooo 

17. Monarchie Suédoise. 3 558ooo 

18. Dsrhagataï .3 oooooo 

Bclochistan 3 Oooooo 

19. Monarchie Danoise avec le Groenland. i 8t3ooo 

III. Tableau de la population fclalit^e. 

I. Empire du Japon i85 liabitans par 

3. Monarchie Française. j5i niille carré. 

3. Empire d'Autriche l47 

4. Monarchie des Fays-Bas. 74 

5. Empire d'An-Nam Sg 

6. Empire Birman. /\5 

7. Empire Chinois 4i 

8. Empire Ottoman. 3? 
o. Empire de IVîaroc sans le Saliara 33 

Monarchie Anglaise. . 33 

10. Eoyaume de Siam . 27 

11. Bclochistan. 24 

12. Royaume de Caboul 23 

13. Royaume de Perse. 21 

i4. Monarchie Suédoise i4 

i5. Dschagataï 10 

lU. Empire Russe 9 

17. Monarchie Espagnole. 7 

i8. Etats-Unis d'Amérique 5 

l9.Moi.iARcnir. PonrucAiSE. •■> 

20. Monarchie Danoise aveclfc Groenland 3 



DEUXIEME SERIE. 

TABLEAUX COMPARATIFS DU r.OYAUME DE PORTUGAL ET ALGARVE AVEC TOUS 
LES ÉTATS DE l'euROPE SOUS LE RAPPORT DE l'ÉiEKDUE , DE LA POPU- 
LATION ABSOLUE, DE LA POPULATION RELATIVE , DES REVENUS , DE LA 
DETTE PUBLIQUE, DES FORCES DE TERRE ET DES FORCES DE MER. 

I. Tableau de la siaface. 

i. Empire Russe avec le royaume de Pologne, i SaSooo milles carrés. 
a. Monarchie Suédoise. 2.^16000 

* » 3. Empire d'Autriche , 197000 

4. Empire Ottoman 167000 

5. Monarchie Française 16.^000 

6. Monarchie Espagnole. i43ooo 

7. M. Anglaise avec Malte,Gihraltar,Hcligoland, 8S0000 

* * 8. Monarchie Prussienne. 80000 

9. Royaume des Deux-Siciles Sa^oo 

10. Monarchie PoRTDOAisB sans les Açores. 2855o 

* II. Royaume de Bavic>rc 22ooo 

12. Royaunjo Sarde. 210C2 

♦ * l3. Monarchie des Pays-Bas 17000 

* * lij. IVlonarcliic Danoise. i58oo 

Î.5. Confédération Suisse l36oo 

iC, Etat du Pape. l3ooo 

* 1-7. Royaume de .Hanovre ' . . Il5oo 

18. Grand-Duché de Toscane. 6128 

♦ Tous les États précédés d'un astérîque forment partie de la Confédératiou 
Germanique ; ceux qui sont précédés de deux aslériques n'ont que quelques-unes de 
leurs province^ qui forment partie de ce grand corps politique. 



( 26l ) 

^ig. Royaume de Saxe 5700 inilles cmcés. 

*2o. Royaume de Wurtemberg. 557o 

•21. Graud-Duihé de Uaden 436o 

*39. Grand-Uuché de Alecklenbourg-Schwerin. 3584 

* 23. Hesse Electorale 32oo 

* 2^. Graud-Uuché de Hesse. 2720 
*25. Grand-Duclié de Holstcin Oldenbourg. . . . l852 
*26. Duché de Nassau. 1^)08 

ST. Duclic de Parme 1600 

28. Duché de Modène. l48o 

* 29. Duché de Brunswick. ........ ii46 

*3o. Grand-Duché de Saxe-Weimar. xo56 

*3l. Duclié de Saxe-Golha 876 

32. Etats-Unis des Iles Ioniennes. 704 

*33. Grand-Duché de Mecklenbourg-Strelitz. . . .58g 

*34. Duché de Saxe-Cohourg-Saali'rld. 4l6 

* 55. Principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt. . . 353 
3lî. République de Cracovie. 352 

* 37. Principauté de Waldeck 348 

*38. Princ. de Reuss-Sclileitz arec ses dillérentes branches. 3^4 

*39. Principauté de Lippe-Delmold. 3JS 

Ao. Duché de Lucques . 32o 

*m. Principauté de HobeiizollemSigmaringeri 3oA 

* 42. Principauté de Sclnvarr.biiurg-Sondershausen . 3o4 
* 'i5. Duché de Saxe-Meinungen. 291 

*^4' Duché d'Anhalt-Dessau 272 

*ib. Duché d'.'^nhalt-Bernbourg. 256 

"'46. Duché d'Anhalt-Koethen 24o 

*47- Duché de Saxe-HUbujghausen. 176 

*^8. Principauté de Lippe-Schauenbourg. . . . 160 

*49. Principauté de Reuss-Greitz. H2 

* 5o. République de Liibeck 104 

*5i. République de Hambourg. g6 

*52. Landgraviat do Hesse-Hombour.'j 90 

* 53. Principauté de Hohenzollern-Hechlngcn. 88 
54. Duché de Massa 71 

*55. République de Francfort. 6^ 

*56. République do Bremen 5o 

*57. Principauté de Liechtenstein. 4o 

58. République de Saint- .Marin 17 

II. Tableau de la population absolue. 

1. Empire Russe 4^ 000000 habitans. 

2. Monarchie l'rançaise. 3o 4G5ooo 

3. r.mpire d'Autriche 29 000000 

4. Monarchie Anglaise. 21 55oooo 

5. Monarchie Espagnole 1 1 242000 

6. Monarchie Prussienne. il 000000 

7. Empire Ottoman 9 5ooooo 

8. Royaume des Deu.x-Siciles. (i 800000 

9. Monarchie des Pays-Bas 5 400000 

10. Royaume Sarde. 3 <i8oooo 

11. Royaume do Bavière 3 700000 

13. Monarchie Suédoise. 3 55oooo 
i3. Monarchie PoRTucAisr. sans les Açorcs. 3 173000 

14. Etat du Pape. a o55çoo 
i5. Confédération Suisse 1 84oooo 

16. Monarchie Danoise. 1 690000 

17. Royaume de Wurtemberg 1 4ooooo 

18. Royaume de Hanovre. l 38oooo 

19. Royaume de Saxe. ......... i 25oo0o 

ao. Grand-Duché Qe Toscane. 1 182000 

21. Graud-Dnché de Baden i 020000 



( 262 ) 

22. Grand-Duclié de Hcssc. 637000 babUan». 

23. Hesse Electorale 568ooo 

24. Granil-Duché de Meclclenbourg-Schwcrin. . 397000 

25. nuclic de l'arme. 090000 

26. Duché de Modène. Sïbooo 

27. Duché' de Nassau 3o2ooo 

28. Grand-Duché de Holslcin-OIdenbourg. . . 220000 

29. Iles- Ioniennes. 216000 

30. Duché de Brunswick 210000 

."1. Grand-Duché de Wcimar. 200000 

32.' Duché de Saxc-Golha Ï90000 

33. Duché de Lucqucs. l_38ooo 

54. République de Hambourg iSoooo 

35. République de Cracovie. 96000 

36. Duché de Saxe-Cobourg-Saalfelii. . . 88000 
S7. Graud-Duché de Mecklenbourg-Streliu. 78000 

38. Principauté de Lippe-Detmold 7'.îooo 

39. République de Fraucfort. 60000 

An. Duché de Saxe-Meinungen." 56ooo 

4i. Principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt. 55ooo 

Principauté de Reuss-Sckleitz avec ses branches. j5ooo 

4 2. Duché d'Anbalt-Dc-ssau. 54ooo 

45. Principauté de Waldcck Ôaoon 

44. République de Bremcn. 4Sooo 

"if). Principauté de Schwarzbourg-Sondcrshausen. 45ooo 

46. République de Lubeck. 44ooo 

47. Principauté de Hohenzollern-Sigmaringen. . Sgooo 
-iS. Duché d'Anhaît-Bernbourg 35ooo 

49. Duché de Saxe-Hildbourghausen .... 33ooo 

50. Duché d'Anhalt-Koelhen. Soooo 

5t. Duché de Massa 27000 

62. Principauté de Lippe-Schauenbourg. 21000 

Principanlé de Reuss-Greitz. 22000 

53. Landgraviat de Hesse-IIombourg. . . . 17000 

n4. Principauté de Hohenzo-llera-Hechingen. l4ooo 

55. République de Saint-Marin 7°°° 

56. Principauté de Liechtenstein. 55oo 

III. Tableau de la population relative. 

I.- République de Hambourg i355 habîtanspar 

3." République de Bremen 960 mille carré. 

3. République de Francfort 9^* 

^. République de Saint-Marin. __ 47t 

6. Duché de Lueques T • 45i 

6. République de Lubeck. ^^3 

7. Duché de Massa. . . '. 38o 

8. Monarchie des Pays-Ras. 324 
Q. Etats-Unis des Iles Ioniennes 007 

10. République de Cracovie. 273 

n. Royaume de Wiirlemberg ...... aSt 

12. Duché de Parme. 244 

13. Monarchie Anglaise. 2^3 

14. Duché de Modène 2û5 

15. Grand-Duclié de liesse. 234 

16. Grand-Duché de Baden 23o 

17. Royaume de Saxe. 319 

18. Duché de Saxe-Gotha 2l6 

19. Principauté de Lippe-Dctraold. 2l4 

20. Duché de'Saxe-Cobourg-Saalfeld .... SU 

21. Royaume des Deux-Siciles. alO 

22. Duché d'Anhalt-Dessau '. . «98 

aô. Principauté de Rcuss-Greitz. ^9^ 

2i. Grand-Duché de Toscane . . ; . . • 19* 



( 2G3 ) . 

a."». Duclié de Saxe-Mcinungcn ....;; iqj IjnMtanspar 

a6. Landgrnviat de Hesse-Honibourg iHçj iiiilU cmrà. 

Duché de Nassau 189 

27. Grand-Duché de Saxe-'Weiinar 1 8S 

Diiclio de Saxo-IIildbourghauS'*n .... 18.S 

58. Royaume Sarde. iff 

ag. Dnché de Brunswick 18.Î 

3o. Ktat du Pape. 181 

Monarchie Française. . 181 

."ïr. Hesse-Eleclorale - 177 

.^■!. Royaume de Bavière ifiS 

33. Princip. de Reuss-Sc)ileil): av-fc ses hranches. J Go 

34. Principauté de Hohenzollcrn-IIechinp;en. . i5ç) 
.".T. Principauté Je Scliwarzbourg-Uudolfladt. l56 
36 Principauté de Schwarzbourg-.Sonder.shausen. l5i 
37. Principauté de Waldcck. Hg 

58. Kmpire d'Autriche l47 

59. Principauté de l.ippe-Scliauenbnurg. lA^ 
4o. Principauté do Liechlen.«tein l37 

Duché d' Anhalt-Bcrnbourg. iSy 

Monarchie Prussienne. i37 

4i. Confédération Suisse l35 

/('• Grand-Duclié do IMccklcnhourg-Strelit/.. i34 

43.. Principauté de Holienzollern-Siginaringen. . 128 

A^. Duché d'.Vnhalt-Kocthen. 125 

45. Grand-Duclié de Holstein-Oldenhourg . . 120 

Royaume de Hanovre. 120 

■46. MoHAncnii: Poutigaisi;, sans les .Açores. . 116 

47. Grand-Duché de Mecklenbourg-Schwerin . iio 

^8. Monarchie Danoise. lo-j 

4g. Monarchie Espagnole. 78 

5o. Empire Ottoman ^7 

5i. Empire Russe. 32 

5». Mouarchie Suédoise, i4 

IF". Tableau des retenus. 

1. Monarchie Anglaise 1488 000000 fritnca. 

2. Empire Russe. lo4o 000000 

3. Monarchie Française 992 000000 

4. Empire d' -Autriche. 5oo 000000 

5. Empire Ottoman 'joo 000000 

6. Monarciiie Prussienne. igo 000000 

7. Monarchie des Pays-Bas . . 170 000000 

8. Monarchie Espagnole. l65 oquooo 

9. Royaume de Bavière 88 000000 

To. Royaume des Deux-Siciles. 80 000000 

11. Royaume Sarde . . 5o 000000 

12. Monarchie Portugaise. * 45 000000 

13. Monarchie Suédoise. Sj 000000 
i4. Etat du Pape. . . . ', 32 000000 

15. Monarchie Danoise. 3i 000000 

16. Royaume de Hanovre 28 000000 

17. Royaume de Wurtemberg. 25 000000 
Royaume de Saxe 25 000000 

18. Grand-Duché de Baden. o5 700000 

19. Grand-Duché de Hesse. . l5 000000 

20. Grand-Duché de Toscane. i4 000000 

31. liesse Electorale l3 000000 

32. Duché de Bruns'wick. 5 100000 
a3. Uépubliiue de Hambourg 5 000000 

Suis les Açores et saas comprendre une grande partie dts Tiais de perception. 



( 264 ) 

9.3. Crand-Ducbé de Mecklfiilioiui; -Scliwt-rin. 5 oooooo fraiics 

ai. Duché de Parme. /( fiooooo 

20. Giand-Durho de Saxp- AVoiniar .... 4 oooooo 

Uuclié de Nassau. 4 oooooo 

Principauté ds Licclilenatein. . . , . . 4 oooooo 

26. Duché de Saxe-Gnlha. 3 84oooo 

!i;. Grand-Duché de Holstejn-Oldcnjjourg . . S .'iooooo 

28. Duché de Modcnc. 3 35oooo 

5g. Etats-Unis dr-s Iles Ionienne^ 3 oooooo 

3o. Duché' de Lucqucs 2 Sooooo 

5l. République de Francfort. 2 oSoooo 

3i. Duché de Anhalt-Dcssau 1 820000 

o3. République de Liibeck. 1 5o(iooo 

Duché de Saxe-Cobourg-Saalfeld x Sooooo 

34/ Grand-Duché de Wecklenbourg-SUelitz. 1 3ooooo 

35. République de Breuicn 1 300000 

Principauté de Lippe-Delmold. I 2oonoo 

36. Duché de Anhalt-Bernbourg 1 «ioooo 

37. Priucipauté dcRcuss-Schleitz, avec ses ditF.-brânc. 1 looooo 

5S. Principauté de Waldcck I oooooo 

Sg. Duché de Saxe-Mcinungen. 900000 

4o. Principauté de Schwarzbourç-Simdershausen. 85oooo 

4i. Duché de Aiihalt-Koethcn. 820000 

43. Re'publique de Cracovie 770000 

43. Principauté de Hoheuzolkrn- Sigmaringen. 760000 

'14. Principauté de Schwavzbourg - Rudolstadt. 700000 

Duché de Massa. '700000 

45. Principauté' de Lippe-Scliaucn bourg. . . . 58oooo 

te. LandgraviatdeHesse-Honibourg. 5ooooo 

Duché de Saxe-Hildbourghausen Oooooo 

47. Confédéralion Suisse. 4ooooo 

ÙS. Principauté do Reuss-Grcilz. . . . . . 333ooo 

4g. Principauté de lîohenzoUcrn - Hechingcn. 2o5ooo 

50. République do Saint-Marin. 77000 

F. Tableau cU la dette publique. 

j. Monarchie Anglaise. . • 20087 oooooo 

2. Monarchie des Pays-Bas, 4l83 oooooo 

."S. Empire Russe 4""° oooooo 

4. Monarchie Espagnole. 384o oooouo 

j. Monarchie Française. . 3767 oooooo 

6. Empire d'Autriche. 26.^)0 oooooo 

7. Monarchie Prussienne. . .' g5o oooooo 

8. Royaume des Deux-Sjciles. 333 Oooooo 
g. Empire Ottoman 3oo oooooo? 

Monarchie Danoise. 3oo oooooo 

10. Royauruc de Bavière 256 oooooo 

11. Monarchie Portugaise. 24o oooooo 

3 2. Royaume Sarde 180 ooosoo 

i3. Grand-Duche' de Toscane. \l\o oooooo 

i4. Royaume l'.e Saxo 108 oooooo 

i5. République de Hambourg. g6 oooooo 

16. l'oyaume de Hanovre. . 58 oooooo 

17. Royaume de Wiirtembcrg. 56 oooooo 

18. Etat du Pape 5o oooooo? 

39. Grand-Duclié de Baden. 47 600000 

•jii. Grand-Duché de Hesse ■ . 34 oooooo 

;!i. Duché de Bninswick, 2IJ oooooo 

22. Duché de Nassau i4 oooooo 

2J. Grand-Duché de Mccklenboi:rg -Sclnvcrin. i3-oooooo 

u4. Grai'.d-Duclié de Saxc-Vcimav. 10 oooooa 



aa. 

23. 

=4 

25. 

26. 

27. 

28. 

5o. 

02. 

55. 
54. 
35. 
36. 

37. 
38. 

39- 
4o. 
4l. 

42. 

•15. 
44. 
45 
46. 

47. 

48. 



( 265 ) 

République de Fiaiicfiirl 

Kcpiiljliquc di; Lùbeck. 

Uucliii de Parme 

liesse Electorale. 

Duché (le Sa.xc-Hildbonrgliausen. .... 

Dnché du Modène. 

Duché de Saxe- Cobourg-Saalfeld. . . 

Confédération Suisse. 

f^I. Tableau desjorces de terre. 

Empire Russe 

Empire Ottoman. 

Empire d'Autriche. 

Monarchie Française. 

INIonarchie Prussienne 

Monarchie Anglaise. 

Monarchie Espagnole 

Monarchie Portugaise. 

Royaume de Bavière. (556oo) 

Monarchie Suédoise. 

Royaume Sarde 

Monarchie des Pays-Bas. 

Royaume des Deus-Siciles 

Confédération Suisse, 

Monarchie Danoise 

Royaume de Hanovre. { l5o54) 
Grand-Duché de Baden. ( 10000 ) . . . . 
Royaume de Saxe. (12000) 

Hesse Electorale. (54oo ) 

Etat du Pape. 

Grand-Duché de Hesse- Darmstadt. ( 6195) 

Royaume de Wurtemberg. (iSgSÔ) 

Grand-Duché de Toscane 

Grand-Duché de Mecklenbourg -Schwerin. 
Duché de Nassau. 

Duché de Parme 

Duché de Modène. 

Grand-Duché de Holstein-Oldenbourg . 

Duché de Brunswick. 

Grand-Duché de Saxe-Weimar 

Duché de Saxe-Gotha. 

République de Hambourg 

Duché de Lucqucs. 

République de Cr>i<?ovie 

Duché de SaxeCobourg-SaaIfeld. 
Grand-Duché de Mccklenbourg-Strelitz. . . 
Principauté de Lippe-Delmold. 

Duché de Saxe-Meinuugen 

Principauté de Schwarzbourg -Rudolstadt. 

Duché de AnhaU-Dc>sau. 

Principauté de Reuss-Schleitz, avec ses branches. 

Principauté de Waldeck 

République de Bremen. 

République de Francfort ; . 

Principauté de Schwarzbourg-Sondershausen. 
République de Liibcck. 

Duché de Auhalt-Bcrnhourg 

Principauté de Hohenzollcrn - Sigmaringen. 
Duché de Anhalt-Koethen. 
Duché do Saxc-Hildbourghausen. .... 
Principauté de Lippe-Schauenbourg. 
Principauté do Reuss - Greilz 



lo 000000 hi 
i(> cooooo 

9 000000 

6 5ooooo 

6 000000 

6 oocooo 

4 000000 

3 118000 



800000 hommes. 

390000 

Sooooo 

25o003 

i58ooo 
112000 

96000 

60000 

58ooo 

52000 

5oooo 

5oooo 

46000? 

33ùoo 

27000 

16000 

12000 

1 1000 

10000 

qooo 

8000 

7000 

6000 

358o 

8028 

25oo 

25oo 
2178 
Qog6 
2010 
18.57 
1298 
i4oo 

800 

Soo 
718 
«91 
544 
539 
529 

523 
519 

485 

■^79 
45i 
407 
870 
356 
325 
297 

24o 
223 



( 2G6 ) 

Landgraviat Je Hesse-Hombourg. 

Duché lie Massa 

Principauté de Ilolienzollern-Sigmaringen 

République do Saint-Marin. 

Principauté de Liechtenstein 

J^II. Tableau des forces de mer. 

J^aiss. de lii^ne. 

Monarchie Anglaise 220 . 

Empire Russe. JO 

Monarchie Française 48 . 

Monarchie des Pajs-Bas. 17 

F'mpire Ottoman l4 ? 

Monarchie Suédoise. 12 

Monarchie Espagnole G . 

Empire d'Aulriche. 7 

MoNAREHiE Portugaise ^ • 

Monarchie Danoise. 4 

Royaume des Deux- Siciles 4 . 

Koyaoïne Sarde. 3 



3no îioniinef. 

160 

145 

100 

55 



Frégates. 

. i5S 

48 

. 3i 



TRO ISIEMË SER I E. 



TABLEAUX COMPARATirS DE LA POPULATION DES PRI^C1PALES VILLES 

DU r.oyAuwE de Portugal et d'alcarve avec celles d'égale po- 
pulation DANS tous les AUTRES ETATS DE l'eUROPE. 

I. Tableau de. la Monarchie Portugaise. 

1. Lisbonne 260000 babitans. 

a. Porto. 70000 

3. Braga. , 16000 

4. Selubal. lôooo 

5. Coimhra l5ooo 

6. Elvas (dont environ 5ooo militaires) i5ooo 

II. Tableau de la Monarchie Espai^nole. 

T. Madrid 168000 

3. Valence. l5oooo 

3. Barcelonne I2oooû ? 

4. Séville. 90000 

5. Grenade tioooo 

6. Cadix. 55ooo ? 

7. Malaga 5oooo 

8. Isla de Eeon. 4"ooa 

9. Cordoue • 35ooo 

10. Murcie. 34ooo 

11. Sarragosse. ...... 33ooo7 

12. Reus. Soooo 

13. Palraa 3oooo 

14. Valladolid. Soboo 

15. Carthagène s.qooo 

î6. Jaen. aSooo 

17. Ecija 28000 

18. Tolède. 35ooo 
ig. Mataro zSooo 

20. Compostella aSooo 

21. Orihucla 21000 

22. Elcbe 20000 

23. Ferrol ..;..'... 20000 

24. Alicante. 17000 

25. Lerida • • 17000 



( :2G7 ) 

a6. Velcz-Malaga. ifooo habitans. 

27. Giiadalaxara. , l()ooo 

28. Piierto-Saata-Maria. 16000 

29. Salamanca i5ooo 

30. Bilbao. l5ooo 

31. Badajoz l5ooo 

32. Anteijuera , . l5ooo 

53. Olot. I.^ooo 

3^. Snn-Lucar de Barrameda. . i5ooo 

35. Alcoy. lûooo 

III. Tableau de la Monarchie Française. 

I. Paris 714000 

a. Marseille. I02000 

3. Lyon. looooo 

/J. Bordeaux. 92000 

5. Rouen.. ..,..:. 81000 

0. Nantes -j^tooo 

7. Lille. ........ 600 jo 

8. Strasbourg. 5oooo 

9. Toulouse . 48000 

10. Orléans. 42ooo 

11. Metz 4 1000 

12. Amiens. 3gooo 

13. Nimes 39000 

14. Caen. 06000 
ï-l. Montpellier 33c 00 

16. Reims. 3oooo 

17. Clerraont. , , ", ~, , . Soooo 

18. Nancy. 3oooo 

Tf). Toulon r . . 7 3oooo 

20. Angers. 29000 

21. Renues. . . 1 r , , Z 2;)00o 

22. Besançon. 28000 
28. Aix. , . , 27000 

24. Troyes. 27000 

25. Versailles.- 26000 

26. Dunkcrque 26000 

27. Saint-Etienne \ 25ooo 

28. Montauban. 25ooo 

29. Brest.. • . 24ooo 

30. Avignon. ' sdooo 
3i. Dijon. ....... i 22000 

32. Lorient. 22000 

35. Poitiers '. . . . Z m . 21000 

3^. Limoges. 2iooo 

35. Tours. . î . . , , . ', 21000 

36. Grenoble. 21000 
S7. Le Havre. '. . . . T . 21000 
38. Arles. 20000 
Sg. Arras. '...., 'i , . 20000 

40. Saint-Omcr. 20000 

41. Dieppe. ..!.... 20000 
i\i.. Douai. J9000 

45. Valenciennes. .'..'.'. 18000 
44- Abbeville. j8ooo 

' 45. Le Mans T . . 18000 

46. La Rochellei 18000 

47. Saint-Quentin . . ; . . 16000 

48. Bourges. l6ooo 

49. Laval. ... r ... . l5ooo 
00. Niort. l5oo» 



5i. 

52. 

53. 

54. 

IV. 



3. 
4. 
5. 
6. 

9- 

10. 



( 268 ) 

Roclieforf ..,.,. i5ooo liabilaDS, 

Aiigouléme. l5ooo 

Carcassone ijooo 

Castres. i5ooo 

Tableau de lu inonarchle des Pays-Bas. 

Amsterdam if)3ooo 

Bruxelles. 80000 

Gand 6<ooo 

Anvers. 59000 

Rotterdam Siooo 

Liège. 46000 

La Haie l^âooo 

Utrecht. 35ooo 

. Bruges 3iooo 

. Leyden. 3looo 

, Gronjngen 2S006 

. Louvain. 25ooa 

. Tournai 23ooo 

, Malincs. ■20000 

Harlem 20000 

Mons. 20000 

Dordrecht iç)ooo 

. Maestricht 18000 

Leuwarden. 17000 

, Namur ifjooo 

. Ipres. l5ooo 

. Midddbourg. i5ooo 

V. Tableau de la Motiarchie Prussienne. 

Berlin igôooo 

Breslau. 77000 

Kœnigsljerg. 63ooo 

Cologne avec Deuz. 55ooo 

Dantzig , . . 53ooo 

Magdebourg. 35ooo 

Aix-la-Chapelle 3230o 

Stettin. aSooo 

Potsdam a4ooo 

Posen, 25ooo 

Halle avec Glaucha et Neumarkt. 22000 

Diisseldorf. 20000 

Klbing I9000 

Munster. 17000 

Erfurt 18000 

Stialsund, 16000 

Francfort sur l'Oder. . . . 16000 

Coblenz avec Ehrcnbreitstein. ïfiooo 

Elberfeld. l6ooo 

Halberstadt . i5ooo 

VI. Tableau de l'empire d'.-^utriche. 

Vienne 280000 

Milan. i34ooo 

Venise io4ooo 

, Prague. 86000 

Lemberg. .;..... 5oooo 

Vérone. ' 52ooo 

. Padoue ^Soeo 

. Pcst. 4^000 

. Dcbreczin, . , . , , . . 42000 

I Trieste. 4oono 



( ^^9) 

11. Bre3cia 38ouo LabUnns. 

12. Graelz. ■34ooo 

j3. Buda on Ofen 3oooo 

l4. Kronstadt. Ôoooo 

i5. Viccncc 2j>ooo 

16. Thcresicnstadt. 28000 

17. Briinn 28000 

18. ftlantoue. 28000 

19. Presbourg . 26000 

20. Cremono. 26000 

21. Bergamc 26000 

21. Klausembourg. zSooo 

23. Segedin . 25ooo 

24. Kecskcmet. aiooo 

25. Brody ziooo 

26. Pavic. 23000 

37. Linz 2oOon 

28. Chiozza. 20000 

23. Lodi 18000 

3o. Zombor 18000 

3i. Trevise. iSooo 

5-2. Udine. 18000 

33. Schemnitz : . 17000 

34. Agram. 17000 

35. Hcrmannstadt 16000 

36. Erlan. 16000 
07. Verschetz 16000 

38. Côme. i5ooo 

VII. Tableau du royaume de Bai'ière. 

1. Munich 70000 

2. .\ugsbourg. 32000 

3. Nuremberg, Soooo 

4. Ratisbonne. 21000 

5. Wurzbourg 21000 

6. Bamberg. 20000 

VIII. Tableau des petits Etats de la Confédératicn Germanique. 

1. Hambourg, j • 106000 

a. Dresde. 56ooo 

3. Francfort 4:^ooo 

4. Brcmen. 38ooo 

5. Leipzig 3âooo 

6. B^uns^vick. 3oooo 

7. Stuttgardt agooo 

8. Mayence avec Zahlbacli. . . 28000 
g. Liibeck. 26000 

10. Hanovre avec Linden , etc. 26000 

H. Cassel. 24ooo 

la. Dannsladl. • • 20000 

13. Manhcim 20000 

1/}. Carlsrulic. 17000 

i5. Rostock. . . . . . . ' , . i5ooo 

IX. Tableau de la Confédération Suisse. 

i. Genève ; 25ooo 

2. Bàle. 16000 

X. Tableau de la république de Cracoric. 

i. Cracoyie 26000 



( 27» ) 

XI. Tableau du Royaume Sarde, 

a. Turin ', . . , 89000 haLitani. 

3. Cènes. ytiooo 

3. Cagli<iri. 1 ..... , ^uooo 

4. Alexandrie. 3oooo 
6. Sassari ; . . . 3oooo 

6. IWondovi. 22000 

7. Asti . . . '. l . . . . Î2100O 
iJ. Savigliano, I9000 
9. Nizza. . ^ . . • ^ 1' • • 18000 

10. Cuneo. I7000 

ai. Casale. ..'...,. Z 16000 

aa. Vercelli. 16000 

XII. Tableau du duché de Parme. 

\. Parme. ..;..,.. 35ooo 

2. Plaisance. aSooo 

XIII. Tableau du duchéde 3Iodène. 

1. Modène, ....'.». 27000 

2. Reggio. 1800a 

XIV. Tableau du duché de Lucques. 

1. Lucques 230OO 

XV. Tableau de l'État du Pape. 

I. Rome l4oooo 

a. Bologne. ô.moo 

3. Pelouse .'..;.... 3oooO 
i^. Anrcne. 3oooo 

5. Fcrrare. ;..;.... 26000 

6. Ravenne. 16000 

7. Furli. . . ". 16000 

8. Fano. i5ooo 

XVI. Tableau du royaume des Deux-Siciles. 

1, Niiples 34oooo 

a. Païenne (avantlemassacre de 1821) l56ooo 

3. îWcssine. . 46000 

4. Catania . 46ooo 

5. Trapani. a5ooa 

6. Foggia. . ". ; 21 000 

7. Caltagiroae. 20000 

8. Modica. ....... T 20000 

9. Bari. 19000 

10. Barletta. ....... 1800O 

11. S, Severo. I7000 

12. Caltanisetta (avant le mass. de 1821) 16000 

13. Girgenti. l5ooo 

14. Castellamare. , . . ' . ïFiooo 

15. LecceJ l5ooa 

XVII. Tableau du grand-duché de Toscane. 

1. Florence 80000 

2- Livourne. 52ooo 

3. Sien© • ^ . ". 52000 

4. Pise. 2000c 

XVIII. Tableau des Etats-unis des Iles Ioniennes. 

I. Zante. ^ 17000 

a. Coifou. lôooo 



( 27- ) 

XIX. Tableau de V Empire Ottoman. 

1. ConslantiQople. ..... 600000 babitant. 

a. Andrini'ple. looooo 

3. Snluniciii 90000 

4. Bosna-Seraï 65ooo 

5. Bucarest 60000 

6. Sophie. fioooo 

7. Jaiiitia ( avant la guerre). looooo 

8. Ilulschuk. 3oooo 

9. Schunila 3uOOO 

ïo. Pliilipjjopoli. 3oooo 

11. Seres , . 3oooo 

11. Ibraila. 3oooo 

l3. Jassy 3oooo 

i4. Scio (avant le massacre de i8î9). 5oooo 

l5. Warna 26000 

ib". Widino . , qSooo 

17. Scutari 24ooo 

18. Silistria 24000 

ig. Belgrade. 20000 

2ii. Nicopoli 20000 

21. Argyro-Castro. 20000 

23. Zwornik 20000 

25. I.arisse. aoooo? 

24. Giurgcwo 18000 

0.5. G.illipoli. 1700a 

26. Rodosto 16000 

27. Kirk-Kilissa 16000 

28. Negroponte iGooo 

29. Traunik. 16000 

30. Prisrcndi 16000 

3i. Bauyaliika. i5oo» 

02. Hydra l5ooo? 

35. Tripolizza (av. le mass. de 1821) i5ooo 

34. Misitra. lôouo 

XX. Tableau de VEnipire Russe. 

1. Petersbourg oooooo 

2. INloseou. 260000 

3. Varsovie (en 1820) . . . io4ooo 

4. Astrakan. 5oooo 

5. Odessa ^looo 

6. Kiovie. 40000 
7- î^'ga : ^ooao 

8. 'l'ula. 3oooo 

9. Kerson 3oooo 

loi, K.ronstadt. 3oooo 

11. Beuiler 3oooo 

12. Wilna. aSooo 
^i. Kaluga 25ooo 

14. Ismail. 24ooo? 

15. Jaroslaw. . ...... 24000 

16. Orembourg. 21000 

17. Kiirsk . 20000 

18. Orel. 20000 
ig. Kasan. 20000 

ao. Neschin. 16000 

21. Mohilow. .... ... j6ooo 

2a. Twer. ,5oog 

25. Tscherkask i5ooo 

34. Chotzim. i5ooo 

XXI. Tableau de la Monarchie Suédoise. 

i. Slockholm 79000 



( '•7'- ) 

Q. Goleiiibourg. 22000 Iialjitoiis, 

3. Bergen, i 18000 

XXII. Tableau de la Monarchie Danoise. 

1. Cnpenliague looooo 

2. Altona. aSoco 

3. FJcnsbonrg iGooo 

XXIII. Tableau fie la AJonarcliie Anglaise. 

1. Lonrlics (en 1821 ) . . . 1 aySooo 
3. Dublin. 24'2ooo 

3. Glascow 109000 

4. Edimbourg avec Leitb. Io3ooo 

f<. Manchester 100000 

(j. Cork. looooo 

7. Liverpool 94000 

8. Sheffiold (en i8ig). Ç70000 
I). Birmingliam SSooo 

lo. Uristol. yCouo 

If. Leeds. . , . . . . . 63ooo 
12. Newcastle avecSliiçldselGatcslicad. 60000 

i3, Plymouth. 5fiooo 

14. Limerick 5oooo 

15. Paneras, village dont une partie 

appartient à Londres. 47000 

16. Portsnioutb. ...... 4iooO 

17. IIull. ^(oooo 

18. Paysley 38ooo 

ig. Norwicli. 37000 

?.o. Wateiford 35ooo 

21. Stephuey , village. 35ooo 

22. Nottingbam 34ooo 

23. Batli. 32O0O 

24. Belfast. . Soooo 

25. Malle. . 3oooo 
26". Dundee 3oooo 

27. Aberdecn. 28000 

28. Perth 28000 

29. Boltiin. 24000 

30. Leicesicr 23ooo 

3i. Gibraltar. aoooo 

32. Dr])tIord 20000 

33. Kilkenny. 30000 

54- Douvres igooo 

3j. Kxeler. iQoou 

36. Asbten, dans le comté de Larcastcr. 19000 

J7. Greenock. igodo 

58. Harvvich 1800.. 

3g. Yaimouth l8oco 

10. Slockport (8000 

'il. Covcntry. 18000 

-12. York l8o(io 

43. Chelsea , bourg. 18000 

«4- Greenwich 17000 

•ià. Preston. 17000 

4c. Woolwicb 17000 

47- Sclirewsbury. 17000 

48. Cliester ifiooo 

49- Witehaven. 161100 

Ho. Kilkenny 16000 

5i. Oxford. i.'iooo 

02. Wolvorliampton i.)oo(> 

.53. Mewry. lôooo 

54. Blaekburne ifiooo 



APPENDIX 



GÉOGRAPHIE LITTÉRAIRE 



V\\ \V\MA VWVWXW WV 



Cet appendix est composé de deux parties distinctes. La 
première appartient au chapitre de l'Essai statistique ou 
nous avons décrit la langue portugaise ; la seconde ofFre le ta- 
bleau de l'état actuel des sciences et des arts chez les Portugais. 

PREMIÈRE PARTIE. 

^ L'aimable et savant auteur, auquel nous devons 
l'intéressant chapitre sur la langue portugaise, et dont 
les lettres ont aujourd'liui à déplorer la perte , s'est 
donné beaucoup de peine pour rassembler une' série 
de compositions et de fragmens écrits en portugais, et 
choisis sous chaque règne de la Monarchie Portugaise, 
pour présenter le tableau de la marche progressive dé 
la langue depuis son origine jusqu'en 1490, qu'on 
peut considérer comme l'époque où elle a ét'e fixée dé- 
finitivement. Les voici dans l'ordre et tels que nous 
les avons reçus. 

FRAGMENT D'UN POEME 

Sur l'occupation de FEspague par les Arabes en 7,4 , trouvé dans le 
château de Lousaa , pris par Sanche Je^ vers l'in .,87 , uiai" tel 
l,Xr>'-""'^' P'"' '^"""'J''*^' q"'«n n'en a pu li;e que les 
Sie^rr/SlS"^ ^ ""^ "™P'^^'"°'^ -tattnbSéeaRo^dngue. 

O Rouço da Cava impria de tal sanha 

A Juliam et Horpas a saa grei daninhos , 

Que em sembra cô os nefos de Agar forneziuhoî 

Hua atuaaron prasinada lazanha 

IL 



(ij) 

Ca Miiza , et Zariph com basta campaiiLa 
De juso da sinu do Mirarnolino 
Co falça infançom , et Prestes maligno 
De Cepta aduxcrom ào soJar da £spanlia 

E perque era força, ^<.Ial■ve , et foçado 

Da Betica Alniina , e o sec Castcval 
O Conde per Encha , et pro comunal 
Em terra os encrées poyiaom a saagrado 
Et Gibraltar , maguer que adordado 
Et c6 compridouro per saa defensom 
Pelo susodeto sem algo de afom 
Presto foy délies entrado et iilhado. 

Et os ende filhados leaes à verdade 

Os hostes sedentos do sangue de onjudos 
Metero a ciîtelo après de rendudos 
Sem esguardarem a seixo nem idade 
Et tendo atimada a tal crueldade 
O templo e orada de Dcos profanarora 
Voltando em mesquita hii logo adorarom 
Sa bcsta Mafoma a medés maldade. 

O gazu , et assalto que os da alcvosia 

Tramarom , per voUos de algôs sayoïns 
Co'os dous AÎrairantes da Hostc mandoms 
Quedarom com l'arta soberba , et folia , 
Et Algcsira que o raedcs temia 
Per ter a maleza cruenta sabuda 
Mandou mandadeiro corne era teuda 
Aô rouzom do rey que em Tolcdo sia 



EXPLICATION D2S VIEUX MOTS PAR LES MODIRKJES. 

jKoapo , violador. Cava, manceba. Imprio , encbeo. Em semiro , jnntair.eiito. 
Forneiinhos . fillios de niulhcr impudica. Atimarom, concluiraù. Prasmoda , 
admirada. Ca , porque. Juso. debaixo. Sina, estandarte. Prestes, prelado. /4di4xe- 
roni, Irouxeraô. Adarve Joçado ,{oït3.\eiacamîas,f.os. Castevtil, alcayde. Comunai, 
cummum. Onjudos , baptisados. Après , depois. Hu , donde. Medés , mesnia. Per 
t'ottos de algos sayoms , por se terem tornado sayoes (que tràjao de sayas.) 

SOUS LE RÈGNE DU COMTE HENRI DE BOURGOGNE , 
mort en ii 12. 

CHANSO> AKOSYME. 

No figiieyral figueyredo Lhorando as acliàra 

A no figuejral entrey. Lhorando as achey. 

Seis Ninas encuntràra Logo Ihcs pescudàra 

Sois Ninas encontrey. Logo Ihes pejcudey. 

Pera ellas andàra Quem as maltratàra 

Peva ella» andey. Y a tom mala ley. 

2XPLICAT10K. 

Peseujar , procurar. Le rtile est comme eu moderne. 



( iij ) 

SOUS LE RÈGNE DE DOM AFFÔNSO HENRIQUEZ , 

premier roi de Portugal , mort en 1 185. 

Clianson d'Egas Moniz Corlho en prenant congé do Dona Violante 
dame d'honneur de la reine Dona Mafalda. 



Finearedes îjos cm bora 

Tarn coitada 
Que ci boynie por ahifoia 

De longada. 
Sai-se o vullo de mcu corpo 

Mas ei nom 
Cà 69 cocos vus fica raorto 

O coraçom. 
Se pcnsadcs que ei me va 

No lo pciisedes 
Que cm vos chantado esl6 

A non me vedes. 
Mei jaiido et moi amar 

Em vos acdra 
Grenhas lendcs ^d'espelhar 

A luziu cara. 
Nom farora estes meis olhot 

Tal abesso 
Que esgravizem os meis dolos 
Da compeço. 



Mas se ei for pera MoinK-g» 

Pois la v6 
Carulhas me façom ceg-) 

Como ei so 
Se das penas do amorio 

Que ei retouço 
Mû fîgerem tornar irio 

Como ei ouço , 
Amademe se queredes 

Corne lusco 
Se nom torvn me acliavedc» 

A mui fusco. 
Se me bos a mi leixardeg 

Deis me garde 
Nom asmeys vos de queiniarde 

Isto que arde. 
Hoia nom îeixedes nom 

Ca sois garrida 
E se nom Cristeleison 

Per inha vida. 



EXPLICATION. 

Coco», tamancos. Chantado , caido. Acara, iB mira. Abesso , absurdo. Esgra- 
vizem, possào contar. Compeço , começo. Carulhas , caiochas. Lusco , cogo por 
vos. Asmeys, doixies. Ca , porque. 

SOUS LE RÈGNE DE DOM SANCHO I", mort en 121 1 
Chanson de Goncalo Hermiguez à sa femme Ouroana. 



Tinbe rabos , non tinbe rabos 
Tal a tal ca monte ? 

Tinharedesme , non tinharedesme 
De là vinherasdes.de cafilharedes , 
Cà amabia tndo em soma. 



Per mil goyvos trebalhando 
Oy oy vos lombrego 
Algorem se cada folganç» 
Asmey eu : perque do terrenho 
Nom ha hi tal peichego. 



Ouroana , Ouroana oytera per certo 
Que inha vida do viver 

Se olvidrou per teu alvidro , perque em cabo 
O que eu ey de la chcbone sera referta 
Mas nom ha perque se ver. 



SOUS LE REGNE DE DOM AFFONSO II, mort en i2a3. 
Règlement passé dans les Cortès de 1211. 

Perque a sanha solie embargar o coraçom que nom 
pode ver direylamente as cousas , per onde estabelece- 



( iv ) 

mos que se per ventura no movimento do nosso cora- 
com a aîguem julgarmos niôrie, ou que llie cortem 
algum raembro; tal senleiiça seja prolongada ata vinte 
dias, e des bi em dianie sera a senleiiça a execuçom, 
se a nos em este comenos a nom revogarmos. 

SOUS LE RÈGNE DE DOM SANCHO II, mort en 1248. 

Prologue du livre sur le climat de Portugal , écrit par Zacuto , astro- 
logue juif, dédié à Dom Affonso , comte de Boulogne , gouverneur 
du Portugal. 

Do que acliardes honrado Senhor querele, e hon- 
rada seminbeira desle reyno em que deos vos man- 
tenba et mais atrigada , pera arrabanbar porradas, a 
ganbas coisasper birras, et a jager em serabra co olbo ; 
a co cuidar no bbro onde jaz a sabença. Perque com 
ei ja ouvi, ao soibe deRabi sangar meimeslre, foy no 
segre quando pellas garupas do terrenbo andavom os 
Portugueses a fciçom de bestiaes que nom sabem. 

SOUS LE RÈGNE DE DOM AFFONSO 111, mort en 1279. 

Lettre de l'abhcsse du couvent de Lorvào , à la réception de l'infante 
Dona Pranca. 

Ao umy alto Senbor dom Affonso pela graça de Deos 
Rey de Portugal e do Algarve, Orraca Piodriguez Ab- 
badessa, e o corivento doMosteyro de Lorvom invia- 
mos Immildemente bejar vossas moms. Senbor, nos 
per boa parança e honra de nos e do Mosteyro de Lor- 
vom recebemos a muy nobreInfantaDonaBranca vossa 
filba, pera Senbora de nos e do devandito Mosteyro, e 
toda las cousas que a nos e a este Mosteyro peitencem, 
e pertencer devem, e metemos sb su poder e sa guarda 
que ella em nos, e em toda las cousas devanditas aja 
lai e lanto poder , quai et tanto ouve a Raynha Dona 
Tareja, ouve e acostumou aaver na Abbadessa, etnas 
Douas et no Mosteyro devandito, e nas sas cousas. Um 



(V ) 

vos pedimos senhor per meicé, que vos plusa, e que o 
firmedes tombem per nos, como per aquellas que de- 
pois de nos vierem. Dado no dito Mosleyro de Lorvom 
iiij dlas, per andar do mez dedezenibro. 

SOUS LE RÈGNE DE DOM DliNIZ, mort en iS^J. 
Testament de Dom Joào Ail'onso tl'Albiiquercjne , comte de Baroellos. 

Em nome de Deos amen. Eu o Conde Dom Joom 
Affonso, teniente minha niorie, pevo com lodo meu 
ciso et meu entendimento, faço meu leslamenlo em 
esta j^uisa. Primeiramenle dou a minha aima a Deos et 
à sa Madré Santa Maria, et mando meu corpo setlerar 
em o Mosteyro de Pombeyro. E perque eu fiz muuas 
malfeilorias, et em muitos logares o que nom podia 
dar recado, nem faser d'ellas emenda assi como dévia 
mando que lodo losdinheiros, e toda las cousas moveis, 
que eu ei, tambem os dinheiros que sabe o Mestre 
do Templo, et Gomes Paes, et Egas Lourenço, como 
os dinheiros que estom em Albuquerque para lavrar 
esta villa , que tragom todo a El Rey meu Senhor , e 
peço Ihe per mercé e pela fîusa que eu em el ei, que 
laça todo dar per Deos, que nom fique ende nada, 
per aquelles a que eu erateudo. E se el achar que eu 
trasia vinhas, ou casaes , ou herdades d'alguem , como 
nom dévia, peço Ihe per mercé que Ihas faça entregar 
a seusdonos, assi como el virque direito sera. Oulro 
si mando a Gomes Paes que de o meu Castello d' Al- 
buquerque que de mi tem , a meu Senhor El Rey. E 
vos Senhor devedes a saber que o fcyto d'Albuquerque 
passou sempre assi em guisa que o ouverom os filhos 
mayores. Epeço vos Senhor per mercé que oentregue- 
des a Tareja Martims minha filha e vossa criada. E 
Senhor bem sabe Deos, et vos, que sobre a minha fa- 
senda, nom eioutrem se nom vos. E per fmsa que em 
vos avia leixo todo em vos. E per que vos fosle deslo 



( vj ) 

mais certo, mandei eu fazer esta minha carta aberia, 
et sellada com meu sello nas costas , estando deanle 
Frey Estevom Martims meu confessor , et Frey Mar- 
tim Escola , da Ordcm dos Pregadores et Egas Lou- 
renco meuclerigo. Feyta em Lisboa cinco dlas andados 
de Mayo. Era de mil et tresentos et quarema e dons 
annos. — Amio i3o4. 

sous LE RÈGNE DE DOM AFFONSO IV , mort en i357. 

PeuT sonnets ( attribués à ce roi ou à sou frère naturel Affonso 
Sancho ) sur l'Amadis de Gaule. 

Bom Vasco de Lobeira , e de grâ sem , 

De pram que vos avedes bem cantado 

O feito d'Amadis o namorado , 

Sem quedar ende per contar hirem. 
Etanto nos aprougue e a tambem 

Que ybs seredcs sempre ende loado , 

E entre os homes bôs por bom mentado , 

Que Yos leram adeante , e que hora Icm. 
Mas porque vos fisestes a fremosa 

Biioranja amar endoado hu nom amarom. 

Esto cambade , e compra sa vontade. 
Ca eu hei grà dô de aver queixosa , 

Per sa gram fremosura , esa Londade , 

E er perque o fim amor nom Uio pagarom. 



Vinha amor pelo campo trebelhando 

Com sa fremosa madré , e sas donzellas 
El rindo , e cheo de ledice entre ellas 
Ja de arco , e de sas setas nom curando. 

Biioranja ahi a sasom sia pensando 

Na grâ coita , que ella ha, e vendo aqucllas 
Setas de amor, filha em sa mam huâ délias, 
E mctea no arco , c vay-se andando. 

Dcshi volvco o rostro hu amor sia 

Er , disse , ay traydor, que me bas fallido , 
Eu prcndercy deti crua vendita. 

Largou a mam, quedou amor ferido , 

E ratando a sa sestra , endoado grita 
A y mereè , a Brioranja, que fugia. 



(vij) 

sous LE RÈGJNE DE DOM PEDRO l" , moit eu iSô;. 

Vers cJc ce roi sur la triste fin de Doua Incz de Castro en i355. 



Seabora , quem vos matou 
îjeja Je forte vcntura 
Poistiiuta dore tristara 
A TOi e a mi causou. 

V. pois nom vi mais asinlia 
'J'ollier vcisso triste fini 
Rccebo vos, vida minlia 
PcrSentiora , e per Raynlia 
Uestcs Reynos e do mi, 

Estas fcridas mortaes 
Que pelo mcu se causirom 
Nom huma vida , e nom mais 
Mas duas vidas matàrom. 

A vossa acaba jaa 
Pclo que nom foy culpada; 
F. a minba que tica quaa 
Com saudade seraa 
Fera scmpre magoada. 

Oh crueldade tam fort* 
£ injusliça tamanba 
Vio se nuuca ein Espanha 
Tam cruel e triste morte? 



Contar se ba per meravilha 
Minba aima tam vcrdadeira 
Pois morreià d'esta maneira , 
Eu serei aTortuiilba. 
Que Ihe morre companheira 

Hi Senbora descançada, 
Pois que vos eu fico quao , 
Que vossa morte seraa 
( Se eu viver ) bem vingada. 
Per isso quero viver , 
Que se per isso nom fora , 
Mellior me fora , senhora , 
Com vosco logo morrer. 

Que cousa lia cstaaquevim 
On onde m'ensanguentei , 
Senhora , eu vos matei 
E vos matasteis a mi 
Sangue do meu coraçom 
Ferido coraçom meu 
Quem assi per esse chom , 
Vos espargeo sem razora ? 
En Ihe tirarei o seu. 



SOUS LE RÈGNE DE DOM FERNANDO, mort en i383. 
Rapport de la mort de Dom Pedro le Cruel , roi de Castille. 

Foy morte o muy alto e muy nobre Dom Pedro Rey 
de Ca Stella e de Leom no mez de Marco em Montiel, 
que lie d'esté Senhorio , o quai fby morto a traiçom 
que Ihe foy bastida per Dom Henrique seu Irmom, et 
pera o baver em seu poder , que o matasse , foy ende 
o Correclor Dom Bellrom de Resquim , que ào dito 
Doiii Henrique o vendco per grande Hilcidade, logo o 
muy alto e muy nobre Dom 1 ernando Rey de Portu- 
gal , primo do dilo Rey Dom Pedro , esguardando o 
grande devido que com elle bavia, tratou grandes e 
cruas guerras , e durom. liora à feytura d'isto. Feyla 
no Mosteyro de Santa Crux de Goimbra aos 16 de 
Setembro (lofig). 



( viij ) 
SOUS LE RÈGKE DE DOM JOAO I<" , mori en i.p3. 

[.cttrc (le ce roi , lorsqu'il était gouverneur , à i'abbé ihi cou veuf 
d'Alcolwça. 

Doni Abbade, Aniigo. Nos o Mestre ri' Avîz , vos 
enviâmes muiîo savidar. Fasemos vossaber queasDonas 
do Mosteyrode San Bentoda cidade d'Evora elegeroni 
per Abbadessa a Mor Paes, Freyra professa no dilo 
Mosteyro, perque entendem que hé pessoa idonea e 
pertencente pera aquelle cargo, e outro si grande ser- 
vice de Deos , e sua prol a todas gerahnente , pela 
quai nos enviou pedir per mercé Nulnalvares Pereyra 
que vos escrevessemos , e quissesedes confirmar per 
Abbadessa perque bé inulher que ha com elle devido ; 
e nos vendo em comoella hé benidiscreta e virgeni, e 
casta , e lai que merece o dilo estado, e outro si per 
honra de Nunalvares, que he homem de queni nos re- 
cebemos grande serviço, como sabedes; porem vos 
rogamos muito afîcadamenle que vos prasa de a quer&r 
confîrmar per Abbadessa, e nom outra nenhuma , 
perque sede bem cerio que nos entendemos bem que 
hé de service de Deos, e em este f'asedes cousa que nos 
muito vos agradecemos. Feyta em Terres novas, 19 
desembro(i584). 

sous LE RÈGNE DE DOM DUARTE , mort en i^SS. 
rrrs sur Lisbonne, composés par l'infant Dom Pedro , frère deceroi. 



Porquo lu foste a colheyta 
UaqucUe Gfcgo sesudo 
Tarn matreyro 
A te fès toda boin feyta 
Neste logo tani sabiulo 
A. noste outcyro. 



A (lepois de muito* segrti 

ijergueo de ta semente 

A desta Tevra 

O Annihal Carthages 

Que os Romoms , et t» gcnle 

Aimou crua guerra. 



Péponsc de Ticfaiit Dom Joào , à son frère le roi Dom Duarte, lorsque 
celui-ci lui dtjuanda son opinion sur la continuation de la guerre 
de Ccuta pour la rançon de llnfant Dom Fernando, 

Senhor , sj per donîrinas e ensinanças de Jesus- 
Chrislo, c de seus Apostelos nos havemos de reger; esta 



( .-x ) 

gnerrademouros, nom eslaa nmiio cerlo sj lie délia 
:>ervjdo, sej porem que a Santa Scripiura, per pree-a- 
çoes.e vjrluosos excmpros de vjda , os manda conver- 
ler : e sj per outra manejra Deos fora servido, permi- 
tjra eraandara que em sens erros e damnada contumacia 
nsaramos denossas forças e ferro atee seerem conver- 
lidos a sua iee : e isto ajnda nom vi nem ouvj que se 
achasse em auihentica soripim-a. Eas indulqencias, e 
remissoes de peccados, que pera esta guerra o Papa 
outorga, nom leem eObciuosa força de ley p^ra obe- 
decer, nem de régira pera de necessidade se^uir ca 
estas presupoem necessidade que aquj nom ha, e santa 
voDtade, eboa devoçomque os menos nella levom E 
mais bera sej que per mil dobras que enviemos a nm 
l^ardeal , pera tasermos uma muj pequena obra de mi- 
sericordia, no las inviaara oulorgada do Papa coui 
graças muito maiores. Nem os milagres que n'esta 
guerra as veses parecem ; e per veniura se fasera , nom 
os hej per lestimunhos de seer vontade de Deus que 
a iaçamos; pcrque taes e maiores se fiserom e fasem 
em terra e sangue de Christoms contra Christoms, o 
que per qualquer interpretaçom nom hé servico de 
Ueus, e porem seuincomprensjbiljuisoopermitê ass}. 

SOUS LE RÈGNE DE DOM AFFONSO V, mort en ,48.. 

Lettre de ce roi, écrite de sa propre main à l'historiographe Gomez 
Eanncs de Znràra. 

GomesEannes, Euvosenvio muito saudar : vi huma 
carîa, que me enviastes por AfTonso Fernandes,com que 
muito tolguey, por saber que ereis em muito boa dis- 
posiçao da saude, porque certo tanto tempo havia , 
que vos la ereis, e eu nao via carta vossa, que havia 
por muito certo que de alguma infirmidade ereis occu- 
pado; porque nao podieis escrever , e desto dou por 
testemunha ao reverendo Padre Bispo de Lamego, 
corn quem eu muitas vezes faliava que causa séria para 



( X ) 

me nào escreverdes? Q por muv sein diivida tinîia, 
que nao scria por mlngoa de voiitade , e lembranca 
vossa : e muilo me prouve saber como o Conde D. 
Duarre vos aposcnlara; e o ^'asalliado q délie recebes- 
les : e poslo queassiruodeva l'azer por suavirtude, eullio 
af^radeço niuito , e vos asshu lliodlsev da minha parle. 
?\ ao he sem razao_, que depois daquelles Principes, ou Ca- 
piiaes, que fazem os feilos dignos de niemoria, aquelles 
(|ue depois de seus dias os escreverao, muito louvor 
ïiierecera. Bemaveulurado dizia Alexandre, que fora 
Acliilles, por que tivera Honiero por seu escrilor : que 
fora dos feilos de' Roma se Tito-Livio os nào escrevera? 
e Quinlo Curcioos de Alexandre; Homero os deTr oya; 
Lucano os de César ; e assi outros Authores rauitas 
cousas, que sao dignas de meraoria, quanto sao dignas 
de ouvir , e 1er pelo boni eslylo em que forao escriias. 
Lesse no primeiro de Tilo Livio , como vos melbor sa- 
beis, que se nao fora a oraçào que fez eni Roma hum 
iJobreVaraoda quelle lempo, lodo Povo Romano fora 
perdido : muiîos sào os que se applicào ao cxercicio 
das a: mas; e muy poucos ao exercicio da arte oratoria : 
assi que pois vos sois nesla arte assàs ensinado, ea na- 
tureza vos deu muy grande parte délia, commuita ra- 
sro eu, e os Principes de meus rcynos, e Capitaes 
devem baver por bem empregada a mercé , que vos 
seja fcita, muilos por cerLo vos sào obrigados; porcpie 
amda que os feiios de Cepta sejào assas de récente, 
depois que eu vi a Cbronica que vos délies escrevesies, 
a muitos fiz honra, e mercé cora millier vontade, por 
ser cerlo de alguns bons feitos^ que la fisérào por ser- 
viço de Deos, e dos Reys meus antecessores, e men ; e 
a outros por serem fillios daquelîes , que assi la bem 
servirào; doque eu nào era antes em tào comprido 
conhecimenlo : e crèyo , que nào menos sera aos que 
depois de mim vie rem, quando virem o que baveis de 
escrever dos feilos de Alcacere : e se alguns inercce- 
rem gioria por irera a essa terra por servirem a Deos^ 



1 

i 



( xj ) 

e a mim, e faserem de suas lionras ; vos assas si»li de 
louvar que com descjo de e5cre> er a verdado di> tjue 
elles fiserào , vos dispusesles a levar o irahalho, que 
elles soportarào ; vos podereis la ser beni a^'asalk.ido 
do Condc, mas se o dezejo , que leiules »lc nie servit-, 
e faseies, o que ao nosso serviço perlence,nao Ibs^e, 
certo lie , que nào poùe Alcacere dar o que Lisboa 
tem : aquella vida fosles vos Iniscai-, por usares de vir- 
lude, que aos outros dào em lugar de pena por des- 
lerro : assi que quanto eu islo mais conlieco, laulo vos 
lenho mais em serviço de o faseres ; e nào quero que 
esteis la^mais; que quanlo senliies, que he (;unq)ri- 
douroparao que tendes de escrever, e vos approuv(;r. 
Do que diseis do commendador Alvaro de Faria , eu 
estimo seu serviço como lie rasào; assi espero de llie 
fazer mercé ; quanlo ao que diseis da minf^oa do man- 
timento, fazse nisso por minlia parte tudo o que se 
pode faser : mas duas cousas se requerem, para os que 
eslàoem Alcacere sereni bem providos; huma cstarla 
o millio em almazem para soccorro de quando pelo 
tempo , ou por outra necessidade, tao asinha nao vay 
pào; e a outra, que o Conde; ou qualquer oulro capi- 
tao, que la estiver, me faça saber aos quarlels do 
anno a gente, que la esta , para se concertar a despesa 
com a receita. Todo bem, que me dizels do Coude, 
eu creyo, que ha nelle ; e certo cuido que nào he me- 
ner pelo que délie conheço : tenhô-vos em serviço de 
quereres saber novas da minha disposlrào; e i^racas a 
Deos, eu me acho bem assi do corpo, como dus outras 
cousas : empero homem anda no mar deste mundo, 
onde he sempre combaiido das ondas délie ; em especial, 
pois todos andamos naqnella taboa de pois do pri- 
meiro naufragio : assi que ningnem se pode segurar, 
ate que nào chegue aquelie verdadeiro porto seguro, 
que homem nào pode ver, senào depois da sua vida : 
ao quai Deos ajirasa de nos levar, quaîxlo vir, que hc 
tempo; porqno elle he mariuhelro, e pilf^io, som o 



( *ii ) 

j ^r.trar Bo Bispo nosso 
quai nenhum homem vf\'^^'l ^^ , e de boa dis- 
amigo sabereis, que o ve30 lec ' -^^^^^ ,, ,ousas, 

nosfcào; e prasa a Deos de b e eiic^^^ ^^^^.^^_ ^ ^^^^^ 
segundo elle deseja, f ;;;'" ,,ella lembrança, que 
dos pergammbos eu a ^^5^^ ^^^^^Uo plntado eu o nao 
vir.que be r«eu ^^^'^^Ç?' ^^ enviar ; maso propno 
tenbo para agora ^o-lo ?« ^iguni tempo , corn 

praserâ a Deos que veieis la en , ^^^^^^^^ ^^^^ 
^ue vos mais devejras-A^^^^^^^ ^^^^^^^^^ ^,,,,,, 
niinba encommeiida, segu 
eni Lisboa , etc. 



SOUS LE F.ÈGNE DE DOM 30A0 H 



#■ 
moit en i495- 



lors de la peste, composte t.« Aï'" 
*--^'"S".eM:res':;:.t™eLaece™. 



Effeitos da sua ira. 
Ape.teamadadestruirteupovo 

tSeuleveacenovoa;^BO;^^; , 
,3espenhaaanoa,y-oda^ru,n.^^ 

Desfalecida cahes. 



O açoitc do céo i^^jf;3\;,3^m;es 

?aVurSVsu.daternosUasU 

^^^ ^ seus irudos avisos. 

E.»aô veràs o™ada a nob.e freMe^. 

Da teus almoâ tnuniu» 



Deslaleciaa i,a..v-. 

o quam gloriosas .™— L^ruSta'na.cumtuata- 
quanlo vales, '>ol'^''^*"^='„, "Cocas, excitas, mflamas! 

faniaselegauciaslatinas. 



( »") ) 

Sonnet du José Barroso d'Almeida , au traducteur des Georgiques de 
Virgile en portugais. 

Cantamlo le por moilos eminente» Mauifettand» luce» reUugontes. 

(•Quando glorias adorna3 Mantnanas) (Kternaniento docta , Phosnix rara , 

Tanto excu*ando fstàj musas humauas, Vivas t'elix , per modos peregrino» 

Quanio a devino stylo difFerentes. Manluanas reliqaias renovando. 

De Phœbo spera lu palniasflorenles , A cnja gloria es Ijusitania , clir» 

De rujo solo , o bella Aurora, manas , Mantua, dando stylostam divinot, 

Ante confusas nubes virgilianas , Parthenope nieraorias conscrvaado. 



