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ESSAI STATISTIQUE
SUR
LE ROYAUME DE PORTUGAL
ET D'ALGARVE.
I
Cet ouvrage se trouve à Paris chez les principaux
Libraires ,
Et à Bordeaux , chez Pierre Beaumc et Bcrgeret.
Baronne , Bonzom.
Lyon , Corinon et Blanc , Maire.
Jioueii , Frère aine.
Jfai>re, Clinpcllo.
JSînies , Mclquioncl.
Mats cille , Mossy.
Strasbourg, Trcuttcl et Wiirtz.
Dans l'étranger. .
Lisbonne , Gcor;ïc Rcy.
Londres , Dulaii et Cie et Bossange.
Jinsti-rdam , G. Diifour.
Turin , Pic et Bocca.
J\lilan , Bocca.
Florence , Piatti.
Livourne , Glauciiz-Mazi.
Borne , de Romanis.
A'ofj/es , Bord , et Société du Cabinet Littéraire.
Manheim et toute l'Allemagne , Artaria et Fontaine.
Genève . Paschoucl.
Leipsig , Voss.
Bruxelles, Le Charlier.
Madrid, Alfonso Pérès.
IMPRIMERIE DE COSSON , RUE GÀRANCIERE , N» 5.
ESSAI STATISTIQUE
SUR
LE ROYAUME DE PORTUGAL
ET D'ALGARVE,
COMPARÉ AUX AUTRES ÉTATS DE L'EUROPE ,
D'UN COUP D'ŒIL SUR L'ETAT ACTUEL DES SCIENCES, DES
LETTRES ET DES BEAUX-ARTS PARMI LES PORTUGAIS DES
DEUX HÉMISPHÈRES.
DÉDIÉ
A SA MAJESTÉ TRÈS-FIDÈLE,
Par ADRIEN BALBI ,
AKCIBjr PROFESSECR DE GÉOGRAPHIE, DE PHYSIQCE ET DE MATHÉMATIQUES,
MEMBBK CORBESPOA'DAiN'T DE l'aTHëKÉB OB TBÉVISE , ETC. ETC.
TOME SECOND.
PARIS,
Chez REY et GRAVIER, LIBRAIRES.
QUAI DES AUGUSTLVS , >" 55.
1822.
Dp
65
J-
«»>k\VWH.VVK\\.V««^«V*>.VvVVvV\V\\XV\,\\>.*\».VVl\\X.\\kV%WVVVWV»V\V\\\V\V«^'"'«.\VV>.\\H\VV»
GÉOGRAPHIE
MODERNE.
GÉOGRAPHIE ECCLÉSIASTIQUE.
RELIGION.
La religion clirélieiine a été introduite dans la Pé-
ninsule dès le 2* siècle , comme on le voit clairement
par les écrits de Tertullien et d'irénée. Dans la suite
les Arabes, étant devenus les maîtres de ce pays, y in-
troduisirent le mahomélisme, et c'est pendant leur
longue domination que l'on vit en Portugal un grand
nombre de mahométans et de juifs vivre pêle-mêle
avec les chrétiens. Ceux-ci étant devenus les maîtres
du pays à leur tour, les mahométans et les juifs furent
persécutés à plusieurs reprises, et la religion catholi-
que-romaine fut seule autorisée dans le royaume. Plu-
sieurs juifs ayant embrassé le christianisme donnèrent
lieu à la ridicule distinction entre les chrétiens anciens
et les chrétiens nouveaux ] distinction qui coûta la vie
à plus de 2000 individus sous Emmanuel, et qui sub-
sista jusqu'en 1770, époque où le roi Joseph l'abolit
entièrement. Maintenant toutes les religions sont per-
mises en Portugal, et le Congrès vient de proclamer
que la religion de la nation portugaise (article ij
des bases de la Constitution) es/ la religion catholique ^
apostolique et romaine. On a déjà projeté le rappel
des nombreux juifs portugais répandus dans toute l'Eu-
rope et dans la Barbarie. C'est aux Juifs que les Por-
tugais doivent en partie leurs premières connaissances
en pliilosophie, en botanique, en médecine, en as-
tronomie, en cosmograplùe, les premières notions
II. I
(^ )
des principes ilc Ja langue hébraïque et de la lilté-
ralurc sacrée, qui, avant le xvi' siècle, étaient le
sujet ordinaire des études.
Les Portugais sont remplis de zèle pour leur religion,
et suivent avec la plus grande exactitude toutes les
pratiques qu'elle ordonne. C'est à ce respect pour la
religion que l'on doit atiribuerla richesse et la magnifi-
cence que les Portugais étalent dans la construction et
dans l'ornement de leurs temples, quoique bien sou-
vent elles ne soient pas accompagnées de ce goût ex-
quis que Ton remarque en Italie. C'est surtout dans la
construction du tabernacle destiné à déposer le saint
ciboire, que rarchitecle étale toutes les richesses de
son art. On peut dire en général que toutes les céré-
monies religieuses se font en Portugal avec une ma-
gnificence extraordinaire, mais surtout à Lisbonne et à
Porto, dans l'exposition du très-saint sacrement, dans
les dévotions de la semaine sainte et dans les proces-
sions. Celle de la Fête-Dieu passe encore justement
pour être une des plus pompeuses de toute la chré-
lienté catholique. Dans toutes ces cérémonies les
Portugais déploient une magnificence , un luxe dans
les décorations et dans l'illumination qu'on ne trouve-
rait point ailleurs, si ce n'est en Espagne et en Italie
dans des circonstances semblables, particulièrement à
Rome, à Milan et à Venise. Cet usage, outre l'avantage
qu il a de contribuer à inspirer le respect pour les niys-
tères de notre sainte religion, est encore très-utile aux
beaux -arts, puisqu'il fournit des occasions multipliées
d'employer un grand nombre d'artistes qui ont, par ce
moyen, un champ toujours ouvert pour exercer leur
talent; en conséquence, bien loin donc de blâmer cet
usage, comme l'ont fait plusieurs auteurs qui ont écrit
sur le Portugal, nous invitons ce peuple à le conser-
ver, puisque tout ce qui tend à inspirer le respect pour
le culte tend à entretenir celte salutaire vénération pour
les vérités de notre sainte religion, qui est la base la
(5)
plus ferme d'une bonne morale et de toute société
tien organisée.
TRIBUNAL DE L'INQUISITION.
Ce tribunal , qui, d'après les auteurs les plussavans,
n'a été introduit que sous Jean lïï, pour découvrir et
châtier les juifs cachés et les hérétiques, n'a jamais été
aussi cruel en Portugal qu'à Goa et en Espagne. Son
autorité était telle que les autres tribunaux souverains
étaient obligés de lui rendre compte de leurs procédures
quand il l'exigeait. Cependant le marquis de Pombal
était parvenu à borner sa terrible influence au point
que sous son ministère ses victimes se bornaient à des
juifs, à quelques prêtres scandaleusement débauchés
ou entachés d hérésie , et à quelques indiscrets qui mé-
disaient du Saint-Office ; encore n'étaient-ils punis
que par le fouet et le bannissement. Dans le dernier
autodafé^ qui fut célébré en 1766, il n'y eut pas un
sevXfiguron. Sous le règne de Marie l'inquisition avait
repris une partie de son terrible empire, et la crainte
qu'elle inspirait fît émigrer un certain nombre d'indi-
vidus de toutes les classes, même de celle des militaires.
Tous les pays de la monarchie portugaise, à l'excep-
tion du Brésil , lui étaient soumis, il y avait quatre
tribunaux suprêmes , savoir un à Lisbonne , qui avait
la suprématie, et qui s'intitulait concclho gérai do
Santo-Offlcio ; un autre à Coimbra, un autre à Evora,
et un autre à Goa. Les trois tribunaux du Portugal
coûtaient au gouvernement i5oooo cruzades par an.
La sagesse et l'humaniié des Corlès viennent de les
abolir entièrement.
DIVISION ECCLÉSIASTIQUE DU ROYAUME, ET HAUT-CLERGÉ.
Le royaume de Portugal offre autant de confusion
et de désordre dans ses divisions ecclésiastiques qu'il
(4)
en présente clans les divisions civiles, administratives
et militaires. Les réformes opérées vers la fin du règne
de Joseph n'ont fait cpie diminuer le mal sans le gué-
rir. Les juridictions des évêques s'étendent sur des ter-
ritoires non-seulement très-inégaux, mais même in-
terrompus et coupés par ceux d autres évéques et des
prélats indépendans, qui, relevant immédiatement dn
saint Siège, s'appellent /^e/zto^ (exempts). C'est à
cette multiplicité de juridictions mal séparées les unes
des autres que l'on doit attribuer la grande différence
que l'on trouve entre les évaluations des écrivains na-
tionaux et étrangers relativement au nombre des pa-
roisses du royaume ; différence d'autant plus extraor-
dinaire que le plus souvent on la trouve dans des auteurs
contemporains, parlant presque de la même année.
Sans nous arrêter à l'évaluation de Lima, qui en
1752 comptait 5545 paroisses dans tout le royaume , ni
à celle de Windham Beaves, qui en 1795 , prétendant
le corriger, en comptait seulement 5554? parce que la
première est trop ancienne, et la seconde évidemment
inexacte, nous dirons que l'almanach de Lisbonne de
l'année 1802 en compte 4^62 ; que le recensement de
1798 porte ce nombre à 4262, celui de 1801 par
couïarcas à 4o54 , celui de 1801 par diocèses à
4046. Le major Gardozo , dans son Mappa liistorico-
stalislique du Portugal, publié à Paris en j8i5, en
compte 4255. Alberto-Carlos de Menezes, superinten-
dente da agjicultura , dans un mémoire manuscrit
présenté au Congrès , relativement à la division du ter-
ritoire du Poilugal et des îles adjacentes, outre le nom-
bre de paroisses trouvé dans le recensement de 1801,
cite aussi les suivans : SgiS, 0987 et 4087.
Le Congrès , sentant la nécessité de donner au Por-
tugal une division ecclésiastique plus unifoime, et
d'arrondir les territoires des différens diocèses, a déjà
chargé de ce travail une de ses commissions. En atten-
dant le résultat de ses travaux nous allons donner le
(5)
tableau de la division actuelle du royaume, en y insé-
rant tous les exempts , dont la plupart sont inconnus
non-seulement aux géographes étrangers, mais même
à presque tous les géographes nationaux . Outre le
nombre de paroisses appartenantes à chaque juridiction,
nous avons indiqué aussi l'époque de la fondation des dif-
férens diocèses , telle qu'on la trouve dansleMappa du
major Cardozo sus-men lionne. Nous aurions voulu y
ajouter aussi la quotité de leur revenu ; mais comme
nous n'avons pas encore recules documens officiels qu'on
doit nous envoyer de Lisbonne , et que nous trouvons
des évaluations extrêmement disparates entre elles
parmi les renseignemens que nous nous sommes pro-
curés avant notre départ de cette ville, nous nous ré-
servons de le donner dans le second volume de nos
f^ariétés politico-statistiques. 11 est plus sage, à notre
avis, de se taire que de publier des évaluations qui ne
sont propres qu'à induire le lecteur en erreur. Nous
ajouterons seulement que d'après le décret des Cor-
tès ( P^oy. page 53o) du 28 juin 1821 la taxe que doit
payer l'évéque d'Elvas monte à 70819 reis ; celle de
l'évèque de Pinhel à 5i2 1 20, et celle de l'évéque d'A-
veiro à 697 000 reis ; que la troisième partie des reve-
nusdes dltiérens diocèses, depuis la créa lion du patriar-
cat , entre dans la caisse du trésor , nommée Patriar-
cale {Voy. pages 3 10 et 5i7 ), dont elle forme une
des branches de recette les plus importantes; et que les
prélats les plus riches après le patriarche sont l'arche-
vêque de Braga , l'évéque de Coimbra, celui de Porto,
l'archevêque d'Evora et lesévêques deFaro et de Viseu,
(6)
Tableau de la division cc<;lésiasliqii« actuelle tlii royaume.
Paroisseî,
Fatriarrat fondé en 1716 333 (1)
Arclicvôclié de Lisbonne , fondé en i394ctabo]i en l']kl pour
être réuni au patriarcat (2)
Evéché de Lnniego dans le Vie siècle ', a38
Giiarda sous Sanclic 1er 2o5
Leiria en i545 , 5o
Portalegro en i55o 4r
Caslellu-Brauco sous Joseph le» 81
archevêché iln Braga en 92. 1 292
Evêché de Porto dans le Vie siècle 339
— — Coinibra dans- le Vie siècle (3) 278
Viseii dans le Vie siècle 300
Aveiro sons Joseph 1er (1^). * ya
Pinlicl sous Jcisepii 1er (5) . ....... 147
Miranda (en i545 ) et Bragança (6) 534
Archevêché d'Evora en iS-io (7) 1/44
Evêche' d'Algarve sous Sanche Jer (8) ........ 70
Elvas en 1570. A4
Béja sous Joseph 1er 118
Exempt de Crato résidant à Crato Za
Exempt (le Grj/'o résid^ml à Grijo dans la comarca de Porto . . J
Exempt de Thomar résidant à Thomar. 20
Exempt deSnn-Joào de 2V/roi/ca résidant à Burgo dansla coniarca
de Lamego 4
Exempt de Sania-Cruz de Coimbra résidant à Coimbra. a
Exempt de SantaCruz dn Douro résidant à Santa-Cruz doDauro
dans la comarca de Porto près de Peiiafiel I
Exempt de San-Christovào de Z/o/oes résidant à San-Christovào
dans la comarca de Viseu. a
Exempt de Salzedas résidant à Salzeda s dans la comarca de Lamego. 5
Exempt de San-Pedro dus Aguias résidant à Granja de San-
Petro das Ai^uias dans la comarca de Trancoso 8
Exempt de f^illa-p'içnza 4
(i) Le nombre des paroisses des diocèses s'accorde avec celui présenté par le ta»
bleau page 2o4 ; il est tiré de documens officiels qui nous ont été fournis par 1»
colonel Franzini. Celui des exempts est copié sur le tableau alphabétique de toutes les
paroisses du royaume , rédige par le major Leal , employé au bureau statistique.
(2) Lisbonne avait un évéque dès le Vie siècle.
(3) Il a le titre de comte d'Arganil.
(4) Son territoire a été détaché de celui de Coimbra.
(5) Son territoire a été détaché de ceux de Lamego et de Viseu.
(6) Lors de la réforme des diocèses , on sépara une partie du territoire de celui de
Miranda pour en former le nouvel évcché de Bragança. Depuis quelques années levé-
ché de Miranda a été supprimé et réuni à celui de Bragança. L'evêque, tout en rési-
dant dans cette dernière ville, doit prendre le titre d'évéque de Miranda et Bragança.
(7) Evora devint siège épiscopal sous le roi Sanche 1er , et archevêché en lL)^o ,
sous le cardinal Henri.
(8)iLesévèques ontrésidéà Sllves jusqu'à l'époque où le pape Paul III transfe'ra
1« siège à Faro, ou il est resté depuis.
il)
Le palriarche de Lisbonne est le premier de
tous les ecclésiastiques du royaume. Cette dignité
fut créée en 1716 sous Jean V, par le partage de
l'archevêché de Lisbonne en deux diocèses ^ dont l'un
resta à l'ancien siège sous le titre de Lisbonne orien-
tale , et l'autre fut constitué en patriarcat en vertu
d'une bulle de Clément XL Le prélat décoré de ce
litre obtient de droit, depuis 17 5g, le chapeau de
cardinal, a le titre de premier aumônier {capellào mor)
de la chapelle royale^ et était le premier membre du
conseil d'état. Son chapitre est très-nombreux et très-
richement doté. Il est composé de 52 dignidades (di-
gnités) et 20 conegos (chanoines). Les dignidades sont
divisées en difïérentes hiérarchies, dont 16 portent le
litre deprincipaes (principaux)et 36 celui de monsenho-
res (monseigneurs). Liesprincipaes ont chacun 12000
cruzades de revenu et portent le titre d'excellencia
(excellence); leur habillement imite beaucoup celui des
cardinaux. Les monsenhores jouissent d'un revenu de
4000 cruzades et du titre de senlioria (seigneurie), et
ont l'habit épiscopal sans aumusse. Les chanoines ont
chacun 2600 cruzades de revenu avec le titre de se-
nlioria. 11 v a en outre un grand nombre de beneficia-
dos (bénéliciers ). Lorsque le patriarche officie ponti-
ficalement il déploie une pompe qui rivalise avec l'éclat
des cérémonies du Vatican. Son vicaire général porte
le titre d'archevêque, depuis que l'archevêché de la
partie orientale de Lisbonne a été aboli en 1741? et
que le chapitre de l'ancienne église archiépiscopale a
été soumis à la juridiction du patriarche sous le nom
de basilica de Santa-Maria. Les revenus de l'église
patriarcale montaient en 1 747 à 407 3o666g reis , et
les dépenses ordinaires à 567 i5436o reis; ceux du
palriarche à environ 100 000000 reis. Le roi Joseph
les diminua beaucoup en 1755. Actuellement les re-
venus de la patriarcale montent à 220000000 reis,
sur lesquels 70 000000 environ appartiennent au
(8 )
palriarche; ceux de la calhcJrale, iS<} ou basilique de
Sanla-Maria, montent à 60000000 reis. ( Voy. pour
les années antérieures le budget à la page 3i5. ) Le
Congrès vient d'abolir la dignité patriarcale, et en a
aflcclé les revenus au paiement de la dette nationale;
on attend de Rome la bulle relative à cette abolition
et au rétablissement de l'ancien arcbevêcbé. Le pa-
triarche de Lisbonne est métropolitain des évéques de
Caslello-Branco, deGuarda, de Lamego, de Leiria et
de Portalcgre en Porlugal ; d'Angra dans l'arcliipel des
AçoreSj'de Funcbal dans l'île de Madère; de Maranhào
et de Para au Brésil.
Après le patriarche viennent les deux archevêques
de Braga et d'Evora , qui ont le rang de marquis et le
litre de seigjieur ///^/5/m^z77z^. Celui de Braga porte
encore le titie Ac primat diz royaume ^ et avait même
autrefois celuide/7W//zaif de toute f Espagne. Ce pré-
lat était seigneur ecclésiastique et séculier de Braga
et de son territoire ; mais sa juridiction séculière a été
abolie en 1790. Ses suffragans sont les évéques de Porto,
de Viseu, de Coirabra, de Miranda etBragança qui
réside à Bragança, d'Aveiro et de Pinhel. L archevê-
que d'Evora a pour suffragans ceux de Beja, d'Elvas et
a Algarve; ce dernier réside à Faro. Tous les évêquesont
le rang de comte et le titre de seigneur. Leurs diocè-
ses sont divisés par comarcas qui diffèrent desconiarcas
séculières ou correiçoes. Les provinces d^outre-mer
ont 2 archevêchés et 14 évêchés.
Le roi a le droit de nomination à tous les évêchés,
et reçoit un quart du revenu de chacim en Portugal ;
la plus grande partie de ces sommes est employée à
l'entretien du patriarcat. Le pape, dont l'influence
a été bien restreinte en Portugal sous le règne de Jo-
seph, confirme les évêques et ne peut y faire publier
ses bulles sans la permission du roi. Il exerce par son
légat son droit de juridiction sur le clergé, qui, sous
le rapport des impôts, dépend encore de lui, et a
(9)
même le droit de nomination à quelques petites pré-
bendes. Il n'y a pas long-temps qu'il tirait encore
260000 écus romains du Portugal. Selon l'iiistoire du
Portugal, composée en anglais par une société de lit-
térateurs , on prétend que, durant le long règne de
Jean V, Rome tira du Portugal plus de 94 millions
de piastres fortes en argent comptant.
CLERGÉ INFERIEUR, COUVENS D'HOMMES ET DE FEMMES,
ET LEURS REVENUS,
Considérations sur le nombre des ecclésiasti([ues actuellement ciistans
dans le royaume.
Le nombre des ecclésiastiques du Portugal a été
€xtraordinairement exagéré par tous les écrivains qui
ont écrit sur ce pays. Après avait fait beaucoup de
recherches sur cet important sujet, nous n'hésitons
pas à dire qu'il est dilïicile que le nombre total de
tous les ecclésiastiques de ce royaume monte au-delà
de 29000. Noire opinion, qui diffère très-peu de celle
de 1 anonyme portugais auteur de l'intéressante bro-
chure Os /rades julgados no tribunal da razào,
paraîtra peut-être un paradoxe à ceux de nos lecteurs
qui ont vu les évaluations de Dumouriez, deCarrère, de
Chaielet, de Bourgoing, d'après lesquelles le Portugal
aurait contenu 200000 ecclésiastiques des deux sexes ;
celle de Laborde, qui en 1808 en portait le nombre à
280000 , et celle des auteurs de l'article Portugal de
l'Encyclopédie méthodique dans le Dictionnaire d'é-
conomie politique, qui les portent) usqu'à Sooooo. Notre
opinion n'en est cependant pas moins juste; et comme
nous savons qu'il est des Portugais assez peu instruits
des choses de leur pays pour suivre aveuglément les
opinions absurdes des étrangers que nous venons de
nonmicr, nous allons citer quelques faits assez positifs
])our prouver jusqu'à l'évidence leur erreiir, et la ,vé-
rité de notre assertion.
( lo)
D'après un lecensemenl exacl et détaillé fait par
ringénieur Oistodio José Gomes de Villas-Boas en
1794, on trouva que dans toute la province du Minho
il n'y avait alors, sur une population de 636o82 Labi-
tans, que 5177 ecclésiastiques séculiers et 14^0 régu-
liers ou moines , ce qui fait en tout 6607 ecclésiasti-
ques. La population du Minho étant à cette époque de
quatre dixièmes environ moindre que le quart de la
population totale du royaume , qui pouvait alors être
évaluée environ à a 880000 habitans, en multipliant
6607 par 4-45 ^^ aura 29071 ecclésiastiques, nombre
qui excède certainement la quantité réelle , du moins
pour la partie relative aux moines, qui sont beaucoup
plus nombreux dans le Minho que dans les autres pro-
vinces du royaume. Si l'on voulait connaître le nombre
approximatif des individus appartenans au clergé ré-
gulier, on pourrait y parvenir en raisonnant de la ma-
nière suivante : si le Minho, sur 1187 paroisses, n'a-
vait en 1794 que 5i77 ecclésiastiques séculiers, en
supposantla même proportion pour le reste duroyaume,
combien devra en avoir ce dernier dans l'hypothèse
qu'il contienne /^o5/^ paroisses. On en trouverait la
solution dans le quatrième terme de la proportion sui-
vante :
1 187 : 5177 : : 4o54 : x = 18000 environ.
Si 1 on comptait 5 ecclésiastiques séculiers par pa-
roisse, ce qui est trop, on aurait 4064 X 5 = 20270
ecclésiastiques séculiers pour tout le royaume. De
même en multipliant les 14^0 ecclésiastiques réguliers
du Minho par 4.4, on aurait 6292 ecclésiastiques ré-
guliers pour tout le Portugal. Ces résultats doivent
étonner d'autant moins qu'on voit dès Tannée 1662
1 auteur de VArte defuriar supposer que le nombre
des moines de ce royaume n'allait pas au-delà de dix
mille, et qu'il est notoire que depuis cette époque
leiu" nombre a beaucoup diminué, surtout depuis la
sujipression des jésuites et les nouveaux règlement
(" )
promulgués pour diminuer le nombre des couvens. Ce
même auteur suppose qu'il y avait bien i5ooo reli-
gieuses; ce nombre est bien diminué aujourd'hui. En
effet nous savons qu'en 1794 il y en avait ioo5 dans
les 24 couvens du Minho.
En partant de cette base et en comptant 106 couvens
de religieuses pour tout le royaume, nous aurons, dans
le quatrième ternie de la proportion ci-dessous , le
nombre de religieuses existantes dans tout le royaume.
24 : ioo3 :: 106 : x = 4429 ff , ou en chiffres
ronds 445o.
En mettant en somme les nombres que nous avons
trouvés pour le clergé séculier et régulier, nous aurons
18000 individus appartenans au clergé séculier, 6292
religieux et 443o religieuses pour le clergé régulier,
ce qui fait un total de 28722 individus, ou en nombres
ronds 29000. Voilà donc réduits à 29000 les 200000
et les Sooooo ecclésiastiques que tous les géographes
et tous les voyageurs s'obstinent à supposer dans ce
petit royaume , qui au contraire offre sous ce rapport
une proportion beaucoup inférieure à celle de l'Es-
pagne , de la France avant la révolution , de l'empire
d'Autriche, avant la réduction des couvens faite par
l'empereur Joseph II , et surtout du royaume de Naples ,
qui, selon Zimmermann, avait en 1782 4^520 ecclé-
siastiques séculiers, 24694 moines et 20793 religieuses.
Ce que nous venons de dire sur le nombre des ec-
clésiastiques peut s'appliquer au nombre des couvens.
L'exact Ebeling compte en Portugal 4i8 couvens d'hom-
mes et 108 de femmes. L'auteur anonyme des Os f rades
julgados no tribunal da razào porte à 41 5 le nombre
des couvens d'hommes. Le Mappa cronologico do
reino de Portugal, publié en i8l5, et dédié au
prince régent , en compte 692 d'hommes et 106 de
lemmes. Le major Cardozo, dans son Mappa do reino
de Portugal , porte à 585 le nombre des couvens
d'hommes et à io5 celui des femmes. Un tableau très-
( ^^ )
délalUe, qui nous a été remis par une des personnes les
plus insliuilcs du Portugal , évalue le nombre des pre-
miers à 4i7 et celui des secondsà lo-; .Nous ne saurions
dire d'où ces savans tirent leurs évaluations. Ce qui
est bien certain c'est que le Mappa de Portugal de
Joào Baptisla de Castro, qui est le *eul ouvrage dans
lequel on trouve indiquées individuellement les maisons
de tous les ordres réguliers du royaume , ne compte
que 38o couvens de religieux, 24 hospices, 4 maisons
d'infirmerie et 17 hôpitaux des religieux de San- Joào
(le Deos. Les hôpitaux n'ont que le nombre de reli-
gieux nécessaire pour l'administration et le soin des ma-
lades; aujourd'hui leur nombre a éprouvé de grandes
réductions. Les maisons d'infirmerie (casas de infer-
maria) sont destinées à servir de retraite à un petit
nombre de religieux malades ou invalides. Les hospices
lie comptent que 2 , 3 et tout au plus 4 religieux , et ne
peuvent pas compter comme couvens. Des 080 couvens
sus-mentionnés il faut en diminuer huit des Coricgos
regrantes de Santo- Agostinho , qui n'existent plus
depuis plusieurs années ; deux des Padres theatinos
da divina Providencia, qui ont éprouvé le même sort;
quatre des Clerigos agonizantes, et ceux des Congre-
gados de Covas de Monfurado, des Marianos concei-
cionistas y de la Cong?-egaçào de Oliveira, etc., qui
sont aujourd'hui presque inhabités, et que Castro mit
dans son tableau, seconde édition de 1763. En taisant
cette soustraction nous aurons seulement 363 couvens.
Ce nombre peut nous conduire à connaître par un moyen
différent de celui que nous avons suivi ci-dessus le
nombre des religieux réguliers de tout le royaume. Le
voici : d'après des recherches très-exactes faites sur le
nombre d individus appartenans à chaque couvent, on
a trouvé qu'il faut compter tout au plus l5 religieux
j>ar commimauté. En leur en accordant même 1 6 , nous
aurons : 363 x 16 = 58o8 religieux, et y en ajoutant
1 00 pour les hospices nous aurons 6908 , somme qui
( i5 )
dilTèrc irès-peu des 6292 que nous avions trouvée au-
paravant, et que nous croyons s'approcher encore plus
du nombre réel.
Pendant que nous faisions ces calculs à Porto pour
parvenir à connaître le nombre des religieux du Por-
tugal , les différentes autorités ecclésiastiques du
royaume , d'après un ordre du Congrès, dressaient des
tableaux de tous les couvens actuellement existans,
du nombre des individus profès et laïques qu'ils con-
tiennent, et de leurs revenus. A notre retour à Lis-
bonne nous nous sommes empressé de nous faire ccii*
muniquer les résultats généraux que nous donnons
ci-dessous , et que nous avons eu la satisfaction de
voir s'accorder parfaitement avec ceux que nous avions
obtenus de nos calculs.
Tableau du résultat général du nombre de tous les couvens d'hommes
du royaume, des religieux qu'ils contiennent et de leurs revenus en
octobre 1821.
OrJens militares (ordres mi'.itaîres) , monges
(moines) , conegos regrantes et seculates
(ckanoiaes réguliers et séculiers).
Mendicantes (ordres mcndiaus)
Mendicaates dotados (mendians dotés). .
Misiionarios (mlssionnatres).
Nomb. de
Norah.de
Revenus ea
couvens.
religieux
argent.
29
1160
336 580000 n-is.
167
3.0'iO
16 620000
i55
2070
2^3 680000
9
180
1 l I^OOOO
56o
5-;Co
607 ^Soooo
Total.
Il faut ajouter aux revenus en argent les articles snivans :
<)26oo alqncircs de l'roiaent.
4j8oo alqurires de seconde récolte (sccunda proJucçào).
aSgoo alqueires d'orge.
iloo alcjueires de légumes.
Doooo? alniudcs de vin.
2000? almudfs d'huile, etc. , etc.
Les ordres militaires comptent 5 couvens, 106 re-
ligieux et 66 domestiques. Leurs revenus se composent
( i4)
des articles sulvans : 3i 543407 reis en argent, iSgi 2
alqueires de Iromenl et de seconde récolle , 25o3 al-
nuelres d'orge, i53 alqueires de légumes, l655 al-
niudcs de vin, 786 alnmdcs d'huile, et autres objets
de moindre importance.
Les Conegos regrantes de San-Agoslinho sont les
plus riches. Ils comptent 7 couvens, 169 religieux,
et leurs revenus se composent des articles suivans :
g5 806754 reis en argent, 12960 alqueires de froment
et de seconde récolle, i5i5 alqueires d'orge, 607 al-
queires de légumes, 280 almudes de vin, 24 almudes
d'huile , et d'autres articles de moindre importance.
Tableau olfrant le résultat général du nombre de tous les couvens de
!cmnics du royaume, des religieuses qu'ils contiennent et de leur»
revenus en octobre 1821.
Couvens de religieuses 126
Couvens de commcndadeiras et recolhimentos
f hospices ) 12
^ ' ^ - i3S
Religieuses professes 2726
Commendadeiras et recolhidas ( retirées) . 162
Novices 55
Soeurs converses (leigas). i5i
3093
Dames séculières (senhoras seculares) . . . 164
Elèves ( edncandas) 789
Domestiques fcreadas ) 1907
, 2810
Total général. . . 5yoj
Il y a en outre 4' prêtres cliapelains ( clerigos
capeiàcs)ct i^i domestiques hommes (créa-
dos) , ce qui fait un total de 382.
Les revenus de tous ces couvens et hospices se
composent de la manière suivante :
En argent 363 000000 reis
En froment 4y5oo alqueires évalués ;i . 2Ô 000000 reis.
En orge 33ooo alqueires G 000000
En vin 3900 almudes 4 000000
En huile 63oo almudes 1 3 000000
Fn articles divers. 10 000000
Total du revenu. . .jai 000000 reis .
En évaluant la surface du Portugal à 2855o milles
carrés, ci en comptant, d'après les deux tableaiUL ci-
( 15)
dessus, 49S couvens et hospices , nous aurons 1 cou-
vent ou hospice par 56.7 milles carrés. En éva-
luant la totalité delà population 3 lySooo, et tous les
ecclésiastiques séculiers et réguliers des deux sexes
27000, nous aurons 1 ecclésiastique sur 117 { habi-
tans ( les domestiques et les élèves non compris ). En
ne comptant que les seuls ecclésiastiques du sexe mas-
culin, on en trouverait un sur 65.35 habitans mâles,
en évaluant ces derniers 1 5200oo ; c'est un tiers de
moins que le gouvernement de Milan, où, en i8i5,
sur 1 102548 habitans du sexe masculin on trouva
1 1481 religieux , ce qui fait un ecclésiastique sur g5.o'2
habitans mâles. Si on voulait faire ce calcul sur les seuls
moines nous aurions un religieux sur 647 habitans de
tout sexe. Celte proportion est bien inférieure à
celle que donne pour l'Espagne le recensement de
l'année 1787, dans lequel on trouva 49270 moines sur
10 145975 habitans, ce qui fait un moine sur 206 ha-
bitans. Le royaume de Naples en 1782 offre une pro-
portion encore plus forte , puisqu'il y avait alors un
moine sur 189 7 habitans.
Les villes du Portugal qui contiennent le plus grand
nombre de couvens sont : Lisbonne j qui en a Sq (1);
Coimbra f qui en a 2 et 17 collèges, dont 14 peuvent
être considérés comme des hospices ; Evora , 1 2 ;
Porto, 10; Santareni y 11; Braga^ 4 > ^^ Guima-
ràes , 4« Cette quantité, tout exorbitante qu'elle est, pa-
raît peu considérable lorsqu'on la compare au nombre
des maisons de ce genre qu'avaient , il n'y a pas long-
temps , quelques ^^lles de l'Espagne et du royaume do
Naples d'une moindre étendue et d'une population
inférieure. Kalladolid avait 43 couvens \ yilcala ,
19 et 20 collèges; Salamanca, 20 couvens et 58 col-
Ci) Cpu\ de friiiinpj ne sonf pa» compris dans ers f.ilciils.
( 1^ )
léges ; Aquila, 17 couvens; Cosenza^ 16; SalernO)
14 ; etc. etc.
Nous lerniiiierons ce cliapitre |3ar quelques re-
marques sur les casas de misericordia , les liôpilaux,
les recolhimentos, et sur les e(x:lésiasliques en général.
On trouve dans presque toutes les cidades et vil/as
du Portugal un élablissemenl de bienfaisance qu'on
appelle casa de misericordia [maison de miséricorde).
C'est une institution des plus utiles à la société, et les
monarques portugais lui ont toujours accordé une
protection spéciale. Le Lut de ces établissemens est de
secourir l'humanité souffrante , et ils ont à cet efi'et
des revenus établis sur des immeubles (bens de raiz) ,
des cens (foros), des pensions (pensoens), des intérêts
(juros), etc. Us sont chargés principalement de l'édu-
cation des enfans trouvés et du soin des prisonniers in-
digens, de l'établissement et de la dotation des orphe-
lines, d'accorder l'hospitalité aux mendians et aux
pèlerins, de donner des soins aux malades pauvres:
de grands hôpitaux, et d'autres plus petits à qui
on a donné le nom de albergarias sont destinés
à ce service ; enfm toutes les œuvres de bienfai-
sance entrent dans leurs attributions. L'administra-
tion de chacune de ces maisons est confiée à une
confrérie (confraria ou irmandade), qui est gou-
vernée par un règlement nommé compromisso , Cha-
que année le provedor da comarca , et suivant les
lieux le corregedor , ou lejuiz de fora, ou ordinario
de 1 endroit où existe un de ces éiablissemens , reçoit
les comptes, examine la gestion de l'administration et
surveille l'exécution de ses devoirs ; il envoie ensuite
'AXxDezembargodo paço (voyez 1" vol., page 247) l'état
de situation de rétablissement. Plusieurs de ces mai-
sons ont des revenus considérables , comme celles de
Lisbonne , Porto , Evora , Setubal , Braga , Coim-
bra, etc. etc. Quoique les lois qui régissent cette ad-
ministration soient sages , et semblent avoir pourvu à
^ 17 ;
tous les cas, il s'v est glissé cependant plusieurs abus,
de sorte que malheureusement une insliîulion si phi-
lanthrophique ne produit pas toutle Lien qu'on pourrait
en attendre , par la dilapidation des revenus , souvent
détournés par des administrateurs infidèles. 11 faut ce-
pendant espérer que, d'après le nouveau système de
gouvernement, des mesures énergiques seront prises
pour faire rentrer ces établissemens dans le but exact
de leur institution.
Outre les hôpitaux particuliers et les hospices (alber-
garias) des casas cla misericordîa ^ il y en a plusieurs
autres établis par le gouvernement, et dont les revenus,
provenant des mêmes sources que ceux des misericor-
diasj sont très-considérables. Ou ne recevait autrefois
dans ces hôpitaux que les seuls bourgeois malades
indigens ; les militaires v sont admis aussi depuis \^
décret des Cortès qui abolit les hôpitaux militaires du
Beato Antonio à Lisbonne , ^ Ahrantes , ô^Evora ,
de Lamego , de Porto et de Chaves , et qui a fixé
5oo reis par jour pour l'entretien de chaque soldat
malade. Les principaux hôpitaux du royaume sont
V hôpital royal de Saint- Joseph ( San-Jozé ) à Lis-
bonne , Xhôpital royal à Porto , ceux de Caldas
da Rainha, d'Ehas, de Coimbr-a, de Braga^ etc.
La faible mortalité observée parmi le grand nom-
bre de malades traités dans le grand hôpital de Saint -
Joseph à Lisbonne est le meilleur argument que l'on
puisse citer en faveur dé la bonne méthode de traite-
ment des maladies et des soins prodigués aux malades.
On peut en dire autant de plusieurs autres, ainsi que
des hôpitaux militaires. îl en est bien autrement dans
ceux destinés à recevoir les enfans trouvés. La mortalité
dans ces établissemens' est vraiment effrayante. Le ta-
bleau suivant peut servir de preuve à ce que nous
venons de dire sur les premier* ; nous regrettons seu-
lement de n'avoir pas trouvé dans nos papiers \\n autie
tableau que nous nous étions procuré à Lisbonne, et
ïi. 2
i8)
qui ofîVait le nonilire de cures et de décès survenus
dans les dix dernières années.
Tableau tles malades guéris et moits aniuiellcment dans l'bôpital
royal de S. Joseph à Lisbonne depuis 1788 jusqu'à 1807.
Années.
J789
1790
179'
5792
179^
179^
1796
'797
1798
'799
1801
jSo.5
1806
Guéris.
9 688
10 445
1 1 928
M .73
12 536
i5 080
12 1 08
i3 235
i4 802
i3 oo4
.5 .98
2
1 4 121
2
Î2 997
2
Morts.
3o8
663
371
666
782
4i5
579
933
666
o83
076
n6
Dans tous les établissemens publics de Paris, dans
les dix années qui se sont écoulées depuis i8o4 jus-
qu'en i8i4j on soigna 555602 malades dont 57861 y
moururent. A Lisbonne , pendant les 18 années sus-
mentionnées , sur i66320 malades, 2ig3i seulement
moururent.
En i8i4> dans l'hôpital général de Madrid , sur
10891 malades, il y eut 10169 cures et 722 décès;
en 1818, le nombre des malades fut de 10010; sur ce
nombre il y eut 9i5o cures et 860 décès.
Les î-ecolhunentos (maisons d'asile) sont des en-
droits où des fenmies vivent retirées du monde , mais
sans cependant Taire de vœux.
Le clergé séculier n'a pas, à quelques exceptions
près , l'inlluence et la considération dont jouissent
les moines dans les familles. Cependant dans ces der-
niers temps les choses pnt bien changé à cet égard ,
surtout dans les grandes villes , et les ecclésiastiques en
général ont beaucoup perdu de l'influence qu'ils exer-
çaient sur les esprits. Les vœux monastiques sont de-
( 19)
venus déjà plus rares, surtout parmi les individus des
tamilles les plus distinguées. Depuis quelque temps on
a pris des mesures très-énergiques pour borner le nom-
bre des couvens , dont plusieurs ne sont plus habités;
En 1759 le Portugal fut le premier à chasser les jésuites
de toutes ses possessions , et leurs biens furent confis-
qués. Le ministre Pombal fit porter à 25 ans l'âge
nécessaire pour prononcer les vœux. En 1788 parut
un nouveau décret par lequel personne ne peut entrer
dans l'état ecclésiastique sans la permission du roi.
En dernier lieu les Cortès ont suspendu jusqu'à nouvel
ordre toute nouvelle ordination.
^^^vv^^<^•*^v*w^■^v^v\'\
(20)
1.\'V'»'V^WV>IV»V
,v»^»A^vvvv\MVv^\^»v^^*^^'v^vvvvvv\^wvvvvw^lVWv^fl«vvwvvwv^^Ar«v^^
GÉOGRAPHIE LITTERAIRE.
CARACTÈRE PHYSIQUE ET MORAL DE8 PORTUGAIS.
Pour juger convenablement du caractère physique
et moral d'une nation , il faut avoir fait un long séjour
dans le pays , de fréquens voyages dans les différentes
provinces; il faut posse'der la langue nationale, et avoir
vécu familièrement , ou du moins avoir vu de près les
différentes classes de la nation. N'ayant habité le Por-
tugal que pendant assez peu de temps, et n'aj'^ant visité
que quelques parties de celte contrée, nous n'osons
entreprendre d entrer dans des détails qui exigeraient un
examen plus approfondi. Cependant, en rapprochant
ce que nous avons vu nous-même à Lisbonne et à
Porto dans un séjour de près de deux années, avec ce
que nous avons appris de beaucoup d'éirangers très-
insiruits qui vivent depuis plusieurs années dans ce
royaume , et qui l'ont parcouru dans tous les sens ,
nous osons nous flatter de n'induire personne en er-
reur , en peignant de la manière suivante cette intéres-
sante nation.
Les hommes sont en général bien faits , mais d'une
taille médiocre ; beaucoup ont de l'embonpoint, pres-
que tous ont les yeux et les cheveux noirs et la peau
moins blanche que celle des peuples du nord de l'Eu-
rope; mais en revanche on voit très-peu d'individus
bossus et estropiés, et on peut dire que presque tous
les habita n s sont fortement constitués. En général les
femmes sont jolies; elles ont de beaux yeux noirs, des
traits agréables, le corps bien proportionné, le pied
petit et une tournure élégante. Les plus beaux hommes
( .1 )
et les plus forts se trouyent dans la Serra d'Eslrella ,
dans le Minho elle Tras-os-Montes ; les liabitans des
mêmes provinces sont assez souvent blonds ou châtains,
et ont la peau assez blanche.
Le Portugais est essentiellement bon et tranquille ,
et sous ce rapport il l'emporte sur tous les autres peu-
ples de l'Europe. Les plus grands rassemblemens se
passent sans le moindre désordre. Les derniers événe-
mens, dont nous avons été tranquille spectateur, ont
mis celte vérité en toute évidence. La politesse est ex-
trême dans toutes les classes, sans en excepter le bas
peuple , qui est très-officieux envers tout le monde ,
mais qui en revanche exige beaucoup d égards. Il est
rare d'entendre un Portugais de quelque condition que
ce soit jurer ou prononcer des paroles obscènes. Si le
peuple est en général dévot, il faut néanmoins conve-
nir qu'il n'a jamais été fanali([ue , lors même que ses
rois lui en donnaient l'exemple.
'Les hommes de cette nation ont beaucoup d'aptitude
pour les sciences et les arts ; la poésie fait leurs délices ;
et l'on trouve en Portugal comme en Italie d'excellens
improvisateurs; les autres arts y sont plus négligés,
et en général on s'y borne à l'imitation des chefs-d'œu-
vre étrangers. Les Portugais cultivent au contraire et
excellent aisément dans les sciences du calcul, car ils
unissent au flegme et à la patience des nations du nord
la brillante imagination des peuples méridionaux. 11
nous semble qu'on accuse à tort les Portugais d'indo-
lence et de manque d'activité ; un peuple paresseux ne
pénètre pas dans des contrées éloignées, comme ils
font encore aujourd'hui dans l'intérieur de l'Afrique et
du Brésil. Cependant il faut avouer que ce reproche
est juste pour les paysans des plaines de l'Eslremadura
et de l'Alem-Tejo.
Si l'on voulait assigner quelques traits caractéristi-
ques aux habilaiis des différentes provinces du royaume
on pourrait dire que ceux de l'Estremadura sont les
( -^-^ )
plus policés; que ceux de rAliL;arve passent pour être
les plus vifs; que ceux de la Beira sont irès-Jahorieux ;
que les Minliotcs sont pleins de feu, d'esprit et d'in-
dustrie. Quoique ceux du Tras-os-Monles soient un
peu grossiers, il faut avouer cependant qu'ils sont
braves, très-actifs, et qu'ils conservent encore dans
quelques-uns de leurs charmans vallons toute l'inno-
cence cl la simplicité des mœurs de leurs ancêtres. Les
paysans de la haute Beira, et plusieurs de ceux du
Tras-os-Montes et duMinho se rendent en hiver dans
l'Estramedura et dans l'Alem-Tejo, où ils s'assujettis-
sent aux travaux champêtres les plus pénibles; quel-
qi^ies-uns même passent en Espagne où ils vont aider
les habitans de quelques-unes de ses provinces dans
les travaux les plus durs. Les Algarviens ont justement
la réputation d'être les meilleurs matelots du royaume,
et forment presque exclusivement le nombreux corps
des bateliers qui couvrent de leurs bateaux les eaux du
Tage à Lisbonne. Les Portugais en général sont bofis
matelots et bons soldats; robustes, constans, coura-
geux et très-sobres, ils sont appréciés comme marins
par les Anglais, et ils l'ont été par les Français dans
la guerre de la Péninsule^ où ils ont tant contribué
aux succès des Anglais et des Espagnols.
Depuis quarante ans, et surtout dans les dix dernières
années les mœurs des Portugais ont beaucoup perdu de
leur origmalité, et ont pris la teinte de celles des nations
qui ont le plus de relations avec eux. Les mœurs dé-
crites par Murpliy, Dumouriez, Chatelet et Link n'exis-
tent presque plus; et si l'auteur du tableau de Lisbonne
revenait encore une fois dans cette ville, nous n'hési-
tons pas à le dire , il se verrait obligé de révoquer en-
tièrement le jugement sévère qui peut-être était juste
sous quelques rapports quand il a piononcé.
(25 )
LANGUE PORTUGAISE.
Laissanl aux philologues le soin de caraclériser la
langue turdetaine , qui est la plus ancienne de celles
qu'on a parlées dans les contrées qui forment le Por-
tugal actuel, d'après l'aveu deStrabon, de saint Augus-
tin, etc., nous nous bornerons à dire que cette ancienne
langue se corrompit insensiblement par le commerce
des Phéniciens et des Grecs, par l'occupation de la
Lusitanie, d'abord par les Carthaginois, et ensuite par
les Romains. Ceux-ci imposèrent, avec le joug de
leur domination, la nécessité de s'exprimer dans leur
langue. Le latin prit en Lusitanie la place du lurde-
tain; mais corrompu par ce qui en restait, abâtaidi
par ce mélange, ce n'était pas le latin de Virgile ou
de Tite-Live que l'on y parlait, mais un jargon bar-
bare qui, confondu depuis avec quelques mots gothi-
ques et arabes (dont il ne prit cependant aucun des
sons gutturaux), forma la langue que l'on parlait en
Portugal, comme en Galice et en Castille, lorsque le
comte Henri de Bourgogne fixa sa cour à Guimaràes ,
où il attira beaucoup de Français dont la langue fournit
encore quelques expressions au portugais. Nous n'a-
vons rien vu de cette langue antérieur à celte époque,
que les fragmens d'un poème sur l'occupation de 1 Es-
pagne par les Arabes , composition attribuée à Rodri-
gue, dernier roi des Goths, qui l'écrivit, à ce que
1 on prétend , dans son ermitage de Pederneira, vers
1 an 73o. Sans garantir qu'ils soient de lui, nous trans-
crirons ces fragmens au commencement de l'Appen-
dix à la géographie littéraire, ainsi que tous les exem-
ples de langage que nous croirons devoir citer. >
Depuis Sanche V\ mort en 12 1 1, et sous le règne du-
quel la langue portugaise fut un peu améliorée, jusqu'à
Denis qui régna depuis 1279 jusqu'en 1025, elle ne
se perfectionna que très-peu. Denis, fondateur de la
( ^o
lillératlire poilaqnJse, lui fit f:nrc des progrès consi-
dérables. On peut dire cependant qu'elle ne fut entiè-
rement formée que sous Alphonse V, mort en i48l,
quoique ce qui nous reste du portugais avant ce règne
soit plus intelligible, toute proportion gardée, que
tout ce que nous avons vu des autres langues de l'Eu-
rope, excepié l'italienne, à des époques contemporai-
nes. Bien que dans imc langue quelconque il soit si
difficile de se foire une idée juste de la prononciation
jadis en usage, il nous paraît qu'avant Alphonse V
celle du portugais tenait plutôt de celle àugoJego, ou
idiome galicien actuel, que de celle que Ton emploie
aujourd'hui en Portugal. Nous fondons cette opinion
sur ce que, pour rendre les mots écrits avec l'ortho-
graphe ancienne, il faut nécessairement les prononcer
comme les Galiciens les prononcent encore . comme
par exemple : Joom , coraçonij moni, pom , rasoin ,
coniy que l'on écrit actuellement en Portugais yoao,
coraçâo, mào, pào, rasclo, ccio, en formant leuis plu-
riels en des, des , doSj conimejooes , coraçoes, mdoSf
pdes, rasôe.Sy cdes, etc., en leur donnant une pronon-
ciation indéfinissable, et qu'aucun étranger ne peut
atteindre , quelque long qu'ait été son séjour en Por-
tugal. La même différence existe aussi pour les termi-
naisons en em, dans les mots tels que tem, que/n, vejn^
qui produisent un son qui n'existe dans aucune des
langues que nous connaissons. Alphonse V appliqua
la connaissance qu'il avait du latin au perfectionnement
de sa langue maternelle qu'il écrivait lui-même très-
bien, et qui sous ses yeux et par ses soins devint une
langue pure, énergique, concise, élégante et d'une ri-
chesse extraordinaire. Quelques mots surannés en dispa-
rurent, et au nombre de ceux qui furent proscrits , nous
ne pouvons notis empêcher d'en regretter quelques-uns
1res- expressifs, icls que ardiâo, guisa, soèrex. d'autres.
Jean il, fds et successeur d'Alphonse V, continua son
ouvrage; et depuis ces deux rois jusqu'à la malheureuse
(=5)
eîjpédition d'Afrique en 1578, la langue portugaise
atteignit ce degié de perfection , cette vigueur niale ,
cette douceur suave qui dans les langues annonce la
prospérité de ceux qui les parlent, surtout dans les
pays méridionaux, où ^imagination s'enflamme aussi
facilement dans le bonheur, que toutes les facultés
s'énervent dans les revers. Les œuvres de Joào de Barros
( surnommé le Tite-Live portugais ) , Frey Luiz de
Souza, Frey Bernardo de Brito, Antonio Pinto Pe-
reira, Joào de Lucena, Antonio deCastilho, Fernando
Mendez Pinto, historiens; celles de Frey Heitor Pinto,
Frey Amador Arràes, Frey Joào de Ceyt^, Frey Pe-
dro Calvo, orateurs, se ressentent de la noble énergie
qu'imprimaient à ces auteurs les hauts faits, la gloire
et la grandeur de leurs contemporains, tandis que les
poésies de Camoes, d'Antonio Ferreira, de Diogo
Bernardes, de Jeronimo Corte-Real, d'Eloy deSouto-
Mayor, de Vasco Mausinho, de Fernào Alvares do
Oriente, et de Francisco-Rodriguez Lobo, en sou-
tenant ce grand caractère ^ y ajoutent la douce expres-
sion des sensations heureuses que l'on ne saurait
jamais rendre sans les avoir éprouvées. Tout ce qui
nous reste de cet âge d'or du Portugal est d^une
force, d'une douceur et d'une élégance d'autant plus
aimables, qu'elles ne sont jamais recherchées ni ou-
trées. L'étude approfondie que tous ces grands auteurs
faisaient du latin; la persuasion où ils étaient que leur
langue maternelle en dérivait ; le soin qu'ils mirent à
rapprocher ces deux sœurs, dont le rapprochejnent
devint si sensible dans leurs écrits immortels, assimilent
ceux-ci d'une manière frappante à ceux des classiques
latins. Quelques-ims de ces écrivains s'exercèrent à
écrire de longues phrases, à faire des vers que l'on peut
lire à volonté en latin ou en portugais; car tous les
mots sont indistinctement des deux langues; et la
seule différence que l'on trouve en les lisant en latin
consiste dans la construction des phrases, dont quel-
(26)
qiics-unes ne sojit pas d'un ]alin pur, parce que l'on
a prélevé sacrifier la locution latine à Téléi^ance de la
locution porlufjaise.
L'année lôyS, à jamais fatale au Portugal, enseve-
lît dans les sables brùlans de l'Afrique tous les genres
de grandeur jusqu'alors si familiers aux Portugais ; et
les événemens de l'année i58o achevèrent de lesanéan-
lir. Les hommes de cette malheureuse nation, sou-
mis à un gouvernement étranger et tyrannique, s'abru-
tirent insensiblement par l'habiiude de la flatterie,
monstre qui étouffera éternellement l'expression du
génie, parce qu'il en borne l'essor. Les Portugais,
honteux de* n'avoir pu conserver leur indépendance,
rougirent d'un nom que leurs actions désavouaient;
ils ne voulurent plus écrire dans la langue qui avait
chanté leurs prouesses et celles de leurs ancêtres , lan-
gue qui leur reprochait leur avilissement, à une époque
si rapprochée de celle du plus haut point de leur gran-
deur. Us crurent mieux plaire à leurs maîtres en s'adres-
sant à eux dans leur langue; et Philippe II, harangué
aux frontières du Portugal par un Portugais qui lui
parla espagnol , l'interrompit en portugais , en lui or-
donnant de parler sa langue; ce qui déconcerta telle-
ment l'orateur, qu'il ne put rien articuler dans la lan-
gue dans laquelle il ne pensait plus. Cette méprisable
manie de paraître étranger dans sa propre patrie n'est
pas encore extirpée du Portugal. La révolution de
i64o arriva trop tard pour être réellement avantageuse
à ce pays. Des institutions qui réprimaient la libre
communication des idées; l'instruction publique con-
fiée à un ordre régulier qui ne cherchait qu'à augmen-
ter son pouvoir en comprimant la pensée; les plus
belles conquêtes, le sceptre de la navigation et du com-
merce passés dans des mains plus heureuses; un roi
faible et borné : tout se réunit pour faire déchoir ce
j)ays de plus en plus; la belle langue portugaise ne
s'en ressentit que trop , elle dépérissait; et enfin l'ex-
( '7 )
nnclioli de la représenlaliou nationale y [)orla la der-
nière alleinle. Rampant sous le despotisme, elle se
prostitua à la (laiterie; foieéc de laisser le langai;e du
cœur pour celui de l'esprit, elle s'atténua dans des
détours ingénieux qui la rendaient efféminée, apprêtée
et subtile/Pour imprimer à une langue ce ton mâle et
vigoureux qui l'ennoblit, il faut de grandes émotions,
de belles actions à décrire, de fréquentes occasions de
parler en public; et pour en adoucir la rudesse, il faut
des affections tendres que la pureté des mœurs seule
peut inspirer. Faute de grandes pensées, les auteurs
portugais multiplièrent les métapbores, outrèrent Fby-
perbole et donnèrent tête baissée dans l'afféterie. Le
siècle brillant de Louis XIV, en étonnant toute l'Eu-
rope par la quantité de génies sublimes qu'il produisit,
fit adopter par les Portugais la littérature, les modes,
la langue, et osons le dire, les ridicules de sa nation;
car il est toujours plus taclle de singer que d'imiter.
Les Portugais , atteints de celte puérile manie de ne
pas vouloir paraître eux-mêmes, et délestant les Espa-
gnols, connnencèrent à parodier les Français; le sacri-
lège équivoque vint bientôt empoisonner leurs discours,
et la crainte de donner lieu à un mauvais calembourg
vint encore appauvrir la langue et augmenter les diffi-
cultés que trouyaient partout lesbonsauteursque possé-
dait encore le Portugal. Les ouvrages de Icm's meilleurs
écrivains, dont les éditions avaient été peu nombreuses ,
enfouies dans des bibliothèques de religieux ou de
nobles , étaient tout-à-fait épuisées. On ne songea pas
à renouveler ces trésors d'une langue que l'on dédai-
gnait. Les Portugais se gardaient bien de s'approfondir
dans l'étude de leur langue; après avoir appris la lan-
gue latine , Ils apprenaient deux ou trois idiomes étran-
gers vivans; et affectant de ne pouvoir rendre leurs
idées en portugais, on en vil qui multiplièrent l'usage
des mois étrangers dans la conversation. Celte igno-
rante fatuité passa bientôt dans leurs écrit?, cl nous
( ^8)
Toyons encore beaucoup d'ouvrages, d'un grand mé-
rite d'ailleurs, qui fourmillent de mots étrangers tra-
\eai\s en portugais, dans lequel ils auraient deux ou
trois synonymes tout aussi expressifs, mais qui sont
peut-être inconnus à ceux qui emploient les premiers ,
car ils savent par cœur Voltaire, Condillac, Raynal,
Delille, Métastase, Filangeri, Guicciardinijl'Arioste,
Milton, Pope, Hume, Gibbon, etc. etc.; et débitent
gravement que, si l'on veut lire du portugais, on est
léduit à lire et relire Cambes. Pendant celte triste et
longue période d'avilissement pour le Portugal , on y
a cependant vu quelques génies supérieurs s'écarter
avec succès de la route battue , et soutenir glorieuse-
ment l'honneur de leur langue, non-seulement par le
fond de leurs ouvrages , mais même par la pureté de
leur style. La poésie fut cultivée avec avantage par plu-
sieurs hommes d'un grand mérite, depuis l'établisse-
ment de l'Arcadie vers le milieu du siècle dernier. Ils
s'adonnèrent à l'étude approfondie de leur langue; mais
privés de pouvoir l'épurer dans la conversation, quel-
ques-uns d'entre eux eurent le tort d'employer beau-
coup de ces mots et de ces tours d'expressions proscrits
dans la réforme du seizième siècle, et souvent leurs
ouvrages trop étudiés sont d'un style didactique, dur,
peu clair, et privés de cet aimable abandon si gracieux
surtout dans la poésie. La prose fut moins heureuse,
et cela devait être, car, à la portée de tout le monde,
l'arbitraire lui est plus nuisible qu'à la poésie, dont les
fictions, au-dessus du vulgaire, lui sont moins funestes.
Nous devons cependant rendre justice au mérite émi-
nent des nombreux ouvrages du père Vieira , de ceux
des comtes d'Ericeira , de Joào Franco Barreto ,
Manoel Severim de Faria , doni Gonçalo Coutinho,
Joào Salgado d'Araujo, Duarte Piibeiro de Macedo,
Frey Manoel do Sepulcro, doni Francisco Manoel
de Mello , que les philologues régnicoles placent avec
raison parmi les classiques , pour la pureté du style, la
( 2^» )
richesse et la force du ian^'age. Presque toutes les lois
promulguées sous le minisière du marquis de Pombal
sont très-bien écrites .Les traductions du Tartufe et du
Médecin malgré lui, par le capitaine Manoel de Souza,
sont de la plus grande perfection, et l'on n'y rencontre
pas un gallicisme. C'est avec une véritable jouissance
qu'on lit presque tous les mémoires de l'Académie des
sciences de Lisbonne, dont le slyle est aussi pur, que
l'érudition qui s'y trouve déployée est étonnante. Plus
récemment, depuis 1807, on trouve quelques ouvrages
bien écrits parmi ceux publiés hors du Portugal, mais
quelques-uns, très-estimables au reste, pèchent par la
profusion de termes étrangers ou par celle des mois
hors d'usage; quelques-uns même réunissent ces deux
défauts. En parcourant avec l'avidité qu'excile un bon
ouvrage les Annales des sciences et des arts(Annaesdas
sciencias e artes ) , publiées en portugais à Parii, nous
avons constamment trouvé que les articles marqués
F. S. C. et G. X. sont le modèle moderne le plus sur
à suivre pour atteindre la perfection dans la langue
portugaise : concision, naturel, force, clarté, élégance,
pureté, tout s'y trouve réuni dans le plus parfait accord
avec le jugement le plus sain, une profonde érudition
et une généralité de lumières bien rare, dont nous
avons beaucoup profité dans la composition de cet ar-
ticle.
Il est à espérer qu'une révolution qui doit rendre
au Portugal sa gloire et son bonheur, en amènera une
favorable à sa belle langue, car elle est d'une grande
force quand elle est habilement maniée; elle est douce et
même très-propre pour le chant, et elle est d'une
abondance souvent embarrassante dans le choix des
synonymes. Elle a les superlatifs par terminaison
comme le latin , et les Portugais les emploient sou-
vent, car ils se prêtent volontiers à l'exagération. Les
diminutifs et les augmentatifs sont de la plus grande
expression, et variés à l'infini : ceux-là sont d'une dou-
(5o)
cenr ailrayaiilt;, landls cjue ceux-ci sont imposaiis.
Elle est d'une grande concision , qui provient de ce
que l'on est rarement forcé, en la parlant, d'employer
des pt'n|)lu'ases pour exprimer la pensée la plus diffi-
cile et la plus obscure, parce que presque tous ses
noms substantifs ont leurs verbes adjectifs et adverbes.
Elle offre encore la singularité d'être la même dans
toute l'étendue du Portugal, sans former aucun patois
ou dialecte qui en diffère (i); à peine trouve-t-on une
légère difîérence dans la prononciation dans les pro-
vinces contiguës à la Galice , et nous serions tenté de
croire que c'est l'accent primitif du portugais que l'on
V emploie. Chaque langue a ses termes à elle : le por-
tugais en présente une quantité dont on voudrait inuti-
lement rendre la force par la traduction, tel s par exem-
ple que : Saudade^ mémoire profonde de ce que
ion désire; .sq/)'e^o, égoïste envieux, accapareur de
tout ce qui lui plaît; ybr/Tzo^o, au-dessus de beau;
geytOf adresse avec dispositioij particulière pour de
certaines clîoses, que l'on prend au sens moral comme
au sens physique, et qui est loul différent de l'adresse
ordinaire, que l'on rend par les mots hahilidade ou
dext rps(i\ /nano, tendre et affectueux, synonyme
(i) 11 n'est pas (.xact de due que le langage des habitans du Minho
est scnibiable à celui de l'Alem Tejo , car des p
^o., ^,....^^„„.v, .. v,^^..x v.^ . .^.v....^ ^j^ , ^v.. ..^o personnes qui ont de-
nieuré long-temps dans les deux provinces nous ont assuré le con-
traire. On remarque dans le Minîio l'idiotisme presque général de
«changer le b en v et le v en b , de manière qu'on dit vom binho au
lieu de honn>iiiho (bon vin), ce qui n'arrive pas dans l'Alem-Tejo. 11
y a aussi des mots semblables ayant une signification difl'érentej par
Exemple le mot concertai- ( arranger) signifie dans rAlem-Tejo contenir;
et on dit concertai- hum creado po»r Jiuie ses arrangeinens ave.c un do-
mestique pour son seri'ice : au lieu cjue dans la province du MiuLo ce
n>ot signifie raccommoder. 11 y a outre cela une dissemblance entière dans
l'acception de plusieurs mots : par exemple dans l'Alem- Tejo les mots
niaiural (berger) , alcacere ( orge en vert), ai-rcndar ( sarcler) , ont la
même signification que dans 1<! Miniio ,;^flî<or( berger), sevada ein i'erde
(orge en vert ) , sac/un- ( sarcler ) , etc. etc. On peut même remarquai
dans l'intérieur de rAlem-Tejo de légères diflérences de langage entre
<|uelqups-uues de ses villes. ( Note de l'auteur de l'Essai Statistique.)
(3. )
do irmào, frère; minino, ternie mignon pour dé-
signer un enfant, que l'on nonmic communément
criança-j mavioso, plus fort que plaintif et déchirant
réunis; /"« 5^ io, manque d'appétit; tenro, qui peut
élre facilement coupé , incisé , broyé , soit par le feu
ou par les dents, est le tendre physique, tandis que le
/e/zf/r^ au moral se traduitpar ^er/zo.Touscesraotsont
leurs subdivisions, tout aussi expressives qu'eux-mêmes.
Nous pourrions nous étendre beaucoup plus sur cet
article, mais en analysant le portugais dans une langue
qui en difîère si essentiellement, nous avons cru devoir
nous borner à lui rendre justice en le plaçant avec
distinction parmi les langues polies de l'Europe ; et si
nous étions parvenus à exciter chez quelques-uns de
nos lecteurs l'envie d'étudier cette langue, à laquelle
nous trouvons tant de charmes, les jouissances qu'elle
ne manquerait pas de leur procurer seraient la plus
douce récompense que nous osions espérer de notre
travail.
ÉTABLISSEMENS D'INSTRUCTION PUBLIQUE.
Afin de mettre plus d'ordre dans la description de
tous les établissemens d'instruction publique nous les
avons divisés entre les trois classes suivantes :
1°. Etablissemens dépendans de la direction générale
des études (junla da directoria gcral dos estudos ,
voyez page 266 du I" volume). Tous ces établisse-
mens, à Texception de l'université de Coimbra, qui a
des revenus très -considérables, sont entretenus par le
subsidio litei'ario.
1°. Etablissemens dépendans des évéques, archevê-
ques et du patriarche.
5°. Etablissemens dépendans de différentes branches
de l'administration , ou enirelenus par dos particuliers.
( 3. )
ÉTABUSSEMENS DÉPENDANS Dli LA DiaKCTlON GÉ.XÉlUI.E
DES ÉTT'DES.
A la têle de ces éiablisseniens se trouve nalurelle-
ment placée l'université de Coiinbra, qui, depuis l'a-
bolilion de celle d'Evora, est le plus important et le
premier élablissemcyit littéraire de toute la monarchie
portugaise.
Les écoles de premières lettres , celles de gram-
maire latine ^ celles à^ philosophie et rhétorique , les
collèges ou séminaires ecclésiastiques et civils et le
collège royal des arts annexé à l'université , sont les
éiablisseniens dans lesquelsceux qui se destinent à entrer
dans l'université de Coimbra font leurs éludes prépa-
ratoires. Tous ces établissemens peuvent se diviser en
trois classes, savoir : écoles royales (regias) qui sont
payées par le gouvernement , sur le produit du suh-
sidioliterario^ écoles ecclésiastiques, sous l'inspection
immédiate du patriarche, des évêques et archevêques,
dans les séminaires et dans les couvens ; écoles parti-
culières , qui sont tenues par des religieux ou d'autres
individus approuvés par le gouvernement. Les cours
d'inslruclion publique commencent dans les écoles de
premières - lettres et se poursuivent dans celles de
grammaire latine, de rhétorique, de langue grecque
et de philosophie rationnelle et morale, dans les éta-
bhssemens pubHcs royaux ou ecclésiastiques , et dans
les instituts tenus par des particuliers.
ÉCOLES DE PREMIÈRES LETTRES
(Escolas de primoiras Ictras, ou menorcs).
Ces écoles , qui furent instituées par le marquis de
Pombal en 1769, devraient exister, d'après le plan
formé par ce grand homme, non-seulement dans tons
les lieux où il y a un juiz de fora et un Juiz or-
(linarioy mais même dans ceux où il n'y a c^\ un juiz
da vintena, c'est-à-dire dans les plus petits endroits
(53)
du royaume. La mauvaise adminlslratiou du suhsidlo
literario , qui n'a jamais laissé assez de fonds dispo-
nibles pour l'au:,niienialion du nombre de ces établis-
semens, a toujours été un obstacle insurmontable à
l'exécution de ce plan, et n'a permis de porter le
nombre de ces écoles qu'à 875, y compris 24 écoles
de petites - fdles (oscolas de meninas), dont 18 sont
établies à Lisbonne et six à Porto. La méthode d'en-
seignement qu'on y suit n'est pas exactement uni-
forme dans tout le royaume. Néanmoins on peut dire,
jL^énéralement parlant, qu'on y enseii^ne la grammaire
portugaise de Lobato, l'arithmétique de Bezout, l'a-
brégé du catéchisme de la religion chrétienne de
l'évéque de IMontpellier, et quelques autres livres
élânentaires. Dans la calligraphie l'écriture anglaise
sert de modèle.
ÉCOLES DE LANGUE LATINE.
( Escolas de lingua latina. )
Le cours de ces écoles dure trois ans et est divisé
en trois classes. Dans la première on enseigne les prin-
cipes de la grammaire latine, à l'aide d'un petit livre
intitulé ISovo Methodo de Pereira • de la grammaire
portugaise, à l'aide de celle de Lobato ; et on fait tra-
duire aux élèves les fables de Phèdre j dans la deuxième
on poursuit l'étude du latin d'après le Nopo Methodo
de Pereira , et d'après le traité de la syntaxe du même
auteur; la traduction de Virgile, Tile-Live, Cicéron,
etc. etc., forme l'objet des études de la troisième j
nous domions ici la liste de tous les endroits du
royaume où se trouvent établies maintenant des écoles
de langue latine ; nous pouvons garantir son exacti-
tude , car nous l'avons obtenue , de même que les
suivantes, de la libéralité des employés du gouver-
nement.
Huit à Lisbonne, et une dans chacun des endroits
suivans de sa banlieue (ternio) : Belem, Bemficaj Ca-
11. 3
{H)
iuarale, Friellas, Lumiar, Marvilla, Oeiras, Queluz
et Sacavem.
Deux à Selubal, et une à Almada, Alcacer-do-Sal ,
Aldea-Gallega de Riba-Tejo , Bena vente, Cezimbra,
Palmella.
Une dans chacune des villes ci-après : Alemquer,
Aldea - Gallega da Merciana , Alliandra , Arruda ,
Bellas , Cadaval, Cascaes, Castanlieira , Cintra, Eri-
ceira, Lourinhàa, Olhalvo, Sobralde Monte Agraço,
Torrcs- Vedras , Trucifal, Villa-Franca de Xira.
Deux à Santarem , et une à Azambuja , Chamusca ,
Coruche, Golegàa, Pernes, Torrés-Novas.
Une à ïhomar, Abrantes, Aîvaro, Certàa, Corti-
cada , Figeiro dos Vinbos , Maçào , Oleiros, Ourem ,
Pampilbosa , Pedrogào-Grande , Punbete , Sardoal ,
Cinco- Villas , Tancos.
Une à Leiria, Alcobaça, Batalba, Caldas da Rainba ,
Obidos, Pombal, Porto de Moz, Péniche, Soure.
Dans la provedoria de Coirabra , non compris celles
qui existent dans cette ville , il y en a une à Anciàa ,
Arganil , Cantanbede , Condeixa - Nova , Espinhal ,
Figueira da Foz , Louriçal , Louzàa , Monlemor-
Velho, Poiares, Tentugal, Vacariça.
Une à Aveiro, Angeja, Anadia, Bemposta, Cam-
bra , Eixo , Feira , llliavo , Ovar , Pereira , Puzàa ,
Recardaes.
Une à Vizeu , Azurara , Fornos de Algodres, Mor-
tagoa , Mangualde , Oliveira do Conde , Penalva do
Castello , Pinliel, San-Joào de Areas, San-Pedro do
Sul, Santa-Combadào, San-Miguel de Outeiro, Ton-
della, ïrancoso, Vouzella.
Une à Lamego , Almeida , Armaraar , Arouca ,
Castro-Daire , Cedavim , Concelbo de Ferreiros de
Tendaes, Concelbo de San-Fins, Foniellas, Freixo de
Numào, Lobrigos, Loureiro, Mezào-Frio, Moiraenla
da Beira , Penedono , Pezo da Regoa , Penajoia , Re-
zende , Sernancelhe, San-Martinho de Mouros, Se-
( 35)
diellos , Sabroza , San-Joào da Pesqueira , Taboaço ,
Tarouca , Villa -Real, Villa -Maior , Villa-Nova de
Foscoa.
Une à Guarda, Avo , deux à Covilhàa , mie à Cea^
Celorico , Fiindào , Gouvea , Linhares , Manteigas ,
Tprtuzendo.
Une à Castello-Branco , Alpedrinlia , Belmonte,
Idanba-Nova, Monsanto, Penamacor , Sabugal, Sar-
zedas , San-Vicenie da Beira , Ziljreira , Sortelha.
Deux à Porto , une à Aguiar de Souza , Baiào ,
Maia, Matozinbos, Povoade Varzim, Refoios, Villa-
Nova de Gaia , Villa do Conde.
Une à Penafieî.
Une à Guimaràes , Amarante , Braga , une dans la
banlieue (ternio) de Braga , une à Cliaves , Cabeceiras
do Basto , Concellio de Felgueiras , Concellio de
Vieira , Mondim de Basto , Montalegre , Povoa de
Lanbozo , Ruivàes, Villa-Pouca de Aguiar.
Une à Vianna, Arcos, Barca, Barcellos, Caminha,
Goura , Espozende , Melgaço , Monçào , Ponte de
Lima , Valença , Valladares , Villa-Nova da Cerveira ,
Villa-Nova de Famelicào.
Une à Moncorvo , Anciaes , Freixo de Espada a
Cinta , Mirandella , Murça , Monforte de Rio-Livre ,
Sezulfe, Villarinbo da Castanbeira , Villa-FIcr.
Une à Miranda, Algozo, Bragança, Izeda, Macedo
de Cavalleiros , Mogadouro , \inbacs.
Une à Portalegre , Alegrete , Amieira , Arroncbes ,
Aller do Chào , Castello de Vide , Crato , Marvào ,
Monforte , Niza.
Une à Elvas, Alandroal, Campo-Maior, Mourào,
Monsaraz.
Deux à Evora, une à Avis, Alcaçovas, Arraiolos,
Estremoz , Fronteira , Montemor-Novo , Redondo ,
Souzel, Vianna, Villa-Viçosa, Vimieiro.
Une à Beja , Alvito, Cuba, Ferreira, Moura, Ode-
mira, Porlel, Serpa, Torrào,
( 56 )
Une à Ouiiquc, Almodovar, Messcjana , Saii-
Tbiaj^o de Caconi, SiiK^s.
Une à Ymo , Lagos, I ^oulé , Villa-lNova de Porlimào,
Sllves, Taviia.
ÉCOLES DE lilîETORlQUE.
( f.scolas de ihetorica. )
Lecoui S dccesécoles ne dure qu'un an, et esl divisé eli
4leux classe 5. On ci.udie dans la prenncre la iliélorlque
(l'i.-prèsmi rxliail de Xclocjuence de QuintiUen par Bar-
Ixiza < n\ explique l'A rt poétique d'Horace, le Traité du
sublnnede I jOiigin,eton analyseles Oraisons de Cicéron
pour trouver i'ajiplication des préceptes de Quintilien.
Dans 1 autre classe on apinend les premiers éiéniens
de riùsloire universelle et de la i,'éograplne, des anti-
quités et de la littérature portugaise, par un abrégé de
Soares. Ce! te niélbode d'enseigneraenl esl suivie dans
îotis les éiablissfRiens dcpendans du gouvernement.
Voici i;i liste des écoles de rliélorique actuellement
cxisianles et déi)cndantes de la direction générale des
études; quatre à Lisbonne, et une dans cliacune des
villes suivantes , savoir : Setubal , Tliomar , Leiri;i ,
Ar'^'uiil, Aveiro, Viseu, Pinhel , Laniego , Cxuarda ,
Casiellu-Branco, Porto, Penafiel, Guimaràes, Braga ,
Braganca, Evora et l'aro.
ÉCOLES DE LANGUE GRECQUE.
( Escolas de litiç;ua giega. )
11 n'y a que Imil écoles de langue grecque dans tout
le royaume, sasoir : quatre à Lisbonne et une à Porto ,
à Braga, à Evora et à Faro. Le -cours dure deux ans,
et les écoles sont divisées en deux classes. Les tableaux
de Coulebs , Anacréon , Homère , Bion et la grammaire
de PortHoyal tout les ouvrages qui y servent de texte,
ECOLES DE PHILOSOPHIE RATIONNELLE ET MORALE,
( Escolas de lilosofia racionai e moral. )
11 Y a 27 écoles de pbUosopbie rationnelle et mo-
lale dans le royaume, savoir : S à Lisbonne, dont 4
séculières, et 4 dans les couvens de Graça, deSan-Do-
miïigos,de San-Pedro d'Alcanlara et de INossa Senbora
(37)
c3e Jésus; les autres sont établies à ScluLal^ Tliomar^
Leiria, Arganil, Aveiro, Yiseu, PInliel, Lamego,
Giuircla , Castello-Branco, Porto, Pcnafiel , Braga ,
Bra^j'ança, Portalegre, Elvas, Evora, Bcja et Faro.
Le cours ne dure qu'une année , pendant laquelle
on apprend la logique et la métaphysique de (ieno-
vesi, et la philosophie morale, ou Bihica de Heinec-
cius. On y analyse aussi quelques discours philoso-
phiques de Cicéron.
UNIVERSITÉ DE COIMBRA.
Cet établissement, créé d'abord à Lisbonne en 1290
p*ar le roi Denis, tranféré 16 ans après à Coinibra, fut
encore transféré à Lisbonne, où il resta jusqu'en 152-7 »
époque à laquelle Jean III l'établit de nouveau à
Coimbra , où il est resté jusqu'à présent. Son organi-
sation éprouva en 1772 , sous le marquis de Pombal ,
bien des changemens avantageux. Avant celte époque
on n'y enseignait que la théologie y \:\ jurisprudence
canonique et ciuile et la médecine ^ on y ajouta alors
les deux facultés mathématique et philosophique.
Dans celte même circonstance on régla d'après le goût
et les connaissances du temps les bases de l'enseigne-
ment des trois anciennes facultés, et on réforma aussi
le collège royal des arts. Ce dernier avait appartenu
aux jésuites, sous le titre de collegio das artes, qu'on
nommerait en Allemagne un gymnasium illustre ,
et qui correspond à peu près à un lycée d'Italie et de
France. Le roi actuel , en 1792 , ajouta à la lacullé phi-
losophique de l'université une chaire particulière pour
la botanique , et quelques années après une autre pour
la métallurgie. Cet établissement important, qui, par
le nombre des chaires, la science des professeurs et le
nombre d'écoliers par lesquels il est fréquenté , est
digne de figurer à côté des premières universités de
l'Europe, est divisé en six facultés ^ sans compter le
(38)
collège royal des arts, qui cependant est censé en faire
partie.
Les Portugais appellent lente (professeur ) le pro-
fesseur titulaire d'une cadeira (chaire) de l'université,
ou de quelque école spéciale ; professer (professeur
ou maître) le professeur titulaire d'une chaire du col-
lège royal des arts , des Aulas regias de philosophie
rationnelle et morale , de langue grecque et latine , et
d'autres établissemens d'instruction publiques ; substi-
tuto (substitut), celui qui dénjontre en l'absence du
professeur titulaire ; suhstituto ordinario (substitut
ordinaire) , celui qui est déjà (despachado) professeur
breveté et vient immédiatement après le professeur
titulaire ; substituto extraordinarïo (substitut extraor-
dinaire) , l'oppositeur (oppositor) qui aspire à être
admis dans la classe des professeurs (lentes), lors-
qu'une chaire est vacante; opjr?6>5zïor(oppositeur), celui
qui a le droit de passer dans la classe des lentes, selon
1 ancienneté de son admission à la faculté à laquelle
il appartient. Le substitut ordinaire a une solde fixe,
quand même il n'exercerait jamais son emploi. Le
substitut extraordinaire ou oppositeur ne touche au-
cune solde , et est obligé de servir gratuitement pen-
dant trois mois, lesquels écoulés , il reçoit pour chaque
jour d'exercice la troisième partie des appointemens
du professeur en titre. Le nombre des ojjpositores
attachés à chaque chaire est indéterminé.
Nous avons rédigé le tableau ci-dessous pour pré-
senter d'un coup d'œil les différentes chaires attachées
à chaque faculté, la classification des professeurs suivant
leur ordre d'ancienneté, et le traitement dont ils jouis-
sent en raison de cette classification , ainsi ([ue la quo-
tité du traitement des suppléans.
Faculté de théologie.
Le 1'" professeur, qui occupe la seconde chaire de théo-
logie pratique ( pratica ) , touche 48o''°o "''*
Le 2" professeur, preniière chaire de théologie subsidiaire*
(prinieira subsidiaria ). ■ 4"°°'^^
(39)
IjC 3*, chaire de théologie explicative du Nouveau Testa-
ment (segunda exegetica do Novo Testamento) . . SSooooreis.
Le 4*, seconde chaire de théologie théorique (segunda
theoretica). ^ 200000
Le 5^, première explication de l'Ancien Testament (exe-
getica de Testamento Velho) 200000
Le 6'^, première pratique ( a primeira pratica ). 180000
Le 7*, seconde subsidiaire (segunda subsidiaria ). . . 170000
Le 8« , première théorique ( primeira theoretica ). 1 70000
Les 6 professeurs suppléans ( lentes substitutos ) tou-
chent chacun. 100000
Par le décret ( carta) du roi du 8 octobre 181 8 , tous
les professeurs appartenans au clergé régulier doivent
toucher une augmentation de 100000 rcis de traite-
ment en sus de celui qui est alloué à leur grade res-
pectif. On a accordé aussi la même augmentation aux
professeurs substituts séculiers , lorsqu'ils n'ont point
d'église ou de canonicat.
Faculté de droit canon (canones).
Le 1*' professeur , qui occupe la chaire de procédure
judiciaire ( forma judicial) 800000
Le 2® , celle d'analyse du droit canon (analytica de
canones). 75oooo
Le 3« , chaire de droit naturel 700000
Le 4^ , seconde chaire synthétique du droit canon
(synthetica de canones ). 65oooo
Le 5* , seconde chaire synthétique du droit portugais
( synthetica de direito patrio) 600000
Le 6® , première chaire synthétique du droit canon
(synthetica de canones). 55oooo
Le 7*= , chaire des institutions canoniques , . • . . Sooooo
Le 8« , chaire d'histoire ecclésiastique. 4^'^''oo
Les 6 professeurs suppléans reçoivent chacun . . . 4^0000
Nous croyons indispensable de faire remarquer que
les irailemens des professeurs de cette faculté sont
considérablement augmentés par la jouissance de cer-
tains canonicats et autres bénéfices simples (benefîcios
simples) , accordée par l'université et confinnée der-
nièrement par les Cortès. (Voyez page 329 dur'voL).
Faculté de droit civil ( leis ).
Le 1*' professeur, qui occupe la chaire analytique du
droit romain , reçoit 800000 reis.
Le 1^ , première chaire synthétique du droit romain. . jSoooo
Le 3*^, chaire d'histoire du droit romain et portugais. 700000
Le 4*, première chaire synthétique du droit portugais. 65oooo
Le 5*, chaire d'analyse du droit portugais (analytica do
direito patrio ) 600000
Le 6", seconde chaire synthétique du droit romain. .55oooo
(4o)
Le 7" , chaire <lii droit naiurcl /inoooo reis,
La 8» , chaue «Irs institutions <lii dioit civil roniuiii. ^^oooo
Les 6 prol'essrurs suj>plèans toucliorit cliacun . . ^'^oooo
Faculté de médecine.
Le I'' piofesscvir , seconde chaire de cours pratique
(scgimda cad<Mra pratica) 800000
Le a*', chaire des aphorisines ( de al'orismo). 700000
Le 3", première chaire du cours pratique ( primoiia ca-
deira pratica ) • ■ 600000
Le4*> chaire d'instnictions iTicdico-chirurgicalcs. . . Sooofic
Le 5", chaire de matière médicale 55oooo
Le 6^, chaire d'analomie , d'opérations chirurgicales et
de l'art des accouchemcns ( arte obstetricia ). 5ooooo
Les 3 professeurs suppléans reçoivent chacun . . 35ooo('
Faculté de mathématiques.
Le i^' professeur , chaire de géométrie Soooon
Le 2<-" , chaire d'astronomie théorir^ue. ^ooooc
Le 3« , chaire de mécanique (foronomia^ 65oooo
Le 4" > chaire d'astronomie pratique. 6oooof>
Le 5^, chaire d'hydraulique 55oooo
Leô"*, chaire de calcul. 5ooooo
Les 3 professeurs suppléans ont chacun 35ooon
D'après les statuts il y a aussi une chaire de dessin et
d'architecture qui n'a jamais été occupée.
Il y en a une autre de musique dont le professeur tou-
che, d'après ce qu'on nous a dit , 4'''^'00o?
H y aussi des oppositores (" aspirans aux places de pro-
fesseurs ) qm travaillent à l'observatoire > et qui re-
çoivent des appoinlemens.
11 y a deux coinmancleries de l'ordre de Clnist ( com-
niendas ) pour les plus anciens professeurs de cette fa-
culté qui ont un certain nouibie d'années de service.
Faculté de philosophie.
Le 1"^' professeur de physique expérimentale .... Sooooo
Le i"- , chimie. 700000
Le 3'' , métallurgie 600000
Le 4*^ > zoologie et minéralogie 55oooct
Le 5*^ , botanique et agriculture Sooooo
Les 4 professeurs suppléans reçoivent chacun Sooooo
Dans le tableau que le gouveincment nous a rerais
le traitement dont jouit <'.liacun des quatre demonstra-
dores n'est pas indiqué j quelques personnes que nous
avons consultées nous ont assuré qu'il est égal à celui
des suppléans. Nous trouvons indiqués dans ce même ta
bleau deux professeurs de plus , le ô" et le 7' , dont un
avec un U alternent de 5oooooreis^etraulr€de45oooo.
(4i )
Ne trouvant incliquécs dans la façullé des malliëraati-
ques que six chaires seulement , nous croyons que
ces deux professeurs de plus sont ceux de dessin et
arcbiloctuie et de nuisique , que , d'après l'almanach
de Lisbonne et des renseigneinens particuliers qu'on
nous a fournis , nous avons cru devoir classer dans le
tableau précédent.
Collège royal des arts.
Un maître (professer) de philosophie ratioDncllcct morale. 4^0000
Un de rhétorique. 4^000°
Un d'antiquités et d'histoire universelle /jôoooo
Deux do giec , chacun à 4^0000
Trois de latin , chacun à 4o^<>od
Les cinq maîtres suppléans , dont un de logique , un de
rhétorique et antiquités, un de grec et deux de
latiu , ont chacun 200000
Tableau du nombre dps étudians matricules qui ont suivi annuel-
lement les cours de l'université et du collège royal des arts depuis
1800 jusqu'en 1821.
inécs.
Etudians.
1800
I r;3i
j8oi
I 537
i8o2
I 562
i8o3
1 478
1804
1 455
i8o5
1 245
1806
I 198
.807
y86
1808
78,
1809
700
1810 l'un
versitc a été
Années.
i8ji
l8i2
i8i3
1814
181 5
1816
181'^
1818
1819
1820
Etudia
643
827
I 007
1 077
I 233
' 44»
I 65i
I 783
I 681
I 6o4
Les cours commençant en octobre et finissant en
mai , chaque année doit se rapporter au dernier tri-
mestre de la précédente et au premier semestre de
celle qui- est indiquée dans le tableau. Dans le tableau
ci-dessus et dans le suivant les étudians ne sont pas
comptes individuellement, mais d'après le nombre des
matricules appartenantes à chaque faculté- Il y en a
quelques-uns qui fié(|uenient deux facultés à la fois,
ce qui est ordinaire dans les deux facultés de matlié-
(42 )
maliques et de pliilosophic. Le nombre des étudlans
est donc moindre que celui des matricules.
Tableau de la classification des tHiulians de l'Université et du collège
Royal des arts , scion les diflérentes (acuités de ces étaljlissemens.
Sur les 255 19 étudians qui depuis 1800 jusques et
y compris 1820 ont été matricules, il y en a eu
fiSo inatrifuK's en théologie.
5i85 matricules en droit canon.
6790 matricules en droit civil.
1726 matricules en médecine.
3660 matricules en mathématiques.
2287 matricules en philosophie.
1729 matricules en grammaire latine.
916 matricules en grammaire grecque.
1806 matricules en rhétorique.
1940 matricules en philosophie rationnelle et morale.
Maintenant, d'après les excellentes informations qm
nous ont été fournies par plusieurs savans portugais ,
nous allons donner un court aperçu sur la méthode
d'enseignement suivie dans l'université et dans le col-
lège des arts. Nous commencerons par dire un mot
sur les livres qui servent de texte soit dans l'université
soit dans le collège des arts. Ces livres sont tous im-
primés à Coimbra , dans l'imprimerie de l'université ,
à lexception de quelques-uns qui le sont à Lisbonne.
Voici les titres de ceux dont on fait usage non-seule-
ment dans ces deux établissemens, mais aussi dans tous
ceux dépendans de la direction générale des études.
Nous les avons tirés de la relaçâo dos livras que
l'université fait publier chaque année. Nous prévenons
nos lecteurs que tous les noms précédés d'une étoile
sont des noms d'auteurs portugais , dont quelques-uns
sont encore vivans.
Dans la faculté de théologie : * J0.40 da Incar-
NAÇAO, Grammatica linguœ sanctœ ; Danne^mayr
Inst. hist. eccles. ^ Gep^bert, Prmc. theol. exeg.
(logm.. etc. ; Gmeitseri , Inst. jur. eccles. ; Leusden,
Novuni Testament uni.
Dans les facultés de droit canon et de droit civil : Mar-
(43)
T\\i jPosit.juris nalurcBy ^ hlM^Q.v^,Instit.jur. cip.
Heinec.y'GniiBi'SBKijTnsfit.jur. eccl.j"*^ Mf.lli i,Histor.
et inst. )ur. lusit. ciim indice ; Martini , Ordo hist.
jiir. ciu. y' Ordenaçoes do rezVzoy Cavallarii, Inst.
jur. canon, y Heineccii , Elem. jur. cii^. ; Dan-
KENMAYR , IllSt. JÙst. CCCleS.
Dans la faculté de médecine : ^ SoaRes , Elementos
de ancitomia ; Plenck , Elementa artis obstefr.j
Haller , Primœ lineœ physiologiœ y Boerhaave ,
PatJiologia y CullejV , Trente de mat. médicale y
* TAVARESfP/zrtrmaco/o^z'rty Plenck, Compendiuni
inst. chirurg.; Culle.n , Elémens de inédec. prat. y
HiPPOCRATis Aphorismi ; '^ Navabko, Distributio
methodica Aphorism. Hippocrat.
Dans la faculté des matliémalliiques : Bezout, Elem.
de arithmetica; Elem. de geometria; Elem de trigo^
mmietria plana i Euclides, Elementos^ Lalande,
Tables de logarithmes y Bezout , Elem. de analyse y
* RiVara , Resol. analyt. dos pr obi. geom. y Maria ,
Tratado de mechanica y Bossut , Trat. de liydro-
dynamica y La Caille, Leçons élément. cV optique ;
La Caille, Leçons élém. d'astronomie ^ Epheme-
rides astronomicas.
Dans la faculté de pliilosopliie : Linnée, Systema
naturœ y Dalabella , Physices elem. nsui acad.
Coimbr. adcom. ; Jacquin, Elementa cliemiœ.
Dans le collège royal des arts : * Lobato, Arte da
gram. da ling. port.; *Pereira, Noi^o meth. da
grain, lut. red. a comp. y PiiyEDui Fabulœ ; "^ Fo>-
SECA, Lexicon latinum ; * Pereira Nopo methodo
da gram. lat. ; * Pereira , Figuras da synt, lat. y
Porto-Real nopo epit. da gram. grega ; Oliverii,
Selecta opt. grœcœ ling. script, y Quintieiaîni ,
Instit. orat. libri^ll; Ciceroms Orationes selectœ;
* SuARESii Epitome univ. historiée y Genuensis
Inst. logicee et metaphysicœ ; HEiXECCir , Instit.
phil. moralisj Cicero.xis Opéra philosnphica.
( 44 )
Pour éviler d'inutiles répélilioiis , il csi bon de faire
observer qu'.'uieun étudiant n est admis à suivre les
cours des difiérenles facultés de 1 université , sans
avoir fait ses éludes préparatoires dans le collège royal
des arts à Coimbra pendant un an, ou du moins sans
avoir été examiné par ses professeurs, et jugé apte à
fréquenter les cours de l'université.
Ces cours commencent au mois d'octobre et finissent
aumoisdemai; alors vienilentles examens publics , aux-
quels sont soumis tous les éludians ; ils durent jusqu'au
mois de juillet, sans cependant dépasseï» jamais cette
époque. Ces examens, de même que les cours, se font
en portugais, et sont très-rigoureux. Depuis quelques
années l'université a fourni annuellement près de 200
étudians qui ont complété leur cours; ce nombre est
évidemment excessif pour un si petit royaume, et bors
de toute proportion avec celui des places à remplir.
Tous les étudians et les professeurs ont un costume
particulier , qui est pareil à celui des prêtres , à l'ex-
ception du bonnet.
Faculté de théologie.
Nous croyons que la simple inspection des livres
qui servent de texte dans celte faculté , et que nous
avons cités ci-dessus, suffit pour donner une idée de
la mélliode qu'on y suit. Nous ajouterons seulement
que celte brandie de l'enseignement en Portugal de-
manderait bien des modifications pour parvenir à la
bauteur des connaissances du siècle, surtout dans la
partie relative à l'exégèse et à l'berméneutique. On
pourrait réformer cette faculté en adoptant les excel-
lentes métbodes qui ont été adoptées par le gouverne-
ment autricbien pour les deux universités italiennes
de Pavie et de Padoue.
Le cours de tliéologie dure cinq ans. Toutes les
personnes qui se destinent à la carrière ecclésiastique
sont obligées dé l'avoir étudiée soit dans les séminaires
soit dans les couvens; mais celles qui aspirent à devenii'
(45)
pioiesseurs de celte faculté dans runiverslté doivent
avoir iuil leur cours complet dans celle dernière.
Facultés de droit canon ( canones ) et de droit
civil (leis).
Nous réunissons enseiuble ces deux facultés, parce
que , à cause du peu de différence qui existe entre
elles à l'université de Coimbra , les ctudians de l'une
accompagnent ceux de l'autre dans presque toutes les
classes, qui par conséquent leur sont communes; et
parce que les proiésseurs de la faculté de droit canon
occupent les chaires communes aux deux facultés , et
vice versa. Le cours de cliacune de ces facultés est de
cinq ans. Voici la méthode d'après laquelle ils sont faits.
Dans la premièi'e année on suit deux cours com-
muns aux deux facultés : i° celui de droit naturel de
Martini ; 2° celui des institutions du droit romain de
Waldeclv.
11 en est de même pour la seconde année, où l'on
suit : 1° le cours de droit public et de droit des gens
de Marlinl ; 2° celui des institutions du droit ecclé-
siastique de Gmeiner.
On suit la même marche pour la troisième année,
où l'on suit : 1° le cours d'histoire du droit romain
de Martmi, et le cours d histoire du droit portugais
de Pascoal José de Mello ; 2° le cours de droit civil
portugais , du même auteur. 11 y a ensuite une classe
jjarticulière pour la faculté du droit canon , dont on
suit le cours d'après la méthode synthétique de Caval-
larii ; et une autre aussi particulière pour le droit civil,
où Ion étudie le droit romain, d après Heineccius.
Les élèves de quatrième année suivent deux cours
communs ; le premier a pour sujet la suite du droit
civil et criminel portugais de IMello; le second l'his-
toire ecclésiastique, d'après un abrégé deDannenmayr.
Les études particulières aux élèves de cette année dans
chaque facullé ont pour but le droit canon, la conii-
(46)
iiualxou de l'étude synthétique de ce droit par Caval-
larii, et le droit civil ; la suite du droit romain par la.
même méthode de Heineccius. Le grade de bachelier
s'obtient dans cette quatrième année.
Les élèves de cinquième année suivent deux cours
comnmns aux deux iacultés; ils étudient dans le pre-
mier l'analyse du droit portugais faile sur le code appelé
Ordenaçoens do lieino ; ils apprennent dans le second
la procédure judiciaire (forma judicial): ces cours sont
dirigés au gré du professeur. Les études particulières
ont pour but le droit canon, l'analyse du droit ecclé-
siastique , faite sur les Décrétales ; et pour le droit
civil, l'analyse du droit romain faite sur les lois du
Digeste et du Gode. C'est dans celte cinquièmearquer que les maîtres et les professeurs
n'ont jamais été exacts à remettre annuellement le
tableau du nombre de leurs écoliers à la Direction
Générale des études , et que ce n'est que depuis les
dernières années que leurs tableaux sont devenus plus
exacts au moyen des mesures qu'on a prises à cet efïèt.
La guerre et les troubles qui ont affligé le Portugal
de 1807 à 1812 sont les causes de la réduction consi-
dérable du nombre des écoliers que l'on y remarque.
ÉTABLISSEMENS DÉPENDANS DES ÉVÊQUES , DES ARCHE-
VÊQUES ET DU PATRIARCHE.
Tous ces établissemens peuvent se réduire au.x
snivans :
Le SÉMINA.RE DU PATRIARCAT (seminario do patriar-
cado), à Sanlarem. C'est Je premier établissement
ecclésiastique de toute la monarchie. Il v aneuf pro-
( 55 )
fesseurs^ savoir : de théologie dogmatique , tle théo-
logie morale , à^ institutions canoniques , de droit
naturel et éthique , de logique et met ha physique y de
rhétorique , ^'hébraïque , de grec et de latin. Plu-
sieurs familles distinguées y font instruire leurs enfans.
Les SÉMINAIRES qui sont établis dans tous les lieux
où résident des archevêques et évéques, excepté Beja ,
Casteîlo-Branco , Pinhel et Aveiro. On y enseigne le
latin , la logique , la rhétorique , la théologie el la
Tuorale.
Les COLLÈGES DES ORDRES RELIGIEUX. Parmi CCS
élablissemens , qui sont assez nombreux , ceux des
Bénédictins (Benlos) se distinguent le plus par une
méthode d'enseignement meilleure et plus étendue ;
outre les différentes branches de la théologie, la rhé-
torique et le latin , on y enseigne aussi V hébreu, le
^r<?c, les mathématiques, \a géographie et V histoire.
ÉTABLISSEMENS DEPENDAIS DE DIFFÉRENTES BRANCHES
DE L'ADMINISTRATION; ÉTABLISSEMENS ENTRETENUS
PAR DES PARTICULIERS.
Parmi ces élablissemens le plus considérable est
TaCADÉMIE ROYALi; DE MARINE ET DE COMMERCE DE
Porto (academia real de marinha e commercio), créée
en i8o5 sous Tinspection de la Compagnie Générale
des vins du Haut-Douro. Elle a 9 chaires, savoir : 5
de mathématiques , 1 d'agriculture , 1 de philosophie
rationnelle et morale , i de commerce , i de dessin ,
1 de langue française et i de langue anglaise ; 8 sup-
pléans, et 2 maîtres, dont 1 de premières-lettres et 1
d'appareil et de manœuvre navale. Ce bel établisse-
ment, qui remplace l'ancienne ^ula deNautica, in-
stituée en 1764, est le second du rovaume après
l'université. Il est destiné à former de bons officiers
de marine, de bons négocians et d'inteliigeus agricul-
teurs. II a parfaitement répondu auï vues de son
(56)
instiluleur en répandant les lumières de la science
dans les provinces du nord , et spécialement sur la
ville de Poito et la province du Minlio. Le cours des
mathématiques y est divisé en trois années : dans la
première les élèves apprennent l'arithmétique, la géo-
méirie , la trii^^onojuélrie plane et les principes de
l'algèbre jusqu'aux équations du second degré ; dans
la seconde, la continuation de l'algèbre , le calcul inté-
gral et diflérentiel , et les premiers principes de la
statique , de la dynamique , de l'hydrostatique , de
l'hydraulique et de l'optique ; dans la troisième , la
trigonométrie sphérique , la navigation théorique et
pratique , suivie des notions de manœuvre et de la
connaissance et de l'usage des instrumens astronomi-
ques et maritimes. La chaire d'agriculture, qui a été
instituée avec l'académie , n'a été en exercice , pour
des raisons par dculières , que depuis 181 5. Pourries
autres établissemens d'instruction qui se trouvent
à Porto y voyez la description de cette ville dans la
section de la topographie.
Tableau du traitement auniiel des professeurs , des suppléans et des
maîtres de l'académie de marine et de commerce de Porto. *
Les trois professeurâ de mathématiques reçoivent chacun 600000 reis.
Leurs suppléans. /^5oooo.
Les professeurs de commerce et de dessin , chacua . éooooo
Leurs suppléans. 3.5oono
Le professeu!- de philosophie fintiooo
Son suppléant. 4^^''3'^*^
Le pro!'es.seur <i'c(griculture Ôtioooo
Les mairres des langues anglaise et française , chacun. . 4'^"0t'"
Leurs suppléans. Sooooo
Le maitre de premières lettres 4'^0'-'0o
Son suppléant. ^ot^ooo
Lp maitre d'appareil et manœuvre navalo .... iooooo
( 57 ) ,
Tableau du nombre d'étudians qui ont fréquenté annuellement Taca-
démîe de marine et de commerce de Porto , depuis i8o3 jusqucs et
y compris 18:^0.
Années. Etudians. H Années Eludiaas.
i8o3
1804
i8o5
1806
iSo7
1808
1809
1810
1811
65o
4o3
25a
328
2l3
i38
189
204
a54
1813
i8i3
1814
i8i5
1816
1S17
181S
1819
1820
280
270
3i6
284
35y
359
339
319
3i5
Les établissemens suivans se trouvent tous à Lis-
bonne ou dans ses environs :
L'école de commerce (aula do commercio), créée
en 175g. Le cours d'études, qui jusqu'à l'année i8oi
avait été de trois ans , ne dure , depuis cette époque ,
que deux ans, et est fait par deux professeurs ditférens.
Le premier enseigne dans la première année 1 arith-
métique , l'algèbre et la géométrie de Bezout ; le
second , dans la seconde année , enseigne l'application
du calcul au commerce , et la tenue des livres de
commerce à partie double, d'après les leçons de 1 an-
cien professeur Alberto Jaqueri de Sales. Les deux
professeurs reçoivent chacun, v compris la déduction
du dixième, 610000 reis de traitement. Le suppléant
en reçoit 276000.
Tableau du nombre d'étudians qui ont fréquenté les dix cours de
1 école de commerce depuis 1800 jusqiies et y compris 1819.
inées.
Etudians.
Années.
Etudians
1801
i37
1811
lOI
1802
3o3
i8i3
166
i.''o4
227
181.5
.75
i8o6
22a
1817
i53
1809 '
74
1819
!5l
L'académie royale de marine (academia real da
marinha), créée en 1779. Une partie du local du col-
lège des nobles est affectée aux cours de cetie acadé-
mie ; ils durent trois ans , sous la direction de trois
(58)
professeurs el de deux supplëans. On y enseigne la pre-
mière année X arithmétique, V algèbre jusqu'aux équa-
tions du troisième degré, la géométrie et la trigono-
métrie rectiligne. On y enseigne dans la seconde le
reste de V algèbre , le calcul intégral et différentiel et
la mécanique y dans la troisième , la trigonométrie
sphérique y Vastronomie et la navigation . Les élèves
de cette année vont aussi à l'observatoire de la marine
pour s'y familiariser avec les instrumens , et pour
s'exercer aux observations. Le but de cet utile établis-
sement , qui depuis sa fondation a toujours eu d'ex-
cellens professeurs, est de former des officiers habiles
pour la marine militaire , et de fournir à la marine
marchande de bons pilotes et des capitaines instruits.
Les trois professeurs et les deux suppléans de cet
établissement sont des officiers du génie ou de ma-
rine, qui , outre leur solde , jouissent d'un traitement,
les premiers de 600000 reis par an, les seconds de
5ooooo. Six prix annuels , deux pour chaque classe ,
de la valeur de 72000 rois chacun , sont distribués
aux élèves. Ceux qui se destinent à être officiers de
marine doivent faire leur cours complet. IjC gouver-
nement en choisit annuellement 6 pour servir dans
la marine militaire avec le titre de uoluntarios (vo-
lontaires); mais ce choix ne tombe jamais que sur
ceux qui ont remporté deux prix , un dans la pre-
mière année , l'autre dans la seconde. Ces volunta-
rios sont dispensés d'étudier les langues étrangères
el ne sont pas enrégimentés et obligés aux exercices
militaires comme les guardas-marinhas. Après avoir
fait trois voyages , ils passent officiers ; leur solde est
<ie 6000 reis, outre 12000 reis d'indemnité de vivres
(comedorias). Lorsqu'ils sont à terre ils n'ont aucuns
solde.
(59)
Tableau du nombre des <îtndians qui ont fréquenté l'académie de
marine de Lisbonne depuis 1819 jusques et y compris 182a.
Années.- Étndianï.
1819
l8ao
18 il
1812
ijl dont 170 dans la première année et 5o dans la seconde.
296 dont 16S dans la première année et yi dans la seconde.
3i5 dont i83 dans la première année et 68 dans la seconde.
428 dont 295 dans la première année et 82 dans la seconde.
L'académie royale des gardes-marines (acadé-
mia real dos giiardas-marinhas ), créée en 1784. Pour
y être admis il fallait jouir des privilèges ànforo grande
(être noble), ou être fils d'un colonel ou d'un capitdo
de mar e guerra (capitaine de vaisseau). Cet établisse-
ment depuis le départ du roi a été transféré à Rio-Ja-
neiro (1), ou il se trouve encore , et où, d'après un
ACADEMIE DES GARDES-M ARIKES.
(1) L'académie des gardes-marines de Rio-Janeiro est absolument
semblable à celle de Lisbonne, ou pour mieux dire est la même que
cette dernière, qui a été transférée à Rio-Janeiro en 1807 lors de l'ar-
rivée du roi au Brésil , et qui , à son retour en Portugal en iSaj , est
restée en Amérique.
Elle est consacrée à l'étude des sciences et arts suivans ;
Sciences mathématiques, sciences physico-mathématiques , artille-
rie, navigation , dessin.
Son cours complet se fait en trois années.
On étudie dans la première : l'arithmétique , l'algèbre jusqu'aux
équations du second degré , la géométrie et la trigonométrie d'après
Uezout.
Dans la seconde : l'algèbre, l'application de l'algèbre à la géomé-
trie, le calcul différentiel et intégral et la mécanique , d'après Bezout.
Dans la troisième : l'optique et l'astronomie , d'après Lacaille ; la
navigation , l'appareil nautique et la pratique des instrumcns à
l'observoire. On reçoit aussi des leçons d'artillerie , d'après MuUer.
Les éiève.s de toutes les années reçoivent des leçons de dessin.
Les élèves de cette académie doivent pour y être admis connaître
la langue française. Ils sont obligés de faire rexercicc du fusil , de
la pièce de canon, du,moitier et de l'obusier ; ils s appliquent aussi à
1 escrime et à la manœuvre navale.
Les élèves de cette académie forment la compagnie des gardes-
marines, qui a pour sou gouvernement intérieur un chef, qui est
toujours tiré de l'arme de la niurine.
Voici le nombre des professeurs
Pour la première année i
Pour la seconde i
Pour la troisième :i
Professeur de dessin i
Suppléant de dessin. ........ i
Professeur d'appareil. '
(6o)
décret des Cortès, il doit continuer à rester. Les jeunes
gens qui par leur naissance ont le droit d y entrer font
leurs cours dans l'académie royale de marine à Lisbonne.
Il y a aussi ua instructeur pour les exercices militaires , un maître
d'escrime , un secrétaire et des gardes dont un sert de portier
Le nombre moyen des élèves est de 40.
On admet aussi dans cette académie des élèves qui se destinent à être
pilotes , mais ils ne sont obligés qu'aux leçons de la première et de la-
troisième année, et ne sont pas assujettis aux cxercicci militaires. Le
nombre mojen de cette seconde classe d'élèves est de i5. *
Nous croirions manquer au but que nOus nous somnxes proposé
dans cette section de notre Essai , qui est de faire connaître l'état ac-
tuel de l'instruction publique parmi les Portugais , si nous gardions le
silence sur un établissement qui , quoique établi maintenant au Brésil,
n'en est cependant pas moins dirigé par des Portugais . et qui , par
l'excellente méthode de son enseignement et par les ouvrages qui y
servent de texte , peut figurer avec tout ce qu'il y a de mieux en ce
genre dans les états de l'Europe les plus avances en civilisation. Le
court aperçu que nous en donnons d'après les renseignemens que nous
tenons de robligcance de M. Joào Paulo dos Santos Barreto , qui
tn est un des professeurs les plus distingués , mettra aos lecteurs eu
«lat de juger de la vérité de notre assertion.
ACADÉMIE ROYALE .MILITAIRE DE RI0-JA^EIB0.
Cet établissement doit sa création à Don Rodrigo de Sonza Coutinbo,
comte de Linhares , qui en traça lui-même le plan , et qui mit tous
SCS soins à son entière exécution. Les c'ours ont commencé en 1810.
L'académie se compose de quatre branches scientifiques , savoir :
1'*. Scionces mathématiques; 'j.*^ . sciences militaires,- 3*^. sciences
naturelles; f''- dessin. Le cours complet se fait en 7 années.
Les élèves de la première étudient les mathématiques d'après les
ouvrages suivans : Arithmétique , de Lacroix ; Algèbre ou analyse
déterminée , de Euler ; Géométrie , de Legendre j Trigonométrie
lectiline , du même. Ils suivent en outre une leçon de dessin de
ligure.
Voici les ouvrages qui servent de texte aux études de la seconde
année : Algèbre , de Lacroix ; Complément d'algèbre , du même ;
Application de l'algèbre à la géométrie; Calcul différentiel; Calcul
intégral : tous du même auteur.
On donne aussi , trois jours par semaine, des leçons de géométrie
»k'3criptive de Monge, et des leçons de dessin de figure deux fois par
&euiaine.
Les ouvrages mis .entre les inains des élèves de troisième année sont
eeux-ci ; Mécanique, de Krancœur ; Hydraulique, de Bossut. Le»
«lèves reçoivent en outre chaque jour une leçon de dessin de paysage.
Cci;x de la (juatriènie année i tudienl }a trigonométrie sphérique , de
(6i )
L'observatoire de la marine ( observa lorio da
.liarinha) à Lisbonne. Le but de cet établissement est
Lcgendre; l'Optique, de Lacaille , à l'usage de l'école Polytechnique j
{'Astronomie de Fcrreira , composée sur celle de MM. Lalande , Biot
et Lacaille; la Géodésie de Puissant. Ils reçoivent encore une leçon
de physique , d'après Haùy , trois fois par semaine , et une autre de
dessin de paysage , deux fois par semaine.
Ceux de la cinquième année suivent un cours de tactique et de
fortilicalion de campagne , d'après Gay de Vernon. On leur donne en
outre , trois fois par semaine , des leçons de chimie , d'après Chaptal ,
et des élémens de la philosophie chimique , d'après Fourcroix, et tous
les jours des leçons de dessin militaire.
L'objet des cours des éKves de la sixième année est la fortification
permanente , d'après Gay de Vernon; l'attaque et le défense des pla-
ces , par le même ^ la minéralogie, de Werner , et le dessin militaire,
<lont ils reçoivent des leçons trois fois par semaine.
Ils étudient , dans la septième année des cours, l'arlJHerie , d'après
Millier ; les raines militaires , d'après Rosa ; la théorie de la poudre à
canon, de la Mavtillitre. Ils suivent encore des leçons de zoologie ,
d'après Cuvier ; de botanique , d'après Liiinée , et enfin de dessin mi-
litaire et de toutes les machines de gncrre. Us reçoivent les leçons des
premières de ces branches d'instruction deux et trois fois par semaine,
«t deux fois seulement de la dernière.
Les leçons principales commencent à huit heures du matin et se
terminent à neuf heures et demie; les leçons secondaires, c'est-à-dire
de géométrie descriptive , de physique, de chimie, de zoologie et de
botanique commencent à neuf heures et demie et se terminent à onze
lieurcs ; les leçons de dessin commencent à onze heures et se termi-
nent à midi et demi.
Voici la liste des professeurs.
Dans la première année i
— deuxième — 2
— troisième — 1
— quatrième — 2
— cinquième — 2
— sixième — 2
— septième — ...... u
Professeur de dessin 1
Suppléai* en mathématiques , en forti-
fication et artillerie 2
Suppléans en dessin. 2
Professeur de langue française .... i
— — anglaise.^ 1
Maître d'escrime i
21
Le nombre moyen des élèves est de 120.
Les cours commencent au i*' mars et se terminent au 3o novembre :
le mois de novembre est destiné aux examens.
Les mois de décembre, janvier et février sont consacrés aux écoles
(62 )
(le faire toutes les observations sur les éclipses, et sur-
tout d'cnseiirner aux élèves de la troisième année de
racadéniie de marine 1 usage des msirumens de ré-
flexion , et la pratique des observations et des calculs
les plus utiles à la navigation, tels que les calculs des
latitudes, longitudes et variations de Faiguille aimantée;
on leur enseigne aussi à régler le pendule et les chro-
nomètres par les angles horaires et les hauteurs cor-
respondantes, et à observeriez éclipses des satellites
de Jupiter et les occultations des étoiles par la lune.
Cet établissement a un <://ré;c^or( directeur), 5 ajudan-
tes ( assistans) et k partidistas (sons-assistans). Les
partldistas sont des sujets qui ont l'ait leur cours com-
plet de mathématiques, et qui s'instruisent dans la
pratique des observations et des calculs astronomiques,
afin de pouvoir parvenir au gracie d'assistant. Le sous-
assistant Antonio Diniz do CouioValente est chargé de
calculer les éphémérides pour le méridien de Lisbonne,
de pratique : les élèves de la 7"" année font des expériences d'artil-
lerie \ les élèves de la 4" se livrent aux exercices géodésiques ; et les
élèves de la i »■« année s'occupent de la géométrie et de la trigonométrie
pratique. Ces exercices durent 4 lieurcs , c'est-à-dire de 7 heures jus-
qu'à 1 1 heures du matin. Le jeudi est un jour de vacance , excepté
lorsqu'il se trouve un ou plusieurs jours de fête dans la semaine.
Les leçons de langues anglaise et française et d'escrime ne sont pas
d'obligation pour les élèves ; elles durent depuis 3 heures jusqu'à 6
du soir.
L'académie royale militaire de Rio-Janeiro est soumise, pour sa di-
rection , à une junta composée de quatre officiers-généraux, dont un
doit être lieutenant général , et avoir servi dans l'ajitilleric ou dans le
rorps du génie, et en est le président. Le ministre de la guerre est
l'inspecteur né de celte junta au conseil administratif.
Un bureau des archives et un dépôt pour les instrumens géodésiques
sont affectés à racadcmic militaire. Le local du muséum est très-com-
mode.
Cet ètablissi ment a un secrétaiie et six gardes dont un sert de por-
tier. Il a aussi un employé chargé d'embaumer les animaux morts
destinés à enrichir la collection zoclogique.
Chacun des professeurs de cfs deux etablissemens reçoit 400000 reis
par an ; chaque suppléant louihe 200000 reis.
(63 )
en réduisant à ce méridien celles de l'almanach de
Greenwich.
Le directeur de cet établissement , outre son iraite-
meut comme professeur pensionnaire (jubilado) de
l'académie de marine, et comme major du génie,
louche 3ooooo reis; le premier assistant, la solde de
capitào defregata gracluado à bord ; le deuxième as-
sistant , la solde de capitào tenente à bord ; le troi-
sième assistant, outre sa solde de major du génie, la
gratification de 200000 reis.
Tableau du nombre annuel des ctudians qui ont fréquenté l'obserra-
toire de la marine depuis iîîoo jusqu'en 1822.
Années.
j8oi
72
1802
53
i8o3
4'
1804
23
i8o5
•y
1806
20
1807
23
1808
>4
• 809
18
Elèves.
Années. 1
18
1
18
2
18
3
18
'4
18
5
18
G
18
7
iS
8
iS
9
1820
j 1821
Élèves.
S
i3
1 1
23
'9
17
27
49
59
60
5i
Les événemens polili(]ues sont la cause de la di-
minution du nombre des élèves dans les années 1810
et 1811.
Uti atelier d'instrumE-XS de mathématiques
(ofîicina de instrumentos mathemalicos) est attaché à
1 observatoiie de la marine, quoiqu'il se trouve établi
dans le même bâtiment que la corderie royale. Cet
établissement, créé depuis quelques années, a pour but
de former des artistes habiles pour la fabrication des
instrumens demaihémaliques et d'astronomie. M. Haas,
Allemand de nation, en est le directeur et le fabrica-
leur en chef. Son traitement est de 48oooo reis par an.
Le gouvernement lui fournit les matières premières,
les ouvriers, et ensuite lui paie les instrumens au prix
(64)
qu'ils auraient valu à Londres. Frnncisco José Balbino,
uuiapprend sous sa dirociion, jouit aussi d'un traitement
annuel de 864oo reis, ei promet de devenir un artiste
distingué.
L'école royale de construction ou d'akchitec-
TURE NAVALE (aula regia de conslrucçào ou d'archi-
teiura naval), établie à l'arsenal de marine. Cinq in-
génieurs constructeurs (engenheiros consU'uc tores) y
enseignent la construction des vaisseaux à 12 élèves
pensionnés et à 5 surnuméraues^ ce nombre, détern*iné
parles statuts, ne doit jamais être dépassé. Le pre-
mier ingénieur, qui est aussi le directeur de cet éta-
blissement, a le grade de capitào tenente, et jouit d'un
traitement de 5200 reis par jour, ce qui fait 1 168000
reis par an; le second ingénieur touche 2000 par jour;
le troisième 1600; le quatrième 1200 et le cinquième
800. Parmi les élèves six sont tirés du corps des guar-
clas-marinhasy et jouissent d un tr;iitement annuel de
1 00000 reis; six autres parnn les bourgeois avec un
traitement annuel de 70000 reis. Les trois surnumé-
raires ne reçoivent pas de traitement.
L'académie royale de fortification, d'artille-
rie ET DE DESSIN (academia real de fortificaçào , arti-
Iheria e desenho), créée en lyijO, et établie dans le
palais Calheriz, où se trouvent l'académie royale des
sciences et le dépôt de la guerre ( archivio militar).
Les cours durent quatre ans et se l'ont de la manière
suivante :
Première année. Fortification régulière et tactique.
Deuxièjne. — Fortification irrégulière , et celle de
rampagne.
Troisième. — Artillerie, mines, construction des
affûts, etc.
Quatrième. — Hydraulique , construction des
ponts, etc.
On étudie en même temps le dessin militaire dans
l'ordre ci-après.
(65)
Première année. Dessin de fortification réi^nlière ;
dessin militaire, divisé en vue d'oiseau, prolil et per-
spective.
Deuxième. — Dessin de fortification irrégulière,
de fortification de campagne j problèmes à résoudre
sur la forlilicalion de terrains donnés. La levée des
plans s'explique dans ces deux années.
Troisième. — Dessin d'objets qui ont rapport à
l'artillerie et aux mines.
Quatrième. — Dessinde constructions hydrauli-
ques, surtout de celle des ponts.
Il y a un professeur pour chaque chaire , mais un
seulement pour le dessin, en sorte que le nombre des
professeurs est de cinq. Chacun a un suppléant, ce qui
en porte le nombre total à dix. Tous les professeurs et
suppléans sont des ofîlciers de génie ou d'artillerie;
outre la solde de leur grade respectif ils reçoivent un
traitement annuel de'4ooooo reis; le traitement des
suppléans est de 200000 reis. L'académie a en outre
un secrétaire qui lui est attaché. Pour être admis
comme élève dans cette école il faut avoir subi les exa-
mens d'arithmétique, d'algèbre, de géométrie, de cal-
cul différentiel et intégral et de mécanique , si on se
destine au génie ou à l'artillerie ; pour ceux qui se des-
tinent à la cavalerie ou à l'infanterie il leur suffit d'a-
voir été examinés dans l'arithmétique , l'algèbre et la
géométrie ; ceux-ci finissent leurs études au milieu de
la troisième année. Tous les élèves subissent encore
avant d'être admis un examen sur la langue française.
Les examens, de même que les cours, sont publics. Il y
a six prix de 72000 reis chacun pour chaque année.
Quelquefois à la fin des cours on établit im camp ;
les professeurs y accompagnent leurs élèves , et y sont
joints par des officiers du génie avec leurs soldats.
On s'y exerce sur la construction, la défense et l'atta-
que de fpriifîcations permanentes et de campagne ; sur
la construction et l'explosion des mines ; on lire au
II. 5
(66)
l)1arjr avec toute sorte de boudies à feu ; on lève des
pl;»rs :i vue et géométriqnemenl. C'est après un mois
et demi ou deux mois d'exercices semblables qu'on re-
tourne à Lisbonne pour subir les examens. Les élèves,
en sortant de racadcraie , entrent comme sous-lieute-
nans dans le corps du génie; s'il n'y a pas de places ils
sont employés en attendant avec le même grade dans
les régiméns d'infanterie.
Le nombre total des élèves est ordinairement de 80
à 1 00 , dont4o à 60 dans <;hacunedes premières années ;
mais il est beaucoup moindre dans la dernière. Parmi
les élèves il va toujours un grand nombre d'ofïiciers de
«lifférentes armes.
Les livres qui servent de texte dans cet établissement
sont , pour la première et la seconde année, l'architec-
ture militaire d'Antoni et la tactique du général Azedo;
pour la troisième année la traduction portugaise du
traité d'artillerie de Millier, et celui des mines com-
posé par le général Roza, actuellement député aux
Cortès; pour la quatrième année l'hydraulique de Bos-
sut. IjCS élèves étudient les règles du dessin sur le
taité de 1 ingénieur portugais A zevedo Fortes, mort
depuis plusieurs années. Les professeurs suppléent par
leurs profondes connaissances à ce qui manque dans
<]es oiivrages qui sont bien loin d'être au niveau des
progrès que ces sciences ont faits depuis quelque
années. La même observation doit s'appliquer aux
académies de marine de Lisbonne et de Porto et au
collège militaire de Luz.
Le Collège royal militaire (real coUegio mili-
lar) , fondé en 1 802 à Feitoria prèsd'Oeiras et transféré
en I 81 4 à Luz près de Lisbonne. 11 y a 1 1 professeiu-s
f? maîtres, savoir 5 professeurs (lentes) de mathéma-
tiques, 1 maître de premières lettres, 3 de grammaire
j)ortugaise et latine, 1 de philosophie , géographie et
liistoire, i de langue française, l de langue anglaise,
1 de dessin ,, i de danse et 1 maître d'escrime. Les
(67 )
pensionnaires sont on nombre de 200, dont 10, qui
sont entretenus aux frais de l'Etat, doivent être tils
d'officiers de terre ou de mer; les loo autres, appelés
porcionistas , paient les frais de leur entretien; ces
derniers , avant les événeniens de 1820, devaient être
d'extraction noble.
Le Collège royal des .nobles (real collegio dos
Nobres}, créé en 1761 par le roi Joseph. Il a dix maî-
tres ( professores ) ei quelques suppléans. On y ensei-
gne la philosophie rationnelle et morale, la rhétorique
et la poésie, les langues grecque, latine, anglaise et
française; le dessin, l'archilectiire, la danse, l'escrime
et réquitation. Il y a en outre un maîlre de premières
lettres.
L'École koyale de Chirurgie ( aulas regias de
r.irurgia), annexée au grand hôpital royal de Saint-Jo-
seph (San-José). Elle a cinq chaires occupées par cinq
professeurs ('lentes) et un demojist7'ador y qui sont
chargés d'enseigner l'anatomie , l'hygiène et la patho-
logie générale, la pathologie et la thérapeutique chirur-
gicales , les opérations chirurgicales etl'ai tdes d'accou-
chemens. Voyez pourla méihoded'enseignementce que
nous disons à l'article Chirurgie du chapitre MâoECi-
-NE,etG.,dansrAPPEIVDIX.4.LAGÉOCR.APHIE'LITTÉRAlRE
Le Collège de Mafra ( collegio de Mafra )
n'existe plus depuis plusieurs années, lia été remplacé
parles
Ecoles ROYALES du Monasïèuede Saint-Vincent
DE Fora à Lisbonne (reaes escolas do Mosteiro de
San-Vicente de Fora), créées en 1795. Elles jouissent
des mêmes privilèges que l'université deCoimbra, et
on y suit absolument la même méthode d'enseigne-
ment. Sept professeurs avec quatre suppléaus y ensei-
gnent la théologie dogmatique et morale, la philosophie
rationnelle et morale, la physique et la géométrie, la
rhétorique, la langue grecque, la langue latine et la
lanj^ue Irançaisc. Voici le noniiDre des étudiaiîs qui ont
(68)
fréquenté annuellement cet élablissemcnt depuis i8oô
jusqu'en 1821 :
Années. Etudians. Amires. j Ktutlian?.
1801
55
1803
55
j8o3
73
i8o4
101
iRo5
.45
1806
ifiG
1807
laG
1808
58
1809
57
1810
5'i
1811
181:^
i8i3
i8i4
i8i5
iSifi
.8,7
1818
1819
lS-20
46
sa
81
lai
143
201
342
Les Écoles royales de la. Congrégation de l'O-
ratoire (reaes escolas da Congregaçào do Oratorio),
établies dans la maison du Saint-Esprit (casa do Es-
pirito Santo), tenues par des religieuxdn même ordre
que ceux de l'hospice royal de Notre-Dame de Ne-
cessidades. On y enseigne la grammaire latine à un
nombre très-considérable d'écoliers.
Les Écoles de grammaire , rhétorique et phi-
losophie, établies dans l'hospice royal de Notre-Dame
de Necessidades ( hospicio real de Nossa Senhora das
Necessidades). Elles ont 3 maîtres qui enseignent la
grammaire latine , la rhétorique et la philosophie ra-
tionnelle et morale. Cet établissement est loin d'être ce
qu'il était autrefois. H y a en outre une école de pre-
mières lettres annexée à cet établissement; depuis
1796 jusqu'en 1821 , elle a été fréquentée annuel-
lement par i5o à 160 écoliers.
Nous ayons dressé le tableau ci-après, afin de mettre
nos lecteurs à même de voir la marche de l'éducation
littéraire dans les établissemens de ce genre à Lis-
bonne , qui offrent presque tous les mêmes proportions
dans la classitication des éiadians qui les fréquentent.
(69)
Années.
'797
'7y«
'7yy
i8oo
1801
1.S02
i8o3
1804
i8o5
, 1806
1807
1808
1809
1810
1811
1813
i8i3
1S14
181.5
1816
1817
1818
1819
1820
1821
tTl)DlA,^S DE
GiMmiiiain
Hlu-toiitjiie.
Fliilosnpbie,
3o
n
6
^-9
8
5
4
3
32
n
5
■26
3
4
■>5
5
2
29
32
6
5
3
2
26
27
4
6
4
28
3
I
25
5
3
24
33
2
4
2
•>8
1
3
3o
2
4
22
2
il
1
2
20
»
3
'9
20
5
3
2
5
54
32
4
8
7
3
28
5
3
24
5
2
L'£coLE ROYALE DE LANGUE ARABE (aula 1 egia de
lingua araba) , établie dans le couvent de Noire-Dame
de Jésus (Nossa Senliora de Jésus). Un religieux qui
a le litre de professeur , et un autre qui a celui de
suppléant , y enseignent celte langue d'après l'excel-
lenle grammaire portugaise du père Souza. Il n'y a
actuellement que deux étudians. Depuis plusieins an-
nées le gouvernement entretient un ou deux religieux
à Tanger, dans la maison du consid portugais, pour
appiendre l'arabe par pratique. Ils reçoivent 600 reis
par jour et l'habillement. Il n'y en a aucun inaintenani.
Le Collège de Saiivt-Àivtoiine et de Saint-
Pierre (collegio de Santo-Anlonio e San-Pedro),
annexé à la Corderie royale. On y a réuni depuis peu
les 5o orphelins de la Casa pia et les enfans vagabonds,
recueillis par l'inlendance générale de police, qui for-
maient deux ctablissemens séparés , l'un sous le nom
(70)
de CoUeglo de SantO'Ajiionio , l'antre sous celui de
Collegio de San- Pedro. Le nombre des élèves a été
fixé à 5o. 11 y a une école de premières-lellres , dont
Je maître reçoit le Iraileinent annuel de 223200 reis.
\.>Q% élèves passent alternalivenienl de celle école aux
diflérens ateliers de la corderie pour y apprendre un
métier.
Le Collège i^oyal de Saint-Patrice (collegio real
de San-Patricio), créé en i5go pour l'instruction des
prêtres missionnaires irlandais (clerigos missionarios
d'Irlanda). 11 a un professeur de théologie.
Le Collège royal des catéchumènes (collegio
real dos calhecumenos) , créé en i Syg pom- instruire
dans la religion catholique les Maures de Barharie et
autres infidèles convertis.
Le Portugal ne possède encore aucune école civile
d'enseignement mutuel ; il y a seulement depuis peu
des Ecoles militaires d'enseignement mutuel j
créées par mi décret (portaria) du lo octobre i8]5,
mais auxquelles sont aussi admis les bourgeois des
villes où elles sont établies. On y suit une méthode
presque semblable à celle adoptée en France et en
Angleterre. M. Joào Chrisostomo do Couto e Mello,
capitaine du génie, professeur de tactique et de forti-
fication dans le collège royal deLuz,estIe fondateur de
ces écoles, et celui qui en a la surveillance, sous le
litre de direclor da escola gérai d'hahilitaçdo dos
TJiestres, dos ajudantes e dos aspirantes das escoîas
p articula res dos coTpos do exercito e da marin ha de
Portugal et dos Algarves. Tous les corps militaires
stationnés ont une école de premières lettres, où les
soldats a])prenncnt à lire, à écrire et à calculer. Au
connnencement d'octobre l8i8, il y avait déjà i8 de
ces écoles dans l'Rsiremadura et à Lisbonne, dont une
annexée à la Corderie royale, lO dans rAlem-Tejo,
3 dans l'Al^arve . i o dans la Beira , f> dans le Tras-os-
( 71 )
INIoiUes, et q à Porto et dans lu province du MinliO.
Jusqu'à celle époque on y avall matricule 1891 mili-
taires et iqS^ paysans, en tout 5843 écoliers, dont 367
otaieni déjà Jiabilitados ^ c'est-à-dn'e recomms en étal
de faire les i'onclions de maîtres. Au 3i août 1818 il
V avait ?.5i8 indivi<lus qui fréquentaient ces écoles,
dont :2C,6 étaient à l'alphabet , 4*^19 au syllabaire ,
410 au dictionnaire , 801 aux phrases et périodes , et
602 à la lecture; 5o4 écrivaient siu- le sable, 443 sur
l'ardoise, et 1730 sur le papier; 827 étudiaient les
premiers prmci[)es de larithmélique , 785 la com-
position et la décomposition des nombres entiers et
décimaux, 242 les nombies fractionnaires, et 61 la
règle de trois. Depuis celle époque le nombre de ces
écoles est devenu [)lus considérable.
L'Ecole royale de des«i.\ et d'architecture
CIVILE (aula regia de desenlio c architectUra civil),
créée en 1785 par la reine Marie, et établie dans une
partie du couvent des Caetanos. Elle dépend dii Trésor
Royal (Erario Regio, voyez F' vol., page 252),eia deux
professeurs et deux substituts. Le professeurd'arclii-
tecture enseigne , dans les dfeux premières heures de
son cours , les opérations lés plus indispensables de
l'arithmétique et de la géon.iélrie élénien taire, ensuite
la construction , le dessiti d'orncmeiil élla perspective.
Le professeur de figure eusèigtié à dessiner toutes soiles
de productions ni\lurclles animées ou inanimées, les
proportions du coips humàiii, en comparant toujo tirs
les dltléicines parties des gravures et des tableaux avec
les objets originaux, et en en faisant sentir à ses élèves
la différence, les beautés cl les défauls. Le cours Jure
o ans, et les leçons ont lieu deux fois j)ar jour, le
matin et 1 après-midi. Le traitement annuel de cha-
que professeur est de 4^0000 reis ; celui de chacun
des suppléans est de 200000 reis» Pour encourager les
élèves à se distinguer dans cet art aussi noble qu'utilo
le gouvcmcinenl distribue annucUemcnl six prix^ donl
(70
irois pour chaque chaire. Le premier pvix est de
5oooo reis , le second de uoooo , et le iroisiènie
de loooo. Le tableau ci-dessous offre le nombre
d'élèves qui ont fréquenté annuellement cet établis-
sement depuis 1800 jusqu'en 1H22.
Années.
1800
1801
r8o3
j8o4
180Ô
iSoG
1807
]8o8
i8c9
1810
Elcv(
9
3
17
Années.
1812
i8i3
.8,4
i8t5
1816
J817
1818
1819
1820
1821
EU
G
'9
■20
)6
2i
iG
11 y avait à Lisbonne une autre école de dessin
ET d'architecture ( casa do risco) , entretenue
aux frais du roi pour former dans ces deux arts les
enfans des officiers de sa maison. Elle est passée avec
lui à Rio- Janeiro , où elle est restée. EIle,a,deux,pror,
lesseurs et douze élevés. .^ ,, .. '\ ]\^r
L'académie de peinture (academia do nu), créée
par le ioi actuel peu de temps avant son départ pour
le Brésil/ n'existe plus 3 au grand regret de tous
les Portugais amateurs des beaux-arts. Elle avait été
établie sous la direction. du peintre José da Cunl^a
Tab^i-da, dans le château de San- Jorge , dit. aussi le
Caste Ilo , et à l'instar de celles d'Italie. Le gouverne-
ment avait fait -venir de Rome, à ses Irais ;,. de belles
e|)reuvës en plâtre des plus belles statues aniiques, él'
à autres matériaux nécessaires à deserablables établisse-
méns, qui furent déposés dans de vastes appartemens.
\l j avait déjà quelque temps que les |rav^,ux 4p
Taborda et des autres directeurs de l'académie avaient
commencé^ lorsque, dans la confusion qui précéda
et suivit le dépari du prince régent, on donna l'ordre
au direcleiir d^ cet <?lablissement d'embarquer sous
(75)
24 iieures tous les objets d'arls confiés à ses soms.
A peine avait-il commencé à emballer cl à envoyer
les premières caisses à l'arsenal, que l'armée française
ëtaiit entrée à Lisbonne , une autorité portugaise lui
envoya l'ordre d'abandonner ses ateliers aux troupes ,
cjui s'y logèrent, et dégradèrent, pendant leur long
séjour , tout ce qui s'y trouvait encore ; les objets en-
voyés à l'arsenal restèrent pendant quelque temps
épars dans ses magasins et sur les quais. C'est
ainsi qu'à peine commencé on a vu détruire un établis-
sement si utile, qui un jour aurait peut-être l'ait écloi:e
sous le beau ciel de Lisbonne des lalens dignes dq.
rivaliser ceux qui forment une partie de la gloire de
la Rome moderne , et l'admiration de tous les étran-
gers instruits qui y accourent de toutes les parties du
monde civilisé.
