(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Journal général de médecine, de chirurgie et de pharmacie franc̜aises et étrangeres, ou, Recueil ..."

Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 




V.. .. 









t i. 






' 1 •> 






t . 



JOURNAL 

GÉNÉRAL 

DE MÉDECINE, 

DE CHIRURGIE ET DE PHARMACIE, 

FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES ; 

OU 

RECUEIL PÉRIODIQUE 

DES TRAVAUX DE LÀ SOCIÉTÉ DE MÉDECINE 

DE PARIS; 



I . i 



Rédigé par C. £. S. Gaultier de Claubry, l'un 

de ses Membrea. 

TOME XCVlS XXXy» DK lA II* SÉRIE. 



* • • 



- • » • 



A PARIS, 

Chez Gbouli^ebois, libraire de la Société de médecine , ru0 
Pierre-Sarrazin , n* 14) 

Et les principaux libraires. 



Juillet 1826. 



SOCIÉTÉ DE MÉDECINE. 



Arrêté du a mai i8a5. 

La Société sait q^e la lumièire sqrt du sein das 
discussions : impartiale , elle entend toutes les opi- 
nions j^ et n'imprimç son cachet , d'ij^e. manière par- 
ticulière , à aucune. 

Le secrétaire-général, NACQTJART. 

■ . ' i,j ' . ' 1 - ■■ -? 

IMPfilA^SffillB DBA. BB^tN,^ 

fla« des Matharins Saint-Jacques^ Hôtel de Qnny. 



• • - • 



-, . . .! . 



I 



f " ' 






JOURNAL 



GÉNÉRAL 



DE MÉDECINE, 



I'. 



DE CHIRURGIE, DE PHARMACIE, etb. 



oo 



j • I 



RECUEIL PÉRIODIQUE > 

DE LÀ SOCIÉTÉ DJI *19 É l^BrC K H R l>«. «tàlLIiaj 



.■»•• •• 



AscUe aiguë j traitement antipklogiiftiquâ y 
guérison : obserifation faisant suite au\ 
Mémoire imprimé dans le numéro JS? 
février 1826; par M. Chauffard ^cor- 
reapoadant spécial de la Société de moda-* 
GÎna à AvigooD. 

: 1 

(Séance du a juin 1826* ) 

i\.u moment on la Société faisait imprimejf 1 

mon mémoire sur l'application du traitement . ..^'^^^^ 

antiphlogistique à Tascite fébrile, je recueil* 



" " (4) 

Tais des résultats heureux de cette médica- 
aiguë, ^^^tîoii une observation si remarquable, que 
j'ai cru devoir la communiquer encore à la 
Société. 

La nommée Viau, dévideusej, âgée de 
trente ans, mère de troisj^'enfans,' cheveux 
roux , d'une forte constitution , accouche le 
12 décembre dernier, prompfement et sans 
beaucoup de douleurs. Le lendemain elle se 
lève, descend dans sa cuisine, s'y refroidit, 
éprouve des frissons, et se remet au lit toute 
tremblante. Suppression des lochies , gonfle- 
ment et sensibilité du bas- ventre, fièvre. La 
malade reste un nïois.chez elle , presque sans 
secours, mal dirigée, avec la fièvre, avecTab- 
donien volumineux, et qui ne cesse de gros- 
sir^ buvant de la tisane nitrée, et prenant des 
poudres diurétiques. Elle entre à Thôpital le 
1 5 janvier. 

Face bouffie et rouge l'après-midi, pen- 
dant Texacerbation d'une fièvre continue; 
langue assez sèche, soif; peau chaude, ter- 
reuse, décolorée; pouls fréquent et petit 
(cent vingt pulsations lé matin) ; urines rares, 
briquetées; selles bilieuses; abdomen extrê- 
--' mement tendu, contenant six à sept pintes 
.de liquide; membres pelviens très-infiltrés : 
d'ailleurs forces musculaires et facultés men- 



(5) 

taies encpre en bon état. Saignée de quinze 
onces , petit-lait et eau de riz pour toute bois- . ;. Asdic 
son ; purées maigres et légères pour toute 
nourriture. La diminution du mouvement fé*- 
brile suit presque immédiatement la saignée. 
Seize sangsues aux grandes lèvres y vapeurs 
émoUientes, mouchetures sur les membres 
infiltrés : hémorragie copieuse, écoulement 
abondant de sérosité ; mêmes tisanes , même 
régime» Amélioration sensible ; les urines 
commencent à couler y . surfout la nuit ; les 
forces y au lieu de diminuer^ augmentent. 
Nouvelle application de sangsues six jours 
après la première ; un flux vaginal de mu- 
cosités sanguinolentes assez opaques, s^éta- 
blit le lendemain, et persiste quelque temps. 
La malade désire des alimens, et les digère 
sans peine; elle urine considérablement ^ et 
boit toujours beaucoup. Vingt gouttes de 
teinture de digitale sont ajoutées à chacune 
des deux pintes de petit-lait qu'elle prend 
dans les vingt-quatre heures; limonade ni- 
' trée. Je modifie ainsi sa boisson habituelle^ 
la chute absolue de' la fièvre , la mollesse de 
Tâbdomen , et Pabsence de toute douleur m Y 
autorisant. 

Le i3 février, cette femme sort de l'hô- 
pital i prématurément , quoique bien guérie ; 



ear, pauvre, se nourrissant de légumes et de 
^g^-g^*^*^*«6daisôns 5 prenait beaucoup de peiae, elle 

^fait bientôt une rechute, et revient le 4 mai^. 
Peu d^iofiltration aux membres inférieurs , 

. mais gonflement du ventre ; il peut contenir 
deux pintes de liquide , dont les ondulations 
9ont bien sensibles , et reconnues même j^ar 
des élèves dont le tact est peu exerfeé. Nourr- 
riture légère, limonade, eau de riz, petit- 
lait avec Talcohol de digitale ; fomentations ; 
tous les ^ours un bain de cinq quarts d^henre 
de durée. La malade y urine beaucoup , re- 
trouve le soc^meil) l'appétit; la collection 
séreuse diminue visiblement , et ce^ traite- 
ment , conttpué jusqu^à la fin du mois , triom- 
phe en entier de la maladie. Je quittai le Ser- 
vice à cette époque, recommandant à cette 
femme de xester encore trois semaines à l'hô- 
pital , pour y recouvrer des forces et y at- 
tendre le retour des chaleurs. Elle jouit au- 
^urd'hui d^une très-bonne santé. 

Cette maladie , méconnue au début, empire 

.soins l'influence des diurétiques; sa nature 
inflammatoire, constatée plus tard, inspire 
ridée d'une médication mieux appropriée. 
Dès lors, malgré la quantité du liquide épan- 
-éhé et Pasthénie apparenté , saignées , boissons 
délayantes , appareil antîphlogistique : ^mélio- 



(7)- 

ralioQ progressive 98sez rapide^ suivie de la 
guérison. Sûr la fin du traitement ^ les symp- aiguë. 
t6mfes g>hlQgi3tiqties ^'étant évanouis , la di- 
gitale parait devoir contribuer e^ûote à Taco. 
or6is^ment du flux des urines; elle est as^- 
sociée aMn autres moyens mis en usager. La 
malade soirt guérie ^ fait Une rechute 3. et 
revient pour éprouver de nouveau les bons 
eflfets d'un traitement si sioÈiple et si confirme 
aux indications. 

Voici un fait encore bi^ remarquable qui 
me fut communiqué à Apt par M. le docteur 
GltAUDO]M[ y d^|>iïid ritnjpréiiîdià du f^âvttil dobl 
céHic^bderfnvtions sont }é ètiite. 

Marie ***s âgée de vingf-sist ans , d'un tem- 
pérament lymphatico-sanguin^ d^une consti- 
tution assez forte I ayant constamment joui 
d^une bonne santé y accoucha pour la pré- 
mièvre fojs , et heureusement y dans le mois 
d*août i8a3. Elle nourrissait son enfant, lors- 
qu^elle s^aperçut » après quatre ou cinq se- 
maines ^^ que ses jambes s'enflaient. Cette en- 
flure gagna les cuisses et le bas-yentre ; en 
même temps » figure colorée , yeux vifs , Jan- 
gue rouge sur les bords ^ blanchâtre au mi- 
lieu ; soif prononcée ; peu d^appétit y respi- 
ration gênée ; toux rare , sans expectoration : 
abdomen tendu ^ présentant un gonfleiùent 



=? et une fluctuation bien marqués ; cuisses^, éf 



aiguë. jambes fortement œdéniatiées;urinesTouges, 
peu abondantes ; constipation ; pouls fré-^ 
quent^ plein et dur^ Saignée de quin2e onces, 
diète ^ tisane de mauve et Me gramen. Au 
bout de huit jours y guérison complète. 

L'à-propos çt le succès si rapide de cette 
large saignée font voir tout ce que peut, dans 
un cas ^rave, Tindication bien saisie. 



Note sur la falsification du séné par les 
feuilles de redoul; par M. Gdibourt, 
membre résidant. 

(Séance du 2 juin 1826^.) 

Séné. Le redoul ou redou ( coriaria myrtifo- 

lia L. ) est ua arbrisseau peu élevé qui croît 
en Provence et en Languedoc , et que Ton 
cultive aussi dans les environs de Paris. La 
ptade de ce végétal , dans Tordre naturel , 
n*C5st pas bien déterminée, et ce n^est pas par 
analogie qu^on peut juger des propriétés dont 
il jouit; mais felpérîence a prononcé depuis 
long-temps à cet égard, et Ton sait que les. 
fruits et les feuilles du redoul peuvent causer' 



( 9 ) 
des convulsions 9 le délire, et même la mort , 
aux hommes comme aux animaux. De quel 
nom faut-il donc flétrir ceux qui , sans Ikmter; 
et sans scrupule , vendent les feuilles du re-^* 
doul en place de celles du séné? ^ 

Qu'on ne dise pas que ce soit par igno-^^ 
rance^ erreur ou méprise. Les feuilles du 
redoul sont très-astringentes, et employées 
dans la teinture en noir et dans le tannage 
des cuirs , sous les noms de sumach des teirH 
turiers^ corroyère, herbe aux tanneurs':^ 
Pour cet usage , on les pulvérise à la meule» 
comme le tan , et c^est en cet état seulement 
qu^on les trouve dans le commerce des tein- 
tures; mais quelques droguistes de Paris, ifc 
faut le dire , font venir ces fouilles entières 
de Nîmes, uniquement dans la vue de les 
mêler au séné , ou même de les livrer seules 
sous ce nom. De quoî n^est pas capable Is^ 
cupidité ! 

Ce que }e dis ici n^a rien d'exagéré, et 
nous avons eu un exemple assez récent des 
accidens causés par les feuilles de redoul; il 
a été signalé par M. Dublanc jeune, dans le 
Journal de chimie médiùale ^ tom. i , pag. 
a85. 

Un homme à qui on avait prescrit une 



Sctiw 



' y 



/ 

boisson iaxative faUe avec nne demi-once de 
^^^- ékxié^ âtheta celte substance chez un dro^- 
gnîstei. Il ne prit qu^un verte de la prépara- 
tioa, et en ressentit des nausées , des doulenils 
d^estomac et d^intestins, des étourdissemetis 
el des vertiges, qui ne se di^ipèrent que 
lobg-tetnps après. 

Ces accidens ayant été attribués à unemau- 
yaise disposition du aialade, le lendemain il 
peprit 'QXfee nouvelle dose de k boisson pres- 
ccife, «t BU •éproui^â 4ies tilSPétâ sMciblables 4 
ceux de la veille, et encore plus intenses. Ce 
fut alors qu'on remit à ,M. Dublanc là silb- 
stance qui avait servi à préparer le médica-k» 
ment. 

Got habile phnrmacien reconnut i^ans peine 
qve les feuilles soumises à son examen n^é- 
taitot pas celles du séné; mais elles avaient 
été tellement brisées avant d'être livrées à la 
vente, qu'il ne put s'aider des caractères phy- 
siques pour en reconnaître l'espèce. Phis 
heureux que lui, j'ai pu me procurer quièl- 
ques feuilles entières^ et M. Clarion , à qui 
)e les ai présentées, les a facilement recon- 
nues pour être celles du redoul. Ceite coti-^ 
naissance acquise, il ne me reste plus qu'à 
pxposer d'une manière précise les caractères 



( " ) 

distihietifs ^s dififêrentes «ortes <ie séné et dû 
Tedoal. 

:i*. Sêni de la palte < €&sda acuti/blia 
'DELiLE.)'Ce séaé Tient de la Haute-Egypte., 
tôêlangé de séné à feuîUes obtuses et ^^atr 
gaéL Dànal son élàt de pureté, il offre les 
caractères suiva^ns. 

- -(Veuilles lodgues de hokJr.i^kMdGi 'ligties, 
et larges de trois à six , ayant une forme lanr- 
cêolaîrey 6*est4-dire àlongée et tecminée an 
pointe aux èeâx esitrémités ; elles sont asses 
fermes, T<Â4eâ> ^dVine ^)oiileur vert pâle, 
un peu glauque à la surface postérieure, ]au* 
nâtrb >en«dèsMS. On y remarque une nervure 
longitudinale tr^*apparente et saillante à la 
surface postérieure, de laquelle partent de 
^x â huH paires de nervures latérales , à peu 
près aussi appai^entes sur Tune et l'autre face , 
-égales entre elles, assez régulièrement espa- 
cées , et dirigées vers le sommet de la feuille. 
Elles ont une saveur un pen âpre, ensuite 
mucilagineuse et très-peu amère;ieur odeur 
^st assez marquée et nanséeose. 

2*. Séné à feuilles obtuses (Cassia obo^ 
vata de Colladon. ) Cette espèce croît dans 
la Haute-Egypte comme la première, dans 
la Syrie, et jusqu^eti Italie, d^où elle a reçu 
le nom de séné d* Italie. Les feuilles en sont 



Sévé. 



Séné. 



( ") 

longues d^nn pouce, largej de six à hait li- 
gnes ^ ayant une forme elliptique élargie au 
sommet, et sont terminées ordinaij?ement par 
une petite pointe brusque. La saveur et To- 
deur sont semblables à celles de Tespèce pré- 
cédente; les feuilles sont généralement plus 
minces et un peu plus vertes* 

5** Séné Tripoli. Ce séné vient de la Nu- 
bii9, et surtout de Seunaar, par la voie de 
Tripolii U est un peu plus p^tit que le séné de la 
palfe, et un peu moins aigu; il est produit 
comme lui par le cassid acutifolia de De- 

LILLE. 

4*. Séné moha, ou Séné de VInde. Ce 
séné vient de l'Arabie et des côtes de TAfrî- 
que, par l'intermédiaire du commerce an- 
glais. Il est long d'un à deux pouces, très- 
étroit, presque tubuléé li jouit des autres 
caractères du séné de la pal te; mais il est 
moins estimé avec raison ^ le long trajet qu'il 
a parcouru par mer ayant détruit une partie 
de ses propriétés. 

5*é Feuilles d^arguel ( Cynanchum ar^ 
guel DjSLiLË. ) Cette platite, de la famille 
des apocynées, et par conséquent dange- 
reuse, croît dans la Haute-^Egypte , et se 
trouve mêlée au séné sur les lieux mêmes; il 
faut avoir grand soin de l'en séparer. Ses 



( i3) 
feuilles sont d'une fornae variable , mais le 
plus souvent lancéolaire , et dô diverses gran- 
deurs ; elles sont plus épaisses que celles du 
séné , peu ou pas marquées de.nej:vpres trans^^ 
versales, chagrinées à leur surface, et d'un 
vert blanchâtre; elles ont. une saveur beau- 
coup plus amère que le séné^ et possèdent 
une odeur nauséeuse assez f or ti;. 

6". Feuilles de redoul. FemlU» Uncéo^ 
\6eSy glabres, tiés-entières, larges de t^ois à 
douze ligues y. longues de neuf ligu/çs K dea:|: 
pouces; elles offrent, outreJa o^ervure du 
milieu, deux autres ner^uriss très-^aillaqtes 
qui pai(46nt>çommeda pFemièrQ;di]i pétiple^ 
s^écartent et se> courbent vêts le bpr.4.^^.JA 
feuille, et se prolongent jusqu^à la ppiutet 
Dans, les plus grandes feuilles,^ oa observe 
quelques autres nêcvures transurjorsales qpi 
joignent les trois prenuèroA^. q^aj^^ dAnvJes 
plus petites, qui peuvent seules être.cpqfoii* 
dues avec, le sép4 > ^n i>'aperçOit que, Icts. t^ois 
nervures principales, et ce caractère su^t 
pour lès distinguer* D'aiHQ^r«ivpe»$ ^jo^lles 
sont plus épaisies,4}ue celles dU s^ifé^ un peu 
chagrinées à ieuif 'surface,, uqq ^lanch$j[res 
comme Farguel , douées d'une .saveur asiriur- 
gente non mticikiginensey el d'uni»NC>di^.r^as- 
séz marquée et- un* peu; nauséeuse. ,. ; ; . 



Séné. 



(i4) 

Potir dîstingtier encore mieux > cea troi» 
Séné, sortes de feuilles , je les ai concasaéea», et j^ai 
traité une pMtie de chacone d^elle» pav cfo 
parties d'eau bouillante. 

Le séné a pris de suite une teinte brunk^ 
tre; la liqueur filtrée était très-brune^ el^vnit 
une saveur p^u marquée; le réaiduétai( ixk^ 
mucilagineux. \ 

lies feuâlesde redàuJ ont pci^UMkOPvWnr 
vert-pomoi^ la liqueur était très**pea qqIot 
tée^ d*niie,^veur astringente ;,le}réaadQkétaiil 
sec y non mudlagineuxy dfun vefct-ponww» 

Les fenillels d-arguel ook pris une çoulew 
verte ; la liqueur était, verdâioe , presque gé^ 
iatineuse, et d^une saveur amère ; elle^ a fil- 
tré avtc une^graqde <jîfficuilé. « . n 

Ces liqueurs; examinées: pQ|[ les-céadi&.QQI 
offert les résultats suivans r. . . ,> 

Noix de ^aile : Sàvé , louche^ «^..^jn^ 
Dot;L, o. . \. U\ 

Gélatine : ^* q. >->^ R^^i précipité blanc 
t^-abondant. 

Sulfate de fer : Si couleur verdàtre. .r^ 
R. , précipité bleu très^abondant* 

ÉniéUque :> St o« -^ R^ . précipiiéi b^l^K; 
très-abondâ«it. ■.■■•, ysV.-.m ■ 

Oxaiate* d^unmtoniatjUfgi::^ Sk^i.pizécîfiÂté 
très^abond^nt; •*<*• R. pré<;ipilé trèl^byc^Ad^^ 



( »5 ) 

Chlorure de baryum : S. o. — R. préoiî^ 
'P^ très-troable. 

DeutO' chlorure de mercaire : S., rien 
d'abord. — R. précipité blanc. 

Chlorure d^ or : S.j rien, puis précipité 
trouble brunâtre. — R., réduction instanta- 
iiée^fnrédpité pourpre noirAlrd. '^ - • <^ 
\ Nitnaté d^ntgejU ; Su.y|w^pité jiéwiiiàtre 
4Aii^Ijttn^aoi -^ Jké '^ pvécipi»é ^nbètr^pas- 
«mt^ fiâ xboir. . ' 'y^^^ ^ — '■ '• ^^ "' * 

V JfoAiteM^ èauUiquèi: S^f vieD; i>dèur* de 
lessive. >*»&• y piT^piié gételilleiut tiiès-abon- 
dant , rougissant à Pair; odeur de petite cen- 
taurée. , ..;.-v-.;î •. . V i;') '■■,. 

L^infusion d'a^guel ne précipite ni la noix 
4b. jgaUe, . ni la gélatine 9 ni rémétiqne; elle 
foiino^ av^o }e anlfate de fer, un préeij^té 
gélatineux trèa-abandatf t /et prend utie<cotP- 
leor varteç elle se troub|a par l'o^alate d<*am<- 
moniaque, forme un précipité gélatiotenix 
teaaspavent pav la potassa loaustîque; îaSfîn 
oftrédnitila disaobiition'ié^ia que iMifèlnd&tit^ 
et y fiornèi .^^ précipité Jaune n^étaliiquê; ' 

Gesuff^siiltat^ ^et diiiftoiat)o«fiiXc qni sôdt î&tn*- 
nis:pat lelsénë ctf^le redoul) sont tellemetil 
tfaii|diéB;^'qua)e ne doute pa^qu^'on uteptÂ^^ 
pairleor mp]^iii déeou vri v même ' de pMiVek 



Séné. 



.ii;. 



un 



, 1 




(i6) 

qiianlitfti dg second ajoutées an pvemiar^ et 
les pharmacieDs an moins poorront se meUie 
k l'abri de la firaode. ' * 



. j 



Obsert^ation sur un ramottisêcmemt du 

• cerceau, qffectantl^ piHcr draUdé la 

. çoûu ^ etla pjon^ postérieure et Mupé^ 

rieur e du ventricule droit, aifee inflamf^ 

mation chronique de toutesles9ixcuàesf 

. par M. Chauffard, déjà nommé. 

\ ■■■■.■• . .. • . 

( Séance du 5 mai 1826. ) .... 



^1 ■ j ■ i I .il 



}^ujruX^^\^W»rmi^imovai»n\ oii i -organisation: iq^ré* 

J^^jj/^" br^fç, où lef lésions encéphaliqnes sont étn^ 

xiié^ avec tanf de zèle et d^une manière q 

brillante, j'ai crn qn^on ne lirait pas/ sans 

quelque iptérét le fait suivant* . . 

iSébastiani,. soldat. corse , âgé. de .vingt*si< 
ans, d^nne constitution «sèche ^ et nerveuse:^ 
était entré plusieurs fois à Thopital avec le 
ventre tendp >. avec de la toux , et 1» poitrine 
peu sonore , surtout du côté droit. Triste , 
taa4urne , paijciiiioniettx , il ajoupiraît après 
J^îAstant où ili tevarrait son pays,. ^t se piai- 



go/iif (]e vi^çleates. douleuts.jd^ iète.'QuVhr-' 
loepa fK>ar la deri^ère fois à ThôpiM le lO. iem«wî^ iu 
juillet 4e l'ançée.deriiière> dans un état d'ia-^ ccrtemu. 
seff^ibilité pre^quc^ absolpe, Jft bou(^e ;4ié- 
viéc» ^ gauche j ae poi^ivajit ni prpféreir uûe 
seule parole^ ni pousser^un cri , mai^ p^raia- 
saut coqservier de ripte^Iigence» La tête ét^it 
toujours la partie lapIuA quarante ^ surtout 
du côté droit : leis ge3tes du m^lad^ Tindir- 
qiiaien|[ clairement^ ^qand je qnestioùnaiA 
ce dernie^t Le piara^me était çâray^nt, et 
.tpu3 Je$ anciens symptôines.xies autres phleg- 
ipasies s^étaient évanouis ^ effacés par la mar- 
^ladie "«ériébrale. Mi^mtres inférieurs habi- 
tuel! ewent demi-fléchisj legauchfiplus roi^de 
que le droit (i); pupilles dilatées : ^les le 
devinrent excessivefbeiit pencJaQt 1^ huit 
ÎQuris que vécut encore ce malade, qui mou- 
rut, après avoir poussé» pendant douzetà 
quûcU^ heures, des gémissemeps qui avaient 
-succédé au silence le plus absolu. Il était 

privé de connaissance depuis trente -six 
hepres* 
ij^Utopsie.Tiiiiis k quatre onces de séro- 



•' (a) Céttja roidéur s'aiccriil jusqu'à la veillf de la 
xfiovt^ei atteignit 4U^^i l'ext rémité thoracic|ue gauchç. 
T.^delaCoLiS^delaa^Sér. Juillet. 2 



(i8) 

^ T^'Tjr ' site épanchée à là surface de rhémisphère 
•ement du ganche ^ enfro la dure-mère et l'arachnoïde ; 
celle-ci, de couleur grisâtre, très-injectée ^ 
adhérente en quelques points par des por- 
tions de fausse itembrane à la pie-mère, 
couverte en d^autres, à sa face, interne, dp 
granulations nombreuses , proéminentes , 
d^un aspect lardacé , Cancéreux , se prolon- 
geant dans la plupart des anfractuosités du 
cerveëu. Du côté droit , arachnoïde presqqe 
saine, peut-être un peu plus injectée que 
dans Tétat normal; nulle altération de la 
pulpe cérébrale au côté gauche; mais déve- 
loppement des vaisseaux qui s*y distribuent, 
et gonflement extraordinaire du ventricule 
gauche; sortie par jets de quelques onces de 
sérosité. Du côté droit, autre développe- 
ment des vaisseaux propres à la substance 
du cerveau, caractérisé par une fouie de 
points rougefttres qui se manifestent à chaque 
section. Point de sérosité dans Iç ventricule; 
mais fonte purulente de tout le pilier posté- 
rieur de la voûte , depuis sa séparation joa* 
qu^à sa terminaison ; matière jaune chargée 
de débris de substance médullaire; fonte de 
même nature dans là portion postérieure et 
supérieure de la pulpe blanche qui forme le 
plancher du ventricule y et qui e&ï en contact 



(^9) 
^vec ce pilier ; ramollissement en cet endrôif , - 
assez cotisidérable^ mais néanmoins moitis .^^^nt da 
avancé quç celui du4)il΀r; membrane et ««'♦«*'*• 
plexus choroïdiens très-engorgés , avec gra- 
nulations. Tout le reste de Torgane, le cer- 
velet et la protubérance, de consistanfè na- 
turelle; sérosité dans les fosses occipitales. 

Plèvre droite offrant Id même altération 
que la portion gauche de Tarachnoïde. Pou- 
mon droit tuberculeux ; poumon^ gauche 
gorgé de sang. 

Péritoine présentant çà et là des traces 
toutes semblables d^une ancienne phlegma- 
sie ; sérosité épanchée et flocons albumineux; 
engorgement général du mésenfère; ulcéra- 
tions aux intestins grêles, dégénérées vers la 
valvule iléo-cœcale. 

Je n^ai pas dit un seul mot du traitement ^ 
parce que le ipalade arriva dans une situa- 
tion où tout système de médication eût été 
inutilement mis en usage. ' 
- Cette observation prouve que , quels que 
soient les organes sur lesquels se développent 
les membrane! sérei^^es-^ ces membraities 
éprouvent , par l'effet de rinflammation , desi 
altérations ànatdmiques parfaitement iden- 
tiques. - * 

Elle prouve encore que l'iiiflanlmation de 



( ao ) 
Wyqûle à trou piliers a'entrairie n\ paralysie, 

«eSî!J!t% ^* P^ï"*® ^® rinlellîgeç^ce. Cetfe phlegmasie 
cenreau. , était antérieure à qelle^de la paroi postérieure 
et supérieure du ventricule; et la dflatatioo^ 
r.immpbi^ité dçs pupilles ^ Taugn^ntation de 
la stppeur, de, Tijusepsibilité générale^ de I9 
jrpîd^ur dy menibre abdominal gauche , la 
^p^erte c^ la connaissance dè^s Tayant-veillede 
la piort y s'açiCQrdeut avec la propagation de 
Ifj phlegmasie à rhéjmisphèrei firpit. 

Il esi non moins évident que Tinflamma- 
tioa de la pulpe cérébrale avaît^sul?iteii^enl 
produit des symptômes que rpijaiçt^iûs n^'a^ 
y^it p9s détermines , et qu'elle avait entraîné 
proiniptem^eiLt la mort. Cette dernière çir- 
c^jB^tapcç deviept tr.^s-remarquable^ si op 
observe combien s'était pifolongée Texis;- 
t^j^Q^y malgré Tanoienneté et la gravité de 
i'açwhoiiis..,// 

Oft voit; en pu^e^ daps ce fait > tou^e l'ajpr 
titude des affections morales tristes à produire 
des pfa^legmasies sourdes et violentes, quien- 
yathissent les divers systèi^e^ de récon,onJtie ^ 
même les mojUis exposés k leir influence. , 

Si. ce maj^di^. ava^t pu. vivre encore quel- 
que temps 9 malgré de si, graves altérations , 
je ne doute pas qu'^à la roideur des meinbyçes 
dUiC^. ga^Rtp.e^l;^^iîçé4é la pçiraljsie, 



( «I ) 

I 

par reffet de rextensiob du ramollissement 

de là pùlpe^ de Fhémtspfa^e droit. semém du 



cerveau. 



Obserçation 4^érysipèle général; par 
M. Mauche, D. m., médecin au Bois-. 
d'Qiïigt ( Rhône: ) .\ 



* * 



{^éàisce du 7 octobre iSaS. ) 



• » 



Une pétiie fille; de cînq mois avait mi^ik Érysipèle 

HA 1 • • • n général. 

1 âge de trois mois > uti engorgement ëigudeft^ 
glandes docou^ que rafipHcatidn.deqiielV 
ques sangsnes avait fbit disparàftre.Unmbm 
après, elle'^brula légèreiii^itla fesse drÀ«te';> 
Pem^ôt âes iérablliéus et de qnelqhes €of^s 
gras guérit en p^eu de tènips cette brûlure^') 
Vingt jours environ aptes, le a5 djéëemlnreit 
18259 il survînt autour de la cicafrice/Mno. 
inflammation éj'ysipélateuse qui , s^étendabt 
de proche en proche; etisuceéssivement auxi 
parties voisines,, finit par' enVahir toute ita^t 
surface du itont et des membres; la têtecf ml 
fut seule exempte. Eë tissu ceBulaireisdtip^) 
cutané participa bientôt'; à la maladi^dellà 
FengorgeriieDt considérable de tout,(^ l^âpairt. 
ties. affectées. La langi^e ;était;jçougç^ mbis 



11 . . ^"^ 

^^Tj*"^*^ humide ; Tépigastre douloureux au toucher , 
générïï. ' * ce que Teofant manifestait par des cris; il y 
avait soif vive; le pouls donnait cent soixante- 
dix pulsations par minute. Toute la surface 
cutanée était chaude, dure^ rénitente, ex- 
cessivement douloureuse; la rougeur ne cé- 
dait point sous la pression ; elle était d^abord 
disposée par plaques irrégulières élevées an- 
dessus du niveau du reste des tégumens, elle 
devint ensuite générale et uniforme. 

Je fis faire constamment sur tout le corps 
desibmentations avec la décoction de mauve 
et de têtes de pavots^ donner des lavemens 
émoUiens, et pour boisson une décoction de 
^ racine dé réglisse ou de sirop de gomme 
étendu d'eau , et observer une diète sévère. 
Le lendemain, il survint de la diarrhée; 
ce qui me décida à faire mettre trois sang- 
sues à répigastre ^ et Ton continua les autres 
moyens. 

Le troisième jour, la diarrhée a diminué , 
le pouls est tombé à cent cinquante-cinq pul- 
sations; la soif est moindre, la rougeur de 
la peau moins vive. Même traitement, ex- 
cepté les sangsues; continuation de la diète. 
Le 28, quatrième jour j amélioration bien 
manifeste , retour d^un peu de gaité. 

Le 39, cinquième jour, on commence, à 



(33) 

mon insa^ à faire téter l'enfant.. Dès lors iL 
redevient triste ; Tinflammation augmente , g^nérot 
la peau est très-douloureuse, la diarrhée re- 
parait ( six selles dans la journée); le pouls 
remonte à cent soiji;ante pulsations. Moyens 
précités, diète. 

Le.3i , septième jour, toujours diarrhée ; 
les autres phénomènes continuent. La nuit 
est mauvaise; insomnie, agitation extrême : 
on croit Tenfant à son dernier moment. 
Emolliensik Textérieur , diète , lavement avec 
un. quart de grain d'opium. . * ^ , 

!•'. janvier, huitième jour, la nuit suivante 
est un peu moins mauvaise ; diarrhée un peu 
dÛQinuée; le pouls se soutient à cent soixante 
pulsations; la langue est rouge. Mêmes moyens, 
à Tisxception de Topium. 

Le 3 janvier, neuvième jour, les symp- 
tômes persistant, je décidai les parens à ap-! 
pliquer de nouveau sur l'épigastre trois sang- 
sues, après la chute desquelles Tenfant dort 
tr%is heures. Mêmes moyens. 

Le dixième jour , mieux bien marqué } 
presque plus de diarrhée. 

A dater du douzième jour, riufIammation> 
de la peau diminue davantage, en commen- 
çant à abandonner Iga endroits où elle a 



-«4 



(M) 

commencé t ainsi elle quitte successivettiént 
gén^lP ^ les fesses 9 le ventre, les lombes, les cuis- 
ses, etc. Cependant il reste beaucoup d*eà- 
flure aux : pieds, aux mains et aux parties 
génitales. La diarrhée continue, mais à on 
faible degré; le pouls persiste à -cent quarante 
pulsations; il y a nn peu de sommeil. On 
continue) toujours les mèmeç remèdes et la 
diète. 

Le lo janvier, dix-septième jour, Tin- 
flamroatioa de la peau a considérablement 
diminué; mais la langue devient sèche, la. 
soif augmente; poi|it de sommeil. 

Le lendemain, dix-*huitième jonr, Téfat 
étant le même , je fais mettre pour la troî*» 
sième fois deux sangsues sur le creux de 
Testomac ; elles saignent abondamment. L'en- 
fant va beaucoup mieux ; le pouls revient à . 
cent trente*trois pulsations. 

Dès lors Tétat de notre petite malade s^est 
amélioré chaque jour: Tenflure des pieds, 
des mains cède progressivement) le sommëH 
survient. Le pouls baisse à cent vingt pulsn- 
I tions, puis reprend son rhythme accou- 
tumé. 

L'enfant refuse la tisane et le sirop. On 
essaie le vingt-quatrièo^e jour de lui donner 



.* • -*J 



(a5) 
deux imitteréésde lait de sa: tttintfic^ f éonpé mm 
avec moilîé d'eau r Mes passent bien ; I^leti- ^^^ 
demam oir doifbiie la doise. > 

Le 26 f le^ Mi coupé est refusé : Qi¥ i«r 
donne pur. Dès eë moment , on présente le 
sein de la nourrfce , ijni est 9âisï arec aii-* 
dite; mais on a le soin de le retirer apj^èâ 
(jnekjues secJondefi et oe «-est qu'après pln^ 
sieurs joars^ pisndatit lesquels on a laissé ié-^ 
ter l'enfant depltts en plus Ibng^-témpSyqii^oti. 
lui a peitmis de reprendre sa nônmtui»e or- 
dinaire. "Pat ee moyen , sa convalescence a 
été franchei, et lai gnérison parfkite. > 



IM 



Suite dés recherôhes et obsermtions comk 
paratwes sur quelques maladies chro^ 
niques de P estomac; par M. Bourgeois^ 
membre résidant ( Voyez les tomes '^t^ 

et 95. ) ' .' 

Considérations ^énérale^. 

Les difficultés du diagnostic dans Icfs ut»- Maladies d( 
ladîes de Tabdomen tiennent petift-^re tàoin^ l'cstoniac, 
encore à la profondeni^ et à Itt multiplicité 
des organes contenus dans éètte caj^aditéy 



(a6) 

qu^BUx sympathies qui unissent cçux-ci non- 
Maladies de 1 ^1 . j •! ^ 
restomâc. Seulement les uns aux antres , de manière a 

ne former eh quelque sorte qu^un seul en- 
semble y mais eneore à toutes les parties 
CQBstituantes de ^organisme. 

L^estomac doit surtout, sous ce rapport, 
être placé' au premier rang; et si, considéré 
comme siège du mal ^ cet êrgane est souvent 
le mobile d'une foule d'impressions de ce 
genre , combien de fois aussi n^en est-il pas 
Faboutissant? Ne le voit-on pas sMnfluencer 
vivement sous Tempire des maladies des vis- 
cères contigus on circon voisins, tels que les 
reins, la veSsie, le mésentère, le péritoine , 
répiploon , et surtout Tutérus? Les affections 
de la poitrine, la présence des tubercules 
dans le poumon , et les phthisies confirmées, 
ne sont pas moins fréquemment accompa- 
gnées, à leur début et pendaat tout leur cours, 
de phénomènes gastriques, quelquefois assez 
marqués pour induire à prendre le change. 
On observe généralement des troubles ana- 
logues à l'invasion des maladies exànthéma- 
tiques et cutanées , quels que soient le point 
. ,. et rétendue de la surface dermoïde que ces 
maladies occupent. 

Oa sait encore combien les lésions du pé^ 
r^ciiâDe sont efficientes à cet égard , et il y a 



(*7) 
de fortes raisons d# croire qu'il en est de •-" 

. 1 r • . / / 1 * Maladies de 

même pour le périoste en général; au moins l'esiom^e. 
m^a-t*il paru que, dans les plaies ou solu- 
tions de continuité des os, la fièvre trauma- 
tique revêtait plus ordinairement et plus par- 
ticulièrement le caractère gastrique. Il est ^^ 
enfin des sujets chez lesquels rexpérience 
démontre une susceptibilité de Testomac telle 
que le moindre dérangement la met en jeu. 
Mais une pareille influence n'est jamais mieifx 
marquée ni plus positive que dans les affec- 
tions des grands appareils nerveux, le cer- 
veau , les méninges , leurs prolongemens res- 
pectifs^ et même dans celles de centres bien 
moins importans , tels que les ganglions , les 
plexus, etc. 

Voici, à cet égard, un exemple qui me 
parait fort remarquable. Pendant dix-huit 
mois environ, j'avais été appelé plusieurs 
fois à donner des soins à madame Chap , 
âgée de vingt*six ans , d'un tempérament 
nervosa-sanguin, brune, bien constituée, et 
qui, jusque-là , n'avait encore été atteinte 
d'aucune maladie grave. Chaque fois je la 
trouvais en proie, aux symptômes d'une in- 
jQammation gastrique sur-aiguë, caractérisée 
par de vives douleurs locales, le ballonne- 
ment de l'épigastre, de l'étouffement, une 



\ 




(*8) 

violenfe eéplialalgie si*-orbîfaijre ; la face 
était pâle, le poab petit et serré ^ les extré- 
nûlés froides : tous les indices, en nn mot, 
de Fafiectioa précitée paraissaient d^antanf 
mirios éqniyoqnes , qne leur invasion se raf- 
tachait, a pèn près ennstammant, à nn écart 
de régime avoné , sinon accnsé par la iùa- 
Idde. 

Ck>inbattnes par diverses applications de 
saegsnes à Tépigastre , là diète , les boissons 
gotflniensei , de légers caïmans, des bains 
tièdes et des topiques . émoIKens , ces crisei 
avaient tonjotkrs [^ns ou moins prompte-^ 
médt cédé; il ne restait. babifuelleraMf d^ 
leÉr passage diantre féminisCence qu'hue 
insurmontable anorexie, à laquelle succé- 
daient par intervalles quelques caprices d^un 
appétit impérieux , qui portait la malade à 
désirer ardemment des crudités^ les salais 
sons, les aeides, les liqueurs fortes, ef les 
âlimens de haut gonat et de difficile digestion^ 

Madame Cb... perdait insensiblement son 
etnbonpoint et sa fl-aîcheur; elle devedait 
apatbiqué , triste ^ morose , d'une irritabiKtë 
morale tout-'i^fait insoKte; sa figure, ofdi-^ 
nairement pâle , se -colorait parfois d'ufi 
rouge Vif; il y avait des palpitatiôbs et un 
malaise vagciè ^ indéfinissable \ ensemble d<^ 



(*9) 
symptômes qç'atféui^ait poui: l^ordinairC' h , „ , 
saignée (ju. bras pratiquée ^ diverses rç^ restpmjic. 
prises^ quand la céphalalgie et PélQufiepifnt 
gastrique ^ccjuéraient plus d^iutensité. Les 
grandes crises aussi deveQaient pfQgressivjQr; . 
ment plus fréquentes. , «. 

II y avait à pc^ine si:^ semailles que mada^ie. 
Ch.,.enavaitépçQHy^juuç;yiqlente, lorsque^ 
dans les premiers jQursdu mojs de mars der*^ 
nier^ la n^igraine^ quienét^tle symptôme, 
précurseur habituel , se m.onti;a de p^Quye^u , 
et ne précéda qpe de quelqi;eshepfe^le4é-; 
veloppemeut rapide des attaques Qrdinaire$. 
La m^ade me sigipiala elle-mêijt^e §qi;i état 
comme une indigestjon.^Ua. (hé léger dopit 
elle avait fait usage n^ay^nt produit aoçuii 
amendement, je prescris viqgt sangsues k 
Pépigastre; infusiop de gpaine de lia^^pQHçA 
gommeuse anodinée avec le sirop de foptr 
phine ; applioRiona émoilientes sur le ventre^ 
Pendant les ^ix, jours suivant) tou^ les.a^^ 
cidens s'atténuent ai^ point que la m$l^dc) 
soliicite^uelquesalinieDS* Une tasse de houijt^ 
Ion prise* alprs^ ndalgré n^oa expresse dé** 
fense , trouve encore la $epsi)>ilité de IV^tq- 
mac tellejoient exaltée, qu^elle ^rappelle pre^ 
que instantai|éipçn]t UQ(^. grande partie d^ 



(3«) 

^ , -. , la natare apopleéfîqne da maL constata iin- 
fÀiomae. médîafemenf Targence de celt& médicafiOQ, 
en ouvrant iai-ipênie la veine. Ttois pal^ftes 
de sang furent lirées; aidîs.;Cette déplétipn 
ne change rieo à 1# ^itnatioi^ désespérée de 
la malade, qui s'aggtave successivement. 
lies vésieatoires appliqués depuis quio^e 
henres n^oot produit aucun eQet; la place 
des sinapisfs^ est k peine rubéfiée. ]Lie coma 
devient d^ plus qp plus profond; les yeux 
paraissent fpillans; ils sont troublés ,1 vitrés. 
Quelques mouvemens .çoavi43ifs. ( Vingt 
sangflif^ sur \efr^t4lPfi jugplairos. ) La pia- 
lade succombe' vers cinq heures du matin. 
•. Une pareille et aussi rapide terminaison , 
ainsi quet tonte la série des derniers symp- 
tômes, rendent sans doute ici manifeste 
une compression cérébrale, laquelle nepesU 
avoir été produite que par nu épanchemen4. 
Or.^ cet épancfaement s'est-^it instantanément 
formé, a-l-il été hémorragique? G^est cequî:, 
dans Tétat des choses , ne me paraît nu^ier- 
Ittef^t pro^pablfe. Si,- au contraire , on fj^it 
attention que, d^a^ord la céphalalgie et Jçs 
symptôgjçs nerveux, proprement dit^^'^qgt 
tctujours été pjrédominanp, et qu'edosuite :1^ 
uialade x^Qç^^l(k^mai^ copjme la^tçai^e pj^jgr 
miéra 4^:Spn. m^l^. un éryi^igèl^.étenc^u à 



( 55 ) 
*la pripâqtre to4aIifé du derme cbeveln^ à la 
suite d'un coup de soleil , on sera porté à • riîtoSâc! 
croire qu^il existait dans le crâne une collec'* 
tion successiveident accumulée, et dont les 
palfâîs amincies auront fini par se rompre. 
A éè^tiïre , lèà a'èlcl^îdèns gastriques qui se sont 
montrés si peu équivo'qù^V ^^ ^^^ cepèb^ 
dant d'être primitifs ou essentiels^ n'auraient 
été que symptomatiques; ils auraient ainsi 
conduit à une erreur de diagnostic qui peut 
être établie comme mesure en pareil cas ^ 
c'est-à-dire dans les maladies chroniques : \ 

l'analogie porte à croire que , bien qu'avec 
la même apparence , ils peuvent aussi né 
pas être plui'positifs dans les maladies aiguës. 
On voit encore par un pareil fait que la 
réussite plus ou moins complète des médica^ 
tions directes'de l'estomac,, et spécialement 
celle des évacuations sanguines opéréc^s par 
les sangsues sur la région de ce viscère^ n'est 
pas aussi, démonstj^tiv^, qd'on semble le 
croire ^ de la lésion dé cet organe : etliployées 
ici à* différentes reprises', delles*-cl ont èti ef- 
fet côtistàthment été Suivies, d'un soulage^ 
ment prompt et d'assez longue durée, soti* 
lagement qui, sans douté*, m'a été dû qtfà 
une action révulsive opérée sur ce point éloi- 
gné. Il peut eil être absolument de mémè^ 



( 34 ) 

SOUS le rapport du diagnostic^ de la douleur 
Testomac? fixée à Tépigastre. Cette douleur^ comme j'ai 
eu occasion de le vérifier, est souvent un 
des signes les plus remarquables d^une in- 
flammation idiopathique du cerveau ou des 
méninges. (Senn , Recherches sur la ménin- 
gite aiguë des enfans. ) 

D^un autre côté , ces mêmes relations sym- 
pathiques, entretenues par l'estomac avec 
l'organisme , sont à leur tour tellement 
nombreuses et variées , que ce viscère est 
rarement atteint sans exciter sur un point 
quelconque une réaction plus ou moins vive. 
Générale, ou exercée à la fois par tout le 
système nerveux, cette réaction développe 
un appareil fébrile de forme plus ou moins 
propre à en masquer le véritable point de dé- 
part, et qu^on a souvent qualifié de fièvre 
essentielle; partielle, ou portant plus direc- 
tement sur un seul organe ou appareil or- 
ganique, elle y donne Heu à des symptômes 
qui en simulent, à divers degrés, la lésion 
spéciale. Quelquefois même, et c'est surtout 
quand l'influence sympathique s^esX concen- 
trée sur Ict cerveau, on voit ces derniers 
symptômes l'emporter tellement sur ceux de 
la lésion réelle , qu'ils laissent à peine soup- 
çonner celle-ci, laquelle parcourt alors ina- 
perçue toutes ses périodes. Cest ainsi que 



(35) 

plusieurs modes de céphalalgies, des mala- 
dies morales, et même des aberrations in- p^^ômac. 
tellectuelles, ont leur siège positif dans Tes- 
tomac, affeclé d'une manière chropique. 
^ II se présente aussi dans les maladies air 
gués des circonstances analogues. Une de- 
moiselle de dix-sept ans, d^un tempérament 
nervoso-sanguin, lorfement constituée, est 
prise d'une fièvre violente, avec des redou- 
blemens erratiques et des accidens nerveux 
assez graves, mais généraux, et qui n'indi- 
quent aucune localisation. Le pouls est petit, 
fréquent , irrégulier. Il y a de la céphalal- 
gie, beaucoup d^agitation, parfois de Pas- 
soupissement, dont la malade se réveille en 
sursaut; des frissons; la peau est chaude et 
aride; la langue sèche, mais peu rouge ; la 
soif ordinaire. ( Traitement émollient; au 
troisième jour, vingt sangsues à Tépigastre.) 
^évacuation de sang produite par les 
sai^gsues est fort considérable et dure dix ou 
douze heures. Vers le milieu de la nuit de 
ce même troisième jour , la malade , succes- 
sivement décolorée, se sent défaillir, et n'a, 
que le temps d'appeler à elle avant de tomber 
dans une syncope effrayante par ses symp- 
tômes et sa durée. ( Sinapismes aux extrémi- 
tés, excitans externes variés.) Le lendemaia 



(36) 
les traits sont décomposés , la figure exprime 
l^tèmac. u^^ doulear profonde , à laquelle la malade 
n^assigne aucun siège, et dont elle ne peut 
rendre compte; la région épigàstrique n*of- 
tte rien d'extraordinaire ; une fois seulement 
elle parut distendue , saillante et bombée ; 
mais quelques heures après on la retrouva 
dans son état naturel. Soubresauts dans les 
tendons ; suspension de la sécrétion urinaire ; 
adynamie extrême ; diminution marquée des 
fonctions intellectuelles^; délire silencieux. 
Uile insensibilité physique et morale difficile 
à décrire est, en un. mot, lé caractère pré- 
dominant de ràflfection. 

Tout en conséquence attestant un obsta- 
dé à Pinnervation , il y a lieu de croire à 
une lésion spéciale du cerveau. Tel fut aussi 
le diagnostic auquel s^arrêfèrent plusieurs 
médecins qui voyaient la malade en même 
temps, diagnostic qui, spécifié comme une 
« sorte de sidératioâ ataxique, servit de l^se 
à un traitement tonique, antispasmodique et 
dérivatif, jugé propre à remonter les forces, 
autant qu^à faire diversion. ( Potion éthérée, 
mDsquéé , vésicafoires aux cuisses , sinapis* 
mes dtnbulans , lavemens de valériane. ) L'ef- 
fet de ces médications reste inaperçu au mi- 
lieu des troubles nerveux qui se succèdent 



( «7 ) 
rapidement ,a9ecfant les formes les plus di- 

<■ • t I * 1 Maladict 4^ 

verses» et devieqnent a chaque instant plus fèâtomab. 
redoutables, La malade succombe dans I4 
unit du cinquième jour. 

Personne ne doutait que Touverture du 
coips pe jçopfirmât pleinement sur la nature 
etrle siège du n^ai, le jugement qui eif^^v^it 
été.porté; et chacun.) d'après ses idéçs, d^- 
tei^minait par avapce le piode de la lésion (Qt 
le^i .désordrfss consécutifs ,qq| itéraient ren- 
contrée dans le cçrveau. Cette idée d'affec- 
tlo» cérélv^lç éts^it telleipppt excîusiv-e, qije 
le canal alimentaire ayant été exploré d^a- 
bordt> qn ne tiiit en quelque isorte ^\}quu 
compte d^pue tache, presque large qpmmf». 
la paume d^ Ui.in^in, qu'on trouva dans j^ 
gr^od wl de sap de Testow^c, et; qui, fpr- 
mée par,^.^)çn|brane n^ugueuse rauLoJliç^ 
étaiit néanmoins un des stigmates les moii^^ 
équiyoquf^ d'une viVe îqflammatîop. H c^ 
fut de méinie de plusieurs autr^ poiuts de 
dé^rg^ni^tipu analogue qui fur^x^t obser-r 
véA> à p^jcje; dist^Ace les ^n$ desauîres, 
dans ^éAendu^ de rjfitestîfi grèle^ Hais le 
cr^ ayaiit été. ensuite ouvert^ I9 surprise 
fut giTfinde I quand on vit le cerveau et sqs 
membranes dans Fétat le plus sain, et n'oC- 
fmnt ^«olcuQçnt rien qi^i pût servir de pré« 



(38) 

sesss^ss texte à y établir le siège du mal. La conVic- 
Pestômac? *^^^ > à Cet égard, fut telle pour chacun^ 
qu*on ne crut pas devoir poursuivre les re- 
cherches dans la continuité du canal verté- 
bral. 

Ainsi donc, de deux choses Tune^ ou Tin- 
flammation de la membrane muqueuse di- 
gestive était ici la véritable source^ dei5 acci- 
dens , ou il existe des lésions moirtelles qSii 
ne laissent après elles aucune trace j et qui, 
par conséquent 9 sont aussi inaccessibles au' 
scalpel de Fanatomiste qu'aux investigations 
du médecin. 

Quoi quMl en soit , il suffit sans doute de 
ces faits pour faire voir combien la sémëîo?- 
logie gastrique peut se trouver défectueuse , 
autant en ne se pi^ônonçant pas directement > 
quand il y a lieu , qu'en se développant , ait 
contraire, sons Tinfluence de causes éloi- 
gnées. Tout même ici porte à établir que \ 
bien que pôaWvement déterminée, 'cette sé- 
méiologie rie doit, soiis aucun rapport, êfre 
réduite à une simple et unique inferprétatio'ri^' 
c'est-à-dire que l'identité du siège et des ef- 
fets ne constate jpas toujours et irrévocable- 
ment celle des causes et de la nature propre 
de la lésion. 

8i Ton j^ette, en effet, sur les dîverses ob-^ 



(39) 

servafions préeédemment rapportées , un ,>\ 

coup d'ϔl comparatif, on trouvera sans doute ^J^^^jjjf 
qu'elles ont entre elles de nombreux points 
apparens de similitude. Dans toutes aussi, 
douleurs vives et prolongées à Tépîgastre ; 
troubles des fonctions digestives , vomisse- 
mens , la plupart des symptômes, en un mot , 
qui signalent les gastrites , les pylorites chro- 
niques, celles enfin de ces affections de rës- 
fomac que Ton spécifie de lésions orgàni^ 
ques. La tumeur même, existant dans les 
deuxième et troisième cas, pouvaient tout 
aussi bien que dans le premier être regardée 
comme pafhognomonique à cet égard. Com- 
bien cependant, comme on Ta vu, ces af- 
fections ne différaient-elles pas essentielle- 
ment Tune de l'autre ? 

Ces mêmçs faits démontrent encore qu'en 
général une pareille conformité peut être 
quelquefois tellement apparente et spécieuse, 
qu'il ne faut rien moins pour Tinfirtner que 
répréuve du traitement, lequel devient aloris 
un des plus siirs élémens du diagnostic. Geit 
ainsi que 9 dans là prenuère observation^ le 
succès des moyens antiphlogistiques a cou'*- 
couru pour sa part h fixer sur le mode fran- 
chement inflammatoire de l'affection» Il n'en 
a pas été ,>t il ne devait pas en ôtre ainsi dans 



(4o) 

le second ca^, leqnel ^conédM comme pAe 
ffffftn tf hypertrophie de^ parois gastriqpçs ^ p^a gpé^ 
que par Tefifet d^tio monvempnf org^nîqnii 
spootané 9 dtflicfleiDent apprécial^le^ maisqn^ 
Tanalogie m*a îndnit à concevoir comme fp 
rapportant à celni par leqod Tanteur dp 
Vjiuscultation médiate se rend compte ^p 
la réduction des anéyrysmes et des hjpfirr 
frophîes du corar ^ par la méthpde de Yhf/^ 

SUUUTA* 

• 
Pins le même traitement ^ été actif et pror 

portionné & Pintensité d^ jiymptômes » plus 
ansfi Tapplicafion s*en est tronvée vieieqse 
et véritablement offensive dans Ja troif ièipe 
observation. 

1\ n'a pa^ mieux réussi dans la quatrièine^^ 
laquelle représente unenomlH'euse ^^^^e^Q 
lésiops non in£Iam<n^toire;s , qui^ ef^entipl- 
lement marquées, par la .douleur éi propre^ 
aqr tfsflin nerveux, existent ,Qncqp;^équejD\ciQ 
SARI tuméfia ctioupt sans injection sauguinje^, 
epmmf^ 99ns ^Itération po^itiv^ de la tr^me 
organiquei* Ei(|es semblent reconpaUre >pq^^ 
cause immédiate une dévî^ition momept^nép 
. du principe nerveux accumulé yicieusemçp^t 
vers un point : aussi ont-elles ce caractère de 
mobilité et d'a,lternative qui s^attache Si^^. 
notes de la çpnsibUifé ^ et qui fait quelles, s4r 



vifniQt ordffiâtrëmeâf '|i&r ctîfites.' Uéé attfî* 
phl6gis4*ques^ et botaiïinièdt les évacuations ^i^^ft^ik. 
saBguinés , jcmtëlôrs peu d- êflScacîté ; «ou Veùft 
même ces dernières y^oiit pëtr qu'etïés soîéiW 
abondantes, rfonnéntiattfe^^îos grande jir^- 
domînanoe > 4 riuflueDéë ^eV'véiise > mot^bifi** 
que , et aggtavetït laiînsîi tés fcjccidWrs. 'Lés di^' 
nvaiih à ■ la peau sont âlorlâ y au éonli^àlre l 
employés arec un suetîès' côtastântf ils'sortf 
même d^autanrf'plus curaflfs', qu'ils s^ht pln^' 
étendus et plus douloureux , comiiïe si tirie' 
fluxitôu nervenfse> proprement dite, ii« pou- 
vait 'étre.coptrebaIaiicéefqiiè ^ar^ne fluxîôh 



'î,A 



de même» balurè. ' ^ , . î 

~ II suit de ii qu'en sionMtfè le^ftÉN^tf^P 
teroent ne saurait toujours conVtenîi^, âlori 
même qiie les accidens observés' présentent à 
la oom^araisonilar plus âppàtetité confortante' j 
^t Qe>ti6 téODiTormrté ^à uéôessaireniënfteTFè 
toutes les fors q^'M W^éâùîré'Uxa^m^ 
ment des signes dé r{fHl2»i<9n' p^ypt^éâbtil 
dite. C'est, eud'atlIUès ïerÀéîiy ëfSblîï ;^ié 
eelle^oi be'pieut être tègàt^ëé cèmitië^ne 
eattté cKmlqxii^ fotfdamettt&te ,^ ili 'ëil tdkiê^i 
queuee servir de hdàk a ti ne ' tliférïj[ièiif fftJfAé 
rationinjlle; ' ^ ^ t ^ • ^»' 

Qnql sete ftbsdhi péuit-on-àtf acher , éèt èf^- 
fet^ 4 une ^taômin6tititi>>i^ if}àppnquë''^k 



( 40 

tout sans rien spécifier , et iqui n^enaporte 
Maladies de ayec elle, avicone idé*. d'al fera lion positive 
de tissu ?I4e se prêtant à auctipe appréciation ' 
m.atéjrielley et dénuée de touf caractère . vé- 
ritablement pathologique, Tirritation^ en 
bonne logique médical Q^^^est autre que>la 
Qianifestation physiologique d^nn trouble 
fonctionnel » iqouvqment ou réaction dés; 
forpes vitales 5 wdiquant Tinfluence actuelle 
d^nne cau$^ morbifîque , mais ^ans rien pré- 
ciser de relatif à celte même cause : c'est ^ 
ei;i,uu mot, et dans. Taoception littérale du 
ternie 5|]un symptôme comiiiuii^ qui^ à Tins-^ 
tar de la fièvre , marqué tout état 'morbide'^ 
^anf||i^4ui"^mêjpAQ. ,çii constituer lésseintielle- 

me^nt aucun.. ,y ••..■-:■ '^; ' ■-" •■' "" ' 

On ne conçoit donc pas qu^ainsi déter-^- 
min,f0.9. elle» ^olt propre à servir' exclusive-^' 
ipent dq.bfosçà un système dev^athologié; 
mfi;iifœt9ment insuffisante en clinique, unoi 
p^çfU^ t^pr^^ ei^t: 43noore d^ oatui* à fi>H 
mfqpler ^es«plus gj^aves arreâft's^' ' > . ^ 
, En restreignant rd'abprd indéfininieittlle» 
rechçrchc^sà faire ipour arriver à la éonnâis^ 
sai^e , des iQialadies , elle induit nécessaire^ 
ment à prendre le change sur le silâge et la 
ni§iture de cellesHÛ. Elle, est eùsuite^ par/ la 
même r Ai$pi» , jcî^#tr^ctîy e de toute étiologjié^ 



(43) 
Elleteàîd énfîa'A '^boikactér la- iilédecîoe dû --^ 



A-i 



symptôme , '^c/f èî réduisant la thérapèù-.^^^^^^ 
tfque à ube éènle série de moyens généraux ^ 
à faire négliger 'diîgk'andtidmllré d'indica-' 
tîons plus OÙ moins^ curàtivés ^ autant qn^a ' 
Tappaùvrir, en la privant dé ëèux de ces. 
fraitem'Ànsf sl^éciauk qrfé PexfJérîerice a de- 
puis long-fèikipà mis au nombre des plus pré- 
cieuses ressdïïf ces de Tar t.' "' ' 

I ff r« f 

•ï» ! . ' .•■;>■ 

1 • . . , i .... 

. . . . _ J • ' . é . 

Observation sur une herpie de matrice à 

traçers^ un pcssairc;^,p^T JR(I. Bbaçh:pt ,. 

'.D. M.j associé national à Lyon.. .^r 



• I 



(Séance da t6îoiii i8a6. ) 



1 1 ■ 



•:.. • oiî 



Le 8 majTj^ i8i8 je fus appblé chet M. Gati-' Hemîede 
thlër ^ur vofr'une de ses parenté* qui , dè^' "'*^* 
puis quétre tonn/^ 'souffrait cruellenoent àèHik^ 
te bàs-Veritil. Celte pérsôinré' était âgée tîe 
treute-siit au*9 et était sujette 'à ùiiê deicèbflè' 
de matrice, qu^dte inainteuait réduite à Taidé' 

• • • 

d^lé pessaire en gimbèlette 9 de sottfef^^ellë' 

• • 

n'en éprtta vâit qn^nne ' légèl^è lAcomniodité. 
Depuis quelque temps elle était ëiirhiîniéè ^ 



(44)' 

. a - ®l foiusait avec force. Da^s la »m| da^ S an 
miUiôe. ;ra4 ixiar8,5 Ja tçQxfaf pla^ violente qiiç(^,d!ba- 
bitode. Tout à coup elle se ^exitit pinccir J^ 
matrice d^une. manière . e;i;traordinaire • et 
die tomba jen syncope* Lo^sqn^alle revint j^* 
elle, elle éprouvait une douleur décbirante 
daps les organes génitaux et dans le bas-p. 
ventre. Ellç pensa que sqn pes^aire s^était 
dérangé, et elle voulut le chçrchet^ mais, 
elle trouva à l'entrée ^ la vulve un corps 
volumineux qu*elle prit avec raison pour la 
matrice. Elle s'imagina que les efforts de 
toux dont elle avait été tourmentée dans la 

la 'désc^nVe ke la tiftirt*èfé 'défait* ë&^ék^èe. 
Elle chercha lifiutilement son ISândagfe , et fit 
des tentatives infructueuses pour faire re- 
monter Tutéi^tii. Eifé^fit faire des fomenta- 
lions émollienfes sur le bas-ventre, et elle 
u ioM *î^* ^^ c<|ti^pla$m^s sur U ^^ ve^, \iÇ^ 4c»i- 
ii i jBm l^m^s qe^ ap caJmèrctnt poiiM, rl^ lç>n?^W| ^^gf i 
Wflfta ^ Kpb^i^e, »tf ^, ^iUUçcè tr^vpr? Jp^ 
oiganeSr génitaux. ^^abdopi|9|i q^vipt 49P5'{ 
Ipijl^eftX eJ;,te^d^ fi^p? Ï3 régoi^j^pRgHffl^Ti 
qne* l^es uiwea p'ét^if^ |)as.^6a4aas.paf, 
jeti^.maif e^es:s^ét^ndaif9Dt en, nappe su^ )f. 
tuîpfjjw« SfrP^flsaijBia des 49^!9i| W lri^îg»««i; 



( 45 ^ 

faii le corps tnême de Ptrtérns qnî fônnaft là « ^x j 
ttimënr , qui alors' sfortdif presque en folialHé matriod^ 
au dehors des organes génitaux ; Torifice 
très-apparent de ce viscère ne pouvait pas 
me permettre d'erreur. La matrice était très- 
enflammée et d*un rouge presque livide; elle 
avait acquis le volume presque de deux 
poings. Comme il notait pas aisé de prome- 
ner mon doigt autour de la tumeur, pour 
examiner profbndéhient dans le vagin, je 
pensai d'abord, avec la malade , que son pes- 
saire avait été chassé , et que Tutérus était 
descendu sans autre complication. En con- 
iséquence de cette idée , j'essayai la réduction. 
Quelques tentatives inutiles m'engagèrent i 
faire de nouvelles perquisitions : au lieu de 
refouler la matrice y je la retirai légèrement 
en dehors. Par cette âianœuvre, je rappro- 
chai le fond du vagin de la vulve , et je fa- 
cilitai nntrodtiction du doigt pour mieux 
explorer. Je trouvai alors autour de la ma* - 
tric.e un corps arrondi de la grosseut* dû 
doigt, et embrassant la base de la tumeur. 
Cette disposition et l'aveu de la malade , qpai 
n'avait pu retrouver le pessaire qu'elle croyait 
sorti , me persuadèrent que c'était évidem-^ 
ment cet instrument qui cernait ainsi et étran- 
gliit, en quelque sorte, la matrice, dùnt le 



Hernie de 
matrice, i 



(.46) 
corps avait passé ,en entier p^r son orifice 
central* Ressayai avec ménagement de ré- 
duire cette hernie d^un nouveau genre; mais 
le volume qu^avait acquis Tutérus ne le per- 
mettant pas, je pensai que le seul moyen 
d^ parvenir éfait de débrider, pour ainsi 
dire^ l'anneau qui lui avait livré passage ^ 
en coupant et en enlevant le pessaire. Ty 
aurais procédé sur-le-champ ; mais n'ayant 
sur moi aucun instrument convenable, et 
n^ayant trpuvé dans la maison que âes ci- 
seaux de broderies, je fis appliquer sur la 
tumeur des compresses trempées dans de Peau 
blanche , et j^allai chercher des ciseaux 
mousses très-forts y un bistouri boutonné et 
des pinces. Lorsque je revins, trois heures 
après , je trouvai les choses dans le ménie 
état. Je n^essayai pas même de me servir dci 
bistouri, dans la crainte de blesser quelques- 
unes des parties entre lesquelles il fallait le 
porter. Les ciseaux et les pinces furent les 
seuls instrumens que j'employai. Avec les* 
ciseaux conduits sur le doigt, je vins à bout 
de morceler le pessaire , et avec les pinces 
ou les doigts, je retirai successivement tous 
les fragmens. Cette opération , quoique* très- 
insignifiante, fut cependant longue et assez 
difficile, à cause du volume de Tutérus qui 



(47) 

bouchait presque Gomplètepieot Torifice du «^^ 
Vds:in. Après crue îe me fus assuré qu'il ne Hernicdt 
restait plus rien autour de la base de la tu- 
meur formée par la matrice , je procédai à 
la réduction , qui s^opéra alors sans diffi- 
culté. Gomme Tabdomen était douloureux 
et tendu, et que Tutérus et les autres parties 
génitales étaient enflammés , je saignai la 
malade 9 je prescrivis des fomentations émol- 
lientes sur le bas-ventre , et je fis tenir sur 
les organes génitaux des cataplasmes émoi- 
liens; la décoction de guimauve émulsion- 
née fut la boisson de la malade. L^inflamma- 
tion fut arrêtée y et marcha rapidement vers la 
résolution, de sorte qu^au bout de cinq à six 
jours la guérison fut complète. 

Pour ne point ralentir le récit de Fobser- 
vation, je n'ai point parlé de la nature du 
pessaire, et je m^empresse de la faire con- 
naître. Il était en liège, enduit de cire (i). 



(i) Ces pessaires ont été presque exclusÎTement en 
usage depuis Lsvrbt , qui s'en était si bien trouyë , 
qu'il ne craignit pas de faire un. mémoire ( Remar^ 
quen particulières êur f usage des pessaires , et sur fa 
meilleure manière de les construire , anc. jpurn. de 
méd.., tom* 34 # pag. 4^8 ) pour les recommander et 
pour indiquer la manière de les fabriquer, ^^ssi ils 



î4^) 

J'essayai après ropérafion d^en rapprocher 
mi^SL les fragmensy et je recomposai Tensemble 
de j^'nstrument, qui me présenta ua orifice 
éentral ^$èez considérable. Je le fis retnar-- 
qiier à Ja malade , qui m^assura que^ de C(Bt,to 
manière, il avait beaucoup plus, de largeur 
;que dans le principe , lorsqu'elle Favait placée 
Cependant lès bords de cet orifice , étaieiU 
•lisses,; et ne présentaient aucune altération. 
Cette circonstance semblerait indiquer on 
que le pessaire ^vait été niai fait, et qfie Iç 
fabriquant en avait déguisé le défaut, en aor 
cumulant uue grande quantité de cire sur le 
bord intéri(eur;ou que le liège, par la durée 
de son séjour, avait été usé, et avait laissé 
Torifice du pessaira* s^agrandir. Daus Tune 
oitrl-autre hypothèse,. on voit que Içs pes- 
saires en liège ne sont peut*être pas les n^eilr 
leurs, et que leur fabrication demande dea 
soins bien attentifs. Si ^en effet le .t]:ou du 



^•kt 



eti potlttnt Id'tunn', ^noique^oeoclëbveaceouehetir^ne 
s*etL donne'pftS'poiiri'myeiiteur ,.'paf9qU'on les tronyt 
décrits ) cetftmquaale ans auparavant , par Bcégnt^ 
d^ûi^ son traité sur. l'aKda>g«iJnr les^bemii^, «t qm 
ce déifier aat^turne-s^attriba» pa» nféme 4'iiiVeiiH> 
th>n, cfC'tt^Mpai>te'que'ooiniiM dknt moyen <c6iiatt'at 
xtàité: »••■•: 




(49) 
liége est trop grand , et qu'on le siasqiie 
avec de la cire y il est aisé de concevoir qne mairie 
la chaleur et les mucosifés auront bientôt 
emporté ce surplus de cire, malgré les pré* 
cauifôDS indi^uée^par.I/EVR£T, el que 1 u- 
térus s^eqiçagera alors bien facilement dans 
l'orifice ainsi élargi, èf y sera pincé ou bien 
y passera en totalité, comme dans Pobserva» 
tion précédente* Si. le liége est capable de 
s^iser à la longue, il en résultera toujoûrî 
le même inconvénient. Diaprés ces considé^ 
rations, je regarderai les pessaires en liége 
revêtu de cire, comme peu avantageux, et 
comme devant être bien surveillés lorsqu'on 
s'en servira. On ne saurait trop recomman- 
der aux personnes qui en feront usage de 
les sortir souvent, en lés menaçant des ac- 
cidens qui pouitaient leur arriver si les soins 
de propreté n^étaient pas capables de les^r 
déterminer , comme cela n^arrive que trop 
souvent. Si toutefois il se présentait un ac- 
cident semblable à ceiui que j^ai recueilli^ 
je ne crpis pas qu^on ait à faire autre chose 
que d'aller morceler le pessaire, en glissant 
riustrument sur les côtés de Tutérus, et avec 
ménagement, pour ne pas léser œt organe 
injiportant. 

T.^delaCol.i5*.delaa:Sér. Juillet. 4 - 



es») 

5 Heureuseiiteiil ces cas sont rares ; cepen- 
dant ils ne suiil pns sans exemple. 

En 1785, JuviLLE, célèbre chirurgien her- 
niaire, donna la description d'unpessaire 
dégomme élastique , ai>ec quelques obser- 
vations sur la forme qu'il doit avoir , etsur 
ses effets. On lit d^ins ce momoire, qui ne 
80 Ironie [poini dans son Traité des ban- 
dages herniaires Imprimé en 1786, le pas- 
sage suivani : « Il faul bien faire dtlenlioh 
de ne donuRr jamais à l'orifice snpérieur de 
celle machine plus de trois ou quatre lignes 
de diamètre; car, s'il en avait davantage, 
le museau de lanclie , suivi du col de la ma- 
trice, pourrait s'y introduire; i! en résulte- 
rait, ainsi que cela est df'jà arrivé, des ac- 
cidens très-graves. Ces accidcns avalent aug- 
menté jusqu'à ce qu'avec un instrument tran- 
cbaut on ait Incisé le pessaire , seul moyen 
de débarrasser la malrice, et de sauver la 
malade. » Cette manière de s'exprimer est 
positive; elle annonce de la part de l'auteur 
une connaissance parfaite de ce genre d'ac- 
cident; et il en parle comme d'une chcâe 
fréquente, ce qui tenait peul-êlre à la mau- 
vaise corfTormalion qu'on dounaif, dans leur 
origine , aux pessaires de gommé élastique. 




à 



( 5» ) 
Cependant IViufeur n'en iéite a«icune obier^ ^ 






vëiioû détaillée. : Hewiede 

mattricw' 

Lé àeiil fait dé (>Q8Sâge dé Tu fétus itra^ 
vers lê pessaire dont j'ai pu trouver rWjttoiffll 
phé<7is\d a ëré iusi^irédans l^s A^Hnalès^^n 
Médecine d^ JltèinboUrg ( Cahier dé %tt-É 
vdkttbre 1806 )• Uùe personne holkttdaise ^ 
tlob uûiériée , avait une descente de matrirâj 
ppw laqtrelle élte portait un peisàire*^ don) 
fijuvertufe trofl^rge laisto paiiser la^toa-^' 
triée. M*. TëUne fbv appelë ; il saigna i» hmih 
làde/^l tenta Veitliilbent la tédnc^iôn. -L^BH 
l^txx^ foicnYait ^ dËfhèrs tioe tumeor j^sqUKè 
aussi tféMA^VàiAé <[}tt^« là létè^^bl^ ëliffaùtl 
Le&^iMtfébrt éTiiebt'âlrd^e«. M. l7£lkKk;seîi 
le pessaii^e, après a^irà^ iiitrôduit une sdbde 
courbée pour diriger la scie et obvier aux 

lésions». Ce. ae fut. qti'^pr^ynVQÎr wié^ \!^Çfi^ 
saire à doux endf9itftpppQ^S9:i|u'ilipaprift 
. le ïiifH a^utcir ^ypnn^t uii pexicerçr^A^ 
— Cette observ9fkm estabsolnmeot sen)I})«r 
ble à la mienne. Il n^y a de différence que 
dans le moyen employé pour diviser le pes* 
sàîté, U': dàtith^ :t%^^ la 

scie , et moi dès ciseaux. Le ))ut était'le même, 
et ^p.us I javons atteint .rpa et l'autre. Çepep- 
dant il OBie.ilemble 'que^ ; oialgré le» précau*- 
tions prises par le médecin hollandais^ la scie 



C 5j ) 
mm^^^ doit être difficile à iiiaDier duns l'iiitérieui 
m'tr'c"^ des organes génitaux, et qu'elle expose à dei 
blessures plus ou iiioios profondes et toujour 
grave» 

..Ne pourrious; nous pas présumer que BrO' 
NINGHAUSEN (i) n'a imagioé sou pessaire er 
8 de chiffre que pour prévenir cet accident , 
qu'il n'jgnorîiit pas, et qui sans doute élail 
fréquent? La forme de ce pessaire en rend 
l'usage iucoiites<ablenieu# plus avantageux 
que les autres, sous le point de vue qui tiout 
p(scupe; mais comme il peut présenler d'au* 
Iras incoQvéniens non moin s «graves, je suit 
IpiQ de le conseiller d'une manière exclusive. 
Lq plus sûr moyen, c'est, je le répèle, de 
visiter souvent le passaire. • 

: „( 

" Dans un rapport sur l'observation précé-^ 
dente, fait par M. Duchateau, au nom d'une 
commission ( séance du 7 juillet 1836 1, on 
trouve les réflexions suivantes, '"■ ■-' ~i 



(i) Son mémoire fut publié en 1797, dans le pre- 
mier volume d a Journal de chirurgie, de l'art de» 
lucouchemene et de médecine légale , rédigé par Jusl- 
Chrftien LodKh. La plupart des auteurs écrivent 
BKvninGpAnsEn , et ce journal a écrit Brorringsriik*- 



''I 



^?5ft 



( 53 ) 

« Il est à regretter ^ue M. Brachst ait ^^^^T^ 
omis de faire connaître les diamètres de 1*0- matrice, 
rifîce central «du pessaire, dans un cas ou 
cette ouverture s^est trouvée assez large pour « 
livrer entièrement passage au corps de Tuté- 
rus; et de mênie cp^il n^ait pas précisé mieux 
qu^il ne Ta fart ta hauteur à liaquelle se troiV^ 
vait sitiié le pessaire^ la nature dés parties 
que ce corps embrassait , et les rapports qu'il 
avait avec le fond même de Tutérus. 

ttUn grand moyen de propreté, un moyen 
eutralisant de la corruption que coutrac-- ^ 
tent les ^essaiers par leur séjour prolongé 
dans le vagin , surtout quand ils sont sans cessé 
abreuvés par 1^ écoulemebs utérins et vagi- 
naux, est le chlorure d^oxyde de sodium in-^ 
jecté en forme de lavage; moyen que noua 
avons conseillé souvent en semblable occa-^ 
sion , et qui a eu pour avantages réels de 
rendre moins fréquemment nécessaires lis 
renouvellement des pesçaires , et surtout ({^en- 
tretenir l'état sain du vagin et deses annexes, n. 



# 



(54) 

' ^ ■ I ■ ■ ■ ■ ■ M 

LITTÉRATURE MÉDICALE. 



Mémoire de la Société médicale dému-^ 
lotion de Paris; tpine ix«. (A Paria, chez 
BailUère. ) 

Fondée en 1796, par Biohat et les jeunes méde-^fljj^ 
Société cinft 1m plus distingués de l'époque, la Société médi-'^V 
fn^OicaJe. ^^^i^ J'ijjnulation de Paris, dont les travaux n'ont 
jamais été interrompus depuis lors , effrc aujourd'hui 
au public médical le neuvième volume de ses actes. 
De toutes les collections médicalël modernes, c'est 
aimn rément celle des Mémoireê de ia Société éPèmu^ 
ktiion d^ Paris qui coi|ttent le plus de 'faits pré- 
cieux 9 de mémoires, de dissertations sur des objets 
dtt plus b^ut intérêt ; celle ou les théories purement 
.spéculatives , les hypothèses tiennent moins de place. 
L'ivraie , que l'on trouve toujours mêlée à la récolte 
dû'plbs pur froment , ne s'y rencontre qu'en propor- 
tion infiniment petite. Le nenyiëme volume que la 
Société vient de publier mérite à tous égards de pren- 
dre un rang honorable à la suite des volumes qui 
l'ont précédé. Une longue analyse de chaci^ des 
mémoires qu'il contient occuperait trop de place; je 
vais seulement présenter un court aperçu de ce que 
les plus importans dé ces écrits renferment de sub- 
stantiel. Je ly m'astreindrai pas à suivre l'ordre de 



* 



( S5 > 

U di^lHlbalioii des ipatériaax, sans que je prétende 

pour cela assigner des rangs , quai^t çu mérite , par Société 

lor^i'e^qu^j adoptera^. . 

(jp prêter ipfémoive dont j[e yaisra'occpper , parçe- 
gtie. jdçpoîs Jong-temps la publication an était ftt- 
tenduf f et qwe. les. rçsultii^ts pratiques des recherches 
^^'1 cpi^îei^t étaîjçnt connps, e^^ le beau tf^yail de 
|il. B.IBES sur plusfevirs. points fort importans de j^r 
jthqlogie et de th^apeutique chirurgicales. 

«^ l'époque oiji DESi^^i^T,. ^nimé an plus, çr*f}A 
amo.urdf la çhirurgîecetiseî^aaitc^tte science avec 
uj^ei^thon^^sixie qu'il coinnifi^quait à se$ nombreux 
I9^4ît?^nt il fajisaît.en mérnç temps subir b^wyoïip 
de cliangf^nf ns à plusieurs' ppéraiioAS chirurgi^jflef 
qu'il crpjait pouvoir porter au plus ^aut degré dç 
perfection. Sabatier , d'un discernement exquis , p!n{L| 
s^ya^t çt mpina ardent qiukP^ÀULT|n'ad ppt a pçint 
les chap|^i9^s faits par ce der^iç.r; il continua k 
tr^jteiTii^t j^oujoti^sr avec succès» les fracturea de la 
clayicule,.dii jçql dti i(çmur at de la rotule, par If 
xnoyeu 4^ la pp^tioq et ^e quelques b^^nda^çs tr|^ 
simplç^ ^ ^me spitde cannelée et un bistouri ^i;f(i,t 
étaient les deux^qls ins.trumens qu'il employait pqjpr 
pratiq^fr (l'opération de) la i^stule à l'aqus. Ainsi 
que tous Ijes éleyes d'alors ^ M. Ribes rçji^ardait la 
pratique de piçsAULT comme 1ç su.h^^fi ^a l'art ,. et 
ses procédé^ comme deft m oy ans ji^fai),] ibl.es. if Appelé 
pe^dfipt pliwieu;rs f^nnéçf à ff^yre la pratique dç Sâr 
BAisEii, et s'éclairant par.de npmbr«u^aîts .de, pçir 
tique, M. Ribbs a a^pp^té d?puis long -temps une 
ppinion bien opposée. Le ipémoire qu'il vient dVpn- 
blier est destiné h faire connattra la brillante et sur- 



^^^^^^^^^^^^m 


^^^^1 


C »6) 


^^^ 




rable'niaîlrc*, et le» 


Société résultats de la sienne propre, 
mâdicale.'^ C'est aiasi qu'à ce bandage >i 


connu de Dësadlt 


pour la fracture de la clavicule 


, « bandage assuré— 


ment de l'éle'gance la plus séduis 


anie, dit Sabatiee , 


mais dont le premier inconvéniei 


nt est d'être inutile , 


parceque les fragmens de la clavicule sont warement 


déplaces , et que , quand ils le sa 


nt.on les maintient 


facilement en rapport avec une » 


icliarp^, - l'illustre 


chirurgien et son honorable dis 


ciple ont cODStam— 


ment substitué l'emploi de cette 


simple écharpe, et 


que , par ce moyen , la fracture a 


guéri constamment 


aussi', et presque toujours sans h 


lisser de traces bien 


marquées. La discussion à laquel 


Ile M. RiBEs se livre 


sur ce point de mécanique anim 


aie est aussi lurai- 


■neuse que solide. 




Au lieu du bandage c«mpliqu 


é et difficile k ap- 


pH<]uer et à maintenir en place 


que Desault avait 


imaginé pour la fracture du col c 


lu fémur, Sabatier, 


convaincu qu'un peu de raccourcissement est inévi- 


table dans tous les cas , se bornail 


à prescrire la posi- 


tion horizontale dans le lit , les cuisses atongée^l'une i 


contre l'autre , et un drap roulé i 


ious les jarrets pour 




l'aide d'un moyen aussi simple il 


obtenait des guéri- 


sons aussi parfaites , ou plutôt au 


issi incomplètes que 


celles de son célèbre compétilci 


ir. Depuis lors , on 


apprit en France que MoKiNA, ch 


irurgien en chef de 


l'hâpltal de Ta Charité de Berlin , 


substituait au drap 


roulé un coussin solide placé soi 


is les jarrets, pour 


maintenir fléchies les cuisses su 


r le bassin, et les 


jambes sur les cuisses. M. Ribes 


J 



(57) 

dernier procédé , a adopte on double plan incliné. 
t« Le malade n'est pas plutôt sur cette espèce de cous- ^?^^f^ 
sin , qu il se trouve soulage , et supporte sans fatigue 
ni douleur cette position pendant deux mois , et jus- 
qu'à la guërison complète. » On sait que M. Dupot- 
TREir a adopté une semblable méthode avec le jplns 
grand succès ^ et aujourd'hui , comme le ditM.RiBÊSy 
ce moyen semble le plus doux et le moin^^ujet à oc- 
casioner des accidens. Nagnère j'ai en nioi*méme 
occasion d'en faire usage avec le plus henret^résul- 
tat. Seulement il m'a semblé nécessaire de maintenir 
mollement le pied au moyen d'une compresse lon- 
guette qui l'entourait en manière de cravate î et 
dont te deux chefii étaient fixés de droite et de gau- 
che sur le coussin, afin de mettre obst-acle au T'en* 
versement habituel du pied en dehors : inconvénient 
que j'ai vu persister'après la consolidation de la Arao» 
ture, chez une femme traitée sans cette précaution; 
et (fui a guéri avec un léger raccourcissement et la 
pointe du pied fortement 1l>iirnée en dehors. 

M. RiBES, appuyé sur la pratique heureuse d^SA- 
batieb; rejette également toute espèce d'appareil 
compliqué pour le traitement ie la fracture de la 
rotule , et il se borne à f Are usage de la seule situa- 
tion du membre dans l'alongement snr un plan in- 
cliné «-de sorte que le pied est d'environ sept à huit 
ponces plus élevé que le pli de l'aine, et le membre 
ainsi dans une extension complète. 

Il résulte de ce court exposé que M. Ribes , . imi- 
tant en cela Sabatier« a adopté, dans le traitement 
des fractures de la clavicule, du col du fémur et dé 
la rotule, des moyens beaucoup plus sim^es qu^ 
ceux en apparence plus puissans, et empreints d'un a 



V 



C58) 

5?^ génie chirurgical y f aiment inventif > qo'avtit ioiagf- 
m^^kU^ ^ "^'^ DlSAULT. Ce dernier aVtait donc trompé, mt 
^ ' a?aît eptratné dans son erreur toute Ka gra^atioa 

chirurgicale contemporaine. M. BiBaa en (ait Tob*- 
sen^tion. Mais queH^ réservée dans les expressMinf , 
dans, la maniera d'énoncer un jugement défavovaUe 
j^l^l-mépioire d'nn homme iilustrb! Pour ini« comoie 
po^ur S0n ^lustce fnajtre , Desai^lt est tev}oaes am 
hpiuuie trësAabife , de^ia de beaucoup de génie» U 
nç Uifpi p^ .sa plume traoer les roots incesiTaaaiia 
4*f^94f^9 d*at^8uglf arUhipm»ùiêfm f de êuocèë num^ 
ÊOî^ar^, U na se BMMitf e )a)oui( de If répntatkiii de 
personpjs. 

Il r^ukUfr 4^ longues rechercbei auxqueHei|if • Ei^ 
1^ s'est liyifé, relativement à la fistule à l'anua, que 
cet habile anatomiste , éclairé par les avis réitérés et 
la pratique coûtante de Sabatibe, a mis.hor» de 
doule qiM (( le plus souvent Torific^ interne de la fit- 
tnle se trouve immédiatement au-desaus de rendroil 
ou la membfBne interneHdn rectum s*unit à la peau, 
et^ieelqnefbis un peu plus haut ; ns^ais que cette Ou- 
verture ne s'ouvre jamais à. pluâ de cinq ou siio^ligoes 
s|n-tdessjaaf de sorte que, dans la plupart des ciafi,.aisi 
peiif voir à l'œil simple l'A'ifice internée de la lUtule-t 
ea eng^^nt le malade à £aiire un léger effinrt , conuase 
pour aller à la garderrobe,. eleq m>ème tempS;*^ 
éçarfaot avec les doigts les borda de l'anua/L'oi» ved^t 
alors presque toujours, daps un pK de la memhr^ti^ 
nvHquQMsey.le petit ulcère qu^ indique l'oviito ;in- 
ieme de la.fis^e. Si ou ne l'aperfi^Â^. p^btr il &Mt 
necoiurir à laspi^de pour r^çcouqaitire po^itiveiUiGtatfiCit 
orifice. Ce mp^ren n'égace ardiiiiaiirameiit que les pra^ 
iiciens. qui conduisent Vff^ Vtuslrument. fin. effet > 



(59) 

ajanf presque touîpiira Tiflée. que l'ouvertare interne « 

e$t ^rë$-élevée . on dirige aussi tât le bouton du stylet Société 

en haut , et on le fait «J'a^wtunt plus volontiera, qvke ™^*'^ 

Ton croit l'intestin dénudé plus haut, n Ce n^iéndoiçe 

de 91, R]JiE$ «ur df^.ffiîets divecft de h^ute chirnir- 

gie ^Af 4'iiQ^gr^<l ipt^rét, et mérite d'être fnéditf 

d^qs toutes, ses piirties.. Ow y. trpuTe beaucoup plqt 

de préceptes important et de conna^sances précienseA 

4e pathqlogie , que I^ titre mo<^fïste qu'il porte ne le 

donnerait |^ penser. On ne peut guère y blâfper qi^'am 

pei^ de longueur et un style assea l&qhe, 

^. G^çanFRQi;<TS4UOT-Hii«m« « dont le nom «ft ^4^ 
sQrmai^ ii;i^ép8ra^,te i^e riPl|| de mon^trun^U^» tant 
il 9^1 ipoesiii^ninien.t t la tccherçb^ et Uiut il parif 
^çiAVent des monsitrnositéa qui peniyent parvenir à#| 
çonneissapcev depnif celles qu'on obsex;ye à Paris \v{^ 
qu'à celles qui «i^rivent dç la Çh^T^e » a eugmenté l'é- 
pft^^ur du oçiiyi^içre volui^e des mémoire» que }'ar 
n^ly.se per rhistoire mortellenvent longue ^nn £9tt 
dn plo^i^and intérêt 9 qp*il ji|«:ait d'abotrd comrau-r 
n^qi^ç p.ral^ment h toutes leR Çociétéa sj^v«pte9 et vaén 
dicalea de \^ capitale > et dont la plupart des jo^nleux 
scienti^n^ ay^e^tdonnéde lpngue& «nalys/e^. Il.e9|^ 
qi^estipa di^uiç ce travii^iji d'un fpetusj né ^ tçri^e , b.le^s^ 
4i«T^s )e tfoi^me mois de son ^ge, ç^ deypp^ pnons-r 
trueqi^ par s^uite d'une, tfntfi.tjvf. d>Yqrtcinept , qui 
^YfL\t qpn^s.té eji ççi^a, que If fille qui ^yait dpni^, 
Teisiç^tence à ce ^tnsi^y^it pof t^^^d^P^ûi If^ tiipi^emei 
moj;^ fiejn^ grosfesse^ un, çorsftJapd^ de bnscs. épaj^ f 
dont el)e s'était plactrpnQfS^, le ventre 4^ ornière. 4. 
pUcef an dehprs une force yji[e ,. réagjf^atnjte et def-r 
tructive de^ ^eloppe^nens ^^^tiéf i^urf«. Il ét^^t r^idltf 
dp ç^erçondiiite que renpéfb^^.ava^ fté éçffsf pyp. 



(6o) 

an moins malëficié d'ube manière fort cuneuse. L'an- 
uàé^ogA^ ^^^^ donne à ce monstre , à raison de cette confor- 
nfation vicieuse , le nom de Mipaencéphale ^ ^lui veut 
dire cerpgau écrasé. 

Il résulte des curieuses recherches auxquelles s*eft 
lÎTré M. Bouillàud, que rinflammation chronique 
des vaisseaux cérébraux {oue un rôfe important dans 
la production de l'apoplexie. En rendant compte du 
traité que cet estimable et laborieux observateur a 
publié, conjointement avec M. Bertin, sur les ma- 
ladies du cœur et des gros vaisseaux , î*ai fait con- 
naître les considéra tions^r lesquelles s'appuie notre 
auteur pour rattacher li^rodudlloa des anévrjsmes 
h la circonstanc^d'une phlegmasie arténellê anté- 
Wlente, en ayant égard aux dégénérescences ter^ 
reuse , calcaire , etc. y des parois des artères , dégé- 
nérescences qu'on ne peut s'empêcher de considérer 
comme TeiTet d'une phlegmasie des membranes arté- 
rielles. Or, si , d'ans les cas d'apoplexie^ on rékicontre 
les artères cérébrales affectées des diverses altérations 
dont nous venons de parler , on pourra en conclure 
qae Vinflammation de ces artères exerce une in- 
fluence puissante sur la production de l'apopTexie ou 
hémorragie cérébrale. Et voiUi qu'il résulte précisé- 
ment des faits recueillis avec soin, que M. Bouiilaui5 
emprunte à divers observateurs , et de ceux qu'il a 
observés lui-même , que les altérations organiques que 
l'on rencontre ordinairement sont précisément celles 
dont nous venons de faire mention. Une des consé- 
quences de ces observations, c'est que l'apoplexie est 
une maladie du système vasculaîre de l'encéphale , 
plutôt que de cet organe lui-même. Effectivement , 
l'eudurcissement ; la frîabilité ^ la cartilaginification , 



l'ossification, Tërosion, etc. y fioalement la perfora- 
tion et la rupture des parois vasculaires, constit^nt Société 

véritablement la maladie principale, primitive t Te- " 

panchement sanguin , l'hémorcagie en sont le funeste 
effet y dç même queiM. symptômes paralytiques qui 
surviennent ensuite sont le résultat de la compres<* 
sio# et de la désorganisation de la substance céré*- 
brale. Dans cette tbéorie, on explique parfaitement 
la production de ce^ apoplexies foudroyantes qni 
tuent înMntanément le malade : l'anéTrysme sp 
rompt» Tartëre malade se déchire, le sang s'épanchci 
la mort a Heu. Qn conçoit également bien dans cette 
hypothèse pourquoi l'apoplexie affecte une si fatale 
prédilection pour les yieillardsf et «ppurquoi., .de 
Routes les parties du cerveau , celles oh elle se ms^^^ 
fcste avec pne jprte de. préférence sont les corps strias 
et les couchas optiques, puisque rien n'est plu^ fré^ 
qnent ^e le| dégénérescences di^s parois yasctfWjInei 
chen les vieillards , et que c'est dans les corp^ striée . 
et les couches optiques que se trouyeÉt les princî-' 
pauz troncs qui naissent des artër.^s de la base du 
crÀne^ pour se rtiTnîfier ensuite dans la pie^mère, et 
de là 4tns la substance délicate du cerveau. 

M..' fimcsETEAU a expoàé dans deux observations 
tntéressa^ntes , dqnt l'une des deux avait dé\lk étéim- 
primée ,• lés accidens produits par les calculs biliaires 
récemnient formés. l\ s'est qcqupé de recherche^ les 
ineiUenrs .moyeps de calmer^ces accidens: mais en 
djéfipitive il s'est vu forcé d'avouer que tops, les 
moyens antiphlogistiques , antispasmodiques, le re» 
mëde si vanté de Durande, sont restés lans effet; it 
établitquo « les purgjatifs nepeuvent ^Uf^fj^^y^'squ'â 
li^ «fiîte de Ipngiifesr ^ouffr^^nciçf ,. et seulement poi^r 



■^ 



C6i) 

^^^^5» céder aux pressantes lollicitations des malaeles, et 

môitSf' ^ f""*' """'''' P*' ''*'■' ^'^'"' """ P'»'''sance contre un 
mal horribkment doutoureiix; •• ce qui assurément 
eit le plus mauvais inolif qu'on puisse donner pour 
jiisltfier l'emploi d'un moyen^^dicamenteux. Enfin 
il àtotinnce que, dans le cas qui lui est propre, et 
dûhs quelques autres circonstances analogues, * h 
employé aVec «M plein Buccês les applicalibn» de 
glate grossièrement pilée en avant et en arrière, iuî- 
tfant une ligne qui traversait l'épigaslre, non iju*il 
ait réussi â guérir la maladie , mais bien à faire cèsseï* 
de suite leï accfes, et ii lés éloigner considérable- 
La concItisïOu à oéduire des recherches de M. Dé-* 
zÏMËkis , Sur là nature du Jiabétè^, sont que ta cause 
ph3cli*ine bu l'essence du diabètes consiste dans l'ir* 
rit^lion déS *-eirtS; — que celle irritation est rarbménï 
primitive, qu'elle n'est le plu^ ordinaireTlientt|iridtie 
• des suites de la gastrite, sùrlonl chronique. DiiiîTé 
cours de celle demièr'e maladie , il Survient une Soir 
excessive; le malade boit beaucoup, il urirte en pi'é*;- 
t)ortion.Cet état se prolonge, l'activité des reïns fe'at* 
croit tous les jfturs aui dépens de celle des autres or- 
ganes sécréteurs! ils enlèvent à l'cconbmie des flutâes 
qu'il faut incessamment i-épal-*i", et Cbntrihuent aînii 
à augmenter encore !a soif. On véit le cercle dans lë^ 
qilej tourne ("a maladie; — que la présehcè d'ûti* 
matière snci^f dans les urines n'est poiHt un des ttl^ 
ractères esscntlek-dti diabéiès; que tette cirbWii^ 
taftce , tôùfia-JfSit SeéWfadaire , àccfdeiiWlle , ne fbiiVi 
nit pis» tUe-iti'â(nè àUCune iftiaication pattiédliti'é; 
>— que le ltà]t*m*nt dUit Varier sWîVabt fts épotjijtei 
de la maladie, Dans les premiers téÉi'^s, il doit toà- 



à 



(65) 

miér dah^ Temploi des moyens les pics propret à 
e)iHlii>iliU*e rirritâlîoil dé Testômac; rattentiob de né ..^<^!^ 
dontier <i|d*iiiié trëê-pèftiic «Jùàntilë de bDÎsîsons^ el lê "**^*'^** 
sotifr d'eiteîter à Iil sarï^ce cutanée une eihalatîoti eb 
klWlqiiekàHë stip)^1éttiënlaTre dà di^béttl^ , qui peut 
Cbtotril^UIH' à éhfê^)Bt hèiiùèbù)^ la durée de dette der- 
ttî^ affétlîdiki^ 

lies àticiens elhpioyaféht assez fréquieliiiià'enl la sai- 
i^bée de VâHèk'è temfifô'ralè ctSiitre lés affections phle^- 
i&i^iqiiei àigùes' de la fête, lés céphalées, été.': oh 
ikié voit ]pas Qu'ils âiébt fîèii noté qui se tap^ort&t à 
ûii âëcidëhi sùï* lêqncft M. DElsft'ukLLiils à brii devoir 
roiii|}ôiie)r un iiiémoire ëx profi'eào : je veàz dire Ta- 
nëV'rysm'e conàëctitif à là sïiignéë pratiquée sur 'cet^ 
ànëi^. Lia réUob i^kn t^uVcf prôBàblëméht dans Tat- 
tehtibh àv^^ laqûèll\é ilk 'pratiquaient rappTicâtion 
dû Bindàg'e apî^ropHé , déislgiié seuls le nom de n'a'ûd 
â^efdBaHeàr j ià^dn q'nb ïrôfy souvent, api*es y âVôîr 
eu récôini dan^ îcés déirAierè t eni p's , ob n*ki pàk ëiertl^ 
tlb^ compression suffit mbrient forte et ëxifctë pbthr 
produire Toblitér^tion de rarferé * qu'ôtî s'est bd^nié 
à ubë bcynxp^e^éilib mbd^î-^^, l ràpfiricàtiob d'iifa 
iii<yré^àb.a-èibpfl'^ri'ë'dé éiachyinm. E$t^ étbbnàîKt , 
^iipfés cela , q^'cin »! Vfa (iifélquèYbK'kmM^ 'iA 
atiëv¥y^nie cons^tirdb cette àHëî^? kî ië Ëdkïi'f)>éi^ 
s?ob ibét1ibaCt)itèbieîi1l ëremé bë suffit pés |ibur bbli- 
téi^ le vâiWeib , il Màt prtliquéMâ ligature. 

"M; VACQbiiè à consàlèirlé bb trës-lob^ mémoire de 
abixabté^reikè pages d'impression h des considérift^ 
tions cHnJques et phjstélogic^nes sùp l^ibpîûî db taV^ 
tre stibU Miàbtés doseà dâbs lé trafteibébtdé la jté- 
Hj^n^mbbîé è( dès r^bibàtiénbés. ' li eb rë'âulte que 
V\ihà^ db YàHrë êihl/fé' à hiiulH «otes ^aWs quelques 



w 


(64.) ^ 






Société matîsme, 
aui pren 


est d'une da le ancienne , cl bien antérieure 


lières observations^ des contro-stimulistes ; 


— que Ic! 


1 succès de cette métbode sont, dans tous 


les cas , c. 


jnlestablea ; landis que les effets, la plupart 


du Icmps 


ituisibUs , se montrent avec ta dernière évi^ 


d^nre,— 




réauUals c 


waniageux pour la gucrison de la péripoeu- 


' monie et 


des rhumatismes, de l'adininislralion de 


sixouhiii' 


1 grains de cc sel , on les aurait obtenus éga- 


lemenl pa 


ir des quantités beaucoup moindres, admi- 


nislrees u 


:ulemeDi de manière à en favoriser l'aclion 


ordiqaîre 


; que , d'après cela , la niélhode dont il s*3- 


git doit 5i 


Ire réservée pour quelques affections parli- 


culières , 


entr'autres pour les affections cérébrales ; 


— que , aous aucun préteule, il ii'esl permis au pra- 


ticien pri 


ident de dépasser la dose de dix-huit grains 


ou d'uu s 


crupule, même diins le trailemeot des af- 


fections ci 


omaleusea; — pt enfin que toutes les obser- • 


valions qi 


l'on a faites à cet égard dans ces derniers 


temps, nt 


1 s'écarienl en rien des principes déjà con- 


nus.çtd, 


»s règles précédemment établies. ■> Pour ar- 


river à ce, 


5 conséquences , M, Vacquié a emprunté un 


gramj DOjDbreçl'histoires de inaladies, soit au célèbre 


historien 


de l'épidémie de Gènes , toit à la cliniqqe 


de M, Laehnf.C; il les coniinente, en, soumet les dé- 


tails à ur 


>e discussion lumineuse, et montre que. 


dans lesc 


as oii le tartre stibîé, administré a haute 


_dose, n'a 


paf nui, il a agi; eij déterjuiti'anl sur la 


menibrani 


e mirqueiise des voies digeslives une irrita- 


tioti révul 


siye,, suivie d'abondantes évacuations. Le 


travail d» 


; M. Vacquié est un des meilleurs du vo- 


IftIW; ,pn. 


ne peul^uére y trooyer à blâmer qu'une 



tendue trop consi4érab)e,'et un peud'obscurijl'ëajieV 

Uphysique dans le stjrle. .... . . médksauV . 

Il est une maladie sur la nature et le siège de.lfr-^ 
quelle, on n*a encore .que des nptions trop impar- 
faites : c'est le tétanos. Ijn.^rand nombre de cas dé 
cett^ redoutable affecjtion ont^éié observés petidant 
la guerre d'un quart de siècle que la France a soute- 
nue contre l'Europe entière , et l'on en est encore à 
désirer^ des connaissances positives sur le tétanos! 
Croirons-nous encore avec un .médecin de Strasbourg, 
que la présence des vers dans.Je. qanal intestinal en 
est la cause unique? Assurément non; car beaucoup 
de tétaniques succombent , dans les intestins desqwelé 
on ne rencontre pas un seul ver. Attribuerons-nous 
exclusivement la production ides accidcns qui cons* 
tituent le tétanos à l'irritation des blessures , à Tat— 
trition des parties , à la douleur résultant de ladé-> 
chirure , de la division incomplète. d'un filet ner- 
veux ? Non sans doute , puisque l'on' trouve quelque- 
fois, les nerfs de, la partie blessée dans l'état le plus 
parfait d'intégrité , çt que. c'est ordinairement lofs-^ 
que la plaie. n'est plus. douloureu^se,' lorsque la sup-< 
puration est établie , même lorsque la cicatrisation 
est .prè§ de s'effectuer,, qu'on voit survenir les.symp* 
tômjDs redputabl.çs du tétanos. On. n'a pas assez fait 
attention k upjs circonstance. que je. vois relater dans 
toutes les observations soigneusement recueillies , je ' 
veux dire l'impression d'un air froid et humide,, soit • 
que le' convalescent se soit imprudemment découvert 
pendant 1^ nuit , qu'il ait laissé une fenêtre, ouverte 
auprès de son lit, qu'il ait dû supporter 'quelque 
évacuation d'un lieu dans un autre sur une voiture 
mal,,couverte, etc. Quoi qu'il en soit des causes qui 
T. ^ dé la Col. 35« delà a« Sir. Juillet. 5 



i 



(66 ) 

donnent lieu à la production du tëtanos, cVst dan^ 
Société le système nerveux qu'il faut chercher le liège de 
méaica . ^hq meurtrière affection , et principale lïient dans 
les organes qui constituent le prolongement rachi- 
dien et ses annexes. Malheureusement les recherches 
nécroscopiqnes n'ont paft encore été poussées asses 
loin dans le but de découvrir ces lésions. C'est pouf 
combler , autant que possible , cette lacune , que 
lif. Van-Dr-Keere a rassemblé et commenté plusieurs 
observâtioès de tétanos avec nécroscopie, et qui ten- 
dent k prouver que cette affection doit être nécessai* 

. rement rapportée à l'inflammation de ta moelle ëpi- 
nière et de ses membranes ; qu'elle est essentiellement 
de nature inflammatoire , et que le traitement anti- 
phlogistique énergique , par les saignées géùérales et 
locales , est le seul véritablement indiqué , et con- 
vient beaucoup mieux que l'opium et les excitans , 
qui aggravent souvent l'état èeS malades. 

S'il était possible qu'on doutât des dangers dont 
s'accompagne la variole qui survient dans le cours de 
la grossesse , on en trouverait des preuves péremp* 
toires dans les observations recueillies par M. Du- 
CVATEAU, et qui offrent des exemples d'à vertement 
et même de mbrt, pendant la grossesse, par l'effet 
de cette redoutable phlegmasie cutanée. Malheureu- 

• sèment la seconde observation, celle oh la mort fut 
la terminaison de la maladie , est privée d'une grande 
partie de l'intérêt qu'elle pouvait présenter : l'ouver- 
ture du cadavre n'a pas été pratiquée ; de sorte qu'on 
n'a pn constater les lésions graves survenues dans les 
organes de l'innervation , de la digestion « etc. 

Quelques altérations observées dans l'aspect parti- 
cnlier sons lequel se présente ordinairement le foie , 



C«7> 

ont fdurDÎ à M. BoulLand l'occasion de se livrer à sssss?"^* 
des considérations sur la structure anatomique de cet Société 

drgane. Il en résulterait , si ces considérationè étaient 
accueillies , que le prétendu tissu accidentel appelé 
cyrrhoàe^ qu'on cfbserve principalement dans le foie, 
n'est que le résultat delà disgrégationdes deuxélémens 
TMitnrels dt cet organe, grains glanduleux et lacis 
vasculâire, élémens dont on trouve des traces dans 
les anûrens écrits oii il est question de la structure 
anatomique du foie , et dont on professe l'existence 
de nos jours sous led nooM'd'é/émé/i/ hrtin , et d*élé^ 
ment Jaune ; que cette dissociation dépendrait pri- 
mitivement de l'augmentation d'étendue dû lacif 
VMCuiaire , sous l'iniluence de congestions habituel-^ 
les, dépendant elles-mêmes d'obstacles éloignés ou 
inmédiatsà la circulation du foie; que la cyrrhose 
ne serait pas, comme le prétend l'école anatomico- 
pathologiqne, un tissu accidentel hétérologue de nou^ 
v«ne formation , se développant et croissant dans le 
foie^ indépendamment des élémens nalturels de cet 
organe. Le tnémoire de M; Boulland est un peu sp^ 
culatif ; c'est à l'anatomie normale et anormale à 
confirmer ou à infirmer par un plus grand nombre de 
faits les vues ingénieuses de ce médecin.- 

Oo lira avec intérêt les observa lions de corps étran- 
gers arrêtés dans l'œsophage , par M. Cuântoorcllc. 
Ce médeciii fait sentir que, sauf le cas on le corpft 
éti'angcr est entore peu enfoncé , et peut être sai^i 
avec des pinces , il vaut mieux le pousser en bas et 
en provoquer la chate dans l'estomac , que de se li- 
vrer i le plus souvent sans succès , à des manœuvres 
difficrilet', doalouretwes , d'extraction, qui peuvent 
blttaer, dfchirar l'oMôphage^ et produtMnit , dant 



(68) 

tous les cas , une inflammation de ce conduit beau- 
médîcale. co"p plus considérable et plus grave que celle qyi 
résultera du séjour momentané du corps étranger et 
des manœu.yres employées pour en opérer la préci- 
pitation. Surtout il démontre combien il est dange- 
reux de provoquer les efforts du vomissement dans 
l'espoir de chasser au dehors le corps arrêté dans l'œso- 
phage. On risque de voir ce conduit se déchirer; au 
moins la contraction du plan musculeux dont il est 
composé rend moins mobile le .corps étranger , et 
l'inflammation en est la conséquence inévitable. Rien 
n'est plus pittoresque ' que le portrait animé que 
M. Chantourellk trace de rétat dangereux oii se 
trouva. ce malheureux paysan, d&ns l'œsophage du- 
^ quel, s'était arrêté un fragtnent d'os de mouton 

qu'il ^yait, avalé en. mangeant gloutonnement à la 
fois et maladroitement, à la table d'un homme 
riche. 

. Tx>ut le-oionde se fait aisément une idée de la gra- 
vité del'inflamniation du péricarde; tout lé monde 
égalepieut conçoit combien il est important de re- 
connaître de suite* l'existence d'une paladie aussi 
riçdoiutable.. Malheureusement le diagnostic en est 
. environné de beaucoup d'obscurité , et si , comme 
ro{>serye M. Anorâl fils , il est des cas oii les symp- 
tômes locaux sont tellement évidens que le diagnostic 
est assez facile , quelquefois la gène seule de la respi- 
ration, une dyspnée plus ou moins, forte en est le 
seul symptôme local, et même, dans quelques cas 
heureusement fort rares , cette gêne de la respiration 
-n'a pas même lieu; il ne se manifeste plus qu'une 
grande accélération du pouls, des phénomènes ner- 
veux fort graves, une prostration subite des forces^ 



( 69 ) 

et la mort. Ce n'est plus alors que par voie d'exclu- ^bssssssbss 
«ion que Ton peut parvenir à soupçonner l'existence ^«2 
d'une péricardite. Le mémoire de M. Andral, en- 
tièrement composé de faits cliniques , n'est malheu- 
reusement pas. susceptible d'analyse. J'en extrairai 
seulement la remarque judicieuse qui le termine ; 
savoir, qu'en raison des susceptibilités individuelles, 
il n'est point d'organe dont la lésion ne puisse déter- 
miner les symptômes nerveux les plus variés , dé ma- 
nière à produire sympa thiquement les difierens états 
morbides dont on place le siège dans les centres ner- 
veux et leurs dépendances. 

M. WoRBE a tracé d'une manière fort intéressante 
l'observation d'un cas d'empoisonnement par le phos- 
phore , et le^ expériences qu'il a faites pour constater 
les effets toxiques de cette substance. 

M. CozE a communiqué une observation de luxa- 
tion de champ de la rotule. Voici l'historique de la 
production et les signes diagnostiques de cette mala- 
die rare, dont quelques-uns de nos plus grands maî- 
tres révoquent en doute la possibilité. « Up homme 
était assis sur le coté d'un traîneau^ les jambes pen- 
dantes en dehors. En traversant un bois , par des 
sentiers étroits et tortueux, avec un cheval qui mar- 
chait très-vite, son genou droit fut pressé entre le 
traîneau et un arbre avec tant de violence, que la 
rotule se trouva déplacée d'une manière toute parti- 
culière: l'effort que fit le cheval pour vaincre la Ré- 
sistance avait opéré ce déplacement. La rotule se 
trouvait de champ sur l'articulation du genou, 'sa 
face antérieure tournée en dehors, et sa face in- 
terne ou postérieure en dedans. Le bord externe 
droit était suf Ir milieu de la jointure du genou , et 



( 70 ) 

le bord interne dirigé en avant. » Après des essais ii)- 
8dciété fructueux de réduction , M. CozE fit poser le pied da 
médicale. malade à terre et fléchir la cuisse en abaissant- le 
tronc , pendant qu'avec les mains il essayait d'opéiçer 
le renversement latéral de la rotule. Il y paryin^, 
quand la cuisse se trouva à angle droit sur la jambe ; 
la rotule se replaça dans son lieu ordinaire , en fai- 
sant entendre un bruit très-distinct; la difformité 
disparut ; l'extension et la flexion furent facile? et 
sans douleur , etc. >> 

Le défaut d'espace m'empêche de mentionner ^vec 
quelque détail une observation de cancer de la facç 9 
par M. Lasserae; un intéressant mémoire de M. Ro- 
DET , médecin vétérinaire, sur une épidémie d'affec- 
tions aiguës de la poitrine , guéries par les antiphlp- 
gistiques, sur des chevaux d'un régiment de hussards; 
l'important travail de M. Fourgault sur les crises et 
la force médicatrice considérées dans l'esprit ie la 
nouvelle doctrine médicale 3 le beau travail de M. Du- 
TAOCHET sur l'œuf des animaux vertébrés; les recher- 
ches physiologiques de M. Miel sur le rapport des 
deux dentitions ; et surtout le brillant et spirituel 
discours de M. Boisseau, intitulé: De la direct fon^ 
factuelle des fecherches et de la pratique médicale» 
Un yolume qui contient autant de travaux in^— 
ressans, de recherches précieuses, d'observations iip- 
.portantes qu'en renferme le neuvième volume des 
^JHémoifes de la Société médicale d'émulation dé Pa^ 
fis , ne peut manquer d'obtenir un grand succès. La 
Société de Bichat vient d'ajouter un nouveau fleu- 
ron à la couronne immarcessible qui ceint son front 
incessamment rajeuni. 

E. |Gr, C. 



( 7' ) 

Clinique médicale; [)al' G. Andbai-, D.M. 
Tppie 111%; m(flddies de poitrine. ( Chez 
Giibcm.) 



On voit avec plaisir aue M. Andral , à mesure ^ 



qu'il avance dans son travail , y porte plus d'indé- Al /^"^ 
pendançe , et qv'il soumet de nouveau à l'observation 
et à l'analyse des opinions qui semblaient devoir faire 
loi , tant par le talent que par )a position de leurs 
auteurs. Cf tte conduite , qui augmente ses droits à 
l'estÎQie publique , lui ^ valu, de la part d'un homme 
d'ailleurs distingué , une attaque peu convenable : 
l*aujteur de cette sortie aurait dû se rappeler qu'il y 

, a peu de générosité à «^éprécier les travaux qui difr- 
fèrent des nôtres; que le champ de l'observation étant 
ouvert à tous, les titres et l'âge ne font rien à la 
qualité des fruits qu'on y peut recueillir; qu'enfin 
si les sciences ont encore des mystères, du moins 

' elles n'ont pas d'articles de foi, et que l'examen et 
n^^oae la critique sont permis a tout le iponde. Je 
n'aurais pas même parlé de la préface de la deu^iième 
édition d'un ouvrage célèbre (car c'est d'une préface 
qu'il s'agit), si les partisans de l'ancienpe éçolç pp 
prenaient dans la discussion un ton d'hostilité qui 
rappelle malgré soi l'hisjtoire des controverses reH- 
gieuses; heureusement, loin d'avoir jà leur disposi^ipn 
les rigueurs salutaires , ils n'ont pas même encore J.a 
censure des ouvrages scientifiques. 

Quoiqu'il en soit, M. Andral, que l'observation 
impartiale et sévère des faits éloigne de plus en plus 
des rançs de j^qs adversaires , vient d'abçrder l'^tudë 



(70 

■■ ■ » d'une maladie sur laquelle , après les travaux estî— 

Gliuique mables de Bayle et de M. Laefvnec , après Totivraiçe 
pins récent d'un observateur non moins laborieux , 
le docteur Louis, on aurait cru qu'il restait peu de 
choses à dire. Cependant , par la direction de ses re- 
cherches, par des rapprochemcns pleins de sagacité 
en même temps que de justesse , il a su donner à un 
su^t qui semblait épuisé tout l'intérêt, tout l'attrait 
de la nouveauté. L'amitié qui m'unit à M. Andral , 
amitié dont je m'honore , pourrait rendre mon juge- 
ment suspect de partialité: aussi , m'interdisant tout 
éloge, je préfère mettre sous les yeux du lecteur l'a- 
nalyse du volume que ce médecin vient de publier , 
persuadé que cette analyse fera naître le désir de 
connaître en détail l'ouvrage , chez ceux qui n'en au- 
raient pas lu les deux premières parties ; car je ne 
pense pas qu'il sojt nécessaire d'y engager les autres. 
M. Andral n'a pas eu pour objet de composer un 
traité dogmatique de la phthisie pulmonaire et des 
maladies du cœur; le but qu'il l'est proposé a été de 
vérifier, par ses propres observations , les assertions 
émises par ses devanciers ou ses contemporains. On 
sent combien sont importans et positifs pour la science 
des faits constatés par MM. Laennec, Louis et An- 
DRAL, puisque ces médecins ont exécuté leurs recher- 
ches chacun de son côté, et sans se faire part de leurs 
résultats, et combien il y aurait d'avantage à ce que 
toutes les maladies fussent étudiées de cette ma- 
nière. 

Dans le premier chapitre est traitée une question 
du plus haut intérêt, c'est celle de la nature et du 
siège des tubercules pulmonaires ; et , dès le premier 
pas , M. ArfDRAL se trouve en opposition avec la plu- 



(73) 

part des observateurs qui se sont occupés du même 
sujet. Au lieu de considérer avec Bayle, MM. Laen- ^^^Î^i^Î^^. 
NEC et Louis*, les tubercules comme une production 
nouvelle, comme un tissu accidentel ^ ou comme une 
transformation du tissu pulmonaire, il est conduit 
par ses recherches à les regarder comme le produit 
d'une sécrétion morbide, laquelle, dans la plupart 
des cas, est liée plus ou moins directement à VH-^ 
flammation. Ainsi donc les maladies qui détruisent 
nos organes ne seraient que des modifications des 
fonctions qui les conservent dans l'état de santé; et 
se confirmerait cet axiome , que la nature fait déri- 
ver des mêmes causes des résultats infiniment variés. 
Cependant, lorsqu'on émet une théorie nouvelle , on 
est dans l'obligation de s'appuyer sur des faits au- 
thentiques et multipliés : c'est ce qu'a fait M. An'- 
dral| mais comme il n'est pas possible de retracer 
ici la discussion à laquelle il se livre ( Voyez surtout 
la page 54) 9 nous nous contenterons d'en exposer ici 
la conclusion. 

« i^. Les tubercules pulmonaires sont le produit 
d'une sécrétion morbide. 

2*. Il ne semble point convenable de les désigner 
sous le nom de tissu , puisqu'ils n'en ont aucun des 
caractères anatoraïques. 

3". Le travail pathologique qui précède la sécré- 
tion tuberculeuse est une congestion sanguine ac- 
tive, semblable à celle qui précède tout travail sé- 
crétoire normal ou anormal; mais ce n'est po%*nt né- 
cessairement une pneumonie dans le sens qu'on at- 
tache vulgairement à ce mot. 

4*. Cette sécrétion peut également avoir lieu dans 



( 74 ) 

plusieurs des tissus qui entrent dans la composition 
'Oô^îqae du poumon. 

W^WII* '• 50^ Lf'observation démontre que la matière tahçr-* 
culeuse peut être sécrétçe , soit à la surface librç 4e* 
bronches , soit dans le tissu cellulaire qui unit entr^ 
elles les diflerentos parties du poumon. 

6*. II est probable, mais il n'est pas prouyé que le^ 
gafiglions lymphatiques pulmonaires sont quelque- 
fois le siège des tubercules. 

7^. L'opinion qui place la cause exclusive des tu^- 
hercules dans une inflammation des vaisseaux blancs , 
et leur siège exclusif dans ce^ vaisseaux et dans leyiç^ 
ganglions , est en opposition avec plusieurs faits ob- 
servés. 

8®. On trouve quelquefois les vaisseaux )jmphati-. 
qpes du poumon et d'autres organes, re.mplis d'yimQ , 
matière qui parait identique à la matière dite tuber-r 
culeuse. j 

g°. Les granulations pulmonaires de Bayle ne sont 
pas des tubercules à l'état naissant. 

10®. Ces granulations sont rouges et molles av^nt 
d'être dures et grises. -^ 

II*. L'apparence de granulations ne se mai^ifeste 
qu'artificiellement après l'incision ou la déchirure dcs^ 
lobules pulmonaires. 

la^*. Ces granulations ne sont pas une production 
nouvelle. 

i3^. Enfin elles sont constituées par des portions d^ 
lobules isolément enflammées. » 

Quoique la phthisie pulmonaire soit assurément, 
une des aflections que les médecins aient eu le pluS; 
souvent occasion d'obscryer, ij est pependant vprat de 



(75) 

dire :qu'ii en est peu dont l'inTasiou présente des 
symptômes aussi douteux et aussi obscurs. ^Jrj^"* 

L'inflammatioù de la membrane muqueuse des 
voies aériennes, du tissu pulmonaire ou de la plèvre , 
et rhéyiuoptysij» , eu sopt les symptômes précurseurs 
les plus const^ms. La bronchite surtout est celui qui 
s'est pré^^té lf\ plus or^in^îremetit à M. Aniniial. 
Quant ^ l'hémoptysie , quoiqi^'elle ne soit pas essenV 
tielle à la phthisie pulmonaire , elle doit ^ être consi- 
dérée comme un des symptômes les ifioins éqair 
iroques , pipisque , sur un nombre donné d'individus 
qui l'ont présentée/, quatre cinquième ont été victi- 
mes de céjUe funeste maladie. Le diagnostic flevient, . 
il est Vrai , plus facile à mesure que Tafiection fait des 
progrès» Cependant il est encore des cas oii l'on peut 
«tre induit ep erï*eury si l'on néglige d'observer exac- ^ 

^ment et d'analyser les symptômes. On a vu souvent 
<les individus n'offrir que des symptômes équivoque^ 
de phthisie pulnionaire , et périr inopinément • et 
d'à p très , au contraire , après avoir été déclarés phthi- 
siques et incuraMes , revenir à la santé. Ces méprises, 
îl-est vrai , n^arrîvent guère aux médecins attentifs, 
tsi qui ne cherchent pas à éblouir le public;^ par un 
prognostic porté de prime abord. Cependant elles 
sont encore assez fréquentes pour qu*on ait occasion 
d'utiliser les recherches de M. ândral. Il en résulte 
que les signes fournis paT la percussion et l'ausculta- 
tion , par l'examen de la respiration , de la toux et 
des matières expectorées , ne peuvent conduire d*ane 
manière certaine à la connaissance de la maladie , 
qu'autant qu'ils se réunissent et se confirment les 
uns les autres > et qu'accorder à quelqu'un d'entre 



(76) 

eux isolement une confiance exclusive, c'est s'abuser 

Clinique volontairement. 
m^vCi ica 1 e • ' 

Rien ne serait plus facile que le diagnostic des liasi- 

ladies , si dans la pratique on retrouvait celles-ci telles 
que les présentent les ouvrages de pathologie , avec 
des symptômes bien dessinés , et exemptes de toute 
complication. On sait quel désappointement on 
éprouve lorsque , la tête toute remplie des connais- 
sances puisées dans les livres et dans les cours , on 
s'approche pour la première fois du lit des malades. 
«C'est donc une heureuse idée qu'a eue M. Aitdral 
d'examiner soigneusement les diverses maladies qui 
compliquent la phthisie pulmonaire, et d'apprécier 
l'influence qu'elles exercent sur la marche et la du- 
rée de cette dernière affection , enfin de signaler les 
symptômes nouveaux auxquelles elles peuvent don- 
ner naissance. Cette méthode , qui consiste à décom- 
poser une affection complexe, et à faire la part de 
chacune de celles qui la composent , serait essentiel- 
lement avantageuse pour l'enseignement clinique. 
Les maladies qui compliquent les tubercules pulmo- 
naires ont leur siège tantôt, dans l'appareil respira- 
toire, tantôt hors de cet appareil. Les premières sont 
des phlegmasies chroniques du larynx , de la trachée 
artère et des bronches, du tissu pulmonaire, des tu- 
bercules de* la plèvre et des ganglions bronchiques;; 
les autres consistent dans des lésions du cœur et de 
ses dépendances , du canal digestif et de ses annexer , 
enfin des affections de l'appareil urinaire , de l'appar 
reil locomoteur et du système nerveux: ces dernières 
ne se présentent que rarement. 

■ 

Dans le quatrième chapitre , l'auteur s'occupe de 



(.77) 

la marche et de la durée de la phthisie pulmonaire, «, 



et cite plusieurs observations remarquables, les unes Clinique 
par la brièveté, les autres par la Iongue\}r de la ma— "^^"'^ ^ ' 
ladie. Une des premières est relative à des individus 
qui ont succombé trois ^et cinq semaines après l'inv^- 
sion de cette affection. Enfin le dernier chapitre est 
consacré à la question de la cicatrisation des excava- 
tions qui succèdent à la fonte des tubercules pulmo- 
naires. 

Tel est l'ordre que M. Andral a suivi dans la dis- 
tribution des matériaux précieux qu'il a recueillis , 
soit au Ht des malades , soit dans ses recherches d'a- 
natomie pathologique sur l'homme et sur les ani- 
maux. Ces dernières surtout lui ont été infiniment 
utiles pour éclaircir divers points encore mal connus. 
En effet , le volpme plus considérable des parties ,. 
sur le cheval , par exemple , lui a permis de consta- 
ter que souvent le.point de départ des tubercules était 
dans les follicules dont sont parsemées les membranes 
muqvieiiBes , et que Içs bronche^ sont pourvues de fi- 
bres musculaires.. 

Examinons maintenant les diverses opinions émi— . 
ses par 'M. Andbal , et pour clonner à ce travail plus 
d'intérêt et d'utilité , comparons-les avec celles que 
professe le docteur Lou^ , médecin dont l'esprit ob- 
servateur et la scrupuleuse exactitude sqnt si hono- 
rablement connue, et, sans vouloir établir de prio- 
rité entre deux hon^mesv recommandables par leur 
talent, tâchons de tirer des données positives de ces 
rapprochemens. Si , dans le plus grand nombre des 
C2|$ , MM. Andbal et Louis s'accordent dans l'obser- 
\^^ion des symptôiqes et des faits d'an^tomie patho- 
logkMie.JLeur th^oriiç est souveatdifiGér^nte. et comme 



( 7« ) 

■mil > on peut le voir parle commencement de cet article, 
Clinique la nature et le ste'ge de la maladie ne sont pas les 
mêmes pour Fuii et pour l'autre. Les tubercules, 
suivant M. Louis, sont une degénération d'un tîssu 
organique en une matière particulière qui se ramol-' 
lit et se fond en pus , et qui , loin d'être le produit 
de l'inflammation y serait au contraire la cause de 
celle qu'on observe dans les parties oii elle s'est dë« 
veloppëe. M. Andral pense qu'ils sont le résultat 
d'une sécrétion morbide, précédée par une conges- 
tion sanguine active , analogue à celle qui prëc^d'e 
tout travail sécrétoirc normal ou pathologique. Leî 
deux observateurs s'accordent en ceci , que ce tf^éiX 
pas* une pneumonie dans le sens vulgaire de ce fnerf ; 
zàais M. LotJis va plus loin : il prétend quêta tubèh^ 
eulisàtion est absolument étrangère aux phlegmfa'^ 
sies, et que ni la pneumonie, ni la pleurésie, ni \t 
bronchite n'ont de Haison directe avec elle. M. AaSP- 
mtiSL , au contraire , dit que les tubercules sueéëdèblé 
tantôt à une bronchite pttfS ôli moins intense, tàatôt 
à une congestion sanguine qui se manifeste pài* dëJ 
hémoptysies^ tantôt enfin aune véritable pneùnbôiiie. 
Voici comment, après une discussion très-iiïtélreé^ 
sànte, dans laquelle il établit cette opinion, it'sé ré^ 
jume : « Je ne pensé pas , ditH*!,* ^ue lès tnberèttîëé 
succèdent toujours à une ^éHtéble inflammation'^ 
mais je crois qu'on doit admettre qu'ils sont pfo'tfà'ît^ 
d'une manière le plus souvent évidente^ et quèlq'tre-^ 
fois latente, par ïîn travail qui diffère de l'inflarilm^rf- 
tion proprement dite , non par sa nature, ifiais ^kf 
son degrés si je' piiis ainsi dii-e; SanV'doiAc- il éist îk^ 
ciïe en théorie d'établir une ligne de dëm:arÉf#f?éii 
bien tranchél^ èhtre ce qu'on àppieire^-tme c6Bg{éWtdtt 



(79) 

sanguine active et une inflammation. Mais examinez 
les symptômes que produisent et la congestion et Tin- .GLiniquft 
flammation ; étudiez les lésions qu'elles impriment à 
nos organes, et vous serez obligé d'avouer que si, 
dans un certain nombre de cas , une facile distinction 
peut être établie entre l'une et l'autre, dans d'autres 
cas aussi cette distinction n'est plus possible ; de telle 
sorte que la congestion et l'inflammation ne parais- 
sent plus être que les degrés différens d'un même mode 
de travail pathologique. » . 

Relativement aux^ granulations , M. Anpral se 
.trouve encore différer d'opinion avec les auteurs qui 
se sont exercés sur le même sujet ^ il pense que ce sont 
des phlegmasîés partielTes des vésicules pulmonaires , 
et il indique comment la dissectio.n attentive de par- 
ties affectées de cette lésion l'a conduit à en recon- 
naître la nature et le siège. On sait que des hommes 
recommandables , tels que Mortof^, MM. Portal et 
Broussais , ont regardé les granulations comme dé 
petits ganglions lymphatiques chroniquement en- 
flammés 5 que Batle en a fait des productions acci- 
dentelles sut generis ; que M. Laennec y voit le pre- 
mier degré des tubercules^ enfin que le docteur Loms 
partage ce dernier avis. 

Les concrétions crétacés qu'on rencontre quelque- 
fois dans les poumons semblent être , d'après M. An- 
DRAL , des tubercules dont l'absorption a enlevé peu 
à peu les parties les plus ténues ; c'est un mode de 
guérison. Ce médecin admet aussi avec M. Laenneg la 
cicatrisation des cavités par la formation d'une mem- 
brane cartilagineuse; et il pense également que les 
fronceméns qu'on trouve aiï sommet des poumons 
sont des traces d'anciennes excavations. jLes obser- 






(8o) 

9 vations de M. Louis sont opposées à ces conclusions : 



Clinique u II a trouvé, dit-il, celle disposition an^tomique 
médicale ■ • • 

chez des sujets qui n'avaient présenté aucun symp^ 

tome de phthisie; » d'oii il résulte pour lui qu'il 
n^existe aucune liaison entre ces deux. phénomènes. 
M. Andbal n'admet pas les nombreuses yariétés de 
phthisie imaginées par Bayle ; pour lui la phthisie 
pulmonaire est produite ou par la présence de tuber- 
cules , ou par des granulations, c'est-à-dire par des 
phlegmasies multiples et circonscrites. La mélanose 
n'est à ses yeux ni une transformation ni un tis&u ac- 
cidentel 'y c'est seulement une exhalation anormale 
d'une matière colorante , ayant son emploi régulier 
dans certains points de l'économie. Des concrétions 
plâtreuseà, résidu de tubercules, en ont imposé aux 
auteurs, et à Bayle en particulier , pour former l'es- 
pèce de phthisie que ce dprnier a nommée. calculeuse. 

Parmi les phénomènes que présentent les phthisi- 
ques, il en est un auquel les auteurs anciens accor- 
daient une importance exagcrce , mais qui mérite ce- 
pendant quelque attention : c'est Texpectoration. 
M. Andral, qui avait déjà traité ce sujet d'une ma-; 
nière générale dans sa thèse de réception, s'en est 
occupé de nouveau avec plus de détail relativement 
à la phthisie ; et ce travail offre d'autant plus d'inté- 
rêt , que l'auteur a fait des expériences variées pour^ 
reconnaître la présence de la matière tuberculeuse. 
Il résulte de ces recherches que l'ensemble des pro-. 
priétés physiques des crachats suflit seule pour carac- 
tériser la phthisie , et qu'un seul de ces caractères ne 
mérite qu'une confiance très-limitée ; c'est ce que le. 
docteur Louis confirme par ses observations. ^ 

C'est un vice fondamental dans la plupart des mo- 



( 60 

nograpfaies , de ne <u>iisidérer dan» lei observations ^^,ammmmmm 
c|aé ce qui est directement en rapport avec là mala- Qjpîque 
die qui fait le sujet de l'ouvrage, et de négliger Ou médicale, 
de n'indiqner que superficiellement ce qui concerne 
les complications , tant pour l'observation des symp* 
tomes que pour l'anatomie pathologique. Ce défaut, 
qu'on remarque dans l'ouvrage d'âhllenrs si estima- 
ble de M. Laennec, M. Andral a su l'éviter, de 
même que M. Louis. Ils ont examiné l'un et l'autre 
l'influence que les complications exercent sur la mar- 
che et la durée de la phthi^e ; les phénomènes non-* 
veaux auxquels elles donnent naissance; la Uaisoii 
•qui existe entre l'affection principale, et 'telle lésion 
qu'on découvre à l'ouverture des cadavres ; enfin fei 
modifications qu'imprime la phthisie pulmonaire aux 
maladies qui existaient avant elle. M. Louis surtout 
a pri3 dans l'exposé de ses recherches une forme arith- 
métique qui leur donne un caracitëre remarquable de 
solidité , si l'on peut ainsi dire. 

■ 

La dégénération encore peu connue dans son es^ 
sence, qu'on observe dans le foie, et qu'on désigne 
sous le nom de foie gras, parait être propre' aux 
phthisiques. M. Ajvdral pense qu'elle est due*à ce que 
chez ceux-ci là respiration puJmonaireét^nt^énée, le 
fpie devient un diveVticulum : le docteur Louis ne 
donne point d'explication y il expose seulement le 
fait ,■ et observe de plus que cette lésion est plus com- 
mune chez les femmes que chez ^ les hommes, et 
qu'elle est exclusive aux piithisiques. On a Heu de 
s'étonner que ces deux observateurs n'aient pas cher- 
cjbé si l'augmentation de:Vo]ume du fôièy qu'on pro- 
duit artificiellement ches^ les oies, a quelque chose 
d'analogue av^c celle qui exbte <h^% les phthisiques , 

T.^dèlaCoLi5*dela!i*Sér. Juillet. 6 



(82) 

et si par exemple les oies qu'on soumet à cette cmelle 
CUpîque expérience n'auraient pas des tubercules pulnio— 

naires. 

Selon M. Andral, les altérations de volume et de 
texture du cœur sont fréquentes chez les phthisiqueSy 
et se présentent dans la proportion des deux tiers: ce 
sont l'hypertrophie excentrique ou concentrique , et 
l'atrophie. D'après M. Louis , au contraire , les lé* 
sions du cœiir sont peu communes dans la phthisie 
pulmonaire ^ et ne s'j montrent pas en proportion 
plus considérable que dans les autres maladies chro- 
niques. Une semblable contradiction semble extra«- 
ordinaire entre deux auteurs dont on ne peut soup-^ 
çonner ni l'exactitude ni le talent d'observation. 
' . L^ concordance se rétablit bientôt lorsqu'il s'agit 
d'une maladie qui complique souvent la phthisie , 
qui en aggrave les symptômes et accélère la termi-*- 
naison funeste ; c'est l'inflammation aiguë ou chro^ 
nique des organes digestifs, inflammation souvent 
méconnue et exaspérée par un traitement peu ration- 
nel. Plus de la moitié des phthisiques qui succom-*- 
bent dans les hôpitaux présentent à l'ouverture des 
traces non équivoques d'inflamnlation de l'estomac ^ 
d'après M. Anorâl. Suivant le docteur Louis la pro-» 
portion serait plus considérable encore : en effet , ce 
dernier n'a trouvé l'estomiac sain que sur un cinqiiième 
des sujets , et les quatre autres cinquièmes lui ont 
constamment offert des lésions plus on moins graves. 
Cette phlegmasie, qui produit fréquemment le ra-*- 
mollissement de la membrane muqueuse^ est d'an-* 
tant plus fâcheuse, que souvent aucun symptôme 
n'en révèle l'existence , qu'elle peut faire de rapides 
progrès avant que le médecin s'en soit douté ( Aif-^ 



(85) 

bRAL ) , et que quand elle se manifeste , ses symptft- ■■*— "P^eB 
mes sont souvent ceux ^e l'embarras gastrique des Clinique 
auteurs ( Louis ) , et peuvent provoquer, de la part 
des médecins pour lesquels l'embarras gastrique dé- 
pend de saburres amassées dans 1-estomac , une mé- 
dication des plus funestes. L'état de la langue peut 
d'ailleurs concourir à entretenir la méprise : M. An- 



DRAL signale comme caractérisant la gastrite chroni- 
que une sorte d'érection permanente des papilles' de 
la langue, et plutôt encore un enduit blanchâtre 
parsemé d'une multitude de petits points d'un rouge 
vif. Le dégoût permanent lui semble un des signes les 
plus propres à diagnostiquer la phlegmasie de l'es- 
tomac. M. Louis , au contraire , n'a pas observé de 
rapports constant entre tel état de la langue et telle 
lésion de la inembrane muqueuse gastrique; ju a is il 
partage l'opinion de M. Aitdral sur la valeOT dia- 
gnostique du dégoût soutenu. Tous deux s'accordent 
d'ailleurs à penser que la gastrite, et en général tonte 
phlegmasie qui ,se manifeste incidemment dans le 
cours de la phthisié pulmonaire, doit être l'objet 
d'un traitement énergique , parcequ'elle tend h ag- 
graver la maladie principale et à en accélérer la 
terminaison funeste. De plus, le docteur Louis a ob- 
servé que l'état de faiblesse oii sont les phthisîques 
avancés , est une condition favorable au dévelop- 
pement des phlegmasies, qui, chez ces malades, 
ont un caractère remarquable d'acuité et d'opiniâ-^ 
treté. On n'a pas besoin de faire sentir de quelle im- 
portance ces observations peuvent être pour le trai^ 
têment : M. Andral insiste sur ce point avec beau- 
coup de détails ; et l'on peut espérer que ses préceptes 
ne seront pas perdus, et qile si l'on ne gàérit pas pins 



«■ . 



(84) 

de phthisitiues , on fera moins 'de mal à cet malade 
Clinique par des médications intempestives et irrationndl^a. 
"^ ^ Les sueurs abondantes qui sont si incommodet aux 

phthisiques sont un phénomène qui a de t0|it Ipaifê 
frappé les observateurs , et qui même a paru mcjr 
important pour mériter un traitement à part. Mais 
pour arriver à un résultat satisfaisant , il fallait 
monter è la source de ce symptôme, et c'est ce qa% 
n'a pas fait. Nous sommes tombés nous mêmes .daqif 
cette erreur que nous nous empressons de sigoalair. 
En effet, dans les expériences sur l'acétate de plomb' 
entreprises par M. le professeur Fouquieb, aucune vue 
théorique n'avait précédé l'administration du médi- 
cament , et nous ne pourrions pas rendre raison dea 
effets observés. Nous sommes portés à croire <}tte » 
'd*ns ces cas, la liaison entre l'administration dafe^ 
mëd^it la suspension des sueurs n'a paç eu un r^^p- 
port aussi direct qu'il nous a semblé à cette époq^e• 
Souhaitons que tous ceux qui ont émis. une théorie 
hasardée la rétractent aussi volontairement! M. Ajr* 
D|LAL a voulu savoir quelle cause produisait les suenirs, 
et il ne nous parait pas l'avoir trouvée. £n effet» d'a- 
iprës lui, elles sont un des signes caractéristiques de 
lapbthisie, et dépendent, non de la présence des tu- 
bercules ou de l'imperméabilité du poumon « mais de 
la suppuration abondante qui s'établit dans cet oi^ 
^aue; Il fonde son opinion sur ce que les maladies 
xtrapgëres à laphlhisie, avec abondante suppura— 
.tion-v offrent aussi des sueurs considérables. Cela.ne 
j>ai'aît pfis suffisamment .prouvé, et la question ne 
pf Mt être décidée que par des recherches nouvelles et 
ofi$ r^si^lt^ts.nn/né.riques. Il faudrait d'abord établir 
en .fait.qHÇ :»^^s malades qvi ont e^ de grandes sup- 



(85) 

purations et des soeurs colliqua tires étaient exempts 
jde phthisie pulmoaaire. Il semble qu'on pourrait Clinique 
donner une explioàtton plus; ratiennell&y fia diaant 
que les sueur» firppifent la -transpiration pulmo^ 
nàire ; c% oe qui tippuierait cette assertion.^ «^'est qu'ed 
finéreà les sueurs sbnt abondantes dabs les cas'oii 
le» Volés aériefitterbttle tissu pulinçtiaire'soiit lé srogp 
d'une phle^ntâine aiguë ou chronique, ft qu'tsn pcM^ 
tîeoHer d«ns l« pihthiêie, elles sont p>tis abondantel 
k' ^nf époque âvaudëe de la maladie', et anrtôut la 
stift pendant lé somnieil ^' q«Mind là résptration'«ai 
IttoitM àltstivet oti- »àit t[tie le» phthidiqtfe» oé >sneiAjl 
^륫'i]i^ ^ntind ils dotmcwt-. Arti^i de^tc les ttio^eiMi 
Ifùi ponrr«fient dittinue^ la gënê du fiioiiTiion.et'Hmhw 
èreia trauffipiratifev de -èet. organe plus facile, se^ 
rati^i lés seu)^ capables de'difninueF les sûéUrs des \ 
phthisiques. Le docteur Louis n'a pas donné''d'éx<^ 
pfa'ttftiou de (^èphénomëncT; il s'est borné à faire <)b- 
PBrrét que'IeiB suedrs et la^ diarrhée se présentaient 
soiivent réunves , eu Heu d'alterner, de* se suppléer 
réciproqUete^dl , ain^i (|Ue M'ont écj'it quelques au'-' 
teurs. '" 

- L'opinion que la fistule k Tanns est fréquente et 
tftirtcynt salutaire ttfez les phlbiisiques , est encore une 
de céMes q^j-^nt été admises de confiance , et qui se 
sont t^iEnilttâtièes percequ'on n''a pas* pris la peine de 
les véi^fiér. Elle est cependant si biei¥ établie ,, qu'ôil 
a récèrhment enViôre' proposé et expérimenté de pra- 
tRjiuër'dès fistules 'aftificielfes dont les malades n'ont 
r<R?îré''aucun plrôflt; Eh bieëlsiyr huit cents cas, 
Mi 'Aift^aAi h'^à observé qu'une seule fistule 5 et: il pa- 
raît ^e' 'le 'abcifeurLbViis n'en a jamais 'fèWcontré ; 
puia^WnVii pâVlé.pàs. ^ 



(86) 

Lorsque les recherches d'aDatomie pathologii|iie 
' Clinique étaient un objet de simple curiosité, qu'on négligeait 
de rattacher les lésions aux symptômes , et qn'oB ae 
bornait à un examen superficiel , on a soutenu bien 
long«<temps , et sans pins de £ondement , Texistence de 
la fièyre hectique essentielle : il faut dire cependant 
que c'est par elle qu'a commencé le sacrifice. AL Aji- 
ORAL pense qu'elle n'existe pas , et que toujowrm ott 
trouve après la mort des lésions organiques dont. on 
n'ayait pas soupçonné l'existence pendant la Tie. De 
même pour lui les toux appelées gastrique > bépati* 
que , etc. , ne sont antre chose que des coropUcatûma 
de bronohite arec d'autres affections. Il a également 
vérifié que l'œdëme de la glotte ^ dont on avait vouln 
faire une maladie à part , est , au moins dans un gran4 
nombre de cas , la conséquence directe de l'inflam?- 
matipn. 

Terminons par quelques observations. U est à ri^ 
gretter que M. Andral-, bien qu'il ait parlé dans le 
cours de ^n ouvrage du traitement de la phthisie g 
n'ait pas consacré un article spécial à ce sujet im-> 
portant. Dans ce chapitre, après avoir établi la sanie 
méthode que puisse avouer la connaissance exactis /de 
la maladie, il aurait apprécié à leur juste valeur , ;ji^, 
ne dis pas les milliers de remèdes imaginés par Vi*^ 
gnorance ou le charlatanisme, mais ceux mémea 
qu'emploient journellement les praticiens les plus eari 
timés. Il aurait dit ce qu'on peut attendre de ces yé^^ 
sicatoires , ' de ces cautères, dont on tourm^ente lesi 
bras décharnés et la peau qui laisse voir les côtes^es. 
malheureux phthisiques , de ces moxassi dérisoiremeip^ 
appelés de velours , de ces sétons si doulpureux. U af^,- 
rait apprécié les effets des astringens^ des , balsaipniit 



(87) 

qaes,des toniques, des stimùlans, auxquels on ac- 
corde trop d'importance j et qui nuisent dans lé plus Clinique 
grand nombre des cas , comme l'a fort bien fait ob- ™ 
server le docteur Louis ; et il aurait proclamé cette 
vérité , que tant de gens semblent méconnaître , c'est 
que le temps , le repos et un traitement presque tout 
hygiénique sont les seuls moyens de ralentir les pro- ^ 

gris de la fâcheuse maladie qui nous occupe, et peut- 

- 1. 1- . 

être de la conduire à guérison. : i : 

Il ne paraît pas que M. Andral ait eu l'occasion 
d'observer une espèce de stomatite couenueuse qui 
vient tourmenter les derniers momens des phthisi*' 
.ques et des autres individus qui succombent à une 
maladie chronique: cette affection a été décrite par 
M. Louis et le docteur Blache. Noui regrettons en- 
core qu'il n'ait pas discuté la question importante* 
de l'hérédité, et surtout celle qu'ont soutenue dés 
hommes recommandables : nous voulons parler de 
l'innéité des tubercules. 

( léŒ suite à un prochain numéro, ) 

* Ràtier. 

S 



• I 



. I 



» : : . ■ 

'.j '=*:. .-.1 '■ :■ •• : 

r 

• ; ' .-ri: •> îj;?t . 

:. •. .Il- 1 

...id ♦•:^ il 



^1 



'-f 






(88) 

Histoire anatomîquc des inflammations ^ 
*^ par M. Gëndrin , D. M., secrétaire-géné»^ 

rai dn Cercle médical ^ etc. (A Paris, chea 
Béchet jeune, et Gabon. ) 



p— ^— Depuis quelques années on n'entend parler ppiur, 
Inflam- ainsi dire que à^ inflammations. Je n'examinerai p|i^ 
ici si à toutes les époques de la science les phlegm^i— 
sies ont été aussi fréquentes que le prétend ^r.ecjple 
physiologique, bien qu'elles aient été le plus $ouveqt, 
méconnues ^ et qu'on leur ait sibusivement donné le 
nom de fièvres essentielles, de maladies nerveuses,, 
de fésions organiques; ou si seulement elles seraii&nL 
plus fréquentes dans ces dernières années qu'e.lle8..oe 
l'étaient 'à une époque antérieure, ainsi que çberm 
chent à le faire croire ceux qui, ayant aujourd'hui^ < 
quoi qu^ils en disent, singuliëraenf modifié leijir CQU— 
duite dans la curation des maladies, semlptleraîent 
néanmoins avoir toujours bien fai|, puisqu'alors les 
maladies n'étaient pas inflammatoires, et^u'elles le 
sont maintenant devenues. J'observerai seulement 
avec l'auteur de l'ouvrage dont je viens de donner le 
titre, que, dans toutes les suppositions possibles, la 
connaissance des inflammations considérées anatomi- 
quement doit tenir le prçmier rang entre toutes celles 
qui font la base de la médecine pratique ; et l'étude 
approfondie des phlegmasies peut seule éclairer la 
discussion qui s'est élevée entre les médecins , et lui 
fournir des bases solides. 

Il ne suffit plus aujourd'hui de dire d'une manière 
vague qu'un organe est enflammé; il faut indiquer 



( «9 ) 

IVpaisseur, ta densité, la friabilité, la coloration des dif- 
férentes parties, comparativement à Tétat sain. Dire Inflamr 

f t 1 4 il mations. 

qu une membrane muqnease , pa r exein pie , est entLam- 

nié« , c'est ne rien dire , si l'on n'ajoute à cette assertion 
Feiposé des caractères anatomiques de la pblegmasie 
donte]it supposée atteinte cette membrane. Déduire 
àt la Coloration en rouge d'une membrane muqueuse 
que celle-ci est enflammée, ne serait pas se montrer 
a«i niveau des connaissances acquises relativement à 
là cotoration possible d'une partie quelconque, et. en 
|Mrrticii)ier d*nne membrane muqueuse, parle reflux 
inécinique , )a stase passive du sang dans te. système 
4è8 vaisseaux capillaires de cette partie. 
- M. Gendrin a entrepris un immense travail. S'ap- 
|Niyant sur les recber^bes d'analomie pathologique 
frites jusqu'à ce jour, sur les observations nom- 
breases qn'il a été k portée de recueillir, soit dans les 
Mpitanx auxquels il a été attaché , soit dans sa pra- 
tique particulière, et enfin sur des expériences qu'il 
m tentées lai-môme, en sacrifiant quelques animaux 
â#fnettiques , notre confrère s'est proposé de donner 
dans l'ouvrage dont je suis chargé de faire connaîfré 
le premier volume , l'histoire complète des caractère* 
aaatomiques de l'inflammation dans tous les tissus , 
oo l'anaVoraie pathologique des tissus enflammés, se 
véiervant de présenter dans un second volume , qu'il 
Bé tardera pas à mettre au {our , l'histoire des alté- 
rations qui sont l'effet des phlégmasies actuelles oii 
àé]k terminées , dam les fluides et dans les solides. 
Pour atteindre ce but , M. Gendri!? trace successive- 
ment les caractères anatOmiques de l'inflammation 
dans les tissus cellulaire et adipeux , tes membranes 
sérentes , \tt tisSus fibreux , fibro*cartilagineax et car^ 



(90) 

tilâgineax, osseux, cutané , les membranes maqueu- 

Inflam- ses et les membranes yilleuses, etc. 
mations. . 

Notre auteur admet plusieurs modes oo plasieuri 

formes essentielles ou accidentelles des pblegmaaief. 

Ainsi il en admet de simples ou aiguës, de chroaî— 

ques, de phagédéniques , de gangreneuses. Il ne man^ 

querait pas d'objections à faire k M. Gendriit inr 

cette division^ des inflammations. En effet, VéXmt 

chronique n^lst fréquemment que la suite de l'ëtat 

aigu ; l'ulcération , la gangrène succèdent également 

à l'inflammation aiguë ; il est au moins douteux qu'on 

puisse établir que telle inflammation doit nëoeMai-r 

rement être ulcéreuse, telle autre gangreneuse^ aanf 

quelques exceptions rares. M. Gendrin peut , à la vé-* 

rite 9 répondre qu'il ne traite que de l'état anatomir 

que actuel dans lequel il trouve les dilTérens tissus, 

selon que la pblegmasie dont ceux-ci sont atteints 

est actuellement à l'état aigu , ou arrivée à l'étM 

cbroniqpe , ou à celui d'ulcération ou de gangrène; il 

s'est proposé de tracer Vhistoire cmcUoniique des inr* 

flammations. Aussi nous ne nous arrêterons pas d»^ 

yantage à discuter la valeur de la division arbitraire 

qu'il a adoptée dans l'étude des inflammations. 