W O T E. 



l 



Il existe en Portugal une grande diversité d'opinions sur répoque 
ou vivait Vasco de Lobeyra , auteur de l'Amadis de Gaule. Manoel 
de Faria e Souza , et un petit nombre d'autres auteurs le font contem- 
porain du roi Dom Fernando , sans en fournir de preuves convaincantes , 
tandis que le plus grand nombre ainsi que tous les étrangers supposent 
qu'il florissait vers la un du règne de Dom Diniz. Le» deux sonnets sur 
1 Amadis, que nous classons comme appartenans à l'époque du règne 
de Dom Aftonso IV , viendraient à l'appui de la dernière opinion , s'ils 
étaient incontestablement de quelqu'un des princes auxquels ils sont 
attribués ; mais Faria e Souza les cite comme compositions de l'infant 
Dom Pedro , frère du roi Dom Duarte , sans remarquer combien ils dif- 
fèrent , pour le langage , des vers sur la ville de Lisbonne par ce dernier , 
que nous avons classés sous le règne de Dom Duarte. Dans le discours 
ui précède la première édition des œuvres d'Antonio Ferreira , son 
Is Miguel Ferreira prétend que ces deux sonnets furent composés 
secrètement par son père , dans le langage du temps de Dom Diniz , 
et que l'indignation bien connue des infans fils de ce roi, contre 
Vasco de Lobeyra, sur ce qu'il avait rendu la belle Brioranja si mal- 
heureuse dans ses amours , avait donné lieu à ce qu'ils fussent attri- 
bués à Dom Affonso IV ; mais il ne fournit aucune preuve à l'appui 
de cette assertion. Des personnes dignes de foi , qui ont vu le manu- 
scrit original de TAmadis lorsqu'il passa aux archives royales ( par 
la confiscation des biens du duc d'Aveiro, dans le fief duquel il se 
trouvait) nous ont assuré qu'il est parfaitement semblable aux ma- 
nuscrits de Dom Diniz , pour le langage , l'écriture , etc. Comme 
notre intention est uniquement de reproduire des morceaux de langage 
sous les didérens règnes qui précèdent celui où la langue portugaise 
fut définitivement fixée , nous n'avons pas hésité à attribuer les 
deux sonnets au règne d'AlFonso IV , suivant en cela Fopinion du 
plus grand nombre. Sous !e règne de Dom Duarte , nous avons ajouté 
aux vers de son frère l'infant Dora Pedro une lettre de son autre frère 
l'infant Dora Joào , comme preuve de l'incertitude de l'orthographe. 
Nous avons souvent été embarrassé dans le choix des morceaux , sur- 
tout sous les règnes des deux Sanches, car même ceux que nous trans- 
crivons sont beaucoup moins intelligibles que ceux des règnes préce- 
dens ; ce que nous ne pouvons attribuer qu'aux désastres de ces 
deux règnes , qui arrêtèrent les progrès des lumières , et les firent 
même rétrogader. 



( XIV ) 

DEUXIÈME PARTIE. 

COUP-DŒIL SUR L'ÉTAT ACTUEL DES SCIENCES ET DES 
ARTS PARIMI LES PORTUGAIS, 

Avr.c I,'I^Dlc.^LTlo^ des pKRso^^■AGEs <^>ui s'y DlSTI^GEE^T i,e plus. 

Nous allons aborder im sujet plus difficile et plus dé- 
licat; nous allons olirir à nos lecteurs un aperçu rapide 
sur l'étatactuel des sciences et des ans parmi les Portu- 
gais, avec lindication des personnes qui s'y distinguent 
le plus. Etranger connue noussonïnies, n'ayant fait dans 
le pays qu'un séjour de 20 mois, il nous était impossible 
de lire nous- même tous les ouvrages poiu^ être à même 
à'en porter un jugement approfondi. D'ailleurs nous en 
aurions toujours rencontré un grand nombre dontla lec- 
ture aurait élé pour nous à peu près injitile, parce que , 
n'éiantpas compris dans la sj)hère de nos connaissances, 
bornées aux sciences naturelles, aux mathématiques , 
à l'histoire , à la statistique et à l'économie politique , 
nous aurions été nécessairement obligé d'avoir recours 
à d'autres pour nous assister dans un travail aussi dif- 
ficile. Nous avons eu le bonheur de trouver plusieurs 
Portugais instruits , qui ont bien voulu nous fournir 
des matériaux; nous avons aussi trouvé des étrangers 
établis depuis long-temps en Portugal , qui ont bien 
voulu rectifier ce que nous avions écrit d'après les in- 
formations fournies par des nationaux p&rfois trop pré- 
venus. En agissantde la sorte^ eilaissantà part tout ce qui 
avait déjà été publié par des voyageurset desgéographes 
sur ce pays, nous nous (lattons que le tableau que nous 
en offrons , s'il n'est pas complet, parce que le temps 
nous a manqué , sera du moins exact, et entièrement 
exempt de ces satires et de ces expressions violentes 
qu'il faut toujours éviter lorsqti'on parle des individus, 
et qui sont toujours interdites par la probité et le bon 
sens lorsqu'on parle d'une nation. 



( XV) 

N'ayant pas assez de loisir, ni l'intention d'appro- 
fondir ce sujet, nous avons cru que le tilre qui lui 
convenait le plus était celui sous lequel nous le présen- 
tons , celui de Coup et œil sur l'état actuel des sciences 
et des arts parmi les Portugais. 11 offre le tableau ra- 
pide, mais impartial, delà littérature etdes beaux-arts 
chez celte nation depuis 1800 jusqu'en 1821. Nous 
l'avons divisé en seize chapitres pri^icipaux, que voici : 

THÉOLOGIE, MORALL, ET PRATIQUES RELIGIEUSES; 
jurisprudence; logique et MÉTAPHYSlQUa; T\LÉDE- 
CL\E, CHIRURGIE ET pharmacie; MATHÉMATIQUES ET 
ASTRONOMIE ; SCIENCES NATURELLES,, PHYSIQUE, CHI- 
MIE, ZOOLOGIE, BOTANIQUE ETMINÉRALOGIE;ÉCONOMlE 
POLITIQUE, COMMERCE ET AGRICULTURE; T \CT1QUE ; 
POLITIQUE ET DIPLOMATIE ; LITTÉRATURE, HISTOIRE , 
CHRONOLOGIE, NUMISMATIQUE ET TRADUCTIONS; GEO- 
GRAPHIE, STATISTIQUE ET VOYAGES; DICTIONNAIRES, 
GRAMMAiHeS ET LANGUES ÉTRANGÈRES ; RHÉTORI- 
QUE ET Éloquence; poésie; journaux politiques 

ET littéraires PUBLIÉS DEPUIS 180O JUSQu'eN JUIN 

1821; BE AUX- ARTS , subdivisés en dessin ; architec- 
ture ^ subdivisée en orc/ziifec^z^re civile^ militaire y 'fi.y- 
drauliquc et navale ^ peinture ^ sculpture j g7rtvu?'e; 
lithographie ; musique , où l'on a distingué la théorie 
musicale , la composition , la musique instrumentale et 
la musique vocale ; art dramatique y calligraphie y 
danse ; escrime ei équitation. Nous avonsexposéen peu 

i de mots dans chacun de ces articles l'état où se trouve 

j la science ou l'art dont il y est question , les principaux 
ouvrages qu'on a publiés depuis 1800 jusqu'en 1821 , 
et les personnes mortes dans le même espace de temj>s 

, ou celles encore vivantes qui s'y distinguent le plus. 

\ Nous n'avons pas formé noiie jugement sur des infor- 
mations prises à la hâte et au hasard; mais pour cha- 

^ que article nous avons consulté dans le mèuie temps 

Iet à l'insu lune de l'autre les quatre personnes qui 
nous paraissaient les plus à portée de juger du mérite 



( xvj ) 

des individus tjiie nous devions nommer ; et nous n'a- 
Tons jamais clioisl, dans Jes Jisles qu'on nous a remises, 
que celles qui, ayant réuni le plus grand nombre de 
suffrages, nous en paraissaient par là même les plus di- 
gnes. Nous avons fait abstraction dans le choix de ces 
noms de toute considération relative à leur conduite 
politique ou morale, chose qui était tout-à-fait étrangère 
à noire plan , parce que nous ne cherchions pas des 
hommes, mais seulement des talens. En agissant de la 
sorte nous nous flattons d'ayoir atteint noire but sans 
blesser la justice, quoique nous soyons les premiers à 
avouer que notre iravail sur cette partie aussi délicate 
que difljcile est loin d'être parfait. Le peu de com- 
munications liiléraires qui existe entre les difïerentes 
parties du Portugal et de la Monarchie Portugaise rend 
extrêmement dillicile la connaissance de toutes les per- 
sonnes qui dans le silence et avec plus ou moins de 
succès étudient la nature et ses imposans plfénomèncs, 
exercent les beaux-arts, ou cultivent les belles -let- 
tres. Cepeiidanl le grand nombre de savans collabo- 
rateurs qui ont bien voulu nous aider dans cette partie 
nous fait espérer que nos omissions ne seront pas nom- 
breuses. Comme notre but a été de donner les noms 
de tous les Portugais (i), morts depuis 1800, ou encore 
vivans, généralement estimés soit par des ouvrages déjà 
publiés , soit par d'autres tout préparés , mais qui n'ont 
pas encore vu le jour, ou par des connaissances peu 
communes, nous espérons que personne n'attribuera 
à n^auvaise volonté ou à néghgence ce qui n'est que la 



(i) Il est bon de prévenir nos lecteurs que , lors de la restauration 
des ctudfs , quelques élraugers distingués , appelés en Portugal , ont 
été attachés à l'instruction publique, et s'y sont naturalisés. Pendant 
le long et glorieux règne de Joseph et pendant celui de Marie quelques 
roiiitaircs étrangers et quelques artistes distingués se sont aussi établis 
en Portugal , où ils sont morts. Les fils de tous ces étrangers étant in- 
contestablement Portugais , nous mêlons indistinctement leurs noms 
avec ceux des nationaux , et nous citons aussi parmi les ouvrages natio- 
naux tous ceux que leurs pères ont écrits en portugais , parce qu'ils 
appartiennent réellement à cette langue. 



( ^>"} ) 

conséquence inévitable de l'étendue du sujet, de la 
multiplicité des recherches auxquelles nous avons dû 
nous livrer, et de la difficulté d'obtenir des informa- 
tions exactes et impartiales dans les circonstances 
physiques et morales où se trouvent les vastes contrées 
qm composent la Monarchie Portugaise. Nous saurons 
un gré mfmi à tous ceux qui voudront bien, parleurs 
conseils ou par la communication de faits positifs, nous 
mettre à même pour une nouvelle édition de remplir 
les lacunes ou de rectifier les jugemens erronés qui 
auraient pu se glisser dans celle-ci. Nous sommes les 
premiers à convenir que celte partie de notre ouvrage 
n^est qu'un essai ; aussi recevrons-nous comme une 
marque de bienveillance marquée toute communication 
amicale qui nous sera faite sur les différens sujets que 
nous y avons traités. 

Pour donner à notre Coup d'œil toute rauthenticité 
dont de semblables travaux sont susceptibles, nous 
lavons fait suivre de plusieurs tableaux bibliographi- 
ques de tous les ouvrages publiés annuellement par des 
Portugais depuis 1800 jusqu'en 1820, et du catalogue 
des mémoires composés par les savans académiciens 
de Lisbonne, ainsi que de tous les hvres et bro- 
chures sortis dans le même intervalle des presses de 
TAcadémie^ royale des sciences et de l'université de 
Coimbra. Nous devons les premiers à l'infatigable acti- 
vité d'un savant distingué, le médecin Antonio d'AI- 
meida, qui nous honore de son amitié, et qui a bien 
voulu se charger de ce travail tout exprès pour nous 
fournir des faits incontestables à l'aide desquels nous 
pussions prouver la justesse du jugement que nous 
avons porté sur l'état des sciences chez ses compatrio- 
tes ; les seconds se trouvent déjà publiés, et démontrent 
le profond savoir des premiers corps littéraires du Por- 
tugal , et les sujets utiles auxquels ses membres consa- 
crent leurs veilles. Si une prévention d'auteur ne nous 
aveugle pas nous croyons que ces deux chapitres com- 
"• b 



( xviij ) 

plèlenl noire Coup d'œil sui l'étal acluel de» sciences 
et des arts en Portugal, et viennent à l'appui de ce 
que nous avons dit dans notre Essai Statistique. Nous 
donnons ainsi un nouveau degré de probabilité à tant 
de faits ignoré» dos savans étrangers, dont la vérité 
pourrait être révoquée en doute , et nous offrons en 
même temps à ceux de nos lecteurs qui voudraient se 
donner la peine d'examiner avec soin la liste des au- 
teurs de tous ces ouvrages et mémoires, le moyen de 
remédier aux omissions involontaires que le défaut de 
temps aurait pu nous faire commettre dans les seize cha- 
pitres de notre Coup d'œil , en les mettant à même de 
comparer entre eux tant de noms différens, etdelesclas- 
sifîerensuite d'après les sujets qu'ils ont traités, lorsqu'ils 
se trouvent être encore vivans ou morts depuis 1800. 
On peut dire que la réforme de l'université de Coim- 
bra fut le signal de la renaissance des sciences en Por- 
tugal. Depuis celte époque la nation améliora son édu- 
cation civile et religieuse, quoique les rigueurs excessives 
de l'inquisition , surtout depuis la chute du marquis de 
Pombai , et les opinions répandues dans la nation par 
la plupart des membres du clergé régulier, empêchas- 
sent l'entier développement des lumières propagées par 
l'Académie royale dessciences et par l'université. Cette 
dernière , qui a besoin d'une nouvelle réforme pour 
remplir entièrement le but pour lequel elle fut créée , 
a toujours été et est encore le foyer presque exclusif 
de l'instruction des Portugais , car toutes les personnes 
les plus instruites de la nation sont justement celles 
qui par devoir d'état ont été obligées d'y faire 
leur cours d'études. Parmi les ecclésiastiques la plus 
grande instruction se trouve chez ceux qui ont fré- 
quenté l'université pour y devenir professeurs dans 
les facultés de théologie et de droit canon , et parmi 
beaucoup de membres des ordres des bénédictms (ben- 
tos), des augustins chaussés (auguslinhos calçados) et 
des franciscains (terceiros) ; parmi les laïques les per- 



sonneslespluslnslruilesserencunlreiil parmi colles qui, 
se destinant aux emplois du barreau et à l'art de guérir, 
ont fait un cours régulier de droit et de médecine, ainsi 
que parmi les nombreux élèves de l'académie militaire 
de Rio- Janeiro , de celles de marine de Lisbonne et de 
Porto, et des écoles de fortification et militaire à Lis- 
bonne. Mais c'est surtout parmi les médecins que se 
rencontrent des gens vraiment savans , parfaitement 
instruits de tous les progrès que les sciences ont faits chez 
l'étranger dans les derniers temps. Notre amour pour la 
vérité nous force néanmoins de dire qu'en général la 
nation n'a pasbeaucoup de goût pour ces éludes, et que 
les facultés de philosophie et de mathématiques de 
l'université ne sont fréquentées que par les seuls étu- 
diuns obligés par la loi à apprendre ces sciences pour 
exercer la médecine; on a vu même pendant plusieurs 
années le savant professeur d'astronomie n'avoir qu'un 
seul élève. Malgré cela il n'est pas rare de trouver en 
Portugal, non-seulement à Lisbonne et à Porto, mais 
même dans des endroits beaucoup moins considérables, 
des personnes qui, par curiosité ou par amour pour la 
science , sont parvenues à acquérir des connaissances 
profondes sur des matières tout-à-fait étrangères à leur 
profession. On doit même dire que depuis quelque temps 
les académies de Lisbonne et de Porto, ainsi que les 
autres établissemens d'instruction publique , sont fré- 
quentés par un plus grand nombre d'écoliers , comme 
nous l'avons démontré par les tableaux officiels aux pa- 
ges 52 , 67 , 59 et 68. C'est un vrai phénomène que celte 
passion de s'instruire observée chez plusieurs personnes 
d'un pays où tant de causes plus ou moins puissantes 
s'opposent au développement de l'esprit. L indifférence 
générale de la nation pour les' sciences exactes et po- 
litiques; le peu de considération dont jouissent parmi 
les Portugais ceux qui s'y adonnent , porté au point 
que les gens du peuple considèrent un mathématicien 
comme un philosophe inutile , comme un homme ma- 



( ^^ ) 

Iliaque et presque fou ; l'opinion universelleiiienl r('- 
pandue , que les connaissances les plus profondes et les 
plus étendues sont inutiles et même méprisables, dès 
qu'elles ne procurent point de richesses, et qu'elles ne 
donnent point les moyens de vivre dans l'abondance : 
la mauvaise méthode adoptée en conséquence par les 
pères dans l'éducation de leurs enfans ; les entraves 
que trouvait la presse dans la sévérité de la censure et 
dans le haut prix du papier et de l'impression; le man- 
que presque absolu de journaux politiques et litiéi aires 
jusqu'au commencement du siècle actuel ; des idées 
religieuses peut-être trop exaltées ; les rigueurs de la 
police et celles de 1 inquisition qui défendaient sous les 
peines les plus sévères non-seulement la publication , 
mais même la lecture et la possession de presque tous 
les livres de politique , de morale , de philosophie et 
de législation , qui sont les plus estimés chez Tétranger; 
le manque absolu d^encouragement pour ceux qui se 
vouaient à l'étude des sciences naturelles et de l'éco- 
nomie politique , de la statistique et de la géographie; 
la difficulté de se former dans des sciences pour Tétude 
desquelles il était presque impossible de se procurer 
les livres nécessaires ; la certitude où était un au- 
teur de ne pouvoir tirer aucun profit de ses longues 
veilles, par la difficulté de publier ses ouvrages et 
de les vendre : tant de causes réunies ne pouvaient 
manquer d'avoir une influence nuisible sur l'instruc- 
tion générale de la nation. Si les étrangers , qui l'ont 
accusée d'être restée en arrière de plusieurs siècles sur 
les autres peuples de l'Europe civilisée, avaient voulu 
se donner la peine de considérer tant de causes diffé- 
rentes qui s'opposaient à son développement.sans doute, 
au'lieu de l'accabler d'injures, ils n'auraient pas man- 
qué d'exprimer leur étonnement en la voyant posséder 
un assez grand nombre de savans profonds et de grands 
littérateurs , qui , animés par une noble curiosité, ou 
par le seul amour de la science, ont su braver tant de 



( ^»i ) 



dançers el sunuonler u,nt d'obs.acles pour ijoh.,- do 
«= disunpier dans la carrière difficile des lotlrcs Ou^ 
.sera,eni les nauons anglaise, allen,an,le, française si 
leurs gouvernen.ens défendaient la lectnre des gazeUes 
des journau. et d antres ouvrages périodiques- si une 
J^rrxble „,qu,s.t,on veillai, eonîinu^lieme.^t pour Zl 
pécher la lecttne des auteurs les plus profonds dans 
art de penser et dans les branches les phfs impo tante 
de connaissances hun.aiues; si une police aussi slvè'^ 
qu Ignorante signalait au souverain et à ses niTnis! 
t.-es comme suspects tous les hommes instrui" c ml 
voj-agent pour augmenter leurs connaissances ? Nou 
ne prétendons pas faire l'éloge de la nation que no s 
avons pr,s a ,iche de décrire"; nous nous p?opo"o 
seulement de d.re la vé.ité et de faire connaifre en peu 
de mots le,a. ot, se trouvent actuellement ehez die 
les saenees etles ans, et les hommes distingués qu'elle 
possède danses différentes branches du savo r^ n ! 

i'ZrtÏMite^rr '>™' '■ .""■ '"-^"^ '" P'- g-n ^ 
.npartiahte, et de n avoir épargné aucune peine „i 

aucun soin pour atlemdre notre but , nous laissons aux 

Portugais uistrmts la tâche de pronoi'icer sur laTuste e 

de ,>os jugemens, et aux savans étrangers celle d'an- 

rrccier la niéihode que nous avons suivie pour nous 

mettre à même de les porter. '^ 

THÉOLOGIE, MO!!ALE ET PRATIQUES RELIGIEUSES. 

les'^Î^W "'"""'T f f i"^ •'*'" *^''°""« "^e "-onver dans 
les tableaux de M. Antonio d'Almeida un si petit 

tt'lîi °""^^T P"^i'^'^ -"'-liement sur la tC 

rCnàZT^T""'' "^ "P'^' ''°P''"°" généralemeiu 
répandue chez 1 étranger , devrait être avec la poésie 

ont:" '"■""'"'', <=^„^'"«'f d«^ livres imprimés depuis 
fcng-,emps par les Portttgais. La simple'inspec.ion de 
fondée N '^™'°°"-«.'^°'Vl^ien cette opinion est peu 
londee. l\ous croyons mmile de rien ajouter à ce qu- 



( xxij ) 
nous avons ditsiu la niélhode d'après laquelle on ensei- 
gne celte science à runiversiié de Coimbra. Seidement 
nous ferons remarquer que depuis long-temps les ou- 
vrages ascétiques publiés en Portugal ne portent plus ces 
titres ridicules et extraordinaires que portent ceux qui 
sont cités dans les Lettres de Ruders et dans les écrits 
de difïérens autres auteurs qui ont décrit ce royaume. 
Voici la liste des Portugais qui , par leur profond 
savoir dans cette branche aussi vaste que difficile des 
connaissances humaines , méritent une mention par- 
ticulière. L'étoile qui précède les noms indique, pour 
ce chapitre et les suivans , que le personnage dont d 
est question est mort depuis 1800. Quelques-uns de. 
nos lecteurs trouveront peut-être que nous avons été 
trop facile à placer dans notre Coup d'œil, parmi les 
gens qui honorent le plus la nation, des personnes qui 
n ont encore rien publié, ou dont le savoir n'est pas gé- 
néralement connu de leurs compatriote mais qu'ils 
daignent accorder une légère attention aux circon- 
stances dans lesquelles se sont trouvés placés les savans 
et les artistes portugais , et que nous ayons déjà signa- 
lées , et ils conviendront avec nous qu'il eut été souve- 
rainement injuste de passer leurs noms sous silence. 

Nous croyons indispensable de prévenir nos lec- 
teurs que l'ordre d'après lequel sont classés les noms 
des différentes personnes dont nous parlons dans 
chaque chapitre n'a aucun rapport avec leur mérite. 
N'ayant l'intention que d'indiquer les Portugais qui 
se distinguent le plus dans chaque branche du sa- 
voir , nous en avons parlé selon que les noms se pré- 
sentaient à notre mémoire , et selon l'ordre d'après 
lequel nous trouvions arrangés les nombreux docuniens 
que nous avions rassemblés sur chacun d'eus. Pour 
éviter d'inutiles répétitions , nous avons mis à la fin 
de cet Appendix la liste de tous les membres de 
l'Académie royale des sciences de Lisbonne , afin de 
n omettre aucun de ces académiciens, qui tous, par 



( xxiij ) 

leurs connaissances plus ou moins vastes dans les dif- 
férentes branches des connaissances luiniaincs, mé- 
ritent une mention lionorable. C'est aussi pour éviter 
cet inconvénient que dans nos différens cliapitres 
nous avons évité de donner à chaque personne dont 
nous avions à pailei la qualification qui lui convenait 
d'après le titre du chapitre sous lequel elle était com- 
prise. Par exemple, dans le chapitre de la Jurispru- 
dence , nous n'avons jamais donné la qualificalion de 
jurisconsulte aux diflerens savans que nous avions 
à nommer , à moins que cela ne fut nécessaire pour 
faire sentir qu'ils étaient piol'esseurs de celte science à 
l'université deCoimbra, ou bien qu'ds l'emportaient de 
beaucoup en savoir sur les autres jurisconsultes avec 
lesquels ils se trouvaient placés. Alors nous avons 
ajouté à la qualificalion Ae jurisconsulte ou puhliciste 
les adjectifs distingue^ très-distingué , profond, etc., 
selon le résultat des informations que nous avions 
prises sur chacun de ces savans. Nous ne prétendons 
cependant pas donner par là la mesure exacte du 
mérite littéraire des différentes personnes mentionnées 
dans chaque article; nous ne voulons que distinguer 
quelques sujets d'un mérite supérieur à ce/ui des 
autres , qui, quoique très-recommandables, ne sont ce- 
pendant pas à leur niveau. Nous répétons encore une 
fois que notre intention étant de dire toujours la 
vérité et de rendre justice à une nalion si injustement 
calomniée jusqu'à présent, que nous estimons, et chez 
laquelle nous avons trouvé tant de savans qui avec 
une générosité sans exemple ont bien voulu nous 
aider dans notre travail difficile , personne ne pourra 
raisonnablement supposer que nous ayons voulu de 
[)ropos délibéré omettre quelques noms qui ont droit 
<le trouver leur place dans notre Coup d œil. Si cela 
nous était arrivé à l'égard de quelques hommes de 
niérite dont les ouvrages ou la réputation ne seraient 
pas parvenus à notre connaissance, ils ne doivent pas 



( xxiv ) 

s'en prendre ù nous , mn'n, aux obslaclcs dont nous 
avons déjà parlé _, et qui naturellement s'opposent 
à la perreclinn d'un ouvrage de ce genre. Nous es- 
pérons que la rectitude de nos intentions , notre zèle , 
et les peines que nous nous sommes données pour faire 
connaître aux étrangers les trésors littéraires que pos- 
sèdent actuellement les Portugais , nous serviront 
d'excuse auprès des personnes de mérite qui auraient pu 
être omises^ et d'égide contre l'injuste colère de quel- 
ques individus pétris d'amour propre , qui, ne voyant 
devant eux que leur mérite imaginaire, sans apprécier 
celui des autres , crieraient à l'ignorance ou à la par- 
tialité de l'auteur du Coe/p cVceil, en ne voyant pas 
figurer leurs noms obscurs à côté de ceux qui font 
la gloire de la nation , et que nous avons entre[)ris 
de faire connaître au reste de l'Europe civilisée. 

"^ Le docteur A-NTO.\io Pereira de Figueiredo , 
auteur de la TeJitatipa theologica , ouvrage remar- 
quable par la profondeur et la hardiesse avec laquelle 
il a combattu les opinions de la cour de Rome. Sa 
Profession de foi , autre ouvrage aussi hardi que 
profond, a produit une véritable révolution dans le 
clergé portugais. Sa traduction de la Bible en por- 
tugais est un ouvrage classique. No^qt. Littérature y 
Grammaire. 

'^'Le père JoAQUiM de Santa-Glara, moine bé- 
nédictin, et archevêque d'Evora. Voy. Littérature. 

"^ Le père Manuel do Cenaculo Villas Boas , 
religieux franciscain , et archevêque d'Evora. Voyez. 
Littérature. 

* Le père Antonio Caldas. Voy. Littérature , 
Poésie et Eloquence. 

"* Le père NN. , connu sous le nom de MlMOSO , 
augustin chaussé. . 

* Le docteur Manuel de AGuiAii,évêque deLeiria. 
'*' Le père Caetano Brandao , religieux fraiicisr- 

cain , archevêque de Braga. 



(xxy) 

* Le père Bartholomeu Brandao , auguslin 
cliaussë. 

'*■ Constant I NO , abbé de Silvalde. 

Le père Francisco de Llmos de Faria Pereira 
CûUTiNiio, cvcque de Coimbra. Voy. Littérature. 

Le père Mesqlita , religieux de l'ordre des liié- 
rominiies. Voyez Littérature. 

L'archevêque de Bahia , député aux Cortès , dont 
il a été président. C'est un grand orateur , un litté- 
rateur distingué , et im profond théologien , qui pos- 
sède des connaissances en plusieurs autres briuichcs 
des sciences. 

Le docteur Joaquim de Santa-Anna Carvalho, 
évèque d'Algarve. C'est un grand théologien , et un 
littérateur distingué. 

L'évêque de Castello - Branco , député aux 
Cortès, théologien profond. 

Le docteur Joao de Magalhaens A vellar , 
évèque de Porto. Voyez Littérature G\.Bibliothéques. 

Le père Francisco de San-Luiz , moine béné- 
dictin, ex-membre de la régence , nommé évèque 
coadjuteur de Coimbra et recteur réformateur de son 
université. C'est un des hommes qui honorent le plus 
la nation par leur savoir. Il a des connaissances pres- 
que universelles ; mais il excelle surtout dans la théo- 
logie, la jurisprudence, la littérature classique et mo- 
derne, et l'éloquence. Il est auteur de l'éloquent ma- 
nifeste de la nation portugaise aux souverains et aux 
peuples de l'Europe. Voyez Dictionnaires , etc. 

Le docteur Joaquim Annes de Calvalho , député 
aux Cortès. Voyez Eloquence. 

Le père Manoel Alves, religieux franciscain. 

José de Souza Neves , abbé de Zozem. 

Antonio d'Ascencao Oliveiha , chanoine de 
Ouarda , auteur du Compendio theologico. 

Le père Ignacio de San-Carlos , religieux fran- 
ciscain. 



( xxvj ) 

Il laul ajouler à ces noms ceux de (juelques ecclé- 
siastiques uès-savans dans les lan^Mies arabe el hébraï- 
que, surtout dans le couvent de Jésus à Lisbonne 
<ît dans ceux des bénédictins où on les enseigne. 

^ Le père Joao dl Souza , religieux franciscain , 
inofesseur de langue arabe dans le couvent de Jésus 
à Lisbonne. Voyez Dictionnaires. 

Le père Manoel Rebello , religieux franciscain , 
professeur de langue arabe dans le couvent de Jésus 
à Lisbonne. 

Le père José de Santo-Anxonio Moura , reli- 
gieux franciscain dans le même couvent que le pré- 
cédent. 

'^^ Le père Francisco Salazar. , religieux fran- 
ciscain y professeur de langue hébraïque à Rio- Ja- 
neiro , où il a publié la traduction de différens livres 
de la Bible. Il avait une profonde connaissance du 
grec , qu'il enseignait lorsque le professeur en titre 
ne pouvait pas remplir ses fonctions. 

JURISPRUDENCE. 



Depuis l'intruduetion du droit romain et du droit 
canon en Portugal , l'élude de la jurisprudence a été 
toujours très- cultivée dans ce pays, où malbeureuse- 
Jnent , pendant plus decinq siècles , elle aété , on peut 
le dire , à peu près la seule branche d'études suivie ré- 
j^ullèrement et avec profit. En effet presque toutes les 
places étaient entre les mains des jurisconsultes. Cette 
t[uall lé suffisait non-seulement poui- rendre habile à 
occuper tous les emplois de la robe et de la diplomatie, 
mais frayait encore la route des places de ministre 
d'État, intendant des fmances, directeur des arsenaux 
de terre et de mer, inspecteur des roules , ponts et 
chaussées , conservateur des bois et forêts , etc. ; il 
n'était pas rare de voir ceux qui la possédaient chargés 



( XXVJJ ) 

tic la surveillance des travaux relatifs au régleiuenl du 
rours des fleuves , à la restauration des ponts , des 
i.rojeis de restauration d( s ports et de la conslruclion 
des canaux navigables , aussi bien que de ceux relatifs 
;'i l'enconragement du commerce y de la navigation, de 
l'industrie et de l'agriculture. C'est à cette coutume 
aussi nuisible qu'absurde de confier les emplois 
publics à des honinies qui par la nature des^ études 
qu'ils avaient faites n'étaient pas en étal de s'en ac- 
(juiller convenableinenl, qu'il tant attribuer en grande 
partie les fautes politiques commises par les Portugais, 
(■t les maux qui pèsent encore actuellement sur celle 
nation. Depuis quelque temps on est un peu revenu, 
du moins dans certaines brancbes d'administration, de 
cette ancienne liabitude , et maintenant les hommes 
de robe sont employés dans les places qui conviennent 
le mieux à leurs connaissances. 

A l'époque de la réforme de l'université la nation 
commença à connaître les meilleurs écrits des étran- 
gers sur le droit naturel, sur le droit public et criminel; 
on adopta pour texte dans la chaire de droit naturel et 
public l'ouvrage classique de Martini; on admit dans 
les discussions les argumens tirés d'autres auteurs étran- 
gers modernes, et on prit pour texte, dans la chaire de 
droit portugais, les Institutions du célèbre Pascoal 
José de Mello , mort en 1798 , qui a été le plus grand 
écrivain delà nation dans celle partie delà jurisprudence. 
Voici les noms des personnes qui se distinguent le plus 
dans celte branche de la liltérature , dans laquelle les 
Portugais ont toujours excellé , soit par des ouvrages 
plus ou moins imporlans, soit par leur profond savoir. 
'*' Ma>oel de Almeida eSouza de Lobao, célèbre 
avocat de la Beira, et un des plus grands écrivams 
sur le droit civil portugais. Ce grand jurisconsulte , 
mort depuis trois ou quatre ans , est auteur d'un grand 
nombre d'excellens ouvrages toujours cités dans la 
harreauportugais • Les plus reinarcpiables sont ceux qu'il 



( xxriij ) 

a dcrils sur les Mori^aclos (ni/jovciis), les Prazn.t 
(baux cinpiiylheotiques ) et ies Peiisoes ecclesias- 
ticas (pensions ecclésiastiques). Cependant ils o)it 
lOLis le défaut conimun aux anciens jurisconsultes , de 
citer à chaque article un grand nombre d'aïUeurs na- 
tionaux et étrangers , ce qui en rend la lecture un peu 
fastidieuse. 

^Pereira e Souza, avocat de Lisbonne , auteur 
des Primeiras linlias criminaes , des Classes dos 
crimes , des Primeiras linhas sobre procès so civil, 
et d'autres savans ouvrages qui sont d'un grand secours 
non-seulement pour ceux qui commencent la carrière 
du barreau, parce qu'ils y trouvent la pratique, mais 
encore pour ceux qui suivent depsiis long- temps 
cette carrière , par le grand nombre de citations qu'ils 
y trouvent. 

JoAO Pedro PiIbeiro , professeur de diploma- 
tique à Lisbonne, auteur de V Indice chroiioîogico chts 
leis que teni sahido clesde i6o3 atheiSij. Cetouvrage, 
destiné à faire connaître toutes les lois promulguées 
depuis la publication du code Philippin, ne répondit 
pas entièrement au but de son auteur , qui fut obligé 
d'y ajouter deux appendices pour rapporter plusieiu's 
lois qui avaient été omises dans X Indice chronologico. 
Voyez Littérature. 

Manoel Borges Carneiro , un des meilleurs 
jurisconsultes, desembargador de la Relaçào de Porto, 
et actuellement député aux Certes. Voyant que V In- 
dice de Joào Pedro Ribeiro ne contenait pas toutes 
les lois promulguées, il y ajouta un appendix ( ad- 
dicionamento) comprenant les lois rendues avant et 
depuis 1817. Il publia aussi nn Mappa chronologico 
de toutes les lois faites dans les mêmes périodes. 11 
a été secrétaire de la junte chargée de la rédaction du 
Code militaire. On peut dire sans crainte, d'exagérer 
que ce magistrat possède des connaissances presque 
universelles. Voyez Eloquence, 



( ^»''x ) 

■MaNOEL Fkr.xaxdes Tmomaz, autre desembaiga- 
tlor de la Rolaçào de Porto , ancien membre de la 
n'<;ence et actuelleTiieîit dépuié aux Coriès dont il a 
clé président. 11 est autem^ d'un Repertorio ou Indice 
par matières de toutes les lois extmvagautcs encore 
en usage avant et depuis i6o3 jusqu'en i8it5. Cet ou- 
vrage est le plus utile de tous ceux qui ont été pu- 
bliés dans les derniers temps , parce cpi'il fournit les 
moyens de connaître tant de lois si dispersées et si 
anciennes. 11 y manque cependant quelques lois très- 
importantes* ce qui éiait inévitable à cause du nombre 
d'années que cet ouvrage embrasse, et du manque de 
système régulier qui règne dans toute la iégislaiioa 
portugaise. Il a composé aussi un traité dans lequel 
il rélute une des dis^erlations de Lobào. 11 est i au- 
teur du fameux HeUitoiio sur l'état actuel de Por- 
tugal , lu dans les sessions des Coriès des 5 et 6 fé- 
vrier 1821 , morceau dans lequel il a déployé la plus 
mâle éloquence et le plus profond savoir dans toutes 
les branches de l'administraiion. 

AlSTO.MO JOAQUiM DE GOUVEA PlXTO, aulCUr d'UU 

Manual cVappellaçoens è aggravas , qui éclaircit un 
peu ce sujet embrouillé ; d'un Rezanio chrono^ 
logico qui comprend se[)t cents articles de la législa- 
tion portugaise , et d'autres ouvrages. 

'^'FoHTL'NA, auteur des II Uist rations à l'ouvrage de 
^îarlini sur le droit naturel et public , à l'usage des 
éludians de l'université , où il était professeur. La 
mort de ce savant jurisconsulte, et l'empressement 
avec lequel il pr.blia un ouvrage très-utile pour la 
jeunesse , ne lui permirent pas d'y faire les corrections 
qu'il avait méditées. 

Jo.-É Feureira Borges , avocat à Porto , secré- 
taire de la Compagnie générale des vins , et député 
aux Cortès. 11 vient de publier le projet d'un code 
de commerce. Ce jeune jurisconsulte , à de vastes con- 
naissances en jurisprudence , en joint de profondes 



( XXX ; 

(ians réconomie politique et dans la science difilcik 
des finances ; il est en outre littérateur distingué et 
cultive la poésie dens ses niomens de loisir. Nous 
savons qu'il s'occupe de la traduction des Lettres à 
Emilie de Demoustier. Voyez Eloquence , Econo- 
mie politique. 

José Joaquiai Ferreira de Moura , ancien ma- 
gistrat, jurisconsulte profond , très-versé dans la po- 
litique et dans toutes les branches de l'administration ; 
un des rédacteurs du projet de constitution (i). Il 
a traduit en portugais le Code français dfe procédure 
civile. C'est lui qui présidait les Cortès au moment 
du retour du roi , et qui , en sa qualité de président , 
lui adressa un discours remarquable qui est connu 
de toule l'Europe. Voyez Eloquence. 

José Ignacio da Costa , un des meilleurs avocats 
du Portugal et actuellement ministre des finances. Peu 
de personnes sont aussi profondes dans la jurispru- 
dence , surtout dans la partie relative au commerce. 
Il possède aussi à un degré éminent la science des 
finances et de l'économie politique. 

AlSTOlNlO PlNHEIRO D AzEVEDO E SlLVA , profcS- 

seur de jurisprudence à Coimbra et député aux Cortès. 
C'est un grand philologue. 

Magalhaeins, évêque de Porto, ancien professeur 
de jurisprudence à Coimbra. Voyez Littérature. 

Antoivio José Ferreira , professeur à Coimbra , 
et député aux Cortès. 

Bakbosa Araujo , dezembargador ecclésiastique. 
C'est un des meilleurs avocats de Lisbonne. 



(i) Voici les noms de tous les députés qui ont rédigé le ProjecLo 
para dùcussào da Constituiçào polilica da MoiiarcJiia Portugueza , et 
qui a été adopté., sauf quelques légères modifications : José Joaquim 
Ferreira de Moura ; Luiz , évoque de Beja ; Joào Maria Soares de 
Castello-Branco ; Francisco Soares Franco: Beuto Pereira do Carmo," 
Antonio Pinheiro de Azevedo c Siha j Manoel Fernandes Thomaz •■, 
Manoel Borges Carnciro. 



( xxxj ) 

Ignacio FkaNcisco Silveir\ da Motta , autre 
"land avocat dt: Lisbonne. 

Arnaud de Medeiros , aussi célèbre avocat de 
I^isbonne. 

DoMINGOS MONTEIRO DO AmaRal, descnibargador 
et jurisconsulte profond. 

Anto.mo JoAQUni lÎE SouzA E A ZEVEDo, avocat à 
Coirabra , auteur d^un ouvrage connu sous le titre 
de Lmhas preliminares para servirent aos nouas 
codigos que se veto aformar. 

José da Sylva Carvalho , ancien membre de la 
régence , et actuellement ministre de la justice. 

TeixeikA Aragao, ancien juiz de fora à Torrào ; 
il est actuellement à Paris , où il s'occupe de travaux 
utiles à sa patrie. Il a eu la complaisance de nous 
communiquer son travail extrêmement intéressant sur 
les réglemens relatifs à la police en vigueuren France, 
qu'il a traduits et accommodés à l'usage de son pays, et 
dont l'adoption lui serait très-utile. 11 travaille main- 
tenant à un autre ouvrage sur l'institution du juty 
criminel , dans lequel il examine et rassemble en peu 
de mots et avec beaucoup de critique tout ce que l'on 
a publié de mieux sur la théorie de cette institution, 
qui est devenue aujourd'hui du plus grand intérêt 
povu^ les Portugais. 

José Mello Freire , neveu du célèbre Pascoal 
José de Mello. C'est un littérateur distingué et un 
profond publiciste ; il est auteur de la savante disserta- 
tion sur les délits et les peines , et de plusieurs autres 
ouvrages de jurisprudence. 

José Joaquim Rodriguesde Bastos, ancien magis- 
trat et député aux Cortès. Ce profond jurisconsulte , 
qui est en même temps littérateur distingué et poète 
agréable , a composé plusieurs dissertations sur dif- 
ferens argumens de jurisprudence et de littérature , 
qu'au grand regret de quelques-uns de ses amis 



ï 



( xiï-ij ) 

ul les oni vues , sa trop grande modestie l'a empêché 

e publier. Voyez Eloquence. 
YicENTE José Fekreira Cardozo , un des plus 
profonds jurisconsultes portugais , économiste instruit 
et littérateur distingué. 11 est auteur de plusieurs 
ouvrages très-eslimés , entre autres du Tractado 
sobre direito emphiteutico. ^ 

José Joaquim de Brito, professeur de jurispru- 
dence à Coimbra , et savant économiste. Voyez Eco- 
nomie politique. 

* SiMAO DE Cordes Buandao, professeur de ju- 
risprudence à Coimbra. 11 a laissé beaucoup de ma- 
nuscrits très-importans et pleins d'érudition sur la 
science qu'il professait et sur d'autres sujets. 

Ajntomo Camelo Fortes de Pina , professeur de 
jurisprudence à Coimbra et député aux Cortès. 11 
excelle surtout dans la connaissance du droit romain. 
Voyez Eloquence, 

* José de Se\bra d> Silva , jurisconsulte très- 
profond et ministre d'Etat. Voyez Politique. 

^ José Ignacio da Rociia Peniz , professeur de 
jurisprudence à Coimbra , jurisconsulte profond , une 
des victimes des opinions politiques d'autrefois , et 
auteur d'un ouvrage posthume intitulé Elementos da 
praticaformularia,OM Brèves ensaios sobre apraxe 
do for o po rtuguez . 

^ Francisco Xavier de Oliveira Matos , pro- 
fesseur de jurisprudence à Coimbra , éditeur du 
Code Manuelin (Godigo Manoelino), et publicisle dis- 
tingué. 

* Mainoel Ignac'.o da Silva Alvarenga , le 
premier avocat de son temps à Rio-Janeiro sa patrie , 
où il est mort. Voyez Poésie. 

Ricardo Raimundo NoGUEiRA. Voycz Litté- 
rature. 

Bento Pereika i:o Carmo , député aux Cortès, 
et littérateur. Voyez Eloquence. 



( XXXilj ) 

L'évlque de Béja , député aux Corlès , et litlc- 

îiitClU-. 

CiRLOS HoNORïo DE GouvEA DuRAo , ancien 
magistrat, député auxCortès et jurisconsulte profond. 
F^LA^CIsco A-Ntoxio de Almlida Pessanha, dé- 
puté aux Cortcs , agronome et amateur des sciences 
nalurelles. 

Francisco ManoelTricoso de Aragao Morato, 
député aux Cortès , qu'il a présidées plusieurs fois ; 
jurisconsulte profond , littérateur distingué , bon ma- 
thématicien. Voyez Eloquence. 

JoAO Baptista Felgueiras , député et un des se- 
crétaires des Cortès ; savant jurisconsulte , quoique 
encore très-jeune. 

Joao Maria Soares Castello-Branco , député 
aux Cortès , dont il a été président ,• jurisconsulte 
profond , politique et littérateur distingué. Voyez 
Eloquence. 

José da Silva Lisboa, député de la Junle de 
commerce à Rio-Janeiro , jurisconsulte profond. Il est 
auteur des Piincipios do direlto mercantil, ouvrage 
très-profond et très-bien écrit , qui lui fait beaucoup 
d'honneur. Il aaussi publié un traité sur les assurances, 
d'après les meilleurs auteurs étrangers. Voyez Econo- 
mie politique. 

Joao de Sousa Pinto de MagalhaEx\s, député 
aux Cortès, jurisconsulte instruit. Voyez Eloquence. 

José de Gouvea Osorio , député aux Cortès. 11 
passe pour être doué d'une mémoire extraordinaire. 

José Maria de Sousa e Almeida , député aux 
Corlès , très-jeune , mais savant jurisconsulte. 

José Pedro da Costa Piibeiro Teixeira , pro- 
fesseur à Coimbra et député aux Cortès ; c'est un 
jurisconsidle profond, surtout dans le droit civil. 

José Vaz Correa de Seabra , député aux Cortès, 
cl jurisconsulte très-profond. 

II. c 



( xxxiv ) 

José Vaz Velho, savant jarisconsiilie et dépuie 
aux Cor lès qu'il a présidées plusieurs fois. 

Luiz NicoiiAo Facu^des Varella , député aux 
Certes. C'est l'avocat le plus distingué de Rio- Janeiro. 

Manoel de Si rpa Machado , député aux Cortès, 
savant jurisconsulte. 

Antonio Cahlos Ribeiro de Andrade, député 
aux Cortès. Voyez Littérature. 

TnoMAz Antonio de Villanova Portugal, pu- 
bliciste profond. Voyez Littérature. 

Pedro de Mello Breiner, savant jurisconsulte. 
Voyez Politique. 

JoAQuni Joi>É Ferreira Gordo, publiciste pro- 
fond. Voyez Littérature. 

ViCENTE José Ferreira Cardozo da Silva , pu- 
bliciste renommé , très-versé dans la législation portu- 
gaise , qu'il a réunie en un corps d'ouvrage pour la 
publication duquel il avait fait venir les caractères de 
Bodoni(i). L'invasion des Français l'a empêché de pu- 
blier ce travail. Il a aussi composé différens mémoires 
sur différens sujets de législation et d'économie poli- 
tique, où l'on reconnaît la justesse de son esprit , une 
vaste érudition en jurisprudence, et un style extrême- 
ment facile. Une grande partie de ses écrits a été 
composée à l'île de Saint-Michel , où il se trouvait re- 
légué par suite des événemens politiques du Portugal. 

LOGIQUE ET MÉTAPHYSIQUE. 

La littérature portugaise ne possède encore que peu 
d'ouvrages importans sur ces deux branches de la 
science. La philosophie d' Aristote , mal commentée par 
les Arabes et si indignement défigurée par les scoliastes, 

(i) Le comte de Barua a emporté avec lui au Brésil ces caractères, 
qui ont formé Je fonds primitif de l'imprimerie royale de Rio-JancirQ. 



( XXXV ) 



après avoir été chassée de presque toutes 
l'Europe civilisée dans lesquelles elle a 



les écoles de 
avait dominé 
pendant tant de siècles, conserva encore long-temps 
son empire dans celles de Portugal. L'Essai de Locke 
sur l'entendement humain était connu de tous les savans 
de l'Europe , et en Porlugal on rendait encore un 
aveugle hommage au philosophe de Stagvre. Après la 
grande réforme des éludes faite par l'illusire Pombal , 
on commença à mépriser le harhara celarent , etc. , 
des anciennes écoles , et à étudier la véritable logique 
dans le seul livre qui l'enseigne , dans les phénomènes 
bien observés de notre entendement. ?'«ous pouvoîls 
assurer que dans les dernières années du dix- huitième 
siècle on connaissait déjà en Portugal tout ce qu'on 
avait publié de meilleur dans les autres pays en logique 
et en grammaire philosophique. Nous ne prétendons 
pas dire que ces connaissances fussent alors Irès-com- 
ra:unes en Portugal , puisqu'elles ne le sont même pas 
encore à présent, et non-seulement dans ce pays, mais 
dans aucun autre de ceux que nous avons visités. On. 
ne peut refuser à quelques Portugais , surtout à ceux 
qui ont fait leurs études dans les écoles des réguliers , 
la gloire de s'être élevés à la hauteur des connais- 
sances logiques et métaphysiques de ces temps. Nous 
avons sous les yeux une thèse logique et métaphysique 
défendue à Sélubal en 1797 par le père Joaquim de 
Jésus , qui nous confirme dans notre opinion. On v 
trouve les meilleures idées de Locke , d'Helvétius , 
de d'Alembert , de Bonnet , de Beauzée , de Girard , 
de Condillac et autres philosophes. 11 est vraiment 
fâcheux qu'une nation qui possède des professeurs 
très-instruits et capables de composer un bon livre de 
philosophie rationnelle pour l'usage des écoles , voie 
encore aujourd'hui enseigner cette science d après les 
élémens surannés d'Antonio Genovesi. Les entraves 
opposées aux écrivains par la triple censure à laquelle 
tout écrit était soumis , ont beaucoup contribué à 



( XX.\YJ ) 

enipéclier la publicaliou des bons ouvr.iges de logique 
el de mêla physique, et à conserver l'ancienne mé- 
ihodc d'enseignement. En effet , qui aurait pu se déier- 
jniner à publier ses idées, quand on voyait un censeur 
oser accuser de matérialisine l'illustre meta physicien 
qui démontra le mieux la spiritualité de notre ame, seu- 
lement pour avoir écrit que Xâme est une substance qui 
sent. Nous n'avons pas été peu étonne de trouver des 
Portugais assez épris de la science pour oser affronter 
tant de désagrémens et d'obstacles opposés parla cen- 
sure, en publiant leurs idées, dans le but de faire jouir 
leurs compatriotes de livres où ils passent trouver les 
principes de la science présentés sous un point de vue 
analogue à l'état de perleclion auquel elle a été portée 
en dernier lieu par les savans travaux des plus ilhistres 
niétaplivsiciens de l'Europe. Voici les noms des Por- 
tugais et les litres des ouvrages qui nous semblent 
mériter d'être nommés de préférence dans ce chapitre, 
où mériteraient aussi de trouver leur place presque tous 
ceux qui figurent le plus dans celui de la théologie. 

SiLVESTRE PiNHEiRO Ferreira, ancicu professeur 
de logique à Goimbrp. , chargé d'affaires à Berlin et 
actuellement ministre des affaires étrangères. Ce méta- 
physicien profond a publié en i8i5 un ouvrage sous 
le titre àe Pj^elecçoens philosophicas, ~£^(i Von ^Q\xi 
considérer comme classique dans ce genre (i). 



(i) Nous en indiquons les divisions principales pour en faire con- 
naître le plan et les sujets qu'on y traite : i" la Theorica do discurso 
e de linguagem , où il expose les principes de la logique, de la gram- 
maire générale et de la rlictoriqne ; i° le Ttatado das paixoens ( pas- 
.■-ions) considérées premièrement comme de simples sensations et ayant 
pour objet les matières du goût, d'où il déduit les règles de l'esthétique 
ou de l'éloquence j, de la poésie et des beaux-arts ; il les considère en- 
suite comme des actes moraux compris dans les idées de vertu ou de 
vice , d'où il déduit les maximes de la dicéosync ; 3° le Systema do 
Mundo , ou la Cosmologia, où il traite des propriétés générales des 
êtres ou de l'ontologie , et de la nomenclature des sciences physiques 



C xxwij ) 

Le père JoAQUlM de Jésus , auguslin réfoniic. C'est 
un pliilosophe profond et un liUérateiir ([isilnguc. 

A.XTO.N'io Leite Ribetko , prolesscur à Coimbra , 
auteur de la Theoria do discnrso applicada a lui- 
gua portugueza f pi\ji]u^e en i8ig. Quoiqu'il y ait 
[)eu d'idées nouvelles dans cet ouvrage _, il a toujours 
le mérite d'y avoir rassemble en peu de p:!ges les 
doctrines les plus importantes des meilleurs idéolo- 
gistes modernes , et particulièrcjnent celles de Tracy. 

Le père A>'Tomo de Santa Barbara , morne augus • 
tin réformé , professeur de philosophie rationnelle et 
morale à Porto» Ce religieux, qui occupe un rang émi- 
nent parmi les premiers orateurs portugais , est aussi 
un des plus grands métaphysiciens de cette nation , 
et conserve encore manuscrits des mémoires et des 
écrits très-intéressans sur cette science, il a été autre- 
fois professeur de njathématiques. 

Le père José Sainta Rosa , philosophe profond. 

Le père José d'Almeida Drar, religieux francis- 
cain , professeur royal de philosophie rationnelle et 
morale dans le couvent de Nossa Senhora de Jésus a 
Lisbonne. 11 est littérateur et orateur distingué et pro- 
îbnd métaphysicien ; il s'est formé sur les ouvrages 
classiques des Allemands , des Français , des lialiens 
et des Anglais. Il nous a fait voir des manuscrits pré- 
cieux sûr l'origine et l'histoire de la philosophie , et 
sur d'autres sujets métaphysiques. Vovez Elocjuencp. 

Le père Joao de Agueua, religieux franciscain , 
professeur royal de philosophie rationnelle et morale 
dans le collège do Espirito Santo à Evora. C'est im 



et nialhtmatiques ; de ces propiiétts ii déduit les rapporis des élvcf 
crées avec le Créateur , ou les principes de la théologie naturelle. 11 
f?t bon de remarquer aue c'est un Portuf.ais qui a («mposé et publie 
»lansla capitale du Brésil l'ouvrage le plus philosnpliiq'ie qui zo\\. soi U 
jusqu'à présent des presses du Nouveau-Monde. 



( xxwiij ) 

métaphysicien profond qui a écrit beaucoup sur celte 
science qu'il enseigne depuis 2.5 ans. 

Josc DE Almeida Gouvea, professeur de grec et 
de rhétorique dans l'école royale (aulas regias) d'E- 
vora. C'est un des plus profonds mélaphysicicns du 
Portugal; il est familiarisé avec les ouvrages classiques 
de Rant, de Tracy, de Degerando, etc. etc. 

José Ferrao de Mendonça e Sousa , prieur des 
Anjos à Lisbonne et député aux Cortès. C'est un phi- 
losophe profond, liuérateur et orateur distingué, bril- 
lant surtout dans l'éloquence sacrée. Voyez Eloquence, 

FRArvcisco DE Bgrja Garçao SipcKLER , lieu- 
tenant-général. Quelques personnes aussi instruites 
qu'impartiales nous ont assuré que son Analyse do 
cntendunento hamano , qu'il conserve encore manu- 
scrite , est un ouvrage digne d'être comparé à tout ce 
qu'il y a de meilleur en ce genre. Voyez Mathéma- 
tiques. . 

^ Manoel da Camara Aeruda. Voyez Physique, 

'*' A>TOMO SoaresBarbosa , professeur de philo- 
sophie rationnelle et morale à l'université de Coimbra, 
fut appelé par le marquis de Pombal , en 1772, pour 
former avec les docteurs Vandelli et Dalabella la pre- 
mière faculté de philosophie que les statuts de l'uni- 
versité venaient de créer. Ce qui lui mérita une telle 
distinction fut son discours sur le goiit et la véri- 
table méthocie d'étudier la philosophie, publié à Lis- 
bonne en 1766. 11 remplit les fonctions du professorat 
avec distinction, et par les efforts de l'application la plus 
soutenue , il parvint à acquérir les connaissances phy- 
siques qui formaient la base des études des diflérens 
cours de la faculté de philosophie nouvellement éta- 
blie. On a de lui un traité élémentaire de philosophie 
morale, imprimé à Coimbra en 1782 , en 3 vol. in-8% 
et deux autres ouvrages de piété déjà publiés , outre 
divers autres manuscrits du même genre, qui hono- 
rent sa plume. 



( xxxix ) 
MATHÉMATIQUES, ASTRONOMIE ^' MÉCANIQUE. 

L'ëtude des malhcniatiqties n'est cultivée en Por- 
tugal que par les seules personnes que leur état met 
clans l'obligadon de s'y livrer , ou l)ien par celles qui 
aspirent à les professer. On ne trouve dans le reste 
de la nation que très-peu de personnes instruites dans 
cette science aussi vaste que difficile. Cela vient de 
plusieurs causes, dont quelques-unes ont été indi- 
quées dans le préface de cet Appendix , et non pas 
du manque d'éiablissemens et de moyens d'instruction, 
comme on le croit chez l'étrani^er. Sans compter les 
écoles inférieures ou élémentaires , on peut dn^e que 
le Portugal à cinq établissemens complets où l'on peut 
apprendre les mathématiques , savoir : l'université de 
Coimora , et les écoles de marine de Lisbonne et de 
Porto , le collège militaire de Luz et l'école de for- 
tification. La méthode que l'on y suit pour l'enseigne- 
ment de cette science était aussi bonne que possible 
lors de la réforme de l'université ; mais cette méthode 
est devenue surannée depuis que cette science a fait 
de si grands progrès. Cependant le profond savoir et 
le zèledes professeurs remédient en partie à cet incon- 
vénient qui néanmoins n'existe pas à l'académie mili- 
taire de Piio-Janeiro. (Voyez page Co de ce volume. ) 

Nous n'hésitons pas à dire , sans craindre d'être 
accusé de partialité , que les sciences mathématiques , 
dans toute leur étendue et tout leur perfection- 
nement actuels, sont parfaitement connues des Por- 
tugais, et beaucoup plus qu'on ne serait porté à le 
croire d'après le petit nombre d'ouvrages pubhés sur 
cette matière depuis trente ans. INéanmoins, si quelque 
chose de plus positif était nécessaire pour convaincre 
les incrédules , nous les prierions seulement de vou- 
loir bien considérer que tous les raalhémaliclens qui 
font l'orgueil et la gloire des Portugais ont été formés 



(xl) 

dans le pa}' s ; que les six volumes des Memor'ias de 
rnathematica e physica de l'Acaderaie loyale des 
sciences de Lisbonne contiennent plusieurs anicles , 
qui démontrent jusqu'à révidence les profondes con- 
naissances des mathématiciens portugais ; et que les 
Ephemericles ctstronomicas para uso do observa- 
iorio da uniwersidade de Coimbra e para o da na- 
vegaçào portugueza en donnent une preuve nou- 
velle. Ces éphémérides , qu'on publie tous les ans 
depuis i8o4 5 bien loin d'êire , comme l'a dit certain 
voyageur , une réduction ou unç copie de l'AlmanacU 
de l'observatoire de Green^ich , sont au contraire 
calculées immédiatement sur les tables astronomiques. 
La disposition ingénieuse de ses nombreux articles , 
les nouvelles méthodes qu'ils présentent pour le calcul 
des longitudes sur mer et pour celui des éclipses , 
aussi bien que plusieurs autres méthodes particiilières 
pour la formation et la vérification de plusieurs sujets 
astronomiques , ont donné à cet ouvrage une juste 
supériorité sur la plupart de ceux du même genre , el 
ont mérité à ses savans auteurs l'estime des malhé- 
maticiens les plus distingués de l'Europe , qui ont eu 
occasion de le voir et de l'examiner. 

Yoici les noms des mathématiciens que tout le 
monde s'accorde à considérer comme ceux qui , par 
leurs ouvrages ou par leur profond savoir , honorent 
le plus la nation , et dont quelques-uns peuvent sou- 
tenir la comparaison avec les géomètres les plus pro- 
fonds des autres nations. 

* José Monteiro da Rocha , professeur à l'uni- 
versité de Coimbra. Ses mémoires sur l'astronomie 
pratique, qui ont été traduits en français par son digne 
élève Manoel Pedro de Mello , et publiés à Paris en 
18085 prouvent qu'il était aussi versé- dans celte partie- 
des mathématiques mixtes , qu'il l'était dans l'analyse la 
plus sublime, comme il l'a montré par ses Âdditanicntos 
a regjri de Fontaine para as quad raturas. 11 est au' 



( xij ) 

ieu.r tie plusieurs aulres mémoires ircs-savans , et des 
Ephemerides astrotiomicas de Coitnhra , dont nous 
venons de parler. 

* Manuel Joaquoi Coelho da Maya, professeur 
de runiversilc , dans laquelle il passait |)our le plus 
grand analyste qu'ait eu le Portugal. 11 expliqua le 
premier la Mécanique céleste de Laplacc dans l'uni- 
vcrsilé^ et il est l'auteur d'un mémoire très-savant sur 
la Démonstration de la règle de Fontaine pour les 
quadratures , qui a remporté le prix à l'académie de 
Lisbonne. Ce professeur et san digne collègue José 
Monteiro da Rocha eurent la gloire de faire des élèves 
dignes de les reniplacei'. 

Francisco de Paula Ïrayassos, lieutenant-co- 
lonel du génie, professeur à l'académie de marine et 
<léputé aux Coriès. Son Trlcthodo de i^ducçâo des 
distancias ohservadas no calculo das longitudes , 
publié en i8o5, ne démentit pas la réputation qu'il 
avait déjà acquise par plusieurs savans mémoires sur 
la science qu'il professe. 

José Maria Dantas Pereira , chef d'escadron et 
conseiller d'état et d'amirauté , aussi bon matliémati- 
cien que profond économiste , auteur du Curso d'es- 
tudos para uso do commercio e da fazenda , pu- 
blié en 1798, ouvrage excellent et unique en ce genre 
en Portugal. 11 a composé aussi plusieurs excelleus 
mémoires sur différens sujets. 

Matheus Vale.nte de Couto, major du corps 
du génie , professeur pensionnaire de l'académie de 
marine et directeur de son observatoire. Ses mé- 
moires publiés dans les actes de l'Académie des sciences 
lui ont acquis une grande réputation. Il est auteur d'un 
traité àe trigonométrie rectiligne et sphérlque publié 
en 1819; très-bon ouvrage surtout pour la clarté de 
l'exposition et le choix des formules principales. 

Francisco Villela Barbosa , major du corps 
du génie, professeur de l'académie de marine , et dé- 



( xlij ) 

puté aux Cortès. Il a publié en 1816 un bon traité 
de géométrie qui a été dernièrement réimprimé. Voy. 
Littérature, Eloquence et Poésie. 

Francisco Soioe-NS Margiocchi , major du 
corps du génie , professeur à l'académie de riiarine , 
et député aux Coriès. Il est l'auteur de plusieurs sa- 
vansmémoires qui lui ont acquis delarépulalion comme 
bon géomètre. 

*JoAO ÉvangelistaTorhiani, colonel du génie et 
professeursuppléant de mathématiques à l'académie de 
marine. 11 a composé un savant mémoire qui a été cou- 
ronné par l'académie royale des sciences de Lisbonne, 
et dans lequel il démontre que \es formules proposées 
par Tfronslà pour la résolution générale des équa- 
tions ne sont plus vraies passé le troisième degré. 

Maivoel Pedro de Mello, élève du célèbre José 
Anastasio da Cunba, et proTesseur d'hydraulique à l'uni- 
versité de Coimbra, dont il est un des pensionnaires. C'est 
un profond mathématicien et un bon naturaliste. Son 
mémoire sur les hinoniiales lui fait beaucoup honneur. 
En 1806 il a remporté le prix proposé par l'académie 
de Copenhague sur la composition des forces. 

José AvELizso de Castro. Ce jeune mais profond 
géomètre, élève de l'académie de Porto, dont il est 
suppléant à la chaire des matiiématiques de seconde 
année, possède pariailcment celte science et celles dont 
elle est la base. lia composé plusieurs savans mémoires, 
entre autres un sur la théorie des équations^ qui lui 
valut riionneur d'être admis à l'Académie des sciences 
de Lisbonne. 

Francisco de Borja Gakçao Stockler, lieute- 
nant-général, ancien gouverneur des Açores et prési- 
dent de la junte administrative de l'académie militaire 
de Rio-Janeiro. Ce Portugais, qui est le premier des 
mathématiciens de sa nation, brille aussi dans la litté- 
rature, la poésie et la métaphysique. Sa Théorie des 
limites, qui sert d'introduction à sa Méthode des 



fluxions, insérée dans les Mémoires de l'Académie de 
Lisbonne ; ses trois mémoires sur la Méthode inverse 
des séries ydans lesquels il présente des vérités inconnues 
avant lui ; son Traité de géométrie philosophique à 
Vusogede sonjîls, et sa lettre au rédacteur ànMonthly 
Review , juslilient l'opinion de ses compatriotes, et 
le placent au rang des plus i^rands malbémaliciens vi- 
vans. Voyez Littérature et Méthaphysique. 

* Francisco A-\tomo Cieka, professeur à l'aca- 
démie de marine , astronome et mathématicien pro- 
fond , connu par les importans travaux géodésiques 
qu'il a entrepris pour former la carte du royaume , et 
mesurer la longueur d'un degré du méridien. Voyez 
Géographie. 

* JoAO Manoel de Abreu, bon géomètre, connu 
surtout des étrangers par sa traduction française des 
Principios matliematicos du célèbre et infortuné 
José Anastasio da Ccj>'HA, mort vers la fm du siè- 
cle passé et justement appelé le plus grand mathémati- 
cien portugais du dernier siècle 

José Saturmno da Costa Pereira, frère de 
l'éloquent rédacteur du Correio brasiliense ( voyez 
Journaux et Littérature), major du génie, et profes- 
seur de mécanique à l'académie militaire de Rio- Ja- 
neiro. Cet habile mathématicen a rédigé un traité 
complet de mécanique à l'usage de ses élèves , d'après 
la mécanique céleste de Laplace, et celle de Bossut 
et de Francœur. 11 a aussi démontré, par la méthode 
des variations, que de tous les solides d'égale surface^ 
la sphère est celui qui jouit du maximum de solidité. 
Il conserve encore manuscrits quelques importans tra- 
vaux sur les mathématiques, qui lui feraient beau- 
coup d'honneur s'ils étaient publiés. 