L'École royale de sculpture (aula regia de
escultura) , établie dans un bâtiment du Thesouro
Velho , et dépendante du bureau das Obras Publicas
(voyez V vol., page 268). Elle a un professeur et deux
suppléans. Le traitement annuel du professeur est de
1 000000 reis; celui du premier substitut de 600000 ,
et celui du second de 4^0000. Le cours dure ] o am ,
4o.tit,5 sont employés à l'étude de dessin et 5 à celle,
de ïa sculpture. Ce temps écoulé les çièves ont le titre
d ajudantes de escultura , et jouissent d'un traitement
journalier qui est déterminé par le professeur, selon
le mérite de l'élève. Ce traitement est ordinairement
de J à G testées par jour; il est daG. ou 10 testées au
plus quand ils ont qx,ercé en cette nouvelle qualité
[)endant 4 ou 5 ans. Cette gratification cesse d'être
payée en cas de maladie. Tout élève, eii entrant dans
cette école, reçoit 2, testùe^i par jour, outr.c le papier,
le crayon et tout ce qui lui est nécessaire pour l'étude.
Malgré cet encourageinent , l'école de sculpture a
toujours été très ]>eu fiéquentée.En effei , par l'Inspec-
tion du tableau des élèves de cet établissemeut que
(7i)
nous avons sous les yeux, nous voyons que de 1800
à 180Ô, de 1806 à ]8i2, de 181 5 à 1817, el de 1817
à 1821 , il n'y eut point d'élèves ; qu'en î8o6 il y en eut
3;en]8i2, en 1810 el en 1817 un seul: eifi en 182J .
L'Ecole royale de gravure (aula regia de gra-
vura), établie dans une partie du bâtiment de l'inipri-
nierie royale, par les soins de son premier inspecteur
el professeur Joaquim Çarneno da Silva. Depuis quel-
que temps on peut la considérer comme éteinte par
le manque d'élèves. D'après les statuts de sa création
elle devrait en avoir 10 ou 12 pour le moins. Le pro-
fesseur actuel, Gregorio de Queiroz, dont le traitement
est «le 600000 reis par an , n'en a maintenant qu'un seul.
L'iivsTiTUT DE MUSIQUE ( semiuario musical) est
annexé à la j)alrlarcale. Cinq maîtres de musique y en-
seignent à un nombre d'élèves indéterminé le chant, la
musique instrumentale et la composition. Depuis 1800
oii y a donné des leçons à environ quinze élèves par
année. Le premier professeur a 600000 reis de trai-
tement; deux autres en ont 400000 chacun. La mé-
thode d'enseignement est assez bonne , quoique un
peu trop éloignée du goût de la musique moderne.
On peut dire qu'il n'y a aucune école publique
d'équitatioin , puisque celle du collège des nobles
appartient exclusivement à cet établissement, et que
le manège royal de Belem est destiné seulement à in-
struire les personnes attachées à la maison du roi, et â
dresser les chevaux de selle qui lui appartiennent.
Tout particulier qui veut aj)prendre l'équilalion , ou
y faire dresser ses chevaux, «ioit payer les piqueurs de
('es deux manèges. Voyez pour plus amples détails, dans
l'ApPEIVDIX A LA GÉOGRAPHIE LITTÉRAIRE, l'article
E(juUcdion du chapitre BeauX-arts.
ETAELlSSEMEt.S r ARTICOLIERS.
Dans les villes principales du Portugal, mais surtout
à Lisbonne cl à Porto , il y a quelques collèges el ({uel-;
( 7^ )
qucs écoles leims par des parliculiers , où beaucoup
de faïuilles envoient leurs enfaus. On peut dire en
i;énéial qu'à très-peu dV\ceptions près tons ces t'ta-
blissemens sont au-dessons du médiocre, el cju aucun
lie peut soutenir la comparaison des établissemens les
plus considérables en ce genre qu'on trouve en Italie,
en France, en Angleterre, et surtout en Allemagtie
el en Suisse, soit pour leur importance, soit pour la
bonté de la méthode suivie dans l'enseignement.
Nous croyons indisj)ensablc, puisque nous sommes
sur le sujet des établissemens particuliers , de faire men-
tion de celui que le Portugal doit à la philanthropie
de M. Antonio Palricio, sous le lilre de Aula tj^ratuita
para surdo-mudos (école gratuite pour les sourds et
muets), et qu'il vient d'ouvrir à Lisbonne. Dans celte
école , qui est la seule de ce genrb que possède le
royaume, on enseigne à ces infortunés la lecture, 1 écri-
ture, les principes de la religi(m , et les premiers élémens
de l'arithmétique , de la géométrie, delà géographie, de
l'histoire, du dessin, et deslangues française el anglaise.
>■£> SU>^^A1RE S,
Nous manquerions à l'équité et à la justice ,si5 après
avoir signalé ce que l'ancien régime oflVail de vicieux
dans radmmistralion ,nous ne disions rien d'une insli
tution de la plus grande utilité , et à laquelle le Portugal
doit plusieurs grands hommes tpii lui onl rendu des
services imj)orlans par leurs laleiis, cl ont puissam-
ment contribué à entretenir dans la naùon le goût des
beaux-arts, et à répandre la connaissance des progrès
que les sciences naturelles et l'astronomie ont faits
parmi les nations étrangères de[>uis quarante ans. Nous
voulons parler de la détermination aussi sage que;
généreuse prise par la reine IMarie el par son auguste
fils, le roi actuel, d'envoyer à leurs Irais de nombn'ux
])ensionnalres à Paris, à Ijondres, en Allcntagne et en
Italie, pour y étudier, ou pour s'y peifcclionner.dans
(76)
ia liiédeciiie , la chirurgie , la physique , la chimie ,
ia minéralogie, la botanique , la zoologie, l'art vétéri-
naire, l'agriculture ei les beaux-arts, surtout clans la
gravure et la peinture. Ces pensionnaires touchent une
pension de 600000 reis par an , sans comprendre les
frais de voyage et les dépenses extraordinaires , qui
leur sont remboursés; la pension de ceux qui étudient
1 histoire naturelle est de 720000 reis. Les premiers
pensionnaires lurent Manoel Ferreira da Camara Bet-
tencourt, José Bonit'acio d'Andrade, et Fragoso, tous
trois connus par des ouvrages et de savans mé-
moires ; ils quittèrent le Portugal en 1788 pour se
rendre en France et en Allemagne , afin de s'y per-
fectionner dans l'histoire naturelle , la minéralogie et
la chimie. En 1791 la reine Marie, à la prière du doc-
leur Manoel Con^ancio , envoya 7 pensionnaires en
Angleterre et en Ecosse pour y étudier ou se perfec-
tionner dans la chirurgie et la médecine : Antonio
d'Almeida , actuellement professeur d'opérations à Lis-
bonne; Manoel Alves da Costa Barreto, maintenant
professeur de chirurgie à Rio -Janeiro; Francisco
Solano Consiancio, actuellement chargé d'affaires pour
Sa Majesté Très-Fidèle près des États-Unis d'Améri-
(pie, en sont les plus marquans. On en envoya d'autres
par la sliiie, parmi lesquels José Eusiaquio Gomes,
aclueliement médecin à Pernambuco, les deux frères
Silveira, dont l'aîné est médecin à Bahia, et le cadet
mi chimiste très-distingilé , méritent une mention
parliculière ; ce dernier est actuellement à Paris. Les
pensionnaires les plus distingués envoyés en Italie pour
s'y perlée tionner dans la peinture sont Sequeira , Vieira ,
ïaborda, Foschini, etc. ; parmi ceux envoyés à Lon-
dres pour la gravure on doit citer Queiroz , élève de
Bartolozzi , et Rivara.
L iiilendant général de police Manique envova aussi;,
aux fiais de la caisse de radministralion de la police,
\m assez grand nombre de pensionnaires à Edimbourg,
(77 )
parmi lesquels on remarque Jacinto , chirurgien dis-
tingué et bon opérateur, et Couto, accoucheur.
L'université de Coimbra a entretenu aussi des pen-
sionnaires à Paris et en Allemagne , parmi lesquels le
docteur Monteiro , minéralogiste très-distingué, qui
réside actuellement à Paris , et qui a mérité l'estime
de M. Haiiy ; le docteur José Pedro de Mello, pro-
l'esseur d'hydraulique à Coimbra; les deux frères Na-
varro , et Paulino de Nola , méritent une mention
particulière.
Le gouvernement entretient actuellement 6 élè-
ves en France, dont 3 à l'école vétérinaire d'Al-
fort ; il en entretient encore 5 autres en Angle-
terre. 11 vient de charger M. Joào Paolo dos Santos
Barreto , major du génie et professeur de mathé-
matiques à l'académie militaire de Rio - Janeiro ,
de parcourir la France , l'Allemagne , l'Angleterre ,
i'Ttalie et le nord de l'Europe , pour y examiner les
établissemens publics les plus considérables relatifs aux
ponts et chaussées et aux travaux hydrauliques , alin
de perfectionner cette branche importante de l'archi-
tecture dans les [)avs soumis à la domination por-
tuijaise.
ACA'DÉMIES LITTÉRAIRES , BIBLIOTHÈQUES , CABINETS
D'HISTOIRE NATURELLE , JARDINS BOTANIQUES, CA-
BINETS DE PHYSIQUE, OBSERVATOIRES, COLLECTIONS
DE .MÉDAILLES , TYPOGRAPHIES , COMMERCE DE LI-
BRAIRIE.
Nous commencerons ce chapitre par l'AcADÉMiE
Royale des sciences de Lisbonne ( Academia Real
das Sciencias de Lisboa ), qui est la première acadé-
mie de toute la monarchie , et qui , avant les derniers
événemens, était le seul établissement littéraire du
Portugal. Elle a été fondée en 1778 par le duc de La-
fôes, sous la protection de la reine Marie. Le roi en
( 78 )
esl le protecteur, el l^inlant Don IVJiguel le président.
Ses membres sont partagés en socios Jionorarios , qui
sont, an nombre de vinf^t-cinq , parmi lesquels on
compte , outre des prmces , des f^énëraux et de grands
savans étrangers, quelques minisires et quelques Por-
tugais de la plus haute distinction \ en socios ve-
teranos , parmi lesquels il n'y a que cinq Por-
tugais ; en socios effcctivos^ qui sont au nombre de
vinajt-trois , tous Portugais, et dont Luit appartien-
nent à la classe des sciences naturelles , sept à la classe
des sciences exactes , et Imita celle de la littérature por-
tugaise ; en socios livres ( associés libres ) , ainsi
nommés parce qu'ils ont la liberté de choisir les
sujets qu'ils veulent traiter; on en compte trente-trois,
et ils sont tous Poitugais ou naturalisés en Portugal ;
en socios '.Gorrespondentes , qui sont au nombre de
soixanie-dix-huit , presque tous Portugais d'Europe
ou d'Amérique ; les autres sont étrangers.
L'Académie possède une typographie oùl'on publie ses
mémoires, et où Ton a imprimé plusleursouvragesutiles.
Ce coi"{)s savant n'a pas peu contribué , par ses re-
cherches, par ses écrits j par les prix d'encouragement
qu'il a distribués , à réveiller l'industrie dans tout le
royaume. Ses savantes dissertations sur la chimie,
l'astronomie, la physique, la navigation, l'architec-
ture navale , les mathématiques , l'agriculture et l'éco-
nomie politique , insérées dans ses mémoires dont on
publie un gros volume in-fol. chaque année, prouvent
sans réplique l'activité et le profond savoir de ses mem-
bres, et font bien voir que ces matières ne sont pas aussi
étrangères aux Portugais que le prétendent l'auteur
du Tableau de lAshonne et d'autres auteurs qui ont
écrit sur le Portugal. Depuis quelque temps l'Acadé-
mie publie tous les ans un volume d'éphéjuê rides
nautiques j ou un journal aslroiiomique calculé pour
le méridien dé Lisbonne. C'est aussi par ses soins
qu'ont été imprimées en J790 les Tables perpétuelle*
(
(79)
aslronomlqucs à l'usage de la navigation portugaise.
Indépendamment de ses Mémoires et de ses Epliémé-
rides , elle a présidé aussi à l'impression de beaucoup
délivres, tantoriginaux que traduits du français, de l'an-
glais et de l'espagnol. Le catalogue que nous publions à
Ja suite des tableaux bibliographiques insérés à la fin de
cet ouvrage sera une preuve limiineuse de l'activité
et du zèle de ces académiciens , et servira en même
temps à justifier les Portugais du reproche qu\)n leur
fait de nésliîjcr encore toutes les sciences exactes et
naturelles.
L'AcADÉMiii DE Géographie, instituée en 1799
pour répandre les connaissances géographiques en
Portugal , et pour en faire une bonne description ac-
compagnée d'une carie, s'est éteinte lors du départ
du Roi pour le Brésil. Il faut espérer qu^on la ré-
tablira.
Les membres qui formaient le cabinet littéraire de
Lisbonne , établi en 1821, viennent de s'organiser en
Académie littéraire, sous le titre de Socledade li-
TERARiA PATRioTiCA DE LiSBOA ( Société littéraire
patriotique de Lisbonne). L'installation de cette
académie a eu lieu le i*' janvier 1822.
Le but essentiel de cette société est dedonne r
une bonne direction à l'opinion publique , par
le moyen de ses écrits , qui sont imprimés avec
ses annales ; et de donner à ses membres, par les dis-
cussions auxquelles ils se livrent, l'habitude dépar-
ier en public avec facilité.
Les membres de la société se divisent en deux
classes, qui sont celle «les membres effectifs, et celle
des membres correspondans ; les premiers doivent
avoir leur résidence à Lisbonne; les seconds peuvent
demeurer partout où bon leur semble.
Les étrangers peuvent être admis à 1 une de ces
deux classes , suivant les circonstances où ils se
trouvent.
(8o)
Le nombre des membres eilfectifs ne doit jamais
être au-dessous de cenL vingt.
Les ver tus sociales et l'amour de la patrie sont les
qualités indispensables pour être admis dans le sein
de celte compagnie, qui appre'cie , comme ils le mé-
ritent, la sagesse et l'amour des sciences, mais qui
est loin de les préférer au patriotisme.
La présence de soixante et un membres au moins
est nécessaire pour la réception des nouveaux can-
didats , qui sont élus à la pluralité des voix.
Les membres efTectifs sont assujettis cbacun a«
paiement d'une somme de 12000 reis par an,
dont le montant est appliqué aux frais de loyer,
d'achat de livres , d'abonnement aux journaux , gages
des portiers, etc.
Le local, les livres^ les ouvrages périodiques, etc. ,
sont tous les jours à la disposition des membres ,
depuis dix heures du matin jusqu'à deux heures
après midi, et depuis quatre heures jusqu'à dix du
soir.
La société a , pour la direction de ses travaux ,
un président, deux vice-présidens, un secrétaire et
un vice-secrétaire, qui tous sont élus à la plura-
lité des suffrages dans la première séance de chaque
mois.
Elle a une commission de censure , composée de
cinq membres, élus au scrutin, et dont les attribu-
tions ne durent que trois mois. Cette commission
est chargée d'examiner i" si l ouvrage présenté à la
société contient des doctrines solides, est écrit d'un
style pur, et tracé sur un bon plan ; 2° s'il ne pèche
pas contre la loi relative aux abus de la liberté de la
presse ; 0° enfin s'il ne s'écarte pas des règles de la
bienséance , que la société se propose d'observer envers
toutes les classes de citoyens.
La société a en outre une commission admini-
strative qui se compose d'un directeur, un trésorier,
(81 )
iin secrétaire , etc. , tous élus au scrutin; les fonctions
de cette commission durent trois mois.
Elle en a encore une autre chargée de la rédac-
tion de son journal , qui est intitulé : Jornal de la
Sociedade literaria patriotica. Cette commission est
permanente , et ses membres ont été élus à la plura-
lité des suffrages.
Ce journal est divisé en cinq sections : la première
est consacrée aux nouvelles nationales; la seconde
aux nouvelles étrangères ; la troisième aux ar-
ticles politiques sur les avantages que tirent les
peuples d'un bon gouvernement constitutionnel j la
quatrième à l'analyse des résolutions et lois des Cortès
de Portugal , afin de faire sentir à la nation portu-
gaise les résultats avantageux qu'elle en peut attendre;
et la cinquième, enfin , aux articles variés de sciences
et d'arts : les découvertes faites par des Portugais sont
toujours publiées les premières. Ce journal paraît
deux fois par semaine et contient cinq feuilles d'im-
pression à peu près.
A l'imitation de celle de Lisbonne , il s'en est
formé une autre àCovilhàa, qui a été installée en fé-
vrier sous le titre de Sociedade literaria patrio-
tica DE Covilhaa. Cette société est en tout sem-
blable à celle de Lisbonne, avec laquelle elle en-
tretient une correspondance suivie. L'harmonie la
plus parfaite règne entre ces deux compagnies.
Outre le but que la société de Lisbonne s'est pro-
posé , et que celle de Cavilhàa a adopté , cette der-
nière se destine en outre aux œuvres de bienfaisance;
elle fait administrer à des époques déterminées des
secours pécuniaires aux familles honnêtes et indi-
gentes, et se charge du soin philanthropique de pour-
voir à l'instruction gratuite des enfans pauvres des
deux sexes.
On nous écrit de Porto qu*on va y établir aussi une
académie sur le modèle de celle de Lisbonne, et
II. 6
(Sa)
avec le litre de SocitDADE literaria patriotica
DE Porto.
11 vient de se former à Lisbonne une autre société
sous le titre de Sociedade promotora da industria
NACioNAL ( Société d'encoura^emenl de l'industrie
nationale ), dans le but principal de rassembler de
toutes parts et de publier toutes les découvertes qui
peuvent être utiles à l'agriculture en général, aux
pêcheries , aux arts et au commerce de la nation ;
d'encourager l'industrie par des prix annuels décer-
nés aux savans , aux artistes et aux fabricans qui au-
ront le mieux répondu aux vues de la société ; de pro-
pager l'instraclion publique sur tous les objets relatifs
à l'industrie, en publiant des mémoires , en faisant
construire et même distribuer des modèles de ma-
chines et d'instrumens ; de former un établissement
sous le titre de Dépôts des arts ( déposito das artes),
dans lequel on rassemblera tous les plans , dessins et
modèles d'instrumens et machines qui seront inventés,
et qui sera ouvert au public à certains jours déter-
minés; de fonder une bibliotliéque où les artistes
pourront trouver tous les ouvrages analogues aux
vues de la société ; d'établir des relations avec tous
les Portugais ou les étrangers qui par leur profession
ou leurs lumières peuvent concourir au progrès
des arts ; de diriger les essais nécessaires pour dé-
terminer ou vérifier l'utilité des procédés et des in-
ventions qui promettent de grands avantages ,* de
donner des secours aux laboureurs et aux artistes
distingués qui auraient essuyé des malheurs, ou qui
manqueraient de moyens pour réaliser des projets
utiles ; de former le centre de tous les établissemens
de ce genre qui s'organiseront dans les autres parties du
rovaume , et qui voudraient se mettre en correspon-
dance avec la société.
Tout membre de la société doit payer 12000
reis par an.
(83)
La Société ne tient que quatre sessions générales
dans l'année , une par trimestre.
Pour remplir les diflérens buts que la société se
propose, on doit élire dans une des prochaines sessions
générales, au scrutin secret et à la pluralité des voix ,
un conseil de direction ( concelho de direcçào ) , qui
servira gratuitement pendant une année, et qui, par-
tagé en ditiérentes commissions, s'acquittera de tous
les travaux de la société.
j\ous avons cru nécessaire d'entrer dans ces détails
pour faire voir l'esprit dont sont animés les membres
de ceCongregados, des Car-
melitas , de Santo- Antonio , et parmi celles des particu-
liers la bibliothèque du vicomte de Balsamào, qui, avant
le pillage qu'elle a souffert lors de la première invasion
des Français, comptait 1 2000 volumes , et qui est ré-
duite maintenant à 5ooo ; celle de M, Joào de Souza
Morgado de Villar de Pardizes, riche d'environ 4000
volumes; celle du député aux Cortès Ferreira Borges,
qui en compte environ autant ; celle de M. Ricardo
Raimundo Nogueira. On pourrait citer aussi, pour le
choix des ouvrages dont elle est formée, la petite bi-
bliothèque de M. Joào Baplista Edolo,professeur de vio-
loncelle, et celle du médecin Agostinho Albano. A
Tibaens, dans le termo de Braga, celle du couvent de
ïibaens , appartenante à la congrégation de Saint-Be-
noît, qui ne compte pas moins de y 5 à 5oooo volumes;
à Braga celles de l'archevêché , des Congregados et
de Saint-Tvrso (couvent de Saint Benoît), celle de
Villar de Frades, à une lieue de Braga, appartenante
à la congrégation de San-Joào Evangelista, qui peut
contenir de 8 à 1 0000 volumes.
Le gouvernement portugais ayant jusqu'à présent
niis de grandes entraves au commerce de ia librairie,
il ne faut pas s'étonner s'il n'y a qu'un petit nombre de
libraires dans ce pays. On ne trouvera de véritables
( 9^ )
libraires, en i)renaiu ce mot dans le sens qu'on Ini
donne en Italie, en France, en Allemagne et dans le
reste de l'Europe civilisée, qu'à Lisbonne, à Coimbra
et à Porto; toutes les autres villes n'ont que des bou-
quinistes plus ou moins mal fournis. Les principaux
libraires de Lisbonne sont MM. Rey , Borel , Ber-
trand, Rolland et Martin, qui sont des Français
établis depuis plusieurs années en Portugal. Ces li-
braires , surtout les trois premiers, ont des magasins
très- grands et très-bien assortis dans presque toutes les
branches de la littérature. Parmi les Portugais, quoi-
que dans un degré bien inférieur, on compte Carva-
Iho et Joào Henriquesj dont le plus grand commerce
consiste dans la vente des livres nationaux et des ou-
viages périodiques du pays. A Coimbra, outre la li-
brairie de l'université, où l'on vend les livres de classes
pour le compte de cet institut, on remarque les maga-
sins de MM. Allaud et Orcelle, qui sont très- bien
fournis. Un incendie vient de détruire entièrement la
librairie du premier, qui contenait environ ôoooo vo~
1 urnes. Les principaux libraires de Porto sont MM . Costa
Paiva, França et Emery. Nous remarquerons même
que M. Costa Paiva est le seul libraire portugais qui
ait des relations directes en France et ailleurs.
Relativement aux musées ou ca^binets d'histoire
^'ATUÏ{ELLE, aux JaRDIINS botaniques , aux CABIiNETS
DE PHYSIQUE , aUX LABOllATOIRES et aUX OBSERVA-
TOIRES , il faut avouer qu'il n'y en a aucun en Por-
tugal qui puisse soutenir la comparaison avec les
grands élablissemens qu'on voit en ce genre en France,
en Angleterre , en Allemagne , en Italie , en Espagne
et en d'autres parties de l'Europe. Cependant on doit
convenir que quelques-mis de ces étabîissemens , quoi-
que fort inférieurs a ceux de Paris , de Londres , de
Vienne et d'autres grandes capitales, méritent néan-
moins d'être vus, à cause de plusieurs pièces impor->"
(93)
tantes, et parce qu'ils sont les principaux établissemeHs
en ce genre de la monarchie portugaise.
Lie CAbiNET d'histoire naturelle a Ajuda est
encore assez bien assorti, surtout dans la partie miné-
ralogique, el dans celles des oiseaux et des coquillages,
quoique le savant commissaire envoyé par Napoléon
pendant Toccupation française lui ait enlevé 3ooo
pièces de minéralogie, 4^0 espèces d'animaux rares
du Brésil et d'autres j^ossessioiis portugaises, dont
quelques-unes venaient d'être découvertes , et un her-
bier contenant 2000 espèces, parmi lesquelles plu-
sieurs étaient très -rares. I^e Portugal n'a pas encore
pu obtenir la restitution de ces objets. Tout en con-
venant que le cabinet d'histoire naturelle de
l'université de Goimbra est très-pauvre en vers ,
en insectes et en herbiers, on doit assurer cependant
qu'il est fourni de tout ce qui est nécessaire pour l'en-
seignement de ces deux sciences, surtout dans la classe
des coquillages. Cet établissement est très-bien placé
et très-bien tenu, grâce aux soins du professeur Bar-
jona et à ceux de son savant demostrador le docteur
Caetano Rodrigues de Macedo , actuellement député
aux Cortès. Il y a d'autres cabinets d'histoire naturelle
qui sont bien inférieurs aux précédens. Les principaux
de Lisbonne sont les suivans : celui de l'académie
royale des sciences, celui ^it Mainense àsLns, le couvent
de Nossa Senhora de Jésus, et celui qui est placé dans
l'hospice royal de Necessidades; et les collections par-
ticulières du marquis d'Angeja , du marquis d'A-
brantes et de M. Adolphe Frédéric de Lindenberg ,
consul général des villes hanséatiques : cette dernière
collection , qui est une des plus belles et des plus com-
plètes, a été mise en ordre par le savant voyageur et
naturaliste distingué le comte de Hoffmannseg, ami
du propriétaire. Coimbra possédait autrefois le (îabinet
d histoire naturelle du dezembargador José Bonifacio
d Andradee Silva, qui l'a fait transporter au Brésil,oùil
>e trouve actuellement. On ne trouve à Porto que la col-
(9M
leclion du vicomte de Balsaniào, qui, avant le pillage
uni eut lieu lors de la première invasion des Français,
était assez bien assortie, surtout dans la partie des mi-
néraux et des coquillages.
11 n'y a en Portugal que deux jardins botaniques :
celui du roi à Ajuda et celui de l'université à Coimbra.
Le premier est supérieurement bien placé est très-bien
tenu ; le célèbre Broiero en est le directeur et l'admi-
nistrateur ainsi que du musée qui y est annexé. Ce
jardin n'est pas vaste, les serres v sont peu spacieuses;
mais il a un excellent bassin pour les plantes aquatiques.
M. Brotero nous a assuré qu'il contient 1200 espèces
difiérentes , parmi lesquelles il y en a plusieurs du
Brésil, d'Angola , du Cap-Vert et d'autres établisse-
mens portugais. Le local du jardin botanique de
Coimbra est vraiment superbe , quoiqu'on puisse s'é-
tonner avec raison que, dans le terrain fertile au milieu
duquel est bâtie cette ville, on ait choisi justement une
colline de gravier pour son emplacement. Ce n'est
qu'à force d argent el de bras qu'on est parvenu à faire
des échelons sur lesquels il a fallu porter la terre, ou
la former artificiellement. Les serre» ne correspondent
pas à la grandeur de cet établissement, qui , par la
manière dont il est tenu, nous parut plutôt le verger
particulier du professeur de botanique que le lieu dans
lequel les écoliers de l'université vont apprendre à con-
naître les innombrables individus du règne de Flore.
Ce jardin, qui du temps du célèbre Brotero comptait
plus de 4ooo espèces différentes, n'en compte main-
tenant pas même un millier.
11 a plusieurs cabinets de physique ; mais celui de
l'université de Coimbra est le seul qui soit important.
11 est placé dans le même bâtiment que celui d'his-
toire naturelle, et exactement vis-à-vis de ce dernier
Il contient une grande quantité de machines et d'in-
strumens remarquables non-seulement par leur qua-
lité , qui ne saurait être meilleure , mais encore par la
(95)
matière précieuse dont ils sont faits. Il manque cepen-
dant de quelques machinesqui seraient nécessaires pour
le compléter. 11 fut conunencé sous le professeur Da-
labella, et fut beaucoup augmenté sous la direction du
professeur CoisiantinoBoleJ ho d;-; LiicerdaLobo. Le ca-
binet deY.hysique du roi à A j ad a , et ceux de l'académie
royale des sciences, de Ihospice royal de Notre-Dame
das Necesrâdades (Real Casa de Nossa Senhora das I\e-
cessidades) , du monastère royal de Saint Vincent de
Fora , et du vicomte de Santarem à Lisbonne , sont
bien inférieurs à ceux des lycées de Venise et de Vé-
rone. Celui d'Ajuda est réduit à rien depuis que ses ma-
chines et insirumens ont été transportés à Rio-Janeiro.
Il n'y a que trois laboratoires de chimie qui
méritent une mention particulière : celui de l'hôtel
des monnaies àLiSBO.\.\E, celui d'AjUDA appartenant
au roi, et sous l'inspection du célèbre Brotero; et celui
de l'université à Coimbra. Ce dernier est beau , vaste,
bien éclairé , et richement fourni de tout ce qui est
nécessaire à de semblables établissemens ; nous remar-
querons cependant qu'il manque d'un pilier de Vol ta
capable de produire les décompositions qui , de nos
jours , ont tant fait reculer les bornes de la science.
Il y a aussi un laboratoire annexé à la chaire de mé-
tallurgie , mais il est très-petit, et on n'y fait d'ex-
périences que très -rarement.
Le Portugal compte cinq observatoires, dont un
à CoiMBRA attenant à son université, et les autres à
Lisbonne , savoir : celui de l'académie royale des
sciences, celui de l'académie royale de marine, celui
de l'hospice royal de Notre-Dame de Necessidades , et
celui du Castello. L'observatoire de Coimbra est bien
construit et très-bien placé. En 1808 il était aussi
très-bien fourni d'instrumens ; mais depuis que les
meilleurs ont été enlevés par les Français , on ne les
a pas remplacés , et il y a plusieurs années qu'on n'y
fait plus d'observations astronomiques , excepté celles
(96)
qui sont nécessaires pour la rédaction des éphéme-
rides, qu'on publie tous les ans. On n'en fait point du
tout dans ceux de Necessidades et de l'académie royale
des sciences. Quoique l'observatoire de racadémie
royale de marine soit très-mal fourni d'instrumens ,
c^esl le seul maintenant de tout le Portugal où l'on
fasse quelques observations astronomiques ; encore
n'est-ce que pour exercer les pilotes dans la pratique
de leur art.
Mais en revanche le Portugal compte plusieurs col-
lections DE MÉDAILLES plusou moins importantes. Les
plus considérables, tant par le nombre des pièces que
par leur rareté, sont celles de la bibliothèque nationale
et du vicomte de Santarem à Lisbonne ; viennent ensuite
dans la même ville celles du couvent de Nossa Senhora
de Jésus, appelée vulgairement Musée Mainense , et
celle du roi à Ajuda. Celles de l'académie royale des
sciences, des moines bénédictins (monges benediti-
nos), du marquis d'Angeja, de M. Francisco de Cosio
Moreira Alves, de M. Francisco Rodrigues Batalha,
sont moiDS considérables. La collection des médailles
de la bibliothèque de l'université à Coimbra contient
714 pièces d'argent , presque toutes des empereurs. On
remarque à Porto la collection de médailles de monsei-
gneur l'évèque , qui , par le nombre des pièces et par
la rareté de quelques-unes , est la première du royaume
après celle de la bibliothèque nationale. Elle ne
compte pas moins de 2700 médailles d'argent, dont
plusieurs consulaires ou de familles romaines; plus de
2000 en bronze et en cuivre , dont une trentaiae
d'arabes; et environ 200 en or. Celle du vicomte de
Balsamào dans la même ville comptait, avant le pillage
qui eut lieu lors de la première invasion des Français,
plus de 1000 pièces, parmi lesquelles on en remarquait
plusieurs très-rares de familles romaines, et quelques-
unes du temps de la domination des Maures; elle est
maintenant réduite à la moitié. U y a encore à Porta
( 97 )
\me autre coUeciion moins considérable qui appartient
au savant moine bénédictin Fr. Bento de Sanla-Ger-
trudes. On trouve à Braira celle de M. Vicenle José
INÎaria deKoboredo, maître de la chapelle de cette ca-
thédrale, qui contient environ 2000 pièces, parmi les-
quelles on reiuarque une collection presque conjplcle
des empereurs romains , et plusieurs médailles et mon-
naies nationales et étrangères très-rares. Il existe à
Tibaens, dans le territoire de Braga, une belle col-
lection de médailles, quoique moins considérable que
celle dont nous venons de parler, dans le couvent des
moines bénédictins. Il en existe à Evora une aiUre qui
appartient à la bibliothèque publique, à qui elle a été
léguée par l'archevêque Cenaculo, et qui est riche de près
de 2000 médailles. On trouve àSelubal celle de M. An-
tonio José Bons ^^nncs, qui compte plus de 3oo mé-
dailles romaines et phéniciennes, trouvées dans les
fouilles faites dernièrement dans les environs de cette
ville. (Voyez la note à lu description de Selubal.)
Le Portugal n'a actuellement d'imprimeries qu'à Lis-
bonne, Coimbra etPorlo(i). A Lisbonne, au commen-
(i) Par le savant mémoire de l'académicien Antonio Ribciro dos San»
tos ( voyez rarliclc lypographie du Coup d'ceil} , on voit que dans la
première iJi'ricde de l'imprimerie trois villes possédaient des presses,
savoir Leiria , Lisbonne et Braga ; dans la seconde ce nombre s'aug-
menta par la raison qu'on y compta aussi Almcirim , Coiml^ra , Evora
et Selubal en Portugal , et Salsete peu loin de Goa dans l'Inde. Depuis
i53G plusieurs autres endroits du Portugal et de ses possessions dans
l'Orient ont possédé des imprimeries , mais dont la plupart n'étaient
que provisoires. Voici la liste de ces diflcrens endroits, tirée du mémoire
susmentionné : dans le XVI* siècle , Alcobaça , Almeirim , Braga ,
Coimbra , Evora , Goa , Amacusa au Japon , Leiria, Lisbonne , Macao,
Porto, Salsete près de Goa, SarnacLe dos Aihos à deux lieues l'e
Coimbra, Sctubal , Villa-Vcrdc et Viseii. Bans le XVII"^ siècle , outrs
Lisbonne, Evora , Coimbra, Porto et Braga , nous trouvons Alemcpjer,
Bemlîca.près de Lisbonne, Benavcnte, Bucellas , Carnofa , Goa,
Lordello dans le Tras-os-Montcs, Macao, Nangazachi au Japon , Eic-
Janciro , Salsete , Viana do Minbo et Villa-Viçcsa. Les Portugais
avaient aussi dons le même siècle une typographie V Canton et nue
autre à Hiang-Xan dan? la Chine.
li. •»
( 9^ )
cemenlde 1821 , on n'en comptait que 12 ,dont 10 ap-
parlenaienl à des particuliers. La princi[)ale est la ty-
pographie royale ou nationale, qui est le premier éta-
blissement de ce ^^enre de toute la monarchie. Elle a
18 presses qui maintenant sont toutes en activité; la
fonderie royale des caractères est réunie à Timprimerie.
La typographie de l'Académie Royale des Sciences n'a
que deux presses. Parmi les typograpliies particulières
celles de Rolland, de Thadeo, de Galhardo et de La-
cerda sont les principales, et celles qui ont un plus
grand nombre de presses. Il n'existe à Coimbra que
l'imprimerie dé l'université quia 12? presses; et dont
les éditions sont loin de passer pour des modèles dans
cet art. On compte à Porto 3 imprimeries, dont celle
de la veuve Aivares Ribeiro et fils est la plus ancienne,
puisqu'elle appartient à cette famille depuis plus de
cent ans. Quoique l'imprimerie de INI. Joào Nogueira
Gandra ne soit établie que depuis le mois de mai 182 1,
elle est actuellement la première de Porto, tant pour
la beauté des caractères qui tous sont neufs, et plusieurs
d'une forme élégante , que pour la netteté avec laquelle
on imprime depuis quelque temps la Borholeta con-
sizYwcio/zc// (le Papillon constitutionnel), journal né
avec cette typographie et rédigé par son propriétaire.
Il n'y a donc dans tout le Portugal que 16 imprimeries.
Le seul gouvernement de. Milan, qui ne comprend
que les Provinces Lombardes avec une population qui
en 1816 n'allait pas au-delà de 2 191709 habiians ,
en a 71. Le royaume de Suède en 1818 en avait 45?
dont 16 à Stockholm. U y a beaucoup de villes en Alle-
magne , dont la population est fort au-dessous de
celle de Coimbra, d'Evora et d'Elvas, et qui ne comp-
tent pas moins de 10 à 12 typographies. Il est plus que
probable que la liberté de la presse , dont les Portu-
gais jouissent depuis quelque temps, nécessitera 1 éta-
blissement de nouvelles imprimeries dans ce royaume,
surtout dans les villes les plus riches elles plus peuplées.
('99 )
Relativement au nombre d'ouvrages publiés annuel-
lement en Portugal, nous prions nos lecteurs de con-
sulter, dans la seconde partie de l'Appendix à la Géo-
graphie Littéraire , les Tableaux bibliographiques
rédigés par le savant médecin Antonio d'Almeida , le
Catalogue des livres imprimés par les soins de V Aca-
démie des Sciences y et le Catalogue des liçfres sortis
des presses de VuTiiversité de Coimbra, où ils ver-
ront que les Portugais ne sont pas sous ce rapport
aussi arriérés qu'on le croit. On sera au contraire
étonné de voir paraître tous les ans dans ce pays un
nombre d'ouvrages qui devient même considérable
lorsqu'on a égard à la petite masse de la population, à
l'élatde l'instruction chez le plus grand nombre des ha-
bitans, au prix élevé du papier et de la main-d'œuvre,
au manque de tout encouragement donné aux auteurs, à
la grande sévérité de la censure politique et ecclésias-
tique , et au peu de communications littéraires et com-
merciales. A l'égard de ces tableaux il faut même re-
marquer qu'ils ne contiennent pas exactement tous les
livres imprimés annuellement en Portugal , parce que
M. d'Almeida les ayant rédigés d'après la Gazette de
Lisbonne , seul moyen à sa disposition pour les
exécuter , il est possible que quelques-uns, n'y ayant
pas été annoncés, n'y soient pas compris. Nous croyons
cependant qu on ne peut pas s aitaclier a ces omissions,
parce que nous y voyons parfois quelques ouvrages
répétés dans des années diflérentes, ce qui devait né-
cessairement arriver en rédigeant les tableaux sur les
annonces de la gazette de Lisbonne. Quelque imparfait
que soit un tel travail , pénible il est vrai, il ne laisse pas
d'être très-important à cause de sa nouveauté et parce
qu iloflrele moyen de comparer d'une manière approxi-
mative l'activité des presses portugaises à ceiledes autres
Etats de l'Europe. C'est aussi dans ce but que nous avons
priéM.Teixeira Aragào d'en rédiger le tableau ci-après
sur les Tableaux bibliographiques de M. d'Almeida.
( î^>o )
Tsbiean t'u notnhre a'tVrit» pubiifs en Porfugal dans le XIX» siècU.
c
c
'tn
a
s
? S
t
E .2
'otal.
<3
6
'Ç
^"''
t->
180I
84
33
4
S
126
1802
37
17
2
4
60
i8o3
126
16
4
1
'4?
1804
54-
4-
6
4
1
106
j8o5
27
24
2
I
2
56
1806
56
33
6
T
OG
1807
42
38
1
3
a
86
1808
n
j8o9
lOO
22
7
3
j32
1810
73
i3
86
1811
i38
34
2
I
175
l8l2
58
8
2
I
69
i8i3
56
6
3
2
67
j8i4
î'
12
2
I
3
59
i8i5
58
29
3
^
3
95
1816
57
i5
6
I
2
81
1817
76
39
I
6
122
1818
56
22
4
8
2
92
1819
56
26
2
3
•4
10(
Total.
I2o5
428
57
io
36
1766
(*> Les sommes de celte année manquent parce que M. d'Almcida n'en a pas rédigé
le tableau bibliographique.
Le total des ouvrages publiés en Portugal depuis
1800 jusqu'à 1819 est selon ce tableau de 1766, non
compris ceux de l'Académie des Sciences et de l'Uni-
versité de Coimbra qui sont au nombre de 116, en
sorte que le ternie moyen des j)ublications est d en-
viron 100 ouvrages par an.
Maintenant si nous voulions faire sous ce rapport
des rapprochemens entre le Portugal et quelques autres
Etats de l'Europe , nous trouverions que le seul royaume
de Suède, non compris la Norwége, a publié en 1816
377 ouvrages, dont 90 originaux et 87 traductions;
en 1817 ce nombre a été de 226 , et en 1818 de 662,
dont 271 originaux et 91 traductions. Les ouvrages
mis en vente à la foire de Leipzig montent annuelle-
( lOl )
menl depuis plusieurs années à environ 5ooo , et il
s'en faul encore de beaucoup que les ouvrages publies
dans les difleiens Etals de l'Allemagne se bornent à ce
nombre. La fe'condité et le nombre des auteurs vivans
de ce pays, eu e'gard à la population, sont supérieurs
à ceux de tout autre pays de l'Europe. En i8i8, à la
foire de Leipzig, on mit en vente 4760 ouvrages, dont
691 appartenaient aux seuls libraires de celte ville
62 à ceux de Gotba et 60 à ceux de Jena ; cette der-
nière ne compte que 5 100 liabitans permanens. D'après
le journal de l'imprimerie et de la librairie, rédigé par
le savant ]\1 Beuciiot, dans Tannée 1816 on a imprimé
en France 5545 ouvrages et brochures, 968 gravures
et 269 pièces de musique; dans Tannée "i 81 7 on y a
imprimé 4208 ouvrages et brochures, 1179 gravures
et 470 pièces de musique; dans Tannée 1818 le
nombre des premiers s'est élevé à 4857, celui des se-
condes à 1068, et celui des troisièmes à 441 ; dans
l'année 1819 ces nombres respectifs furent de 4558,86 r
et 445. On y publia dans Tannée qui vient de s'écouler
5499 ouvrages et brochures et 666 gravures. Tandis
que le royaume de Naples , d'après le catalogue im-
pnmé par le Giornale enciclopecUco , n'a publié que
11^ ouvrages dans Tannée 1817, ^^ Hoyaume Lom-
bardo-Vénitien, qui Tait partie de l'empire d'Autriche,
en a publié dans la même année , selon la Biblioteca
italiana, ii4o ; encore dans ce nombre ne sont pas
comprises les gravures , qui montent à plus de cent.
PSous ajouterons, d'après la même autorité, que les
seules Provinces Lombardes ont publié dans la même
année 653 ouvrages et 98 gravures. Cependant il est
bon de remarquer , poiir plus d'exactitude, que dans
les calculs relatifs à la France et au royaume d'Iialio
les nombres n'indiquent pas toujours des ouvrages ni
même des volumes, mais simplement les articles dif-
ferens qu'on y a imprimés. Ayant compté dans le
journal de la librairie de M. Beuchot , où sont indiqués
( 102 )
lous les ouvrages que l'on publie annuellement en
France , le nombre de ieiùlles correspondant à 400
articles pris au liasard dans les années 181G, 181 y,
1818, 1820 et 1821, nous avons eu pour résultats de
nos recherches 684 1 feuilles, qui donnent la quantité
moyenne de 17 feuilles par article, parmi lesquels
nous en avons remarqué un de 166 feuilles et demie
et un autre de 194, tandis que dans toutes les années
susmentionnées nous en avons trouvé plusieurs d'une
feuille, d'une demi- feuille et même d'un tiers et d'un
quart de feuille. Nous ajouterons que M. Beuchot,
que nous avons consulté sur ce sujet , nous a assuré
que les affiches, les placards des provinces, les alma-
nachs , et les autres ouvrages qu'on appelle de ville,
n'arrivant pas à Paris, ne figurent pas dans son jour-
nal , qui en recevrait une grande augmentation si ces
articles y étaient insérés..
D'après ce que nous venons de dire en parlant des
libraires en Portugal, et tout ce que nous avons dit
dans l'introduction à notre Coup d'oeil et à l'article
Typographie , on doit s'attendre que le commerce
de librairie n'est que peu de chose dans cet Etat.
N'ayant pu, pendant notre séjour à Lisbonne et à
Porto, nous procurer aucun renseignement positif sur
la valeur de ce commerce, nous nous bornerons à faire
des calculs approximatifs d'après quelques faits positifs
que nous tenons de plusieurs des principaux libraires.
Nous commencerons par évaluer le commerce des
livres étrangers.
L'époque de la réforme des études et surtout celle
de l'université pendant le mémorable ministère du
marquis de Pombal , fut aussi celle de la plus grande
activité du commerce de librairie. Des sommes très-
considérables sortirent du royaume pour former ou
compléter plusieurs bibliothèques puliliques et particu-
lières, et ce ne serait certainement pas exagérer que de
porter à 400000 francs la valeur des livres importés
( 103 )
annuellement en Porliiyal à celte e'poque. Pendant la
prennère période du rè-ne delà reine Marie cette activité
lui bien ralentie, et ce n'est que de 1 800 à 1 807 que ce
commerce reprit un nouvel essor. Les calamités que
répandirent sur le Portugal, les trois invasions f,-an-
çaises, la ruine de son commerce et le départ de la
cour pour le Brésil , et la misère générale qui en fut la
suite, réduisirent ce commerce presqu'à rien. Il faut
aussi ajouter que la diminution de ce commerce vient
en grande partie de ce que depuis long-lemps on im-
prime a Coimbra et à Lisbonne les livres classiques qui
auparavantetaientfournisparlespressesétrangères sur-
tout par celles de Venise qui les fournissaient à trés-bas
prix.yuoique les derniers événemens aient donné, avec
1 abolition de la censure, une nouvelle activité au com-
merce de librairie avec l'étranger , il est encore peu
considérable, et nous croyons que ce serait le porter
bien haut que de le faire monter à 180000 francs par
an; dans cette somme 140000 francs appartiennent
aux livres français et 40000 aux livres anglais, italiens
et d autres nations. Quoiqu'il soit beaucoup plus difii-
cile de parvenir à connaître la valeur du commerce
intérieur deslivres , nous sommes cependanten état de
1 évaluer avec assez de précision pour ne pas nous éloi-
gner beaucoup de sa valeur réelle. Par un calcul que
nous avons sous le yeux , et qui nous a été fourni par
deux des principaux libraires portugais très-instruits,
a 1 msu 1 un de l'autre , de la quantité de livres i)0rtugais
vendus annuellement par tous leslibraires de Lisbonne
Loimbia et Porto, par les typographies Royale, de
Académie des Sciences et derUniversité,ainsi qnepar
le ca.cul que nous avons faitparapproximation des jour-
naux, almanachs et calendriers, éphémérides nautiques
répertorias, catalogues commerciaux, affiches, annon-
ces, registos ( images de saints), vendus annuellement
dans les trois villes susmentionnées, oous sommes à
même d évaluer ce commerce pour tout le royaume
( lo-i )
à 1 23oooo francs. Nous nous arrêtons d'autant plus
volontiers à cette somme , que nous la voyons corres-
pondre à celle que l'on obtiendrait si l'on voulait dé-
lerniinerla valeur du commerce intérieur par la con-
naissance de celle du connnerce extérieur. En effet,
en supposant que ce dernier soit sept fois moins cop-
sidérable que l'autre , ce qui est bien loin d'être exagéré,
vu l'état actuel des choses ,1e grand nombre de journaux
et leur prix élevé, nous aurons 180000X 7 =L 260000
francs , somme presque identique avec celle que nous
avons obtenue auparavant. En réunissantces deux bran-
ches , nous aurons pour la totalité du commerce de
librairie du Portugal 1 4ioooo francs, que nous
réduirons en chiffres ronds à 1 400000 francs.
Que cette somme est modique quand on la
compare aux capitaux inmienses que met en mou-
vement le commerce de livres de certains autres
pays ! Selon un calcul très-modéré , et établi sur des
bases positives par le savant directeur de la Bibîloteca
italiana , on voit que dans le seul gouvernement de
Milan on a imprimé, en 1819. pour la valeur de
5 20o355 francs, dont -2 720610 pour des ouvrages
imporlans, la plupart publiés par souscription ;56o520
pour les livres ascétiques, de théologie et de religion,
tels que missels , bréviaires , etc. ,* 470220 pour des
almanachs, des abécédaires et de petits ouvrages élé-
mentaires à l'usage des enfans ; 499200 pour les cal-
chographies musicales de MM. Pvicordi, Artaria et
Scotii ; 5ooooo pour des calchographies de différens
objets de beaux-arts, tels qu'images de saints, caries
géographiques , etc. ,* 4^^000 pour des ordres , des
affiches, des circulaires, etc., imprimés pour le compte
du gouvernement. Sans compter les livres que Milan
reçoit de l'Ailemagne et d'autres parties intérieures de
l'Empire Auti ichlen, cette ville reçoit annuellement de
la France, de la Suisse et de l'Angleterre environ 700
caisses du poids moyen de j5o kilogrammes chaque.
( io5 )
Celle grande aclivité comnierciule est due en partie à
la mesure sage, prise par le gouvernement autrichien,
d'abolir la taxe d'un centime sur ch.uiuc (cuillo d'im-
pression dans Fintérieur, el de 5o povu- cent sur tous
les livres provenans de l'élranger, imposée par le fatal
décret du 3o novembre 1810. 11 y a quelque temps
qu'on évaluait à près de 9000000 de francs les affaires
de librairie faites annuellement à la foire de Leipzig,
qui est l'entrepôt des spéculations des principaux:
libraires de l'Allemagne. Dernièrement on estimait ù
environ 24 000000 de francs la valeur du millier d'ou-
vrages publiés chaque année en Angleterre ; cette
somme serait beaucoup plus petite si le prix des
livres, comme celui de toute autre chose, n'y était pas
si fort au-dessus de ce qu'il est dans les autres pays.
D'après les longues recherches que nous avons faites
à Paris pom" connaître la valeur approximative du com-
merce de librairie de cette ville immense, nous croyons
qu'on peut Lien l'évaluer à 19 200000 francs , non
compiis la valeur de ce qui est imprimé pour le coniptc
du gouvernement, qui monte à des sommes très-for-
tes (1). D'après les calculs approximatifsque nous avons
(1) Nous croyons indispensable de présenter à nos lecteurs les bases
dont nous avons déduit tics évaluations qui dillèrcnt tant de celles du
suYant M. Bcnoiston de t.hât. auncuf dans sa seconde édition de ses
intéressantes ^ec/^e7■c/^es sur les consommations de la ville de l'aris en
J817.
D'après les calculs approximatifs que nous avons faits sur les docu-
mens offerts par le journal de la librairie, nous avons trouvé que , tout
bien pesé , on ne peut accorder plus de 17 feuilles, terme moyen , pour
chaque article dont on y fait mention. Le nombre moyen dos articles
dans les 7 années écoulées depuis 1814 jusqucs et y compiis 1S21, est
de 4399, ou en chiffres ronds de 44oo.
Kuus avons vu qu'on peut évaluer le commerce de librairie de Paris
à trois cinquièmes de celui de toute la France, ainsi nous aurons pour
celte ville 2G40 articles par an, et 44'^'^o '^'^"i''cs 5 ou en nombres runds
45000 feuilles. Multipliant ce nombre par i5oo, parce qu'on n'imprime
presque rien à Paris au-dessous de 1000 exemplaires , et presque toujours
à i5oo, très-souvent à 2000 et quciqucfoisàS, 37 eth Sooo, nous aurons
67 5ooooo feuilles, ou en cliilTres ronds GS 00000 feuilles , qui , diviséci
( io6 )
faits aussi sur les données offertes par Je journal de la
librairie , et d'après ce que nous a dit verbalement le
par 5oo, font i36ooo rames. Cette quantité , qui est bien loin d'être
exagéiée, représentera la masse de papier employée pour l'impression
des livres et des brochures. Ayant trouvé assez exact le calcul relatif
aux journaux politiques et littéraires fait par M. de Châteauneuf nous
lavons adopté, sans y faire le moindre changement, quoiqu'il se
rapporte à l'année 1819. D'après ce savant distingué la masse de papier
employée parles 1 3 journaux quotidiens, les 38 qui ne le sont pas et les
j5 semi-périodiques monte à 5388o rames , que nous porterons à 54ooo
pour éviter les li actions. Dans une ville qui est le centre de tantcraf-
faires , et d'un commerce aussi varié qu'étendu , où il v tant de spec-
tacles et tantd'amusemens,il est impossible d'évaluer" la quantité de
papier employée pour les annonces des théâtres et d'autres spectacles
les afhches , les ventes et tout ce que l'on comprend sous le nom d'ou-
yrages de vilk , au-dessous de 8000 rames. Nous aurons en consé-
quence, pour la ville de Paris, un total général de 198000 rames que
l'on pourrait même porter en compte rond à 200000 rames. '
Cherchons maintenant la valeur de tous les livres et journaux im-
E rimes :
e prix moyen d'une rame de papierétantde 12 francs ,
nous aurons pour les 200000 rames . " 2 4ooooo fr
Pou r la composition de 85ooo feuilles à 1 2 francs chaque i 020000
Pour le tirage des 200000 rames à 5 fr. chaq_u6 ... i 000000
Pour les autres frais compris sous le nom & étoffes , le\s
que corrections, etc., et en y comprenant le gain de
l'imprimeur à 10 francs la rame, pour 200000 rames 2 oooooo-
Pour la brochure de lôoooo rames à 2 francs 5o cent, la
rame (875000) et pour la reliure de loooo rames à
38 francs la rame (38oooo) -SSooo
Pour le gain des libraires, des journalistes et des au-
teurs , en comptant, terme moyen, 3o francs la
rame sur 190000 rames. 5 320000
Total général . . 12 490000
M. de Châteauneuf n'évalue toute cette branche qu'à 7 192000 francs,
quoiqu'il estime presque le double le nombre des articles imprimés
annuellement dans la ville de Paris.
Quelque considérable que paraisse notre évaluation , elle est bien loin
d'être exagérée, puisque, d'après le nombre des presses en activité ap-
partenantes aux 80 imprimeries de Paris, il est très-probable qu'on y im-
prime pour le moins 290000 rames, ce qui obligerait à élever en pro-
portion la valeur de tous les articles du calcul susmentionné. Cependant
il est bon de remarquer que la somme considérable à laquelle nous
avons fait monter le gain des libraires est sujette à des rabais infini-
ment plus grands que les autres articles de commerce, parce que ceux-
ci conservent toujours une valeur proportionnelle au prix primitif de
leur fabrication , tandis que bien souvent les livres, les brochures et
( 107 )
savant M. Beuchot cjui en est le rédacleur , nous
croyons qu'on s'ap[)rocherait beaucoup de la vérité en
les journaux perdent plus de 9 dixièmes de leur valeur nominale,
étant Tendus aux cpicieis pour la moitié seulement du prix du papier
blanc.
En comparant les clémcos de notre calcul avec ceux du calcul fait
par M. deChàteauueuf, on voit qu'ils en diflèrent beaucoup : 10 pane
qu'il suppose qu'on imprime annuellement à Paris 3ooo volumes de 25
feuilles chaque, et 2600 brochures, tandis que M. le comte Chaptal ,
dans son savant ouvrage de l'Industrie française, tome II, pag. 197, ap-
plique ces calculs à toute la France, et tandis que nous, prenant la
mojenne des 7 ans susmentionnés , nous avons trouvé que dans toute
la France le nombre moyen des articles annuellement imprimés est de
4400 y compris les brochures ; 2° parce que , en conséquence de ce que
nous venons de dire, nous avons retranché deux cinquièmes de ces
4400 articles, comme appartenans au reste de la France, et nous n'a-
vons calculé les 2640 restans qu'à 17 feuilles chaque ; 3° parce que,
d'après les renscigncmens que nous avons pris de plusieurs impri-
meurs , et d'après notre propre expérience, nous n'avons pas pu évaluer
à moins de 49 francs la rame ce que l'impression ajoute de valeur
au papier; M. de Châteauncuf estime ceitc somme à peu près égale
à celle du prix du papier, puisque, après avoir évalué ce dernier
3 192000 francs, il ne porte la seconde qu'à 3 000000. En cela nous
nous sommes beaucoup rapproché du calcul fait par M. le comte Chap-
tal, qui, après avoir estimé 1 22681 5 francs la valeur des i235So rames
des 0090 \olumes imprimés annuellement dans toute la France, porte
à 10 S26363 francs les frais de composition, de tirage, de brochure, de
gravure et les bénéfices de rimprimcur. 4° Parce que nous avons estimé
le gain moyen du libraire et de l'auteur sur 190000 rames imprimées
à 5320000 francs, tandis que ces deux articles très-importans ne ligurcnt
point du tout dans l'évaluation de M. de Chàtcauneuf. îSous ajouterons
aussi qu ayant prié un savant très-distingué de s'informer du nombre des
presses existantes à Paris, il nous a assuré que, d'après le compte fait
par M. Hy, marchand d'ustensiles d'imprimerie, qui a dans ses mains
toute cette branche de commerce , les 80 imprimeurs de Paris , l'impri-
merie Royale et celle de la Banque, ont ensemble 1400 presses à l'usage
de l'impression en lettres, dont 1200 en bois de divers modèles et 200
à la Stanhope en fer; sur ce nombre l'imprimerie Royale seule en pos-
sède 38o.
Deux des principaux imprimeurs nous ayant assuré que les 80 typo-
graphies particulières de Paris ont au moins 58o presses en acti\ité
qui tirent pour le moins 800 rames par jour , nous aurons 29^000
rames par an. Cette grande quantité de papier , qui serait imj>riiuée
dapièsce calcul, qui a été fait par des personnes parfaitement in-
struites de ces matières , est une nouvelle preuve que nos évaluations
sont bien loin d'être exagérées. Nous croyons même que ion pourrait
porter sans aucun scrupule les 12 49^000 francs à i5 000000 pour avoir
des résultats plus approchans de la somme représentant cette branche
de commerce f.e la ville de Paris.
( ïo8 )
évaluant le commerce de la librairie de toute la France
à environ 24 000000 francs, de manière que Paris seul
en ferait les trois cinquièmes pour la quantité , et
presque les quatre cinquièmes pour la valeur, à cause
du genre des ouvrages qu'on y imprime, dont un
grand nombre ont des prix infiniment supérieurs à
ceux que l'on publie dans les villes de province. Dans
ce calcul n'est pas comprise la valeur des contrefaçons
qui l'augmenterait de beaucoup.
APERÇU SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET SUR QUELQUES
ÉTABLISSEMENS LITTÉRAIRES DES PRINCIPAUX ÉTATS
DE L EUROPE,
Pour servir de point de comparaison entre ces Etats et le royaume
de Portugal.
D'après tout ce que nous venons d'exposer dans les
deux derniers chapitres , on voit que le Portugal est
bien loin d'être, sous le rapport littéraire, aussi ar-
Nous venons de voir que la seule branche des journaux , des livres ,
des afliches et annonces, sans comprendre tout ce qui s'imprime pour
le compte du gouvernement , monte à i5 ooocoo fr.
Maintenant, en suivant les calculs de M. de CM-
teauneiif, nous aurons les sommes suivantes à
ajouter :
Pour la consommation du papier à écrire en y com-
prenant celui des registres, des porte-feuilles, car-
tons, plumes, ccritoires, cire, pains à cacheter,
canifs, couteaux d'ivoire , ctc i aooooo
Pour la valeur de l'industrie des 4oo graveurs et des
100 imprimeurs en taille-douce 2 oooooo
Pour la valeur de l'industrie des 200 marchands
d'estampes, environ i oooooo
Total général. . 19 2000000
Sans compter les cartes ù jouer , dont le commerce appartient au
gouvernement, on pourrait ajouter 1 600000 ou i Suoooo francs pour la
valeur du commerce des papiers peints ou de tenture , et une somme
assez considérable pour les 400 pièces de musique imprimées annuelle-
ment à Paris, et qui ne sont pas comprises dans les calculs susmen-
tionnés.
( lOQ )
riérë que !e prétendent ceux qui l'ont décrit. II n'est
presque pas d'élablissemens d'instruction publique dont
il soit absolument piivé , cl los Portugais trouvent chez
eux tous les élémens nécessaires pour apprendre toutes
les sciences et tous les arts. C'est seulement sous le
rapport de l'importance et de la perfection relatives
de ces institutions que le Portugal est inférieur à la
plupart des Etats de l'Europe. I^es efforts constans du
célèbre marquis de Pombal pour éclairer la nation
produisirent des résultats heureux , mais ceux qui lui
succédèrent ne suivirent pas ses plans avec la même
ardeur. Les progrès que Ion voulut faire faire aux
sciences sous le règne de Marie , pendant la ré'^ence
et sous le règne de son auguste fils , quoique dîri^^és
dans le même sens, tendirent plutôt à donner a la. '
nation des savans distingués ou de bons artistes, qu'à
répandre dans sa masse une instruction générale. C'était
les écoles populaires qu'il fallait non-seulement sou-
mettre à une meilleure méthode, mais dont il fallait
encore augmenter de beaucoup le nombre pour at-
teindre un tel but. Ceci explique pourquoi le Porlu'^al
et l'Espagne , après avoir fah d'aussi grands progrès
sous le rapport de l'instruction individuelle, sont ^de-
meurés si en arrière des autres Etats sous celui de
1 instruction générale du peuple.
En faisant ie total du nombre des écoliers et des
élèves des diflérens élabHssemens d'instruction pu-
bliqiie du Portugal , nous trouvons que ce royaume ,
en 1820, ne comptait guère plus de Sgooo écoliers
sur une population de 5 iSoooo babitans. Dans ce
nombre ne sont pas compris tous ceux qui sont instruits
par des maîtres particuliers aux frais de leurs parens,
parce que nous n'aurions eu aucun moyen de les con-
naître, et parce qu'en Portugal, comme dans presque
tous les aiurespays de l'Europe, ce nombre est peu
considérable. D'ailleurs, devant comparer cet Etat aux
autres, il faut exclure des élémens qui n'entreraient pas
(ilo)
dans les calculs comparatifs que nous allons ofTrir.
Quoique 59000 écoliers soient très-peu de chose rela-
tivement à une population de 3 i5oooo liabiians, c'est
toujom^s beaucoup lorsqu'on compare ce nombre avec
celui des élèves qui fréquentaient annuellement les
élablissemens d'instruction publique avant la réforme
des études. D'ailleurs nous savons de bonne part que
même en 1787 on ne comptait pas 10000 écoliers dans
tout le royaume.
Quel contraste n'offrent pas presque tous les Etats
de l'Allemagne , considérés sous le rapport de l'in-
struction de la masse générale de leurs habitans! Parmi
la foule d'exemples que nous pourrions oflrir à nos
lecteurs , nous préférons choisir ceux que nous allons
citer dans les provinces allemandes de l'empire d'Au-
triche , parce que l'état de l'instruction du peuple de
ces provinces est presque généralement ignoré chez les
nations méridionales et occidentales de l'Europe , où
l'on a les idées les plus fausses sur cet objet- et parce
que, étant appuyés sur des faits ofiiciels, ils ne peuvent
être révoqués en doute.
En 181 1 la Bohème avait des écoles dans 10609 en-
droits ; et 1073 hameaux ou villages seulement en
manquaient; sur 357647 enfans en âge d'être instruits,
284721 ont fréquenté les écoles.
Le gouvernement de Moravie et Silésie, en 1811,
n'avait que 66 endroits seulement qui manquassent en-
core d'écoles ; sur 197675 enfans susceptibles d'in-
struction , 149482 les avaient fréquentées.
La Basse-Autriche, en 181 1, comptait 4479 ^^~
droits pourvus d'écoles, et 106 seulement en man-
quaient encore; sur 1 1 1 191 enfans en âge d'apprendre,
101922 les avaient fréquentées.
La Haute- Autriche, en i8n (i), comptait 2964
(1) La Haute Au Liiche en 1811 n'avait que 425oo habitans, à cause
de la soustraction des provinces qui en avaient été détachées par le
traité de Vienne, et qui appartenaient alors au royaume de Bavière.
(.n)
endroits pourvus d'écoles , pas un seul n'en manquait ;
sur 4o553 enfans susceptibles d'instruction , 32787
l'avaient reçue.
En 1 8 1 1 la Slyrie , y compris le cercle de Klagenfurt ,
qui maintenant fait de nouveau partie de la Carin-
ihie, comptait 2600 endroits pourvus d^écoles , avec
45026 enfans susceptibles d'instruction , et 4o68 en-
droits manquans d'écoles, avec 4io42 enfans en état
d'être instruits ,• dans la même année 67754 écoliers
ont fréquenté les écoles. L'instruction publique a fait
de grands progrès depuis celte époque , grâce aux
soins bienfaisans du gouvernement ; et Je cercle de
Gràlz, en i8i5, sur une population d'environ 286000
habilans , comptait 52000 écoliers ; encore dans ce
nombre ne sont pas compris les étudians du gymnase
et du lycée, qui sont au nombre de plusieurs centaines.
Ces résultats consolans pour le pliilantlirope , qui
voit les progrès rapides de l'instruction publique dans
toutes les provinces de ce puissant empire seconder les
vues bienfaisantes de l'auguste monarque qui le gou-
verne , sont dus en grande partie au plan excellent des
écoles primaires imaginé par l'abbé Felbiger; plan qui
fut adopté pour la première fois en 1775, et ensuite
perfectionné par le respectable ecclésiastique Kinder-
mann dans son village, et depuis si puissamment en-
couragé par l'immortelle Marie Thérèse et par son
auguste fJs Joseph II. Ce grand prince, qui est le
véritable restaurateur de l'empire d'Autriche , auquel
il a donné tant d'utiles élablissemens, et qui a été le
créateur de son industrie et de son commerce, devenus
ensuite si Ilorissans sous le monarque qui règne aujour-
d'hui , régla d'après un plan uniforme les nombreux
établissemens d'instruction publique dont il enrichit
ses peuples , et eut le plaisir d'en voir les plus beaux
résultats. Au moment de l'institution des écoles pri-
maires en Bohème, sur 200000 enfans susceptibles
de recevoir de l'éducation , il n'y en avait que 1 4ooo
( I I 2 )
cjul en reçiisseni effeclivemcni ; en 1789 on en comp-
tait déjà j 58767 sur 25oooo. C'est aussi à ces insti-
tutions précieuses qu'est due en i^rynde partie la supé-
riorité morale de celle province sur bcaucouj) d'autres,
supérioiité conslalée par Je relevé des crimes commis
dans les diverses parties de l'empire d'Autriche. Nous
croyons que nos lecteurs agréeront un court a[)ercu
du plan uniforme d'après lequel la jeunesse est instruite
dans cet empire , qui sous ce rapport comme sous
bien d'autres offre des instiuilions qui mériteraient
d'être adopiées ailleurs , et qu'on ne connaît guère en
Italie , en Espagne et en d'antres contrées de l'Europe.
Tous les établisseraeiis d'instruction pitblique , à
quelques petites dilférences près , se partagent dans
tout I'empire d'Autriche de la manière suivante :
1°. £^co/<?.9popz^/<3ire.s' (Volksschulen), subdivi-
sées en :
Ecoles élémentaires (Triviaîscluden ou Elementar—
scbulen) pour toute sorte d'individus; elles se trouvent
dans tous les endroits où il y a une paroisse ; on y
enseigne à hre et à écrire.
£^00/^5 pr/f/zczp«/e.s( Hauplsclmîen ), divisées en
trois classes et destinées à instruire les jeunes gens
qui s'adonnent aux arts et métiers , au commerce en
petit , o!i qui veulent faire les études préparatoires
pour les Ecoles moyennes (Mittelschulen); ces écoles
sont établies dans plusieiu's villes et bourgs. D'après
l'Aîmanach de la cour, il y en a i5 dans la Basse-
Autriche, dont 6 à Vienne ; 56 dans le royaume de
Bohème, dont 1 à Prague. Ces écoles ont depuis deux
jusqu'à quatre maîtres.
Écoles 7zor^'z«/e5(]Nonïial-FIaupischulen oz^Haupt-
musierschuîen), divisées en quatre cksses; elles ont de
cinq jusqu'à onze maîtres, et se trouvent ordinairement
dans les chefs-lieux des provinces. 11 y en a une à
Vienne avec onze maîtres , une à Linz avec six , une
à Grâtz avec neuf, une à ivlagenfurt avec dix , mie à
( ii5 )
Prague avec cinq , uneà Brdnn avec cinq, une à I.om-
berg avec Imit, une à Zara avec sept , une à Laibacli ,
une à Milan, etc.
Ecoles royales ou bourgeoises (Real oder Bùiger-
schulen) , divisées en trois classes, destinées à l'instruc-
tion de ceux qui se vouent aux beaux - arts , au
commerce en grand , au change , à la comptabilité et
aux emplois publics. Ces écoles ont de douze à quatorze
maîtres. Il y en a à Vi(*nne , à Lemberg et à Trieste.
On fait dans celle de \ienne les cours préparatoires
pour suivre ceux de l'institut polytechnique : douze
maîtres y enseignent l'histoire et la géographie , la
granmiaire et le style des affaires , les mathématiques
élémentaires, l'histoire nalurelle, les langues italienne,
française, bohémienne , latine et anglaise, la caUigra-î
phie , le dessin appliqué aux manufactures , et le des-
sin géométrique et architcctonique. On enseigne aussi
la navigation dans celle de Trieste , qui a douze
maîtres.
Ecoles rZe5j^//^5(Mâdchenschulen), qui y sont de
deux espèces : écoles populaires (Trivialschulen) , où
les fdles sont instruites pèie-mêle avec les garçons;
écoles pour les filles de condition élevée (Schulen fiir
Tôchler der gebildeten Stânde) , où les demoiselles
sont instruites séparément ; ces dernières se trouvent
dans les tàlles les plus considérables , et dans cette
classe sont aussi comprises les maisons d^éducation
dans les couvens , la fabrique de dentelle de Prague
(Spilzenanslalt in Prag ) , et autres semblables.
Ecoles d'industrie* {l\\à\is\.TÏe-sc\\\ûcn) , où l'on
enseigne différens méliefs.
Ecoles de dimanoi^e et des jours de fête ( Sonrt-
und-feiertagsschulen ) , destinées particulièrement à
l'instruction des apprentis parmiles artisans etles mar-
chands.
Toutes ces écoles dans les provinces hongroises sont
n. 8
divisées en National ou Trivial, ot Normal ou Mus-
terschuleji.
1°. Ecoles supè rieures générale s (Gelehrl«
allgemeinc Scliiilon ) , dislrngiiëes en :
Gymnases nu écoles de grammaire ( Gymnaslen ou
Gramniaîicalschulen) , qui se trouvent ordinairement
dans les cliers-lieuxdes cercles, et ont presque ious sept
professeurs, dont deux enseignent les humanités,
quatre la grammaire , et un les'principes de la religion.
On y enseigne à peu près ce qu'on enseigne dans les
collèges communaux en France. L'empire d'Autriche
en compte actuellement 197, savoif : 8 dans la basse
Autriche , dont 5 à Vienne ; 5 dans la haute Au-
triche, 7 dans iaSty rie , 26 dans le royaume de Bohème,
dont 5 à Prague; 12 en Moravie, i5 en Galice, dont
2, à Leraberg; 10 dans les Provinces Lombardes , dont
2 à Milan; 16 dans les Provinces Vénitiennes , dont 5
à Venise , 5 à Vérone et 2 à Padoue ; 5 en Dalmatie ,
7 dans le Tyrol, 10 dans le royaume d Illyrie, et 80
dans le royaume de Hongrie et de Transylvanie : ceux
des plus grandes villes de la Hongrie ont le titre dV/r-
chigymnases.
Ecoles moyennes (Mitteischulen), qui sont l'inter-
médiaire des gymnases et des univeisités. Dans celte
classe sont compris les instituts philosophiques , les
académies d'enseignement, le Thercsianum^ Vienne,
plusieurs collèges du royaume Lombardo-Vénilien ,
et les lycées.
Les Instituts philosophiques (Phiiosophi.sche siu-
dienanstalten) sont des éiablissemens qui ont ordi-
nairement cinq professeurs chargés d'enseigner la phi-
losophie théorique et pratique, La religion et la langue
grecque , les mathématiques et l'histoire. Il y en a
12, savoir: deuxà Vienne, dontcelui quiest connusous
le nom de Lôwenburgisches a quatorze professeurs ,
et un à Seitenstelten, un à Rrems, un à Briix, un à Bud-
weis , un à Leitomeschel , un à Pilsen, qui a quatre
l lia ;
professeurs ; un à Biùnn, un àNikolsburg, un à Czer-
nowilz, qui a huit professeurs, cl un à Przemysl.
Les Académies d'enseignement (Gelehrte Akade-
niien) ne se trouvent qu'en Hongrie, et sont de
petites luiiversités qui ont des facultés de droit avec
quatre professeurs , et de philosophie avec cinq ; ces
Académies sont celles d'Agram , de Caschau, de
Presburg , de Raab et de Gross-^Vardein.
Le Theresianmn de \ ienne est un superbe établis-
sement où un grand nombre d'enlans sont entretenus
et élevés partie aux frais de l'Etat , et partie à ceux de
leurs parcns. Quarante-neuf professeurs et maîtres y
enseignent la grammaire, les humanités , le droit , la \
philosophie , les langues , et les littératures française , ^
italienne, bohémienne et hongroise; les beaux-arts, la
danse , Tescrime et l'équitation.
Le Royaume Lombardo-Vénilien ne compte pas
moins de 52 collèges approuvés par le gouvernement,
dont 24 de garçons et 28 de filles. Quelques-uns de
ces élablissemens correspondent , par les cours qu'on
y suit , aux collèges royaux de France.
Les Lycées se trouvent dans les principales villes de
l'empire , et possèdent tous une bibliothèque avec un
bibliothécaire ,' mais ils diffèrent beaucoup entre eux
sous le rapport des cours qu'on y suit et du nombre de
leurs professeurs. 11 nous semble qu'on pourrait les
distinguer en deux classes , savoir : Lycées du pre-
mier ordre , qui ont de trois à quatre facultés , et qui ,
parle nombre des professeurs et par celui des éludians,
non-seulement peuvent être comparés aux universités
des autres Etats, mais qui, sous ces deux rapports, leur
sont même supérieurs (i). Il faut comprendre dans
(i) L'université de Cambridge a dix-sept professeurs , celle de Saint-
Andrew , treize j de Glascow , dix-sept; d'Utrecht , dix-neuf; de
Charkow , vingt-cinq ; de Christiania et de Kasan dix-huit ; de Lund ,
vingt-deux; d'Abo,vingt-quatic; deRostock, vingt-quatre; de Gicssen ,
( "6)
celle classe le lycée de Linz , qui a dix-neuf profes-
seurs , dont six pour la lliéoloi^ie , cinq pour la phi-
losophie, deux pour la chirurgie, et six autres pour les
langues française et italienne , le dessin^ la danse , etc.;
le lycée de Salzburg , qui a seize professeurs , dont
cinq pour la théologie , six pour la philosophie et
cinq pour la médecine et la chirurgie j le lycée de
Grâlz , qui a vingt-cinq professeurs , dont six pour le
droit , cinq pour la médecine et la chirurgie , six pour
la théologie et huit pour la philosophie; le licée de Kla-
genfart, qui a dix-neuf professeurs , dont six pour la
théologie , six pour la médecineet la chirurgie , et
sept pour la philosophie ; le lycée d'Olmiitz , qui en
a vingt-six , dont six pour la théologie , cinq pour le
droit , six pour la médecine et la chirurgie , et neuf
pour la philosophie; le lycée de Laihach , qui en a
vingt et un , dont huit pour la théologie , cinq pour la
médecine et huit pour la philosophie ; le lycée d'Inns-
bruck , qui en a vingt - sept , dont sept pour la
théologie , cinq pour la médecine , cinq pour le
droit , et dix pour la philosophie ; le lycée de Rlau-
senburg , qui en a quinze , dont quatre pour le droit,
cinq pour la chirurgie et six pour la philosophie.
Les lycées du second ordre comprennent tous ceux
qui n'ont qu'une ou deux facultés. On suit des cour^
philosophiques dans tous ces étabiissemens , qui diffè-
rent beaucoup les uns des autres, tant sous le rapport
de la méthode d'enseignement que sous celui du
nombre des professeurs. Les lycées du royaume Lom-
bardo- Vénitien sont , à quelques cliangemens près , ce
qu'ils étaient sous l'ancien régime ; ils ont de huit à
neuf professeurs qui enseignent les malhématiques , la
Tingt-trois , etc. Le lycée d'Olmiitz comptait ^54 étudians en 1817.
Koiis remarquerons aussi que le gyjnnase réformé de Saros-Patak
avait 1241 étudians en 1808 j que le collège réformé de Klausenburg
en Transilvanie avait 564 étudians en 1820 , que celui de Debreczin
eu avait 620 en 1818, et le gymnase royal de Pest 749 en 1819.
(»7)
philosophie théorique et pratique ; le dessin , l'hisloîre;
la religion , l'iiistoire naturelle , l'allemand ei la litté-
rature allemande , la littérature latine et la philologie
grecque. Il y en a deux à IMilan et un à Bcrgame ,
Brescia, Mantoue, Crémone, Como, Venise , Vérone,
Vicence et Udine. Dans la basse Autriche , il y en a
un à Rremsmiînsler avec sept professeurs ; et dans la
Hongrie un à Erlau , qui dépend de l'archevêque , où
neuf professeurs enseignent le droit et la philosophie.
On doit aussi comprendre dans cette classe le lycée
kithérien de Kesmark, le lycée grec de Karlowitz , le
collège luthérien d'Eperics , les sept collèges réformés
à Debreczin, Papa, Saios-Patak , Nagy-Enyed, Klau-
senburg , Maros-Vasarhely et Udvarhely , le collège
grec-uni à Rlausenhurg , l'école arménienne à Lem-
berg , le collège arménien à Venise , etc. etc. etc.
Unwersités (Universitâten). Il n'y en a que six dans
tout l'empire , mais toutes se distinguent parle nombre
des professeurs et par leurs ètablisseraens accessoires,
tels que bibliothèques , cabinets de physique et d'hi-
stoire naturelle , observatoires , etc. Ces universitéssont :
celle de Vienne , qui a cinquante et un professeurs
titulaires (ordentlichen) , et dix-huit agrégés (adjunk-
ten et assistenten ) : trois professeurs appartiennent à
l'école vétérinaire, qui est censée faire partie de l'uni-
versité; celle de Prague , qui a cinquante-quatre pro-
fesseurs titulaires ; celle de Pest , qui a quarante-iiuit
professeurs titulaires et plusieurs agrégés; celle de
Padoue , qui a quarante-cinq professeurs titulaires et
douze agrégés; celle dePavie, quia quarante professeurs
titulaires et sept agrégés = il y a en outre dans celte uni-
versité des chaires particulières pour l'instruction des
jeunes gens qui se destinent à devenir ingénieurs ,
architectes et arpenteurs; celle de Lemberg a trente et
un professeurs titulaires.
'^".Ecolesspèciales (Besondere Lehranstalten).
A cette classe appartiennent l'Académie médico-chi-
(ii3)
lurgicale Joséphine (Medizinischchirui^nsch Josephs-
academie) , et 1 Insliliil vétérinaire-niililaire (inililair-
Thierarznei-instiuu), à Vienne ; les écoles vétérinaires à
Pest (annexée àrimiversité)elà Milan, plusieurs écoles
spéciales de médecine dans le royaume Lomhardo-
Vénitien , l'institut de sages-femmes à Czernowitz.
L'académie des ingénieurs et celle des arcliers
(Arciercn) de la garde du corps à Vienne, l'académie
militaire et l'institut militaire d'équitation à Wiener-
Neustadt , l'académie militaire à Milan , l'académie
de Loudovic ( Ludoviceische académie ) à Waitzen
en Hongrie , plusieurs écoles attachées aux régimens
(Pvegiments-erziehungshaiiser).
L'académie des langues orientales, avec sept pro-
fesseurs et l'institut d'instruction supérieure pour les
prêtres séculiers (die liôhereBildungsanstalt fur Welt-
priester) à Vienne ; l'école spéciale pour la langue
grecque à Milan ; l'académie des raines à Schemnilz ,
avec quatre professeurs ; l'institut d'agriculture théori-
que , pratique et économique du comte Festetics de
TolnaàKessthely (theorelisch-praktisch-ôkônomische
Institut Georgicon) , avec huit professeurs ; les écoles
des forêts à Mariabrunn , avec trois professeurs, à
Budvveisetà Goldenkron; l'école d'économie rurale à
Hungrisch-Altenburg , avec huit professeurs ; Tinsti-
lut polytechnique à \ienne (i) ; l'institut technologi-
que à Prague, avec quatre professeurs; l'école de
(i) Ce superbe établissement, que S. M. l'empereur François P"^
vient cVétablir à Vienne pour former des fabricans et des négocians
instruits , capables d'honorer TEtat et de l'enrichir , est composé de
l'école royale (voyez à la page 1 13) où les élèves font les études prépa-
ratoires , et de deux facultés de technologie et de commerce. Dans la
première ( technische- dbtheilung ) neuf professeurs et 6 suppléans en-
seignent le calcul intégral et dillcrcntiel , la physique, la mécanique,
la technologie , la chimie appliquée aux arts , la géométrie pratique ,
l'architecture civile et hydraulique et les mathématiques élémentaires.
Dans la seconde (commcrcial-ablheilung) trois professeurs enseignent
la science du commerce , le stjlc des afiaires commerciales , et Tar^
de connaître les marchandises.
chimie appliquée aux arts à Milan j Técole de naviga-
tion à Triesle , annexée à l'éflole royale de celle ville;
l'académie des beaux-arls réunis (vereinigten bilden-
den Kiinste) à Vienne avec seize professeurs qui ensei-
gnent la peinture, la sculpture , la gravure et la mosaï-
que , et trois autres qui enseignent raichiteciure ,
trois qui enseignent l'incision des pierres (gravierkunst),
et deux l'application des arts aux manufactures ; l'aca-
démie des beaux-arts à Milan avec dix professeurs > y
compris celui de l'académie de mosaïque ; l'académie
des beaux-arls à Venise ^ avec six professeurs ; le Joan-
/zez^m (Stândisclies Joanneum) àGrâtz, superbe établis-
sement qui possède un jardin botanique , créé par 8ou
Altesse Impériale l'arcliiduc Jean ; neuf professeurs y
enseignent la botanique , la chimie , la zoologie , la
minéralogie , le dessin , les langues française et
italienne , réquitatiori , la danse et l'escrime; les con-
servatoires de musique à Milan, Prague , Vienne, eic;
un grand nombre de séminaires et aluninats des arche-
vêques et évêques ; plusieurs insniuls d éducation à
Vienne, Prague, Waitzen, Milan, etc. ; l'institut d»s
aveugles à Vienne , Prague et Linz ; l'institut des sourds
et muets à Vienne, Prague et Waitzen; beaucoup de
maisons d'orphelins; sans compter un grémd nombre
d'autres instiluts purement littéraires, tels que l'aca-
démie des sciences de Prague , la société d histoire
naturelle et de géographie de Moravie et Silésie (Natur
und Landesliunde); d^agriculture de Vienne, etc., etc.
L'instruction publique est très-bien organisée dans
toute la MoNAKCHiEPjRLSSiEN-NE.etles proyincesdecet
Etat puissant, comprises entre le Weser.et l'Oder,
présentent un des peuples de l'Europe dont la masse est
la plus instruite. Cela est dû au grand nombre d écoles
élémentaires. Le seul gouvernement de Magdebourg,
cniBiy, avec 47201 2 habitans, ne comptait pas moins
de io56 écoles éiémeiilaires , dans lesquciies 1120
( 120 )
maîtres enseignaient à 66944 écoliers. Les Gelehrte
schulen , qu'on peut CQiiside'rer comme des lycées ^
sont aussi très-nombreuses. D'après la nouvelle orga-
nisation la province de la Prusse orientale en a i4;
celle de la Prusse occidentale 10; celle de Posen 5; celle
de Poméranie 9 ; celle de Brandenlmrg ^5 ; celle de
Silésie 20; celle de Saxe 5i: celle de Westphalie 16;
celle du Bas-Rhin i4; celle de Cleves-Berg 11.
Beaucoup d'autres Etats de FAllemagive offrent des
faits non moins favorables sous le rapport de l'in-
struction publique- Nous nous bornerons à en citer
quelques exemples :
Le duché de Nassau, avec une population de ^02769
habitans, comptait naguère 826 écoles populaires fré-
quentées par 65ooo enfans.
L'instruction publique a fait des progrès rapides dans
le royaume de Bavière , grâces au sage monarque au-
quel cet Etat doit son agrandissement et tant d'utiles
institutions. Ce royaume comptait ? il y a peu de temps ,
plus de 5ooo écoles populaires, 19 gymnases, 7 lycées
«t 5 universités, savoir : à Landshut, Wiirzburg et
Erlangen, outre beaucoup d'autres écoles spéciales
et d'instituts littéraires plus ou moins considérables.
La ville de Munich, avec une population d'environ
66000 habitans sédentaires, comptait en 1820 près
de gooo écoliers dans ses différens étabiissemens
d'instruction publique.
Le grand-duché de Baden , qui ne compte qu'un
million d'habitans, a 2 universités, celles de Heidel-
berg et de Freyburg ; 4 lycées, établis à Constance,
Biklen, Carlsruhe et Mannheim^ 10 gymnases, àUber-
lingen , Villingen , Freyburg , Ofl'enburg , Rastadt ,
Bruchsal, Heidelberg, Wertheim, etc.; 8 écoles nor-
males (pedagogien), destinées à former des professeurs;
7 écoles latines j en outre l'académie de commerce à
Mannheim, l'institut des sourds et muets., l'école des
forêts , l'école d'architecture et celle de dessin pour
( 1" )
objets de commerce à Carlsrulie, le séminaire lliéolo-
filque pour les curés catholiques à Merseburg, le sé-
minaire pour les curés prolestans à Carlsruhe , les
séminaires pour former les professeurs (Landsschul-
lehrer seminarien) à Heidelberg et Carlsruhe.
L'Archipel BritAN.mque offre sous le rapport de
l'instruction de la masse générale de ses habilans les
imances les plus disparates. Tandis que FEcosse, grâces
aux sages dispositions prises par sonancienparlemeiit ,
qui décréta desfonds permanens pour renircticndes éco-
les dans chaque paroisse^ compte autant d'écoliers qu'il
y a d'enfans susceptibles d'instruction, l'Angleterre,
selon M. Brougham, en comptait naguère 45oooo qui
ne suivaient point les écoles; et l'Irlande , avec une po-
pulation de près de sept millions d'habitans , ne comp-
tait guère, en 1820, plus de 80000 enfans qui appris-
sent à lire et à écrire. La ville même de Londres, il n'y
a pas plus de deux ans , comptait 4oooo enfans qui ne
recevaient point d'instruction. Les efforts philanthro-
piques de plusieurs sociétés ont tellement amélioré
cet état de .choses que dans la seule Angleterre, y
compris la principauté de Galles, il y avait, selon le
rapport du i*"" mai 1820, 57582 écoles de toute es-
pèce, dans lesquelles sont élevés 1 671572 enfans des
deux sexes. Dans ce nombre 18276 sont des écoles
primaires. Sur i4ig2 , qui sont appelées écoles du
commerce, 8575 sont destinées aux jeunes filles. On
enseigne le catéchisme de l'église anglicanedans 22571
écoles. Les systèmes de Bell et de Lancaster ont été
plus ou moins adoptés dans i4ii écoles; la méthode
d'interrogation sans réponse, inventée par M. Philips ,
est en usage dans 5672 ; et le système de l'analyse orale
de Pestalozzi est suivi dans 7 écoles. La langue française
fait partie de l'enseignement dans 7620, et les langues
mortes dans 5027. Le nombre de personnes employées
a l'éducation en qualité d'instituteurs, d'institutrices.
( 122)
tle sotis-maîtres, sous-maîtresses, etc., et de précep-
teurs particuliers, s'élève à 5633o. Ce nombre paraît
s'être beaucoup augmenté dans les deux années qui
viennent de s'écouler , car il résulte du rapport lu
dans la séance de la société des écoles du dimanche
à Londres _, du 27 mai dernier, que dans celle seule
ville on compte 662 écoles de celte espèce, compo-
sées de 555g8 élèves , et dirigées par 4908 maîtres
et maîtresses , dont les fonctions sont gratuites ; et
que dans la Grande-Bretagne et dans l'Irlande 700000
enfans au moins reçoivent les bienfaits de l'instruc-
tion dans environ 6000 écoles , déplus de 5oooo maî-
tres et maîtresses qui s'occupent gratuitement tous les
dimanches des intérêts temporels et spirituels de leurs
élèves. Pour donner une idée de la manière dont l'art
de l'enseignement est rétribué en Angleterre , nous
ajouterons un seul fait tiré de l'histoire des collèges de
Winchester, Eton et Weslminster,écrite depuis peu par
Ackermann ; c'est que le directeur du collège d'Eton
près deWindsor aSoOoliv.ster. (76000 francs) de trai-
tement; qu'en 1817 le nombre des élèves de ce col-
lège montait à 620, et que chacun payait. 200 liv. ster,
(5ooo francs) par an.
L'ancien ROYAUME de HoLLA^ de doit aux efforts de
sa Société du Bien public l'état florissant dans lequel
s'y trouve l'instruction élémentaire, qui avant 1784 y
était très-négligée. Dans l'espace de cinq ans cette
société avait étendu son influence bienfaisante jusqu'au
cap de Bonne-Espérance, et comptait déjà 7000 mem-
bres. A celte même époque (1789) ce petit royaume
comptait 445 1 écoles et 190000 écoliers, sur ime po-
pulation qui n'arrivait pas alors à deux millions. Les pro-
vinces nouvellement agrégées , qui avec les anciennes
forment le royaume des Pays-Bas , sont loin d'offrir
des résultats si satisfaisans. On y trouvait encore en
1817 certains cantons où sur 60 habitans on en irouvaii
( '25 )
à peine un seul qui sut lire et écrne. L'eiicoura^enient
flonn.é par le roi actuel et par ses ministres à cette
branche injportanle de î'adininistraiion a lait faire des
pro£,'rès étonnans. Le Hainaut , qui en 1817 ne comp-
tait pas même Soooo écoliers , en avait au-delà de
60000 en 1820.
On peut dire qu'en général le peuple de la Suisse
est un des plus instruits de l'Europe , puisque il y a
presque autant d'écoliers qu'il y a d'enfans en âge
d'apprendre. Le petit canton de Vaud avait en 1820,
selon la Revue encyclopédique, 65c) écoles fréquentées
par 1^9000 enfans; et cependant sa population, qu'on
évalue à 160000 âmes, pourrait bien n'être que de
i5oooo selon Hassel, de 1 4621 5 selon d'autres, et même
au-dessous de ce nombre selon X Helvestischer ka~
lender de 181 5.
Le petit KOYAUME DE Danemarcr ne compte pas
moins de 5ooo écoles de village , plusieurs écoles supé-
rieures et gymnases, 10 écoles nonuales (Scliullehrer-
seminarien), oi^i, en 1816, 280 élèves se formaient dans
l'art de l'enseignement , et 2 belles universités à Kiel et a
Copenhague. 11 y avait dans cette dernière ville en 1816
114 écoles, outre plusieurs établissemens superbes
pour l'instruction spéciale.
Quoique la population, l'industrie, le commerce et
les Ibrces militaires de la Russie aient fait des progrès
immenses depuis Pierre-le-Grand jusqu'à la fin du
siècle dernier, on doit avouer que les progrès de l'in-
struction de la masse générale de ses liabitans ont été
bien peu considérables, et hors de toute proportion
avec les précédens. 11 était réservé à un monarque
magnanime et philosophe, à l'empereur Alexandre,
d'ajouter aux titres de gloire de Pierre et de Catherine,
celui d'être le véritable créateur de la civilisation de
tant de peuples différens soumis à son sceptre, par la
( 124 )
iimhiplicalion d'élablissemens savamment organiser
pour répandre les lumières dans toutes les classes de la
nation. La création des universités de Dorpat, deWilna,
de Kasan, de Charkow et de Péiersl)Ourgj la restau-
ration de celles de Moscou etd'Abo; la construction des
observatoires d'Abo et de Nicolajew; l'acquisition
d herbiers rares, de collections précieuses de minéra-
logie et de zoologie ; la création du lycée d'Odessa ,
de l'école de clinique de Moscou, et d'autres établis-
semens non moins utiles en différentes villes; celle des
gymnases ou collèges dans toutes les capitales des
gouvernemens de l'empire , et des écoles dans les
clief-lieux de tous les cercles; la protection accordée
à 1 enseignement mutuel qui convient à la Russie plus
qu à tout autre Etat, et son introduction puissamment
l'avorisée dans tout l'empire; l'organisation et la mul-
tiplication des écoles ecclésiasliques sur un plan uni-
forme et plus vaste que l'ancien; plus de 12000 élèves
nourris et instruits aux frais de l'État, et les honneurs
et les grâces accordés aux savans nationaux et étran-
gers , sont autant de preuves incontestables de l'em-
pressement que met ce grand prince à propager les
lumières, et à justifier le titre glorieux que l'admiration
de tous les savans de l'Europe lui a donné, de X Au-
guste du Nord. Tant de soins et tant d'efforts ont été
couronnés du plus grand succès, et dans le court espace
de temps qui s'est écoulé depuis le commencement
de son règne glorieux la littérature russe est sortie de
l'état d'enl'ance ou elle se trouvait , et les lumières ont
commencé à se répandre rapidement jusque dans les
dernières classes du peuple. Les typographies , les
fonderies de caractères, les librairies , les cabinets de
lecture , les journaux politiques et littéraires se sont
multipliés dans une proportion très-rapide; un grand
nombre de sociétés savantes se sont formées dans les
villes principales de l'empire ; et la littérature russe ,
si pauvre encore en auteurs et en ouvrages sous le
icgne précédent , complait deriiicrejuent 5:")0 auteurs
vivans et plus de 8000 ouvrages (i).
L'instruction publique dans l'empire russe j)eut être
partagée en trois branches distinctes, savoir : l'instruc-
tion séculière , l'instruction ecclésiastique et l'instruc-
tion spéciale. La première commence dans les écoles
de paroisse , continue dans celles établies dans chaque
chef-lieu de cercle et dans les gymnases et les lycées,
et se complète dans les universiiés. Dans l'année 181 5
les universités de Dorpat , de Wilna , de Charkow ,
de Kasan et de Moscou comptaient i552 étudians , et
selon M. Slein les étudians des gymnases et des écoles
de cercle et de paroisses montaient à 41712. L'instruc-
tion ecclésiastique , qui est entièrement séparée de
l'instruction séculière, commence dans les 18 écoles
inférieures où 80 maîtres enseignent la langue russe ,
(i) Voici quelques faits qui viennent à l'appui de notre assertion.
Avant 1800 la Russie n'avait guère plus de 25 imprimeries; elle en a
actuellement, sans compter celles de la Finlande suédoise et du royauinc
de Pologne, 58, dont 20 à Moscou , i5 à Pétersboaig, 5 à Wilna, 2 à
Revel, 2 à Dorpat , 2 à Charkow , etc. , etc. Cet empire possède actiicl-
lemont 9 fonderies de caractères, et le commerce de librairie s'est accru
sous le règne actuel dans le rapport de i à 5. Avant 1800 il n'y avait.
que 10 journaux et écrits périodiques; leur nombre en 1820 montait à
5o. Dans la même année les sociétés savantes et littéraires, sans comp-
ter celles des provinces conquises sous le «règne actuel, étaient au
nombre de 17. Backmcister, dans sa Bibliothèque Busse, ne compte
3ue 4000 ouvrages publiés jusqu'en 1807; et en 1800 la bibliothèque
e l'Académie des Sciences de Pétcrsbourg ne possédait que 3ooo ou-
vrages nationaux; aujourd'hui il y en a plus de 8000. Selon la Ga-
zette littéraire de Leipzig (21 avril 1821 ) , 7 libraires de Pétersbourg
et 9 de Moscou ont publié depuis 4 ^ns environ 1000 ouvrages en
langue nationale. On voit par tous ces faits que l'on a plus imprimé de
livres russes depuis 1800 jusqu'à présent, que depuis Pierrc-Ie-Grand
jusqu'au commencement du règne actuel. Quoicpie 35o auteurs vivans
soient un bien petit nombre pour une masse d'environ 4» 000000 d'Iia-
bitans russes, elle est cependant très-considérable lorsqu'on considère
qu'ilsappartienncntpresque tous a la noblesse, qui sùrementne forme
pas le cinquantième de cette grande population.
La civilisation de la nation tatare fait aussi des progrès rapides. Plu-
sieurs milliers d'enfans fréquentent les écoles établies par la bienfai-
sance de l'empereur Alexandre, et depuis i8oo les presses de Kasan
ont fait paraître 14 ouvrages en cette langue.
( ^^G )
l'aritlniicûijne et la religion ; se coîitinue dans les 56
séniinaires qui coniplent 207 professeurs , et se ter-
mine dans 4 académies qui ont ensemble 5o profes-
seurs. En 1820 le nomLre total des écoliers de ces
établissemens montait à 44^oo , dont 4000 pour les
académies, 20000 pour les séauinaires, et 20000 pour
les écoles inférieures. La jeunesse reçoit l'instruction
spéciale dans les villes principales , mais surtout à
Pétersbom^g et à Moscou, où se trouvent un grand
nombre d'établissemens richement dotés , et organisés
sur un plan digne d'un grand empire. Les Russes doi-
vent même à la prévoyance et à ]» tendre sollicitude
de S. M. l'impératrice - mère l'établissement d'un
excellent institut destiné à former des jeunes personnes
dans la profession d'institutrices. Cet établissement
promet les plus heureux résultats pour l'éducation du
beau-sexe. Les élèves y apprennent la religion, les
langues russe, française et allemande , l'arithmétique ,
la géométrie , ia géographie , l'histoire , la physique ,
l'histoire naturelle, la musique instrumentale, le chant
et la danse.
Nous croyons que, même sans compter le royaume
de Pologne , on pourrait estimer à 4ooooo tous les
écoliers de l'empire russe, quoique M. Stein et autres
géographes aussi savans qu'estimés ne lui aient pas même
accordé, Tannée dernière, le quart de ce nombre (l)-
(i) Voici les bases de notre calcul :
Les 26173 écoles de paroisse, à 6 écoliers seulement
chaque, donnent i57o38
Les .'5i2 écoles de cercle, à 20 écoliers chatfue, donnent 10240
Les 57 gymnases, à 5o écoliers chaque, donnent. . . 2860
Les universités de Dorpat , Wilna , Moscou , Kasan ,
Charliow et Pétersbouig . 2000
On ne peut évaluer à moins de looono les enfans in-
struits par renseignement mutuel , puisque , dès
l'année 1820, on calculait qu'en très-peu de temps
76000 enfans appartenans à des militaires au-
raient été instruits de celte manière; et que celte
écoliers.
( 1^7 )
L'Italik, à laquelle personne rie dispute Thonneur
d'avoir été, à deux époques différentes, le berceau des
sciences et des arts et le foyer des lumières de l'Europe
civilisée; l'Italie, qui se dislingue encore parmi les
régions les plus policées , par ses superbes établisse-
inens littéraires en tout genre,* l'Ilalie, qui compte avec
orgueil parmi ses nombreux liabitans plusieurs grands
liommes qui soutiennent son ancienne gloire, et qui
laissent à peine passer une année sans s'illustrer par
d'utiles découvertes ou par des perfectionnemens ingé-
nieux (i); l'Italie, si féconde eu artistes , en poètes et
excellente méthode , grâce à la protection de Sa
Majesté l'empereur et aux efforts de quelques phi-
lanthropes russes, avait déjà été introduite jusqu'en
Sibérie. Nous aurons donc à ajouter aux noml)res
ci-dessus looooo
Nous avons vu que l'instruction ecclésiastique seule
comptait 4400*^
Dans les établissemens d'instruction spéciale , tels
que les écoles militaires , de navigation , de méde-
cine et chirurgie, etc. etc., et dans les maisons
d'enfans trouvés, il y en a au moins . 12000
Total 328128 écoliers.
Maintenant il faut ajouter les écoliers ecclésiastiques des religions
catholique, mahométane, luthérienne, etc. etc. , et ceux de l'instruc-
tion séculière de la Finlande ci-devant suédoise, et l'on sera convaincu
que notrck calcul est bien loin d'être exagéré. Le royaume de Pologne
n'entre point dans toutes ces évaluations.
(0 Nous regreltous beanconp que le sujet de notre ouvrage ne nous permette
pas d'enlrer dans des détails qui seraient trop étrangers à la sfatislique, mais qui
prouveraient jusqu'à l'évidence Tinexactitude , l'ignorance ou la mauvaise foi de
certains voyageurs qui ont osé adresser aux. Italiens des reproches tels que ceux-ci:
çue If s malhéniatiques ne régnent guère dans leur pays ; que les sciences phy-
siques et médicales n'ont pas Jliit chez eux , depuis un certain nombre d'années ,
les mêmes progrés que chez plusieurs autres nations civilisées de l'Europe ; de
manquer d' établissemens propres à instruire convenablement la jeunesse dans les
sciences exactes et naturelles ; et de négliger toutes les branches du savoir pour se
vouer presque exclusivement aux beaux-arts et à ia poésie, qui forment le sujet de
toutes lés discussions de leurs sociétés savantes , et qui remplissent les pages de
leurs journaux littéraires. Né dans une des principales villes de l'Italie, nous aurions
cru manquer à ce que tout Italien doit à sa belle patrie , si , écrivant sur les boids de
la Seine un ouvrage dans lequel il est question des principaux établissemens littéraires
de l'Europe , au milieu des savans d'une grande nation qui a su depuis long-temps
ïllier ensemble les plus brillans trophées de Mars 4 ceux plus paisibles , mais non
rioins glorieux , de Minerve et d'Apollon , nous eussions gardé le silence lorsque
( 128
en liiu'raleurs dislinglies; Tltalie, lorsqu'on la consi-
dère sous le lappoiL de Imstruclion ijencrale de ses
l'argiiraent qui nous occupe nous présentait une occasion favorable pour repousser
vicloi ieusement, par l'exposé succinct de quelques faits , d'aussi injustes accusations.
Comment pouvait-on dire, eu parlant de l'Italie, que les mal/iémaliçues ne
régnant guère dans ce pays, lorsque Masclieroni, Boscowich, tVisi , I,orgna , Za-
notti, Grégoire et Antoine Fontana , Toaldo, les frères Vincent et Jourdain Riccati ,
Bonall et autres astronomes et raalliénialirien» célèbres, soutenaient la renomméi;
acquise à'I'llalie par Galilée, Maraldi , Bianihini, C.assini , Tartaglia , Cardano ,
Cavalieri ,elc. ; lorsque peut-étro aucune Jiutre nation de i'iinrope ne pouvait op|)oser
aux Italii'us de fcmraos aussi savantes que Gaetana Agnesi dans les raalliémaliques
et Lourc Uassi dans la physique; et lorsque l'immortel Lagrangia(Lagiangc) répandait
au-delà des Alpes la renommée de l'académie de Turin j.ar ses imporlans travaux ,
qui ont taut contribué à reculer les tornes des matliénialiques analytiques , et qui lui
ont mérite l'honneur d'être associé aux travaux et à la gloire des géomètres les plus
«lislingués de la France, où il a fini ses jours, emportant les regrets de f,es nojubreui
élèves et de ses savans collègues. Ces beaux temps de l'Italie sont bien loin d'être
passés, et quoiqu'elle ait à pleurer la perte de tous ces grands raathématicieus , elle
en possède encore assez pour s'en consoler et pour ne pas craindre, sous ce rapport,
la comparaison avec quelque autre nation que ce soil.
Parmi les nombreuses écoles de ijiathématiqueS répandues sur tous les points de la
péninsule , quatre nous paraissent pouvoir être considérées comme les principaux
loyers de l'instruction : en effet, un grand nombre degéomèties profonds, de grands
astronomes, de physiciens distingués et d'habiles ingénieurs s'y sont formés. L'école du
célèbre Fergola à Naples fait revivre depuis plusieurs années sur les bords du Volturno
les beaux temps d'Arrhimède et d'Apollonius , et passe justement pour la première de
l'Europe dans Js géométrie synthétique. Parmi ses élèves nous trouvons Giordano ,
Sangro, Scorza, Tucci, Giannatasio etJegrand Fl'^uti ; cedernicr, par l'importance de
ses travaux,partage avec l'allemand Gauss l'honneur d'être le plus grand commentateur
de la géométrie des anciens. L'université de Pavic, rendue si célèbre par * Brunacci,
élève du grand géomètre Paoli , a été. le foyer d'où se sont répandues en Italie les
doctrines analytiques modernes, et a produit les profonds mathématiciens dont les noms
suivent: Bordoni, auteur du Traité des ombres, qui remplace si dignement son maître,
ï-nlevé trop tôt à Ja science ; iVlagistrini, auteur de lapolygonométriL> ; Wossoti , Belli,
Pjola et autres géomètres, tous connus par d' imporlans travaux. L'université de Bo-
logne , illustrée pendant long-temps par le professeur Vcnturoli , a produit beaucoup
d'ingénieurs habiles , parmi lesquels se distinguent surtout Vccchi , Berghenli et le
jeune Lbreta. Le professeur Mazelti a remplacé Venturoli établi depuis quelque temps
à Rome, où Sa Sainteté vient de fonder sous sa direction un institut d'ingénieurs qui
promet de donner à l'Italie des élèves dignes d'un si grand mailre. L'observatoire
de Brera à Milau , si renommé en Europe à cause d'Oriani , qu'on pourrait nommer
ie créateur de la trigonométrie sphérique, et qui peut passer pour un des plus
grands astronomes vivons, doit tire considéré comme l'école qui a contribué plus que
toute aulro à former d'excellens professeurs en iistronomie. Cet institut, qui comjite
parmi ses astronomes, outre Oriani, les profonds mathématiciens Cesaris , Carlini ,
Mossotti et Bràmbilla , a publié régulièrement depuis un dernl-siècle de savantes
éphémérides justement estimées de tous les astronomes étrangers. Comment peut-on
dire que l'astronomie n'est pas cultivée dans un pays où se trouve un si grand nombre
d'observatoires fournis d'excellens instrumens, et où un si grand nombre de savans
sont constamment occupes à observer les astres, à calculer les mouvcmens des planètes
«t leurs perturbations ? Quel est l'astrononie qui ignore les brillantes découvertes
laites à l'observatoire de Palerme par l'infatigable Piazzi ? Rome, si riche en éta—
blissemens de littérature et de beaux-arts, ne possède pas moins de trois observa-
toires, celni du duc de Sermonetta, celui de la Sapienza et celui du Collegio Romano;
* Tous les auteurs dont les noms sont précécHs d'un astérisque sont morts depuis 1800,
à l'exception de quelques-uns, tels que l'ilangeii , Carli, Spedalieri , elo- , décédés quelque»
années aiiparav.int.
( 129 )
habilans , est bien au-dessous de l'Allemagne , de
l'Ecosse, de l'Angleterre, de la Prusse, de la Hollande;
te dernier est renommé par l'activité et le savoir de ses deux astronomes Calan-
drelli et Conti, qui ont publié depuis vingt ans des Opuscoli asironomici remplis
d'excellentes observation» sur les planètes , les étoiles, les comètes , etc. etc. Les ob-
servatoires do Padoue , de Florence, dePise, de Turin et de Naples, sont diriges par
les habiles astronomes et profonds mathématiciens Santini, Inghirami , Piazxiui ,
Plana et Briosclii , qui se sont perfectionnés dans celui do Brera , et qni tous sont
connus par de bons ouvrages et de savans me'moires. L'habile astronome Cacciatore
vient de remplacer Ir; célèbre Piazzi dans la direction de l'observatoire de Palerme, et
Catluregli.directeur de celui de Bologne , soutient l'anciennerenommée de cet e'tablis-
scment en reprenant la publication des Ephcmérides, interrompue depuis long-temps.
L'Italie possède en outre beaucoup d'autres personnes qui se distinguent soit dans
les mathématiques pures , soit dans les mathématiques appliquées , et qu'on rencontre
daus les universités , dans les lycées, parmi les inge'nieurs, et inémt p.irmi des per-
sonnes dont les occupations sont tout-à-fait étrangères à la science du calcul. Pour
ne pas dépasser les bornes étroites que nous nous sommes prescrites, nous ne citerons
que les plus connus; les voici : à fllodène , Venturi , ancien ministre en Suisse, et
Rnfiini professeur de médecine à l'université, et un des pvemiersanalysles de l'Europe;
à Reggio , le comte Paradisi , ex-président du sénat et de l'institut de Milan, mathé-
maticien profond et poète clegant[; à Pise , Franchini et le célèbre Paoli ; à Florence
le chevalier Fossombroni , ministre des affaires étrangères et de la guerre , et les
professeurs Ferroni, FruUani et Fabroni; à Turin, Bidone; à Gênes, Multedo ; à Pa-
doue, * Collalto et Avanziui ; à Milan , l'ingénieur Parea , le professeur Racagni et le
comte Stratico , si connu par ses ouvrages sur la navigation et la construction nava-
le , etc.; à Rimini, Barbetti ; à Venise, Romano et Grones. Vérone vient de perdre le
célèbre * Cagnoli, et Ferrarc , * Bonati, le Nestor des géomètres italiens. Nous trou-
vons en outre dans d'autres villes Zola, Tadini , Majocchi, Nobili , Mozzoui , etc. etc.
Cette foule de mathématiciens habiles répandus daus la presqu'ile,et qui y propagent
partout l'étude des mathématiques pures et appliquées, répond victorieusement à l'as-
sertion complètement fausse que les mathématiques ne régnent guère en Italie. Nous
remarquerons aussi à cette occasion que ce lurent deux Italiens, les astronomes Car
lini et Plana, qui en 1818 eurent la gloire de remporter le prix décerné par l'Ins-
titut de France pour la solution d'un problème très-difficile relatif au perfectionne-
ment des tables lunaires.
Passant des sciences mathématiques aux sciences naturelles , nous trouverons que
celles-ci ne sont pas cultivées avec moins de succès que les premières. Dès qu'on se
met à lire l'histoire des grandes découvertes faites depuis peu dans la physique et
dans la chimie, et qu'on veut passer en revue les faits nouveaux qui ont tant étendu
la Sphère delà physiologie , de la physique, de la géologie , de la minéralogie , de la.
botanique et de la zoologie , on voit encore presque toujours des Italiens se signaler
parmi les savans les pluscélèbres qui se sont voués à ce genre de sciences. Sans par-
ler des grands travaux de "^ Spallanzani , * Olivi, * Galvani , * Soldani , * Fortis ,
* Amoretti, * Jean-Baptiste Beccaria , * Benvenuti, ♦Félix Fontana , etc. etc. ,
parce que l'Italie en pleure la perte depuis long-temps , nous pouvont citer les tra-
vaux non moins importans de plusieurs Italiens qui soutiennent dignement la répu-
tation de leurs devanciers. Les ingénieux appareils dus au génie de Volta, seuls ont
fait faire des progrès ctonnans à la chimie, à la physlqu» et à la physiologie ; son élec-
trophore perpétuel, son électromètre, et surtout son pilier électrique ont servi à ex-
pliquer une multitude de phénomènes ; ce dernier même est devenu entre les mains du
savant et habile Dawy le plus puissant moyen d'arracher à la nature ses plus impé-
nétrables secrets. Les belles expériences de Carradori sur les loriots et sur les insectes
phosphoriques , sur le sommeil, sur la vitalité des plante», etc. ; la théorie thermoxi-
gène de Brugnatelli, qui a répandu tant do lumières sur celle de l'oxigène du grand
Lavoisier; les nombreuses espèces nouvelles de coquilles et de vers do l'Adriatique et
delà mer Méditerranée, découvertes, classifiées et décrites par les professeurs Renier
à Padoue , et Poli et Caulini àNaples; Timportanto découverte de la vapeur espansile
«lu sang de Rosa ; les belles expériences de ConCgliacchi pour prouver l'identité du
fluide électrique avec ce qu'on a appelé mal à propos fluide galvanique, et son procédé
II. 9
( i3o )
et de quelques parties de la France. En effet le peuple
en Italie, même dans les parties les plus policées, est bien
potir obtenir par l'éraporallon plus l'acilcmeiit cl pins vile qu'^ivec celui df Leslio , la
congclalidn de l'eau et du mercure; lîipila u secco , invente'e à Ve'rone par Zamboni
dans Je même temps fjuc De Luc )iTiat;iiiait si colonne 61eclri(;iie à C-enève, et l'iilen—
tite' des Ihiides inagne'tique et gnlvanicpie observé.c parle docteur Fondi plnsitur»
années avant le célèbre chiii/iste danois (Grstedt; le nouveau briquet à gaz liydrogène
«le Polcaslro ci ses intéressantes expériences sur l'aréoniélrie; celles de Ijelbini sur le
iii6me sujet, et ses travaux sur l'attraction et l'ascension du mercure dans des tubes
capill.iircs, sur la tliéoric des vapeurs, du tkermoniètre, elc ; les perl'ectionnemens faits
par le comte Moscati A plusieurs iustrumens météorologiques; 1rs cclaircissemens et
les savantes modifications deGattoni à la théorie du contro-coup e'ieclrique de l'An-
glais Malion; la découverte de la propriélc niagnélique que possède l'extrémilc du
rayon violet du spectre' solaire et de l'exislentc de l'acide fluorique dans l'émail des
dents de l'Iiommc, des bœufs et d'autres animaux, trouvée par l'dorichini ; les heu-
reuses et utile') applications de la chimie aux arts et à TagricMlture de Giobert , do
Ginori, de RidoKi, de Brugnatelli , de Dandulo et d'autres Italiens; la superbe 7^/ora
napotetana du professeur 'l'enorc, la Dtscrizione d^dle plante pih rare délia Siciliv
de Bi voue, baron de AltaTorre; la i^/ora iicinensis des professeurs Calbis elNocca; la
Flora îtaliana du professeur Savi; la Flora médita d'Alberli ; les Ainœriitates ita-
licœ du professeur Bertoloni; la Flora roinana du professeur Mauii; la Flora peJe-
moiitana d'Aglioni; les ïristitutiones botanicœ de Targioui Tozzelli ; et les cxccl-
lens ouvrages éle'racntaires sur la botanique de Civo Pollini , de San-Giorgio, etc. }
la Conrhidiogia suhappeririina de Bi occhi; les Insîiluzionl geologic/ie de Bicislack;
les Elementi di chimica et Ja Maferia medicu vcgefahile ed animale de * Brugna-
îelli ; le Corso di c/iijiiicà Jhrmareutica du professeur Porali , l'jÇ/j/o?Ho/n^i« du
marquis Spiuola de Gènes , honorent autant les auteurs qui les ont produits que la
nation à laquelle ils appartiennent.
Lea ouvraocs et les travaux importans qni traitent des sciences dont nous venons
de parler, de Scmentini,de Conlîgliacchi , de Morosi , de Zamboni, d'Aldinî, de
Mangili , de Racagni , de Carradori, de Gardini, de Vassalli-Eandi, de Rossi , de
Berlonrelli , d'Origo , de Bellani , de Catullo , de Scina , de Cortcsi, de Zerbi , de
Traversi , de Mojon , deFabroiii, des pères Fini et Ricca , de Santi, de Bonclli, de
Mandruzzato, de Mclaudri, de Venturi , deCiovene, de IJe-Rosato, de GallizioUi,
de Viviaui, des comtes * Dandolo, i\larzari Pencati , Del Rio et IMarc Corniaui, de
Beroaldi, de MarabelH ; et ceux non moins iniportms sur ragricullurc , l'art ve'te'-
rinaire et les branches accessoires des comtes* Dandolo et * Philippe Re, de 'l'argioni
Tozzetli , de * De Capitarii curé de Vigauo , de Tavanli , des marquis Fagnani et
Prospero Balbo ministre d'état à Turin; de Paulc Balasmo, Venturi, Ferrari, Morelti,
Onprati, Ciro Pollini, Pozzi , Dominclli , Fabroni , Abati , etc. , démontrent victo-
rieusement avec quelle ardeur et quel succès on se livre à ces études en Italie.
Ce pays est bien loin de manquer des e'tablissemcns public*^ nécessaires pour
former la jeunesse dans les sciences naturelles. Les universités, les lycées sont
tous pourvus de jardins botaniques, de laboratoires de chimie et de cabinets de
physique et d'histoire naturelle. L'école vétériuaire de "iilan , depuis les aniélio—
râlions qui ont été faites depuis peu, peut être comparée aux meilleurs éta~
blissemcns étrangers en ce genre. Parmi les nombrcii.x cabinets d'histoire naturelle .
ceux de F"lorence et de Pavie sont les plus magnifiques. Parmi les cabinets de
minéralogie, celui du conseil des raines à Wilan , celui de Florence , celui du collegio
Romano à Rome, et ceux de l'université â Bologne , Naples et Palerme , sont les
plus riches. L'Italie possède même plusieurs collections particulières de minéraux,
qui sont remarquables par le nombre et par la beauté des pièces qu'elles coulienuent.
A Milan, les prlncinalcs sont celle du comte Vilaliano Liorromco , qui compte
près de dix mille pièces tant espèces que variétés, et celles de MM. Isimbardi
et Breislak ; à Parme ,. celics de IM.tt. Linati et Porta; à Gènes , celle du marquis
Durazzo; à Bassano , celle de M. Paroliul ; à Venise , celle du comte Marc Corniani;
à Sienne, celle du père Ricca dans le collège Tolomci ; à Florence , celle du
savant naturaliste Targioni Tojzetli; à Naplcs , celle du duc Délia Torre el du
moins Inslruii que les peuples qui halntenl les conlrees
que nous venons de nommer; et les iliits pul)!ies dor-
clieralier Monticclli. Parmi les jardins botaniques annexés à nos universités et
à nos lycées , et qni sont an nombre de pins <lç trente, «m remarque, à cause
de la^quanlite' et de )a rareté dis plantes qu'on y cnllive , «l'abord celui de Naplcs ,
ensuite ceux de Pavic, de Milan el de Pajernie; et parmi les établlsscracns jinr-
ticuliers , le jardin du marquis Spi,;no à Turin , dont on a le catalogue ini-
jirimé avec des notes sur les ]ilaiite; les plus rares; celui du conile Rizzo à
Venise qui conlient plus de seize cents espèces diflercntes, doi:t plusieurs de la
Nouvelle Hollande, et d'autres régions éloignées ; ceux de l'ravcrsi à Desio ,
du duc Litla à L.iinale , du prince Bcgliojoso à IJegliojoso, du marquis Viscunlî
à Vimerate , tous situés à peu de distance de ftiilin ; celui du comte Freilino à
Rutigliera près de Turin; ceux du marquis Gian-Carlo di Negro et de la marquise
Durrazo à Gênes : el ceux du comte Lccchi à Brescia' , de M. Parolini à Unssauo ,
et du comte Calmaldoli à Na])les. l'armi nos nombreux cabinets de physique ,
Ceux de Pavic , de Florence et de Bologne ne craignent la comparaison avec
aucnu autre établissement de ce genre : nous pouvons mé;no dire que celui du
lycée de Venise, lormé, pendant une longue suite d'années, par le savant phy-
sicien Travers! , et cède' à cet établissement dont il est le directeur , est supérieur,
pour la beauté et le nombre des instruimns et des Machines , aux cubinets de
physique de quelques universités d'Allemagne , de France, d'Espagne et d'autres
pays. Nous ajouterons aussi que le prince de Castclnuovo , dans sa vllia di Colli
près de Palerme , a créé à ses frais un bel institut agraire perpétuel, qu'il a doté
d'une rente annuelle , et où douze jeunes gens sont élevés el formés dans la pra-
tique et la théorie de l'.Agiiculture.
Les rdimenti cli Fibiologia e Patologia lecondo i prîncipi d' Ippocratc ,
du professeur Scuderi ; le Traliato di medicma légale, Vlipitome di mtdicina
pralicn , etc. etc. , du professeur Barzellntli ; les savans ouvrages du professeur
Brcra , dei principali vermi del corpo untano el délit; malatlie conlagiose ;
les Fondantenti di Patologia aiialilica , de Maurizin Bufaiini ; les Elementi
di Fisica del corpo umano , du professeur Gallini; le Maniiale di Chirurgia ,
du chevalier Assalini ; les Fxercitationes pat/iologicœ ^ du professeur Paletta ;
ia Srienza dell'uomo sano'e nialaito , An (locleuv Passer'i; la Piosperità Fisïca,,
tt les Malatiie del niidollo spinale, du * Raihelti; les Institutiones Pauio-
logicœ 1 et l'ouvrage sulla Pelagra, de Fanzago ; les Insiuzioni chirursiche,
de * 31onteggia; les Operazioni cJiirurgiche , de Rossi ; les JMalcitlie del cuore
e del sislerna san{;uigno , de * Testa; le traité délia Glossi/ide, de Raggi ; de
Ischiate , de Collunio ; délia Pellagra , de Strcniblo ; délie Febhii, de Giannini;
délia Fchbre petecchiale di Genova, de Rasnri; les Malatlie deH'j/gro iici-
7jcnsf, de Borda ; la Guida d'anatomia , Ac Fattori , etc. etc., démontrent que,
dans le pays où Scarpa , ' Mascagnl , * ftlalacarne et * Moscati ont renouvelé de
nos jours , par leurs importantes découvertes , la gloire acquise par. les célèbres
MercatOj Turli , Bellini , Falloppio, Eustacbio, Baglîvi , Morgagni , Fracastoro
et Val.sah'a , il existe encore un grand nombre de savans qui souticnncut digne-
ment l'antique céiébrilé de leurs pré.iéccsreurs par l'ardeur qu'ils mettent à per-
fectionner la science d'Hippocralc. Aussi trouvc-t-on en Italie un grand noinbro
de savans anatomistes, do grands médecins et de chirurgiens habile^, tels que Agiielli ,
Trois, Federigo , Pezzi , Zanini de Belluno , Dalla-Decima , Oeresa , Penada , Da
Matleis, Tagliabo, Quadri , TrlnchineUi, Moreschi, '^ R'ubini , Spcdalieri, Biauclii ,
LocatcUi , Pasta , Vaccà-Berliughierl , Ruggeri , Campana , etc. etc.
La géographie , qui doit tant au savoir et à l'intrépidité des voyageurs italiens
du moyen âge, et aux géomètres italiens drs deux derniers siècles; la géographie ,
à parler vrai, surtout celle qu'on peut ajipeler descriptive et historique , n'est pas
cultivée avec beaucoup d'ardeur dans notre presqu'île. Cependant nous comptons
encore plusieurs géographes qui, par la rectification des anciennes cartes, par des
opérations géodésiques très-délicates, par des commentaires sur les travaux de nos
anciens cosmographes et voyageurs, el par des détails intéressons publiés sur de»
régions cncvre imparfaitement décrites, ont sa conserver aux Italiens leur répn-
iiicrementpav MM Nesli, Serrislori, Tarlini Salvatici
cl Rldolfi relalivement à la Toscane, et les documens
talion dans cette branclie tlu savoir. Quoiqd'on ait disputé à M. Joseph Acerbi
roriginalitë de. son intéressant voyage au Cap-Nord en 1801 , il n'en est pas
moins prouvé , pour Ions ceux qui connaissent le détail de celte étrange dispute , que
c'est il cet Italien que D'urope doit la prt-mière description exacte de son extrémité
boréale (l), et des détails inléressans sur quelques autres parties de la monarchie
suédoise à celte époque. Les voyages de IMM. Della-Cella , Panauti et surtout ceux
de Trediani et de * Borgia , ont fourni des renseignemeus précieux pour compléter
la description encore ijnparfaile de la cùle septentrionale d'Afrique, depuis les
frontières de l'Egypte jusqu'à celles de l'crapirc di; fliaroc ; ceux de Lazzaro Pappi do
Liucques aux Indes orientales ; de Mantegazza à Saint Domingue et dans les empires
Eusse et Ottoman ; du père Caronni à Tunis et en Hongiie , dans la Valacliie et
dans la Moldavie; de Pomardi en Grèce, ont augmenté la masse des connaissances
que l'on avait sur ces régions ; et les étonnantes découvertes, faites en Kgyple et
dans la Nubie par l'intrépide et infatigable Belzani , formeront toujours une époque
dans les annales do la géographie historique , et associeront la gloir» de cet Italien à
celle des plus illustres voyageurs anglais, français et allemands, qui de nos jours
oui rtpandu tant de lumières sur la géographie de ces région» célèbres. La savante
explication de la mappemonde de Fra-Mauro , et les commentaires sur les voyages
de Cadamosto . des frères Zeni et de ceux du Humholdt du moyen âge , de notre
Marc Polo, ont assuré à l'ahbé Zurla une' place distinguée à côté des Manncrt, des
Uckert, des Malte-Brun, des Walkenaër , des Uosselin , des Marsden et d'autres
grands géographes qui se vouent à ces études difficiles. Le Costume a/itico e
rnodcrno du docteur Jules Fsrrario , publié à Milan avec tout le luxe typogra-
phique , quolqu'avec des défauts, est néanmoins un des ouvrages historiques et
géogra])liiqucs les plus utiles et du plus grand mérite. Les travaux géodésiques
importa ns dont s'occupe l'institut topographjquc de Milan , combinés avec ceux des
ingénieurs piémontais , toscans , romains et napolitains , d'un côié, et des ingénieurs
autrichiens de l'autre, réunis aux résultats déjà obtenus des opérations des ingénieurs
anglais le long de la côte méridionale de l'Adriatique, donnent aux géographes
l'espérance fondée d'avoir enfin une carte exacte de cette importante région, qui ,
dans le savant Brocchi , possède un voyageur capable de parcourir ce sol classique,
eu l'examinant sous lous les rapports de l'histoire naturelle, des antiquités, de la
littérature et des beaux-arts.
Bien que nous devions avouer que , par des raisons dont le détail serait trop long,
l'Italie, eu égard à sa grande population, ne compte qu'un pelit nombre d'ouvrages
périodiques , nous remarquerons néanmoins qu'il est souverainement injuste de
reprocher à nos journaux de ne pas s'occuper de sujets scientifiques , puisque nous
en avons depuis long -temps plusieurs qui traitent exclusivement de mathématiques,
de sciences naturelles et médicales, tandis que d'autres allient les sujets scientifiques
à ceux de la littérature et des beaux-arts. Depuis janvier 1820 jusques et compris
février 1821, on a publié dans la presqu'île vingt-huit journaux littéraires. Dans
ce nombre la Biblioteca italiana , rédigée et publiée à Milan, par l'auteur du
Voyage au Cap-Nord , se fait remarquer par l'excellente méthode de sa rédaction ,
par la régularité scrupuleuse avec laquelle , depuis six ans, paraissent ses cahiers,
et par ses intéressans articles sur toutes les branches du savoir , qui sont presque tous
originaux. Ce journal se distingue aussi de tous les autres journaux littéraires de
l'Europe , parle savant discours préliminaire dans lequel M. Acerbi , avec l'impar-
tialité d'un honnête homme , l'élégance d'un écrivain exercé, et la critique la plus
délicate , expose au commencement de chaque année l'état actuel des sciences et des
arts en Italie , en passant en revue les ouvrages publiés dans le cours de celle qui
vient de s écouler. Outre ce journal , ou en publie encore six autres à Milan , parmi
lesquels VApe italiana de Beltoni , et le Raccogliiore de Bertolotti, auteur de
(1 ') Nous faisons alislraclion du voyage fait par l'abbé François Negri de Ravenne , el publié
% Padoue en 1700 par ses Uérilicrs après la mort de l'auleur. C'est le premier Européen qui
ait visité et décrit en détail le Cap-Nnrd et l'extrémité boréale de l'Europe. Ce Voyage tr^s—
Ïieu connu , quoique intéressant par l'époque où il a été fait, est inlinimenl inférieur sous tous
e-i r.ipporls k celiude M, Acerbi.
C .35 )
oDiciels présentés par le tableau à la page i5o ne lais-
sent aucun doute sur cette vérité, dont 1 aveu doit tant
coûter à un Italien.
I intéressant voyage au lac dfï Como, se font remarquer par rélègance de la diction
et la grâce do style , it les Annali Universali di medicinn e chirurgia , par
des sujets plus importans et .plus utiles. Parmi les autre» jeurnaux entièrement
littéraires , publiés dans la péninsule, les plus estimés sont les suivans : à Pavie, le
Giornate difiiica . chiniica , hisioria naturale , medicina ed arti, des professeurs
ConGgliacclii et Brugnatelli ; à Padoue , les Nucvi commentnrj di medicina e di
chirurgia , des professeurs Brera, Ruggeri , * Caldani et Dali' Oste , et le Giomale
deW i/aliana letleratura , dn comte L)el Kio ; à Bologne , les Opuscoli icienlifici ,
les Opuscoli letterarj , et le Giomale délia nuvva dottrina medica ; à Rome , le
Giomale jârcadico et les Effemfridi letterorie ; à Florence, le Ginrnale dèlGenio
et X'Antologia ; à Naples, la Biblioteca analitica , le Giomale Enciclopedïco et
\es Annali di agricultura ; à Gènes, les Annali di viaggi tX la Correspondance
astronomique , géographique , hydrographique et statistique. Nous obserrerons,
à propos de co dernier , rédigé en français par le baroa de Zach , qu'il est alimenté
en grande partie par les travaux de plusieurs correspond-'ns italiens, parmi lesquels
nous citerons Santini, Plana, Carlini , Inghirarai , Ciccolini et autres grands
astronomes et profonds géomètres. Quant aux jeurnaux politiques ou semi-littéraires ,
nous remarquerons que le feuilleton de la Gazzetta di Milano , rédigé par M. Pezzi
de Venise, pourrait éfte compare , sous plusieurs rapports, au feuilletou du Journal
de l'Empire, publié pendant long-temps à Paris, et qui a valu une si grande célébrité
à Geoffroi ; celui du Giomale délie Due-Sicilie , publié depuis quelque temps à
Naples , rappelle, dans plusieurs de ses intéressans articles , les grâces, l'érudition et
la critique exquise de celui de Milan.
Quant aux académies littéraires, nous devons avouer que le nombre de celles qui
s'occupent de poésies et de belles-lettres est vraiment excessif, comparé au petit
nombre de sociétés destinées à propager l'étude des sciences exactes et naturelles.
Cependant , bien loin d'en manquer absolument , comme on nous le reproche , nous
en avons un assez grand nombre, parmi lesquelles le Reale Instituto italiano ,
divisé naguère en quatre sections résidantes à Milan , Vérone, Venise et Bologne ;
l'Academia Reale délit-, scienze de Turin , et celle de Naples ; les académies de
Padoue, de Vérone, de Modène et de Lucques, et celle des Georgcfili de Florence,
se distinguent par le profond savoir de leurs membres, et par l'importance de leurs
travaux. Parmi les nombreux athénées qui se trouvent dans les villes principales
de la presqu'île , celui de Trévise se fait remarquer par les savans distingués qui
le composent, et par les mémoires intéressans qu'il public annuellement. Nous
engageons même ceux de nos lecteurs qui voudraient se convaincre de l'impartialité
de nos jugcmens sur le mérite littéraire des Italiens, à consulter les mémoires
publies par les sociétés que nous venons de nommer, les Ephémèrides astronomiques
de Milan et de Rome , et les journaux littéraires sus-menlionnés, où ils trouveront
l'exposition des travaux importans exécutés annuellement par des italiens pour les
progrès de ces mômes sciences qu'on les accuse de négliger.
Malgré tous les faits que nous venons d'exposer, nous devons avouer que nous
étions naguère bien au-dessous de plusieurs nations de TEurope sous le rapport
des ctablissemens d'éducation et de la méthode d'enseignement. Nous devons beau-
coup, pour no pas dire tout, en fait de système d'éducation, au contact dans lequel
nous nous sommes trouvés avec des nations étrangères dont nous avons emprunté
les meilleurs ouvrages élémentaires et les meilleures méthodes. Leurs reproches
nous ont même réveillés de notre impardonnable indifférence pour cette partie
importante de la civilisation, qui contribue tant aux progrés de la bonne morale.
On ne connaît presque plus depuis long-temps chez nous le cicisbeismo que les
voyageurs, en se copiant toujours,nous ont tant reproché et qu'à tort on aous reprocha
encore. Une instruction plus ou moins étendue est donnée en général aux nobles
et aux jeunes gens des classes les plus aisées , qui autrefois n'apprenaient qu'un peu
do latin et de logiqne, les règles de la poésie, et à bégayer le français. Nos jaunes
( »-^^i )
Quoique l'inslruclion lie soit pas aussi répandue
dans la masse de la nation en Fraince qu'elle l'est
seigneurs voyagent pour s'instruire , apprennent les langues élrangcres , et offrent
dans toutes les brandies du savoir des amateurs et bien souvent des connaisseurs
polnire's. Nos gouvcrncmens , qui connaissent l'influence des lumières sur la murale
des ])euples, secondant l'impulsiou donnée depuis (juelquc temps pnr des savans
Italiens et par de sages minislrcs, n'épargnent aucun soin pour multiplier les e'tablis-
uens d'instruction publique et pour leur doniiCr uue organisation qui les melle au
niveau do ce qu'on a de mieux et de plus utile eu ce genre au-delà dos Alpes- Depuis
le Mout-Cenis jiiiqu'au délroit, et de là jusqu'au centre de la Sicile, on a niS'.liolié
])arlout les écoles primaires , on a favorisé presque partout et quelquefois môme puis-
samment protégé l'introduction de l'enseignement mutuel ; méthode admirable , qui ,
par un singulier hasard, après avoir pris naissance paimi nous en i536 , est revenue
eu Italie riche des perfectionnemens qu'elle a reçus en France et en Angleterre. Des
écoles spécialeset des universités nouvelles, des gyuinascs et des lycées nouveaux , des
sociéte's savantes et des sociétés économiques sont créées dans les dill'erens Étals de la
péninsule; de n-uv.eaux observatoires sont éleve's et richement dotés par la libéralité
des souverains à Lucques, à NapJes, etc. ; des chaires nouvelles sont ajoutées aux uni-
versités, aux lycées et aux gymnases anciens dans le royaume Lombardo-Vénitien ;
et l'instruction publique, organisée sur des plans plus vastes et plus re'guliers , pro-
met de réponlre aux vues bienfaisantes des princes auxquels on doit tant d'institu-
tions avantageuses. ^
Un pays où Flauti étend les bornes de la géométrie des anciens qu'on ne croyait
plus susceptible d'aucftin perleclionnement ; où Oriani a créé, pour ainsi dire, de
nos jours la trigonométrie sphéïique ; où * Lagrangia (Lagrange) , Paoli, Uullini et
leurs savans élèves perfectionnent le calcul inventé par Newton et par Leilinitz ;
où Voila, par ses élonuar.s appnreils et ses savanles théories, ajoute de nouvelles
branches à l?i physique et à la chimie; où hloricciiiui découvre des propriétés nou-
velles dans les rayons de la lumière solaire , et Piazzi de nouvelles planètes et des
milliers d'étoiles ; un pays, où * ÎMascagiii, * Comparetti, Scarpa et **■ Caldani pcrfec-
.tionnent l'anatomie ; Tommasini et Gallini la physiologie ;* Brngpntelli et Giobert
la chimie; Conligliacchi et Zamboni la physique; * Moscati , * Rubini , Rasori ,
Tommasini, Borda, Locatelli, Vaccà-Boilinghien, Assalir.î ctPalella l'art do guérir;
Brocchi et Breislak la géologie ; un pays où le génie créateur de Morosi, de Locatelli ^
ds niamanti, do Crirclli,d'Albanese , de Marclielti Tomassi, deScarara.azzi , sait inven-
terdes machines utiles; où rahljéTrentiii ajoute de nouveaux inslruniens à la musique;
où * Bodoni fait faire de nouveaux progrés à la t3'pographie , Pirauesi et Bartolozzi à
la gravure; un pajs où l'infatigable activité du savant Mai déteiro de la poussière des
bibliothèques, tant de trésors de la litlératurf classique, qu'on croyait à jamais perdus ;
où l'érudition de Michali , d'Inghirami, de * Visconti, de * Carli, de Sestini, de Bor-
ghesi, de Ciampi , de * Lanzi, de Rosini c'vèque de Pozzuoli, de Bossi, de Filiasi, etc.,
répand tant de lumières sur des points encore trè.«-ohscurs de l'histon-e des Italiens
primitifs, dos Etrusques, des Romains, des Grecs, et sur toutes les branches de la lit-
térature classique; où Gioja, Mengottl et Cuslodl remplacent dans l'économie politi-
que "^ Filangieri , * Galiani, * Beccaria et * Vcrrl ; où les profonds puldicistes Ro—
niagnosi , OelCco , Ro^si et * Briganli répandent tant de philosophie et de lumières
sur les branches les i)lu5 importantes de la législation ; et Cuoco et Uefendente Sacchi
soutiennent dans la philosophie la réputation acquise par * Vico, * Genovesi,, ''Soave
ct"^ Spedalieri ; un pays, où l'aimable * Tambroni faisait naguère oublier à ses nom-
breux auditeurs, dans l'université de Bologne, les grâces de jon sexe pour admirer
l'étonnante érudition qu'elle déployait dans ses leçons sur la littérature et la l.ingue
d'Homère ; où le modeste abbé Mezzofanti, laissant loin derrière lui les plus grands
polyglottes nnus, sans en excepter le fameux Nemnlch de Hnralmurg et le célèbre
Lee, professeur à Cambridge, oUrcdans la même ville le phénomène unique dans l'his-
toire de l'homme, de parler quarante-cinq langues djiferentes ; un pays qui po-sède
des littérateurs tels que * Eetlinclli, "^ Valpcrga Cahiso, Perticari , LamprcUi, Costa,
Napione , Colombo , Giordani, Salfi , Gherardiai , Leoni , Bellotti, etc. ; des hislii-
( i55 )
dans presque tous les Eîais de rAUeinngne, il faut
avouer que depuis quelque temps elle fait de ^-ands
progrès, dus eu grande partie aux-eflbrls généreux
du gouvernement pour la propager , efl'orls se-
condés par beaucoup de philanthropes , qui se sont
réunis en société dans le but louable de la répandre
de tous leurs moyens. Ij 'état ci-dessous , que nous
tenons de la libéralité de M. Guinard , avocat à la
Cour Royale et chef de bureau de l'Académie de Paris,
le prouve de la manière la plus évidente.