Pour connaître avec certitude qu'un tissu est .en-^ 

flammé , il faut que l'état sain en soit parfaitenâent 

connu. Tous les oçganes n'ont ni la même cou|^ui>.^ 

ni là même densité, ni la même consistance; ce.qoî, 

constitue l'état normal de l'un serait pour un aulirei 

une coloration morbide , une induration. Aussi .notre 

auteur s'est-il , avec raison , cru obligé de présenter^! 

avant d'étudier l'inflammation de chaque tissu , Une, 

exposition succincte des principaux caractères à^V^, 

tat sain dans ce- même tissu. Kien ne semble pliM'i£M>. 



(9' ) 

cile au premier aperçu que de faire ainsi le tableau ■ 



des traits cajracteVistiques de l'état sain j et cepcn- Inflam- 
dant, quan4 on y réfléchît , on trouve qu'il s'y ren- 
contre d'immenses , diB^cultés. Rarement est-on ap- 
pelé à scruter l'état intérieur de l'organisme chez des 
individus de l'espèce humaine frappés de mort aia 
milieu des apparences de la plus belle santé. D'ail^ 
leurs le genre même de mort apporte nécessairement 
des différences dans l'aspect des organes. Qu'un 
bomme en parfaite santé perde la vie par le supplice 
de la décapitation.^ on ne peut mettre en doute que 
Ja perte subite d'une énorme quantité de sang^apppr^ 
tera de grandes différences -dans la coloration , l'in-r 
jection vasculaire sanguine , la stase du sang dans les 
tissus parenchymateux , les poumons surtout , dans 
les membranes muqueuses ^ etc. , comparativement à 
ce qui aura lieu chez l'individu qui aura perdu la vié 
p^r submersion , ou bien encore chez celui dont l'or« 
gane central de l'innervation aura reçu seul quelque 
4itteinte mortelle. La circonstance de l'époque et de 
l'acte même de certaines fonctions apporte de grandes 
différences dans l'aspect sous lequel se présentent 
certaines parties de l'organisme. Ainsi , qu'un homme 
bien portant succombe d'une manière subite lorsqu'il 
esta jeun 5 lorsqu'il vient d'introduire dans l'estomac 
>npp quantité plus ou moins considérable d^ab'mens ^ 
ou bieu i^près> uti temf>s plus ou moins long écoulé 
depuis que la digestion stomacale est finie; dans touJB 
ces cas ) dis-je ( et encore faut-*il de toute nécessité y 
lijouter la considération de la: nature plus ou moînii 
stimulante ou! nqn «incitante de l'aliment introduit 
4«i^».l'i3too^a<),.il çst incontestable que la coloration , 
J'inj^^Vi li;«;^taAq Mwg^îiie ^ : l'ëtH t d'érection det; 



(9») 

papilles, varieront beaucoup dans l'appareil muqueux 
tnflani- gastro-intestinal. S'il est difficile d'arrÎTerli la con- 
naissance de l'état sain des organes cnez Thomme 
mort an momeilt oii il jouissait de la sant^ , il est pins 
difficile encore de constater d'une manière poaitWe 
fi tel organe , tel appareil organique , observé sor le 
cadavre d'nn homme qui a succombé à quelque ma- 
ladie , est dans un état parfaitement sain , ou au coif- 
traire est malade. Tout esprit de système mia de 
côté V nous sommes tous forcés de convenir ailjoult- 
d'bui que l'attention soutenue avec laquelle oiî di- 
rige les recherches d'anatomie pathologique adt* fe 
tystëme muqueox gastro-intestinal et su)r l'appareil 
dès organes de Tintiervation ^ a fait reconnaître c6mi- 
bîen d'erreurs ont été commises pendant bien des ami- 
nées, lorsque, faute de connaissances ânffisaritës de 
Fétat sain de ces appareils , on ne savait paé y âi$^ 
ttnguer les altérations morbides les plud tidnsidérAf- 
bles. Prenons un exemple. On a beaucoup parlé- et 
l'endurcissement plus ou moins considérable de là 
masse cérébrale dans les maladies dites 6ëvred ataï^ 
qnés. Mais, de bonne foi, à moins d'avoir ouvert tift 
grand nombre de cadavres ^ dans une foule de cri^ 
constances, comment constater si, dans te cas qn^di 
a sous les yeux , l'encéphale est plus dur ^ moitas tiH*- 
sistant, ou seulement aussi consistant qiie da'ns'l'é^ 
tat normal? On a fait grand bruit de ces ^ffligeA^Ve^ 
divisions qni éclatent entre les liiédecins de I'é<siiylè 
phystologiquie et leurs adversaires sUt le^ traoeg d^ 1^ 
lésion inflammatoire de l'appareil muqueuX digestif. 
La raison n'en est-elle pas que , parmi les adverstfîfeé*^ 
les uns ont fait une étude spéciale deCfétat indrbiwè 
•u au moins- de i'é tat actuel <ie Tappai^il ttià^tl^x 



( 95 ) 

digestif, dans tous les cas de médecine pratique qui 

se sont présentés à eux; tandis que les opposans sont Inflam- 

^1 1 1 19 « • mations, 

trop souvent descendus dans 1 arène sans avoir asse^ 

fréquemmentouvertiecanal digestif, et constaté l'état 

de la membrane muqueuse qui le tapisse,, dans tons 

les cas de maladies ? 

Mettons fin à cette digression , en applaudissant 
aux efforts que M. Gendrin a faits pour exposer d'une 
manière claire et exacte Tét^t positivement sain des 
différens appareils organiques, dont il s'est proposé 
d'étudier ensuite l'état pathologique sous le rapport 
de rinflaraination. 

Il est aisé de concevoir qu'il n'est pas de la nature 
de ce travail de présenter une analyse détaillée d^: 
chacun des chapitres de l'ouvrage de M. GENDiair.' 
Qu'il nous suffise de dire qu'après avoir exposé , ainsi 
que je viens de l'annoncer , l'état sain ou physiolo- 
gique des différens systèmes organiques , notre auteur 
étudie successivement les différens modes de l'inflam-^ 
niation qui peuvent s'y manifester. J'indiquerai seu— 
lement quelques opinions , quelques recherches , 
quelques, faits d'anatomie pathologique qui me pa- 
raissent mériter une attention plus spéciale. 

C'est ainsi qu'après avoir fait connaître l'état ana^^ 
tomique du tissu cellulaire atteint d'inflammation 
(et que cette circonstance rend facile à déchirer), et 
les modifications qu'apporte la terminaison par sup- 
puration , notre auteur émet une opinion qui mérite 
d'être connue, tout hypothétique qu'elle paraisse, 
sur la nature véritable de ces flocons gélatineux , 
blanchâtres , filans, demi-transparens , que l'on con- 
sidère généralement comme des portions du tissu 
cellulaire mortifiées. « Il n'y a cependant , dit-ij ^ 



\ . 



(94) 

aucune ressemblance entre ces flocons et des portions 
Inflam- de tissu cellulaire. Jamais ils ne sont ronges ni in- 
roations. jectés ; ils ne présentent aucune trace d'organisation , 
et n'ont jamais ni la couleur, ni l'odeur des yërita- 
blés escarres. Avant que, par la violence de l'in- 
flammation , le tissu cellulaire se mortifie , il rougit, 
s'infiltre , perd sa ténacité et son élasticité. Ce n'est 
que quand cet état inflammatoire existe que la gan- 
grené peut survenir. Si la formation des bourbillon! 
était le résultat de cette mortification , il faudrait 
qu'elle fit pâlir le tissu enflammé , qu'elle détruisit 
j'infiltration rouge qui le colore, et jusqu'aux der* 
niëres traces' de l'injection sanguine qui le pénètre. 
l.a substance blanchâtre qui constitue les bourbil- 
lons est élastique et homogène ; elle file entre leê 
doigts. Si l'on trouve quelquefois de petites portions 
celluleuses dans le centre de ces bourbillons, elles se 
sont séparées au moment de leur sortie. Ces petites 
portions ne sont pas mortifiées, et conservent tons 
les caractères du tissu cellulaire au milieu de la sub-. 
stance albumino^ gélatineuse qui les entoure. Dans 
quelques cas, on voit de véritables escarres du tissn 
cellulaire réunies ou enveloppées par cette substance 
floconneuse/ avec laquelle elles n*ont nulle ressem- 
blance... Toutes ces considérations nous conduisent 
à penser que c'est une erreur d'attribuer la formation 
des bourbillons à une mortification du tissu cellu- 
laire enflammé ; nous n'y voyons qu'un produit de 
l'inflammation , une substance de la même nature 
que celle des pseudo-membranes , qui, dans quelques 
cas, s'organise comme elles, et qui ne présente ce- 
pendant encore aucune trace d'organisation quand 
elle est rejetée avec le produit de la suppuration. Ce 



(95) 

qui doit faire disparaître toute espèce de doutes sur 

fa nature des bourbillons , c^est une altération anato- Inflam- 

-/' mations, 

mique qui se rencontre assez souvent quand on dis- 
sèque de grands abcès. On trouve une substance flo- 
conneuse , gëlatino-albumineuse , étendue en mem- 
branes sur les aponévroses ou les capsules cellulaires 
des muscles. Ainsi infiltrée dans les interstices aréo- 
laires enflammés sur la surface du tissu lamineux et 
des aponévroses, cette substance est très-difficile à 
séparer des parties qu'elle revêt et qu'elle pénètre. 
Ordinairement elle est mêlée à du pus réuni en goût- 
telettes o'u infiltré avec elle dans le tissu aréolaire; 
quelquefois elle enveloppe de petites collections pu- 
rulentes placées au-dessous d'elle ; il arrive enfin que 
ces concrétions se trouvent à demi-détacbées et épais- 
sies en flocons et en bourbillons au fond des foyers, 
d'oii elles seraient sorties plus tard avec le pus. » 

A cette longue citation , j'ajouterai par anticipa- 
tion la remarque que fait M. Gendrin sur la nature 
des 'bourbillons des furoncles, dans le chapitre oii il 
traite de cette inflammation du tissu cellulaire des 
aréoles du derme. « Le bourbillon , dit-il , existe 
avant que l'inflammation qui s^annonce dans le derme 
soit arrivée à sa plus grande violence; car lorsque 
l'on débride dès le début de cette inflammation , on 
le trouve déjà tout formé. 11 est à la vérité beaucoup 
moins volumineux qu'il ne le serait devenu. Autour 
de ce corps blanc-jaunâtre on voit le tissu cellulaire 
injecté, gonflé, mais fort adhérent au bourbillon, 
dont on ne peut le séparer. Si le bourbillon était une 
portion de tissu cellulaire gangrenée ou privée de 
vie , il ne se verrait pas avant le plus haut degré de 
rinflammation ; il serait d'ailleurs originairement iu'- 



C96) 

' jecté, rouge, enflammé; enfin il prendrait U fonnç 
et présenterait tous les car.icléres des vraies escairil 
gangreneuses , comme cela arrive en effet quelc|ii«> 
fois dsna tes furoncles autour du bourbillon loï- 
même, quand la phleguiasie devient excessive, n 

L'histoire anatomique de l'infla mina lion des mena- 
rétat aigu et à l'état chronique , 



oin et 

irlicle 



est traitée par M. Gendkin avec beaucoup d 
d'une manière fort exacte. Je citerai surtout 
consacré aux fausses membranes. M. Gendbin coa— 
firme par son observation une remarque judicieuse 
qui, du reste, est deveoue du domaine public, si je 
puis m'exprimer ainsi , puisqu'il ne faut que des yeux 
pour en constater la vérité, c'est qu'on ne trouve 
ïainais une membrane séreuse enSammée sans que le 
tÏFSU par lequel elle adhère ne soit aussi affecté, et 
que c'est dans ce tissu que se manifestent les premiers 
phénomènes inflammatoires. Après a voir étudié d'une 
manière générale l'inflainination du sy!.)ème séreux, 
notre auteur examine successivement l'inflammation 
dans l'arachnoïde , la plèvre, le péricarde , etc. Un 



artic 


e généralen 


ent on 


lis dans les traité 


de tntâe- 


cinc 


est celui q 


e noire 


auteur a consacr 


é à l'étude 


del'i 


aflamm.-.tio 


lame 




lesastruc- 


ture 
vent 


et les usages qu'ell 
nécessairement fai 


est destinée à re 


mplir doi- 
me appar- 


tenar 
chan 
M, G 


t au Sjsièm 
quelques o 


e ties membranrs séreuse 
bservations publiées jusq 
Ire dans les aliérations 


S. Rappro- 
'à ce jour, 


cette 


membrane 


tous les 


caractères de celles qui ap- 


p^rti 


nuent aux 
. Ainsi , à 1 


inflam 

état aig 


raations des meii 
n, rougeur de la E 


branes se— 


endu 


t visqueux 


grisâtre , avec épaississement de 



(97) 

lugmenlalïon et alleralion de la si 



Lu m 



nageant da. 
»plus 



encore, flocons ; 
sile «rouble, faus; 
ses , plus ou .noi 
que.épai 
benurirorific a 



l à l'élat cb 
tmios , existence d'une < 

ai tapisse celle membrane , e«cès de sécrétion 
d'une sérosité (éiiUe par la présence et l'allératiott 

leur, à défaut d'observations propres pour l'état ai- 
gu , s'appuie sur plusieurs Tails du plus haut intérêt 
qui ont été dans te temps imprimés dans ie Recueil 
is de M. Mebcier , de Rocbe- 
)5 , et tom. 4Sf pag. 25o. ) 
.1 cite un fait d'un haut ioté- 



ph, 



périodique { Observalio 
fort) tom. 43, pag. 1 



qu'il a 



lli lui 



qui 



En I mi tant de la pblegmasîedes mem 

iales, H. Genorin se range à J'opinfon 

EiLiiiER sur la non— existence de ces me. 

urface 'les cartilages arlieulaires , et sl 

lerminaison à la circonférence d( 

lages. Malgré celte double autoril 



bran es syno- 
de M. Cru- 



^sdoutesquelesargumensdeM.GEB- 
DiviN, empruntés à M. CiirvEiLHiEH, n'ont pas dis- 
sipés. D'ailleurs, si nous en croyons une assertion 
orale , ce dernier .-inatomiste aurait reconuQ depuis 



la fausseté de s( 



idel'inllat 



nation d 



elfibro-carlilagineuit, notre ai 

quelleil traite de celle de la C3] 
cristallin lui-même, considér 
péricbondre et l'autre comme unfibro-cartilsge, npi- 
r.ge d« la Col. 35* delà a'Sér. Juillet. 7 



èraes fibreux 
idie successî- 
a suite delà- 



(98) 

nion hypothétique sur laquelle nous n'ëleveroni aa— 
Inflam- cuue discussion ; puis rinflammation de la dure^ 
mère, do feuillet fibreux du péricarde, des fibro» 
cartilages in ter-articulaires et inter-Tertébraux , du 
périoste. 

En traitant de l'inilammation du système osseux , 
notre auteur ne considère que l'état des os blessés , 
coupés, sciés; il remet à traiter de la consolidation 
des fraguiens dans le cas de fracture , en un mot , à 
faire l'histoire du cal , à l'époque oii il étudiera le 
travail de la cicatrif^ation dans les difTérens tissus. 

C'est avec plaisir que j'ai vu M. Gendein, s'ap- 
puyant sur les caractères anatomiques de l'os affecté 
de carie , rapporter sans hésiter cette affection » ou 
plutôt l'état qu'on désigne sous ce nom , à l'inâam— 
ma lion ulcéra tive des os. « Le tissu des os cariés pré- 
sente , ,dit-il , les mêmes altérations que l'on observe 
à la dissection dans les phlegmasies aiguës et chroni- 
ques d^ ces organes. La carie , comme l'ulcère des 
parties molles , est très-souvent la suite de ces phleg^ 
masies ; \es uns et les autres reconnaissent d'ailleurs 
des causes identiques, w Pour notre auteur, la né^ 
crose n'est également que l'inflammation gangreneuse 
des os. 

Les inflammations do tissu cutané sont traitées 
avec beaucoup de soin et de la manière la plus satîs-* 
faisante par M. Gendbin. Celles qui ont lieu à l'état 
aigu sont divisées en érythémoïdes, pustuleuses et 
aréolaires. Parmi 1^ premières se rangent les inflam- 
mations produites par les vésicatoires ou les brûlures 
légères, les phlegmasies plaquées et diffuses de la 
Scarlatine, les érjsipèles, etc. Les principales espèces 
d'inflammations pustuleuses aiguës sont les pnstnle 



s 



( 99 ) 

vaccinales et pseudo-vaccinales , les pustules vario- • 



iWHi». 



liques et pseudp-varioliques , lés raorbilleuses, et celles Inflam- 
qui dépendent de l'application du tartre stibîé. Ce 
sont les seules dont notre auteur s'occupe; Toutes 
sont étudiées avec le plus grapd soin dans leur déve- 
loppement , leur marche ,. les caractères anatomiqnes 
qu'une dissection attentive y fait reconnaître. Je ci- 
ter,aî , comme étant du plus haut intérêt , les recher- 
ches auatoniiques faites sur la pustule vaccinale. 
Les résultats auxquels elles ont conduit M. Gendhin 
sont d'une importance inappréciable pour ]ei prati- 
ciens qui tiennent à cœur de tirer tout le parti possi- 
ble de la précieuse découverte de Jenner. « Au centre 
de la pustule vaccinale , à cette époque que l'on con- 
sidère comme, celle de son 'développement achevé, et 
que , pour ce motif, on -choisit pour extraire le fluide 
vaccin destiné à propager la maladie, il existe, dans 
la dépression ombilicale,' de couleur un peu jaune , 
qui comprend la trace presque inapercevable de la 
petite plaie de l'opération ; il existe , dis-je^ sous une 
la9ie excessivement mince et peu résistante de l'épi- 
derme, une petite quantité de pus jaune, trouble, 
assez dense, accumulé dans une sorte de -follicule 
infundibuliforme^, qui constitue le centre de la pus- 
tule. La quantité de celte matière purulente est pro- 
portionnée en général à la grandeur de l'incision par 
laqiielle on a inoculé, Hà l'irritation qu'a produite 
l'instrument dont on s'est servi : aussi est-elle exces- 
sivement petite , si l'on n'a fait à.la peau qu'une pi- 
qûre très-superficielle , tandis qu'elle est très-consi- 
dérable, d'un volume même égal à celui de la pus- 
tule vaccinale dans les inoculations par fils, qui exi- 
gent une plus grande incision* L'existence de cette 



( 100 ) 

BBSHSBHP petite phlegmAsie, en quelque sorte phlogmoneuse , 

Inflam- qyj survient autour de la plaie d'inoculation vacci- 
matioDS. ^ "^ 

nale , uous explique comment > lorsque Ion se sert 

d'un instrument oxydé , ou que l'on irrite par trop là 
piqûre , l'inflammation sut generis qui produit la 
vaccine n'a pas lieu j ou la vaccine est fausse. Etle 
nous fait aussi connaître comment il se fait que dès 
vaccina teurs inattentifs , ouvrant la pustule à son 
centre pour y puiser du vaccin , ont propagé de fausset 
vaccines. » 

J'ai déjà cité, par anticipation , l'opinion de notre 
auteur sur la nature du bourbillon des furoncles et 
anthrax, productions qui , d'après les recherches de 
ce médecin, ne doivent être considérées que comme 
un des résultats de l'in'flammation , comme sembla- 
bles aux fau'sses membranes. Cette hypothèse est tel» 
lement en opposition avec les opinions généralement 
admises, qu'elle demande à'étr^ mûrement appro- 
fondie. 

N'ayant pas été à portée d'exaniiner sur Tes cada- 
vres l'état anatomique de la peau affectée d'inflam- 
Jf ination éry thémoïde chronique spontanée , notre au- 

teur supplée à cette lacune en donnant les caractères 
anatomiques de l'inflammation chronique de cette 
membrane après d'anciens vésicatoires. Cet article 
m'a semblé d'un grand intérêt. 

Quant aux exanthèmes chroniques , on lira avec 
intérêt les détails des caractères anatomiques des in- 
flammations pustuleuses chroniques , à savoir, les 
pustules syphilitiques , les dartres , les teignes ; des 
inflammations phagédéniques , comme les ulcères vé- 
nériens , dont l'auteur trace ainsi les caractères : 
« ulcères arrondis , coupés k pic sur leurs bords , à 



( «oi ) 

très-peu de dîitance desquels U peau est dans son état 
physiologique ; » les ukères herpétiques , les ulcères Inflam 

cutanés chroniques, etc. C'est peut^tre surtout dans 
ce chapitre qu'on remarque plus clairement l'incon- 
▼énient de la méthode qu'a adoptée M. Gendrin , 
d'exposer comme autant d'états distintes )es divers 
aspects souvent successifs sous lesquels se présentent 
les phlegmasies. En effet , une phlegmasie érjthé- 
moïde aiguë peut passer à l'état chronique , peut s'ul- 
cérer, se terminer par gangrène. Au lieu d'étudier 
ces diverses phases d'une même affection , et. d'en éta-* 
hlir les caractères anatomiques successifs, M. Gen- 
oaiN traite séparément des aflèctions aiguës , de celles 
qui sont actuel ferment chroniques , de celles qui sont^ 
actaellement ulcéreuses ou à Pétat de gangrène. Ce 
défaut tient à l'idée même dans laquelle notre auteur 
a con^u son immense travail; i^ prend les choses pour 
ce qu'elles se présentent actuellement à ses jeux et 
sous ion scalpel ; il ne s'occupe ni des caa^es qui ont 
fait naître l'inflammation , ni de la succession d'état 
des lésions anatomiques. Il constate seulement: qu'ici 
l'inflammation est ulcéreuse, que là elle est terminée 
par gangrène ; qu^elle est à l'état aigu ou à l'état 
chronique. Reprenons notre analyse. 

C'est surtout à l'époque de la science à laquelle 
nous sommes arrivés, que l'étude des caractèrrs ana- 
tomiques de l'inflammation dans le tissu des mem- 
hranes muqueuses présente un grand intérêt. L'at- 
tention de tous les praticiens est appelée depuis quel- 
ques anuées seulement , d'une manière spéciale , sur 
le système muqueux des voies digestives. Je dis de-* 
puis plusieurs années seulement , car si jadis on a 
. quelquefois ouvert le canal intestinal dans les.nécros- 



( I^>a ) 

copies , il faut bien reconnaître qae nos maîtres im-* 

laflara- médiats ne le faisaient pas , et que nous-mêmes n'a— 
mations. , . 

vous pas été enseignés à le faire dans le temps de nos 

premières études médicales. Je n'en veux donner 
qu'une preuve bien convaincante. Notre vénérable 
PiNEL publiant, sous le titre de Médecine clinique , 
une série d'observations sur les maladies aiguës , n'in- 
dique pas une seule fois cet état si remarquable de 
l'intestin grêle y caractérisé par des ulcérations , des 
élevures, des plaques gauffrées, etc. , que M. Cbo— 
M£L , son disciple, dit, quelques années plus tard , 
qu'on rencontre dans les cadavres de la plupart des 
sujets qui succombent à la fièvre adynamique. Quoi 
qu'il en soit , M. Genorin a dû nécessairement ap-r 
porter uu grand soin à l'étude de l'état inflamma- 
toire des membranes muqueuses ; et pour cela il a 
mis une extrême attention à établir l'état sain et 1^ 
"" exposer l'anatomie de ces membranes. 

Il y a déjà plusieurs années qu'un examen attentif 
a fait reconnaître des différences essentielles dans la 
structure anatomiquc des diverses parties du système 
des membranes comprises sous le nom de membranes 
muqueuses. Si toutes offrent des cryptes muqueux 
dans leur épaisseur , néanmoins la membrane interne 
de l'estomac et des intestins offre seule et exclusive- 
ment des villosités dont la présence justifie bien le 
nom de membrane villeuse qui lui a été donné an- 
ciennement , et que M. Gendrin est disposé à lui 
rendre. Ainsi donc , sous le rapport de Tanatomîe , 
on peut séparer, dans l'état sain , la membrane des 
voies aériennes et de celles de la déglutition , jusqu'à 
la partie inférieure de l'œsophage , de la membrane 
qui tapisse l'estomac et les intestins. Cette distinction , 



( io3 ) 

quoi (|ii'eo dise M.Genvrin, n'est pas aussi rigoureu- 
sement admissible en pathologie: et lui-même a rëuni Inflam- 

. , , . », 1 j mationf. 

unç partie de ces deux espèces de membrane daus . 

Thisloire ailatomique des inflammations dont eliéSi 
sont atteintes^ parce que les unes et les autres contien-i 
neot.des ^rjptesmuqueùxdont 1-actiônsëcrétoire peut 
être troublée i et qui a'enfla^iiraent également dans ces 
diverses parties. 

Traçant les Caractères anatomiques des membranes 
muqueus.es , M. Gendriv- établit qu'il est difficile de 
constater la. présence de la conjonctive sur la cornée 
transparente.' Mk Ribes avait déjà même établi qu'elle 
n'y existait pas. Si l'état sain laisse la chose incer- 
taine, il n'en, est pas de même de l'état physiologi- 
que. C'est ainsi qu'on possède des exeniples incontes'- 
tables de Vaisseaux sanguins remplis de^^ang dans 
quelques cas d'inflanunation oculaire, qui se por- 
taient visiblement de la conjonctive superposée à la 
sclérotique , jusque vers le milieu de la cornée tranis- 
parente; et qu'une maladie assez fréquente, le pté- 
rygion^'dont la forme est celle du fer d'une flèche, 
s'étend aussi de la conjonctive sur la ^cornée. Le pté- 
rygion est le résultat dé l'épanchement d'une lymphe 
plastique dans les mailles du tissu cellulaire sous- 
muqueux; quand cet épanchement s'effectue dans 
quelque point dé la circoi^férence de la cornée , la 
conjonctive, plus lâché sur la sclérotique, se sou- 
levé avec peine sur la coiPnée } de sorte que le petit 
amas de lymphe concrète offre la forme d'un triangle 
très-alongé. 

On né croit plus aujourd'hui , comme nous l'avons 
appris autrefois j et comme le disent encore les livres 
claisiques d'anatomie des auteurs h&n plus récens , 



C »o4 ) 

que la membrane villcase stomacale et intestinale soH 
mati ^^^™ naturellement ronge, on au moins d'un rose fonce. 
Il est incontestable que, dans l'état naturel , hors le 
temps de la digestion , elle est d'un blanc un pea 
rosé, transparent, chez les enfans; d'un blanc mat, 
mais conservant encore un léger reflet rosé, chou les 
adultes ; plus tard d'un blanc mat légèrement grisâ^ 
tre, qui devient presque cendré chez les vieilt«rds. 
Ce n'est que pendant le travail de la digestion qu'elle 
prend une couleur rose, ronge ponceau , plus oa 
moins foncée. Combien le défaut de connaissance de 
l'état sain des membranes villenses a dik faire com- 
mettre fréquemment de graves erreurs dans l'appré- 
ciation de l'état des organes, lors des recherches né^ 
croscopiques I 

Les inflammations aiguës des membranes mo- 
queuses et villenses sont rapportées aux érjthémoî- 
des , aux pustuleuses et aux pseudo-membraneuses. 
A l'occasion de ces inflammations , M. Gendrin se 
livre à une digression intéressante sur la question de 
savoir si les caractères des inflammations aignës des 
membranes muqueuses ayant été bien évidens pen^ 
dant la vie , disparaissent après la mort. Il cherche à 
éclaircir la question par l'exposé de ce qu'il a observe 
à la surface de la conjonctive enflammée, et dans des 
cas d'angine buccale , ainsi que dans des cas de hi-> 
ryngite qu'il avait provoquée à dessein chez des ani- 
maux. Il en conclut que la rougeur des membranes 
muqueuses, quand elle a dépassé le premier degré, 
cil elle ne consiste qu'en des arborisations vasculaires 
peu serrées , ne disparait point au moment de la 
mort , et que les vaisseaux de ces mêmes membranes 
ne sont plus perméables aux injections , quand ils 



- 1 I 



( io5 ) 

restent aprës la mortdansretat decoDgestîon inf]am< 

matoire. Je reffrette que l'étendue que fai donnée à Inflam- 

° ^ 1 <,. mations, 

cette analyse ne me permette pas de discuter contra- 

dictoirement cette question importante , ou du moins 
d'approfondir mieux la matière. 

Les différentes portions des membranes muqueuses 
et villeuses enflammées sont successivement étudiées 
dans leur état anatomique; à savoir , sur l'œil , dans 
le conduit auditif, les voies aériennes j dîgestives, etc. 
Après quoi l'a^teur passe à l'étude de l'état chroni- 
que dans ces âeu% ordres de membranes; il étudie 
aussi lesf pblegmasies ulcéreuses , et enfin les phleg^ 
masies gangreneuses. Le défaut de connaissances po- 
sitives sur les injections, les colorations diverses, les 
stases ps^^sives, que possédaient nos prédécesseurs i 
font que les observations empruntées par M. Gendrin 
aux; auteurs ancfens me donnent une médiocre con- 
fiance. 

• 

J'aurais pu empreindre des couleurs de mes idées 
propres l'analyse que je viens de donner du livre de 
IVÏ. Gendrin. a. peu d'exceptions près , j'ai préféré ex- 
poser simplement les opinions de l'auteur. C'est aux 
lecteurs à en apprécier la justesse ou le peu de fon-!- 
dément. 

Le travail de M. Gekdrin suppose nécessairement 
de grandes recherches dans les auteurs , une connais- 
sance approfondie des travaux les plus récens entre- 
pris sur les inflammations étudiées dans les différenf 
systèmes organiques. Notreconfrère a puiséaux meil- 
leures sources, et a confirmé ou rectifié les assertions ^ 
de ses devanciers, par la comparaison avec les résul- 
tats de ses propres observations. 

E. G. G. 



( io6 ) 

Recherches expérimentales sur les causes 
du mouvement du sang dans les çeines; 
Mémoire lu à PAcadémie des Sciences par 
M. David-Barrt, D. m. ( Voy. tom. 94, 
pag. 428. ) 



- Le Mémoire de M. Barrt a produit une sensation 

*'^dii*'°^°* marquée lorsque lecture en fut faite à rinstîtut ; 
mais depuis la publication de ce travail, et depuis le 
rapport de M. Duméril , les opinions et les expé- 
riences de M. Barey, mieux connues, plus exacte- 
ment appréciées , ont été réduites à leur juste va- 
leur. Suivant ce médecin , les causes assignées jus- 
qu'ici au cours du sang veineux sont insuffisantes 
pour expliquer ce phénomène. Ainsi la puissance.da 
cœur , la réaction des artères sur le sang , l'action 
des veines sur ce liquide , la pression des muscles dé« 
pendans ou indé[5endans de la volonté , la contrac- 
tion insensible des vaisseaux capillaires, admise ou 
inventée par Bichat , seraient incapables de faire ar* 
river le sang jusqu'aux cavités droites du cœur. Deux 
autres causes devraient encore concourir à la pro- 
gression du sang veineux , et ces agens d'impulsion 
seraient i*. le vide qui se fait dans la poitrine au mo- 
ment de l'inspiration , a®, ta pression atmosphérique. 
Ces deux causes avaient déjà été indiquées ; M. Barry 
a seulement , par ses expériences, mieux établi l'in- 
fluence de l'une, et exagéré l'importance de l'autre. 
Les expériences de M. Barry consistent à intro- 
duire dans la veine jugulaire, ou dans la cavité tho- 
rachique d'un animal vivant, un tube que l'on fait 



( »o7 ) 

plonger dans uu liquide coloré; pendant Tinspira- 

tion le liquide s'élève dans le tube et s'avance vers le Mouvement 

..... du sang, 

cœur"; pendant l'expiration il reflué ou reste station- 

naire. Il résçlte manifestement de là que, dans l'ins- 
tant de l'inspiration y il sp fait dans la poitrine un 
vidé , en vertii duquel le sang contenu dans les grosses 
veines qui avoisihent cette cavité y est attire. Mais , 
ainsi que l'a dit M. le professeur Duméril dans son 
rapport, ce phénomène était connu; plusieurs au- 
teurs, et entre autres Rudcger, JIallee, Morgacni , 
Mi'MÂCEiTDic , fen avaient parlé avec plus on moins 
de détails. Voici ce îjue dit Haller dans sa Physio- 
Idgiéh y tom. a, pag*. 333, dans le chapitre intitulé : 
Puisus venoaîts qui à reapiratione fit : « Si pectus aut 
abdomen , aut collum , aut hrachia animcdis aperue^ 
ris j venas grandiores cavoim êuperiorem , inferio- 
rèm, jugularesy subclavias , hreu^hialesy tnamma- 
ritunvè nudavens, videbis perindè , dum animal ins-^ 
piraty êangttinem undiquè ad cor redire , vénasque 
quas nominavi à corde recedere , etiam ad aliquot ii^ 
neaSy depleri, palleacere , explanari , exaangues fièri . 
In exapiratione verà quœ proxima aequitur , eaadem 
Vênas sanguine à corde rejecto turgere, cœruleaa^ cy^ 
iindricaa fieri, » M. Mageitdie , dans un Mémoire pu- 
■blié depuis plusieurs années , s'exprimait ainsi : 
« Dans la dilatation du thorax , le sang des veines 
caves supérieures et des veines caves inférieures , et , 
de proche en proche , celui des autres veines , est at- 
tiré vers le cœur. Le mécanisme de cette aspiration 
est semblable à celui qui attire l'air dans les pou- 
mons.j/c'est pour ainsi dire une inspiration du sang 
veineux. 4 M. Magendie avait démontré, par une 
expérience semblable à celle de M. Barrt, cette as*- 



( io8) 

pîration que produit U dilatation du thorax. Ayaot 
Mouvement introduit une sonde de gomme élastique dans la Yeîne 
jugulaire 9 et l'ajant fait pénétrer jusqu'à la veise 
caye , il a vu le sang couler par Textrémité de la 
sonde , seulement dans le moment de l'expiration ; 
dans l'inspira tion , au contraire , l'air était brnsf|iie- 
meni attiré dans le cœur , et produisait la moci. de 
l'animal. Déjà même deux (bis ce phénomène m pu 
être observé sur l'homme, au milieu d'opérations 
pratiquées à la poitrineetaucou.L'air attiré, comme 
on vient de le dire , pénétra dans la cavité des veines 
restées béantes , et causa la mort des malades à l'ins- 
tant même. L'air, dans cette circonstance, a^t-il 
sur le cerveau , comme l'avait pensé Bicbat? Ou ]>ien 
produit-il un emphysème du poumon , et un obsta— 
cle au -cours du sang, ainsi qqe je me &uis efforcé de 
le démontrer dans un Mémoire inséré dans les jfr^ 
chiues de médecine en iSsB? C'est là une question in- 
cidente, qui n'a point de rapport avec le Mémoire 
de M. Bàrry , et sur l'examen de laquelle je ne m*é* 
tendrai pas 

L'explication très-simple de cette aspiration du 
sang dans les troncs veineux a été donnée par HaiXBi 
et LoRRT. Quand la poitrine se dilate, elle aspire le 
sang des veines caves , et , de proche en proche , ce^ 
lui des veines qui y aboutissent. Quand la poitrine se 
resserre, au contraire, le sang est refoulé dans les 

m 

veines caves par la pression que supportent tous les 
organes contenus dans la poitrine, et^ de proche en 
proche , il reflue jusque dans les veines qui l'avoisi^^ 
nent : de là l'alternative de plénitude et de vacuité 
des jugulaires. «« Ergo aanguiê , dit Haller, per ieg^ê 
dé aërê dêêeriptoê , in spaiiom aërewn irrtdi, tan^ 



( Ï09 ) 

qttam nuildlh rêéistentiàm invénirèt j facilitaU penè 

sUmmâ, et celentatê. *. Mouvement 

CM MBS* 

HlncdhinspirationeySummaJacilitasntiseiiursan^ 
guini de cordé dextro exeunti, adêoque ex ordins 
sanguirii idehi adcàr reàituro^ adeoque vena ôatfaUtra^ 
que se céleri ter deplet, et sanguis de cerehro , deque 
iotius corporia venia ad cor rapitur^ et cerebrum et 
omnea eœ venœ aubaident, >» ( Tom. 1 1 , p. 246. ) 

La dilatation de la poitrine détermimant l'afflux 
du sang veineux dans cette cavité , l'expiration de- 
vait au contraire accélérer le cours du sang artériel , 
et faire sentir peut*-étre son influence -jusque sur le 
sang veinéiix: c'est te <pie M. Magendie a prouvé par 
des expériences trës-ingénieuses et fort importantes , 
en ce qu'elles fonjL voir combien le cours du sang 
veineu'x est soumis à la puissance du cœur artériel , 
et combien sont peu fondées les idées de Bicdat sur 
les capillaires. 

Les expériences de Haller , celles de M. Magendie , 
modifiées par M. Baery , semblent établir que le sang ^ 
veineux n'arrive an potfmon que dans l'instant de 
l'inspiration : cepend}ant le sang artériel aborde au 
cœur sans éprouver aucune interruption. Pour ex- 
pliquer ce mouvement alternatif devenu continu , 
M. B^RRY admet dans la poitrine l'existence d'un ré- 
servoir formé par le confluent des veines pulmo- 
naires, lequel reçoit la .portion de sang artériel qui, 
poussée ^ dans l'instant de l'expiration , des poumons 
vers le cœur, n'a pu pénétrer dans l'oreillette gau- 
che, et doit alimenter cette cavité pendant l'inspira- 
tion , pour produire le mouvement continu du sang 
artériel. Mais comment le sang contenn dans ce ré- 
servoir intermédiaire n'est-il pas iraf^pèlé vers le pou- 



( MO ) 

mon, dans l'instant de l'inspiration, par la même 
emcnt force qui aspire le sang de l'artcre pulmonaire, des 
^* cavités droites , et par suite des veines environ- 
nantes? C'est une difiiculté que M. Baray prétend ré- 
soudre par l'exposé de dispositions anatomîques dont, 
je l'avoue , je ne me suis pas bien rendu compte. II 
cherche, je crois, à établir que, dans l'inspiration, le 
réservoir formé par les veines puluionaires , loin 
d'être exempt de pression , et de tendre à se dilater 
comme les autres vaisseaux contenus dans la poi- 
trine , éprouverait au contraire en ce moment une 
pression plus grande , en sorte que le sang qu'il con- 
tient serait poussé vers le cœur : cependant la qua- 
trième expérience, qui paraît destinée k établir ce 
fait , lui semble contraire. 

La seconde cause invoquée par M. Barry pour ex- 
pliquer le phénomène de la circulation du sang dans 
les veines , est la pression atmosphérique. Nul donte 
que la pression de l'atmosphère n'exerce la pins 
grande puissance sur tous les fluides contenus dans le 
corps humain ; si cette pression venait à cesser complè- 
tement , tous les liquides se vaporiseraient , ils rom- 
praient les tissus qui les retiennent , et la mort en se- 
rait le résultat. Le sang veineux, comme le sang arté- 
riel , comme la lymphe, comme labile, comme l'urine, 
comme tous les fluides en un mot, a donc besoin de 
la pression de l'atmosphère pour être maintenu dans 
ses canaux; mais il est loin d'être favorisé dans son 
cours par cette pression , lorsqu'il coule en apparence 
contre les lois de la pesanteur. M. Barry semble ou- 
blier qu'il existe une continuité parfaite entre l'ori- 
gine des veines et la terminaison des artères; que la 
pression atmosphérique ne peut agir sur les unes sans 



if 
* 



(m) 

agir en même temps sur les autres; que si elle favo- mmmmm» 
rise le passage du sang des radicules veineuses dans Mouvement 
les veinules, elle met obstacle à Tabprd de ce liquide °" **°8* 
dans les artérielles ; que par conséquent il j a cx>m- 
pensation ou nullité d'effet. Il est peu de médecins 4 
qui n'aient eu Toccasion , en pratiquant l'opération 
de la saignée , de vérifier la vérité de cette assertion , 
et de reconnaître combien la circulation veineuse est 
en rapport immédiat avec la circulation artérielle* 
En effet', qui n'a remarqué que, lorsque la bande 
placée sur le bras pourintercepfer la circulation des 
veines superficielles, est assez serrée pour compri- 
mer l'artëre , le jet s'arrête immédiatement après la 
piqûre , et que le liquide ne recommence à couler 
que lorsque la bande desserrée permet au sang arté;- 
riel de pénétrer jusqu'aux radicules veineuses qui 
forment le commencement de la veine ouverte, en 
sorte qu'en comprimant ou en cessant de comprimer 
l'artëre , on peut à volonté faire cesser ou reparaître 
à l'instant l'écoulement du sang veineux ? M. Mageit- 
DIE a rendu ce fait encore plus palpable, en mettant 
à découvert l'artëre et la veine principale delà cuisse 
d'un animal, et en embrassant dans une ligature 
tout le membre , à l'exception de ces deux vaisseaux , 
qui , chargés seuls alors de la circulation , préseur 
taient le phénomène dont il s'agit d'une manière plus 
tranchée. 

Mais est-il donc nécessaire, pour expliquer lecour^ 
du sang veineux, de le soumettre spécialement à la 
pression atmosphérique , ou de supposer , avec Bo- 
RELLi, le cœur doué d'une force de cent quatre- vingt * 

mille livres , sans se mettre en peine de savoir com- 
ment les artères pourront résister k un effort aussi 



( lia) 

épouvantable ? Cette paissance du cœur ne Ml-elle 
3ment réellement que de cinq onces , ainsi que le pense 
Keil, me paraîtrait suffisante pour imprimer nne' 
impulsion au sang veineux, et pour faire arriver ce 
fluide jusqu'aux cavités droites. £n effet, les injec- 
tions sur les cadavres , et l'expérience sur les animaux 
vivans, démontrent une communication directe en- 
tre les artères et les veines, qui forment les deux 
branches, d'égale longueur, d'un sypbon. Que l'on 
verse un liquide dans l'une des branches du syphon, 
il passera dans l'autre branche ^ et s'élèvera à la 
même hauteur que dans la première. Maintenant , 
les deux branches du syphon étant remplies, qne 
Ton suppose une force agissant à rextrémité de Tune 
d'elles, de manière à y introduire une nouvelle quan- 
tité de liquide , et une seconde force agissant à l'ex- 
trémité de l'autre branche., de manière à faire le 
vide, le liquide obéira dans l'instant à ces deux mor 
biles agissant de concert , lors même que leur énergie 
serait peu marquée* il se mettra en mouvement, et 
s'écoulera par l'extrémité de la seconde branche. 
Yoilà précisément ce qui a lieu dans les deux bran- 
ches artérielles et veineuses du syphon circulatoire 
de l'homme ; voilà sans doute comment la puissance 
du cœur , parfois presque anéantie, comment la res- 
piration embarrassée, nes'exécutant que très^intpar- 
' faitement, peuvent encore suffire à mettre le sang 
en mouvement; c'est encore en obéissant à cette loi 
d'hydrostatique que le sang s'écoule par le bout in- 
férieur d'une artère coupée , etc. Mais revenons aa 
mémoire. 

M. Barry s'étonne de ce qu'aucun auteur n'a 
compté la pression atmosphérique parmi les causes 



(1,3) 

principales de la circulation veineuse. « Harvet , dit^ 
il, n'en a pas même fait mention^ et^HALLER, en Mouvement 
parlant des causes de la circulation pulmonaire, dit 
que la pression de l'air peut être passée sous sileifte : 
Uù pressio aëris pro nulla potest haberi, » Haller 
est bien plus coupable encore que ne le montre 
M. Barry; carce dernier, en rapportant seulement 
une portion de la phrase 9 présente la pensée qu'elle 
contient d'une manière inexacte. HalLer, loin de 
regarder la pression atmosphérique comme favorable 
à la circulatioi) , pense que le sang est obligé, pour 
pénétrer dans le ppumon , de vaincre la résistance 
que cette pression lui oppose; mais que, la pression 
de l'ail- étant peu de chose en com^paraison de la 
puissance du cœur , eHe peut être regardée comme 
nulle : u Sed ejusmodi compressio peno nulla est ^ 

si cum cordis pi comparaveris • ••.. 

Momentum aëris in sanguinem prementis erit z^ i35, 
sanguinis ,vero in pulmonem impulsi ut ^SyOOOy atqite 
adeo 355*^' maior, ut pressio aëris pro nulla possit 
haberi, {Elementa physiohgiœ^ tom. 3, pag. 245.) 
Cependant la pression atmosphérique est indispen- 
sable à la circulation pulmonaire , mais non pas 
comme l'entend M. Barrt. Lorsqu'on place une liga- 
ture sur la trachée-artère d'un animal vivant, celui-ci 
continue à faire , pour respirer, de grands effoirts; si 
la poitrine se dilatait alors ^ il est probable que le 
sang veineux pénétrerait dans le poumon avec plus 
de vitesse encore que dans l'état naturel , C9r il. se 
précipiterait dans le vide , pour ainsi dire. Mais il 
n'en est pas ainsi : les* efforts que fait l'imiq^l .soi^t 
impuissant pour dilater la poitriue , si l'air stmos- 
phérique ne peut pénétrer dftASceUejcavité-^ <^|e6t ce 
T. 96 de la Col. 35« de la 2« Sér. Juillet. 8 



( i«4) 

que M. Mageudir a démontré par i'ezpénence. 'J'ai 

Mouvement fait de mou côté , dans mes recbcrcbes sur Tâf- 
du sang. . 

pfayxie, une observation qui devait dériver de celle- 
ci 9 c'est que, la tracbée-artëre étant liée, les veines 
jugulaires ne paraissent point se vider dn sang qu'elles 
contiennent dans l'instant oii l'animal fait de violens 
efforts pour respirer, et que le cerveau mis à na ne 
présente plus les mouvemens d'élévation et d'abais- 
sement en rapport avec Tes mouvemens respiratoires. 
Le passage du sang au travers du poumon n'est ce- 
pendant pas pour cela complètement arrêté; car si 
l'on fait une piqûre à la carotide, il s'en écoule du 
sang veineux qui jaillit avec une certaine force. 

Les idées de M. Barrt sur les effets de la pression 
atmpspbérique ont conduit ce médecin à penser que 
cette même pression entre pour beaucoup dans les 
phénomènes de l'absorption , et que l'on pourrait 
arrêter les fâcheux effets d'tin poison déposé sur une 
plaie superficielle , en faisant le vide au-dessns de 
cette plaie , au moyen d'une ventouse. Cette in- 
fluence du vide sur l'absorption a été connue de tout 
temps, et Ifs Psylles de tous les âges ont produit ce 
phénomène en suçant les plaies, sans se mettre, il 
est vrai, aucunement en peine de la théorie. Quant 
à la ventouse, elle est indiquée par Cels£, qui dit , 
lib. 5 , sect. 27 , chap. 2: <( U tique autem si rabio^' 
sua canis fuit, cucurbituld uirus ejus extrahendum 
est; » et un peu plus loin , en parlant de la morsure 
des serpens : « Jgitur in primia aupra pulhua id ment* 
hrum deligandum eut non tamen nimium vehementer 
ne torpeat : dein venenum extrahendum eat : id cuf 
curhitula optimèfacit, » Dans l'expérience faite avec 
layeiitoase, a«t-on tenu coihptede la pression exer— 



( ii5 ) 

cée par le bord de cet instrument , et de la gêne qui 

en résulte pour la cii^uUiJon ? L'ofbs)erration fait Mouvement 

ft 11 •• • 1 • i> du sang, 

voir, en eftet, que I application et W j^reiswn d un 

verre autour d'un vesicatoire suffit , sans le secours 

du vide, pour empêcher pendant nn certain temps 

Tabsorption d'un poison que l'^n dépose sur le derme 

dénudé. 

Nous voyons qu'il n'y a rien de bren nouveau dans 
les expériences de M. Barrt, et que les opinions de 
ce médecin ne sont pas toutes établies sur des bases 
solides : cependant on trouve dans ce mémoire un 
ton de bonne foi et de sincérité qui porte à croire que 
si l'auteur n'a pas cité les expériences antérieures aux 
siennes , c'est qu'il n'en avait pas connaissance ; et 
nous serons par cela même amenés à reconnaître que 
ses^propres expériences ont été ingénieusement con- 
çues, habilement exécutées, et qu'elles ont rendu 
plus palpables les faits déjà décrits par Haller et 
M. Maoendie. 

J'ai donné à cet article plus d'étendue que le vo- 
lume du mémoire ne semblait le comporter, parce 
que, n'adoptant pas les conclusions de M. Barry , j'ai 
cru devoir au talent de ce médecin , à son caractère , 
et même à sa qualité d'étranger, de motiver avec ^ • 
quelques détails d«s opinions contraires aux siennes; 

Le Roy dTÉtioIle. 



i >■ 






( i>6) 

Dictionnaire de chirurgie pratique , con-- 
tenant l'exposé des progrès de Iq chi-- 
rurgie depuis son origine jusqu'à Vipo^ 
que actuelle , des détails sur les instru^ 
mens et les autres moyens thérapéuti^ 
ques qu'elle emploie , Vétymologie et la 
signification des termes les plus usités , 
et une indication très^étendue des ou-- 
urages de chirurgie , anciens et mo^ 
, dernes , qui forme une bibliographie 
chirurgicale ; par sir Samuel Cooper , chi- 
rurgieu des armées, membre du Collège 
royal de chirurgie , de la Société médicale 
et chirurgicale de Londres , etc. ; traduit 
de Tanglais sur la riaquième édition. Pre- 
mière partie : A — K. { A Paris , chez Cre- 
vot, rue de PEcole-de-Médecine, n*. 5.) 

• 

^^^^ Le Dictionnaire de chirurgie de Samuel Coopbi , 
fx. .. qu'on pourrait plus justement appeler un traité de 
nairedechi- .chirurgie par ordre alphabétique , est un de ces ou— 
"^^8^®* vrages dont le temps confirme chaque jour le succès. 

Cinq éditions successives , publiées dans Tespace d'un 
petit nombre d'années, prouvent incontestablement 
et le besoin qu'on avait en Angleterre d'un pareil ou- 
vrage , et le talent^ avec lequel il a été exécuté. Le 
titre seul , que je viens de transcrire, fait connaître 
le plan de l'ouvrage , l'esprit dans lequel ce dernier 
est écrit , l'immense quantité des matières qui j sont 



( »i7) 

traitées. C'est à la fois une histoire trës-concise de la ■ 

chirurgie, un traité de pathologie chirurgicale, un Diction- 
dictionnaire deâ termes de- l'art, une véritable bi- ^îq^. 
bliographîe chirurgicale. L'auteur a mis à contribu*> 
tion les écrits les plus estimés des chirurgiens célè- 
bres de son pays , de la Frakice , de l'Allemagne, de 
l'Italie ; il expose ce que chacun a fait ; il indique les 
sources auxquelles il a puisé, celles que le lec^ur 
pourra lui-même consulter avec fruit; il discute la 
valeur des différentes opinions, le mérite des divers 
pijocédés opératoires. Il offre sui'ioiit unit riche série 
de faits tirés delà pratique des plus célèbres chirur- 
giens anglais dir nos jours. Peut-être le nom des opé- 
rateurs français se trotive-t-il troqp rarement sons sa 
plume. La raison en est toute simple , quoique peuti- 
êtré sans fondement solide : quand on croit que les 
chirurgiens d'uti autre pajs ne sont qu'imitateurs 
des opérateurs nés dans sa propre patrie ^ à quoi bon 
servirait-il de mentionner les travaux des.premiers ? 
D'ailleurs un pe^ d'amour-propre national ne sied 
pas mal , et peut-on ^étonner qu'un Anglais ne man- 
que pas d'en avoir ? 

Quoi qu'il fn soit, outre les simples articles de 
terminologie, le JJiciionnaire de S. Cooper contient 
des dissertations du plus haut intérêt, et d'une telle 
étendue , qu'elles seraient disproportionnées avec la 
nature d'un dictionnaire, si, comme je l'af dit en 
commençant, notre tuteur n'avait plutôt voulu faire 
un traité historique et dogmatique de chirUr^e. Je 
citerai surtout les articles anémysfne , amaurosê^ am^ 
putatioriy pu. l'on discute les cas qui peuvent rendre 
indispensable l'ablation d'un membre; articulations 
(maladies des) , cataracte ^ blennorrhagie , hernie , etc. 



( "8) 

— ^ Ce sont autant de traités ex ptofeuno sur ces 

ion- 5®*"** ^^ chirurgie. 

cbî- Il s'est glissé quelques omissions qui seront peiit^ 
élre réparées dans les additions qui doivent terminer 
le second volume. Je citerai en exrmpie \9ifi8aur9a 
l*anu8j dont il n'est parlé ni au mot anua^ ni aa mot 
fissure , lequel n'est indiqué que comme exprimant 
« ime solution de continuité trës-étroite que l'on ob- 
serve sur quelques os. v 

C'est au mot trës-impropre de gonorrhée que l'au- 
teur a traité dé l'uréthrite , que, d'aprës Swédiaue j 
on appelle communément blennorrheigie uréihraU. 

La traduction française du Dictionnaire de S. Coo» 
PER est imprimée sur de tf ës-beau papier , en carac^ 
tëres trës-nets , malgré leur grande finesse. On peut 
dire avec justice des traducteurs que le libraire-édi- 
teur a mis à l'œuvre pour cette traduction, que ces 
messieurs n'ont pas visé au nombre des volumes, tant 
celui qui vient de paraître est imprimé serré et en 
petits caractères; il y avait assurément matiëre pour 
deux gros volumes in-8®. caractères ordinaires. En 
un mot , sous le rapport de l'art et sous celui de l'exé- 
cution typographique , l'entreprise de la traduction 
française du Dictionnaire de S. Cooper mérite d'être 
accueillie avec empressement, par les chirurgiens 
français. 

P, S. Au moment où je corrige cette épreuve, Je 

reçoit le second volume du Dictionnaire de chirur^ 

giej lequel ne le cède en rien au premier. Ainsi ma 

conclusion reste la même. 

E. G, C. 



Nouvelle nomenclature pharmaceutique , 
açec tablemux, synonymie ancienne et 
n^uçeUe l'et çocabulaire abrégé ^ pour 
Vintelligence de la méthode; par A.Che- 
REAU, pharmacien, firoch. in-8'. de Ii6 

page;;. (Paris, chez Creyot. ) 

■ ■ "* . • . "^ 

Tintea daruMoe BTtAU dona ferentes ; je crains les — 
Orecs , surtout lor6qu*ilB font des nomenclatures, Ze jji«f««g, 
n'ai- pu în'^^tnpécber de faire cette exclamation en 
Ikant la brochure dont je viens de transcrire le 
titre. Je ne doute pas que M. Chereau ne soit un 
pharmacien instruit , que surtout^ il possède très- 
bien une langue en général peu cultivée, surtout 
paf les pharmaciens ; mais, je l'avoue, je n'ai ~ pu 
me retenir d'un certi^ rire d'étonnement , à la vue 
de la nomenclature qu'il propose , et surtout de 
quelques noms qui m'ont.semblé par trop ridicules. 
D'abord est-il bien nécessaire que le langage de la 
pharmacie soit si régulier , si bien composé, si grec, 
en un mot? Je sais «[ue je vais me faire jeter la ^ 
pierre par nos amateim^ de noms nauveaux ; peu 
m'importe , aprëç tout , je n'en dirai pas moins mon 
opinion tout entière. --^ 

Le langage de la chimie peut avoir besoin d'être 
très-exact, quoique ^ chaque joar, pour ainsi dire , 
il demande à être modiBé. Quelle différence n'existe- 
t-il pas, en effet,' entre la noraenciature de Lavoi- 
siER et celle que nous employons actuellement ! Mais 
dans l'application de cette dernière à la pharmacie, 
les malades ne se sotit-ils pas quelquefois trouvés fort 



( »ao ) 

mal de l'emploi de ces noms qui se fluccëclent les uns 

TV 

iNomen- ^^^^ autres, et peuveqt donner lieu Q'4^» (hingèrèuset 
erreurs? Beaucoup, ^e Riédeci os d'^Agrand. mérite 
l'ont tellement senti., qu'ils ne formulent* plut. ^'a- 
vec les anciens noms. Mais maintenant uoe foule de 
médica.mens et de substances employées en phar- 
macie n'ont pas de noms chimiques. Les ans se'pré- 
parent au moment même ou on doit les employer ; 
les autres le sont d'avance , et sont conservés pour 
l'usage. Depuis uo temps immémorial^ je cr^îà/on 
nomme les premiers magistraux , eiltê autres cgici'f 
naux. Ces noms peuvent ne rien sigofifîer , il est virai;. 
mais à quoi bon y substituer ceux de chronizooiqtê09 
et achronizoîques ? Cçlà sera-t-^^il de quelque utilité 
à la pharmacie, et cela rendra->t-il.plM$ facile la 
prescription des médicamens? Quoi qu'il tm soit, 
jetons un coup d'oeil sur les noms proposés par 
M. Chereau. , 

Tous les noms vulgaires disparaissent dans la no- 
menclature de ce pharmacien. De l'eau devient de 
Vhydrool , qui forme des hydroolUes , des hydrooléë 
et des hydroolats ; du sucre, du fciccharol, produi-t* 
sant des saccharolUee , saccharoléa , et Baccharidéë $ 
du vin, de Vœnol; de l'é^r, de Véthérof; de l|i 
bierre, du &r«to// du vinaigre , de Voxiol; de la graisse y 
du stèarol) un suc, de Yopol; une fécule, de Tof 
midol ; une poudre, un pulvérol^ etc. , etc. I!! Ajou-. 
tons les noms de. quelques composés. De l'eau de 
chaux sera de Vhydrohoolé de chauix ; le vin de quio'» 
quina, de Vœnolé de kinkina; la bierre antiscorbu— 
tique, du brutolé de raifort polyamique ; du suc de 
cresson , un opolite de cresson ; etc. I!! Un semblable 
langage , s'il était adopté , ne raccourcirait pas les 



( ■»*! ) 

f^rescriptions des médicainens , et si les malades ny mm 
gagnaien't rien, 'ch rèyariche Tés fàbfîcans de papier Nomen- 
devraient des i^emerciemebs il M. Oh^reau , pour le 
débit qu'il leur procurerait* i : 

Notre auteur ne Varréle pas.ensi beau chemiit ; 
nou« avons actuellement à parcourir briëveineot une 
seVie de préparations dont les noms vulgaires sont 
généralement usités , même dans Téconomie domes- 
tique. On ne dira plus une boisson , maïs une hydro^ 
petite ; une lotion sera une hydrolotite , et une injec- 
tion un hydro^énémite ; un julep anodiil'sera un hy^ 
-dro-pàtinito^q^rcotiqke ^ .ou, par abréviation, lin 
hydro^potîno^riarcotique y etc., ètc'.ÎÎI 

Quel malheur que du temps de Molière on n^ait 
pas imaginé une semblable nomenclature ! M. Ar- 
^ah/ aurait eabbtine grâce, eh faisànt'le compte (3e 
M. Fleurant^ h s'écrier : « PIu«,^ un kydro'^émih 
pour laver et^tergef les entrailles de 'Monsieur.."!; 
pi us un hydf^wtino^harâoii^nè pô«r assouplir les sens 
de Monsieor...!i»Ofi' serait te^ntéd^adi^sér àM/'Cntî- 
REAU ce vieux proverbe latin t'u Ne'siétor\ Wltirâ'ê^^ 
pidam. n M. Cn^CRSlt? est eayJable de fôîre dw tra- 
Taut utiles*, et qui lui VtaudrotrtY *dhb répiifà^iW pYtls 
solide qnè ta nomenclature , louté reTiië=qifVH& soit 
par M. Hrnrt. Qà'il S?o«CTrfje' â^àrii^lîorèf fa pr^jpa- 
ipation des médicamîens , et d^fe fbrm'ei^ de bot^s elëves', 
et il rendra à la pharmacie dérf i^rvîtfes Véritabîeî^ , 
qui lui' mériteront 4a reconna^ssa'nèë du'^ubîîc eïdiés 
-médecins , ^anS prêter à irife k ses dépens. 

Hl GkVLrusu un Glavbrv. 






\ 



( »22 ) 

Guide de V amateur de champignons ^ ou 
précis de Vhistoire des champignons 
alimentaires , vénéneux et employés 
dans les arts , qui croissent sur le sol 
de la France , etc, , avec onze plan-- 
ches ; par F.-S. Cordier , docteur en mé- 
decine. ( Chez Baillière. ) 

Personne n'ignore ^ )e m'imagine y qne les cham- 
Cliampi- pignons 5ont un des principaux ornenoAns de la caî- 
sme; leur saveur , leur parfum , tout en eux charme 
les palais les plus difficiles , les plus eiercës. Sans les 
champignons y plus de ragoûts fins, de sauces dëlî* 
cates, etc. Brillât-Savarin a dit,' dans sa célèbre 
Physiologie du goûtj « qu'un dessert sans fromage 
est une belle i^mme qui n'a qu'un oui ; « mais qae 
serait un diaer sans qu'il y eût de Jhiihpignons? Il 
n'y a qu'un consommeUeur qui puisse en oyôir l'idée, 
mais non un initié , un véritable gourmand-. 

D'ailleurs, pour satisfaire tous les goûts-, la célè- 
bre famille des champignons est nombreuàe;*il.y a 
peutnêtre autant de nuances dans les qualités sapides 
des espèces que dans leurs formes. On trouvé d'abord 
l'agaric .ordinaire. ^ et ses variétés, puis le mousse- 
ron, la morille, l'oronge, enfin la truffe!.... A ce 
mot, qui ne sourit, soit de .souvenir, soit d'espé- 
rance? la truffe , ap4>elée par Darwin V impérairicê 
souterraine ! Ce tubercjule fameux , l'honneur de nos 
tables , la gloire de nos cuisines , la félicité des gour- 
mets , le 'j mais chui •, ne sortons pas du cercle 

de nos attributions. 



- # 



( »»3 ) 

Une chose digne de remarque , c'est que la truffe , 
comme le diamant , ne se trouve que dans les pro- Champi- 
fondeurs de la terre. Le porc «eul , P^ir instinct , sait goons. 
la découvrir ; il en est le meilleur eipplorateur connu , 
parce qu'il en est très-avide j et l'on peut dire que 
les plus grands amateurs de ce tubercule sont les co- 
chons et les gourmands. Aus^i l'un de ces 'derniers 
n'a-t-il pas manqué de s'écrier : « Pro8ternon8''nouB 
donc devajit le génie vraiment inventif de ces pré- 
cieux amis de l'homme , et rendons-leur la justice de 
penser qu'ils ne nous sont pas moins utiles de leur 
vivant qu'après leur mort } car, sans eux , les truffes 
pouriraient ignorées au sein de la terre , et seraient 
la pâture des larves- et des tipules,.au lieu- de devenir 
celle de nos plus illustries gourmands. ». 1 

Cependant tout n'est pas plaisir dans l'art de la 
gueule y surtout quand il s'agit des champignons : 
une erreur peut coûter la vie, ou du moins produire 
de graves accideos. On sait ce qui arriva à la prin- 
cesse de Conti et à sa suite, qui« dans la foret de 
Fontainebleau ,' cueillirent des oronges fausses pour 
des vraies. M. CQRDiER,a donc eu une idée'^heureuse , 
en réunissant dans un petit vplijime , d'un format 
élégiint et orné de jolies gravures , tout ce qu'il im- 
porte de connaître relativement aux champignons 
comestibles. Il est évident néanmoins , et l'auteur en 
convient aisément , que le mérite de son travail con- 
siste dans le choix et l'jEirrapgement des matières.; 
quant à la substance , elle a été fournie par £uL^ 
LiARO, Paulet, Persoon, et M- Orfila. 

Un pareil livre échappe presfque entièrement à l'a- 
nalyse ; cootentoiis-nouc( donc de parler brièvement 



( ȉ4 ) 

de sa contetture , et de la disposition des objets, 
anipî- Yoici ce qu'en dit Tanteur. 

« La première partie contient des g^nëratît^s tnr 
l'organisation de# Champignons , sur leur mode de 
reproduction, leur composition chimique, et leur 
emploi dans les arts ^ sur les moyens de distinguer 
les espèces yénëneuses des espèces alimentaires ; snr 
la culture, la récolte et la conservation de ces d.er- 
nières ; sur la manière d'agir des champignons vén^ 
iieux 'y sur les moyens de leur enlever le principe dtf-< 
létère , et de remédier eux accidens qu'ils détermi- 
nent.* Elle contient en outre de nombreuses recettes 
pour la préparation des espèces alimentaires. 

« Dans la deuxième sont décrits les champignons 
comestibles , vénéneux ou employés dans les arts , 
avec synonymie des espèces, tableau analytique des 
caractères génériques , dessin d'une espèce ou deali 
de chaque genre. » 

~ Nous aimons à déclarer que M. Cordier tient toutes 
seê promenés. Il dit à l'article de la culture des chaoi- 
pignons, qu'on a essayé d'établir des truffières àrti«^ 
ficielles. Vit^on jamais un projet plus grand', plnt 
noble, plus conformé au temps actuel, oii la Coti"* 
science est si près de l'estomac ? Malheureusement les 
èiipériences entreprises jusqu'à présent n'ont point 
èvt de résultats avantageux. Cela est désespérant { 
mais il ne faut pas s'en étonner. Conserver à la tr«l£fe , 
dans une- culture artificielle , son goAt et son par-*> 
fnm, n'est pas un petit chef-d'œuvre, et les ama«^ 
teurs tiennent extraordinaîrereent à ces deux qttalt-^ 
tés réunies. Les anciens , qcii nous ont surpassé en 
tout , même en gourmandise , exigeaient quelque 



( «5) 

chose de plus y comme nous l'apprend Juvénal : 

Fumât aper; post hinc radenUtr tuhera , si ver 
Tune erity etfacient optata tomtruA ecenas 
Majores, 

( Sat, 5. ) 

Puis des traffes enfin , n le temps est prcvpice , 
Si la foadre permet que la truffe mûrisse. 

( Traduction de M» Méchin, ) 

• » 

Je crains ^ue M. Coroier ne généralise trop , ea 
assurant que^ans les empoisonnemens parles cham-» 
pignons , les intestins sont constamment phlogQ>« 
ses, etc. , etc. On reconnaît ici l'inApence du maître 
et de sa doctrine. J'ai eu occasion bien des fois d'ou- 
vrir les cadavres de soldats morts après avoir mangé. 
€e ces dangereux végétaux. J'ai le plus souvent- oIk 
serve que l'action toxique avait été seulement stupé-. 
fiante. La membrane muqueuse gastrique et intesti- 
nale était tout-à-fait saine \ dans d'autres cas , à la, 
vérité , on trouvait sur cette muqueuse quelques pla-, 
ques d'un rouge plus ou moins foncé. Mais esti-ce. 
bien là la cause de la mort ? Certains médecins \e di-. 
sent, et mâme l'affirment. 

Un des plus intéressans chapitres dii livre de 
M. CoRDiER est sans contredit celui qui traite de la 
préparation culinaire des champignons. Mais com- 
bien l'auteur n'a-t-il pas restreint le nombre des meti^ 
formés par cette intéressante famille ! Il y a du bon 
dans ce qu'il dit sur les champignons en nuUêloUe, la^ 
tourte aux champignons , les truffes à la Périgord ^ 
à la vapeur de vin; mais deyait-iloublier les truffes: 
à la cendre, à la s^rfUeite , à VEspa^ole., à- la Pié». 



Ghampi 
gnons. 




( 13.6 ) 

2^ ntontaisê, à la Bordelaise , à la .Prouençale , et sur- 
pi- tout la truffe à l'ortolan^ ou l'ortolan en deuil ^ mets 
si célèbre et si respecte? 

Une chose également importante ici , c'est Tassai» 
sonnement. Les champignons sont , en général , un 
mets lourd et indigeste , mais qui le devient bien da- 
vantage , si on les prépare avec peu de soin , et que 
l'artiste en chimie culinaire ne. soit qu'un ignorant , 
ou un homme qui tienne peu à l'honneur de sa pro- 
fession. Un point essentiel surtout est de n'employer 
que lé meilleur beurre , le beurre le plus fin ; en nn 
mot j il ne faut travailler qu'avec la téie dee bëarreë, 
comme dit le fameux G. R. 

C'était aussi une des règles fondamentales dti doc* 
teur L..., que j'ai connu à l'armée de Hollande, il y 
a quelque vingt ans et plus. Ce médecin de la vieille 
roche était bien le plus intrépide, le plus raffiné 
gourmand que j'aie connu. Quand il n'avait pas fait 
^ un bon dîner, il disait comme Titus: « J'ai perân 
ma journée. » Après sa visite du matin, il ne man- 
quait pas de Visiter la cuisine , la dépense et le cellier 
de l'hôpital. Jamais on ne l'a vu retourner chez lui 
sans passer par le marché ; s'il y trouvait des huî- 
tres , il les faisait ouvrir , et les avalait immédiate- 
ment pour les manger plus fraîches, et en conserver 
V es prit j selon l'évangile des gourniets. 

On peut croire qu'avec de pareilles idées , notre 
docteur n'était pas très-sévère dans ses prescriptions* 
Aussitôt qu'un de ses malades pouvait avoir seule- 
ment la pensée de manger , il s'écriait : « Il est sauvé! » 
Aussi lâchait^il la côtelette avec une étonnante faci- 
lité: les cahiers de visite en faisaient foi; et cepen- 
dant la vérité nous oblige de dire qu'il ne perdait 



^< 



( 127 ) 

pas plus de malades qu'un autre. A dire vrai , ce sera 
long-temps un problème à résoudre en -pathologie , «QQ^g. 
de savoir quel est le plus meurtrier, de la côtelette 
ou de l'eau de gomme? 

Loin d'inventer des systèmes en médecine, qui ne 
font que troubler les cervelles, notre joyeux docteur 
perfectionnait la cuisine, pour la plus grande gloire 
de l'art et le bien de l'humanité. Il s'appliquait sur- 
tout, selon l'axiome connu, à fondre dans un Jus les 
trois règnes de la nature ; c'était là sa science en his* 
toîre naturelle. Il avait modifié une foule de mets 
et de sauces. Je ne citerai pourtant qu'une de ses ad- 
mirables inventions. Après avoir préparé, avec tous 
les soins possibles, un jeune et tendre poulet, il le 
faisait r6tir enveloppé dans une vessie de cochon bien 
sëche , afin d'en obtenir tout l'arôme et le suc ^ puis 
la formule ordinaire : jus de citron , et servez chaud. 
Rôtir un poulet dans une vessie!!! Voilà ce qui ne 
s'est vu nulle part; voilà ce que les Bàuvilliers, les 
Carême , les Cardelli , les Brillât-Savarin , les d'Ai- 
grefeuille, ce Montmaur des temps modernes , à l'es- 
prit près , n'auraient îamais deviné. Qu'est-ce que le 
potage à la camerani , en comparaison? Ainsi donc, 
gloire éternelle au feu docteur!.... aux malades et 
aux médecins de bon appétit. Il fut une heureuse 
époque oiil'on pouvait le satisfaire, cet appétit ; hé- 
las ! les temps sont bien changés : qu'y avons-nous 
gagné? 

Reveillé-Parise. 



\ 



( "8) 

Notice historique sur les médecins dû 
Grand'Hôtel'Dieu de Lyon ; par J.-P. 
Pointe , D. M. 

Tel est le titre sous lequel M. le docteur Poiittb 
Médecins, vient de publier ses savantes et laborieuses recher- 
ches sur les médecins dont il est un des successeur! 
dans ce vaste hôpital. 11 a puisé ses documens dans 
les différentes Histoires de la ville de Lyon , par Broft« 
SETTE , Ménestaier , DeColonia , ctc. ; dans plusieuri 
manuscrits inédits et conservés dans la bibliothèque 
publique , ou dans quelque!; bibliothèques partiaux 
lières^ et surtout dans les archives de la maison, qu'il 
a eu le courage de dépouiller, jusqu'au commence- 
ment du seizième siècle, malgré la difficulté de com- 
prendre un idiome devenu presque inintelligible au- 
jourd'hui. Les registres ne lui ont rien appris avant 
cette époque , quoique l'hôpital eût été fondé dès le 
berceau de la monarchie. Dans ces temps recules^ 
tous les médecins qui furent investis de la confiance 
de l'administration , dans un établissement ouvert k 
toutes les misères, remplirent sans doute leurs fonc- 
tions avec une égale ardeur; mais , comitie le dit ju- 
dicieusement l'auteur, « le médecin qui n'a riea 
écrit emporte avec lui dans la tombe toute la répu- 
tation qu'il s'était acquise sur la terre^ et si la tradi- 
tion répète les justes éloges donnés par les contem- 
porains, ce n'est que pour un temps : ce vain bruit 
' de la renommé s'affaiblit insensiblement , et s'éteint 
pour toujours. » Ce ne furent point les talens qui 



nquèrent à u 

à la posléril 

islancEs r|ûi decï'ièi 

n'étaient point : 



rand nombre p 
aplusrrc»l.>, 




■ fort 



d'hui : 



i.Mai 



>nt situvenl lie la réputation. 
Ws ce qu'elle» sont aujour- 
l'était pas connue. Combien 
nt rien laisse , et ont enseveli 



■s mojei 
•époque 



ce livre! 
,i les 11 






face nouvelle , et In médecine , en parlïculieri a pris 
lin essor auquel les médecins de l'hôpital de Lyon ne 
sont point reslés éirnngers. Ils ne se sont pas tous 
également illustres : la plupart mt'me n'ont laisse â 
leurs concitoyens que le souvenir des bienfaits qu'ils 
avaient répandus autour d'enï ; cependunt un grand 
nombre s'est rendu célèbre par d'utiles travaui, el a 
B à la pistèritf un nom également eher aux 
et à tkumaniCé , et à leurs successeurs un 
exemple qui doit sans cesse exciter leiirt e^rls et ra- 



C'est en traçant les litres de ces derniers à noire 
estime et k notre reconnaissance, que M. Poi.tTE a 
voulu , d'une part , élever un monument à la gloire de 
la médecine lyonnaise , en lui assignant le rang distin- 
gué qu'elle a toujours occupé dans les fastes de l'art; 
et, d'autre part, faire connaître avec quel ièle el quel 
ninislration de l'Iiôpilal de Lyon 



a su, dai 

pauvres U 
et les plni 



tOL 



I les 



mps, appelé 



; de! 



Comme 
aotiB 



Q^de 



les plus dignes de sa confiance, 
d'accroître l'iilustralion de la 
I célèbres il a eu à mentionner! 
idiquer tous, nous 



contenterons d'en signaler quelques-n 
IT. 96 «fc /a Cot. 35- d» la a* Sir. Juillet. 



s;ilsi 



I 

I 

I 



( l3o ) 

M l'rront pniir coi>kaincre<|Uc l'aulcur a bien atteint iob 

s, hlll. 

11 place en tâte le facélieui Huelais , si coanu 
dans le monde liuéraire par ses ouvrages originAt» 
etplaisaiisi Uodis que le monde savant a presque 
oublie ses productions scienlitiques , quoiqu'elles eut- 
sent été trës-es limées dans leur lemps. Il avait élê 
nommé médecin de l'Hûlel-Dieu en i532. 

Vient ensuite le célèbre Tolët, qui , par ses ta- 
lens et ses nombreui succès , s'acquit une réputation 
brillante , et mérita d'être nommé médecin du Eoi et 
de la Reine. 

DiLECHiMP fut un médecin profondément instruit, 
et si versé dans les sciences naturelles , que son nom 
fut long'temps une autorili; en botanique. 

Claude Pons , neveu de Jacques Pons, soutint ho- 
norablement la réputation de son nom i et, après une 
carrière glorieuse, il termina ses bienfaits envers lei 
pauvres en les instituant ses héritiers. 

Jean De Lumonjère nous a laissé , entre autres ou- 
vrages , un traité de la dysenterie , qui est encore es- 
timé des praticiens. Ce fut un de sespetits-Gls qui fut 
député à Paris pour soutenir les droits des médecins, 
et qui obtint un arrêt du conseil qui leur confirmait 
le titre de noble , qui leur avait été accordé par les 
empereurs romains. 

La famille des Gabnier a fourni à l'Hôtel-Dieu 
plusieurs médecius d'un grand nom ; mais le plus cé- 
lèbre fut sans contredit Pierre Garnier, dont la ré- 
putation, en quelque sorte européenne, fit de sa mai- 
son le rendez-vous de tout ce que les sciences avaient 
de recommandable, et le berceau de l'Acadégiie de 
Lyon. 



"\ 



( i3i ) 

I^ejt FçSTALQ?;zj a'oo^ pa^ /sioiiis contribué par lej^r 

savoir , leurs succès et leur» travaux , à illustrer leur Méi^cin*. 

nom et la mé(]eci^^ lyouufiise. Qupiqi^'iU aient ipu^ 

bien mérité de la sç^ençQ e% de Ja ppstérité, cepen--^ 

dant Jérôme-JeiHP P;s$talozzi Vm( ^^ui4, p9r &e« 

nombreux ojùyfages, une répu.t^jop plus él^nduei et 

plus durable, Nouvel lïîpppcr^tç^jl ré^^ta aifx ip»^ 

tances de h -cdMt e( ah% o&e$ {Qo^id^aM^s <|ui lui 

fqrent faites.;, et ,.p^f »» 4«v<4flfi<u>t bi^i^ rare, «4 ^ 

pr^fér^ la gloire d'être utilç j)3eïS,cpncit9yei^« k ifi^^ 

les avantage^ qiyiVp Juipro^^tl^il 4i|l^VOk- 
Nous terminerons 90s citatiop^p^r le^d^lkbpfn^ifes 

qui 9 vers la fin d^ sjècl^. derakef»; op 1. 19 plf^p ^put^-ir 
bué à rehausser Técl^t^de Ifi.^iédejC^fîf^.tjQanaiie : c^ 
sopt Jean»£u^m{iAuel .Ç^x.y^E/17.^ ^e\ Charges <-^ou^. 
■'Pumas. 

Le prepuer^ n^é^ecip e,t apw d* rpi^pijlaa^ 
^ba.nd.onoa U>»$ les hrillans j^Y^i^9jg^$rXivx lixi fétai»nf, 
assures aupre^ 4'ui| ^r9A4 PTJo^rff ppur %*emr 4ana- 
s,a patrie fajjr^ io^ir ^cjs copc^toyenA cle ses t^deius ei .de. 
safflpire. . . 

Le second f .4ej^ ncl^e ifi renpmAUijé^ e|L 4^ «ayxiir » 
fut nommé professeur de physiologie à Montpe)Liier: 
di|;9e^UQCe«sejiir des Gj^m^^D «t clfâ^^/lRT;DS9& , i} ba- 
lau^a B1ÇHA7 ^ ÇlQ^sfiTEft, . « 

M* Pointe nV. voulu parler J'aucun ^éd^icia yi« 
van^t, Jl en es( b^9WGpup qui lui at^raîf ut fourni d^ 
nouveaux éloge^^ donner; ^^£^13 îl a çrain^4«^lçc#^ 
lepr modestie, ' : . 

Dan$ cette npM'cfî $ur U$ mçdeduf 4^ rjE}i&Ae^£)«^ 
qui ont ijlu^tré leur arrière piirle^ je^yjpef qiM'Jilli^rU 
rendus à l'humanité et à la science^ J^ ^Oi^'T^.•|e|^ 
proposé le but le plus louable. Il ne s'est pas con- 



( .3= ) 

i ifnlé d« piyer à leur m«iiioii'c le tribut de son ad- 
miralion, il a vôuIii le rendra utile et piofilable à 
leurs successeurs. ■ Puis» le souvenir de leurs lalens , 
dit-il , et l'exemple de leur» vertus , exciler une no- 
ble émulation parmi ceux qui pralicfueat le méine art, 
et les porter à mériter aussi les éloges de la pnstéritél 
Je ne puis me défendre, dit-il autre part, de penser 
avec orgueil que te temps approche oii la réputation 
médicale de notre ville va reprendre son ancien éclat, 
oji nous pourrons admirer , sans envie , le siècle des 
Gabster , des Pestalo/.zi et des Dumas. ■ 

Celui (Jiii s'exprime avec autant de noblesse, et 
qui emploie son talent à présenter à la génération 
actuelle les hortinies qu'elle doit imiler parce qu'ils 
furent grands, et k leur répartir avec enlbousiasme 
'loges qu'"" 



dé la place qu'il doiL 



xuper 



lupres d'eux; Noi 



nous plaisons aussi à penser que ses vœux ne seront 
point stériles; et qu'iin grand nombre de ses collî^ 
gués, marchant, à son exemple,' sur les traces de 
leurs prédécesseurs, acquerront des litres sacrés à 
l'estime de leurs concitoyens et à la vénération de la 
postérité. 

Cet opuscule est écrit avec clarté , précision et jas- 
lesse; l'auteur dit tout ce qu'il veut dire et comme 
il veut le dire, et sans afTeclation. Ses pensées sont 
heureuses , et décèlent le savant hoiinête et enlhou— 
siaste de son art. C'est une espèce de biographie lo- 
cale qu'on ne saurait trop imiler. C'est en proposant 
ponr modèles les prédécesseurs qui ont acquis de la 
célébrité , qu'on élève l'âme et qu'on inspire le désir 
de leur ressembler. 



(i53) 

« 

Clinique de la maladie syphilitique; par 
M. N. Devergik, docteur en médeciae et 
en chirurgie des Facultés deParis et de 
Goelhingue , chirurgien - major démons- 
trateur à rhôpital d'instruction du VaNde- 
Grâce, etc.; avec atlas colorié représen- 
tant tous les symptômes de cette mala- 
die, etc. 9 etc. (A Paris, chez Maurice^ 
libraire, rue deSorbonne, u*. 5. — 1826.) 



Dans UD moment oii rattentlon des médecins est s=s==9 
appelée 'sur Ta question si importante de l'existence Syphili*. 
ou de la non existence du virus syphilitique ; dans un 
moment oii des me'decins publient contradictoire- 
meîit, les uns des traités ex professa de la maladie 
vénérienne, considérée comme dépendant d'un virus 
spécifique , et les autres ce qu'ils appellent les preuves 
de la non existence de ce prétendu virus , M. De- 
VEBGîE a cru devoir d'apporter le tribut de son expé- 
rience et de ses méditations, pour aider à obtenir la 
solution de cette question épineuse; il était mieux 
que personne en position pour le faire. Une grande 
expérience aux armées dans différentes contrées, des 
relations multipliées avec les praticiens les plus es- 
timés de ces pays divers^ une pratique journalière 
très-étendue sur un vaste théâtre , la possibilité de 
recueillir ou de recevoir d'un grand nombre de con- 
frères , dignes de faire autorité , des observations plus 
pu moins propres à éclairer la discussion, une ins- 
truction solide, une grande indépendance et une îm- 






( i54 ) 

p.irlialiié absolue d'opinion, voilà assez de titre* 
pour justifier l'entreprise dont M. Df.tergie TΫntde 
faire paraître la première livraison. 

» Pendant les longues années qu'il a été chargé en 
chef du servie d'un grand nombre de vénérieDB, il 
a pu remarquer à coiubien d'erreurs entrainejit de 
faun systèmes. Imbu de l'existence d'uu viriu , élevé 
dans cette croyance depuis si long-temps accréditée, 
M. Devehcie a cxpcrîmenté, sous divers climati, à 
des températures variées, et sur des g;en3 de nations 
difrérentes, tous les genres de traiiomens poor le 
combattre; et plus d'une fois ses observations l'ont 
porté à douter ([ue les symplômcs vénériens soient 
dus à la présence de ce virus. Allaclie pendant dix 
années presque consécutives à la même division , îl 
a constamment vécu avec les mêmes bomroes qu'il 
avait traités à différenlesépoqnes, dont îl conijaïssait 
les noms , les habiludes , le genre de vie ; et îl a pu 
ae convaincre combien les éc.irls dan» le régime in- 
fluent singulièrement sur le développeineuldes symp- 
tômes, sur les relards de guérison et tes rechutes. I! 
a pu apprécier les bons et mauvais résultats des trai- 
temens divers; et souvent , sans plus de danger pour 
les malades, il a renoncé aux moyens proposés par, 
les meilleurs auteurs modernes. >> 

M. Deve&gie fortifie son expérience propre de celle 
de plusieurs médecins bien connus par la réputa- 
tion qu'ils se sont acquise dans les hôpitaux spécia- 
lement consacrés aus maladies vénériennes. 

Les trois feuilles de la livraison qui vient de pa- 
raître ssnt consacrées à l'exposition des opinions di- 
verses qui ont été émises sur l'origine de la maladie 
ne. Notre auleur en conclut que " l'origine 



( i3S ) 

américaine de cette affection est un conte ridicule , 
inventé par ia méchanceté , propagé par l'esprit de 
préveùtion et par la mànv^ise foi , et accrédité par 
le temps , eiimme beaucoup d'autres. » Quand l'au- 
teur auta publié plusieurs des livraisons, suivan tes , 
î*en rendrai successivement compte. Je me borne à 
annoncer aujourd'hui que la Clinique de ta maladie 
eyphililique formera deux volumes in-4*« en carac- 
tère dit cicéro , sur papier grarod-raisin satiné , avec 
Cent cinquante planches gravées au burin et colo- 
riées. €ct ouvrage parattra de six semaines en six 
semaines , par livraison de cinq gravures , accompa- 
gùéM d'un texte explicatif. Le prix de chaque livrai- 
son est de 8 francs. On ne saurait trop engager l'es- 
timable auteur et son libraire à bien surveiller les 
ouvrières qui sont chargées de colorier les planches 
gi^vées , pour qu'elles né n^us dontteât pas des images 
enluminées au lieu de gravures Coloriées. Plusieurs 
des gravures coloriées de la première livraison ne 
softt pas très-satisfaisantes sous ce point de vue. 

E. O. C. 



Syphilis. 



t 



( >36) 

^vis aux mères qui ne peuvent pa$ aour- 

rir , ou instruction pratique sur V allai- 

temertt artificiel ; par ^l"^ Breton , niaî- 

•jtresse sage-ftiiniiie, etc. , elc, ( Cbez Bail- 

L lière. ) 



I 



Nous aroni déjà signale à nos Ucteurs 1» appareils 
mafjînés par M°". BnETorr pour raDailement arlîfï- 
:rFl: Irnrs avanr^ifp!: bien reconnu» )«ur ont assuré 



sIps 



t. «t Ips 



un succès (fut 

l'sntPiir. Pour en étenilri" et en Tiicililer 

M°". Bbeton vient de publier une peliti» bn 

TÎnftt-quatre pages , dans laquelle , aprè* a 



qné les 



aiiKqi 



luels l'allaitei 



irlificiel 



Lisage , 
urede 
r mdi- 
appli- 

cable , elle donne les préceptes le§ plus judicieux sur 
cette melhode. Elle fait remarquer avec beaucoup 
de rnison que , pour en assurer le succès , il faul que 
l'alîment qu'on substitue au lait malernel s'en rap- 
proche autant que possible par sa coinposition , et 
surtout qu'il soit présenté à l'enfant de telle sorte, 
que celui-ci croie presser leseindesa mère. Son appareil 
M compose d'un flacon de cristal ayant sur le côté 
un petit trou ; ce flacon porte un boucbon à l'émeri, 
percé dans sa longueitr d'un canal étroit , et sur le- 
quel est monté un mamelon artificiel préparé par un 
procédé particulier à M°". Breton , et qui esl tout à 
la fois blanc, souple et sans odeur. On remplit le 
veut administrer, on _y met 
le bouchon , et plaçant le pouce sur l'ouverture laté- 
à l'enfant. On peut à 




J 



( 13? ) 

son gré accélërer ou raleatir Tafflux da lait, en ap- 
puyant ou en relevant le pouce. i^^** **** 

M**. Breton a présenté dans son opuscule la ma- 
nière de préparer les diverses substances dont on a 
coutume de se servir pour l'allaitement artificiel ; 
elle a indiqué, mais sans lui donner la préférence 
qu'il mérite k mon avis, le mélange de lait et de 
bouillon , signalé par le savant et respectable Yau- 
QUELiN comme ayant la plus grande analogie avec le 
lait de femme. D'ailleurs on ne peut qu'applaudir à 
tout ce qu'elle dit relativement à la distribution des 
repas et au régime des enfans. ^ 

Elle termine son travail par quelqnes conseils gé* 
néraux sur l'éducation physique , qui nous ont paru 
dictés par le meilleur esprit, et rédigés d'une ma- 
nière simple , correcte et précise : nous pensons qu'ils 
doivent être utiles aux mères de famille qui , ne peu- 
yant pas nourrir elles-mêmes leurs enfans , voudront 
avoir recours à l'allaitement artificiel. 

Bàtieb. 



C .58 ) 

,_, De la santé des gens de lettres j pa'r'S.- 
iisra A.-D. TiSSOT; nouvelle édilîoii, aiigmeri- 

„ tée d'uua nolice sur i'auleur ef de notes 
, ; par F.-G. Boisseau, D. M. P.(Chrz Bai[- 

•■ -Kére. ) 



I 

■ 



\ Quoique l'iiwtruction doive noua mettre à l'abri 
° des coups du charlatanisme, cependant il est astet 
commun de voir les gens de lettres et les savans en 
général imbus rie préjugés qu'on croirait devoir ap- 
panenir eiclusivement aux classes inférieures de la 
société. Les spécîliques, les annonces porupeuses les 
Irouyent trop souvent crédules , et ce n'est pas lou- 
}our5 sans peine qu'on parvient à leur persuader que 
les secours de l'hygiène sont des moyens plus sûrs et 
plus puissans pour entretenir et rétablir la sauté que 
tout l'arsenal de la pharmacie. Tel homme de lettres, 
d'ailleurs distingué , ne mangera pas d'œufs de peur 
de s'écbaufièr , e[ ne prendra pas de bains de crainte 
de s'affaiblir ; mais il considérera le poivre et le vin 



de 


Bordeaux com 


ne rafraî 


cbissans, et n' 


ura pas 


po 


e indisposition s 
ur chasser les U 
it ousedécompo 


ns se fai 

meurs qi 
entdanss 


i fermentent, 
on estomac. S'il 


purger, 
s'aigris- 

éprouve 


di 


dégoût , de la p 
u laborieuse, il 


santeiir à 
prendra 


l'épigastre,.ur 
[uelques verres 


e diges- 
d'éleiir 


deG*BUa,devin d 


e Madère 


quelques pilu 


e. dites 




te cibam , au liei 


de se me 


ttre à la diète e 


t i l'e.u 


fr 


îche pendant qu 


Ire jours 


Le discours d 


TlSSOT 



nté des gens de lettres a donc encore à pré- 
iiérite de l'a propos, puisque les préjugé* 



Gens de 
lettres. 



•(•'59) 

contre lesquels ce médecin s'élevait n'ont uxis cesse 
d'exister. Si les préceptes qu'il«donne étaient j^Tus 
généraleiii^nt répandus et suivis, si 'la connaissance 
de rhygieùe devenait plus populaire ^ il en résalte- 
rait un grand bien pour la société. £n effet , l'igno- 
rance inspire la témérité ; et c'est précisément par 
les personnes les moins instruites qu'on voit chaque 
jour être prescrits et administrés les remèdes les plus 
énergiques , et partant les plus dangereux , dan^ des . ;'■ < 1 1 >Mt 
cas où le plus sage et le plus utile serait de s'abs^ 
tenir'. 

- Quel que soit le mérite de l'ouvrage de Tissot , 
il est composé d'après les doctrines de son temps , 
que les progrès de la science ont dû reformer en 
partie, M. Boisseau, par des retrancbemens , et par 
des notes concises, a su corriger ce qui n*élait plus 
en harmonie avec l'état actuel de nos connai^ances. 
Cependant, malgré l'estime que M. Boisseau ex- 
prime pour l'ouvrage qu'il présente au public , nous 
regrettons que ce médecin n'ait pas lui-même traité 
ce sujet , et donné , aulieu d'une réimpression , un ou- 
vrage original. 

. Ratiei». 



( Mû ) 

Bourbonne et ses eaux thermales; par 
M. Renard-Athanase , D. M. P. — Un 
vol. in-i8 9 prix 3 fr. (A Paris, chez Cre- 
vof. ) 

Indiquer les sources littéraires oii l'on pourra pui- 

£auz g^|. jg^ connaissances sur Bourbonne .tracer la topo- 
tnennales. ... 

graphie de cette ville, et même des considérations 

générales sur le Bassigny , exposer l'état chimique et 
naturel des eaux thermales , les propriétés médici- 
nales de ces dernières, et présenter un court aperçu 
des antiquités de Bourbonne, de l'administration des 
bains, des revenus de l'établissement, tel est le but 
multiple que s'est proposé M. Renard , et qu'il s'est 
efforcé d'atteindre dans le petit écrit in-iS de 23a 
pages d'étendue. On conçoit aisément que chaque su- 
jet n'y est traité que d'une manière concise. 

Cet ouvrage, destiné probablement aux buveurs 
d'eaux minérales, pour les engager à donner une pré- 
férence éclairée à celles de Bourbonne, est peu sus- 
ceptible d'analyse. J'en tirerai seulement ces rensei- 
gnemens, que l'eau contient des hydrochlorates de 
soude , de chaux , de magnésie , des sulfates de chaux 
et de magnésie , et du carbonate de fer ; — que la 
température moyenne en est de 55" centigrades; — 
que le calorique combiné à l'eau ne quitte cette der- 
nière qu'avec beaucoup de lenteur, et qu'enfin les 
propriétés médicinales des eaux de Bourbonne pa- 
' raissent essentiellement subordonnées à la considé- 
ration de la chaleur élevée que ces eaux conservent 
encore quand elles sont introduites dans l'estomac. 



( M» ) 

On n'a pas encore assez étudié les effets des eaux mi- 
nérales sous ce point de la température élevée à la* Eaux 
quelle on les feit boire, ou bien on les applique à la 
surface du corps. Peut-être est-ce là toute la vertu 
merveilleusement curative dont elles îouissent, et 
suffirait-il de boire de l'eau trës-chaude^ légèrement 
chargée de quelque sel de soude, de magnésie ou de 
chaux , pour obtenir des résultats brillans ,.sans s'é- 
loigner de ses dieux pénates..^.,.. Mais alors, que de- 
viendraient les établissemens des eaux et les médecins 

qui les célèbrent ? 

£• Gr, C. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Guide sanitaire dea gouvcrnemenB européens , on Bîbliogra* 
nouvelles i'ccherches sur la fièvre jaune et letshblera* P*"^" 
morbus, maladies qui doivent 'él'ré coilM'dérées ihi^ 
jdiird^ui cbmtne identiques,- et 9(AxXn\it$ an jnént 
régime quarantéliairè que' la pëjfte '-du Levant; par 
L.-J.-M . Robert, médecin du Roi au lazaret de Mar- 

■■.•*»■ ^ .■■ ■ Ik.i 

seille , professeur d'hvi^ièpe navale , etc. , etc. Paris , 
1826; 2 vol.ln-Ç?...- avjpc vingt-deux pjapçhcs coin- 
rices, Prix : j6 fn ; chez Crevot. 
. Malgré Je ,tit^r.e un p^eu. rap^bitieux de. cet ouvrage , 

on peut dire que le livre d& M. Robert, mérité de 

* ' .*.■" »■■»'»» •••»« , 

fi;^er l'attention des médecins.. Nous le ferons con- 
naître par une analyse détaillée. Nous nous. bornons 
en ce moment à annoncer qu'ouvrant enfin les yeux 
à la lumière, les médecins du lazârét'de Marseille ont 
fini jpar addpter^' dans le traitement de là fièvre jaune, 
la médication antiphlogistîqne , et qu'ils en ont ob- 
tenu la guériscfn de pins des deux tiers de lenrs ma- 



( M» ) 

I Udes 1 oc i|ui , tetoii l'observation àe M. Robert, «»( 
~ bien loin àe ta nncontror ordinau-enxiit dans ce* 
i6rLe> à'èpièéaiiet. 

e iT Edimbourg ; par A. DuK- 

léJccine, professeur de mafiêre 

Tsité d'Edimbourg; traduit par 

ir la dixième édition anglatsr ; 

mettre l'ouvrage au 



Nouveati rlis^ 
CAS, docteur e 
ipédïcale a l'U 
M.-E. Prlocze, sur la 
augmenté de notes destin 



■aa de la 
membres de l'Acadei 
ris,elc.,etc. Deux 
A Paris, chezThof 



, par MM. Robfquet et Chéread, 
(édecine de Pa- 



e roy 



lie de 



e-édileur, rue de la 



m 



rpe 



pai 
5fr. 



Maladies nerveuses des ailleurs, rapporii 
ritQtîan de l'encéphale , de» nerfs cérébro-i 
■ «* aplanchniquf , avec vu aaru injlat 
3.-0. KoCBCADE, D. M. P. Un vol. in-8«. Prix : 
60 c. , et 6 fr. 75 c. franco. A paris, chez M'"", 
laanaj, libraire, -rue Saint-Jacqufis, 11°. 71. 

Discussion médico-légale sur la folle, ou aliit 
tiori mtnlale , suivie de l'exanieii du procès eHiniti*^ 
d'Henriette Cornicr, el de plusieurs autres procès, 
dans lesquels celle maladie a été alléguée cOmme 
moyen de défense j par le docteur GfeoncET . menibre 
de l'Académie royale de médecine , etc. Un voIl in- 
S". Pris : 3 fr. Soc. A Paris, chez Mîgneret, impri- 
meur-libraire , rue du Dragon, n*. 20. 

Précis analytique du croup, de l'angine cauen- 
ntuse, et du Irailetnent qui convient àces deux malff^ 
rfi>«,parftl.BBiciiETEA.o, docteurenméilcciue, et prçi- 
cédé du Rapport sur les mémoires envoyés au con^ 






( «43) 

cours ëur le crôup; avec des notes extraites de nié- 

moires inédits , accompagnées d'une figure représen- Bibliogri^ 

tant une machine fumigatoire imaginée par JuitiNE phie. 

de Genève, pour dirigerdes fumigations émotlîentcs 

dans la voie aérienn.çdes epfans atteints c^q çfonp, ?tc. 

Un vol. in-S**. Prii^ : 5 fr., et 6 Fr. 5o c.:pa)r [a^poHe. 

À. Paris, chez Béchet jeune. ,;^, 

Le Rapport deM. KoT^R-CoLLAaD surXes mémoires 

envoyés au concours ouvert eurle croup » a obtenu , 

dès l'époque de sa publication ^ l'assentiment géiiér^l^ 

La nouvelle édition , augmentée de, notes extraites 

de mémoires inédits, a été flanquée d'un précis ana- 

Jytiqiiic^ à l'occasion. duquel M. Brigheteau, qui. en 

estraufenr, s'exprime ainsi : « Quelque temps ayiant 

6B mort, ît ( Roïe^-CoLlârd ) me proposa d'eiéputer 

le IraVàil qn'îl s'était proposé , et d'y faire tellç addi- 

• " • * % ' ...II.. 

tion qtie je jugerais convenable , pour mettre son 

Onvrage au niveau des connaissances actuelle^ sur le 

cîréup. » M. B&icnETEAU fait avec raison Justice de 

cette {déesingnliëre de l'inventeur du mot diphihèrite ^ 

que la fausse membrane croupale est le résultat d^une 

inflammation sut generîs. 



j 



De la fièvre; par Ch. Giraudy , D. M. P. — Prix : 
5 fr. A Paris-, chez Bailliëre et Gabon. 

Si l'on veut lire à là fin d.e 1826 du romantique sur 
ia fièvre^ et qu'on ait du temps k perdre, qu'on lise 
la production du secrétaire perpétuel honoraire de la 
Société de médecine pratique. Ce que J'y ai trouvé 
de plus remarquable, c'est celte association des épi- 
ihetes perpétuel et honoraire ajoutées au mot secré- 
taire \ et cet aveuglement volontaire qui veut faire 
remettre en question une chose désorm«'iis jugée. Le 





( "44 ) 

: pliéuomëne ijiuptonialiijue Je 
' comme une afTeclion essentielle ! Ail 

taire perpétuel lionoraire, bornez-v 

l'abslîncDce el le carême. 

Diaaeriation sur l'imminence morbide., pre'Eentée«t 
soutenue à la Faculté de inédeciDe de Strasbourg, 
par F.-M.-C. Broussais , ex-chirurgicD sous-aide-major 
aui hàpitaus militaires de Strasbourg, du Val-de- 
GrdcCjde la garde royale, chirurgien aide-major aa 
13". régiment d'infanterie légère. Thi:5e in-jj". PrÎJt J 
afr, A 1'aris,cUeïM'ii'. Delaunay. 

Essai, historique et thérapeutique aur Us asphyxies ^ 
avec quelques réflexions sur la respiration ; par 
M. Plissos.D. h. p., raerobre, dit-il, depluaieuM 
sociétés savanles, elc; demième édition, revue et 
enric/iie par l'atilcur i* d'un avanl-propos, a". iS'un 
grand nombre de notes et addilions, 3°. d'une table 
alphabétique, sjnon_yniique et analytique des ma- 
tières. Prix : 3 fr. 5o c; chez-Maurice , libraire , rue 
deâorbonne, n". 5. 

Cet Essai sur l'asphyiiie est la réimpression enri- 
chie, ainsi qu'on vient de le voir, delà dissertation 
inaugurale de M. Plissoh. 



AVIS A MM. LES SOUSCRIPTEURS. 

difficultés qui ne se présenteront plus ont oc- 

•.ueoup de retard dans la publication de 

ce numéro et de ceux qui doivent le suifre. j4vant la 

fin de tannée 1826, cinq numéros auront été publiià ; 

décembre le sera en même-temps que janvier 1827, 



À 



( 145 ) 

Essai sur la prédominance du système di- 
gestif dans renfance{i); par M. Sa- 
blairolës^ docteur en médecine, agrégé 
eu exercice près la Faculté de médecine 
de Montpellier* 

(Séance du 4 ^oût 1826. ) 

I > . ■ 

Frappés du développement excessif de la ■ ■ 
\è\G chez Tenfant, comparativement à celui ^.^^?^^"*^ 
de toutes les autres parties; de l'excessive 
mobilité du système nerveux; de la rapidité 
avec laquelle les sensations se succèdent ^ 
mais principalement de Tapparition dessymp- 
tômes encéphaliques qu'on observe dans le 
plus grand nombre des maladies qui vien- 
nent Tassaillir, Stahl et les siens ^ et avec 
eux tous les physiologistes qui se sont ôccu«- 
pés de déterminer la prédominance de tel 
ou tel organe dans les diSerens âges^ ont 
admis celle du cerveau dans la première pé- 



(i) Nous croyons devoir avertir que nous donnons 
le nom ^'enfance à ce premier âge de la vie , qui ^ 
commençant à la naissance^ s'étend jusqu'à la pu- 
berté. Serait-il besoin de dire que celle-ci varie sui- 
vant le sexe , le climat , le genre dé vie , etc. , etc. ? 

T. 96 delà Col. 35«. delà 2«. Sér. AoÛt. T O 



( '4« ; 

^^^^^ riode de la vie, c'esl-à-dire nne action su- 
dlgcsïff.'^"' pf'rieTjre à celle de tous les aulres viscères. 
Mais celte idée, qui a été si bien développée 
par BiCHAT, et qui est si généralement adop- 
tée, re pose- 1- elle sur des données bleu exac- 
tes, sur des faits bien positifs? Ce qui prouve 
que les auteurs que nous venons de citer se 
sont écartés de la vérité en regardant le cer- 
veau comme l'organe prédominant, c'est 
qu'à cet âge il est extrêmement mou, se 
rapproche beaucoup de l'élat qu'il présen- 
tait chez le fœlus, et que, considéré comme 
organe de la pensée, il n'est nullement dé- 
veloppé. Aussi les fiiibles mouvemens mus- 
culaires qu'on observe peuvent être regardés 
comme instinctifs, automatiques , ou dépen- 
/ dant de la sensibilité propre de chaque or- 

gane. D'ailleurs si téter et dormir sont, 
comme chacun le sait, les principales. J'al- 
lais dire les seules occupations du nouveau- 
né , le cerveau ue peut et ne doit point jouir 
alors de cette prééminence d'action sur tous 
les autres organes, que lui ont si gratuite- 
ment accordée presque tous les auteurs. Mais 
de ce que cet organe est inhabile aux com- 
binaisons profondes du jugement , de ce qu'il 
est encore nul pour l'intelligence, doni 1 



développement semble suivre à peu pi 



rès la J 

À 



( H1 ) 
même gradation cftie celni des organes de la ] 

génération, dbît^n le regarder comme pu- Système 
remenf passif, faut dans la réception des im- 
pressions êf dans la perception de ces im- 
pressions , que dans sa réaction sur les autres 
appareils? Peut-on raisonnablement admet- 
ti*e, avec quelques auteurs, qu'il doit néces- 
sairement alor^ se trouver dans un état com- 
plet de collapsus ou d'inertie? Non; bien 
plus^ c'est qu'en regardant cette proposition 
comme vraie ^ nous partagerions une erreur 
plus grave que celle généralement adoptée 
par les nombreux disciples de Stahl et de 
BiCHÂT. Sous le rapport de la pensée ', le 
cerveau ne jouit alors sans doute d'aucune 
énergie; mais si nous examinons les efforts 
que fait l'enfant pour exercer les orgànës' 
des sens (i), pour acquérir des coânajs- 
sauces , nous verrons que ce Viscère est dotlë 
de beaucoup d'activité et dé Vfva'éité; et 
ce désir d'apprendre, cette curiosilé'si na- 
turelle, si nécessaire même à râdfaTice, n*eh 
sont-ils point une preuve irrécusable? Con- 
cluons donc i"". qùW milieu dé lâ surabôh- 



(i) Regarder , ecoutîer, palper,' flairer, toiiclier 
tous les objets qui sont à sa portée , voilà ceqirc fait 
tous les jours le jeûne individu pour son .éducation. 



( '48 ) 

■^^m^^mm dnnce âa vie qui caractérise ce premier à^e, 
J'.^?'^""^ les organes chargf's d'accomplir la iiufrilioa 
p( de lui fournir de nouveaux uialôrîaux, 
«"sercent alors sur tout l'organisme beaucoup 
pies dViiergie et de supériorité, en d'aQires 
(eruiPs, qu'ils sont prédominans, et qu'ils 
■eoiiservent cette prédominance jusqu'au mo- 
lent oà se manifestent les premiers signes 
"de la puberté; a», que l'organe central de 
relation , le cerveau , qui ne s'affecte guère 
chez lesenfans que sous l'intlnencR des voies 
dîgpsiives, est eusuite celui dont la prédo- 
■uiinance Se trouve la plus prononcée. 

Cette supériorîlé d'action que nous accor- 

lons, avec juste raison, aux organes diges- , 

n'avait point échappé au génie extra- \ 

1* Tffdinaire de Vam-Helmont, qui, pour ie 

• d'ire en passant, ne mérite point certains re- 

-prochus qui kii ont été fails par Eloy et par 

'plusieurs aulrea biographes. En effet, on 

Irouve cette idée exprimée dans ie recueil 

'de SOS œuvres, publié par son fils François 

-MERCuaius, sous le tilre de Orlus medici- 

nœ, îd est iniliû, physicœ întiiidiia, pro- 

gressus medicinœ novus , in morborum 

ultionem ad ifiiam îongam^ Amsterdam, 

i653. L'importance qu'on doit accorder à 

l'eslomac , dans l'ordre physiologique et pa- 




4liûlogique, est on ne peut mieux établie 
dans les pages i66 et 180. Cet auteur a égat djgestff^"^ 
lement très-bien apprécié k disposition q4i'a 
ia sensibilité de cet organe à s'exallejp plu$ 
facilement peut-être que celle de toute aiMr^ 
partie du :COsps vivant ,('pag.'^3a, art«,|ijr)y 
ainsi que les phénomènes sympàthft(|qQfi^aux^ 
quels cette exaltation donneitea. CeHe ét^^ 
le conduit à reconnaître que Js^ucoeop.i}? 
maladies^, dont* lejs pbénooii^^iies^^ prie^jp^ux 
se passent loin du centra épigasIrt^^uQ^^k^ 
tirent pas moins leur origine, de cçq€93fre{j^)< 
( Conférez Bordeu^Lagâza.^ ]^AETi|iE;Su)oi. 
Les prqfesseuxs Hai<liê , BAUMSif irUliil* ïl»AM<- 

QU£, GAnDi£N> eit^eu^ ceux^uî savQ^d^é^. 

duire à leur juste Valeur les-dj versas. bypPr 
tbèses'^ue. Ton émet en médeâin^^ïVC^s^r^, 
dent aussi cette prédomifaançe.'Ofajs^pUQlif^iQ,; 
comme, une idée^ purement tb<éorîque<i0i(^p^ 
ment concevoir, en effet ^i qo^uwidrgBndiiJl^t 
les facultés inteilecfiK^ljes né soiil)p,oi|it<^0— 
core développées^ puisseï :iiéatavioinà«>)fi^ï^'. 
(4*ûne action très-prononcée ?Gertain9:iM^ 



5nv: -j 



(i) £a lisant attentivement plusieurs passages des 
Œuvres de Van-Hf.lmont, on trouve la plus grande 
analogie entre Jes principes de la 'cFôctriné dfe -ce 
médecin et ceux de la doctrine m o<ïernc. ■'- : 



( xôo) 
teurs oq4 bien avancé que ce sommeil milî- 
dîgestff.**™^ tait fortement en faveur de la grande éner- 
gie de Tencéphale; mais n'est-il pas plus rai- 
sonnable de penser avec Barthez que cette 
intermittence d^action du centre sensitif dé- 
pend au contraire de sa faiblesse, et de Tac- 
tivité prodigieuse du système digestif? N'est- 
^ ^ pasv^ît notre illustre chancelier, an tra- 
vAili&xcessif des forces digestives que se dé-» 
«drtntaej^par syibpathie^ le sonnneil ? 
*' Siles' âiyièupsqui ont admis la prédomi- 
natiee'<0hl^-<îèTVeao dans Fenfance, eussent 
vouId-dSt^è'Sêuleinent que cet organe, qui 
d\Àtt f^^tièf^dâiis la suite un rôle si important, 
-ëàr alors' fort servent affecté, «me pareille 
aiMieïifibn ne pbutrait point être contestée : 
cÉ^'idâ'fMhùmèùe» pathologiques, dont il 
est ^ f#é<|deitiment le siège, ne peuvent nul- 
}i<ifielft,'^ds^:tiïe' Semble 9 faire supposer qu'il 
éX^f-bd^mi ^mpif e rée} sur toute l'économie 
aiHfbaleV&iVec un bui idéterminé et une si- 
#rtKttid)ef»â>40i»ts.qut 4»n proviepnent. Pour 
nfiAî^énià'^cAB là qu'un excès de suscepti- 
bilité. 

Mais si 9 par prédominance, ils ont entendu 
une éfiergie d'action de la part de Tencé- 
phale^ supérieure à celle de tous les autres 
organes ( et c'est là la véritable étymplogie 



( i5i ) 
du mot ) 9 il est coçstont que le cerveau de 
renfant^ loin .de prédominer sur les autres digejiff?'"^^ 
parties et de les influencer » est, au con- 
traire, .essentiellement influencé par le sys- 
tème digestif, aipsi. que nous aurons l'-QOca- 
sion de nous -en couvaioçra plttsjeui» ^ois 
dans la j&çite de oe travail. 

Ce ftejrait .peu , $ans doute , d^ai^oir- lyjgoalé 
Terreur ,9ue SxiM^ .el spn 4c}ole>v3l<^PAV«.t 
tous les phy^ologistes ii^QderB«»S|le»pl08 1^ 
lèbres, ont émise sur ,1a prédomiqanqê du 
cerveau ; il faut , d ans cotte .quesiMp ^ d^au- 
tant plus importante, que de sa solution seule 
doivent découler Les principes tbérapeu|iq,iAes 
les plus exacts, les plys avMfàtage^x^ik £a3kî ^ 
disr'je , fournir des preuve bje^.évi4fa9li^'^ 
r^ppui. Ces preuves^ now Âron^ lie9v.|»u)iier 
dans Tencéphale lui-mêm^, qoi if»^,t «regardé 
comme Tinstrumeat mat^i^l 4^4 pM^^mnànfls 
de Tin^telligence : car^ de in^^^ ^^sC^^x^om 
est pe^rmis d^affirmer qu^il ejdsï^jimpy^fkwgw 
momentanémeut plus gr^ndQxjLms le,4ystàme 
cutané, dans le foie, etc., lorsque Ja.transt- 
pi ration , la sécrétion de la bile sont se9$ir 
blement augmentées; de mêoi^e nqq^.scmimes 
en droit d'assurer que les faduItésiifiit^U^^c- 
tuelles étant momentanément exaltées, le cer- 
veau, qui en est Forgane préparateur et créa- 



( i5i) 
î leur, doitanssi jonir moinenlanëment d'nne 
^ énerve plus grande. Il s'agit donc d'examiner 
jusqu'à quel degr^ les ïd^es, rîmagination , 
le iiigementi !e raisonnement, sont pronon- 
ces dans ce premier âge de la vie. 

Si pour résoudre cette queslion de ps^cho- 
Jogie, nouK consultons Y Histoire naturelle 
de BoFFON, y Essai philosophique concer- 
nant V entendement humain dn hoche , et 
les ouvrages des mélapliyclens les plus dis- 
tinguas, nous y verrons que, dans l'enfance, 
les sensations sont peut-être plus vives et plus 
rapides que dans le moyen âge; et cepen- 
dant elles ne laissent que peu ou point de 
traces, parce que, dans celte première pé- 
riode de la vie, la puissance de réfléchir, 
qui^eule peut former des idées, est dans une 
inaction presque totale , et que, dans les mo- 
mens oh. elle agit, elle ne compare que des 
superficies. Eh bien, eetfe force d'esprit, 
celte profondeur de méditation, cette ima- 
gination créatrice, apanage exclusif des âges 
qiïrsôivent l'enfance , ne sont-elles pas le ca- 
chet auquel on reconnaît l'énergie du cer- 
veau? Nous dirons donc avec M. Viret 
{Diction, des scienc médic, toin. la, 
pag. 244) c]"e c'est rexpressiou des orga- 
neSj que c'est la voix du corps qui crie dans 




( i53) 

les entrailles de Tenfant, qui lui fait chercher 
la mamelle et qui la lui fait sucer; qui ap- digestif, 
prend à l'agneau naissant à reconnaître sa 
propre mère dans un vaste troupeau ; c'est 
rinstinct de sa conformation qui enseigne Te 
jeune chevreau à heurter de la tête comme 
s'il avait déjà des cornes, et, pour ainsi dire, 
des idées innées de ses cornes. Cèst le hième 
instinct qui porte Tanimal à distinguer parmi 
les herbes les plus salutaires pour "sa 'tiourri- 
ture. On a apporté d'Afrique et d'Asie des 
œufs d'oiseaux chanteurs , appelés veuves. 
( Emheriza paradîsea , régla , pHricîpalîs , 
Lath.^ et autres espèces), et de Bengalis 
{FrîngillàBengaîus et AfnanSàva^likin.^ 
Ces œufs , couvés par dés sétfîhs,* ont produit 
des oiseaux qui n'avaiétit dôùc j'ainàîs reçu 
d'instruction de leurs parens ; cependant ils 
ont chanté , ils ont construit des uidsj its ont 
montré comme leurs parens les mâmei ha- 
bitudes (i). '■ 



il i< 



(i) Ces faits justifient trës-bîeh , ce me semblé , l'é- 
tymologie du mot inaiinct. Il a en efibt pour radi- 
caux ty et vll^ttv , mots grecs qui veuJent dire pi- 
quer en dedans, et qui expriment bien qu'il s'agit 
ici d'impulsions qui ont leur cause dans l'intérieur 
de l'être , et qui se font sentir indépendamment de 



digestif. 



( 154 ) 
Ëiifîii , à foules les preuves que nous avoiis 
émises pour faire voir que le cerveau n'est 
point l'oigaae pr^'doniiniint daus Tenfauce , 
vient eucore s'en ajouter une autre, ef plus 
autbeutiquo et plus péreraploîre. Elle va 
nous être fournie par l'expérience de (ous 
les temps et de tous les lieux. Ainsi les an- 
ciens et les modernes, les Grecs el les Ro- 
mains, les Arabes ef les Français, toutes les 
nations enfin qui cultivent les belles-lettres et 
les sci^ces^ nous apprennent que, dans les 
cas où les facultés intellectuelles sont extrê- 
mement développées avant l'époque consa- 
crée parla nature, il en résulte aussitôt mille 
désordres plus ou moius funestes, ef ces êtres 
préçppes vivent, pour me servir d'une belle 
e^ppeifif^ de pfalherhe : 

" ■-.! ... ■: 

itÇiB qpa firent le) rous, l'espace il'uii malin. " 



toutes ûnpresdoDS extérieures et de tous calculs in- 
telleclnels, ainsi que l'observe très-judicieusement 
M. le professeur Adelob. Et, ces facultés i: 
ne sont-elles pas en plus grand nombre chez . 
Nul doute à cet égard , puisqu'il est le seul eotre les 
animaux qui possède les instincts précieux et élevés 
de rbumanité , ceux du senliuient religieux et de la 
moralité. 



( i55 ) 
L'on peu Icîfer Ouintilien\efï\s,qmy kpeme - 
eutré dans Ja dixième année de sa vie, avait digestif, 
acquis , ainsi que nous Tapprend son père(i), 
une connaissance par&ite des langues grec-' 
que, latine^ etc. Il mourut fort ^eune. L'op 
peut citer aussi le fameux Pic de La Miran- 
dole qui , à- dix-hm"t ans, saVait et parlait 
vingt-deux langues, comme le prouve la 
thèse De omni scibilij qu'il soutint é Rome 
en présence du Fapd, du Sàcré-Cbllège , et ^ 
d'une foule de spectateurs accourue de tontes 
les parties de l'Italie pour voir ce prodige 
d'érudition. Il n'avait pas ' treate-deux ans 
lorsqu^il mourut ffermolaus^SarbaruSy se* 
nateqir de Venise , et ambassadeur de la.Ré^ 
]>]ique à fiome, était regardé , dès son jënae 
âge , .coiome i'homme le plus savant de son 
temps , sans jexcepter même Pic de La ^Hr 
randole, son ami particulier. £n e£Pet , il 
fournissait à toutes sortes d'entretiens^ et dis* . 
courait si à propos sur toutes les matières qui 
se présentaient, qu'on. était convaincu qu'iF 
n'y avait rien de superficiel, nî rien de trop 
borné dans ses connaissances. U ne yéckit pas 
trente-neuf ans. Pierre de Lamoignonj /qui 



(i) Lisez le prdogae que ce célëbre fhëtear a in>s 
à la télé du 6*. livre de ses InatiUiiioiits* 




élail également un eofaiit exlrêinomenl docle^ 
;inoiirut à vingl-qualre ans. James Doutai 
fin Jean p^ander Does, était, ilansson eii- 
' fanre , excellent pliilogogue , bon poêle, 
grand philosophe et habile maihénialicieii. 
Il avait de phis une connaissance exquise de 
■tonle là jurisprudence, et celle de l'hitoïre. 
lOuire les pbf^sies diverses qu'il fit dans 
'ftori bas âge, jions avons des commentaires, 
de lu! sur différens poêles latins, qui font 
voir que Topiuion qu'on avait de son savoir 
n'était pas fausse. Ceux qu'il tît sur les comé- 
dies de Pîaute sont les fruits di> la seizième 
année de sa vie, et il n'avait que dix-neuf ' 
ans, lorsqu'il publia son livre des Choses- 
■célestes et sa Dissertation sur l'Ombre. 
Ses commentaires sur Calul/e , Tibulle el 
J'roperce sont de la même année, lî mou- 
irul à La Haye, l'an lôgy, âgé de vingt-cinq 
■ans , onze mois et quatre jours. Entin , car ii 
ïànt se borner dans celte nomenclature, qui 
pourrait êlre fort longue, Jean- Philippe 
UBaratier est le plus prodigieux de tous les 
enfans célèbres, A six ans, il savait le latin 
M le français; à huit, le grec; à dix,rhé- 
lît même que neuf ans lorqu'il 
le 26'. tome de la Bi- 



'breu ; il n' 
donna;, en 



73o, dan 



bliothèque germanique , une notice de la 



J 



( ï57 ) 

grande Bible rabbinique. Il n'eu avait que 
douze, lorsqu'il publia, à Amsterdam eu lySS, digestif, 
denx volumes sur ïltinéraire du rabbin 
Benjamin^qvjLiX accompagna de dissertations 
savantes: histoire, critique, théologie, philo- 
sophie, mathématiques, astronomie.^ il em-* 
brassa tout. Il mourut âgé de dix-neuf ans,, 
huit mois et sept jours. Deux jeunes geqs^ 
presque contemporains deBaratier, Alejcan- 
dre de Chamberiot et Thomas /^i^ BcBi{/, ne- 
veu du savant abbé du même, nom, périrent 
aussi, comme lui, victimes d'un t^op grand 
développement, des facultés iqtelleçtuelles , 
le premier à Tâge de seize ans, le second à 
celui de quinze. 

D'autres fois on a vu certains enfàns dont 
la vaste mémoire ou l'intellîs;ence éxtraordi- 
naire étaient regardées comme un vrai prO'- 
dige, ne pas conserver ce g^nie ou.cetle in- 
telligence supérieure dans tin àgë pTus avarice. 
Ainsi Philippe Béroalde ieivait plus de juge- 
ment dans son enfance que oàns les âges 
suivans du reste de sa vie. Bunialdus rap- 
porte, d'après JBz///z 2/5^ qu'il n était qu'un 
enfant fort tendre,' lorsqu'il fît une crihqûe 
des commentaires de S^rvilis sur Virgile, 
et qu'il censura très-'judicieUsèihènt les 
fautes de cet auteur, après eh aVoir fait un 



■^^s^ recueil qui composo un pedt volume. II vé- 
dicSïif. *"* eut une cînquanlaine d'années, Hermogène 
de Tarse, qui vivait à la fin du deiisiéiue 
siècle de i'Kglise, nous offre un exemple ana- 
logue. Après s'êlre fait distinguer dans son 
jeune âge par le brillant de son esprit , après 
avoir enseigné la rhétorique à quinze ans 
avec beaucoup de répulaliou, après avoir 
enfin composé à dix-huit les livres que 
nous avons de lui, il oublia à vingt-quatre 
tout ce qu'il savait. Aussi a-t-on dit avec 
quelque sorte de justice que ce rhéteur , qui 
avait èlé une des lumières de rantiquitc, fut 
condamné à faire l'enfant dans sa vieillesse, 
pour avoir voulu contrefaire le vieillard 
dans sou enfance. 

Quant aux phénomènes morbides qui se 
manifestent si souvent au cerveau , et que la 
plupart des médecins regardent comme l'ex- 
pression d'une affection cérébrale primitive, 
on ne peut les attribuer qu'à la délicatesse et 
à la susceptibilité dont jouit cet organe : ce 
qui tend toujours à prouver qu'on a regardé 
comme prédominance ce qui n'est réellement 
que susceptibilîlé. Mais eu admeltanl mêrae , 
avec BoEBHAAVE , qu'aucune maladie des 
cnfaus n'est exemple de symptômes ner- 
veux, ce qui semble prouvé par celln per- 



pétuelle mobilité qui lé^ fait passer soudain s 



dies pleurs au rire, d'une affection à une autrp, diResilï. 
est'-'ce une raison suffisante pour conclure 
que c'e^t le système nerveux cérébral qui 
prédomine ? Pour nous , .nous pensons que 
la partie du système nerveux, dont rénérgie 
est la plus puissante dans cette prem!èr*é pé- 
riode de la vie, est, sans contredit,, celte 
d'u grand sympathique, trisplancbnique de 
Chaussiër, ou de ses diverses ratiiîfi'éatiohs. 
Quelques auteurs ont avancé' qûé ce nerf 
ne possédait point la faculté de transmettre 
le principe de la sensibilité ; mais M. LobSt 
TEIN a démontré lé contraire d'une manière 
pérémptoire. Et Targumetit tité de Ik- par- 
faite, insensibilité db ce nerf, Foi!squ*6n lé 
traite par dies moyens mécaniques, chimiques 
et autres, ne prouve autre chose sliion que 
cette propriété n'y est point aussi mani- 
feste que dans les nerfs de la vie de relation. 
Lé grand sympathique, avec ses înilbilî- 
blables rameaux , est donc , ajouté' le profes- 
seur de Strasbourg, un système nerveux 
très-étendu ( l'inspection anatômîqùe fait 
voir'qu'il tient par une soixantaine dé filets 
à celui du cerveau et de la moelle épînîère), 
et qui a unô sphère d'action parfidiiîîèi'e daàs 
l'organisme animal. Voilà, sâiis dôufe, ce 



C ï6o ) 
^^^MB, qui dut porter UlCHAT à diio quu tes gaii- 
j. ^y?^*™^ glions, dont est pourvu le Irisplanclinitjuo , 
devaient être considérés coiniuo des pe^îtii 
cerveaux (i), chargés de prt'sider à foufes 
les fonctions organiques sans exception. Tout 
ce qu'on a émis, eu différens temps, sur 
l'archée , sur le cerilrs phrénique , sur lo 
centre épigastrîque, sur h cerveau abdomi- 
nal, découle do la même idée, et Iciul tou- 
jours à prouver que le système nerveux de 
Ja vie de nutrition a aussi un centre qui ré- 
side au creux de l'esloiiiac, et qui consiste 



(i) Mais qu'oD n'aille pas, s'exagerant cette idée , 
regarder , à l'exemple de l'auteur de V Anatomie gé- 
nérale, chaque ganglion d'une manière isolée, et 
comme s'il n'enlretenait point , avec le système en- 
tier, la correspondance la plus elroile , la connexion 
la ping intime, Ne doit-on pas , en effet, considérer 
le système nerveuï ganglionnaire comme une chatne 
sans interruption , qui nnit toutes les parties de l'é- 
conomie animale? D'ailleurs, en envisageant chacun 
de ces ganglions comme constiLuaot un centre parli- 
culîet d'actions , il en résulterait inévitablement une 
certaine confusion qui troublerait l'équilibre qui ca- 
' ractérise l'étal de santé. Or personne n'ignore que, 
lorsque celle harmonie d'action nécessaire est rom- 
pue , nous somines aussitôt en proie à mille désor- 



dres, et à des 



taladies plus < 



à 



( i6i ) 

dans le plexus €œliaque ou solmre, ainsi ! 



nommé^parce qvte de nombreux rameaux se digcsiff. 
dirigent en div'ers sens vers différentes ré- 
gions du l>as-ventre. Ce systènie nerveux est 
donc aux organes qui composent Fappareil 
ntitrirify ce qu^est le cerveaa à tous ceux 
qui composent I^appareil de relation* Ou ^ 
peut même méconnaître en cette meotistati ce 
îa prévoyance ordinaire deia'tialiftë^î^î^à 
établi un cerveau intërieu|! on 'é^bd^mint^l, 
chargé de veiller aux foncfioti^^ÉfJ^iii pour 
but la Diitjrifion de notre corps /pMK>e qô^âb* 
sorbe par les méditations de Tesprit ou les 
passions qni Tégarent, Tencéplale aurait à 
<;Iiaque instant négligé les fQqpl^)ig^^c^ga- 
niqueSy et la vie n^aurait p^ JBe^ oonserv4^ 
av^c des iater mi (tenues d^aotiod^' Maie ^ees 
deux systèmes nerveux i qnoiqtré "séparés 'e^ 
distincts, et quoiqn^ayaiit clijàéuii'ûïi.e'^l^hçi'ë 
tf activité pérticulierè, u en sont jms moms 
dans une dépendance inuti|^^|le.; di^pi^p^^ç^ 
qui ^it bien voir qu!aa iiaihLps xegppd«r 
comme le grand moyen des syœpfrtisnes dés 
organes; que le système ner^hetix gatiglioW^ 
naîre est presque foufoni^fe'îèï"qîîs eil jèxiïè 
premier : et que c'estsèfaïîn par les conununica* 
tions diverses qu'il ^ avec.!?.. ^y^èfl»e ner- 
veux de la vie de relation f^e s^'iait )a 

r. 96 de la Col, 35« de la 2« Sér. AoÛt. 1 1 



C ■Biï ) 

îlrfinsiuiKsioii iui cfrvearicles impressions doii- 

'^(onreuKesqiiPressenlent les organes digestifs. 

A l'aido de ces roiisid^riitiofiK, on se rend 

facilemenl raison de la rr<^quen(:t' de cp8 phé- 

riooi^nes palholpgiqiifs , qui, dans le plus 

grand nombre do cas, (bn! ctoire à l'exis- 

lence d'une Iiydroc^phiile iiigue (i), el qui 



[i) Celte maladie, sur la nature de laquelle les 
aaleurs ne sont pas plus cl'accord que sur la place 

^u'i-lle doit occuper dans uri cadre nosologitjue, mé- 
rite à cet égard de fîser un instant notre attention. 
Si nous interrogeons les médecins tjui se livrent avec 
zèle à l'aiialomie pathologique , ils nous répondront 
ijue l'épanchement aigu dans les ventricules étant 
presque toujours accompagné d'allératioris organi- 
ques des méninges ou du cerveau , ne doit être consi- 
déré que comme un effet secondaire, Les uns , en ef' 
fet, n'ont vu dans l'Iiydrocéphale de Robert Whïtt 
qu'une intlammalion de l'aracimoïde ( M. le profes- 
seur Baomes a , je crois , le premier signalé cette Îd- 
fluence de l'inflammation de l'araclinoïde dans la 
production de l'hydrocéphale aigué. Voy. Annal. 
ciiniq. de Montp., toni. i. ); les autres, qu'une en- 
céphalite particulière , que M. HoFELANn a appelée 
encephalitis exaudatoria; ceuK-ci , au contraire, et 
c'est le plus grand nombre, attribuent presque tou- 
jours, et avec juste raison , les épanchemens hydro- 
céphaliques à l'inflaminaliou de la méningine (MM. 
Pakekt et Mabtiket assurent que , sur cent sept ma- 
1 1 -iÛaV. - .•»«* V ^ 



ont cependaBl leur source dans la cavîfé ab- 
dominale. L'ouverture des cadavres, en ef- ,. %?.*^"^*^ 
fet, nous a iait.voîr tanlôt le cerveau et se^ 
annexes parfaitement sains , tantôt seulement 
des désordres bien évidenament consécutifs 
à urre gaslro-entérite, à une affection ver- 
œineusQ, etc, , etc. Enfin , dans d'autres cas, 
le traitement que nous avons mis en usage 
esk venu confirmer ce point de doctrine , et 



lades morts d'une inflammation des méninges , 
soixante-sept leur ont offert un ëpanchement plus ou 
moins considérable de sérosité^ ce qui supposerait , 
si la proportion était toujours la même , que l'épan- 
chement séreux se rencontre sur les deux tiers des 
makde» affectés de méningite) ; ceux-là enfin consi- 
dèrent l'hydrqcéphale aiguë comme une maladie dis- 
tincte, indépendante de toute phlegmasie de l'encé*- 
phale , soit récen te , soit ancienne. Parmi les auteurs 
<qui professent 'cette derniëW opinion J nous nous cofa- 
tenterons de citer MM. BricJhetÎ:a*o , GuERi^tWDiî'- 
■GÈs,.dont 00: oe, peut nullement contester (étalent 
observateur. Le premier en a lui-même consigné 
deux exemples dans le tome 5, pag. 216, des ^r- 
chivea générales de médecihe. Je possède aussi , dit 
le second , plusieurs observations d'hydrocéphale ai- 
guë sans aucune trace de méningite ni d'encéphalite. 
Le tpbiâië me 'enfin nous a dit avoir eu occasion de 
l'observer également un très-grand nombre de fai<. 



our-- 

i 



C '64) 

'- dissiper inêiim lous Ips doules (ju*oii pour- 
rait élever à cel (^garH. 

Il ne suffi! point d'avoir prouvi? d'une 
uicre pt'reniptoîre , contre l'opinion gém 
loment reçue, que le cerveau n'psl pi 
l'organK prodouiLnanl dans l'eufance. Il 
git actuellement d'établir si c'est, comme 
nous l'avons énoncé plus haut, le système 
digestif qui jouit de cette supériorité mo- 
nienlanée sur le reste du corps, et que nous 
avons désignée par l'expression de prédo- 
minance. 

Si nous ouvrons le Iivredelana1nre,etque 
uousen parcourions successiveineul les pages 
du premier âge, nous y verrons tous les phéiio- 
luènes propres à établir ce genre de preuves. 
Mais que sont ces phénomènes aux yeux du 
médecin physjologi-ste? C'est le résultat de 
l'action de certains orgaues ; et personne n'î- 
giiore que V enfance , comme \a Jeunesse ^ 
la virilité et la vieillesse, présente à Va- 
nafoiuo-physiologisle des organes parlicB- 
liers, dont l'action et l'énergie sont en rap- 
port immédiat avec les phénomènes qui sont 
propres a chacuue de ces quatre grandes di- 
visions. Ainsi lo phénomène que nous ob- 
servons dans l'enfance, est V accroissement 
de ce peli* ê.ti*e. A cp grand acte, en effwt. 



Système 



se trouve subordo&ué tool ce qui se passe *; 
dans récouTOinie* Or , s'il est vrai, et ce point ^- ^^^^ 
est incoDfestable, que raecroissement soit à 
cette époque le principal , j'ai presque dît 
Tunique but oh teade la nalure,,. iî en doit 
résulter que les. organes destinés à la nutrition 
qui est la cause de l'accroissemeat, doivent 
nécessairement offrir wne énergie plus mar- 
quée, et avoir une prédominance réelle suir 
tous les autres appareils. Parmi les preuves^ 
que l^on pourrait fournir à Tappui de cette^ 
assertiop , iK)U3 nous bornerons à citer la ra- 
pidité avec laquelle la digestion s'opère , en 
ayant le soia de faire remarquer qu'elle est^ 
d'autant plus active, que ces petits êtres se 
trouvent plus rapprochés du moment de la 
naissance. L'estomac, en effet, strraboiâde de 
vie dans Tenfance :sans cesse irrité^ît éprouve 
coDtinuelleokent le ^ntimejtol ^e la faim; et 
cela parce que cet organe a nou^eulement à 
travailler pour l'entretiem^y mais encore pour 
l'accroissement du corps,. 

A ces preuves ne pourrions-nous pas en- 
core en ajouter une autre , prise sur l'homme 
fait? Ainsi, par exemple, ou s'accorde gé- 
iiéialemeut à regarder la délicatesse de l'es- 
tomac, la débilité de fa^puissance digestive, 
comme extrêmement fçivorable au grand 



elles , 1 
I 1res- 1 



( 166) 
' développement des faciillés infellectaelles ^ 
c'est-à-dire que, lorsque celles-ci sont 
développées, les organes digestif^ se (rou- 
vent, au contraire, plongés dans une grande 
Inertie, Nons avons appris, en eSet, dans 
l'élude de la physiologie, que pins ud or- 
gane acquiert de force, pins les tintres ont 
de faiblesse , parce qne la somme de nos 
forces vitales étant limitée , ce qne. l'une ob- 
tient en pins est aux dépens des antres. Or, 
rien ne s'oppose pins anx opérations de la 
pensée (jne. la digestion, et uîce versa. D'un 
£<utre côté, tout le monde sait également 
qu'une preuve aussi manifeste que réelle de 
l'infériorité des facultés inlellectnelles con- 
siste dans nn grand développement desforces 
musculaires, et se rencontre ordinairement 
chez ces individus doués de ce tempérament 
que j'appelle gulosum (i), c'est-à-dire chez 
ces espèces de brutes voraces qui ne vivent 
qrje pour manger, quorum deus çenter est, 
et qui traînent à peine on lourd «ibdomen , 



(1) Conférée une excellente Disierlation. sur lèë 
ttmpéramtn» , présentée par un de nos élèves , M. Jo- 
AAt:, à la Faeullé de médecine (le Mniilpeljîer , air 



.834. 




à 



»L • * 



(167) 

fatamque trahehs inglorius alçum\ -Voità 
pourquoi Virgile i Pascal, Pope ^ e\ tant dîgestff!"^ 
d'*aufres génies étaîent, au confraire, fai- 
bles ef toujours valétudinaires. 

La nutrition et Taccroissenient sont donc 
fes deux actes principaux dont doit s'occu- 
per et dont s^occupe la nature durant les 
premières années de la vie. On sent dès lors 
quMI faut la laisser faire, et se bien garder 
de contrarier ses efforts, son travail, dans 
celte direction primitive. Il est évident, eu 
effet, pour tout homme tfui sait observer et 
ri^fléchir, que Téducation des facultés phy- 
siques doit passer avant celle des facultés 
morales et intellectuelles. Mais si, par une 
institution^ mal enlendue , il nous arrive d'in- 
tervertir cet ordre; si, au. lieu rfe laisser à 
Tenfant le temps nécessaire pour la nutrî^ 
tion et Faccroissemént , nous voulons faire 
briller l'homme moral et intellectuel de tout 
l'éclat qu'il peut jeter , à l'époque où l'homme 
physîqiae doit être cultive avec soin, il en 
résultera nécessairement de& fruits précoces, 
qui n'auront ni maturité ni saveur, et qui 
ne tarderont pas à se corrompre. « On voit 
bien briller alors, dans la république des 
letlres, dit M. CÂilleau, des: enfans cfélè- 
bres avani le tetpps d'une juste célébrité ; 



S,.li 



= mais, pareils à ces corps célestes qui scïntil- 
'' Iftnt un iDOmeiit à la brillante voûte de» 
d'eux, et qui dispnraissent avec la rapidité 
de l'ëclair , ces jeuiies sujets obtiennent notre 
admiration sans doute ; mais nons ne faisons 
que passer, etils ne sontd^jà plus.Toujour» 
tristes, toujours mélancoliques comme l'in- 
forliiué Pascal, sans cesse occupés d'idées 
profondes et d'écrits au-dessus de leur âge, 
ils voient l'acte de la nutrition s'altérer de 
jour en jour, et les tenir constamment dan» 
un état de faiblesse et de langueur. » Le cer- 
veau exerce alors une influence prédomi- 
nante et vicieuse; il devienlconime le centre 
de tous les goûts , de tous les peuchans , de 
toutes les affections, lorsqu'on le fait trop 
vivre, a dit, avec son énergie ordinaire, 
Van-Helmont, qui eut si souvent des idées 
profondes et pleines de sagesse. La force est 
surabondante , et foutes les autres parties de 
l'éranomie animale souffrent de cet excès, 
qu'il appelle exubérant, II ne faut donc ja- 
mais, s'il est possible, que cet organe se fasse 
centre dans le premier âge de la vie , où l'on 
doit lâcher d'avoir des fleurs pour avoir un 
jour des fruits excellens. 

Si cet axiome élablien physiologie est vrai ,. 
que plus un organe remplit de fonctions 




d 



( i69) 
que plus îl est exercé, et pin» ii est exposé 

, , n I :è System* 

à être malade, on se trouve forcé de poser digestif. 
en principe qne presqne toutes les maladies 
des enfans doivent avoir leur siège dans le 
tube digestif, diaprés la prédominance dont 
Jouit ce système. Cette opinion n'est point le 
fruit de Hipagination; elle repose tout en- 
tière sur Pobservation la plus exacte , et se 
trouve consignée d'ailleurs dans un très- 
grand nombre d^ouvrages , parmi lesquels if 
me suffira de citer cenx de Van-Helmont , 
de Baglivi^ de Zibimsrmann, de TissoT, 
d'AIph. Le Rot , de Halle , de MM. Raw- 
QUE et Gardieiv, etc. Cette opinion a été 
émise aussi pat ExittULLÉti , dans un ouvrage 
qui renferme d'excellentes vues cliniques : 
)e veux parler ée son çaîetudinariUTfi in^ 
fantîle. 

Rbga, dans son précieux Traité sur les 
sympathisa 9 ne nous dif^-iTp^s que les ma- 
ladies cérébrales, si fréquentes dans Ten- 
fanee, ne sont dues le plus souvent qu'à une 
altération du système digestif? 

Sennert a également prétendu que Tépî* 
lepsie et les convulsions qui attaquent si fré- 
quemment Tes enfans^ ne reconnaissent, dans 
le plu» grand nombre de cas, diantre cause 



f 170 ) 

qu'une lésion des organes coiifenus dans !, 



1 



ili^iir. cavité abdominale. 



Enfin iiofre professeur Baumes dil, en par- 
laol de la prédominance imaginaire du cer- 
veau dans la première période de la vie, 
(1 (]ne les sources du plus grand nombre des 
m^iladies des enfans n'oni rien de commun 
avec cet insirunient de la pensée el avec les 
nerfs, comme organes îdiopalhiquenient af- 
feclés. » 

Une chose bien remarquable, c'est que, 
dans toulps les affections sympalhïqnes qu'on 
observe dans Tenfauce, on n'y rencontre ja- 
mais ces cruelles maladies qui nous privent 
de la plus belle portion de notre exisleneeV' 
l'usage des fiicullés înlellecfiielles, (andiff 
qu'elles ( les aliénalions mentales) sont tj 
fréquentes dans les ^ges suivans. Celle réJ, 
flexion, quîse présente loul naturellement, 
et (fui ne fait que donner une nouvelle force 
à noire uianitTe de voir, nous porte à cette 
consér[ueuce rigoureuse, que si l'on n'ob- 
serve point ta mélancolie, la manie dans b^ 
premier âge, c'est que les faculls's iiitellec- 
tnelles ne sont pas encore son partage,, ef 
(jiie l'on ne peu! perdre que ce que l'on a. 
On a également observé que les insensés ou^ 



'( '7' ) 

en géuéral ua appétit qui tient presque de 
la voracité. Ne dirait-on pas qu'il y a échange aigesiif. 
de fonctions entre ces deux systèmes ? Ce qui 
semble justifier cette assertion, c'est que si 
ces individus reprennent Pusage de la raison 
pendant un temps plus ou moins long ( les 
intermittences dans ces maladies sont assez 
fréquentes), oh voit aussitôt l'énergie des 
organes digestifs diminuer^ et ne reparaître 
que lorsque ces malheureux sont do nou- 
veau privés de ces facultés incompréhensi- 
bles de notre être : c'est là ce que j'ai été à 
même d'observer chez une personne du sexe 
qui se trouve dans cette fâcheuse position. 

Si l'accroissement est, comme nous l'a- 
vons prouvé, le but principal, exclusif, delà 
nature dans le premier âge, il devient dès- 
lors facile de se rendre raison de cette pré- 
dilection, si je peuxm'exprimer ainsi, qu'ont 
alors les maladies de se porter sur les or- 
ganes de la digestion. Plusieurs causes d'ail- . 
leurs vont nous servir à expliquer ce phéno- 
mène particulier. 

Et d'abord si nous portons nos regards sur 
le tube digestif de l'enfant , nous voyons que 
la longueur en est de six à huit fois celle 
de tout le corps, et que l'intestin grêle, qui 
commenceà l'estomac et s'abouche en basdans 



C '7» ) 
• le gros inlestiu, forme à lui seul les quatre 




.licMU*'""'* cinquièmes de lout le canal iiileslinal. C'fj.t 
donc dans cette sorte d'hypertrophie inlesti- 
nale qu'il faut, sans contredit, chercher la 
raison de la plupart de se^ maladies. Passant 
ensuite à l'examen physiologique du tube 
digestif, nous verrons que le service de ce 
système n'est presque jamais interrompu , 
que la digestion est exlrêraeraenl active, parce 
qu'il faut qu'elle soit proportionnée an bescÎD 
qu'a le jeune individu de croître el de réparer; 
et qu'enfin, par l'exercice de ses fonctions, 
le système digestif se trouve toujours en con- 
tact avec dps corps extérieurs; il est consé- 
quemmenl exposé à deux sortes de causes de 
perturbation, celles du dehors et celles du 
de dedans, on de l'organisation elle-même. 
De plus, comptant parmi nos organes sécré- 
teurs-excrémentiels généraux, ce système se 
trouve encore, sousce rapport, être eu cor- 
rélation avec la grande membrane de la 
peau, considérée comme siège de la perspi- 
ra lion cutanée. Enfin , si à tontes ces causes, 
qui très-certainemenf doivent alimenter, aug- 
meniermôme l'irritabilité naturelle de ce sys- 
tème , nous ajoutons l'activité de son accrois- 
sement, il en résultera qu'il sera plus exposé 
à être affecté que tous les autres organes, 



(«75) 
<raiifant que, par son hypertrophie, il est 
originairemeot plus traitable. Ou ne doit^ S^*f^"*® 
donc plus, d'après cela, s'étonner de la fa- 
cilité et de la fréquence qu'ont presque toutes 
les maladies, qui peuvent se développer en 
nous à cette époque , de se porter sur l'appa- 
reil digestif. A cet âge , en effet, ce système , 
nous ne saurions trop le répéter, jouit d'un 
surcroit d'activité tel que la cause la plus 
légère, qui, dans un autre temps, n'aurait 
pas occasioné le moindre dérangement dans 
la santé, ou bien qui aurait produit des ma- 
ladies différentes, porte aisément au degré 
de suractivité morbide, d'oii résulte l'in- 
flammation de la membrane muqueuse qui 
tapisse l'estomac et les intestins. Cette inflam- 
mation est peut-être la maladie la plus fré- 
quente de cet âge ; et cependant à peine eu 
est-il fait mention dans les auteurs, aussi 
est^elle malheureusement très-souvent mé- 
connue, et peut-être encore plus souvent 
confondue avec l'hydrocéphale. Cette double 
erreur tient, d'une part, à ce que perdant de 
vue que la vitalité est alors en excès, l'on 
a considère les maladies de Tenfance comme 
présentant toutes le cachet de la faiblesse : 
de là l'abus des toniques, des stimulans; de 
l'autre, à ce que l'inflammation du sys- 



dlRC^if.''" 



( '^4 ) 

' lî'iTie digpsiif prt^seiile , à cet âge, un carac- 
', 1ère teliemenl lafetil, que le plus souvent on 
n'en soupçonne pas m^nu^ IVxîslence ; el 
enfin à ce que l'altéralion de celui-ci al- 
taqiie inamédiatempnt !e cerveau, en verla 
de rétroite sympatliïe qui unit ces deux or- 
ganes; de !à tous k'ssyniplôraes qui peuvent 
f;iire croirt* à nitc maladie ci^rébrale, idiopa- 
tliîque ou primitive. 

Il est une afFectîoii vaguement indiquée par 
RœoERER et Wagler, signalée d'une ma- 
nière moins équivoque dans les observations 
publiées parHuNTER, M.CHAUSSlER,etc.,et 
que les auteurs avaient appvlév. perfuration 
spontanée de l'estomac , jnsqnVn iSai , 
époque à laquelle M, Cruveilhier , aujour- 
d'hui professeur d'anafonùe à la Facullé de 
médecine de Paris , publia une excellente mo- 
nographie (i) sur "cette malarlie, qu'il a vue 
régner épidéniiqueinenl à Limoges, sa ville 
oalale, oii il pratiquait alors la médecine, et 
dans les enviroits à la fin de l'été i8lg; ma- 
ladie à Iciqaelle cet observateur a donné le 
nom de gastro-lritestinaîe des enfaus avec 



(0 Voy. Médufine pialiqiie éclairée par l'mialo- 
nie et ta physiologie pathologique. Paris, 



J 



( ï75 ) 
désorganisation gélatiniforme ^ et qui a, ^ss- 
comme on peut le voir par le tableau qu'il ^jgesffr^"*^ 
^11 trace, beaucoup d'analogie avec l'hydro- 
<^épbale interne , ou maladie cérébrale. Ces 
deux affections, en effet,ditM.CRUVEiLHiER, 
si différentes par leur siège, ont des carac- 
tères de res^sernblance tellement irappans, 
que les observateurs paraissent les a voir 
presque toujours confondues. 

M. Jœger, qui a écrit sur. le ramollisse* 
►ment du fond de restohiac (i) long-temps 
avant Tanteur que nous venons de citer, ne 
craint pas d'attribuer J'affeetion de ce vis- 
cère à une influè'nce sympathique de Tencé- 
phale. Après tfvoir combattu Topiînîon éiûise 
par HuNTPR sur cette maladie, après en avoir 
donné la description, après en avoir cité les 
exemples qui s'étaient offerts à son observa- 
tion, après "lui avoir assigné deux marches, 
Tune subite ef l'autre lente; après avoir en- 
fin fail coniïaîfi^ les symptômes propres à 
chacune^ le médecin aulîque s^occupe de 
l'autopsie cadavérique. Notre intention ne$ï 
point de signaler ici les résultais extispices 



(i) Journal de médecine publié par M. Hufeland , 
mai 1811. 