Paulo José Maria Ciera , frère de Francisco An- 
tonio Ciera , capitaine de frégate et premier adjoint 
(ajudante) à l'observaloire de la marine. C'est un as- 
tronome habile. 



( xliv ) 

Antonio Diniz do Couto Valtînte, sous-lieute- 
nant de marine, et assistant (partidista) à l'observa- 
toire de l'académie de marine. C'est lui «ui est chargé 
du calcul des épliémérides astronomiques de Lisbonne, 
en réduisant au méridien de cette ville celles de l'al- 
manach de Greenwich. (11 ne faut pas confondre ces 
ëpliémérides avec celles de Colmbra, dont nous avons 
parlé à la page yl.) 

JoaoPaulo dos Saintos Barueto, major du génie 
et professeur de mathématiques à Tacadémie militaire 
de Rio-Janeiro. Ce jeune mais profond géomètre, 
élevé de cet établissement, est très-versé dans toutes 
les sciences qui se rapportent aux mathématiques. De- 
puis quelque temps il s'applique surtout à l'hydraulique 
et a ses plus utiles applications. Nous sommes même 
informé qu'il travaille actuellement à un ouvrage qui 
doit être de la plus grande utilité pour ses compatriotes, 
parmi lesquels cette science est peu cultivée. 11 est à 
l'pgretter que son excessive modestie l'ait empêché jus- 
quà présent de publier des écrits imporlans que nous 
savons de bonne part qu'il a composés sur différens 
sujets de mathématiques pures et appliquées. 11 est ac- 
tuellement à Paris. Voyez Littérature, Géographie ^ 
Tactique , et à la page 77 de ce volume. 

Manoel Eeriœira d'Araujo, colonel du génie et 
professeur d'astronomie à l'académie militaire de Rio- 
Janeiro. Il a composé un bon traité d'astronomie d'a- 
près celles de Lacaille , Lalande et Biot. Ce mathéma- 
ticien distingué est connu de ses compatriotes par ses 
excellentes traductions du Cours de mathématiques de 
Lacaille, de la Géométrie de Lacroix, de la Géométrie 
et trigonométrie de Legcndreà l'usage de l'académie 
mditaire, et de l'Algèbre de Cousin. 11 a aussi composé 
un abrégé des variations des triangles à l'usage de ses 
élèves. M. Araiijo est aussi un littérateur distingué et 
un bon poète. Quelques-unes de ses poésies sont déjà 



( xlr ) 

puMices. 11 a clé le réilacteur d'un journal litléraire et 
politique connu sous le nom deO painota ; il Test en- 
core tie la Gazeta do Rio-Jnneiro. 

Manoel da Costa Pinto, colonel crartillerie, et 
professeur d'ariillerie à l'académie militaire de Rio- Ja- 
neiro. 11 a composé un traité cpii y sert de texte, 
ilaprès les ouvrai^es de Leblond , Robins , Euler , 
Scliil, Vicenti , Mùller, et il y a introduit les expé- 
riences les plus récentes, particulièrement celles faites 
à Lisbonne sous rinspeclion du chevalier Napion 
(voyez Sciences naturelles^ Cet ouvrage, qui est 
vraiment excellent , n'est pas encore imprimé à cause 
du temps qu'exige la gravure des planches. 

Le père Pedro de Santa MaRianna, professeur 
de calcul différentiel et intégral à l'académie de Rio- 
Janeiro. C'est un des plus profonds malhématicierij» du 
Brésil. 

Joao de Sousa Pagheco Leitao , colonel du gé- 
nie et professeur de tactique et fortification de campa- 
gne à l'académie militaire de Rio-Janeiro. Ce profond 
géomètre a traduit en portugais les première et seconde 
parties du traité de Gay de Vernon , qu'il explique à 
ses élèves, et qu'il a enrichies de notes très-savantes dans 
lesquelles il a inséré les opinions des plus grands tacti- 
ciens et les siennes. 11 a aussi composé un traité élé- 
mentaire de tactique qui n'est pas encore impiimé. 
Ses JR.û/lexôes sobre as campanhas de Portugal , 
publiées à Rio-Janeiro en i8i4, ont donné une nou- 
velle preuve de scsprofondes connaissances militaires, 
%\. ses poésies, dont quelques-unes sont vraiment rem- 
plies de feu et de verve poétique , lui donnent le droit 
d'occuper une place distinguée dans la littérature por- 
tagaise. 11 a compçsé aussi une comédie sous le titre 
de Os Sèbastianisifis. 

* Maxoel do Spirito Santo LiMPO , géomètre 
profond. Voyez Tactique. 

José Joaquim de Faria , professeur émérite de 



( î^lvj ) 

ïiiuthéiriatiques àl-LiniversitédeCoimbra, et député aux 
Cortès. 11 inséra, dans le cours de son professorat (i), 
dans le texte des œuvres de Bezout , de Bossut et de 
Marie , les nouvelles doctrines qui depuis la publi- 
cation de ces ouvrages classiques ont éclairci tant de 
points dans les mathématiques pures et appliquées. 

Les personnes dont les noms suivent n'ont rien pu- 
blié qui soit parvenu à notre connaissance, et nous 
n'avons pu nous procurer de renseignemens sur leurs 
écrits relatifs au sujet de ce chapitre. Nous savons ce- 
pendant d'une manière positive que toutes possèdent 
des connaissances plus ou moins étendues dans les 
mathématiques , que quelques-unes cultivent par plaisir 
et d'autres par état. En voici les noms : 

Manoel G0NÇA.LVES DE MiRANDA, député aux Cor- 
tès. Voyez Economie Politique et Eloquence. 

RoBERTO Luiz DE Mesquita, professcur de ma- 
thématiques à Angra, dans l'archipel des Açores, et 
député aux Cortès. 

RoDRîGO Ferreira da Costa, député aux Corlès. 
Voyez Théorie musicale. 

Mariiso Miguel Franzini, colonel de la brigade 
de marine, et député aux Cortès. 

Caula , maréchal-de-camp et ministre de la guerre 
à Rio -Janeiro. Voyez Géographie. 

A Coimbra nous trouvons : Antonio Honorato 
DE Caria e Moura. 

JoAQuiM Maria d'Andrade. 

Sebastiao Corvo. 



(i) M. Fciria a été pendant long-temps un des membres les plii3 
marquans de la Junta da fazenda de l'université , et eut le mérite 
d'avoir beaucoup contribué à. la construction du bel observatoire, à 
l'acquisition des meilleurs instrumens fabricjuçs à Londres et à Paris, à 
Taugmentation des machines du beau cabiijet de physique , du labo- 
ratoire de chimie et de l'amphithéâtre anatomique , ainsi qu'aux amé- 
liorations du local du jardin botanique. La bibliothèque de l'université 
lui doit racquisitlon des ouvrages les plus estimés dans différentes 
branches des sciences, ainsi que Ja continuation des collections scien- 
tifiques et des ouvrages périodiques. 



( -^lY'j ) 

Agostinho JoséPintod'Almeida. 

luiz fortunato de souza. 

A Porto : JoAQLiM Antonio d'Oliveira. 

JoSÉGaRNEIRO D\ SlLYA. 

SCIENCES NATURELLES, PHYSIQUE, CHIMIE, MINÉRALOGIE, 
BOTANIQUE ET ZOOLOGIE. * 

Quoique les Portugais soient une des dernières na- 
tions qui se soient livrées à l'étude de ces différentes 
sciences, il ne faut cependant pas croire qu'elles aient 
été et qu'elles soient encore entièrement négligées par 
eux. Si l'on considère combien peu le gouvernement les 
a encouragées , et le manque total de motifs individuels 
propres à engager les hommes de génie à se livrer à 
de longues et pénibles rechcrclies qui ne devaient les 
conduire ni aux honneurs ni aux emplois lucratifs , 
on a lieu de s'étonner du nombre considérable de 
Portugais qui, sans autre stimulant que l'amour de la 
science, se sont élevés à un rang distingué parmi les 
naturalistes de l'Europe. Il est vrai qu'à l'exception de 
Manoel Ferreira da Camara Betancourt, de Joào An- 
tonio Monteiro , de José Bonifacio d'Andi'ade, de Félix 
AvellarBrotero, de José Correa da Serra, on peut dire 
que le Portugal ne compte presque aucun autre natura- 
liste qu'on puisse appeler un grand praticien , quoi- 
qu'il en possède plusieurs qui connaissent parfaitement 
la partie théorique , dans laquelle seule ils peuvent 
soutenir la comparaison avec les grands hommes des 
autres nations. Pour être juste il faut aussi avouer que 
le marquis de Pombal chercha à attirer des pays étran- 
gers , et surtout de Fltalie (i), des hommes distingués 



(i) Nous présentons ici quelques notices sur les savans étrangers les 
plus marquans qui furent appelés dans cette circonstance et dans d'au- 
tres sous dilTérens règnes. 

*MicHiEi,E FRA^zIKI ,de Venise, mathématicien profond, physicien et 



( xlviij ) 

dans les sciences r.aliu elles v\ luallit-nialiques, pour ré- 
Ibriiier l'jimversilc cie CoiiiiLra, el ia lucUrc au niveau 



ïiaturalisto distinç;iii' , et littérateur très-ériulit. C'est à ce savant que le 
Portugal doit presque tous ses grands mathématiciens , parce que c'est 
par lui que lurent organisés les différensétablisscmens où l'on enseigne 
< rite science , soit à LislKiune soit h Coimbra. Après avoir été. pendant 
dix ans le précejjtciir ilu prince du Brésil Dom Josepli et dcson frère le 
roi actuel , charge dont il s'acquitta de manière à mériter l'estime et 
ia vénération de ses augustes élèves , accablé d infirmités et d'années , 
il retourna à Venise en 1793 , d'où il revint en i8o4 , dans un état de 
caducité qui ne lui permit que de jouir de la société de ses amis. 
C'est ])our instruire son auguste élève et pour lui inspirer du goût pour 
les sciences et pour les arts qu'il fornia dans le palais royal de Belem 
un cabinet de physique , une belle collection de modèles d'arts et 
métiers, où il assembla le système général de fortiticatioti d'Antonien 
lelief , et une collection de modèles de machines hydrauliques. 11 
uidurut en 1810 , laissant quatre cnfans , parmi lesquels se distingue 
le colonel Marino Miguel Franzini, accuellement député aux Gortès , 
dont nous avons parlé si souvent dans cet Kssai statistique et dans nos 
Variétés. Voyez Géographie , etc. 

Dalabei.la , élève du célèbre marquis Poleni , professeur dans l'uni- 
versité de Padoue. Après avoir enseigné pendant plusieurs années 
la physique expérimentale à Coimbra , il retourna chez lui à Padoue, 
où , à cause de l'assiduité avec laquelle il s'était acquitté de ses fonc- 
tions de professeur, le gouvernement portugais lui continua la jouis- 
sance de tous ses traitcmens. Il a composé !in cours d'agriculture , 
'iont les quatre premiers volum.es ont déjà paru ; les autres se trouvent 
entre les mains du chevalier Nicolào Franzini, frère du député. Il est 
aussi l'auteur du Traité de physique dont nous avons parlé à l'article 
<Io l'université, page 5i de ce volume. Ce savant distingué est âgé 
d'enviion 92 ans. 

* MiciiiELE CiERA, littérateur plémontais , distingué sui-tont par 
la jnireté avec lacjuelle il écrivait le latin et par ses connaissances 
profondes dans la géographie. On a de lui la traduction portugaise du 
traité De o//îciis de Cicéron. Il est père des deu.K matliématiiiens et 
.^stronomcs distingués dont nous avons parlé aux chapitres Geogra- 
jtliie et Matliéniatiijues. " 

* L'abbé Gl0VA^M Akgei.o BnuNEi.r.r, profisseiu- de mathématiques à 
Cologne. Il fut appelé par le gouvernement portugais pour fixer la 
ligne de démarcation au Brésil entre l'Espagne et le Portugal. Après 
s'être acquitté honorablement de cette commission , il fut employé 
comme professeur de géométrie , d'arthmétique et d'algèbre au collège 
dcsNobies à Lisbonne. Sa réputation littér.iireestprincipalement établie 
par les savansnjémoires relatifs à ses opérations géodésiques dans l'Amé- 
rique, qu'il envoyait annuellement à l'institut de Bologne, et par plu- 
sieurs écrits sur l'analyse et le calcul des courbes. 

* DoMEMCo Va^df.i.li de Padoue. Ce naturaliste distingué entrete- 
nait une correspondance suivie avec le célèbre Linnée. Il enseigna le 
premier ia chimie, l'histoire naturelle et la botanique en Portugal, 



des progrès que ces sciences avaient (ails dans lEu- 
rope civilisée. Plus lard la reine Marie et son auguste 



et dirigea lu l'onnation des jardins botaniques de Coimbra el de Lis • 
bonne. 11 a publié plusieurs mémoires qui se trouvent insérés dans 
les actes de 1 académie royale des sciences de Lisbonne, dont il était 
membre. Il a laissé un fils , qui est un des minéralogues portugais les 
plus instruits. Voyez ALEiA.>DRE VA^DJ^LH dans le chapitre Sciences 
naturelles. 

*Ciccni, savant médecin italien, appelé en Portugal lors de la 
réforme de l'université pour y enseigner l'anatomie. 

EscHWEOE et Warnhagek. Ces deux savans naturalistes allemands , 
élèves de ^\'erner, furent appelés en Portugal en iSoi par le ministre de* 
finances Dom Rodrigo de Souza Coutinho, pour uuttre en activité 
l'ancienne forge de Figuerô dos Vinlios , sous la direcliou de José 
Bonifacio d'Andrade. Au commencement de 1809 ces deux Allemands 
passèrent au Brésil, où lemèraeministreDom Piodrigo, devenu comte de 
Linhares , les employa dans l'exploitation de plusieurs mines de fet 
qui sont en plein rapport. M. Warnhagen est resté avec sa famille au 
ErésiljOÙ il parait sélre définitivement établi. M. le baron d'Eschwege 
est revenu en Europe. On doit à ce dernier une description de la ca- 
pitainerie générale de Minas Geraes et des provinces limitrophes , 
dans laquelle il a déterminé les points principaux , et le nivelle- 
ment des plateaux et des chaînes de montagnes les plus élevées. Dans 
son Joui liai von Brasilien , publié à Weimar depuis i8i8, il a fait 
connaître plusieurs faits aussi importans que nouveaux relatifs à l'his^ 
toire naturelle et à la statistique de cette vaste région. 

* Caulo Napio^ , né à Turin , et élevé au grade de lieutenant-gé- 
néral au service de Sa Majesté Très-Fidèle , où il entra d'après l'in- 
vitation de Dora Piodrigo de Souza Coutinho , ambassadeur auprès 
du roi de Sardaigne. Alinéralogiste et chimiste très-distingué, il fut 
nommé inspecteur de l'arsenal cla Fundiçào à Lisbonne, où il resta 
jusqu'au départ durci pour le Brésil, avec lequel il s'embarqua. Arrivé 
à Rio-Janeiro il créa la fabrique de poudre à canon , et fut nommé 
inspecteur de lartillerie, des fortifications, de l'arsenal militaire et 
de celui dit d<i-l'undiiao. 11 profita des moyens mis à sa disposition 
pour faire les premières expériences au Brésil sur la résistance , l'élas- 
ticité et la dureté des principales espèces de bois de cette vaste ré- 
gion ; elles se trouvent consignées dans le Patriota et dans le traite 
d'artillerie de M. Pinto ( Voyez mathématiques). Ou lui doit aussi 
beaucoup d'expériences très-intéressantes sur les métaux du Brésil , 
particulièrement sur le fer de Minas Geraes et sur celui de la fabrique 
de Surucabâfdans la capitainerie de San-Paulo, où il fut envoyé tout 
exprès. 

Damel Gartmker , médecin anglais , professeur de chimie à l'aca- 
démie militaire de Piio-Janciro. Cet infatigable chimiste a fait d'in- 
nombrables analyses de végétaux , dont il a fait d'heureuses applica- 
tions k la médecine qu'il exerce avec le plus grand succès. M. Gar- 
diner enseigne la chimie à ses élèves d'après clés élémens qu'il a com- 
posé'» lui-même, mais qui ne sont pas encore imprimés. 

H. â 



( l) 

fils n'ont cessé de poursuivre le niénie but eu engageant 
des savans étrangers à s'établir en Portugal, et en en- 
voyant à leurs frais de nombreux pensionnaires à Paris, 
à Londres, à Rome et dans les principales villes de 
l'Allemagne, pour étudier et se perfectionner dans les 
sciences exactes et naturelles et dans les beaux-arts 
(voyez pages 76, 76 et 77 de ce volume). Mais ces 
efforts utiles ne pouvaient suffire pour diriger le goût 
de la nation vers l'étude de ces sciences difficiles , qui 
n'offi-aient d'autre récompense à ceux qui s'y livraient 
avec le plus de zèle qu'un bonnet de professeur dans 
l'université de Coimbra à une première vacance , ou la 
direction de quelques-uns des éiablissemens littéraires, 
iron peu nombreux et trop peu lucratifs pour pouvoir 
offrir la perspective d'un sort assuré. Nous n'avons pas 
été peu surpris d'apprendre que le savant Brotero, 
l'illustre Correa da Serra, Magalbàes (physicien dis- 
tingué , mort en Angleterre dans la seconde moitié 
du siècle dernier ) , le célèbre médecin Sanches , et 
le père Loureiro , auteur de la savante Flora Co- 
chinchinensis , ne durent qu'à leurs propres efforts 
les connaissances profondes qu'ils ont acquises soit 
dans leur patrie, soit dans les pays étrangers. Notre 
surprise s'est encore accrue en examinant les livres 
d'après lesquels on enseigne ces sciences dans l'uni- 
versité et dans les autres établissemens , qui, à i'ex- 



* Le général Valeré , Français , élève du célèbre Perronct , de 
l'école des ponts et chaussées , appelé en Portugal lors de la réorga- 
nisation des armées de ce royaume par le prince de Lippe. 11 prit 
du service dans le génie , fut chargé de la construction de la fa- 
meuse citadelle de la Lippe , et fut employé pour toutes les construc- 
tions militaires en Portugal et surtout pour celles qui fureirt exécutées 
dansrAlem-Tejo. La discipline et l instruction de son régiment enflam- 
mèrent d'une noble éfnulation les autres corps de l'armée. Cet habile 
officier a tracé des plans et composé des mémoires sur les canaux à 
ouvrir dans rAlem-Te)o en profitant des eaux du Xarama , du Saado 

et du Tage. », , , < , • i 

* Olivieri , Italien , mort recteur du colh ge des JNobles a Lisbonne, 
littérateur distingué , surtout dans la littérature latine. 



( ij ■) 

ception de racadc^mie inilitaire de Rio- Janeiro, sont 
loin d'être au niveau des immenses progrès que ces 
sciences oni faits depuis quarante ans. Il est vrai que 
le profond savoir des professeurs qui expliquent aux 
élèves les théories modernes, et leur découvrent l'état 
actuel de la science d'après les ouvrages classiques 
français et anglais, fait disparaître en partie cet incon- 
vénient ; mais ce sera toujours un obstacle de plus à 
surmonter pour répandre parmi les Portugais des con- 
naissances dont l'élude a été jusqu'à présent chez eux 
si peu encouragée et hérissée de tant de difficultés. 
Quant aux auteurs allemands et à ceux des nations du 
nord, nous devons avouer qu'ils sont presque entiè- 
rement inconnus , à cause de la difficulté des langues 
dans lesquelles ils ont écrit , qui ne sont aucunement 
cultivées en Portugal. 

Voici les noms des Portugais que l'on considère 
généralement comme les plus versés dans ces diffé- 
rentes sciences : 

Félix de Avelar Brotero, professeur éraérite 
( jubilado) de botanique à Coimbra , directeur du jardin 
botanique à Ajuda et député aux Cortès. Ce Nestor des 
naturalistes portugais est un des botanistes les plus dis- 
tingués de l'Europe. Après avoir parcouru presque 
toute %i France et y avoir séjourné pendant douze 
années qu'il employa à se perfectionner dans l'étude 
de la minéralogie , de la botanique et de la géologie, 
il visita en naturaliste toutes les contrées situées le 
long du Ilhin depuis le centre des Pays-Bas jusqu'aux 
frontières de l'Italie , toute la partie de cette der- 
nière soumise au roi de Sardaigne, et presque toute 
l'Angleterre méridionale. Son savant CompeiuUo de 
botcmica, publié à Paris en 1788, en 2 vol. gr. in-8", 
a contribué plus que tout autre livre à répandre en 
Portugal l'étude de la botanique. De retour dans sa 
patrie il publia à Lisbonne en i8o4i; la Flora Liusi- 
tanica f en 2 vol. in- 4°, ouvrage classique dans son 



( i > i ) 

genre. En i8i6 il publia le premier volume in-folio de 
sa lielle Photographia Lusitaniœ selectior, ouvrage 
qu'il continue, et donl bieniot, à ce qu'il nous a dit, 
])araîtra le second volume. La botanique lui doit la 
de'couverle de plus de cent espèces diverses , et )ilu- 
sieurs savans mémoires qui se trouvent insérés dans les 
mémoires des nombreuses académies dont il est mem- 
bre 5 surtout dajîs ceux de l'académie Linnéenne. 
M. Brotero a fourni à BI. Antonio d'Almeida toute la 
nomenclature portugaise de sa belle traduction de 
l'bistoire naturelle des animaux de Ciivier, publiée à 
Londres en 181 5. 11 est aussi l'aïUeur des savantes cor- 
rections ©t de toute la nomenclature du Thesouro de 
MeniJioSy publié à Lisbonne en 1817, en 4 vol. in-8°, 
* Go^'STA]\TlNO BoTHELHO DE Lacerd A LoBO , pro- 
fesseur de pbysique à l'université de Coimbra , élève et 
successeur de l'italien Dalabella, Il a composé plusieurs 
mémoires sur la science qu'il professait, et sur l'agri- 
culture et l'économie politique , qui se trouvent dans 
les Mémoires de l'Académie Royale de Lisbonne , dont 
il était membre, et dans plusieurs journaux portugais. 
José Ho:»ien de Figueiredo. Ce jeune pbysicien 
laisse bien en arrière , par l'étendue de ses connais- 
sances , le professeur Constantino Botelbo , auquel il a 
succédé dans l'université. # 

Gaétan o PvOiz ou Rodrigues de Macedo , de-^ 
monstrador de la cbaire de zoologie et minéralogie à 
Coimbra, et député aux Cortès. Il possède parfaite- 
ment ces deux sciences auxquelles il se livre avec pas- 
sion. C'est à lui qu'est dû en grande partie le bel ordre 
d'après lequel est disposé le cabinet dliistoire natu- 
relle qui appartient à ces deux chaires. 

Maisoel José Barjona, professeur de zoologie et 
de minéralogie à Coimbra , où auparavant il professait 
la pbysique et la cliimie. Il est auteur d'un abrégé latin 
de métallurgie , qui servait de texte pour l'élude de 
celte science, lorsqu'on se bornait à en faire un cours 



. (Hij) 

rapide à la fin <iu cours de chimie. Il a plusieurs bons 
manuscrits sur les sciences qu'il professe, et qui attes- 
tent son savoir d'une manière non équivoque. 

JoAO DA SiLVA Fejo , lieutènaut-colonel et pro- 
fesseur de minéralogie, et actuellement de zoologie 
et de botanique à l'académie militaire de Rio-Janciro. 
Ce naturaliste distingué a été envoyé par le roi d'abord 
aux îles du Cap-Vert, pour en examiner les produits 
minéralogiqiics et zoologiques , ensuite dans la capi- 
tainerie de Scarà. Il s'acquitta de ces deux commissions 
importantes avec honneur pour lui et profit pour la 
science , car il y recueillit et y analisa différens pro- 
duits, entre autres plusieurs mines de fer de Searà. 
M. Fejo a aussi entrepris d'autres longs et pénibles 
voyages dans 1 intérieur de plusieurs autres capitai- 
neries du Brésil, et en a publié quelques mémoires. 
Dans ses élémens de zoologie et de botanique , qu'il a 
composés pour ses élèves, mais qui ne sont pas encore 
imprimés, il^ suivi le système de Cuvier pour la zoo- 
logie et celui de Linnée pour la botanique. 

Le père Lea>'DRO, religieux carmélite et professeur 
de botanique au jardin public de Rio-Janeiro, élève 
de l'université de Coimbra. 11 est le premier botaniste 
du Brésil. Il a composé lui-même ses Elémens de bo- 
tanique, qui lui servent pour l'enseignement de cette 
science. Ses travaux furent connus et appréciés par 
M. de Saint-Hilaire , célèbre botaniste français , qui 
se lia de la plus étroite amitié avec le botaniste brési- 
lien lorsqu'il voyageait dans le Brésil. 

L'abbé José Correa da Serra. , ancien ministre 
plénip(j|tentiaire de Portugal aux Etats-Unis , actuel- 
lement conseilller de finances à Lisbonne. C'est un des 
botanistes les plus distingués de l'Europe , connu sur- 
tout par ses savans mémoires sur la botanique physio- 
logique qui sont insérés dans les Transactions philo- 
sophiques de la Société royale de Londres et dans les 
Annales du Muséum de Paris. C'est avec le secours de 



(liv) 

l'abbé Conea que le duc de Lafoes fonda l'Académie 
rioyale des Sciences de Lisbonne, dont il fut élu secré- 
l.iire perpétuel. C'est un des Portugais modernes qui 
ont le plus voyagé. Il a vécu long-temps à Londres, 
à Paris et aux Etats-Unis pour échapper aux pour- 
suites d'un parti puissant qui s'était déclaré contre lui 
en Portugal. M. Correa , qui est vm littérateur irès- 
tîlstingué, a publié aussi trois volumes in-folio, conte- 
nant une collection de livres médits sur Thistoire de 
ton pays , et a été un des collaborateurs de la biogra- 
phie universelle publiée par Miciiaud. 

Fra-în CISCO SoLANo CoxsTArscio. Il a publié plu- 
sieurs excellens articles sur toutes les sciences natu- 
relles dans les Annaes das sciencias e artes , dont il 
est le principal collaborateur. Voyez Médecifie. 

José Feliciano de Castilho, C'est un botaniste 
instruit. Voyez Médecine. 

Joao Anto.nio Monteiro, professeur de métal- 
lurgie à Coimbra , résidant depuis long-temps à Paris 
où il paraît vouloir se fixer. Ce savant médecin, qui 
est un des premiers naturalistes portugais , a visité les 
principaux établissemens minéralogiques de l'Allema- 
gne, et était très-estimé du célèbre Haiiy , dont il est 
un des meilleurs élèves. Il a publié plusieurs savans 
mémoires insérés dans les Actes de l'Académie de 
Munich, dont il est membre, et dans le Journal des 
Mines. Il excelle surtout dans la cristallographie. 

José Bomfacio D'A^^DRADE e Silva, ancien dezera- 
bargador de la Relaçào de Porto , professeur émérite 
(jubLlado)de l'université de Coimbra. C'est un des meil- 
leurs élèves de Werner, et un des naturalistes p(jrtugais 
les plus distingués^ surtout dans la minéralogie. Il cultive 
aussi avec succès les belles-lettres, et a de profondes 
connaissances dans l'agriculture. Il a publié plusieurs 
savantes dissertations sur différens sujets , parmi les- 
quelles se fait remarquer celle qu'il a publiée à Lisbonne 
sur la nécessité et rutilité de planter de nouvelles 



( Iv ), 

forêts en Poi'tugal , particulièrement de sapins, le 
lon^ des côtes sablonneuses de la mer. M. d'Andrade 
possède, ainsi que ses deux Irères Antonio Carlos Ri- 
beiro de Andrade et Martins Francisco Piibeiro d'An- 
drade, les principales langues de l'Europe. 

JoAO GoMLS , colonel de l'ctat-major , inspecteur 
de la iabrique de la poudre à canon , et directeur du 
jardin du Roi à Lagoa de Rodrigo de Freilas, près de 
Rio- Janeiro. C'est un naturaliste distingué (i). 

* MA^OEL DA Camaïlv Arruda , élève de l'école 
de médecine de Montpellier. Ce médecin et botaniste 
distingué a voyagé dans l'intérieur de la capitainerie 
de Pernambuco, où il a découvert au milieu des forêts 
une espèce de coton qui ne le cède en rien à celle avec 
laquelle les Chinois fabriquent leur nankin (2); ce qu'il 
a démontré dans un savant mémoire qu'il a envoyé à 
Rio-Janeiro. M. Arruda a beaucoup écrit sur la bo- 
tanique , et a composé un abrégé de logique et de 
métaphysique , que son frère Francisco da Camara 
Arruda garde précieusement. 

Le père José da Costa Azetedo, religieux fran- 
ciscain , professeur de minéralogie et directeur du 
cabinet minéralogique de l'académie militaire à Rio- 
Janeiro. On doit aux soins de cet illustre naturaliste 
les riches collections de coquillages qui embellissent le 



(1) Il est impossiblo de décrire l'activité de ce savant militaire et na- 
turaliste. C'est à ses soins qu'on doit la prodigieuse quantité d'arbres 
à thé plantés dans un si court espace de temps dans ce jardin , ou 
l'on cultive avec le plus grand succès presque toutes les plantes de 
l'Asie. On y trouve le girofle , la canelle , l'arbre à pain , l'arbre à 
cire , l'arbre à suif , le bambou le plus estimé , le teek qui est le 
meilleur bois de construction , les palmiers de diflerontes espèces , le 
noix muscade , le noyer de l'Asie , que le savant naturaliste français 
M. de Saint-Hilairc a eu occasion de voir. La récolte du thé monta 
en 1S20 à 3oooo livres pesant. M. Gomcs est aussi inventeur de quel- 
ques machines qu'il a fait coastruire pour la fabrication de la poudre 
et le ralliaage du nitre. 

(2) M. Arruda ea a fait fabriquer quelques pièces d'excellent nankin 
qu'il envoya au comte de Linhares , alors ministre d'état à Rio-Janeiro. 



VI 



muséum d'hisloiie naturelle de celte capitale. Le père 
Azevedo a composé les élémens ([ui, depuis 1816, sci*- 
vent de texte à ses élèves, d'après la méthode de Werner 
et sur les élémens du clievalier Napion. 11 est fâcheux 
qu'ils ne soient pas encore imprimés. 

Fraivcisco de Almlida Pessanha, députe aux 
Cortès. Voyez Economie politique. 

Francisco Vanzeller, député aux Cortès. Voyez 
Economie politique. 

DoM Pedro José Joaquim Vito de Menezes , 
marquis de Marialva. Voyez Diplomatie. 

Prancisco DR Paula Pires. Voyez Pharmacie. 

José Caeta^o. Voyez Pharmacie. 

* Le père Titeodoro d'Almeida, très-bon phy- 
sicien et littérateur distingué. 11 est auteur des Re- 
creaçoes philosophicas , publiées à Lisbonne en dix 
volumes in-8°, d'après Noîîet et Pluche, et des Cajolas 
physico-mathematicas , ouvrage dans lequel il ap- 
plique les principes mathématiques à la physique. O 
Feliz independente do mundo e da fortuna est un 
roman moral qui lui fait beaucoup d'honneur, surtout 
sous le rapport du style et de la pureté de langage. 

^ Alexandre Piodrigues Ferreira, un des plus 
savansbotanistes portugais, qui possédait aussi des con- 
naissances assez étendues dans l'économie politique. Ce 
naturaliste fut chargé d'un voyage philosophique dans 
les capitaineries du Para et Matto-Grosso, écrivit plu- 
sieurs mémoires sur la botanique, et laissa en manuscrit 
unvoyage qu'il fitle longdel'AmazonejduGuapore, du 
Marmore et d'autres fleuves de l'Amérique portugaise. 

DoM Joaquim Lobo , comte de Oriola. il a fait 
ses études à l'université de Gôltingen. C'est un des 
:|Tieilleurs minérologues portugais, connu comme tel 
en Allemagne et en Suède , à cause de ses savans 
mémoires sur diflërens sujets de minéralogie.. M. Lobo 
est un diplomate très-distingué; il a été au Congrès de 
^^ienne et était dernièrement ambassadeur à Berlin. 



?*" Le f)èie José Maria-xo d^ Conceiçao Velloso, 
religieux franciscain. C'est un des plus ^n-ands botanistes 
du dix-neuvième siècle. Trenie ans de voyages et de 
travaux lui ont donné le moyen de composer la Flore 
de la capitainerie de Rio-Janeiro , où, dans 1 1 volumes 
in-folio , il a classilié plus de 3ooo plantes d a|:>rès le 
syslème de Linnée. 11 est connu et cité par Wilde- 
now. On a déjà publié une partie de ses travaux; le 
reste se trouve entre les mains de ses amis, surtout du 
njarquis de Castello-Milhor , des héritiers du comte 
de Linbares et de son élève M. Manoel Joaquim. 

BernardI-\o Antonio Gomes. Ce grand médecin, 
qui est aussi chimiste et botaniste très-distingué , a 
composé plusieurs savans mémoires sur la botanique. 
On lui doit la découverte du chinconin, la première 
description exacte de l'hipécacuanha du Brésil , et un 
mémoire contenant la description de beaucoup d'autres 
plantes de cette région, publié en iSoS. Y oj. Médecine. 

* José Aivto.mo de Sa, professeur à Coinibra. Ce 
savant naturaliste brillait autant par son profond savoir 
dans la zoologie que par la grande éloquence avec la- 
quelle il expliquait à ses élèves les beautés et les ri- 
chesses de la nature. 

AjNTO^iio d'Almeïda. Il est le traducteur de l'ex- 
cellente Histoire naturelle des animaux de Cupier. 
On peut le considérer comme un bon zoologue, très- 
versé surtout dans l'anatomie comparée. Voyez Chi- 
rurgie. 

^ Jeronimo José Rodrigues, archidiacre deBar- 
roso, grand amateur d'histoire naturelle, surtout de 
rentoniologie.il était connu personnellement du savant 
comte de HofTmannsegg , qu'il accompagna dans plu- 
sieurs de ses herborisations en Portugal. 

Luiz Anto.mo Furtado de Castro do Rio e 
Mendoça, comte de Barbacena, ancien gouverneur 
d'une capitainerie du Brésil, et un des Portugais qui, 
après l'abbé Correa , ont le plus contribué à la foii- 



(!viij) 

dation de l'Académie Royale des Sciences de Lis- 
bonne, dont il est membre. Très-versé dans toutes les 
parties de l'histoire naturelle , il fut le premier Portu- 
gais qui reçut le degré de docteur dans les sciences na-r- 
turelies à l'université deCoirabra. 

Alexandre Antoisio das Neves , inspecteur 
des bibliotliéques de Sa Majesté Très-Fidèle. C'est un 
littérateur îrcsdistingué qui possède de vastes connais- 
sances dans la physique et dans toutes les parties do 
l'histoire naturelle. 

**■ Luiz PiNTO DE SouzA CouTlNHO, premier vi- 
comte de Balsamào, membre de la Société royale de 
Londres et d'autres académies, et ministre d'Etat, Il a 
composé plusieurs savans mémoires sur Tliistoire na- 
turelle des capitaineries du Para et Matto-Grosso 
lorsqu'il en était gouverneur. Cet amateur distingué 
était en correspondance avec plusieurs savans étran- 
gers du premier ordre , entre autres avec Linnée ; il 
est cité dans les ouvrages de Roberlson et de l'abbé 
Raynal , pour avoir fourni d'importans renseignemens 
à ces deux grands historiens. 11 a aussi laissé quelques 
écrits importans sur l'économie politique, qui se trou- 
vent avec les mémoires sus- mentionnés entre les mains 
du vicomte son fils. 

Luiz Maximo PiNTO DE SouzA, vicomtc de Balsa- 
mào, fils du précédent. 11 est très-versé dans les sciences 
naturelles, et surtout dans la chimie , dont il a composé 
un excellent traité élémentaire qu'il conserve manu- 
scrit, et qu'il a eu la bonté de nous communiquer. 

^ DoM Rodrigo de Souza Coutiniio, comte de 
Linhares, mort ministre d'état à Rio-Janeiro. C'était 
un amateur très-éclairé des sciences physiques et ma- 
thématiques qu'il cultivait lui-même avec ardeur, aussi 
bien que de la statistique, pour laquelle il a fait faire 
plusieurs importans travaux pendant son ministère. 
C'est aussi lui qui lit créer et traça le plan de l'acadé- 



' ( ]ix ) ■ 

mie mililaire de Rio-Janeiro. Voyez Politiqup et à la 
page 60 de ce volume. 

Agostimîo José Pinto de Almeida, oppositor de 
runiversité de Coimbra ,'bon malbéniallcien et natura- 
liste distingué , surtout dans la minéralogie. 

JoAQuni FiiANCO DA SiLTA, oppositof de l' univer- 
sité de Coimbra, naturaliste distingué, surtout dans la 
minéralogie. 

AGosTixno ALBA^'o Pinto da Silveira, profes- 
seur d'agriculture à l'académie de Porto, et un des 
médecins les plus distingués de cette ville. 11 nous a 
fait voir une savante dissertation sur le quinquina de 
Piio- Janeiro, et une pbarmacopée précédée d'un ex- 
cellent précis de cbimie et de botanique qu'il se pro- 
pose de publier. 

Alexandre VA^•DELL^, tils de l'italien Domenico 
Vandelli ( voyez page xlviij ) , inspecteur général des 
mines du royaume. C'est un des meilleurs cbimistes 
portugais; il est auteur d'une analyse du quinquina du 
Para, et d'autres savans mémoires. 11 a fait plusieurs 
analyses tant dans son laboratoire particulier que dans 
celui de l'bôtel desmonnaies,où il a travaillé avec autant 
de savoir que de zèle pendant l'espace de trois années. 

Theotonio Joi^É DE Oliveira Velho, amateur 
de cbimie autant que de littérature. C'est à lui que le 
Portugal doit le perfectionnement des savons fins qui 
s'v fabriquent, et qui surtout dans les qualités transpa- 
rentes, blanches et colorées, liquides et solides, peu- 
vent soutenir la comparaison avec les savons des meil- 
leures fabriques anglaises et françaises. 

Anto.mo José bas Pvevese Mello, professeur de 
botanique et d'agriculture à Coimbra. Ses profondes 
connaissances dans ces deux branches des sciences le 
rendent digne de remplacer Brotero. 

VlCEiNTE COELHO DA SiLVA SeABRA E TeLLES , 

auteur d'un abrégé de chimie dans lequel les principes 
de la chimie pneumatique de Lavoisier lurent adopté,^ 



(1») 

pour la première fois en Portugal. La moit a enlevé 
irop lot à la science un homme qui promenait d'en 
i'aire reculer les bornes. 

Thomé Rodrigues SoBiiAL, professeur de chimie 
dans l'université, et actuellement député auxCoriès (i). 
Ses profondes connaissances et l'ardeur avec laquelle 
il cultive la chimie peuvent bien le faire nommer le La- 
voisier et le Chaptal des Portugais ; il se voue entière- 
ment à l'examen des expériences qui ont fait le plus 
d'honneur aux chimistes étrangers. M. Sobral est le chi- 
miste portugais que tous les artistes et les savans 
nationaux consultent pour les objets relatifs à la science 
qu'il professe. 

JoAQuiM Pedro FragOvSo de Sequeira. Il est un 
des naturalistes portugais qui furent envoyés par le roi 
en France et en Allemagne , pour y observer les tra- 
vaux des mines. 11 a publié différens écrits estimés sur 
la minéralogie et l'agriculture. 11 conserve encore 
manuscrits des mémoires intéressans sur ce sujet , et 
sur l'agriculture et l'économie politique. 

Manoel Ferreira da Camara Betatncourt , 
membre de l'académie d'histoire naturelle d'Edim- 
bourg, et un des pensionnaires du gouvernement. 
Après avoir étudié la chimie sous Fourcroy à Paris , 
et la minéralogie sous YV^erner à Freyberg , il par- 
courut l'Allemagne, la Suède, la Norwége, l'Ecosse, 
l'Irlande et l'Anglelerre. De retour dans sa patrie, iî 
fut nommé intendant des mines d'or au Brésil, emploi 
qu'il exerce encore. 11 établit des fonderies de fer dans 
cette contrée. M. Camara a publié en Allemagne un 
écrit estimé sur les mines de plomb et d'argent. C'est 

(i)Dcs l'aniiL'e 1792 , où il acte nojumé professeur , il s'est appliqué a 
la composition d'un ouvrage sur cette science , qui offrit les résultats 
des travaux des plus grands chimistes étrangers et ceux de ses nom~ 
Lreuscs expériences. Cet ouvrage, qui avait coûté tant d'années de tra- 
vail , qui promettait tant d'honneur à son auteur, et qui (;tait sur lo 
point d'être livré à l'impression, a été la proie des flammes qui ont dé- 
voré sa maison en iSio, lors de l'invasion des Français. 



le minéralogiste portugais le plus versé dans les tra- 
vaux d'exploitation et de métallurgie. 

PaulI-VO de Nola, pensionnaire de l'université et 
démonstrateur de chimie à Coimbra. Il a accompagné 
le docteur Monteiro dans ses voyages en France et en 
Allemagne , pour se perfectionner dans la chimie et 
les sciences qui y ont rapport , et qu'il cultive avec 
succès. 

* JoAo Pereira da Silva Solza. e Menezes, 
députés aux Cortès. Il possédait de vastes connais- 
sances dans les sciences naturelles , quoiqu'il n'eût que 
27 ans lorsque la mort vint l'enlever à ses amis et aux 
travaux scientifiques dont il s'occupait. 

Antonio José de Sousa Pinto. C'est un des meil- 
leurs apothicaires de Lisbonne et un bon chimiste , 
auteur et traducteur de plusieurs ouvrages relatifs à sa 
profession et à la chimie. Voyez Pharmacie. 

Clamopin Durais d. Voyez Phai^macie. 
' Ambrosio Faustiino d'Aïs DR ade. Voyez Phar- 
macie. 

Francisco André Goulart, directeur du labo- 
ratoire chimique attaché à l'école de médecine à Rio- 
Janeiro ; c'est un homme très-versé dans l'histoire na- 
turelle, et un savant chimiste, surtout dans la partie 
appliquée aux arts. 

'^ Anastasio Joaquim Rodrïgues, savant bota- 
niste. Voyez Architecture hydraulique. 

*' DiOGO de GarvAlho de Sampaio. Voyez Agri- 
culture. 

JoAO DA SiLVEiRA Caldeira , jeune médecin et 
chimiste distingué , pensionnaire du gouvernement , 
d'abord en Angleterre et maintenant à Paris , déjà 
connu par son mémoire sur l'ondoyé métallique inséré 
dans les Annaes das sciencias et artes , par les travaux 
auxquels il s'est livré avec le docteur Dubois pour ob- 
tenir d après un nouveau procédé la zircone pure, et par 
d'autres qu'il a eu occasion de faire dans le laboratoire 



k 



( Hij ) 

du jardin des plantes, grâce à l'amilié dont riionorent 
les deux célèbres cbimisies MM. Vauquelin et Laugier, 
professeurs dans ce superbe élablisseraent. C'est aussi 
M. Sllveira qui , avec le médecin Conslancio (voyez 
Médecine) , fit le premier à Paris les expériences sur 
plusieurs animaux pour constater les eflets prodigieux 
produits sur les blessures du cerveau, des poumons, 
des artères , etc., par î'buile préparée par le docteur 
espagnol Sigismond Malaiz. Il est à la veille de publier 
un traité sur la nomenclature cliimique. 

Luiz DA SiLVA MoziNHO DE Ajlbuquerque , ha- 
bile cbimisle, élève de l'école de Paris où il se trouve 
actuellement. M. Mozinho est depuis 1821 un des 
collaborateurs des Annaes das sciencias e artes. Il 
travaille actuellement à un ouvrage élémentaire sur la 
chimie, qui est très-avancé. Il connaît les mathémati- 
ques, et cultive la poésie avec succès. Y oyez Journaux y 
Poésie et Lithographie. 

DOi^ Bernardo dô Rosario, chanoine régulier dans 
le couvent de San-Vicenle de Fora a Lisbonne, où 
il est professeur de physique et de mathématiques. Ce 
religieux réunit à des connaissances profondes dans ces 
deux sciences une grande habileté dans le maniement 
des instrumens de physique et d'astronomie. 

Antonio de Araujo Travassos, frère du député 
aux Cor lès de ce nom, et employé à la secrélairerie 
d'Etat. Ce mathématicien distingué possède de pro- 
fondes connaissances en ph^^sique et en chimie , surtout 
dans leur application aux usages utiles. Il a publié un 
excellent mémoire sur la distillation et plusieurs sur 
l'économie politique. Il a entrepris aussi de grands 
travaux pour le perfectionnement de l'éducation dans 
la partie élémentaire. 11 est actuellement à Paris. 

MÉDECINE, CHIRURGIE ET PHARMAGIE. 

Quoique le Portugal ait produit plusieurs médecins 
qui ont acquis une réputation distinguée, tels que 



Amcitus Lusitanus, Zacutus , Rodericus a Castro , 
Ribeiro Sanches et plusieurs autres, il faut cependant 
avouer qu'avant la grande réforme de l'université de 
Coimbra, le plan d'études en médecine était trop irré- 
gulier et trop défectueux pour former de bons méde- 
cins. Depuis cette époque célèbre dans la littérature 
de ce pays, l'art de guérir, grdce au plan des cours 
d'études que doivent suivre tous ceux qui s'y destinent, 
a été exercé et l'est encore par plusieurs sujets qui 
peuvent figurer à côté des plus grands médecins de 
l'Europe , quoique, par les raisons indiquées ailleurs, et 
à cause du petit nombre d'ouvrages publiés par eux, 
il s'en faut de beaucoup que ces savans Portugais jouis- 
sent d'une célébrité aussi étendue. Ceux dontles noms 
suivent passent pour être les plus babiles et les plus 
instruits, et jouissent d'une réputation plus répandue. 

Nous trouvons à Coimbra les suivans : 

JoAo DE Campos Navarro, professeur à l'uni- 
versité, et l'un des premiers médecins du roi. Il jouit 
d'une grande réputation, surtout par ses connaissances 
en analomie , qu'il a enseignée pendant plusieurs années 
dans l'université avec la clinique. 

JoAQuiM Navarro D'A^'DRADE , professeur à l'uni- 
versité, frère du précédent et aussi bon médecin que 
lui. Il est très-bon théoricien, et il joint à de vastes 
connaissances dans toutes les sciences exactes une élo- 
quence vraiment étonnante. 

Francisco de Souza Loureiro, professeur très- 
distingué de l'miiversité, où il enseigne la physiologie. 

José Feliciano de Castii.ho, professeur de mé- 
decine pratique à l'université. C'est un des meilleurs mé- 
decins portugais et un littérateur très -distingué. Voyez 
Journaux, 

Pedro Joaquim da Costa Franco, professeur de 
matière médicale à l'université. 

Francisco Soares Franco, professeur d'anatomie, 
d accQuchemens et d'opérations chirurgicales à Coim- 



( lx:v ) 

bra, et dëpulé aux Corîès. Ce savant distingué, qui 
est un des premiers anatomistes du Portugal, a publié 
des élémens d'anatomie très-bien conçus , et qui ser- 
vent de texte pour les cours de l'université. Voyez 
Agriculture , Eloquence. 

Nous trouvons à Lisbonne les médecins dont les 
noms suivent : 

Bernardino Antonio Gomes. Ce grand médecin, 
qui est en même temps cliimiste distingué et bon na- 
turaliste , est connu et estimé de ses compatriotes et 
même des étrangers par ses excellens travaux sur le 
quinquina, parla découverte qu'il a faite du cliinconiuj 
par sa savante description de l'ipécacuanlia, par son 
traité sur les fièvres , par ses observations sur les avan- 
tages de l'eau froide employée d'après la méthode de 
Currie, par le savant ouvrage systématique qu'il a 
publié dernièrement sur les maladies de la peau, sur 
î'élépliantiasis et sur d'autres sujets. 

Fraîvcisoo Mello Franco, médecin distingué , 
auteur d'un bon traité d'hygiène. 

José Pinheiro de Freitas Soares, auteur d'un 
très-bon ouvrage sur la police médicale, et d'un mé- 
moire sur la vaccine. 

JoAQLiM Xavier da Silva , excellent médecin , 
connu sur tout par son beau traité d'hygiène militaire 
et navale. Il a écrit aussi sur la vaccine. 

José Maria Soares, auteur de la savante histoire 
de la médecine en Portugal , de plusieurs mémoires 
sur la vaccine. C'est un des médecins les plus instruits 
du Portugal , distingué surtout par ses connaissances 
dans la médecine militaire. 

Bernardo José Aérantes Castro, médecin de 
la chambre du roi , et praticien très-esiimé. 11 a été 
un des rédacteurs de Xirwestigador portuguez* Voyez 
Journaux. 

Igxacio Antonio da Fonseca Benevides, prati- 
cien instruit, et auteur de plusieurs savans ménioirefr 



( Ixv ) 

publiés dans ceux de F Académie sur les dyssenteries 
chroniques et sur la vaccine. Il vient de publier une 
collection de toutes les constitutions données à difl'é- 
rens Etats dans les derniers temps. 

Venceslao Anseltvio Soares , médecin habile , 
auteur de plusieurs mémoires sur la vaccine. 

Fk AÏS CISCO JobÉ d'Almeida , élève de l'école de 
Montpellier , aussi bon praticien que profond théori- 
cien. 11 a écrit de très-bons mémoires sur l'éducation 
physique des enfans , sur l'inoculation de la petite- 
vérole, et sur la politique. 

Henriqle Xavier Baeta, élève de l'université 
d'Edimbourg , très-bon médecin , auteur d'une tra- 
duction de la Matière médicale de Darwin, enrichie 
de beaucoup de notes savantes; il a écrit aussi sur les 
fièvres. 11 est actuellement député aux Cor tes. Voyez 
• Eloquence. 

Le docteur Leal de Gusmao, né à Rio-Janeiro, 
et élève de l'école de Montpellier, praticien aussi ha- 
bile que profond théoricien. 

Le docteur Domingos Félix dos Santos, né à Rro- 
Janeiro , et élève de l'école d'Edimbourg , excellent 
médecin. 

Francisco Elias Rodrigues da Silveira, médecin 
très-distingué. Il a écrit sur l'histoire de la médecine, 
et est auteur d'un excellent mémoire sur la digitalis 
purpurea. 

José Maria Bomtempo, bon praticien, qui a écrit 
sur la matière médicale. 

Manoel Lliz Alvares de CAR.VALno, médecin et 
littérateur très-distingué, savant naturaliste, et écono- 
miste très instruit. Il a accompagné le roi à Rio-Janeiro 
où il a été directeur de l'Académie médico-chirur- 
gicale , qu'il n'a pu élever à la perfoclion qu'il aurait 
voulu lui faire atteindre , parce qu'il a été forcé de 
suivre des plans opposés à sa manière de voir. Parvenu 
a un âge très-avancé . et devenu valétudinaire, il revint 
II. e 



( 1^'^^j ) 

fn Portugal arec le roi. 11 faut espérer qu'il se déter 
minera à publier ses précieux manuscrits sur l'art de 
guérir et sur divers sujets importans. Voyez Économie 
politique. 

Parmi les médecins les plus estimés de Porto, nous 
citerons les suivans : 

AcosTiNHO Albano da Silveira Pinto. Ses pro- 
fondes connaissances théoriques et j)ratiques dans l'art 
de guérir le font passer généralement pour le premier 
médecin de cette ville. 11 a com}X)sé plusieurs savans 
mémoires sur diflérens sujets relatifs à la médecine, 
qui, au grand regret des gens de l'art, sont encore ma- 
nuscrits ; nous citerons entre autres son mémoire sur 
la nature des fièvres et la manière de les traiter. Voyez 
Agriculture , Géographie et Grammaire. 

CusTODio GoiNÇALVES Ledo, natif du Brésil et àé- 
puté aux Cortès. C'est un médecin très-habile, et un 
littérateur distingué. 

CuSTODIO LuiZ DE MlRA>'DA , FRANCISCO GoMES 

DA SiLVA, et Carlos Vieira de Figueiredo, sont 
aussi de très -bons médecins possédant de grandes 
connaissances. 

Le docteur Anto.mo d'Almeida exerce la méde- 
cine à Penafiel depuis plusieurs années avec le plus 
grand succès. C'est un des médecins qui ont le plus 
contribué à la propagation de la vaccine en Portugal ; 
on peut le mettre au nombre des littérateurs les plus 
distingués de ce royaume. 11 est le premier qui ait 
fait des observations météorologiques à Penafiel. Nous 
lui devons les tableaux bibliographiques qui forment 
une des parties les plus intéressantes de cet Appendix. 

A Chaves, le docteur Paulo de Moraes, médecin 
aussi habile dans la pratique que dans la théorie. 

A Montalegre, le docteur José dos Sa.ntos Dias, 
médecin distingué, auquel nous devons les seules ob- 
servations météorologiques faites à Montalegre, et qui 



( I^vij ) 

nous ont mis en dlat de connaîire la température du 
plaleau septentrional du Porlu^^al. 

A Braga , JoAO Jo-^É DA Costa et Manoel José da 
MoTA passent pour être les médecins les plus instruits. 

A Viseu, Antonio Cardozo de Mesqlita et Joao 
ViCTORiNO DA Sii.TA tiennent la première place. 

Sanlarcm possède dans la personne de Joao 
Alexandri.no de Sol'sa Ql'eiroga, députe aux Cor- 
tès, un médecin distingué et un bon poète. Voyez 
Poésie lyrique. 

A Elvas, José Antonio Banazol et Francfsco 
EvORA Fr-EIRE de Lima jouissent de la plus grande 
réputation. 

A Evora , JoAQuiM Aleixô Paes et Joaquim José 
Galvao sont réputés les médecins les plus habiles. 

A Setubal, DoMiNGOs Antonio Cabaços et Can- 
DiDO DA Costa Freitas exercent la médecine avec le 
plus grand succès. 

AVillanova de Portimào, nous connaissons NuNES 
Chaves, médecin très-instruit, auquel nous devons 
les intéressantes observations et les détails non moins 
curieux qu'il nous a mis à même de publier sur cette 
partie du Portugal si peu visitée et encore si imparfai- 
tement connue. 

Parmi les médecins morts depuis 1800, nous ne 
pouvons nous dispenser de nommer les suivans : 

* Francisco Tavares, auteur de plusieurs savans 
mémoires , entre autres cVun sur les eaux minérales 
de Caldas daPiainha, d'un antre sur la goutte, et d'un 
traité des eaux minérales du Portugal, qui nous a servi 
pour rédiger notre article sur ce sujet dans cet Essai 
statistique. 

* Ignacio Tamagnini, élève de l'école de Leyden, 
un des premières praticiens portugais, était profondé- 
ment instruit dans son état , et possédait en outre de 
vastes connaissances dans toutes les branches du savoir. 



( Ixvj'i; ) 

îl a long-lenips tenu le premier rang parmi les me- 
tlecins de Lisbonne _, et est mort dans un uge très- 
avancé. Il n'a rien puLlié. 

Manoel JoAQUiM Henriques DE Paiva. Ce mé- 
decin , qui excelle dans son art , a publié un grand 
nombre de mémoires et de traductions d'ouvrages de 
médecine , et a été le rédacteur du Journal Encyclo- 
pédique, premier ouvrage de ce genre qui ait paru 
en Portugal (Voj. Journaux), Persécuté pour opi- 
nions politiques, condamné à la déportation, gracié 
ensuite par le roi, et réintégré dans tous ses honneurs, 
il exerce actuellement la médecine à Baliia , où il jouit 
de la réputation la plus méritée. 11 est en outre auteur 
d'un Dictionnaire de botanique rédigé d'après le sys- 
tème de Linnée et publié à Rio-Janeiro , et d'une 
bonne traduction de la Philosophie chimique de 
f ourcroi ^ avec des notes également publiées dans 
cette ville. M. de Paiva a été un des membres les plus 
distingués de deux sociétés savantes qui n'existent 
plus , celle de Coimbra et celle de Rio-Janeiro (i). 



(i) Ces deux sociétés, qui ont cessé depuis long-temps et qui sont 
presque entièrement oubliées , quoiqu'elles aient rendu d'importans 
services à la littérature portugaise et à la culture du Brésil , méritent 
Lien qu'on en dise un mot , d'autant plus que plusieurs de leurs 
membres vivent encore. 

La Société de Cellas , près de Coimbra , était formée de plusieurs 
étudians de l'université de Coimbra qui se rassemblaient chez leur ami 
Manocl Joaquim Henriques de Paiva. Elle a dii nécessairement se 
dissoudre par la séparation des associés à mesure qu'ils finissaient leur» 
cours académiques. Ce fut pour cette société que Mano.el Joaquim de 
Paiva publia ses Élémens de chimie , qu'un autre membre traduisit en 
portugais; les Éléraens d'agriculture de Valerius et de Bertrand, et que 
Manocl Luiz Alvares de Carvaiho composa des Elémcns d'économie 
politique. 

La Société d'histoire naturelle de Rio-Janeiro , dont il est fait men- 
iion dans les Mcmovias economicas de l'académie royale de Lisbonne 
<t dans la savante Histoire du Brésil par Southey , publiée en 1819 à 
Londres , a été instituée pendant le règne de Joseph I"-"- , sous les aus- 
pices du marquis de Lavradio , alors vice-roi du Brésil. Ses travaux 
eurent pour résultat de faire prospérer la culture de la cochenille et 
de l'indigo } de livrer à l'exploita tioa d'autres productions inconnues 



( Ixix ) 

Leal, médecin distingué de Rio-Janeiro sa pairie. 
Voyez Musique. 

Jaci-XTO José Quintao, né à Rio-Janeiro et élève 
de l'école de Montpellier, 11 est un des premiers na- 
turalistes qui aient classifié les plantes du Brésil. 
M. Quinlào est un habile chimiste connu par quelques 
opuscules qui sont consignés dans lo Patriota, journal 
publié à Rio-Janeiro , et par un mémoire sur l'eau 
d'Angleterre d'André Lopez de Castro, publié aussi 
à Rio-Janeiro. 

VICE^"TE GoMES, élève de l'école de Montpellier. 
Il passe pour être le premier clinique de Rio-Janeiro, 
où il est né. 

ManoelBernaRDO, autre médecin très-distingué 
de Rio-Janeiro. 

N. N., professeur à l'Académie médico-chirurgicale 
de Rio-Janeiro. Il s'est beaucoup distingué à Angola 
dans le traitement de la fièvre maligne qu'on appelle 
carneada y et sur laquelle il a publié quelques mé- 
moires intéressans. 

Barbosa Avelino. Après avoir étudié la médecine 
à Edimbourg , à Paris et dans les principales universi- 
tés de l'Allemagne, il s'est fixé à Bahia sa patrie , où il 
exerce l'art de guérir avec le plus grand succès. 

Lima Leitao, aussi bon médecin que chirurgien 
habile, élève de l'école de Paris où il a été promu au 
doctorat. Après avoir exercé son art pendant quelque 
temps à Rio-Janeiro, il passa à Angola, où il est mé- 
decin en chef. Voyez Poésie épique. 



jusqu'alors à l'agricultiue et au commerce ; d'établir uu jardin bota- 
nique et lepremier laboratoire chimique. Cette institution, dont Linnéc 
apprit la fondation par son correspondant le docteur Sanclics , oncle 
de Manocl Joaquim Henriques de Paiva , lui jfrocura de la part de ce 
grand homme le diplôme de fraternité avecla société d'UpsalenSuùdc. 
La dispersion de ses membres , qui retournèrent en Europe avec le 
vice-roi Lavradio , ralentit la suite des travaux commencés avec tant 
d'ardeur, et peu de temps après la société cessa d'exister. 



( !xx ) 

Maisoel da Gamara Arruda. Voyez Sciences 
naturelles. 

Francisco DA Camara Arruda , médecin à Per- 
nambuco, élève de l'école de Montpellier, et frère du 
précédent. 

11 est de toute Justice d'accorder ici une place à 
plusieurs autres Portugais qui ont exercé ou exercent 
encore la médecine hors du Royaume-Uni , et à 
qui leur mérite donne droit à une mention particu- 
lière ; voici leurs noms : 

JoAO Fraincisco de Oliveira , médecin du roi , 
médecin en chef des armées, ci-devant chargé d'af- 
faires à Londres, et actuellement à Paris. Ce savant 
distingué, aussi habile dans la médecine que dans la 
chirurgie , a exercé lu première aux Etats-Unis d'Amé- 
érique pendant i6 ans avec le plus grand succès. C'est 
à lui que le Portugal doit le règlement de ses hôpi- 
taux Diilitaires , que les Cortès viennent d'abolir à 
cause de la pénurie des finances. 

Francisco Solang CorxSTAACio , fils du célèbre 
Manoel Consîancio , élève des écoles de Londres , 
d'Edimbourg et de Paris. Ajuès avoir exercé la méde- 
cine à Lisbonne pendant neuf ans avec le plus grand 
succès , il quitta cette ville en 1807, visita une grande 
partie de l'Europe, et vint s'établir à Paris, où il s'est 
entièrement occupé de travaux littéraires et scientifi- 
ques. Il vient d'élre nommé chargé d'affaires aux 
ÎLtals-Unis d'Amérique. Ce médecin distingué, qui, 
aux connaissances théoriques et pratiques les plus pro- 
fondes dans son art , joint une vaste érudition dans 
presque toutes les branches du savoir, dans plusieurs 
desquelles on peut lui assigner le premier rang; doue 
d'une facilité extraordinaire pour la composition; par- 
lant et écrivant plusieurs langues avec pureté, a publié 
un grand nombre d'ouvruges et de traductions en por- 
tugais, en anglais et en français , sur la médecine , la 
chirurgie, la pharmacie, la matière médicale; sur la 



( hx\ ) 

politique, la liueralure, le commerce et rëconomie 
politique. Ses principaux ouvrages sur la médecine et 
les sciences accessoires sont : la traduction en portugais 
de deux volumes de la chirurgie de Bell; le Conspactus 
des pharmacopées anglaises , et du Codex de Paris , 
conjointement avec le docteur Despories, et plusieurs 
savans mémoires insérés dans les journaux de médecine 
de Paris , et dans les Annaes clas sciencias e artes (i). 
Il est encore auteur de plusieurs ouvrages inédits , 
entre autres d'un très - volumineux sous le titre de 
Recherches philosophiques et critiques sur les dif- 
férentes parties de la médecine ^ et sur l'état actuel 
de cette science. Voyez Littérature , Géographie , 
Journaux et Dictionnaires. 

Nous croyons indispensable de dire quelques mots 
sur l'introduclion et la propagation de la vaccine en 
Portugal. Ce royaume doit ce bienfait au docteur 
Langsdorff, qui l'introduisit à Lisbonne, et après lui à 
M. Goux, au docteur Tamagnini, et à quelques mé- 
decins anglais. Le docteur portugais Monteiro y pu- 
blia le premier un Essai sur cette découverte impor- 
tante, traduit de l'anglais avec des gravures. Le 
docteur Solano Constancio contribua aussi beaucoup 
à sa propagation. Son exemple fut suivi par la plupart 
des médecins. 

L'Académie Royale des Sciences de Lisbonne , quia 
rendu de si grands services au royaume en y répan?- 
dant les lumières , fit aussi de grands eflbrts pour pro- 
pager la vaccine; pour atteindre ce but elle créa 
Xinstitucion ^vaccinica en 1812. Grâce à ctt établis- 
sement, 5523 individus furent vaccinés en 1812 ; 
8525 en i8i3; i25o5 en i8l4; l8ni en 1816; 
^999^ en 1817; io54i en 1818; goioen 181g et 565o 



(i) C'est à torique le professeur Link , dans son voyage en Portugal, 
lui a attribué uu travail très-médiocre sur la soude, <jui est dû à un 
Italien nommé Gostanzo. 



