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http://www.archive.org/details/revuedestudesj52soci 



REVUE 



DES 



ÉTUDES JUIVES 



VERSAILLES. — IMPRIMERIE CBRF, 59, RUE DUPLBSSl; 





RKVUE 

DES 



ÉTUDES JUIVES 



PUBLICATION TRIMESTRIELLE 
DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 



TOME CINQUANTE-DEUXIÈME 



PARIS 

A LA LIBRAIRIE A. DURLAGHER 

83''", RUE LAFAYETTE Ar^^'*' 

1906 ^T^^^ 



\C) 



lOI 



L'ESPRIT 
I)D CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 



A PROPOS DE QUELQUES PUBLICATIONS RÉCENTES 



[suite et fin ' 



Le Judaïsme a l'époque de Jésus. 



L'apologétique a une pointe, qui est la polémique. M. Harnack 
n'a pas échappé aux lois du genre, et, pour faire ressortir la 
supériorité et l'originalité de la mission de Jésus, il a sévèrement 
jugé le peuple d'où celui-ci est sorti et la société qu'il a prèchée, 
s'inspirant des passages célèbres de l'Évangile, mais ne tenant 
guère compte des résultats de la science historique. 

En général, les critiques protestants du Nouveau-Testament 
pèchent encore par erreur de méthode et par défaut d'information. 
Les protestants lilx'raux, surtout, qui ne tiennent plus au christia- 
nisme que par la personnalité de Jésus comme si elle était plus à 
l'abri des atteintes de la critique), sont victimes du préjugé théolo- 
gique. Pour eux, Jésus n'est qu'un homme, mais ils l'adorent et le 
divinisent. Au culte d'un homme, ils joignent la superstition d'un 
livre; l'Évangile, ce bréviaire des simples, devient le réceptacle de 
leur métaphysique et de leur mystique, car toute vérité doit y être 
enclose; les passages les plus simples, tour à tour, ou les plus 

1. Voyez Revue, tonu' I.I, ji. l!il. 

T. LU, N° 103. 1 



•2 ItEVUE DES ÉTUriES JUIVES 

obscurs, ou seulement les plus insignifiants, se trouvent receler, 
coniini' nous lavons vu, des doctrines insouix.-onnées. Dans leur 
désir d'exalter encore le Nouveau-Tcstanienl, ils oublient que c'est 
un document historique ; ils l'isolent trop de ce qui l'a préparé, 
et autrement que par réaction ; le judaïsme des environs de l'ère 
chrétienne, qu'il faut toujours voir à larrière-plan de la prédi- 
cation de Jésus, nest présenté par eux que comme antithèse et 
repoussoir. Il faut dire, à leur décharge, que les sources sont 
encore difficilement accessibles, et que de sérieux progrès n'en 
ont pas moins été réalisés dans ces derniers temps ^ La synthèse 
de ces acquisitions nouvelles est contenue dans la monumentale 
Histoire de Scbûrer ^. Si Harnack connaissait à fond cet ouvrage de 
son collègue (il dirige avec lui la Theolof/ische Litteraturzeitung), 
il n'aurait pas été éclairé sur tous les points, mais il se serait 
épargné bien des erreurs. Sa peinture du judaïsme est effroyable- 
ment sombre, et calculée pour faire antithèse. 

A Hre Harnack, on a l'impression que les Juifs des environs de 
l'ère chrétienne avaient tout oublié et n'avaient rien appris. \\ 
est même plus dur que Jésus, qui ne paraît pas s'être attaqué 
aux Pharisiens en tant que parti. Les sévérités des Évangiles re- 
flètent plutôt l'hostilité des générations chrétiennes qui, après la 
ruine de la nationalité juive, avaient séparé leur cause de celle du 
peuple vaincu. C'est Matthieu surtout qui a mis l'accent sur ce point, 
et son Discours sur la Montagne est une composition artificielle, 
destinée à faire pendant à la Loi du mont Sinaï, et où l'opposition 

\. C'est 11! lieu de nioutiomier — ue lut-ci' iiue parce ijuil soutient uue thèse eoH- 
traire ii celle qui est exposre ici — le récent ouvrage de M. Friedliiudcr sur « le mou- 
vement l'elii-Meux au sein du Judaïsme à l'époiiue de Jésus » [Die relù/iusen fietre- 
f/Hiii/en innerlialb des Judenlums im Zeitaller Chrisli, Berlin, G. Reiuier, l'JO."j}. 
D'après lui, le pliarisaïsme n'a jamais conquis la nation juive et n'a exercé qu'une ac- 
tion néfaste. L'idéal bililique a été poursuivi par le judaïsme de la Diaspora, qui a 
réaïi sur la Palestine, nfractaire aux Pharisiens. C'est ainsi que, par-dessus cette 
secte, le mouvement apocalyptique rejoint le mouvement sibyllin, et que les Essé- 
niciis donnent la main aux Thérapeutes. Ces courants parallèles aboutissent à Jésus, 
qui a paitait l'ieuvre des Prophètes. — Une des moindres originalités de ce livre, dont 
la préface et la conclusion sont bien ini[uiétantes, n'est certes pas la réhabilitation de 
la classe des « Am-Haareç », véritable Quatrième État avec ses écoles et sa littérature; 
quant à la découverte d'une secte juive anté-chrétieune, « l'hérésie du miuéisme », ce 
n'est i)as une nouveauté (v. M. Friedlauder, Der vorchrisllic/ie jiidische Gnoslicis- 
mus, 189S; Der Antichrist, IDOi ; lievue, XXXVIll. 38 et ss., 191 et ss.. 204 et ss.), et 
c'est précisément la polémique ([ue l'auteur a cngag-ée pour le compte de ces gnos- 
tiques juifs qui, aujourd'hui, le jette presque dans les bras du christiaiiisme. Kncorc 
un qui ne sera pas sorti indemne du • Pardès » ! 