Comparaison de l'état de l'instruction primaire des deux années 1817
et i8so à l'époque du !«"■ juillet.
Nombre des communes ayant une on plusieurs écoles.
Nombre total des écoles
Nombre des élèves
Nombre des maîtres
Nombre des écoles teîiues par les frères. . . . .
Nombre des écoles d'enseignement mutuel.
Écoles du premier degré
Ecoles du second degré . . . ,
Lcoles du troisième degré
181:.
1820.
Différence.
17 800
24 124
6324
20 200
27581
7 58r
855721
I io5 "00
237 979
20 784
'28 945
8 161
60
.87
127
5i3
1 073
760
5o
238
188
1 5oo
5539
4o39
i8 65o
2. 8.-4
3i54
riens tels que* Denina et Botta , et pour la partie relative aux i>eaux-arts, Cico-
gnara <t Andrca Maicr; des bibliographes tels que * ]\Iorclli et Pczzana; des lapi-
daires, tels que * ftlorcclii; dej i'ciuînes telles que jXlbrizzi, jN'iclueli, Dionisi, tiahizzo ,
Bandollini, Perpenli, Pellcgrini-Celoni , Mazzci , Luna-Folliero, IVlonti-Pt-rticari
et Gbcrardi ; un pays où le médecin Aglielti dëploie , dans ses discours académiques
auï ?ociétcs savantes de Venise, l'érvidition et l'éloquence qui valurent tant de
célébrité a:) prand Rodi académicien du Cimento ; où Koscolo promet de remplacer
* .Mfieri, et Nota * Goldoni ; où JNIonti , Pindcmonti ,NiccoIini, Arici, Rlauzcni,
pnr leurs belles compositions, rendent moins sensible aux Italiens la perte de
* Cesarotli , * Parini, ' lilazza , * Lorenzi ; où les jeunes poètes Sgrizzi et Garnira
offrent le phénomène unique dans la poésie d'inijiroviser des tragédies , et où
(iagiiufli étonne les plus grands littératturs par les vers a\issi élégans que remplis
do l'eu qu'il improvise avec une rave facilité dans la langue de Virgile et d'Ovide ;
un pays qui possède des peintres tels que * Appiani , * Bossi , * Renvenuti, Cam-
muccini , Londi , Sanquirico, etc., et des graveurs tels que Morgcn , Longi , Rosaspina
<?t Ridolfi; où Canova donne la vie an marbre, où Rassini crée des iuélodies nouvelles,
et Paganini des sons nouveaux : un pays qui possède de tels hommes ne peut
craindre la comparaison avec ancun autre; aussi tout habitant de cette terre clas-
sique, en état d'apprécier le mérite littéraire de ses compatriotes, peut et doit répéter
avec orgueil :ye suis Italien,
( i56)
Ces résultais, très-favorables par eux-mêmes, le
deviennent encore plus lorsqu'on réllecliit que la Corse
n'est pas comprise dans le tableau ci-dessus, et lors-
qu'on prend pour terme de comparaison les années
1817 et 1821. En effet, dans le cours de cette der-
nière , il V a eu en France i 33 12 57 garçons qui ont
fréquenté les écoles dépendantes de l'université; il
faut ajouter à ce nombre environ 400000 filles pour
avoir la totalité des individus qui ont reçu une in-
struction dans ces différens établissemens. Nous nous
arrêtons à ce nombre , au lieu de le porter , avec le
savant M. Jomard, à 5ooooo, parce que nous savons
que dans les cadres envoyés au Conseil Royal de l'in-
struction publique il se trouve plusieurs tableaux où les
filles sont comptées indistinctement avec les garçons ,
et par les raisons que nous avons données à la page i45.
Nous allons maintenant exposer en peu de mots
l'organisation de l'instruction publique en France ,
afin de donner à nos lecteurs les moyens'de comparer
sous ce rapport le Portugal à celte monarchie, et de
leur rendre intelligibles les faits intéressans offerts
par 1 £?tableau officiel à la page 146.
ToL tes les branches de l'instruction publique sont
confiées à l'université de France , qui se divise en
vingt-six Académies, dont le ressort est le même
que celui des vingt-six Cours Royales, et qui se trou-
vent indiquées dans le tableau susmentionné.
Les écoles de divers degrés sont classées ainsi qu'il
suit :
1°. l^GS Faculté s , qui ont pour objet l'enseigne-
ment spécial des connaissances nécessaires aux diffé-
rentes professions lettrées , et la collation des grades
qui attestent le degré d'instruction où l'on est par-
venu dans ces diverses connaissances ; elles se divi-
sent en cinq ordres, savoir : faculté de théologie,
faculté de droit , faculté de médecine , faculté des
sciences et faculté des lettres. Ces facultés, isolées
( .3? )
OU réunies ensemble dans les villes principales de la
France , correspondent aux anciennes universités.
II y a autant de facultés de théologie catholique
qu'il y a d'églises métropolitaines actuellement exi-
stantes, savoir: à Paris, a Bezançon , à Lyon , à Aix,
à Toulouse, à Bordeaux et à Bourges. Il y a de plus
deux facullés de théologie protestantes ; l'une à Stras-
bourg pour le culte luthérien, l'autre à Montauban
pour le culte calviniste. Chaque faculté de théologie
est composée de trois professeurs au moins, savoir un
d'histoire ecclésiastique , un de dogme et un de mo-
rale évangeliqne. 11 y a en outre dans plusieurs fa-
cultés des chaires d'hébreu et d'éloquence sacrée
confiées à des professeurs spéciaux. Le cours ordinaire
des études dure trois ans.
hesjacultés de droit se trouvent établies dans les
villes de Paris, Strasbourg, Dijon, Grenoble, Aix,
Toulouse, Poitiers, Rennes et Caen. On y enseigne
i" les élémens du droit naturel et du droit des gens ;
2" le droit civil français ; 5" le droit romain consi-
déré surtout dans ses rapports avec le droit français ;
4° le -droit public français et le droit civil dans ses
rapports avec l'administration publique ; 5° la légis-
lation criminelle et la procédure civile et criminelle.
L'école de droit de Paris compte uu plus grand nom-
bre de cours, quinze professeurs et huitsuppléans. Le
cours ordinaire des études est de trois ans ; ceux qui
veulent obtenir le grade de docteur font une année
de plus.
\^Gsfacultès de m<?'c?(?c«/ze sont placées dansles trois
villes de Paris, Montpellier et Strasbourg. H y a en
outre des écoles secondaires de médecine et des cours
d'instruction médicale institués dans les hôpitaux des
villes suivantes : Amiens, Angers, Arras, Bordeaux ,
Caen, Clermont , Dijon, Grenoble, Lyon, Marseille,
Nantes, Poitiers, Rennes, Reims et Toulouse. Le
cours ordinaire des études dans les facultés de méde-
( 'S8 )
cine est de quatre ans ; ceux qui veulent obtenir le
i^n'ade de docteur font une année de plus.
YjQS facultés des .çcze;zc(?5 actuellement organisées
sont placées à Paris, Strasbourg, Caen , Toulouse,
Montpellier , Grenoble et Dijon. Dans cliaque faculté
un professeur enseigne le calcul différentiel et inté-
gral; un autre la mécanique et l'astronomie 5 un troi-
sième la physique et la cbimie tbéorique et expéri-»
mentale ; un quatrième les diverses parties de l'iiistoire
naturelle. Il y a dans la faculté de Paris un plus
grand nombre de professeurs que dans les autres
facultés. Le cours ordinaire d'études dure trois ans.
D'après le décret du i y mars i SoSune /acuité des
lettres devait être établie dans chaque académie près
du Collège Royal du chef-lieu ; mais il n'y en a que
six actuellement organisées ; savoir celles de Paris ,
Besançon, Caen, Dijon, Strasbourg et Toulouse.
Chaque faculté des lettres se compose de trois pro-
fesseurs au moins, dont un enseigne la philosophie,
savoir la logique, la métaphysique et la morale; un
autre les belles-lettres, savoir la littérature française ,
grecque et latine ; un troisième l'histoire, savoir l'his-
toire ancienne et moderne, la géographie mathéma-
tique, physique, historique et politique. La faculté
des lettres de Paris a seize professeurs , dont trois sup-
pléans. Dans les académies qui n'ont point de faculté
des lettres, une commission établie au chef-lieu est
chargée d'examiner les aspirans au grade de bachelier
ès-lcttres.
Les grades dans chaque faculté sont au nombre
de trois : le baccalauréat , la licence , le doctorat. Les
facultés de droit délivrent aussi de simples certifi-
cats de capacité. Nul étudiant ne peut prendre sa pre-
mière inscription dans les facultés de théologie , de
droit ou de médecine , s'il ne justifie c[u'il est pourvu
du grade de bachelier ès-lettrcs; à compter du i" jan-
vier 1825 , nul ne pourra s'insciire dans les facultés
( i^^9 )
de médecine , s'il n'a ubieiui nussi le grade de ba-
chelier es sciences.
Tout professeur de facidtë jouit d'un traitement
fixe de 5ooo francs, et reçoit en outre un traitement
e'venluel qui varie suivant le nombre des examens et
des actes publics auxquels il assiste (i). Le doyen
reçoit de plus un préci[)nt , dont la quotité est déter-
niincc par le conseil royal. I:es supplcans reçoivent
aussi un traitement fixe déterminé par le conseil
royal , et ils participent , conn^ie les professeurs , aux
droits de présence. Les professeurs et snppléans sont
lof>cs, autant que les localités le permellent, dans les
batimens de la faculté à laquelle ils appartiennent.
2°. Les Collèges , où l'on enseigne les élémens
des lettres , de l'histoire , de la philosophie , des
sciences mathématiques et physiques, et qui se dis-
tinguent en collèges royaux, collèges communaux,
et collèges particuHers.
Les Collèges -royaux correspondent aux anciens
lycées. Il- y en a 38 , et ils sont distribués de manière
qu'il V en a au moins un dans chaque chef-lieu
(i) Voici rj'.ielqiies clonni'cs relatives aux traitemcns des employés
(.le l;i faculté de droit de Paris, que nous tenons d'un de ses professems
les plus distingués.
JiaiteTiient des professeurs.
[". Traitement fixe, 3ooo fr. ; 20 traitement supplémentaire, 2400 fr.;
3" droit de présence aux examens et aux thèses , 10 fr. par candidat
et pour cliacun des actes aux(]uçis il se présente. Le président d'une
thèse, 1 5 fr. Le nombre moyen annuel des élèves étantde 12400 à 2600, et
chaque cours de 5oo au plus, on peut évaluer 'de 12 à 1 5 mille francs
le traitement des professeurs. Ils ont en outre le logement dans les bâ-
tinicns de l'école à mesure qu'ils vaquent et par ordre d'ancienneté.
Le doyen reçoit eu outre 4000 francs.
Traitement des suppléans.
1". Traitement fixe 1000 fr. ; 2" traitement supplémentaire 2400 fr.
lorsqu'ils sont chargés d'un cours pour une chaire vacante ; 3" droit
de présence comme aux professeurs. On peut évaluer de 3 à 4ooo fr,
le traitement des suppléans , indépendamment des 2400 fr. que reçoi-
vent ceux qui sont chargés d'un cours.
( i/fO )
d'académie. Les académies suivantes en ont un plus
grand nombre. Celle de Paris en a 7 , savoir : les
collèges Louis-le-Grand, Henri IV, Cbarlemagne ,
Bourbon et Saint-Louis dans la ville , un à Versailles
et un à Reims ; l'académie de Montpellier un à Rho-
des ; celle de Nîmes un à Avignon et un à Tournon ;
celle de Rennes un à Nantes et un à Pontivy ; celle
de Clermont un à Moulins.
Dans tous ces collèges l'instruction est donnée à
des boursiers que le roi y place ; à des élevés bour-
siers entretenus et placés par ii3 villes; à des élèves
pensionnaires que les parens présentent au clief du
collège ; à des élevés externes , qui n'y viennent que
pour le temps des classes.
L'enseignement est Je même dans tous les collèges
royaux. 11 est divisé en trois parties distinctes, savoir :
l'enseignement élémentaire , l'enseignement des lettres
et l'enseignement des sciences. 1/ enseignement élé-
mentaire , outre l'histoire sainte , comprend la gram-
maire française , la grammaire latine , la géographie ,
l'arithmétique et l'écriture. L^ enseignement des let-
tres comprend essentiellement les lettres latines ,
grecques et françaises; on y joint la géographie ^
l'histoire tant ancienne que moderne , la mythologie ,
une connaissance sudisante des antiquités grecques et
romaines, et les premières notions des sciences na-
turelles. L'enseignement est divisé en six classes , sa-
voir : classe de sixième , de cinquième , de quatrième ,
de troisième, de seconde et de rhétorique (i). L'en-
seignement des sciences remplit les deux dernières
(i) Nous donnons ci-après le tabkau de la marche suivie pour
renseignement.
Dans la sixième on explique le Se.lectœ è profanis ou le De ^'iris
illustribus urbis Rotule , les tables de Phèdre en les comparant à celles
de La Fontaine ; on étudie la géographie ancienne dont la connaissance
est indispensable pour l'intelligence des auteurs , et on la compare à
la moderne. Dans cette classe et dans la suivante les élèves contiaueni
( i4i )
années du cours d'études. 11 est divisé en classe de
philosophie de première année , et classe de phi-
losophie de seconde année. L'enseignement de la
première année comprend la logique , la métaphy-
sique et la morale qui renferme les principes du droit
de la nature et des gens; les mathématiques élémen-
ile recevoir des leçons d'écriture et d'arithmétique. Les tlièmes donnes
aux élèves , entre les deux classes , sont relatifs à la mythologie.
Dans la cinquième on explique un choix de Justin , de Cornélius
Neyos , des lettres familières de Cicéron , les fables d'Esope et les
élémens de la langue grecque. Les thèmes donnés aux élèves sont
relatifs aux antiquités grecques et romaines.
Dans Ja quatrième on explique Quinte-Curce , Tile-Ln'e ,\cs Coiii-
inentaires de César, les trMtiis De Aniiciliâ et De Seneciute , un
choix des Dialogues de Lucien, la Cyropédie de Xénoplion , et uîi
choix de poésies latines tirées des Bucoliques et àesGéorgiques def^irgile
et des Métamorphoses d'Ovide. Les thèmes donnés aux élèves sont
relatifs aux élémens des sciences naturelles. On commence à exercer
les élèves sur la versiBcation latine, et on leur fait apprendre par cœur
un choix de poésies françaises analogues aux poésies latines qui ont
été expliquées. Les élèves reçoivent dans cette classe les premières
leçons de dessin linéaire et de Bgure, et en continuent l'étude dans toutes
les autres.
Dans la troisième on explique un clioix de Snlluste et de Tacite ,
un choix de moralistes latins, un choix de moralistes grecs et un choix
de l'Enéide et de l'Iliade. On continue à exercer les élèves sur la
versification latine , et on leur fait apprendre par cœur un choix de
poésies françaises analogues aux poésies latines qui ont été explicjuécs.
Les thèmes continuent à être relatifs aux élémens des sciences natu-
relles.
Dans la seconde on explique un choix des harangues de Cicéron ,
un choix de l'Iliade d'Horace et de l'Enéide. On commence à pré-
parer les élèves à la rhétorique , en leur faisant connaître les figures
et en les exerçant à composer des narrations en latin et en français.
Les devoirs qu'on donne aux élèves sont des narrations. L'étude de
l'iiistoire profane est ainsi répartie entre les quatre classes qui précè-
dent : en cinquième l'histoire ancienne ; en quatrième l'histoire ro-
maine ; en troisième l'histoire du moyen âge ; en seconde l'histoire mo-
derne proprement dite ; dans les deux dernières le professeur s'attache
particulièrement à l'histoire de France.
Dans la classe de rhétorique on explique les Conciones e ueterihus
historicis exce.rptœ , un choix des oraisons de Cicéron , des harangues
de Démosthènes , des Conciones poeticœ , et un choix des poètes
tragiques grecs. On enseigne les préceptes de l'éloquence et les règles
de tous les genres d'écrire. On fait apprendre par cœur aux élèves des
morceaux choisis d'orateurs et de poètes dramatiques français; on
leur fait composer alternativement en vers latins, en discours français,
en version latine , en version grecque, eu discours latin.
( l42 )
taires , savoir : l'arithmétique complète, la géométrie,
]a trigonométrie rectiligne et les premières notions de
]'algèl)re. La leçon de philosophie est donnée en
latin. L'enseignement de la seconde année comprend
la statique, les élémens de l'algèbre et l'application
de l'algèbre à la géométrie, la physique proprement
dite , la chimie et les élémens de l'astronomie physi-
que. L'histoire naturelle , qu'on enseigne dans celle
année , est aussi étudiée par les élèves de troisième ,
de seconde et de rhéiorique. L'enseignement des let-
tres et sciences est confié à dix professeurs divisés en
trois ordres difiérens, savoir : les professeurs de
sixième , de cinquième , de quatrième, de troisième,
qui sont compris dans le troisième ordre ; les profes-
seurs de seconde et de rhétorique dans le second ; et
les professeurs de philosophie , les deux de mathéma-
tiques, et le professeur des sciences physiques qui sont
compris dans le premier ordre.
Le taux de la pension pour les élèves et la quotité
du traitement fixe pour les fonctionnaires , diffère
suivant les localités et l'ordre des professeurs.
Tableau du traitement fixe annuel des fonctionnaires et professeuis
des collèges royaux.
Fo^cTIO^•NAInEs.
Collèges de
Paris et
Versailles.
Collèges de
i"''^ classe.
2'' classe.
3'* classe.
ProYÏseur
5ooo
4000
35oo
3ooo
Censeur
35oo
25oo
2000
1000
Aumônier . . . . . ,
S.'ioo
25oo
2000
i5oo
Econome
3ooo
2000
iGoo
i4oo
Professeur du 1'="^ ordre. . .
3ooo
2000
1800
i5oo
■ — du 2'' ordre. ,
25oo
1 Soo
i5oo
1200
— du 3e ordre.
2000
i5oo
1200
1000
Mailres d'études ; . . .
IQOO
1 000
Soo
700
Prix de 1» pension. . . .
yoo
75o
65o
Goo
( i43)
Les collèges roj^aux de Paris et de Versailles for-
ment une classe parliculière. Les collèges royaux de
icr classe sont ceux de Piouen , de ëlrasbourg , de
Lyon, de Marseille et de Bordeaux; de 2<^ classe ,
Reims, Caen, Amiens, Douai, Metz, Besançon,
Dijon, Grenoble, Nîmes, Montpellier, Toulouse,
Orléans, Angers, Nantes, Rennes; de 5^ classe,
Nancy , Avignon , Tournon , Rliodès , Caliors , Pau ,
Poitiers , Bourges , Ponlivy , Limoges , Clermont ,
Moulins. . *
Outre le traitement fixe, les professeurs et le cen-
seur ont un droit éventuel , pris sur deux masses
qu'ils se partagent entre eux également , et qui pro-
viennent: la ï"-' du dixième du prix de toutes les pen-
sions ; la 2^ des deux tiers des rétributions payées par
les externes. Cette rétribution est à Paris de 60 ù\ par
élève. La part éventuelle de cbaque professeur dans
cette double masse est , à Paris, d'environ 2000 fr. Les
professeurs agrégés la perçoivent ainsi que les profes-
seurs titulaires ; mais au lieu du traitement fixe indi-
qué dans le tableau ci-dessus , ils n'ont qu un trai-
tement de 400 !''•
Les collèges communaux sont ainsi appelés parce
qu^ils sont entretenus à la cliarge des communes.
Dans chacun de ces collèges , quel que soit son degré
d'enseignement littéraire , les élèves étudient l'iiistoire
sainte, le calècliisme , la géographie , les élèmens de
l'histoire de France, l'arithmétique, et, autant qu'il
est possible, les élèmens de la géométrie et des sciences
physiques. Les collèges communaux actuellement exis-
tans sont au nombre de 022 , distribués dans les vingt-
six académies , comme on le voit par le tableau à la
page 146. Tous ces collèges ensemble renferment
environ 1700 fonctionnaires, dont le traitement fixe
est de I o4o francs , terme moyen.
Les collèges partlculiei'S sont des maisons particu-
lières d'éducation, qui, par la confiance qu'elles ont
inspirée aux familles dont ils ont élevé les enfans et
( .41 )
j>af la force de leurs éludes, ont mérilé du ^gouverne-
ment le titre de colléires particuliers de plein exercice :
ils jouissent de plusieurs privilèges que n'ont pas les
autres établisseniens de ce genre. Paris en a deux
seulement.
5°. Les Institutions et Vensions sont des
écoles tenues par des maîtres particuliers , dont l'en-
seignement s'élève au-dessus de l'instruction primaire.
Les pensions désignent celles de ces écoles où les
éludes ne dépassent |)omt les classes de grammaire et
les élémens d'ariihméiique et de géométrie.
On appelle institutionsles écoles particulières dont
l'enseignement s'étend jusqu'aux humanités , et peut
même, avec l'autorisation du conseil royal, embrasser
tout le cours d'études des collèges de plein exercice.
11 faut être bachelier ès-lettres pour pouvoir ob-
tenir le titre de maître de pension.
4" Les é c o l e s p ri 771 ai r e s sonl ceWes oiil'on donne
l'instruction élémentaire ; elles se partagent en écoles
de premier y de deuxiè77ie ei de troisième degré , sui-
vant que l'enseignement y est plus ou moins étendu. .
Dans celles du premier degré on enseigne la lecture ,
l'écriture, la grammaire française, l'arithmétique,
l'arpentage et la géographie ; dans celles de deuxième
degré, la lecture, l'écriture, l'orthographe et le calcul;
dans celles de troisième degré , à lire , à écrire et à
chiffrer ;
En écoles te7iues par un ou plusieurs membres
des diverses sociétés de frères des écoles chrétiennes,
et e7i écoles te7iues par des instituteurs isolés y
En écoles d' e7îseigne7ne7it mutuel , d^ enseigne-
ment simulta7ié ou di enseig7iement individuel ;
En écoles publiques onconmiunales ei en écoles
apparte/ia7itcs à des particuliers _,•
£n écoles g7rituites et en écoles dites paya7ites.
Le traitement légal des instituteurs se compose, i° du
logement fourni par les communes , ou , à défaut de
logement . d'une indemnité équivalente ; 2° d'une ré-
(i45 )
liîbulion fournie par les païens, et de'terniinée par les
conseils municipaux de concert avec les instituteurs.
La commune paie à ces derniers pour tous les enfans
de parens pauvres qui dépassent le cinquième du
nombre total des élèves.
Outre ces 4 classes d'etablissemens , il y a en outre
une grande école normale établie à Paris, et des
écoles normales partielles placées dans les diverses
académies pour y former un nombre sullisant de
maîtres en état d'être employés dans les dillérentes
branches de l'instruction publique dépendantes de
l'université de France.
La grande école normale de Paris est un pensionnat
normal destiné à recevoir jusqu'à 3oo jeunes gens qui
y sont formés dans l'art d'enseigner les lettres et les
sciences. L'instruction est principalement donnée par
les professeurs des facultés des lettres et des sciences,
dont les élèves suivent les cours dans l'ordre déterminé
par les réglemens. Les aspirans à Técole normale doi-
vent être âgés de 17 ans au moins et de 21 ans au plus.
Les écoles normales partielles sont établies près de
ceux des collèges royaux de Paris qui ont des pension-
naires, et près du collège royal du chef-lieu de chaque
académie. Chacune de ces écoles est composée de huit
élèves nommés par le roi.
Le tableau ci-après offre le nombre des établisse-
mens compris dans le ressort de l'université de France,
et celui des étudians qui les ont fréquentés ; il se rap-
porte à l'année 1821. Quoiqu'il soit officiel, nous
croyons néanmoins qu'il faudrait retrancher 4oooo éco-
liers au moins de la somme totale , parce qu'il n'est
pas probable que les 460 écoles primaires de l'Aca-
démie de Clerraont aient eu précisément le même
nombre d'écoliersque les i49'^ écoles de celle de Dijon.
Cependant nous l'avons retenu, parce que lorsque nous
nous en sommes aperçu nous n'éiions plus en mesure
de nous adresser à qui pouvait le rectifier.
11. 10
( i46 )
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IWPcquc^oCCOijHÎSS^SSOa; fcB-pS «mH
(^47).
Outre les etabllssemens dont nous avons parlé , la
France en a beaucoup d'autres qni sont indépendans
du conseil royal de l'instruction publique , et qui dé-
pendent des administrations particulières dans le ressort
desquelles ils sont compris. Les plus considérables à
Paris sont les suivans :
Le Collège Royal de France , où 2 1 professeurs titu-
laires et 2 professeurs honoraires enseignent l'astrono-
mie, les mathématiques, la physicfue mathématique, la
physique expérimentale, la médecine, l'anatomie, la
chimie, l'histoire naturelle, le droit de la nature et des
gens, l'histoire et la morale, les langues hébraïque, chal-
daïque et syriaquCjl'arabe, la langue turque,Ie persan, la
langue et la littérature chinoise et le tartare-mandchou,
la langue et la littérature sanskrite, la langue et la litté-
rature grecque , la langue et la philosophie grecque ,
l'éloquence latine, la poésie, la littérature française.
L Ecole royale et spéciale des langues orientales vi-
vcmteSyQn 7 professeurs enseignent le persan et le ma-
lai, l'arabe littéral, l'arabe vulgaire, le turc, l'armé-
nien, la littérature grecque moderne, l'archéologie.
Le Muséum d^ histoire naturelle , où i3 professeurs
enseignent la culture des jardins, l'anatomie humaine,
la botanique rurale , l'iconographie naturelle , la zoologie
des reptiles et des poissons , la botanique , la zoologie
des animaux sans vertèbres, la zoologie des quadru-
pèdes , des oiseaux et des cétacés , la minéralogie ,
1 anatomie comparée , les arts chimiques , la chimie
générale, et la géologie. ,11 y a dans ce superbe établis-
sement un jardin botanique et plusieurs galeries où se
trouvent disposées méthodiquement des collections ap-
partenantes aux trois règnes de la nature et d'autres
galeries pour l'anatomie et la botanique , ainsi qu'une
ménagerie d'animaux vivans^ une bibliothèque d'his-
toire naturelle et un ampliiihéatre avec des cours.
L Ecole royale polytechnique, où 10 professeurs et 1 3
maîtres et répétiteurs enseignent l'analyse et la méca-
( '48 )
nique; la géomélrie descriptive; 1 analyse appliqiK'e,
la géodésie , l'arillimctique sociale ; la physique ; la
chimie ; rarchiteclurc ; le dessin de fip;ure et de
paysage; la grammaire, les Lelles-letircs, l'histoire et
la morale ; le dessin lopographique. Viennent ensuite
Y Ecole cV application des ingénieurs géographes au
Dépôt de la guerre; les écoles royales des Mines , des
Ponts et chaussées , de Musique et de déclamation^
Spéciale des beaux-arts y etc., etc.
Les plus considérables hors de Paris sont les suivans :
\J Ecole d'artillerie et du génie, -A Metz ; Y Ecole mi-
litaire royale et spéciale, à Saint- Cyr près de Ver-
sailles ; V Ecole militaire préparatoire , à la Flèche ;
V Ecole d'instruction des troupes achevai , à Saumur;
les écoles royales d'arts et métiers , à Chalons-sur-
Marne et à Angers ; les Ecoles royales d'économie ru-
rale vétérinaire , à Lyon et à Alfort près de Paris ;
X Ecole spéciale du génie maritime ^ à Brest. 11 y a en
outre 44 écoles de navigation , parmi lesquelles celles
de Brest , de Rochefort et de Toulon sont les plus
considérables.
Afin que nos lecteurs eussent le moyen de comparer
l'état de rinstruGiion de la masse générale des habitans
d'un Etat, avec celui" des autres, nous avons rassemblé
dans le tableau ci-dessous quelques faits imporlans qui
en sont la véritable mesure. Nous croyons indispen-
sable de les prévenir que dans le nombre des écoliers
des monarchies portugaise, espagnole, française, an-
glaise, de l'empire russe et de l'ancienne Hollande, on
a compris aussi les étudians des universités, qui ne
le sont pas dans celui du royaume de Naples où ne
figure pas non plus celui des écoliers des lycées et
des collèges, qui dans ces derniers établissemens seuls
montaient en i8i8 à 1240. Parmi les écoliers qui en
1820 ont fréquenté les écoles de l'Angleterre et de la
principauté de Galles se trouvent compris aussi ceux
qui sont instruits par des maîtres particuliers. Nous
( '49 ) .
sonirac'S persuadé que le nombre actuel des écoliers de
l'Espagne est pour le moins (juatre fois plus grand qu'il
n'est porté dans le tableau à une époque si éloignée ,
et depuis laquelle la nation espagnole a fait tant de
progrès dans l'instruction. Mais faute d'aucun rensei-
gnement plus récent il nous a bien fallu nous tenir à
celui-là , car nous n'avons pas encore reçu ceux que
nous avons demandés. Nous aurions voulu donner plus
de conformité aux élémens de notre tableau , mais nous
n'en avions pas le loisir, et nous n'étions plus en me-
sure de nous procurer les documens nécessaires. Ce-
pendant, pour offrir des données qui pussent mettre
à même de comparer la poprJation de chaque pays et
le nombre d'écoliers respectif, nous avons réduit la
première à l'année à laquelle se rapporte le nombre des
seconds ; les chiffres ronds indiquent quelles sont les
populations que l'on a réduites de la sorte.
( i^'^o )
Tableau coiiiparatil du nombre dos l'tudians qui unt fr.C(]ucntc les
écoles de plusieurs Etats do rEuropc.
ETATS ET PR0V1^CES.
Monarchie Portugaise
Monarchie Espagnole.
Royaume Je Naples. .
lîmpire d'Autriche. . Bohème.
Silésle et Moravie.
Basse Autriche. .
Haute .Autriche. .
Styrie et cercle deKlageiîl'urt
Cercle de Gratz. .
Helegal. de Biescia. .
Delegat de Beigame. .
Monartliie Françîiise. _.
L'acad^ie de Paris dans les écoles primaires.
Le département de PAuhc
— — Eure-et-Loir!
— — • Marne
— — Seine. ....
— — Seine— et— Marne .
— — Scine-et-Oise.
— — Yonne ....
-Vnn.
1820
1787
i8i5
1818
1773
1789
iSn
iSn
1811
i8n
1811
i8i5
i8i5
\vm5
il82I
I82I
POPULA-
Tiori.
r.inpiic Russe sans le royaume de Pologne.
Monarchie Anglaise.
Angleterre et Galles.
Ecosse
Irlande
I\0J1BRK
D'ÉTUD1A^S.
Monarchie des Pays-Bas. Hollande ou les anciennes'
Provinces-Unies.
Province du Hainaut. . .1
TMcnarchie Prussienne. Couvernem deMagdcbourg
Duché de Nassau ; . . î . .
Confe'dération Suisse. . Canton de Vaud.
1830
i8ji
1820
1817
I82-'
.817
1818
1S2I
3 1^0000
10 269150
5 0.')226l
5 006883
2 3.^0000
2 85oooo
3 i5i53o
1 690000
j o4oooo
425ooo
i o>>5uoo
286000
3i iSgÔ'
50^876
3o 465291
2 686831
239688
264448
309444
82170(3
3c)3i5o
4q449°
332905
5o 600000
n 800000
I 599068
6 700000
I 900000
4586 16
472012
302769
04000
5o73o
48913
745.5
i4ooo
158-67
284721
149482
101922
32787
37754
32000
21212
21557
I 730000
160644 dont
22to4
■ 7019
81097
18194
23377
27162
S1191
.^00000
I 571072
170000
80000
190000
3oo(io
60000
66944
65ooo
160000 29000
Le tableau suivant, dont la rédaclion nous a coulé
beaucoup de peine , présente les principales uni-
versités de l'Europe, et le nombre d'éludians qui les
ont fréquenlées,avecl indication de l'année à laquelle
ce nombre doit se rapporter. Nous avons fait suivre d'un
( -5' )
point inlerrogalif les chiffres sur lesquels nous n'avions
pas de données bien sures ; nous avons du prendre
ce moyen , par exemple , à l'égard de plusieurs uni-
versités d'Italie sur lesquelles nous n'avons pas encore
reçu les renseignemens que nous avons demandés ,
parce que nous n'avons pas voulu répéter les évaluations
inexactes que l'on rencontre dans tous les ouvrages des
géographes étrangers. Nous avons donné le nombre
d'éludians des trois années i8i8j 1819 et 1822 de
l'université de Gôttingen , pour faire voir l'influence
qu'ont eue sur les cours de ce grand établissement les
troubles qui ont agité cette ville. Les nombres d'élu-
dians sans indication de l'année se rapportent à d'an-
ciennes dates , ou sont les nombres moyens déduits de
plusieurs années.
Tableau comparatif des principales universités de l'Europe.
États.
Villes.
4NMF.F.S
Étudians.
Monarchie Portugaise
Coirabra.
1820
iGo4
Monarchie Espagnole.
Salamanca.
1787
'909
Saragossa. . . .
1786
2000
Sevilla.
1786
5oo
Cervcra
1786
800
Valencia.
182I
i8j2
Dans les 23 univers.
1787
12538
Monarchie Française
Paris
.8.1
6761
Besançon.
1821
^6 •
Bordeaux. .
1821
4o
Caen.
1821
270
Grenoble. . . ■
1821
55
Lyon.
1821
70
Montpellier. . .
1821
73o
Poitiers.
1821
200
Rennes
1821
260
Rouen.
1821
65
Strasbourg. . . .
1831
8.3
Dijon.
1821
4op
Toulouse. . . .
1821
ligS
Royaume Sarde
l'iirin
1820
1813
Gênes. ....
àooî
Cagliari.
5oo
Grand duché de l'oscane
Pise
1822
600
Duché de Modi'ne
Modène
1820
3oo?
État du Pape.
Rome.
1819
5oo?
Bologne
1820
680
Royaume des Dcux-Siciles
Naples.
.819
lOÛO?
Palermc.
1819
4oo?
( ^-^^ )
Ivi'ATS.
Empire Autrichien.
F.miiire Russe.
Mouarcliie Suédoiii;.
Miinarcliie Danoise.
Idonarcliie Anglaise.
Monarchie «les Pajs-Uas.
Monarcliie Prussienne.
Royaume Je Hanovre.
Grand-duché de Mecklenbourg-Schwerin.
Royaume de Saxe.
Grand duché de Weimar
Grand duché' de Hesse.
îlesse Electorale
Grand duché de Baden.
noyauine de Wurlemberg
Royaume de Bavitire.
Confede'ralion Suisse.
VlLLliS.
Vienne.
Pest. . .
Prague.
Lembcrg.
Pavie.
Padmie. .
Moscou , norpat ,
Kasan , Charkow
cl AViina. .
Moscou.
Dorpat. ,
Wilna.
Charkow,
Kas.m.
Pétersbourg-
Varsovie.
Abo. . . ,
Upsala.
Lund.
Christiania.
Copenhague.
Kiel.
Oxford. . .
Cambrigde.
Edimbourg. .
Gl.iscow
Saint-Andrews
Abccrden.
Dublin. . .
Louvain, .
l>iége.
Gand. . .
Leyde.
TJlrecht. . .
Groningue.
Berlin. . ..
Hîlle.
Breslau. .
Kônigsherg.
Greifsvi'ald. .
Bonn.
Gôttingen. .
Eoslock, .
Leipzig.
Jeua. .
Gicsson.
Blarburg.
Freiburg.
Heidelberg.
Ta])ingen.
Landshut.
Wurzburg.
Erlangen
Paie. . .
!
ANNIÎES
Éti'dians.
1817
ilo5
iSiq
<)85
1817
879
)8i8
1017
1000
1821
800?
18:3
i35'2
i8!8
200
I8i5
3io
600
i8i3
234
1816
i3o
1821
4oo?
l82t
507
200
1822
i42o
1818
5oo
i8l8
A9
1100
i8io
117
2,'JOO
1820
HOU
18.8
2250
181O
1700
1817
,75
35o
1S18
1209
1830
24*
1820
437
1820
Qll
l8:!o
320
1820
2 5o
1820
2l5
i8<9
loir
1819
74.'i
lS2o
1 ,.4.n
632
....6
1819
1820
1818
iSrg
1822
1820
1819
1818
200
1819
837
i8j2
482
1822
6o3
1822
■76*
1817
420
18 U)
.Ggo
.818
576
200
i5o?
( .53 ) .
Nous nous proposions de rédiger aussi un lablean
du nombre des espèces diftérenles cultivées dans les
principaux jardins botaniques de l'Europe, lorsque la
difficulté de nous procurer des renseigneraens exacts ,
et d'accorder ensemble les évaluations si différentes
des voyageurs et des géographes , nous ayant déter-
miné à consulter M. le baron de Humboldt, comme le
savant qui plus que tout autre aurait pu nous mettre
à même de le rédiger convenablement, nous y avons
renoncé par son conseil et d'après les remarques qu'il
nous a faites sur ce sujet. En effet , il est très-peu de
jardins dont on connaisse le nombre d'espèces qu'ils
contiennent. On décrit le plus souvent dans les ca-
talogues les plantes que l'on a possédées à différentes
époques j on y ajoute souvent les plantes indigc^nes que
Ion pourrait cultiver, et dont le nombre, s'élève à
deux ou trois mille. Le savant botaniste Decandolle
admet 12000 espèces pour les jardins les plus riches
de rEuro[)e, qui sont ceux de Berlin, de Kew et de
Scliônbrunh. M. le baron de Humboldt estime de
10000 à 12000 le nombre des espèces cultivées au
jardin botanique de Berlin Au jardin des plantes de
Paris on cultive entre 6000 et 7000 espèces. Selon le
Quarterley Revew, 1821 , N" 4^, page 4i5, on cultive
dans tous les jardins botaniques d'Angleterre ensemble
1 1970 espèces exotiques, dont 6766 ont été introduites
sous le règne de Georges 111. Selon le professeur
Horneraann le jardin botanique de Copenhague pos-
sédait 7600 espèces en 181 3: ce même jardin n'en avait
que 5ooo en i8oi.Cekû de Varsovie, grâce aux soins
du professeur Szubert , en compte plus de 5ooo.
Lorsqu'on compare ces faits positifs avec ceux que
nous avons exposés à la page 94 en parlant des jardins
botaniques du Portugal, on voit combien il reste en-
core à faire sous ce rapport dans ce royaume. On peut
même dire qu'eu égard au délicieux climat de Coim-
bra et à sadoucc température si favorable à la culture de
( i54 )
tant de plan les exotiques,son jardinbolanicpe dansTélat
actuel ne nie'rite presque pas ce nom , en comparaison
des établlssemens superbes que nous venons dénommer,
et où le soin et l'art du botaniste doit continuellement
lutter contre le climat et le sol. Nous somnies per-
suadé qu'avec des dépenses extrêmement modiques et
un peu de soin, Coimbra pourrait en peu de temps
offrir un des jardins les plus riclies de l'Europe , et
d'où tous les botanistes portugais pourraient tirer à peu
de frais tant dé plantes rares ou utiles qu'il serait si
facile d'acclimater en Portugal.
On peut dire, sans craindre de se tromper, que le
nombre de volumes des bibliothèques publiques de
l'Europe est encore beaucoup plus incertain que ne
l'était celui des babitans de la plupart des Etats qu'elle
comprenait vers la moitié du siècle passé. Les recher-
ches multiplées auxquelles nous nous sommes livré pour
en rédiger le tableau ci-dessous nous ont fait décou-
vrir plusieurs fautes qui se trouvent répétées dans les
meilleurs ouvrages de géographie , où l'on rencontre ,
même chez les plus savans auteurs contemporains, les
opinions les plus disparates relativement au nombre de
volumes contenus dans la même bibliothèque (i). Indé-
pendamment du penchant qu'ont presque tous les
bibliodiécaires à enk\ev le nombre des volumes de
leurs bibliothèques respectives pour en relever l'éclat ,
il faut remarquer que cette grande disparité d'opinion
(0 M. Stein, dans la 4e édition de sa géographie , donne 36ooo volumes à la
bibliothèque d'Olmùtz nue M. Cannabirh , dausson Lehrbuch der géographie, etc.,
publié à Sondershauscn en i82l,:porle à 5oooo.M. Stem, dans sa géographie estime
à 25ooo volumes la bibliothèque lis runiversité de Leipzig , qui dans son Diction-
naire est évaluée 60000 volumes et pics de 1000 manuscrits. Il accorde 11. ion
volumes à celle de Laudshut , donlCannabich ne iait pas du tout mention ; et tancli»
que ce dernier estime de 4o à Soooo le nombre de volumes de la bibliothèque de 1 uni-
versité de Halle, Stein ne l'évalue que 20000. De même celui-ci donne 20000
volumes seulement à la bibliothèque d'Erlangen et 23000 à celle de Heidclberg.lauais
que Cannabich porte à tooooo la première et à 45ooo '» seconde •^I.Cannabica
donne aussi i2oo«o volumes .à la bibliothèque de Marseille, qtie M. ïctit-iiaael
n'évalue qu'à 5i'fno.
( i55 )
entre les i,fëograplieset les voyageurs est la conséquence
inévitable des anomalies auxquelles sont sujets les prin-
cipaux éléniens de ces sortes d^évaluations^En effet le
nombre des volumes des bibliothèques publiques de'-
pend de leur dotation plus ou moins riche , du nombre
plus ou moins grand d'ouvrages publiés annuellement,
et qui d'après des réglemens, doivent y être déposés,
et des acquisitions plus ou moins grandes et des pertes
auxquelles des circonstances extraordinaires ont pu
donner lieu. C'est ainsi que les bibliothèques des uni-
versités de Liège, de Christiania et de Varsovie, créées
depuis quelques années, comptent déjà, la première
plus de 26000 voliunes, la seconde près de 76000, et
la troisième environ 80000.; que les bibliothèques du
Roi à Paris , Impériales à Vienne et à Pètersboiug ,
Royale à Berlin , de l'Institut à Munich , de Brera à
Milan , de l'Université à Gôttingen , etc. etc. , aug-
mentent chaque année de plusieurs milliers la masse
de leurs volumes ; que la bibliothèque Royale de Co-
penhague, depuis 1787, a fait l'acquisition des 5oooo
volumes de celle du comte Otto Thot et des 1 00000
qui formaient la bibliothèque du célèbre historié a
Suhm, et celle d'Erlangen des 40000 appartenans à la
bibliodiéque deruniversilè d'Al fort qu'on a supprimée;
que dei)uis quatre ans celle du. HJ u s eum de Londres a
augmenté considèralement le nombre de ses volumes
par l'acquisition des bibliotliéques de Ginguenè et du
docteur Burney, et par le legs que lui a fait M. Banks
de la sienne ; que la BocUejana à Oxford a acheté
6000 manuscrits qui appaiienaient à la bibliothèque de
l'abbé Cannonici à Venise , et que la bibliothèque par-
ticulière du grand-duc à Florence augmente annuelle-
ment par les fortes sommes que ce prince très-inslruit
destine à l'acquision des ouvrages les plusimportans qui
paraissent dans les principales villes de l'Europe ; c'est
ainsi enfin que la bibliothèque de Gôttingen a subi
dernièrement luie grande diminution par le grand
( JÔG )
rombre de volumes (ju'elle a tlù rendre à celle de
Wollenbûllcl, qui lui avaient été réunis pendant le
régime weslphalien, et que les deux bihiiolhéques de
Chio ^t de Lucques viennent de disparaîU'e , la pre-
mière à la suite des scènes sanglantes qui ont détruit
cette viile naguère si florissante , et la seconde par
l'effet d'un incendie qui en a dévoré une grande par-
lie. Nous n'avons rien dit dans notre tableau de toutes
les bibliothèques particulières, quelque considérables
qu'elles soient , lorsqu'elles n'appartenaient pas à des
princes régnant , faisant une seule exception pour les
trois de Barberini , de Corsini el àe Ghigi , que l'on
trouve à Rome , pat ce qu'elles sont ouvertes au pu-
blic. Nous avons dû. prendre cette détermination dans
la crainte de nous exposer à citer certaines bibliothèques
peu importantes dont tous les géographes font mention,
lundis que nous en aurions passé sous silence beaucoup
d'autres plus considérables qui nous étaient incon-
nues. Nous dirons cependant , puisque l'occasion s'en
présente , que la bibliothèque du comte Czartorisky
à Pulawy dans le royaume actuel de Pologne ne
compte pas moins de iSoooo volumes j que celle de
lord Spencer à Londres en compte près de 5oooo ,
et est peut-être , pour la rareté des éditions dont elle
est composée , la première de toutes les bibliothè-
ques particulières ; que celle de lord HoUand dans la
même ville en a 3oooo et celle de sir Thomas Gran-
ville i5ooo ; que la bibliothèque de Son Altesse Im-
périale le grand-duc Constantin à Pétersbourg est
composée de 3oooo volumes ; que celle du feu duc
Albert de Saxe à Vienne en a 60000 , outre une su-
perbe colleciion de 80000 gravures; que celle du
prince Esterhazy à Vienne est riche de Soooo vo-
lumes, tandis que les bibliothèques de l'avocat Reina,
du marqiiis Jean -Jacques Trivulzio et du comte
Gaétan Melzi à Milan en comptent,, la première
5oooo , la seconde -20000 et la troisième 1 5ooo ;
( 1^7 ) .
que les bibliolhéques Pisani , Zeno et Quirini à Venise
possédaient, la |»remière i4ooo volumes , la seconde
12000 et la troisième possède encore environ loooo;
que celle du marquis Jean Filippi à Vérone compte
environ 12000 volumes, celle du marquis Jacques
Philippe Durazzo à Gènes autant , tandis que celles
d'Albanl et du marquis Massimi à Ptomesoni estimées
en avoir 20000. INous avons donné ces détails afin de
mettre nos lecteurs à même de comparer les bibliothè-
ques particulières duPortu^al dont il a été question avec
celles du mèmegenredansles autres pays. Nous n'avons
éparij^né aucun soin pour donner la plus grande exacti-
tude à notre tableau ;nous y avons rectifié , d'après un
excellent article de la Gazette littéraire de Leipzig, le
nombre de volumes des bibliolhéques publiques de la
Russie. Nous avons pris {)Our guide, relalivement à la
bibliothèque impériale de Vienne, l'ouvrage récent de
M. Léon; nous avons réduit , d'après le résultat des
recherches du célèbre abbé Mai , dont nous avons
eu connaissance , à 64ooo , le nombre "des volumes
imprimés de la l)lbliolhéquc du Vatican. Enfin
nous avons ajouté des renselgnemens si non absolu-
ment exacts, du moins très-apj)roximatirs sur plu-
sieurs bibliothèques publiques de l'Italie, sur lesquelles
tous les géographes gardent le plus profond silence.
A l'égard des bibliothèques de la France, nous avons
suivi l'ouvrage de M. Petit-Fiadei, nous permettant
seulement de rectifier son évaluation relative à la bi-
bliothèque du Roi, que les informations que nous avons
prises des savans bibliothécaires MM. les chevaliers
Langlès et Van-Praet nous mettaient à même de
faire- En réduisant à un nombre, qui nous paraît s'ap-
procher beaucoup plus de la vérité, la grande quantité
de livres qui forment les trois principales bibliothè-
ques d'Oxlbrd , que Sleln,Cannabich et autres savans
géographesconsidèréntà tort comme une seule,à laquelle
ils accordent 5ooooo vol. et 5oooo manuscrits , nous
( i58 )
trouvons que la plus grande masseconnue de livres réunis
dans un seul élablisscment est sans contredit celleide la
bihliolliéque du Roi à Paris. Nous avons cru indispen-
sable d'entrer dans ces détails pour mériter la confiance
de nos lecteurs, et afin de ne pas voir confondre un tra-
vail qui nous a coûté tant de peines avec celui que tout
autre aurait pu faire, en puisant sans aucune critique
dans une géographie générale toutes les données rela-
tives au nombre des volumes des bibliothèques qu'il y
trouverait indiquées. Nous regrettons seulement de
n'avoir pas eu assez de loisir pour faire les mêmes
recherches à l'égard de l'Espagne , de l'Italie méri-
dionale, de la Suisse, etc., régions relativement auxquel-
les notre tableau est bien loin d'être complet. Nous re-
grettons aussi de n'avoir pu vérifier les estimations
relatives à certaines bibliothèques , dont le nombre de
volumes nous paraît exagéré , telles que les bibliothè-
ques de Malte , de Mayence , de Trêves , de Wolfen-
biittel,ainsi que d'autres dont le nombre nous paraît éva-
lué trop bas, telles que les bibliothèques de Sèville, de
Valence , de même que les évaluations du Blakwoods
magazine à l'égard de celles du Theresianum , de
Landshut , Halle , etc. etc. Nous terminerons par
déclarer qu'après tant de recherches nous ne som-
mes pas en état de garantir l'exactitude des éva-
luations offertes dans notre tableau , dom le seul
mérite consiste à présenter l'ensemble de tout ce
que l'on sait de moins inexact à ce sujet. Nous nous
estimerions heureux si notre travail excitait la curiosité
de quelque géographe ou de quelque littérateur qui ,
ayant plus de loisir que nous , pût pousser plus loin
ses recherches et présenter un tableau complet du
nombre des volumes , accompagné de l'indication des
ouvrages les plus précieux contenus dans les princi-
pales bibliothèques de l'Europe, sujet qui mérite au-
tant d'attirer l'attention du géogra]ihe que celle du
littérateur.
( -59 )
Tableau comparatif des principales Libliotliéques publiques de
l'Europe.
Etats.
Monarchie Portugais«
Monarchie Espagnole.
Monarchie J'rançaise.
V11.1.RS ET mBi.inTn;'yiJES
Lisbonne, Royale
celle de Jésns . . . .
— celle de S. Francisco, .
celle deS.Vicenlede Fora
celle de Ncccssidades.
Coimlira, celle de l'université .
— celle de Sauta-Cniz. .
Porto, celle de Mgr. révêguc,
Tibacns . ,
Evora
Madrid , Royale. ...
Escurial.
Seville.
Valence. ......
Paris , Royale ....
NOMBRK r>t VOLUMES.
Mazarine
celle de Sainte-GeneTièvc.
celle de Monsieur à l'Arsen
relie du conseil d'Etat,
celle deriustitut de France
de l'école Polytechnique .
celle delafaculté de médec.
celle du collège Royal de
France
de l'Hôtel des Invalides,
celle du collège de Louis
le-Grand. .
celle de la cour de cassation
celle du tribunal de pre
mière instance. .
celle de la chambre des
députés
Mézières
Troyes
Aix.
Marseille
Saintes.
Dijon
Saiat-!3rieux
Besançon.
Charlre.*!
Toulouse, du collège royal . ,
celle du clergé .
Bordeaux. •
Montpellier , de la faculté.
Tour.^.
Grenoble . ■
Nantes.
Orléans
Angers.
Chaumont. . . . _ .
Châlons-sur-Marne.
Reiras.
iNancy
8.5ooo
ôsooo
2CO00
23COO
28000
58ooo
36ûoo
3200O
25oOO
20000
Qooooo et beaucoup de m.
90000 et 10000 manuscr.
20i)00
25ooo
ASoooo Tol. imprimés.
/|5oooo brocb. en feuilles
réunies en reçut ils
5oooo manuscrits.
goooo et 3j^37 raan.
iiooooetîooo man.
i45oooel 5ooo mau.
3oooo
5oO('0
24ooo
aSooo
3oooo
3oooo
20000
Boooo
21000
Doooo
72670
5j5oo
2 385o
35ooo
2^^000
53ooo
28679
3oooo
20000
xo5ooo
3oooo
4200U
22000
25oOO
22000
aicioo
i4ooo
ï^ooo
23ooo
( ï6o )
Royaume Savdc
Duclié lie Parme
Gr.-Duché de Toscane.
Elat au Pape.
Duché Je Modtne. •
Roy. des Deux-Siciles.
Empire d'Autriche .
Mclz
Cambray
Douai
Arras
Strashcur
IColmar
Lyon
La J^Icclic.
Le Mans
Rouen
Versailles
Amiens « • ■
Avignon
Turin , de l'université. . . •
Gênes , Tranzoni ou dei Preti,
— celle de l'universilé. . •
Novarra.
Cagliari
Parme, Ducale. ...
plaisance.
Florence , Magliahecchiana.
— IMaurocolliana.
— Laurenziana . • . •
— Ricardiana.
— particulière du grand-duc
Fisc.
Sienne . . . .
Rome , Vaticana . , • •
— delà Sapienza ou de l'univ.
— de la Minerva.
— Angelica
— Barberini.
— Corsini
— Ghigi.
Perouse
Ravenne. . •
Riraini ,1a Malatestiana.
BJogne, de l'univiTsité.
— de Magnani
Ferrare .
Modène , Ducale . • ■
^<>Sgi° „ .
Naples , de l'umyevsite. .
de Monte OU veto". . . ■
Vienne , Impériale. . . •
— de l'université.
_ del'acad.Thercsicnne . .
— partie, de l'empereur. . .
Kloster-Neuburg. . . • '
Linz. •
Grâlz , du lyce'e
Krernsmiinster.
Melken
Inspruck.
Prag'.ie , Impériale . . .
— du collège Cicmpnlinum
Olmiilz.
Krcmsier
Nicoîsburg. . . • . •
N(J!MrHIi DK VOLl'MliH.
27004
54ooo
3oooo
I 06000
22000
4 1 000
23ooo
/|0OOO
4oooo
265oo
jloooo
30000
aSooo
20000
20000
1 lOûOO
20000
120000
50000
20000 presque tous m,
20000 et 6000 manus.
80000
Aoooo
2.5ooo
64ooo et 60000? manus.
3oooo
80000
jor.ooo
24000 et 6000 manus.
36000
25ooo
24000
24000
20000
160000
3oooo
5oooo
60000 et beaucoup de m.
3oooo
i5oooo
20000
7)00000 et beaucoup do m.
11 0000
5oooo
60000
25ooo
22000
looooo
25«oo
35oûo
20000
120000
lOOOOO
4oooo
Boooo
2 0000
( i6. )
VllLCS Ï!T DIEHOTHLQUES,
t'iiipire d'AnlrirliC
r.nipire Russe.
Monarchie Snedcise.
MviiArchie Danoise.
Monarchie Anglaise
Monarchie Je» Pays-Bas.
.Moii.inhie Prussienne
II.
'.S.nl7.bourg , de Saint-Pierre.
' — (In lycc?.
i Venise, de San-Marco.
I Padoiie , de l'universile.
jViccuce
jBrescla
IBergainr.
jMaaloue
miiau , do Urera.
— .Ambrosiana.
i'avic
jPesl.
Debreczin
Maros-Vasarhely
Saros-Patak , du gym réformé
Lemberg.
Pctersbourg , [mpérialeàrtler-
milage
— Impér. ci -devant Zaluski.
— de racadémie des sciences.
Dorpat.
Varsovie , de l'université.
Riga.
Wittau
Stockholm , Royale. . . ;
Upsala.
Lund
Christiania. ......
Copenhague, Royale. . .
— de l'université.
— do Clasen
Kiel.
Londres ,du Muséum hritann.
— particulière du roi.
— delà comp. des Indes orient
O.xford , Bodlejaua , celle de
RadclifT et celle du Christ.
Saint-Andrew, de l'université'.
Glasgow
Edimbourg, des //^/js7«r« iothe
signet
— des avoeals.
— de runiversité. .
Dublin , do l'universile.
Bellast
iMalte ,. publique,
— du gymnase acdeniique.
La H^ie , Royale. . .
Bruxelles.
Leyden
Louvain.
Gand
Amsterdam.
Liège i . .
Berlin , Royale. ...
— de l'Académie ...
Brssiau.
Halle
Magdcboiirg
Trcvt3
NOMBKE DU VOr.CWES.
38ooo
2oooc> -
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70000
20000
611000
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85ooo et 1000 manus.
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24 000
70000
2000a
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40000 et toooomanui.
40000
36000
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160000
3oooo
100000
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70000
1 1
( >60
États.
Villes f.t bibliothèques.
Nombre na vomîmes.
Miinsler
3,')000
Koenigsberg , Royale . . .
.^oooo
Danlzick.
27000
lîoyaume de Hanovre. .
Goellingen
280000
Duelié de Brunswick. .
Wolfenbultel.
170000 et loooo moniïj.
G.-D. de Mecklcnbourg-
Schwerin. . . . •
Rostock
35ooo
G. D.deWeckl.-Strelitz.
Neu-Strclilz.
22000
Royaume de Saxe. . .
Dresde , Royale
25oooo et Sooomann».
looooo vol. debrochurej.
Leipzig, de la ville (Rathaus)
.^6000
— de l'uuiversité.
60000 et 2000 manu*.
G.-D. de Saxe-Wt'imar.
Weiraar
1 1 1000
20000 brochures.
Jena.
60000
Uuclié de Saxe-Gotha. .
D. de Saxe-Meinungen.
Golha ■ . .
66000
Mcinungen
24oo"
Grand-duché de Hfsse. .
Darmstadt.
Coooo
Mayence
70000
Giessen.
24ooo
Hesse-Electorale . . .
Ca.ssel
60000
Marburg."
70000
80000
Grand-Dnché de Bade. .
Freiburg
Manheim.
70000
Heidelberg
ôoooo
Carlsrube.
70000
Roy. de Wurtemberg. .
Stuttgardt, Royale. . . .
aooooo
— particulière du roi.
3oooo
Tiibingen.
3oooo
Royaume de Bavière. .
Munich, de l'Institut . . .
400000 et 8.^)00 manu».
Landshut.
I i5ooo
Wurtzburg
40000
Erlangen.
I 00000
Augsbourg.
24ooo
Ville» Hanséaliques.
Hambourg
100000
Francfort.
80000
Lubeck , .
3oooo
Confédération Suis.?e .
Bâl«
20000
Berne.
DOOOO?
Genève
40000
i^^WWWWN^^V
( iGS )
TOPOGRAPHIE.
DIVISION GÉNÉRALE DU ROYAUME ET DÉFINITION DES
TITRES DONT JOUISSENT SES DIFFÉRENS ENDROITS.
La confusion extrême qui règne en Portugal entre
les différentes juridictions civile , militaire et ecclé-
siastique, et l'amalgame informe des pouvoirs admi-
nistratif, judiciaire et financier , dont aucune autre
nation civilisée n'offre d'exemple , sont les causes qui
ont induit en erreur les géographes étrangers et na-
tionaux , lorsqu'ils ont parlé de la division territo-
riale de ce royaume. Les limites des provinces , qui
déjà par elles-mêmes sont arbitraires et rarement ré-
glées par les divisions naturelles , ne cadrent aucune-
ment avec celles des gouvernemens militaires, niavec
les districts exacts d'un certain nombre de comarcas ou
de provedorias; il arrive souvent aussi que les districts
de ces comarcas et de ces provedorias ne correspondent
pas non plus entre eux,ni à aucune des grandes divisions
ecclésiastiques. Ufautajouterà tout cela les grandes irré-
gularités qui résultent des enclaves d'une comarca dans
une autre , et les anomalies qu'ont créées les anciennes
juridictions des seigneurs {clonatarios) , et que la der-
nière législation continua de consacrer. Ces dernières
viennent enfin d'être abolies par le Congrès. Ce man-
que de rapports entre les différentes divisions terri-
toriales et administratives jette une grande confusion
dans les différentes branches de l'administration , et
a été et sera toujours le plus grand obstacle à la for-
mation d'une statistique exacte dû-Portugal.
Le Congrès a déjà senti la nécessité d'une nouvelle
division du royaume , et il vient (séance du 5 juillet
1822) de donner provisoirement celle des Divisées
( iG4 )
EIeitorae.'s(dï\\sionbélecloru\Gs), ou des districts, entre
lesquels sont partagées les six provinces géographiques
du royaume , et qui à proportion de leur jiopulation
doivent nommer un certain nombre de députés aux
Corlès. En attendant ia nouvelle division qui sera le ré-
sultat des travaux iraportans de la Commission de Sta-
tistique, nous allons offrir les principales divisions civiles
et administratives telles qu'elles subsistent encore.
Pour ne pas répéter ici ce que nous avons dit ailleurs,
nous renvoyons nos lecteurs , pour ce qui regarde la
division inilitaire , aux pages 545 et suiv. du 1" vol. ,
où nous avons donné les détails les plus essentiels; pour
ce qui regarde la Division ecclésiastique , à la page 6
de ce volume , où nous avons tracé le tableau de tous
les diocèses actuels du royaume et du nombre de
paroisses que chacun comprend ; et pour ce qui con-
cerne la Division financière , à la page 2y5 du pre-
mier volume, où nous avons indiqué les 24 provedorias
entre lesquelles est divisé ce royamne. Nous avons
réservé les deux divisions par provinces et par co-
marcas pour cette section , destinée à la description
des lieux les plus considérables du Portugal. Mais
afin que nos lecteurs puissent avoir une idée précise
des titres différens donnés par les géographes natio-
naux à chacune des contrées du royaume , nous allons
leur en donner la définition telle qu'elle se trouve dans
le premier volume de nos Variétés , où nous avons
aussi indiqué en quoi consiste la différence entre les
divisions militaires subsistantes depuis long-temps, et
les divisions provinciales adoptées par tous les géo-
graphes.
Cidade {c\\.é) est une ville qui jouit de ce titre
par concession du roi, qui a une camara (municipa-
lité) , un nombre plus ou moins grand de magistrats
pour la gouverner, qui jouit de certains privilèges,
et qui est ou a été le siège d'un archevêque ou d'un
évéque.
( i65 )
/7//« (ville on gros bourg) conlioni une population
oiiUnaii-ement moindre que celle d'une Cldade, quoi-
qu il s'en trouve plusieurs qui en ont de plus con-
sidérables , telles que Setubal , Saniarem , Guima-
raos, etc. etc. Il faut aussi une permission royale pour
qu'un lieu puisse porter ce litre.
Les noms de alde.a ( petit bourg ou village ) , de
//^^rtr( hameau) et de casai {{dvkxe) , indiquent un
assemblage plus^ ou moins grand de maisons, selon
la graduation qu'on donne en France au nom corres-
pondant.
Chaque cidade ou villa a un tenno (territoire,
banlieue) , qui consiste dans un nombre plus ou moins
grand d'endroits qui l'environnent^ et dans des maisons
dispersées dans la campagne, qui sont administrés par
les mêmes magistrats.
Concelho est un endroit auquel plusieurs autres
sont attachés, même des métairies éparses, qui ont un
seigneur commun. Quelques-uns ont le droit de nom-
mer les juges, qui sont ensuite confirmés par le
Dezemhargo do Paco. Les concelhos sont très-nom-
breux dans les provinces du nord.
Honra est une seigneurie donnée jadis par la cou-
ronne en récompense de services éclatans; elle a dif-
férens harueaux et même de peiites communes sous
sa juridiction. Les honras jouissaient autrefois de
plusieurs privilèges qui dernièrement ont été bornes;
celles qui sont de création antérieure à l'an i5i5 , et
qui furent approuvées par le roi Denis, sont les seules
encore subsistantes.
Coulo était originairement un asile. Ces asiles ayant
été abohs par la loi du lo janvier 1692 , rendue par
Pierre II, les coutos ne sont maintenant que des dis-
tricts séparés de la ville au territoire de laquelle ils
appartiennent, et qui comprennent plusieurs hameaux
ou petites populations qui jouissent encore en quel-
ques endroits du droit d'avoir une juridiction toute
( i66 )
parliculière pour les causes civiles de peu d'impor-*
tance. Les îionras étaient ordinairement données par
les anciens rois aux laïques, et les coutos aux évêques
et aux moines.
Les Behetrias ont cessé d'exister du temps du roi
Emmanuel. C'étaient des endroits ou pour mieux dire
des districts qui jouissaient du droit, à la mort de leur
maître, de s'en choisir un autre.
Les Reguengos sont des territoires anciennement
conquis sur les Maures, et dont les rois se réservèrent
la jouissance, et que dans la suite des temps, soit
pour encourager l'agriculture, soit par l'effet de grâces
particulières, ils donnèrent à quelques-uns de leurs su-
jets , ou gratuitement , ou sous la condition de payer
annuellement une certaine redevance.
Tout le royaume est divisé depuis long-temps en
sept provinces ou gouvernemens miiitaii-es, qui ne cor-
respondent exactement à aucune des six provinces
entre lesquelles tous les géographes étrangers et natio-
naux partagent le Portugal. Ces dernières ne sont que
purement géographiques, et ne coincident aucune-
ment avec les divisions administrative , judiciaire,
ecclésiastique et militaire. La véritable division ci-
vile et administrative du royaume est celle par co-
mafcas, qui sont au nombre de quarante-quatre. Cha-
que comarca est gouvernée par un magistrat, qui a
le titre de corregedor , et qui en est le juge supérieur,
lia sous sa dépendance les Juizes de fora et lesjuizes
ordinarios , dont les districts forment ce que l'on pour-
rait appeler des sous-comarcas . Chacun de ces dis-
tricts est subdivisé en différentes vintenas gouvernées
par des juges particuliers qui dépendent àes juizes de
fora et des juizes ordinarios respectifs.
Les quarante-quatre comarcas sont partagées très-
inégalement entre les six provinces géographiques ^
puisque 4i forment le royaume de Portugal propre-
ment dit, et 5 seulement le petit royaume d'Algarv<'
( i65 )
Voici le tableau des Diç'isoes Eleituraes , lel qu'on
•.ous l'a envoyé de Lisbonne , tiré du Diario do
^overno du 2g juillet 1822.
î'roviiiccs ot nom- Cliei's-licux des di-
bre des divisions
électorales.
^linho.
Tias-ot-Moiil«3 a
Oeirn
l'!«troin>dura. 5
A'rm-Tejo
Algatv*.
1 oui geaëral. 36
visions électorales
ArcOH de VaUevcz
Barcellos
Braga. .
Guimaràcs.
i'ennfiel.
Porto.
Total
Bragança .
Villa-Real.
Total
Arganil. . .
Avciro . .
Castello— Bvanco
Cuimbra.
Feira.
Ouarda.
Lara ego.
Trancoso
Viscu
ToUl
Alcniquer.
Leiria
Lisbonne.
Sri!, l. il
1 buniar.
Total
Beja. . .
Kvora.
Porlalcgre.
Total
Faro.
NO i\I B R E
DES
Conce-
Parois-
Habi-
Ihos.
Feux.
Députés
ses.
tans.
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13
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211
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117381
4
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2^
3o
125
32
32
37
101
i5
448
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185573J 743662] 2.'>
5219g
394,7!
Il 7664]
162544!
709
71 586
280208
9*5
21627
853 n
78
28317
108670
i33
21093
79063
100
37878
146552
75
2oq48
8o865
-74
22585
86SQ3
i65
27484
109242
s66
25.''97
938ào
i56
01702
131975
1273
109
86
i65
23723l
922438
25483
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2i()5.'i
8i3-;6
575.3
36oC)5o
aoi4'>
75395
4i6i8
1G3825
49a
ii3
125
166715
27174
24762
2il99
GSi3ii
96033
89013
80964
336
69
74.35
■■'997'*
3^
7,
266000] 9
12o323J 4
f 1) Le ii'dacteur du Diano do
totale des habitans, qu'il porte
7B5 I 4o86 |-652iol3oi395o| 102
I 11 (>)'
Govfftio, après avoir donné la soninie
Ji 3 oi3g5o, ajoute qu'en y joignant
( i68)
DESCRIPTION DU ROYAUME DE PORTUGAL proprement dit.
Celle p;»rlie du Porlugal comprend les cinq pro-
vinces géographiques de l'Eslremadura , de l'Alem-
laSoo religieux, religieuses et antres personnes annexées aux couyens ,
on a pour la totalité de la population du royaume 3 o2645o habitans.
Comme ce calcul olHcicl pourrait inspirer à nos lecteurs du doute sur
l'exactitude des évaluations que nous avonsdonnéesauxpages 187 et 188
du premier volume de cet ouvrage et dans la dissertation sur la popula-
tion du Portugal , qui forme partie du premier volume de nos Variétés
Politico-Statistiques sur la Monarchie Portugaise, nous nous croyons
obligé de faire voir d'où vient cette ditférencc de s4755o Labitans
entre nos évaluations et celles que le Congiès vient de publier. INous
ferons remarquer, 10 que les 3 026450 babitans,que le Diario do Goi/erno
donne comme le total de la population actuelle, n'étant que celle
trouvée dans l'énumération exécutée en 1820 , il faut ajouter à la
somme indiquée l'accroissement de la population qui doit avoir eu lieu,
et que nous avons calculée dans notre évaluation , depuis le ly janvier
1820 jusqu'au 3 1 décembre 1821, c'est à-dire pendant deux années entiè-
res. Cet accroissement;, comme nous l'avons démontré dans le mémoire
susmentionné , monte pour le moins à 60 000 âmes ; 2° que dans ce nom-
bre ne sont pas comprises toutes les personnes appartenantes au clergé
séculier, ni les militaires sous les drapeaux, et qui doivent pour le moins
monter à 5iooo individus (Voyez dans la section de la Géographie
Ecclésiastique, et à la page 362 du premier volume) ; 3° que la popu-
lation de Lisbonne est encore très-imparfaitement connue , et que M. le
colonel Franzini ne l'évaluait, dans un calcul approximatif (ju'il a eu
la bonté de nous donner la veille de notre départ de Lisbonne, qu'à
220000, tandis que, par les raisons indiquées dans notre mémoire sus-
mentionné, et à la page 178 de ce volume, nous l'avons porté à
260000 ; 4" que dans un recensement quelconque fait en Portugal , où
l'on n'est pas habitué à ces sortes d'opérations administratives, on peut
bien supposer qu'il existe beaucoup d'omissions , et que par consé-
quent le résultat général de l'énumération soit de <fuelques milliers
au-dessous du nombre réel, mais jamais au-dessus. (Voyez à la page
203 du premier volume. _) En réunissant toutes ces dillérences nous
trouverons :
60000 individus pour l'accroissement qui doit avoir eu lieu dans les
deux années de 1819 à 1822.
33ooo — — pour les militaires non compris dans le recensement;
18000 — — pour les ecclésiastiques séculiers ;
35ooo — ~ pour la différence entre notre évaluation de la po-
pulation de Lisbonne et celle de M. le colonel
146000 Franzini.
Voilà donc 146000 habitans donnés par ces quatre articles seulement.
Nous croyons inutile de compter toutes les personnes employées sur
la flotte et sur les vaisseaux marchands étrangers et nationaux , celles
attachées à la cour, et la différence en plus qu'il doit y avoir entre Ife
I
( 1%) ) ■
Tejo, de la Beira, du Minho et de Tias-os-Monles,
*;Lii , d'après la population que leur assignent les nou-
velles divisions électorales , paraissent avoir subi quel-
ques modifications dans leiu's confins (i).
Pkovinoe ue l'E strehadura.
Cette province confine au nord avec la Beira ; à
l'est avec la Beira et TAlem-Tejo ; au sud avec l' Alem-
Tejo et l'Océan ; à l'ouest avec l'Océan. L'Eslrema-
dina comprend les onze comarcas suivantes :
CQMARCA DE L'.SBON.NE.
Chef- lieu. Lisbonne, que les Portugais appel-
lent Lisboa , est la capitale de la comarca et de tout
le royaume. Cette ville est bâtie en amphilbéâtre sur
plusieurs collines le long de la rive droite du ïage ,
s'étendant l'espace de sept railles de l'est à l'ouest ,
depuis Xabregas jusques et y compris Belem, et trois
du nord au sud , dans sa plus grande largeur.
nombre d'habitans trouvé tlaus le recensement et celui réellement
existant, parce que cet excédant peut servir à compenser l'aiigmenta-
tioa que nous avons calculée dans quelques comarcas, où l'énumcra-
tion , n'ayant eu lieu que très-tard , se trouverait par conséquent
comptée deux fois. Voilà donc réduite à bien peu de chose la grande
différence qui semble se trouver entre notre évaluation et celle qui a
été publiée dans le journal ofliciel. Cet accord nous fait le plus vif
plaisir , et nous dédommage du grand travail que nous avons entrepris
pour connaître la population du royaume, dans un moment où les
nationaux les plus instruits sur ces matières avaient tous des opinions
si différentes de la nôtre.
(i) Nous voyons, par exemple, que la population du petit royaume
d'Algarve est évaluée 120700 habitans , tandis que, d'après l'énumé-
raiioa faite en 1S20, il n'en avait que ii36oi , comme on le voit par
le II1<= tableau de la population du Portugal , à la jiage iqS du premier
volume. Nous croyons même indispensable de faire remarquer à nos
lecteurs que lorsque dans cet ouvrage nous parlons du dernier recen-
sement, nous l'avons toujours rapporté à l'année 1819, parce que,
quoiqu'il ait été fait dans l'année iSjo, il otlre les résultats relatifs î»
J'anuée précédente.
( lyo )
Celle vaste capllale présente un contraste frappant
dans son ensemble. La ville ancienne, celle quia
échappé à la terrible catastroplie de Jj55, est laide
et malsaine; ses rues sont étroites , tortueuses, ob-
scures , et d'une malpropreté extrême. Tout au con-
traire, dans la nouvelle, qui s'agrandit tous les jours,
les rues sont d'une larj^eur et d'une longueur conve-
nables ; quelques-unes sont parfaitement alignées ,
garnies de trottoirs, et coupées par des traverses mul-
tipliées qui favorisent les débouchés. Les maisons, d'mi
extérieur agréable, sont élevées de trois à cinq étages.
Beaucoup ont un jardin du côté opposé à la rue prin-
cipale. En général les rues de celte partie sont assez
propres, quoique mal pavées.
Les principales places sont les suivantes : la place
duConmierce (praça do Commercio) ^ dite aussi place
du Palais (terreiro do Paço) , nom qu'elle lire du Pa-
lais Royal qui s'y élevait et qui fut incendié lors du
grand tremblement de terre de ijSS ; c'est la plus
belle et la plus grande de Lisbonne. Au midi cette place
est baignée par le Tage ; ses trois autres côtés sont
garnis de beaux édifices qui s'élèvent sur des portiques,
et qui sont le siège de la bourse , de la douane , de la
maison des Indes , de l'intendance de la marine , de la
bibliothèque royale et d'autres étabhssemens ; le côté
du nord et celui de l'ouest ne sont pas encore achevés.
Au centre s'élève la superbe statue équestre en bronze
de Joseph L-^, de tienle-deux palmes de haut, ouvrage
de Joachim Machado de Castro. Voyez à la page cxcix
du Coupd'œd. Laplacedu Rocio(p/Y?prt f7oi2oc/o),qui
communique; à la précédente au moyen de trois rues de
la plus grande beauté, tirées au cordeau et bordées de
belles uiaisons d'une architectuie régulière ; ces trois
rues s'appellent communément de tQr { do Ou?'o) ,
Augusta^ et de V Argent (^da Prata) , et sont embel-
lies par des boutiques d'orfèvres et de joailliers* l'Au-
gusta est occiqiée par des magasins de draps et d'é-
(^71).
lolïes de soie. Sept autres rues moins grandes pailagent
de Test à l'ouest les trois précédeiiles, et contiennent
toutes de belles boutiques où l'on trouve toute sorte
de marchandises. La place du Rocio, beaucoup plus
petite que celle du Commerce, est un carré lonj^ pres-
que entièrement environné de boutiques et d'assez
beaux cafés; le côté du nord est fermé en grande partie
parle vasie palais de l'Inquisition, où se trouvent main-
tenant les bureaux des difïérens ministres d'Etat. Au-
dessous de ce palais sont les prisons où étaient enfer-
més les individus condamnés par l'inquisition, et qui
depuis quelques mois ont été ouvertes à la curiosité du
public. Lors de notre séjour à Lisbonne, une grande
ioule de peuple s'y portait pour les visiter. Après ces
deux places , qui sont de beaucoup les plus belles et
les plus fréquentées , sont les suivantes : la place de
Figueira , où se tient le marché aux herbages, aux iruits
et aux légumes, et où l'on vend aussi beaucoup de
volailles et de gibier; la place de Saint-Paul {San-
Paulo ) , où l'on tient vm marché aux herbages et
aux légumes, et qui communique à la poissonnerie qui
est placée le long du bord duTage; le Cais Sodrè,
belle place formée par la partie du quai qui se trouve
presque en face de la grande rue d' Alecrim , placée
en partie sur des arches , et qui longe les largos de
Quintella et de Loreto ; la place des Mûriers (praça
dos j4moreiras ) ; la place de la Gaité (pinça cla
Alegria) , où tous les mardis se tient un marché de
vieilles bardes et de marchandises d'occasion ; les
deux places de Sainte- Anne et de Sainte-Claire , qu'on
appelle canipo de Saiita-Anna et canipo de Sauta-
Clara^ celles dites Largo de Quintella^ do liato et de
Loreto ; la place do Carmo. On peut ajouter les jardins
publics ( Passeio publlco) , dont le déiaul est d'être
trop petits et trop, monotones.
Bien qu'on puisse tlire , qu'à l'exception du fameux
aqueduc, Lisbonne n'a aucun bâtiment qu'on puisse
( 172 )
appeler un clit'C-d'œiivre d'aichitecUire, il faut cepen-
dant avouer qu'il s'y en trouve plusieurs qui séduisent
au premier coup d'œil, par leurs orneniens et par leur
dimension ; quelques-uns même ont des parties vrai-
ment belles.INous l'erons remarquer qu'en général toutes
les églises réédiilées depuis le tremblement de terre de
1755 sont construites en belles pierres de taille et
ornées de beaucoup de beaux marbres du pays.
Parmi les églises qui méritent le plus d'être men-
tionnées , nous remarquerons les suivantes : la cathé-
drale (Se) , connue sous le nom de Basilica (Je Santa-
Maria , bâtiment vaste , de construction ancienne ,
restauré depuis le tremblement de terre avec un goût
mclé d'antique et de moderne ; cet édifice se trouve
placé sur la pente de la haute colline sur laquelle est
assise la citadelle dite le Castello , et près de la prison
publique qu'on appelle Z/Z77zoé?ïro y cette dernière était
anciennement la résidence des rois. Non loin de
la cathédrale est une nouvelle rue dans les environs
de laquelle on a découvert vers la fin du siècle passé
les restes d'un théâtre romain. L'église de Saint-Roch,
remarquable par la superbe chapelle de Saint-Jean-
Baptiste que le roi Jean V fit construire à Rome, et
de là transporter à Lisbonne , poitr en faire présent
aux jésuites auxquels appartenait alors ce temple.
L'église de Saint-Antoine, près de la cathédrale, remar-
quable par son architecture et par ses ornemens.
L église du couvent de Jésus, située à Estrella, dite
autrement do Coraçào de Jésus (du Cœur de Jésus),
qui est le bâtiment le plus vaste et le plus somptueux
qu'on ail bâti à Lisbonne depuis le tremblement de
terre , et qui est couronné d'un dôme d'une exécution
hardie; on vient d'y élever un mausolée à la feue reine
Marie,corame fondatrice de ce bâtiment,qui a été érigé
en accomplissement du vœu qu'elle avait fait pour ob-
tenir un héritier du trône ; l'église de Saint-Vincent
de Fora (San Vicente deTora), ainsi nommée parce
( '73 ) .
que , lors (le sa fonilalion , elle se trouvait hors delà
première enceinte de Lisbonne ; cet édifice répond
pour la grandeur au magnifique couvent des chanoines
réguliers de Saint-Augustin qui la desservent. L'église
de Nolre-Dame-de-IjOrcie ( Nossu-Senlioia do-Lo-
reto), dont Tarchitecture est loin de mériter la ré-
putation dont elle jouit. L'église des Martyrs (dos Mar-
lires), balie sur remplacement même où Alphonse T'
porta le dernier coup aux Maures en s'emparani de
Lisbonne ; c'est la paroisse la plus ancienne de cette
ville , et comme telle elle a le pas sur toutes les autres
dans les solennités. L'église da Graça , qui domine une
des plus belles collines de Lisbonne , d'oii Ton jouit
d'un coupd'œil magnifiqLie;sa sacristie est remarquable
par le mausolée du fameux Alphonse Albuqueique ,
vice-roi des Indes. L'église du Garmo , bâtie dans le
genre gothique par le connétable Nuno Alvares Pe-
reira , chef de la maison régnante de Braganca ; on a
commencé à la restaurer , mais toujours d'après les
règles de l'ancienne architecture. L'église de Saint-
Benoît ( San-Bento ) , bâtiment vaste , mais qui n'est
pas encore achevé , de même que celle de Saint-Fran-
çois. L'église de Santa-Engracia, bâtie par la confrérie
noble du Très-Saint-Sacrement (confreria dos Irniàos
do Santissimo Sacramento), dont le roi est le chef; ce
vaste édifice , construit en forme de dôme en belles
pierres de taille , et orné de beaux marbres , n'est pas
encore achevé ; d'après le plan il ne doit avoir qu'un
seul autel au milieu.
Parmi les couvens les plus remarquables sont les
suivans : de Saint-Vincent de Fora ( San-Vicente de
Fora); de Saint - Augustin (dos Grillos ) ; de la
Grâce ( da Graça); de Saint- Jean Evangeîiste (dos
Lojos) ; de l'Estrella, où est l'église du Cœur de Jésus
dont nous avons parlé ; de Necessidades , où les Cortès
tiennent leurs séances ; de Jésus ; des Paidistes (dos Pau-
Jistas); de Siint-François (San-Francis'^o) ; de Saint-
C M )
Benoît ( San-Bento ) , où sont ('tablics les arcliîves
royales (Torre do Tombo) et l'école de diplomatie.
Parmi les autres bâlimcns publics qui méritent d'être
cités, outre ceux dont nous avons fait mention, l'a-
quéduc (agoas livres) , baii en \']/\0f est sans contredit
le plus beau , puisque c'est un des ouvrages les plus
magnifiquesde l'Europe moderne ,etqui peutêtre com-
paré à toutce que l'antiquité a de plus grand en ce genre.
Vientensuitele palais Royal à Ajuda , qui, lorsqu'il sera
fini, pourra, malgré de grands défauts, passer pour un
des plus beaux de l'Europe. Le roi possède encore à
Lisbonne deux autres palais qui sont plus petits; celui
de Bemposta, où il donne ordinairement audience
quand il vient en ville , et celui de Necessidades ,
près du couvent de ce nom, destiné au logement des
princes étrangers, et dans lequel a résidé pendant plu-
sieurs années l'Académie Royale des Sciences. Le
théâtre royal de Saint- Charles ( San-Carlos ) , où l'on
joue 1 opéra italien, et qui, sous le rapport des dimen-
sions et des décorations, peut être comparé aux beaux
tbéàtresd'ïtaliedu second ordre. L'arsenal de lamarine,
où se trouve un salon d'une grandeur extraordinaire :
l'arsenal de l'armée de terre , la douane du tabac , la
balle au blé (Terreiro publico), la fonderie de canons,
le collège des Nobles avec un manège superbe , la fa-
brique de soie , la corderie, l'imprimerie royale, l'hô-
pital de la marine et celui de Saint- Joseph ; le palais
du grand-veneur ( do monteiro mbr) , où se trouvent
depuis long-temps établis les bureaux de la grande
poste générale (o correio gérai) ; enfin le palais de
Calbariz , où sont installés l'Académie des Sciences ,
l'Académie de fortification etl'Archivio militar (Dépôt
de la guerre).
Les bâtimens particuliers les plus considérables sont
les palais du mai'quis de Niza , de don Gaston , du
duc d Alafoes , de Don Rodrigo^ du duc de CadavaL
du marquis de Borba , du mxirquis de &astello-BIel-'
( 175) .
fwr , de M. Baîideira , du marquis d'Angeja, du
baron Quintella , ceux du /jiarguis de Ponibal dans
la rue Formosa et dans celle de Janellas-Verdes.
Celle ville immense est actuellement ouverte, quoi-
que le roi Ferdinand V' , à la fin du qualorzicnic siècle,
l'eût ceinte de murailles garnies de soixanle-dix-sept
tours et percées de trenle-six portes. La citadelle
(o Castello), qui est balie sur la colline la plus élevée,
ne sert aucunement à la défense de la ville , et n'est
remarquable que par son antiquité. Dans ce lieu était
autrefois aussi la maison de piété {a Casapia) , dont
nous avons parlé à la page 72 de ce volume et à la
page cxl du Coup d'œil. Elle est établie maintenant au
vieux couvent du Desterro. Les fortifications du côté
de la mer sont très-importantes, et mettent la ville
à l'abri de toute attaque. \oYez à la page 568 du pre-
mier volume.
Rigoureusement parlant on peut dire que Lisbonne
n'a point de port proprement dit , mais un des j^lus
beaux mouillages du monde. Tous les navires , mémo
les gros vaisseaux de guerre , mouillent devant la ville
au milieu du fleuve , ce qui les expose quelquefois à
beaucoup d'avaries , surtout pendant l'hiver , lorsque
régnent ce qu'on appelle les vents de travessia elpal-
mellào qui correspondent au sud-est et au sud-ouest.
La police de cette ville , qui jusque vers la fin
du siècle passé était très - mauvaise , tant sous
le rapport de l'hygiène que sous celui de la sûreté
personnelle, est très-bien faite depuis cette époque,
surtout à l'égard de la tranquillité publique. 11 n'ar-
rive presque jamais d'homicides , et les vols sont
très-rares, ce qui est extraordinaire (1) pour une
(1) Cet état de tranquillité fut troublé vers la fin de 1820, épo<juc
où beaucoup de prisonniers niis en liberté et beaucoup de solflats dé-
serteurs ont donné l'alarme a cette viîlc et à fout le royaume par ira
rrand nombre d'homicides et de vols.
( '76 )
ville marhinie et marcliancle d%ine si grande popula-
tion. Le règlement sur les incendies, qui y sont très-
frequens , est irès-sage, et il est rare qu'un incendie se
communique d'ime maison à une autre ; le plus souvent
on parvient à sauver même la maison où le feu s est dé-
claré. Tous les porteurs d'eau (Gallegos ou agoadeiros)
qui sont inscrits aux 24 fontaines publiques de la ville
marchent au premier signal avec la pompe de leur
district, portant chacun leur barrique d'eau (i). Lapre-
(i) Kous venons de recevoir de nos correspondans de Lisbonne un
tableau officiel de tous les chafarizes et bicas ( fontaines à plusieurs
robinets et à un seul) de la ville de Lisbonne , publié par le Aenado ,
où nous avons trouve des cboscs assez curieuses et assez importantes
pour mériter d'être insérées dans la descrijition de cette ville , sur
laquelle on a débité tant d'erreurs , dont quelques-unes trouvent ici
leur rectification. D'après ce tableau, Lisbonne n'a que 24 chafarizes ,
qui contiennent ensemble 80 robinets, et 20 bicas, dont 10 d'eau
douce et lo d'eau saumâtre. A chacun des chafarizes sont attachés un
certain nombre de Gallegos ou porteurs d'eau , qui sont divisés par
compagnies de aS hommes chaque. Le nombre total des individus
employés à ce seivice monte à 3454, répartis en 119 compagnies,
commandées chacune par un chef qu'on appelle capaïaze. Tous , à
l'exception de 36o qui en sont dispensés, doivent accourir avec leur
barrique remplie d'eau lorsqu'un incendie se déclare dans quelque
partie de la ville. Les chafarizes qui comptent le plus grand nom-
bre des Gallegos sont les suivans : celui de Loreto, qui en a 262 ; du
Carmo 278 , de San Pedro d'Alcantara 200 , de Rua Formosa ao5 , de
Campo de Santa Anna 200, du Rei(avec9 robinets) 352, de Den-
tro 229 , de Praia 212, d'Alegria 232. Chaque barrique, d'après l'or-
donnance (postura) du 17 juillet 1780, devant contenir 18 canadas ,
on a trouvé , par. une vérification de mesure cjue l'on vient de faire,
[u'elles étaient réduites les unes à 14 et les autres h 12. M. Antonio
oaquim dos Santos, qui est l'inspecteur général des incendies , remar-
que à cette occasion que , calculant à lo barriques par jour ce qu«
fournit un porteur d'eau , le public a été fraudé chaque année de
.56 864000 reis , et dans la totalité de 37 années écoulées depuis 1780
jusqu'en 1817 , de 2 io3 896000 reis. La barrique d'eau est payée un
vintcm on 20 reis. Lisbonne possède 1 5 pompes à feu , dont ii appar-
tiennent à la ville, 3 au bureau des travaux publics , et une au corps
du commerce.
Voilà donc réduites à 24 ou fout au plus à 34 , les 41 et 45 fontaines
que les géographes accordent à celte ville, et à 7000 tout au plus les
l'k)000 Gallegos qu'ils lui attiibuent en parlant de sa population. JVous
disons 7000 , parce que, d'après nos propres observations et d'après
les informations que nous avons prises sur les lieux , iious croyons que
Von ne peut sans commettre une erreur choquante supposer que le nom-
l
( 177 )
mière pompe qui arrive à J'endrolt de l'incendie a un
prix de.4000 rcis, la seconde ella troisième en gagnent
seulement cent. Chaque individu de la compagnie de
Gallegos qui arrive la première avec ses barriques
pleines d'eau reçoit 100 reis de récompense-
Lisbonne est divisée en treize quartiers ( Bawros ) ,
savoir : Rocio , Bairro Alto , Belem , Alfama, Re-
molciT'es, Rua Nova, Andaluz , Castello , Limoeiro,
Mocnmbo^ Mouraria, Ribeira, et Santa-CatJierina.
Cette ville a 55i rues droites (ruas direitas) , 2i5
rues de traverse (iravessas), 65 montées (calçadas) ,
11g culs-de-sac (becos), 48 petites places ( largos),plu-
sieiirs places encore plus petites (terreiros),outre 12 pla-
ces (praças), toutes éclairées dans les nuits obscures par
plus de 2000 réverbères. Elle a cinq théâtres, savoir :
le théâtre Royal de Saint-Charles, le théâtre National
de Rua dos Coudes, et ceux du Salitre, du Bairro- Alto
et de Boa-IIora. H y a en outre un cirque annexé au
théâtre du Salitre pour les combats de taureaux; et
un autre plus petit est établi dans la place du Poco-
Novo, pour les exercices de chevaux et autres spec-
tacles populaires. (Voyez à la page ccxxilj du Coup-
d'œll. )
Quelque temps avant le tremblement de terre
de 1755, Lisbonne n'avait que 34^^49 Teux; en 1780
bre do Gallegos existans à Lisbonne, sans (?tic attaches aux chafarizes ,
soit plus (lu double ou des deux tiers de celui des agoadeiros (por-
teurs d'eau), inscrits et formés eu compagnies. On pourrait en dire
autant des belles fontaines de Coimbra , où il n'en existe pas une qui
mérite d'être citée sous se rapport. Nous ferons même remarquer à
cette occasion qu'il en faut dire autant du giand nombre de clochers de
Lisbonne et de Porto dont parlent presque tous les géographes, et qu'à
l'exception de la Torre clos Clengos de Porto, ils n'existent que dans
leurs ouvrages; car on ne peut donner ce nom à des bàtimens très-peu
élevés , qui forment partielle l'église , et qui ne s'élèvent que fort peu
au-dessus de sa voûte. C'est tout autre chose que les hauts clochers
qu'on trouve en si grand nombre en Italie . et qui méritent bien d'oc-
cuper une place dans la description des villes de ce pays.
II XI
( ,78 )
elle en avait 33764; en 1790, 58io2; en i8oi elle
eu comptait 44067 ; et 456ii en 18 19. D'après le
recensement de 1801 , Lisbonne aurait eu à celle e'po-
que 200000 araes seulement. La difllcullé qu'on a de
connaître le nombre exact des liabilans des grandes
villes, et les omissions inévitables qui doivent avoir eu
lieu dans cette énuméralion, faite à une époque et
dans un pays où de semblables travaux sont bien loin
d'être exécutés avec le soin et les méthodes perfec-
tionnées et suivies en France, en Prusse, en Autri-
ciie etc. etc., nous portent à croire que Lisbonne
devait contenir en 1801 pour le moins 220000 âmes;
et nous croyons qu'aujourd'hui elle n'en contient
pas moins de 240000. Le nombre moyen des nais-
sances des années 1787, 1788, 1709 et 1790 a été
de 6845. En comptant i naissance par 32 vivans ,
ce qui n'est pas beaucoup pour une si grande ville ,
Lisbonne, en 1790, aurait déjà eu 219040 liabilans.
Le nombre moyen des naissances dans les années i8l5,
j8i6, 1817, 1818 et 1819 s'est élevé à 7496; en
comptant de même 1 naissance sur 62 vivans , Lis-
bonne aurait eu, dès le commencement de 1820,
239872 habitans. Nos évaluations diffèrent très-peu
de celles du colonel Franzini, qui, dans un tableau du
mouvement de la population de Lisbonne , dans les
années susmentionnées, nous faisait remarquer qu'en
accordant seulement une naissance par 5o mdividus,
cette ville devait avoir pour le moins 226000 âmes.
Depuis cette époque, la population de Lisbonne doit
avoir considérablement augmenté, à cause du séjour
des Corlès et du retour du roi et de la cour. Nous
aurions plusieurs faits incontestables à ciler à l'appui
de cet accroissement; mais nous le croyons inutile.
Comme dans les calculs susmentionnés il n'a jamais été
question ni des nombreux habitans non catholiques
étabhsà Lisbonne, ni de la population fluctuante qui,
le militaire compris, s'élève à plusieurs milliers , nous
(>79)
croyons qu'on pourrait bien évaluer Ja totalité des ha-
l»itans de cette métropole à 260000 âmes. (Voyez la
note sur la population de Lisbonne, dans le premiel-
volume de nos Variétés, page 76.)
Lisbonne , selon le Mappa de Joào Baptista de Cas-
tro , a 246 églises et cbar)clles, dont, 41 sont paroisses.
Celles de Loreio et de Saint -Louis ne dépendent
point du patriarche, qui, depuis la suppression de l'ar-
chevéché en 1741, est la seule autorité ecclésiastique
de celle ville. L'ouvrage susmentionné lui donnait
82 couvens et hospices en 1788.
D'après l'almanach royal publié en novembre 1820
Lisbonne compte 140 avocats patentés (corn portaria)^
65 niédeciiis , 96 chirurgiens, io3 aiK)thicaires, 4 180
boutiques des cinq classes (loges das cinco classes), qui
sont celles où l'on vend des étofles de laine, soie, lin,
coton et les quincailleries, et qui comprennent 60'qua-
Llés de métiers (oiFicios); plus de 4ooo boutiques de
provisions et d'épiceries (loges de mercearia), et à pro-
portion pour les autres espèces de marchandises; 1 159
boutiques de cordonniers (çapateiros), dont plusieurs
ont 3, 4 et6 ouvriers (officiaes); 440 tailleurs (alf^tiates);
plus de 4oo barbiers (barbciros); plus de 1000 cabrio-
lets de louage à deux chevaux ou mules ( seges de alu-
gel), qui étaient autrefois au nombre de plus de 2000;
58o négocians portugais matricules (matriculados), et
170 étrangers. Cette ville n'est devenue la résidence
des rois et la capitale du royaume que sous Jean V\
qui y créa un archevêché. Quoique depuis le départ
du roi (5o novembre 1807) pour le Brésil, et surtout
depuis le malheureux traité de 1810, les flibriques , les
manufactures et le commerce de celle ville aient beau-
coup perdu, surtout dans les trois dernières années ,
son industrie est encore très-active et son commerce
Ires-imporlant.
A regard des établissemens littéraires et d'instruc-
tion publique de celle ville et des autres du royaume.
( iBo )
nous prions nos lecteurs de vouloir bien lire la partie
correspontlantede la Géograi)ljie littéraire où ils sonl
ions indiqués.
DESCRIPTION DES EKVIRO^S DE L1SB0^•^•E.
Nous avons cru nécessaire de comprendre ici plusieurs lieux qui n'ap-
narticnnenf. pas à la comavca <lc Lisl>onnc, laquelle est extrêmement
circonsciite, parce qu'il arrive souvent que le \oyagcur , en explorant
les environs de cette capitale , pousse ses rcchercbes bien au-delà de
leurs limites. Voici les endroits cpi nous ont paru les plus dignes d at-
tirer l'attention. , i • ,
BsLEM (il, qui était anciennement un faubourg de Lisbonne cessa
d'être considéré comme tel après que le roi Joseph l'eut incoipore a la
ville eu lui donnant un corregedor de Isaino, comme il y en a dans
les autres quartiers de la capitale. Le tremblement de- 1:55, et 1 incendie
qui sensuivit . ayant consumé le palais du Terreiro do Paco le roi alla
Habiter une rési'dence temporaire sur le haut d'AicoA, dominant le
Ta^e, parce que les maisons et jardins situés à mi-cote et apparte-
nans au domaine ne sufiisaient pas pour loger la cour et sa nombreuse
suite. Ce bours;, connu anciennement sous le nom de hestello ,
sur la grève du Tage , s'embeliit dès le départ de l'expédition de \ asco
da Gama pour la découverte des Indes , et après son retour par a
construction du couvent de Belcm, faite dans le goût magnifique de
l'architecture ^othi^ue parle roi Emmanuel, et digne monument d une
entreprise si mémorable. Lefondateur, en choisissant pour son empla-
cement le lieu même de l'embarquement de Gama, n oubha pas de
faire ériger sur le portail de l'église la statue de l'inllint dom Henri ,
l'auteur de tant de découvertes ; il s'empressa aussi de faire exécuter le
plan de la tour de Belem , tracé par son prédécesseur Jean 11 ; en sorte
que ces deux raonumcns rappellent dcssouvenirs historiques de la gloire
des Portugais. Le voisinage de la résidence royale concourut dans le
dernier siècle k embellir Belcm ; une belle place avec un quai en pierres
détaille devant la Quintados bi'chos ( le jardin delà ménagerie ), 1 éta-
blissement du jardin botanique dans l'autre Quinta do meio (a mi-cote; ,
celui d'un cabinet d'histoire natuicUe, de belles casernes, et d autres
appartenances, peuplèrent bientôt ce quartier, qui gagnera encore de
grands embeliissemens quand la cour viendra habiter le nouveau palais
auquel on travaille depuis plusieurs années. Cet édifice, dont nous
avons parlé ailleurs , est magnifique ; il est bàti a peu près sur
le même local que celui qui a été incendié il y a quelques années ,
et dont il existe encore une petite partie qui doit être démolie : celle-
ci est attenante à la chapelle Royale, autrement dite église patriar-
cale parce que le cardinal patriarche eu est le grand-aumonier. Ce nou-
veau palais domine une grande partie de la ville, et une vaste étendue
de terre et de mer ; ce lieu sembledevoir devenirun séjour des plus agréa-
bles etdes plus imnosans. Dansla magnifique église de Belemsont enterres
cinq rois et deux reines. Comme la tour de Belem sert de bureau pour
M Nous avons placé Helcm et AjinU danslcs environs de Lisbonne, quoique, con-
sidérés sons le rapport administratif et judiciaire , ils en fassent partie , parce que
leur position les fait regarder ordinairement plutôt comme des. appartenances immé-
diates que comme des parties intrinsèques de cette ville. Cependant n-us les avons
compris d?nstouslescalcul3 relatifs àLisbonnequenousavonsfaitsdanssadescripMon.
J
( i8i )
i'euregistrementdes naviiesqiii entrent et sortent Ju Tage, li y a u» Lh-
reau de douane, iinautrcde sutité , et des einployésdepoiice rnaritime.
Toute la route de Lisbonne est bordée de maisons jusqu'à Bclem , et
de même garnie de campagnes situées sur le côté droit jusqu'à l'em-
bouchure du Tage, défendue sur les deux Lords par les forteresses de
S. Juliào etBugio. La plage jusqu'à S. Juliào ctà la dernière forteresse
de Cascaes est parsemée depetits forts, et du côté de terre les hauteurs
sont garnies de couvens et de maisons de plaisance plus ou moins mes-
quines. La seule remarquable est celle de la princesse douairière du
Brésil à Fedrouços ; on rencontre ensuite
Caxias, joli petit château ro3al accompagné de jardins , derrière les-
quels est placée la petite Chartreuse de Lciweircts , et à deux milles dans
1 intérieur la grande poudrière dans le hameau de Bt-acarcna , qui prend
ce nom d'un ruisseau ainsi appelé, et qui est garni de plantations d'oran-
gers et de citronniers.
Paço d'Arcos , à un mille en avant de Caxias , est un hameau habité
par des pêcheurs et des gens occupés au transport et à la garde des
magasins des fruits et des vins arrivant de Tinléricur pour descendre
le Tage jusqu'à Lisbonne. Une boulangerie militaire pour les garnisons
des forteresses et un dépôt d'agiès pour secourir les vaisseaux en danger
sur la barre y sont établis. Il est à regretter que le bassin construit par
ordre de Pombal dans le but de ser^ir d'asile aux bàtiraens maltraités
de l'orage ;, ait été , par la jalousie de son successeur dans !e ministère ,
si négligé, que l'encombrement desable cachedéjà les bords du parapet.
Oeihas est dans la même direction, à 8 milles de Lisbonne, et tout
près de la forteresse de San-Juliào. Le marquis de Pombal en reçut la
seigneurie avec le titre de comte et la juridiction judiciaire exercée
par un j'ui'z de fora de sa nominat on, qui compte ce service comme
fait pour la couronne j cette prérogative a été aussi accordée à quel-
ques autres grands donataires en Portugal. La maison de plaisance
a'Oeiras est belle pour le pays, et le domaine y attaché est de grand
rapport en vins et en frpits, quoiqu'il le fût davantage autrefois,
parce qu'il était bien administré. On y remarque les travaux de la cana-
lisation delà rivière d'Oeiras , à laquelle on devait en joindre d'autres,
ce qui faciliterait en partie le transport des fruits de l'intérieur et des
environs de Cintra. Le roi Joseph, en 1775 et 1776, venant habiter la
maison d'Oeiras pour faire usage des eaux d'Éstoril , le marquis de
Pombal saisit l'occasion d'une foire qui devait se tenir au village, pour
développer sous les yeux du souverain les progrès que l'industrie
nationale avait faits sous son règne : aussi les boutiques n étaient pleines
que des objets fabriqués en Portugal, et la cour parcourut cette foire
pendant trois jours, y acheta beaucoup d'objets, et les courtisans en
firent de même pour flatter le ministre tout-puissant. C'est la première
exposition des produits de l'industrie qui ait eu lieu en Europe. Voyez
les Annaes das Sciencias e Arles. Cette uilla contient * 3356 habitans ,
presque tous pêcheurs.
Carcavellos , petit village de 287 habitans, en avant d'Oeiras,
remarquable par la qualité de ses vins , bien connus en Angleterre et
* Lors de notre départ de Lisbonne , le bureau de la statistique n'ayant pas en-
core achevé de faire les sommes des ditférens tableaux de la population recensée en
1820 et remise par les curés , nous avons été obligé de donner le nombre d'habitans
de quelques endroits tel qu'il a été trouvé dans le recensement de 1801. Pour ne pas
conifondre les résultats de ces deux énumerations, nous avons mis un aatérique avant
ceux de l'année i8oi.
( ÏÔ2 )
dans toul le Nord. Ou y reiiiaïque un siipciiic domaine appartenant aia
Mor^ado d'/Hai^éa, mais si néjjligé aujourd'hui qu'à peine peut-on se
figurer combien il rapportait jadis, et qu'on a peine à croire qu'il pos-
sédait de superbes pressoirs, de vastes caves, et de grands i'oudre»
en bois du Brésil, destinés à recevoir ses vins exquis. Un peu en
avant, et à une petite ilistance de la grande route, se trouvent les
Bains d'Esloril , dont se servent avec succès ceux qui sont attaqués de
maladies de la peau.
*Cascaes, à quinze milles de Lisbonne , sur la côte, est un«
vdla de 2121 hai)itans , qui a deux forts destinés à défendre l'ap-
proche de la barre; elle a aussi une iabrique d'étoffes de laine, qui
Jadis travaillait beaucoup et paifaitement , mais dont l'activité est
)ien ralentie mainlenant. A quelque distance de ce bourg, près du cap
Koca, est le Fanal de Guia; et plus dans l'intérieur se trouvent quel-
ques villages peu considérables.
* Cl^TRA , à quinze milles à l'ouest-nord-onest de Lisbonne, est une
vdla de 3^41 habitans , située sur la pente d'une chaîne de montagnes
j-ocailleuses qui se prolonge jusqu'au cap Roca. On y trouve un ancien
château royal d'architecture gothique , dont les deux cheminées de la cui-
sine sont romarquablesparleur hauteur etpar leur forme conique. Sur
le plafond d'une des salles du château sont peintes toutes les armoiries des
nobles portugais, d'après le règlement mis en vigueur par le roi Emma-
nuel, qui fixa le blason et créa des ofliciers chargés de veiller à la
conservation des familles de la noblesse. Le roi Alphonse VI fut enfermé
dans ce palais, où l'on remarque encore la chambre qu'il a habitée.
L'abondance des eaux qui ruissellent de tous côtés , la quantité de
vergers remplis de toutes sortes d'arbres, les bocages d'orangers et de
citronniers qui contrastent avec l'aspérité des rochers amoncelés les uns
sur les autres de la manière la plus bizarre, rendent ce site extrême-
ment pittoresque. En avant du château, qui a une vue magnifique ,
la maison de campagne de Sitiaes , appartenante au marquis de
Marlalva , occupe le sommet d'une colline qui se détaciie un peu de
la ligne des montagnes, et présente un poiAt d'optique admirable. Les
bàtimens et les jardins sont dans le meilleur goût anglais : la fameuse
capitulation de Cintra, pour l'évacuation du Portugal par les Français
en 1808, fut signée à Sitiaes. La campagne de Penha verde (Rocher
vert), n'est pas moins pittoresque, quoiqu'elle soit la plus ancienne
qu'on connaisse dans ce pays, car elle a été bâtie par le flimeux vice-
roi de l'Inde Jean de Castro , qui l'a enféodée sous la condition d'être
entretenue par ses descendans, sous le seul rapport de l'agrément, et
non sous celui du revenu. Ce rocher, boisé depuis son sommet jusqu'à
«a base , est un jardin distribué d'une manière extrêmement variée , et
contraste singulièrement avec les masses énormes de rochers pelés qui
l'environnent : on y remarque des antiquités indiennes, suitout une
pierre qui porte une longue inscription dont le sens n'est pas encore bien
connu, et dont Murphy a donne la gravure. Les familles de Cadaval ,
de Marjalva et de Porobal possèdent de très -belles campagnes sur la
prolongation de la montagne ,• et parmi celles qui appartiennent à
d'autres particuliers, on en distingue deux qui méritent d'être remar-
quées. D'abord celle de Monserrate, située sur une colline détachée, au
milieu de la route de Cintra à Colares : la maison représente un châ-
teau gothique , dont la construction fut si mauvaise qu'il tombe main-
* On a |jlacé un astériqoe devant tous les noms d'cnilroits mentituiucs dansts
topo^r;iphip,qui ont an juiz de fora. Tous les chofs-licux des coniarca3 oui va uucr»
un corregeUnr. ^
( 185)
teiiatil en ruine. Vient ensuite telle de M. Joseph Dias , auprès du
village de Coîares ^ ccUc-ci se compose de beaux jardins teiinirn'»
par un belvtfdèro sur une cascade artiticiclle de très- bel effet. Cette
montagne serait couverte de beaucoup d'habitations si elle n'ei'it
^té un lieu de chasse pour les souverains qui habitaient le château
royal. Cependant depuis quelques années on a défriché beaucoup de
terrains. Les routes qui vont depuis Cintra jusqu'au Fanal da Guia ,
sur le cap de Roca , sont bonnes, quoique tortueuses à cause de l'iné-
galité du terrain j mais le voyageur est bien dédommagé de cet incoi!-
vénient par les points de vue ravissans qu'il découvre à chaque pas. l,a
montagne est dominée sur ses deux points extrêmes par le Couvent Ja
Feiiha, au-dessus de la ville de Cintra , et par la Chapelle da l'enna ,
encore au-dessus du Fanal da Guia. Le premier est bâti sur l'empla-
cement de l'ancien château des Maures, dont on voit encore quehjurs
pans de murailles et une belle citerne fort bien conservée. La vue di:
cette hauteur plonge dans un vaste horizon à l'intérieur, sur r(3céaa
de l'autre coté , ainsi que sur la côte du nord au-delà d'Ericeira. La.
perspective que l'ermitage de Penna présente à l'œil n'est pas moins
magnifique; ou y découvre à vol d'oiseau l'embouchure du l'âge jus-
qu'à la tour de Belem, le ruisseau de Coina , unepartie du cours du
Sadoetle cap Espidul. Au milieu de la montagne, entre les rochci»
les plus élevés, est un petit couvent de capucins, bâti d.Tns la cavité
des rochers , dont les cellules comme les oilicines sont doublées de liège
pour garantir les habitans du froid et de l'hiimidité qu'occasionnent
de fréquens brouillards.
CoL.iREs , à trois milles de Cintra , villa de * igsS habitans. La
vallée de Colares est renommée par l'abondance et la qualité de ses fruits,
surtout des citrons : la vigne est très-cultivée jusqu'à la plage, et le
vin resseinble à celui de Bourgogne quand la fabrication en est soignée.
Pi es de Cintra et sur la grande route de Lisbonne est la maison de
plaisance de Banialhào , appartenante en propre à la reine.
* Mafra. , vilLu de 2720 habitans, à 20 milles de Lisbonne,
dans une position très-forte. Les Maures y bâtirent un château
dont il ne reste aucun vestige. Cet endroit est devenu célèbre sous
le roi Jean V, qui y a fait construire un magnifique couvent pour
accomplir un vœu qu'il avait fait lors de la naissance du prince héré-
ditaire. Cet édifice, composé d'une superbe basilique, d un couvent
également vaste , et d'un palais, est le plus beau monument moderne
du Portugal. Il a été bâti par un architecte étranger, et embelli par
les productions d'arlisles italiens, français et hollandais, pour ce oui
concerne les peintures, les statues, les ouvrages en fer et en bronze ,
le carillons qui garnissent les deux tours , et les ornemcns du culte ;
ces derniers furent tous fabriqués à Lyon , avec delà soie seulement,
parce que l'austérité des moines (Arrabiclos) qui occupent le couvent ne
permettait pas l'usage des métaux ])récieux. L'érection de cet édifice
créa parmi les Portugais l'art de tailler et de ciseler la pierre avec un
fini rare, et leur procura aussi la découverte de beaux marbres dans la
montagne de Cintra et dans les carrières de Pero-Pinheiro. Dis blocs
de marbre de toutes couleurs et d'une grauileur et d'une beauté remar-
quables y sont employés avec la même perfection que si c'était de la belle
marqueterie en bois. On admire six colonnes colossales en marbre rouge
d'un seul bloc qui décorent les trois grands autels de l'église, et despan-
rpaux énormes ^n marbre noir , sans le plus petit point de mélange. Le
i'ai8««au de l'pgiise na répond p.a»' à l'idce de grandeur qxie donnei.tsA
( iS4 )
masse carrée et-son ftontispice qui est fort beau, quoique imitation
très-faible de Saint-Pierre do Kouie, et qui est encore embelli par un
beau dôme et deux clochers de 820 pulinos dehaui^ qui équivalent à
216 pieds b pouces 10 lignes. Dans le vestibule, qu'on aj-pello la Galilée,
et dans les chapelles de l'église sont placées 56 statues en marbre de
Carrare dont quelques-unes sont d'un travail parlait. Les tableaux des
chapelles furent reni])lacés par des bas-relieis de marbre exécutés par
des sculpteurs portugais dirigés par le romain Jus ti, qui a établi celte école.
Le palais est encore accompagné d'un beau parc, de grands jardins_, et
d'un enclos (la Tapada de Mafra) réservé pour la chasse, dont l'enceinte,
qui est de troislieucsportugaises,a enlevé a l'agricultme autant de terrain
jadis cultivé , et main Itnant sacrifié à la pâture des daims, ch'S cerfs et des
sangliers. Cet édifice, monument d'une piété fastueuse, de\iut sous le
règne de Joseph I*^*^ un monument plus utile, et moins à la charge de
l'Etat; car ce prince, ayant aboli onze convens de chanoines réguliers
de Saiut-Augiistin, leur donna ce magnifique couvent, en hii a|)pli-
quantles revenus de ceux qu'il venait de supprimer, à condition d'y
entretenir un collège pour l'éducation delà jeunesse, avec des cours de
belles-lettres, de langues anciennes et modernes. Cette institution dura
trente ans , la feue reine ayant rendu en 1 792 aux Arrabidos Je couvent
de Mafra , et aux chanoines de Saint-Augustin leur couvent de Saint-
Vincent-de-Fora. (Voyez à la page 67 de ce volume.) Le roi actuel ha-
bitait Mafia avant de partir pour le Brésil; il se plaisait même dans
cette résidence, qui est la seule digne d'un souverain en Portugal. 11
avait commencé à l'embellir et se proposait de la meubler avec une ri-
chesse égale à la grandeur des apparlemcns, dont la suite fi'it coordon-
née de manière à pouvoir devenir le séjour d'une grande cour. Cette
résidence est distribuée en deux palais, dont celui du nord porte le
nom du roi, et celui du sud,, de la reine. La façade de ce bâti-
ment superbe a i s 5o palnios on 778 pieds 6 pouces et 1.75 lignes de
long; ou porte à 8dG le nombre des apparfemens, et à 0200 celui des
portes et des fenêtres. A l'extrémité de fliafra se trouve la belle cam-
pagne du marquis de Ponte de Lima, avec une ancienne maison et
des jardins frès-vast( s.
Qui-Lvz, à ciuq milles de Lisbonne et à pende distance de la route de
Cintra, est un château royal appartenant à la maison d'infantado ,.
c'est-à-dire aux frères puinés du roi. Depuis l'incemlie du palais d'Ajuda,
arrivé il y a quelques années, la cour est venue l'habiter ; maintenant
c'est son séjour ordinaire. Lesbàtimens sont irréguliers, mais de belle
apparence, quoique élevés à difiércntes reprises; les jardins en sont
beaux , de même que le parc. 11 n'y a d'autres habitans que ceu.x qui
sont attachés, à la cour.
Bellas , villa de 3446 habitans , à sept milles au nord de Lisbonne,
n'est remarquable que par la belle campagne du marquis de Bellas,
autrefois maison royale de plaisange : tout près du village sont des
sources d'eaux ferrugineuses.
Bemfica est un joli village de 8873 habitans sur la route de Cintra, qui
termine la banlieue de Lisbonn.e.Le grand aqueduc d'jégoas liu/^es (i)
(i) Le grand aqwcduc appelé par les Portugais Ar':os das a^oas livres , qnoiquo
plus beau que ceux de Gêaes, de Spoleto , de Caserti et de Rome, leur est infé-
rieur sous le rapport de la masse d'eau qu'il peut Iburnir, puisque celai de Rome,
d'aprùs Vigero , fournit dans les vingt-quatre heures 600000 muids d'eau. Celui
à' A q lias livres commence près du hameau de Can.essas , à deux lieues de Lisbonne ;
mais on l'augmenta avec des eaur que l'on prtîtend. avoir altéré la qualité de la. pre-
( i85)
y passe à côté J'iin endroit nommé Campolide ( Campus litis), qui porte
ce nom parce qu'il a été le théâtre d'une bataille entre les Espagnols et les
Portugais , sons le roi D. Fernando. On y ai rive de la cnpitalc pur une
route garnie de campagnes, dont la plus belle est Palhavàa, appar-
tenante au marquis de Louriçal. On trouve ensuite le couvent des
capucins dit de Coiwalescença , à Sete Pùos , ainsi nommé à cause
du nombre de (ilets d'eau qui en faisaient autreibis une nappe im-
mense. Sur ce terrain desséché et livré à la culture s'élè'.c aujourd'hui
la grande campagne du baron de (^)uintella , dont la maison , qui donne
sur la route des Lai uiigeifus, en fait tout le prix par la beauté dosa con-
struction. Les belles campagnes des marquis de Frontcira et d'Abrantes
embellissent BcniHca :1a premièicest dans le goiit italien; et la seconde,
bâtie par le négociant anglais Devisme, porte ie cachet de l'arcliitecture
anglaise. Un couvent de dominicains s'y l'ait remarquer par deux mo-
numens historiques j l'un est le mausolée du l'ameux Joùo das ilegras ,
célèbre jurisconsulte et politique dont l'influence dans les Coiîès de
Coïrabra fit proclamer roi Jean l""" . le maitre d'Aviz. La famille titrée
de Cascaes descend de cet homme d'Etat. L'autre monument est la
belle chapelle bàlic par la famille de Castro. On y admire le beau mau-
solée du vice-roi don Joào de Castro : elle sert de caveau de sépulture
à cette famille.
Lez est bâti dans une plaine et n'est rcmai-quable que par l'école mili-
taire, un vieux couvent des elievaliers île l'ortlre de Christ, un couvent
de moines et la maison du vicomte de Wesquitella ^ qui est accompa-
gnée d'un joli jardin. On y tient une foire franche qui dure trois jours,
dans le mois de septembre.
LcjHAR est un grand village de* i636 habitans, qui n'est remarquable
que par les maisons et les beaux jardins des marquis d'Angcja et
mière. Le fait tst que BI. Vandclli fut le premier qui analisa les eaurc de cet
aqueduc en 1791 ; il a consigne soa travail dans le ""volume des Mémoires ùiono-
miques de l'Académie des Sciences. < in doit regretter que les observations de
cet acndémici-en , ainsi que celles de l'aîibo Cabrai, in.e'rces dans un autre mémoire
du même volume , soient restées jusqu'à ce jour sans aucun avantage pour une
ville aussi populeuse , qui aie plus grand besoin d'être mise à l'abri de la pénurie
d'eau pendant les trois moi«3 les plus ardens de l'année. Ces deux académiciens
ont p.ppuyé sur la nécessité d'utiliser le superbe cbàtcau d'eau du Rato , qui
termine l'aquéduc, et au pied duquel commencent les conduits souterrains en pierres
de taille. L'aquéduc a, depuis sa naissance jusqu'à la première fontaine, 5658o
pieds de long : il traverse les vallons sur de belles arclies en pierres de taille; le
pont sur lequel il est porté dans celui d' Alcantara présente un coup d'œil majes-
tueux et unique. Trenle-cinq arches, dont quatorze en ogive, franchissent l'espace
de 28.57 pieds et demi ; la plus grande arclie a 100 pieds trois pouces entre les deux
pilastres qui forment sa base; la hauteur jusqu'au cintre est de 206 pieds, et
jusqu'au parapet de 2(4 ; sa largeur est de 2» pieds 4 pouces. Les conduils qui
sont au milieu sont recouverts par la voûte entrecoupée de clairevoies à des espaces
réguliers, ayant de chaque côté un large trottoir avec un parapet, le tout en
pierres de taille , ce qui forme une promenade très-agréable qui abrège de moitié
le chemin pour les gens de pied jusqu'au joli village de Bemfir.a. On en trouve un
plan dans l'Histoire de l'académie des sciences de Pans , 1772, 2^ partie. Il existe
aussi un autre plan do cet édifice .so-.nptueux , levé en 1807 avec la plus grande
exactitude par l'habile ingénieur lly^l^aulique italien Josepli-Thérèze Michelotli. Il
est à espérer que la nouvelle société d'encouragement établie depuis peu à Lisbonne
s'empressera de faire valoir auprès du gouvernement les observations de MM. Van-
delli et Cabrai sur un objet si important d'utilité publique, et qu'aucun de ceux
développés dans les Mémoires économiques sur divers objets n'échappera au zèle
qui anime les membres de cette société.
( iS6 )
d'Olliào , et quelques autres qui appartienneut à des particuliers : mi
y ticut une Ibire fiaiiche de trois jours dans le «îois de juin. Do
là on suit la grande route qui conduit de Lisbonne à Loires et au-
delà , sur laquelle se trouvent divers petits villages peu remarquables.
Loires , àhuitmilles de Lisbonne, vers le nord-nord-est, avec 'J283
habi tans. Cet endroit est remarquable par les belles plantations d'oranger»
de ses environs; le fruit de ces arbres passe pour être de la meilleure
qualité : on y tient une loire tranche de trois jours dans le mois de
juillet. En revenant sur Lisbonne j ar Lumiar, et plus près de ce der-
nier lieu , on trouve plusieurs maisons de particuliers dont quelques-
unes sont bâties avec assez de goût.
CAMPO-GRA^Di: , qui est sur la même route, est une très- grande
plaine oblongue plantée d'arbres et entourée de jardins potagers et de
maisons de nobles et de particuliers , dont la plus remarquable est uue
fabrique de soieries. Ce lieu, qui compte i.3o2 liabitans, est le rendez-
vous ordinaire des cavaliers et du beau sexe de Lisbonne, particu-
lièrement les dimanches, et on y fait quelquefois des courses. On
y tient dans le mois d'octobre une foire de huit jours, dont les trois
premiers sont francs : cette foire est devenue très-importante , étant
fréquentée par une grande partie des habitans de Lisboane et des
environs , ainsi que par ceux de l'intérieur. Plus en avant , du cote
de la ville, est Campo Peçceno , bâti dans une plaine moins grando
que l'autre et lie forme carrée, où les troupes vont faire des manœuvres;
elle est entourée de maisons avec des jardins , dont les seules remai-
auables sont celles de M. d'Almeida et du baron de Sobral ; le chemia
e ce lieu, jusqu'à la ville, est couvert de maisons. En sortant p.tr
la Calçada d'Arroios on passe par l'Jrco do Cego , où est la maison
dans laquelle le ministre D. Rodrigo de Souza avait établi une imprimerji;
et une école de gravure, établissemens dirigés parle naturaliste Velloso,
et d'où sont sortis plusieurs ouvrages imprimés par l'ordre de ce zélé
ministre d'Etat. Cette calcograpliie comptait en 1801 vingt-quatre
graveurs.
Char>eca , à dnw milles vers le nord de Campo- Grande , avec
*'jo^ habitans, est dans uue plaine entourée de maisons et de jardins
potagers peu remarquables : ou y tient ime foire franche de trois
jours dans le mois d'août.
.Sacavem, à deux milles plus à est, et à six milles de Lisbonne, avec
1023 habitans, prcs du Tage et sur la rivière de Friclas , qu'on y passe
sur un bac, avait anciennement un pont en pierres qui a été emporté par
la crue des eaux; mais l'intérêt du péage, qui appartient au domaine
de la maison de Bragance , a fait substituer le bac construit par l'ingé-
nieur hydraulique Bento da IMoura. Cet endroit est remarquable par
la grande quahlité de magasins de vin qui s'y trouvent. On y tient
une foire franche de trois jours dans le mois d'août. Deux routes con-
duisent de ce bourg à Lisbonne , l'une, qui se dirige par l'intérieur,
est bordée de vignes et d'oliviers , et n'a rien de remarquable que quel-
ques grandes maisons de particuliers ; sur l'autre , qui longe le Tage ,
ee trouvent le dépôt des poudres de Beirolas ; Ouvaes et Braço eï
Prata , où sont de grands dépôts devin , et Marvilla où est une sa-
vonnerie. Ces derniers lieux forment un faubourg de Lisbonne , car les
maisons de nobles et de particuliers se suivent sans interruption. 0»
rencontre en s'apprcchant de la vilL: trnis couvens de moines et deux.
dg religieuses. La maison de plaisance du patriarche à Marvilift
( i57 )
a lieux «ailes (jui «outornces des portraits des arcljev(}>iiits de Lisbonne ,
les uns faits et d'autres retouchés seulement par le célèbre peintre
Vitira l'ancien.
COMARCA. DE TORRES-VEDRAS.
Chef-lieu. Torres-Vedras, gros bourg près du
Sizandro, avec un aqueduc et 3410 habilans.
Endroits les plus remarquables. Bellas,
Gascaes, Carcaveeos, Colares, Quelus et Ma-
FRA. Tous ces endroils ont ctc décrits dans les envi-
rons de Lisbonne.
Ericeira , villa., bâtie sur un petit golfe, et hu-
bilée par * 255o liabitans presque tous pêcheurs.
COMARCA DE RIBA-TEJO , OU DE CASTANHEIRA.
Chef-lieu. Castanheira. , -villa de ^^o habi-
lans, bâtie à peu de distance de la rive droite du Tage,
dans ime plaine très-fertile.
Endroits les plus remarquables. *' Villa-
FRANCA, villa, avec un port sur la rive droite du
Tage et 4^98 liabitans. Depuis cet endroit jusqu'à Sa-
cavein on trouve un grand nombre de salines le long
du Tage ; de l'autre côté de la rivière on en trouve
aussi beaucoup depuis Pancas jusqu'à Montijo , outre
plusieurs antres plus considérables placées dans les
sinuosités formées par le fleuve du côté du sud.
* Alhandra, villa de 1669 liabitans, avec un port
sur la rive droite du Tage. Il s'y trouve plusieurs fa-
briques de tuiles et de briques , qu'on emploie pour lu
plus grande partie des constructions qui se font à
Lisbonne. C'est ici que commencent les terrains bas
connus sous le nom de Lizirias de Villa-Franca , qui
ont une surface de 68 milles carrés , et qui ne sont que
des îles très-basses mais très -fertiles en blé et en pâtu-
rages qui sont arrosés par le Tage.
COMARCA d'alEMQOER.
Chef- lieu. Alemquer, villa de r-iSyi habilans,
bâtie près de l'Aleraqucr sur un terrain élevé ^ mais
( i88 )
irès-ferlile en fruits, blé et vin. La fabrique de papier
la plus considérable de tout le royaume est établie dans
cet endroit.
JEn droits les plus considérables. ^ Obi-
dos, iiilla de 2770 habitans, balle sur une colline près
de l'Arnoya, qui se jolie dans le lac d'Obidos. On y
trouve des restes d'antiquités , entre autres un aqueduc
de plusieurs centaines cî'a relies.
*^ Caldas , 'Villa bâtie sur la pente d'une colline.
Dans les mois de mai et de septembre, cet endroit est
fréquenté par beaucoup de personnes qui s'y rendent
de toutes les parties du royaume pour prendre les bains
sulfureux connus sous le nom de Caldas da Rainha.
Population permanente ^ i444' ^c>n juiz de fora est
le même que celui d'Obidos.
* Chamusca, villa de 5o54 habltans, bâtie sur la
rive gauche du Tage , dans une plaine très-fertile en
blé et en vin rouge excellent.
'^ Gi?<TRA. Voyez les environs de Liishonne.
San-Joao das Lampas , villa de 2625 îiabitans.
COMARCA DK LEIRIA.
Chef-lieu. Leiria (cidade) , très-ancienne ville
épiscopale, bâtie près du Liz, dans une vallée fertile
et bien cultivée. On y voit encore le palais à demi
ruiné où habitait le grand roi Denis. Cette ville est
assez marchande et contient 2o3 1 Iiabitans. Sur les
collines environnantes sont de superbes forêts de sapins
qui furent plantées par ordre du roi Denis, pour em-
pêcher les vents de transporter les sables de la plage
sur le sol fertile de l'intérieur. A environ trois milles
au sud est le village de Marinha grande , avec une
superbe verrerie qui fournit aux besoins de la plus
grande partie du Portugal et de ses possessions d'ou-
tre-mer.
Endroits les plus remarquables. Ba-
TALHA , villa de i552 habitans, remarquable par le
( i89 )
superbe couvent bâti par Jean 1"% qui passe pour être
un des plus beaux morceaux cVarchilccture normano-
goibiqùe , et dont Murphy a public une description
ornée de gravures représentant toutes les parties de ce
chef-d'œuvre. 11 est à regretter queAec^Capellas /mper-
feitasycs^ècc de Panthéon destiné à recevoir les cendres
des rois, se trouvent exposées aux ravages du temps et
à toute l'inclémence des saisons , sans qu'aucun abri
protège les belles sculptures qui s'y trouvent, et qui,
malgré la négligente insouciance des hommes, résis-
tent à la desiruclion qui les menace depuis tant d'an-
nées. La chapelle, qui contient le beau mausolée de
Jean T'entoure de ceux de ses en fans , répond par-
faitement à l'opinion que l'histoire nous conserve de ce
grand roi.
* SouRE, bourg de * i/i-'jB habitans.
* Péniche, ^illa de 25i8 habitans, dans la pres-
qu'île de ce nom, avec un port qui ne peut rece-
voir que de petits batimer.s. Voyez à la page 669 du
premier volume.
A quelques milles à l'ouest de Péniche est le groupe
des lies Berleugas, qui est formé par l'île Berlenga et
plusieurs rochers qui l'environnent. L'île Berlenga,
qui est d'une grandeur et d'une hauteur moyenne ,
imie sur son sommet et presque taillée à pic dans la
majeure partie de sa circonférence, est coupée dans
presque toute sa largeur par un isthme large de 5o
brasses qui sépare les deux parties appelées CarT\?lro-
dos-Caçoes et Carreiro-do-Mosteiro. Au sud-ouest
de ce dernier s'élève à peu de distance, sur un rocher,
une forteresse qui communique avec la Berlenga par
un pont étroit de deux arches, et un mauvais chemin
qui conduit au sommet deLîle.
* PoMBAli, villa peuplée 6e. '^ 4^4^ habitans assez
industrieux, avec un beau palais appartenant aux
descendans du marquis de Castello -Melhor. On y
trouve aussi les ruines d'un ancien château.
( '9^^ )
eoMARCA O AI C<)CA'*\.
Chef-lieu. Alcobaça, villa de i534 habitans,'
hutie au conflucnl de la Baça cl de l' Alcoa. On y trouve
la célèbre abbaye cbef-îieu de l'ordie de Cîteaux en
Portugal , ricbeiiient dotée parle roi Alplionse Henri
lors de la prise de Santarem sur les Maures. Les do-
maines de cette abbaye sont très-étendus , et l'abbé
jouit de beaucoup de privilèges non - seulement
comme (esmoler mor) grand-aumônier , mais encore
comme donataire de la couronne , pour la nomination
des ofiiciers de justice , des officiersîle milice (ordenan-
cas) et de toute espèce d'administration. Le couventest
vaste, l'église très-belle; on y remarque un riclie sanc-
tuaire , et dans l'une des chapelles on admire le mau-
solée contenant les corps du roj Pierre I^"^ et de la
fameuse reine son épouse Ignez de Castro. La biblio-
thèque est riche en manuscrits relatifs à l'histoire an-
cienne du royaume : le catalogue en a été imprimé il
y a quelques années. Sous le règne du roi Joseph on
établit un collège dans le beau bâtiment attenant à la
façade deTéglise. Le marquis de Pombal utilisa d'autres
emplacemens du couvent, en y plaçant des métiers de
batiste et de linon. On y établit ensuite une belle
filature de coton dans la ville , qui fut incendiée par
les Anglais dans la dernière guerre. Le pays est d'ail-
leurs renommé par l'abondance et la qualité supérieure
des fruits qu'il produit.
Endroits les plus remarquables, Peder-
NEIRA, villa bâtie sur la petite baie de Pederneira,
dans laquelle se jette l' Alcoa. Les habilans, qui sont
au nombre de * 1901 , sont presque tous pêcheurs. A
une petite dislance est l'église de Notre-Dame de Na-
zareth (Nossa Senhora de Nazareth), qui est visitée
par un grand nombre des pèlerins, et dont le clocher
très-élevé sert de signal aux marins.
S an-Martin HO , cilla de * 907 habitans, avec un
porl nag[uèie presque entièrLMuent comblé de sables ,
et que le plan savamment imaginé par le colonel du
génie Luiz Gomes de Carvalho vient de rendre au
commerce etàla marine militaire (i). Vers le milieu du
siècle passé il offrait un abri excellent aux vaisseaux
marchands qui venaient charger les bois des forêts
de Leiria.
COMARCA DE THOMAR.
Chef-lieu. Thomar , ajilla de 5720 habitans ,
bâiie dans une plaine délicieuse couverte d'oliviers et
de jardins, à la droite du Nabào, peu loin des ruines
de ^'ancienne ville de Nabcmcia. C'est là que réside,
dans un couvent d'une grandeur imposante, le grand-
prieur de l'ordre de Christ. Thomar a une grande fila-
ture de coton qui est la plus importante du royaume,
des fabriques de soie, etc.
Endroits les plus remarquahles. Figueiro
DOS ViNHOS sur l'Aiso, influent du Zezere , "villa de
* 24io habitans.