( .76 ) 
que lui ont fournis les iadividi:^ qui avaient 

Système , . 

digestif. succombé ; mais nous ne pouvons nous em- 
pêcher de dire que la membrane muqueuse 
gastrique semblait toujours coa ver tid en une 
sorte <4é' mucus gélatineux^ soit dans toute 
son ^endu^^ soit dans quelques points iso^ 
lés.'Ëh bien>l ayec toutes ces données, avec 
dèsif^ils^ précieux, chose presque incroyai- 
ble! cet observateur laissa échapper la vérité, 
qà?ilk(i''eAt'élé'fii^ facile d'atteiqdre. Gom- 
men^el)i èffBit^fie pasreconnaitre une gastro^* 
efit^fé dans la maladie dont il nous a laissé 
là descriptioÉ? (^ {)ense bien qu'une fois 
eÉgf^^dafis rérreur ^'Fauteur dut faire^usage 
d\raie thérapeutique tout<-à-fait irrationnelle^ 
et^reénséqu^ïi^trèa-funeste. Aussi M. Baous- 
sÀftôi doQtoâ ne pent plus taite le nom^uaod 
il s^a^t de phlégttlàsiès^ ne manque pas.de 
loi^ei) faire^')^piius^vffs' reproches. Il blânie 
ë^âléâ]!éiit''t^bropH)it^iS'iflii^ ou moins gra- 
tnlf^^ qbé lëi Hkriiï^^jMês Ghaussiër, les 
EteËâGâJMkilNV'^' plusieurs médecins aile* 
rtiindsyoW ënaîses toup-è-tour pour expli- 
qu^i^'^celte .atiéraliôn gastro-intestinale. Le 
pbèfesseurdu Val-»^e-6râce était trop sur 
soîi tétfrdîti poui^u'e- pas réfuter vîcforieuse- 
iiient ces'<îiVe.rse8' hypothèses^ et pour ne 
pas prohve,!* 'd'nhe tûaiiière irréfragable 



C »77 ) 
■que le ramoUissemeut gélafiniforme n'est 
qu'un mode de ierminaison de rinflaiiiina<i- dîgesîu.^""' 
tion des organes digestifs. 

Le développement, dans rintérieur da 
canal intestinal ^ de ces animanux parasites ^ 
connus sous le nom de vers^ entraine aussi 
la même erreur que nous signalions tout à 
rheure ^ et qui est également beaucoup plQs 
fréquente qu^on ne le croit* 

Enfin Tirritation de la membrane muqueuse 
gastro -intestinale, déterminée tantôt par un 
amas de mucosités ou de matières bilieuses 
dans Testomac ou les intestins, et souvent par 
une mauvaise digestion stomacale,: tantôt par 
le développement progressif ou 3ubit des gaz 
dans le canalintestinal, peu(.fp.çorÇ:4onner 
lieu aux ïnémes résultats.. Oa ae^ii cependant 
combien il importe de déotder'siJQs acci^ 
dens que Ton observe sont ^psivûlifs on aynr- 
patbiqne^» L'erreur dansoefb^estmenrtl-ièr^t 
aussi suis-je très-porté k crrâro qqe si la mor- 
talité chez les enfans çst.si considérable , c^esl 
que Ton ne fait pas ,asse|& çl^^ttei^tion. à I9 
prédominance du systèmedig^at^*, et à son in^- 
fluence sur les organe» encéjAaKques. Il ne 
faut donc jamais perdriedevuer^ danslefraif^ 
ment des maladies des enfans^ cette liaison 
ctroife qui existe entre l'abdomen et Tencç-r 

r. 96 de la Col. 35« iie la 2' Ser. AoÛt. 1 2 



( 178 ) 
phaie; liaison qui a été si bien signalée par 
tligcsuf. la plupart des auteurs anciens, et mieux en- 
core par les modernes, et notamment par 
MM* Prost et Broussais. Enfin un laborieux 
anatomo-pathologiste , M. Scoutetten (i ), n'^a 
pas craint d^avancer que, quand le premier 
est irrité d^une manière aiguë ou chronique, 
làr membrane du cerveau , désignée par 
M. Chaussier sous le nom de méningine ^ 
participe toujours aux mêmes nuances d'ir- 
ritatîoa(2). Toutefois gardons -nous bien de 



\i) Voy. les Recherches àCcmatomie pathologique 
que cet auteur a consignées dans le Journal universel 
des sciences médicales j tom. a8, pag. 257 et suiv. 

(2) Cette proposition ne me parait rigoureusement 
vraie , que lorsque rinflammation de la membrane 
muqueuse gasUioriatestinale se trouve bien établie ; 
eijLCore ^ême £aut-il qi^'elle existe depuis un certain 
temps, pour que celle de la membrane du cerveau 
aitpu se développer. Je pense donc que , en vertu 
'de l'étroite sympathie qui unit ces deux membranes , 
celle du cerveau doit, ppur ainsi dire , partager ins- 
tatit^néaient les soufirance3. de l'autre ; mais n'y au- 
jrail-jlpas de l'ep^^g^ratipn àdirc que les phénomènes 
qpi s(^,.manifes\ci^t sont l'expre^ion fidèle de la mé- 
ningite? Pour moi, je croîs qu'elle n'existe point en- 
core , comme le prpi^vent plusieurs observations que 
nous avons lues dans quelques ouvrages^ ou que nous 



( ï79 ) 

regarder les affections de l'encéphale comme m 
étant toujours Teffet sympathique d'une irri- Sysièmc 
tation primîlive du canal intestinal (i). .Gar- 
dons-nous bien aussi d^adopter Toplnion con< 
traire y c'est-, à -dire celle de crtfàûis pàtti- 

avons été à même de recueill^r$^,m^jf .fMe^J/^^.^yoop- 
tômes qui se présentent alors sont comme une sep^i-^ 
nelle vigilante qui nous avertit df.u danger auquel 
les malades se trouvent exposés. ' • ** 

(i) Si cette assertion est vraiè^dans lé pltks graid 
nombre de cas des maladies des enfans, elle est près* 
que entièrement fausçe dan3 les maladies des âges 
suivans, mais principalement cheip Fadulte, oii le 
cerveau est alors l'organe prédomihànt. Il 'ferait sans 
doute inutile d'observer qile je"n*entendi; pârlét*tici 
que de l'homme de lettres , ou mieux encore de celui 
qui , par ^n exercice plus ou môi'fls répété d'e ses fa- 
cultés intellectuelles, fait un centré de <*ef orgàh'e : 
car il serait par trop ridicule de regarder /d'sljiî^s le 
sens que nous avons attaché au mot plrcdô'minisrtfcb , 
le cerveau de tons* les adultes , des ^ot-tefait , dW (Cul- 
tivateurs, par exemple, comme exerçant tin empire 
réel sur tous les autres systèmes d'ofga ries. ''Cela seul 
suffit donc pour nous faire Jscfitir Xàftis Té^ irtcb'AcVé- 

niens attachés à ropîûioh'de' cttùx'f et eèltê'fliitfrfc- 

I - î 

tion est encore général*meiit aidoptéie) quf fixébt^la 

prédominance do cèrvèâu.'diaris l'erifàhicé,'*(tèlTé 9B'Ia 
poitrine dans l'adolesdehee , dèlle'dtf iJyéi'emVgilUH- 
que dans l'âge adulte, *t^<^e?H«î''3u ^yit6îiiÉl -urWÎîre 
dans la vieillesse. î i' jj;- -«...:, '^ 



( i8o ) 
S5?^5s?5i sans du système nerveux, qui . prc^tëndenl 

Système ^'i r a a * j«* i « 

«ligc^ii. H" i' *^"* toujours diriger vers le cerveau les 
moyens thérapeutiques, même dès Pappari* 
tien dfs premiers symptômes. En nous pla- 
caiit entre ces deux extrêmes, nous obtien- 
drons^ u^en doutons pas, des résultats que 
sei flafteraient en vain d'obtenir les fidèles 
sectateurs, de i une ou de Tautre de ces deux 
opinions exclusives. Mais , pour les obtenir 
ces résultats, que de difficultés à vaincre! 
Petrsonne n'ignore, en effet, combien il est 
(Jjfficile de distinguer Tinflammation de la 
partie profonde de la membrane muqueuse 
^g^sfrq -intestinale , qui, d^ailleurs , comme 
npus Pavons déjà noté, a un caractère ex- 
^êmement latent, de la maladie cérébrale 
die,a enfans, mais principalement des nou- 
veau-nés, si l'on se rappelle surtout com- 
.lj)ien ppu est développée, chez ces der- 
niers, la vie do relation (i). Et cependant, 



f^m V* 



,,. (^YA. sapaissaDce, l'homme, a-t-on clit, est son rd 
et aveuglf ; ses mouyemeos sont faibles et ne s'opë- 
rept qu'avec lenfear \ sa figure est sans exprès-* 
sion , etc. : cela dépend uniquement de ce que les 
sens el l'appareil cérebralsont encore imparfaits chec 
lui à cette époque. Un des écrivains les plus pro- 
fonds du siècle a dit que l'âme est une intelligence 



I 

/ 

sans un diagnostic exwty Tobsei^yatioa la 

plus scrupujeuse ne conduit qu'à des résul- digenif- "^ 

fats infidèles^ et la thérapeutique ne repose 

• * * 

que sur de mauvaises bases. 



Mais fout en apprécknt ;Ie» dirê((iu]ies que 
présente le diagnostic des p^dljadie^ dés eti^ 
fans^ n'alious pas, pliant aevant lés ipréju'-^ 
ses qui ont si souvent nui aux progrès oé^ 
sciences , repéter aveo, le ton de Ik couvux 
tion, comine le pratiquent fou^ les lours oe^ 
praticiens tort recommandables, d ailieurs «, 
que les maladies des enfans jptr^eht dés difti- 
cultes insurmontables^ OU spnt du moins bëàVir 
coup plus diflSciles à reconnâijre q\ie cèîtek 
des adultes. Cette se^teiiv^'.desbîàniéj i:fêt 
M. D£SRU£LLES (i), ^lojçneles léuues m^â^ 
cins de Tétude spéciale des inaladiès''âe'\^ért^<- 
fance • et , avant même çÀxet'Vekpérïéniiè tëkr 
ait donné les moyens ^'appjrêciér t&aègrë îie 
confiance qu'elle mérite/ iJs.enireni^tia^Ô^^m 



acquis 



servie par des organes; Celt{!e intelligence ne peut 

denc être bien seryi^ q«fi Tqrsque les organes auront 

;quis le complément de leur orfi^anisation* ' ' ' 

iij Conférez le miémoire &ur les atmcuTtes àuejms^ 

««Ti^éf le diagnostic des mpuidîes des eûjans^'èxif, , 

qu'il a publié dans le jotinùit] génïrdl^iiif'm^Uytt^ , 

^tom. 77, pag. i63. " ' C ' ~''^ ' ' • * 



l 



C 'Sî ) 

^ ^"^^ carrière médicale préoncup^^ de cefte idée. 
■ iSVflrtmc , . , ,, , 

tligesiift' Anssi beaucoup d en Ire eux lie donneiH 

qu'une Ipgère alteiili^jn aux inaiadiej! du pre- 
iQÎer âge; ils les appréhendent comme s'ils 
élaienf convaincus que tout n'esl qu'incerti- 
tude, dgqslear -difigooslic , et qu'empyrisme 
datittleu7> tua item eut. 

lie passage auiv«tnt qUft je lis flans la Mê— 
dec^ pratique de M. Cruveilhiur, m'a 
panuf (élément propre à déraciner le pré- 
jugé contre lequel uous nous élevons, que 
je u'ai pu résister au désir de le irauscrire en 
emier. « Ntjas 'Soaïm*!S;privés, il est vrai, 
dans [c diagnostic des maladies des eiifaus, 
dil le ,prQfesseui- de Paris, de lous les ren- 
spi^nemeiis que peiil doiiaer le malade lui- 
même : mais ai^iiSL nous avons des corps 
neuDi'iK trdift^r; mai^ les organes souffraos 
parlent aux sens d^ médecin habile à les 
inlarrrogep, d'une manière bien plus élo- 
quente que tous les discours; mais nous 
somfliee délivrés de ces aETectious morales, 
^eces préjuge* d'édiicalipn, de ces maladies 
àntécipliros , de ces récits mensongers, où 
l'on semble prèiidre à lâche de nous Induire 
eivejreuf ,en:dt'naUiran( les faits, en insistant 
sur^^e^ ghp^^ ^cc^KSoires, en glissant légè- 
rement sur les choses iniporlajLile,^ou en les 



l 



â 



( l89) 

oinettant tout*à-rfait; «d nous traçant, pour 
ainsi dire d^avance^ la ligue dans laquelle dîgestîf. 
nous devons marcher^ sous peine de perdre- 
la confiance et de passer pour un miKuvaia 
médecin. Disons donc qperles^m^IlMliési^es 
enfans, prises à tenjps^ soàt^èn génémJpti», 
faciles à guérir que celles deîsiwJtiitesrjJqiïe 
si Tactivi^é de la nutrifîon èl d^ ^4tKits U& 
mouvemens organiques rend les dé^drdr)^ 
bien plus rapides, la même ^cti vile >teiid'4(^; 
remèdes bien plus efficaces. •>i ' * ^' ;v' 
Maintenant,, de tout ce qui précède, ôObÀ 
croyons pouvoir déduire les corollaires siiî^ 
vans-: . ■ ' . • ' ^' ■. ■ ■■ ' '•' '• 

1**. Que dans renfanjbè ,. Id bni prrqc^al^' 
pour ainsi dire exciuslif de la tia1ùte';'.'*tft 
raccroissemeut du jeùnë iladividlj';: • ' ^ ■ 
li**. Que , ;à cQtfe époque de lia Vîev tiDus^fëS 
systèmes du corps, en tant que vivans j coft^ 
spirent pour cette œuvre admirable ^ \é^ titis^^ 
par une énergie d'action plus pr<;>tioncée> 
ce sont les systèmes digestiF, assimilateur et 
ciçoulaioire ; lee autres , p^r vp sileticqi etud 
repos plus ou inoins^: complet, ce aorït teb 
systèmes, cérébral et générateur ; 

3*^. Que tous les organes destinés à là nu-» 
Irition exercent à cet âge un empire -^ réel 
sur toute {"économie anitâate, et que nouâ; 



Sjsu 
difjestif. 



1 



( .84) 

™ avons désigné parle nom de prédominance^ 
4°. Qne le cerveau ne 'prédomine dans 
fenfance qu'au détriment de l'accroissement 
età&)avië; 

' '^5";' Qos Ibs ofFccfîons cérébrales et autres 
maladies du premier âge reconnaissent pres- 
qne tonjours pour cause une allérafion quel- 
COTjqae des orgïines digestifs , on du trisplaii- 
chnique' et ide'scs diverses ramifications; 
1 'ffi^.'Qoe bMVnênibr maJadies disparaissent 
par conséquent sous rinflnence des agens 
thérapeutiques, dirigés spécialement vers le 
tube intestinal; 

7°. Que les anti- convulsi/s , les anti- 
spasmodiques ne doivent être employés 
qu'avec |a plus grande réserve dans le trai- 
-'^pipnt des- affeclions cérébrales de enfans; 
j,',§^, Enfin, qu'il est possible, à l'aide d'une 
attention bien soutenue, d'une exploration 
bien attentive des signes que nous possédons 
dans i'élal actuel delà science, de reconnaî- 
tre, lorsqu'un Rnfan test affecté de maladie, si 
eellc-cf a son siège dans l'encépbale , on dans 
l'estomac et IfS intestins; en d'antres ter- 
mes, xlelle est priraifïve où sympathique, 
fortiûQtt si è'era fait enlrta: dans cet examen la 
«nnière >d« vivre plus ou moins favorable 
attx. progrèsi>dE :1a maladie à redouter, etr. 



C *85 ) 
BiéQ entendu que je prends tonfours fa 't 



■nfe»' 



vérité dans le sens général dont elle est sus- aig^^. ^ 
ceptible aux yeux de respritlaplosisëvère^ 
cVst-à-dire quMl ne s^agit point îdeL'tiejffner 
toujours juste, mais seuleaH^Pt^db ise'tirotdper 
moins souvent qu'on neiOtfmcfntr^x^^iwi^ 
rite; car, an fond 5. o?o5|ïè)!fei|mpft^iie^ 
génie borne se» trioo9^^!besrf^médbaMie>|ara- 
tique ; la vraie f^ilMopfaia^DÎavbaa qiwficwèx* 
là, le charlatanisiiia#eiilfy$i«iriaH eQf|nrôtoet« 
fre d^ autres» .'\ ^.uftv iaonr.^»no!^» ibq 

Observation d^un T^m\t»hTiï'êtfèé4ntèfise^ 
çui se tertniiià-^i^ Whe^ fffffettl^ffàttiiiti 
métastaiiqûe 'Skpènêê».dif);^ià yt/Ém- 
laKd, doctètft- fil' riiëdéëîtj^ d^ ta B^^ttS 
dé Paris, aètâ«tt«iitiëtii \b«mbli«' 4^#sii£dK 

' -! ' ^^ fJoh i'-irj'«:i \K'^r*\ phbI^ 
Victoire 'Labbéyr.it»rtphànd©idBr?fiTifit»ià ^^^^"^^ 
Paris, âgé&.rilf^;sai£b?Mfi^^jl^i2nerylbMenLie^ 
constittiéfi^'bienàr^éiid^bisMdrl anq'etajRafit 
toujours yr^k dîunBBfifebnnHeÉfte ^^kùXk^^ ^mnft 
éprouvé ^'Icos db0iB':psèiDièr{i ]iitÉailrta4JfaB> 
quelques palpî4Stîonspyt^i:'>avffieof>cealérîaK 
médiatemènt aprài dette lépdque^tsoais a*é- 



s taie»! reproduilos à chaque relour de l'écon- 
meol périodique. 

Gelte jeune fille, ayant passé quatre nuits 
on plein air nu marché, et rais ses pieds dans 
l'eau froide pendant la durée des menstrues, 
supprima oeHes -ci pdr cette imprudence, et 
ressenlit aiissilôt des douleurs excessives , d'îi- 
borddttnsl'articula^iontibio-farsienneganche» 
puis dans celle dû genou du niônie côlé, dou-i 
leurs tfn'flpoorapagnaieiit des frissons et mie 
céphalalgie intense. Le sixième jour, la mala- 
die envahit les articulations du membre ab- 
dominal droit, et celles des membres supé- 
rîeîirs; le huitième, un médecin fil appliquer 
huilsangsaesàl'anusjetpresorivitunpédiluve 
sînapisé. Le lendemain , 3o juin i825, neu- 
viènie'jour,la malade est transportée à l'Hôtel- 
Dieo,' salle Sainf-Côme, n". ii, service de 
M. Hussos. Le rhumatisme occupe non seu- 
lement les artienlations des membres, à l'ex- 
ceptionides articulations coxo-fémorales et 
deJ'^pci|iile droite, mais encore la continuité 
doioaqxrrcii et k's moscles des. parois thora- 
obiqnoaet'abdomiiiales. Le pins léger altou- 
chenjent , Ilingestion d'un liquide dans l'eslo- 
luiift'la 8ioiadre.!iecoussedelQiix provoquent 
d^sii<k>iiiietitSi,iet la aiaiadeést en proie 
SOU&afjoBslefii^us -airooesjLa respiration 



aux I 




( »87 :) 

petite, fréqu!Bnte,aqxieuse; le po4als fi«t pliPin, • 
fort et fréquent: la peau, dbaude: la langue. ." ^^^f^î.i 
pâle et couverte d^nn enduitsabucral ilatiiau-i 
che sèche et amère, la soif arde»tQ,^'lidlk^nef 
fétide; le teint est d'un jauneAaletqpS]|)pigpàQnG!é , 
( saignée de quatre palettes^ itsdnend^opg^-. 
gommée, émulsion )« Lct^^njg eat coueùnconr» , 
Le soir point d'amélioration (deiiÂDi)m&Mi>f. 
gnée de trois paleltea^r;: cette ffiûsrciJei sang, 
est séreux , et le caillot ii!offceij)aEi>d9<CO\|^Hiieii 
I*'. juillet, augmentation .des doi^ieuritiei: 
de Tanxiété; pouls pioa, dépressibl&etpresr* 
que sans fréquence (bains de yapeuraadoûr 
nisfrés au moyen de tuj^auxiqui se rçndent 
dans le lit de la i^la4jl0).];i^.^jli: ;Ce|Ifh^îitrt 
endormie. f ^ !« . « '.. j.-.t 

,Le 2 au matin > 9011 étaA estcmanife^tf^aeiit} 
meilleur; les dpif I^i^^ . f^nt beaocoup.^iiiQiriir 
d'intensité; le membre abdon^inaJl gaucli&ciÂt 
susceptible d'une légère. flexiocb;ifleih<ai}tk;iH- 
lations sont moius tuméfiéefffJa.cenidfi^etJjes 
doigts du mème^joôtésont libres^ le pqighet 
est désenflé, Atdroitéyile coude et le.pouodt 
ne sont plus.d<fuldai«iiaipiratàis JeiBhupia^ 
tisme a eaVa]ai<J!é]MiniefiqaiErll avait ^pm^gnélei 
jusqu'alors:, UeflotreJouiiéiioférteu^iest eb(an?e 
immobile. L'état dèê.nmscle$.àiJ^iv0iimàstM 
même^ par coiisé(|QOQltia iikepp9|t^tioo<. iou** 



i 




jours petite et anxieuse. Le pouls est plein , 
mai» ondoyant, mou et snns fréquence; la 
langue moins sale (nouvelles fntuigalions). 
Le soir amélioration marquée, iranspîration 
générale et (rès~ar(lve, dpcubitns sur le côlé 
<îrpîl; douleur dans le sein gauche. La nuit 
esf.çaliDC, la malade est livrée à un sommeil 
réparateur. 

Le 3, nous trouvons l'anxiété presque nulle, 
la physionomie plus sereine ; les articulations 
sout h peine (uméfiées, les deux épauie.s et 
le sein gauche sont seuls douloureux (fumi- 
gations, laveinens ëmollîens, limonade). 

Le 4, leiijt meilleur, pouls naturel; les 
douleurs ont quitté les épaules et le sein 
gauche, pourse porter aux articulations coxo- 
fé.i;norales ; la soif esl toujours ardente (fa- 
migalions, derai-lavemens, limonade). Le 
soir la respiration esl redevenue anxieuse, 
les e-xlrémités inférieures sont douloureuses 
dans toulè leur élendue.' 

Le 5 au matin, le ponts est fort, plein, 
r^istaul et fréquent; la peau très-chaude, 
tâi^espii^alion pénible, courte et précipitée; 
les traits du visage affaissés expriment Tim- 
patiertqe (troisième saignée de trois palettes, 
bains de vapeurs). 

Le 6 , point de diangement : le sang tiré 



i 



C 189 ) 

<1e la veine offrant une couenne, on réitère 

la saignée. ^ ^j^^^. 

Le 7^ pouls bien développé et résistant; 
diminution de la douleur d^ns rëséklréitiitës 
inférieures ; Tétat des pulsation^ arreriilP&^t 
le mieux obtenu indiquent i^ùtmte aiiiiè^ 
cinquième saignée; elle est ifiteaussitàt, i^a 
pour effet la cessation dés 'âovlléù9à -iSani 
toute rétendue. où cellçs-ci se faisaieûVséjÀili^lc 
Texception du gehoja jgàucnë, flcSfiPlW'fumé- 
faction persiste ; le bonis çist mou et, peu con- 
sistant, la chaleur diininiiéèî la éfguiîs pâYe. 
Ces circonstances engagent M. HussON a jre- 



face externe de la iapibe gîÀiclie : 1d Vunoi^r, 
faction du genou se dessine, ma^s celte parue 
reste douleureusei. 

Le 9, pouls faible, mou,. petit, irès-frè- 



prostration 

assoupissement 

ra 

cœur 



tion petite, précîpi|(éé; les bkilëtiïèiif^W 
sur soulèyeu^ lAÏj^ém^enf lâ'.pâroiTOÔrâi' 
chique. Les contracV^'ns des Ve^lnci3(ëTroYrt 



' bruyantes, in^gaies , irrégu litres , el ne ré- 
' pondent pas à l'élaf du pouls qui est loujonrs 
pelif el faible. Celle discordance i[idi<ji](^e par 
M. Laennec, comme un signe de la péri- 
cardile, perd ici, à mes yeux, une partie de 
l'imporlance que lai accorde ce professeur, 
parce que la niaiade , comme je l'ai déjà dit, 
élait sujelli? à dei palpitations, chaque fois 
qu??jle alleignail l'époque de la mcnslrua— 
iion. Plusibiirs persoiiues, présciiles à la vi- 
site 3 cOacIoent iiéanmoius des symptômes 
exposés pJ»is haut à l'exisfence d'une péri- 
cardite; je demeure dans le doute, et sans 
rejeter ce diagnostic, je pense que les phé- 
iiotnènes manifestés par le cœur pourraient 
bieu n'être pas purement sympathiques , mais 
aussi l'expression d'une altération matérielle 
de ceÉ organe, d'une dilatation de ses ven- 
tricules, 

On verra plus bas jusqu'à quel poini ces 
deux mafiièrefide voîlr étaient fondées (on 
continue les ifumigations). Le 10 au niatin, 
même état d«: proslrfrfion etde somnolence, 
alléralion plus uiarquéedes Irai ts( bain liède). 
A deux heiires après-^midi. M, Husson vient 
VQir..lH..raalade., la trouvée;: 'proio à des an- 



gOJ^M Q8lfiîin^s,'bt 4o^fei4aippliqufj 



T des s 




napisiïies à la partie interne dés bras ; mais 

comme il Tavait prévu , cette malhenr eusè ^js^e. ^"^^^ 

expire quelques heures après. 

Ouçârlure du cadapte/tre^^^iticfiêÉli^s 

après la mcmfi) o'>iuwioq(ni i 

Habitude extéràffipre^ Erhhènpoifff ôvêî^ 
naire, pieds légèremerfit itbitié$<^i'^^6Us 
trouvons, eu ouvrant: ies'^qrliisuiWriB^h^iitffa 
gonflement bien appréciable des cfarlilarges^du 
genou droit; partout ailleurs le rilumatistne 
n'a laissé aucune trace de son^^exiitenoe.--^-^ 
Thorax. Quelques^ adhérences * ]^I^tfréli^?fs 
anciennes existent dà^c^té'^tftlidhl^^ m^té tt^s 
ne voyons aucun vesl^igecieptétfré!^^é^my. 
Les poumons sont^parfeifeméal ^sariins'ëf îcré*- 
pifent dans toufes'léiirs parÉîes;^iEie.pér(<sâFde 
renferme une grande quantité de séroâift.'ver- 
dâfre^ dans laquelle) D0^eut^t)tfâttisei]^ Me 
flocons aibumineux.-iiSivpalrtie'âéifMfiiaëiqui 
recouvre le cœUr ésti<ta)^»éeîâ\ttie-i|^&ipdo^ 
membrane , sémi^^cargânsiBée^/i t^géàlPif^ 4^ 
offrant quelques - ajpparences '^ di^^ iraitoôdUft 
capillaires Mn^4iiri^imég»l|o^et «rabblfetite/à 
sa surface libre, Jnse'àî sa faceBbd^^lefft^, 
ayant enviroliiiuie ligné 'd'épâissënt» 6tt|)ias* 
sablenient consistante. Le péricarde , lui- 



< '92 ) 

^Bft ^^r même, paraît êlre un peu plus épnis que dans 
lisme.""""' '*** *^^^ ordinaires; il est nigneiix à sa sur- 
face libre. Le cœur pst décoloré,, un peu 
flasque ;. le* deux ventricules, surtout le 
gauchie, Son» <liialt's d'une manière remar- 
quable; lenrs pétrois .lembleul êlre légèrement 
hypertrophiées. Les orifices rniriculo-ventri- 
ciilftires, les oreillelfes el les gros vaisseaux 
n'gffroDf rien (f« pan-liculier. Tous les antres 
organes sonlidfl(i8'l^t élai normal. 



ob «I&t ù\ iHOiilq'u "I' 
O^ef^Viathn sur ttfie amputation du bras 
dans l^ articulation scapuio-humérale j 
(MiïiM. J.,-f t BPNEILS» fils aîué, docteur 
«o médecine à Naucy (Meurlhe, ) 

(Séance du 3 fe prier 182&.) 



I- Joseph-Louis , âgi^ de dîx-buit ans, natif 
de Citey, pr^s de Bhimoul, département de 
la M«u>lbe, fut admis le 20 septembre 1822 
à la Maison de Secours de Nancy, poury être 
traitPJd'ano tumeur très'- volumineuse à l'é- 
paule idroit«. 

Yers Ujfinde'déf-embreiBsi , Louis était 
tombé) tlaibard d'un roufae^Kititis uu trou de 



( '93) 
la profondeur d^à peu près un mètre (trois ^ 
pieds )3 que la neige cachait sous ses pas. ^^^^^ P^^" 
Dans sa chute ^ Pépaule droite ayait porté 
rudement contre la pierre, fii howl y, mv^ 

une vive douleur. Il vQ^y, ,|î^iid'«iil6cd>4vMb^ 
peu d'attention ; mais qnQlqtlM>Îplirt»k;étcfaibi 
écoulés sans que la dQfftAW^AkwMêA^A^lfii^ 
consulter une fw^gp^fiqfij^fMm<!pnil^l^ 
lui remettre Jb^jbr^Ailfli^in^^ ^SuMOIttii^'» 
des pressions fii^fifsfuoiifiibm^êlàwdQWOUlfio 
et réitérés sur la partie supérieure du bras 
et sur Tépaule. Ces manœuvres , qui n^étaient 
nullement capables de replacer la tête do 
rhumérus^ s^il y av«it en loacalîon^^ttk^ fiftni^^ 
qu^accroitre la srasi]Uiitéida1ayiiilii^nkitad^ 
et les douleurs Joilild«ft4ittifnUer*j«llèiAftil«| 
augmentant, ^f jT/i^ i;MuiA i mui r.ifi'jiu jio 

Dans le mois de janvier suivant ^ Louis 
consulta un uvéttedv'viidl diaifagéid, qui^ 
dit*il, lui remit le bras. Nouvelles trac- 
tions^ nouveaM t9nr«lPil»:Mi||r«n|UMi]aû0f. 
lagement; au G0ii.tr4«r«iuVlirtîbQl«)ippyd^: : 
bien douloureuif^^ lu d4¥iatitiioC|r,e,4lMVilil^ .^ 
tage. ; }\\\\/i *jI) .'iijojri^^. '.»' ii.iMT.M n\ <> 

Ce ne fut oapflndaatqAVitbbMitridlatqiifÉtmti -)'• 
vingt-dix jours ^ cinq mois après aâi^lhitdy^i : 
que le maladet silia > abnaQltbrtlènBkiBMif 
M. Lahalle, médeoîÉréellétaièBtJDatràify. 

T.^dêlaCol.^S*déia%*Sér. AoÛt. tZ 



I *■ • i 



.« «r- 



tfc 






^*-iL> 'f^ f«">'y^*'r ter:* r?târ'3 • ts qsr Ui 
f;^î.>Ojf; 'î^ rfcurrj^rr» »^ poTTaît que se 
\.f'jy^'9^i i U pçM'ç îrîfîrri«:re 4e cet os, et 
r/< .f ^tr^; ffjèfii*: ivx ot Yolrias, DOtammenl à 
IV^/iOf/f-af^, I>^j5i ]\v^i% va raoorir d*inie 
f^MihhhUi HfTff:ûon h rextrémifé inférieure 
/îij f^'ifrir, ï/fj jfftine homme qii*nn officier 
r'l<? «aiff/; Ignorant dvaîf promis de goérir 
«nri'i «iiTipui/ifîon, quoique mon père et moi 
irM'i»;iiori« roiiséilfë de rcconrir le plas tôt pos- 
kWiU'i h coùù opirniion. Enfin la tumeur de 
tlouîH fttb^Wfiéhi enr'ore et sts^ez rapidement, 
rfûi<1>iit )6m ifin jonm ptns grandes les diffi- 
VVïih<*ii'^«T;impHbllon. 
" 'Mnin Irt Âiijéf y Ifi r^ui'ravanNbras et M main 
liH t\^xtvfiMi\6 mafadè k'endaient encore quel- 
' '/IhriH'krtrvicotf/soilffriInt pêii d^tis le repos, 
Wifilfi^ilt npirliAlrAr^AV de ffairé le sacrifice 
ffn Aoh lirilir. Qudl([Uf considérablement af- 
fnihli par lii maladie V^^^'^o'gr^^ Téfat mélan- 
'i^hMli»it^ llntfl/^eqtlel il ofait tombé, Lonis, 



( 197 ) 
comptant sur sa jeunesse , lespérâit encore - 
guérir et conserver un membre si utile, sur- Uon. 
tout à lui, pauvrehabîtanf delà campagne, et 

n'ayant d'autre moyen d'existence que le tra- 
vail des bras. II en était aiassî,déjtpurnéJp5r 
plusieurs employés de rhôpit^^^qf^î sa- 
vaient entendu parler à mqn pjèr^,, m^ecin 
en chef de celte maisojn , <^ dîfficu|té|^e Fô- 
pération, et derinp^porl^pcp dese^ienjrepar^ 
maiire du saqg,,a?iartoi^f,çl^e^jUji sj^^^^^^^ 

affaibli par la maladiej c^^ i^(&^^^A^?ir 
tité de vaisseaux trèsridilatjé^tïu^jr^mpaieiit 
.sur la tumeur a^jOjODÇ^itiM^ V.^P^'if^ë.'^ 

abondante dès Ift^^^fW^fP®!,^ '•rjPrn'f *^^"* 
Je fus donc forcée de j|)j^^j;^p,Ynj.fra^^^ 

ment Y>aUi&iit,.êii^mi^'^\mh\PfS,f:%0^ 
stades disparusj?çii;ii,. J['eçipî^?yj^,;|e.^ SSÎ^T:^?'* 
les sangsues, qxâ a^a jeflff , ^i^^siÇMjjj^^ ^îjjî'f" 
fois, des cafaplas^ne*,é,iflp|i^ia^^jç|jî.^ >5^*T® 
antiphlogistiçjup,^péi?ftf\t P^^p |^^çj^^jÇ/^tf, 
ralentir la marche d/?,,)ft, flji^}^d«P»s|pç$,^pu- 

leurs alroce8iiw\W^?ff{;j'e|tyi ftlçrV^:?^'^''* 
aux lopiq«çe,|,(|i^^ijîI^^,^ J'pj)^^ MW>}^- 

lesdoulèurf;âpgjseïi,^i;içp^l,j;j;^^y^jJ[^j^^p- 

les moyï»»,|Mp^s^gDl^j,.|J^j ^r^j.^^ jj^,.^^^ 
Pendant ce: *»qiipn|9ft|j,,PÇ]||,^;^,j^çteurs 



I 



~ Louis Valentin et Koreff, médecin con- 
seiller de S. M. le Roi de Prusse, qui vinrent 
l'ua et l'autre à la Maison de Secours, iQut 
en applaudissant à ma résolution , seniblnieul 
douter du succès de cette opéralîon entourée 
de tant de diflîculic's. 

^e 11 en restai piis moins convaincu de la 
possibîlilé de surmonter toutes ces difficultés 
et de conserver mon malade, après l'avoir 
débarrassé d'uu mal quiallail nécessairement 
lui cauK('r la mort, et je u'abandonuai pas 
Qion projet. 

Enfin, Louis, poussé à bout par la dou- 
leur, elTrayé du dépérissement dans lequel 
il était (onibé , finit par demander instam- 
rueni l'opérai iou , pour laquelle je concertai 
avep mon père un plan d'exécution. 

Uu procédé opératoire que j'avais vu em- 
ployer par M. le professeur DupUïTREN, à 
l'Hôtel-Dieu de Paris, où j'étais élève ex- 
terne, fut, celui que j'adopfiiî, moyennant 
quelques modifications. Ce célèbre ehirur- 
gienopérant dans un cas (i) où l'articulation 



C.) Felic 



t, âgée de viiigt-liuit ans, por- 

;il, n".5t , entrée à l'Hôtet-Dieu 
t i8i8, et coQchée salle Saint- 




;( 199 ) 
^cqpulo-humérale.^taitsaiae, ae .servit d'un '^ï^^^ 
.couteau droit à annulation , a lame, étroite , Uoo. ■ 
.avec lequel il forma d'abord deu;x lainb.eaux, 
au moyeadedeux iqcisions <3;ui ,Pfirtaot rnue 
ftPautre du même point, du somiuêl'del a- 
jpppbyse acroroipn, allaieiii,,,ea s'éc&rjant, 
passer, l'une eo avant et Tautre eu arriéré de 
railiculalion, et se réunir au Cessons, dans 
Je creux de raïaselle, en divisant ïapejiù et 
.toute rëpaisseur du.muçcle dçj^qïde. lT,d'^ 
séqua ces deus lambeaux doi)^ lè rappro- 
chemeat devait offrir une plaie longitudiûàle 
peu étendue et fadile à réunir. Puis, .repor- 
liint sop couteau sous i'affopibyse ,acrpmion , 
il divisa_ Im tendons des.ius-épîueùx; s'oup- 
épineux.et pejit rofid i incisa en même Temps 
la capsule , .pén^fra dans i'ailicul<itiou, ,ïît 
fjes*jen^re ^soii .coî^tgau derrière la tèfe ae 
l'bumérus (p^'it luxa eo dejiçrs, et diyisa 
tout près de cet os les .muscles coraco-bra- , 
cbial, biceps, sous-scapnlaire, grand pecto- 
ral, grand rond et grand dqrsal. Arrivé au 



.Jean, n'. 33, ajaiit une brûlure a^ ^érnîér dégre , 
occupant le tiers supérieur de l'avant-bras^ le poude 
et les deux tiefs inferieui^ du bras ; les oS eUîeiit à 
nu et carbonisés. Elle fut opéré'JWSi'nînflfyèi'S'."" 



I 



K 



( 302 ) 
s tioii par trois aides; un quatrième étant de 
bout derrîéfB la cbaise, et ayanl passé ses 
lûaitis Vmie eu avaut et J'aulre en arrière du 
colidu malade, comprimait avec le pouce 
l'fljîlèrfi sous-clavière à son pa.ssage sur la 
première côle^ un citicjuième aide enfin 
nwioteiwùti^ibj'as drwt inalade,, et devait 
JiA soutenir pendant ropérâliou. 
1 JOebout devant IVpaule malade, je pris 
49,it9 mttin droite qn grand bistouri convexe 
fipr, le fraiich^iit; je lissnr la partie aiiié- 
jrfe^l-'e.deJa J'iiil^uv une première incision; 
elle f'éteiidait du milieu de l'espace qui sé- 
.pare J^s^oni-ruels des deux spopliy-'^es acro- 
-j^tqa et cqrjicpïde, jusqu'au creux de Taîs- 
sell«, <m passant devant rarticulalion. Pre- 
ita^ut ensuite mon bistouri de la main gauche, 
je fî«i;u4Te wpoude îocisiop demi-circulaire, 
-p«iît?tlt,4MiWWfi-|»»int,qwJp,pEemière (i), 



21LL 



(1) En faisant partir cette seconde ÎDcision du 
in^me pomt que la prcraîere, on est forcé de faire 
une légère perle de sul^stance.au laraj^eau postérieur, 
qui, il«iis le cm t^iii noas occupe , afailU ue pas être 
assez,vasli.' pour se réunir à l'autre par preinii;re in- 
tention. Il conviendrait donc inieux , comme }e le 
pro[)0£e daps les courtes réfleiîons ([ui suivent cette 
observation , de faire partir la seconde 



( 2o3 ) 

el allant joindre celle-ci à «on exfréniité in- ^ 
férîeure dans le creux del'dfôselle, mais en tion. 
passant an côté externe de 1â nttHaien^'Çta 
convexité étant tootniéef' ièlà ai5^&ôi'>{^ âÛAlteà 
de passer derfièi'e rôrflcoî&tfeir/eââiA'fe»aiiti8 
le.procédédéM.'DiMrHREN/'^"» ^''Am'i-Mx 
Je cireoDscrWiiJ ^é^dè'àilhàiàhëifSkmS- 
gaux , le posféHèfoiP éfeiï1e-rB"{)ias7gi«tfâ>« éft - 
calculant siir ia'tmib'c^iôil^ <fi?irrf'fal}i^nt 
éprouver. Tfs'étyikffâ-flië^^âë ^tiir'ëf éMj^ 
partie du musbié delfbîde ëéuiîdërllbr^ni^t 
amiaci. Je lei'dëfkchâi en'leé Ui^iséqfaiJhit'tfe 
la surface dé Ta ■tdtnéaF,"^ii'yiïà¥iV t'ërsTârK- 
culaf «on. 'Arrivé k'W*c&pit&W miè&Tà'^ël^e 
rincrsaî àinJi' ^tte' I^!i«miiircfëi"^i [%ëm^ 
rent, en càiniiiënéaW-^&Qs^pb^fàé'^kh- 
lïiîôri ; a'uîife irtaïd )'«oï^ti^'îà>«te"tf# hffl- 
mérus dé%'àaHWpêD<xiàéfâé Fàtttï^ je 
conduisis niohl)istb>an énM'fe-tt^^ifi'^féB 
vaisseaux axiliaires, jusqu'au point du creux 
de Taisselle où se joignaient les deux pre- 



.U '!■•>!.,•■ , --i' r ' il;: . I ». • . 



première; à ènV^É-bti tJeùk^Wtttïte (tW^^CTitiBlfeChl») 

<de la/iaaissàncerde oetie' dérnî^^. Eii ^opârftttl^i^ , 

les lambeaiat c6)i5eirvè]^aietit:totite VatnflM&e'p&KÏ" 

ble, et on ëviteriait encore breh hliéul \i sâifKe de 

l'apophyse, ou surface' gîëiKrtfâÉr, ^illi-êièi>b<yrdà de 
la plaie. -^ * - »V •>[> l'^l /i 



Amputa- 



I 



(m4) 

mières incisioDs, en coupant les muscles sous- 
scapulaire, cttraco-briichial, la longue por- 
tion du biceps , les grand dorsal, graud rond 
et pectoral ' à ' leur insertion à l'humérns. 
Alors je foumai en dedans le tranchant de 
mon'bistourî, j'irrcisai transversalement les 
vaisseaux et tes nerfs axillairës, et Tablalion 

-^"J^iiéïiiîftdrlfi tis'^JHê glénbïde de l'ouio- 
tlîète'; dans l'iiiieiih'on de la ruginer, et 
■ifléirrte dé l'enlever dans le cas où elle aurait 
"fflÇ malack'; mais elle était saine. 
""Je ii;ii |jrniiiplpnipnl l'artère principale du 
'in^bre, et deux aulres petites, les seules 
'(jftil donrialeuf du sang; je rapprochai les 
lytiibeaiis, je les maintins avec des bande- 
fëttfes agglufi'nalives pour obtenir lenr réu- 
iï'îè'ii par prehiière'inlénlion , el je recouvris 
fê"'fout d'uu gâleau de charpie couvert de 
iëWl. Lcmalude, pansé connue dans les am- 
plrta'lions , fut port*^ dans son lit. 
^'"Ii''inp'galild dtesfatnbeanx fil que la plaie ap- 
'■^tiyé'ééii'iivaiifde la cavité gli5noïcie et sur les 
paMies molles, ne pouvait nullement ètregê- 
^iV^e diiussacicalrisa lion, ni permettre auxapo- 
physcs, el snriout à la surface articulaire de 
l'ombplate^'de fàï're'saillie entre ses lèvres, 
"j'e prescrivis 'la Jiè'te' la 'plus stricte, une 



( 205 ) 

boisson délayante; et, pour calmer !e spasme 
et les douleurs, suite de l'opération ,. une j^^""P"*'' 
potion laudanisée. Une demi-henfu^f p^s^j{f}r 
pération , les douleurs é^^i^n^ ^^."^^^ 99 
donna en une ÏPpis, plji^iç^f^j}[^^^8flç 

porion, et, ensj^e.jUqe^BW^Ief^Jc^gîi^fiW- 

henre en demiJi^ri^ -jj^f, ,.,] lo iuc^ggisV 

Le soir, la fièvre, ^flHBH»tiqft<fefj|^ftî ijg 

* ■ 

lendemain inatifl^î* i^4f49 ^,ta<fefl?«S*^»f- 
frant, mais 1^ jfi^re fjppitfijiHpit j^^jp pSiSr 
minua qae le f^fiiisi^^jpijf ,.4pi;^sj^sç(;^ 
jour, je levaj:;l# i^FfB[nifft,^p|)jreiJ;,^fi8,,,J«fl«^ 
beaux n'adhéE^i«94 pBf-jft^qoçp.gjj^^ RÎïWf.du 
fond, mais,ifcç;4t^i«.i|4,|r^^ift^tfç fmnf4'^ 
plaie exténej^e^ca^\^e^a§^^T^}ffjj^aj^ 
étendue. t^4§n^j^^ff^^ ^ul^^j^^igf. 
raient, ^ui;tflijt,^'n^gtjqr,^j^^^«|ll«|fl^ 

saieot \^.4^ ^mYm^m-^'À^-f^m^ ^SffF 

des bandel^Ueft;^ ^ffS^ifi^'^fe^at^* 
blanc sur Içs.i^fidç 4?rJ,W>Mffirf^^ia|èlf5- 
pie sur le i]ail^ ^gf,J^|frft?l«' #ftîifeè- 
rent «aç^ [a^^^ql^^j^ilfffi ,ç? J^Çj ^. jfWf^ "^ 
mieux pl»{ÇfflM^^^48>JS>?'Çff>l#Jf^S^ m^H' 

je perisiij!,flftfflîj|^^^^j^jl^Qj?^^J^ç|,,e^qM 

les jour^i^y^jj^fgfi,. ^j /. ,„,,„„, j^ ^ g. W 

Aussii^^^fiçè«,i(|)9pé^9^H^.D^»,^pg)n,r 
Dames Ie«eii?;?i?çjaw|t^té,^|^'/^;g|m d^-- 



sve- 



C 2o6 ) 

a^ ^^ î g^ loppé considt^rablemeDt , presque catn\Réj 
ioii'"^'"^" formait dans les deux liers supérieurs une 
tuEtiear, de hni( déciméfres de circonférence 
(deU'i^.piedG' trois pcuces); elle, était revêtue 
paj, les. pitiés m(^^ du hra& qui étaient 
sa^fSi ioai^ffliïiiaoieK au poijat de D'offrir 

IqU'ufle, QOuahtl Qp .treize à quatorze milli- 
iBÀfEQ4,(wiE.4igï^«^ .4'ép:sis6eW). ( Une portion 
4e, eeftHpMHiiç* iiiolJea ,?yaii sfffyi h former 
kjt^umbeauï). Dan» l^cçi^ire se trouvait uu-e 
^ftb&tance âéini-ossausti', carùiagiDCUse dans 
quelques: ppipiSj fw^iaut de UQnihreuses 
cellules iTeiirplipSi d^uue matière locduliaire 
altérée. Tr^ift poiiils silgés à la partie aolé- 
iFienre -lU ejj^rémede la luiueiy- offraient de 
"Ka^jliça feyers contenant viu pus séreux, et 
«piiiPWHOftvaieuMardei; à s'ouvrir sponlané- 
mpff^il^t^tpjçls r)tiuin.érus,,qi)i él,iit resiée en 

»C9Dtect^.avec la, civile gléntâ'de, u'était uul- 
leineiit ma|.'Hle (lana la smfaqe arficutaire; 
}e,,fff8je du lueml^^e.élait parfaitement sain. 
La tuoiaur, .sqimiu^s àU ii^apé^atjon plus long- 
te»i.ps que. J6iH'e0, avais ep;J';i^leRliou, fut 
entièrei^ieal détrujle, et jl ne lesla de l'Ji.u- 
uorus que la siu'face Cârfilagiueu^ de sa 
lêle et Ita tiers inférieur de.j^on cpvps. 

Trenle -piirs ap;;è5 i'qpéri|(ipn , la fièvre 
ayant, fiMti^ffPpiiint^^Psç,, 4€pifi^ Iqyg-temps, 



J 



( *ô7 ) 
\a pfaie ëfait cicatrisée, excepté ai son' eittré^ 
mité inférieure où il n'y avait plus qn'tiù ti„*"P"*" 
ti^ës-'petit point en sùppu^atrorrt , et Fétaf *âa 
malade était três-satisfàisàr^f: îitfui^'thïii'éteifi 
ràpideinénf à une entièi^ë'gbériSdA'j l^tiqiM 
alla un jottr'ë&iùrdiaetéfi'tèim^ktdiiJÊi 
trafrë datiàlk-me'; ^ m^ëêtùMfiSthimf'ê^ 
VhàpitilM màlg^iâf^'t^eMllHiSè^ailWç 
ud rë^ffi5i;^<!cèi^il«tit^bù^ «»'>)p«ètii$i»,«l^ 
but âti v9èl Eit 1!^mhHi!%Pt6iMLmëil^é^^ 
conrs il Mi^^tiif, ■ ^tffi^lf ^cé^t^td^âf fildlbk 
son babffatlb ,^ ctelOimt <^^ p}it«»i9bi^ 
frances etledt'battâel'Malbf (Af^^yériçât c»é>» 
pendant de sOn''rillAalf^jii«lliia»M^k^^é1l^ti 
se^f beuret^ âtf«>T6{t:''L«'^t^ti^«tért1^é60%{ 
ckaud'è, Iti 'fôi6"tbé^e<r !man?a»â fi^f« 
violedté^ 'à^ë''««lpEfBla4^«ptitf«u»/bf(ïiÂ^f 4é 

langùeéfait^litlibdgèVfftj'ît^yWtfit^fM^^ 
fdux sècK# èt'fté^ën'f^,^'a&''^(>ràY dBf)ft$^ 
reux air è^^Hïléhé trf At>E^sâë''l«<0o{iMHë^' 
enfin « SfiïMriiadi'f'lèà'^ilJ^iH^fteà^'d^ne 
pteuréaSÀHtl'ès'^i^^l^! 'dè> èlMi^èfbâr t^ mVM-i 
trè les cafl^^iftttrs'bëi d^ardt-cvjief'âttlii' 
gré me^-qtffSlidti&l^iMiiâà^lëâ'>i^ ^&1étfô-«lii^- 
cha ses itH^di^yHè. ^'^drivfi^'fa^dfjl^ 
là pins sMè»ëi'Utfé^^)n'fi!iJtftfr'Hèdé'*d^ tî^û^i 
pectorales -,<ët')e'^ctt^it]àT!ir Lbtith A^<s^le- 
nir tranqtfmi ''é»"^tfaearfdP'»à!é^'Sëiï'l!t , 



( ao8 ) 

' ■'- .' I pour chercher à rétablir la rransp ira lion cu- 

.^Ampuu^ tanée. 

Le lenclemain , à ma visite du raaiin, j'ap- 
prends que la nuit avait été mauvaise; le 
malade n'avait pas dormi , et les accidens de 
la veille persfstaient avec la roèine intensité; 
le poini de côté avait même augmenté , quoi- 
que sur le maliu une forte sueur fût snr- 
vénue. Cpnlinualion des moyens employés 
la veille, et .dç plus, saignée du bras de 
dpbze oucc^ environ. Loin de continuer à 
wvoriser h cicatrisation de la plaie de l'é- 
paule^ j'y introduisis une mècl^e de charpie 
pour exciter la suppuration. 

Le soir, il y a du mieux : la fièvre est 
moins forle; mais le point de côté n'a pas 
tout-à-fait disparu. Même prescription, ex- 
cepté la saignée, ef application de six sang- 
sues sur le point douloureux, puis d'un ca- 
taplasme éraollîent sur le même lieu. 

Le troisième jour de !a pleurésie, trente-troi- 
sième après l'amputation, le malade est mieux, 
la foux moins fréquente, mais le point de côté 
persiste. L'irritation dérivative provoquée à 
la plaie par le pansement de la veille , y dé- 
termine on abcès qui s'ouvre à la parlie su- 
périeure de la cicatrice, et fournit un pus 
abondant et de bonne nature. Coulinuation 




( 309 ) 

des mêmes moyens c|Dq les jours préçédens, ma 
exceplé les sangsues. . . t^ 

Le lendemain, même élal 9ue^.ia .!{^Ie. 
Même prescription, plu» ua,'V^|f;atpif]^,.*p.ï 
le point douloureux. <„, , i. , ..^ . . _ 

Le cincfuième jour'^la do^j^ur ,d£,^côl^ 
avait pre^cjua dtapacaj^maî». (a;fiè¥re^jt^^Jfl 
toux persrstaîeni '(oujpura...Cûutu)ualion dfs^ 
mêmes pioTen». , * , n,^.. „i 

Ëiihuj après .âQinze)our& de ce traitemei^f 
te malade; ne taD5sait,^re£j/i^. ptuy;. il -^il^it, 
fort bien, ^î srvpl répris un régime plus nour- 
rissant, mais ' lacté ,£t qui ^pe satigCais^.it^s, 
son appétit. '-.'■' t- i 

Pendant ce temp&, la nlaie de 1 épaule qui 

alliraïf le moins mon, aftentioa, eiait .bieii 

Joio dêlre guenu. i^^ peiii UL'pot de la p4rt,'^. 

supérieure s\'mit i:ica.tils(» : mais .rcspece 

/ ■;- . . ' ■ .f ^'^a* 

d exutoire qv^ "pus y avions étupli eu iiUl-: 

iiuant.une uièclu; île ch^irpiÉ!, ('■fail deyenn 
listuleux, et,se prolongeait dans in \i»6U cel- 
lulaire du bord aiilc'rieoi' de rai,s,scllc. ,h: l'i^ 
pao^^ra plal pciidiiuf ciiviroi; huit jouji, ;:i 
la cayité de la [daie ue s^j lempliss;];!) \)i:h , 
je fus oblig(i d'inciser eu irajei ll.s!iil',ni>,. Jç 
fi» ensuile.'j)aiisei; la plai^avea des J>and.iw 
lelfes d'empl^lre dé cerat' ûîr'los fioxds, et' 



I 

1 



C "o ) 
5 i\e la cliârpîe sèche au milieu pour favoriser 
la cicatrisatioij. 

-'Ërjfin fcoJKan le- dix-sept jours après l'ara- 
pnta*îoo, le i5 mars, malgré tous ces acci- 
daiw^ la plaie fit r eutièrement cJcafrisée. 
li^état^D^l'al'de Louis <ilait très-salisfaisanl; 
semj^kiteh (>!;/. toussait toujours légèrement. 

■iDqài 7e me plaisais à croire entière et 
par&ilte la {^iiénaoïi de notre malade; il sor- 
tat't'tous"les jours; ou F^mployait dans la 
maisoij ; il faisait même des commissions 
(làq^ Iti ViHe. Cffla clniiait jdepuis environ 
(juiuze jourfe, lorsqn'il '^e plaignît de dou- 
leurs à la dicatriee- J'examinai celte partie, 
eli je; recolmus que la portion du lambeau 
postérieur, cfuiidorrespODdait à la cavité glé- 
uoïdé' de l'onioplaie, élait sensible, tumé- 
fiée ,( mais sans rongftir; à la partie inférieure 
deia cicatrice, il y avait une des gJandes de 
l'aisselle qui éfait' engorgée,; J'attribuai ces 
accidens aux froltemens das vêlemens sur 
les parties qui venaient d'âlre le si^ge d'une 
a^ctiçn grave, et qui n'étant nullement habi- 
tuées à c^s Rspèces de violences réitérées, ne 
poavHieiit| tes supporter, qnddfoe faibles 
qu'sUes ifiissant, sans en être irritées. Je fis 
appliquer h'«f sangsues, ifuatre sur chaque 
poiiït ufaliide; les piqûres donutTOnt peu de 






( 211 ) 

sang, et lorsqu'elles cessèrent de couler, on 

les pansa avec un cataplasme émollient. tîon."^^** *" 

Huit jours après, les donlecnrs et Tiiifl^fti- 
maf ion de ces deux points; avaierit ecdàso^j 
ment cessé sons l'influence de ce^brastepiaikti} 
Pour diminuer k'rudeffîe des frbtlëaiienii^j^éil 
prévenir de oonveiinx aoddenSjvjeifttiAfcre;' 
une espèce depefit boBueAd^ soie oipaÉ^>(]kn 
peu épais', pour coiSerr le :iBjQigrq3niâêirITéfK[ 
paule, et Louib reprit spsocoupaittiéiiarMtéH'.t 
rieures. - *f; ^' \ ■ :"' ; :'ovir,r.£ 

Mais à peine ce malhebredxaVaié^il'éoIiappéi > 
à tous ces accideb^, qu^ûn' noiivelTor^ge vititi . 
rassailHr.Cinq mois apilàs ropérâtioû, le 12931 
mai, sans cabses connues, la- petite touxqufil ) 
avait depuis k)Dg<!trinarpîsy^âi9Vitil 1out<-à*«c6upL) 
plus fréquente, pluis sèche* il y eut dysHiL 
pnée; la douleur db'CÔlé^et fcr fi^ve' irepa^.'i 
rurent pldis fô'Aédqné jâinaisii Is'4ai%acr.'étirît: 
sèchè et'fFèâ^¥ougé;fet>'èeffe f&is^^^'cî'dl^ieSH 
pérâî de séâveir'Ië iitàriaidlei^Gc^ jéine 

rabandonhai liasc^M^^âlffdië-offrait^^^Di^ 
la première ibisj le 'Caréctèfe ^ime'^M^f- 
moniebii^tlë^^- entéie'feiiif ùbè "(^irptHqifev^ -^^^ \\v. 

Le preane!b7pur,'')fe'ci»lii), )el^ 
une diète siérgère'j pour boisson'; - PiniAifJiÀi^ 
de fleurs pectoriiea tiède; N^osant^aigiifïfiqq 
bras y vu Tétat dVfFaissèiyeiit tiar»i Ibqueil'je 



( a'3 ) 
?^ li<.nivai, 1(3 poulit, je prescrivis l'application 
'*"" de sis sangsues. à la partie inférieure et lalé- 
rale gauche de la poitrine. 

Ttè îietond jour, les méoies symptômes 
e^isliiientavex^ un degré d'inlensifé aussi alar- 
mant. Coulipucilion des mêmes moyeas de 
ifiiitempnt, lubins les sacgsues. 

.Lf troisième jour, ces sympfôniesj loin de 
dltiiitiuer d'iulcnsilé, avaient ciugmenté. Con- 
iiiiualioii (1rs lùémos remèdes. Le' soir, à six 
heures, je Irouvai le pouls pelit, serré; les ex- 
,'H;âpiilés froides, lu paille pnti-ecoup(''e, etc.; 
,>flfin le malade élail * l'agonie, et il mourut 
Uaqucirt d'heure aprOs que je l'eus quitté. 

T; ■ V :'i, -■;,; ■ 

iVi: ' Auiôpsie cadi^érîque. 

•• '■'''. (■■■■■■, 

...tXelea(le*!iaiH,23 mai i823,èneuf heures 
ttti malin , qyiuze henres.ipiA»- ia mort, je 
Bgpi'duvfClft'*? 4w cadavre, BU présence de 
-liiônlpètêi df;;'yî:-lfl, *'PF'«"'''l'puis VA^BN- 
WffV.-'^i'ct'^* 4l^iiiafis de-J'JÉcolK-^eGQudairejdH 
' iiipiiéf lue dje Naucy. ' ' '_ ■ \ . .^y' ; . 
'j 7 EM.éri£Uf^,Ves &ugi,lhli(ins,çQfl^^i^filJ^ 
"'ipgipJiB posletiqoti;;(î^(ia tronc eldïWjUiijjnbpps, 
' siK l'ÎJî'I'ieire^ lu Ctidjvre é|ai( resl(; couché 
api^s Ih lïlprt. Le corps et les iiu'uibres élaient 
njaigres; lu face et Ifis pieds Icgèrcment in- 



GUtég; répaule droite, où avait été pratiquée - 



rampntation, était parfaitemeat guérie (ja ^i^n™^"^*"' 
Vûi enlevée 9 et je la conserve.) ;.0! je ofifif^il 
Utte belle cicatrice , s'étendent .^ejpuii ï|es- 
pttce qui sépare Ift 8omn;ie4s des apopl^yst^s 
a^cromiOD et $or9.coî(ie, jusqu'au preux de 
l'aisselle. Cette cicatrice; était jisae dau^ les 
trois quart» supérjeurs; à )a naissance de fôii 
quart inférieur» oa,- voyait un^e autre peti)e 
cicatrice- t«/ifnsvdr4ale ^ Jongup d^ treize ou 
quatorze n)ilHniètreK(^i sept lignes), perr 
pendicttlaire à la pr^ûèrQ^ets'éieadcmt veriB 
la partie antérîaure'llij^ tboi;9XirFillu résiili^jt, 
comme on'I'^rVil'fdAMorhistûirejrde la ina-* 
lndîe> d'une iticision que j'avais été obligé 
défaire looj^tetej^^è^i'âUiputation) pour 
guérir un point de la plaie devenu fîstu*' 
leux^ et rà ^'dvais excité la suppùTOitioa en 
guise de cautère^ pendant la prçmiè^eafitçctipa 
de poitrine du malade. Lq quar( inféfieifr 
de là priniâpale cicatrice offrait plusieurs 
plis y disposés^ en Tqyons, el qui correspon- 
dâfieni à peu près à ceux du cMHx de rnisselle*. 

Intérieur, Tét^^ Le crâne ouvert uiou» 
laissa voir les: ménJngçs infiltrées de séiroîiiïé. 
Les ventf ieuJi&9 iat4ratix du cerveau n'étaient 
pas dilatés^.m^isf r^çûplis'dt} U)jèn]e;ltnnide>. 

Pbitrihe.' Abdpm0n\{ Çp,s) dpûx cuvrtés 



f (Ire; pl le médecin qui publie avec franchise 
ses revers comme sbs succès, doit toujours 
avoir droit à la reconiiaisance publique, si ces 
rçyersnesonlqiielesrésultalsderinstilïîsance 
dgtsori 3ft) pu de Timpuissance de la nalure. 
. Malgrérissue uialheureu^iR qu'a eue la ma- 
ladie, celle observalion mo parait iuléres— 
s^nle sous plusieurs points de vue. Elle nous 
offre : i", l'histoire d'une afficlio» des os 
(l'os(éosarç,©me|)y liaurenspnicnt assez rare, 
encore rangée parrpi celles dooil Jes causes 
pfficîenleB et la nature même fioni ignorées, 
i:t conlrc laqufUe on a , ja'ïtju'àprésenl, vai- 
nenjent employé toutes les ressoiirees de la 
théifappiiliqnemédicamcnleuse; 2°. la preuve 
d^ peu d'action des émoiliens , des sangsues, 
des yésicaiis, des opiacés ou narcoliqnes, et 
de 1^1 compression dans le traitement de cette 
m^b^ip.l^i); 3". une amputation du bras à 

^î ^Hj) !■•! 

{i).Chee l'autre jeun^ ijorniMè ,; içprt victime de 
l'obstination Je ses parens et de l'içnorance d'an offi- 
ci«rdesanlê, et dont j'aiparlé plus haut, j'avais 
eigp^y^^y'ff^'^f!''-,^"*?^ Ifi liaiment. volatil ou am- 
nw^i^cal^, l'ong^uenL ;iapoljtei» Jouble et leà einol- 
lieqs. M.jle,prpf|=sscurItiç[içBANB (:A'o«o^*/)^. chir., 
troisième volume ,lroisième édition, pag. i33J,rap- 
pM'l^ l'observa ti on d'un prêtre atteint d'une maladie 



* ' '• 



( 217 ) 

rarriciilafiôn scarpulo-humérale, opération 

entourée de difficultés et de dangers, faile\;,,^"'P"'"* 

avec sacrés dans nn'cas éxtrêmcmeht gV'a^''" j 

4». i'eniploi d'un procédé tfpîét'ittrffêj'éfehiîu' 

et publié depni^^*JÏi.^!ëk'iiô'nié'ééleMs'ae 

MM. BicLARD^ éf mpoïiffiféi?^^'''a'u(ïïèi f ai 

fait subir ^'te4inô'ffl6«Stt6nr'Mviili'iè*s, ^'m 




moyenne du -sbttiitifefyfe' Vif&pVf^ê-^èët'è^'' 
mion, mais |!yliiîé è'ri'â''fraffli'ahft^"c'èïle''at)(^ 
physe et le bec ■ 'iorticôïdèf"; ' i^th. ' il ^ ré'sufte 
que le lâmbëaTi''p'ôStériètii'; ^jM' aiii^"ïe?'qà4 
l'àd térieur; CMH'V^siiïf yf eii tféPétdferl t ■ lir dâ^^; 

vite è\éttoïéàiér^é^Mf6%'4^HPmh'ik''Miiê 

de i'acroftiiôh'; am^fë-iitôM'ijt^Àîitiiy sniti' 
face carfilagiHéùië' dé'"t«lie 'cavifé', ^'ôn'i 'îl' 
prévient V^ILMiitlbn ei'UmiitWkMiej 
ainsi que Celle 'dé nà^'ôpliyse qm'Iàlionê^' 
entre les lèvres des lambeaux , ainsi .que je 
Fai vu arriver. On obtient d'autant plus faci- 
lement cet effet três'-I^vora'bTé," qu*àii'lieu 

., r. ■. ■ . : ■> ■'•• •'■• • ■ : ■■'•- ■•■'' '■'■ ' ■' ' '■'"'- 

l 

semblable à celle dei'Lô'uiV, poar qui on ayait ëhi* 
ployé sans succès les'émoUièns • et le mém^ liùiibent 
volatil , et qui mourut à l'hèpilal Sainl-Lôuis^ sans 

être ampute. 

■ : *■ I. -î ' ■.. .-■ r;-**' .' j « =îi 



(E.8) 

= de commeucer la seconde incision qui doit 
circouscrire le laïubi^au poslérieur, ou ne la 
comiueyce qu'à euviron deux pouces plus 
i>^, pfi Pf*i;^;^t de j'incifiou déjà faite. Aiusi 
iqif:^^ pfiÇdtût ^Uf:;ur)^ pertf) d^ substance à 
la partie supérieure des Jamli^auxi ce qui 
l^a^ bi^loiUe i;aitjplllude tJV'cessaire pour 
ja'eflfoncer sons l'aoromipu jusqu'à loucher 
)]fi cavité gicrnoïdale , sans pour cela s'éloigner 
ijjilji, de raulrc. 

On pourrait, aussi foinier d'abord le laiii- 
J^u.ppsli5rieuç ,,W disséquex autant qu'il est 
possible, pui&ne s'occuper qu'en second lieu 
dp faire le lanibcitu antérieur; car celui-ci 
contenant plus d'ar|^res, et élant plus voisin 
des vaisseaux ei nerfs asilaires , s'il survient 
pendant qu'on le forme quelque hémorragie 
abondante, ou des accidens nerveux, la du- 
rée n'en est pas prolongée pendant le temps 
nécessaire pour former l'aulte lambeau. 

5". Louis nous offre encore robservalion 
d'un cancer cérébriforrae des poumons , ma- 
ladie non apparente pendant la vie, quoique 
mortelle, qui transforma les quaire cinquiè- 
mes de ces organes en une matière qui, par 
sa ressemblance avec la substance cérébrale, 
a fait donner à la maladie le nom qu'elle 



( *»9) 
porte; 6". enfin Toxeraple d'ams hématose fs-rsssssm 
suffisante pour entretenir la vie chez nn sn- ^-^"^'**** 
jet atteint de deux maladie»' tfnftMHfèit^ et 
dont la plus ocottlfe-'aVérlt ^âê^Mi 'lii 'flhk 
grande parfi« dèi'^UUdtti^', tët'^é^lâaïtfisiitit 
presque' kr:-»Éfepk^fi»!à.'''«"'i''''fJ''' '^i.»'«^*-T '"■' 

Cettei o])«èi<tâf kW > i6blifii>t«è! 'ïhlii%bbi^(Miy- 
meiït tatié't»éHté>aHèl£'ië6Àirtiéi^(^ës<>^'rà - 
où échèxiëtit \ëtt>^kiaSieMi^''dilStët{Mé' *^ 
pharmaceutique, la chirurgié''dfiher âMiVUnt 
encore ttes'kH>àèott#»é^^t4te{%dèëë:<''0'l "'-^ 

Je laisHèl^tt^MIbWF'ft YJreï'léïi'itMfésMsôttl- 
séquencéir fiédètoilfitW >dèr cëlté' làftseiHrirff toéi, 
que fai pA^éémfAO* pdbi^-iiioh i^tiï^ipîlii'- 
ticulier, jqbë'id^» •'aÉffdi"d»iTb':iflr¥>èfî>'tiKfê*, 
don t ellci taGtott^'fiéf^^tl^i^flllMJt/tfe/atift- 
heurenti?i'' ''"f>''>'P '>ii>^>'- ''■ !"'i<\' ii'iil>itj-( 

/i?'i;i)ti t:(!>J;i') i; <-n:- >!'j ç '«î.nii.iîicxi»! 
;;).,l.i' ;,( :.■'■. [\:j'r^ii •. -l j fi:> l'') il y'i'i 
.M : I ,.;■. ; 1 t ! 1 ! ; • • )■•' | • ! i !','•' ^ Ji ' 
I ..■'.• I' 1 * ■' !î ■ ■ 1 ■ #'l • ■■ ., 

■ 

1 : I < •' f I ' ' l! I ' P ' 1 * .' ' i * / » • i I » i , ) 



! ^ 1 , ' ) ; ! I ■ ; ) [ î >.• li ' / . ■ . 1 1 ■ : ■ . i '■ t ■ t ; : ' ' ■ . 1 

. .. 1 1 jj r. J i 1 1 1 . ; ' f î ■ I i . i ' I ' » . . .• ■ î I i ■ '. lU I 

• ; ..ii ■. ' :llJ ii'i '' JiU.„ 1' ■ ' . !. i.iii* 
; . ■..fW.î'.(îl;'. ■-.) } i • /'•l-i.i'i:JiJc(<;J': iù 



• - ^ • 



idffection tuberculeuse du poumon gau- 
^t,[çhe , coïncidant avec la présence d'un 
r^((iloji dafiS: la, brandie du même côté ; 
,:^ par M. Leuhet, doeleuj! eu aul'decioa à 
gg^aocy (M«urlhen.)v ^.lx-A . >> . ■ 



Présence 



iM.! Lawallq y âgé de sdisJairtè-^qiiinze ans , 
nclou/ 'W'ïî'Bïi P^îfllf* eaibâriiiierrt', pst"entr(î à la 
■Maispo i-oyaJei^eGh&Tenton dîiirenti (^fof de 
îiianip iiigtië, pernJtiiil ïatjiiplle îl avalail 
kttil ceirjiiî lui (ombait sous la tTiaiil , et qui 
s'esl fenriinôe par la démence, avec quelques 
nïlprVaiies tFexailalion maniaque. li est resté 
pliis^ears atitiéps dans cet état, buvant et 
maageanl bien, parlant beaucoup et d'une 
voix Irès-sonore; enfin paraissant Jouir de 
lous'Ies atlribuis'd'ttne bonne sanfé physique. 
Vers Je i5 juillet t8a3, on s'àpercnl qu'il 
I tousisnît et expectorait quelques mucosilés; 

[e pools avait un peu dp fréquence; l;i poi- 
trine'percutée rendait nu 'son mat dans tout 
le>ieôlé igîtecbeJ î.'.9 lorix éï tàlîèvrc, sans 
jmna'îs'âcqttérir nnft^ifiidë ihtensilé , aug- 
mentèreiH cependant peii'à p<*ii, malgré la 
diàrc'fet l'usagft dps boissoW.s délaynnles; et 
le raakdè'tttouWit'i'iSlliî S^dHfc '^Jénible , au 
bout de qualftrze'jbuW;''''' ' ' 



( Ml ) 

L'ouverture du ça^davre fut faite quarante- pj.^sencc 
huit heurqç après la mort, en présence de d'un clou, 
feu M, le professeur Roter-Couard et des 
médecins attachés à la Maison roy)a}e de Câia- 
renfon. , i.. ,.^ jr.j^iO ^i^i^^ .'i- 1 A(. v.a] 

Encéphale. Nou£| vlme» iqu^^la' ^liilâfâce 
compacte de la partie interne des deux bosses 
coron^îles , ^\^\^^é^Vi\X^ ^OTsflHôi^oxbplAte- 
nient,^ ef.,qj*:^ s^ppjifl^MÎ^ifii^éfeitîtfcfméi?^» 
aréole.s^a(?b|ÇF,p)nJ^s4*/iu.r^iP^»»fAI^ 
supérieure.. 3t,,pq^ériflqi;^..4e la; lôte/ifORtti 
membraue, pou^ pj^ésepjta. . d^Si . gr/^nulatîotts 
fungifprujiç^,. L]q^a,cj^^^e^^^^^^ »ais 

non épaiçsic^,.. ,CQfttg^i^iv; fiB; pet^ ,^MW^ 

Le c^f ea/^,p9l}^cQfls>taf»A^.Wti^^^ 
çhirer ,è, ]^js^%^^ t^isi^ ii^ç,t/ 

plèvre co#f3^.jd*9^ presque^ j/ppterjfaii^ajjfeç^ 
due; mais îitl.é^M f;r^Ma«M q(:^ali8 liauieipoe 
trace d'altéralipo* Le. poumon ganebev^ic^ 
^f^lf^^^'-fe RÏè,Yse,çpj;3Jp^, était .béM<>«^ <^^ 

ramoiliç. )6i(i ppflpftp^cçft.prgaaf ii^Q 

^ps teT;perçuJle5j,^èf-û9i^^^ 

chant la p,ayi|é^.fep^^ h^94qhi<i^e«^Ao 

s'apercevait gj^g^^g Wfi»bij^eiiHleyBB^dfl»ods 

conduits était épaissiq^pt rwigç,*ùj. -.V. ^ 



( 322 ) 

■ Ayant divisé la trachée-arlère , nons ren- 

Préseoce , , i i .1 , 

l'un cIoB. conlrames un clou long d un pouce et demi , 
el dont la tête alongée sVlait engagée la der- 
nière dans la bronclip gyucbe, où elle avait 
été, releiiue. Lit paroi de la bronche qui avait 
éléeq contact avec la télé du don était ni- 
cjr^,, e^,ça ratunbpaite interne diâfriiite. 

.^icIaUvéi^tpfetauiVBdtdfuii lenduit noir 
et poisseux, formé par do la matière animale 
unie à de l'oxyde de fer. Le centre en élait 
enjîore duf, mais la dirconférence sa laissait 
enlever par feuillets, il ;r( : '1 -, 1 ,■ 

Les organes dtgé£lt& /^ofirsieat :rten de 
remarquable; ' ,,i^i, ■■.luihi-'-ifj"'"! •■'■"' -'' 

Réflexions. S'il y a qMeJifiiéB-jfeits pro- 
pres à confirmer l'opinion des auteurs qui 
regardent les tubercules comme pouvant ré- 
sulter de l'action cîe certaines causes acci- 
dehlôHes, l'observation qne je viens de rap- 
porter me semble devoir être placée parmi 
eux. 

Le long séjour que le clou a fait dans la 
bronche, la maladie locale isolée, quia été 
reconnue à l'ouverture du cadavre, sont des 
circonstances tellement frappantes , qu'il me 
paraît diflScîIe de ne pas admeltrê que la pre- 
mière ait déterminé la seconde. 

..'V'] ?M- ■iit;i=.i-.n:q'|-> ^.nob ■■■■ ■ 



[ 

i 



( 3123 ) ' 

Note du rédacteur. Le fait important re- 
<;ueilli par M. le docteur Leuret es\ assuré- rédacteur, 
ment du pins haut intérêt ^relàtivéïiieÂt'à^a 
recherche de U causft pi^'«&i«i^#^crïfl^bnJ^'' 
lieu à la prodaotndijd6iUdbé»aiil^;'IPaî\^%f^'' 
une cauâte «cbiddbttrfié #iâfii¥h)fif{jfi8ri m>^^' 
nant Hen^/tKiDamdotnborisùi'lfHë^ ébie^eW'' 
action ^ â.^rlafîprodhdti<mi dtei^iftlâsièPlâl^-. 
culeusè;r^en^d'iaDtisétf)liem(cèsnta^ i^i^^^SlfP^ 
safion y-pmsiifeoom^c^'Iv^^l'îfiSàUafid^^ 
Quoi q^%œi3raèlrjMli)teB|)]«éf«»seift^^ 
VEILHIER vient de publieri'Jiifo lâe ïi^é»V'âlf ' 
travail fort'iQwi&inJbc^ i^i^lJ^SÉttf^ip^tni^lx^ 
permettre de reproduire dans le JQ\Àil)£l^j^^^ 
néral de ntéésa^heix^ «s Y ??'•' > r h.^^N?^ 

• ,*rrr, ?.ob n':îiiiïn^>'i "/-".m^mh:? ■' '^^iq 

Paris. .- 

II y a 'eâVi\<&i^'âfe"ans''^^ Tubercules. 

dîfférencîèt'^'^'cfiâsJëf Te^ màràdtç^ du poù- 
mon d après leur àiegé immédiat, le tus con- . 

dans 

d^ 

existe ^ mais bien dans Tépaisseur des parois 



pistera 

t 

t 



L. 



< «4) 

■■ des vésiculçs pulmonaires ie|lBSi-inêmes;,i|[ué 
la tatnéraclioD înfltiiuiualoire se faisant aux 
df'pens des cavités de ces vésicules, expli- 
quait ponrquoi le pomuon -semble échapper 
en partie h la loi générale eu vert» de lai- 
quelle les tissus celhilaas enflaaimés aug- 
menlnif beaucoup de voloiue; que chaque 
vésicule élail rrmpiacée par une ginimiatiou. 
Touge dans ics premiers !emps, grise daus 
■fa période' de' supptiratiou , d'où l'analogie 
■gtossîèrc de forme qui a fait cohiparer le. 
poiraioti pnfiaiiirué ati'lissli du foie, et !e nom 
ffhépatisation qui a été imposi'i à cttle^ in- 
âammatiou. Ces Idées qn^ j'ai éïiiises dans 
une occasion solennelle (.d^tis ma leçoù sur 
ta ptietimonie, au concours pour l'agréga- 
(ion , en novembre 1822), ont été vepro- 
dbiies^epiiis par cSvei'ï aXiféaiM*,' dotil les Uhs 
mêles ont attiribnées, e( \às autres ont gardé 
le silcDce snr lefax VA'i'able «ouPce. ' ' 

Par suîle des mêmes rcclierchcs, et -en 
examinant comparativement lespoumoualu- 
befénlénxMos "graùds anïiuaux et ceux de 
l'hoiûnie, j'avais élé égaleiiient fondé à con- 
clure (MM. pràtJj I*'.' Cahier 1821 ) que le 
siège des (ubrrcules puimbcaîies est encorç 
(fan* (*s 'VéSÎcnl^K ; que tbljséquemment ces 
lalieretiles sont, non des productions açci- 



r 



{225) 

denlelleSy n^ais les prodin^l (Tuné sécrétion 
aicieuse de lor muquçuse uésiculaire ; idées "^^^ 
que j'ai reproduites ;^y.ec h^.^pcQup .ptp&de 
détail dans lu^.lhèse pour Tfigi^é^atipD. iVcttCi 
d'ailleurs un ^fjiit fjuvpiiouvfty^ç \m Jwbeffr^ 
cules nespi^t pas J^jeçt^Ia^^^ia ^nrfiifeQ^u 
poumou tuberculfiiix ^^^iiQ t^of, ^ tco^vai 
quelques iubei^ç.ul^ a^lfeér^aVfittPyïpçi^clîiiii 
pédîcule;^ça.ç}|^ïj[ç^ftçi^?;,daiis l'épaîweiir* dor 
quel se voyai[eiit pjusjijsm'^ va jsseauj& J'iii}cc|ai 
de mercure Quelquestun^.de^ceaLvaisaéaax.^ 
au moyen, (}e. la ;$Gjriii^qe d'AjNAi4. La surface 
des tubercuilc3 fqj çotuverle dA ramificatioas' 
vasculair es extrêmement déliées; mais j^eiis 
beau pous^r le .mercure, p^.un atome-ne 
péuéira dans l'épaii^f uj: dp la: petite, onasiaB' 

lubercuIeusQ.. .,.; ..- ,.:^ • 

Je .vais, rapporter ici quelques; faitjr et quAl* 
ques réflexio^is qi9i,jiieipi(i:2bi9$Qnt,praprea«à 
confirmer l^^.icjlcs^ jjjjiqkJjP pfsii^ de sappelcMs, ' 
el à éclairei d'ai},trç^^p9Jii^ls .de dpctrine^ui 
diyjsçnt lçSi|ïi^ill/3HHw*^I*?itet«ï^ CQ.moHwnit. 
•El d'abpi;^^ mip.^igwifip le,jiK>t.tuUerçd«/? 
Rieu autre ichosif^e ^u§. j>^tîtç tiutteur c^maisil. 
y a un grauçj.qoivbro d^D^pèces. , die : petjlesi : 
tunieurs j^eij.pqrJis q.ue,,ppiircar«c.i^risex'lw \ 
tubercules propfeniçpt^ diis.,. jl &udraÎL les 
nommer tub^rcuUs^tub€j'Cuhux,{jeAiX 

T.çft delà Col. 35«. dtfla 2«. Sér. AoÛL 1 5 



^ 



( 226 ) 

* pas nécessaire d'insister sur le vice d'un spm- 
blable langage ) , ou tubercules scrophu~ 
îeux^ ce qui introduirait dans uu problème" 
déjà si compliqué tine nouvelle inconnue. 
Le mot tubercule est donc vide de sens, el 
c'est pour cela, peut-être, qu'il sera moins 
dangereux de le conserver jusqu'à nouvel 
ordre, pourvu qu'on n'y altiiche passes idées 
syslémaliques. Le mot granulation y plus 
vague encore, me paraît mieux convenir, 
jusqu'à ce qcie l'on puisse fonder ta dénomi- 
nation sur la lésiqn orgi\nigue plus appro- 
fondie. Mais reprenons les choses de plas 
haut. 

Les lésions morbides, quelle que soit leur 
nature, se présentent sous deux grandes di- 
visions. Ou bien elles envahissent une grande 
masse de parties continues, et bornent là 
leurs ravages; ou bien elles se déclarent dans 
une multitude de points à la fois , en laissant 
intacts les points intermédiaires. Les pre- 
mières sont essenlielleraent des maladies lo- 
cales; les secondes ne peuvent guère s'expli- 
quer que par une cause générale qui est 
portée par les voies de la circulation sur on 
grand nombre de parties. Les formes bou- 
tonneuse, pustuleuse, ulcéreuse, tubercn- 
leose ou granuleuse , constituent les ordres 



( a27 ) 
de celle grande classe de maladies. Il ne doit îsaçs^a^ 
êlre ici queslion que de la forme granuleuse 
ou fuberculeuse. Celte forme e$t plus ou 
moins régulière 3 suivaul que la surface sur 
laquelle est âépod^ïk ')^è^\ii\%:s^^^^ 
est confahàèù'^tt Boù'Tâ9em|pi^ré' Conve- 
nable. Àm^%i'm^ 

sont-elles'IÎ^ '^m^Mr'Ù'èle'^^^^^^^ 

que la mM')SkiMa^h^ l^'^i^l^ 



doit nécjessairément avoir la forme aj:rondie,~ 

au heu quë'si ré procMiT augmente ^^iTfor^^ 

des plaques^^ plfli 

posé, voibi feiPi 

principal de éStléliBteî^^^^ . ^:.t .: 3.; .. « 

Premier Jbit: ^y^îé" snît^l^^ip^-'^ 
riences faifel» ôondipâraiivepent. sur la pbie- 
bile et Xaxtim'^^ 
mercure dans i^ârtè?e'l<^orâ^e''rfa^g^ 
primitive du membre est' là suite constànle 

de cette in jeeiiô&^|>fôi^''(lp vÙ possible 'quqnd 
le sang arlériel n^|>éuT â¥i$'ér tii ^^ écfei^ént 
ni indirectemeniF dânlHihé''par^ië? MàK^ une 
foison ayant injecté qu une petite quan tué 
de mercure, la gangrène s^esl bornée au ge- 




C 228 ) 

■ iiou. L'sDJiual ;i survécu quiti; 

' pérIencR. Quel n'a pas t'it; inotj éloiincmcnf , 
PU iiicisiiiif les |);!iti('S molles .le la cuisse, 
de renconlrer des milliers de tutercules, el 
aaas le iissii'ct'IJrilnire sous-ciiiané, el dans 
rfpaisseiir des inu.scles ! Ces iubercLiIes étaient 
iniliaires, parfi.iîlei!\enlri'gnlicr,s, formés par 
uiVe nia'lVrp' casélforiiie, aii céiilrc' de laquelle 
??iail un globe ïtifiniinenf pplit tif; mt'rcure. 
£â régiilarifé s'explique' ibi facileineni par 
Te nionle irilérienr formé piir le globule luer- 
curiel. 

Que si l'on m'objecte que Cv^ u'éfail pasde 
la matière ruberculeiise, je repondrai qu'elle 
en avait fous les caractères physiques; que, 
d''âil[eiirs', ce qu'on appelle matière tiiber- 
c'iiTeilsô est bien loin d'élre une subslance, 
liomogène; qu'il y a des tubercules ossi— 
formes, (pi'il y en a do c;\rlilagi]i.iforraes ; 
que d'autres ressenil)leni à du plâtre, d'au- 
Ires à du niastîc de vilrier, d'autres à une 
matière ca.si-ouse, morcelée, .plus on moins 
concrète. Je suis persuadé, que si l'anin>ai 
pût encore vécu quelque jemps, et si les pa - 
rois des pelile^i cavités se fussent accoutu- 
mées an conlacl du corps métallique, la ma- 
tière caséiforme eût augiiienlé peu à peu de 



Li elle eut nui par c 



^ï» 



. ( ^^a ) 

lîde; quVlle eût par conséquent présenté, —^ 7 

dans un ordre înver$»e de celui généralement 
admis pour les tubercules ordinaires, les pé- 
riodes de crudité et de ramollissement; qu'en 
conséquence la période dejpçîiT^pHissement 
eût précédé la période de crudité : et ce b^u-r 
leversemenf'des oériodes invariaplement as- 
signées aux lub^^rQuIe^ * n'est peut-être pa^ 
aussi rare qu^chi pourrait bien leççoîre. Lors- 
qu'un gapolioi) jymphatidue est devenu tu- 
berculeux, combien souvent n'arrive-t-îl 
pas que ce ganglion, d'abo^rd mou, devienne 
plus consistant, par Tabsorplion successive 
des parties les plus liquides ? Et c^est alors 
qu'on trouve ces concréfions plâf reuses, os- 
siformes , qui peuvent persister joute la vie 
sans donner signe dé leur présence* 

Ne serait-il pas possibje qu'il en fût de 
même pour les tubercules f)uImonaires? Qiii 
nous a dit que ces granulations nyliaire; , 
grisâlrés, demi-transparentes, telleipcnt ré- 
gulières qu'on les a crues organisées ^ ne 
soient pas le résultat d'un étaf antérieur de 
ramollissement? Cette idée, si élrange \au 
premier abord , me paraît confirmée par les 

expériences suivantes. 

*, ■■■. -1 

Deuxième expérience^ Sur un chien af- 
faibli par une longue suppuration à la jambe, 



C 23o ) 

BMËË^H j'injectai , par nne ouvertore faile A la Ira- 
TqberculeB. ^h^g^ j,„g cprfaiiif quantilé de mercnre. Une 
honno parlîe fut expiilst^e înimédialenienl 
après pnr I;i plaÎR et parla bouche , à la suite 
(TiïnR viof(Mil(? quinte [Je toux. Au bout de 
ftpis jonrs, j'iiijpctfi! de nouveau du mer- 
cure ; même pliéiioinèue ïmuiédijit. L'animal 
SDCcpntlia (l(Mix jours aprcs la seconde injec- 



jîon. A t'otivcrlun 



fionvaî un nombre 



riialière lubeiTuIeii.se ressemblait dans quel- 
tltfès-îins, probiiblcmenl dans les plus ré- 
ci-rfs, à du pus épai.s; d;iiis d'antres à une 
mafiere cas(''eu,se' pins ou iiioin:^ concrèle. Il 
etistail encore beaucoup de mercure dans 
les radicules brouchicjues , où ce métal avait 
delerhiiiié de la rougeur et une sécrétion 
puirîfornie, 

'Troisième expérience. Je sacrifiai un 
raiéVi douze jours après l'irijectioii dn mer- 
ciiré datis la tracbéo : même résnltat, seule- 
iBBiif un peu pfus de consislauce dans la ma- 
liéré' tuberculeuse. 

' '(Quatrième expérience. Quelques jours 
a(ires, j'ai répélé la même expérience sur 
un jeune chien vigotueux. J'injectai une 
once é( demie à deux onces de mercure. L'a- 
nimal fui pris de toux, et fitdesuile de grands 







I expectora une certaine quanlité de mer- 
cure. Quelques iusraiis après, la respiralîon 
élait nalurelle; on eût dit qu'il o'élait pas 
malade : cependaut il dépérit peu à peu à la 
manière des phthisiques; il mourut dans le 
marasme au bout d^uu mois. Les poumqi^ 
étaient farcis d'un grand nombre de tuber- 
cules, dont les uns élaîeiil isolés, les autres 
agglomérés; ils avaieut tous les caractères 
physiques des tubercules miliaires, la mênnç 
forme, la même consistauce, le même as- 
pect grisâtre et demi-lransparenl. Au cen^i^ 
de chaque tubercule était un glob^I^da ina&-. 

*="^®- , - •>■ îl!),ns-i 

Ne suil-il pas de ce£ faits que les 1fi];)ea?:' 
cules du sujet de la qualrièrae expérience ^tii 
commencé par être puri formes, caséiforiaes, 
comme ceux du sujet de la seconde et <Je la 
troisième; que l'élat dit de crudité a été con- 
séculif à l'état dit de ramollissement; que 
si la vie se fût prolongée, les parois de plu- 
sieurs des petits foyers tnberculeux se seraient 
accoutumées à la préseuce des .tubercules ; 
qu'il n'y aurait eu ni injeclion ya^culaire, ni 
vestige de travail iiioibide , comme dau^ les 
tubercules miliaires; que si ces (ubercoles 
avaient été peu nombreux, ils auraient pu 



h 



m tie donner aucun indice de leur présence, 
'* jusqn'à ce qu'un nouveau travail tubercu- 
leux ou nne pneuEuoiiie pardeiia s» fussent 
déchues 7 : . 

liil'p0jeibilUÂde:1a fucceesion de réfat dur 
OU'.let^-^nVfeit daramoflJiGSudientTiiiC! paraft 
ttti'^paioli &iif]anKntBlldb[tfiii'histoire des ta- 
fierotftesiîïîanEHsf i^ée da^iastia^e constant 
-de r^ldlidaT àil'iétat'dè'ramollisseraeut quia 
'■m^ivé: Wdés dBS'g«irDi«^ taberouloux, des 
tfifDductiofistiibetrcH^RiIsfwiorgaiiisées, d'un ra- 
mollissement par nn Iranaili inférieur propre 
^ilftiiberouJèvî-fet ^tH^ch^wl^ constamment du 
■o^r8iàiia«ipcb«ii'^«oe)«lt«fa«tjîai prouvé 
^aillelirè-n'éJro posj'''- il "jI i-ifj'[ 
^'ilAeï^iSorènSititmst'îcO^iBfleiprédriposition , 
itfbïP^isIb&Se Iiibwmifeusei?:Noft3 tomberions 
-Hmfi ]?i*bSTitdni": Oar/îniléppndammentdece 
^iï*ÏI''è'Sf*tEiftdsTnîi'eft« bas une cause maté- 
riél(è<'pia1ip'(iKM,i'c'est que plasienrs exp^ri- 
ïfièV.Fa^enrs onf-i^ttn.'StJitp q-uei la phthisie pnl- 
rtlfwairp e^f au'^M rare cbe?: le chien pt les 
OSf*îî*torP»en gf^néra*,' qu>lle est fri^quente 
chf^Mt'S herbîvofés.' ■' " ' "■ '■ ' 
' ■■ Ti*'s>fiibe*'cbli«.< pTiinidnairep- ont donc leur 
sî^^dôn«i|és'V^Rioal*8l,i|niïsqoe le mercnrê 
a'-6t(i îfllTQ(Hiit dans lte^»oîes 'aériennes; ef ce 
Ki<ff^',i-'*f'** j'av'firti prouvé meft^rii'llerucnl 



M 



( 255 ) 

pour les Inbercules au second , aii troisième ^^^^^ 
et au quatrième éfats, mais que Je ti'avais as- 
signé que par analogie aux tubercules mî- 
lîaires ( Méd. prat.^ pag. 174 ),^cst donc 
bien constaté, mémepefaDleèdiacblair^ta). 

Il est doDobîe«iillempnti1étplè'[Ièsrrtaiber- 
cules peuv^trtiSImidKtèatanDésTpaittmè^n^^^ 
qui agit ^yfefifpirf>s!iùibtfii ty'iBgd'JiDBfflapa^ 
points; ilaeisr'ëiïcom dCniokiffé^.qadbltoltiifcofv 
cules n^ôirtrtrfait dmipépifîi^œ^f^ft\>fi'r|^t 
les produh^è!]9idQFaté.^lefcp9rfiUBQ^c^ 
agît mécairiè[Uédierrtnt «uj rrr irr-m r-- ;fTî 

Cinquièmfer>e3ip éA€ mmA^ilimïiiqï^ 
nature diiitrffToih4Qramè)mihr:feBfaéti£iiinâes 
tubercules? Pour le déterfnîpecv*Hi^9it:f0Ot 
simple dHntroduiredbimsrenraîdansiCÎ'iÇiÂttès 
tissus. Or, dani^|Sla^:dé.fV'«Qg|1rrap!&f]ç^e^,o^ 
ce métalia éiéi'iqttQduif ;jdansfI^;tij$Aï cteiUti- 
laire sous-*outané,:;et iniérîe.ifrefeiie}|[t'd^tf»,Ia 
plèvre, dans lë'p&îioÎDeVîI e^t-aôi^Fiqmt'uiie 
inflamraatiQQ.^bieff eau^^ et sctaye^t 

mortelle.' iPedf-^nr^raîwQnâblement supposer 
que le mercurè:Q^it)d^4i!Dé autre manière dans 
les voies aériennes? La phthisîe pi]ilm4)aaiif6 , 
d'après ces ex(!^rimtie0;rne serait doDQ q»'un 
mode spécial « AMfiflaipten^tiQn 4é& Vésicules 
aériennes : jedisûn/iBOfdo'af^âëi^l^ sear^ qu'y 
a-t-il de plus dissemblable qùp ieitubercnle 



( =54 ) 

_ , ', ■ el la griiHulation piieumonique, dont pour-r 
fani le siège est aussi dans les vésicules pul- 
iiionaîrea? Peut êlre ici, cepnulanl, lii spé- 
ciaiifp- tient-elle à ce que , dans les produc- 
(iotiB twbpït'^ilplïî'eit, ce serait la membrane 
qui jfap^ile'^ IPs fésicn I es qu! 'serait affectée ; 
tandis ^UB^ dans la pneùmoirie , ce seraient 
les^vaisseaiix sangnîns qui rampent sur les 
pttè-ois de ces vésicules; N'oublions pas que 
les 'différencea de' siège immédiat dans les 
niàladies eu cJélet-minent d'énormes dans les 
effetsi et icîU(^lemof de l'énigme de lanld'af- 
feclioiK OTj^aUfques si dîsparoles , tient pro- 
bablement, en Irès-grande partie, à la dé- 
termination prise de rélémenf organique sur 
lequel elles se sont fixées. 

Mais comment, avec celte doctrine, se 
rendre compte de la gravilc^, de l'incurabi- 
Ilté presque absolue des tubercules? La ré- 
ponse à cette question n'est pas aussi difficile 
qu'il le semblerait au premier abord. 

S'il existait dans le tissu cellulaire sons- 
cutané une cavité communiquant au dehors 
pamneoiivérftire étroite, dont les parois ne 
pussent psr tiueùrt 1 artifice être appliquées 
l'une contre l'autre , dans' laquelle s'amassât 
un produit desécréliOhJiqtnded'abord, puis 



solide 



cavilé' qii! ffif^ootinuellemenl agilée 



( a35) 

par des mouvemeqs.; îq le demaii<]9 j les.chi- 
rurgiens consultés pour une sembilable aflFec-' • **" "** 
tion iraient-ils accuser une cause spécifique 
pour expliquer ceU^j^ll^j^tjp^fffyttJfondit 
tions physiques ,qt,jDg^^ni9n^,|fA'#ffrweoit!r 
elles pas t9|if.|»3ji^,|5ij^i?,^^'q8fr<».:|»q«tplir 

l'incision <^^:l«m»ftiAWi»>lîi^^*P'ifttiB'^ ée^Àtm^- 
tière con^eiv^,,, lf„^^A^{K> ^ÎBftttoMu»! 
mode d>^tt^^f)^^)^Ql|aj[^fXêM?d}l>ilto-l«q 
petite cs<{i^^^'j(^^qIii^qbo]y|^ll4^fpjlin^ 
et qu'ils. p^4i^ijj^^igt^,i^^|% i^^eUofléh' 

PourqiY)j,((j[§»|^fi|»prçljk^fJpftl«||fii»Pti«di 
dieëreBtes^re^î|gj||^ti^9Jf,^^^«|i«^W,i^iBt:j 
n'est-ce pasjl^ |l'i$BB9^^Wlé ^ ^çmwim< ' 
les pouniHi;|8^^^fggp^r(|^^«^g|'(^i))ft;^ft,t^iIi«i 
de^ac des vâicules ,J^'^i(^^fj|^ l'^H,. 
f erture d^.ççpj^i^ic^^J^ ^Y4p«i}Sf,ggdid^J«s 
bronchique^ ^,^ai^,;||»g;[|^cj^^^')lfj^gf9ja[»|i(>|t^ 
de la sur%ç^^j<jj8Çf}^4fl»^ftiftt9#ffcal^«|::r 

l'incurabiIit4^epl|^§^iBlï;^Hfei|rfl»JkP^ 
. t'ont le 1^1^ J(|y^f(^|jirfl^4)4^4if^fMt,i)«tit#» 

è la surface- iintçj'jjgg4pSqIir^fi^l^^i..4L'4i^:a 

pas de fièvr9^,jB^,^fhiHg«lft;.^8P*iW<» df«6fi 
fecfion pul^p^^^ i,;jjj^ ^^sM^trc^illlMIe ,. 

franchit la sprfaçg li;yfn-f^.pf^^^%tfk^irt|fmt« : 

l'épaisseur dps,,p{yjffif ^Jlfij f%a^%éfk iWiWwAe ' 

sous le double S^^i!^m9i^^»0iP>tkh9f«^ 

tielle et de ra£reotiç»i^,4tt)tiflffPBj^ft7i5y , fû 



C =56 ) 
Sixième expérience. J'ai voulu expiVi- 
- meulcr si rinfroduclîon d'un liqnide, irri- 
tant par ses propriétc's chimiques, produi- 
rait les mêtrtds phénomènes. Sur deux chiens 
de forfé- U\\\é j'aî fait pV^rti^Irer, par la ird- 
chée-arière, DU" petite VpiàliWi^'dVncre étcii- 
&aë {Téâti! L'uli de ces aiïfniaoS estniort eu 
«RAi-ïi'uiT'heiii'e!^; Pbtir tOdte^llflMlion , j'ai 
h'biivcTiil'é''îtiBnralioii Si^rdusé'ï^^S-considé- 
rable dli poumon dirbif, fîê'*'énu"l6nt-à-fai( 
itft^rbpre Ji la j'espii-aliori'.' -L'aufi-'é'a vécu 
ïrtnle-slx hpuires, ï-é' îtiêiiie' poiilhbn droit 
éfelr^^iirtft'étit iiifiriTé en enlii^r; et, dans 
une côrfaîne ^fendue, '!a s^l'osité était dans 
un éfat dé conibiuaison aVeo Te tissu pulmo- 
naire,' qui'reSsemblait exademeut an tissu 
de f^ rate; ■CHb.'i'^ rém'iV-qnàble! le poumd» 
gauch^^fai^ p^rfaiteiiiént'sain dans les deux 
('as. La'fluxi'oU séreuse sur lo poumon peut 
dofic fpnïf^ une fAuse îrntanle, et non pa.i 
Senietncnt à Uïi bb.sta^:le niécaniqufl à la cir- 
cula tib'h. Une rrrîla'iionvîVe,fixi'e.snrlameni- 
bVanfmufju'f'Usé des lii-onches et des vési- 
cules ','&■ dOnè dét'ermuié, iibn point une 
pnettifibnie , mais line fluxion si-reuse sur le 
pbnraoTi, Une combinaison de celle sérosité 
avdt! le ri.^iii piilmbnairé. Oes fails un côn- 
firnujul-ils'prts Ce (JnéyâidÎ! plus haut, ^e 



( «37 ) 

]e siège de I9 pneumonie rCesl nullement 

dans la membrane interne des vésicules? Tubercules. 

Gomme toutes. nos recherches doivent , 
autant que;. possible,^ se ra^l,taçljgf^j^, jyj but 

pratiquç,. je 1^ ^gffl^^^f^ Rl^ «tfffflïf SÎT&f »> 
traitemçnt w.^g^^ï^ f,\^}f}n^\^s^^- 

voilà la §ffl/^elî^9fcmiïft(iff^y^vto 
les pouia,9^| è^'ffo^fij'fiPf « à»F9î^ffM 

déposées 5^igJfe^çft^:yv?liiflP1tftSWSi£^YR»* 
considérer SmmGf'^%ÀWiS .mêii^Pf'hih 
sapg doit tr?^î'5|§ÇfeÇfc-Hg/,iattl&^ SB ^S»|ent 
fous les.cogg^^t^fggèflgfjg'^^i^i jgn'aKant 

injecté pl"?sie,^S.„fR^^rife ■ ffiiatl?*^ ^a?* >. 
veine fémp5plp,^J^,^î}f„,y^^,^.px;tf^ir, 

t.és., j'ai ^»4t^!},t..f.^'miA%^"^ft«^i^S<£ftf5î; 
cureconcenti;é,.^,^pÇ^^,je.^^^y^i^,^9ftJg, 

poupon y et.,<îPsiîj|i^.i^tj.]^^fl|çij^^j,iops 
yasculaires4ç.^^^r^^g^^ ^3iip^q;i,so#. 
tous morts SS^ag/^^tf i^traHft/R^f?*,»/ eptqr. 
SIX faeures..On conj^(^^^q^^P^gp,;j^çu^ jp^ij;. 
placer le mÇ^ÇHfSr^â««,ç^e^»|fi^çp^^|>^f ce , 
que, d'une P^|[^^\lMi«!i^^|?!^,%« sa^S^ 



caracléri/se^pefiiie t ; d'^egyd/gf^4^^r^,^,m^ 



^238) 

5 ctilps IcK plus ténues parloul où ellds se ren- 
'*■ contrenl. 

Ici se bornenl les réflexions que m'a sug- 
géréos.miipeht nombre d'expériences rela- 
iiVès aûipoiat IftJplus obscur peul-êlre de la 
palhologie. Je'inéproptise de les ri^péler , 
de les varier de mille maaières; mais, en 
ailendawt^^afieîSTféVbn^coiniBfinrquer à la 
Société analomique mes premières recher- 
ches, 061*163 , ir y à antre choSe dans les tu- 
bercules pulmonaires qu'un catarrhe ou 
qu'mie poeumoniè chronique. Tous les jours, 
en effet, nous voyons des catarrhes pulmo- 
âéirés persister douze ou quinze ans; des 
pneumonies durer plusieurs mois et même 
plttiîeui-â années, sans laisser après eux au- 
dun tubercule, faadis qu'à la première in- 
vâiitin'lîe ta loux, le! malheureux jeune 
BÔnïmé est frappé d'une phlHiçie lubercu- 
fèiise mortelle. 

Ct'fte autre chose serait-elle l'inneité , 
Hiéi'édiïè, là dlalhèse, les vices tubercu- 
leux, serophuleux et autres causes occultes? 
Serait -elle donc seulement le siège diffé-r 
rénft'de Tinfiamtliàtioh qui occuperait la snr- 
'fëêfe interne des vésicules pulmonaires pour 
lés tubercules du poumoQ , la surface interne 
des^y^^cuplejj^pu.lpçules des ganglions lym- 



I 

J 



( >39 ) ■ 

phatiqnes; pour les tubercules de cp» gan^ ■ — "^"^ 
,; .1 Tubercules. 

glionSf etc./ 

Les caasea métaphysiques «ViraDonirônt 

de la médecine à mesure. qpfil^MDnnè'ipa- 

thologiqne de lej^WtS &Cïï4ri8ïIito|p4ii 9hy- 

sicà pky$i^ilê^^e^_0qS^^Q\, niaoloiiicft 

-, «.mimaiq z-îtn BupirnolBne èt^iooB 

...; iiii ''l .aupiii'J'i'S't E>i[iQir:i.'ai[q •^■■ii'ay- 

Traité des tnafatues au bertfeaii et d£ ses 
membranes f par A^-L.-J. vAYU&f^LH^tf- 
ladies JntntMes. ) In-S". de^^^Jfiur^gfi 
pag. Paris', IP36, chpz Gabon, . j^;] 

He làparafyà^ç coiisidérée chez^ipi.xàîi^ 

nés , rechéraies Jaites dans Ig^ sètvifif^ 

âé feu Ht, -àoTER- C^ôii^^^^^^, 

M. £5Çïr/^S^^ par M^.^;^.-^^^A4^^. 

In-8'. de44e pa^,Pam,,|J^|, cfeÇlîB»''-' 

liêre. '' . > ? 

,^ ..;ïiiii-. ?-.jJ9;K.i.;j'i îv 

L'esprit 3'analyw f ij Mi^||ewjiient^^^j(C ;jd%ip<f^p. Maladies 
époque : presque tôàtes Te» producUonj littérâîrei ducerveau. 
d'anjourdliDi ni portent rernpremte.XasLiluopliie, 
abstraite ett^nébrense antrefbfliMlâeveuuèpÔsitÏTe, 
méthodiqoe, et « r^païuhi •dî'ln Kienm iin carac- 



(HO 

g 1ère de certitude; signe avère àe leur pcrfeclionne— 
es ment. La médecine, particulièrement, âresseali l'in- 
fluence de celte heureuse métamorphose. Ce que cette 
iscience avait de plus positif a ete retrempe; on a ré— 
Xoitaé en boaaf, partie ce<{u'cllc avait de coajectiirHl. 
M^e,aîa»i à r«oisio9 dcsçntres sciences physiques et 
adaptés à l'espiït <i\t siècle, elle a vu la vt:rité sortir 
de ses ecrcurs, let faits remplacer les hypothèses, et 
des lr«vau«. solide» éclipser le grimoire des vieilles 
écolu. Au «ombre «l« cet travaux, on peut compter 
I49 deoji ouvrages que nous ODuon^ons, et dout nous 
allofis donner l'^naljse. ISpuï jet réunis&pns ici , parce 
4uc,()uotque différeue de titre, ils ont rapport au 

niéme sujet, _ 

Dé« l'amiee i8j8, M. Bayle ayant remarqué que 
letléstoDs desuiéninge£étiii«Btie)>trêiii4iueDt fréquen- 
tes chez les aliénés, et, observant bicnlàt après qu'il 
y avait un rapport constant «t direct entre le degré 
de ces lésiods et certaines espèces de délire, taudis 
que d'autre; .espèces d'aiiénalion moins nombreuses 
n'élaucnt accompagiiées d'auount; Altération des en- 
veloppes do cerveau, en avait conclu. que rintiauiroa- 
tion chronique des méninges devait jouer le principal 
rôle, dans Tétiotogie des maladi<;% ment.-ilrs. Coiiti' 
nuantscsTechn-chesdansIe inéiuoaens, sur un grand 
nombie^de malade», et'OomparAut entre elles , à me- 
Eor^ qu'il les avait recueillies, les histoires particu- 
lières de folie, il se confirma chaque jour davantage 
dans cette opinion. En 1822, il fit de ce point de 
doctrine, le sujet de sa th^se (_i),dans laquelle il s'at- 







ti^clia itfiipvini«brv-^''^'âi'Jo' dtiJii jcetlft«ntvnosAbr€i:Vd« 

faiXi'V'B^ qnerl^inflàminatlôa <hi:ontqtiecl^finveloii|»«s ^Miti^f^lf <^'^s 

du cérvteaîliëtlrikassei'lrëqâenteifclièz ']é9;aliëi]és^'Tioii "•• "^^^"' 

pastcômine termmalbotvde l'ârcéhvîtfe'vi^itfë f^mâts 

comme maladie spéciale '^êt y w A t^B^ÛA ^ Ê ^ ^ ii^kmUl 

autre } aP q?n'«%^krnnitf4»i^«it|i| i i » > i i i>y 

pecb particnliënt tf%IWifaiiéi^ét*téfe3»lk >»i it ili| é m 

obseirâdotif'.qiièiiSftMW^^ lrlMuljf4li«éirtèil^ 

dans im t^i^«j«M) l^qtfMèMo(ffM«« JM4^^ 

dé5> s^mpMMel/^HttKécfféMMllb W 

.yALivcoriimeiye«mëMlh'#82Av*!)^ 

doctrine AV'lw^ifé aft^iAiévVettfii^ilU^NMfiili^adMit 
-sur la nature des' luéladie» meatutes (i). Çeridëe^tèflt 
:ies suivanierr ^fî&^lé{MM ÀH «MtMltvMtfi meirUles < 
sont le «ya^d1ftM<^<tfàt>^iriegittiilleM(Au4ftl^ilV'fk^ 
tîv«idesaienJsrUrftli«i 8u««éfWtt^^a"<iillilteiÂtiw»]ili1li||^ 
masie a sonleMge Mit" lëràplWe9<«EllMEtt)S]iÉi WbfHM*edV- 
l'ach.nqï^e e«r4bral^^qM*^Ml!itftkil'Arttttlef AfèèiMldîdb 
de ift :dDi«irtitftff ^titataMieM^cott(iq(Hftoi»|](a«^^ pi^*- 
inëre<^;iqoi s'iiq^tf^pllivw ÉioiMai^ |ltrpar»l»jfebBiM^ 
terne od aidta^ill^dt4'#iiiMliaôîdeioérëbi«l8id{p|0Étte 
peut s'étendrèf^êiiMdèietl&wMlabfl^ 
ihéme à sovtfeiiîllet «iMhiioitdfeto^enBliflbeiB^ilps^ 
toujours ,iden»«esdeat<iat/ycBécknbïdBiualvicdMre; 
3» quelques âMttMri«a«1>te^l«ltt%.-dtjp0fadsii^ 
tation spëcifiqftte è«isjikipftlfcN|«fiidiit«60t«ia«p4^jm 
certain nombto^ttMft^MMlite^l^einâadcatiesstMt- 
nentpnmitivenjehtàu^iÉii»iqisjpr e f6 w <yqe^< ftrt a ft< li< l li f 
: »i^- .. > j ;>^>oi fi^ ^l* jàjiis ?it\Bffiffrtnh 

gastro-entériie chronique ettàgouiie\ càhstdétù»' Minime 
causes de V aliénation mentah. ''^ * ' ' " • • ' 

(V) NùavelU 'dà€hinté^ Hk l k t me ^1i mtV ÈÊ U i*9taÊ jrtaS. 

T. ^ de la Col. 35* (/e /a 2* «S^r. jéoût. 1 6 



,-( .,42) 

^M^a^— {ifféetioTis moraits, et à une erreurnloiiiinqiDte , qui 
Maladies matlritent plui ou inoins la volonté des malades, et 
dueenreau. deviennent ainii ta base du délire eïclu.if; 5* l'idio- 
tisme dépend ordinairement d'un vice inné dans la 
cqnformation ou l'organisation du cerveau. 
■ ; On voit par \a que le point principal de celte doc- 
-bi^e consiste dans l'idée d'attribuer la plupart des 
Biajadies mentales à l'inflammalion chronique des 
inéningeB. C'est cette idée que M. Baïle regarde 



enlièremeiit n«u 
rage. Le prejoie 



?^ 

«DUS les yeui, est 

p^mlale avec paralysie i 
gits chroniijiu!. Il est di 
mière, essentiel lemenl 



et nti'il développe dai 
voloiije, que nous avons 
à l'ctode de /'aliénation 
iplèie par .suite de ménin- 
en deux parties : la pre- 
se compose d'un 



□ombre d'observations ou d'histoires particulières, 
suffisant pour faire connaître toutes lf)s espèces, les 
Variétés et les nuances que la méniugite chrouiquc 
est susceptible de présenter, tant sous le rapport des 
lésions organiques que sous celui des symptômes qui 
l'acconipagnent. Ces observations sont partagées en 
sept groupes ou séries, d'après les rapports qu'elles 
ont entre elles. En tête de chaque série se trouve un 
résumé Irès-succinct des faits qui la composent, et en 
t^te de chaque observation un sommaire de cette ob- 
■ i^alion; ce qui en facilite beaucoup l'étude. Nous 
alJlDns transcrire ces résumes, qui ne sont autre chose 
q;ap l'analyse de l'ouvrage, et auxquels quatre-vingt 
jçîoq observations servent de base. 

.PremiÈre tétie. i° Symptômes. Au début et pendant 
la,j).reinière période , mopomanie ambitieuse avec di- 
miautioa tie l'inlelligence, quelquefois avec calme. 



ras plus 6a moins marque de la prononciation et de 

la démarche. A la seconde période, quelquefois ma- , Maladies 

, . du cerveau, 

nie violente avec incohérence complète dans les pro- 
pos, et prédominance d'idées de richésâé etde gran- 
deur; le plus souvent afTaîbTiIsfe^^ntVi'^/^SSnstà^i'a- 
bl« des facnltés'l&tèméPtS^AlJf S?e^lil<yi%^s"fâées 

plus grand«',''\a%<{^W<fk^ta4 it^im^iff^^- 

t At avec ié^'ici^ fW otP^ofôi^/^s^^aglfM&^^Sli 

même de fâyîk'^Ss tSrdf ^étf JViif i???^ii?i ^i?f88g, 

démence 6«.â)ia!tè?i9%feK ^'iim¥(ri^q{aillT''a^%c%'k 
idées am6Vtilfis9MiUi%^flfê*ofi&Aft«?;(^?ii^JΫ 

même imtM3Mli'',»y?à)»U^iif?<^^l»liîfê»>^'k Hh 

siona oF^aiîi^iusf Sdvrim^&wi/pi'i'îâ^e iSiÉm 

des hémispfi8r^l(8'!/^el'.?, n<Vi^%%^e |>é^].fili8% 
des degrés Yi^kitmuM^'^i IS'stîtlHYèiq^^À 
son état natuÂAfifflc4tWfe,'%M%§r4ii?s'3l3'7«l 
soutenir le fôHH'^^m 'i^Smi%é^î^\itnm^ï^ 
rompre , iyàH ^éH^M'-^i^^P im^ê'é''%Mi?\i 
totalité de stf «^«b|¥J¥^'é''.^âétiéïâfl°^]»J^<%<>^%fii 
nombre ie'^M; HktPlfiSihg^imm^ni'^di^^ 
pilints de la's^»»eaât<^^i^<P,^ttOlI«âéiâf^%^^'i!ij"!S 
base du cervfteP, ^i'gftVéf^t?^ ■ÏSTW^lTfë'^^fflï»? 
Dans les end^&^j^l'f iM<%<Uèfd2''M%W<S^? é^H 

liiëre plus o,^' Ami'fêé^^i\'n^cmwim\¥ié'siw 

rosité; une qnSMftmffâ8W'!K'égilâM¥«'ft^ilfë'Âf • 
criine; les veifè^flAf»" lltië?M{''<Kifa^êVS^i?!\/M'i|(iiHfi 

tité plus ou moins gt^Mét'ék^s^ia^mvmmitiSa»- 




ordinairement impël^ttib)ëiF2â'^i>^e(k'k'k.(FAifVHff' 
sain , variant pour le ^miAliéèi;^mimmypki^ 



( M4 ) 

1° Hymptâi 



Deuxième aéri 
9 miers lemps de 

' très-mar<]iie(]es facul 
vent sani idées ambilieuses dui 
et avec eiijjarra? plus ou moiiii 
propoucialion et la déinarche 
ra|, ou. mouomanie amliilieuse 

dimiuutÎQtt de l'iolelligence. Penda 



Pendant les pre- 

tanlâl aiTaiblissement 

lellectuelles, le plussou- 

i dominantes ai agitatinut 

koins considérable dans la 

mlùt délire gén^ 

ec agitatioD, bïen- 

mptète, et de 

les derDiers 



tefi(ps,,affqibli9sefijent graduel des fatuités intellec- 
tue[lLes, ^ui. Vil jifsqu'ï- leur oblilËratipn eumplète ; le 
pluï souvent nulle rcipome au& questions qu'on fait 
aux malades,, ou réponse luonosjlUbîques qui n'ont 
aucuu rapport avec le sujet de la question; nulle 
trace de .laéinoirc; perte totale des idées; souvent 
slupidité. absolue;.. tranquillité constante; paralysie 
générale et incon^pIèLe, qui cousiste d'abord en une 
très-grande difljcullé.d.ans la prononciatiou et la dé- 
Uiar(;lie , et qvi finit par une impossibilité complète 
d'ar^cultr, .d<f marcberetde se soutenir sur les jani- 
beg,,Gl pa.r l'écouleuienl involontaire des déjectioai. 
3;° Ifésionn or^aaiquen. Sur la couvexilé et la face in- 
t^ne des béjuispbéres , l'aracbuoïde épaisse, devenue 
opaque et augmentée de. consistance ; mais à des de- 
grés variée,; moins considérable;, en général, que 
dans les observations de la première série; également 
épaissie dons les ventricules, spine à la base du cer- 
veau et sur le cervelet ; quantité très-considérable de 
sç^osiié à. la hase ducrânt^; dans les ventricules, qui 
en.fout d.isleodus ^l diUléSi et dans le tissu de la 
pie-iuère^ qui eji esl extrêmement infiltré et dont la 
couleur est tantôt rouge , tantôt et le plus souvent 
pjlif.. L'^^cpt^njulflJv» .4?. ce Unide dans le» venlrir- 

, ot, iiaU»iitliiUi> 



( 245 ) 

c^les' petit être portée au point de détruire leur pa- 
roi inférieure et de se répandre & la base du cerveau. Maladies 
EUe se tassemble 'quelquefois en unequantité énorme "****'^®' 
stii- les' hémisphères, dont el1e'èpâà^t''fè9^tîrc(niTÔ*- 
hiîfons' et resserré^ WlrifritéttiolitÂ! Ct^fv^M^'^aini, 
oi<dibaii*eméAt^^mè '^Và^klàf'p^Yt^i' tltmi(Héï^i fiidn 

- TtôiéièHie ^mm^h s^mff^ki^i^^êkâéhéW^'^^ 

mierstèinfè-,^«^ifl9ihkfê^%'HltiR?éÙiré';^'M^ 
èontîilnené»^^^'^^^m^ir«f€'6|)itl^Mfcef^^^ 
blisseineiftrâ«é*fôaill€Af 9è«.mii^)ii9fk^éFa{/è^4^iM{vi- 
iiefiiens ; '■ eiMH^èi^''è%"9i^mmLi'^eV^fBLm^ ^^ 

moins maHftlékSénstî'p^ri&r^alt^â c^ià>.déniarclië^ 
•ptttL de tenyfié af k^'el^ dul^im!]al]|^lus ^tnhâe fàf\\t 
un cours de' l^-'tiAnirdHèfi^l^béA'oInèheé ^p^modiqkics 
sùivans s agifsftii^iiî^^iilàlVe ^hMl^rèiIitéuiémëht 
violente ét^i^^Te'i't|m^€«Wntdt bontftmiè et tiinf At 
pérîodiqtie , >è^ le^è^in-» i^dèipig^iée ^uh^ bdP^frëVéK 
sèment toiiïpîè1'-dês"'^^èuhés 'înlpllècl^enés "et «rfrt 
idées ;. 9 ttaqtlPs ^fleptifortnés'pltis oh môin^Tréqt^ét^ 
tes , dont les intervalles èctelP^lBi¥qbé*^'JriiY Ifrféfa't àfe 
cal me Ou d'agif ^«f oik"| pàr^i^sfe' |Àiéi^rè^et'ttieBi^ 
ptëte; idées de gri^hd«fÙt'-^'cnlf^rl^trïfiS$è^%s ^â^tiôUft 
^minante^ , grlindé^ hifyfè^*^Y)e¥''ft%l4<à' i!h^^^ 
tnelles j tretoblèAièt^iït'rcbiitils^W'^tf^^ 
considérables^'^ tir '/ 1^ plnslêih^ *n& eifibi^§''du Mi^ '^^^ 
le corps; confrà>clîo^ir#i'èi5»rîgiVÏité^dé"e*iJ- f:ftiMf^; * 
extensions tétahiqtké^'Fciéillè^ oii '^ûêMiefS^ fflM^W- 
fois avec des irfféSiAf^ehi'^i^hïp{&iitèr<in^^ 
jours accompagnés dldéf^â'riibi^d^s^^s M^ioÀii 
incohérentes et d'tfn^ i]jarél.7<»iè ^Mlralè^^c^ 'f^à^b^ 
plète. Dan» la dernière piério^e*; (^triitid lëè^aîad«t7 
parviennent , ce qui est rare , continuation des phé- 



I 



( 246 ) 

lomënes spasmodiques ; tantôt idées ambitieuses eo~ 
Hulaili«5 tiérement incohérentes et trés-bnrnées , tantôt anéan- 
tissement CQmpIct des idées et des Facultés} pronon— 
cjaliou entrem'enient difficile; marcbe impossible; 

ei.qrétioiis invnlniitaires. 7.° Lésions organiques. Sur 
la.^onyexiU' el la face interne dns hémisphère* , épais- 
Sij^semeriL pinson moins con^idéralilp de l'arachnoïde; 
diraitiulioii (le Iraiisparence; angmenlalion trbs-mar- 
«Uiég de cohésion el tic consistance de celte mem— 
bl^nc. Sur les mêiucs parlii'S , iiiRIlration séreuse j 
ijjjeçtlon et soi.veut rongbiir de la ple-nière. Ménin- 
ges adhérentes au rerveau , larlôt sur la plus grande 
^Hç|,ie ou la totalité de la surface des hémisphères, 
Ugitôt sur un iionihre plus ou niniiis considérable de 
pftîljls de leur face tiilerne et de iciir conveiité. Dans 
VQH5 les endroits où eiistent ces adhérences, la sub- 
stance grise des circonvolutions ramollie, à la profoD- 
^«ur d'un quart de ligne à une ligne, ou même une 
ligne et tjuarl , plus ou moins injectée , ayant souvent 
\ipe, couleur légèrement roséç, (ju'on observe h, un 
glus faible degré dans les autres lieux et dans les an- 
fraçtiiosités , dans lesquelles on ne voit jamais d'ad- 
^grçiices. Épanchemetit plus ou moins abondant de 



^^H cei 



Jjçjui , uni 
BSH» "»-"" 

tojuçfier, et SI 
tantôt ayant 

iQualrième 
Im altérations de tissu 



int (juehjnefois distendus. Arach- 
juverte de gra 



isible; 



mtàla 



itiirelle, tantôt ferme 
sut injecté. 
Symptômes. Ils sont , ainsi que 

.. , ,,_jhlables ou analogues à 

ceux des séries précédentes. Ainsi, dans les premiers 



j 



(H7) 

mbttira» pioi ou moînk inco- cas 
h^rcnle, iTecoB lant agitation, accomptgnëe de M 
paraljite ineomplëte çommeDçantfr da' la kngneet 
dn membret iaférienrs ; plus tard , agîUttoa manta- 
qac , avec des idées ambitieuses dominantes ; el dans 
U dernière période, étal de démence semi-paraîy- 
tûjne très-marqué ; démence de irèî-longué dut^e , 
qui dégénère plus tard en nne stupidité complète, avi^é* 
iriilîlération des iilées et impossibilité de mnrcïiér'^r 
de se Boutcuipi agitation tonvulsive générale , griné^ 
menl de dents, rigidilés téianiiiues d'un ou do'^^_ 
■ieuri membres^ con[ra<^tions accompagnées ou non 
de lran]b)eE^iu.etc..,2° jE^^to)s«, onùni'Q!i^a. FkMS? . 
yembrane plu> ou moto* ep^iûe et cÔMiilain i^î^ 
les deux feuilieti de l'araconoide /aVpc wjt^lilâi'W 
la face interne de Ja dare-<neré , et wnTant oét'diif " 
lottde «aog eotre celle-ci et rexsa^aûtta'OiéaSi^ 
neuie; adhérencet t^u> pii 'monu ^Ikndiiià'%mii>' 
ningeiàla substance erue~'du cerre^Uj'qin ait fai)MilS 
k des degrés varies, etc. '"" '^ j'I'-i-i 

Cinqaihnu lirie! i" S^mplâmUi. Ce sont ceiliÊ;'d<l'U 
méningite chronique} de plut, iltàqnes (SpilepiilMr^ 
mes plus OB moins violentes j convulsions des 'ti/Ët, 
et pins tard, pa rai jsie complète d'un aei memlirWftti 
d'un des cdtés du corps; accès d'épilèpsie ; o£tit^rî^ 
tion graduelle des facultés et dés môuvéineàs ; état 
comateux, stupeur, paralysie, iigibes d'ibflaipinaiioii 
gastro-intestin aie ; a* Légions vrgam^uei. £lfes îàât 
qneat une méningite, chronique étendue âul &'eînM- 
phéres, ou bornée à nq espac.e plus ou oioliâ^circoiu^ 
crit de leur surface. De plus ,^ ramoliûsemeaVpl^iou 
moins étendu d'une partie da cerveau , Sa Mwdn 
corps opposé k\ la paralysie , ayec où UM OO^Fi^M 



■ 


^^^Bt^^^^^^^^^ . ^3^1 


■ 


C ^^i»' ) , 


^5! 


!■& ciMiD'éningetj à la Bnl>«tanbegi-J9e; sradinilis a>gu« 




llMies- nt^c suppuration à la ritcaiDférieure de l'encépbale. 


dttce 


tf^"»' hydropiïiBddsvfnlrîcules.rongeurinWiisedelaaieai- 




braiit: maqn^se du cœcum, tumeur fibreuse cansi- 


^ 


dèrtUlfd^nsVhémiaphkre cIroitdiL cerveau. 


f 


-S(Wè»ie s4n«. Toulèa les observations de celle ié- 




rié jfW'BefllHnl Ifes ijiiiptànies propres à la méniagite 




dli-()nîqùé, dans la première période ou le cominen- 




ctnifent de la seconde. Le résultat a elé tine amelîo- 




Vaittfn très -in arquée d^s symptômes , ou uue guérisou 




-■'fcfctiJpIcCèL ' ' ' 




'"■ ''S^plièrnè sériti. "Etîe se compose d'observations de 




''rf^fini^ile chronique, avec autopsie, publiées par 




Li'PTBE-'(r)-, GrcrFBor (2), Chiarugi (3) et NedmawnV 




denerlirtf4)- 


MM 


-itfl'sefc'onde partie , consacrée a la description de la 


■ 


rtrfnîngite chronique , traite successivement des cau- 


F 


ses; des caraclêres anatomiqucs, de l'hisloirc géné- 




l'tffe', d'es iiguvs et dii irailemei^t de cette maladie. 




Lés i-ailsâs sont ilîstingnées eii prédisposantes , occa-. 




siiinelles'ei proctiaines. I.e.i premières, que l'auteur 


b 


diVÎM eri physique^ (subdivisées elles-mêmes en bj- 


■ 


giéniques et palbologlques) ef morales sont, d'une 


^ 


pdrt , le seïe, l'Sgo , le (empérameiit et la consliltt— 




tion,' l'élat lie l'iiileiligence el du caractlTC , la pro- 




fession , l'hérédité , l'iiclion des vircumfusa , des ap- 




pticalct,Aef. irigi-sta; des^resin, l'influence des e«rrefa. 




■■l*ltypei-lrophH-du 'ctrur, lu suppression d'un flui hé- 




iTuïi;,; ■ 




1 M^Mémaireii«J'ji/:ai/lfmiede:iSçUnces,mnée 1706. 




'' ^y Ménioirt^fl'e Pjfcatlémie dxn Sciences , année 1706. 




'■•^ 'H^Uapaizià, ih 'geneU ei msperie , con una centurift 






L. 


(4j Jrehivis de méd,^-iac , lorae 6. 


k 


ta^K' M 



Maladies 



morrhoîdal ou des dartres» l'oinission d'^nesaigaëelia- 

bitufelle , la céphalalgie , d'anciens accès d'aliénation, , «■wojes 

lé rhumatisme; et de l'autre , les chagrin'srpu d. autres 

espèces d'affections morales, 1e$ tr^VAui ip'tetleçtnels 

excessif. Les secondes rësultètiti4 tantôt die l'ulction 

long-temps prolongée des causes predisposifilitesi^ et 

tantôt de Tinfluence simultanée de (tes dcii:K genres 

de causes. Quelquefois enfin elles agissent, s^ules^, ^ 

ne doivent qu'à elles les^ effets qu'elles prod^iâeii t. La 

causé prochaine est toujours l'efTét des ptéeédeinteè'; 

elle consiste en une, congestion .cérébrale pkrs- ou 

»■ ■ ■ • . 

moins vive , qui précède constamment l'inrasion de 
l'inflammation chronique des méninges. I^es carac^ 
tèrês anatomiques de cette inflammation sont ceux 
que nous avons indiqués dans les résumés des* pre- 
mière , seconde, troisième, quatrième. et chïqmième 
sériesi Son ,hhteire générale se compose d'ç Vexanien 
de ses phénomènes précurseurs, de l'étude de se9.th>i9 
périodes ( monomanie , manie , démence ) , de l'appré- 
ciation de sa marche , de. sa durée , de l'indication de 
ses terminaisons ( mort , amélioration ,- guérison^f, et 
de ses complications (gastrite, entérite , gastro-en té* 
rite, péricardite, pleurésie, pneumonie, plenro-pneu- 
monie chroniques). Les signes de la méningite çbro* 
nique sont distingués par l'auteur en ceux à l'aidé 
desquels on parvient à établir la nature et le siège de 
cette maladie (signes diagnostiques)^ en ceux qqi in- 
diquent l'existence de telle ou telle lésion des ménin- 
ges; en ceux qui empêchent de confondre la ménin- 
gite chronique avec lesdifférehtes mahadieB'térébrales 
qui ont avec elle quelques points de ressemblance, 
et ceux qui feront pressentir d'aVftn ce -«{uelJev seront 
la marche ultérieure et la terminaison de cette ma- 



; lailie (signes proDostiqu«s). Les signes diagnostiques 

-Vdladies ^u nathoenomoniques sort au Domltre de deux, i' le 
ouoerveau. i <j i 

dérangement des facultés intcUecluellos, ou le délire ; 

»3* la paralysie incomplète. Les sigues pronostiques 
lesphis cerlitiiis> sont >Ia 'paralysMr le dérangement 
de»fa£«]t«éliiit«U«'ctiielles, JesiDOBvemensconvulsifi, 
le^^web^n» gangp^heijtéa etJe dévrâmtnt. En effet, 
IWgtnefatalia!» dsa pmniera at^|a'<pré*«ac« des se' 
condautmoncent une moivtfproc^ine-t qUavdans de» 
ciccDdttimcei ebntfaîrei^'alninfa poini à «pprében- 
der^lAfOnsladtes qui.peaMBl «Himpaser pour celle 
dont^vsb question ici ^i inaifi Iquiicepetidact eo diSè- 
raM.ious pi imeors rapports y sont les aliénations men- 
tal autres cjaa le délire ambilieiix, ia congCslioD 
cérébrale, l'arachaitii aiguë, tes convulsions, l'hy- 
drooéjpbaje chronique, t'dpilepsie aasentielU , le ra— 
moltiuenient, le cancer du cerveau, l'apoplesie et 
\ejdeUriuitt iramenï.Qua d1 à ]'eip]ication des symp- 
t6iÉffl'de=lâ^ni«ningite chconiifue,. considérée comme 
eâettf parole* I^sionlffléningiennes et cérébrales en— 

Ivisâ^esicomuie causes , Toîci quelle est l'opinion de 
l'aoteunilhatlmbua le dâlirei, l'exaltation, l'agitation 
et'^IJM-oap^ià'riiTritatjantque la face interne des mé- 
nrngeKre^amtnée e^enoe sor la substance corticale de 
la CotV* exilé et de la face interne des hémisphère cé- 
rébr»t)i!,'»tpar.suite sur l'encéphale tout entier; la 
par»ly>sie,<'à une cfirapression du cerveau , occasio— 
néepar une congestion sanguiuo dans les vaisseau k 
de la pie-naèpo pendant. lea deax premières péri«deB^, 

Iet par la même congestion , plus par une inRIlration 
séreuse de celte membrane, et par un épanchement 
de sérosité entre i lei deuit feuillets de l'arachnoïde et 
dans la cavité des ventricules pendant le dernier stade 



i 



■» »' ^■l^ 



*1t* 



\ 



( 5l5l ) 

éé U naladitt; l€t îd^es ambitieases dominaiileSy à 

l'action qa'exeFceiit:sur la substance corticale , et par . M ^1<f^î t » 

> , duccr?€aii* 

anite tnr le cervean tout entier yliipcioifrffillllli tan- 

giiilw de la pie-^meré etlKn fliiiriy fl ii l ifcH ià Jtt^iteiiy Jut 
ttriM de raràc]ié<vdie^iBéBÎn9tÛidirm^MJt>; 
mesce et la«HifM>É6|ïawh,adtefi»f^^ , 

par des rfj^aÉwlniliniaVrtiii '^eka^laglffi %pi»plMtir»i 
formes^' kàMMdif|>ifj||eition9iHng<|iBebsidiiteidaii^ 
yaisseani de^p fMÎidbwf tténcénféAtt^ottb^^^ 
.veneD9<i#liiAliMpf}l»UnAai|ia«ilî*ind9 laoridflafafeofo 
griêe dtfilir twtitpm'itm Waviip^fliqi isi&U(aiittï>aIi'Jta|[> 
mënioffili&i flti Ji b ii^y w ifijéB 0ÊafiaèMiÊè9ÈÊp iMÊb icifc 
préserttftî01iO%iia4ÎîFJi«Bptèmîfq%^^ 
les cau9t8CH)a|^b)aBidlàQ(anioaBhlisè «ojlgeBldmaNiir: 
guîne dao9lri0Ta«ieaflJK(de]|^)iMidfÉr|ï9tt'>^lÉifl^ 
cesser lora^'éUevM Aer^cfeHoAAi^ëÎMrfpâidhd^^ 
rappUqtv!^ofaM'det»7pfeiiûëreBfi6ri(Hb ânilMlUati: 
die oa kjfhpMmyÉf9^'BtàimâB(iprnmiM'tMt^^ 
gime 9ér^àré^iuipmgnéfààoQibiBrèpi^kifiÊM»^SmiÊ^ 
mentatioii^ittàîdaliioaiiet^i^pliailîmia^t^aat fwrsttb 
tête , les éi»lidl»89Éibèifs thmin^ Aauyài ^mreeitè'^ifiÊ^. 
aioos froîdfefiAi iJgji M Mtt UrigislabipfaiplfalÉyiiiieàaai^ 
pies on laonAifii^oM l|to||ptîlii^»téS'lpiMîl^1MBite«ft^i^> 
ses et les'>3i«^pîkidcs abvAceonteîlliÇinîtaBnAM^b^ 
qui leur pvéCe«sb ^eAaarsteaêeinBi /tfla^kÂoAAft^WfD^^ 
sicatoires , ^Uei orfétixpçf, «Ifesijfrictianfi^ipierçiiixdttp 
poussées jtt8qfi!à3 la h salvraEtiqni/K'j les^ iKUu^^iq]ÉCSr,9 j 
sans rejet^i^ltealIfoâsiK^pJai /dea^^pucgalnCi -Aliqiès 
saignées » n^^piicaew) JC|ltileBo[^aasé'Il9qe^B0^^a{poèaT 
stances.- enn leq eulq ^ notU^^fioadaièm bI ifiq ^ 
Malgi^é tout€rla'iogi<|iieiqi]^iUaidéplaJ)i<e e61eiiai€s 
aombreux qu-il vvàp^lA^JIthÏÏÊsitsmismàiftDmÊttr' 



-^ 



^S^^^^s Ira de n'être de son aTÏ» que quand il aura résolu l*» 
dnS'r^T P'»H«»" q»« no«. "Hod. lui prop.ier. 

]'. PQBinuWkÀatJapainf^he aiguë prnduil-cliesmile- 
J0ent4<4 jl^T^.délire qui roule ordinairemcjrt (dr 
Jej.fCt^^oi'pnl' trait « la prof«s»i«n àa nialode; et 
|t«ff/flUoi.cet>«,n>*1adie, à IVut c^ronti|ne, donner 
t^^l^ liea^^ua, détordre looral touL^îficrent, paîs- 
qn'il consiste en une laonMaanie-BniIitlioase, avec 
i^jjfih^^inif (W^^bçlitinn (krint^lliçeno»!. - 

fi". Coinmenl EeCaitiil queiCetlpmoiiiiiBanie, qui, 
«^o|?,,])I, ,BAitt.est i«.r4sMitatidea flitéraliom orga- 
«WHWStW>'W»*W»MBtia «'«"'"•ple-cbronique, n'ait 
Is^SlÛ fiiifdé,,p»s plusiqn* toDie autre déviation d« 
ll^atçU.'gcnpe.i.cbez be;iitcaup>d'iiid>ridiisqai ont of- 
fepli 4pi?és<lqitE:mort , les earactàwi analomiqnes de 
oette-maUdie^ . . ; ;■ 

-^^£^iL.|i->nonoraanjie arobiûeiiM »^t-«lle besoin, pour 
s«.yaU4>i'(^>C^> d« Ifl: réunion de loii»i«M(earaclères, 
DU. ^ulen>eiil de qaetques-uns: et , dam un certain 
npo^br^^de caï du mou) j. ne sera it-F«l(e pas plntât la 
c^Uffî qu<î L'flfl"el de 1». méninpilH chrooique? 
1^°-, Celte- maladie ert-elle itoujonrs primilive (i), 
et^s caraclàrpii-.aiivlonkîqoesqaelDi. assigne l'auteur 
n'indiqueM-i|s,]Mt<'plDf«tiDiie maladie qui a existé 
ânljC^is-, tfu'Una maladie du moment (t) ? 

(i) MM. Pabemt-Dbchatelct el HâBrrreTne le pensent 

pas; car ils disent ( Recherchts sur PinflammaHr.n de fa- 
rac}amtH':ciribrali tt "pinitlê) t"t]nt Vara'rhnilÏK passée à 
Filai ehtoniqut devient la «ause de diverses oliénalîons 
mentales.' . ■. i' i . n ■ 'l;' 
faj He»it-oti pas.en «lïel, quefépaiuisienient , l'opa- 



P 



( 25^ ) 

5**. Est-îl prouvé que rîriflammalion des méninges ^^^^^'^ 
dontiî parleprécëdè constainment cellcde là substance . ™^^ y, 
corticale subîacéâte? 

6». Cotainent se raft-ilque Tépancliement de séro^ 
site dans léi cavités de rarafchnoïë'é^prôBaise T^ stupi- 
dité et là démence ehie^rlei àtié^A^ c(:n^l si ôlnei^esl* 
ëi qu'il dévelopjie'^lftk'âïu^éfnëfft' t'^&'^iT'éè eâA&te 
dne inèmom'^i^X^imfthM^^^ifùës^'^^^ 
tés dTiydrobéfillidèihftflifflûé?^^:' :*.'*»♦;- ^^b-» ir^ : . 

Passons msitil0ÀttÂtrà i4«^ll]ûéi '^J^i4Ki%'^i&ÀSîi8 
ont paru devoir jqpipéjerlaiti^itiki&fc:' ?r(-'j.-*6*J'/^ -* 

(}u*ôn niait TDéa^lVurisMK^é^f^àWk^ 
nique deis «éveUppes da^cèvt^u { à¥fnt'1f^f^^ 
23)f et cepëftaa«%. il^i^ppwié âé^'obféi^^^^^ 
LiTTRB, G^mmfNii'^îmiMéi y i(À^i^)^Wi']65'^' 
1706, 1794 , et qui en constatent reii'stéîii^.''^^'*^* 

Il dit avoir V»;ehtrwAt#lto'ati^&érp!k;âÀtngÇté 
chroniqnesuGcédOT'à UéièvreAiMx^ifë) ce i}tr{^{](rt>trve^ 
encore , pour \é Jirfe' eu p*8lâfit,;'c|tfe'Àt<Ë>'tiTLf%n:iiti.'' 
sie peut étrepreeédoeide l'ëtat^fj^tf ;'ei i1'éjo^é^'^'(i^^ 
s'accorde si peu' sûr lA nature dé t A' filfeV^- ^tté iïiftii(' 
venons de nommer , qu'il est d1ffielfèr&*é «léèldeV qiier 
est le mode ^rinfineiK^^^ qii^^1«: à «tércé^' ïc/r K cer^ * 
veau pour doiriief Ifeu* à l'^flaf)aâMid^' -^THnfquë 
des méninges (pagé^4*i).:Oift«*dHB%a1téll'éèt'^kit 
aussi grande que le pense VAutenr;.car où. s'accorde 



■ Il ti 



'» 



cité et les adhérences c^lluIen^eA de rarachnoide soni le 
résultat d'une phlegmasie. ancienne, et s'observeat chez 
beaucoup de vieillards qui n'ont offert aviant leur mort 
aucun signe d'aliénation ? '><^ 



^^^^^g aAseE généralenieat aujourd'hui à regarder la fièvre 

Haladiei ataiique comme le résultat d'une irritation ou d'une 

d#,ceryepu., phlegmaâie ayant son siège dans l'encéphale. C'est ce 

que prouve du moins l'ouverture des cadavres. 

ïi^^pptiSi.treiitje' josqu'À. soiuinte ans, l'homme est 

I p]|ltiui«t<Rir/a.|)léU>fre.viu^<lluix.hén]orroidaux et 

AlHiMaiUfdabcÛMOD&iqu'Mitante-ïntt'elépoque de 1» 

in4ift»urii()iabMdûl;M:B«T£E.):3lialls. qu'il soit aussi 

|dttt9Hi)ltt«^'0Vutes9nr<ltai.t^tt ifi^i'«nfant et le 

vieillard (page 4^6) , c'est ce que tout le monde lui 

[,<.QtiJut>C<mta9terAautBi.q.ii.'uiR laeèreflumon san- 
ÇM9«t.^^%iil t4l« toit susc«pl)b[c. de donner lieu à 
dis ^^Ifrç^ppiflriie d.i:ét»blil plus loin (pBge43i ). 
3:)C? t(u'oB,fO,'ad(neUr»s«re<npiit pa*,iKiii.plus, c'est 
q4^jl'«tig^gha'«{i'«'t qitçdein .enveloppes, et que la 
; pjfl^jçèEB.ine^^rile pwint.le .nom do merahrane 

tiMg«i4.l^li'iQj^»»'l EtiKinitctioii' de celle-ci , fût-elle 
même exlième , elle ne sera jamuis pour nous, quoi 
V]fAf^M'>^'''<*°tc>"''t'l*"''pA''9fitère nuaioraique de la 
qt^^tlglle chronique (.pager448^^p<irc^ qu'elle s'ob- 
V^i^, tEf^-fréquemineni^ sans qu'lLy ait en pour cela 
4it^i^qfs.(de ^hl^g|i^aM9jJL't>ica] e&Lfiaa'de même de 
sfifiUi^hnaûoiti^éraftm suis aicsitiiie'leB collections 
àfijC^tXe nature gui sef^nt dan? les cavités de l'arach- 
D9\4Vi de^ plèf^et,, du périoai'de , du. péritoine, etc. , 
eUa^anponee moin« une' inâanamalioh qui existe 
qjf^u^e.inllammalioaqui a existd. 
jJtf,B*^i.s est allé Irftp loin, cenous semble, en con- 
sjfjttt^nl coiTinte lésion de la vessie , .la distension de 
ce^Digane par une graudequBOtîié d'urine (page485]. 
i^Ç^ U.ntrfece extern* oft-Ubre^eîl'enveloppe sé- 
reiMe^é^ ««^fi!W.-Miil Sus^oftibi^ê^ s'enflammer pri- 



i »56 ) 

mtCivement I comme k^;«ur&ceintera^, cpla se cou* 
çoUparfaitemeat; m^ .que'^ettfa.ÎDflaaeimation dé*- . . V^^^ 
termine aile espace .parliculjëre d'aUéoation (page -^^^'^^ 
549)» ç-^at.ce qni.^ae.sf^. conçoit. paaauuiibien; Une 
ligne de pins ou de moina, uùmj^m^f^^!3canllfffiiieQU , 
eentrifage tu£9rfti«»ttU«'4o|l^«'P*tiii îrnjpndNÎpàifa'ki- 
flamoiatioi^ ilaifanGaolnufidiB tJfreoariiclfaa^ySfataMfir 
nal difféeeiÉ£2^.JliÇi^tniTftfiei/lqtié>lftSifri^^ 
Biiiiati«nà&)<Al. ^pp Mt^A^ofpmàiitfnekpÊ^ t^/im^ffkf 

m 

tomiflMfnpâliiu^l ?up 9k> ied'o^ (â£J^9;^6i]),&'iAlIi^9Î\f 
I^a ][nonpm.%nîe et If mâançolie difièrei|IMlt4|^^^ 
mi#re pflDJoBcBiifiQU m^iliwjf^^ 

ordina4ràmfni()«8M(<s0iU|^Nikl i^M<P,fli.tfi<)$li|f :iâ^J^fitfi 
grité des^ciiitéiiBfpH«pa»iAp!tg«it«|f^ 

genre de dëlif^cér^sfarittdr^MA^ 
mier degré de) celQi:,:'^n'!lmi^ra<ilÀi»,/'fiQâi^i!rdlW 
nommé amjsttnbe^ Oi^ ^ iijyaj jdollAl^tMliClàll^Iflj 
diiiembIaiic6ii«H( ^fi.u. •, l»'^c :>(r o[f^ ^ 3<noit/'j çinom 

En parla«tdii)trahem«iiftf iiapfajdaèil^tieijft;ili,tfl^ 
recommanda ^xi»^9if^iJMM^;^Miiiii4vti»B^ 

toigneusemenft Aoçit&i;^Jcaitte»4iM!»atfpf:ite^itiai0|^ 
faire naitrefdeâC|ai8Byir'UiégFàMa([|^#4^.s)^y?^|^ 

deisns an c(màék^tiiTértmé»qûiiW^W^ifi^fd(pW^ 
sage; maÎ8J«bînitaTOi«dd)ifipèâ2â«%Myt8fhMit>d# 
philosophie •.|»pvi»]e:5|pomolf|; d» lA^WIlMi^^saf^i" 
n Lorsqu'un bommefTetorlimmultV'^ êèl^'WiWilévit 
comique , il doit se dUpesev 'kjsélfilWft^fi^ê'^tbV^^ 
soin les mmtKfmsevrmcomtésyèê^V^éf^^W^ri^ 
d'un voyage , îlrdpitiseofepfëMirtef^kis^dMKMit^^^^ 
aazqaels noiisisoiteml9liWfg>lj»VK$'yiirW^s]^ 
nîssemens , le dtlri%bRA4[hil<d% iMil4il^l3^|W^ «^ 
fename, U |nalaaie<ieisiî4liai{H a a i t w t tt fl» qité^bes 




choses sont pdSSibres , nr^iToWs/afin ((u'àucunâbct' 

I dent ofriefenTprcunp. S'îl iip tortjtê'pas cïans leïrial-* 

heurs itt^xquels il s'eteit déjà ptéjtare, ^o'il meiteaii 

Hombffde s'es bonnes rorluflcs ïontts les mauraisei 

iliiitiç;le^.iorît*pa8 arrivées. " '- ■' ' - 



Que W.Jt. 

de cerliliu1«Ti^]a 



prc! 



ti un Iianl degré 
'li'S diverses es- 
■1 mis; quant à 
'nir lung-teiUp» 
l:-if;iet.prof;rcs 
■u^delaTfié- 



I iiicei-tiludé 

iiieni ".iir rûlinlogie de fH^ iiigladiL' mysjeripuse , 
maie encope snr celle p.triiJi iniéressjmlH cl obscure 
de ilotrearl,lat(ueUea pourobjct l'étude des liens qui 
itniweall'hoiwpie physique «L'iioiùiiie moral, les ef- 
fe¥|i,fliiX cauies et leïcaHses tu'x ,effels. Qunnd On a 
vu,çoimi)Rnou4,(IesçerYea«'ï;irfi|ieii,t's.pttffaiteinf'iit 
^àï(ls,,du moins en eppfsrence, et tles intelligences 
Values émaner de cerveu.itX Rial.idea^ qnand onavu des 
altérations orgnuiques de nature e[ dï siège dilFerens 
produire des crtl'ls sernblableaj el des effets diflerens 
vésijiler d'altérations oiganiques semblables developt- 
pecsdana le lu^me'poinl (iji onnepeutqu'eÀcouragAt 



'{(''Phtsicurs observBtio 
lit «JtLMÊa' confirnieot «i 



isiguéet t 
i( fletté proposilioi 
valions , les unes ont rapport a des mani 

tUre desquels on » trouvé réunis les caracl 
de la mcningilc chronique ,• les autres , à 
avaient été en proie au dé^re ambitieux, i 



: .inàlomïqlfts 
inrlividuiquî 
li n'ofliraiisnt. 