2. Gescliiclite des jiidischen Volkes iin Zeilcdler Jesii Christ i, 'S \qI. {3* éd., Leipzig, 
1898-1901). 



L ESPRIT DU CIIHISTIANISME ET DU JUDAÏSME 3 

entre l'ancienne et la nouvelle alliance est niarqui'e d'une façon 
manifestement théorique et factice '.Au contraire, Marc et Luc 
montrent Jésus en bonnes relations avec les Juifs et leurs docteurs. 
Il n'attaque jamais la Loi comme fera Paul ; c'est tout au plus s'il 
s'en prend pai'fois à certaines extensions de la Loi, telles que les 
règles de pureté, que d'aucuns s'imposaient par surcroît. Quand 
les Pharisiens lui reprochent d'enfreindre le repos sabbatique, il 
leur répond — si le mot est authentique — que le sabbat à été fait 
pour l'homme et non l'homme pour le sabbat-. Il ne fait, en cela, 
que leur rétorquer leur propre principe : ûni< "'î^i rrnsM nao c-b 
rsïsb D'^-ino» (R. Simon b. Menassia, fin du if siècle^). 

Harnack reproche aux Pharisiens, d'une part, d'avoir fait peser 
sur le peuple un joug étroit, d'autre part d'avoir manqué de sin- 
cérité et d'humanité; c'est ce qu'on entend généralement par 
« pharisaïsme », et jamais appellation ne fut plus injuste. 

Comme il fait souvent, Harnack commence par une demi-con- 
cession : tt Jésus trouvait dans son peuple une morale riche et 
profonde. Il ne faut pas juger de la morale des Pharisiens d'après 
les exemplaires casuistiques et ridicules qu'ils en ont donnés. Se 
mêlant au culte et s'engourdissant dans le rituel, la morale de la 
sainteté s'était changée en ce qui lui était le plus opposé, mais 
elle n'était pas complètement pétrifiée et n'était pas morte. » 
Ailleurs il est plus sévère : « Les prêtres et les Pharisiens tenaient 
le peuple enchaîné et tuaient son àme, faisant régner une terreur 
souvent plus effroyable que le despotisme des rois » fp. 113). Ce 
reproche, qui repose non seulement sur une interprétation inexacte 
de termes tels que min (qui signifie « instruction » et non u loi ») 
et ni:ç?: bis» mais sur l'ignorance profonde de l'àme juive, a été 
maintes fois réfuté ; il n'est pas vrai que les rabbins aient « empoi- 
sonné » le peuple; toutes les règles rituelles qu'ils déduisaient de 
la Loi, quand elles ne consacraient pas des usages établis, avaient 
pour but de purifier l'homme, de sanctifier ses moindres actions. 
Aussi le peuple ne supportait-il pas avec douleur ou avec résigna- 
tion le « joug de la loi », et ce qui le montre le mieux, c'est qu'il 

1. C'est ce r|u'a bien mis t'n lumièrt* l'abbi; Loisy dans la Reçue cl'Hist. et de lUl. 
relif/ieu.ses, VlII (1903) : Le Discours sur la MouUif/ne (tirage à part. Paris, Picard). 

2. Marr, ii, 27 : Matlliicu dit autre rliose ; Luc ne dit rien. Mais même dans Marc 
!•' passage parait interpolé, d'après Mattli., xii, •'i-7. En tout cas, le mot n'y est pas 
à sa place ; il a pu être prononce dans une autre circonstance, où Jésus lui-mènic au- 
rait violé le sabbat (Dalman, Die Worte Jesu, pp. 21o-216). 

3. Mechilla, sur xxxr, 13 et 14 (p. 110 W'eiss) ; cf. Yoma, 85 b ; Pesahim, 112 a 
« Profane le sabbat plutAt que de mendier ». 



4 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

opposait ce joug à celui de la puissance teinpoivlle el de la force 
matérielle. 

Jésus n'a donc pas donné un autre idéal à la vie, et l'on soutit^nt 
une thèse diamétralement opposée à la vérité quand on altiiine 
qu'en se déclarant l'ennemi des chefs officiels du peuple (s'il l'a 
fait), « c'était la basse conception reliji;ieuse inculquée par eux à 
l'humanité qu'il combattait surtout. Ils considéraient Dieu comme 
un despote qui veille avec un soin jaloux au cérémonial de sa 
cour: lui respirait en la présence de Dieu'. Ils le voyaient seule- 
ment dans sa loi, dont ils avaient fait un labyrinthe de pièges et de 
faux-fuyants ; lui voyait et sentait Dieu partout. Ils possédaient des 
milliers de commandements divins et croyaient pour cela connaître 
Dieu ; lui n'avait qu'un commandement et pour cela le connais- 
sait » (p. 56). Qu'il est donc dangereux de filer un parallèle et de 
se laisser enivrer par l'antithèse ! 