Pedrogag Grande, villa de 486 feux, remar-
f Ce port , qui clans le XVP siècle compta quelquefois jusqu'à So
vaisseaux mouilles dans ses eaux , et qui possédait encore dans le
siècle dernier un chantier militaire où furent construits deux vaisseaux
de 60 canons et deux frégates de 3o à 40 , se détériora d'une manière
très-rapide depuis l'alluvion de 1774 > époque à laquelle le Rio de Al-
feizirào qui s'y jetait du coté do Selir établit son lit du coté de San-
Martinlio. En 1799 le port ou bassin ( concha) du côté de San-Mar-
tinho avait à peine, dans le meilleur mouillage, 11 palinos de fontl
à la basse marée , et ne pouvait recevoir que 2 à 3 bàtiniens. En 1812 ,
181 3 et 1814 il n'y avait pas plus de 5 à 7 palnios tle profondeur et
quelquefois même moins. Le plan proposé en i8i5 par M. Carvalho ,
que l'on commença démettre à exécution vers la fin de 181C, eut le plus
grand succès. En 18 iS la sonde marquait déjà un fond de 14, i5 et
16 pal/nos dans la basse marée, et en 1821 de 16, 17 et 18. Lcstravaux
sont sur le point d'être achevés , et le Portugal aura gagné un beau
port avec la modique dépense de 32 000000 reis. Ce mouillage est dou-
blement important par sa position et pour sa grande sûreté , ce dont
'*n a eu une preuve lors delà terrible bourrasque de décembre 183 1 ,
qui ne fit souiïrir aucune avarie aux hyacts qui s'y trouvaient mouillés.
( 192 )
quable par la seule forge de fer actuellement en activité
dans le royaume, qui se Irouve dans son lermo.
SardoaLj villa de 5345 feux.
'^ AdraNtes , villa de 4914 l''^ti'^''»î^s , bâtie sur la
rive droite duTage^, dans une plaine délicieuse et fer-
tile. L'église de Saint-Vincent est une des plus grandes
et des plus magnifiques du royaume. Ce bourg fait un
commerce très-important en blé, en huile et en frails,
dont une grande partie est transportée à Lisbonne par
le ïage.
COMARCA D OUREM.
Chef-lieu. Ourem, villa, bâtie sur une rnon-
tagne, avec une vieille citadelle et 3o68 babitans.
Endroits les plus remarquables. * Porto
DE Moz, villa de 223o liabilans.
COMARCA DE CHAO DE COUCE.
Chef- lieu. Ghao de Gouce , villa de "*" 127g ba-
bitans , dans un terrain fertile en bon vin et en châ-
taignes.
Endroits les plus remarquables. Aguda ,
villa de '*' ii48 babitans.
COMARCA DE SANTAREM.
Chef-lieu. SaNtakem^ villa de ySSS babitans.
La partie située sur une assez haute montagne est
défendue par une ancienne citadelle. Cette ville a
été la résidence de plusieurs rois de Portugal, et l'est
actuellementdu séminaire patriarcal.(Voyez à la page 54
de ce volume.) La campagne environnante est très-
fertile en blé et en huile , mais pendant l'hiver elle est
sujette aux inondations du Tage, auxquelles est aussi
exposée la partie basse de Santarem. Cet endroit fait
un commerce très-actif avec Lisbonne. Dans son ter-
ritoire est situé le village de Rio-Maior sur le Rio-
Maior avec 3669 babitans; il a une source salée qui est
la seule dont on tire parti dans tout le royaume. A peu
( '9^ )
de distance se trouve le village ^ Azinheira y remar-
quable par la fabrication des pierres à fusil.
Endroits les plus remarquables.^Qou^Y.-
r,AA, villa de 260G babitans, btitic au milieu de vi-
gnobles qu'on a replantés après la mort du marquis de
Ponibal , qui avait fait déraciner tous ceux qui se
trouvaient depuis Gollegàa jusqu'à Sacavem pour les
cbanger en cliamps de blé.
* ToRREs-NovAs , villa de 4226 babitans, avec
une manufacture de colon.
Almeirim, villa de iS;] babitans, baiic en i/^ii
par Jean r% où lui et d^autres rois ses successeurs
venaient cbasser et passer une partie de l'biver.
Salvaterra de Macos, villa de 21 38 babitans,
avec un cbateau royal, dans lequel les rois, d'après
une ancienne coutume , séjournaient depuis le 18 jan-
vier jusqu'au mardi-gras. Son théâtre royal est aban-
donné depuis long- temps.
* AzAMBUJA, villa de 1 636 babitans.
COMARCA DE SETUCAL.
Chef-lieu. Setubal , villa de i4826 babitans,
bâtie à la droite de l'emboucbure du Sado , sur \\n
golfe qui y forme un très-beau port, mais dont l'entrée
est très-difficile à cause des bancs de sable qui Tob-
struent. Le sel qu'on fabrique dans ses nombreuses
salines et le vin que produit son territoire sont avec
les oranges et les citrons les articles les plus considé-
rables de son commerce , qui est le plus étendu du
royaume après celui des villes de Lisbonne et de Porto.
Du côté opposé à Setubal se trouve une langue de terre
i qui porte le nom de Troja , qui , d'après les monumens
qu'on y a trouvés à différentes époquos et ceux qu'on
a découverts en 181 4 (i) et qui ont été examinés par
V; ''i)En i8i4 des pêchi^urs y trouvèrent une caisse qui contenait un
cadavre qui tomba en poussière au contact de l'air; elle contenait eu
II. i3
( 19^ )
M. Antonio José Bons- Anios et autres savans du pays '
aurait été primitivement une colonie pliénicienne , e^
ensuite une coionic romaine.
Endroits les plus remarquables. * Cezim-
BRA, villa avec un petit port, un ancien fort sur une
montagne , et 42.55 liabitans qui presque tous vivent
de la pèche. Sur im sonimet du cap Espichel est une
petite église nommée Nossa Senhora do Cabo, avec
quelques bâtimens accessoires pom- les nombreux pè-
lerins qui viennent la visiter , surtout dans le mois
de mai.
* Almada, Di/la de 4i66 babitans , bâtie sur un
petit golfe vis-à-vis de Lisbonne , dans un terrain très-
bien cultivé. Elle a un fort siu- un rocher, un hôpital
pour les matelots anglais, et un grand magasin de vins.
Dans ses environs se trouve la mine d'or à^Adissa.
Voyez à la page i36 du premier volume.
'^ AzElTAo OU Villa NoGUEiRA, villa industrieuse,
avec une manufacture de coton, une teinturerie et 1670
habitans.
* Palmella, uilla de 2747 habitans, bâtie sur une
montagne d'où l'on jouit d'une vue magnifique , et
d'où l'on découvre Lisbonne et Setiibal. Le grand-
prieur de l'ordre de San-Jago y réside dans un couvent.
'^ ALDEA-GALLiiGA DE Riba-Tejo, vUla de 3477
habitans, la plupart pêcheurs et matelots. Elle est bâtie
sur un golfe fornié par la rive gauche du Tage. C'est
outre une lampe qui exhalait encore un goût d'iuiile , une tasse , un
chandelier , le tout en argent , avec des figures en relief très-bien con-
servées. Ces objets et plus de i5o médailles se lro!tvent entre les mains
des héritiers du lieutenant-général Dom Rodiigo de Lancaster, qui était
alors gouverneur militaire de Setubal, et qui est mort en i8i8. Nous
tenons tous ces détails de M. Antonio José Bons-Annos, qui nous les
a communiqués par écrit lors de notre séjour à Setubal , en novem-
bre 1821. Il serait à souhaiter que de savans antiquaires étrangcis
examinassent ces monumens pour voir jusqu'à quel point il fiiut adop-
ter l'opinion des savans nationaux sur l'cxisten«e et l'origine de cette
colonie phénicienne.
( 195 ) •
le passage ordinaire tic tous ceux qui vont de l'Alem-
Tejo à Lisbonne. Dans son territoire se trouve le sanc-
tuaire de A'ossa Senhorn de Atalaya , bâti siu- une
liaïUeur, et visité par beaucoup de pèlerins.
* ^iouTA, villa de ii'Si habiians, bâtie sur la rive
couche du Tage, qui a dans cet endroit une largeur de
trois lieues.
* Alcacer ou Alcacer-do-Sal, villa très-mar-
chande , bâtie sur la rive droite du Sado , avec des
salines très-inq^orlantes et 2582 liabitans.
Graxdola, villci de 2o85 liabitans, bâtie dans une
plaine à l'ouest de la Serra da Grandola, sur le Da-
niini, influent du Sado.
* ToruaO, villa sur la Gliarrama , avec 1807 lia-
bitans.
PU OVIN CE D AL EM -X !• JO.
Cette ])rovince touche au nord à une très-petite
partie de la Beira et à i Estreniadura espagnole; à l'est
elle est bornée par l'Es' renia dura espagnole et l'An-
dalousie; au sud par l'Algarve; à l'ouest pendant un
petit espace par l'Océan, et pour tout Ij reste par l'Es-
tremadura. L'Alem-Tcjo est divisé en huit comarcas.
C03I\RCA D f.VORA.
Chef-lieu. Evora , cidacle archiépiscopale, bâtie
sur une hauLeur au milieu d'une grande plaine fertile
en blé , vin et huile. Cette ville a éfé la résidence de
plusieurs rois, et [)asse pour être la seconde du royaume
quoiqu'elle soit beaucoup au-dessous de Porto en po-
pulation , en industrie et en richesse. Son université
a été supprimée lors de l'expulsion des jésuites. Elle a
un séminaire et une grande et belle cathédrale. Sa po-
pulation est de 9062 liabitans. On y tient à la Saint-
Jean une foire qui est très-riche et très-fréquentée.
Parmi les monuraens qui attestent la puissance des
( '96)
Romains, on remarque le bel aqueduc allrlbué à Quintus
Sertorius ; du moins il en poi le le nom , et est très-
bien conservé : il est bâti en pierres informes, ex-
ceplé les arcbes qui sont en briques. Vers l'extrémité
par laquelle il touclie à la ville, est un pavillon circu-
laire en briques , destiné à couvrir le réservoir d'où
parlent les canaux qui conduisent l'eau aux différentes
Ibnlaineset citernes d'Evora. ParFélégance de la forme
qui rappelle la fameuse lanterne de Diogcne à Athè-
nes, et par sa parfaite conservation , nonobstant la fai-
blesse des matériaux dont il est composé, ce monu-
ment est un des morceaux de rarcbiteclure ancienne
les plus beaux que l'on puisse trouver en Poriugal. Il
est à*regrelier qu'un autre monument fondé aussi par
Sertorius , le temple de Diana , qui était un lemple
périptère , soit abandonné aux ravages du temps , et que
les liabitans d'Evora le laissent- profaner au point de
le faire servir de boucherie. L'élégance qu'on admire
dans les restes de ce temple a fait penser que l'archi-
lecte était un Grec, d'après la supposition que Rome,
ati temps de Sertorius, ne possédait pas d'artistes ca-
pables de concevoir et d'exécuter un monument aussi
parfait.
Erzdroils les plus remarqudblp.s. * Estre-
Moz , "vilhi bâtie sur une hauteur dans un terrain fer-
tile , avec une citadelle et une place très-vaste. Elle a
6268 habilans. On y fabrique une grande quantité de
ces vases de terre qui, à cause de leur grande porosité,
sont employés dans tout le Portugal et dans une grande
partie de l'Espagne pour faire rafraîchir l'eau. On
trouve dans son territoire des carrières de marbre
d'une excellente qualité.
^ MoNTEMOR o Novo , v'illa de 2g45 liabitans,
bâde près du Canha. Sur le sommet de la montagne
est un fort de construction arabe, qui tombe en ruines.
Vendas-Novas , village dans un endroit sablon-
neux f où le roi Jean V fit bâtir une superbe maison
( 197 )
de campagne. Il servait encore, il y a peu de temps ,
de château de chasse aux rois de Portugal.
* Redon DO, villa de 2423 habilans.
Barroca de jXossa Semiora da. Brotas, village
remarquable à cause du grand nombre de pèlerins qui^
de plusieurs endroits de rAlem-Tejo, viennent y vi-
siter une image de la Sainte- Vierge.
* Vianna.d'Alem-Tejo, villa de. 1 356 habitans.
COMARCA DE BEJ4..
Chef-lieu. Beja , cidade épiscopale de 5444
habitans, située sur itnecolline^ avec un fort bâti par
le roi Denis , et quelques restes d'antiquités romaines,
telles que la porte du Sud, un aqueduc, etc. L'évé-
que Cenaculo y avait forme un musée composé des
antiquités et des inscriptions qu'on y a découvertes.
Ce musée fut depuis transporté presqu'en totalité à
Evora, dont ce prélat devint archevêque, et où il
mourut.
Endroits lesplus remarquables. ^ Moura,
villa à 3 milles à l'est de la Guadiana, avec 3844
habitans.
^ Serpa, villa, bâtie sur une hauteur, "à environ
deux milles et demi à l'est de la Guadiana, avec 4582
habitans, qui font un com'iuerce considérable de con-
trebande avec l'Espagne.
'*" Alcoutim, villa ) bâtie sur une montagne à la
droite de la Guadiana , avec un fort entièrement
ruiné. Celte ville a 1 566 habitans, et un bureau de
douanes.
'*" V1MGUEIRA, villa de 2382 habitans, bâtie dans
une des plus délicieuses positions de la province.
* Cuba , villa de 2435 habitans.
COJIARCA d'oUIUQUE.
Chef- lieu. * Ourique, villa de 2078 habilans,
bâtie sur une hauteur qui domine le fameux Campo
( ^9^ )
d'Ourkjue, ou Aiplionsc 1 ' baliilies Mauicsen i i3g.
D(ipuis lon^- temps le conegeclor n'y réside plus, mais
demeure àMessejana, qui est la véritable capitale delà
comarca, quoique Ourique en conserve encore le litre.
Endroits les plus remarquables. * Mer-
TOLA, villa baiie sur le sommet d'une montagne, sur
la rive droite de la Guadiana , avec 1792 Labitans.
* Almodovar, villa de ^471 habitans.
Castroyerbe, villa &\i\\e Corbes, avec * 2oo5
habiians.
* SiNES, villa avec une citadelle, un port et 164^
habitans ;^ la plupart pécheufa.
ViLLA-NovA DE MiLFOM'ES, Villa * de 1800 babi-
tans j bâtie à l'embouchure de TOdemira, qui y forme
un petit port.
^ SA^ ÏHIAGO DE Cacem, vUla de 2o45 habitans,
avec un petit port.
* MessejawA;, villa de 1214 habitans. C'est la
résidence ordinaire du corregedor de la comarca.
^ Odbmira, villa bâtie sur le petit iîeuve de ce
nom, avec 23^2 habitans.
COMAKCA DE VILLA-VIÇOSA.
Chef-lieu. Villa-Vîçosa , villa bien bâtie,
avec un ancien fort et un grand palais, où résidaient
les ducs de Bragança , et où dernièrement les rois ve-
naient passer une partie de l'année. A huit milles de
distance se trouve un parc (tapada) de dix milles de
circonférence, environné de murs, avec un palais de
cîiasse. Ce parc est rempli de gibier. Villa-Viçosa con-
tient 3452 habitans, et est le chef-lieu de l'ordre de
la Conception. Voyez à la page 396 du T'" volume.
Endroits le s plu's rernarquab les. '*'Bokba,
villa de 3424 babilans.
^ Alter do Chxo, villa sur lErredal , avec 1968
habiians.
( ^99 ) .
* Arrayolos, villa de 1881 lial)ilu!)S, balic sur
une montiii^ne, avec im fort.
* Porte L, villa de 17 58 halnians, bâtie sur une
hauteur, avec un palais jadis habité par les ducs de
Bragança; on y trouve le premier ha: as du l'orlui^fah
^ MoiysARAS, villa siliice sur un rociier élevé à la
droite de la Guadiana, avec un for!.. Elle a l3t)5habilans.
* Sou ZEL. , villa de 162^4 habilans.
*^ Mon FORTE, W//adego8 habitans.
eOMARCA d'eLVAS.
Chef -lieu. Elvas , que le^ Espagncîls nomment
Yelves QM. Helves ^ CiV/ar/^ épiscopale, bâtie sur une
hauteur, dans une canipai;ne irès-t'ertile en blé, huile,
vin et fruits. Les édifices les plus considérables, outre
Iqs fortifications, sont la cathédrale qui est grande,
l'arsenal, et l'aquéduc qui est long de plus de trois
milles. Cette ville, où ^e trouve une douane, fait un
commerce très-important et très-avantageux avec la
place de Badajoz, par laquelle elle fait passer en Es-
pagne plusieurs sortes de marchandises de contre-
bande. Elvas a un théâtre et contient 994g habilans ,
non compris sa nombreuse garnison. Elle est la plus
forte place du royaume. Voyez à la page 367 du pre-
mier volume, et a la page ccxxv du Coup d œil.
Endroits les plus remarqua blés. * Ca.mpo-
Maior , villa et place forte à 1 est de la Cava , avec
4496 habitans.
* MouRAo, villa àe i486 habitans , non loin de la
nve gauche de la Guadiana.
* Terena, vi/la de 689 habitans.
OuGUELLA., villa bâtie près de la Gevora , sur une
montagne, avec'*' 129 habitans.
Barbacena, villa de 814 habitans.
COMARCA DE PORTAI.ECRE.
Chef-lieu. Portalegre, cidade épiscopalc, bâ-
( 5r»o )
t le sur une colline, .as ce une grande manufacture de
draps et G 1 38 habitans.
Endroits les plus remarquables. * Ar-
iojNCItes, villa de iidq baLllans, au confluent de
TAllegrete avec la Caya-.
^ Castello de Vide^ villa bâtie en partie sur une
colline ; elle a une manufacture de draps et 5^43 ba-
biians.
^ NiZA ou NissA, villa de aSgi babitans.
^ Marvao, villa de 960 babitans, et place forte,
bâtie sur une montagne escarpée, que quelques geo-
grapbes croient être le Merminius minor des anciens.
Dans une quinta de son territoire appartenante au
marquis de ïancos on a trouvé beaucoup de vases de
terre, de médailles, d'inscriptions et autres antiquités;
on y a découvert des débris d'anciens bâtimens jus-
qu'à la profondeur de deux toises. Les auteurs portu-
gais prétendent que c^est l'ancienne Meidobriga.
MoîntalvaO, villa de 736 babitans, bâtie sur une
bauteuràla gaucbe du Sever, influent du Tage.
COMARCA DE CRATO.
Chef-lieu. CratOj bâtie près de l'Ervedal sur
une bauteur. Celte villa, contient 1 169 babitans et est
la résidence du grand-prieur de l'ordre de Malte.
Voyez à la page 394 du premier volume.
Endroits les plus remarquables. Sertao ,
villa près du Sertào , avec un ancien fort qu'on croit
avoir été bâti par Sertorius ; elle compte ^ 0284
babitans.
COMARCA D AA'IZ.
Chef-lieu. Aviz, ^illa bâtie près de i'Aviz,
aveciogS babitans. Le grand-prieur de l'ordre d'Aviz
habite une belle maison de cette ville. (Vovez à la page
5^4 du premier volume.)
*Endroits lesplus remarqua blés. "^ Bexa-
20I )
VENiE, pies du Son-aya, non loin de soa CûnnueiU
avec le Ta-e, Pi//a de j 954 habil., avec un palais royai.
^ ÇoRUCHE, P77/r. de2320 liabhans ,près du Sor-
rayiij au pied d'une montagne.
"^ Cabeço de Vioi], sur mie colline, wV/.v, de ic86
haMlans.
'^^ Fronteîra, f^if/ri Uile sur une colline, près du
Zelas, avec 181 3 habiians.
Jerumexiia, Pilla et place forte à la droite delà
Guadiana. LUea '*" 53o habitans.
PROVINCE DE LA BEiaA.
Celte province esfbornëe au nord par celles du
AJmho et de Tras-os-Montes ; à l'est par le royaume de
Léon et 1 Lstremadura espagnole ; au sud par cette même
!>rovmce et 1 Eslremadura portugaise; à l'ouest par
1 Ucean. La J3eira est divise'e en 1 1 comarcas.
COMARCA DE COBIDRA.
Chef- lieu. Coi^iBRA , cidade épiscopale, bikie en
amphiineaLresurunecollinedominantleMond-^o,dans
une situation charmante, moitié sur le coté occidental
Cl imecoliineescarpéeetmoiùé dansla plaine arrosée par
celJeuve.Coimbra est entourée de collines i^arnies de
couvcnsetaebaUmenscpdsejoisnent,depuis.lcséminaire
episcopal avec les couvens deSanla-Anna, des Marian-
nos et des beaedictms , par un bel aqueduc , et avec le
palais de 1 université, qui lui-même est couronné par
la tour carrée de ce dernier établissement, d'oii l'on
jomt du superbe coup d'œil de la plaine dite Campa
do 3Iondego,<^m s étend l'espace de sept lieues jusqu'à
ii^ueira. Cette vde, qui paraît d'un aspect riant à
extérieur par la disposition de ses édifices, devient
triste des qu on y est enlré, et de quelque côté qu'on
y arrive on y remarque le même ton de tristesse : cela
vient de ce quêtant une position très-fbrie sous les
hOmains,les Alams et les Maures, l'cncelnie arélréci
( 202 )
l'mtt'i leur dune luaiuère très -bizarre. En arrivant
par la roule de Lisbonne on la découvre à l'endroit
nommé Cruz dos balouços dans toute sa longueur ,
se terminant d'im côté par le beau séminaire ;, et
de l'autre par la belle église de Santa- Justa, près
de laquelle on aperçoit le beau pont da Geria , sur
lequel on traveise les marres d^au formées par le
ruisseau de Ciiselhas et autres. Sur la colline qui
reste vis -à vis Goimbra est bâti le superbe couvent de
religieuses de Sainte-Claire. Ce couvent a une belle
église où se trouve le corps de sainte Isabelle , épouse
du roi D. Diniz : au bas de cette colline, et en face du
pont qui traverse le Mo Jidego, ^ont le beau couvent et
i église des Franciscains, bâtimens d'une bonne archi-
tecture. En se dirigeant vers le pont, auquel on par-
vient par des avenues plantées de beaux arbres ,
on rencontre une petite plaine qui conserve le nom
de Santa-Clara à cause de l'ancien couvent dont il
n'existe que des ruines. 11 y a dans le même endroit ce
qu'on nomme la Feitoria y c'était le magasin où l'on
gardait et où l'on fabriquait des cordages avec le
chanvre de Coimbra, sous le roi Emmanuel. Tout près
se trouve la Quinta dos lagrimas (la campagne des
larmes), où i ori voit la Fonte dos amores ( la fontaine
des amours), célébrée par Camoens dans le touchant
épisode d'ignez de Castro. Le culte traditionnel du
peuple pour cette fontaine , qui lui rappelle des sou-
venirs si touchans^ n'a pas permis au propriétaire de
la Quinta das lagrimas d'enclore le petit recoin qui
porte un tel nom; il a dû en faire le sacrifice au public.
Les souvenirs que réveille ccî lieu mériteraient bien
que l'on y fit quelques crabellisscraens. Le beau pôni
sur le Mondego est b;ki en pierres de taille au-dessu>
de celui qui fui construit du temps de» Maures , et qui
est aujourd'hui enseveli tous les sables charriés par la
rivière.
Tous les ordres religieux qui ont des collèges à
( 205 )
Coini))ia , étant assez bien dotés , il s'en trouve de
bienliatis. Les plus notables sont les suivans : des Cru-
sios, bâti sur le modèle 'de celui delà Sapienza à Rome,
et dont Tégllse , en belles pienes de taille , est con-
struite sur celui de lu Sorbonne de Paris j des Bénédic-
tins, des Hiéroniniiles, des Bernardins , des Loyos et
de l'ordre de Clirist. Le collège des A rts , appartenant
aiurefois aux jésuites , est aussi un bâtiment remar-
quable. Lors de l'abolition de cet ordre célèbre on
donna une nouvelle destination aux édifices qui lui
appartenaient àCoimbra. Leur ])elle église située dans
la Praça da feira (place du marché) a été convertie
en cathédrale, et une partie du couvent est devenue
l'hôpital pour la .ville , dont l'inspection fut confiée
à l'université, et qui fut mis à la disposition de la fa-
culté de médecine. Sur l'emplacement attenant à la
cathédrale on bâtit le î»iuseimi d'histoire naturelle, le
cabinet de physique, le laboratoire de chimie, et
1 amphithéâtre d^anatomie ; ces bâtiiiiens embellis-
sent la ville, et contiennent de belles collections. Le
roi Joseph a beaucoup augmenté la dotation de i uni-
versité avec les biens des jésuites. Ces étabhsseniens,
consacrés aux sciences physiques , se trouvent séparés
du Palais Royal de l'Université (Paços Reaes das Es-
colas), qui est un bel édifice dans lequel se trouve une
grande chapelle desservie par des chapelains aux frais
du roi, usage qui s'est conservé depuis le temps où les
rois de la première dynastie habitaient Coimbra. Une
grande salle , destinée aux cérémonies académiques ,
est ornée des portraits de tous les rois ; î("S classes(geraes)
disposées autour d'une galerie en arcades , la biblio-
thèque , l'observatoire et l'imprimerie compîètenl ce
bel établissement. Le vaste monastère de Santa-Grux
de Coimbra est dans la ville basse; il fut bâti et riche-
ment doté- par Alphonse Henri, qui y est enterré
dans un mausolée érigé par le roi Emmanuel. L'édi-
fice est construit dans le genre gothique du plus raau-
( 204 )
vais goi\l , mais les embellissemeiis modernes ont re-
médié en partie à ce défaut. Le sanctuaire, bâti en forme
de rotonde dans le genre moderne , est le plus riche
ornement de ce monasfère vaste et sombre , qui pos-
sède quelques beaux tableaux et des vases en métal
précieux d'un travail exquis. Le chef des chanoines
réguliers de Saint- Augustin , auxquels appartient ce
riche monastère, jouit non-seulement de gros revenus
et des droits seigneuriaux , mais encore de la juri-
diction épiscopqle dans un quartier de la ville basse,
sans être s#umis en rien au diocésain : il a en outre à
perpétuité la place de chancelier de l'université , ce
qui lui donne le droit de conférer le grade de docteur
dans toutes les facultés. Un superbe parc attenant au
monastère renferme de beaux jardins avec des cascades
et d'autres embellissemens , qui sont encore relevés par
des plantations très-variées d'arbres à fruits ou d'or-
nement. Deux églises bâties .l'une au-dessus de l'autre
ornent la grande place de la ville basse; elles sont dé-
diées sous l'invocation de Saint-Jacques (San Thiago),
et de Saint-Martin (Martinho). L'ancienne cathédrale
est dans le genre gothique ; on remarque au dehors
de l'église le tombeau du comte Sizenando , adossé
à la muraille (i).
Coimbraest la résidence delà direction générale d'in-
struction publique (Real jwita de directoria ^ercd dos
estudoseescolas), (|ui est présidée par le recteur de l'uni-
versité ; il n'y a actuellement qu'une seule typographie
où l'on imprime les livres classiques à l'usage des nom-
breux étudians de l'université et d'une grande partie
des écoles du royaume. Sa population permanente est
(le * i52io habiians , dont une partie s'occupent à
{\'j D'aprc« r.wîcirnnp discipline ecclésiastique, il n'était pas pernni
H'inl'.iiiïier les rorps dans rintéiicur «le? temples.
( 2o5 )
fabriquer de la faïence, de la toile, des ouvrages en
corne et autres. Elle est le centre d'un commerce in-
térieur assez considérable.
Les environs de la ville présentent une culture soi-
gnée et variée; tous les fruits sont d'excellente qualité,
surtout les oranges; les vergers où on les cultive pré-
sentent l'aspect d'une foret. Les villas baignées par le
JMondego jusqu'à Buarcos présentent de beaux sites ,
mais on n'y voit pas cette aisance à laquelle on devrait
s'attendre dans un si beau pays. Ce llcuve a fait de
grands ravages sur un terrain immense qu'il a couvert
de sable , en se détournant de son ancien lit. Il faut
espérer que les théories hydrauliques qu'on enseigne
à 1 université seront avant peu appliquées avec succès
à rendre à la culture des champs autrefois si fertiles ,
et que l'envahissement des sables condamne mainte-
nant à la stérilité.
Endroits les plus remarquables. Mi-
RA^DA DE CoRYO, villa^YQs du Dueça, avec ^ 388i
habitans.
Anciao , villa bâtie sur des collines près de l'An-
ciào.
BtiARCOS, villa de '^^ 682 habitans , remarquable
par la mine de charbon qu'on y exploite.
^ FiGUEiRA ou FiGUEiRA DA Foz , sur le bord
septentrional du Mondego , qui v forme un port. Les
habitans de cette villa , qui sont au nombre de * 6407,
font un commerce assez considérable. Les principaux
articles d'exportation consistent en sel, huile, vin et
fruits, surtout en oranges.
LouzaA, i>/7/« de '*' 3i58 habitans, bâtie au pied
du mont Louzàa , d'où l'on tire la glace qui est en-
voyée à Lisbonne.
'*■ Pe^ella , villa de * 5457 habitans.
"*" Monte Mor-o-Velho sur le Mondego, villa
de * 2 5 2 5 . hab itans .
* Te'ntugal, W//«.
( 206 )
COMARCA d'aRGANIL.
Chef 'lieu. AuGAiviL, villa àe^ ï^^QÔ habitans.
E adroits les plus remarquables. Goe^,
villa de * D.bq^ habitans.
COMAF.CA d'aVEIRO.
Chef-lieu. Aveiro, czc/«<:/(? épiscopale, à l'em-
bouchure de la Vouga, qui y forme un port aussi vaste
que profond. Cette ville, naguère pauvre et oubliée ,
recouvre de jour en jour (i) son importance maritime
(i) La Voiîga , qui traverse cette çoinarca fertile, focilitc le com-
merce cl'exporiation de ses tleiirées par la sûreté qu'elle oll're pour la
navigation dans un port qui ne s'étend pas à moins de 9 milles d'Aveiro
vers Ovar. Aveh-o a toujours été, par cette raison, une des villes les
plus importantes du Portugal. En i55o elle avait 12000 habitans, et
possédait plus de i5o Lâtimens marchands. Tous les ans il sortait de
son port 60 vaisseaux qui allaient iairc la pêche de la morue sur le
grand banc de Tcrre-lNeuvc , et loo vaisseaux chargés de sel pour le
Minho , le Tras-os-Montcs et la (îalice. Mais cet état florissant alla
toujours en diminuant de iS^ô à i685 , à mesure que son port se com-
blait. Le mal était atrivé à son comble en 1801. Le mouvement conti-
nuel des sables le long de la côte éloignait la barre au sud jusque
près de Mira , c'est-à-dire à plus de i5 milles de sa situation primitive.
Les fertiles campagnes d'Aveiro, qui rendaient autrefois 3oooo moyos
de blé, éprouvèrent les conséquences fatales de ce changement, ainsi
que les grandes salines qui fournissaient annuellement plus de 16000
moyos de sel. Ce grand et fertile territoire s'était transformé en un ma-
rais d'où s'exhalaient des vapeurs qui devinrent un fléau contagieux pour
.sa population et celle des environs. Telle était la situation déplorable
de cette ville lorscju'en 1801 le comte de i.inhares ordonna au bri-
gadier Oudinot et au lieutenant- colonel L. G. de Carvalho de pré-
senter un plan pour rendre à Aveiro son .ancienne splendeur. Les plans
de ces deux habiles oiîiciers ayant été trouvés en rapport, on commença
les travaux en 1802 sous leur direction. Le brigadier Oudinot étant
parti pour Madère, le colonel Carvalho fut chargé de l'inspection , et
l'entreprise fut accomplie le 3 avril 1S08 , après une dépense de
100 ooocoo rcis Le port d'Aveiro fut formé par la construction d'une
di^ue de 1 a 10 brasses de longueur , sur une largeur moyenne de "/i
palmos , s'élevant dans toute la longueur de plusieurs palmos au-des-
sus du niveau des plus fortes marées d'hiver. Par le moyen de celte
di"ue, qui traversait entièrement le Vouga , on parvint à faire ser-
vir les eaux mêmes du fleuve à enlever les sables ou dunes qui le sépa-
raient de l'Océan , à mesure que l'on fit avancer la digue de l'orient
à l'occident. _ .
Le courant du Vouga, qui d'abord était insensible, s'augmenta par
( 207 )
et devient moins insalubre. Les anicles principaux tle
son commerce d'exporlation sont le sel , qu'on y fabri-
la compression îles taux que j)roduisait l'avancement de la digue. Ce
couiant.arliticicl a enlevé le sable qui. en divers lieux, s'élevait en
dunes de 3o palmos de hauteur. La barre se dirige maintenant tout-
à-fait vers ce point d'appui, qui la retient toujours sur le côte lucri-
dional, et sans lequel elle se porterait de nouveau vers le sud, Afin
d'apprécier l'efTct de cette digue , il faut remarquer qu'en 1778 l'an-
cienne barre était située à la distance de 8 _i milles au sud de la cha-
pelle de Nossa Scnhora das Areas ; il y avait alors 8 palmos d'eau sur
le banc à basse marée. En 1802 , lorsque les travaux d-j la digue lu. ont
commencés, la barre était déjà à lo ^ milles au sud de ladite chapelle ,
et n'offrait plus que 5 palmos d'eau à basse marée. Au commencement
de l'année 1812 la barre se trouvait éloignée de 1 1 _£ milles au sud
de la chapelle, et il n'y avait plus qiie4pilmos de profondeur su rie banc.
De tout ceci on conclut que la marche progressive était de 87 brasses
p.Tr an vers le sud. La barre sera meilleure et miiux affermie dans sa
direction dès qu'on pourra arranger le bord septentrional du canal de
manière à ce qu'il coure parallèlement à la digue, et rende nuls les
etibrts des vents du nord-ouest qui tendent à poiter le sable vers l'in-
térieur du port. Poui: empêcher cet inconvénient, il faudra planter
tou.te cette vaste étendue sablonneuse de sapins. Il serait fort à désirer
que les autres endroits de même nature , qui existent le long de la
cote , fussent ainsi garnis et présentassent des bois semblables à celui
de sapins de Leiria, qui a été d'une si grande utilité. C'est ainsi qu'on
parviendrait à mettre des bornes à ces déserts arides qui empiètent
continuellement sur les terres fe'rliios de l'intérieur sur lesquelles ils
gagnent annuellement 3o palmos de terrain, comme l'a démontré le
savant José Bonifacio d'Andrade. La côte, qui s'étend depuis Povoa de
Varzim jusqu à Vianna do Minlio , était autrefois bordée de terrains
très-fertiles en grains et en fruits, qui aujourd'hui sont devenus stériles
à cause des sables dont ils sont couverts. Ce ne .sont pas seulement des
champs cultivés qui ont disparu, mais des habitations en ont été com-
plètement couvertes. Le village de Paredes , situé au nord de la forêt
de Leiria, se fait à peine reconnaître par quelques vestiges de ses
anciens édifices, qui paraissent comme des taches sur le sable. Le
village de Lavos , sur la rive gauche du Moudego, aujourd'hui enseveli,
en est une autre preuve.
L'urgente nécessité de ces plantations ne paraîtra pas exagérée si
l'on réfléchit que dans la circonférence de la cote du Portugal on
compte 188 milles de terres rocailleuses et 247 milles de sables. Dans
l'espace compris entre Espinhos et l'extrémité méridionale de la forêt
de Leira, sur une étendue de 72 milles , il y a iQo^ milles carrés de
sables où l'on ne voit que les seuls bois de sapins de Tocha, Quiaios,
Leiroza , Urso , Concelho et Leiria , qui n'occupent que 35 milles carrés
de cette vaste étendue si favorable à la végétation des sapins. Le mi-
nistre de la marine D. Miguel Pereira Forjaz , convaincu de la nécessité
de faire ces plantations, chargea, il y a quelques années, le savant
M. d'Andrade de proposer les moyens les plus convenables pour parvenir
( '2o8 )
que en grande qiiantiu», l'huile , le vin el les oranges-
Ses liabilans, au iioiiiibre de li 34, s'adonnent parli-
culièrenient à la peclie.
E ndj^nits les plus remarquables. Mira,
villa de 6980 liabilans, sur un petit golfe sur lequel se
rassemble en hiver une inniiense quantité d'oiseaux
aquatiques.
ÎLHAVO, villa de yaSS habitans.
* Oliveîiia doBairro, rilla de 1909 habitans.
^ Angeja, sur ia Gânia, villa de 1646 habitans.
SousA, villa de Syoô ha])itans," partagée entre les
deux comarcas d'Aveiroetde Barcellos.
* S. I^ouREÀÇo DO Bairro, vHIq de 1262 habi-
tans.
* RecapdaeSj villa de * 424 habitans, parlagée
en're les conîarcas d'Aveiro et de Barcellos.
COMAIXA DE FEIP.A.
Chef-lieu. Yr.mk, villa de 1 652 habitans, dans
une vallée délicieuse.
E Jidroits les plus remarquabl es. ^Ox.^Kf
sur l'O var, in fluent du Vouga j cette villa, qui ne coni pte
pas moins de loSyo habitans.fait un commerce assez
considérable avec les colonies.
à ce but d'une manière cconomiqne ; ce qui donna occasion à ce der-
nier de rédiger im savant mémoire sur la nécessaé et l'utilité de planter
de iioiu'ellf;s forets en Portii£~'l , particulièrement de sapins , sur les cotes
sablonneuses de la mer; la méthode d'ensemencement et la dépense
d'entretien et d'administration. Voyez dans le Coup d'ccil l'article
Sciences JSaturelles.
Les registres des paroisses font voir évidemment les salutaires ef-
fets produits parles travaux hydrauliques terminés en 1808. Pen-
dant les cinq années cjui précédèrent l'ouverture de la barre, il mou-
rut ù Aveiro 863 personnes, ce qui fait presque 172 décès par an.
Pendant les quatre années qui suivirent l'ouvcrlure , on n'y compta
nue .'>i3 décès ou 128 par an; encore faut-il remarquer que l'on com~
j)rcnd dans ce dernier nombre les émigrés d'autres localités qui y raon-
rurent en 1810 et iSm , et qui, à la rigueur, n'y devraient point être
comptés. Ces faits sont confirmés p:n- le dernier r:^censement comparé
à celui de iSoi , puisque la population, malgré la perte considérable
«'•prrnvée pendant l'invasion française, s'est élevée de 3778 à 4'^4
babil an 3.
( 309 )
Cambra, villa de '*' i5o5 habitnns.
* Oliveira de kzmims, villa de 1896 habitans.
partagée entre celle comarca el celle de Pono.
COMARCA DE VIZEU.
^ Ch ef-lie u. Vizeu, cidade épiscopale très-ancienne
balie sur une bauleur dans une plaine feriile en vin'
oranijes, châtai-nes et lin. On y trouve deux tours de
construction romaine, et '^^ 9 160 habitans. On y tient en
septembre une foire qui passe pour être la plus riche
du Portugal , car on y (hit des affaires pour la valeur de
plusieursmillionsenbijouxet ouvrages d'or et d'ar'^ent
en draps et en bestiaux. C'est dans cette ville que réside
icgovernador das armas de la Haute-Beira.
Endroits les plus remarquables. Penalv a
DO Castelloou Penalva, concelho de * iSqS hab
Ban HO, concelho de '^^ 791 Jiabitans, avec un beau
pont de pierres de dix arches sur le Voudra.
VouzELLA, villa àe G3o halntans. "^
^ Lafoensou Alafoens, concelho de 665 hab
S. JoAO DE Areas , concelho de * 2448 habitans.
OJ.IVEIRA DO Conde, concelho de * 246o habitans
* Azurara daBeira, i;z7/a.
COMARCA DE LAMEGO.
Chef-lieu. Lamlgo, cidade épiscopale, bâtie au
pied du mont Penude près du Balsamào, dans une
campagne fertile en fruits el surtout en vin excellent
1^ ''glise cathédrale a été bAlie par les ordres du comte
Henri ; une autre était anciennement une mosquée
arabe. Jl s y trouve un séminaire et beaucoup de belles
maisons. Le palais de.l'évéquc est vaste. C'est dans
cette ville que fuient rassemblées les Cortès en 1144
pour etabhr les bases de la constitution du royaume
de Poriugal. Population, 8870 hab.
Endroits les plus remarquables. Tarouca,
villa de 1689 habitans.
.4
( 210 )
A nofCÀ , 'Villa do ^ 55oi habitons.
MoNDiM, concelho de * 58o habitans, (ans un ler-
ritoirc où l'on recueiUe beaucoup de soie dont on Fait
des bas et des étoiles. n^.,,^
S. MartiNHO DOS M013R0S , a la gauche du Douro,
co/2cr?/Ao de * 477oliabilans.
P vivA , concelho de * 6677 babitans.
Arm^^las, grosvdlage à la gauche du Douro, ou
sont établis de grands magasins de vm de Porto. C est
l'échelle par laquelle les vins du Haut-Douro vont a
Porto et à Feira, et le sel d'Avciro dans le Tras-os-
Montes et la Haute -Beira.
^ TABOAÇO,i^z7/ade9'i4babuans.
* Mezaofrio ou Mezamfrio, villa de 582 hab.
COMARCA DE PINHEL.
Chef-lieu- Pi^HiiL, cidade épisœpale bâiie sur
une montagne dont le pied est arrose par le Pinliel.
Ellene compte que 1671 habilans. ..^.rm.
Endroits lesplas r^emcLvqucthles Almoda
peu loin de la rive droite de la Coa, vûla de il52
Lbitans. C'est une place fortifiée,bâtie surunehauteur
qui domine une plaine déserte.
COMARCA DE TRA>'COSO.
Chef-lieu. Trancoso, villa de 1242 habitans,
bâde sur une montagne avec deux anciens torts.
Endroits lesplus remctrquctbles.^^.JoAO
daPesqueira, près de la gauche du Bouro, vdla de
l643 habitans.
* Castello-Rodrigo , vi/la tres-ancienne, avec
181 habitans. , -,
AlfaYates, appelé Castello de Luna, quand 1
c'était sous la domination espagnole. Cette villa esl
bâtie sur une montagne, et ne compte que 588 hab.
COMARCA DE GUARDA.
Chef lieu, GuARov, cidade épiscopale, bâtie sur
une 7nonia£,'ne de rEsiiella, peu loin de la source d)i
Monde^'o. Elle a une belle calliédrale , un séminaire
et 2085 habilans.
Ejidroits les plus renidrquab les. ^ Covi-
I.HAA, au pied dcl'Eslrella, dans un terrain aride. Celte
villa compte (;55o habilans. 11 y a de belles manufac-
tures de laine et une société littéraire. Voyez pa^e 81
de ce volume.
Ma^îteigas, inlla bâtie au pied de l'Estrella , avec
1964 habitans. Une belle cascade qui se trouve dans
les enviions mérite d'attirer l'attention du voya^^eur.
"^ GouvEA, villa de ^ 1 678 habilans.
"^ Cea, villa de '^ 1 196 habitans.
^ Celorico, villa de 1666 habitans, bâtie près du
Mondego, sur une hauteur au pied de l'Estrella,
^ FuNDAO, villa de 2409 habitans, près du Moncul,
influent du Zezere, bâtie dans une position délicieuse
et environnée de vergers, de vignobles et de bois de
châtaigniers.
COMARCA DK LINHARES.
Chef -lieu. Linhares, villa de 820 habitans.
Endroitsles plus remarquables. For.nos,
villa de ^ 854 habitans.
COMARCA DE CASTELLO-BRANCO.
Chef-lieu. Castello-Branco, cidade épisco-
pale très-ancienne, sur ime hauteur, avec 6720 habi-
tans. C'est la résidence du governador das armas de
la Basse-Beira.
Endroits les plus remarquables. BEii-
'tvionte , sur une montagne, villa de 1 144 habitans.
"^ Alpedkinha, villa de 1241 habitans.
^ Sa BUG AL, villa près de la Coa, avec 749 habi-
tans.
.Monsanto , villa fortifiée, bâtie sur une montagne
d'une approche très- difficile 3 elle a ''^ i55i habitans.
( 21:2 )
* San Vicknte da Beira, villa de ôZ"^ ha>>îtans.
* SoRTELHA, villa de * 870 habitans, bâtie sur
une montagne , avec un fort.
* Sarzedas, -D/V/a de 244^ babitans, près duLiça,
influent du Tage.
PROVINCE DU MINHO, OU ENTRE DOURO E MINHO.
sept comarcas.
COMARCA DE BRAGA.
Chef-lieu. Braga, ciddde archiépiscopale très-
ancienne^ bâtie sur une bauteur au milieu d'une plaine
grande et fertile, entre le Cavado et le Deste. Le pa-
lais de l'archevêque, le séminaire et la cathédrale sont
les bâtimens les plus remarquables. Cette dernière est
un édifice de la plus haute antiquité et très-vaste ; le
rite et le bréviaire mosarahique s'y conservent dans
une chapelle particulière, où l'on officie selon cette
ancienne liturgie. On a tenu à Braga des conseils na-
tionaux , et tandis que ce siège était reconnu primatial
par les évêques portugais , il recevait , de la piété gé-
néreuse des rois, de beaux domaines , la seigneurie de
la ville et de la comarca qui porte son^nom , et dont
le corregedor est nommé par l'archevêque , et admi-
nistre la justice en son nom ; il devenait en même temps
maître d'autres terres et châtelleries dans la province
d'Entre-Douro et Minho. Le comte Henri rebâtit la
cathédrale , où il voulut être enterré. Dans les derniers
temps deux princes de la maison de Bragance ont oc-
cupé ce siège , l'un des plus riches du Portugal. On
trouve à Braga des restes de bâtimens romains , entre
autres d'un temple, d'un amphithéâtre et d'un aque-
duc. Cette ville a été la capitale du royaume des
( 2l3 )
Siiéves. Elle a plusieurs fabriques el inantifaclures de
tuiles, d'armes, de clous, de chapeaux , çic. Braga
fait un commerce assez considérable et conipie i4'i28
babitans. A environ deux milles à 1 est se trouve sur
ime colline le fameux sanctuaire do Senhor Jésus do
Monte jQ^m est visité annuellement par un grand nombre
de pèlerins , el d'où Ton jouit d'une vue superbe.
Endroits les plus remarquables, PiiADO,
coûta de '*' 645"i habilans.
COMARCA DE POKTû.
Chef- lieu. Pokto . cidade épiscopale , biîtie en
ampbidiéâlre dans une cluu mante position le long du
bord septentrional duDouro, sur deux monts nommés
de la Se et de la /Victoria. Celte ville , qui , à cause
de sa position , peut être divisée en haute et basse ,
est divisée civilement en cinq quartiers (bairros), dont
ceux de Se et de P^ictoria forment la ville proprement
dite , et sont environnés d'une muraille de 3ooo paâ
de circonférence et de 3o pieds de baut ; les trois au-
tres, savoir: San Idelfonso , Mîraga^ya ei P^illanovay
sont ouverts. Ce dernier , qui conq)rend Gaya el Ca-
beçudo , est bâti le long du bord méridional du Douro,
et forme avec les quatre premiers , auxquels il tient
par un pont de bateaux , un des plus beaux coups
d'œll dont on puisse jouir.
Celle ville a plusieurs places dont les principales sont:
la place Nova das Hortas , qui, depuis les derniers évé-
nemens , porte le nom de place de la Constitution y le
Campo da Cordaria , avec trois rangs d'arbres et une
belle allée fréquentée par beaucoiq? de promeneurs ;
ïe Campo dos Ferradores ; le Campo de San-Ovidiq
ou place de la Régénération ^ le Campo de San-
Lazaro i le Terreiro de San-Doiningo ; la Praça
~de San-Bento das Freiras ou Campo da Feira ; la
Praça da Rïbeira; le Largo de Miragayaj le Campo
da Batalha.
( 2ï^ )
Les prljfcipalcs e'ijliscs sont : la Se ou Cathcdrciîe ^
^église dos Clerigos , dont 1<.* clocher est le plus haut
duPortui,ral, après cenx de Malra; celles de Nossa Scm-
hora âa Lapa derrière la place de Santo Ovidio, des
Bcntos , des Cùngregados , de San-Joào Novo , des
Grilos , de San Domingo ^ des Franciscanos el des
CarmelHas dùscalços.
Parmi les baiimens publics ceux qui méritent les
plus d'être mentionnés sont : le Palah du tribunal
d'appel (Senado da pLclaçào), où sont aussi les prisons;
la Blaisoa de ville (Senado da C'amara); V Hôpital
royal, dont un quart seulement est achevé; le palais
de l'évêque , où l'on remarque un escalier magnifique;
les vastefi magasins où la compagnie des vins du Haut-
Douro a éfahli son entrepôt; \-a factorerie anglaise ^
les casernes du dix-huillèine régiment qui forme la
garnison de la ville; la casa pia ; le théâtre. Voyez
pour celui-ci à la page ccxxiv du Coup d'œil.
Parmi lés édifices appartenans à des particuliers,
les principaux sont : les palais de MM. Carrancas, José
Maria Brandào , dom Antonio de Amorim, Monteiro
de Almeida , Pierre Pacheco , Diogo Léite , vicomte
de BalsamàojGonçallo Chrislovào, et ceux de Freitas,
du Paraizo au Boni Jardim et defeu le chevalier Veiga.
Porto est une ville ouverte. De mauvaises fortifi-
cations la défendent du coté de la mer ; c'est sur-
tout dans la grande difîiculié de l'entrée de son port
que consiste sa plus grande défense. Cette ville riche
et populeuse doit à l'accroissement de son commerce
la constante augmentation qu'on observe depuis plu-
sieurs années dans sa population. Depuis 1787 jusqu'à
présent on y a bâti plus de 2000 maisons. Selon la
Descripçdo topographica e historica d'Antonio Al-
varez Ribeiro, cette ville est divisée en dix paroisses,
savoir : Se, San-Nicolào et Victoria intramuros, et
formant les bairros de Se et de Victoria ; San-Idel-
fonso et Campanham , formant le bairro de San-Idel-
(2i5)
fonso.; San-PcJro, Boa-Viagem elCedofeila, formant
le bjino de Miragaya; et SaïUa-Maàniia et San-Chris-
lovào de Malamede , qui rornient le bairro de Villa-
nova. Selon le même Ribeiro ces dix paroisses , qui
en 1732 n'avaient que 20j0j habitans , comptaient
l5i38 feux et 655o5 en 1787. I-es sept paroisses seu-
lement de Se, San-Pedro de Miragaia, San-Nicolào ,
Victoria, San-Ideltbnso, Cedoleita eMaçarellos avaient
en 1801 li345 feux et 432i8 habitans. Les cinq pa-
roisses de Se, San-Idelfonso, San-Nicolào , Victoria
et San-Pedro de Miragaia avaient en 1819 loSig feux
et 45 180 habitans. Par la comparaison de ces trois
difï'érens recensemens on voit que la population s'est
considérablement accrue , mais on ne peut en déter-
miner l'accroissement parce qu'on y à compris dans
chaque recensement un nombre diflérent de paroisses.
IXous avons tiré le dernier du tableau alphabétique ma-
nuscrit de toutes les populations, etc. etc., du royaume,
rédigé par le major Leal, et celui de 1801 des tableaux
originaux que nous avons trouvés dans les archives de la
Commission de Statistique du Congrès. Quoiqu'il en
soit, fondés sur les informations que nous avons prises à
Porto de plusieurs savans de cette ville, nous n'hé-
sitons pas à porter au moins à 70000 âmes la popu-
lation de cette ville aussi riche que florissante.
Porto est la résidence à\x gover^iador dus arrnas du
Partido de Porto, et contient un grand nombre d'é-
glises et chapelles, douze couvens de religieux et cinq
de religieuses. Cette ville riche n'est pas du toutéclairée
pendant la nuit.
Porto a plusieurs établisseraens d'instruction pu-
blique, savoir V Académie de marine et connnerce ,
\Ecole de chirurgie et anatomie annexée à l'hôpital
de la Misericordia , le Séminaire épiscopal , VEcola
de philosophie , de rhétorique , etc. j V Ecole de gram-
maire latine f le Séminaire des ercf ans-abandon-
nés , 5 Ecoles militaires et '2 civiles de premières.
( '^i6 )
lettres, 4 autres séminaires ou collèges et 18 écoles
tenues par des particuliers.
Celte ville est la plus industrieuse et la i)lus mar-
chande du royaume après Lisbonne; elle a une grande
fabrique de \abac et de savon qui emploie envi-
ron 60 personnes, une corderie qui en emploie de
i5o à 200 ; elle a beaucoup de fabriques et de manu-
factures de toiles , de soiries , de coton , de lame ,
de faïence, de chapeaux et plusieurs tanneries. On y
construit beaucoup de vaisseaux marchands. Porto est
le débouché de presque tout le Minho, du Tras-os-
Montes, et de la plus grande partie de la Beira. C'est
le siège de la fameuse compagnie des vins du Haut-
Douro. Les principaux articles du commerce d'expor-
tation sont le vin qui est la branche la plus mipor-
lante, l'huile, la toile, le sucre raffmé, les draps , les
étoffes de soie, les galons , la faïence, les chapeaux,
la crème de tartre, les oranges, le liège, le sumacli et
les peaux tannées.
Endroits les plus remarquables. Saps-Joaq
DA Foz à l'embouchure du Douro , très- joli endroit
de 35o3 habitans, avec un fort qui défend l'entrée du
port. C'est là que pendant les grandes chaleurs les
habitans de Porto viennent prendre des bains de mer;
c'est là aussi qu'ils font leurs parties de plaisir les jours
de fête. San-Joào da Foz et Matozinho sont le séjour
ordinaire des personnes aisées de Porto pendant l'été
et l'automne.
Matozinho, à l'embouchure du Leça , avec * 19 10
habitans, un assez bon mouillage, une sdine construite
dernièrement par M. Antonio Bernardo Brito, et un
sanctuaire visité annuellement par plus de 3oooo pè-
lerins.
"^ PovoA DE Varzim , vUla de 6672 habitans pres-
que tous pêcheurs , avec un petit port.
San-Pedro da Cova, couto de * 679 habitans,
remarquable par sa riche raine de charbon.
JMafamude , avec 2747 habitans.
PiîiDROZO , avec 3494 liabitans.
COMARCA DE PENATIEL.
Chef -Heu. Penafiel, dit aussi Penafiel de
SoLSA ou DE Akrifa>JA , ciclcide bâlie sur le flanc
d'une montagne dans une belle vallée , avec 2289 ba-
bitans. Son évéclié , créé en 1770, fut supprimé
quelques années après.
Endroits les plus remarqua blés. Cana-
VEZEs , villa près de la Tamega , avec * 766 babitans.
COMARCA DR GUIMARAENS.
Che f-lieu. Grimaraens , villa jolie et indus-
trieuse , balie sm* une bauteur , au milieu d'une cam-
pagne aussi cbarmante que fertile , entre l'Ave et la
Vizella , avec une belle église , plusieurs fabriques et
manufactures de couteaux , de toiles, etc. etc. etc.
Sa populaliori est de 6008 habitans. Grimaraensa été
la première capisaie de la monarchie portugaise. Les
bains chauds de afs environs étaient fréquentés du
temps des Romains, qui y avaient aussi baii un beau
temple à Cérès.
Endroits les plus remarquables.^ Atax-
RANTE , villa agréablement située au bord du Tamega,
avec un beau pont et 1009 babitans.
Caldas do Gérez , chétif endroit qui s'agrandit
tous les jours, à cause du grand nombre de personnes
qui vont y prendre des bains dans la saison.
COMARCA DE VIAN.VA.
Chef-lieu. Vianna, villa bâtie à l'embouchure
du Lima qui y forme un port. Ses habitans, qui sont
au nombre de 8010, font un commerce assez étendu
et s'adonnent beaucoup à la pêche. C'est dans ce lieu
que réside le governador das armas du Minlio.
Endroits les plus remarquables. * Ponte
DE Lima, sur le Lima, l'i/Za de 1678 habitans, avec un
superbe pont de 2'i arcliei sur le ijDia, do]\l i6 sont
de conslructiou ljoî bique.
* Ponte da Barca sur !e fâma, ui/la de 746 ba-
bil ans.
"^ Villa nova da Cekvi:ira, villa à la ganohe du
Minho, avec f)32 habilans.
^ Mo^CAO, à la gauclic du Miiibo , villa de 1040
babitans.
* Arcos de Valdevez , wZ/a bade sur une bauteur,
près du Vez , influent du Lima , dans une campagne
très-fertile, avec 729 ha})Uans.
SA^TA Martha do Bourg , cortcelho de '*' 2544
babitans. On y reniarqne .sur une niDntîJî^ne le sanc-
tuaire de Nossa Seiihoru da Ahbudia^ qui est visité
par un grand nombre de pèlerins.
COMA RCA DE DARCELL03.
Chef-lie u. Baucellos, villa de 58ç)2 babitans,
avec un beau pont de pierres sur le Cavado.
Endroits les plus remarquables. * Espo-
ZENDE, villa de 109g babitans, la plupart })êcbeurs,
avec vAi pelil port à l'emboucluire du Oivado. Vis-à-
vis, sur la rive gauclie, est située l'autre ''z;z7/ûî de Faïvi
ouFao, peuplée de 1372 babitans, dont un grand
nombre s'adorment à la pêcbe.
* Villa ijO Conue, wY/a bâtie à la droite de l'Ave,
près de son emboucbure, et vis-à-vis AzjL'rara, avec un
portet5io5 babitans, dont le plusgrand nombre s'adon-
nent à la pêcbe et au commerce. Non loin se trouve le
couvent des religieuses de Santa-Clara, remarquable par
les maisons dont il est entouré et par un aqueduc d'une
grande longueur cjui court parallèlement à la côte.
* MiiLGAÇo, à la i^aucbe duMinbo, sur une bauteur,
avec 83 1 babitans. C'est la villa la plus septentrionale
de tout le royaume.
* Eixo , à la gaucbe du Vouga , villa de 5 102 hab.
Castro Laboreiro, villa de i4g5 babitans, bâtie
( 219 )
sur un plaleau. C'est un des endroils les plus fioid» du
Porlugal.
COIARCA DE VALLNÇA.
Chef-lieu. Valeisça , villa et place forte, à la
gauche du Minlio, avec 1629 iiabitans.
Endroits les plus remarcjuahles. Caminha,
villa fortifiée sur la rive j,^auche du Minlio , près de
son embouchure, à l'endroit où il reçoit le Couro ,
avec des salines et i548 Iiabitans.
PROVINCE DU TR AS-0 S-MO NTES.
Cette province est bornée au nord par la Galice et
le royaume de Léon ; à l'est par le royaume de Léon ;
au sud par la Beira , et à l'ouest par le Minho. Le Tras-
os-Montes est partagé en 4 coraarcas.
COMARCA DE MIBANDA.
Chef-lieu. MiraNDa , à la droite du Douro^ au
confluent du Fresno , cidade épiscopaje , avec un sé-
minaire et 484 Iiabitans. Depuis plusieurs années l'é-
vèque réside à Bragança.
Endroits le s plus remarquable s. '*" Algoso
sur TAnguiera, influent du Macans , villa àe 4i7 hab.
* MoGADOURO, villa bâtie sur une hauteur, avec
438 Iiabitans.
* ViMioso, i;i//<r/ près du Macans, avec 91 7 habitans.
^ ViNHAES, villa de 483 habitans.
COSIARCA DE MOXCORVO.
Ch ef- lieu. ^MoNCORVo, villa bâtie sur une colline,
dans une région très-mon tueuse, à peu de distance du Sa-
bor etduDouro; elle aune fabrique de soie et 1629 habi-
tans. On recueille beaucoup de soie dans son territoire.
Endroits les plus remarquables. ^ Alfan-
DEGA DA Fè, villa de 645 habitans.
* Freixo d'Espada a Cinta, jolie villa près de
la rive droite du Douro , avec 845 habitans. On re-
cueille beaucoup de soie dans son territoire.
( 220 )
* MiRANDELLA, à la gauclie de la Tuela, qui prend
ici le nom de Tua , jolie villa dans une campagne
très-fertile, avec 926 habilans. Un pont de pierres de
î 9 arches la réunit à Golfeira , qui peut passer pour
un de ses faubourj^'s.
^ Mo>' FORTE DE Rio LivRE , 'vUla de 4o8 habitans.
COMAÎvCA DE VILLA-REAL.
Ch ef~ li e u, Villa-Real sur le Corgo , jolie villa
industrieuse et commerçante, avec Sggô liabitaus. Son
territoire est très -fertile en vins et en huile.
E ndroits les plus remarquables. * Alijo ,
villa sur une colUne avec 641 habilans.
^ Santa-Martha de Pena-Guiao, villa de * 2026
habitans. C'est dans son termo que se trouve Lobrigos,
où l'on a fait les observations météorologiques dont il
est question à la page ii5 du premier volume.
San-Mamede près du Tua , couto de * 11 84 habi-
tans , renommé pour ses vins.
Pezzo de Regoa, concelho de 1622 habitans, re-
marquable par la grande foire des vins , dont ses vastes
magasins contiennent toujours une grande quantité.
Voyez à la page 4i2 du premier volume.
COMARCA DE PRAGAN'CA.
Chef-lieu. Bragança, c/cZ<7c?e très-ancienne et
épiscopale , bâtie près de la Fervenza , sur un plateau
très-peu boisé , avec des manufactures de soie et 3672
habitans. C'est le siège de l'évèque de Miranda et
Bragança.
Endroits les plus remarquables. * Cha-
TES , villa assise sui" un plateau près du Tamega , sur
lequel est un pont de dix-huit arches construit par
les Romains. Cette villa a des eaux minérales qui ont été
très-fréquentées du temps des Romains. Population
5224 habitans.
( 221 ) .
'*■ Mo.XTALECRE , vUla bAtiè sur un plateau très-
ëlevé et très- froid, avec 716 habiians.
*Ol'TEIro, villa àe*^ 322 habitans, avec un fort
sur une montagne.
DESCRIPTION DU ROYAUME D'ALGARVE.
Ce petit royaume est borné au nord par l'Alem-
Tejo ; à l'est par ^Andalousie ; au sud et à l'ouest
par l'Océan. L'AIgarve est partagée en trois comarcas.
COJIARCA DE FARO.
Chef- lie u. Fard , cidade épiscopale , à l'embou-
chure du Valformoso, avec un port et 844o habitans ,
dont le plus grand nombre s'adonnent à la pêche. Son
commerce d'exportation est très-^considérable , et con-
siste surtout en figues , raisins , amandes et autres
fruits secs, en oranges , sumacli , liège, corbeilles de
sparto , etc. etc. Son évêché , qui avait été établi à
Silves pendant plusieurs siècles, fut transféré dans
cette ville en i58o. Les murailles de Faro ont été
construites par les Maures.
Endroits lesplus remarquables. * Silves,
cidade ^vx le Portimào , qui commence à y être naviga-
ble , avec 2095 habitans.
* Lagoa ou Alagoa. , villa de 5o32 habitans.
COMARCA DE TAVIRA.
Chef- lieu. Tavira, à reml30uchuredela Sequa,
qui y forme un petit port, jolie cidade , avec un beau
palais où réside le governador dos armas de l'Algarve
et un beau pont de pierres de sept arches. Sa popula-
tion est de 8607 habitans, dont une grande partie
s'adonnent à la pêche.
Endroits les p lus remarquables. * LoulÉ,
villa bâtie dans une charmante vallée, avec 8210 hab.
* Castro-Marim , à la droite de la Guadiana , près
( 222 )
(le son emboncliure. Celte ifilla , qui a été ancienne--
ment le chei-lieu de l'ordre de Clirlsl , compte 22^6
habilans, dont beaucoup se livrent à la pèche. Elle a
des salines.
'*■ Villa. Ueal daSanto Aisto.mo de Arenilha,
ou Villa Rkal, jolie villa, butie en 177^, par Je mar-
quis de Pombal , à l'embouchure de la Guadiana , qui
y forme un port. Elle a une belle place ornée d'une
grande fontaine en marbre, un beau bâtiment pour la
douane, et 1710 habitans, presque tous pêcheurs.
Toutes les maisons sont bâties sur un même plan , les
rues sont bien pavées et bien alignées, se coupant à
angles droits et partageant la ville en quartiers égaux.
COMARCA DE LAGOS.
Chef- lieu. Lagos, cidade bâtie dans un terrain
extrêmement fertile, avec un bel aqueduc, un petit
port et 6793 habitans.
Endroits les plus remarquahles. * Villa-
NoVA DE PoRTiMAO , sur le Portimào , villa mar-
chande , avec un port et 0222 habilans. Le siège
épiscopal, qu'on y a institué en 1773 , n'a jamais été
occupé.
Sagres, villa et place forte, avec un port et 291
habitans. Celte villa a été bâtie vers l'an i4i6 par le
prince Henri, qui lui donna le nom de JerçaNabal-y
on l'a aussi appelée Vïlla-do-Infante . Ces deux noms
se perdirent à la mort du prince , qui y passa une
grande partie de sa vie, et d'où il fit partir les nom-
breuses expéditions qu'il envoya pour faire des décou-
vertes sur la côte d'Afrique.
* Albufeira, sur une colline, villa de 2665 ha-
bitans, la plupart pécheurs, avec un port.
'^ Mo-NCHiQLiE, jolie villa, dans une position ro-
mantique, sur la pente d'une montagne, avec 2766
habilans. Non loin se trouvent des bains chauds, qui
depuis quelques années sont très-fréquentés.
( 225 )
Alvor, à rembmichure delAIror, qui y forme
un petit port. Cette ville possède des salines et
t^ompte 1255 habilans , presque tous pécheurs.
v^\^^^^v^^^/vvvv^vv\'V\^^v^^AVvv\^'\^v\\'\^vvv\^>^vvv\\^^^'VVVv\xv\V\\|\lV■»^^vV'V\'\vvvA^(V\*v^^v\^'v\v
PAYS QUI FORMENT LA MONARCHIE
PORTUGAISE.
Jamais Etat resserré dans des bornes aussi étroites
que celles du royaume de Portugal n'étendit dans un
plus court espace de temps sa domination sur des con-
trées aussi vastes et aussi éloignées. Depuis la glorieuse
conquête de Ceuta (i4i5) jusqu'à l'audacieuse expé-
dition de Barrcto et Homen (lôyS) aux mines d'oi-
de Manica et de Butua dans le Monomotapa , ce peuple ,
animé d'une activité sans exemple, découvre Madère,
les Açores, les Canaries, les îles du Cap- Vert et celles
du golfe de Guinée , et s'y établit; explore et fait de
nombreux établissemens tout le long de la côte occi-
dentale d'Afrique ; double le terrible cap des Tour-
mentes, et sonmiet à sa domination ou rend tribu-
taires les princes maures de la côte orientale d'Afrique ;
arrache des mains des Arabes la navigation et le com-
merce de rinde et de la mer- Rouge, en leur possession
depuis des siècles ; et étonnant les peuples de l'Orient
par des prodiges d'audace et de valeur, parvient à s'é-
tablir à Ormus, à Diu , à Damào, à Goa, à Bombay,
à Cochin , à Ceylan, à Meliapour , à Malaca ; et de là
se fraie un chemin à travers le vaste archipel des
Indes , à Java , à Bornéo , à Timor , aux Moluqaes ,
à la Chine, au Japon , tandis que des navigateurs ;iussi
habiles qu'inlrépJides découvent la Nouvelle Hollande,
la Nouvelle-Guinée, 1 îlcMindanao et autres terres qui
forment ce qu'on appelle actuellemonl l'Océanie. D'un
autre côté le hasard ayant porté quelques-uns de ses na-
vigateurs sur les côtes du Brésil, il y forme des établisse-
niens sur plusieurs points, et en moins d'un siècle tous
les vastes et fertiles terrains compris entre l'Amazone et
la Plata sont soumis à sa domination. Plus de cent
cinquante princes étaient tributaires du roi Emmanuel,
et les plus puissans monarques de l'Orient recherchaient
son alliance. Les efforts muliipliés que ces rois faisaient
pour secouer le joug des Portugais n'aboutissaient qu'à
mettre à découvert leur impuissance , et à démontrer
la supériorité de ce peuple entreprenant. De nouvelles
conquêtes et de nouvelles acquisitions qui en étaient
la suite , en appesantissant leurs chaînes , augmentaient
les forces et affermissaient l'empire colossal des Por-
tugais dans ces régions éloignées. Tant de gloire, tant
de puissance disparurent comme un éclair dans la
courte période de la domination espagnole. Quelques
faibles établissemens épars sur la vaste étendue des
mers et le long de côtes immenses , et l'usage presque
tijénéral de la langue portugaise, qui se conserve encore
de nos jours dans les parties les plus recalées de
l'Orient , sont les seuls monumens qui attestent la
gloire et la puissance de ce peuple aux temps des
Albuquerqite et des Castro, de même que le Panthéon,
les obélisques et les amphithéâtres de Rome moderne
sont les seuls souvenirs qui rappellent au voyageur
étonné la splendeur de l'ancienne Rome aux temps
des Césars. Mais s'il ne reste plus aux Portugais en
Orient que les débris du vaste empire conquis par leurs
étonnans exploits, ils y possèdent encore des territoires
assez considérables , très- fertiles et dans des positions
avantageuses ; ils ont encore dans leurs grandes pos-
sessions d'Afrique et dans les importantes îles de l'At-
lantique des possessions aussi vastes que précieuses ,
et qui, unies à leurs superbes possessions d^Amérique,
les mettent en état de figurer parmi les grandes nations
de l'Europe, et de faire encore sans ces dernières, si
(2-25)
la scission qui a commencé s'achève, un commerce des
j. lus . ricl.es et des plus florissans. 11 est vrai que ces
etabijssemens d Asie , d'Océanie et d'Afrique sont en-
core dans 1 état le plus misérable; mais ils contiennent
deja une population assez nombreuse, et ils présentent
tant de ressources, que nous ne doutons pas que dans
le court espace de dix ans un gouvernement sa-e et
aclit ne puisse leur donner une grande partie de la
richesse et de l'importance commerciale et l^olilique
a laquelle la variété de leurs riches produits et leurs
excellentes positions semblent les avoir destinés. Sans
entrer dans des détails qui appartiennent à la statis-
tique particulière de ces possessions d outre-mer et à
la section âe.s Considérations Politiques , que nous ré-
servons pour des ouvrages séparés , nous allons offrir à
nos lecteurs le tableau de la division de tous les pays
lormant la Monarchie Portugaise , suivi de celui de leur
surlace et de leur population. Quoique la scission com-
mencée dans les provinces méridionales du Brésil pa-
raisse vouloir s'étendre sur toutecette vaste contrée et la
séparer tout-à-fait de la mère-pa trie, ce grand événement
n étant pas encore consommé, nous croyons que ces
régions peuvent encore figurer dans le tableau général *
des contrées appartenantes à la Monarchie Portugaise,
lies divisions politiques et administratives que nous
ottrons ci-dessous ne sont pas rédigées sur les infor-
mations vagues des voyageurs, ni sur les détails con-
tradictoires qu'on trouve dans les meilleurs ouvrages
de géographie ; nous les avons tirées nous-même du
rapport original fait au Congrès le 5i juillet 1821 , par
le ministre de la marine et d'outre-mer (secrelario
destado dos négocies da marinha e ultramar), et que
nous avons eu entre les mains , grâce à la bienveillance
dont nous honorent les savans députés aux Cortès qui
composent la Commission de Statistique.
Nous avons travaUlé la partie du tableau qui regarde
ies populations sur les données précieuses aue nous
II.
( 220 )
avons trouvées dans un savant rap^iort présenté à Sa
Majesté Très-Fidèle en 1819, par le vicomte de San-
Lourenço,ancien ministre des finances de la Monarchie
Portui^aise^au Brésil, et que nos relations avec cet
homme d'Etat nous ont mis à mémo de nous procu-
rer. Dansée rapport ce ministre oflie les résultats gé-
néraux des états de popidation rédigés par les dilFérens
capitaines et gouverneurs généraux, d'après les ordres
et les instructions qu'ils avaient reçus de Rio-Janciro
le 22 août et le 5o septembre 1816. Comme plusieurs
causes concourent a rendre inexactes les listes fournies
par les autorités chargées des recenscmens particu-
liers (i) 5 M. le vicomte les a rectifiées en comparant
leurs résultats avec ceux de deux autres qui avaient
eu lieu à des époques antérieures , et en augmen-
tant , selon les circonstances locales , le nombre des
esclaves , qui dans tous les tableaux qu'on lui avait
remis étaient évidemment de beaucoup au-dessous du
nombre réel. M. le vicomte nous ayant averti que tous
les enfans au-dessous de sept ans n ont pas été compris
dans les listes susmentionnées , il faudra ajouter au
inoins un sixième aux sommes indiquées dans le ta-
•bleau pour avoir la totalité de la population de ces
([) Les propriétaires au Brésil paient tous les carcnies 4 vintems par esclave h leur
curé pour la confession. Le Jizi/no c'tant calculé sur le nombre des ngiiciiileuis ,
qui sont presque tous esclaves , les maîtres ont un intérêt à en diminuer le nombre.
Kous connaissons un Brésilien qui , possédant vingl-un esclaves , n'en a déclaré
que quatre , et qui nous a assuré que presque tout le monde en fait de mémo , sur-
tout dans l'intérieur du pays. Ucaucoup do propriétaires en cachent aussi le nombre
pour éviter les frais dn baptême , qui au Brésil montent i 1200 reis par esclave ,
et qui en coiilent 800 dans les ports de leur embarquement où il est permis de les
baptiser, tels qu'à Mozambique , à Angola et à Benguela. Nous avons sous les
yeux un tableau de la population de la province de Maranhào dans Tannée 1820,
remis au Congres en octobre 1821 , dans lequel le rédacteur déclare, dans u^ne noie ,
une le nombre des esclaves , qu'il ne porte qu'à 70253, n'est pas exact , à cause de la
frauûo qu'emploient les propriétaires pour n'en pas donner la liste aux paroisses ,
et dans laquelle il ajoute qu'on peut supposer avec beaucoup do probabilité qu'il
excède du double celui indiqué. La conse'quencc naturelle de ce que nous venons
de dire estqu'on ne connaît pas encore exaclemcnt la population de ces vastes région?;
mais que, par les recenscmens qu'on y a faits, on est parvenu à connaître un
minimum au-dessous duquel il est impossible de l'évaluer , et que ce minimum est
de beaucoup supérieur aux calculs extrêmement inexacts qiîi avaient e'io admis
comme des vérités démontrées par les géographes les plus eslimés.
( 227 )
vliOërcmes coiUrees. Nous croyons qu'en ajoutant celle
quanlitc aux sommes auxquelles M. le vicomte s'est
arrête, on obtiendra des résultats qui s'approcheront
beaucoup du nombre réel existant au commencement
de 3 bi9, parce que le grand nombre d'esclaves adnltes
importes amiuellement au Brésil ne permet pas d'éva-
luer a près dun cmquiéme la totalité des mineurs,
commenous lavons fait pour le Portugal, où le rapport
desmajeursaux mmcursestcorame5.iià i.(Voyezà la
page 214 du I-' volume.)Comme depuis le commence-
ment de 1819 jusqu'àla fin de 1821 la population de
ces régions doit avon- augmenté dans la même propor-
tion que dans les années antérieures, puisqu'il n'existe
aucune cause qui ait pu en arrêter la marche progres-
sive , pour avoir le nombre d'habiians existans au
commencement de 1822 il fondra ajouter aux sommes
données par le tableau une quantité qui doit être très-
considcrablc, puisqu'on ne peut évaluer à moins de
1 00000 1 augmentation de la population produite pen-
dant ces trois années par la seule importation des
esclaves. i\ous nous réservons à déterminer cette quan-
tité dans notre Coup d'oeil statistique sur^-le
15RESIL, que nous nous proposons de publier inces-
samment, et dont nous oflVons le prospectus à la fin
lie ce volume.
Nous avons calculé sur les meilleures cartes la sur-
iace des. grandes divisions politiques et administratives
dont nous offrons le tableau. Nous avons suivi pour ce^
calcul la lueme méthode que celle que nous aviont
adoptée des 1 année 1816 dans le première édition de
notre Lompendio di geografia unwersale (voyez la
note du Compendio à la page 366), c'est-à-dife que
nous avons considéré comme territoire portugais tout
ce qui n était pas occupé de droit ou de fait pa/d'autres '
puissances européennes, bien qu'en Amérique et en
Atnquo des espaces immenses soient habités par des
populations sauvages, pl«Wott: moins nombreuses; qui-
( 228 )
ne reconnaissent aucunement la domination portu-
gaise. Si les Anglais considèrent comme une appar-
tenance de leur empire toute la partie du continent
américain qui s'étend au nord du Canada et des Etats-
Unis jusqu'à l'Océan Glacial, quoique plus de 1 4 quin-
zièmes de cet espace mimense soient déserts ou habités
par des populations indépendantes, pourquoi ne fau-
drait-il pas en faire autant pour les possessions portu-
gaises d'Afrique , dans l'intérieur de laquelle cette nation
a plusieurs établissemens plus ou moins considérables,
et où plusieurs nations à moitié civilisées ou barbares
sont réellement tributaires ou se reconnaissent vassalles
des Portugais, quoique un bien pluj grand nombre en
soient absolument indépendantes. En partant de ce
principe , et suivant pour l'Afrique et l'Océanie la
méiliode adoptée par les géographes pour déterminer
les surfaces de l'Amérique soumises aux Européens et
aux Anglo- Américains, nous aVons considéré comme
terriloiie portugais sur la côte occidentale d'Afrique
tout l'espace compris du nord au sud entre le cap
Lopez et le cap Negro , et de Test à l'ouest depuis le
Congo ou Coango jusqu'à l'Océan; sur la côte orientale
tout l'espace qui s'étend depuis le cap Delgado jusqu'à
l'embouchure du Rio de Lourenço Marques, et depuis
les monts Lupata jusqu'à la côte. Dans l'évaluation de
l'Amérique nous n'avons pas compris la surface du
territoire de Montevideo et de ses dépendances, quoique
depuis plusieurs années elles forment une partie du
Brésil, parce que nous attendons l'issue définitive de
ce^rand démêlé politique.
Surface. Population.
^En EUROPE : le Royaume de Portugal, partagé en
six provinces, dont celle d'AlgarA'e a le titre de
royaume. Ces deux royaumes sont subdivisés en
44 comaicas aSSSo 3i^3ooo
L'Archipel i>es Açoiies , qui formait naguère Ja
capitainerie générale de ce nom , et qui forme ac-
tuellement la PROviftCiA nos Açores , partagée
entre les trois comarcas suivantes, créées dernière-
ment et qui prennent leur litre du nom defeur capi-
( 329 )
. Surfsge. P«pBl«lioM.
taie respective- : d^4nij;ru, nui comprend les iles
Terccira , Graciosa et San-Jorgi; ,- de Ponla Del-
Sada, qui comprend les iles Sau-Miguel et Saota-
Maria ; de. llorta , qui comprend les iles Fayal ,
Pico , Flores e Corvo 800 200000
En AMERIQUE : le Royadmi; du Brésil, oagnère
partagé en dix capitaineries générales (1) dont
la plupart étaient subdivisées on plusieurs gou-
vcrnemens subalternes sous le rapport mili-
taire , mais indépendans sous le rapport ad-
ministratif. Ces capitaineries générales s'appel-
lent maintenant provinces, de même que leurs
anciennes dépendances militaires. Voici les
subdivisions de chacune de ces dix grandes divi-
sions du Brésil. PRovl^cIA do Paka , qui com-
prenait Para et les gouvernemens de Rio-Nes;ro
et de Macapa; ce iiernier n'est considéré que
comme un poste militaire. PR0v^^cIA de Mara-
^HAO,qui comprenait Maranhào et Piauhy. Pno-
vl^cIA DE Per^ambdco, qui comprenait Per/iaw*-
buco , Searà , Parahiba do Norte et Alagoas.
Provi>cia de Bahia, qui comprenait Baliia avec
Sergipe (2) et Espiritc-Sanio. Provircia de Rio-
JA^E1R0, qui comprenait Hio-Janeiro et Ilha de
Santa-Catherina. Provincia de Rio Grarde de
SA^-Pl:DR0-D0-SuI, , Provikcia de Sar-PadlÔ ,
Provircia de Miras-Geraes , Provijcia de
GoYAZEsetPROTiKCjA DE Matto-Grosso. ChaCUDC
de ces di.vsept provinces est subdivisée en comarcas
et districts , a aSoooo 3617900
En AFRIQUE : la PR0v^^cIA de Madeira (Madère), (3)
formée de l'île de ce nom^ de celle de Porto-
(1) Ayant trouvé des différences considérâmes entre les divisions du Brésil effertc,
par lo rapport susmentionné et celles données par le savant abbà Mano»l Ayres da
Cazal (voyczà la page c.tTdiiCoBp d'œil ), et n'ayant aucun moyen de les com-
biner à cause de la grande distance des lieux, nous avons cru devoir retenir dans
le texte les divisions du ministre et présenter en note à nos lectents celles du géo-
graphe brésilien , nous réservant d'expliquer ces différences dans notre ouvrage sur
cette vaste contrée. Voici les provinces entre lesquelles M. Ayres partai^e le Brésil;
Provmcia de S. Pedro ou do Rio Grande do Sul , provincia do Parana , do
Uruguay , de Santa Catîiarina, de S. Paulo , de Matto-Grosso , de Goyaz , de
Mmas-Geraes , de Rio-Janeiro , de Espirito Santn , de Porto-Seguro , de Bahia ,
de Strgipe dPLRey , de Pcrnambuco , de Parahiba , do Rio-Grande do Norte,
do Ciara , de Piauhy , do Maranhào , de Para, de Solimoes elde Guianna.
(2) Lé ministre de la marine , dans le rapport susfnentionné , fait observer que
la capitainerie subalterne de Sergipe, après avoir été dernièrement rendue indépen-
dante de Bahia , y avait été réunie de nouveau.
(3) Uont 843000 blancs ; a594'jo Américains de différentes tribus ( Indios detodas
as castas) ; 426000 métis , ou de sang mélangé libres (mistissos, mulatos c mama-
lucos libertos); 201000 métis esclaves (capllvos) ; iSgôoo noirs libres de différente?
nabons africaines (pretos forros e do todas as naçoes africanas ) ; i 728000 noirs
«iclavc» ( pretos caplivos ),
( 230 )
Sui fille. Pi>jiulaliou.
Sanlo et lie (jiiclqiits au'ics îlots \oi5iiis, ijuifui-
maiciit naguère la capitainerie g<5néralc du Ma-
'Icre ';yo i ooooo
La PROVI^CIA do Cado-V£Rdj2 , qui formait, avant
les derniers cvcueinens, la capitainerie générale
de ce nom , composée des îles San-Thlago , Fogo,
Brai/a , San - Wicolào , Sanio-ylnLao , Boa^
F"ista , Mayo , San-Ficenle , Sal et Santa- Luziaj
cette dernière jest inhabitée;. Les coniandos dos
Presidlos de Bissdo et de Cacheu en Scnégarabie,
où l'on trouve, outçe les places de Bissào et de
Cacbeu, les postes de Farim, Zeguicbor et Geba. ^-''O-' ^oeuo
Le Royaume d'Angola ex, Congo, qui formait avant
les derniers cvénemcus la capitaimrie générale de
ce nom, et qui com^îrendyj'/ii.'o/a proprement dit,
la capitainerie de Bensuela dont dépend le poste
{presidio) de Caconda. 11 a en outre sons sa dépen-
dance les postes [presidios) de Novo-Rcdondo
sur la côte, et dans l'intérieur ceux de Muxima ,
S. José do Concogc , Arabaca , Pedras de Pungo
Andongo, • Cambambe , Golungo, Massangano .
etc. etc. Le gouvernement portugais conserve
encore, comme appartenans à cette antique posses-
sion, ses droits sur les territoires de Cabinda et
Mclembo , auxquels il n'a jamais renoncé, de même
qu'il conserve aussi , sur la côte appelée vnlgaire-
ment de Mina , l'établissement du Castello ou
Forlalezza^ nommé San Joào Baptista de Ajuda,
comme point d-'appui du commerce portugais dans
cette partie de l'Alriquc. Cet étaljiissement a tou-
jonrs été compris dans les dépendances de la pro-
vince de Babia , à cause du commerce qu'elle y
faisait presque exclusivement de son tabac et de ■
son eau-de-vie 262000 876000' j;
Les îles de Sak-Tuojié et do Pra?.ciPE dans le
golfede Guinée,autrefois dépendantes du raji^aume
d'Angola (2), forment une petite province séparée. 4*^^^ iCiooo?
LaPr.ovI^CE de Mosambique, ci-devant capitainerie
générale de ce nom, qui comprend, outre la capi-
tainerie de Mosambique proprement dite , les
capitaineries subalternes de 6e«/2a , de Sofala, de
Inhambane , de Quelimane , de Bahia de Lou-
renço Marques ou Cabo de Correntes , et celle
(1) Dont 12000 blancs , 60000 noirs esclaves et 320000 noirs vassaux.
(2) Ces deux îles sont classifiées avec celles de Madère , des Açorcs et du Cap-
Vert dans le rapport susmentionné. Nous savons cependant d'un 15iésilien tr<is-
instruit , qui avait élé nommé il y quelques années gouverneur de S. Thomé ,
et qui avait pris les meilleures iufoimalious sur ces deux lies, qu'elles dépendaient
autrefois du capitaine-général d'Angola. Aussi, dans le rapport du vicomte de San-
Lourcnço , leur population doit avoir été comprise avec celle de rc royaume , doat
nous avons lire les 16000 liabitaus que nous leur avons accordés.
( 25i ) .
des Il/tiii lie C,ih„ Drl'^u.lo Surfai-c .Population'.
Lu•ASlEc■tOCÉA^lE:leVKx•-Ikv^ll.or;, u, '''^""^ 'J8o(ho(.)
et Je A,,^ ,Zai ;Vo^«i Conquistas fie pays des non
ve es ooncji.c,os) . jusq.Au.lnÀchl Bon su".
Sont anss. sous sa dcpeudanco les (foui^ernemens
Je ^..«.,> et de Diu sur la eôte d'e Maîaba o
Jl conserve en.orc l'ancien comptoir (feitoria )dc
Surate forn.é j^ar suite des traités einclus aiec
le Aabab, (jucn doit aujourd'hui considérer
sous un autre aspect . i cause de rinduenee de là
domination anglaise dans ces contrées. Dans U
pue de la Chine so Irouvô l. ^'ou.emeTentt
.^Tacao, dépendant aussi du vice-roi de Goa
vuitable point de vue, ne soit qu'un comptoir
eommercial (feitoria commercial . elle a néan
ZZl ^"""V'*^ *«"^ ''' ^"^-^ goulerner^en;
portugais, pari-organisation des autorités civiles
PÔ S: '' ^"^f^-^'q"-- l>-s l'Océan è les'
Poituga.s possèdent encore une partie de l'île de
^unor, presque toute celle de Solor , dite aussi
Flores et Oende-Grande, et les petites les^o
snies Adonara et Oende-Menor, qui forment e ' ■
gouvernement subalterne de^o.o.l. T^maJ!' Sooo.' 54^900 (.)
Maintenant résumant le tableau précèdent, et fal-
rIi:Tt P.^Pl^^^^r^^^- rAméHque; de f Afrique, de
^ Asie et de lOceame, les modifications nécessaires
pour avoir la toiaJité de la population exist^iîe au
oommencement de l'année 1819, nous aurons:
"a^rr AtrT"""^'^^°^^"^-^^^^'^ï»-ve, '"'^^^ ""^'^^'^^^
tn Ar„ , j, royaumed'AngoIa', là p;ovinc; de '^'^" ^^^^°"''
En AMÉniyuE: le royaume du Brésil 473' yo 967000
Total . . 2 757340" y oySooo
^«saux ( vassallos) ' ^°°'"' "'^'""" ^ ^^co noirs esclave, et 180C..0
; rSp°cO Ub°~Tc^'!';:^^^^^^^^^ Canarinsd. différentes caat.s , 32oo Afr-'c-..,
( 232 )
CONSIDÉRATIONS POLITIQUES
SUR LES RESSOURCES, LA FORCE ET L'IMPORTANCE DE LA
MONARCHIE PORTUGAISE.
On peut dire que l'on ne connaît parfaitement un
État, quelque étendue et quelque détaillée que soit
la connaissance que l'on a de ses ressources et de ses
moyens, si l'on n'est pas à même d'en comparer les
élémens avec ceux des autres Etats qui ont le plus de
rapports avec lai, ou qui figurent le plus sur le grand
théâtre du monde. C'est précisément cette comparaison
qui complète la connaissance d'un Etat quelconque, et
sans elle les détails statistiques les plus exacts et les
plus nouveaux ne sont que des faits isolés, toujours
précieux pour les progrès de la science, mais d'une uti-
lité bien secondaire pour tout lecteur qui manque des
moyens de les appliquer convenablement, afin de dé-
terminer avec exactitude le rang qu'occupe dans la
série des grands corps politiques l'Etat auquel ils se
rapportent. Intimement convaincu de la vente de ce
principe, que l'on peut même considérer comme un
axiome de la géographie politique , nous l'avons tou-
jours eu devant les yeux dans la rédaction de notre
Essai Statistique, et nous avons tâché de comparer
toujours le Portugal à d'autres Etals dans les diflerentes
matières qui devenaient tour à tour le sujet de nos
recherchés.
Des circonstances fâcheuses et imprévues nou?
ayant ôté le loisir et le calme d'esprit si nécessaires pour
devolopper convenablement tout ce qu'un gouverne-
ment éclairé pourrait entreprendre pour mettre le Por-
tugal dans un état tout-à-fait florissant, nous nous
trouvons dans la nécessité de commencer par où nous
aurions dû finir, c'est-à-dire que , pour ne pas laisser
incomplet notre ouvrage , nous sommes obhges d eu
( 235 )
altérer le plan, en renonçant pour le moment à pré-
senter toutes les considérations qui devaient pn'cédcr
ies tableaux que nous avions redi-és pour servir de
moyen de comparaison entre ce royaume et les autres
Jiiats. [Nous reservons donc pour le second volume de
nos V arietes,dont nous publionsle prospectus détaillé à
la lin de cet ouvrai,^e, les considérations qui servent
de développement à beaucoup de faits cités dans cet
Jissai et a beaucoup d'autres que nous avons réservés
pour cette section, destinée uniquement à signaler
aux Portugais par quels moyens , en suivant les traces
des gouvernemensies plus sages de l'Europe, on pour-
rait en peu de temps tirer parti des grandes ricliesses
minérales de leur patrie; relever l'agriculture , l'in-
dustrie, le commerce, et augmenter la population ; ré-
organiser les finances sur des plans plus simples, moins
onéreux pour les contribuables et d'un plus grand
profit a lEtat; faire disparaître un grand nombre
d emplois mutUes pour les remplacer par d'autres
d une utilité reconnue; améliorer l'instruction publique
et en répandre les bienfaits sur une plus grande masse
d individus,- développer convenablement les forces de
terre et de mer, et faire prendre au Portugal parmiles
puissances maritimes et commerciales leVang que la
providence paraît lui avoir assigné par la grande éien-
due de ses côtes pourvues de ports nombi.eux, peu-
plées de matelots aussi habiles qu^in trépides, et par
la richesse et la variété des produits de ses vastes pos-
sessions d outre-mer, trop négligées jusqu'à présent,
quoique a 1 avantage d'une position extrêmement favo-
rable au^commerce elles unissent celui d'être placées
de manière a faire jouer un rôle important à la puis-
sance^<jui les possède. Nous sommes d'autant plus flt-
che d être obligé de renoncer à ces considérations
que nous les avons citées dans quelques chapitres de
cet Lssai, et parce que nous avions réservé tout exprès
pour celte section.plùsieurs faits importais et plusieurs
remarques sur différens sujets, afin de les rendre plus
piqiiaiis par Tenseniljle même avec lequel nous vou-
lions les oflVir à nos lecteurs. La simple indication des
articles qui formeront celte section leur indiquera la
marcbe que nous avons suivie, et amènera même
ceux qui ne sont pas étraui^crs à ces matières à deviner
une partie de ce que nous aurions pu leur dire.
Les tableaux que nous allons donner sont divisés en
trois séries différentes , selon les trois buts principaux
pour lesquels nous les avons rédigés. Ceux de la pre-
mière série sont destinés à comparer la Monarcbie
Portugaise aux principaux Etats du glpbe^ sous le trq)le
rapport de la surface, delà population absolue et de
la population relative. Dans ceux de la seconde,
après avoir comparé le royaume de Portugal sous
les trois rapports susmentionnés avec tous les Etats
de l'Europe , on le compare aussi sous les rapports des
revenus, de la dette publique et des forces de terre et
de mer. Les tableaux de la troisième série oflVent dan
cbaque Etat de l'Europe toutes les villes qui ont une
population de "quinze mille Ames et plus, afin de les
comparer avec toutes les villes du Portugal qui comp-
tent un nombre égal d'habitans.
Familiarisé depuis long-temps avec les ouvrages
classiques çles plus grands géograpbes et des plus célè-
bres voyageurs modernes , et habitué de bonne heure
à comparer les données statistiques des ims avec cellfcs
iburnies par les autres, nous nous flattons d'avou- pré-
senté sous les dilïérens chiffres adoptés dans ces ta-
bleaux tout ce que l'on sait de plus positif sur la sur-
face, la population, les revenus, les forces déterre et
de mer, et la dette publique de chaque Etat. 'Ce n'est
qu'en comparant soigneusement entre elles les dilïe-
renies opinions énoncées dans les ouvrages classiques des
ïlumboldt, des Malte-Brun, desHassel, desGaspari,
des Camiabich,desFabri,des Mannert, des Diirberg,
des Antillon, des Ritter, des Pictet,des Herbin, des
Golquhoun, des Playfair, des Rennel, des Hamdton,
des Morse, des Wavdcn, des CioniC; des Wicbmann,
( 2^5 )
des De Biicli, des Liccblensleni , des Schwailner, des
Railles, elc. etc., el en consultanl les ouvrages pério-
diques, tels qucles Nouvelles Annales des voyai^es, de la
gc'ograplneetderiiisloire de Malle-Bran et d'Eyriès,
ie Journal des voyages de M. Verneur , les Geo<rra-
phischen Ep]wmeridenAcSNQ\m^v,\e^ VaterlaencUs-
chenBlaetteràc Vienne, la Chronik des XIX'' Jahr-
hunderts de Venturinl, le Poîltisches journal de Ham-
ffi -^n^^^*'^^ ^ ^'^^^^ "^"^ plusieurs données slaiislicjues
otlicieiles que nous avons pu nous procurer nous-méme
sur quelques pays, que nous sommes parvenu à des ré-
sultats quenous voudrions bien justifieren détail, si nous
en avions le loisir. Cependant, comme il nous est arrivé
quelquefois d'adopter des opinions qui différent beau-
coup de celles des géograi)hies de Gulhrie, de Pin-
kerton, de Goldsmith, de Mentelle, de La Croix, de
Hérisson, de Stein, de Le Sage, etc. sur l'estimation
des surfaces, des populations, des revenus, des dettes
publiques et des forces de terre et de mer; ces ouvra-
ges d'ailleurs se trouvant entre les mains de tout le
monde, nous nous voyons obligé de faire ici quelques
remarques, afin de gagner la confiance de nos lecteurs,
qvu autrement pourraient croire que nous avons pris
sans aucune critique dans le premier dictionnaire
géographique ou dans le premier traité de géographie
moderne qui nous Goit tombé sous la main, les diffé-
rentes évaluations que nous leur offrons.
Dans un Tableau Statistique de l'Europe , publié en
16x8 dans les Ephémérides géographiques de Weimar,
^savampjent rédigées par M. Berluch, les revenus delà
Monarchie Britanniquenesomévalués qu'à] 99275835
Worins,ou environ 120 760000 livres sterl. Dans celui de
*redau,publieeni8i9,ilsmonientà 290 000000 rixda-
lers, ou a 58 000000 liv. sterling. Dans celui du baron
cleLiec.luenstern,publiéàViennc en 181 9, ils sont
portes a 465 000000 fiorins; Hasscî, dans son nou-
veau Dicuonnairc géographique , publié à Weimar
( 256 )
en 1817, les évalue à 4^1 000000 florins ou envi-
ron 45 85oooo liv. sterling. Slein , dans son Diction-
naiie géographique imprijné à Leipzig en 1818, les
porte à 67 560691 livres sterling pour 1816, et à
4.7 277450 pour l'année suivante. M. de Laborde éva-
lue la rente fixe de celte monarchie à 62 000000 liv.
sterling. JjEtat actuel de t Angleterre au commen-
cement de 1822 , qu'on doit considérer comme officiel,
estime le revenu annuel à 56 000000. On voit d'un
coup d'œil que ces grandes différences viennent de ce
que les uns comptent pour rente les seuls revenus qui
servent à couvrir les frais d'administration, faisant
abstraction tantôt de ceux qui sont employés à paver
les intérêts de la dette, qui montent actuelleujent à
environ 3o 000000 sterling , tantôt de ceux qui for-
ment le fonds d'amortissement , qui s'élevait le 5 jan-
vier 1820 à i5 8i5ooi livres sterling, et tantôt de ces
deux sommes ensemble , pendant que d'autres com-
prennent dans leur évaluation tous les revenus quelle
que soit leur destination, comme nous l'avons fait
nous-même dans nos tableaux , afin de pouvoir y pré-
senter une échelle comparative des finances des diffé-
rens Etats. Nous remarquerons même que dans l'usage
ordinaire le budget annuel anglais ne comprend que
les dépenses extraordinaires et celles qui sont suscepti-
bles d'augmentation ou de diminution, telles que l'.en-
tretien de l'armée, de la flotte, de l'artillerie, etc.; car
celles bien plus considérables de l'intérêt et de l'amor-
tissement de la dette consolidée, et celles de la liste
civile sont considérées comme ordinaires , parce
qu'elles sont permanentes. D après ce système la re-
celte du Royaume-Uni pour l'année 1832 a été évaluée
par le trésorier de l'Echiquier à 21 272670 livres ster-
ling, etla dépense à 21 196456 livres sterling. Une autre
source d'anomalie c'est que quelquefois on ne com-
prend pas les revenus du royaume d'Irlande , comme
nous l'avons vu dans un tableau comparatif delà recelte
( 237 )
de la Grande-Bretagne entre les années 1818 et 1819,
que l'on estimait dans la première année à 48982960
et 48 162233 livres sterling dans la seconde. Pour avoir
la totalité du revenu de la Monarchie Anglaise en 1818,
il faut y ajouter celui de l'Irlande^qui e'tant monté dans
la siisdite année à 5 070971, on aura 64 053937 liv.
sterling. 11 bon aussi de remarquer que dans FévaJua-
tion des revenus des Etats, tantôt on comprend les
frais de perception, tantôt on en fait abstraction, et
cela sans presque jamais en avertir les lecteurs. Cette
méthode est une source inépuisable d'erreurs et des
plus grandes anomalies dans l'estimation des revenus.
Les exemples ci-après vont le prouver. Le budget
des recettes de îa France pour l'année 1820, sur
S77 457880 francs, calcule les frais de régie et de per-
ception, etc., à 1 38 58845o fr. ; le revenu net pour la
même année ne serait donc que de 739 049460. Les
revenus de l'Espagne avant les derniers événemens
montaient à 649 78641 1 réaux, tandis que le revenu
net, après en avoir prélevé 92 475487 pour les frais
de perception, se réduirait à 479 582253 réaux. Dans
le royaume de Bavière les frais de perception et d'ad-
mmistration,sur 35 19286 1 florins,monièreiît dans l'an-
née 181934 45884o florins. Nous avons toujours com-
pris dans nos calculs, ou du moins toutes les fois que
nous 1 avons pu , les frais de perception parce que
ces valeurs forment une partie réelle des sommes payées
par les contribuables, parce qu'elles donnent des
moyens d'existence à un grand nombre de personnes,
et parce que, en soumettant ladministration des tinances
a un plan plus économique et mieux entendu , il ne
tient qu'au gouvernement d'en tourner une partie au
profit de l'Etat en augmentant le revenu net à pro-
portion qu'il parvient à diminuer les frais de percep-
tion ; comme il est arrivé en France , 011 avant la ré-
volution la somme payée réellement par le peuple
montait à 700 millions, tandis que le revenu net ne
( ^58 )
s'élevailquà 47^ 2jj/p27 livres. LesElals de l'Eaiopc
offrent sous ce rapport conimc sous tant d'autres les
différcnees les plus l'rappantes. Tandis que les frais de
perception ne montent qu'à 6 j)Our cent en Ani^le-
terre, qu'ils forment actuellement en France environ un
sixième de la recette, au lieu que sous l'ancien régime
ils en formaient presque le tiers , et tandis que dans
le budget des revenus du royaume d'Hanovre ils
figurent pour un sixième et dans le budget de la
Bavière pour un huitième seulement, nous croyons
que dans le système actuel des finances en Portugal ils
montent à plus d'un tiers. Nous ferons observer aussi
que bien souvent les géographes omettent de calculer
dans les revenus de quelques Etats la recette des biens
domaniaux, qui dans plusieurs en forment une partie
très-considérable, comme on le voit dans le tableau du
baron deLieclitenstern,oii les revenus du royaume de
Hanovre ne soiit portés qu'à c) /jôoooo florins. Dans le
budget de l'année 1822 du grand-duché de Hesse-
Darmstadt, on voit qu8 sur la totalité des recettes ,
estimée à 5996010 florins , les domaines seuls entrent
pour la valeur de 1 9io655 florins, c'est-à-dire qu'ils
forment le tiers du revenu ; le tableau de Wfeimar
n'accorde à cet Etat que quatre millions de florins , et
celui du baron de Lieclitensternque trois et demi. ]Ne
connaissant pas les revenus de tous les cantons de la
Suisse, nous nous sonmies borné à donner dans le
tableau ceux qui proviennent du contingent payé par
chacun pom- couvrir les frais communs à la fédération,
et qui sont bien au-dessous de la somme qu'on ob-
tiendrait en calculant les budgets de chaque canton ,
puisque , d'après celui de Tannée i8ic) , la recette
du canton de Genève montait à i 457635 florins
de Genève , ou 676062 fr. MM. Hassel et Liechten-
stern et le tableau de Weimar susmentionné évaluent
seulement à 3o 000000 llorins les revenu^ de l'Em-
jiire Ottoman, qui sont estimés 3o 576000 ilorins par
( ^3y )
ThoriUoii, 4o4^ouoo par Elon 014^)000000 par Man-'
nert; mais ceslrois derniers auteurs disent expressément,
qu'on ne comprend dans celte (ivalualion que les seuls
revenus du Mirl^ qui est le trésor de l'empire , et qui,
selon Tliornion et Elon, sont inférieurs à ceux du
Khazneh, tpii est le trésor particulier du Grand-Sei-
gneur ou autrement son domaine. A moins de Hiire
une semblable abstraction pour les revenus de tous
les autres Etats, nous avons cru qu'il fallait réunir la
recelte du 3Iiri à celle du Khazneh pour évaluer
convenablement les revenus de l'Empire Ottoman;
c'est aussi ce que nous avons fait dans le tableau des
revenus des diffcrens Etats de l'Europe, en portant
ceux de cet ejiipire à 78 000000 florins,- Olivier esti-
mait 200 millions de livres tournois les sommes en-
vo^ées annuellement àConslanlinople de toutes les par-
tics de l'empire , et portait à i5o millions la recette des
deux trésors y compris le bénéfice du monnayage. Tan-
dis que les revenus de l'Empire Russeneseraicnt, ïëlon
quelques géographes, que de 120 a i36 millions de rou-
bles etde i45 selon MLdler,M. Wicbmann les porte à
280 millions et le baron de Liecbtenstern, dans son
tableau susmentionné, les réduit à 245 millons de flo-
rins. Le grand accroissement ([u'ont reçu toutes les
branches des revenus de cet Etat nous font penser
qu'à l'époque actuelle on ne peut, sans commettre une
grande erreur, lui accorder moins de 260 millions de
roubles. En effet le seul produit de la capitaiion et des
boissons monte presque à 170 millions. M. Hassel,
dans son dictionnaire géographique, publié en 1817 ,
n'évalue les revenus du royaume de Wiirtemberg
qu à 6 528090 florins, tandis que le baron de Liecbten-
stern les porte à 16 millions et Rliiber à 18. D'après
le budget imprimé en 1819 elle monta, din s l'année
1818, à 14862000 florins, dont 6002601: provenaient
des seules rentes domaniales, et dans le budget de
1820 elle était évaluée 1002845?) florins^ Nous avons
( 24o )
suivi celte dernière évaluation. Nous avons porté dans
le tableau à i 55oooo florins les revenus de la princi-
pauté de Liechtenstein , parce que nous y avons com-
pris les I 5ooooo florins que rapportent les vastes posses-
sions média tesappartenanles au prince de Liechtenstein,
dans les Etats autrichiens et prussiens; le tableau de
Weimar ne les évalue que i 200000 florins ; celui de
Fredau seulement 27000 rixdalersou 1 56900 francSjCt
celui du baron deLiechtenstern 19600 florins, ce qui ne
lait pas môme 5o6oo francs; mais MM. Hassel et Stein
les portent à 1 5ooooo florins,et Cannabichà i 54oooo.
Dans l'évaluation des revenus des duchés de Bruns-
wich et d'Anhalt-Dessau nous avons compris les rentes
de leurs possessions médiates eil Silésie et en Saxe, et
dans celle du duché de Lucques les 5ooooo fr. payés
annuellement par l'empereur d'Autriche etle grand-duc
de Toscane jusqu'à ce que la duchesse actuelle succède
à l'impératrice Marie-Louise dans le duché de Parme.
A cibse de la difficulté que l'on trouve à évaluer, même
par approximation, les revenus des colonies des diffé-
rens Etats,et sachant d'ailleurs que dans presque toutes
les frais d'administration et de défense ne laissent au-
cun revenu net, nous nous sommes bornés à n'indiquer
dans le tableau que les revenus de leurs possessions
européennes; et nous n'avons excepté de cette règle
que les Empires Russes et Ottoman, à cause de la con-
tiguité de presque tous les pays dont ils sont formés.
Nous ferons observer seulement que le revenu net de
toutes les colonies espagnoles ne montait en 1804, selon
M. le baronde Humbolt,qu'à 44 280000 fr.,etque vers
la fin du règne de Charles IV tous les revenus nets de
la Monarchie Espagnole s'étaient élevés à 200 millions.
D'après les budgets officiels du Brésil des années i8i5,
1816, 1817, 1818 et i8ig, que nous avons sous les
yeux, nous trouvons que la totalité du revenu de
toutes les possessions portugaises d'outre-mer, sans
comprendre les Açores et Madère , parce que le pro-
(24i )
dult net lie leur revenu était destiné à payer le corps
diplonialiquc, montait annuellement, terme moyen,
a 6027900000 rcis ou 1 5 069760 cruzades. ]>fous
ajouterons aussi, d'après ce que nous a assuré M. le
vicomte de San-Lourenço, ancien ministre des finances
de la Monarchie Portugaise , que la totalité moyenne
annuelle de la recette dans toutes les possessions portu-
gaises, depuis 1808 jusqu'à iS'm , y compris les frais
d'administration, s'est élevée à environ 5o 000000 de
cruzadcs ou à 1 25 000000 tic francs.
La dette publique de la Monarcliie Anglaise mon-
tait au 8 janvier 1820 à. LtzSj 776674 livres sterling,
dont 420 820751 ayant été raclielées par le fonds d'a-
mortissement , la dette réelle n'était à la susdite épo-
i(ue que de 856 946925 liv. sterling. Nous faisons cette
remarque parce que, quand il est question de la dette
anglaise, on parle ordinairement de la totalité des
sommes empruntées , sans faire la soustraction des
sommes très-considérables dont cUe a été diminuée.
Dans la dette publique des diiférens États on a tou-
jours compris non-seulement le pa[)ier-monnaie en
circulation, mais aussi la dette qui ne perçoit pas actuel-
lement d'intérêt; celte partie de la dette de l'Espagne
était en 1820 de 2000 096000 francs; la dette arriérée
des Pays-Bas monte à 25 j5 1 00000 francs. On croit
ces remarques d'autant plus nécessaires qu'il est des
géographes qui, ne comptant pas dans leurs évalua-
tions ni le papier-monnaie, qui est réellement une dette
contractée par le gouvernement envers la nation, ni la
partiedela dette qui provisoirement ne perçoit pasd'in-
térêts, ladetle nationale se trouve par là réduite tantôt à
la moitié , tantôt aii quart de l'évaluation donnée dans
notre tableau. Cependant il faut considérer que toutes
les dettes des diflérens Etats , quelques-uns exceptés ,
représentent dans notre tableau des sommes bien au-
dessus de leur valeur réelle , parce que, en les rédui-
sant en francs, on a calculé la dette particulière de
îï. 16
( 242 )
cliaqtie Eial par le pair des monnaies , car en les cal-
culant d'après le cours actuel des changes, qui peuvent
varier de beaucoup en peu de lenjps, on se serait ex-
posé à une source inépuisable d'erreurs. Nous citerons
le seul exemple de la delle de la llussie, qui avec une
valeur nominale de plus de mille millions de roubles
ou de 4ooo millions de francs, a une valeur réelle qui
peut être estimée tout au plus à 1 2,20 millions tle francs,
puisqu'avec cette somme on pourrait l'éteindre entiè-
rement. On doit faire la même remarque à l'égard
des revenus de quelques Etats, tels que la Russie, l' Au-
triche, etc. , où le rouble et le florin en papier ont
une valeur réelle bien inférieure à la valeur nommale.
Dans l'évaluation de la dette nous avons toujours tenu
compte de la grande quantité de papier-monnaie qui
a été brillé , et qui l'a réellement diminuée de beaucoup.
Avant la création de la banque, la Russie n'avait pas
moins de 876 567920 roubles d'assignats en circulation;
dans l'espace de cinq ans on en a brûlé pour la somme
de 191 109420 roubles, et dans l'année courante
(1822 ) on doit en brûler 44768230, de manière que
la masse restante ne sera au commencement de 1823
que de 5g5 926240 roubles. L'empire d'Autriche n'of-
fre pas des résultats moins favorables, puisque la quan-
tité de papier-monnaie brûlée s'élève déjà à près de
200 millions de florins. Dans la dette de la Monarchie
Suédoise , nous avons compris les 5 raillions d'écus de
banque de Hambourg qu'elle doit payer au Danemarck
pour la renonciation à ses droits sur la Norwége , et
dans celle de la' Prusse les dettes provinciales , qui
montent à 25 9i4694écus , la dette qui ne perçoit pas
d'intérêt qui est de 10 242547 écus, et la grande masse
de papier-monnaie qui est encore en circulation. Nous
croyons ces remarques nécessaires pour accorder noséva-
luationsavec lavaleur de la dette pLlbliquedece^Etat, an-
noncée dans le journal officiel. Nous ferons remarquer
aussi que la plus grande partie de la dette des Monar-
( 243 )
chies Suédoise et Danoise consisle dans le papier -
monnaie en circulation. Par un savant orliclc très-
détaillé sur la dette danoise , inséré dans le Po/itisches
journal àe. Hambourg de l'année i8i5 , on voit quà
celle époque il ne circulait pas moins de 35 espèces
diflércntes de papier-monnaie dans ce peut Etat, outre
1 1 autres émises par des établissemens publics. On y
évaluait leur somme totale à yS millions reiclibank-
thaler silberwerth , d'après les intérêts qui moulaient
annuellement à 5 millions de la même monnaie. D'après
les documens officiels publiés à Slockbolm en i8i8 , le
papier -monnaie en circulation dans le royaume de
Suède montait à do millions reicliihalcr - banco •'
N'ayant pu nous procurer de renseignemens positifs
sur le montant actuel de la dette de la Suisse , nous
avons porté sur le tableau la somme à laquelle elle
s'élevait en i8o4^ qui est de 3 ii8336 fr. Nous ne
croyons pas qu'elle ait duninué depuis cette époque.
L'évaluation des forces militaires de terre et de mer
entretenues par les différens Etats est presque aussi
difficile à faire que celle de leurs revends et de leurs
dettes , par la multiplicité des causes qui peu-
vent induire en erreur le géograpbe lorsqu'il n'examine
pas la date et les circonstances particulières où chaque
Etat peut se trouver placé. Aussi peut-on dire hardi-
ment que tous les tableaux statistiques généraux de
l'Europe n'offrent qu'un vain étalage de chiflrcs qui
sont bien loin de présenter le nombre réel des hommes
qui sont sous les drapeaux. Outre les grands cljange-
mens qui ont lieu d'un moment à l'autre à cause des
événemenis politiques, et qui réduisent quelquefois les
forces d'un Etat à la moitié de ce qu'elles étaient, et
ceux qui sont produits par un changement de plan
dans l'administration intérieure d'un pays quelconque,
il faut tenir compte , lorsqu'il est question de deux
époques distantes de quelques années l'une de l'autre ,
de toutes les diniiautions produites par la niorlalil.é et
( 'M4 )
par les congés accordés en i>ran(l noniljrc. Dans le
courant de i8i5 à l8i6 l'armée et la marine de la
Monarchie Anglaise furent dimlmices de 5ooooo
honnncs. L'état militaire tîe cette monarchie était en
1816 de 99000 honmics, sans comprendre ceux à la
solde de la compagnie des Indes Orientales; en 1817 il
était de 81000 , eu i8i8 et 1819 de 78000. L'élat mi-
litaire de la monarchie des Pays-Bas souffrit en 181g
une énorme réduction, puisque l'armée d^Europe fut
mise celte année sur le pied de paix à 40000 hommes.
Par la méme.raison nous avons évalué heaucoup moins
haut l'armée de quelques autres Etals qui l'ont mise sur
le pied de paix, comme par exemple le royaume de
Wiirlembcrg , dont l'armée est réduite à 5c)'45
hommes , non compris l'état-major , les ingénieurs H
les invalides , tandis qu'elle montait à i8gg5 hommes
sur le pied de guerre. Une foule de causes du même
genre et qu'il serait trop long de détailler ici nous ont
porté à n'évaluer qu'à 800000 hommes l'armée de l'Em-
pire llusse, quoiqu'un tableau que; plusieurs journaux
donnaient pour olliciel la portât pour l'année précé-
dente à I o58ooo, non compris l'armée polonaise qu^
seule monte à plus de 5oooo hommes. Nous avons
lait cette grande diminution parce que nous avons
réduit les ïo5534 soldais de cavalerie irrégulière qui
figurent dans le susdit lal^leauà 5ooo seulement, qui
est le nombre en service effectif en temps de paix; et
parce que, selon les plus savans auteurs qui ont écrit
récenmient sur la Russie,hien que son armée ait été au
complet dans la dernière guerre, elle ne comptait pas
plus de (i/i(î000 comballans. D'ailleurs des rapports
semi-ofliciels la disaient réduite à 4^0000 hommes ,
lorsque rcn.jK'rcur ordonna à Archangel, en août
i8ig, la levée de deux hommes sur cmq cents habi-
tans dans toute l'étendue de l'empire. Nous ne croyons
pas inutile de remarquer que M. IMidler l'estime
à 899538 hommes, tandis (|ucM. Ercdau.dans son ta-
C 245 )
bleau de l'Eurcjn; en 1819, la réduit à 680000 , cl que
MM. Hassclet Wiclinianii l'évaluent à 60941 5 pour
l'année 1812^ nombre identique à celui adopté dans
le tableau de Weimar, qui cependant devait se rap-
porter à l'année 181 8, et à celui du tableau du baron
de Liecbtenstern publié à Vienne en 181 9. M. Slein,
dans la même année, la porte dans son dictionnaire à
987117, et M. Cannabicb, dans son Lchrbuch der
geogîYtphic publié à Sondersbausen en 1821 , dit
qu'en 1820 elle montait à 989117 bommes. En éva-
luant, d'après Griffiili, Tbornton, Elon, etc. , l'armée
ottomane à 5S8ooo hommes, nous nous sommes bien
gardé de suiv.re l'opinion des savans rédacteurs des
deux premiers tableaux (1) susmentionnés , qui parais-
sent avoir réduit cette armée à 1 80000 hommes seule-
ment, parce qu'ils n'ont point rais en compte les 20000
qui forment la i,^armson de Constanlinople, les 1 00000
qui sont employés à garder les difïerentes places de
l'empire, elles 5oooo levantis qui doivent servir sur
la flotte. Nous n'avons fait aucune/le ces déductions ,
parce qu'en les faisant pour cet État nous aurions dû
les faire pour tous les autres qui ont des £,^irnisons
nombreases et des flottes. En effet les soldats qui ser-
vent sur ces dernières et ceux qui garnissent les places
fortes et la capitale ne figurent pas moins pour cela
dans les cadres des armées respectives. Dans les
588000 honmies nous n'avons pas compté les i5oooo
individus qui jouissent du titre et des prérogatives de
jannissaires, parce que nous les avons considérés comme
une espèce de garde nationale, car ils ne sont obligés
de prendre les armes que seulement dans le cas ou il
serait question de défendre la vifle où ils sont domici-
liés. Nous croyons cependant qu'on pc urrait bien aug-
•(0 Le baron de Licchstcoftern , dan? son Tablcm Hc l'Enropc, la
porte à 200000 hommes seulement.
(246)
menter de plusieurs autres milliers d'iiomuies l'éva-
luation des 388ooo hommes susmentionnés, à cause
des troupes nombreuses à la solde des pachas d'Egypte,
de Pcrgame, de Jeuzzat, etc. , dont la plus grande par-
tie ne figurent pas dans les cadres- de l'armée ottomane.
Quoique la Prusse ait eu en 1814 plus de 260000 sol-
dats , nous n'avons porté dans le tableau son armée
qu'à i58ooo hommes, parce que, d'après une liste
officielle détaillée qui a été publiée en 1819, elle ne
montait alors qu'à lôyôyo hommes, et qu'elle n'a pas
été augmentée depuis cette époque. Néanmoins il faut
considérer que cette monarchie a une Landwehr ou
milice organisée de 400000 hommes très- bien exercés,
et dont la moitié peut marcher au premier appel. Dans
l'armée espagnole, qui en Europe a été réduite en 1820
à 54129 soldats, et dans les armées du Portugal et des
Pays-Bas, on a compris aussi les troupes qui se trou-
vent dans leurs possessions hors d'Europe. Dans l'ar-
mée anglaise on a compris aussi les 5o253 soldats eu-
ropéens à la solde de la compagnie des Indes Orientales,
quoiqu'ils ne figurent pas dans les cadres présentés au
Parlement; car ils n'en appartiennent pas moins aux
ressources militaires de la Monarchie Anglaise. Nous
croyons indispensable d'avertir nos lecteurs que les
32886 hommes qui forment l'armée de la Confédé-
ration Suisse dans le tableau des forces militaires des
difïérens Etals, ne sont pas sous les drapeaux; il n'y en
a que les cadres qui , au premier appel de la diète
fédérale , doivent être remplis d'après le contingent
fixé pour chacun des vingt-deux cantons en parti-
culier, et d'après l'état déclaré de sa population.
Les forces militaires de tous les petits Etats formant
la Confédération Germanique ne sont pas non plus
leurs forces réelles, mais seulement le contingent qu'ils
doivent fournir en cas de guerre. A l'égard des Etals
plus considérables, tels que les foyaumes de Bavière ,
vie Saxe , de Wiirtemberg , de Hanovre , des grands-»
(=47)
duchés de Baden , de Hesse-Damrstadl et de la liesse
Electorale , nous avons mis ce ineme contingent entre
parenthèses^ ponant dans la colonne des armées le nom-
bre des soldats actuellement ou dernièrement sous les
drapeaux. Nous n'avons pas parlé de l'armée des Etats-
Unis des îles Ioniennes, parce que ces îles étant sous
la protection immédiate de Sa Majesté le roi d'Angle-
terre , qui a droit de garnison dans les places, presque
tout l'état militaire qui s'y trouve a déjà été compris
dans l'armée anglaise dont il fait partie.
Pour l'évaluation des forces de mer nous nous
sommes borné à indiquer le nombre des vaisseaux de
ligne et de frégates , qui dans l'état actuel de la tac-
tique navale sont les seuls batimens qui constituent les
forces réelles disponibles sur lesquelles est basée la
puissance maritime des nations de l'Europe ; puisque
les corvettes , les bricks , le goélettes , les galères et
autres batimens légers ne sont employés que pour
défendre les côtes, l'embouchure des ports et des
fleuves , et pour faire la correspondance. Nous
avons indiqué dans notre tableau tous les vaisseaux
et frégates en état de tenir la mer que chaque Etat pos-
sède, quoiqu'un grand nombre de ces buiimens ne
soient point armés. En cela nous avons suivi une autre
métliode que pour l'évaluation des forces de terre ,
dans laquelle nous n'avons compté que les soldats réel-
lement sous les drapeaux. Les vaisseaux de guerre coû-
tent des sommes immenses et exigent un temps con-
sidérable pour leur construction. Dès qu'ils sont en
élat de servir , qu'ils soient armés ou non , ce sont
toujours des ressources militaires qui existent en efl'et, et
dont l'Etat peut disposer. Voilà pourquoi nous les
avons comptés , quoique la plupart ne soient point en
activité , comme on peut le voir par l'exemple suivant
tiré de l'intéressant Annuaire de M. Lesur pour l'an-
née 1820. Tandis que dans V jéperçu statistique et
comparatif des principales puissances (le V Europe
C 248- )
il fait monier le noJîibre des Lâtimens qui coiiiposent
la marine IVançaisc à 48 vaisseaux de liqno , 5i fréga-
tes , ]5 corvclies, et qu'il porte le total des bâiiniens
à i58, dans V effectif des équipages embarques
en 1820 ( page ôyS ) , oiî voit que cette marine n'em-
ployait cette même année que 2 vaisseaux de ligne ,
7 frégates , 7 corvettes , 1 3 bricks , 1 1 goélettes et
avisos , 2 canonnières , 8 flûtes ,21 gabarres , l trans-
port, 72 bâtimens de servitude j le total de ces bâti-
mens monté par 8760 liommes. La marine militaire
anglaise, coniposée en 1814 de io54 bâtimens , dont
a 61 vaisseaux de ligne et 264 frégates , montés par
1 71549 liommes , ne comptait en 1816 en service ef-
fectif que 281 bâtimens, dont 41 vaisseaux de ligne,
i5 de 44 ^ 5o canons, 65 frégates, 75 sloops, 70
bricks, 4 cutters, i5 goélettes. Dans notre tableau
nous avons compté parmi les frégates les vaisseaux
de 5o, qui forment une classe à part dans la flotte
anglaise.
N'ayant pas le loisir de rédiger le tableau des impor-
tations et exportations moyennes des principaux Etats
de l'Europe , nous nous bornerons à offrir dans le ta-
bleau ci-dessous les importations et les exportations de
quelques-uns seulement sur lesquels nous avions déjà
commencé à rassembler des documens pour prendre les
moyennes relatives. Nos lecteurs pourront facile-
ment, en réduisant les différentes monnaies en francs,
comparer ces différens Etats avec le Portugal , sur
lequel nous avons donné les plus amples détails
dans la section de la Géographie commerciale du pre-
mier volume. Nous croyons cependant indispensable
de faire ici quelques remarques nécessaires à l'intel-
ligence du tableau que nous avons rédigé. Dans les
importations de la Monarchie Française des années
1787 , 1 788 et 178g , que nous avons tirées de Y Indu-
strie française du comte Chapial/ sont comprises tou-
tes les productions des colonies d'Asie , d'Afrique et
( 249 )
d^Aniériquc pour une somme de 240 millions , cl les
monnaies clrangères et les lingots d'or et d'argent pour
60 millions ; l'exportation pour les colonies dans la
même période monte à 90 millions par an. Dans les
importations et exportations de l'Empire Russe sont
aussi comprises celles des douanes de terre qui sont
très-considérables ; mais dans celles de la Monarchie
Espagnole , que nous avons tirées de l'ouvrage de
M. Alexandre de Laborde , on n a compris que le seul
commerce de l'Espagne avec l'Amérique. Ce savant
évalue à 87 204^49 livres le commerce actif que ce
royaume faisait avec les diftérens Etats de l'Europe à la
même époque. Nous aurions beaucoup d'observations à
faire relativement aux importations et exportations de
la Monarchie Anglaise , dont la valeur est indiquée
d'après l'estimation des douanes , qui sont basées sur
un vieux tarif de l'année 1697 ; mais cela nous mène-
rait trop loin. Nous ferons remarquer seulement que le
savant Arthur Young et ses comi)atriotes les plus
instruits prétendent que la valeur réelle est à la valeur
oflicielle connue 17 à 10. Cette opinion est bien loin
d'être exagérée , puisque , d'après un tableau de la va-
leur totale réelle des importations et exportations de
l'annéer 1797 offert au parlement , les premières
auraient monté à 49 002170 et les secondes à
5o 290190, au lieu que d'après le tableau de la va-
leur ollicielle elles n'ont été que de 21 01 6956 et de
28 91 7010. L'auteur de la Réponse â îétat de VAn~
gletejTe au commencement de 1822 porte à 68 302884
la valeur réelle des exportations de l'année 1814 > à
70 15941 7 celles de l'année i8i5, à 67 5o 1220 celles
de l'année i8i6,ct à 61 191056 celles de l'annéeiSiS.
( 25o )
États.
AftK.
IwPOUTATlO.NS
Bîonaicliie Auglaise. , .
1796
23 187319
1797
179S
21 oi3956"
27 8^7899
ngg
26 837432
1800
3o ijoboS
1814
36 559788
i8i5
35 089650
1816
3o io5565
1817
33 971026
181H
4o 135953
1819
53 65a74i
1830
36 517263
IVIoiiaitliie IVauçaise. . .
1787
63o 871700
1788
675 393400
1789
634 563ooo
1817
1818
574 958995
609 5J0000
493 oooooo
1819
AJonnrcliie Espagnole. . .
1788
aol 173433
Empire Russe
180a
56 530094
i8o3
55 557675
1804
Açf 5ooiog
1819
167 SggooS
i:JXPORTAT10^S.
3o 518913 livres slcrliug.
28 917010
53 091777
35 991329
43 l5201g
56 624229
60 97830g
5i 2J5574
53 625 102
56 85i3i9
46 912492
5i 730616
444 61 1100 francs.
463 1 56700
438 4t7ooo
439 735964
620 770000
490 269000
75 1 79381 livres tournoi».
63 277769 roubles.
67 i4!jti^3
59 017349
310 5âgâ44
Nous aurions une foule d'observations à faire à Fé-
i^ard de nos tableaux de la surface, des populations ab-
solue et relative des différens Etats et du nombre des
babilans de leurs villes principales. Comme nous nous
llailons d'avoir traité ce sujet dans la seconde édition
de notre Compendio di Geograjîa imiversale , de ma-
nière à mériter la confiance de nos lecteurs , nous nous
bornerons à dire que nous avons conservé les mêmes
évaluations que nous avons publiées en 1819, à 1 ex-
ception des populations des Monarchies Française, An-
glaise , des Pays-Bas , Prussienne et Portugaise , de
celles de l'Empire Russe , du grand-duché de Meck-
lenbourg-Schw^erinet de quelques autres Etats sur les-
quels nous avons eu des renseignemens plus récens ou
Elus exacts. Nous aurions voulu revoir tous nos ta-
leaux , mais la raison qui nous empêche de publier
à présent nos Considérations sur la Monarchie Por-
( =51 )
tagaise nous empeclie aussi de le faire (i). Nous
croyons cependant indispensable de donner quelques
(i) Nous ne pouvons nous dispenser de justifier notre évaluation
relativement à la population de l'empire de Russie , auquel nous accor-
dons 54 000000 âmes, quoiqu'un journal vienne de publier un tableau
olliciel c[uiaëté répété par plusieurs autres, et selon lequel cet empire
n'aurait que ^o 0G7000 habitans , sans comprendre dans ce calcul le
nouveau royaume de Pologne.
Voici les raisons principales qui nous ont engagé à accorder une popu
lation si considérable à cet empire.
I. Le recensement des habitans depuis Pierre-le-Grand ne se faisant
que de vingt en vingt ans , et le dernier qui eut lieu étant celui qui fut
exécuté de 1793 à 1797 , les détails offerts par le tableau susmentionné
ne peuvent être que le résultat de l'énumération postérieure qui a eu
lieu dans les années i8i3 et 1817. Onpeutdoncen tirer la conséquence
que ces résultais doivent être bien inférieurs k ceux qu'il offrirait si
1 énumération avait été faite en 182 1.
II. Supposant pour un instant que le tableau en question offre les
résultats du dernier recensement , et comparant les populations qu'il
donne aux dillcrens gouvcrnemens de l'Empire Russe avec celles trou-
vées dans le recensement fait de 1798 à 1797, que M. Bertuch a public
dans SCS Ephémérides' géographiques de l'année 1809, nous avons
trouvé :
10, Que plusieurs surfaces des gouvernemens sont de beaucoup infé-
riejires à celles données par les plus savans géographes allemands ; en-
tre autres celle de la Finlande, qu'il n'évaluequ'à 48oomilles carrés d'Al-
lemagne , tandis que cette province en compte actuellement 6402 ; celle
de Jaroslaw , à laquelle il n'accorde que 600 milles carrés au lieu de
G\)\ , et celle de la Tauride qu'il estime li 1000 seulement au lieu de
1646 comme presque tous les géographes, et 2042 comme M. ^Yich-
mann.
2°. Que dans le tableau susmentionné il n'est point fait mention de
la petite province de Bialystock , que M. Cannabich , dans sa Géogra-
phie publiée à Sondershausen en 1821 (*) , continue encore à décrire
séparément , et qui parait avoir été réunie au gouvernement de Grodno
dans le tableau. On n'y fait point mention non pins ni du pa3"S des
Cosaques du Uon dont M. HasstI évalue la population en 1820 a 4980UO
habitans , ni de celui des Cosaques de la mer Noire que M. Cannabich
estime à 80000 habitans , ni du gouvernement de Grusinie avec Der-
bcnt, ni de celui nouvellement créé de Bessarabie ou de Rischenew, qui
comptent, selon M. Cannabich, 871000 et 4^0000 habitans. Nous
trouvons qu'on n'y fait pas non plus mention d'aucune des vastes ré-
gions cédées dernièrement par la Perse à la Russie dans la région du
Caucase, ni de trois hordes des Kirgis qui reconnaissent sa suzeraineté.
3". Que la population de toute la Finlande est évaluée un cinquième
au-dessous de sa population actuelle, puisque le tableau ne lui accorde
que 9S0000 habitans, tandis que , par un recensement fait en i8i5,
on sait que l'ancienne Finlande russe , ou le gouvernement de Wiborg ,
(*) Elle parait avoir élé travaillée, pour la partie qui regarde la Russjc , d'après la
savante description de cet empire donnée par IM. Hassel dana le VoUdaendi^a
Jlandbuch der Neueêien Erdebese/ireibung , etc. etc.
(.252.)
éclaiicisscmciîs sur des cvaluaiioiis (jui pourraieiil pa-
raître exagérées au premier abord. Nous avons par
avait 193747 habitans, et la Finlande nouvelle , ou ci-clcvant suédoise,
en avait 902210 , ce qui fait un total de 1 096957 , que M. Hassel es-
time être monté en 1820 à 1 346000.
4". Que d'après le tableau eu <]ucstion les gouvcrncmens de Péters-
bourg , de Kostroma , de Nowogorod , de Smoleiisk , de JNishegorod , de
Wladimir et de Grodno auraient, contre toute probabilité, éprouve
une baisse considérable dans leur population.
5°. Que dans ccuy de Courlandc, de Wologda, d'Olonez, de Kahiga ,
de Poltawa , de Minsk et de Volbynie , la population auiait été ])rcsque
stationnaire , et cela sans qu'on paisse citer une seule cause à l'appui
d'un phénomène si extraordinaire dans la marche générale de la popu-
lation observée dans tous les pays de l'Europxi, même daus ceux qui
sont moins favorisés que la Russie sous ce rapport.
6°. Qu'au contraire les gouvernemens d'Archangel , de Woronesch ,
d'Astrachan et d'Orcnbourg auraient presque doublé leur population
dans le même intervalle, tandis que ceux de Tula , de Twer , d'Orel ,
de Tambow, de Slobodsk-Ukraine, de Pensa et de Wiaetka l'auraient
aussi considérablement augmentée.
Poui" rendre j)lus sensible à nos lecteurs ce que nous venons de dire ,
nous avons rédigé le tableau ci-dessous. La première colonne indique la
population trouvée dans le recensement de 1793 a 1797, telle que nous
l'avons tirée des Ephémérides géographiques de Weimar 5 les chiflVes
précédés d'un astérique sont les résultats du même recensement que
nous avons tiré du Dictionnaire de M. Hassel publié en 1817 , parce
que le tableau des Ephémérides était incomplet. La seconde ofl're la
population du tableau dont il est question. La troisième présente la po-
pulation telle que le savant M. Hassel l'évalue pour l'année 1820, et que
nous avons tnée.de la géographie susmentionnée de M. Cannabich ,
parce que nous n'avons ]iu nous procurer à temps le volume de la Russie
du Volislaendi^es llandbuch , etc.
Gouvememetis.
Selon la 5«
Selon le
Selon M. Hassel pour
l'annùe 1820.
révhiait.
tableau.
PétersLourg. . .
G55G69
5qoouo
8080U0
Kostroma.
1 i46oc)2
85oooo
I 422000
Nowogoroil . .
7558'j3
675000
960000
Sniolensk.
953735
950000
I 297000
rs'isliogornd.
992392
970UO0
1 .3^)9000
Wladiniir
9611446
9'2O0OO
1 3o6ooo
Grodno .
• 608237
585ooo
842000
Courlande. .
418162
4ioooo
569000
Wologda.
689830
620000
802000
Oloncz
226966
225oOO
353ooo
Kaluga.
845375
85oooo
I 169000
Poltcuva ....
I i5o72fi
I 370000
I 933000
Minsk.
834619
840000
1 i35ooo
Wolhynif. .
I 076427
1 II 0000
I 464ooo
Jckatcrinojlaw
• 54io5o
55pooo
761000
( 253 )
exemple porté à 397000 âmes la populalion du grand-
duché dcMccklenbourg-Schwcrin, parce que, d'après
Gouvernemens.
Selon la 5 e\ Selon le
réfision. 1 tableau.
Selon M. Ilassel pour
l'ajinée iS^o.
jArchangel. .
Tiila.
Woroncscli
'l'wcr.
Orel. ...
Tambow
Slobodsk-L'kraine.
Pc-nsa.
Winctka. . . ,
Asliaclian.