( a57 ) 

les efforts de ceux qui, par leurs travaux , cherchent à ^ — — ^ 
remplacer le cloute par des certitudes; mais on ne Maladies 
doit considérer que comme probable ce qu'ils nous pré- ™ cervoaa. 
sentent comme démontré. 

L'ouvrage de M. Çalkeil est k p^a près hs^tS sur 
les mêmes faits que celtiî de lll. 'fenTLK. il c<niti«iit 
soixante-deoix ofMnérttfthnw dé fntêtjwit doluddaWt 
avec raliénètld* ttt«nlUl«r, et a*a Uàh àlfrtqiiètli«Ml 
qu'à la première', taodfit fJMe^M ié M. BaHe H»nte 
presque entiërMiifet mp VuUe âm 4i|Acèf ié la ai»GW- 
de« ainsi qtfe Bta* PtffMif'tlr. hét êétàwB ÂafAfflife 
qui le com^èm îtéHéétèneéêÊâféthtût dé ta fê^^ 
ralysie générale dei iIttÊàtê dirM T(kêi le pTftt tàiîpU 
et considérée da^ 9$t tréii périodes ; de la paraljrsïe 
avec complication d'une affection cérébrale , comme 
les congestions, les bémàrrâgieâ cérébrales on'ménin* 
giennes, simples OU éaiTstééi, le ramollissement^ 
l'érosion du cerveau, etc.; de Tas^ieci de raliéiiatiôn 
mentale (démence bu affiifbTiëSémént dé Tintelligen- 
ce , démence et monomanié réunies , démence et ma- 
nie réunies) pendant le cours de la paralysie générale; 
de cette paralysie considérée k sou début; de sa du- 
rée et de sa niarebe; de so<i diagnostic, envisagé k 
l'état simple et à celui de combinaison avec d'aûtre's 
affections cérébrales | dé son pronostic et de sa ter- 
minaison ; de ses causes; des altérations que l'on 
trouve dans le crâne des individus morts sous son 
influence; de la nature de ces altérations, areç l'ap- 
préciation de leurs effets; du traitement de la para** 



JU. 



après leur mort , aucun vestige de cette maladie ; ce qui in- 
firme Topiniou de M. Baylë k ce sujet. 

T. c)6 de la Col. 35« iie la a* Ser, jtoût. 1 7 



Maladies les ail 



( 258 ) 
s hygi. 



ique^ 



,ui en sont atteints. M. Calheil 
des observaltODS multiplie) 
de faire , i" que les paralysies 






quer 


clament 


rtEILC 


roit pou- 


S qii' 


1 a été à 


sont 


rès-fré- 


iitinn 


de tissu 


jours 


d.->n3 le 


esqu 


se trou- 


es ch 


ontques 



'inféi 



quenlen eliee le» dlié 
qui Jest occ»si«ue réside presqui 
cerresà lui-tij^Me} 3" que (ea désord 
Tent (é pins souvent sont les phlegma 
du'cePvcau i avifC pi-i.'domiiiance de l'inOarutiiafioa 
au pearlonr de Vorgane et ilans ses enveloppes; les 
hét&ori'ogiestéré^dles ou -méningées, les congestions 
sangutiips', les raaiollt£s<einei^ i y compris ceux de la 
moelle eproièrcj enfin les abcès enliystés. Les conclu- 
sioBS auxquelles il arrive sont celfes-ci : r* les alté- 
rations trouvées dans le crâne des aliénas morts dans 
un ^lat de paralysie générale (Injection el usure des 

bres; épanchement de. sérosité Oans l,i cavité de 
l'orachuoide j fausses membranes organisées et non 
organisées; kystes remplis de sang entre ses deux la- 
mes j hémorragies arachnnïdipnnes simples; œdème 



de la méningine el de la méningelt 


; végétations de 


la pie-mère; injecrion el épaississem 


eut desmembra 


nés : développement cle leurs vais 


eaus sanguins 


adhérences entre la pie-mère et le 


circonvolution 


cérébrales; mollesse, endnrcisseni 


eut, coloration 


injection de cette même substance 


, consistance e 


injection de )a substance blanche; r 


ogeuret gonfle- 


ment des villosités ventricalaîrcs; 


érosilé dans le 


ventricules j kystes apoplectiques ; ér 


osion des circon- 


volutions; noyau de nature incon 


ue; ramolHssc- 


meûl.soildn cerveau , soit de la u 


tioelle épinlère 


n'expliquent pas sufiisamment les sy 


mplômes obser— 



( ^59 ; 

vës pendant la yie ; 2*" pn est forcé d'avouer l'insuffi- 
sance de ces altérations, en réfléchissant qu'elles ne Maladies 
sont pas constantes, qu'elles se trouvent chez des su- «u cerveau, 
jets non paralytiques, ou qu'elles. auraient., eu une 
marche spéciale ,^ ni^][jl^çment à. çf^^psivpç javctC- fleUe 
qui est propre à la ^T^y6\e ^ij^érale ^^^rpT9êq^f^^W» 
ces désordres c^nwfté^ i^Y^c .ii©p.aT|MWuip4ift«Wt 
qu'il a existé an^^ {^Iflgpajsi^-chimtliqHl^.yitr^ ViPMéi 
phale, qn<9 cette yhlçg^^si^ pt ,«^er£éj|e^ pKi^ipaHK 
ravages à la,wpçrfiçifi,Ôe«^C8r:^nViJut|p¥li>.t^!*m k9t 
substance grise ^J.dftftl..l«S:;ftnyfllpW^*^n4»i i»r^ûW i 
4« il est perpMjs flp.cçncl^^fi^i^lgftfiîwfciaftfl pUega>^A 
chronique qui.^OQDfb nj^M^nfie* kth ^ùi(yMe gpf»é^ 
raie , en déterminaiit. ^%m k Cfisy^nu ><*i« ^mo^lîfiç^ 
tion idenùiguef'^^e^9:p^f^^^n'eL^09ii^pfk9J$^: afpcécÎAIt» 
dit l'auteur, e^^.q^i^Ji^d^pe.liflAP^meBJtjfl^ .dlésordr^ 

signalés, dey^it f Wt^i; i, fâ^W^^^^^^U çbenÉouf.teSçiih 
dividus que joous avoRSi di«éq«ÇS ;,5^ 3q«fc*'iA,*rriywe 
dans un cas de pç^r^IjsÂQ.gé.i^.éralQ.quie! le ^(cerveau ,qq; 
présentât auçuna tjç^çe.,appr(^'(:^ble 4^.plMçgff9Asi^^ 
ce ne serait pas une preuve jCecti^inç q«|i^,][^|^hlegma-« 
sie n'a point exist^^ ^pY^bs^avoir,;persût^ pe^^^Mit ujp^ 
certain tenoips , e^e ;,pputi. f yçir. d j^^aru , Vaj^^r^^tjaq 
qu'elle a provoquéfi , altération d'q^.cé^i^Ite.la para- 
lysie générale, per5ista4it.,.]a.gien.|Q ^çf.^o^y^^uenst a 
dû continuer ; 6^ l^,^T.^}yfiic généra^U offrira .toiiT* 
jours des argumens spécieux a^ux partisans. d|($/iar<x->: 
lysies nerveuses. L'auteur, résuv^e également cç qui; 
concerne l'état du moral .pe^i^dant que la pap^aj[y4ie 
générale ps^rcourt ses périodes, e]t ^ro^ye i^^f^^^Xi^-i 
elligence«'a^£6/£Vd'uneuiai^iërepo|;)&ta;o.te| et qu'elle 
luit par y a6o/zr quand la nialajdiç ji^i^re j^oi^;ç{eaip&; ' 
** que l'affaiblissemenL moral. peut s'opérer sans que 



\ 



I 



p 



( 260 ) 

V- l'agitation survienne aucunement; 3" que la lypèma- 

:ie< nie est rare, et que la plupart Ju temps le délire 

roule sur des objets qui flattent l'irnaginalioti , et 

plonge les individus dans une joie imaginaire des plus 

vives; 4° ^ue souvent la monoinauie des grandeurs 

et des ricLesses fait place à un délire plus ou moins 

vague qui 'appartient à ta manie, et qui tantôt dispa- 

rah'quâiidiJ'inlelJigence, -^stij^olj'e, tantôt persiste 

jusifu'âilaiiHirt î Sï'qiitf quelqu^^is le délire inania- 

<)il^di%QL«j4^ipi:ii>ié abord ityecla. paralysie géné- 

rale;! «n oontinné plus oa mcûns' iong^ temps ; 6" en— 

tiwv ' t^^om 's'cit' tram pê '(M.i fUïLE)' en préiendant 

■Iqit'ilLyia'.pourtous les sujets: lune p«riode de mo/w- 

■ifllttXï'e, une -période de manie , et; Une période de de- 

4ne»K<P,i»uGtnie t-égle fiie n'eiistant à cet égard. 

-^' "On Toit, par ce qui préciîde, que MM. Batle et 

'^KlBlTic oiit'«xploité la même mine, et qu'ils sont en 

-^ÎMWcitW SdP la^alBur relative de» matériaux qu'ils 

"ï^fl ont Ûtéi, Nous aTop»"doioé moire opinion sur 

''^'RPlb^rie de M. fiAii:Bi; npprécioiia maintenant celle 

'•'■' 'Lm attél-fttions'trolivées dans le crSne des aliénés 

''nisnï dans un état de paralysie générale sont , 

'"■TJWiiiiqii'il en' dise, plus ((Ue suffisantes pour expliquer 

'fcsSfiiiptônjraobseryM pendant la vie. Abstraction 

'ft(it*"dfl! celles qui oce^sioncht. les perversions de 

'♦^iutelligence qu'il aisigtialéeji,. .nous trouvons que 

■*^tp«ncheméiil de séfosilédaûs les cavités de l'aracfa- 

'"i l*jidlf«l que l'infillraii«n*!e ce liquide dans l'épais- 

'('i»eiwi.i«.|Hpie-Hmèpe,et.(leJ'«i-qcbnoLde cérébrale ren- 

■"*»ni'(!oinplt'ilsiiffi^'inineKt:ide la paralysie. Ce qui 

"'%*>0(i*O'faiBicraira:4Hi'«»t que M. Calmeil a eonstam- 

inenl trouvé ce? altérations , tandis que rmllnriimo- 




m 



( 26t ) 

tion de )a substance corticale du cerveau à laquelle — — — 

il Tattribue , n*a elë ni constante ni toujoisirs carac- Maladies 

*' • » j 1 i •. /-i ** j •» 1 j' du cerveau- 

lerisee de la même manière. Cette dernière maladie: 

nous semble plutôt se rattacher à raliénation men- 

-, 

taie ; car M. Bayle Ta con«tftmtneWt'if«iiOOttlirëgiohc;fE 
les aliènes qu'il â'ôtlVè9M7Gfel^srvteiKt«a|Boîjb kSwff 
pui de notre io{)[idi^fVèI4tiVêfa|eMpli ia2eiAiâar|^iii- 
que de la T^aVIityrîe^iilAfSt^tte'li^topqqchcipeai^B^- 
reux obseVVë^ (yàîhlo|j^48BAt%B'^ilQlJuky^ 
général d'iÉ&tâbti^tMRimfficbsrpiIyEb^ lp(ieJ&lpàVi)|}^|e 
était plâfj^?o4[)illd^|!»kèTélèQèmi9ft4i]fJo<i>i^[MK|^ 
cbemensifiiiib^'afi^icinni fin mhf, Stmtaitopm^p^lfmtf 
et par lei0u«!^%dâO«dAiAfrés9â^Qitfldii]^t«o)pfl|co;94|e 
étant Iesdiigëik{prodiiH^s?.aleftip]lus[jocpin]^»iSkj{de 
cette mtfllUiVéïn^fL^ |(^«vii«.^JtHiii]ue>(g«^ 
beaucoup fmj^&MLwikht oâi ïeà^aiàmhïtérf^m^i^t 
n'hésite ^4t^jèiKÂW^qfil^lkvpexcnnpyf kA iKjpro- 
duction- d^llP pftMiif Migénééa3é<i^qtûdfoo« AMnîIre 
8econdaiM)Q0tifa6 iariiéi>omj!dd&vi»6tiiMQHff#Miii$|^ 
rait lors^lâi^X^qnoA'tqiUmqnfœii'osfst/^mil p<tt>(|IVC 
390). Ce<fèî%f^â(«M^^^|DF|ir^aa»kEinftts|U ' 

de la paralysie sans épanchement séœBxr<^ ^ ?tf^st. 
pas, puisque >l'aUtiop4e'^'îlv^ctte>ip(niV3pRPiiictr c^ 
défaut de ctf|rrécrpigin}sqcaj>ilfJDoiivui «iiRfle^iemKdu 
feuillet cérét)^i>èt^Mtsab[ncaS0f .itaé oAuffl^f^A^o- 
sité sanguiâoleWttf y dbiit!pfle|HBrde âtMt.infîUf ée^ dans 
le tissu 1 amellÉpiixI drivai ^ieun£srfi;AP>rabfitonoe'd? la 
paralysie cbet^'^uQl^VpiftJ^a^iéusés^ dofit'letei^âiir.fioiite-; 
nait autant de>séi<oà6i^qM>oe«zijdfaHén«tpai:2^ti- 
ques; ce qui T<!è^t^]|^<s4lirf«iQNA$^1cpâh* icks Aiiit^d^ ce 

qui , le fût-il m^e$'MlB#éaittrîai^flMÎi{8:4^P^l'''ip' 
toire, puisqu'il est iâéllIOitt«éûi|ttB;:lesi(p|iÂiliei.'i«|^ses 
organiques n*ont pë$i4|()ilieèi)aiBi9»l Jesi,li:(^]]|M9(8frets 



C'ïfiJ' ) 






■ chez, tous les itidividijs (i) , el que ce qui arrive chcï 
^ les uns, à l'occasion de l'une d'elles, n'arrive pas tou- 
jonrs chez les autres^ 3" l'existence de la paralysie à 
un m^me degré dans Jes cas où il y aVait beaucoup 
de dilTcrence par rapport à la quantité de fluide épan- 
eliéj ce qui s'espCque encore par les raisons que nous 
venons de donner ; 4° In non «isrence ou la rareté 
de" l'afFaiSsement des circonvolutions , de l'amin- 
ctjtement Ou de la rupture des commissures, de la 
dlftijon transparente , Ae la voûte à trois piliers et du 
ci)P(ts calleux: plïénomènesqu* M.Bayle, au con- 
tl'ttre, a fréqlieùiinfnt observés, le premier du 
m^iiis; 5* fabsencede îa paralysie pendani plusieurs 
années chez quelques enTanï hydrocéphales, el son 
invasion à la dernière période de la maladie seule- 
lement) drcttbstâtlè*i qui , si l'on fait attention à ce 
qUe noUs avoiri 'SH déjà ', ne déposent nullement en 
faveur de l'opinion de M. Calmeil. Nous en dirons de 
raêrae des arguni'ens bu il établit qtie la compression 
étant un pbénotaiêne mécanique, elle devrait s'eiercer 
d'iinè manière à peu prés uniforme,' et agir en sui- 
vant on ordre d'envahissement différent de celui 
qu'on observe chez tes aliénés ; que cette compression 
alîonf aaser loin pour paralyser coraplélement toute 
la partie inférieure dn tronc, les bras devraient au 
moins éprouver de Ta difBcalté i se mouvoir, tandis 
qu'on observetoBS tes jours le contraire: qu'il n'est 
point dans l'ordre de !a nature que l'eihalalion et 



fi) Cest ce que M, Asbbal Klsa prouvé pour la péricar- 
dile , dans le g», voluniedes Mémoire) de la Sotiélé médicale 
itimulalion- 




( 263 ) 

Tabsorption augmentent d'une manière assez brus- 
que pour amener la paralysie à un haut et à un fai- du cerveau, 
ble degré dans un laps de temps trcs-court ; et que 
l'exhalation séreuse se fait ^ non-seulement sur des sur- 
faces malades, mais encore coïncide , par l'augmen- 
tation de son produit, avec le développement d'une 
phlegmasie : assertion dont la dernière partie manque 
de justesse, puisque les collections séreuses ne sont 
dues qu'à une irritation légère ou chronique des 
membranes de ce nota ^ et que l'augmçptat\oa de 
cette irritation ou . son passage k l'état aign.a pour 
résultats la formation d'une. certaine anaiiti té de, pus 
et l'établissement d'a^bérences plus ou moins eten- 
dues entre les &uf faces enflammées. 

Les argumens dont nous venons de; nou^ servir 
pour combattre la première proposition de l'auteur 
s'appliquent directement à la seconc|e, cç qui nous 
dispensera de l'examiner. 

La troisième emporte avec elle la conviction. 

Nous n'en dirons pas de piéme de la quatrième , oii 
l'auteur prétend qu'il est permis de coaçlore que c'est 
une phlegmasie chronique qui donne nai&si^nce k la 
paralysie générale , en déterminant daoy le cef,veau 
une modification identique qu'il n'a pas sii apprécier, 
et qui, indépendamment d'autres désordres, devait 
exister chez tous les individus qu'il a disséqués. 
M. Calmeil place le siège de la phlegmasie chronique 
dont il parle dans la substance corticale du cerveau 
et la pie-mère; car il dit , à l'occasion de l'adhérence 
de la substance grise de celui-ci avec la face interne de 
Celle-là, que ce genre d'altération est presque cons- 
tant , qu'il résu Itfrde l'inflammation des surfac.esqui en 
sont le siège, mais que l'inflammation peut exister sans 



t 



f 264 } 

1 qai' TuDiori des tissus s'opcre C P^ge /\o^ ]. Et iT ' 
s ajoute en parlant de la consîstaiicu de [a substance- 
grisfî et lie la substance blani:be cId cervean. 
tiiain)<^i;)nt av.e'ré.pour (oui Ifimonde ou'il existe une 
ph!egp»a:*ie|^ç-çe^»r6!(i»*,cliez,ïeflparaIyli(|uesiIonlla 
pul^ps|,-içpUe[Cl itdUéfapIf Cpftge 4'.0- '-*' '""'^' 
die5Siîn(.(^efiSrjjg(ji^sefiij! l^ifc^liiri^pftlKi.iloiineà ât- 
vin^ii.tlt ^Bj^jjjU^^ïouTOftfi.T^fhîÇOM* le mol an 
milieu des désordres analomîques ([u'elles laissent 
aprçïjfly§^;]\ïiMl.^„yHTÎnfitia6«» i-'isBeipréle à sa 
inauiff»i*.'fW''=4tt/qMi ^oil^çtftîy TÀgUe.eueiir*. tant de 
d'ssidflf#SiMff:iwaWlWRiJ*pftinl».â>»MlO'niepnllio- 
• "giUMffj cette partir lb|)lii»(nat(:Kiejllpd<! la me'decine 
prtipftfijierit dite, ilM. Baïi-G et CA|.MRlt- nous en of- 
freçf;a[tjçi[itd'lii}i *m u^uvcl exemple. L'uu , codnuft 
iiou%,^'#viifts,.¥ti;d?iJ^ Ja preniiéro )«irLie<JetcUeana- 
Ijrsprtii^ttrii^Hte ile-^lelire auibitîeM» à la..phregmasie 
doirt iINîub; y«Oi>ns de varier, olla pnralyïie à l'ppan- 
cben]ent''lç^ asrasi'te dam ilacavjle du cr^ne, avec 
congesliofl sftng!iiMe"à«fa»'lRfrvaifB«aDi de la pîe-niê- 
re,(Budis que l'autre ne voit dans celle dernière 
qu'un effeld* .GeUeuiî'itie pitl^gmasie. Pcul-t!lre la 
vérité lOSl-flUe dfis deviK côl^s; mais nul doiitr? qu'elle 
soit ib^leeid'un peni'rt'errcur. 'Ponrj trouver l'une et 
evilcr l'autre, il faudrait, ce pous semble, se borner à 
coittidércri'ajiân^idn nieii(al.fî«tJa paralysie comme 
élant produites .par l'îrritalion et l'inflamination «uc- 
cesiive&dèllarMtMtaiiceTiiovtibaJieilefi hémisphères et 
de^iRsm&^neSjqui Ip.llecopvrtiit ^Lsans leur assif;ner 
des limites itrop,:irftRohÛQ9yun^'nnarche, une durée 
préc»a),.^l!9am prétendre indiquer eiiactemenl l'or- 
gane et la,Tac4vdery>rgaaepar lesquels elles débutent. 
Il faudrait également faire jouer un certain rÂte à 




( 265 ) 

leurs prodiiits , mais ne pas attacher aux aJhérences > ^« 



aux granulations , a Imiection, plus d importance . MaMiw 
, „ • p . t -I du cerveau, 

quelles ne mentent^ et en accorder davantage 

-aux ^panchemens et aux infiltrations de sérosité. 
Ce n'e^ qu'en se faisan t^& M 'e«»Mëtt(^iA^^ife|>i^9^l 
que MM. Baille et CAUAqà'tfctalièftot^^^eëihJ.^TyéL^' 
venus moins mi}ûiitii'fi\W^^ ^fê^<6fti"ftà^WMttèF'>i' 
appcri*, et T»î«irt^9»r#frrl^<'«f>M^ffof!9<^ ^«?i"'' 
théories.' i^'lWirp é^upTm'o\ùtik n^ibtof^h zbb u^iTm 

Un état déT|fnrililîi¥e «Wdëfbit Q^otR^sf iAfÇ afë^ftiïé'iq^ 
modilîcaHoVpafffl'clfY^U]f{|bi>fll dW^^e^iSftki^YiiffBn; 
cà\ ail <^erv(im}^5M'fe«iqtfiqdèhftMft^ 
chronîqnede olrmi«»>te8 ^^bfiilelifT^âi^e .Jlf éWS'^ ' 
avons touîoors {NfiMS/^^nl» iM^ifAofKtfeiâ^ aiM'm^'i^ 
ganè ^tait dû r £• ioâ'irtkMtitotftfW «%iief flSWftil'^tlér^ -' 
son indnrationla^ikftifpftriÂfflftC^f^^iEfegWal^ 
niqne. Pent-^nK^eé «U^lidifiA' ^Uf^le^H^EïklV^ai^^v; 
nous n'oserioharfFaifi^nlé»,, iqtli0ri|f)è ^l'ilépillfllililfolffo} 
grise du pobinon^n'éitAcarKisiettidbt 6liei$A^iÀ^dif4i:^il 
et la dégénéfkAuw^MK^réêi>iiim^èp<ni^tit'i^^ 
faveur decettë^opiniaè. ^Qmnth'lvHiàtti^^fioHiMi^ '^ 
tique indiquééTpari^4i«^Iii<{<eHif>'esrdto», •ildfi%b«;*ui 
au tamo\li8$eakiiAfév^$ifpf^'tiviAM\ fdifa^toéiil''^ 
tion organiqnwyovi plotiSt h uni viiiime^cmaaLitit'iè dé-^ i - 
sorganisatioK Vfîm?- ?.tJOrj *> ,firittfr.l If •«'fjnfi')' ï'^t: 

La cinquiëiue cpro^ptoeittetr'^st ^k'î i'*«bfEe'i0')totiUBr' 
critique. lut/lhii'l ^') no'le.v-t-fiM tc-j .^>t*i^îjorq U^nS 

La dernière cslînlce^fUt<tkf«BBt^tid]«enBiII>ful9iin»^ 
temps 011 ron'peavait)dKnf/qQe'4ii^a»!i()^éi^Airf0«ke^<)li 
offrirait /oi//oz/r»tB€rfl>rargottietfi^ipé0itHi^<^èlo^ivi(^9Î 

sans des paralysies 'Tiffi^/àd/aft^rmlÈnqcfenMIilpScfl^WI?* 
plus, ainsi que lVpa«ftii0iHf^0tyff|W^^M:>âASkl^>/(< 

"1 / ■>7JVf )in[«mî»!sï5'î ♦ifc^f^;y^'* 



( 266 ) 

^ en nous faisant connaître le^ résultats de ses-i^echer- 
'atoreau! ^^^^ analoraico-patUologiciuei. 

Si l'ouvrage de ce médecin ne se recommandait par 
les faits nombreux et intéressaqs qu'il contient , araq- 
tagedont joujtégaleraentceluideM.BAYLf, nousnons 
abstiendrions de. quelques. reproches que nons ayons 
encore à lui f^ire. 

Les cûapi de ttatteati que Ton porte sur le crAoe. 
pour le briser peuvent déchirer lé cerveau, le septnn^ 
médian , cfertii^n^ kysle^ , et- détruire des adhéjreocfs 
rétefni^È , d'bù' réstottl^t des désordres qui n'é^îeut 
pas tout-à-fait cèiifz qui ^istaieÂt au m.oment de ]^ 
iitort;' auasi 9Oki[Unev-n0u8 étonné que M. Calmsilï 
qui noqs- a paru fatre l'anatiomie pathologique avec 
soin , au Heu de scier le crftBe> ait préféré le briser- 
Ce dernier procédé est plus expéditif ; inais l'autre, 
quatid il Mt employa %veG prudence y n'expose à au- 
cune des lésions mécaniques que nous venons de si* 
gnaler.- 

Si , au lieu de répéter jsonvent tel organe était sain^ 
tel autre à Tétat physiologique, celui-ci à l'état nor- 
mal et celui-là sans aucune, trace murbide , M. Gal- 
MEiL s'était servi de cette formule abrégée : les au-' 
très organes étaient êoius , il aurait évité beaucoup 
de répétitions fastidieuses. M. Batle peut prendre 
aussi sa part de ce reproche j car il ne s'en est pas 
toujours mis à l'abri. 

Peut^tre n'est^il pas trës-exact de désigner sous le 
nom de paralysie générale , celle qui se borne à la 
langue et aux membres pelviens, ainsi que cela existe 
souvent dans le preoiier degré de la paralysiie décrite 
par IVLCal>ir4L. Quant à la transparence des sub- 



( a670 

8tan£e grise et blanche du cerveau | qu'il dit avoir is^ 



observée (page 43, 169), nous' n'y croyons nulle- . ~j|j^^ 
ment, et nous aîmoni mieui penser qu^il s'est trompé 
dans le choix qu'il a fait de l'expression dont il s'est 
servi. Nous en dirons de même de . ce ^qu'il. appelle 
constitution brune (page •49)*^ '>;• ^ ^ k a ^ 1 i) -"■' 

M. GALMEit^dit en' parlant du flm)^|r't ^(9^ U ^yilg^ 
unième obserirat^a^qu^ajl iwlj^mfl ^% IWWr*«t éfre 
attribuée aadibali.i^l^niî^flipç^ 
lui demandéiHtd|if??h|4l^^Ie.:%ijé9«:d^ 

pannicule graif$Ni(ii(f,^|fp|j^blm4flW«Mw^ft^^^ 
avec des prpportÂpaft^ij^Jfilfpi^i^ $«lH4|Sft«fo]|iri9Rf:oiifT 
tre dans les vta&u^ dA$,^ftiU)téf iBf^rplMyigPffreupK.e^ 
des membres doay^iîU .4Vli«Tm.<)l ff^W^I\ mu^Hlaires 
( P*g« >7< }f on:tflt flV^ tcmp4r4IPfli|tl i^ynipha- 

tique. ^ ■'>«!(;■: 'ifiiî ■ -, '■'•')•'*; .. '^ \ 

Une remarqua .qi|a,^ous, «^ons C^ftQ ^u ^l^^^t les 
ouvrages de MM^..Pa4l<9At.|C4!ifMBii*,:|it;9qe iipùs( ne 
passerons point sous silence , parce qu'elle prouve on 
ne peut mieux l'inflaence xnçrbide daicerveau sur le 
tube digestif, c!eM que preàqse tc|u^ kis^alî^nésque 
ces médecins ont ouverts ont offert des traces plus ou 
moins profondes de gastro-entérUç.^ inqladie qui, 
ches eux, était évidemment conséoHtive,à' celle du 
cerveau . 

L. Vàh-Ducbeex. 



■ Prim 



■cîpes élémentaires 
par M. GoDEFRoy. ( i , 
Tilliard,.LSï6.) 



de pha 



- ..i' *y'Ç^içiV'^i^.Ufi'îfiv,«Hie[itJ'g,uvrage que vien» 

-■^firf '?^^Hf^l^ï^,"•*^* HrPbe el SGTtipiilcux , «lout le fiut 
ftifilp-l99fl%.>^?1"= ^PHle, «lais JtiQt [s livrç renferme 
tWitfi?^€'iftPrfj"W^P.A':fa,''s.*Rs<leiJnitio>l?, Je faits 

9H6SîW>i',WMBi«WÎ'i6fi-,,»lî. .■,,.,.. «I ,,,- 

-ml wi'iw*/„l't)"*"f...jiéi.'!,4'"'>"'i. '• >'™"">= 

(îontrer, q^ -été fiMigé èç l'admeripe iJ'""'* le reîte 
de son (jMvi:if;e CV.-.I tn rel.i qi^e AI. Godefaoï 
UilTgre de W. Cuir.ovKfi. ^ < ,,,- .-.iins ,.-ivoir voulu 
démontrer la iiecPSsiLé de celle division , il l'onblie 
4^Y^i'.*j-^if^^''^^ï'''.^ des.médicamens, et c'est sans 
aucune distinclloÇj parlicutière qu'il comprend les 
pfjlijp.OSifstUin-iiniics Jansses cliapilres vr , vh elviii, 
au wilieu des pii'cijdcns et des ^iiivans qui traitent 
des medicamens galeniques. Au surplus, voici un 
eiempie de la manière dont l'auteur distingue ces 
deux çlaiscs de pri'paratioiis : "Le deuto-chlorure 
de,me;:ciire, dit-il {page i i , intr.),. est soluble dans 
l'eau. Lorsqu'on sature de l'eau par le moyen de ce 
sel pour préparer des pièces analomiques, on fait une 
Opération ç^ioi^îque; mais lorjgu'on prépare la li 




d 



^ ( 269 ) 

qucuF <le yuH'SmtiKft on fait; une .(Oi|>éfatioii galé-ç. 

Page 25 de la même introduction , l'auteur, après 
avoir distingue deax' sortes de .théories, nne' hypo- 
thétique', qui est l'explication déc phënombnes et qo^ 
d'autres hdminèraient'^^^^'t8â}i&t'*yA^(i?<ii ,'dpP 
autre posmpi M Sm q^^'^f^i^ri^iSlif'ii!^^ 
cédé; oii,fimWdki^ Î^VMmfâêiMSVf^ 

leur , dis-fe ;MiW^Àft9tepfW^iUtV«1^(|i>ijiift 
prouver qu'i('fi^S»flHft\fÂftl4raFt&l«7a>ySH|IVfe 

plutôt qn'kVi^vmnà\^3<Kif»éîm tt9:tË>'>n# 

NA«D , sur la conversion 39^ illArfirà 'iA%ii?a<9fl^ 
rates par feùP^Sftitfl^ ^SP'fëi[i'ïHm''SM^ii^ 
d'une mintèfiPkAtSMm'^P^^'miliUB'^VH^ 
seur , loTsqjî^WÈiiiklk^ll'^MmS iSiS- 
rant une mkHb'àmh'Mi îÙ'f n'gÉlbH^'&k'^lk- 
nait vn prSââ9t"^iAl!»A-nV^«W1V^;''ï1$. 
près la tliiofie'fm àan!PaèP'oM^i}-?'<»^oi2f,fW 
théorie de M.li!lWM\ l^e^Mii^ii'^f'sèflimi 
saturée de chlô'ré ''^âVi^h 'ê^^ner*âréï"til«itt^ ?^ 
sultats que Ù'Jjlqu'Iâr âm^%i^AiliiQ^,'*lâ&és 
que , etc. » 

Je suis achiàé'àÛ'me'^^pSiii^é'tiubsi^é^i^ 

que autant d'erièaTi^Siè'hShti?''^"''^''^ ^''"^' ' 

D'abord M. ■fBÉit'iili^''à1t'|ks'a«fiiW{i«^)U»i'>nà- 
nière indubitatié','ni3^l-V^éfeWe^& fift'JMÏ '': .. 
partii 




touf6ÛH''fê^aV^I'è¥it«>.iiu^âi?ciilâu< 
M.G?i'^iL'eywr-:>ip^èi'Prf^afl-'W»tfté< 



hydrocbioraies par let 

)u]oar8 1 
douteuse; et M^ëïiijJoïiMl^^iii'fà^SiPlRmtée 
dans son mémoire sùr^iloàef ¥ nifi ^/'fêifèlufS^lie , 
dans la plupart dei'v;'a''8r:iiâ'^&rà''fpAâ^âiiéôn- 
sîdérer les 'chlorures iisiouf cbUtëi^èSa iSltl>tiires ou 



( 270 ) 

comme àés bydrochVorates.^ «nfoord'hui alkéine, la 
tuannacie. première manière de voir est plus génëralemeii;! ad- 
mise qae la «ecpiidè. 

' Secobdement^i M* Làbahbaque n'a jpias tronvé 
Mq^ei^s^lHiirtmttiiiedmolQtioTi de sonde piir .le cUore , 
'IVti' obtint on produit trilé^^ififëmil'decelnî qn'on àu- 
tm 'Êèf6^m\rWkpÈ%slk'ihAfiei^6$w^:Bep^îs long- 
^i^hxpÈ àn'itàflit^ Vi^W Di^faiit ^ffiîtir les : mêmes diw 
"^iWitkiHJë^^iré'^B^^ '>lLinfAMAQt)«f, -tfù .^^enait un 
' MoHirêA^àê^hA\SB\&k Miit^l Aàit si géné- 
TÊl6étamt^êitlfliify»itààé ît^ntnÙWéttif Hk^Javeile, et 
IJ^IMM^ M PlÂMMifM éhlotenirltfs^diknoluttons 
iMtlfili^%i^ft'|llritfi'iM^1afAXé>«'ffe!iî^ après les 
-bettes reciiercbes de Mi ^GAUMLtMAiâ 'itièârées dans le 

' Béfin ja)ÉsftisV^tit^N«it^i(Utuè<r^théoH«; onn'a pensié 
'qu'une solution de sel marié MdCtii^'dfé cblore dAt 
fjrotftriH^ le4néaie!résiiltttt'qk*mé*dftsoiiifioB de sonde 
yrCmbiérëeavet lé'iuémét chlotè. OA s«it trop bien 
vpte'Wà'pt^tiAbtt ne^iéi^'Votjfm^s qiké dn sel marin 
( frbibrare de fcodlaih y^'ip^lair dû cblère', tandis que la 
seconde , suffisamment étendue d'eau , donnera nai^ 
sance à du chlorure de sonde on ^'ot jde de sodium. 

Page 55 de Vinii^tktction , Fauteur fait encore une 
faVAe du métoe genrei et non moins grave , en nous 
disaot: • 

« Datfs la thiéorie hypothétique , on dit que Téther 
est de Talcohol , inoins du' carbone et de Foxygène. 
Ces formuf^ algdbrîqtiès sont propres a donner de 
fausses idées aux élèves. » 

Je crains bien qne ce lie soit Tauteur qui leur en 
donne de fausses ; car on ne dit pas que l'éther soit 
de l'alcofao) moins du carbone et de l'oxygène; mais 



( ^7» ") 

' I 

on dit et dn prouve que l'ëther est de l'alcohol moins 

de l'hydrogène et de l'oxygène, on moins de l'eau. Pharmaeie. 

Je laisse de cÂté ces questions purement chimiques, 
et je passe aux chapitres de rpuvrage. 

Le premier définit Vutie et rouira, pharJQaapijee^J^s 
diverses sortes de médici^mens. ù -'.ow r :;! ifS-> 

Le second tt'aite de ^'r^/ço\te^:dfi<in^4vÇfl'nA'%l$''ff'' 
plès, de leur mo^ificfrtiQPf {îef8içfi^fÀ9% fffPP^if^Pftrf* 
de leur disposition a«x^visag«8 ,ipé^aujj^,j,J(^ji»]f^^if 

à dire que pe ^ï^fi^fi^, «4!flnigftPftr^l)>k%?»i'ft^ofH 
que les élèvesjy tir^uVf cç^nt d^p iQQrigtfejk.U4d^vftUf;:i^(^, 
partie trop;^n^Ugée Je ^ pA^r^piMÛ^^ Qp.(99o|^ti 

dire autant 4u^Mpi^i^€r€lwP^^>'^.:Q^^^^^^-4^^^^ 
pèces et des pofid re$ composées;.:, , ; . . -, , f / < . . .;y >.j . | . 

Daus le quatrième chapitre se tromYi^.exppsé/eJ'l^x- 
traction mécanique ^des Hiddîçam^as,simj^Sf^;;tcs}s^ 
•que les sucs et les.féoules.. -, ., \', , . 

Le cinquièHie i,riki%e A^B dî.visrae8^q>fi.çesr>^ç< Sefvpu^Qr 
tations et des moyens de ^les pr^év^iiir ; il trai^e^ atw^i 
de la clarification , çt pa yJit la note fuiyante qui ^ 
trouve également répétée à la page i44* J^ *'^jgî^ de la 
clarification des sirops. 

« Le codexy dit l'auteur, recommande de n'ajouter 
le blanc d'œuf que lorsque le liquide est bouillant ; 
il arrive alors qu'une grande partie de l'albumine 
est coagulée à la surface du sirop et ne peut servir 
à la clarification; aussi prescrit- il beaucoup plus 
de blancs d'œufs qu'il n'est nécessaire d'en em- 
ployer. Lorsqu'on suit le procédé du coderx y il faut 
trente blancs d'œufs pour cent livres de sucre , 
quantité qui peut être , clarifiée avec cinq ou six 
'blancs d'œufs en les mettant à froid. » 

Je ferai remarquer d'abord que le codex ne près- 




( a?» ) 

■ crit ^u'un blanc il'œof pour douze livres de ,s^çr«, 

■ ce qui ne fait que liuit pour cent livres; ensuite je 
dirai qu'en suivant pour la clarificalion du sucre 1p 
procédé tju'il indique, c'est-à-dire, qu'en versant en 
plusieurs fois daus le sirop himillant , les blancs 
d'œuf délayes dans l'eau , deux oo trois blancs d'œufs 
suffisent toujours pour cint^uante livres de sucre. 
Ainsi M. GoDEFiioï â'exagi;re beaucoup ladéfecluostlé 
du procédé du codex. 

Ije chapitre six est intitule /JSxVÇfoa chimique 
des p/inciptu contenus dant^ ies iiibtlançfs soumises à 
l'opération. On y Irooïe réunies l'eitracliori du sel 
de l'eau de la mer, la distillation de l'eau, de l'ai- 
cobol, des huile» vola liles et du vinaigre ; l'extraction 
du sulfore de mercure de su mine, la subliinalion de 
l'acide ben/oïoue; l'eilracliun du gnz,osygi;ne , le 
magistère de soufre , la révivification du mercure du 
cinabte, la préparali«n de l'acide diti;ii:[ue et celle de 
l'ammoniaque. 

A l'occasion du msgiilcre de bisfltulh, on peut 
demander à l'auleur pourquoi il en écrit partout le 
nom sans b 6nal, comme dans magiiter de village; 
pourquoi il dit eau de Trêves pour eau de Trevez , 
saga-penum en deux mois; sirop noir prune, de. 

Le chapitre sept contient la formation et l'eslrac- 
tion de produits qui n'existaient pas dans les corps 
soumis à l'opération , mais dont ceni-ci contenaient 
les principes prochains. On y trouve la distillation 
du succ^ , la formation de l'acide oialique et celle 
de l'éther sulfurique. 

Le chapitre huit est inlilulé-: Médicamens compo- 
sta chimiques, et comprend le sulfure noir de mer- 
de ferj le beurre d'anlimoiue que l'ai 



À 



(373) 

1^11 r nomme dauto-chlorure d'antimoine^ et qui csl un — p 



proto^chlorur^ , quelques sels et les savons. Cette par- l*{»armaci«». 
tie offre plusieurs inexactitudes, et entre autres celle- 
ci : M L'oxygëne combiné avec le fer , le plomb , 
Tantimoine, donne des oxydes noîrs, grift, blancs,- 
jaunes, bruns ou rouges', selon la apautité d*QXY- 
genô unie a 1 an de ces métaux , et 1 on peut succes- 
sivement fiiirtf''*pÉiMé¥ uiî*'de ces' 'métaux par lôûs 
ces divers degrés d oxydation. » 

Cette ph'rJsè^Vfit posuiVéÙêiirque le fêf , lé plomb 
et rantimôrrf»'^lft*b'E^C«1l'iBi^1$^^ r'^À'^V ains/ , 
suivant leur degré d oxjgeoatiQn rnoir . gris , btitnp, 
]aune , bruii et rongé. Je demande s il en. est ainsi. 

II faut dire élraleihent que Tes deux procèdes don- 
nés pour la prcpàraflonalï proto-cniorure de nrercure 
précipite sont défectueux , et doivent produire une 
grande qUanth^^Se^^nbliiné corrosif en pure Dêir^e; 
que la quantité a otyue de manganèse ptescritc pour 
la préparation du sublime corrosif est ' beaucoup 
trop considérable ; qu^il nWt pas vrai de dire qu'il se 
produise une'efféÎTescencéd'liydrogëiie sulfuré dont 
il faille s'abri'^er àani' Ta' préparation^ de réméliqiic 
par le verre d antimoine , etc. 

Le chapitre Vietif traite des médîcaméns composes» 
galéniques etlïquicies destinés à être ingères dans les 
organes de la digestion. Il est divfsé en plusiedrs ti- 
tres , dont le premier contient ceu?: dé ces inédica- 
mens qui otii réân'ponr excipient /ifellés s'ont* lesi 
eaux minérales, les boissons ëtlesêàux distillées. 

Je lie chicanerai pas l'ànteur siir làpropbsitiqn 

qu'il a faite, à l'éxenàple des niots oràhgeadteeilimo-^ 

nade , d'échanger lés noms d^^ui de grôàeittea^ de ce- 

ri se fi, de tamarins ^ degàmme\ de maittfe^ etc. ^contre 

T. 96 de la CoL 35« de la 2« 6Vr. Août \ S 



{ =74 ) 

■ ceux âe groieillade , céraaade , fratnboisiaile , tama- 

■ ririade , gommade, malvade , etc. , ce qui le conduit 
tout droit à nommer âe l'eau pannée de la pannade ; 
mais je lui demanderai pourquoi il change la signifi- 
cation des mots tisane _. apozéme et bouillon. 

'I>an5 î'ûaage ordinaire on donne le nom de tisanes 
aux ptroduits de légères infusiortï ou décoctions végé— 
tkl^s qui oiit l'eau pour excipient, et qui Eontdeiti- 



a habituelle 
A'apozèmes 
de m^e p 



'^i&sàservirde boi 
'■■ On donne le u 
semt'lables , forn 

être pris à deux 
"bWssonliabitiielle 
^^ Enfin les bouillons résultent de la décoction dai 
l'eau de la chair ou d'autres parties animales, aus 
'"'^lictleâ (in ajoute souvent, par infusion, quelqui 



malades. 
;s médicamens 
fiision ou dé- 
concentrés, plus actifs, devant 
trois fois, et ne servant pas de 



S' 



tières végétales , pectorales , adoucissantes o 
iliques. Ce terme a clé emprunréà l'art culinaire, 
en lui conservant sa signification. 
" Outre cela , lorsqu'on veut faire abstraction de l'u- 
sage du médicament et indiquer seulement le pro- 
cédé par lequel ce dernier a été obtenu , on emploie 
le nom de maeéré ou de macératum, pour exprimer 
le produit de la macération ; celui A'injuaé ou d'infu- 
tum , pour le produit de l'mfusîon ; et celui de dé- 
coctum pour celui de la décoction. Tous ces termet 
ont un sens bien défini , et on ne voit pas la nécestité 
àc leur f^u donner un autre. 

C'est cependant ce que lente de faire M. Godefbot. 
àuiTant cet auteur , la tisane est le liquide qui résulte 
de l'action de l'eau ver.îée bouillante sur une sub- 
stance végélaté ou animale, ce qui est proprement 



la dëfînîtion de Vinfusum^ et contraire à Tétymologie 

du mot tisane^ qui vient de jrliratti ( orge mon- Pharmacie. 

dée) ; substance qui ne cède ses principes solabîes à 

l'eau qu'à l'aide d'une décoction un peu prolongée. 

De plus , suivant M. Godefrot ,, lor3q,ue la t^isfi^f se 

trouve très— ciiarg^e de^pjri|içjipe^.,,eUi|;Pfe9id,le ;noin 

de temiwe aq^u^i4se.j.^:^}s^ i^W^Ç^ .fi^îfl»o?i>ff[%ç»? 

d'autre originp quç.fleljç 4e<f çpjpr^tiyç dijl^qy^^^ 

que celui-a.^pjt p|ÇU;/?alQr]é. pft„b€|tu<jpuuj 9^.^*J!!^ 

sera pas moin^ ^ne^tf^inti^re,, e^.M. .&<;^F3j}T aurait 

dû en éteodi;^ Iç^^j^^ iJaiVl.l^^PFfi^uitj.^^^ , 

ou ne ie.dqna^^ ai^uflje^,^]^^isfl^ewpt|^^ 

n'est pas.l<H-WB:'pn.re^iW %W^HÇll'l¥H;te l^^M^fi^' 
ture aux médicament aI|cphjC)ly]uesJqj^H'Qp.^reçu 

leur donner c^ai,Vefiii,çf>up fi^^.^j^rj^si^^^aiçqholé , 
qu'il faut rappliquer |i43Js|f j^é^^c^ixbçm.qtti ont l'eau 
pour excipient ,, pu^.aux ^ydropi es p^, c'est faire rétro- 
grader la nomeI^clat^i^^p;^^l^ac^liq^Ç,, ^, ^ ,. ; 

D'après M.. GoDJÇ^aoT^ le bouillon ç.s\ un médica- 
ment produit par la rlécoc.tion d'une sqbstance végé- 
tale ou animale ^ans l'eau. C'est encore la défiQition 
du âécoctuniy et l'on s'accoutumera difficilement à 
dire avec l'auteur un bouillon de graine de liii^ de 
mauve ou de quinquina. 

Remarquons enfijz que M. Godefrot ne donne, le 
nom de tisanes et de bouillons aux infusa et dé- 
cocta végétaux qu'autant que ces médicaniens ré- 
sultent de l'action dissolvante. d(e l'eau. sur une seule 
substance médicamenteuse : des qu'il y en a plusieurs 
cela devieot^un aptzème : ce n'est ni mieux ni pins mal 
que la signification ^ct^uellfi ou mot^ c'est autrement. 

Ces chansèm^ens ne soQt pas les seuls que M, (xo- 
DEFROY veuille faire.supir au langage pharibaceuti- 



■■i ' " ■* ^^al '■ V '».*-P-- 3L 


^^T^^^^H 


C i^T^) 


* 


i^^^HËS" (jue. Il propose de iioraitier les 


vins médicinaux 


^IjfajinacicL composés, des élixirs , de même 


que les teintures 


^^^H' nlcoholiques composées ; mais c'est 


encore faire rétro- 


^^^H gràSèr' h nomenclature que de 


donner ainsi un 


^^M m§AV^<f»u >,';ic';>T>^dic.iiiiens qii 


ont des cxcipiens 


^^H difréi'<?ijs '-'t,sl ['un veut changer 


es noms usités, ne 


^^H \^iiùl'ilp{i.iiiieit>L|>rciiJreceLiid'(Ç 


lolés e\.à'alcohoiéê 


^^B qii^ dnt'ét;< [ri'6i^»sds''^bï'M."(^nèiEi 


u,"que (le revenir. 


^H ââi'^^ix^i^* ^'' ili!;i''(î.ii%?ïiieiîU'''^e nW anciennes '| 


^m pharmaco^éffi?';'^"--^'^ ;'^'';"' ";''-' 




^^H li ne suiirar'pâ^ pïii's lo'in cet c 


amen: si i'entrc- 


^^H pirehais les entraits, f .iiiraiâ (rop â 


dire sur leur divi- 


^^^1 sîon en quinze clasiea el sur leur pr 


éparation souvent 


^^^B opposée à l'oxpéiience acquise. Je 


me bornera! à de- 


^^B lùander si !és Cormules suivanf-s d 


vraient élrepro- 


^^B posées él pi-écoiiiséds par un piiarr 


acien. 


^^H 




^^^H ' tÀ utff Pli/ion émélo-caifiarllrjtic : 




H :;f^'r&c., poudre, scrup. 


-3. ,^ 


^H. *''\séné mondé. 




^^H , Soidepsom, iij. 


*H 


^^H al. Sircpioi'- jirune, Sij. 


^M 


^^H ' Eau de S iv. 


"M 


^^^F Cette potion produit quelquefois 


son effet purgali^^l 


^^^1 avant que les vomîssemeas aient 1 


eu ; cependant le 


^^^H plus souvent les vomiisenaen* préc 


édent. Je l'ai vue | 


^^^P fréquerament employée par un vie 


ux docteur enipy- 


^^^W rique daus les engorgeiiiens chroni 


qiies de l'estomac. 


^^^1 Quelquefois il a porté la dose de gratiule à uo gros J 


^^H et demi , et je l'ai entendu se lou 


r de l'effet de ce 


^^^^ remède, par l'administrAtion duqi 


el il commençait 


^^^^ loojours le traîleinent des maladie 


du pylore, dont 


^^K 


d 


^^^^^^^V 


^Êk 



\. 



]e lui ai va gnérir des malades presque désespérés. » 

i». Gargariamii'ài/ée Pacitaie^^ptômB: ' Pharmacie. 

tiû. de guimauve Spour i ttde eolftiftiejiajoytec 
acétate de plomb liqmije,3i.,^<^,pip,p,lj>i.<},fç,^gf^ft- 
risme avec beauc^jjn'^i^ft^^^^^^ftçs, Içs jj^lç^jfttifln^ 
de la iouche jij|^ys5,|f j>|j|jj^^^jjij^1^l,%^t|fj^{pj^ 
mercuriels ^^g^f k,i|,^„5ii^çj^^^^8Jj^^ ÏH'i'ffi tef. . ! • .- 

dents noîi;es^%iiJ,jg,î||yjf„^u;«jj^ «^ f|l/Ji,/K"«li 
Il serait dangereux d'en avaler Deaucomgj^» ^^^,^,1 

une once £<ifKifà^| Ift^Y Vî.1 P^fcteLnmp n« uo». 
Toutn'çst^jgs,|„bj^n^^^j;QftY^^^4eJl^,gr^^^ 

DEFROT. J'«i,ié|^,si||p^l,.^^J5^|j^C^^Çgfl|lj|S^^|^^VÎff). " 

traités. Je ''ois^youtçf^<j|j'ojy,tÇg^v^^gBtJ3l,yjp|j5^^^ 
tion et le corps de l'ouvrage, un vocabulaire des ter^ 
mes usités en pharmaci^v^lir^t iMVMr^Mtbft par la 




éloges à lui donner; ihaflienrcusemefaMes remarques 

, . .,i; r! ,nio?ipTXi>5* 

qui précèdent prouvent qu il n en est pas ainsi. -. 



., '■ ii.i 1 t 1 i" i.l"L*' Jl ^ ■■' *iiili / <;'r. 'j u p II'!"»/; 
jj- r!»: I ■*■ •'! * r.i..»./: • .;. •■ ,.'' » •■•• ::)ti-.» .-tUpl ■. 



I I , 



Nouveaux él&mèns de pathologie mêdico- 
,■ chirurgicale ; pfir MM. Roche el Sakson, 
tora. II'. (Chez BaillièrP. ) 



■l y^— ^^ r.En rendant compte dit premier, volume des Nou~ 
Pathologie, veftu.v Elémens de patfivlogie médico-ohirurgicalè Ak 
MM. Rûctj.e ei Si.vsoa,, nousavons exprimé notre ju- 
gçfçeut sur lep qiileiirs et sur i'oiiyrfige ; la seconde 
parlie que nous aimonçonç aujourd'liui., loin de 
ctapger rien au compte avaotngeui que nous avons 
rendu de la première , serait plutôt l'occasion de 
nouveaui: éloges, , ,, , ,, 

L'histoire désaffections prçpres au.svst^mq séreux 



commence h 

désirer 

cii 

H'ops 



ind volui 



e Jaisierait r 



t expri 



,pla, 



■ la Dpture et les causes des hydropisiea. 
étonnés qu'ils n'aient piis adopté, re- 

:C3 maladies , la, théorie, au moins irès- 
rationnellç, de M. Raveh. Il ejt vrai que, pour le 
Iraitement , ilss'ai;çor<lefli tout^à-fail avec ce méde- 
cin, et qu'ils indiquent uiio raéljjode duuce, simple, 
el plus souvent utile que les purgatifs el les diuré- 
tiques acre», aulrefois si prodigués elsi fâcheu» dan* 
la pluportdes cas. 

^ La sialorrht:e ,^ accompagnée de rougeur, de cha- 
leur, d'ulcéralions, et même quelquefois de gangrène, 
qui se manifeste chez îes sujets qui abusent des pré- 
paralioDS nierçurieilcs, et qu'on provoquait volontai- 
rement autrefois comme un moyen certain de guérir 
la syphilis , i' 



Il de se Irou' 



;s? Il nouj 



mble que tes causes, les 



i 



( 279 ) 

phénomènes, et lé traitement de cette maladie exigent 
cette transposition. La salivation des femmes grosses l^lbologie. 
qui ne présente point le même appareil de symptômes, 
peut être considérée senle comme un accroissement 
de sécrétion sans phlegmasic. L'étiologié du diaS^tès 
est encore tellement obscure que sa place dans le cadre 
nosologiqne iW y»eb^ « ti^ l^kiè 'prUVf âMto."Â ' IHiVRàe 
anhrUe ( c^ett le Abtir ^uè MJM; Viôcèt èf %ii^iffA^ 
posent de 8AU«itàé^ à' l%ji^nlfiâtit^ (ISrïéfriHÎlatt^ 
dé goutte ^oû'^tnjfUV^^iï^deBifi^dii aF^^éhé%2nl[^ 
die faite 'd'^i^Mà'l'i^cHlHI^k ptB?%a«titel?.'ï.^i< 
deux antèîirt'; 'aJ^flbV^f'Yârt^W^^f '^flS'lei'^^ 
dëterminaiitbs «ëlk %6iittè' sf^HVmWkxék ^be Wm 
de la plupart des autres phlegmasiel'iciltiibfftltéîilfMJiM 
pendant àli~è>rédî^ài«iVSÉi'tilflftifl\i^«» ^VF,*^'iip^ës 
eux , c60sî)llt<^AâM ^ika^' WfMiilJilifê >fT<^ j^nd'é'Au 
systfeihé flbrfeWli *i«W"îl»* ftÂt isèTh'flr ciJmbiAi 'ibift 
inexactes, lei 'divféAyd^ ïflo^ê^ dSiA f^s'^)>tMV^'& 
combien tf'eilritfdtt'ellies ■jiôdtaièrft'cOndtflW iSaii*' ïe 
traitement/La iHa^etifetTéaflèà dd rlAxMaiikrifé'gotfi- 
teux, qui Afeitm îa'gtfuttie'M'le /hùtjiatf^hiéV m'sris 
qui participai de Ptfft cr< deTdbti*e, n'a ^Wtrohirë 
grâce devant ndè'àtttènrsl'Le vîcé; ïé'*pTÎntlpé gout- 
teux et attbritîl{rie tfil font-tin sr bel èff<^t ^attfrfés dis- 
cours etméto^'lé&écfrîts dé quelques médecins, 'û*ont 
pas été plus heureux; et si les idées de MM. 'KôCbe 
et SAivsoFrpréflriènt cbnsnllÎTtte, èonime on nVn sau- 
rait donter,'otrittf verrr^Tns'de gouttes remontées, 
ou rétrocédées , attaquées par les ("xcitan^ lés pltis 
actifs portés su i* tin caHai digestif malade 'ddHi' ta 
plupart des cas.'Nôs auttui^^font voW qirè le'^Mîté- 
ment anti-phlogi^tiqife sàgemeht àdmitiisiréVest en- 
core le plus sûr icomimé le plti^ efficace : ils terihinent 



\ 




régime 
aie du 



IL iiidii^iianl le régi 
e pnsiage que n> 

mellre sous les yeux du leclPur : ■> 1 

'•- roentairc est la partie la plus impor 

.'•p^Wnf'.''ra'IWq?e<le ceila affection. Tout goul- 
.ùJfiH^IHf ?fflt> a'^<^.'"¥imi4«<l .«ienc, sans hésiter , se- 
9ÎlR^'.*^^^.Hr.fW't*-i*'àgt|4inctr,fail'-?au ; tous les 
,-,Jl^plPflÇ^,igiu. Wi^ew J(Ç,.«iPi*>^irJi;.Wi-feJre ont vw 
ij"jJlf|^jfi-;Pfiff|}5S al,laques,s'él«isn,tr*6'(litiiiniier d'i«- 
sttlff'^i'^.i-'^* fiiiLfenfi^i par 4vst^a>'ailca< sans retour. 

- M^if.ÇQmbj^p jje(»,d.'lic(piaes.i3i>|jt capables d'une 
lï,i^'^,!K)^?'^M?V„Pff?*11ie.t''»s -prefèreiilïoiiffHr à 

AÔI)ff'-fîrP?Mfà'!UV'fti^^"^* P*"'' '"«fels moriger 
.".St(î''*'îflV*-''Vp9lJ^.pJflA.*4r^"feide.Uvie!Po.iriiuoi 
"donc j r^nG|fperai^ijf^iU,(l'ailJeuisï La. goutte n'esl- 

- elle pas iriçiirable, et ,lej,,me.docio&iija jeur repè- 
>• teut-ilsi p^sc'isijvic jpur cetifl ,seatenaa absurde si 
« bien d'accord avec .ïeur ftensualilé.?,» Les auteur» 
^'ont pas parlé dp l'iiiîr^flitc deja ,g,ftiàlte ;- c'eat ce- 
pendant une de pGs dpctriaea conMcr«éâ< dans l'an- 
cienpe écolo, et forlein^ntencacinée dflw l'esprit du 
piililic. Il eût été convenable d'ai; fciira seoiir la faus- 
seté et le danger, et de mettre «j* .évidence celle vé- 
rité si bicuesprirnée par nn.auleijr troderne , savoir , 
Hç'iin.pcre ricbe, e.l goyllens Iransiuot à sps enfans 
sa forlfjni; ^^t |('3 iiiaja[lie;,^l,,ijue,«e.uï-ci eu sont 
^*^"îÇîof.^^^'fl^^''^lff''^''^^^P**''8'"* ^ mener une 

jSIpus signalçiipfls „ f^s, ^çniSi j ^MT.êler beaucoup ,. 
la partie de.l'oijvrag^ quii^r^itG Att lirritations du 
syBipie osseux, pt dîjn5,l3qT»eJJe,J,c3 afiiïctions, envi- 
"6"^ ?S ,'^'.l',P^:."*1^''.*«r#.PÎH^ ¥l»ïl'«lofi'n"e qu'elles ne 



d 



( 38. )■ 

l'avaient été aupararant, se présentent pins simples 

dans leur étnde et dans leur traitement ; «t notis pas-= PathologK. 

seroBS'à l'examen Je la seconde classe de maladies , 

savoir, celles» qai 'consistent^ daffiiï'"Pal>bfè" moins 

considérable qae<:dan«)««t«t> fldÙftf itiil|éBîffl2^i^i 

les parcourent ,d)|t«reltoiben»V^(fB iMiï W^AVS^an- 

tion de le«c9JiriUltt]ii4^^ièYi«IWP^off#d*lM$MI c« 

que \ct,ikat!Êtd»îimaigé6*lf>j^mélmàf}^ifl^fât!ht 

cet état,lKâiHii*«tiM^^«dâ8R%Ù|^f^;i<B^8^a 

aa-delir.d« ïkdim'VtkipmAèmW^êiér3fii'^\>f9 

de sa ttgbÊ^,)t»»io^^ft«^è<^^^mMMni 

pas à pmiétrtr>)leM^M««l»fMtWnîé>fl^^l?'Â*Ài(t 

fait pouRl.'i«rit«lI»i«(iaiMi^d<«lAslèUM4Ha!j! J^îliiDS 

la.dimimiftiqi»dtfi|til«ilktAi(Wi^V'^'f3^^^M 

CM , den» ^véèiùwi(^êfiSkêSiibi\imi^i^i^! ^ê^ 

état patMlogiqtiWf l«»Upt^ilntôl4"V'<{'?i^ï^^^%^> 
goent paivftti^iW^fttf %6 ui tt M s'W» 'p ^WfeÉk^^ 
lésionsorgahiquttè^MnAMtîWai P»Ht^%^'vkft'â'eit 
ii entraine MJMfftf t«%l^iÏM(éV^yé<^èltf %1Siip'élinf 

tbénie, âUi(li«u4,'WMiMiMiMWiftiy BWftÂ^'îsl'irlli ' 

queute, et qUMkmhm Wd ¥ei tCi t û p<Àf'>itHl^^Sn' 
teucs , c'eA>is«it«'ltteb»i«ei{W«»l8-^rA^i^d^à^é* ' 
irritation vi«d«tanii«.»tf *t^imtùi^i^> tm}^^^ 
celle qui sejpr4i«at«i|d|h»i^<>^Mi{M^^^<^â^a-' 
. mique. Apvè» 4«w»<itf^,«l£ 4j|aéA}déll^,^>M» iM^ '■ 
régissent l'asthénie , car le plu;'|t?k^^<li^l]4''y: 
encore iocckitfaHiIfts «iiietii-tfiniât<IAI»^ii<^ï4««"»^s 
avaient v«ult»faitt*r M WiliftSb r4fit»l>i>a'ti)4;#s^ég.' 
raient pu préflcètte» f oét«>rtlMlfAffe iiiife'4lg|»ïlié'^fà 
complète yea 7rMM!ÉA>ltfièiiiî»^pKliPI£^^f'cS%^ 



I 

p 



( î82 ) 

r cerne l'irrita lion. On doit leur «avoir gré d'avoir 
. suivi cette marche, qui est la plus favorable aux pro- 
grés de la science. Rasseniblant kr peu de connais- 
Eances positives que l'on possède sur celle modifica- 
tion de l'aclion organique, ils ont cru pouvoir la 
diviief. .aij^ei, 1 j». :asll)é(ti.es MnguJneg; 3°. asthénie 
nerv^u^ej 3i"' aslliéuiee nulrilives. on atrophies ; 
^''..,ti)&fit.»ii%é^ùis sécretoires. On voit par là que les 
divitipa-^l de rjpritatton tfouvcut leur opposé , si ce 
q'est'l'iriitatipii )ijl*-inflaR>maloire : en effet, disent 
MM. Rocn£,el)SiHSON . ^diminution.deirabondance 
defifl.ufdeâblE^csdAns.ufl organe n'eilpas appréciable 
el,f^ constitue pa» une matadie. 

,.,|iifjja^rapeultque de l'asthénie doit naturellement 
a^fOli^enLtr ^e l'etpècedc vague où l'on ect encore au 
sujet de cet éim morbide ; ou pkilôt , toute la difli- 
ci4^^t danâ,le diagnostic de l'asthénie primitive et 
de celle qui n'est que symploraatique. Les Etimulans 
quf^,l'on administrait JRdis indtsiinclement dès qu'il 
se manifestait quelque apparence d'asthénie , ne con - 
Tiennent qu'à celle de la première espèce ; et , dans 
ce. cas, ils doiveilt être «mplnyés soit directement 
sur l'organe asthénie , soit indirectement sur les par- 
ticRYOïânes , soit enfin d/ane manière qu'on pourrait 
appeler générale , c'est-à-dire , au moyen du régime. 
Nousn'entreronÈ point dans le détail du mode d'action 
do-ce»difrérenS'a^ns tbdrapeutvqves , les bornes d'un 
articles';; opposent snoos dirons seulement que les 
auteuiU ontTmrté inriCff point beancoup de lumières, 
et'«{u'ils ont apprécie unigrâtid nombre de remèdesà 
IeurTsJeur> etien. mit £aœ ifomplon 'avec autant de 

clarté que de précision. i ■'■';■ 

L'anémie, la cliloroae, l'aménorrhée, forment avec 



1 



( a83 ) 

le scorbut > la classe entière des asthénies sanguines 
acIoBiise par MM. Rog&b et SAirsoir ; mais il nous sem- Pathologie, 
ble ici qu'on peut ^jetter k ces -messieurs que l'amé- 
uùxrkée ne sfiui'ait être considérée que ^nmme un 
symptôme» aiilsi qu'ils lé dtsient ftvfe-ôiMse^ ^>qii^il 
n'y a pas de r.atsewîsoflisiMiP^reJi faî^îfiknlPtf^ 
laçlie k V^rii •Qi«Mt4i««M#coMMfè{l|l%ie'Yî'oti%^kh^&a 
pUc^ q1le^ pa^ iliser 0fiiefiU^li^^f^^ M Ê ê 9M n\ &à^ 
«Ucte n'ftip^pieMioti^WliflM^ 

qfu^applaii4înii9M^'{MiMli^0^^ 
sur lei irnà^kalfii^9i0t^^ 

classes, asthénies du -âMlMlApislUifil^l^élPfAoïM 
m^jfc , astMnÎ0lMKill»ni|^hM; «ttM'Iftfl^itWiMë^ 
série ten&raiefèeb iÊOté^ikfy^ijjdPf^^ 
lu orgamdsjdè <^tifqi)^gi«làisbi#«lMIÀilPî> ^i> ^^f?^ 
;: I^'a$tbén)ef»nnléilnrk9fcpi«mp|^ 
céd^nm>«ai bâvpitanriil^^^SKftiMi^ f l^b^^m^ 
vent, ePff&t^JdléiéfpwdUifçfét^^ 
l'organe IaMb4i]Mbp3oàtiifqpewq^ 
dai^s un r4fHp<|vi îisr^Me^qljdb^^dbméiiip^taiPMtM-^ 
nries sécrétoioéi^. Jbf^mméfiAïtèoiiÙ9iàfi^m>ffige 
l'école phjsioèag^iffiii;aïdnii»4»flfotoaèMi^|Afe^ 
res , c'est i^ufi t^%éttictmhtnihâèttt\ Oof^mumkfoMre' 
▼ingt-^diî JtttrcttPÎns, «pih-4i»paid^ii<Bi^4^ri^ 
d'un ou d<k4ilniiîéljMiM|pnrt)rqwàMiaiinâiiM 
' les forces giisleçfetM^dtufintHlèad^çiaaaH^^ 
lue , 8op(6iioeÉéftiBiMiii»BeqqBdfidmipffli^aiaiaiJdas 
cas, radynayie,^ A'iiB<sériitt| sirtite Hw&iifMé*wimimà'- 

lors il est Imn im|M»-iOTba|^midë^(^ 
qui paraissent a9théi)iés:yqueds:.fanmp*d2^p^ 
qui concentre touM ka foiOfrdto J^iMar un seul 
point de l'organisme. 



i 



t '84 5 

^Î^HSSSf La fi'i Ju second volume psl conBacrée à l'hîsloire 
l'atlniluBie. des lésion» de continnité , et d'abord MM. Rocbb et 
Sansok attaquent, et 7ust«rnen ta notre avis, l'ancienne 
diniioti'^^s Mlutions de continuité en plaie» et en 
ulofataS'i ilsf<tnl votrquela lésion rst la même, si ce 
n'eiltlu-il ^yjoint-, danïqnelfpies cas, une affectiorr 
înt«rne t wah toujonM il y n inrerrnption de la con- 
tinitité'dBS parties, S'^cattant toot'â-Fait de la rente 
ordinaire , ils ont ern donner un«cla^tlîcation pins 

Int«(3iodiqtie etplus raiioilnelle , en divisant, pourl'é- 
tude^ilM lémo<Hsi(l« eotnintiité "en «i« séries, les con- 
tui»6invJ«*'p'are*>iéS'iirâtnres,'l«9 gerçures, les rop- 
tDrv«'«tillwfr3C«tfTe(li']3e'-ffirétee poQf le traitement d^ 
cea ;»ff«t.ion»,iHi«dtte1len( -trois méthodes-, fune, 
appelaeaiechbalitoh adhésit'e^ctitaistv dans b re'unton 
plati on niDink ifi^Enédiate 'desiparties; la !;ccoade , 
([o^ls •tktymi^eiit.ttiéiiiaXion- cfcirMsfiTtta , s'opère en 
f4VBr{»nt|la'd(t^9i«calion de'lH soltttfoii de continui- 
té, Je pappvoclienlenf^e «es bord'a, et la réparation de 
la perte fle^SilljBiance -ppr 'le' nïoyeni d'une autre 
substancD 'd«"nouvelle focmBtion^ ^nfîn la médical 
tioB «téfàli^aa quf sépare ies^pATties mitlades de cel- 
les quleonf refilées fiainei. I . - ' '. 
Oann sattrait dfMuorthop idVIOgM if l'article qui 
traite An régime à preserife aui 'if^îtidus affcclés dé 
solalions deicontinnilé.' Las aulfluM ont judjcieiise- 
meoti, ' «^1"* iiou»,'inS^lé lur' ^e point qtii? l'inté- 
grité^des organesdigeilits cstunceondition indispen- 
sable aix traitement ; que les -blessée et ceux qui ont 
ibii' do grandes «pérali«ns 'E«nt sifjets , par cela 
loémei, à des phlegMBfiecgMVA'H 'souvent mortelles 
des orgaws, intérieurs ,-alfiurlcnit l)ë« membre 
reuses ; qu'en conséquence on doit toujours êlre en 



L 




( 285 ) 

garde contre ces fâcheux accidens et teair les mala- ^ssssssss9 
des à une diète plus oa moins sévère, et ne pas fca- Pathologie, 
lancer, pour peu qu'il iè manifeste ches eux quel- 
ques symptômes inflammatoires, à . employer les 
évacuations sanguines, .«oitvgâ)i^iî4toB|r#<|îll)^Qil)fifti 
Toute la partie ichvç9ti^Hf9>ji^d«&€tt}dift)f i|^ Wbpftîle 
avec un rare.Jaîfpftt,;,eft,fSt fiflt«¥*4ir*«o»teT^po«q»^î 
les auteurs ont, j|j|jjfl^^ fgEWW^pMife^wfr*3«» 
style , desdétff^hffv^r§^fif^i4fiy»il^ 
ils ont cet ffm\W§ ^,R*MnfRflAw Aa\fH «pîfaoAim 
môme gcnr^.,;Ç^ j^'j^Vei^^W^m» ^lêMVtA'M^^h^i 

seul des Él4m'H^^.fi^,^Mis&ifânitf^^ 

En rassen4>|fnïi^,^ofl,m jf)f^Aajfïiif9*i4m9i'4i«i(ntotioni*î 

du genre de„pift3^9ft>-fl'ïïa**fr*i*i^'*'^i^ » rflob»fi«t p: 
MM. RocHjt ef,:S^^jii^tn,,éfiJlAtnM il?ftlttdtf)ldosuèfcwf;f 
par celle des aul^f4r,,^lf.pn4ûl<|i|fkdttU JaidnédMine' 
dans la chirurgiet^.q^iV^ JbfiAYiq^l^gfigMiki «etÉe dl-irp 
liance. Gar U dbL^f^rBJ^«iU>^s}(^K|siH^&eri|MB^^^ 
est médecin, ;p^itjH>P,âfc«i4y^9|Mw4fltîiiw«[fj«iîilefOJ 
tournant la prp[K^M«9 4lMnf^ofiàwfiimi4«US<*aackilii^. r>i 
USTous ajouterofifi^^e Jlfi^ftH^iMl) 4tîQ^«>9(»uvba໣lé^ii> 
mens ne se i^9,|^(f;p^^rJv9^pm4ifil|t)i»s^)r9â^Kh^^ 
ment les travaux des autres; .^9ii{W^ti«||l3li^MNaii9âDfs<^' 
en lisant leur:ogii^^^f^^'{|qxi|^^i|9ftJi«C)9fa«idi^>lioaibi^ 
d'articles, i\sii^^i4misxà6^^df99oiqvA'4a(!^ ^ 

et d'autant pliiA<d%ji99ixl'i4Ml4rélr^i,l«aviB{e?ibile! • 
disent eux-mêiqfï^fjai|^ l99riP^)d(«AleM«rtk MfefniçtUTH 

aimé se taire, .ct^|j|gj)^înfto.l^iltii;t^$pi^^ 
conçu et exécu^éy:l^)^#rlv«{l^p€M*)matû|«l?ijd[^ai^c 
voir un succès Ui^9nrA4^oîl0Mt«lqle Mranif^cUbs»d i 
que partout okXfin7fi$km^M'^9m^itÊ^fM^à0bLib^9}^* 
la méthode daQS.J'4^Miili90^jik,Q}ttrftîSii>JaipB&»|r^ 
et l'élégance daua le «tj^e. < ^fy^no^^îJBbànBiun' 



I •." 



Nosographie générale élémentaire^ ou 
description et traitement rationel de 
toutes les maladies } à l'usage des élèves 
lédecine et en chirurgie, des élèves 
tageS'femnies , des officiers de sanlé, des 
— — ^chirurgiens militaires,, et de (ouïes les per- 
sonnes qui exerceçt l'art de guérir. Ou- 
-Virtfrage qui convient également aux magis- 
'--îrals, pour ce qui a rapport à la médecine 
légale ; par J.-F.-Aug. Seigneur-Gens , 
docteur eti miî'decirie de la Faculté de Pa- 
ris, etc. 4 forts vol. in-8'. avec des plan- 
ches gravées au Irait. A Paris, chez Roret , 
libraire, roeHaulereuillé, d'. 12. — idaG. 



■L 'ouvrage que nous aanouçAng sous le roill^sime 
Kosogra- ' 826 , est présenté comme «ne édition revue et aug- 
'^'^' meiué*. La révision a coTisisté,si je ne me trompe, à mel- 

Ire entête des troî» premiers volumes, publiés depuis 
sept ou knit ans, un faux litre , sur papier plus blaac 
que celui de l'ouvrage, ce qui tranctic désagréable- 
ment pour l'œil ; et l'augmentation tient seulement à 
ce que le quatrième volume, qui était promis depuis 
l'époque de la publication des trois précédeus, a enfin 
été mis ao jour. Quoi qu'il en «oit, on ne peut que 
lou«r granclemeul, l'auteur de la bonne intention qu'il 
a eue d'ëlre utile à la foule de personnes dont on lit 
l'énumération des qualités sur le titre de son livre. 

Il faudrait une analyse aussi longue que tout ce 
numéro du Journal général de Médecine, pour laire 



< a87 ) 

connaître avec détail un ouvrage :CO|npoAé de plus 8 

de deux mille page$, dans lequel l'auteur' a fait en- p^^^*^^' 
trer des notions, qu'il appelle des notiçe^j- d'anatomie^ 
,de physiologie, de chirurgie , les descriptions anato- 
miques et physiologiques des divers' sy8tèai|ps d'or- 
ganes^ et les altérations dont ces systèmes sont susf^ 
ceptibles, relativement à leur nutrition / leur sensi- 
bilité accrue ou diminuée,'^ àiil 'I^'iisâ physiques 
qu^ils peuvent éphrAàVer^^ét»;-'* ^ 'i ' '^^i-^ 

J'ai cra.mfa|Mn3abcrifiqiiel^Aiiieiirict|nBf^i«ëparé^ 
ment d'une içiqlt|^ejift*3[f^j^^^ f rfMH(«i?.f§Mîts 

Jeu ai pn.tro' i'-*-!.*- -j-— • 

compliquées c 

n est que la reimpression textuelle ^ sous un titre m* 

convenant, d^tâblfé^ù ^é ïa dil^sificatfoii aiSoptée 

par PiNBL, dauêsi^Sèo^ë^hUffk^ÉdfiM^S ^^^^ 
je me suis co]^QKdRkrliel»0tiaiHJté,mf JMilt la 
phrase que voici : f Quand on dît qu'une fièvre est 
aciynamique.y patfMe «aâaiiqof ^ «IC). ,>»!Q'«fl :<sài|ime 
si l'on disait quriuie!«nné«;ttiJMtiftir:ttq(i}eU9SlftC en 
déroute , 8aQs4é8igBèrl€ffdiiiiftkmi#U;lo»«^B^^ 
sont vaincMfli.» JQ'«yNkiirAi4Bijr«rfgfmbiilj[jte|J«ftpi^ 
j'ai,cru m'apijrcfToir^qneJa'réîiD^esNmijèiiteile^Ue 
fournit à M. J5siGiiEiif**GaN^ Voeca«i>9riQ.|Mrés«iter 
un nouveau ^9t^iM.dftjM>^e0clftt|itft|;4wt^9i€i nn 
court échantillon^ '^ nf I^eacAonit av^ànièidétigoer. I^s 
lésions compliq^ifo^,^ MJbo»!, termina iTti^ •i»c«ft. <>^ 
pour indiquer leiiphlflgniAiMsbéiiigQMveljefi iou iéU^ 
pour exprijgngr :A(gt iiiflibn«ialiîons.iU[gpëfcflPa.!> tamm- 
pie , existe-t^il >eR> ptâmOiAerupSi' i«M.f]Uegin<iie tu 
foie et à l'estamao, Aouii^défisnoM Qelil»itfâim^ 
tion sous le nom à*héfiqitBi^$iriti4if «1 dHtfigyùe 41 été 
le premier affecte , t>u sôu» celui de g^âtris^JiépaUtis , 






^ 



(«88) 

« l'ettomac a élé attaqué primitivement. L'Ioflam- 
. mationdeces deux organes est-eile tempérée, nous 
a {>pe) on s cette complicalinn une hépato-gastrite , ou 
une gantro-hèpatUe. Enfin , \a plilegmasic est-elle 
violente dans l'un et modérée dans l'autre, non» la 
nommons hépatii-gnsCrilis , quand l'estomac est le 
siège de riiiQammalian la plus intense, oit gastro- 
hépntitia , si te foie est le plus vivement afTecté; et 
ainsi pour les autres. ■■ Voilà ossurémcnt qni est bien 
clair; mais s'il arrivait qu'on ne sût pas qnel est l'or- 
gane qui a commencé à se montrer malade , il fau- 
drait donc s'exposer , selon le proverbe , à mettre la 
charrue devant les 'brcuFs ! Et si t'orgaae , plus forte- 
ment affecté, donnait pourtant des signes muins pro- 



(]ui l'est mo 
commettre 


quelque 


ressent , que 
enl , ne risque 
rreur dans Te 


tel au 
iiploi 


re organe 
otispas de, 
deso.^rt. 


i,iih? Car 


sans doi 


te, ces dis 


inc 


tions n 


inutieuses 


doivent avo 


ir unbu 


d'utilité p 


[lur 


. prat 


que. 




Dans la 
rhumalism 


synonyra 
s'appelle 
otite. V 


ie adoptée 

mustite, I 
pilepsie es 


pa 
td 


notre 

utte pr 


auteu 
ndle 


r,le 


de syndesrr 


nnée 


omm 


re- 


connaissan 


pour cd 


use un ra 


en 


isseme 


nt da 


s le 


une malnd 


« apécifiq 


cerveau , 


etl 
née 


isyph 
par de 


isco 


•tes. 



A ce sujet, M. Seigseur-Gens s'étant demandé s'il 
est n^essaire de voir l'insecte qui produit les symp- 
tômes vénériens , pour être assuré de son existence , 
répond avec un grand sang-froid : Je ne te pense pas. 
De mon coté, si l'on me demande : Le livre de 
M. SEifiNEUH - GffHS est-il bon 7 je repoudrai aussi 
naïvement : Je ne le pense-pas. 

f.. G. c: 



( ^% ) 

Constitution médicale ^ et maladies ré-- 
gnantesde 1834 et 1825 à NantesiLoire- 
Inférieure^; par M. Priou, docteur en 
médecine/ associé national â Nantes* 

(Séance du 4 <toût 1 826. ) 

tr Tous les corp3 ne se ress6lliblent point; s 



les âges sont différensj' les maladies même i^^^^xx^ 
diffèrent ; les saisons influeqi sur leur nature; 
il y a des terapéramens qui ne peuvent sou- 
tenir une- maladie que d'autres supportent 
facilement; l'es aàilées oiit enti^e elles leurs' 
différences', leis saisons eut les leurs. » HiFPO- 
CRATE- lies Maladies y livre i*'. 

La constitution médicale des années 1824 
et i82i5 ayant offert quelques parliculafiiés 
remarquables, j'ai songé' à fairo de celtïR 
cohstitutidn l'objet d'un ûiémoilc'ë que j'ai 
crii devoir adresser de préférence à |a So- 
ciélé de médecine de Paris, qui a toujours 
accueilli mes faibles travaux avec une bien- 
veillante à laquelle j Vf âis^lorn de m^attendre« 
Je la prié de recevoir m=0s reraercîmehs, et 
de croire que je né manderai jamais de sai- 
sir avec empressement lés occasions qui me 
pernietfrpat .d^ correspondre avec elle.. 

T.oliSdelaC4)L?>S''dela/?^Sér. Septemb nj 



( ^90 ) 
Avant de parler des maladies qui ont. régné 
régnantes, à Nantes pendant 1824 et 1825, nous pen- 
sons qu'il est nécessaire d*en faire précéder 
rhisloire, i* par une esquisse fopograpbique 
de cette cilé (i), 2® par des observations mé- 

(1) Depuis quelques années Nantes a étë, sous an 
point de vue différent du nôtre, l'objet de recher- 
ches inte'ressantes de la part de plusieurs écrivains 
distingues, parmi lesquels je me plais à citer MM. Gré^ 
lier y Athenaa y Le Boyer ^ Ursin et Lecadre. Mais 
elle manque, ainsi que notre département, d'ane 
topographie physique et médicale complète. Depuis 
plus de dix ans , j'ai recueilli des matériaux qui pour- 
raient en servir de base par la suite , mais dont la 
réunion ne peut , aujourd'hui , offrir aucun intérêt. 
M. MoREAU, dans des fragmens d'une topographie 
physique et médicale de Nantes , qu'il a publiés dans 
le tome 3, pag. 877, du Recueil périodique èe\2L so- 
ciété de médecine de Paris , par M. Sédillot jeune , 
a commis quelques erreurs; parce que, sans doule^ 
il n'aura séjourné que quelques instans dans cette 
ville et à une époque voisine de la tourmente révo- 
lutionnaire qui désola nos belles contrées, circons-' 
tances qui ont dd l'empêcher de donner à ses obser- 
vations toute la latitude désirable. Ainsi ii place an 
nord-est ce qui est à l'ouest ( l'immense carrière gra- 
nitique de Miséri , de laquelle on tire la pierre qui 
forme le pavé de Nantes); il forme de la rivière 
d'Erdre ou de Barbin , deux riviëreâ qu'il nomme 
^ l'Ardre et la rivière de Barbin ; il ne parle point de la 



(29^) • • ^^_^ 

t^orologîqnes qui ont été très-Variées, el qui "^^J^^g 
expliqueront la cause de Tapparition de ces régnantes, 
maladies (i), et les caractères de malignité 
dont elles ont été accompagnées, surtout à la 
fin de i8ââ. 

■ i 

Aperçu topographique de la ville de Nantes 

( Loire-Inférieure ). 

I 

Nantes (2), chef-lieu du département de 
la Loire-Inférieure (3), située par le fyfxV^^ 
de latitude septentrionale et par le 3^52^69^' 
de longitude, occidentale , méridien de Pa- 
ris, à trente-neuf myriamètres (quatre-vingt 
seize lieues) sud-ouest de la capitale^ est 
une des plus jolies, des plus saines et des,, 
plus conimerçantes villes, de France. Sa po- 



Sevré. Les boîs qui existaient aux alentours de la 
•ville , à Tepoque 011 il écrivait, ont disparu. 

(i) « Suivant les changemens qui surviennent dans 
les constitutions des saisons , les maladies sont égales 
ou inégales , participant à ces changemens. » Hipf. des 
Hum. §^i. 

(2) Nant signifie, en langue celtique, amas d'tau,, 
eau cour'aiiie où fleuve'. 

(3) Un des <5inq départemens qui composent l'an- 
cienne Petite-Bretagne ou l'Armorique. 



I 

! 

I 



pulaîion es! aujourd'hui de soixaale-fJi^^-sepl 
mille deux tent trente-quatre baLitaiis, Les 
maisons à Nantes, construites avec goût et 
assez unifornics, du moins dans les quartiers 
nouveaux, sont en luf (^i), appelé ici lulfeau, 
en Siiinf-Savinleii et en Crazanne (2) ; mais. 



(t) Topkus , lapis topfiaceus. Terre calcaire molle 
( FoDHcROY ), chauK carbonatêe. concrèle (Bbon- 
CNiâRT), tuf calcaire; roches d'alluvinn , quatrième 
classe, septième genre {Dubuisson). Le tuf se lire des 
deparleineus d'Indre-et-Loire (Tourraine) et de 
Maine-et-Loire ( Anjou ) où il abonde : les carrières 
sont souterraines. Il y », trois espèces de tuf. Le gris, 
le bâtard (nom (|ue luiidonaent les arcUilecUs) et- le 
luf blanc. Les deux premiers ne s'emploient guères 
quepour l'intérieur des maisons, parce qu'ils flatleqt 
moins ie coupd'œil, et parce qu'ils sont d'uilleurs plus 
sujets à se dé.'agréger. Le tuf blanc s'emploie pour 
le parement des façades des maisons; il se taille avec 
des nnlils du plus fin Irancbant • il donn^ auti bâti- 
mensde lagrAceetde lalégisrelé, mais sans leur faire 
perdre de leur solidité ; enfin il est mains susceptible 
quél'eSdèui autres de s'altérer, ayant uneplu^grande 
forëe dé cohésion. 
(2) Ces pierres lîrenl leur nom du lieu oU Ofi )çs , 
viennent du départemeqr de la 
(Saintonge). Ce sont des calcai- 
us , blancs et plus solides qpe le 
léc^'ivçrl. Ln pierrede Crazanne 



trouve. Elles non 

Chareiité-lnférieu 
rcs compactes , gr 
lufrOft leiestràiv 



la plupart du téni^â, les fondations et lé pre^e^ 
lîuer elage sont en pierre de granit, qui r^gnanJs. 
porte dans notre ville le nom de grisou (i). 
En général^ elles ne sont pas parfaitement 
closes; toutes sont couvertes en ardoises (2); 
cependant quelques-unes de celles des fau« 



est plus recherchée que celle de Saini^^avinien-da- 
Port., parce qu'elle est plus blanche , d'un grain plus 
fin et plus serré. Elle est employée» lorsqu'elle a été 
au moîhi du an exposée k l'air, au parement du bas 
des façades bien décorées. On en fait des colonnes y 
xles bàiasCres, des Y:îma)ses pbur les balcotis, enfin 
tous les objets qui sotit ékj^sés à la pluie. On ént- 
ploie ^flcôrty.noKti^ plus rarement, plusieurs autres 
pierres calcaires à NaoJtei; savoir.: pour le carrelage, 
les tombes , les marches d'escalier, elq, , la Raine que 
nous tirons de I«a Flèche (Sarthe); le Gonflent, qui 
non^ yient die Paris» et .qui ne sert ici qu'à faire êes 
statues ; la Tailbourg, que l'on trouve aux environs de 
'ïours (Indre-et-Loire) : elle a été employée en^irande 
quantité dans notre, cathédrale. . ^ 

(1) Granitum, Roches primitives, première classe, 

premier genre (DubuUson), Ou en trouve beaucoup 

a. . ■. . . ' ■ ■ 

ans nos environs. 

• ■ 

{7) îxipia fisailU y Ardesla, Schiste tégulaire ; ro- 
ches de transition, deuxiën^ classe, dix-huitiëme 

I If''-.* ' ' ' 

genre (Hàbuisaon). Les plus bellesardoisiëres se trou» 
▼ent dans l'Anjou aux environs d'Angers. L'ardoise 
sert aussi k Nantes au carrelage de nos édifices pu* 
blics et k celui des beaux appartemens. 



(^94) 

. bourgs le sonl en tuiles (i). Elles ont le plus 

rteosûoes?* Ordinairement trois ou quatre étages; maïs 
on en voit de cinq et même de six étages. Les 
planchers de nos maisons sont presque tous 
carrelés avec de la brique , qui absorbe tou- 
jours une partie de 1 eau qu^on eitploie trop 
souvent en grande quantité pour les laver. 
Cette coutume, contre laquelle nous avons 
été plusieurs fois obligés de nous élever , est 
très-nuisible à cause de Thumidité qui se ré- 
pand alors dans les appartem'ens (2): toute- 
fois, on commence à adopter d^une m.anière 
plus générale les parquets, qui sont beau- 
coup plus chauds pour les pieds et sur les- 
quels on ne jette jamais id'eau. La plap^t^ 
de nos cloisons sont faites de briqtf es recou- 
vertes de plâtre, qtii est un sulfaté de chaux, 

. ' . ■ i. ,. ■ 

, I • • •.•«'"■"■■ 

(1) De tegula , couverture. Elles sont formées d'ar- 
gîle fougeâtré et cuite , ou terre à four. . . 

(2) Nous avons eu à gémir plus d'une foia sur la 
perte de personnes atteintes de fîëyrçs éruptjves , qui 
avaient été exposées à l'humidité produite par l'eau 
employée à laver leur appartement, et chez lesquel- 
les il y avait eu une reiitrée subite de l'éruptfon cu- 
tanée. Le médecin ne doit pas nôu plus ignorer l'in- 
fluence fâcheuse du séîour dans une maison nouvel- 
lement bâtie , nouvellement peinte, dans un appar- 
tement qui renferme des fleurs, etc. , 



( ^95 ) 
et que Ton «ire de Montmartre à Paris. Nos 
plafonds sa font depuis quelques années avec régnantes, 
du blanc-en-bourre , qui est un enduit de 
terre, de chaux et débourre, par-dessus le- 
quel on applique plusieurs couches de plâ- 
tre; ce qui offre up .grand avantage. En ef* 
I fet, les lattes propres à supporter le plafond 
étant mieux enveloppées, que par une ..simple 
couche de plaire, comme cela se pratiquait 
autrefois, sont moins promptement atteintes 
par le feu en cas d'incendie. Les rues de Nan- 
tes sont longues , larges, alignées, bien pavées 
et bien percées. La plupart ont une direction 
opposée à celle de la Loire ou du nord au 
sud : circonstance favorable en ce qu'elle 
permet aux rayons solaires d'y pénétrer cha- 
que jour, puisque Nantes est exposée aii 
midi, et que ces rues, qui présentent d'ailr 
leurs une pente assez marquée, reçoivent 
rinflnenôe des irradiations atmosphédques 
déterminées, par le courant du fleuve que je 
viens de. citer. Elles sont éclairées pendant 
la nuit au moyen de Thuile. On n'emploie 
encore nulle part à Nantes lé gaz hydrogène 
pour Tcclairage. Notre ville possède des pro- 
menades très-agréables ; les places publiques^ 
où l'on aimerait à voir des fontaines, y sont 
multipliées et spacieuses. Plusieurs rivières , 



la Loire (Liger), qvki est resserrée (H con- 
réguaotef. to^^ psr de beaux quais ^ de Vest h IVioesl ; 
TErdre (Eder) , du nord au sud; ia Sèvre- 
Nantaise (Sépara Nannetensis), du sud^-^st 
au nord-ouesl, la traversent avec un cou- 
f'ant assez rapide , la Imire dans tons les 
temps y et PErdre^ ainsi qqe Ja Sèvre., plus 
partrculîèrement à Tépoque des ifiondaticiis. 
Les quatre saisons y sont assez généralenent 
bien distinctes, quoique^ depuis quelques an- 
nées, elles aient offert une marche très-4rré~ 
gultère. L^époque dessojsiices, etscirtouf des 
équinoxes , y est souvent marquée par des ou • 
ragans prolongés* A Téquînoxe d'^bîver de 
1821, îl s'en manifesta un qui futterrt'ble, 
ddra huit joiirs, et causa sur les côtes deBrer 
tagne des désastres inouïs. Le barotaètre 
resta, du 20 au 28 décembre, ii plusieurs de^ 
grés au-dessous de grande tempête ; il des- 
cendit jusqu'à 7*'(i). L'étal du ciel >^rie 
singulièrement à Nantes; de sorte que , dans 
une même journée, on a pu quelquefois re- 
marquer aiïeVnativement du vent , à& la 



(i) II fut aisé de remarqu-er une grande agitation 
dans le mercure dû baromètre ;^ ce qui présage toujours 
une tempête. , 



( «97 ) 

ftluie. de la rle£eie,cle ^a gnëlc, dn soleil, un 
eiel par et on eîel CÉMav«rl. Aussi es*'ion ré^É^iiiVéi'^^^ 
obligé de'se «oiwîrirdelaiuiage appliqué iifl- 
mèdhkiemenl sur la peau pour se préiiiuair 
conire leç :tra;DsiUoiis suji^ites ide l^almosphère; . 
il y règne pfltfbfs des fc'rouiUardb 4rès*épàÎ6. 
Les v^ls d*oiié^r;'oMinai1réîtl^nf tlià'rgk'^ë 
Vapeurs salines, m urîaiîquiés, qui nous aniié- 
nent 1^ pluie et les orages, et qui nqu^vie^'i- 
Beirt du côjé de la Ji;ner^ aont en gpnépglleç, 
vpA^s dofninans 4 Nl^olQs; Ceux dH-nord jr 
règp^dt da^anlage qoe t^tixderreM:, el'oeuM- 
ci'phiê qîrë le« vëhfs'dblnldî'('t); Â& re^te, les 



■» » 



^ ^ ■■ ■ i . ,'/[ .. r<f> i; ; M T-'-l ' '''i - ' f... ■/ ; ' ■ ' i ,- \A 






' <f) Bbntes t>0fi9ède ilii «baervutoire qtvî est à vingt- 
cjliq niMre0<)'éiéva I fon a^Kiessns'jcIa' sol, et 1 qtraràfit«« 
quatre a}eire$irpje(i-|)rfes d'él|«vatîoil au-de«stra desecniK 
moyenqc#«del4 mer. M. Huettejtoa^Xméfk^xmembve^m 
]# ^oiéf(é:ii:paîdéfni'que'da département cleiic Loin^n- 
feVîctwrfî, y fait ftvee-èwcttluâ^ , déint feîs par îôô«*v 
des observatkmaniëléorGlogiqiier.'CotmDeje n'ai pai4é^ 
q)6e^s quatre irftnls car dîna ux , je «ut« b'ieVi «se d^ 
joindite à idon travail les remarqoeflf qti^'l a faites ié- 
pMÎs pJùs/euii» anireed aorréla t dn ciel dans fiotre ville. 
La hauteur moyenne du baromètre est à Nantes, 
dans le» beaux jours d-été et dans ceux d'faiVW, de 
vingt-huit poncés <Feux et trois lî^es. Dans lea temps 
pluvieux de l'une et de l'autre saison, ii vingt-sept 
polices huit et dîx^îgires; ses sifttîônv les phis ordi- 



(398) 

changémens fréquens et subifs de Tatmos- 
riantes, phère (i)^ et rhumidité qui règne dans no- 
tre ville, la majeure partie de Tannée, à 



naires sont k vingt-huit pouces deux et quatre lignes, 
et à vingt-sept pouces huit et dix lignes ; sa plus 
grande hauteur observée , vingt-huit ponces dix li- 
gnes; son plus fort abaissement, vingt-six ponces six 
lignes. 

La chaleur moyenne de nos étés est , au thermo- 
mètre de Réaumur, de -f- 20 à 22 degrés; le froid 
moyen des hivers — 3*. La plus grande chalenr a été 
observée à +26 et 2^* (nous verrons toutefois plu* 
loid qu'elle a été plus Considérable en 1B2S). Lé plus 
grand froid à — 10" et 10 lia. 

Les vents régnant le plus habituellement à Nantes 
sont ceux de sud sud-ouest , d'ouest et nord-ouest. 
Dans lés temps secs, ceux de plein nord , et de nord 
nord-est. Les vents d'est sont rarement tenableâ , àé' 
même que sud-est et sud sud-est, qui rétoiiibenl 
presque aussitôt au sud et sud sud-ouest. 

On ne peut attendre dii beau temps à Nantes que 
lorsque les vents d'ouest , de sud-ouest , etc. , passent 
an nord , nôrd-nord-est, en faisant route parle nord. 
S'ils retombent k ces mêmes aires , en passant par le 
sud, le beau temps n'est pas de durée. Le beau temps 
se maintient l'été avec des vents de sud et dé sud 
sud-est. 

M. Huette a remarqué que la déclinaison de l'ai- 
guille aimantée |i Nantes est de près d'un degré pins 
ouest qu'à Paris. 

(i) Une circonstance qui contribue un peu à vicier 



( ^99 ) 
cause du voisinage de TOcéan , dont elle,-.??? 
n'est distante que de quatorze lieues ancien- ridantes, 
nés, et à cause de l'influence de la marée et 
du confluent de ses rivières, y déterminent, 
les constitutions çatarrhales et rbumatismalos 
qui ont un effet .marqué sur le caractère paif- 
tiçujier des m^jadiçs régnantes. Mais, par la 
même raison, la foudre y^fait rarement sei^' 
tir ses funesres effefs. Inteiligentipquca. On 
n'observe à Nantes aucune épidémie consti- 
tutionneJIe. depuis surtout gue lés bienfaits 
de la v^pcinp y ont été répandus; car^javai^t 
cette époque heureuse, les petite véroles les 
plus fâcheuses: y paraissaient dans toutes les 



Tair de Nantes est la consommation qu|oa y fait- des 
mottes ou tourbes deMontoire (elles sont formées de 
débris de végétaux et de terre mélangés) , qui sont 
d'un grand secours pour la classe indigente ,Iaqge11e ne 
peut brûler de bois à cause de sa cherté. « Ces mot- 
tes, dit Huette, auteur de la belle statistique de notre 
département (an 12) sont noires, brûlent sans éclat 
et lentement, répandent une fumée épaisse et une 
odeur désagréable. » Cette odeur , qui est sans doute 
due au dégagement d'huile empyreumatique , est 
surtout sensible pour les étrangers. Lorsqu'on se 
tient dans un appartement rempli de fumée de mot- 
tes , on est incessamn^ent pris de toux et de larmoie- 
ment pénible à supporter. 



I ■ . ■ t ■ ■ 
■ / 1 # 



( 5ôo ) 
saisons , etelles étaient presque end^riiiq'Ws à 

%^tfahtes.^*i^'''^P^^ ^^ Enfaus-Trouvés. La grande 
proprefë qu'on a soin dVnIréfenir dans U*& 
rues et dans Jes maisons , réloigtièmeti'f dies 
cimefrereà (i), la culture fies champs et dt»s 
jar^Inrqui étilourent ïiotte 'vÇlle; IbÉ-dDtii- 
>brèu«es plantationis.diaûs son^intiériettt, 'l<es 
feux que Voh entréfiénldâiâ lekittâisdtfi '(S), 

■'■I \ ^ I ■ , » 



t / ■ 



\ . ; • -. ; • 1 »î '■/■'■•> .!«;■ 



(i) Q.iielques phîlantropes , pour ^mpéçber l'înhu- 
matiOQ a une personne qui serait encore vivante, ant 
proposé ci'étal>f îr , dans lés cimêtiferês ,' des ' zùkisbtis 
mortuaires obrbff déposerait léë^érpê )iHrl[U':aa mé- 
ineut où lies.sigpes de puf réfaclioii seraieat^afisesjèQ- 
sîbles pour ne laisser aucun doute sur la réalité de la 
Tnort.-Mais-xette- coutume pourrait avoir de "grares 
inconvéniens, et le but sera tout aussi bien rf^rapH , 
si l'autorité exige que la personne qui fait fa aeciarà- 

tîon d'un decês aux bureaux des actes civils' soit mû- 

'.' •' '.,. .1'-, 

nie d'âne attestation de mort signée par un.meaç- 
cîn. (Voy. notre Eloge historique sur feu M. f réleau, 
membre correspondant spécial de la société de méde- 
cine de Paris pour le département de la Loire-Infç- 
rieure.) 

(23 La bouille ou cbarbon de terre ': Idànthrax , 
ûaailià carbo ; roches secondaires , iroisfême ctaissç , 
huitième genre {Dubuisson), n^est guèrés employée 
que dans nos usines et dans les bateaux à vapeurs 
établis depuis 1822 sur la Loire. On ménagerait sm-» 
guliërement par son usage lés bois pour, le chauffage 
eipour la construction. 



( Soi ). 
sont autanfc de circonstancfeS'qui'conïElbueiit 
àsa.salubrifé. Jînfioy encore, quelquès^années^ régn^ites.^ 
et Naiite3 n'aura plus rien à désirer sous ce. 
rapport; car Tachèveraent d.a canal de Bre- 
tagne (soA cours est tracé par celui de- la ri- 
vière diErdre), qui fera disparaître le plus 
însalul^re e^ le plus hideux quartier de cetie 
ciré (i), les démolitions projeiées de la pri- 
son , des vieilles masures qui existent encore 
ça et là e} qui seront aussitôt ^remplacées par 
des; m^^sOQâ.élégantes^ le récrépiment de celr 
le^i^que le;tempsiR?a pastrop outragées^ et qui 
a lieu presqite' sur tous- les points, lés nou- 
velles rues que Ton perce dans les lieux lés 
plus resserrés^ les plus humides , et dans Içs- 
quels l'air ne pouvait circuler libriement^ la 
consIruçtipQ.cTun abiittoir dans un lieu isolé,, 
élevé et; spacieux, sevont autant d« circoii- 
sttiTtcrs favorables à son assainissèmetit (2). * 



• 1 • 



(0 II GSt sumoujiné. le. Marais. C'est là que sont 
établiçjs piJ^r.rErdriB -,.qjii , jjans cet endroit, est presque 
àormBJfXfi une honne,.p^rUe,de.l^annëe, des tanner^ 
ries, des corroiexies, des teintureries, des bouche- 
ries , des triperies , et oii des animaux morts se pu- 
tréfient dçins. l'eau. Aussi qpel foyer, d'infection pen^ 

dant.les:cha]eurs.de.retél "" 

"•'*•■■ ■ " 

{2) Une poliçp .sage et éclairée 11 eu Je soin d'eloi- 



( Î02) 

■ Les fautes qu'une vicieuse habitude fait 
* quelquefois coramcltre à tous les habllans 
d'uH pays dans leur rc''glme influent souvent 
sur leur saiilé. En gûniTiil, on est assez so- 
bre à Nantes, et la nourriture j est excel- 
lente (i). Oh y mange du poisson de mer 
très-frais, des poissons de lac (2) et de ri- 



gner de nos iDurs les fabriques de produits chimi- 
ques dont les émanations délélères sont d'autant plus 
nuisibles qu'elles agissent sur un grand nombre d'in- 
dividus à la fois. Il serait à désirer qu'elle en fît au- 
tant pour le parc aux fumiers qui infocle tout un 
quartier de la ville (presque esdusive 



la classe ouvrière), surtout li 



1 d'est s< 



et les I 



mt. Les fosses il'a 



ries 



ent habite par 
vents de nord 

à Nanres, 
lans les apparlemens 

ialubrité publique. 

71 gladius. En eSet , 

nfîni l'assaisonnemcDt 

e pense, préjudiciable 

signaler une foule de 



(1) Plus occtdit gui, 
l'art culinaire, en varia 
de nos mets, est, plus qu 
à la santé, et nous poi 
maladies organiques du bas-venlre produites par l'u- 
sage immodérée du kari, de la moutarde, des 

(2) Je mets lac au singulier, parcequ'en effet no- 
tre département ne renferme qu'on seul lac {l 
de Grande-Lieu). Il abonde en poissons de bonne qi 



1 



Maladies 



( 3o3 ) 

vières forl boas; quelquefois du poisson salé, 
des viandes de boucherie, de la volaille et ^^^^ 
du gibier de toute espèce. Le lait de vache 
et le beurre y sont délicieux, et très-recher- 
chés; les fruîfs y sont Irè.s-savoureux, et les 
légumes très-variés. Le miel de Bretagne, qui 
est épais, noirâtre, mal-propre, et qui est un 
peu laxatif, sert de wes un bas peuple. Le 
vin qu'on récolte à Nantes n'y jouit d'aucune 
réputation (i), et ne parait que rarement 
sur la table somptueuse du riche , oii le vin 
de Bordeaux tient toujours le premier rang. 
La bière, le cidre de cormes, de poires ou 
de pommes s'y consomment en petite quan- 
tité (2). On y boit peu dVau-de-vie et de 

litQ^ dont la majeure partie est expédiée pour la ca- 
pitale. 

(i) On le distille le plus ordinairement, parcequ'il 
contient beaucoup d'alcohol. 

(2) Les gens du peuple font de la piquette , qu'ils 
nomment hoite^ en versant de l'eau sur du raisin , et 
en laissant le plus souvent fermenter le mélange dans 
des vases de grès vernissé. Mais qu*arrive-t-il ? L'a- 
cide du raisin s'empare du plomb contenu dans le 
vernis, et il en résulte un véritable acétate de plomb 
qui les empoisonne. Plusieurs fois j'ai été appelé à 
donner des soins à des personnes qui avaient fait 
usage de semblable boisson , et qui éprouvaient tous 
les symptômes de la colique des peintres. 



(3o4) 

^«5as5ï5» liqueurs forces. Le café ( coffea arabica L. ) 
Fégtumtesr^ et le ihé (thœa hoheà) y sont depuis long- 
temps en usage. Les Nantais, qui sont gaÎ8, 
acfîfs et laborieux, sont en général pen fu- 
meurs. Le pain que Ton mangé daDs'*iiotre 
ville est le plus ordinairement fi}f'*de ^pûr 
froment; celui de méteit est fermé *l9è'^|>àir* 
^\e.^ égales de froment et de âeîgle.Lë^ fruit 
de la solanëe parmenfière (sàlanum tuhe^ 
rosum. L. ) on de la pomme de terre (ap- 
pelée ici patate) y forme, ainsi qtiè la* fa- 
rîne de blé noir ( polygonum JfagôpMzfA) , 
le riz {oriza satiça) , le millet (p'ûnîcûmf^ 
miliaceum) j la cbâteigne (Jagus castàned\ 
le gruau (polenta) y avoine grossîêreiiaeut 
concassée et privée de son tégument, et le 
vermicel . une bonne partie de la nobiïîfnre. 
On mange encore à Nantes du cbocolàf.V'dn 
biscuit, du sagou, dn ta^ioka'ef dë-^^bis- 
cofe, qui nous vient de Bruxélld^." OS'èfbnsë 
souvent de là pâlisserîe pour les erifaris/ÎJe 
sait-on pas, en effef, qjue c^est'unè iourri- 
ture pesante ,. grasse, )qu^ils m.angjenf lotijiàuirs' 
hors de : leurs repas ordinaires, éf. qbi'sur-^ 
charge leur' eslorfiac pendant qu« Ih'diges-' 
tioîi n'est pas finie? L'eau qu'on boît'â^Niikltësf 
est fort bonne. 

liPs moyens les plus convenables pour 



t5p5) 
apprécier la nature dç T^^^ij, 5Qut sa p«$^nr '==? 

'^^ ■ . .,* / 11 1 r Maladies 

teur spécifique comparée avec celle de i eau régnâmes. 
la plus pur-e qu'on puisse obtenir par la dis- 
tillation ^^ et soa analyse chimique. On n'y à - 
point encore reppuru pour juger de celle 
des eai|X de nos puits ^ non plus que pour 
les esux desriyièr^s qui l^ignent les murs de 
la vîll^ s ^t doni }es qualités physiques et chi* 
miques varient souvent, surtout pour celles 
de la Ii0Îf;e. , . , . 

Les eaux de laLoire qnisont toujours expo* 
sées à racjtiou du soleil , eîtc[ui coulent sur un ^ 

fond sablonneux, non seulement à Nantes^ 
mais dans presque tout le cours de ce fleuve , 
qm' e9t c}^ cent^oixante-dix lieues; les eaux de 
la hoit^jf 4^^'i^ f présentent toutes les qualités 
des eaui^^potables. Prises dans la belle saison , 
au-dessnj^.des égoûts de la ville,, et lorsque 
la Q^aré^ perd depuis quelque temps (Tin- 
fiuence.de la marée se fait, sentir à quelques 
lieues aa-*jlfissns.de Nantes; mais les aanx.de 
la liOi^e.ne se ressentent point de la salure 
des eanx de la mer), ces eaux, vues en. 
masse, ont une légère teinte verdâtre; mais^ 
lorsqu'elles ^ont dans nos vases de table ^ 
elles sont limpides, sans odeur ni saveur : 
e)lef se chanfient promptement e.t se refroi- 
dissent de même, jiqua quœ cita calescit 



Mnla<l; 



I 



C 3o6 ) 
■ et cita refrîgeratur , levîssima. Hipp. Elles 
cuisent bien, ef en peu dé leinps, Ips vian- 
des e( les h'giunes; elles dissolvent bien le 
savon. Au raonieiit des crues provenant de 
la foiiledes neiges ou des orages, les eaux 
de la Loire soni Iroubles , presque louionrs 
jaunâtres, et contienueiit des matières étran- 
gères qui y sont suspendues et qui les ren- 
dent plus' laxatives (i). 

Les eaux de l'Erdre on de la rivière de 
Barbiu, reposant sur uu terrain vaseux et 
marécageux, et contenant en grande quaufîté 
des détritus de végétaux qui les corrompent, 
sont noirâtres, pesantes, détestables au goût , 
et ne nous servent point comme boissons ; 
elles dissolvent très-bien le savon ; elles ont la 
propriété de rendre le linge bien blanc, et 
de lui communiquer une odeur assez agréa- 
ble, ce que ne fait pas l'eau de la Loire (3). 

Les eaux'de la S«vre ne sont pas- potables ; 

(i) Les étrangers s'a p erg oi vent toujours , pendant 
les douze ou quinze premiers jours qui suivent leur 
arrivée à Nantes, de l'action relâchante de l'eau de 
la Loire , bien qu'ils la boivent le plus souvent lors- 
qu'elle a été clarifiée au moyen du sable. 

{">) C'est sur, les bords pittoresques de l'Erdre que 
sont établies , prés de Nantes, la plupart de nos blai 




J 



(3o7) 
* elles sont refoulées par la marée à plus de ^_ , ^. 

. , , . . Maladies 

trois lieues vers leur source. « Quoique !1 on rég<|y»Dtes. , 
ait trouvé, (^ans la Sèvre quelques produits^ 
volcacLÛ}ae&;,( ou plutôt quelques pierres, 
volcanifliéeâ V oh. ne connaît point dai^s. notre 
département dé sol 1]û'on puisse supposer 
avoir été altéré par des feux souterrains pu 
recouverts palf^leursf irrnpf ions (i). » 

Je ne parle pointdes eaux du SaxI^ petit ru.is- . 
seau d^.dcfux ou trois lieues de longueur ^ qui 
court d^abôrd du nord ausud^ puisse détourne 
vers l'onest en suivant une directio^ parallèle 
à la Loir^") qui est -refoulé à ' chaque marée 
et qui .ioDg[e un des faubourgs de Nantes , 
(Richeboui^.); ni de celles de la Ghésinequi 
n'est pltt^qu^n faible ruisseau^ et qvîi a pu 
être, autxiefbis, une rivière navigable, puisqu'il 
serpejuie sujourd^hui dans un, vallon bordé 
de coteaux très -élevés, disposition que Ton 

I a 

remarque toujours là où un fleuve considé- 
rable a roulé. Les eaux de ces ruisseaux ne 
sont etûpîdyëes qu^à la propreté domestique. 
Il esjTort douteuxj quoiqu'on se plaise à 
le répéter, que Jules-César ait remonté la 
Chésinê avec ses birêmes ou galères; mais ce 



. I . 



(i) Notre ville n'est pas sujette aux tremblemens 
de terre. . r ;. ■ , . 



( 3o8 ) 
^^^^^ qui est conslani, c'est qu'il a fait construire 

Maladies ] ' ,,,.„., 

réiniantes. cies vaisseaux longs dans la Loire. Quitus 
de rébus Cœsar à Crasso certior factus , 
quàd îpse aberat longiùs , naves intérim 
longas œdificari in Jîumine: Ligerî , quod 

• înfluit Oceanuraj rémiges ex provinciâ in- 

stitui , nauias gubernatoresque comparari 
juhet. Comment. Ceesar. de Bello Gt^Uico ; 

lib.m,%lX, , -H :i-iJ.'r/ir_>).i.„j.- 

Les eaux de nos tpsita.fff «0^(^m-,^t^~ 
ployées dans nos cuîsiaes : toutefois il;Se- 
raif possible qu'une aveugle prévention eût 
fait naître sur leurs qualités des doutes qui 
ne seraient pas fondés. L'analyse par les 
réactifs, par la distillation et par l'évapora- 
tion, de l'eau d'un puits de l'Hôpital-Géné- 
ral, qui est élevé et creusé dans !e roc, a 
prouvé qu'une pinte de cette eau contient : 

1*. Acide carbonique, mais en si petite quaqli té 
qu'il a été impossible de la délçrçiin^^f,...,^ 

a". Murialede magnésie 6iéfCig'-4îD] 

3°. Muriate de cliaux 5,^r. ,„ç3fci 

4*. Carbonate de soude ^.nn.A '.ffi'}, 

5". Muriate de soude I •'•^■J 

6". Sulfate de soude k ~.j -\f §p- 

7*. Sulfate dechaux i ...J^in^lv 

8*. Carbonate de chaux "ri; .m -5?j, 

Nantes est séparée en deux parties iné- 



(3o9) 

gales par la Loire (i) : une partie haute ^ qui n 

est plus considérable et plus salnbre , et une *i«ladiw 
parrie basse , souvent inondée par ce neuve 
majéirtiiëfrlt qui s'y divise en uqe infinité de 
bratiâ^e^l^Sll^ est assise snr nu sol de mioa^ 
^^'s^v^i'est la roche dominante de ce pays, 
et ^^^âl^jHuiiik préoqtte 1^^ le moellon pour 
là^^éiâUîiWiràôt^ granit s^y 

ntaÀ^ft^Àà^éÔÀ^ouesf-^Aa ronQat(a)» L'humus 
quirecouvreces roches est composéen grande 
^ârfRf'^TaÉgfle jpràir^iifiiie de leur décompo- 
sîtteu? --'>•- ^^ 

' TèfÉ'fitlhohil <;es« i?éflexîons sur Nantes par 
titf'^âfss^geehannànt de Tauteur de la Sia-' 
tisftl^u& âi$ département de la Loire^In-^ 

yiWîf^é^ {anix— 1801. ) Il fait connaître 

• y w^i.ft ; : ,— . 

(ijl Eië ciMbmérce redoute , avec juste raison , l'en- 
^lUkJûn0at du port de Nantes par les isables que 
cbarrîe la Loire , et qui s*y accumulent chaque an-p 
nJé''3'ïréë^iÉiflniëre désespérante : ce grave inconvé- 
nieift'^U'-ei'èrbé le génie de plusieurs écrivains qui , 
totti^-X^tfeur, ont proposé les moyens d'y obvier. 
Fai&ons des Vœux pour qu'on s'occupe de cet objet 
d'à ne haute importance pour les pays qu'arrose la 
Loire. 

(i) M. le professeur Dusuissoir, auteur d'un traité 
des' roches (1819)^ généralement goûté des savans, 
nous promet un catalogue minera logique et géognos- 
tique du département. 



f 5.0 ) 
™en deux mois e( le climat et sou influence 
i, sur les liabilans. « La nature n'annonce point 
ici d'efForIs pénibles ; elle n'a point de ces 
granrls pffels qui Iroublent l'âme et l'iméigi- 
iiation; point do montagnes dont les som- 
mets glacés se perdent dans les nues; point 
de torrens dont les débordeniens péi'iodi- 
ques soient- à crftîndrp ■: elle est partout 
donce, calme, variée sans cotitraiti'fB, sîm-^ 
pie sans monotonie. Le caractère des tabï*- 
tans est comme la iiature(rV « ' ■' ' 

Ainsi on ne trouve donc rien dans la na- 
ture du sol de Nantes, dans IVxposilion de 
celtç ville, dans sps productions, dniis les 
eanx qu'on y boif , etc., qui, à l'exception 
de l'humidité, puisse exercer une influence 
frès-fâchense sir la sanlé de ses habilans.' 

Constitution médicale à Nantes , en 1824 

et 1825. 

II ne suffi! pas toujours au médecin qui 

veuf trouver la c.iuse des maladies qu'il ob- 

— ^.—nn 

(i)On trouvera, dit HrPPocBATE, que, la .plupart 
du lemps la conslitiition pbysii|ue et moralçi d" 
J'honime etit subordonnée a la nnlurc du bol. Traité 
des airs, etc.; § 124. Le chapitre siv de l'Esprit des 
lais de Montesquieu offre on beau dëvcloppemeat iÎp 
l'influence du climat sur l'iiomine. 









( 3u ) 
serve I de connaiire la constitution médicale 
actuelle , il lui faut souvent remonter bien régnantes? 
au-delà :. ce, Neque enim interest quales 
dies sinfi sed et quales antè prœcesserint. » 
HiPF. J'indiquerai dçpcy mais très-sommai- 
reme^>jQ«JJ(Q de iSâ^^qui a, préparé celle 

de i8â4««> ; . >.i . 

Le luédficin tqui voudra se rendre compte 

de:se9 idé?â>.'et qui voudra fuger, pour ainsi 
dir^tf,'^ i^^yaiçce de la nature des maladies 
quMl observera.^ fera bien.de consulter ma- 
tin el ^ixison baromètre intérieur et son ba- 
romèti^ifè|;téneur , son hygromètre, son 
thern)Q9pètre,,rétat du ciel, et de noter cha~ 
que seauiMne, pu au moins chaque mois, les 
maladie3îrégnantes9 en indiquant les quar- 
tiers oi|' les positions où il les aura vues. Il 
ne manquera pas; surtout de décrire queU 
ques-unes de ces maladies au fur et mesure 
qu^elles se présenteront, parce qu'elles ne 
resteraient jamais assez bien gravées dans, sa 
mémoire , et qu'il se trouverait d'ailleurs dans 
le cas, lorsquMl voudrait les faire connaître, 
du voyageur qui, de retour dans ses foyers , 
voudrait donner une description des pays 
qu'il aurait parcourus, sans avoir pris de 
notes sur les lieu'x. Alors, lorsqu'il consul- 
tera son journal, il né tardera pas à s'aper- 



^k*i-»- •'• -■ . 



( 3>= ) 

îs^=^5^ cevoir que, pendant les saisons froides et 
(A^a'^iéj" sèches , et lorsque les vents du nord souf- 
flent, on remarquB des maladies aiguës, în- 
flaramaloires; dans les saisons cliaudes, des 
affeciions bilieuses; dausies sa isons humideii , 
des inflaiDinations des membranes muqueuses 
en général; et dans les saisons leaipéri^es , 
ou à l'époqua du printemps , des fièvres 
érnptives, des coups de sang, des hénioply- 
sies , des couvnlsious chez les enfans, et (oiites 
les indispositions résultant de l'agilation in- 
lérieure qui a lieu dans nos corps à cette 
époque, et dont le peuple désigne trè.s-bîen 
l'efFet, en disant que les humeurs sont en 
mouvement. De même il s'apercevra que 

Iles maladies aîguëSj surtout celles de la poi- 
Iriue, apparliennent plus particulièrement 
aux terrains élevés, où l'air est vif, agité, 
et par conséquent renouvelé; que les ulcères 
des jambes, les scrophnles, les engorgemons 
lymphatiques, les fièvres dites muqueuses , 
caractérisées par la lenteur de leur morche 
ef leur défaut de crises, le croup et toutes 
les espèces d'angines, appartiennent aux lieus 
bas (;E buraides; que les. fièvres de mauvais 

w caractère, la petite-vérole, le zona et autres 

^^K érysipèles,les afTectious dartreuses, galeuses. 



n 



( 3r3 ) 
les lieux mal aérés , privés de l'inûiience sa- • 



lufaîre Bu soleil, èf habités par le bas P^»- régtrtWeé.*^ 
pie, qiiî sémbfe se plaire dans la fange, et 
dorif^îi'liéhietire obscure est sans cessé en- 
torii'^y^tflttttilfatidtcës; 

'i^HMW^ëfimëif r»i3 flït excessivement 
f^diàvi'iï 'Àrfgéà^^èt tombé beaucoup de vèr- 
gîâsl'tâtoirè«y^éW^^^ sur ses bordrf. LeKa- 
T^i^M déi^b^dît /d-dés^bùé' de zérti. Le 
^Me'féÛëi^^^^^^ et fa Loire 

d^boVifeL^tïSiné'TnanîèPé' extraordinaire : on 
ne WrélbHuVéhèfit pas à Nantes qu^elle^se fût 
Jamais^ autant (élevée. On observa, surfout 
dahs'Ià i&às^é^Vnie , où les eaux séjournèrent 
Idhg-ié(mpVdan$ les maisons, des angines ton- 
sïftaires, des rhumatismes inflammatoires, 
déà fieVrèà iûuqueuses; et presque foutes les 
malades s'accompagnèrent de délire. H y eut 
beaucoup de morts subites. Depuis le mois 
de mars )ùsqu'au mois de juillet, il y eût des 
altérhàtivés de froid et de chaud. Parmi les 
maladies régnantes , on remarqua surtout des 
fièvres moqueuses, des rhumatismes et des 
entérites. Les mois d^août et septembre fu- 
rent sans pluie. Les fièvres infiammafoii*es, 
avec douleur dans le ventre et à la gorge, 
furent les maladies les plus communes. Au 
mois d'octobre, les vents du nord soufflèrent 



('■4) 

=s^^^ avec force, et loules les maladies s'accom- 
rfeoMics" pagnhrent de violens maux de tête. Une rou- 
geole ppidémique se nioulra , coolioua en no- 
vembre, qui fut cliaiid et humide, et en dé- 
cembre, qui fui pluvieux et très-doux(l) ; 
elle alleiguit , daua ce dernier mois, quelques 
adullesj et plusieurs eu furent pris pour une 
seconde foi$. L'éniptiou fut difficile, ;et ne 
se montra qu'au sixième el même au hui- 
tième jour de la maladie. Les bains animés 
de vinaigre fiiretit Irès-uliles, ainsi que les 
infusions légères des ândorî6ques iadigèues. 
Le croup vint compliquer la rougole ; on ob- 
serva en outre des catarrhes pulmonaires, des 
fièvres ortiées et des fièvres muqueuses. 

Depuis le mois de novembre 1820 jus- 
qu'au mois d'avril 1826, la pluie a clé con- 
liuue'le à Nantes (2). (Janvier iSa^i sept 



(i) L'année iSaS n'eut poîot d'hiver à Nantes. Au 
mois de décembre les arbustes élaient en feuilles , leî 
framboisiers {^idacua rubus . L. ) parlaient des feuilles 
et des fruils pleias de saveur; nos parterres étaient 
ornés de fleurs comme au printemps. 

(2) On se souvient cfu'en 1824 '^* fleuves des 
royaumes du nord de l'Europe , et ceuK du nord de 
la France ont débordé et ont cansé des désastres af- 
freu». 



( 3i5 ) 
jours de pluie; février, quinze; mars, quinze; 

•11 • . • • • . * *i Maladies 

avril, douze; mai, treize; juin, onze; juii- régnantes, 
let, dix; août ^ seize; septembre, onze; oc- 
tobre 5.. viogt^trois; novembre, vingt-deux; 
décembre^ <vingt«4roîs. ) Cette circonstance 
est Q^$eniie|le;à.iioter, |)uis(}ue oétté consti- 
tutioip /atmosphérique humide a été 'la cause 
.de l'altératioD^des.réooltes de 18^4, ^^ P^^ 
suite.de ia ^stro-^entérite épizootique qui. a 
éclaté en mars iBaS^ et continué fusqu'ea 
mai.; .qqe^cjd'un autre côté j la chaleur ex- 
cessive qui s'est manifestée en juin, juillet et 
août 1 8£Ô( thermomètre , maxim. +3o Réau- 
mur F?. 57^5 - centfgr. Baromètre, maxim. 
= zS p. 3 1«g. Hygromètre, maxim. = 49 
degn), a été la^ cause occasionelle ou immé- 
diate des maladies qui ont paru à une époque 
insolite parmi les hommes, vers la fin de 
i8a5, et est venue confirmer la justesse des 
observations que le plus beau génie de Fan* 
tiquité , le divin HiPPOCRATE y a consignées 
dans son immortel Traité des airs, des 
eaux et des lieux, véritable modèle, dont 
les siècles n'ont fait, pour ainsi dire, qu'af- 
fermir les préceptes, ce Mais si l'hiver , dit-il , 
est sec et boréal , et le printemps pluvieux et 
austral ^ nécessairement il y aura en été beau* 
coup de fièvres ardentes, des dysenteries et 



Mtladii 
r^RDIcs. 



I 



(3,6) 
5 des ophlhalniies : car lorsqu'une chaleur 
'' élouffatile saisit (ouf à coup la terre échauf- 
fée par les veufs du uiidi, et humeclée par 
les pluies (Ui priiifemps, néceRflairement elle 
doit agir avpc d'aiitaiif plus de foroQ^^ue la 
ferre est'di^jà'chatidB et humide^ et qu'elle 
est brûlée par l'ardeur du soleil. Ainsi; le 
vén'it-'e n'est pas^ ehfcore tesmrréJ, ni le.fcer- 
veàïi débarrassé des humeurs: car il ecf<ùn- 
possîble qiie, dans im pareil print^mfTSi^Je 
corps ni I»*s chairs ne soient pfts abretivps 
-d'hiimTdît^; de sorfe-qH'oH doit s'spttendne à 
desfiêvt-Pstrès-aîgiics,snrtôHt*bez'i*'s^pMeg- 
matîqùea. Les femmes et lesMijelsd'uàe'co'ns- 
tilufîon frès-hnraide seront probablement at- 
taqués de dysenterie, n Tout cela s'arxiorde 
parfaitement avec ce qui s'est passé à Nantes 
pendant 1825. On ne trouve pas loajoni^s «ne 
liaison aussi intime entre l'état de Ui coifsti- 
tulion médicale et la nainre des maladies ré- 
gnantes; et /l'on est forcé d'avôner, comme 
l'observent judicieusement les médecins de 
Tours (i) , que si le plus coniniiinément 
robservalioii atteste une concordance non 



(i) Précis de lu conutitutlutt i 
Loire, p. 37 i 1825. 



tidicale d'Indre et 



M^adies 



(3.7) 
éq^ivoqae entre les phénomènes météorolo- • 
giqnes/les vîcîssîtndes de TatmospheFe, Vé- y^giSSi» 
i^t des saisons et le caractère des maladies 
régnttMtsiifftiooèer frcfuve quelqaefois dans 
rimpi:MflBBii)36)hlMrfl^:j|ie?(ff)i9Ve^ les diffe- 
rèiiops m M«nani^k^B'f»p)r/^iîgiie à cet 

SQMiftfMmftyrH^ç f^jl3Épftle4'^lf<>rt, qui 

pnWwfBifeJqtiHMrt^Kjilni^e^ quel- 

qo68iam^;^:^|lP))g%^U^9ppiai^^ Gl- 

Bàttf>>^lft^|<|i^^tlf^< ^V 1796, et mort en 
iAd5»^ij^nn6E^Pii|i d^ojDi grand mérite ^ et en- 
leirévniHifpki9lrl^wdire^ trop tôt à l'art hip- 
piaieif^f^^jirqfjLf^r]B: maladie qui a régné parmi 
le&ilièiJ!4ii»X|fi^*l8a5, dans les dépai^temeus 
de^foajaife^ était une véritable gastro-entérite , 
quiaeHdoifaplîquait de Tinflammation des via*- 
cèreé>fihsrattireft cavités que celle dç Tabdo- 
mefi'(i)i')«r<I:^iiiflaence ^es saisons et des sub- 

(i^ Je fus le premier à Nantes qui fis ouvrir à la 
voiene deg cbévanx morts à cette époque , et j^ pus . 
observer chez tous les traces d'inflammation de tout 
le tube intestinal avec tympanite , de Ja membrane 
pitiniair«^t9t «us congestion «anguîne imminente yeirs 
le cerveau. 






(5,8) 

5!^^^ slances alimentaires est, dîl Vicq-D'Azir, 
■ègnanies. '^ même pour 1 homme que pour les bes- 
tiaux : ces derniers doiveuf même en être 
plus susceptibles , ayant toujours l'ouverture 
des nâs:eaux et celle de la bouche appliquées 
contre It-rre et cachées parmi les végétaux 

■ dont elle est couverte; se nourrissaal d'ail- 
leurs de subsiances que la fermentation n'a 
point élaborées, les vapeurs que la terre 
exhale, et les vices des plantes doiveut les 
affectée de la manière la plus vive et la plus 

■ iraKiédiaie. ( ÛEut-. , tom. 5, pag. ii2,)i) 
Toiil^ceIa;esj. vrai; mais d'autres causes ont 
produit Tépizoolie de iSaû. Ainsi lesche^-j 
vaux se .sont nourris exclusivement de foini 
et de paille qui, après la moisson, ont sé- 
journé plus ou moins de temps , en 1824 , 
sur des ferres humides , et n'ont point été 

I ramassés parfaitemeuf secs. L'avoine qu'ils 

ont mangée avait une mauvaise qualité , 
parce qu'elle n'avait pu acquérir tout le dé- 
. veloppement et toute la maturité convena- 
bles, et qn'ayant été serrée sans avoir été 
kbien séchée , elle aura dû fermenter à l'ap- 
proche des premières chaleurs. C'est donc 
bien évidemment, selon nous, dans Ja ip^u- 
vaise qualité des récoltes de 1824 •7'^''' faut 
chercher la cause de Pépizoolie de iSiSj' 



I 



d 



(•5i9) 
cause qui jusqu^çi n'a jpoint été , que nous 
sachions^ signalée. i)*un autre ' côléy il est riantes.; 
facile de trouver celle de la gastro-entérite 
qui est TienuB régner parmi les eafans, dont 
la copa\\t^tion est très*humide. En effet ^ nos 
vacsbe^oiit éié soum^es aux mêmes influences 
qua Snoa. chevaux ; elles n^ont pu brouter 
rker^, [étendre qui manquait partout dans 
Tél^^jd^ ^i&vS • :?a cause de. la grande séche- 
re^0{iè}fe^<serSiait, pour la plupai^t, qésaité- 
rées.Ades juare» qui renfermaient une eau 
crpupissan^p y les puits et les fontaines étant 
tams.t^ias^niB donaaient alors qu^un lait de 
ma^ovaisé niktarey qui avait un goût très- 
âcra^ qtki se coagulait aussitôt qu^on voulait le 
faire JbouilHr , et qui a du nécessairement être 
une cause d'irritation^ chez les personnes qui 
eu faisaient usage. Il a d^ailleurs été facile 
dejTj^aiarquer que la gasJro-ei;iti^ritQ,a atteiut 
prejsquç^ tous les enfans qui étaieut éleyés au 
biberon :(i), et les adultes qui se nourris-^ 
saient de lait de vache;. 



.(i) M. de Tollehare^ receveur' des hospices de 
Nantes et auteur de plusieurs ouvrages remarquables, 
m'a dit que, par extraordinaire, en 'i825, on avait 
perdu à la, Nourrice soixante enfans-trouvés^sùrcent, 
delà naissance à un an , tous élevés au biberon. 



( 5*o ) 
MiiJadieB Maladies qui ont régné à Nantes en 1824. 

régnantes. 

Pendant 1824 ûons avons observé des con- 
vulsions chez les enfans, des gastro-enté- 
rifes, des irritations de poitrine, des fièvres 
muqueuses, des rhamatismes inflammatoires, 
des fièvres pemicienses, dès crôùlMy des 
pleurésies et dés péripneumonîes. 

Coripûlsîons chez les enfàns. En général 
ou répugne à saigner les enfans avec la lan- 
cette, parce que, dit-on, ils sont dans nne 
agitation continuelle. Je pense qn^on a très- 
grand tort. J^ai exposé ailleurs les motifs qui 
doivent en partie déterminer Pettiplôl élè ce 
moyeu dans la médecine înfantire(i). Tontes 



(t) Puisque l'occasion se présente icidepayierà.Mt. le 
professeur Broussais un juste tribut de reconnais- 
sance et de considération , j'en profite avec Uen do 
plaisir. Ce praticien célèbre a fayorablemeat accneilli 
un de mes mémoires , intitulé : Obêervaitons dë.ma^ 
ladies guéries par la multiplicité des saignées y il l'a 
imprimé dans ses Annales de la médecine physiolo- 
gique (cah. de mars 1826); il l'a fajt suÎTre de; ré- 
flexions pratiques fort judicieuses, et il ae peav^it,^ 
être autreiuept. Nous allons « ayec toute la déUf^fïce 
due à un professeur fiussi distingué, essayer de ré- 
pondriS aux objections qu'il «pus a faites, et iiou3 



( 3ai ) 
les foia que Tâge d^ l'euf^nt qui esl pris ino- 
pinément de convulsions dépendantes d'une ^^^^^ 
congestion, sanguine vers le cerveau , et que 



Maladies 



T" 



répéteroniaiVec un sage ; àphcordîdcreêùunt res par-- 
pcBy <iiâaà?tliA.diikbuntMr mmximcp. ..... \\ 

En parla]it,44'liojU4 .première obAefyAtiçtiill^l^it^if 
« Le moi fièvre infia^mia^^fre a un senj^^^r^g v^ufLj il 




qne c était une omxision de ma part que* 
point pat%Fde?Fétat dé cet oi^ane. Jiy^àn^nd à léi- 
quelle je traiUitpoa nt^adis (i8ai)y «{aoiqne moins 
pénë^é^^^^^I^té^^^'.Mk. dpclrina, je. connaissais 
ses ouvff^gf^j fllM prQ»ent ma tib'Hothëque, et je sa- 
vais qu'il regatdfiit les pçétendues fiëyres essenliellçs 
comme. des ^maladies dépendantes . d'une, irritation 
primitive fixée sur les organes digestifs^ Mais l'ins- 
pection de la langue de mon malade , qui é\ai^ tou- 
jours bUnchQtfihiiiaiîde^ sans rougeur k sa poiptq ejt 
sur sea hord|.;:iUisç9ace de toutejdpuleur.vera l'ab- 
domen «^il^^pt' «pu ipne:ifair« tourner •. les regards yerfi 
l'estomac j^.d,'up>#piif€iji;qté, la plénitude du pouls, 
le lemp^ranuent tiioguiu du sujei, le biep sensibla 
qu'il ëproHvaU de. la,.phléboton:^ie, tout cr^fin m'iu- 
Yitait à Jiaignfr. Urgement;,.^^^ u'Q3ant pas poussev 
les émissions sanguines géuérales plus loin. ( ti^uf 
saignéç# ayaienl,éAo pratiquées) , quoique l'ensemble 
des sy in pfi^es.papU. l'indiquer jj^'appliquai. des s^i%- 
s.ucsderr,ièjreIçB ii}iilléol|^$>, .Için.çlu siège ,4^1^ jdpurr 
leur qui oçqupaiti'tQUJtela tétq,,p.en»^0t qu'elles agi- 
T. 96 de la Col, 35« de la a' Sér Septemb, 2 1 



( 3*2 ) 

le volume des veines du bras le permeHentj je 
Maladies pecours plus volontîers à la saignée du bras 

cegnanles. *^ ^ ^ o 

qu^à Pappiication des sangsues , dont Teffet 

raient à la manière des révulsifs. Mais , je le recon- 
nais! peut-être que quelques sangsues appliquées aux 
tempes, aux narines et à Tépigastre auraient abrégé 
la maladie (expression de M. Broussais). 

M. BrousîTâis Toity dans une troisième observation, 
plutôt un phlegmon qui s'est forme dans le pssu cef- 
lulaire sons-péritonëar qu'une simple gastro-entérite 
portée au haut degré. Mais cette dernière jbaladie ne 
se termine«-t-e11e donc pas quelquefois par suppura- 
tion , malgré l'emploi des moyens énergit|ues propres 
à la prévenir?» Ce qui caractérise ces maladies (phleg- 
mons), dit M. BaoussAis , c'est la tumeur et la ré- 
nitcnce avec chaleur et sensation de battement; le 
pouls est plein , comme il a coutume de l'être dans 
les phlegmons. Ce dernier caractère est indiqué* dans 
l'observation, de M. PRibu ; mais le rapport du palper 
n'est pas assez détaillé pour que l'on puîisse jnger de 
l'état du tissu cellulaire soas-péritonéal. Cependant 
la terminaison par des évacuations purulentes, et les 
douleurs du flanc gatiche semblent indiquer qu'il s'est 
formé un phlegmon qui s'est ouvert dans la cavité de 
l'inlestii». Le traitement qu'on à mis en pratique 
nous parait fort approprié; mais il n'a pu en préve-» 
nir la formation. >• 

Matin et soir^ je palpai le ventre dans tons les 
points , en changeant moi-même les cataplasmes, et 
je n'ai rien remarqué de tout celd. (En général, le 
médecin qui n'exéente point lui-même, du moins en 



(5^5) 

est toujours lent. Je m'en trouve ttéfs-bien. 

dans cette cireonstairce , «kièl -que ylhtiâ fa ^^îèî^ 

coqueluche p le croup ^ etc* Le ^ôéîèbteaPi'- 



partie, ses prescriptions, est sonTeot fort mal seconde, 
et il De tarde pas à s'apercevoir que le retarîd' Jans 
remploi des moyens qu'il a indiques est souvent pré- 
judiciable au malade.) Les doulenrs m'ont paru être 
uniformément répandues dans tout l'intérieur de ta 
cavité abdominale , et 'lorsqu'elles se sont moîitréés 
plus fortes dans'qnclque |H>int , cf^l sur ce point que 
Tapplication des sangsues" (quatre-vingt-douze en 
trois fois , aprës de fortes saignées) ou des tésica-> 
toires a été faite pour miea< eu tk-iompher. ' 

.< Quant aux reproches que M. P'aioù fait aux méde- 
cins qui font usage des séngsufs, ifous snp^osôbs qu*ih 
ne s'adressent qu'à cetfx qui alhMéiftt dé ce moyen. 
Mais de quoi n'abuse-t-^B:)|>«s2 M. PRrou né prouvera 
jamais, par la pratique , qu'il y^it plifs ^fûbbnve^ 
niens à attaquer les phlegnMefes'^ans lé lieu noi^me 
oii elles prennent naissance, jOU âSk inoms dans fà re^ 
gion de la peâtt qui en est la pttts riapprocbée , 'qu'il 
n'y en arà débiliter lés malades par des saîgheei géné- 
rales qu'il faut potisser jusqu'à rexjc^ pour atteindre 
un point circonscrit d'inflammutidn. m La première de 
ces propositions n'exige aucune téàexiùn db Àk part, 
j'y répoi^drai par des faits dans lecoars de mon travail. 
Relativemlnit k la seconde , je hrûi remarquer que ,' 
qtian4 il y a inflammation vive d'un ok-gahe profondé- 
ment caché, il vaut mieux l'attaquer d'abord pâf dès 
saignées générales, si l'état des forces le pertbet , jpoïit 



( 5fi4 ) 
' . ._ .■' DENHAM saignait souvent les petils etifaâs. 
végDttiies. « Felicissimo semper eçentu çel tcnerri^ 
'-' ' morum infantum çenas in brachio secui ^ 



eo venir ensuite à des saignées locales, au moyen 
des sangsues ou des ventouses scarifiées \ car j*ai sou- 
vent observé que , lorsque dans les pénpneuinonies 
ou inflammation du tissu pulmonaire , par exemple , 
on recourait d'abord à l'application des sangsues sur 
le lieu douloureux , la congestion sanguin'e, verftl'or- 
gane souffrant , semblait être augttientééél 'la mala- 
die aggravée : tandis que )Q n'-ai jamais remarqaé cette 
circonstance toutes les fois que l'on calme premiè- 
rement tout le système par de larges saignées dériva- 
tives du bras, et qu'on en vient enGfuit« & ntie^ forte ap- 
plication de sangsues qni enlève alors merveilleuse- 
ment répine inflanabmatoire. Par la liiémé raièbn; dans 
le catarrhe) yésical^dans Ifinfiammationdà foie, etc., 
je cpinp^ence par ouvrit la veine. 

Terminons, pour donner pins de prix à ces ré- 
flexions , en laissant parler M. Broussais : ' 
, tt La wgnée des gros vaisseaux, dit-il, convient 
K aux engorgemens sanguiiis qui se font avec rapidité 
« sous J'influence de ; l'irritation dans les pàrencby- 
« mes ; la saignée des vaisseaux capillaires , pratiquée 
« ,1e plj^j^ jprèsppssible du point principal d'h^ritation, 
(( c'est-à-dire ^x, }a région do la peau qui correspond- 
u au viscère enflammé^' doit obtenir la -Référence 
u daîis tous les autres cas , lorsque la maladie est en- 
« core récente. » ( Proposition CCLXV de VSxchrien 
de^ çfoctii^ef médicaifiê. r) . 



• ».■ 



(34i5 ) 
eductâ eâ sanguinis quantitate , quam œtas ■ 



çiresque indicarenU Quandàque , etîàm ^^^^^f*' 
urgente morbo^pklebàtomiam iïerarè hàiid 
sum çeritus. ( Praxis medicdj etc. > pàgï 
148. ) ., . • ' 

J^ai pratiqué quatre saignées^ dans Tes- 
pace de quelques heures^ k une demoiselle 
de onze ans et demi , atteinte^d^une^convulsioiï 
effrayante^ qui dura sept heures, sans lui lais- 
ser un mQçae/^t de répit (i):(. Voyez les An- 
nales dci la^ médec. physiùh de M. Brous- 
SAiSj Qc^ier de ma7sr»i826.)| ;* -v 



t ' h i ■ ■■■■■■ ... I ■ ■ 1 fc ■ I 



(i) A entendre les Gommëres , toutes les conyul- 
sions , et même toutes les maladies y' chez les enf^ns, 
dépendraient de la «présence deâ'Vei^ dans le^' ifitt^ 
tins. Pe .là Jes expressi^ni^ dA^ coitynifcions d^d^Vers, 
toux, de vers., odeur d^ vers , fiÀyirekle v^ers: i^j^ii com** 
bien de causes , cachées à leurs, yeux . sont 'évidentes 
pour le médecin observateur! Ainsi l'éruption diffi- 
cile d'uiofé dent , une hyâ'roééphâle aiguê commen- 
çante , une gastro-entérite(m/r2ii7t/7Z/f r capui etyiacera 
abdonùnis eonwiercium^ Goetz), etc., peuvent y 
donner lieu* Laissée donc. atorfitrgo rgei* le malade de 
mousse^ de Car^e {fucus helmi^^cfcorton ) , de sèment * 
contra (ar^^mi^iâ /acfaïoff) y, d'absinjfche {artemisén^ 
abfiinthiutn\, etc. Je ne nie point TiniLuence des^verg 
dans les mala^i^s des enfans ; ils n'existeraient, pas, 
qu'il faudrait les y soupçonner: mais je ne voudrais, 
pas qu'on abusât des remèdes incendiaires, r . ■'. 



( 3a6.. ) 

. Parmi 1^ i^owbreux. exemples de gasfro- 
rèm^?* WliéifUes qi^ j'^î.v.113 pendant le pvemîer tri- 
' ^ 'mçstre de ^3^4^ j^ai tecaeilil voeiui d*Dd» 
fejpme dej quarante^rsix.ans, à laquelle fai 
faif huit saignées copieuses en quatre jours > 
sjiDS que le pouls ait le, moindremeat saigné. 
Ce fait est consigné . dans les annales de 
MvBroussai$, ( £iMi^i<. , page aaS. ) 

Que BoNBT ait cra que las fièvres malignes 
ay^^ient.leur.sii^g^ dans Pesto92ac(i); que le 
sysfàme d'HoBPAïAicif y d6 Rsga 5 de La Casb ^ 
sur le rapport qu^ont*>toDlesles parties avec 
ce viscère, di. existé; que Baillou ait con- 
sidéré les maladies fébriles comme §yant leur 
siège, les unes dauisi Testomac et, Iwj autres 
dans les vais^^^ux; que M. Tommasini mt 
publié que ttates les fièvres sont sous la dé- 
pendance- dèâ ii^ritations locales : toujours, 
est-il qu'on ne peut s'enapêcher d'avouer qtie 
la doctrine de M. le; professeur BROUâSAl$(3) 



■■ V " ■ I*. . ■ •• ,; 



(i) Credo ah Hclmôstio sedem malignarum fe^ 
brium esse in i^entrieulà .* id iestatur anatome itiorum 
qui eo morbo extinetifueriht : ohservaturênîmest i>én- 
iriculus cum intestinis injlammalus ; UndèingMs iUà 
sitis , vomitus , Jhucinm ardor , el alià appàrentià 
oriuntur. [Sepidchr, anat.) 

(2) Beaucoup de personnes , sans avoir mëdîlé les 



a comci^qniq^é U'Oe heureuse impuhioa, eu 
éve«llant rattention sur lirntation primitive', ^gQâôies.. 
a6se2 fréquenle, des voie&dige^tivesyret sur- 
tout de Teste mac, qui/ selou ses justes, ex^» 
pressiûDs^ « est rprjjaae^rJ» pM^î* M4'^^U;eiot de 
réconomfej'i»^ el il -devra réstitUer de cet éveil 
qu^on devieddpa'i avee rai|pn> pluscirwwj^ 
pect sur remptpidies toiBrUifs^el des purga** 
tifs, qui' augmeirtaient trèfi-^oqvetnt le <^<> 
sordre, bien q^il^ls provoquMSeol des éy^r. 
cuatious qdV>n regardait à tort coniEpejplqT 
taires. Goml^ien n'u-t^on pas vu 4e Qiédeciof 
quî^nè compreuaitt: paâ la vrai sens de cç^t 
aphorisme d'HiPPOCBATE;: (< VonUtusva* 
mitu CË^rafur ^ » ou qui' ne Je' coouaissaR^ 
méine«p«8<hi-touf , «^obstiaaieat à; prescriri» 
de fortes tlose» d'émétique daijftd^ .yiHni^Ti 
semeos qui n^étaientque Ryaipathicfpes/ ûU| 
siiiJtplemenÉ Teffet dV"e ir>rtlalipn' jidiQpathi-- 
que da l'eslotaMC ! \ -, ! -, 

Toutefois il; ne faudrait pas donn&r kt}^ 
doctràaede rimfâtion une étendue illiniii^e^ 
et s'dbstouir, d^fj^s tous les cas. (pe que ue faii 



■ 

ouvrages de M. BjaoussAis , font à ce médecin le re- 
proché d'admettre l'unitë des matadies et l'uDÎtë des 
moyens peut les gVLérh^ qu'elles l^i Uséttt déQè , et 
elles yenront s'il eti .est aiosil^ : < . i. 



( 5a8 ) 

pas M. BROtrteAis), des remèdes é^acaans 
TéMitM^^ dont fantdé'pràfîcîens éclairés peuvent cons- 
tater les henreâx effets, confirmés' <di-a{llëtirs 
par Tauforité da ieélèbre StoijL. 