( Ixxij ) 

en 1820. La diminution progressive dans le nombre 
des vaccinés, observée depuis 1817, a pour cause le 
manque de secours pécuniaires. Nous nous ferions un 
reproche de ne pas consigner ici les noms de deux 
dames respectables qui ont déployé le plus grand zèle 
pour la propagation d'une découverte aussi utile à l'hu- 
manité, les voici : Dona Angela Tamagnini et Dojia 
Maria Tscibel Tfanzeller de Porto ; la première dans 
le midi du Portugal, la seconde dans le nord; cette 
dernière, depuisi 802 jusqu'en l8i5, a vacciné 7920 
individus de sa propre main. 

On peut dire que la Chirurgie, avant Manoel 
Constancio, n'était pas cultivée en Portugal, puisque les 
chirurgiens portugais élevés dans le pays ne méritaient 
guère pour !a plupart que le nom de barbiers ;, et qu'à 
l'exception des chirurgiens delà cour ils ne jouissaient 
d'aucune considération. Manoel Constancio , passionné 
pour la chirurgie, conçut et exécuta sans le secours de 
personne le projet difficile de tirer sonartde l'état abject 
cil il était tombé dans sa patrie. 11 eut la satisfaction de 
voir de son vivant ses vues en grande partie réalisées. 
C'est par ses leçons, par ses conseils et seuvent par sa 
libéralité, qu'un grand nombre de ses élèves se sont 
élevés au rang distingué qu'ils occupent aujourd'hui 
dans la chirurgie portugaise. Ces rapides progrès sont 
dus pour la plupart à la méthode d'enseignement mu- 
tuel et progressif qu'il employa pour l'instruction de 
ses nombreux élèves; méthode qui seule aurait suffi 
pour former la réputation de tout autre professeur. 
C'est à sa sollicitation que la reine Marie envoya en'iygi 
sept pensionnaires en Angleterre pour se perfection- 
ner dans la chirurgie ou pour étudier la médecine ; à 
leur retour à Lisbonne ils devaient être nommés pro- 
fesseurs d'une école de chirurgie et de médecine dont 
il avait proposé l'institution au gouvernement. La ma- 
ladie de la reine fit manquer le projet , et l'école resta 
telle ou'elle était auparavant. Bien que cet établisse- 



C Ixxilj 5 

ment soit le premier de ce genre dans le royaume , 
et qu'on y enseigne fort bien l'anatomie, la chirurgie 
et les opérations chirurgicales, elle ne laisse cependant 
pas d'être très-imparfaite. Ses dignes professeurs, qui 
tous sont élèves de Constancio , déploient à la vérité le 
plus grand zèle ; mais il leur est impossible de sup- 
pléer au manque presque absolu de secours de la part 
du gouvernement y sans lesquels ils ne peuvent ren- 
dre le cours de chirurgie aussi complet et aussi instruc- 
tif qu'il devrait l'tkre. Cette école n'a point de fonds 
affectés à la formation d'un musée d'anatomie générale 
et d'anatomie pathologique ', elle n'a pas de chaires de 
médecine, de botanique, de chimie et de clinique. 
Les écoles de Porto , de Chaves et d'Elvas sont encore 
plus imparfaites que celles de Lisbonne et de Coimbra. 
Depuis quinze ans l'étude de la chirurgie a été négligée, 
et il ne s'est presque pas formé de chirurgiens distin- 
gués. Cette branche de l'instruction publique a besoin 
d'une grande réforme. Voici les noms des chirurgiens 
qui honorent le plus cet art utile par leurs profondes 
connaissances et par leur adresse dans les opérations. 
Nous regrettons que notre éloignement du Portugal 
nous ôte entièrement les moyens de faire mention de 
plusieurs chirurgiens distingués qui étaient employés à 
l'armée et dans les différens hôpitaux militaires qui 
viennent d'être abolis , ainsi que de plusieurs méde- 
cins qui sont dans le même cas. Nous avons cependant 
de fortes raisons pour croire que les noms des méde- 
cins et des chirurgiens les plus dibtingués de ces diffé- 
rens établissemens sont portés sur les diverses listes 
qui nous ont été fournies. 

* ]>L\NOEL Constancio, professeur d'anatomie, et 
chirurgien du roi. C'est le restaurateur de l'anato- 
mie et de la chirurgie en Portugal, où il les enseigna 
pendant plus de 5o ans. Il laissa un traité d'anatomie, 
remarquable surtout par l'excellente méthode d'après 



( Ixxiv ) 

laquelle il est rédige; il est vraiment fâcheux que cet 
ouvrage n ait pas encore été imprimé. 

'^JosÉ Caetanoda Cuinha. C'était le meilleur opé- 
rateur portugais après Manoel Constancio. 11 a exercé 
son art pendant 5o ans. 11 a laissé quelques manuscrits 
intéressans sur la chirurgie, qui sont entre les mains de 
son fils, le meilleur opérateur de Porlo. 

Parmi les nomhreux élèves de Manoel Constancio 
les suivans méritent une place distinguée. 

Antonio iie Almeida, proiesseur d'opérations à 
l'hôpital de San-Joséà Lisbonne. C'est le premier opé- 
rateur du Portugal ; il est connu par plusieurs excel- 
lens ouvrages sur la chirurgie, les accouchemens, 
rinflammalion, etc. etc. Y oyez Physique. 

Manoel Alves da Costa Barreto, aussi instruit 
dans le théorie de son art qu'habile dans la pratique. 
Il était professeur de chirurgie à l'académie de mé- 
decine de Rio- Janeiro ; il est actuellement à Lisbonne. 

Manoel José Teixeira , professeur d'analomie à 
l'hôpital de San- José à Lisbonne. 

Antonio Joaquim Farto, professeur d'accoucho- 
mens à l'hôpital de San- José. 

Jacintho José Vieira , professeur de pathologie à 
l'hôpital de San- José. 

Jacintho da Costa. 11 a écrit sur les accouchemens 
et sur la chirurgie. 

Francisco Luiz de Assiz Leite, professeur d'hy- 
giène et de pathologie générale à l'hôpital de San- 
José. Il a écrit, sur dilTérens sujets relatifs à son art, 
des ouvrages qui ne sont pas encore publiés. 

Parmi les chirurgiens de Porto , les suivans mé- 
ritent une mention particulière. 

José Ernesto da Cunha , élève de l'école de 
Londres et d'Abéerden , et chirurgien aussi habile 
qu'heureux dans ses opérations , surtout dans celle de 
l'extraction de la pierre par le grand appareil, qu il a 
perfectionnée lui-mcme. 



Maivoel Direto de Lima, autre chirurgien in- 
struit et bon operateur. 

Parmi les chirurgiens les phis distingués des autres 
villes du Portugal nous trouvons dans nos listes les 
noms suivans ; 

A Elvas, Antonio He>jriques. 

A Evora , A.ato.mo Pereika da. Silva et Joao 
Jacinto da Silva. 

A Setubal , José de Olïveira Perdigao et Ma- 
rcel Maria da Silva. 

A Viseu, Igivacio José dos Saxtos et Joao Ro- 

DRIGUES. 

A Braga, Manoel José Pereira et F. Pinto. 
Parmi les chirurgiens qui se distinguent le plus 
hors du Portugal , nous trouvons les suivans : 

NiLO, ancien chirurgien dans l'armée portugaise, 
et actuellement à Paris , ou il est connu et estimé 
comme opérateur et accoucheur. Cet élève de l'école 
de Toulouse a déj;'i présenté plusieurs écrits à la société 
de médecine de Paris, qui les a très-Lien accueillis. 
11 est sur le point de publier un ouvrage du plus grand 
intérêt pour les personnes de l'art (i). 



(i) Nous saisissons avec plaisir Toccasion que nous prcscnto M. Kilo 
de signaler un trait de philanthropie digne de figurer dans l'histoire, 
et qui honore également la nation clicz laquelle il a eu lieu et son ver- 
tueux auteur. 

Le jour même que l'armée alliée lusitano -anglo -espagnole fit 
son entrée à Toulouse en i8i4, M. Kilo étant allé visiter l'Hotel- 
Dieu-Saint-Jacques , et y trouvant M. Vigueric, chirurgien en chef 
di: cet hôpital , lui fit part de l'intention qu'il avait de se perfec- 
tionner dans les écoles françaises avant de retourner dans sa patrie. 
Il avoua en même temps à M. Viguerie, que , s'il restait en France, 
il ne pouvait plus espérer de secours de ses parcns , parce qu'ils n'ap- 
prouveraient point sa résolution. M. Viguerie, dont le savoir et la 
réputation justement méritée le mettent au-dessus de tous éloges , 
s'aperçut bientôt que la nature n'avait point été avare envers le jeune 
Esculape , et que l'on rendrait un grand service à Thumanité , en en- 
courageant l'inclination toute particulière qu'il montrait pour l'art de 
t;iicrir. Dès lors il lui offrit sa protection. Aussitôt que la pai.^ fu t 
foile, et <jue l'armée alliée se fut retirée, M. Nilo revint auprès do 



( Ixxvj ) 

José Correa Picainço , né à Pernumbuco , élève 
de Manoel Constancio et de l'école de Paris, où il 
s'est perfectionné dans la cbirurgie. De retour en Por- 
tugal , il fut nommé professeur d'anatdmie et de chi- 
rurgie de l'université , où il remplaça Cicclii (voyez la 
note à la page xlix) , et où il professa long-temps avec 
succès. Il quitta ensuite l'université, fut nommé pre- 
mier chirurgien du roi, cirurgiào mbr (chirurgien en 
chef) du royaume, et membre du Proto medicato. Il a 
accompagné le roi au Brésil, et réside actuellement à 
Rio- Janeiro, où il exerce son art avec beaucoup de 
succès. 

SaNta-Anna , chirurgien très-distingué de Rio- 
Janeiro, auteur de plusieurs mémoires, parmi lesquels 
se fait remarquer par son mérite celui qu'il y a pu- 
blié en 1819 sur les cancers et les carboncles. 

JoAO Alves, élève de Fécole de Paris. Ce chirur- 
gien très-habile, surtout pour les accouchemens , est 
né à Rio- Janeiro, où il exerce son art. 

Quoique la Pharmacie n'ait pas d'autre école ré- 
gulière en Portugal que celle de Coimbra, on peut dire 
néanmoins que généralement parlant les pharmaciens 
des grandes villes sont assez instruits dans tout ce qu'il 
est nécessaire de savoir pour satisfaire aux demandes 
das médecins. Mais dans l'intérieur , et surtout dans 
les lieux qui n'ont qu'une faible population, celte 
branche des sciences médicales est entièrement négli- 
gée. Quelques apothicaires ont chez eux des élèves en 
qualité de p raticantes ; ces jeunes gens , après quel- 
ques années d'une pratique tout empirique et un 



son généreux protecteur , qui lui prodigua son instruction , son argent , 
sa bibliothèque , ses instrumens de chirurgie, en un mot , tout ce dont 
il put avoir besoin pour se perfectionner dans son art , et prendre ses 
grades dans la faculté de Paris. Que de médecins aussi riches que 
M. Viguerie , qui rencontrent souvent des Nilo , mais qui sont bicci 
loin d'imiter l'exemple de l'Hypocrate français! 



( Ixxvij ) 

examen peu sévère, entrent dans la carrière sans avoir 
reçu aucun des principes de chimie et de botanique, 
si nécessaires à l'exercice de cet art, et deviennent , si 
nous pouvons nous permettre ce mot, plutôt des cui- 
siniers de pharmacie que des pharmaciens. Néanmoins 
il faut avouer qu'il se trouve de très-bons apothicaires , 
qui, sans avoir fait leur cours à Coimbra, ont reçu de 
très-bons principes , parce que leur bonheur les a placés 
chez quelque apothicaire possédant les nombreuses 
connaissances qu'exii^e celte profession. En Portugal il 
est interdit aux apothicaires de se charger de la cure 
d'aucune maladie, quelque légère qu'elle soit. 

Les meilleurs apothicaires de Lisbonne sont : 

Anto.mo José de Souza Pinto. C'est un homme 
instruit dans toutes les branches des sciences qui ont 
rapport à la pharmacie. Il est auteur de plusieurs ou- 
vrages utiles, entre autres des Elementos de phar- 
macia, d'une pharmacopée sous le litre de Pharnia— 
copea de Pinto, et d'une Materia medica. Voyez 
Sciences naturelles. 

José da Silya Pinheiro , chimiste très-distingué, 
bien qu'il n^ait écrit que quelques petits mémoires sur 
chimie. 

Antonio de Carvalho, bon apothicaire, très- 
versé surtout dans la physique expérimentale. 

Les apothicaires de Porto qui se distinguent 
le plus par leurs connaissances pratiques et théoriques 
sont ceux dont les noms suivent : 

Clamopin Durand. 

Ambrosio Faustino d'Andrade. 

Januario Ribeiro Carneiro. 

La perte du papier sur lequel nous avions écrit les 
noms des plus habiles pharmaciens des autres villes du 
Portugal nous empêche d'en nommer aucun autre. 

Voici les noms des pharmaciens les plus connus 
du Brésil : 

Francisco de Paula Pires, le premier apothicaire 



( Ixxviij ) 

tîe Rio-Janeiro. Cet habile pLarnjacien possède de 
vastes connaissances en chimie et en médecine ; il passe 
même pour être très -habile dans le traitement des 
maladies de poitrine, dont il a fait les cures les plus 
extraordinaires, et dans le traitement des maladies 
vénériennes. Les plus savans médecms de cette ville 
l'honorent de leur estime. 

José Caetaino, professeur de chimie à l'école de 
médecine de Rio-Janeno. C'est un pharmacien très- 
dislingué, élève du célèbre chimiste portugais Thoraé 
Rodrigues Sobral. 

ÉCONOMIE POLITIQUE , COMMERCE ET AGRICULTURE. 

Nous réunissons ensemble tout ce que nous avons à 
dire sur ces trois articles, à cause de la grande connexion 
qu'ils ont entre eux; et pour n'avoir pas à répéter dans 
chacun les mêmes noms, presque tous les savans (jue 
nous aurions à mentiomier étant portés sur chacun 
de ces trois articles. 

11 faut avouer que l'étude de l'économie politique , 
du commerce et de l'agriculture a été négligée en 
Portugal , et que c'est à ce défaut dans le cours de 
l'instruction publique que ce royaume doit en grande 
partie les régîemens nuisibles qui ont tant retardé les 
progrès de son commerce et de son industrie , et qui 
ont ruiné son agriculture et ses pêcheries, jadis si flo- 
rissantes. L'agriculture n'y est enseignée qu'à 1 uni- 
versité de Coimbra, et sur un plan encore plus borné 
dans l'académie de Porto. Nous avons vu , dans le 
chapitre des productions du règne vétégal , que, quoi- 
que l'agriculture soit encore bien imparfaite en Por- 
tugal , il s'en faut de beaucoup qu'elle soit aussi négligée 
que le croient les étrangers d'après les descriptions 
inexactes des voyageurs qui ont parcouru ce pays. On 
trouve plusieurs personnes qui connaissentles meilleurs 



( IxXhX ) 

ouvrages publiés sur cet art utile chez les autres ria- 
lions ; quelques-unes même ont essayé de tirer patii 
des perf'eclionnemens qu'elles y ont trouvés. Il est déjà 
question d'établir quelques nouvelles écoles d'agricul- 
ture, et de mettre sur un meilleur pied celle de Porto, 
en y ajoutant, d'après le plan proposé par le savant 
professeur d'agriculture le médecin A goslinlio Alhano^ 
une école normale d'agriculture pratique , une chaire 
de chimie et une chaire de botanique. .Le commerce 
a deux bonnes écoles dont une est établie à Lisbonne 
et l'autre à Porto , et où l'habileté des professeurs pour 
former des négocians instruits ne laisse rien à désirer. 
Il faudrait seulement augmenter le nombre de ces écoles. 
Mais l'économie politique, cette science si nécessaire 
pour tous ceux qui doivent être à la tête de l'admi- 
nistration d'un Etat; cette science qui est si cultivée 
en France , en Angleterre , en Italie et en Allemagne , 
où elle compte tant d'auteurs célèbres; l'économie po- 
litique n'a pas en Portugal un seul établissement où 
l'on puisse l'étudier avec succès. Plusieurs savans dé- 
putes aux Cortès, intimement convaincus de la néces- 
sité de donner les principes de cette science aux 
citoyens qui se destinent à la carrière des emplois 
publics, ont déjà proposé la création de trois chaires 
d'économie politique dans les trois villes principales 
du royaume. Depuis les derniers événemens on a pu- 
blié plusieurs brochures bonnes ou mauvaises sur 
l'agriculture, le commerce, la dette publique, la né- 
cessité d'une banque nationale, etc. etc. , qui démon- 
trent que, quoique peu habitués à traiter ces différens 
sujets, les su vans portugais n'en avaient cependant pas 
entièrement négligé l'étude , et qu'ils connaissaient 
très-bien les imporlans travaux des savans étrangers, 
surtout de France , d'Angleterre, d'Italie et d'Alle- 
magne. Et puisque nous en sommes sur le chapitre de 
1 économie politique, nous devons à plusieurs membres 
de l'Académie Royale des Sciences, qui ont publié dan» 



( Ixxx ) 

les Mémoires de cette académie des dissertations plus 
ou moins importantes sur difterens sujets du ressort de 
cette science,ainsiquesur l'ai^ricullure et le commerce, 
la justice de les placer à la tête des économistes por- 
tugais; viennent ensuite les rédacteurs du CoiTcio bi^a- 
ziliensc y de V Investigador portuguez , du O Portu- 
guez , du Campecio , de VObseruador lusitano em 
Paris , des Annaes das sciencias e artes, parce que 
ces ouvrages périodiques contiennent beaucoup de 
vues aussi nouvelles que profondes sur les principes 
de l'économie politique appliqués à la Monarchie Por- 
tugaise 5 dont ils ont été les premiers à faire connaître 
les ressources , à signaler les vices dans l'administration 
et les conséquences funestes qui en découlent. Enfin 
les discours aussi éloquens que remplis de vues pro- 
fondes prononcés par plusieurs députés au Congrès 
leur donnent le droit inconlesiable de figurer parmi 
les économistes nationaux les plus éclairés. 

Voici les noms des Portugais qui, de l'aveu presque 
unanime de leurs compatriotes , se distinguent le plus 
dans les trois branches du savoir qui forment le sujet 
de ce chapitre, soit par les ouvrages plus ou moins 
importons encore manuscrits ou déjà publiés dont ils 
sont les auteurs , soit par les profondes connaissances 
pratiques et théoriques qu'ils possèdent. 

José Accursio das INeves , secrétaire de la Junte 
de commerce ; c'est un des Portugais les plus instruits 
dans tout ce qui a rapport à l'économie politique , au 
commerce et à l'agi iculture , sur lesquels il a publié plu- 
sieurs mémoires où il déploie le plus profond savoir. 
Ses deux volumes publiés en i8i4 et en 1817, sous le 
titre de J^ariedades sobre objectas relativos as arles^ 
commercio e manufacturas consideradas segundo os 
principios da economia politica, est une excellente 
collection d'articles aussi utiles que remplis de saines 
doctrines, dont, avec la critique la mieux sentie, il fait 
l'application à sa patrie. Dans beaucoup de passages 



nous avons trouvé que ce savant Portugais est très- 
familier avec les questions les plus délicates de l'éco- 
noraie politique. Voyez Littérature. 

José Diogo de Mascarenhas NetO;, ancien ma- 
gistrat, ex-directeur général des ponts et chaussées , de 
la poste et du timbre, actuellement chargé d'affaires 
du Portugal à Paris. Pendant sa longue carrière il s'est 
occupé utilement de statistique et d'agriculture. Le 
Portugal lui doit la première diligence établie entre 
Lisbonne et Coimbra , l'organisation de la petite poste 
dans la capitale, le numérotage des maisons, et l'in- 
dication des noms des rues dans cette grande ville. II 
a présidé à la construction de la superbe route ouverte 
entre Lisbonne et Coimbra sous la reine Marie, et 
a composé une statistique de la comarca de Guimaràes 
lorsqu'il en était corregedor; c'est le premier ouvrage 
de ce genre que nous sachions avoir été fait en Por- 
tugal , et dont on trouve un extrait dans les Annaes» 
M. Mascarenhas est le directeur des Amiaes das 
sciencias e artes que l'on publie à Paris , et où se 
trouvent insérés plusieurs de ses savans mémoires sur 
Tagriculture. Il est aussi l'auteur d'un excellent Cate- 
cismo de agricultura , dont une grande partie a déjà 
paru dans les Annaes. Cet ouvrage , rédigé d'après un 
plan qui remplit parfaitement le but que Fauteur se 
propose, et d'après tout ce qui a paru de meilleur en 
ce genre jusqu'à présent, lui fait beaucoup d'honneur, 
et mériterait bien que le gouvernement le fît imprimer 
à ses frais et distribuer à tous les curés et maîtres d'é- 
cole, afin de répandre facilement parmi un plus 
grand nombre de sujets les connaissances utiles qu'il 
coniient, et d'encourager par là puissamment les pro- 
grès de l'agriculture. Voy. Journaux. 

* Dom Luiz PiisTO da Sousa Coutinho , vicomte 
DE Balsamao. Voyez Sciences naturelles. 

Le VICOMTE DE Balsamao , fils du précédent. C'est 
II. • f " 



( Ixxxiv ) 

Le Comté Palmella. Voyez Littérature et Poli- 
tique. 

'*" JacOME Raton, riche fabricant et propriétaire 
de Lisbonne, membre de la junte de commerce. Ce 
littérateur distingué possédait des connaissances très- 
variées; 1 agriculture, le commerce et les arts utiles 
étaient surtout le but de ses travaux. Ses Recordaçùes, 
publiées à Londres, sont un ouvrage assez piquant, 
rempli de détails historiques assez curieux sur le Por- 
tugal. 

N.RATON,filsdu précédent. C'est unbon économiste, 
surtout'dans tout ce qui se rapporte au commerce et à 
l'agriculture. 11 est auteur de quelques dissertations pu- 
bliées dernièrement sur des sujets d'économie politi- 
que. Il est aussi amateur éclairé des beaux-arts, et 
particulièrement de l'architecture civile. Voyez Ar-' 
chitecture. 

DoNA JosEPHA RosADA DE Macedo, riche proprié- 
taire de Vidigueira dans la banlieue de Monsaras, 
dans l'Alem-Tejo. Cette dame possède parfaitement la 
théorie et la pratique de l'agriculture, ce qu'elle vient 
de prouver par un savant mémoire qu'elle a présenté 
au Congrès en 1821 , dans lequel, offrant le résultat de 
ses expériences agricoles, elle signale les vices qui s'op- 
posent aux progrès de l'agriculture, et propose les 
remèdes qu'on pourrait y apporter. 

'*" Anastasio Joaquim Rodrigues, colonel du gé- 
nie, agronome distingué. Voyez Architecture hydrau- 
lique. 

* Sebastiao Francisco Mendo Trigoso , agro- 
nome distingué. Vovez Littérature. 

Félix Avelar 'Brotero. Voyez Sciences natur. 

DuARTE Lessa , riche fabricant de soie à Porto, 
secrétaire de la commission créée dans cette ville pour 
la réforme du tarif des douanes. 11 possède de grandes 
connaissances dans différentes branches de l'économie 
politique, et consacre ses momens de loisir aux belles- 



( 1XX-S7 ) 

lellres qu'il cultive avec succès. Voyez la noie à la page 
3i du premier volume. 

* Francisco Wanzeller, riche propriétaire de 
Porto, député aux Cortès, agronome et botaniste dis- 
tingué. 

Hermano José Braaimcatmp do Sobral, député 
aux Cortès , bon économiste surtout dans la partie 
relative au commerce. Voyez aux pages 34 et 57 du 
premier volume. 

José Peixoto Sarmento de Queiroz, député 
aux Cortès, agronome très-instruit. 

José da Silva Lisboa , savant économiste, auteur 
de quelques beaux discours adressés au roi actuel, dans 
le genre de ceux que faisait Hertzberg à Frédéric II. 
Voyez Jurisprudence . 

ArsTOMO DE Araujo TravAssos. Voyez Sciences 
naturelles. 

Manoel Alves DO Rio, député aux Cortès, écono- 
miste très-distingué , surtout dans la partie qui a rap- 
port aux finances. 

Manoel Borges Carneiro, député aux Cortès et 
bon économiste. Voyez Jurisprudence. 

Marino Miguel Franzim, député aux Cortès, 
bon économiste. Voyez Géographie. 

José Fet.reira Borges, député aux Cortès. Il est 
un des Portugais les plus familiarisés avec les plus 
hautes théories de l'économie politique, surtout dans 
la partie relative aux finances et au commerce. Voyez 
Jurisprudence. 

Manoel Ferivamdes Thomaz, député aux Cortès 
et bon économiste. Voyez Jurisprudence . 

Manoel GonçalviiS de Miranda, major de ca- 
valerie et député aux Cortès. Ce savant, qui est à la 
fois profond géomètre et agronome très-distingué, est 
en même temps un des Portugais les plus versés dans 
les théories les plus difficiles de l'économie politique. 
Voyez Eloquence. 



( UxxvJ ) 

Francisco Duarte Coelho, desembargador , et 
ancien jiiinislre des finances. C'est un profond juris- 
consulte, un bon agronome, versé en rnéme temps 
dans toutes les parties de l'économie politique. Voyez 
!*«■ volume, page 42. 

Manoel Lurz da Veiga, auteur d'un bon traité 
de commerce en deux volumes, publié dernièrement 
sous le litre àeEscola mercantiU 

Cepriano Ribeiro FRïiiRE, économiste distingué, 
surtout dans la partie relative au commerce. Il est 
président de la junte de commerce de Lisbonne, 

Targiivi, vicomte de San-Lourenço , auteur d'un 
essai sur les donnaissances nécessaires à celui qui se 
voue à la carrière des finances, sous le titre de Espirito 
do fincinceiro. M, le vicomte n'a pas encore pu finir 
cet ouvrage, qui est déjà très-avancé, à cause de la 
multiplicité de ses occupations lorsqu'il était à la tête 
des finances de la Monarchie Portugaise. Voyez Lit- 
térature et Poésie. 

José Bomfaciq d'Aim brade e Silva , agronome 
très-distingué, auteur de plusieurs mémoires aussi 
utiles que sa vans. Voyez Sciences naturelles. 

L'abbé CoRREA DA Serra, économiste et agro^ 
nome très-distingué. Voyez Sciences naturelles. 

*' José Joaquim da Cunha de Azevedo, évéque 
de Pernambuco et titulaire d'Elvas et député aux Cor- 
tès. Il est auteur d'un traité sur l'esclavage (escrava- 
tura ) , et d'un autre sous le titre de Ensaio economico 
sobre o commercio de Portugal e suas colonias y ces 
deux excellens ouvrages lui firent beaucoup d'hon- 
neur et eurent deux éditions. Monseigneur da Cunha 
était aussi littérateur très-distingué , et possédait des 
connaissances profondes dans les sciences naturelles, 
surtout dans la minéralogie. 

* Alexandre Rodrigues Ferreira , bon éco- 
nomiste. Voyez Sciences naturelles. 



f Ixxxvij ) 

* COJSSTA.NTIISO BoTELLO DE LAChRDA LoBO , Sa- 
vant économiste. Voyez Sciences naturelles. 

JoséMaktins da Cunha Pessca , médecin du roi. 
Cest un des meilleurs astronomes du Portugal. 

Henrique Palyart, savant économiste , auteur 
de plusieurs écrits qui ne sont pas encore publiés , ix 
l'exception d'un petit mémoire sur la franchise du 
commerce en Portugal. M. Palyart, que nous avons 
l'honneur de connaître , nous a communiqué ses Me- 
flexoes sobre Polybioy et ses Reflexoes sobre as vidas 
politica e militar dos grandes homens ^ qui , à en 
juger par le peu que nous en avons vu, nous parais- 
sent des ouvrages irès-intéressans , qui contiennent 
des idées entièrement neuves et des pensées profondes. 
Ils sont accompagnés de plusieurs planches pour in- 
diquer la position des armées. 

* DioGO DE Carvalho Sampaio , ancien ambassa- 
deur à Madrid , homme très-instruit dans toutes les 
branches de l'économie politique , dans les théories 
les plus profondes du commerce, et dans la physique. 
Il est auteur d'un Traité sur les couleurs primitives , 
et d'un autre sur l'agriculture , qu'il publia pendant 
son séjour à Madrid, et qui a été traduit en espagnol. 
Presque toute l'édition a été distribuée à ses nom- 
breux amis. 

ANTONIO Maximino Dulac, commis (officiai) 
de la secrétairerie du ministère de l'intérieur. 11 pos- 
sède de vastes connaissances en économie politique 
et en administration. Son ouvrage en deux volumes, 
intitulé ^s vozes dos leaes Portuguezes, qu'il vient 
de publier, est rempli de vues utiles. Son style, quoi- 
que un peu inégal , est parfois élégant et correct. 

* José Joaquim Rodrtgues de Brito , professeur 
de jurisprudence à Coimbra. C'est un des plus pro- 
fonds économistes portugais. Il a publié six volumes 
petit in-4° de Memorias sobre a econoTnia politica . 
Voyez Jurisprudence. 



( lixxviij ) 

Don José, marquis J'Abrantes (le fils). Pendant 
son séjour à Paris il a suivi régulièrement des cours 
d'agriculture, pour laquelle il a pris beaucoup dégoût, 
et qu'il se propose d'encourager dans sa patrie. 11 est 
le premier Portugais qui ait conçu le projet de former 
une société d'agriculture. 

Ambrosïo DOS Reys, pensionnaire, envoyé par 
le gouvernement en Angleterre pour y apprendre 
l'agriculture sous le célèbre Artlmr Young. Après 
avoir fini son cours il parcourut toute FAnglelerre , 
la France , l'Allemagne , l'Italie , la Hollande et la 
Suisse. 11 fut employé à la légation portugaise au con- 
grès de Vienne , et l'était dernièrement à celle de 
Londres. C'est un économiste et un agronome très- 
distingué. 

JoAQUiM Pedro Fragoso de Sequeira. Voyez 
Sciences naturelles. 



TACTIQUE DE TERRE ET DE MER. 

Ces deux, brancbes de littérature sont très-pauvres 
en Portugal, et n'offrent que très-peu d'ouvrages dignes 
d'être remarqués. On trouve cependant dans les ar- 
chives des mémoires militaires plus ou moins impor- 
tans , qui , s'ils élaient publiés , feraient beaucoup 
d'honneur à leurs auteurs. Voici les noms des Por- 
tugais connus par des écrits plus ou moins savans dans 
ces deux branches. 

* Le marquis d'AlornA, lieutenant-général, lac- 
licien aussi brave qu'habile, mort en 1 81 3 à Kônigsberg 
en Prusse, à la suite de la mémorable retraite de Russie, 
pendant laquelle il se signala beaucoup par la ferme et 
courageuse résistance qu'il opposa aux troupes légères 
russes. 11 avait fait aussi avec distinction la campagne 
du Roussillon dans la première coalition contre la 
France. 11 a publié un ouvrage statistico-poliiique très- 



( Ixxxlx ) 

imporlant sous le litre de Analyse do PoT'ti/gaî , où 
il parle avec beaucoup de critique des iinances , des 
mœurs du clergé, et particulièrement de l'état militaire 
de sa patrie sous le règne du roi Joseph. 

* GoMES FRfJiRE d'Andrade, lieu tenant-général, 
réputé parmi ses compatriotes et parmi les étrangers 
pour le meilleur général d'infanterie de l'armée portu- 
gaise. Après avoir servi la Piussie dans la célèbre cam- 
pagne de Potemkin contre les Turcs , et s'être couvert 
de gloire aux sièges dOczakow et d'ismad, il est rentré 
en Portugal , où il a servi avec distinction , surtout dans 
]a campagne duRoussillon, à la tête d'un régiment d'in- 
fanterie. Après l'occupation militaire de sa patrie par 
Napoléon, il quitta le Portugal et servitsous les drapeaux 
français en Espagne et ailleurs , de manière à mériter 
l'estime de ses supérieurs. De retour en Portugal après 
la paix de Paris, il périt victime des opinions politiques 
qui y régnaient alors. Il est l'auteur de VEnsaio sobre 
o methodo de organizar o exercito em Portugcd , 
ouvrage où il déploie les plus profondes connaissances 
dans toutes les parties de la tactique appliquée à son 
pays, qu'il connaissait parfaitement. 

'*' MapsOel de SpiPvIto Santo Limpo, professeur 
de mathématiques à l'académie de marine de Lisbonne. 
Il a publié un Enscdo de tatica jicipal et un mémoire 
sur la tactique de terre qui hii font beaucoup d'hon- 
neur. Ce profond géomètre est aussi connu hors de sa 
patrie pour avoir résolu quelques problènies de ma- 
thématiques proposés par l'Académie des Sciences de 
Paris. 

José Antonio da Rosa, ancien professeur d'artil- 
lerie à l'école de fortification, actuellement com- 
mandant en chef de cette arme et député aux Cortès. 
11 est auteur d'un ouvrage sur les mines, qu'il a corii- 
posé pour l'usage de ses élèves. 

Antoinio Teixeira Rebello, lieutenant-général, 
ancien ministre de la guerre. Il a traduit le iraiié 



(xc ) 

(rarlilleric de Millier, auquel il a ajouté un dictioii- 
iiairo des lernies d artillerie; il a aussi publié une Or~ 
donança de artilheria, 

'*' Matitias José AzEDO, professeur de fortificadon, 
ministre de la guerre et lieutenant-général. C'était un 
bon tacticien, auteur d'un traité de tactique assez bon 
pour l'époque à laquelle il a paru , mais qui n'est pas 
au niveau du perfectionnement auquel cette science 
a été portée de nos jours; il sert de texte dans l'école 
de fortification à Lisbonne et dans le collège militaire 
de Luz. 

* JoAO DoRDAS DE QuEiRoz , baron de Castello- 
Novo , lieutenant-général , auteur d'une tactique de 
cavalerie imprimée à Lisbonne , qui est le seul ouvrage 
que les Portugais possèdent sur cette arme. Il a aussi 
laissé quelques manuscrits très-importans sur la tactique. 

José Maria bas Neves Costa, colonel du génie, 
renommé pour avoir tracé le plan des fameuses lignes 
de défense de Lisbonne, qui, ayant mérité l'appro- 
bation de lord Wellington, sauva cette capitale en 
1811. Voyez Géographie. 

JoAQUiM d'OliveirA Alves, maréclial-decamp à 
Rio -Janeiro, et frère du médecin Joào Francisco 
d'Oliveira , cbargé d'affaires à Paris. Ce géomètre a 
composé plusieurs mémoires sur l'artillerie à cheval, 
et sur la portée des canons et des mortiers ; il a aussi 
dressé des tables pour le jet des bombes , qui sont d'une 
grande utilité aux militaires brésiliens. 

José d'Oliveira Barboza , lieutenant-général à 
Rio-Janeiro , et ancien gouverneur de San-Paulo de 
Loanda. C'est un tacticien très-habile, qui était chargé 
de l'instruction des militaires à Rio-Janeiro avant la 
création de cette académie > et qui a fait plusieurs expé- 
riences sur la portée du canon et sur la force de la 
poudre au Brésil d'après la théorie de Robin. 

Manuel Ignacio MartinsPamplona Cortereal» 



( 5CCJ ) 

général brigadier dans l'arnice portugaise et maréchal- 
de-camp dans l'armée française, ancien ministre de la 
guerre , et actuellement député aux Cortès. 11 com- 
mença sa carrière militaire sous les drapeaux russes 
dans la fameuse campagne où Potemkim prit Isniaïl 
et Oczakow sur les Turcs , et s'y conduisit avec dis- 
tinction; il continua ses exploits dans la campagne du 
Roussillon au service de sa patrie. Entré dans l'armée 
française avec le marquis d'Alorna et G ornes Freirc , 
il fit les campagnes de Portugal , d^Espagne et de 
Russie , suivit le roi de France à Gand , rentra avec 
lui, et retourna en Portugal en 1811. M. Pamplona 
est aussi bon militaire que littérateur distingué. 11 a 
composé en français une réfutation de 1 histoire de la 
campagne des Français en Portugal , publiée par le 
général Thiébaut et d'autres auteurs, ouvrage dans 
lequel il a tâché de revendiquer pour sa nation la part 
de gloire que ses efforts magnanimes lui ont si bien 
méritée. 11 a ensuite rédigé pendant quelque temps à 
Paris un journal portugais sous le litre de O Contem- 
porcmeo. 

Luiz Antonio Salinas, capitaine du troisième ré- 
giment d'artillerie , résidant depuis quelque temps en 
France. 11 est l'auteur du Manual do artïlheiro na 
dejeza dus praças. 

José de SouzaPacheco Leîtao, colonel du génie. 
Voyez Mathématiques. 

Henrique Palyart. Voyez Économie politique. 

Quoique les Portugais possèdent une foule de mili- 
taires distingués , il n'en est aucun à qui l'on puisse 
donner le titre de grand capitaine. La raison n'en est 
pas dans le manque de connaissances nécessaires pour 
briller dansceltecarrière,mais bien dansle manque d oc- 
casions pour en déployer les talens. Dans le cours de la 
mémorable guerre de la restauration, aucun Portugais 
n'ayant commandé en chef, on ne saurait citer que 



( ^cij ) 

quelques généraux qui ont montré autant d'intelligence 
que de bravoure dans le commandement d'une brigade. 

POLITIQUE ET DIPLOMATIE. 

Quoique on s'accorde généralement à penser que la 
politique n'a guère réussi entre les mains des Portugais, 
parmi lesquels la science des Sully, des Colbert, des 
Mazarini, des ïurgot, des Alberoni et des Pitt n'a 
prospéré que très-rarement , cependant, quand on a 
médité sur ce qui s'est passé depuis l'élévation de la 
maison de Bragance au trône de cette monarchie , 
quand on a lu le chapitre du Portugal dans les Con- 
sidérations sur les gouvernemensy^dx M. d'Argenson, 
et la Politique des cabinets par Favier , publiée par 
M. de Ségur, on se trouve, à notre avis, forcé de 
revenir sur celte opinion qui jusqu'à présent a été celle 
de presque tous les étrangers , et même, à notre grand 
étonnement, celle de beaucoup de nationaux instruits. 
La décadence du Portugal , qui a été une suite toute 
naturelle de la domination espagnole sous les Philip- 
pes , a encore reçu une progression bien plus rapide 
des divisions intestines qui suivirent le règne d'Al- 
phonse VI, et de l'iniluence des jésuites, qui s'étaient 
emparés de toutes les issues de la cour et s'étaient coa- 
lisés avec la haute noblesse pour dominer et égarer le 
gouvernement, système qui dura jusqu'à la découverte 
du complot contre la vie du roi Joseph , époque du 
réveil politique du Portugal. 

Le comte de Caslello-Melhor fut un ministre d'Etat 
très-distingué sous Alphonse VI, et fut la victime de la 
politique française qui éleva Pierre II au trône. Le 
comte d'Ericeira, surnommé le premier Colbert portu- 
gais, mourut trop tôt pour empêcher le traité de Mé- 
thuen^ imposé par l'intérêt du moment, et par la 
crainte qu'inspirait la maison de Bourbon qui venait 
de s'emparer du trône d'Espagne. Cependant le traité 



( ici') ) 

d'Utreclit, auquel dom Luiz da Cunha participa, («t 
où il se montra négociateur habile, ne laisse aucun 
doute sur la dextérité déployée par le cabinet portu- 
gais pour soutenir ses intérêts et sa dignité. Le long et 
célèbre ministère du marquis de Pombal, justement 
surnommé le second Colberi portugais , fournit une 
preuve frappante de ce que peuvent les talens d'un 
seul homme sur la destinée des Etats et sur leur in- 
fluence dans la balance politique. Tout prit une nou- 
velle vie sous ce ministre habile, et le Portugal, qui 
avait perdu toute considération chez les autres nations, 
rappela dans plusieurs circonstances les beaux jours 
d'Emmanuel et de Jean-ie-Eortuné. Voyez pages 407 
et4o8 du l*""" volume. Le système pacifique basé sur 
le principe de n^entrer jamais dans aucune alliance 
offensive, procura au Portugal l'avantage de mainte- 
nir autant que possible sa neutralité, et de conserver 
l'intégrité de ses colonies, tandis que celles des autres 
nations furent soumises à toutes les chances de la 
guerre. Il est à remarquer que pendant les cinq 
guerres maritimes du dernier siècle le Portugal réussit 
à conserver toutes ses possessions, excepté les deux 
petites îles presque désertes de Fernando Po et 
Anno Boni, cédées à l'Espagne pour terminer ou 
plutôt pour éviter une guerre qui hn aurait été désa- 
vantageuse, par l'abandon de l'Angleterre, alors enga- 
gée dans la guerre de l'insurrection de l'Amérique du 
Nord , et intéressée à ne pas provoquer la cour de 
Madrid. 

L'accession au pacte de famille est un fait qui prouve 
combien était déchue l'influence anglaise , et si l'on 
fait la remarque que le Portugal fut la première puis- 
sance qui souscrivit à la neutralité armée, on ne dis- 
conviendra pas que sa politique n'ait été aussi sage 
qu avantageuse aux intérêts de son commerce et de sa 
navigation qui prirent alors un grand accroissement. 
Dans un tel état de choses lascience diplomatique n'était 



( xclv ) 

pas pour les Portugais aussi brillaule que pour les au- 
tres nations, quoiqu'elle leur fît honneur dans ditï'é- 
rentes circonstances, comme nous le prouvent les 
collections de Brousset et les mémoires du temps où se 
trouvent consignées les preuves de la capacité de leur» 
ministres dans le maniement des aflaires. 

Les événemens de la dernière guerre ayant amené 
la fixation du nouveau système européen dans le Con- 
grès de Vienne, la légation portugaise à ce Congrès 
fut si Lien choisie que les lumières et l'habileté d'un 
comte de Palmella , d'un Lobo , maintenant comte 
d'Oriola, et d'Antonio de Saldanha da Gama, se firent 
remarquer parmi tant d'autres hommes d'état qui 
présidèrent alors aux destinées de l'Europe. Le droit 
reconnu au Portugal d'être une des huit puissances 
signataires de l'acte du Congrès fut le premier résul- 
tat de leur habileté politique; ils partagèrent avec les 
autres plénipotentiaires les travaux du plan du nou- 
veau système, et eurent comme eux la gloire du succès. 
Dans la circonstance toute particulière où se trouvaient 
placés les ministres portugais à l'égard des différentes 
cours, par l'éloignement où se trouvait celle du Brésil, 
ils ont montré le plus parfait accord dans leurs princi- 
pes de conduite, ce qui leur a valu la considération 
de tout le monde. 

Ce que nous venons de dire prouve assez que l'art 
diplomatique n'était pas aussi étranger aux Portugais 
qu^on l'a cru et qu'on le croit encore sans avoir de 
motifs pour justifier une telle opinion. Cette vérité pa- 
raîtra encore plus évidente si l'on considère que le Por- 
tugal était peut-être le seul pays de l'Europe où cette 
carrière se suivît d'une manière irrégulière, et où l'on 
n'assujettît pas ceux qui l'embrassaient à passer par la 
filière des places inférieures. Un autre fait ignoré des 
étrangers , et qui vaut cependant bien la peine d'être 
remarqué, c'est que ni la faveur ni la naissance ne 
donnaient en Portugal de titres exclusifs aux places 



( xcv ) 

dlpl.onialiques; elles élaient toutes accessibles au vrai 
mérlie, aux lalens distingués; l'exemple de l'abbé 
Correa da Serra , qui n'est pas le seul à citer , sufïit 
pourjnstifier noire assertion. 

Les événemens politiques qui ont décidé le gouver- 
nement actuel du Portugal à déplacer presque tous ses 
agens diplomatiques près les cours étrangères laisse- 
ront sans doute un vide qu'il sera bien difficile de 
remplir complètement, jusqu'à ce que de3 bommes de 
mérite, mais livrés à d autres carrières, aient eu le 
temps d'acquérir les connaissances spéciales auxquelles 
ni le génie ni les talens ne sauraient suppléer. Néan- 
moins, parmi ces bommes nouvellement promus à ces 
places, il en est deux qui , quoique débutant dans la 
carrière, promettent de s'élever au niveau des diplo- 
mates les mieux exercés par une longue expérience. 

Voici les noms des Portugais vivans, ou morts depuis 
1800, qui nous paraissent les plus dignes d'être men- 
tionnés parmi les politiques et les diplomates. 

Francisco José Maria de Brito , d'abord secré- 
taire de la légation portugaise en Hollande avec son 
ami Antonio Araujo de Azevedoj cliargé ensuite 
de plusieurs missions importantes , il les remplit 
toutes avec une babileté et une adresse remar- 
quables. C'est en sa qualité d'envoyé extraordinaire 
à Paris qu'il a signé le traité de i8i5 entre les 
puissances alliées et la France , ainsi que la conven- 
tion de la rétrocession de la Guyane à cette puis- 
sance. Il était dernièrement envoyé extraordinaire 
près le roi des Pays-Bas. M. de Brilo est un littéra- 
teur très-distingué, possédant de profondes conn-ais- 
sances dans la diplomatie, dans l'histoire et dans la 
littérature non- seulement de son pays, mais des 
nations étrangères ; et il a donné des preuves de 
son talent par les excellens articles qu'il a four- 
nis à la biographie publiée par Michaud , par les 
savans articles insérés sous le nom emprunté de 



( ^cvj ) 

Candiâo Lusitano ou Amador Patricio cïans le jour- 
nal intilulé Pcuhe Amaro^ publié à Londres; par un 
Essai rapide surla litléralurc portugaise, publié à Paris 
en 1808, avec les poésies lyriques de Francisco Manoel 
do Nascimento , et par difFérens autres travaux litté- 
raires consignés dans d'autres journaux yjorlugais et 
étrangers. C'est aussi à M. de Brito que les Pays-Bas 
et le Brésil sont redevables de la correspondance qu'il 
a introduite entre la Société botanique de Gand et le 
directeur du jardin botanique de Rio-Janeiro , corres- 
pondance qui sera très-utile aux progrès de la science 
en général et à la culture borticulaire des deux pays. 

Le COMTE DE FuiscHAL n'a cessé de cultiver les 
sciences matliématiques , dans lesquelles il s'est distin- 
gué dès sa jeunesse; il leur associa d'autres branches 
de l'histoire naturelle, surtout la minéralogie, dont il 
possède une collection choisie qu'il a formée dans ses 
voyages. Sa carrière diplomatique dans les cours de 
Copenhague, Turin, Londres et Rome ne l'a pas dé- 
tourné de l'étude des sciences, de la littérature et des 
antiquités ; il a laissé dans ces différens pays un souve- 
nir honorable de son amour pour les sciences^ et la ré- 
putation d'un habile ministre. 

Pedro de Mello Breiner, publiciste très-distin- 
gué et habile diplomate. Il a été chef de la Relaçào de 
Porto, membre de la régence de Portugal, et derniè- 
rement ministre près de la cour de Rome, où ses vastes 
connaissances lui donnaient une grande considération. 

* José de Seabra da Silva se distingua dès sa 
jeunesse par la vivacité de son esprit, et par retendue 
de ses connaissances. A son début dans la magistature 
il illustra la place de procureur de la couronne par la 
publication de son ouvrage analytique sur la conduUe 
des Jésuites en Portugal, qui fut pour ainsi dire la 
massue d'Hercule qui écrasa cette corporation. La va- 
riété de ses talens, un esprit transcendant pour les 
afîaires, le firent appeler au ministère de l'intérieur , 



( XCVlj ) 

auquel le marquis de Pombal se l'associa. Il fut dis- 
ij^racié et relégué à Pedras-Negras dans le royaume 
d'Angola, d'où il revint lors de l'avénenient de la 
reine Marie au trône en 1777; cette princesse le 
nomma ministre en 1788; il fut encore disgracié en 
1799 sous le prince régent, et mourut dans la défa- 
veur du roi. C'était mie forte tête comme homme 
d'état, un publiciste consommé, possédant des connais- 
sances profondes et variées. Il était d'un commerce très- 
agréable, généreux et bienfaisant par caractère, mais 
trop confiant dans la supériorité de ses moyens, et expri- 
mant ses opinions avec une liberté étonnante ; il ne lui 
manquait que la leçon des voyages pour mieux profiter 
de sa sagacité dans les affaires et dans le commerce des 
hommes. 

* DoM Rodrigo de SouzaCoutinho, comte de 
LiNHARES, politique et économiste très-distingué, 
irès-instruitdans presque toutes les branches du savoir. 
Cet homme extraordinaire fut toute sa vie pénétré de 
la passion des sciences et de l'amour de la patrie. 
Nommé ministre à la cour de Turin, il y résida jus- 
([u'à son entrée dans le ministère de la marine en 1706. 
L'activité de son caractère donna une nouvelle im- 
pulsion, non-seulement à son département, mais à 
tous ceux du gouvernement. Si l'énergie qu il emplo\'-a 
eût été réglée par une prudence assortie aux circon- 
stances, et surtout à l'étendue des moyens, il aurait 
réussi et aurait atteint le but qu'il cherchait avec tant 
d'ardeur, celui dereleverlapuissanceetla prospérité du 
Portugal. Il ne suffit pas de tenir le levier, il est aussi 
essentiel de bien choisir le point d'appui, sans quoi 
les mouvemens portent à faux. Son administralion dans 
les départemens de la marine et des finances fut signa- 
lée plus que celle d'aucun autre ministre par une foule 
d innovations et de projets qui , après sa retraite du 
mmistère, soit parce qu'ils étaient trop précoces, soit 
par la jalousie de ses successeurs, avortèrent presque 
II. 



( xcviij ) 

loiis. Ayant accompai^né la cour au Brésil, il rentra 
daiîs le minlsière avec les mêmes principes et les 
mêmes sentlmens qu'il développa avec son énergie 
accoutumée dans l'admlnislralion du royaume du Bré^ 
siî; plusieurs actes de son ministère lui feront toujours 
iDcaucoup d'honneur. Le plus remarquable , celui du 
traité de commerce avec l'Angleterre, porte l'em- 
preinte de son zèle empressé , et quoiqu'il soit l'éga- 
rement d'un bon citoyen, initié dans les théories des 
économistes , il sera peut-être jugé par la postérité 
comme l'est déjà l'écart de la politique française dans 
le traité aussi remarquable de 1786 avec l'Angle- 
terre (1). 

Antonio de Araujo.de Azevedo, comte de 
Barca , ancien ministre en Hollande , diplomate ^ 
chimiste , littérateur et poète distingué , connu dans 
toute l'Europe par le traité qu'il conclut avec le direc- 
toire de France en 1797 ; devenu depuis ministre des 
affaires étrangères en Portugal, et mort à Rio- Janeiro. 
Il possédait une vaste érudition , écrivait avec élégance , 
cultivait la poésie avec succès, et a laissé quelques belles 
traduc lions imprimées,et plusieurs tragédies inédites (2), 



(i)Ces deux traités sont des cgaremens politiques que l'état des con- 
naissances dans cette partie aux deux époques où ils ont été conclus rend 
vraiment inconcevables -.mais ce qui parait fort étrange en Portugal, c'est 
quele vice radical quiannullcce traitén'aitpas encoreété alléguéjusqu'à 
ce jour: c'est la violation de la loi fondamentale protectrice désintérêts 
des corps et métiers , dans l'admission illimitée des produits de l'in- 
dustrie anglaise. La création des corps et métiers est le premier degré 
de la civilisation des peuples et de leur émancipation de l'anarchie 
féodale. C'était au sénat de Lisbonne, à toutes les municipalités du 
royaume, à réclamer la restauration de ce droit vital de la société , et 
depuis long-temps le Portugal aurait fait reconnaître de l'Angleterre 
même la justice de l'annullation d'un acte si contraire au bien-être 
de tous les peuples en général , et qui attaque dans son essence l'in- 
dustrie des Portugais. 

(2) Après avoir été élevé par son oncle qui était colonel de cavalerie 
et premier aide- de -camp du gouverneur militaire de Porto , il se 
rendit à Ponte de Lima sa patrie , où il établit la société économique , 
qui fut la première et jusqu'à présent la seule de ce genre en Por- 



( xcix ) 

D. Pedro de Souza Holstein , comie de Pal- 
MELLA , dernier minisire de la guerre et des afl'aires 
étrangères sous l'ancien régime , et plénipotentiaire 



tugal. Cette association de particuliers qui se vouaient à veiller aux in- 
térêts économiques de leurs concitoyens du Minho , fit faire de grands 
progrès à l'agriculture et à l'art de la filature du lin ; et ce furent 
de pareils titres qui portèrent la réputation d'Araujo à la cour, qui 
ne tarda pas à le nommer un des premiers membres de l'Académie 
des Sciences de Lisbonne. Il embrassa ensuite la carrière diplomatique 
pour mieux remplir le but qu'il s'était proposé de parcourir les ditié- 
icns paj's de l'Europe. Avant de se rendre en Hollande comme mi- 
nistre en lySg , il parcourut toute l'Angleterre en observateur éclairé , 
remarqua eu France le développement et la tendance de la révolu- 
tion , et en prévit les conséquences de la manière la plus juste. 
Appelé à négocier en 1797 la paix avec la France, il éprouva une 
de ces bizarreries de la fortune, qu'on ne saurait expliquer cjue 
par les vicissitudes qui ont marqué la politique européenne dans ses 
coalitions contre la France. L'inexécution du traité le ramenant à son 
poste en Hollande , il reçut l'ordre de voyager en Allemagne , ce qui 
lui procura l'occasion d'acci'oitre ses connaissances , de se perfectionner 
dans la langue allemande , et de se lier avec les plus grands savans de 
ce pays qui lui rendirent justice, comme on le voit par la correspon- 
dance astronomique de M. de Zach. Rappelé en Portugal par des 
hommes jaloux de sa réputation, le hasard du moment arrêta le coup, qui 
allait le frapper, sans cependant ralentir l'intrigue qui contrecarrait 
sds négociations. Après la pais d'Amiens il fut envoyé à Pétersbourg 
comme ministre , et en i8o3 il fut appelé au ministère des affaires 
étrangères , qu'il dirigea jusqu'au départ de la cour pour le CrésiL 11 
obtint alors sa démission au tailieu des accusations les plus caloni nicuses : 
il leur répondit en établissant chez lui à Rio- Janeiro un laboratoire 
de chimie , où il faisait lui-même l'application de cette scienne aux 
arts , dont ce pays était le plus complètement dénué. Ayant sauvé 
une petite partie de sa riche bibliothèque , il la rendait accessible 
aux gens studieux, tandis qu'il employait ses loisirs à perfectionner 
les tragédies d'Osmia et de Castro , et sa traduction des odes d'Horace. 
Son ami, l'illustre éditeur du Camocns', avait publié à Hambourg la 
traduction de l'élégie et de quelques odes de Gray, ainsi cjue l'ode de 
Dryden à sainte Cécile. Ce foyer de lumière et d'émulation réveilla 
à l'iio-Janciro le goût de l'étude, puissamment encouragé par l'exemple 
d'un ministre infortuné , mais très-considéré du public, Le roi l'appela 
de nouveau au ministère; mais il succomba en 1817 sous les fatigues 
et les difficultés que les circonstances lui opposaient. Il s'est toujours 
fait un devoir de protéger les talens , et il en a donné une preuve 
éclatante dans la protection qu'il accorda de sou vivant, et même 
d'après ses disposition testamentaires, au plus illustre des poètes mo- 
dernes portugais, à l'abbé Francisco Manoel do Nascimcnto, exilé de 
sa patrie , et qui, sans les secours généreux de M. d'Aranjo, aurait vécvi 
dans I indigence sur un sol étranger , où il a terminé sa longue carrière. 



(c) 

au Congrès de Vienne. A de profondes connaissances 
dans toutes les branches de la politique , de la diplo- 
matie et de l'économie politique, il réunit un grand 
savoir en littérature. Voyez Jbittératurc. 

DoM Pedro José Vito de Menezes , marquis de 
Mi\RiALVA , ancien ambassadeur à Paris et envoyé 
extraordinaire à Vienne. Cet habile diplomate a né- 
gocié le mariage entre Son Altesse Royale le prince du 
Brésil et Son Altesse Impériale Farchiduchesse Léopol- 
dine. M. le marquis de Marialva, qui est actuellement 
à Paris , est un amateur et un connaisseur éclairé dans 
les sciences naturelles et les beaux-arts ; il cultive 
même la peinture et la gravure avec succès , et possède 
la littérature nationale et étrangère. Lié avec les savans 
et les artistes les plus renommés de France, dont il est 
fort considéré, M. de Marialva n'a jamais oublié ses 
compatriotes, qu'il a toujours généreusement secourus 
et protégés lorsqu'ils ont eu recours à lui. 

Ma^oel d'Almeida e Vasco.xcellos, vicomte de 
Lapa, ancien ministre en Russie. Voyez Géographie. 

DoM JoAQUiM LoBO, comte de Ob.iola, ancien 
ministre à Berlin. Voyez Sciences naturelles. 

Antonio de SALDANtrA da Gawa , ancien ministre 
à Madrid. Voyez Géographie. 

Rodrigo Navarro d-'Aa'drade, conseiller d'am- 
bas:>ade au Congrès de Vienne , et chargé d'affaires 
en Russie et en Sardaigne, missions dans lesquelles 
il s'est fait remarquer par ses talens. 

Beaucoup de membres des Cortès possèdent des 
connaissances profondes en politique ; voici les noms de 
ceux auxquels l'opinion publique en accorde le plus : 

José Ferreira Borges. Voyez Jurisprudence. 

JoAQUiM Rodrigues DE Bastos. Voycz Juris- 
prudence. 

Manoel Borges Carneiro. Voyez Jurisprudence. 

Manoel Gonçalves de Miranda. Voyez Eco- 
noînie politique. 



(n) 

José Joaqui.u FeRREira de Moura. Voyez Ju- 
risprudence. 

Manoel FerNandes Thomaz. Voyez Jurispru- 
dence. 

Francisco Manoel Trigoso de Aragao Morato. 
Voyez Jurisprudence. 

Ma>oel Ignacio Martin s Pamplona. Voyez 
Tactique. 

Il faut aussi classer parmi les nationaux les plus 
instruits dans la politique quelques-uns des rédacteurs 
des journaux publiés en langue portugaise à Londres 
et à Paris, dans lesquels on trouve des articles sur les 
relations politiques du Portugal avec les autres Etats, 
qui sont écrits avec autant de savoir que d'éloquence. 
Voyez Journaux. 

pÉGGilAPHIE, STATISTIQUE, CARTES GÉOGRAPHIQUES 
ET voyages. 



L'impartialité sévère à laquelle nous nous sommes 
astreint nous oblige à avouer que les Portugais sont 
loin d'avoir fait dans les sciences géographiques les 
progrès marquans par lesquels les autres peuples civi- 
lisés se sont signalés ; ce fait est d'autant plus étonnant 
qu'au quinzième et au seizième siècle cette nation pos- 
sédait un grand nombre de navigateurs célèbres, dont 
les découvertes importantes leur ont mérité une place 
distinguée dans la liste des grands navigateurs de 
l'Annuaire des longitudes. Mais si l'on n'a point ap- 
pliqué les connaissances physiques et mathématiques 
à la géographie de ce pays et de ses vastes colonies dans 
la Corographie portugaise de l'Europe et dans celle du 
Brésil, ces deux ouvrages ne le cèdent néanmoins en 
rien aux ouvrages étrangers contemporains du même 
genre , surtout le Roteiro ou Arte de navegar du 
cosmographe Pimentel , et celui plus moderne de 



C cij ) 

Melitào , où les hydrographes anglais el français ont 
puisé tant de notions exactes sur toutes les con- 
trées parcourues et explorées par les Portugais. Les 
géographies de Biisching , de Pinkerton , de Gulhrie, 
de Lacroix , ne contiendraient pas tant d'erreurs au 
sujet du Portugal et de ses possessions d'outre-mer, si 
leurs auteurs eussent puisé comme Ebeling et Malte- 
Brun dans les ouvrages portugais. Ce dernier géo- 
graphe a même rendu justice à la sagacité de l'iiisto- 
rien Joào de Barros , qui a deviné cette cinquième 
partie du monde, appelée maintenant Océanique. Sur 
combien d'autres sujets ne trouverait-on pas à re- 
cueillir des renscignemens précieux , si l'on se don- 
nait la peine de consulter les Décades de Barros, de 
Couto et d'autres historiens nationaux , qui n'ont pas 
négligé d'éclaircir leursnarrations par des descriptions 
géographiques. La vie de saint François-Xavier par 
le jésuite Lucena contient les notions les plus exactes 
sur les pays parcourus par cet apôtre des Indes. Les 
voyages de Fernani Mendes Pinto retracent avec une 
fidélité étonnante les mœurs des pays qu'il a parcou- 
rus, et ses tableaux descriptifs sont constatés par les ob- 
servations des voyageurs modernes. Antonio Tenreiro 
ou Terniec, dans sou Itinéraire de la Perse, et dans la 
relation de son voyage de l'Inde en Portugal par terre, 
fut le premier Européen moderne qui rendit compte 
dePalmyre. Les Annuaires des jésuites,qui contiennent 
la correspondance de leurs missionnaires avec le gé- 
néral de l'ordre à Rome, est un Piecueil aussi inté- 
ressant que les Lettres édifiantes pour la géographie 
historique de i Orient. Les causes nombreuses qu'au 
commencement de cet Appendix nous avons signalées 
comme les sources principales de l'apathie littéraire des 
Portugais , et dont Tinfluence était encore plus funeste 
avant le règne de Joseph, et la mauvaise méthode 
suivie pour l'enseignement de la géographie , expli- 
quent assez pourquoi cette nation autrefois si entre- 



( cii) ) 

prenante et si passionnée pour celte science se trouve 
maintenant restée tant en arrière des autres peuples 
de l'Ewrope civilisée. Très-peu de personnes en Por- 
tugal connaissent les ouvrages classiques publiés sur 
cette science en France, en Angleterre, en Allemagne 
et chez les autres peuples. Celles qui les possèdent sont 
encore plus rares , et nous croyons qu'à l'exception 
de quelques Allemands établis en Portugal , et de 
deux ou trois nationaux, personne n'y possède les 
ouvrages d'Adelung , de Vater, de Hassel , de Man- 
nert, de Lichtenstern , de Bertucli, etc, etc. On voit 
encore dans plusieurs livres de géographie publiés 
maintenant en Portugal se reprodiiire les fautes les 
plus grossières, sans aucun égard pour les grands pro- 
grès de cette science , ni pour les divisions politiques 
amenées par les derniers événemens dans toutes les 
parties du globe. Cependant on doit faire remarquer 
que , même à une époque où la nation croupissait dans 
la plus grande ignorance, et dans une apathie qu'on lui 
a reprochée avec justice , on vit sortir des presses du 
Portugal plusieurs ouvrages égaux en mérite aux meil- 
leurs écrits des autres nations. La Corographie du 
père Lima , la Corographie et le Dictionnaire géogra- 
phique de Cardoso et leTableau du Portugal du père de 
Castro sont des ouvrages remplis d'érudition et d^exac- 
litude; l'PIistoire insulaire du père Cordeirol, l'PIistoire 
brésilienne de Rocha Pitta , les Annales de Maranhào 
et d'autres ouvrages du même genre contiennent aussi 
des renseignemens géographiques d'un grand intérêt 
local. Dès que l'Académie des Sciences de Lisbonne eut 
pris l'honorable tache de donner à la nation une im- 
pulsion littéraire , elle proposa dans son programme 
annuel un prix permanent pour la meilleure descrip- 
tion d'une comarca ou même de quelque district re- 
marquable du royaume. Ce fait, ignoré chez l'étranger, 
a précédé de beaucoup la rédaction des statistiques 
des départemens de la France , et procura à ce petit 



( civ ) 

royaumoravaiUaged'avoir des descriptions aussiexacies 
que dcrailices de plusieurs de ses districts. Lors de la 
restriction des juridictions donjaniales do la coiu'onne 
le gouvernement fit procéder à leur démarcation , et 
il enjoignit aux corregedores de faire en même temps 
la description topograpliique et statistique de leurs 
districts rcspccliCs. il en résulta des travaux plus ou 
moins exacts , mais tous du plus grand intc'rêt pour 
la géographie du Portugal, Si la loi qui institua des 
cosmographes provinciaux^eùt c'té strictement exécutée 
on en aurait tiré de grands avantages pour la forma- 
tion du cadastre , et pour faciliter les opérations de la 
Société royale maritime et géographique établie en 
1798 par le ministre dom Piodrigo de Souza Coutinho, 
dans le but de former des navigateurs qui concourus- 
sent au pei'fectionnementde la géographie maritime, et 
qui fut éteinte peu après sasorliedu ministère.La reine 
Marie et son auguste fils , le roi actuel , protégèrent 
et excitèrent sans cesse les travaux topographicjues et 
les opérations géodésiques. L'administration y dépensa 
des sommes considérables -, et quoique les méthodes 
suivies ne fussent pas toujours les plus propres à faire 
réussir de telles entreprises sans de trop grosses dé- 
penses, néanmoins, grâce au zèle du savant astronome 
Clera et de ses dignes associés les officiers du génie 
Caula , Pedro Celestino Sommes , Folque et Nie- 
maycr , on obtint vers la fin du siècle dernier la trian- 
gulation générale d'une grande partie du Portugal ; et 
l'on dut aux soins et aux connaissances d'autres savans 
oOiciers, d être en état d'ajouter dans la suite à ce 
grand travail plusieurs triangles partiaux assez avan- 
cés , quelques morceaux isolés de terrain levés avec 
assez de soin, des cartes de quelques provinces, et des 
parties considérables de ces mêmes provinces assez 
bien tracées pour mériter d'être publiées. La création 
àeX ylrchivio inilitar , qui correspond au Dépôt de la 
guerre en France , en donnant un centre commmi à 



( cv ) 

tous ces travaux isoles, facilite l'exéculion d'une carte 
topograpliique du Portugal , ouvrage qui , s'il était 
exécute comme on en a déjà faille projet, associerait la 
gloire des géomètres portugais à celle des pi as renom- 
més de l'Europe , et rendrait injuste le reproche qu'on 
a fuit à celle nation, que toutes les cartes géograpliiques 
de son territoire étaient le produit des spéculations in- 
téressées de quelques libraires du dehors ou des lalens 
topographiques de quelques étrangers. A ces travaux 
géodésiques on peut ajoulerlesvoyngesminéraloglques 
que le roi actuel a fait faire dans rintérieur du Brésil 
par de savans minéralogues ; les explorations com- 
mencées vers 1771 par Dom Francisco Innocencio do 
Souza Coutinho , père du comte de Linhares , et 
alors gouverneur d'Angola , pour ouvrir une com- 
munication régulière par terre entre les établisse- 
mens portugais sur les deux cotes de l'Afrique; la tra- 
versée entreprise et exécutée quelque temps après? 
par ordre du même gouverneur, par un détachement 
portugais , d'Angola à Mosarabique , route qui fut 
signalée par la détermination de plusieurs points re- 
marquableset parle placement de plusieurs bornes (1) ; 
le relevé des caries de toutes les capitaineries du Brésil 
et de ses côtes immenses ; les mémoires plus ou moins 
détaillés rédigés sur les élablissemens du Cap-Vert (2), 



(i) Nous donnerons dans le second volume de nos Fariéiés une 
relation détaillée de cette mémorable expédition, que des savans étran- 
gers révoquent encore en doute, mais qui est aussi réelle que celle que 
les Anglo-Américains ont exécutée dernièrement d'une cote à l'autre de 
l'Amérique septentrionale. Déjà nous avons prié un de nos amis de Rio- 
Janciro, qui jouit d'une grande considération dans cette capitale, de 
faire rédiger une relation de cette mémorable traversée. Cette tâche 
lui sera facile , car tous les documens qui sont relatifs à cette expédition 
ont été transportés à Rio-Janeiro lors du départ du roi pour le Brésil. 