Orcnboiirg. ,
9349 'i!l
I o2Jo88
6 7808
75040:"»
900787
139153
• 68tf568
200000
t O^JOOOO
I 3ooooo
t looono
I lÔOOOO
1 2.)oooo
f)10000
BCoooo
I 100000
190000
I 000000
310000 selon Cannabicli.
i looooo selon Cannabicli ,
1 43oooo
( 253ooo
I 2;roooo
1 591000
I 471000
i 0^5000
I 266000
383ooo selon Cannabkli.
t O_|:|O0O
III. Le recensement, ou comme on dit en Russie, la révhion nr
comprenant que les seuls habitanssujets à la capitation . pour avoir la
lolahlc (les habilans de l'empire à une épofrnc gnelconquc , il faut
ajouter a la somme donnée par la rcTision tontes celles fournies nar'les
classes exemptes , savoir : tous les militaires do terre et de mer tout le
cierge , tous les employés publics , toute la noblesse , toutes les person-
nes employées dans 1 instruction ou attachées à la cour et \ 1 acadé
mie des sciences, tous les négocians et toutes les familles de' ces dilTé
rentes classes j ensuite tontes les nations nomades et celles oui ne sont
que simplement tributaires ou vassales; enfui , il fantaionterà toute-»
ces sommes la population des pays agrégés à l'empire depuis la dernière
révision , et tout 1 evcLdant des naissance.^ sur les décès qui peut avoir
en lieu depuis le dernier recensement jusquù l'époque à laquelle on se
rapporte, bi on voulait faire ce calcul ea partant de la cinquième révi-
sion qm a eu lien depuis.793 jusquà!797, on trouverait pour la fin
de 1 année 1821 les résultats suivans •
Pour les personnes comprises dans les listes de la révision
3j iCl>36(j, on en nombres lond^. ....
Pour les personnes qui n'y sont pas comprises ....
Ponr la l'inlande ci-devant Suédoise
Pour le district de Bialyslock cédé par la Prusse en 1807.'
Pour le nonvcan pjouvcrncmenl de Cessaralic réuni en x8i2
Pour le reslaiil du grand-dmho de Varsovie , qui forme ac-
tui-IIcmtiil le royaume de P.ilo<;ue .acquisition lait-- en i8t4,
et qui , d'après un recensement qui cul lien en 1820 , con-
tenait 3 45872S , ou en cliillVcs ronds
Pour les peuples seulement vassaux: ou tiibulairesde l'empire,
savoir pour les Kirgis de la p-til.- borde cl de la moyenne,'
et pour ceux de la f;raniic qui viennent du vcconnaitre la
souzinaïuutc de l'empereur Alexandre.
Pour les nalitias de la He^'ion du Caucase dont une partie
lorniciil des gouvcrnemcns créés depuis la cinquième révi-
sion , et dont la population totale peut selevor à
Pour l'excédant des iiais'Jances sur les décès de tout rempirc
depuis le commcntement de 1796 jusqu'au 3l décembre
1*21 , cvalue seulement à 4oooûo individus par au.
Total. . ~r
'ij i(ï5ooo
" 100000 ?
I 000000
200000
280000?
43900
4joooo?
10 4ooooo
54 53dco3
( ^54)
les docuniens officiels publiés de[)uis quelques années
par le savant conseiller Rudolff dans son almanacli, qui
Cette somme est bien loin d'ctre exagérée , puisque les seules classes
non comprises dans la cinquième révision devaient alors monter an
moins à 2 5ooooo , et ne peuvent pas être estimées actuellement à
moins de 3 5ooooo. Il fant aussi renjarq\ier que la cinquième révision
ayant eu lieu depuis 1798 jusqu'à l'année 1796 tout entière, on na
fas compté, dans l'évaluation de l'excédant des naissances sur les décès,
accroissement que la population a laite pondant ces trois années ,
accroissement qui, tout bien calculé, pourrait bien s'élever à un mil-
lion. Nous avons aussi négligé de porter dans noire calcul les nombreux
colons qui , dans ce long intervalle des 29 dernières années , ont reflué
de presque tous les pays de l'Europe pour aller s'établir en Russie, et
qui doi\ ent monter à plusieurs milliers. En6n nous ferons observer que
l'augmentation annuelle de 400000 âmes que- nous avons accordée à
cet empire est sûrement beaucoup au-dessous de celle qui a réellement
lieu , puisque la seule église russe , à laquelle se rapportent les listes
des naissances, des décès et des mariages , que l'on publie annuelle-
ment , et dont nous avons donné, à la page 196 du i"^' volume,
l'excédant annuel des naissances sur les décès , présente un accroisse-
ment moyen aunuel de 47'ooo âmes. Quelque imparfaites que l'on
veuille supposer les listes des décès , on ne pourra jamais év.duer les
omissions à plus d'un sixième , de manière qu'il existerait toujours un
excédant d'environ 4'7-^'^o > auquel il faudait ajouter celui que
doivent fournir les habitans professant d'autres religions , qui for-
ment environ le quart de lapopidation totale de l'empire. Nous sommes
même persuadé que la population de la Russie doit augmenter de plus
d'un demi-million par an , puisque nous voyons qu'elle augmente dans
une proportion encore plus rapide dans lesMonarcbies Prussienne et
Anglaise, qui se trouvent dans des circonstances moins favorables
pour son accroissement. (/^oyes aux pages 196 — 197 du premier volume.)
En eit'et la Monarcliic Prussienne, selon VÉuropens Monarcliische und
Ilepublihnnische Staaten, etc. de M. Ockhart, en 1801 , avec une po-
pulation d'environ 8 800000 âmes, avait eu un excédant de loSooo nais-
sances sur les décès, et en 1802 de 164000. Selon les listes oliiciellcs cet
excédant en 1817 sur une population de lo 536571 habitans a été de
147547 , et en 1820 , sur une population d'environ 1 1 millions , il s'est
élevé à 187609. La Grande-Bretagne , où la population est si concen-
trée , où les vivres sont si chers et où l'on compte plus d'un million et
demi de pauvres, offre de 1801 à 181 r, sur une population d'environ i3
millions , un excédant annuel moyen de 98000 naissances , et de iSi i
à 189, 1 , sur une population d'environ i3 millions et demi , un
excédant annuel moyen de 126000 naissances.
IV. Il nous semble qu'après tout ce que nous venons de dire, il est
tout simple d'en conclure que, tant qu'on n'aura pas démontré par des
argumens sans réplique que les faits présentés par les- listes annuelles de
la Russie sont controuvés et tout-à-fait opposés à ceux qu'offrent
celles des autres pays de l'Europe, avec lesquelles cependant ils s'accor-
dent parfaitement, ou que l'on n'ait trouvé une cause quelconque
assez puissante pt'ur faire disparaître 3 à 400000 individus par an , otï
( 255 )
peut servir de modèle pour la rédaction de ces sortes
d'ouvrages , on ne saurait plus évaluer à 358ooo âmes
la population de cet Etat, comme nous l'avons fait
dans nos différens ouvrages , suivant en cela les éva-
luations des plus grands géographes allemands. Quoi-
que le savant réJaclcur de V Allgemelne Literatur-
ZczYz/7Z^ reproche conmie une fliute à M.Fredau d'avoir
donné dans son Tableau de l'Europe en 1819 à la
Monarchie Suédoise 35254oo habitans, parce que la
Suède, eu 18 15, n'en avait que 2 465o66 et la Nor-
Avége 910000, ce qui forme un total de 5 SySoGô ha-
bitans, nous n'avons pas hésité à porter dans notre
tableau la population de cet Etat à 5 55oooo amcs ,
parce que nous savons que la Suède, dès l'année 1818 ,
comptait déjà 2 5455 12 habitans ; parce que nous
savons que la population de ces deux royaumes unis
augmente annuellement d'environ 5oooo amesj parce
que nous savons d'une source officielle que , depuis la
réunion de la Norwége , cette monarchie avait aug-
menté sa population de 200000 âmes. Les listes offi-
cielles des naissances, mariages et morts du royaume
de Hanovre depuis 181 4 jusqu'à 1822 , par le grand
excédant des naissances sur les décès qu'elles offrent
annuellement, ne permettent pas d'évaluer au-dessous
de 1 38oooo la population de cet Etat auquel tous
les géographes s'accordent à ne donner que 1 5o5ooo
habitans, d'après les calculs faits en i8i4 et la décla-
ration donnée à la diète par le gouvernement respectif.
Pour convaincre nos lecteurs de l'exactitude de notre
évaluation, quelque grande que soit la* différence exi-
stante entre elle et l'évaluation officielle, nous leur cite-
rons l'exemple du grand-duché de Hesse-Darmstadt,
qui ne déclara en i8ig qu'une population de 6ig5oo
habitans, tandis que les listes du recensement faites
ne pourra jamais raisonnablement admettre que l'Empire Riis^e ait à
l'époque acluelle moins de 54 millions d'habitana , nialp;rc toute l'au-
then licite des tableau? olliciels ou semi-officiel s quel'on pourrait alléguer.
( 256 )
anléiieviremcnl cl publiées en 1 8 i61c portalcnlàGSy 109
âmes. Le i;rand-ducbc de Mecldciibouriî-Scliwerin
ne déclara de même que 558ooo âmes , tandis qu'il en
avait plus de Syoooo. Nous pourrions citer beaucoup
d'autresexcmplcsrélalirsàlaConfédéraiionGcrmanique
et à celle de la Suisse, mais cela exigerait des rccbcrcbes
auxquelles nous ne pouvons pas nous livrer à présent. La
o-uerre terminée si glorieusement par le marquis d'Has-
tings dans l'Inde^ayant dissout la puissante confédération
des Maratcs, toute la Péninsule Lidienne, depuis le cap
Comorin jusqu'à l'Hymmalaia et depuis Guzerate jus-
qu'aux confins du royaume d'Assam, est passée sous la
domination immédiate ou médiate des Anglais. Les
États des Seiks et les possessions du royaume de Ca-
boul dans l'Inde sont les seules contrées de cette vaste
région qui ne reconnaissent pas leur suzeraineté. Nous
avons , en conséquence de ce que nous avons dit à la
pa^e 226 en pariant des pays qui forment la Monar-
cbie Portugaise , évalué la surface et la population des
possessions anglaises en Asie d'après ces imporlans
cbangeraens. La belle description de Java, publiée
par M. Rallies qui en a été le gouverneur , nous a
aussi obligé à donner aux possessions des Hollan-
dais dans l'Océanie un nombre d'babitans presque
double do celui qu'on leur accorde ordinairement.
Dans l'Amérique Française, au contraire, nous n'a-
vons pas compris la partie de Siànt-Domingue, quoi-
(iu'elle soit encore nominalement sujette à la France,
parce que , fonnant depuis long-temps un Etat indé-
pendant et organisé , auquel les derniers événemens
viennent de donner une nouvelle consistance , on peut
la considérer comme défmitivement séparée de cette
monarcbie. Bien que plusieurs des colonies espagnoles
se trouvent dans le même cas vis-à-vis de l'Espagne ,
nous les avons encore comjtriscs dans les appartenances
politiques de ceUc jouissance , en attendant l'organisa-
tion définitive que se donneront ces belles régions, qui
( 257 )
paraissent deslinécs à jouer un rôle important parmi
les nations modernes. Nous avons accordé 3 millions
«l'habilans à l'Océanic espagnole, parce que, sachant
que la partie des Philippines soumise aux Espagnols a
augmenté sa population , dans l'espace de dix-huit
ans (de 1792 à 1810), de 865728 habitans, et ap-
prenant par l'ouvrage de M. Tomas Cojnin que la po-
pulation était de 2 626406 âmes en 1810, nous avofts
cru qu'il fallait au moins la porter à Tépoque actuelle
à la somme susmentionnée. Dans l'évaluation du nom-
bre d'habitans des plus grands Etats du globe , nous
n'avons jamais compté les tribus sauvages ou demi-
civilisées qui conservent encore Jeur indépendance,
quoique dans celle de leurs surfaces nous ayons tou--
jours compris le sol sur lequel elles demeurent, par
les raisons que nous avons données ailleurs. Nous
<!royons inutile d'avertir nos lecteurs qu'on ne peut ti-
rer aucune conséquence des faits présentés par le Ih
tableau de la population relative , lorsqu'ils se rappor-
tent à de très-petits Etats, tels que ceux qui comptent
moins d un million d'habitans. En effet , que pourrait-
on inférer de voir dans notre tableau que la popula-
tion relative de la république de Hambourg est de
i355 habitans parmille carre', que celle deBremen est
de 960, tandis que celle de la France n'est que de
i8i , et celle de l'empire d'Autriche de 147 ? Si l'on
décrit sur une carte un cercle de 6 lieues de rayon
autour de chaque grande ville de l'Europe et autour
des capitales de tous ces petits Etats, on trouvera que
la population relative des surfaces , dont ces grandes
villes sont les centres , non-seulement est égale à celle
de tous ces Etats de petite étendue , mais que bien
souvent elle leur est de beaucoup supérieiu-e.
Nous avons tiré de la seconde édition de notre
Compendio dl gsografia universale presque toutes les
évaluations qui se trouvent dans les tableaux de la po-
pulation des principales villes de chaque Etat. Nous
II. I-
.
( 258 )
prions nos lecteurs do vouloir bien lire la dissertation
sur la population de l'Ein^ope, où nous avons signalé
les sources des principales variantes que l'on trouve
dans les meilleurs traités de géographie."
Dans la population des capitales des Etats et dans
celle des grandes villes , nous avons toujours compris
les militaires qui y sont stationnés et les étudians des
universités. Nous croyons important de rappeler à l'at-
tention de nos lecteurs que bien que dans les meilleu-
res gëo,"rapliies on ait adopté les nouvelles évaluations
relatives à la population absolue des différens Etats , .
nous y avons presque partout trouvé celles des villes
calculées sur d'anciens reccnsemens , et par conséquent
inférieures à leur population actuelle. C'est ainsi que
dans la description de l'empire d'Autriche le nombre
des babilans des villes de la Hongrie est celui donné
par le reccnsemenl de i8o5, et la population des
villes de la Bohème et de la Moravie est celle trouvée
dans les énumérations de î8ii et de 1804. Pres,que
toutes les villes de l'Empire Russe sont dans le même
cas , ainsi que toules celles de la France , à l'exception
de Paris , que nous avons tirées de l'Annuaire pour
l'an 1822, où presque toutes les populations qui v
sont indiquées sont identiques à celles trouvées dans le
recensement de 1806 , depuis lequel la population s'est
considérablement accrue , surtout celle de Lyon , de
Rouen, du Havre, dcBordeaux, de Marseille , et d'au-
tres villes et ports de commerce. La plupart des popula-
tions des villes delà Monarchie Prussienne de notre ta-
bleau sont de l'année 1 817, elles militaires y sont tou-
jours compris, de même que dans celles de tous les
autres Etals de la Confédération G ermaniquc.lNous re-
grettons beaucoup de n'avoir pas le loisir d'entre-
prendre ce travail important sur la population des villes
de tous les Etats de l'Europe , pour en donner les résul-
tats dans notre tableau. Ce travail serait. d'autant plus
intéressant qu'il n'a encore été exécuté par aucun géo-
(^59)
graphe. Nous pouvons cependant assurer à nos lecteurs
que nos évaluations présentent ce que l'on avait de
plus certain en 1819. Comme nous y avons ajouté la
population de quelques autres villes , d'après des ren-
seignemens qui nous ont été fournis depuis celte épo-
que , nous nous flattons d'offrir dans notre tableau _,
quelle que soit son imperfection dont nous venons
d'indiquer les causes , tout ce que l'on a de moins
inexact aujourd'hui sur ce sujet.
PREMIERE SERIE.
TABLEAUX COMPARATIFS DE LA 110>AnCHIE PORTUGAISE AVEC LES PLTJÏ
GRA>DS ÉTATS DU GLOBE SOUS LE TRIPLE RAPPORT DE LA SURFACr:, DIS
LA POPULATION ABSOLUE ET DE LA POPULATION RELATIVE.
I. Tableau de la surface.
I. Empire Rnsse 6 175000 milles carrés.
3. Monarchie Espagnole 4 léSoco
3. Empire Chinois ... ...... 4 120000
4. Monarchie Anglaise 3 ûJoooo
5. JMONARCHIE PoRTCGAlSB . . 2 757OOO
6. Elats-Unis d'Amérique. 2 l^fooo
7. Monarchie Danoise avec le Groenland . . . 716000
S. Empire Otloman. 682000
g. Royaume de Perse 58oooo
10. Royaume de Cnboul. 55oooo
11. Dschagataï ou Kanat deBocbaraavecTaschkent.etc. Sooooo
12. Monarcliie Suédoise 256o4t4
l5. Empire Birman 210000
14. Monarchie Française 204700
15. Empire d'An-Nam. 2o3ooo
a6. Empire d'Autriche 197000
17. Monarchie des Pays-Bas. zooooo
18. Empire de Maroc , sans le désert de Sahara. . 162000
19. Royaume de Siam. lôoooo
20. Belochistan i3ooon
21. Empire du Japon. 92000
II. Tableau de la population absolue.
1. Empire Chinois 170 000000 habltani.
2. Monarchie Anglaise. 109 oooooo
5. Empire Russe Ôt oooooo
4. Monarchie Française. 3i oooooo
5. Monarchie Espagnole 3o 44oooo
6. Empire d'Autriche. ag oooooo
7: Empire Ottoman 20 5oû<'00
8. Empire du Japon. 17 oooooo
9. Monarchie des Pays-Bas l4 oooooo
lo. Empire d'An-Nam \'A oooooo
II. Etats-Unis d'Amérique 11 oooooo
12. Monarchie Pouicgame 9 looooo
13. Empire Birman. 9 oooooo
i4. Royaume de Perse. 8 oooooo
( 26o )
l4. Royannie du Caboul 8 oonooo Iiaqitans ■
i5. Fir.pire du Maroc sans le Sahara. 5 oooooo
16. Royaume de Siam ,4 oooooo
17. Monarchie Suédoise. 3 558ooo
18. Dsrhagataï .3 oooooo
Bclochistan 3 Oooooo
19. Monarchie Danoise avec le Groenland. i 8t3ooo
III. Tableau de la population fclalit^e.
I. Empire du Japon i85 liabitans par
3. Monarchie Française. j5i niille carré.
3. Empire d'Autriche l47
4. Monarchie des Fays-Bas. 74
5. Empire d'An-Nam Sg
6. Empire Birman. /\5
7. Empire Chinois 4i
8. Empire Ottoman. 3?
o. Empire de IVîaroc sans le Saliara 33
Monarchie Anglaise. . 33
10. Eoyaume de Siam . 27
11. Bclochistan. 24
12. Royaume de Caboul 23
13. Royaume de Perse. 21
i4. Monarchie Suédoise i4
i5. Dschagataï 10
lU. Empire Russe 9
17. Monarchie Espagnole. 7
i8. Etats-Unis d'Amérique 5
l9.Moi.iARcnir. PonrucAiSE. •■>
20. Monarchie Danoise aveclfc Groenland 3
DEUXIEME SERIE.
TABLEAUX COMPARATIFS DU r.OYAUME DE PORTUGAL ET ALGARVE AVEC TOUS
LES ÉTATS DE l'euROPE SOUS LE RAPPORT DE l'ÉiEKDUE , DE LA POPU-
LATION ABSOLUE, DE LA POPULATION RELATIVE , DES REVENUS , DE LA
DETTE PUBLIQUE, DES FORCES DE TERRE ET DES FORCES DE MER.
I. Tableau de la siaface.
i. Empire Russe avec le royaume de Pologne, i SaSooo milles carrés.
a. Monarchie Suédoise. 2.^16000
* » 3. Empire d'Autriche , 197000
4. Empire Ottoman 167000
5. Monarchie Française 16.^000
6. Monarchie Espagnole. i43ooo
7. M. Anglaise avec Malte,Gihraltar,Hcligoland, 8S0000
* * 8. Monarchie Prussienne. 80000
9. Royaume des Deux-Siciles Sa^oo
10. Monarchie PoRTDOAisB sans les Açores. 2855o
* II. Royaume de Bavic>rc 22ooo
12. Royaunjo Sarde. 210C2
♦ * l3. Monarchie des Pays-Bas 17000
* * lij. IVlonarcliic Danoise. i58oo
Î.5. Confédération Suisse l36oo
iC, Etat du Pape. l3ooo
* 1-7. Royaume de .Hanovre ' . . Il5oo
18. Grand-Duché de Toscane. 6128
♦ Tous les États précédés d'un astérîque forment partie de la Confédératiou
Germanique ; ceux qui sont précédés de deux aslériques n'ont que quelques-unes de
leurs province^ qui forment partie de ce grand corps politique.
( 26l )
^ig. Royaume de Saxe 5700 inilles cmcés.
*2o. Royaume de Wurtemberg. 557o
•21. Graud-Duihé de Uaden 436o
*39. Grand-Uuché de Alecklenbourg-Schwerin. 3584
* 23. Hesse Electorale 32oo
* 2^. Graud-Uuché de Hesse. 2720
*25. Grand-Duclié de Holstcin Oldenbourg. . . . l852
*26. Duché de Nassau. 1^)08
ST. Duclic de Parme 1600
28. Duché de Modène. l48o
* 29. Duché de Brunswick. ........ ii46
*3o. Grand-Duché de Saxe-Weimar. xo56
*3l. Duclié de Saxe-Golha 876
32. Etats-Unis des Iles Ioniennes. 704
*33. Grand-Duché de Mecklenbourg-Strelitz. . . .58g
*34. Duché de Saxe-Cohourg-Saali'rld. 4l6
* 55. Principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt. . . 353
3lî. République de Cracovie. 352
* 37. Principauté de Waldeck 348
*38. Princ. de Reuss-Sclileitz arec ses dillérentes branches. 3^4
*39. Principauté de Lippe-Delmold. 3JS
Ao. Duché de Lucques . 32o
*m. Principauté de HobeiizollemSigmaringeri 3oA
* 42. Principauté de Sclnvarr.biiurg-Sondershausen . 3o4
* 'i5. Duché de Saxe-Meinungen. 291
*^4' Duché d'Anhalt-Dessau 272
*ib. Duché d'.'^nhalt-Bernbourg. 256
"'46. Duché d'Anhalt-Koethen 24o
*47- Duché de Saxe-HUbujghausen. 176
*^8. Principauté de Lippe-Schauenbourg. . . . 160
*49. Principauté de Reuss-Greitz. H2
* 5o. République de Liibeck 104
*5i. République de Hambourg. g6
*52. Landgraviat do Hesse-Hombour.'j 90
* 53. Principauté de Hohenzollern-Hechlngcn. 88
54. Duché de Massa 71
*55. République de Francfort. 6^
*56. République do Bremen 5o
*57. Principauté de Liechtenstein. 4o
58. République de Saint- .Marin 17
II. Tableau de la population absolue.
1. Empire Russe 4^ 000000 habitans.
2. Monarchie l'rançaise. 3o 4G5ooo
3. r.mpire d'Autriche 29 000000
4. Monarchie Anglaise. 21 55oooo
5. Monarchie Espagnole 1 1 242000
6. Monarchie Prussienne. il 000000
7. Empire Ottoman 9 5ooooo
8. Royaume des Deu.x-Siciles. (i 800000
9. Monarchie des Pays-Bas 5 400000
10. Royaume Sarde. 3 <i8oooo
11. Royaume do Bavière 3 700000
13. Monarchie Suédoise. 3 55oooo
i3. Monarchie PoRTucAisr. sans les Açorcs. 3 173000
14. Etat du Pape. a o55çoo
i5. Confédération Suisse 1 84oooo
16. Monarchie Danoise. 1 690000
17. Royaume de Wurtemberg 1 4ooooo
18. Royaume de Hanovre. l 38oooo
19. Royaume de Saxe. ......... i 25oo0o
ao. Grand-Duché Qe Toscane. 1 182000
21. Graud-Dnché de Baden i 020000
( 262 )
22. Grand-Duclié de Hcssc. 637000 babUan».
23. Hesse Electorale 568ooo
24. Granil-Duché de Meclclenbourg-Schwcrin. . 397000
25. nuclic de l'arme. 090000
26. Duché de Modène. Sïbooo
27. Duché' de Nassau 3o2ooo
28. Grand-Duché de Holslcin-OIdenbourg. . . 220000
29. Iles- Ioniennes. 216000
30. Duché de Brunswick 210000
."1. Grand-Duché de Wcimar. 200000
32.' Duché de Saxc-Golha Ï90000
33. Duché de Lucqucs. l_38ooo
54. République de Hambourg iSoooo
35. République de Cracovie. 96000
36. Duché de Saxe-Cobourg-Saalfelii. . . 88000
S7. Graud-Duché de Mecklenbourg-Streliu. 78000
38. Principauté de Lippe-Detmold 7'.îooo
39. République de Fraucfort. 60000
An. Duché de Saxe-Meinungen." 56ooo
4i. Principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt. 55ooo
Principauté de Reuss-Sckleitz avec ses branches. j5ooo
4 2. Duché d'Anbalt-Dc-ssau. 54ooo
45. Principauté de Waldcck Ôaoon
44. République de Bremcn. 4Sooo
"if). Principauté de Schwarzbourg-Sondcrshausen. 45ooo
46. République de Lubeck. 44ooo
47. Principauté de Hohenzollern-Sigmaringen. . Sgooo
-iS. Duché d'Anhaît-Bernbourg 35ooo
49. Duché de Saxe-Hildbourghausen .... 33ooo
50. Duché d'Anhalt-Koelhen. Soooo
5t. Duché de Massa 27000
62. Principauté de Lippe-Schauenbourg. 21000
Principanlé de Reuss-Greitz. 22000
53. Landgraviat de Hesse-IIombourg. . . . 17000
n4. Principauté de Hohenzo-llera-Hechingen. l4ooo
55. République de Saint-Marin 7°°°
56. Principauté de Liechtenstein. 55oo
III. Tableau de la population relative.
I.- République de Hambourg i355 habîtanspar
3." République de Bremen 960 mille carré.
3. République de Francfort 9^*
^. République de Saint-Marin. __ 47t
6. Duché de Lueques T • 45i
6. République de Lubeck. ^^3
7. Duché de Massa. . . '. 38o
8. Monarchie des Pays-Ras. 324
Q. Etats-Unis des Iles Ioniennes 007
10. République de Cracovie. 273
n. Royaume de Wiirlemberg ...... aSt
12. Duché de Parme. 244
13. Monarchie Anglaise. 2^3
14. Duché de Modène 2û5
15. Grand-Duclié de liesse. 234
16. Grand-Duché de Baden 23o
17. Royaume de Saxe. 319
18. Duché de Saxe-Gotha 2l6
19. Principauté de Lippe-Dctraold. 2l4
20. Duché de'Saxe-Cobourg-Saalfeld .... SU
21. Royaume des Deux-Siciles. alO
22. Duché d'Anhalt-Dessau '. . «98
aô. Principauté de Rcuss-Greitz. ^9^
2i. Grand-Duché de Toscane . . ; . . • 19*
( 2G3 ) .
a."». Duclié de Saxe-Mcinungcn ....;; iqj IjnMtanspar
a6. Landgrnviat de Hesse-Honibourg iHçj iiiilU cmrà.
Duché de Nassau 189
27. Grand-Duché de Saxe-'Weiinar 1 8S
Diiclio de Saxo-IIildbourghauS'*n .... 18.S
58. Royaume Sarde. iff
ag. Dnché de Brunswick 18.Î
3o. Ktat du Pape. 181
Monarchie Française. . 181
."ïr. Hesse-Eleclorale - 177
.^■!. Royaume de Bavière ifiS
33. Princip. de Reuss-Sc)ileil): av-fc ses hranches. J Go
34. Principauté de Hohenzollcrn-IIechinp;en. . i5ç)
.".T. Principauté Je Scliwarzbourg-Uudolfladt. l56
36 Principauté de Schwarzbourg-.Sonder.shausen. l5i
37. Principauté de Waldcck. Hg
58. Kmpire d'Autriche l47
59. Principauté de l.ippe-Scliauenbnurg. lA^
4o. Principauté do Liechlen.«tein l37
Duché d' Anhalt-Bcrnbourg. iSy
Monarchie Prussienne. i37
4i. Confédération Suisse l35
/('• Grand-Duclié do IMccklcnhourg-Strelit/.. i34
43.. Principauté de Holienzollern-Siginaringen. . 128
A^. Duché d'.Vnhalt-Kocthen. 125
45. Grand-Duclié de Holstein-Oldenhourg . . 120
Royaume de Hanovre. 120
■46. MoHAncnii: Poutigaisi;, sans les .Açores. . 116
47. Grand-Duché de Mecklenbourg-Schwerin . iio
^8. Monarchie Danoise. lo-j
4g. Monarchie Espagnole. 78
5o. Empire Ottoman ^7
5i. Empire Russe. 32
5». Mouarchie Suédoise, i4
IF". Tableau des retenus.
1. Monarchie Anglaise 1488 000000 fritnca.
2. Empire Russe. lo4o 000000
3. Monarchie Française 992 000000
4. Empire d' -Autriche. 5oo 000000
5. Empire Ottoman 'joo 000000
6. Monarciiie Prussienne. igo 000000
7. Monarchie des Pays-Bas . . 170 000000
8. Monarchie Espagnole. l65 oquooo
9. Royaume de Bavière 88 000000
To. Royaume des Deux-Siciles. 80 000000
11. Royaume Sarde . . 5o 000000
12. Monarchie Portugaise. * 45 000000
13. Monarchie Suédoise. Sj 000000
i4. Etat du Pape. . . . ', 32 000000
15. Monarchie Danoise. 3i 000000
16. Royaume de Hanovre 28 000000
17. Royaume de Wurtemberg. 25 000000
Royaume de Saxe 25 000000
18. Grand-Duché de Baden. o5 700000
19. Grand-Duché de Hesse. . l5 000000
20. Grand-Duché de Toscane. i4 000000
31. liesse Electorale l3 000000
32. Duché de Bruns'wick. 5 100000
a3. Uépubliiue de Hambourg 5 000000
Suis les Açores et saas comprendre une grande partie dts Tiais de perception.
( 264 )
9.3. Crand-Ducbé de Mecklfiilioiui; -Scliwt-rin. 5 oooooo fraiics
ai. Duché de Parme. /( fiooooo
20. Giand-Durho de Saxp- AVoiniar .... 4 oooooo
Uuclié de Nassau. 4 oooooo
Principauté ds Licclilenatein. . . , . . 4 oooooo
26. Duché de Saxe-Gnlha. 3 84oooo
!i;. Grand-Duché de Holstejn-Oldcnjjourg . . S .'iooooo
28. Duché de Modcnc. 3 35oooo
5g. Etats-Unis dr-s Iles Ionienne^ 3 oooooo
3o. Duché' de Lucqucs 2 Sooooo
5l. République de Francfort. 2 oSoooo
3i. Duché de Anhalt-Dcssau 1 820000
o3. République de Liibeck. 1 5o(iooo
Duché de Saxe-Cobourg-Saalfeld x Sooooo
34/ Grand-Duché de Wecklenbourg-SUelitz. 1 3ooooo
35. République de Breuicn 1 300000
Principauté de Lippe-Delmold. I 2oonoo
36. Duché de Anhalt-Bernbourg 1 «ioooo
37. Priucipauté dcRcuss-Schleitz, avec ses ditF.-brânc. 1 looooo
5S. Principauté de Waldcck I oooooo
Sg. Duché de Saxe-Mcinungen. 900000
4o. Principauté de Schwarzbourç-Simdershausen. 85oooo
4i. Duché de Aiihalt-Koethcn. 820000
43. Re'publique de Cracovie 770000
43. Principauté de Hoheuzolkrn- Sigmaringen. 760000
'14. Principauté de Schwavzbourg - Rudolstadt. 700000
Duché de Massa. '700000
45. Principauté' de Lippe-Scliaucn bourg. . . . 58oooo
te. LandgraviatdeHesse-Honibourg. 5ooooo
Duché de Saxe-Hildbourghausen Oooooo
47. Confédéralion Suisse. 4ooooo
ÙS. Principauté do Reuss-Grcilz. . . . . . 333ooo
4g. Principauté de lîohenzoUcrn - Hechingcn. 2o5ooo
50. République do Saint-Marin. 77000
F. Tableau cU la dette publique.
j. Monarchie Anglaise. . • 20087 oooooo
2. Monarchie des Pays-Bas, 4l83 oooooo
."S. Empire Russe 4""° oooooo
4. Monarchie Espagnole. 384o oooouo
j. Monarchie Française. . 3767 oooooo
6. Empire d'Autriche. 26.^)0 oooooo
7. Monarchie Prussienne. . .' g5o oooooo
8. Royaume des Deux-Sjciles. 333 Oooooo
g. Empire Ottoman 3oo oooooo?
Monarchie Danoise. 3oo oooooo
10. Royauruc de Bavière 256 oooooo
11. Monarchie Portugaise. 24o oooooo
3 2. Royaume Sarde 180 ooosoo
i3. Grand-Duche' de Toscane. \l\o oooooo
i4. Royaume l'.e Saxo 108 oooooo
i5. République de Hambourg. g6 oooooo
16. l'oyaume de Hanovre. . 58 oooooo
17. Royaume de Wiirtembcrg. 56 oooooo
18. Etat du Pape 5o oooooo?
39. Grand-Duclié de Baden. 47 600000
•jii. Grand-Duché de Hesse ■ . 34 oooooo
;!i. Duché de Bninswick, 2IJ oooooo
22. Duché de Nassau i4 oooooo
2J. Grand-Duché de Mccklenboi:rg -Sclnvcrin. i3-oooooo
u4. Grai'.d-Duclié de Saxc-Vcimav. 10 oooooa
aa.
23.
=4
25.
26.
27.
28.
5o.
02.
55.
54.
35.
36.
37.
38.
39-
4o.
4l.
42.
•15.
44.
45
46.
47.
48.
( 265 )
République de Fiaiicfiirl
Kcpiiljliquc di; Lùbeck.
Uucliii de Parme
liesse Electorale.
Duché (le Sa.xc-Hildbonrgliausen. ....
Dnché du Modène.
Duché de Saxe- Cobourg-Saalfeld. . .
Confédération Suisse.
f^I. Tableau desjorces de terre.
Empire Russe
Empire Ottoman.
Empire d'Autriche.
Monarchie Française.
INIonarchie Prussienne
Monarchie Anglaise.
Monarchie Espagnole
Monarchie Portugaise.
Royaume de Bavière. (556oo)
Monarchie Suédoise.
Royaume Sarde
Monarchie des Pays-Bas.
Royaume des Deus-Siciles
Confédération Suisse,
Monarchie Danoise
Royaume de Hanovre. { l5o54)
Grand-Duché de Baden. ( 10000 ) . . . .
Royaume de Saxe. (12000)
Hesse Electorale. (54oo )
Etat du Pape.
Grand-Duché de Hesse- Darmstadt. ( 6195)
Royaume de Wurtemberg. (iSgSÔ)
Grand-Duché de Toscane
Grand-Duché de Mecklenbourg -Schwerin.
Duché de Nassau.
Duché de Parme
Duché de Modène.
Grand-Duché de Holstein-Oldenbourg .
Duché de Brunswick.
Grand-Duché de Saxe-Weimar
Duché de Saxe-Gotha.
République de Hambourg
Duché de Lucqucs.
République de Cr>i<?ovie
Duché de SaxeCobourg-SaaIfeld.
Grand-Duché de Mccklenbourg-Strelitz. . .
Principauté de Lippe-Delmold.
Duché de Saxe-Meinuugen
Principauté de Schwarzbourg -Rudolstadt.
Duché de AnhaU-Dc>sau.
Principauté de Reuss-Schleitz, avec ses branches.
Principauté de Waldeck
République de Bremen.
République de Francfort ; .
Principauté de Schwarzbourg-Sondershausen.
République de Liibcck.
Duché de Auhalt-Bcrnhourg
Principauté de Hohenzollcrn - Sigmaringen.
Duché de Anhalt-Koethen.
Duché do Saxc-Hildbourghausen. ....
Principauté de Lippe-Schauenbourg.
Principauté do Reuss - Greilz
lo 000000 hi
i(> cooooo
9 000000
6 5ooooo
6 000000
6 oocooo
4 000000
3 118000
800000 hommes.
390000
Sooooo
25o003
i58ooo
112000
96000
60000
58ooo
52000
5oooo
5oooo
46000?
33ùoo
27000
16000
12000
1 1000
10000
qooo
8000
7000
6000
358o
8028
25oo
25oo
2178
Qog6
2010
18.57
1298
i4oo
800
Soo
718
«91
544
539
529
523
519
485
■^79
45i
407
870
356
325
297
24o
223
( 2G6 )
Landgraviat Je Hesse-Hombourg.
Duché lie Massa
Principauté de Ilolienzollern-Sigmaringen
République do Saint-Marin.
Principauté de Liechtenstein
J^II. Tableau des forces de mer.
J^aiss. de lii^ne.
Monarchie Anglaise 220 .
Empire Russe. JO
Monarchie Française 48 .
Monarchie des Pajs-Bas. 17
F'mpire Ottoman l4 ?
Monarchie Suédoise. 12
Monarchie Espagnole G .
Empire d'Aulriche. 7
MoNAREHiE Portugaise ^ •
Monarchie Danoise. 4
Royaume des Deux- Siciles 4 .
Koyaoïne Sarde. 3
3no îioniinef.
160
145
100
55
Frégates.
. i5S
48
. 3i
TRO ISIEMË SER I E.
TABLEAUX COMPARATirS DE LA POPULATION DES PRI^C1PALES VILLES
DU r.oyAuwE de Portugal et d'alcarve avec celles d'égale po-
pulation DANS tous les AUTRES ETATS DE l'eUROPE.
I. Tableau de. la Monarchie Portugaise.
1. Lisbonne 260000 babitans.
a. Porto. 70000
3. Braga. , 16000
4. Selubal. lôooo
5. Coimhra l5ooo
6. Elvas (dont environ 5ooo militaires) i5ooo
II. Tableau de la Monarchie Espai^nole.
T. Madrid 168000
3. Valence. l5oooo
3. Barcelonne I2oooû ?
4. Séville. 90000
5. Grenade tioooo
6. Cadix. 55ooo ?
7. Malaga 5oooo
8. Isla de Eeon. 4"ooa
9. Cordoue • 35ooo
10. Murcie. 34ooo
11. Sarragosse. ...... 33ooo7
12. Reus. Soooo
13. Palraa 3oooo
14. Valladolid. Soboo
15. Carthagène s.qooo
î6. Jaen. aSooo
17. Ecija 28000
18. Tolède. 35ooo
ig. Mataro zSooo
20. Compostella aSooo
21. Orihucla 21000
22. Elcbe 20000
23. Ferrol ..;..'... 20000
24. Alicante. 17000
25. Lerida • • 17000
( :2G7 )
a6. Velcz-Malaga. ifooo habitans.
27. Giiadalaxara. , l()ooo
28. Piierto-Saata-Maria. 16000
29. Salamanca i5ooo
30. Bilbao. l5ooo
31. Badajoz l5ooo
32. Anteijuera , . l5ooo
53. Olot. I.^ooo
3^. Snn-Lucar de Barrameda. . i5ooo
35. Alcoy. lûooo
III. Tableau de la Monarchie Française.
I. Paris 714000
a. Marseille. I02000
3. Lyon. looooo
/J. Bordeaux. 92000
5. Rouen.. ..,..:. 81000
0. Nantes -j^tooo
7. Lille. ........ 600 jo
8. Strasbourg. 5oooo
9. Toulouse . 48000
10. Orléans. 42ooo
11. Metz 4 1000
12. Amiens. 3gooo
13. Nimes 39000
14. Caen. 06000
ï-l. Montpellier 33c 00
16. Reims. 3oooo
17. Clerraont. , , ", ~, , . Soooo
18. Nancy. 3oooo
Tf). Toulon r . . 7 3oooo
20. Angers. 29000
21. Renues. . . 1 r , , Z 2;)00o
22. Besançon. 28000
28. Aix. , . , 27000
24. Troyes. 27000
25. Versailles.- 26000
26. Dunkcrque 26000
27. Saint-Etienne \ 25ooo
28. Montauban. 25ooo
29. Brest.. • . 24ooo
30. Avignon. ' sdooo
3i. Dijon. ....... i 22000
32. Lorient. 22000
35. Poitiers '. . . . Z m . 21000
3^. Limoges. 2iooo
35. Tours. . î . . , , . ', 21000
36. Grenoble. 21000
S7. Le Havre. '. . . . T . 21000
38. Arles. 20000
Sg. Arras. '...., 'i , . 20000
40. Saint-Omcr. 20000
41. Dieppe. ..!.... 20000
i\i.. Douai. J9000
45. Valenciennes. .'..'.'. 18000
44- Abbeville. j8ooo
' 45. Le Mans T . . 18000
46. La Rochellei 18000
47. Saint-Quentin . . ; . . 16000
48. Bourges. l6ooo
49. Laval. ... r ... . l5ooo
00. Niort. l5oo»
5i.
52.
53.
54.
IV.
3.
4.
5.
6.
9-
10.
( 268 )
Roclieforf ..,.,. i5ooo liabilaDS,
Aiigouléme. l5ooo
Carcassone ijooo
Castres. i5ooo
Tableau de lu inonarchle des Pays-Bas.
Amsterdam if)3ooo
Bruxelles. 80000
Gand 6<ooo
Anvers. 59000
Rotterdam Siooo
Liège. 46000
La Haie l^âooo
Utrecht. 35ooo
. Bruges 3iooo
. Leyden. 3looo
, Gronjngen 2S006
. Louvain. 25ooa
. Tournai 23ooo
, Malincs. ■20000
Harlem 20000
Mons. 20000
Dordrecht iç)ooo
. Maestricht 18000
Leuwarden. 17000
, Namur ifjooo
. Ipres. l5ooo
. Midddbourg. i5ooo
V. Tableau de la Motiarchie Prussienne.
Berlin igôooo
Breslau. 77000
Kœnigsljerg. 63ooo
Cologne avec Deuz. 55ooo
Dantzig , . . 53ooo
Magdebourg. 35ooo
Aix-la-Chapelle 3230o
Stettin. aSooo
Potsdam a4ooo
Posen, 25ooo
Halle avec Glaucha et Neumarkt. 22000
Diisseldorf. 20000
Klbing I9000
Munster. 17000
Erfurt 18000
Stialsund, 16000
Francfort sur l'Oder. . . . 16000
Coblenz avec Ehrcnbreitstein. ïfiooo
Elberfeld. l6ooo
Halberstadt . i5ooo
VI. Tableau de l'empire d'.-^utriche.
Vienne 280000
Milan. i34ooo
Venise io4ooo
, Prague. 86000
Lemberg. .;..... 5oooo
Vérone. ' 52ooo
. Padoue ^Soeo
. Pcst. 4^000
. Dcbreczin, . , . , , . . 42000
I Trieste. 4oono
( ^^9)
11. Bre3cia 38ouo LabUnns.
12. Graelz. ■34ooo
j3. Buda on Ofen 3oooo
l4. Kronstadt. Ôoooo
i5. Viccncc 2j>ooo
16. Thcresicnstadt. 28000
17. Briinn 28000
18. ftlantoue. 28000
19. Presbourg . 26000
20. Cremono. 26000
21. Bergamc 26000
21. Klausembourg. zSooo
23. Segedin . 25ooo
24. Kecskcmet. aiooo
25. Brody ziooo
26. Pavic. 23000
37. Linz 2oOon
28. Chiozza. 20000
23. Lodi 18000
3o. Zombor 18000
3i. Trevise. iSooo
5-2. Udine. 18000
33. Schemnitz : . 17000
34. Agram. 17000
35. Hcrmannstadt 16000
36. Erlan. 16000
07. Verschetz 16000
38. Côme. i5ooo
VII. Tableau du royaume de Bai'ière.
1. Munich 70000
2. .\ugsbourg. 32000
3. Nuremberg, Soooo
4. Ratisbonne. 21000
5. Wurzbourg 21000
6. Bamberg. 20000
VIII. Tableau des petits Etats de la Confédératicn Germanique.
1. Hambourg, j • 106000
a. Dresde. 56ooo
3. Francfort 4:^ooo
4. Brcmen. 38ooo
5. Leipzig 3âooo
6. B^uns^vick. 3oooo
7. Stuttgardt agooo
8. Mayence avec Zahlbacli. . . 28000
g. Liibeck. 26000
10. Hanovre avec Linden , etc. 26000
H. Cassel. 24ooo
la. Dannsladl. • • 20000
13. Manhcim 20000
1/}. Carlsrulic. 17000
i5. Rostock. . . . . . . ' , . i5ooo
IX. Tableau de la Confédération Suisse.
i. Genève ; 25ooo
2. Bàle. 16000
X. Tableau de la république de Cracoric.
i. Cracoyie 26000
( 27» )
XI. Tableau du Royaume Sarde,
a. Turin ', . . , 89000 haLitani.
3. Cènes. ytiooo
3. Cagli<iri. 1 ..... , ^uooo
4. Alexandrie. 3oooo
6. Sassari ; . . . 3oooo
6. IWondovi. 22000
7. Asti . . . '. l . . . . Î2100O
iJ. Savigliano, I9000
9. Nizza. . ^ . . • ^ 1' • • 18000
10. Cuneo. I7000
ai. Casale. ..'...,. Z 16000
aa. Vercelli. 16000
XII. Tableau du duché de Parme.
\. Parme. ..;..,.. 35ooo
2. Plaisance. aSooo
XIII. Tableau du duchéde 3Iodène.
1. Modène, ....'.». 27000
2. Reggio. 1800a
XIV. Tableau du duché de Lucques.
1. Lucques 230OO
XV. Tableau de l'État du Pape.
I. Rome l4oooo
a. Bologne. ô.moo
3. Pelouse .'..;.... 3oooO
i^. Anrcne. 3oooo
5. Fcrrare. ;..;.... 26000
6. Ravenne. 16000
7. Furli. . . ". 16000
8. Fano. i5ooo
XVI. Tableau du royaume des Deux-Siciles.
1, Niiples 34oooo
a. Païenne (avantlemassacre de 1821) l56ooo
3. îWcssine. . 46000
4. Catania . 46ooo
5. Trapani. a5ooa
6. Foggia. . ". ; 21 000
7. Caltagiroae. 20000
8. Modica. ....... T 20000
9. Bari. 19000
10. Barletta. ....... 1800O
11. S, Severo. I7000
12. Caltanisetta (avant le mass. de 1821) 16000
13. Girgenti. l5ooo
14. Castellamare. , . . ' . ïFiooo
15. LecceJ l5ooa
XVII. Tableau du grand-duché de Toscane.
1. Florence 80000
2- Livourne. 52ooo
3. Sien© • ^ . ". 52000
4. Pise. 2000c
XVIII. Tableau des Etats-unis des Iles Ioniennes.
I. Zante. ^ 17000
a. Coifou. lôooo
( 27- )
XIX. Tableau de V Empire Ottoman.
1. ConslantiQople. ..... 600000 babitant.
a. Andrini'ple. looooo
3. Snluniciii 90000
4. Bosna-Seraï 65ooo
5. Bucarest 60000
6. Sophie. fioooo
7. Jaiiitia ( avant la guerre). looooo
8. Ilulschuk. 3oooo
9. Schunila 3uOOO
ïo. Pliilipjjopoli. 3oooo
11. Seres , . 3oooo
11. Ibraila. 3oooo
l3. Jassy 3oooo
i4. Scio (avant le massacre de i8î9). 5oooo
l5. Warna 26000
ib". Widino . , qSooo
17. Scutari 24ooo
18. Silistria 24000
ig. Belgrade. 20000
2ii. Nicopoli 20000
21. Argyro-Castro. 20000
23. Zwornik 20000
25. I.arisse. aoooo?
24. Giurgcwo 18000
0.5. G.illipoli. 1700a
26. Rodosto 16000
27. Kirk-Kilissa 16000
28. Negroponte iGooo
29. Traunik. 16000
30. Prisrcndi 16000
3i. Bauyaliika. i5oo»
02. Hydra l5ooo?
35. Tripolizza (av. le mass. de 1821) i5ooo
34. Misitra. lôouo
XX. Tableau de VEnipire Russe.
1. Petersbourg oooooo
2. INloseou. 260000
3. Varsovie (en 1820) . . . io4ooo
4. Astrakan. 5oooo
5. Odessa ^looo
6. Kiovie. 40000
7- î^'ga : ^ooao
8. 'l'ula. 3oooo
9. Kerson 3oooo
loi, K.ronstadt. 3oooo
11. Beuiler 3oooo
12. Wilna. aSooo
^i. Kaluga 25ooo
14. Ismail. 24ooo?
15. Jaroslaw. . ...... 24000
16. Orembourg. 21000
17. Kiirsk . 20000
18. Orel. 20000
ig. Kasan. 20000
ao. Neschin. 16000
21. Mohilow. .... ... j6ooo
2a. Twer. ,5oog
25. Tscherkask i5ooo
34. Chotzim. i5ooo
XXI. Tableau de la Monarchie Suédoise.
i. Slockholm 79000
( '•7'- )
Q. Goleiiibourg. 22000 Iialjitoiis,
3. Bergen, i 18000
XXII. Tableau de la Monarchie Danoise.
1. Cnpenliague looooo
2. Altona. aSoco
3. FJcnsbonrg iGooo
XXIII. Tableau fie la AJonarcliie Anglaise.
1. Lonrlics (en 1821 ) . . . 1 aySooo
3. Dublin. 24'2ooo
3. Glascow 109000
4. Edimbourg avec Leitb. Io3ooo
f<. Manchester 100000
(j. Cork. looooo
7. Liverpool 94000
8. Sheffiold (en i8ig). Ç70000
I). Birmingliam SSooo
lo. Uristol. yCouo
If. Leeds. . , . . . . . 63ooo
12. Newcastle avecSliiçldselGatcslicad. 60000
i3, Plymouth. 5fiooo
14. Limerick 5oooo
15. Paneras, village dont une partie
appartient à Londres. 47000
16. Portsnioutb. ...... 4iooO
17. IIull. ^(oooo
18. Paysley 38ooo
ig. Norwicli. 37000
?.o. Wateiford 35ooo
21. Stephuey , village. 35ooo
22. Nottingbam 34ooo
23. Batli. 32O0O
24. Belfast. . Soooo
25. Malle. . 3oooo
26". Dundee 3oooo
27. Aberdecn. 28000
28. Perth 28000
29. Boltiin. 24000
30. Leicesicr 23ooo
3i. Gibraltar. aoooo
32. Dr])tIord 20000
33. Kilkenny. 30000
54- Douvres igooo
3j. Kxeler. iQoou
36. Asbten, dans le comté de Larcastcr. 19000
J7. Greenock. igodo
58. Harvvich 1800..
3g. Yaimouth l8oco
10. Slockport (8000
'il. Covcntry. 18000
-12. York l8o(io
43. Chelsea , bourg. 18000
«4- Greenwich 17000
•ià. Preston. 17000
4c. Woolwicb 17000
47- Sclirewsbury. 17000
48. Cliester ifiooo
49- Witehaven. 161100
Ho. Kilkenny 16000
5i. Oxford. i.'iooo
02. Wolvorliampton i.)oo(>
.53. Mewry. lôooo
54. Blaekburne ifiooo
APPENDIX
GÉOGRAPHIE LITTÉRAIRE
V\\ \V\MA VWVWXW WV
Cet appendix est composé de deux parties distinctes. La
première appartient au chapitre de l'Essai statistique ou
nous avons décrit la langue portugaise ; la seconde ofFre le ta-
bleau de l'état actuel des sciences et des arts chez les Portugais.
PREMIÈRE PARTIE.
^ L'aimable et savant auteur, auquel nous devons
l'intéressant chapitre sur la langue portugaise, et dont
les lettres ont aujourd'liui à déplorer la perte , s'est
donné beaucoup de peine pour rassembler une' série
de compositions et de fragmens écrits en portugais, et
choisis sous chaque règne de la Monarchie Portugaise,
pour présenter le tableau de la marche progressive dé
la langue depuis son origine jusqu'en 1490, qu'on
peut considérer comme l'époque où elle a ét'e fixée dé-
finitivement. Les voici dans l'ordre et tels que nous
les avons reçus.
FRAGMENT D'UN POEME
Sur l'occupation de FEspague par les Arabes en 7,4 , trouvé dans le
château de Lousaa , pris par Sanche Je^ vers l'in .,87 , uiai" tel
l,Xr>'-""'^' P'"' '^"""'J''*^' q"'«n n'en a pu li;e que les
Sie^rr/SlS"^ ^ ""^ "™P'^^'"°'^ -tattnbSéeaRo^dngue.
O Rouço da Cava impria de tal sanha
A Juliam et Horpas a saa grei daninhos ,
Que em sembra cô os nefos de Agar forneziuhoî
Hua atuaaron prasinada lazanha
IL
(ij)
Ca Miiza , et Zariph com basta campaiiLa
De juso da sinu do Mirarnolino
Co falça infançom , et Prestes maligno
De Cepta aduxcrom ào soJar da £spanlia
E perque era força, ^<.Ial■ve , et foçado
Da Betica Alniina , e o sec Castcval
O Conde per Encha , et pro comunal
Em terra os encrées poyiaom a saagrado
Et Gibraltar , maguer que adordado
Et c6 compridouro per saa defensom
Pelo susodeto sem algo de afom
Presto foy délies entrado et iilhado.
Et os ende filhados leaes à verdade
Os hostes sedentos do sangue de onjudos
Metero a ciîtelo après de rendudos
Sem esguardarem a seixo nem idade
Et tendo atimada a tal crueldade
O templo e orada de Dcos profanarora
Voltando em mesquita hii logo adorarom
Sa bcsta Mafoma a medés maldade.
O gazu , et assalto que os da alcvosia
Tramarom , per voUos de algôs sayoïns
Co'os dous AÎrairantes da Hostc mandoms
Quedarom com l'arta soberba , et folia ,
Et Algcsira que o raedcs temia
Per ter a maleza cruenta sabuda
Mandou mandadeiro corne era teuda
Aô rouzom do rey que em Tolcdo sia
EXPLICATION D2S VIEUX MOTS PAR LES MODIRKJES.
jKoapo , violador. Cava, manceba. Imprio , encbeo. Em semiro , jnntair.eiito.
Forneiinhos . fillios de niulhcr impudica. Atimarom, concluiraù. Prasmoda ,
admirada. Ca , porque. Juso. debaixo. Sina, estandarte. Prestes, prelado. /4di4xe-
roni, Irouxeraô. Adarve Joçado ,{oït3.\eiacamîas,f.os. Castevtil, alcayde. Comunai,
cummum. Onjudos , baptisados. Après , depois. Hu , donde. Medés , mesnia. Per
t'ottos de algos sayoms , por se terem tornado sayoes (que tràjao de sayas.)
SOUS LE RÈGNE DU COMTE HENRI DE BOURGOGNE ,
mort en ii 12.
CHANSO> AKOSYME.
No figiieyral figueyredo Lhorando as acliàra
A no figuejral entrey. Lhorando as achey.
Seis Ninas encuntràra Logo Ihcs pescudàra
Sois Ninas encontrey. Logo Ihes pejcudey.
Pera ellas andàra Quem as maltratàra
Peva ella» andey. Y a tom mala ley.
2XPLICAT10K.
Peseujar , procurar. Le rtile est comme eu moderne.
( iij )
SOUS LE RÈGNE DE DOM AFFÔNSO HENRIQUEZ ,
premier roi de Portugal , mort en 1 185.
Clianson d'Egas Moniz Corlho en prenant congé do Dona Violante
dame d'honneur de la reine Dona Mafalda.
Finearedes îjos cm bora
Tarn coitada
Que ci boynie por ahifoia
De longada.
Sai-se o vullo de mcu corpo
Mas ei nom
Cà 69 cocos vus fica raorto
O coraçom.
Se pcnsadcs que ei me va
No lo pciisedes
Que cm vos chantado esl6
A non me vedes.
Mei jaiido et moi amar
Em vos acdra
Grenhas lendcs ^d'espelhar
A luziu cara.
Nom farora estes meis olhot
Tal abesso
Que esgravizem os meis dolos
Da compeço.
Mas se ei for pera MoinK-g»
Pois la v6
Carulhas me façom ceg-)
Como ei so
Se das penas do amorio
Que ei retouço
Mû fîgerem tornar irio
Como ei ouço ,
Amademe se queredes
Corne lusco
Se nom torvn me acliavedc»
A mui fusco.
Se me bos a mi leixardeg
Deis me garde
Nom asmeys vos de queiniarde
Isto que arde.
Hoia nom îeixedes nom
Ca sois garrida
E se nom Cristeleison
Per inha vida.
EXPLICATION.
Coco», tamancos. Chantado , caido. Acara, iB mira. Abesso , absurdo. Esgra-
vizem, possào contar. Compeço , começo. Carulhas , caiochas. Lusco , cogo por
vos. Asmeys, doixies. Ca , porque.
SOUS LE RÈGNE DE DOM SANCHO I", mort en 121 1
Chanson de Goncalo Hermiguez à sa femme Ouroana.
Tinbe rabos , non tinbe rabos
Tal a tal ca monte ?
Tinharedesme , non tinharedesme
De là vinherasdes.de cafilharedes ,
Cà amabia tndo em soma.
Per mil goyvos trebalhando
Oy oy vos lombrego
Algorem se cada folganç»
Asmey eu : perque do terrenho
Nom ha hi tal peichego.
Ouroana , Ouroana oytera per certo
Que inha vida do viver
Se olvidrou per teu alvidro , perque em cabo
O que eu ey de la chcbone sera referta
Mas nom ha perque se ver.
SOUS LE REGNE DE DOM AFFONSO II, mort en i2a3.
Règlement passé dans les Cortès de 1211.
Perque a sanha solie embargar o coraçom que nom
pode ver direylamente as cousas , per onde estabelece-
( iv )
mos que se per ventura no movimento do nosso cora-
com a aîguem julgarmos niôrie, ou que llie cortem
algum raembro; tal senleiiça seja prolongada ata vinte
dias, e des bi em dianie sera a senleiiça a execuçom,
se a nos em este comenos a nom revogarmos.
SOUS LE RÈGNE DE DOM SANCHO II, mort en 1248.
Prologue du livre sur le climat de Portugal , écrit par Zacuto , astro-
logue juif, dédié à Dom Affonso , comte de Boulogne , gouverneur
du Portugal.
Do que acliardes honrado Senhor querele, e hon-
rada seminbeira desle reyno em que deos vos man-
tenba et mais atrigada , pera arrabanbar porradas, a
ganbas coisasper birras, et a jager em serabra co olbo ;
a co cuidar no bbro onde jaz a sabença. Perque com
ei ja ouvi, ao soibe deRabi sangar meimeslre, foy no
segre quando pellas garupas do terrenbo andavom os
Portugueses a fciçom de bestiaes que nom sabem.
SOUS LE RÈGNE DE DOM AFFONSO 111, mort en 1279.
Lettre de l'abhcsse du couvent de Lorvào , à la réception de l'infante
Dona Pranca.
Ao umy alto Senbor dom Affonso pela graça de Deos
Rey de Portugal e do Algarve, Orraca Piodriguez Ab-
badessa, e o corivento doMosteyro de Lorvom invia-
mos Immildemente bejar vossas moms. Senbor, nos
per boa parança e honra de nos e do Mosteyro de Lor-
vom recebemos a muy nobreInfantaDonaBranca vossa
filba, pera Senbora de nos e do devandito Mosteyro, e
toda las cousas que a nos e a este Mosteyro peitencem,
e pertencer devem, e metemos sb su poder e sa guarda
que ella em nos, e em toda las cousas devanditas aja
lai e lanto poder , quai et tanto ouve a Raynha Dona
Tareja, ouve e acostumou aaver na Abbadessa, etnas
Douas et no Mosteyro devandito, e nas sas cousas. Um
(V )
vos pedimos senhor per meicé, que vos plusa, e que o
firmedes tombem per nos, como per aquellas que de-
pois de nos vierem. Dado no dito Mosleyro de Lorvom
iiij dlas, per andar do mez dedezenibro.
SOUS LE RÈGNE DE DOM DliNIZ, mort en iS^J.
Testament de Dom Joào Ail'onso tl'Albiiquercjne , comte de Baroellos.
Em nome de Deos amen. Eu o Conde Dom Joom
Affonso, teniente minha niorie, pevo com lodo meu
ciso et meu entendimento, faço meu leslamenlo em
esta j^uisa. Primeiramenle dou a minha aima a Deos et
à sa Madré Santa Maria, et mando meu corpo setlerar
em o Mosteyro de Pombeyro. E perque eu fiz muuas
malfeilorias, et em muitos logares o que nom podia
dar recado, nem faser d'ellas emenda assi como dévia
mando que lodo losdinheiros, e toda las cousas moveis,
que eu ei, tambem os dinheiros que sabe o Mestre
do Templo, et Gomes Paes, et Egas Lourenço, como
os dinheiros que estom em Albuquerque para lavrar
esta villa , que tragom todo a El Rey meu Senhor , e
peço Ihe per mercé e pela fîusa que eu em el ei, que
laça todo dar per Deos, que nom fique ende nada,
per aquelles a que eu erateudo. E se el achar que eu
trasia vinhas, ou casaes , ou herdades d'alguem , como
nom dévia, peço Ihe per mercé que Ihas faça entregar
a seusdonos, assi como el virque direito sera. Oulro
si mando a Gomes Paes que de o meu Castello d' Al-
buquerque que de mi tem , a meu Senhor El Rey. E
vos Senhor devedes a saber que o fcyto d'Albuquerque
passou sempre assi em guisa que o ouverom os filhos
mayores. Epeço vos Senhor per mercé que oentregue-
des a Tareja Martims minha filha e vossa criada. E
Senhor bem sabe Deos, et vos, que sobre a minha fa-
senda, nom eioutrem se nom vos. E per fmsa que em
vos avia leixo todo em vos. E per que vos fosle deslo
( vj )
mais certo, mandei eu fazer esta minha carta aberia,
et sellada com meu sello nas costas , estando deanle
Frey Estevom Martims meu confessor , et Frey Mar-
tim Escola , da Ordcm dos Pregadores et Egas Lou-
renco meuclerigo. Feyta em Lisboa cinco dlas andados
de Mayo. Era de mil et tresentos et quarema e dons
annos. — Amio i3o4.
sous LE RÈGNE DE DOM AFFONSO IV , mort en i357.
PeuT sonnets ( attribués à ce roi ou à sou frère naturel Affonso
Sancho ) sur l'Amadis de Gaule.
Bom Vasco de Lobeira , e de grâ sem ,
De pram que vos avedes bem cantado
O feito d'Amadis o namorado ,
Sem quedar ende per contar hirem.
Etanto nos aprougue e a tambem
Que ybs seredcs sempre ende loado ,
E entre os homes bôs por bom mentado ,
Que Yos leram adeante , e que hora Icm.
Mas porque vos fisestes a fremosa
Biioranja amar endoado hu nom amarom.
Esto cambade , e compra sa vontade.
Ca eu hei grà dô de aver queixosa ,
Per sa gram fremosura , esa Londade ,
E er perque o fim amor nom Uio pagarom.
Vinha amor pelo campo trebelhando
Com sa fremosa madré , e sas donzellas
El rindo , e cheo de ledice entre ellas
Ja de arco , e de sas setas nom curando.
Biioranja ahi a sasom sia pensando
Na grâ coita , que ella ha, e vendo aqucllas
Setas de amor, filha em sa mam huâ délias,
E mctea no arco , c vay-se andando.
Dcshi volvco o rostro hu amor sia
Er , disse , ay traydor, que me bas fallido ,
Eu prcndercy deti crua vendita.
Largou a mam, quedou amor ferido ,
E ratando a sa sestra , endoado grita
A y mereè , a Brioranja, que fugia.
(vij)
sous LE RÈGJNE DE DOM PEDRO l" , moit eu iSô;.
Vers cJc ce roi sur la triste fin de Doua Incz de Castro en i355.
Seabora , quem vos matou
îjeja Je forte vcntura
Poistiiuta dore tristara
A TOi e a mi causou.
V. pois nom vi mais asinlia
'J'ollier vcisso triste fini
Rccebo vos, vida minlia
PcrSentiora , e per Raynlia
Uestcs Reynos e do mi,
Estas fcridas mortaes
Que pelo mcu se causirom
Nom huma vida , e nom mais
Mas duas vidas matàrom.
A vossa acaba jaa
Pclo que nom foy culpada;
F. a minba que tica quaa
Com saudade seraa
Fera scmpre magoada.
Oh crueldade tam fort*
£ injusliça tamanba
Vio se nuuca ein Espanha
Tam cruel e triste morte?
Contar se ba per meravilha
Minba aima tam vcrdadeira
Pois morreià d'esta maneira ,
Eu serei aTortuiilba.
Que Ihe morre companheira
Hi Senbora descançada,
Pois que vos eu fico quao ,
Que vossa morte seraa
( Se eu viver ) bem vingada.
Per isso quero viver ,
Que se per isso nom fora ,
Mellior me fora , senhora ,
Com vosco logo morrer.
Que cousa lia cstaaquevim
On onde m'ensanguentei ,
Senhora , eu vos matei
E vos matasteis a mi
Sangue do meu coraçom
Ferido coraçom meu
Quem assi per esse chom ,
Vos espargeo sem razora ?
En Ihe tirarei o seu.
SOUS LE RÈGNE DE DOM FERNANDO, mort en i383.
Rapport de la mort de Dom Pedro le Cruel , roi de Castille.
Foy morte o muy alto e muy nobre Dom Pedro Rey
de Ca Stella e de Leom no mez de Marco em Montiel,
que lie d'esté Senhorio , o quai fby morto a traiçom
que Ihe foy bastida per Dom Henrique seu Irmom, et
pera o baver em seu poder , que o matasse , foy ende
o Correclor Dom Bellrom de Resquim , que ào dito
Doiii Henrique o vendco per grande Hilcidade, logo o
muy alto e muy nobre Dom 1 ernando Rey de Portu-
gal , primo do dilo Rey Dom Pedro , esguardando o
grande devido que com elle bavia, tratou grandes e
cruas guerras , e durom. liora à feytura d'isto. Feyla
no Mosteyro de Santa Crux de Goimbra aos 16 de
Setembro (lofig).
( viij )
SOUS LE RÈGKE DE DOM JOAO I<" , mori en i.p3.
[.cttrc (le ce roi , lorsqu'il était gouverneur , à i'abbé ihi cou veuf
d'Alcolwça.
Doni Abbade, Aniigo. Nos o Mestre ri' Avîz , vos
enviâmes muiîo savidar. Fasemos vossaber queasDonas
do Mosteyrode San Bentoda cidade d'Evora elegeroni
per Abbadessa a Mor Paes, Freyra professa no dilo
Mosteyro, perque entendem que hé pessoa idonea e
pertencente pera aquelle cargo, e outro si grande ser-
vice de Deos , e sua prol a todas gerahnente , pela
quai nos enviou pedir per mercé Nulnalvares Pereyra
que vos escrevessemos , e quissesedes confirmar per
Abbadessa perque bé inulher que ha com elle devido ;
e nos vendo em comoella hé benidiscreta e virgeni, e
casta , e lai que merece o dilo estado, e outro si per
honra de Nunalvares, que he homem de queni nos re-
cebemos grande serviço, como sabedes; porem vos
rogamos muito afîcadamenle que vos prasa de a quer&r
confîrmar per Abbadessa, e nom outra nenhuma ,
perque sede bem cerio que nos entendemos bem que
hé de service de Deos, e em este f'asedes cousa que nos
muito vos agradecemos. Feyta em Terres novas, 19
desembro(i584).
sous LE RÈGNE DE DOM DUARTE , mort en i^SS.
rrrs sur Lisbonne, composés par l'infant Dom Pedro , frère deceroi.
Porquo lu foste a colheyta
UaqucUe Gfcgo sesudo
Tarn matreyro
A te fès toda boin feyta
Neste logo tani sabiulo
A. noste outcyro.
A (lepois de muito* segrti
ijergueo de ta semente
A desta Tevra
O Annihal Carthages
Que os Romoms , et t» gcnle
Aimou crua guerra.
Péponsc de Ticfaiit Dom Joào , à son frère le roi Dom Duarte, lorsque
celui-ci lui dtjuanda son opinion sur la continuation de la guerre
de Ccuta pour la rançon de llnfant Dom Fernando,
Senhor , sj per donîrinas e ensinanças de Jesus-
Chrislo, c de seus Apostelos nos havemos de reger; esta
( .-x )
gnerrademouros, nom eslaa nmiio cerlo sj lie délia
:>ervjdo, sej porem que a Santa Scripiura, per pree-a-
çoes.e vjrluosos excmpros de vjda , os manda conver-
ler : e sj per outra manejra Deos fora servido, permi-
tjra eraandara que em sens erros e damnada contumacia
nsaramos denossas forças e ferro atee seerem conver-
lidos a sua iee : e isto ajnda nom vi nem ouvj que se
achasse em auihentica soripim-a. Eas indulqencias, e
remissoes de peccados, que pera esta guerra o Papa
outorga, nom leem eObciuosa força de ley p^ra obe-
decer, nem de régira pera de necessidade se^uir ca
estas presupoem necessidade que aquj nom ha, e santa
voDtade, eboa devoçomque os menos nella levom E
mais bera sej que per mil dobras que enviemos a nm
l^ardeal , pera tasermos uma muj pequena obra de mi-
sericordia, no las inviaara oulorgada do Papa coui
graças muito maiores. Nem os milagres que n'esta
guerra as veses parecem ; e per veniura se fasera , nom
os hej per lestimunhos de seer vontade de Deus que
a iaçamos; pcrque taes e maiores se fiserom e fasem
em terra e sangue de Christoms contra Christoms, o
que per qualquer interpretaçom nom hé servico de
Ueus, e porem seuincomprensjbiljuisoopermitê ass}.
SOUS LE RÈGNE DE DOM AFFONSO V, mort en ,48..
Lettre de ce roi, écrite de sa propre main à l'historiographe Gomez
Eanncs de Znràra.
GomesEannes, Euvosenvio muito saudar : vi huma
carîa, que me enviastes por AfTonso Fernandes,com que
muito tolguey, por saber que ereis em muito boa dis-
posiçao da saude, porque certo tanto tempo havia ,
que vos la ereis, e eu nao via carta vossa, que havia
por muito certo que de alguma infirmidade ereis occu-
pado; porque nao podieis escrever , e desto dou por
testemunha ao reverendo Padre Bispo de Lamego,
corn quem eu muitas vezes faliava que causa séria para
( X )
me nào escreverdes? Q por muv sein diivida tinîia,
que nao scria por mlngoa de voiitade , e lembranca
vossa : e muilo me prouve saber como o Conde D.
Duarre vos aposcnlara; e o ^'asalliado q délie recebes-
les : e poslo queassiruodeva l'azer por suavirtude, eullio
af^radeço niuito , e vos asshu lliodlsev da minha parle.
?\ ao he sem razao_, que depois daquelles Principes, ou Ca-
piiaes, que fazem os feilos dignos de niemoria, aquelles
(|ue depois de seus dias os escreverao, muito louvor
ïiierecera. Bemaveulurado dizia Alexandre, que fora
Acliilles, por que tivera Honiero por seu escrilor : que
fora dos feilos de' Roma se Tito-Livio os nào escrevera?
e Quinlo Curcioos de Alexandre; Homero os deTr oya;
Lucano os de César ; e assi outros Authores rauitas
cousas, que sao dignas de meraoria, quanto sao dignas
de ouvir , e 1er pelo boni eslylo em que forao escriias.
Lesse no primeiro de Tilo Livio , como vos melbor sa-
beis, que se nao fora a oraçào que fez eni Roma hum
iJobreVaraoda quelle lempo, lodo Povo Romano fora
perdido : muiîos sào os que se applicào ao cxercicio
das a: mas; e muy poucos ao exercicio da arte oratoria :
assi que pois vos sois nesla arte assàs ensinado, ea na-
tureza vos deu muy grande parte délia, commuita ra-
sro eu, e os Principes de meus rcynos, e Capitaes
devem baver por bem empregada a mercé , que vos
seja fcita, muilos por cerLo vos sào obrigados; porcpie
amda que os feiios de Cepta sejào assas de récente,
depois que eu vi a Cbronica que vos délies escrevesies,
a muitos fiz honra, e mercé cora millier vontade, por
ser cerlo de alguns bons feitos^ que la fisérào por ser-
viço de Deos, e dos Reys meus antecessores, e men ; e
a outros por serem fillios daquelîes , que assi la bem
servirào; doque eu nào era antes em tào comprido
conhecimenlo : e crèyo , que nào menos sera aos que
depois de mim vie rem, quando virem o que baveis de
escrever dos feilos de Alcacere : e se alguns inercce-
rem gioria por irera a essa terra por servirem a Deos^
1
i
( xj )
e a mim, e faserem de suas lionras ; vos assas si»li de
louvar que com descjo de e5cre> er a verdado di> tjue
elles fiserào , vos dispusesles a levar o irahalho, que
elles soportarào ; vos podereis la ser beni a^'asalk.ido
do Condc, mas se o dezejo , que leiules »lc nie servit-,
e faseies, o que ao nosso serviço perlence,nao Ibs^e,
certo lie , que nào poùe Alcacere dar o que Lisboa
tem : aquella vida fosles vos Iniscai-, por usares de vir-
lude, que aos outros dào em lugar de pena por des-
lerro : assi que quanto eu islo mais conlieco, laulo vos
lenho mais em serviço de o faseres ; e nào quero que
esteis la^mais; que quanlo senliies, que he (;unq)ri-
douroparao que tendes de escrever, e vos approuv(;r.
Do que diseis do commendador Alvaro de Faria , eu
estimo seu serviço como lie rasào; assi espero de llie
fazer mercé ; quanlo ao que diseis da minf^oa do man-
timento, fazse nisso por minlia parte tudo o que se
pode faser : mas duas cousas se requerem, para os que
eslàoem Alcacere sereni bem providos; huma cstarla
o millio em almazem para soccorro de quando pelo
tempo , ou por outra necessidade, tao asinha nao vay
pào; e a outra, que o Conde; ou qualquer oulro capi-
tao, que la estiver, me faça saber aos quarlels do
anno a gente, que la esta , para se concertar a despesa
com a receita. Todo bem, que me dizels do Coude,
eu creyo, que ha nelle ; e certo cuido que nào he me-
ner pelo que délie conheço : tenhô-vos em serviço de
quereres saber novas da minha disposlrào; e i^racas a
Deos, eu me acho bem assi do corpo, como dus outras
cousas : empero homem anda no mar deste mundo,
onde he sempre combaiido das ondas délie ; em especial,
pois todos andamos naqnella taboa de pois do pri-
meiro naufragio : assi que ningnem se pode segurar,
ate que nào chegue aquelie verdadeiro porto seguro,
que homem nào pode ver, senào depois da sua vida :
ao quai Deos ajirasa de nos levar, quaîxlo vir, que hc
tempo; porqno elle he mariuhelro, e pilf^io, som o
( *ii )
j ^r.trar Bo Bispo nosso
quai nenhum homem vf\'^^'l ^^ , e de boa dis-
amigo sabereis, que o ve30 lec ' -^^^^^ ,, ,ousas,
nosfcào; e prasa a Deos de b e eiic^^^ ^^^^.^^_ ^ ^^^^^
segundo elle deseja, f ;;;'" ,,ella lembrança, que
dos pergammbos eu a ^^5^^ ^^^^^Uo plntado eu o nao
vir.que be r«eu ^^^'^^Ç?' ^^ enviar ; maso propno
tenbo para agora ^o-lo ?« ^iguni tempo , corn
praserâ a Deos que veieis la en , ^^^^^^^^ ^^^^
^ue vos mais devejras-A^^^^^^^ ^^^^^^^^^ ^,,,,,,
niinba encommeiida, segu
eni Lisboa , etc.
SOUS LE F.ÈGNE DE DOM 30A0 H
#■
moit en i495-
lors de la peste, composte t.« Aï'"
*--^'"S".eM:res':;:.t™eLaece™.
Effeitos da sua ira.
Ape.teamadadestruirteupovo
tSeuleveacenovoa;^BO;^^; ,
,3espenhaaanoa,y-oda^ru,n.^^
Desfalecida cahes.
O açoitc do céo i^^jf;3\;,3^m;es
?aVurSVsu.daternosUasU
^^^ ^ seus irudos avisos.
E.»aô veràs o™ada a nob.e freMe^.
Da teus almoâ tnuniu»
Deslaleciaa i,a..v-.
o quam gloriosas .™— L^ruSta'na.cumtuata-
quanlo vales, '>ol'^''^*"^='„, "Cocas, excitas, mflamas!
faniaselegauciaslatinas.
( »") )
Sonnet du José Barroso d'Almeida , au traducteur des Georgiques de
Virgile en portugais.
Cantamlo le por moilos eminente» Mauifettand» luce» reUugontes.
(•Quando glorias adorna3 Mantnanas) (Kternaniento docta , Phosnix rara ,
Tanto excu*ando fstàj musas humauas, Vivas t'elix , per modos peregrino»
Quanio a devino stylo difFerentes. Manluanas reliqaias renovando.
De Phœbo spera lu palniasflorenles , A cnja gloria es Ijusitania , clir»
De rujo solo , o bella Aurora, manas , Mantua, dando stylostam divinot,
Ante confusas nubes virgilianas , Parthenope nieraorias conscrvaado.
W O T E.
l
Il existe en Portugal une grande diversité d'opinions sur répoque
ou vivait Vasco de Lobeyra , auteur de l'Amadis de Gaule. Manoel
de Faria e Souza , et un petit nombre d'autres auteurs le font contem-
porain du roi Dom Fernando , sans en fournir de preuves convaincantes ,
tandis que le plus grand nombre ainsi que tous les étrangers supposent
qu'il florissait vers la un du règne de Dom Diniz. Le» deux sonnets sur
1 Amadis, que nous classons comme appartenans à l'époque du règne
de Dom Aftonso IV , viendraient à l'appui de la dernière opinion , s'ils
étaient incontestablement de quelqu'un des princes auxquels ils sont
attribués ; mais Faria e Souza les cite comme compositions de l'infant
Dom Pedro , frère du roi Dom Duarte , sans remarquer combien ils dif-
fèrent , pour le langage , des vers sur la ville de Lisbonne par ce dernier ,
que nous avons classés sous le règne de Dom Duarte. Dans le discours
ui précède la première édition des œuvres d'Antonio Ferreira , son
Is Miguel Ferreira prétend que ces deux sonnets furent composés
secrètement par son père , dans le langage du temps de Dom Diniz ,
et que l'indignation bien connue des infans fils de ce roi, contre
Vasco de Lobeyra, sur ce qu'il avait rendu la belle Brioranja si mal-
heureuse dans ses amours , avait donné lieu à ce qu'ils fussent attri-
bués à Dom Affonso IV ; mais il ne fournit aucune preuve à l'appui
de cette assertion. Des personnes dignes de foi , qui ont vu le manu-
scrit original de TAmadis lorsqu'il passa aux archives royales ( par
la confiscation des biens du duc d'Aveiro, dans le fief duquel il se
trouvait) nous ont assuré qu'il est parfaitement semblable aux ma-
nuscrits de Dom Diniz , pour le langage , l'écriture , etc. Comme
notre intention est uniquement de reproduire des morceaux de langage
sous les didérens règnes qui précèdent celui où la langue portugaise
fut définitivement fixée , nous n'avons pas hésité à attribuer les
deux sonnets au règne d'AlFonso IV , suivant en cela Fopinion du
plus grand nombre. Sous !e règne de Dom Duarte , nous avons ajouté
aux vers de son frère l'infant Dora Pedro une lettre de son autre frère
l'infant Dora Joào , comme preuve de l'incertitude de l'orthographe.
Nous avons souvent été embarrassé dans le choix des morceaux , sur-
tout sous les règnes des deux Sanches, car même ceux que nous trans-
crivons sont beaucoup moins intelligibles que ceux des règnes préce-
dens ; ce que nous ne pouvons attribuer qu'aux désastres de ces
deux règnes , qui arrêtèrent les progrès des lumières , et les firent
même rétrogader.
( XIV )
DEUXIÈME PARTIE.
COUP-DŒIL SUR L'ÉTAT ACTUEL DES SCIENCES ET DES
ARTS PARIMI LES PORTUGAIS,
Avr.c I,'I^Dlc.^LTlo^ des pKRso^^■AGEs <^>ui s'y DlSTI^GEE^T i,e plus.
Nous allons aborder im sujet plus difficile et plus dé-
licat; nous allons olirir à nos lecteurs un aperçu rapide
sur l'étatactuel des sciences et des ans parmi les Portu-
gais, avec lindication des personnes qui s'y distinguent
le plus. Etranger connue noussonïnies, n'ayant fait dans
le pays qu'un séjour de 20 mois, il nous était impossible
de lire nous- même tous les ouvrages poiu^ être à même
à'en porter un jugement approfondi. D'ailleurs nous en
aurions toujours rencontré un grand nombre dontla lec-
ture aurait élé pour nous à peu près injitile, parce que ,
n'éiantpas compris dans la sj)hère de nos connaissances,
bornées aux sciences naturelles, aux mathématiques ,
à l'histoire , à la statistique et à l'économie politique ,
nous aurions été nécessairement obligé d'avoir recours
à d'autres pour nous assister dans un travail aussi dif-
ficile. Nous avons eu le bonheur de trouver plusieurs
Portugais instruits , qui ont bien voulu nous fournir
des matériaux; nous avons aussi trouvé des étrangers
établis depuis long-temps en Portugal , qui ont bien
voulu rectifier ce que nous avions écrit d'après les in-
formations fournies par des nationaux p&rfois trop pré-
venus. En agissantde la sorte^ eilaissantà part tout ce qui
avait déjà été publié par des voyageurset desgéographes
sur ce pays, nous nous (lattons que le tableau que nous
en offrons , s'il n'est pas complet, parce que le temps
nous a manqué , sera du moins exact, et entièrement
exempt de ces satires et de ces expressions violentes
qu'il faut toujours éviter lorsqti'on parle des individus,
et qui sont toujours interdites par la probité et le bon
sens lorsqu'on parle d'une nation.
( XV)
N'ayant pas assez de loisir, ni l'intention d'appro-
fondir ce sujet, nous avons cru que le tilre qui lui
convenait le plus était celui sous lequel nous le présen-
tons , celui de Coup et œil sur l'état actuel des sciences
et des arts parmi les Portugais. 11 offre le tableau ra-
pide, mais impartial, delà littérature etdes beaux-arts
chez celte nation depuis 1800 jusqu'en 1821. Nous
l'avons divisé en seize chapitres pri^icipaux, que voici :
THÉOLOGIE, MORALL, ET PRATIQUES RELIGIEUSES;
jurisprudence; logique et MÉTAPHYSlQUa; T\LÉDE-
CL\E, CHIRURGIE ET pharmacie; MATHÉMATIQUES ET
ASTRONOMIE ; SCIENCES NATURELLES,, PHYSIQUE, CHI-
MIE, ZOOLOGIE, BOTANIQUE ETMINÉRALOGIE;ÉCONOMlE
POLITIQUE, COMMERCE ET AGRICULTURE; T \CT1QUE ;
POLITIQUE ET DIPLOMATIE ; LITTÉRATURE, HISTOIRE ,
CHRONOLOGIE, NUMISMATIQUE ET TRADUCTIONS; GEO-
GRAPHIE, STATISTIQUE ET VOYAGES; DICTIONNAIRES,
GRAMMAiHeS ET LANGUES ÉTRANGÈRES ; RHÉTORI-
QUE ET Éloquence; poésie; journaux politiques
ET littéraires PUBLIÉS DEPUIS 180O JUSQu'eN JUIN
1821; BE AUX- ARTS , subdivisés en dessin ; architec-
ture ^ subdivisée en orc/ziifec^z^re civile^ militaire y 'fi.y-
drauliquc et navale ^ peinture ^ sculpture j g7rtvu?'e;
lithographie ; musique , où l'on a distingué la théorie
musicale , la composition , la musique instrumentale et
la musique vocale ; art dramatique y calligraphie y
danse ; escrime ei équitation. Nous avonsexposéen peu
i de mots dans chacun de ces articles l'état où se trouve
j la science ou l'art dont il y est question , les principaux
ouvrages qu'on a publiés depuis 1800 jusqu'en 1821 ,
et les personnes mortes dans le même espace de temj>s
, ou celles encore vivantes qui s'y distinguent le plus.
\ Nous n'avons pas formé noiie jugement sur des infor-
mations prises à la hâte et au hasard; mais pour cha-
^ que article nous avons consulté dans le mèuie temps
Iet à l'insu lune de l'autre les quatre personnes qui
nous paraissaient les plus à portée de juger du mérite
( xvj )
des individus tjiie nous devions nommer ; et nous n'a-
Tons jamais clioisl, dans Jes Jisles qu'on nous a remises,
que celles qui, ayant réuni le plus grand nombre de
suffrages, nous en paraissaient par là même les plus di-
gnes. Nous avons fait abstraction dans le choix de ces
noms de toute considération relative à leur conduite
politique ou morale, chose qui était tout-à-fait étrangère
à noire plan , parce que nous ne cherchions pas des
hommes, mais seulement des talens. En agissant de la
sorte nous nous flattons d'ayoir atteint noire but sans
blesser la justice, quoique nous soyons les premiers à
avouer que notre iravail sur cette partie aussi délicate
que difljcile est loin d'être parfait. Le peu de com-
munications liiléraires qui existe entre les difïerentes
parties du Portugal et de la Monarchie Portugaise rend
extrêmement dillicile la connaissance de toutes les per-
sonnes qui dans le silence et avec plus ou moins de
succès étudient la nature et ses imposans plfénomèncs,
exercent les beaux-arts, ou cultivent les belles -let-
tres. Cepeiidanl le grand nombre de savans collabo-
rateurs qui ont bien voulu nous aider dans cette partie
nous fait espérer que nos omissions ne seront pas nom-
breuses. Comme notre but a été de donner les noms
de tous les Portugais (i), morts depuis 1800, ou encore
vivans, généralement estimés soit par des ouvrages déjà
publiés , soit par d'autres tout préparés , mais qui n'ont
pas encore vu le jour, ou par des connaissances peu
communes, nous espérons que personne n'attribuera
à n^auvaise volonté ou à néghgence ce qui n'est que la
(i) Il est bon de prévenir nos lecteurs que , lors de la restauration
des ctudfs , quelques élraugers distingués , appelés en Portugal , ont
été attachés à l'instruction publique, et s'y sont naturalisés. Pendant
le long et glorieux règne de Joseph et pendant celui de Marie quelques
roiiitaircs étrangers et quelques artistes distingués se sont aussi établis
en Portugal , où ils sont morts. Les fils de tous ces étrangers étant in-
contestablement Portugais , nous mêlons indistinctement leurs noms
avec ceux des nationaux , et nous citons aussi parmi les ouvrages natio-
naux tous ceux que leurs pères ont écrits en portugais , parce qu'ils
appartiennent réellement à cette langue.
( ^>"} )
conséquence inévitable de l'étendue du sujet, de la
multiplicité des recherches auxquelles nous avons dû
nous livrer, et de la difficulté d'obtenir des informa-
tions exactes et impartiales dans les circonstances
physiques et morales où se trouvent les vastes contrées
qm composent la Monarchie Portugaise. Nous saurons
un gré mfmi à tous ceux qui voudront bien, parleurs
conseils ou par la communication de faits positifs, nous
mettre à même pour une nouvelle édition de remplir
les lacunes ou de rectifier les jugemens erronés qui
auraient pu se glisser dans celle-ci. Nous sommes les
premiers à convenir que celte partie de notre ouvrage
n^est qu'un essai ; aussi recevrons-nous comme une
marque de bienveillance marquée toute communication
amicale qui nous sera faite sur les différens sujets que
nous y avons traités.
Pour donner à notre Coup d'œil toute rauthenticité
dont de semblables travaux sont susceptibles, nous
lavons fait suivre de plusieurs tableaux bibliographi-
ques de tous les ouvrages publiés annuellement par des
Portugais depuis 1800 jusqu'en 1820, et du catalogue
des mémoires composés par les savans académiciens
de Lisbonne, ainsi que de tous les hvres et bro-
chures sortis dans le même intervalle des presses de
TAcadémie^ royale des sciences et de l'université de
Coimbra. Nous devons les premiers à l'infatigable acti-
vité d'un savant distingué, le médecin Antonio d'AI-
meida, qui nous honore de son amitié, et qui a bien
voulu se charger de ce travail tout exprès pour nous
fournir des faits incontestables à l'aide desquels nous
pussions prouver la justesse du jugement que nous
avons porté sur l'état des sciences chez ses compatrio-
tes ; les seconds se trouvent déjà publiés, et démontrent
le profond savoir des premiers corps littéraires du Por-
tugal , et les sujets utiles auxquels ses membres consa-
crent leurs veilles. Si une prévention d'auteur ne nous
aveugle pas nous croyons que ces deux chapitres com-
"• b
( xviij )
plèlenl noire Coup d'œil sui l'étal acluel de» sciences
et des arts en Portugal, et viennent à l'appui de ce
que nous avons dit dans notre Essai Statistique. Nous
donnons ainsi un nouveau degré de probabilité à tant
de faits ignoré» dos savans étrangers, dont la vérité
pourrait être révoquée en doute , et nous offrons en
même temps à ceux de nos lecteurs qui voudraient se
donner la peine d'examiner avec soin la liste des au-
teurs de tous ces ouvrages et mémoires, le moyen de
remédier aux omissions involontaires que le défaut de
temps aurait pu nous faire commettre dans les seize cha-
pitres de notre Coup d'œil , en les mettant à même de
comparer entre eux tant de noms différens, etdelesclas-
sifîerensuite d'après les sujets qu'ils ont traités, lorsqu'ils
se trouvent être encore vivans ou morts depuis 1800.
On peut dire que la réforme de l'université de Coim-
bra fut le signal de la renaissance des sciences en Por-
tugal. Depuis celte époque la nation améliora son édu-
cation civile et religieuse, quoique les rigueurs excessives
de l'inquisition , surtout depuis la chute du marquis de
Pombai , et les opinions répandues dans la nation par
la plupart des membres du clergé régulier, empêchas-
sent l'entier développement des lumières propagées par
l'Académie royale dessciences et par l'université. Cette
dernière , qui a besoin d'une nouvelle réforme pour
remplir entièrement le but pour lequel elle fut créée ,
a toujours été et est encore le foyer presque exclusif
de l'instruction des Portugais , car toutes les personnes
les plus instruites de la nation sont justement celles
qui par devoir d'état ont été obligées d'y faire
leur cours d'études. Parmi les ecclésiastiques la plus
grande instruction se trouve chez ceux qui ont fré-
quenté l'université pour y devenir professeurs dans
les facultés de théologie et de droit canon , et parmi
beaucoup de membres des ordres des bénédictms (ben-
tos), des augustins chaussés (auguslinhos calçados) et
des franciscains (terceiros) ; parmi les laïques les per-
sonneslespluslnslruilesserencunlreiil parmi colles qui,
se destinant aux emplois du barreau et à l'art de guérir,
ont fait un cours régulier de droit et de médecine, ainsi
que parmi les nombreux élèves de l'académie militaire
de Rio- Janeiro , de celles de marine de Lisbonne et de
Porto, et des écoles de fortification et militaire à Lis-
bonne. Mais c'est surtout parmi les médecins que se
rencontrent des gens vraiment savans , parfaitement
instruits de tous les progrès que les sciences ont faits chez
l'étranger dans les derniers temps. Notre amour pour la
vérité nous force néanmoins de dire qu'en général la
nation n'a pasbeaucoup de goût pour ces éludes, et que
les facultés de philosophie et de mathématiques de
l'université ne sont fréquentées que par les seuls étu-
diuns obligés par la loi à apprendre ces sciences pour
exercer la médecine; on a vu même pendant plusieurs
années le savant professeur d'astronomie n'avoir qu'un
seul élève. Malgré cela il n'est pas rare de trouver en
Portugal, non-seulement à Lisbonne et à Porto, mais
même dans des endroits beaucoup moins considérables,
des personnes qui, par curiosité ou par amour pour la
science , sont parvenues à acquérir des connaissances
profondes sur des matières tout-à-fait étrangères à leur
profession. On doit même dire que depuis quelque temps
les académies de Lisbonne et de Porto, ainsi que les
autres établissemens d'instruction publique , sont fré-
quentés par un plus grand nombre d'écoliers , comme
nous l'avons démontré par les tableaux officiels aux pa-
ges 52 , 67 , 59 et 68. C'est un vrai phénomène que celte
passion de s'instruire observée chez plusieurs personnes
d'un pays où tant de causes plus ou moins puissantes
s'opposent au développement de l'esprit. L indifférence
générale de la nation pour les' sciences exactes et po-
litiques; le peu de considération dont jouissent parmi
les Portugais ceux qui s'y adonnent , porté au point
que les gens du peuple considèrent un mathématicien
comme un philosophe inutile , comme un homme ma-
( ^^ )
Iliaque et presque fou ; l'opinion universelleiiienl r('-
pandue , que les connaissances les plus profondes et les
plus étendues sont inutiles et même méprisables, dès
qu'elles ne procurent point de richesses, et qu'elles ne
donnent point les moyens de vivre dans l'abondance :
la mauvaise méthode adoptée en conséquence par les
pères dans l'éducation de leurs enfans ; les entraves
que trouvait la presse dans la sévérité de la censure et
dans le haut prix du papier et de l'impression; le man-
que presque absolu de journaux politiques et litiéi aires
jusqu'au commencement du siècle actuel ; des idées
religieuses peut-être trop exaltées ; les rigueurs de la
police et celles de 1 inquisition qui défendaient sous les
peines les plus sévères non-seulement la publication ,
mais même la lecture et la possession de presque tous
les livres de politique , de morale , de philosophie et
de législation , qui sont les plus estimés chez Tétranger;
le manque absolu d^encouragement pour ceux qui se
vouaient à l'étude des sciences naturelles et de l'éco-
nomie politique , de la statistique et de la géographie;
la difficulté de se former dans des sciences pour Tétude
desquelles il était presque impossible de se procurer
les livres nécessaires ; la certitude où était un au-
teur de ne pouvoir tirer aucun profit de ses longues
veilles, par la difficulté de publier ses ouvrages et
de les vendre : tant de causes réunies ne pouvaient
manquer d'avoir une influence nuisible sur l'instruc-
tion générale de la nation. Si les étrangers , qui l'ont
accusée d'être restée en arrière de plusieurs siècles sur
les autres peuples de l'Europe civilisée, avaient voulu
se donner la peine de considérer tant de causes diffé-
rentes qui s'opposaient à son développement.sans doute,
au'lieu de l'accabler d'injures, ils n'auraient pas man-
qué d'exprimer leur étonnement en la voyant posséder
un assez grand nombre de savans profonds et de grands
littérateurs , qui , animés par une noble curiosité, ou
par le seul amour de la science, ont su braver tant de
( ^»i )
dançers el sunuonler u,nt d'obs.acles pour ijoh.,- do
«= disunpier dans la carrière difficile des lotlrcs Ou^
.sera,eni les nauons anglaise, allen,an,le, française si
leurs gouvernen.ens défendaient la lectnre des gazeUes
des journau. et d antres ouvrages périodiques- si une
J^rrxble „,qu,s.t,on veillai, eonîinu^lieme.^t pour Zl
pécher la lecttne des auteurs les plus profonds dans
art de penser et dans les branches les phfs impo tante
de connaissances hun.aiues; si une police aussi slvè'^
qu Ignorante signalait au souverain et à ses niTnis!
t.-es comme suspects tous les hommes instrui" c ml
voj-agent pour augmenter leurs connaissances ? Nou
ne prétendons pas faire l'éloge de la nation que no s
avons pr,s a ,iche de décrire"; nous nous p?opo"o
seulement de d.re la vé.ité et de faire connaifre en peu
de mots le,a. ot, se trouvent actuellement ehez die
les saenees etles ans, et les hommes distingués qu'elle
possède danses différentes branches du savo r^ n !
i'ZrtÏMite^rr '>™' '■ .""■ '"-^"^ '" P'- g-n ^
.npartiahte, et de n avoir épargné aucune peine „i
aucun soin pour atlemdre notre but , nous laissons aux
Portugais uistrmts la tâche de pronoi'icer sur laTuste e
de ,>os jugemens, et aux savans étrangers celle d'an-
rrccier la niéihode que nous avons suivie pour nous
mettre à même de les porter. '^
THÉOLOGIE, MO!!ALE ET PRATIQUES RELIGIEUSES.
les'^Î^W "'"""'T f f i"^ •'*'" *^''°""« "^e "-onver dans
les tableaux de M. Antonio d'Almeida un si petit
tt'lîi °""^^T P"^i'^'^ -"'-liement sur la tC
rCnàZT^T""'' "^ "P'^' ''°P''"°" généralemeiu
répandue chez 1 étranger , devrait être avec la poésie
ont:" '"■""'"'', <=^„^'"«'f d«^ livres imprimés depuis
fcng-,emps par les Portttgais. La simple'inspec.ion de
fondée N '^™'°°"-«.'^°'Vl^ien cette opinion est peu
londee. l\ous croyons mmile de rien ajouter à ce qu-
( xxij )
nous avons ditsiu la niélhode d'après laquelle on ensei-
gne celte science à runiversiié de Coimbra. Seidement
nous ferons remarquer que depuis long-temps les ou-
vrages ascétiques publiés en Portugal ne portent plus ces
titres ridicules et extraordinaires que portent ceux qui
sont cités dans les Lettres de Ruders et dans les écrits
de difïérens autres auteurs qui ont décrit ce royaume.
Voici la liste des Portugais qui , par leur profond
savoir dans cette branche aussi vaste que difficile des
connaissances humaines , méritent une mention par-
ticulière. L'étoile qui précède les noms indique, pour
ce chapitre et les suivans , que le personnage dont d
est question est mort depuis 1800. Quelques-uns de.
nos lecteurs trouveront peut-être que nous avons été
trop facile à placer dans notre Coup d'œil, parmi les
gens qui honorent le plus la nation, des personnes qui
n ont encore rien publié, ou dont le savoir n'est pas gé-
néralement connu de leurs compatriote mais qu'ils
daignent accorder une légère attention aux circon-
stances dans lesquelles se sont trouvés placés les savans
et les artistes portugais , et que nous ayons déjà signa-
lées , et ils conviendront avec nous qu'il eut été souve-
rainement injuste de passer leurs noms sous silence.
Nous croyons indispensable de prévenir nos lec-
teurs que l'ordre d'après lequel sont classés les noms
des différentes personnes dont nous parlons dans
chaque chapitre n'a aucun rapport avec leur mérite.
N'ayant l'intention que d'indiquer les Portugais qui
se distinguent le plus dans chaque branche du sa-
voir , nous en avons parlé selon que les noms se pré-
sentaient à notre mémoire , et selon l'ordre d'après
lequel nous trouvions arrangés les nombreux docuniens
que nous avions rassemblés sur chacun d'eus. Pour
éviter d'inutiles répétitions , nous avons mis à la fin
de cet Appendix la liste de tous les membres de
l'Académie royale des sciences de Lisbonne , afin de
n omettre aucun de ces académiciens, qui tous, par
( xxiij )
leurs connaissances plus ou moins vastes dans les dif-
férentes branches des connaissances luiniaincs, mé-
ritent une mention lionorable. C'est aussi pour éviter
cet inconvénient que dans nos différens cliapitres
nous avons évité de donner à chaque personne dont
nous avions à pailei la qualification qui lui convenait
d'après le titre du chapitre sous lequel elle était com-
prise. Par exemple, dans le chapitre de la Jurispru-
dence , nous n'avons jamais donné la qualificalion de
jurisconsulte aux diflerens savans que nous avions
à nommer , à moins que cela ne fut nécessaire pour
faire sentir qu'ils étaient piol'esseurs de celte science à
l'université deCoimbra, ou bien qu'ds l'emportaient de
beaucoup en savoir sur les autres jurisconsultes avec
lesquels ils se trouvaient placés. Alors nous avons
ajouté à la qualificalion Ae jurisconsulte ou puhliciste
les adjectifs distingue^ très-distingué , profond, etc.,
selon le résultat des informations que nous avions
prises sur chacun de ces savans. Nous ne prétendons
cependant pas donner par là la mesure exacte du
mérite littéraire des différentes personnes mentionnées
dans chaque article; nous ne voulons que distinguer
quelques sujets d'un mérite supérieur à ce/ui des
autres , qui, quoique très-recommandables, ne sont ce-
pendant pas à leur niveau. Nous répétons encore une
fois que notre intention étant de dire toujours la
vérité et de rendre justice à une nalion si injustement
calomniée jusqu'à présent, que nous estimons, et chez
laquelle nous avons trouvé tant de savans qui avec
une générosité sans exemple ont bien voulu nous
aider dans notre travail difficile , personne ne pourra
raisonnablement supposer que nous ayons voulu de
[)ropos délibéré omettre quelques noms qui ont droit
<le trouver leur place dans notre Coup d œil. Si cela
nous était arrivé à l'égard de quelques hommes de
niérite dont les ouvrages ou la réputation ne seraient
pas parvenus à notre connaissance, ils ne doivent pas
( xxiv )
s'en prendre ù nous , mn'n, aux obslaclcs dont nous
avons déjà parlé _, et qui naturellement s'opposent
à la perreclinn d'un ouvrage de ce genre. Nous es-
pérons que la rectitude de nos intentions , notre zèle ,
et les peines que nous nous sommes données pour faire
connaître aux étrangers les trésors littéraires que pos-
sèdent actuellement les Portugais , nous serviront
d'excuse auprès des personnes de mérite qui auraient pu
être omises^ et d'égide contre l'injuste colère de quel-
ques individus pétris d'amour propre , qui, ne voyant
devant eux que leur mérite imaginaire, sans apprécier
celui des autres , crieraient à l'ignorance ou à la par-
tialité de l'auteur du Coe/p cVceil, en ne voyant pas
figurer leurs noms obscurs à côté de ceux qui font
la gloire de la nation , et que nous avons entre[)ris
de faire connaître au reste de l'Europe civilisée.
"^ Le docteur A-NTO.\io Pereira de Figueiredo ,
auteur de la TeJitatipa theologica , ouvrage remar-
quable par la profondeur et la hardiesse avec laquelle
il a combattu les opinions de la cour de Rome. Sa
Profession de foi , autre ouvrage aussi hardi que
profond, a produit une véritable révolution dans le
clergé portugais. Sa traduction de la Bible en por-
tugais est un ouvrage classique. No^qt. Littérature y
Grammaire.
'^'Le père JoAQUiM de Santa-Glara, moine bé-
nédictin, et archevêque d'Evora. Voy. Littérature.
"^ Le père Manuel do Cenaculo Villas Boas ,
religieux franciscain , et archevêque d'Evora. Voyez.
Littérature.
* Le père Antonio Caldas. Voy. Littérature ,
Poésie et Eloquence.
"* Le père NN. , connu sous le nom de MlMOSO ,
augustin chaussé. .
* Le docteur Manuel de AGuiAii,évêque deLeiria.
'*' Le père Caetano Brandao , religieux fraiicisr-
cain , archevêque de Braga.
(xxy)
* Le père Bartholomeu Brandao , auguslin
cliaussë.
'*■ Constant I NO , abbé de Silvalde.
Le père Francisco de Llmos de Faria Pereira
CûUTiNiio, cvcque de Coimbra. Voy. Littérature.
Le père Mesqlita , religieux de l'ordre des liié-
rominiies. Voyez Littérature.
L'archevêque de Bahia , député aux Cortès , dont
il a été président. C'est un grand orateur , un litté-
rateur distingué , et im profond théologien , qui pos-
sède des connaissances en plusieurs autres briuichcs
des sciences.
Le docteur Joaquim de Santa-Anna Carvalho,
évèque d'Algarve. C'est un grand théologien , et un
littérateur distingué.
L'évêque de Castello - Branco , député aux
Cortès, théologien profond.
Le docteur Joao de Magalhaens A vellar ,
évèque de Porto. Voyez Littérature G\.Bibliothéques.
Le père Francisco de San-Luiz , moine béné-
dictin, ex-membre de la régence , nommé évèque
coadjuteur de Coimbra et recteur réformateur de son
université. C'est un des hommes qui honorent le plus
la nation par leur savoir. Il a des connaissances pres-
que universelles ; mais il excelle surtout dans la théo-
logie, la jurisprudence, la littérature classique et mo-
derne, et l'éloquence. Il est auteur de l'éloquent ma-
nifeste de la nation portugaise aux souverains et aux
peuples de l'Europe. Voyez Dictionnaires , etc.
Le docteur Joaquim Annes de Calvalho , député
aux Cortès. Voyez Eloquence.
Le père Manoel Alves, religieux franciscain.
José de Souza Neves , abbé de Zozem.
Antonio d'Ascencao Oliveiha , chanoine de
Ouarda , auteur du Compendio theologico.
Le père Ignacio de San-Carlos , religieux fran-
ciscain.
( xxvj )
Il laul ajouler à ces noms ceux de (juelques ecclé-
siastiques uès-savans dans les lan^Mies arabe el hébraï-
que, surtout dans le couvent de Jésus à Lisbonne
<ît dans ceux des bénédictins où on les enseigne.
^ Le père Joao dl Souza , religieux franciscain ,
inofesseur de langue arabe dans le couvent de Jésus
à Lisbonne. Voyez Dictionnaires.
Le père Manoel Rebello , religieux franciscain ,
professeur de langue arabe dans le couvent de Jésus
à Lisbonne.
Le père José de Santo-Anxonio Moura , reli-
gieux franciscain dans le même couvent que le pré-
cédent.
'^^ Le père Francisco Salazar. , religieux fran-
ciscain y professeur de langue hébraïque à Rio- Ja-
neiro , où il a publié la traduction de différens livres
de la Bible. Il avait une profonde connaissance du
grec , qu'il enseignait lorsque le professeur en titre
ne pouvait pas remplir ses fonctions.
JURISPRUDENCE.
Depuis l'intruduetion du droit romain et du droit
canon en Portugal , l'élude de la jurisprudence a été
toujours très- cultivée dans ce pays, où malbeureuse-
Jnent , pendant plus decinq siècles , elle aété , on peut
le dire , à peu près la seule branche d'études suivie ré-
j^ullèrement et avec profit. En effet presque toutes les
places étaient entre les mains des jurisconsultes. Cette
t[uall lé suffisait non-seulement poui- rendre habile à
occuper tous les emplois de la robe et de la diplomatie,
mais frayait encore la route des places de ministre
d'État, intendant des fmances, directeur des arsenaux
de terre et de mer, inspecteur des roules , ponts et
chaussées , conservateur des bois et forêts , etc. ; il
n'était pas rare de voir ceux qui la possédaient chargés
( XXVJJ )
tic la surveillance des travaux relatifs au régleiuenl du
rours des fleuves , à la restauration des ponts , des
i.rojeis de restauration d( s ports et de la conslruclion
des canaux navigables , aussi bien que de ceux relatifs
;'i l'enconragement du commerce y de la navigation, de
l'industrie et de l'agriculture. C'est à cette coutume
aussi nuisible qu'absurde de confier les emplois
publics à des honinies qui par la nature des^ études
qu'ils avaient faites n'étaient pas en étal de s'en ac-
(juiller convenableinenl, qu'il tant attribuer en grande
partie les fautes politiques commises par les Portugais,
(■t les maux qui pèsent encore actuellement sur celle
nation. Depuis quelque temps on est un peu revenu,
du moins dans certaines brancbes d'administration, de
cette ancienne liabitude , et maintenant les hommes
de robe sont employés dans les places qui conviennent
le mieux à leurs connaissances.
A l'époque de la réforme de l'université la nation
commença à connaître les meilleurs écrits des étran-
gers sur le droit naturel, sur le droit public et criminel;
on adopta pour texte dans la chaire de droit naturel et
public l'ouvrage classique de Martini; on admit dans
les discussions les argumens tirés d'autres auteurs étran-
gers modernes, et on prit pour texte, dans la chaire de
droit portugais, les Institutions du célèbre Pascoal
José de Mello , mort en 1798 , qui a été le plus grand
écrivain delà nation dans celle partie delà jurisprudence.
Voici les noms des personnes qui se distinguent le plus
dans celte branche de la liltérature , dans laquelle les
Portugais ont toujours excellé , soit par des ouvrages
plus ou moins imporlans, soit par leur profond savoir.
'*' Ma>oel de Almeida eSouza de Lobao, célèbre
avocat de la Beira, et un des plus grands écrivams
sur le droit civil portugais. Ce grand jurisconsulte ,
mort depuis trois ou quatre ans , est auteur d'un grand
nombre d'excellens ouvrages toujours cités dans la
harreauportugais • Les plus reinarcpiables sont ceux qu'il
( xxriij )
a dcrils sur les Mori^aclos (ni/jovciis), les Prazn.t
(baux cinpiiylheotiques ) et ies Peiisoes ecclesias-
ticas (pensions ecclésiastiques). Cependant ils o)it
lOLis le défaut conimun aux anciens jurisconsultes , de
citer à chaque article un grand nombre d'aïUeurs na-
tionaux et étrangers , ce qui en rend la lecture un peu
fastidieuse.
^Pereira e Souza, avocat de Lisbonne , auteur
des Primeiras linlias criminaes , des Classes dos
crimes , des Primeiras linhas sobre procès so civil,
et d'autres savans ouvrages qui sont d'un grand secours
non-seulement pour ceux qui commencent la carrière
du barreau, parce qu'ils y trouvent la pratique, mais
encore pour ceux qui suivent depsiis long- temps
cette carrière , par le grand nombre de citations qu'ils
y trouvent.
JoAO Pedro PiIbeiro , professeur de diploma-
tique à Lisbonne, auteur de V Indice chroiioîogico chts
leis que teni sahido clesde i6o3 atheiSij. Cetouvrage,
destiné à faire connaître toutes les lois promulguées
depuis la publication du code Philippin, ne répondit
pas entièrement au but de son auteur , qui fut obligé
d'y ajouter deux appendices pour rapporter plusieiu's
lois qui avaient été omises dans X Indice chronologico.
Voyez Littérature.
Manoel Borges Carneiro , un des meilleurs
jurisconsultes, desembargador de la Relaçào de Porto,
et actuellement député aux Certes. Voyant que V In-
dice de Joào Pedro Ribeiro ne contenait pas toutes
les lois promulguées, il y ajouta un appendix ( ad-
dicionamento) comprenant les lois rendues avant et
depuis 1817. Il publia aussi nn Mappa chronologico
de toutes les lois faites dans les mêmes périodes. 11
a été secrétaire de la junte chargée de la rédaction du
Code militaire. On peut dire sans crainte, d'exagérer
que ce magistrat possède des connaissances presque
universelles. Voyez Eloquence,
( ^»''x )
■MaNOEL Fkr.xaxdes Tmomaz, autre desembaiga-
tlor de la Rolaçào de Porto , ancien membre de la
n'<;ence et actuelleTiieîit dépuié aux Coriès dont il a
clé président. 11 est autem^ d'un Repertorio ou Indice
par matières de toutes les lois extmvagautcs encore
en usage avant et depuis i6o3 jusqu'en i8it5. Cet ou-
vrage est le plus utile de tous ceux qui ont été pu-
bliés dans les derniers temps , parce cpi'il fournit les
moyens de connaître tant de lois si dispersées et si
anciennes. 11 y manque cependant quelques lois très-
importantes* ce qui éiait inévitable à cause du nombre
d'années que cet ouvrage embrasse, et du manque de
système régulier qui règne dans toute la iégislaiioa
portugaise. Il a composé aussi un traité dans lequel
il rélute une des dis^erlations de Lobào. 11 est i au-
teur du fameux HeUitoiio sur l'état actuel de Por-
tugal , lu dans les sessions des Coriès des 5 et 6 fé-
vrier 1821 , morceau dans lequel il a déployé la plus
mâle éloquence et le plus profond savoir dans toutes
les branches de l'administraiion.
AlSTO.MO JOAQUiM DE GOUVEA PlXTO, aulCUr d'UU
Manual cVappellaçoens è aggravas , qui éclaircit un
peu ce sujet embrouillé ; d'un Rezanio chrono^
logico qui comprend se[)t cents articles de la législa-
tion portugaise , et d'autres ouvrages.
'^'FoHTL'NA, auteur des II Uist rations à l'ouvrage de
^îarlini sur le droit naturel et public , à l'usage des
éludians de l'université , où il était professeur. La
mort de ce savant jurisconsulte, et l'empressement
avec lequel il pr.blia un ouvrage très-utile pour la
jeunesse , ne lui permirent pas d'y faire les corrections
qu'il avait méditées.
Jo.-É Feureira Borges , avocat à Porto , secré-
taire de la Compagnie générale des vins , et député
aux Cortès. 11 vient de publier le projet d'un code
de commerce. Ce jeune jurisconsulte , à de vastes con-
naissances en jurisprudence , en joint de profondes
( XXX ;
(ians réconomie politique et dans la science difilcik
des finances ; il est en outre littérateur distingué et
cultive la poésie dens ses niomens de loisir. Nous
savons qu'il s'occupe de la traduction des Lettres à
Emilie de Demoustier. Voyez Eloquence , Econo-
mie politique.
José Joaquiai Ferreira de Moura , ancien ma-
gistrat, jurisconsulte profond , très-versé dans la po-
litique et dans toutes les branches de l'administration ;
un des rédacteurs du projet de constitution (i). Il
a traduit en portugais le Code français dfe procédure
civile. C'est lui qui présidait les Cortès au moment
du retour du roi , et qui , en sa qualité de président ,
lui adressa un discours remarquable qui est connu
de toule l'Europe. Voyez Eloquence.
José Ignacio da Costa , un des meilleurs avocats
du Portugal et actuellement ministre des finances. Peu
de personnes sont aussi profondes dans la jurispru-
dence , surtout dans la partie relative au commerce.
Il possède aussi à un degré éminent la science des
finances et de l'économie politique.
AlSTOlNlO PlNHEIRO D AzEVEDO E SlLVA , profcS-
seur de jurisprudence à Coimbra et député aux Cortès.
C'est un grand philologue.
Magalhaeins, évêque de Porto, ancien professeur
de jurisprudence à Coimbra. Voyez Littérature.
Antoivio José Ferreira , professeur à Coimbra ,
et député aux Cortès.
Bakbosa Araujo , dezembargador ecclésiastique.
C'est un des meilleurs avocats de Lisbonne.
(i) Voici les noms de tous les députés qui ont rédigé le ProjecLo
para dùcussào da Constituiçào polilica da MoiiarcJiia Portugueza , et
qui a été adopté., sauf quelques légères modifications : José Joaquim
Ferreira de Moura ; Luiz , évoque de Beja ; Joào Maria Soares de
Castello-Branco ; Francisco Soares Franco: Beuto Pereira do Carmo,"
Antonio Pinheiro de Azevedo c Siha j Manoel Fernandes Thomaz •■,
Manoel Borges Carnciro.
( xxxj )
Ignacio FkaNcisco Silveir\ da Motta , autre
"land avocat dt: Lisbonne.
Arnaud de Medeiros , aussi célèbre avocat de
I^isbonne.
DoMINGOS MONTEIRO DO AmaRal, descnibargador
et jurisconsulte profond.
Anto.mo JoAQUni lÎE SouzA E A ZEVEDo, avocat à
Coirabra , auteur d^un ouvrage connu sous le titre
de Lmhas preliminares para servirent aos nouas
codigos que se veto aformar.
José da Sylva Carvalho , ancien membre de la
régence , et actuellement ministre de la justice.
TeixeikA Aragao, ancien juiz de fora à Torrào ;
il est actuellement à Paris , où il s'occupe de travaux
utiles à sa patrie. Il a eu la complaisance de nous
communiquer son travail extrêmement intéressant sur
les réglemens relatifs à la police en vigueuren France,
qu'il a traduits et accommodés à l'usage de son pays, et
dont l'adoption lui serait très-utile. 11 travaille main-
tenant à un autre ouvrage sur l'institution du juty
criminel , dans lequel il examine et rassemble en peu
de mots et avec beaucoup de critique tout ce que l'on
a publié de mieux sur la théorie de cette institution,
qui est devenue aujourd'hui du plus grand intérêt
povu^ les Portugais.
José Mello Freire , neveu du célèbre Pascoal
José de Mello. C'est un littérateur distingué et un
profond publiciste ; il est auteur de la savante disserta-
tion sur les délits et les peines , et de plusieurs autres
ouvrages de jurisprudence.
José Joaquim Rodriguesde Bastos, ancien magis-
trat et député aux Cortès. Ce profond jurisconsulte ,
qui est en même temps littérateur distingué et poète
agréable , a composé plusieurs dissertations sur dif-
ferens argumens de jurisprudence et de littérature ,
qu'au grand regret de quelques-uns de ses amis
ï
( xiï-ij )
ul les oni vues , sa trop grande modestie l'a empêché
e publier. Voyez Eloquence.
YicENTE José Fekreira Cardozo , un des plus
profonds jurisconsultes portugais , économiste instruit
et littérateur distingué. 11 est auteur de plusieurs
ouvrages très-eslimés , entre autres du Tractado
sobre direito emphiteutico. ^
José Joaquim de Brito, professeur de jurispru-
dence à Coimbra , et savant économiste. Voyez Eco-
nomie politique.
* SiMAO DE Cordes Buandao, professeur de ju-
risprudence à Coimbra. 11 a laissé beaucoup de ma-
nuscrits très-importans et pleins d'érudition sur la
science qu'il professait et sur d'autres sujets.
Ajntomo Camelo Fortes de Pina , professeur de
jurisprudence à Coimbra et député aux Cortès. 11
excelle surtout dans la connaissance du droit romain.
Voyez Eloquence,
* José de Se\bra d> Silva , jurisconsulte très-
profond et ministre d'Etat. Voyez Politique.
^ José Ignacio da Rociia Peniz , professeur de
jurisprudence à Coimbra , jurisconsulte profond , une
des victimes des opinions politiques d'autrefois , et
auteur d'un ouvrage posthume intitulé Elementos da
praticaformularia,OM Brèves ensaios sobre apraxe
do for o po rtuguez .
^ Francisco Xavier de Oliveira Matos , pro-
fesseur de jurisprudence à Coimbra , éditeur du
Code Manuelin (Godigo Manoelino), et publicisle dis-
tingué.
* Mainoel Ignac'.o da Silva Alvarenga , le
premier avocat de son temps à Rio-Janeiro sa patrie ,
où il est mort. Voyez Poésie.
Ricardo Raimundo NoGUEiRA. Voycz Litté-
rature.
Bento Pereika i:o Carmo , député aux Cortès,
et littérateur. Voyez Eloquence.
( XXXilj )
L'évlque de Béja , député aux Corlès , et litlc-
îiitClU-.
CiRLOS HoNORïo DE GouvEA DuRAo , ancien
magistrat, député auxCortès et jurisconsulte profond.
F^LA^CIsco A-Ntoxio de Almlida Pessanha, dé-
puté aux Cortcs , agronome et amateur des sciences
nalurelles.
Francisco ManoelTricoso de Aragao Morato,
député aux Cortès , qu'il a présidées plusieurs fois ;
jurisconsulte profond , littérateur distingué , bon ma-
thématicien. Voyez Eloquence.
JoAO Baptista Felgueiras , député et un des se-
crétaires des Cortès ; savant jurisconsulte , quoique
encore très-jeune.
Joao Maria Soares Castello-Branco , député
aux Cortès , dont il a été président ,• jurisconsulte
profond , politique et littérateur distingué. Voyez
Eloquence.
José da Silva Lisboa, député de la Junle de
commerce à Rio-Janeiro , jurisconsulte profond. Il est
auteur des Piincipios do direlto mercantil, ouvrage
très-profond et très-bien écrit , qui lui fait beaucoup
d'honneur. Il aaussi publié un traité sur les assurances,
d'après les meilleurs auteurs étrangers. Voyez Econo-
mie politique.
Joao de Sousa Pinto de MagalhaEx\s, député
aux Cortès, jurisconsulte instruit. Voyez Eloquence.
José de Gouvea Osorio , député aux Cortès. 11
passe pour être doué d'une mémoire extraordinaire.
José Maria de Sousa e Almeida , député aux
Corlès , très-jeune , mais savant jurisconsulte.
José Pedro da Costa Piibeiro Teixeira , pro-
fesseur à Coimbra et député aux Cortès ; c'est un
jurisconsidle profond, surtout dans le droit civil.
José Vaz Correa de Seabra , député aux Cortès,
cl jurisconsulte très-profond.
II. c
( xxxiv )
José Vaz Velho, savant jarisconsiilie et dépuie
aux Cor lès qu'il a présidées plusieurs fois.
Luiz NicoiiAo Facu^des Varella , député aux
Certes. C'est l'avocat le plus distingué de Rio- Janeiro.
Manoel de Si rpa Machado , député aux Cortès,
savant jurisconsulte.
Antonio Cahlos Ribeiro de Andrade, député
aux Cortès. Voyez Littérature.
TnoMAz Antonio de Villanova Portugal, pu-
bliciste profond. Voyez Littérature.
Pedro de Mello Breiner, savant jurisconsulte.
Voyez Politique.
JoAQuni Joi>É Ferreira Gordo, publiciste pro-
fond. Voyez Littérature.
ViCENTE José Ferreira Cardozo da Silva , pu-
bliciste renommé , très-versé dans la législation portu-
gaise , qu'il a réunie en un corps d'ouvrage pour la
publication duquel il avait fait venir les caractères de
Bodoni(i). L'invasion des Français l'a empêché de pu-
blier ce travail. Il a aussi composé différens mémoires
sur différens sujets de législation et d'économie poli-
tique, où l'on reconnaît la justesse de son esprit , une
vaste érudition en jurisprudence, et un style extrême-
ment facile. Une grande partie de ses écrits a été
composée à l'île de Saint-Michel , où il se trouvait re-
légué par suite des événemens politiques du Portugal.
LOGIQUE ET MÉTAPHYSIQUE.
La littérature portugaise ne possède encore que peu
d'ouvrages importans sur ces deux branches de la
science. La philosophie d' Aristote , mal commentée par
les Arabes et si indignement défigurée par les scoliastes,
(i) Le comte de Barua a emporté avec lui au Brésil ces caractères,
qui ont formé Je fonds primitif de l'imprimerie royale de Rio-JancirQ.
( XXXV )
après avoir été chassée de presque toutes
l'Europe civilisée dans lesquelles elle a
les écoles de
avait dominé
pendant tant de siècles, conserva encore long-temps
son empire dans celles de Portugal. L'Essai de Locke
sur l'entendement humain était connu de tous les savans
de l'Europe , et en Porlugal on rendait encore un
aveugle hommage au philosophe de Stagvre. Après la
grande réforme des éludes faite par l'illusire Pombal ,
on commença à mépriser le harhara celarent , etc. ,
des anciennes écoles , et à étudier la véritable logique
dans le seul livre qui l'enseigne , dans les phénomènes
bien observés de notre entendement. ?'«ous pouvoîls
assurer que dans les dernières années du dix- huitième
siècle on connaissait déjà en Portugal tout ce qu'on
avait publié de meilleur dans les autres pays en logique
et en grammaire philosophique. Nous ne prétendons
pas dire que ces connaissances fussent alors Irès-com-
ra:unes en Portugal , puisqu'elles ne le sont même pas
encore à présent, et non-seulement dans ce pays, mais
dans aucun autre de ceux que nous avons visités. On.
ne peut refuser à quelques Portugais , surtout à ceux
qui ont fait leurs études dans les écoles des réguliers ,
la gloire de s'être élevés à la hauteur des connais-
sances logiques et métaphysiques de ces temps. Nous
avons sous les yeux une thèse logique et métaphysique
défendue à Sélubal en 1797 par le père Joaquim de
Jésus , qui nous confirme dans notre opinion. On v
trouve les meilleures idées de Locke , d'Helvétius ,
de d'Alembert , de Bonnet , de Beauzée , de Girard ,
de Condillac et autres philosophes. 11 est vraiment
fâcheux qu'une nation qui possède des professeurs
très-instruits et capables de composer un bon livre de
philosophie rationnelle pour l'usage des écoles , voie
encore aujourd'hui enseigner cette science d après les
élémens surannés d'Antonio Genovesi. Les entraves
opposées aux écrivains par la triple censure à laquelle
tout écrit était soumis , ont beaucoup contribué à
( XX.\YJ )
enipéclier la publicaliou des bons ouvr.iges de logique
el de mêla physique, et à conserver l'ancienne mé-
ihodc d'enseignement. En effet , qui aurait pu se déier-
jniner à publier ses idées, quand on voyait un censeur
oser accuser de matérialisine l'illustre meta physicien
qui démontra le mieux la spiritualité de notre ame, seu-
lement pour avoir écrit que Xâme est une substance qui
sent. Nous n'avons pas été peu étonne de trouver des
Portugais assez épris de la science pour oser affronter
tant de désagrémens et d'obstacles opposés parla cen-
sure, en publiant leurs idées, dans le but de faire jouir
leurs compatriotes de livres où ils passent trouver les
principes de la science présentés sous un point de vue
analogue à l'état de perleclion auquel elle a été portée
en dernier lieu par les savans travaux des plus ilhistres
niétaplivsiciens de l'Europe. Voici les noms des Por-
tugais et les litres des ouvrages qui nous semblent
mériter d'être nommés de préférence dans ce chapitre,
où mériteraient aussi de trouver leur place presque tous
ceux qui figurent le plus dans celui de la théologie.
SiLVESTRE PiNHEiRO Ferreira, ancicu professeur
de logique à Goimbrp. , chargé d'affaires à Berlin et
actuellement ministre des affaires étrangères. Ce méta-
physicien profond a publié en i8i5 un ouvrage sous
le titre àe Pj^elecçoens philosophicas, ~£^(i Von ^Q\xi
considérer comme classique dans ce genre (i).
(i) Nous en indiquons les divisions principales pour en faire con-
naître le plan et les sujets qu'on y traite : i" la Theorica do discurso
e de linguagem , où il expose les principes de la logique, de la gram-
maire générale et de la rlictoriqne ; i° le Ttatado das paixoens ( pas-
.■-ions) considérées premièrement comme de simples sensations et ayant
pour objet les matières du goût, d'où il déduit les règles de l'esthétique
ou de l'éloquence j, de la poésie et des beaux-arts ; il les considère en-
suite comme des actes moraux compris dans les idées de vertu ou de
vice , d'où il déduit les maximes de la dicéosync ; 3° le Systema do
Mundo , ou la Cosmologia, où il traite des propriétés générales des
êtres ou de l'ontologie , et de la nomenclature des sciences physiques
C xxwij )
Le père JoAQUlM de Jésus , auguslin réfoniic. C'est
un pliilosophe profond et un liUérateiir ([isilnguc.
A.XTO.N'io Leite Ribetko , prolesscur à Coimbra ,
auteur de la Theoria do discnrso applicada a lui-
gua portugueza f pi\ji]u^e en i8ig. Quoiqu'il y ait
[)eu d'idées nouvelles dans cet ouvrage _, il a toujours
le mérite d'y avoir rassemble en peu de p:!ges les
doctrines les plus importantes des meilleurs idéolo-
gistes modernes , et particulièrcjnent celles de Tracy.
Le père A>'Tomo de Santa Barbara , morne augus •
tin réformé , professeur de philosophie rationnelle et
morale à Porto» Ce religieux, qui occupe un rang émi-
nent parmi les premiers orateurs portugais , est aussi
un des plus grands métaphysiciens de cette nation ,
et conserve encore manuscrits des mémoires et des
écrits très-intéressans sur cette science, il a été autre-
fois professeur de njathématiques.
Le père José Sainta Rosa , philosophe profond.
Le père José d'Almeida Drar, religieux francis-
cain , professeur royal de philosophie rationnelle et
morale dans le couvent de Nossa Senhora de Jésus a
Lisbonne. 11 est littérateur et orateur distingué et pro-
îbnd métaphysicien ; il s'est formé sur les ouvrages
classiques des Allemands , des Français , des lialiens
et des Anglais. Il nous a fait voir des manuscrits pré-
cieux sûr l'origine et l'histoire de la philosophie , et
sur d'autres sujets métaphysiques. Vovez Elocjuencp.
Le père Joao de Agueua, religieux franciscain ,
professeur royal de philosophie rationnelle et morale
dans le collège do Espirito Santo à Evora. C'est im
et nialhtmatiques ; de ces propiiétts ii déduit les rapporis des élvcf
crées avec le Créateur , ou les principes de la théologie naturelle. 11
f?t bon de remarquer aue c'est un Portuf.ais qui a («mposé et publie
»lansla capitale du Brésil l'ouvrage le plus philosnpliiq'ie qui zo\\. soi U
jusqu'à présent des presses du Nouveau-Monde.
( xxwiij )
métaphysicien profond qui a écrit beaucoup sur celte
science qu'il enseigne depuis 2.5 ans.
Josc DE Almeida Gouvea, professeur de grec et
de rhétorique dans l'école royale (aulas regias) d'E-
vora. C'est un des plus profonds mélaphysicicns du
Portugal; il est familiarisé avec les ouvrages classiques
de Rant, de Tracy, de Degerando, etc. etc.
José Ferrao de Mendonça e Sousa , prieur des
Anjos à Lisbonne et député aux Cortès. C'est un phi-
losophe profond, liuérateur et orateur distingué, bril-
lant surtout dans l'éloquence sacrée. Voyez Eloquence,
FRArvcisco DE Bgrja Garçao SipcKLER , lieu-
tenant-général. Quelques personnes aussi instruites
qu'impartiales nous ont assuré que son Analyse do
cntendunento hamano , qu'il conserve encore manu-
scrite , est un ouvrage digne d'être comparé à tout ce
qu'il y a de meilleur en ce genre. Voyez Mathéma-
tiques. .
^ Manoel da Camara Aeruda. Voyez Physique,
'*' A>TOMO SoaresBarbosa , professeur de philo-
sophie rationnelle et morale à l'université de Coimbra,
fut appelé par le marquis de Pombal , en 1772, pour
former avec les docteurs Vandelli et Dalabella la pre-
mière faculté de philosophie que les statuts de l'uni-
versité venaient de créer. Ce qui lui mérita une telle
distinction fut son discours sur le goiit et la véri-
table méthocie d'étudier la philosophie, publié à Lis-
bonne en 1766. 11 remplit les fonctions du professorat
avec distinction, et par les efforts de l'application la plus
soutenue , il parvint à acquérir les connaissances phy-
siques qui formaient la base des études des diflérens
cours de la faculté de philosophie nouvellement éta-
blie. On a de lui un traité élémentaire de philosophie
morale, imprimé à Coimbra en 1782 , en 3 vol. in-8%
et deux autres ouvrages de piété déjà publiés , outre
divers autres manuscrits du même genre, qui hono-
rent sa plume.
( xxxix )
MATHÉMATIQUES, ASTRONOMIE ^' MÉCANIQUE.
L'ëtude des malhcniatiqties n'est cultivée en Por-
tugal que par les seules personnes que leur état met
clans l'obligadon de s'y livrer , ou l)ien par celles qui
aspirent à les professer. On ne trouve dans le reste
de la nation que très-peu de personnes instruites dans
cette science aussi vaste que difficile. Cela vient de
plusieurs causes, dont quelques-unes ont été indi-
quées dans le préface de cet Appendix , et non pas
du manque d'éiablissemens et de moyens d'instruction,
comme on le croit chez l'étrani^er. Sans compter les
écoles inférieures ou élémentaires , on peut dn^e que
le Portugal à cinq établissemens complets où l'on peut
apprendre les mathématiques , savoir : l'université de
Coimora , et les écoles de marine de Lisbonne et de
Porto , le collège militaire de Luz et l'école de for-
tification. La méthode que l'on y suit pour l'enseigne-
ment de cette science était aussi bonne que possible
lors de la réforme de l'université ; mais cette méthode
est devenue surannée depuis que cette science a fait
de si grands progrès. Cependant le profond savoir et
le zèledes professeurs remédient en partie à cet incon-
vénient qui néanmoins n'existe pas à l'académie mili-
taire de Piio-Janeiro. (Voyez page Co de ce volume. )
Nous n'hésitons pas à dire , sans craindre d'être
accusé de partialité , que les sciences mathématiques ,
dans toute leur étendue et tout leur perfection-
nement actuels, sont parfaitement connues des Por-
tugais, et beaucoup plus qu'on ne serait porté à le
croire d'après le petit nombre d'ouvrages pubhés sur
cette matière depuis trente ans. INéanmoins, si quelque
chose de plus positif était nécessaire pour convaincre
les incrédules , nous les prierions seulement de vou-
loir bien considérer que tous les raalhémaliclens qui
font l'orgueil et la gloire des Portugais ont été formés
(xl)
dans le pa}' s ; que les six volumes des Memor'ias de
rnathematica e physica de l'Acaderaie loyale des
sciences de Lisbonne contiennent plusieurs anicles ,
qui démontrent jusqu'à révidence les profondes con-
naissances des mathématiciens portugais ; et que les
Ephemericles ctstronomicas para uso do observa-
iorio da uniwersidade de Coimbra e para o da na-
vegaçào portugueza en donnent une preuve nou-
velle. Ces éphémérides , qu'on publie tous les ans
depuis i8o4 5 bien loin d'êire , comme l'a dit certain
voyageur , une réduction ou unç copie de l'AlmanacU
de l'observatoire de Green^ich , sont au contraire
calculées immédiatement sur les tables astronomiques.
La disposition ingénieuse de ses nombreux articles ,
les nouvelles méthodes qu'ils présentent pour le calcul
des longitudes sur mer et pour celui des éclipses ,
aussi bien que plusieurs autres méthodes particiilières
pour la formation et la vérification de plusieurs sujets
astronomiques , ont donné à cet ouvrage une juste
supériorité sur la plupart de ceux du même genre , el
ont mérité à ses savans auteurs l'estime des malhé-
maticiens les plus distingués de l'Europe , qui ont eu
occasion de le voir et de l'examiner.
Yoici les noms des mathématiciens que tout le
monde s'accorde à considérer comme ceux qui , par
leurs ouvrages ou par leur profond savoir , honorent
le plus la nation , et dont quelques-uns peuvent sou-
tenir la comparaison avec les géomètres les plus pro-
fonds des autres nations.
* José Monteiro da Rocha , professeur à l'uni-
versité de Coimbra. Ses mémoires sur l'astronomie
pratique, qui ont été traduits en français par son digne
élève Manoel Pedro de Mello , et publiés à Paris en
18085 prouvent qu'il était aussi versé- dans celte partie-
des mathématiques mixtes , qu'il l'était dans l'analyse la
plus sublime, comme il l'a montré par ses Âdditanicntos
a regjri de Fontaine para as quad raturas. 11 est au'
( xij )
ieu.r tie plusieurs aulres mémoires ircs-savans , et des
Ephemerides astrotiomicas de Coitnhra , dont nous
venons de parler.
* Manuel Joaquoi Coelho da Maya, professeur
de runiversilc , dans laquelle il passait |)our le plus
grand analyste qu'ait eu le Portugal. 11 expliqua le
premier la Mécanique céleste de Laplacc dans l'uni-
vcrsilé^ et il est l'auteur d'un mémoire très-savant sur
la Démonstration de la règle de Fontaine pour les
quadratures , qui a remporté le prix à l'académie de
Lisbonne. Ce professeur et san digne collègue José
Monteiro da Rocha eurent la gloire de faire des élèves
dignes de les reniplacei'.
Francisco de Paula Ïrayassos, lieutenant-co-
lonel du génie, professeur à l'académie de marine et
<léputé aux Coriès. Son Trlcthodo de i^ducçâo des
distancias ohservadas no calculo das longitudes ,
publié en i8o5, ne démentit pas la réputation qu'il
avait déjà acquise par plusieurs savans mémoires sur
la science qu'il professe.