Fièi^reS' pernicieuses. ' ^Liss fièrres » pern i - 
cieoses, our-<?eIles dont les' syntptôtttëB ^ont 
insidieux où Irompeursvont •régtié'pïtiS'par- 
ticulièremétit^e&nyâi. Le^^fTiif' suivant teè pa- 
raît digoe d-'élre-céimu; Je'donni^ir;' &véc 
plaisir , des sôitis^ à Tétifaiit-d'iin àe -rneB aniis. 
U ëtnit âg^ de trois aQs> dHin'témpëcaé&ent 
fytnphatitfue 5 et- atteint d'nné fiàvn^^tieïbe 
ordinaire^ qui me laissait sâns^itr^ofétade. 
Je* te'voyais^ cependant ptestoUirs^ foÎBOsbafqae 
jour, dans rihtëhtîon» d^être- agrta-Ste A' «k 
inère, qui* néânnsoins m'envoymt.ifiîel^e^ 
fois chercher sans înotif bien fondé ; car une 
fefbdre nièrë s'inquièle aisément. Lé froîsième 
acôès de fièvte chez son fils fut réellémèùt 
alarmant. Au bout de quelques heures j Teiif 
faut pâlit extraordinairemeht; totilsôA corps 
se couvrit d*une sueur froide ; son pbnh de- 
vint presque insensible , et il était •prîs'^*une 
grande altération. On m'envoya chercher, 
sans me faire dire qu'il se passait quelque 
chose d'extraor dinaîr e; et , ayap t .q^ueU^flue^ 
occupations , je crus . pouvoir le3. texminei; 
avant que de me rendreauprès de mon pelit 



Halkd 



( 3*9 ) 
malade. Une heure après cette première de* 
mande, je vois arriver le père font éperdi>. j^^^- 
« Cen est fait , me dît-il , et mon fils va suc- 
comber, si tu ne te hâtes de 'venir à son se- 
cours;» Lorsque' je fus retidu au domicile 
du mohdeyjo'puKTeitiewqtper'^ne-îes traits 
de la moFtéfaîenf empueinls finr son -Visage, 
et si l'œil zi^eût ' paà été âfiio&ite'; j^atiraispU' 
penser que la vie était^^feintis. Le^^oul^ ëtait^ 
mynre^ la peau froide^ vis^ttetiiBe.4jé cidi-ps- 
avait ce froid inepotrssatit qu'o>i ïie pbulunîeux! 
comparer qu^au froid d'un noyé qtfon vient 
de^retirer de l'eau i Je^ ne: perdis point de 
temps; je furesGïivis la pbtJofrsQiTaatej qui 
fut<âoantée paroùiilerée'Â bonchb,' de qnart-^' 
«tt quairt^d'heare r 



m • m i ■ i 

JBj^ Sulfata kinœ benè siccai, G. X.(i)j airupifio-' 
rum àuranéiif id, gummi tràcagant, àà^^j aquœ 









(i) yaî toujours soîA de prescrire lé sulfate de qui- 
nfne < Jjicn desséche, afin d'être s^ de la qûantîfe que 
je désire administrer au malade. Les pharmaciens 
probes ne le débitent jamais quand il n'a pas séjourné 
dans une étuve^ jusqu'à ce qu'il ne perde plus de 
son poîds«. Honneur soit rendu à MM. Pelletier et 
Gàveivtou y pour la découverte qu'ils ont faite du sul- 
fate de quinine, qui est soluble dans l'éau , d'unerad- 



( 556 ) 
s J^âppliqiiai un large cataplasme demie de 



ré^oanup.^' pain, fortement sinàpisé, sur le bas^ventreu, 
iSi des cataplasmes de même nature à la plante 
des pieds. J'enveloppai le malade en entier 
dans une couverture de laine bien ■chauffée'.' 
Je fis pleicer chacune de ses mains* «lu^ossas 
d'un vase de terre rempli de feu ^ en nûiéme 
temps qu^bii lui '. friclionnait len bras avec des 
flanelles t^audes; etifinj'en vina à l^ppli- 
cation de.Kleux vésiéatoires camphrés aux 
jambes. -'Je donnai un peu d*'ean ttiugie-^ 
chaude et sucrée, et l'infiision de feoMea* 
d^branger ,- alternativement avec la pDtîoit> 
di'i'dessus; Ce ne fut qo^an bout de plumura' 
heures que lé malade , qui conservait ^Iih» 
jours la parole, parut se réchauffer. Lôié^> 
que le mieux fut sensible ^ ce qui u^eut lieu 
que lé lendemain , je permis à Penfaritquèl- 
ques cuillerées de gruau très-clair^ prép^i;^^ 
à Teau et sucré; je fis continuer Tusage du 
sel fêbnfuge pendant quelques fours , maïs 
eh eti diminuant la dose graduellement^ Je 
fis administrer ^ scinq heures avant eeUe ofi - 



■f 



minrstratioii plus facile que celle da quinquina en pou- 
dre, lequel est trës-désagréable au goût, a sôtryent 
un effet purgatif, et alorft n^a pas le temps â*agîrpat 
sa tfUBlitë fébrifuge. . j . *> ■" 



(33i ) 

le quatrième acîcès aurait pu reparaitrQ^ un 
demi-lavement de décoction de pavot blanc^ r^MuiM^'i 
avec addition de depx gros de kinkiaa jaune 
en poudr&5= mais sans être passé. Il fut gardé 
plus de huit heures. J*eus à. me louer de 
l'emploi de ee moyen V car* Tinstant oà la 
fièvre aurail.pti avofir lieu, fut marc^ué par 
un p^u de «refroidifisemeat général.. Au bout 
de huil jours > la- gnérison étâitoomplilB^et 
je ne Teaiaf«qnai au<funé( irrittftîpn^vei? le 
bas-^enlre ^ ilÉalgré la médieatfoti* active à 
lâ^^ile j'nvâis'éféH()blîgë de recourîr.^ Je fis 
éli^goer , aussitôt qu^il me fat possible ,- fo 
m*ladede sa demeure ordinaire^ qui était 
entaprée d^unlerrain- bas, -oà il' existait/des 
eao}(')narécage<uses, et il alla respirer tin air 
pnt-à la campagne. i. ';.;:x 

Cette fièvrb a constitué hjiêçre ëlgidt 
des auteurs, du mot latin a/^^^>' froid, 
et non, comme on le répète souvent , dq 
mot grec «X^^ , qlii ' signifie tristesse, doo^ 
leur. 

Irritations-depaiirtne.J^ai ol^ervé^ ckez 
un capitaine de navire , vivait habitneller 
ment sous lea zones chaudes , une irritation 
de poitrine accompagnée d'uné^ toux sèche 
et très- répétée , qui a débuté dans Phiver de 
1823, et qui n'a disparn que dans l*été de 



( 332 ) 

1824* J^ai vainement opposé à cette affection 
^gnantef. ' '^^ saignées générales, les applications de 
sangsues k T^nns, les opiacés, les lavemens 
adoncissans, les- bains entiers, les pëdiluves 
sinapisés, l'appiicatiau d'ua vésicdfo^e. au 
bras,; des emplâlre» de. poix de ' BoQrgog^e 
sur le thorax, enfin ïe -régime. iaclé. Le ui4r 
lade: avait peu iperdu» di^ sqb embonpoUil 
lorsque. la toux, eassu^ En - 1 8fi i ^ j^ai: eu soas 
les yeuxiuniait à pei^.prps se.n^ibiable. .. 

J'a» donné : des soins à qne 4eauH$elie de 
dis-$epAans, laquelle ia'4fé>Mteint6, ei^'diB^rîl 
1^24 f d^ttoo tQux sioguUèi:e > qui coaH4>«:e 
en ce moment , ei qui ai'^éjouéitoiiS'^lea 
iiioyms^de.P^rt. Cette jedoepersonnôay dès 
rinslant ^iielle est tombée malade, perdu^ 
entièrement le goût du p^in^ de la vianâe^^t 
du yift, ^t'^l»\)p vécu qiie.de lait oôtipé:a\lec 
moitié ejau^ Mtle bouillon gros très^ég^r^D 
petite quantité. L^histoir^ de cette maladie 
extraordinaire , qui n^a point d'andlôgcict y 
fera l'objet d'un mémoire spécial. 

,. Rhumatismes inftammaU^,r€s^''hfA Aur 
matismes ^inflammatoires, accompagaés de 
douleurs dans plusieurs . articulation^ «à la 
. fois, ont cédé aux émissions sang^aoesr^gé^ 
nérales. Toutes les fois qbe le aujel estlvèsr 
sanguin, la fièvre forte et le pouls dur et 



( 333 3 

plein 5 les saignées par la lancette convien- 
nent niieuK au débuts et on les répète tant régnâmes.; 
que le sang se montre Irès-inflaniniajtQirei 
ayant tocUefois égaod à Tinfensité de la dou* 
leur^ au. bien x|uaJe malade>é(Hrouve.<le la 
saigoée^^ à'iso«L âgoyi àisoii tempérament, eu 
un mot^ à \HadiçidfuaUté -^ > car o!est eUe qui 
doit'4irJ^^ret modifiecN la ^^r^ tique de laimé- 
decîâev Alors ^si les «douieurs perststeiit «près 
là phlébotcoaLW:, oaiipecourfc à Tapplioatton 
des sangsues ^i dont il ^faot toujours, porter 
trèârjt;!^^ 4ft nombre*, loixsqu!on les.emploie 
seijIèA^ La ooinyalesceace se fait d^ailleulrs 
beauo<>up plus attendre. •> 

Fiàçr^s^miMfUMbses.Le temps n'est plus 
où r^on onaignait'de tirer du sang .dans les 
fièvres 'dites moqueuses. Ces fièvres ne sont 
réellement que de véritables gastro-entérites; 
mais personne ne Pavait dit avant M. Brous- 
SAIS. Pour se convaincre de ce que nous 
avaneons, il ne s'agit que d'observeh atten- 
tivement la marche de la nature de ces ma- 
ladies ; nausées, vomissemens de matières 
verdâfres, sensation douloureuse à Tépigas- 
trq , . l^i^gue. enduite d'ivn mucus épais et 
blandbâiiire^mais rougéâtre sur ses bords dans 
le pnuoipe$2<aphtlies, coliques, météorisme 
du ventre, diarrhée sanguinolente dans la 



Maladie 
régnantes. 



I 



I 



1 progression; baltoDnenienl do venire , en- 
gorgement desganglionsmésentériqties, trace 
évidente d'inflammaliou, ulcéralioQ même 
de toule la membrane muqueuse gastro-in- 
teslinale, reconnue par la nécroscopie (i) si 
la termÎDaison esl funeste. On a opposé , avec 
succès, aux fièvres dites muqueuses, les sai- 
gnées générales, les sangsues sur fépigastre 
el sur divers points du venire, les épilhèmes 
émollieus sur celte partie, les bains entiers , 
les boissous délayantes, adoucissantes ou aci- 
dulés, les vésicaloires sur la région épigas- 
trique, mais après les sinapismes, lorsque 
les vomisseniens étaient trop répétés. Le lau- 
danum, à la dose de quelques gouttes dans 
des potions, a calmé les vives douleurs que 
les inaleides ressentaient dans les jambes. 

Nous venons de traiter une dame, âgée 
de soixante-dix ans, atteinte d'une lièvre oiu- 
nneuse qui a duré quarante el quelques 
jours. Cette dame u*a jamais bu de vin, et 
boit très~peu d'eau , même eu mangeant. Dé- 



(i) Nons engageons les praticiens à lire le beau Irt-î 
vaîl de M. Hcttb , stir les diverses formes anatotnM 
nues de rinâammalion de cette membrane. N^uvl 
BibUol. jnédic. wpl. 1S25. 



( 335 ) 

goûtée de toutes les boissons que je lui avais 
prescrites ( eau de veau, de poule!, orau- y^^J^^ 
geade , tisane d^orge mondé ( à Paris on dit 
perlé) et de chiendent, édulcorée avec le 
sirop d^althœa, petit-lait, émulsion d^aman- 
des douces), elle y renonça, et but presque 
exclusivement du Ialt.de vache coupé avec 
moitié eau chaude. On lui administrait cha-- 
que four nu lavement émollient. Le soir elle 
prenait uue ou deux tasses d'infusion théi- 
forme de fleurs de tilleul, édulcorée avec le 
sirop d^orgeat. La diète fut rigoureuse. Lors- 
que la malade se sentit de Fapp^tît , elle man- 
gea des panades légères aux herbes ( laitue , 
oseille et bette, quelquefois des somqiités 
d'asperges )• Dans le cours de la maladie, }*ai 
fait trois applications de vitigt sangsues sur 
les points de Tabdomen oii Tirritatiôn me 
paraissait plus marquée. La convalescence 
n^a pas été longue. 

Croup: Le croup s'est montré çà et là peu* 
dant les deux années qui viennent de s'écou- 
ler , surtout lorsque la température a été 
froide et humide. On sait que cette circons- 
tance favorise singulièrement le développe- 
ment de cette affection , l'effroi des méde- 
cins et des tendres mères de famille, et qae, 
toutes choses égales d'ailleurs, elle règne 



I 



( 336 ) 

• le plus ordiiiairemenl an voisinage des ri- 

* vièresj des lacs, etc. A Nantes, celle re- 
donlable maladie se monlre le plus souvent 
sur une partie du pori snrnomnié La Fosse, 
lougup promenade sur la rive droile de la 
Loire, ef plantée d'tnornies ormeaux, mais 
à des distances coiiveuables (i). 

J'entends souvent dire (jne l'analomie pa- 
thologique a fait faire d'immenses progrès à 
la médecine pralique ; mais, lorsqu'on exa- 
mine la chose sans prévention, on voit qu'une 
semblable proposition ne peut êlre admise 
comme une vérité. M. Cruveilhier répèle, 
avec M. le professeur Begussais , « que l'aiia- 
tomie pathologique conduit à l'outologie. >i 

L'analomie pathologique est certaineraeni 
une histoire fort importante de la science 
médicale , puisqu'elle nous éclaire sur la ua - 



(i) » Les arbres onl, 


par rapport aus lieux hu- 


mides, deus effets qu'il 


ue faudrait, pas confondre. 


Intcrpose's à une cerlaiu* 


distance, il est vrai qu'il» 


garantissent de celte bu 


midite et en arrêtent en par- 


t!e les effets; mai5,pla« 


sttopprès, ils la favorisent, 


dans te Heii mt^me en g 


nanl la circulation de l'air 


et l'evaporation; ils enl 


aînenl donc , et quelquefois 



font naître les effets de l'Uumidilë et la stagDalion. 
CnAVAssiËti d'Audebeut. 



(337) 

ture des affections organiqnes qui résnltent 

des maladies; mais , quoique depuis les îtn*- ^^«^22; 

mortels travaux de Morgagni elle ait été^ 

très-cultivée, où pleut avancer qu'elle n'a faft 

faire que' ttès-péu de progrès à la" méde^^ 

cine pratique. Je ne. citerai qu'un exeMplé à 

Tappui de ce que j*àVance (i). • 

Elle a appris qu'il se formé dan^ le*^cfr6tit$i 
une fàisniké membrane , produit i^iflatttmfatoii^' 
qui.yréf rétissant tes voies" aériéune^*^ ^ntôné' 
la suffocation' dés etifans; niais féji.vçritfréi 
des todavtes n'a^ conduit à àùctïne amétib- 



■■' ' ,..■ 






^ {\\hP\VkAs Qojisi toutefois l'idée qu'il foUIi^jenon- 

cer à l'anatomie pathologique. Kous pensons au con- 
traire qu'en portant une attention de plus eii ^liis 
scrupuleuse diitts ieà i^Gkerdbes de 'cette bi^tfitfur de ' 
la médecine qui a prié de nos jours nn nouyel esSôr','! 
et qui se^tiïblé'mé^me dominer tous les espriCsyl*^ 
science retirera des avantages réels; et les travaux 
récens de MM^ A'-G. Orro, MÉckel, BRoussjkis, 
Laennec, de Paris, Lallemant , de Montpellier , Ros- 
TAN, Alard, Geuveilhiêr, Martinet, Parent-Dû-j- ' 
CHATELET y ctc. , en sont l'heureux présage. A Paris VI 
dit M. L. Marchant, Diction, des sciencee médî'^ 
cales , tome lviii , pag. Sgg, elle a fait des> projglrës 
immenses depuis peu d'années; elle y e6t n»bin»kii^' 
cale et plus physiologique; on sait' mieux la rattacher 
aux phénomènes de la vie. • . \X '' ^ 

T. 96 de la CoL 35« delà 2« Sér. Septemb. 22 




lies 



( 558 ) 

ratipa dans le traitement du croup : avant 
cûfitoie après les recherches. qvCon a faites > 
le^, émissions sanguin? b , les vomitifs , les vé* 
fljÎjK^toires, les sinapfsuies élfiient les/rcimède^ 
suif Jç^i^iela on avait le plus compté (i)« • 

Lt^infla/nmatiQn du larynx, connuei;soas 
le nom de croqp , marche avec une telle; rar 
pîdit^.<I-V6> selon moi, on n'obtient .peuiile 
s^jCcès, que parce qif^on agit avec trop de 
l§qt:9U^ ^ns la plupart des cas. Nous avxin9> 
reffjj^iauce qu^une méthode perturbàibrice^ 
énfitgique et prompte, convient parfaitement, 
au croup, que Ton peut guérir le plus sou- 
venty'càr , pour le dire en passant, nous ué 



'Il ' « 



(t^ Yoici comment s'exprime M. Latoua, médecin 
trj^f-i^îfltiîpgtié, à Orléans, d^ns sa réponse/à ceuxqvi 
pr^tefulent que le croup nous â été apporté eVeo: la • 
VAÇçine., et qu'il était inconnu ayant elle :*. « Nea»- 
ayoQ9 mis au plusi grand jçiur les idées lumineuses des 
SLn/â/mb.MXr Taogine laryngée, lesquels, sana les 
mi9Â<Md;*ea secours des acquisitions que nous aroas. 
failli ,':par. nos, recherches dans les CQu*ps monts, ont- 
poùrtflfnt^ d^ trèts-p^ës, approché de la vérité de nos 
décipuKertea, tant l'esprit d'observation leur idotoail 
uQ^^esp^cé de devinatioiyet supptUait pour ain^ dînai 
auii autop^ises. cadavériques qui enrichissent an jour- 
d'k^i la science. » jânn, de la Soc. roycde des SçieneeM 
d^Orléans y tome 6 y 1S23. 



(359) 
pariag|8oaa poiail-opinîo»! 4e ceux qui pc^or 
aenl qn^^. x^et te maladie ^t mcur^ble:' av0c p^J|J|^|^ 
un p«ri»U raisoauenieat^' oo i^a^' l^arf et 1^ 
malades*' 

Lq catarrhe ^ufibcaal^ que Pou preod 
quelqfiefois pour le croiap, H^a nulle part été 
mieux décrit que dans Touvrage de feu le 
docteur Caillau, dp Bordeaux, sur le Croqp. 

Pleurésies et Vértpneumordes* Dans le 
trailemept des plauré^ie^ et despéripueumo- 
nies nous avoa^ toujours employé avec aYdn- 
tage les. émisions «anguines générales d^ar- 
bord^ puis lesr saigpéea locale»^ les boisaosis 
délaydatea et adoucissantes^, Iqs tavemens 
émollieus, et de laig^s cattiplasmes de mîe<te 
pain sujc^le thorax* N<>UiS , n'avons poiott re- 
couru à U luéthodé deRASORiqui conBisie 
dws^/radmiuisIratii^U' du tartrate âutimottiié 
da potassa à.hauAe doser(i)^ et nous n'y rer 



(f :) La doetHne dd Ramba^\ fâAksï /^qui ^l fàadée 
sajT l'irritaUon des organes ei. id pU^^asie, a eny- 
yahi les Universités et la hante .Italie/ et a pres().i^ 
anéanti celle de Brown. (Voyez l'intéressant yojragç 
fait en Italie, en i92p, par M. îe docteur Valentut de 
Nancy, qui vient d'en publier' une deuxième édition', 
atignieftMê> êe-ki relation d'iàm-^s^èo^ Voyagé' 'ftrt 



( 540 ) 

courrons qne lorsquMl nous aura été 
^ant^'r démontré que ce contro-stimulus jouit réel- 
lement d'une vertu spéciale , spécifique , 
dans les inflammations de poitrine; car font 
ce que nous avons lu jusqu'à présent n'a 
pu nous convaincre et nous a plutôt ef- 
frayé. 

Maladies qui ont régné à Nantes en iis&* 

Les maladies qui ont régné à Nanties en 
i8a5 ont été plus nombreuses et plus va- 
riées que dans l'année précédente. Nous 
.von. e« à traiter des c«,a.p« d-e.,on«c , 
des angines tonsillaireis, des érysipèles, des 
fièvres ortiées, des fièvres intermittentes , 
des apoplexies , des spasmes d'estomac , des 
mélœnas, des coqueluches, des rougedles^ 
des scarlatines , des varicelles et des vario- 
les; des angines gangreneuses, des gastro*- 
entérites, des hydrocéphales aiguës, des in- 
flammations gengîvales non scorbutiques. 

jCrampes d^ estomac;. J-aî observé trois 

cas de crampe d^ëstomac dans le^ détiX au- 

» . . • • I i . 

nées qui viennent de s'écouler (un en 10249 
et deux eu 18:25 ); et, chez les trpis sujets 
qui en ont été atteints, j^ai été .obligé de;rQ- 
courir à l'application d'un vésicatoire cam- 
phré sur la région épigastrique : ce àioyen 



(341 ) 
est en quelque, sorte spécifiqvie contre cette 
affection. Dans un de ces^lroisea^, ),^i;V<i.*e ripantes- 
malade en cousultation , et Ton regardait Vfipr 
plicâtion des sangsues sur le bas-ventrecomme 
le moyeu le plus propre à faire cesser le usai ^ 
bien qn^il se fut exaspéré soua 1 emploi qu'on 
en avait fait. La faiblesse était extrême. . r 
Les auteurs s^éfant peu occupés, de: lid 
crampe ^d^omac, je pen^e qu-il nW pas 
hors de propos d'en indiquer les signes ca-^ 
ractéristicjues et le traitement (i). La crampe 
d^estômac est le plus souvent là suite de tra- 
vaux forcés , de courses pénibles à Tardeur 
du soleil. Elle Vannonce par des douleurs 
contusives dans les membres abdominaux | 
un sentiment de resserrement se fait sentir 
4ans la région épigastrique qui est très^où-^ 
Ipureuse au toucher; il y a vomissement dq 
matières porracéès , car l'irritation nerveuse 
produit un mouvement anti-périsfal tique; le 
ventre est comme rentré ^ le pouls est petit 



(i) On trouve peu de chose dans les auteurs, sur 
le traitement des maladies, en général ; de sorte que^ 
le jeune médecin qui n'a pas été mis de bonne heure 
sur la bonne voie , par un praticien consommé \ es.t 
exposé , dans sa pratique , à commettre deè fautes à 
chaque pas. 



iftl eoncenf ré , le! viîdge grippé. Si le mal Ûttte 
P^52|^ff qn^lqwè jourty le malade dépérit >à vue 

L'opium ne-réussit pas mienx qtie tekbaîiiB 
cbaxids d^ns la'OiBinpe.d'^stomac; let étùiâ^ 
gîo'iiti saiJbgnînessoiit nuisibles. Si, d^nsFinlBii*». 
tion àe 'hlre cesser le vomissement ^tii a 
b'eu^ et qqi dépend de la- cçntracilîon apas- 
modique de l'estomac^ on administrait Té^ 
«étique ^ la mort du su)et en serait la êJÊdie 
inévitablei 4xi;^^nt qne possible^ repos abao--? 
hi^ car pins le malade s^agite éi plùsl'esto* 
mac s^îrrite ; abstinence de toute espèce de 
boisson pendant quelques heures; alors ou 
permet au patient de suow un peu dWange- 
ou démettre quelques pastilles de m«ntbe 
^ à fondre dans sa bouche f cataplasmes $m^ 
pisés 5 frictions huileuses chaudes et forle^ 
ment éthérées sur la région de l'estomfa<c y 
pour en venir k Tâpplication sur cette parfia 
d^'un large vésicatoire camphré y qui fait or-* 
dinairement cesser les accidens que la por 
tion anti-émétique de Rivière ne suspend 
pas. Lorsque le mal est suspendu , il faut être 
bien réservé dans. le régime.. 

Angines ionsUlaires. Les angines ton-: 
sHlaires ont été très-répandu^tS* £q les com- 
battant dès le principe au moyen d'une sai^ 



(54^) 

gtiéé dëritratîve du Kras et d'nn éttiétfqUe ^^^ 
immédtàtëméht àprib, je siiîî presque tïfti- r^kâitt: 
joui* partètiià à déjoiifer la 'fluxîôn de lÀ 
gorgé.' Lbriqtf il s*éfaît formé on àbcéii ^ 
l'aràjrgdâle , ràdmînîstràtîob du tartre stîbîé 
àèlé o^dibairetnéhf suivie de Ta toipturé de cet 
, abdfe, qui n^éfait pas fôufotits à la pttrtëë 'de 
D^lihstruteièns, vu lë peu d^écàrtémeni dtë 
mâôfaoires. ^ ' 

* EryÈÎpètei. hè pUs^^ànd nombre ^èé 
érysipèlès'k été produit j[)ar rinsolàtioii. Hk 
otit bcciipé la fécè et les mdins : les ÙM 
ont €tè^ guéris par là dièfe , le repos et lèà 
boissons délayantes; lés antres ont liécés^é 
de fortes saignées et lë ti'aiteînebt àiifi-^pÏÏfb-^ 
gistîque le filui9^H|;otirétfx. CTest à ceS iùàfméi 
employés avec persévérance , chez utf^dëliâtf 
saviins coll^^gue^y que tiôus sdtalftë^ IrèâWa- 
bles de ^à ^bHsètvàtioùJ 






Fièi>r^s ortiées. Lès fièvres ortiéëi bu tfi^' 
tîcëlres ontété, cottulie elles te sont tonjourli^ 
si bétiighes ^l dé si peu die durée ( vin'gt- 
quatre', frèiite-six od qûarante-^huit hêtti^ëi 
aU plus), Iju^ellës ' n'ont exigé aûfc6n fc^i-' 
tèriiê de traifemeût particulier. Lé régftiiéî 
et lés boiésohs fehipérantes ont suffi. '"' '* 

FièuTe$ïntermîttenteà. Les fièvres ïiXe^- 
mittentes, c^esl-à*dire celles qui résultent de 



(344) 

Tensemble 4© plusieurs paroxymes entre le^^ 
r^nantes. guels il y a apyrexie, ont été très-communes 
^ Nantes eu 1 8^5. Elles ont offert le tjpe 
tieirceen été^ et oot cédé au sulfate de qui*, 
nine.; elles ont reparu en automne sous celai 
de double-tierce, et sous le type quarte en 
hiver chez les mêmes individus: elles n^ont 
disparu entièrement qu^au printemps de 1826» 
Chez les nns, il y avait des signes de pléthore, 
et on a saigné avec beaucoup d'avantage ^ 
avant d^administrer le quinquina; chez les 
autres , il y avait des signes de gastricité , et 
on a évacué les premières et, les secondes 
voies, après Pusage ^es délay ans, avant d^em- 
ployer le sulfate de. quinine; mais chez la 
plupart ce sel précieux a été prescrit sans pré- 
paration- 

jâpoplexies. Les apoplexies on t. été fré- 
quentes. Une dame , âgée de quarante etqueU 
ques années, d^un tempérament saug,uin> à 
laquelle je donnais habituellement des soins 
^t à laquelle j^étais obligé de tirer du ^ang de 
temps en temps, est frappée subitement d^une 
apçplexie loin de sa demeure ; on se refuse 
à la saigner, malgré les instances de sa jeune 
demoiselle , parce qu'elle sortait de manger 
et que ses règles coulaietnt. La mort arriva 
en peu de temps. 



(345) 

J'ai cru devoir ne pas pas^ser .ce feit sous 

.. . ,. ... I . Maladies 

«iience pour dire aux jeunes adeptes, car régnantes, 
nous n'écrivons point pour dès personnes 
plus instruites que nous, que rien ne doit les 
retenir dans l'emploi de la saignée» lo'rsqu'ils 
seront appelés à ddnnérdes soins à une per«- 
sonne atteinte subitement d'apoplexie , parce , 

que> en effet, le danger est si imminent que 
. tout délai est une faute irréparable et impar- 
donnable. Dans le cas où une femme est frap- 
pée d'apoplexie à l'instant de ses règles, on 
doit alors préférer la saignée du pied, ou 
bien celle du bras , après laquelle on appli^- 
que des sangsues à la partie interne des cuisses 
ou mieux au voisinage de la vulve, si l'é- 
coulement menstruel est supprimé. Lorsque 
la personne qui est atteinte d'apoplexie sort 
de faire un repas copieux, et que la réplé- 
tion de l'estomac est la cause efficiente de la 
maladie, on doit saigner en même temps 
qu'on administre un pédiluve sinapisé et 
très-chaud, ou qu'on applique des cataplas- 
mes de moutarde aux pieds, et faire vomir 
immédiatement après avec de l'émétique. 
Nous avons eu dans plus d'une circonstance 
à nous louer d^une semblable médication. 

SpasmeÈ iT estomac. Les .spasmes; d'esto- 
mac ont été très-communs pendant les cha* 



LJlfAUdies 



( 546 ) ^ 

leurs suffocantes de Tété de t6«5^ mais n^ont 
r^^^nm^r' pas étéïmdrtels» Ils ont été produifs par 1%- 
sage des boissons froides prises en grande 
qàéhiiiéy et à l'exclusion des âlimens PbVh 
des (i). Le plus ok'dinàirenient la malalâio 
débutait bnisquement et était bientôt suivie 
de vomissemens de matières verdâtres^ gri- 
sâtres^ jaunâtres, et d'évàeuàtiônëalvine^do- 
pieuaes et- répétées. Il y arait i»eDfimëilf tdfie 
^^onstrîction dans le bas^ventre tfui était Mb- 
sible ^ toucher, àltératioà des traits, défail- 
lance , petitesse du pouls 5 crampes danb Ibs 
^iiembres abdonrinaùx^ et, en général, ptm^ 
trafion des forces^ J^ai opposé à cette aflfeo- 
4iôn dés boissons adoucissantes* deSi lare^ 
mens amylacés, des lavemens de graine ode 
Imet de t^fes de pavots blancs, des épithèmés 
émollieus sur Tabdomen^ avec un avantage 
très-marqiié , les préparations opiebées sotts 



(i) « Si l'abus des stimulàns eàt dangerènxy'âit 
M. Broussais (Co7i«/£/. atmoaphéf y ]m\\et ^ i8^5. jijtn» 
de Méd. physioL , apût , 1825, p. 98), celui 4^s 
émolliens n'est pas à l'abri de tout incouYeuient, pen- 
dant les chaleurs extraordinaires; il en résulte des 
sueurs excessives, qui maintiennent un état perma- 
nent de languetii* dans les èi^l^éè , et xtàè ièÛàktion 
de tiraillemeat dans la r^oà é|nga^triqfae. » 



• c ■« I • 



yr S - 'iiT - 



forme de potions Ti). Le sirop de karabéme 
réussissait mieux que le laudanum l^quiae de régnantes. 
SyDENHAM. Je me. suis bien gardé d^adminis- 
frer aucun ptirgatîF. 

Mélœna. Le mélœna^ ou vomissement 
noir, s'est offert deux fois dans ima pifatique 
en i8!25. Chez les deux sujets sexagénaires 
qui en ont été atteints , il y a eu, potir symp- 
tômes {)rincipaux, pâleur tfès-grande du yî- 
.^age, pouls faible, serré et intermittent, sen- 
timent très-marqué de pesanteur dans la ré- 
gion ombilicale, respiration pénible, aveô 
inspiration profonde et expira t^n courte; 
Vôtiiissemens de sang noir , gruiWé , mêle 
de mucôâifés écumeuses, déjections alvines 
\ peu ptès de même nature. Lé^ açcidens 
ont disparii sous l'emploi de la diète ,, de 
reàU de gomme arabique, de potions astrin- 
gentes, dont Teau de Hàh$l formait la 
base, de pilules d'extrait de ratanhîa ( une 
lemàfih et une té soir , aun grain cliaque), 
ef d'applications réfrigérantes sur le bas- 



JJm 



(i) M. \t docteur Bessakd, m^dcfcin à Pàihbœùf, et 
qui y exerce la mëdecii^e depuis nombre d'ann^s 
avec beaucoup de distinction, m'a dit que cette xba- 
ladie avait atteint un grand nombre.de ^e^psonnes-^ 
fst queTopium lui avait toujours réussi. 



(348) 

_ ventre. I^a guérison prompte des malades., 

^J|J2^ qui d'ailleurs n^avaient éprouvé aucune dou- 
leur abdominale antérieure « m*a donné ik, 
penser que le vomissement sanguin était idio*' 
pathique. .... 

Coqueluches. La coqueluche est venue 
atteindre les enfans et quelques adultes; mais 
elle n^a pas été meurtrière ^ comme cela eA 
. arrivé à Nantes. quelquefois. En 1817 et ea 
18 19 y il mourut beaucoup d^enfans de cette 
maladie, qui, dansquelquescirconstanceSj.se 
prolonge au-delà d'un an; parceque, sans 
doute, on ne recourt pas à un régime anti- 
jpthlogistique assez sévère dès le principe: 
la coqueluche passe alors à Téfat chronique. 

Cen'estguèrequeversledouzième,ouqi;in- 
zième jour que les symptômes propres de la 
maladie se dessinent bien. Des symptôîaes», 
qui semblent appartenir au catarrhe pulmo- 
naire, ont lieu d'abord; puis la toux qui 
de vien t conçulsiçe açec inspiration sonore y 
Fexpectoration de mucus blanc plus ou moins 
épais après la quinte , la bouffisure de la face 
et rînjection de cette partie en noir, vieti- 
uent indiquer au médecin le véritable carac- 
tère de la coqueluche. 

La maladie a cette fois offert de la fièvre 
dès le débuf ; ce qui a nécessité Temploi de la 



( 349 ) 

saignée et des sangsues , du régîrde àntî-phlo- 
gistique et des boissons dou ces : j'ai saigné plu- régnantes, 
sieurs petits enfans au bras , et j'ai pu remar- 
quer que la coqueluche a été moins forte e t 
moins longue chez eux que chez ceux qui n'ont 
eu que les san^ues. Le sirop de raves (m- 
phanus satwus. Z/. ) , que le peuple cônfsidère 
comme spécifique ,' a paru augmenter la fré- 
quence des quintes de toux ; Témulsion de 
noisettes (corylus wellana L.), autre spéci- 
fique, n'a produit aucun effet avantageux-' 
Dans plusieurs cas , j'ai été obligé d'envoyer 
les ènfatis respirer Tair de la campagne,' qui 
âitlélibre toujours et en peu de temps la santéi 
Il m'a fallu, dans d'autres cqs, recourir 
aux vomitifs, à l'application de là laine îm-' 
médiatement sur la peau , d'un vésicaioire à 
Tun des bras, au quinquina à l'intérieur (i). 



(i) Prescrire un remède ou l'administrer sont denx 
choses bien différentes, et le médecin - doit >quelque- 
fois flatter le caprice du malade , pour parvenir à lui 
faire prendre le remëde qiii pourra le sauver. Je pres- 
crivais aux enfans qui ne voulaient pas boire l'infu- 
sion de quinquina, édulcorée avec le sirop de fleurs d'o- 
ranger, des tal;>lettes que j'avais fait préparer exprès^ 
avec l'extrait sec de quinquina. Mon but fut rempli; je 
guérissais , et mes petits malades , en me voyant , me 
demandaient des dragées. 



. r". '*»"♦■' ■ 



( 350 > 

V 

Hougeoles. La rougeole^ çaraclécis^e paç> 
^àirt^f* réiernnment, leçoryza, la toux, lejarpaoie-^. 
ment, et jjar une émpfion de petits boutoii^.^ 
rouges angiileux et proém,i(iexis, qui se cJéviBr 
loppent sur toute Téteudue de l!pr:gain!a.Gi^7^, 
tané,a été accompagnée dP q^uelquedangeir^^ 

Pour préserver l'org-gne ppj^n^jf^,^^ SNWn 
daos cette.maladie ,, est le ceqtr.ç;de b fluxiQ^y^ 
il. a fallu reç<^unr aux émissiqn^ saugumea ç^ 
aux révulsifs. Plu?ilçifr§.,i|id^\Y^dp,a/oq,l,;î!^^ 
combé faute d'wi régime sévèrQ.et.hien. ««ji-tj 
tendu. ■ : (I 

Scarlatines,. La scarlatînç, qui se nioiitreJj^ 
plus ordinairement^ ainsi que le^ autres ex^{|i% 
thèmes fébriles pendant Iç printemj^s et f^élf^ 
pour disparaître en hiver, a i:égaé.d[aj;isx;9l;^^ 
dernière saison , en i825. Chez les jji.dividl^ 
qui se sont exposés trop tôt à l'air librjei, eJ[l«i 
a été suivie d'accidens graves, et en général 
ils le sont toujours quand il ensjirvîent. Cette 
aflfectionVqui étaît' peu commune dtr 4étiips 
de Stôll (à eu juger du moins pair des èi- 
pressîpns: nundùm saï cognita^^ est épide^ 
roîque, déijute p^i: uu fri.'jsoa, bi^n.t,ôft .5ui;yi 
da chiUe^r , d'^ltéjc^tion et^'aftw^té,}; ji^sur-s 
vieiM? 8oi3(;aDte-»do««ze bernées a|>rèsy u»f^.â£^ 
fectiion de la gdrge , quî ;fàîl souvent des^rô- 
grès pendant deux ou trois jours. Ali tr6i;=' 



( 3Si ) 

sièmfi jour , à dater de celui dé ^invasion de ^_^ 

la maladie, il paraît a«e rougeur, cat il ùV régna^rftii^'^' 
a point d'éruption , sur toute Tétenduie de la 
sur^ice de la peau , -qui est parsemée de pe- 
tits points f&û^ês et>emblabtes à des piqûres 
de puce :: cette rougeur dure géûéralemenf • 
trois jours. Elle es» quelquefois fugitive^ et 
peu considérable. Il y a souvent co^za et* 
gastro-eûtérîte(t); là fièvre existe pllus^ ôti 

moins long-temps, et cesse ordinairemëiit lors 

• • • ■ 

de la desquaniatton de la peau qui est quèl^ 
quefois générale, et qui a lieu du htiitiAme 
au douzième jour. Dans cet état, et iorsqilé 
leimalade s^exposeau froid , it survient séu-" 
vent: anasarqne généraleet souvent hydrôpf-' 
sie des grattf^es cavités. 

Telle est la marche qu'a suivie la scar- 
latine à Nantes» Elle â atteint indistinctement 
les enfans et les adultes, et plusieurs Pont eue' 
pour la seconde fois : au reste, nou^'ferons 
remarquer que quelques-uns n*ont pbrnf eu 
d'angine ni de gastro -entérite; que chez 



( I ) M . Bfious^is di t :. « L'^n^ijae #'es t priései^te^ qi^l;^-^ 
quefois avec l'inflammation scarlatine de la pç^au^^çjt. 
toujours , comme de raison, avec la gastro-entérite. 
Cbnst. jitmosph. , oct. i8a5 , p.. 3b4. >» 



( 352 ) 
quelques auf res , réraption -n*a fait que pa- 
ré^wm! raître et disparaître; que parmi ceux qui se 
sont exposés à Pair libre, sans que la scar-^ 
latine ait été jugée , il y a eu anasarque gé- 
nérale et tendance à Thydrot borax. Je me 
bornerai à en citer un seul exemple:: 

Mademoiselle S..., âgée de viùgt-six aûs, 
d'un tempérament sanguin, ressent un vio- 
lent mal de, gorge le 28 décembre 1 8^25, et 
. vient ce même jour ^me consulter : il y a 
fièvre^ déglutition difiScile et perte d'appé- 
tit» Je préviens la malade que la scarlattnei 
règne épidémiquement, et je lui recommande 
de garder la chambre et le lit^ s'il se mani- 
feste des taches rouges sur son corps ^ puis 
deme faire prévenir. Elle ne tient point compté 
de mes avis y quoique lés personnes qui Feii- 
tourent Tavertissent que son cou est très- 
rouge, ce Ce n'est rien, réppnd-elle; c'est le 
frotiejnent de ma collerette -qui en est la 
cause. 3» Et elle continue à aller et venir au 
.grand air ; mais elle, observe le régime doux ^ 
et fait usage des boissons délayantes que je 
lui avais prescrites. Le i5 janvier 1826, elle 
m'envoie chercher : elle était atteinte d'une 
anasarque générale , accompagée d'une toux 
sèche et très -répétée; il n'y avait point de 



( 353 ) 

rougeur à la langue, ni de douleur à Tépi- 
gastre ; il y avail de ïa fièvre, beaucoup d*op- régnantes, 
pression , coloration du visage , constipation , 
et les urines étaient rares et noirâtres (Pœ- 
dématie et des urines noires qui surviennent 
postérieureuQient à tia mal de gorge peuvent 
servira indiquer qu'ily a eu scarlatine). L-em* 
ploi du stéthoscope m'indiqua qu'il y avait 
déjà hydropisie de poitrine y et la percussion 
de Tabdomen me fit reconnaître la présence 
d'un certaine quantité de sérosité dans cette 
cavité. Je prescrivis à la malade de garder^ 
le lit, de faire diète, et de boire alternative- 
ment du bouillon de veau avec de la carotte 
et de la laitue, de la tisane d'orge et dé chien- 
dent édulcorée avec le sirop des cinq racines. 
Des lavemens de décoction de pariétaire fu- 
rent administrés pour détendre le ventre 5 Y 
des selles copieuses en furent la suite. Les 
urines devinrent au bout de quelques jours 
très-abondantes, et une sueur générale se 
déclara. Malgré ces évacuations salutaires , 
la fièvre continuait, et l'oppression semblait 
plutôt augmenter; le pouls était large et plein, 
et Pépoque menstruelle était encore éloignée. 
Je me déterminai , sans avoir égard au pré-* 
jugé qui éloigne deis émissions sanguines dans 
le traitement des hydropisies, à pratiquer 

T^^ de laCol.SB* deiat^Sér. Septemb^ ^ 



(354) ■ 
une saignée du bras(i)» Elle fut suivie d^un 
j^^Jfjllj^*** mieux très-mapqué , lia fièvre se calma; mAÎf^ 
Poppression, quoique moins forte, continuait : 
je prescrivis les pilules suivantes. La^ malade 
en prit une le matin et une le soir, vl Pulpis 
scillœ maritim. sij, pulçis fol. digitai. 
purpuT. 5S8, extracti taraxaci quantum 
salis utjîantpilulœ quarum singulagrana 
duo pondet. 

Peu de jours après Tusage de ce remède, 
les urines j qui étaient toujours noires^ coulé» 
rent très-abondammenf ; les règles parurent 
à époque fixe. Âpres quarante jours dç trair 
tement , la malade était entièrement rétablie , 
et ne s'écartait pas de son régime , qui était 
doux et humectant. 

Il existe dans notre pays une coutume qu-on 
n'observe point généralement dans les autres 



(i) Dans notre Mémoire sur Vhydrothorax et Thy^ 
dro—péricarde y couronné en 1820 par la sociëté de 
médecine de l'Eure, nous ayons rappelé les succëh 
obtenus par HiPPOCBATE , Gaubot et Gelsb, chex les 
anciens , et p^f Stoll^ Ba&^illon , Spon , MM. Itaad, 
B.0XER0. IsABEA.u « etc. , chez les modernes , de l'eiii* 
ploi de la saignée dans les bydropisies aiguës, à cau^d 
calidd. Un praticien d'^^j^év^ 9 ^* Chauffard ', 
d'Avignon , vient de publiéï* , par la voie de ce joni>f 
nal {cahier de février^ 1826), des observations d'as- 
cites fébrîldjc^ guéries par la saignée. . 



( 355 ) 

déparfemens circouvoîsins , et sur laquelle je 
suisbien aise d'appeler l'atfention : je veux par- régaanîci^' 
1er d^a quarantaine à laquelle on assujetfit 
les scarlafineux. Lorsqu'une personne a la 
scarlatine^ il lui est sévèrement enjoint dç 
garder la chambre , sans qu'elle puisse y re- 
cevoir le jtnoindre air extérieur : c'est une 
habitude tellement enracinée, que le médecin 
qui voudrait la rompre d'une manière vio- 
lente serait taxé de ridicule et d'ignorance. 
J'ai vu des personnes qui avaient eu la scar^ 
latine sortir iiQpunément de leur apparte- 
ment, même par un temps froid et humide , 
avant que les quarante jours de rigueur fus- 
sent écoulés , sans qu'il en résultât d'accidens^ 
comme aussi j'ai vu des malades qui avaient 
été atteints de cette fièvrç ne s'exposer à l'air 
libre qu'après soixante jours et être néau"* 
moins pris ^ peu de temps après, d'un hydro- 
thorax ou d'une hydrocéphale. Mais si nous 
prenons tant de précautions pour ne pas faire 
prendre trop tôt le grand air aux individus 
qui ont la scarlatine j^quç pensera-t-on donc 
de la pratique de? médecins anglais etnUç-» 
mandçde nos jours., qui , aussitôt que les taphe^ 
scarlatineuses paraissent , aspergent ieurs.tbâ^ 
lades d'eau froide? C'en serait fait de la rè- 
putation de celui qui, chez nous, en agirait 



( 356 ) 

ainsi. La quarantaine ne nous parait pas de ri- 
itaiantes.^ gueuT , puisque l'expérience a prouvé qu'a- 
vec les précautions voulues ^ il n'est oésulté 
aucun inconvénient de Tinobservance de celte 
pratique. Ainsi , foutes les fois que la mala- 
die aura été bénigne , qu'elle aura suivi une 
marche régulière, et que Fair sera chaud et 
sec y le malade pourra sortir de sa chambre 
au bout de douze ou quinze jours. 

Varicelles et varioles. La varicelle, dont 
les prodromes ont été absolument les mêmes 
que dans la vraie petite vérole (i) , n'a fait , 
comme de coutume, aucune victime. Elle a 
atteint indistinctement les individus qui l'a- 
vaient déjà éprouvée, ceux qui avaient eu la 
ipetite vérole, et ceux qui avaient été antérieu- 
rement vaccinés. Cette dernière circons- 
tance n'a pas manqué de servir de prétexte 



(i) Pour prononcer sur le vrai caractère de la ma- 
ladie, il a toujours fallu attendre ^ du moins dans le 
plus grand nombre de cas , que l'éruption fdt établie. 
Yoîci coniment s'exprime M. C. £. S. Gaultier de 
Claubey , cahier de septembre 1825 , de ce journal , 
p. agg. « Je me bornerai à faire observer que, depuis 
quelques années au moins , les phénomènes précur- 
seurs de la varicelle sont fréquemment très-violens^ 
c'est une chose sur laquelle j'ai trouvé un grand 
nombre de confrères d'accord. » 




(357) 
aux détracteurs de la vaccine pour la décré* 
diter de nouveau : mais, incapables de juger régnanûltr 
sainement des choses j ils confondent facile- 
ment les deux maladies qui ont entre elles 
des caractères de dissemblance qui n^échap- 
peut point aux esprits non prévenus (i). J^ai 
tâché de rassurer ceux qui avaient pu être 
ébranlés dans leur croyance en publiant dans; 
nos feuilles quotidiennes un tableau compa- 
ratif de la vraie et de la fausse petite vérole, 
suivi de quelques réflexions sur les avàii* 
tages de la vaccine, mises à la portée de toutes 
les intelligences. 

La variole, qui ^esï montrée en septem^ 
bre 1 8^5 , et qui continue , a malhe'ureùse- 
ment moissonné beaucoup dMndividus de tout 
âge et de tout sexe, principalement ceux qui 
étaient valétudinaires ; mais elle a respecté 
ceux qui avaient été dûment vaccinés^ et il 
a été facile de remarquer qu^elle a spéciale- 
ment exercé se^ ravages dans la basse classe » 
en général très-opposée à la vaccine , et for- 
tement imbue des préventions qu'on sW- 



(i) Voyez nos Réflexions sur la variole, etc. ( ca- 
hier de mar« 1826, de ce journal ) : ony dit, p. 3o4, 
que Jsif N£R était mort à Glascow , il faut lire Ber- 
keley. 



(358). 

« , ,.- force dMIe ver contre ce merveilleux pré- 
régqfMAïQs*; , servaiit. 

S^il 8'est réellement rencontré des cas où 
la vaccine, qui depuis vingt-cinq ans ne s'est 
p«3 démentie, se soit trouvée en défaut à 
Nantes > on peut répéter, avec M* le docteur 
GtfÂNTOUHELLE, que ilous n^avons trouvé au-* 
cim de eeft eas, si bien cacbés quand on leâ 
cfaerobe de bonne foi , et si multipliés qdand 
on les raconte. 

Pour nous , nou^ n'avons vu que deux cas 
de- vràfé petite vérole depuis le commence- 
ment c^e répidémie, chez der personnes qui 
avèrent bien été sounlises à la vaccination : 
mois'^ ebèiz Tune^ tes traces qu'elle a kissées 
nous ont paru être la suites d'tine fausse vàcci- 
tkë\ cbe2? Fautre , qui étaitr^re négresse , nous 
n'avons remarqué ^oun vestige de vaccine. 
Nous n'avons point observé, dansnotre pays, 
kl mialadie éruptive désigiiée sOus le nom; de 
i^imc»/oiV/^(i)(de^ario/^, Variole^ et de «ÏJ^of, 

-'(i) M. le docteur Pas^Calfs , censetn* dé la Facalté 
de médecine de New-York , etc. , m'a écrit , à la fin 
de 18^5 , que la variole , la varicelle et des varioloï- 
des* ouf régné aux États-Uftis cette même année , et 
fif^n ni'avait expédié un mémoire Imprimé sur ces 
trorsr nialla^f', lequel' mariheureusénrent ne m'est pas 
'parvenu. 



( 359 ) 
forme), et qui a été ;. très-bien décrite par 2 
M. C. E. S. Gaultier de Claubry et parle ré^£î.^' 
Tnédecid que je viens^de citer ( V. les cahiers 
de septembre et d'octobre iSaS, de ce Re- 
cueil.) .... 

Plusieurs personnes, près desquelles on 
aVâit répandu le bruit que la vaccine né pré- 
serverait que pour uo certain laps de temps 
dé la petite vérole, ont été revaccinées; Chez 
les utiès , et ça été le plus grand nombre ,- 
Tinselrtion du virus vacdn n'a été siiivie 
d'aucun résultat, et, chez les autrcfé, il n^y a 
e u .tpi'ttn& laus^e vadplne. 

Certes , te serait :très-fâchéux si la vaccîtie 
ne préservait pas de la variole, puisqa'il nous^: . 
faudrait revenir à rinoculation , doni 1^- 
dangers «sont aussi multipliés que les aVant^ 
ges de la vaccine sont nombreux. Espérons 
donc que la découverte de Jënner, qui n*en- 
tiràfne 'i éï? suTté âùciàir incdhvéniént, qcH*' 
n'e;x:ige aucun pénible sacrifice , continuera 
de préserver le monde de ce fléau destruc- 
teur . de la vie et de la beau té (1). . 



(:i)jVf. ]eyiçq^n^Xe jdlban'yde Villeneuve de Bqrg^, 
montyUoiTf pr^^çt jfçtuçi , dfont |a. sollicitude s'étend 
siirtoas le& «biet» congés ir son . adnimistr.atiQn » a 
rétabli le comit^j^.yat^cioe.ii J!^antes , etfiQ^ ^yws 



( 36o ) 

angines gangreneuses. UaDgine gan- 
T^ffoxkX»^ gréneuse, ou mal de gorge gangreneux, a" ré- 
gné, surfout dans nos campagnes, à la fia 
de 1 8^5. «Ten tends par angine gangreneuse 
cette inflammation suîgeneris essentiellement 
maligne, qui est rapide dans sa marche, qui 
^%\ épidémique, car on nepeutpas dire qu'elle 
soit contagieuse (i), et qui a pour symptô- 
mes principaux, la petitesse du pouls dès le 
début, la gène de la respiration^ la fétidité 
de rhaleine , la difiSculté d*'avaler, la pâleur 
et la bouffisure du visages, et en générai la 
prostration des forces ( Voy^ la note finale.^ 
Les auteurs, Fothergill en Angleterre 
surtout^ ont remarqué que les émissions s^u- 
guines accéléraient les progrès de Fangine 
gangreneuse (il est^ permis de penser que. 



r. ^ 



: f.r.l 



eu l'avantage d'être désigné par lui pour ,en<, faire 
partie, ^ :^,, 

(i) On doit entendre, avec M. Nacquart, par mala^ 
ladies contagieuses , toutes celles qui peuvent se com- 
muniquer par attouchement, par contact (tonto- 
gium)j et dont la cause réside dans le corps malade; 
et par maladies épidémîques, celles dont la cause est 
disséminée dans l'atmosphère; £>^aprëé cela , Tangine 
gangreneuse est plutôt épidénûqùe <^é coâtagiettsev' 
On peut en dik-e autant du crdtij[^.'yby. l'ahrticle Con- 
tagion "du Diei. dès Sciencèt médicale». ' < i 



( 36i ) 
si Ton pouvait saigner dès Tinvasion de la ^^^r^f^ 
maladie , on n'aurait j>oint à s'en repentir ); régnantes. . 
qae les rafraîchissans diminuaient les forces 
vitales déjà trop affaiblies, et que les pur- 
gatifs augmentaient la fluxion. 

'A Nantes , les vésicatoires , les saignées par 
la I^iicette, Tâpplication des sangsues à la 
gorge, ont été nuisibles comme en 1820, 
époque où cette maladie tua beaucoup d'eki-* 
fans. Les vomitifs <]o&nés avec ménagemcmt, 
une petite quantité de vin ajouté aux bois*' 
sons y les acides minéraux, préférables alors 
aux acides végétaux , et les amers, le quin* 
quina en première ligne; voilà ce que Tex^ 
périence a appris de plus rationnel sur le 
traitenient qu'il convient d'employer contre > 
l'angine gaj>^réneuse. * 

Gastro^entérîtes. Les gastro-entérites ont 
été très-communes dans notre ville et daûs 
les canq)agnes environnantes, surtout parmi 
les petits enfans , et spécialement parmi ceux 
qui étaient élevés au biberon, et nourris ex- 
clusivement de lait de vache; elles ont régné 
pendant les mois de juin , juillet et août iSaS, 
marqués, comme nous l'avons dit plus haut, 
par une grande sécheresse. 

, Les principaux symptômes de cette mala- 
die étaient la rougeur de la langue, des vû- 



( W^ ) 

missèmens de liiatièi'^s yerdâfr^s ^ des di^&c-^ 
j^JJ^f*^*.ti6Qsalvines,btanchâtresj porfacées, fétideâf 
et la plupart dii temps safiguitioleiîtés, L/ors^ 
' que la terminaison était funeste ^' elle s^an*« 
nonçait par l'aUératiën des fraitsy par titie^ 
soif difficile à calmer, par la petiteste^u 
pouls ^ par le météorisime du ventre > et parr 
une diarrhée colliquatiVé ^ d'iiike "odeur ça^' 
davéteuse. ) - • 

. La, diète , mais ^urtoiit la su|>pFessio1i .-dii 
lait d^ yacbe , Tapplicalidn des sangsues BWt 
rabdoméii ou au pourioUr de l^ahùs , les Ipoâs* 
soji^ adoucissantes (eau . de gruau y eàù gom*- 
m^use^^ eau*paiinée »* édtilcorées avec le. aè-^ 
rop de guimauve, eau de veau ou de poulet) ; 
les boissons acidulés ( orangèad'e^ gelée ^de 
groseilles débattue dans T^an ) , maès;' quS 
n'ont pu être coniinuéèa<chê!^ ton» èeà mala- 
des^ parc0 qu'elles senïblaieat augmeaiet Fdi 
déjections alvines ; les. sinapismes^ les.vési^^ 
catoiréarvoiaas sur Tabdomen, les JaVl^nfeoy 
amjl^tçésj quelquefois avecvadditioix d^tiD 
légère décoction dé pavots bianès ou<de ijuelf 
q^iesi rg^uttes de jaud^^oi^ni; tels orit::é:téi ira 
nK>yf1ns.. (|ae j'ai mis en usage. Lorsqu-e Tir-^ 
ritation avait cédé, et que la diarrhée pecr- 
sistai<(y je faisais administrer avec beaucoup 
d'avantage des deimi^'laveuteas d'èau dànsiai^ 



( 563 ) 

quelle on délayait un demi gros de Télec- 
tuaire philonium romanum; le laudanum ^^^^^ 
liquide de Sydënham administré dans un 
véhicule convenable, par la bouche, a été 
peu utile. Il faut être bien réservé sur rem- 
ploi de ce médicament dans la médecine in-* 
fantile. Il ttie les enfans en bas âge , même à 
une faible dose ; et on ne doit jamais oublier 
que douze gouttes de laudanum contiennent 
un grain d^ opium , ce* qui est plus que suf- 
fisant pour faire périr un enfant de quelque^ 
mois. Ensuite il est bon de faire observet 
que ce remède est un excitant dans les in^ 
flammations franches, parce quMl suàpend 
ordinairement les évacuations. 

Hydrocéphales aiguës. Les hydrocépha^ 
Les aiguës se moûtréat assez souvent à Nantes 
et d^une n^anière fâcheuse* Elles atteignant 
le pins .ordinairement les^enfans pendant les 
efforts de la dentition: on leur a opposé, 
avec plus ou moins de succès, les émissions 
sanguines générales , les Sangsues derrière tes 
oreilles, les révulsifs aux pieds, l'applica- 
fîon de la glacp aur la Xèie , les anti - pblo^ 
gistîques. Chez un enfant , Tincisiofl des gepr. 
cives ^ en permettant la sortie de pJusieui^ 
denfs, a eu mi résultat trèg-sàvantageîix ; chear 
un autre, la maladie offrait fe soir dèsre- 



(564) 
doublemens , marqués par un refroidissement 
i^aotes. général , a été combattue avec un plein suc- 
cès par Tadministration, pendant trois jours, 
d^un lavement composé comme suit : décoc- 
tion de deux gros de kinkina jaune en pon- 
dre dans un verre d'eau y auquel on a a jonté 
un gros d^assa-fœlida dissous par Pintermède 
d'un jaune d'œuf et trente-six gouttes d'éther 
sulfurique (i). 

Lorsqu'au étudiant en médecine sort de 
dessus les bancs, et qu'il s'est bien pénétré 
de ses auteurs, il se croit eu état de pouvoir 
traiter toutes les maladies , dès qu'il débute 
dans la pratique ; mais combien il en est au- 
trement ! En effet, on ne peut s'identifier 
réellement avec la science pratique qu'auJit 
des malades ; c'est là qu'il faut , pour l'en- 
seigner comme pour l'apprendre, appor- 
ter un tact, une justesse de coup-d'œil, 
une sorte d'instinct qui tient à une disposi- 



(i) J'ai lu et relu , avec bien du plaisir et avec 
fruit , le mémoire couronné de M. Elie Gintrac , 
médecin à Bordeaux , sur les signes de la fîëvre cé- 
rébrale , et sur ceux que détermine la présence des 
▼ers dans les voies digestives. Voy. le cahier cTocto- 
brif i8a5 de ce jonrnal. 



( 365 ) 

tîon innée et à laquelle l'érudition* ne peut 

I . Maladies 

suppléer. régnatJtès. 

Voici un fait dont î'ai été témoin. 

Un enfant es\ frappé d^assoupissement : 
un jeune médecin croit voir une hydrocé^ 
pfaale^ et accumule derrière les oreilles une 
telle quantité de sangsues que le malade est 
bientôt atteint d'une grande faiblesse. Les pa- 
rens en sont alarmés; ils font au médecin des 
observations sur la quantité de sang que 
Ténfant a perdue, w Laissez-le couler, répond- 
il , rien autre chose que les sangsues ne pour- 
ra dompter cette fâcheuse maladie.» L^enfant 
succombe exsangue quelques heures après. 

Écoutons M. Broussais : « Lorsque Thé- 
morrhagie des saqgsues persiste malgré Tétat 
de syncope ou d'asphyxie, on doit arrêter le 
sang y. surtout chez les jeunes enfans qui sont 
les plus exposés à mourir d'hémorrhagie , 
et qui y pour cela , exigent une surveillance 
particulière. ( Proposition cccxxxîj ). » 

Nous avons, dans plus d'une occasion, été 
fort embarrassé pour arrêter le sang qui cou- 
lait par des piqûres de sangsues faites sur les 
membres abdominaux, au haut des cuisses 
surtout, où il est si diflBcile d'établir une com- 
pression durable, chez des enfans en convul- 
sion et chez des femmes prises d'accès hys- 



( 366 ) 
tériques.Ce qui nous a le mieux réussi en pareil 

rteiantes. ^^^f ^'®^* "^ tampon de coton en poil saupou- 
dré de vitriol bleu (sulfata de cuivre), appli- 
qué sur la piqûre, et maintenu au moyen d'une 
compresse épaisse et d'une bande roulée. 

Inflammations gengimles non scorbut- 
tiques. Les inflammations gengivales ont été 
très-communes; elles ont nécessité les émis- 
sions sanguines, mais générales^ parce qu'elles 
soulagent promptement. Cest une pfiection à 
laquelle on ne peut guère opposer les sang- 
sues , quand on veut les appliquer près du 
siège du mal. La diète, les boissons délayan- 
tes, les pédiluves irritans, les gargarismes 
d'eau et de lait chaud ont constitué le trai- 
tement. ^ 

QuMl nous soit permis de terminer QOtre 
travail par quelques réflexions sur les mala- 
dies anomales, tant médicales que chirurgi- 
cales , qui se sont offertes dans notre pratique 
pendant les années 1834 Qt 1826, 

Syphilis* Dans le cours des deux années 
dont nous avons essayé de tracer la consti- 
tution médicale, nous avoua eu a traiter un 
nombre plus considérable de ni^ladies vé-^ 
nériennes que dans les années précédentes. 

On a beau affirmer ce que le virus syphi- 
litique n'est qu'un être, imaginaire ; qu'il esi 



( 367 ) 
un produit informe de l'imagination , et que 
rinfectîon de Téconomie par cet être mysté- , Maladies 

. . , j . régnantes. 

rieux est une hypothèse^ ridicule , démontrée 
fausse par Fobsçrvation , » on n'en continuera 
pas moins à regarder les accidens syphiliti- 
ques comme dépendant d^une modif^catioii 
pathologique sut generis , contre laquelle 
la médecine possède un spécifique pré- 
cieux. 

Eh quoi! Frascato?, Astruc, Hunter, 
NisBET, Gardane^ Petrilhe, Swédiaur, 

CULLERJER, ÇAPURON , LaGNEAU , BeRTIN , 

Fr^teau, vous seriez-voù^ donc trompés? 
Vos ouvrages, sur la maladie vénérienne ne 
seraient-ijs donc qu'un produit fantastique 
de votre imagination ? Loin de nous dis 
pareilles idées; car nous avons vu aussi les 
ravages de cette maladie terrible , contre fa"- 
quelle Ton déclamera long-temps avant que 
les boi^s çsprils cessent d'y croire. 

Qu'on nous dise que la syphilis exige, 
dans bien des cas, le traitement antiphlpgis^ 
tique, rien de npiievix : mais quand on vou*- 
dra en nier l'existence, et ^énoncer au spé-r 
cifique connu, c'est ce qui nous paraîtra ex- 
traordinaire. 

Rupture du tendon â Achille. Un mari- 
nier qui ayait eu le tepcjon d'Achille droit 



( 3680 
coupé par une erminette ^ il y a plus de douze 
régnantes, ^^^y s^étaît bien frouvé des soins que lui avait 
administrés feu M. Mirault, savant chirur- 
gien d^Angërs. Au jour du Mardi gras derr 
nier^ étant à Nantes, et se livrant à la danse 
avec plusieurs de ses camarades, il reçoit un 
violent coup de pied dirigé sur le tendon 
d^Achille de la jambe gauche pendant qn^elle 
était tendue ; il éprouve une vive doulenr » 
entend un fort craquement, et tombé : tout 
cela' fut l'affaire d'un instant. Appelé peu de 
temps après cet événement, fappli(|iiai iin 
appareil convenable. Mais' des ami^ vinrent 
voir le malade, et le déterminèrent à aller se 
faire traiter parle bourreau : il y' Ait con- 
duit sur un cheval. Le rhàbiflêiif'lni^dit: 
(c Votre chirurgien a eu bien raison c^e vous 
dire que votre tendron était rompu. » Puis 
il lui tirailla la jambe, et appliqua, après Ta- 
voir frotté de mumie, un bandage roulé et 
fortement serré. Enfin il se fit bien payer. 
Le lendemain, je m^aperçus que mon ma- 
lade, dont j'avais la confiance, ne répondait 
point avec franchise è mes questions; et il fî« 
nit par me raconter ce que je viens de rap- 
porter. Je parvins à le désabuser, et à le dé- 
terminer à se rendre de suite dans sob pays 
( AngcTs), où il reçut les soins éclairés d'nn 



C 56g ) 
médecin digne de ce nom. Mainlenanf il peut ^^^^^ 
garder la sfalion debout. Quand le cbarlala- régnrtiie».''* 
Tiisme cessera-t-îl donc d'abuser de la crédu- 
lité di* peuple? 

Fracture de Vos maxillaire inférieur. 
J'ai vu un cas de fracliire de la mâcboire 
inférieure à sa parlïe moyenne, ou au lieu 
correspondant à sa symphyse, qui avait été 
déterminé par un coup de pied de cheval. 
Il est nécessaire de dire aux jeunes chirur- 
giens que celte solution peut avoir lien , parce 
qu'un professeur d'une haule renommée 
(M. BoYEB ) nie qu'elle pui,sse s'effectuer, et 
parce que, si, comme l'a dit uu écrivain cé- 
lèbre, les erreurs d'hommes ordinaires 'sont 
sans conséquence , celles des grands hommes 
ont une autorité imposante, qui écarte pour 
long-temps des roules de la vérité ceux qai 
les prennent pour guides. II serait donc fâ- 
cheux de ne pas vouloir admellre la possi- 
bilité de la fracture de l'os tnaxîllatre infé- 
rieur au point correspondant .\ sa symphyse; 
car si on abundonnail à elle-même une sem- 
blable fracture, il en résulterait, comme je 
l'ai vu, pendant mon internat à PHôlel-Dieu 
de Nantes, chez une femme, un chevauche^ 
ment des pièces de l'os fracluré, et (e ma- 
', réduit à une masiicilion imparfaite, 
)6 de la Coi. 35' de ta a' Sér. Septemb. 2^ 



Malsdit 
régaantes- 



I 



> 



c 570 ) 

; serait espo.sc à des accidiîiis ultérîenrs pré- 
' judiciables. 

Pour favoriser la coosolidalion dff laTrac- 
turo de l'os maxillaire inférieur, il faut tenir 
rapprochées les deux mâclioires au moyen 
d'un bandage convenable ; et lorsqu'elle n'est 
pas accompagnée de l'arrachement d'une ou 
de plusieurs dents, il faut prendre le parlî 
d'enlever un ou deux de ces os sur le côlé , s'il 
n'en manque pas au malade, afin d'avoir la 
facilité d'introduire dans la bouche de ce 
dernier le bec d'un biberon, au moyen du- 
quel il pourra prendre des boissons nourris- 
santes. 

Danse de Saint-Guy. J'ai fait disparaître 
une chorée développée cbez un enfant ro- 
buste j 9U moyen [des bains entiers presque 
froids, et de trois applications de sangsues 
(dix-huit à chaque fois) sur la région épi- 
gastrique. On ignore quel est le siège de la 
danse de Saiut-Gny; mais la rougeur de la 
langue, qui éfait lancéolée, les douleurs qui 
se faisaient sentir daus le bas-ventre, ont dû 
me déterminer à appliquer de préférence les 
sangsues sur cette partie. Si mon malade , 
qui élail âgé de dix ans, n'eût pas offert tous 
les signes d'une exaltation bien prononcée 
des,/9r<îfiï^f!4e^fc4P.A'^W^s.pa3 hésité à lui 



( 371 ) 
prescrire les pilules de M. Merat, qui m'ont 
été fort utiles dans deux autres cas de cho'rée régoauies?* 
( Voy. le cahier de juin 1824 ^^ ^® recueil.) 
Lorsque la mélhode antiphlogistique , à Taide 
de laquelle on pourra toujours, sînou gué- 
rir, du moins pallier les maladies en général, 
ne réussit pas, ou n'est pas applicable, il me 
semble que l'on peut tenter Fèmploî xîes re- 
mèdes dont Pefficacité a été sanctionnée par 
rexpérîetice. 

Cancer au sein. J'ai opéré deux canceçs 
au sein chez deux filles nubiles. L'emploi în^ 
fructueux des* saignées, des sangsue^ sur 1k 
tumeur, du suc de carottes rouges, à la dose 
d'un demi* verre par Jour, et dont j'avais ob- 
tenu des résultats contre cette maladie; clq 
l'application, en forme de cataplasmes, d^ 
la râpure de cette racine, puis de l'iode à 
l'intérieur et en frictions sur le seîn, m'a (dé- 
terminé à recourir à ranrpàtafion de cette 
partie, parce que des douleurs commen-^ 
çaient à s'y i faire sentir. Mes deux opérées 
sont à merveîHev Je pourrais t^îter un grand 
nombre de personnes aiixqaelles ce moyen 
extrême a conservé la vie. Il est donc fâr 
cheux que des médecins , d'arlïeurs éclaîré^i 
s'élèvent < qontre cette opération salutaire^, 
qui est souvent, quoi qu^ls en disent, l'uni- 



-== qne ressource pour conserver l'exislepce des 

régnatiieft. personnes atteintes de cancer , et pour lés sous- 

Iraire souvent à une mort cruelle. 

Hernie étranglée. J'ai jprafîqùé , avec 
succès, ropératîon d'une hernie inguinale 
étranglée depuis six jours ( Voy. lé n*. dé 
jcinyîer 1826 Y, et quoique faîe (a certitude 
que rien n'aurait pii faire renlrèr les parties 
çpj-ties, j aUr^is pu cependant recourir a un 
jpaoyenque M. Valentin^ de Nahcyi dont la 
correspondance m est si utile? et si précieuse, 
a.recommaridé* et employé' avec âVàntâge , 
^nsi que plusieurs autres ùiédecîns : j[e veux 
parlerdésapjplicalionsd'éther a grandes doses 
sur la^ tumeur herniaire. (^Vdyl'Ta note dé la 
i57*. page de son Mémoire concernant les 

■^ F'» î. •■'■¥•.■ 9:..'; , •. / ■ -, 

bçm effets du^cautère actuel. ) 

■ ' . ' j î , .' Il ^ ■ * jj ■ i -■» '• 

maladie bleue. On doit entendre, en mé- 



f t \*:'A l. 



decine, par maladie bleue où cyanose , cette 
maladie qui consiste' dans la tioh-oblitératioD 
dii trou de Botal, et qui s^accbmpagne dVne 
coloration bleuâtro de la peau. Cette faute 
organique , qu on me passe I expression, qm 
donne lîêu à"ùn tyouT)re "pèrmaiiélî^^ la 

cîreulàfioti des fluides sanguin», ne doit point 
êfre' ièônfondtié' èfvefé fës càV^'de maladies 
accîden telles'" aùxqiîenes ' vrètff^^éb ^jdïndre 
celle disposition de rorgane cutané ; et c est 



(375) 
avec juste raison que Corvisart a reproché ^^=^^ 
aux auteurs d.^avoir mal à propos^ et trop régnantes, 
précipifammeut, donné le nom d^zctère ble^ 
on maladif bleue à ce phénomènede cola- 
ration qui^ dans tous les cas, nVst que U 
symptôme d'un désordre grave dans l'appât 
reil circulatoire sanguin. Il est doi^c bie^-ii9«> 
portant^; dans la pratique, de dislingGrQi::^si 
I^ cyanose est originelle çiv acquise y p9r<^ 
quVlçrs le médecin saura sMl doit rester siçri^^ 
pie spectateur 5 ou s'il doit aider la nature. 
Beaucoup d'auteurs (i) ont pensé qi^e les 
individus affectés de^ cyanose ne pou^c^ieiit 
atteindre l'âge de la puberté» Les detix/oV' 
servations.suivaotes sont cependant la preuV^ 
du contraire.^ \ ... r^ . 

. La première m*a été fournie par mon ^tp} 
le doçleur Bi^sssnil de Nanties, çhirujfgiéqr 
ma jor à bord de la frégate 1^ ^héfis , sorfie di| 
port de Brest , le 2 mars 1824,, pour fai;:^ç le 
tour du Monde y et dont le voyage n'es! pas 
encore terminé. . . 

. François Vaicard de Lorient (Morbihan), 

• • ■. • \ 

■' ■ '■' ' ?^ ■ ' ! 'l! . ■ .1 ' ■ . ■ ' 

l 

(i)' Jcr regrette de n'avoir pas à ma dispositioir un 
ouvrage ex 'pr(^esso de M. Gintrac, de Bordeaux , 
sor la noialadie bleue , et qui a mérité à ce midecin 
des ^loges dc[ la part du i^diide'^ay^nt. 



(374) 

âgé de dix-neuf ans, taille d'un mèfre soixanfe- 
régnantes. ' Cinq centimèfres (cinq pieds deux pouces), 
nies cheveux tirant sur le rouge, quelques 
éphélides sur le con , et sur la face quelques 
fracês'de la pèfîte vérbfe. Sa peau est d'un 
blatte légèrèbiynt' Weifâft^é , ses yétix solit 
tWnc;lk bbfii^' 'èè\ a*un''blMa ftléuâtre, la 
pupille est granrfemèttt "dilaféè'j il a peu 
dfetteîbv^ï-fè'nei esféquîNn. Sèslèv^fes sont 
Me#«¥f*î ïéB'gWéivé^; la Idtigue fet' le pa- 
l^sf li^l'fîciplént dé cette cdtrleûï*; tes' batte- 
tiiërii'»és^(&iWdaï^btfde^)(e* lâ7i^eiif^é]^er- 
«*«iià)ftià pîirtrè»*slipérieàri^ tfif "sféhilim ; 
emttPhsk tedsclétf •«éVrio-cl^ï(î6iiiià3t&iMîens. 
mtôM ^ràW*;^'îi6bbtt)néy'*ai^èfc^^^" du 
cœur,'ét an nombre de quàtrè-Vîfaè^-Mxpar 
tûiArîfè%i ftïàis ih offrent, db Ûix'M dfx pul- 
sdffidflsf/iikiéîbfëhnittëtice marquée. iA res- 
pîrêrtîôn^sfrîftit -librement, et Vàldifd^peut 
se liVrerA^lâ 'tiéé^ë sàbs'' ^rcràv^ âe suf- 
focrfftbti. n éàt '^rfofe tfcWrrirtrtitfi* par tmfe 
céphalalgie qu?oécupè*ttmfè^W "tête*. 11 a 
conrfWnitféW jèiiPd»tia*6Att à^ipftfl^îifesïbtic. 
tiens «digestî*^ jdéîsàeiïï de totrfè-leur inté- 
grité, La prtrbertâ a eu lieu ^ sèiie ans. L'ap- 
pareil génital ulpffirê rien de particulier. Le 
système -lùQsëùhiire est bien porononcé. Les 
cuisses et lei^ jâfâibéft Wttt eôûverfés -de ver- 



M«ladi< 



(575) 

gelures semblables à celles qu'on remarque 
chez les femmes qui font usage de chanfib- j^JJJJJJÎ^, 
retfes. Vaicard dit avoir to|!k jours eu cette 
disposition, et rapporte la couleur bleue de 
sou corps ^ qui existait à rio^^tant de sa nais- 
sance, à una grande frayeur que sa mère 
éprouva ^ ét^nï grosse de lui y ^n, voyant deux 
soldats se battre en duel. .. 

Naqine .ÇharroO; , âgée ,de vingt ans, née 
de parens s^ins 9 ay^nt plusieurs £:ères et 
sœurs bijeiji portaps^ a^ depuis qu^elUr^t^fi 
moode^^ une (^te violette approcb^utt-du 
bleu jsn^jQut le x;orp$« Ell^,^ été nourïî^fwr 
sa mère pçf^ant di^-bult 91013, ><i é}é veiocinée 
à râg(^^de,/3U^lquesn)ois,|(, et a^ei^^ à dos^ épo- 
ques plus on moyis éloignées , une forte y^ 
ricelle^ une scarlatine avec ^esquaxvMlliipn 
générale ^ et une^rougeole.- Se^ lûe^^lrttfiiiiont 
paru/à, qjqiaiQr^^e aps el^ deHQÎ ^^«las qu'eU^.en 
ait re.^enti,,}fi i^oini^^ iucQmpiadîfé^ 6t;fu^ 
qu^à cettq épj^qil^^ s^ ^^f^ ««^ toujours .. été 
bonne. Ce fut ver$ le i5 novembre 1 82;^ que , 
passant, ayftc,^. do.^t/^iic^l^^sçjfjjh, ,près de 
la demeure,, dp pett^j jçijipe, pç;|r^ti¥ie» Uqus 
fûmes frappés de sa physionq^i^^ .et iM>us 
nous déterminâmes ,, à l>b9«J«r.,^Sy«\Spous 
permit ^ avec cqmpl^jsaïKje f^^^XefLs^miuej:^ 
et sa uièi:ç,:^oulut bjeja upjjfj^.çlQnneç les j^srl^ 



(576) 
BP 'seigoem^Ds ri^d^sstis. Voici tce que nous re- 

')'\dStaPe^té^uràUcotps. Teiti^B bteuâtrt 
'fbncéé de tobt 1» f^è^j^/^ilîadp&iêitiefil pen- 
•4ânt les gcaiidtBicliBhBimla oq lés^ands froids, 
nânssurtotthlifilèi^reb efidé^la ticHméebpaqaés. 
jiiei^idiij^vâeiK fmaiiis^^^ônl^t jatigesr et l^ecoùr- 
bés; le dessous! jesitiiûirdKaaipemenl^'^^^ 
']yé2(to!éÉDitéi<ihrtr)dm^ âst.'t^aixfiée;::arroiidie 

ipbiilibDilde»^^4à^Ei^^' eal^Ia/irneine^a^'cSne 
(dèa^^iÉiniAd ' J^i dèfcpi'^ \ inafgti9>^'aà:ibu è^ im- 
IMpftetoti; m iàte ti u h fei^ ne sÉSL^Iai^mpofttbVoii^. 
èaÉ$ai( éi^ ia^^isiimMfi)^^ pe^ 

-sont ddDstammetittumtihiieux, ëtfçîms foris 
.ajjiiè^JerflirftéidS'e^TO ^ '^''^'[ '"' 

^fl^Mf'tfl» A^>^i;9ft'to]f^^ lente, 

mafti aM^ff^lifeffé^^âafrà^fa^j 
l^ible^étti'eiitfôttiàit^ ,^('3tetitôf K» soir. 
> *!>iÉtaP des fomiùm^ digâsHi^ek /LVppéUt 

^Mittbb^ypyfyst.t9pati ptr^fcmff; éHe est 
ton\omB''fAétée»bhfi:<^ssdà^ est 

' '^^aèêaii^énl^^ /qui 

se'«ae«tt<^abliiM7ét^.l?Ag^ ds i^qb^fise lâos et 
dedii). rofiff été)eââQUèMè*€tr,tleib}dioodantes 



(377) 

jusqu'à dix-huit ansj depuis lors, ®''®^^'^^^* ^^JSP 

eu Keu qi^e de six erusbd seniainés., pni^ que %»H?f^. 
-dé trois en trois moi^i ce deran^emehtifl .pïK*- 
-duil de Tagkatioiî, ^surtout ièBoir.^ La fièvre 

semble exister la noit^iaif malade '^éproaiira an 
^i«ifo6idis«€?tneiit ?géiiétalrilowqu*e|te^^seiicbn- 
>cfae , et 'd9^^Afr::èiiimite> |rès^»^9an«9^ tt ^^a 
4ttucbrrhé«r:pnMk]fii!e'iybîtli^ie^ ^ ♦< 

:iiin£)i^ ësf^ttèe^itigw^^^ët tei*rir««tS 

-sdoiâéi: ftoài^ V loûlonr^ ^:éssi^'etmlégaéb 

'q«e !|>00Ei|]Mîo^ 

un pétt^'^Ote^fttlM 6^^^^^^ 

aux cartes. .- . .r^Jftm^y'AiHy 

tneaoënieiltâ&'Miiéa 182& ^^NlM^^«W^ 
iiSatbde'^t^tl3Çàtf'^d0)s<sé(M^ibflb«^ 

^^Pl .^919^ J^^. /?Ll BPÎP*: faite > Uanine>ai anit 
toujours été considérée comm^ayanl'àn^aiié* 

nous éloignait tout-à-fait de cetti|kaaée;f Jkit 
été siqgn}iteets^9t;çoiiti;;at^é.d^^^ 
qui m7a etafîM^é ife i/as&isteridiiû»isQd;qA0r^ 
niera mcMiibi»; j91ai»éaBiîiof|fn^c^ Bi»ÎNl«vra 



tes 

'1 



( 38o ) 
TeafaDt vît ; nue nxième posilioo de la face: 

iiwaMir* ^^^^^^^9 amené par les pieds en premiers 
position^ a yéca; nne sxiéme positioa de» 
pieds : I orsqne les douleurs eurent snfiSsam- 
ment dilaté le col de Totérus, Fenfant fat 
amené en première position des pieds , et a 
▼éca; une quatiièmepoûtion de$ pieds : après 
racçottchement f une perla épouvantable eut 
IJeu ; elle fut suspendue au moyen des titil- 
latipos-^fâîlep ayçe la maiu dans i-infârienr de 
ToFgane utérin ( de tons ha moyens upugînés 
pouF arrétec, une bénimirof^îe .fon^^ 

Jlntérmioniifé^ duw Tineirtie ^ çlj^i W plus ex- 



qylfity^ ll|»«g,eja malade,.- avec de .Uf^u sor- 
t^iil.dji^ptt^); une.pQifitiQn dil^cdté: l'jBnfaat 
pfjése^.^it le.kira^ gauche^Ha été am^epé par 
!^-t/,pi?d%>«tt« yécu.^i|i]i açcxxuphçmeift qiy a 
ei^, ^ei^. à s^t vosm : to.plw^ota^ qui pétait 
t/i^lfr^i^^iii^x , .^it jWMP^Çtf ^"'^^*®: 9°^ 
uté^n; Çf^^f^vi\^ .xn}fi^J^.^ùn h pocbe. de^ 
eatxXy Je pjed di^it du. fo&f us faisant saillir le 
plao^ ptOj je p én é tr ai 'iw i e o lia ma in^â^^gavegs 
la substajûtjce de ce corps spouçieux, ^IJ'f^"* 
ipçftiil]^f fifi«»t ^o^^ ï^ ôÎKiémiJ positîdu^çff s 

accident^ <MQl»4âr^ <i«j^^ 



( 38ï ) 
nos législateurs en accoùchem^ns) ; [une pre- 
mière position des pieds, Fenfant a vécu; régnâmes?^ 
une première position des fesses : Tenfanf est , 
vénti vivant ; une deuxième position du ver- 
tex : dans cet accouchei3uenty.che2 une jeune 
femme dont' rimagination était tellement 
montée, qu'elle s^^taiteonfeirtë^ et aurait 'fiîif 
son testament^quetefctea fours avant ^ d^con« 
vnisions viuréift entraver le travail :'Lôr6^^ 
}e col utérin ftit ksàe'i élâVgi ^ tm ^k»ça1<âv^b^ 
che des eaut pimnéidiatément Bptèi^ytitffl4lA^k 
vainement^ la'Tidrsiûâ «Je VeQfeiti(;»Bb 6ë'*^ 
fut cfti^aptè» plusieurs essais de ^Pvftpf^ldiskiQn 
du fortjepÏB^^^ Pâicic^Mîchettiierrt 
Tout s«' pa«sai# biett vers l^iitét^si^ elHiI^MI 
satisfaisant de raccouohée fai^if^jâdjà^^H 
blier aux à^islaos les dangers ^ar4ltè(>aMëît 
courus; maisdf* hbutfelleçcoii<<rb!i^èniigëî«iil^ 
niféStêi?eo t ; *fet» la iftorf eut Ifeu VîngNf (Jafré 
heures' après ^ tnatgrë^ Vempioiqfhsr- itt^^étts 
les plus énei^qli^s (■^kigni^^iWêêiê^hAiés 
aux jambes /îsiniipiimci^ «gar 4ès ttttHill^rëî làb- 
domîtiait* j ^étotf' iâlii driJ ^ <àp[)lfeâft)afe o-^fW- 
géranfes^scirJ» téteyitevèqaiënrsîvêô Jîîîi$i^,ife^ 
tida et Péliier cttMfrtiïitpie );> ïfeë^ofôltedg^^èst 

d'une ù6t)imi5rii($a^^;^iéralèdw ^^vliôSèJ^fèS. 
SaignéeideB^gcnoMês Çidtoptlftnaèud&Jgàriie 



-( 582 ) 

ë 

•. , ,. ^^ P^"^ sinapîsé très-chaud sur Iç bas-ventre 
Tégnaotes. et la vulve : amélioration. Une seconde con- 
vulsion se manifeste une demi-heure après. 
Safgnée de huit onces :. calme parfait; au 
cune suite fâcheuse n'a eu lieu. 

Sur ce nombre d'accouchemens, le for- 
ceps a été appligu^ dix-neuf fois, soit à cause 
du rétrécissement du bassin, soit à cause du 
volume de la \è^Q de Tenfant : quatre enfans 
seulement ont succombé* Dan$ un de ces cas . 

la pointe du coccix offrait ijine a^illie de plu-» 

»r ''■■•■'■'■'? ■* '* -^ ^M-T r^* r * 

sieurs lignes';, et s'opposait au mouyement de 
rotation de la tête de Tenfant. . 

Un enfant venu à sept mois a vécu : une 
môle du volume du poing, et contenue eu 
même temps gue lui dans Tutérus, 9 été ex- 
pulsée trois jours après Faccouchement par 
}es seules forces de la nature. 

Un avprtement a eu Jieu à quatre mois et 
demi de grossisse. Le fœtus^ qui était du sexe 
masculin p a vécu pips ,(^e quarante-*, huit 
heures. ,, , î .,.. . 

J*aî observé un cas de çéjrpversion de l'u- 
tcrus au quatrième moi^. ide^ grossesse. Cet 
accident j assez rare . avait été déterminé par 
nue grande frayeur... L'orgape U;léria a été 
riduit , et la gjro^s.es8^ , ^, .pcjpt jiiu^^.?ii8 orage. 

9f p*'.5?»gipi9?Àf^?wî^^« .?l'^ S-'®" p!°- 



( 385 ) 

* 

sieurs anses du cordon ombilical entraînées 
par les efiux dç Tamnios dans l'excavation du yé^^^Btes.^* 
bassin. Elles ont été 'repoussées dans Futérus^ 
et j^ai amené les enFans par les pieds ; ils sont 
vivans. Dans deux autres cas, les enfans étant 
venus dans un état d^asphyxie, j^ai eu à. me 
féliciter d*avoîr conservé l'intégrité du cor- 
don ombilical jusqu'à ce qu'ils eussent donné 
signe de vie. 

Un enfant venu à huit mois a vécu douze 
fours. Chez une dame, dont le premier ac- 
couchement avait été suivi d'un renversement 
complet dePutérus^ ua second accouche- 
ment a été heureux. Une femme, dont le 
bassin était très-vicié, comme mon ami le 
docteur Marchàno s*én était assuré^ eat ac- 
couchée À terme et presque seule d'un en- 
fant mort, sans doute depuis long-temps; car^ 
heureusement pour elle, il était tout putréfié. 
La poche des eaux ne s'ouvrit point, et tout 
le produit de la conception sortit en même 
temps sous forme d'une longue andouille. 
Lorsque nous arrivâmes , Taccouchement 
était presque terminé. 

Les: cataractes sont assez communes è 
Nantes; maïs che» les vieillards. Des deqx 
méthodes de traitement employées po.ijr 
faire disparaître cette maladie fâcheuse;I*èk- 






C 584 ) 
J- t-s traction est la seule mise en tisage. C'est aux 
fjgngnïgj"^ talens reconnus de M. DABBEFEurtLE , chi- 
rurgien en ehefde l'Hôfel-Dieii, auquel nous 
sommes redevable d'uue parlie de noire ins- 
truction, et de M. DuVALj oculiste à Argen- 
tan , que la pitiparJ de nos conciloyens doi- 
vent l'inestimable bienfait d'avoir recouvré 
la vne. 

J'ai traité plusieurs vieux ulcères des jam- 
bes par le régime, le repos, la situation ho- 
rizoDfaleef la compression. Dans un cas, on 
avait fait une application de sangsues aux 
alentours de la solution de continuité, qui 
était bien enflammée, mais qui se fût amé- 
liorée par le repos. Le patient, an lieu d'une 
plaie, en eu! neuf, qui furent long-temps re- 
belles : chaque piqâre de sangsues s'enQamnra 
et suppura. 

Dans plusieurs cas de sciafiqne j'ai recou- 
ru, avec beaucoup d'avantage, aux bains 
chauds entiers, 

Un polype du conduit auditif, que j'ai fait 
disparaffroen partie au moyen de la ligature, 
el que j'ai alfaqné ensuite avec la pierre in- 
fernale, a repullulé, « Il faut s'y attendre, dit 
M. TtaeD , dans son intéressant traité des ma- 
ladies de rnreille , tome a, pag. 536. 1821 , 
si après l'avoir complètement enlevé, Tëcou- 



( 285 ) 






leraent ne tant poiut, ou si la membrane du 

: . , Maladies 

conduit auditif reste rougeâtre et boursou- régnante», 
ïlée. i) C'est ce qui a eu lieu chez mon malade , 
qui était ê^é de seize ans. 

J'ai vu un cas d' endurcissement du tissu 
celluiaire. récemment désigné sous le nom 
(Tœdéme compacte par ^, JLég^r , chez un 
enfant de trois mois, qui y à succombé au 
bout de peu.de jours, et que je n'avais point 
sous les yeux. J avais recommaf^de des bain^ 

entiers ^ ^ ^ ^ ^ ^ -^ j-. 

sureau 

demi-lavemens avec de la èraine^de Im. , 

J'^ai été consulté pour deux cf^sdeg/o^jutiè-^ 
rose 9 qm, chaque fois 9^ été guérie parfap- 
plication des sangsues sur le Visage. * / .* 

Le ww-/c?i/r^a/^^.du spé^cùlateor Èè^py. 
a eu, surtout parmi le peiiplÀ, àuï est tôu- 
jours précipité dans ses jusemens, 'une assez 
grande vogue. Mais nps concitoyens y ont re*- 

noucé^ a cause des accidens sans nombre qun 
a causés. . , , 

J'ai fait la même remarque qire" plnsieùrs 
médecins ont signalée en France,, c. est que 
le nombre des difirormitës.,et3Ùrtout des ^ii-^ 
fprpiités acquises, augoien te de jp'ur èri Jqiirj, 
principalement dans le sexe ^mirnn ;, et l'én 
tfouve la cause daiis lès postures luciéîisei 

T. 96 de la CoL 35* dttla 2* Sér. Sepîèmb. 0& 



( 386 ) 
que les jeanes demoiselles pretinen t dans leur 

Maladies 

régnante», pensioonaf. 

Les douleurs goutteuses et rhumatismales , 
se sont réveillées pendant les saisons pluvieu- 
ses, et par conséquent froides et humides, des 
années 1824 et 1825. U acupuncture n'a 
point fait de prosélytes. Cela ne doit poitit 
étonner; le remède est effrayant, et cause de 
la douleur. Le public ne pouvait donc se fa- 
miliariser avec lui , comme il se familiarise 
avec les remèdes qui purgent fortement les 
humeurs. Je me souviens que, lorsque j'é- 
tais élève en pharmacie, les paysans qui ve- 
naient acheter des médecines me recom- 
mandaient, le croirait-on? de mettre bon 
poids. 

J'ai employé la valériane à haute dose 
dans un cas d'épilepsie ; mais les symptômes 
ont paru s'exaspérer sous son emploi. Un an 
d'unrégime lacté et sévère, substitué à ce trai- 
tement, n'a pas amélioré l'état du malade. 
En vérité, certaines affections font le déses- 
poir du médecin, et jettent une sorte de dé- 
goût sur sa profession. 

Le magnétisme a eu des prôneurs à Nan- 
tes j mais les magnétiseurs , qui n'étaient pas 
des médecins, et qui n'ont pas un seul cas 
de guérison notable à citer , se sont éclipsés. 



( 387 ) 



Jai traité 9 avec succès, plusieurs rétrécis- — TrTT^ 

, „ , „ y \ , i_ 1 • . Maladie 

semens de 1 urètre d après la méthode loge- régnantes. 
nieus0de Ducamp. Quelques médecins ont 
témoigné des craintes de voir la cicatrice de 
Turèfre , produite par la cautérîsalîon , rétré- 
cir le canal : il me semble qu'on peut obvier 
à cet inconvé/iient en faisant porter des bou- 
gies au malade, pendant quelque t^mps, après 
la cure. 

Ici se termine ce que nous avions à dire 
sur les maladies qui se sont présentées dans 
notre pratique pendant 1824 et 1825. Nous 
formons des vœux pour que notre travail 
puisse mériter les suffrages de la société 
savante à laquelle nous avons Tbonneur de 
roffrir. 



Note du rédacteur pour la page 36o. Diaprés ce 
que dit M. Priou relativement à l'angîne gangre- 
neuse , il paraît que notre confrère ne partage pas 
Fopinion généralement admise aujourd'hui , qui fait 
considérer cette maladie comme une inflammation 
avec production de fausse membrane; mais sans an- 
cune espèce de gangrène. 



( 588 ) 



1-*- 



LITTÉRATURE MÉDIGALB. 



Dictionnaire de médecine; pai" MM. Ade- 
LON5 Andral^ etc. 9 etc.; tomes 14^ et 
i5*. : Maxi-Mtrt et N-orp. ( A Paris , 
chez Béchet jeune. ) 

L'entreprise du Dictionnaire de Médecine se ponr- 
Diclion- fuit avec régularité; plusieurs volumes ont paru de- 

lairedemé- p^^ j^ commencement de cette année. En retard 
lecme. '^ , . . - . 

pour en faire l'analyse ^ je vais aujourd'hui essayer de 

me remettre au courant , en rendant compte , dans 
an article unique, des deux volumes i4* et 1 5* de la 
collection. 

Les jugemens des hommes sont souvent bien dif- 
férens les uns des autres; ce que celui-ci exalte avec 
transport, est amèrement blâmé par celui-là. En 
voici un exemple remarquable» Qui n'a lu les éloges 
pompeux qu'on a donnés à la pratique du massage , 
pour réparer les forces , dissiper la fatigue , activer la 
circulation , la transpiration , la digestion , etc. ? Il 
semblait que l'on possédait dans le massage une pa- 
nacée. Efi bien ! voilà que M. Rostan , étudiant en 
physiologiste et en médecin judicieusement observa- 
teur les résultats de cette pratique, empruntée aux sé- 
rails de l'Asie , et tout en reconnaissant les avantages 
hygiéniques qui en sont la conséquence immédiate , 



(589) 

observe que les émotions voluptueuses qu'on recherche 
surtout dans la pratique du massage, ne peuvent Diclîon- 
manquer d'être suivies de l'abattement, de la tris- ^ggine^ 
tesse , de la mélancolie j du découragement ; il pense 
même que l'ébranlement général qui en résulte , est 
capable de faire naître la plupart des maladies ner- 
veuses , (( souvent occasionées , comme on le sait , par 
des causes analogues. Ipdépendàmmentde ces inconvé- . , 
niens, qui font payer bien cher un moment déplaisir, 
le massage produit encore la mollesse et la ïaxité des 
chairs, la faiblesse, Uénervenient général , qui résul- 
tent de l'impression de la volupté qu'on éprouve ^ et 
des pertes considérables que la perspiration occa- 
sione. Il faut y joindre l'aptitude à être frappé par 
tous les corps extérieurs ^ ce qui compromet inces-^ ^ 
samment l'existence. » 

Selon son usage , M. Murât a fait deux trës-bonà 
articles, aux mots masHtej inflammation des ma<« 
melles, et nuistodynie^ douleurs de ces glandes. Le 
dernier, surtout, offre l'exposé, plein d'intérêt, d'une 
affection peu connue } il contient aussi l'histoire cu- 
rieuse d'une mastodynie , dont la cause fut jugée sy- 
philitique , et qui fut combattue avec ,succës par des 
pilules mercurielles. L'étiologie , assignée à cette af- 
fection, dans le cas dont il s'agit , pourra paraître ha- 
sardée à quelques personnes. En effet , le mari de la 
femme atteinte de mastodynie , avait eu anciennement 
des ulcères vénériens ; il s^ en fit traiter ^ nous dit-on. 
Mais s'il n'avait plus rien , et jouissait présentement ' 
d'une bonne santé , oii est la preuve qu'il avait besoin 
de se faire traiter ? Quant à la femme , il était assez 
singulier que le virus syphilitique fut allé furtivement 
se camper, chez elle , dans l'une des mamelles. 



( 590 ) , 

Un nonveau collaborateur , M. Andbal fils , de- 
Diction- buté dans ce dictionnaire par l'article mélanose^ au* 
iecine. V^^^ ^^ consacre yingt-deux pages. Malgré l'intérêt 

du su)et , et la manière dont ce dernier est traité , 
n'est-ce pas beaucoup pour un dictionnaire de mé- 
decine ^ quand on arrive à établir, comme conclusion 
définitive , que « l'on est porté à penser que la méla- 
nose a reçu improprement le nom de tissu acci-- 
dentely et qu'elle n'est que le résultat du dépôt d'une 
matière colorante , liquide ou solide, dans le paren- 
chyme , ou à la surface des organes , râultant d'un 
travail de sécrétion morbide ? » 

M. Hipp. Gloquet voudrait-il, à l'instar du chi- 
miste Glaubee, nous donner le méloé pour le remède 
et le préservatif de la goutte , du rhumatisme et des 
affectiQns néphrétiques ? En effet ^ après avoir assuré 
que les Suédois ont seuls respecté ses conseils jusqu'à 
présent, il ajoute : « S'il est pourtant une vertu qu'on 
ne saurait contester à cet insecte , c'est celle d'être 
un puissant diurétique, et d*exciter les voies urinaires 
de la même n^aniëre que les cantharides. » 

Dû à la plume de M. GÙersent, l'article Méningite 
ne peut qu'offrir un grand intérêt. Spécialement livré 
au traitement des maladies des en fans, l'estimable 
auteur possédait nécessairement tous les matériaux 
propres à fournir la matière d'un article bien substan- 
tiel. M. GuERSENT entend, dans son article, paf Ménin- 
gite, l'inflammation de l'arachnoïde et de la pie- 
mëre. «Quoiqu'il soit certain que, dans quelques cas, 
la distinction de l'encéphalite et de la méningite est 
impossible, soit parce que ces maladies sont réunies, 
soit parce que les nuances qui les séparent se confon- 
dent , cependant, comme elles présentent, lorsqu'elles 



( 391 ) 

sont isolées, des caractères souvent assez tranchés 
pour qu'on puisse les reconnaître sur le vivant y et que . qjction- 
les altérations pathologiques qui les accompagnent "*^!?^*®™^' 
sont d'ailleurs entièrement différentes, M. GuERSBNT 

pense qu'elles doivent étr« considérées dans des ar- 
ticles séparés , comme la pleurésie et la pneumonie , 
qu'on n'hésite pas à regarder comme des maladies* 
différentes, quoiqu'elles soient rarement isolées, sou- 
vent difficiles à distinguer l'une de l'autre, et que hi 
méthode de traitement soit à peu près semblable. » 
On se souvient que ces dernières considérations sont 
celles sur lesquelles M. Georget s'appuie pour ne pas 
distinguer nosographiquement la méningite de l'enr 
céphalite. 

Quoi qu'il en soit , M. Guebsent trace avec som 
et avec une grande précision le tableau sympto- 
matique de la méningite , dont il partage le cours 
en trois périodes^ Apres l'analyse détaillée que j'ai 
donnée de l'excellente dissertation de M. Senn , je 
me dispenserai de retracer ici l'histoire de la ménin- 
gite ; j'emprunterai seulement à, M. Guersent ce court 
résumé. « Les symptômes qui constituent en général 
la méningite sont, pour la plupart, communs à 
l'encéphalite. Cependant, dans l'inflammation , des 
ménmges , tous les signes qui caractérisent une exci- 
tation vive du cerveau, tels que la céphalalgie, la 
sensibilité des yeux , l'expression douloureuse de la 
face , les mouvemens convulsifs, sont, eii général <> 
beaucoup plus prononcés , tandis que ceux qui ap- 
partiennent à l'encéphalite, et qui dépendent d'une 
lésion plus profonde , mais moins douloureuse, s'ac- 
compagnent toujours d'une contraction des extré- 
mités et d'une paralysie partielle ou étendue,' com- 



( 392 ) 

plëte ou incomplète. Ces deux symptômes sont près— 
J)iiûtipn- <|ii0 'pathognomonîques de l'encéphalite , comme 
SêciB?""**^ Tout très-bien démontré MM. Lallemand etRosTAN, 
et comnie Ta confirmé M. Bouillaud. Ces symptôme» 
ne se rencontrent presque jamais dans la méningite ^ 
à moins qu'elle né soit compliquée de l'inflamma- 
tion , an' moins superficielle du cerveau , ou du ra- 
mollissement des parties moyennes^ on des parois des 
▼entricules du cerveau. » 

M. GuERSEnrr établit ensuite que u la distinction de 
la méningite d'avec la 'fièvre nerveuse ou ataxique 
essentielle , et sans aucune phlegmasie cérébrale, est 
beaucoup plus difficile à établir .que celle de l'encé- 
phalite , et offre certainement un des points les plus 
obscurs encore des maladies du système nerveux. >» 
Qaoi! M. GuERSENT croit encore aujourd'hui à l'exis- 
tence de la fièvre nerveuse ou ataxique essentielle F 
U prétend même qu'il est' impossible de la révoquer 
en. doute : aussi s'èffijrce-t-il d'indiquer les différences 
qui lui paraissent les plus saillantes. « Les signes d'ex- 
citation cérébrale sont à peu près les mêmes , dit-il j 
an début des^eux maladies; mais la marche eu est 
ensuite différente. Dans la fièvre nerveuse , l'agita- 
tion j l'anxiété, les spasmes , le délire et les soubresauts 
dans les tendons, alternent souvent très-prompte^ 
ment avec un calme trompeur , et quelquefois même 
un véritable sommeil; dans la méningite, au con- 
traire , il y a peu d'agitation^ et les mouvemens con- 
vulsifs coïncident avec un état de somnolence ou de 
coma très-prononcé. Ces symptômes sont plus ou 
moins permanens dans la méningite , et rarement on 
observe d'intermittence ou de calme parfait , excepté 
dans la seconde période. Dans la fièvre nerveuse, les 



(593) 

lésions fonctionnelles du système nerveux paraissent 
être plutôt le résultat d'une véritable perturbation , ^Didtîôn- 
tandis que, dansi^utre, elles sont dues à une lésion decine. 
plus profonde , et qui frappe les organes dans leur 
tissu. » Oh pourrait demander à M. Guersent qu'est- 
ce qu'il entend par une véritable perturbation , ayant !j 
pour résultat des lésions fonctionnelles , et par des 
lésions fonctionnelles dues à une lésion plus profonde j 
qui frappe les organes dans leur tissu; s'il admet 
peut-être qu'il puisse exister une lésion de fonction 
indépendante d'une lésion de tissu ; et enfin s'il est 
indispensable qu'il existe une phlegmasie cérébrale, 
pour qu'on admette une lésion de tissu. Les tissus 
vivans n'ont-ils donc qu'une manière d'être affectés, 
et ce mode est-il le mode inflammatoire? Enfin, 
l'expression de fièvre ataxique essentielle , adoptée 
par M. Guersent , rend-elle bien l'idée que ce méde- 
cin estimable s'est faite de la maladie dont il s'agit? 
La fièvre ataxique essentielle est-elle la cause de la 
perturbation qui produit les lésions fonctionnelles ? 
Mais alors ne faut-il pas crier à l'ontologie, en voyant 
admettre un génie malfaisant , distinct de l'organi- 
sation , et agissant sur les organes? Ou bien la fièvre 
ataxique essentielle est -elle elle-même cette lésion 
peu profonde qui produit la perturbation, comme la 
méningite constitue une lésion plus profonde, qui 
détermine les lésions graves des fonctions du sys- 
tème nerveux, qu'on observe dans cette dernière nia- 
ladie? On voit de suite dans quel cbaos on se trouve 
englouti. Ne serait - il pas possible de donner à 
M. Guersent une solution satisfaisante des difficultés 
qui se sont élevées dans son esprit judicieux, en voyant , 
la différence symptomatique qui existe incontestable- 



< 



(394) 

ment entre la méningite et la prétendae'fiêvre ataxi- 
Diction- qne essentielle , si l'on établissait que la première 
aanedeme* affection consiste dans Taffection phlegmasique des 
méninges , tandis qne la réunion systématique des 
symptômes de la seconde dépend d'ane irritation 
sympathiqnement déterminée dans Tencéphale , par 
le canal intestinal enflammé ? Qu'une irritation in- 
testinale ait lien chez un adulte , mais surtout chez 
nn enfant y et bientôt des phénomènes semblables à 
ceux de la méningite se manifestent ; mais , comme 
l'obsenre judicieusement M. Guersent , ces phéno* 
mènes semblent dépendre d'une lésion moins pro- 
fonde; ils sont plus mobiles, quelquefois intermit- 
tens, au moins sujets à des alternatives d'exacer- 
bation prompte , et de non moins subite rémission. 
Une digestion pénible chez un enfant donne lieu à 
la manifestation d'une série de phénomènes qui si- 
mulent la méningite ; un lavement, un cataplasme 
sur l'abdomen , calment l'irritation intestinale , pre- 
mier mobile des sympathies encéphaliques , et bien- 
tôt les phénomènes de méningite s'évanouissent avec 
une rapidité qu'on ne pourrait aucunement espé- 
rer dans un cas de méningite idiopathiquc. Voilà , 
je crois, toute la différence à admettre entre les deux 
maladies : la méningite est l'inflammation de l'aracii- 
noïde et de la pie-mère, qui donne lieu à rirritation 
cérébrale ; la fièvre ataxique essentielle de M. Guer- 
sent est l'irritation légère , fugace de l'encéphale , 
produite sympathiquement parla phlegitaasie , par 
l'irritation , quelquefois même par une lésion très- 
superficielle de l'appareil digestif. N'est-ce pas pré- 
cisément encore ce qui se passe, lorsque l'irritation de 
la surface interne des intestins, résulte de la pré- 



(395 ) 

seace de quelques vers lombrics? J'engage » à ce sujets 
les lecteurs à consulter l'intëressant trayail.de M. Gm- ^ Diction - 
TRAC , de Bordeaux^ que j ai msere dans le Numéro ^çç-m<., 
d'octobre iSaS. On conçoit aisément combien est 
importante la distinction que j'indique ici entre l'ir- 
ritation immédiate et idiopathique des méninges , et 
celle qui n'est que sympathique d'une entérite , puis- 
que , dans le premier cas , le traitement antiphlogis^' 
tique direct , par les émissions sanguines générales et lo- 
cales, les réfrigérans , est indispensable , tandis que , 
dans l'autre cas , les applications locales des sangsues à 
l'épigastrc , dans la région iliaque , ou à l'anus , les 
cataplasmes émolliens , en faisant cesser l'affection 
phlegmasîque intestinale , font également cesser Teffet 
sympathique produit sur les organes encéphaliques. 
C'est encore ce qui a lieu quand, on parvient à pro- 
voquer l'expulsion des vers ; on voit subitement cesser 
les phénomènes nerveux j ataxiques , pseudo-ménia- 
giens , les plus graves en apparence. 

On ne saurait trop appeler l'attention 'sur cette 
dépendance si grande , dans laquelle les organes di- 
gestifs tien'nent l'encéphale. Naguère , encore , j'en 
ai eu un exemple frappant. Un jeune garçon de qua- 
torze ans fut pris subitement d'accès épilepti formes 
très-intenses, qui, d'abord séparés les uns des autres, 
par un espace de plusieurs jours, finirent par se re- 
produire tous les jours , et même deux fois dans un 
jour. Pendant qu'on s'occupe à instituer un traite- 
ment approprié à. la nature et au siège de l'irritation 
développée dans les organes encéphaliques , par suite 
des accès répétés d'épilepsie, un long ver lombric est 
rendu par les selles , et dès-Jors tous les phénomènes 
encéphaliques sympathiques s'évanoi)issent, comme 



( 396 ) 

^SSSÊSESSSSf pSiT enchantement. Mais revenons au dictionnaire 

'■■ Diction- dofat nous nous écartions. 
Baircdemc* . . '. 

deoîne. ^- B.aige-«Delorme, qui avait fait, dans le quator- 

ziètne. volume / un fort bon article , à l'occasion du 
mot Médecine , en a fait un d'un grand intérêt sur le 
méphytisme. On y trouve l'exposé des connaissances 
les plus récemment acquises sur la nature des gaz dé- 
létères qui se dégagent dans les fosses d'aisance , les 
puits, les cimetières, les égoûts, etc. 5 sur lés acci— 
dens qui en résultent; les soins qu'on doit prodiguer 
aux individus affectés. Malheureusement ce bel arti- 
cle est peu susceptible d'analyse ; en conséquence^ 
je me bornerai à signaler avec l'auteur le précieux 
avantage que l'on pourra tirer de l'emploi du chlo- 
rure d'oxyde de sodium ou de chaux , dont M. La- 
BARRAQUE a fait de si heureuses applications à la dés-* 
infection des fosses d'aisances, des corps en putré- 
faction , etc. , et à exprimer le regret que M. Raige- 
Delorme n'ait pas insisté plus qu'il ne l'a fait sur le 
traitement à mettre ultérieurement en usage chez les 
individus qu'on a arrachés au danger des premiers 
instans de l'asphyxie, par cause méphytique ; car , si 
l'air non respirable ne porte pas une mort prompte 
dans les organes , par l'intermède d'un sang devenu 
délétère, le contact de ce dernier sur le cerveau 
devient, pour cet organe, une cause d'irritation, d'ûi- 
flammation subséquentev 

L'article Mercure, traité d'abord sous le point de 
vue purement chimique , par M. Orfila , est ensuite 
repris par M. Guersent, relativement à la théra- 
peutique. Il résulte des développemens dans les- 
quels entre l'auteur , qu'on peut rapporter à trois 
sortes d'effets secondaires tout ce qui appartient 



\/ 



( 397 ) 

à l'emploi thérapeutique du mercure : 10 un effet pu- 
rement mécanique , auquel , sans doute , il n'est pins > , I^'^^^^"* 

. • * . nftire de ine^ 
personne qui pense aujourd'hui à recourir, pour faire decine. 

cesser une intussusception intestinale^ a^ un effet 
purgatif j mais il ne faut jamais perdre de vue qu'un 
purgatif est un excitant , que le mercure , en parti- 
culier , irrite , phlogose la membrane tnuqueute in«- 
testinale ^ et principalement les glandes agminées de 
Peter , situées vers la fin de l'iléon , et dont , selon 
M. Breton NEAU de Tours ^ l'inflammation peut ayoir 
des conséquences si fâcheuses; ^ une excitation sp^ 
cifique du système muquenxet lympbatique,«t ,dans 
certains cas , même du système cutané. La question 
de l'existence du virus syphilitique étant encore en 
litige , il ne s'agit pas ici d'examiner s'il convient de 
faire, us^ge des préparations m/ercurielles pour le 
traitement des maux vénéjriens; mais ne faudrait*il 
pas autant s'occuper du canal intestinal, d'une part,, 
et de la peau, chroniquemeat irritée, de l'autre, 
dans le cas d'affection herpétique , que de conseiller 
vaguement lès mercuriaux dans le traitement de plu- 
sieurs espèces de dartres? Quand il existe une dartre , 
firéqiiiemQient elle est liée^ comme effet, à une irritar 
tion gastro-intestinale , ou bien , au moins , l'exts*- 
tence même de l'affection cutanée devient une cause 
d'irritation sympathiqne du système mn queux gas» 
tro-intestinal. On sait aujourd'hui de quelle efficacité 
sont , dans le traitement des maladies herpétiques , 
le régime alimentaire doux , humectant , et les ap- 
plications émollientes sur la peau. La diète blanche , 
lactée, herbacée, les fomentations, les cataplas^ 
mes, les bains tiëdes, les vapeurs émollientes ipot 
d'excellens dépuratifs, de puissans anli-dartreua(« 



(398) 

Chargé des articles relatifs à l'histoire philosophî- 
DiciioD- que de la médecine, M. Coutanceàu en a fait un fort 

Bairedeme- intéressant sur la médecine méthodique. « Les mé— 
decino. . 

thodistcs puisaient leurs principaux moyens d'action 

dans l'hygîëne , et regardaient comme ce qu'il y a* 
de plus important pour les malades , de respirer un 
^ir pur > d'être couché commodément , de choisir 
xîvec prudence tel ou tel aliment , suivant les pro- 
priétés resserrantes ou relâchantes, de se livrer à des 
exercices agréables et modérés , et enfin de metlre 
-en pratique , dans le traitement des maladies , les 
moyens destinés à conserver la santé. » 

Les lecteurs du quatorzième volume du Diction^ 
naire de Médecine ne ratifieront sans doute pas ce que 
M. Chomel à eu la m.odestie de dire sur l'insuffi- 
sànce de ses moyens , pour traiter convenablement 
de l'inflammation de l'utérus ou Métrite ; et en lisant 
l'article consacré à cette maladie , ils ne s'aperce- 
,vront pas que l'auteur ait eu trop peu d'occasion 
d'observer ^ette maladie, pendant la vie des malades, 
et surtout d'ouvrir des personnes qui y eussent suc- 
.combé , pour pouvoir remplir toutes les lacunes que 
présente l'histoire de la métrite. Je me permettrai 
seulement de faire quelques observations relatives à 
la métrite chronique. Notre auteur appelle une ques- 
tion théorique , celle qui est relative à la circonstance 
'supposée d'une phlegmasie. antécédente, dans le cas 
de dégénérescence cancéreuse. Je voudrais bien qu'il 
eàt cru que c'était là le lieu d'examiner cette ques- 
tion ; je lui aurais demandé si les causes que tous les 
auteurs attribuent au cancer utérin ne sont pas celles- 
là précisément qui donnent lieu à la métrite chroni- 
que primitive, comme irritations habituelles de l'uté- 



( 399 ) 

rus par Tonanisme , irritations fréquentes par le 
travail de fluxion menstruelle , surtout si quelque Diction- 
cause vient à arrêter l'exhalation sanguine, ou à jÎ^^ eme- 
Tempêcher d'avoir Heu ; la continence prolongée^ les 
jouissances sexuelles trop répétées, etc., autant de 
causes d'une irritation sourde du parenchy:pie uté^ 
rin , avec afflux de liquides. Je lui aurais demandé si, 
pendant la vie , il possédait des signes propres à faire 
distinguer une phlegmasie utérine chronique d^un 
squirre utérin. 

Quoi qu'il en soit, j'applaudis à la distinction que l'aii- 
teur établit pour l'emploi des sangsues à appliquer à la 
vulve. Si la femme est jeune et les règles supprimées* 
on peut espérer que les sangsues apposées en cet endroit 
auront une efficacité non douteuse : mais si la femme 
est âgée , que la menstruation ait cessé, on doit éviter 
d'appeler lé sang vers un organe qui ne doit plus lui 
offrir d'issue , et qui est actuellement le siège d!une 
congestion morbide. A la vérité , on pourrait objec- 
ter à M. Chomel que, si Ton à soin de faire prévaloir 
la déplétion sanguine , en facilitant l'écoulénient du 
sàng^ sur l'irritation résultant delà piqûre des sang- 
sues , il n'y a rieii à craindre des saignées locales* 
C'est préciséjûient ce qui aurait lieu , si l'on pouvait, • 
sans blesser leà convenances sociales y recourir plus 
souvent qu'on ne le fait à l'application immédiate 
des satigsues sur le museau de tanche. £n effet , au 
rapport de M. Guilbert , cette saignée locale opère 
une déplétion constamment favorable. Au moins con^ 
vient-il d'appliquer un bon nombre de sangsues au , 

pli des aines , vers l'endroit par lequel sortent les li- 
gamens ronds de l'utérus. J'ai fréquemment eu à 
m'applaudir d'avoir conseillé cette pratiqué dans deft 



(4oo) 

cas de métrite chroniqae, chez des femmes qui avaient 
Diction- passé l'époque de la vie oii la menstroation a liea. 
n^iredemé^ Chargé des articles reUtifs à la gestation , à la 
^ parturition y etc., M. Desorueadx a enrichi (je me 
sers à dessein ^e cette expression) le i4* volume 
d'un excellent traité des hémorrhagies utérines , au 
loot Metroarhagie ; trente^eux pages et demie sont 
consacrées à ce sujet important ; on y trouve tout ce 
qu't>n sait 5 rien n'est omis de ce qui doit y être ; l'au- 
teur s'est surpassé lui-même dans la confection de 
cç véritable traité des hémorrhagies. utérines. Je me 
permettrai seulement quelques courtes réflexions. 

Je partage pleinement l'opinion des médecins qui 
rejettent la proposition que fait Hippoc&ate a'app)jl- 
q^er des ventouses sur les mamelies.Ën. effet., par 
suite de l'étroite sympathie qui unit le sy&tënie mam;-, 
i)[iaire et l'utérus , on est fondé à craindre que l'irri^ 
tatipn des manimelles ne se transmette , par sympa- 
thie, à l'utérus y et n'augmente l'afiox sanguin et la 
perte , jàn lieu de la diminuer. Au moins est-il à,*ex^ 
périence, et M. Désorme^ux l'a lui-même observé 
plusieurs fois , que la succion des mamelles, par lai 
bouche de, l'enfant, détermine sympa thiquement de^ 
tranchées utérines^ et une augmenta tion^notable des 
lochies». P'aprës cette remarq.tte ,. il est convenable 
de rejeter le conseil d'HiPPOCluTE. M. Desormeaux ne 
s'en écîarte que. parce que la forme et l'extrênie sen«- 
si^ilité àe$ mamelles rendraient l'application des 
ventpuses difficile et fort douloureuse , et, à l'imita-' 
. tjpn deGAi^iEiv, il| préfère faire appliquer ces ven- 
touses au-dessous même des mamelles. Mais si notre 
afiteur convient , quelques lignes plus bas , qu'appli- 
quées ei«tre les deux épaules , #Hes sont susceptibles 



de procurer tout rayab^tagé qu'on peut en attendre^ 

il ne s'en promet donc qu'un etfet purement révulsif; .^'^^*®"; 

. . , ; . *^ . , ► naitédciïie 

car aucune association de fonction ne lie I utérus avec decine. 

la peau du dos : et , <)ès-lors , s'il ne cherche pas à 

provoquer une sympathie , pourquoi donnerait-il la 

préférence au procédé d'HiPPOCRATE , modifié par 

(Ïalien ? 

Une nourriture abondante , sans être excitante, de 
légers toniques , des toniques même plus forts , peu^ 
vent être eoi pi oy es dans un cas de métrorrhagie, chefz 
des femmes délicates , affaiblies , mais ne prouvent 
aucunement, à mon avis, le caractère de passiveté 
attribué à l'hémorrhagie utérine abondante. Cbea les 
sujets sanguins et pléthoriques, le mouvement fluxion* 
naire sanguin , la congestion, l'exhalation , ne s'effec*- 
tuent qu'en donnant lieu à des phénomènes sympa- 
thiques , à une influence sur l'appareil circulatoire; 
et de plus , la force de la constitution permet qu'une 
perte de sang abondante ait lieu, pour ainsi dire^ 
impunément : de là les apparences d'hémorrhàgie ac- 
tivé. Mais, chez les sujets faibles, épuisés par quel- 
que maladie antécédente , la congestion, l'exhalation 
sanguine ont lieu , sans provbqiier de réaction sym- 
pathique j la faiblesse de l'écononue rend fâcheuse la 
perte aé là moindre quantité de sang. Une nourri- 
ture analeptique , des amers, des toniques, portés 
dans les. voies digestives , ont pour etfet de produire 
une révulsion, d'activer la circulation , l'afflux san- 
guin , dans le système muqueux gastro-intestinal. Si 
la faiblesse était la cause de Théinorrhagie utérine ^ 
il faudrait un temps assez long pour que là nutrition 
réparât les forces de l'économie, au lien qu'il suffit 
souvent d'une impression subite et passagère , pour 

T.^delaCol.iS* dela7,*3ér. Septemb, 26 



( 402 ) 
S qu'un léger tonique, que les me'dicamens excita ns 



Diction- opèrent la cessation de l'iiémorrhagie utérine. 
decineT"*^' M. Lagneau a renferme, dans un article de cin- 
quante-six pages , tout ce qu'il est convenable de 
dire dans un dictionnaire de médecine , sur l'hygiène 
militaire et la médecine des gens d'armées. On y 
trouve des vues pleines de justesse sur les dispositions 
et sur les effets vraiment désastreux des ordonnances 
qui régissent la médecine militaire. Il est déplorable 
qu'après un quart de siècle de guerres non interrom- 
pues , on n'ait pas encore fixé d'une manière conve- 
nable l'état des. médecins militaires, et que la bureau- 
cratie puisse chaque jour compromettre , par des 
mesures que semble avoir dictées l'esprit de vertige 
ou d'aveuglement , le sort de cette classe si digne de 
Considération, des citoyens que les lois constitu- 
tionnelles de l'État appellent à la défense du prince 
et de|la patrie. 

Nouveau collaborateur du dictionnaire de méde- 
cine « M. Ollivier , d'Angers , était amplement en 
mesure pour faire un excellent article sur la Moelle 
ÉPiNiÈRE , considérée anatomiquement ^ et. il y a 
réussi de la manière la plus satisfaisante. 

Dans l'article suivant, M. Andral a traité de la 
moelle épinière, sous le point de vue pathologique ; 
rapprochant de la sorte , dans un seul article , les 
considérations relatives à la Myélite ou inflamma- 
tion de la moelle > qui, à l'article de ce dernier mot, 
n'est plus indiquée que pour mention , et les autres 
altérations morbides, dont le prolongement rachi- 
dien est susceptible ; tontes affections encore peu 
connues des praticiens, et sur lesquelles on ne possé- 
dait naguère que des notions éparses et incomplètes : 



(4o5) 

ce sont les yiccs de conformalion , les altérations de ^^ 

texture , les épanchemens sanguins , l'hydroracbis , . * ^ ^°"r 
le spina-bifida. Dans un moment où l'att-ention est deciue. 
tournée vers les recherches d'anatomie pathologique , 
et ou chacun a une propension très -prononcée à 
célébrer , comme des découvertes intéressantes, 
ou comme de conditions anatpintQO- pathologiques 
qui bouleversent toutes les no.lions acquises jusqu'a- 
lors, les altérations les moins évidentes ^u les plus^ 
contestables, j'ai surtout admiré la sa^e réserve de 
M. Andral, qui , ayant à rapporter des cas«xtra-r 
ordinaires d'altération de la moelle épiniëre, s'ex«< 
prime ainsi : « Quelque étranges que paraissent ce», 
deux faits , quelque opposés qu'ils soient fiu^ idées 
généralement reçues, il faut en tenir compte comme 
de cas exceptionnels , dont il nous est impossible ie 
donner aucune explication dans l'état actuel de la 
science. Le dirai 'Je même? ces faits sont telle- 
ment extraordinaires j qu'oi^ doit craindre, peut— 
être , que quelque erreur ne se «oit glissée dans7pi/r 
observation, et qu'il serait peut-être sage de ne Iles 
admettre qu'avec une certaine réserve , jusqu'à ce 
qu'ils sqient confirmés par des faits analogues. » On 
voit 9 d'aprëi cette citation , que M. Andbal n'est 
pas du nombre de ces observateurs aventureux, qui 
partent d'un fait , peut-être mal vu , pour renverser 
l'édifice de la science , et remettre en question ce 
qui paraissait le plus incontestablement démontré. 

Que peut-on dire de satisfaisant sur le traitement 
d'une maladie , sur laquelle, le diagnostic et le pror 
nostic de laquelle on convient qu'pp ne possède encore 
que des notions imparfaites? £t^ d'après cela , quel 



( 4o4 ) 

fruit retirerait - on de rarticle Molluscum, par 

DJciion- M. BiBTT? 
milrètléiné. ^. ^ ^ . *» a . . 

deciiito; Cinquante pages sont consacrées par M. Andeal a 

exposer l'état de la science , relativement aux mons- 
tiraosîtés» Chacun sait combien de notions impor- 
tantes ont ëté acquises 9 dans ces derniers temps, sur 
la production des monstruosités , d'après cette seule 
considération , qu'un grand nombre de monstruosités 
«^ne sont que le résultat d'nne sorte d'arrêt dans l'évo- 
lution des organes , pendant le cours de la vie intra- 
utérine* L'article de M. AfTDRAL, riche de toutes les con- 
naissances acquises sur ce snjet important , mais non 
susceptible d'an à Ijse, mérite d'être In avec attention. 

M. Adblon a fait un article de physiologie du plus 
haut intérêt , en développant , à l'article Mort , les 
considéra tionè qu'il n'àVait fait qu'indiquer d'une 
manière sommaire , dans sa Physiologie de t homme. 

M* fiipp. Cloquet a appelé brièvement Inattention 
sur les accidens qui résultent de l'introduction 'des 
Moules vénéneuses dans l'estomac. Il termine son 
article par cette phrase : « II convient de dire que , 
si les symptômes (de tei empoisonnement) sont alar- 
reâns, ils ne sont que rarement redoutables, et qu'on 
peut les guérir en quelques heures , en favoHsant les 
v^missemens à l'aidé de l'eau tiède on de la titillation 
de la luette , eli administrant de la thériaque , des 
cordiaux , du vinaigre et d^autrés acides végétaux , 
de l'éther , et surtout de l'eau-de-vié et du rhuin. » 
Je conçois parfliiteméilt combien est positivé l'indi- 
cation de favoriser le vomissement pour faire rejeter 
les substances délétères introduites dans l'estomac ; 
mais la théiriaqiie, les cordiaux, Téther, l'eau-de-vie 



( 4o5 ) 

et le rbttin ne jouissent pas dé la propriété vomitive. 
Il faut donc supposer qu^en administrant ces agens ,jairedeni^ 
incepdiaires , on se propose quelque a»l^ e£Est «thé* decioe. 
rapeutiqne. Serait-ce donc de combattre « Pépîgas^ 
tr^lgie, )e sentidient de constriction à la gorge , 
d'ardeur et de gonflement dans tonte la tête , et aux 
yeux spécialement, la soif iaextingaible , la tnmé- 
factipn de 4a langue, Finqniétude générale^ le ^lire, 
la sufTpcation j, la roideur «akdeptique des membres , 
les convulsions , les spasmes , les douleurs insupp#r* 
tiibl^s ^ et nitme Fangine gangreneuse » ( Pantenr a 
sans doute voulu di^e l'angine devenue gangreneuse, 
par excès d^flammiation), tous phénomènes f|ne 
]tt, CiipQiJET ^ît se manifester lorsque les pomuêe^ 
m9fn^ nfimtpas Heu? Mais tous ces phéBoraënes, les mis 
locâui y les autres sympathiques, résultent de la vio- 
lence de rii^aoïmation gastrique. A qui fera-^t^-on 
jamais croire aujonrd'lrai que la thériaque , les cor- 
dia«:i^ , l'qiJbker , et surtiMit l'eau-d^-vie et le rhum 
font di'txcellens sédatifs de rinflammation su*-aigiie , 
k Uqtielle Testomaç est en pVoie? Ouï, c'^st unique- 
«neni parce q«e cet organe est enflammé «u pins 
haut degré que les sympathies les plus fâcheuses sont 
produites«dans le système nerveux,. que les fonctions 
de l'innervation sont troublées, perverties. Calmez , 
calmée l'irritation gastrique, et vous ferez cesser les 
convulsion! , la roideur caj^eptique ( ou plutôt té* 
tanique; car dans la catalepsie , dit-on , les mem- 
bres conservent une grande flexibilité pour prendre 
telle position qu'on veut leur donner) , les spasmes , le 
délire.. Vous convenez que l'inflammation gastrique, 
outre les sympathies développées dans le système ner- 
veux , se termine quelquefois par la gangrène, dé- 



(40Ô) 

9Eaa=sss9 pendant de rexcëft d'inflammation, et voos ccmseilles. 

Diction- sur la foi de l'autorité d'aûtrai^l'éther, l'ean-de-vie , 

docioe* le rhum ! Quand donc les saines notions de la méde* 



cine physiologiqiie éclaireront-elles tons lés bons 
prits, et régleront*el les enfin la thérapeutique des cas 
d'empoisonnement ? 

Qu'est-ce que c'est donc qu'une maladie aiguë 
aiaxique? M. Guersent nous dit que le Husc, qui ne 
peut convenir dans aucune maladie aiguë on chro- 
nique essentiellement inflammatoire, â cause de ses 
propriétés excitantes , a été quelquefois utile dans 
certaines maladies aiguës ataxiques , seul genre de 
maladie aiguë, trës-rare à la vérité, oh le tysième est 
principalement aflecté, et offre un grand trouble, 
pour* régulariser des mouvemens désordonnés, des 
spasmes , des dyspnées nerveuses ^ lorsque le système 
circulatoire est peu excité , et la chaleur de la peau 
à peu près dans l'état naturel ! 

Pour finir ce qui a rapport an quatorzième volume, 
Réciterai, sans analyse, les articles Mugubt, par 
M. GuERSENT, Muscles (physiologie) et Motéose, par 
M. Adelon. Il s'est glissé dans ce dernier article une 
faute grave de typographie; le mot intermittence ti 
été substitué k celui d'intumescence. 
: A l'article Nerf , M. Ollivier considère comme 
un fait , « démontré par un grand nombre d'expé- 
riences exactes , la découverte, annoncée par feu Bo- 
GROS, -qu'il existe dans tous les nerfs, indépendamment 
du névrilème et de la pulpe , un canal central , 
visible , . sans aucune injection préalable / et indi- 
qué par, un point obscur qu'on remarque au cen- 
tre de la pulpe nerveuse , dans une (ioupe transversale 
dunerf. Ce canal est le même dans les filets du grand 



( 407 ) 

sympathique ; quand rinjection pénètre dans les ^g 



ganglions , on les voit se gonfler et présenter alors Diction 
l'aspect d'une multitude de petits canaux, s^abou-J^*F®^®°*^ 
ch^t entre eux, et qui éont replies et contoîirhés ^ 
sur eux-méiiies. L'iniectio'n n'a pu pénétrer dans les 
racines rachidiennes , et conS^équémment jusqu'à ta 
moelle. Bogros a aussi prouvé que les anastomoses 
ont lieu par l'aboucheiùeiit deà canaux médullaites. » 

L'article Névralgie n'est qu^un précis sommaiire et 
trës-l>ien fait de l'état actuel de la science , rislati* 
vemènt à ces singulières affections douloureuses dont 
M. Chaussieiî a fait l'objet d'une de ses plus pré- 
cieuses tables $ynoptiques. On regrettera <jue l'auteur 
de cet article se soit strictement borné an rMe artde 
de copiste. • 

Il résulté de l'article Kévrose 9 par M. GEORGETy 
que l'on ne sait encore rien de positif sur la nature 
des névroses ; que cependant , dans la pluralité des 
cas, les recherches bien faites d'anatomie patho- 
logique ont démontré qu'on avait pHs pour cjes 
névroses , ou lésions vitales , existant sans change- 
ment dans l'état des organes , de véritables phlegmà- 
sies, ou qu'on a converti en névroses de purs syp tomes' 
d'affections organiques. Quoi qu^il. en soit,' voici Té 
résumé des opinions de l'auteur à ce sujet. « Les tttîsllsi* 
dies auxq[uelles nous conservons , dit M. Geôîiget, Tè^ 
nom de névroses, ont , pour caractères les plus ordi- 
naires, d'être de longue durée, peu dangereuses, iiiiëtr- 
mittentés, apyrétiques, difficilement curables, A*iiStit 
un appareil de symptômes , ordinairenient éffrayàiik' 
en apparence, de causer dès souffrances très-vïôléifi^éi', 
et qui féraient'crôîre à l'existence d'uûe âfféctfo^^tës^ 
grave , de laisser après la mort peu oM îpbiïiV 'd*àï^ 



4 
4 



tération sensible dans les organes qui en ont été le 

•aire'demé- "^5^ ^® **^"' ^* céphalalgie périodique , h foliç , 
eciqe« rhypochondrie , la catalepsie , U choré,e , .l'hystérie, 

Tasthme conyulsif, les palpitations dites neryieusâs^ 
la gastralgie , avec ou sans vpniisseuiens , les névRlp 
gies-. Le somnambulisme rpofbide est ordinaire- 
ment up symptôme de Ifi catalepsie ou de l'hystérie. » 
Les lecteurs du Journal général de Médecine se T^p* 
. pellerpnt sans doute la discussion approfondie à la- 
qu^l)é j'ai soumis naguère (n* d'avril 1826) la ques- 
xion de l'existence des névf'oses, à l'occasion de récrit 
de M. Barras sur la gastralgie. J'ai admij$.des phénq^ 
niëneç nerveux , des désordres fonctionnels des divers 
appareils de l'organisme , dépendant d'influences 
directes ou sympathiques. J'ai établi qu'il çii^ie des 
névroses, des affections nerveuses; mais, par ç^la 
même , je suis plus pleinement autorisé à combattre 
l'extension trop grande que M. Georget donne à la 
classe des névroses, Qu'ilnous montre un asthni(Q con- 
yulsif habituel, qui ne soit pas dépendant d'une 
lésion organique du cœur, d/ss gros vaisseaux, des 
oi:ganes respiratoires, etc., et surtout d'une bron- 
cl^ite chronique , ou plutôt qu'il lise l'ouvrage de 
(^ykBRNEG , et qu'il dise ensuite si son asthme cpnvul^ 
si(,lif$ pacait tpuj purs ui;e\'éri table néyro^e , daus 
le^sepf ,q^'il donne à ce mot. Il n'y, a d'asthme pu de. 
djf^ppée. nerveuse que celle qui dépend accideotelle- 
ment , et (d'une manière tout-à-fait passagère, de. 
l!ioApiration d'^n.air chargé de certains principes, 
pdorans, pm d'uji air trop raréfié par la chaleur^ 
aut^^^ent , partput f}es lésions orgapiqves^, des^al- 
t^ations aaatomiques dépendant d'uti^,,^hlegnaasie 
afttfc^d^nte., , r-,... ... -. r. 



( 4o9 ) 

M. Georget parle ck rbjstérie, et , pour lui , cette 
affection est une névrose cérébro-spinale idiopathique. Hici lon- 
Sans doute, il peut se faire que | sur le théâtre de jccine. 
se^ observa tipns, les hystériques invétérées qu'il est 
appelé à voir, n'aient plus qu'une affection idiopathi- 
quçnient cérébrale ^ mais combien 4e foi^ ^ daiu le > 
commencement de cette maladie , le point d^ dépa.i:^ 
des phénomènes cérébrs^ux n'est-il pas dans, la ma- 
trice ! Rempli par le produit de la conception , 
l'utérus opère une influence sympathique sur Ij'enqé- 
phale ; distendu par un polype i le méipç r^suU?t ^ 
lieu. C'est fréquemment à l'époque ou la fluxion 
menstruelle s'effectue , on bien quand l'écoulement 
est. arrêté , dérangé, c|ue des phénomënçs hystérique^ 
surviennent. M. Georget, lui-même, convient que 
PuJOL, cet excellent observateur, assigne pQur cai;ise 
à l'hystérie une métrite chronique. M. ^j^i^RAf* flls 
vient de démontrer que la gastrite chroniauç., çonr 
sidérée comme phlegmasie de la membrane mu- 
queuse gastrique, est susceptible, dans quelques cas, ' 
de guérison ; mais que la phlegmasie passe de cette 
même membrane au plan cellulo-musculeux souç- 
jacent , oii elle persiste , et qu'alors il reste seule- ' 

ment des désordres fonctionnels, qui pourraifsnt passer 
pour le résultat d'une névrose essentielle, dans l'esprit 
de quelque observateur superficiel. Je ne suivrai pas 
plus long-temps cette discussion, pour ne pas dépas- 
ser les bornes d'une analyse : je renvoie à mon arti- 
cle sur la gastralgie hypocondriaque^ par M. Barras.. 
Des articles pleins de substance, et«écrits avec une 
grande correction de style , sur les mots NofJRRicç , 
Nouveau - NÉ , ObliV^uité de l'utérus, sont dus à 
M. D^soRMEAUX, qui , à Toccasion du second, traite 



( 4*0 ) 

d'une manière complète de' Y apoplexie et de l'à*- 
Diction- phyxie des enfans nouveau-nés. 

nairedemé- M. RuLLiER a traité, avec son talent ordinaire , 
decine. ^ . . • . . . • . 

quelques articles relatifs à la physiologie, comme les 

lxioi% nutrition ^ eic. ' ' 

M. Rater a fait un excellent article sur FOEdême, 
qtfil distingué avec raison en celui qui reconnaît pour 
cauise des obstacles mécaniques au cours du sang et , 
de la lymphe, obstacles plus ou moins éloignés du 
siège de l'épancheknébt , et en celui qui dépend de 
l'altération phlegmasique des tissus affectés d'hydrb- 
pisie. 

L'œdème de la première espèce ne l'occupe qu'Hun 
moment ; il n'y voit qu'un effet mécanique de la gène 
apportée à la circulation , par la grossesse , les ma- 
ladies dés organes abdominaux, pectoraux ^ etc. 

L'œdèihe de là seconde espèce , pour lequel il pré- 
fère le nom Xhydro-phlegmaeie , n'est réellement 
qu'une variété de Tinflamma^ion du tissu cellulaire 
' sous-cutané , sous-séreux et so'us-mùqueùx. Les fluides 
épanchés , dans ces sortes d'œdèmes , diffèrent sensi- 

• 

blemept de ceux qui sont déposés à la suite du ralentis- 
sement onde la suspension du cours du sang veineux 
ou de la lymphe, produits par un obstacle situé dans 
un point éloigné du siège de l'épanchement. Dans 
les hydro-phlegmasies, le tissu cellulaire contient 
un pus, tantôt séreux ou sanguinolent , tantôt épais 
et blanchâtre, et le plus souvent une sérosité jaunâtre 
ou séro-purulente. Enfin , les phénomènes locaux et 
généraux , qui 'accompagnent le développement de 
ces hydro-phlegmasies du tissu cellulaire, sont abso- 
lument les mêmes que ceux de l'inflammation ; ils 
sont plus ou moins prononcés, suivant qu'elles af- 



-/ 



( 4" ) 

fectent une marche aiguë ou chronique. Les hjdro- 
phlegmasies se rapprochent encore des inflamma- . Dîciîon- 
tions par leur ëtiologie et leur traitement. » M. Rayer j^çiue/ 
traite ensuite, successivement de Vœdeme de la 
glotte^ ou angine laryngée œdémateuse ; de V œdème 
des nouvelles accouchées^ et de celui du poumon, 

<c Oo né peut contester qu*un épanchement pure* 
ment séreux ne puisse se former dans le tissu cellu- 
laire sous-muqueux de la glotte , dans certaines 
hydropisies générales, qui surviennent â la suite 
dés maladies du cœur ou des poumons^ mais M. Rater 
ne connaît point d'exemple d'une semblable disposi- 
tion; toutes les observations d'œdëme de la glotte, 
qu'il a pu recueillir ou consulter, se rattachent aux 
hydro-phlegmasies ^ c'est-à-dire à l'angine laryngée 
œdémateuse. » Apres avoir tracé une histoire fort 
exacte de cette affection , notre auteur, abordant la 
question 'du traitement., fait observer que « les avan- 
tages de l'introduction d'unç sonde de gomme élas- 
tique dans la trachée . par l'ouverture de la glotte , 
et l'opération de la laryngotomie , sont moins réek 
qu'ils ne le paraissent au premier aperçu. D'abord 
il est constant que la plupart des individus qui suc- 
combent à l'angine œdémateuse, n'ont pas l'ouver- 
ture de la glotte tellement rétrécie que Fair ne puisse 
plus pénétrer dans le larynx. Plusieurs de ces malades 
meurent dans l'intervalle des accès de suffocation, 
et lorsque la respiration^ quoique gênée, n'est pour- 
tant pas interrompue ; ils succombent plutôt à une 
asphyxie lente qu'à une suffocation brusque et sou- 
daine, à laquelle une opération puisse immédiate- 
ment remédier. D'ailleurs , dans les cas oii l'œciëme 
de la glot te sera consécutif à une inflammation si- 



(4" ) 

maltanée et aiguë da pharjnx et da Urjnx, ea 



Oiciioa coarant k rintrodaction de la sonde , oa à ropér«tîon 
de la laryngotomie , dès les premiers accès de suffis- 
cation , ne s'exposera-t-on pas à entretenir on à ag- 
graver nne maladie qni anrait pins facilement cédé 
aux émissions sanguines et aux dériyatifs? Comment 
préciser l'époque à laquelle on n'i plus rien à espé- 
rer des remèdes antiphlogistiques, et des antres mié- 
Hications? Et si Tœdème de la glotte est suryenn à la 
suite d'une laryngite chronique consécutive à une 
pUegmasie chronique de la trachée et des ppomoas, 
quelles chances présente nne opératiq^, si ce n'est 
celle de provoquer que inflammation aiguë dans les 
organes déjà atteints d'ane inflammation chroni- 
que? n reste donc déiAontré que, selon l'ayis de 
M. BouiLLAUD , le meilleur moyen est de préyenir 
ranjg^îne œdémateuse , en combattant constamment 
fe$ phlegmasies laryngées et gutturales, par un trai- 
^ment antiphlogistique actif. M. Ratek pouvait « 
dans un dictionnaire de médecine > se dispenser de 
présenter y même en une page, VhisUmque de la 
découverte de l'affection qui nous occupe. Dans un 
semblable ouvrage, les articles doivent contenir 
Fexposé de l'état de la science, ou de la doctrine que 
leurs auteurs jugent être la meilleure, mais non des 
notices bibliographiques, ou les tàtonnemens qu'on 
a faits à diverses époques. Dn reste, cette remarque 
critique , faîte à l'occasion d'un article d'une page , 
sTappliqûerait avec plus de justice à d'autres articles 
du même auteur, et de plusieurs collaborateurs du 
Dictio nnaire de Médecine. 

(Bdème des nouvelles accouchées. Telle est la dé- 
nomination commune sous laquelle on a abusivement 



( 4^^ ) * 

compris les hydropisies des membres inférieurs pro- fÉÉtmÊÉàmàm^ 
duites par un obstacle au cours du sang et de la lytti- P*®**^^* 
phe, et une yarîétë de l'inflammation du tissu eellu* ^«q^^ 
iaire des membres inférieurs « accompagnéed'undépôt 
considérable de sérosité, et quelquefois d'inflamma- 
tion des vaisseaux et des ganglions lymphatiques , dc^ 
symphises pelviennes , de l'absorption du pus, etç»^ 
afiection qui a reçu le nom bizarre de phUgnuiain </&« 
âolens, M. Rayer a cru devoir faire précéder la des-^. 
cription générale de ces divers cas de la maUdfe.qiii 
l'occupait, cle la transcription textuelle des observé^ 
tions publié^ récemment sur le même sujet dân»|éÉ 
journaux de médecine. Je dirai encore que .€0 n'esi 
pas ainsi qu'on doit agir pour faire des articlea de 
dictionnaire. ,^ 

M. Kater insiste jadicieusemcnt sur l'indispeilsaUe 
nécessité de recourir promptement au iraitenient 
antiphlogistique le plus actif, pour prévenir l!étJif^ 
blissement ou arrêter les progrès de l'hydr^ophii^gnla* 
sie du tissu cellulaire , et des iuftammati^iis, nHiltit* 
pliées qu'on J9 distinguées sous le noni. UAih qu^ je 
viens de transcrire. n ...,...,. 

L'article de M. Rater est terminé par un court 
exposé de l'état oii les travaux de Laenneç Ont àmeaé 
la science relativement à Vœdème des poumon$ pro-. 
duit par l'inflammation de ces organes , et que noire 
auteur qualifie du nom di hydropneumonie, « CeSiOO-': 
. dëmes^flammatoires, dit M. Rater, «ont toujoiicf 
associés à d'autres altérations phlegqaasiqoe^ plus on. 
moins considérables. On ne peut prévenir cet infiltra»-' 
tions séreuses que \)ar les moyens confius pour éftrè. 
efficaces dans le traitement des inflapamaitîônfl thbi»^ 
ciques. £t« si l'on parvenait à constater ces œdèmes 



(4i4) 

■— — iii— chez quelques malades , la méthode antiphlogistique 

• Diction- serait encore la seule qu'on pût rationnellement con- 
nairedemé- . . , .• i /i -i 

dwthe, «eiller pour favoriser la résorption des fluides séreux 

épanchés.» 

• « Dans l'espèce humaine, on nomme oeuf , une y^ 
sicule membraneuse de forme sphéroïdale remplie de 
flaide , constituant les enveloppes au milieu desquelles 
l'embryon se développe , et qui établit une commu- 
nication directe entre le germe organisé et la mëre 
qni l'a produit. La description de \ œuf humain com- 
prend donc l'histoire du fœtus et de ses membranes.» 
Ce peu de mots empruntés à M. Olliyiek donné une 
idée du suijet que cet anatomiste distingué a traité 
dans^ l'article consacré au mot oeuf. On trouve dans 
cet ^rtiicle une exposition complète de toutes les re- 
cherches, des expériences multipliées qui ontététen- ' 
t^, et trop souvent des résultats contradictoires qui 
ont été obtenus par les hommes du mérite le plus 
ëmînent en anatomîeet en physiologie expérimen- 
tale. Malgré cette pénible incertitude dans laquelle 
jettetit et lés résultats opposes des observateurs, et 
les locations dubitatives de l'àiftéur de l'article oeuf, 
on peut dire que cet article , le plus long peut-être 
du qninzièinë volume (il y à 88 pages "^ , est .assuré- 
ment le plus saillant de tout l'ouvrage. Ne pouvant 
aucunelnjént présenter l'analysé d'un article tout en- 
tiei* con»^sé de faits et d'opinions, j'emprunterai à . 
notre^uteur cette observation importante , que lui- 
même a puisée dans l'ouvrage de Meckel , que , si 
les degrés de développement pai" lesquels passent le 
corps et les divers organes du fœtus , depuis son ori- 
gine jusqu'à sa maturité parfaite, correspondent à 
de» dispositions permanentes daniéèrtaines classes du 



(4i5) 

régime animal , de telle sorte que l'embryon humain , 
après avoir été une molécule organique , en appa- Diction- 
rencé homogène , offrirait successivement , dans sa j^^j-^ç 
totalité ou dans quelques-unes de ses parties , la forme 
particulière à tel ou tel animal de l'échelle zoologi- 
qtfé ; d'un autre côté , l'homme se distingue des au- 
firès animaut par l'extrême rapidité avec laquelle il 
parcourt la jpremiëre période oii il oiîFre cette analo- 
gie avec les animaux inférieurs , ,ce qui est rassurant 
contre là crainte de voir quelque jour se réaliser les 
fictions des poètes et les contes des commères, et 
quelque femme mettre au monde un zoophyte, ua 
pôiksQn ou un' quadrupède , si la prévoyante nature 
oubliait de pihesser l'accomplissement de ces succes- 
sives évolutions que l'embryon humain doit par- 
courir. 

A la suite de ce bel article de M. Ollivier , s'en 
trouve un autre non moins remarquable sur le même 
sujet, considéré paihologiquement , par M. OésoR- 
HEA17X, qui a traite successivement des maladies des en- 
veloppés fœtales et de celles du fœtus lui-ftiême. 

Pourquoi , à ra'rticlé ongle , M. Ollivier a«t-il omis 
de parler de cette vicieuse disposition de l'ongle 
qti'bh connaît soùs le nom à^ongle incamé , cTongle 
entrant dans la chair ? 

M. MuRAT, auteur de plusieurs excellens. articles de 
pathologie chirurgicale, a rassemblé en peu de mots 
les notions convenables 9ur la pratique ^e% opérations , 
considérées d'une manière générale. L'estimable au- 
teur n'a-t-il pas trop envisagé son sujet sous le rap- 
port chirurgical ? Le paragraphe consacré aux prépa- 
rations à faire subir aux individus qui doivent sup- 
porter ùtie opération me senible un peu écourté. La 



C4'6) 

noavelle doctrioe médicale a porté dans ce sa jet im-* 

BictioD- portantdeslamiëresdont il eût fallu profiter. La même 

dccioe. remarque s applique, ayec plus de justesse encore^ 

s'il est possible , à ce que dit l'auteur , des accidens le 

plus à redouter à la suite des opérations. Assorément 

c'est considérer trop chirurgicalement la chose qae 

d'établir que les plus redoutables des accidens sont 

la douleur, les convulsions, une inflammation locale 

trop vive , l'hémorrhagie. Il fallait insister surtout 

sur cette fâcheuse facilité avec laquelle se développent 

chez les blessés les plus redoutables inflammations 

parenchymatenses , les phlegmasies les plus graves 

du système séreux de la tête , de la poitrine ^ de l'ab!- 

domen, etc. 