(2) IV'ous possédons l'extrait d'une excellente, statistique de cet Ar- 
chipel , rédigée par le dernier capitaine-général yhitonio Pusicli de 
Raguse. Le travail de cet étranger jjourrait servir de modèle aux gou- 
verneurs portugais des diflérens élablissemens pour réd ger la statisti- 
que des pays confiés à leurs soins. Nous possédons aussi la statistique 



( cvj ) 

Je Bissào, fie Cacheu , d' Angola , de Mosambique, de 
Senna , de l'Inde , de Macao , de Timor et Solor j le 
projet fait et en partie réalisé par Dom Rodrigo de 
Souza Continlio , comte de Linhares , de former un 
corps de cosmographes sur le modèle de celui de 
France ; enfin les recensemens des liahitans du Por- 
tugal, que ce ministre éclairé fit faire en i8oi,et cens, 
qui furent exécutés quelque temps avant et après 
dans tous les autres établissemens portugais. 

Les résultats de tous ces travaux importans , incon- 
nus aux étrangers , et dont plusieurs nous ont été géné- 
reusement communiqués, se trouvent enfouis dans 
les archives du gouvernement à Lisbonne et à Rio- 
Janeiro , ou dans les bibliothèques particidières de 
plusieurs grands du royaume et de quelques savans (i). 
Voici les noms des Portugais qui nous semblent mé- 
riter une place dans ce chapitre , soit comme géogra- 
phes soit comme voyageurs. 

Mariino Miguel Franzini, colonel de la brigade 
royale de marine et député aux Cortès. C'est un des 
Portugais les plus adonnés à la statistique et aux scien- 
ces qui y ont rapport. Sa carte maritime des côtes du 
Portugal, publiée d'abord à Londres, ensuite réim- 
prnnée à Paris pour le dépôt de la marine, est un ou- 
vrage aussi parfait qu'important _, et a valu à son auteur 
l'honneur d'être admis au nombre des candidats de l'In- 
stitut deFrance, et se trouve aujourd'hui entre les mains 
de tous les capitaines et de tous les pilotes. Elle est ac- 



manusorite du même arcliipcl, rédigée par le savant naturaliste Joào da 
Silva Fejo, et nous nous proposons de réunir les matériaux de ces 
deux cxcellens manuscrits pour ronner l'Essai statistique de rarchipel 
du Cap- Vert que nous publierons dans le second Yolynie de nos 
Variétés. 

(ly Plusieurs mémoires et beaucoup de cartes manuscrites qui se 
trouvaient à ï Archi'^io mitilar lors de l'irivaslou française furent dis- 
persés , et se trouvent en France , car ils ont figure dans le catalogue 
imprimé de la bibliothèque du général Junot lorsrju'on fit la \entc de 
SOS livres. 



( cvij ) ■ 

Gorapagnée d'une exccllcnic explication qui, sous le litre 
delîoteiro clas costas de Portugal, con\\c\\Ûc?,(:\éï\\Gns 
de la stalislitjue des côtes de ce royaume. Ses Instriic- 
çoes statisticas, puLllces en i8i5, contiennent le plan 
d'après lequel on pourrait faire une excellente statisti- 
que du Portui^al, et nous partageons le regret de tous 
ceux qui le connaissent, que ses grandes occupations 
ne lui laissent pas assez de loisir pour l'exécuter. Vers 
la fin de 1820 il a publié un intéressant mémoire sous 
le titre de Jle/Iexôes sobre o actiial regulamento do 
exercito de Portugal^ qui offre beaucoup de matériaux 
précieux sur le sujet important de la population du 
royaume. Il travaille actuellement au recensement gé- 
néral, et c'est à sa généreuse amitié, qu'un savant ac- 
corde si rarement, que nous devons les importans dé- 
tails qu'il a bien voulu nous commimiquer sur ce sujet 
avant de les publier lui-mcme. La géograpbie pby si- 
que du Portuiral doit à M. Franzini les seules obser- 
vations météorologiques qui aient ete faites a Lisbonne 
avec un grand soin , d'après une bonne métliode et 
avec de bons instrumens. 

LuizMaximo Alfredo Pjnto de Souza, vicomte 
de Balsamào, grand amateur de géograpbie. 11 a déjà 
composé d'après un bon plan la statistique de Ccddas 
daRainhcty ^Ericelra et àa Marinha-Grande dans 
l'Estremadura ; il travaille actuellement à celle du 
Couio de San-Joào da Foz do Douro. Voyez Sciences 
Tiatuj^elles. 

Souza, chanoine de la cathédrale de Leiria , auteur 
de la statistique de cet évèché. 

ÏEiXEiRA HoMEM, autcur d'une statistique de la 
comarca de Vianna. 

* CousTODio GoMES DE ViLLA BoAS,colonel du 
génie, auteur d'une bonne statistique de la province 
du Minho. On trouve dans les mémoires de l'Académie 
royale une savante dissertation de cet ollicier, dans 
laquelle, examinant un grand nombre d'observations 



( cviij ) 

d'éclipsés et d'occultations d'cloiles, f^iitesdepuis 1724 
jusqu'en 1784? il trouve que la longitude du centre 
de la place du commerce à Lisbonne est de 1 1° 29', 2 5 
à l'ouest de l'observatoire de Paris. Cet habile ingé- 
nieur dirigea les travaux hydrauliques entrepris der- 
nièrement pour rendre navigable la partie inférieure 
du cours du Rio-Cavado , et dressa une belle carte de 
la province du Minho, qui aurait été gravée si l'auteur 
n'eût été victime d'un soulèvement militaire qui éclata en 
180S entre Porto etBraga. Nous remarquerons à celte 
occasion que son oncle, qui portait le même nom, était 
un astronome aussi habile que laborieux,auquel les Por- 
tugais doivent une longue suite d'observations publiées 
dans les épliémérides de Lisbonne , rédigées par lui , 
et qu'il ne faut pas confondre avec celles qui sont pu- 
bliées annuellement par les astronomes de Coimbra. 

N. C. PiTTA , médecin à l'île de Madère sa patrie. 
Il a publié à Londres en 1812, en anglais , une relation 
de cette île importante , dans laquelle il la décrit sous 
les rapports physique, industriel, administratif et 
médical. 

José Diogo Mascarenhas Neto, auteur d'une 
bonne statistique de la comarca de Guimaràes, lors- 
qu'il en était le corregedor. Voyez Economie politi- 
que. 

CoLUMBANO PiNTO RiBEiRO, auteur d'une bonne 
statistique de la province du Tras-os-Montes en 1798. 

José Antonio de Sa, auteur d'une assez bonne 
statistique de la comarca de Moncorvo. 

Lliz Gomes, officier du génie, auteur d'une sta- 
tistique de la comarca d'Aveiro. 

José de Sande e Vasconcellos, colonel du génie, 
auteur d'une bonne statistique du royaume d'Algarve. 

JoAQUiM Pedro Gomes d'Otjveira, ancien sur- 
intendant du sel à Setubal, et ministre de l'intérieur, 
auteur d'une bonne statistique de la comarca de Se- 
tubal. 



( cix ) 

JoAO Francisco Guimaraeins, riche propriétaire 
de Porto, ci-devant employé comme ingénieur , sous 
le Général portugais Bernardino Freire d Andrade, et 
somle^énéral anglais INicolas ïrant, a dresse un ires- 
beau plan de la ville dePorto et de ses environs , a fait Je 
nivellement des points les plus importans de celte ville, 
et a levé la carie topograpliique des deux provmces du 
Minho et du Tras os-Montes, qui est exempte des 
fautes grossières que l'on trouve dans celles de Lopez, 
de Toftrio, deFaden, d'Ellioietde tous ceux quil ont 
précédée : il travaille actuellement a celle de la Beira, 
qui est déjà très-avancée. Ayant vu nous -même et 
examiné tous ces travaux chez M. Guimaraes , nous 
partageons le regret de tous ceux qui , connaissant 
leur mérite, les voient encore rester manuscrits 
entre les mains de leur auteur. Voyez Architecture 

civile. -, , ^ 

* Francisco Antonio Ciera. Ce grand astronome 
est le premier Portugais qui ait eu l'idée de mesurer 
un degré du méridien dans sa patrie. G est dans ce but 
et principalement pour faire la triangulation du Portu- 
gal (i) , pour en dresser ensuite la carte , qu d travailla 



(I) Ce grand travail, ignoré de presque tous les ^'™%^t/^^j^Se^^^^^ 
fait beaucoup d'iionneur au roi actuel , qui cta.t alors a la tet'^de at 
f!ires du royaume , et à Dom Rodrigo de Sou.a Cou t.uho . ^l-s m n stre 
d-Etat, qui en conseilla l'exécution. Comme 3 . ^'^^^.^^//.^^X^'K 
à donner seulement les bases pour servir a dresser la "f "l ^*'^^^^^_ 
tugal , mais qu'il fournissait aussi celles qui devaient servir de |onde 
ment pour lA mesure d'un degré du méridien , on '{'.^^"''^^^^^'^^^^^X si 
avec tous les procédés les plus délicats ce la S^^^l'^^'^. "^^l^';^;"l,; " 
supérieure.1 celle de^ anciens. On fit venir , pour ^^'^J-^^^^^^^^^^^^^^ 
triis excellens cercles répétiteurs de Borda , '^«"f ^u.ts par Trau hton 
Adamset Lcnoir , etl'on s'en servit pour mesurer les «"?1^^^ ' _^" P°[;^^^^^^ 
l'exactitude jusqu'à une seconde. Dans la vaste pl=»i"^ F^^^ -i^^^d^ 
«ontale qui est sltuéeau sud du Mondego , on •^e^"»-f""/^SX^;,3X,e3 
.4976 brasses, équivalentes:» 17.68 «"illes, avec quatre excellente^ eg^es 
de bois de Brésil de 3o palmes de long chaque. L »;tronomeCcra mesura 
cette base du sud au nord.et son digne coîlègue Çaula, alors eolone du 
«nie la mesura en sens contraire; les résultats de cette double raesme 
rdoknèr^ntquelapetitedifférencedeSpalmes. L'extrémité septentrio- 



pendant plusiems années avec un zèle et une assiduité 
qui ne peuvent être inspirés que par la plus grande pas- 
sion pour des sciences qu'il possédait si parfaitement. 
Voyez Mathématiques. 

José Maria Neves Costa, colonel du génie. Cet 
liabile officier leva en 1808 avec le général Caula, alors 
colonel du génie, la carte topograpbique de l'Estre- 
niadnra depuis les îles Berlengas jusqu'au Tage, en 
combinant ses travaux avec ceux exécutés pendant la 
grande triangulatiou dirigée par Ciera. M. Neves joi- 
gnit à ce travad un excellent mémoire sur les proprié- 
lés du terrain. Voyez Tactique. 

Bernardo Federîco DiiGAULA^marécbal decamp. 
C'est après Ciera l'ofiicier du génie qui travailla le plus 
à la grande triangulation. (Voyez la note ci-dessous.) 
Après la mort de Ciera , M. Canla détermina la posi- 
tion d'un grand nombre de points, et leva avec le major 



riale de cette base se trouve dans là Serra de Buafcosprèsda capMondego. 
On rapporta tous les triangles à celte grande base , les vériBant ensuite 
au moyen d'un autre pins petite qu'on mesura dans la plaine du Mon- 
tijo, le long de la gauche du Tage , et dont la longueur comprise 
entre Batci et Montijo était de 47^5 brasses, équivalentes à 5.65 milles. 
Ces secondes mesures s'accordèrent exactement avec les résultats ob- 
tenus des triangles partis de la première base. La chapelle de la Se- 
nhora das Areas, le signal du Caramulo, ceux delà Serra d'Estrclia, 
de Bussaco, de Buarcos, de la Serra de Montejunto, l'église de Nazareth, 
le phare du cap Carvoeiro,le clocher de Penna dans la Serra de Cintra, 
la tour de l'observatoire du Castello de Lisbonne , le phare du cap Espi- 
chel , le signal de la Serra de Arrabida , le château de Palmellaetla Foya 
de Monchiquc sont les sommets de ces grands triangles ; et quoique 
quelques-uns de leurs angles n'aient pas été mesurés avec les cercles 
fépétitcurs , surtout ceux qui se trouvent au sud de Palmella, ils le 
furent toujours avec de bons théodolites, et en croisant toujours les 
observations. Le savant espagnol M. Pedro Foique , depuis long-temps 
naturalisé en Portugal , et actuellement ])rigadicr du génie, ctM. Nie- 
maye.r , habile ingénieur allemand , mort à Lisbonne brigadier et in- 
specteur du génie , aidèrent beaucoup les ingénieurs portugais dans ces- 
ilnportantes opérations géodésiques. Le public eut la preinière con- 
naissance de cet excellent travail , par la petite carte gravée à Lisbonne 
par ordre du prince régent en i8o3 , sous le titre de Carta dos prin- 
cipups triangulos das operaqoes ge.odesicas de Portugal , et réimprimée; 
^ Londres quelque temps après. 



José Maria Neves Costa la carie topograpliique d'une 
j)artie derEstremadura. Il leva aussi par ordre du mi- 
nistre de la marine dom Rodrigo de Souza Coutinbo 
le plan du port de Lisbonne avec l'astronome Francisco 
Antonio Ciera. Dans cette occasion on détermina avec 
la plus grande exactitude les positions de tous les points 
remarquables des deux bords du Tage depuis le cap 
i\oca jusqu'à Sacavem. 

JoAQuiM Pedro CxVZadoGiraldez. Cet babile offi- 
cier de l'armée portugaise , qui se trouve à Funcbal 
depuis plusieurs années, est sans contredit le premier 
j^éograpbe portugais ; du moins on peut dire qu'à 
l'exception des ingénieurs qui ont travadlé à la trian- 
gulation du Portugal et du Brésil et à la rédaction des 
cartes topograpbiques, aucun Portugais, depuis long- 
temps, n'a publié d'ouvrages aussi importans et d'aussi 
longue baleine que les siens. 11 les a tous composés à 
l'île de Madère, et les a fait publier à Paris par 
M. F. Didot. Le premier, publié en 1 8145 a pour titre : 
Tableau des colonies et possessions anglaises clans 
les quatre parties du mondes par le Patriote portu- 
gais. Le second parut sous celui de Mappa geo- 
hydrographico , historico e mercantil , et office les 
principaux élémens de la géograpbie statistique de 
tous les états de l'Europe et des Etats-Unis d'Amé- 
rique. Le troisième a pour titre Uonatarios^ Gover- 
nadores , Capitàes generaes , povoaçào (population ), 
militar, rendimento , etc. , da Madeira. Le quatrième 
est connu sous le titre de Statistica historico-geogra- 
phica da Madeira e Porto-Santo , et contient efléc- 
livement les bases d'une statistique de ces deux îles 
en l'année 181 5. Le cinquième , qu'il a intitulé jS^^x- 
iistica historico-geographica do Reino de Portugal, 
offre en quatre grandes feuilles la statistique de ce 
royaume , accompagnée d'une mauvaise carte géogra- 
pbique , que nous croyons être celle de Zannoni. A 
part quelques inexactitudes dans les données statistiques, 



( cxij ) 

on doit avouer que ces cinq lableaux,snrtout le premier, 
le second et le cinquième , (but, beaucoup d'honneur à 
ce savant militaire, qui y déploie un grand jugement et 
une patience prodigieuse dans la distribution mélbo- 
dique de tant de faits, et un zèle infaligable {Dour ras- 
sembler toutes les données nécessaires , quoique mal- 
heureusement, faute de secours littéraires, et n'ayant 
pas à sa disposition les ouvrages classiques des Alle- 
mands , il arrive quelquefois que ses calculs sont sur- 
annés et par conséquent inexacts. M. Giraldez travaille 
actuellement à une géographie universelle historique 
et statistique , qui lui assignera une place éminente 
parmi les géographes , s'il remplit toutes les promesses 
qu'il a faites dans son prospectus. 

^ Pedro Celestino Soares, officier du génie, 
auteur d'une carte militaire de l'Alem-Tejo. 11 tra- 
vailla avec Ciera à la grande triangulation du Portugal. 

IsiDORO Paulo Pereira, brigadier du génie, au- 
teur d'une carte topographique du Pinhal de Leiria. 

^ Manoel de Souza Ramos , auteur de la carte 
topographique de la côte depuis l'embouchure du 
Douro jusqu'à celle de la Vouga. 

Agostinho Albano , professeur d'agriculture et 
médecin à Porto. Ce savant distingué a levé la carte de 
plusieurs parties de laBeira, lorsqu'il était employé 
dans l'état-major de lord Wellington. Voyez Méde- 
cine.f Grammaire , etc. 

José Joaquim de Freitas Coelho , auteur d'une 
carte de la province du Tras-os-Montes. 

Nous regrettons de n'avoir pas encore reçu les ren- 
seignemens que nous attendons sur les officiers du gé- 
nie qui depuis quelque temps travaillent à la rédaction 
d'une carte générale du Portugal, d'après la triangu- 
lation de Ciera et d'après les précieux matériaux qui 
ont été rassemblés depuis dans des opérations séparées. 

Le major Leal, employé à Varchivio militar à 
Lisbonne. Nous avons vu des cartes topographiques 



du cantonnement de tous les régimens des milices, 
qu'il a rédigées pour le maréchal Bcresford. M. Leal a 
aussi composé un Mappa alfabetico do toutes les 
paroisses du royaume du Portugal et d'Algarve, qui, 
en diflérentes colonnes et dans des noies, oOie les j)rin- 
cipaux élémens de la statistique du Portugal, et que 
tous les amateurs de la géograpliie voudroicnt voir 
imprimé. Cet liabile officier est aussi chargé, sous la di- 
rection du colonel Fraiizini, de faire, le résumé de 
tousleslableaux de la popul.dion et de-son mouvement, 
qui sout envoyés par tous les curés et les évéques du 
royaume. 

Antonio José Vaz Veliio, cosmographe de la 
cnmarca de Tavira, et surintendant des travaux hv- 
drauliques pour resserrer le lit du Quarleira. Psous 
avons vu un mémoire manuscrit sur la division des 
provinces et comarcas du royaume qu'il a présenté au 
Congrès. 

Alberto Carlos de Menezes, surintendant de 
l'agriculture. 11 a présenté aussi au Congrès un mémoire 
sur la division des provinces et des comarcas du 
royaume, que nous avons eu entre les mains. 

Ariaga, député aux Coriès, auteur d'une statistique 
manuscrite des îles Pico et Fayal, qu'il a offerte au 
Congrès. 

JoAQLiM José da Costa Macedo, trésorier de 
l'Académie des Scitnccs,ct membre de la junle àc> inté- 
rêts des emprunts royaux (voyez 1" vol., pnge 255). Ce 
littérateur distingué est un des plus i^rands biblioirra- 
pnes portugais, et possède de vastes connaissances en 
géographie, surtout dans celle du moyen âge. 11 a pu- 
blié quelques dissertations dans les Mémoires de l'Aca- 
démie des Sciences. 

* DoM Rodrigo de Souza Coutinho, comte de 

LI^HARES, géographe distingué. C'est à lui que les 

Portugais doivent la plus grande partie des travaux 

géographiques dont nous avons parlé. Y oy. Politique. 

lî. h 



f c\\v ) 

Antonio de SALDA>iïi4. da Gama , oOlcier de ma- 
rine irès-disiinguë , ancien gouverneur général d'An- 
gola en Afrique, de Maranliào au Brésil , ambassadeur 
à Pétersbourg, au Congrès de \ienne et dernièrement 
à Madrid. Eu ] 806 il lit des essais heureux pour re- 
uouveler la eoumjunicalion par terre entre les élablis- 
semens porlugais d'Angola et Mosambiqiie, se servant 
des relations multipliées qu'entretenait avec les indi- 
gènes M. Francisco Honoraîo da Cosia , colonel des 
milices de son gouvernement. M. Saldanha doit à ses 
grands voyages et à son goût pour l'élude de vastes 
connaissances en géographie. 

^ Francisco Borgls da Silva, auteur d'une sta- 
tistique générale des Açores, d'une statistique particu- 
lière plus détaillée des îles San-Miguel et Santa-Maria , 
et d'une savante réfutaiicn de V Histoire des îles Aço- 
res , publiée à Londres en 181 5. 

LlIZ CaNDIDO CoiîDEIRO PiNHEIRO FtJRTADO , 

maréchal-de-camp , auteur d'une carte topographique 
de l'île et port de Loanda (San-Pau!o d'Assumpçào), 
capitale du royaume d'Angola _, et d'une autre repré- 
sentant toute la côte d'Afrique comprise entre le 'y et 
le 19* parallèle sud. Ces travaux précieux, que nous 
avons eus entre les mains, sont de la plus grande im- 
portance pour la géographie. Cette science doit beau- 
coup à M. Furtado , qui a profité d'un séjour de 2.b 
ans dans ces contrées pour déterminer la position 
exacte d'un grand nombre d'endroits et de peuplades 
inconnues jusqu'à présent à tous les géographes; il s'est 
attaché à indiquer avec leur véritable orthograplie tous 
les noms des établissemens porlugais de cette région, 
défigurés pour la plupart par les dénominations 
inexactes des géographes et des voyageurs étrangers. 
^ Lacerua, colciicl du génie ^ mort dans la capi- 
lainerie de Senna en Afrique, pcndunt qu'il levau la 
rarle de cette région aussi riche que peu connue, en 
déterminant astronomiquement les positions et posant 



( cxr ) 

des bornes sur differens points. M. Lacerda doit eire 
justement célèbre dans les annales de la géograplile 
noiu' avoir conmiandé le délacliement porlugais qui 
traversa l'Afrique méridionale d'une cote à l'autre. 

Fkajscisco de Pal la Suasu.na Cavalcanti, 
capitaine ijénéral de Mosambique , auteur de Fimpor- 
lanie statistique de celte vaste capitainerie, dont nous 
avons donné un extrait dans le l'"" volume de nos 
Variétés. 

OsORio, major du gdnie, auteur d'une carte d'An- 
gola. 

Manoel Ayres de Cazal. , auteur de la Coro- 
grafia Brazilica , publiée dernièrement à Rio-Janeiro 
en deux volumes in-8». Ce religieux déploie beaucoup 
d'érudition dans cet ouvrage entièrement original. 

L'abbé N. N. , savant géographe de Rio-Janeiro , 
qui , après avoir parcouru presque toutes les capitai- 
neries du Brésil, en a composé une description assez 
détaillée. Nous savons de bonne part que cet ouvrage, 
qui sera de sept à huit voUimes in-S", est très-savam- 
ïuent rédigé, et qu'il sortira sous peu des presses de 
Rio-Janeiro sous le titre de Geograjîa statistlca do 
Brazil. 

Le général MaNoel Matins do Couto Reis; il a 
levé le plan de la capitainerie de San-Pedro do Sul, 
celui de l'île de Santa-Catbarina , et a beaucoup travaillé 
à la carte générale du Brésil. Sa belle manière de des- 
siner a mérité à ce savant géographe le litre àe premier 
dessinateur brésilien. 

Les colonels du génie Francisco Soares de An- 
dréa et Hemuque IziDORO DE Brito, et le major du 
génie Anton lo Elixario de Brito , chargés de dresser 
la carte de la capitainerie de Rio-Janeiro suivant la 
méthode des projections de Monge , ont interrompu 
ce travail important en 1817, par ordre supérieur. La 
partie qui est terminée est exécutée avec perfection. ,,, 

* Portugal, mort à Perjpambuco en 1818, était- 



( »^XYJ ) 

un des plus habiles ingénieurs portugais. La grande 
exactitude de ses cartes hydrographiques de la côte 
du Brésil lui fait beaucoup d'honneur; elles sont Irès- 
recherchécs des Anglais. 11 a vérifié avec le plus grand 
soin les points principaux de la côte depuis Searà jus- 
qu'à l'emijouchure de la Plata. M. Portugal a aussi 
levé les plans des îles de Fernando, de Santa-Calhe- 
rina et de rillia-Grande. 

Jacinto Desiderio Cony, colonel du génie. En 
ï8lo il a levé la carte topographi'|ue de la capitainerie 
de Rio- Janeiro sous les ordres de MM. le général 
INapion, le maréchal Joaquiiu José Ribeiro el le bri- 
gadier marquis d'Alegrete. 

Les majors du génie JoAO Paulo dos Santos Bah- 
RETO {yo^Qz Mathématiques ftl Littérature) et Bparo, 
sous les ordres de MM. les généraux Slockler et Rey, 
ont levé, en 1819,1e plan delà partie de la capitainerie 
de Rio-Janeiro comprise depuis la ville de ce nom 
jusqu'à la rivière Taguahy ; celte carte , qui est d'une 
grande exactitude , représente une surface de 100 lieues 
carrées. 

Le capitaine de vaisseau Diogo JotiGE de Brito, 
assiste d'autres ofTiciers de marine, a dressé une belle 
carte hydrographique de la baie de Rio-Janeiro. 
M. Brito a vérifié aussi plusieurs points importans de 
la côte du Brésil près de l'embouchure de la Plata. 

Le colonel du génie Paullet a levé la carte topo- 
graphique delà capitainerie de Searà, dontM.Manocl 
Ignacio de Sampaio, officier d'un mérite distingué, 
était gouverneur. La manière avec laquelle M. Paullet 
s'acquitta de ce travail important lui mérita 1 honneur 
d'être nommé gouverneur des missions du Rio-Grande 
do Sul. En 1820 il fut aussi chargé de vérifier les tra- 
vaux topographiqiies exécutés autrefois sur cette con- 
trée par les ingénieurs Barboza et Serra. 

Le colonel du génie Salvador a vérifié en i8i5 
l'ancienne carte de la capitainerie de Bahia , et en a 



( cxtij ) 

fait une nouvelle , exempte des erreurs dont la pre- 
mière était remplie. Ce travail a reçu les éloges des 
ingénieurs ses collègues. 

Le lieulenanl-colonel du génie Cabral a levé pen- 
dant 18 ans la carte de la capitainerie de Matto-Grosso. 
11 est impossible de décrire les diflicultés , les peines 
et les privations auxquelles cet habile officier a dû se 
condamner pendant un si grand laps de temps pour 
venir à bout d'un travail si considérable à travers les 
forêts de cette immense capitainerie (i). 

MoDESTO Rangel. Cet habile topographe a levé en. 
1-784 le plan de l'île Santa-Catharina , et en a composé 
un précis statistique qui est un des meilleurs travaux 
qui aient été exécutés en ce genre au Brésil. M. Range! 
a dressé aussi une carte topographique des environs de 
Rio-Janeiro , qui comprend une surface de /{O lieues 
carrées ; cette carte est très-soigneusement travaillée , 
et mériterait riionneur de la gravure. 

Antonio Bernardino Perelra do Lago, colonel 
du génie, a réduit à une échelle quintuple la partie de 
la carte générale du Brésil comprise entre les 5" et 
26' parallèles sud et les méridiens 3o6 " et 545° , dressée 
auparavant par le capitaine de frégate Ponte Leme. Il 
a aussi publié dans les Annaes la détermination de igo 
points qui sont les plus importans du Brésil, moyennant 
lesquels les géographes pourraient rectifier beaucoup 



(1) M. Cabral, se trouvant à Rio-Janeiro , où il avait porté les ré- 
sultats de ses immenses travaux gco£;raphiqucs , eut avec un officier 
un démêlé qui fut suivi d'un duel dans lequel il eut le malheur de 
tuer son adversaire. Arrêté et soumis à un conseil, il fut condamné k 
un «xil perpétuel sur la cote d'Afrique. Le roi , qui connaissait le mé- 
rite de cet officier , ayant égard à ce qu'il venait d'exécuter pour la 
topograpliie du Brésil , non-seulement cliangea le lieu de son exil sur 
la côte ilAfrique pour celui de San-Paulo au Brésil , mais le nomma 
même ingénieur dans cette contrée , afin qu'il put y utiliser son 
talent. JNons rapportons ce trait tout ù la fois pour tlonner un exemple 
de la clémence du roi et du cas qu'il fait des hommes de mérite , et 
pour faire savoir à nos lecteurs de quelle réputatioa jouit M. Cabrai. 



( cxviij ) 

de fautes qui se trouvent répélées iiiénie dans les nioil- 
leures caries de celle \asle région qiiiaicnlété pitbliées 
jusqu'à présent. Aciuellement il est occupé à lever la 
carie hydrographique du porl de San-Luiz de Maranhào^ 
et de la cote de celle capitainerie, qu'il se propose 
de publier accompagnée d'un roteiro et d'une statis-< 
tica Jiistorico-geographica. 

Nous regrettons de ne pouvoir indiquer d'autres 
travaux entrepris et exécutés depuis peu de temps au 
Brésil , parce que nous ignorons les noms de leurs 
auteurs. Nous nous bornerons seulement à dire qu'on 
trouve dans l'archivio niilitar de Rio - Janeiro les 
cartes topographiques de toutes les capitaineries de 
celte vaste contrée. 

JoAQUiM Bento da Fo.nseca, ancicu professeur 
et examinateur d'hydrographie à l'école royale de 
Macao. Il est auteur d'un Roteiro sobre a navègaçào 
do mar da China 3 dans lequel il a rectifié, sur les 
meilleures cartes modernes, d'après ses propres obser- 
vations que plusieurs voyages lui ont donné lieu de 
faire, et d'après celles de plusieurs navigateurs natio- 
naux, beaucoup de fautes qui ont causé bien des 
naufrages dans cette mer. M. Fonseca y a aussi 
ajouté un appendix très-intéressant sur le commerce 
entre la côte nord-ouest de l'Amérique et celle de la 
Chine , et a publié à Rio-Janeiro un tableau sur les 
systèmes du monde, où il a développé des idées très- 
hardies. Nous citons ce fait pour faire remarquer que la 
censure était beaucoup moins rigide au Brésil qu'en 
Portugal. 

Nous ne parlons pas des travaux géographiques de 
MM. Oudinot, Dupuy, d'Ayet du Perier, Braun , 
elc. etc., parce que, étant étrangers et n'entrant point 
dans notre plan, nous n'avons pas cru devoir prendre de 
renseignemens sur leur compte lorsque nous étions à 
Lisbonne , et nous nous trouvons maintenant dans 
l'impossibilité ô^en. rien dire , même dans une noie. 



comme nous en avions le projet dès le commencement 
de l'impression de ce Coup-d'œil. 

Chez une nalioii qui entrelient des relations suivies 
avec les principales cours de l'Europe et qui possède 
dans toutes les parties du monde des éiabiissemens 
dont quekpies-uns sont situés au centre de l'Océanie, 
et jusque dans le cœur de l'Afrique et de l'Amérique 
méridionales, on rencontre fréquemment beaucoup de 
personnes qui ont fait de longs voyages, ne fût-ce que 
pour se rendre dans les différens pays qu'elles allaient 
administrer , ou dans les cours auprès desquelles elles 
étaient chargées de représenter leur souverain. En con- 
séquence, abstraction faite de toutes les personnes qui 
sont voyageurs par état, de même que de celles qui le 
sont aussi en qualité de militaires ou de négocians , 
nous nous bornerons à nommer les seuls Portugais 
qui ont voyagé par ordre du gouvernement pour 
examiner et décrire les différentes colonies, et ceux. 
qui ont voyagé pour s'instruire, quoique, pour les 
raisons déjà signalées dans la préface de cet appendix, 
ils n aient pas publié les relations de leurs voyages, 
comme le font presque toujours les Français, les Ita- 
liens, les Allemands et les Anglais. 

DoM JoAO, duc de LafaÔes. La froideur que lui 
témoigna le roi Joseph , son cousin germain , lors 
qu'il fut monté sur le trône , Je ibrça à demander la 
permission de voyager. Il passa d'abord en Angleterre, 
se rendit de là en Allemagne, et, après avoir servi avec 
distinction sous les drapeaux autrichiens pendant toute 
la guerre de sept ans , il se fixa à Vienne, où il jouit 
constanmient de toute l'estime de Marie Thérèse et de 
l'amitié de Joseph li. L'injuste procédé de son cousiu 
germain à son égard l'empêchant de retourner en Por- 
tugal , il entreprit de temps en temps de longs voyages 
d'instruction, et parcourut successivement la France, 
l'Italie , lu Suisse, la Grèce, F Asie-Mineure et l'Egypte; 
quelques années après il alla en Pologne, en Russie, 



( cxx ) 

en Laponie , en Suède et en Danemarck. A Favéne- 
ment de Marie il revint en Portugal. Voyez Sciences 
naturelles. 

L'abbé José Cokeea. da Serra. Il a parcouru la 
France, rAngJclerre, les Etats-Unis d'Ame'rlque, etc. 
Voyez Sciences naturelles. 

JoséBonifacio d' A IVDRADE.TI a parcouru la France, 
l'Allemagne et l'Italie. Voyez Sciences naturelles. 

JoAQUiM Pedro Fragoso de Sequeira. Voyez 
Sciences naturelles. 

Félix Avellar Brotero. Y ojez Sciences natur. 

JoAO Anto.mo' Mo.nteiro. Il a parcouru la France, 
FAllemagne et d'autres parties de l'Europe. Voyez 
Sciences naturelles. 

JoAO DA SiLVA Fejo. Voyez Sciences naturelles. 

Frais CISCO Solano Constancio. 11 a parcouru toute 
l'Espagne, la France, l'Anglelerre, l'Ecosse, les Pays- 
Bas , l'Allemagne etl'llalie. Voy. Médecine, Lilt., elc. 

MaNOElFeRREIHADaCaMARA BETTE^COURT. Il a 

visité la France , FAngleterre , l'Ecosse , l'Alle- 
magne , le Danemarck , la Suède et la Norwége. Voyez 
Sciences naturelles. .^ 

Le père José Mariano da Co.\ceiçao Velloso. 
Voyez Sciences naturelles. 

Ambrosio DOS Reys. Voyez Economie politiciue. 

Manoel Pedro de Mello. 11 a voyagé en France, 
dans les Pays-Bas et en Italie , pour y examiner les 
travaux hydrauliques. Voyez Mathématiques. 

^ Fernando CoRRE\, vicomte de TorreBella, 
décédé dernièrement ministre à Naples. Avant de 
commencer sa carrière diplomatique il avait parcouru 
toute l'Europe. 

* Anastasio Kodrigues, colonel du génie, a dirigé 
et accompagné dans leurs longs voyages dans toutes 
les grandes capitales de l'Europe le jeune comte Da 
Lapa et son cousin DoM José Luiz de Souz a, dernier 
ministre à Londres. 



SiiMAO DA Roc El A LoL'REiRO , riclie nc'i^'Ocîant <î(î 
Lisbonne ; il parcourut pour son instruclion tout le 
Portugal , touie l'Espagne , la France , l'Angleterre , 
rAlleniagne et l'Italie; il alla aussi comme négociant 
à Goà , Diu, Macao , Damào , Mozambicjue , Java, 
Pernambnco, Bahia et Rio- Janeiro; son goût pour les 
voyages lui fit parcourir imc grande partie de l'inlé- 
rieur de la capilaincrie dont celle dernière ville est la 
capitale. M. Lourciro est acluellenient à Lisbonne. 

José Francisco Braamcamp , conseiller d'Etat à 
Lisbonne. Il visita pour son instruction toute l'Angle- 
terre et la France. 

José Marcelino GonçAlves, un des plus riclies 
négocians de Rio-Janeiro. 11 a voyagé en France , en 
Italie , en Angleterre , en Hollande et en Allemagne. 

José Diogo MascarenhasNeto, cliargéd'aflaires 
à Paris avant TM. de Oliveira. 11 a vo^^agé pour son in- 
struction en France , en Allemagne , en Danemarclv, 
en Suède , en Norwége , en La[)onie ; il a été jusqu'au 
Cap-Nord. Voyez Economie politique, 

DICTIG^'iXAIRES , GRAMMAIRES ET LANGUES ÉTRANGÈRES. 



La langue portugaise , dit un des littérateurs portugais 
les plus distingués, le docteur Francisco Solano Cônstan- 
cio , dans son savant discours préliminaire au Jornal 
das Sciencias e Artes, lalangue portugaise est la seule, 
parmi les langues polies de l'Europe , qui ne possède 
pas encore un dictionnaire classique, une bonne gram- 
maire, un système d'orthograplie , une prosodie, un 
traité de synonymes et d'iiomonymes, une collection 
d'idiotismes, en un mot qui possède à peine une édition 
correcte d'un de ses auteurs classiques. Ce jugement, 
qui est celui de beaucoup d'autres littérateurs natio- 
naux , paraît cependant un peu trop sévère à quelques 
autres que nous avons consultés sur ce sujet. En eÔbt, 



( cxxi) ) 

on ne peut nier que beaucoup <l'irrëgularilés repro- 
chées à la langue portugaise ne se relrouvent dans 
plusieurs autres idiomes. Notre lan<4ae italienne , et 
même la langue française , quoiqu elles aient été sou- 
mises àlant de travaux philosophiques et philologiques, 
n'ont pas encore leur orthographe dcfinilivcment fixée. 
Nous avons encore en Italie des iitléra^teurs et des 
savans distingués de la Toscane et des Etats romains 
et napolitains , qui suivent une orthographe et em- 
ploient des expressions qui ne sont pas adoptées par 
les puristes de l'Italie septentrionale. L'orthographe 
de Voltaire n'est pas encore classique. On peut même, 
dire qu'en fait d'autorité ie Dictionnaire de l'académie 
française lui-même n'en est pas une pour beaucoup 
d'écrivains distingués. 11 y a pas de littérateur quine sache 
que Duclos, quoique secrétaire de l'académie, ignorait 

I orthographe de sa langue , ce qui rend la lecture de 
ses manuscrits insupportable. Les membres de l'aca- 
démie de Lisbonne méritent aussi des éloges pour 
l'immense travail qu'ils ont entrepris pour la confection 
d'un dictionnaire de la langue nationale, dont le 
premier volume , publié depuis long -temps , est un 
trésor d'érudition et de savoir. 11 est vraiment fâcheux 
qu'on ait pas encore publié les autres volumes , et que 
cet ouvrasse , si nécessaire à la littérature portugaise , 
soit interrompu. Cependant il faut avouer qu'aucune 
autre langue vivante de l'Europe ne présente autant 
de ditlcrences dans l'orthographe que la langue por- 
tugaise , et que nulle part les écrivains ne sont si peu 
d'accord entre eux sous ce rapport que dans ce [)ays. 

II ne faut donc pas s'étonner si, faute de guides sûrs , 
chacun écrit à sa guise , et si même les ouvrages 
d'honmies vraiment savans founnillent de fautes et de 
contradictions choquantes sous le rapport de l'ortho- 
graphe et de la langue. Voici les titres des diction- 
naires anciens et nouveaux publiés en Portugal depuis 
j8oo jusqu'à présent. 



( cxxiij ) 

Diccionario da lingiia portugueza, par Antonio 
DE MoKAES E SiLVA , cn doux voluiues in-4°. C'est 
]c seul diclionnalre de la langue porlugaise qu'on 
puisse considéier comme classique. C'est un abrégé 
irès-bien fait du grand dictionnaire de Bluteau. On 
s'occupe déjà de la troisième édition. M.Moraes e Silva 
est un littérateur très-distingué , actuellement à Per- 
nambuco , oii il a rédigé une excellente grammaire 
portugaise, qui se trouve à la tète de la seconde édition 
de son dictionnaire. 

Le Dicciojiaj'io gérai da lingua portugueza d'al- 
gibeira (de pocbe), por très letteratos, i vol. in-8°, 
Lisbonne, 1818-1820. 

Le Diccionario universal da lingua portugueza , 
por huma sociedade de letteratos ^ on le publie par 
leuillf'S ; q' oique commencé en 1818, il n'est encore 
qu'à la leiu ^ E. 11 doit former 2 volumes in-folio. 

11 existe p usieurs dictionnaires portugais- français et 
français-portugais. Voici les plus connus : 

Le Dictionnaire français-portugais et portugais- 
français , par Joaquim Jozé da Costa e S a , professeur 
de langue latine à Lisbonne. C'est le plus complet; il 
est rédigé d'après l'ancien dictionnaire de Marques. 
M. ViCENTE Pedi\o Nolasco , un des collaborateurs 
de X Investigador portuguez (voyez le cbapilre Jour- 
naux) en a publié une seconde édition à Lisbonne , en. 
deux volumes, avec quelques augmentations. (j^fp 

Le Dictionnaire français-portugais et portugais^ 
français f imprimé à Bordeaux en 181 1 en 2 vol. in- 16. 
C'est l'ouvrage d'un anonyme, et les épreuves ont été 
revues parle marquis de Penalvaet par quelques autres 
Portugais qui se trouvaient en France à cette époque. 
Ce dictionnaire est assez bonnet est engénéralsupérieur 
à celui qui parut l'année suivante à Paris en 2 vol. in-8°, 
plus petit format, sans nom d'auteur. Ce dernier dic- 
tionnaire est attribué à ]\L Borges, actuellement dé- 
puté aux Cortès pour la ville de Babia , et qui se trouvait 



( cxxiy ) 

alors à Paris , où il se vouait à l'élude des sciences y 
et surtout à celle de l'agriculture. On croit que l'abbé 
Corée A de Serra a travaillé aussi à sa rédaction. 

Le Nouveau Dictionnaire portatif des langues 
française et portugaise , publié en 2 volumes in- 16 à 
Paris en 1820 , par le docteur Fr4l!\cisco SolaNO 
Co.NSTAKCio (voyez Médecine , Journaux, Littéra- 
ture, etc.). Ce dictionnaire contient près de 12000 
mots qui ne se trouvent dans aucun des deux précédens, 
et plusieurs même qui manquent dans celui de Moraes. 
Le précis de la conjugaison des verbes et de la pro- 
nonciation des deux langues, qui est à la tête de chaque 
volume, est excellent. Tous les littérateurs s'accordent 
à donner à cet ouvrage, aussi bon que peu volumineux, 
le titre de parfait dans son genre. 

Les Portugais n'ont que deux dictionnaires anglais- 
portugais, savoir : 

Le Dictionnaire anglais-portugais et portugais- 
anglais , par AiNTOJNio Vieira Transtagano, moine 
portugais expatrié , devenu professeur de langue hé- 
braïque dans l'universilé de Dublin , et auteur d'une 
bonne grammaire anglaise et portugaise. On a fait en 
Angleierre plusieurs éditions de ce dictionnaire. La 
meilleure est celle qui a été rédigée et fort augmentée 
par M. JoAO Pedro Aillaud , né en Portugal, et 
mainfenant libraire à Paris. Elle a paru à Londres 
e||(|8i3, en 2 vol. in-8°. 

Le Dictionnaire anglais -portugais du député 
Félix Avelar Bhotero, publié à Paris, lorsque ce 
grand botaniste y séjournait, est aussi fort estimé. V^oyei 
Sciences naturelles. 

Le Dictionnaire latin - portugais et portugais- 
latin, par Pedro José da Fonseca, professeur de 
rhétorique à Lisbonne. C'est l'ouvrage adopté dans tous 
les élablissemens d'instruction publique du royaume, 
et on en a fait plusieurs éditions. M.Fonseca est un lit- 
térateur distingué, auteur d'un diclionnah^e de la fable. 



( CXXT ) 

d'un trailë de rhétorique et d autres ouvrages, entre 
autres d'une traduction de la Poétique d'Horace , avec 
des notes. 

Les ouvrages suivans , sans être absolument des 
dictionnaires , approchent beaucoup de ce genre 
d'ouvrages. Ils seraient mal placés partout ailleurs, et 
nous croyons convenable de les indiquer à la suite des 
précédens. 

Lexicon Etymologico das palavras e nomes por- 
tuguezes que tein origeni arabica , coiuposé par ordre 
de l'Académie Royale, par le "*" père Joao Dii Souza., 
religieux franciscain, professeur de langue arabe dans 
le couvent de Jésus à Lisbonne. C'est un ouvrage 
rempli d'érudition. Son auteur était un des savans de 
l'Europe les plus consommés dans la langue arabe , 
qu'il parlait parfaitement. Voyez l'article Grammaires 
à la page suivante. 

Ensaio sobre algujis syiionymos âa îingua por- 
tugueza , publié dernièrement par l'Académie des 
Sciences de Lisbonne. Oest le olief-d'œuvre d'un de 
ses membres les plus distingués, du père Francisco 
DE SAN Luiz, quoique son auteur ait la modestie d'a- 
vouer que ce n'est qu'un simple essai. 11 est rédigé sur 
le plan d un dictionnaire. \ ovcz Théologie. 

Glossario clas palavras portuguezas affraiiceza- 
(îas, par le même auteur, et publié aussi par l'Académie. 

Elucida? io das palavras^ termos e frases que en 
Portugal autiguameute se usai'ào, publié à Lisbonne 
en 1798, en 2 vol. grand in-4*', par le père Joaquim 
DF. Santa-Rosa de Viterbo , religieux de Tordre des 
mineurs réformés. C'est un ouvrage parfait clans son 
genre , Et dtabs lequel son auteur déploie la plus vaste 
érudition et la critique la plus exercée. 

Quant aux Grammaires publiées depuis 1800 
jusqu'à présent , nous remarquerons que depuis la 
publication de l'ancienne grammaire de Lobato, dont 
on a fait un grand nombre d^édilions , le double pris 



( CXXYJ ) 

proposé par l'Acndemic Royale à celui qui ferait une 
bonne grammaire philosophicjue a engage plusieurs 
savans à faire quelques essais plus ou moins heureuï , 
mais dont aucun n'a encore élé couronné. Voici les 
litres des principales grammaires publiées depuis i8oi i 

Le Novo Methodo da gramatica latina, * d'AN- 
TO-MO Pereira de FiGUEiREDo (voycz Histoire et 
Théologie). C'est une bonne grammaire , qui sert de 
texte pour l'étude du latin dans le collège des arts à 
Coim])ra , et dans les autres écoles du royaume. 

La Grarmiiaire arabe j composée par ^ le père de 
SouzA, professeur de langue arabe dans le couvent 
de Jésus, est la meilleure que les Portugais possèdent 
dans leur langue. 

La Grammatica latina de l'abbé Fortes, profes-' 
seur de langue latine à Rio- Janeiro , et publiée der- 
nièrement dans cette ville , est la meilleure que pos- 
sèdent les Portugais pour apprendre le latin; elle est 
composée d'après le système de M. de Tracy. 

La Grammaire de la langue portugaise de l'abbé 
Dubois , émigré français attaclié au département de 
la guerre à Lisbonne, et publiée à Agen en France. 
Quoique ce soit la production d'un étranger, on 
doit la citer parmi celles des nationaux , d'abord 
parce que c'est la seide qui puisse donner aux étran- 
gers la connaissance de cette langue , tandis que les 
autres enseignent aux Portugais les principes des 
langues étrarigères : ensuite parce qu'elle est rédigée 
sur un plan plus pbilosopbique que ne le sont ordi- 
nairement les livres de ce genre qui ont des Portugais 
poui' auteurs. L'abbé Dubois est actuellement à Paris. 

La Grammatica filosofica da linguOrportugue^a 
comparada com a latina para anibas se apprende- 
rem ao mesmo tempo, de ^ Jeronimo Soares Bar- 
BOZA. C'est un bon ouvrage , mais qui ne remplit 
pas encore entièrement îe but pour lequel il a élé lait. 

Les Elementos de grammatica fraiiceza Au. nié- 



( csxvij ) 

«lecin _Agosti.^ko Albaiso da Siltf.ira P£?rro, el- 
(Icv.int professeur de langue française à l'académie 
de l'orlo. Celle i^rammaire, rédigée d'après les meil- 
leurs ouvrages français , esl lrès-j)ropre à rcm{)lir le 
bnl pour lequel elle a éié composée , et esl la meil- 
leure que possèdent les Portugais. Voyez Médecine. 

La Grammatica portufmcza de JozÉ Jo\QUI]M 
Casimiro. Son plus grand défaut esl d'clrc trop con- 
cise ; néanmoins elle est assez bonne. Son auteur , 
dont les lalens n'oni pas clé assez connus , vit dans la 
plus grande misère : il en est réduit à enseigner la 
lecture aux enfans dans une école de confrérie de 
Porto. 

I^ Grammatica filosofica da linguagcm porla- 
'jiwza , de Joao Chrisostomo do Couto e Melix: . 
C'est mie assez bonne grammaire , quoiqu'elle soit 
devenue difiiciie à conj{)rendre à cause du genre de 
style dans lequel elle a été écrile. M. Melîo est aussi 
l'auteur d^une Ortograpliia fdosojlca da linguagem, 
portugueza. 

Les Elementos de grammatica portugueza orde- 
nadvs seconda adoctrina dos meihores nrainmaticos. 
de Francisco Soap,.es Ferreira , professeur de 
langue française à l'académie de marine de Porto , et 
rédacteur du Patriota portuense. C'est un excellent 
extrait de tout ce qu'il y a de mieux dans les gram- % 
maires françaises ; mais l'auteur n'a pas pu atteindre 
entièrement son but dans l'application des principes 
<les grammairiens étrangers à ceux particuliers à la 
langue portugaise. 

La Grammatica ingleza, de Francisco Paula 
Jacu, publiée à Lisbonne en 1814? est la meillerfi-e 
d'après laquelle les Portugais puissent apprendre cette 
belle langue. 

La Grammatica ingleza de MA^'OEL de Freitas, 
])u])liée à Rio -Janeiro en 1810 , esl aussi une bonne 
grammaire. Son auteur est Brésilien , et réside à 



( CXXTÏlj ) 

Îiio-Janelro , où il ensei^^ne la logique et les langues 
anglaise et française qu'il possède parfaitement. 

Quantaux Langues <?7r«;?^è/'e5, on peutdire 
qu'enPorlugaljSurloulà Lisbonneeià Porto, et auBrc'sll 
à Rio-Janeiro , Baliia , Pernaoïbuco et San-Luiz de 
Maranliào , presque toutes les personnes dont l'édu- 
cation a été soignée connaissent , outre le latin et les 
élémens du grec, l'anglais , le Irançais cl l'italien . Cepen- 
dant cette dernière laiigne est moins cultivée en Portu- 
gal queleslangues anglaiseet française, que l'on reg;irde 
comme d'une nécessité presque absolue ; la première 
à cause de la mulliplicllé des relations commerciales, 
la seconde à cause de la généralité de son usage dans 
les transactions politiques et de sa littérature. La pas- 
sion des Brésiliens pour le chant et la poésie ne contri- 
bue pas peu à en décider un grand nombre, surtout 
à Rio-Janeiro , à apprendre l'italien , pour être en état 
d'en goûter les chefs-d'œuvre; ce qui, joint à 1 éta- 
blissement de l'opéra italien dans celle capitale, à Bahiu 
et à Maranliào , lait cpi'on trouve dans ce pays, tout 
bien considéré, sur un certain nombre d'habitans civi- 
lisés, une plus grande quantité qui se soient livrés 
à l'étude de l'itaiien qu'à celle de toute autre langue. 
On doit remarquer qu'en général , au Brésil et en Por- 
tugal, on parle mal ces langues , et qu'on les écrit en- 
core plus mal. Voici cependant les noms de plusieurs 
Portugais qui , par leiu's grandes connaissances dans 
les langues étrangères, méritent d'être cités ici. 

^ Rodrigo de Sa , desend^argadcr de la Relaçào 
de Porto , et littérateur distingué , surtout dans la 
partie relative à l'histoire et aux antiquités. Doué d'une 
mémoire prodigieuse, il s'était voué à l'étude des lan- 
gues 5 et il était parvenu à comprendre le latin , le 
grec , le caldaïque, l'hébraïque, le cophte, l'arabe , le 
hongrois, le russe , l'allemand, l'anglais, le suédois, 
le danois, le hollandais , le français , l'italien et l'es- 
pagnol. Parmi ses manuscrits ou a trouvé quelques 



( cxxix ) 

traductions du russe et du hongrois clins sa langue 
mnlornellc. 11 avait aussi de grandes connaissances en 
livdranliqnc, et il l'a prouvépar les ouvrages exécutés 
dans les environs d'Alcobaça sous sa direction. 

'*' Tho3IÉ Barbosa de FiGUEiREDO, employé à la 
secrétairerie des afTaires étrangères , possédait par- 
faitement le grec , le latin, le IVaneais , j'italien, l'an- 
glais, le danois, le suédois, l'allemand, le hollan- 
dais , le turc , le maure , l'espagnol et le russe. Ou 
nous assuje qu il connaissait aussi la lilléralure de la 
plupart de ces langues. 

Jacob Federico Torladls , chargé d'affaires à 
Stockholm. 11 a été élevé en Suède, et connaît par- 
faitement, outre le lalin , rallemand , l'anglais, le 
suédois , le danois , le français, l'italien et l'espagnol. 
Ce Portugais possède de grandes connaissances en po- 
liti/[ue ; et lorscpi'il était employé à la secrétairerie 
d'Ltat à Rio-Janeiro, il était chargé de faire pour le 
roi les extraits en portugais de tous les journaux 
étranijers. 

La comtesse de Oyenhaisiln. Cette dame respec- 
table possède le latin , l'anglais , le français, l'allemand, 
l'espagnol , l'ilalien , et connaît la littérature de ces 
différentes langues. Voyez Poésie et Littérature. 

Francisco Solano Constancio. Ce littérateur 
très-distingué possède l'anglais et le français aussi bien 
que sa propre langue; et il l'a bien prouvé par les 
Ouvrages qu'il a publiés dans ces deux langues. Il 
connaît en outre le latin , le grec ,• l'italien et l'alle- 
mand. Vovez Médecine , Littérature , etc. 

José Bomfacio d'Andrade. Ce savant minéralo- 
giste possède, outre le grec et le latin, l'espagnol, 
le français , l'anglais , l'allemand , le hollandais et l'ita- 
lien. Voyez Sciences nature/les, 

Martins Francisco d'Ajndrade , frère du précé- 
dent , possède le grec, le latin , l'espagnol , le fran- 
çais , l'anglais , Fallemand et l'italien. 

II. ^ i 



( CX.XX ) 

Antop^io Carlos d'Andrade, dépiiié aux Coriès 
et frère du précédent , parle les mêmes langues que 
lui. Voyez Jurisprudence. 

Le vicomte de San-Locreivço. Voy- PoésieetLitt. 

DoM JoAQUiM LoBO , comte de Oriola. Ce diplo- 
mate distingué parle et écrit avec une grande facililé 
l'allemand , le français et l'anglais. 11 connaît en outre 
le latin , l'italien , etc. Voyez Physique. 

'*' Le comte de Barca. 11 possédait le grec, le latin, 
le français, l'anglais , l'allemand , l'italien , le hollan- 
dais et l'espagnol. Voyez Politique. 

ÉLOQUENCE ET RHÉTORIQUE. 

D'après la manière dont le Portugal était gouverné 
depuis long temps , on ne pouvait guère s'attendre à y 
trouver de grands orateurs que dans la chaire et dans 
le genre des panégyriques ; encore dans ce dernier 
genre devait-il être difficile d'atteindre le suhlime , par 
le manque de sujets assez élevés pour fournir à l'orateur 
ces pensées fortes et ces situations intéressantes propres 
à émouvoir ses auditeurs. Tout en avouant quele défaut 
oi'dinaire des orateurs portugais est d'être pauvres en 
pensées , et beaucoup trop riches en épithètes entassées 
les unes sur les autres , en antithèses trop fréquemment 
employées , et de sacrifier souvent la force des argu- 
mens et la marche méthodique du discours au clin- 
quant des phrases , à l'harmonie des périodes et aux 
descriptions pétillantes de feu et remplies d'images 
vives , nous ne pouvons sans blesser la vérité refuser 
a celte nation l'honneur de posséder actuellement quel- 
ques hommes instruits qui ont pviblié d'excellens pré- 
ceptes sur l'art de former les orateurs^ et d'autres qui, 
en les mettant en pratique , se sont acquis une assez 
grande réputation dans l'éloquence de la chaire et 
dans celle des panégyriques. 

Tout le monde s'accorde à mettre à la tête des rhé- 



( cxxxj ) 

torlcieiis * Jeronimo Soares Barboza , professeur <ie 
rhétorique au collège des arts à Coimbra, et littérateur 
très-distingué (i)^. 

LepèreJoAO d'An]Nlnciada , chanoine régulier de 
Saint-Augustin à Saint- Vincent de Fora à Lisbonne, 
où il est professeur de rhétorique et bibliothécaire. II a 
eu la bonté de nous communiquer un excellent cours 
de littérature d'après lequel il enseigne, et qu'il a rédigé 
d'après les meilleurs qui ont paru en France et en Italie. 
Le père A.\dré Antomo Correa , autre rhéto- 
ricien et littérateur distingué. 11 a fait une nouvelle 
traduction de l'art poétique d'Horace. Il est vraiment 
à regretter qu'elle ne soit pas encore publiée , parce 
que , d'après l'opinion unanime de plusieurs littéra- 
teurs qui l'ont vue , elle passe pour être la meilleure 
qui ait été faite jusqu'à présent , tant par l'exactitude 
de la traduction que par la beauté des vers , et le 
nouvel ordre que ce Portugais a découvert dans la 
marche de son auteur. Vo3'ez Poésie. 

On ne peut parler des orateurs portugais sans com- 
mencer par nommer l'abbé José Agostixho de Ma- 
CEDO. Ce littérateur, qui se distingue dans presque 
toutes les branches de la littérature portugaise , l'em- 
porte de beaucoup sur tous ses rivaux dans celle-ci, 
où il brille par la vigueur mâle de son éloquence , la 
sublimité des pensées, la vivacité des images, l'émotion 
qu'il sait exciter,la correction du style et l'harmonie des 
périodes; ses ennemis mêmes , en rendant hommage à 
son talent oratoire , admirent la facilité extrême avec 



(i) M. Barboza a fait sur Quintilien un des meilleurs traités qu'on 
connaisse , pour servir de texte dans son école, et a donné une tra- 
duction portugaise de ce grand rhéteur , dans laquelle il parait avoir 
été le seul qui ait bien entendu certains passages de l'original. Cette 
traduction est accompagnée de notes excellentes dans lesquelles il 
explique des difficultés qui n'avaient encore été résolues par aucun 
autre. Il a fait aussi une bonne traduction de l'art poétique d'Horace, 
accompagnée de notes très-savantes où il déploie une vaste érudition 
et la plus profonde connaissance de son auteur. 



( rxxxij ) 

l;it|uelle 11 compose de Irrs-beaiix discours; 11 lui csl ar- 
rivéd'en improviser jusqu'à trois dans la nièmeniatince. 

'^'Lepère JoAQLiMDE Saista ClàR4, moine béné- 
dictin, archevêque d'Evora. La facilité de son style, 
Tabondance des pensées, le choix des épilhèles, la belle 
marche de son discours , la beauté des images et l'art 
avec lequel il savait émouvoir les passions, lui avaient 
valu le litre de Cicéron joortugais. On lui reproche 
cependant un style un peu trop diffus. 

^ L'abbé AiNTONio Pekeira. de Souza Caldas, ht- 
téraieur et poète très-distingué. C'est un des impro- 
visateurs les plus célèbres dans l'éloquence de la chaire. 
Il possédait toutes les qualités de l'orateur. Une seule 
chose lui manquait pour cire parfait; c'était de savoir 
se modérer. 11 s'emportait teliement que son discours 
ïie finissait qu'au moment où les forces lui njanquaient. 
il est mort à Rio-Janeiro sa patrie. C'est peut-être le 
Portugais qui a le plus excellé dans l'art de la décla- 
mation. 

*Le père Joao Jacinto, eremita de San-Paulo. Cet 
orateur était doué d'une facilité si rare qu'il lui est arrivé 
d'improviser dans le même jour jusqu'à quatre sermons 
!sur le même sujet , et tous entièrement différens dans 
la disposition et dans le choix des pensées. 

Joaquim Anjnes de CarVâlho, député aux Cortès; 
littérateur très-distingué , d'une vaste érudition : ses 
discours sont remplis d'idées profondes et d'images 
brillantes. 11 est un des premiers orateurs portugais. 

ViCENTE DA SoLEDADE , archevêquc de Bahia , 
député aux Cortès, dont il a élé le premier président. 
C'est un des plus grands orateurs sacrés du Portugal ; 
il brille autant par la beauté du style que par la pro- 
fondeur àQS pensées, il lient aussi une place éminente 
dans la littérature et dans la théologie. 

'*" Maisoel DO Ceinaculo Villas Boa s, archevêque 
d Evora. Voyez hittërature. 

Le père Francisco de San Lliz. Noy, Théologie. 



( cxxxiij ) 

Francisco Maxobl, recteur do la paroisse de San- 
SalvadoràBéjà. Dos pcM'sonnes à porie'e de juf,'erde son 
ïucrile lui accordent une éloquence égale à celle de 
l'abbé José Agoslinbo de Macedo. 

Le père Antojsio de Santa Barbaha , religieux 
auguslin rélbrmc. Il excelle autant dans l'éloquence 
que dans la métapliysiqac. Voyez Logique. 

Le père José de Lima, a ugus tin chaussé. 

ViCENTE DE Saxta RiTTA, ex-moiiie franciscain. 