José Maria Dantas Pereira , chef d'escadron et
conseiller d'état et d'amirauté , aussi bon matliémati-
cien que profond économiste , auteur du Curso d'es-
tudos para uso do commercio e da fazenda , pu-
blié en 1798, ouvrage excellent et unique en ce genre
en Portugal. 11 a composé aussi plusieurs excelleus
mémoires sur différens sujets.
Matheus Vale.nte de Couto, major du corps
du génie , professeur pensionnaire de l'académie de
marine et directeur de son observatoire. Ses mé-
moires publiés dans les actes de l'Académie des sciences
lui ont acquis une grande réputation. Il est auteur d'un
traité àe trigonométrie rectiligne et sphérlque publié
en 1819; très-bon ouvrage surtout pour la clarté de
l'exposition et le choix des formules principales.
Francisco Villela Barbosa , major du corps
du génie, professeur de l'académie de marine , et dé-
( xlij )
puté aux Cortès. Il a publié en 1816 un bon traité
de géométrie qui a été dernièrement réimprimé. Voy.
Littérature, Eloquence et Poésie.
Francisco Soioe-NS Margiocchi , major du
corps du génie , professeur à l'académie de riiarine ,
et député aux Coriès. Il est l'auteur de plusieurs sa-
vansmémoires qui lui ont acquis delarépulalion comme
bon géomètre.
*JoAO ÉvangelistaTorhiani, colonel du génie et
professeursuppléant de mathématiques à l'académie de
marine. 11 a composé un savant mémoire qui a été cou-
ronné par l'académie royale des sciences de Lisbonne,
et dans lequel il démontre que \es formules proposées
par Tfronslà pour la résolution générale des équa-
tions ne sont plus vraies passé le troisième degré.
Maivoel Pedro de Mello, élève du célèbre José
Anastasio da Cunba, et proTesseur d'hydraulique à l'uni-
versité de Coimbra, dont il est un des pensionnaires. C'est
un profond mathématicien et un bon naturaliste. Son
mémoire sur les hinoniiales lui fait beaucoup honneur.
En 1806 il a remporté le prix proposé par l'académie
de Copenhague sur la composition des forces.
José AvELizso de Castro. Ce jeune mais profond
géomètre, élève de l'académie de Porto, dont il est
suppléant à la chaire des matiiématiques de seconde
année, possède pariailcment celte science et celles dont
elle est la base. lia composé plusieurs savans mémoires,
entre autres un sur la théorie des équations^ qui lui
valut riionneur d'être admis à l'Académie des sciences
de Lisbonne.
Francisco de Borja Gakçao Stockler, lieute-
nant-général, ancien gouverneur des Açores et prési-
dent de la junte administrative de l'académie militaire
de Rio-Janeiro. Ce Portugais, qui est le premier des
mathématiciens de sa nation, brille aussi dans la litté-
rature, la poésie et la métaphysique. Sa Théorie des
limites, qui sert d'introduction à sa Méthode des
fluxions, insérée dans les Mémoires de l'Académie de
Lisbonne ; ses trois mémoires sur la Méthode inverse
des séries ydans lesquels il présente des vérités inconnues
avant lui ; son Traité de géométrie philosophique à
Vusogede sonjîls, et sa lettre au rédacteur ànMonthly
Review , juslilient l'opinion de ses compatriotes, et
le placent au rang des plus i^rands malbémaliciens vi-
vans. Voyez Littérature et Méthaphysique.
* Francisco A-\tomo Cieka, professeur à l'aca-
démie de marine , astronome et mathématicien pro-
fond , connu par les importans travaux géodésiques
qu'il a entrepris pour former la carte du royaume , et
mesurer la longueur d'un degré du méridien. Voyez
Géographie.
* JoAO Manoel de Abreu, bon géomètre, connu
surtout des étrangers par sa traduction française des
Principios matliematicos du célèbre et infortuné
José Anastasio da Ccj>'HA, mort vers la fm du siè-
cle passé et justement appelé le plus grand mathémati-
cien portugais du dernier siècle
José Saturmno da Costa Pereira, frère de
l'éloquent rédacteur du Correio brasiliense ( voyez
Journaux et Littérature), major du génie, et profes-
seur de mécanique à l'académie militaire de Rio- Ja-
neiro. Cet habile mathématicen a rédigé un traité
complet de mécanique à l'usage de ses élèves , d'après
la mécanique céleste de Laplace, et celle de Bossut
et de Francœur. 11 a aussi démontré, par la méthode
des variations, que de tous les solides d'égale surface^
la sphère est celui qui jouit du maximum de solidité.
Il conserve encore manuscrits quelques importans tra-
vaux sur les mathématiques, qui lui feraient beau-
coup d'honneur s'ils étaient publiés.
Paulo José Maria Ciera , frère de Francisco An-
tonio Ciera , capitaine de frégate et premier adjoint
(ajudante) à l'observaloire de la marine. C'est un as-
tronome habile.
( xliv )
Antonio Diniz do Couto Valtînte, sous-lieute-
nant de marine, et assistant (partidista) à l'observa-
toire de l'académie de marine. C'est lui «ui est chargé
du calcul des épliémérides astronomiques de Lisbonne,
en réduisant au méridien de cette ville celles de l'al-
manach de Greenwich. (11 ne faut pas confondre ces
ëpliémérides avec celles de Colmbra, dont nous avons
parlé à la page yl.)
JoaoPaulo dos Saintos Barueto, major du génie
et professeur de mathématiques à Tacadémie militaire
de Rio-Janeiro. Ce jeune mais profond géomètre,
élevé de cet établissement, est très-versé dans toutes
les sciences qui se rapportent aux mathématiques. De-
puis quelque temps il s'applique surtout à l'hydraulique
et a ses plus utiles applications. Nous sommes même
informé qu'il travaille actuellement à un ouvrage qui
doit être de la plus grande utilité pour ses compatriotes,
parmi lesquels cette science est peu cultivée. 11 est à
l'pgretter que son excessive modestie l'ait empêché jus-
quà présent de publier des écrits imporlans que nous
savons de bonne part qu'il a composés sur différens
sujets de mathématiques pures et appliquées. 11 est ac-
tuellement à Paris. Voyez Littérature, Géographie ^
Tactique , et à la page 77 de ce volume.
Manoel Eeriœira d'Araujo, colonel du génie et
professeur d'astronomie à l'académie militaire de Rio-
Janeiro. Il a composé un bon traité d'astronomie d'a-
près celles de Lacaille , Lalande et Biot. Ce mathéma-
ticien distingué est connu de ses compatriotes par ses
excellentes traductions du Cours de mathématiques de
Lacaille, de la Géométrie de Lacroix, de la Géométrie
et trigonométrie de Legcndreà l'usage de l'académie
mditaire, et de l'Algèbre de Cousin. 11 a aussi composé
un abrégé des variations des triangles à l'usage de ses
élèves. M. Araiijo est aussi un littérateur distingué et
un bon poète. Quelques-unes de ses poésies sont déjà
( xlr )
puMices. 11 a clé le réilacteur d'un journal litléraire et
politique connu sous le nom deO painota ; il Test en-
core tie la Gazeta do Rio-Jnneiro.
Manoel da Costa Pinto, colonel crartillerie, et
professeur d'ariillerie à l'académie militaire de Rio- Ja-
neiro. 11 a composé un traité cpii y sert de texte,
ilaprès les ouvrai^es de Leblond , Robins , Euler ,
Scliil, Vicenti , Mùller, et il y a introduit les expé-
riences les plus récentes, particulièrement celles faites
à Lisbonne sous rinspeclion du chevalier Napion
(voyez Sciences naturelles^ Cet ouvrage, qui est
vraiment excellent , n'est pas encore imprimé à cause
du temps qu'exige la gravure des planches.
Le père Pedro de Santa MaRianna, professeur
de calcul différentiel et intégral à l'académie de Rio-
Janeiro. C'est un des plus profonds malhématicierij» du
Brésil.
Joao de Sousa Pagheco Leitao , colonel du gé-
nie et professeur de tactique et fortification de campa-
gne à l'académie militaire de Rio-Janeiro. Ce profond
géomètre a traduit en portugais les première et seconde
parties du traité de Gay de Vernon , qu'il explique à
ses élèves, et qu'il a enrichies de notes très-savantes dans
lesquelles il a inséré les opinions des plus grands tacti-
ciens et les siennes. 11 a aussi composé un traité élé-
mentaire de tactique qui n'est pas encore impiimé.
Ses JR.û/lexôes sobre as campanhas de Portugal ,
publiées à Rio-Janeiro en i8i4, ont donné une nou-
velle preuve de scsprofondes connaissances militaires,
%\. ses poésies, dont quelques-unes sont vraiment rem-
plies de feu et de verve poétique , lui donnent le droit
d'occuper une place distinguée dans la littérature por-
tagaise. 11 a compçsé aussi une comédie sous le titre
de Os Sèbastianisifis.
* Maxoel do Spirito Santo LiMPO , géomètre
profond. Voyez Tactique.
José Joaquim de Faria , professeur émérite de
( î^lvj )
ïiiuthéiriatiques àl-LiniversitédeCoimbra, et député aux
Cortès. 11 inséra, dans le cours de son professorat (i),
dans le texte des œuvres de Bezout , de Bossut et de
Marie , les nouvelles doctrines qui depuis la publi-
cation de ces ouvrages classiques ont éclairci tant de
points dans les mathématiques pures et appliquées.
Les personnes dont les noms suivent n'ont rien pu-
blié qui soit parvenu à notre connaissance, et nous
n'avons pu nous procurer de renseignemens sur leurs
écrits relatifs au sujet de ce chapitre. Nous savons ce-
pendant d'une manière positive que toutes possèdent
des connaissances plus ou moins étendues dans les
mathématiques , que quelques-unes cultivent par plaisir
et d'autres par état. En voici les noms :
Manoel G0NÇA.LVES DE MiRANDA, député aux Cor-
tès. Voyez Economie Politique et Eloquence.
RoBERTO Luiz DE Mesquita, professcur de ma-
thématiques à Angra, dans l'archipel des Açores, et
député aux Cortès.
RoDRîGO Ferreira da Costa, député aux Corlès.
Voyez Théorie musicale.
Mariiso Miguel Franzini, colonel de la brigade
de marine, et député aux Cortès.
Caula , maréchal-de-camp et ministre de la guerre
à Rio -Janeiro. Voyez Géographie.
A Coimbra nous trouvons : Antonio Honorato
DE Caria e Moura.
JoAQuiM Maria d'Andrade.
Sebastiao Corvo.
(i) M. Fciria a été pendant long-temps un des membres les plii3
marquans de la Junta da fazenda de l'université , et eut le mérite
d'avoir beaucoup contribué à. la construction du bel observatoire, à
l'acquisition des meilleurs instrumens fabricjuçs à Londres et à Paris, à
Taugmentation des machines du beau cabiijet de physique , du labo-
ratoire de chimie et de l'amphithéâtre anatomique , ainsi qu'aux amé-
liorations du local du jardin botanique. La bibliothèque de l'université
lui doit racquisitlon des ouvrages les plus estimés dans différentes
branches des sciences, ainsi que Ja continuation des collections scien-
tifiques et des ouvrages périodiques.
( -^lY'j )
Agostinho JoséPintod'Almeida.
luiz fortunato de souza.
A Porto : JoAQLiM Antonio d'Oliveira.
JoSÉGaRNEIRO D\ SlLYA.
SCIENCES NATURELLES, PHYSIQUE, CHIMIE, MINÉRALOGIE,
BOTANIQUE ET ZOOLOGIE. *
Quoique les Portugais soient une des dernières na-
tions qui se soient livrées à l'étude de ces différentes
sciences, il ne faut cependant pas croire qu'elles aient
été et qu'elles soient encore entièrement négligées par
eux. Si l'on considère combien peu le gouvernement les
a encouragées , et le manque total de motifs individuels
propres à engager les hommes de génie à se livrer à
de longues et pénibles rechcrclies qui ne devaient les
conduire ni aux honneurs ni aux emplois lucratifs ,
on a lieu de s'étonner du nombre considérable de
Portugais qui, sans autre stimulant que l'amour de la
science, se sont élevés à un rang distingué parmi les
naturalistes de l'Europe. Il est vrai qu'à l'exception de
Manoel Ferreira da Camara Betancourt, de Joào An-
tonio Monteiro , de José Bonifacio d'Andi'ade, de Félix
AvellarBrotero, de José Correa da Serra, on peut dire
que le Portugal ne compte presque aucun autre natura-
liste qu'on puisse appeler un grand praticien , quoi-
qu'il en possède plusieurs qui connaissent parfaitement
la partie théorique , dans laquelle seule ils peuvent
soutenir la comparaison avec les grands hommes des
autres nations. Pour être juste il faut aussi avouer que
le marquis de Pombal chercha à attirer des pays étran-
gers , et surtout de Fltalie (i), des hommes distingués
(i) Nous présentons ici quelques notices sur les savans étrangers les
plus marquans qui furent appelés dans cette circonstance et dans d'au-
tres sous dilTérens règnes.
*MicHiEi,E FRA^zIKI ,de Venise, mathématicien profond, physicien et
( xlviij )
dans les sciences r.aliu elles v\ luallit-nialiques, pour ré-
Ibriiier l'jimversilc cie CoiiiiLra, el ia lucUrc au niveau
ïiaturalisto distinç;iii' , et littérateur très-ériulit. C'est à ce savant que le
Portugal doit presque tous ses grands mathématiciens , parce que c'est
par lui que lurent organisés les différensétablisscmens où l'on enseigne
< rite science , soit à LislKiune soit h Coimbra. Après avoir été. pendant
dix ans le précejjtciir ilu prince du Brésil Dom Josepli et dcson frère le
roi actuel , charge dont il s'acquitta de manière à mériter l'estime et
ia vénération de ses augustes élèves , accablé d infirmités et d'années ,
il retourna à Venise en 1793 , d'où il revint en i8o4 , dans un état de
caducité qui ne lui permit que de jouir de la société de ses amis.
C'est ])our instruire son auguste élève et pour lui inspirer du goût pour
les sciences et pour les arts qu'il fornia dans le palais royal de Belem
un cabinet de physique , une belle collection de modèles d'arts et
métiers, où il assembla le système général de fortiticatioti d'Antonien
lelief , et une collection de modèles de machines hydrauliques. 11
uidurut en 1810 , laissant quatre cnfans , parmi lesquels se distingue
le colonel Marino Miguel Franzini, accuellement député aux Gortès ,
dont nous avons parlé si souvent dans cet Kssai statistique et dans nos
Variétés. Voyez Géographie , etc.
Dalabei.la , élève du célèbre marquis Poleni , professeur dans l'uni-
versité de Padoue. Après avoir enseigné pendant plusieurs années
la physique expérimentale à Coimbra , il retourna chez lui à Padoue,
où , à cause de l'assiduité avec laquelle il s'était acquitté de ses fonc-
tions de professeur, le gouvernement portugais lui continua la jouis-
sance de tous ses traitcmens. Il a composé !in cours d'agriculture ,
'iont les quatre premiers volum.es ont déjà paru ; les autres se trouvent
entre les mains du chevalier Nicolào Franzini, frère du député. Il est
aussi l'auteur du Traité de physique dont nous avons parlé à l'article
<Io l'université, page 5i de ce volume. Ce savant distingué est âgé
d'enviion 92 ans.
* MiciiiELE CiERA, littérateur plémontais , distingué sui-tont par
la jnireté avec lacjuelle il écrivait le latin et par ses connaissances
profondes dans la géographie. On a de lui la traduction portugaise du
traité De o//îciis de Cicéron. Il est père des deu.K matliématiiiens et
.^stronomcs distingués dont nous avons parlé aux chapitres Geogra-
jtliie et Matliéniatiijues. "
* L'abbé Gl0VA^M Akgei.o BnuNEi.r.r, profisseiu- de mathématiques à
Cologne. Il fut appelé par le gouvernement portugais pour fixer la
ligne de démarcation au Brésil entre l'Espagne et le Portugal. Après
s'être acquitté honorablement de cette commission , il fut employé
comme professeur de géométrie , d'arthmétique et d'algèbre au collège
dcsNobies à Lisbonne. Sa réputation littér.iireestprincipalement établie
par les savansnjémoires relatifs à ses opérations géodésiques dans l'Amé-
rique, qu'il envoyait annuellement à l'institut de Bologne, et par plu-
sieurs écrits sur l'analyse et le calcul des courbes.
* DoMEMCo Va^df.i.li de Padoue. Ce naturaliste distingué entrete-
nait une correspondance suivie avec le célèbre Linnée. Il enseigna le
premier ia chimie, l'histoire naturelle et la botanique en Portugal,
des progrès que ces sciences avaient (ails dans lEu-
rope civilisée. Plus lard la reine Marie et son auguste
et dirigea lu l'onnation des jardins botaniques de Coimbra el de Lis •
bonne. 11 a publié plusieurs mémoires qui se trouvent insérés dans
les actes de 1 académie royale des sciences de Lisbonne, dont il était
membre. Il a laissé un fils , qui est un des minéralogues portugais les
plus instruits. Voyez ALEiA.>DRE VA^DJ^LH dans le chapitre Sciences
naturelles.
*Ciccni, savant médecin italien, appelé en Portugal lors de la
réforme de l'université pour y enseigner l'anatomie.
EscHWEOE et Warnhagek. Ces deux savans naturalistes allemands ,
élèves de ^\'erner, furent appelés en Portugal en iSoi par le ministre de*
finances Dom Rodrigo de Souza Coutinho, pour uuttre en activité
l'ancienne forge de Figuerô dos Vinlios , sous la direcliou de José
Bonifacio d'Andrade. Au commencement de 1809 ces deux Allemands
passèrent au Brésil, où lemèraeministreDom Piodrigo, devenu comte de
Linhares , les employa dans l'exploitation de plusieurs mines de fet
qui sont en plein rapport. M. Warnhagen est resté avec sa famille au
ErésiljOÙ il parait sélre définitivement établi. M. le baron d'Eschwege
est revenu en Europe. On doit à ce dernier une description de la ca-
pitainerie générale de Minas Geraes et des provinces limitrophes ,
dans laquelle il a déterminé les points principaux , et le nivelle-
ment des plateaux et des chaînes de montagnes les plus élevées. Dans
son Joui liai von Brasilien , publié à Weimar depuis i8i8, il a fait
connaître plusieurs faits aussi importans que nouveaux relatifs à l'his^
toire naturelle et à la statistique de cette vaste région.
* Caulo Napio^ , né à Turin , et élevé au grade de lieutenant-gé-
néral au service de Sa Majesté Très-Fidèle , où il entra d'après l'in-
vitation de Dora Piodrigo de Souza Coutinho , ambassadeur auprès
du roi de Sardaigne. Alinéralogiste et chimiste très-distingué, il fut
nommé inspecteur de l'arsenal cla Fundiçào à Lisbonne, où il resta
jusqu'au départ durci pour le Brésil, avec lequel il s'embarqua. Arrivé
à Rio-Janeiro il créa la fabrique de poudre à canon , et fut nommé
inspecteur de lartillerie, des fortifications, de l'arsenal militaire et
de celui dit d<i-l'undiiao. 11 profita des moyens mis à sa disposition
pour faire les premières expériences au Brésil sur la résistance , l'élas-
ticité et la dureté des principales espèces de bois de cette vaste ré-
gion ; elles se trouvent consignées dans le Patriota et dans le traite
d'artillerie de M. Pinto ( Voyez mathématiques). Ou lui doit aussi
beaucoup d'expériences très-intéressantes sur les métaux du Brésil ,
particulièrement sur le fer de Minas Geraes et sur celui de la fabrique
de Surucabâfdans la capitainerie de San-Paulo, où il fut envoyé tout
exprès.
Damel Gartmker , médecin anglais , professeur de chimie à l'aca-
démie militaire de Piio-Janciro. Cet infatigable chimiste a fait d'in-
nombrables analyses de végétaux , dont il a fait d'heureuses applica-
tions k la médecine qu'il exerce avec le plus grand succès. M. Gar-
diner enseigne la chimie à ses élèves d'après clés élémens qu'il a com-
posé'» lui-même, mais qui ne sont pas encore imprimés.
H. â
( l)
fils n'ont cessé de poursuivre le niénie but eu engageant
des savans étrangers à s'établir en Portugal, et en en-
voyant à leurs frais de nombreux pensionnaires à Paris,
à Londres, à Rome et dans les principales villes de
l'Allemagne, pour étudier et se perfectionner dans les
sciences exactes et naturelles et dans les beaux-arts
(voyez pages 76, 76 et 77 de ce volume). Mais ces
efforts utiles ne pouvaient suffire pour diriger le goût
de la nation vers l'étude de ces sciences difficiles , qui
n'offi-aient d'autre récompense à ceux qui s'y livraient
avec le plus de zèle qu'un bonnet de professeur dans
l'université de Coimbra à une première vacance , ou la
direction de quelques-uns des éiablissemens littéraires,
iron peu nombreux et trop peu lucratifs pour pouvoir
offrir la perspective d'un sort assuré. Nous n'avons pas
été peu surpris d'apprendre que le savant Brotero,
l'illustre Correa da Serra, Magalbàes (physicien dis-
tingué , mort en Angleterre dans la seconde moitié
du siècle dernier ) , le célèbre médecin Sanches , et
le père Loureiro , auteur de la savante Flora Co-
chinchinensis , ne durent qu'à leurs propres efforts
les connaissances profondes qu'ils ont acquises soit
dans leur patrie, soit dans les pays étrangers. Notre
surprise s'est encore accrue en examinant les livres
d'après lesquels on enseigne ces sciences dans l'uni-
versité et dans les autres établissemens , qui, à i'ex-
* Le général Valeré , Français , élève du célèbre Perronct , de
l'école des ponts et chaussées , appelé en Portugal lors de la réorga-
nisation des armées de ce royaume par le prince de Lippe. 11 prit
du service dans le génie , fut chargé de la construction de la fa-
meuse citadelle de la Lippe , et fut employé pour toutes les construc-
tions militaires en Portugal et surtout pour celles qui fureirt exécutées
dansrAlem-Tejo. La discipline et l instruction de son régiment enflam-
mèrent d'une noble éfnulation les autres corps de l'armée. Cet habile
officier a tracé des plans et composé des mémoires sur les canaux à
ouvrir dans rAlem-Te)o en profitant des eaux du Xarama , du Saado
et du Tage. », , , < , • i
* Olivieri , Italien , mort recteur du colh ge des JNobles a Lisbonne,
littérateur distingué , surtout dans la littérature latine.
( ij ■)
ception de racadc^mie inilitaire de Rio- Janeiro, sont
loin d'être au niveau des immenses progrès que ces
sciences oni faits depuis quarante ans. Il est vrai que
le profond savoir des professeurs qui expliquent aux
élèves les théories modernes, et leur découvrent l'état
actuel de la science d'après les ouvrages classiques
français et anglais, fait disparaître en partie cet incon-
vénient ; mais ce sera toujours un obstacle de plus à
surmonter pour répandre parmi les Portugais des con-
naissances dont l'élude a été jusqu'à présent chez eux
si peu encouragée et hérissée de tant de difficultés.
Quant aux auteurs allemands et à ceux des nations du
nord, nous devons avouer qu'ils sont presque entiè-
rement inconnus , à cause de la difficulté des langues
dans lesquelles ils ont écrit , qui ne sont aucunement
cultivées en Portugal.
Voici les noms des Portugais que l'on considère
généralement comme les plus versés dans ces diffé-
rentes sciences :
Félix de Avelar Brotero, professeur éraérite
( jubilado) de botanique à Coimbra , directeur du jardin
botanique à Ajuda et député aux Cortès. Ce Nestor des
naturalistes portugais est un des botanistes les plus dis-
tingués de l'Europe. Après avoir parcouru presque
toute %i France et y avoir séjourné pendant douze
années qu'il employa à se perfectionner dans l'étude
de la minéralogie , de la botanique et de la géologie,
il visita en naturaliste toutes les contrées situées le
long du Ilhin depuis le centre des Pays-Bas jusqu'aux
frontières de l'Italie , toute la partie de cette der-
nière soumise au roi de Sardaigne, et presque toute
l'Angleterre méridionale. Son savant CompeiuUo de
botcmica, publié à Paris en 1788, en 2 vol. gr. in-8",
a contribué plus que tout autre livre à répandre en
Portugal l'étude de la botanique. De retour dans sa
patrie il publia à Lisbonne en i8o4i; la Flora Liusi-
tanica f en 2 vol. in- 4°, ouvrage classique dans son
( i > i )
genre. En i8i6 il publia le premier volume in-folio de
sa lielle Photographia Lusitaniœ selectior, ouvrage
qu'il continue, et donl bieniot, à ce qu'il nous a dit,
])araîtra le second volume. La botanique lui doit la
de'couverle de plus de cent espèces diverses , et )ilu-
sieurs savans mémoires qui se trouvent insérés dans les
mémoires des nombreuses académies dont il est mem-
bre 5 surtout dajîs ceux de l'académie Linnéenne.
M. Brotero a fourni à BI. Antonio d'Almeida toute la
nomenclature portugaise de sa belle traduction de
l'bistoire naturelle des animaux de Ciivier, publiée à
Londres en 181 5. 11 est aussi l'aïUeur des savantes cor-
rections ©t de toute la nomenclature du Thesouro de
MeniJioSy publié à Lisbonne en 1817, en 4 vol. in-8°,
* Go^'STA]\TlNO BoTHELHO DE Lacerd A LoBO , pro-
fesseur de pbysique à l'université de Coimbra , élève et
successeur de l'italien Dalabella, Il a composé plusieurs
mémoires sur la science qu'il professait, et sur l'agri-
culture et l'économie politique , qui se trouvent dans
les Mémoires de l'Académie Royale de Lisbonne , dont
il était membre, et dans plusieurs journaux portugais.
José Ho:»ien de Figueiredo. Ce jeune pbysicien
laisse bien en arrière , par l'étendue de ses connais-
sances , le professeur Constantino Botelbo , auquel il a
succédé dans l'université. #
Gaétan o PvOiz ou Rodrigues de Macedo , de-^
monstrador de la cbaire de zoologie et minéralogie à
Coimbra, et député aux Cortès. Il possède parfaite-
ment ces deux sciences auxquelles il se livre avec pas-
sion. C'est à lui qu'est dû en grande partie le bel ordre
d'après lequel est disposé le cabinet dliistoire natu-
relle qui appartient à ces deux chaires.
Maisoel José Barjona, professeur de zoologie et
de minéralogie à Coimbra , où auparavant il professait
la pbysique et la cliimie. Il est auteur d'un abrégé latin
de métallurgie , qui servait de texte pour l'élude de
celte science, lorsqu'on se bornait à en faire un cours
. (Hij)
rapide à la fin <iu cours de chimie. Il a plusieurs bons
manuscrits sur les sciences qu'il professe, et qui attes-
tent son savoir d'une manière non équivoque.
JoAO DA SiLVA Fejo , lieutènaut-colonel et pro-
fesseur de minéralogie, et actuellement de zoologie
et de botanique à l'académie militaire de Rio-Janciro.
Ce naturaliste distingué a été envoyé par le roi d'abord
aux îles du Cap-Vert, pour en examiner les produits
minéralogiqiics et zoologiques , ensuite dans la capi-
tainerie de Scarà. Il s'acquitta de ces deux commissions
importantes avec honneur pour lui et profit pour la
science , car il y recueillit et y analisa différens pro-
duits, entre autres plusieurs mines de fer de Searà.
M. Fejo a aussi entrepris d'autres longs et pénibles
voyages dans 1 intérieur de plusieurs autres capitai-
neries du Brésil, et en a publié quelques mémoires.
Dans ses élémens de zoologie et de botanique , qu'il a
composés pour ses élèves, mais qui ne sont pas encore
imprimés, il^ suivi le système de Cuvier pour la zoo-
logie et celui de Linnée pour la botanique.
Le père Lea>'DRO, religieux carmélite et professeur
de botanique au jardin public de Rio-Janeiro, élève
de l'université de Coimbra. 11 est le premier botaniste
du Brésil. Il a composé lui-même ses Elémens de bo-
tanique, qui lui servent pour l'enseignement de cette
science. Ses travaux furent connus et appréciés par
M. de Saint-Hilaire , célèbre botaniste français , qui
se lia de la plus étroite amitié avec le botaniste brési-
lien lorsqu'il voyageait dans le Brésil.
L'abbé José Correa da Serra. , ancien ministre
plénip(j|tentiaire de Portugal aux Etats-Unis , actuel-
lement conseilller de finances à Lisbonne. C'est un des
botanistes les plus distingués de l'Europe , connu sur-
tout par ses savans mémoires sur la botanique physio-
logique qui sont insérés dans les Transactions philo-
sophiques de la Société royale de Londres et dans les
Annales du Muséum de Paris. C'est avec le secours de
(liv)
l'abbé Conea que le duc de Lafoes fonda l'Académie
rioyale des Sciences de Lisbonne, dont il fut élu secré-
l.iire perpétuel. C'est un des Portugais modernes qui
ont le plus voyagé. Il a vécu long-temps à Londres,
à Paris et aux Etats-Unis pour échapper aux pour-
suites d'un parti puissant qui s'était déclaré contre lui
en Portugal. M. Correa , qui est vm littérateur irès-
tîlstingué, a publié aussi trois volumes in-folio, conte-
nant une collection de livres médits sur Thistoire de
ton pays , et a été un des collaborateurs de la biogra-
phie universelle publiée par Miciiaud.
Fra-în CISCO SoLANo CoxsTArscio. Il a publié plu-
sieurs excellens articles sur toutes les sciences natu-
relles dans les Annaes das sciencias e artes , dont il
est le principal collaborateur. Voyez Médecifie.
José Feliciano de Castilho, C'est un botaniste
instruit. Voyez Médecine.
Joao Anto.nio Monteiro, professeur de métal-
lurgie à Coimbra , résidant depuis long-temps à Paris
où il paraît vouloir se fixer. Ce savant médecin, qui
est un des premiers naturalistes portugais , a visité les
principaux établissemens minéralogiques de l'Allema-
gne, et était très-estimé du célèbre Haiiy , dont il est
un des meilleurs élèves. Il a publié plusieurs savans
mémoires insérés dans les Actes de l'Académie de
Munich, dont il est membre, et dans le Journal des
Mines. Il excelle surtout dans la cristallographie.
José Bomfacio D'A^^DRADE e Silva, ancien dezera-
bargador de la Relaçào de Porto , professeur émérite
(jubLlado)de l'université de Coimbra. C'est un des meil-
leurs élèves de Werner, et un des naturalistes p(jrtugais
les plus distingués^ surtout dans la minéralogie. Il cultive
aussi avec succès les belles-lettres, et a de profondes
connaissances dans l'agriculture. Il a publié plusieurs
savantes dissertations sur différens sujets , parmi les-
quelles se fait remarquer celle qu'il a publiée à Lisbonne
sur la nécessité et rutilité de planter de nouvelles
( Iv ),
forêts en Poi'tugal , particulièrement de sapins, le
lon^ des côtes sablonneuses de la mer. M. d'Andrade
possède, ainsi que ses deux Irères Antonio Carlos Ri-
beiro de Andrade et Martins Francisco Piibeiro d'An-
drade, les principales langues de l'Europe.
JoAO GoMLS , colonel de l'ctat-major , inspecteur
de la iabrique de la poudre à canon , et directeur du
jardin du Roi à Lagoa de Rodrigo de Freilas, près de
Rio- Janeiro. C'est un naturaliste distingué (i).
* MA^OEL DA Camaïlv Arruda , élève de l'école
de médecine de Montpellier. Ce médecin et botaniste
distingué a voyagé dans l'intérieur de la capitainerie
de Pernambuco, où il a découvert au milieu des forêts
une espèce de coton qui ne le cède en rien à celle avec
laquelle les Chinois fabriquent leur nankin (2); ce qu'il
a démontré dans un savant mémoire qu'il a envoyé à
Rio-Janeiro. M. Arruda a beaucoup écrit sur la bo-
tanique , et a composé un abrégé de logique et de
métaphysique , que son frère Francisco da Camara
Arruda garde précieusement.
Le père José da Costa Azetedo, religieux fran-
ciscain , professeur de minéralogie et directeur du
cabinet minéralogique de l'académie militaire à Rio-
Janeiro. On doit aux soins de cet illustre naturaliste
les riches collections de coquillages qui embellissent le
(1) Il est impossiblo de décrire l'activité de ce savant militaire et na-
turaliste. C'est à ses soins qu'on doit la prodigieuse quantité d'arbres
à thé plantés dans un si court espace de temps dans ce jardin , ou
l'on cultive avec le plus grand succès presque toutes les plantes de
l'Asie. On y trouve le girofle , la canelle , l'arbre à pain , l'arbre à
cire , l'arbre à suif , le bambou le plus estimé , le teek qui est le
meilleur bois de construction , les palmiers de diflerontes espèces , le
noix muscade , le noyer de l'Asie , que le savant naturaliste français
M. de Saint-Hilairc a eu occasion de voir. La récolte du thé monta
en 1S20 à 3oooo livres pesant. M. Gomcs est aussi inventeur de quel-
ques machines qu'il a fait coastruire pour la fabrication de la poudre
et le ralliaage du nitre.
(2) M. Arruda ea a fait fabriquer quelques pièces d'excellent nankin
qu'il envoya au comte de Linhares , alors ministre d'état à Rio-Janeiro.
VI
muséum d'hisloiie naturelle de celte capitale. Le père
Azevedo a composé les élémens ([ui, depuis 1816, sci*-
vent de texte à ses élèves, d'après la méthode de Werner
et sur les élémens du clievalier Napion. 11 est fâcheux
qu'ils ne soient pas encore imprimés.
Fraivcisco de Almlida Pessanha, députe aux
Cortès. Voyez Economie politique.
Francisco Vanzeller, député aux Cortès. Voyez
Economie politique.
DoM Pedro José Joaquim Vito de Menezes ,
marquis de Marialva. Voyez Diplomatie.
Prancisco DR Paula Pires. Voyez Pharmacie.
José Caeta^o. Voyez Pharmacie.
* Le père Titeodoro d'Almeida, très-bon phy-
sicien et littérateur distingué. 11 est auteur des Re-
creaçoes philosophicas , publiées à Lisbonne en dix
volumes in-8°, d'après Noîîet et Pluche, et des Cajolas
physico-mathematicas , ouvrage dans lequel il ap-
plique les principes mathématiques à la physique. O
Feliz independente do mundo e da fortuna est un
roman moral qui lui fait beaucoup d'honneur, surtout
sous le rapport du style et de la pureté de langage.
^ Alexandre Piodrigues Ferreira, un des plus
savansbotanistes portugais, qui possédait aussi des con-
naissances assez étendues dans l'économie politique. Ce
naturaliste fut chargé d'un voyage philosophique dans
les capitaineries du Para et Matto-Grosso, écrivit plu-
sieurs mémoires sur la botanique, et laissa en manuscrit
unvoyage qu'il fitle longdel'AmazonejduGuapore, du
Marmore et d'autres fleuves de l'Amérique portugaise.
DoM Joaquim Lobo , comte de Oriola. il a fait
ses études à l'université de Gôltingen. C'est un des
:|Tieilleurs minérologues portugais, connu comme tel
en Allemagne et en Suède , à cause de ses savans
mémoires sur diflërens sujets de minéralogie.. M. Lobo
est un diplomate très-distingué; il a été au Congrès de
^^ienne et était dernièrement ambassadeur à Berlin.
?*" Le f)èie José Maria-xo d^ Conceiçao Velloso,
religieux franciscain. C'est un des plus ^n-ands botanistes
du dix-neuvième siècle. Trenie ans de voyages et de
travaux lui ont donné le moyen de composer la Flore
de la capitainerie de Rio-Janeiro , où, dans 1 1 volumes
in-folio , il a classilié plus de 3ooo plantes d a|:>rès le
syslème de Linnée. 11 est connu et cité par Wilde-
now. On a déjà publié une partie de ses travaux; le
reste se trouve entre les mains de ses amis, surtout du
njarquis de Castello-Milhor , des héritiers du comte
de Linbares et de son élève M. Manoel Joaquim.
BernardI-\o Antonio Gomes. Ce grand médecin,
qui est aussi chimiste et botaniste très-distingué , a
composé plusieurs savans mémoires sur la botanique.
On lui doit la découverte du chinconin, la première
description exacte de l'hipécacuanha du Brésil , et un
mémoire contenant la description de beaucoup d'autres
plantes de cette région, publié en iSoS. Y oj. Médecine.
* José Aivto.mo de Sa, professeur à Coinibra. Ce
savant naturaliste brillait autant par son profond savoir
dans la zoologie que par la grande éloquence avec la-
quelle il expliquait à ses élèves les beautés et les ri-
chesses de la nature.
AjNTO^iio d'Almeïda. Il est le traducteur de l'ex-
cellente Histoire naturelle des animaux de Cupier.
On peut le considérer comme un bon zoologue, très-
versé surtout dans l'anatomie comparée. Voyez Chi-
rurgie.
^ Jeronimo José Rodrigues, archidiacre deBar-
roso, grand amateur d'histoire naturelle, surtout de
rentoniologie.il était connu personnellement du savant
comte de HofTmannsegg , qu'il accompagna dans plu-
sieurs de ses herborisations en Portugal.
Luiz Anto.mo Furtado de Castro do Rio e
Mendoça, comte de Barbacena, ancien gouverneur
d'une capitainerie du Brésil, et un des Portugais qui,
après l'abbé Correa , ont le plus contribué à la foii-
(!viij)
dation de l'Académie Royale des Sciences de Lis-
bonne, dont il est membre. Très-versé dans toutes les
parties de l'histoire naturelle , il fut le premier Portu-
gais qui reçut le degré de docteur dans les sciences na-r-
turelies à l'université deCoirabra.
Alexandre Antoisio das Neves , inspecteur
des bibliotliéques de Sa Majesté Très-Fidèle. C'est un
littérateur îrcsdistingué qui possède de vastes connais-
sances dans la physique et dans toutes les parties do
l'histoire naturelle.
**■ Luiz PiNTO DE SouzA CouTlNHO, premier vi-
comte de Balsamào, membre de la Société royale de
Londres et d'autres académies, et ministre d'Etat, Il a
composé plusieurs savans mémoires sur Tliistoire na-
turelle des capitaineries du Para et Matto-Grosso
lorsqu'il en était gouverneur. Cet amateur distingué
était en correspondance avec plusieurs savans étran-
gers du premier ordre , entre autres avec Linnée ; il
est cité dans les ouvrages de Roberlson et de l'abbé
Raynal , pour avoir fourni d'importans renseignemens
à ces deux grands historiens. 11 a aussi laissé quelques
écrits importans sur l'économie politique, qui se trou-
vent avec les mémoires sus- mentionnés entre les mains
du vicomte son fils.
Luiz Maximo PiNTO DE SouzA, vicomtc de Balsa-
mào, fils du précédent. 11 est très-versé dans les sciences
naturelles, et surtout dans la chimie , dont il a composé
un excellent traité élémentaire qu'il conserve manu-
scrit, et qu'il a eu la bonté de nous communiquer.
^ DoM Rodrigo de Souza Coutiniio, comte de
Linhares, mort ministre d'état à Rio-Janeiro. C'était
un amateur très-éclairé des sciences physiques et ma-
thématiques qu'il cultivait lui-même avec ardeur, aussi
bien que de la statistique, pour laquelle il a fait faire
plusieurs importans travaux pendant son ministère.
C'est aussi lui qui lit créer et traça le plan de l'acadé-
' ( ]ix ) ■
mie mililaire de Rio-Janeiro. Voyez Politiqup et à la
page 60 de ce volume.
Agostimîo José Pinto de Almeida, oppositor de
runiversité de Coimbra ,'bon malbéniallcien et natura-
liste distingué , surtout dans la minéralogie.
JoAQuni FiiANCO DA SiLTA, oppositof de l' univer-
sité de Coimbra, naturaliste distingué, surtout dans la
minéralogie.
AGosTixno ALBA^'o Pinto da Silveira, profes-
seur d'agriculture à l'académie de Porto, et un des
médecins les plus distingués de cette ville. 11 nous a
fait voir une savante dissertation sur le quinquina de
Piio- Janeiro, et une pbarmacopée précédée d'un ex-
cellent précis de cbimie et de botanique qu'il se pro-
pose de publier.
Alexandre VA^•DELL^, tils de l'italien Domenico
Vandelli ( voyez page xlviij ) , inspecteur général des
mines du royaume. C'est un des meilleurs cbimistes
portugais; il est auteur d'une analyse du quinquina du
Para, et d'autres savans mémoires. 11 a fait plusieurs
analyses tant dans son laboratoire particulier que dans
celui de l'bôtel desmonnaies,où il a travaillé avec autant
de savoir que de zèle pendant l'espace de trois années.
Theotonio Joi^É DE Oliveira Velho, amateur
de cbimie autant que de littérature. C'est à lui que le
Portugal doit le perfectionnement des savons fins qui
s'v fabriquent, et qui surtout dans les qualités transpa-
rentes, blanches et colorées, liquides et solides, peu-
vent soutenir la comparaison avec les savons des meil-
leures fabriques anglaises et françaises.
Anto.mo José bas Pvevese Mello, professeur de
botanique et d'agriculture à Coimbra. Ses profondes
connaissances dans ces deux branches des sciences le
rendent digne de remplacer Brotero.
VlCEiNTE COELHO DA SiLVA SeABRA E TeLLES ,
auteur d'un abrégé de chimie dans lequel les principes
de la chimie pneumatique de Lavoisier lurent adopté,^
(1»)
pour la première fois en Portugal. La moit a enlevé
irop lot à la science un homme qui promenait d'en
i'aire reculer les bornes.
Thomé Rodrigues SoBiiAL, professeur de chimie
dans l'université, et actuellement député auxCoriès (i).
Ses profondes connaissances et l'ardeur avec laquelle
il cultive la chimie peuvent bien le faire nommer le La-
voisier et le Chaptal des Portugais ; il se voue entière-
ment à l'examen des expériences qui ont fait le plus
d'honneur aux chimistes étrangers. M. Sobral est le chi-
miste portugais que tous les artistes et les savans
nationaux consultent pour les objets relatifs à la science
qu'il professe.
JoAQuiM Pedro FragOvSo de Sequeira. Il est un
des naturalistes portugais qui furent envoyés par le roi
en France et en Allemagne , pour y observer les tra-
vaux des mines. 11 a publié différens écrits estimés sur
la minéralogie et l'agriculture. 11 conserve encore
manuscrits des mémoires intéressans sur ce sujet , et
sur l'agriculture et l'économie politique.
Manoel Ferreira da Camara Betatncourt ,
membre de l'académie d'histoire naturelle d'Edim-
bourg, et un des pensionnaires du gouvernement.
Après avoir étudié la chimie sous Fourcroy à Paris ,
et la minéralogie sous YV^erner à Freyberg , il par-
courut l'Allemagne, la Suède, la Norwége, l'Ecosse,
l'Irlande et l'Anglelerre. De retour dans sa patrie, iî
fut nommé intendant des mines d'or au Brésil, emploi
qu'il exerce encore. 11 établit des fonderies de fer dans
cette contrée. M. Camara a publié en Allemagne un
écrit estimé sur les mines de plomb et d'argent. C'est
(i)Dcs l'aniiL'e 1792 , où il acte nojumé professeur , il s'est appliqué a
la composition d'un ouvrage sur cette science , qui offrit les résultats
des travaux des plus grands chimistes étrangers et ceux de ses nom~
Lreuscs expériences. Cet ouvrage, qui avait coûté tant d'années de tra-
vail , qui promettait tant d'honneur à son auteur, et qui (;tait sur lo
point d'être livré à l'impression, a été la proie des flammes qui ont dé-
voré sa maison en iSio, lors de l'invasion des Français.
le minéralogiste portugais le plus versé dans les tra-
vaux d'exploitation et de métallurgie.
PaulI-VO de Nola, pensionnaire de l'université et
démonstrateur de chimie à Coimbra. Il a accompagné
le docteur Monteiro dans ses voyages en France et en
Allemagne , pour se perfectionner dans la chimie et
les sciences qui y ont rapport , et qu'il cultive avec
succès.
* JoAo Pereira da Silva Solza. e Menezes,
députés aux Cortès. Il possédait de vastes connais-
sances dans les sciences naturelles , quoiqu'il n'eût que
27 ans lorsque la mort vint l'enlever à ses amis et aux
travaux scientifiques dont il s'occupait.
Antonio José de Sousa Pinto. C'est un des meil-
leurs apothicaires de Lisbonne et un bon chimiste ,
auteur et traducteur de plusieurs ouvrages relatifs à sa
profession et à la chimie. Voyez Pharmacie.
Clamopin Durais d. Voyez Phai^macie.
' Ambrosio Faustiino d'Aïs DR ade. Voyez Phar-
macie.
Francisco André Goulart, directeur du labo-
ratoire chimique attaché à l'école de médecine à Rio-
Janeiro ; c'est un homme très-versé dans l'histoire na-
turelle, et un savant chimiste, surtout dans la partie
appliquée aux arts.
'^ Anastasio Joaquim Rodrïgues, savant bota-
niste. Voyez Architecture hydraulique.
*' DiOGO de GarvAlho de Sampaio. Voyez Agri-
culture.
JoAO DA SiLVEiRA Caldeira , jeune médecin et
chimiste distingué , pensionnaire du gouvernement ,
d'abord en Angleterre et maintenant à Paris , déjà
connu par son mémoire sur l'ondoyé métallique inséré
dans les Annaes das sciencias et artes , par les travaux
auxquels il s'est livré avec le docteur Dubois pour ob-
tenir d après un nouveau procédé la zircone pure, et par
d'autres qu'il a eu occasion de faire dans le laboratoire
k
( Hij )
du jardin des plantes, grâce à l'amilié dont riionorent
les deux célèbres cbimisies MM. Vauquelin et Laugier,
professeurs dans ce superbe élablisseraent. C'est aussi
M. Sllveira qui , avec le médecin Conslancio (voyez
Médecine) , fit le premier à Paris les expériences sur
plusieurs animaux pour constater les eflets prodigieux
produits sur les blessures du cerveau, des poumons,
des artères , etc., par î'buile préparée par le docteur
espagnol Sigismond Malaiz. Il est à la veille de publier
un traité sur la nomenclature cliimique.
Luiz DA SiLVA MoziNHO DE Ajlbuquerque , ha-
bile cbimisle, élève de l'école de Paris où il se trouve
actuellement. M. Mozinho est depuis 1821 un des
collaborateurs des Annaes das sciencias e artes. Il
travaille actuellement à un ouvrage élémentaire sur la
chimie, qui est très-avancé. Il connaît les mathémati-
ques, et cultive la poésie avec succès. Y oyez Journaux y
Poésie et Lithographie.
DOi^ Bernardo dô Rosario, chanoine régulier dans
le couvent de San-Vicenle de Fora a Lisbonne, où
il est professeur de physique et de mathématiques. Ce
religieux réunit à des connaissances profondes dans ces
deux sciences une grande habileté dans le maniement
des instrumens de physique et d'astronomie.
Antonio de Araujo Travassos, frère du député
aux Cor lès de ce nom, et employé à la secrélairerie
d'Etat. Ce mathématicien distingué possède de pro-
fondes connaissances en ph^^sique et en chimie , surtout
dans leur application aux usages utiles. Il a publié un
excellent mémoire sur la distillation et plusieurs sur
l'économie politique. Il a entrepris aussi de grands
travaux pour le perfectionnement de l'éducation dans
la partie élémentaire. 11 est actuellement à Paris.
MÉDECINE, CHIRURGIE ET PHARMAGIE.
Quoique le Portugal ait produit plusieurs médecins
qui ont acquis une réputation distinguée, tels que
Amcitus Lusitanus, Zacutus , Rodericus a Castro ,
Ribeiro Sanches et plusieurs autres, il faut cependant
avouer qu'avant la grande réforme de l'université de
Coimbra, le plan d'études en médecine était trop irré-
gulier et trop défectueux pour former de bons méde-
cins. Depuis cette époque célèbre dans la littérature
de ce pays, l'art de guérir, grdce au plan des cours
d'études que doivent suivre tous ceux qui s'y destinent,
a été exercé et l'est encore par plusieurs sujets qui
peuvent figurer à côté des plus grands médecins de
l'Europe , quoique, par les raisons indiquées ailleurs, et
à cause du petit nombre d'ouvrages publiés par eux,
il s'en faut de beaucoup que ces savans Portugais jouis-
sent d'une célébrité aussi étendue. Ceux dontles noms
suivent passent pour être les plus babiles et les plus
instruits, et jouissent d'une réputation plus répandue.
Nous trouvons à Coimbra les suivans :
JoAo DE Campos Navarro, professeur à l'uni-
versité, et l'un des premiers médecins du roi. Il jouit
d'une grande réputation, surtout par ses connaissances
en analomie , qu'il a enseignée pendant plusieurs années
dans l'université avec la clinique.
JoAQuiM Navarro D'A^'DRADE , professeur à l'uni-
versité, frère du précédent et aussi bon médecin que
lui. Il est très-bon théoricien, et il joint à de vastes
connaissances dans toutes les sciences exactes une élo-
quence vraiment étonnante.
Francisco de Souza Loureiro, professeur très-
distingué de l'miiversité, où il enseigne la physiologie.
José Feliciano de Castii.ho, professeur de mé-
decine pratique à l'université. C'est un des meilleurs mé-
decins portugais et un littérateur très -distingué. Voyez
Journaux,
Pedro Joaquim da Costa Franco, professeur de
matière médicale à l'université.
Francisco Soares Franco, professeur d'anatomie,
d accQuchemens et d'opérations chirurgicales à Coim-
( lx:v )
bra, et dëpulé aux Corîès. Ce savant distingué, qui
est un des premiers anatomistes du Portugal, a publié
des élémens d'anatomie très-bien conçus , et qui ser-
vent de texte pour les cours de l'université. Voyez
Agriculture , Eloquence.
Nous trouvons à Lisbonne les médecins dont les
noms suivent :
Bernardino Antonio Gomes. Ce grand médecin,
qui est en même temps cliimiste distingué et bon na-
turaliste , est connu et estimé de ses compatriotes et
même des étrangers par ses excellens travaux sur le
quinquina, parla découverte qu'il a faite du cliinconiuj
par sa savante description de l'ipécacuanlia, par son
traité sur les fièvres , par ses observations sur les avan-
tages de l'eau froide employée d'après la méthode de
Currie, par le savant ouvrage systématique qu'il a
publié dernièrement sur les maladies de la peau, sur
î'élépliantiasis et sur d'autres sujets.
Fraîvcisoo Mello Franco, médecin distingué ,
auteur d'un bon traité d'hygiène.
José Pinheiro de Freitas Soares, auteur d'un
très-bon ouvrage sur la police médicale, et d'un mé-
moire sur la vaccine.
JoAQLiM Xavier da Silva , excellent médecin ,
connu sur tout par son beau traité d'hygiène militaire
et navale. Il a écrit aussi sur la vaccine.
José Maria Soares, auteur de la savante histoire
de la médecine en Portugal , de plusieurs mémoires
sur la vaccine. C'est un des médecins les plus instruits
du Portugal , distingué surtout par ses connaissances
dans la médecine militaire.
Bernardo José Aérantes Castro, médecin de
la chambre du roi , et praticien très-esiimé. 11 a été
un des rédacteurs de Xirwestigador portuguez* Voyez
Journaux.
Igxacio Antonio da Fonseca Benevides, prati-
cien instruit, et auteur de plusieurs savans ménioirefr
( Ixv )
publiés dans ceux de F Académie sur les dyssenteries
chroniques et sur la vaccine. Il vient de publier une
collection de toutes les constitutions données à difl'é-
rens Etats dans les derniers temps.
Venceslao Anseltvio Soares , médecin habile ,
auteur de plusieurs mémoires sur la vaccine.
Fk AÏS CISCO JobÉ d'Almeida , élève de l'école de
Montpellier , aussi bon praticien que profond théori-
cien. 11 a écrit de très-bons mémoires sur l'éducation
physique des enfans , sur l'inoculation de la petite-
vérole, et sur la politique.
Henriqle Xavier Baeta, élève de l'université
d'Edimbourg , très-bon médecin , auteur d'une tra-
duction de la Matière médicale de Darwin, enrichie
de beaucoup de notes savantes; il a écrit aussi sur les
fièvres. 11 est actuellement député aux Cor tes. Voyez
• Eloquence.
Le docteur Leal de Gusmao, né à Rio-Janeiro,
et élève de l'école de Montpellier, praticien aussi ha-
bile que profond théoricien.
Le docteur Domingos Félix dos Santos, né à Rro-
Janeiro , et élève de l'école d'Edimbourg , excellent
médecin.
Francisco Elias Rodrigues da Silveira, médecin
très-distingué. Il a écrit sur l'histoire de la médecine,
et est auteur d'un excellent mémoire sur la digitalis
purpurea.
José Maria Bomtempo, bon praticien, qui a écrit
sur la matière médicale.
Manoel Lliz Alvares de CAR.VALno, médecin et
littérateur très-distingué, savant naturaliste, et écono-
miste très instruit. Il a accompagné le roi à Rio-Janeiro
où il a été directeur de l'Académie médico-chirur-
gicale , qu'il n'a pu élever à la perfoclion qu'il aurait
voulu lui faire atteindre , parce qu'il a été forcé de
suivre des plans opposés à sa manière de voir. Parvenu
a un âge très-avancé . et devenu valétudinaire, il revint
II. e
( 1^'^^j )
fn Portugal arec le roi. 11 faut espérer qu'il se déter
minera à publier ses précieux manuscrits sur l'art de
guérir et sur divers sujets importans. Voyez Économie
politique.
Parmi les médecins les plus estimés de Porto, nous
citerons les suivans :
AcosTiNHO Albano da Silveira Pinto. Ses pro-
fondes connaissances théoriques et j)ratiques dans l'art
de guérir le font passer généralement pour le premier
médecin de cette ville. 11 a com}X)sé plusieurs savans
mémoires sur diflérens sujets relatifs à la médecine,
qui, au grand regret des gens de l'art, sont encore ma-
nuscrits ; nous citerons entre autres son mémoire sur
la nature des fièvres et la manière de les traiter. Voyez
Agriculture , Géographie et Grammaire.
CusTODio GoiNÇALVES Ledo, natif du Brésil et àé-
puté aux Cortès. C'est un médecin très-habile, et un
littérateur distingué.
CuSTODIO LuiZ DE MlRA>'DA , FRANCISCO GoMES
DA SiLVA, et Carlos Vieira de Figueiredo, sont
aussi de très -bons médecins possédant de grandes
connaissances.
Le docteur Anto.mo d'Almeida exerce la méde-
cine à Penafiel depuis plusieurs années avec le plus
grand succès. C'est un des médecins qui ont le plus
contribué à la propagation de la vaccine en Portugal ;
on peut le mettre au nombre des littérateurs les plus
distingués de ce royaume. 11 est le premier qui ait
fait des observations météorologiques à Penafiel. Nous
lui devons les tableaux bibliographiques qui forment
une des parties les plus intéressantes de cet Appendix.
A Chaves, le docteur Paulo de Moraes, médecin
aussi habile dans la pratique que dans la théorie.
A Montalegre, le docteur José dos Sa.ntos Dias,
médecin distingué, auquel nous devons les seules ob-
servations météorologiques faites à Montalegre, et qui
( I^vij )
nous ont mis en dlat de connaîire la température du
plaleau septentrional du Porlu^^al.
A Braga , JoAO Jo-^É DA Costa et Manoel José da
MoTA passent pour être les médecins les plus instruits.
A Viseu, Antonio Cardozo de Mesqlita et Joao
ViCTORiNO DA Sii.TA tiennent la première place.
Sanlarcm possède dans la personne de Joao
Alexandri.no de Sol'sa Ql'eiroga, députe aux Cor-
tès, un médecin distingué et un bon poète. Voyez
Poésie lyrique.
A Elvas, José Antonio Banazol et Francfsco
EvORA Fr-EIRE de Lima jouissent de la plus grande
réputation.
A Evora , JoAQuiM Aleixô Paes et Joaquim José
Galvao sont réputés les médecins les plus habiles.
A Setubal, DoMiNGOs Antonio Cabaços et Can-
DiDO DA Costa Freitas exercent la médecine avec le
plus grand succès.
AVillanova de Portimào, nous connaissons NuNES
Chaves, médecin très-instruit, auquel nous devons
les intéressantes observations et les détails non moins
curieux qu'il nous a mis à même de publier sur cette
partie du Portugal si peu visitée et encore si imparfai-
tement connue.
Parmi les médecins morts depuis 1800, nous ne
pouvons nous dispenser de nommer les suivans :
* Francisco Tavares, auteur de plusieurs savans
mémoires , entre autres cVun sur les eaux minérales
de Caldas daPiainha, d'un antre sur la goutte, et d'un
traité des eaux minérales du Portugal, qui nous a servi
pour rédiger notre article sur ce sujet dans cet Essai
statistique.
* Ignacio Tamagnini, élève de l'école de Leyden,
un des premières praticiens portugais, était profondé-
ment instruit dans son état , et possédait en outre de
vastes connaissances dans toutes les branches du savoir.
( Ixvj'i; )
îl a long-lenips tenu le premier rang parmi les me-
tlecins de Lisbonne _, et est mort dans un uge très-
avancé. Il n'a rien puLlié.
Manoel JoAQUiM Henriques DE Paiva. Ce mé-
decin , qui excelle dans son art , a publié un grand
nombre de mémoires et de traductions d'ouvrages de
médecine , et a été le rédacteur du Journal Encyclo-
pédique, premier ouvrage de ce genre qui ait paru
en Portugal (Voj. Journaux), Persécuté pour opi-
nions politiques, condamné à la déportation, gracié
ensuite par le roi, et réintégré dans tous ses honneurs,
il exerce actuellement la médecine à Baliia , où il jouit
de la réputation la plus méritée. 11 est en outre auteur
d'un Dictionnaire de botanique rédigé d'après le sys-
tème de Linnée et publié à Rio-Janeiro , et d'une
bonne traduction de la Philosophie chimique de
f ourcroi ^ avec des notes également publiées dans
cette ville. M. de Paiva a été un des membres les plus
distingués de deux sociétés savantes qui n'existent
plus , celle de Coimbra et celle de Rio-Janeiro (i).
(i) Ces deux sociétés, qui ont cessé depuis long-temps et qui sont
presque entièrement oubliées , quoiqu'elles aient rendu d'importans
services à la littérature portugaise et à la culture du Brésil , méritent
Lien qu'on en dise un mot , d'autant plus que plusieurs de leurs
membres vivent encore.
La Société de Cellas , près de Coimbra , était formée de plusieurs
étudians de l'université de Coimbra qui se rassemblaient chez leur ami
Manocl Joaquim Henriques de Paiva. Elle a dii nécessairement se
dissoudre par la séparation des associés à mesure qu'ils finissaient leur»
cours académiques. Ce fut pour cette société que Mano.el Joaquim de
Paiva publia ses Élémens de chimie , qu'un autre membre traduisit en
portugais; les Éléraens d'agriculture de Valerius et de Bertrand, et que
Manocl Luiz Alvares de Carvaiho composa des Elémcns d'économie
politique.
La Société d'histoire naturelle de Rio-Janeiro , dont il est fait men-
iion dans les Mcmovias economicas de l'académie royale de Lisbonne
<t dans la savante Histoire du Brésil par Southey , publiée en 1819 à
Londres , a été instituée pendant le règne de Joseph I"-"- , sous les aus-
pices du marquis de Lavradio , alors vice-roi du Brésil. Ses travaux
eurent pour résultat de faire prospérer la culture de la cochenille et
de l'indigo } de livrer à l'exploita tioa d'autres productions inconnues
( Ixix )
Leal, médecin distingué de Rio-Janeiro sa pairie.
Voyez Musique.
Jaci-XTO José Quintao, né à Rio-Janeiro et élève
de l'école de Montpellier, 11 est un des premiers na-
turalistes qui aient classifié les plantes du Brésil.
M. Quinlào est un habile chimiste connu par quelques
opuscules qui sont consignés dans lo Patriota, journal
publié à Rio-Janeiro , et par un mémoire sur l'eau
d'Angleterre d'André Lopez de Castro, publié aussi
à Rio-Janeiro.
VICE^"TE GoMES, élève de l'école de Montpellier.
Il passe pour être le premier clinique de Rio-Janeiro,
où il est né.
ManoelBernaRDO, autre médecin très-distingué
de Rio-Janeiro.
N. N., professeur à l'Académie médico-chirurgicale
de Rio-Janeiro. Il s'est beaucoup distingué à Angola
dans le traitement de la fièvre maligne qu'on appelle
carneada y et sur laquelle il a publié quelques mé-
moires intéressans.
Barbosa Avelino. Après avoir étudié la médecine
à Edimbourg , à Paris et dans les principales universi-
tés de l'Allemagne, il s'est fixé à Bahia sa patrie , où il
exerce l'art de guérir avec le plus grand succès.
Lima Leitao, aussi bon médecin que chirurgien
habile, élève de l'école de Paris où il a été promu au
doctorat. Après avoir exercé son art pendant quelque
temps à Rio-Janeiro, il passa à Angola, où il est mé-
decin en chef. Voyez Poésie épique.
jusqu'alors à l'agricultiue et au commerce ; d'établir uu jardin bota-
nique et lepremier laboratoire chimique. Cette institution, dont Linnéc
apprit la fondation par son correspondant le docteur Sanclics , oncle
de Manocl Joaquim Henriques de Paiva , lui jfrocura de la part de ce
grand homme le diplôme de fraternité avecla société d'UpsalenSuùdc.
La dispersion de ses membres , qui retournèrent en Europe avec le
vice-roi Lavradio , ralentit la suite des travaux commencés avec tant
d'ardeur, et peu de temps après la société cessa d'exister.
( !xx )
Maisoel da Gamara Arruda. Voyez Sciences
naturelles.
Francisco DA Camara Arruda , médecin à Per-
nambuco, élève de l'école de Montpellier, et frère du
précédent.
11 est de toute Justice d'accorder ici une place à
plusieurs autres Portugais qui ont exercé ou exercent
encore la médecine hors du Royaume-Uni , et à
qui leur mérite donne droit à une mention particu-
lière ; voici leurs noms :
JoAO Fraincisco de Oliveira , médecin du roi ,
médecin en chef des armées, ci-devant chargé d'af-
faires à Londres, et actuellement à Paris. Ce savant
distingué, aussi habile dans la médecine que dans la
chirurgie , a exercé lu première aux Etats-Unis d'Amé-
érique pendant i6 ans avec le plus grand succès. C'est
à lui que le Portugal doit le règlement de ses hôpi-
taux Diilitaires , que les Cortès viennent d'abolir à
cause de la pénurie des finances.
Francisco Solang CorxSTAACio , fils du célèbre
Manoel Consîancio , élève des écoles de Londres ,
d'Edimbourg et de Paris. Ajuès avoir exercé la méde-
cine à Lisbonne pendant neuf ans avec le plus grand
succès , il quitta cette ville en 1807, visita une grande
partie de l'Europe, et vint s'établir à Paris, où il s'est
entièrement occupé de travaux littéraires et scientifi-
ques. Il vient d'élre nommé chargé d'affaires aux
ÎLtals-Unis d'Amérique. Ce médecin distingué, qui,
aux connaissances théoriques et pratiques les plus pro-
fondes dans son art , joint une vaste érudition dans
presque toutes les branches du savoir, dans plusieurs
desquelles on peut lui assigner le premier rang; doue
d'une facilité extraordinaire pour la composition; par-
lant et écrivant plusieurs langues avec pureté, a publié
un grand nombre d'ouvruges et de traductions en por-
tugais, en anglais et en français , sur la médecine , la
chirurgie, la pharmacie, la matière médicale; sur la
( hx\ )
politique, la liueralure, le commerce et rëconomie
politique. Ses principaux ouvrages sur la médecine et
les sciences accessoires sont : la traduction en portugais
de deux volumes de la chirurgie de Bell; le Conspactus
des pharmacopées anglaises , et du Codex de Paris ,
conjointement avec le docteur Despories, et plusieurs
savans mémoires insérés dans les journaux de médecine
de Paris , et dans les Annaes clas sciencias e artes (i).
Il est encore auteur de plusieurs ouvrages inédits ,
entre autres d'un très - volumineux sous le titre de
Recherches philosophiques et critiques sur les dif-
férentes parties de la médecine ^ et sur l'état actuel
de cette science. Voyez Littérature , Géographie ,
Journaux et Dictionnaires.
Nous croyons indispensable de dire quelques mots
sur l'introduclion et la propagation de la vaccine en
Portugal. Ce royaume doit ce bienfait au docteur
Langsdorff, qui l'introduisit à Lisbonne, et après lui à
M. Goux, au docteur Tamagnini, et à quelques mé-
decins anglais. Le docteur portugais Monteiro y pu-
blia le premier un Essai sur cette découverte impor-
tante, traduit de l'anglais avec des gravures. Le
docteur Solano Constancio contribua aussi beaucoup
à sa propagation. Son exemple fut suivi par la plupart
des médecins.
L'Académie Royale des Sciences de Lisbonne , quia
rendu de si grands services au royaume en y répan?-
dant les lumières , fit aussi de grands eflbrts pour pro-
pager la vaccine; pour atteindre ce but elle créa
Xinstitucion ^vaccinica en 1812. Grâce à ctt établis-
sement, 5523 individus furent vaccinés en 1812 ;
8525 en i8i3; i25o5 en i8l4; l8ni en 1816;
^999^ en 1817; io54i en 1818; goioen 181g et 565o
(i) C'est à torique le professeur Link , dans son voyage en Portugal,
lui a attribué uu travail très-médiocre sur la soude, <jui est dû à un
Italien nommé Gostanzo.
( Ixxij )
en 1820. La diminution progressive dans le nombre
des vaccinés, observée depuis 1817, a pour cause le
manque de secours pécuniaires. Nous nous ferions un
reproche de ne pas consigner ici les noms de deux
dames respectables qui ont déployé le plus grand zèle
pour la propagation d'une découverte aussi utile à l'hu-
manité, les voici : Dona Angela Tamagnini et Dojia
Maria Tscibel Tfanzeller de Porto ; la première dans
le midi du Portugal, la seconde dans le nord; cette
dernière, depuisi 802 jusqu'en l8i5, a vacciné 7920
individus de sa propre main.
On peut dire que la Chirurgie, avant Manoel
Constancio, n'était pas cultivée en Portugal, puisque les
chirurgiens portugais élevés dans le pays ne méritaient
guère pour !a plupart que le nom de barbiers ;, et qu'à
l'exception des chirurgiens delà cour ils ne jouissaient
d'aucune considération. Manoel Constancio , passionné
pour la chirurgie, conçut et exécuta sans le secours de
personne le projet difficile de tirer sonartde l'état abject
cil il était tombé dans sa patrie. 11 eut la satisfaction de
voir de son vivant ses vues en grande partie réalisées.
C'est par ses leçons, par ses conseils et seuvent par sa
libéralité, qu'un grand nombre de ses élèves se sont
élevés au rang distingué qu'ils occupent aujourd'hui
dans la chirurgie portugaise. Ces rapides progrès sont
dus pour la plupart à la méthode d'enseignement mu-
tuel et progressif qu'il employa pour l'instruction de
ses nombreux élèves; méthode qui seule aurait suffi
pour former la réputation de tout autre professeur.
C'est à sa sollicitation que la reine Marie envoya en'iygi
sept pensionnaires en Angleterre pour se perfection-
ner dans la chirurgie ou pour étudier la médecine ; à
leur retour à Lisbonne ils devaient être nommés pro-
fesseurs d'une école de chirurgie et de médecine dont
il avait proposé l'institution au gouvernement. La ma-
ladie de la reine fit manquer le projet , et l'école resta
telle ou'elle était auparavant. Bien que cet établisse-
C Ixxilj 5
ment soit le premier de ce genre dans le royaume ,
et qu'on y enseigne fort bien l'anatomie, la chirurgie
et les opérations chirurgicales, elle ne laisse cependant
pas d'être très-imparfaite. Ses dignes professeurs, qui
tous sont élèves de Constancio , déploient à la vérité le
plus grand zèle ; mais il leur est impossible de sup-
pléer au manque presque absolu de secours de la part
du gouvernement y sans lesquels ils ne peuvent ren-
dre le cours de chirurgie aussi complet et aussi instruc-
tif qu'il devrait l'tkre. Cette école n'a point de fonds
affectés à la formation d'un musée d'anatomie générale
et d'anatomie pathologique ', elle n'a pas de chaires de
médecine, de botanique, de chimie et de clinique.
Les écoles de Porto , de Chaves et d'Elvas sont encore
plus imparfaites que celles de Lisbonne et de Coimbra.
Depuis quinze ans l'étude de la chirurgie a été négligée,
et il ne s'est presque pas formé de chirurgiens distin-
gués. Cette branche de l'instruction publique a besoin
d'une grande réforme. Voici les noms des chirurgiens
qui honorent le plus cet art utile par leurs profondes
connaissances et par leur adresse dans les opérations.
Nous regrettons que notre éloignement du Portugal
nous ôte entièrement les moyens de faire mention de
plusieurs chirurgiens distingués qui étaient employés à
l'armée et dans les différens hôpitaux militaires qui
viennent d'être abolis , ainsi que de plusieurs méde-
cins qui sont dans le même cas. Nous avons cependant
de fortes raisons pour croire que les noms des méde-
cins et des chirurgiens les plus dibtingués de ces diffé-
rens établissemens sont portés sur les diverses listes
qui nous ont été fournies.
* ]>L\NOEL Constancio, professeur d'anatomie, et
chirurgien du roi. C'est le restaurateur de l'anato-
mie et de la chirurgie en Portugal, où il les enseigna
pendant plus de 5o ans. Il laissa un traité d'anatomie,
remarquable surtout par l'excellente méthode d'après
( Ixxiv )
laquelle il est rédige; il est vraiment fâcheux que cet
ouvrage n ait pas encore été imprimé.
'^JosÉ Caetanoda Cuinha. C'était le meilleur opé-
rateur portugais après Manoel Constancio. 11 a exercé
son art pendant 5o ans. 11 a laissé quelques manuscrits
intéressans sur la chirurgie, qui sont entre les mains de
son fils, le meilleur opérateur de Porlo.
Parmi les nomhreux élèves de Manoel Constancio
les suivans méritent une place distinguée.
Antonio iie Almeida, proiesseur d'opérations à
l'hôpital de San-Joséà Lisbonne. C'est le premier opé-
rateur du Portugal ; il est connu par plusieurs excel-
lens ouvrages sur la chirurgie, les accouchemens,
rinflammalion, etc. etc. Y oyez Physique.
Manoel Alves da Costa Barreto, aussi instruit
dans le théorie de son art qu'habile dans la pratique.
Il était professeur de chirurgie à l'académie de mé-
decine de Rio- Janeiro ; il est actuellement à Lisbonne.
Manoel José Teixeira , professeur d'analomie à
l'hôpital de San- José à Lisbonne.
Antonio Joaquim Farto, professeur d'accoucho-
mens à l'hôpital de San- José.
Jacintho José Vieira , professeur de pathologie à
l'hôpital de San- José.
Jacintho da Costa. 11 a écrit sur les accouchemens
et sur la chirurgie.
Francisco Luiz de Assiz Leite, professeur d'hy-
giène et de pathologie générale à l'hôpital de San-
José. Il a écrit, sur dilTérens sujets relatifs à son art,
des ouvrages qui ne sont pas encore publiés.
Parmi les chirurgiens de Porto , les suivans mé-
ritent une mention particulière.
José Ernesto da Cunha , élève de l'école de
Londres et d'Abéerden , et chirurgien aussi habile
qu'heureux dans ses opérations , surtout dans celle de
l'extraction de la pierre par le grand appareil, qu il a
perfectionnée lui-mcme.
Maivoel Direto de Lima, autre chirurgien in-
struit et bon operateur.
Parmi les chirurgiens les phis distingués des autres
villes du Portugal nous trouvons dans nos listes les
noms suivans ;
A Elvas, Antonio He>jriques.
A Evora , A.ato.mo Pereika da. Silva et Joao
Jacinto da Silva.
A Setubal , José de Olïveira Perdigao et Ma-
rcel Maria da Silva.
A Viseu, Igivacio José dos Saxtos et Joao Ro-
DRIGUES.
A Braga, Manoel José Pereira et F. Pinto.
Parmi les chirurgiens qui se distinguent le plus
hors du Portugal , nous trouvons les suivans :
NiLO, ancien chirurgien dans l'armée portugaise,
et actuellement à Paris , ou il est connu et estimé
comme opérateur et accoucheur. Cet élève de l'école
de Toulouse a déj;'i présenté plusieurs écrits à la société
de médecine de Paris, qui les a très-Lien accueillis.
11 est sur le point de publier un ouvrage du plus grand
intérêt pour les personnes de l'art (i).
(i) Nous saisissons avec plaisir Toccasion que nous prcscnto M. Kilo
de signaler un trait de philanthropie digne de figurer dans l'histoire,
et qui honore également la nation clicz laquelle il a eu lieu et son ver-
tueux auteur.
Le jour même que l'armée alliée lusitano -anglo -espagnole fit
son entrée à Toulouse en i8i4, M. Kilo étant allé visiter l'Hotel-
Dieu-Saint-Jacques , et y trouvant M. Vigueric, chirurgien en chef
di: cet hôpital , lui fit part de l'intention qu'il avait de se perfec-
tionner dans les écoles françaises avant de retourner dans sa patrie.
Il avoua en même temps à M. Viguerie, que , s'il restait en France,
il ne pouvait plus espérer de secours de ses parcns , parce qu'ils n'ap-
prouveraient point sa résolution. M. Viguerie, dont le savoir et la
réputation justement méritée le mettent au-dessus de tous éloges ,
s'aperçut bientôt que la nature n'avait point été avare envers le jeune
Esculape , et que l'on rendrait un grand service à Thumanité , en en-
courageant l'inclination toute particulière qu'il montrait pour l'art de
t;iicrir. Dès lors il lui offrit sa protection. Aussitôt que la pai.^ fu t
foile, et <jue l'armée alliée se fut retirée, M. Nilo revint auprès do
( Ixxvj )
José Correa Picainço , né à Pernumbuco , élève
de Manoel Constancio et de l'école de Paris, où il
s'est perfectionné dans la cbirurgie. De retour en Por-
tugal , il fut nommé professeur d'anatdmie et de chi-
rurgie de l'université , où il remplaça Cicclii (voyez la
note à la page xlix) , et où il professa long-temps avec
succès. Il quitta ensuite l'université, fut nommé pre-
mier chirurgien du roi, cirurgiào mbr (chirurgien en
chef) du royaume, et membre du Proto medicato. Il a
accompagné le roi au Brésil, et réside actuellement à
Rio- Janeiro, où il exerce son art avec beaucoup de
succès.
SaNta-Anna , chirurgien très-distingué de Rio-
Janeiro, auteur de plusieurs mémoires, parmi lesquels
se fait remarquer par son mérite celui qu'il y a pu-
blié en 1819 sur les cancers et les carboncles.
JoAO Alves, élève de Fécole de Paris. Ce chirur-
gien très-habile, surtout pour les accouchemens , est
né à Rio- Janeiro, où il exerce son art.
Quoique la Pharmacie n'ait pas d'autre école ré-
gulière en Portugal que celle de Coimbra, on peut dire
néanmoins que généralement parlant les pharmaciens
des grandes villes sont assez instruits dans tout ce qu'il
est nécessaire de savoir pour satisfaire aux demandes
das médecins. Mais dans l'intérieur , et surtout dans
les lieux qui n'ont qu'une faible population, celte
branche des sciences médicales est entièrement négli-
gée. Quelques apothicaires ont chez eux des élèves en
qualité de p raticantes ; ces jeunes gens , après quel-
ques années d'une pratique tout empirique et un
son généreux protecteur , qui lui prodigua son instruction , son argent ,
sa bibliothèque , ses instrumens de chirurgie, en un mot , tout ce dont
il put avoir besoin pour se perfectionner dans son art , et prendre ses
grades dans la faculté de Paris. Que de médecins aussi riches que
M. Viguerie , qui rencontrent souvent des Nilo , mais qui sont bicci
loin d'imiter l'exemple de l'Hypocrate français!
( Ixxvij )
examen peu sévère, entrent dans la carrière sans avoir
reçu aucun des principes de chimie et de botanique,
si nécessaires à l'exercice de cet art, et deviennent , si
nous pouvons nous permettre ce mot, plutôt des cui-
siniers de pharmacie que des pharmaciens. Néanmoins
il faut avouer qu'il se trouve de très-bons apothicaires ,
qui, sans avoir fait leur cours à Coimbra, ont reçu de
très-bons principes , parce que leur bonheur les a placés
chez quelque apothicaire possédant les nombreuses
connaissances qu'exii^e celte profession. En Portugal il
est interdit aux apothicaires de se charger de la cure
d'aucune maladie, quelque légère qu'elle soit.
Les meilleurs apothicaires de Lisbonne sont :
Anto.mo José de Souza Pinto. C'est un homme
instruit dans toutes les branches des sciences qui ont
rapport à la pharmacie. Il est auteur de plusieurs ou-
vrages utiles, entre autres des Elementos de phar-
macia, d'une pharmacopée sous le litre de Pharnia—
copea de Pinto, et d'une Materia medica. Voyez
Sciences naturelles.
José da Silya Pinheiro , chimiste très-distingué,
bien qu'il n^ait écrit que quelques petits mémoires sur
chimie.
Antonio de Carvalho, bon apothicaire, très-
versé surtout dans la physique expérimentale.
Les apothicaires de Porto qui se distinguent
le plus par leurs connaissances pratiques et théoriques
sont ceux dont les noms suivent :
Clamopin Durand.
Ambrosio Faustino d'Andrade.
Januario Ribeiro Carneiro.
La perte du papier sur lequel nous avions écrit les
noms des plus habiles pharmaciens des autres villes du
Portugal nous empêche d'en nommer aucun autre.
Voici les noms des pharmaciens les plus connus
du Brésil :
Francisco de Paula Pires, le premier apothicaire
( Ixxviij )
tîe Rio-Janeiro. Cet habile pLarnjacien possède de
vastes connaissances en chimie et en médecine ; il passe
même pour être très -habile dans le traitement des
maladies de poitrine, dont il a fait les cures les plus
extraordinaires, et dans le traitement des maladies
vénériennes. Les plus savans médecms de cette ville
l'honorent de leur estime.
José Caetaino, professeur de chimie à l'école de
médecine de Rio-Janeno. C'est un pharmacien très-
dislingué, élève du célèbre chimiste portugais Thoraé
Rodrigues Sobral.
ÉCONOMIE POLITIQUE , COMMERCE ET AGRICULTURE.
Nous réunissons ensemble tout ce que nous avons à
dire sur ces trois articles, à cause de la grande connexion
qu'ils ont entre eux; et pour n'avoir pas à répéter dans
chacun les mêmes noms, presque tous les savans (jue
nous aurions à mentiomier étant portés sur chacun
de ces trois articles.
11 faut avouer que l'étude de l'économie politique ,
du commerce et de l'agriculture a été négligée en
Portugal , et que c'est à ce défaut dans le cours de
l'instruction publique que ce royaume doit en grande
partie les régîemens nuisibles qui ont tant retardé les
progrès de son commerce et de son industrie , et qui
ont ruiné son agriculture et ses pêcheries, jadis si flo-
rissantes. L'agriculture n'y est enseignée qu'à 1 uni-
versité de Coimbra, et sur un plan encore plus borné
dans l'académie de Porto. Nous avons vu , dans le
chapitre des productions du règne vétégal , que, quoi-
que l'agriculture soit encore bien imparfaite en Por-
tugal , il s'en faut de beaucoup qu'elle soit aussi négligée
que le croient les étrangers d'après les descriptions
inexactes des voyageurs qui ont parcouru ce pays. On
trouve plusieurs personnes qui connaissentles meilleurs
( IxXhX )
ouvrages publiés sur cet art utile chez les autres ria-
lions ; quelques-unes même ont essayé de tirer patii
des perf'eclionnemens qu'elles y ont trouvés. Il est déjà
question d'établir quelques nouvelles écoles d'agricul-
ture, et de mettre sur un meilleur pied celle de Porto,
en y ajoutant, d'après le plan proposé par le savant
professeur d'agriculture le médecin A goslinlio Alhano^
une école normale d'agriculture pratique , une chaire
de chimie et une chaire de botanique. .Le commerce
a deux bonnes écoles dont une est établie à Lisbonne
et l'autre à Porto , et où l'habileté des professeurs pour
former des négocians instruits ne laisse rien à désirer.
Il faudrait seulement augmenter le nombre de ces écoles.
Mais l'économie politique, cette science si nécessaire
pour tous ceux qui doivent être à la tête de l'admi-
nistration d'un Etat; cette science qui est si cultivée
en France , en Angleterre , en Italie et en Allemagne ,
où elle compte tant d'auteurs célèbres; l'économie po-
litique n'a pas en Portugal un seul établissement où
l'on puisse l'étudier avec succès. Plusieurs savans dé-
putes aux Cortès, intimement convaincus de la néces-
sité de donner les principes de cette science aux
citoyens qui se destinent à la carrière des emplois
publics, ont déjà proposé la création de trois chaires
d'économie politique dans les trois villes principales
du royaume. Depuis les derniers événemens on a pu-
blié plusieurs brochures bonnes ou mauvaises sur
l'agriculture, le commerce, la dette publique, la né-
cessité d'une banque nationale, etc. etc. , qui démon-
trent que, quoique peu habitués à traiter ces différens
sujets, les su vans portugais n'en avaient cependant pas
entièrement négligé l'étude , et qu'ils connaissaient
très-bien les imporlans travaux des savans étrangers,
surtout de France , d'Angleterre, d'Italie et d'Alle-
magne. Et puisque nous en sommes sur le chapitre de
1 économie politique, nous devons à plusieurs membres
de l'Académie Royale des Sciences, qui ont publié dan»
( Ixxx )
les Mémoires de cette académie des dissertations plus
ou moins importantes sur difterens sujets du ressort de
cette science,ainsiquesur l'ai^ricullure et le commerce,
la justice de les placer à la tête des économistes por-
tugais; viennent ensuite les rédacteurs du CoiTcio bi^a-
ziliensc y de V Investigador portuguez , du O Portu-
guez , du Campecio , de VObseruador lusitano em
Paris , des Annaes das sciencias e artes, parce que
ces ouvrages périodiques contiennent beaucoup de
vues aussi nouvelles que profondes sur les principes
de l'économie politique appliqués à la Monarchie Por-
tugaise 5 dont ils ont été les premiers à faire connaître
les ressources , à signaler les vices dans l'administration
et les conséquences funestes qui en découlent. Enfin
les discours aussi éloquens que remplis de vues pro-
fondes prononcés par plusieurs députés au Congrès
leur donnent le droit inconlesiable de figurer parmi
les économistes nationaux les plus éclairés.
Voici les noms des Portugais qui, de l'aveu presque
unanime de leurs compatriotes , se distinguent le plus
dans les trois branches du savoir qui forment le sujet
de ce chapitre, soit par les ouvrages plus ou moins
importons encore manuscrits ou déjà publiés dont ils
sont les auteurs , soit par les profondes connaissances
pratiques et théoriques qu'ils possèdent.
José Accursio das INeves , secrétaire de la Junte
de commerce ; c'est un des Portugais les plus instruits
dans tout ce qui a rapport à l'économie politique , au
commerce et à l'agi iculture , sur lesquels il a publié plu-
sieurs mémoires où il déploie le plus profond savoir.
Ses deux volumes publiés en i8i4 et en 1817, sous le
titre de J^ariedades sobre objectas relativos as arles^
commercio e manufacturas consideradas segundo os
principios da economia politica, est une excellente
collection d'articles aussi utiles que remplis de saines
doctrines, dont, avec la critique la mieux sentie, il fait
l'application à sa patrie. Dans beaucoup de passages
nous avons trouvé que ce savant Portugais est très-
familier avec les questions les plus délicates de l'éco-
noraie politique. Voyez Littérature.
José Diogo de Mascarenhas NetO;, ancien ma-
gistrat, ex-directeur général des ponts et chaussées , de
la poste et du timbre, actuellement chargé d'affaires
du Portugal à Paris. Pendant sa longue carrière il s'est
occupé utilement de statistique et d'agriculture. Le
Portugal lui doit la première diligence établie entre
Lisbonne et Coimbra , l'organisation de la petite poste
dans la capitale, le numérotage des maisons, et l'in-
dication des noms des rues dans cette grande ville. II
a présidé à la construction de la superbe route ouverte
entre Lisbonne et Coimbra sous la reine Marie, et
a composé une statistique de la comarca de Guimaràes
lorsqu'il en était corregedor; c'est le premier ouvrage
de ce genre que nous sachions avoir été fait en Por-
tugal , et dont on trouve un extrait dans les Annaes»
M. Mascarenhas est le directeur des Amiaes das
sciencias e artes que l'on publie à Paris , et où se
trouvent insérés plusieurs de ses savans mémoires sur
Tagriculture. Il est aussi l'auteur d'un excellent Cate-
cismo de agricultura , dont une grande partie a déjà
paru dans les Annaes. Cet ouvrage , rédigé d'après un
plan qui remplit parfaitement le but que Fauteur se
propose, et d'après tout ce qui a paru de meilleur en
ce genre jusqu'à présent, lui fait beaucoup d'honneur,
et mériterait bien que le gouvernement le fît imprimer
à ses frais et distribuer à tous les curés et maîtres d'é-
cole, afin de répandre facilement parmi un plus
grand nombre de sujets les connaissances utiles qu'il
coniient, et d'encourager par là puissamment les pro-
grès de l'agriculture. Voy. Journaux.
* Dom Luiz PiisTO da Sousa Coutinho , vicomte
DE Balsamao. Voyez Sciences naturelles.
Le VICOMTE DE Balsamao , fils du précédent. C'est
II. • f "
( Ixxxiv )
Le Comté Palmella. Voyez Littérature et Poli-
tique.
'*" JacOME Raton, riche fabricant et propriétaire
de Lisbonne, membre de la junte de commerce. Ce
littérateur distingué possédait des connaissances très-
variées; 1 agriculture, le commerce et les arts utiles
étaient surtout le but de ses travaux. Ses Recordaçùes,
publiées à Londres, sont un ouvrage assez piquant,
rempli de détails historiques assez curieux sur le Por-
tugal.
N.RATON,filsdu précédent. C'est unbon économiste,
surtout'dans tout ce qui se rapporte au commerce et à
l'agriculture. 11 est auteur de quelques dissertations pu-
bliées dernièrement sur des sujets d'économie politi-
que. Il est aussi amateur éclairé des beaux-arts, et
particulièrement de l'architecture civile. Voyez Ar-'
chitecture.
DoNA JosEPHA RosADA DE Macedo, riche proprié-
taire de Vidigueira dans la banlieue de Monsaras,
dans l'Alem-Tejo. Cette dame possède parfaitement la
théorie et la pratique de l'agriculture, ce qu'elle vient
de prouver par un savant mémoire qu'elle a présenté
au Congrès en 1821 , dans lequel, offrant le résultat de
ses expériences agricoles, elle signale les vices qui s'op-
posent aux progrès de l'agriculture, et propose les
remèdes qu'on pourrait y apporter.
'*" Anastasio Joaquim Rodrigues, colonel du gé-
nie, agronome distingué. Voyez Architecture hydrau-
lique.
* Sebastiao Francisco Mendo Trigoso , agro-
nome distingué. Vovez Littérature.
Félix Avelar 'Brotero. Voyez Sciences natur.
DuARTE Lessa , riche fabricant de soie à Porto,
secrétaire de la commission créée dans cette ville pour
la réforme du tarif des douanes. 11 possède de grandes
connaissances dans différentes branches de l'économie
politique, et consacre ses momens de loisir aux belles-
( 1XX-S7 )
lellres qu'il cultive avec succès. Voyez la noie à la page
3i du premier volume.
* Francisco Wanzeller, riche propriétaire de
Porto, député aux Cortès, agronome et botaniste dis-
tingué.
Hermano José Braaimcatmp do Sobral, député
aux Cortès , bon économiste surtout dans la partie
relative au commerce. Voyez aux pages 34 et 57 du
premier volume.
José Peixoto Sarmento de Queiroz, député
aux Cortès, agronome très-instruit.
José da Silva Lisboa , savant économiste, auteur
de quelques beaux discours adressés au roi actuel, dans
le genre de ceux que faisait Hertzberg à Frédéric II.
Voyez Jurisprudence .
ArsTOMO DE Araujo TravAssos. Voyez Sciences
naturelles.
Manoel Alves DO Rio, député aux Cortès, écono-
miste très-distingué , surtout dans la partie qui a rap-
port aux finances.
Manoel Borges Carneiro, député aux Cortès et
bon économiste. Voyez Jurisprudence.
Marino Miguel Franzim, député aux Cortès,
bon économiste. Voyez Géographie.
José Fet.reira Borges, député aux Cortès. Il est
un des Portugais les plus familiarisés avec les plus
hautes théories de l'économie politique, surtout dans
la partie relative aux finances et au commerce. Voyez
Jurisprudence.
Manoel Ferivamdes Thomaz, député aux Cortès
et bon économiste. Voyez Jurisprudence .
Manoel GonçalviiS de Miranda, major de ca-
valerie et député aux Cortès. Ce savant, qui est à la
fois profond géomètre et agronome très-distingué, est
en même temps un des Portugais les plus versés dans
les théories les plus difficiles de l'économie politique.
Voyez Eloquence.
( UxxvJ )
Francisco Duarte Coelho, desembargador , et
ancien jiiinislre des finances. C'est un profond juris-
consulte, un bon agronome, versé en rnéme temps
dans toutes les parties de l'économie politique. Voyez
!*«■ volume, page 42.
Manoel Lurz da Veiga, auteur d'un bon traité
de commerce en deux volumes, publié dernièrement
sous le litre àeEscola mercantiU
Cepriano Ribeiro FRïiiRE, économiste distingué,
surtout dans la partie relative au commerce. Il est
président de la junte de commerce de Lisbonne,
Targiivi, vicomte de San-Lourenço , auteur d'un
essai sur les donnaissances nécessaires à celui qui se
voue à la carrière des finances, sous le titre de Espirito
do fincinceiro. M, le vicomte n'a pas encore pu finir
cet ouvrage, qui est déjà très-avancé, à cause de la
multiplicité de ses occupations lorsqu'il était à la tête
des finances de la Monarchie Portugaise. Voyez Lit-
térature et Poésie.
José Bomfaciq d'Aim brade e Silva , agronome
très-distingué, auteur de plusieurs mémoires aussi
utiles que sa vans. Voyez Sciences naturelles.
L'abbé CoRREA DA Serra, économiste et agro^
nome très-distingué. Voyez Sciences naturelles.
*' José Joaquim da Cunha de Azevedo, évéque
de Pernambuco et titulaire d'Elvas et député aux Cor-
tès. Il est auteur d'un traité sur l'esclavage (escrava-
tura ) , et d'un autre sous le titre de Ensaio economico
sobre o commercio de Portugal e suas colonias y ces
deux excellens ouvrages lui firent beaucoup d'hon-
neur et eurent deux éditions. Monseigneur da Cunha
était aussi littérateur très-distingué , et possédait des
connaissances profondes dans les sciences naturelles,
surtout dans la minéralogie.
* Alexandre Rodrigues Ferreira , bon éco-
nomiste. Voyez Sciences naturelles.
f Ixxxvij )
* COJSSTA.NTIISO BoTELLO DE LAChRDA LoBO , Sa-
vant économiste. Voyez Sciences naturelles.
JoséMaktins da Cunha Pessca , médecin du roi.
Cest un des meilleurs astronomes du Portugal.
Henrique Palyart, savant économiste , auteur
de plusieurs écrits qui ne sont pas encore publiés , ix
l'exception d'un petit mémoire sur la franchise du
commerce en Portugal. M. Palyart, que nous avons
l'honneur de connaître , nous a communiqué ses Me-
flexoes sobre Polybioy et ses Reflexoes sobre as vidas
politica e militar dos grandes homens ^ qui , à en
juger par le peu que nous en avons vu, nous parais-
sent des ouvrages irès-intéressans , qui contiennent
des idées entièrement neuves et des pensées profondes.
Ils sont accompagnés de plusieurs planches pour in-
diquer la position des armées.
* DioGO DE Carvalho Sampaio , ancien ambassa-
deur à Madrid , homme très-instruit dans toutes les
branches de l'économie politique , dans les théories
les plus profondes du commerce, et dans la physique.
Il est auteur d'un Traité sur les couleurs primitives ,
et d'un autre sur l'agriculture , qu'il publia pendant
son séjour à Madrid, et qui a été traduit en espagnol.
Presque toute l'édition a été distribuée à ses nom-
breux amis.
ANTONIO Maximino Dulac, commis (officiai)
de la secrétairerie du ministère de l'intérieur. 11 pos-
sède de vastes connaissances en économie politique
et en administration. Son ouvrage en deux volumes,
intitulé ^s vozes dos leaes Portuguezes, qu'il vient
de publier, est rempli de vues utiles. Son style, quoi-
que un peu inégal , est parfois élégant et correct.
* José Joaquim Rodrtgues de Brito , professeur
de jurisprudence à Coimbra. C'est un des plus pro-
fonds économistes portugais. Il a publié six volumes
petit in-4° de Memorias sobre a econoTnia politica .
Voyez Jurisprudence.
( lixxviij )
Don José, marquis J'Abrantes (le fils). Pendant
son séjour à Paris il a suivi régulièrement des cours
d'agriculture, pour laquelle il a pris beaucoup dégoût,
et qu'il se propose d'encourager dans sa patrie. 11 est
le premier Portugais qui ait conçu le projet de former
une société d'agriculture.
Ambrosïo DOS Reys, pensionnaire, envoyé par
le gouvernement en Angleterre pour y apprendre
l'agriculture sous le célèbre Artlmr Young. Après
avoir fini son cours il parcourut toute FAnglelerre ,
la France , l'Allemagne , l'Italie , la Hollande et la
Suisse. 11 fut employé à la légation portugaise au con-
grès de Vienne , et l'était dernièrement à celle de
Londres. C'est un économiste et un agronome très-
distingué.
JoAQUiM Pedro Fragoso de Sequeira. Voyez
Sciences naturelles.
TACTIQUE DE TERRE ET DE MER.
Ces deux, brancbes de littérature sont très-pauvres
en Portugal, et n'offrent que très-peu d'ouvrages dignes
d'être remarqués. On trouve cependant dans les ar-
chives des mémoires militaires plus ou moins impor-
tans , qui , s'ils élaient publiés , feraient beaucoup
d'honneur à leurs auteurs. Voici les noms des Por-
tugais connus par des écrits plus ou moins savans dans
ces deux branches.
* Le marquis d'AlornA, lieutenant-général, lac-
licien aussi brave qu'habile, mort en 1 81 3 à Kônigsberg
en Prusse, à la suite de la mémorable retraite de Russie,
pendant laquelle il se signala beaucoup par la ferme et
courageuse résistance qu'il opposa aux troupes légères
russes. 11 avait fait aussi avec distinction la campagne
du Roussillon dans la première coalition contre la
France. 11 a publié un ouvrage statistico-poliiique très-
( Ixxxlx )
imporlant sous le litre de Analyse do PoT'ti/gaî , où
il parle avec beaucoup de critique des iinances , des
mœurs du clergé, et particulièrement de l'état militaire
de sa patrie sous le règne du roi Joseph.
* GoMES FRfJiRE d'Andrade, lieu tenant-général,
réputé parmi ses compatriotes et parmi les étrangers
pour le meilleur général d'infanterie de l'armée portu-
gaise. Après avoir servi la Piussie dans la célèbre cam-
pagne de Potemkin contre les Turcs , et s'être couvert
de gloire aux sièges dOczakow et d'ismad, il est rentré
en Portugal , où il a servi avec distinction , surtout dans
]a campagne duRoussillon, à la tête d'un régiment d'in-
fanterie. Après l'occupation militaire de sa patrie par
Napoléon, il quitta le Portugal et servitsous les drapeaux
français en Espagne et ailleurs , de manière à mériter
l'estime de ses supérieurs. De retour en Portugal après
la paix de Paris, il périt victime des opinions politiques
qui y régnaient alors. Il est l'auteur de VEnsaio sobre
o methodo de organizar o exercito em Portugcd ,
ouvrage où il déploie les plus profondes connaissances
dans toutes les parties de la tactique appliquée à son
pays, qu'il connaissait parfaitement.
'*' MapsOel de SpiPvIto Santo Limpo, professeur
de mathématiques à l'académie de marine de Lisbonne.
Il a publié un Enscdo de tatica jicipal et un mémoire
sur la tactique de terre qui hii font beaucoup d'hon-
neur. Ce profond géomètre est aussi connu hors de sa
patrie pour avoir résolu quelques problènies de ma-
thématiques proposés par l'Académie des Sciences de
Paris.
José Antonio da Rosa, ancien professeur d'artil-
lerie à l'école de fortification, actuellement com-
mandant en chef de cette arme et député aux Cortès.
11 est auteur d'un ouvrage sur les mines, qu'il a corii-
posé pour l'usage de ses élèves.
Antoinio Teixeira Rebello, lieutenant-général,
ancien ministre de la guerre. Il a traduit le iraiié
(xc )
(rarlilleric de Millier, auquel il a ajouté un dictioii-
iiairo des lernies d artillerie; il a aussi publié une Or~
donança de artilheria,
'*' Matitias José AzEDO, professeur de fortificadon,
ministre de la guerre et lieutenant-général. C'était un
bon tacticien, auteur d'un traité de tactique assez bon
pour l'époque à laquelle il a paru , mais qui n'est pas
au niveau du perfectionnement auquel cette science
a été portée de nos jours; il sert de texte dans l'école
de fortification à Lisbonne et dans le collège militaire
de Luz.
* JoAO DoRDAS DE QuEiRoz , baron de Castello-
Novo , lieutenant-général , auteur d'une tactique de
cavalerie imprimée à Lisbonne , qui est le seul ouvrage
que les Portugais possèdent sur cette arme. Il a aussi
laissé quelques manuscrits très-importans sur la tactique.
José Maria bas Neves Costa, colonel du génie,
renommé pour avoir tracé le plan des fameuses lignes
de défense de Lisbonne, qui, ayant mérité l'appro-
bation de lord Wellington, sauva cette capitale en
1811. Voyez Géographie.
JoAQUiM d'OliveirA Alves, maréclial-decamp à
Rio -Janeiro, et frère du médecin Joào Francisco
d'Oliveira , cbargé d'affaires à Paris. Ce géomètre a
composé plusieurs mémoires sur l'artillerie à cheval,
et sur la portée des canons et des mortiers ; il a aussi
dressé des tables pour le jet des bombes , qui sont d'une
grande utilité aux militaires brésiliens.
José d'Oliveira Barboza , lieutenant-général à
Rio-Janeiro , et ancien gouverneur de San-Paulo de
Loanda. C'est un tacticien très-habile, qui était chargé
de l'instruction des militaires à Rio-Janeiro avant la
création de cette académie > et qui a fait plusieurs expé-
riences sur la portée du canon et sur la force de la
poudre au Brésil d'après la théorie de Robin.
Manuel Ignacio MartinsPamplona Cortereal»
( 5CCJ )
général brigadier dans l'arnice portugaise et maréchal-
de-camp dans l'armée française, ancien ministre de la
guerre , et actuellement député aux Cortès. 11 com-
mença sa carrière militaire sous les drapeaux russes
dans la fameuse campagne où Potemkim prit Isniaïl
et Oczakow sur les Turcs , et s'y conduisit avec dis-
tinction; il continua ses exploits dans la campagne du
Roussillon au service de sa patrie. Entré dans l'armée
française avec le marquis d'Alorna et G ornes Freirc ,
il fit les campagnes de Portugal , d^Espagne et de
Russie , suivit le roi de France à Gand , rentra avec
lui, et retourna en Portugal en 1811. M. Pamplona
est aussi bon militaire que littérateur distingué. 11 a
composé en français une réfutation de 1 histoire de la
campagne des Français en Portugal , publiée par le
général Thiébaut et d'autres auteurs, ouvrage dans
lequel il a tâché de revendiquer pour sa nation la part
de gloire que ses efforts magnanimes lui ont si bien
méritée. 11 a ensuite rédigé pendant quelque temps à
Paris un journal portugais sous le litre de O Contem-
porcmeo.
Luiz Antonio Salinas, capitaine du troisième ré-
giment d'artillerie , résidant depuis quelque temps en
France. 11 est l'auteur du Manual do artïlheiro na
dejeza dus praças.
José de SouzaPacheco Leîtao, colonel du génie.
Voyez Mathématiques.
Henrique Palyart. Voyez Économie politique.
Quoique les Portugais possèdent une foule de mili-
taires distingués , il n'en est aucun à qui l'on puisse
donner le titre de grand capitaine. La raison n'en est
pas dans le manque de connaissances nécessaires pour
briller dansceltecarrière,mais bien dansle manque d oc-
casions pour en déployer les talens. Dans le cours de la
mémorable guerre de la restauration, aucun Portugais
n'ayant commandé en chef, on ne saurait citer que
( ^cij )
quelques généraux qui ont montré autant d'intelligence
que de bravoure dans le commandement d'une brigade.
POLITIQUE ET DIPLOMATIE.
Quoique on s'accorde généralement à penser que la
politique n'a guère réussi entre les mains des Portugais,
parmi lesquels la science des Sully, des Colbert, des
Mazarini, des ïurgot, des Alberoni et des Pitt n'a
prospéré que très-rarement , cependant, quand on a
médité sur ce qui s'est passé depuis l'élévation de la
maison de Bragance au trône de cette monarchie ,
quand on a lu le chapitre du Portugal dans les Con-
sidérations sur les gouvernemensy^dx M. d'Argenson,
et la Politique des cabinets par Favier , publiée par
M. de Ségur, on se trouve, à notre avis, forcé de
revenir sur celte opinion qui jusqu'à présent a été celle
de presque tous les étrangers , et même, à notre grand
étonnement, celle de beaucoup de nationaux instruits.
La décadence du Portugal , qui a été une suite toute
naturelle de la domination espagnole sous les Philip-
pes , a encore reçu une progression bien plus rapide
des divisions intestines qui suivirent le règne d'Al-
phonse VI, et de l'iniluence des jésuites, qui s'étaient
emparés de toutes les issues de la cour et s'étaient coa-
lisés avec la haute noblesse pour dominer et égarer le
gouvernement, système qui dura jusqu'à la découverte
du complot contre la vie du roi Joseph , époque du
réveil politique du Portugal.
Le comte de Caslello-Melhor fut un ministre d'Etat
très-distingué sous Alphonse VI, et fut la victime de la
politique française qui éleva Pierre II au trône. Le
comte d'Ericeira, surnommé le premier Colbert portu-
gais, mourut trop tôt pour empêcher le traité de Mé-
thuen^ imposé par l'intérêt du moment, et par la
crainte qu'inspirait la maison de Bourbon qui venait
de s'emparer du trône d'Espagne. Cependant le traité
( ici') )
d'Utreclit, auquel dom Luiz da Cunha participa, («t
où il se montra négociateur habile, ne laisse aucun
doute sur la dextérité déployée par le cabinet portu-
gais pour soutenir ses intérêts et sa dignité. Le long et
célèbre ministère du marquis de Pombal, justement
surnommé le second Colberi portugais , fournit une
preuve frappante de ce que peuvent les talens d'un
seul homme sur la destinée des Etats et sur leur in-
fluence dans la balance politique. Tout prit une nou-
velle vie sous ce ministre habile, et le Portugal, qui
avait perdu toute considération chez les autres nations,
rappela dans plusieurs circonstances les beaux jours
d'Emmanuel et de Jean-ie-Eortuné. Voyez pages 407
et4o8 du l*""" volume. Le système pacifique basé sur
le principe de n^entrer jamais dans aucune alliance
offensive, procura au Portugal l'avantage de mainte-
nir autant que possible sa neutralité, et de conserver
l'intégrité de ses colonies, tandis que celles des autres
nations furent soumises à toutes les chances de la
guerre. Il est à remarquer que pendant les cinq
guerres maritimes du dernier siècle le Portugal réussit
à conserver toutes ses possessions, excepté les deux
petites îles presque désertes de Fernando Po et
Anno Boni, cédées à l'Espagne pour terminer ou
plutôt pour éviter une guerre qui hn aurait été désa-
vantageuse, par l'abandon de l'Angleterre, alors enga-
gée dans la guerre de l'insurrection de l'Amérique du
Nord , et intéressée à ne pas provoquer la cour de
Madrid.
L'accession au pacte de famille est un fait qui prouve
combien était déchue l'influence anglaise , et si l'on
fait la remarque que le Portugal fut la première puis-
sance qui souscrivit à la neutralité armée, on ne dis-
conviendra pas que sa politique n'ait été aussi sage
qu avantageuse aux intérêts de son commerce et de sa
navigation qui prirent alors un grand accroissement.
Dans un tel état de choses lascience diplomatique n'était
( xclv )
pas pour les Portugais aussi brillaule que pour les au-
tres nations, quoiqu'elle leur fît honneur dans ditï'é-
rentes circonstances, comme nous le prouvent les
collections de Brousset et les mémoires du temps où se
trouvent consignées les preuves de la capacité de leur»
ministres dans le maniement des aflaires.
Les événemens de la dernière guerre ayant amené
la fixation du nouveau système européen dans le Con-
grès de Vienne, la légation portugaise à ce Congrès
fut si Lien choisie que les lumières et l'habileté d'un
comte de Palmella , d'un Lobo , maintenant comte
d'Oriola, et d'Antonio de Saldanha da Gama, se firent
remarquer parmi tant d'autres hommes d'état qui
présidèrent alors aux destinées de l'Europe. Le droit
reconnu au Portugal d'être une des huit puissances
signataires de l'acte du Congrès fut le premier résul-
tat de leur habileté politique; ils partagèrent avec les
autres plénipotentiaires les travaux du plan du nou-
veau système, et eurent comme eux la gloire du succès.
Dans la circonstance toute particulière où se trouvaient
placés les ministres portugais à l'égard des différentes
cours, par l'éloignement où se trouvait celle du Brésil,
ils ont montré le plus parfait accord dans leurs princi-
pes de conduite, ce qui leur a valu la considération
de tout le monde.
Ce que nous venons de dire prouve assez que l'art
diplomatique n'était pas aussi étranger aux Portugais
qu^on l'a cru et qu'on le croit encore sans avoir de
motifs pour justifier une telle opinion. Cette vérité pa-
raîtra encore plus évidente si l'on considère que le Por-
tugal était peut-être le seul pays de l'Europe où cette
carrière se suivît d'une manière irrégulière, et où l'on
n'assujettît pas ceux qui l'embrassaient à passer par la
filière des places inférieures. Un autre fait ignoré des
étrangers , et qui vaut cependant bien la peine d'être
remarqué, c'est que ni la faveur ni la naissance ne
donnaient en Portugal de titres exclusifs aux places
( xcv )
dlpl.onialiques; elles élaient toutes accessibles au vrai
mérlie, aux lalens distingués; l'exemple de l'abbé
Correa da Serra , qui n'est pas le seul à citer , sufïit
pourjnstifier noire assertion.
Les événemens politiques qui ont décidé le gouver-
nement actuel du Portugal à déplacer presque tous ses
agens diplomatiques près les cours étrangères laisse-
ront sans doute un vide qu'il sera bien difficile de
remplir complètement, jusqu'à ce que de3 bommes de
mérite, mais livrés à d autres carrières, aient eu le
temps d'acquérir les connaissances spéciales auxquelles
ni le génie ni les talens ne sauraient suppléer. Néan-
moins, parmi ces bommes nouvellement promus à ces
places, il en est deux qui , quoique débutant dans la
carrière, promettent de s'élever au niveau des diplo-
mates les mieux exercés par une longue expérience.
Voici les noms des Portugais vivans, ou morts depuis
1800, qui nous paraissent les plus dignes d'être men-
tionnés parmi les politiques et les diplomates.
Francisco José Maria de Brito , d'abord secré-
taire de la légation portugaise en Hollande avec son
ami Antonio Araujo de Azevedoj cliargé ensuite
de plusieurs missions importantes , il les remplit
toutes avec une babileté et une adresse remar-
quables. C'est en sa qualité d'envoyé extraordinaire
à Paris qu'il a signé le traité de i8i5 entre les
puissances alliées et la France , ainsi que la conven-
tion de la rétrocession de la Guyane à cette puis-
sance. Il était dernièrement envoyé extraordinaire
près le roi des Pays-Bas. M. de Brilo est un littéra-
teur très-distingué, possédant de profondes conn-ais-
sances dans la diplomatie, dans l'histoire et dans la
littérature non- seulement de son pays, mais des
nations étrangères ; et il a donné des preuves de
son talent par les excellens articles qu'il a four-
nis à la biographie publiée par Michaud , par les
savans articles insérés sous le nom emprunté de
( ^cvj )
Candiâo Lusitano ou Amador Patricio cïans le jour-
nal intilulé Pcuhe Amaro^ publié à Londres; par un
Essai rapide surla litléralurc portugaise, publié à Paris
en 1808, avec les poésies lyriques de Francisco Manoel
do Nascimento , et par difFérens autres travaux litté-
raires consignés dans d'autres journaux yjorlugais et
étrangers. C'est aussi à M. de Brito que les Pays-Bas
et le Brésil sont redevables de la correspondance qu'il
a introduite entre la Société botanique de Gand et le
directeur du jardin botanique de Rio-Janeiro , corres-
pondance qui sera très-utile aux progrès de la science
en général et à la culture borticulaire des deux pays.
Le COMTE DE FuiscHAL n'a cessé de cultiver les
sciences matliématiques , dans lesquelles il s'est distin-
gué dès sa jeunesse; il leur associa d'autres branches
de l'histoire naturelle, surtout la minéralogie, dont il
possède une collection choisie qu'il a formée dans ses
voyages. Sa carrière diplomatique dans les cours de
Copenhague, Turin, Londres et Rome ne l'a pas dé-
tourné de l'étude des sciences, de la littérature et des
antiquités ; il a laissé dans ces différens pays un souve-
nir honorable de son amour pour les sciences^ et la ré-
putation d'un habile ministre.
Pedro de Mello Breiner, publiciste très-distin-
gué et habile diplomate. Il a été chef de la Relaçào de
Porto, membre de la régence de Portugal, et derniè-
rement ministre près de la cour de Rome, où ses vastes
connaissances lui donnaient une grande considération.
* José de Seabra da Silva se distingua dès sa
jeunesse par la vivacité de son esprit, et par retendue
de ses connaissances. A son début dans la magistature
il illustra la place de procureur de la couronne par la
publication de son ouvrage analytique sur la conduUe
des Jésuites en Portugal, qui fut pour ainsi dire la
massue d'Hercule qui écrasa cette corporation. La va-
riété de ses talens, un esprit transcendant pour les
afîaires, le firent appeler au ministère de l'intérieur ,
( XCVlj )
auquel le marquis de Pombal se l'associa. Il fut dis-
ij^racié et relégué à Pedras-Negras dans le royaume
d'Angola, d'où il revint lors de l'avénenient de la
reine Marie au trône en 1777; cette princesse le
nomma ministre en 1788; il fut encore disgracié en
1799 sous le prince régent, et mourut dans la défa-
veur du roi. C'était mie forte tête comme homme
d'état, un publiciste consommé, possédant des connais-
sances profondes et variées. Il était d'un commerce très-
agréable, généreux et bienfaisant par caractère, mais
trop confiant dans la supériorité de ses moyens, et expri-
mant ses opinions avec une liberté étonnante ; il ne lui
manquait que la leçon des voyages pour mieux profiter
de sa sagacité dans les affaires et dans le commerce des
hommes.
* DoM Rodrigo de SouzaCoutinho, comte de
LiNHARES, politique et économiste très-distingué,
irès-instruitdans presque toutes les branches du savoir.
Cet homme extraordinaire fut toute sa vie pénétré de
la passion des sciences et de l'amour de la patrie.
Nommé ministre à la cour de Turin, il y résida jus-
([u'à son entrée dans le ministère de la marine en 1706.
L'activité de son caractère donna une nouvelle im-
pulsion, non-seulement à son département, mais à
tous ceux du gouvernement. Si l'énergie qu il emplo\'-a
eût été réglée par une prudence assortie aux circon-
stances, et surtout à l'étendue des moyens, il aurait
réussi et aurait atteint le but qu'il cherchait avec tant
d'ardeur, celui dereleverlapuissanceetla prospérité du
Portugal. Il ne suffit pas de tenir le levier, il est aussi
essentiel de bien choisir le point d'appui, sans quoi
les mouvemens portent à faux. Son administralion dans
les départemens de la marine et des finances fut signa-
lée plus que celle d'aucun autre ministre par une foule
d innovations et de projets qui , après sa retraite du
mmistère, soit parce qu'ils étaient trop précoces, soit
par la jalousie de ses successeurs, avortèrent presque
II.
( xcviij )
loiis. Ayant accompai^né la cour au Brésil, il rentra
daiîs le minlsière avec les mêmes principes et les
mêmes sentlmens qu'il développa avec son énergie
accoutumée dans l'admlnislralion du royaume du Bré^
siî; plusieurs actes de son ministère lui feront toujours
iDcaucoup d'honneur. Le plus remarquable , celui du
traité de commerce avec l'Angleterre, porte l'em-
preinte de son zèle empressé , et quoiqu'il soit l'éga-
rement d'un bon citoyen, initié dans les théories des
économistes , il sera peut-être jugé par la postérité
comme l'est déjà l'écart de la politique française dans
le traité aussi remarquable de 1786 avec l'Angle-
terre (1).
Antonio de Araujo.de Azevedo, comte de
Barca , ancien ministre en Hollande , diplomate ^
chimiste , littérateur et poète distingué , connu dans
toute l'Europe par le traité qu'il conclut avec le direc-
toire de France en 1797 ; devenu depuis ministre des
affaires étrangères en Portugal, et mort à Rio- Janeiro.
Il possédait une vaste érudition , écrivait avec élégance ,
cultivait la poésie avec succès, et a laissé quelques belles
traduc lions imprimées,et plusieurs tragédies inédites (2),
(i)Ces deux traités sont des cgaremens politiques que l'état des con-
naissances dans cette partie aux deux époques où ils ont été conclus rend
vraiment inconcevables -.mais ce qui parait fort étrange en Portugal, c'est
quele vice radical quiannullcce traitén'aitpas encoreété alléguéjusqu'à
ce jour: c'est la violation de la loi fondamentale protectrice désintérêts
des corps et métiers , dans l'admission illimitée des produits de l'in-
dustrie anglaise. La création des corps et métiers est le premier degré
de la civilisation des peuples et de leur émancipation de l'anarchie
féodale. C'était au sénat de Lisbonne, à toutes les municipalités du
royaume, à réclamer la restauration de ce droit vital de la société , et
depuis long-temps le Portugal aurait fait reconnaître de l'Angleterre
même la justice de l'annullation d'un acte si contraire au bien-être
de tous les peuples en général , et qui attaque dans son essence l'in-
dustrie des Portugais.
(2) Après avoir été élevé par son oncle qui était colonel de cavalerie
et premier aide- de -camp du gouverneur militaire de Porto , il se
rendit à Ponte de Lima sa patrie , où il établit la société économique ,
qui fut la première et jusqu'à présent la seule de ce genre en Por-
( xcix )
D. Pedro de Souza Holstein , comie de Pal-
MELLA , dernier minisire de la guerre et des afl'aires
étrangères sous l'ancien régime , et plénipotentiaire
tugal. Cette association de particuliers qui se vouaient à veiller aux in-
térêts économiques de leurs concitoyens du Minho , fit faire de grands
progrès à l'agriculture et à l'art de la filature du lin ; et ce furent
de pareils titres qui portèrent la réputation d'Araujo à la cour, qui
ne tarda pas à le nommer un des premiers membres de l'Académie
des Sciences de Lisbonne. Il embrassa ensuite la carrière diplomatique
pour mieux remplir le but qu'il s'était proposé de parcourir les ditié-
icns paj's de l'Europe. Avant de se rendre en Hollande comme mi-
nistre en lySg , il parcourut toute l'Angleterre en observateur éclairé ,
remarqua eu France le développement et la tendance de la révolu-
tion , et en prévit les conséquences de la manière la plus juste.
Appelé à négocier en 1797 la paix avec la France, il éprouva une
de ces bizarreries de la fortune, qu'on ne saurait expliquer cjue
par les vicissitudes qui ont marqué la politique européenne dans ses
coalitions contre la France. L'inexécution du traité le ramenant à son
poste en Hollande , il reçut l'ordre de voyager en Allemagne , ce qui
lui procura l'occasion d'acci'oitre ses connaissances , de se perfectionner
dans la langue allemande , et de se lier avec les plus grands savans de
ce pays qui lui rendirent justice, comme on le voit par la correspon-
dance astronomique de M. de Zach. Rappelé en Portugal par des
hommes jaloux de sa réputation, le hasard du moment arrêta le coup, qui
allait le frapper, sans cependant ralentir l'intrigue qui contrecarrait
sds négociations. Après la pais d'Amiens il fut envoyé à Pétersbourg
comme ministre , et en i8o3 il fut appelé au ministère des affaires
étrangères , qu'il dirigea jusqu'au départ de la cour pour le CrésiL 11
obtint alors sa démission au tailieu des accusations les plus caloni nicuses :
il leur répondit en établissant chez lui à Rio- Janeiro un laboratoire
de chimie , où il faisait lui-même l'application de cette scienne aux
arts , dont ce pays était le plus complètement dénué. Ayant sauvé
une petite partie de sa riche bibliothèque , il la rendait accessible
aux gens studieux, tandis qu'il employait ses loisirs à perfectionner
les tragédies d'Osmia et de Castro , et sa traduction des odes d'Horace.
Son ami, l'illustre éditeur du Camocns', avait publié à Hambourg la
traduction de l'élégie et de quelques odes de Gray, ainsi cjue l'ode de
Dryden à sainte Cécile. Ce foyer de lumière et d'émulation réveilla
à l'iio-Janciro le goût de l'étude, puissamment encouragé par l'exemple
d'un ministre infortuné , mais très-considéré du public, Le roi l'appela
de nouveau au ministère; mais il succomba en 1817 sous les fatigues
et les difficultés que les circonstances lui opposaient. Il s'est toujours
fait un devoir de protéger les talens , et il en a donné une preuve
éclatante dans la protection qu'il accorda de sou vivant, et même
d'après ses disposition testamentaires, au plus illustre des poètes mo-
dernes portugais, à l'abbé Francisco Manoel do Nascimcnto, exilé de
sa patrie , et qui, sans les secours généreux de M. d'Aranjo, aurait vécvi
dans I indigence sur un sol étranger , où il a terminé sa longue carrière.
(c)
au Congrès de Vienne. A de profondes connaissances
dans toutes les branches de la politique , de la diplo-
matie et de l'économie politique, il réunit un grand
savoir en littérature. Voyez Jbittératurc.
DoM Pedro José Vito de Menezes , marquis de
Mi\RiALVA , ancien ambassadeur à Paris et envoyé
extraordinaire à Vienne. Cet habile diplomate a né-
gocié le mariage entre Son Altesse Royale le prince du
Brésil et Son Altesse Impériale Farchiduchesse Léopol-
dine. M. le marquis de Marialva, qui est actuellement
à Paris , est un amateur et un connaisseur éclairé dans
les sciences naturelles et les beaux-arts ; il cultive
même la peinture et la gravure avec succès , et possède
la littérature nationale et étrangère. Lié avec les savans
et les artistes les plus renommés de France, dont il est
fort considéré, M. de Marialva n'a jamais oublié ses
compatriotes, qu'il a toujours généreusement secourus
et protégés lorsqu'ils ont eu recours à lui.
Ma^oel d'Almeida e Vasco.xcellos, vicomte de
Lapa, ancien ministre en Russie. Voyez Géographie.
DoM JoAQUiM LoBO, comte de Ob.iola, ancien
ministre à Berlin. Voyez Sciences naturelles.
Antonio de SALDANtrA da Gawa , ancien ministre
à Madrid. Voyez Géographie.
Rodrigo Navarro d-'Aa'drade, conseiller d'am-
bas:>ade au Congrès de Vienne , et chargé d'affaires
en Russie et en Sardaigne, missions dans lesquelles
il s'est fait remarquer par ses talens.
Beaucoup de membres des Cortès possèdent des
connaissances profondes en politique ; voici les noms de
ceux auxquels l'opinion publique en accorde le plus :
José Ferreira Borges. Voyez Jurisprudence.
JoAQUiM Rodrigues DE Bastos. Voycz Juris-
prudence.
Manoel Borges Carneiro. Voyez Jurisprudence.
Manoel Gonçalves de Miranda. Voyez Eco-
noînie politique.
(n)
José Joaqui.u FeRREira de Moura. Voyez Ju-
risprudence.
Manoel FerNandes Thomaz. Voyez Jurispru-
dence.
Francisco Manoel Trigoso de Aragao Morato.
Voyez Jurisprudence.
Ma>oel Ignacio Martin s Pamplona. Voyez
Tactique.
Il faut aussi classer parmi les nationaux les plus
instruits dans la politique quelques-uns des rédacteurs
des journaux publiés en langue portugaise à Londres
et à Paris, dans lesquels on trouve des articles sur les
relations politiques du Portugal avec les autres Etats,
qui sont écrits avec autant de savoir que d'éloquence.
Voyez Journaux.
pÉGGilAPHIE, STATISTIQUE, CARTES GÉOGRAPHIQUES
ET voyages.
L'impartialité sévère à laquelle nous nous sommes
astreint nous oblige à avouer que les Portugais sont
loin d'avoir fait dans les sciences géographiques les
progrès marquans par lesquels les autres peuples civi-
lisés se sont signalés ; ce fait est d'autant plus étonnant
qu'au quinzième et au seizième siècle cette nation pos-
sédait un grand nombre de navigateurs célèbres, dont
les découvertes importantes leur ont mérité une place
distinguée dans la liste des grands navigateurs de
l'Annuaire des longitudes. Mais si l'on n'a point ap-
pliqué les connaissances physiques et mathématiques
à la géographie de ce pays et de ses vastes colonies dans
la Corographie portugaise de l'Europe et dans celle du
Brésil, ces deux ouvrages ne le cèdent néanmoins en
rien aux ouvrages étrangers contemporains du même
genre , surtout le Roteiro ou Arte de navegar du
cosmographe Pimentel , et celui plus moderne de
C cij )
Melitào , où les hydrographes anglais el français ont
puisé tant de notions exactes sur toutes les con-
trées parcourues et explorées par les Portugais. Les
géographies de Biisching , de Pinkerton , de Gulhrie,
de Lacroix , ne contiendraient pas tant d'erreurs au
sujet du Portugal et de ses possessions d'outre-mer, si
leurs auteurs eussent puisé comme Ebeling et Malte-
Brun dans les ouvrages portugais. Ce dernier géo-
graphe a même rendu justice à la sagacité de l'iiisto-
rien Joào de Barros , qui a deviné cette cinquième
partie du monde, appelée maintenant Océanique. Sur
combien d'autres sujets ne trouverait-on pas à re-
cueillir des renscignemens précieux , si l'on se don-
nait la peine de consulter les Décades de Barros, de
Couto et d'autres historiens nationaux , qui n'ont pas
négligé d'éclaircir leursnarrations par des descriptions
géographiques. La vie de saint François-Xavier par
le jésuite Lucena contient les notions les plus exactes
sur les pays parcourus par cet apôtre des Indes. Les
voyages de Fernani Mendes Pinto retracent avec une
fidélité étonnante les mœurs des pays qu'il a parcou-
rus, et ses tableaux descriptifs sont constatés par les ob-
servations des voyageurs modernes. Antonio Tenreiro
ou Terniec, dans sou Itinéraire de la Perse, et dans la
relation de son voyage de l'Inde en Portugal par terre,
fut le premier Européen moderne qui rendit compte
dePalmyre. Les Annuaires des jésuites,qui contiennent
la correspondance de leurs missionnaires avec le gé-
néral de l'ordre à Rome, est un Piecueil aussi inté-
ressant que les Lettres édifiantes pour la géographie
historique de i Orient. Les causes nombreuses qu'au
commencement de cet Appendix nous avons signalées
comme les sources principales de l'apathie littéraire des
Portugais , et dont Tinfluence était encore plus funeste
avant le règne de Joseph, et la mauvaise méthode
suivie pour l'enseignement de la géographie , expli-
quent assez pourquoi cette nation autrefois si entre-
( cii) )
prenante et si passionnée pour celte science se trouve
maintenant restée tant en arrière des autres peuples
de l'Ewrope civilisée. Très-peu de personnes en Por-
tugal connaissent les ouvrages classiques publiés sur
cette science en France, en Angleterre, en Allemagne
et chez les autres peuples. Celles qui les possèdent sont
encore plus rares , et nous croyons qu'à l'exception
de quelques Allemands établis en Portugal , et de
deux ou trois nationaux, personne n'y possède les
ouvrages d'Adelung , de Vater, de Hassel , de Man-
nert, de Lichtenstern , de Bertucli, etc, etc. On voit
encore dans plusieurs livres de géographie publiés
maintenant en Portugal se reprodiiire les fautes les
plus grossières, sans aucun égard pour les grands pro-
grès de cette science , ni pour les divisions politiques
amenées par les derniers événemens dans toutes les
parties du globe. Cependant on doit faire remarquer
que , même à une époque où la nation croupissait dans
la plus grande ignorance, et dans une apathie qu'on lui
a reprochée avec justice , on vit sortir des presses du
Portugal plusieurs ouvrages égaux en mérite aux meil-
leurs écrits des autres nations. La Corographie du
père Lima , la Corographie et le Dictionnaire géogra-
phique de Cardoso et leTableau du Portugal du père de
Castro sont des ouvrages remplis d'érudition et d^exac-
litude; l'PIistoire insulaire du père Cordeirol, l'PIistoire
brésilienne de Rocha Pitta , les Annales de Maranhào
et d'autres ouvrages du même genre contiennent aussi
des renseignemens géographiques d'un grand intérêt
local. Dès que l'Académie des Sciences de Lisbonne eut
pris l'honorable tache de donner à la nation une im-
pulsion littéraire , elle proposa dans son programme
annuel un prix permanent pour la meilleure descrip-
tion d'une comarca ou même de quelque district re-
marquable du royaume. Ce fait, ignoré chez l'étranger,
a précédé de beaucoup la rédaction des statistiques
des départemens de la France , et procura à ce petit
( civ )
royaumoravaiUaged'avoir des descriptions aussiexacies
que dcrailices de plusieurs de ses districts. Lors de la
restriction des juridictions donjaniales do la coiu'onne
le gouvernement fit procéder à leur démarcation , et
il enjoignit aux corregedores de faire en même temps
la description topograpliique et statistique de leurs
districts rcspccliCs. il en résulta des travaux plus ou
moins exacts , mais tous du plus grand intc'rêt pour
la géographie du Portugal, Si la loi qui institua des
cosmographes provinciaux^eùt c'té strictement exécutée
on en aurait tiré de grands avantages pour la forma-
tion du cadastre , et pour faciliter les opérations de la
Société royale maritime et géographique établie en
1798 par le ministre dom Piodrigo de Souza Coutinho,
dans le but de former des navigateurs qui concourus-
sent au pei'fectionnementde la géographie maritime, et
qui fut éteinte peu après sasorliedu ministère.La reine
Marie et son auguste fils , le roi actuel , protégèrent
et excitèrent sans cesse les travaux topographicjues et
les opérations géodésiques. L'administration y dépensa
des sommes considérables -, et quoique les méthodes
suivies ne fussent pas toujours les plus propres à faire
réussir de telles entreprises sans de trop grosses dé-
penses, néanmoins, grâce au zèle du savant astronome
Clera et de ses dignes associés les officiers du génie
Caula , Pedro Celestino Sommes , Folque et Nie-
maycr , on obtint vers la fin du siècle dernier la trian-
gulation générale d'une grande partie du Portugal ; et
l'on dut aux soins et aux connaissances d'autres savans
oOiciers, d être en état d'ajouter dans la suite à ce
grand travail plusieurs triangles partiaux assez avan-
cés , quelques morceaux isolés de terrain levés avec
assez de soin, des cartes de quelques provinces, et des
parties considérables de ces mêmes provinces assez
bien tracées pour mériter d'être publiées. La création
àeX ylrchivio inilitar , qui correspond au Dépôt de la
guerre en France , en donnant un centre commmi à
( cv )
tous ces travaux isoles, facilite l'exéculion d'une carte
topograpliique du Portugal , ouvrage qui , s'il était
exécute comme on en a déjà faille projet, associerait la
gloire des géomètres portugais à celle des pi as renom-
més de l'Europe , et rendrait injuste le reproche qu'on
a fuit à celle nation, que toutes les cartes géograpliiques
de son territoire étaient le produit des spéculations in-
téressées de quelques libraires du dehors ou des lalens
topographiques de quelques étrangers. A ces travaux
géodésiques on peut ajoulerlesvoyngesminéraloglques
que le roi actuel a fait faire dans rintérieur du Brésil
par de savans minéralogues ; les explorations com-
mencées vers 1771 par Dom Francisco Innocencio do
Souza Coutinho , père du comte de Linhares , et
alors gouverneur d'Angola , pour ouvrir une com-
munication régulière par terre entre les établisse-
mens portugais sur les deux cotes de l'Afrique; la tra-
versée entreprise et exécutée quelque temps après?
par ordre du même gouverneur, par un détachement
portugais , d'Angola à Mosarabique , route qui fut
signalée par la détermination de plusieurs points re-
marquableset parle placement de plusieurs bornes (1) ;
le relevé des caries de toutes les capitaineries du Brésil
et de ses côtes immenses ; les mémoires plus ou moins
détaillés rédigés sur les élablissemens du Cap-Vert (2),
(i) Nous donnerons dans le second volume de nos Fariéiés une
relation détaillée de cette mémorable expédition, que des savans étran-
gers révoquent encore en doute, mais qui est aussi réelle que celle que
les Anglo-Américains ont exécutée dernièrement d'une cote à l'autre de
l'Amérique septentrionale. Déjà nous avons prié un de nos amis de Rio-
Janciro, qui jouit d'une grande considération dans cette capitale, de
faire rédiger une relation de cette mémorable traversée. Cette tâche
lui sera facile , car tous les documens qui sont relatifs à cette expédition
ont été transportés à Rio-Janeiro lors du départ du roi pour le Brésil.
(2) IV'ous possédons l'extrait d'une excellente, statistique de cet Ar-
chipel , rédigée par le dernier capitaine-général yhitonio Pusicli de
Raguse. Le travail de cet étranger jjourrait servir de modèle aux gou-
verneurs portugais des diflérens élablissemens pour réd ger la statisti-
que des pays confiés à leurs soins. Nous possédons aussi la statistique
( cvj )
Je Bissào, fie Cacheu , d' Angola , de Mosambique, de
Senna , de l'Inde , de Macao , de Timor et Solor j le
projet fait et en partie réalisé par Dom Rodrigo de
Souza Continlio , comte de Linhares , de former un
corps de cosmographes sur le modèle de celui de
France ; enfin les recensemens des liahitans du Por-
tugal, que ce ministre éclairé fit faire en i8oi,et cens,
qui furent exécutés quelque temps avant et après
dans tous les autres établissemens portugais.
Les résultats de tous ces travaux importans , incon-
nus aux étrangers , et dont plusieurs nous ont été géné-
reusement communiqués, se trouvent enfouis dans
les archives du gouvernement à Lisbonne et à Rio-
Janeiro , ou dans les bibliothèques particidières de
plusieurs grands du royaume et de quelques savans (i).
Voici les noms des Portugais qui nous semblent mé-
riter une place dans ce chapitre , soit comme géogra-
phes soit comme voyageurs.
Mariino Miguel Franzini, colonel de la brigade
royale de marine et député aux Cortès. C'est un des
Portugais les plus adonnés à la statistique et aux scien-
ces qui y ont rapport. Sa carte maritime des côtes du
Portugal, publiée d'abord à Londres, ensuite réim-
prnnée à Paris pour le dépôt de la marine, est un ou-
vrage aussi parfait qu'important _, et a valu à son auteur
l'honneur d'être admis au nombre des candidats de l'In-
stitut deFrance, et se trouve aujourd'hui entre les mains
de tous les capitaines et de tous les pilotes. Elle est ac-
manusorite du même arcliipcl, rédigée par le savant naturaliste Joào da
Silva Fejo, et nous nous proposons de réunir les matériaux de ces
deux cxcellens manuscrits pour ronner l'Essai statistique de rarchipel
du Cap- Vert que nous publierons dans le second Yolynie de nos
Variétés.
(ly Plusieurs mémoires et beaucoup de cartes manuscrites qui se
trouvaient à ï Archi'^io mitilar lors de l'irivaslou française furent dis-
persés , et se trouvent en France , car ils ont figure dans le catalogue
imprimé de la bibliothèque du général Junot lorsrju'on fit la \entc de
SOS livres.
( cvij ) ■
Gorapagnée d'une exccllcnic explication qui, sous le litre
delîoteiro clas costas de Portugal, con\\c\\Ûc?,(:\éï\\Gns
de la stalislitjue des côtes de ce royaume. Ses Instriic-
çoes statisticas, puLllces en i8i5, contiennent le plan
d'après lequel on pourrait faire une excellente statisti-
que du Portui^al, et nous partageons le regret de tous
ceux qui le connaissent, que ses grandes occupations
ne lui laissent pas assez de loisir pour l'exécuter. Vers
la fin de 1820 il a publié un intéressant mémoire sous
le titre de Jle/Iexôes sobre o actiial regulamento do
exercito de Portugal^ qui offre beaucoup de matériaux
précieux sur le sujet important de la population du
royaume. Il travaille actuellement au recensement gé-
néral, et c'est à sa généreuse amitié, qu'un savant ac-
corde si rarement, que nous devons les importans dé-
tails qu'il a bien voulu nous commimiquer sur ce sujet
avant de les publier lui-mcme. La géograpbie pby si-
que du Portuiral doit à M. Franzini les seules obser-
vations météorologiques qui aient ete faites a Lisbonne
avec un grand soin , d'après une bonne métliode et
avec de bons instrumens.
LuizMaximo Alfredo Pjnto de Souza, vicomte
de Balsamào, grand amateur de géograpbie. 11 a déjà
composé d'après un bon plan la statistique de Ccddas
daRainhcty ^Ericelra et àa Marinha-Grande dans
l'Estremadura ; il travaille actuellement à celle du
Couio de San-Joào da Foz do Douro. Voyez Sciences
Tiatuj^elles.
Souza, chanoine de la cathédrale de Leiria , auteur
de la statistique de cet évèché.
ÏEiXEiRA HoMEM, autcur d'une statistique de la
comarca de Vianna.