Si le médecin dont parle M. Hipp. Cloquet ne 
s'est pas laissé induire en erreur, on ne peut nier le 
liaut intérêt que présente le fait rapporté par ce der- 
nier au mot oPBiosTOME. Il s'agit d'un cultivateur des 
environs d^Uzerches, qui avait été, depuis plusieurs 
années, sujet a des attaques d'apoplexie , et qui en fut ^ 
' totalement délivré , après avoir vomi spontanément 
le seul ver de cette espèce qui ait encore été obser- 
vé chez l'homme. Déjà, dans cet article, j'ai parlé 
d'uti jeune garçon qui , ayant présenté à l'observation 
d'un célèbre médecin de la capitale des attaques c:on- 
vulsivesépileptiformes, et qui furent caractérisées d'é- 
pilepsie essentielle^ fut complètement et prompte^ 
ment délivré de ces attaques , dont les retours deve- 
naient chaque fois plus rapprochés, à la suite de ^la 
sortie spontanée d'un vèi* lombric ordinaire. J'insiste 
d'autant plus volontiers sur ces faiits d'une observa- 
lion en quelque sorte banale, qui rappellent davan- 
tage à l'esprit l'étroite dépendance dans laquelle ^e 



• I 



canal digestif irrité tient l'organe principal de l'inner- 'sêoçsssss 
vation, que j'ai entendu naguère professer, en pré- „a;r^'Je^é^ 
«ence de plusieurs témoins qui semblaient l'adopter, dec'me. 
cette singulière opinion médicale, que de tous les 
appareils organiques , c'est celui des yoles digestîves 
•qui est uni par des sympathies moins étroites avec 
le reste de l'économie vivante. Les aveugles-nés ont 
droit de nier la luraiëre ; mais non ceux qui jouissent 
•de la clarté des cieux ! 

Pourquoi l'article ophthalmie, d'ailleurs fort bien 
traité, a-t-il été partagé entre deux collaborateurs? 
de sorte que M. J. Cloquet a traité de l'ophthalmie 
soit aiguë ou chronique , et qu'à M. Lasneau est échu 
l'article opitthalmie blennorrhagique. Cette dernière 
affection ne constitue-t-elle pas une des plus redou- 
tables espèces de l'ophthalmie forte? L'article de 
M. Cloquet, qui n'en fait pas mention , est tronqué 
et incomplet; celui de M. Lagneau, séparé du pre- 
mier, se trouve privé des considérations générales 
relatives à l'affection elle-même. Quant à Vophthal^ 
mie syphilitique , subsidiairement traitée dans ce 
même article, je pense que, pour éviter de morceler 
«ans cesse la matière , on eût dû la renvoyer au mot 
syphilis j oii l'on eût présenté , comme il faudra bien 
le faire , toutes les considérations relatives à la maladie 
syphilitique , sous quelque modification de forme que 
celle-ci se présente. Il fallait imiter la conduite de 
M. Désormeaux, le plus méthodique de tous les col- 
laborateurs du Dictionnaire , qui ne met que des 
mots de renvoi, et traite ensuite dans un seul article 
de tou<es les affections, de tous les phénomènes mor- 
bides dont se compose l'histoire d'une fonction phy- 
jsiologique ou d'une maladie de la femme ou de 

T. 96 de la Col. 35* de la a* Sér. Septemb. 27 



( 4i8 ) 

Teofant. Quoi qu'il en soit, }'aî vu avec plaisir que 

Diction- M. J. Cloqu£t a fait justice de cette ridicule et ro- 

"**!f®^^™^'man tique ophthahmie d* Egypte dont nos confrères 

d'outre-Manche et outre-Rhin ont écrit tant de choses 

merveilleuses. 

Considéré sous le seul point de vue de la matière 
médicale par M. Richard, l'opium a trouvé dans 
M. GuERSENT un digne interprète des propriétés dont 
il jouit. Notre judicieux auteur fait d'abord connaître 
les effets immédiats de l'opium , administré à l'état de 
morphine, denarcotine, de principe nauséeux. « Il 
résulte de toutes les expériences faites avec lés prin- 
cipes immédiats de l'opium, que c'est principalement 
dans la morphine que résident les propriétés calmantes 
de l'opium , et que la naFCotine ne produit presque 
aucun effet narcotique chez l'homme, même à des 
doses très-élevées. Mais en quoi consiste la propriété 
narcotique? Nou^'^ne la connaissons que par ses ef- 
fets , que nous avons décrits en parlant de l'actim de 
la morphine; mais nous ignorons entièrement sa na- 
ture. On a longuement discouru pour savoir si l'o^ 
pium était excitant ou débilitant , si la congestion 
qu'il produit vers le cerveau^ sur les tis/us érectiles 
et les membranes muqueuses , était le résultat d'une 
simple perturbation des fonctions du système nerveux, 
ou d'un engorgement passif du système capillaire par 
suite du ralentissement de là circulation générale. 
On a donné sur ce fait des explications pinson moins 
ingénieuses; mais toutes les discussions n'ont cbn- 
^ duit à )9mcun résultat , parce que l^opinm est , pour la 
plupart des individus, ni exci'tant ni -débilitant 5 
mais il agit d'une manière qui lut est propre, et qui 
n'est réellement comparable à ancune autre. La mor- 



( 419 ) 

phioe modifie les fonctions du &ystème ncrreux , et 

par suite celles de toi» les autres appareils qui en dé- DicUon- 
'^ . . , j j'iT' • . nairedeme- 

pendenl; mais avec de grandes dinerences^ qui sont ^lecine. 

toujours relatives à la susceptibilité nerveuse des iur 
dividus qui sont soumis à ses effets. » 

Apres avoir indiqué sommairement les diverses 
préparations opiacées que la pharmacie compose pour 
les usages de la médecine , notre auteur consacre un 
dernier paragraphe à exposer l'emploi thérapeutique 
de ces préparations. « Les effets immédiats que déter- 
mine cet agent médicamenteux administré à petites do- 
ses, peuvent se. réduire à trois principaux: l'opium 
émousse et pervertit la sensibilitéi et )ette dans un état 
de calme ou de somnolence ^ il diminue les sécrétions 
des systèmes capillaires intérieurs^ et particulièrement 
les sécrétions des membranf^ muqueuses; enfin, il aug- 
mente l'action de la peau et favorise la transpiration ' 
et la sueur. La médication narcotique est essentietiei» 
ment fondée sur ce triple résultat; et dans les cas 
même oii le médecin se propose de ne. mettre en jen 
qu'un des effets principaux de l'opium , celui d'é- 
mousser, par exemple , la sensibilité , po«Mr produire 
un état sédatif, cependant il ne p^^ut obtenir ce résul- 
tat séparément des deux autres. C'est aussi de ces ef- 
fets principaux que découlent pour le praticien les in* 
dicationset lescontre-indicationsgénéralesdans l'efloi- 
ploi des opiacés. » 

M. GuERSENT expose ensuite d'une manière rapide 
les cas de maladie dans les^ek il luii .paraît conv^< 
nable de prescrire l'opinm. Il a cru ^devoir consacrer 
quelques lignes à parler de l'administra Uoa' de To^ 
pium dans la cessation -des ^f^^at Hlieuses. Il «'élë-- 
ve avec force contre cette , médication dangereuse > 



( 420 ) 

*^*'— * . à laquelle il préfère la méthode de Stoll. Il faut 
Diction- avouer que l'altematiTe u'est pas agréable ; nous 

deciiie. ayons a choisir entre un médicament qui irrite la 

membrane muqueuse déjà enflammée, y supprime 
tout travail exhalatoire, y accroît la congestion et la 
stase du sang, et une médication par les vomitifs, 
les purgatifs, employée contre une gastro-duodéno* 
hépatite ! Ne serait-il donc pas^possîble de rendre les 
armes à la vérité, et de reconnaître que l'on traite par- 
faitement bien , sans danger de mort par empoison- 
nement , ou d'augmentation de Tinflammation , une 
irritation phlegmasique aussi évidente que celle qui a 
lieu dans le cas qui nous occupe? Comment ne voit- 
on pas que cette supersécrétion du fluide muqueux , 
bilieux, pancréatique peut-être, dont on fait tant de 
bruit^ est le résultat de l'irritation même des organes 
sécréteurs, et que si jamais sublatâ causa toUitur 
effectua , c'est surtout dans ce cas , oii , en calmant 
l'irritation par le traitement antiphlogistique , on 
fait cesser dës-lors la supersécrétion morbide? 
. <c La pratique journalière de tous les hommes de 
l'art » qui ne se tiennent pas volontairement hors du 
champ de l'observation , a démontré depuis plusieurs 
années que quelques sangsues appliquées) dès le début, 
à la marge de l'anus, enlèvent parfaitement bien ces 
inflammations du gros intestin 9 appelées dysenteries, 
sans qu'on- ait besoin de recourir à l'opium , qui 
n'agit , dans ce cas , qu'en déterminant une irrita- 
tion avec congestion et stase du sang dans les voies 
digestives supérieures , laquelle devient révulsive de 
l'irritation du gros intestin. On sait que toutes les 
fois qu'on arrête le travail sécrétoire normal ou pa- 
thologique d'un organe, on détermine dans ce der- 



( 421 ) 

nier un état de phlegmasie. Une hëpiorrhagie nasale , 
in tempestî cernent combattue par des astrîngens, fait Diction^ 
place à une phlegmasie de la membrane pitui taire ^^iij®»®"*®" 
De même ici, l'opium, qui, de l'aveu de M. Guer- 
SENT, diminue particulièrement les sécrétions de 
membranes muqueuses , étant appliqué à la surface 
de l'estomac, donne lieu à une irptation gastrique , 
laquelle peut devenir, par antagonisme, révulsive et 
curatrice de la phlegmasie colique. En preuve de cette 
assertion , je rappellerai que les phénomènes de la 
gastrite se manifestent chez les individus pour les- 
quels on a fait usage des opiacées dans le traitement 
de la dysenterie : la langue se sëche et devient rouge; 
il y a de la soif , de la chaleur intérieure, etc. 

S'il est incontestable , comme l'établit M. Guer* 
SENT, que les préparations opiacées diminuent ou sup- 
priment le travail exhalatoiredes membranes muqueu- 
ses, il pourra paraître assez curieux devoir que l'o- 
pium peut être employé avec avaptage dans les phleg- 
masies aiguës des voies de la respiration , quand 
l'irritation s'oppose à l'expectoration , et qu'il est éga- 
lement recommandable dans la bronchite chronique, 
lorsque l'expectoration est excessive , et qu'il est né- 
cessaire de la réprimer et même de la tarir. 

Notre auteur a vu l'opium réussir dans quelques 
cas de fièvres ataxiques franches. Y a-t-il donc des 
maladies qui, comme tant d'hommes de notre siècle, 
manquent de franchise? Qu'est-ce qu'une fièvre 
ataxique franche? M. Guersent donne peut-être lui- 
même la solution de cette énigme , lorsqu'il nous rap- . 
pelle que l'opium serait évidemment nuisible dans 
toutes les encéphalites et méningites. Dès lors, comme 
je l'ai dit précédemment en parlant de la méningitCjt 



( 4a2 ) 

il ne reste plus pour les fièvres ataviques franches qne 

nairedemé* ^^* ^^^ ^^ '®* organes de la digestion influençant sym- 
deoinc. patiquement ceux de l'innervation , donnent lieu à 

des désordres fonctionnels , nerveux , non inflamma- 
toires ; et conime l'opium a la propriété de stupéfier 
l'encéphale en déterminant une congestion, on con- 
çoit trës-bien alors que les organes de l'innervation 
ne puissent pas repoudre aux influences sympathi- 
ques que les intestins exercent sur eux. 

L'étendue que j'ai donnée à l'analyse des tomes i4 
et l5 du Dictionnaire de Médecine me force à ren- 
voyer à une autre époque celle du i6' volume qui 
vient de paraître; comme aussi à n'indiquer que d'une 
manière rapide un grand nombre d'articles trës-bien 
traités , tels que néphrite , odeur , oreille , or^anisa^ 
tion , organisés ( corps) : ce dernier ne porte pas de 
nom d'auteur 9 ^tc. 

Les justes éloges que j'ai donnés à la pluralité des 
articles doÀt je viens de présenter l'analyse , démoiie- 
trent que les tomes 14 et i5 du Dictionnaire de Mé-* 
decine sont dignes de ceux qui le^ ont précédés. 

E. G". C. 



( 4«5 ) 

Précis de Vhistoire de la médecine et de 
bibliographie médicale , contenant l'indi- 
cation et la classification des ouvrages les 
meilleurs 9 les plus utiles, la description 
des éditions rares ou de luxe , et des con- 
sidérations sur les soins que demande la 
conservation des bibliothèques. Un vol. 
in-12; chez Béchet jeune, Gabon et Bail- 
lière. 

Il est des ouvrages dont l'analyse n'est pas facile à 
faire: de ce nombre est celui dont je yiens de donner pj^j^ ^^*" 
le titre. Il est sans nom d'auteur. On m'a bien dit à 
peu près clairement qui l'on soupçonne d'avoir fait 
cette compilation. Je doute d'autant plus de la réa- 
lité de cette supposition, que le nom du médecin dont 
il s'agit , ne se trouve pas indiqué parmi ceux des au- 
teurs qui sont entassés en grand nombre , avec l'in- 
dication de leur production, dans la partie au pré" 
cis, intitulée Bibliographie médicale^dictionruUre , 
et qu'assurément , quand on a obtenu des couronnes 
académiques , il est difficile d'être assez modeste pour 
omettre l'indication de son nom et de ses écrits, dans 
un catalogue destiné à faire connaître les ouvrages 
les meilleurs et les plus utiles. 

Quoi qu'il en soit, notre anonyme expose dans une 
introduction l'origine de l'imprimerie., et donne nn 
précis des notions relatives à l'impression même des 
livres , à la reliure , à la disposition matérielle des 
bibliothèques; il nous indique les gravures et les 



(4M) 

bustes dont nous devons orner nos cabinets; pnfs fl 
'Bjhlloffr^' présc-nte des généralités snr les nosographies , les mo- 
nograpbies, les jonmanx, les collections académie 
ques, on les dictionnaires; l'esprit des écoles de Paris, 
de Montpellier , etc. Sous le titre de dictionnaire , 
il présente la liste des auteurs et celle des ouvrages 
qu'il a jugés les meilleurs et les plus utiles. H a réduit 
à quelques mille les deux cent mille ouvrages dont la 
compilation dePLouQUET, contient l'aride nomencla- 
ture; il aurait pu réduire encore de beaucoup ce nom- 
bre ; quoiqu'il nous assure que « quelques opuscules 
fori insignifians d'HABicoT sont prisés beaucoup plus 
par les bibliographes, que les oeuvres complètes 
de BiCHAT, » je ne vois pas de quelle nécessité il nous a 
transmis les titres détaillés de \^ gîgantostéologie y de 
la gigantomachie , de l'histoire du géant Teuto^Boo-~ 
chus , de la monomachie , de la gigantologie^ de Van-^ 
^gigantologie y etc., collection qu'il nous assure gra- 
vement ne pouvoir être évaluée moins de cinquante 
francs ! J'ai cité un exemple , j'aurais pu en indiquer 
beaucoup d'autres. 

Une troisième partie se compose de plusieurs tables r 
la première contient la classification > par ordre de 
matière, d'une bibliothèque de médecine; la seconde, 
les auteurs classiques , spécialement nécessaires à 
l'étudiant en médecine et au médecin praticien ; la * 
troisième, l'indication des principaux ouvrages écrits 
sur la doctrine de M. Broussais, depuis 1816 jus- 
qu'en 1826, tant par M. Broussais et ses adeptes 
purs, que par les médecins qui ont adopté ses opi- 
nions en les modifiant, et par les adversaire^ même 
de la doctrine du célèbre réformateur. Une quatrième 
table e;st consacrée à la chronologie; une cinquième aux 



(425) 

dates de la naissance, et, s'il y a lieu, de la mort des 

auteurs. L'ouvrage est terminé par une table analy- Bîblîogra.- 

pnie. 
tique. 

On conçoit qu'un ouvrage tel que celui dont je 
viens de faire l'annonce n'a de mérite qu'autant 
qu'il est trës-exact ; mais il faudrait beaucoup de 
patience pour en lire toutes les pages, dans l'intention 
de constater s'il possède ce genre de mérite. Tel qu'il • 
est , ce précis sera utile aux médecins et aux étudians. 

£• G. C. 



Recherches anatomiques et physiologie^ 
ques sur les cas d^utérus double et de 
superfétation ; par A.-L. Gassan, doc- 
teur en médecine , etc. ( Voyez Tannonce 
bibliog. au n*. d'avril, pag. 142.) 

La question de la superfétation est traitée avec Utérus 

beaucoup de talent et d'exactitude, dans cette disser- ^^t*™** 
tation inaugurale , dont l'auteur s'est livré à des re- 
cherches extrêmement multipliées d'érudition , pour 
rapporter, comparer les faits nombreux consignés 
dans les fastes de l'art , ou qui ont été observés plus 
ou moins récemment , et pour en déduire des consé- 
quences judicieuses , qui donnent à la fin la solution, 
je ne dis pas probable , mais incontestable de cette 
question à la fois curieuse et d'un si grand intérêt , 
sous les divers points de vue de la physiologie, de la 
médecine légale , et delà législation. Userait trop long 



(4*6) 

d*aneilyser tous les faits , et de rapporter toutes les 
P*^™* discbssions qui se trouvent dans la dissertation inau- 
gurale de M. Cassan. Je me bornerai, en conséquence, 
à extraire de ce travail les corollaires dans lesquels 
l'auteur lui-même résume la doctrine qu'il déduit 
des faits observés. 

« Le vice de conformation, qu'on appelle duplicité 
^e l'utérus , n'est pas extrêmement rare^ tout porte 
à croire que cette anomalie est plus fréquente encore 
qu'on ne le pense généralement. Elle consiste dans 
la présence d'une cloison complète ou incomplète , 
qui sépare en deux cavités latérales l'intérieur de 
l'utérus. — Ces anomalies donnent l'interprétation la 
plus raisonnable du phénomène qu'on appelle super^ 
fétation. — Lasuperfétation est l'imprégnation d'un se- 
cond ovule, après la fécondation d'un premier germe. 
Elle peut arriver seulement dans les trois circonstances 
suivantes : i° chez les femmes et les animaux doués 
d'un utérus double; 2* dans le cas de grossesse extra- 
utérine préexistante; 3° par l'effet d'une nouvelle con- 
ception , quand le premier germe fécondé n'occupe 
pas encore la cavité de la matrice. Des cas de gros- 
sesse double , avec développement inégal des deux 
embryons , et quelquefois expulsion prématurée de 
l'un et sortie tardive de l'antre, ont été confondus 
(un très-grand nombre de fois , ainsi que l'auteur le 
prouve ) avec la superfétation. » 

La circonstance anat<Tmique d'une double matrice 
et de deux cols distincts et séparés , quoique juxta- 
posés , explique parfaitement les différences dans 
le jugement qu'ont souvent porté sur l'état actuel du 
col de l'utérus des praticiens également recomman- 
dableSf dont l'un, par exemple, introduisant son 



( 4^7 ) 

doigt dans un vagin unique » reconnaissait et an- 
nonçait que le col utérin était encore fermé ou peu Utérus 

„ , j 1 double, 

dilaté, tandis que "autre , touchant un second col, 

assurait que ce dernier était dilaté , effacé même;, et 
prétendait qu'il portait la main dans l'utérus dilaté. 
La dissertation inaugurale de M. Cassàn , *ornée 
d'une belle planche lithographiée , contient une riche 
suite de faits de grossesse double, de superfétatioh , 
d'utérus dans l'état d'anomalie qui constitue là du- 
plicité de cet organe. La lecture de cet écrit ne peut 
qu'intéresser également l'anatomiste , l'accoucheur 

et le médecin légiste. . 

E. G. C. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Recherches sur Part de' diriger la seconde dentition Bibliogra- 
en général^ ou considérations théoriques et pratiques P"*®- 
sur les rapports entre les deux dentitions dans l'homme 
et sur l'accroissement des mâchoires ; servant de dé- 
veloppement à V Essai sur le rapport des deux dend- 
tions , inséré dans le septième yo|ume des Mémoires 
de la Société médicale d^ émulation de Paris , et de 
réfutation au système proposé par M. le docteur 
Serres et Delabarre sur la seconde dentition ; par 
E.-M. Miel, chirurgien dentiste de la Maison royale 
de St.-Denis, etc; i vol. în-S*. , avec des planches 
lithographiées. AParîs, chezCrevot. 

L^ agent immédiat du mouvement vital déifoilé 
dans sa natuiv et son mode d^ action chez les pégétaux 
et les animaux ; par M. H. Dutrochet , correspondant 
dej'institut , etc. ; à Paris, ches Baillière. 



- .1 



TABLE 



DES ARTICLES CONTENUS DANS 



LE TOME XCW ( XXXV de la n« série) 
DU JOURNAL GÉNÉRAL DE MÉDECINE, eic, 



A.natomîej physiologie y anatomîe pathe^ 

logique. 

page 
Obsenration sur nn ramollissement Aa cerveau , 
affectant le pilier droit de la voûte et la paroi 
postérieure et supérieure du ventricule droit , 
avec inflammation chronique de toutes les sé- 
reuses } par M. Chauffart i6 

Observation d'un fœtus thlipsencépbale ; par 
M. Geoffrot-Saint-Hilaibe 59 

Histoire anatomique des inflammations ; par' 
M. Gendrin • • . • . 88 

Recherches expérimentales sur les causes du mou- 
vement du sang ; par M. Barrt ,.. 106 

Clinique de la maladie syphilitique; par M. De- 

VERGIE l33 

Essai sur la prédominance du système digestif 
dans l'enfance ^ par M. Sablairolles i45 

Affectioit tuberculeuse du poumon gauche , coin- 
cidant avec la présence d'un clou dans la bron- 
che du même côté; par M. Leuret 220 



( 4^9 ) 

Note pour servir à Thistoire des tubercules; par 
M. Gruveilhier ^ 223 

Recherches anatomiques et physiologiques sur les 
cas d'utérus double et de superfétation ; par 
M. Gassan • • • . 4^5 

ji.ccouchemens 9 chirurgie, opérations. 

Observation d'une hernie de matrice à travers un 
pessaire; par M. Brachet 4^ 

Rapport de M. Duchateau 52 

Mémoire sur les fractures de la.clavicule , du col 
du fémur et de la rotule ; par M. Ribes 55 

Recherches sur la fistule à l'anus; par le même. 58 

De ranéyrysme consécutif de l'artère temporale 
après la saignée; par M. Desruelles 63 

Observations de tétanos ; inflammation du pro- 
longement nerveux rachidien; par M. Yan- 
de-Keere • •••..•• 65 

Des corps étrangers arrêtés dans l'œsophage ; par 
M. Ghantourelle 67 

Luxation de champ de la rotule; par M. Goze. 69 

Dictionnaire de chirurgie pratique ; par S. Goo- 

PER 116 

Observation sur une amputation du bras dans 
l'articulation scapulo-humérale ; par M. Bon- 
fils «... 19a 

Hygiène, médecine, thérapeutique. 

Ascite aiguë , traitement antiphlogistique , gué- 
rison ; par M. Ghauffart • • 3 



\ 



(43o ) 

Obsenration d'érjsipele général ; par M. Màu* 

CHE • ••••.•. 21 

Recherches et observations comparatives sur 
quelques maladies chroniques de l'estomac; 
par ST. Bourgeois .' aS 

Notice de M. Bouillaud sur Timportapee du rôle 
que joue l'inflammation chronique des vais- 
seaux cérébraux dans la production de Tapo- 
plexie 60 

Des accidens produits par les calculs biliaires ;;^ 
par M. Bricheteau 61 

Recherches sur la nature di^diabétës; par M.Dé- 
ZÉIMÉRIS 6a 

Considérations cliniques et physiologiques sur 
l'emploi du tartre stibié à hautes doses dans le 
traitement de la péripneumonie et du rhuma- 
tisme ; par M. Vacquié 63 

Du diagnostic de la péricardite; par M. Andral 
fils '. r 68 

Clinique médicale; par M. Andral; tome 3'.; 
maladies de poitrine 71 

Avis aux mères qui ne peuvent pas nourrir , ou 
instruction pratique sur l'allaitement artifi-, 

ciel , par M"*', Breton i36 

• • ■ » 

De^ la santé des ^ens de lettres ; par Tissox ^ avec 
des notes de M. Boisseau i38 

Observation d'un rhumatisme trës-intense , qur 
se termina par uneinflaoui^ation méiastatique 
du péricarde ; par M. Hollard i85 



( 43i ) 

Traité des maladies du cerveau et de ses mem- 
branes j par M. Baïle aSg 

De la paralysie considérée chez les aliénés; par 
M. Calmeil ibid. 

Nouveaux élémens de pathologie médico»chirur- 
gicale ; par MM. Roche et Sanson 278 

Nosographie générale élémentaire^ par M. Sei- 
gneur-Gens 386 

Constitution médicale et maladies régnantes de 
1824 et 1825 à Nantes; par M. Priou 289 

Dictionnaire de médecine ; par MM* Adelon , 
Andral 9 etc. , tomes i4 et i5 : Maxi-Mtrt et 
N-ORP , 388 

Botanique ^ chimie, pharmacie. 

Nouvelle nomenclature pharmaceutique, avec . 
tableaux, synonymie ancienne et nouvelle, et 
vocabulaire abrégé, pour Tintelligence delà 
méthode } par M. Chereau i ig 

Guide de l'amateur des champignons , ou précis 
de l'histoire des champignons alimentaires , 
vénéneux et employés dans les arts ; par 
M. CORDIER '. 122 

Bourbonne et ses eaux thermales ; par M. Re- 
nard- Athanase... . •...,. lio 

Note sur la falsification du séné par les feuilles 
de redoul , par M. Guibourt 3 

Principes élémentaires de pharmacie ; par M. Go- 
DEFROT 268 




: 450 - 

BibliograpMe, variétés. 

Notice hUtoHqne sur les médecins àa Grand- 
Uà[el-Dïea de Lyon ; par M. Poixte. 128 

Mémoires de la Société médicale d'Émulation , 
tome 9' 54 

Précis de l'histoire de la médecine et de biblio- 
graphie médicale ^3 

Annonces bibliographiques i4i)4^7 

Table des matières contenues dans le tome 9S'. 
du Journal général de médecine 4^ 



Avis. MM. les souscripteurs qui n'ont pas encore 
versé le prix de leur abonnement pour 1826 sont 
priés de le faire tenir à M. Baillière, libraire , rue de 
l'École-de-Médecine, n». iZbia, ïeqoel est chargé de 
l'expédition du Journal général de médecine, que j'ai 
Ail retirer des raaius de l'ancien libraire. 



Éft 



Le Rédacteur. 



JOURNAL 

GÉNÉRAL 

DE MjÉDEGINE, 

DE CHmirRGIE ET DE PHARMACIE, 

FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES; 

OU 

RECUEIL PÉRIODIQUE 

DES TR/^VAUX DE L/^ SOCIÉTÉ dË MÉDECINE 

DE PARIS i 

Rédigé par G. E. S. Gaultier de Glaubry, l'un 

de ses Membres. 



TOME XCVII% XXXVP de la IP SÉRIE. 



A PARIS, 

Ches BAILLIÈRE , Libraire , rue de l'École -de-Médecine , 

D». 1 5 bis ; 
Et les principaux libraires ; 
A Londres, chez J.-B. BAILLIÈRE, Libraire, 5, Bedford- 

Streety Bedford-Square. 



Octobre 1826. 



SOCIÉTÉ DE MÉDECIITÏL 



Arriti du 9 mai iSaS. 

La Société sait que la lumière sort du tèin des 
discussions : impartiale, elle entend toutes les opi- 
nions^ et n'imprime son cachet, d'une manière par- 
ticulière , à aucune. 

Le Mecrétaire-général , NACQUART, 



IMPRIMBRIR DR A. BRLIN, 
Ru« des Mathurins SainUJaeques^ Hôtel de Quay, 



JOURNAL 



GÉNÉRAL 



DE MÉDECINE, 

DE CfflRURGIE/ DE PHARMACIE, etc. 



ou 



RECUEIL PÉRIODIQUE 



DE LA 9PCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS. 



Observations sur Vheureux emploi de 
Viode dans le traitement de Vamé- 
norrhée ou ischaméme; par M. J. Sa- 
BLAiROLES^ ^g^^g^ ®^ exercice près la 
Faculté de médecine de Montpellier^ etc. 

(Séance du 6 juillet 1826. ) 

.JuORSQU^ON examine les services que les 
sciences accessoires ne cessent de nous ren- ^^^' 
dre tous les jours , on est frappé surtout de 
ceux que la chimie rend aux diverses bran-^ 



Iode. 



(4) 

cfaes de la science médicale. Combien ne lui 
doivent pas, en eSef, PanafomiejThygîène, 
la médecine légale , etc ! Et n'est-ce pas elle 
enfin qui nous fait connaître exactement les 
divers élémens qui composent les substances 
médicinales 5 en n^ême temps qu'elle enrichît 
chaque jour la thérapeutique de médicamens 
simples et héroïques^ parmi lesquels il nous 
su£Bra de citer la strychnine , Pémétine , les 
alcalis des quinquinas, l'iode > etc.? 

Tout le monde sait aujourd'hui que c'est 
M. CoiNDET qui a introduit dans la matière 
médicale cette dernière substance^ que les 
expériences faites par M. Orfila sur des 
animaux qui avaient succombé prompte- 
ment à l'ingestion dans les voies digestives , 
semblaient avoir condamnée à un oubli éter- 
nel. Mais à peine le praticien de Genève eut- 
il fait connaître les succès éclatans qu'il avait 
obtenus de ce remède vraimenthéroïque con- 
tre les goîtres les plus volumineux , la maladie 
scrophuleuse , certaines maladies de l'ovaire, 
et contre les affections syphilitiques (i) , 
qui ont été considérées par divers médecins 



(i) Il est digne de remarque que, dans ces mala- 
dies , M.GoiPTDET ne l'emploie pas seul ; il le combine 



(5) 

comme une source presque infaillible de tu- 
méfaction scrophuleuse chez les enfans de ï<^^®- 
ceux qui en ont été atteints; que les enthou- 
siastes crièrent merveille, et en proclamèrent 
à Penvi les vertus prodigieuses ; tandis que 
Mathet et plusieurs autres^ soit par une 
prévention mal fondée^ soit par une antipa- 
thie invincible pour tout ce qui est nouveau, 
jetèrent une défaveur et une terreur telles 
sur remploi (i) de ce médicament, qu'il n'y 
a que les sarcasmes lancés par Guy - Patin 
contre Pantimoine qui puissent être compa- 
rés aux oppositions nombreuses qu'a éprou- 



avec le mercure , sous la forme d'îodure , ou d'hy- 
drîodate. 

(i) En Suisse, on avait même voulu en prohiber 
l'emploi, parce qu'il avait donné lien à quelques 
ëvénemens fâcheux. Mais , pouvait-il en être autre- 
ment , quand ce moyen était devenu d'un usage si 
' général , que tons les malades, atteints de goitres ou 
d'autres maladies , contre lesquelles M. CoitroET l'a- 
vait préconisé , en prenaient indistinctement , et le 
plus souvent sans avoir consulté un homme de l'art? 
Or, tous les médicamens actifs, dont on abusera , pro- 
duiront trës-certainement des effets plus ou nioins 
fâcheux : mais sera-ce une raison pour les exclure 
du domaine de la thérapeutique ? 



Iode. 



(6) 

vées ce paissant stimulant^ j^allais dire ce 
spécifique dn système lymphatique* 

Quoique l'efficacité de cet agent thérapeu- 
tique ne soit plus un problème, il es/cepen-* 
daqt utile de Taccréditer ^ de bien en assurer 
le triomphe : c'est dans ces vues que je pu- 
blie les faits suivans. Je crois même que 
ceux qui se sont le plus élevés contre l'iode , 
seront forcés d'en reconnaître l'utilité dans 
nos observations 9 et surtout dans la seconde 
et la troisième, vu que les maladies étaient 
encore vierges (qu'on me passe cette ex- 
pression), c^est-à-dire qu'on ne les avait at- 
taquées par aucun moyen. /. 

Première ohserçaUon. 

A. C, couturière, âgée de vingt-deux ans, 
d*un tetopérament lymphatique , avait éprou- 
vé la plupart des accidens qui accompagnent 
une menstruation difficile.'^. A dix-sept ans^ 
elle fut réglée, mais à des époques différent 
tes; nous observerons mèdâs que la quan^ 
tité dé sang qu'elle perdait à chaque période 
n'était pas plus régulière que leur durée. A 
vingt ans les menstrues se supprimèrent sans 
cause connue : depuis ce moment C. a été 
exposée aux symptômes inséparables de l'a- 



(7) 
ménorrhée , sympiômes que je n^entrefiren- 
drai point d'éaumérer, parce qup je me ver- ^^^^' 
rais forcé à tracer l'histoire da foutes les af- 
fections qu'elle peut occasioner. 

On chercha d combattre cet état patholo-^ 
gique par plusieurs moyens^ tels que les bahis ^ 
de Tapeurs dirigés vers les parties génitales » 
le& demi-bains lièdes^ les pédiluves sinapi-^ 
$és 5 Tapplication souvent répétée des sangr * 
sues aux cuisses et à la vulve, des lavemeq^ 
dVssa-fœtida^ des potions camphrées ^ éthér 
rées et opiacées ^ ^es fomentations soit aro-^ 
matiques, soit émollientes sur l'hypogasfre , 
des préparations martiales, des purgatifs avec 
le jalap et Taloës; en un mot, presque toutes 
les substances qu'on a si pompeusement dé- 
corées du nom d^emménagogues. 

Il est aisé de voir combien peu était ra- 
tionnel ce mode de traitement : aussi, loin 
d'obtenir d'heureux résultats. Ton vit au 
contraire tpus les symptômes s'exaspérer sous 
ce monstrueux assemblage d'agens thérapeu- 
tiques. Alarmés de cet état, les parens con- 
sultèrent alors un praticien distingué de cette 
ville^ qui, prenant en grande considération 
le tempérament de la malade, fit suspendr,e 
aussitôt tous le$ moyens dont nous venons de 
faire mention , et y substitua, après quelques 



Iode: 



(8) 

préparations prélimioaires , Tosage modéré 
des bains froids, des lotions aromatiqQes ^ 
des frictions sèches, une nourriture tonique, 
un yin généreux pour boisson pris avec par- 
cimonie, un exercice varié et constant. A ces 
moyens vraiment emménagogues dans cette 
circonstance, on joignit des infusions amè- 
res, toniques, des préparations ferrugineuses, 
des layemens stimnians, etc. Quelque bien 
indiqués que fussent ces moyens , ils ne pro- 
duisirent pourtant point Teffet qu^on était en 
droit d^attendre de leur emploi. La malade ^ 
en effet , était toujours dans le même état , 
avec cette difiërence que les digestions qui 
avant étaient extrêmement pénibles, très- 
laborieuses ^ se faisaient eu ce moment avec 
assez de facilité. Mais , fatiguée de tant de 
remèdes, ou plutôt découragée de leur peu 
de succès, C. abandonna toute espèce de trai- 
tement^ bien décidée de laisser à la nature 
le soin de sa guérison. 

Trois mois s^étaient déjà écoulés depuis le 
moment où C. avait pris cette résolution , 
quand, appelé pour traiter sa mère d'une 
ophthalmie, je fus consulté en même temps 
sur la maladie qui fait le sujet de cette obser- 
vation , et qui durait depuis plus d^un an et 
demi. 



(9) 

Parmi les symptômes que A, C. m'offrît, 5 
je me contenterai de signaler les suîvans : 
douleurs générales; pesanteur au pubis et aux 
lombes , tuméfaction considérable de Tabdo- 
men; goûts dépravés, digestions viciées; 
nausées, parfois vomissemens; pesanteur de 
Xkià , vertiges ; grincement de dents pen*dant 
un sommeil rarement paisible; respiration 
di£SciIe, surtout en montant un escalier ou tout 
autre endroit élevé ; palpitations; engourdis- 
sement dans les extrémités inférieures , dont 
le mouvement était gêné , etc. , etc. Je pour- 
rais enfin ajouter à ce tableau tous les traits 
qui caractérisent la constitution scrophuleuse. 

Si nous analysons maintenant les symptô- 
mes que nous venons d^exposer , nous serons 
naturellement conduit à attribuer cette sup- 
pression du flux menstruel à deux causes : 
la première , au genre de vie que la. profession 
de la malade Pobligeait à mener; la seconde, 
et qui nous parait la principale , Tessentielle , 
au tempérament lymphatique dont elle était 
douée. Ce tempérament, en effet, expose 
les femmes à Taménorrhée par Pappauvris- 
sement du sang qui le suit, et par la fai- 
blesse et la langueur qu'il imprime , et qu'il 
avait imprimée ici à toute la machine. Dès 
lors , je pensai qu'un médicament qui pour- 



Iode. 



Iode. 



(lO) 

raif dissiper cette constitutioQ scropbuleuse » 
et relever par suite les forces du système en 
général 5 serait le meilleur emménagogue. 
L'iode^ dont j'avais déjà obtenu des résultats 
très^satisfaisans chez des sujets atteints de 
scropbules (i), me parut pouvoir remplir le 
double but que je me proposais. En consé- 
quence je conseillai la teinture alcoholique de 
cette substance médicamenteitse à la dose de 
vingt gouttes à prendre en trois fois dans 
la journée^ dans une laisse de tisane mucila- 
gineuse. Huit jours après^ j'augmentai la dose 
de vingt gouttes; de plus , je fis employer sur 
les glandes mammaires , à raison de l'étroite 
sympatbie qui existe entre ces organes et Pu- 
férus, une pommade faite avec demi-gros 
d'iode par demi-once d'axonge de porc , à 
la dose d'un scrupule pour chaque friction 
à faire m^fin et soir, afin d'activer par là la 
vi^lité qui portait l'empreinte de la plus 
grande torpeur, Le seizième jour, la teinture 



(f) Voyez les observations que nous avons C9qsi- 
gnëesdans les bulletins de la Société médicale d'ému- 
lation de Paris, juin, 1828, p. 34^ et suiv. — Voyez 
dians l'Asclépiade , journal de mëd. chir. et pb. , 
pnge 224 ^^ suiv. -*- Dans la Nouvelle Bibliothèque 
niadUcale, sur la leueorrbâe, etc., t. a. , p. i85, 1823. 



(") 

fut portée à soixante gouttes. C. supportait 
très-bien TaCtion de ce remède héroïque , et 
commençait à en ressentir un peu Theureuse 
influence : la plupart des fonctions, en effet j 
offraient beaucoup moins d^irrégularité dans 
leur marcHe. Mais la scène changea bientôt : 
le vingt-deuxième jour du traitement, la ma- 
lade se plaignit de coliques d^estoiïiac, de 
douleurs dans la poitrine, etc. Je fais sus- 
pendre riode^, et j^ordonne les délayans en 
grande quantité , pour calmer les accidens 
qu'il avait sans doute déterminés, quoiqu'il 
me répugnât, je Tavouerai, de les attribuer 
à la dose de ce médicament , vu la facilité 
avec laquelle il était pris et supporté. Rap- 
pris, en effet, qu'encouragée par une cer- 
taine amélioration dans son état, C. avait de 
son chef augmenté la dose de ce puissant 
stimulant ; elle faisait trois frictions au lieu 
de deux , et prenait quatre-vingts gouttes de 
teinture au lieu de soixante depuis trois ou 
quatre jours. Certes^ après un pareil aveu, 
loin de trouver extraordinaires les symptô*^ 
mes dont il a été question^ je fus surpris au 
contraire qu'un usage aussi inconsidéré n'eut 
pas donné naissance à une gastrite des plus 
aiguës. Icfdonc c'est sur l'artiste et non sur^ 
l'instrument que le blâme doit tomber. Aussi/ 



Iode. 



Iode. 



: aptes avoir calmé fous les désordres pro- 
duits par l'activité de cette substance^ je sou- 
mis derechef mademoiselle C. àPemploi des 
préparations iodiques^ en ayant le soin de 
lui faire suivre la même marche que j'avais 
adoptée 9 avec ordre de ne jamais prendre 
plus de soixante gouttes de teinture par jour ^ 
et de ne point dépasser le nombre des fric- 
tions ci-dessus conseillées. Ce traitement ^ 
ainsi continué pendant deux mois^ rétablit 
enfin Técoulement menstruel, et avec lui 
un équilibre parfait dans toutes les fonc- 
tions. ^ 

Deuxième observation. 

La nommée V..., d'un tenlpérament lym- 
phatique^ âgée de dix-sept ans, vît paraître 
ses menstrues il y environ un an. Cette éva-< 
ouatiou naturelle, qui fut annoncée par des 
symptômes assez graves , a continué de se 
montrer périodiquement presqu'au milieu 
du même appareil de phénomènes que la 
première fois. Mais à peine une année s'é- 
tait-elle écoulée, que le flux menstruel dis- 
parut complètement sans cause connue. Il 
survint peu après une métrorrhée qui fut, 
'dit-on, déterminée par un chagrin dômes- 



( i3) 

tique , et pour laquelle je fus consulté trois 
mois après. 

Soumise à mon examen, V..* me présenta 
les phénomènes suivans : douleurs et tiraille- 
mens dans la région lombaire , sentiment de 
pesanteur dans Tépigastre , tranchées utéri- 
nes très- violentes , yeux ternes, visage pâle, 
et livide, céphalalgie intense, insomnie et 
parfois vomissement de matières aqueuses. 
Elle était triste, rêveuse, mélancolique; le 
moindre exercice la fatiguait et lui causait des 
oppressions et des palpitations de cœur j son 
pouls était ordinairement fébrile vers le soir. 

Convaincu que la prédominance lympha- 
tique avait seule déterminé la suppresssiop , 
je crus devoir m'abstenir de tout moyen di- 
rigé contre Tutérus, pour n^administrer que 
des substances appropriées à la faiblesse du 
système entier. Quant à la raétrorrhée , elle 
me parut de nature à pouvoir être combat- 
tue efficacement par les mêmes remèdes. Les 
amers , les toniques , les préparations ferru- 
gineuses , les bains de siège aromatiques, etc., 
auraient pu sans doute faire cesser un écou- 
lement, en même temps qu'ils auraient pu. 
déterminer la réapparition de Pautre; mais 
afin de laisser à Piode tout l'honneur de la cure, 
je me bornai à remployer seul. J'en près- 



léde. 



(«4) 

ssssssssss crivis donc la teinture à la dose de trente 
^^* gouttes à prendre en trois fois dans la jour- 
née, dans un verre d^une tisane pectorale. Le 
huitième jour, je voulus doubler la dose; 
mais comme la malade avait un peu de 
répugnance pour cette boisson, j^y substî*- 
tuai des pilules composées d*un grain d^iode 
incorporé dans s. q« d'extrait de sureau et 
de poudre de réglisse , pour faire deux pila** 
les à prendre deux le matin et deux le soir, 
et après lesquelles je faisais avaler un verre 
d^eau sucrée. Le vingts-quatrième jour , j^ad- 
ministrai deux pilules de plus; ce qui faisait 
trois grains dans la journée, un le matin, 
Fautre à midi, et le troisième le soir. A Taîde 
de ce traitement, la métrorrhée n'existait 
plus à la fin du mois, et le quarantième 
jour, V..., dont les forces étaient bien réta* 
blies , vit reparaître le flux menstruel, qui n'a 
plus éprouvé depuis la moindre interru ptioo; 

Troisième obserçation. 

Mademoiselle E..., âgée de dix-huit ans, 
pas encore ré^ée, avait eu d^ux ou trois ca- 
tarrhes pulmonaires, qui avaient considéra*- 
blement détériorié sa santé* Si pous joigpops 
à 4'action affaiblissante que cette maladie 



( i5 ) 

pouvait avoir exercée sur une constitution na- 
f urellanent délicate , une vie sédentaire , une 
habitation humide et mal aérée , Tusage prea» 
que immodéré des boissons tièdes après les 
repas, dans la vue de hâter le travail lent de 
la digestion^ la fréquence des aSectionS|de 
Tâme^ mais surtout un tempérament lym- 
phatique, on concevra aisément le retard 
du flux menstruel qui , nous ne devons pas 
le passer sous silence , n^avait entraîné , jus- 
qu'au moment où je fuis appelé , aucun ou 
presque aucun des accidens inséparables d*un 
pareil état. II. est même dignç de remarque 
que les symptômes dont se plaignait la ma- 
lade, lorsque je fus consulté, se bornaient à 
une céphalalgie plus intense, à des douleurs 
passagères dans les yeux, les dents, les seins 
et la cavitég abdominale 5 à quelques envies 
de vomir, etc. Quelque légers que fussent 
ces symptômes, il était impossible de mé- 
connaître la source d'où ils émanaient : aussi 
je n^hésitai point à administrer; fiode à la 
dose d'un grain par jour en trois fois, afin 
de produire d'abord une douce excitation 
tonique sur Testomac , et de déterminer par 
là une plus grande activité de ce viscère à 
digérer les alimens. Le sixième jour , je dou- 
blai la dose de ce médicament; le douzième , 



Iode. 



( i6) 
JV l'oignis Tusage de la pommade d'hydrio- 
Iode. dafe de potasse 5 préparée avec un demi-gros 
de sel par chaque once et demie de graisse p 
et dont on employa un scrupule pour chaque 
friction que je faisais faire sur les glandes 
mammaires, matin et soir. Le vingt-hui- 
tième jour du traitement, mademoiselle E... 
vit naître une menstruation assez abondante^ 
et qui reparut un mois après ; mais, je dois le 
dire , avec assez de difficulté , et en petite 
quantité. Afin d^obvier à toute espèce de re- 
fard , et de prévenir des symptômes plus ou 
moins fâcheux, je prescrivis, quinze jours 
avant Tapparifion du flux menstruel , trente 
gouttes de teinture alcoholique à prendre en 
trois fois dans la journée, dans un demi-verre 
d'eau sucrée, et que je portai à soixante-dix 
graduellement. Les menstrues se manifestè- 
rent sans aucune difficulté à Pépoqne mar- 
quée , et ont continué de reparaître réguliè- 
rement et abondamment tous les mois. Made- 
moiselle E... jouit depuis près d^un an de la 
meilleure santé. 



( '7) 

Obserçation sur une pneumonie traitée 
açec succès par le tartre stibié ; par 
M. Le vrat-Perroton , médecin à Lyon. 

( Séance du 3o décembre iS^S. ) 

M. Sfoker , maître marbrier, âgé de qua- 
rante-huit ans , d'une forte constitution , d'un 

V . . ^ • • • Pneumonie- 

tempérament sangum, ayant toujours suivi 

une vie sobre , a rarement été malade. Dans 
le courant de mai iSsS, il présente tous les 
symptômes d^une violente pneumonie. Pen- 
dant les premiers jours qui suivent Pinvasion 
de cette grave inflammation , on suit un trai- 
tement contraire qui exaspère tous les acci- 
dens. 

M. le docteur NicoD , appelé le quatrième 
jour, conseille une médication anti-phlogis- 
tique, pratique deux larges saignées du bras, 
fait appliquer des sangsues sur le thorax, 
donne pour boisson unB tisane émolliente, 
gommée, des loochs, etc. : tous ces moyens , 
quoique rationnels, n'*enrayent pas la mar- 
che de cette maladie. Le neuvième jour, le 
docteur NicoD, s'absentant pour affaires, me 
confie ce malade. Voici Péfat dans lequel je 

T.gSdela Col.36''dela!i*Sér. Octobre. 2 



\ 



Pneumonie. 



( i8 ) 
le Irouvai à ma première visite : toux fré-* 
quente^ dyspnée, accumulation de mucosités 
dans les bronches , qui rendent la respiration ^ 
stertoreuse: pouls faible et intermittent ; peau 
sèche et pénible au toucher, s'il est prolongé 
quelques minutes; langue rouge sur les bords 
et la pointe ^ recouverte dans le milieu d'un 
enduit brunâtre et humide. Le malade n'a 
pas la force de la lirer sur ses lèvres. Som- 
nolence continuelle; ventre paresseux. Des 
vésicatoires sont inutilement appliqués sur 
diverses parties du corps, sans produire 
même de rubéfaction, quoiqu'on en ait fait 
précéder l'application d'une friction avec le 
vinaigre. 

Ce tableau succinct suflBt pour faire con- 
naître le pronostic que je dus déduire d'un 
état aussi grave : j'annonçai aux parens de 
ce malade que sa position était sans ressour- 
ce. Cependant, me conformant au précepte 
de l'illustre Celse : Meliùs est remedium 
anceps eligere quàm nullum; et, me rap- 
pelant aussi qu'un de nos collègues, M. le 
docteur de La Prade, nous avait communi- 
qué, dans une des séances de la Société de 
médecine de Lyon, les avantages qu'il avait 
obtenus du tartrate de potasse antimonié dans 
des cas presque analogues, je prescrivis un 



( 19 ) 
looch blanc du Codex, avec addition de six 
grains de cette préparation antimoniale ^ à P'»®"'"^^»^' 
prendre par cuillerées d'heure en heure. Le 
lendemain matin , c'est-à-dire douze heures »^^ 
après avoir commencé cette médication , l'é- 
tat des poumons était à peu près le même ; 
néanmoins je crus entrevoir quelque chan- 
gement en mieux dans l'ensemble des symp- 
tomes que j'avais observés la veille : le même 
moyen fut réitéré. Dans le troisième looch, 
neuf grains furent ajoutés ; un quatrième fut 
prescrit avec cette dernière dose; chaque 
looch fut pris dans le laps de douze heures. 
Pendant l'administration de cet agent théra- 
peutique, l'état du malade s'améliora; les 
fonctions de la respiration reprirent leur 
libre usage, et fous les symptômes observés 
du côté du thorax s'évanonirent. Le délire, 
qui ne dépendait probablement que de la 
gêne delà respiration , cessa également. 

Point de nausées, ni d'évacuations alvines 
pendant les quarante-huit heures qu'a duré 
cette médication. J'ai seulement remarqué 
que celle-ci a déterminé une phlogose très- 
intense du côté de l'estomac. Il survint un 
hoquet des plus fatigans, puisqu'il persistait 
même pendant le sommeil ; la langue devint 
rouge et sèche dans le milieu , etc. Des bois- 



(20) 

sons mucilaginenses gommées, des loochs sîm- 

Pneumonie. i • * j i* i 

pies ; cinq sangsues au niveau de 1 apophyse 
xyphoïde; demi*once d^uile de ricin éten- 
due dans une émulsion des quatre semences 
froides, et trois gros de sirop diacode (ce 
dernier administré tous les soirs ) , firent 
cesser, après une durée de trois jours, ce 
spasme du diaphragme , que j^attribuai à Tin- 
flammafion de Testomac occasionnée par 
remploi du tartre stibié. Dès lors , Stqker 
s^est acheminé vers la convalescence, et cette 

dernière a été fort courte. 

* 

Réflexions. 

Les médecins italiens , et le i professeur Ra- 
SORI surfout , font un usage bannal du tartre 
stibié , que ce dernier classe même , au grand 
étonnement de beaucoup de praticiens , par- 
mi les contro - stimulans , et quMl emploie 
dans presque toutes les maladies. Des succès 
épars ont soutenu, dans Tesprit du chef de la 
doctrine italienne, la réputation de cet agent 
thérapeutique. Mais, si un examen sévère et 
exempt de prévention avait eu lieu , ce pra-^ 
tic^n distingué et ses sectateurs auraient res- 
treint Tusage d^un médicament précieux d'ail*, 
leurs dans bien des cas, mais dont Tactioa 



( ^I ) 

est quelquefois suivie de phéaomènes qui ne 
sont pas toujours indifiFérens pour les amis de 
rhumauîté..,. Gomment ose-t-on employer 
un tel agent dans les inflammations de Tes- 
tomac? Car j'ai compris que Taclion qu'il 
exerce dans les maladies [des organes de la 
respiration était purement révulsive. 

Je pense donc qu'il n'a agi que comme 
révulsif, qu'il a donné lieu à une inflamma- 
tion dérivative moins grave que celle tou- 
jours formidable des poumons ; car , quelle 
qne soit la timidité que les partisans exclu- 
sifs de la doctrine physiologique veulent in- 
spirer à l'égard des inflammations des voies 
gastro-intestinales, celles-ci seront toujours 
moins souvent mortelles que celles non moins 
nombreuses des poumons. 

Les voies digestives, conjointement avec 
la peau, forment deux grandes surfaces que 
les médecins de tous les siècles choisiront 
toujours pour l'application des difiFérens 
agens qui doivent modifier^ détruire ou ^ar- 
rêter des congestions morbides qui menacent 
des organes importans. Cette opinion est par- 
tagée par tous les praticiens. Dans l'hydro- 
céphale, par exemple, quel est l'appareil sur 
lequel on médicamente le plus? C'est Testo- 
mac et le in testins : on administre le calo-* 



Pneumonie. 



— n^M^p mêlas à dose purgative, et quelques autres 
Pneumonie, drastiques plus énergiques, tant par le haut 
qu'en lavemens , pour révulser ou détourner 
les forces vitales qui se centralisent du côté 
du cerveau. Moi-même qui ai aussi préco- 
nisé Télixir vitriolique de Minsicht contre 
cette maladie, n'aî-je pas expliqué mes suc- 
cès d'après cetfe loi physiologique? 

Les médecins français, distingués de tous 
temps de ceux des autres nations par leur 
modérantisme en fait de système^ ont cepen- 
dant employé, comme je l'ai fait d'après eux, 
le tartrestibié dans le&maladiesinflammatoires 
des poumons. li en est un surtout dont le 
nom et les nombreux travaux exciteront tou- 
jours la vénération des amis de Phumanitè et 
de la science, qui administre le médicament 
à des doses très-élevées. Ce savant praticien 
a trop de talent et de philantropie pour em^ 
pécher de croire qu'il aurait tenté, dans un 
aussi grand nombre de cas, une médication 
périlleuse , sMl eût douté du succès. Néari-^ 
moins je n'ai point osé aller aussi loin que 
lui, et la remarque que j'ai faite, daqs mon 
premier essai, me tiendra toujours dans des 
doses sinon minimes, du moins trèsr^modé- 
rées^ comparativement à celles prescrites par 
ce médecin. 



- ( 33 ) 

Je veux cependant qu'on aille jusqu'à pro- 
duire une phlogose de l'estomac assez forte 
pour changer l'éfat pathologique de l'orga- 
ne primitivement malade, c'est-à-dire des 
poumons. Je suis bien convaincu, d'après 
mes remarques pratiques, qu'une suh-in- 
flammation de l'organe sur lequel on veut 
appeler un travail ultérieur révulsif ne fait 
qu'aggraver celle qu'on veut faire cesser. 

Une irritation légère des gros intestins qui 
entrelient des évacuations alvines, liquides, 
fréquentes, et sans ou presque sans douleur, 
est plus fugace qu'une véritable inflamma- 
tion dysentérique; La première peut cesser 
brusquement, et dès-lors d'autres organes 
sont envahis. Si ^ à l'instant, on administre 
un purgatif ou seulement un laxatif, on dé- 
truit la métastase, et l'irritation primitive, 
rappelée et fixée dans le lieu qu'elle avait 
d'abord affecté, parcourt , sans irradier sur 
d'autres organes, toutes ses périodes. Je pour- 
rais citer un grand nombre d'exemples en fa- 
veur de l'opinion que je viens d'émettre. Je me 
bornerai à énoncer le isuivant, parce qu'il s'est 
offert à ma pratique , il y a peu de temps. 
Un enfant de deux ans avait depuis quel- 
ques jours de la diarrhée ; celle-ci ^e sup- 
prime spontanément, et dès-lors cet enfant 



■ . précsente fous les symptômes du croup. Six 
l>iicamonie. ^^^^ d'huile de ricin sont administrés; Tirrî- 
tation primitive est rétablies et les symptô- 
mes observés du côté des voies aériennes s'é- 
vanouissent. 

Encore un mot sur Taction du tartrate de 
potasse antimonié. Je croîs, quoi qu'en di- 
sent M. Rasori et quelques antres médecins^ 
que cet agent thérapeutique ne procure îe 
dégorgement des poumons , que lorsqu'il est 
employé après des déplétîons sanguines pro- 
portionnées aux forces des malades ; car , s'il 
agit comme révulsif (et c'est notre opinion), 
administré avant cette médication prélimi- 
naire^ il ne fait qu'accroître les accidens, 
comme les rubéfians, les vésicatoires^-^tc. , 
employés dans des circonstances analogues j 
et en général contre toutes les maladies in- 
flammatoires. 

.Je m'abstiens ici de développer ma théo- 
rie sur le déplacement des irritations natu- 

' relies, ou idiopathiques par des irritations 
artificielles ou révulsives ^ dans la crainte de 
devenir trop long, surtout après n'avoir of- 
fert que quelques faits. Si des succès plus 
multipliés viennent enrichir ma pratique , je 
ferai connaître successivement mes idées sur 
divers points de thérapeutique : puissé-je me 



( 25 ) 
rapprocher souvent de la vérité, et m'éloîgner 
du champ déjà trop vaste des hypothèses ! Pûeumomc. 



Obseri^ations de médecine pratique; par 
M. Prost, médecin à Vienne (Isère'), 

(Séance du ig mai 1826.) 

Observation sur un placenta , qui ne fut 
expulsé de Tutérus que huit mois après 
un açortementf et qui deçint la base 
d^une môle. 

Le 12 avril 1824, une fille âgée de vingt séjonrd 
et un ans, d'une constituh'on grêle, quoique P*»^®'*^"' 
jouissant d^une bonne santé, accoucha d^uh 
fœtus de trois mois et demi ou quatre mois. 
La délivrance n'eut pas lieu aussitôt après la 
sortie de Tembryon; et, comme aucun acci- 
dent ne survint, la sage -femme qui assistait 
la malade crut devoir altendre. La fièvre qui • 
survient après un accident de cette nature, 
ainsi que le travail qui se passe du côté des 
glandes mammaires, n^eurent pas lieu. La ma- 
lade se rétablit sans que la convalescence of- 
frit rien de particulier. La sage- femme alors 



(.6) 
perdit de vue la feiume qui fait le sujet de 



Séjour du ., i 

placenu. cette ODservation. 



Les règles ne reparurent pour la première 
fois que quatre mois après cet accident, le 
14 août; mais avec une abondance à laquelle 
la malade n'était pas accoutumée. 

Je fus appelé le i5 septembre, jour où je 
vis la malade pour la première fois, huit 
mois après Taccouchement. Je trouvai cette 
fille couchée en supination, la figure pâle 
et décolorée, quoique le pouls fût encore 
assez fort, et offrît de la résistance au doigt 
qui le comprimait. La malade était alarniée 
sur son état, au-delà de toute expression ; 
j'essayai d'abord de la rassurer , ce à quoi je 
parvins avec facilité. Le toucher me donna 
la certitude que la matrice, plus résistante 
et plus dure que dans l'état de vacuité , avait 
acquis presque le volume de la tête d'un en- 
fant qui vient de naître. Le col de cet organe 
était dilaté , mais point assez pour y intro- 
duire le doigt; le canal qu'il représentait 
avait environ deux pouces de long. (Repos , 
boissons acidulés, injections froides. ) 

Le pronostic était diflScile : la malade m'as- 
surait que, depuis son accident, elle ne s'é- 
tait point exposée à deveùir mère une se- 
conde fois. Je ne dus point croire à un faux 



\ 



( ^7 ) 
germe , ni à une superfœtation , vu le temps 
qui s'était écoulé depuis Tavortement. Je piacenu. 
pensai alors, en considérant les renseigne- 
mens assez inexacts que j'obtins à la hâte , 
que le placenta n'avait point été expulsé après 
Paccouchement ^ qu'il avait conservé son 
mode d'union avec Putérus, et avait aug- 
menté de volume^ ou, pour me servir de 
l'expression des accoucheurs , qu'il était de- 
venu la base d'une môle. 

Peu après mon arrivée près de la malade , 
la perte cessa d'être active, et revint gra- 
duellement à son état habituel. Je résolus de 
£aire^ comme on le dit, la guerre à l'œil, 
et de ne rien précipiter, dans la crainte de 
faire naître des accidens formidables dont je 
pourrais ensuite ne pas être ipiaitre, 

M, le docteur Viricèl, médecin >rès-di»- 
tingué de Lyon, que je consultai le même 
jour par écrite fut d'avis d'attendre l'instant 
où je serais contraint d'agir pour remédier 
à telle circonstance qui se présenterait , et 
partagea , du reste , mon opinion sur la nature « - 
de l'accident qui se présentait. 

La malade est restée quinze jours dans 
cette position et au lit. Enfin, dans la nuit du 
3o au 3i septembre, les douleurs se firent 
S'^ntir, comme pour accoucher :1a perte était 



(28) 

assez abondante^ et le col efiacé assez dilaté , 
E»l^nu. ^ pour me permettre rintrodoction de deux 
doigts; ce dont je profitai pom: faire Textrac- 
tion de plasiears morceaux de cette masse. 
Cela servit à la dégorger da sang dont (elle 
était pénétrée. Lés contractions de la matrice 
finirent par opérer Fexpnlsion da reste de 
cette môle. 

La perte était alorsr abondante : je fis pra- 
tiquer des frictions circulaires avec la main 
snr la région hypogastrique. Je titillai Tinté- 
rienr de la matrice avec Fextrémité des 
doigts, et j Y portai des injections astringen- 
tes. Tous ces moyens étant inutiles, Tétat 
« d^inaction de Putértis ne cessant point, et^a 

faiblesse générale étant portée à un point 
alarmant, je fis prendre à la malade vingt 
grains de seigle ergoté en poudre.' Huit ou 
dix minutes après Tingestion de ce remède , 
les contractions utérines reparurent avec vio- 
lence; ce viscère revient sur lui-même , et la 
perte s'arrêta. 

La convalescence fut longue et pénible, 
quoique sans entraves; deux mois après les 
lochies n'avaient point entièrement cessé 
de couler. Six mois plus fard , la malade n'a- 
vait point encore toutes ses forces : circon- 
stance qui n'étonnera pas, quand on saura 



(29) 
que^ depuis cette époque^ elle a fous les 
vingt ou vingt et un jours ses menstrues avec piacinuL ' 
une abondance prodigieuse. Elle conserve 
un état de maigreur générale et d^excitabi- 
lité de Tutérus, qu'elle entretient évidemment 
par Tusage immodéré du vinaigre, dont elle 
assaisonne presque tousses alimens y sans que 
j'aie pu la faire renoqcer à cette habitude 
vicieuse, pour suivre un régime convenable. 

L'examen que je fis de la môle , en réiï- 
nissant les portions que j'avais retirées, à la 
masse expulsée par les efforts de la nature ^ 
m'ayant présenté les traces évidentes du cor- 
don ombilical aplati , uni aux membranes et 
replié dans le centre de la tumeur, il ne me 
fut pas possible de douter que ce ne fut le 
placenta lui-même, augmenté de volume, 
qui formât seul la masse que j'avais sous les 
yeux. 

La surface de cette masse était grenue dans 
toute sa superficie externe, et semblait avoir 
été adhérente, partons les points, à toute la 
face interne de l'utérus, sur laquelle elle 
s'était moulée exactement, et qu'elle rem- 
plissait en totalité. La partie de cette masse^ 
qui correspondait au col de la matrice , m'a 
paru plus lisse et moins rouge; elle était com- 
me comprimée , sans être altérée. 



(3o) 
Avant ravortement^ la malade était sujette 
plMMnu.^" à des pertes blanches abondantes^ qui n^exis*- 
tent plus; le degré d'irritabilité de Tutérus 
rend suffisamment raison de cette suppres- 
sion : que je suis très-loin de regarder comme 
avantageuse. 

Obserçation de Vissue d'un placenta^ cent 
trois Jours après un açortement. 

Le 7 juin i825 9 je fus appelé à Lusinay (dis- 
tant de deux lieues de Vienne) chez A. cnl-^ 
tivaf eur , pour donner des soins à sa femme 
âgée d^environ vingt-cinq ans et enceinte de 
cinq mois. 

Vingt-cinq ou trente jours avant celui au- 
quel je la vis 9 elle avait senti les mouvement 
de son enfant. Depuis quinze jours environ 
çUe ne les sentait plus ; ils avaient cessé 
brusquement à la suite d'une frayeur (elle 
vit un de ses enfans prêt à tomber dans un 
puits; elle fut assez prompte pour le saisir^ et 
empêcher ce malheur). Depuis lors^ soit fa 
frayeur, soit Peffort qu'elle fit pour retenir 
son enfant, elle ne sentit plus aucun mou- 
vement; elle jngea que Penfant qu'elle por- 
tait était mort, et s'efiirayait beaucoup de 
ce qui pourrait en résulter au moment de 
Taccouchemen t. 



(3i) 

Une heure avan^ mon arrivée^ un em- 
bryon en putréfaction s'était échappé par la placenta, 
vulve. Je voulus le voir: je trouvais la tête, 
les membres et les deux cavités du thorax et 
de Tabdomen ouvertes^ réunies sans ordre par 
des portions du système cutané ^ le tout dans 
un état de putréfaction complet. Il n'y avait 
nulle trace d'ombilic ni de cordon. 

L'arrière-faix ne se présentant point, et le 
col de l'utérus étant revenu sur lui-même, il 
n'y avait aucun accident. Je ne fis aucune 
tentative pour opérer la délivrance. Appelé 
de nouveau^ le 19 septembre , près de cette 
femme, j'appris que, depuis son accident, 
elle avait toujours perdu en rouge, et d'au- 
tant plus abondamment qu'elle se livrait i 
des travaux pénibles, ou qu'elle soulevait 
quelque chose de pesant. Quelques iqstans. 
avant mon arrivée, le placenta était sorti, 
cent trois jours après l'avortement. La con- 
valescence fut très -heureuse, et la malade 
était complètement rétablie le 9 octobre sui- 
vaut. 

L'examen que je fis du placenta ne m'of- 
frit rien de remarquable, et il ne me parut 
pas avoir pris d'accroissement, d'après ce 
que je jugeai qu'il devait être au moment de 
l'avortement. 



(32) 

La femme avait constamment perda da 
placenu. ^^^g) chaqoe jour^ depuis le moment de la 
sortie de l'embryon^ jusqu'à celnî de la déli- 
vrance; elle avait été faible, et sujette à des 
coliques pendant tout ce temps-là. 

Je ne m^étendrai pas long-temps sur les 
deux observations que je viens de rappor- 
ter; je crois pouvoir en tirer la conséquen- 
ce qu^il y a moins d^inconvénient que quel- 
ques auteurs le prétendent, à abandonner la 
délivrance aux seuls e£forts de la nature, et 
que Paccoucheur ne doit agir que quand 
les circonstances l'y obligent. J'insiste sur 
cette conséquence, vu que dans la ville où 
j*exerce, le public est imbu du préjugé 
qu'il faut toujours opérer la délivrance promp- 
tement; et Ton se figurera difiScilement com- 
bien il est pénible de pouvoir mettre cette 
sage expectation en pratique. 

Obsewation d^une pleurésie chronique 
wec formation d*une collection séro- 
purulente dans le côté guche de la 
poitrine , et issue de ce liquide par la 
bouche, à trois reprises différentes; 
guérison. 

Pleurésie Un jeune homme de dix -huit ans, qui 
*^*"*"*^' jouissait précédemment d'une constitutioi^ 



(55) 
robuste et d^un tetbpéranjt^nt sanguin , m^ts 



fut présenté dans les premiers jours de i&ap. ^^^^^^ 
J'appris qu'à la suite d'une exposition pro- 
longée à l'inspiration d'un air chargé des mo- 
lécules pulvérulentes de la chaux à bâiir j ce 
jeune homme avait éprouvé une violente in- 
flammation de poitrine» Malgré un traitement / 
approprié II il était resté de la gêne dans la 
respiration , augmentant singulièrement par 
la marche, et faisant chaque jour de rapides 
progrès. Le côté gauche de la poitrine était 
beaucoup plus bombé que le droit; il don- 
nait un son mat à la percussion, et le stéthos- 
cope faisait reconnaître la présence d'un li- 
quide dans la cavité de la plèvre corres- / 
pondante. 

Le 3 mars de la même année , ce jeqne 
homme fut pris subitement d'efibrts de toux 
et de vomissemens, et il rejeta en plusieurs 
fois plus d'un litre d'un liquide séro- puru- 
lent analogue à celui qui résulte de l'inflam- 
mation des membranes séreuses. Appelé sur 
CCS entrefaites, je trouvai ce jeune homme 
rendant encore du pus par gorgées, et fai- 
sant des efforts de vomissement comme si le 
liquide fût venu de t'estopiac : seulement il 
portait $es mains sur la région du cœur; e^^ 
biep qu'il ne pût parler, il était facile de sp 

, T.i^delaCoLZ5^dela%^Sér. Octobre. 5 



(34) 



^- convaincre à son geste qu'il craignait d'être 
chronique, suffoqué , et , à la coloration violacée de 
sa figure, qu'il en éprouvait toutes les an- 
goisses. 

Je rengageai à ne pas faire d'efforts, et je 
lui adressai des paroles de consolation et 
d'espérance que je n'osais partager. Bientôt 
après, l'expectoration de cette matière s'ar- 
rêta, une amélioration inespérée survint, 
tous les phénomènes ci-dessus énuraérés ces- 
sèrent d'avoir lieu; la toux seule persista. Je 
prescrivis un régime adoucissant, le lait 
d'ânesse, les rancoso- sucrés, l'exercice du 
chevaK 

Dans le courant du mois suivant, le ma- 
lade se plaignit de fortes palpitations de cœur. 

Dans le mois d'août , nouvelle expectora- 
tion d'un liquide semblable à celui qui avait 
été rejeté la première fois, mais beaucoup 
moins abondante. Dès lors, cessation des pal- 
pitations, mieux sensible. 

Enfin, dans le courant de janvier 1821 , 
nouvelle expectoration. Bientôt après, le 
malade contracta une variole confluentè dont 
il fut fortement incommodé. Depuis lors, il 
ne s'est plus reproduit aucun accident du 
côté de la poitrine, et la santé s'est rétablie. 
Il ne répugne point à admettre que la vie- 



I s 



(55) 

lente irritation déterminée sur ia peau par ' 
Texanlhème varioleux ait eu un effe^ puis- g^J^n^ue,^ 
samment dérivatif^ et qu'elle ne soit pas res- 
tée complètement étrangère à la guérison^ 
inespérée du malade. ^ 

Endurcissement des muscles larges de 
r abdomen y des muscles des cuisses et 
de ceux des Jambes. 

J'ai eu occasion de voir, dans le courant Endurcîs- 
de février 1821, une femme retenue au lit muscles, 
depuis trois ans et demi pour une maladie 
dont je vais parler. Elle allaitait uii enfant * 
- de quinze mois, dont elle était heureusement 
accouchée , dans la même position où je la 
trouvai encore, et que je vais décrire. 

Cette femme, âgée de trente et un ans, 
d'un tempérament sanguin , ayant le teint co- 
loré, Tceil vif, de Tembonpoint^ l'appétit, 
les digestions et les excrétions en état de ré-^ 
gularité parfaite, était dans l'impossibilité 
d'exécuter le moindre mouvement avec les 
jambes et les cuisses, les premières étant flé- 
chies sur les secondes, et celles-ci sur l'abdo- 
men. Aucun effort ne pouvait en produire 
Textension. De plus, toutes les masses mus- 
culaires des deux membres abdominaux 



'\ 



( 36 ) 
avaient la consistance dn marbre : les mus-- 
semeot*'? cles larges de Fabdomeu participaient au plus 
muscles. haut degré à cet état d'endurcissement; ils 
semblaient une plaque de fer à laquelle on 
ne pouvait imprimer que des mouvemens de 
totalité. Cette femme était dans cet état de- 
puis vîqgt*4ept mois, quand elle devin! én^^ 
ceinte« Dans ancuné circonsfan<3e de \û ges- 
tation ni de Taccouchément , il n^y eut de 
changement dans un état aussi extraordinaire. 
Ce qui n^est pas moins surprenant, c^est que 
ces masses musculaires endurcies étaient re-^ 
couvertes d'une peau douce et perspirable, 
que doublait un tis3U cellulaire assez tâche. 
Je prescrivis le massage , les onctions hui* 
leuses, les bains tièdes : il ne fut pas possible 
de se procurer ces derniers. Plusieurs de mes 
confrères, et entre autres M. le docteur Fran- 
çois, ont constaté le fait extraordinaire de 
cette rigidité musculaire. J'eus , pendant près 
de six mois, inutilement recours à une multi- 
tude de médications: Topium seul, employé 
comme topique, parut être de quelque effi- 
cacité. Après huit ou dix jours de Temploi 
de ce moyen , je parvins , sans y mettre beau- 
coup d' effort, et sans causer beaucoup de 
douleur 5 i procurer une extension marquée 
des extrémités inférieures ; mais dès que Tef- 



(37)"V 11?-'-' 

fort d'extension venait à cesser, les parties 
reprenaient brusqueirient leur position ordî- sèment des 
naire. Si Ton voulait continuer l'extension "*^**^®'* 
sans interruption, les douleurs qui en résul- 
taient après quelques heures forçaient bien- 
tôt d'y renoncer. 

Au commencement de juin, vomissemens 
spootanés d^une quantité considérable de 
sang noir d^abôrd, puis plus rouge^ La femme 
déclara qu^un semblable accidwt avait con- 
fume de s^eSeétuer au commencement de 
chaque grossesse : néanmoins elle n'était pas 
enceinte. Plus tard, elle éprouva dans la ves- 
sie des douleurs suivies de faux besoins d'û- 
riner , dont le cafhétérisme ne put faire dé- 
couvrir la cause. 

Lasse de l'inutilité desfraitemens variés que 
j'avais mis en usage pour la soulager, cette 
fejnme se confia alors à des charlatans, qui, 
à force d'émétiques et de purgatifs , la con- 
duisirent bientôt au tombeau. Il me fut im^ 
possible de faire l'ouverture de son corps. 



(38) 

Rapport sur les obserçaUons précédentes ; 
par M. DuPARCQUB y aa nom d'une com- 
mission. 

(Séance do i8 août 1826. ) 

— — Bien qne les opinions des médecins soient 
Rapport, maintenant fixées snr Torigme et la nature 
des fnôles^ qne Ton regarde généralement 
comme des placentas pins on moins altérés on 
dégénérés, néanmoins leur histoire présente 
encore des lacunes qu^nn examen plus exact 
de ces corps, et une observation plus atten- 
tive des circonstances qui président à leur 
formation , permettent de remplir. 

Il n'est pas rare de voir le produit des 
fausses-couches, qui ont lieu dans les trois 
premiers mois de la gestation , n^étre com- 
posé que d^nn placenta , de membranes elide 
liqueur amniotiqne sans trace ancune de 
fœtus ou d'embryon. L^état complet d'inté- 
grité des membranes, la présence du liquide 
qui remplit exactement la cavité qne re- 
présentent ces membranes, éloignent toute 
supposition que le fœtus ou Tembryon en 
/ aient été expnlsés.II est peu d'accoucheurs qui 
niaient eu occasion d'observer des faits sem* 
blables. 



(39) 

Ici se présentent plusieurs questions dont 
la solution forme la base d'autant d'hypo- «PP°^** 
thèses. ' 

1". Ces œufs incomplets ont-ils eu besoin 
de Tacle de la fécondation pour être déta- 
chés des ovaires, tomber dans la cavité uté- 
rine et s'y développer? 

Cette question ne pourrait être résolue 
affirmativement que par le fait de filles^ qui , 
n'ayant pas été exposées aux approches d'un 
homme , rendraient de ces œufs incomplets; 
mais on sait quelle foi l'on doit ajoutera leurs 
aveux en pareil cas. Semblables aux fripons 
qui nient leur larcin, lors mêpie qu'on les 
prend sur le fait, on les voit souvent soute- 
nir la dénégation, quoique la présence d'un 
enfant bien constitué vienne déposer contre 
elles d'une manière irrécusable. Que doit-on 
en attendre , lorsque ce témoignage impor- 
tant de leur faiblesse ou de leur incondurte 
n'existe pas? Ces raisons rendront long-temps 
encore cette question irrésoluble. 

2*. Dans les cas où l'acte de la féconda- 
tion a eu lieu , ne s'est-il porté que sur des 
germes primitivement incomplets, ne ren- 
fermant pas les élémensde l'embryon, com- 
me on l'observe si fréquemment dans les 
ovipares ? 



(4o) 

Quoique la solution de celle question pré» 
apport. gQjjjg jç grandes diflScuItés, cependant quel* 
ques faits sembleraient déposer en fayeor d© 
Tûffirmative. 

Nous avons plusieurs foi$ trouvé d^ns les 
œufs incomplets que nous avons^u rocoasion 
' d'observer, les eaux amniotiques ateHement 
limpides et transparentes, qu^il ne paraissait 
pas que le fœtus ou Tembryop y .^ieat ^é 
macéré$ et dissous* Nous n'avons pas ^oa 
plus trouvé dans ces cas, toutes miiiutie^ses 
qu'aient été nos recberdbes , les .plus légers 
vestiges du cordon ombilical, ni de son 
point d'insertion, ni de ces saillies qui des- 
4sinent sur la face fœtale du placçpta le trajet 
des vaisseatix ombilicaux. 

Cependant, messieurs, nous en rapportant 
k Topinion la plus généraleqient reçue, nous 
admettrons, jusqu'à plus amples données, 
x"* que la fécondation est néc4$s$aire au dé- 
veloppement des faux germes ou œufs in- 
coinpiets; 

2*. Que l'embryon a existé primitivpntent; 
mais qu'eu égard à l'imperfection de son 
organisation, à la délicatesse de son tissu et 
au peu de développement de sa force vitale , 
il a pu être facilement détruit à une époque 
plus ou moins éloignée de la fécondation; 



>^ 



MO 

« 

çt que par suite , étant macéré par la liqueur 
amniotique , il s'y est entièrement dîssouif , de PP^^' 
manière à ne plus laisser aucvne trace d^ son 
existence passée. 

Quelle que soit, au reste, Topinion qpe 
Ton adopte sur ce sujet, et eu s'en tenant xh- 
gonreusement à l'observation des faits, il 
n'çn restera pas moins inçpntestable qu'il 
peut exister des œufs "humains sans embryon 
ou fœtus ; que ces' œufs pîeuvent séjoaniœ 
daiis Tùtérns, conserver leurs rapports avec 
cet organe, et s'y développer; et puisque des 
faits nombreux prouvent qn'tls ont pu exis- 
ter ainsi pendant plusieurs semaines et pln-^ 
sieurs mois , il n'est pas difficile de concevoir 
qu'ils puissenty séjourner un plus long ten^ps 
•et acquérir du développement , jperdre à ia 
* longue leut aspect primi|tif , lêars rapports se 
se trouvant changés, et dévenir aiasi de ces 
môles considérables 4oui les archivés de la 
«nédecinë offirent des exemples curieux. On 
doit y rapporter les cas de femmes présen-* 
tant tous Ifes caractères de l'état de givossesse, 
qui ^parvenues au terme ordinaire de la ges-- 
ta tion, éprouvent les phénomènes propres à 
la parturition, et ne mettent au monde qu'une 
niasse vascalairè on charnue. 
Mats d'atitres fois la môle a pour base un 






-»» (4*) 

Ra rt P'^^®^*3 retenu daos rutéms , après que le fcB- 
fns en a été expulsé. Ce corps conservant ses 
adhérences aveô les parois de l'organe, con- 
tinue d'y puiser les matériaux propres à sa 
conservation et à son développement. II y 
séjourne jusqu'à ce qu'il ait acquis un volume 
plus ou moins considérable. Rhitysh, Mor- 
GAGNi^ etc, nous en ont laissé des exemples 
remarquables , qui se trouvent confirmés par 
la première observation de M. Prost. 

L'auteur ne dit pas si ces membranes étaient 
libres ou adhérentes , s'il existait ou non des 
traces des vaisseaux ombilicaux. Il ne décrit 
non plus^ ni }e volume, ni la consistance , ni 
la couleur, ni l'organisation de cette masse , et 
cependant il eût été de la plus grande impor- 
tance d'avoir quelques renseîgnemens sur ces 
points, pour mieux juger de la véritable na- 
ture de la tumeur. Us auraient été d'autant plus 
nécessaires, que des doutes pourraient être 
élevés sur l'origine de ce corps, M. Prost 
n'ayant eu pour guide que des rapports plus 
ou moînsinexacts , comme il le dit lui-même. 

Quelque imparfaite que soit cette obser- 
vation sous ce rapport, elle offre cependant 
de l'intérêt. 

Elle est encore un exemple des avantages 
que l'on peut obtenir de l'usage du seigle er- 



( 43 ) ' 

goté dans les hémorrhagies utérines par ato- 'T*^*'^*^ 
nie. Nous pensons que l'abus condamnable 
de ce moyen , abandonné à des mains igno- 
rantes ou criminelles^ ne devrait pas le faire 
proscrire entièrement, s'il est réellement aussi 
avantageux que plusieurs observations sem- 
blent le prouver. 

Le défaut de renseignemens suffisans sur 
l'état dans lequel se trouvait le placenta y dans 
la seconde observation , prive ce fait d'une 
grande partie de l'intérêt qu'il présente. Ce- 
pendant cette observation nous oSre l'ocoa^ 
sion de faire remarquer que le placenta peut 
conserver ses rapports avec l'utérus pendant 
un temps plus ou moins long, après la mort 
du fœtus conservé dans cette cavité. 

Des faits de ce genre , et plus remarqua- 
bles encore, sont rapportés par les auteurs. 
Nous citerons ceux de M orgagni , de Bon^ 
NET , de Fabrice de Hildën , de Mauri- 
CEAU, et surtout celui qu'a publié madame 
BoiviN. Cette sage-femme reçut un enfant 
que, d'après des signes particuliers, elle jugea 
devoir être resté mort depuis cinq mois dans^ 
l'utérUs, et néanmoins le placenta était dans 
l'état le plus naturel. 

Ces faits sont de nature k confirmer ce que 



(44) 

■ M . u nous avons dit plus haut sur la conservation 
Rapport. ^1 Iq développement de l'œuf huaiain , quoi- 
qu'il^n'y eût pas d'embryon, ou qu'il ait été 
détruit; et c^est sous ce rapport que l'obser- 
vation deuxième de M. Prost présente de 
l'intérêt. 

Dans les remarques annexées à cette ob- 
servation ^ l'auteur observe que l'on ne doit 
forcer la délivrance que quand quelque <^îr- 
eonstance grave y oblige. L'application de 
€é précepte consacré par le plus grand nom- 
bre des accoucheurs est extrêmement déli- 
date, en ce qu'elle est en opposition avec les 
opinions^ ou , pour mieux dire, les préjugés 
du monde. Si quelque accident survient en- 
suite ^ on ne manque pas d'en accuser l'im- 
péritie de l'accoucheur qui n^a pas délivré la 
femme à temps opportun. Mais l'homipe dé 
bien ne s'arrête pas aux clameurs de l'igno- 
rance , ef ne doit prendre pour guide que sa 
conscience. Il sait que des accidens qui ac- 
compagnent lârétention du placenta^ lès uns 
«ont indépendans de cette rétention, et que 
les autres peuvent être combattus avec suc- 
cès; que y d'ailleurs, les dangers attachés 
à une f délivrance forcée ou intempestive 
sont plus redoutables que ceux occasîonés 



(45) 

par la présence du placenta resté dans Tatérus. 

Il ne sera peut-étlre pas inutile de dire un *^^ 
mot sur ces accidens. 

Plusieurs faits dont nous avons été témoins 
nous portent à penser que ^ dans la plupart 
des cas ou Thémorrhagie se manifeste , c'est 
moins à la présence du placenta quMl faut 
Tattribuer qu'à l'inertie de Tutérus, inertie 
qui probablement , et peut-être plus encore ^ 
aurait eu lieu , si le placenta eût été expulsé 
ou extrait. 

1^. Si le placenta n'est pas détaché , Phé- 
morrhagie n'a pas lieu , ou bien elle est si 
peu abondante^ qu'elle ne peut en général 
donner d'inquiétude; tandis qu'on peut la 
rendre mortelle en détruisant forcément les 
adhérences qui unissent ce corps aux parois 
utérines. 

2^. Si la matrice conserve ses facultés con-^ 
tractiles , la force qui lui est nécessaire pour 
revenir sur elle-même, elle s'appliquera exac- 
tement sur le placenta; même en partie dé- 
collé 9 celui*ci agira à la manière du tam- 
pon^ et s'opposera à l'effusion du sang. 

3<*. Si la matrice rentre dans l'inertie , le pla- 
centa pourra agir de la même manière ^ ou si| 
malgré la présence de ce corps ^ l'hémo|rrha*>- 
gie a lieu , ce aéra moins à l'extraction qui 



(46) 

en aura été pratiquée, que l'on devra attrî^ 
Rapport, j^^jgj. jg suspension de la perte , qu'au retour 

des contractions excitées par la présence et 
]es mouyemens de la main qui cherche h 
détacher et à extraire le placenta. Nous pour- 
rions rapporter plusieurs exemples de J^m- 
mes mortes au milieu de tentatives faites 
' pour opérer la délivrance, et qui auraient 
bien certainement échappé à cette funeste 
fin, si on se fût borné à combattre Thémor- 
rhagie par les moyens ordinaires. 

Un autre accident redouté, qui suit la ré- 
tention du placenta , est la putréfaction. Mais - 
outre que les dangers attachés à cette cir- 
constance sont moins grands que ceux qui 
résulteraient d'une délivrance forcée et sou- 
vent même impossible , on possède mainte- 
nant des moyens efficaces de les prévenir, à 
l'aide des injections faites avec une légère 
solution de chlorure d'oxyde de calcium. 

La femme qui fait le sujet du mémoire 
que votre rapporteur nous a communiqué 
relativement à l'implantation du placenta sur 
Torifice utérin, étant devenue enceinte de- 
puis cette époque, une chute est suivie des 
prodromes de Tavortement. Huit jours après^ 
les eaux s'écoulent, et presqu'en même temps 
un fœtus de six mois environ se présente. La 



4r 



(47 ) 

faiblesse du cordon ombilical, la confracn * 



tîon du côl de Futértis rendent inutiles les ^^^^^ ' 
premières tentatives d'extraction du placen- 
ta. Aucun accident ne se manifestant, la dé^ 

livrance est ajournée. Le huitième jour une 

hémorrhagie inquiétante se déclare ; elle est 
arrêtée par le tamponnement et les autres 
moyens ordinairement employés en pareil 
cas.Déjà il s'exhalait de la vulve et des fluides 
qui en coulaient une odeur infecte , qui bien- 
tôt rendit Tappartement inhabitable, malgré 
les soins de propreté et d^assainissement les 
plus minutieux et les mieux dirigés. 

Le dixième jour, des symptômes ataxo-ady- 
namiques fisent naître les plus graves in- 
quiétudes. Ce fut alors que l'on eut recours 
au chlorure d'oxyde de calcium en lotions et 
en injections. En quelques instans^ toute 
odeijr disparut sous l'influence de ce moyen 
et de quelques toniques que l'estomac n'a- 
vait pu supporter auparavant : les accidens 
diminuèrent. Ce ne fut que le quatorzième 
jour que le placenta ^ ayant en partie franchi 
le col de l'utérus , put être extrait. La ma- 
lade s'est pron^ptement rétablie. 



(48) 
( Extrait du prooèg-^erbed, ) 

De8 doutes se sont élevés dans le sein de 
^. la Société de médecine sur la nature de la 

«L maladie dont a été atteinte la femme qui 

fait le sujet de la dernière observation de 
M. Prost. La plupart des membres ont pensé, 
d'après les phénomènes que cette affection a 
présentés, et par analogie avec un grand 
nombre de faits semblables, qu'elle consistait 
en une contraction ou contracture des mus- 
cles fléchisseurs , et que le nom d'endurcis- 
sement ou induration ne pouvait lui con- 
venir. 

Souvent ces contractures sont symptoma- 
tiques d'affections syphilitiques ou scorbuti- 
ques ; mais les apparences de bonne santé que 
présentait la malade de M. Prost éloignent 
ici toute idée de semblables causes. 

Ce qui a surtout paru remarquable dans 
ce fait, et qui a engagé a voter l'impression 
de ce dernier, c'est que la grossesse ait pu 
se développer, malgré l'état de rigidité ex- 
trême des muscles abdominaux > et que l'ac- 
couchement se soif opéré, comme dans Tétat 
naturel, par les seules contractions utérines. 



l 



(49) 

Deux obserçations d^une affection puU 
monuire peu déterminée par les noso- 
graphes ; par J.-L. Malenfant , D. M. P. , 
ancien élève interne des hôpitaux de Pa- 
ris, etc. 

( Séance du i8 août 1826. ) 

Première obsenfation. Ghevin ( Pru- ^^ 

N A f j • Aircction 

dence), âgée de ^uatoi^ze ans, point encore pulmonaîr. 
nubile, d'une forle constitution, et jusqu^a- 
lors ayant toujours joui d'une bonne santé ^ 
fut prise, le 21 février matin, à son lever, 
d'étourdissemens , de vertiges, et bientôt 
perdit Tusage des sens avec la faculté de so 
mouvoir; elle tomba étendifçi s,ur le, plancher. 
Ayant éfé presque aiisfiiijôt traaspqrlée à Thô- 
pital des enfai)3, cette jeunp fille offirit à la 
première observation les symptômes s^iyans: 
décubitus sur Iç dos, fac§ rouge et chaude, 
action des sens en partie suspendue, dilata- 
tion de la pupille (|fîs deux yeux, mais par- 
ticulièrement de celle du côté gauc|ie. La 
malade ne paraît ppint. entendre; sa langue 
ne peut articuler lesmpts; Iq , poip^ç de <;ef 
organe est tournée à drqite. Les, membre^ 
gauches n'exécutent aucun mouvement, ef nç 
T. 97 de la CoL 36* û^ /a a* Sir. Octobre 4 



( 5o ) 
" conservent non plus les attitudes qu'on leur 

AfTection ^ ^ / . . • - ... *.', '\ 

pulnionair. a donnees ; mais cependant la pean de ce 
côté paraît jouir de. toute sa sensibilité. Le 
pouls est faible et petit; il donne quatre- 
vingts pulsations par minute. Une saignée 
de buitonces^ pratiquée incontinent au pied 
droite apporte très-peu de changement dans 
ces symptômes. 

Le 22 février ( deuxième jour de la ma- 
ladie) , la face est aussi vivement colorée que 
la veille; elle n'a niême point pâli pendant 
la saignée: le pouls est encore sans dévelop- 
pement ; il bat soixante-douze fois dans une 
minute : même embarras danè ia parole. As- 
soupissement continuel. Les battemens du 
cœur sont plus développés que ceux du pouls. 
Les cavités droites paraissent se contracter 
plus vivement que les gauches. La chaleur 
de la peau^ qui est assez élevée ce matin, l'é- 
tait davantage encore hier soir. Les muscles 
de^* la face sont très peu paralysés, et déjà 
ceux de l'œil, de la paupière et de la langue 
ne le paraissent plus du tout. La malade porte 
afôez facilement ce 'dernier organe hors de 
l'a bouche; et le dirigé également bien à droite 
et à gauche. Le vêiitre n'est point doulou- 
retrx r il y a eu tine selle spontanée danè la 
nuit , et les 'matières n'indiquent rien d'à- 






( 5i ) 
normal dans l'appareil digestif. Émission in- 
volontaire des urines. (Prescription : hy- puimonaîr! 
dromol, saignt^e de huit onces à la jugulaire, 
sinapisme^ atlK pieds. ) 

Troisième Jour. La face est moins colorée ; 
niais fassoupissement est le même. Le pouls 
a peu changé ( quatre-vingts pulsations par 
minute). La malade a )sen ti dans la nuit le 
besoin d'uriner, et a demandé à le satisfaire. 
$oif vive. (Prescription : saignée de douze 
onces au bras , sinapismes aux pieds , hydro- 
mel. ) 

Quatrième jour. Même état : seulement 
la joue droite est plus colorée que la gauche. 
La malade dit n'éprouver aucune douleur. 
Elle a eu deux selles spontanées. 

Cinquième jour. La respiration e^\ haute 
et un peu fréquente ; une toux humide^ 
peu forte, se renouvelle de quart d'heure 
en quart d'heure. Le slé|hoscope fait recon- 
naître du râle muqueui sous'-créprtanty au 
côté droit de la poitrine, en haut, sous la cla- 
vicule et le long dûbord spinal de Porao- 
plaîe. Les battemens du cœur sont assez éteo- 
dus , surtout à gauche. La langue paraît gon- 
flée et sèche en quelques points; la soif per- 
siste : cependant le ventre n'est nul lemebt 



(5a ) 
douloureux. Emission volontaire dès urines* 
putmonîS? ^^ mouvemeiM des membres gauches sont 
toujours impossibles; ceux de la langue pa- 
raissent lout-à-fait rétablis. ( Prescription : 
hydromel, saignée de hui( onces aux veines 
du bras pour le soir ; le matin , quinze sang- 
sues du côlé droit de la poitrine , en arrière 
et en haut ; un demi-looch blanc ; un lavement 
émollient. ) 

Sixième Jour. Même état : h respiration 
cependant s^embarrasse encore davantage; 
la face est colorée d^une teinfe légèrement 
violette. ( Quinze sangsues^ spnt de nouveau 
appliquées au même lieu que celles d^hier.) 

Septième jour. Peu de cbangemens dans 
les symptômes de raffectiou pulmonaire; peu 
aussi dans Tafiection du centre nerveux. La 
jambe gauche exécute quelques mouvemens. 
(Une saignée de huit onces au bras; d^ail- 
leurs même prescription que la veille. ) 

Huitième Jour» La respiration commence 
à se faire entendre à droite . mais avec beau- 
coup de râle crépitant; à gauche elle est par- 
faite. Les battemens du cœur sont moins forts; 
le pouls e^t aussi plus faible (il y a soixante^* 
douze pulsations par nûnutes). Le bras gau- 
. x^he esi toujours immobile. 



( 53) 

Neuvième jour. Le ponis ^t le même que • 

hier; il y a a3sez d expansion pulmonaire du p^imooaîr. 
côfé malade. 

Dixième jour. Peu de chàageroeos de* 
puis la dernière évacuation sanguine. Oà 
prescrit quinze sangsues en haut du rachis à 
droite , et des frictions ayec Talcobol ,ca|ii* 
phré,sur les membres; pour boisson on con- 
tinue rhydromel. 

Onzième four, he pouls bat qua^re-vingta 
fois par minute; il :est ^a^sez xésiatanf. Les 
muscles du bras et de Tàvant-bras gauohes 
exécutent quelques mouveraens. La malade 
dit éprouver du fourmillement quand on 
touche ce membre. La respiration paraiît as»- 
sez libre. £n général^ le mieux est sensible. 
On permet quelques potages légers. 

Jusqu'au quatorzième jour raméliora:fiQa 
se continue progressivement. La face se co^ 
lore; la maladie manifeste uù vif. appétit, 
(Hydromel, julep gommeux; un quart d'a- 
limens. ) _ . 

Quinzième, seizième et dix -septième 
jours. Rien à noter: la dernière nuit cepen- 
dant il n'y a point eu de. sommfil , et le ma- 
lin les battemens du caaur paraissent irèsr 
étendus. 

VingtHènième jour. Les muscles de Ta- 



(54) 

- vanf-bras gaac^e agissent assez- forfemeof ; 

pnlmoiiab? ^^ malade ferme sa main , el la porte vers la 
fêle avec facilité. ït y a encore qnelqne gêne 
dans les muscles de .a face. Tous les syôap- 
tomes de la maladie de poitrine sont dis- 
parus. 

Vingts cinquième jour. La malade a eu 
ce dernier jour une mauvaise digestion. Les 
mouvemens des muscles de la faée et du 
bras sont presque entièrement rétablis. 

Trente-troisième jour. Depuis dix jours 
la malade est en pleine convalescence; elle 
se lève. 

27 mars, le trente-sixième jour de lamala-^ 
die cérébrale , et le dix-huitième ou vingtième 
dépuis la disparition complète des symptômes 
pulmonaires. Prudence Chevin a été tour- 
mentée depuis le commencement de 4a nuit 
d*une oppression 5 d'une suffocation des plus 
pénibles; il lui semble, dit-elle, qu'un poids 
très-considérable écrase sa poitrine. II y a 
très-peu de toux. Le pouls est fréquent et 
dévèlbppé. Un râle crépitant à peiné sensible 
se fait entendre en avant et à gauche. Une 
saignée de quatre onces, pratiquée sur-le- 
champ , apporte peu de soulagement. A la 
visite de M. Guersent^ Télève interne qui 
a vu la malade pendant la' naititrodrye. bette 



( 55 ) 

deniière encore dans le même état , qui peut- 
être même s^est aggravé. Les baltemens du puimouair. 
cœur sont tumultueux et très-étendus y tandis 
que le pouls reste misérable. Tout reflTort 
que fait: Je cœur parail avoir lieu dans léis 
cavités- droites. Deux larges vésicatoires sont 
appliqués aux cuisses , et des sinapismes aux 
pieds. A onze heures du matin, ce même 
jour 27 piacs^ Prudeïice Ghévin expire en 
s'efiorçaut d^exprimer Içs cruelles angoisses 
qu^elle éprouve, environ douze à quatorze 
heures après Tinvasion de cette singulière af- 
fection de poitrine. ; 

NécrùpsiCy Je 29 mars. 

Ld^Qfrface extérieure du corps n^offre au- 
cune particularité, seulement divers points 
de là peau sottt;gorgés-^ei^ang : ce phéno- 
mène est surtout remarquable à la face. 

Organesi encéphaliques. Il y a un peu de 
sérosité dans le tissu sous-arachnoïdien ; les 
veines qui rampent dans l'épaisseur de ce . 
tissu sont* injectées, et cependant la substance 
grise du cerveau est pâle; la substance blan- 
che est légèrement injeotée de sérosité san- 
guinolente. La consistance de toute la masse 
encéphalique est .celle qui se rencontre le 



( 
^ 



(68) 

prendre ses occopafions; «Ile fixait néan- 
^f^™^** moins ce moment désiré , qnand , dans la ma- 
tinée du 20 octobre, elle fat prise presqae 
toot à Goop -y et sans canse connue , d^nne dif- 
ficulté extrême de retirer. Elle se plaignait 
d^nne oppression indicible dans tonte la poi- 
trine , sans indigner nn point plus vivement 
douloureux; il lui était également impossible 
de rester couchée sur le dos et sur Tun 011 
Tautrç coté^^ elle se tenait assise.* Le thorax 
percuté donnait partout un son peu décidé y 
peu propre à fixer les caractères du mal ; il 
n'y a ni toux^i expectoration. Une copieuse 
saignée du btas ( dix à douze onces ) (i) fut 
wssitj^ pratiquée ; mais la malade n'en ob- 
tint ancnne diminution de ses angoisses , si 
ce n'est pendant le peu de temps que le sang 
sortit de la veine. On. pçescxivit^.en outre une 
potton^yec la teinture éthérée de digitale, 
dest périiluves et de$ manulnves chauds et 
sinapiaés» : ! .' 

-7— : : —■ r \ 

I 

(a) N(4a du fédaeieuTy^ fl*^ ^-41 pas erreDr dans 
. le choix de V^pithëte dont l'obseirateur a fait usajge? 
Une' saignée de dix à douze onces ne passera jamais 
pour une saignée copieuse. Au surplus, le soulage- 
iâient que la malade éprouvait pendant l'écoulenient 
da sang n'aurait^il pas dà rendre moins réservé -sur 
yçmp\qi iinmédiat de ce moyen .puissant? 



Six heures après ripvaçioti 4e ces^^nap- 
tomes, relève interne.de la salle revit la ma- p^J^,p^iiJ., 

lade ; elle était dans un état encore plus dé- 
sespérant; tous les musdes inspirateurs pa- 
raissaient dans une contraotion permanente. 
La face était, gorgée de sang, e,t oflFrait unei 
teinte violacée; les extrémités étaient froides; 
la parole extrêmement brève. Des scaçificct-. 
cations nombreuses et assez profondes sQn4 
pratiquées à la partie postérieure du tronc , 
et des ventouses y attirent le :Sang en assez 
grande abondance. Les membres inférieurs 
sont encore plonge^ dans Teau très-chaudp^ 
puis après couverts de. cataplasmes siuàpisés j 
tout cela sans amélioration notable. A mi- 

^ nuit, l'agitation de Louise Berlot, :qui avait 
toujours été croissante ^ diminue un pe» > maûs 
la voix est absolument éteinte. La face est 
restée gonflée, et sa coloration violette est 
encore plus inilense. L'ejipectoration est de 
même à peu près nulle; elle ne consiste qu'en 
quelques mucosités écumeuses; un seul cra- 
chat peut-être oflfre une strie de sang. Il est 
évident à ce point que la malade. doit suc- 
comber; et, en effet, à quatre heures du 
matin elle n'existait plus. 



(6o) 

T-— — Ouverture du cadavre faite vingt -huit 
iptàm^àé&c:' heures après la mort. 

La cavité encépbdliqne et les organes 
qn'eHe confient ne présentent rien de bien 
remarquable. Les vaisseaux veineux sont 
très^gorgés de sang; cependant la coloration 
du cerveau et celle du cervelet esta peu près 
celle de Téfat normal. 

La pôilfrine ne confient point de sérosité ; 
lès deux poumons sont considérablement gor- 
gés de sang , mais particulièrement le droit. 
La densité en est augmentiée à ce point que 
leur tissu simule parfaitement celui de la 
rafe. Ces organes sont vraiment splénifiês ; 
hiais ils lie présentant nulle part , si ce nVst 
darà les grosses divisions des bronches , cette 
tnncosîté grisâtre qui se rencontre ordinaire- 
ment dans les cas de péripueumonie^ Néan*» 
moins 9 datis quelques ramifications bron« 
chiques, la membrane muqueuse parait un 
peu plus ronge qu'elle ne Fesf dans Téfat 
sain. Plusieurs incisions foi tes en dîfférens 
sens Sur les dlBux poumons ne font découvrir 
dans le pèrrenchyme de ëes orgaties aucune 
collection sanguine ou purulente. 

Le volume du cœur est à peu près pro- 
portionné à la stature de Findividu. Les gros 



(6i ) 

vaisseaux qui s'y joignent n^offrent rien de 
particulier • Le ventricule droit paraît un peu ^^i^^^^^ 
dilaté. 

L^estomac présente , sur la inenabrane mu- 
queuse, près la grosse extrémité , des arbo- 
risations peu étendues jid^ui; rpi^ge sombre : 
cet état est attribué par tous les assistans au 
trouble du mouvement circulatoire des der- 
niers instans de la vie , plutôt qu^à un travail 
pblegmasique. Même disposition de quelques 
points de Tiate^tin ^ qui est sain d'ailleurs. 

Réflexions. — A quel ordre des maladies 
du poumon peut-on rapporter celle dont nous 
venons de donner deux exemples? Est - ce là 
une phlegmasie? Pour celui qui a créé ou adopp 
té un système, il est uqe tendance^ un entraîi^- 
ment à généraliser qu'avec grande peine ou 
réprime. Il est si naturel d'assimiler so^s tpu^ 
les rapports possibles ce qui d'abord p^r^it 
pouvoir rêtre sous plusieurs. Malheureuse- 
ment la médecine est, sans contredit, de ton* 
\q% les sciences, celle où cette nianière de 
procéder est la plus dangereuse. De ce que 
rirritation , la (Couleur et la fluxion sanguine 
se lient dans le plus graiid nombre des cas, 
on conclut trop généralement que cette liai- 
son, que cette coexistence a toujours lieu. 
^insiy dès que quelques médecins ont en- 



( fia y 

tendu prononcer le mot irritation ^ ils aflSr^ 
pùhnéttain ^^^^ ^Vi'il y a en même temps aflHux du sang , 
et toutes les fois aussi que sur le cadavre ils 
voient un organe un plus gorgé de ce li- 
quide qu'à Tordinaîre, ils disent encore qu'il 
y a eu inflammation; car ce terme abstrait 
désigné, comme on le sait, la co- existence 
de la douleur, ou, si Ton vent, de l'irrita- 
lion et d'une fluxion sanguine. 

Au moment où nous sommes de ceffe 
grande vogue du mot inflammation y gu'il 
me soit permis de parler aiiisi, nul doute que 
généralement on l'appliquera à la maladie 
dont je viens de donner deux observations. 
Cependant si l'on essaie de comparer cette 
affection du parenchyme pulmonaire avec 
celles que les auteurs regardent spécialement 
comme phi egmasique, on verra combien peu 
de points l'en rapprochent. Etait-ce là un ca- 
tarrhe bronchique sur -aigu ou suffocant? 
Comme dans cette maladie il y avait une op- 
pression extrêmement pénible dans tous les 
points dé la poitrine, la suffocation était im- 
minente; mais d'ailleurs il n'y avait ni toux^ 
ni synlplômes fébriles^ qui^ on le sait bien, 
se lient Constamment à l'inflammation aiguë 
des bronches. L'absence de la fièvre ne doit- 
elle pas faire nier aussi que nous ayons en 



( 65 ) 

a£Paire à une péripneumonîe , et encore ceffe . 

dernière afiFection ne frappe-t-elie jamais à pulmon'air. 
la fois foute Péténdue des deux poumons , 
comme il est arrivé dans les cas que nous re- 
latons? La phlegmasie aiguë du parenchyme 
pulmonaire a encore pour caracières une 
douleur fixé circonscrite, phis ou moins 
intense , une expectoration niûqùettsë' 'bù 
sanguine^ et ici ces phénomènes ne* se sdttt 
nullement présentés :' enfin, jamais la pé- 
rîpneumonîe ne donne la mort en si peu 
xl^heures. A la vérité, quelques médecins par- 
lent d'une péripneumonie foudroyante qui 
aurait ce dernier rapport avec la maladie 
que nous avons observée : malheureusement 
nous n'avons sur ce point que des traditions 
orales. Nous avons compulsé en vain les écrits 
de plusieurs nosographes pour connaître ce 
qu'ils avaient écrit de la péripneumonie sur- 
aiguë; aucun même n'a consigné dans ses œo* 
vres cette dénomination. Cependant le pré- 
cieux recueil d'anatomie pathologique de 
MoRGAGNi contient une observation de péri- 
pneumonie dans laquelle le sujet succomba 
après vingt-quatre heures de vives angoisses. 
A l'ouverture du corps, les poumons furent 
trouvés spongieux et considérablement gor^ 
gés de sang. Sauvages , dans la classe de 1^ 



(64) 

nosologie qu'il a consacrée ai^x infiamma- 
pif}jDDQ^9iaii;. tions, parle d'une péripneumQnie épidémique 
qui déyasta l'Europe en 1348, et doni la mar- 
che éfaif extrêmement rapide; elle donnait 
I9 mort en trois ou quatre jours. Schenkius 
f}t FoR£3TUS en ont donné Tfaistoire, et c^est 
elle que Fracastor désigne par ce vers : 
w Quartâ luce, frequens fato perdebat 
acerbo. » Parmi les symptômes qu^ont énu* 
mérés les auteurs, plusieurs se retrouvent 
dans les observations qui viennent d'être Iqes. 
Il est fâcheux que les recherches auatQmico- 
patholçgiquest faites suj^ ç^|(§ p^ripneuraonie 
ne nous soient pas connues , et qu'ainsi nous 
ne puissions dire jusqu'à quel point s'étend 
l'identité dont nous parlons. Mais il est une 
autre affection pulmonaire, tantôt rattachée 
à la péripneumonie^ taqtôt à l'asthme, avec 
laquelle la maladie , dont nous avons pré- 
senté deux exemples, a, suivant nous , beau- 
coup d'analogie. Elle, atteint a^sez fréquem- 
ment les phthisiques et les individus deppis 
long-temps affectés d'hypertrophi(R du cc»4r. 
Cette pneumonie, ou plutôt cet engouemen^t 
pulmonaire , s'étend ordinairement à l'un 
et l'autre organe ; il est caractérisé par 1^ sup- 
pression des crachats, et méoie quelquj^fois 
par la cessation de la toux; p^r la suffocation 



♦• 



(65) 

imminenie 3 le refroidisseojj^nt de rextrémitê 
des membres, et la coloration violette de la putoonair. 
peau eu ces parties. II y a rarement un point 
douloureux circonscrit : enfin , un dernier 
caractère de cet état pathologique^ et que 
nous retrouvons dans nos observations, c^est 
le peu de succès de fous les nioyens théra- 
peutiques communément employés contre 
les fluxions sanguines actives* 

Ici nous représentons nos doutes : l'espèce 
d'engorgement sanguin dont nou^nons som- 
mes occupé n'estril pas séparable de l'état 
inflammatoire^ ou bien encore ne peut- il 
pas préexister un certain temps à ce dernier? 
La gravité d'une tëHe lésion ne dépend-elle 
pas du défaut d'énergie de Tindividu, ou 
seulement du défaut de réaction de Forgane 
malade?CuLL£N admet une variété de l'asthme 
causée par un trop grand degré de plénitude 
des vaisseaux du poumon; et ^ rapportant 
cette opinion, M. le docteur Ferbus , auteur 
de l'article asthme du Dictionnaire de Mé- 
decine , après avoir prouvé que cette mala- 
die s'acconïpàgne toujours d'une fluxion san- 
guine sur le poumon ^ demande pourquoi 
cet organe, le plus perméable au sang ^ ne 
serait pas, dans quelque cas, le siège d'un 
mouvement fluxionnaire sanguin, autre que 

T.g']delaCoL3G'.dela^^.Sér. Octobre. 5 



(66) 
FengorgemeDt ioflammatoire , antre que Pen- 

AfTection i_ / • 

pulmonair. gorgement hemoptysiqae, antre qne Tapo- 
plexie pulmonaire? Certainement le pareiH- 
chyme pulmonaire peut être pénétré de sang 
en quantités et en modes différens; mais anssi 
la cause prochaine , Tirritation qni détermine 
ces diverses fluxions sanguines^ n'^est pas ton- 
jours la même; elle varie d^'ntensité, de 
siège ; etc. , pas assez souvent, il faut le dire 
ici , on ne détermine en quel lieu est fixé ce 
point d^appel. QuVst-ce, par exemple^ que 
ce mouvement fluxîonnaire du sang qui con- 
stitue Tasthme essentiel? Elst-ce que les mo- 
lécules sangm'nes ont en elles une force pro- 
gressive et rétrogressive? Personne sans doute 
ne veut non plus considérer l'amas du sang 
dans nos organes comme un phénomène fayw 
draulique opéré dans des tubes inertes. Mais y 
soit qu^on admette pour les fluxions san- 
guines une contraction oscillatoire des vais- 
seaux artériels, soit, connue le veut presque 
tout seul M. Prus, qu^il y ait une dilatation 
active préliminaire de ces mêmes vaisseaux , 
toujours faut-il encore reconnaître que les 
monvemens organiques sont précédés d\me 
action moléculaire, s^il est permis de parler 
de cette sorte, plus essentiellement vitale. Si 
la contractilité , si Texpansibilité sont mises 



(67) 
en jeu , ce ne peut être que par une augmen- 
tation pathologique de la sensibilité , ce ne ^^^9^ 
peut être que par une irritation préalable. 
Nous sommes entièrement de Ta vis de M. B]S- 
6IN3 qui place ce pointd'appel , pour un grand 
nombre de maladies pulmonaires , dans des 
portions diverses de la membrane muqueuse 
bronchique; mais si Télément morbide le 
plus général , l'irritation ^ a souvent le même 
siège pour des séries de symptômes frès-va- 
riés , il faut donc admettre , pour expliquer 
cette dissemblance de résultats, qu*il a , cet 
élément^ des manières d'être spéciales chez 
les différens individus , et dans les diverses 
conditions de la vie, relatives au sexe, à 
Tâge , etc. 

M. Bricheteau, il y a quelques mois, 
{Archiçes y 35* cahier ^ 1825), et plus ré- 
cemment encore, M. Leuret {Journal gé^ 
néraly cahier de janvier 1826) , ont publié 
des observations qui ont. plusieurs pqints d^a- 
nalogie avec les nôtres. M. le docteur Bri- 
cheteau appelle asthme la maladie qu^il a 
observée; et, adoptant une partie de l'opi- 
nion de M. BÉGIN, il pense avec ce dernier 
que Tasthme essentiel des auteurs doit tou- 
jours élrc rattaché aux irritations phlegma- 
siques de la membrane muqueuse des brou- 



(68) 

ches. Ces médeoins auraient ici pn s^étâyer 
r.n?^fJ^ d'une grande autorité : M. Laennec professe 
la mêine théorie: snr ce point de la science ^ 
établissant que Firritation des voies aérienne s 
est l'élément 9 la cause prochaine de la pltt* 
part des maladiesdu parenchyme pulmonaire. 
Voici en esquisse comme on peut adapter 
cette idée aux faits cliniques. L'irritation de 
la membrane muqueuse , des ramifications 
des bronches, a toujours pour premier phé- 
nomène la fluxion sanguine dans le paren- 
chyme pulmonaire. Si cette fluxion est brus- 
que^ considérable, et chez un sujet pléthori- 
que, elle peut déterminer la rupture de quel- 
ques vésicules bronchiques , ou des vaisseaux 
artériels et veineux qui y aboutissent; il se for- 
me alors dans le parenchyme du poumon nue 
•collection satiguine plus ou moins abondante : 
^'est l'a pc^lexie^ pulmonaire. Si Tengorge- 
ment se fait aveô plus de letïteur , s'il se fait 
dans des régions bronchiques d'un plus grand 
calibre» le sang peutf alors s'épancher dans 
les bronches elles-mêmes^ et être rejeté par 
4'expectordfion : c'est la fluxion hémoptysi- 
qûe^ l'hémoptysie proprement dite ou es- 
sentielle ^ sans caverne tuberculeuse. En froî« 
âème lieu , je suppose la fluxion sanguine 
moins considérable que dans les cas précé- 



denSi avec peu ou point de rupture des vé- 
sicules brouchiques, chez un sujet irritable^ t^lSSS? 
et au milieu d'un . parenchyme suscq[)tiUe 
d'une réaction vive ; ici , dis-je^ le sang , pres- 
sé dans les vaisseaux pulmonaires ne circule 
bientôt plus^ jet, avant peu d'heures^ une in^ 
flammation éliminatoire va se développer : 
on aura évidemment affaire à une péripneu* 
monie. Si^ au contraire^ l'individu chez le* 
quel se fait cette fluxion , que j'ai suppoisée 
peu intense, ne présente qu'une irritabilité 
obscure ; s'il est peu pléthorique y le sang n'est 
qu'embarrasé dans son cours ; des inspirations 
plus profondes , des expirations plus complè- 
tes^ quelques dérivatifs rétabliront bientôt 
l'état normal. C'est ici une sorte de stase com- 
parable à la stase hémorrhoïdaire^ et; coftime 
dans les autres fluxions de ce genre , les re- 
tours sont fréquens et ordinairement hés aux 
variations météorologiques. On voit que cet 
engorgement pulmonaire est l'asthme essen- 
tiel de GULLEN et de quelques autres patho- 
logistes. Enfin si le sujets afi^ibli par des ma- 
ladies précédentes, a perdu toute énergie, 
si la réaction est nulle, la fluxion pulmonaire 
se fait lentement; le sang arrive, mais le re- 
tour au cœur en est incomplet; bientôt il BertaL 
toDt-à-fait suspendît. Voilà ce qu'on appel- 



( 7.0 ) 
lera, si Ton veut, la splénifîcatiôn dti pioti- ' 

Aff<sctlon 9 ^ 19 .1 • «9 1. 

pulmonair. i3aion:c ei%\ \ engouement pulmonaire qui s ob- 
serve cbez plusieurs phfbisiques, et chez le» 
individus affectés d'une maladie du cœur qui 
""a fait de grands progrès, et celui enfin dont 
nous croyons avoir donné deux e^s^emples. - 



Extrait du rapport de M. Chantourelle , 
au nom d^ une commission. 

( Séance du 3 novembre 1826. ) 

Première observation. — L'expression 
dont s'est servi l'auteur de cette observation 
pour désigner l'état du poumon , savoir, que 
le parencbyme de cet organe était assez sem- 
blable à celui de la rate, la circonstance qu'il 
en découlait un peu de sérosité, tout cela 
prouve qu'il y avait là un véritable engoue- 
ment de sang, quoiqu'il restât encore quel- 
ques points crépitans, et qu'on ne trouvât 
nulle part le parencbyme transformé en tissu 
dur, grenu, bépatique. Mais cet état est -il 
nouvellement observé? Non^ car on a si- 
gnalé cet engorgement comme le premier 
degré de l'inflammation du parencbyme puK 



( 70 
mouaire , bien diflFérent de Thépatisaliou, qui - 



est le résultat de rioflammation intense et pui^^g^iî 
prolongée de ce même parenchyme; bien 
différent surtout de Pengorgenient hémop- 
toïque, qui a lieu dans la maladie si bien dé- 
crite par Laennelc sous le nom d^apoplexie 
pulmonaire. 

M. Malenfant a-t-il mieux décrit cet état 
que ceux qui en ont parlé avant lui? Non ^ 
sans doute ; car il se borne à dire que les 
poumons étaient gorgés de sang et assez sem- 
blables à la rate. Maintenant cet état, à ce 
qu'il pense , n'était pas la suite de l'inflam- 
mation; mais ne trouvons-nous pas dans les 
faits qu'il rapporte tous les signes d'une pneu- 
monie d'abord partielle du poumon droit , 
puis envahissant tout ce poumon, tandis que 
le gauche reste sain ? Tels sont le râle mu- 
queux sous-crépitant et crépitant sous la cla- 
vicule et le long du bord spinal de l'omo- 
plate, la toux, la respiration haute, fré- 
quente. Suit bientôt la résolution, qui s'opère 
lentement dans le poumon droit; on entend 
le râle crépitant se mêler avec le bruit res- 
piratoire. M. Malenfant affirme même qu'au 
dix-septième jour, tout phénomène pneumo- 
nique avait totalement disparu ; ce qui prouvé 
qu'il avait reconnu une pneumonie. Enfin , 



( 7a ) 
Texistence de la péripneamonie est prouvée 
pnliQonak'? ^^core par tes adhérences pleurétiques inter» 
lobnlaîres rëoeaies qo^oia a trouvées à Vout 
verture du corps, et iqni viennent de plus 
confirmer ce fait bien établi^ que rarement 
la pneumonie existe sans complication de 
^ pleurésie y soit partielle j soit générctle. 
Quant à la cessation complète des symptômes 
de Taâ^ction du poumon avant la rechute^ 
nous serions tentés de penser qu^fl y a eu 
ici un peu d^inattention de la part de l'ob- 
servateur : car il est de fait qu^un poumon 
conserve bien plus long--temps un certain en- 
gorgement de tissu après qu^on commence à 
y entendre le bruit respira toire, et que long- 
temps encore celui-ci se fait entendre;^ mêlé 
"d'un peu de râle crépitant; ce qui, pendant 
tout ce temps 9 rend cet organe singulière* 
ment susceptible de s^affecter de nouveau. 
Cette observation e%\ %\ vraie que nous en 
avons même ici une preuve sensible. En ef- 
fei, aussi tôt que te poumon gauche fut affecté 
légèrement y la res^nration cessa de s'exécu- 
ter suffisamment ^ parce que te poumon drçit 
n'était pas encore redevenu lui-même suffi- 
samment perméable. H est donc évident que le 
tissu pulmonaire était encore altéré par une 
précédente phlegmasie plus ou moins /aiguë. 



(75) 
et quHl n'était point encore revenu à son 
état physiologique , quand qn nouvel engor- AXfeçUoi 

... . pulmonair 

gement vint bientôt supprimer tout mouve- < 
inent vital. D'après cela, peut -on dire que 
la pblegtnasie ait été si étrangère à. la produc- 
tion de l'engouement du poumon ? 

Deuxième observation. Il ne paraîtra pas 
bien certain pour tous que les phénomènes 
trop brièvement décrits dans cette observa-* 
tîon, et les lésions trouvées dans le pounion^ 
ne puissent se rapporter & une nouvelle 
phlegmasie commençante ^ consécutive à une 
précédente phlegmasie pulmonaire. On ac- 
cueillera au moins le doute à cet égard y si 
Ton pense quecette maladie est survenue chez 
une jeune fille qui venait d'éprouver une ma- 
ladie éruptive, affection dans laquelle le sys- 
tème respiratoire est toujours plus ou moins 
affecté sympathiquement. On a |rouvé ici le 
tissu du poumon plus dense ^ la muqueuse 
bronchique rougie et couverte de cette mu- 
cosité grisâtre qu'on trouve chez les indivi- 
dus qui succombent anx inflammations pul- 
monaires aiguës. Seulement le tissu de For- 
gane était, comme dans Tobservation précé- 
dente, énormément gorgé de sang; il était 
engoué , il y avait une sorte d'infarctus san- 
guin : c'est donc par là que ce fait offre quel- 



(74) 

que dîflFérence avec ce qu'on observe d'or— 
tulmonair. dmaire chez les sujets qui périssent d m- 
flammalion. C'est que chez ceux-ci ^ la ma- 
ladie a duré assez long-temps pour convertir 
le parenchyme celluleux du poumon en un 
tissu compact où le sang semble s'être orga- 
nisé , tandis que dans le cas présent il n^y 
avait encore que simple engouement. Ce- 
pendant pourrait-on dire que , dans Tune et 
dans Tautre circonstance, il y a eu primiti- 
vement autre chose qu'une irritation inflam- 
matoire avec afflux de sang qui, dans certains 
cas, peut finir par s'identifier dans les tissus? 
Mais nous avouons d'ailleurs que cette opé- 
ration exige des conditions qui nous sont 
et nous resteront peut-être toujours incon- 
nues. 

Parmi celles-ci doivent entrer, non-seule- 
ment le degré de vitalité des solides, mais 
surtout la plasticité plus ou moins grande du 
sang, et les autres propriétés vitales des flui- 
des. Ces conditions seront-elles donc toujours 
si parfaitement semblables, qu'il faille qu'un 
engorgement inflammatoire doive toujours 
produire les mêmes symptômes de douleur, 
de tumeur, de chaleur, et au même degré? 
Serait-il donc ridicule, comme le prétendent 
quelques-uns, de mettre au rang des inflam- 



(75) 
matioDs un engorgement où Tun de ces phé- . 

nomènes^ la douleur, par exemple , ne serait pulmonair. 
pas très-sensible ? Ne saîl-on pas bien qu'il 
est des cas où plusieurs des phénomènes in- 
flammatoires peuvent être masqués, sans 
qu'on se refuse pour cela d'admettre une 
phlegmasie ? 

M. Malenfant croit avoir vu dans ses 
observations une nouvelle altération, qu'il 
nomme la splénification du poumon, et qui 
aurait lieu sans inflammation préalable. Ce- 
pendant nous avons vu que ses deux malades 
ont eu de la fièvre , qu'ils étaient convales- 
cens d'une pneumonie antérieure, bien ca- 
ractérisée chez l'un par l'oppression, le râle 
crépitant, et chez l'autre par la toux, l'exis- 
tence antérieure d'une variole , la présence • 
d'une mucosité grisâtre dans les bronches. 

Mais il conteste ce point, et il pense qu'il 
n'y a pas eu de fièvre, parce qu«, dans les 
douze ou quinze heures qui ont précédé la 
la mort , it n'y a point eu de réaction fébrile 
violente, pouls dur, toux, etc. , mais, nous le 
demandons, n'a -t- on admis de fièvre que 
dans le cas d'existence de ces phénomènes? 
N'y a-t-il pas de fièvre dans les phlegmasies 
abdominales, où le pouls, comme ici, est 
petit , faible , accéléré ? Enfin l'autopsie n'a- 



(76) 
t-elle.pas fait voir snflisamment que TéBOr- 
polpionair. mité de I engorgement ne permettait pas la 
réaction fébrile violente avec développement , 
exagération des phénomènes yitanx^ mais 
bien celle opposée, avec dîminnfion, extinc- 
tion de ces mêmes phénomènes ? 

Pourquoi , demande- t-on, les ponmoDS â 
perméables ne ponrraient-il^ pas êtiie le siège 
d^nne fluxion sanguine antre que l'engorge-* 
ment inflammatoire^ hémoplysiqne, apoplec-^- 
tiqijie ? JTç n'en sais rien ; qiais il fant avant 
font montrer cette fluxion persistante; je dis 
persistante y car un a£Bux dç s^og momenta- 
né ne peut être considéré comme une fluxion, 
puisqu'il a lieu dans la toux, les efi*orts res- 
piratoires ou au très. Au reste , l'anteujr re- 
jette bien loin de sa pen3ee d'admettre Ta- 
mas ()u sang comme phénomène hydrauli- 
que dans des tubes inertes ; et il finit par f e- 
connaitre comme nous une irritation déter- 
minant dans les tissus l'afflux et la stase des 
liquides. Mais, selon lui ^ cette irritation 
n^est pas toujours la même ; elle est spéciale 
pour chaque individu. Cette irritation , élé- 
ment morbide, comme il dit, produit un sur- 
croît pathologique de la seq^ibiilité , d*où ré- 
sulte raugmentatiou de la CQUtractilité , de 
l'expansibilité. Ellç se &(e sur la niembraue 



( 77 ) 

muqueuse bronchique , où elle produit des ■ 

cr. A' ' \ é A ' } AfFcctîon 

effets diver.^ 5 suivant sa nature spéciale. pulmonair. 

Qui ne voit que, dans toute cefte théo- 
rie éclectique, on s'est laissé éblouir par des 
mots pris pour des réalités? Mais , sans pous- 
ser plus loin notre examen , répondons à ce ^ 
qû6 dit raiïtèùr àttf lai itiàtiîèrèd© général 
ser : que, dans rétùdd.dêi séîetifces ; è^ètné- 
thode est le propre dû gétiîe, eï ddif mefaer 
aux plus grands résultats, quand on la fotide 
sur un grand nombre dé' faits qui ont des 
points commtins, notnbreux. C'est ainsi qii^ont 
dû généraliser les Newtoi^, lés Lavoîsibr, 
les Th^narp, les Hallèr, les BiCHfAT, et ^ 
tantd^autres. Cequedit M. Mai^enfant n'est 
donc applicable qu'à ceux qui, abùsàut de ' 
cette méthode, se hâtent de tirer des consé- = \j*>i<> 
quences générales d'un petit nombre dé laits 
que d'autres peuvent bientôt démentir. 



(78) 



aee 






■••'-* I • ; ■ ; . 



LITTÉRATURE MÉDICALE. 



Répertoire général d^anatomie et dephy-^ 
siologie pathologiques, et de clinique 
chirurgicale , ou Recueil de mémoires et 
(inobservations sur la chirurgie et sur Ta- 

^ i Datoraie et la physiologie considérées dans 
les tissus sains et malades; i'*. et 2*. li- 
vraisons^ i8z6(A Paris, chez Boiste. > — 
Voyez le n*. d'avril, page 140.) ^^^ 

, T . 

Il pourra paraître singuUer qu'un répertoire d'aQa- 
Anatomie ^^miç ç^ jç physiologie pathologique commence. par 
un rapport fait à ^Académie des Sciences sur un mé- 
moire relatif à la fièvre jaune. Beaucoup de person- 
nes seraient tentées de faire ici l'application de Ta- 
dage reconnu : non erat hic locua. Mais le rapport a 
été fait par M. Duputtren au nom d'une commission 
formée dans le sein de l'Académie des Scj^ces; il a 
pour ohjet cette redoutable affection qui, naguère 
encore, près des frontières orientales de la France, 
causait tant d'effroi et frappait tant de victimes. L'im- 
portance du sujet, le mérite du travail en question , 
' le nom du rapporteur , le rang élevé qu'occupe dans 
l'estime du monde savant la compagnie célèbre qui 
en a reçu la première communication , voilà assuré- 



(79) 

ment bien des motifs pour excuser le rédacteur du 
Répertoire â^Anatomie. etc., d'avoir commencé son Anatoime 
-, 1» ' * j * 1 » •* patholOgiq. 

recueil par récrit dont il s agit. 

La commission avait à examiner les Théories sut la 
propagation de lafihvre jaune : rien n'est plus lumi- 
neux que la discussion à laquelle M. le rapporteur se 
livife à ce sujet pour établir le parallèle et la distinc*- 
tion convenable entre P infection et l&contagion. Quoi 
qu'il en soit, les plus laborieux efforts la forcent de 
donner la conclusion suivante : 

« Votre commission , après avoir pesé , avec la plus 
scrupuleuse impartialité , les faits allégués pour ou 
contre la théorie de la contagion et celle de l'infec- 
tion, après avoir pris en sérieuse considération les 
résultats que pourraient avoir des mesures qui se-' 
raient la conséquence d'une opinion prématurée on 
erronée ; sans méconnaître les services incontestables 
que la théorie de l'infection a rendus, et les services 
plus grands qu'elle pourra rendre encore ; votre com- 
mission ne pense pas, néanmoins, que, dans l'état 
actuel de la science , il soit possible de déterminer; 
avec une certitude absolue et une entière sécurité, si 
la fièvre jaune est ou n'est pas contagieuse dans tons 
les cas. Relativement à la fièvre qui a ravagé Barce- 
lone en 1821 , votre commission ne trouve pas non , 
plus aux preuves empruntées par M. Costa à MM. Las- 
sis et PiGUiLHEM, contre les propriétés contagieuses 
de cette maladie , l'évidence qui ne laisse aucun lieu 
au doute , aucune place à l'erreur. Toutefois votre 
commission pense que le zèle et les efforts des auteurs 
et des partisans des deux théories doivent être hono^' 
rés; que le concours de leur zèle, de leurs efforts, est 
nécessaire à la science, et que leur émulation, bien 



( 8o ) 

dirigée , peut ^6ule conduire à la solution du problèin^ 

Anatpijiie Je la contagion. » 
pathologiq. ^n , . 

relativement aux iftesurea sanitaires conseillée^ 

dans les d^ux théories, la cpmmissioi^ adopte le fifjs- 
tëm^de la salubrité plu& gr^inde à procurer aux eo!^ 
droit^ qui^ sont le théâtre privilégié des ravages de la 
fièvre jaune, afin d'empêcher au^tant que possible 
les funestes rési^lt^t^.de la chaleur éLevée de l'atmos-* 
pbëre et ^t l'humidUé des localités. Quand la fiëvre 
est déclarée , la commission pense ^u'on doit regardei^ 
comrn^ essentiellen^ent pernicieux et propres à accroî- 
tre Ijft violence du :mal , les. cordons qui retiennent 
les populations infectées dans le foyer oii elles ont re^ 
çu ou dans lequel elles peuvent recevoir le germ« 
de l'ipfjectipiiL. ]Pour être vraiment salutaires , ils doi<« 
vent.é,tre.plac^s à la plus grande distance possible des 
fojrf^rsi du maly.et laisser entre eux et ces foyers des 
espaces, sfuffisans.potfr qiie les personnes qu^ habi- 
tent les liepx infeqtés puissent les quitter , et trouver, 
dans le cercle qu'ils 4?crivent^. des habitations et 
même des promenades ^lubres. La commission fail 
sentir cpmbien est incontestable le principe qui conr 
siste V ^i^l^ évacuer immédiatement les lieux oh la 
fièvre ||siQne s'est déclarée,' et que tout doit être, mis 
en usage pour o|>tQpir icette év9cuatieii> làv, .dil 
mc(i]$s^)« rigjoenr sera toujours )ustifié^ par son ntî- 
lîté. Mais C0qvijent*iL de laisser à la populatioifif qu'jpn 
éloigne, de. ses foyers, la libeité de se répandreimdif- 
fér^mm^nt daip tputes les 4çlîrectiops7 La com^mijSi- 
sioaBie.le pen^epas : ejleçroit.qne dans, taujs l^s sja** 
tëines,.pottr dî^minatîqii pourrait avoir de graves 
Î9€onv0tfiei||S!« ^ .^et i ^ette liber té ouvrant iàJU fçitl^ 
la pt)çte d'habitations d^ salubrité très-Marié^i son in- 



(8i ) 

fluence dans des lieux insalubres mettrait ceux-ci 
dans les conditions les plus propres à la production Anatomie 
de la maladie, dans des conditions en tout sembla- P* *^'* 
blés à celle des lieux que la foule aurait abandonnés. 
La commission voudrait donc qu'en faisant évacuer 
une ville affectée de la fièvre jaune , on assignât k la 
population émigrante des sites oii elle devrait s'éta- 
blir , et des limites qu'elle ne pourrait pas franchir : 
elle voudrait surtout qu'on lui assignât des habita- 
tions et des promenades dans des positions de première 
salubrité; et si l'enceinte des cordons n'offrait pas- 
de telles positions , elle voudrait qu'on obligeât la 
foule à camper , et à vivre sous de vastes tentes, bien 
exposées et bien aérées , plutôt que de la laisser libre 
d'aller communiquer ou produire la maladie dans des 
lieux insalubres. » La commission s'élève avec force 
a contre les quarantaines à bord des vaisseaux infectés 
qui ont tous lès inconvéniens reprochés aux cordons; 
elle souhaite qu'on y substitue la quarantaine à terre 
dans des lieux déterminés et choisis , lieux de pre- 
mière salubrité , séparés en quelque sorte du reste de. 
la terre , et oii les personnes , placées dans un isole- 
ment parfait, n'ont rien à craindre de l'infection et 
ne laissent rien à redouter de la contagion. »> La con- 
sidération des entraves qui en résultent )»our le com- 
merce ne mérite pas, aux yeux de la commissiotn, un 
examen sérieux. 

Quant aux expériences proposées par M. Costa, 
comme propres k dissiper les doutes qui existent encore 
sur la cause et le mode de propagation de la fièvre 
jaune , la commisssion établit que celles qui sont pro- 
posées actuellement l'ont déjà été ou ont été tentées; 

T.^dêla Col.'36'd€la%^Sér. Octobre. 6 



(80 

■ elle démontre combieu ces expériences laissent encore 



Analomie â désirer , qnel qu'en ait été le résultat n^atif ou pb- 
^umhu^^. ^^.£^ gjj^ passe ensuite à des considérations de Tordre 
le plus élevé. Apres ayoir rappelé que la natare est 
loin de n'o£Grir qu'un mode et qu'un moyen de com— 
munication des maladies le plus incontestablement 
contagieuses , elle pose cette question : « Un indirida 
atteint de la fiëfre jaune peut-il produire autour de 
loi une atmosphère infecte , capable de transmettre 
à d'autres individus la maladie dont il est atteint? Si on 
individu n'a pas cette faculté , deux , trois ou un plus 
grand nombre d'individus atteints de la fièvre jaune 
ne l'ont-ils pas? Et si cette faculté existe , de quelque 
nom qu'on l'appelle, est - elle autre chose que la 
faculté de transmettre la maladie par contagion? » 
A cette question, voici la réponse que fait la commis- 
sion par la communication d'un fait du pins hant 
intérêt. 

« L'un de nous , M. Duputtrex , a eu firéquem— 
ment occasion de constater qu'autant de temps que , 
dans une salle confiée à ses soins , le nombre des ma- 
lades n'excédait pas deux cents , l'air n'avait rien qui 
repoussât l'odorat , rien qui altérât la marche natu- 
relle des maladies ; mais si , par Tef&t de circons- 
tances imprévues , qui se sont fréquemment repro- 
duitesen j8i4 et i8i5,ce nombre venant à être élevé 
de 200 à 3oo , ou seulement à aSo , 240 y 280 , et 
quelquefois même à 220, l'air éprouvait aussitôt nne 
altération annoncée par nne odeur désagréable , 
nauséabonde, qui s'attachait aux malades, à leurs 
vêtemens de corps et de lit , et jusqu'aux murs de la 
salle. Ce changement dans les qualités de l'air , qui 
n'était d'ailleurs sensible qu'à l'odorat , devenait le 



(Ô3) 

«igtial iafailUble de l'apparitîoa de la pourriture ■ 



d'hôpital et de fièvres de mauvais caractère s 3 que sî , Anatomic 
par l'effet de ctr'coastances opposées , le nombre des ^ 
malades venait à être ramené , par degrés , à 200 , 
on voyait , par degrés aussi, s'affaiblir et disparaître 
l'odeur nauséabonde de l'air, la pourriture d'hôpi- 
tal , et les fièvres de mauvais caractères. Un fait plus 
étonnant encore est que cinq ou six malades ont suffi , 
plus d'une fois , pour rompre le juste rapport qui 
doit exister entre la capacité d'une salle et le nombre 
des malades, et pour faire paraître et disparaître 
successivement les altérations de l'air et les effets que 
nous venons d'indiquer; car il existe des exemples bien 
avérés qu'à cette époque , plusieurs personnes ont • 

porté, soit dans leur domicile , soit dans le domicile 
d'autrui , le germe de la maladie qui régnait dans 
les salles infectées. » 

A la suite du travail de M. Duputtren, vient un 
Mémoire de M. Bbescbet , sur uns nouvelle espèce dû 
grossesse extra-utérine. Ce mémoire comprend divers 
faits d'anatomie pathologique recueillis récemment, 
et dont l'un est propre à l'auteur , et des observa- 
tions analogues tirées des recueils scientifiques. Dans 
presque tous les cas , des femmes , au commence- 
ment ou dans le cours de leur grossesse , sont subite- 
ment atteintes d'accidens du plus fâcheux augure; 
elles ne tardent pas à succomber; on trouve a la 
nécropsie du san^;^ épanché dans l'abdomen , et un 
fœtus plus ou moins volumineux, développé hors de 
la cavité de l'utérus , norsde celle de» trompes elles- 
mêmes, et hors de l'ovaire, dans l'épaisseur même des 
parois de Tutérus. M. Brescuet hasarde quelques 
eiplications sur cette disporitioo singulière des par- 



(86) ^ 

tuiéfWj que « l'union du placenta à rutériis selinît mi 
Anatomie moyen de vaisseaux , qui ne sont pas dès vaisseaux 
^ ^^* sanguins, et qui présentent tous les caractères âes 
Ijnopbatiques f et que le placenta parait remplir 
dans le fœtus les fonctions que remplira plus tard le 
canal intestinal, plutôt que celles des poumoDs , qui 
lui ont été attribuées jusqu'à présent. » 

M. Haikem a commencé la publication- d'un mé-r 
moire 8}ir quelques maladies de l'encéphale, et par- 
ticulièreQientsur rinflammati<>q çt le ramollissement 
de cet organe^ mais comme il n'en a ^core publié 
que la première partie, qui se compose ei^clusivenàent 
d'une série d'observations, nous attendrons, que les 
parties qui doivent suivre aient été mises au jour. 

Observateur infatigable, M. le docteur Louis a re* 
cueilli, dans les hôpitaux de Paris, cinq faits Xahcè$ 
du foie. Il résulte de ceé observations que l'hépatite 
n'a eu lien que quatre fois sur cinq , avec ou dans le 
cours d'autres maladies plus ou moins graves ; « en- 
sorte , dit M. Louis, que , dans le rapport des symp- 
tomes, l'histoire générale de l'hépatite doit se borner, 
pour nous , à rappeler que la jaunisse et la douleur 
dans l'hypochondre droit ont eu lieu chez quatre des 
cinq sujets^ et l'extension, dans cette partie, deuxTois 
seulement : symptômes connus depuis long-temps , 
et dont la réunion caractérise , d'une manière assez 
précise , l'hépatite. Mais isolés ou même réunis deux 
à deux , ces symtômes , quand ils surviennent dans 
le cours d'une affection aiguë, n'ont que peu.oopomt 
de valeur j car s'il s'agit de la jaunisse, elle a liea 
assez fréquemment dans cette circonstance, sans qu'il 
y ait hépatite; et relativement àla douleur , elle p€at 
avoir tant d^ causirs -diffijrieiites , qu'eUe^n!e•tt'|Kl&. 



(87) 

non plus un symptôme bien décisif : mais îl en doit 

être bien ^utreni^ent, quand ces symptômes . la don- Anatomie 

; . j ,,, 1, j j * ♦ 1 • • pathologiq. 

leut- dans 1 hypochondre droit et la jaunisse , sur- " 

yieuDent dans le cours des maladies chroniques; cac 
alors nousn'avons jamais observé l'ictëre, <||i'il n'y 
eût en même temps inflammation du foie. » M. Louta 
excepte du nombre des maladies chroniques dont il 
parle , les cas de cancer du foie et autres maladies 
organiques de ce viscère , que , sans doute , il ne re- 
garde pas comme des résultats d'une phlegmasie an- 
técédente. « Aucun des malades de M. LoYjis n'a 
éprouvé de douleur dans Tépaule droite , et ce mé- 
decin hésite à croire que ce symptôme, indiqué par 
les auteurs , appartienne à l'hépatite. Peut-être , dans 
les cas oii il a été observé, y avait -il avec cette 
affection quelque maladie du poumon ou de la plèvre 
du côté droit , à laquelle il aurait fallu le rapporter? ». 
M. Loyis se montre peu disposé à partager l'opi- 
nion émise par M. Broussais , que l'hépatite , sauf le 
cas oii elle est occasionée par une violence extérieure, 
reconnaît constamment pour cause une inflammation 
de la membrane muqueuse du duodénum. Je par- 
tage , avec la plus entière conviction , cette d/rnière 
opinion , et chaque jour la réflexion me convainc 
davantage de la solidité des preuves sur lesquelles elle 
est appuyée. Ce i\'cst pas ici le lieu de discuter une 
semblable question ; )e renvoie à l'analyse que j'ai 
donnée de la thèse de M. Casimir Broussais sur la 
duodénite ( toine g3 , page io6 ). J'observerai seu- 
lement que l'argument de M. Louis , pour çono^bat- 
fre cette opinion, n'est pas irrésistible. Ce médecin 
se fonde sur ce que , dans les cas d'hépatite qu'il a 
observés, la membrane muqueuse du duodénum > 



(88) 

examinée avec soin, a éié trouvée parfaitement saîne; 
Anàtottie xiiaîs il convient immédiatement que , dans Tun de» 
cas , M existait un léger ramollissement; donc lui d:i- 
irai*-îe, Iëi membrane n'était pas parfaitement éaine j 
et dès-lèrs", dans les antres cas, il pouvait bien exister 
At légères altérations, qui auront étë mises de côté. 
D'ailleurs, ignore-t-il que le ramollissement en ques- 
tion ne peut être rapporté qo*à la circonstance d'une 
pfalegmasie antécédente? S'il en doutait, je le renver- 
rais au travail de M. Andral , dont je parlerai pins 
bas. 

' Un homme portai^ dans le cre#x de l'aisselle une 
tumeur énorme , provenant de l'anévrjsme faux 
consécutif de l'artërè axillaire gaucbe. Cette tumeur 
. s'était développée dans le creux de l'aisselle , entre 
le bras et la poitrine ; elle avait le volume de la tête 
d'un enfant ;l'un an , et rémontait jusqu'à la clavi- 
cule , sans laisser d'intervalle sensible entre elle et 
cet os. Le scôpulum, la clavicule , la totalité de l'é- 
paule étaient soulevés par la tumeur, et le creux 
situé derrière la clavicule considérablement aug- 
menté. La ligature de Tartëre sous-clayiëre était la 
seule ressource qu'offrît la chirurgie contre une mala- 
die aussi grave. M. Marx rapporte, avec beaucoup de 
" détails, l'opération qui fut pratiquée par M. Duput- 

TREN. 

^ « M. DuPUYTREN fit une incision un peu oblique, du 

haut en bas, et de dedans en dehors , au côté gauche 
et à la partie inférieure du cou, à un pouce au-dessus 
de la clavicule. Cette première incision divisa la peau, 
le peaucier, le tissu cellulaire sous-cutané , et ouvrit 
trois vaisseaux , qui furent aussitôt liés ; ces ligatures 
causèrent des douleurs assez vives au. fond de la 



(«9) 

gorge. En continuant Topéralion , on arriva an tissu 
cellulaire et aux glande^ qui environnent Tarière et ^^®°?^ 
les nerfs du plexus brachial. Le bord externe du sca- 
lène antérieur fut chercbé, et ce muscle fut compItK 
f ement divisé , près de son insertion , à l-aidc d*un 
bistouri boutonné; alors Tartère, mise à qû , put 
être sentie , et ses battemens purent être suspendus , 
sans peine, à l'aide du doigt porté dans le fond d^e-la 
plaie. Une sonde d'argent cannelée^ courbée en quart 
de cercle , fut passée sous Tartëre ;• tin ètylet, armé 
d'un cordonnet de soie triple , fut glissé sur la cëti- 
nelùre de la sonde , et retiré du côté opposé. De la 

sorte , la ligature se trouva placée a a tour de Vtst- 

• 

tère elle fut serrée, sans occasionner la'rtidii*- 

dre douleur. Cette circonstance remarquable tietlt, 
on n'en saurait douter, à la facilité, donnée parla 
section du scalëne antérieur, d'éviter de bompretidté 
aucuu nerf dansia ligature. Aussitôt les batteitiéns 
cessèrent dans la tumeur. » 

Le plus heureux succès a couronné cette brillante ^ 
opération. La ligature est tombée le onzièn!ie jour, 
sans qu'il survint le moindre écoulement de ^ang, 
« Au sojxante-dixième jour , la chaleur, la sensibilité * 

et la m jotilité se montrent dans le membre au même 
degré que dans celui du côté opposé. La circulation , 
sans laquelle la vie ne saurait subsister, continue à 
s^y faire, sans aucun doute; mais elle a, dans ce 
membre , comme dans tous ceux dont l'artère prin- 
cipale a été liée, un caractère particulier; c'est que 
les artères n'offrent pas le plus léger battement : on 
sent au toucher qju'elles sont pleines et parcourues 
par le sang ; mais ,» en passant à travers les anasto- 
moses nombreuses et déliées qui le conduisent des 



( 90 ) 

parties^supérieares aux parties mférienres dumembre^ 
AaiatQin'e ce liquide a cessé d'être soumis à la puissance du cœur 
'^^ ^^" qui produit dans les autres parties du système arté- 
riel la dilatation et ]e resserrement alternatif, d'bii 
•natt le pouls. » Jai cité textuellement la phrase de 
M. Marx. Le fait que j'ai mentionné me semble con- 
forme aux lois de là circulation du sang; cepen* 
•dant Jje ne puis m'empêcher d'observer qu'il pré- 
sente un résultat contradictoire avec ce qui est 
mentionné dans les relations d'opération d^anévrys- 
^les pratiquées. avec succès. Dans toutes, en f^et, 
.on signale^ après un nombre de jours plus ou moins 
^rand , un frémissement obscur , puis des battemens 
dç^ plus en plus sensibles dans la partie de l'artère 
principale, située au dessous de la ligature. Je crois 
que Texplication donnée par M. Marx, d'après M. Du- 
.PUTTREur , est l'expression de la vérité ; mais alors d'oit 
vient l'assei^lion opposée de tous les autres opérateurs ? 
Au bout de trois ans , à la suite de travaux exces- 
sifs , la ti^meur axillaire augmente de volume, elle 
s*élève en pointe, devient vio^cée à son sommet; il 
y a des phénomènes sympathiques sur le cœur, la fiè- 
vre a lieu. Des applications émollientes sont en>- 
ployées; au bout de quinze jours., une ouverture 
spontanée s'effectue, il, sort une grande quantité de 
pus et d'une matière analogue . pour la couleur et la 
consistance , à du raisinér^ évidemmen^t formée par du 
s^ng ancien , sorti des voies de la circulation , et al- 
téré par le travail de la suppuration établie autour 
de lui. La guérison fut prompte. 

Si c'était ici le lieu de se livrer à une discussion étran- 
gère au sujet, j'appellerais l'attention sur cette courte 
maladie simulant si bien la fièvre inflammatoire des 



\ 



<9V) 

no6ograpbe8 , et purement symptono^tiqae d'un yaste' 
phlegmon développé dans le tissu cellulaire du creux ' Aneitoi 
de l'aisselle autour d'une massçde.sang ancien^ de- ^' ^^ 
venue corps étranger. 

Les lecteurs du Joi^mai général de Bfédecine se 
rappelleront l'intéressante observation de Mlf*. Lb 
Goupil et Delisle , médecins à Carentan» imprimée 
dans le tome lxx , page 3, ayant pour sujet l'expul- 
sion par l'anus d'une portion de l'iléon ^ du cœcnm 
et d'une partie du cqIou ascendant, à la suite d'une: 
inyagination. Les. fastes de l'art contenaient déjà deS; 
exemples incontestables des ressaûnces que I9; mttu^ 

1 

déploie dans des cas en apparence désespérést pour 
ppérer la séparation de la portion quelquefois ti^ès- 
considérable du canal intestinal qui se trouve ihyagir 
pée, étranglée, frappée de mortification da»s l'endroit 
oii elle est resserréeC Comme des doutes s'élevaient 
non*seulement sur li| possibilité:â'une semblable et si 
heureuse terminaison d'une invagioation, mais encore- 
sur l'existence d'urne intus-susception aussi considéra- 
ble , j'ai dû commencer par, établir le fait même de 
ces prodigieuses invaginations. J'ai rassemblé, p. t6 
et 223 du même volume, une longue suite de ces cas 
d'invagination d'une grande partie de.la masse.intes-^ 
tinale. M. Dance vient de publier deux faits nouveaux 
bien propres à confirmer ceux que j'avais présentés» 
C'est ainsi que , sur les cadavres de deux sujets qui 
avaient succombé, en présentant tous les symptômes, 
d'une inflammation des viscères de l'abdomen, -9a 
trouva une invaginatipn de la fin de Vintestingréle^ 
du cœcum ^ du colon ascendant et du colon transverse 
dans le colon descendant ; de telle sorte que le cœ-. 
çum qui terminait l'invagination^ se trouvait d^ant^ 



(9«) 

9 

■■■ la cooriMire sjstnoîde dn colmi. Qim ^'îl ^ fôit , 

iv^^^ M. 0âircB, qui a rapporté à la suite de «on mémoire 

^^^'' pfaBieun des faits que j'ai moî-m^me extraits de dî- 

▼ers recueils académiques français et étrangers , paraît 

ayoir complètement ignoré Texistepce du fait si in- 

t^sMnl recueilli par MMC Le Goupil et Delislk. 