Le reproche d'avoir accumulé les prescriptions et de les avoir 
mises toutes sur le même rang est aujourd'hui le suprême argu- 
ment, l'expédient désespéré des théologiens allemands. On leur a 
montré que Jésus n'avait innové en rien. Qu'à cela ne tienne! 
Oubliant que, pour lui, l'essence de la prédication évangélique est 
entièrement originale, Harnack reconnaît que les Juifs étaient arri- 
vés aux plus hautes conceptions l'eligieuses, mais il demande « si 
c'était sans alliage et plein de vitalité », et répond qu' « il y avait 
encore malheureusement beaucoup de choses à côté ». — « Que 
pouvait-il y avoir de nouveau dans la religion à l'époque de 
Jésus?... Le monothéisme était fondé depuis des siècles, et les 
types de la piété monothéiste avaient paru çà et là dans toutes les 
écoles, dans tout un peuple. . . « Que voulez-vous donc avec votre 
Christ? » nous objectent les savants juifs, « il na rien apporté de 
nouveau ». A cela je réponds avec Wellhausen : certainement ce 
que Jésus proclamail . . . on le trouve chez les Prophètes, on le 
trouve dans la tradition juive de son époque el même chez les Pha- 
risiens : mah il // a dans leur doctrine bien d'autres choses en 
nihnc temps- \ chez eux, c'était alourdi, coupé, étouffé, rendu 
impuissant et futile par les mille choses qu'ils confondaient avec 
la leligion cl qu'ils considéraient comme aussi imi)ortantes que la 
pitié et le jugement''. . . La source de sainlelé élail ouverle depuis 

1. Haiiiack ap|ilii|iic iltiix ("is ;i .Irsiis ces Is lirùs il'lsaic. xi, 3. 

2. C'est Hariiark ijui ï;iiuli^iiu. 

3. D'après Mattli.. xxiii, 23 (Lnc. XI. Vl). Par le iliinicr mot. Haniai-k veut fain- i-ii- 
tciidre, après Weilliausoii, que les Juifs avaient perdu la uotiou du jui.'eiuent à venir 
el de la resjionsabiiité individuelle. .Mais v. Sehieiuer, Die junyslen Irleile. p. 18. 



L'ESPRIT DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 5 

longlemps, seulement on y avait jet«' du sable et du gravier, et 
les eaux en étaient troublées. Que plus tard des rabbins et des 
théologiens aient distillé cette eau, même s'ils y ont réussi, cela ne 
change rien à Taiïaire. Mais avec Jésus, la source avait jailli 
fraîche et claire, et s'était tracé un nouveau chemin à travers ce 
gravier que les prêtres et les théologiens avaient amoncelé pour 
étouffer le sérieux de la religion » (pp. ol-o3). 

Nous avons eu la curiosité de chercher le passage allégué de 
Wellhausen ; le voici, et l'on y reconnaîtra sa « manière » : « Des 
savants juifs voudraient faire disparaître la différence ou plutôt la 
violente opposition qui séparait Jésus des Pharisiens ; ils croient 
que tout ce qu'il a dit se trouve aussi dans le Talmud. Oui, tout et 
beaucoup plus encoro. IIXéov •/■u.'.tu Tiavro;. L'originalité de Jésus 
consiste en ce qu'il a senti, dans l'amas chaotique, ce qui était vrai 
et éternel, et en ce qu'il l'a lait ressortir avec force. Combien il était 
voisin et combien éloigné du judaïsme, c'est ce que monde dune 
part Marc, xii, "28-34, et, de l'autre, le livre d'Esther ' ». 

Ici encore, M. Back, après Schreiner-, a fort bien remis les 
choses au point, et Harnack à sa place. Le christianisme, tel du 
moins que le théologien nous l'a exposé dans la seconde partie de 
son livre, n'a jamais cessé d'être « contaminé », et il le serait 
encore, s'il n'était venu, lui, Harnack, pour le distiller. Et seul 
alors il aurait le droit et le pouvoir, à l'exclusion des « rabbins » et 
des « théologiens », de passer, comme on dit, une affaire à l'alam- 
bic ! Mais négligeons l'argument ad hominem, et même ne disons 
rien de l'erreur historique qui consiste à confondre perpétuelle- 
ment les « prêtres » elles « Pharisiens », et à solidariser ceux-ci 
avec ceux-là. On reproche aux rabbins leur formalisme minutieux 
et étroit. N'est-ce pas Hillel, antérieur de peu à Jésus, qui renfer- 
mait toute la loi en un seul commandement? N'est-ce pas Akiba 
qui, cent ans après lui, la faisait consister tout entière dans l'amour 
du prochain •'? Et nous comprenons alors le passage de Marc ([ik^ 
Wellhausen cite. Nous y voyons qu'à un « scribe w qui lui demandait 
de lui indi(|ner le premier de tous les commandements, Jésus ré- 
pond que c'est d'aimer Dieu, puis d'aimer son ])i'ocliaiii. n'poiisi' (|tii 
lui vaut l'adhésion et l'appi^obation t'nlièn' de son inlci'loculeur ''. 

1. I.iraeli/i.ic/ie iiud /iiilisc/w dcsi/tir/t/t', 't' éd., p. .'i'Jfl, n. 1. I.cs muts soiiliii-iiOs 
le sont dans l'original. 

2. Die juiif/slen Uriei/e, \>\). l'i et s. 

3. î^ahhal. ."il n Revue. 1,1. S : Sifrn, sur \i\. IS d imralli'lcs; il V.\\. aux Calâtes, 
V, 14 ; lîuinains, \iii. IS. 