* CousTODio GoMES DE ViLLA BoAS,colonel du
génie, auteur d'une bonne statistique de la province
du Minho. On trouve dans les mémoires de l'Académie
royale une savante dissertation de cet ollicier, dans
laquelle, examinant un grand nombre d'observations
( cviij )
d'éclipsés et d'occultations d'cloiles, f^iitesdepuis 1724
jusqu'en 1784? il trouve que la longitude du centre
de la place du commerce à Lisbonne est de 1 1° 29', 2 5
à l'ouest de l'observatoire de Paris. Cet habile ingé-
nieur dirigea les travaux hydrauliques entrepris der-
nièrement pour rendre navigable la partie inférieure
du cours du Rio-Cavado , et dressa une belle carte de
la province du Minho, qui aurait été gravée si l'auteur
n'eût été victime d'un soulèvement militaire qui éclata en
180S entre Porto etBraga. Nous remarquerons à celte
occasion que son oncle, qui portait le même nom, était
un astronome aussi habile que laborieux,auquel les Por-
tugais doivent une longue suite d'observations publiées
dans les épliémérides de Lisbonne , rédigées par lui ,
et qu'il ne faut pas confondre avec celles qui sont pu-
bliées annuellement par les astronomes de Coimbra.
N. C. PiTTA , médecin à l'île de Madère sa patrie.
Il a publié à Londres en 1812, en anglais , une relation
de cette île importante , dans laquelle il la décrit sous
les rapports physique, industriel, administratif et
médical.
José Diogo Mascarenhas Neto, auteur d'une
bonne statistique de la comarca de Guimaràes, lors-
qu'il en était le corregedor. Voyez Economie politi-
que.
CoLUMBANO PiNTO RiBEiRO, auteur d'une bonne
statistique de la province du Tras-os-Montes en 1798.
José Antonio de Sa, auteur d'une assez bonne
statistique de la comarca de Moncorvo.
Lliz Gomes, officier du génie, auteur d'une sta-
tistique de la comarca d'Aveiro.
José de Sande e Vasconcellos, colonel du génie,
auteur d'une bonne statistique du royaume d'Algarve.
JoAQUiM Pedro Gomes d'Otjveira, ancien sur-
intendant du sel à Setubal, et ministre de l'intérieur,
auteur d'une bonne statistique de la comarca de Se-
tubal.
( cix )
JoAO Francisco Guimaraeins, riche propriétaire
de Porto, ci-devant employé comme ingénieur , sous
le Général portugais Bernardino Freire d Andrade, et
somle^énéral anglais INicolas ïrant, a dresse un ires-
beau plan de la ville dePorto et de ses environs , a fait Je
nivellement des points les plus importans de celte ville,
et a levé la carie topograpliique des deux provmces du
Minho et du Tras os-Montes, qui est exempte des
fautes grossières que l'on trouve dans celles de Lopez,
de Toftrio, deFaden, d'Ellioietde tous ceux quil ont
précédée : il travaille actuellement a celle de la Beira,
qui est déjà très-avancée. Ayant vu nous -même et
examiné tous ces travaux chez M. Guimaraes , nous
partageons le regret de tous ceux qui , connaissant
leur mérite, les voient encore rester manuscrits
entre les mains de leur auteur. Voyez Architecture
civile. -, , ^
* Francisco Antonio Ciera. Ce grand astronome
est le premier Portugais qui ait eu l'idée de mesurer
un degré du méridien dans sa patrie. G est dans ce but
et principalement pour faire la triangulation du Portu-
gal (i) , pour en dresser ensuite la carte , qu d travailla
(I) Ce grand travail, ignoré de presque tous les ^'™%^t/^^j^Se^^^^^
fait beaucoup d'iionneur au roi actuel , qui cta.t alors a la tet'^de at
f!ires du royaume , et à Dom Rodrigo de Sou.a Cou t.uho . ^l-s m n stre
d-Etat, qui en conseilla l'exécution. Comme 3 . ^'^^^.^^//.^^X^'K
à donner seulement les bases pour servir a dresser la "f "l ^*'^^^^^_
tugal , mais qu'il fournissait aussi celles qui devaient servir de |onde
ment pour lA mesure d'un degré du méridien , on '{'.^^"''^^^^^'^^^^^X si
avec tous les procédés les plus délicats ce la S^^^l'^^'^. "^^l^';^;"l,; "
supérieure.1 celle de^ anciens. On fit venir , pour ^^'^J-^^^^^^^^^^^^^^
triis excellens cercles répétiteurs de Borda , '^«"f ^u.ts par Trau hton
Adamset Lcnoir , etl'on s'en servit pour mesurer les «"?1^^^ ' _^" P°[;^^^^^^
l'exactitude jusqu'à une seconde. Dans la vaste pl=»i"^ F^^^ -i^^^d^
«ontale qui est sltuéeau sud du Mondego , on •^e^"»-f""/^SX^;,3X,e3
.4976 brasses, équivalentes:» 17.68 «"illes, avec quatre excellente^ eg^es
de bois de Brésil de 3o palmes de long chaque. L »;tronomeCcra mesura
cette base du sud au nord.et son digne coîlègue Çaula, alors eolone du
«nie la mesura en sens contraire; les résultats de cette double raesme
rdoknèr^ntquelapetitedifférencedeSpalmes. L'extrémité septentrio-
pendant plusiems années avec un zèle et une assiduité
qui ne peuvent être inspirés que par la plus grande pas-
sion pour des sciences qu'il possédait si parfaitement.
Voyez Mathématiques.
José Maria Neves Costa, colonel du génie. Cet
liabile officier leva en 1808 avec le général Caula, alors
colonel du génie, la carte topograpbique de l'Estre-
niadnra depuis les îles Berlengas jusqu'au Tage, en
combinant ses travaux avec ceux exécutés pendant la
grande triangulatiou dirigée par Ciera. M. Neves joi-
gnit à ce travad un excellent mémoire sur les proprié-
lés du terrain. Voyez Tactique.
Bernardo Federîco DiiGAULA^marécbal decamp.
C'est après Ciera l'ofiicier du génie qui travailla le plus
à la grande triangulation. (Voyez la note ci-dessous.)
Après la mort de Ciera , M. Canla détermina la posi-
tion d'un grand nombre de points, et leva avec le major
riale de cette base se trouve dans là Serra de Buafcosprèsda capMondego.
On rapporta tous les triangles à celte grande base , les vériBant ensuite
au moyen d'un autre pins petite qu'on mesura dans la plaine du Mon-
tijo, le long de la gauche du Tage , et dont la longueur comprise
entre Batci et Montijo était de 47^5 brasses, équivalentes à 5.65 milles.
Ces secondes mesures s'accordèrent exactement avec les résultats ob-
tenus des triangles partis de la première base. La chapelle de la Se-
nhora das Areas, le signal du Caramulo, ceux delà Serra d'Estrclia,
de Bussaco, de Buarcos, de la Serra de Montejunto, l'église de Nazareth,
le phare du cap Carvoeiro,le clocher de Penna dans la Serra de Cintra,
la tour de l'observatoire du Castello de Lisbonne , le phare du cap Espi-
chel , le signal de la Serra de Arrabida , le château de Palmellaetla Foya
de Monchiquc sont les sommets de ces grands triangles ; et quoique
quelques-uns de leurs angles n'aient pas été mesurés avec les cercles
fépétitcurs , surtout ceux qui se trouvent au sud de Palmella, ils le
furent toujours avec de bons théodolites, et en croisant toujours les
observations. Le savant espagnol M. Pedro Foique , depuis long-temps
naturalisé en Portugal , et actuellement ])rigadicr du génie, ctM. Nie-
maye.r , habile ingénieur allemand , mort à Lisbonne brigadier et in-
specteur du génie , aidèrent beaucoup les ingénieurs portugais dans ces-
ilnportantes opérations géodésiques. Le public eut la preinière con-
naissance de cet excellent travail , par la petite carte gravée à Lisbonne
par ordre du prince régent en i8o3 , sous le titre de Carta dos prin-
cipups triangulos das operaqoes ge.odesicas de Portugal , et réimprimée;
^ Londres quelque temps après.
José Maria Neves Costa la carie topograpliique d'une
j)artie derEstremadura. Il leva aussi par ordre du mi-
nistre de la marine dom Rodrigo de Souza Coutinbo
le plan du port de Lisbonne avec l'astronome Francisco
Antonio Ciera. Dans cette occasion on détermina avec
la plus grande exactitude les positions de tous les points
remarquables des deux bords du Tage depuis le cap
i\oca jusqu'à Sacavem.
JoAQuiM Pedro CxVZadoGiraldez. Cet babile offi-
cier de l'armée portugaise , qui se trouve à Funcbal
depuis plusieurs années, est sans contredit le premier
j^éograpbe portugais ; du moins on peut dire qu'à
l'exception des ingénieurs qui ont travadlé à la trian-
gulation du Portugal et du Brésil et à la rédaction des
cartes topograpbiques, aucun Portugais, depuis long-
temps, n'a publié d'ouvrages aussi importans et d'aussi
longue baleine que les siens. 11 les a tous composés à
l'île de Madère, et les a fait publier à Paris par
M. F. Didot. Le premier, publié en 1 8145 a pour titre :
Tableau des colonies et possessions anglaises clans
les quatre parties du mondes par le Patriote portu-
gais. Le second parut sous celui de Mappa geo-
hydrographico , historico e mercantil , et office les
principaux élémens de la géograpbie statistique de
tous les états de l'Europe et des Etats-Unis d'Amé-
rique. Le troisième a pour titre Uonatarios^ Gover-
nadores , Capitàes generaes , povoaçào (population ),
militar, rendimento , etc. , da Madeira. Le quatrième
est connu sous le titre de Statistica historico-geogra-
phica da Madeira e Porto-Santo , et contient efléc-
livement les bases d'une statistique de ces deux îles
en l'année 181 5. Le cinquième , qu'il a intitulé jS^^x-
iistica historico-geographica do Reino de Portugal,
offre en quatre grandes feuilles la statistique de ce
royaume , accompagnée d'une mauvaise carte géogra-
pbique , que nous croyons être celle de Zannoni. A
part quelques inexactitudes dans les données statistiques,
( cxij )
on doit avouer que ces cinq lableaux,snrtout le premier,
le second et le cinquième , (but, beaucoup d'honneur à
ce savant militaire, qui y déploie un grand jugement et
une patience prodigieuse dans la distribution mélbo-
dique de tant de faits, et un zèle infaligable {Dour ras-
sembler toutes les données nécessaires , quoique mal-
heureusement, faute de secours littéraires, et n'ayant
pas à sa disposition les ouvrages classiques des Alle-
mands , il arrive quelquefois que ses calculs sont sur-
annés et par conséquent inexacts. M. Giraldez travaille
actuellement à une géographie universelle historique
et statistique , qui lui assignera une place éminente
parmi les géographes , s'il remplit toutes les promesses
qu'il a faites dans son prospectus.
^ Pedro Celestino Soares, officier du génie,
auteur d'une carte militaire de l'Alem-Tejo. 11 tra-
vailla avec Ciera à la grande triangulation du Portugal.
IsiDORO Paulo Pereira, brigadier du génie, au-
teur d'une carte topographique du Pinhal de Leiria.
^ Manoel de Souza Ramos , auteur de la carte
topographique de la côte depuis l'embouchure du
Douro jusqu'à celle de la Vouga.
Agostinho Albano , professeur d'agriculture et
médecin à Porto. Ce savant distingué a levé la carte de
plusieurs parties de laBeira, lorsqu'il était employé
dans l'état-major de lord Wellington. Voyez Méde-
cine.f Grammaire , etc.
José Joaquim de Freitas Coelho , auteur d'une
carte de la province du Tras-os-Montes.
Nous regrettons de n'avoir pas encore reçu les ren-
seignemens que nous attendons sur les officiers du gé-
nie qui depuis quelque temps travaillent à la rédaction
d'une carte générale du Portugal, d'après la triangu-
lation de Ciera et d'après les précieux matériaux qui
ont été rassemblés depuis dans des opérations séparées.
Le major Leal, employé à Varchivio militar à
Lisbonne. Nous avons vu des cartes topographiques
du cantonnement de tous les régimens des milices,
qu'il a rédigées pour le maréchal Bcresford. M. Leal a
aussi composé un Mappa alfabetico do toutes les
paroisses du royaume du Portugal et d'Algarve, qui,
en diflérentes colonnes et dans des noies, oOie les j)rin-
cipaux élémens de la statistique du Portugal, et que
tous les amateurs de la géograpliie voudroicnt voir
imprimé. Cet liabile officier est aussi chargé, sous la di-
rection du colonel Fraiizini, de faire, le résumé de
tousleslableaux de la popul.dion et de-son mouvement,
qui sout envoyés par tous les curés et les évéques du
royaume.
Antonio José Vaz Veliio, cosmographe de la
cnmarca de Tavira, et surintendant des travaux hv-
drauliques pour resserrer le lit du Quarleira. Psous
avons vu un mémoire manuscrit sur la division des
provinces et comarcas du royaume qu'il a présenté au
Congrès.
Alberto Carlos de Menezes, surintendant de
l'agriculture. 11 a présenté aussi au Congrès un mémoire
sur la division des provinces et des comarcas du
royaume, que nous avons eu entre les mains.
Ariaga, député aux Coriès, auteur d'une statistique
manuscrite des îles Pico et Fayal, qu'il a offerte au
Congrès.
JoAQLiM José da Costa Macedo, trésorier de
l'Académie des Scitnccs,ct membre de la junle àc> inté-
rêts des emprunts royaux (voyez 1" vol., pnge 255). Ce
littérateur distingué est un des plus i^rands biblioirra-
pnes portugais, et possède de vastes connaissances en
géographie, surtout dans celle du moyen âge. 11 a pu-
blié quelques dissertations dans les Mémoires de l'Aca-
démie des Sciences.
* DoM Rodrigo de Souza Coutinho, comte de
LI^HARES, géographe distingué. C'est à lui que les
Portugais doivent la plus grande partie des travaux
géographiques dont nous avons parlé. Y oy. Politique.
lî. h
f c\\v )
Antonio de SALDA>iïi4. da Gama , oOlcier de ma-
rine irès-disiinguë , ancien gouverneur général d'An-
gola en Afrique, de Maranliào au Brésil , ambassadeur
à Pétersbourg, au Congrès de \ienne et dernièrement
à Madrid. Eu ] 806 il lit des essais heureux pour re-
uouveler la eoumjunicalion par terre entre les élablis-
semens porlugais d'Angola et Mosambiqiie, se servant
des relations multipliées qu'entretenait avec les indi-
gènes M. Francisco Honoraîo da Cosia , colonel des
milices de son gouvernement. M. Saldanha doit à ses
grands voyages et à son goût pour l'élude de vastes
connaissances en géographie.
^ Francisco Borgls da Silva, auteur d'une sta-
tistique générale des Açores, d'une statistique particu-
lière plus détaillée des îles San-Miguel et Santa-Maria ,
et d'une savante réfutaiicn de V Histoire des îles Aço-
res , publiée à Londres en 181 5.
LlIZ CaNDIDO CoiîDEIRO PiNHEIRO FtJRTADO ,
maréchal-de-camp , auteur d'une carte topographique
de l'île et port de Loanda (San-Pau!o d'Assumpçào),
capitale du royaume d'Angola _, et d'une autre repré-
sentant toute la côte d'Afrique comprise entre le 'y et
le 19* parallèle sud. Ces travaux précieux, que nous
avons eus entre les mains, sont de la plus grande im-
portance pour la géographie. Cette science doit beau-
coup à M. Furtado , qui a profité d'un séjour de 2.b
ans dans ces contrées pour déterminer la position
exacte d'un grand nombre d'endroits et de peuplades
inconnues jusqu'à présent à tous les géographes; il s'est
attaché à indiquer avec leur véritable orthograplie tous
les noms des établissemens porlugais de cette région,
défigurés pour la plupart par les dénominations
inexactes des géographes et des voyageurs étrangers.
^ Lacerua, colciicl du génie ^ mort dans la capi-
lainerie de Senna en Afrique, pcndunt qu'il levau la
rarle de cette région aussi riche que peu connue, en
déterminant astronomiquement les positions et posant
( cxr )
des bornes sur differens points. M. Lacerda doit eire
justement célèbre dans les annales de la géograplile
noiu' avoir conmiandé le délacliement porlugais qui
traversa l'Afrique méridionale d'une cote à l'autre.
Fkajscisco de Pal la Suasu.na Cavalcanti,
capitaine ijénéral de Mosambique , auteur de Fimpor-
lanie statistique de celte vaste capitainerie, dont nous
avons donné un extrait dans le l'"" volume de nos
Variétés.
OsORio, major du gdnie, auteur d'une carte d'An-
gola.
Manoel Ayres de Cazal. , auteur de la Coro-
grafia Brazilica , publiée dernièrement à Rio-Janeiro
en deux volumes in-8». Ce religieux déploie beaucoup
d'érudition dans cet ouvrage entièrement original.
L'abbé N. N. , savant géographe de Rio-Janeiro ,
qui , après avoir parcouru presque toutes les capitai-
neries du Brésil, en a composé une description assez
détaillée. Nous savons de bonne part que cet ouvrage,
qui sera de sept à huit voUimes in-S", est très-savam-
ïuent rédigé, et qu'il sortira sous peu des presses de
Rio-Janeiro sous le titre de Geograjîa statistlca do
Brazil.
Le général MaNoel Matins do Couto Reis; il a
levé le plan de la capitainerie de San-Pedro do Sul,
celui de l'île de Santa-Catbarina , et a beaucoup travaillé
à la carte générale du Brésil. Sa belle manière de des-
siner a mérité à ce savant géographe le litre àe premier
dessinateur brésilien.
Les colonels du génie Francisco Soares de An-
dréa et Hemuque IziDORO DE Brito, et le major du
génie Anton lo Elixario de Brito , chargés de dresser
la carte de la capitainerie de Rio-Janeiro suivant la
méthode des projections de Monge , ont interrompu
ce travail important en 1817, par ordre supérieur. La
partie qui est terminée est exécutée avec perfection. ,,,
* Portugal, mort à Perjpambuco en 1818, était-
( »^XYJ )
un des plus habiles ingénieurs portugais. La grande
exactitude de ses cartes hydrographiques de la côte
du Brésil lui fait beaucoup d'honneur; elles sont Irès-
recherchécs des Anglais. 11 a vérifié avec le plus grand
soin les points principaux de la côte depuis Searà jus-
qu'à l'emijouchure de la Plata. M. Portugal a aussi
levé les plans des îles de Fernando, de Santa-Calhe-
rina et de rillia-Grande.
Jacinto Desiderio Cony, colonel du génie. En
ï8lo il a levé la carte topographi'|ue de la capitainerie
de Rio- Janeiro sous les ordres de MM. le général
INapion, le maréchal Joaquiiu José Ribeiro el le bri-
gadier marquis d'Alegrete.
Les majors du génie JoAO Paulo dos Santos Bah-
RETO {yo^Qz Mathématiques ftl Littérature) et Bparo,
sous les ordres de MM. les généraux Slockler et Rey,
ont levé, en 1819,1e plan delà partie de la capitainerie
de Rio-Janeiro comprise depuis la ville de ce nom
jusqu'à la rivière Taguahy ; celte carte , qui est d'une
grande exactitude , représente une surface de 100 lieues
carrées.
Le capitaine de vaisseau Diogo JotiGE de Brito,
assiste d'autres ofTiciers de marine, a dressé une belle
carte hydrographique de la baie de Rio-Janeiro.
M. Brito a vérifié aussi plusieurs points importans de
la côte du Brésil près de l'embouchure de la Plata.
Le colonel du génie Paullet a levé la carte topo-
graphique delà capitainerie de Searà, dontM.Manocl
Ignacio de Sampaio, officier d'un mérite distingué,
était gouverneur. La manière avec laquelle M. Paullet
s'acquitta de ce travail important lui mérita 1 honneur
d'être nommé gouverneur des missions du Rio-Grande
do Sul. En 1820 il fut aussi chargé de vérifier les tra-
vaux topographiqiies exécutés autrefois sur cette con-
trée par les ingénieurs Barboza et Serra.
Le colonel du génie Salvador a vérifié en i8i5
l'ancienne carte de la capitainerie de Bahia , et en a
( cxtij )
fait une nouvelle , exempte des erreurs dont la pre-
mière était remplie. Ce travail a reçu les éloges des
ingénieurs ses collègues.
Le lieulenanl-colonel du génie Cabral a levé pen-
dant 18 ans la carte de la capitainerie de Matto-Grosso.
11 est impossible de décrire les diflicultés , les peines
et les privations auxquelles cet habile officier a dû se
condamner pendant un si grand laps de temps pour
venir à bout d'un travail si considérable à travers les
forêts de cette immense capitainerie (i).
MoDESTO Rangel. Cet habile topographe a levé en.
1-784 le plan de l'île Santa-Catharina , et en a composé
un précis statistique qui est un des meilleurs travaux
qui aient été exécutés en ce genre au Brésil. M. Range!
a dressé aussi une carte topographique des environs de
Rio-Janeiro , qui comprend une surface de /{O lieues
carrées ; cette carte est très-soigneusement travaillée ,
et mériterait riionneur de la gravure.
Antonio Bernardino Perelra do Lago, colonel
du génie, a réduit à une échelle quintuple la partie de
la carte générale du Brésil comprise entre les 5" et
26' parallèles sud et les méridiens 3o6 " et 545° , dressée
auparavant par le capitaine de frégate Ponte Leme. Il
a aussi publié dans les Annaes la détermination de igo
points qui sont les plus importans du Brésil, moyennant
lesquels les géographes pourraient rectifier beaucoup
(1) M. Cabral, se trouvant à Rio-Janeiro , où il avait porté les ré-
sultats de ses immenses travaux gco£;raphiqucs , eut avec un officier
un démêlé qui fut suivi d'un duel dans lequel il eut le malheur de
tuer son adversaire. Arrêté et soumis à un conseil, il fut condamné k
un «xil perpétuel sur la cote d'Afrique. Le roi , qui connaissait le mé-
rite de cet officier , ayant égard à ce qu'il venait d'exécuter pour la
topograpliie du Brésil , non-seulement cliangea le lieu de son exil sur
la côte ilAfrique pour celui de San-Paulo au Brésil , mais le nomma
même ingénieur dans cette contrée , afin qu'il put y utiliser son
talent. JNons rapportons ce trait tout ù la fois pour tlonner un exemple
de la clémence du roi et du cas qu'il fait des hommes de mérite , et
pour faire savoir à nos lecteurs de quelle réputatioa jouit M. Cabrai.
( cxviij )
de fautes qui se trouvent répélées iiiénie dans les nioil-
leures caries de celle \asle région qiiiaicnlété pitbliées
jusqu'à présent. Aciuellement il est occupé à lever la
carie hydrographique du porl de San-Luiz de Maranhào^
et de la cote de celle capitainerie, qu'il se propose
de publier accompagnée d'un roteiro et d'une statis-<
tica Jiistorico-geographica.
Nous regrettons de ne pouvoir indiquer d'autres
travaux entrepris et exécutés depuis peu de temps au
Brésil , parce que nous ignorons les noms de leurs
auteurs. Nous nous bornerons seulement à dire qu'on
trouve dans l'archivio niilitar de Rio - Janeiro les
cartes topographiques de toutes les capitaineries de
celte vaste contrée.
JoAQUiM Bento da Fo.nseca, ancicu professeur
et examinateur d'hydrographie à l'école royale de
Macao. Il est auteur d'un Roteiro sobre a navègaçào
do mar da China 3 dans lequel il a rectifié, sur les
meilleures cartes modernes, d'après ses propres obser-
vations que plusieurs voyages lui ont donné lieu de
faire, et d'après celles de plusieurs navigateurs natio-
naux, beaucoup de fautes qui ont causé bien des
naufrages dans cette mer. M. Fonseca y a aussi
ajouté un appendix très-intéressant sur le commerce
entre la côte nord-ouest de l'Amérique et celle de la
Chine , et a publié à Rio-Janeiro un tableau sur les
systèmes du monde, où il a développé des idées très-
hardies. Nous citons ce fait pour faire remarquer que la
censure était beaucoup moins rigide au Brésil qu'en
Portugal.
Nous ne parlons pas des travaux géographiques de
MM. Oudinot, Dupuy, d'Ayet du Perier, Braun ,
elc. etc., parce que, étant étrangers et n'entrant point
dans notre plan, nous n'avons pas cru devoir prendre de
renseignemens sur leur compte lorsque nous étions à
Lisbonne , et nous nous trouvons maintenant dans
l'impossibilité ô^en. rien dire , même dans une noie.
comme nous en avions le projet dès le commencement
de l'impression de ce Coup-d'œil.
Chez une nalioii qui entrelient des relations suivies
avec les principales cours de l'Europe et qui possède
dans toutes les parties du monde des éiabiissemens
dont quekpies-uns sont situés au centre de l'Océanie,
et jusque dans le cœur de l'Afrique et de l'Amérique
méridionales, on rencontre fréquemment beaucoup de
personnes qui ont fait de longs voyages, ne fût-ce que
pour se rendre dans les différens pays qu'elles allaient
administrer , ou dans les cours auprès desquelles elles
étaient chargées de représenter leur souverain. En con-
séquence, abstraction faite de toutes les personnes qui
sont voyageurs par état, de même que de celles qui le
sont aussi en qualité de militaires ou de négocians ,
nous nous bornerons à nommer les seuls Portugais
qui ont voyagé par ordre du gouvernement pour
examiner et décrire les différentes colonies, et ceux.
qui ont voyagé pour s'instruire, quoique, pour les
raisons déjà signalées dans la préface de cet appendix,
ils n aient pas publié les relations de leurs voyages,
comme le font presque toujours les Français, les Ita-
liens, les Allemands et les Anglais.
DoM JoAO, duc de LafaÔes. La froideur que lui
témoigna le roi Joseph , son cousin germain , lors
qu'il fut monté sur le trône , Je ibrça à demander la
permission de voyager. Il passa d'abord en Angleterre,
se rendit de là en Allemagne, et, après avoir servi avec
distinction sous les drapeaux autrichiens pendant toute
la guerre de sept ans , il se fixa à Vienne, où il jouit
constanmient de toute l'estime de Marie Thérèse et de
l'amitié de Joseph li. L'injuste procédé de son cousiu
germain à son égard l'empêchant de retourner en Por-
tugal , il entreprit de temps en temps de longs voyages
d'instruction, et parcourut successivement la France,
l'Italie , lu Suisse, la Grèce, F Asie-Mineure et l'Egypte;
quelques années après il alla en Pologne, en Russie,
( cxx )
en Laponie , en Suède et en Danemarck. A Favéne-
ment de Marie il revint en Portugal. Voyez Sciences
naturelles.
L'abbé José Cokeea. da Serra. Il a parcouru la
France, rAngJclerre, les Etats-Unis d'Ame'rlque, etc.
Voyez Sciences naturelles.
JoséBonifacio d' A IVDRADE.TI a parcouru la France,
l'Allemagne et l'Italie. Voyez Sciences naturelles.
JoAQUiM Pedro Fragoso de Sequeira. Voyez
Sciences naturelles.
Félix Avellar Brotero. Y ojez Sciences natur.
JoAO Anto.mo' Mo.nteiro. Il a parcouru la France,
FAllemagne et d'autres parties de l'Europe. Voyez
Sciences naturelles.
JoAO DA SiLVA Fejo. Voyez Sciences naturelles.
Frais CISCO Solano Constancio. 11 a parcouru toute
l'Espagne, la France, l'Anglelerre, l'Ecosse, les Pays-
Bas , l'Allemagne etl'llalie. Voy. Médecine, Lilt., elc.
MaNOElFeRREIHADaCaMARA BETTE^COURT. Il a
visité la France , FAngleterre , l'Ecosse , l'Alle-
magne , le Danemarck , la Suède et la Norwége. Voyez
Sciences naturelles. .^
Le père José Mariano da Co.\ceiçao Velloso.
Voyez Sciences naturelles.
Ambrosio DOS Reys. Voyez Economie politiciue.
Manoel Pedro de Mello. 11 a voyagé en France,
dans les Pays-Bas et en Italie , pour y examiner les
travaux hydrauliques. Voyez Mathématiques.
^ Fernando CoRRE\, vicomte de TorreBella,
décédé dernièrement ministre à Naples. Avant de
commencer sa carrière diplomatique il avait parcouru
toute l'Europe.
* Anastasio Kodrigues, colonel du génie, a dirigé
et accompagné dans leurs longs voyages dans toutes
les grandes capitales de l'Europe le jeune comte Da
Lapa et son cousin DoM José Luiz de Souz a, dernier
ministre à Londres.
SiiMAO DA Roc El A LoL'REiRO , riclie nc'i^'Ocîant <î(î
Lisbonne ; il parcourut pour son instruclion tout le
Portugal , touie l'Espagne , la France , l'Angleterre ,
rAlleniagne et l'Italie; il alla aussi comme négociant
à Goà , Diu, Macao , Damào , Mozambicjue , Java,
Pernambnco, Bahia et Rio- Janeiro; son goût pour les
voyages lui fit parcourir imc grande partie de l'inlé-
rieur de la capilaincrie dont celle dernière ville est la
capitale. M. Lourciro est acluellenient à Lisbonne.
José Francisco Braamcamp , conseiller d'Etat à
Lisbonne. Il visita pour son instruction toute l'Angle-
terre et la France.
José Marcelino GonçAlves, un des plus riclies
négocians de Rio-Janeiro. 11 a voyagé en France , en
Italie , en Angleterre , en Hollande et en Allemagne.
José Diogo MascarenhasNeto, cliargéd'aflaires
à Paris avant TM. de Oliveira. 11 a vo^^agé pour son in-
struction en France , en Allemagne , en Danemarclv,
en Suède , en Norwége , en La[)onie ; il a été jusqu'au
Cap-Nord. Voyez Economie politique,
DICTIG^'iXAIRES , GRAMMAIRES ET LANGUES ÉTRANGÈRES.
La langue portugaise , dit un des littérateurs portugais
les plus distingués, le docteur Francisco Solano Cônstan-
cio , dans son savant discours préliminaire au Jornal
das Sciencias e Artes, lalangue portugaise est la seule,
parmi les langues polies de l'Europe , qui ne possède
pas encore un dictionnaire classique, une bonne gram-
maire, un système d'orthograplie , une prosodie, un
traité de synonymes et d'iiomonymes, une collection
d'idiotismes, en un mot qui possède à peine une édition
correcte d'un de ses auteurs classiques. Ce jugement,
qui est celui de beaucoup d'autres littérateurs natio-
naux , paraît cependant un peu trop sévère à quelques
autres que nous avons consultés sur ce sujet. En eÔbt,
( cxxi) )
on ne peut nier que beaucoup <l'irrëgularilés repro-
chées à la langue portugaise ne se relrouvent dans
plusieurs autres idiomes. Notre lan<4ae italienne , et
même la langue française , quoiqu elles aient été sou-
mises àlant de travaux philosophiques et philologiques,
n'ont pas encore leur orthographe dcfinilivcment fixée.
Nous avons encore en Italie des iitléra^teurs et des
savans distingués de la Toscane et des Etats romains
et napolitains , qui suivent une orthographe et em-
ploient des expressions qui ne sont pas adoptées par
les puristes de l'Italie septentrionale. L'orthographe
de Voltaire n'est pas encore classique. On peut même,
dire qu'en fait d'autorité ie Dictionnaire de l'académie
française lui-même n'en est pas une pour beaucoup
d'écrivains distingués. 11 y a pas de littérateur quine sache
que Duclos, quoique secrétaire de l'académie, ignorait
I orthographe de sa langue , ce qui rend la lecture de
ses manuscrits insupportable. Les membres de l'aca-
démie de Lisbonne méritent aussi des éloges pour
l'immense travail qu'ils ont entrepris pour la confection
d'un dictionnaire de la langue nationale, dont le
premier volume , publié depuis long -temps , est un
trésor d'érudition et de savoir. 11 est vraiment fâcheux
qu'on ait pas encore publié les autres volumes , et que
cet ouvrasse , si nécessaire à la littérature portugaise ,
soit interrompu. Cependant il faut avouer qu'aucune
autre langue vivante de l'Europe ne présente autant
de ditlcrences dans l'orthographe que la langue por-
tugaise , et que nulle part les écrivains ne sont si peu
d'accord entre eux sous ce rapport que dans ce [)ays.
II ne faut donc pas s'étonner si, faute de guides sûrs ,
chacun écrit à sa guise , et si même les ouvrages
d'honmies vraiment savans founnillent de fautes et de
contradictions choquantes sous le rapport de l'ortho-
graphe et de la langue. Voici les titres des diction-
naires anciens et nouveaux publiés en Portugal depuis
j8oo jusqu'à présent.
( cxxiij )
Diccionario da lingiia portugueza, par Antonio
DE MoKAES E SiLVA , cn doux voluiues in-4°. C'est
]c seul diclionnalre de la langue porlugaise qu'on
puisse considéier comme classique. C'est un abrégé
irès-bien fait du grand dictionnaire de Bluteau. On
s'occupe déjà de la troisième édition. M.Moraes e Silva
est un littérateur très-distingué , actuellement à Per-
nambuco , oii il a rédigé une excellente grammaire
portugaise, qui se trouve à la tète de la seconde édition
de son dictionnaire.
Le Dicciojiaj'io gérai da lingua portugueza d'al-
gibeira (de pocbe), por très letteratos, i vol. in-8°,
Lisbonne, 1818-1820.
Le Diccionario universal da lingua portugueza ,
por huma sociedade de letteratos ^ on le publie par
leuillf'S ; q' oique commencé en 1818, il n'est encore
qu'à la leiu ^ E. 11 doit former 2 volumes in-folio.
11 existe p usieurs dictionnaires portugais- français et
français-portugais. Voici les plus connus :
Le Dictionnaire français-portugais et portugais-
français , par Joaquim Jozé da Costa e S a , professeur
de langue latine à Lisbonne. C'est le plus complet; il
est rédigé d'après l'ancien dictionnaire de Marques.
M. ViCENTE Pedi\o Nolasco , un des collaborateurs
de X Investigador portuguez (voyez le cbapilre Jour-
naux) en a publié une seconde édition à Lisbonne , en.
deux volumes, avec quelques augmentations. (j^fp
Le Dictionnaire français-portugais et portugais^
français f imprimé à Bordeaux en 181 1 en 2 vol. in- 16.
C'est l'ouvrage d'un anonyme, et les épreuves ont été
revues parle marquis de Penalvaet par quelques autres
Portugais qui se trouvaient en France à cette époque.
Ce dictionnaire est assez bonnet est engénéralsupérieur
à celui qui parut l'année suivante à Paris en 2 vol. in-8°,
plus petit format, sans nom d'auteur. Ce dernier dic-
tionnaire est attribué à ]\L Borges, actuellement dé-
puté aux Cortès pour la ville de Babia , et qui se trouvait
( cxxiy )
alors à Paris , où il se vouait à l'élude des sciences y
et surtout à celle de l'agriculture. On croit que l'abbé
Corée A de Serra a travaillé aussi à sa rédaction.
Le Nouveau Dictionnaire portatif des langues
française et portugaise , publié en 2 volumes in- 16 à
Paris en 1820 , par le docteur Fr4l!\cisco SolaNO
Co.NSTAKCio (voyez Médecine , Journaux, Littéra-
ture, etc.). Ce dictionnaire contient près de 12000
mots qui ne se trouvent dans aucun des deux précédens,
et plusieurs même qui manquent dans celui de Moraes.
Le précis de la conjugaison des verbes et de la pro-
nonciation des deux langues, qui est à la tête de chaque
volume, est excellent. Tous les littérateurs s'accordent
à donner à cet ouvrage, aussi bon que peu volumineux,
le titre de parfait dans son genre.
Les Portugais n'ont que deux dictionnaires anglais-
portugais, savoir :
Le Dictionnaire anglais-portugais et portugais-
anglais , par AiNTOJNio Vieira Transtagano, moine
portugais expatrié , devenu professeur de langue hé-
braïque dans l'universilé de Dublin , et auteur d'une
bonne grammaire anglaise et portugaise. On a fait en
Angleierre plusieurs éditions de ce dictionnaire. La
meilleure est celle qui a été rédigée et fort augmentée
par M. JoAO Pedro Aillaud , né en Portugal, et
mainfenant libraire à Paris. Elle a paru à Londres
e||(|8i3, en 2 vol. in-8°.
Le Dictionnaire anglais -portugais du député
Félix Avelar Bhotero, publié à Paris, lorsque ce
grand botaniste y séjournait, est aussi fort estimé. V^oyei
Sciences naturelles.
Le Dictionnaire latin - portugais et portugais-
latin, par Pedro José da Fonseca, professeur de
rhétorique à Lisbonne. C'est l'ouvrage adopté dans tous
les élablissemens d'instruction publique du royaume,
et on en a fait plusieurs éditions. M.Fonseca est un lit-
térateur distingué, auteur d'un diclionnah^e de la fable.
( CXXT )
d'un trailë de rhétorique et d autres ouvrages, entre
autres d'une traduction de la Poétique d'Horace , avec
des notes.
Les ouvrages suivans , sans être absolument des
dictionnaires , approchent beaucoup de ce genre
d'ouvrages. Ils seraient mal placés partout ailleurs, et
nous croyons convenable de les indiquer à la suite des
précédens.
Lexicon Etymologico das palavras e nomes por-
tuguezes que tein origeni arabica , coiuposé par ordre
de l'Académie Royale, par le "*" père Joao Dii Souza.,
religieux franciscain, professeur de langue arabe dans
le couvent de Jésus à Lisbonne. C'est un ouvrage
rempli d'érudition. Son auteur était un des savans de
l'Europe les plus consommés dans la langue arabe ,
qu'il parlait parfaitement. Voyez l'article Grammaires
à la page suivante.
Ensaio sobre algujis syiionymos âa îingua por-
tugueza , publié dernièrement par l'Académie des
Sciences de Lisbonne. Oest le olief-d'œuvre d'un de
ses membres les plus distingués, du père Francisco
DE SAN Luiz, quoique son auteur ait la modestie d'a-
vouer que ce n'est qu'un simple essai. 11 est rédigé sur
le plan d un dictionnaire. \ ovcz Théologie.
Glossario clas palavras portuguezas affraiiceza-
(îas, par le même auteur, et publié aussi par l'Académie.
Elucida? io das palavras^ termos e frases que en
Portugal autiguameute se usai'ào, publié à Lisbonne
en 1798, en 2 vol. grand in-4*', par le père Joaquim
DF. Santa-Rosa de Viterbo , religieux de Tordre des
mineurs réformés. C'est un ouvrage parfait clans son
genre , Et dtabs lequel son auteur déploie la plus vaste
érudition et la critique la plus exercée.
Quant aux Grammaires publiées depuis 1800
jusqu'à présent , nous remarquerons que depuis la
publication de l'ancienne grammaire de Lobato, dont
on a fait un grand nombre d^édilions , le double pris
( CXXYJ )
proposé par l'Acndemic Royale à celui qui ferait une
bonne grammaire philosophicjue a engage plusieurs
savans à faire quelques essais plus ou moins heureuï ,
mais dont aucun n'a encore élé couronné. Voici les
litres des principales grammaires publiées depuis i8oi i
Le Novo Methodo da gramatica latina, * d'AN-
TO-MO Pereira de FiGUEiREDo (voycz Histoire et
Théologie). C'est une bonne grammaire , qui sert de
texte pour l'étude du latin dans le collège des arts à
Coim])ra , et dans les autres écoles du royaume.
La Grarmiiaire arabe j composée par ^ le père de
SouzA, professeur de langue arabe dans le couvent
de Jésus, est la meilleure que les Portugais possèdent
dans leur langue.
La Grammatica latina de l'abbé Fortes, profes-'
seur de langue latine à Rio- Janeiro , et publiée der-
nièrement dans cette ville , est la meilleure que pos-
sèdent les Portugais pour apprendre le latin; elle est
composée d'après le système de M. de Tracy.
La Grammaire de la langue portugaise de l'abbé
Dubois , émigré français attaclié au département de
la guerre à Lisbonne, et publiée à Agen en France.
Quoique ce soit la production d'un étranger, on
doit la citer parmi celles des nationaux , d'abord
parce que c'est la seide qui puisse donner aux étran-
gers la connaissance de cette langue , tandis que les
autres enseignent aux Portugais les principes des
langues étrarigères : ensuite parce qu'elle est rédigée
sur un plan plus pbilosopbique que ne le sont ordi-
nairement les livres de ce genre qui ont des Portugais
poui' auteurs. L'abbé Dubois est actuellement à Paris.
La Grammatica filosofica da linguOrportugue^a
comparada com a latina para anibas se apprende-
rem ao mesmo tempo, de ^ Jeronimo Soares Bar-
BOZA. C'est un bon ouvrage , mais qui ne remplit
pas encore entièrement îe but pour lequel il a élé lait.
Les Elementos de grammatica fraiiceza Au. nié-
( csxvij )
«lecin _Agosti.^ko Albaiso da Siltf.ira P£?rro, el-
(Icv.int professeur de langue française à l'académie
de l'orlo. Celle i^rammaire, rédigée d'après les meil-
leurs ouvrages français , esl lrès-j)ropre à rcm{)lir le
bnl pour lequel elle a éié composée , et esl la meil-
leure que possèdent les Portugais. Voyez Médecine.
La Grammatica portufmcza de JozÉ Jo\QUI]M
Casimiro. Son plus grand défaut esl d'clrc trop con-
cise ; néanmoins elle est assez bonne. Son auteur ,
dont les lalens n'oni pas clé assez connus , vit dans la
plus grande misère : il en est réduit à enseigner la
lecture aux enfans dans une école de confrérie de
Porto.
I^ Grammatica filosofica da linguagcm porla-
'jiwza , de Joao Chrisostomo do Couto e Melix: .
C'est mie assez bonne grammaire , quoiqu'elle soit
devenue difiiciie à conj{)rendre à cause du genre de
style dans lequel elle a été écrile. M. Melîo est aussi
l'auteur d^une Ortograpliia fdosojlca da linguagem,
portugueza.
Les Elementos de grammatica portugueza orde-
nadvs seconda adoctrina dos meihores nrainmaticos.
de Francisco Soap,.es Ferreira , professeur de
langue française à l'académie de marine de Porto , et
rédacteur du Patriota portuense. C'est un excellent
extrait de tout ce qu'il y a de mieux dans les gram- %
maires françaises ; mais l'auteur n'a pas pu atteindre
entièrement son but dans l'application des principes
<les grammairiens étrangers à ceux particuliers à la
langue portugaise.
La Grammatica ingleza, de Francisco Paula
Jacu, publiée à Lisbonne en 1814? est la meillerfi-e
d'après laquelle les Portugais puissent apprendre cette
belle langue.
La Grammatica ingleza de MA^'OEL de Freitas,
])u])liée à Rio -Janeiro en 1810 , esl aussi une bonne
grammaire. Son auteur est Brésilien , et réside à
( CXXTÏlj )
Îiio-Janelro , où il ensei^^ne la logique et les langues
anglaise et française qu'il possède parfaitement.
Quantaux Langues <?7r«;?^è/'e5, on peutdire
qu'enPorlugaljSurloulà Lisbonneeià Porto, et auBrc'sll
à Rio-Janeiro , Baliia , Pernaoïbuco et San-Luiz de
Maranliào , presque toutes les personnes dont l'édu-
cation a été soignée connaissent , outre le latin et les
élémens du grec, l'anglais , le Irançais cl l'italien . Cepen-
dant cette dernière laiigne est moins cultivée en Portu-
gal queleslangues anglaiseet française, que l'on reg;irde
comme d'une nécessité presque absolue ; la première
à cause de la mulliplicllé des relations commerciales,
la seconde à cause de la généralité de son usage dans
les transactions politiques et de sa littérature. La pas-
sion des Brésiliens pour le chant et la poésie ne contri-
bue pas peu à en décider un grand nombre, surtout
à Rio-Janeiro , à apprendre l'italien , pour être en état
d'en goûter les chefs-d'œuvre; ce qui, joint à 1 éta-
blissement de l'opéra italien dans celle capitale, à Bahiu
et à Maranliào , lait cpi'on trouve dans ce pays, tout
bien considéré, sur un certain nombre d'habitans civi-
lisés, une plus grande quantité qui se soient livrés
à l'étude de l'itaiien qu'à celle de toute autre langue.
On doit remarquer qu'en général , au Brésil et en Por-
tugal, on parle mal ces langues , et qu'on les écrit en-
core plus mal. Voici cependant les noms de plusieurs
Portugais qui , par leiu's grandes connaissances dans
les langues étrangères, méritent d'être cités ici.
^ Rodrigo de Sa , desend^argadcr de la Relaçào
de Porto , et littérateur distingué , surtout dans la
partie relative à l'histoire et aux antiquités. Doué d'une
mémoire prodigieuse, il s'était voué à l'étude des lan-
gues 5 et il était parvenu à comprendre le latin , le
grec , le caldaïque, l'hébraïque, le cophte, l'arabe , le
hongrois, le russe , l'allemand, l'anglais, le suédois,
le danois, le hollandais , le français , l'italien et l'es-
pagnol. Parmi ses manuscrits ou a trouvé quelques
( cxxix )
traductions du russe et du hongrois clins sa langue
mnlornellc. 11 avait aussi de grandes connaissances en
livdranliqnc, et il l'a prouvépar les ouvrages exécutés
dans les environs d'Alcobaça sous sa direction.
'*' Tho3IÉ Barbosa de FiGUEiREDO, employé à la
secrétairerie des afTaires étrangères , possédait par-
faitement le grec , le latin, le IVaneais , j'italien, l'an-
glais, le danois, le suédois, l'allemand, le hollan-
dais , le turc , le maure , l'espagnol et le russe. Ou
nous assuje qu il connaissait aussi la lilléralure de la
plupart de ces langues.
Jacob Federico Torladls , chargé d'affaires à
Stockholm. 11 a été élevé en Suède, et connaît par-
faitement, outre le lalin , rallemand , l'anglais, le
suédois , le danois , le français, l'italien et l'espagnol.
Ce Portugais possède de grandes connaissances en po-
liti/[ue ; et lorscpi'il était employé à la secrétairerie
d'Ltat à Rio-Janeiro, il était chargé de faire pour le
roi les extraits en portugais de tous les journaux
étranijers.
La comtesse de Oyenhaisiln. Cette dame respec-
table possède le latin , l'anglais , le français, l'allemand,
l'espagnol , l'ilalien , et connaît la littérature de ces
différentes langues. Voyez Poésie et Littérature.
Francisco Solano Constancio. Ce littérateur
très-distingué possède l'anglais et le français aussi bien
que sa propre langue; et il l'a bien prouvé par les
Ouvrages qu'il a publiés dans ces deux langues. Il
connaît en outre le latin , le grec ,• l'italien et l'alle-
mand. Vovez Médecine , Littérature , etc.
José Bomfacio d'Andrade. Ce savant minéralo-
giste possède, outre le grec et le latin, l'espagnol,
le français , l'anglais , l'allemand , le hollandais et l'ita-
lien. Voyez Sciences nature/les,
Martins Francisco d'Ajndrade , frère du précé-
dent , possède le grec, le latin , l'espagnol , le fran-
çais , l'anglais , Fallemand et l'italien.
II. ^ i
( CX.XX )
Antop^io Carlos d'Andrade, dépiiié aux Coriès
et frère du précédent , parle les mêmes langues que
lui. Voyez Jurisprudence.
Le vicomte de San-Locreivço. Voy- PoésieetLitt.
DoM JoAQUiM LoBO , comte de Oriola. Ce diplo-
mate distingué parle et écrit avec une grande facililé
l'allemand , le français et l'anglais. 11 connaît en outre
le latin , l'italien , etc. Voyez Physique.
'*' Le comte de Barca. 11 possédait le grec, le latin,
le français, l'anglais , l'allemand , l'italien , le hollan-
dais et l'espagnol. Voyez Politique.
ÉLOQUENCE ET RHÉTORIQUE.
D'après la manière dont le Portugal était gouverné
depuis long temps , on ne pouvait guère s'attendre à y
trouver de grands orateurs que dans la chaire et dans
le genre des panégyriques ; encore dans ce dernier
genre devait-il être difficile d'atteindre le suhlime , par
le manque de sujets assez élevés pour fournir à l'orateur
ces pensées fortes et ces situations intéressantes propres
à émouvoir ses auditeurs. Tout en avouant quele défaut
oi'dinaire des orateurs portugais est d'être pauvres en
pensées , et beaucoup trop riches en épithètes entassées
les unes sur les autres , en antithèses trop fréquemment
employées , et de sacrifier souvent la force des argu-
mens et la marche méthodique du discours au clin-
quant des phrases , à l'harmonie des périodes et aux
descriptions pétillantes de feu et remplies d'images
vives , nous ne pouvons sans blesser la vérité refuser
a celte nation l'honneur de posséder actuellement quel-
ques hommes instruits qui ont pviblié d'excellens pré-
ceptes sur l'art de former les orateurs^ et d'autres qui,
en les mettant en pratique , se sont acquis une assifs,
et qui occupe un rang éminent dans plusieurs branches
des sciences. Son The G/iost, ouvrage littéraire dans
le genre du Spectator , publié en anglais en 1 7g5 à
Edimbourg, d'abord avec MM. Bannomtglie et Camp-
bell, et ensuite par lui seul, a fait sa réputation litté-
raire en Angleterre. M. Conslancib est l'auteur de
l'intéressante esquisse sur l'état du Portugal pendant
les trente années qui ont précçdé l'invasion fran-
çaise , et qui se trouve insérée dans le Repertory
publié à Paris par Galignani en 1808. Cet auteur
infatigable a publié plus tard YObservador lusitano
eni Paj^is y et associé à d'autres savans Portugais , les
Annaes das sciencias et artes, où il a donné une preuve
convaincante de son talent, par le savant discours qui
sert d'introduction à ce journal. M. Conslancio a fait
aussi plusieurs traductions de l'anglais en français im-
primées à Paris, entres autre celle des Recherches sur
la population par William Godwin. Voyez Médecine ^
Journaux , Dictionncdres.
HiPOLiTO DA Costa, littérateur très-distingué, et
économiste profond. 11 est le premier qui ait fait con-
naître au public ce qu'on souffrait dans les cachots
de l'inquisiton de Lisbonne , dans un ouvrage qu'il
publia en portugais à Londres. M. Costa est le rédac-
teur du Correio hraziliense , journal politico-littéraire,
qui a ouvert une nouvelle branche à la littérature
I^ortugaise , par la manière dont il est rédigé ;
( ex! )
exemple (\iù a 6i6 suivi par plusieurs autres. On y
trouve beaucoup de renseii^neniens piécieux pour la
statistique de la Monarchie Portugaise , mêlés aux
principes les plus luuiineux de l'économie politique
appliquée au Portui^al et à ses vastes possessions.
Pedbo Alexandre Cavroe, bon littérateur et
mécanicien irès-disiingué , auteur de plusieurs comé-
dies en prose représentées aux théâtres da Pvua dos
Condes et Salitre à Lisbonne, et sur celui de Porto. 11
a rédigé la Mnemosine lusitana en 1817 et 1818, et
la Mnemosine constitucional en 1820 et 1821.
GoES d'Andrade, littérateur distingué, et qui pos-
sède une grande facilité pour composer dans sa propre
langue et en français. 11 est le rédacteur du JDiario do
Goi^erno à Lisbonne. M. Goes d'Andrade a séjourné
pendant long-temps en France, où il s'occupait de tra-
vaux littéraires, et a traduit le catéchisme politique
de la constitution espagnole (1). En i8i5 il était un des
rédacteurs du Diligent à Paris; en 1817 du Constitu-
tionnel , ensuite de la QiLotidicnne j il était chargé
spécialement des articles 'variétés de ce dernier journal.
Antonio José Maria Campelo , emplové à la se-
crélairerie d'Etat dans le département de la marine.
Après s'être adonné dans sa jeunesse à la poésie , oii
il ])rilla beaucoup surtout dans le genre lyrique ,
M. Can]pelo se voua à la carrière du barreau , où il
se fit remarquer par ses plaidoyers. L'histoire , la phi-
losophie et niaintenant surtout l'économie politique
jîartDgent son temps. Presque ignoré à cause de sa
grande réserve, il n'est connu que de quelques amis.
ÎNNocENcio Antonio de Miranda , député aux
Gorlès, auteur du Catào hisitano.
(i) Celte traduction s'est fait remarquer pai l'avant-propos et plus
encore par la préface propLclitjue dans laquelle il annonça en septembre
iwii) la révolution d'Espagne qui éclata en janvier 1820 j circonstance
(|iii a été remarquée par plusieurs journaux, et qui a fourniùM, EHenne
i(? s'.jj-jt d'uH aifi' le lîés-iiattcur pour M. d'Andrade.
: cx'j )
La COMTESSE t/Alva, sœur du comle Palniell.'i.
Celle dame verjueiise, que nous avons l'honneur de
connaître , possède un £;oùl exquis et de vastes con-
naissances dans la liliérature portugaise et dans celle
de plusieurs autres pays.
José Carlos Pinto de Souza , auteur de la Bi^
hliotheca historica de Portugal, ouvrage plein d'éru-
dition, et qui a été réimprimé en 1801.
Manoel Ig.nacio MartinsPa^iplona , littérateur
distingué et député aux Cortès. Voyez Tactique.
'*" Jin^OMMO SoARis Barbosa, littérateur distingué ,
auteur de VEpitome unwersœ historiœ y qui sert de
texte dans le collège royal des arts à Coimbra. Voye^
Rhétorique,
Ma.noel Ferreira d'Araujo, colonel du génie
à luo- Janeiro. Voyez Mathématiques.
FrANCJSCO de i3oTÎJA (iARÇAO STOCKLtR, lieutC-
nanl-général. Ce profond géomètre est en même temps
un httéraleur très-distingué , ce qu'il a bien prouvé
par les éloges qu'il a récités à l'Académie des Sciences
de Lisbonne, à l'occasion de la mort de quelques-uns
de ses membres les plus illustres , par exemple celui de
d Alembert ; par le beau discours qu'il adressa au roi
actuel lors de son avènement au trône , de la part de
l'Académie; par ses poésies, publiées à Paris en 1821 ,
avec celles de son ami feu l'abbé Caldas,accompairnées
d'une dissertation sur la poésie et la langue liébrakiue,
dans laquelleM.Stockler s'écarte entièrement de toutes
V^ opmions reçues jusqu'à présent sur ce sujet; par ses
letties où il entreprend la justification de la conduite
<lu duc de Lafôes dans la dernière guerre contre les
Espagnols, et imprimées à Rio-Janeiro en 181 5; enfin
par son savant Essai historique des mathématiques eii
Portugal , publié en irançais à Paris e.i 1820, et qui
peut servir de modèle pour la manière à employer
poiu- écrire l'histoire des sciences.
JoaoPedro lliBEiRO, professcur de diplomatique à
( cx!ii )
Lisbonne. Ai)rès avoir parcouru avec l'autorisation du
«•ouvernement toutes les archives du royaume, il pu-
bila deux volumes de dissertations chroaologicas e
criticas sobre a historia e jurisprudencia do Portu-
gal dans lesquelles il déploie la plus vaste érudition et
une critique exquise. Ce savant a été cliar^e par son
^gouvernement de travailler pour la nouvelle édition
qu'on fait en France de VArt de vérifier les dates.
M Ribeiro est le premier Porlui,^ais qui ait enseigne
l'art diplomatique en chaire ; il a composé sur ce
sujet des écrits qui ont un mérite réel sous le rapport
de la paléographie, et par la manière dont il tait
l'examen critique des monumens historiques. ^
JoAO Di: SousA Pacheco Leitao, colonel du génie.
Voyez TdatJiématiques.
* Théodoro d'Almeida. Voyez Sciences natur.
Francisco Xavier Monteiro, député aux Cortcs,
et littérateur distingué. ^
JoAO VicENTE PimentelMaldonado, députe aux
Cortès. Voyez Poésie lyrique, etc. _
^ Le COMTE DE Barca. Voyez Politique.
José Arcursio das Neves, auteur de / Uistona
da invazào do Portugal pelos Francezes. Voyez
Economie politique.
Alexandre Antonio das Neves. Y o^^ez Sciences
naturelles. „
Le père M^NOEL da Purificaçao, rehgieux h-an-
ciscain et professeur pensionnaire de théologie, auteur
d'un bon cours â^ Historia ecclesia<<tica athe decimo
oitavo seculo, cu'il conserve encore manuscrite.
^ M^N0EEPAES DE ArAGAO TrIGOZO, VlCC-reC-
teur de l'université. Quoiqu'il n'ait rien pubhé , d pas-
sait pour avoir des connaissances tres-protondes dans
l'histoire et surtout dans la chronologie. Il avait ete
charoé par le gouvernement de travailler pour Ja nou-
veile'^édilion de XArt de vétifier les dates. ^ ^
Joao deMagaehaens de A\eiar, eveque de
Porto, ancien professeur de droit (;anon à CoiniLra.
Ce savant, qui est le Portugais le plus instruit dans Ja
numismatique, a aussi les connaissances les plus vastes
dans toutes les parties de l'histoire, et est justement
considéré comme le plus grand bibliographe du Portu-
gal . Voyez J Lirisprudence.
VicENTE José Maria de R.oboredo, maître de cha-
pelle de la cathédrale de Braga. Ce musicien habile,
qui est aussi un littérateur distiiigué, est peut-être ,
après l'évêque de Porto, le Portugais le plus instruit
dans la connaissance des médailles anciennes, dont il
possède une belle collection.
JoAO Paulo DOS Saatos Barreto. Cet habile géo-
mètre est en même temps bon poète et savant litté-
rateur. Il a composé beaucoup de poésies fugitives ,
quelques satires écrites avec la critique la plus,délicate,
et remplies de pensées élevées, quelques mélodrames,
et la tragédie de 'Bajazet , qui ont été joués sur les
théâtres du Brésil. Voyez Mathématiques.
IjC père Bernardiîso de Santo Antonio, biblio-
thécaire du couvent de San-Francisco à Lislionne,
littérateur distingué.
'♦"Manoeldo Cf.naculo de Villas Boas, religieux
oratorien , évêque de Beja , mort archevêque d'Evora..
C'était un des plus grands littérateurs portugais ;
il possédait une vaste érudition dans toute les branches
de la littérature sacrée et profane, et excellait sur-
tout dans la numismatique et l'histoire. Le célèbre
Pombal disait de lui : « C'est un puits sans fond et
sans bourbe. >^ (i)
( I ) Étant allé à Rome pour y assister au chapitre général de son ordre
il en rapporta le goût des antiquités et de la paléographie qu'il cul-
tiva depuis constaminent ,et qu'il encouragea de tous ses moyens. De-
venu prélat de son ordre, il en réforma les écoles, propagea l'étude des
langues anciennes et celle de la langue arabe, qui est si nécessaire pour
les sciences et pour les relations du Portugal avec l'Orient. Le mar-
(|uis de Pombal, ayant ôté renseignement public des mains des jésuites,
pensa trcs-sagcmcntquc le vide qu'ils laissaient serait rempli avec succès
( cxliv )
Le père Vicentu Salgado, religieux franciscaiti,
ibéologien aussi habile que bon philosophe ; il se dis-
par les oratoricns; cnconscqucnce il les appela à la direction des écnJcs
primaires , et sut profiter des institutions littéraires de Cenaculo dans
le couvent de Jésus à Lisbonne pour réformer d'une manière uniforme la'
méthode de renseignement des sciences ecclésiastiques dans les ordres
religieux, et il engagea chacun de ces ordres à fournir des élèves destinés
à suivre les cours des langues anciennes 5 ils devaient recevoir en même
temps clans cet établissement les principes desinstitutions canoniques et
de la théologie, purgée de la doctrine ultramontainc. Cenaculo fut choisi
pour présider la cominissioa chargée de la réforme des études et de
la censure : conjointement avec le père Antonio Pcreira , il rédigea les
statuts de l'université concernant le cours de Ihéologie. 11 en résulta
c]u'en 1772, époque de la restauration de l'université, les éiudes ec-
clésiastiques du clergé régulier se trouvaient en parlaite harmonie avec
celles de l'université , chaque ordre religieux s'élant donné un plan
d'études conforme à celui de Goimbra. Le mouveuient donné aux
esprits vers l'adoption des saines iloctriiies enleva à un parti toujours
disposé à s'opposer aux innovations avantageuses, sous prétexte de s'op-
poser aux entreprises de l'irréligion , la seule arme qui lui restât pour
entraver les progrès des lumières chez les Portugais ; car les attaques
auxquelles les lettres furent en butte pendant les premières années du
règne de jMarie 1™ auraient pu leur porter un coup mortel si les lu-
mières n'eussent eu déjà pris de la faveur dans le masse delà nation.
Ainsi la protection accordée par le gouvernement aux vues d'un ver-
tueux philanthrope devint ta source féconde de toutes les améliorations
successives opérées dans renseignement public. Cenaculo, retiré de la
cour après la mort du roi Joseph , alla dans son diocèse de Béja dans
l'Alem-Tejo , pour ajouter l'exemple aux préceptes qu'il a\ait con-
signés dans ses écrits. Sa maison devint une académie des sciences ec-
clésiastiques 5 il y remplissait à la fois les fonctions tle professeur , de
pasteur exemplaire et d'homme de lettres aussi estimable que pieu.x.
Les Méditations littéraires de l'évèque , qu'il composa à Béja, retracent
la beauté de son âme et l'eAcelIencc de ses principes comme prélat
et comme citoyen , car il joint à l'onction du style une conformité ad-
mirable de sentimcns avec le célèbre Fénélou ,dont il a toute la philan-
thropie. Ayant recucilliiuie bibliothèque nombreuseet clioisiejil la par-
tagea avec le couvent de Jésus : il enrichit la bibliolhéque royale de
Lisbonne de manuscrits précieux , cfe livres rares et de médailles : il
laissa à Béjù , lorsqu'il fut nommé à l'arciievéché d'Evora, une bi-
bliothèque ecclésiastique et toutes les antiquités c[ui avaient rapport
à l'antique Pax Julia , aujourd'hui Béja. Sou cabinet de curiosités et
la riche collection de livres qu'il avait à Evora furent dévastés lors
de la prise de cette ville par le général Loison. Ce préiat si vénérable ,
et à qui sa patrie doit tant de reconnaissance pour les services qu'il
lui a rendus etpour leà lumières qu'il a répandues parmi ses concitoyens
avec tant de dévouement , n'a point échappé à la persécution que les
troubles civils suscitent si souvent l\ la vertu la plus pure. Mais la jus-
tice du roi , d'accord avec l'opinion publique , confondit 'ses ennjuiis
et sauva K ia nation l'opprobre de l'ingratitude.
( cxîv )
lin "Lie surtout par ses connaissances dans l'hislolre et
la numismatique. II est auteur de la dissertation sur la
médaille Fetto trouvée dans TAlcm-Tejo, et il a tra-
duit le Manuel cVEpictète , les Fers d'or de Pytlia-
^ore, et le Dialogue des rivaux de Platon.
Luiz Antonio d'Azeyedo, littérateur très-érudit,
auteur d'une dissertation sur le théâtre romain décou-
vert à Lisbonne dans la rue de S. Mamede.
JoAQuni DE Santo Agostinko de Brito França
Galvao, abbé de Lustosa. C'est un des plus grands
littérateurs portugais ; c'est lui qui rédigea la célèbre
protestation contre la convention de Cintra, faite par le
général anglais Dalrimple après la bataille de Vimeiro.
* Jerommo Soares Barbosa, frère de Antonio
Soarcs Barbosa , et professeur d'éloquence et de poésie
au collège royal des arts à Coimbra , littérateur et
orateur très-distingué. Plus de quinze beaux discours
académiques qu'il a composés en latin prouvent son
talent comme orateur et comme écrivain. Outre
les ouvrages dont nous avons fait mention aux clia^
pitres Grammaire et Eloquence , Barboza a composé
un Epitome uni'^ersœ historiœ Lusitaniœ ad usum
schol. rhetor. - hisLor. , en 2 vol. in-8° , publiés à
Coimbra en i8o5 , elle même ouvrage en portugais.
Parmi les manuscrits dont le public doit désirer l'im-
pression, celui des Observations grammaticales sur
tes prenùers classiques portugais donnerait à Bar-
boza dans la littérature nationale la place qu'occupe
le célèbre Dumarsais dans la littérature Irancaise.
* JoAQLlM DE FoYOs , religieux oralorien de la
congrégation et maison de Necessidades à Lisbonne.
La réputation dont il jouissait d'être profondément
versé dans les sciences ecclésiastiques et dans la litté-
rature ancienne et nationale le faisait consulter par
tous ceux qui voulaient rectifier leurs écrits par les
avis d'un critique si judicieux. 11 publia la Lusitania
n. k
( cxlvj )
transformacln y poëme de Fernain Alves (J'Orcente
qu'il enrichit d'un indox phlîologiqiic. La collec-
lion des Mémoires de l'Académie des Sciences de
Lisbomie en contient quelques - uns de lui sur la
littérature nationale et sur d autres sujets. Il fut his-
toriographe du royaume, et secrétaire pour la corres-
pondance latine, attaché au département des affaires
étrangères ; il a publié dernièrement l'édition de la Mo-
narchia lusitana, avec des notes critiques. 11 a déjà
paru huit volumes de cet ouvrage.
José Daniel Rodrigues da Costa. C'est un écri-
vain assez original dans le genre. burlesque, mais man-
quant de goût. Il est auteur de plusieurs ouvrages
périodiques populaires, dans lesquels on trouve par-
fois des conceptions assez piquantes , et une satire des
mœurs qu'on pourrait Ure avec plaisir, si elle était
exprimée en langage plus châtié. Il est le rédacteur
du O Almocreve das pelas (le Muletier des bagatelles),
du O Barco da carreira dos tolos (la Barque de la tra-
versée des sots), etc. etc. , et de beaucoup de farces et.
de poésies burlesques. Son épouse, qui est une femme
de beaucoup d'esprit, l'aide dans ses travaux littéraires.
Bento Luiz Vianna, né à Saint-Michel dans l'ar-
chipe! des Acores, étudiant en médecine à l'université
de Paris. 11 vient de publier un recueil de j)oésie5
et la traduction en portugais du Contrat social de
J. J. Rousseau.
José Maria Soar es /médecin distingué, auteur
d'une bonne histoire de la médecine en Portugal , sous
le titre de Memorias para a historia da mede.c.ina
lusitana. Voyez Médecine.
-DoM José Maria de Souza Botelho , pendant
quelque temps ministre plénipotentiaire à Paris. 11 est
auteur delà vie de Camoes, écrite avec autant de senti-
ment que d'éloquence, et qui précède l'édition magnifi-
que qu'il fit exécuter à ses frais à Paris du poème immortel
( cxlvij )
du Virgile portugais. 11 a rendu par celte publication
un bonimage cclalant à un génie que ses contemporains
ont laissé mourir dans la misère , et à la mémoire duquel
il n'existe aucun monument élevé par ses compatriotes.
DoNA Maria do Carmo de rSoRONHA, épouse du
colonel FrxANziNi. Cette dame mérite bien de figurer
dans la liste des littérateurs portugais, par ses profondes
connaissances dans l'Iiisioire littéraire de son pays et
dans celle des littératures française, anglaise, espa-
gnole et italienne, et par quelques jolis vers qu'elle a
composés. Mais ce qui est bien plus raie dans une
femme, c'est qu'elle connaît les eiémens de presque
toutes les sciences naturelles, des mathématiques et de
la géographie. Elle parle et écrit plusieurs langues, et
elle a traduit de l'anglais un petit livre de lactique pu-
blié sous le titie de ExpUcaçdo do piano dos principaes
manobras dos regiineutos de iufanteria britanica.
La coemtesse de OEYNiiAusEN.La vaste érudition,
les griices du style, l'élégance et la pm^eté de langage,
Torigmalité dans les pensées et la facilité extraordinaire
pour la composition nous semblent mériter à cette
dame respectable la qualification de la Staël porta-
gaise. Voyez Poésie lyrique, etc.
Le père Mesqlita , religieux iiiéronimite, littéra-
teur très-distingué, possédant de vastes connaissances
dans la littérature nationale, et non moins instruit
dans les littératures classique et étrangères, surtout
dans la littérature liançaise. Orateur aussi élégant que
profond, il se distingue par une grande facilité pour
l'improvisation , et il en a donné une preuve bril-
lante dans une séance de la Sociedade patriotica
literaria de Lisbonne. Il a été chargé par le Congrès
de présenler un plan de rélbrme pour la Patriarcale.
JoAQL m José da Costa e Sa. \ ijWiizDictiorinaires.
MADiiMoiSELLE Valeh^. Douéc de beaucoup d'es-
prit et possédant de vastes connaissances dans la litté-
rature, elle donne un nouvel éclat à ces qualités par
( cxMij )
nue plétë filiale exemplaire. Les soins qu'elle a pris
pour la coiiiposiiion et la publlcalion des mémoires
de feu le général Valeré lui font honneur.
Le marcfuis de Borba , ancien gouverneur du
royaume, liltérateur et amateur éclairé des beaux-arts.
DoM Pi Bîio DF. SoLZA HoLSTEiN, comle de PaL-
MELLA. Ce diplomate distingué cultive avec succès les
Lelles-lettreS;, dans lesquelles il se dislingue autant par
ses vastes connaissances que par une grande délicatesse
de goût. Il a traduit quelques chants du Cambés eu
vers français , dont plusieurs morceaux ont paru dans
V Investigador portuguez , publié à Londres. Cet ou-
vrage, quoiqtie imparfait, n'est pas sans mérite, surtout
si 1 on considère les grandes difficultés de la poésie
française, qui doivent Fétre encore plus pour un étran-
ger. Yoyez Politique.
* Le marquis de Penalva. C'était un homme qui
possédait parfaitement la littérature et l'histoire de son
pa^'S. îl a publié plusieurs opuscules politiques et lit-
téraires.
^ Le marquis de Bellas. On nous assure qu'il a
fait une traduction assez fidèle en vers portugais de la
Henriade de Voltaire.
Francisco Manoel Trigoso de AragaoMorato.
C est un des littérateurs portugais les plus distingués,
surtout dans la partie relative à l'histoire. Voyez Jiirisp.
Thojvîaz Antonio de Yillanota Portugal, an-
cien ministre d'État, littérateur, publiciste et éco-
nomiste très-distingué, connu par plusieurs excellens
mémoires qui se trouvent dans la collection de l'Aca-
démie Royale des Sciences.
*Bento deSooza Farinha, professeur de philoso-
phie rationnelle et morale, d'abord à Lisbonne , ensuite
à Santarem , oii il a même été directeur du séminaire
patriarcal. Très-versé dans la littérature portugaise et
très-passionné pour la plus ancienne , il affectait d'em-
ployer dans ses ouvrages les termesles plus inusités , ce
( cxlix. )
qui en rendait la lecture ditiicile pour la [>liipart de s<*s
lecteurs. 11 a publié un excellent extrait de làBiblio-
theca lusitana de l'abbé Barbosa et une traduction
portugaise des ëlémens de pliilosopbie du Fabbé Ge-
novesi. il a été aussi l'éditeur de quelques ouvrages
portugais qui étaient devenus rares dans Je commerce.
Mello Freire, littérateur distingué. Voyez Juris-
prudence.
Manoel José Maria da Costa e Sa , emplo^'é
au ministère de la marine. C'est un bon littérateur ,
qui possède surtout parfaitement l'histoire. Il travaille
actnellement à une histoire des découvertes laites par
les Portugais dans les deux inondes.
I/abbé José Portelli , professeur de pliilosopbie
rationnelle et morale dans le collège des Nobles à Lis-
bonne. C'est un littérateur très-érudit.
Le père Manoel Rebello, religieux fï-anciscain ,
professeur de langue arabe à Lisbonne, dans le cou-
vent de Jésus. C'est un bon littérateur.
Le père José de Santo Antomo Moura, religieux
franciscain , et employé dans la secrétairerie d'Etat.
Il a traduit de l'arabe en portugais plusieurs ouvrages
relatifs à l'histoire du Portugal et de 1 Espagne, quil
n'a pas encore publiés.
''■ Anto.mo Caetaxo de Am\ral. C'est un des
littérateurs qui ont fait le plus d honneur au Portugal;
il a publié de savans mémoires dans ceux de l'Aca™
demie.
*JoséJoaquim da Cuisha de Azer.edoCoutinho,
dépuléauxCorlès. C'était un des plus grands littérateurs
portugais; il possédait des connaissances universelles ,.
et il était même assez versé dans plusieurs branchesr
des sciences naturelles. Vovez Econoînie politique.
* Le père Joaquim de Santa. Clara, moine béné-
dictin, successeur de Manoel do Cenaculo dans l'ar-
chevêché d'Evora, où il mourut. Ce grand littérateur
se distinguait surtout par ses connaissances profondes
(cl )
dans riùsloire ancienne et moderne. Il a laissé des
nianuscrits irès-précieux sur ditîërens sujets. Voyez
Eloquence,
* Sebastiao Francisco de BÎendo Trigopo. Il est
auteur de plusieurs savans mémoires sur di(Térens su-
jets, dans lesquels il déploie la plus grande érudition.
C'était aussi un poète agréable et un agronome dis-
tingué.
Pedro José daFonseca, professeur de rhétorique
à ÏJsbonne. Voyez Dictio/inaifes.
^ SiMAo Cordes Brandao, littérateur très-distin-
gué. Voyez Jurisprudence.
* José Anastasio df: Figueiredo, littérateur dis-
tingué. Voyez Poésie.
lliCAKDO Raiimondo NoGUEiRA , recteur du collège
des Nobles , et ancien gouverneur du royaume. Ce
profond jurisconsulte et littérateur distingué possède
une connaissance parfaite des langues anciennes et de
quelques-unes des langues modernes les plus répan-
dues, telles que les langues anglaise, française, alle-
mande , italienne et espagnole. 11 a beaucoup écrit;
mais aucun de ses ouvrages , que nous sachions, n'a en-
core été publié. 11 réside actuellement à Porto.
JoAQUlM FERREiRAGoRDO,publicisle et littérateur
profond ; il a publié un traité sur les sources et les
élémens du Code Philippin (voyez à la page 298 du
premier volume ) , dans lequel il dévoile l'adresse per-
fide avec laquelle il a, été conçu pour affermir plus sû-
rement le joug espagnol et pour achever de priver les
Portugais de leurs droits. M. Gordo alla visiter les ar-
chives de l'Espagne, sur lesquelles il publia un rapport
très-curieux, quise trouve dans les Mémoires de l'Aca-
démie de Lisbonne. Ses vastes connaissances le firent
nonmier premier bibliothécaire de la bibliothèque
royale do Lisbonne , place qu'il occupe à la satisfac-
tion des étrangers et des nationaux.
JoAQCiM José da Costa de Macedo. C'est un des
( cîj )
bibliographes les plus instruits du Portugal. Vojei
Géographie .
JoAO Fernandes Tavares , étudiant en médecine
à runiversité de Paris, et ancien professeur de gram-
maire latine à Rio Janeiro sa patrie. 11 est à la veille de
publier l'excellent ouvrage de Orfila , Secours adonner
aux personnes empoisonnées et asph\xiées , qu'il a
enrichi de notes aussi utiles que savantes. M. Tavares
consacre ses momens de loisir à la poésie et aux belles-
lettres.
Candi DO José Xavier , colonel au service de
France, et actuellement ministre de la guerre en Por-
tugal. Cet habile militaire est un littérateur dislingué,
et il en a donné des preuves non équivoques par les
savans articles insérés dans les Annaes das sciencias
e arteSf dont il est un des rédacteurs. Voyez Journaux .
* Jeroximo José Rodrigues , archidiacie deBAK-
Roso, un des littérateurs les plus distingués du rovaume,
quoiqu'il n^ait rien publié. Ce digne ami, dont nous
pleurons la perte , nous a communiqué un Catalogo
de escriptores portuguezes de nielhor nota ra^peilo
a linguagem, qui, rédigé sur un plan bien imaginé,
oflre le tableau important de tous les auteurs qui pas-
sent pour avoir écrit le plus purement en portugais.
On nous a assuré que ce travail , exécuté avec la cri-
tique la plus délicate et l'érudition la plus étendue, est le
meilleur qui existe en ce genre , et qu'il a cilé des
ouvrages qui ont été omis dans \sk Bibliotheca lusitana
du savant Diogo Barbosa. Le catalogue contient plus
de 5oo articles et 23o auteurs dift'érens, sans compter
ceux compris dans V Appendix que la mort empéchu
son auteur de linir. Voyez Sciences nature/les.
Le père José Constancio Lopez da Criz, reli-
gieux franciscain, professeur de théologie et de rhéto-
rique à Evora. C'est un des plus savans îiiterateurs
portugais; il possède des manuscrits très-précieux sur
différentes parties de la littérature. Voyez Poésie.
( clij }
TcNACTo da Costa Braivdao. Voyez Jurisprud.
José Vaz Correv de Seabra da Silva Perlika,
11 excelle surtout dans la partie relative à l'histoire.
Voyez Jurisprudence.
Antonio José Ferretra de Souza. C'est un phi-
lologue distingué.
JoAO FoRTUNATO Ramos DOS Santos, né au Bré-
sil, attaché à l'université de Coimbra, et député aux
Cortès. C'est un bon littérateur.
Antonio Honorato de Caria e Moura, profes-
seur de géométrie à l'université dcCoimbra, et l'un des
plus savans littérateurs portugais. Voyez Math.
JoAO Francisco d'Oliveira, Voyez Médecine.
Francisco VillelaBarbosa, professeur de géo-
métrie et d'algèbre à l'Académie Royale de Marine
à Lisbonne, vice-secrétaire de l'académie royale, et
député aux Cortès. A de profondes connaissances dans
presque toutes les branches de la littérature, il réunit
un talent distingué pour la poésie lyrique, dans laquelle
il brille autant par les élans de son imagination vrai-
ment poétique, que par la beauté de ses vers et le choix
des expressions qu'il emploie. Y o^ez Mathématiques,
Eloquence , Poésie.
José Joaquim Rodrigues de Bastos. C'est un des
littérateurs portugais les plus érudits et les pins élé-
gans ; il est député aux Cortès , où il brille souvent par
ses discours pleins de force , d'harmonie et d'idées pro-
fondes. Voyez Jurisprudejice.
Antonio José Bons Annos, propriétaire à Sétubal,
littérateur distingué. Il s'occupe actuellement d'ua
mémoire sur le commerce de cette ville et sur les
moyens de creuser le lit du Sado pour en faciliter
la navigation. 11 a beaucoup étudié les antiquités des
environs de cette ville, et il possède une coUeclioii
de médailles. Voyez Collections de médailles.
Le docteur JoAQuiM DE Santa Anna Carvalho„
éyêque d'Algarve. Voyez Théologie.
( cliij )
Bento PfîREiRA DO Carmo, cléputé aux Coriès.
\'ovez Jurisprudence.
L'archeyêque de Bahia, député aux Coriès.
Voyez Eloquence et Théologie.
DoM Luiz DA CuNHA, évêque de Beja, député aux
Coriès. Voyez Jurisprudence.
JOAQUIM MacHADO DE CaSTRO. Ce SCulplCUr
distingué est en même temps assez bon littérateur, et
il a donné des preuves de son talent par plusieurs
compositions déjà publiées , telles que son Discurso
sobre as utilidades do desenîio, prononcé dans la Casa
Pia du cbateau de Saint-Georges (do castello de San
Jorge), sa lettre écrite en 1780 à un amateiu' des ans
du dessin (carta a liura affeiçoado as artes de desenbo),
son Analyse grafic'ortodoxa publiée eu i8o5, et sa
Descripçào analitica daexecuçâo daestatua équestre
deelrey D.José , publiée en 1810. il conserve encore
manuscrit un Diccionario abrepiadooufilosofico de al-
guns termos technicos da esculptura j qui est le pre-
mier et l'unique travail en ce genre qui ait été fait en
langue portugaise. Voyez Sculpture.
^Antonio Ribeirodos Santos. C'est un des auteurs
qui honorent le plus la littérature portugaise. Sa vaste
érudition, son goût exquis, la pureté de son langage
et l'élégance de son élocution servent de modèle à tous
les Portugais qui veulent acquérir une réputation du-
rable dans la littérature. Voyez Poésie.
DoM Pedro Vito de Meneses , marquis de Ma-
lUALYJi. Y oyez Politique.
Francisco Be.xto Maria Targi.ni, vicomte de
San-Lourenço. C'est un des littérateurs portugais
qui se distinguent le plus par leurs connaissances dans
la littérature nationale etdans les littératures allemande,
française , anglaise , italienne , grecque , latine et es-
pagnole. Il a donné de preuves de son savoir par les
notes savantes qu'il a ajoutées à la traduction de V Essai
sur l'homme àe Pope. Voyez Poésie , etc.
( ch'v )
Icomte de San
surtout
Le vicomte de Santarem, littérateur disùiifmé
irtout dans la partie relative à l'histoire de son pays'
Il travaille depuis long-temps à un ouvrage de lon""ue
haleine qiu présentera en plusieurs volumes une cd-
Jeciion complète de tous les traités de paix, d'al-
liance.etc., conclus par le Portugal avec lesauires puis-
sances depuis îe commencement de la monarchie
jusqu'à nos jours. On nous a assuré que le discours pré-
hnimaireest un chef-d'œuvre d'érudition. Les traités
conclus sous la première dvnasiie forment déjà un
corps de 21 volumes grand in^/^MVI. le vicomte,
non content d'avoir compulsé avec le plus grand soin
toutes les archives de la Torre do Tomho à Lisbonne ,
où il a trouvé 520 diplômes inconnus à tous les histo-
riens nationaux, a mis à profit son séjour de peu de
durée à Paris pour examiner la superbe collection des
manuscrits de la bibliothèque royale, où il a trouvé
un grand nombre d'écrits relatifs à l'iiisloire politique
et littéraire de son pays, et dont il a publié dans les
Annaes das sciencias e artes une notice très-inté-
ressante. L'ouvrage de M. le vicomte, dès qu'il sera
publié, remplira une grande lacune dans la littérature
portugaise.
JoAO NoGUEiRA Gandb A , vice-secrétaire du gou-
verneur militaire dePorlo,et rédacteur de la Borboleta
constitucional A de grandes connaissances dans la lit-
térature nationale et française il joint une imagination
forte à laquelle il doit plusieurs pièces de poésie vrai-
ment sublimes, dont quelques-unes ont été publiées.
JoaoBernardo da Roc ha, httérateur très-disim-
giié, et rédacteur du Campedo à Londres. Il vient
d'être nommé premier adjoint à la légation portugaise
à Madrid. Voyez Journaux.
ViCENTii Pedro Nolasco, littérateur distingué,
un des rédacteurs de Y Investigador portuguez i
Londres. Voyez Journaux.
L'abbé A^dré Antoivig Correa , httérateur dis-
( clv )
lln^^ué surtout dans la chronologie. Il vient de pu-
blier à Porto une dissertation sous le nom emprunté
de Philotheoro Duriacola, dans laquelle il démontre
avec beaucoup d'érudition et d'une immière nouvelle
l'époque précise de la naissance de Jésus-Clirist , et où
il met en évidence Terreur de quelques années où
sont tombés les clironoloi,mes qui l'ont précédé. \ oyez
Eloquence et Poésie.
CiRiLLO WolkMaR Mâcha do. Voyez Peinture.
JoAQUiM Car.neiro.da Sîlya. Yoyez Gravure.
José da Cuis ha Ï abord a. Voyez Peinture.
Antonio PiNHEiRO de Azevedo e Silva. Voyez
Jurisprudence.
Pour éviter d'inutiles répétitions nous prions nos
lecteurs de vouloir bien examiner les difierens articles
des chix^iilYe?, Journaux, Dictionnaires, Grammaires.,
Poésie et Géographie, où ils trouveront des noms qui
pourraient êire aussi bien placés ici que dans ces articles.
POÉSIE.
Aucune nation peut-être , eu éi,'ard à sa popula-
tion , ne compte autant de poètes que la nation por-
tugaise. On peut dire sans exagération que presque
tout Portugais, homme ou femme , est né poète lyri-
que , car dans tout le Portugal , et surtout dans la
province du Minho et dans la Haute-Beira , il n'est pas
rare de rencontrer de simples paysans qui, sans avoir
jamais étudié, clianlent, en s'accompagnant de leur
guitare , des vers plus ou moins passionnés , qui étonnent
par la force de Timagination qui les produit. Le voya-
geur est frappé d'admiration de trouver si fréquemment
un phénomène dont l'Italie et l'ancieinîe Grèce seules
offrent des exemples. Parmi les hommes des pre-
mières classes de la société , et même des classes
moyennes, nous en connaissons plusieurs qui impro-
visent avec la même facilité que nos liaiiens; nous avons
( t;ivj )
nous-mênie été témoin;, dans les sociétés et au théâtre,
de l'improvisation de plusieurs sonnets et de plusieurs
odes qui auraient fait beaucoup d'honneur à leurs
auteurs, quand même ces pièces auraient été le pro-
duit de longues veilles. Mais au milieu de tant de dons
naturels et de l'avantage d'une langue essentiellement
poétique, la décadence de la bonne poésie en Portugal ,
depuis l'extinction de l'Arcadie et la mort ou la sépa-
ration de ses illustres membres , se fait sentir d'une
manière sensible. Les préceptes et les exemples de
Oarçào , de José Basïlio da Gama , de Manoel
Ignacio da Silva Alvarenga , d'un autre Alvarenga ,
de JDiniz , de Torres , de Francisco Manoel do Nas-
cimento , de Du Bocage, et de Antonio Ribeiro dos
Santos f n'ont pas été assez forts pour repousser du
Parnasse portugais une foule de poètes au-dessous du
médiocre, qui se sont élevés à côté des Arcadiens, et
qui menacent de corrompre le goût de la véritable
poésie, que ces académiciens justement célèbres étaient
parvenus à introduire vers le milieu du siècle passé.
Cependant on doit avouer que dans la foule de ver-
sificateurs vivans ou morts depuis 1800, le nombre des
bons poètes est plus grand que du temps de l'Arcadie,
société plus adonnée à la culture du langage classique,
qu'elle a tant contribué à remettre en vogue , qu'à
celle de. la poésie. Lorsqu'on veut être impartial il
faut aussi avouer qu'outre les membres de l'Arcadie
qui appartiennent à la période qui forme le sujet de
notre Coup-d'œil, il existe encore beaucoup de bons
poètes qui , par leur imagination brillante et par la
beauté de leurs vers , soutiennent honorablemeuf la
haute réputation dont jouit depuis long-temps le
Parnasse portugais. Afin d'éviter la confusion dans un
chapitre destiné à faire connaître la branche la plus
riche de la littérature portugaise, nous allons le par-
tager en cinq articles principaux , savoir : Pccmca
épiques , Poëmes didactiques , Poésies satiriques et
( ^Ivi) )
Po'èmeshèroi'COTniques y Poésie dramatique, Poésie
lyrique et autres genres.
Po'émes épiques.
Parmi les productions modernes de ce genre, qui
est le plus difficile de tous, il Tant avouer que les Por-
tugais n'eu comptent aucune à laquelle on puisse
donner le titre de classique. Cependant il serait injuste
d'en passer sous silence quelques-unes qui, sans être
des modèles en ce gence , s'élèvent néanmoins au-
dessus des autres,par leur marche régulière, par l'in-
vention, par les grandes beautés qu'elles contiennent,
et parce qu'elles appartiennent à des auteurs connus
par leur mérite éminent dans d'autres branches de la
littératiu'e. D'ailleurs un poëme épiqile régulier, quoi-
que médiocre, est toujours un phénomène assez im-
portant dans la littérature d'une nation, pour mériter
qu'on jen fasse mention.
O Oriente (l'Orient) de l'abbé José Agostixho de
Macedo , quoiqu'il ait de grands défauts, est néan-'
moins le premier poème épique moderne. La décou-
verte de l'Inde , faite par Vasco da Gama , en est , de
même que dans le fameux Os Lusiadas de Gambes, le
sujet principal (i). Le tort de son auteur a été d'avoir
(i) L invention et l'exécution de ce poëme sont défectueuses : la
première parce que, dang le merveilleux, fixisant toujours agir Dieu
d'un côté et le diable de l'autre, il ôle tout intérêt au lecteur , qui
en prévoit l'issue du premier coup d'oeil ; la seconde , parce que son
liéros , Vasco daGama , en apprenant du roi Emmanuel qu'une vision
céleste lui avait promis la tiécouverte de l'Inde , s'offre a en com-
mander l'expédition 5 cette situation enlève tout héroïsme au poëme,
puisque le sujet principal sait que la protection du ciel le met à l'abri
de tout danger. A ces deux défauts essentiels on doit ajouterl'isolement
et l'invraisemblance de qnelcyues épisodes , quelques peintures im-
piobalilcs et hyperboliques , l'imitation servile de quelques passages
de Milton et de Camôes , et cjuelqucs fautes grossières de géographie
et de navigation. On pourrait reprocher aussi à l'abbé Macedo d'avoir
employé trop souvent les terminaisons idos et ados qui sont réprouvée»
parles bons poètes portugais ; d'être parfois pauvre d'épithètes , de ré-
péter souvent les mêmes ou presque les mêmes en différens endroits, et
( clviij )
voulu corriger Cambes et d'être resté tant au-des-
sous de lui. JNéaiimoins l'abbé Macedo mérite les plus
grands éloi,^es pour la pureté de son stj'le, et pour sa con-
naissance étendue des classiques portugais, anciens et
étrangers. Si son goût correspondait à rélonnanle faci-
lité avec laquelle les vers coulent de sa phune , il ne lui
manquerait aucune des qualités que caractérisent les
grands poètes épiques.
A Ajfonsiada , ou la Fondation de la Monarchie
Portugaise f par Antonio José OsoRiO Dt; Pina Lei-
Tao, publiée à Baîiia en 1818. Elle a«quelques beautés
et des é[)isodes assez intéressans. Cependant ce poème
est lonîbé dans l'oubli dès son apparition.
A Zargueida^^ ou O Descubrimento da ilha da
Madeira por Zargo (la Découverte de Tîle de Madère
par Zargo) de Fbancisco de Paula Medi>a e Vas-
coNCELLos, a de beaux vers, mais n'est pas un poëme
épique régulier en tous points. On peut le classer
parmi ceux du second ordre du siècle passé.
Les autres poèmes que nous connaissons sont tous
inférieurs à ceux que nous venons de citer.
Poëme s didactiques.
As Georgicas portuguezas ( les Géorgiques portu-
gaises) de Luiz DA SiLVA MoziNHo DE Albuquer-
QUE , publiées à Paris en 1820 et dédiées à sa femme,
peuvent soutenir la comparaison avec tout ce qui a
été publié de mieux en ce genre en Portugal et ail-
leurs. L'auteur y fait toujours une application juste
de couper sonvrnt le sens (les vers pour satisfaire pi lis fa! ileiDcn ta la rime.
Ccpc-ndunI il faut avouer que ce poëiiie a de grandes beautés, et
qu'il est de beaucoup supérieur à tout autre poénie épique uicderne ;
aue la marclie en est plus régulière que celle des os Lusiadas. Nous
n'a-vons pas hésité à prononcer un jugement si sévère sur cette pro-
duction de l'abbé Macedo , parce que nous avons été frappé de l'ac-
cord unanime de tous les littérateurs portugais que nous avons con-
snités sur ce sujet, et parce que , de tous les journaux nationaux
et étrangers qui eu ont parlé, aucun n'a pris encore à tache d'en faire
l'jipologie.
( dix )
de la théorie à la pratique agricole ; ses préceptes sont
clairs et ses ornenaens sont toujours tirés du sujet. La
versificalion est en général belle , quelques épisodes
sont très-poétiques, et certaines descrq)iions, bien
qu'empruntées ou imitées de Virgile et d'autres poètes,
se l'ont encore bre avec plaisir , quoique comparées
aux originaux. L'auteur , qui réside maintenant à Paris,
est sur le point de terminer mi poëme épique dont le
sujet est la conquête de Pernambuco sur Jes Hollan-
dais ; il a fait aussi une tragédie, et un assez grand
noJiibre de pièces fugitives en différens genres.
A j\I(>ditaçào (la Méditation) de l'abbé José Agos-
TiNHO DE Macedo, est un poëme rempli de philoso-
phie et d'érudidon ; on y trouve des idées sublimes
et de beaux vers. O Newton (leJNewton) , autre poëme
du même auteur, offre en beaux vers l'histoire de
toute la philosophie, les noms des philosophes, et donne
une idée de leurs sectes diflérenles; cet ouvrage a
cependant moins de mérite poétique que le précédent.
Pour parler avec impardalité,on peut dire que la Me-
ditaçào fait plus d honn*-ur à l'abbé Macedo que ne
lui en fait X Oriente.
UEnsaio sobre o homen , qui est la traduction vers
par vers de V Essai sur l'homme d'Alexandre Pope,
de Francisco Be>to Maria Targi.m , vicomte de
SA^-LoLRE^ço, a donné une juste célébrité à son au-
teur, à cause des beaux vers qu'on y trouve et de la
vaste érudition qu'il déploie dans les notes , où il étale
des connaissances approfondies non-seulement dans
les littérature anglaise et des autres nations de l'Europe,
raaisencorc dans l'écononùe politique, l'administration,
les sciences naturelles et la métaphysique, (/édition
a- été faite à Londres , avec tout le luxe de la ty|)o-
%rapl)ie et de la gravure. A dire vrai les notes' sont
hors de toute proportion avec le texte ; mais elles sont
SI savantes que l'on peut bien pardonner ce défaut à
l'auteur, grâce à leur utilité. VJpe in Lon'dra , le Ma-
( c!x )
ipotine ^ le 3Iornmg''Chrcnich , h S/ar, le Times ^
la Revue encyclopédique et aulres journaux en ont fait
•les plus i;i ands éloges. M. Tar^ini a composé beau-
coup d'autres poésies , et surtout des satires , dont
quelques-unes passent pour des chefs - d'œuvre ; il
travaille acluelienjent à la traduction libre en vers
blancs du Paradis perdu de Milton, qu'il se propose
de publier à Paris, où il se trouve, avec des noies dans
le genre de celles de l'Essai de Pope. Voyez Econo-
mie pcAitique et Littérature.
A Vaccina du médecin Antonio Pereir'a Za-
GALLO, petit poëmc en un cbant , imprimé dans le
journal de Coimbra ; As Agoas mineraes de Lon-
groiva ( les Eaux minérales de Longroiva ) , autre
petit poëme de JosÈ Pinto Rebello de Caryalho ,
et O Passeio (la promenade) de José Maria da
Costa e Silya, méritent d'être lus avec attention ,
parce qu'ils oflrent souvent , dans une foule de beaux
vers ^ des peintures et des tableaux très-poétiques.
Il existe encore plusieurs autres poënies didactiques
qui n'ont pas été publiés , mais sur lesquels nous
avons pris des informations exactes , tels que les Re-
creaçoens hotanicas ( Piecréations botaniques ) , de la
comtesse deOeynkauseis' (yoxez Poésie lyjique, etc.);
As Abelhas ( les Abeilles) /de José Pinto Rebello
de CarvaleiO; A Vaccina, petit poëme du même
auteur: O Boi (le Bœuf), de AisTONio Feliciano
DE CaSTILIIO.
Poésies satiriques et poënies héroï-comiques.
Les Portugais comptent très -peu debons poëmesdans
ce genre ; cependant on ne peut refuser à cetlenation
une grande finesse de goût pour la satire , et 1 on doit
convenir que sa langue est irès-ricbe en termes propres a
ce genre décomposition. L'esclavage de la presse était
sans doute une raison assez puissante pour empêcher les
écrivains portugais de se livrer à ce genre d'ouvrages ,
( cîij )
puisque la publication des productions de leur génie
leur était interdite. Nous passerons sous silence la
masse de ces sortes d'écrits , qui, à cause de l'imper-
fection de leur plan , de leur mauvais style , des ex-
pressions triviales et indécentes dont ils sont remplis,
des personnalités aussi sanglantes que calomnieuses
qui en déshonorent lés auteurs , ne méritent aucune-
ment de figurer dans ce Coup d'œil de la littérature
portugaise ; et nous nous bornerons à en citer plusieurs
qui sont exempts de ces défauts et qui généralement
jouissent d'une estime méritée.
IJHissope (le Goupillon) , du desembargador
^ Antomo DiiSiz DA Cruz e Silva. Quoique com-
posé depuis assez long-temps, cet ouvrage a paru seu-
lement depuis trois ou quatre ans (i). C'est le plus beau
poënie satirique du Parnasse portugais moderne. Il n'y
a presque pas de littérateurs en Portugal qui n'en aient
une copie manuscrite. De quelque côté qu'on veuille
examiner ce poëme , on le trouve parfait , tant sous
le rapport de l'inveiition , de l'exécution , de Timagina-
tion et des épisodes , que sous celui de la versification,
de st\ le , de la pureté du langage et de l'harmonie des
vers. Voyez Poésie lyrique.
UEstipudez (la Stupidité) nemanque pas démérite,
quoique très-inférieur sous le rapport poétique à
ï Hissope. On attribue ce poëme satirique à un mé-
decin encore vivant.
jîs Poesias sati?icas (les poésies satiriques) de
* NicoLAO ToLEîSTi>'0 DE Almeida, sout tellement
goûtées à cause de la naïveté du stvle avec lequel elles
sont écrites ,et qui est à la portée de tous les lecteurs^
et à cause de la beauté de la versification et des images,
et de la décence qui accompagne toujours la satire ,
qu'elles sont toujours placées dans les bibliothèques
(i) Cette circonstance toute particulière noua a engagé à faire men-
tion d'un poète mort avant 1800. ^
IL \
( cJxij )
portugaises entre celles de Saa et Miranda etde Boileau.
Le roi actuel les a fait imprimer à ses frais, et a fait en-
suite présent de toute 1 édition à l'auteur. Aucun
poëte n'a aussi bien décrit les mœurs du temps. 11 ex-
celle surtout dans les quintilhas (couplets de cinq
vers ) ; son style est d'une finesse , d'un mordant ,
d'une couleur originale et d'un ton de décence
et d'urbanité qui le mettent dans ce genre au-
dessus de tous les poètes portugais. Ce grand satirique
a eu le rare talent de dépouiller ses ouvrages de tout
fiel. 11 n'y a pas de littérateur qui ne sache par cœur
ses Quintilhas. 11 était simple professeur de rhé-
torique, et le mérite de ses satires lui valut une place
de commis du bureau de l'intérieur (officier de se-
cretaria de Estado ).
José Daniel Kodrigues da Costa. Voyez Litt.
Les Sonetes satyricos ( sonnets satiriques ) de
*LoBO DE GuiMAE.AE.>s,sontlrès-estimés, etfigurent
avec distinction parmi les ouvrages manuscrits qui
ornent beaucoup de bibliothèques en Portugal ; un
grand nombre ont déjà été imprimés.
"^ Du Bocage , dans le satirique, surpassait tous les
poètes de son temps , et était la terreur des mauvais
écrivains. Voyez Poésie lyrique , etc.
Poésie Dramatique.
Les Portugais, qui comptent tant de belles produc-
tions dans tous les genres de poésie, ont le désavantage
non-seulement de ne pas posséder un bon théâtre ,
mais encore de voir le leur au-dessous du médiocre.
A l'exception d'un très-petit nombre de pièces , on
peut dire que toutes les comédies et tragédies com-
posées en portugais pèchent contre les premières règles
de l'art, manquent de bons vers, d'intérêt, de grâce, et
que tout ce que les Portugais ont de mieux dans ce genre
est traduit de Voltaire, de Racine, de Corneille, de
Crébillin, d'Alfieri, de Molière , de Goldoni, de La
( clxiij )
Motte, de Kotzebue, etc. etc. Cependant il faut
avouer que sans parler de quelques comédies de
Moraes , de VOsmia, tragédie composée par la com-
tesse de Vimieiro et couronnée par l'académie, et de
V Hermione de Domingos dos Reis Quitta , parce que
ces productions n'«appariiennent pas à la période que
comprend notre Coup d'œil , on peut dire que la Nova
Castro de ^ JoAO Baptista Gomes est une tragédie
qui , malgré quelques défauts , a un mérite réel , et
annonce dans son auteur, enlevé trop jeune à la lit-
térature, un vrai talent pour le genre tragique ; elle a
été couronnée par l'Académie des Sciences. Presque
toutes les autres pièces originales sont de beaucoup
inférieures à celles que nous venons de citer , et ne
mériteraient aucune mention, si, à cause de la disette
de bonnes compositions, les médiocres mêmes n'ac-
quéraient par leur rareté un certain mérite relatif.
Plusieurs causes ont contribué à tenir dans l'enfance
parmi les Portugais celte partie de la poésie , qui a
produit tant de chefs-d'œuvre en France , en Angle-
terre , en Italie, en Allemagne, et jusque dans le
nord de l'Europe. Nous en avons signalé les principa-
les à l'article Art dramatique du chapitre Beaux-arts,
Voici les noms des Portugais qui méritent d'être
cités dans cette partie de la littérature.
ViCE.NTE Pedro NoLAsco, auteur du O Triunfo da
natureza. L'action de cette pièce est vraiment tragi-
que; les caractères en sont bien soutenus ; mais elle pè-
che un peu par l'excessive longueur du discours, et
par d'autres défauts qu'il serait trop longd'énumérerici.
Pimenta Aguiau. C'est un des poètes modernes
qui ont fait le plus d'efibrts pour donner à leur nation
un théâtre complet ; mais malheureusement l'eflet de
ses pièces ne répond pas à son intention. Ses compo-
sitions manquent de goût, pèchent contre le précepte
de 1 unité et de la simplicité , et les vers sont médiocres;
cependant quelques-unes de ses tragédies ont des scènes
( clxit )
tres-intéressanies , et les passions y sont quelquefois
très-bien exprimées.
L'abbé José Agostinho de Macedo est auteur de
quelques pièces qui toutes ont le défaut d'une grande
monotonie , et manquent de pathétique.
JoAO Baptista da Silva Lî!\tao de Almeida
Garhet, auteur de plusieurs tragédies. Quoique en
général ses pièces ne soient pas des modèles en ce
genre , on doit avouer que sa Mérope et son Caton
em Utica ont un vrai mérite et lui font beaucoup
d'honneur, surtout lorsqu'on considère la jeunesse de
l'auteur, dont le talent, l'imaginadon et la con-
stante application à l'étude donnent les plus grandes
espérances à ses compatriotes. V. Poésie lyrique, etc.
Pedro ALEXAx^DRE Cavroé. Il est auteur de plu-
sieurs comédies en prose représentées aux théâtres de
Lisbonne et de Porto. Voyez Littérature.
VElectra et V Iphigenia de FRA^CISco Dias; la
Policeua du bachelier (baxarel) Joaquim José Sa-
BINO, et X^Herminia de Francisco Soares Fkaivco,
passent pour des tragédies supportables.
A la tête des traducteurs naticciaux il faut mettre le *
^ desembargador José Pedro de AzevedoSouza da
Camara , qui a traduit d'une manière heureuse les
meilleures tragédies de Voltaire, et qui dans ce genre
est au-dessus de toute comparaison avec aucun de ses
compatriotes.
^JoAO Baptista Gomes, l'auteur delà iVoprt Cas-
tro, passe aussi pour un bon traducteur. On a de lui
la Gabriclle de Vergi de La Motte, qu'il a intitulée
\q Fayel d'Arnaud , et os Mancehos.
* Francisco Manoel do Nascimento a traduit
XAndromaque de Racine et trois actes du Coriolan
de La Harpe.
Poésie lyrique et autres genres.
C'est le genre dans lequel les Portugais se distin-
( cixv )
guenl le plus. Ils comptent un »i grand nombre de
poètes lyriques, qu'il nous faudrait beaucoup de pages
pour les faire connaître. Nous nous bornerons à parler
de ceux qui se distinguent le plus , et qui sont les plus
connus.
* Le descmbargador Anto'io Ribeiro dos S\x-
Tos , connu dans ses poe'sies sous le nom d'Elpino
JDuriense. Il vivait du temps de XArcadia, et mourut
en 1818 , laissant trois volumes in-4° de poésies pres-
que toutes originales. Elles sont estimées de tous les
littérateurs, à cr.use de la pureté du style , de l'amour
de la patrie qu'elles respirent, et des leçons de vertu
qu'on y trouve; à cause de la variété des su jets, du goût
classique avec lequel elles sont écrites, et de leur belle
versification. Leur auteur a publié aussi une traduction
très-fidèle des odes d''Hora ce, et plusieurs poésies lati-
nes. 11 a laissé en outre une collection nombreuse d'ou-
vnigesenprose irès-estimés, et quise trouventla plupart
manuscrits dans la bibliothèque nationale de Lisbonne.
^ Fraxcisco Manuel do Nasci:me>'to , comiu dans
l'Arcadia sous le nom de Filinto Elyslo, et mort der-
nièrement à Paris , où il s'était réfugié depuis long-
temps pour échapper aux poursuites de l'inquisition."
C'est le jTTÏnce des lyriques modernes portugais. Son
slvie est beau, malgré le mélange bizarre qu'il a fait
très-souvent dans ses vers de mots surannés et d'au-
tres de son invention qu'il lirait du latin. On reproche
à ce grand poète d'avoir été un peu trop ennemi de
la rime. Ses plus belles odes , qui sont le genre où il
excelle le plus , ont été publiées à Paris avec une tra-
duction et des notes de M. Sané, et un essai rapide
sur la littérature portugaise fourni par le diplomate
M. de Brito (voyez Politique). La collection de toutes
ses poésies y a été imprimée en il vol. en 1817 -181 g.
* Manuel Maria Barbosâ Du Bocage , un des
plus grands lyriques portugais , et le premier des poètes
portugais modernes. Doué d'une imagination vraiment
( CIXYJ )
poétique^ il laissa plusieurs écrits d'une force, d'une
énergie, d'une délicatesse et d'une versification si
heureuse qu'il n'a encore été efTacé par personne. Ses
sonnets , qui sont en grand nombre, sont parfaits.
Depuis le quinzième siècle on avait travaillé beau-
coup dans ce genre , le plus difficile de tous. 11 y avait
des sonnets qui passaient pour bons, ma s Du Bocage
vint les surpasserions, en fixa le goût encore incertain,
s'érigea en maître du genre, et y parvmt à une perfec-
tion à laquelle aucun de ses nombreux disciples ne
put atteindre , et qui paraît même être inimitable. Il
excella aussi dans les églognes et dans les idylles ,"^urtout
dans le Tritào.^ où il déploie beaucoup d'originalité;
on peut en dire autant de sesCantates (cantates), ^pw-
tolas (épîtres) , et Quadras (quatrains). C'est le plus
grand imjirovisateur portugais. Quoiqu"*!! ait laissé des
ouvrages du plus grand mérite, la postérité ne pourra
jamais se faire une idée de toute l'étendue de son génie.
Doué de la plus rare mémoire (i ), du goût le plus ex-
quis, avec les plus profond es connaissances en littérature,
possédant parfaitement les langues modernes, surtout
le français et 1 italien, l'insouciance de son caractère,
sa trop grande facilité, et peut-être encore plus le
mauvais goût de ceux de ses compatriotes dont il fai-
sait les délices , l'ont détourné d entreprises dignes de
son talent. Il s'est contenté de succès trop faciles et qui
ne lui ont coûté tout au plus que quelques instans de
réflexion. Tous les ouvrages qu'il a laissés ont été im-
provisés. Jamais il n'a rien relu ni corrigé. Ses belles
traductions des JVIetaniorphoses d'Ouide ont toutes
été improvisées, ainsi que toutes ses autres traductions
(i) C'était un prodige de mémoire : ses manuscrits lui ayant été
volés , il les reproduisit tous de mémoire. On cite une anecdote dans
laquelle il céda à l'enthousiasme poétique dont il était rempli: il cfait
cadet de marine ( guarda-marinlia ) à Macao ; il fut obligé de quitter
ce pays à cause d'une satire cju'il avait faite contre l'ouvidor. Il est
mort à Lisbonne au commencement du siècle actuel , âgé de 35 ans,
regretté de ses nombreux amis et de ses admirateurs.
( cl.xvij )
(lu français et du laiin. Celle des Jardins de Delllle
suffirait pour faire la répulalion d'un poète, el elle ne
lui a coûté que quelques jours de travail. Ce qu'il y a
de remarquable, c'est que quoique très- jeune, ayant
toujours mené une vie très-dissipée , il possédait sa
langue et la littérature ancienne portugaise à un degré
de perfection qui étonnait des savans qui avaient pâli
sur les livres, et dont plusieurs ont été déconcertés
par les questions aussi délicates que difficiles qu'il leur
faisait sur la littérature latine. 11 a traduit le poème
latin Tripoli de Cardozo vers par vers, ce qui prouve
la grande ressemblance de ces deux langues, la richesse
du portugais et l'adresse du traducteur.
"^ NicoLAO ToLENTiNO DE Almeida. Voycz Poésie
satirique.
^ Thomas Amoio Gonzaga , surnommé avec
raison X Anacrêon portugais , et mort en exil à An-
gola en Afrique. Sa collection de Lyras^ sous le titre
de Marilia de Dirceo, est un chef-d'œuvre pour le
style, le pureté de langage , l'harmonie des vers et le
choix des sujets. 11 a été traduit en français , en italien,
en allemand et en anglais.
"^ Amoivio da SiLVEiRA Malhao , qu'il ne faut pas
confondre avec Francisco Silveira Malhào y qui est
mort vers la fm du siècle passé , était un poète dis-
tingué , connu surtout par l'étonnante facilité avec
laquelle il improvisait.
Belchior Manoel Curyo Semedo , officier de
marine. C'est un des meilleurs poètes vivans du Por-
tugal. Ses Métamorphoses sont un modèle en ce
genre ; ses Apologos (apologues) sont pleins de grâce,
de naïveté et de morale; ses Qiiadras {p^-àXX2\v^^ sont
d'un goût exquis , et ses sonnets seraient égaux à ceux
de Du Bocage s'il égalait celui-ci sous le rapport de la
versification. Ses Lyras ( pièces fugitives) , ses Eglogas
( églogues ) , sont d'une grâce enchanteresse ; en un
( clxvii] )
17101 toutes ses poésies sont marquées au coin du vrai
j^énie. 11 a fait aussi une traduction en vers portu^^als
des fables de La Fontaine,
José Agostinho de Macedo a écrit dans presque
tous les genres de poésie lyrique; mais à parler vrai^
à l'exception de quelques-unes de ses odeSj ses compo-
silions lyriques sont de beaucoup inférieures à d'autres
dans lesquelles il est supérieur à tous ses compatriotes.
'*' Pedko José Cojvstaivcio, frère du médecin Fran-
cisco Soîano Conslancio. C'est un poète très-distingué,
quoiqu'il rj'ait publié qu'un petit nombre de pièces.
Quelques-unes de ses traductions des odes d'Horace
suffisent pour lui assurer un rang distingué parmi les
poètes portugais. Il a laissé une excellente traduction
de la tragédie de Catilina de Voltaire.
Le père José Constancio Lopes da Cruz, religieux
franciscain, est un poète qui réunit une brillante ima-*
gination à beaucoup d'élégance. Voyez Ldttérature.
'*'A]SiTO?<ioSoARES D'AzEVEDO.Ses œuvrcs en prose
et en vers se distinguent surtout par la pureté du lan-
gage, à laquelle il sacrifiait presque toujours l'harmonie
des vers. C'est un des premiers traducteurs portugais,
et le théâtre national lui doit la traduction en beaux
vers de la plupart des pièces françaises qu'on y joue,
JoAO ViCEiNïE PiMEJVTEL Maldoxado, député aux
Cortès , bon littérateur et poète agréable. 11 se dis-
tingue surtout par ses apologues , qui sont les meilleurs
du pâmasse portugais. On pourrait l'appeler le Pignotti
du Portugal.
Mademoiselle Mae.Ix\.nna Pime.ntel Malco^'Ado,
§œur du député Joào Vicente Pimentel Sîaldonodo.
Elle a composé deux gros volumes de belles poésies
lyriques, dont quelques-unes seulement furent pu-
bliées dans des feuilles isolées, dans quelques cahiers
de V Investigador portuguez , et dans plusieurs autres
journaux. Ses poésies réunissent, à une grande har-
( cKix )
'raonie dans les vers , beaucoup de verve poétique et
de sentiment.
L'abbé André A.monio Correa , professeur de
rhétorique et de poésie à l'école royale de Porto. C est
un poète qui 5 à la plus scrupuleuse observation des
préceptes de son art, unit beaucoup de sentiment et
une judicieuse critique. Les héroidcs sont le genre
dans lequel il excelle le plus.
JOAO EVANGELISTA MoR \ES SaRÎVIENTO , aUSsi bon
médecin que bon poète ; il excelle surtout dans le genre
èpicédique. L^iarmonieuse cadence de ses vers fait
la moitié de leur mérite.
* Antonio Diniz da Cruz e Silva. Ses Odes pin"
daricas lui assignent un rang éminent au Parnasse ;
tous les littérateurs nationaux s'accordent à le nommer
le Pindare portugais. Voy. Poëmes héroï-comiques.
Antonio Feliciano Castilho, aveugle dès l'âge
de six ans, et étudiant en droit à Coimbra, Ce jeune
favori des misses a publié dès l'âge de quinze ans
une épicédie sur la mort de la reine, et à dix-huit
ans un poème en trois chants , sous le titre de A
Aclamaçào de el rei D. Joào VL Ses héroïdes,
imprimées en 1820 à Coimbra , sous le litre de
Cartas de Ecco e Narcizo (lettres d'Echo et Nar-
cisse) , sont pleines de verve et de sentiment, et sont
d'autant plus appréciées par ses compatriotes , qu'elles
remplissent le vide de la littérature portugaise en ce
genre. Lié par l'amitié la plus intime avec ce jeune
auteur, nous avons vu tous ses précieux manuscrits,
dont les principaux sont : 5 volumes diodes; 10 chants
d'un poème erotique et descriptif soiis le titre de A Na-^
morada (la coquette) ; O Boi (le bœuf), poème didac-
tique ; une collection de toutes ses poésies lyriques ,
où nous avons trouvé des sonnets dignes de Du Bocage;
im poème sous le titre de Métamorphoses sagradas
(les métamorphoses sacrées). En général toutes les
productions de ce jeune poète se distinguent par UiiÇ
[ clxx )
grande érudition , par la pureté du style et par l'har-
monie de la versification.
Antonio José de Mesquita , aveugle de naissance ,
et actuellement ligé de trente ans. C'est un autre favori
des muses , quoique doué de moins d'érudition et de
feu poétique que le précédent.
José Francisco Cardozo, médecin à Baliia sa
patrie. C'est un bon poète latin , connu surtout
par son poème qui a pour sujet les exploits des Por-
tugais dans leur expédition de Tripoli, qui a mérité
d'être traduit par Manoel Maria Barbosa Du Bocage.
Antonio José Pedro Lopez, rédacteur de la Ga-
zêta XJniversal , et collaborateur de l'abbé José Agos-
tinlio de Macedo au journal EnciclopecUco publié à
Lisbonne en 1820. Il compose de beaux vers, dont
quelques-uns se trouvent dans ce journal.
* Le père José de Jésus, missionnaire très-instruit,
et aussi bon poète qu'orateur distingué.
Don A Francisca de Paula Pozzolo da Costa.
Celte dame aimable , que nous avons l'iionneur de
connaître personnellement, unit aux grâces de son
sexe et aux qualités qui forment l'ornement d'une
excellente épouse , un talent extraordinaire dans la
poésie , surtout dans le genre lyrique. Elle compose
avec une étonnante facilité , et toutes ses productions
sont pleines de feu et de sentiment. Elle en a publié
un volume en 1816, dédié à la reine sous le titre de
Francilia pastora do Tejo^ un second volume est tout
préparé, mais n'est pas encore imprimé. Elle a aussi
composé deux comédies, Ricardo, ou A Força do
Distlno, et O Duque de Cleves, et un roman sous le
titre de Herminia e Clarlce^ owOs Caprichos da sorte
qui sont encore manuscrits. Madame da Costa travaille
actuellement à la traduction de la Corine ou Y Italie
de madame de Staël, qui sera bientôt publiée.
La comtesse de Oeynhausen. Cette dame respec-
table a écrit dans presque tous les genres, et dans tous
( f'^'^i )
elle s'est distinguée. Ayant une connaissance parfaite
du latin, de l'anglais, du français et de l'allemand,
elle a enrichi sa langue, qu'elle écrit avec la plus grande
élégance, de la traduction en vers aussi beaux qu'har-
monieux de plusieurs chefs-d'œuvre du parnasse de
ces quatre nations. La Critique d'HovaiCe , ï Essai sur
la critique de Pope , les Psaumes de la pénitence et
quelques autres sous le titre de Parafrase a varias
psal/nos, sont déjà imprimés, et ont confirmé la place
distinguée que les littérateurs et les poètes accordent
à cette femme savante. Elle se propose de faire im-
primer aussi sa collection de poésies lyriques. Parmi
les nombreux ouvrages qu'elle n'a pas encore publiés,
et qu'elle nous a fait l'honneur de nous faire voir, nous
citerons les suivans, comme les plus importans : les
traductions en vers du Claudieny de V Oberon de Vie-
land , de tout le Psautier j et celle de presque toutes
les œuvres d'Horace. Elle a parcouru la France, l'Al-
lemagne et l'Angleterre , et a laissé parloutle souve-
nir de son esprit cultivé par la philosophie et la bonne
poésie ; ceux qui entretiennent une correspondance
avec cette dame en gardent les lettres comme des mo-
dèles de style éplstolaire. On doit ajouter que madame
la comtesse de Oeynhausen dessine parfaitement et
aime passionnément les beaux-arts. Voyez Poésie
didactique et Littérature.
La vicomtesse de Balsamao, dona Catherin A.
Cetle dame a écrit dans presque tous les genres de
poésie; mais c'est surtout dans les sonnets et dans le
genre erotique qu'elle excelle le plus. Quoique âgée de
soixante-dix ans, elle conserve une mémoire prodi-
gieuse , et fait encore de très-beaux vers remplis de feu,
d'harmonie et de sentiment. Celte femme célèbre
appartient à la famille de Villa Pouca de Guhnaràes^
dans laquelle le talent poétique paraît être hérédiiaire.
Nuivo Alvares Pereira Pato Momtz. C'est un
poète rempli de goût et d'érudition. Il a composé plu-
( clxïij )
sieurs poésies , entre autres les deux poèmes A Ap-
pariçào et Y Apothéose de la reine Marie V*. Voyez
Littérature,
José Ferreir a. Borges , poète agréable , qui réunit
beaucoup de feu et de sentiment à une grande con-
cision. Voyez Jurisprudence.
Antonio José Maria CAMPELLO.Voy. Littérature.
JoAO NoGUEiRA Gandra. Vojcz Littérature.
José Maria da Costa l Silva , ami et imitateur
heureux de Du Bocage.
Miguel Antonio de Barros. C'était un simple
artisan auquel son talent poétique valut l'amitic de
Du Bocage. Il a publié quelques odes remarquables
par la sublimité des pensées et la hardiesse du style.
Lima Leitao. Ami et élève de Francisco Manoel
do Nascimento , dont il chercha à imiter le style. Ce
poète a composé plusieurs odes d'un mérite assez dis-
tingué 'y mais l'ouvrage qui lui fait le plus d'honneur
est la traduction complète des oeuvres de Virgile,
qu'il a composée à Angola et publiée à Rio- Janeiro.
11 est actuellement à Mozambique , où il est physico
mor. Voyez Médecine.
'^^ Le père Diogo, religieux carmélite. C'était un bon
poète , dont on vient de publier les œuvres à Paris , en
12 volumes in-8°. Voyez Eloquence.
Luiz Rafaël Soté, auteur de plusieurs ouvrages ,
parmi lesquels il faut distinguer As noites Josephinas
(les nuits Joséphines), et quelques ditbyrambes rem-
plis de feu. 11 publia aussi pendant son séjour en France
une ode sur la naissance du roi de Rome , qui fut in-
sérée dans le recueil publié par le gouvernement
d'alors , et qui lui valut une gratification du ministre
de Fintérieur.
OviDio Saraiva , magistrat du Brésil et député aux
Cortès. Il a publié à Rio-Janeiro le premier volume de
ses poésies, parmi lesquelles on remarque la méta-
morphose ori|finale A Tejuca.
( cîïxiij )
* Roque Ferreira Lobo. Il a publia en vers des
paraphrases de l'Ecriture sainte , qui ont un certain
mérite.
José Daniel Rodrigues da Costa. Voyez Lit-
térature.
Barreto Feio , major de cavalerie et député aux
Certes. On a publié ses traductions de quelcpies pièces
d'Alfieri et de Metastasio sans titre d'auteur. 11 conserve
encore manuscrites d'autres poésies parmi lesquelles,
à ce que l'on nous a assuré, sa traduciiou des six pre-
miers livres de l'Enéide de Virgile mérite une placo
distmguée dans le parnasse portugais.
^ Le père Aivtomo Caldas. Ce littérateur et poète
distmgué a traduit les psaumes en très-beaux vers
portugais , et a composé des odes qui viennent d'être
mjprmiées à Paris. Parmi ses odes on remarque sur-
tout celle de la liberté de l'homme sauvage , dans le
style pyndarique. Ses métamorphoses se distin fanent
aussi par beaucoup de verve et par des pensées subli-
mes. Voyez Littérature , Eloquence et T/iéoloo-ie.
Francisco de Borja Garçao Stockler. Ge^por-
tugais, qui est le premier de ses compatriotes dans plu-
sieurs autres branches, tient encore un rang distin^mé
dans le Parnasse portugais. Il a complété la traduction
du Psautier de son intime ami le père Caldas, et c'est
à ses frais que cet ouvrage a paru. Parmi ses autres
poésies on pourrait citer comme un morceau parfait
son ode horacienne en réponse à celle du père Caldas
sur la liberté.
* Maisoel Ignacio da Silva Alvarenga , membre
de 1 Arcadia, professeur de rhétorique à Rio-Janeiro ,
ou il passait pour le meilleur avocat du pays. Il a com-
posé un grand nombre de poésies parmi lesquelles les
poèmes O Desertor das letras (le déserteur des let-
tres) et le Glaura se distinguent par un mérite réel
5>cs satires contre les vices , la traduction en vers por-
tugais d Anacréon, et d'autres poésies , ont été impri-
( clxih )
mées. Une belle versification , des pensées vraiment
philosophiques , et une critique aussi fine que délicate
se font remarquer dans toutes ses compositions. Ce
grand poète était aussi un amateur très-distingué de Ja
musique, et avait des connaissances rares en histoire na-
turelle. 11 s'était formé dans sa maison un petit musée, et
possédait la bibliothèque la plus nombreuse de Rio-
Janeiro. Elle a été achetée de ses héritiers et. réunie à
celle du roi. Voyez Musique.
*DoiviiNGos MAXiMiANoToRRES,ami intime de Fran-
cisco Manoel do Nascimento , connu parmi les membres
de Arcadia sous îe nom de ^//è/zo Cyntliio^çx^awwQnQ
possédait plus à fond la langue portugaise , et ne l'écri-
vait avec plus de pureté. Ses ouvrages , quoique man-
quant un peu de verve, sont des modèles de bon goût
et de correction. Sa traduction de quelques psaumes,
plusieurs de ses odes et même quelques chansons lui
assignent une des premières places parmi les poètes
portugais. 11 mourut dans le lazaret de Trafaria , où il
avait été transféré en 1809, lors de la persécution des
jlfrancezado8. Voyez Littérature.
JoAO Alexajndïiino de Sousa QueiroGtA, député
aux Cortès. Poète agréable , surtout dans le geme
îyrico-héroique , et remarquable par une grande facdité
pour l'improvisation.
JcaoBaptista da Silva Leitao Garret d'Almei-
DA, jeune poète très-distingué, appelé communément
Onopo Du i5oc«^c (le nouveau Du Bocage), surnom que
lui a mérité sa grande facilité à faire de beaux vers. On
imprime actuellement deux volumes de ses poésies. Son
Retrato de Venus (portrait de Venus) est un petit
poème qui fait beaucoup d'honneur à ce jeune adepte
des muses , par l'extrême délicatesse avec laquelle il a
su traiter un sujet si difficile , par la beauté des vers et
la vivacité des images. Voyez Poésie dramatique.
José Victoriiso Barreto Feio, major de cavalerie
et député aux Cortès. C'est unpoèie agréable.
( clxxv )
JoAo Paulo dos SantosBakreto. Yoyez Mathe-
matiqiies.
DoM Gastao Fausto d V Camaha 5 capitaine de
frégate. C'est un assez bon poète , connu surtout par
son drame O Jaramento clos Numes, qui a été joué à
l'ouverture du llicàtre Saint-Jean à Rio-Janeiro. Il est
aussi auteur de plusieurs éloges qui ont été récités sur
le même théâtre , et de beaucoup de poésies fugitives
imprimées à Rio-Janeiro.
'*" JoAO Marques , professeur de grec à Rio-Janeiro ,
où il a publi'^ en vers portugais la traduction de quel-
ques chants de l'Odyssée et de l'Iliade d'Homère.
L'abbé José Fernaisdes de Oliveira Leitao de
GOUVEA.
Alves Branco , étudiant à l'unitlié dix— huit cabicrs, dont un chaque mois.
BEAUX-ARTS.
Lorsqu'on veut être sincère il faut avouer qu'à l'ex-
ception de rarcliitecture navale, de la musique, de la
calligraphie et de l'équitation, les beaux-arts sont tous
plus ou moins arriérés en Portugal. Cela ne vient pas,
comme quelques voyageurs l'ont prétendu , du peu de
penchant des Portugais pour ces occupations agréables,
ou de leur défaut de génie ; ils ont trop d'imagina-
tion, ils sentent trop vivement, pour que cette im-
putation puisse être juste. C'est le manque d'élablisse-
mens convenables , c'est le défaut d'encouragement
qui empêche beaucoup d'individus de s'adonner aux
beaux- arts, dans lesquels ils pourraient exceller autant
que les Italiens , les Français et les hommes de toute
autre nation. Mais comment pourraient-ils le faire ,
puisqu'il n'en résulterait pour eux presque aucun profit
et très-peu de gloire (i)? Nous connaissons quelques
amateurs qui les cultivent avec un grand succès pour
(i) Le bureau tles travaux publics n'a pas encouragé les arls comme
il aurait dû le faire à l'époque de la réédification de Lisbonne. Les
places de surintendant , de fiscal, etc. , étaient des cbaiges honorifiques
ou lucratives, et il était rare de les voir occupées par des connaisseurs,
même par des amateurs des arts. Madrid a clé plus beureux que Lis-
bonne , grâce au goîit que Cbarles III y apporta de INaples, et à la
protection éclairée qu'il accorda aux beaux-arts. En Portugal le talent
est isolé , le faste des ricbes ne le recherche pas ; il se contente de ce qui
est fantasque ou bizarre. Il faut aussi remarquer que dans tous les pays
la culture des beaux-arts n'est pas toujours en propoition avec les
firogrcs de la civilisation , des sciences et de l'induslric. I/y^ngletrvre
( clxxxiv )
leur seul plamr, et dont les travaux, faute d'encou-
ragement et de communications littéraires , restent
tiù les sciences et les aits mécaniques ont été portés à un haut degré
de perfection, peut être citée la première comme manquant ab-
solument d'arciiitectare régulière, d'une école de peinture digne
de ce nom , et d'ouvrages parfaits de sculpture , malgré l'acqui-
sition tro]i dispendieuse de beaux modèles de l'antiquité et de chefs-
d'œuvre du génie moderne dans tous les genres. Pour la gravure, au
rontraire, on peut di:e qu'elle possède une école Viaiment nationale.
La Hollande n'olîVe rien de inarquant dans les beaiix-ai ts , si on en
excepte son école de peinture. Il en est de même de l'Allemagne méri-
dionale , car toutes les productions des heaux-arts qu'on y admire
depuis le rdiin jusqu'aux frontières de la Hongrie sont ducs pour
la majeure partie au génie étranger. Malgré cela il nous semble qu'on
ne saurait expliquer d'une manière entièrement satisfaisante la
raison pour laquelle la péninsule hispanique n'offre pas partout les
produits de l'imagination et les arts d'imitation au point de perfection
où ils sont parvenus dans la péninsule itahcnne. A l'égard de l'ar-
chitccturo nous cr()3'ons qu'on pourrait la trouver dans le vice radical
qui fait (|\i'cn Portugal on considère la profession d'ingénieur comme
une profession encyclopi'dique, embrassant l'architecture militaire, i'ar-
chikcture civile et l'architecture hydraulique, par cette erreur absurde
que la théorie mathématique étant la base de ces trois branches, on
peut facilement l'appliquer aox solutions de tous les problèmes do ces
trois parties si rsscntiellcment différentes l'une de l'autre. C'est ainsi
qu'en Portugal la construction des ponts et chaussées, des palais, des
églises , des ouvrages hydrauliques , a été confiée à des officiers du
génie , comme si c'étaient des ouvrages de fortification. Un tel système
eut pour conséquence naturelle de faire élever des bâtimens défec-
tueux dans Je plan et dans l'exécution , et défaire dissiper d'immenses
trésors sans obtenir de tant de sacrifices des chefs-d'œuvre qui fissent
l'ornement des principales villes du royaume. Malgré tant d'obstacles ,
le génie naturel réussit parfois dans ses efforts, et le Portugal possède
dans le fameux aqueduc de Lisbonne un monument qui peut être
■comparée tout ce que l'antiquité a de plus grand et de plus parfait
en ce genre. Quant aux causes qui ont empêché la propagation du
goût de la peinture parmi les Portugais , il nous semble qu'on poui-
rait les voir principalement dans les pertes qu'essuya Lisbonne lors
du terrible incendie de lyôS, qui dévora les riches collecLions du roi,
des comtes d'Ericeira , des maisons de Lafôes , de Cadaval , ainsi qu»;
celïes des églises de quelques couvens. De nouvelles décorations les
ayant remplacées dans les maisons des gran'ls , les étrangers vinrent
en recueillir les dépouilles , et Lisbonne devint la capitale de l'Eu-
rope la plus pauvre en beaux tableaux. Les ateliers de sculpture peu-
vent être fournis facilement en modèles de plâtre, mais les copies
de l'école romaine , de celles de Bologne , de Venise , etc. etc. , sont
très-difficiles à acquérir, car leur imitation est un véritable talent
qu'on ne renconfro que très-raiement dans la perfection d::sirée. Le roi
Jean Y, auquel le Portugal doit tant de moxiumcns, et qui a fait
( cluxxv )
ignorés non-seulement deti étrangers, mais même des
Dalionaux. Nous allons exposer tout ce que nous avons
pu rassembler de plus important sur ce sujet, en nous
adressant aux personnes les plus instruites dans chaque
branche.
Dessin.
Comme cet art est la base de l'architecture , de la
l)caucoup travailler chez rétianger pour enrichir son royaume des
productions des beaux-arts, eut le tort d'acheter et de doter le palais
et les jardins de l'Arcadie à Konie , au lieu d'y l'oruier, à l'instar d'autres
souverains étrangers, une école où la jeunesse portugaise eut pu puiser
le goût des beaux-arts et s'y perfectionner. Nous ajouterons a ce sujet
que Sa Majesté l'empereur d'Autriche , pour fournir aux. meilleurs élèves
ties académies de \'icnne, de Milan et de Venise, le moyen d acquérir
un talent supérieur , vient d'établir à Rome l'Académie Lombardo-Véni-
tienne, pour douze élèves , sous la direction de ftl Tambroni.
INotre impartialité ne nous permet pas de passer sous silence une
institution établie sous l'ancien régime , dans le but philanthropicjue
de former des artistes habiles en tout genre. INous voulons parler de
la Casa pia do Casiello de Lisbonne , fondée par l'intendant-
général de police , Diogo Ignacio de Pina Manique, au commencement
du règne de la reine Marie, pour procurer un asile et de l'occupation
aux gens sans ouvrage , pour recueillir les entans abandonnés
des deux sexes , leur donner une éducation adaptée à leurs facultés
naturelles, et pour leur apprendre les arts, les lettres et même les mc-
Ucrs, Ces individus recevaient dans cet établissement l'instruction
première , les premiers principes des humanitcs et des mathématiques j
des leçons de dessin et des arts mécaniques , depuis la fabrication des
gazes jusqu'à celle de la toile à voiles. Une telle pépinière a conservé
l'industrie manufacturière, alors persécutée par un parti intéressé
à détruire et à discréditer tout ce que Pombal avait fait. Il en est sorti
des sujets qui depuis se sont distingués «lans la carrière des sciences
et des arts , car le talent était apjjrécir et protégé par Manique , bien
eue l'éducation de ce ministre eiit étémanquéc , et qu'il fût peut-être
1 homme du caractère le plus despotique. Les peintres Sequcira , Vieira,
les graveurs Queiroz et autres, le sculpteur Valle , furent envoyés à
Rome aux frais de la Casa Pia, dont les fonds furent toujours admi-
nistrés par ce magistrat. Non cor.tcnt d'envoyer les élèves du Castcllo
étudier la médecine à Edimliourg , il forma à Coimbra un collège des-
tiné à recueillir les étudians pauvres cjui suivaient les cours de médecine
et de mathématiques : quelques-uns cle ces élèves se nndir ni dignes du
}>rofessorat. Les élémens de mathématiques du célèbre José Anastasio
da Cunha furent composés et publiés pour l'usage du Castello , et
Je colonel Anastasio fut un <les élèves disting '.es qui sortirent de
cette institution. Voyez aussi l'article Pensionnaires a la page 7.5 dç
ce Tolume.
( cixsxvj )
peinliire , de la sculpture et de la gravure , nous
croyons inutile de parler des personnes qui s'y dis-
tinguent le plus 5 parce que nous ne pourrions que
répéter les noms que nous avons indiqués dans ces
différens articles. Nous dirons seulement en général
que dans cette partie et surtout dans le dessin d'or-
nement, d'architecture et de topographie , nous avons
vu des travaux exécutés par des Portugais , qui ne
craindraient pas la comparaison avec ceux des meil-
leurs dessinateurs de toute autre nation.
Architecture.
Pour mettre plus d'ordre dans cet article nous le
partagerons en quatre parties correspondantes aux
quatre divisions principales de cet art , qui est le plus
important comme le plus utile des beaux-arts, savoir :
X architecture civile, \ architecture militaire , Yarchi"
tecture hjdrauUcjue et V architecture navale.
Architecture civile.