Le père José d'Alt.ieida Drak , religieux fran- 
ciscain. Voyez Logique. 

L'abbé José Ferrao de Mekdonça e Souza, dé- 
piué aux Cor tes. Voyez Logique. 

Machado, religieux dominicain. 

Le père AiSTONio de Santa Catherina, connu 
généralement à Porto sous le nom de Braga. 

'*' Le père Bartiiolo:\ieu Soares de Lima Bram- 
dao, religieux auguslin chaussé. 

Le père Joao d'Annu:sciada, chanoine régulier à 
Saint- Vincent de Fora à Lisbonne. 

JoAQuiM de SA^'To Agostinho de BritoFrança 
Galvao, abhé de Lustosa. Voyez Littérature. 

* Le père Fieippe Tra\ assos. Voyez Littérature. 
Le père Francisco ïeixeira, augustin chaussé. 
Le père José Maria, religieux franciscain. 

Dans l'éloquence populaire ou des missions on 
pourrait nommer les suivans : 

* Le père José da Transfiguraçao , religieux 
franciscain. 

'*' Le père José Palhares , religieux franciscain. 

* Le père JosÉ de Jesu s. Voyez Poésie lyrique , etc. 
Les derniers événemens ont ouvert une nouvelle 

carrière aux orateurs portugais ; et la salle d'assemblée 
des Cortès a déjà retenti de plusieurs discours dignes 
de lîgurer à côté de ceux qui ont honoré les chambres 
des députés d'Angleterre et de France. Parmi les 
députés qîîi se font remarquer le plus par leur élo- 



( cxxxiv ) 

quence, les suivans sont ceux qui, d'après opinion 
unanime de tons les nationaux instruits, méritent une 
mention particulière. 

Agostinho José Freire. Voyez Mathématiques. 

Bento Pereira do Carmo. \oyez Jurisprudence. 

Francisco Soares Franco. Voyez Médecine , 
Agriculture. 

Francisco Xavier Monteiro. Voyez Mathé- 
matiques. 

JOAO DE SOUZA PiNTO DE MaGALHAENS. VoyCZ 

Jurisprudence. 

José Ferreira Borges. Voyez Jurisprudence , 
Ecoiioniie politique , etc. 

José Joaquim de Moura. Voyez Jurisprudence, 
Politique , Economie politique. 

José Joaquim de Bastos. Voyez Jurisprudence , 
Ijitté rature. 

Manoee Borges Carneiro . Voyez Jurisprudence, 
Littérature. 

Manoel Fern ANDES Thomaz. Voyez Jurispru- 
dence y Jjittérature. 

Manoel Gonçalves de Miranda. Voyez Ma^ 
thématiques , Economie politique. 

Manoel de Serpa Machado. 

^ L'évéque d'ELVAs, José Joaquim d'Azeredo 
CouTiNHO. Voyez Économie politique . 

LiNO CoUTlNHO. 

Antonio Carlos Ribetro d'Andrade. 

Antonio Camello Fortes de Pin a. Voyez Ju- 
risprudence. 

Francisco Manoel Trigoso de Aragao Mo- 
RATO. Voyez Jurisprudence. 

Henrique Xavier Baeta. Voyez Médecine. 

guerreiro. 

Antonio Lobo de Barbos a Teixeira Ferreira 
GiRAO. Vovez Economie politique. 

Alves DO Rio. Voyez Economie politique. 



( cxxxv ) 

JoAO Maria Soares Gastello-Bkanco. Voyez 
Jurisprudence. 

LITTÉRATURE, HISTOIRE, CHRO^'OLOGIE, DIPLOMES, 
PHILOLOGIE ET TRADUCTIONS. 

Dans un pays où la profession d'homme de lellres 
reçoit si peu d'encouragement de la part du public et 
du gouvernement , il n'est pas étonnant de voir que 
si peu de personnes livrent à l'impression les résultats 
des travaux plus ou moins intéressans que leur amour 
pour les lettres leur a lait entreprendre. INous pouvons 
cependant assurer que malgré le peu de profit pé- 
cuniaire qu'ont offert depuis long-temps en Portugal 
toutes les entreprises littéraires , le nombre de bons ou- 
vrages traduits ou écrits en original sur les différentes 
branches qui forment le sujet de ce chapitre surpasse 
de beaucoup ce qu'on aurait pu attendre d'une nation 
dont la population est si peu considérable , et placée 
dans des circonstances aussi désavantageuses. 11 est 
même très-remarquable que malgré la connaissance 
bien plus générale en Portugal qu'en Espagne de la 
langue française , le nombre des traductions des bons 
ouvrages d'histoire et de littérature écrits en français 
soit, toute proportion gardée, plus grand que parmi les 
Espagnols. C'est ainsi que les ouvrages de Fénélon , 
de Rollin, de Montesquieu, de Millot et d'une foule 
d'autres écrivains célèbres sont depuis long -temps 
connus de tous les Portugais. Les traductions por- 
tugaises des meilleures tragédies de Corneille, de 
Racine et de Voltaire j des meilleures comédies de 
Molière, et même de beaucoup d'écrits philosophi- 
ques, ont paru depuis long-temps. Des obstacles in- 
surmontables s'étant opposés à la publication d'ou- 
vrages originaux sur l'histoire nationale ou étran- 
gère des derniers temps, il ne faut pas s'étonner si 
des productions précieuses enfantées parle zèle actif de 



( CXXXVj ) 

quelques liuérateurs oclaiiés sont reslées ensevelies dans 
leurs jx)ilefeuiiles. Nous avons la cerlltude qu'iivant 
qu'il se soit écoulé beaucoup d'années rEuru}>e verra 
paraître un grand nombre de ces ouvrages, qui prou- 
veront d'une manière incontestable qu'ils ont été com- 
posés de longue-main par des hommes qui ne pouvaient 
avoir en vue ni le gain , ni les honneurs, mais qui étaient 
excités par le seul amour de la gloire littéraire, et qui 
tous étaient passionnés pour les sciences qu'ils cultivent 
avec succès. Mais la partie où les Portugais excellent le 
plus, et dans laquelle ils peuvent soutenir la comparaison 
avec les plus grands honnnes des autres nations, c'est la 
chronologie , l'étude des antiquités et les belles-lettres.. 
Pour prouver ce dont les Portugais sont capables, et 
ce qu'ils auraient pu produire, dégagés des entraves 
qui depuis si long-temps gênent la presse dans leur 
pays, il suffit de jeter un coup-d'œil sur les intéressans 
travaux que nous devons aux membres de l'Académie 
Royale des Sciences, et dont le catalogue syslémalico- 
chronologlque forme le complément de cet Appendix. 
Que le lecteur impartial compare les productions des 
membres de ce corps , qui compte si peu d'années 
d'existence , et qui n'a eu que de très-faibles moyens 
à sa disposition , avec ceux de toute autre société savante 
en Europe, et qu'il décide si, tout bien pesé, les Por- 
tugais peuvent être accusés de rester en arrière des 
autres peuples de l'Europe sous le rapport de l'esprit et 
de l'activité littéraire. Pour prouver combien peu le 
zèle littéraire des académiciens a été secondé nous 
sommes obligés de dire avec regret que les savans 
travaux de l'Académie des Sciences de Lisbonne sont 
très-peu connus dans la masse de la nation. Cette 
vérité est tellement manifeste que les savans rédacteurs 
des Annaes das sciencias e ailles ont cru rendre un 
service à leurs concitoyens en insérant dans un de leurs 
volumes le catalogue de tous les ouvrages publiés jus- 
qu'alors par cetle société littéraire. 



( cxxxvij ) 

Voici les noms (ics Portugais qui par leurs écrils 
ou par leurs profondes connaissances méritent de trou- 
ver leur place ici. 

* Antoisio PereirA de Figueiredo. C'est un des 
écrivains portugais les plus distingués etles plus féconds. 
Ses ouvragcslalins sont écrilsavec la plus grande pureté. 
Il a composé un assez bon Compendio das epocas e 
successos mais illustres da historia gercd , et beau- 
coup de mémoires sur l'histoire et la philologie. Voyez 
Théologie et Grammaire. 

*Le comte de San-Lgureivço, l'homme peut-être 
le plus érudit de son temps , quoiqu'il n'ait rien écrit. 
11 possédait parfaitement les principales langues mo- 
dernes et anciennes de l'Europe. Ses connaissances dans 
l'hisLoireet dans la législation de tous les pays n'étaient 
pas moins vastes, et jamais peut-être il n'a existé 
d'homme doué d'une mémoire aussi prodigieuse (i). 

'^ Le duc de Lafoes, oncle de la reine Marie. Le 
plus aimable et l'un des seigneurs portugais les plus 
instruits , offrant la réunion rare des plus belles 
qualités du cœur et de l'esprit. Après avoir voyagé dans 
toute l'Europe , où il fut lié avec tout ce qui existait 
de plus distingué à cette époque, il revint en Portugal 
après la mort du roi Joseph. Son premier soin fut d y 
encourager toutes les connaissances utiles; il créa l'Aca- 
démie des Sciences, et fut jusqu'à sa mort 1 ami et le 
père de tous les hommes qui se vouaient aux sciences 



(i) Emprisonné par le marquis de Pombal , qui le regardait comme 
contraire à ses vues politiques, il conserva en sortant de sa cap- 
tivité un dérangement partiel de l'esprit , par suite duquel , en ja- 
contant des événcmcns contemporains , il se persuadait y avoir pris 
part personnellement, et, chose singulière , la vivacité et la vérité de 
SCS récits était telle que des personnes même prévenues du travers de 
son esprit prenaient souvent le change et croyaient à l'exactitude de 
ses rapports. Jamais il ne sortit de sa patrie ; cependant sa mémoire 
locale lui faisait décrire, d'après des récits et des descriptions, avecla 
plus minutieuse exactitude, les détails des lieux et des personnes, au 
poinl qu'il fallait beaucoup de réflexion pour se défen Ire de l'illusion. 



( cxxxiij ) 

Gl à la littérature, qu'il cultivait lui-même avec succès. 
11 a composé et lu quelques élo^^es historiques très- 
Lien écrits à l'Académie Royale, dont il était président. 
L'empereur Josepli II l'honorait de son amitié intime, 
et lui écrivit plusieurs lettres qui mériteraient d'être 
publiées. Voyez Géographie. 

Francisco José Maria de Brito , littérateur trèsr 
distingué , connaissant parfaitement la littérature na- 
tionale, et celles des Anglais , des Français et des Ita- 
lien. Voyez Politique. 

"^ Luiz Caetano de Campos, mort dernièrement 
à Paris. Bon écrivain, quoique parfois bizarre dans ses 
opinions. On a de lui plusieurs ouvrages originaux et des 
traductions ; son meilleur ouvrage , le Viagetis d Al- 
tina , quoique renipji de paradoxes, est écrit très- 
purement. 11 a publié à Lisbonne un recueil littéraire 
assez distingué, et plus tard un journal politique. On 
a aussi de lui un volume en français publié à Paris, 
dans lequel il s'est proposé de renverser tous les sys- 
tèmes des physiciens modernes, et entre aiUres celui 
de Newton (i). 

L'abbé de Medroks, député aux Corlès. 11 vient de 
publier le Citadào lusitano. 

NuNO Alvares Pereira Pato Monitz, littéra- 
teur fort érudit et poète distingué. Il a composé un 
grand nombre de pièces dramatiques , quatre tra- 
gédies, etc. C'est le rédacteur du Fortuguez Consti- 
tucional regenerado .ï\ dirige actuellement la rédaction 
du journal publié par X-jcSociedade literriT'ia patriotica 
de Lisbonne. Voyez Poésie lyrique , etc. 

L'abbé José AGObTiNHO de Macedo. C'est un des 
littérateurs et des poètes les plus distingués , que l'on 



(i) Il était doue d'un rare talent pour la mécanique et pour les 
sciences pîiysicjues , mais il s'est constamment égaré en suivant des 
iubies qui l'ont tourmente toute sa vie , et lui ont fait dissiper sa for- 
fune et négliger ce qu'il y avait de solide dans son esprit. 



( ex X six ) 

trouve toujours au premier rang dans presque toutes 
les branches de la îiuérature portugaise. A une éru- 
dition très-vaste il joint une étonnante facilité pour la 
composition. Peu de littérateurs possèdent aussi bien 
que lui l'histoire générale des beaux- arts et de la lit- 
térature. 11 a été rédacteur de plusieurs journaux lit- 
téraires , tantôt seul, tantôt associé à d'autres littérateurs 
distingués. Voyez Eloquence, Poésie. 

Francisco Solano Constancio. C'est un des litté- 
rateurs portugais les plus distingués et les plus actifs, 
et qui occupe un rang éminent dans plusieurs branches 
des sciences. Son The G/iost, ouvrage littéraire dans 
le genre du Spectator , publié en anglais en 1 7g5 à 
Edimbourg, d'abord avec MM. Bannomtglie et Camp- 
bell, et ensuite par lui seul, a fait sa réputation litté- 
raire en Angleterre. M. Conslancib est l'auteur de 
l'intéressante esquisse sur l'état du Portugal pendant 
les trente années qui ont précçdé l'invasion fran- 
çaise , et qui se trouve insérée dans le Repertory 
publié à Paris par Galignani en 1808. Cet auteur 
infatigable a publié plus tard YObservador lusitano 
eni Paj^is y et associé à d'autres savans Portugais , les 
Annaes das sciencias et artes, où il a donné une preuve 
convaincante de son talent, par le savant discours qui 
sert d'introduction à ce journal. M. Conslancio a fait 
aussi plusieurs traductions de l'anglais en français im- 
primées à Paris, entres autre celle des Recherches sur 
la population par William Godwin. Voyez Médecine ^ 
Journaux , Dictionncdres. 

HiPOLiTO DA Costa, littérateur très-distingué, et 
économiste profond. 11 est le premier qui ait fait con- 
naître au public ce qu'on souffrait dans les cachots 
de l'inquisiton de Lisbonne , dans un ouvrage qu'il 
publia en portugais à Londres. M. Costa est le rédac- 
teur du Correio hraziliense , journal politico-littéraire, 
qui a ouvert une nouvelle branche à la littérature 
I^ortugaise , par la manière dont il est rédigé ; 



( ex! ) 

exemple (\iù a 6i6 suivi par plusieurs autres. On y 
trouve beaucoup de renseii^neniens piécieux pour la 
statistique de la Monarchie Portugaise , mêlés aux 
principes les plus luuiineux de l'économie politique 
appliquée au Portui^al et à ses vastes possessions. 

Pedbo Alexandre Cavroe, bon littérateur et 
mécanicien irès-disiingué , auteur de plusieurs comé- 
dies en prose représentées aux théâtres da Pvua dos 
Condes et Salitre à Lisbonne, et sur celui de Porto. 11 
a rédigé la Mnemosine lusitana en 1817 et 1818, et 
la Mnemosine constitucional en 1820 et 1821. 

GoES d'Andrade, littérateur distingué, et qui pos- 
sède une grande facilité pour composer dans sa propre 
langue et en français. 11 est le rédacteur du JDiario do 
Goi^erno à Lisbonne. M. Goes d'Andrade a séjourné 
pendant long-temps en France, où il s'occupait de tra- 
vaux littéraires, et a traduit le catéchisme politique 
de la constitution espagnole (1). En i8i5 il était un des 
rédacteurs du Diligent à Paris; en 1817 du Constitu- 
tionnel , ensuite de la QiLotidicnne j il était chargé 
spécialement des articles 'variétés de ce dernier journal. 

Antonio José Maria Campelo , emplové à la se- 
crélairerie d'Etat dans le département de la marine. 
Après s'être adonné dans sa jeunesse à la poésie , oii 
il ])rilla beaucoup surtout dans le genre lyrique , 
M. Can]pelo se voua à la carrière du barreau , où il 
se fit remarquer par ses plaidoyers. L'histoire , la phi- 
losophie et niaintenant surtout l'économie politique 
jîartDgent son temps. Presque ignoré à cause de sa 
grande réserve, il n'est connu que de quelques amis. 

ÎNNocENcio Antonio de Miranda , député aux 
Gorlès, auteur du Catào hisitano. 



(i) Celte traduction s'est fait remarquer pai l'avant-propos et plus 
encore par la préface propLclitjue dans laquelle il annonça en septembre 
iwii) la révolution d'Espagne qui éclata en janvier 1820 j circonstance 
(|iii a été remarquée par plusieurs journaux, et qui a fourniùM, EHenne 
i(? s'.jj-jt d'uH aifi' le lîés-iiattcur pour M. d'Andrade. 



: cx'j ) 

La COMTESSE t/Alva, sœur du comle Palniell.'i. 
Celle dame verjueiise, que nous avons l'honneur de 
connaître , possède un £;oùl exquis et de vastes con- 
naissances dans la liliérature portugaise et dans celle 
de plusieurs autres pays. 

José Carlos Pinto de Souza , auteur de la Bi^ 
hliotheca historica de Portugal, ouvrage plein d'éru- 
dition, et qui a été réimprimé en 1801. 

Manoel Ig.nacio MartinsPa^iplona , littérateur 
distingué et député aux Cortès. Voyez Tactique. 

'*" Jin^OMMO SoARis Barbosa, littérateur distingué , 
auteur de VEpitome unwersœ historiœ y qui sert de 
texte dans le collège royal des arts à Coimbra. Voye^ 
Rhétorique, 

Ma.noel Ferreira d'Araujo, colonel du génie 
à luo- Janeiro. Voyez Mathématiques. 

FrANCJSCO de i3oTÎJA (iARÇAO STOCKLtR, lieutC- 

nanl-général. Ce profond géomètre est en même temps 
un httéraleur très-distingué , ce qu'il a bien prouvé 
par les éloges qu'il a récités à l'Académie des Sciences 
de Lisbonne, à l'occasion de la mort de quelques-uns 
de ses membres les plus illustres , par exemple celui de 
d Alembert ; par le beau discours qu'il adressa au roi 
actuel lors de son avènement au trône , de la part de 
l'Académie; par ses poésies, publiées à Paris en 1821 , 
avec celles de son ami feu l'abbé Caldas,accompairnées 
d'une dissertation sur la poésie et la langue liébrakiue, 
dans laquelleM.Stockler s'écarte entièrement de toutes 
V^ opmions reçues jusqu'à présent sur ce sujet; par ses 
letties où il entreprend la justification de la conduite 
<lu duc de Lafôes dans la dernière guerre contre les 
Espagnols, et imprimées à Rio-Janeiro en 181 5; enfin 
par son savant Essai historique des mathématiques eii 
Portugal , publié en irançais à Paris e.i 1820, et qui 
peut servir de modèle pour la manière à employer 
poiu- écrire l'histoire des sciences. 

JoaoPedro lliBEiRO, professcur de diplomatique à 



( cx!ii ) 

Lisbonne. Ai)rès avoir parcouru avec l'autorisation du 
«•ouvernement toutes les archives du royaume, il pu- 
bila deux volumes de dissertations chroaologicas e 
criticas sobre a historia e jurisprudencia do Portu- 
gal dans lesquelles il déploie la plus vaste érudition et 
une critique exquise. Ce savant a été cliar^e par son 
^gouvernement de travailler pour la nouvelle édition 
qu'on fait en France de VArt de vérifier les dates. 
M Ribeiro est le premier Porlui,^ais qui ait enseigne 
l'art diplomatique en chaire ; il a composé sur ce 
sujet des écrits qui ont un mérite réel sous le rapport 
de la paléographie, et par la manière dont il tait 
l'examen critique des monumens historiques. ^ 

JoAO Di: SousA Pacheco Leitao, colonel du génie. 
Voyez TdatJiématiques. 

* Théodoro d'Almeida. Voyez Sciences natur. 

Francisco Xavier Monteiro, député aux Cortcs, 
et littérateur distingué. ^ 

JoAO VicENTE PimentelMaldonado, députe aux 
Cortès. Voyez Poésie lyrique, etc. _ 

^ Le COMTE DE Barca. Voyez Politique. 

José Arcursio das Neves, auteur de / Uistona 
da invazào do Portugal pelos Francezes. Voyez 
Economie politique. 

Alexandre Antonio das Neves. Y o^^ez Sciences 

naturelles. „ 

Le père M^NOEL da Purificaçao, rehgieux h-an- 
ciscain et professeur pensionnaire de théologie, auteur 
d'un bon cours â^ Historia ecclesia<<tica athe decimo 
oitavo seculo, cu'il conserve encore manuscrite. 

^ M^N0EEPAES DE ArAGAO TrIGOZO, VlCC-reC- 

teur de l'université. Quoiqu'il n'ait rien pubhé , d pas- 
sait pour avoir des connaissances tres-protondes dans 
l'histoire et surtout dans la chronologie. Il avait ete 
charoé par le gouvernement de travailler pour Ja nou- 
veile'^édilion de XArt de vétifier les dates. ^ ^ 

Joao deMagaehaens de A\eiar, eveque de 



Porto, ancien professeur de droit (;anon à CoiniLra. 
Ce savant, qui est le Portugais le plus instruit dans Ja 
numismatique, a aussi les connaissances les plus vastes 
dans toutes les parties de l'histoire, et est justement 
considéré comme le plus grand bibliographe du Portu- 
gal . Voyez J Lirisprudence. 

VicENTE José Maria de R.oboredo, maître de cha- 
pelle de la cathédrale de Braga. Ce musicien habile, 
qui est aussi un littérateur distiiigué, est peut-être , 
après l'évêque de Porto, le Portugais le plus instruit 
dans la connaissance des médailles anciennes, dont il 
possède une belle collection. 

JoAO Paulo DOS Saatos Barreto. Cet habile géo- 
mètre est en même temps bon poète et savant litté- 
rateur. Il a composé beaucoup de poésies fugitives , 
quelques satires écrites avec la critique la plus,délicate, 
et remplies de pensées élevées, quelques mélodrames, 
et la tragédie de 'Bajazet , qui ont été joués sur les 
théâtres du Brésil. Voyez Mathématiques. 

IjC père Bernardiîso de Santo Antonio, biblio- 
thécaire du couvent de San-Francisco à Lislionne, 
littérateur distingué. 

'♦"Manoeldo Cf.naculo de Villas Boas, religieux 
oratorien , évêque de Beja , mort archevêque d'Evora.. 
C'était un des plus grands littérateurs portugais ; 
il possédait une vaste érudition dans toute les branches 
de la littérature sacrée et profane, et excellait sur- 
tout dans la numismatique et l'histoire. Le célèbre 
Pombal disait de lui : « C'est un puits sans fond et 
sans bourbe. >^ (i) 



( I ) Étant allé à Rome pour y assister au chapitre général de son ordre 
il en rapporta le goût des antiquités et de la paléographie qu'il cul- 
tiva depuis constaminent ,et qu'il encouragea de tous ses moyens. De- 
venu prélat de son ordre, il en réforma les écoles, propagea l'étude des 
langues anciennes et celle de la langue arabe, qui est si nécessaire pour 
les sciences et pour les relations du Portugal avec l'Orient. Le mar- 
(|uis de Pombal, ayant ôté renseignement public des mains des jésuites, 
pensa trcs-sagcmcntquc le vide qu'ils laissaient serait rempli avec succès 



( cxliv ) 

Le père Vicentu Salgado, religieux franciscaiti, 
ibéologien aussi habile que bon philosophe ; il se dis- 



par les oratoricns; cnconscqucnce il les appela à la direction des écnJcs 
primaires , et sut profiter des institutions littéraires de Cenaculo dans 
le couvent de Jésus à Lisbonne pour réformer d'une manière uniforme la' 
méthode de renseignement des sciences ecclésiastiques dans les ordres 
religieux, et il engagea chacun de ces ordres à fournir des élèves destinés 
à suivre les cours des langues anciennes 5 ils devaient recevoir en même 
temps clans cet établissement les principes desinstitutions canoniques et 
de la théologie, purgée de la doctrine ultramontainc. Cenaculo fut choisi 
pour présider la cominissioa chargée de la réforme des études et de 
la censure : conjointement avec le père Antonio Pcreira , il rédigea les 
statuts de l'université concernant le cours de Ihéologie. 11 en résulta 
c]u'en 1772, époque de la restauration de l'université, les éiudes ec- 
clésiastiques du clergé régulier se trouvaient en parlaite harmonie avec 
celles de l'université , chaque ordre religieux s'élant donné un plan 
d'études conforme à celui de Goimbra. Le mouveuient donné aux 
esprits vers l'adoption des saines iloctriiies enleva à un parti toujours 
disposé à s'opposer aux innovations avantageuses, sous prétexte de s'op- 
poser aux entreprises de l'irréligion , la seule arme qui lui restât pour 
entraver les progrès des lumières chez les Portugais ; car les attaques 
auxquelles les lettres furent en butte pendant les premières années du 
règne de jMarie 1™ auraient pu leur porter un coup mortel si les lu- 
mières n'eussent eu déjà pris de la faveur dans le masse delà nation. 
Ainsi la protection accordée par le gouvernement aux vues d'un ver- 
tueux philanthrope devint ta source féconde de toutes les améliorations 
successives opérées dans renseignement public. Cenaculo, retiré de la 
cour après la mort du roi Joseph , alla dans son diocèse de Béja dans 
l'Alem-Tejo , pour ajouter l'exemple aux préceptes qu'il a\ait con- 
signés dans ses écrits. Sa maison devint une académie des sciences ec- 
clésiastiques 5 il y remplissait à la fois les fonctions tle professeur , de 
pasteur exemplaire et d'homme de lettres aussi estimable que pieu.x. 
Les Méditations littéraires de l'évèque , qu'il composa à Béja, retracent 
la beauté de son âme et l'eAcelIencc de ses principes comme prélat 
et comme citoyen , car il joint à l'onction du style une conformité ad- 
mirable de sentimcns avec le célèbre Fénélou ,dont il a toute la philan- 
thropie. Ayant recucilliiuie bibliothèque nombreuseet clioisiejil la par- 
tagea avec le couvent de Jésus : il enrichit la bibliolhéque royale de 
Lisbonne de manuscrits précieux , cfe livres rares et de médailles : il 
laissa à Béjù , lorsqu'il fut nommé à l'arciievéché d'Evora, une bi- 
bliothèque ecclésiastique et toutes les antiquités c[ui avaient rapport 
à l'antique Pax Julia , aujourd'hui Béja. Sou cabinet de curiosités et 
la riche collection de livres qu'il avait à Evora furent dévastés lors 
de la prise de cette ville par le général Loison. Ce préiat si vénérable , 
et à qui sa patrie doit tant de reconnaissance pour les services qu'il 
lui a rendus etpour leà lumières qu'il a répandues parmi ses concitoyens 
avec tant de dévouement , n'a point échappé à la persécution que les 
troubles civils suscitent si souvent l\ la vertu la plus pure. Mais la jus- 
tice du roi , d'accord avec l'opinion publique , confondit 'ses ennjuiis 
et sauva K ia nation l'opprobre de l'ingratitude. 



( cxîv ) 

lin "Lie surtout par ses connaissances dans l'hislolre et 
la numismatique. II est auteur de la dissertation sur la 
médaille Fetto trouvée dans TAlcm-Tejo, et il a tra- 
duit le Manuel cVEpictète , les Fers d'or de Pytlia- 
^ore, et le Dialogue des rivaux de Platon. 

Luiz Antonio d'Azeyedo, littérateur très-érudit, 
auteur d'une dissertation sur le théâtre romain décou- 
vert à Lisbonne dans la rue de S. Mamede. 

JoAQuni DE Santo Agostinko de Brito França 
Galvao, abbé de Lustosa. C'est un des plus grands 
littérateurs portugais ; c'est lui qui rédigea la célèbre 
protestation contre la convention de Cintra, faite par le 
général anglais Dalrimple après la bataille de Vimeiro. 
* Jerommo Soares Barbosa, frère de Antonio 
Soarcs Barbosa , et professeur d'éloquence et de poésie 
au collège royal des arts à Coimbra , littérateur et 
orateur très-distingué. Plus de quinze beaux discours 
académiques qu'il a composés en latin prouvent son 
talent comme orateur et comme écrivain. Outre 
les ouvrages dont nous avons fait mention aux clia^ 
pitres Grammaire et Eloquence , Barboza a composé 
un Epitome uni'^ersœ historiœ Lusitaniœ ad usum 
schol. rhetor. - hisLor. , en 2 vol. in-8° , publiés à 
Coimbra en i8o5 , elle même ouvrage en portugais. 
Parmi les manuscrits dont le public doit désirer l'im- 
pression, celui des Observations grammaticales sur 
tes prenùers classiques portugais donnerait à Bar- 
boza dans la littérature nationale la place qu'occupe 
le célèbre Dumarsais dans la littérature Irancaise. 

* JoAQLlM DE FoYOs , religieux oralorien de la 
congrégation et maison de Necessidades à Lisbonne. 
La réputation dont il jouissait d'être profondément 
versé dans les sciences ecclésiastiques et dans la litté- 
rature ancienne et nationale le faisait consulter par 
tous ceux qui voulaient rectifier leurs écrits par les 
avis d'un critique si judicieux. 11 publia la Lusitania 

n. k 



( cxlvj ) 

transformacln y poëme de Fernain Alves (J'Orcente 
qu'il enrichit d'un indox phlîologiqiic. La collec- 
lion des Mémoires de l'Académie des Sciences de 
Lisbomie en contient quelques - uns de lui sur la 
littérature nationale et sur d autres sujets. Il fut his- 
toriographe du royaume, et secrétaire pour la corres- 
pondance latine, attaché au département des affaires 
étrangères ; il a publié dernièrement l'édition de la Mo- 
narchia lusitana, avec des notes critiques. 11 a déjà 
paru huit volumes de cet ouvrage. 

José Daniel Rodrigues da Costa. C'est un écri- 
vain assez original dans le genre. burlesque, mais man- 
quant de goût. Il est auteur de plusieurs ouvrages 
périodiques populaires, dans lesquels on trouve par- 
fois des conceptions assez piquantes , et une satire des 
mœurs qu'on pourrait Ure avec plaisir, si elle était 
exprimée en langage plus châtié. Il est le rédacteur 
du O Almocreve das pelas (le Muletier des bagatelles), 
du O Barco da carreira dos tolos (la Barque de la tra- 
versée des sots), etc. etc. , et de beaucoup de farces et. 
de poésies burlesques. Son épouse, qui est une femme 
de beaucoup d'esprit, l'aide dans ses travaux littéraires. 

Bento Luiz Vianna, né à Saint-Michel dans l'ar- 
chipe! des Acores, étudiant en médecine à l'université 
de Paris. 11 vient de publier un recueil de j)oésie5 
et la traduction en portugais du Contrat social de 
J. J. Rousseau. 

José Maria Soar es /médecin distingué, auteur 
d'une bonne histoire de la médecine en Portugal , sous 
le titre de Memorias para a historia da mede.c.ina 
lusitana. Voyez Médecine. 

-DoM José Maria de Souza Botelho , pendant 
quelque temps ministre plénipotentiaire à Paris. 11 est 
auteur delà vie de Camoes, écrite avec autant de senti- 
ment que d'éloquence, et qui précède l'édition magnifi- 
que qu'il fit exécuter à ses frais à Paris du poème immortel 



( cxlvij ) 

du Virgile portugais. 11 a rendu par celte publication 
un bonimage cclalant à un génie que ses contemporains 
ont laissé mourir dans la misère , et à la mémoire duquel 
il n'existe aucun monument élevé par ses compatriotes. 

DoNA Maria do Carmo de rSoRONHA, épouse du 
colonel FrxANziNi. Cette dame mérite bien de figurer 
dans la liste des littérateurs portugais, par ses profondes 
connaissances dans l'Iiisioire littéraire de son pays et 
dans celle des littératures française, anglaise, espa- 
gnole et italienne, et par quelques jolis vers qu'elle a 
composés. Mais ce qui est bien plus raie dans une 
femme, c'est qu'elle connaît les eiémens de presque 
toutes les sciences naturelles, des mathématiques et de 
la géographie. Elle parle et écrit plusieurs langues, et 
elle a traduit de l'anglais un petit livre de lactique pu- 
blié sous le titie de ExpUcaçdo do piano dos principaes 
manobras dos regiineutos de iufanteria britanica. 

La coemtesse de OEYNiiAusEN.La vaste érudition, 
les griices du style, l'élégance et la pm^eté de langage, 
Torigmalité dans les pensées et la facilité extraordinaire 
pour la composition nous semblent mériter à cette 
dame respectable la qualification de la Staël porta- 
gaise. Voyez Poésie lyrique, etc. 

Le père Mesqlita , religieux iiiéronimite, littéra- 
teur très-distingué, possédant de vastes connaissances 
dans la littérature nationale, et non moins instruit 
dans les littératures classique et étrangères, surtout 
dans la littérature liançaise. Orateur aussi élégant que 
profond, il se distingue par une grande facilité pour 
l'improvisation , et il en a donné une preuve bril- 
lante dans une séance de la Sociedade patriotica 
literaria de Lisbonne. Il a été chargé par le Congrès 
de présenler un plan de rélbrme pour la Patriarcale. 

JoAQL m José da Costa e Sa. \ ijWiizDictiorinaires. 

MADiiMoiSELLE Valeh^. Douéc de beaucoup d'es- 
prit et possédant de vastes connaissances dans la litté- 
rature, elle donne un nouvel éclat à ces qualités par 



( cxMij ) 

nue plétë filiale exemplaire. Les soins qu'elle a pris 
pour la coiiiposiiion et la publlcalion des mémoires 
de feu le général Valeré lui font honneur. 

Le marcfuis de Borba , ancien gouverneur du 
royaume, liltérateur et amateur éclairé des beaux-arts. 
DoM Pi Bîio DF. SoLZA HoLSTEiN, comle de PaL- 
MELLA. Ce diplomate distingué cultive avec succès les 
Lelles-lettreS;, dans lesquelles il se dislingue autant par 
ses vastes connaissances que par une grande délicatesse 
de goût. Il a traduit quelques chants du Cambés eu 
vers français , dont plusieurs morceaux ont paru dans 
V Investigador portuguez , publié à Londres. Cet ou- 
vrage, quoiqtie imparfait, n'est pas sans mérite, surtout 
si 1 on considère les grandes difficultés de la poésie 
française, qui doivent Fétre encore plus pour un étran- 
ger. Yoyez Politique. 

* Le marquis de Penalva. C'était un homme qui 
possédait parfaitement la littérature et l'histoire de son 
pa^'S. îl a publié plusieurs opuscules politiques et lit- 
téraires. 

^ Le marquis de Bellas. On nous assure qu'il a 
fait une traduction assez fidèle en vers portugais de la 
Henriade de Voltaire. 

Francisco Manoel Trigoso de AragaoMorato. 
C est un des littérateurs portugais les plus distingués, 
surtout dans la partie relative à l'histoire. Voyez Jiirisp. 

Thojvîaz Antonio de Yillanota Portugal, an- 
cien ministre d'État, littérateur, publiciste et éco- 
nomiste très-distingué, connu par plusieurs excellens 
mémoires qui se trouvent dans la collection de l'Aca- 
démie Royale des Sciences. 

*Bento deSooza Farinha, professeur de philoso- 
phie rationnelle et morale, d'abord à Lisbonne , ensuite 
à Santarem , oii il a même été directeur du séminaire 
patriarcal. Très-versé dans la littérature portugaise et 
très-passionné pour la plus ancienne , il affectait d'em- 
ployer dans ses ouvrages les termesles plus inusités , ce 



( cxlix. ) 

qui en rendait la lecture ditiicile pour la [>liipart de s<*s 
lecteurs. 11 a publié un excellent extrait de làBiblio- 
theca lusitana de l'abbé Barbosa et une traduction 
portugaise des ëlémens de pliilosopbie du Fabbé Ge- 
novesi. il a été aussi l'éditeur de quelques ouvrages 
portugais qui étaient devenus rares dans Je commerce. 

Mello Freire, littérateur distingué. Voyez Juris- 
prudence. 

Manoel José Maria da Costa e Sa , emplo^'é 
au ministère de la marine. C'est un bon littérateur , 
qui possède surtout parfaitement l'histoire. Il travaille 
actnellement à une histoire des découvertes laites par 
les Portugais dans les deux inondes. 

I/abbé José Portelli , professeur de pliilosopbie 
rationnelle et morale dans le collège des Nobles à Lis- 
bonne. C'est un littérateur très-érudit. 

Le père Manoel Rebello, religieux fï-anciscain , 
professeur de langue arabe à Lisbonne, dans le cou- 
vent de Jésus. C'est un bon littérateur. 

Le père José de Santo Antomo Moura, religieux 
franciscain , et employé dans la secrétairerie d'Etat. 
Il a traduit de l'arabe en portugais plusieurs ouvrages 
relatifs à l'histoire du Portugal et de 1 Espagne, quil 
n'a pas encore publiés. 

''■ Anto.mo Caetaxo de Am\ral. C'est un des 
littérateurs qui ont fait le plus d honneur au Portugal; 
il a publié de savans mémoires dans ceux de l'Aca™ 
demie. 

*JoséJoaquim da Cuisha de Azer.edoCoutinho, 
dépuléauxCorlès. C'était un des plus grands littérateurs 
portugais; il possédait des connaissances universelles ,. 
et il était même assez versé dans plusieurs branchesr 
des sciences naturelles. Vovez Econoînie politique. 

* Le père Joaquim de Santa. Clara, moine béné- 
dictin, successeur de Manoel do Cenaculo dans l'ar- 
chevêché d'Evora, où il mourut. Ce grand littérateur 
se distinguait surtout par ses connaissances profondes 



(cl ) 

dans riùsloire ancienne et moderne. Il a laissé des 
nianuscrits irès-précieux sur ditîërens sujets. Voyez 
Eloquence, 

* Sebastiao Francisco de BÎendo Trigopo. Il est 
auteur de plusieurs savans mémoires sur di(Térens su- 
jets, dans lesquels il déploie la plus grande érudition. 
C'était aussi un poète agréable et un agronome dis- 
tingué. 

Pedro José daFonseca, professeur de rhétorique 
à ÏJsbonne. Voyez Dictio/inaifes. 

^ SiMAo Cordes Brandao, littérateur très-distin- 
gué. Voyez Jurisprudence. 

* José Anastasio df: Figueiredo, littérateur dis- 
tingué. Voyez Poésie. 

lliCAKDO Raiimondo NoGUEiRA , recteur du collège 
des Nobles , et ancien gouverneur du royaume. Ce 
profond jurisconsulte et littérateur distingué possède 
une connaissance parfaite des langues anciennes et de 
quelques-unes des langues modernes les plus répan- 
dues, telles que les langues anglaise, française, alle- 
mande , italienne et espagnole. 11 a beaucoup écrit; 
mais aucun de ses ouvrages , que nous sachions, n'a en- 
core été publié. 11 réside actuellement à Porto. 

JoAQUlM FERREiRAGoRDO,publicisle et littérateur 
profond ; il a publié un traité sur les sources et les 
élémens du Code Philippin (voyez à la page 298 du 
premier volume ) , dans lequel il dévoile l'adresse per- 
fide avec laquelle il a, été conçu pour affermir plus sû- 
rement le joug espagnol et pour achever de priver les 
Portugais de leurs droits. M. Gordo alla visiter les ar- 
chives de l'Espagne, sur lesquelles il publia un rapport 
très-curieux, quise trouve dans les Mémoires de l'Aca- 
démie de Lisbonne. Ses vastes connaissances le firent 
nonmier premier bibliothécaire de la bibliothèque 
royale do Lisbonne , place qu'il occupe à la satisfac- 
tion des étrangers et des nationaux. 

JoAQCiM José da Costa de Macedo. C'est un des 



( cîj ) 

bibliographes les plus instruits du Portugal. Vojei 
Géographie . 

JoAO Fernandes Tavares , étudiant en médecine 
à runiversité de Paris, et ancien professeur de gram- 
maire latine à Rio Janeiro sa patrie. 11 est à la veille de 
publier l'excellent ouvrage de Orfila , Secours adonner 
aux personnes empoisonnées et asph\xiées , qu'il a 
enrichi de notes aussi utiles que savantes. M. Tavares 
consacre ses momens de loisir à la poésie et aux belles- 
lettres. 

Candi DO José Xavier , colonel au service de 
France, et actuellement ministre de la guerre en Por- 
tugal. Cet habile militaire est un littérateur dislingué, 
et il en a donné des preuves non équivoques par les 
savans articles insérés dans les Annaes das sciencias 
e arteSf dont il est un des rédacteurs. Voyez Journaux . 

* Jeroximo José Rodrigues , archidiacie deBAK- 
Roso, un des littérateurs les plus distingués du rovaume, 
quoiqu'il n^ait rien publié. Ce digne ami, dont nous 
pleurons la perte , nous a communiqué un Catalogo 
de escriptores portuguezes de nielhor nota ra^peilo 
a linguagem, qui, rédigé sur un plan bien imaginé, 
oflre le tableau important de tous les auteurs qui pas- 
sent pour avoir écrit le plus purement en portugais. 
On nous a assuré que ce travail , exécuté avec la cri- 
tique la plus délicate et l'érudition la plus étendue, est le 
meilleur qui existe en ce genre , et qu'il a cilé des 
ouvrages qui ont été omis dans \sk Bibliotheca lusitana 
du savant Diogo Barbosa. Le catalogue contient plus 
de 5oo articles et 23o auteurs dift'érens, sans compter 
ceux compris dans V Appendix que la mort empéchu 
son auteur de linir. Voyez Sciences nature/les. 

Le père José Constancio Lopez da Criz, reli- 
gieux franciscain, professeur de théologie et de rhéto- 
rique à Evora. C'est un des plus savans îiiterateurs 
portugais; il possède des manuscrits très-précieux sur 
différentes parties de la littérature. Voyez Poésie. 



( clij } 

TcNACTo da Costa Braivdao. Voyez Jurisprud. 

José Vaz Correv de Seabra da Silva Perlika, 
11 excelle surtout dans la partie relative à l'histoire. 
Voyez Jurisprudence. 

Antonio José Ferretra de Souza. C'est un phi- 
lologue distingué. 

JoAO FoRTUNATO Ramos DOS Santos, né au Bré- 
sil, attaché à l'université de Coimbra, et député aux 
Cortès. C'est un bon littérateur. 

Antonio Honorato de Caria e Moura, profes- 
seur de géométrie à l'université dcCoimbra, et l'un des 
plus savans littérateurs portugais. Voyez Math. 

JoAO Francisco d'Oliveira, Voyez Médecine. 

Francisco VillelaBarbosa, professeur de géo- 
métrie et d'algèbre à l'Académie Royale de Marine 
à Lisbonne, vice-secrétaire de l'académie royale, et 
député aux Cortès. A de profondes connaissances dans 
presque toutes les branches de la littérature, il réunit 
un talent distingué pour la poésie lyrique, dans laquelle 
il brille autant par les élans de son imagination vrai- 
ment poétique, que par la beauté de ses vers et le choix 
des expressions qu'il emploie. Y o^ez Mathématiques, 
Eloquence , Poésie. 

José Joaquim Rodrigues de Bastos. C'est un des 
littérateurs portugais les plus érudits et les pins élé- 
gans ; il est député aux Cortès , où il brille souvent par 
ses discours pleins de force , d'harmonie et d'idées pro- 
fondes. Voyez Jurisprudejice. 

Antonio José Bons Annos, propriétaire à Sétubal, 
littérateur distingué. Il s'occupe actuellement d'ua 
mémoire sur le commerce de cette ville et sur les 
moyens de creuser le lit du Sado pour en faciliter 
la navigation. 11 a beaucoup étudié les antiquités des 
environs de cette ville, et il possède une coUeclioii 
de médailles. Voyez Collections de médailles. 

Le docteur JoAQuiM DE Santa Anna Carvalho„ 
éyêque d'Algarve. Voyez Théologie. 



( cliij ) 

Bento PfîREiRA DO Carmo, cléputé aux Coriès. 
\'ovez Jurisprudence. 

L'archeyêque de Bahia, député aux Coriès. 
Voyez Eloquence et Théologie. 

DoM Luiz DA CuNHA, évêque de Beja, député aux 
Coriès. Voyez Jurisprudence. 

JOAQUIM MacHADO DE CaSTRO. Ce SCulplCUr 

distingué est en même temps assez bon littérateur, et 
il a donné des preuves de son talent par plusieurs 
compositions déjà publiées , telles que son Discurso 
sobre as utilidades do desenîio, prononcé dans la Casa 
Pia du cbateau de Saint-Georges (do castello de San 
Jorge), sa lettre écrite en 1780 à un amateiu' des ans 
du dessin (carta a liura affeiçoado as artes de desenbo), 
son Analyse grafic'ortodoxa publiée eu i8o5, et sa 
Descripçào analitica daexecuçâo daestatua équestre 
deelrey D.José , publiée en 1810. il conserve encore 
manuscrit un Diccionario abrepiadooufilosofico de al- 
guns termos technicos da esculptura j qui est le pre- 
mier et l'unique travail en ce genre qui ait été fait en 
langue portugaise. Voyez Sculpture. 

^Antonio Ribeirodos Santos. C'est un des auteurs 
qui honorent le plus la littérature portugaise. Sa vaste 
érudition, son goût exquis, la pureté de son langage 
et l'élégance de son élocution servent de modèle à tous 
les Portugais qui veulent acquérir une réputation du- 
rable dans la littérature. Voyez Poésie. 

DoM Pedro Vito de Meneses , marquis de Ma- 
lUALYJi. Y oyez Politique. 

Francisco Be.xto Maria Targi.ni, vicomte de 
San-Lourenço. C'est un des littérateurs portugais 
qui se distinguent le plus par leurs connaissances dans 
la littérature nationale etdans les littératures allemande, 
française , anglaise , italienne , grecque , latine et es- 
pagnole. Il a donné de preuves de son savoir par les 
notes savantes qu'il a ajoutées à la traduction de V Essai 
sur l'homme àe Pope. Voyez Poésie , etc. 



( ch'v ) 

Icomte de San 
surtout 



Le vicomte de Santarem, littérateur disùiifmé 
irtout dans la partie relative à l'histoire de son pays' 
Il travaille depuis long-temps à un ouvrage de lon""ue 
haleine qiu présentera en plusieurs volumes une cd- 
Jeciion complète de tous les traités de paix, d'al- 

liance.etc., conclus par le Portugal avec lesauires puis- 
sances depuis îe commencement de la monarchie 
jusqu'à nos jours. On nous a assuré que le discours pré- 
hnimaireest un chef-d'œuvre d'érudition. Les traités 
conclus sous la première dvnasiie forment déjà un 
corps de 21 volumes grand in^/^MVI. le vicomte, 
non content d'avoir compulsé avec le plus grand soin 
toutes les archives de la Torre do Tomho à Lisbonne , 
où il a trouvé 520 diplômes inconnus à tous les histo- 
riens nationaux, a mis à profit son séjour de peu de 
durée à Paris pour examiner la superbe collection des 
manuscrits de la bibliothèque royale, où il a trouvé 
un grand nombre d'écrits relatifs à l'iiisloire politique 
et littéraire de son pays, et dont il a publié dans les 
Annaes das sciencias e artes une notice très-inté- 
ressante. L'ouvrage de M. le vicomte, dès qu'il sera 
publié, remplira une grande lacune dans la littérature 
portugaise. 

JoAO NoGUEiRA Gandb A , vice-secrétaire du gou- 
verneur militaire dePorlo,et rédacteur de la Borboleta 
constitucional A de grandes connaissances dans la lit- 
térature nationale et française il joint une imagination 
forte à laquelle il doit plusieurs pièces de poésie vrai- 
ment sublimes, dont quelques-unes ont été publiées. 
JoaoBernardo da Roc ha, httérateur très-disim- 
giié, et rédacteur du Campedo à Londres. Il vient 
d'être nommé premier adjoint à la légation portugaise 
à Madrid. Voyez Journaux. 

ViCENTii Pedro Nolasco, littérateur distingué, 
un des rédacteurs de Y Investigador portuguez i 
Londres. Voyez Journaux. 

L'abbé A^dré Antoivig Correa , httérateur dis- 



( clv ) 

lln^^ué surtout dans la chronologie. Il vient de pu- 
blier à Porto une dissertation sous le nom emprunté 
de Philotheoro Duriacola, dans laquelle il démontre 
avec beaucoup d'érudition et d'une immière nouvelle 
l'époque précise de la naissance de Jésus-Clirist , et où 
il met en évidence Terreur de quelques années où 
sont tombés les clironoloi,mes qui l'ont précédé. \ oyez 
Eloquence et Poésie. 

CiRiLLO WolkMaR Mâcha do. Voyez Peinture. 

JoAQUiM Car.neiro.da Sîlya. Yoyez Gravure. 

José da Cuis ha Ï abord a. Voyez Peinture. 

Antonio PiNHEiRO de Azevedo e Silva. Voyez 
Jurisprudence. 

Pour éviter d'inutiles répétitions nous prions nos 
lecteurs de vouloir bien examiner les difierens articles 
des chix^iilYe?, Journaux, Dictionnaires, Grammaires., 
Poésie et Géographie, où ils trouveront des noms qui 
pourraient êire aussi bien placés ici que dans ces articles. 

POÉSIE. 

Aucune nation peut-être , eu éi,'ard à sa popula- 
tion , ne compte autant de poètes que la nation por- 
tugaise. On peut dire sans exagération que presque 
tout Portugais, homme ou femme , est né poète lyri- 
que , car dans tout le Portugal , et surtout dans la 
province du Minho et dans la Haute-Beira , il n'est pas 
rare de rencontrer de simples paysans qui, sans avoir 
jamais étudié, clianlent, en s'accompagnant de leur 
guitare , des vers plus ou moins passionnés , qui étonnent 
par la force de Timagination qui les produit. Le voya- 
geur est frappé d'admiration de trouver si fréquemment 
un phénomène dont l'Italie et l'ancieinîe Grèce seules 
offrent des exemples. Parmi les hommes des pre- 
mières classes de la société , et même des classes 
moyennes, nous en connaissons plusieurs qui impro- 
visent avec la même facilité que nos liaiiens; nous avons 



( t;ivj ) 

nous-mênie été témoin;, dans les sociétés et au théâtre, 
de l'improvisation de plusieurs sonnets et de plusieurs 
odes qui auraient fait beaucoup d'honneur à leurs 
auteurs, quand même ces pièces auraient été le pro- 
duit de longues veilles. Mais au milieu de tant de dons 
naturels et de l'avantage d'une langue essentiellement 
poétique, la décadence de la bonne poésie en Portugal , 
depuis l'extinction de l'Arcadie et la mort ou la sépa- 
ration de ses illustres membres , se fait sentir d'une 
manière sensible. Les préceptes et les exemples de 
Oarçào , de José Basïlio da Gama , de Manoel 
Ignacio da Silva Alvarenga , d'un autre Alvarenga , 
de JDiniz , de Torres , de Francisco Manoel do Nas- 
cimento , de Du Bocage, et de Antonio Ribeiro dos 
Santos f n'ont pas été assez forts pour repousser du 
Parnasse portugais une foule de poètes au-dessous du 
médiocre, qui se sont élevés à côté des Arcadiens, et 
qui menacent de corrompre le goût de la véritable 
poésie, que ces académiciens justement célèbres étaient 
parvenus à introduire vers le milieu du siècle passé. 
Cependant on doit avouer que dans la foule de ver- 
sificateurs vivans ou morts depuis 1800, le nombre des 
bons poètes est plus grand que du temps de l'Arcadie, 
société plus adonnée à la culture du langage classique, 
qu'elle a tant contribué à remettre en vogue , qu'à 
celle de. la poésie. Lorsqu'on veut être impartial il 
faut aussi avouer qu'outre les membres de l'Arcadie 
qui appartiennent à la période qui forme le sujet de 
notre Coup-d'œil, il existe encore beaucoup de bons 
poètes qui , par leur imagination brillante et par la 
beauté de leurs vers , soutiennent honorablemeuf la 
haute réputation dont jouit depuis long-temps le 
Parnasse portugais. Afin d'éviter la confusion dans un 
chapitre destiné à faire connaître la branche la plus 
riche de la littérature portugaise, nous allons le par- 
tager en cinq articles principaux , savoir : Pccmca 
épiques , Poëmes didactiques , Poésies satiriques et 



( ^Ivi) ) 

Po'èmeshèroi'COTniques y Poésie dramatique, Poésie 
lyrique et autres genres. 

Po'émes épiques. 

Parmi les productions modernes de ce genre, qui 
est le plus difficile de tous, il Tant avouer que les Por- 
tugais n'eu comptent aucune à laquelle on puisse 
donner le titre de classique. Cependant il serait injuste 
d'en passer sous silence quelques-unes qui, sans être 
des modèles en ce gence , s'élèvent néanmoins au- 
dessus des autres,par leur marche régulière, par l'in- 
vention, par les grandes beautés qu'elles contiennent, 
et parce qu'elles appartiennent à des auteurs connus 
par leur mérite éminent dans d'autres branches de la 
littératiu'e. D'ailleurs un poëme épiqile régulier, quoi- 
que médiocre, est toujours un phénomène assez im- 
portant dans la littérature d'une nation, pour mériter 
qu'on jen fasse mention. 

O Oriente (l'Orient) de l'abbé José Agostixho de 
Macedo , quoiqu'il ait de grands défauts, est néan-' 
moins le premier poème épique moderne. La décou- 
verte de l'Inde , faite par Vasco da Gama , en est , de 
même que dans le fameux Os Lusiadas de Gambes, le 
sujet principal (i). Le tort de son auteur a été d'avoir 



(i) L invention et l'exécution de ce poëme sont défectueuses : la 
première parce que, dang le merveilleux, fixisant toujours agir Dieu 
d'un côté et le diable de l'autre, il ôle tout intérêt au lecteur , qui 
en prévoit l'issue du premier coup d'oeil ; la seconde , parce que son 
liéros , Vasco daGama , en apprenant du roi Emmanuel qu'une vision 
céleste lui avait promis la tiécouverte de l'Inde , s'offre a en com- 
mander l'expédition 5 cette situation enlève tout héroïsme au poëme, 
puisque le sujet principal sait que la protection du ciel le met à l'abri 
de tout danger. A ces deux défauts essentiels on doit ajouterl'isolement 
et l'invraisemblance de qnelcyues épisodes , quelques peintures im- 
piobalilcs et hyperboliques , l'imitation servile de quelques passages 
de Milton et de Camôes , et cjuelqucs fautes grossières de géographie 
et de navigation. On pourrait reprocher aussi à l'abbé Macedo d'avoir 
employé trop souvent les terminaisons idos et ados qui sont réprouvée» 
parles bons poètes portugais ; d'être parfois pauvre d'épithètes , de ré- 
péter souvent les mêmes ou presque les mêmes en différens endroits, et 



( clviij ) 

voulu corriger Cambes et d'être resté tant au-des- 
sous de lui. JNéaiimoins l'abbé Macedo mérite les plus 
grands éloi,^es pour la pureté de son stj'le, et pour sa con- 
naissance étendue des classiques portugais, anciens et 
étrangers. Si son goût correspondait à rélonnanle faci- 
lité avec laquelle les vers coulent de sa phune , il ne lui 
manquerait aucune des qualités que caractérisent les 
grands poètes épiques. 

A Ajfonsiada , ou la Fondation de la Monarchie 
Portugaise f par Antonio José OsoRiO Dt; Pina Lei- 
Tao, publiée à Baîiia en 1818. Elle a«quelques beautés 
et des é[)isodes assez intéressans. Cependant ce poème 
est lonîbé dans l'oubli dès son apparition. 

A Zargueida^^ ou O Descubrimento da ilha da 
Madeira por Zargo (la Découverte de Tîle de Madère 
par Zargo) de Fbancisco de Paula Medi>a e Vas- 
coNCELLos, a de beaux vers, mais n'est pas un poëme 
épique régulier en tous points. On peut le classer 
parmi ceux du second ordre du siècle passé. 

Les autres poèmes que nous connaissons sont tous 
inférieurs à ceux que nous venons de citer. 

Poëme s didactiques. 

As Georgicas portuguezas ( les Géorgiques portu- 
gaises) de Luiz DA SiLVA MoziNHo DE Albuquer- 
QUE , publiées à Paris en 1820 et dédiées à sa femme, 
peuvent soutenir la comparaison avec tout ce qui a 
été publié de mieux en ce genre en Portugal et ail- 
leurs. L'auteur y fait toujours une application juste 

de couper sonvrnt le sens (les vers pour satisfaire pi lis fa! ileiDcn ta la rime. 
Ccpc-ndunI il faut avouer que ce poëiiie a de grandes beautés, et 
qu'il est de beaucoup supérieur à tout autre poénie épique uicderne ; 
aue la marclie en est plus régulière que celle des os Lusiadas. Nous 
n'a-vons pas hésité à prononcer un jugement si sévère sur cette pro- 
duction de l'abbé Macedo , parce que nous avons été frappé de l'ac- 
cord unanime de tous les littérateurs portugais que nous avons con- 
snités sur ce sujet, et parce que , de tous les journaux nationaux 
et étrangers qui eu ont parlé, aucun n'a pris encore à tache d'en faire 
l'jipologie. 



( dix ) 

de la théorie à la pratique agricole ; ses préceptes sont 
clairs et ses ornenaens sont toujours tirés du sujet. La 
versificalion est en général belle , quelques épisodes 
sont très-poétiques, et certaines descrq)iions, bien 
qu'empruntées ou imitées de Virgile et d'autres poètes, 
se l'ont encore bre avec plaisir , quoique comparées 
aux originaux. L'auteur , qui réside maintenant à Paris, 
est sur le point de terminer mi poëme épique dont le 
sujet est la conquête de Pernambuco sur Jes Hollan- 
dais ; il a fait aussi une tragédie, et un assez grand 
noJiibre de pièces fugitives en différens genres. 

A j\I(>ditaçào (la Méditation) de l'abbé José Agos- 
TiNHO DE Macedo, est un poëme rempli de philoso- 
phie et d'érudidon ; on y trouve des idées sublimes 
et de beaux vers. O Newton (leJNewton) , autre poëme 
du même auteur, offre en beaux vers l'histoire de 
toute la philosophie, les noms des philosophes, et donne 
une idée de leurs sectes diflérenles; cet ouvrage a 
cependant moins de mérite poétique que le précédent. 
Pour parler avec impardalité,on peut dire que la Me- 
ditaçào fait plus d honn*-ur à l'abbé Macedo que ne 
lui en fait X Oriente. 

UEnsaio sobre o homen , qui est la traduction vers 
par vers de V Essai sur l'homme d'Alexandre Pope, 
de Francisco Be>to Maria Targi.m , vicomte de 
SA^-LoLRE^ço, a donné une juste célébrité à son au- 
teur, à cause des beaux vers qu'on y trouve et de la 
vaste érudition qu'il déploie dans les notes , où il étale 
des connaissances approfondies non-seulement dans 
les littérature anglaise et des autres nations de l'Europe, 
raaisencorc dans l'écononùe politique, l'administration, 
les sciences naturelles et la métaphysique, (/édition 
a- été faite à Londres , avec tout le luxe de la ty|)o- 
%rapl)ie et de la gravure. A dire vrai les notes' sont 
hors de toute proportion avec le texte ; mais elles sont 
SI savantes que l'on peut bien pardonner ce défaut à 
l'auteur, grâce à leur utilité. VJpe in Lon'dra , le Ma- 



( c!x ) 

ipotine ^ le 3Iornmg''Chrcnich , h S/ar, le Times ^ 
la Revue encyclopédique et aulres journaux en ont fait 
•les plus i;i ands éloges. M. Tar^ini a composé beau- 
coup d'autres poésies , et surtout des satires , dont 
quelques-unes passent pour des chefs - d'œuvre ; il 
travaille acluelienjent à la traduction libre en vers 
blancs du Paradis perdu de Milton, qu'il se propose 
de publier à Paris, où il se trouve, avec des noies dans 
le genre de celles de l'Essai de Pope. Voyez Econo- 
mie pcAitique et Littérature. 

A Vaccina du médecin Antonio Pereir'a Za- 
GALLO, petit poëmc en un cbant , imprimé dans le 
journal de Coimbra ; As Agoas mineraes de Lon- 
groiva ( les Eaux minérales de Longroiva ) , autre 
petit poëme de JosÈ Pinto Rebello de Caryalho , 
et O Passeio (la promenade) de José Maria da 
Costa e Silya, méritent d'être lus avec attention , 
parce qu'ils oflrent souvent , dans une foule de beaux 
vers ^ des peintures et des tableaux très-poétiques. 

Il existe encore plusieurs autres poënies didactiques 
qui n'ont pas été publiés , mais sur lesquels nous 
avons pris des informations exactes , tels que les Re- 
creaçoens hotanicas ( Piecréations botaniques ) , de la 
comtesse deOeynkauseis' (yoxez Poésie lyjique, etc.); 
As Abelhas ( les Abeilles) /de José Pinto Rebello 
de CarvaleiO; A Vaccina, petit poëme du même 
auteur: O Boi (le Bœuf), de AisTONio Feliciano 

DE CaSTILIIO. 

Poésies satiriques et poënies héroï-comiques. 

Les Portugais comptent très -peu debons poëmesdans 
ce genre ; cependant on ne peut refuser à cetlenation 
une grande finesse de goût pour la satire , et 1 on doit 
convenir que sa langue est irès-ricbe en termes propres a 
ce genre décomposition. L'esclavage de la presse était 
sans doute une raison assez puissante pour empêcher les 
écrivains portugais de se livrer à ce genre d'ouvrages , 



( cîij ) 

puisque la publication des productions de leur génie 
leur était interdite. Nous passerons sous silence la 
masse de ces sortes d'écrits , qui, à cause de l'imper- 
fection de leur plan , de leur mauvais style , des ex- 
pressions triviales et indécentes dont ils sont remplis, 
des personnalités aussi sanglantes que calomnieuses 
qui en déshonorent lés auteurs , ne méritent aucune- 
ment de figurer dans ce Coup d'œil de la littérature 
portugaise ; et nous nous bornerons à en citer plusieurs 
qui sont exempts de ces défauts et qui généralement 
jouissent d'une estime méritée. 

IJHissope (le Goupillon) , du desembargador 
^ Antomo DiiSiz DA Cruz e Silva. Quoique com- 
posé depuis assez long-temps, cet ouvrage a paru seu- 
lement depuis trois ou quatre ans (i). C'est le plus beau 
poënie satirique du Parnasse portugais moderne. Il n'y 
a presque pas de littérateurs en Portugal qui n'en aient 
une copie manuscrite. De quelque côté qu'on veuille 
examiner ce poëme , on le trouve parfait , tant sous 
le rapport de l'inveiition , de l'exécution , de Timagina- 
tion et des épisodes , que sous celui de la versification, 
de st\ le , de la pureté du langage et de l'harmonie des 
vers. Voyez Poésie lyrique. 

UEstipudez (la Stupidité) nemanque pas démérite, 
quoique très-inférieur sous le rapport poétique à 
ï Hissope. On attribue ce poëme satirique à un mé- 
decin encore vivant. 

jîs Poesias sati?icas (les poésies satiriques) de 
* NicoLAO ToLEîSTi>'0 DE Almeida, sout tellement 
goûtées à cause de la naïveté du stvle avec lequel elles 
sont écrites ,et qui est à la portée de tous les lecteurs^ 
et à cause de la beauté de la versification et des images, 
et de la décence qui accompagne toujours la satire , 
qu'elles sont toujours placées dans les bibliothèques 

(i) Cette circonstance toute particulière noua a engagé à faire men- 
tion d'un poète mort avant 1800. ^ 

IL \ 



( cJxij ) 

portugaises entre celles de Saa et Miranda etde Boileau. 
Le roi actuel les a fait imprimer à ses frais, et a fait en- 
suite présent de toute 1 édition à l'auteur. Aucun 
poëte n'a aussi bien décrit les mœurs du temps. 11 ex- 
celle surtout dans les quintilhas (couplets de cinq 
vers ) ; son style est d'une finesse , d'un mordant , 
d'une couleur originale et d'un ton de décence 
et d'urbanité qui le mettent dans ce genre au- 
dessus de tous les poètes portugais. Ce grand satirique 
a eu le rare talent de dépouiller ses ouvrages de tout 
fiel. 11 n'y a pas de littérateur qui ne sache par cœur 
ses Quintilhas. 11 était simple professeur de rhé- 
torique, et le mérite de ses satires lui valut une place 
de commis du bureau de l'intérieur (officier de se- 
cretaria de Estado ). 

José Daniel Kodrigues da Costa. Voyez Litt. 