Pdâr compléter la rerue analytique des deux pre- 
miers numéros du Répertoire éPanatoime et de phy^ 
eièi^ie patfiologiques , il me reste à parler d'un mé- 
moire du plns' haut intérêt Bttt la gastrite chronique, 
par M. AiroÉAi. fils , et d'un précis de la dinigue cki- 
rtugieùle de iHôtel^ Dieu , par' M. Hipp. Rotee- 

Il 'eat difficile de trouver un travail d'un intérêt 
suyiérieur à celui que présente le beau mémoire de 
M • AlTOBAft^ vur les caractères ùnatomiques de la 

m 

gaetrite chronique , et qui donne la solution de quee- 
ttons du plus haut intérêt. Combien n'est-il pas à re-- 
gretter que oe'mémoire ne ^oit pm susceptible d'ana- 
lyse ! Chaque assertion j ^nr amsidire , est la suite 
nécessaire , la conséquence des considérations précé- 
demment émises, on le commentaire' anticipé des 
principes subséquemment déduits. Je vais cependant 
m^efibrcer d'extraire du travail de M. Aitdeal quel- 
ques conséquences plus particuTiërement remar- 
quables. 
^ liorsqu'un tissu membraneux ou parenchymaleox' 

etVfrappé d'inflammation, tantôt les parties en con- 
tâlÈtavec ce tissu restent étrangères an travail mor« 
Kde« tantôt oMes y participent. Si ce dernier cas à 
lieu , il arrivO souvent que , dans le tissu primitive- 
ment aflfecté , surtout s'il jouit d'une plus grande 
somme de vitalité , ^inflammation se résout , tandis 



(95) 

qu'elle persiste et passe à l'état chronique , dans les 
tissus qui n'ont été que secondairement altérés.. Anatoi 
Ainsi, tandis que dans Tentérite, dans la colite aiguë^ ^ ^ ^ 
la membrane muqueuse est seule affectée d'inflam«* 
mation ; dans l'entérite chronique , il j a tantôt 
encore inflammation de cette seule membrane , tan«« 
tôt on observe simultanément y dans les tissus sous« 
jacens , des altérations diverses* résultat non doatenz 
de l'inflammation qui s'en est emparé; tantôt, enfin^ 
les dernières traces de l'inflammation ont complète-» 
ment disparu dans la membrane muqueuse, mai» let 
tissus sous-jacens sont plus ou moinsi profondément 
affectés. Or , ce qui a lieu pour la membrane mn^ 
queuse des gros et petits intestins s'observe égale* 
ment pour celles des bronches , de la portion géuito* ■ 

urinaire. Pourquoi n'en serait-il pas de même pour 
celle de l'estomac ? Pourquoi l'inflammation^ dont on ' 

ne trouve plus de. traces que dans les tissus son»- 
jacens à la membrane muqueuse de cet organe, 
n'aurait - elle pas primitivement existé dans cette 
inembrane ? M-. Andral n'hésite pas à déclarer qa'il 
est persuadé de la réalité du fait. Et, dës-lors , on. 
conçoit ce que deviennent toutes ces observations 
d'ouvertures des cadavres , dans lesquels la men»* 
brane muqueuse gastrique , ayant été trouvée saine y 
on s'est cru fondé à rejeter bien loin l'existence d'une 
gastrite chronique , que les symptômes de la mala-^ 
die avaient fait reconnaître pendant la vie. Combien 
de fois on a objecté aux médecins de l'école physio* 
logique que l'ouverture de . l'estomac avait montré 
la membrane muqueuse saine ! II. fallait fouiller plus 
ayant, il fallait examinisr l'état du tissu cellulaire 
sous^acent. Mais quels sont ^ d'ailleurs^ les carac- 



(94) 

tëres anatomiques de jla phlegmasie chronique âé 
Aiiatoniîe la membrane maqueaseffastHqae? ' 

M. Andral commence par établir que la mem'- 
brane niuqueuse de l'estd'mac recouvre, dans quelquèé 
cas 9 l'aspect qui , du moins pour nos faibles, moyens 
de recherche , en constitue l'état normal , avaixt de 
recouvrer l'intégrité de ses fopctions. Ensuite il pose 
en principe que le plus ordinairement même il n'en 
est point ainsi , mais que cette membrane présente 
diverses altérations, relatives à sa couleur , à sa con- 
sistance, à son épaisseur, à sa forme. 

Relativement à la couleur, le» nuances qui appar- 
tiennent surtout à la gastrite chronique sont : la 
/ couleur gris- ardoisé , la couleur brune , enfin la cou- 
leur noire , plus ou moins foncée. L'auteur ne croit 
pas devoir s'arrêter à prouver que ces ^différentes co^ 
lorations sont le résultat d'une phlegmasie , et sur- 
tout d'une phlegmasie chronique. Il lui suffit de faire 
' observer que , pendant la vie des sujets, les phéno- 
mènes de la gastrite chronique ont eu lieu ; ajoutant 
que quelquefois ces symtômes échappent à une in-^t 
vastigation peu attentive, soit parce qu'ils sont effec^ 
tivement peu tranchés , soit surtout parce que la 
gastrite chronique ne survient fréquemment que 
comme complication d'une autre maladie , qui fixe 
* plus exclusivement l'attention. Il ne se montre pas 
disposé à croire que des lésions plus ou moins graves 
des organes puissent exister sans produire de symp- 
tômes. Combien de ces lésions auraient cessé d'être 
latentes si, pendant la vie^ toutes les fonctions av^aient 
été l'objet d'un scrupuleux et patient examen ! — que , 
dans le grand nombre de cas , à un changement de 
couleur dans la membrane muqueuse , se joignent 



( "95 ) ♦ 

d'autres altérations, qu'on ne peut se refuser & consi- 
dérer comme des résultats de phlegmasie , à savoir : Anatomî 
épaisseur accrue, dureté, végétations, etc .,ou bien P ^ ^^'^ 
les tissus sons-jacens présentent des traces non équi- 
voques d'inflammation ; de sorte que , dans les cas 
rares oii la coloration morbide existe seule, l'analo- 
gie oblige à lui assigner pour cause un travail in- 
flammatoire ; — que cette coloration variée existe fré- 
quemment aux environs des ulcérations , qu'on ne 
peut nier être l'effet d'une phlegmasie; — qu'enfin la 
coloration , dépendant de la putréfaction commen- 
çante, ne ressemble aucunement à celle dont il s*agit 
ici. Dans quelques cas de gastrite chronique, M. An- 
dràl a vu la membrane muqueuse offrir une couleur 
rouge, plus ou moins parfaitement analogue à la cou- 
leur rouge de l'inflammation aiguë. 

Notre auteur n'hésite pas à rapporter à la circons- 
tance d'une gastrite aiguë, une coloration bien diffé-' 
rente des précédentes , à savoir : un blanc mat et 
comme laiteux , couleur nullement semblable à l'es- 
pèce de teinte blanche qui semble constituer la cou- 
leur normale de la membrane muqueuse gastrique. En 
preuve de cette opinion , il fait observer qu'il a tou- 
jours trouvé alors simultanément d'autres altéra- 
tions morbides , évidemment résultant d'une phleg- 
masie, comme endurcissement, épaississement, etc.; 
que d'autres tissus enflammés présentent également 
unç teinte d'un blanc plus mat que celle qui leur est 
naturelle. Enfin , chez des individus qui avaieut pré- 
senté tous les symptômes de la gastrite chronique 
la m ieux caractérisée , il n'a trouvé dans l'estomac 
d'autre lésion remarquable que de larges plaques, 
dans lesquelles la membri^ne muqueuse était plus 



i (96) 

dure ^ plus épaisse , et eu même temps d'un blanc 

Anatoznîe notablement plus mat que dans le reste de son éten— 
pathologiq. 

due. Dans quelques cas, la coloration dont il s'agit 

coïncidait avec un état de boursouflement et de ra- 
mollissement de la membrane, injections vasculaires^ 
taches rouges çà et là. Notre auteur trouve beaucoup 
de ressemblance entre cet état, résultat évident d'une 
phlegmasie chronique , et ce qu'on a appelé cancer 
mou des membranes muqueuses. Les médecins phy- 
siologistes doivent se hâter de prendre acte de^ cette 
déclaration. Voilà les apparences d'un cancer mou 
rapportées sans hésitation à un état de phlegmasie 
chronique. 

A l'égard de la consistance de la membrane mu* 
quense, M. ANDRAL)ra trouvée dans presque tous l^s 
cas modifiée notablement en plus ou en moins. 
Et d'abord l'induration, caractère anatpmiç[ue ex- 
* clusivement propre à la phlegmasie chronique , peut 
être générale ou partielle, et exister avec la colora- 
tion naturelle, avec celle d'un blanc mat, aVecla 
grise ou la brune. L'auteur ne l'a jamais vu coïn- 
cider avec la couleur rouge vermeille. 

Plus fréquent encore, le ramollissement a lieu, 
soit que la membrane , ayant perdu sa consistance 
accoutumée, ne pouvant plus être détachée en lam- 
beaux , et se réduisant en pulpe par le plus léger 
grattage, conserve pourtant encore une forme solide, 
avant qu'on ne l'ait raclée j soit qu'elle soit réduite 
en une sorte de pulpe blanche, grise ou rougeâtre, 
que l'on prendrait pour une simple mucosité déposée 
sur la tunique cellulaire ; soit enfin qu'il ne reste 
plus que le tissu cellulaire sous-muqueux, mis à nu , 
dans une étendue plus ou moins considérable. 



\ 






( 97 ) 

Cet état de ramollissement ne peut manquer d'être 
rattache k la circonstance d'une inflammation an- Anatomie 
térîeure, si l'on observe que, dan^ le plus grand nom- P**"^ *^8^' 
bre de cas 9 le ramollissement coïncide ayec d'autres 
altérations , qui indiquent un état de phlegmasie j 
comme la coloration morbide, diversement disposée^ 
une injection vasculaire du tissu cellulaire ^ous-mu- 
queux, etç« D'ailleurs , considéré dans les autres 
tissus , soit noiembraneux , «oit parenchymateux , le 
ramollissement se trouve partout lié à d'autres ca- 
ractères anatomiques d'inflammation. 

Ifotre auteur ne pense même pas que le ramollis- 
ment, uni à la conservation de la coloration natu- 
relle de la membrane, ne doive pas être également 
considéré comme un résultat de l'inflammation. L'abr 
sence de la rougeur, ^e prouve pas qu'une partie n'est 
pas enflammée , témoin les membranes séreuses ^ qui 
décrètent du puây sans changer d'aspect , le plus sou- 
vent du moins, et se ramollissent. 

Relativement aux syniptômes, tantôt ce sont in- 
contestablement les mêm^s qu'on observe dans d'au- 
tres cas de gastrite chr4> nique, qui s'accompagnaient 
d'autres altérations anatomiques, évidemment d'ori- 
gine inflammatoire ; tantôt , il est vrai ^ on n'a 
observé pendant la vie que d^s signes très-obscurs de 
gastrite , seulement des digestions pénibles et de l'a- 
maigrissement. Mais on a observé cette même absence 
de symptômes bien évidens de gastrite chez des 
individus dpnt, après leur mort^ la membrane mu- 
queuse gastrique s'est trouvée être le siège de vas- 
tes et de profondes ulcérations, de larges végétations, 
de dégénérations variées , etc. Il faudra donc , ou 
admettre que ces lésions àirerses sont , tantôt le rë-» 
T. 97 de la Col. 36« & la &• Sér. Octobre. 7 



(9») 

* » 

sultat d'une inâdmmation , et tantôt n*en dët>enâent 
' AnàtOMÎe pas , ce'qui semble absurde ; on reconnaître' que lé 
^auiowgK{« fg^jjjQjiijjjgjjj^nj jç \^ membrane niuqueuse gastrique 

n'en est pas moins une inflammation , bien qu'il 
existe à peu près sans symptômes. Or , continue 
M. Anoral, de ces deux propositions, la seconde 
est Seule admissible. ^ .» > , . 

Les causes , elles-mêmes , rentrent dans laf classé 
des agens irritans ; c'est donc l'inflammation qu^élTes 
* doivent produire. M. Ai^drâl cite des eiem'ples dé 
cette altération I par l'action du sulfure de potasse , 
des boissons alcoholiques. Pour lui , comme pour moi 
( voy. le tome 78 , page 4^7) > ^® ramollissement 3ît 
gélaHniforme de l'estomac , signalé par M. CatTYi^n^ 
m£ii , est le résultat d'une inflammation. Il survenait 
cheas desenfans qu'on sevrait y étqiièTongorgeait, eit 
quelque sorte , d'alimeus grossiers et indigestes. Il est 
évident que l'on replaçait ainsi Féstom^c irrifamédê 
ces enfans dans les 'condition^ les plus fkvô'rstbies au 
d<{vel<»ppemént d'une gbsltite. 
> Si l'on objecté qu« te ramollissement cle l'estb- 
mac, comme eekii- du cérvt^àii*^ se prbdiiit-^dixVént, 
soit ébez d«s radividus avancés en âge, soit cmt 
des -personnes qui', plongées dans' nn' état de 
faiblesse phis ou tiEK>ins grand , ne semblent point 
placées dans' des cditditions propres au développe-» 
ment d'afièctîohis' inflammatoires, M. And^al répon- 
dra que, grâce aux progrès de l'anatomie patlublogi- 
que^, on sait maintenant que l'inflammation se 'ma- 
nifesté également cbez les hommes jeunes on vieux , 
robustes ou faibles ; seulement il y aura des sympa- 
thies ivombreuses et fortement prononcées, danslepre-^ 
mer cas , quoique peat-étre l'afiection locale soit 



( 99 ) 

<rçs-<:ircoitscrîte y tandis qu'il n'y aura guère ^ danile «■ 



6econd , qu'un peu de trouble des fonctions dîges- Auatomù 
tives , coïncidant souvent avec une lésion locale très- P* ^ ^^^^' 
«tendue. 

£n fin, sous le rapport du mode d'action des divers 
4igens thérapeutiques, tandis que la méthode anti- * 
phlogistique semble la plus convenable, les toniques, 
les stiniulans , portés sur une membrane raniollie , 
a^pra vent constamment les accidens , et rendent sou- 
vent momentanément manifeste une gastrite qui « 
jusqu'alors , ne s'était annoncée que par des symp-^ 
Cômes trè&<-obscurs. 

Considérée sous le rapport de son épaisseur, la 
membraniB muqueuse de l'estomac , chroniquement 
enflammée, tantôt a <c6nservé son épaisseur naturelle^ 
eoipfteme temps qu'elle est plus rouge, ou plus brune, 
o^, diversement colorée , et plus ou moins ramollie ; 
tantôt elle estép^vissie avec induration ou ramollisse- 
lisent : et , dans ce dernier cas , l'augmentation d'é- 
piB^seur constitue .des tumeurs , des fongosités ou 
Yfégétatioins, le^ unes eh tout seu^lables , quant à 
leur texture, à la membira ne elle-même; les autres 
d'une texture qui en diffère , soit qu'on la considère 
à rétat sain'ou.à l'état morbide ^ comme des product- ' 

tibns d'un tissu dur, homogène, d^un blanc mat , 
sillonné ou non par des vaisseaux, ou bien d'un 
tissu, imou^ blanchâtre ou rougeâtre , analogue au 
parenchyme cérébral qui se putréfie; d'oii notre auteur ^ 
conclut qu'il serait raisonnable de reconnaître que 
le tissu éncéphaloïde , développé dans la membrane 
muqueuse gastrique , est le résultat d'un travail in- 
flammatoire. £tt efiEet, « le développement de ce tissa 
moAide, dans Teslomào, est pi^écéd^ des méfués 



C loo ) 

■ causes qui donnent lieu à la gastrite chronique; 



Anatomie l'existence en est signalée par les mêmes symptômes, 
pa o ogiq. j^j^g ^^ grand nombre de cas, et tend a se confon- 
dre , sous le rapport anatomique , arec d'autres al- 
térations , qui sont le résultat indubitable d'une 
phegmasie; enfin, il doit être combattu parle même 
traitement. » Ainsi donc voilà cette grande chimère 
des anatomico-pathologistes qui s'évanouit devant 
l'observation impartiale dés faits. Le tissu encépha- 
loïde n'est plus un tissu hétérogène accidentel , mais 
un simple résultat d'un travail inflammatoire. 

Enfin , dans quelques cas , au lieu d'être épaissie , 
la membrane muqueuse gastrique est plus mince que 
dans son état normal , et a subi une véritable atro- 
phie. Un semblable état doit-il , comme l'hypertro- 
phie, comme )e ramollissement sans diminution 
d'épaisseur, être rangé parmi les produits de l'inflam- 
mation ? La réponse, par l'afGirmative, au moins dans 
le plus grand nombre de cas , ne peut être douteuse, 
quand on observe, avec M. Andral, que, d'une part^ 
cette atrophie , qui ne semble être qu'une forme du 
ramollissement de la membrane muqueuse , coïncide 
le plus ordinairement avec d'autres signes anatomi— 
ques de gastrite chronique; et que, d'autre part , 
les symptômes observés pendant la vie sont tout-à- 
fait semblables à ceux qui annoncent la gastrite. 
Néanmoins cet amincissement , qui porte quelque- 
fois aussi sur la tunique musculeuse , doit, peut-être 
dans quelques cas , être considéré comme un simple 
état d'atrophie , dans le cours des maladies longues . 
Dans une seconde partie de son intéressant travail, 
M. Andral traite des lésions des autres tissus , qni 
entrent dans la composition des parois de l'estomac; 



( lOI ) 

C'est ainsi qu'il montre les follicules sous-muqueux, 

^ \ , , Anatoinie 

ou bien augmentes de volume, ou bien ayant éprouve, paibologiq- 
dans la texture de leurs parois , des altérations no- 
tables , depuis le simple épaississement du tissu la— 
meux jusqu'à l'état fibreux , cartilagineux même } 
ou enfin, offrant, en sas de ces altérations, une nio- 
dification extrêmement variée du mucus qui y est 
sécrété , de sorte qu'il devient de la matière puru- 
lente , sébacée, mélicérique , crétacée, etc. 

Les liquides que sécrète l'estomac sain sont plus 
ou moins notablement altérés sous le rapport de leurs 
qualités et de leur quantité, dans le cas de gastrite 
chronique. Ainsi , tantôt c'est un fluide blanchâtre , 
muqueux , semblable à du blanc d'œuf, qui est vomi 
à la dose énorme de plusieurs livres par jour ; tan- 
tôt c'est une matière noire , semblable à de la suie 
ou du marc de càfé^ matière qui souvent offre la plus 
grande analogie avec la matière colorante du sang^ 
mais qui , souvent , peut n'être qu'un produit de sé- 
crétion morbide. Contre l'opinion généralement ad- 
mise , notre auteur établit que cette sécrétion mor- 
bide ne coïncide pas toujours avec une ulcération 
de l'estomac , mais souvent avec une simple hypertro- 
phie de la membrane muqueuse diversement colorée, 
ou avec un ramollissement, etc. 

. Le tissu cellulaire sous -muqueux se présente 
augmenté d'épaisseur et de consistance ; puis , su- 
bissant diverses transformations, il prend l'aspect 
d'un tissu grisâtre , bleuâtre, ou d'un blanc mat, 
d'apparence homogène, dur et criant sous le bistouri: 
c'est le squirre par excellence; ou bien il passe à l'état 
de cartilage imparfait, ou encore il se présente induré, 
d'an blanc mat et opaque, sillonné d'un grand nom* 



( 102 ) 

■ ^ ■ bre de ramifications vascul aires : c'est le tissu cér^ 

Anatoime brifornie. Du pus , une matière semblable à de la 
pa o ogiq. ggi^g ^ç viande ou à du miel est infiltrée ou col Ugée 
dans ce tissu. Qn y trouve souvent aussi de la ma- 
tiëre tuberculeuse , que des recherches exactes de 
M. Andral ont démontrée , à cet observateur, n'être 
qu'un simple produit de sécrétion , et non un tissu 
accidentel. 

La tunique musculeuse peut de son côté être hy- 
pertrophiée, atrophiée, ou avoir entièrement dis— 
paru, dans une étendue plus ou moins grande de 
l'estomac. 

Lorsque, il y a quelques années, M. Bim^ussais écri- 
vit que l'irritation inflammatoire des tissus vivans 
était la cause des diverses transformations que ces 
tissus présentaient à l'observation, comme indura- 
tion , ramollissement , squirre , .cancer , mélanose , 
tubercules , etc., quels cris n'a pas jetés l'école ana- 
tomico-cadavérique de Batle et de Laennec! Qu'al- 
lait devenir cette ingénieuse distinction des tissus 
accidentels , en ceux qui ont des analogues dans l'é— 

T 

conomie , et ceux qui n'en ont pas ? £h bien ! voilà 
que M. Andral établit qu'une phlegmasie chronique 
est la cause première , non plus de ces prétendus 
tissus accidentels , mais des altérations successives 
que les tissus affectés ont éprouvées, u Ces altérations, 
dit M. Andral en résumant son travail, ont,, en 
effet , pour caractères communs d'avoir été . précé- 
dées ou d'être accompagnées par divers degrés de 
congestion sanguine active : ce que l'on peut prouver^ 
1^ parleurs caractèresanatomiques ; 2** par les symp- 
tômes qui révèlent leur existence, et qui n'appartien- 
nent pas plus exclusivement à Tune qu'à, l'itlitre de 



( «o3 ) 

CM altérations } 3* par la Batiure dcw amies occ»»- 
siondles qui leur donnent naissance , et qni, pour ^-^f^*^^ 
tontes 9 sont identiques ; 4* V^^ ^^ considération do 
traitement qui leur convient, et qni^ pour tontes^ 
doit être également antiphlogistiqu)e< w 

Encore une courte remarqué. «' Goaime snr cm« 
^uante^trois cadavres. M, AifORAL n'a trouvé aacnne 
espèce d'altérations appréciables des nerfs, tatM nîer 
qu'il en soit toujours ainsi, il se croit endroit d'en 
conclure: i*. que ces altérations sont rares; a* qu'elles 
ne sont nécessairement liées à aucune des nombreuses 
lésions organiques qui peuvent frapper l'estomaCé » Ce 
qui ne rèmpéche pas d'admettre dès désordres fonc- 
tionnels purement nerveux , simulant plus ou moins 
complètement les symptômes d'une gastrite aiguë on 
chronique;. 

L'analyse que je vie'ns de présenter de l'écrit de 
M. AifDEAt donnera sans dotate une hante idée de 
l'importance de ce beau travail. 

Il me reste à parler de la notice sur l^cUniqUê 
chirurgicale de rHôtël^Dieu , par M. Hipp. RotEBj^ 
CoLLARD. C'est une heureuse idée que celle de pn<* 
bliei* les résultats delà pratique chirurgicale du plus 
vaste établissement de clinique chirurgicale de la 
capitale. Le i*' numéro du Répertoire conlieni les 
résultats récemment obtenus de l'opération de la 
taille, pratiquée par M. Duputtreic , par la taille 
bilatérale ou transversale ; par M. Brbschbt , soi* 
vant le procédé du frèye Cosmb; et par M. Sanson , 
par lé moyen de la taille reet0-*vésicale. • 

Deux fois , le premier de ces opérateurs a prati- 
qué la taille bilatérale avec nn plein succès. Doux 
fois la taille latéralisée a èd lé même résultat mOMt 



^ 



( «0^4 ) 

les mams de M/Brescmbt Des deux fois on Af. Sansoiv 
Anatomîe a fait Tapplication dii procédé dont il est Tinventeur, 
pa ''^■'vrdàDS l'une, la guérison a eu lieu sans fistule con- 
sécutive ; dans l'autre , le malade , an bout de deux 
mois , ne pouvait point uriner par la verge., et était 
privé de la faculté de retenir son urine , qui passait 
par la fistule y plus tard , la fistule recto-vésicale 
a'étant beaucoup rétrécie , on pnt concevoir l'espoir 
. que la plaie finirait par se cicatriser. 

Y^^s considérations plèûies d'intérêt sur la valeur 
respective des trois méthodes suivent les observa- 
tions. Je ferai seulement remarquer qn^il est dit , aa 
commencement de l'article, que huit fois l'opération 
dé la taille a été pratiquée dans un temps donné, «t 
toutes les fois avec un plein succès ; et cependant 
on ne nous donne que six observations. Qu'est-il ar- 
rivé au sujet des deux autres ? 

Dans un second article, se trouvent encore cinq 
{ autres histoires d'opérations de taille , deux par 
M. DuPUTTREN , et deux par M. Breschet , selon les 
procédés ci-dessus indiqués, et toutes les quatre avec 
un plein succès ; tandis que la cinquième , pratiquée 
par M. Saitson , a été suivie de la mort du malade. 

M. Hipp. RoYER-CoLLARD se livre avec autant de 
talent que d'indépendance à la discussion des avan- 
tages relatifs des divers procédés opératoires. Son 
écrit est terminé par des considérations sur la litho^ 
iritie, ou les moyens de briser, la pierre dans la vessie. 

Je termine ici cette longue analyse des deux pre- 
miers numéros du Répertoire général. Ce que j'ai di^ 
pour faire connaître les divers articles qui y sont con- 
tenus suffira , je pense , pour donner l'idée la plus 
favorable de ce recueil* Plusieurs mémoires et obser- 



( io5 ) 

Talions sont du plas haut intérêt. L'entreprise de S 



M. Breschkt mérite d'être encouragée } si les nu me- Ajatomi 
rossuivai^s ressemblent à ceux qui ont déjà paru , le 
succès en est assuré. J'ajoute que ces deux numéros 
sont accompagnés de planches lithographiées fort ' 
belles. E. G. C. 



Histoire médicale des tharais, et traité 
desfièçres intermittentes causées parles 
émanations des eaux stagnantes , etc* } 
par J.-B. MoNFALCON, médecin de THôtel- 
Dîeu de Lyon , etc. ; 2^. édition , entière- 
ment refondue, corrigée et augmentée. 
( A Paris , chez Béchet. ) 

Il y a en médecine , comme dans la littérature » Marais, 
une foule de petits écrivains qui ne peuvent sup- 
porter la plus légère observation , la moindre cen- 
sure : le mot seul de critique 

Porte le trouble en lears petits ceryeaaz. • 

On ne les a pas lus , on ne les a pas compris ; on est 
physiologiêtej on est onto/ogîate; la partialité est évi- 
dente, etc. , etc. Soyez certain que de pareilles ré- 
criminations ne viennent jamais que de la médio- 
crité, toujours en émoi , toujours en crainte sur les 
chefs-d'œuvre , toujours mendiant , et les éloges des 
amis , et les fanfares des coteries. Hé bien , soit : tra- 
vaillez vigoureusement votre succès , il durera nn 
mois , six semaines ; puis l'auteur et le livre se per- 



( «o« ) 

dtont.k jaixiaîs dans le gouffre de IWbli» O n'est 
Maratt* p||5 ainsi qu'agit l'homme de mérite 9 il y met pina 
d'adresse. Une critique est-elle bienséante , faite en 
conscience et de bonne foi , ou plutôt ccmsiste-t-elle, 
C(>mme cela doit être, dans des conseib donnés de 
confrère à> confrère , il se gardera de les négliger ; il 
saura les peser , le9 appréci'er ; rejeter les uns , faire 
son profit des autres. Qu'en résulte*t-il? Un nou- 
veau trayait , un bon livre, un ouvrage qui tient- un 
rang honorable dans une bibliothèque. C'est là pré- 
cisément ce qu'a fait M. MoNFALCorr j et ce qu'est de- 
^enu son IV'aité des marais, après avoir été passé 
par lui à la coupelle d'une censure sévère. « J'ai 
adopté , dit-il y l'avis de mes censeurs ; cette édition 
corrigée est ma première et sera ma seule réponse à 
leurs critiques. » 

M. MoNFALCOir n'en a pas fait à deux fois; il a 
presque entièrement refondu son livre d'un bout à 
l'antre. « Tout ce qui n'avait pas un rapport direct 
avec le sujet dans les développemens théoriques, 
eux-mêmes considérablement réduits , a été soignéu^ 
sèment élagué ; les divisions et subdivisions trop nom- 
breuses , que j'avais cru devoir adopter , ont cessé 
d'exister ; une méthode plus philosophique devenait 
indispensable, etc. » On peut déjà entrevoir^ par 
pette citation , quelle a été l'intention de l'auteur 
ei| écrivant cet ouvrage. « Soumettre, dit*il, à une 
crjitique raisonnée las h^^pothèses qui ont été don- 
nées sur la nature et la manière d'agir des éman»- 
ti<Kis que dégagent les eaux stagnantes , faire une 
description exacte des maladies endémiques aux alen- 
tours de ces eaux , réunir dans un répertoi/e et coor- 
donner i^éthodiquement les matériaux épars, noi 



( 107 ) 

breux et si divers de l'histoire médicale des marais , 

voilà quel a été mon bat. » Marais. 

Quant au plan , il n'est pas exposé avec moins de 
clarté. <c Cet essai est divisé en trois parties: la pre<- 
miëre traite, sous ce titre général jphyaique^ de l'air , 
des eaux, des lieux et des animaux, ainsi que de 
l'espèce humaine dans les contrées marécageuses; la 
seconde est une monographie des moyens d'assainir, 
d^améliorer le sol , et de conserver la santé des 
hommes qui vivent auprès des eaux stagnantes: c'est 
V hygiène. La description des fièvres intermittentes 
endémiques dans les pays marécageux , et l'indica-* 
tion des modifications les meilleures pour les com- 
battre , etc. , est le sujet de la troisième partie , qui 
porte ce titre , pathologie, » 

Nous ne suivrons pas l'auteur dans le détail des ' 
nombreuses corrections, additions, intercalàtions 
qu'il a faites.* Toutes sont faites avec choix et discer- 
nement : la première partie présente maintenant on 
tableau exact des pays marécageux et de leurs habi- 
tans. Laissant de côté les traits vagues et trop géné- 
raux , M. MoNFALCON s'attache à démontrer ce qu'il 
y a de spécial dans les pays oii l'on observe des eaux 
stagnantes , sous le triple rapport des végétaux, des 
animaux et de l'homme. 

Comme notre auteur croit toujours fermement à 
l'existence des efifluves marécageux , il expose, avec 
un soin tout particulier , les nombreuses recherches 
qui ont été faites par les médecins et les chimistes 
pour en constater la nature et l'existence ; mais , 
ainsi qu'on peut s'y attendre , M. Montalgon finit 
par conclure qu'on n'a rien découvert, l^es hypo- 
thèses , et rien de plus : la science en est déjà sur- 



( io8) 

. chargée. Ce résultat ne doit pas étonner , et j'ose 
Marais, prédire , moi qui ne crois nullement à ces émana— 
lions , qu'il sera toujours le même. Si c'était ici le 
Heu de disserter sur cet objet , je chercherais à dé- 
montrer : 

i^. Que les fièvres intermittentes ayant lieu par 
tontes les causes ordinaires de maladies , on ne peut 
les regarder comme spéciales des pays marécageux , 
ety par conséquent , produites par de prétendues par- 
celles délétères; 

a^. Que partout oii il y a de Thumidité, les fièvres 
intermittentes paraissent fréquemment. Un bain froid 
même , du linge mouillé sur le corps y se coucher 
sur du gazon humide , les déterminent souvent , en 
toute saison , en tout pays, Teau fàt-elle distillée et 
sortant d'un alambic; 

3®. Que les précautions hygiéniques indiquées , 
comme de se bien vêtir, d'avoir u^e habitation 
chaude et sèche , de ne point coucher dehors., prou» 
vent la non-existence de ces émanations. A quoi ser- 
viraient ces précautions ,"*si l'on était continuelle- 
ment plongé dans le foyer d'infection ? On ne se 
préserve bien de la peste que par l'isolement. Mais 
quittons cette discussion , peu avantageuse d'ail- 
leurs pour notre opinion, ne pouvant exposer ni les 
faits ni les expériences qui peuvent l'appuyer. 

Je termine par une observation grammaticale bien 
minutieuse ; mais enfin il ne faut pas de taches à un 
beau tableau , même sur la bordure. M. Monfalcon 
emploie le mot efflupes aii féminin (p. 46 etpcuaim) , 
tandis qu'il est masculin , soit dit toutefois sans pu- 
risme pédantes que. 
La seconde partie de l'hygiène ne laisse rien à dé- 



( »o9 ) 

sirer. Dans îe cliapître du dessèchement des marais , 
l'auteur prouve par des faits sans réplique , aux pro> Marais, 
priétaires et aux administrateurs , qu'il y a ici d'im- 
menses avantages à recueillir pour la santé publique 
et la population. 

Le second chapitre, relatif à Thygiëne de Thomme, 
n'est pas moins remarquable par une foule d'obser- 
vations curieuses, de faits dignes d'intérêt, et de pré» 
ceptes importans. M. Monfalgoit a ajouté une infi- 
nité de bonnes choses qui n'étaient pas dans la pre- 
mière édition, et il en a retranché de superflues : 
c'est ainsi qu'on perfectionile un livre utile dont les 
contemporains profitent et dont la postérité se con- 
vient, malgré le malheur attaché en général aux ou- 
vrages scientifiques. 

* 

Mais c'est surtout dans la troisième partie , ^i 
traite de la pathologie , oii l'on reconnaît la main 
ferme et sûre qui a émondé avec art ; certainement 
la serpe n'est point ici instrument de dommage. 
D'excellentes vues , des aperçus pleins de justesse, 
des principes plus fixes , une marche plus métho- 
dique , des histoires de maladies complètes , bien ti^à- 
cées , dont beaucoup sont nouvelles , un plan de thé- 
rapeutique bien exposé , voilà ce qui frappe d'abord 
dans cette partie de la nouvelle édition. 

M. MoNTALCON admet deux ordres de phénomènes 
dans les fièvres intermittentes:* les locaux^ qui tieii- 
nent à l'irritation gastro-intestinale , et les symp- 
tômes nerveux , relatifs aux sympathies. Il y a certes 
de quoi satisfaire tout le monde ^ à tout prendre, néan- 
moins , sans résoudre la grande difficulté de leur na- 
ture , c'est peut-être la meilleure explication q^û^'on 
puisse donner de cet ordre de lièvres ; aller pins loiii , 



( IIO) 

pour expliquer la périodicité , c'est tomber dans l'hy 
lierais. pothêse , et il ne faut que de la faconde et de la sub* 
ttlilé pour y arriver. 

n est à regretter que M. MoiiFALCOir n'ait pas rf— 
trancbévde cette édition, le chapitre delà fièvre jaun<i s 
c'est un véritable bors-d'osùvre , d'abord parce qu'il 
n'en parle que sur parole, de toutes les manières la 
plus Caïusse en médecine ; eu second lien , c'est qu^ 
l'identité de cette terrible maladie avec nos fièvres 
inlermittentes n'est rien moins que prouvée: des 
analogies asses fugitives ne suffisent pas pour établir 
on caractère fondamental. 

Plusieurs médecins ont beaucoup vanté la saignée 
dans le traitement des fièvres intermittentes : cela 
peut être dans les climats chauds , et chez les sujets 
robustes « observation qui n'est pas nouvelle, à beau- 
coup près. Mais dans le^ climats froids , humides, 
chez les tempéramens lymphatiques, nous avons tou- 
jours trouvé que la saignée était dangereuse, et pro- 
longeait de beaucoup la maladie. Au i^este, ici, comme 
en Unt d'autres points de la médecine , c'est aux pra- 
ticiens à décider : consilium in arenà sumere. N'imi- 
tons pas les systématiques y n'établissons rien d'ex- 
clusif. II y a , comme dans la pleurésie , la fièvre de 
Butulus et la fièvre de Sempronius. 

« On a fait , dit M. Monfalcon , et l'on fait encore 
i|sage de l'émétique , comme méthode fondamentale 
du traitement de la fièvre intermittente. 

« Quelle que soit l'idée qu'on ait de la nature der 
fièvres intermittentes, ce médicament guérit sou- 
vent, etc. » Nous n'avons rien à ajouter à cette 
citation. On sait anjoard'hui que le fameux guiUê 
on double n'est plii9 :qu'|9ne lûaîaerie p^ysiologifoe 



.'f, 



(m) 

qui n'ëpouyante personne; que ce soit en évacuant la 
bile, ou par le pouvoir de rinévîtable répulsion , la Maràîs. 
providence de ceux qui manquent de bonnes raisons, 
toujours est-il que l'ëmétique donné à propos pro- 
duit de bons effet? dans 'l'es'fîeVres intermittentes , 
quelle qu'en soit la nature y comme dit M. Mon- 

Mais quelle est donc cette nature , quel est le siège 
de ces éëvres ? Lecteur curieux , lisez le cinquième 
chapitre de l'ouvrage dont nous rendons compte, et ■ 

vous y trouverez cette grande question traitée avec 
profondeur , avec sagacité, et pourtant avec réserve* 
li'autéur prévient néanmoins qu*il s^en occupe pour 
de point laisser de lacune dans son livre ; or , qu c^i 

•Jl (••;'■•. ■••.il» 

luge par là dé la difficulté d'arriver à un résultat po^ 
sîtifet satisfaisant. On peut choisir dans la foule des 
opinions présentées à ce 3ujet, et choisir avec motifs; 
car quel est le médecin assez pauvre de science pour 
n^avoir pas de bonnes raisons à opposer à ses adver- 
saires ? Quant . à moi., je suis de ceux dont parle 
M. MoNFALGON , qui disent : « Il y a quefque chose eti 
dehors de là sur -excitation viscérale locale, et ce 

r 

quelque chose est la fièvre. » J'ajouterai , intermit- ^ 
iiente. 

Tel est, dans la plus courte analyse possible, le nôù^ 
vel ouvrage de M. MoNFALCorf, Tout médecin instruit 
doit l'avoir dans sa bibliothèque: c'est la monogra- 
phie la plus complète des fièvres intermittentes et dés 
pays marécfigeux. Ce livre peut tenir lieu de beau- 
coup â autres , et les praticiens sauront apprécier ce 
mérite. La doctrine, la méthode et le style sont éga- 
lement dignes d^éloges , et c'est une justice que nous 
rendons avec d'autant plus de plai^r à l'auteur,' qiie 



( lia ) 

nons avions jagé la première édition ayec U lëTéritë 
Marais, consciencieuse que noas tâchons d'apporter dans nos 
analyses. B^veillé-Paiise. 



Des médecins physiologistes et de leurs 
doctrine; fbèse présentée et soatenne à 
la Faculté de médecine de Paris, le 4 avril 
1826, par J.-B. PouLLAiN. 

Médecins *^^^ ^* '® tî\'Te qu'on a cru piquant d'une disserta- 

phjsioio- tion inaugurale destinée à faire du bruit , si j'en inge 

^ du moins par ce qu'on en disait avant qu'elle fàt son- 

tenue, et sur les espérances mat cachées qu'on en avait 

conçues. 

M. PouLLAiR prend , en tête de sa dissertation , le 
titre d'ex - chirurgien sous-aide de plusieurs hôpi— 
taux militaires d'instruction, dont il décline les noms 5 
puis , dans le cours de son écrite il dénonce les abns 
les plus crians qui , dit-il, existent dans l'un de ces 
hôpitaux , qu'il ne nomme pas. Cette conduite est peu 
honorable } c'est l'expression la plus modérée dont \p 
puisse faire usage pour la caractériser. Elle laisse 
planer d'odieux soupçons sur tous les établissemens 
ou M. PouLLAiir a étudié, puisque le nom de celui ou 
le mal a été commis est ignoré. « . 

M. PouLLAiN entasse dans sa dissertation àe% cita» 
tiens extraites des écrits de Baglivi, de Réga, de 
Chirac , etc. , pour prouver que les idées émises par 
M. Broussais , sur la fréquence des inflammations des 
organes de U digestion , et sur 1^ non -existence dés 



(Ji5) 

fièvres es^entielies, n'atypartfen lient pas à ce mëdecin. 
I! faudrait d'abord dém outrer que ces auteurs ont piiysiolo^ 
su assez généraliser les faits qu'ils observaient pour gistes. 
s'^levêr à fa <H»nnaissànce delà lésion locale primi- 
tive, qnê le professeur >de Parié regarde comme la pfe- 
miëi*e eàftisé des phénoïmënes morbides que Ton avait 
groupés bizari^emënt pour en faire des êtres fantas- 
tiques , appelés fièvres essentielles. Or, rien n'est 
monrs fâcite' à prouver. Si l'on en excepte Chirac , qui 
-établit formellement là localisation de la fièvre ma- 
ligne , par exemple , les antres ont seulement signfalé 
la fréquence des pblegmaàîés intestinales dans le cours 
des fièvre» t ils se sont montrés mauvais logiciens , 
et voi4à tout; D'ailleurs , en admettant' qu'on trouvât 
dans -leurs écrits fés idées mëres de la doctrine phf" 
êiologique , tl faudrait encore prouver que M. Brous- 
Skis avait connu leurs productions avant de publier 
ses propres' écrits. Or, si malgré l'assertion contrains 
de ce médecin , M. Poullain s'obstinait à le croire, 
comitteniC'c^ jeune docteur s'y prendrait-il pour nous 
cofivaitiere qu'il, ne connaissait pas, avant dé compo- 
ser $^ thë^, et que son président ignorait domme lui^ 
l'existenoe de l'écrit piquant du docteur Fodera , qui 
est spécialement destiné à revendiquer en faveur de 
Rega j BACim , etc. , la priorité d'invention que s'at- 
tribue M. Bboussais ? En vain M. Poullain préteh- 
dra«t-il qu'il a fallu qu'on lui révâât, dah^ l'acte même 
de sa réception , ^'existence de cet écrit remarquable , 

• 

BOUS Serons toujours en droit dé lui répondre que, 
-s'il n'a 'pus^onnd un écrit'de tfois ans de daté, pu- 
blié en français, à la porte de la Faculté, anhoncë 
dans 'tous les journaux , et qui a fait tàfrt de brait 
lorsqu'il parut « M. BrovssaiS' a bien, pu ne ptt» con- 

T. 97 de la Col. 35« de la a» Sér. Octobre. 8 



( "4 ) 

1» naître les écrits déjà vieux de Rega, de Baglivi ,.(fe 
Miédecios Chirac. £h ! grand Dieu I avant que la basse jalousie 
ffisles. ^^^^ disputer à un hoiame de génie Je fruit de ses 
veilles, qui donc en France lisait Rega , Screta, Chi- 
rac? Ainsi y il ne restç à M. PaùLLAm que iraltema- 
tive entre le défaut de bonne foi ou l'ignarance : il 
est juste qu'on lui fasse application de la même, me— 
surç dont-îl se sert envers son maître. 

Pour prouver que l'inflammation de restoixtfLC 
existe bien moins souvent qu'on ne le pense, 91. K<>€1%^ 
LAiN rapporte une observation , dans laquelle on ne 
sait ce qu'il faut admirer le. plus de rignora:nçe' dont 
il a fait preuve relativement au diagnosii^^ en pre- 
nant pour un tétanos les symptômes sy];ùpatkiques 
d'un cholera-morbus ,. sui^e d'une indi|B;esjtioft . dé— 
pendant d'une irritation gastro-intestinale j ou de son 
ignorance non moins grande des notiotns les pl^ sim- 
ples, de. la curation des maladies ^ lorsqu'il Hleniçure 
tout ébahi de ce qu'un bain tiède a opéré* sur le sys- 
tème cutané une révulsion de l'irritation violente, à 
Jaquelle les organes de. la digestion étaieut.'en. pxioiec 
M. PouLLAiN feint d'être persuadé que \^s*médecirt6 
ph.ysiologUt€& eussent cru à l'existence d'une gastjro- 
entérite. Un ignorant spul s'y fût laisser prepdre. Le 
curieux de l'affaire est qu^, dans cette Qbft?ryatiQn ^ il 
â'çst: glissé, une erreur.. assez importaiite pQur Caire 
çi;ai^dre que notre jeune sous-aide chirurgien (car 
M.fPeuLLAiN l'était alors ) n'ait conservé que des no- 
tions peu précises sur un fait qu'il présente comme 
uTi argument victorieHX contre la doctrine physiolo- 
gique. , , . 

Si M. PouLLAiN a vu souven^t des blessés , ayant un 
mouvemeat fébrile. très-prononcé, avec chaleur à la 



( "5 ) 

peau, soif ardente^ rougeur de la langue, etc., se 
trouver trës-bien de radmînistratîon de rémétique , Médecins 
les résultats de lia pratique du célèbre chirurgien dont $f ÎSJ' 
il suivait la clinique , «t ceux de la pratique de beau- 
coup d'autres j n'ont pas toujours été si heureux. Les 
cimetières ou gisent deis milliers de soldats ainsi émé- 
tisés, à Vienne^ à Madrid, etc., sont là pour contre- 
balancer la courte expérience de nôtre jeune adepte. ' 
La subtilité supposée de la doctrine physiologique pour 
expliquer les heureux succès qu'on obtient quelque- 
fois de la médication éniétiqu« ne fait rien à l'affairev 
Pour nous faire connaître suecinctetnent « la ma- 
nière doilt se pratique en grand la médecine phy- 
siologique, » notre jeune homme nous' apprend que » 
dans un hôpital d'insiruction qu'il se garde. bien de 
nommer , on est dans l'habitude de visiter tous les 
soirs les malades entrés après la visite du matin et 
dans la journée. Il dit.qu'jl n'avait qu'une notiofi 
confuse de la doctrine physiologique , quand il fui 
-admis à faire le service de sous-aide dans cet hôpital t 
il aurait pu ajouter qu'il était bien ignorant encote 
de tout ce qui concerne la pratique de la médecine 
dans de semblables établissemens , oii la visite du soir 
ne se fait pas par habitude , mais par ordre formel. 
Il ajoute que les sous-aides en sont chargés ; qu'ils se 
bornent à s'informer du nombre des entrans, puis à 
faire iin bon de trente sangsues pour chacun de ces 
derniers , et que , munis de ces animaux, ils s'appro- 
chaient de chaque lit: pour les appliquer à l'anus ou- à 
l'épigastre. L'endroit variait , nous dit M. Poullaici, 
et dépendait le plus souvent de là partie sous laqueUe 
un drap plié en double avait été placé d'avance 
- par l'infirmier de la salle , €pù avait auparavadt.ques- 



("6) 

tienne ]e malade, «et rarement les draps en alëse 
^T^^}°* étaient dérangés. » Tout cela prôuTeritit que le ser- 
gistes. Ticese faisait bien mal dans l^h'dpttal en question , ce 
' qni est de^ tout^ improbiabilité ; car ,' en' apposant 
mléme qne les médecins négligeass'enf'ieÀvS' obltga*- 
tions sacrées , n'y ayaiti-il ddnc-ni adtnittistrateur , 
ni commissaire des ^ulerFês, ni intendaFnt mlitaîre 
char^ de la police de cet hi&pital? Et M. Pi0OLi.Aifry 
tout ignorant qu'il était encore aiors*, ne saVa^k-il pas 
qst^lsële , qui tourne heureusement au profit du ser- 
Ttoe, ces messieurs mètteot k surveiller , par esprit de 
-suprématie , les officiers de santé ? Tout cela pronye- 
rpit encore que les infirmiers de cet établiës«ttt-ètlt 
seraient doués d'une grande pers)>icacité jd'esprit, 
et druide grande .aptitude à l'observation , paicqœ, 
spectateurs: mueCs de la visite des n»aladesy ils.>aa— 
. raient acquis une connaissance assez grande des 
pbénomënés morbides , pour qu'ils ne se trompassent 
que rarement sur l'indication thérapeutique k rem- 
-pliiTi Car M. Poullain ne voudrait sanal dottfte pàa éta- 
blir qne^ dans l'hôpital en question, les: aoub^v aides , 
dont il était du nombre, étaient assez ignorana pour * 
ne pas savoir rectifier les erreurs que devaieiit com- 
mettre, plus souvent qufilne le dit, IçS' infirmiers, cm 
' asseâs pc^ consciencieux pour suivre de Tontis^ une 
pratique médicale qiti. ne pouvait être' saoe îaicttii- 
vénient Enfin, je le répète, en taiisMitie^nom iP«ùi 
hôpital 011 exsstecait un semblable aiuis, :M^ PeuLLAlir 
a-fiiit un acte digne de blinae.^'il s'est donné 'ktlum- 
.neurs du courage en se retranchant de'nriëtejle t^yne 
dé l'accusation qu'il porte à la face dn'ibeiide^ài^aint 
et du public. ' ; M *' 

M. PouLLAifc ; dans toute l'iétendne deaaidisserta- 



glstes. 



("7) 

tion, paroît i* croire que M. Broussais confoncU'irri- ^i^— ^^ 
talion des tissus avec rinflammatioa , ce qui est Médecins 
faux ; a? qu'il n'admet qu'un mode d'irfitatipn , ce flstea^ ^" 
qui est également faux , puisqu'il établit l'existence 
d'une irritation hémorrhagique et dSine irritation 
nerveuse ; 3** qu'il ne reconnaît qu'un mode de traite- 
ment , la déplétion sanguine locale ; ce qui , pour la 
troisième fois , est de toute fausseté , puisqu'il pose 
en principe qu'il est quatre sortes de moyens d'arrêter 
la marche des inflammations , les dëbilitans, les ré* 
vulsifs , les toniques fixes et lesstimulaus plus ou moins 
diffusibles. 

Que conclure de cette opposition entre la doctrine 
du célèbre auteur de la médecine physiologique et 
celle que lui attribue M. Powllain? Je ne vois que. 
deux suppositions à faire : ou bien M. Poullain n'a 
pas su comprendre ce que lui enseignait son maître , 
ou ce que ce dernier a écrit si clairement. Alors c'est 
à sa propre capacité intellectuelle qu'il doit s'en 
prendre , et non aux principes de la doctrine ; ou 
bien il a parfaitement compris \es importantes dis- 
tinctions que je viens d'indiquer , et il fait à dessein 
l'ignorant, pour se donner l'occasion d'une critique 
injuste, écrite dans le style le plus acerbe, avec 
l'oubli absolu des convenances , je ne dis pas d.^ dis- 
ciple à maître , mais d'homme qui doit respecter les 
autres 9 pour leur apprendre à le respecter lui-même. 

Je finis par une courte ren»arque. M. Poullain, 
qui se flattait apparemment de causer quelque aoréa* 
ble scandale anti-physiologique, en soutenant devant 
la'Faculté de Médecine une thèse contre la doctrine 
de son maître , a été cruellement désappointé, quand 
il a vu que, loin de partager ses opinions et sa ma- 



( ii8) 

niëre de voir sur la nouvelle Joctrine, plusieurs de ses 
Médecins eiaminattttrs (il eût pu dire tous ; car quatre anr cinq 
gisM. ^'^°^ ^^^^f ^^ dernier n'ayant pas pris part à la discus- 
sion), les ont fortement combattues au contraire, 
« entre autres^dit-ii, M. Gaultier dfClaubrt, qui dis- 
cute avec une faciHtéet une volubilité peu communes. 
J*ai toujours eu tort avec lui. // est vrai qu'il ne m*a 
pas donné ie temps de parler , et qiCen pareU cas il 
est difficile d^avoir raison. »» C'est sur cette dernière 
partie de la pbrase de M. Poullai:^ que je veux don* 
ner quelques explications. Appelé par le basard à faire 
partie des examinateurs de la thèse de M. Poui^laiit , 
je n*ai trouvé , dans cet écrit , qu'un rassemblement, 
artistement composé sans doute, d'assertions sans 
fondement, de faits apocryphes, de faux matériels , 
d'accusations calomnieuses , d'ignorance de la litté- 
rature médicale et de la doctrine qu'on attaquait, ou 
de la mauvaise foi, plus blâmable encore. D'après 
cela , j^ai dû me permettre de profiter de cette faci" 
Uté d'argumentation, et de cette polubililé peu com'^ 
muney dont me gratifie M. Poullaiit , pour réduire 
à leur juste valeur les prétentions de ce récipiendaire^ 
je n'ai jamais prétendu discuter avec lui, la nature 
et la forme de son écrit ne le méritaient pas. Voilà 
pourquoi je ne lui ai pcM donné le temps de parler, 
M. PoULLAiiv dit , dans un avertissement nécessaire^ 
ajouté après coup, qu'un grand nombre de per- 
sonnes lui ont témoigné te désir de lire sa disserta- 
tion : cela peut être , puisqu'il le dit. L'idée que j'ai 
donnée de mon opinion sur cet écrit n'inspirera 
peut-être pas la même envie aux lecteurs du Journal 
générail. 

P. S. M. PouLLAiff parait l'être proposé^de livrer un 



C H9 ) 

vigoureux combat à là doctrine physiologique. Non- :f^. 



seulement dans sa tliëse , mais principalement eu ré- Médecins 
pondant à quelques unsde ses examinateurs, il a repro- gîste^. 
duit tous les lieux communs , tant rebattus , co.ntre la 
révulsion, sur la plus grande miortalité observée dans 
les salles de M. Broussais, que dans celles des autres 
médecins du Val-de-Grâce, etc. Toutes ces récrîmir 
nations continuelles , toutes ces objections, si souvent 
détruites, mai| sans cesse reproduites, rai'ont suggéré 
l'idée d'insérer dans le prochain numéro un écrit 
plein d'esprit et de logique, qui -constitue une ex- 
cellente réfutation des adversaires de la doctrine 
physiologique , et qui est dû à la plume exercée de 
mon excellent ami le docteur Roche , l'un des plus 
fermes soutiens de cette même doctrine. 

E. G. C. 



'mmmmrmÊ^fmmm^mm, 



• < 



Maladies nerveuses des auteurs y rappor- 
tées à l'irritation de V encéphale , des 
nerfs cérébro-^rachidiens et splanchni- 
quesyaçecou sans inflammation; par 
J,-G. Fourcade-PruneTjD. M. P. In-8*. 
de XX — 55^ pages. — Paris, 1826. 



On se plaint tous les jours de la publication sans Maladies 

^1, •/••.'11- • x*i • nerveuses. « 

cesse croissante a une mnnite de livres mutiles ou nui- 
sibles. La littérature médicale est surtout envahie 
par ce débordement, contre lequel viennent échouer 
les efforts de la critique. Nous devons cette calamité 



— — —» à la. manie d'écrire, devenue générale parmi nous. 
Maladies ainsi qu'à l'ignorance des libraires, qui, dans le choix 
Dervenses. j^^ écrits qui leur sont offerts, s'en rapportent à 
quelques médecins mus par des intérêts divers , et à 
eux-mêmes , )uges encore plus iucompétens. Il s'en 
suit de là que d'excellens manuscrits restent inédits y 
et que le commerce de la librairie se trouve infecté 
d'un grand nombre d'ouvrages dont le moindre dé- 
fiant est l'inutilité. Que faire cependant? On ne peut 
empêcher personne d'écrire , p^s plus les ignorans et 
les gens d'un esprit médiocre que les savans. On ne 
peut empêcher non plus certains vieux médecins em- 
piriques de se croire appelés à régénérer la science , 
et de jeunes néophytes de s'instituer apôtres de telle 
on telle doctrine. Mais qu'on y fa^se bien attention ; 
c^est fort mal spéculer , et c'est s'écarter du chemin 
qui mène à la célébrité, que de publier des ouvrages 
dont quelques vérités de notoriété publique forment 
le fonds, et de donner pO'âlT^^ClfSsoires à ces vérités 
des explications plus ou moins hypothétiques, et des 
argumens plutôt basés sur des probabilités qnfi svlr 
des certitudes physiqueîi. 

L'ouvrage de* M. FouRCiOE-PRUNET , qui nous a 
inspiré ces, réflexions, est divisé en trois parties. La 
premiët'e contient Thistôire des irritations des -nerfs 
cérébro-rachidiens , des expansions sensîtives et des 
sens; l'exâmeui physiologique des maladies de l'en* 
cépbaleet du rachis^ et l'étude de la névropathie sont 
le.sujet.de la secon(}ej la troisième est relatire a«ix 
irritations des nerfs splanchniques. Le tout est procé- 
dé d'un Discours préliminaire , oii M. Fourcade fait 
preuve ^'admiration pour M. Broussais et pour sa. 
doctrine; de prolégomènes , qu'il consacre à des con- 



( lai ) 

sidérations générales sur la sensibilité^ les sympathies, 

les tempéraraens ; et suivi d'un AppendUe , qui sert Maladies 

. ■ nerveuses, 

de complément à l'article des irritations nerveuses 

des viscères. • • . ■ ift 

Le but de M. FoiitiçADÇ a été| comme on le voit, 
de rattacher les névroses à l'irritation du système ner^ 
veux. Ce médecin place le siège de cette irritation 
tantôt dans l'encéphale , tantôt dans la moelle épi- 
nière^ tantôt dans le nerf grand. sympathique , quel- 
quefois enfin dans les cordons ou filets nerveux eux- 
mêmes ; et il considère cette même irritation comme 
pouvant être suivie ou non d'inflammation. Cepen- 
dant il admet ça et là des exceptions , ce que n'est 
pas dans J'habitude de faire le professeur'dn Yal-de- 
Grâce ^ et il reconnaît des névroses essentielles, ce 
<|ui indique de sa part une croyance incomplète, «t 
l'impossibilité oii il est de prouver le caractère symp* * 
tomatique de toutes les maladies dites nerveuses* 
Cette concession e€i déjà quelque chose. D'un autre 
côté , on pourrait demander à j\l. Fqubcade quelle 
idée il se fait d'une irritatio^ qui ne se manifeste 
que par des troubles fonctionnels, et qui a pour €&«■ 
ractère une modification locale , organique , inflam^ 
matoire (page i3), sans qu'il y ait en même temps 
quelque altération de tissu? La différence qui existe 
entre l'opinion de M. FoufiCAqc, ou, pour mieux 
dire, de M. Broussais^ et celle des anciens , ne con-*» 
siste guère que dans les mots > et autant vaudrait dire 
maladie aerveuse et névrose qu'irritation nerveuse. 
Ce que l'on est parvenu senlement à prouver:, c'esl 
que plusieurs de ces maladies , prétendues j usqu^'alors 
essentielles, sont véritablement le résultat d'une lé- 
sion matérielle , et que cette lésion doat la nature 



( *22 ) 

est évidemment inflammatoire, est, dans lé pliis 
Maladies grand nombre des cas , consécutive à l'irritation 
nerveuse ou névrose. Quant aux paralysies, quels qu en 
ment le siège et le degré, nous ne croyons pas qu'il 
soit rationnel de les considérer comme des maladies ir- 
ritatives, ainsi que le fait l'auteur. Ce dernier dira à 
cela qu'il les met au nombre des névroses passives ; 
mais toujours est -il que, dans son esprit, les né- 
vroses étant des irritations, les paralysies doivent'en 
être également , sinon ce serait commettre tin coiUre- 
seïis. 

Abordons maintenant lés détails, et entrons en 
discussion avec l'auteur. Pour mettre de l'ordre dans 
ce que nous avons à dire, suivons-le pas à pas dans 
la carrière qu'il a parcourue ; car il n'en est point des 
productions médicales comme des Odes de Pindare ; 
le désordre n'en constitue pas le mérite. 

Est-il bien vrai qu'avant l'époque oii l'irritatioa des 
organes fut considérée comme la principale base dé 
la pathologie, de pures abstractions de l'esprit, des 
groupes de symptômes arbitrairement réunis, for- 
maient des entités particulières , considérées comme 
maladies, auxquelles on donnait un nom sans y at- 
tacher d'ailleurs l'idée d'une lésion d'organe {pag. 5) ? 
Depuis HippocRATE jusqu'à M. Broussais^ les médecins 
n'ont donc toujours enfanté que des hypothèses , des 
utopies ? Ils n'ont donc fait de l'histoire de l'homme 
malade qu'un roman , ces profonds observateurs de 
la nature, qui ont mérité par leurs travaux le titre de 
pères de la médecine et l'admiration de leurs succes- 
seurs ? Stahl , BoERHAAYE , Fr. HoFFMANiT ne nous 
ont donc transmis que des rêveries, et MoRGACm , 
CfjLLEN , Baillou , Stoll , Stdenham , FRArrK , Pi- 



( i^s.) 

NEL, etc., n'ont donc considéré les maladies que *" 8B 

comme des entités , des désordres fonctionnels cxis- waïaaics 

' , . . nerveuses, 

tant par eux-mêmes et sans altération de tissa?.... 

Voilà bien le langage de ces savans d'un jour , pour 
qui la science commence d'hier, et qui ont la préten» ' 
tion de croire que sans eux elle périrait demain ! 

Un contre-sens choquant qui figure au commen- 
cement de la première partie , c'est celui ou l'auteuF 
établit , en parlant des névroses idiopathiques de Ut 
vie de relation , que l'inflammation , en ramollissant 
les tissas , exalte la sensibilité au point de dévelop- 
per des névralgies, des mouvemens conyulsi& , des 
paralysies ^ etc. , {page s5). 

Les phlegmasies des viscères abdominaux et celles 
de plusieurs autres organes existent quelquefois sans 
douleur; mais qu'il en soit de même , dans la majo- 
rité des cas , pour les ga^lro-entérites les plus inten- 
ses, et les inflammations chroniques les plus circon- 
scrites, ayant leur siège dans le domaine du grand 
symphatique , ainsi que le prétend M. Foorcade , 
{page 37) , c'est ce dont il est impossible de conve- 
nir , parce que l'expérience clinique et la lecture des 
auteurs prouvent le contraire. 

L'auteur pense que, quand l'amaurose est inter- 
mittente , on doit la rapporter à une irritation viscé- 
rale^ mais notamment à une irritation gastro-intes- 
tinale latente (/>a^f ^^). Comme si l'amaurose in- 
termittente' ne pouvait pas être idiopathique, et l'ir- 
ritation viscérale avoir un tout autre siège !... Il est 
temps enfin de ramener à son véritable degré l'im- 
portance du tube digestif, et de lui enlever l'espèce 
de monopole dont les médecins physiologistes l'ont 
gratifié depuis plusieurs années. 



( »24 ) 

M Est-il nécessaire que le cerveau soittrës-graremeiit 
Maladies affecté^ |K>ur qu'il y ait abolition complète de l'odo* 
aerveuscs. ^^^ ^^^^ ^^^^j ^ FouAcadb Taffif me (page 69) ; mais 

nMM livotts vu la pfeuVe du contraire chez dei téli- 
gteôsed qui , quoique privées du premier de ceâi stfaé , 
jouissaient d^une santé parfaite. 
-La natni^ inflammatoire des névralgies est-elle 
réellèÉient mise hors de doute {pageyS) ? Gela peat 
être pour M. FoukcADE, M. Broussais et nou»^ mais 
il^ s'en but qu'il en soit ainsi pour la majoritlS des 
médecins. Les recherches de BÉCLAfto et de M. Dbs- 
ooT ne prouvent qu'une chose ; c'est que les nerfs sotit 
susceptibles de s'enflammei^ comme les autres tissus 
de l'économie animale. Si ^ d'un côté , Cirillo, Sie- 
soLD^9 CoTUGNO , Reil , SwAN , etc, , Ont trouvé dans 
les nerfs des traces de phlegmasies ; de l'autre , Db- 
SA0LT| Chopart et quelques autres n'ont, dans leurs 
recherches à ce sujet, rien remarqué de semblable; 
si bien qu'on peut combattre avec autant d'avantage 
l'opinion de M. f'oURCASE que la soutenir. 
^ Nous ne pensons pas, comme l'auteur, que la eé^ 
pfaalalgie soit le symptôme d'une irritation légère da 
cerveau et de ses membranes (piige /03) ; car, s'il eti 
était ainsi , l'arachnitis et la céphalite seraient ^beau- 
coup plus fréquentes qu'elles ne le sont. Il existe cei*^ 
tainément des céphalalgies irritatives; ce sont peaf«- 
être même les plus nombreuses t mais on ne peut 
considérer comme telles, avec la meilleure volonté 
du monde , celles qui surviennent si souvent chez les 
névf opathiques , et que Ton est convenu d'appeler 
nerveuses , parce qu'elles ne sont accompagnées d^an* 
cun signe de sur^^-éxcitation sanguine; celles qui ar- 
rivent lorsqu'on reste trop long-temps sans manger , 



( 125 > • 

et que fait cesser riogestion des alimens , etc. Nous 
ne serions point éloigné d'admettre que le^ douleurs ^gi^giu^s, 
de tête dépendent, dans quelques cas., de. la fatigué 
du cerveau et d'un trouble particulier dans la circu- 
'lation de cet organe^ sans qu'il j ait pour cela irri- 
tation nerveuse proprement dite. 

M. FôuRCADE a'fait de vains efforts, ce nous sem*^ 
ble, pour rallier à la théorie de l'irritation les coii- 
vulsions qui accompagnent une soustraction con3J* 
dérable de sang «ainsi qu'on le voit cbez les individus 
qui périssent d'hémor^hagie. Lés grands viscères ont 
beau emprunter, pour l'entretien des fonctions et ijt 
la vie , l^act^on vitale et les fluides ann autres parties 
dont les fonctions sont moins importantes , aussitôt 
qu'ils en sont privés accidentellement; l'encéphale, 
les viscères abdominaux et thoraciques ont beau se 
trouver dans un état douloureux , faire un appel au 
sang qui parcourt les petits vaisseaax, et le recevoir 
avec promptitude et par saccade {pag, iio et m), 
nous ne voyons pas î à-dedans , en admettant la réet- 
lité de ces phénomènes (i), des causes capables de 
produire les convulsions qu'éprouvent les individus 
qui meurent exsangues. Faute de pouvoir nous ren* 
dre compte de ce fait , nous ne hasarderons aucune 



(i) On pourrait, en nier lia possibilité sans faire preikye 
d^un aveugle scepticisme ^ car Litibb ( Mémoires de VAcùài- 
mie royale des Sciences ) a remarqué que chez les individus 
qui meurent d'hémorrhagîe lis ventricules du cœur et les 
artères sont vides; le sang est renfermé dans les veines, 
notamment dans celles qui sont près du cœur, et les vais* 
seaux capillaires sont rehiplis d'air. 



explication , de crainte d'en donner uiie mauvaise. 
ii«lttdles Seulement nous dirons qu'on devrait bien se persua- 
lerveuses. |]er de. ceci ^ c'est qu'on ne fera jamais fait-e de pro- 
grès à la médecine , tant qu'on remplacera des doute» 
par des suppositions plus ou moins gratuites. 

A entendre M. FodhcaDë , il n'y aurait que l'irri- 
tation de la moelle ëpiniëre ^ de la base du cerveau 
et des extrémités sènsitives, qui serait susceptible d'oc- 
casionner le tétanos {pag, 1 15). M. Guersent a ce— 
pendant remarqué que les tubercules du cervelet , et 
plusieurs médecins ont observé que l'inflammation 
des enveloppes rachidiennes produisaient l'opistbato- 
nos et d'autre variété du tétanos» Une autre observa* 
tion à faire ^ c'est que le véritable siège de cette affec- 
tion n'était pas inconnu avant les travaux de M. Brous- 
Sais (p.' 1 16), puisque Reid le plaçait , ainsi que nous 
Favons dît ailleurs (i) , dans la moelle epinière. 

La chorée, l'épilepsie, la catalepsie et les diverses 
espèces d'aliénation mentale doivent-elles être con-* 
sidérées comme symptomâtiques /d'une irritation di- 
recte ou sympathique du cerveau? M. Fourcade le 
pense. Cependant on pourrait lui objecter que la 
cause organique de la première de ces affections a 
été trouvée plus d'une fois dans le racbis; que celle 
, de la seconde consiste fréquemment en une altéra- 
tion autre que celle qu'on peut considérer comme, 
propre à .l'état irrita tif; que la catalepsie est autre 
chose qu'une affection soporeuse , et qu'on ne l'a pas 
encore assési étudiée avec lé scalpel pour âtre en droit 

« 

M 

(i ) Mémoireà de la Société médicale d^Émuîation , tom. 9 y 
pag. 4^6. 



( «2? ) 
àe prononcer sur sa nature; enfin qù'i y a plus que 
^e l'irrita tion dans les cerveaux des aliénés, ainsi que ^^^^^^^^ 
le démontrent les ouvertures de cadavres. Quant à 
l'idiotisme , c'est une espèce d'aliénation mentale que 
l'auteur aurait dû ne point assimiler aux autres ; car 
M. ËSQUiaoL et plusieurs autres médecins ont prouvé 
d'une manière péiremptoire qu'elle dépend moins 
d'une altération organique du cerveau , que d'un vice 
inné dans l'organisation ou la conformation de oet 
organe. On peut donc reprocher à M. Fourcàde, 
ainsi qu'on l'a fait à beaucoup de médecins doué^de 
plus d'imagination que de jugement, d'avoir appré» 
•cié plus d'une fois la ip^ature des maladies , non au lit 
des malades et à l'amphithéâtre , mais dans le oa* ^ ^ 

liinet. 

L'apoplexie n'est pas^ au moins dans tous les cas, 
le produit d'une irritation vasculo-nerveuse du centre 
sensitif (/>. 162), puisqu'elle dépend principalement 
d'une hypertrophie du ventricule gauche du coctur, 
chez un certain nombre de ceux qui en sont frappés. 
Xi'apoplexie ab inanitione ne se rattache pas davan- 
tage, ce nous semble, à l'irritation de l'encéphale. 
Celle qu'on a nommée nerveuse ne se prête guère noti 
plus à la doctrine de M. Broussais; et l'interprétation 
que M. Fourcâde adonnée de la manière d'être de 
cette affection , relativement à la. nature, ne nous 
parait point admissible. Nos sens, dit-il, n'ont pu 
saisir la nature des désordres , parce que les âuides 
qe sont pas sortis de leurs vaisseaux, et que TéquUi^ 
bre s'est rétabli de suite après l'extinction de la vie; 
mais c'est toujolirs l'irritation et l'abord violcnl du 
sang au cerveau, qui ont porté cette atteiivt^ • su- 
bite, profonde et mortelle, quoiqu'inoonn^e dans 



( »^8 ) 

son essence à l'irritabilité de la pulpe nerveose éQce- 
Maladies phaliffne {p(ig. i66 ei 167). A cela noos rëpoiï^^ckift 
seiue«iient qu une irntation et qu'uii€ coiigfestiMi san- 
guine asses fortes ponr causer la mort ne disparais^ 
sent pas subitement après, sans laisser la plus légère 
trace de leur existence. 

M. FounGADE attribue la proscription de la i»ô^ 
vomique par les médecins physiologistes , kcé que? le 
mode d'action de ce médicament est empirique, et 
aux «ccîdens trës-graT«s qui en sont déjà rësnlt^s 
(jMfg^v iBo). Ces motifs ne sont' nullement plausibles 5 
-car ^e ce que le mode d'action d'un médicament est 
empirique, il ne s'en suit pasqu^on doive le rejeter: 
fine telle conduite, outre qu'elle ne serait pas très* 
sage, réduirait la matière médicale à bien peu de 
chose. D'un antre côté, il n'est point de raédicaft»ens, 
tels salutaires qa^en les suppose, qui n'aient donné 
lieu à des accidens. Il ne faut pas imputer au remède 
ce qui n'est dd quelquefois qu'à l'impéritie on à Ifa 
témérité de celui qui l'administre. Si la noix vomi-^ 
-que a produit des accidens , elle a aussi procuré -des 
guérisons (i) t le tout est de l'administrer avec prn- 
dfnce. Nous ajouterons que la strychnine e&t. géné- 
ralement préférée maintenant à la noix vomique , et 
qu'elle ne mérite pas la proscription dont les m^oEa- 
oins physiologistes ont frappé celle-ci. 

Les inflammations aiguës et chroniques du.tube di^ 
gestif sont décrites dans une foule d'auteurs bien an- 
térieurs à M. "Brovssais : aussi n'est*ce pas san4 éton- 



(1) Elle a réussi surtout entre les mams'de MM. Foc- 

jQUIER et RÉCAMIER. 



( 1^9 ) 

nement que nous avons lu le passage où M. Fourcade 
avance qu'avant les travaux ^e ce médecin lés pre- Maladies 
miëres n'étaient point connues , et que ce n'/est que '*®'^^"*®** 
depuis la publication de ces même» travaux' qu'on 
commence seulement à se douter de l'existence des 
secondes {page 900). M. Broussais » démontré que 
ces inflammations étaient infiniment plus communes ^ 

qu'on ne le supposait généralement^ il a prouvé éga- 
lement qu'on ep interprétait mal les symptômes , et 
qu'on attribuait à d'autres maladies, tantôt réelles, 
tantôt imaginaires , ce qui n'était que produit par 
elles ^ il a fait voir quel rôle important elles'jouent 
dans la production des phénomènes fébHles, et la ma- 
nifestation d'un grand nombre de sympathies mor- 
bides et d'irritations secondaires. Mais il ne fa«it pas 
exagérer l'influence des travaux de ce profesâ^èurcé- 
lëbre , et faire semblant d'ignorer l'existence de ceux 
de ses prédécesseurs pour .donner plus d'impoirtance 
aux siens. * ^ 

Ce médecin ayant prouvé que la plus grande par-' 
tie des gastralgies, des gastrodynies, des pyrosis, 
des vomissemçns spasmodiques , des dyspepsies, des 
boulimies , des coliques nerveuses , saturnines y etc. , 
étaient fomentés, entretenus, produits par une in- 
flammation, une subinflammation plus ou moins 
chroniques , pyrétiques on apyrétiques du canal di- 
gestif, ainsi que le dit M. Fourcade (pag. aoi-202), 
nous ne voyons pas comment il a pu se -flatter de 
rallier toutes ces maladies y et plusieurs autres encore, 
à l'irritation des nerfs splanchniques , d'autant plus 
que , de son aveu , les véritables névroses des viscères 
abdominaux sont trës-rares. Mais M. Fourcade semble 
avoir prévu cette objection , et c'est' probablement 

T. 97 de la Col. 36« de la a* Sén Octobre, g 



(i3o) 

^^^^^^ dmm riAleoiioD 4'jr répoodre qa'il a dit «ne les h- 
Maladies ... , .^ . ^ 

nUUons senreoses de ces Tuceres «teiciit , comoM 

œMes ^ai s'établissent: en êoot antre endroit, pres^ne 
canstajfnm<Fifit soiyjes de phiegmasie , et celle -ci de 
désorganisation. Une chose restera tonjonra à pr a n 
ver y c'est qne les maladies dont nons venons de parler 
débutent , dans tons les cas , par nne irritntie* ner- 
vensé , et soient , ches la plupart de cenx ^ai en sent 
affectés , soiiies d'une pbl^masie on d'une anbin- 
flammation. Celles<-ci ne sauraient-elles donc jamais 
être primitives? 

r Ude^aoire opinion que nons ne ponvona nons em- 
pêcher de combattre , c'est celle oii Fanteor ét^lit, 
. an parlant des irritations gastro-intestinales , qœ les 
ouvertures de cadavres présentent les ména^ déapr*» 
dres dans la chronicité qne dans l'état aign (pag. %^y 
Il snfit d'avoir fait ou vu faire un très->petit nombre 
d'aatopsies pour être convaincu du contraire. 

L'asthme est rangé par l'auteur parmi les irrita- 
tions bronchiques ( pag. aSi ). Hais est««e bien nne 
irritation bronchique qu^ cette espèce d'nathme qne 
M. Hbxdeisoit dit exister dans quelques parties de 
l'indostan, etiqui attaque très-sonvent certains indi- 
gènes, lorsqu'ils sont privés de la dose d'opinm dont 
ils font un.u0age journalier ( i )? L'asthme syaspto- 
jppatique , mais notamment celui qui surfont quel- 
quefoî^ dans les maladies organiques du oœnr et des 
gros vaisseaux , est- il aussi l'effisit d'une bronchite 
çpPAécntive ? 11 est permis d'en douter. 

S'il est .une classe de maladies qui se refuse à Tap- 



( \) Joional df mé4e€ine d^Édimhaurg, 






.( »5i ) 

plicatipn de la doqtriae phyiîolpgiqxie , c'est assuré- 
xa,(^nt celle ^e^ a8phjf7!M,. Celai n'empêche poartant Maladies 
p^s J\J. FouRCADE de ppser en principe qu'elles sont '*®'^®'****' 
pr^c^dées d'inflammation , lorsqu'elles sont sjmpto- 
maûques , . eit qu'elles développeut des phlegmasies 
lorsqu'elles pnt primitives (pag. 272 ). Chacun con- 
yiQodça que c'est avoir unç grande enyie à*irntabili» 
aer les névroses du célèbre PiifisL , que'de considérer 
les asphyxies parspustraction de l'oxjgçne , par stran- 
.giilation , par submersion , par l'action de gaz m^ 
phy tiques, etc., qomme étant des maladies primiti- 
vement ou consécutivement irritatives , voire mèmt 
inflammatoires. Çf^\\^oltM^n qui^ Les asphyxies causées 
.par ji^ne covimptipj^ cérébrale , par des obstacles ap- 
porté^ fi|a.cpi)T$4u ^Wg% par la privation de k^uir 
ifital , parl^ siispexision prpj^gée de la respiration ^ 
et par d4^s g^ qui .pprjt^nt particuJièremçnt leuf* ac- 
jLioj^ su^- 1,e .çystçwe Aerveyx, comportent avec elles 
dc^. pblegP^^^;^ ? Wn^ réiuîtion plus ou moins vire 
pç,i;it Vopérç^ .çt icaiis^r. un^ congés tioa ou même une 
infl^tnniatiiO^ : celjçr^i peut }éu*je je résultat d'ua gaz 
irritait. ^ ?tnai^ ^ njB>'09LiSuit pà$ pour cela qu'on doive 
assimiler le3 aspby«3Li^ auiL mnladies irritatives : eJles 
en 4i^r)Çii^ css^iitiellement. 

M. FouRCAD^ dÂt q]u^ quand les excitations de l'or- 
ganÇ'jcep^tral <Je )4 .circulation se renouvellent sans 
..cesse, fjt qu'o^ n^f^it rien pour les calmer, il s'ir- 
rite , $'ei3flapime y et devient anévrysmatiqué ou s^fay- 
pertrophie (pag. ,2^-^95 ;. V:ojiIà un^e singulière éticH 
logie d^ Ta^jé^Kysmie et 4e i!bypei)tropli^e du cœur! 
Une in^apimation donner Jieu k la dil&tation de^cet 
orga;ie, et /cela, ^nil^t avec épai^sisfiemeott , tont6t 
avec ^^^iQcifj^i^m/ent 4e.$es.p4irois I II faut qj^/a AI. Fou»- 



( «38 ) 

CADE ait oublie , lorsqu'il écrivait ce passage > Tirrita- 

Maladies tion nutritive de M. Broussais, et la nécessité dans 
nerveuses. , i, , . , * ^, , , , . 

laquelle s est trouve son maître d admettre des asthé- 
nies. Que l'hypertrophie soit le résultat d'une irrita- 
tion «nutritive, ou d*une simple irrégularité dans la 
/ distribution des matériaux alibiles, ce- qui peu nous 
importe, toujours est-il qu'elle est moins souvent la 

.conséquence d'une irritation nerveuse que le pense 
l'auteur; et quant à l'anévrysme, qu'il soit actif ou 
passif, nous croyons que c'est se tromper étrange* 
ment que de l'attribuer à une phlegmasie autécé- 
dante. 

Une autre erreur non moins grave , c'est celle que 
l'auteur commet en faisant consilster l'an^phrodisie 
dans le défaut d'érection du membre viril , avec éxal- 

.tation de la sensibilité et éjaculatibn trop prompte 
(pag. 3io); conune s'il y avait exaltation, dé la sen^ 
sibilité chez les individus qui , à la suite 'de l'onanisme 
on d'eccës dans tes plaisirs vénériens, ont, de l'aveu 
de l'auteur, le pénis dans un état d'abexcitation ! 
BiGHAT n'a- 1- il pas dit d'aiHeurs, qn^ l'habitude 
émoussait le sentiment ? Or quel rapport y a-t-îl entre 
rîrritation nerveuse et l'anaphrodîsie , entré l'exal- 
tation de la sensibilité du' pénis et l'impuissance ? 
Franchement, nous en voyons biéùpén. * 
:; Nous demanderons à M. Fourgade s'il la crû seinon- 

^rer conséquent avec lui-même , en rapportant la sté- 
rilité à Firrilation nerveuse de la portion génitale du 
nerf grand sympathique, et en la faisant 'dépendre en 
même temps, aii moins dans un certain nombre de 
cas , de l'âbirritation de la matrice (pag* 3 16). 

• Irritation nerveuse , irritation sanguine , phlegtoa- 
sie et dégénérescence organidne', voilà j selon l'an— 



tenr , Thistoi^e abrégée de l'hystérie. Nous admettons 

rirritation nerveuse ; nous passons même à M. Four- Maladies 

„..,.. . . i .• • • . nerveuses. 

CADE iirritation sanguine et la coqgestion qui en est 

une conséquence ; mais la phlegmasie !... Oh, non ! 
M.FouRCADE, nous ne pouvons vous la passer. Nous 
ne le pouvons , parce que nous ne pensons pas comme 
vous que les hystériques sont affectés tôt ou tard de 
métrite, de squirrhe, de cancer de l'utérus ^ sans 
compter les deux ou trois petites complications mor- 
telles dont vous avez la bonté de vonloir bien encore 
les gratifier. Avec vous^ M. Fourgade, il n'y a pas 
de plaisir à avoir des vapeurs. 

Nous en dirons de même de la nymphomanie , que 
l'auteur fait consister dans une irritation , une in- 
flammation des organes génitaux (page 333). A 
l'exemple d'HiPPocRATE , de Fred. Hoffmann, etc. , 
M. Fourgade conseille le mariage, comme étant le 
meilleur moyen de guérir cette maladie. Les jeunes 
filles ne peuvent que lui savoir bon gré de son remè- 
de , qui , s'il est réellement efficace , n'agit pas toute- 
fois en vertu de cette loi : contraria conirariis , etc. 

Nous ne pousserons pas plus loin là discussion , 
parce que qous craindrions , en dépassant les limites 
d'un article de yournal^ d'ennuyer le lecteur; tel est 
le motif qui nous force à passer , sans rien dire , sur 
quelques opinions qui ne paraîtront pas saines k tout 
le monde. De ce nombre sont celles oii l'auteur éta- 
blit que les animaux ne sont susceptibles d'attention , 
de comparaison , ni de jugement ( pag. 5); que l'hy- 
pothëse qui consiste à attribuer la rage à l'absorption 
d'un virus sut generis est la plus probable de toutes 
(pag. 287), etc. » 

Si ifious signalons certaines fautes de locution, telles. 



( t34 ) 

g que celles-ci : l'organe a intérêt, U cÔrHfnàhde (p. 3}, 



MiilKdtes Uc€n>eaû irradie{p3g. 6);réconùfnièsè révolte (p. 9); 
Ibs douleurs 8*élancene(p9g. 26) ; les piscirès iriotn-^ 
phent{piig. \g3); les paàsions fondées sûr la'âoiiléiir ^ 
le plaisir (p. 29^-293) ; l'intermittence du edéiir (p. i^go)/ 
Us embouchures des vaisseaux èbnt bonàtrtngéèe 
(pag. 293), etc ; c'est que tiôtis dyonfd à tœxxt de 
remplir notre tâche ayec conscience : Tautéur iie doit 
pas par conséquent ifoas èii v^àloii^. 

L'oayrage de M. FouBtTÀDÉ inadt[ife £1 là tbfsfpàr fa 
forme et pair le fond : (làr l'a forihè , en ce qbë I^aiiteiir 
fait la description des mallidies ûeryeiises, du lîëix â*i> 
mettre simplement son opiriioti sur leiir ààtùre , et de 
Tappnjer par ce qui (est relatif à leiirt causés , à I^rs 
symptômes ^ à leur traitement, et leurs çiirâcterès 
anatomiqueSf Sâtiis écartel^ toutefois fcë qui, iotis ces 
différens rapports, èàt été snscîejitibfè "dé l^ icbbtre- 
balancer, sujeb qui auraient fdu1*ni tdâtfèré à ùiië 
discussion franche ëi étendue^ pir le fdiid,''èiil ce 
qu'iffSe bol'ne à dire telle chdèe 'est où penlt^ être, 
c'est-à-dire^ à affirmer ou à su|Jp6iei*', a'ii Hè'â ''Aé 
conTJaincre p^r l'elcposilion dé faifè îfômBrétik et 
bic^ observés. Soiis ce rapport ; M. Fbtjfici'ôfe petit 
être bomparé à un âVôedt qui , à'à^è une boiiiiiè baùsë, 
se perdrait en subtilités ))dut éiiétiet\€s cbkr^ii^ ac- 
cumulées contre soil'trK^ùt ; àtt îi^u dé sléb téitif ^ini-^ 
plement aux circonstàucë^ jtt^tfieiAtiVé^ éhVncéèlâ'Sans 
les pièces dti prôcës. Malgir^ la fàtii^è dlrèctioii* de ià 
plaîdoierie, cet av6dat ^âgttéfe^àit eéi^téffneni^tit sa 
cause , mais uniquement p<^f àVo^f ^Vi fa'ykirfiré |yéf 
elle. ■• ■ .- ■ \- ■ 

Nous en sommes fâché pour l'auteâfrV mau'il ési 
à draindre qnê ceuk ^iri ^Uè'cbtiUtofli^aièiitltôii o^- 



( 156 ) 

yrage que par les larges aifiehes qui l'ont annancë 

aux quatre coins de la capitale , de disent avec le fa- Maladies 

buliste phrygien, api'ës Tatoir lu : 

<( De loU c'est quelque <{hose , et de près ce nVst rien, m 

L. Yin-Dekeeab. 



m I 



Sùriptores ophthalmologiciminores. Volu- 
men primum. Edidit Justus Radius. Lip- 
siœ, 1826. 

Le travail du docteur Justus Radius est dédie au Scrîptores 
docteur Ignace Doellingbr. Il a pour but d'épàt- ophthalmo- 
gner dés recfaetelicf^ aui niédecins curieux de con- 
naitre les traités abtégés relatifs à la structure et 
aux maladies des yeui, publiés depuis le commence-^ 
ment de ce siècle. C'est un i^cudî de disset-tatiotis , 
dans le genre dé ceux qui ont été publiés par Hall^r, 
litriywio, Fkank, Rttiss et autres. Les auteurs des 
six qui sont contenues dans le premier volume , lès , 

ont revues avec soiti avant cette réimpression., La 
première , la quatrième, la cinquième et la sixième , 
ont été publiées en latin^a deuxième et la troisiètne, 
écrites en allemand , ont été triaduites en latin par 
le docteur Justus Radiiis. Si son travail est agréé par 
le public , il s& propose de le continuer , en publiant 
tous les ani un voluole coottjpoèé des dissertartioris 
qui ont parti ou qui pàrattront sur le ménqie sujet. 

La première est la première partie d'une mc^uo- 
graphie physiologt ce -pathologique âii systèine du 



( i36 ) 

cnstallin , par Daerens. L'auteur a traite, dans cette 
Scriptores première partie , de la, physiologie du cristallin ; il 
l&îci. donnera plus tard la partie pathologique. 

La capsule du cristallin , la couronne ciliaire , le 
cristallin lui-même sont décrits avec une exactitude 
plus grande que celle à laquelle on avait atteint jus* 
qu'à nos jours. Les dimensions du cristallin humain 
et du cristallin d*un grand nombre d'animaux , sont 
données , par l'auteur , dans deux tables qu'il a dres- 
sées, d'après les planches de l'ouvrage de Soemmerring 
fils^ intitulé : De oculorum hominis animaliumque 
sections horisontali. Deux autres tables donnent le 
rapport qui existe entre l'axe et le diamètre de ce 
corps , chez l'homme et un certain nombre d'ani- 
maux , et sa densité comparée à celle des autres 
humeurs de l'œil. . 

La seconde dissertation, par Hessei^bàch , traite de 
la rétine et de la couronne ciliaire. £Ue est conte- 
nue dans un peu moins de deux pages , et ne donne 
que des détails déjà connus. 

La troisième traite du système du cristallin des 
mammifères et des oiseaux. L'auteur, Yalentin Lei— 
BLEiNUS , contredit quelques opinions de Dabrens , et 
descend comme lui dans les détails les plus minu- 
tieux sur la stucf ure du corps lenticulaire qui a été 
l'objet de ses recherches, n 

La quatrième dissertation physiologico-pitiholo- 
gique, sur la cornée et l'humeur aqueuse , est due 
à Aloysius Clément , de Francfort-sur-le-Mein. Son 
auteur a mis en ordre , avec un très-grand soin , 
toutes les connaissances que nous possédons sur ces 
deux parties importantes de l'organe de la vision;, 
tant dans l'état sain que dans l'état de maladie. Il a 



(137) 

fait graver deux figures , dont la première repré- 
sente une excroissance sinc^uliëre de la cornée , Scrîptore 

, - oi^lbaimo 

sur un œil de bœuf, donnée par Behreiys, au Musée i^ci. 

d'anatomie de Francfort. Lasecoiide représente des 
excroissances situées à la partie inférieure de la cor- 
née auxquelles adhèrent l'une et l'autre paupière. 

La cinquième dissertation est de Frédéric Jaegcr , 
médecin à Vienne. Elle a pour sujet l'usage de la 
keratonyxis ou abaissement du cristallin , en faisant 
pénétrer l'aiguille à travers la cornée. 

L'auteur, avant de donner son avis sur ce procédé 
opératoire» rapporte dix-neuf observations de cas 
daÀs lesquels il a été employé, en sa présence, -par 
Béer de Vienne. Voici lés cinq premières , les qua- 
torze autres présentent des non - succès , et des ré- 
sultats moins malheureux , dans des proportions à 
peu près semblables. 

Première obserpation. 

Un petit garçon , âgé de sept mois , était privé de 
la vue par deux cataractes : on introduisit l'aigmlle 
à travers la cornée. La capsule du cristallin fut ou- 
verte dans l'un des yeux, le 28 février 181 1. On ne 
remarqua ni inflammation ni diminution de l'opa- 
cité. Or recommença la même opération le i5 juillet 
suivant : le résultat fut le même. Au mois d'octobre 
de la même année , on porta l'aiguille en tous sens ' 
dans le cristallin , afin de le diviser d'autant plus* 
Cette manœuvre fut suivie d'une inflamimation lé- 
gère, après la disparition de laquelle la pupille parut 
plus blanche ; au mois de mai 1819 , quatrième opé- 
ration , on trouva la cataracte plus dure , résistant 
à l'aiguille , et auk efforts que l'on fit pour l'abaisser. 



( i58 ) 

Apres la disparition d'une inflammation peu înteils^ 
Scriptorcs.qne ces tentatatiyes eiLcitërent , on trouva ta càta- 
met,' fâole remônftëe derrière ta pxrpille. Quatre mois aprës 

Vital de l'œil était le même. 

•".'•■• ■ ■ • . 

Deuxième observation. 

" tJa|eane gâr^^n , âge de quatorze ans , dont Toeil 
drràt s'obscurcissait graduellement, avait uite cata- 
racte k l'œil gàùche, que l'oti s'efforça eu vain d'abat- 
Ire , le 4 mai i8i i , et qui tëïûontà sa^s ces!^è. On la 
Brisa y dans l'espoir que ses débris seraient àbsor&és. 
Elle disparut en effet ^ mais fut réniplacéé par Hue 
lyuipfae concrète , produite pat une sorte d'exsiidà— 
lion y Résultat d'une inflammation qui ù'avait àéèé 
-qa'av^ peine aux moyeiis employés p6tir la tùtii^ 
•battre; . • 

Troisième observation. 

Un enfant du même âge avait deux cataractes cen- 
trale; il ne pouvait marcher qu'avec l'aide â'un 
cbfiducieùr* cependant il distinguait des objets, nfiéme 
assez ]|»etits, lorsqu'ils étaient placés coiivehablén&eikt 
et foirt près de ses ;i^èiix ; il pouvait un peti lire et 
'^^riré avec difficulté. Dans ce ca»^ dn comptait beàu- 
eoÉpsùr la 'kératonyxis : là prifmièr« tentàtite fut 
farte le'^1 mat iSii ; «lie ti'ént point de sutdës, les 
tstttaraetés remontant à la manière d'an ressort cbm* 
pritiiéi Persuadé que la cause était 'Jlhe adhérence 
dé chaque cdpsule avec les f^a^ties inférieures da 
glbb^ y on se décida , après de vains efforts , teiitéis 
pottr détruire ceis adhérences , à confier les céXA^ 
ractés à l'absorption. L'inflammation qui Horvitlt fut 
fociléfà^iàt di^^if^e n ihail les tfltarâctelB avaient ac-- 



( iSg ) 

quis âe l'étenclue, et ta vision était plus gênée. L'opé- 
ration fut renouvelée trois mois après ^ mais là ca- -Seriptbre» 
taracte, alors compliquée de Topacité de la capsule, opljthaimo^-! 
et cbinplétemént forùiée , ne put pas être autant 
abaissée que lors de la première opération ^ et n'ad- 
mit plus l'àiguillë destinée à la briser. Après la dis- 
parition d^une inflammation . qui dura plusieurs 
semaines, oh remarqua dans l'œil gauche que le cris- , 
tallin , absorbé , avait 4aissé dans la pupille sa èap- 
sule opaque. L'œil drôii ne préseiita aucun change- 
ment. Un an après, le jeune malade étant revenu k 
Vîèhné , on trouva dans cet œil la pupille entièire- 
mènt obstruée par le cristallin opaque ainsi que sa 
capsule. La chambre antérieure de l'œil était aug- 
mentée d'étendue ; lé globe était variqueux , et ce- 
pendant ii'était point insensible à l'impression de ta 
liiniière '; l'œil gaiichè était à peu près privé de la 
faculté dé distinguer les objets, par une opacité qui 
paraissait âSsez éloignée dé la jpupille. 

Quatrième obsert^aiion. 

On ouvrit à trois réprises dinéren tes , tes 22 octo- 
bre, 27 novembre et 19 décembre ï8ii , la capsule 
de chaque cristallin opaque et ramolli , chez une 
petite fille de six mois : on n'obtint aucune résorp- 
tion ; il n'y èiit point d'inflammation. 

î) ■•' 

Cinquième observation. 

Celle-ci présente enfin un résultat heureux. La 
vouve Esquer, âgée de cinquante ans, d'une forte 
constitution, avait eu l'œil droit détruit, k la suite 
de l'extraction de la cataracte : l'œil gauche était 
cataracte. Le cristallin opaque fut récliné par la 



C i4« ) 

cornée, le lo mai 1811 ; aussitôt la pupille parut 



Ser^tores nette , et )a vision fat distincte. A la vérité y trois 
y|n» aiftf^ jours après , la cataracte reparut à moitié ; mais 
ajant été absorbée en quatorze jours , la vue fat 
rétablie. 

L'auteur infère des observations qu'il a recueillies, 
que Ton a trop vanté la kératonjxis , mais qu'elle 
mérite de prendre place auprès de l'extraction et de 
la dépression de la cataracte , à cause de sa simpli- 
cité et du peu de douleur qu'elle excite. 

En lisant avec attention ces dix-neuf observations, 
on est tenté d'en tirer au contraire la conséquence 
que cette métbode tombera bientôt dans l'oubli , au- 
quel elle est évidemment destinée. 

La sixième dissertation, contenue dans ce pre— 
mier volume , est due au docteur Hospius. , Ellle 
traite du trichiaais et de Vectropium, Le but prin- 
cipal de l'auteur est de prouver , par trois observa- 
tions , dont le résultat fut beureux , que le meilleur 
traitement de la maladie dans laquelle les cils frot- 
tent et irritent la conjonctive , est l'opération ima- 
ginée par le docteur Jaeger, auteur de la dissertation 
précédente. Dans les trois observations qu'il rapporte, 
il a vu cet babile médecin enlever, avec la dextérité 
qui le distingue, la marge de la paupière malade ^ 
avec les cils dont la direction était vicieuse. 



(#4. ) 

Deuxième notice bibliographique sur Va- 
nagramme du nom d'un médecin. 

On trouve dans le tome 67 , page 419» du Journal 
général de Médecine y publie par la Société de méde- mg°*^"!^' 
cine de Paris , une note sur l'anagramme du nom de 
ScHURiGius , mise dans un nouveau titre de l'un des 
ouvrages de ce médecin {Sialolngia'jt^e hasard m'en a 
fait trouver une pareille, pour un autre ouvrage du 
mémb auteur: je crois devoir l'indiquer aussi, pour 
faire suite à la première. 

Voici le titre exact de l'exeuiplaire primaire : CAy- 
lologia historico-medica //. e, chyli humani , sit^ 
succi hominis nulritii , conaideratio phyaico'-medico^ 
forensis , quâ appetitus ni'mn et voracitatis , rerwn . . 
haud eaculentarum conciipUcentiœ^ nàuseœ et inediœ 
diuturnœ , cultrivororum , vitrivororum , veneniporO" 
riùn et pyrophagorum exempta recenseritùr , farrago 
rerum p, n, in ventriùulo et intestinis latitaniiumaut 
vomitu rejectarum sïippeditatur ^ homerdœ reiôlutio 
chynâca , cum usa rnedico et magico ostenditur'j an" 
nexis quœstionibus medico^fbrenaïbué 'et indicé lô'cit- 
pletissimo , autore D.* Martine ScvvKiGiol physiào 
Dresdensi. Dresdœ^ surhptibùs Joh. Ghristôph. Zim- 
mermanni, et Joh. Nicolai Gerlachii. Anno MDêCxxv, 
in-4' » de '4 feuillets liminaires, 912 pages* dé texte 
et 24 feuillets pour les index et le corrigenda. ' ' 

Dans l'exemplaire anàgratùStoatisé dti'lit': D.Mar-^ 
tini GuRiscRii' tractatus historico^medicus de 'chilo 
humano , aive succo hominiê nutritio , quo .... V". . ... 
Lipaiœ y sumptibua Mauritii Georgi'Wiedmannî , 



!4J) 

elect. 



c 

sac, reg. Pol. maj, ac elecê. Saxuniœ bibliopolœ. 
Anagram- Armo xoccx^ , in-i» de i feuillet» lîiàînftires , 
912 pi9gçs de texte »e|: S|6 fe^aillets pour ie^ îhc^at et 
le corrigenda. 

On s'est borné , dans ce dernier , à réimprin^^ le 
titre y avec les cbangèmens qu'on vient de lire ^. et la 
' préface: et à la fin , les deux, derniers feuillets çlcs 
index et le corrigenda y qui, dans l'exeçipLair^. jd« 
173^5 , sont impriipéseq caractère petijb-roqi^iQ , Je 
corrigenda étant au bas du verso, du dernier fe,i|illçt, 
tân(fi8 que dans ceux de i^SOf.îls sont du mêfne 
caractère que les autres feuillets des index, et çn for- 
nient quatre, le corrigenda étant isolé sur le qua- 
trième feuillet. Au surplus , ce corrigenda , qipi ae 
va que jusqu'à la page 3oo , dans l'e3;emplairç .de 
1725, est absolument semblable, jusque-là, dans les 
deux exemplaires, et se continue dans celui de 'i73o« 
jusqu'à la fin,, ce qui est une espèce d'avantage pçtor 
celui-ci ; mais ce qui prpuve bien que ce n'est mei^e 
pas une. simple réimpression. 

La seule différence que jf rçmar^que enfre l^^f^iix 
exemplaires, c'est que celui de 1726 est sur papier 
j)lu|>^ ^Ij^P 9 . plp^, ^prjt ^V co\\é , ce qui n'e^t pa^ fré- 
quent aux ouvrages impriipiés en Allemagne, e\, ce 
que je p'ai trouvé à aucun des autres dç» Schui^igiu.s ; 
peut-être ^ep a-t-il été tiré quelquesir;U]is dp çelijuj-çi 
.^ /ce. papier. Il.çst, par conséquent ^ pluç volami- 

' U pfifait qije le libraire ^i^t^n^T^j^ ét^it,.jcfnitu- 
mier du fait , puisque c'est à lui que jl'ox^ àpîf, d^à 
l'anagramme de la Sialologia : j'ignore si 4'f^tres 
traités du ^èaye auteur , P^r?»» Içsqoçjs la Chylplq-^ 



0*5) 

gia n'esl pas un des moms repiiarquable^ , put eu le 

même sort (i). - Anagram- 

me 
Au surplus, GuRiscH, qui n'eslt indiqué, ni çon^me 

auteur , ni coroncic ai^agramme 4e Scau.RiG , par 
aucun des bibliographes que j'ai cites dai^s ma pre- 
mière notice, ne l'est pas non plus d^ns le Dictionr 
naire de médecine de l'Encyclopédie méthodique , pi 
dans la Biographie du Dictionnaire des Sciences 
médicales. Il est bon d'en avoir note pour les hiQr 
graphes à venir. 

HuZARD përe. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Tableaux synoptiques. cTanatomie physiologique , 
dressés d'après une nouvelle nomenclature , et ac- 
compagnés de mémoires explicatifs; par Laurent» 
docteur en médecine de la Faculté de Paris , prqfes'- 
seur d'anatomie et de physiologie à l'École de m^dç- 
cine du port de Toulon. Vingt tableaux et autant de 
mémoires explicatifs formeront l'ouvrage complet, 



(i) On trouve réunies dans ce yolumineuic tr^i^ de ngia^ 
breuses observations ou histoires de poljpbages ou omni- 
vores , dont nous avons vu quelques exemples de nosjoi|rs^ 
avalant des lames de couteau , de sabre , mangeant du 
verre , des pierres , du feu , etc. ; qui prouvaient , îi y a 
déjà au moins un siècle , que le verre pilé n'est pas un poi- 
son, puisque, avalé en morceaux, même assez gros,îl 
n'occasionne pas toujours des accidens. 



qoi paraît par liyraûoos , de quarante en quarante 
|^?^*<V*- jours, à partir in aS octobre 1826. Chaqae tableau, 
imprimé par M. Firmin Didot , in piano , sur papier 
grand -raisin satiné , et le mémoire à l'appui , de deor. 
à quatre feuilles d'impression in-8<^ , composeront 
une livraison. La première est en trente : prix de cha- 
que livraison , i fr. 75 c. , et 2 fr. pour les nen-sous- 
cripteurs^ à Paris, chez Crevot, libraire, rue de 
l'Ecole-de-Médecine , n". 3, près celle de la Harpe , 
à Toulon , chez Laurent, libraire , et à Bruxelles , an 
dép6t général de la librairie médicale française. 

Pour paraître incessamment , chez mademoiselle 
Delauuay , Gabon , etc. , en deux livraisons , Du 
danger des inhumations et autopsies précipitées^ 
avec des notes sur l'ensevelissement et la mise au cer- 
cueil , suivies d'un nouveau plan de règlement ; par 
Belomet , D. M. P. 

Coup' d'oeil sur les maladies les plus importantes 
aui régnent dans une des îles les plus célèbres de la 
Gr€t:e^ ou topographie médicale de l'ile de Leucade 
00 Sainte-Maure; par Alph. Ferbara, docteur en 
philosophie et en médecine, etc.; a Paris, ches 
Croullebois et Crévot. 



Avis. MM. les Souscripteurs qui n'ont pas encore 
versé le prix de leur abonnement pour 1826 sont priés 
de le faire tenir à M. Baillière , libraire , rue de l'É- 
cole-de-Médecine, n®. i3 bis ^ lequel est chargé de 
l'expédition du Journal général de médecine^ que 
'jai d& retirer des mains de l'ancien libraire. 

Le Rédacteur. 



mort 



MÉMOIRE SUR CETTE QUESTION: 
F" a-t-il des signes propres à faire confiât- 

m 

tre si l^ enfant est mort ou çwant dans 
le sein maternel^ au moment de l^fic^ 

couchement; 

\ ■ 

Par M. Gasc, associé national à Tonneios* 



( Séance du 3 mars 1826. ) 

Une pareille queslion serait sans doute 
oiseuse, si fous les accouchemens avaient _^J^^^ 
lieu par les seules ^forces de la nature, on 
qu'il fût possible de les terminer avec la main 
seule ou armée du forceps; mais tous les pra- 
ticiens savent qu il se présente malheureuse- 
ment quelquefois des cas où il faut, pour 
parvenir à ce but, porter sur Fenfant, si on 
le présume mort , des instrumens propres à 
le mutiler; ou, dans le cas contraire, sou- 
mettre la mère à une opération au moins très- 
dangereuse. Dans une pareille circonstance, 
où les connaissances acquises de Part n'ont 
pu, ju:.qu'à ce jour, nous fixer positive» 
ment sur Tétat actuel du fœtus, quelle sera 
la conduite de l'accoucheur? Agira-t-îlsur 
Tenfant , parce que ce dernier sera privé .de 

T. 97 de la Col. 36' d^lark^ Sér. Noçemb. I G 







6n pane 'jnll arurt raitf a ia 

wiHii a^aar et ç^ewistaî e t r-t ^val y oa pasn 

qnu^ TcA ne :ientir^ ^.icr-mB poiasHba «r eoc- 

f Tei âTir U ciuêre« ea rabaeTïoe de ca 

Uat»f ccaa qoe fexpérieoce s'a qor ttpop 
jourreol démunit»? 

L^OA me defuknd^ra , sans dcafe, â je TicBS 
répondre à loai» ces qoestiocu^ et défndre 
par ce morefi le doote et Fincertitiide qui 
eXMieot en pareil cas? Hélas! aoa; je nsd, 
m ne po» avoir cetlp préf^ciîoa: je TÎeos aa 
cx>DtTaift présenter quelques obserratioiis 
que lua focimies'ina pratiqoe, poor prëmmiir 
les leones praticiens contre des dgnes qui ne 
méritent pas toojonrs notre confiance ^ et qui 
pourraient par conséquent les exposer à des 
méprises funestes , si jamais ils étaient appe- 
léi pour terminer de pareils acconchemens. 
Que n^a point , en effet, à craindre rhomme 
de Fart^ encore peu versé dans la pratique, 
diapré)» les accidens arrivés à des praticiens 
aussi instruits que de La Motte et Devbn- 
TEli (i)?Si deux hommes aussi célèbres se 
■ t 

(1) Le premier dit ( obserp. 107'. ) avoir arraché , 



( i47 ) 

sont trompée, peut -on être bien rassuré sur 
le prognostic qu'on doit porter? Je sais qu'on mort, 
dira que depuis cette époque l'art a fait de 
grands progrès vers sa perfection, et qu'il 
s'est enrichi d'un très-grand nombre de faits 
pratiques qui ont dû en reculer les bornes. 
. Cela est généralement vrai, mais non p£6 
pour le point de doctrine qui nous occupe ; 
car il est encore enveloppé d'épaisses ténè- 
bres : ce qnî a fait dire au célèbre Baude- 
LOCIJUE que , « quand la mort de Tènfant 
est récente, et que la putréfaction n'est point 
avancée, on doit toujours craindre de se 
tromper. Combien de fois, dit-il, après des 
apparences assez bien fondées, n'a-t-on pas 
entendu des gémissemens douloureux dô Ton- 
fant qu'on venait d'arracher du sein de la 
mère par un procédé barbare ! » Ce passage 
doit nous avertir d'être prudens et très-réser- 
vés sur le diagnostic que nous devons porter 
dans une pareille circonstance, et, par con- 
séquent, sur les moyens à mettre en usage. 
Si la religion et l'humanité nous font un 
devoir et même une loi de respecter les jours 



presque en lambeaux , deux enfans pleins de vie; et 
le second avoue quelle fut sa surprise, lorsqu'il en- 
tendit les cris de la victime -qu'il venait de mutiler. 



Enfant 



mort. 



( 148 ) 

d^uo être que nous ne connaissons pas en- 
core^ elles nous commandent , à plus forte 
raison y de protéger et de conserver ceux 
d'un être aussi intéressant pour la société, 
qu'une femme, qu'une épouse chérie et 
qu'une tendre mère, en n'opérant sur elle 
qu'autant qu il nous serait évidemment dé- 
montré que l'enfant vit. Car, s'il est impor- 
tant pour ce dernier de n'être point sacrifié , 
il ne l'est pas moins pour la mère qu'eu ne 
considère pas comme vivant celui qui est 
déjà mort. On peut voir les suites funestes 
de cette méprise dans le troisième volume 
des Mémoires de Vj^cadémie royale de 
Chirurgie y e\ dans le cinquième volume du 
Journal général de Médecine. 

D'dprès ces considérations, nous croyons 
devoir dire , dans l'intérêt des mères qui ont 
le malheur de se trouver dans une pareille 
position , que les mouvemens que quelques- 
unes disent ressentir ne sont pas toujours des 
signes certains de la vie des enfans, puisque 
plusieurs femmes ont cru les ressentir , quoi- 
qu'elles ne fussent même pas grosses. Ces 
mouvemens, dît M. Girard {Journal gé- 
néral de Médecine , ^. 54) , ne sont qu^ima- 
ginaires et nerveux, et dépendent d'une af- 
fection hystérique. J'ai eu occasion de voir 



( M9 > 

plusieurs fois ^ dans ma pratique , des femmes s 
qui , se persuadant qu'elles étaient enceintes, 
dîsaienr^eufir ces mouvemens frès-distîncté- 
raent; j'en ai vu une , surtout, dont Tillusion 
dura jusqu'à la fin du ferme ordinaire de la 
gestation , et qui avait tout préparé pour rece- 
voir l'enfant. Ceci ne doit paraître ni extraor- 
dinaire ni nouveau , puisque Hn?POCRATE dît : 
t( Il y a des femmes qui se croient grosses sans 
l'être, et leur erreur persévère pendant plu- 
sieurs mois. Les règles disparaissent, le ven- 
tre grossit, et elles sentent des mouvemens. >i 
Si la femme qui n'est point grosse, mais 
qui croit l'être, éproove et ressent des moû^ 
vemens comme ceux d'un enfant vivant, 
pourquoi celle- qui en porte un, mais mort, 
ne pourrait-elle pas se méprendre, en pre- 
nant pour les mouvemens quelques^ ballotte- 
mens du fœtus nageant dans les eaux? En voici 
quelques exemples. Madame G., habitante de 
Tonneins, à terme de sa septième grossesise, 
souffrait depuis quatre jours des douleurs de 
Tenfantement. Appelé auprès d'elle par i;n 
de mes confrères, je terminai l'accouche- 
ment d'un enfant hydrocéphale complète- 
ment putréfié. La mère nous soutint cepen- 
dant l'avoir senti remuer très-distintemenf et 
avec force pendant la durée, du traVail : ce 



Enfant 
mort. 



( .5o) 

qui BOUS parut impossible, va réfat de dé-: 
composition da cadavre. Chez une antre 
dame , à terme de sa première grossesse , je 
fus obligé de terminer Faccouchement pen- 
dant une forte attaque de convulsions. Quoi- 
que Tenfant me parût mort depuis plusieurs 
jours, puisque son corps était d'un violet 
presque brun et que Tépiderme sVnlevait 
partout, cette dame mVssura néanmoins 
qu^elle Tavait senti remuer comuie à Tordi- 
naire et avec force, peu de temps avant Pat- 
taque des convulsions. 

Ces observations, et un grand nombre d^au- 
très que nous aurons occasion de rapporter 
dans ce mémoire, nous prouvent combien 
raccouchenr doit être prudent et se tenir sur 
ses gardes ;^ et combien il est quelquefois bien 
difficile de porter un juste diagnostic sur la 
mort deTenfant, comme sur sa vie. 

Les signes indiqués par les auteurs, pour 
nous fixer sur la vie ou la mort de Tenfant , 
encore renfermé dans le sein (naternel , sont 
en très-grand nombre : les uns lui sont pro- 
pres, et les autres régardent la mère. Nous 
ne parlerons dans ce mémoire que de ceux 
que nou^ avons eu occasion d'observer 
dans notre pratique : tels sont chez le pre- 
miefr^ i*" la cessation de ses mouvemens; 



( i5i ) 

dl" révacuafion da méconium pendant le tra- 
vail, lorsque l'enfant présente toute autre morL*" 
partie que les fesses; 3* le défaut des pulsa- 
tions du cordon ombilical et son refroidisse- 
ment; 4* la putréfaction et la séparation du 
cuir chevelu : et chez la mère, i** l'évacua- 
tion prématurée des eaux de Famnios ; 
•2° celle de quelque écoulement foetide par le 
vagin; 3** la lenteur et la faiblesse des dou- 
leurs; ^ le ballottement incommode dans la 
ventre, et un sentiment dé pesanteur du côté 
sur lequel la femme se couche. 

_ I 

D'après le plan qui vient d'être exposé, ce 
mémoire sera naturellement divisé en trois 
articles : dans le premier nous exposerons les 
signes qui appartiennent à l'enfant; dans le 
second ceux qu'on remarque chez la mère ; 
et la conclusion fera Je sujet du troisième. 

ARTICLE PREMIER. 
DES SIGNES QUI APPARTIENNENT A L'ENFANT 

De la cessation des mouuemens du fœtus. 

Quoique ce signe ait été regardé par la 
plupart des auteurs comme un des plus po- 
sitifs de la mort de l'enfant ^ je pense cepen* 



^ i5a ) 

dapt qne, pris séparémenf, il est trèd-incer^ 
m^* tain, puisqu'il a quelquefois, comme noii«s 
TavoDs va, indait à erreur des hommes dn 
plus grand mérite; et quelques observations 
qui me sont propres prouvent encore le peu 
de confiance qu'*on doit lui accorder. Il De 
peut donc éclairer Tacconcheur, ni sur le 
diagnostic qu^ii doit porter, ni ie guider par 
conséquent sur la conduite quMI doit tenir. 
Ma pratique ne m''a encore fourni aucune 
observation sur l'absence absolue des mou— 
vemens de l'enfant pendant tout le temps 
de la gestation ; mais on «n trouve plusieurs 
exemples dans les auteurs praticiens, tels que 
DE La Motte , Smellie et autres. Le pre- 
mier (Obs. io8) rapporte qu'une femme 
qui avait eu ses règleis les deux premiers 
mois de sa grossesse, accoucha au neuvième 
mois d^Hie fille, bien portante, quoiqu'elle 
n'eût jamais, dit-elle, ressenti le moindre 
mouvement de cet enfant. Le second fut con- 
sulté "par une femme , au septième mois de sa 
grossesse, qui le priait de remédier à la sup- 
pression de ses règles, l'assurant qu'elle qe 
pouvait être enceinte , puisqu'elle n'avait ja- 
mais senti remuer son enfant. Quelque temps 
apçès, c.et auteur fut appelé auprès de cette 
femme pour la secoqrir dans une prétendue 



( i53 ) 

colique, qui se termina par la sortie d'un en- 
fant plein de vie , dont les premiers cris firent Eufant 
enfin croire à cette femme qo'^elle avait été 
effectivement grosse, (Tom. 2. p. 6S.) 

Si , dans un pareil cas, il fallait opérer sur 
!a mère ou sur Tenfant, pourrait-on regarder 
Tabsence des mouvemens pendant tout le 
temps de la gestation comme un signe de 
mort du dernier? Lejs observations que je 
viens de rapporter nous prouvent le contrai- 
re. II arrive cependant quelquefois que la 
femme qui n'a point senti, ou qui a cessé de 
sentir depuis quelque temps les mouvemens 
ordinaires, accouche d'un enfant mort. D'a- 
près cela, ce signe est donc très -équivoque 
et bien propre à nous induire en erreur. 
Voici quelques observations qui me sont 
propres, qui m'ont prouvé que la cessation 
des mouvemens du fœtus, depuis plus ou 
moins long-temps, n'était pas toujours un si- 
gne positif de la mort de ce dernier. 

Première obseri^ation. Le 5 décembre 
1801 , je fus appelé dans la nuit auprès de 
la femme R. à terme de sa première gros- 
sesse, souffrant depuis environ dix - huit 
heures, et atteinte par intet'valles depuis six 
de convulsions tétaniques violentes. Dans an 
moment lucide, cette femme me témoigna 



.(i54)' 

des regrets sur la perfe de son enfant qu'elle 
mort/" croyait mort, parce qu'elle nWait senti de- 
puis quatre jours aucun de ses mouvemeus, 
qui étaient très-sensibles auparavant. Les 
convulsions continuant et menaçant les jours 
de cette malheureuse mère, les eaux de ram- 
nios étant évacuées depuis la première dou- 
leur, la tête du fœtus étant immobile depuis 
quelque temps dans Texcavation du bassin, 
je me décidai de terminer raccouchement au 
moyen du forceps, et j'amenai un garçon 
vivant et bien portant. Les convulsions ces- 
sèrent de suite, et la femme fut bientôt re- 
mise. 

Deuxième obserçation. Je fus appelé 
auprès de madame de B..., le i8 août i8i3, 
à une heure après minuit. Cette dame, à terme 
de sa première grossesse, souffrait depuis en- 
viron cinq heures. Je la trouvai très-inquiète 
sur le sort de son enfant, dont elle ne res- 
sentait plus les mouveraens depuis quatre 
jours; mais elle éprouvait à la place celui 
que produirait un corps qui, après s'être bien 
gonflé , s'affaisserait tout à coup. A deux heu- 
res après minuit, à la suite d'une forte dou- 
leur, les membranes se rompirent, les eaux 
de l'amnios s'évacuèrent, et il sortit avec elles 
beaucoup dé méconium pendant le travail. 






( i55 ) 

Âpres coUe rupture cherchant à reconnaître 
la position de Tenfant, je trouvai la hanche n^ort. 
gauche à l'orifice ulérin el une anse, du cor- 
don privée de pulsations. Celte position re- 
connue, et toul étant bien disposé pour Tac- 
couchement, je le terminai par version , et ^ 

i^amenai un enfant bien portant^ mais as- 
phyxié, qui fut bientôt rappelé à la vie par 
les secours ordinaires. 

Troisième ob&erçation. Madame de L..., 
grosse pour la septième fois , avait conçu 
pendant la durée d'une maladie chronique , 
qui Tavait conduite à un état de marasme. 
Cette dame ne se doutait nullement d^être 
grosse , lorsqu'elle vit son ventre s'élever et, 
qu'elle ressentit, vers le milieu du mois d'à* 
vril de 1807, quelques légers m'ouvemens 
d'un enfant. Ces mouvemens presque insen- 
sibles se soutinrent jusqu'au 14 juillet sui- 
vant, jour où elle perdit tout à coup et sans 
douleurs les eaux de l'amnios , et en si grande 
quantité qu'elle inonda le parquet de son 
appartement. Ces eaux étaient très-chargées 
de méconium ; peu de* moment après cette 
dame ressentit quelques douleurs, mais qui 
cessèrent presque aussitôt ju^u'au 4 septem- 
bre. Depuis la perte des eaux jusqu'à Tac- 
côuchement, qui eut lieu naturellement le 5 



( '56 ) 
dudit mois de septembre . cette femme ne 

EofaDt 

mort. ressentit absolument aucun mouvement de 
Fenfant. Les eaux qui continuèrent de suin- 
ter depuis la rupture des membranes , paru- 
rent vers la fin chargées de méconium par 
intervalles y et elles étaient, infectes. Je dois 
observer de pins que cette dame tomba de 
son lit à plat sur son ventre sur le parquet, 
le 20 juillet. Depuis cet accident soq ventre 
était flasque et mollasse;mâis iln^y avâfl point 
de ballottement. Malgré tous ces signes répu- 
tés mortels pour Penfant^ celui-ci naquit vi- 
vant et bien portant; ce qui surprit tous les 
assistans ainsi que moi^ qui m'attendais à re- 
cevoir un fœtus mort. La mère s'est très- 
bien rétablie. 

Si, dans le dernier cas surtout, que je 
viens de rapporter, il eût fallu pour termi- 
ner Paccouchement agir sur la mère ou sur 
Tenfant, je ne doute pas que, d'après tout 
ce que j'avais observé, on eût fait la moin- 
dre difficulté de sauver la mère aux dépens 
de son fruit. Quels regrets amers quand on 
aurait reconnu la méprise qui eût été corn- 
Inise ! 

Ce petit nombre d'observations, jointes à 
plusieurs autres qu'on trouve éparses dans 
les auteurs, nous paraît au moins suffisant 



( '57 ) 
pour prouver que le défaut des mouveraeiis 

, ,, « , . • !_• Enfant 

de renfant n est pa.s .toujours un signe bien ^^^^ 
certain de la mort de ce dernier. Mais si ce 
défaut a été précédé, comme je Tai quelque- 
fois observé dans ma pratique, par une ces- 
sation subite et immédiatement après que la 
femme en a ressenti de violons et d'extraor- 
dinaires, à la suite de quelque accident^ oti 
de quelque vive afiTection de Famé, ne serait- 
on pas plus certain de la mort du fœtus , sur- 
tout si cela était arrivé quelque temps avant 
la fin de la grossesse ? C^est ce que me sem- 
blent au moins prouver quelques observations 
qui me sont propres. 

Quatrième obserçation. Madame de V... , 
d'un tempérament éminemmentnerveux, très- 
sensible et très-irritabfe , d'une taille moyenne 
et bien conformée > a éprouvé, dans l'espace 
d'environ douze ans, cinq accouchemens pré- 
maturés, et toujours d'enfans morts. Ces accî- 
dens ont toujours eu lieu au sept où huitième 
mois de la grossesse. Je n'entrerai pas ici dans 
un grand détail des causes; je dirai seulement 
qu'au huitième mois de sa troisième gros- 
sesse, cette dame accoucha naturellement, 
comme aux deux précédentes, d'un enfant 
mort. Je crus ne pouvoir attribuer la cause 
de cet accident qu'à une course un peu for- 



( i58 ) . 
cée , que cette femme avait faite dans Taprès 
raort!""'™^^ du jour précédent, où elle fut ui> peu 
efiFrayée par un chien qu'elle croyait disposé 
à se jeter sur elle. Elle fut très-agitée la nuit 
suivante, et ressentît à plusieurs reprises des 
mouvemens violens et extraordinaires de 
l'enfant. Depuis cette époque jusqu'au jour 
suivant, jour de Taccouchement , cette dama 
n'en ressentit plus aucun. 

Environ deux ans aprè», cette même femme 
éprouva un semblable accident, au septième 
mois de sa grossesse, à la suite d'une vive 
impression qu'elle reçut le 3 avril. Depuis ce 
jour jusqu'au 7, diminution dans les mou- 
vemens de l'enfant; ce qui la chagrina beau- 
coup. Réapparition des mouvemens presque 
ordinaires le 8 jusqu'au 12, qu'elle ressentit 
dans son lit à peu près les mêmes mouve- 
meus qu'elle avait éprouvés, cinq jours avant 
l'accouchement précédent; mais, depuis ce 
moment jusqu'au 2 mai qu'elle fut délivrée 
d'un enfant mort, elle ne le sentit plus. 

Cinquième observation. Le 8 juillet 1824, 
madame D*.., à terme de sa quatrième gros- 
sesse, auprès de laquelle je fus appelé par un 
de mes confrères , avait commencé a ressen» 
tir les premières douleurs de l'enfantement 
la veille, et l'accouchement se termina na- 



( iSg ) 
tutellement d'un enfant mort depuis quelque 

Enfant 
temps. mort. 

Vers le huitième mois de la grossesse, cette 
dame assista à un bal de nuit , dans une mai- 
son particulière, où il y avait beaucoup.de 
monde^ et où il y faisait très -chaud. Bien 
qu'elle se sentît incommodée, elle eut, on 
peut le dire , Timprudence de rester encore 
quelque temps dans une salle où l'air était si 
raréfié qu'elle y fut presque asphyxiée. Dans 
le même instant^ son enfant fît sentir des 
mouvemens violens et répétés , et ce fut alors 
seulement que cette dame se retira. Elle fut 
agitée toute la nuit, et l'enfant fit encore 
sentir à plusieurs reprises de$ moiivemens 
comme les premiers; mais ce furent les der- 
niers. 

Malgré cet accident, cette dame n'éprouva 
pendant tout le reste du temps de la grossesse 
aucun changement dans sa physionomie, et' 
continua à se bien porter jusqu'à l'accouche- 
ment, qui n'eut lieu que six semaines après. 
Son sommeil, son appétit, son pouls étaient 
comme dans la meilleure santé; son ventre 
était bien placé; point de ballottemens. Cette 
femme ressentit comme celle de la seconde 
observation , depuis la cessation des moa-> 
vemens de l'enfant, uin corps qui se gonflait 



( i6o ) 

jiMssH^ dans son ventre et qui s^affaîssait ensuite tout- 
EnfaDt à-coup; mais Tune accoucha d'un enfant vî- 
vant, et 1 autre d un enfant mort. 

Ne pourrait- ou pas conclure d'après ces 
observations , et d'après uue antre rapportée 
par Levret, dont nous parlerons plus bas, 
que les mouvemens violens que l'enfant fait 
ressentir à la mère, et pour la dernière fois , 
ne peuvent être autre chose que des convul- 
sions qui lui sont particulières et qui terminent 
ses jours? Mais cela arrive-t-il foutes les fois 
que Tenfant éprouve cet accident ? Cela n^est 
pas encore bien démontré. Il serait donc bien 
essentiel pour la mère qu'on pût déterminer 
par l'observation si l'enfant est toujours vic- 
time de pareils mouvemens ^ pour ne pas re- 
courir, dans l'impossibilité physique de l'ac- 
couchement , à l'opération césarienne, qui 
serait au moins inutile dans le cas de mort du 
dernier. 

§ II. 

De r éi^acuation du méconium pendant 

le truimiL 

La pratique nous apprend que ce signe est 
aussi incertain que le précédent, puisque, mal- 
gré cet accident, il est venu au monde beau- 



( i6i ) 
coup d^enfans pleins de vie etde force. En ef- 
fet, pourquoi l'enfant ne pou(rrait-iI pasrendre ,no^[| 
le méconium dans le sein de la mère^ vivant 
comme mort? Deux causes, selon nous^ * 
peuvent occasîoner cette issue chez l'en- 
fant vivant : i**. la compression, lorsqu^il 
présente les fesses : dans ce cas, on n'a ja- 
mais regardé ce signe comme mortel ; 2^. le 
défaut d'action du sphincter de l'anus , qui ne 
peut s'opposer à la sortie de cette matière : 
ce dernier état, qui doit beaucoup ressembler 
à ce qui se passe à cette partie chez l'enfant 
mort , est vraisemblablement Punique cause 
qui permet l'issue du méconium chez celui 
qui vit encore. J'ai phisîeurs fois observé' 
ce signe chez des femmes dont les enfans 
étaient pleins de vie ; j'en aï déjà cité quel- 
ques exemples dans le paragraphe précé- 
dent , sur lesquels nous ne reviendrons pas. 
Sixième observation. Madame F..., de 
Tonneins,' femme forte, robuste, bien por- 
tante et bien conformée , à terme de sa pre- 
mière grossesse, souffrait depuis environ 

• 

soixante heures de douleurs de l'enfante- 
ment. Appelé auprès d'elle, je la trouvai ein 
proie à des douleurs très -violentes et pres- 
que continues. Les eaux s'étaient évacuées;- 
elles étaient infectes eff chargées de beaucoup ' 

T.g']delaC^.36'',dêlatk^.Sér. Noçefnb. II 



( i6i ) 

(]e méconium. L'enfant présfenfait la tête 
Enfant jgjjg |g première position , el elle était de- 

mort* *■ * . 

puis long-temps dans Texcavation du bassin. 
Tout étant bien préparé pour raccouchement, 
et la tête, malgré la violence des douleurs^ 
ne faisant aucnn progrès pour sa sortie, j.e 
terminai le travail avec le forceps, et j'ame-» 
nai un enfant vivant et bien portant. 

Je pourrais citer un plus*^ grand nombre 
^Inobservations , pour prouver que Tissue da 
méconium pendant le travail n^est pas tou^ 
jours un signe certain de la mort de l'enfant; 
mais celles déjà rapportées, jointes à la qua- 
torzième de ce mémoire , et à la troijs cent 
cinquante et unième^ qu^on trouve dans l'on- 
vrage de de Lâmotte, nous paraissent suf- 
fisantes. Ce signe est donc très-incertain, lors 
mêmequ'il est joint au défaut des mouvemens. 

§m. 

Du défaut de pulsations^ et du refroidisse^ 
ment du cordon ombilical. 

Le défaut des pulsations des artères ombi- 
licales peut avoir lieu par deux causes dif- 
férentes, ou par la mort de l'enfant, ou par 
la compression du cordon formé par ces vais* 
seaux. Cet état présente les plus grande^.dif- 
fieultés , et Taecôucheur est très-rembarriisffé 



( i65 ) 

pour porter son diagnostic > et pour se fixer 
sur la conduite qu'il doit tenir dans une cir- 
constance qui ne lui présente qu^ncerlitude; 
car s'il est difficile de juger de Tétat de Ten-» 
faut qui naît asphyxié, quoiqu'on TaJl sous 
les yeux, coraraent pourra-t-on se fixer sur 
la vie ou la mort de celui qui est encore ren- 
fermé dans le sein maternel, qu'on ne peut 
même souvent toucher que très-difficilemeat 
et quelquefois sur une très-petite surface? 

Dans le premier cas , la mort du sujet est 
toujours suivie de la cessation des pulsations 
des artères ombilicales. Dans cette hypothèse^ 
si le cordoQ est libre, mais au-dessus des 
parties qui se présentent à l'orifice , comment 
reconnaître cet état, avec la presque impos;* 
sibilité de parvenir jusqu'à lui^ lorsque l'o- 
vale supérieur ou les fesses se présentent à 
*- cet orifice? Mais supposons que Tenfant 
présente toute autre partie, qu'on. puisse y 
parvenir, et qu'on le trouve libre dans Tu- 
térus, et privé, comme nous l'avons dît, de 
pulsalîons: nous pensons qu'après cet exa- 
men Ton peut avoir de fortes présomptions 
sur la mort du fœtus, mais non encore une 
vraie certitude. 

Dans le second cas, cette corde vasculaîre 
étant compriipée entre les os du bassin et la 



Enfant 
mort. 




(.fi4) 

tèîe , on toafe autre partie de Fenfaiif , les ar* 
téres ombilicales ne peoveot plus faire sen- 
tir lears pulsations ^ d'où il doit résolfer, an 
bout d'on certain temps , nn état qu'on peot 
prencfre ponr une mort^ mais qui peut n*è- 
tre qu'apparente , et qu'on est conveon d'ap- 
peler asphyxie. Lorsque le cordon est corn- 
primé, il derance ordinairement la partie 
qui se présente à l'orifice , sans quoi on ne 
pourrait le topcher pour joger de son élaL 
Mais dans ce cas où les pulsations ne sont le 
pins souvent qu'interceptées et la vie suspen- 
due, peut- on toujours considérer Teofant 
comme mort et le traiter ainsi? Non, sans 
doute; puisque des observations firéqoentes 
font voir qu'il naît des en fans vivans , quoi- 
qu'on n'ait point senti des battemens aux ar- 
tères du cordon ombilical sorti. Ma pratique 
m'en a fourni plusieurs qui^ jointes à un 
grand nombre d'autres recueillies par des 
praticiens distingués , prouvent que ce signe 
n'est pas toujours mortel ; mais s'il ne l'est 
pas toujours , il peut donc l'être quelquefois, 
et voilà précisément ce qui embarrasse le pra- 
ticien , lorsqu'il est forcé d'agir sur la mère 
ou sur l'enfant. 

Septième observation. Le 3o juillet 1810, 
je fus appelé à deux lieues de mon domicile , 



( i65 ) 

auprès de madame de C.r.^ à terme de sa 
seconde grossesse : les douleurs furent Ion- moçi. 
eues et éloignées ce premier jour; maïs elles 
furent vives et rapprochées dans la matinée 
du 5i. Je pratiquai le toucher après la rup- 
ture des membranes, et je rencontrai à Tori- 
iîce utérin une anse du cordon ombilical com- 
primée sans pulsations, la main , Tavant-bras 
gauche et la partie latérale de la poitrine da 
même côt'é. J'opérai la version, et j^amenai un 
enfant asphyxié, auquel j^administrai les se- 
cours ordinaires; et ce ne fut qu'environ 
vingt minutes après qu'il donna quelque si- 
gne de vie. Les soins furent continués , et là 
vie se développa parfaitement. 

Huitième obserçation. Je fus appelé vers 
les onze heures du soir, le lo septembre 
1810, dans la commune de Feuillet, auprès 
d'une femme à terme de sa seconde gros- ' 
sesse. Cette femme soufiTrait depuis le matih^ 
et la sage-femme embarrassée demanda du 
secours. Rendu auprès de cette femme, je la 
touchai , et tout me parut bien préparé pour 
Taccouchement. Les membranes étant bien 
tendues pendant la douleur, j*eu fis l'ouver- 
ture; après cette opération je rencontrai à 
Porifice les fessés et une anse du cordon om- • 
bilicaL Je développai tes extrémités inférieu- 



Cx66) 

res,et je terminai raccouchement. Uenùint 
mwt!^*°^ naquit asphyxié. Son cordon qui avait été 
comprimé , surfout pendant le travail et sans 
pouvoir i'e'viter, était presque froid et sans 
pulsations. Cet enfant ne fut rappelé à la vie 
qu'au bout d'une heure. 

Neuvième observation» Madame de G..-, 
à terme de sa première grossesse , perdit tout 
k coup et sans douleur les eaux de Tamnios^ 
le lo janvier i8i3, vers les dix heur<»s du 
matin. Mais le travail ne se déclara que le 
l3 au matin. Cette journée se passa avec 
quelques douleurs très-éloignée.s; a mitiuit 
celles-ci furent vives et rapprochées. Le fœ- 
tus présentait le siège; et le cordon ombili- 
cal qui le précédait était comprimé, et ne 
faisait sentir aucune pulsation. L'enfant nie 
parut très-volumineux. Tout étant bien pré- 
paré pour l'accouchement j'opérai la version , 
et j'amenai un enfant mâle asphyxié^ qui fat 
asse2 promptement ramené à la vie. J'obser- 
verai de plus qu'il avait rendu beaucoup de 
méconium pendant toute la durée du travail. 
Je rappellerai ici la deuxième observation 
da ce ttiémoire, dans laquelle j'ai fait remar- 
quer que, quoique l'anse du cordon qni 
précédait les parties à l'orifice fût privée de 
pulsaiionsi et l'enfant ayant beaucoup perdu 



^ 



( 167 ) 

àe méconium, ce dernier vînt cependant vi^ 

, . ' • '^ Enfant 

vant et bien portant. n^ort. 

Qu'on ne pense pas cependant que je 
cherche à prouver par ces observations 
que le défaut de pulsations du cordon ombi-' 
h'cal , lorsqu^il est comprimé, ne soit jamais la 
cause de la mort de Penfant; je suis au con- . 
traire persuadé que cela doit avoir lieu, tou- 
tes les fois que cette compression est trop 
prolongée, ^ 

Il n'y a pas long^temps qu'on a proposé 
de faire une ligature sur ce cordon dans le 
cas où il e^\ comprimé, pour empêcher, 
dit-on, Tenfant de périr exsangue 9 ei pont 
pouvoir ensuite abandonnet quelquefois l'ac^ 
couchement aux soins de la nature. It mé 
parait d*abord bien difficile de décider à 
quel point existe le degré de compression , 
et s'il n'y a que la veine seule qui soit com-* 
primée. D'après cela , malgré tout le respect 
que j'ai pour l'auteur qui propose ce moyen, 
je pense que cette ligature ne devrait jamais 
être mise en usage, qu^aufant qu^on serait 
bien décidé de terminer Taccouchement le 
plus promptement possible; parce qu'en le 
livrant à lui-même il peut être retardé par 
mille circonstances imprévues, et mettre par. 
ce retard les jours, de l'enfant en danger. 



.( i68 ) 
Nous ne devons pas oublier que ce cordon 

Enfant ' ' . i . * « • 

mort. remplit des loncfions trop importantes^ pour 
^- que sa compression ou sa ligature ne soient 
pasmbrtelles ^ si lelles durent un certain temps : 
Jes observations suivantes en sont une preuve. 
Dixième observation. La femme G..., à 
terme de sa cinquième grossesse, souffrait de 
vives douleurs de Tenfantement , lorsque le 
hasard m'amena auprès d'elle , dans Taprès- 
midi du 4 mai 1808. Le toucher me fît dé- 
couvrir la tête de Tenfantun peu au-dessous 
du délroit abdominal dans la première posi- 
tion, La poche des eaux commençait à se 
iPormer,.et la rupture des membranes eut 
lieu vers les sept heures du soir; La têfe qui 
occupait pour lors l'excavation du bassin 
était précédée par une anse du cprdon , qui 
était comprimée entre cette partie etParcade 
du pubis, et que je ne pus déplacer pour la 
ramener sur Pun des côtés. Cette portion du 
cordon était chaude; niais je n'y pqs distin- 
guer aucune pulsation des artères ombilicales. 
Je conçus dès-lors des craintes pour Tenfant, 
qui jusque-là avait donne des signes de vie 
non équivoques ; et je me fusse décidé de 
terminer Taccouchement avec le forceps, si 
j^avais eu cet instrument à ma disposition. I^a 
tête resta environ une petite demi-heure à fran- 



( i69 ) 
chir le défro itpérînéal- L'enfant était mort, 
et tous mes soins furent inuliles pour le rap- 
peler à la vie. 

Onzième obserçation. La femme D,.., à 
ferme de sa première grossesse , ressentit les 
premières douleurs de Tenfantement, dans 
la matinée du 3 décembre lygS. Les eaux de 
Famnios s'écoulèrent le même Jour vers les six 
heures du soir , et je ne fus appelé que vers les 
neuf henres. A mon arrivée je pratiquai le 
toucher, et je trouvai la main droite de l'en- 
faut et une anse du cordon comprimée et 
sans pulsation hors de la vulve y et à l'orifice 
utérin la région latérale droite de la poitri- 
ne. Je terminai de suite l'accouchement d'un 
enfant mort, depuis peu de temps à ce qu'il 
me parut. 

Douzième observation. Le 5 janvier 
^795? cette même femme/ à terme de sa se- 
conde grossesse, commença à ressentir quel- 
ques douleurs accompagnées d'une petite 
perte. Ce ne fut que le 7 à huit heures du 
matin que je fus appelé. La rupture des 
membranes avait eu lieu, il y avait environ 
trois heures , et la perte avait augmenté de- 
puis ; elle était occasionée par le décolle- 
ment d'une portion du placenta implanté à 
l'orifice interne de l'utérus. Dans mes recher- 



Eofant 
mort. 



( «70 ) 
ches pour reconnaître la positioa de renfaat^ 
mort. J® rencontrai à la vulve la main droite 
et une anse du cordon, comprimée et 
privée de pulsation^, et à rorîfice utérin la 
région antérieure de la poitrine. Je refoulai 
le placenta sur le côté, et je terminai Taccou- 
chtnneut d'un enfant mort, vraisemblable:- 
ment depuis le commencement du travail. 

Treizième obsen^ation. Le i8 janvier 
1796, cette même femoxe, grosse pour la 
troisième fois, commença à souffrir vers les 
six bçures du matin; les eaux s'évacuèrent 
à buit, et je fus appelé à on^é. En touchant 
la femme pour m'assurer du travail , je trou- 
vai encore' une anse du cordon développée, 
, comprimée et sans battemens, et à Torifice 
la région latérale gauche de la poitrine. J'o* 
pérai la version, et j'amenai comme les. d^ux 
autres fois un enfant mort depuis peu. v 
, Quatorzième çbserçation. Enfin Je pre- 
mier octobre 1800, je fus encore appelé pour 
la quatrième foi^ aupris de cette malheu"* 
reuse femme, à terme de sa quatrième gros-^ 
sesse;;mais cette fqis-ci, au commencement 
du travail, pour éviter s'il était possible le 
malheur qju'elle avait éprouvé aux couches 
précédentes. De légères doulpurs avaient 
commencé à se faire ressentir l'avant-veille, 



( ^70 
et elle perdait un peu eu rouge depuis celle 
^poqi^e, prîncîpalniient pendant les don- xaf^xH, ' 
lenrs. Lorsque le travail fut bien d(!^claré, je 
jpratiquai le toucher : je trouvai les parties 
molles de la gone'Atîon bien préparées, et là 
perte qui avait lieu était entrelenue par le 
décollement partiel du placenta fixé à Tori- 
fice interne de futérus. Tout étant bien dis- 
posé pour Taccouchenient, je crus devoir 
percer les membranes pendant une douleur. 
Les eaux étant écoulées, je rencontrai à To- 
rîfice, au-dessus du placenta, la région la- 
térale gauche de la poitrine , précédée par 
une anse du cordon comprimée et privée de 
pulsations. J'opérai la version de suife, et j'a- 
menai un enfant vivant, quoiqu'il eût rendu 
beaucoup de méconium avant et pendant le 
travail. 

Si cette femme avait été secouru'e à temps, 
et qu'on eût terminé les autres accouchemens ^ 
dans un moment favorable, il est très-pro- 
bable qu'on aurait pu sauver les trois pre- 
miers enfans , comme le quatrième. Ces qua- 
tre observations sont peut-être uniques dans 
leur espèce. 

D'après les différentes observations que 
nous venons de rapporter, il parait au moins * 



( 17^ ) 
■s bien difficile de fixer le temps que peut du- 
/ in^,^°/*°' rer la compression du cordon, sans pccasio* 
ner la mort du sujet. Il se présente dope ici 
cette question : combien de temps Teni^ut 
peut-il survivre à la compression ou à la li-p- 
gature du cordon? J'avoue que cette ques- 
tion me paraît bien difficile à résoudre, et 
que tout ce qu'on peut dire de plus vrai- 
semblable, c'est qu'il ne peut y avoir de 
temps fixe pour cela. Mauriceàu a dit que 
l'enfant n'avait qu'un quart-d'heure à vivre; 
Deventer , Levret et autres ont remarqué 
qu'il serait très-difficile de déterminer d'unp 
manière bien précise combien peut durer la 
compression , sans occasioner la perte du su- 
jet. BicuAT est du même avis. . 

En résumant tout ce que nous venons de 
dire, nous pensons, avec la plupart des prar 
ticiens, qu'il est très-prudent , lors delà com- 
pression du cordon , de terminer l'accouche- 
ment le plus promptement possible. Cette 
doctrine nous paraît confirmée par l'obser- 
vation journalière, puisque celle-ci nous 
prouve que , toutes les fois qu'on a terminé 
l'accouchement de suite, par la version ou 
au moyen du forceps , l'on a presque tou- 
jours sauvé les enfans, et qu'on les a au con- 



( »75) 
iraire toujours perdus , lorsqu'on a livré Tac- 
couchement aux soins de la nature^ ou qu'on 
Fa terminé trop tard. 

Ma pratique m'a plusieurs fois démontré 
que le danger de la compression est de beau- 
coup augmenté par Pévâcuaf ion des eaux de 
Tamniosy parce que Tenfant^se trouvant pres- 
que à sec, est plus fortement embrassé et com- 
primé en tous sens par la matrice ; ce qui 
doit nécessairement augmenter le degré de 
compression qu'il exerce à son tour sur la 
portion du cordon (}ui se trouve comprise 
entre quelqu'une de ses parties et les os da 
bassin de la mère. 

D'après les faits que nous venons de rap* 
porter , et un grand nombre d'autres sem- 
blables^ ne peut-on pas conclure que la li*- 
gature qu'on propose doit être rèjetée toutes 
les fois qu'on ne pourra pas terminer faccou- 
chement de suite , ou qu'on n'y sera pas dé- 
cidé? Et dans ce cas même elle nous paraît 
au moins inutile, puisqu'elle ne peut préve- 
nir la mort du sujet. 



Enfant 
mort* 



Enfant § IVé 

mort. 

De la putréfaction de V enfant, et de la se- 
paration du cuir chevelu. 

, Nous comprenons ces depx signes dans l0 
même paragraphe, parce que la séparatioa 
du cuir chevelu ne peut avoir Heq que par la 
putréfaction, qui Jorsqu^elle existe et qu'elle 
est bien reconnue^ ne laisse aucun doute sur 
la mort de Tenfa^it. Mais comment reconnaf- 
. .tre cette putréfaction avant la naissance? A 
Ja couleur, dît-on. trouble et bourbeuse des 
eaux de l'amnios, et encore plus à la.mau- 
^raise odeur que ces^eaux exhalent. Nousver- 
rons plus bas quel degré der^onfîance mé- 
rite ce signe lorsqu'il e&\ seul. Il n'en est pas 
de même s'il a lieu lorsque la peau du fœtus 
est mollasse et flasque, et qu'on sent, pour 
ainsi dire , sous le doigt, une espèce de fluc- 
tuation pâteuse; que l'épiderme s'enlève par 
lambeaux de la partie qu'on touche, et que 
cette partie, comprimée pendant un moment, 
nese relève point, lorsqu'on cesse la pression. 
La mollesse et la flétrissure d'une partie qui 
cède sans se rétablir après l'impression du 
doigt est un signe de pourriture, dit BoER- 
HÂAVE. Ainsi, lorsqu'on observe sur l'une des 



( «75 y 
parties de Tenfant qu'on peut toucher, les 
phénomènes dont nous venons de parler, ^ç^. 
on peut être fixé sur l'état de ce fœtus, et 
prendre par conséquent Vine détermination 
positive sur la conduite qu'on doit tenir à 
l'égard de ce dernier. Les anciens préten- 
daient que l'enfant était toujours froid dans 
un pareil cas; ce qui me paraît un peu dif* 
fîcile à croire, vu qu'il est renfermé dans un 
lieu où l'air extérieur n'a point d'accès, et 
qu'il jouit, à peu près, du même .degré de 
température dans fous les temps. Ce que je 
pui$ assurer, c'est que ma pratique ne m*a 
jamais fourni un pareil signe, quoique j'aie 
quelquefois trouvé des enfans en pleine pu-, 
tréfaction. ^ 

Nous devons dire ici que certains auteur» 
prouvent qu'on peut quelquefois se mépren-* 
dre sur ce signe, comme lorsque le fœtuis est 
ipftâté: de ^viruâ' vénérien dans le sein de sa 
mère. Il peut , à \a vérité , se rencontrer quelr 
ques cas qui doivent être fort rares, où il 
serait possible de confondre ce dernier état 
avec la putréfaction de l'enfant mort; puis- 
qu'il peut exister sur la tête de celui qui est 
infecté de cette maladie, des érosions sim- 
ples qui détruisent l'épiderme ( Mémoires de 
la Société d'Émulation de Paris, t. 5. ) On 



EoAiDt 



mort. 



(176) 

en renconire snr le coronal j sur les pariétaax 
et sur la bosse occipitale ^ qui en occupent 
une plns'ou moins grande partie. UeSet de 
ce virus^sur la surface du corps de l'enfant 
avant sa naissance est d'en macérer et d'en 
détruire Tépiderme. 

LVxtréme rareté d'un semblable état fait 
heureusement que Taccouchenr ne sera pas 
souvent exposé à la méprise. D'ailleurs il 
ne lui sera pas difficile de reconnaître l'état 
pathologique dans lequel se trouvera la fem- 
me j et de prendre en conséquence %e^ pré- 
cautions avant de porter sou diagnostic , et 
de se déterminer d'agir pour ou contre l'en- 
fant. 

Nous dirons encore qu'il nous parait bien 
difficile que l'enfant puisse survivre à tous 
Jes accidens de la syphilis, et nous sommes 
confirmé dans cette opinion par le passage 
suivant de Mahon ( Ouç. cité, tome II) : 
(1 C'est une observation ancienne, dit cet au- 
teur, qui se renouvelle tous les jours, que 
les femmes débauchées, dont l'infection est 
considérable et date de loin , accouchent 
d'enfans morts ou mourans, et souvent avant 
terme, d Supposons même que l'enfant sur- 
vécût à cette maladie : il existe une diffé- 
rence entre les signes qui doivent nous faire 



distinguer ces deux états Tun de Tautre. Dans 
la putréfaction qui est Ia)suite de la mort de ^011. 
rénfaul , Tépiderme n'est pas ordinairement 
détruit; mais i! s'enlève facilement par pla- 
ques, quand on le toùclie. Le corps de la 
peau «st flasque tet n'oppose aucune résis- . 
tance à la compression qu'on exerce sur elle, 
et laissé sentir cette espèce de fluctuation pâ- 
teuse; au lieu que, lorsque Iç mauvais état 
des parties dépend de l'affection du virus vé- 
nérien j Tépiderme est déiruît (/oc. cit. ), et 
ne peut , par conséquent , être enlevé par le 
doigt qui le touche. Il existe , en outre , en 
pareil cas , uu ulcère plus ou moins superfi- 
ciel, qu'on peut reconnaître aux inégalités 
que présente la surface de cette aolution de 
continuité* D'ailleurs, la matière qu'on peut 
emporter avec le doigt doit être un peu 
différente, quant à l'odeur, à la couleur et 
à la consistance. Chez l'enfant mort , l'odeur 
doit être plus cadavéreuse, la couleur plus 
foncée, ëf la consistance moindre. C'est ce 
que j'ai remarqué chez l'enfant qui fait le 
sujet de l'observation suivante. 