4. Dr uirinc Matthieu, xxii. 3t)-:(l). Lue, x. '2."j-JS. |i!;iee même la i-i'inuise dans la 



è IIEVUE DES ETUDES JUIVES 

« Il V avail ciicoiv beaucoup de choses à cOlé » : cela est dit gra- 
vement, et ponrlant c l'sl mie naïveté qui trahit, chez Wellhausen 
comme chez Hai-nack, li-uorance du caractère vérilable de la litté- 
rature talmudique. Nalurellemeul le ïalmud, résumé d'une acti- 
vilé hUellectuelle plusieurs lois séculaire, renferme autre chose 
que le principe do lamonr du prochain. Les Évangiles, qui n'em- 
brassent ni uiir é|)oquc aussi cousidi'rable, ni des sujets aussi 
VariéH, conliiMinenl bien des éléments accessoires, qu'il faut que 
Harnack en di-taclic. Pour être juste, il faut comparer lÉvângilé 
du Nouveau-Testament avec lÉvangile du Talmud, l'essence du 
judaïsme rabbiniiiue avec l'essence du christianisme primitif. Il est 
vrai que les docteurs, (jui élaient des rabbins et des légistes, ne 
parlent pas toujours de pureté, de piété et de sainteté ; mais il nie 
faut pas confondre la Halacha avec la Aggada (au sens large du 
mot), et confronter les idées moraU^s de Jésus avec les prescriptions 
rituelles et juridiques des Pharisiens. C'est pis que si l'on opposait 
à la doctrine évangéliqne les décisions des conciles ou les règle- 
ments disciplinaires des synodes, poui- ne l'ien dire des casuistes * . 

Quant aux mœurs des Pharisiens, Harnack s'est encore fait 
l'écho des accusations des Évangiles, sans les contrôler. Quand il 
parle, par exemple, de ienr " vertu hautaine» ip. iOO), il songe 
sans doute à la i)aiabole du pharisien et du puhlicain dans Luc 
(xvm, 0-141. Mais les rabbins auraient applaudi à l'enseignement 
qui s'en dégage, eux qui disaient que l'humilité était la plus grande 
des vertus et de faire rougir son prochain' la plus coupable des 
fautes-. Les paraboles évangéliqiies ne correspondent pas néces- 
sairement à des expériences « vécues » de Jésus ; ce sont des anec- 
dotes inventées dans un certain but, dans notre cas particulier 
pour illustrer cette idée piquante que souvent les personnes qui, 
par leur condition, paraissent désignées comme des modèles de 
vertu, ne remplissent même pas leurs devoirs les plus élémentaires, 
tandis (jue dos hommes do peu nianireslenl des qualités qu'on ne 
s'attendait i)as à trouver chez eux. 

Encore moins Jésus eut-il besoin de déployer une « sainte colère 

iKmrlic ilii ilnr-tciir. — l'oiiiqiiiii \\ rllliauseii ne coniiiaie-t-il j»as le livre d'Kslhci- — 
ijtie iiniis lui ahaiidoiiiit'iiiiiis in'ut-iMic — à Actes, v, 1 et s., où PiiMie sr m'uilre si 
peu rliaritable envers .Vn.iiiie i-t sa femme? 

1. D'autres tomlient dans le travers contraire eu opposant la Halarlia et la Avïaila, 
comme l"a fait lleiian. JUs/niri' </ii l'cuple il'I.irucl, V, -il."), tr'ompè, a ee qu'il semlili', 
par lui inir.uicux parallèle rie J. Dcrcuhour^, llisloire de la l'dlcs/iiu'. pp. 350 et s. 
Cf. eu dernier lieu M. 1. Ltsi, liaus lU'rue, L, i~i\. 

i. Ahoda Xtira. M /> ; .!/«-/. m. Il ; Kah.i Mi'cia. ."i'.trt. rto. 



I/ESPRIT DU CIIRISTIAMSME ET DC JUDAÏSME 7 

pour démasquer ces loups à face humaine, pour découvrir leur 
hypocrisie et faire entendre son jugement... C'est contre eux 
qu'il prononça son fameux discours de malédiction, Matthieu, xxiii: 
« Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites, sépulcres blan- 
chis, etc. » (p. M3). Mais s'il est très douteux que Jésus se soit jamais 
exprimé ainsi, le Talmud n'a pas attendu Harnack pour stigmatiser 
les Pharisiens hypocrites'. Tous les partis ont leurs tartuffes. 
Mais si l'on étend ce blâme à la secte entière des Pharisiens, on 
manque à la saine logique et à la justice impartiale. Que dirait 
Harnack, si nous jugions les théologiens d'outre-Rhin d'après les 
plaintes si amères où il se répand dans la préface de la troisième 
édition de son livre ? Lui-même juge-t-il les adversaires de Paul 
d'après les injures autrement véhémentes que l'apôtre leur a pro- 
diguées, ou ceux de Luther, d'après les outrages dont les a couverts 
le moine de Wittemberg ? Ou bien niera-t-il le caractère tendan- 
cieux de la polémique évangélique ? Le seul Pharisien qui figure 
nommément et en action dans le Nouveau-Testament-, Gamliel, y 
est présenté comme un homme modéré, sage et sincère. D'autre 
part, la littérature talmudique est remplie d'aphorismes sur la vé- 
racité, la franchise, la pureté de l'intention : « La vérité est une des 
bases du monde. — Le sceau de Dieu est vérité. — Tout se juge 
d'après l'intention. — C'est l'intention que réclame le Miséricor- 
dieux. — Dieu dil : Je ne reconnais que des actions auxquelles le 
cœur prend part"*. » Le Juif dit tous les matins : « L'homme doit 
toujours être pieux en son for intérieur, rendre hommage à la 
vérité et l'exprimer dans son propre cœur '. » On multiplierait 
les exemples, si l'abondance des citations ne s'opposait pas aux 
citations. 

Enfin, Harnack reproche au judaïsme officiel du temps de Jésus 
son inhumanité et sa coui)able indifférence à l'égard des pauvres. 
Les classes dirigeantes, dit-il, auxquelles appartenaient les Phari- 
siens et les prêtres, avaient peu d'égards pour les besoins des mal- 

1. Sota, 20 rt, 22 h (Bar.iïta) ; j. So/«, Y, 7 (20 c): .j. Berachol, IX, 1 (14/>): Abo/ 
de R. Natan, cli. xxxvii (xlv), p. n3 (124) SiluThtcr. 