Les Sonetes satyricos ( sonnets satiriques ) de 
*LoBO DE GuiMAE.AE.>s,sontlrès-estimés, etfigurent 
avec distinction parmi les ouvrages manuscrits qui 
ornent beaucoup de bibliothèques en Portugal ; un 
grand nombre ont déjà été imprimés. 

"^ Du Bocage , dans le satirique, surpassait tous les 
poètes de son temps , et était la terreur des mauvais 
écrivains. Voyez Poésie lyrique , etc. 

Poésie Dramatique. 

Les Portugais, qui comptent tant de belles produc- 
tions dans tous les genres de poésie, ont le désavantage 
non-seulement de ne pas posséder un bon théâtre , 
mais encore de voir le leur au-dessous du médiocre. 
A l'exception d'un très-petit nombre de pièces , on 
peut dire que toutes les comédies et tragédies com- 
posées en portugais pèchent contre les premières règles 
de l'art, manquent de bons vers, d'intérêt, de grâce, et 
que tout ce que les Portugais ont de mieux dans ce genre 
est traduit de Voltaire, de Racine, de Corneille, de 
Crébillin, d'Alfieri, de Molière , de Goldoni, de La 



( clxiij ) 

Motte, de Kotzebue, etc. etc. Cependant il faut 
avouer que sans parler de quelques comédies de 
Moraes , de VOsmia, tragédie composée par la com- 
tesse de Vimieiro et couronnée par l'académie, et de 
V Hermione de Domingos dos Reis Quitta , parce que 
ces productions n'«appariiennent pas à la période que 
comprend notre Coup d'œil , on peut dire que la Nova 
Castro de ^ JoAO Baptista Gomes est une tragédie 
qui , malgré quelques défauts , a un mérite réel , et 
annonce dans son auteur, enlevé trop jeune à la lit- 
térature, un vrai talent pour le genre tragique ; elle a 
été couronnée par l'Académie des Sciences. Presque 
toutes les autres pièces originales sont de beaucoup 
inférieures à celles que nous venons de citer , et ne 
mériteraient aucune mention, si, à cause de la disette 
de bonnes compositions, les médiocres mêmes n'ac- 
quéraient par leur rareté un certain mérite relatif. 
Plusieurs causes ont contribué à tenir dans l'enfance 
parmi les Portugais celte partie de la poésie , qui a 
produit tant de chefs-d'œuvre en France , en Angle- 
terre , en Italie, en Allemagne, et jusque dans le 
nord de l'Europe. Nous en avons signalé les principa- 
les à l'article Art dramatique du chapitre Beaux-arts, 

Voici les noms des Portugais qui méritent d'être 
cités dans cette partie de la littérature. 

ViCE.NTE Pedro NoLAsco, auteur du O Triunfo da 
natureza. L'action de cette pièce est vraiment tragi- 
que; les caractères en sont bien soutenus ; mais elle pè- 
che un peu par l'excessive longueur du discours, et 
par d'autres défauts qu'il serait trop longd'énumérerici. 

Pimenta Aguiau. C'est un des poètes modernes 
qui ont fait le plus d'efibrts pour donner à leur nation 
un théâtre complet ; mais malheureusement l'eflet de 
ses pièces ne répond pas à son intention. Ses compo- 
sitions manquent de goût, pèchent contre le précepte 
de 1 unité et de la simplicité , et les vers sont médiocres; 
cependant quelques-unes de ses tragédies ont des scènes 



( clxit ) 

tres-intéressanies , et les passions y sont quelquefois 
très-bien exprimées. 

L'abbé José Agostinho de Macedo est auteur de 
quelques pièces qui toutes ont le défaut d'une grande 
monotonie , et manquent de pathétique. 

JoAO Baptista da Silva Lî!\tao de Almeida 
Garhet, auteur de plusieurs tragédies. Quoique en 
général ses pièces ne soient pas des modèles en ce 
genre , on doit avouer que sa Mérope et son Caton 
em Utica ont un vrai mérite et lui font beaucoup 
d'honneur, surtout lorsqu'on considère la jeunesse de 
l'auteur, dont le talent, l'imaginadon et la con- 
stante application à l'étude donnent les plus grandes 
espérances à ses compatriotes. V. Poésie lyrique, etc. 
Pedro ALEXAx^DRE Cavroé. Il est auteur de plu- 
sieurs comédies en prose représentées aux théâtres de 
Lisbonne et de Porto. Voyez Littérature. 

VElectra et V Iphigenia de FRA^CISco Dias; la 
Policeua du bachelier (baxarel) Joaquim José Sa- 
BINO, et X^Herminia de Francisco Soares Fkaivco, 
passent pour des tragédies supportables. 

A la tête des traducteurs naticciaux il faut mettre le * 
^ desembargador José Pedro de AzevedoSouza da 
Camara , qui a traduit d'une manière heureuse les 
meilleures tragédies de Voltaire, et qui dans ce genre 
est au-dessus de toute comparaison avec aucun de ses 
compatriotes. 

^JoAO Baptista Gomes, l'auteur delà iVoprt Cas- 
tro, passe aussi pour un bon traducteur. On a de lui 
la Gabriclle de Vergi de La Motte, qu'il a intitulée 
\q Fayel d'Arnaud , et os Mancehos. 

* Francisco Manoel do Nascimento a traduit 
XAndromaque de Racine et trois actes du Coriolan 
de La Harpe. 

Poésie lyrique et autres genres. 

C'est le genre dans lequel les Portugais se distin- 



( cixv ) 

guenl le plus. Ils comptent un »i grand nombre de 
poètes lyriques, qu'il nous faudrait beaucoup de pages 
pour les faire connaître. Nous nous bornerons à parler 
de ceux qui se distinguent le plus , et qui sont les plus 
connus. 

* Le descmbargador Anto'io Ribeiro dos S\x- 
Tos , connu dans ses poe'sies sous le nom d'Elpino 
JDuriense. Il vivait du temps de XArcadia, et mourut 
en 1818 , laissant trois volumes in-4° de poésies pres- 
que toutes originales. Elles sont estimées de tous les 
littérateurs, à cr.use de la pureté du style , de l'amour 
de la patrie qu'elles respirent, et des leçons de vertu 
qu'on y trouve; à cause de la variété des su jets, du goût 
classique avec lequel elles sont écrites, et de leur belle 
versification. Leur auteur a publié aussi une traduction 
très-fidèle des odes d''Hora ce, et plusieurs poésies lati- 
nes. 11 a laissé en outre une collection nombreuse d'ou- 
vnigesenprose irès-estimés, et quise trouventla plupart 
manuscrits dans la bibliothèque nationale de Lisbonne. 

^ Fraxcisco Manuel do Nasci:me>'to , comiu dans 
l'Arcadia sous le nom de Filinto Elyslo, et mort der- 
nièrement à Paris , où il s'était réfugié depuis long- 
temps pour échapper aux poursuites de l'inquisition." 
C'est le jTTÏnce des lyriques modernes portugais. Son 
slvie est beau, malgré le mélange bizarre qu'il a fait 
très-souvent dans ses vers de mots surannés et d'au- 
tres de son invention qu'il lirait du latin. On reproche 
à ce grand poète d'avoir été un peu trop ennemi de 
la rime. Ses plus belles odes , qui sont le genre où il 
excelle le plus , ont été publiées à Paris avec une tra- 
duction et des notes de M. Sané, et un essai rapide 
sur la littérature portugaise fourni par le diplomate 
M. de Brito (voyez Politique). La collection de toutes 
ses poésies y a été imprimée en il vol. en 1817 -181 g. 

* Manuel Maria Barbosâ Du Bocage , un des 
plus grands lyriques portugais , et le premier des poètes 
portugais modernes. Doué d'une imagination vraiment 



( CIXYJ ) 

poétique^ il laissa plusieurs écrits d'une force, d'une 
énergie, d'une délicatesse et d'une versification si 
heureuse qu'il n'a encore été efTacé par personne. Ses 
sonnets , qui sont en grand nombre, sont parfaits. 
Depuis le quinzième siècle on avait travaillé beau- 
coup dans ce genre , le plus difficile de tous. 11 y avait 
des sonnets qui passaient pour bons, ma s Du Bocage 
vint les surpasserions, en fixa le goût encore incertain, 
s'érigea en maître du genre, et y parvmt à une perfec- 
tion à laquelle aucun de ses nombreux disciples ne 
put atteindre , et qui paraît même être inimitable. Il 
excella aussi dans les églognes et dans les idylles ,"^urtout 
dans le Tritào.^ où il déploie beaucoup d'originalité; 
on peut en dire autant de sesCantates (cantates), ^pw- 
tolas (épîtres) , et Quadras (quatrains). C'est le plus 
grand imjirovisateur portugais. Quoiqu"*!! ait laissé des 
ouvrages du plus grand mérite, la postérité ne pourra 
jamais se faire une idée de toute l'étendue de son génie. 
Doué de la plus rare mémoire (i ), du goût le plus ex- 
quis, avec les plus profond es connaissances en littérature, 
possédant parfaitement les langues modernes, surtout 
le français et 1 italien, l'insouciance de son caractère, 
sa trop grande facilité, et peut-être encore plus le 
mauvais goût de ceux de ses compatriotes dont il fai- 
sait les délices , l'ont détourné d entreprises dignes de 
son talent. Il s'est contenté de succès trop faciles et qui 
ne lui ont coûté tout au plus que quelques instans de 
réflexion. Tous les ouvrages qu'il a laissés ont été im- 
provisés. Jamais il n'a rien relu ni corrigé. Ses belles 
traductions des JVIetaniorphoses d'Ouide ont toutes 
été improvisées, ainsi que toutes ses autres traductions 

(i) C'était un prodige de mémoire : ses manuscrits lui ayant été 
volés , il les reproduisit tous de mémoire. On cite une anecdote dans 
laquelle il céda à l'enthousiasme poétique dont il était rempli: il cfait 
cadet de marine ( guarda-marinlia ) à Macao ; il fut obligé de quitter 
ce pays à cause d'une satire cju'il avait faite contre l'ouvidor. Il est 
mort à Lisbonne au commencement du siècle actuel , âgé de 35 ans, 
regretté de ses nombreux amis et de ses admirateurs. 



( cl.xvij ) 

(lu français et du laiin. Celle des Jardins de Delllle 
suffirait pour faire la répulalion d'un poète, el elle ne 
lui a coûté que quelques jours de travail. Ce qu'il y a 
de remarquable, c'est que quoique très- jeune, ayant 
toujours mené une vie très-dissipée , il possédait sa 
langue et la littérature ancienne portugaise à un degré 
de perfection qui étonnait des savans qui avaient pâli 
sur les livres, et dont plusieurs ont été déconcertés 
par les questions aussi délicates que difficiles qu'il leur 
faisait sur la littérature latine. 11 a traduit le poème 
latin Tripoli de Cardozo vers par vers, ce qui prouve 
la grande ressemblance de ces deux langues, la richesse 
du portugais et l'adresse du traducteur. 

"^ NicoLAO ToLENTiNO DE Almeida. Voycz Poésie 
satirique. 

^ Thomas Amoio Gonzaga , surnommé avec 
raison X Anacrêon portugais , et mort en exil à An- 
gola en Afrique. Sa collection de Lyras^ sous le titre 
de Marilia de Dirceo, est un chef-d'œuvre pour le 
style, le pureté de langage , l'harmonie des vers et le 
choix des sujets. 11 a été traduit en français , en italien, 
en allemand et en anglais. 

"^ Amoivio da SiLVEiRA Malhao , qu'il ne faut pas 
confondre avec Francisco Silveira Malhào y qui est 
mort vers la fm du siècle passé , était un poète dis- 
tingué , connu surtout par l'étonnante facilité avec 
laquelle il improvisait. 

Belchior Manoel Curyo Semedo , officier de 
marine. C'est un des meilleurs poètes vivans du Por- 
tugal. Ses Métamorphoses sont un modèle en ce 
genre ; ses Apologos (apologues) sont pleins de grâce, 
de naïveté et de morale; ses Qiiadras {p^-àXX2\v^^ sont 
d'un goût exquis , et ses sonnets seraient égaux à ceux 
de Du Bocage s'il égalait celui-ci sous le rapport de la 
versification. Ses Lyras ( pièces fugitives) , ses Eglogas 
( églogues ) , sont d'une grâce enchanteresse ; en un 



( clxvii] ) 

17101 toutes ses poésies sont marquées au coin du vrai 
j^énie. 11 a fait aussi une traduction en vers portu^^als 
des fables de La Fontaine, 

José Agostinho de Macedo a écrit dans presque 
tous les genres de poésie lyrique; mais à parler vrai^ 
à l'exception de quelques-unes de ses odeSj ses compo- 
silions lyriques sont de beaucoup inférieures à d'autres 
dans lesquelles il est supérieur à tous ses compatriotes. 

'*' Pedko José Cojvstaivcio, frère du médecin Fran- 
cisco Soîano Conslancio. C'est un poète très-distingué, 
quoiqu'il rj'ait publié qu'un petit nombre de pièces. 
Quelques-unes de ses traductions des odes d'Horace 
suffisent pour lui assurer un rang distingué parmi les 
poètes portugais. Il a laissé une excellente traduction 
de la tragédie de Catilina de Voltaire. 

Le père José Constancio Lopes da Cruz, religieux 
franciscain, est un poète qui réunit une brillante ima-* 
gination à beaucoup d'élégance. Voyez Ldttérature. 

'*'A]SiTO?<ioSoARES D'AzEVEDO.Ses œuvrcs en prose 
et en vers se distinguent surtout par la pureté du lan- 
gage, à laquelle il sacrifiait presque toujours l'harmonie 
des vers. C'est un des premiers traducteurs portugais, 
et le théâtre national lui doit la traduction en beaux 
vers de la plupart des pièces françaises qu'on y joue, 

JoAO ViCEiNïE PiMEJVTEL Maldoxado, député aux 
Cortès , bon littérateur et poète agréable. 11 se dis- 
tingue surtout par ses apologues , qui sont les meilleurs 
du pâmasse portugais. On pourrait l'appeler le Pignotti 
du Portugal. 

Mademoiselle Mae.Ix\.nna Pime.ntel Malco^'Ado, 
§œur du député Joào Vicente Pimentel Sîaldonodo. 
Elle a composé deux gros volumes de belles poésies 
lyriques, dont quelques-unes seulement furent pu- 
bliées dans des feuilles isolées, dans quelques cahiers 
de V Investigador portuguez , et dans plusieurs autres 
journaux. Ses poésies réunissent, à une grande har- 



( cKix ) 

'raonie dans les vers , beaucoup de verve poétique et 
de sentiment. 

L'abbé André A.monio Correa , professeur de 
rhétorique et de poésie à l'école royale de Porto. C est 
un poète qui 5 à la plus scrupuleuse observation des 
préceptes de son art, unit beaucoup de sentiment et 
une judicieuse critique. Les héroidcs sont le genre 
dans lequel il excelle le plus. 

JOAO EVANGELISTA MoR \ES SaRÎVIENTO , aUSsi bon 

médecin que bon poète ; il excelle surtout dans le genre 
èpicédique. L^iarmonieuse cadence de ses vers fait 
la moitié de leur mérite. 

* Antonio Diniz da Cruz e Silva. Ses Odes pin" 
daricas lui assignent un rang éminent au Parnasse ; 
tous les littérateurs nationaux s'accordent à le nommer 
le Pindare portugais. Voy. Poëmes héroï-comiques. 

Antonio Feliciano Castilho, aveugle dès l'âge 
de six ans, et étudiant en droit à Coimbra, Ce jeune 
favori des misses a publié dès l'âge de quinze ans 
une épicédie sur la mort de la reine, et à dix-huit 
ans un poème en trois chants , sous le titre de A 
Aclamaçào de el rei D. Joào VL Ses héroïdes, 
imprimées en 1820 à Coimbra , sous le litre de 
Cartas de Ecco e Narcizo (lettres d'Echo et Nar- 
cisse) , sont pleines de verve et de sentiment, et sont 
d'autant plus appréciées par ses compatriotes , qu'elles 
remplissent le vide de la littérature portugaise en ce 
genre. Lié par l'amitié la plus intime avec ce jeune 
auteur, nous avons vu tous ses précieux manuscrits, 
dont les principaux sont : 5 volumes diodes; 10 chants 
d'un poème erotique et descriptif soiis le titre de A Na-^ 
morada (la coquette) ; O Boi (le bœuf), poème didac- 
tique ; une collection de toutes ses poésies lyriques , 
où nous avons trouvé des sonnets dignes de Du Bocage; 
im poème sous le titre de Métamorphoses sagradas 
(les métamorphoses sacrées). En général toutes les 
productions de ce jeune poète se distinguent par UiiÇ 



[ clxx ) 

grande érudition , par la pureté du style et par l'har- 
monie de la versification. 

Antonio José de Mesquita , aveugle de naissance , 
et actuellement ligé de trente ans. C'est un autre favori 
des muses , quoique doué de moins d'érudition et de 
feu poétique que le précédent. 

José Francisco Cardozo, médecin à Baliia sa 
patrie. C'est un bon poète latin , connu surtout 
par son poème qui a pour sujet les exploits des Por- 
tugais dans leur expédition de Tripoli, qui a mérité 
d'être traduit par Manoel Maria Barbosa Du Bocage. 

Antonio José Pedro Lopez, rédacteur de la Ga- 
zêta XJniversal , et collaborateur de l'abbé José Agos- 
tinlio de Macedo au journal EnciclopecUco publié à 
Lisbonne en 1820. Il compose de beaux vers, dont 
quelques-uns se trouvent dans ce journal. 

* Le père José de Jésus, missionnaire très-instruit, 
et aussi bon poète qu'orateur distingué. 

Don A Francisca de Paula Pozzolo da Costa. 
Celte dame aimable , que nous avons l'iionneur de 
connaître personnellement, unit aux grâces de son 
sexe et aux qualités qui forment l'ornement d'une 
excellente épouse , un talent extraordinaire dans la 
poésie , surtout dans le genre lyrique. Elle compose 
avec une étonnante facilité , et toutes ses productions 
sont pleines de feu et de sentiment. Elle en a publié 
un volume en 1816, dédié à la reine sous le titre de 
Francilia pastora do Tejo^ un second volume est tout 
préparé, mais n'est pas encore imprimé. Elle a aussi 
composé deux comédies, Ricardo, ou A Força do 
Distlno, et O Duque de Cleves, et un roman sous le 
titre de Herminia e Clarlce^ owOs Caprichos da sorte 
qui sont encore manuscrits. Madame da Costa travaille 
actuellement à la traduction de la Corine ou Y Italie 
de madame de Staël, qui sera bientôt publiée. 

La comtesse de Oeynhausen. Cette dame respec- 
table a écrit dans presque tous les genres, et dans tous 



( f'^'^i ) 

elle s'est distinguée. Ayant une connaissance parfaite 
du latin, de l'anglais, du français et de l'allemand, 
elle a enrichi sa langue, qu'elle écrit avec la plus grande 
élégance, de la traduction en vers aussi beaux qu'har- 
monieux de plusieurs chefs-d'œuvre du parnasse de 
ces quatre nations. La Critique d'HovaiCe , ï Essai sur 
la critique de Pope , les Psaumes de la pénitence et 
quelques autres sous le titre de Parafrase a varias 
psal/nos, sont déjà imprimés, et ont confirmé la place 
distinguée que les littérateurs et les poètes accordent 
à cette femme savante. Elle se propose de faire im- 
primer aussi sa collection de poésies lyriques. Parmi 
les nombreux ouvrages qu'elle n'a pas encore publiés, 
et qu'elle nous a fait l'honneur de nous faire voir, nous 
citerons les suivans, comme les plus importans : les 
traductions en vers du Claudieny de V Oberon de Vie- 
land , de tout le Psautier j et celle de presque toutes 
les œuvres d'Horace. Elle a parcouru la France, l'Al- 
lemagne et l'Angleterre , et a laissé parloutle souve- 
nir de son esprit cultivé par la philosophie et la bonne 
poésie ; ceux qui entretiennent une correspondance 
avec cette dame en gardent les lettres comme des mo- 
dèles de style éplstolaire. On doit ajouter que madame 
la comtesse de Oeynhausen dessine parfaitement et 
aime passionnément les beaux-arts. Voyez Poésie 
didactique et Littérature. 

La vicomtesse de Balsamao, dona Catherin A. 
Cetle dame a écrit dans presque tous les genres de 
poésie; mais c'est surtout dans les sonnets et dans le 
genre erotique qu'elle excelle le plus. Quoique âgée de 
soixante-dix ans, elle conserve une mémoire prodi- 
gieuse , et fait encore de très-beaux vers remplis de feu, 
d'harmonie et de sentiment. Celte femme célèbre 
appartient à la famille de Villa Pouca de Guhnaràes^ 
dans laquelle le talent poétique paraît être hérédiiaire. 

Nuivo Alvares Pereira Pato Momtz. C'est un 
poète rempli de goût et d'érudition. Il a composé plu- 



( clxïij ) 

sieurs poésies , entre autres les deux poèmes A Ap- 
pariçào et Y Apothéose de la reine Marie V*. Voyez 
Littérature, 

José Ferreir a. Borges , poète agréable , qui réunit 
beaucoup de feu et de sentiment à une grande con- 
cision. Voyez Jurisprudence. 

Antonio José Maria CAMPELLO.Voy. Littérature. 

JoAO NoGUEiRA Gandra. Vojcz Littérature. 

José Maria da Costa l Silva , ami et imitateur 
heureux de Du Bocage. 

Miguel Antonio de Barros. C'était un simple 
artisan auquel son talent poétique valut l'amitic de 
Du Bocage. Il a publié quelques odes remarquables 
par la sublimité des pensées et la hardiesse du style. 

Lima Leitao. Ami et élève de Francisco Manoel 
do Nascimento , dont il chercha à imiter le style. Ce 
poète a composé plusieurs odes d'un mérite assez dis- 
tingué 'y mais l'ouvrage qui lui fait le plus d'honneur 
est la traduction complète des oeuvres de Virgile, 
qu'il a composée à Angola et publiée à Rio- Janeiro. 

11 est actuellement à Mozambique , où il est physico 
mor. Voyez Médecine. 

'^^ Le père Diogo, religieux carmélite. C'était un bon 
poète , dont on vient de publier les œuvres à Paris , en 

12 volumes in-8°. Voyez Eloquence. 

Luiz Rafaël Soté, auteur de plusieurs ouvrages , 
parmi lesquels il faut distinguer As noites Josephinas 
(les nuits Joséphines), et quelques ditbyrambes rem- 
plis de feu. 11 publia aussi pendant son séjour en France 
une ode sur la naissance du roi de Rome , qui fut in- 
sérée dans le recueil publié par le gouvernement 
d'alors , et qui lui valut une gratification du ministre 
de Fintérieur. 

OviDio Saraiva , magistrat du Brésil et député aux 
Cortès. Il a publié à Rio-Janeiro le premier volume de 
ses poésies, parmi lesquelles on remarque la méta- 
morphose ori|finale A Tejuca. 



( cîïxiij ) 

* Roque Ferreira Lobo. Il a publia en vers des 
paraphrases de l'Ecriture sainte , qui ont un certain 
mérite. 

José Daniel Rodrigues da Costa. Voyez Lit- 
térature. 

Barreto Feio , major de cavalerie et député aux 
Certes. On a publié ses traductions de quelcpies pièces 
d'Alfieri et de Metastasio sans titre d'auteur. 11 conserve 
encore manuscrites d'autres poésies parmi lesquelles, 
à ce que l'on nous a assuré, sa traduciiou des six pre- 
miers livres de l'Enéide de Virgile mérite une placo 
distmguée dans le parnasse portugais. 

^ Le père Aivtomo Caldas. Ce littérateur et poète 
distmgué a traduit les psaumes en très-beaux vers 
portugais , et a composé des odes qui viennent d'être 
mjprmiées à Paris. Parmi ses odes on remarque sur- 
tout celle de la liberté de l'homme sauvage , dans le 
style pyndarique. Ses métamorphoses se distin fanent 
aussi par beaucoup de verve et par des pensées subli- 
mes. Voyez Littérature , Eloquence et T/iéoloo-ie. 

Francisco de Borja Garçao Stockler. Ge^por- 
tugais, qui est le premier de ses compatriotes dans plu- 
sieurs autres branches, tient encore un rang distin^mé 
dans le Parnasse portugais. Il a complété la traduction 
du Psautier de son intime ami le père Caldas, et c'est 
à ses frais que cet ouvrage a paru. Parmi ses autres 
poésies on pourrait citer comme un morceau parfait 
son ode horacienne en réponse à celle du père Caldas 
sur la liberté. 

* Maisoel Ignacio da Silva Alvarenga , membre 
de 1 Arcadia, professeur de rhétorique à Rio-Janeiro , 
ou il passait pour le meilleur avocat du pays. Il a com- 
posé un grand nombre de poésies parmi lesquelles les 
poèmes O Desertor das letras (le déserteur des let- 
tres) et le Glaura se distinguent par un mérite réel 
5>cs satires contre les vices , la traduction en vers por- 
tugais d Anacréon, et d'autres poésies , ont été impri- 



( clxih ) 

mées. Une belle versification , des pensées vraiment 
philosophiques , et une critique aussi fine que délicate 
se font remarquer dans toutes ses compositions. Ce 
grand poète était aussi un amateur très-distingué de Ja 
musique, et avait des connaissances rares en histoire na- 
turelle. 11 s'était formé dans sa maison un petit musée, et 
possédait la bibliothèque la plus nombreuse de Rio- 
Janeiro. Elle a été achetée de ses héritiers et. réunie à 
celle du roi. Voyez Musique. 

*DoiviiNGos MAXiMiANoToRRES,ami intime de Fran- 
cisco Manoel do Nascimento , connu parmi les membres 
de Arcadia sous îe nom de ^//è/zo Cyntliio^çx^awwQnQ 
possédait plus à fond la langue portugaise , et ne l'écri- 
vait avec plus de pureté. Ses ouvrages , quoique man- 
quant un peu de verve, sont des modèles de bon goût 
et de correction. Sa traduction de quelques psaumes, 
plusieurs de ses odes et même quelques chansons lui 
assignent une des premières places parmi les poètes 
portugais. 11 mourut dans le lazaret de Trafaria , où il 
avait été transféré en 1809, lors de la persécution des 
jlfrancezado8. Voyez Littérature. 

JoAO Alexajndïiino de Sousa QueiroGtA, député 
aux Cortès. Poète agréable , surtout dans le geme 
îyrico-héroique , et remarquable par une grande facdité 
pour l'improvisation. 

JcaoBaptista da Silva Leitao Garret d'Almei- 
DA, jeune poète très-distingué, appelé communément 
Onopo Du i5oc«^c (le nouveau Du Bocage), surnom que 
lui a mérité sa grande facilité à faire de beaux vers. On 
imprime actuellement deux volumes de ses poésies. Son 
Retrato de Venus (portrait de Venus) est un petit 
poème qui fait beaucoup d'honneur à ce jeune adepte 
des muses , par l'extrême délicatesse avec laquelle il a 
su traiter un sujet si difficile , par la beauté des vers et 
la vivacité des images. Voyez Poésie dramatique. 

José Victoriiso Barreto Feio, major de cavalerie 
et député aux Cortès. C'est unpoèie agréable. 



( clxxv ) 

JoAo Paulo dos SantosBakreto. Yoyez Mathe- 
matiqiies. 

DoM Gastao Fausto d V Camaha 5 capitaine de 
frégate. C'est un assez bon poète , connu surtout par 
son drame O Jaramento clos Numes, qui a été joué à 
l'ouverture du llicàtre Saint-Jean à Rio-Janeiro. Il est 
aussi auteur de plusieurs éloges qui ont été récités sur 
le même théâtre , et de beaucoup de poésies fugitives 
imprimées à Rio-Janeiro. 

'*" JoAO Marques , professeur de grec à Rio-Janeiro , 
où il a publi'^ en vers portugais la traduction de quel- 
ques chants de l'Odyssée et de l'Iliade d'Homère. 

L'abbé José Fernaisdes de Oliveira Leitao de 

GOUVEA. 

Alves Branco , étudiant à l'université de Coimbra. 

Le médecin Azvtomo Pereira Zagallo. Voyez 
Poèmes didactiques. 

Francisco Joaquim Bi.ngré. 

Manoel Mathias de Mendonça. 

José Pinto Rebello. 

JoAO Antonio Frederico Ferro. 

Le comte Palmella. V. Politique et Littérature, 

Le comte de Barca. Voyez Politique. 

J. A. Correa Henr.iques , ancien ministre près 
des villes Hanséatiques , poète agréable et littérateur; 
il vient de publier ses poésies. 

JOURNAUX POLITIQUES ET LITTÉRAIRES. 

Quoique les écrits périodiques n'assurent pas ordi- 
nairement à leurs auteurs une renonunée durable , ils 
leur donnent néanmoins une réputation momentanée 
assez étendue, et ils forment aujourd'hui une des bran- 
ches les plus importantes et les plus utiles de la 
littérature des nations civilisées. Leur lecture propage 
plus que tout autre écrit le goût pour les sciences et 



( rljwj ) 

pour les ielires , et en facilite les progrès. Ils sont dc" 
venus le moyen le plus facile et le plus puissant pour 
rendre communes à tous les peuples les découvertes 
utiles des savans des pays les plus éloignés, et lorsqu'ils 
sont rédigés d'après une bonne méthode et par des 
gens aussi instruits que sages, les journaux deviennent 
le foyer commun d'où jaillissent les lumières qui se 
propagent sur toutes les branches des connaissances 
humaines. Il est vrai que lorsque ces écrits sont rédigés 
dans un mauvais esprit ils produisent du mal ; mais 
aussi des lois sages peuvent les prévenir, ou du moins 
en suspendre les funestes effets. Tout bien pesé ilestin- 
dubitable que ces sortes d'ouvrages ne contribuent plus 
que toute autre chose aux progrès delà civilisation des 
peuples , et deviennent même d'une grande ressource 
pour les finances d'un Etat , lorsque le goût en est 
très-répandu , et que leur nombre a pris un grand 
accroissement (i). 

Nous n'avons pas été peu étonné d'apprendre que les 
Portugais possédaient dès l'année 1649 ^^^^ gazette poli- 
tique qui rapportait les événemens de la guerre de 
l'Acclamation ; c'est dans l'imprimerie d-^ Craesbeck à 
Lisborme que se faisait ce journal , sous le nom de 
Buletini. Depuis lors toutes les autres nations ont 
singulièrement multiplié ces sortes d'ouvrages , et c'est 
avec raison qu'on reprocliait il y a quelques années 
aux Portugais que le défaut d'écrits périodiques lais- 
sait un vide considérable dans leur littérature. Avant 
1 800 la Gazeta de Lishoa était la seule feuille poli- 
tique qui fut publiée dans toute la Monarchie Poriu- 



(i) Le gouvernement afourni en 1801 aux différensiéclacteurs des jour- 
naux politiques de l'Angleterre 16 oS/JQoS feuilles timbrées, qui lui 
ont rapporté 234571 livr. sterl. 10 schell. En 1818 il leur en a 
fourni 21 838o94 feuilles. En 1821 ce nombre monta k 24 7797^6 , et 
il rapporta au gouvernement 412996 livr. sterl. 8 scbell. , correspond 
dantà 10 SqSoqo francs. 



( ClX2tvij ) 

caise,eiicoreeiait-cllesousriii(iuencedii^ouvemenient, 
comme l'étaient alors toutes les productions littéraires 
de ce^^enre dans presque tous les autres pavs. Tous les 
ans , depuis 1782 , on a publié X Almanach de Lishoa, 
qui^lait assez bien rédigé par quelques membres de 
l'Académie Royale , et qui contenait parfois des articles 
assez inléressans pour la statistique du Portugal. On 
y imprimait aussi depuis plusieurs années la Fulhinha 
da Algibeira j ou Diario ecclesïastico , qui n'était 
qu'un calendrier. Le premier journal purement litté- 
raire publié en Portugal a été la Gazeta l'iteraria de 
Porto , rédigée dans cette ville par le chirui-gien Ma- 
noel Bezcrra de Lima, qui avait pour collaborateur un 
chanoine régulier de San-Joào Evangelista (Lojos). 
Sa rédaction , faite d'après un assez bon plan , parais- 
sant trop libre à un ministère auquel ces sortes d'écrits 
portaient ombrage > la Gazeta llteraria n'a pas eu une 
longue durée. Elle fut suivie du Jornal encyclopedico^ 
rédigé à Lisbonne par CasUioto sous les yeux des 
membres de l'Académie Royale des Sciences; mais il 
souflVit de temps en temps des interrupyons. 11 en 
païut un autre presque à la même époque, publié aussi 
à Lisbonne par le libraire Reycende, et rédige par une 
société d'hommes de lettres, parmi lesquels se trouvait 
le médecin Manoel Joaquim Henriques de Paiva. 11 
lut suivi par la feuille hebdomadaire intitulée O Al- 
mocreve depetas (le Courrier des Bagatelles), qui était 
lue avec avidité, mais qui ne contenait que des anec- 
dotes , des bons mots , de petites pièces de vers et autres 
bagatelles. A parler vrai le manque de journaux litté- 
raires à cette époque, qu'on reproche justement aux Por- 
tugais , et la prompte extinciiondupetitnombredeceux 
qui parurent, doivent être attribués aux intriguer de 
certains hommes^donti'amour-propre se trouvait sou- 
vent piqué par unecritique inconimode, qui, à la vérité, 
ne se tenait pas toujours dans les limites convenables. Il 
s'ensuivit que toute critique littéraire fut interdite, et 
n. m 



( clxxviij ) 

que la Gazelle de Lisbonne ne conlenait j>lus que les 
simples annonces des ouvrages nouveaux que les édi- 
teurs ou les auleurs y faisaieni insérer. 

Mais que les choses ont cbangé depuis ! Déjà, avant 
le départ du lloi pour le Brésil , on publiait à Lis- 
bonne le Correio mercantiL{{{t Courrier du commerce), 
journal assez bien rédigé, qui contenait, outre l'an- 
nonce et le départ des vaisseaux, les prix courans, les 
changes et autresobjets relatifs au commerce, beaucoup 
d'arlicies intéressons relatifs aux arts, à l'agriculture, 
à l'industrie , au commerce et même à la littérature. 
En 1806 on y publiait, outre la ^azeta de Lisboa et 
V Alinanach de Lisboa (1), un autre Jornal enciclo- 
pedico ou Diario imiversal das sciencias e artes , la 
Bîbliotheca univers al , la Collecçào de mentiras e 
verdades (Collection de mensonges et de vérités), elles 
Producçoes literarias , qui étaient rédigés d'après un 
meilleur plan et qui contenaient des articles intéressans. 

11 était bien naturel que des événemens politiques 
tels que l'invasion française et la longue guerre qui en 
fut la suite excitassent les Portugais à écrire sur les 
affaires du moment , et engageassent même le gouver- 
nement à leur accorder une plus grande liberté pour 
alimenterl'enthousiasmenational.L'espoirde ce dernier 
ne fut pas déçu, et une foule d'écrits périodiques naqui- 
rent comme par encliantement; et lorsque en i8og on 
déclamait encore en Europe contre Fignorance des 
Portugais , et qu'on leur reprochait de n'avoir que 
\ Alnianacli et la mauvaise Gazeta de Lisboa , le 
Calendario dos sçintos et X Ahnocreve de petas , ils 
ne comptaient pas moins de treize ouvrages périodiques 
publiés dans leur langue , non compris \ Ahnanacli de 



( i) Nous ne faisons pas mention de la Follnnha da Jlgibeira et d'un 
autre calendrier en une feuille, à cause de leur peu d'importance , et 
parce qu'ils ont continue dcparaitrc régulièrement chaque année depuis 
leur première publication jusqu'à présent. 



( clxxix ) 

Liîshoa et VAlinanach niilitar. En voici les litres : O 
Obserçador portuguez historico e poUtico de hishoa ; 
O Semanario Patrlotico y O Correio da peninsula 
ou O nopo Telcgrafo ; O Postilhào de hishoa ; A 
Ahelha do Meiodia (Abeille du Midij ; O Mensageiro 
(le Messager); A hanter na magie a ; O Telescopio 
portuguez ; yl Gazeta de hishoa ; les Ephemerides 
nauticas publiées à Coinibra par l'université, et d'au- 
tres EpJiemerides nauticas publiées à Lisbonne par 
l'Académie des Sciences; le Correio hi^aziliense ,\)\jiWi\é 
à Londres, et la Gazeta do Rio- Janeiro publiée au 
Brésil. En 1812 on publiait en Portugal le Dlario 
lishoniense , journal politique et littéraire, qui donnait 
l'extrait des journaux étrangers , et une notice des faits 
liistoriques les [)lus remarquables arrivés dans les dif- 
férens jours de Tannée; le Mercurio lusitano, lëuille 
quotidienne , qui donnait l'abrégé des nouvelles poli- 
tiques ; cette feuille était rédigée d'après un plan bien 
imaginé, et était écrite en bon portugais; le Telegrafo 
portuguez , qui donnait 1 extrait des nouvelles politi- 
ques , suivi de réflexions judicieuses et savantes; le 
Semanario da instrucçào e recreio , qui paraissait tous 
les quatre jours, rédigé sur un bon plan, et dont les 
articles étaient souvent très-curieux ; la Gazeta de 
agricultura e commercio , feuille liebdomadaire, dans 
laquelle on trouvait des articles intéressans sur l'agri- 
culture du Portugal , la liste des vaisseaux entrés et 
sortis de Lisbonne, les comestibles importés, les prix 
courans , et quelques nouvelles politiques ; le Jornal de 
Coinihra , entièrement littéraire et scientifique, dont 
il paraissait chaque mois un numéro qui contenait un 
grand nombre d'articles originaux très-bien rédigés. 
11 y avait en outre la Gazeta de hisboa , le Correio 
de hishoa,\e Veridico, écrit en espagnol, X Almanach 
de hisboa , X Almanach militar , les EpJiemerides 
nauticas publiées par l'université à Coimbra , les autres 
Ephemerides nauticas publiées ]iar l'Académie des 



( clxxx ) 

Scloîices à Lisbonne ; et les d^^iix savans journaiii lî(- 
léraires et politiques publiés à Londres , le Correio 
braziliense et X Investignclor portiignez. Voilà déjà 
jicuf écrits périodiques publiés dans le petit rovaume 
de Portugal; sans compter les almanachs et les éphé- 
mcrides. 13ans la même année, dans la seule partie de 
l'Espagne qui n'était pas occupée par les Français, on 
publiait trente journaux politiques et littéraires , sans 
compter les almanachs et les éphémérides nautiques, 
dont onze à Cadix , cinq à Madrid , quatre à la Corogne 
et deux à Séville. Cette multiplicité d'écrits périodi- 
ques , presque tous quotidiens , prouve qu'à cette 
époque on lisait dans la péninsule beaucoup plus que 
jamais , et réfute Yictorieusement l'opinion erronée 
des étrangers, qui prétendent que les Espagnols et les 
Portugais sont arriérés de plus d'un siècle. 

Après la paix ce grand nombre de journaux a beau- 
coup diminué, et en 1820, avant la mémorable journée 
du 21 août, on ne publiait dans toute la monarchie por- 
tugaise, sans compter les almanachs et les éj)héméiides 
susmentionnés, que les snivans : la Gazeta de Lishoa , 
rédigée d'après son ancien plan parM. Lopes; le Jornal 
de L 'oimhra , rédigé par MM. Castilho et Angelo ; ie 
Jor?îa l enciclopedico ycniièvemeni littéraire, rédigé par 
l'abbé José Agostinho de Macedo; la Gazeta de Rio- 
Janeiro et la Gazeta de Bahia. Il y avait en outre 
cinq journaux qui paraissaient chez l'étranger , dont 
deux à Paris, savoir : O Contemporaneo , et les An- 
naes das sciencias e artes , et trois autres à Londres. 
Nous cro3^ons indispensable de dire un mot sur ces 
trois derniers, qui ont eu une si grande influence sur les 
événemens qui ont amené l'ordre actuel des choses en 
Portugal, et sur quelques autres qui se distinguent de 
la foule des écrits périodiques par le plan d'après lequel 
ils sont rédigés et par les articles intéressans qu'ils con- 
tiennent. LadilïicuUé de publier des journaux politico* 
liiléraires au Brésil et en Portugal engagea quelques 



Portiiofais à en publier en i'iance el surtout en An- 
^letene , après que le roi fut passé à Rio-Janelro. 
Le Curreio brazilieihse IVit le premier (i ) qui parut à 
Londres eu 1 808 , rédigé avec autant d'éloquence que 
de savoir par M. Hipolito da Costa. Vint ensuite 
VInvestigador poT'tugitez, rédigé avec autant de talent 
que le Correio braziliense , d'abord par trois savans 
portugais, le médecin Abrantes, Carvallio et Vicente 
Pedro Nolasco, ensuite par un autre médecin brésilien, 
M. Miguel, établi à Londres; ce journal cessa de paraître 
en iBiC), et reparut en 1820, rédigé par Carvalho 
seul, sous le titre de Campedn. Le troisième journal, 
connu sous le nom de O Portuguez , avait paru à L,on- 
dres dès l'année 1814 > où il avait été rédigé par Joào 
Bernardo da Rocba ; la pureté du langage , 1 énergie 
du style , la profondeur des idées et surtout l'esprit 
d indé|)endance de son auteur , lui ont acquis une 
grande célébrité. On doit accorder à ces trois écrits 
périodiques le mérite d'être rédigés d'après un plan 
qui a ouveil un nouveau genre à la littérature portu- 
gaise. En ibi5 il a paru à Paris un journal politique 
et littéraire intitulé VObseri^acfor lusitano ern Paris , 
lédigé par le docteur Francisco Solano Constancio 
(voyezil/eV/m/ze, etc.). Ce journal se distingue parla pu- 
reté de la diction , par la profondeur des vues dans l'ana- 
lyse impartiale des ouvrages, et par la manière dont il 
envisage les événemens politiques. 11 est surtout reniai- 
quable par un précis de l'état politique de 1 Euru[)e 
avant la clmte de Napoléon. Postérietirement , en 
juin 1818, parurent à Paris les Annaes das sciencias 
e artes, rédigées par le même docteurFranciscoSolano 
Constancio j conjointement avec le desembargador José 
Dlogo Mascarenbas Neto et le colonel Candido José 
Xevier , auxquels se joignit plus tard M. Mozinho 

^i") 11 fut suivi par YJrgus , qui ne publia que quatre iium^.t;» , et 
l'ai U Mïcroscopiu , qui eu publia sept ou neuf. 



( clxxxij ) 

d'Albuquerque. Ce journal , écrit en très-bon portu- 
gais, contient beaucoup d'articles originaux très-im- 
portans , et peut être mis en comparaison avec les 
meilleurs journaux littéraires publiés aujourd'hui en 
Europe. 

Le cbangcment de gouvernement amena avec lui la 
liberlé d'écrire sur toutes sortes de sujets , et l'on vit 
les écrits périodiques se multiplier à l'infini. On ne i 
comptait pas moins de dix-sept journaux politiques \ 
publiés à Lisbonne en février 1821. 11 est vrai que plu- j 
siers furent bientôt au bout de leur carrière. Voici le j 
tableau des journaux qui paraissaient dans le mois de j 
juin suivant. La première colonne indique la ville de j 
leur publication, la seconde leur titre, la troisième les | 
noms de leurs rédacteurs. 

villes. Titres des journaux. Noms des rédacteurs. •- 

Si 
Lisbonne. . Diario das Certes. . . . Galvào et Vellio. 

Diario da Regencia. , . . Goes d'Andrade , Campelo et Costa. ■ 

Portutjucz consthucional. . Nuno Alvarfs-Pereira-Pato-Monltz. 

IVIuemosine couslitucional. Pedro Alexandre Cavroé. 

Astro da Lusltania. . . . Sinval. 

Patriota. ....... Wenck et Norbcrlo. 

Amigo do Povo Vidal. 

Libéral Anlonio Maria de Couto. 

Pregoeiro ( crieur ) lusitano. Clémente José de Mendonça. 

Ga/.eia uni versai Joaquira José Pedro Lopes et l'abbé 

Agostinho Maccdo. 
Folheta dos preços correntes. Antonio Centazzi, consul autrichien. 

Colmbra. . . Cidadào lilerato. .... Antonio Luiz de Seabra. 

Porto. . . Corrcio do Porti) Fcrro et Gonsalves. 

Patriota portuense. . . . Azevedo et Soares. 
Dorboleta constitucional. . Joùo Nogiicira Gandra. 
Folheta mercantil. . . . NN. 

Paris. . . . Annaesdas scicncias e artes. Mascarenlias , Constancio , Xavie* 

et AlbiiqucrÇiue. 

Londres . . Correio brazillensc. , • . Uipolito da Costa. 

O Portuguez Joào Bernardo da Rocha. 

Sovela ( alêne ) Ferreira. 

Camptiào ( chanipion ). . . Freire do Carvalho. 

Asorrague (lu fouet).. . . José Anselmo Correa. 
Funclial. . . O patriota funchalense. . . NN. 
Pernambnco.. Aurora Pemambucana, . . NN. 

O Segarrega NN. 

Bahia , , . Idade de ouro .... L'abbé Ignacio José de jVIacedo ei 

l'avocat Brito. 

Semanario civico JoaquimJoséda Silva Maya, négociant. 

Uiu Jo c^-iisilincional. . . I^e bacliclii^r Goincs Grniidào, 



( clxxxiij ) 

l'ttUi. Titres dei journaux. Noms den rédtirieun. 

nio-JdUfcii" • Gazeta (lo Rio-de-Janeiro. . Manoel reireira «le Arauju (i). 
Amigo Jo Bel e da Naçào. . Saraiva, 
O Consiliador NN. 

li faut ajoulcr à ce Ublcan V Almanach de Lisboa , celui de Rio^Jarteiro , et les 
l'phémérides nauiicas , publiées à Lisbonue et à Coimbra. 

(i) C'est le mfine qui en l8l4 et i8i5 putliaà Rio— Janeiro le journal littéraire O Patriota, 
oi> l'on trouve des ar'ides extrêmement intércssans sur celle vaste région encore ti jieu con- 
nue. Il en a putlié dix— huit cabicrs, dont un chaque mois. 



BEAUX-ARTS. 

Lorsqu'on veut être sincère il faut avouer qu'à l'ex- 
ception de rarcliitecture navale, de la musique, de la 
calligraphie et de l'équitation, les beaux-arts sont tous 
plus ou moins arriérés en Portugal. Cela ne vient pas, 
comme quelques voyageurs l'ont prétendu , du peu de 
penchant des Portugais pour ces occupations agréables, 
ou de leur défaut de génie ; ils ont trop d'imagina- 
tion, ils sentent trop vivement, pour que cette im- 
putation puisse être juste. C'est le manque d'élablisse- 
mens convenables , c'est le défaut d'encouragement 
qui empêche beaucoup d'individus de s'adonner aux 
beaux- arts, dans lesquels ils pourraient exceller autant 
que les Italiens , les Français et les hommes de toute 
autre nation. Mais comment pourraient-ils le faire , 
puisqu'il n'en résulterait pour eux presque aucun profit 
et très-peu de gloire (i)? Nous connaissons quelques 
amateurs qui les cultivent avec un grand succès pour 



(i) Le bureau tles travaux publics n'a pas encouragé les arls comme 
il aurait dû le faire à l'époque de la réédification de Lisbonne. Les 
places de surintendant , de fiscal, etc. , étaient des cbaiges honorifiques 
ou lucratives, et il était rare de les voir occupées par des connaisseurs, 
même par des amateurs des arts. Madrid a clé plus beureux que Lis- 
bonne , grâce au goîit que Cbarles III y apporta de INaples, et à la 
protection éclairée qu'il accorda aux beaux-arts. En Portugal le talent 
est isolé , le faste des ricbes ne le recherche pas ; il se contente de ce qui 
est fantasque ou bizarre. Il faut aussi remarquer que dans tous les pays 
la culture des beaux-arts n'est pas toujours en propoition avec les 
firogrcs de la civilisation , des sciences et de l'induslric. I/y^ngletrvre 



( clxxxiv ) 

leur seul plamr, et dont les travaux, faute d'encou- 
ragement et de communications littéraires , restent 



tiù les sciences et les aits mécaniques ont été portés à un haut degré 
de perfection, peut être citée la première comme manquant ab- 
solument d'arciiitectare régulière, d'une école de peinture digne 
de ce nom , et d'ouvrages parfaits de sculpture , malgré l'acqui- 
sition tro]i dispendieuse de beaux modèles de l'antiquité et de chefs- 
d'œuvre du génie moderne dans tous les genres. Pour la gravure, au 
rontraire, on peut di:e qu'elle possède une école Viaiment nationale. 
La Hollande n'olîVe rien de inarquant dans les beaiix-ai ts , si on en 
excepte son école de peinture. Il en est de même de l'Allemagne méri- 
dionale , car toutes les productions des heaux-arts qu'on y admire 
depuis le rdiin jusqu'aux frontières de la Hongrie sont ducs pour 
la majeure partie au génie étranger. Malgré cela il nous semble qu'on 
ne saurait expliquer d'une manière entièrement satisfaisante la 
raison pour laquelle la péninsule hispanique n'offre pas partout les 
produits de l'imagination et les arts d'imitation au point de perfection 
où ils sont parvenus dans la péninsule itahcnne. A l'égard de l'ar- 
chitccturo nous cr()3'ons qu'on pourrait la trouver dans le vice radical 
qui fait (|\i'cn Portugal on considère la profession d'ingénieur comme 
une profession encyclopi'dique, embrassant l'architecture militaire, i'ar- 
chikcture civile et l'architecture hydraulique, par cette erreur absurde 
que la théorie mathématique étant la base de ces trois branches, on 
peut facilement l'appliquer aox solutions de tous les problèmes do ces 
trois parties si rsscntiellcment différentes l'une de l'autre. C'est ainsi 
qu'en Portugal la construction des ponts et chaussées, des palais, des 
églises , des ouvrages hydrauliques , a été confiée à des officiers du 
génie , comme si c'étaient des ouvrages de fortification. Un tel système 
eut pour conséquence naturelle de faire élever des bâtimens défec- 
tueux dans Je plan et dans l'exécution , et défaire dissiper d'immenses 
trésors sans obtenir de tant de sacrifices des chefs-d'œuvre qui fissent 
l'ornement des principales villes du royaume. Malgré tant d'obstacles , 
le génie naturel réussit parfois dans ses efforts, et le Portugal possède 
dans le fameux aqueduc de Lisbonne un monument qui peut être 
■comparée tout ce que l'antiquité a de plus grand et de plus parfait 
en ce genre. Quant aux causes qui ont empêché la propagation du 
goût de la peinture parmi les Portugais , il nous semble qu'on poui- 
rait les voir principalement dans les pertes qu'essuya Lisbonne lors 
du terrible incendie de lyôS, qui dévora les riches collecLions du roi, 
des comtes d'Ericeira , des maisons de Lafôes , de Cadaval , ainsi qu»; 
celïes des églises de quelques couvens. De nouvelles décorations les 
ayant remplacées dans les maisons des gran'ls , les étrangers vinrent 
en recueillir les dépouilles , et Lisbonne devint la capitale de l'Eu- 
rope la plus pauvre en beaux tableaux. Les ateliers de sculpture peu- 
vent être fournis facilement en modèles de plâtre, mais les copies 
de l'école romaine , de celles de Bologne , de Venise , etc. etc. , sont 
très-difficiles à acquérir, car leur imitation est un véritable talent 
qu'on ne renconfro que très-raiement dans la perfection d::sirée. Le roi 
Jean Y, auquel le Portugal doit tant de moxiumcns, et qui a fait 



( cluxxv ) 

ignorés non-seulement deti étrangers, mais même des 
Dalionaux. Nous allons exposer tout ce que nous avons 
pu rassembler de plus important sur ce sujet, en nous 
adressant aux personnes les plus instruites dans chaque 
branche. 

Dessin. 

Comme cet art est la base de l'architecture , de la 



l)caucoup travailler chez rétianger pour enrichir son royaume des 
productions des beaux-arts, eut le tort d'acheter et de doter le palais 
et les jardins de l'Arcadie à Konie , au lieu d'y l'oruier, à l'instar d'autres 
souverains étrangers, une école où la jeunesse portugaise eut pu puiser 
le goût des beaux-arts et s'y perfectionner. Nous ajouterons a ce sujet 
que Sa Majesté l'empereur d'Autriche , pour fournir aux. meilleurs élèves 
ties académies de \'icnne, de Milan et de Venise, le moyen d acquérir 
un talent supérieur , vient d'établir à Rome l'Académie Lombardo-Véni- 
tienne, pour douze élèves , sous la direction de ftl Tambroni. 

INotre impartialité ne nous permet pas de passer sous silence une 
institution établie sous l'ancien régime , dans le but philanthropicjue 
de former des artistes habiles en tout genre. INous voulons parler de 
la Casa pia do Casiello de Lisbonne , fondée par l'intendant- 
général de police , Diogo Ignacio de Pina Manique, au commencement 
du règne de la reine Marie, pour procurer un asile et de l'occupation 
aux gens sans ouvrage , pour recueillir les entans abandonnés 
des deux sexes , leur donner une éducation adaptée à leurs facultés 
naturelles, et pour leur apprendre les arts, les lettres et même les mc- 
Ucrs, Ces individus recevaient dans cet établissement l'instruction 
première , les premiers principes des humanitcs et des mathématiques j 
des leçons de dessin et des arts mécaniques , depuis la fabrication des 
gazes jusqu'à celle de la toile à voiles. Une telle pépinière a conservé 
l'industrie manufacturière, alors persécutée par un parti intéressé 
à détruire et à discréditer tout ce que Pombal avait fait. Il en est sorti 
des sujets qui depuis se sont distingués «lans la carrière des sciences 
et des arts , car le talent était apjjrécir et protégé par Manique , bien 
eue l'éducation de ce ministre eiit étémanquéc , et qu'il fût peut-être 
1 homme du caractère le plus despotique. Les peintres Sequcira , Vieira, 
les graveurs Queiroz et autres, le sculpteur Valle , furent envoyés à 
Rome aux frais de la Casa Pia, dont les fonds furent toujours admi- 
nistrés par ce magistrat. Non cor.tcnt d'envoyer les élèves du Castcllo 
étudier la médecine à Edimliourg , il forma à Coimbra un collège des- 
tiné à recueillir les étudians pauvres cjui suivaient les cours de médecine 
et de mathématiques : quelques-uns cle ces élèves se nndir ni dignes du 
}>rofessorat. Les élémens de mathématiques du célèbre José Anastasio 
da Cunha furent composés et publiés pour l'usage du Castello , et 
Je colonel Anastasio fut un <les élèves disting '.es qui sortirent de 
cette institution. Voyez aussi l'article Pensionnaires a la page 7.5 dç 
ce Tolume. 



( cixsxvj ) 

peinliire , de la sculpture et de la gravure , nous 
croyons inutile de parler des personnes qui s'y dis- 
tinguent le plus 5 parce que nous ne pourrions que 
répéter les noms que nous avons indiqués dans ces 
différens articles. Nous dirons seulement en général 
que dans cette partie et surtout dans le dessin d'or- 
nement, d'architecture et de topographie , nous avons 
vu des travaux exécutés par des Portugais , qui ne 
craindraient pas la comparaison avec ceux des meil- 
leurs dessinateurs de toute autre nation. 

Architecture. 

Pour mettre plus d'ordre dans cet article nous le 
partagerons en quatre parties correspondantes aux 
quatre divisions principales de cet art , qui est le plus 
important comme le plus utile des beaux-arts, savoir : 
X architecture civile, \ architecture militaire , Yarchi" 
tecture hjdrauUcjue et V architecture navale. 

Architecture civile. 

Cet art est très-arriéré en Portugal. 11 n'y a , comme 
nous l'avons vu au chapitre des établissemens d'instruc- 
tion publique, qu'une seule école pour cet art dans tout 
le royaume , et encore il s'en faut de beaucoup que ce 
soit un établissement tel qu'il le faudrait pour former 
de bons architectes et diriger le goût de la nation dans 
cet art, qui plus que tout autre sert à transmettre à la 
postérité des monumens durables de la puissance et 
de la civilisation des peuples. A quelques exceptions 
près, on peut dire que tous les édiîices élevés en Por- 
tugal le sont avec plus ou moins d'imperfection, sans 
goût et sans proportion. La plupart des soi-disant 
architectes ne sont que des appareilleurs. 11 n'est pas 
rare d'y rencontrer un sculpteur en bois, qui, exé- 
cutant assez bien l'ornement, ose faire un autel avec de 
petites colonnes , s'imaginant déjà être un architecte 
consommé , comme si l'architecture consistait dans le 



( c!x\xvij ) 

simple emploi des cinq ordres. Autant, généralement 
parlant, les architectes sont bornés, autant les ouvriers 
qui sont à leurs ordres excellent dans leur métier, 
surtout les maçons, les charpentiers ^t les tailleurs de 
pierres. 11 existe cependant dans ce pays quelques ar- 
tistes plus ou moins instruits , mais aucun ne peut 
soutenir la comparaison avec nos bons architectes 
d'Italie , ni avec les meilleurs architectes de France , 
d'Angleterre et d'Allemagne. Mais si l'impartialité , 
dont nous nous faisons un devoir de ne jamais nous 
départir , nous a arraché des vérités un peu dures , 
cette même impartialité nous oblige à avouer que l'on 
voit souvent en Portugal , tant dans les édifices publics 
et dans les églises, que dans les maisons particulières, 
beaucoup de parties qui ne manquent ni de goût ni 
d'une certaine élégance; que la construction des mai- 
sons a fait depuis trente ans des progrès remarquables, 
tant sous le rapport de la commodité de la distribution 
intérieure des pièces que sous celui des ornemens; qu'on 
exécute très-bien la scaiola y que les ornemens en pierres 
de taille et en peinture sont remarquables par le bon 
goût du dessin et par leur parfaite exécution. Voici les 
nous des architectes qui de l'aveu unanime de leur 
compatriotes passent pour les premiers de cette nation. 
*JosÉDA Costa E Silva, élève de l'école de Rome 
où il a remporté plusieurs prix , et membre de l'aca- 
démie de San-Luque de cette ville. Il est le premier 
des architectes portugais modernes ; le premier aussi 
il a occupé la chaire d'architecture dans l'école de 
Lisbonne et ensuite dans celle de Pâo-Janeiro. Il a fait 
le plan du théâtre royal de Saint-Charles , de la nou- 
velle trésorerie (thezouro novo), de l'église et de l'hô- 
pital à Piuna , et d'autres ouvrages moins importans , 
entre autres delà fontaine de Sain te- Anne (chafariz de 
Santa- Anna). 11 a été chargé pendant long-temps de 
contmuer le grand palais du roi à Ajuda , et il a 
réussi à faire disparaître plusieurs défauts qui existaieni 



clxxxviij ) 

dans le plan original. 11 est morl à Rio- Janeiro, où il 
avait la qualité d'architecte général. 

Germ ANC Antonio Xavilr de MAGALHAENs,élève 
de José da Costa, professeur de l'école d'architecture 
de Lisbonne, et membre (depulado) de la commission 
des travaux publics et niiiitaiies. On lui doit le beau 
dessin de la cathédrale (Se) de Guimaràes, qui n'a pas 
été entièrement achevée à cause de l'invasion des Fran- 
çais. Il a donné aussi le plan de l'église du Crucifix 
(Crucifaî) près deTorres, le plan de plusiei:rs palais, 
et celui d'un moidin à blé de seize pierres meulières. 

Malaquias Ferreika Leal, élève du précédent, 
architecte de la ville de Lisbonne , auteur du projet 
pour le quai de Cassilhas (caes de Cassilhas). 

Manoel Caetano GuiAO. 11 a été emploie aux tra- 
vaux de la nouvelle trésorerie, à la reconstruction 
de la patriarcale qui avait été brûlée, et il lest main- 
tenant à ceux du palais du roi à Ajuda. 11 est auteur 
du dessin des tours de l'éi;lisedu couvent de l'Estrella. 

He]\rique de Oliveira, auteur du plan du cha- 
fariz (fontaine) de San -Antonio da Convalescença 
à Bemposta, et autres ouvrages. 

JoAQUiM Marques, employé aux travaux publics 
(obras publicas) , et auteur de plusieurs plans d'édifices 
pour la réédification de la ville. 

Martiiviio José Diogo Passos, disciple de Xavier 
de Magalhàes. Il est auteur des projets de construction 
de plusieurs quartiers, et d'autres ouvrages de ce genre. 

* JoAQuiM Carneiro DA SiLVA , architecte dis- 
tingué. Voyez Gravure. 

José Francisco , surnommé dos Qcarteis , pour 
avoir fait le beau bâtiment des quartiers de San-Ovidio 
à Porto. 

JoAquim da Costa LI^^A, architecte de Porto, où 
il a donné le plan de [ilnsieurs bons ouvrages. 

Feux José da Silva. Il a exécuté , sons la direction 
de Manoel da Costa (voyez Peint U7'e), le beau théâtre 



( rlxxxît ) 

royal de San-Joào , le Thesouro real das joins à Rlo- 
Janeiro, qui n'est pas encore fini, et le palais du roi 
à Santa- Criiz, à douze lieues de cette ville. 

Parmi les amateurs on ne peut se dispenser de 
nommer M. DioGO Raton à Lisbonne, amateur très- 
éclàiré des beaux-arts et surtout de rarchitectnrc. 

Nous connaissons à Porto Joao Francisco Gcf-» 
MARAKNs. Ses profondes connaissances dans cet art et 
son goût exquis lui assurent une place distinguée parmi 
les plus habiles architectes portugais. Il a fait preuve 
de son talent par diffe'rens ouvrages , entre autres par 
Je modèle d'un monument à élever sur la place de la 
Régénération à Porto, qui, par sa noble simplicité , la 
justesse des proportions et la manière dont il s'assortit 
avec le sujet, lui fait beaucoup d'honneur. 

Ai'chitecture militaire. 

Les Portugais comptent plusieurs officiers très-in- 
struits qui se sont formés à l'école de Lisbonne, et sous 
la direction des ingénieurs français , italiens et alle- 
mands , qui , sous les règnes de Joseph et de Marie , 
Hont venus en Portugal. Il n'a manqué à ces habiles 
ingénieiu's que des occasions plus fréquentes pour faire 
briller leurs talens. Ayant perdu plusieurs papiers qui 
contenaient les renseigneraens que nous nous étions 
procurés sur leur compte, nous n'osons nous en rap- 
porter à notre mémoire pour entrer dans des détails 
plus étendus ; en conséquence nous ne donnons ici 
que les notices relatives à ceux dont les noms se sont 
retrouvés dans les papiers qui nous sont restés. 

^ Francisco Duakte Malha, maréchal-de-camp. 
Il a construit la forteresse de Santa-Crux à Rio-Janeiro , 
forteresse qu'on pourrait appeler le Gibraltar du Brésil, 
et qui, par le savant développement de ses fortifications 
et la disposition de ses batteries, peut passer pour un 
modèle de fortification maritime. 

Pedbo Celestino Soakes, brigadier et professeur 



( ^ic ) 

de dessin à l'académie de forlificalion de Lisbonne. 

Serra , colonel du génie. II a travaillé aux foriifi- 
calions de plusieurs places du Portugal, 

José Marta bas Neves, colonel du génie. Il a tra- 
vaillé auxforiificationsd'Alnieida.V. Tactiq.et Géog. 

Pedro Joaquim Xavier, colonel du génie et pro- 
fesseur à l'acadéniie de fortification à Lisbonne. 

Architecture hydraulique. 