Quinzième observation. Le25janv. i8i5, 
je fus appelé vers les sept Heures du matin 
auprès d'une feiûme d*iuie petite stature, 
mal conformée et d'une faible complexion , 

T. 97 de la CoL 36« de la 2« Sér. No i^emb. 1 2 



( l?» ) 

9 à ferme de sa première grossesse. Cette fem-* 



mort.,^ me souârait par intervalles, depuis quinze 
jours ^ des douleurs de f enfantement , et 
a vaiJ perdu les eauscdepuis neuif heures /épo- 
que où cessèrent les/i|iouvemens de Fenfant» 
OeUe malheureuse vomissait depuis plusieurs 
jours presque tout ce qu^elle prenait. Le som- 
meil Favait entièrement abandonnée; son 
poufs était très-maavais 9 et ses forces dimi- 
nuées au point qu'elle pouvait à peine articu- 
1er les sons. Ce fut dans cet état^ à peu près 
désespéré , que je fus appelé pour lui donner 
des secours. La sage -femme me dit qu'elle 
croyait distinguer la iêie de l'enfant -depuis 
plusieurs jours ; mais que, malgré la force et la 
fréquence des douleurs ^ cette tête n^avançait 
pas. Cherchant a reconnaître la position de 
l'enfant et où en était le travail ^ je trouvai 
les parties externes de la génération tumié*- 
fiées , phlogosées et très -sensibles ^ et à To-^ 
riBce utérin un reste de tumeur flasque^ mol- 
lasse et sans ressort ^ appartenant à la téte^ 
fortement enclavée et très-^alongée. Poussant 
ma main un peu plus haut, derrière cette tu^ 
meur et la partie de la têi^ engagée ^ je trou- 
vai que Fangle formé par la dernière ver- 
tèbre lombaire et le sacrum formait une 
saillie extraordinaire; la tête occupait prîn- 



.( Ï79 ) 

cipaieqieiit le côté de la {p$9é iliaque droite ^ 

où le détaroit avait lâpliis de lârgéar ; mais elle 

y éteif tellemeat resserrée^ qa*il me fur im^ 

possible de la* déplacer d^une ligue. D'ailf^ 

leur&. Tutérus était si irrité, si sensible et si 

exaejt^iueot appliqué sur le corps de reuFanf^ 

que^ quand bieiii mépie il. n^y aurait pas eu 

de viqe.d^.conformation p je doute quej^eussé 

pu pénétc^r,pjkia loin. Ne pouvant opérer la 

versioB y et^ voulant éviter-, s'il avait été pos* 

sible,ide mutiler Tenfatif, quoique, comme 

nous \e yiQrtons , sa n^ort me parût certaine^ 

j'essayai d^appliquerJe forceps; mais je ne 

pus jamais y parvenir. ' t 

Dans une circonstance aussi malheureuse^ 

où la: femme était presque entre les bras.de 

là moft , : réfléchissamt à tout ce que j'avais 

observé: cbex la mèirç et ofa^s renfant, je n»0 

déeidefi à agir, sur ce dernier; et je fus détér* 

miné par le défaut ou la cessation des m4ti«^' 

vemens depuis:* au moins l'évacuation des 

eaux, par le suintement continuel d'un fluide 

d'une, odeur cadavéreuse qui s^échappait'de 

la Vulve,. et surfont par Tétat de la tumeur 

de la |ê|e etde3,tégumeQS:.qui{arecouvraient, 

et qui s^enleva^ent quand on les touchait. Je 

fis donc , mais avec répagnande, quoiqu'as- 

sure par tous le» signes rapportés de la mort 



• Enfant 
mort. •- 






f^ Mt avee àiSBtnHé îm eofinif , 

pmi ViâMmntnx et dans od éféf de pvft^fiw* 
tioD tdompièle; 

. L«i'|MtréfactfQD e#l doue* le seul signe qm 
paaimntorise à |M>rtel:* des itistrimiëtii' tMor- 
tnersfar Penfiint, potir le stthrf de lé mère, 
%^ik.j imposdbfUfé ph^f^iyée dt îeHiinier 
raocouçhement dWe "MÀe * mttnièie. ' Nom 
devoDi cependant obienrer tfëe éémgwiei^ jpeal 
manque^, quoique f enfant soit morf ^ même 
depuis qtlefqne tem)pl»')îptmqne rhût^e de 
de rabrt «eus fournil P*^30empl«i'jdéplûi(Jirat3^ 
femmes qui ont porté très'^lofg'r^^ttlpa dtt 
enfieiDS mèorts dans leur* sein^i sans- que* les 
fitetns Soient timibésien' pàlréfaotioti. IXai)-' 
leurs, si reniant I est mèvt peiidabt le^truvail 
ou ;peru dé itenipt ihatii ; if >ne pent^ étrer lààû» 
cet état; ce qm; doit iat^menteç.Feuibàrtaà 

dereCÇOUchèUP^. * » lû '•» htnVt '1 '::(j *': 

D^apràs le parallèle que nous vetione d- é- 
tabliif^ iliious semble 'qu'oit ne pduticpiiser^ 
vér des ddutés isqr k nafuref et le '^eiire dé 
piutréfactidn qui^è pcéseiïtB< à nous. , ) v i 

^ >» . 

. . I ♦> - • . . 

• I > 1 



( m ) 






ifouçeïleà observations] pour serçir âî^his- 
ioirë de'Vhypersarcosè du çenthcule 
gauche du cœur y considérée par rap- 

' ■ *.■"■» »•.•■■. .-••Wf. ..•■.■» • l«_.i 

/?pr/ à la pfodûcliori de V apoplexie i par 

M. Sàblairôllés, agrégé en exercice près . ' 

la Ç'aculté ' de Montpellier. / 



• t ! 



' ' • (Séancedù6juiUci 1826.) 

I ' t 

L'influence, que, l'Kypersarcqse du y^ofri- 
oqje gaucjie dij coeur exerce sur f encéph^ cose?^^ 
le estj^i^jpunri^uj tpUemept bien fléipojifréç, 
qu'on pqjirf^if avqn.(qei^ <| priori^ qii'^^fl ind^* 
vidt^ aiteint d^ cet éjat pathologiqui^ Pi^jf,* 

Vicjjme de guelqup phlegq^asiep^téMP.» 
mais le p1ti.^.$ouyeivt. d'une altaqtie.,d'(ipQ- 
ple;siç. Ce que le i^aispfmenfeaf^-pbjrç^liog^- 
qne fait pj-éypir^ j'aj^fttomi^pathçlogiqaf!;!^ 

TO^^f""? 9?*^*' f*'*»?? du coeur suy le ,çe|ry^ait,? 

Ce qui peut servir à expliqua r,,u.j|j pMfjiliJççj- 

.f^§, c'est qq'ijs onf.p<(p;5^,qi}'i|.(3pit^^^épla- 

rer des .çi^Ia^iç8,céjÇélîra(es,. tw/^S,,^^^^^ 
.q»'^ ^st ppssjbl^ <ie..ç^95t^tçir,)'b^p^r^^^ 
du Yfii>tricu^,^^ij<|^Ç, ,jyi§ù iîpy|fp^5ç5ft(^HS 

RV. en droit. (içi^Hf. .4JFe.^|pr^.Vf^*ffi.<ï'i.?, f« 



/ 



nafore soit tonjoars coostaote dans foules 
cose. 9^8 actions; faites-lai représenter, dans toa- 

tes les circonstances j sans exception aucune, 
les iDêmes phénomènes ; mettez-la en un mot 
a Pabri de tpns les écarts auxquels elle est 
exposée , écarts dont nous sommes tous les 
jours témoins, soitque nous étudiionsPhomme 
dans Tétat sain, sqit dans Télat pathologique, 
et vous aurez alors ce que vous exigez. 

D'un autre côté, ce qui n'a pas peu con- 
tribué à faire nier cette influence du cœar 
sur le cerveau, considérée par rapport à la 
.production des maladies de cet organe, c'est 
qu'on n'a pas fait assez d^attention aux dis- 
tinctions que MM. Bertin et Meckel ont si 
judicieusement établies, le premier dans nn 
mémoire fort intéressant, lu à la première 
classe.de l'Institut, dans l'année 1811, le se- 
cond dans son Manuel (Panatomie géné^ 
raie , descriptive et ' pathologique , que 
MM. JouRDAH et Breschbt ont fait passer 
. dans notre langue , et qu'ils ont enrichi de 
notes t>récienses. 

Enfin , et cette dernière circonstance eit la 
plus importante, c'est qu'on ignore que l'a- 
popl^ie iiè peut avoir lieu que quand la 
causé' dé rhypersdrcose'du cœur ne ^e trouve 
pas eiiti'é' l'origine des lirlèrês carotides et èe 



( ï85 ) 
Viscère (i). Cette cause mérite d*au(aiit plus *^^ — ^^^ 

-• n . ^11 Hypersar- 

de fixer notre attention , qu elle est presque cose. 
toujours méconnue 3 malgré les travaux de 
M. le professeur IIallemand (â^ , par lés pra- 
ticiens même les plus habiles. Tels sont les 
divers motifs qui les ont portés à nier cette 



(i) Il est, cependant des cas oii les affections céré- 
brales peuvent avoir lieu malgré le rétrécissement de 
Torigine de l'aorte : c'est lorsqu'il existe. un. a^névrysme 
de celle-ci, situé au-dessus de cet obstaclç. 

(2) Cet auteur, en effet, a le premier bien établi 
cette distinction importante , et prétendu en même 
temps que la cause la plus commune des anévrysmes 
du coeur doit être rapportée à ce rétrécisseroent^;. 
mais nous devons, à la vérité, de dire que Meckel en 
avait déjà fait mention dans une observation con- 
cernant une dilatation extraordinaire du cœur , pro- 
venant de ce que le calibre de l'aorte était trop étroit 
( Voyez les Mém. de Vucad.- de Berlin , té i , in-^«, 
pag.229^ et suiv. )• Aussitôt qu'il arrive dans les av^ 
tères quelque altération, le sang ne peut plus. se 
mouvoir dans tout le corps avec la même liberté; 
mais si les forces du coeur sont trop grandes et la^réi* 
sistance des vaisseaux trop faible, ce sang accable 
par sa masse les artères et les veines, il les dilate, les 
affaiblit , et j produit ces expansions qu'on appelle 
anévrysmes , dont L/iNcisi , Kebkring , et surtciut 
Yepïver , rapportent des exemples remarquables ^ 
mais, aucun de ces auteurs ne les fait dépendre de la 
structure trop étroite de l'aorte. 



.1 



(j84) 
influence de Thyperfrophie du ventrîciîle 
e^^^^^^' gauche du cœur dans la production des mala- 
dies cérébrales. Aussi, disent ces médecins, 
dans^ une fo,ule de cas oti nous avons ren- 
conlré Thypersarcose du ventricule aorri— 
que, nous n'avops cependant pu trouver 
dans le cerveau ni inflammation, ni conges- 
tion, ni hémorrhagîe, etc. On devine aîsé- 
nient que , dans tous ces cas, ii devait y avoir 
rétrécissement de Touvérture ventrîcûlo-aor- 
tîque; et Ton sait, observe le savant auteur 
des Lettres sur V encéphale ^ que l'augmen- 
tation d'énergie des contractions du cœur 
. ét^nt employée à vaincre cette résistance j ne 
peut plus communiquer au sang, poussé vers 
le cerveau 5 une impulsion trop fortes. Il n'est 
donc pas' étonnant qii'il ne survienne point 

alors d'affection cérébrale. 

. . ' il... 

. Quoique Thyperfrophie du yentriçule aor*- 
tique puisse être copsidérée cômineia cause 
Ja plus active et \a plus fk-i^qtiente de Tâpo-^ 
plexîe, elle n'a cependant été recorinue que 

1rjèis-tard par les observateurs. Ce défaut de 

•■'•.• • ■ ' 

connaissance tient , n'en doutons pas , à cette 

pr^iute religieuse et à ce respect qu'avaient 

\^^, l^acien$ pour les ruorts , qu'ils regardaient 

comme victimes de la colère des dieux, et 

qu'ils n'osaient, par conséquent, toucher. 



( '85 ) 

sans se souiller d'un horrible sacrilège. Pri- 
vée dn flambeau de l'analomie paihologi- ^os?^^ ' 
que, la science resfa donc stafionnaire, jus- 
qu'à ce que la raison et la philosophie eussent 
triomphé de la superstition et dé ces préju- 
gés religieux. Dès lors on commença à dis- 
séquer des cadavres humains, dans Tidée de 
trouver, dans cette contemplation muette de 
la mort, des secrets , des ressources pour pro- 
longer la vie. Ce fut à celte époque, qui n'est 
pas encore bien éloignée de nous, que Ton 
eut seulement Theureuse idée d'animer, pejr 
la pensée, les lésions organiques qu'on ren- 
contrait sur les cadavres des raalheiireux que 
la mori avait frappés, pour leur faire pro- 
duire les troubles sensibles qui avaient, peu- 
dant la vie , existé dans les fonctions. 

Nicolas Massa nqus paraît êtrp le premier 
qui ait fait mention de la maladie qui nous 
occupe. Il cfte un homme qui fut disséqué 
Tan i534, et qui avait lé coéûtgrps et telle- 
ment volumineux, qu'il avoue nVn avoir îa- 
mais vu de pareil sur aucun «auti-e indiTirr 
du. Après lui, Vésai.e parie dtr çéror d^u 
homme de lettres, dan^ le^ vehfrîcûîë gaiicnè 
duquel il trouva près de deux jjvï'es d\iy|e 
chair glanduleuse, mais en même temp9UD 
peu noirâtre. Le cœur s'était diste^ndû comitie 



( i86) 

an nféros ponr renfermer la masse de cette 
^JHyp«fiM- ^Jjaîi. dy GiBELLiNi en rapporte aosrî une 

observation dans son ouvrage, intitalé : De 
(juibusdam cordis affectionibus. 

Plus tard, Baglivi(2), en ouvrant le ca- 
davre du célèbre analomisle M alpighi , pre- 
mier médecin du pape Innocent XJI, qui 
avait succombé à une attaque d^apoplexie^ 
après avoir été sujet pendant long— temps à 
des palpitations de cœur; Baglivi, dis- je^ 
trouva le volume de ce viscère fort considé- 
rable : mais Tillustre praticien de Rome , qui 
fit voir par ce fait la liaison quMl y a entre 
rbypersarcose du cœur et cette afTection cé- 
rébrale ^ n'en tira cependant aucune consé- 
quence. On trouve également quelques faits 
de ce goure dans Laurent (3), dans Lanci- 
SI (4) , dans Valsalva (5) , dans Baillou (6), 



(i) Voj. Opêr, omn, anat, et chir, ; Lagd. Batav. » 
I. II y in-fol. 
(a) Opêr. omn. pract. et anai. , p. SSg et 34o ; Ve- 

aetiisy 1794* in-4** 

(3) Àodrea Laurbhth , Gjp. omit. ; Paritiis« 1618, 
Ub. IX , quKSt. 18 , in-4*. 

(4) De motu cord, etimevrytmai.^ opuspo^ihaminm / 
NeapoH , inSS , in-4** 

(5) yALSALTjE; opéra, t. n, epist. anat. i5; Yene- 

tiiSfi T. ia*4** 

(6) Ballosu opéra oauMa; Gene?9« l'^&t. 



\ 



( 187} 

dans Albertini (1), dans Morgagni (2), dans 
LiEUTAUD (3), etc. Mais il faut arriver jus- coae, 
qu^au commencement de ce siècle, époque à 
laquelle M. Richërand signala le prenoiier 
TinQuence bien marquée de Thypersarcose 
dû vemricule aortique pour la production 
de Tapoplexie (4). Quelque temps après que 
M. RiCHERAND eut signalé cette action éner- 
gique du cœur sur le cerveau , Le6ALI<ois 
communiqua à là Société de PÉcoIe de mé- 
decine de Paris Tobservation d'une apo- 
plexie dépendante de la force trop considé- 
rable du venti;îcule gauche du cœur. • 

En 1819^ ^* '^ docteur Bricheteàu pu- 
blia sur ce point de doctrine un mémoire (5) 

(i) Dansdes remarques sur quelques difficultésderes*. 
pirer qui dépendent de la.lésion organique du cœur et 
des parties prëcordiales ^ insérées dans les Mémoires de 
râcadémie des Sciences de l'Institut de Bologne, etc.,^ 
traduits par Paul , Axbertini dit , page 45o y que plu<*. 
sieurs de ^é% malades avaient des vertiges^ et quelque^" 
fois des espèces d'attaques d'apoplexie. 

(2) JDe sedib. etcaus, morb. per aïkcU* indig, lib. 3. 

(3) Voyez les numéros 2499 254 9 ^^i , 262 , 267, 
dans son Hiat. anat, 

{J\) Noêog, etthétap, cfiir. , t. iv, p. i47 et sniy., 
cinquième édition, Paris , 182 1. 

{S)Jowrn. complém, du Dict, des Se, midiç. t. 5. 
p, 17 et suiy. i 



( i«8 ) 

dans leqael on trouve de nonveaux faits pro- 
j ^JH*«-r- près à confirmer celle influence âe VhjUj^Vr- 
trçphip du ventricule aor tique ^ dans Ici pro- 
duction de rapoplexiç, et d'aqfrQs ajFecljpjis 
cérébrales (f ). Enfîn,^. depuis la pubjicatyon 
de ce* mémoire , ce point de doctrine a été 
successivement confirmé dans les ouvrages 
dçMM. Lallemand (2), Bèrtin (3), Bouii^ 
hAvpQQy et par diverses observations insé- 
rées, jsoit dans les recueils pério,diques ^ soit 
dans quelques dissertations inaugurales. Que 
penser^ dès lors, de Fopinion opposée que 
M. RocHOUX a émise dans son Traité sur 
V apoplexie^ fort. estimé d'ailleur? j et ^u'il 
a renouvelée dans le second volume du Dxc- 
tîonnaire de médecine (5)? Cet auteur pré- 
Ci) Mais M. Lallemand observe , avec beiiucotip de 
... ,. ^ ....... * 

raisoDy qu'il a négligé la circonstance là plÙ3 impôt- 
fapte. le rétrécissement de l'ouverture v^nfriculç;- 
aortiqué , qui est la cause la plus communé'dçs ané- 
vry^me^ du cœur. 

(2) Recherch. anat, pathoL sur Vencéphcîle et né^ 
dépefid. ^ V.SLris j 1820-23. 

(3) Traité des niai, du cœur. et des gros vtdMèçtfsx^ 
, Paris, 1824. . . . ' ' 

(4) Traité cliniq. etphy.sioL deFencépAailitfi^^eio^ 
Paris, 1825 ' , • 

(5) Voyez le Dict. de médecine en 20 vol^ par 
MM. Adelon , BécLARo , etc. 



{ »89 > 

tend qiie cette hasîlrfdïé h'esl j a niaîà produite 
parFhypèràttfeos^ dti Vctatriculeaortîque.No- cosc. '. >. 
Ire professeur LAtt^kÂNb, dont Popimdà est 
du plus graiid poids dans Fétudè des maladies 
de rencéphâïe, accorde j au coniraitéi tenu- 
coup d'influence à cette affection dii îpbeur. A:' 
Quô'î tient donc céité dissidence d*opimbas?A' 
ce que M. RocHOUX réserve le iriot àpojilexiô^ 
pour désigner exclusivement Thémorthagie 
de ià pulpe cérébrale". M^îs pour que celte opi-' 
nîoh fût incontestable , pour qù^ellé pût être 
adoptée sans téétrictfon , il aurait Â^abord fal- 
lu prouver que rhémotfhagie cérébrale est ' 
toujours détermidéé ^ar ^altération de la snb- 
sfaiice du cerveati: Dans plusieurs cats, sans 
doute, ràltéràtîèn de >cé viscère peut précé** 
dêr de beau<iou|> fhémôrrhagiê t c^est^iin fait 
contre teqiiel'on tre pourrait s^ëletrer, sans 
être aussitôt déibetitt pai: inexpérience. Mais , ' 
d^tin àutt^ ciWé, a esi^griémetJt iproirtré que 
trfej-souvèiit Pliféhiôrffiâgib a rirritiHKve, et 
qdë leâ déchirure qùH présenté âfjèrs le cer« ' 
veau , dans le point qui correspond à Tépan- . 
chemeqt, uq sQat que le résiliât de, (a i;up- 

ture des yaissaa«x.fapgMip&» filUjlw4M4!(9iMcç 
mesure' pat''k'Viici(leiide:diQ(ila eôn|;esii<Ki. i|Ea, 
partant de' ce pôitJl, c'^ëst^^^ir^,' ^^n-^dtbdt-^ 
tant qu'il n'y a apoplexie que lorsqu'il y a 



cose. 



( »9o ) 
hémorrhagie, M. Rochoux a été cbndoif k 
fjj^^^^^ ne pas considérer le coup de sang comme 
nne apoplexie, et à le confondre avec la syn-^ 
cope I à laquelle il atiribue la mort qui sur- 
vient dans des cas semblables , plutôt que de 
lui donner pour cause la compression qui 
résulte du coiip de sang, qn^il regarde comme 
n'étant jaajaia mortel (i). 

Des considérations dans lesqueIles{pons ve* 
nons d^enirer , il résulte que cette erreur dé- 
coule de la- fausse idée que M. RocHOQX s'ç^t 
faite du mot apoplexie. Si Ton remonte , en 
effet, à Fétymologie de ce mot , on voit qu*il 
vient du mot grec *7ro^Aîï&a, de aTTo^Air rr^ . 
xw^ frapper, abattre, etc. Si donc, le mot 
apoplexie sigmëie frapper^ abattre^ il tiie 
semble que Teffet du coup de sang étant ans- 
ai instantané que celui de Thémorrhagie ^ on 
doit nécessairement considérer aussi le pre* 
mier comme une véritable apoplexie , puis- 
que les malades péifiss^t comme frappés de 
la foudre. Concluons donc que ces deux ma- 



» . I »j 



(r) Cette assertion se trouve eDtîëreineiit dëtrnite 
par robàervatioD que nous rapportons « et dans la- 
quelle le coup de sang a fait périr subitement le 
malade. Il nous aurait été facile d'en rapporter 
d'autres. 



/ 



\ 



( I9Ï ) 

ladies sont identiques dans leur nature , et ^ 
^ue la seconde n'est qu'un degré , qu'une cosJ.'^*"*'*. 
exagération de, la première (1). Ce qui n'a 
été qu'un coup de sang en effet aurait pu 
devenir une hémorrhagie , si le cœur eût 
poussé une plus grande quantité de ce fluide 
avec plus de force , plus d'impétuosité; ou 
mieux encore, si certaines dispositions du 
cerveau eussent déterminé une rupture dans 
les vaisseaux déliés de cet organe. 

Après avoir compris sous Texpression gé- 
nérique d'apoplexie le coup de sang etThé- 
morrhagie cérébrale, il est bon d'observer 
que je regarde l'inflammation sanguine de . 
la substance du cerveau (a)^ comme le degré 



(i) S'il était besoin de quelque autorité respecta- 
ble pour justifier rétpression d'apoplexîé que nous 
donnons au coup de sang , je citerais MôRGAGiin, qui 
dit relativement à ce sujet : « Cependant Tapo*- 
plexie sanguine peut avoir Hen , non-8eiil«ment par 
répanchement de sang , mais encore par sa stagna- 
tion et son accumulation dans les vaisseaux du cer- 
veau, w (Voyez Lettre 3« , § 2Ô. ) 

(1) Pour bien se convaincre de la nuance qui nous 
semble exister entre le coup de sang et l'hémorrbagie 
cérébrale , on n'a qu'à consulter la première lettre 
de M. Lallemand^ et la cinquante-septième de MoR- 
CAGNi , numéros 1 5 et 18. 



Bjpenar- 



( '9^ ) 
îofermcdiaire à ces deux élats pathologiques. 
Ceffe manièfe d^eovisager 1 apoplexie , qui 
lions paraît la seoie vraic^ , puisqu'elle repose 
sur robservarion clinique, met , par là, nu 
ferme aox discussions qui se sont élevées sor 
celte maladie parmi des médecins, très-re- 
commandables d'ailleurs. Nous croyons donc 
pouvoir dire, en nous résumant, i\ qbe le 
coup de sang est le premier degré de Tapo- 
plexie , qui, lorsquMI n^est pas arrêté par la 
niort, prélude également à Tinfiltrafion^ eti 
rhémorrhagie ; 2^. que Pinflammation^ qui 
peut être considérée comme un commence- 
ment d^épanchement^ en est le second de- 
gré; 3^. enfin que Thémôrrhagie dans la 
substance du cerveau, qui est le dernier ré» 
sultat de l'apoplexie, en sera conséquemment 
le troisième degré. Les observations suivantes 
viennent à Tappûi de celte proposition. 



1 



Première chserçalionïCùup dt sahgj hy^ 
persarûoiè dû çeniriçule gauche du 
cœïir '; gastro - entérite. 

Le nommé Jean B.«. , âgé de quarantç-cipq 
ans, d^une petite stature, <i'un^f:COustittiti6n 
dit^ apoplectique^ se liyrait'depuisloug^tetnps' 
à Tusage immodéré du vîu. Boùé d\m éa- 



( >95 ) 
ractère assez doux-, assez paisible^ B... était 
devenu, depuis environ. quinze mois^ extré^ Hypersar- 
uiement irascible; il ne pouvait même éprou^ 
ver la ^ plus légère contrariété sans entrer 
aussitôt dans de violens accès de colère. Il 
était sujet à des faépnorrfaagies nasales très^ 
abondantes, qui calmaient ou faisaient même 
disparaître quelquefois de vives céphatal^ 
gies , des éblouissemens , des palpitations , des 
oppressions , etc. B... avaii fait plusieurs .mâ<^ 
ladîes , et il venait d'être traité d^une angioe 
inflammatoire; lorsque, le 26 janvier der- 
nier, à neuf heures du soir, en sortant d'un 
repas où il avait beaucoup bu, il perdit loat 
à coup connaissance. Revenu à lui quelques 
instans après, il éprouva de la {ieine è arti^ 
culer ce qu'il voulait dire; on le transporta 
dans son lit^ et on lui fit prendre deux ou 
trois tasses de thé. Appelé pour lui donner 
mes soins, environ une heure après, j^obser-^ 
vai les symptômes suivans : coma profond, 
face d'un rouge foncé, lèvres violettes, un 
peu livides; bouche déviée à gauche, lan- 
gue gonflée, bleuâtre; pouls dur, serré, ir- 
régulier; batleroens du cœur tumultueux; 
grande difficulté de respirer ; déglutition pres- 
que impossible ; insensibilité générale, etc. 
Le malade rend les urines et les matières ié« 



cose 



( m ) 

cales iaVoIoutairement. A la vuô de cette sé^ 

Ise.^'^^^^^' ^^^ ^® symptômes, il était impossible de mé- 
connaître une compression générale, qui^ 
par sa puissante énergie sur l'encéphale , an- 
nonçait que la vie était fortement compro- 
mise, etnous faisait craindre, avec juste raison, 
que les secours de Tart ne fussent pas assez 
prompts. (Eau froide sur la tête , sinapismes 
aux jambes et aux pieds; une douzaine de 
sangsues aux tempes et derrière les oreilles; 
lavement irritant. ) L'issue funeste que nous 
redoutions ne se fît pas attendre long-temps: 
trois quarts d'heure, en eflFet , n'étaient pas en- 
core écoulés, que B*.. avait cessé de vivre. 

Nécroscopie dix^huit heures après la mort. 

i". Habitude extérieure. Cadavre bien 
conformé; les lèvres et les joues étaient tel- 
lement livides , qu'elles paraissaient ecchy- 
mosées ; les tégumens du cou et des épaules 
présentaient le même aspect. 

2^. Encéphale. La section des tégumens 
laissa écouler une petite quantité de sang noir 
fluide. A l'ouverture du crâne, nous trou- 
vâmes les membranes du cerveau extrême»- 
ment rouges, et tout le système vasculaire 
cérébral très-distendu et très-engorgé. A cha- 



( «95 ) 
que incision faite au milieu de la substance 
cérébrale qui éfait frès^-consistanfe, on voyait ^.^^1^^^^ ^ 
suinter des gouttelettes sanguines, qui don- 
naient à la substance une teinte d'un rouge 
plus ou moins foncé. Le cervelet était dans 
le même état. Les recherches les plus exactes 
ne purent nous faire découvrir aucune trace 
d'hémorrhagîe. 

5**. Poitrine. Cœur deux fois et demi plus 
gros que le poing du sujet. Les parois du 
ventricule gauche ont acquis beaucoup d'é- 
paisseur : aussi sa cavité a-t-elle considéra- 
blement diminué. L'origine de l'aorte était 
généralement dilatée. L'oreiiIet(e et le ventri- 
cule droits sont gorgés de sang , mais ne pré* 
sentent rien de parliculier. Il existe quelques 
adhérences anciennes dans les poumons. 

4*. Abdomen. Après avoir ouvert l'esto^ 
mac et les intestins, et en avoir retiré quel- 
ques alimens dans lesquels on distinguait des 
morceaux de viande ef de truffes, nous vîmes 
que ces organes étaient phlogosés, rétré- 
cis, etc. Les autres parties contenues daûs 
cette cavité étaient dans l'état sain. 

Cette observation fait voir d'une manière 
bien évidente, ce me semble, que l'irasci-^ 
bilité, les céphalalgies et les épistaxis fré- 
quentes et vraiment salutaires auxquelles B... 



( «96 ) 
était exposé ne peuvent être attribuées qu'à 

cose. rbypersarcose du veniricule gauche du cœnr, 

produîle par la stimulation de la gastro-en- 

. ' térîfe, mais principalement par Tusage im- 

modéré du vin, qui. peut, sans contredit, 
être considéré comme la cause efficiente de 
ces deux maladies. Le nouvel excès auquel 
le malade venait de se livrer détermina en- 
fin une forte congestion vers le cefrveau^ qui 
fut soi vie d^me mort d'autant plus prompte , 
que cet organe se trouvait déjà dans un état 
•d'irritation. 

Seconde observation (i).' Infiltration san^ 
guine dans la substance cérébrale; hy- 
p ers ar cose du çentriùule gauche du 
cœur. 

Badpllier , instituteur, âgé de soixante- 
neuf ans^ né à Chartres, a été, pendant lon- 
gues années, en proie à de violens chagrins 
domestiques. Il y a dix-neuf ans, époque à 
laquelle commencèrent ses chagrins, il jeut 
une maladie qui présentait, pour caractère 
principal^ une grande difficulté de respirer : 
elle dura six semaines, et pendant tout sou 

(i) Nous empruntoDS celte observation à M. Ra- 

VIER. 



( ^97 ) 
cours, il éprouva d6 fortes' palpitatioes. De«r 
puis c6 momeiil elles se firent ressentir de ^P^^si 

* < /' cose* 

loiu en lûin^ bien moins violentes qne la pre- 
mière fois. Mais sur la fin de décembre 1818;^ 
elles reprirent toute .leur intensité: batfemens 
du cœur précipités , tumultueux; impossibi- 
lité de se coucher'sur le côté gaucb^j géue ex- 
trême de la respiration 9 trouble des'fonc-- 
tiens intellectuelles 9 perte du sommeil , l^géttt» 
somnolence. A tous ces symptômes se joignît 
une douleur violente au côté droit de la poi- 
trine : la dyspnée fut augmentée. Bientôt il se ^ 
fit sur la peau du côté droit du thorax une 
éruption de petits boutons; dès lors soula** 
gement sensible. Un vésicatoire volant > ap- 
pliqué sur le lieu douloureux, augmenta le 
soulagement. L'état du malade parut alors 
s'améliorer, et ce ne fut qu'au mois de sep 
tembre 1819 que Badollier fut obligé de 
^uspefndre entièrement ses occupations, A 
cette époque, les battemens du cœur et la 
dyspnée reprirent toute leur violence; les 
jambes et les cuisses commencèrent à dev'e- 
nîr œdémateuses; le ventre, oh il éprouvait 
parfois quelques légères douleurs, se i)^m- 
plit de sérosité; les fonctions intelieciuelles 
furent troublées, le cerveau fut menacé de 



i 



(ï98) 
m congestion. Depuis , Tœdème gagna les mem- 



cose 



Hypersar- jj|.çs supérieurs, ef un érysipèle, dont il souf- 
frit beaucoup , couvrit foute là partie interne 
des cuisses. C'est dans cet état que Badollier 
fut reçu à la Clinique interne de la Faculté , 
oh il mourut quinze jours après son entrée. 
autopsie cadûi^érique. Les membres iho- 
raciqnes et abdominaux étaient dans un état 
d^infiitratioo générale. Peu de sang s'écoula 
à la section des tégumens du crâne. Infiltra- 
tion sanguitie dans la substance cérébrale; 
sérosité dans les ventricules latéraux. La ca- 
vité droite de la plèvre était remplie aux 
trois quarts de sérosité jaunâtre, dans laquelle 
nageaient quelques flocons albumineux. Le 
poumon droit était presque entièrement hé* 
patisé. Le péricarde^ne contenait point de sé- 
rosité. Le cœur , recouvert d'une assez grande 
quantité de graisse , était presque le double de 
son volume ordinaire ; toutes les cavités étaient 
dilatées, et les parois du ventricule gauche 
bien visiblement épaissies. De plus^ Tintérieur 
des cavités gauches présentait une rougeur 
insolite qu'il était facile de reconnaître , en la 
comparant à la couleur de l'intérieur des ca- 
vités droites, qui était naturelle. Cette rou- 
geur résista à des lotions répétées , et ne s'ef-*- 



( ï99 ) 
faça même pas lorsqu'on Teut raclée plusieurs 
fois avec le dos d'un scalpel. L'aorte peeto- cogg.^^***' 
raie et abdominale, l'artère brachiale, prise 
au pli du bras, la crurale, prise à la sortie 
de l'arcade du même nom, et poursuivie jus- 
qu'au muscle troisième adducteur, le tronc 
basilaire, résultant de l^nastomose des ver- 
tébrales , offraient dans leur intérieur la même 
couleur rouge , qui résista aux mêmes épreu- 
ves. La membrane muqueuse de l'estomac 
portait des traces non équivoques d'inflam- 
mation. Le foie, très -volumineux et Irès^ 
rouge, était gorgé de sang. 

Troisième obserçation. Hémorrhagie céri- 
hrale; hypersarcose du çentricule gau- 
che du cœur. 

Dans un voyage que je fis à Carcassonne , 
en septembre 1824, je fus consulté par M. G. 
pour une hémiplégie du côté droit, dont il 
était atteint depuis quatre mois environ. Agé 
de cinquante-quatre ans, d'un tempérament 
sanguin , bien constitué^ il avait toujours joui 
d'une bonne santé jusqu'au mois de juin iSai, 
époque à laquelle il se manifesta une hépa- 
tite , occasionée par des chagrins survenus à 
la suite d'affaires malheureuses. Un traite-? 



( aoo ) 

ment approprié fît disparaître en peu de 
Hyperaar- temps cette maladie. Deux mois après 5 6. 
fut pris d^une fièvre intermittente quarte qui , . 
malgré les soins les mieux dirigés, dura jn»- 
qu^an 20 décembre de la même année. Dans 
les premiers jours de janvier 1822 ,.6.^ en 
sortant de son lit^ tombe sans connaissance^ 
et se trouve, revenu à lui, privé de mouve- 
ment et de sentiment. On appelle un homme 
de Fart, qui, reconnaissant tous les symptômes 
d'une attaque d^apoplexie , pratique une large 
saignée, prescrit despédiluves fortement si«- 
napisés, etc. La saignée fut répétée dans la 
journée.Le surlendemain, toutes ]es fonctions 
ont repris leur rhythme naturel ; mais le ma- 
lade se plaint de douleurs dans la ièiey de 
vertiges, de tintemens d'oreille, etc. (Douze 
sangsues à Panus; eau de veau émétisée; pé- 
diluve sinapisé.) Quelques jours après, la 
santé de l'individu qui fait le sujet de cette 
observation paraît entièrement rétablie. Plus 
de deux ans s^étaient écoulés sans quMl se Fait 
plaint diantre chose, sinon que son som- 
meil était souvent troublé par des réveils en 
sursaut, et que sa rfspiration était gênée 
toutes les fois qu'il montait un escalier , lors- 
qu'une attaque , pareille à celle qu'il avait 
déjà eue, vint le frapper de nouveau. Si les 



( aoi ) 
secours de Fart purent le soustraire encore 
h la mort qui semblait le menacer , ils ne tu- cose. 
rent pas du moins assez puîssans pour dissi- 
per fous les symptômes. 6. eut en etfet tout 
le côté droit paralysé. Cette hémiplégie, 
qui s'était montrée rebelle à toutes sortes 
de moyens, existait, comme je l'ai déjà dit, 
depuis quatre mois, lorsque je fus consulté. 
Interrogé sur son état, le malade se plaignit 
de fortes palpitations, d'une grande difficul- 
té de respirer , de vives céphalalgie^ , de ver- 
tiges , d'un penchant irrésistible au sommeil 
après les repas, etc. La face était souvent 
d'un rouge foncé; yeux injectés; pouls fort, 
fréquent , irrégùlièr. Après avpir exploré at- 
tentivement les battemens du cœur, je dia- 
gnostiquai une hypersarcose f du ventricule 
dortique.( Saignées générales et locales plus 
ou moins répétées ; diète sévère ; digitale 
pourprée ; révulsifs.) J'allais me retirer , lors^ 
qu'une personne imprudente vint annoncer 
au malade qu'un de ses parens qu'it affection- 
nait beaucoup , venait de mourir d'une atta- 
que d'apoplexie. Cette nouvelle fâcheuse fit 
une sensation telle sur G. , qu'il périt sur-le- 
champ^ victime dé la même maladie. 



( 2(y2 ) 

4 

Hypersar-^ ^utopsie cadwérique , çingt-sîx heyres 
^^^' après la mor. 

I*. Crâne. La section circulaire des t^gu- 
mens laissa échapper une assez grande quan- 
tité de sang noir et à demi fluide. Les mem- 
branes du cerveau sont très-injectées, très- 
consistantes et d'un rouge foncé, ^près avoir 
incisé dans toutes les directions le lob» droit 
qui ne nous offrit rien de particulier, nous 
trouvâmes au milieu de la substance blancbe 
du lobe antérieur de Thémisphère gauche , 
une petife poche caverneuse de la capacité 
d'un œuf de pigeon, remplie de sang noi-r 
râtre et coagulé, mais qui, à la circonféren» 
ce, paraissait ramolli par une sérosité rous- 
sâtre. La substance cérébrale qui entourait 
cette poche ou plutôt ce kyste apoplectique j 
était profondément altérée dans une certaine 
étendue; elle était presque réduite en une 
sorte de bouillie d'une couleur légèrement 
jaunâtre. En poussant plus loin nos recher-' 
ches, nous découvrîmes vers l'extrémité ex-p 
terne de la scissure de Sylvius , dans le même 
hémisphère (gauche), une grande quantité 
de sang, qui paraissait épanché depuis peu, et 
qui s'était fait jour dans le ventricule latéral 
du même côté. Cet épanchemenl nous parut 



( *o3 ) 

être la cause bien évidente dq la mort, at- 
tendu qu'aucun travail n'avait pu encore ^^l^^^^^"^ 
avoir lieu à Tentour. Enfin, à la base de 
Fencéphale^ nous trouvâmes environ deux 
onces de sérosité sanguinolente. 

2"^. Poitrine. Les poumons étaient parfai- 
tement crépitansjet sains; le cœur très-vo-r 
lumineux; les parois du ventricule gauche 
offraient plus d^un pouce et demi d'épais- 
^seur; les oreillettes, amincies et dilatées, 
étaient remplies d'un sang noir et coagulé. 
Les artères des membres et du tronc parurent 
un peu ossifiées; l'aorte présenta une légère 
dilatation , et il était facile d'apercevoir un 
commencement de cartilaginification dans les 
valvules sygmoïdes. 

Rien de remarquable dans les organes 
contenus dans la cavité abdominale. 

Les altérations anatomîco-r pathologiques « 

trouvées dans l'encéphale de l'individu qui fait 
le sujet de cette observation, peuvent servir 
à expliquer la dissidence d'opinions qui existe 
encore parmi certains médecins sur cette pro- 
position, savoir : que le nombre des attaques 
d'apoplexie chez un même indiçidu, peut 
s^ estimer par le nombre des altérations 
organiques qu^ P autopsie découvre dans^ 



( ^4) 

le cerceau. Voici comment raisoiment ceux 
cùSr^^' 90* s® ^OTïX élevés contre la cerlîhide de celte 
proposition. Si, à Tonverture da crâne de 
•ojets qoi ont en, quelque temps avant lenr 
mort, nneoQ plusieurs attaques d'apo|rfexie, 
il nous a été, disent-ils, impossible de trou- 
ver, malgré les perquisitions les plus exactes, 
aucune trace de» kystes dont la formation 
etH jugée nécessaire pour la résorption de 
rhémorrhagie , nous ne pouvons en coocliire 
antre chose' sinon que la proposition que 
nous attaquons esi évidemment fausse. Mais 
on conçoit aisément que cette objection est 
plus spécieuse que solide, et quelle ne peut 
avoir de valeur réelle que dans le cas où Ton 
voudrait admettre avec M. RocHOUX qu'il 
n'est point d^apoplexie sans effusion de sang 
dans Tencéphale. Or, nous avons prouvé 
d'une manière péremptoire que le coup de 
sang, Tinfiltration sanguine dans la snb- 
stance cérébrale et l'épanchement sanguin ne 
sont que trois degrés de la même maladie 
qui est toujours déterminée par une cause 
identique, le sang. Ainsi nous avons vu qu'une 
simple congestion sanguine peut occasiôner 
la perte, même complète du sentimeùt et du 
mouvement ; nous avons vu également que 



( 205 ) 

les efforts de la nature (i) ou bien les pro- 
cédés de Tart (2) peuvent rompre coite ha- çogj.'^ 
bitude vicieuse et rétablir Tordre des mou- 
vemens naturels dans le système sanguin 3 
d^où nous sommes naturellement amenée à 
conclure que tout travail particulier de I^ na* 
ture pour l'organisation d'un kyste aurait été 
tout-à«-fait inutile, dans le cas dont il s'agit 
ici, à la guérison, puisqu'il n'y a pas en de 
liquide épanché. 

Notre observation vient donc confirïner 
l'opinion de MM. Rochoux, Cruveilhier, 



T*" 



(i) Combien de fois n'a-t-on pas vu des attaejnes 
d'apoplexie se terminer heareusement par one hë* 
niorrhagie nasale spontaBee ? Parmi les* nombreux 
exemples qu'on trouve consignés 4ans les ouvrages 
des grands observateurs, nous nous bornerons à citer 
celui rapporté par Morgagni , dans lequel on voit 
que la congestion sanguine trouva sa crise naturelle 
dans une épistaxis^ qui donna onze livres de sang, et 
qui s'élant renouvelée quinze jours après , en four- 
nit encore quatre livres. 

(2) Les apoplexies dans lesquelles on a vu unersai- 
^ gnée copieuse de la jugulaire ou des veines du bras 
rétablir presque spontanément l'exercice des facultés 
sensitîve et motrice , démontrent clairement qu'il à 
suffi , dans des cas de p^ette nature , de rompre le 
mouvement ûuxionnaire , en lui donnant une direc- 
tion opposée. 



HypciMT' 



(206) 

Bricheteau, etc. Ces habiles ohservafeori 
anorenf avoir fronvé le nombre des kystes 
en rapport constant avec celui des attaqaes 
d'apoplexie (i) qne Tindivida avait éprou- 
vées dm son vivant. Ces résultats de la force 
médicatrice delà nature avaient été , an reste , 
entrevues depuis long- temps, et signalées 
en partie par Mokgagnî, Brubixer, Maraii- 
BEL , etc. , lor^ que les recherches de Batlb > 
et surtout les observations de MM. BoCHOUX 
et RiOBÉ , publiées s*multanémenf en 1814» 
vinrenl mettre dans tout leur jour les moyens 
employés par la nature pour dissiper Tépan* 
chement, ef rendre le malade à Pexercice 
plein et entier de ses facullés intellecinelles. 
Or, si, dans l'exemple qu^on vient de lire, 
nous n'avons trouvé que deux épanchemens, 
nous sommes bien en droit de dire que la 
premieie attaque, qui fut si heureusement 
combattue par Femploi des saignées, ne peut 
être considérée que comme une simple con— 
gestion s.inguine , un véritable coup de sang; 
enfin, comme le premier degré de Papo- 
plexie. 



' (l) D'après ce que nous avons dit , on dcTÎne que 
nons n'entendons parler ici qne dn troisième degré 
de cette maladie. 



( ao? ) 



Extrait du rapport de M. Colline AU ^ au —• — — ' 
nom d^une commission^ sur le Mémoire cose. 
précédent. 

(Séance daso octobre 1Ô26. ) 

.... La coïncidence que l'on a obsfervée 
depuis long-temps entre Thypersarcose du 
ventricule aortique et Papoplexie a néces^ 
sairement dû fixer Tattention des méde'cinsl: 
la force inaccoutumée avec laquelle le sang 
est poussé vers Torgane encéphalique offre 
Texplication la plus ralionneUe de ce fait. 
Mais on conçoit mieux encore la fréquence 
de quelques bémorrhagies cérébrales en pa- 
reil cas^ si Ton considère, avec M. Lallb« 
MANO5 qu'un obstacle placé au-delà de To* 
rigine des artères carotidels peut donner au 
cours du sang vers le cerveau une violence 
et une rapidité trop grande : et t\ nous ajou- 
tons qu'il peu! exister simultanément un ob- 
stacle au retour du sang veiheux des parties 
supérieures vers le cœur; que, d'un autre 
cô lé, l'affection morbide dont il s'agît esi or- 
dinairement accompagnée d'une oppression 
plus ou moins grande qui tient le cerveau 
dans un état de compression presque habi- 
tuelle, on aura une explication à peu près 



5 foafe mécanique des phéoomèDes qui 
%t^««- férôent rfaémorrfaagîe cérébrale dans qnel- 
gnes cas dlijrpersarcose do Teotricnle gau- 
che da cœur, explication qui, si elle nTéiait 
pas ]a plos physiologique et la pins vraie , 
serait du moins la plus simple et la plos facile. 
En effet 9 qu^un individu^ atteint de .sem- 
blables prédispositions, éprouve un accès de 
colère ou une vive émotion, qu'il tente de 
monter rapidement , ou qn^il se gprg/B de 
substances alimentaires , de manière à ce que 
Tétendne de la cavité thoraciqiie, et eoosé- 
qoemment de Tinspiration , soif encore dinii* 
nuée 9 la force impulsive du aang vers le cei^ 
veau ne sera - 1 -elle pas augmentée dans le 
premier cas; et dans le second y le retour du 
fluide vers le cœor et le poumon ne sera-t41 
pas moins facile? Le cerveau se trouvera 
donc alors placé, si Ton peut s'exprimer ein* 
si, entre une puissance et une résistance. Qr 
la force impulsive du ventricule gauche et 
Tobstacle au retour du sang, c^est-à-dire 
les mêmes causes agissant sur les mêmes par- 
ties d^une manière analogue, pouvant être 
portées depuis le plus faible degré jusqu'au 
point de produire la rupture des vaisseaux et 
Fhémorragie cérébrale , il s'en suit nrcessai^ 
rament que le cuup de sang, Tinfilf ration 



I 

i 



( 209 ) 
sanguine du cerveau et rhémorrhagie sont, « 



au résulfat ef à rintéhsité près, une seule et Hypersar- 

r ? cose. 

même maladie. 

L'opinion de M. Sablairoles n'a donc 
rien qui ne soit d'accord avec le faisonne- 
ment et les faits : il les tient de MM. Riche- 

RAND, LeGALLOIS, BrICHETEAU, LalLE- 

MAND, Bertin , BouiLLA¥D ; il la partage avec 
M. Brgussais et tous les médecins qui ont 
adopté sa doctrine médicale. Gomment se , 
fait -il donc que M. RocHOUX, qui est aussi 
une autorité sur ce point, prétende que Fa- 
poplexic n'est jamais produite par Phyper- 
sarcose du ventricule aortique? Est-ce^ 
comme le pense notre auteur, parce que 
M. RocHoux réserve Ip mot apoplexie^ pour 
désigner exclusivement l'hémorrhagie de la 
pulpe cérébrale? L'application du mot serait 
beaucoup trop restreinte, s'il est prouvé que 
cette hémorrhagie peut être la suite immé- 
diate des causes que nous avons signalées. 
Ne serait-ce pas plutôt parcequeM.RoCHOUX 
ne reconnaît de véritable apoplexie que celle 
qui est primitive? Dans ce sens il aurait rai- 
son; il serait conséquent avec lui-même, 
premièrement, parce que l'hypersarcose du 
ventricule aortique et tous les obstacles à la 
circulation placée loin du cerveau ne peù- 

T. 97 de la Col. 35« de la 2* Sér. Noçemb. 1 5 



(3I0) 

vent jamais produite que des affectious se-* 
cosJ.*^^^^"^' condairesde cet organe : secondement, parce 
que le cerveau peut être topt-à-faii passif 
dans ce cas, et que dès lors le coup de sang^ 
Finfiltration et Thémorrhogie ne sont pas le 
produit d'une affection particulière, d'une 
congestion active, maïs* d'un simple engor- 
gement, suivi ou non d'une rupture opérée 
d'une manière presque mécanique : troisiè- 
mement enfin, parce que, et personne ue le 
conteste, si au contraire Thémorrhagie céré- 
brale primitive est; la suife d'une altération 
idiopathique quelconque de la substaiice ce* 
rébrale, la( congestion , l'infiltration, de même 
que l'hémorrhagie, ne sont plus que le pro- 
duit, le dernier résultat, le dernier degré de 
cette affection morbide. 

Ainsi nous avons vu M. Sàblairoles, qui 
prend le mot apoplexie dans sa significatioR 
littérale, conclure que le coup de sang e^\ 
une véritable apoplexie, parce qu'il peut être 
instantanément funeste ; tandis que M. Ror 
CHOUX, qui fait de ce mot une application 
différente, soutient une proposition contrai- 
re. Il y a donc confusion dans les termes; le 
choix et l'emploi des mots ne sont donc pas 
des choses différentes? 

On s^entendrait probablement mieux , si ^ 



( »II ) 

comme on le faisait autrefois , laissant au 

Uypersj 

mot apoplexie sa signifi<ïation là plus géaé- cos^. 
raie et la plus direcie^ on remployait pour 
indiquer certaines morts promptes ou subites» 
et , si Ton désignait pdr les mots qui le^ car 
ractérisenf, le coup de sang, rinfiltr'dtion et 
rhémorrhagîe cérébrale; en ayant soin foqte^ 
fois de tenir compte de leur état primitif et 
secondaire, /i 

Quant aux observations rapportées pfit 
M. Sablairolës à i^appui de ses propositions^ 
elfes n'offrent pas* toujours^ même sous J^ 
rafpport de la nécrôscopie, les détails et Tex^Cr 
titude nécessaires ^lorsque Von ve.ut jp^ut^qir 
un point de doctrine qui n^est pas générale-r 
nielnt admis. Nops allons en donner un eXiOm- 
ple pris dan» la première-obser vallon. « ^Ih- 
domem Après avoir oi^yert l'estomac et le^ 
intestiils et en avoir retiré quelques alimens 
dans lesquels on distinguait des morceaux de , 
viande et de truffes^ nous vîmes que ces orr 
ganesétaient/^À/o^o^^^i rétrécis, etc. Lesau^ 
très parties Contenues danscette cavité étaient 
dans Tétat sain, j» Et ensuite « Cette observa- 
tion fait voir d'une manière bien évidente, 
ce me ^mble, que Tirascibilité , la cépha-^ 
lalgie et les épistaxis fréquentes et vraimenf 
i^lutaires auxquelles B..... était exposé, ne 



cose. 



= peaveof être attribuées qQ*à rhjpersarcose 
^^[P*"*'' du ventricule gauche du cœur, produite par 
la slimulafîou de la gastro-entérife; mais pri^* 
cipalement par l'usage immodéré du vin qni 
peut , sans contredit, être considéré comme la 
cause efficiente de ces deux maladies. >i 

Il serait intéressant de discuter les propo- 
sitions qni n^auraient rien que de très-favo- 
rable , si olles étaient basées sur des faits nom- 
brenx et plus détaillés; mais, séparées, isolées 
comme Fauteur les présente, nous ne pen- 
sons pas devoir nous y arrêter. Toutefois 
nous aimons à croire que , par la suite , M. Sa- 
BLAIROLES leur donnera toute la valeur que 
réclame Fimportance du sujet. 

La deuxième observation , Irès-încomplète 
sons plusieurs rapports importans^ n'est pas 
d9 l'auteur du mémoire. La troisième, re- 
cueillie avec plus de soin , donne à M. Sa- 
BLAmoLES Toccasion de soutenir l'opinion 
des médecins qui pensent que le nombre des 
kystes trouvés dans le cerveau est en rapport 
constant avec celui des hémorrhagies céré- 
brales, c'est-à-dire des attaques d'apoplexie 
au troisième degré suivant notre auteur. 
Cette opinion nous parait incontestable, et 
l'on aperçoit facilement que les discussions 
à ce sujet ne sont fondées que sur des mots. 



( 2i3) 



LITTÉRATURE MÉDICALE. 



De la doctrine médicale de M. Broussais; 
réfutation des principales objections di- 
rigées contre elle jusqu^à ce jour. 

( Emprunté aux Archiifês générales de médecine^ n*. 

d^ixsiohre i8a6. ) 

EatrepreneK de changer la face d'nne science doni 
tout le monde sent et avoue Télat d'imperfection ; Nouyelle 
osez dire , par exemple , que l'agriculture , tout an- 
tique qu'elle est, possède à peine quelques règles de 
pratique bien établies \ cherchez à prouver que la 
routine et l'empirisme sont les seuls guides de la plu- 
part des cultivateurs } essayez enfin de donner à cette 
science des principes fixes et une théorie raisonna- 
ble , et vous verrez comme de toutes parts les ëpi- 
thètes de novateur et de systématique vont vous as- 
saillir. En vain à l'appui de vos opinions vous invo- 
querez le témoignage d'une vaste expérience; en vaio 
vous en appellerez de bonne foi à l'examen des 
hommes instruits et impartiaux ; plus vainement en- 
core vous vous signalerez chaque jour par d'impor-' 
tans travaux et de nombreuses découvertes ; la rou- 
tine , la présomption et l'envie s'ameuteront contre 
vous y et parviendront pent-étre à retarder par leurs 



( 214 ) 
déclamations le triomphe des yen tés que yous aurei 
Nouvelle proclamées. L'un dira spirituellement que du temps 
de Triptolême le blé croissait bien sans théories ; un 
autre, agronome amateur , après avoir labourÂpen- 
dant huit grands jours^ sur sa fenêtre , une caisse de 
persil avec sqn couteau d'ivoire-, vous opposera sé- 
rieusement les résultats de sa vaste expérience; un 
troisième fera la remarqua judicieuse que», malgré 
vos doctrines , la grêle n'en a pas moins continué ses 
ravages ; puis viendra un savant dans l'art du syllo- 
gisme et du dilemme , qui , délayant toutes ces belles 
choses dans des lettres à nn agriculteur de province, 
argumentera, distinguera, concluera, lorsqu'il fau- 
drait prendre la herse ou la charrue; et , par mo- 
jeure, minvure et conséquence , prouvera avec* beau- 
coup de subtilité, et, s'il le faut, contre l'évidence, 
à maint lecteur ébahi , que vous n'avez jamais su 
faire croître que des ronces. 

Voilà l'accneil qui vous attend. Mais n'allés pas 
vous en plaindre ni vous en étopner; c'est l'accueil 
que firent les fauteurs de la scolastique i^ Aristote aux 
principes de la saine logique des faits enseignée par 
Bacon f les partisans du phlogîstique à la théorie de 
Lavoisier , les métaphysiciens de toute espèce à la 
philosophie du docteur Gall, et c'est celui que re- 
çoit aujourd'hui la doctrine du professeur Brôttssais 
de la part des éternels amateurs du statu qUo en toutes 
choses. C'est donc une loi commune qu'il vous faut 
subir, une nécessité à laquelle vous devez vous sou- 
mettre de bonne grÂce, puisque personne ne. peut 
s'y soustrairez Laissez faire le temps : ce i^alant 
hpmme, comme l'appellent les Italiens, amène tôt 
ou tard le jour ^e.la raison et de la vérité^ et si vous 



( ai5 ) 

ayez été leur fidëte interprète, elles vous vengeront m 



alors dé vos détracteurs. Nouv€ 

Je ne sais pourquoi ces réflexions se placent mal- 
gré moi sous ma plume , quand je voudrais me bor- 
ner à rendre compte de l'ouvrage de M. Miquel (i). 
Jamais cependant elles ne furent moins applicables, 
car il s'agit d'un livre arrive en peu de temps à sa 
seconde édition , fortement prôné par les amis de 
l'auteur , vanté même par des hommes étrangers à la 
médecine , le seul , ou peu s'en faut , que M. Pariset 
ait jugé digne d'être signalé dans le compte rendu 
des travaux de l'Académie royale de médecine ; et 
certes un tel livre ne saurait être un mélange d'ar- 
guties et de sophismes. Oublions donc nos réflexions 
Indiscrètes autant qu'importunes, et livrons-nous 
sans prévention à l'examen des Lettres de M. Mi- 
quel. 

Lé but de ce médecin a été, comme chacun sait j 
de renverser de fond en comble la nouvelle doctrine 
médicale française. En tacticien habile, en homiùe 
qui sait que le meilleur moyen d'emporter les châ- 
teaux d'assaut , c'est de les attaquer par les girouettes ^ 
notre confrère commence paf écraser l'épitbète dé 
physiologique dont se pare la doctrine de l'irrîtation , 



(i) Lettres à un médecin de province , ou Exposition cri- 
tique de la doctrine médicale de M. Brous^AIS^ par A. Ml- 
QUEL; I vol. in-8<>. , 7*. édition. Gomme c'est dans cet ou- 
vrage que se trouvent rassemblés les argumens les plus spé- 
cieux contre la nouvelle doctrine, et que la plupart des 
autres auteurs n'ont fait que les répéter, c'est lui qui nous 
servira principalement de texte dans cette discussion. 



( 2i6 )■ 

j » ^ III ■■ l i a i puis il foudroie hardiment un mot , celui à^ ontologie ^ 
Nouvelle et enfin il pourfend une ou deux chimères , telles que 
\^ force vitale et la chimie vivante. Par pitié poar ces 
paurres mots , j'avais bien envie de dire à leur re- 
doutable adversaire^ qu'à l'époque oii la nouvelle 
doctrine parut, on proscrivait hautement et publia 
quement, dans l'École de médecine de Pairis , toutes 
les explications physiologiques , et l'on répétait sans 
cesse aux élèves que la physiologie n'était que le ro- 
man de la médecine; qu'il était, par conséquent , 
tout naturel, indispensable même, qu'une doctrine 
dans laquelle on manifestait l'intention d'expliquer 
l'état morbide par les lois de l'état sain, prit le nom 
de phyviologilfuej pour se distinguer de Vanti^phy^ 
Biologique y alors dominante, non-seulement en France, 
mais encore en Europe ; j'aurais dit aussi que , dans 
cette même École , à la même époque, on faisait si 
bien des êtres de la plupart des maladies, que l'on 
enseignait de traiter par les anJti^ goutteux , toute 
pneumonie, toute gastrite succédant à la disparition 
de la goutte^ parce que, disait-on, c'était la goutte 
qui s'était portée sur le poumon , sur l'estomac , et 
que l'on raisonnait de même pour une foule de ma- 
ladies; enfin, j'aurais ajouté que, chimères pour chi- 
mères, autant valent les propriétés vitales de M. B&ous- 
SAis, que celles des autres physiologistes; mais, tout 
bien réfléchi , j'abandonne et chimères et mots au 
courroux de M. Miquel, et ne veux défendre contre 
lui que quelques-uns des principes fondamentaux de 
la doctrine de l'irritation. 

Et d'abord , la physiologie peut-elle être la base de 
la pathologie? Non, si l'on entend par physiologie 
la recherche des causes premières des phénomènes de 



( 21? ) 

la vie, et les explications quelquefois ingénieuses, ^. 

mais souvent ridicules, à l'aide desquelles on prétend Nouv< 

1-11 .* • * n f • • doctnne 

en dévoiler le mystère; mais oui, et mule lois oui, 

si Ton réserve ce nom à l'observation pure et simple 
de ces phénomènes et à l'étude qui traite de leurs 
rapports. Tous les médecins qui ont médité sur les 
vérités fondamentales de la science sont d'accord sur 
ce point. Convaincus qu'il est impossible de connaî- 
tre les dérangemens d'une mécanique et de l68 ré- 
parer, si l'on n'a profondément étudié le jeu des 
rouages qui la composent, tous regardent la physio* 
logie comme une des bases essentielles de la patho- 
logie; à leurs yeux, ces deux sciences sont insépa- 
rables, et destiûées à s'éclairer éternellement l'une 
par l'autre. M. Miquel ne pouvait pas se hasarder à 
attaquer une vérité aussi généralement admise ; mais, 
d'un autre côté, cominent l'admettre sans faire une 
concession importante à la nouvelle doctrine? La 
position était vraiment embarrassante. M. MiQUEL a 
su s'en tirer en homme habile, et par un moyen bien 
simple; il a admis d'abord le principe, et un peu 
plus loin il l'a rejeté ; de sorte qu'en dernière ana- 
lyse il sera de l'avis qu'on voudra. Si vous êtes parti- 
san de l'application de la physiologie à la patholo- 
gie , il dira avec vous : u La physiologie est une partie 
essentielle de la médecine; celle-ci ne peut pas exis- 
ter sans celle-là, puisqu'il est physiquement impossi- 
ble de connaître l'état malade , si ce n'est par la 
comparaison avec l'état sain ( pag. 8 ). » Si au con- 
traire vous croyez que la physiologie et la patholo- 
gie doivent rester séparées, M. Miquel est encore 
de votre avis , et dit que u la physiologie et la pa- 
thologie sont deux sciences à*' part , ^indépendantes 



i 



( ai8 ) 

l'une de l'autre» et qoi ont chacune des principes et 

Nouvelle des lois particulières ( pag. i6i. ) n II est vrai que ces 

doctrine. « . %• ^ • -• 

deux opinioos sont contradictoires , mais je ne yeis 

pas qu'il y ait la moindre nécessité à ce qoe M. Mi- 
quel soit d'accord avec lui-même. L'essentiel est 
qu'il ait trouvé le moyen d'échapper à la critîqne 
pour cette fois , et il y a réussi ; car pour qoe je 
puisse porter un jugement sur son opinion en cette 
matière , il faut bien que j'attende qu'il en ait une. 
Le second' principe fondamental de la nouvelle 
doctrine est que toutes les maladies des solides qui 
composent le domaine de la médecine propi^ement 
dite , peuvent être rapportées à deux modifications 
principales des tissus : firri talion et ^{uihénie. Qu'odjl.* 
ne s'attende pas à voir M. Miquel discuter sérieuse— 
ment cette question importante 5 de mauvaises chi- 
canes , voilà tout ce qu'il sait faire. Ainsi il répète à 
chaque page que les propriétés vitales sont suscep- 
tibles non -seulement d'être augmentées ou dimi- 
nuées , inais encore d'être dénaturées ; il affirme , en 
parlant de certaines maladies , qu'il y a dans leur na- 
ture autre chose que de l'irritation , autre chose que 
Je l'asthénie^ mais ne lui demandez pas les preuves 
•de toutes ces belles assertions ; est-ce que M. Miquel 
est tenu de prouver ce qu'il avance? Ses lecteurs ne 
sont pas si exigeans. Une seule fois, par hasard, il 
semble vouloir aborder la question , et c'est unique- 
ment pour l'escamoter. «< Brown , dit-il , admettait 
les deux mêmes classes de maladies que reconnaît au- 
jourd'hui l'yécole physiologique : dans le système du 
médecin d'Edimbourg, le nombre des maladies par 
débilité est à celui des maladies par excès de force , 
'coqime 97 est à 100 ; dans le système du professeur 



(219) 

de Paris, la proportion est inverse; donc , comme l'a 
dît M. Bérard , la médecine physiologique n'est que Nduy€ 
le brownisme retourné. » Le mot est peut-être joli , 
M. MiQUEL ; mais pourrîez-vôus me dire ce que cela 
prouve? J'y vois bien la preuve qne M. Béraro et 
vous ne comprenez pas mieux le brownisme que la 
nouvelle doctrine; mais je ne pense pas que ce soit là 
ce que vous ayez touIu prouver. Vous vouliez dé- 
montrer que le partage des maladies en deux clas- 
ses , irritation et asthénie , est insuffisant., et vous ne 
l'avez pas même entrepris. Vous n'avez donc paâ ren- 
versé ce que vous appelez le principe dicbotûmique. 
Que si vous en conservez la prétention et l'espérance, 
pénétrez-vous bien d'une chose : c'est qne , d^ns les 
discussions scientifiques , TadrK^sâ . et les feux de 
mots peuvent bien en imposer à ceriaitis esprits fa- 
eîles à se laisser surprendre; mais, aux yeux des 
hommes qui examinent avec attention , ce n'est qu'un 
vernis brillant sous lequel se cache ordinairemeiit 
l'impuissance. 

tt Qu'est - ce que l'irritation , demande ensuite 
M. MiQUEL? Les médecins physiologistes, dit-il , ne 
sont pas même eneorj^ parvenus à en^^dotinér uwe dc^* 
finition satisfaisante. • Nous avons proposé la sui- 
vante 2 l'irritation morbide est l'augmentation de 
l'action organique d'uA tisdu au-delà des limites, com- 
patibles avec l'exercice libre de sa fonction. Quand 
on le voudra , je m'engage à prouver l'exactîlude de 
cette définition , mais ici il ne s'agit que de réfuter 
M. MiQUEL. Voici donc la principale objection que 
fasse ce médecin à toutes les définitions qui ont été 
données de cet état morbide^ celle qu'il reproduit 
sous vingt formes différentes dans vingt endroits de 



( 320 ) 
«on ouvrage. « L'action organique d'un tissu, dit-il , 
doctrinr^^^ ne peut pas être augmentée sans que sa fonction 
s'exerce avec plus d'énergie^ or, la fonction s'affai- 
blit ou cesse dans tout organe irrité ; donc l'irri- 
' talion n'est pas l'augmentation^de Taction organi* 

que. M 

Il est évident , d'après cette objection , que M. Mi- 
quel n'a pas une idée bien juste de ce qu'il faut en- 
tendre par action organique. Essayons donc de le lui 
expliquer. 

Dans tous les tissus , il se passe deux ordres de 
phénomènes qu'il faut bien se donner de garde de 
confondre. Le premier ordre comprend les phéno^ 
mènes qui sont communs à toutes les parties organi- 
sées, c'est-à-dire tous les mouvemens moléculaires 
en vertu desquels les tissus reçoivent sans cesse de 
nouvelles particules de matière animale et en per^ 
dent d'autres, se composent et se décomposent sans 
interruption ; en un mot , en vertu desquels leur or- 
ganisation se conserve à l'état normal. Au degré d'é- 
nergie près , ces phénomènes sont les mêmes à la 
peau , dans le tissu cellulaire , dans un muscle , une 
membrane muqueuse , une séreuse , la substance cé- 
rébrale , etc. Dans tous ces tissus, en effet, il y a 
abord et départ continuel de molécules , combinai- 
sons et décombinaisons non interrompues ; seulement 
ces mouvemens sont plus bornés ou plus considéra* 
bies, n^us rapides ou plus lents, suivant les tissus. 
Personne , je pense , ne contestera ces faits. C'est à 
cet ordre de phénomènes , à cette action molécu- 
laire , que nous donnons le nom à^action or^anique^ 
Nous ignorons en quoi consiste cette action , non^ 
nous contentons d'en partir comme d'un premier 



( 221 ), 

fait ; et , sans chercher à savoir comment elle s'exer- 
ce , nous essayons de constater par l'observation les , Nouvelle 

' «^ ^ ^ ^ ^ doctrine', 

modifications qu'elle éprouve. Or , jusqu'àr ce jour , 

l'observation la plus attentive n'a pu signaler par des 
caractères bien sensibles , que deux des modificalioids 
dont elle est susceptible; savoir, sou augmentation 
et sa diminution. On a vu des tissus devenir moins 
impressionnables k l'action des stimulans , et être pé- 
nétrés par une moindre quantité de fluides que dans 
l'état normal , on en a dû nécessairement conclura 
que l'action organique y était diminuée '; et on a ap^ 
pelé cet état asthénie. Observant ces mêmes tisisus 
dans d'autres circonstances , on les a vus devenir plus 
irritables que dans l'état normal , ou se pénétrer d'une 
plus grande quantité de fluides, ou présentant tout 
à la fois ces deux modifications; on a dit' qne l'action 
organique de ces tissus était augmentée ^ et ^ pour 
exprimer cette modification par un seul mot , on a 
adopté celui à* irritation. Ces expressions , asthétdeB 
et irritation j ne sont donc point vagues dans la nou- 
velle doctrine ; elles peignent deux ^faits généraux , 
matériels, évidens, palpables, incontestables. 

Le second ordre de phénomènes que nous ofirent 
les parties organisées , comprend tous les actes que 
les tissus exei'cent comme organes, actes différens 
pour chacun d'eux , et que l'on désigne par le nom 
àe fonctions. On ne peut certainement pas ranger 
ces phénomènes dans la même catégorie que les pré- 
cédens. Toute fonction nécessite un organe qui rexé" 
cute 'j aucun phénomène de l'action organique , au 
contraire , n'a d'organe spécial ; l'action organique 
commence avec l'embryon, et s'exerce sans repo^ 
jusqu'à la mort de l'individu; les fonctions, ne ^com'* 



( 3A2 ) 

mtBceiil qu'à mesore que les organes acqBÎëreat iwt 
Hoiivclle ^fdoppemeiit , et la phiparl ont des înlcnnitteBceS'; 
esiiiy ceouDe noos Tatous déjà &ît remarquer, les 
fencUons sont sombreases et dîlRf rentes entre elles; 
l'action organique est une et partout la même. lËn 
nn mol > Faction organique est aux tissus, ce qne les 
aftnitês et toutes les actions uolêcnlaircs scmt à In 
matière qui compose les diffnrenles pièces d*! 
oaniqne^ et les fonctions, ce qne sont à tontes 
pièces considérées c«nnme ronagcs, leriers , etc. , les 
r6les que remplit lacune d'elle dai 

Ceci posé y ¥OTons maintenant qnelie est Finfli 
de faction organiqnedes tksns sur rexerocede Icntfs 
Innctions. Si rcstomac d^cte , par exemple, est ce 
parce qne dn snng et dn iniit n ti f tnA le p én itrent 
et en partent sans cesse , et parce qne les 
qni le composent se~cnmhinent et se ^sgrègtant ti 
à tnnr r Non , car les aMmcs p hé n omè 

le ponmon* le iaîe , les leîns, elc^ et ces np- 
f ne digèrent pas^ ils ont càacoo 






it îaaMts, la londion deirait être 
nme y et c^est ce qnî n'est pas. liais Tcstnasac digère. 

Wnnrr mnqnense, mnicnl ense et serense. en nUBai- 
n^s et en cryptes, pnrce qn'elle j est 

parce qne cette 




C 423 ) 

sî^ venant à s'exalter jusqu'au degré morbide, elle 
augmente quelquefois l'énergie de la fonction , cela Nouvell 
est rare et ne peut pas faire loi; le plus ordinaire-, 
ment , au contraire , la fonction se trouble ou cesse 
quand l'action organique s'accroît. La raison nous 
en paraît tonte simple, c'est que l'exercice d'une 
fonction ne peut être réguHer qu'autant que l'orga*: 
niçation du tissu qui Texécute reste dans son état 
normal. Remarquez, en effet, que, soit qu'un tissu 
reçoive trop peu de sang, et que sa sensibilité s'é- 
mousse , soit qu'il en reçoive trop et qu'il devienne 
trop irritable , le résultat est le même; il cesse de 
pouvoir remplir convenablement le rôle qbi lui est 
destiné : uti estomac enflammé, cçmme un estomac 
asthénie, ne convertit plus les alimens en chyme. It 
n'en serait certainement pas ainsi si l'exercice des 
fonctions dépendait immédiatementde l'action orga- 
nique. Goacl lions donc ^ contradictoirement à M.Mi-' 
QUEL , non seulement que l'action organique d'un 
tissu peut être augmentée sans que sa fonctiôrn s'exerce 
avec plus d'énergie , mais encore que le plus ot-di- • 
nairement, dans ce cas, la fonction s'affaiblit ou 
cesse, et que, par conséquent, définir l'irritation , 
l'augmentation de l'action organique, c'est en donner 
une définition, sinon complète, du moins exacte. 

Mais l'irritation peut-elle différer d'elle-même au- 
treraent que par le degré , sans cesser pour cela d'être 
fond amen talemettt lé même phénomène morbide? Je 
pense qu'il en est ainsi , bien que des partisans dis- 
tingués dé la nouvelle doctrine défendent l'opitiion 
contraire; c^ùAtit à M. Miquel, toujours la lance en 
arrêt , il combat les deux opinions : la première làî - 
pafatt une inconséquence^ et la seconde une erreur. 



( 234 ). 
mmmmm mmammm, Si du iiioins M. MiQUEL se donnait la peine de prou- 
., Nouvelle ver ce qu'il avance , s'il sondait un peu la profon- 
octnne. ^îeur de la question qu'il aborde , au lieu d'ergoter 
sur les mots, on pourrait peut-être parvenir à s'en- 
tendre. Mais comment exiger qu'il déroge à ce point 
à ses habitudes? Contenfons-nous donc de lui exposer 
les faits et les raisonnemens sur lesquels notre opi- 
nion se fonde , non dans l'espérance de le convaincre 
que nous avons raison , mais uniquement pour nous 
laver du reproche qu'il nous adresse d'être inconsé-* 
quens à nos principes. 

Quand on examine ce qui se passe dans les tissus 
irrités , voici ce qu'on observe : ils deviennent plus 
impressionnables à l'action des stimulans , ils s'é- 
chauffent , du sang les pénëlrê en plus grande abon- 
dance , ils laissent échapper ce fluide à leur surface , 
d'autres ûuides non colorés s'y accumulent ou s'en 
écoulent en grande quantité, enfin leur nutrition 
augmente. Mais tous ces phénomènes n'existent pas 
réunis danà les tissus affectés d'irritation; il est plus 
ordinaire de les voir s'y manifester deux à deux , ou 
trois à trois , et on les y observe très-fréquemment 
isolés. Yoilà ce que les faits nous apprennent* On 
sait , en effet, i*. qu'un tissu peut devenir plus sensible 
et même -très-douloureux , sans appel de sang ou 
d'autres fluides; 2°. que, dans certains cas , ce même 
tissu se cojore en rouge plus fortement que dans l'é- 
tat norwal, qu'il s'injecte de sang, s'échaulfe et se 
tuméfie, avec ou sans appel de fluides blancs, avec 
ou sans accroissement de sa nutrition ; 3**. que , dans 
d'autres circonstances , on le voit se gonfler et s'en- 
gorger sans se colorer plus vivement , souvent même 
en perdant la teinté rosée qu'il possédait auparayant» 



( 235 ) 

jet preiqne toujours alors sans douleur ; 4*** V^^ d^au- 

très fois il s'accroît , se nourrit trop , acquiert «ne Nouvel 
, , . . t' A. • . 1 doclrinCk 

tro|> grande énergie , et cela sans être un instant dod^ 

loureuiL y sans devenir plus ronge et sans laisser écou<^ 
1er de san^^ à sa surface; S®, enfin, qne quelquefois 
il semble exhaler enr quelque sorte du sang , on bien 
il sécrète des fluides blancs en trës-grande abon* 
dancc, avec ou sans augmentation de sensibilité, âa 
chaleur ou de nutrition. Or , ce tissu n'est-il pas îr* 
rilédans toutes ces circonstances? Dans toutes, son 
action organique n'est-elle pas augmentée? Qut pour* 
rait le contester? Et cependant ces états morbides ne 
se ressemblent pas. En quoi donc dîfferenl-ils? En ce 
que, dans le premier , un acte seul de l'action orga^' 
nique est accru , l'acte nerveux sans doute, puisque 
la sensibilité est une fonction des nerfs , et qu'elle est 
seule augmentée ; que dans le second , c'est un autre 
acte qui est augmenté , savoir , l'abord des molécules 
sanguines; qne, dans le troisième , la stir-actîviléne 
porte encore que sur un aulre acte isolément, celui 
de l'arrivée des fluides blancs; que, dans le qna-« 
triëme , tous ces actes sont accrus a la fois, trop pea 
pour que la fonction du tissu soit troublée , mais as- 
sez pour que sa nutrition augmente plus qu'elle ne 
devrait le faire ; que, dans le cinquième , à l'abord 
plus considérable du sang se joint son effusion ; et 
que, dans le sixième enfin , les fluides blancs appelés 
en plus grande quantité que dans l'état normal sont 
immédiatement sécrétés à la surface du tissu. L'ac* 
tion organique, action très -complexe, peut donc 
s'exalter dans chacun des actes qui la composent , bu 
s'exalter dans plusieurs, ou enfin dans tous à la fois; 
il en résulte autant de formes particulières de l'trri- 
r, 97 de la f^oL Z& de la q* Sér. Koçemb. 1 5 



( 2a6 ) 

tation. Mais la nature de l'irritation ne. change éyi'^ 
Nouvelle j^jj^mgij^p^g pour cela; elle consiste toujours dans 

l'augmentation de l'action organique 9 seulement elle 
est modifiée dans son mode de manifestation. 

Maintenant il s'agit de savoir si ces différences dans 
' la manière de se manifester de l'irritation n'aiïnon-> 

cent que des différences d'intensité > en d'autres 1er- 
mes , si l'augmentation de l'action organique est plus 
considérable lorsqu'elle porte sur tel de ses actes plu- 
tôt que sur tel autre , sur un seul ou sur plusieurs , on 
sur tou|. Pour résoudre ce problème par l'affirma- 
tive, il faudrait pouvoir graduer l'irritation, et cela 
ne se peut pas. En spéculation, on peut bien dire 
que l'irritation nutritii^e occupé le bas de l'éqhelle^ 
l'irritation secrétaire, le second degréj l'irritation 
sub -inflammatoire , le troisième ; l'irritation hémor'^ 
rhagique-, le quatrième; l'irritation nerveuse, le cin- 
quième, et l'irritation inflammatoire^ le somuciet^. 
Mais quand, interrogeant les faits > on vient à voir 
des irritations inflammatoires aussi sourdes et aussi 
latentes que des irritations nutritives ; quand on re^ 
marque qu'une irritation qui s'accroît lentement jus- 
qu'au degré inflammatoire , ne passe jamais -, ou près» 
que jamais par les formes nutritive^ ^écrétoire^ etc. , 
ce qui devrait toujours avoir lieu dans la supposition 
que je combats ; quand on remarque encore qu'une 
inflammation, en décroissant lentement, ne devient 
pas successivement une hémorrhagie , une sub— in- 
flammation, une irritation sécrétoire, et enfin une 
hypertrophie ; enfin , quand oi;i observe fréquem- 
ment réunies dans le même point d'un même tissu, 
une névrose et une inflammation, une inflammation 
«t une hémorrhagie, une irritation sécrétoire ayec 



C 327 ) 

une névrose ou une pklegmasîe, etc., ce qui n'aurait ^«„„B.i,^ 
jamais lieu si ces états morbides n'étaient que des î^ouve 
degrés les uns des autres , on'ne peut plus prétendre doctrine, 
qu'il n'existé entre eux que les différences de degrés , 
sans vouloir substituer les produits de son imagina- 
tion aux résultats de la séyëre observation. Il faut 

■ 

donc se borner à constater ces modes de l'irritation j ' 

et à exprimer lés différences qui les distinguent. Ainsi 
donc l'irritation est toujours essentiellement la même; 
mais, outre ses ditférences d'intensité, elle en peut 
présenter d'autres sans changer de nature. Voilà des 
vérités que, malgré ses bonnes intentions, M. Mi- 
quel n'a pas encore obscurcies. 

Notre confrère n'est pas plus heureux lorsqu'il 
veut prouver que l'irritation pathologique n'est pas 
seulement l'exagération de l'irritation physiologi- 
que. Et cependant que d'efforts ne fait-il pas pour y 
parvenir ! Comme il trioiiiphe quand il croit avoir 
renversé cette proposition! Or, écoutez, lecteur, leà 
profonds raisonnemens, de M. Miquel; veuillez seu- 
lement me pardonner de vous les présenter presque 
toujours sous la forme syllogistique , c'est un moyen 
de les abréger sans les affaiblir, et en même temps 
de rappeler sans cesse leur origine scolastique. M. Mi- 
QDFX dit donc : « L'irritation morbide est toujours 
plus forte que l'irritation physiologique : or, celle-ci 
peut provoquer des sympathies ; celle-là , au con- 
traire, peut exister sans en provoquer aucune; donc 
l'irritation pathologique n'est pas l'exagération de 
l'irritation physiologique ; car si cela était , les sym- 
pathies seraient toujours plus fortes dans la première 
que dans la seconde. » Et pour rendre sa prétendue 
démonstration plus évidente , il ajoute : « Supposez 



( 228 ) 

que \e nombre lo soit U limite plac^ entre reid- 
MoQTeUe tafion phjsîologîqae et l'excitation morbide. En de- 
çky yoas aarez la santé; aa-delà, tous aarex la ma- 
ladie. L'excîlation physiologique arrivée à 9 provo- 
quera des sympathies, puisqu'elle sera an plus haut 
degré de l'échelle physiologique. Si vous la portetà 
1 1 ou 1 3 , les sympathies devraient augmenter comme 
elle; eh bien! c'est justement le contraire, les sym- 
pathies n*aoront pas Heu. Pourquoi? parce que Tex- 
citation, devenue morbide en passant le lo™*. degré, 
sera trop peu considérable pour exciter les sympa- 
thies : il faudra qu'elle s'élëve â en êegré sopérienr, 
sans quoi elle restera locale. Ne voilà-t-il pas de sin- 
gulières conséquences? L'excitation n'est transmise 
que lorsqu'elle- s'élève â un certain degpré; à 9 degrés 
elle est transmissible; à 11 elle ne IVst plus : telle 
est la logique physiologique. » Ces argumens parais- 
sent tellement péremptoires à M. Miquel , qu'il n'hé» 
site pas à dire qu'il est impossible aux dicholomîstes 
de sortir de là. J'avoue qu'il n'est pas facile de se 
guider dans ce labyrinthe de subtilités ; tâchons 
pourtant d'en sortir, el pour cela attaclions-nons 
aux pas de notre ûn/£-/>/zy5/Wo^/5/tf adversaire. Repre- 
nons ses argumens un à un. 

L* irritation morbide est toujours plus forte que fir^ 
ritation physiologique. Voilà qui n'est pas douteux , 
et n'est contesté par personne. 

L* irritation physiologique peut exciter des aympa-^ 
ihies. C'est encore une vérité, mais qui réclame un 
léger comraenlaire. M. Miquel a voulu dire que les 
rapports naturek, mais cachés, qui existent entre 
tous les organes un peu importans , devenaient quel^ 
quefois éyidens et appréciables dans l'état phjsiolo- 



( 229 > 

gique. Mais il n'ignore pa« sans doute que , dans la 
très-grande majorité des cas, c'est le contraire qui a Koi 
lieu. En général , dans l'exercice normal et régulier doctn 
des fondions, les sympalhies ou les rapports qui en- 
chaînent l'aclion des organes. entre eux ne peu?ent 
pas être appréciées : telle est la loi. M. MlQUEL a dqnc 
exprimé l'exception. 

U irritation morbide peut exiëier «ans provoqt^er 
aucune sympathie. C'est encore yrai , mais ausH 
comme exception; car ,,en général , l'irritation morr> 
bide provoque des sympathies. 

M. MiQUEL a donc pris deux .exceptions pour bases 
de son argumentation; or, les exceptions étant des 
inconnues dans les. thépries , il. est absurde de s'en, 
étayer pour ou contre celles-ci , et M. Miqcjel ne l'a 
fait sans doute que parce que telle est la logique an"-^ 
ti'phy Biologique . 

Les faits ainsi rétablis , déduisons maintenant la 
conséquence. L'irritation morbide est toujours plus 
forte que l'irritation physiologique ; cçlie-ci n'excite, 
en général, aucune sym]>athie; celle-là, an con>* 
traire ," en provoque presque toujours le développe- 
ment; donc l'irritation pathologique n'est bien évi- 
demment que l'exagération de l'irritation phy-siolo- 
gique. Cette conclusion ressort immédiatement des 
faits ; elle est opposée à celle de M. Miquel : double 
raison , ce me semble, pour qu'on ne doute pas de 
son exactitude. 

Que devient, dës-lors, ce beau raisonnement par 
chiffres sur lequel notre confrère a fondé de si grandes 
espérances? Il s'évanouit devant ie sou£9e de la vé- 
rité. Soit, en effet, le nombre lo, la limite placée 
entre l'excitation physiologique et l'irritation morT 



X 3So ) 
S bide , il est conlraire aux faits de dire que l'irritation 



Nouvelle physiologique, p0rtëe à 9, provoque des sympa— 

doctrine* _. . * t ■» tt 9 4* • a 

thies, puisque^ en gênerai, elle n en rait pas naître; 

il est également erroné de prétendre que l'irritation 
morbide, élevée à ii ou à 12, ne produit pas de 
sympathies, puisque, dans l'immense majorité des 
cas, elle en excite la manifestation. Mais, enfin, 
dira M. Miquel , les exceptions, comment les expli- 
quer? Je n'en sais rien : cherchez , lui répondrai*)e ; 
imitez les physiciens ; quand ils découvrent un ou 
deux faits en apparence contradictoires à une loi , 
ils les étudient sous toutes les faces jusqu'à ce qu'ils 
en aient Irorvé l'explication, et y parviennent tôt 
ou tard à les faire rentrer dans la réglé. On ne les 
voit pas , du moins, mettre en doute la vérité d'un 
principe établi à chaque fait nouveau qui leur sem- 
ble d'abord faire exception , comme les médecins ne 
cessent de le faire. Imitez-les, lui répéfreraî-je : à 
l'appui de ce que vous appelez si plaisamment votre 
démonstration ma^thématique, vous n'avez pu déter- 
rer qu'un fait , celui du chatouillement de la plante 
des pieds, qui provoque le rire et les convulsions , 
tandis que l'excoriation de la même partie ne déter- 
mine 'aucune sympathie. Je vous en citçrai un se- 
cond, c'est celui de la titillation de la luette, qui 
excite le vomissement, tandis que son inflammation 
le provoque rarement ; peut-être en existe-t-il encore 
quelques autres également opposés en apparence au 
principe que nous avons défendu ; eh bien I méditez- 
, les ces faits , essayez de les rallier à la règle com- 
mune > et vous servirez mieux la science que par des 
volumes d'argnties. 
. L'irritation morbide n'est donc que l'exagération 



C 25t > 

de rirrilation physiologique ; et elles obéissent par 
conséquent aux mêmes lois. Mais cela signifie— t-îl, ^^y 
comme le prétend M. Miquel, que la maladie est 
l'exagération de la santé. J^aimerais autant faire dire 
à un physicien que l'orage est l'exagération du beau 
temps , parce qu'il nous enseignerait qu'il n'y a de 
différence entre ces deux états de l'atmosphère, qu'en 
ce qu'il existe beaucoup plus d'eau à l'état de vapeur, 
rassemblée et condensée dans une certaine étçndue 
de l'espace , et plus d'électricité développée et mise 
en jeu , dans un cas que dans l'autre ; et parcç qu'il 
ajouterait que les nuages se forment, s'amoncëlent , 
s'entrechoquent^ laissent échapper la foudre et se 
résolvent en pluie, en vertu des mêmes lois qui pré- 
sident danis l'état de calme parfait^ à l'é va po ration, 
des liquides , à la condensatit>n des vapeurs, aux ai-, 
tractions et aux répulsions électriques. 

£t que M. Miquel ne dise pas que la comparaison 
n'est pas exacte. Lorsque l'œil , la parotide , le pou-- 
mon, l'estomac, sont enflammés, la vision, la sé- 
crétion de la salive, la respiration, l'hématose et la' 
digestion sont troublées ou abolies ; et cependant le 
sang qui aborde en trop grande quantité dans ces or- 
ganes est bien le même sang , mu par les mêmes vais* 
seaux , se contractant sous la même influence nert- 
veuse que dans leur excitation physiologique , et l'im- 
pression douloureuse qu'ils ressentent du contact des 
siimulans est bien certainement l'exagération de 
leur sensibilité ordinaire ; elle est ressentie par les 
mêmes nerfs et transmise au même centre par les 
mêmes lois que dans l'état de santé. Pour^outenir le 
contraire, il faudrait supposer que l'inflammation 
crée dans un organe, du sang, dj^ vaisseaux capil»* 






C a3a ) 

laires et des nerfs différens de ceux que nous connais^ 
Nouvelle sous , et des lois nouvelles de circulation et d'inner- 
ration. Celte supposition serait tellement absurde, 
que î'hésite encore à croire que M. Miquel osât Tad- 
meltre, bien que j'aie vu dans son livre, de mes 
propres yeux vu, ce qui s'appeile vu, que « le travail 
inflammatoire est une nouvelle fonction , une fonc— 
tioQ pathologique qui n'a pas d'analogue dans les 
fonctions physiologiques. >* Si donc, dans rîrritation 
physiologique d'un organe, il n'y a évidemment que 
dn fluide nerveux , on du sang , ou des fluides blancs ^ 
ou ces trois conditions en plus que daqs l'irrîtatian 
physiologique, et, par suite, une nutrition vicieuse 
ou des sécrétions altérées, diminuées ou .accrues, il 
çst hors de doute que celle-là n'est que l'exagération 
de celle-ci ; nous l'avions déjà prouvé. « Mais pour- 
quoi dès-lors, dit M. Miquel, car il reproduit par- 
tout cette futile objection, pourquoi la fonction de 
l'organe irrité pathologiquement ne s'ei^erce-t-elle 
pas avec plus d'énergie? » Je l'ai dit aussi : c'est parce 
qu'un certain degré d'irritabilité et la présence d'une 
certaine quantité de sang ou d'autres fluides sont , 
dans tout organe , deux des conditions nécessaires de 
l'exercice régulier de sa fonction. Que l'irritabilité 
s'accroisse au-delà de ce degré que nous ne pouvons 
préciser , que le sang ou d'autres fluides affluent trop 
abondamment sous l'influence.des stimulans , la fonc- 
tion doit nécessairement se troubler ou cesser y puis- 
que quelques-unes des conditions indispensables pour 
sa régularité ou son exercice n'existent plus. C'est 
donc , pour en revenir à notre comparaison , comme 
le beau temps, qui, compatible avec une certaine 
dose d'électricité et une certaine quantité d'eau en 



/ 



( 255 ) 

yapeur dans l'atmosphère , fait place à l'orage, au • 



Heu de deveoir plus beau, lorsque, sous Tinfluence ^^^j^.' 
de causes diverses , le fluide électrique et la yapeur 
d'eau viennent à être accumules en trop grandequan- 
tîté dans une partie de l'espace. 

Dans une proposition de V Examen y M. Broussais 
dit que les sympathies morbides ne difierent des sym-' 
. pathîes physiologiques qu'en ce qu'il y a plus d'irri- 

« 

talion transmise dans les premières que dans les se- 
condes/ Il est curieux de voir comment M. Miquel 
s*y prend pour combattre cette vérité j laîssons-le 
parler lui-oiéme. « Il est faux que les sympathies 
morbides ne soient que l'exagération des' sympathies 

physiologiques Toyez les vomisseméns qui ont 

lieu dans la néphrite , dans l'opération de la cata- 
racte ; voyez la guérison d'une goutté sereine par uii 
vomissement; voyez tous lés accidetis hystériques et 
les phénomènes de Vaura epileptica ! .Çuel rapport 
ont ces phénomènes avec ceux de la santé? N'y a-l- 
il là qu'un degré d'imtafion supérieur à Celui des 
symipathîes physiologiques? » 

Le lecteur ne comprend peut-être pas très-bien le 
sens de cette objection ; c'est qu'en effet elle n'est pas 
présentée-d'une manière bien intelligible. On ne voit 
pas trop, au premier abord , comment les vomisse- 
méns qui surviennent dans la néphrite et dans l'opé- 
ration de la cataracte, la guérison* d'une ainaurose 
par le vomissement , les accidens hystériques et les 
phénomènes de Vaura epileptica , comment , dis-je , 
tout cela prouve que les sympathies morbides ne sont 
pas l'pxagéralion des sympathies physiologiques. 
M. MiQUEL a-t-il voulu prétendre que les reins, les 
yeux et le cerveau n'exercent pas d^inflnence sympa- 



(2Z4 ) 

thk|u« sur Festoiiiac et n'en reçoivent aucnne de cet; 
Nouvelle organe, que l'ute'rus et l'encépbale ne sont pas liés, 
par des sympathies , etc. ? Cela serait par trop fort , 
et )e ne crois pas que telle ait été sa pensée ; ce qu'il 
ajoute, d'ailleurs, l'explique en partie d'une toute 
s^utre manière. Si j'ai bien compris, M. Miquel , en 
citant les faits in^diqués, a eu l'intention de nous 
dire : « Yoilà des sympathies pathologiques , il faut 
que vous mVn c::0ntriez de semblables , et seulement 
à un degré moindre parmi les sympathies physiolo- 
giques , si vous voulez me convaincre que les pr6«- * 
^miëres ne sont que l'exagération des secondes. » Mais , 
me voilà forcé de lui demander si c'est bien sérieu- 
sement qu'il nous fait une pareille objection. Quoi ! 
il faut que nous lui montrions le rein , le cerveau et 
l'œil provoquant dans l'exercice paisible de leurs- 
fonctions des vomissemens physiologiques, les con- 
tractions normales de l'estomqiç éçlaircissant la vue, 
et l'utérus çt le cerveau déterminant , dans l'élat de 
^anté , des phénomènes analogues à ceux de l'hysté- 
rie et de l'épilepsie, pour qu'il consente à admettre 
que les vomissemens produits par la néphrite et par 
l'opération de la cataracte , les symptômes de l'hys- 
térie et Vaura épileptica j ne sont autre chose que. 
l'exagération de l'action normale çt sympathique des 
organes dont ils annoncent, le trouble LAllons, al- 
lons; M. MiQUEL plaisante. Il sait bien que les symp- 
tômes^ même locaux, d'une irritation, changent à 
mesure qu'elle acquiert de l'intensité; il sait, par 
exemple , qu'une légère excitation du cerveau rend 
les idées plus faciles » qu'en augn^entant un peu cette 
excitation on produit l'insomnie, qu'en l'élevant en- 
core , bien que sa natpre reste la même , on déter- 



( 235) 

ixiîne la pesanteur de tête et la paresse de l'intclli-' 
gence, puis la céphalalgie, puis le délire, les con-. ^î[^ * 
vulsions , le coma , la stupeur musculaire , et enfin la 
paralysie. Il a , par conséquent, dû se dire plus d'une 
fois qu'il n'était pas besoin que des sympathies mor- 
bides ressemblassent à des sympathies physiologi- 
ques pour les juger de même nature, et qu'il suffisait 
pour cela de les ayoir vues se succéder dans une 
même irritation dont on avait pu suivre l'accroisse— 1 
ment progressif. Encore une fois, c'est une plaisan- 
terie que M. MiQUEL a voulu faire Si pourtant il ' 

parlait sérieusement!.... Et pourquoi non? M. Mi- 
quel a tellement l'habitude d'épîucher des mois^ ^u*il 
est bien possible qu'il se soit dit : « La nouvelle doc- 
trine enseigne que les sympathies morbides rie diffi^. 
r^nt des sympathies physiologiques qu'en ce qu'il y 
a plus d'irritation transmise dans les premières que 
dans les secondes ; donc elle enseigne que les sympa-, 
ihies morbides ne sont que ^exagération des symjJa- 
thies physiologiques; donc, au degré près, celles-cî 
devraient êlre semblables à celles-là : or , cela li^est 
pas ; donc la doctrine physiologique enseigne une 
erreur. » Oh î si c'est là le raisonnement qu'a fait 
M. MiQUEL, décernons-lui la palme de la chicane, 
il l'a bien méritée. 

A l'entendre pourtant , tous ses argumens sont pé-. 
remptoires, ses preuves irrésistibles^ ses démonstra- 
tions évidentes et mathémathiquès. Écoutez-îe , par 
exemple, réfutant la proposition qui enseigne que 
les nerfs sont les seuls agens de transmission des sym- 
pathies^ c'est par des objections capitales qu'il va la 
jfenverser. Mais regardez ^'uii peu près ces prétend uesk 



/ 



ob)«€tîoos capitales, et tous ne tarderes pas à 



KomcUe aperoeroir qne 



La AMMUgae en uanfl CB&Ble bbc * 



L'one de ces objections consiste â dire « qoe des 
ganes dans lesquels on na pas encore pu démontrer 
la présence des nerfs , tels qoe les os , les cartilages , 
les li^amens, proroquent, dans Fétat morbide ^ des 
sjm|iathies manifestes ; » et l'antre, « qne les ner& 
en-mêmes y lorsqu'ils sont affectés , comme dans les 
nérralgies , n'en provoquent souvent aucune. > Quelle 

science profonde , quelle puissante dialectique! 

On n'a ^las encore pu démontrer la présence des nerCs 
dans les os et les ligamens , et rite ItL Miquel en con- 
clnt qu'il n'j en a pas, e( raisonne dans celte bjpi^ 
tbêse ; on 'connaît â peine les maladies des cartil^^, 
et dans les cas oh l'on euppote ces organes aSecIciy 
on sait qu'ik ne provoquent pas de sjropatbies, tast 
qne le désordre n'envahit pas les tissus voisins^ et 
M. MiQi/EL , qui certainement n*a Jamais vu de car* 
tilages malades , affirme avec assurance qu'ils exci- 
tent des sympathies lor^a'ils sont irrités; enfin « an 
écolier de deux jours sait que les nerfis sont les cou-- 
ducteurs passifs du sentiment et du mouvement , et 
par conséquent de l'irritation et des sympathies, et 
If. liliQUEL , qui apparemment n'est pas obligé de le 
savoir , M. Miqlel^ qui croit sans doute qne les nerfr 
doivent être les agens des sympathies, parce qu'ils en 
soot les conducteurs, M. Miqcel s'étonne qoe ces 
organes , lorsqu'ils* sont enflammés , ne provoquent 
pas toujours des sympathies, et décide bravement 



( 257 ) 

qu'ils n'en peuvent par conséquent pas être les con- 
ducteurs. On ne peut qu'admirer une pareille ma- - ^9} 
niere de raisonner. Je me demande après cela com- 
ment il se fait que M. Miquel n'ait pas encore eu l'i- 
dée de réfuter Barème. II y a pourtant là une belle 
moisson de gloire à recueilir ; il ne faut qu'un peu de 
courage , et ce n'est pas là ce qui manque à M. Mi- 
quel. 

Comme s^l voulait préluder à ce grand œuvre ce- 
pendant y notre confrère déjà prodigué à chaque pas 
les raîsonnemens par chiffres, pour lesquels il paraît 
avoir une prédilection toute parliculiëre. Cela ne lui 
réussit pas toujours , ainsi que nous Tayons vn précé- 
demment ; n^ais il est impossible que cela ne fasse pas 
par-ci par-là quelques dupes « parce qu'une erreur 
habillée de nombres fascine aisément les yeux et en 
impose souyent pour une vérité. Et puis quelle satis- 
faction pour un auteur de pouvoir dire qu'il a dé- 
montré fnalhémaiiquement! Conune cela chatonille 
agréablement son amour-propre ! Quel air de supé- 
riorité cela lui donne sur ses adversaires ! Je voudrais 
bien voir M, Miquel, lorsqu'il vient d'achever une 
de ses démonstrations mathématiques. Je me le re- 
présente, comme le poète parvenu , à force de mar- 
teler sa muse, à forger les quatorze rimes d'un son- 
net, admirant son génie, et regardant d'un œil de 
pitié ses rivaux dans l'art d'aligner les mots : la dé- 
marche fière, le front haut et rayonnant , le regard 
superbe, les joues bouffies, la lèvre supérieure légè- 
rement soulevée vers ses* angles , et un air de triom- 
phe et de contentement répanda sur toute sa per- 
sonne. C'est dans ces momens, sans doute, que 
M- Miquel lais^ échapper les dédaigneuses épithètes 



( 238 ) 

dont il accable les pauvres partisans de la nouvelle 

Nouvelle doctrine , el qu'il qualifie les uns , d'hommes sans 

doctrine. . , , » '•* ' j r 

jugement, sans volonté, sans spontanéité , de seru 

* attaches à la glëbe pbysiolo^gique ; les autres , d'en- 

thousiastes aveugles et de fanatiques, et tous y d'é- 
chos serviles de M. Broussais. Mais laissons là les airs 
de M. MiQUEL et ses galanteries , et reprenons le coars 
de nos discussions. 
' Je disais donc que M. Miquel aime beaucoup les 

raisonnemens par chiffres , et en cela je l'admire , car 
ce sont des ingrats qui ne répondent pas du tout à 
son amour. Il y a donc recours pour combattre le 
principe fondamental de la révulsion. Ce principe est 
connu de tout le monde, c'est celui qui établit que 
l'irritatiort révulsive , pour être efficace , doit être 
plus forte que l'irritation morbide. On va voir coin- 
g ment M. Miquel s'j est pris pour essayer de l'é- 

branler. 

M Si cette théorie est vraie , dit-il , on ne doit pou- 
voir révulser une inflammation qu'en produisant une 
inflammation plus intense. Ainsi, par exemple , pour 
guérir une blennorrhagie en révulsant Tirrilation 
sur les voies digestives , il faut nécessairement en- 
flammer l'estomac : supposez donc que la membrane 
muqueuse urétrale soit enflammée comme 5; pour 
la guérir par révulsion , il faudra que vous enflam- 
miez l'estomac au moins comme 6.^ Voilà donc tous 
les malades qui , en remplacement d'une blennorrha- 
gie-, auront une gastrite bien conditionnée. Or, 
l'iode, le poivre cubèbe,'et le baume de Copahu 
guérissent la blennorrhagie sans donner de gastrite; 
si donc, comme vous le prétendez, ils guérissent par 
révulsion, votre principe est faux; il est évident 



c ^59 )- 

qu'une irritation faible peut eu révulser une plu^ 
forte. » ^ou 

Ayant de répondre à M. Miquel, posons quelques 

faits. 

Premièrement , il est incontestable qu'à douleur , 
rougeur , chaleur et tuméfaction égales , une inflam- 
mation de la peau , qui occupe deux pieds de la sur- 
face de cette membrane, est beaucoup plus forte que 
celle qui est bornée à un pouce d'étendue. 

Secondement , il est hors de doute que de deux in- 
flammations d'égale étendue , et dans lesquelles l'ap- 
pel des iluides est le même , c'est la plus douloureuse 
qui est la plus forte. 

Troisièmement, on ne peut nier non plus qu'une 
inflammation qui colore en rouge foncé le tissu qu'elle 
affecte, ne soit plus forte que celle qui appelle à 
peine le sang dans la partie , la douleur 'et l'étendue 
étant les mêmes dans l'une et dans l'autre. 

Il résulte donc de ces vérités d'observation , contre 
lesquelles tous les sophismes de M. Miquel viendront 
se briser , que pour apprécier l'intensité d'une irri- 
tation quelconque et la cbmparer sous c.e rapport 
avec une autre , il faut toujours tenir compte , autant 
que possible, de l'étendue qu'elle occupe, de la dou- 
leur qui l'accompagne, et de la quantité de sang on 
d'autres fluides qu'elle appelle dans la partie. Peut- 
être existe-t-il encore 4'autres circonstances impor- 
tantes à noter, telles que la vitalité des tissus , la na- 
ture des irritans , pour arriver à cette appréciation , 
mais la connaissance de celles que nous avons signa- 
lées sufEt à notre but. 

Ceci posé, il est facile de concevoir comment, 
sans que le principe fondamental de la révulsion cesse 



/ 
\ 



( 340 ) 

d^étre rrai , on peut rëvalser Tinflammation d'un tissu 
Nouvelle sans en enflammer un autre. II suffit d'irriter celui- 
ci plus douloureusement que le tissu malade, ou d'y 
déterminer un appel beaucoup plus considérable de 
fluides non sanguins , ou enfin de l'irriter dans une 
plus grande étenduéé Supposez , en eifet , qu^Ufie irri^ 
tation douloureuse comme i équivale à une irrita- 
tion étendue comme lo, et celle-ci à une irritation 
appelant des fluides, comme 3o, il est évident qu'une 
irrîtajtion étendue comme 200 , bien que sans dou- 
leur et sans appel de fluides, pourra révulser une ir-"* 
ritation douloureuse comme 10 , et appelant des 
~^ fluides comme 100. £h bien! tel est précisément le 
cas de la révulsion opérée sur les voies gastriques par 
l'iode 9 le poivre cubëbe et le bauilie de Copabu, dans 
la guérison de la blennorrbagie. L'urëtre est irrité 
comme 5 , je supposé , sous le rapport de la douleur, 
comme 5o sons celui de l'appel des fluides , et dans^ 
une étendue égale à i ; les médicamens cités irritent 
une surface cent fois plus étendue , et bien que l'ir-' 
ritation qu'ils produisent soit sans douleur et sans 
appel appréciable de fluides 9'comme on ne saurait le 
nier, puisqu'à plus forte dose ces agens provoquent 
des vomissemens et des selles, ou enflamment la 
membrane gastro-intestinale , il reste démontré ma'* 
thématiquemen^ ^ pour parler le langage de M. Mi^ 
QUEL, que cette irritation est plus forte que celle de 
l'urëtre; qu'elle peut, par conséquent, la révulser, 
que c'est , en efiet , par ce mode de médication qu'elle la 
fait disparaître ; en un mot , que l'iode , le poivre 
cubëbe et le baume de Copaliu guérissent la blen- 
norrbagie par révulsion. Appliquez à l'appel des 
fluides qui accompagne une irritation ^ le raisonne» 



( M* ) 

ment que nous venons de faire pour retendue qu'elle 
occupe 5 tenez compte, dans certains cas, de ces 
deux conditions , et vous verrez se rattacher sans ef- 
fort à la théorie de la révulsion, et les guérisons de 
pleurites par des sueurs abondantes , et celles des érj- 
sipëles'ou des angines par les évacuations de toute 
«spëce que provoque un vomitif , et celles des rho^ 
matismes paf l'irritation étendue et les selles noni^ 
breùses excitées par les purgatifs, etc. 

Vienne nous dire maintenant M. Miquel que Tir^^ 
ritation n'est pas un être matériel dont on puisse me- 
surer rétendue , et qu'elle n'est autre chose que l'état 
dun tissu irrité, nous lui répondrons, ce que ivL 
reste il sait parfaitement bien, mais ce qu'il feint k 
dessein de ne pas comprendre , que, quand nous dî«» 
sons qu'une irritation est plus forte qu'une autrui 
nous voulons dire que tel tissu est plue irrité que tel 
autre, ou , en d'autres termes , que l'action organir 
que est plus augmentée dans celui-ci que dans celui-^ 
là, ou , en d'autres termes encore, que l'influx ner^ 
veux et ^'abord des fluides blancs et sanguins sbnt 
plus considérables dans cet organe que dans cet au'^ 
tré; que, quand nous disons que l'irritation révul* 
sive, polir être efficace, doit être plui forte que l'ir- 
ritation morbide, cela signifie que, pour faire qu'un 
tissu irrité cesse de l'être, il faut en Irriter un autre 
plus fortement que lui ; enfîn , que, quand nous di<« 
sons que l'irritation qui occupe la \i\us grande éten- 
due , celle qu'accompagna un abord plus considéra- 
ble de fluides , soit qu'ils s'épanchent au dehors, soit 
qu'ils restent emprisonnés dans les mailles du tissu, 
celle qui est la plus douloureuse, et celle qui provo- 
que la nutrition exagérée de l'organe dans lequel elle 

T. 97 delà Col. 36«. delà oJ'.Sér. Npi^emb. 1 6 



. Nouvelle 
doctrine. 



( a42 ) 

m 9om. ûé^ , sont plus fartes qoe le* irritatioiis q« 
J»ott%cflc offrent les conditiims contraires, coqs roulons dire 
qv'on tissa est plus irrité lorsqir il Fest dans l'étendoe 
d'an pied , qoe lorsqu'il ne Test qae dans l'étendoe 
d'an ponce; lorsque six onces de sanç.ou d'antres 
fluides l'engorgent ou baignent S9. surface, tjofi Knrs- 
qu'il n'en reçoit que quelques gros de plus que dans 
Fétat normal ; lorsqu'il est pénétré par une très- 
grande quantité de fluide nerrenx, que lorsqu'il IVst 
par une fûble dosé ; enfin , lorsqu'il acquiert un dé* 
rrioppement trop considérable , que lorsque son ao» 
croîssenient reste stationnaire. Nou5 ne fiisons donc 
pas un être de Firritation ; mais nous n'en faisons pas 
UOB plus une abstraction , ainsi que le &it M. Mi- 
QOEh ; c'est pour nous uis mat qui exprime le fait de 
l'augmentation de Faction organique d'un tissu. Tout 
oé que nous disons de Firritation se rapporte an fait 
matériel qu'elle représente , et les épithètes qoe nous 
lui associons peignent des particularités toutes maté- 
rielles de ce fait. 

La puissance des clnfires de M. Miquel est donc 
encore une fois en défaut; elle Tient se briser de non- 
rean contre la solidité du principe fradamental de 
la rérnlsion. Mais une cbose bien digne de remar- 
que , c'est que telle est la justesse et la yérité de ce 
principe , qoe M. Miquel l'adopte malgré loi , à son 
insn^ et au moment même on il croit le renverser. 
En efSei , il tire des raisonnemens que nons mwcm 
txMnbattaSy cette eonséqnence, que l'action du baa— 
me de Copabo est spécifique y et que ce médicament 
ne guérit pas l'urétrite par rérulsion. » Pour que Vtnk 
pût admettre , dit-il , qu'il guérit par ce mode d'ac- 
tion ^ il faudrait qu'il enflammât l'estomac. » N'est-* 



^ 



I 



(245); 

^€ pas faire l'aveu positif, n'est-ce pas reconnaître S 

cfue, pour révulser une irritation morbide w il faql , Nouvelle 
^ ... r. doctrine, 

produire une irritation artificielle plus forte? Et, 

comme pour rendre son adbcsion à. ce principe moins 
douteuse , il cite en exenkple de véritable révulsioû 
la guérison d'une ophthalmie par le vésicatcrire. 
M. MiQUEL rend donc à la vérité de la théorie que 
) nous défendons un bommag^ qui , pour être invo»f 
lontaire , n'en est pas moins réel, mais qui le met 
évidemment en contradiction avec lui-même , puifr^. 
que son but est de prouver , ainsi que nous Tavonfli 
déjà dit, qu'une irritation faible peut en révulser* 
une plus forte. Je ne rappellerai , en passant, que c'esV 
de l'action, du baume de Copahu et du poivre Ctt-% 
bëbe que M. Miquel déduit cette dernière consé-*^ 
quence, que parce que c'est une occasion^ de faire 
remarquer un nouvel échantillon de la logique de ce. 
médecin. Suivant lui , l'action de ces médicamens est. 
spécifique, > dans son opinion; par conséquent elle, 
n'est pas révulsive , et pourtant cela ne l'empêche 
pas d'en tirer une conclusion contré la théorie de la 
révulsion, avec laquelle elle n'a^pour lui aucun rap- 
port. Mais j'aurais trop à faire si je voulais si^ualier 
tous les paralogismes de M. Miquel; c'est déjà bien 
assez d'avoir à réfuter ses erreurs. 

Quelques partisans de la nouvelle doctrine 1 tout 
-en reconnaissant que l'irritation révulsive, pour être 
efficace, doit être plus forte que l'irritation morbide,, 
admettent en même temps, avec M. Miquel, qu'une 
irritation faible peut en révulser une plus forte. Il est 
pourtant bien évident que ces deux propositions se 
repoussent } l'une ne saurait ^tre vraie , sans que 
l'âiitre'^oit fausse; el4es se détruisent mutuellement , . 



i 



(^4 ) 

puisqu'elles sont contradictoires. Que dîraît-oh d^nll 
Wouvclle physicien qui, après avoir posé la loi que, dans là 
chute des corps graves à la surface de la terre , là 
vitesse du mouvement croît proportionnellement au 
carré des temps, ajouterait que cependant, dans 
quelques cas , les corps en tombant parcourent des 
espaces égaux dans tous les instans de leui* chute , 
que même leur vitesse va quelquefois en décroissant; 
et voudrait créer une nouvelle loi pour exprimer ces 
faits? Chacun s'empresserait de lui dire : avez-voas 
bien analysé les faits sur lesquels vous vous appuyez? 
En avez-vous apprécié toutes les circonstances^ Ayez- 
vous tenu compte , par exemple , de la densité des 
milieux que vos graves ont traversé , du volume de 
ces corps 9 des frottemens qui en ont usé la vi- 
tesse , etc. ? Faites-le , et vous ne tarderez pas à vous 
apercevoir qu'en dépouillant ces faits de toutes leurs 
' circonstances accessoires, ils rentrent dans la leî 

commune, de même qu'en appréciant à leur juste 
valeur les circonstances qui les accompagnent, ils 
s'expliquent tout naturellement^ et perdent jusqu'à 
leur apparence contradictoire. £h bien ! c'est le 
même langage qu'il faut tenir à M. Miquel et aux 
médecins qui ont adopté son opinion. 11 faut leur 
dire : vous avez observé des faits dans lesquels une 
irritation faible vous a paru en faire cesser une plus 
forte) mais répondez : si la dernière .irritation s'est 
développée spontanément , qui vous dit que la pre- 
mière n'a pas disparu de niéme? Étes-vous bien cer-» 
tains qu'il ait existé entre ces deux irritations d'autres 
rapports que celui d'une simple succession acciden-^ 
telle? Quelles preuves avez-vous de l'influence de l'ap^ 
parition de Tune sur la disparition de l'autfe? Si 



(345)' 

c*esl vous qui avez f&it naître ta dernière irritation ,„ 
dites-nons sur quel fondement vous vous appuyeï- , JNouve ,e 
pour la Juger plus faible que celle qu'elle déplace? 
Connaissezrvous bien d'abord tous les éléniens dont 
se compose l'intensité d'une irritation? Avez-vous 
comparé votre irritation artificielle avec Tirritation 
morbide, sous lesL rapports de l'étendue , de la dou- 
leur et de l'appel des fluides? Avez-vous tenu compte 
de la différence qui existe entre le tissu sur leque} 
vous avez opéré la révulsion et celui qui était le siégé 
du mal? Avez-vous réfléchi , par exemple, que l'ac-. 
tion organique étant incomparablement plus active 
dans la peau que dans un os, une irritation en appa-r 
rence plus faible , sous tous les rapports , dans le pre- 
mier de ces tissus que dans le second , peut cepen^ 
dant être plus forte en réalité? Quand vous aurez 
fait tout cela , vous ne direz probablement plus 
qu'une irritation faible peut en révulser une plus 
forte ; tous les faits qui tendaient à yous le faire 
croire auront été rattachés par vous à la loi géné- 
rale^ ou rangés parmi les exceptions jusqu'à ce que . 
vous trouviez à l'es classer. 

Trop d'empressement à vouloir expliquer certains 
faits obscurs a souvent nui à la nouvelle doctrine, et 
d*adroits critiques, à la iete desquels se place sans 
contredit M. Miquel , ont su faire retomber sur cette 
doctrine en masse la défaveur qu'il leur était facile 
de jeter sur plusieurs explications forcées de quelques 
faits de détail. C'est ainsi que la prétention de rendre 
compte de l'action inexplicable du quinquina dans 
les fièvres intermittentes, et du mercure dans la sy-r 
philis ; par la théorie de la révulsion , donne à M. Mi-^ 
QUEL , dans cette partie de sa critique, des avantages. 



( a46) 

dont il tire habilement parti. Mais que les médecins 
Nouvelle pbjsiologiste;^ soient assez sages pour renoncer k des 
^^ ' explications évidemment insuffisantes; qa'ils sachent 
douter , ignorer mérae, quand les faits les abandon- 
nent ^ et ils n'éprouveront plus de ces échecs qui, 
, bien que faibles , puisent à leur belle caisse , et qne 
font sonner bien haut leurs fiers antagonistes. 

Mais si M. Miquel a quelquefois raison , c'est dans 
des questions de si mince intportance, et cela lui ar- 
rive si rarement , que la doctrine physiologique n'en 
saurait recevoir aucune atteinte. Chaque fois qu'il 
attaque, au contraire j une des grandes vérités que 
cette doctrine enseigne ^ comme il ne sait le faire 
qu'en chicanant sur les mots, disséquant les phra- 
ses, niant contre toute évidence, affîrnaant lorsqu'il 
faudrait prouver , tronquant , dénaturant ou tortu- 
rant les faits , quand il ne les ignore pas complète- 
ment , notre confrère échoue dans sa tentative. Aux 
•preuves nombreuses que j'en ai déjà données , qu'il 
me soit permis d'en ajouter encore quelques autres; 
on a tant vanté l'ouvrage de M. Miqcel , qu'on est 
parvenu à lui faire une sorte de réputation, et je 
crois qu'il importe de montrer toute la faiblesse des 
bases sur lesquelles repose cette réputation de con- 
trebande. Mais , pour abréger, je m'abstiendrai main- 
tenant de toute discussion qui ne sara pas d'absolue 
nécessité. ^ 

Sans donc aborder au fond la question tant agitée 
de savoir si les fièvres essentielles des auteurs dépen- 
dent de la gastro*entérite , je me bornerai à accom- 
pagner de courtes réflexions les argumens à l'aide 
desquels M. Miqurl prétend réfuter cette opinion. 
Le premier de ses argumens consiste k dire que 



(247 ) 

la désorganisation cancërense de restomac ou de 
l'intestin ne donne pas lieu aux symptômes des £ë- Nouvelle 
vres essentielles , et qne , par conséquent ^ il n'est pas 
rationnel d'attribuer les grands désordres de ces fièrres 
à une légère phlogose des voies digestives , quand les \ 
grandes ulcérations ^cancéreuses dès mêmes parties 
ne provoquent que de faibles mouvemens pyrétiques. 
Que M. MiQUBL veuille bien se donner la peine d'ap- 
pliquer son beau raisonnement aux affections du pou- 
mon et du foie , et il arrîvera à cette conséquence , 
dont tout le monde sentira l'absurdité : que l'inflam* 
mation aiguë d'une portion de ces organes ne peut 
pas ^tre regardée comme la cause des symptômes 
graves de la pneumonie ni de l'hépatite , puisque les 
vastes excavations tuberculeuses et l'engorgement 
squirrheux de toute la mass^ du foie ne provoquent 
que de faibles mouvemens pyrétiques. C'est ppnr la 
trentième fois peut-être que cette 'futile objection est ^ 

réfutée ; vous voyez ^que cela n'empêchera pas M. Mi- 
quel de la reproduire. 

Une seconde preuve , suâunt lui , que les fièvres 
essentielles ne dépendeal pM|p 1* gastro-entérite , 
c'est que les blessures de l'estomac et des intestins 
qui , dit-il , enflamment certainement ces organes i 
produisent des symptômes qui n'ont aucune analogie 
avec ceux de ces fièvres. On voit que , fidèle à Tune 
de ses habitudes chéries, quand M. MiquëL ne sait 
pas, il suppose. Pour toute réponse, apprenons-lui 
donc que les blessures dont il parle guérissent en 
général sans donner lieu k des symptômes mâamota- 
toires , quand elles ne sont pas accompagnées d'épan- 
chement de sang ou de matières fécales dans la ca- 
vité du péritoine, et que , dans leâ cas ou cet épan- 



(248) 

« 

■ cheroent existe , dans ceux oii la plaie est trës^éten* 
Nouvelle due, les symptômes qui se manifestent sont ceux de 
là péritonite. Les symptômes de ces blessures ne sont 
donc, dans aucun cas, comparables ayec ceux des 
fièvres essentielles : voilà ce ^ue M. Miquel se fût dit 
sans doute , s'il eût moins consulte son imagioation 
que les faits. 

C'est encore aux faits qu'il faut le renvoyer, pour 
kii apprendre que, malgré toutes ses dénégations , il 
est bien certain que l'inflammation aiguë et l'ulcé- 
ration de la membrane muqueuse gastro-intestinale 
existent souvent sans douleur ; ce qui ne les empêche 
pas de provoquer un aussi grand nombre de sympa- 
thies que lorsque la douleur les accompagne , et que 
tous les jours on voit succomber des individus qui 
n'ont témoigné, pendant la vie, aucune douleur ab- 
dominale, et à l'ouverture desquels on trouve les in- 
testins fortement enflammés et remplis d'ulcérations. 
Ces faits ont été constatés un si grand nombre de fois 
depuis quelques années, que tous les médecins qui 
ont lu les pages oii M. Miquel les révoque en doute , 
sont convaincus que ce médecin ne voit pas de ma- 
lades , et n'a jamais fait d'autopsies cadavériques. 

Les bons ffftrtB de l'émétique, au début des fièvres 
essentielles, fournissent un autre argument à notre 
confrère, contre l'opinion qui place la cause de ces 

fièvres dans l'inflammation des voies digestives 

Oui , leclrur , les bons effets de l'émétique ! Vous 
aviez peut-être la bonhomie de croire que c'est aux 
accidens funestes qui suivent si fréquemment l'em- 
ploi de ce médicament, qu'est due sa proscription 
presque générale du traitement de ces maladies. Er-* 
reur, erreur! Demandiez plutôt à M. Miquel. Il vo.u$ 



( M9 ) 

prouvera clair comme le jonr , car il prouve tout ce !5!'!'f"""''"''^5S 
qu'on veut , M. Miquel, que re'métîque guérit dix- Nouvelle 
neuf fois sur vingt lorsqu'il est administre au début ; 
des fièvres. Mais pourquoi donc , direz-vous , y a-t- 
on si généralement renoncé s'il est si utile ? Je n'en, 
sais rien ; mais il faut croire qUe ce sont les nombreux 
succès que l'on devait journellement à son usage qui 
ont épouvanté ceux qui les obtenaient , et il me parait 
probable que si ce méc!icament est aujourd'hui cent 
fois moins employé qu'il y a douze ans , si les adver- 
saires mêmes de la nouvelle doctrine ne le prescri- 
vent qu'avec crainte, c'est parce qu^on a peur de faire' 
trop de bien aux malades et de les guérir trop vite et 
trop souvent. Cela vous paraît peut-être bizarre, ab- 
surde; c'est précisément pour cela que vous n'en de- 
vez pas douter ; demandez plutôt à M. Miquel. Et 
comment ne guérirait-il pas , administré au début 
des fièvres? A cette époque de la maladie , l'estomac 
n'a pas eu le temps de contracter l'inflammation , dit 
M. Miquel; il ne participe encore que faiblement au 
trouble général, et l* ébranlement que le vomissement 
communique à P économie tout entière , faisant cesser, 
le malaise de tout le système , celui de P estomac cesse: 
et se dissipe comme celui de tous les autres organes. 
Vous comprenez, j'espère ; l'émétique fait vomir, le. 
vomissement ébranle l'économie , l'ébranlement de. 
l'économie fait cesser le malaise de tout le svstème :. 
comme l'estomac fait partie de l'économie et du sys-' 
tème, son malaise se dissipe aussi, et voilà pourquoi 
réraétiqne guérit si bien les fièvres. Certes, M. Ml-» 
QUEL a bien raison de s'écrier : Voilà des explications^ 
naturelles ; et je trouve qu'il faudrait qu'une fiçvrc^ 



( 25o ) 

essentielle fàt bien entêtée pouk* résister à d'aaiai bon* 



Nouvelle ^^ maisons. 
aoc(nne. 



Mais parlons sérieusement. On sembW s'être donne 
le mot pour toujours déplacer la question; ea feittt 
de croire que les partisans de la nouvelle doctrine 
nient que Fémétique puisse jamais être utile y et 
qu'ils le reg«irdent même conime toujours dangepeu^. 
£h ! messieurs les anti^physiologUtes ^ un peu de 
bonne foi da^s vos discussions , si cela vous est pos- 
sible. T^ous ne contestons pas l'utilité de l'émétique 
dans quelques cas ; nouS^isons seulement .qu'il est 
souvent nuisible ; que l'on ne possède pas encore tous 
les signes qui en permettent ou en contr'indiqaent 
l'emploi : que par conséquent son administration est 
souvent basardeuse ; qu'il vaut mieux s'en abstenir 
dans les cas douteux que de s'exposer à nuire en j. 
ayant recours ; enfin qu'on ue doit le prescrire qae 
lorsqu'on a la certitude qu'il produira de bons effets. 
Vous 9 messieurs , vous faites , de ce médicament , le 
plus efficace en même temps que le plus bentn des 
agens de la thérapeutique ; vous avouez cependant 
qu'administré mal à propos il produit de funestes, ef- 
fets, mais cela ne vous en^pêcbe pas d^érîger son 
emploi en précepte banal , laissant à l'habileté où 
plutôt au bonheur du médecin le soin de démêler les 
circonstances oii il doit en faire usage ou s'en abste-^ 
i^lr; Nos opinions sur l'usage de ce médicament dif- 
fèrent donc des vôtres, en ce que nousvoulons qu'on 
ne l'emploie qu'à coup sûr , et que vous en abandon- 
nez presque l'administration au hasard. Toute la 
question est là : il ne s'agit pas de dire vaguement 
que l'émétique est utile ou qu'il nuit, ni de citer des 



( 25i ) 

faits à l'appui de Tune ou l'autre de ces assertions ; il 

faut apprendre aux médecins à reconnaître k l'aTance , Nouvelle 

■ * ^ doctruie. 

les cas oii ce médicament peut être avantageux , et 

ceux dans lesquels il aurait des inconvéniens. Or, 
c'est là ce que la nouvelle doctrine s'efforce de faire; 
déjà , vous le savez , elle est parvenue à préciser ub 
assez bon nopibre de ces cas , et s'il vous en coûte de 
lui rendre justice sur ce point , ayez au moins la pU" 
deur de he pas vous targuer contre elle des succès qu^ 
vous devez à l'observance des préceptes qu'elle a tra- 
cés. Sans doute, hors ces cas signalés par elle, rér 
métique peut encore être quelquefois salutaire ; des 
faits nombreux Tajttestent, et ce n'est pas nous qui 
nions jamais les faits; mais il produit souvent aussi 
des effets funestes , et , encore une fois , les signes vou« 
manquent comme à nous pour prévoir le résultat ; 
jStlà oii le doute commence-, la sagesse recommande 
de s'asbtenir. C'est au médecin à savoir reconnaître 
l'opportunité , dites-rvous alors; le tact du praticien 
exercé ne le trompe jamais. Le tact du praticien 

exercé! £st-ce dope là ce que vous appelez un 

précepte? En attendant que chaque nouveau dçcteinr 
acquière cette faculté divinatoire, combien d'erreurs 
funestes ne pourra-t-il pas comipettre? Au pri:^ de 
combien de victimes Pavez-vous vptis-nxémp achetée, 
si vous la possédez aujourd'hui dans toute sa pléni- 
tude? Et vous osez blâmer les médecins physiologis- 
tes de la circonspection qu'ils conseillent ? Et vous 
trouvez mauvais qu'ils s'efforcent de substituer des 
règles sûres de conduite à ce tact intranspi^is^ible 0t 
que l'on ne peut acquérir qu'en s'éclairant par des 
revers. Vous n'avez donc jamais ressenti cette an- 
goisse pénible qu'éprouve le vrai médecin , lorsqu'au- 



C ^52 ) 

près 3*un malade gravement affecté il ne trouye 

Nouvelle rien , ni dans les préceptes de l'art, ni dans les sou- 
doctrine* , j , . • i> ' 1 • 1 

venirs de son expérience, qui I éclaire sur le parti 

qu'il doit prendre? Les lourmens de l'incertitude, 
après une prescription hasardée, ne vous ont donc 
jamais causé de longues et fatigantes insomnies? En 
retrouvant un cadavre sur ce. lit oii vous aviez laissé 
la veille un homme plein de vie , votre cœur ne s'est- 
il pas quelquefois serré k l'idée cruelle qne peat-etre 
vous aviez contribué à sa mort, et n'avez-voos pas 
alors en secret gémi sur l'imperfection de votre art? 
Si vous n'êtes pas étrangers h ces émotions et si vous 
fn redoutez les douloureuses atteintes, souffrez que 
nous cherchions à les épargner à d'autres, en leur 
inspirant une salutaire répugnance contre toute mé- 
dication incertaine. Un médecin, dont le nom m'é- 
chappe, renonçant à l'exercice de son art à un âge oii 
il pouvait encore rendre des services, donnait pour 
unique motif de sa retraite qu'il était las de deviner 
des énigmes. Ce mot, plein de vérité , donne une idée 
parfaite de ce qu'était l'exercice delà médocine il y a 
douze ans , et de ce qu'il est encore pour beaucoup de 
praticiens dont on vante le savoir. Eh bien! la doc- 
trine physiologique a entrepris de remplacer les énig- 
mes par des dogmes, et les devins par des hommes qui 
raisonnent ; ce but , elle saura l'atteindre, en dépit 
de la ligue des routiniers et des ergoteurs. Revenons 

h M. MlQUEL. 

Passant ensuite aux preuves anatomiques, ce mé- 
decin commence par déclarer que s'il faisait des ou- 
vertures de cadavres dans la vue d'y trouver des té- 
moignages contre la doctrine de M. Broussais , il se 
Méfierait tellement de lui-même , qu'il n'oserait rien 



Nouvelle 



( a53 ) 

t^onclore de ce qu'il aurait observé. Cette pré<^aution 

oratoire n'est pas maladroite. Notre confrère a par*- , i^iûuvf 

\ ..,.,,. . doclnne. 

faiteraent senti combien il était téméraire à lui d'oser 

attaquer une doctrine qui repose en partie sur l'ana- 
tomie pathologique, lorsque cette science lui est to* 
talement étrangère» Il a cherché à en prévenir le re^ 
proche ou à Témousser s'illui était adressé^ en pro* 
testant qu'on pourrait , sans injustice, récuser ses 
preuves et les regarder comme non avenues. Mais 
pourquoi donc n'a-t-il pas eu les mêmes craintes pour 
ses preuves physiologiques et thérapeutiques? Ne les 
a-t*il pas rassemblées dans le but avoué de les oppo- 
ser à la doctrine de M . Broussais ! Sa position n'était- 
elle pas la même dans un cas comme dans l'autre? 
Pourquoi donc tant d'assurance d'une part, et tant 
de défiance de l'autre? Personne ne hera dupe de ce 
scrupule de modération qui prend tout à coup i^ 
M. Mic^UEL^ il u*y a pas^ssez habitué ses- lecteurs ^ et 
sa phrase presque modeste contraste trop avec le ton 
tranchant qui règne d'un bout à l'autre de son livre , 
pour qu'on ne devine pas aussitôt le motif qui l'a 
dictée. Chacun se dira que l'auteur n'a pas apporté 
de preuves anatomico-pathologiques à l'appui de su 
thèse , parce qu'il n'en possède pas qui fui soient pro- 
pres. 

Qui ne remarquera pas , en effet , que le chapitre 
consacré par M. Miquel à l'anatomie pathologique 
des fièvres , celui dans lequel devaient se trouver le 
plus de faits et les discussions les plus importantes , 
puisqu'il s'agit d'une question délocalisation de ma- 
ladies , que ce chapitre , dis-je , est le plus maigre de 
tout l'ouvrage. On y lit qu'un grand nombre de pra- 
ticiens Ont rapporté des observations de fièvres graves 



(254) 

mortelles , à Id suite desquelles la dissection n'a mon- 
Nouvelle tré aucune l(race de lésion du canal digestif, etc. 
( chacun sait que ce grand nombre de praticiens se 
réduit à cinq ou six , et que le^ observations ne sont 
guères plus nombreuses ); on y trouve cité un pas- 
sage de l'ouvrage de MM. LERifmiER et Andral y dan^ 
lequel ces médecins disent qu'il est rare de ne rien 
rencontrer à l'ouverture des cadavres , soit dons le 
tube digestif , soi t dans les autres organes, et dbelS- 
cbeut à prouver , non qu'il n'existe jamais de léiions 
dans les voies digestives à la suite' des fièvres, maïs 
" qiï*îl n^eil eiiste pas toujours , et que , dans les cas oii 
on les observe , il n'est pa^ toujours possible de rat- 
tacher à^és lésions les syitoptômes observéis pendiint 
la rie, ce qui est bien loin de la conclusion de M. Mi-^* 
t}tEL ; eniin , il est terminé par une discussioti qui sera 
jugée comme elle le mérite, quand j'aurai dit que 
n^tre critique y contesté que les taches brunes et Té- 
pâtssîssciiient de la membrane muqueuse digestivé 
soietit des signes de son inflammation. 

Ybilà pbUrtant les faits et les raisonnemens qui 
conduîseUt M. MiQUELà conclure sérieusement : qùé 
la physiologie , la thérapeutique ,- et Tanatomie pa- 
thologique dérriontrent ( il a oublié de dire mathéma^ 
tiquement ) que la théorie de la localisation des fîëVres 
o'ù dé la gastiro-entérite est fausse^ insuffisante et 
ûàriifàdiûioire, Y a^t-il assee dé si^ets en France pour 
^ accueillir dé pareilles prétentions ? 

Mais ce n'est pas tout encore. La physiologie, la 
Ihérapeutîqnè rt Ta natoïnié pathologique de Mv Ml- 
QXJEL'Font conduit à bié^u d'autres conséquences noti 
moins étonnantes. D'abord , il a découvert qu'il n'y 
a ]pas de symptômes locaûl d'inflammation gastro- 



( 255 ) 

intestinale dans le typhus. Ainsi , de par M. Miqtiel , 
défense à tons pathologistes de considérer comme Nouvelle 
tels la perte d'appétit, la soif, et le sentiment 6fi dottriuc. 
serrement et de pêsanteui^ épigastriques que les ma- - 
lades éprouvent au début de la maladie f le désir des 
baissons froides et acidulés ; les nausées et les von^is^ 
semens de la seconde période y les coliques , lé mé^ 
téorisme et les selles fréquentes , liquides et fétides , 
qui surviennent plus tard } enfin l'ardeur brùlaute 
d'entrailles et la çensibilité vive de l'abdomen à la 
pression qu'on observe à la fin de cette afièction. Sa 
physiologie lui a fait découvrir encore que l'irritation 
du cerveau ne peut pas produire l'abattenaent, la 
tristesse, la stupeur* la lassitude des membres et la 
prostration musculaire^ et qu'il faut que cet organe 
soit prostré lui*inéme pour que la prostration mus- 
culaire s'en suiv«. Avis à MM. Lallemând ^ Rostàn , 
Georget, Bouillaud, etc. r^^^ ^^^ placé au nombre 
des symptômes de l'inflammation du cerveau l'hébé- 
tude^ la stupeur , l'assoupi ssennent et la paralysie pro- 
gressive ; ils se sont certainement trompés , car puis- 
que la théorie de M. Miquel dit que cela ne peut pas 
être, il est bien clair que l'observation doit avoir \ 
tort. Enfin , sa thérapeutique lui a appris aussi quel- ' 
que chose , c'est que la saignée serait dangereuse dans 
la peste , et que personne même n'oserait la conseil- 
ler. Quel malheur que Chirac , Bertraiyd , Massaria., 
Septalius , BuGHAN , M. Desgenettes , etc. , n'aient 
pas connu la sentence de M. Miquel ! ils n'auraient 
pas conseillé la saignée dans cette maladie , et iJsse < 
seraient bien donné de garde surtout d'en retirer de 
bons effets , ainsi que cela leur est assez souvent ar- 
rivé. Quant à l'anatomie pathologique , j'ai eu tort 



( 256 ) 

de dire qu'elle avait conduit M. Hiqtjél à quelques 
Nouvelle consé(|uences curieuses^ mais le lecteur, qui sait 
oc me. comme moi que cela n'est pas possible, a bien dû. 
s'apercevoir de suite que je me trompais. N'ai-je pà« 
prévenu que^ sur cette partie de là science des mala-' 
dies, ce médecin est dans Theureuse impuissance d'à— 
voir tort comme d'avoir raison ? 

I 

Il est temps d'en finir: J'aurais bien voulu, cepen- 
dant , demaiidér à M. Miquel le nom du médecin qui 
a dit que dan^ la scarlatine , la rougeole et Va va- 
riole, c'est la gastro-entérite qui produit l'éruption ; 
et, si cette absurdité est de son invention, le prier de 
nous dire s'il y a de la bonne foi de sa part à en gra- 
tifier la nouvelle doctrine, pour la critiquer plus à 
ëon aise. J'au mis désiré surtout discuter avec lui la 
théorie des fièvres intermittentes, et montrer com- 
bien il a entassé d'erreurs sur cette matière , quitte à 
lui faire grâce ensuite de quelques sopbismes sur là 
gastrite chronique, les hémorrhagies, la syphilis et 
les névroses. Mais j'ai déjà trop long-temps peut-être 
occupé le lecteur <Je ces débats, et l'ennui me gagne 
moi-même de m'escrimer sans cesse contre des sub- 
tilités. 

Toutefois i il est impassible de laisser sans réponse 
certain tableau dé mortalité publié par MM. Bous- 
quet et MiQCEL dans plusieurs journaux de méde- 
cine , reproduit par ce dernier dans ses Lettres, col- 
porté dans la plupart de^ salons de la capitale , crié 
jusque sur les toits, et que l'on aurait volontiers fait 
annoncer à son de trompe dans tous les carrefours de 
l'Europe , si cela eût été possible, duquel il résulte- 
rait que M. Broussais perd plus de malades que ses 
confrères, et que par conséquent sa doctrine est mcur- 



(aby) 

trière. Il est de la plus grande importance de détruire 
celle erreur , qui , propagée depuis plus de deux ans Nouvelle 
avec tout le zële de la malveillance , a déjà fait peut- ®^ " ** 
être beaucoup de mal. 

J'aurais bien voulu pouvoir compulser les cahiers 
de visite des cinq ani^ée^ sur lesquelles porte ce ta- 
bleau de mortalité dont M.Miquel et consorts ont fait 
si grand bruit : c'était, en elTet, le plus sûr moyen de ' 
connaître la vérité jusque dans ses moindres détails. 
Mais malheureusement ces cahiers sont détruits dès 
qu'ils cessent d'être utiles à la comptabilité , et l'on 
n'a pu me rassembler que ceux de l'année 1819. Ce- 
pendant , grâce aux renseignemens que je dois à l'ex- 
trême obligeance de MM. les administrateurs du Yal- 
de-Grâce« aux documens précieux que M. le sous- 
intendant militaire a eu la bonté de me faire remet- 
tre^ aux rapports mensuels de M. Broussais à M. Dbs- 
GENETTES sur le servicc de l'année 181 9 , rapports que 
le premier de ces médecins a bien voulu me confier, 
aux tableaux de mouvement journalier dressés par 
Tinfirmier major et annexés k ces rapporls ; à force 
de longues et ennuyeuses recherches sur les cahiers 
mis à ma disposition , enfin , en comparant et.en rec- 
tifiant les uns par les autres les résultats ppisés dans 
ces différentes sources, j'ai pu recueillir assez de faits 
pour renverser l'échafaudage d'erreurs de MM/ les 
anti-physiologistes y et pour donner la mesure de la 
confiance que méritent leurs assertions alors .même 
qu'ils affirment avec le plus d'assurance. 

D'abord une erreur des plus graves a élé commise 

par l'auteur déloyal et par les commentateurs. p^iv 

tiaux de ce bel acte d'accusation. Celte erreur, est 

telle, que seule elle suffit pour réduire au néant.t.(>.ut^ 

T. 97 de la CoL 36* </* la 2* Sér. Nopemb. 1 7 



( 258 ) 

Il !■> les conséquences que MM. Bousquet et MTQtiEL oit 
Nouvelle tirées da tableau de mortalité. «En eflet , ces met* 
^^""*' sîeurs jont eu Tinjuslice de mettre en parallèle des 
services qui ne sont comparables sous aucun rapport. 
Ainsi , tandis que M. Brodssais n'a }amaîs ea qaedes 
fiévreux dans ses salles , je trouve , en i8ig , dans le 
service de MM. Pierre et YAiot, un assez bon nom- 
bre de galeux, et une salle tout entière ( n*. lo ) qui 
ne renferme que des prisonniers mangeant les trois 
quarts. Ensuite , il est évident qu'en 1816 et 1817 les 
salles de M. Pierre ne devaient contenir que des ga- 
leux et des convalescens y puisque la mortalité n^j a 
été que de i sur igS et de i sur 167; qu'en 1816 et 
1818, celles de M. Vaidt étaient composées comme 
en 1819, puisque la mortalité j a été moindre en- 
core ( I sur 27 et I sur aS ), enfin qu'en 1816, ta 
salles de M. T>esgenettes n'étaient pas occupées par 
des fiévreux seulement , })uisqné dans Cette année ce 
médecin n'a perdu qu'un malade sur 78. En troisième 
liea^ M. Yaidt n'a fait le service, en 1819 9 S^e pen- 
dant un niois , et M. Desgeiyettes pendant quatre, 
tandis que M. Brodssais a fait la visite pendant les 
deux tiers de l'année. Dans les autres années , on peut 
juger apph>ximativement d'après le nombre dessor- 
tans de chaque service, que M. Desgenettes n'a fni 
la visite que pendant deux mois en 1816, trois mois 
^n i8t^, iih mois en 1818, et M. Pierre pendant 
quatre mois seulement en 181 5, tandis qne M. Baons- 
SAis a toujours fait la sienne pendant hait, nei^f et 
dix niois. Or, je lé demande k tout homme de bonne 
foi, -peut-on , d'une part , comparer la mortalité d'un 
service de fiévréut avec celle d'un service en tout 00 
en pATtiè composé de galeni i^t de convillcscen^i et , 



( 259 ) 

cKun aatre côté, quand on sait cortibien la mortalité 

varie suivant les saisons, et même les mois de Tan- j^ctriiTC^ 

née , est-il permis d'opposer les résultats d'un, dé 

deux ou de trois mois , à ceux des deux tiers Où des 

trois quarts d'une année? 

Une autre circonstance s'opposnit encore à toute 
comparaison entre le service de M. BroussAis «t celui 
d^s autres médecins du "VaUde-Grâce : c'est que ses 
salles étant consacrées à la clinique , le cliirurgien àé 
garde a toujours eu l'ordre d'y envoyer les mal^ades 
les plus gravemeoi affectés. MM. r Bousquet et Miquîl 
objectent à cela que l'i>rdre existait aussi d'envoytr 
les maladies graves au médecin en chef, ainsi que le 
déclare M. ie baroti Dksgenettbs , et que ^ pràr c6d<*^ 
séquent, pendant les cinq années comprises dans te 
tableau-, ce n'est jpas M. BrOussais qui a d'à les rec^^ 
voir , mais bien M. Db^genettés i alors médeein eti 
chef. Comme les doux Ordres existaient en même 
t^mps ,. il aurait fallu reconnaîtra au moins , pour ^tré 
de bonne foi , que les malades graves étaient partage 
«ntre les servicesidé ces deux médecins , et que pirf 
Gonséqueilt ces deux services seuls étaient compata*^ 
blés. Maia cela o^eùt pbs^é exact encore ; car M.Des^ 
GENETTES n'ayant perdu qu'uû malade sur 78, '«fi 
1816, il e^t bien évident que dans cettie année/ du 
moins on tie lui a pas envoyé les* pl«s gna^nes mala- 
des ; ensuite , ce médecin n'ayant fait que. neuf à dix 1 
mois de service pendant le cours des eimq «nuées suf^ 
lesquelles porte- le tableau , tandis que M.Brous&ais ^ 
au contraire , a fait quatre ans dé visite à peu près 
dans ce même espace de temps , et prefeqae toujours 
pendant les interruptions de service de M.Desoe- 
PTETTss, il-^st inoontestuble que, Résidant. presque 




^ 760 ) 

faste U émrée àe um terwice, c\ 
êeul qvi j reçu les nut\^ét% les pl«» 
teinté. M. Borsocirr prétend qsll esl 
âirïger aîosi à Toloofé s«r tel oa tel 
U<)ef le« pfas gr^rts, parce que, dit-il , c'est 119 em- 
ployé qoî ccfnâmt aux places ▼acsntes les mifiin 
entrant , sans s'embarrasser de la nature ni de U gra> 
rilé de la maladie, qa*il est d^aillenrs incmpsble d'ap- 
précier , paîsqa*îl n'est pas médecin; mais coonne 
toat le monde sait qae, dans les bôpttanx militaires, 
c'est le chirargien de garde qui reçoit les malades, 
son objection tombe d'elle-même. Le serrice d'ancn 
médecin du Yal-de-Orâce n'était donc comparable i 
celai de M. Broussais pendant les cinq années dn ta- 
bleau de mortalité , ni sons le rapport de la natnt 
des maladies, ni sous celui de leur gravité ; il ne Pé 
tail pas même toujours sous le rapport de la dnréeet 
des saisons pendant lesquelles il a été fait; toutes les 
conucrjucnccs que l'on a voulu tirer de ce parallèle 
sont donc fausses , et je pourrais me dispenser d'es 
pousser plus loin la réfutation. Mais je n'ai pas eiH 
core assez fait connaître la véracité de MM. Bous- 
quet et MiQUEL , et je tiens à la mettre dans tout son 
jour. 

On conçoit déjà sa^s peine pourquoi la mortalité 
de M. Broussais a dd paraître plus considérable que 
celle de ses confrères. Une autre erreur est encofe 
venue contribuer à l'augmenter en apparence. Bk 
consiste en ce qu'on ne lui a tenu aucun compte des 
hommes évacués de ses salles sur les services des ga- 
Irux , vénériens ou blessés , et qoe l'on a calculé st 
mortalité en divisant le nombre des sortans par càm 
des morts , ainsi qu'un tableau vtnaut de 



( 26. ) 

tration , que j'ai sous les yeux , en fait foi. Or, il est 
évident que les individus qui sont évacués d'un ser- Nouvelle 
vice de fiévreux sur des services de galeux , de véné- 
riens ou de blessés , ont d'abord été guéris de la fièvre 
pour laquelle ils étaient entrés à l'hôpital ; par consé- 
quent ils doivent être mis sur la même ligne que les 
sortans , et c'est sur la somme des uns et des autres 
que la proportion des morts doit être calculée. Si on 
omet de le faire , il eu doit nécessairement résulter 
des mécomptes qui seront toujours au préjudice des 
médecins chargés des services exclusivement compo- 
sés de fiévreux , parce qu'il ne leur revient presque 
jamais de malades des salles de galeux>, vénériens ou 
blessés^ ou que s'il leur en arrive de ces services , ce 
sont presque toujours des hommes atteints d'affections 
chroniques graves, qui ne peuvent que grossir leur • 
nécrologe. C'est donc sur M. Bboussais surtout que 
devait peser et que pèse en effet cette erreur ; ainsi , 
en 1819, 119 malades ont été évacués et par consé- 
quent guéris par ce médecin, et on ne lui en a pas tenu 
compte. On a fait ce calcul : 967 malades sont sortis 
du service de M. Broussais en i8ig, m 7 sont 
morts , donc la mortalité a été de 1 sur 8 -fr^ tandis 
qu'il fallait dire : ce médecin a guéri 1,086 malades 
en 1819, il en a perdu 11 1, sa mortalité a donc été 
de I sur 9 •!• Il n'est pas douteux qne la même erreur 
n'ait été répétée sur les autres années , car l'adminis- 
tration elle» même n^a pas pu les éviter dans ses cal- 
culs de mortalité appliqués k chaque service en-par-» 
ticulier, attendu que ces mutations de salles se font 
sans sa participation et à son insu. 

J'entends déjà MM. Bousquet et Miquel me dire 
qne cette erreur ne saurait leur être reprochée sans 



( £6a ) 

iojiisiîce, paisqo'ils n'en sont pas les anlenrs , et 
KoQ¥dle qa'ils ont nobliéle tableau de mortalité id qu'il itenr 
a ete coniniBnk|oé , sans se permettre d'j laîre le plus 
léger changenieBi. Ainsi donc les Toiià réduits à 
cette position délicate ^ d'être forcés à se jostifier de 
ne s'être pas rendus coupables de falsification. Juste 
punition de leors imputations hasardées! Acceptons 
cependant leor excase; mais prioas-4es de Tonloir 
bien uoos donner une explication satisfaiseute des 
faits suirans qai semblent déposer contre enx. 

Pourquoi le tableau qu'ils publient annonce-4»-ii 
que la mortalité de M. Desceh sttes a été de i sur 19^ 
eli i8f5 y quand il résul