Cet art est très-arriéré en Portugal. 11 n'y a , comme
nous l'avons vu au chapitre des établissemens d'instruc-
tion publique, qu'une seule école pour cet art dans tout
le royaume , et encore il s'en faut de beaucoup que ce
soit un établissement tel qu'il le faudrait pour former
de bons architectes et diriger le goût de la nation dans
cet art, qui plus que tout autre sert à transmettre à la
postérité des monumens durables de la puissance et
de la civilisation des peuples. A quelques exceptions
près, on peut dire que tous les édiîices élevés en Por-
tugal le sont avec plus ou moins d'imperfection, sans
goût et sans proportion. La plupart des soi-disant
architectes ne sont que des appareilleurs. 11 n'est pas
rare d'y rencontrer un sculpteur en bois, qui, exé-
cutant assez bien l'ornement, ose faire un autel avec de
petites colonnes , s'imaginant déjà être un architecte
consommé , comme si l'architecture consistait dans le
( c!x\xvij )
simple emploi des cinq ordres. Autant, généralement
parlant, les architectes sont bornés, autant les ouvriers
qui sont à leurs ordres excellent dans leur métier,
surtout les maçons, les charpentiers ^t les tailleurs de
pierres. 11 existe cependant dans ce pays quelques ar-
tistes plus ou moins instruits , mais aucun ne peut
soutenir la comparaison avec nos bons architectes
d'Italie , ni avec les meilleurs architectes de France ,
d'Angleterre et d'Allemagne. Mais si l'impartialité ,
dont nous nous faisons un devoir de ne jamais nous
départir , nous a arraché des vérités un peu dures ,
cette même impartialité nous oblige à avouer que l'on
voit souvent en Portugal , tant dans les édifices publics
et dans les églises, que dans les maisons particulières,
beaucoup de parties qui ne manquent ni de goût ni
d'une certaine élégance; que la construction des mai-
sons a fait depuis trente ans des progrès remarquables,
tant sous le rapport de la commodité de la distribution
intérieure des pièces que sous celui des ornemens; qu'on
exécute très-bien la scaiola y que les ornemens en pierres
de taille et en peinture sont remarquables par le bon
goût du dessin et par leur parfaite exécution. Voici les
nous des architectes qui de l'aveu unanime de leur
compatriotes passent pour les premiers de cette nation.
*JosÉDA Costa E Silva, élève de l'école de Rome
où il a remporté plusieurs prix , et membre de l'aca-
démie de San-Luque de cette ville. Il est le premier
des architectes portugais modernes ; le premier aussi
il a occupé la chaire d'architecture dans l'école de
Lisbonne et ensuite dans celle de Pâo-Janeiro. Il a fait
le plan du théâtre royal de Saint-Charles , de la nou-
velle trésorerie (thezouro novo), de l'église et de l'hô-
pital à Piuna , et d'autres ouvrages moins importans ,
entre autres delà fontaine de Sain te- Anne (chafariz de
Santa- Anna). 11 a été chargé pendant long-temps de
contmuer le grand palais du roi à Ajuda , et il a
réussi à faire disparaître plusieurs défauts qui existaieni
clxxxviij )
dans le plan original. 11 est morl à Rio- Janeiro, où il
avait la qualité d'architecte général.
Germ ANC Antonio Xavilr de MAGALHAENs,élève
de José da Costa, professeur de l'école d'architecture
de Lisbonne, et membre (depulado) de la commission
des travaux publics et niiiitaiies. On lui doit le beau
dessin de la cathédrale (Se) de Guimaràes, qui n'a pas
été entièrement achevée à cause de l'invasion des Fran-
çais. Il a donné aussi le plan de l'église du Crucifix
(Crucifaî) près deTorres, le plan de plusiei:rs palais,
et celui d'un moidin à blé de seize pierres meulières.
Malaquias Ferreika Leal, élève du précédent,
architecte de la ville de Lisbonne , auteur du projet
pour le quai de Cassilhas (caes de Cassilhas).
Manoel Caetano GuiAO. 11 a été emploie aux tra-
vaux de la nouvelle trésorerie, à la reconstruction
de la patriarcale qui avait été brûlée, et il lest main-
tenant à ceux du palais du roi à Ajuda. 11 est auteur
du dessin des tours de l'éi;lisedu couvent de l'Estrella.
He]\rique de Oliveira, auteur du plan du cha-
fariz (fontaine) de San -Antonio da Convalescença
à Bemposta, et autres ouvrages.
JoAQUiM Marques, employé aux travaux publics
(obras publicas) , et auteur de plusieurs plans d'édifices
pour la réédification de la ville.
Martiiviio José Diogo Passos, disciple de Xavier
de Magalhàes. Il est auteur des projets de construction
de plusieurs quartiers, et d'autres ouvrages de ce genre.
* JoAQuiM Carneiro DA SiLVA , architecte dis-
tingué. Voyez Gravure.
José Francisco , surnommé dos Qcarteis , pour
avoir fait le beau bâtiment des quartiers de San-Ovidio
à Porto.
JoAquim da Costa LI^^A, architecte de Porto, où
il a donné le plan de [ilnsieurs bons ouvrages.
Feux José da Silva. Il a exécuté , sons la direction
de Manoel da Costa (voyez Peint U7'e), le beau théâtre
( rlxxxît )
royal de San-Joào , le Thesouro real das joins à Rlo-
Janeiro, qui n'est pas encore fini, et le palais du roi
à Santa- Criiz, à douze lieues de cette ville.
Parmi les amateurs on ne peut se dispenser de
nommer M. DioGO Raton à Lisbonne, amateur très-
éclàiré des beaux-arts et surtout de rarchitectnrc.
Nous connaissons à Porto Joao Francisco Gcf-»
MARAKNs. Ses profondes connaissances dans cet art et
son goût exquis lui assurent une place distinguée parmi
les plus habiles architectes portugais. Il a fait preuve
de son talent par diffe'rens ouvrages , entre autres par
Je modèle d'un monument à élever sur la place de la
Régénération à Porto, qui, par sa noble simplicité , la
justesse des proportions et la manière dont il s'assortit
avec le sujet, lui fait beaucoup d'honneur.
Ai'chitecture militaire.
Les Portugais comptent plusieurs officiers très-in-
struits qui se sont formés à l'école de Lisbonne, et sous
la direction des ingénieurs français , italiens et alle-
mands , qui , sous les règnes de Joseph et de Marie ,
Hont venus en Portugal. Il n'a manqué à ces habiles
ingénieiu's que des occasions plus fréquentes pour faire
briller leurs talens. Ayant perdu plusieurs papiers qui
contenaient les renseigneraens que nous nous étions
procurés sur leur compte, nous n'osons nous en rap-
porter à notre mémoire pour entrer dans des détails
plus étendus ; en conséquence nous ne donnons ici
que les notices relatives à ceux dont les noms se sont
retrouvés dans les papiers qui nous sont restés.
^ Francisco Duakte Malha, maréchal-de-camp.
Il a construit la forteresse de Santa-Crux à Rio-Janeiro ,
forteresse qu'on pourrait appeler le Gibraltar du Brésil,
et qui, par le savant développement de ses fortifications
et la disposition de ses batteries, peut passer pour un
modèle de fortification maritime.
Pedbo Celestino Soakes, brigadier et professeur
( ^ic )
de dessin à l'académie de forlificalion de Lisbonne.
Serra , colonel du génie. II a travaillé aux foriifi-
calions de plusieurs places du Portugal,
José Marta bas Neves, colonel du génie. Il a tra-
vaillé auxforiificationsd'Alnieida.V. Tactiq.et Géog.
Pedro Joaquim Xavier, colonel du génie et pro-
fesseur à l'acadéniie de fortification à Lisbonne.
Architecture hydraulique.
A l'exception de la coupure du Tage , qni rendit
la navigation de ce fleuve facile et sure dans l'endroit
autrefois connu sous le nom de Voltas cV Andreza ,
et aujourd'hui sous celui de Tcjo-Nopo , du fameux
aqueduc de Lisbonne , du château - d'eau du Rato et
des écluses (comportas) établies sur les terres rive-
raines par ie célèbre Bento de Moura, élève de fécolo
hydraulique de Hollande , ouvrages qui appartiennent
tous au règne de Jean Y , on doit avouer que cette
partie de l'architecture ne présente aucun de ces chefs-
d'œuvre qu'on admire tant en Italie , en France , en
Angleterre, en Hollande et dans le nord de l'Eu-
rope. Cela est d'autant plus remarquable que le Por-«É
tugal , pour tirer parti de sa position avantageuse, en
aurait besoin plus qu'aucun autre pays. 11 est vrai qu'on
a fait dernièrement quelques projets, tels que ceux pour
la réunion du Saado au Tage , pour rendre le Vouga
navigable, etc.; on a même exécuté quelques travaux;
mais à l'exception de ceux qui ont élé entrepris pour
améliorer les ports d'Aveiro , de Figueira et une partie
de la navigation du Douro au-dessus de Porto , on
peut dire que tout est encore à faire. La perte de
nos papiers ne nous permet de citer ici que les archi-
tectes dont les noms suivent (voyez ci -dessus,
p. clxxxix) , et que nous avons retenus plus facilement
parce que nous en avons plus souvent entendu parler
par leurs compatriotes.
LuîZ GoMES DE Car VAL HO, colonel de génie. 11 a
( CIlC) )
travaillé aux iniporlans ouvrages cnlrcpris pour la
rt'j)arat'ion des porls d'Aveiro, de FiguciracldePorU).
^ A-XASTASIO JOAQUIM RoDRIGUES, coloiicl du gC-
iiie , élève et pensionnaire de la Casa pia do Castello
(voyez la noie à la p. clxxxv de cet Af)pendix). Il a été
chargé de faciliter par des travaux hydrauliques la na-
vigation du Tage au-dessus d'Ahrantes. Pendant son
séjour à Paris connne pensionnaire il suivît les leçons
du célèhre Thouin, dont il a traduit les ouvrages. Cette
traduction et d'autresnianuscriisiniportans se trouvent
entre les mains de ses aiuis les vicomtes de Lapa et de
Balsamào , et de plusieurs autres personnes éminentes.
Architecture navale.
C'est dans cette partie que les Portugais se sont
toujours distingués , et il iaul avouer que si leurs
architectes ne sont pas supérieurs , ils ne sont pas
non plus inférieurs à ceux d'aucune autre nation;
aussi tous les connaisseurs étrangers et nationaux s'ac-
cordent-ils à dire que les vaisseaux portugais sont
remarquables surtout par l'élégance de la coupe, la
solidité de la construction et la célérité de leur marche.
On peut dire que la construction navale a été dopuis
long-temps bien entendue en Portugal , car Lisbonne
possédait la C(75i:/ do 7?z5cOjOiil'onappliquaitla meilleure
théorie connue à la construction de toute sorte d'em-
barcations. Torquato , constructeur doué d'un talent
particulier, adopta de préférence la théorie du célèbre
Suédois Chapman , et foi'ina d'excellens élèves tels que
Joào de Souza Pallier, qui, mieux instruits que lui, por-
tèrent cet art à toute la perfection désirée. Le premier
construisit à la vérité de beaux vaisseaux, mais il dirigeait
plutôt ses travaux par routine que par des principes
puisés dans une étude suivie et étendue , tandis que le
second sut établir un système de construction plus con-
forme aux vrais principes de Fart.Pallior fit même graver
'^iWQ'. belle collection de modèles de toutes les embarca-
( cxcij )
îionsen Usage en Portugal et en Algarve pour le cabo-
tage et la navigation intérieure, et voulait par ce moyen
faire cesser la routine suivie jusqu'alors par les con-
structeurs vulgaires. De beaux vaisseaux sont sortis des
cbantiers de Rio-Janeiro, de Bahia et de Para avant
même qu'on établît dans l'arsenal de Lisbonne l'école
royale d'arcliitecture navale , sous le ministère du
comte de Linliares. Voyez à la page 64 de ce volume.
On nous a cité les ingénieurs dont les noms suivent
comme les plus liabiles.
^ Antonio Joàquim d'Oliveira , premier con-
structeur de l'arsenal de Lisbonne , avec le grade de
capitaine de frégate. Cet babile arcbitecte, que la mort
vient d'enlever à sa patrie , précisément au moment
où elle avait le plus besoin de ses talens pour remonter
sa marine délabrée , a été le plus grand constructeur
du Portugal. Le goût particulier qu'il développait dans
la coupe de ses vaisseaux, et Flieureuse réussite de tous
ses bâtimens, lui ont valu une réputation méritée parmi
ses compatriotes et parmi les connaissseurs étran-
gers qui ont eu occasion d'examiner ses constructions.
11 a reçu des honneurs extraordinaires de la cour de
Russie, à l'occasion du radoub qui lui fut confié en
1808 de l'escadre russe stationnée dans le Tage.
Antonio Lopes Flrreira , premier ajudantë
constractor de l'arsenal de Lisbonne, avec le grade de
premier lieutenant de marine. Il a construit plusieurs
batimens qui naviguent pour le compte du commerce,
et qui lui ont acquis beaucoup de réputation par le
développement de leur dessin, par la force de leur
construction et par la célérité de leur marche.
JoAQuiM JosèPereika, premier constractor naval
de l'arsenal de Lisbonne. C'est un des meilleurs élèves
du célèbre Joào de Souza , et l'on espère que la répu-
tation dont il jouit sera conOrmée par la construction
des vaisseaux qui sont acttiellement sur le chantier sous
sa direction.
( cxcii] )
MaNoel da Costa, premier construclor naval àQ
î'arsenal de Bahia , avec le grade de premier lieu-
tenant de marine. Aussi profond ihe'oricien que pra-
ticien habile, il a donne des preuves de ses talens par
la construction d'un vaisseau de ligne, de deux frégates,
et de beaucoup de bricks et navires marchands.
Nous ne parlerons pas des autres, parce que, bien
qu'ils aient exécuté beaucoup de belles conslruclions
à Lisbonne, à Porto, à Para, à Baliia, à Pvio- Janeiro
et ailleurs, ils ne doivent être considérés que comme
de bons praticiens. Nous regrettons que réloignement
ne nous ait pas permis de nous procurer les noms des
deux constructetirs de Para au Brésil et de Damào dans
l'Inde, qui, à des connaissances théoriques trèsélen-
dues, réunissent la plus grande pratique.
Peintu re.
Le Portugal a toujours compté peu de peintres, et
les plus célèbres des anciens appartiennent plutôt à
l'école espagnole , tels que Nicoldo CoclJio, qu'à une
école particulière qui n'a jamais existé. Dans les temps
modernes, cet art, ayant été encouragé par le gouver-
nement, a été exercé par quelqties hommes de mérite,
tant parmi les peintres qui ont étudié dans leur pays^
que parmi cetixqtie le gouvernement a envoyés en Italie
depuis trente ans pour se perfectionner à Rome et dans
plusieurs autres villes. On est même étonné de troliver,
parmi des artistes qui ne sont jamais sortis de leur pa-
trie, quelques hommes d'un mérite vraiment au-dçssus
du commun , tels que Pedro Alexandrino et Ma-
ïioel da Costa , dont les ouvrages, qui ne «ont dus qu'à
leur génie , auraient peut-être égalé les chefs-d'œuvre
des Italiens, des Français, des Espagnols, etc., s'ils
avalent eti pour se former de meilleurs maîtres et de
plus grands modèles. L'académie de Lisbonne (Escola
do Nu), qui avait si bien commencé, s'est éteinte pour
ainsi dire à son aurore. L'école de peinture qui y sub-
IL n
( cxrîv )
sisie encore est organisée sur un plan trop ré-
tréci pour que le Portugal puisse s'attendre à en
voir sortir des talens supérieurs , si on ne lui donne
toute la latitude que de semblables élablissemens ont
en Italie , en France , en Espagne et partout ailleurs ,
où l'on sait en apprécier l'importance et l'utilité.
D'ailleurs il en est de la peinture comme de tous les
autres arts, qui ont besoin d'un encouragement qu'ils
ne trouvent pas en Portugal. On peut aussi ajouter
que le défaut d'expositions publiques contribue beau-
coup à éteindre cette noble émulation, qui, avec les
récompenses, est l'aiguillon le plus capable de porter
les artistes à se dévouer entièrement à leur art pour y
acquérir des talens supérieurs. Les connaisseurs repro-
chent aux peintres portugais en général de pécher
dans le coloris et dans le dessin, et de donner à leurs
portraits en miniature un ton pesant, dur et sans ex-
pression. Voici les peintres qui, de l'aveu des meilleurs
connaisseurs, passent pour être les plus habiles.
DoMiJXGOs Antonio le Sequiera, premier peintre
du roi , élève de l'école de Rome , et rival de Vieira.
Presque tous les nationaux et les étrangers s'accordent
à le considérer comme le premier peintre vivant du
Portugal. 11 excelle surtout dans le dessin , pour lequel
il est même supérieur à Yieira. Il a fait beaucoup
de tableaux que l'on voit dans le palais du roi à Ajuda,
dans celui de Mafra , dans le couvent de Laveiras et
dans plusieurs maisons des plus illustres familles de Lis-
bonne ; quelques-uns sont vraiment dignes de sa ré-
putation. Ce peintre est aussi un habile graveur, et
fut employé à la confection du superbe service en ar-
gent de la valeur d'un million et demi de cruzades,
présenté à lord Wellington au nom de la nation por-
tugaise, pour le remercierde l'avoir aidée à secouer le
joug de l'étranger, et dont la fmesse du travail et le choix
et l'invention desdifférens sujets qu'il représente furent
si admirés en Angleterre. 11 a aussi donné le plan du
( cxcv )
ïiionument que l'on élève actuelleiiicnt sur la place du
Hocio à Lisbonne, en mémoire du i5 septembre 1820.
'^"Francisco Vieira Portuense (i), élève de l'école
de Rome. Il est le premier des peintres portugais sous
le rapport du coloris et de l'imagination , quoiqu'il
soit inférieur à Domingos Antonio Sequeira sous celui
du dessin. 11 a travaillé dans le palais du roi à Ajuda.
Ses plus beaux tableaux sont la Descente de croix
qui se trouve dans la chapelle des ambassadeurs por-
tugais à Londres ; celui de Viriate dont il fît présent
au roi actuel en reconnaissance de la protection qu'il
lui avaitaccordée , et qu'on voit dans le palais d'Ajuda :
ce tableau mérita l'honneur d'être reproduit en gravure
par Bartolozzi; celui de la malheureuse Inez de
Castro présentant ses enfans à Alphonse IV.
^ Pedro Alexandrino de Gauvalho. Doué d'une
facilité extraordinaire , il est le peintre portugais qui
a le plus travaillé. Il est un des bons professeurs de
l'académie de Lisbonne ( Academia do INu). Il excel-
lait surtout à peindre les enfans , et entendait supé-
rieurement le coloris. Tous les tableaux des églises
des Martyrs et de Saint-Domingue, le plafond de celle
de Lorette , le maître-autel de celle du Saint-Esprit
à Lisbonne sont de lui. Il a aussi beaucoup travaillé
dans les provinces.
(i) On le nomme ainsi parce qu'il ctait.tle Porto. Il a étudié d'abord
sous Glama , peintre italien , ensuite sous Pilman , peintre français j
il passa ensuite à Lisbonne , où son talent extraordinaire et son assi-
duité à l'étude lui méritèrent l'honneur d'être admis par la reine Marie
au nombre des pensionnaires qu'elle envoya en Italie pour s'y perfec-
tionner dans la peinture. Après avoir fait les plus grands progrès et
avoir mérité l'estime et l'amitié de ses maîtres et de ses collègues à
l'académie de Rome , il parcourut toute l'Italie pour examiner les
.chefs-d'œuvre de l'art dont il faisait ses délices. 11 passa ensuite en
Angleterre où il étonna par la prodigieuse facilité avec laquelle il
exécutait des tableaux dont quelques-uns sont vraiment du premier
mérite. Il possédait parfaitement l'histoire des beaux-arts, et il parlait
avecunc grande facililé les principales langues île l'Europe. Des chagrina
qu'il essuya abrégèrent ses jours, llmoiuut à l'ile de Madère en i8o5,
âgé de quarante ans.
C cxcv) )
José dâ Gujnha Tacouda, élève de l'école de
Rome et peintre très-distingué. Plusieurs années après
son retour de Rome il fut chargé par le prince régent
de l'organisation d'une académie de peinture régu-
lière , à l'instar de celles d'Italie (voyez page 72 à
la Géographie littéraire). Il est très-instruit dans l'his-
toire delà peinture, etilest connaisseur éclairé pour les
tableaux des anciens maîtres. 11 a traduit en portugais
l'ouvrage de Michel Angelo Brunetti sur les règles de
la peinture , auquel il a joint un mémoire historique
sur les plus célèbres peintres portugais et leurs pro-
ductions.
CiRiLLO WoLKMAR Machado , clève de l'école
de Rome , un des professeurs de l'académie de Lis-
bonne (Academia do Nu) , et l'un des peintres natio-
naux les plus distingués. Ses plus beaux ouvrages sont
les plafonds du palais royal de Mafra et du palais du
marquis de Lolé , le tableau du maître-autel de la pa-
roisse du Coraçào de Jezus (dn cœur de Jésus), et les
apôtres dans l'église de Loreto. Cet artiste justement
célèbre a de grandes connaissances en architecture et
en littérature. Depuis plusieurs années une attaque
d'apoplexie l'a réduit à l'inaction , au grand regret de
ses amis et des amateurs des beaux-arts.
Archangelo Fuschini , élève de l'école de Rome
et un des bons peintres portugais vivans, quoique in-
férieur à Sequeira , à Cirillo et à Taborda.
*^ José Teixeira Barreto , bon peintre de Porto,
où il a enseigné le dessin dans l'académie de marine
et de commerce après le célèbre Vieira. Il a laissé
quelques tableaux assez beaux.
José Leandro. C'est un bon peintre, qui a d'autant
plus de mérite qu'il n'est jamais sorti du Brésil. Son
plus beau tableau est celui qui représente toute la fa-
mille royale devant l'image de la Sainte-Vierge du
Mont-Carmello.
JoAQUiM Raphaël, disciple de Vieira, autre peintre
( cxcvij )
qui réside à Porto. II a déjà produit plusieurs ouvrages
qui, par leur plan, leur coloris et leur dessin, ont fait
concevoir de lui de grandes espérances.
JoAO Baptista Ribeiro, disciple de Teixeira , sup-
pléant du professeur de dessin dans l'académie de
marine et de commerce de Porto.
Maîv'OEl Diaz , élève de l'école de Rome , sur-
nommé O Romano. Il a fait plusieurs beaux tableaux
qui se distinguent surtout par le dessin , et dont les
plus estimés se trouvent dans la galerie du roi à Rio-
Janeiro, et en possession du vicomte de San-Lourenco.
Il est depuis long-temps professeur de dessin et de
peinture à Rio- Janeiro.
Parmi les peintres décorateurs tous les Portugais
s'accordent à mettre au premier rang
Manoel da Costa (i). Cet artiste, qui est aussi
bon peintre que bon architecte, se trouve depuis quel-
que temps à Rio-Janeiro où il a construit le théâtre
royal de San-Joào. Voyez Feliz José da Silva dans
V Architecture civile.
Pour le paysage , tous les Portugais s'accordent à
placer au premier rang les artistes dont les noms suivent :
'^ José Antonio Benedicto, riche particulier de
Setubal y connu généralement sous le nom de Morgado,
Il a laissé de très-beaux tableaux dans ce genre.
JoAQUiM Marques , disciple du peintre françjgiis
Pilman.
RoBERTO Ferreira DA SiLVA , peintre et dessina-
teur distingué j élève de Eleuterio Manoel de Barros
et de V Escola do Nu à Lisbonne , major du génie , et
suppléant du professeur de dessin à l'académie mili-
taire de Rio-Janeiro. Il a composé un bon traité de
dessin, figure, paysage et perspective, publié à Rio-
(i) Nous ne parlons pas de Domenico Schiopetta , parce que, étant
Italien , il ne peut figurer clans un ouvrage consacre uniquement aux
Portugais. Cette remarque s'applique à. tout le reste de ce Coup-d'oeil.
C ce )
de sculpture. On cite parmi ses meilleurs ouvrages îes
voûtes à lunettes du couvent royal de Mafra. 11 aida
aussi Machado dans les groupes latéraux de la statue
équestre de Joseph , et il est l'auteur de tous les tra-
vaux de sculpture qui ornent l'église de Runa.
JoAQUiM José de Barkos. La statue de la Re-
îiommée , les portraits des rois de Portugal , placés
dans l'obélisque qu'on voit dans une maison de cam-
pagne à Bellas, et le bas-relief du frontispice de la
cliapelle royale de Bemposta , lui font honneur.
Faustino José Rodrigues, élève de Machado, un
des anciens directeurs de l'académie de peinture ^
actuellement professeur de sculpture à Lisbonne, et
suppléant de l'école de dessin. Cet artiste distingué esl
aussi bon*rchitecte qu'habile sculpteur. Il a aidé son
maître dans l'exécution du buste de l'infant D. Pedro
Carlos, envoyé au Brésil, et de celui du duc de Lafbes
qui se trouve à l'Académie Rovale des Sciences. 11
a exécuté le modèle des figures du groupe dédié à la
princesse royale Donna Maria Josepha Leopoldina. Il
est aussi l'auteur des deux statues de Yirgile et de
Cambes , de grandeur naturelle , de quatre enfans,
jouant de plusieurs instruraens, qui se trouvent chez
Je marquis de Borba, et d'une statue de Vénus,
représentant cette déesse sur le point d'accepter la
pomme de la main de Paris , qui se trouve dans le
palais dû marquis de Bellas.
JoAO JoAQUiM de Porto. Il passe pour un des meil-
leurs sculpteurs portugais. Depuis plusieurs années il
a passé à Rio-Janeiro.
JoAO José Braga, autre bon sculpteur de Porto.
Il passe pour le premier sculpteur en argile. Il fait
aussi , nous a-t-on assuré , des modèles pour différens
sculpteurs.
JoAO José de Aguiar, élève de l'école de Rome.
Il a exécuté la statue en marbre de Sa Majesté le
Roi actael , placée dans l'hôpiial royal de la marine ;
( cçj )
lebnsledu marquis de Vicloria (lord Wellington ),
et plusieurs statues pour le palais du roi a Ajuda,
où il est employé. ,
' RoBERTO NN. , José Joaquim Leitao , Joao José
ALYiNiCHlétudièrentavecLeal Garcia,et mentent une
place ici , de même queMoNTEluo Rocha , neveu du
célèbre mathématiciendecenom,etFRANCiscoD Assiz
Roiz , élève en sculpture k Lisbonne ; ce dernier donne
l'espérance fondée de devenir un artiste distingue ; il
possède en outre beaucoup de connaissances dans 1 hi-
stoire des beaux-arts.
Gravure. ^'
Quoique cet art en Portugal soit encore plus arriéré
que la sculpture, il faut avouer que, grâce aux encou-
fairemens accordés par le gouvernement, il est sorti de-
puis quelques années de l'état d'enfance ou il se trouvait.
Les Portugais comptent actuellement plusieurs gra-
veurs qui, sans pouvoir être regardés comme des talens
extraordinaires , tels que les Bartolozzi , les Morgen,
les Woolet, lesBervic, lesBovinet,les Audomn,elc.,
ont cependant beaucoup démérite. Voici les noms des
artistes que nous croyons devoir nommer de prelerence.
^ Joaquim Carneiro da Silva , élevé de 1 école
de Rome. C'est principalement à son instigation que la
reine Marie créa l'école de dessin à Lisbonne. 11 a
été aussi un des professeurs de l'académie (Aca-
demia do Nu), et le premier professeur de 1 école de
gravure. Il est l'auteur de la belle estampe repré-
sentant le roi Joseph, de celle de la statue equesire
de Macliado, du dessin d'une belle allégorie ap-
pliquée au roi de Portugal, et de ce ui de 1 es-
tampe qui forme le frontispice de la bible traduite
par le père Antonio Pereira de Figueiredo. 11 était
aussi babUe en architecture , dont il était profes-
seur, et possédait des connaissances rares en pliy-
sique et en littérature , sur lesquelles il a publie quel-
( ccij )
qiies ouvrages dont nous ignorons les litres. II a laisse
un i^rand nombre de dessins à l'encre de la Chine, qui
sont entre les mains de plusieurs nobles à Lisbonne.
Eleutherio Maivoel de Barros, élève de Joa-°
quira Carneiro da Silva, dont il a gravé plusieurs des-
sins. Après avoir séjourné quelque temps à Rome pour
se perfectionner dans son art et dans la peinture qu'il
cultive aussi, il fut, à son retour en Portugal, profes-
seur à l'académie , et fit un tableau représentant Elie
enlevé au ciel sur un cbar de feu^ qui se trouve dans le
couvent de l'Estrella à Jjîsbonne. Une attaque d'apo-
plexie qui lui a fait perdre depuis neuf ans l'usage de
la parole et tout le côté gauche l'empêche de remplir
ses fonctions de professeur de dessin à l'école royale
de Lisbonne.
"^ Gaspar Froes Machado , élève de Joaquim
Carneiro da Silva , et frère du sculpteur Francisco Leal
Garcia, dont il a gravé le dessin allégorique sur la nais-
sance du prince royal dom Pedro de Alcaniara; il a
gravé aussi une naissance de Jésus -Christ , copiée
d'après un grand auteur. En révenant de l'Angleterre,
où il était allé pour se perfectionner dans son art, il
périt dans un naufrage.
Grégorio Francisco de Queiroz , disciple de
Joaquim Carneiro et ensuite du célèbre Bartolozzi à
Londres, actuellement professeur de gravure à Lis-
bonne; il passe pour le premier graveur portugais. II
vient de faire les deux portraits très-ressemblans du
père Francisco de San-Luiz (voyez Théologie , Litté-
rature , Eloquence) , et du député Manocl Borges
Carneiro. Voyez Jurisprudence.
RivARA , élève de l'école de Rome , est aussi un
fort bon graveur. 11 est actuellement à Rio-Janeiro.
DoMiNGOs DA Silva, élève de Bartolozzi, lorsque
celui-ci était à Lisbonne.
JoAO José de Sousa , lieutenant-colonel du génie
et professeur de dessin à l'académie militaire de Rio-
( cciij )
Janeiro , dessinateur distingué et le premier graveur
du Brésil. 11 a été élève dti célèbre Bartolozzi. 11 est
auteur d'un grand nombre de gravures, entre les-
quelles se distingue sa collection des portraits des
hommes illustres, qu'il fait paraître successivement à
raison de trois par mois.
'♦■ A_\TOMO JoAQUTM Padrao, peintre et graveur.
On a de lui un saint Paul très-bien exécuté sous le
rapport du dessin et de la gravure.
Paula , graveur du Roi à Rio-Janeiro, et artiste dis-
tingué. On remarque parmi ses ouvrages plusieurs
coins qu'il a gravés pour la monnaie de cette capitale,
et la belle collection des vues de Rio-Janeiro , dessi-
nées par RobertoFerreira da Silva. Voyez Peinture.
Lucius à Lisbonne. C'est un artiste distingué , qui
excelle surtout dans la gravure des sujets de botanique ,
des figures de mathématiques , de physique et autres de
ce genre. 11 a travaillé pour la Pliytographia du cé-
lèbre Brotero, pour la Calligraphie de IM. Ventura, etc.
VaLtLE, élève des écoles de Rome et de Londres,
est le seul graveur de médailles et de camées qui mérite
une mention particulière ; c'est un artiste d'un très-
grand mérite , employé à la gravure des coins des mon-
naies portugaises.
A Porto nous ne connaissons que Raimondo Joa-
QuiiM DA Costa, professeur de dessin à l'académie de
marine et commerce , que l'on puisse citer comme
artiste distingué.
Lithogr ap h ie.
D'après les informations que nous avons prises, cet
art , si cultivé actuellement en Allemagne où il a pris
naissance , en France et dans d'autres parties de l'Eu-
rope , ne s'est pas encore introduit en Portugal. Nous
savons cependant que M. Luiz da Silva Mozinho
DE Albuquerque , qui l'a appris à Paris où il s'occupe
de travaux scientifiques , et qui a déjà donné des
C cciv )
preuves de son babileté dans le journal das Sciencias^
et artes, se propose de l'introduire dans sa pairie quand
il y sera de retour. 11 a meiue publié dans le journal
susmentionné un mémoire dans lequel il enseigne à
faire les préparations néeessaires et la métbode d*^ s'en
servir pour litbograpbier. Voyez Sciences naturelles ,
Poésie y etc.
Musique.
Les Portugais, comme toutes les nations méridio-
nales , aiment passionnément la musique ; c'est celui
des beaux-arts qu'ils cultivent le plus. 11 forme un des
principaux amusemens de toutes les classes de la nation;
aussi possède- 1- elle des musiciens du premier mérite.
Pour mettre plus d'ordre dans ce que nous avons à
dire dans cet article , nous le partagerons en quatre
parties correspondantes aux quatre divisions princi-
pales qu'offre la musique, savoir : la Théorie musicale,
la Cor/iposition y la Musique instrumentale et le
Chant ou la musique vocale, ^oxx's, croyons indispen-
sable avant tout de dire un mot sur Topera italien, qui
est le premier spectacle du Portugal , et le tliéâtre où
brillent les plus beaux talens en ce genre.
Le roi Josepb avait une passion véritable pour la mu-
sique, et il était connaisseur éclairé dans cetart. Le tliéâ-
tre royal d'Ajuda et celui de Salvaterra dans la comarca
de Santarem étaient organisés sur un pied très-bril-
lant, mais de tout temps leurs troupes n'ont été com-
posées que de castrats italiens attacliés au service de
la cour. Le premier fut détruit par l'incendie qui
brûla le palais royal d'Ajuda ; le second est depuis
long-temps abandonné. Le roi Joseph fit aussi con-
struire à Lisbonne un superbe théâtre pour l'opéra
italien , et fit venir à grands frais tout ce qu'il y avait de
plus distingué et de plus célèbre parmi les chanteurs ,
les compositeurs et les musiciens d'orchestre. La dé-
pense de ce théâtre royal surpassait celle de tout autre
spectacle semblable en Europe. Parmi les nombreux
( ccv )
arlisles qui jouaient sur le théâtre et chantaient à
la chapelle royale , il faut citer les célèbres Ei^nzicli
et Caflarelli, qui recevaient les émolumens, exorbiians
pour celte époque, de 72000 francs par an^ quoiqu'ils
ne jouassent que pendant deux ou trois .-•lois de l'année.
Après quelques années de service ils obtenaient même
de très-fortes pensions pour le reste de leur vie. Parmi
les compositeurs les plus célèbres de ce temps, on
doit nommer Pères et Jomelli , et parmi les décora-
teurs, Bibiena. Le fameux Jomelli a été pensionnaire
du roi Joseph ; il devait lui adresser une partition
originale de tous les opéras qu'il composait pour la cour
de Wurtemberg, au service de laquelle il était attaché.
Ce théâtre fut brûlé peu de temps après avoir été con-
struit. 11 était placé sur les bords du Tage , de ma-
nière qu'en levant la toile on exécutait au naturel une
scène de mer. Les frais de la chapelle et du théâtre
roval sous le roi Joseph étaient vraiment énormes ;
maisPombal, jaloux de conserver exclusivement le
limon des affaires du royaume, jugea à propos de
flatter le goût dominant dti roi, afin qu'occupé tout
entier de ses plaisirs il le lui abandonnât tout-à-fait.
Après la mort de Joseph le goût de la musique s'est
conservé à la cour , qui a toujours entretenu un assez
grand nombre de chanteurs italiens distingués qui
chantaient à la chapelle royale, et qui, à l'occasion
des solennités, jouaient des opéras sérieux ou bouffes au
théâtre de la cour. Cependant, depuis Favénement au
trône de la reine Marie , et la défense dont nous avons
parlé (voy. page ccxx), le théâtre italien avait éprouvé
en partie le sort du théâtre national. Le vœu public
fut enfin exaucé, et peu de temps après l'érection du
beau théâtre de Saint-Charles, les femmes reparurent,
et leurs attraits ranimèrent le goût du public pour les
spectacles. Depuis l'ouverture de ce nouveau théâtre
Lisbonne a joui successivement du plaisir d'entendre les
plus grands talens dclTlahe sur la scène lyrique. Il suffit
( ccvj 1
Je citer Crescenlini, Naldi dans toute la vigueur de
son lalentjMombelli, mesdames Catalani, Gaforini, et
quelques autres. Les ballets acquirent aussi un grand
perfectionnement par l'introduction des danseurs fran-
çais qui firent presque disparaître les grotesques, et qui,
sous la direction de quelques bons compositeurs italiens
et aide's de plusieurs artistes de la même nation dans
la pantomime , ont souvent produit un ensemble du
plus bel efïet. Le plus distingué des compositeurs des
ballets en Portugal a été l'Italien Rossi. Les décorations
ont été fort bien exécutées , surtout lorsque le célè-
bre Mazonesclii, peintre romain, en a été chargé. Ce
dernier est mort aveugle à Lisbonne , jouissant de l'es-
time générale. 11 excellait surtout dans l'architecture et
la perspective. Le théâtre eut ensuite nécessairement
beaucoup à souffrir du départ du roi et des désastres
qui accablèrent le Portugal pendant l'invasion. Depuis
la paix il commençait à se relever; mais dernièrement
il est retombé dans la plus grande décadence, et on
nous mande même de Lisbonne qu'il est actuellement
fermé depuis quelques mois.
Le beau théâtre de Porto a toujours eu depuis son ou-
verture une troupe de virtuoses italiens assez bien choi-
sie, et qui y a joué les meilleurs opéras de Cimarosa,
de Paisiello, de Mayer, de Rossini, de Coccia et d'au-
tres grands maîtres. L'arrivée du roi au Brésil fit ou-
vrir d'autres théâtres italiens dont nous avons parlé à
Varùcle Art dramatique y auquel nous renvoyons nos
lecteurs.
Théorie musicale ou acoustique.
Nous avons à nommer sur cette partie deux Portu-
gais qui ont publié chacun un ouvrage vraiment classi-
que sur ce sujet difficile.
Le père Domimqos de San- José Varell.4 , moine
bénédictin à Tibaens , auteur d'un excellent Compen-
dio de musica theorica e pratica. Ce savant religieux
( ccvij )
unk la théorie à la pratique, et est excellent pianiste
et organiste. Il a composé depuis quelque temps un
autre ouvrage sur la musique, qui est encore manu-
scrit, et qu'on nous assure être au-dessus de celui
qu'il a déjà publié.
Rodrigo Ferreira da Costa, député aux Cortés,
auteur des Principios de musica , ou Exposiçào nie-
thodica das doutrinas da sua composiçào e execuçào,
ouvrage dans lequel il fait toujours marclier de pair
les théories mathématiques et pliysiques avec les con-
naissances musicales pratiques. M. Costa enseigne d'une
manière claire et facile les principes de cet art, qui
jusqu'à présent, dans la partie théori(jue, avait tou-
jours été traité ou avec trop de sublimité et presque
pas de pratique , ou tout empiriquement et presque
sans l'appui d'aucun de ces principes tirés de la physi-
que et des sciences auxiliaires qui doivent en être les
bases principales.
Composition musicale.
Nous commettrions une injustice si nous ne com-
mencions la liste des individus qui se distinguent le
plus dans la Composition parle nom deM\Rcos An-
TOMO Portugal, connu sous le nom de Portogallo.
Les ouvrages de ce grand compositeur sont remplis
d'une douce mélodie, et ce maître a eu l'honneur de
voir applaudir plusieurs de ses opéras par les Ita-
liens , qui sans contredit sont les meilleurs j uges sur
cet art qu'ils ont porté à la plus grande perfection. Ce
compositeur se trouve depuis plusieurs années à Rio-
Janeiro , où il est passé avec le roi.
SiMAO Portugal, frère du précédent. C'est un bon
compositeur, surtout pour des pièces isolées telles
c^' Arias e Duetos.
L'abbiè José Mauricio. Ce mulâtre brésilien de
Rio- Janeiro est un compositeur très- distingué; il est
le digne rival de Marcos Antonio Portugal, et comme
( ccviij )
]in primeiï'o compositor delà chapelle royale à Rio-
Janeiro. On peut d'autant plus admirer son talent
qu'il n'est jamais sorti de sa pairie. 11 possède la collec-
tion de musique la plus complète du Brésil, car il fait
venir régulièrement les meilleurs morceaux qui pa-
raissent en Allemagne , en Italie, en France et en
Angleterre.
Bon TEMPO, auteur de plusieurs concerts, de quel-
ques messes et de l'opéra Alexandre dans V Inde.
Toutes ses compositions décèlent, à un degré plus ou
moins élevé , ses profondes connaissances dans la mu-
sique , et la plus brillante imagination. Voy. Musique
instrumentale.
*^ Antonio LealMoreir a, professeur de musi-
que à l'institut musical de Lisbonne. Il excellait
dans différens genres, mais surtout dans la musique
d'église, dans laquelle il réunissait le sublime à beau-
coup de sentiment.
José JoAQLiM de Souza, bon compositeur dans ce
dernier genre et auteur d'un très-bon Stabat mater et
de plusieurs autres pièces.
"*- Pires, excellent compositeur de Porto, qui a
écrit dans presque tous les genres et presque toujours
avec succès.
NN., bon compositeur , rempli d'idées originales.
Il est auteur de la musique du drame O juramento
dos numes, qu'on a joué à l'ouverture du grand théâtre
de Rio-Janeiro.
Musiq ne inst rumen taie .
Tous les Portugais s'accordent à placer Bomtempo
au premier rang parmi les pianistes. Ce jugement a
été confirmé par les étrangers, à Londres, à Paris et
ailleurs, où cet artiste a brillé par son talent extraordi-
naire , sans que la comparaison qu'on était à même de
faire de son talent avec celui d'autres artistes du pre-
mier ordre ait pu diminuer l'enthousiasme excité par
( ccix )
la douce expression et riiiconccvable rapidité qxi'îi
déploie dans rexcculion des morceaux les plus dif-
ficiles.
SoAREs, professeur de piano à Lisbonne, et compo-
siteiu' pour le incnie instrument.
SiLVA , premier clarinette du grand théâtre de Rio-
Janeiro et de la chapelle royale. 11 passe pour être
Je premier joueur de cet instrument de tout le Brésil.
Manoel JoAQLiM, premier violon du grand théâtre
de Rio-Janeiro et de la chapelle royale.
Jo>É Ayelino Canongia. C'est* îe plus fort clari-
nette portugais. 11 a donné des preuves de son talent
dans les principales villes de l'Europe, où il a été
généralement applaudi. Il est de retour à Lisbonne.
11 a composé de beaux morceaux de musique pour la
clarinette.
Le père Antonio, religieux franciscain portugais,
maintenant à Rio-Janeiro où il enseigne la musique à
ses confrères. C'est un Irès-grand pianisle, et son talent
a été admiré par Bachicha , José Mauricio et l' Alle-
mand Neucomen.
Si^îAO Portugal, irès-fort joueur de piano, sur
lequel il est supérieur de beaucoup à son frère Marcos;
il réside à Rio-Janeiro.
^Paiva, excellent joueur de violon, mort à Porto
il y a quelques années.
Freitas , violon à Lisbonne. Cet artiste excelle
autant pour l'exécution des morceaux délicats que
poiu' celle des passages brlllans.
JoAo GiORDAîsi , bon professeur de violoncelle et
de basse à Lisbonne.
Caetano GiORDA.M, frère du précédent, bon pro-
fesseur de violon. Depuis quelque temps il est à la tête
de l'orchestre du théâtie de Saint-Charles.
Pi-NTO , bon joueur de violon, et directeur de l'or-
chestre du théâtre de Rua dos Coudes.
Les frères José et Joao Gaspar Edolo ont été tous
IL
( ccx )
les deux , tlès l'âge do douze ;» (jualorze ans , très-
habiles musiciens, le premier sur le violon, le second
sur l'alto. José Edolo est depuis quelque temps à la
leie de l'orchestre de l'opéra italien de Porto , qu'il
a le talent rare de savoir parfaitement diriger , en
faisant toujours seconder avec la plus grande précision
Facteur dans les différentes inflexions de la voix et
dans les variations de la mesure , qui sont indispen-
sables pour tout acteur qui veut faire sentir aux
spectateurs la passion dont il est animé.
Nu.\ES , bon violoncelle à Lisbonne.
PoLiCARPO, habile violoncelle à Rio-Janeiro.
Gazulla, cor excellent à Lisbonne, on l'on trouve
aussi les deux frères NN qui se distinguent par leur
talent sur cet instrument.
L'abbé JosÉ Mauricio, dont nous avons parlé dans
l'article Composition musicale. C'est le Bomtempo
brésilien , tant il excelle sur le piano.
Bachicha, grand joueur de piano, aussi fort que le
précédent, et qui est doué en outre d'un goût plus dé-
licat. Il a été employé d'abord à la chapelle royale
de Lisbonne etensuiteà celle de Rio-Janeiro, où il est
devenu fou. Sa folie ne l'enipéche pas d'exercer son
talent extraordinaire, qui même paraît s'être augmenté
depuis la perte de sa raison.
L'abbé JusTl]NlA>o, presque aussi fort que les pré-
cédens. 11 a composé beaucoup de morceaux de mu-
sique d'église poiu^ le couvent où il vivait avant sa
sécularisation. Il vit à Rio-Janeiro sa patrie.
On trouve en outre,surlout à Lisbonne, beaucoup de
professeurs pour tous les genres de musique, excepté la
harpe : on ne trouve aucun professeur j>our ce dernier
instrument. Mais ù parler vrai, quoiqu'ils soient bons
professeurs, on ne rencontre pas parmi eux de talens
extraordinaires. On peut ajouter que dans presque tous
les couvens de moinesen Portugal on trouve d'assez bons
( ccxj )
organistesjplusieurs même possèdent un lalcnldisùngne,
La difficulté de nommer parmi les amateurs les
seules personnes qui ont un mérite au-dessus du com-
mun nous avait décidé à retrancher entièrement cet
article de ce chapitre, tant étaient contradictoires les
informations qu'on nous avait données sur les mêmes
sujets. Mais considérant combien il eût été injuste de
passer sous silence les noms de quelques personnes
qui par leur talent vraiment supérieur jouissent d'une
réputation généralement reconnue, nous avons pensé
qu'il valait encore mieux risquer d'en nommer plu-
sieurs qui ne seraient pas de première force , que
de ne nommer personne par la seule crainte d'être
trop indulgent à l'égard de quelques-unes. Voici les
noms des amateurs auxquels nous croyons devoir
accorder une place ici.
* JoAo EvANGELisTA. ToRRiAivi , colonel du génie
et professeur de mathématiques au collège des Nobles
à Lisbonne. 11 a composé de très-belles sonates pour
le piano , sur lequel il était de première force ; il se
faisait surtout remarquer par les sons délicieux qu'il
savait en tirer. Voyez Mathématiques .
Gregorio Franchi, autre grand pianiste, que
M. Beckford, Anglais fort riche, a enlevé au Portugal
depuis quelques années pour jouir de son talent.
DuPRAT , violon à Lisbonne.
JoAO Paoliivo, violoncelle à Lisbonne.
N. FoLQUE , officier de marine , fils du général
Folque, excellent joueur de (lûte.
Francisco de Paul a da Rocha Pinto , à Lis-
bonne. C'est un vrai phénomène de talent musical.
Sans avoir jamais étudié la musique, guidé par son
seul génie et les excellens maîtres qu'il a eu occasion
d'entendre , il est parvenu à exécuter sur le piano
avec autant d'expression que d'exactitude des mor-
ceaux delà plus grande difficulté, composés par d'autics
maîtres. Personne n'a jamais su mieux que lui faire
( ccxi) )
cMnine on â\r, chanter le piano; ce qui est très-rar©
même parmi les pianistes les plus distingués. Nous n'a-
vons pas été peu surpris de voir des morceaux de sa
composiiion imprimés à Londres, cpie d'autres musi-
ciens avaient not('s , et dans losquelsil a su réunir la plus
brillante imagination et le goût le plus exquis à l'obser-
vation de toutes les règles; ses sonates entre autres ont
beaucoup de mérite.
Le baron Quiatella, joueur de violoncelle.
Mademoiselle N. da Costa , fille du ministre
aciuel des fmances ; elle pince de la barpe avec beau-
coup de grâce ;, et exécute sur le piano avec beaucoup
d'ex pression et de facilité les morceaux les plus dilliciles.
Mademoiselle N.,fdleduvlcomte dcïORRES-BELLAS,
ancien ambassadeur à Naples; elle exécute avec beau-
coup de grâce et d'exactitude les morceaux des plus
grands maîtres.
FiLiPPE Neri., capitaine de cavalerie , né à Lisbonne,
et actuellement à Mosambique. C'est un pianiste du
premier ordre; quelques connaisseurs le mettent même
au-dessus de Torriani et de Francbi. 11 a composé aussi
quelques jolies variations pour le piano.
Dona AIaria Braisdao et Dona Maria Clara
DE Sa sont deux dames de Porto qui exécutent sur
le piano, avec beaucoup de grâce, de facilité et d ex-
pression, les morceaux les plus dilliciles.
Dona Maria-N-NA est une dame renommée à Rio-
Janeiro pour sa grande force sur le piano; elle a même
composé de jolies modinhas.
SiLVA CoNDE , cbirurgien babile de Rio-Janeiro ,
réputé la première flûte du Brésil. 11 a été admiré
même en Angleterre, où il a étudié et où il a pris les
grades de docteur en médecine.
José Leocadio , élève du précédent, et presque
aussi fort que lui.
Madame Gardiner, fille du médecin Francisco An-
tonio PEREIRA, et épouse du professeur de chimie de
( ccxiij )
l'académie militaire de Rio- Janeiro. Eile louclie du
piano presque aussi bien que Dona Marianna, et a
composé aussi quelques jolies inodinhas.
*3ÏANor,LlGNACio daSilva Alvarenga. Ce poète
et littérateur dislini>ué cultivait aussi la musique avec
succès, et jouait parfaitement de la flûte et du violon.
Voyez Littérature et Poésie..
JoAO Leal, fils du médecin Leal et major du corps
d'éiat-major. Ce brave officier joue bien de plusieurs
instrumens , mais particulièrement do la viole fran-
çaise; il est l'auteur de presque toutes les bonnes mo-
dinhas de Rio- Janeiro.
JoAQum Manoll, mulâtre de Rio-Janeiro , doue
d'un rare talent pour la musique, renommé surtout
pour jouer parfaitement d'une petite viole française do
son invention, appelée cavaquinîio.
Musique voccde ou chant.
Les Portugais excellent surtout dans un genre do
chant qu'ils appellent niodinhas. C^est une espèce de
chanson qui a un caractère particulier par lequel elle se
distingue des chansons populaires de tontes les autres
nations. Ces jnodiiihas,e{ surtout celles nommées bré"
siliennes, sont remplies des mélodie et de sentiment,
et quand elles sont bien chantées elles pi^nètrent jus-
qu'à l'àme celui qui peut en comprendre le sens. Les
plus jolies et les plus passionnées sont celles de Coelho,
Pires, Ayres , Antomo Joaquim ÏNunes , José
Edolo en Portugal , et Leal , Dona Marianxa ,
Joaquim Marcel et le père Telles au Biésil.
Le manque d'un conservatoire (i) dans lequel otx
(i) Kous croirions n'avoir atteint rju imparfaitement notrebnt si nous
ne disions ici en passant un mot sur une cspîce de conservatoire da
musique établi depuis long-temps dans les environs de Ric-Janeiro, et
qui est destiné uniquement à loriner des nègres dans la mnsiiiiic. Cette
institiitior; est duc aux jésuites, ainsi que tontes relies oublies au
Bitsil avant l'arrivée du Koi, qui se rattacLent à la civilisatio.'i et à l'in-
slruwiioc du peuple. C^et ordre puissant, qui élsit lo pin* ricao pro-
( ccxiv )
enseli^nerait, comme dans ceux de Milan, deNapIes,
de Paris, etc., le chant, d'après de bons principes et
surtout d'après d'excellens modèles, est le plus j^rand
obstacle qui jusqu'à présent ait enipéclié les Portugais
d'avoir de grands artistes dans ce genre , pour lequel
ils ont les plus heureuses dispositions. On peut dire
que cette partie de la musique est presque exclusive-
ment entre les mains de quelques maîtres italiens établis
i)riétaire de cette vaste contrée, possétlait une plantation de près de vingt
lieues d'étendue , nommée Santa-Cruz ; à l'époque de la supiircssion
des jésuites, cette propriété fut réunie, avec tous leurs autres biens
immeubles , aux domaines de la couronne. Lors de l'arrivée du roi- à
Fiio-Janeiroj Santa-Cruz fut convertie en maison royale. Sa Majesté
et toute la cour furent frappées d'étonncment , la première fois qu'elles
entendirent la messe dans l'église de Saint-Ignace de Loyola à Santa-Cruz,
de la perfection avec laquelle la musique vocale et instrumentale était
exécutée par des nègres des deux sexes , qui s'étaient perfectionnés dans
cet art d'après la méthode introduite plusieurs années auparavant par
les anciens propriétaires de ce domaine, et qui heureusement s'y était
conservée. Sa Majesté, qui aime beaucoup la musique, voulant tirer
parti de cette circonstance, établit des écoles de premières lettres, de
composition musicale, de chant et de plusieurs iustrumcns dans sa
maison de plaisance , et parvint en peu de temps à former parmi ses
nègres des joueurs d'instrumens et des chanteurs très- habiles. Les deux
frères Marcos et Simào Portugal ont composé tout exprès des pièces pour
ces nouveaux adeptes de Therpsichore , qui les ont parfaitement exé-
cutées ; plusieurs ont été agrésés parmi les musiciens des chapelles
royales de Santa-Cruz et de San-Christovào. Oueiques-uns même sont
parvenus à jouer des instrumens et à chanter d'une manière vraiment
étonnante. JN'ous regrettons de ne pouvoir donner les noms du premier
violon , du premier fagot et du premier clarinette de San-Chris-
tovào , et de deux négresses qui se distinguent parmi leurs compagnes
par la beauté de leur voix et par l'art et l'expression qu'elles déploient
dans le chant. Les deux frères Marcos et les plus grands connais-
seurs de Rio-Janeiro en font le plus grand cas. S. Majesté à assiste bien
des fois à des cérémonies religieuses où toute la musique a ete exécutée
par ses esclaves musiciens. Son Altesse Royale le prince du Brésil ,
qui possède des talens extraordinaires en musique, qui compose avec
autant de goiit que de facilité , et qui joue de plusieurs inslrumons ,
entre autres du fagot, de' la trombonnc , de la flûte et du violon, a
beaucoup contribué à perfectionner cet établissement , unique dans
son genre, par l'encouragement qu'il donne à ces nègres et par les
grâces qu'il leur prodigue. 11 n'y a pas bien long-temps qu il a charge
les frères Portugal de composer des opéras qui ont ete entièrement
exécutés par ces Africains , aux applaudissemcns de tous les connais-
seurs qui les ont entendus.
( ccxv )
à Lisbonne, et dans celles des virluosi , (^ui jouent
l'opéra italien à Lisbonne, Porto, Rio-Janeiro, Bahia
et Maranhào. 11 existe cependant quelques établisse-
mens où les Portugais peuvent apprendre la musique
vocale et instrumentale , mais ils sont tous organisés
sur un plan trop borné pour soutenir la comparaison
avec les établissemens du même genre d'Italie , de
France et d'Allemagne, et pour former des élèves
aussi instruits. Néamnoins il faut avouer que l'in-
stitut de Lisbonne , dont nous avons parlé à la page
74 <^e ce volume, a produit des artistes assez dis-
tingués, tels que Cardoto , Mesquila et Leal pour le
piano. D'ailleurs, chaque cathédrale possède une
école de musique; celle de Braga se distingue au-des-
sus des autres. Nous remarquerons aussi à cette occa-
sion que le père Manoel Elias fut un organiste re-
nommé , et un bon compositeur, et que plusieurs Por-
tugais allèrent se^former au conservatoire deNaples,
comme Joàode Souza , Cordeiro et autres , qui depuis
furent attachés à la musique delà chambre et des théâtres
royaux pour la composition. Voici les noms des Por-
tugais qui se distinguent le plus dans le chant italien:
Madame Todi , née à Setubal. Cette artiste, qui a
fait admirer son talent dans toutes les grandes capitales
de l'Europe, où elle a excité le plus grand enthousiasme
par la beauté de son chant aidé de tous les secours
qu^une grande actrice sait tirer d'une action bien con-
duite, est déjà parvenite à un âge très-avancé, et vit
à Lisbonne, où elle continue à jouir, par une conduite
digne d'éloges , de l'estime que ses talens lui avaient
méritée. Depuis quelque tcînps elle a perdu la vue.
Angelo, qui a été pendant long-temps en Italie aux
frais du gouvernement pour y apprendre le chant \ il
demeure actuellement à Lisbonne.
Alcobia à Lisbonne.
Antonio Joaquim Nunes à Porto.
Luiz Aa'tonio Barbosa Leitao à Braga.
( ecxvj )
'*• Mademoiselle Chiari à Lisbonne. La mort a en-
levé à la Heur de l'âge celle jeune artiste qui promettait
ti'alteindre à une grande perl'eclion.
JoAO DOS Rey , musicien de la c^ia pelle royale. Ce
m»dâlrc de Piio-Janeiro est réputé la première basse-
taille des Portugais; aussi le roi le nommait son Mom-
helli , à cause de la grande ressemblance de sa voix
avec celle de ce fameux artiste italien.
Porto, autre basse-taiile, natif de Porto. Il passa
au Brésil avec le roi, et il y est resté.
Pour éviter d'inutiles répétitions, nous prions nos
lecteurs de lire ce que nous avons dit en parlant des
amateiu'S de la nmsique instrumentale , puisque nous
ne pourrions que répéter les mêmes clioses à l'égard
des amateurs du chant. Voici les noms des Portugais
que l'opinion générale s'accorde à considérer connue
les amateurs les plus distingués dans le chant, surtout
dans le chant italien.
Dona Thehesa Benediçta de Brito e Cunha
à Porto. Cette dame aimable, que nous avons l'hon-
neur de connaître, a une superbe voix de soprano ^
dont elle sait tirer le plus grand parti, en exécutant
les morceaux les plus difficiles avec tant de grâce et
d'expression , qu'elle brillerait même à côté des plus
belles voix de l'Italie.
Madame FoEQUE , femme du général de ce nom ,
à Lisbonne. Nous l'avons entendue chanter avec autant
de grâce que de justesse les plus beaux morceaux de
Rossini , des moclinhas et des chansons espagnoles
charmantes.
Madime Rodrigues , sœur de la précédente , à
glvas. tUe a une belle voix, et nous Tavons entendue
chanter avec autant de grâce que de justesse.
Mademoiselle N.N., superbe contralto de Lisbonne.
Elle est recherchée dans les plus brillantes sociétés à
cause de h grâce et de la Oicilité avec laquelle clla
( ccxvij )
chanleles plus beaux morceaux des opéras italiens. Elle
possède la musique et s'accompagne avec perfection»
Ayres , négociant portugais , séjournant depuis
quelque temps à Rio- Janeiro. 11 a une voix superbe de
taritono , dont il sait tirer le plus grand parti dans
l'exécution des plus beaux airs iiallens et portugais.
C'est aussi un des premiers compositeurs de nio-
dinhas.
JoAO Leal, fils du médecin Leal,et major de l'ctal-
major. C'est le meilleur tenorc de Rio-Janeiro , où on
l'appelé le Vacani , à cause du talent extraordinaire
avec lequel il imite, à s'y méprendre, ce grand artiste
italien.
Mademoiselle Leal , sœur du précédent. C est
un soprano superbe aussi fort qu'étendu, qui exécute
à perfection les plus beaux airs des maîtres italiens et
nationaux (i).
(i) Le talent pour Li musique parait être hcrcilitaire depuis quatre
générations clans cette l'amille. M. Leal , le père , qui est un des meil-
leurs médecins de Rio-Janeiro , joue parfaitement du violon , et a des
connaissances rares en musique. 11 a dix enfans , dont sept garçons ,
qui tous ont (iludié à l'université de Coimbra , où ils se sont formés
en diverses facultés. Ces di\ enfans ont appris la musique et jouent
parfaitement de quelque instrument ou chantent avec beaucoup de
grâce et de précision. Celui qui se distingue le plus est .Toào Leal ,
major au corps d'état-major , dont nous avons parlé aux articles chant ,
musique instrumentale et composition musicale. Il est impossible de
décrire rhabiieté avec laquelle les membres de cette famille exécutent,
seuls ou aidés de quelques autres amateurs distingués , les chefs-d'œuvre
de Cimavosa , deRossini , de Marcos et d'autres grands maîtres italiens
ou nationaux. En 1808 cette famille se rendit à bord du Foudroyant,
vaisseau de ligne anglais commandé par sir Sidney Smith, qui avait
accom])agné le Roi actuel, alors prince régent, au Brésil, et y joua
seule une pièce italienne. Le père Leal a deux frères docteurs en mé-
decine , qui sont pareillement grands amateurs de musique. Leur pèic
avait été aussi médecin, et jouait de plusieurs instruniens. On dit la
même chose de leur aïeul. Ce fait , dont l'authenticité ne saurait être
révoquée en doute , a fait dire à quelqu'un que la famille Leal pos-
sédait \e sens musique. Si le savant docteur Gall avait connu ce fait, il
n'aurait pas manqué de le citer à l'appui de son système , auquel sm*
doute il aurait donné un grand poids.
( ccxviij )
u4rt dramatique^
On peut dire que les Portugais n'ont pas eu de
théâtre national avant le roi Joseph, parce qu'on ne
saurait donner ce nom aux farces informes et dénoû-
tantes, et aux pièces soi-disant religieuses (autos sacra-
mentaes), qui avant cetle époque leur servaient de
speclacle ordinaire , et qui étaient dans le genre de
celles qu'on jouait dans toute l'Europe quand elle
était encore plongée dans la barbarie. Les acteurs na-
tionaux jouaient les comédies de Simào Machado,
et les opéras comiques d'Antonio Joseph (o Judeu)qui
avaient été composés pour le théâtre du Bairro-Alio ,
alors occupé \)'dr des Fantoccini. Les pièces espagnoles
jouées de temps à autre dans la capitale et dans les
provinces formaient les meilleurs spectacles. Ce ne
lut que sous le roi Joseph que des particuliers conçu-
rent le projet de créer un théâtre national ; elle mar-
quis de Pombal, disposé à protéger tout ce qui élait
grand, beau et utile, lit tous seseftoris pour seconder
les dispositions favorables qui se manifestèrent alors
pour parvenir à ce but. \^ Arcadia , qui a tant mérité
de la littérature nationale , a pourvu autant qu'il lui
a été possible à la réforme du théâtre , tant à l'égard
des pièces qu'à l'égard des acteurs. Des Portugais et des
étrangers très-instruits, quiont vu jouer la comédie et
la tragédie à Paris et à Londres _, nous ont assuré que
dès les premières années plusieurs acteurs et actrices
portugais parvinrent à un grand degré de perfection.
On cite entre autres Cecilia dans le tragique, sa rivale
Maria Joaquina dans le comique et même dans quel-
<{ues rôles tragiques, et plusieurs acteurs non moins
distingués. La célèbre Todi , dont toute l'Europe a
admiré la voix , la méthode de chant et surtout la belle
déclamation, a joué pendant quelques années les rôles
de soubrette sur le théâtre de Rua dos Condes^ et elle
était loin d'occuper le premier rang dans son emploi.
( ccxfx )
Mademoiselle Cecilia , sœur de madame Tod'i, a si
bien joue les deux [)remiers rôles de ï j4lzirc et de la
Zaïre de Voltaire,lraduites par le médecin Seixas , un
des meml)res de ÏArcadïa , que ce savant , en tra-
duisant le poëme de la Déclamation de Bernard,
lui appliqua les louanges du poète français à la fameuse
Clairon. Le mérite réel de ces deux actrices , de Pe-
drlnho et de quelques autres acteurs, engagea la
noblesse de la cour à protéger la carrière dramatique.
En 1771 unédit royal déclara honorable la profession
des acteurs comiques, el proclama les avantages que le
peuple pouvait tirer du théâtre lorsqu'il était bien régie.
Ces mesures libérales du gouvernement furent secon-
dées parles particuliers , qui , on doit le dire , ont tou-
jours coopéré à encourager les progrès de plusieurs
branches de la littérature nationale. Pedegache, Quitta
et Seixas travaillèrent à la tragédie de Megare, qui fut
composée d'après les règles les plus strictes du théâtre
grec, et qui fut imprimée avec une dissertation ana-
lytique dans le genre de celles dont Voltaire faisait
précéder ses tragédies. Pendant la courte existence du
théâtre national, dirigé par le bon goût de quelques
littérateurs zélés pour ses progrès, une foule d'excel-
lentes traductions des meilleures tragédies et comédies
françaises, anglaises et italiennes, furent publiées et
jouées. Une circonstance digne d'être rapportée, c est
que le marquis de Pombal fit faire par le capitaine
Manoel de Souza la traduction du Tartufe, qui fut
jouée à la grande satisfaction du public; ce ministre as-
sista à la première représentation. Ce même Manoel de
Souza traduisit aussi le Bourgeois gentilhomme de
Molière, et Feliciano de Moraes , employé à la se-
crétairerie d^Etat , composa des comédies agréables
et très-comicpies. Il faut aussi remarquer que plusieurs
amateurs de la bonne comédie essayèrent de la trai-
ter, en faisant jouer leurs pièces dans un théâtre
de société appartenant à M. Ludovici. C'était à la fois
( ccxx )
une ëcole pour l'art dramatique et la composillon. C'est
■dans cette occasion que quelques contes de Marmontel
furent mis en scène , ainsi que beaucoup d'autres
sujets fournis par le taLleau mouvant de la société.
Après la mort du roi Joseph, des scrupules de con-
science ayant décidé la reine sa fille à défendre aux
femmes de paraître sur le théâtre, il tomba dans la
plus grande décadence. Rien n'était plus dégoûtant
que de voir les premiers rôles de princesses et d'a-
moureuses joués par des acteurs à barbe noire , dont
celui (Fillppe) qui avait le plus de talent était d'une
Jaideur remarquable, et d'un âge assez avancé lorsqu'il
jouait encore les jeunes premières. Rien d'ailleurs n'cn-
<:ourageant les auteurs dramatiques , et aucune loi
n'assurant leur propriété littéraire , il ne faut pas s'é-
tonner si le premier élan donné par quelques littéra-
teurs sous le règne précédent se ralentit bientôt. Le
roi actuel, étant encore régent, a enfin permis de nou-
veau aux femmes de paraître sur la scène. Cependant,
malgré le talent naturel do quelques actrices qui se
sont lancées dans la carrière, le mauvais goût de dé-
clamation et le manque total d'instruction parmi les
acteurs qui étaient en possession de jouer devant le
public, ont empêché le théâtre portugais de sortir d'un
état si inférieur sous tous les rapports à celui où se
trouve le théâtre chez toutes les nations civilisées.
On peut trouver à Lisbonne quelques paradeurs
assez adroits, mais il existe à peine dans cette ville un
acteur qui mérite même d'être con>paré à ceux du
second ordre des autres peu{)les dans la tragédie
ou dans la comédie. Les auteurs qui travaillent pour
le théâtre sont, à quelques exceptions près, peut-
être encore au-dessous des acteurs qui jouent leurs
pitoyables compositions originales, ou leurs mauvaises
traductions de rallemand, de l'espagnol et du français.
Le public , habitué depuis long-temps à n'assister
qu'à des compositions dramatiques mal conçues et sou-
vent encore plus mal jouées , n'a pu acquérir cette
délicatesse de goût qui seule peut avertir les auteurs
et les acteurs de la route qu'ils doivent suivre pour
parvenir à la perfection. Les savans et les hommes de
lettres méprisent trop le théâtre national pour s'en*
occuper sérieusement, et ils vont se délasser de pré-
férence à l'opéra italien (voyez Musique 'vocale), ou se
contentent de lire les bons ouvrages dramatiques dans
leur cabinet.
D'après ce que nous venons de dire nos lecteurs peu-
vent connaître l'état d'imperfection où se trouve le
théâtre parmi les Portugais. Nous allons cependant, à
défaut de grands noms dramatiques , leur citer ceux
des acteurs qui, quoique médiocres, passent maintenant
pour les premiers du théâtre national à Lisbonne.
JoAO EvANGELisTAdans les rôles de centro.
Sebastiao Ambrosi.xi dans ceux de gracioso.
Victor dans ceux de petit-maître espiègle et dans
les rôles d'esprit.
Theodorico dans ceux de vieillard.
Dans la troupe nationale de Porto , qui est encore
inférieure à celle de Lisbonne , ceux qui se distinguent
le plus sont :
Jozepha dans les rôles sérieux et passionnés.
José Duarte dans les rôles de vieillard et dans
ceux de centro.
Maxoel Luiz dans les rôles de centro.
PoMADA (le père) dans ceux de gracioso.
Talâssi, jeune fille de treize à quatorze ans, qui
joue déjà assez bien dans les rôles de sentiment, et qui
promet de devenir une bonne acti'ice.
Dans la troupe nationale de Rio-Janeiro les acteurs
les plus distingués sont ;
Marianna ToTiKEs. C'est la première actrice por-
( ccxxij )
lugaise. Elle excelle surtout dans les rôles passionnes et
dans le tragique.
^ MA^ OEL A LViiS , bon acteur , surtout dans les rôles
de vieillard, dans lesquels des connaisseurs très-instruits
le mettaient au-dessus de tous ses compatriotes, et l'é-
galaient même aux bons actertrs étrangers dans ce
genre, quoiqu'il ne soit jamais sorti de Ric-Janeiro sa
patrie.
^' Pedkinho, mort à Pùo- Janeiro, où il fut appelé du
Portugal pour organiser l'ancien théâtre portugais; il
eut le mérite de former les premiers acteurs qui y ont
joué, et qui tous étaient des amateurs. Il excellait sur-
tout dans les rôles tragiques.
MademoiselleRiTTA, fille du précédent; elle excelle
surtout dans les rôles où il faut déployer de l'exalta-
tion et de la colère.
Nous croyons indispensable de placer ici quelques
détails siu' les principaux théâtres du Portugal et
de la monarchie, parce que ces établissemens étant,
dans l'état actuel de la société , la mesure de l'état où
sont parvenus les beaux-àrts, doivent nécessairement
trouver une place dans notre Coup-d'oeil , destiné à
faire connaître l'état des sciences et des arts parmi
les Portugais.
» LiSBOisiNE a cinq théâtres publics dont voici les
noms :
Saint- Charles (San-Car\os). C'est le plus vaste, le
plus beau et le mieux décoré de tous ; il a été construit
aux frais d'une société de riches négocians de Lis-
bonne, ayant à leur tête Anselmo José da Crux , à
l'époque où la grossesse de la princesse Charlotte , au-
jourd'hui reine , fut annoncée à la cour. L'intendant
de police Manique fit agréer ce monument pour célé-
brer la naissance de riiéritier du trône , suivant en cela
l'exemple des Romains , qui en pareilles circonstances
étaient dans l'usage d'inaugurer des basihques , des
cirques et des théâtres. Une belle inscription latine y
( ccxxiij )
gravée sur le frontispice au-dessus du balcon qui règne
sur le péristyle, rappelle la cause de l'érection de ce
monument. L'inauguration du théâtre eut lieu le
jour de la naissance de la princesse de la Beira , Dona
Maria-Theresa ; il fut construit en pierres de taille
dans l'espace de six: mois. Depuis long-temps il est
destiné exclusivement à l'opéra italien, et il a joui
sans interruption d'une dotation ou de certains privi-
lèges assez avantageux aux directeurs pour les mettre
à même d'y engager les plus beaux talens de l'Italie.
Le gouvernement lui a assigné pour l'année courante
( 1822) i5 000000 reis.
Rua clos Condes. Ce théâtre , quoique beaucoup
plus petit que celui de Saint-CIiarlcs , est le premier
théâtre national. Il est toujours en possession de repré-
senter les pièces portugaises ; aussi depuis long-temps
porte-t-il exclusivement le titre de Theatro nacio-
nal. Les acteurs qui composent sa troupe sont tou-
jours les meilleurs comédiens portugais; inais depuis
l'époque brillante du roi Joseph, il est bien déchu
de l'état florissant auquel il était parvenu. Le gouver-
nement vient de lui assigner pour l'année courante
T 0000000 reis.
Les théâtres du Salitre et du Bairro- Alto sont
encore plus petits que celui de Rua dos Condes , et
n'ont à leurs gages que des acteurs encore plus mal
clioisis. On y joue alternativement des pièces portu-
gaises et des pièces espagnoles.
Le théâtre de Boa-Hora à Belem est encore infé-
rieur aux deux précédens ; on n'y joue que des farces
portugaises.
Un cirque annexé au théâtre de Salitre sert aux
combats des taureaux. Un autre cirque plus petit est
établi dans la place du Poço Nouo pour les exercices
et danses de chevaux et autres spectacles popu-
laires.
Lisbonne comptait autrefois plusieurs théâtres
( ccx^iv )
d'amateurs dans les maisons des ramilles les plus remar-
quables, telles que celles des comtes Sampajo et d'Al-
mada , de la vicomtesse d'Anadia, du baron Quin-
lella , etc. etc. Le plus célèbre et le plus beau était
celui qu'on avait construit dans la maison du Mori^^ado
d'Assintis; on y donna des représentations pendant
plusieurs années avant le départ du roi pour le Brésil ,
et l'on continua à en donner encore plusieurs années
après. Les décorations avaient été exécutées par les
meilleurs peintres de Lisbonne, et le célèbre da Costa
y avait travaillé beaucoup. Une société d'amateurs dis-
tingués y jouaient les meilleures pièces portugaises, et
presque tous les auteurs y faisaient représenter leurs
pièces pour juger de leur efïet avant de les faire jouer
devant le public.
Porto possède dans son tbéatre de Saint- Jean
(San-Joào) le second établissement de ce genre du
royaume. Ce tbéatre est un grand bâtiment construit
vers la fin du siècle passé par Mazonescbi, sur le mo-
dèle de celui de Lisbonne, quoique sur des propor-
tions plus petites. On y joue alternativement des pièces
portugaises et les meilleurs opéras italiens. Depuis sa
création il a presque toujours eu une troupe ilalienue
assez bien composée. Une cliose digne de remarque,
c'est qu'on a permis aux femmes de reparaître sur la
scène de ce tbéatre long-temps avant de leur accorder
la même faveur poiu' celui deLisbonne. Quelques-unes
des actrices les plus distinguées du tliéâlre portugais
de cette dernière ville se sont formées sur celui de
Porto. Le gouvernementvientdeluiaccorder un secours
de lO oooooo reis pour l'année courante, pour mettre
les directeurs en état de le tenir toujours ouvert. De-
puis Pâques 1821 ce tbéatre est même le seul du
royaume où l'on joué l'opéra italien , car depuis cette
époque celui de Lisbonne est fermé.
Setubal a un théâtre presque aussi grand que celui
( CCïXT )
Je Rua dos Gondes , mais il n'a pas de troupe à de-
meure.
Sur le lliéalrc d'ELVAS , qu'on pourrait comparer à
celui de Boa-IIora de Lisl)onne, la troupe espagnole
de Badajoz^ joue pendant Tété ses pièces nationaîes.
Les théâtres des autres villes du royaume ne méii-
tent pas la peine d être nommés. Plusieurs en man-
quent tout-à-fait, comme Coimbra; quelques-unes,
telles qu'Evora et Lamei^o, en ont qui sont inférieurs
méuie à celui d'Elvas. En général ce sont des troupes
ambulantes , fort mauvaises pour la plupart , qui de
temps en temps y donnent des représentations. Ordinai-
rement ce sont des amateurs qui jouent les meilleures
pièces nationales, comme par exemple à Villa-Real,
Almelda, Bragança, Moura, etc.
Mamtenant jetons un coup d'œil sur les possessions
portugaises ; nous trouverons d'abord les Acores qui
ne possèdent point de théâtre.
Madère en a un assez beau àFocHAL. Depuis quel-
ques années il s'est formé une société de li.téraieurs
et d'amateurs qui, sous le titre de Sociosdo hom^osto,
entrelient un théâtre où l'on étudie la déclamation et
où l'on perfectionne le talent dramatique. La tragédie,
qui est si peu cultivée sur les théâtres du Portugal ,'
paraît sur celui de Madère avec toute la dignité qui
convient à ce genre. Cette société fait aus^i venir
quelquefois des coméchens portugais.
Le Brésil a plusieurs théâtres , dont quelques-uns
peuvent soutenir la comparaison même avec celui de
i>amt-Charles à Lisbonne, et d'autres sont supérieurs à
celui de Saint- Jean à Porto. Nous commencerons par
celui ûc Saint- Jean (San-Joào)à Rio-Ja:>liro. 11 a été
bail depuis l'arrivée du roi au Brésil, d'après le plan de
celui de Samt-Charles de Lisbonne, aux frais d'une so-
ciété composée des principaux négociansde cette ville,
et dont Sa Majesté voulut faire partie comme premier
actionnaire. Son ouverture eut lieu le 1 1 ociobie j 8l5
II.
( rcxxvj )
Cji lliéalre, qui est plus long , plus large et mieux pLicé
que celui de Lisbonne, n'a que quatre rangs de loges,
aîin de leur donner une élévation convenable à la haute
température qui domine à Rio-Janeiro. Les décora-
lions , qui furent confiées au célèbre peintre Costa, ne
laissent presque rien à désirer. Ce théâtre a toujours
eu la meilleure troupe nationale , et une assez bonne
de virtuoses d'Italie. On y joue alternativement des
pièces portugaises et des opéras italiens.
Parmi les théâtres particuliers de Rio-Janeiro , on
ne peut se dispenser de parler des deux suivans :
OTheatriTiho (leipelh théâtre), bâti en i8i5à grands
frais, par une société de riches négocians, sur la place
du Rocio, presque à côté du grand théâtre de Saint-
Jean. Les personnes les plus instruites en composaient
les pièces, qui étaient jouées par les amateurs les plus
distingués, et les décorations étaient exécutées par les
meilleurs artistes de Rio-Janeiro. L'orchestre était
tout composé d'amateurs. Tout s'y faisait avec tant de
perfection que bien de gens préféraient le spectacle
qu'ils y trouvaient à celui du grand théâtre. Cette
faraude concurrence excita lajalousiè de l'entrepreneur
de ce dernier , et par des intrigues il obtint de faire
dissoudre en 1837 la société du TheatrinJio.
Le théâtre de M. Luiz de Souza Diaz , que ce
riche négociant fit bâtir en 1820 par Grangeant ,
architecte français. 11 est petit, mais très-élégant. Une
troupe d'amateurs y joue les meilleures pièces devant
un public composé de tout ce qu'il y a de plus
distingué à Rio-Janeiro.
Bahia , depuis 1810, possède un magnifique théâtre,
placé dans la partie la plus élevée de la ville , et bâti
d'après le plan de celui de Saint-Jean à Porto. Ce
théâtre est un peu plus grand que son modèle j on y
joue des pièces nationales, et parfois des opéras italiens.
Une société composé des plus riches négocians de Per-
NAMBUGOy a fait construire depuis peu un beau théâtre
( ccxxvij )
tpii n'est pas encore achew. Cependant on a commence'
a y représenter des pièces nationales, qui ont été jouées
par une troupe bien mférieure à toutes celles des autres
grands théâtres de la monarchie.
San-Luiz de Maranhao possède depuis 1820 un
théâtre magnifique, construit sur le modèle de celui
de ^aint-Cliarles de Lisbonne, quoique plus petit que
ce dernier. La société de négocians qui l'a fait bâtir
a fait rechercher en Portugal et à Rio-Janei^o les
meilleurs acteurs pour y jouer les pièces portugaises
et a même engagé une troupe italienne pour y jouer
alternativement des opéras; cette dernière y a débuté
en 1021. -^
ViLLA-RiCA, capitale de Minas-Geraes , possède le
théâtre le plus ancien du Brésil, quoique le local n'ait
nen de remarquable , et soit même inférieur à tous
œux que nous venons de nommer. Les acteurs de Villa
Rica jouissent au Brésil de la réputation de posséder
mieux que tous les autres l'art de la déclamation et la
prononciation la plus pure. Depuis 1817 ce théâtre a
repris son ancienne prospérité; il était autrefois la pé-
peniere de celui de Rio-Janeiro. ^
Montevideo a un assez beau théâtre, où l'onioue
des pièces espagnoles. *
Les autres établissemens portugais n'ont pas de
théâtre; du moins ils ne sont pas parvenus à notre
connaissance.
Danse,
Cet art est très-peu cultivé en Portugal , quoicrue
depuis quarante ans il le soit beaucoup plus qu'autre-
lois.Cela vient en grande partie de l'extrême jalousie des
hommes,quimet un obstacle insurmontable aux ifrandes "
reunions, dans lesquelles , partout ailleurs en Europe
les deux sexes se livrent au plaisir de la danse. Aussi
peut-on dire quele peu de genres de danse qui méritent
ie nom de nationales sont très-grossières ou très-indé-
centes; encore ces dernières sont-elles plutôt importées
( Gcxxviij )
tlu Bi'^'sil et d'origine afrlcftinc , que veritableoieLil
portugaises : le landum , qui est une de ces derniè-
res , esi proscrit des bonnes sociciés; on ne le voit
danser que très-rarement sur le théâtre et dans les
fêtes populyires à la campagne , où Ton danse aussi le
fandango portugais , qui esl la vraie danse nationale.
Le*|)euple en a aussi conservé une autre qu'oti appelle
baile cla roda , h laquelle on se livre tréquemnient
dans l'Alem-Tejo, et que les danseurs exécutent en
chantant. On ne danse dans les assemblées ( parddas)
que les contredanses françaises et anglaises, qui n'ont
commencé à être à la mode que depuis trente ans. Enfin
on peut dire sans exagération que le Portugal est le
pajs où l'on danse le moins. C'est tout le contraire au
Brésil , où non-seulement les nègres et les indigènes ,
mais encore les blancs sont très-portés à se livrer à ce
genre de plaisir. A Rio-Janeiro , à Bahia et dans les
autres grandes villes , on trouve un grand nombre
d'amateurs, élèves des maîtres italiens et français, qui,
par l'adresse et la grâce avec lesquelles ils exécutent les
danses les plus difficiles , pourraient passer pour de
véritables maîtres de danse. Le chioo , la chida, le fado
et la volta no meio sont les danses populaires les plus
communes et les plus remarquables du Brésil.
Quant aux ballets, on aime beaucoup à les voir au
théâtre , et les Italiens ont été long-temps à Lisbonne
en possession exclusive de fournir les compositeurs et
les dapseiu-s. Ce n'est que depuis environ une vingtaine
d'années que des danseurs* de l'Opéra de Paris et
d'autres théâtres de cette capitale, de Bordeaux et de
Lyon ont paru sur les scènes portugaises. Depuis ce
temps on a continué à engager des artistes des deux
pays, et quelques Italiens formés à l'école française
ont eu le mérite de perfectionner les ballets, qui n'é-
taient autrefois que des pantomimes plus ou moins bien
conçues et exécutées, mais dont la danse se bornait
ordiijiairement aux tours de forée des grotesques. En
( ccxxix )
géiit^ral à Lisbonne comme en Italie les coniposileui-s
de ballets préfèrent les sujets tragiques et de grand
fracas aux sujets gracieux, qu'on aime de préférence
en France.
Le théâtre n'offre aucun Portugais qu'on puisse con-
sidérer comme un grand danseur. Mademoiselle Faus-
TiNA Velllti , élève de l'incomparable madame Co-
raîy, donne à ses compatriotes l'espoir d'avoir enfin
sur leur théâtre une danseuse distinguée autant par
la grâce que par la force et l'exactitude de l'exécution.
La danse est enseignée à Lisbonne et à Porto par
des maîtres français et italiens, et elle forme depuis
quelque temps une partie de l'éducation qu'on donne
à la jeunesse, surtout dans les classes haute et moyenne.
Calligraphie.
Les Portugais en général, et particulièrement ceux
du Brésil , surtout de Pernambuco, excellent mainte-
nant dans la calligraphie. Depuis environ trente ans
ils cultivent beaucoup cet art utile, pour lequel ils ont
les plus heureuses dispositions , et dans lequel se dis^
linguent surtout les personnes qui se livrent au com-
merce et celles qui travaillent dans les bureaux. Nous
avons eu sous les yeux des pièces sorties de ces der-
niers, qui peuvent passer pour des chefs-d'œuvre en
ce genre. Le caracière généralement adopté est l'écri-
ture anglaise.
'^SArvMEisTO, le premier des calligraphes portugais,
et peut-être le premier de tous ses contemporains.
Jamais professeur d'écriture ne posséda une méthode
meilleure et plus cxpéditive. H imitait parfaitement et
avec la plus grande facilité une écriture quelconque,
il lui sulïisait d'avoir sous les yeux quelques lignes de
l'écriture d'une personne pourTimilerà s'y méprendre,
même dans une lettre d'une certaine étendue. Quant
aux signatures un instant lui suflisait pour les copier.
îl fut condamné à mort pour avoir contrefait à la plumo
( ccxxx )
des assignais portugais ; ils ciaieiit exécutés avec une
telle perfection qu'il était presque impossible de les
distinguer des véritables; il n'y avait de gravé que le
timbre sec. On commua sa peine .en une prison per-
pétuelle , oii il est mort de{)uis quelques années. Il
laissa sa vie écrite à la plume dans un petit livre dont
les caractères imitent les plus beaux de Didot. 11 des-
sinait avec beaucoup de goût , quoiqu'il n'eût jamais
reçu de leçons.
Ventura. C'est un des meilleurs calligraphes por-
tugais , auteur d'un excellent traité dé calligraphie
publié à Lisbonne , et rédigé d'après les règles de la
géométrie. 11 a aussi composé une bonne arithmétique
à l'usage de ses élèves.
José Augusto, employé à la secrétairerie du gou-
vernement d'Angra aux Açores, oii il est né. C'est un
calligraphe du plus grand mérite. 11 à écrit entre autres
un sonnet dont chaque vers est écrit avec un caractère
différent , mais en lettres d'un si grand fmi et d'une telle
beauté qu'il a mérité d'être déposé au muséum d'histoire
naturelle à Rio-Janeiro , avec d'autres chefs-d'œuvre.
César , Brésilien , employé au bureau des finances
à Rio-Janeiro. On peut le comparer pour l'habileté au
célèbre Sarmento.
ManoeIj Clémente , autre Brésilien , ancien em-
ployé à la banque du Brésil; il dessine à la plume
aussi bien que le précédent.
Typographie.
Cet art admirable, qui, inventé par l'allemand Gut-
temberg à Mayence, a eu une si grande influence sur
la civilisation des peuples modernes," cet art ministre
de l'immortalité, dépositaire des grandes pensées do
l'homme comme il l'est de ses grandes erreurs, paraît
avoir été introduit en Portugal (i) presque en même
(i) Nous croyons indispensable de présenter les faits sur lesquels
nous appuyons une assertion qui dilTère tant de l'opinion universel-
( CCXXXj )
teiupsqu'en Italie. D'après ce fait, jusqu'à préseiili^'iioré
et que nous avons appris d'un des plus savans acadé-
lement reçue et de celle'adoptceparM. Petit-Radel dans son intéressant
ouvrage intitulé Recherches sur les bibliothèques anciennes et modernes.
L'abbaye des bénédictins de Subiaco, petite ville de la campagne de
Rome, ayant été la première après quelques villes de l'Allcynagne à
posséder une typographie entre 1460 et 14^7 , nous en avons inféré que
si Leiria en possédait une dès l'année 1^66, comme prétend l'avoir dé-
montré Antonio RiLeiro dos Santos, les Portugais partageraient avec les
Italiens l'honneur d'avoir été les premiers qui aient introduit chez eux l'art
de rim])riraerie. Voici les faits sur lesquels est fondée l'opinion de cet
académicien Portugais; ils sont tirés d'une savante dissertation insérée
dans le second volume des Mémoires de la littéi^ture portugaise de
l'Académie Royale des Sciences.
Pedro Affonso de Vasconcellos, né à Leiria , dit dans son ouvrage de
laConcorde des rubriques du droit canon, à l'article de fieniintiatione ,
que la ville de Leiria fut la première qui en Espagne ait possédé l'art
d'imprimer en caractères métalliques, inventés par Jean Guttembergà
Mayence, en appuyant son assertion sur le témoignage du célèbre Pedro
Nunes et sur celui d'autres savans , dont l'autorité n'est pas moins res-
pectable.
Soares da Silva, membre de l'Académie d'histoire portugaise , rap-
porte, dans les mémoires de Jean I^', qu'il avait vu dans la biblio-
thèque du cardinal de Souza ( de la famille d'Arrondies ) , un livre
in-4" contenant les poésies de l'infant dom Ped-o, qui portait à la
fin la déclaration que lesdites poésies avaient été imprimées neuf ans
après l'invention de l'art de l'imprimerie. Cet exemplaire fut détruit,
dans l'incendie de i755, de même qu'un autre appartenant au comte
de Vimieiro, et sur lequel le comte d'Ericeira avait fait un rapport
à la susdite académie. Ce dernier e.-îemplaire manquait comme le pre-
mier de l'indication du lieu et de l'époque où il avait été imprimé ;
seulement le comte d'Ericeira ajoute, dans son rapport à l'académie,
qu'il avait été imprimé six ans après la découverte de l'imprimerie à Baie.
Ces trois faits nous ont amené tout naturellement à en tirer les con-
séquences suivantes: i» que l'assertion de Pedro Affonso de Vascon-
cellos sur la priorité de sa patrie dans toute la péninsule pour l'in-
troduction de la typographie chez elle, gagne un nouveau degré de
force, quand on considère que Vasconcellos ayant publié son ouvrage
à Coimbra en i588, il n'était pas assez éloigné de l'époque de l'intro-
duction de l'imprimerie à Leiria pour oser soutenir un fait qui ne fût
j'vas vrai ou de notoriété traditionnelle ; i" que Leiria ayant été In pre-
mière ville de la péninsule qui eût possédé des presses, les poésies de l'in-
fant Dom Pedro, qui furent imprimées neuf ans après l'invention de la
typographie à May ence,peuverit très-bien être sorties de l'imprimerie de
Leiria ; 3° que l'assertion du comte d'Ericeira doit être rcjctée : d'abord
parce que l'imprimerie n'a pas été inventée à Bàle , mais à Mayence;
ensuite parce que cet art ayant été introduit à Bàle en i474» ^^ '^*
poésies ayant été publiées six ans après , savoir en 14S0 , Leiria n'aurait
pas été la première ville de la péninsule dans laquelle on eût imprime,
comme le dit A'^asconccllos , puisque Valencia d'Espagne, selon Dio-
( ccsxxij }
luicieDS de Lisbonne , un a loul lieu cl'êlre siii-pris en
voyant que ce peuple , après avoir montre tant d'eni-
Jndo Caballero , avait imprimé un Sallustc des l'année «475 j 4" <iu<^
l'on ne peut tirer aucune conséquence en faveur de l'antiquité de l'im-
priiiievie de Leiria lorsqu'on admet ensemble, comme Antonio Hibeiro
dos Santos , les deux laits cités par Soarcs da Silva et par le comte
d'Ericeira j puisque selon le premier cette ville aurait eu une imprimerie
dès l'aniîce 1457 en comptant les années depuis l'invention, et en ujGG
en les comptant, comme il est beaucoup plus probable, après ladate du
célèbre Psautier, tandis que selon lesecond Leiiia n'aurait eu d'impri-
ineriequ'en 1480, parconséquentbeaucoupplus tard qu'nngiandnombre
d'autres villes de la péninsule et d'autres parties de l'Europe ; S" que
Leiria ayant alors une école célèbre de juifs, il était tout simple que
leurs relations avec J'AUemagnc leur fissent connaître tout aussitôt une
découverte si merveilleuse - quoiqu'ils ne l'aient adoptée pour l'exercer
constamment qu'en i48 1 , K ^que l'imprimeur israëlite Jacob Ben Acher
établit une imprimerie à Lisbonne, dans laquelle il publia le livre d©
Scpherj 6° c[u'ilest très-probable que les juifs de l'école de Leiria profitè-
rent de l'occasion favorable que leur offrait cette découverte pour s'attirer
la bienveillance d'un prince qui revenait de si longs voyages avec la répu^
tation d'un bomme très-éclairé , en lui offrant un exemplaire de ses poé-
sics imprimé dans leur ville j 7° que ces dernières inductions acquièrent
un nouveau poids si l'on remarque que les premiers imprimeurs en
Portugal fuient des étrangers , soit des juifs venant de l'Italie ^ soit des
chrétiens de l'Allemagne ; et que la grande distance qui sépare Mayence
et Leiria ne doit pas être calculée lorsqu'on sait que l'imprimerie fut
introduite à Subiaco, Rome et VenisCjavant de l'être à Spircet à Bàle qui
étaient si voisines de la patrie de Guttemberg, et qu'on la voit en pleine
activité à Ferrare, Bologne , Florence, Naples , Vérone, Milan, Trevi ,
Jesi , Foligno et Paris ayant ou en même temps que plusieurs
\illesde l'Allemagne très-peu éloignées de Maj'ence. Malgré toutes les
raisons par lesf|uel!es nous avons tâché d'étayer l'opinion d'Antonio
Piibeiro dos Santos , il faut avouer c[u'elle est bien loin d'être sans répli-
que, et nous n'oserons jamais l'exposer affirmativement tant que l'on
ne pourra donner de preuve absolument concluante que les poésies
de l'infant dom Pedro ont été imprimées à Leiria ou dans loute autre
ville de Portugal neuf ans après l'invention de l'imprimerie à Mayence ;
ear les conséquences que nous en avons déduites^ reposant entièrement
sur les faits susmentionnés, tombent d'elles-mêmes lorsque l'existence
de ceux-ci n'est pas démontrée de manière à lever tous les doutes.
IVous espérons que nos lecteurs nous sauront gré d'avoir tiré de
l'ouvrage du savant M. Petit-Radel les noms des villes del'Europi' qui les
premières ont possédé des imprimeries, l'épocpie précise où elles ont
imprimélcs premiers livres qui sortirent de leurs presses^le nombre de
ditrérentes éditions qu'elles ont publiées , et le nombre approximatif
des volumes sortis de toutes les typographies de l'Europe pendant les
deux premières périodes del'iinprimerie, savoir de 14*57 à i5oo, et de
lôoi à i536. Ces faits, que nous avons en partie rectifiés d'après le sa-
vant bibliographe italien M. Salvi, qui uoushonore ticson amiti'é, etaux-
quels nous avons ajouté ceux qui sont relatif? au Portugal, nous ont
paru trop intéressans et trop curieux pour résister à la tciitation du
( ccxxxiij )
pressement à inlroduire la lypograplile dans sa mé-
tropole 5 ait été le dernier à l'inlroduire dans ses vastes
les réunir en trois tableaux, où nos lecteurs trouveront des faits nouveaux
qui leur donneront encore le moyen de comparer sous ce rapport le
Portugal avec d'autres Etats de l'Europe (*j.
I. Tableau des villes de l'Europe qui les premières ont possédé des
iniprinieriiis.
MAYE^cE a produit en 1467 le célèbre Psautier qui porte la date la
plus ancienne en caractères imprimés. Sa Bible, sans date, est do
l'année i^56. Sa première Bible datée est do 1462.
Bamberg, en i46i , a produit un Esope.
Sl'eiaco a produit de i465à i4<^7 unLactance, un Cicéronj X>c Oratore,
et un saint Augustin , De civitate Uei.
Alta VILLA près de Maycnce en 1467 , le CatlioUco)t Parvuin.
Rome, en 1467, les épitres familières de Cicéron.
Leiria , les poésies de l'infant Dom Pedro en 1466?
AuGSBouRG, en 1468, une édition de saint Bonaventure.
VfiMSE, en 1469, les épitres de Cicéron , ensuite un Pline.
Veko>e , en 1470 , la Batrocomiomachia d'Homère.
Tbevi , en 1470, un livre de piété avec le titre : Quomodo Bcalus Fran-
ciscus petebat a Christo indulgeiitiani pro Sancta Maria de Jngelis.
Spire, en 147' 1 Je Inominato ijpographo , et la Postillu Scholuslica
super ^pocah'psim , etc.
Paris, entre 1470 et 1472, unFlorus.
(*) Voici quelques remarques pour justifier les dates auxquelles nous avons donné
la prél'érence dans la rédaction des trois tableaux, ainsi que les modilii allons que
nous avons faites à celles offertes par l'ouvrage du savant M. Pctit-Rndel. Nous
ferons observer ici i° que tout ce qui regarde le Portugal nous l'avons tiré des
Mémoires de Antonio Ribeiro dos Santos, insères dans ceux de r.Académie Royale
de Lisbonne ; 2° que le nombre d'éditions portugaises serait plus considérable si on
voulait conside'rer comme leiles quelques-unes sur lesquelles on est dans le doute , et
si nous avions m assez de loisir peur pousser plus avant no5 recherches sur ce sujet,
afin de pouvoir compter tous les ouvrages qui ont été publiés dans les deux pério-
des; 5° que plusieurs autres villes d'Allemagne ont imprimé avant 1470, oulrc celles
citées dans le tableau, auxquelles nous avons ajouté J3ambcrg , Altavilla dans VAgro-
Magoiitino , Spire et plusieuis villes d'Italie, comme ou peut le voir par la
comparaison du notre avec celui de M. Petit-Radel ; 1° que quoique Strasbourg n'ait
aucun livre imprimé portant une date antérieure à celle du de'cret de Gratien , il
n'en est pas moins prouvé pour tous les bibliographes que Menlelin y a imjirime
nu Térence , un Virgile et autres livres sans date , mais avant cette époque ; j° quo
nous avons chanf^é la place de Rrescia et de Milm dans le tableau , paice que
les plus iavans bibliographes ont reconnu que les Miracoli tlella Vergine Maria.
imprimés à Milan en i46<), portent une date fausse, et parce que le Térence da
celte dernière ville avec la date de l4"o n'existe pas , et que les premiers livres im-
primés à iVlilan avec date sont un Poniponius Mêla et unPompeius Festus en 1471,
et à Brescia le Statuta civilalis Erixiœ en lL^^o ; Q" que dans ce tableau il n'est
jamais question que do livres Lmprime's, portant une date untveisellement recon-
nue par les plus savans bibliograplies ; 7° que nous y avous ajr.ulé Leiria , quoique
les poe'sies de l'infant Dom Pedro raai;qucnt de date , parce que nous voulions
olfrir à nos lecteurs le moyen do comparer le Portugal aux autres pays; c'est aussi
pour cela que nous avons ajouté LiaLonne et Braga , quDÎque ces deux villes aient élé
devancées par beaucoup d'autres dans l'adoption de la typogiaphie , de même que
Bâle et Vulencia que nous avons insérées dans le fabliau , paico qu'elles fignraieut
dans nos av^umen» sur la probabilité de l'aiiliquilé do l'imprimerie à Leiria.
( ccxxxiv )
possessions d'Amérique, on seulement depuis 1808 on
commença à imprimer à Rio-Janeiro par les soins du
Stbasbodhg, en i47ij 1^ décret de Gratien.
MiLAM, en 147 1 , un Pomponius Mêla et un Pompeius Festus.
BoLOGKE , en j47i^ un Ovide.
Ferrare, en i47ij un Martial,
FLORE^CE, en i47i> un Virgile.
Naples, en i47i> un Commentaire sur le droit.
FunG^o, en i472, un Dante.
Jesi , en i^J'i , un Dante.
VICE^CE, en i473, Gentilis Fulgi'neas çt De Balnels.
Brbscia , en 1473, un Statuta cii'àatis Brixiœ..
Bale, en i^'j^ , Calderim repertorium juris,
Valekcia d'Espagne, en 1^75 , un Salluste.
LisBOK^E, le livre de Sepher, en 1481.
Braga, le Bre\'iariwn Bracharense , en i494'
Les tableaux suivans offrent le nombre d'éditions appartenantes aux
villes et aux états qui se sont les plus distingués par leur activité typo-
graphique pendant la première période de l'imprimerie, comprise^ selon
M. Petit-Radel, entre les années 1467 et i5oo, et pendant la seconde,
qui embrasse 36 ans, de i5oi à i536.
II« Tableau du nombre des éditions de la première période.
Venise a donné . . . . . . . . 2978 éditions
Rome . 972
Paris ,. . . . . . 789
Strasbourg 298
Londres 3i
Westminster 99
Oxford 7
Lisbonne. , «^ 14
Leiria 3
Braga i
Editions incertaines entre Lisbonne et Leiria. 8
Toute l'Espagne i'3
III» Tableau du nombre des éditions de la seconde période.
Paris a donné 3o56
Venise 2229
Strasbourg 1021
Lyon 997
Rome 327
Londres 198
Tout le reste de l'Angleterre 108
Lisbonne 3o
Coimbra • 1 »
Almcirim . ■ 2
Evora 2
Salsete peu loin de Goa. .1
Setubal 2
Toute l'Espagne 120
Cracovie 294
Constantinople. 80
( ccxxxv )
ministre d'État Araujo (voyez à la page xlviij) (i). Un
autre phénomène non moins étonnant lorsque l'on
n'examine pas les causes qui peuvent l'avoir produit ,
c'est le peu d'activité que les Portugais ont déployé
dans cet art, dans les deux premières périodes de la
typographie , pendant lesquelles les entraves de la
censure étaient égales partout; et l'état stationnaire où
elle est restée parmi eux lorsqu'on le compare avec les
progrès marquansque l'imprimerie a faits entre les mains
des autres peuples , surtout entre celles des Français,
des Italiens et des Anglais. On doit convenir cependant
que les Portugais possèdent plusieurs ouvrages mo-
dernes assez bien imprimés, et qu'ils fondent eux-
mêmes leurs caractères ; mais il y a bien loin de ces
demi -chefs - d'œuvre aux véritables chefs - d'œuvre
des imprimeurs anglais , français , italiens , et des
imprimeurs espagnols Ibarra de Madrid et Benito
Mont fort de Valence. Les plus belles éditions faites en
Portugal peuvent tout au plus être mises en compa-
raison avec les éditions sorties des presses étrangères
du second ordre. Les fondeurs portugais ne sont pas
Jusqu'i l'an i5oo inclusivement 212 villes, toutes crEuropc, aucune
au-delà de Cracovie, exceptcConstantinople, ont concouru aux progrès
de la typographie et ont répandu dans le commerce environ i4j75o
éditions. Comme , selon M. Petit-Radcl , on peut évaluer le nombre
moyen auquel elles étaient tirées à 435 exemplaires par édition , on
pourra évaluer approximativement à 5 1 53 000 le nombre des exem-
plaires d'ouvrages produits pendant la première période ; il faut remar-
quer que ces ouvrages étaient composés sur autant de difFcrens sujets h
peu près que d'éditions.
Pendant la seconde période on trouve que le nombre des villes où
l'imprimerie avait été introduite s'était réduit de 213 à i84- Mais le
nombre des éditions non-seulement n'a pas diminué , mais il a même
augmenté , puisqu'il s'est élevé à 17779, qui , évaluées l'une dans l'autre
par M. Petit-Radel à 1000 exemplaires, donneront 17 779000 exemplaires
répandus dans le commerce. Ce nombre est bien loin d'être exagéré ,
puisque l'on sait que l'édition des Colloques d'Erasme , faite h Paris
en iSaG, a été tirée k 24,000 exemplaires.
(i) En 1747 on y établit une typographie où l'on publia un petit ou-
vrage ; mais dans la même année cet établissement fut supprimé par
ordre de la cour.
( CCXMXV] )
encore parvenus à donner aux caraclères ce de^ré de
netleté qu'on trouve dans ceux de France , d'Italie ,
d'Angleterre et d'Espagne.
Nous avons vu à la page 97 de ce volume que le Porlu-
gêd n'a niainlenant d'imprimeries qu'à Lisbonne, Coim-
bra et Porto. Nous ajouterons que le Brésiln'en a qu'une
à Rio- Janeiro , qui appartient au gouvernement, une
autre à Baliia quiapparlieîità un particulier, etune très-
petite à Pernambuco. Celte dernière avait été achetée
en 1 81 7 par quelques négocians de cette ville , et a servi
à imprimer les proclamations publiées lors de la révo-
lution qui y éclata. Confisquée ensuite et suspendue
jusqu'en 1821 , on y a imprimé l'année dernière les
journaux intitulés XAurora pernambucana et O Ce-
garrega,et(ï SLUlres 'peûtes compositions. Nous venons
d'apprendre que l'on a établi dans la même année deux
nouvelles typographies , une à Villarica et l'autre à
San-Paulo.
Funchal est la neuvième ville de la monarchie por-
tugaise qui possède une imprimerie (i); elle a débuté
par l'impression du journal O Patriota Funchalense.
En combinant ce que nous avons dit à la page 97
de ce voliune avec les faits présentés par le tableau
des ouvrages imprimés annuellement en Portugal,
et avec les renseignemens que nous nous sommes pro-
curés relativement à l'état de l'imprimerie au Brésil ,
nous trouvons que le nombre moyen d'ouvrages pu-
bliés annuellement dans toute la Monarchie Portugaise,
y compris les journaux littéraires , mais sans compter
les gazettes ni les almanacbs , est de près 1 41, dont 100
appartiennent au Portugal, 28 à Rio- Janeiro et i5 à
Baiiia. On ne peut rien dire de Pernambuco et de
(1) Nous ne parlons pas des imprimeries de Goa et de Macao, parce
qi>e, selon le savant mémoire de l'académicien Ribeiro dos Santus, elles
ont cessé depuis long-temps d^ctre en activité. Voyez, j)our les autres
endroits qui ont eu des typographies, la note à la page 97 de ce voluruc.
_( ecxxxYÏj )
Funchal, parce que rétablissement de ces deux typo-
graphies est trop récent pour pouvoir figurer dans ce
corapie. Nous remarquerons seulement, à l'égard de
celles de Rio-Janeiro et de Bahia, que la plupart des
ouvrages sortis de leurs presses sont des traductions du
français et quelques-unes de l'anglais.
Escrime.
Tout ce qui a rapport à cet art est tout-à-fait mo-
derne. A l'exception d'un seul Portugais , il n'y a que
des Français et des Italiens qui le professent; et les
élèves suivent la direction de 1 école à laquelle appar-
tient leur maître. L'escrime française obtient généra-
lement la préférence , quoiqu'il se trouve quelques
spadassins qui affectent de suivre l'école napolitaine.
Le maréchal Augereau fut un des plus célèbres maî-
tres d'armes en Portugal. Il y a actuellement à Lis-
bonne trois maîtres étrangers, deux Français et un
Italien , savoir : M. Guery qui est employé au collège
des Nobles; M. Fierre Montignyy fusilier du 4« régi-
ment de cavalerie à Belem, et M. Rosa , qui est aussi
maître d'écriture; ce dernier , qui est Italien, compte
le plus grand nombre d'écoliers , et a fait de très-bons
élèves. A Porto cet art est enseigné par M. Gambette
et M. Marina.
Voici les noms des Portugais qui se distinguent le
plus dans cet art.
Tavares, actuellement maître d'escrime au collège
militaire de Luz.
Parmi les amateurs militaires l'opinion publique
nomme les suivans à Lisbonne.
Florenzio, capitaine au i" régiment de chasseurs
à cheval.
Ma>oel Isidro da. Paz, capitaine au 7" régiment
d infanterie.
Maîsoel Sacouto Galladu, capitaine au 10' ré-
giment d'infanterie.
( ccxxxviij )
Leite , major du iS* ré^iiaeiit d^infanterie.
Cristovao AvELiNO DiAZ^ major du 7* rëgiment
de cavalerie.
Chagas, capitaine des milices nationales.
Francisco Antonio de Sampayo, officier de ma-
rine.
A Porto, M. Meirelles, colonel des milices, passe
pour être le plus fort tireur d'armes.
Theotonio, major de l'état-major, ancien maître
d'armes de l'armée portugaise à Lisbonne. Depuis
plusieurs années il se trouve à Rio- Janeiro, où il donne
aussi des leçons particulières aux bourgeois.
VeNceslao d'Oliveira Bello, major d'artillerie,
élève de Theotonio et presque aussi fort que son maî-
tre. Il est actuellement à San Pedro do Sul.
Nous devons ajouter qu'on trouve à Lisbonne plu-
sieurs amateurs des anciens maîtres lue Beau^ Saint-
Esprit, Pietro Faveri, etc. , qui, engourdis par l'âge,
ne veulent plus tirer en public.
Parmi les Portugais morls , les trois suivans pas-
saient pour être extrêmement adroits dans l'escrime.
* Le duc de Lafoens. 11 était le premier tireur
portugais. Il suivait l'école française. Ce prince aussi
aimable qu'instruit dansait et déclamait parfaitement.
Voyez hittèrature .
* Le marquis d'Alorna et * GoMES Freire. Ces
deux généraux étaient aussi très- forts en escrime.
Equitation.
L'état pitoyable des chemins , qui rend l'usage des
voitures impraticable dans la plus grande partie du
Portugal, n'a pas peu contribué, par l'habitude que
cette circonstance forçait de prendre de se servir du
cheval de selle , à faire des Portugais d'excellens
écuyers. On trouve beaucoup d'hommes qui se distin-
guent dans ce genre d'exercice, et le Portugal en
compte de bonnes écoles, qui sont cependant bien loin
( CCXXXIK )
aujourd'hui de ce qu'elles étaienl sous le règne de Jo-
seph , auquel ce royaume doit les grands e'tablissemens
institués dans le but de rendre florissant un art si né-
cessaire pour la formation d'une bonne cavalerie.
C'est à ce grand prince que l'on doit le manège royal
de Belem et celui du collège des Nobles qui en dépend;
ctabhssemens remarquables par la beauté de leurs bâ-
tiraens. Sous son règne plus de vingt piqueurs étaient
attachés à celui de Belem, tous formés à l'école du
célèbre Bartholomeu d'Aranda, et tous aussi bons
théoriciens qu'écuyers adroits. Plusieurs grands sei-
gneurs, à l'exemple du roi, avaient leurs manèges
particuliers, tels que le duc de Cadaval, le marquis d'A-
brantes , le marquis de Marialva , etc. , etc. Ce dernier,
qui est le grand-père du marquis actuel {\ojqz Littéra-
ture el Diplomatie) , a été un des premiers écuyers de
l'Europe, et un des hommes les plus versés de son temps
dans tout ce qui a rapport à l'art vétérinaire. Depuis
quelque temps l'équitation est beaucoup moins culti-
vée qu'autrefois, et la plupart des jeunes gens affectent
maintenant de suivre l'école anglaise. Si les choses con-
tinuent sur ce pied, sous peu le Portugal aura entière-
ment perdu son ancienne école, qui jouissait justement
d'une grande célébrité. On peut à la vérité lui repro-
cher un peu trop de roideur, et l'adoption des selles
allemandes qui emboitent le corps et en gênent les
mouvemens. Cependant il faut avouer que les élèves
des écoles d équitalion portugaise acquièrent un tel
aplomb que lors même qu'ils se servent des selles de
cavalerie légère ou des selles anglaises, ils se distin-
guent par une grande aisance et beaucoup d'adresse.
C'est dans les combats de taureaux, dans lesquels le
cavalier portugais se sert de la lance courte , qu'on
peut admirer l'adresse merveilleuse avec laquelle
î'écuver sait maîtriser et guider son cheval, en se te-
nant presque serré contre l'animal furieux qu'il combat.
On ne dresse dans les manèges royaux de Belem que
( GCil )
les chevaux de selle apparicnans au roi. Tous les jours
sont employés, mais allernalivement , à dresser les
poulains et à perfoclionner les clievaux déjà dressés.
Rien ne rappelle dans cet établissement son ancienne
splendeur, si ce n'est le local qui est vraiment magnifi-
que. ANTONIO Demz est le maître dont dépendent tous
les autres piquems. C'est un écuyer aussi habile qu'in-
struit dans son art.
Le manège du collège des Nobles est un autre vaste
édifice dépendant de celui de Beleni. Le maître actuel
est ArsTO-Nio DA SiLVA, un des piqueurs du roi, et
qui possède parfaitement son art. Il y avait autrefois
dans les écuries attenantes à ce manège plusieurs che-
vaux du roi, plus ou moins bien dressés, destinés aux
leçons d'éqailation que l'on donnait aux élèves ; mais
il n'y en a plus aujourd'hui. Le maître s'occupe princi-
palement d'apprendre l'équitation à des particuliers et
de dresser leurs chevaux.
Nous savons qu'il existe à Lisbonne plusieurs autres
écoles d'équitation qui appartiennent à des particuliers,
mais nous ne saurions en rien dire, parce que nous
n'avons pas eu assez de loisir pour les visiter. Nous
n'avons pas même vu celle de notre ami M. de Lin-
denberg, consul-général des villes Hanséatiques.
* José de Santo Amaro et * Câlin nos étaient
deux excellens piqueurs, qui ont fait de bons élèves à
Lisbonne.
A Porto , JoAO Pedko, employé à la douane, et
Praça, officier de cavalerie dans le 2^ régiment, pas-
sent pour être les meilleurs écuyers de celte ville.
A Hio-Janeiro, Joaquim Ferreira, piqueur du
1" régiment de cavalerie, monte à la portugaise, et
passe pour être le premier piqueur du Brésil.
Vallucci, fils d'un Italien et piqueur de la maison
du roi à Rio-Janeiro , est un excellent écuyer. 11 est
revenu à Lisbonne avec le roi.
V'W\'WVWV\'V»»'V
( ccxlj )
TABLEAUX BIBLIOGRAPHIQUES
Des ouvrages publiés eu Portugal depuis 1800 jusqu'en 1820.
Année i8oi.
' THÉOIOGIE, M0R4LE, ET PRATIQUES REUGIEOSSS.
Originaux.
A Harmonia da Razào e Religiào. Pclo Padrc Thcodoro de Almeida ,
1 vol. 8<». Faz 10°. pcrtencente à Recreaçào Philosophica do nicsruo
Author.
Scrmôes panegericos e moraes de Joaquim Franco de Araiijo Freire
Barbosa.
Compendio de Moral Evangelica , tirado da mesma para exarne de
conffessores, i v. 8°. e instrucào de Pénitentes j acrescentado cora os
casos leservados em todos os Bispados do Rcyno e Conqiiistas , e hum
Tractado da Bulla da Cruzada, 3 vol. 8°.
Tliesouro Franciscano, que contem muitas graças, cas vcrdadeiras
indulgencias concedidas uos Tcrceiros doSeraphico Padre .S. Francisco,
a sua Novena , e Coroa da Virgem May de Deos , e a das Dores da
mesma Senhora com devotas Cançoes. PorFr. Manoel de Maria Santis-
sinia , IMissionario Apostolico i. vol. 8°.
Palestra-canonico,tractada por forma de dialogo em tro3 conferencias :
>«. sobre os dizimos : 2a. sobre a renuncia dos beneficios ; ea 3. a sobre
as oblatas. i vol. 8°.
Instrucçôes para os Meninos , e Meninas que dcvera admitir-se pela
primeira vez aos Sacramentos da Penitcncia , e Communhîio.
Sentenças dos Santos Padres , e Doutores da Igreja. 2 vol. 8°.
Coroa ou Tcrço do Santissimo Sacranienlo , venerando n'elle as
cinco cbagas de Christo.
Brève Epitome da vida de Maria Santissima , etc. com Novena , Of-
ficio , e Missa propria do seu dulcissimo Transito, i vol. 8°.
Regras para a cducaçào Christùa dos Meninos, mui'o uteis para os
Pais de Familia.
Louvores de Maria Santissima.
JVaductions.
Biblia Sagrada traduzida pclo Padre Antonio Perdra de Figueiredo
com o texto Latino da vulgata â margem : suas notas. 04°. Tomo 4°.
Carta do Academico Barcclonez contra os abuzos introduzidos na
Moral âcerca dos votos religiosos, etc. i vol.
Avisos para viver Christàmentc, dados por S. Carlos Borromeu ,
Cardcal Aixebispo de Milào.
Compendio de toda a ïbeologia Moi-al de F'. Fiilgencio Cuniliate,
traduzido em vulgar com singularcs addictamcntos de cousas propriai
da Legislaçào Portugueza tanto civil como canonica. 6 vol. 8°.
Theologia Moral de Larraga 4^- ediçào.
aijÉDECI>E.
Orii^inaux.
Refleçôes âceira da epidemia que rjina em Cadiz , e meios de ata-
Ibar os estragos da pe. te. 1 lolhctu.
IL q
( coxlij )
Tractado Cirurgico, on lireve coni|>fmtiu dns desLvipçùcs mftlioilicai
*îas ligadiiias c ajipaiellios. i vol. 8".
Ciiidados fattis pava o aceio da boca , c conscivatào dos dentés,
einque se mostrào as causas, que arrninào os dentés, c. os mlios de as
provenir, etc. i voJ. 8".
iXovo , facil , c siûpelo mothodo de cnrar as feridas do pelouro etc;
por Manoel Jnaquim îlenriques de Paiva , i vo!. S".
Tiactado compieto de Medicina Operatoria. Por Antonio de Almeida,
Lente de Opeiaçôcs no Hospital de S. Jozi'. 4 vol. 8». gr,
Ivîcuioriu sôbio a tcrrivel molestia do Passe, que de ordinario
tostuma atacar no Br;>.sii , assim a gente como os animacs, dividida ein
quatio seceôes, e hum appendix que trata do modo de a cin-ar , cpie-
venir. i voi. 8°.
Ensaio sobre as cnfernudades de Angola, i vol. S".
Tiactado das melliores agoas fcneas , e .suas virtudes, com hum trac-
tado , c receita de cuiur as Sczocns. i vol. 8°.
Preservativo das bexigas, e dos seus terriveis estragos , ou Historia
da origem e descobrimento da Vaccina , e dos seus efl'eitos on sympto-
mas, e do nicthido de l'azcr a Vaccinaeào , etc. Publicado de Oïd'em
do Pîincrpe Régente nosso Senhor ; por Manoel Joaquim Ilenriques
de Paiva. i vol. 8". com Estampas.
Disscrtaçào sobre a ulilidade da innoculaçào das bexigas vaccinas,
com hum ad iilamento, cm que se cnsina o modo de as enxertar, e os
signaes, por onde nào sô se hào de distinguir as vaccinas verdadeiras
das falsas, mas tambem por onde os Professores do Medicina devem
regu!ar-se para adquirircm certeza de que os innoculados ûcào inteira-
mente livres de se Ihes pegarem as bexigas naturaes.
Daductions.
Elementos de Cirurgia compostes cm France/, com suas notas pelo
D'. Soc o ivioço. 2 Vol. 8°. •
Corso compieto de Cirurgia theorira c prâctica por Benjamim Belt
traduzido em vulgar por Manoel Alvares da Costa Barrrto. 2 vol. 4''-
com Estampa.
Tractado compieto de Anatomia, ou desrripçào de todas as partes
de Corjio humano : escripto em Fiancez P. M"'. Sabatier e trasladado
em vulgar. Vol. i». de 8". , que contèm teda a Osteologia,
Bl.'lTHÈaiAïlQOES.
Oi'ige'iiaux.
Compendio de Calcule da Latitude no mar pela observaçào mcri-
diana dos astres. Por Jozé Melitào da Mata 2a. ediçào.
Tabeas de Logarithmes, des senes , e tangentes de todos os grâos e
minutes do quadrant-, e dos numéros naturaes desde i atc lo.Soo:
seguidas de huma coUecçào de taboas perpcfiias para se uzarem com o
conbecimcnto dos tempos , ou com as ephemeridcs nauticasna soluçào
dos problcmas astrcnomicos relatives â navegaçào.
Tractado de agrimen.sura , no quai se mosfra o preceite , e forma ,
que se devem adoptar , para tomar as mcdidas necessarias em hiint
cerpe , etc. , raandado publicar pela Academla P.eal das Sciencia.s de
Lisboa ; pelo Padre Estevào Cabrai. i°. vol. 8o.
Tabea da decliiiacào do Sol calculada para o meio dia no racridiano
de Lisboa , ■2". ediçào.
Taboa das Longitudes cm huma se lelha de papcl impérial composta
( ccxliij, )
pclo Vice Rfitor Jozé Montciro ila Kocha, jtinlaiiieiife coin a cxplicacào
da nifsiiia taboa ; pelo Capitào-'rcnente da Armada Real Francisco' de
Pailla Travassos.
Tfaductions.
Curso dcnn'iitar e coinpkto de RIatLematicas puras , ordcnado por
Lacaillc, e augmcntado por IMarie, illustrado por Cheveneaii, c tradti-
zido em Portcigucz, para o uzo dos discipulos da Acadomia Real de
Marinha.
Explicaçào da formaçào e uzo da" Taboas Logarithmicas , o Trigno-
mi tricas do Ai)bade Marie. Traduzida por Manoel Ferreira de Araujo
Gniiiiaiàes.
Liçôcs clcraentarcs de Mathomatica de M', de la Caille : traduzidas
eni Portiigiiez por F'. Rente de S- Jozé, Monge Bénédictine, e Pro-
tesjor de Philosopliia , para uso das escôlas da sua Congregaçào.
PHILOSOPHIE.
Orii^inaux .
Elemcntos de Pliiiosopbia racional, cm que se dâ pelo mellior me-
thodo a definiçào da Philosopliia em gérai , c sua divisào em natiual
e artiBcial : com a definiçào. divisào, origem , e utUidade da Lôgica ;
?ioeoes a respeilo do entcndimento , différentes especies de idéas,opé-
raçoes da aima, e sua iminorlalidade , ctr. i vol. 80.
Collccçào das Obvas do Philosopho Solitario, cm 8 follias.
TraducUons.
Logicaou reflexôcs sobre as priiicipaes operaçôes j por M^ du Marsais.
1 vol. S».
Logica de Condillac. i vol. 8°.
Pliilosopiiia Cbymica , ou verdades fundamentaes da Chymica mo-
derna dispostas emnovaordempor A. F. Fourcroy : tiradas do Francez
da nova impressào em linguagem , e accrcscentadas com algumas notas ,
e axiomas dcduzidos dos ultimos documcntos. Por Manoel Joaquim
Henriques de Paiva.
POLITIQUE ET ÉCOSOMIE.
Oingùiaux .
Novo tractado para a cultura das vinhas em Portugal , no quai se
mostra o proprio c verdadeiro methodo de as cultivar com muito
mcnos despesa , e maior proveito do que actualmente se practica.
1 vol. 8°.
O Pcrfeito Caudel, oiiarte de estabclecer e conservar huma caudela-
ria perfeita : com a demonstraçào anatomica da organisaçào , e for-
maçào do corpo do cavallo \ adornada de estampas. Por Fortunato dos
Santos Banha. i vol.
Guia de viajantes , ou rotciro de Lisboa para as Certes , e Cidades
principaes da Europa , Villas , e todos os lugares mais consideraveis de
Portugal, cora huma advertencia muito util aos Tiajantes. i vol. 8°.
Formulas geraes para toda a especie de requerimentos militares em
25 paragrafos , etc. , i vol. 8°.
Dissertacào sobre os deveres dos Juizcs, com hum compendioso trac-
tado das violcncia' pnbJicas e particiilares. 1 \ol. 8".
O Systenia dos impios contra o solide fundamento dos. Estados im-
pu^nado e convencido. i vol. 8'.
( ccxllv )
O Patriotisme Mililar offerecitlo ao Illustre Exercito Portuguei.
As Ordenaç6es do S"^ Rcy 1). Manocl reimpressas na Officiua da
tJniversidade de Coirabra.
Manual pratico dos différentes modosde fazervinhos os mais simples,
e os melhorcs para que sejào de qualidadc de se conservarem ; arte
de os raelhorar, etc., methodo de conhecev os vinhos , guando sào
compostes , etc. , meio de converter o vinho em vinagre , i vol. 8°.
O Regimento dos signaes da entrada dos navios no Porto de Lisboa.
Discurso Juridico , economico , e politico , em que se raostra a origem
da Agricultura.
Tractado gérai da Agricultura em Portugal.
Forma de estabelecer hum Banco de fundos , a que se ajunta huma
dissertaçào sobre os metaes , moeda , e letras de cambio ; co methodo
de fazer'as cartas de inco.rporaçào no mesmo Banco, i vol. 4°-
Reflexôes circumstanciadas sobre o estabelecimento formado a favor
dos pobres, a Cm de extinguir a mendicidade. i vol. 8°.
Instituto dos Pobres i folha.
Tractado da educaçào universal , e instruçào de meninos, e meninas.
I vol. 8°. " _
Instruccôes politicas de Phocion em qne se trata de objectos muito
intéressantes. — Esta hé traducçào
piano de Estudos elementares , traçado por forma de carta , etc.
Ti'aductions .
Novo tractado sobre o modo de crear os passaros canarios, e rouxinoes ;
mancira de os cazar para d'elles tirar formosa casta ; com reflexôes naô
menos curiosas, que necessarias sobre os signaes, causas e remedios das
suas enfermidades , e no quai se contcm tambera a maneira com
que se ensinaô os canarios a cantar minuetes , sonatas , etc. , ea vir
corner â raào.
Estabelecimento de humanidade escriptos pelo Conde de Rumford.
I vol.
O Instituto dos pobres de Hamburgo. i vol. 4'-
Novo methodo de fazer caivào de Madeira.
TACTIQUE. """"^
Originaux.
Tractado militar, ou modo de acampar tum Regimento, ou Exer-
cito; medir, quadrar, e traçar hiim campo, levantar perpendiculares ,
e tirar parallela ; maneira de escolher hum campo sâdio , e precauçôes
que se devem tomar a este respcito.
Tractado de tactica gérai composto por Luiz de Oliveira da Costa
d'Ameida Ozorio.
Traductions.
Tactica Naval por le Clerck, traduzida do logiez pelo Capitào de
Fregata Manoel do Espirito Santo Limpo. 2 vol.
HISTOIRE ET GEOGRAPHIE.
Originaux.
Nova Historia da Ordem de Malta em Portugal ; par Jozé Anastacio
de Figueiredo. 3 vol. de folh.
Resumo dos successos mais principaes da Historia Sagrada em verso
aa. ediçào.
( ccxlv )
Historia dos philosophes antigos e modernes , em que se relatào o
«eus systémas, etc. , suas vidas, etc. , com notas pelo Professer Begio
Francisco Luiz Leal.
Rezumo da liistoria gérai de Portugal e seus Dominios e Conquistas,
e das historias Sagrada Ecclesiastica , e Profana : Obra cuja liçào he tào
util como necessaria para a gcral instrucçào de toda a mocidade
Portugueza.
Traductions.
O Viajante universal , ou noticiâ do Mundo antigo e moderno. O
iSTomo. 80.
Vida de Luiz XVI. escripta par M. Limon, e accrescentada com notas.
POÉSIE.
Originaux.
Lusiadas de Camoès. NoTa ediçào de Coimbra. 2 vol. de i6<».
Poema à Paixào de Jezus Christo.
Obras Poeticas de Francisco Alvares Nobrega. i vol.
Poesias de Jozé Elloi Ottoni.
Elogios aos faustos annos de S. A. R. por M. M. B. Bocage.
A Doença. Poema era 4 Cantos.
Elegia à morte de Ex™". Snr. Marquez de Ponte de Lima.
Versos de Antonio Chrispiniano Saunier.
Ode Pyndarica offerecida ao Ex"°. Visconde de Balsemào.
Obras Poeticas de Manoel Ignacio da Silva Alvarenga. 2 vol. 80.
O Reyno da Poesia por Jo!o Pinheiro Freire da Cunha.
Parabem à Paz Gérai. Ode.
Lusitaniœ Ecclesiae ad eos, quos beatitudine veraï 61ios aptat, allo-
quium , etc. — Ode gliconica Latina feita â Paz , e traduzida n'outra
Portugueza por F"^. José Botelho Torrezào.
Tr-aductions.
Satira do Homem de Boileau traduzida em verso solto.
As Plantas. Poema. Traduzido por Bocage.
LITTÉRATURE ET GRAMMAIBE.
Originaux.
As Variedades. Obra Periodica. Abrangetodos os conhecimentos de
recreio , c instruçào; hum folheto cada mez.
Aviso éos Estudantes de Gramatica Latina sobre o modo mais facil de
entender, e analysar os periodos Latinos por mais extensos, e emba-
rassados que scjào. Por Candido Antonio de Oliveira e Silva.
Cartas, Mallotes , ou critica dialogistica dos Grammaticos defuntos
contra a pedantaria do tempo, publicada por Gulliver, como chegado
ha pouco da outra vida, i vol 8°.
Comboyo de Mentiras. Periodico Mensal. Por Jozé Daniel Fodrigues
da Costa.
Advinhaçoès curiosas. e instructivas de Pinheiro. Periodico.
A verdade ultrajada e triunfantc. Discurso com huma estampa.
Escôla fundamental , ou méthode facil de aprender a 1er escrcver e
contar com perfeiçaô 2a. ediçào.
Novo livro de sortes, em que por virlude de dous dados vem cado
hum no conhecimento de estado, e fortuna q^ue terâ , etc., a que le
ajuDta hum novo méthode da fazer mais de mJ décimas.
( CCXÏV) )
Collerào de Pcnsamentos. Pcrioilico.
Bibliotlieta historica lie Portugal , i; Ultramar, i Vol.
i\o\'a Aite lit: Graiiiaiicu para aj)prcjjdcr a traduzir , fallar, escrcver
a Lingiia Ingleza com toda a pcrfcioîio. i vol. 8°.
Nova Arte de Granistica para apprendcr a tallar e escrcxor a Lingua
Portugueza cora totla a perfciçào. i vol. 8".
JNova Graniatica para apprciuler a fallar c escrever a Lingiia Italiana.
Piivilegios c elogios as Scnhovas Portiiguczas , cm que se niostra que
ellas, nào obstante a delicadeza do seu Scxo , sîio capazes de prodnzir
obras litlerarias luui louvaveis assim em Historia , coino em Politisa ,
Moral , Ediicaçào , Economia , Comercio , e Artes.
Observaçoès sobre os dill'erentes metliodo5 de Prégar inuito intéres-
santes para todos os Oradores. i vol. 8°.
Oraçào consoiatoria na morte do Serenissimo D. Antonio, Principe
d:i Beira , na quai se da hunsa noticia geraî da morte dos Primogenitos
dos Rcis de Portugal.
Conipendio dos principaes preceitos da construcào Jnetrica , c ensaio
brève da Poefica.
Traductions.
Viagens de Gulliver a varios Paizts remotos , ou critica universal a
todos os vicies que contaminào a Sociedade. 2 vol. 8".
Viagens de Henrique Wonton as terras austraes , e ao paiz dos monos,
onde se descreve energicamcnte os costumes, caracter, Sciencias , e
Politica d'estes extraordinarios habitantes : ou critica universal a todos
os vicios. 5 vol. 8°.
NOUVELLES.
Origùiaux .
Lances da ventura , acasos da desgraca , heroismos da virtude. No-
vellas Portuguezas. 6 vol. 8°.
Instrucçào Moral cm différentes JNovellas , ou o fillio bcm educado.
Colîeçào de Contos philosophicos para instrucçào daniocidade Por-
tugueza.
Os effeitos da vingança.
A força da amisadc.
O pastor de Palafo.x.
Prâctica das virtudes , e couhecimento dos vicios.
A virtude recompcnsada. a vol. 8°.
O Sonho de Zemini.
O Casamento obrigado , e o arrcpcndimento serio.
Historia de Tcofilo, e Olympia, na cjual se descrevem as lauuinfa-
veis e teriveis consequencias ila soberba e ambiçào dos pais, como tam-
bem os funestes effeitos da falta de respeito e desobediencia dos lilhus
Traductions.
Sonho dos hcmens acordados eu os mil e hum scrào. Vol. 8".
Mania do Jogu , ou historia e.xeinplar de liunj .Togador. » vol.
O Philosopho Inglez. i». Tomo.
Historia de Gil Blaz de Santillana. 4 '^'ol- •*^''-
Idca de hum verdadcjro Cartucho. Conto aliegorico.
As mil e huma noutes. Contos araLicos. U 4*"- Tomo.
Triunfo, anecdota de Montesquieu traduzida pnr hum;', meiùna.
Portugueza.
honrado négociante novella de MannontcL
( ccxivi.j )
AwiîE 1802.
THÉOLOGIE, MOKALK tl. PKAIIQt i;S HKF.IOI rlL'SES.
Originaux.
Rcsposla à caria do Parocho de S. Joigc de Vargea soljie ovoto de
pol)rcza, cà carta critica , que faz a sua apologia.
Practicas exhoitatorias para soc orro dos inoribundos , p o novo
IMinisîro dos cniernios. Pelo Padro Bcrnardo Jozé Pinto (^iuiiroz da
Ordem de S. Camillo , Ministro <lc Jésus Christo no Tribunal da peni-
tencia dirigido por F'. Manoel de j^zevedo , da Antiga Ordem dos
Carmelitas. 10 vol. 8".
Excrcicio diario do Christào.
Methodo de ajudar os moribundos no qiial se oontêm ludo (jnanlo
diz respeito â assistcncia, e adniinistraçào dos Sacramenfos necessarios
para aquella teniivel boia.
Mémorial da missào, ou meditarôes quotidianos para Iodes os dias
«la seinanajobra util e necessariaa todo o Catholicoque quizer empregar
o dia santaniente.
Catccismo inlitulado o 6(1 Christào na îgrcja militante pelo Dom
Abbade Francisco de Mattos Calado. ^
Traductions.
Horas da Semana Santa cm Portugiicz eofii estampas , que mostrào
os passos de Christo JNosso Seuhor accrescoutailas com as medilaçôes
das lagrimas de Nossa Senhor3,c oraçoes para confissàu e conimuiihào
Prompturrio de Theologia moral de Larraga. .Sexta edicào correcta ,
emendada , e acrcscentada com huma Dissertaeîto sobre os lugarcs
Theologicos. 3 vol. 8°.
O Evangelho em Triunlo , ou hisloria de hum Philosopho desenga-
nado. 4 vol. 80.
!HÉDEC1^E £T PHARÎlACIi;.
Originaux.
Pharmacopéa Lisbonense, ou colleccào dos sijnpliccs, preparaçôcs e
composiçôes mais efficazes, e de maior usoj por Manoel Joaqiiim Hen-
riqucs de Paiva. Segunda ediçko.
Observaçôes e reilexôes sobre o uso proveiloso e .saudavel da quina
na gotta, escriptas em Latim com a traducçko eni frcnte pelo D'. Fran-
cisco Tavarcs, Phisico Môr dç Reino.
Traductions.
Tiatado completode Anatomia de M. Sal)atici. 6 vol. 8".
Compendio das enfermidades vcnerias pido D"^. ,Joào Frederico
Tritze , traduzido e accrescentado com notas por Manoel Joaquim
Hcnriques de Paiva.
Medecina domestica ou tractado de prévenir e curar as enfermi-
dades , etc. , de Guilherme Buchan , traduzido com varias notas e obser-
vaçôes concernentes ao clima de Portugal e do Brazii , etc. , e hum
appendice sobre os liospitaes navaes, etc., por M. J. H. de Paiva.
4 tonios. Segnnda ediçào.
PHILOSOPHIE ET CHIMIK-
Originaux.
Philosopliii chymica ou veidadcs i'undamrntacs ;le tort'.? as Scien-.
( ccxlviij )
ciascArtes , Agricultura e Conimercio, olemcnlos da fclicidacle pnblica.
O Philosopho discursivo sobre a bistoria da Pbilosophia , c principios
physicos do composto natural. Obra dirigida à instruçào dos Philoso-
pbos Candidates.
Noticia dos mappas sinopticos da Chimica para servirem de résume
as dadas sôbrc esta Scicncia nas Escolas de Paris, por Foiircroy , com-
posta por Manoel Joaquim Henriques de Paiva.
HISTO