A l'exception de la coupure du Tage , qni rendit 
la navigation de ce fleuve facile et sure dans l'endroit 
autrefois connu sous le nom de Voltas cV Andreza , 
et aujourd'hui sous celui de Tcjo-Nopo , du fameux 
aqueduc de Lisbonne , du château - d'eau du Rato et 
des écluses (comportas) établies sur les terres rive- 
raines par ie célèbre Bento de Moura, élève de fécolo 
hydraulique de Hollande , ouvrages qui appartiennent 
tous au règne de Jean Y , on doit avouer que cette 
partie de l'architecture ne présente aucun de ces chefs- 
d'œuvre qu'on admire tant en Italie , en France , en 
Angleterre, en Hollande et dans le nord de l'Eu- 
rope. Cela est d'autant plus remarquable que le Por-«É 
tugal , pour tirer parti de sa position avantageuse, en 
aurait besoin plus qu'aucun autre pays. 11 est vrai qu'on 
a fait dernièrement quelques projets, tels que ceux pour 
la réunion du Saado au Tage , pour rendre le Vouga 
navigable, etc.; on a même exécuté quelques travaux; 
mais à l'exception de ceux qui ont élé entrepris pour 
améliorer les ports d'Aveiro , de Figueira et une partie 
de la navigation du Douro au-dessus de Porto , on 
peut dire que tout est encore à faire. La perte de 
nos papiers ne nous permet de citer ici que les archi- 
tectes dont les noms suivent (voyez ci -dessus, 
p. clxxxix) , et que nous avons retenus plus facilement 
parce que nous en avons plus souvent entendu parler 
par leurs compatriotes. 

LuîZ GoMES DE Car VAL HO, colonel de génie. 11 a 



( CIlC) ) 

travaillé aux iniporlans ouvrages cnlrcpris pour la 
rt'j)arat'ion des porls d'Aveiro, de FiguciracldePorU). 

^ A-XASTASIO JOAQUIM RoDRIGUES, coloiicl du gC- 

iiie , élève et pensionnaire de la Casa pia do Castello 
(voyez la noie à la p. clxxxv de cet Af)pendix). Il a été 
chargé de faciliter par des travaux hydrauliques la na- 
vigation du Tage au-dessus d'Ahrantes. Pendant son 
séjour à Paris connne pensionnaire il suivît les leçons 
du célèhre Thouin, dont il a traduit les ouvrages. Cette 
traduction et d'autresnianuscriisiniportans se trouvent 
entre les mains de ses aiuis les vicomtes de Lapa et de 
Balsamào , et de plusieurs autres personnes éminentes. 

Architecture navale. 

C'est dans cette partie que les Portugais se sont 
toujours distingués , et il iaul avouer que si leurs 
architectes ne sont pas supérieurs , ils ne sont pas 
non plus inférieurs à ceux d'aucune autre nation; 
aussi tous les connaisseurs étrangers et nationaux s'ac- 
cordent-ils à dire que les vaisseaux portugais sont 
remarquables surtout par l'élégance de la coupe, la 
solidité de la construction et la célérité de leur marche. 
On peut dire que la construction navale a été dopuis 
long-temps bien entendue en Portugal , car Lisbonne 
possédait la C(75i:/ do 7?z5cOjOiil'onappliquaitla meilleure 
théorie connue à la construction de toute sorte d'em- 
barcations. Torquato , constructeur doué d'un talent 
particulier, adopta de préférence la théorie du célèbre 
Suédois Chapman , et foi'ina d'excellens élèves tels que 
Joào de Souza Pallier, qui, mieux instruits que lui, por- 
tèrent cet art à toute la perfection désirée. Le premier 
construisit à la vérité de beaux vaisseaux, mais il dirigeait 
plutôt ses travaux par routine que par des principes 
puisés dans une étude suivie et étendue , tandis que le 
second sut établir un système de construction plus con- 
forme aux vrais principes de Fart.Pallior fit même graver 
'^iWQ'. belle collection de modèles de toutes les embarca- 



( cxcij ) 

îionsen Usage en Portugal et en Algarve pour le cabo- 
tage et la navigation intérieure, et voulait par ce moyen 
faire cesser la routine suivie jusqu'alors par les con- 
structeurs vulgaires. De beaux vaisseaux sont sortis des 
cbantiers de Rio-Janeiro, de Bahia et de Para avant 
même qu'on établît dans l'arsenal de Lisbonne l'école 
royale d'arcliitecture navale , sous le ministère du 
comte de Linliares. Voyez à la page 64 de ce volume. 
On nous a cité les ingénieurs dont les noms suivent 
comme les plus liabiles. 

^ Antonio Joàquim d'Oliveira , premier con- 
structeur de l'arsenal de Lisbonne , avec le grade de 
capitaine de frégate. Cet babile arcbitecte, que la mort 
vient d'enlever à sa patrie , précisément au moment 
où elle avait le plus besoin de ses talens pour remonter 
sa marine délabrée , a été le plus grand constructeur 
du Portugal. Le goût particulier qu'il développait dans 
la coupe de ses vaisseaux, et Flieureuse réussite de tous 
ses bâtimens, lui ont valu une réputation méritée parmi 
ses compatriotes et parmi les connaissseurs étran- 
gers qui ont eu occasion d'examiner ses constructions. 
11 a reçu des honneurs extraordinaires de la cour de 
Russie, à l'occasion du radoub qui lui fut confié en 
1808 de l'escadre russe stationnée dans le Tage. 

Antonio Lopes Flrreira , premier ajudantë 
constractor de l'arsenal de Lisbonne, avec le grade de 
premier lieutenant de marine. Il a construit plusieurs 
batimens qui naviguent pour le compte du commerce, 
et qui lui ont acquis beaucoup de réputation par le 
développement de leur dessin, par la force de leur 
construction et par la célérité de leur marche. 

JoAQuiM JosèPereika, premier constractor naval 
de l'arsenal de Lisbonne. C'est un des meilleurs élèves 
du célèbre Joào de Souza , et l'on espère que la répu- 
tation dont il jouit sera conOrmée par la construction 
des vaisseaux qui sont acttiellement sur le chantier sous 
sa direction. 



( cxcii] ) 

MaNoel da Costa, premier construclor naval àQ 
î'arsenal de Bahia , avec le grade de premier lieu- 
tenant de marine. Aussi profond ihe'oricien que pra- 
ticien habile, il a donne des preuves de ses talens par 
la construction d'un vaisseau de ligne, de deux frégates, 
et de beaucoup de bricks et navires marchands. 

Nous ne parlerons pas des autres, parce que, bien 
qu'ils aient exécuté beaucoup de belles conslruclions 
à Lisbonne, à Porto, à Para, à Baliia, à Pvio- Janeiro 
et ailleurs, ils ne doivent être considérés que comme 
de bons praticiens. Nous regrettons que réloignement 
ne nous ait pas permis de nous procurer les noms des 
deux constructetirs de Para au Brésil et de Damào dans 
l'Inde, qui, à des connaissances théoriques trèsélen- 
dues, réunissent la plus grande pratique. 

Peintu re. 

Le Portugal a toujours compté peu de peintres, et 
les plus célèbres des anciens appartiennent plutôt à 
l'école espagnole , tels que Nicoldo CoclJio, qu'à une 
école particulière qui n'a jamais existé. Dans les temps 
modernes, cet art, ayant été encouragé par le gouver- 
nement, a été exercé par quelqties hommes de mérite, 
tant parmi les peintres qui ont étudié dans leur pays^ 
que parmi cetixqtie le gouvernement a envoyés en Italie 
depuis trente ans pour se perfectionner à Rome et dans 
plusieurs autres villes. On est même étonné de troliver, 
parmi des artistes qui ne sont jamais sortis de leur pa- 
trie, quelques hommes d'un mérite vraiment au-dçssus 
du commun , tels que Pedro Alexandrino et Ma- 
ïioel da Costa , dont les ouvrages, qui ne «ont dus qu'à 
leur génie , auraient peut-être égalé les chefs-d'œuvre 
des Italiens, des Français, des Espagnols, etc., s'ils 
avalent eti pour se former de meilleurs maîtres et de 
plus grands modèles. L'académie de Lisbonne (Escola 
do Nu), qui avait si bien commencé, s'est éteinte pour 
ainsi dire à son aurore. L'école de peinture qui y sub- 
IL n 



( cxrîv ) 

sisie encore est organisée sur un plan trop ré- 
tréci pour que le Portugal puisse s'attendre à en 
voir sortir des talens supérieurs , si on ne lui donne 
toute la latitude que de semblables élablissemens ont 
en Italie , en France , en Espagne et partout ailleurs , 
où l'on sait en apprécier l'importance et l'utilité. 
D'ailleurs il en est de la peinture comme de tous les 
autres arts, qui ont besoin d'un encouragement qu'ils 
ne trouvent pas en Portugal. On peut aussi ajouter 
que le défaut d'expositions publiques contribue beau- 
coup à éteindre cette noble émulation, qui, avec les 
récompenses, est l'aiguillon le plus capable de porter 
les artistes à se dévouer entièrement à leur art pour y 
acquérir des talens supérieurs. Les connaisseurs repro- 
chent aux peintres portugais en général de pécher 
dans le coloris et dans le dessin, et de donner à leurs 
portraits en miniature un ton pesant, dur et sans ex- 
pression. Voici les peintres qui, de l'aveu des meilleurs 
connaisseurs, passent pour être les plus habiles. 

DoMiJXGOs Antonio le Sequiera, premier peintre 
du roi , élève de l'école de Rome , et rival de Vieira. 
Presque tous les nationaux et les étrangers s'accordent 
à le considérer comme le premier peintre vivant du 
Portugal. 11 excelle surtout dans le dessin , pour lequel 
il est même supérieur à Yieira. Il a fait beaucoup 
de tableaux que l'on voit dans le palais du roi à Ajuda, 
dans celui de Mafra , dans le couvent de Laveiras et 
dans plusieurs maisons des plus illustres familles de Lis- 
bonne ; quelques-uns sont vraiment dignes de sa ré- 
putation. Ce peintre est aussi un habile graveur, et 
fut employé à la confection du superbe service en ar- 
gent de la valeur d'un million et demi de cruzades, 
présenté à lord Wellington au nom de la nation por- 
tugaise, pour le remercierde l'avoir aidée à secouer le 
joug de l'étranger, et dont la fmesse du travail et le choix 
et l'invention desdifférens sujets qu'il représente furent 
si admirés en Angleterre. 11 a aussi donné le plan du 



( cxcv ) 

ïiionument que l'on élève actuelleiiicnt sur la place du 
Hocio à Lisbonne, en mémoire du i5 septembre 1820. 

'^"Francisco Vieira Portuense (i), élève de l'école 
de Rome. Il est le premier des peintres portugais sous 
le rapport du coloris et de l'imagination , quoiqu'il 
soit inférieur à Domingos Antonio Sequeira sous celui 
du dessin. 11 a travaillé dans le palais du roi à Ajuda. 
Ses plus beaux tableaux sont la Descente de croix 
qui se trouve dans la chapelle des ambassadeurs por- 
tugais à Londres ; celui de Viriate dont il fît présent 
au roi actuel en reconnaissance de la protection qu'il 
lui avaitaccordée , et qu'on voit dans le palais d'Ajuda : 
ce tableau mérita l'honneur d'être reproduit en gravure 
par Bartolozzi; celui de la malheureuse Inez de 
Castro présentant ses enfans à Alphonse IV. 

^ Pedro Alexandrino de Gauvalho. Doué d'une 
facilité extraordinaire , il est le peintre portugais qui 
a le plus travaillé. Il est un des bons professeurs de 
l'académie de Lisbonne ( Academia do INu). Il excel- 
lait surtout à peindre les enfans , et entendait supé- 
rieurement le coloris. Tous les tableaux des églises 
des Martyrs et de Saint-Domingue, le plafond de celle 
de Lorette , le maître-autel de celle du Saint-Esprit 
à Lisbonne sont de lui. Il a aussi beaucoup travaillé 
dans les provinces. 



(i) On le nomme ainsi parce qu'il ctait.tle Porto. Il a étudié d'abord 
sous Glama , peintre italien , ensuite sous Pilman , peintre français j 
il passa ensuite à Lisbonne , où son talent extraordinaire et son assi- 
duité à l'étude lui méritèrent l'honneur d'être admis par la reine Marie 
au nombre des pensionnaires qu'elle envoya en Italie pour s'y perfec- 
tionner dans la peinture. Après avoir fait les plus grands progrès et 
avoir mérité l'estime et l'amitié de ses maîtres et de ses collègues à 
l'académie de Rome , il parcourut toute l'Italie pour examiner les 
.chefs-d'œuvre de l'art dont il faisait ses délices. 11 passa ensuite en 
Angleterre où il étonna par la prodigieuse facilité avec laquelle il 
exécutait des tableaux dont quelques-uns sont vraiment du premier 
mérite. Il possédait parfaitement l'histoire des beaux-arts, et il parlait 
avecunc grande facililé les principales langues île l'Europe. Des chagrina 
qu'il essuya abrégèrent ses jours, llmoiuut à l'ile de Madère en i8o5, 
âgé de quarante ans. 



C cxcv) ) 

José dâ Gujnha Tacouda, élève de l'école de 
Rome et peintre très-distingué. Plusieurs années après 
son retour de Rome il fut chargé par le prince régent 
de l'organisation d'une académie de peinture régu- 
lière , à l'instar de celles d'Italie (voyez page 72 à 
la Géographie littéraire). Il est très-instruit dans l'his- 
toire delà peinture, etilest connaisseur éclairé pour les 
tableaux des anciens maîtres. 11 a traduit en portugais 
l'ouvrage de Michel Angelo Brunetti sur les règles de 
la peinture , auquel il a joint un mémoire historique 
sur les plus célèbres peintres portugais et leurs pro- 
ductions. 

CiRiLLO WoLKMAR Machado , clève de l'école 
de Rome , un des professeurs de l'académie de Lis- 
bonne (Academia do Nu) , et l'un des peintres natio- 
naux les plus distingués. Ses plus beaux ouvrages sont 
les plafonds du palais royal de Mafra et du palais du 
marquis de Lolé , le tableau du maître-autel de la pa- 
roisse du Coraçào de Jezus (dn cœur de Jésus), et les 
apôtres dans l'église de Loreto. Cet artiste justement 
célèbre a de grandes connaissances en architecture et 
en littérature. Depuis plusieurs années une attaque 
d'apoplexie l'a réduit à l'inaction , au grand regret de 
ses amis et des amateurs des beaux-arts. 

Archangelo Fuschini , élève de l'école de Rome 
et un des bons peintres portugais vivans, quoique in- 
férieur à Sequeira , à Cirillo et à Taborda. 

*^ José Teixeira Barreto , bon peintre de Porto, 
où il a enseigné le dessin dans l'académie de marine 
et de commerce après le célèbre Vieira. Il a laissé 
quelques tableaux assez beaux. 

José Leandro. C'est un bon peintre, qui a d'autant 
plus de mérite qu'il n'est jamais sorti du Brésil. Son 
plus beau tableau est celui qui représente toute la fa- 
mille royale devant l'image de la Sainte-Vierge du 
Mont-Carmello. 

JoAQUiM Raphaël, disciple de Vieira, autre peintre 



( cxcvij ) 

qui réside à Porto. II a déjà produit plusieurs ouvrages 
qui, par leur plan, leur coloris et leur dessin, ont fait 
concevoir de lui de grandes espérances. 

JoAO Baptista Ribeiro, disciple de Teixeira , sup- 
pléant du professeur de dessin dans l'académie de 
marine et de commerce de Porto. 

Maîv'OEl Diaz , élève de l'école de Rome , sur- 
nommé O Romano. Il a fait plusieurs beaux tableaux 
qui se distinguent surtout par le dessin , et dont les 
plus estimés se trouvent dans la galerie du roi à Rio- 
Janeiro, et en possession du vicomte de San-Lourenco. 
Il est depuis long-temps professeur de dessin et de 
peinture à Rio- Janeiro. 

Parmi les peintres décorateurs tous les Portugais 
s'accordent à mettre au premier rang 

Manoel da Costa (i). Cet artiste, qui est aussi 
bon peintre que bon architecte, se trouve depuis quel- 
que temps à Rio-Janeiro où il a construit le théâtre 
royal de San-Joào. Voyez Feliz José da Silva dans 
V Architecture civile. 

Pour le paysage , tous les Portugais s'accordent à 
placer au premier rang les artistes dont les noms suivent : 

'^ José Antonio Benedicto, riche particulier de 
Setubal y connu généralement sous le nom de Morgado, 
Il a laissé de très-beaux tableaux dans ce genre. 

JoAQUiM Marques , disciple du peintre françjgiis 
Pilman. 

RoBERTO Ferreira DA SiLVA , peintre et dessina- 
teur distingué j élève de Eleuterio Manoel de Barros 
et de V Escola do Nu à Lisbonne , major du génie , et 
suppléant du professeur de dessin à l'académie mili- 
taire de Rio-Janeiro. Il a composé un bon traité de 
dessin, figure, paysage et perspective, publié à Rio- 



(i) Nous ne parlons pas de Domenico Schiopetta , parce que, étant 
Italien , il ne peut figurer clans un ouvrage consacre uniquement aux 
Portugais. Cette remarque s'applique à. tout le reste de ce Coup-d'oeil. 



C ce ) 

de sculpture. On cite parmi ses meilleurs ouvrages îes 
voûtes à lunettes du couvent royal de Mafra. 11 aida 
aussi Machado dans les groupes latéraux de la statue 
équestre de Joseph , et il est l'auteur de tous les tra- 
vaux de sculpture qui ornent l'église de Runa. 

JoAQUiM José de Barkos. La statue de la Re- 
îiommée , les portraits des rois de Portugal , placés 
dans l'obélisque qu'on voit dans une maison de cam- 
pagne à Bellas, et le bas-relief du frontispice de la 
cliapelle royale de Bemposta , lui font honneur. 

Faustino José Rodrigues, élève de Machado, un 
des anciens directeurs de l'académie de peinture ^ 
actuellement professeur de sculpture à Lisbonne, et 
suppléant de l'école de dessin. Cet artiste distingué esl 
aussi bon*rchitecte qu'habile sculpteur. Il a aidé son 
maître dans l'exécution du buste de l'infant D. Pedro 
Carlos, envoyé au Brésil, et de celui du duc de Lafbes 
qui se trouve à l'Académie Rovale des Sciences. 11 
a exécuté le modèle des figures du groupe dédié à la 
princesse royale Donna Maria Josepha Leopoldina. Il 
est aussi l'auteur des deux statues de Yirgile et de 
Cambes , de grandeur naturelle , de quatre enfans, 
jouant de plusieurs instruraens, qui se trouvent chez 
Je marquis de Borba, et d'une statue de Vénus, 
représentant cette déesse sur le point d'accepter la 
pomme de la main de Paris , qui se trouve dans le 
palais dû marquis de Bellas. 

JoAO JoAQUiM de Porto. Il passe pour un des meil- 
leurs sculpteurs portugais. Depuis plusieurs années il 
a passé à Rio-Janeiro. 

JoAO José Braga, autre bon sculpteur de Porto. 
Il passe pour le premier sculpteur en argile. Il fait 
aussi , nous a-t-on assuré , des modèles pour différens 
sculpteurs. 

JoAO José de Aguiar, élève de l'école de Rome. 
Il a exécuté la statue en marbre de Sa Majesté le 
Roi actael , placée dans l'hôpiial royal de la marine ; 



( cçj ) 
lebnsledu marquis de Vicloria (lord Wellington ), 
et plusieurs statues pour le palais du roi a Ajuda, 
où il est employé. , 

' RoBERTO NN. , José Joaquim Leitao , Joao José 
ALYiNiCHlétudièrentavecLeal Garcia,et mentent une 

place ici , de même queMoNTEluo Rocha , neveu du 
célèbre mathématiciendecenom,etFRANCiscoD Assiz 
Roiz , élève en sculpture k Lisbonne ; ce dernier donne 
l'espérance fondée de devenir un artiste distingue ; il 
possède en outre beaucoup de connaissances dans 1 hi- 
stoire des beaux-arts. 

Gravure. ^' 

Quoique cet art en Portugal soit encore plus arriéré 
que la sculpture, il faut avouer que, grâce aux encou- 
fairemens accordés par le gouvernement, il est sorti de- 
puis quelques années de l'état d'enfance ou il se trouvait. 
Les Portugais comptent actuellement plusieurs gra- 
veurs qui, sans pouvoir être regardés comme des talens 
extraordinaires , tels que les Bartolozzi , les Morgen, 
les Woolet, lesBervic, lesBovinet,les Audomn,elc., 
ont cependant beaucoup démérite. Voici les noms des 
artistes que nous croyons devoir nommer de prelerence. 
^ Joaquim Carneiro da Silva , élevé de 1 école 
de Rome. C'est principalement à son instigation que la 
reine Marie créa l'école de dessin à Lisbonne. 11 a 
été aussi un des professeurs de l'académie (Aca- 
demia do Nu), et le premier professeur de 1 école de 
gravure. Il est l'auteur de la belle estampe repré- 
sentant le roi Joseph, de celle de la statue equesire 
de Macliado, du dessin d'une belle allégorie ap- 
pliquée au roi de Portugal, et de ce ui de 1 es- 
tampe qui forme le frontispice de la bible traduite 
par le père Antonio Pereira de Figueiredo. 11 était 
aussi babUe en architecture , dont il était profes- 
seur, et possédait des connaissances rares en pliy- 
sique et en littérature , sur lesquelles il a publie quel- 



( ccij ) 

qiies ouvrages dont nous ignorons les litres. II a laisse 
un i^rand nombre de dessins à l'encre de la Chine, qui 
sont entre les mains de plusieurs nobles à Lisbonne. 

Eleutherio Maivoel de Barros, élève de Joa-° 
quira Carneiro da Silva, dont il a gravé plusieurs des- 
sins. Après avoir séjourné quelque temps à Rome pour 
se perfectionner dans son art et dans la peinture qu'il 
cultive aussi, il fut, à son retour en Portugal, profes- 
seur à l'académie , et fit un tableau représentant Elie 
enlevé au ciel sur un cbar de feu^ qui se trouve dans le 
couvent de l'Estrella à Jjîsbonne. Une attaque d'apo- 
plexie qui lui a fait perdre depuis neuf ans l'usage de 
la parole et tout le côté gauche l'empêche de remplir 
ses fonctions de professeur de dessin à l'école royale 
de Lisbonne. 

"^ Gaspar Froes Machado , élève de Joaquim 
Carneiro da Silva , et frère du sculpteur Francisco Leal 
Garcia, dont il a gravé le dessin allégorique sur la nais- 
sance du prince royal dom Pedro de Alcaniara; il a 
gravé aussi une naissance de Jésus -Christ , copiée 
d'après un grand auteur. En révenant de l'Angleterre, 
où il était allé pour se perfectionner dans son art, il 
périt dans un naufrage. 

Grégorio Francisco de Queiroz , disciple de 
Joaquim Carneiro et ensuite du célèbre Bartolozzi à 
Londres, actuellement professeur de gravure à Lis- 
bonne; il passe pour le premier graveur portugais. II 
vient de faire les deux portraits très-ressemblans du 
père Francisco de San-Luiz (voyez Théologie , Litté- 
rature , Eloquence) , et du député Manocl Borges 
Carneiro. Voyez Jurisprudence. 

RivARA , élève de l'école de Rome , est aussi un 
fort bon graveur. 11 est actuellement à Rio-Janeiro. 

DoMiNGOs DA Silva, élève de Bartolozzi, lorsque 
celui-ci était à Lisbonne. 

JoAO José de Sousa , lieutenant-colonel du génie 
et professeur de dessin à l'académie militaire de Rio- 



( cciij ) 

Janeiro , dessinateur distingué et le premier graveur 
du Brésil. 11 a été élève dti célèbre Bartolozzi. 11 est 
auteur d'un grand nombre de gravures, entre les- 
quelles se distingue sa collection des portraits des 
hommes illustres, qu'il fait paraître successivement à 
raison de trois par mois. 

'♦■ A_\TOMO JoAQUTM Padrao, peintre et graveur. 
On a de lui un saint Paul très-bien exécuté sous le 
rapport du dessin et de la gravure. 

Paula , graveur du Roi à Rio-Janeiro, et artiste dis- 
tingué. On remarque parmi ses ouvrages plusieurs 
coins qu'il a gravés pour la monnaie de cette capitale, 
et la belle collection des vues de Rio-Janeiro , dessi- 
nées par RobertoFerreira da Silva. Voyez Peinture. 

Lucius à Lisbonne. C'est un artiste distingué , qui 
excelle surtout dans la gravure des sujets de botanique , 
des figures de mathématiques , de physique et autres de 
ce genre. 11 a travaillé pour la Pliytographia du cé- 
lèbre Brotero, pour la Calligraphie de IM. Ventura, etc. 

VaLtLE, élève des écoles de Rome et de Londres, 
est le seul graveur de médailles et de camées qui mérite 
une mention particulière ; c'est un artiste d'un très- 
grand mérite , employé à la gravure des coins des mon- 
naies portugaises. 

A Porto nous ne connaissons que Raimondo Joa- 
QuiiM DA Costa, professeur de dessin à l'académie de 
marine et commerce , que l'on puisse citer comme 
artiste distingué. 

Lithogr ap h ie. 

D'après les informations que nous avons prises, cet 
art , si cultivé actuellement en Allemagne où il a pris 
naissance , en France et dans d'autres parties de l'Eu- 
rope , ne s'est pas encore introduit en Portugal. Nous 
savons cependant que M. Luiz da Silva Mozinho 
DE Albuquerque , qui l'a appris à Paris où il s'occupe 
de travaux scientifiques , et qui a déjà donné des 



C cciv ) 

preuves de son babileté dans le journal das Sciencias^ 

et artes, se propose de l'introduire dans sa pairie quand 

il y sera de retour. 11 a meiue publié dans le journal 

susmentionné un mémoire dans lequel il enseigne à 

faire les préparations néeessaires et la métbode d*^ s'en 

servir pour litbograpbier. Voyez Sciences naturelles , 

Poésie y etc. 

Musique. 

Les Portugais, comme toutes les nations méridio- 
nales , aiment passionnément la musique ; c'est celui 
des beaux-arts qu'ils cultivent le plus. 11 forme un des 
principaux amusemens de toutes les classes de la nation; 
aussi possède- 1- elle des musiciens du premier mérite. 
Pour mettre plus d'ordre dans ce que nous avons à 
dire dans cet article , nous le partagerons en quatre 
parties correspondantes aux quatre divisions princi- 
pales qu'offre la musique, savoir : la Théorie musicale, 
la Cor/iposition y la Musique instrumentale et le 
Chant ou la musique vocale, ^oxx's, croyons indispen- 
sable avant tout de dire un mot sur Topera italien, qui 
est le premier spectacle du Portugal , et le tliéâtre où 
brillent les plus beaux talens en ce genre. 

Le roi Josepb avait une passion véritable pour la mu- 
sique, et il était connaisseur éclairé dans cetart. Le tliéâ- 
tre royal d'Ajuda et celui de Salvaterra dans la comarca 
de Santarem étaient organisés sur un pied très-bril- 
lant, mais de tout temps leurs troupes n'ont été com- 
posées que de castrats italiens attacliés au service de 
la cour. Le premier fut détruit par l'incendie qui 
brûla le palais royal d'Ajuda ; le second est depuis 
long-temps abandonné. Le roi Joseph fit aussi con- 
struire à Lisbonne un superbe théâtre pour l'opéra 
italien , et fit venir à grands frais tout ce qu'il y avait de 
plus distingué et de plus célèbre parmi les chanteurs , 
les compositeurs et les musiciens d'orchestre. La dé- 
pense de ce théâtre royal surpassait celle de tout autre 
spectacle semblable en Europe. Parmi les nombreux 



( ccv ) 

arlisles qui jouaient sur le théâtre et chantaient à 
la chapelle royale , il faut citer les célèbres Ei^nzicli 
et Caflarelli, qui recevaient les émolumens, exorbiians 
pour celte époque, de 72000 francs par an^ quoiqu'ils 
ne jouassent que pendant deux ou trois .-•lois de l'année. 
Après quelques années de service ils obtenaient même 
de très-fortes pensions pour le reste de leur vie. Parmi 
les compositeurs les plus célèbres de ce temps, on 
doit nommer Pères et Jomelli , et parmi les décora- 
teurs, Bibiena. Le fameux Jomelli a été pensionnaire 
du roi Joseph ; il devait lui adresser une partition 
originale de tous les opéras qu'il composait pour la cour 
de Wurtemberg, au service de laquelle il était attaché. 
Ce théâtre fut brûlé peu de temps après avoir été con- 
struit. 11 était placé sur les bords du Tage , de ma- 
nière qu'en levant la toile on exécutait au naturel une 
scène de mer. Les frais de la chapelle et du théâtre 
roval sous le roi Joseph étaient vraiment énormes ; 
maisPombal, jaloux de conserver exclusivement le 
limon des affaires du royaume, jugea à propos de 
flatter le goût dominant dti roi, afin qu'occupé tout 
entier de ses plaisirs il le lui abandonnât tout-à-fait. 
Après la mort de Joseph le goût de la musique s'est 
conservé à la cour , qui a toujours entretenu un assez 
grand nombre de chanteurs italiens distingués qui 
chantaient à la chapelle royale, et qui, à l'occasion 
des solennités, jouaient des opéras sérieux ou bouffes au 
théâtre de la cour. Cependant, depuis Favénement au 
trône de la reine Marie , et la défense dont nous avons 
parlé (voy. page ccxx), le théâtre italien avait éprouvé 
en partie le sort du théâtre national. Le vœu public 
fut enfin exaucé, et peu de temps après l'érection du 
beau théâtre de Saint-Charles, les femmes reparurent, 
et leurs attraits ranimèrent le goût du public pour les 
spectacles. Depuis l'ouverture de ce nouveau théâtre 
Lisbonne a joui successivement du plaisir d'entendre les 
plus grands talens dclTlahe sur la scène lyrique. Il suffit 



( ccvj 1 

Je citer Crescenlini, Naldi dans toute la vigueur de 
son lalentjMombelli, mesdames Catalani, Gaforini, et 
quelques autres. Les ballets acquirent aussi un grand 
perfectionnement par l'introduction des danseurs fran- 
çais qui firent presque disparaître les grotesques, et qui, 
sous la direction de quelques bons compositeurs italiens 
et aide's de plusieurs artistes de la même nation dans 
la pantomime , ont souvent produit un ensemble du 
plus bel efïet. Le plus distingué des compositeurs des 
ballets en Portugal a été l'Italien Rossi. Les décorations 
ont été fort bien exécutées , surtout lorsque le célè- 
bre Mazonesclii, peintre romain, en a été chargé. Ce 
dernier est mort aveugle à Lisbonne , jouissant de l'es- 
time générale. 11 excellait surtout dans l'architecture et 
la perspective. Le théâtre eut ensuite nécessairement 
beaucoup à souffrir du départ du roi et des désastres 
qui accablèrent le Portugal pendant l'invasion. Depuis 
la paix il commençait à se relever; mais dernièrement 
il est retombé dans la plus grande décadence, et on 
nous mande même de Lisbonne qu'il est actuellement 
fermé depuis quelques mois. 

Le beau théâtre de Porto a toujours eu depuis son ou- 
verture une troupe de virtuoses italiens assez bien choi- 
sie, et qui y a joué les meilleurs opéras de Cimarosa, 
de Paisiello, de Mayer, de Rossini, de Coccia et d'au- 
tres grands maîtres. L'arrivée du roi au Brésil fit ou- 
vrir d'autres théâtres italiens dont nous avons parlé à 
Varùcle Art dramatique y auquel nous renvoyons nos 
lecteurs. 

Théorie musicale ou acoustique. 

Nous avons à nommer sur cette partie deux Portu- 
gais qui ont publié chacun un ouvrage vraiment classi- 
que sur ce sujet difficile. 

Le père Domimqos de San- José Varell.4 , moine 
bénédictin à Tibaens , auteur d'un excellent Compen- 
dio de musica theorica e pratica. Ce savant religieux 



( ccvij ) 

unk la théorie à la pratique, et est excellent pianiste 
et organiste. Il a composé depuis quelque temps un 
autre ouvrage sur la musique, qui est encore manu- 
scrit, et qu'on nous assure être au-dessus de celui 
qu'il a déjà publié. 

Rodrigo Ferreira da Costa, député aux Cortés, 
auteur des Principios de musica , ou Exposiçào nie- 
thodica das doutrinas da sua composiçào e execuçào, 
ouvrage dans lequel il fait toujours marclier de pair 
les théories mathématiques et pliysiques avec les con- 
naissances musicales pratiques. M. Costa enseigne d'une 
manière claire et facile les principes de cet art, qui 
jusqu'à présent, dans la partie théori(jue, avait tou- 
jours été traité ou avec trop de sublimité et presque 
pas de pratique , ou tout empiriquement et presque 
sans l'appui d'aucun de ces principes tirés de la physi- 
que et des sciences auxiliaires qui doivent en être les 
bases principales. 

Composition musicale. 

Nous commettrions une injustice si nous ne com- 
mencions la liste des individus qui se distinguent le 
plus dans la Composition parle nom deM\Rcos An- 
TOMO Portugal, connu sous le nom de Portogallo. 
Les ouvrages de ce grand compositeur sont remplis 
d'une douce mélodie, et ce maître a eu l'honneur de 
voir applaudir plusieurs de ses opéras par les Ita- 
liens , qui sans contredit sont les meilleurs j uges sur 
cet art qu'ils ont porté à la plus grande perfection. Ce 
compositeur se trouve depuis plusieurs années à Rio- 
Janeiro , où il est passé avec le roi. 

SiMAO Portugal, frère du précédent. C'est un bon 
compositeur, surtout pour des pièces isolées telles 
c^' Arias e Duetos. 

L'abbiè José Mauricio. Ce mulâtre brésilien de 
Rio- Janeiro est un compositeur très- distingué; il est 
le digne rival de Marcos Antonio Portugal, et comme 



( ccviij ) 

]in primeiï'o compositor delà chapelle royale à Rio- 
Janeiro. On peut d'autant plus admirer son talent 
qu'il n'est jamais sorti de sa pairie. 11 possède la collec- 
tion de musique la plus complète du Brésil, car il fait 
venir régulièrement les meilleurs morceaux qui pa- 
raissent en Allemagne , en Italie, en France et en 
Angleterre. 

Bon TEMPO, auteur de plusieurs concerts, de quel- 
ques messes et de l'opéra Alexandre dans V Inde. 
Toutes ses compositions décèlent, à un degré plus ou 
moins élevé , ses profondes connaissances dans la mu- 
sique , et la plus brillante imagination. Voy. Musique 
instrumentale. 

*^ Antonio LealMoreir a, professeur de musi- 
que à l'institut musical de Lisbonne. Il excellait 
dans différens genres, mais surtout dans la musique 
d'église, dans laquelle il réunissait le sublime à beau- 
coup de sentiment. 

José JoAQLiM de Souza, bon compositeur dans ce 
dernier genre et auteur d'un très-bon Stabat mater et 
de plusieurs autres pièces. 

"*- Pires, excellent compositeur de Porto, qui a 
écrit dans presque tous les genres et presque toujours 
avec succès. 

NN., bon compositeur , rempli d'idées originales. 
Il est auteur de la musique du drame O juramento 
dos numes, qu'on a joué à l'ouverture du grand théâtre 
de Rio-Janeiro. 

Musiq ne inst rumen taie . 

Tous les Portugais s'accordent à placer Bomtempo 
au premier rang parmi les pianistes. Ce jugement a 
été confirmé par les étrangers, à Londres, à Paris et 
ailleurs, où cet artiste a brillé par son talent extraordi- 
naire , sans que la comparaison qu'on était à même de 
faire de son talent avec celui d'autres artistes du pre- 
mier ordre ait pu diminuer l'enthousiasme excité par 



( ccix ) 

la douce expression et riiiconccvable rapidité qxi'îi 
déploie dans rexcculion des morceaux les plus dif- 
ficiles. 

SoAREs, professeur de piano à Lisbonne, et compo- 
siteiu' pour le incnie instrument. 

SiLVA , premier clarinette du grand théâtre de Rio- 
Janeiro et de la chapelle royale. 11 passe pour être 
Je premier joueur de cet instrument de tout le Brésil. 

Manoel JoAQLiM, premier violon du grand théâtre 
de Rio-Janeiro et de la chapelle royale. 

Jo>É Ayelino Canongia. C'est* îe plus fort clari- 
nette portugais. 11 a donné des preuves de son talent 
dans les principales villes de l'Europe, où il a été 
généralement applaudi. Il est de retour à Lisbonne. 
11 a composé de beaux morceaux de musique pour la 
clarinette. 

Le père Antonio, religieux franciscain portugais, 
maintenant à Rio-Janeiro où il enseigne la musique à 
ses confrères. C'est un Irès-grand pianisle, et son talent 
a été admiré par Bachicha , José Mauricio et l' Alle- 
mand Neucomen. 

Si^îAO Portugal, irès-fort joueur de piano, sur 
lequel il est supérieur de beaucoup à son frère Marcos; 
il réside à Rio-Janeiro. 

^Paiva, excellent joueur de violon, mort à Porto 
il y a quelques années. 

Freitas , violon à Lisbonne. Cet artiste excelle 
autant pour l'exécution des morceaux délicats que 
poiu' celle des passages brlllans. 

JoAo GiORDAîsi , bon professeur de violoncelle et 
de basse à Lisbonne. 

Caetano GiORDA.M, frère du précédent, bon pro- 
fesseur de violon. Depuis quelque temps il est à la tête 
de l'orchestre du théâtie de Saint-Charles. 

Pi-NTO , bon joueur de violon, et directeur de l'or- 
chestre du théâtre de Rua dos Coudes. 

Les frères José et Joao Gaspar Edolo ont été tous 
IL 



( ccx ) 

les deux , tlès l'âge do douze ;» (jualorze ans , très- 
habiles musiciens, le premier sur le violon, le second 
sur l'alto. José Edolo est depuis quelque temps à la 
leie de l'orchestre de l'opéra italien de Porto , qu'il 
a le talent rare de savoir parfaitement diriger , en 
faisant toujours seconder avec la plus grande précision 
Facteur dans les différentes inflexions de la voix et 
dans les variations de la mesure , qui sont indispen- 
sables pour tout acteur qui veut faire sentir aux 
spectateurs la passion dont il est animé. 

Nu.\ES , bon violoncelle à Lisbonne. 

PoLiCARPO, habile violoncelle à Rio-Janeiro. 

Gazulla, cor excellent à Lisbonne, on l'on trouve 

aussi les deux frères NN qui se distinguent par leur 

talent sur cet instrument. 

L'abbé JosÉ Mauricio, dont nous avons parlé dans 
l'article Composition musicale. C'est le Bomtempo 
brésilien , tant il excelle sur le piano. 

Bachicha, grand joueur de piano, aussi fort que le 
précédent, et qui est doué en outre d'un goût plus dé- 
licat. Il a été employé d'abord à la chapelle royale 
de Lisbonne etensuiteà celle de Rio-Janeiro, où il est 
devenu fou. Sa folie ne l'enipéche pas d'exercer son 
talent extraordinaire, qui même paraît s'être augmenté 
depuis la perte de sa raison. 

L'abbé JusTl]NlA>o, presque aussi fort que les pré- 
cédens. 11 a composé beaucoup de morceaux de mu- 
sique d'église poiu^ le couvent où il vivait avant sa 
sécularisation. Il vit à Rio-Janeiro sa patrie. 

On trouve en outre,surlout à Lisbonne, beaucoup de 
professeurs pour tous les genres de musique, excepté la 
harpe : on ne trouve aucun professeur j>our ce dernier 
instrument. Mais ù parler vrai, quoiqu'ils soient bons 
professeurs, on ne rencontre pas parmi eux de talens 
extraordinaires. On peut ajouter que dans presque tous 
les couvens de moinesen Portugal on trouve d'assez bons 



( ccxj ) 

organistesjplusieurs même possèdent un lalcnldisùngne, 

La difficulté de nommer parmi les amateurs les 
seules personnes qui ont un mérite au-dessus du com- 
mun nous avait décidé à retrancher entièrement cet 
article de ce chapitre, tant étaient contradictoires les 
informations qu'on nous avait données sur les mêmes 
sujets. Mais considérant combien il eût été injuste de 
passer sous silence les noms de quelques personnes 
qui par leur talent vraiment supérieur jouissent d'une 
réputation généralement reconnue, nous avons pensé 
qu'il valait encore mieux risquer d'en nommer plu- 
sieurs qui ne seraient pas de première force , que 
de ne nommer personne par la seule crainte d'être 
trop indulgent à l'égard de quelques-unes. Voici les 
noms des amateurs auxquels nous croyons devoir 
accorder une place ici. 

* JoAo EvANGELisTA. ToRRiAivi , colonel du génie 
et professeur de mathématiques au collège des Nobles 
à Lisbonne. 11 a composé de très-belles sonates pour 
le piano , sur lequel il était de première force ; il se 
faisait surtout remarquer par les sons délicieux qu'il 
savait en tirer. Voyez Mathématiques . 

Gregorio Franchi, autre grand pianiste, que 
M. Beckford, Anglais fort riche, a enlevé au Portugal 
depuis quelques années pour jouir de son talent. 

DuPRAT , violon à Lisbonne. 

JoAO Paoliivo, violoncelle à Lisbonne. 

N. FoLQUE , officier de marine , fils du général 
Folque, excellent joueur de (lûte. 

Francisco de Paul a da Rocha Pinto , à Lis- 
bonne. C'est un vrai phénomène de talent musical. 
Sans avoir jamais étudié la musique, guidé par son 
seul génie et les excellens maîtres qu'il a eu occasion 
d'entendre , il est parvenu à exécuter sur le piano 
avec autant d'expression que d'exactitude des mor- 
ceaux delà plus grande difficulté, composés par d'autics 
maîtres. Personne n'a jamais su mieux que lui faire 



( ccxi) ) 

cMnine on â\r, chanter le piano; ce qui est très-rar© 
même parmi les pianistes les plus distingués. Nous n'a- 
vons pas été peu surpris de voir des morceaux de sa 
composiiion imprimés à Londres, cpie d'autres musi- 
ciens avaient not('s , et dans losquelsil a su réunir la plus 
brillante imagination et le goût le plus exquis à l'obser- 
vation de toutes les règles; ses sonates entre autres ont 
beaucoup de mérite. 

Le baron Quiatella, joueur de violoncelle. 

Mademoiselle N. da Costa , fille du ministre 
aciuel des fmances ; elle pince de la barpe avec beau- 
coup de grâce ;, et exécute sur le piano avec beaucoup 
d'ex pression et de facilité les morceaux les plus dilliciles. 
Mademoiselle N.,fdleduvlcomte dcïORRES-BELLAS, 
ancien ambassadeur à Naples; elle exécute avec beau- 
coup de grâce et d'exactitude les morceaux des plus 
grands maîtres. 

FiLiPPE Neri., capitaine de cavalerie , né à Lisbonne, 
et actuellement à Mosambique. C'est un pianiste du 
premier ordre; quelques connaisseurs le mettent même 
au-dessus de Torriani et de Francbi. 11 a composé aussi 
quelques jolies variations pour le piano. 

Dona AIaria Braisdao et Dona Maria Clara 
DE Sa sont deux dames de Porto qui exécutent sur 
le piano, avec beaucoup de grâce, de facilité et d ex- 
pression, les morceaux les plus dilliciles. 

Dona Maria-N-NA est une dame renommée à Rio- 
Janeiro pour sa grande force sur le piano; elle a même 
composé de jolies modinhas. 

SiLVA CoNDE , cbirurgien babile de Rio-Janeiro , 
réputé la première flûte du Brésil. 11 a été admiré 
même en Angleterre, où il a étudié et où il a pris les 
grades de docteur en médecine. 

José Leocadio , élève du précédent, et presque 
aussi fort que lui. 

Madame Gardiner, fille du médecin Francisco An- 
tonio PEREIRA, et épouse du professeur de chimie de 



( ccxiij ) 

l'académie militaire de Rio- Janeiro. Eile louclie du 
piano presque aussi bien que Dona Marianna, et a 
composé aussi quelques jolies inodinhas. 

*3ÏANor,LlGNACio daSilva Alvarenga. Ce poète 
et littérateur dislini>ué cultivait aussi la musique avec 
succès, et jouait parfaitement de la flûte et du violon. 
Voyez Littérature et Poésie.. 

JoAO Leal, fils du médecin Leal et major du corps 
d'éiat-major. Ce brave officier joue bien de plusieurs 
instrumens , mais particulièrement do la viole fran- 
çaise; il est l'auteur de presque toutes les bonnes mo- 
dinhas de Rio- Janeiro. 

JoAQum Manoll, mulâtre de Rio-Janeiro , doue 
d'un rare talent pour la musique, renommé surtout 
pour jouer parfaitement d'une petite viole française do 
son invention, appelée cavaquinîio. 

Musique voccde ou chant. 

Les Portugais excellent surtout dans un genre do 
chant qu'ils appellent niodinhas. C^est une espèce de 
chanson qui a un caractère particulier par lequel elle se 
distingue des chansons populaires de tontes les autres 
nations. Ces jnodiiihas,e{ surtout celles nommées bré" 
siliennes, sont remplies des mélodie et de sentiment, 
et quand elles sont bien chantées elles pi^nètrent jus- 
qu'à l'àme celui qui peut en comprendre le sens. Les 
plus jolies et les plus passionnées sont celles de Coelho, 
Pires, Ayres , Antomo Joaquim ÏNunes , José 
Edolo en Portugal , et Leal , Dona Marianxa , 
Joaquim Marcel et le père Telles au Biésil. 

Le manque d'un conservatoire (i) dans lequel otx 



(i) Kous croirions n'avoir atteint rju imparfaitement notrebnt si nous 
ne disions ici en passant un mot sur une cspîce de conservatoire da 
musique établi depuis long-temps dans les environs de Ric-Janeiro, et 
qui est destiné uniquement à loriner des nègres dans la mnsiiiiic. Cette 
institiitior; est duc aux jésuites, ainsi que tontes relies oublies au 
Bitsil avant l'arrivée du Koi, qui se rattacLent à la civilisatio.'i et à l'in- 
slruwiioc du peuple. C^et ordre puissant, qui élsit lo pin* ricao pro- 



( ccxiv ) 



enseli^nerait, comme dans ceux de Milan, deNapIes, 
de Paris, etc., le chant, d'après de bons principes et 
surtout d'après d'excellens modèles, est le plus j^rand 
obstacle qui jusqu'à présent ait enipéclié les Portugais 
d'avoir de grands artistes dans ce genre , pour lequel 
ils ont les plus heureuses dispositions. On peut dire 
que cette partie de la musique est presque exclusive- 
ment entre les mains de quelques maîtres italiens établis 



i)riétaire de cette vaste contrée, possétlait une plantation de près de vingt 
lieues d'étendue , nommée Santa-Cruz ; à l'époque de la supiircssion 
des jésuites, cette propriété fut réunie, avec tous leurs autres biens 
immeubles , aux domaines de la couronne. Lors de l'arrivée du roi- à 
Fiio-Janeiroj Santa-Cruz fut convertie en maison royale. Sa Majesté 
et toute la cour furent frappées d'étonncment , la première fois qu'elles 
entendirent la messe dans l'église de Saint-Ignace de Loyola à Santa-Cruz, 
de la perfection avec laquelle la musique vocale et instrumentale était 
exécutée par des nègres des deux sexes , qui s'étaient perfectionnés dans 
cet art d'après la méthode introduite plusieurs années auparavant par 
les anciens propriétaires de ce domaine, et qui heureusement s'y était 
conservée. Sa Majesté, qui aime beaucoup la musique, voulant tirer 
parti de cette circonstance, établit des écoles de premières lettres, de 
composition musicale, de chant et de plusieurs iustrumcns dans sa 
maison de plaisance , et parvint en peu de temps à former parmi ses 
nègres des joueurs d'instrumens et des chanteurs très- habiles. Les deux 
frères Marcos et Simào Portugal ont composé tout exprès des pièces pour 
ces nouveaux adeptes de Therpsichore , qui les ont parfaitement exé- 
cutées ; plusieurs ont été agrésés parmi les musiciens des chapelles 
royales de Santa-Cruz et de San-Christovào. Oueiques-uns même sont 
parvenus à jouer des instrumens et à chanter d'une manière vraiment 
étonnante. JN'ous regrettons de ne pouvoir donner les noms du premier 
violon , du premier fagot et du premier clarinette de San-Chris- 
tovào , et de deux négresses qui se distinguent parmi leurs compagnes 
par la beauté de leur voix et par l'art et l'expression qu'elles déploient 
dans le chant. Les deux frères Marcos et les plus grands connais- 
seurs de Rio-Janeiro en font le plus grand cas. S. Majesté à assiste bien 
des fois à des cérémonies religieuses où toute la musique a ete exécutée 
par ses esclaves musiciens. Son Altesse Royale le prince du Brésil , 
qui possède des talens extraordinaires en musique, qui compose avec 
autant de goiit que de facilité , et qui joue de plusieurs inslrumons , 
entre autres du fagot, de' la trombonnc , de la flûte et du violon, a 
beaucoup contribué à perfectionner cet établissement , unique dans 
son genre, par l'encouragement qu'il donne à ces nègres et par les 
grâces qu'il leur prodigue. 11 n'y a pas bien long-temps qu il a charge 
les frères Portugal de composer des opéras qui ont ete entièrement 
exécutés par ces Africains , aux applaudissemcns de tous les connais- 
seurs qui les ont entendus. 



( ccxv ) 

à Lisbonne, et dans celles des virluosi , (^ui jouent 
l'opéra italien à Lisbonne, Porto, Rio-Janeiro, Bahia 
et Maranhào. 11 existe cependant quelques établisse- 
mens où les Portugais peuvent apprendre la musique 
vocale et instrumentale , mais ils sont tous organisés 
sur un plan trop borné pour soutenir la comparaison 
avec les établissemens du même genre d'Italie , de 
France et d'Allemagne, et pour former des élèves 
aussi instruits. Néamnoins il faut avouer que l'in- 
stitut de Lisbonne , dont nous avons parlé à la page 
74 <^e ce volume, a produit des artistes assez dis- 
tingués, tels que Cardoto , Mesquila et Leal pour le 
piano. D'ailleurs, chaque cathédrale possède une 
école de musique; celle de Braga se distingue au-des- 
sus des autres. Nous remarquerons aussi à cette occa- 
sion que le père Manoel Elias fut un organiste re- 
nommé , et un bon compositeur, et que plusieurs Por- 
tugais allèrent se^former au conservatoire deNaples, 
comme Joàode Souza , Cordeiro et autres , qui depuis 
furent attachés à la musique delà chambre et des théâtres 
royaux pour la composition. Voici les noms des Por- 
tugais qui se distinguent le plus dans le chant italien: 

Madame Todi , née à Setubal. Cette artiste, qui a 
fait admirer son talent dans toutes les grandes capitales 
de l'Europe, où elle a excité le plus grand enthousiasme 
par la beauté de son chant aidé de tous les secours 
qu^une grande actrice sait tirer d'une action bien con- 
duite, est déjà parvenite à un âge très-avancé, et vit 
à Lisbonne, où elle continue à jouir, par une conduite 
digne d'éloges , de l'estime que ses talens lui avaient 
méritée. Depuis quelque tcînps elle a perdu la vue. 

Angelo, qui a été pendant long-temps en Italie aux 
frais du gouvernement pour y apprendre le chant \ il 
demeure actuellement à Lisbonne. 

Alcobia à Lisbonne. 

Antonio Joaquim Nunes à Porto. 

Luiz Aa'tonio Barbosa Leitao à Braga. 



( ecxvj ) 

'*• Mademoiselle Chiari à Lisbonne. La mort a en- 
levé à la Heur de l'âge celle jeune artiste qui promettait 
ti'alteindre à une grande perl'eclion. 

JoAO DOS Rey , musicien de la c^ia pelle royale. Ce 
m»dâlrc de Piio-Janeiro est réputé la première basse- 
taille des Portugais; aussi le roi le nommait son Mom- 
helli , à cause de la grande ressemblance de sa voix 
avec celle de ce fameux artiste italien. 

Porto, autre basse-taiile, natif de Porto. Il passa 
au Brésil avec le roi, et il y est resté. 

Pour éviter d'inutiles répétitions, nous prions nos 
lecteurs de lire ce que nous avons dit en parlant des 
amateiu'S de la nmsique instrumentale , puisque nous 
ne pourrions que répéter les mêmes clioses à l'égard 
des amateurs du chant. Voici les noms des Portugais 
que l'opinion générale s'accorde à considérer connue 
les amateurs les plus distingués dans le chant, surtout 
dans le chant italien. 

Dona Thehesa Benediçta de Brito e Cunha 
à Porto. Cette dame aimable, que nous avons l'hon- 
neur de connaître, a une superbe voix de soprano ^ 
dont elle sait tirer le plus grand parti, en exécutant 
les morceaux les plus difficiles avec tant de grâce et 
d'expression , qu'elle brillerait même à côté des plus 
belles voix de l'Italie. 

Madame FoEQUE , femme du général de ce nom , 
à Lisbonne. Nous l'avons entendue chanter avec autant 
de grâce que de justesse les plus beaux morceaux de 
Rossini , des moclinhas et des chansons espagnoles 
charmantes. 

Madime Rodrigues , sœur de la précédente , à 
glvas. tUe a une belle voix, et nous Tavons entendue 
chanter avec autant de grâce que de justesse. 

Mademoiselle N.N., superbe contralto de Lisbonne. 
Elle est recherchée dans les plus brillantes sociétés à 
cause de h grâce et de la Oicilité avec laquelle clla 



( ccxvij ) 

chanleles plus beaux morceaux des opéras italiens. Elle 
possède la musique et s'accompagne avec perfection» 

Ayres , négociant portugais , séjournant depuis 
quelque temps à Rio- Janeiro. 11 a une voix superbe de 
taritono , dont il sait tirer le plus grand parti dans 
l'exécution des plus beaux airs iiallens et portugais. 
C'est aussi un des premiers compositeurs de nio- 
dinhas. 

JoAO Leal, fils du médecin Leal,et major de l'ctal- 
major. C'est le meilleur tenorc de Rio-Janeiro , où on 
l'appelé le Vacani , à cause du talent extraordinaire 
avec lequel il imite, à s'y méprendre, ce grand artiste 
italien. 

Mademoiselle Leal , sœur du précédent. C est 
un soprano superbe aussi fort qu'étendu, qui exécute 
à perfection les plus beaux airs des maîtres italiens et 
nationaux (i). 



(i) Le talent pour Li musique parait être hcrcilitaire depuis quatre 
générations clans cette l'amille. M. Leal , le père , qui est un des meil- 
leurs médecins de Rio-Janeiro , joue parfaitement du violon , et a des 
connaissances rares en musique. 11 a dix enfans , dont sept garçons , 
qui tous ont (iludié à l'université de Coimbra , où ils se sont formés 
en diverses facultés. Ces di\ enfans ont appris la musique et jouent 
parfaitement de quelque instrument ou chantent avec beaucoup de 
grâce et de précision. Celui qui se distingue le plus est .Toào Leal , 
major au corps d'état-major , dont nous avons parlé aux articles chant , 
musique instrumentale et composition musicale. Il est impossible de 
décrire rhabiieté avec laquelle les membres de cette famille exécutent, 
seuls ou aidés de quelques autres amateurs distingués , les chefs-d'œuvre 
de Cimavosa , deRossini , de Marcos et d'autres grands maîtres italiens 
ou nationaux. En 1808 cette famille se rendit à bord du Foudroyant, 
vaisseau de ligne anglais commandé par sir Sidney Smith, qui avait 
accom])agné le Roi actuel, alors prince régent, au Brésil, et y joua 
seule une pièce italienne. Le père Leal a deux frères docteurs en mé- 
decine , qui sont pareillement grands amateurs de musique. Leur pèic 
avait été aussi médecin, et jouait de plusieurs instruniens. On dit la 
même chose de leur aïeul. Ce fait , dont l'authenticité ne saurait être 
révoquée en doute , a fait dire à quelqu'un que la famille Leal pos- 
sédait \e sens musique. Si le savant docteur Gall avait connu ce fait, il 
n'aurait pas manqué de le citer à l'appui de son système , auquel sm* 
doute il aurait donné un grand poids. 



( ccxviij ) 

u4rt dramatique^ 

On peut dire que les Portugais n'ont pas eu de 
théâtre national avant le roi Joseph, parce qu'on ne 
saurait donner ce nom aux farces informes et dénoû- 
tantes, et aux pièces soi-disant religieuses (autos sacra- 
mentaes), qui avant cetle époque leur servaient de 
speclacle ordinaire , et qui étaient dans le genre de 
celles qu'on jouait dans toute l'Europe quand elle 
était encore plongée dans la barbarie. Les acteurs na- 
tionaux jouaient les comédies de Simào Machado, 
et les opéras comiques d'Antonio Joseph (o Judeu)qui 
avaient été composés pour le théâtre du Bairro-Alio , 
alors occupé \)'dr des Fantoccini. Les pièces espagnoles 
jouées de temps à autre dans la capitale et dans les 
provinces formaient les meilleurs spectacles. Ce ne 
lut que sous le roi Joseph que des particuliers conçu- 
rent le projet de créer un théâtre national ; elle mar- 
quis de Pombal, disposé à protéger tout ce qui élait 
grand, beau et utile, lit tous seseftoris pour seconder 
les dispositions favorables qui se manifestèrent alors 
pour parvenir à ce but. \^ Arcadia , qui a tant mérité 
de la littérature nationale , a pourvu autant qu'il lui 
a été possible à la réforme du théâtre , tant à l'égard 
des pièces qu'à l'égard des acteurs. Des Portugais et des 
étrangers très-instruits, quiont vu jouer la comédie et 
la tragédie à Paris et à Londres _, nous ont assuré que 
dès les premières années plusieurs acteurs et actrices 
portugais parvinrent à un grand degré de perfection. 
On cite entre autres Cecilia dans le tragique, sa rivale 
Maria Joaquina dans le comique et même dans quel- 
<{ues rôles tragiques, et plusieurs acteurs non moins 
distingués. La célèbre Todi , dont toute l'Europe a 
admiré la voix , la méthode de chant et surtout la belle 
déclamation, a joué pendant quelques années les rôles 
de soubrette sur le théâtre de Rua dos Condes^ et elle 
était loin d'occuper le premier rang dans son emploi. 



( ccxfx ) 

Mademoiselle Cecilia , sœur de madame Tod'i, a si 
bien joue les deux [)remiers rôles de ï j4lzirc et de la 
Zaïre de Voltaire,lraduites par le médecin Seixas , un 
des meml)res de ÏArcadïa , que ce savant , en tra- 
duisant le poëme de la Déclamation de Bernard, 
lui appliqua les louanges du poète français à la fameuse 
Clairon. Le mérite réel de ces deux actrices , de Pe- 
drlnho et de quelques autres acteurs, engagea la 
noblesse de la cour à protéger la carrière dramatique. 
En 1771 unédit royal déclara honorable la profession 
des acteurs comiques, el proclama les avantages que le 
peuple pouvait tirer du théâtre lorsqu'il était bien régie. 
Ces mesures libérales du gouvernement furent secon- 
dées parles particuliers , qui , on doit le dire , ont tou- 
jours coopéré à encourager les progrès de plusieurs 
branches de la littérature nationale. Pedegache, Quitta 
et Seixas travaillèrent à la tragédie de Megare, qui fut 
composée d'après les règles les plus strictes du théâtre 
grec, et qui fut imprimée avec une dissertation ana- 
lytique dans le genre de celles dont Voltaire faisait 
précéder ses tragédies. Pendant la courte existence du 
théâtre national, dirigé par le bon goût de quelques 
littérateurs zélés pour ses progrès, une foule d'excel- 
lentes traductions des meilleures tragédies et comédies 
françaises, anglaises et italiennes, furent publiées et 
jouées. Une circonstance digne d'être rapportée, c est 
que le marquis de Pombal fit faire par le capitaine 
Manoel de Souza la traduction du Tartufe, qui fut 
jouée à la grande satisfaction du public; ce ministre as- 
sista à la première représentation. Ce même Manoel de 
Souza traduisit aussi le Bourgeois gentilhomme de 
Molière, et Feliciano de Moraes , employé à la se- 
crétairerie d^Etat , composa des comédies agréables 
et très-comicpies. Il faut aussi remarquer que plusieurs 
amateurs de la bonne comédie essayèrent de la trai- 
ter, en faisant jouer leurs pièces dans un théâtre 
de société appartenant à M. Ludovici. C'était à la fois 



( ccxx ) 

une ëcole pour l'art dramatique et la composillon. C'est 
■dans cette occasion que quelques contes de Marmontel 
furent mis en scène , ainsi que beaucoup d'autres 
sujets fournis par le taLleau mouvant de la société. 
Après la mort du roi Joseph, des scrupules de con- 
science ayant décidé la reine sa fille à défendre aux 
femmes de paraître sur le théâtre, il tomba dans la 
plus grande décadence. Rien n'était plus dégoûtant 
que de voir les premiers rôles de princesses et d'a- 
moureuses joués par des acteurs à barbe noire , dont 
celui (Fillppe) qui avait le plus de talent était d'une 
Jaideur remarquable, et d'un âge assez avancé lorsqu'il 
jouait encore les jeunes premières. Rien d'ailleurs n'cn- 
<:ourageant les auteurs dramatiques , et aucune loi 
n'assurant leur propriété littéraire , il ne faut pas s'é- 
tonner si le premier élan donné par quelques littéra- 
teurs sous le règne précédent se ralentit bientôt. Le 
roi actuel, étant encore régent, a enfin permis de nou- 
veau aux femmes de paraître sur la scène. Cependant, 
malgré le talent naturel do quelques actrices qui se 
sont lancées dans la carrière, le mauvais goût de dé- 
clamation et le manque total d'instruction parmi les 
acteurs qui étaient en possession de jouer devant le 
public, ont empêché le théâtre portugais de sortir d'un 
état si inférieur sous tous les rapports à celui où se 
trouve le théâtre chez toutes les nations civilisées. 
On peut trouver à Lisbonne quelques paradeurs 
assez adroits, mais il existe à peine dans cette ville un 
acteur qui mérite même d'être con>paré à ceux du 
second ordre des autres peu{)les dans la tragédie 
ou dans la comédie. Les auteurs qui travaillent pour 
le théâtre sont, à quelques exceptions près, peut- 
être encore au-dessous des acteurs qui jouent leurs 
pitoyables compositions originales, ou leurs mauvaises 
traductions de rallemand, de l'espagnol et du français. 
Le public , habitué depuis long-temps à n'assister 
qu'à des compositions dramatiques mal conçues et sou- 



vent encore plus mal jouées , n'a pu acquérir cette 
délicatesse de goût qui seule peut avertir les auteurs 
et les acteurs de la route qu'ils doivent suivre pour 
parvenir à la perfection. Les savans et les hommes de 
lettres méprisent trop le théâtre national pour s'en* 
occuper sérieusement, et ils vont se délasser de pré- 
férence à l'opéra italien (voyez Musique 'vocale), ou se 
contentent de lire les bons ouvrages dramatiques dans 
leur cabinet. 

D'après ce que nous venons de dire nos lecteurs peu- 
vent connaître l'état d'imperfection où se trouve le 
théâtre parmi les Portugais. Nous allons cependant, à 
défaut de grands noms dramatiques , leur citer ceux 
des acteurs qui, quoique médiocres, passent maintenant 
pour les premiers du théâtre national à Lisbonne. 

JoAO EvANGELisTAdans les rôles de centro. 
Sebastiao Ambrosi.xi dans ceux de gracioso. 
Victor dans ceux de petit-maître espiègle et dans 
les rôles d'esprit. 

Theodorico dans ceux de vieillard. 

Dans la troupe nationale de Porto , qui est encore 
inférieure à celle de Lisbonne , ceux qui se distinguent 
le plus sont : 

Jozepha dans les rôles sérieux et passionnés. 
José Duarte dans les rôles de vieillard et dans 
ceux de centro. 

Maxoel Luiz dans les rôles de centro. 
PoMADA (le père) dans ceux de gracioso. 

Talâssi, jeune fille de treize à quatorze ans, qui 
joue déjà assez bien dans les rôles de sentiment, et qui 
promet de devenir une bonne acti'ice. 

Dans la troupe nationale de Rio-Janeiro les acteurs 
les plus distingués sont ; 

Marianna ToTiKEs. C'est la première actrice por- 



( ccxxij ) 

lugaise. Elle excelle surtout dans les rôles passionnes et 
dans le tragique. 

^ MA^ OEL A LViiS , bon acteur , surtout dans les rôles 
de vieillard, dans lesquels des connaisseurs très-instruits 
le mettaient au-dessus de tous ses compatriotes, et l'é- 
galaient même aux bons actertrs étrangers dans ce 
genre, quoiqu'il ne soit jamais sorti de Ric-Janeiro sa 
patrie. 

^' Pedkinho, mort à Pùo- Janeiro, où il fut appelé du 
Portugal pour organis