2. Actes, IV. 

3. Aboi, I, 18 (Siinuii b. Gamlii'l) ; Subbul, '.'i^a; Beruc/iol, 13 «; Saii/iéi/rin. 
106 6; Mechilla, sur m, 9 (p. 26 Weiss); cf. Haguiga, 16 « (« tout cominamleineiit 
doit être fait avec recuiMllemeiit ») ; Yoma, Tlb {<< notri' intérieur doit être comme notre 
extérieur»); ib., 86 6; Soin, 416 (« rii_v|)ociiti' profane le nom de Dieu ») ; Baba 
Kamma, 79 6 (« celui qui pèche en secret suppiime la présence de Dieu »), etc. 

4. Par un délicat scrupule, Rasclii était opposé à la récitation de cette formule, di- 
sant i(ue Dieu doit ètn- adoré aussi bien en public (jucii secret (v. Schibbolé ha-Lékef, 
n" 6, p. 3 6 Bubcr). — Cf. eiicure |)lus ha-;, p. 20. 



8 REVUK DES ÉTl.TiES JUIVES 

heureux; ils se moiilraiiMit durs et iiéglii^eaieul leur devoir d'une 
manière grossière (p. ',)!)). Kl la preuve qu'il eu donne, c'est (jue le 
Psalmiste se plaint de la tyrannie des riches, et que Jésus eu a 
parlé aussi sévèrement! Mais aussitôt api'ès, il nous apprend (|iu.' la 
dénomination de « pauvres » s'applique à ceux qui attendaient la 
consolation d'Israël, quoique la pauvreté matérielle se rencontrât 
souvent avec la piété et l'humilité. D'ailleui's, si bas que l'on 
descende pour la composition des parties les plus récentes du 
Psautier, on est encore loin de l'époque évangélique. 

Quant à Jésus, il se propose bien moins de condamner les riches 
que de consoler les miséi-ables, et, dans ce but, il identifie, lui aussi, 
le pauvre et le pieux. La pauvreté est le chemin du ciel : les riches, 
en renonçant à leurs biens, acquièrent le salut. Tel est le principe 
qui inspire la prédication de Jésus, et l'on n'y trouvera rien de 
plus. Si maintenant on interroge la littérature lalmudique, combien 
les textes n'en sont-ils pas éloquents? Il y a peu de sociétés où l'on 
se soit occupé, autant que chez les Juifs, des misères sociales; 
l'organisation de la charité publique et privée V aussi bien que 
les préceptes de la halacha et que les sentences de la Agga(Ja, en 
est un témoignage irrécusable. On trouverait au besoin dans 
l'Évangile maints passages qui témoignent des sentiments humains 
de la société juive de. ce temps, et Jésus reçoit toujours chez les 
Pharisiens un accueil hospitalier -. 

Non seulement on avait pitié des pauvres, mais on respectait la 
pauvreté; c'est le judaïsme qui a produit cette admirable « littéra- 
ture des pauvres », dont l'Évangile, n'est, à certains égards, que 
le dernier chapitre, et dont Isid. Loeb, qui l'a reconstituée, a cru 
retrouver les traces dans la prière des Dix-huit Bénédictions ^. 
« Trop pauvres souvent, dit encore Harnack en parlant de^ ces mal- 
heureux, pour pouvoir acquérir les moindres bénédictions et pré- 
rogatives du culte, écrasés et repousses, iniquement maltraités, 
ils ne pouvaient lever les yeux vers le ciel. » Qu'est-ce à dire? Que 
les indigents étaient exclus du Temple ? Le double sacrifice quoli- 
dien, le « tamid », était exiJliciteuuMil ollert au nom du [)euple 
entier. Les obligations i-ituelles étaient (Tailleurs proportionnées 

1. Qu'il siiflise lie it'iivoycr ;i la l'oiitV'ioniN" Ac M. .1. LoliiiLiiiii, Assisliince pu/>li)jue 
et privée, Vnrifi, ISfH [Revue, XWV, Arles, p. i et s.l. 

2. Sur riiospilalili' rlicz les raliliiiis, v. .!/>»/, i. "i ; Aho/ de />. Xataii, vu ^xiv/ p. 
T"> Scliecliter; Tosefla lienic/ml. i\, •.). Cl'. .leir. Jinri/c/n/i.. VI. iSI. • 

:}. Heviie,\ï\, 17-40 Lu l.i/lmiluiv </cs i;nirrrs. |,!7-l(i(i . — Sur la « litlcratuic 
(li's pauvres « et le elirisli.iiiisiui.- pi'iiniiif. \. mn' liirn Jnlii- pai'c île S.ihalier, Est/iiisse 
iriuie p/ii/oso/iliie lie lu lelii/inn, pp. Ilid lt>"i. 



L'ESPRIT DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 9 

aux moyens des fidèles, el c'est précisément a propos des sacrifices 
que ce principe est énoncé : « qu'on donne peu ou beaucoup, il 
n'importe, pourvu que le cœur soit dirigé vers le ciel ' ». 

La meilleure preuve qu'on puisse peut-être donner aux savants 
prolestants de la lidt'lilé du tableau de cette société, dont nous 
avons esquissé seulement quelques traits, c'est <|ue Jésus pourrait 
s'y mirer et s'y reconnaître. Rappelons donc à Harnack, puisqu'il 
l'oublie parfois, (jue Jésus est un Juif - de son temps et de son pays, 
Geiger a dit plus précisément : « un esprit [)harisien dans un 
tempérament de Galiléen-' ». Un bomme tel que Jésus ne pouvait 
naître et vivre que cbez les Juifs. Ses paroles et ses actions portent 
le cacbet du judaïsme d'alors; aucun autre peuple n'aurait pu le 
former, et dans aucun autre il n'aurait pu exercer son activité. 
Jésus, dit Harnack, « vit et se meut dans les Saintes-Écritures, mais 
non pas comme un maître de profession. Il est très invraisemblable 
qu'il ait fréquenté les écoles des rabbins ; en aucun lieu il ne parle 
comme quelqu'un qui possède une culture théologique et l'art de 
l'exégèse savante » (p. 33). Seulement, nous le voyons paraître dans 
les synagogues pour y prêcher ' ; il n'était pas « maître de profes- 
sion », mais c'est qu'il n'y en avait pas alors. L'enseignement n'é- 
tait pas, ne devait pas être un métier, et les rabbins vivaient de 
l'exercice d'une profession; Hillel, Rabbi Josué, Akiba, R. Méir, 

1. Sifra, 9rt Weiss. — Si Jésus, s";nrogeaiit le droit de i)olice, chasse les niarchaiids 
du temple (mais cf. infra, \\. 25), son contemporain Simon b. Gamliel 1 abaisse, par 
une mesure léL'islative, le prix d(!s uiseauv destinés aux sacrifices [Kerifot, i, 1 . 

2. Il a fallu, dit Renan à la lin de sou Histoire du peuple d'Israël (V, ilG, n. 2), 
l'étourderie des gens du monde pour en douter. Il comptait sans les apôtres de l'an- 
tisémitisme scieutifuiue et de la théorie des races. L'AngIo -Austro -Allemand H. -S. 
Chamberlain, dans son retentissant pamphlet, Die Grundlagen des XIX leii Jakr- 
hunderls (Munich, 2" éd., 1900, pp. 209-220), a revendiqué Jésus pour la race hittite! 
— C'est donc en vain que la priorité de cette belle découverte est réclamée par le comte 
G. de Lafont, auteur d'un livre sur les Ari/as de la Galilée et les orif/ines aryennes 
du christianisme, dont la première partie a itaru chez Leroux en 1901, et dont nous 
attendons sans impatience la seconde. La première est destinée à prouver que Jésus 
n'était pas Juif de race, pas plus (pie ses disciples (sauf Judas, s'entend), parce que la 
tradition le re{)résente avec un visage ovale, que la ])Opulation de la Galilée n'était jias 
sémite, mais aryenne (cf. Galilée et Gaule), etc. Voilà où conduit cette doctrine des 
races qui a pu faire croire à la faillite de l'anthropologie, et ipu vient d'être magis- 
tralement réfutée par J. Finot. Le préjudé des rares (Aleaii. lOO.'i , et F. Hertz, Moderne 
Rassenikeorien (Vienne, 190i]. Haeckei, qui vient de nmipre une lance contre les re- 
ligions, s'est avisé aussi ((ue le caractère ri i.i imiralité île J, rus priiuvenf (|u'il appar- 
tient à la noble l'ace aiyenmv D":iilletiis le nioii di' l'andera que cei'taines sources 
juives donneid à son \^^^\\■ ii'i>' |i is antre i-linsc i|iic l'.inddre I - K:i Allein;ii:ne. mi a 
été réccmniiMit fKaltlmlI' ( I daulrcs iii.-,qir,i ni'.T re\i>teiii-c' de Ji'sns. 

3. Vorlrsunfirn iilirr <liis luili'iilhiini . !l dans Jihlisrhr '/.rilschrifl, III, .'ÎS . 

4. MattliiiMi. Mil. '.\\: Marc. i. :i'.i : l.m-. n. I.i. rtc CI. Itrriir. t. i.l. p. 211!». n 1. 



10 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

tous tiraient leurs rossources de l'œuvre de leurs mains. Ou sait 
que Paul en décida autrement '. 

Pour comprendre la prédication de Jésus, il faut avant tout — 
Harnack l'oublie trop quand il interprète FÉvangile avec ses propres 
idées et à la lumière de la philosophie moderne— il faut entrer 
dans l'esprit de l'idiome qu'il parlait. C'est le point de départ des 
études sur la langue maternelle de Jésus- et des traductions du 
Nouveau-Testament en hébreu, entreprises dans un but mission- 
naire ou scientifique, comme celles de Delitzsch, de Salkinson, de 
Resch. Dalman, qui a revu la première, s'est convaincu qu'une tra- 
duction intégrale des Évangiles dans une langue sémitique était 
impraticable; il nesl même pas prouvé que la première Vie de Jésus 
n'était pas rédigée en grec. Ce qui est sûr, c'est que Jésus a parlé 
la langue de son pays, et donc ce qu'on peut faire avec quelques 
chances de succès, c'est d'isoler ses discours, et d'en expliquer les 
termes essentiels en les replaçant dans la bouche des Juifs du 
temps"'. Il ne .faut pas, pour cela, songer à l'hébreu, qui était 
l'idiome savant ^, mais à la langue populaire, à l'araméen, que ce 
soit le dialecte de la Judée ou celui de la Galilée. 

De même, la méthode d'enseignement de Jésus, qu'on lui croit 
si personnelle qu'on a également voulu reconstituer d'après elle 
l'Évangile primitif, est essentiellement juive. 

II expliquait la loi, les livres, les symboles, 
Et, comme Élie èl Mb, parliait par paraboles. 

Mais la littérature post-biblique est une source autrement abon- 
dante et le véritable terme de comparaison. D'ailleurs, les savants 
protestants ont reconnu la parenté des paraboles évangéliques et 
des « meschalini' ») du Midrasch; c'est dommage seulement qu'ils 
aient en même temps obscurci la question par des théories sur 
Vâiiégorisme ^. 

1. 1 Corinthiens, ix, 4 et ss. (lui-mènie. pourtant, était tapissier). — Clioz les Juifs 
la tradition s'est niaintiMiuc longtemps; voyez encore les scruj)uU'S d'un rabbin du 
XIV* siècle, Simon b. Cemab Duran, Maffuen Abof, sur iv, 5 (p. 64 Jellinck). 

î. V. A. Meyer, Jesri Mnllerspraclie, Leipzi:;, 18% (sur l'araméen de la (îaliléc, 
faible); Dalman, Gru)iimuHk des palfisfiiiPiiscliPii Ariiinriisch: id., Àramnisc/ie Dia- 
leklproben. 

3. Die VVoî'te Jesu mit Benirksiclitigung des iiailikaiioiiis<tioii judiscbcu Sihrif- 
tums und der aramaischen S|iraclie enirtert (t. I, Leipzig, 4898). Cet ouvrage et ceux 
de Rescb (Die Loç/iu Jesu, et yTO"^ '^"IST, Leipzig, 189S) ont été appréciés par 
M. I. Lévi, Revue, XXXVUl (1899), pp. 155 et s. 

4. Pourtant Dalman oui)lie t|uc Jésus a pu diseulii en hébreu avee les scribes et les 
Pharisiens. 

■>. L'ouvrage classiiiue est celui de .\. .liilieher, Die Gleicfiuisse des Jesu, 2 volumes 



L'ESPRIT DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 11 

L'erreur de Harnack provient ici de ce qu'il s'imagine que tous 
les rabbins étaient des casuistes ; il ignore qu'il y avait aussi des 
prédicateurs populaires, des aggadistes qui, selon l'expression 
talmudiqne, attiraient le cœur du peuple (pyr: ab tn Q-'oainn). Jo- 
sèphe ' nous parle de deux agitateurs popiilaii'es, Juda tîls de Sa- 
riphée et Matbias fils de Mergalolh, 'i honunes très éloquents et 
versés dans les lois, qui étaient extrtMuemcnt aimés du peuple 
parce qu'ils instruisaient la jeunesse et passaient leur tem|)s avec 
ceux qui poursuivaient l'acquisition de la vertu ». Jésus est un de 
CES « rabbis >>; ses maximes et ses paraboles sont dans la tradi- 
tion aggadique, et Harnack en a parlé plus justement en disant que 
« le genre littéraire des Évangiles a son analogie dans la manière 
de professer des maîtres juifs ». 

Pourquoi Jésus a-t-il réussi, et est-ce lui qui a réussi? Qui sait? 
Sans doute parce qu'il était venu, comme disent les théologiens, 
« à la consommation des siècles ». Le temps était mûr pour que le 
monde païen reçût la loi juive, et les circonstances historiques pro- 
duisirent la personnalité nécessaire. Mais les Juifs furent encore les 
collaborateurs de Jésus, et le juda'isme le premier facteur de son 
succès. Si Harnack méconnaît les rapports de la prédication évangé- 
lique avec la théologie et avec la morale du temps, il se tait sur les 
relations des premières communautés chrétiennes avec les Juifs. 
Sans rabaisser l'apport si considérable de Paul, on peut dire, avec 
M. Eschelbàcher, que ce qui reste grand et vivant dans le christia- 
nisme, c'est la figure de Jésus, œuvre de simples Juifs anonymes, 
qui, inspirés par les souvenirs de leurs livres saints et les ensei- 
gnements de leurs docteurs, l'ont créée de toute la force de leur 
inspiration et de toute la chaleur de bnir foi. 

On sait, du reste, que les premiers chrétiens restèrent attachés 
au juda'isme; les mesures hostiles qui auraient été prises par la 
communauté de Jérusalem - pourraient n'être que la projection 
dans le passé des inimitiés postérieures. Mais c'est surtout en 
dehors de la Palestine que la nouvelle religion put se développer 

(2* éd.. 1809), résiiitir it ;i|>^iii'ci(- [nir A. Loisv, Les paraboles: de l'Évatigile. ilaiis 
Études évanf/ëlif/ves Paris, IMcnnl. 19():!i. V. aussi P. Kii'hii:. Alljiidisvhe lUcicli- 
riisse und die llleic/inisse Jesii i.Molif. l'JU4; sur la Meckilht,. 

1. Aniiquilés, XVII, VI. 2; cf. (iuerre, 1. xxxiii, 2. — Sur l'.iirirada et la llUt-rature 
«■•van}féli(|ui'. v. J. Di-iciiboui:.', His/oire de la Palestine, pp. 3o0 et s. ; Hcnan, Aes 
ÉiHinf/ile.s, p. 66 et passim. 

2. Actes, vil. ï.i- même livre (viii. l-.'i lapiiortc qu'an milieu ilf persécutions iil'uiie 
historicité très coiilestahle) les apôtres. Ifs propres disciples de Jésus, les chefs de la 
jfuiie coinmuuauté , itureiit restr à Ji-rusalem — Kiisèhe . //j.s7o//'e ecclésiastique, 
III, .'!-', cite quinze- évèipir- qui diriirerciit cclti mmuiiauté jus(|u',i Tt^piiqur d'Adrien . 



12 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

grâce au judaïsme, qui lui avait frayé la voie. « Le graud fait (\o. 
la soumission des Gentils au Dieu des Juifs était accompli en 
grande partie avant Jésus ^ » On sait quelle vaste et active pro- 
pagande ceux d'Egypte, de Syrie, d'Asie- Mineure et de Rome 
avaient organisée, et avec quel bonheur-. Selon Matthieu, Jésus 
aurait dil une fois aux Pharisiens : « Vous courez la terre et la mer 
pour faire un prosélyte^. » Mais déjà la Bible, dont la poésie naïve 
et la législation si humaine, unies au monothéisme spiritualiste 
des Prophètes et à leurs invectives passionnées contre les puis- 
sants, ont exercé une telle influence sur le prolétariat du monde 
païen qu'Ernest Havet^* y a vu le secret de sa conversion, la Bible 
témoigne de ces efforts de prosélytisme ; Josèphe et Sénéque, avec 
des sentiments différents, de leur succès •"'. Paul prêche dans les 
villes qui ont des communautés juives, et, dans les synagogues, 
s'adresse « aux hommes d'Israël et à tous ceux qui craignent Dieu » ; 
par ce dernier nom il entendait les païens à demi convertis '"'. 

1. Havet, Le Juda'ixme. ji. 3oO. 

1. V. Graetz, Die jiidischen Proseli//en im Romerreiclie (Breslau. 1884); M. Fiicd- 
lâiidor. La propayande religieuse des Juifs f/recs, dans la Bévue, t. XXX, 161 et s.; 
A. Hariiack, Die Mission ïind Ansbreitunçi des Christentutns in den erslen 3 Jahr- 
hunderlen (Leipziar, 1902). Ce dernier, complété et rectifié par S. Krauss (Jew. Quart. 
Rev., XVII, 370-383) et Vogelstein {Mona/sschrif/. XLIX (190;i), 427-449) a montré 
(pp. 237-240) (jue les Juifs possédaient une véritable oriraaisation en vue du prosély- 
tisme, avec des « apôtres » ou missionnaires en titre. M. 1. Lévi {Revue, h, p. '6) croit 
retrouver dans la Mechilla (sur xxii. 20) un fragment de discours de ces missionnaires 
juifs. D'après Harnack aussi, le manuel du prosélyte intitulé les Veux chemins 
aurait été primitivement juif 'Die Apostellehre und die jiidischen beiden We^e, 
2" éd., 1896^. Toutefois, Dalman [Die Worle Jesu, p. 129, n. 2 a des doutes sur 
l'origine et le caractère de cet écrit. 

3. .Matthieu, xxiii, 15 : cf. Actes, n, 9. L'abbé Loisy (Revue d'hisf. et de lilt. relit/.. 
X, i90.'j) suppose gratuitement que le passage de l'Kvangile est dirigé contre Paul. 
Quant à M. Friedlânder, qui soutient encore que le prosélytisme répugnait aux Phari- 
siens [Die religiôsen Bevegungen, pp. 31-34 , il s'avise d'y voir une allusion mani- 
feste à la conversion d'Izate, roi d'Adiabéne, racontée par Josèphe [Anliq., XX, ii, 4), 
conversion compromise par le pharisien (?) Eléazar, dont le rigorisme impose au roi 
la circoDcision (cf. Revue, L, 1-2 1. 

4. E. Havet, Le Judaïsme, passim. 

"). Isaie, II. 2 et s.; xi, 10: xix, 17 et s.: xuv, "l : i.vi. (.-8: Jeréniie, m. 17 : So- 
plionie, m, 10: Zadiarie, ii. IJi ; Psaumes, xxii. JS et s.: i..\\ii, 4 et s. — Jo>éplie. 
Guerre, VII, ni, 3, etc.; Sénè(|ue, cité par saint Augustin, Cite de Dieu, vi. 1 1. 

6. V. en dernii-r lieu l'article .le M. I. Lévi, Revue, t. L, 1 et ss. et t. LI. 1 et ss. M. Levi 
niDUtre (|ue ce iirosélylisme s'est aussi exercé en Palestine, ipiil a été enrayd par les évé- 
nements, mais que le souvenir ne s'en était pas entièrement perdu (M. Diick a bien 
marqué les causes de cet arrêt, v. Das Wesen des .ludcntums. pp. 147-148). Il n'est donc 
pas impossible que, suivant une conjeciure de M. Verncs (rten/e, t. XWVI 'ISHS'. 
Actes, xxv-xxvi , le eliristiaiiisme, soit des Jésus, soit aussitôt après sa niurt. se soit 
orienté vers les païens. — Les rajqiorls de la théologie iiaiilinienne et du judaïsme r.ili- 



L'ESPRIT DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 13 

On a remarqué quelle place les lommos tenaient dans la vie et dans 
la prédication de Tapôtre ; or, c'est surtout parmi les femmes et par 
les femmes que s'exerçait la propagande '. L'activité littéraire que 
les Juifs d'K<;ypte déployèrent- a pu n'ètie pas toujours scrupu- 
leuse, à notre sentiment, dans ses moyens ; mais elle a été animée 
par un esprit d'apostolat d'une ardeur et d'une noblesse vraiment 
admirables. La Septante a été un puissant instrument d'évangélisa- 
tion. Les philosophes alexandrins se sont efforcés de rendre acces- 
sibles aux Grecs les vérités religieuses de la Bible ; leur représen- 
tant le plus éminent, Philon, qui met toutes les spéculations au 
service de la morale, est laïeul des théologiens et des apologistes 
chrétiens, « \q premier des Pères de l'Église » ^. Si le mouvement 
populaire qui a fondé le clirisliauisme est parti de Palestine, l'her- 
méneutique et la philosophie chrétiennes sont sorties d'Alexandrie. 
Celte expansion des idées juives montre à tout le moins que le ju- 
daïsme de cette époque n'était pas enserré dans son étroit horizon 
national et dans les liens d'un particularisme hostile, que sa reli- 
gion universaliste était apte à devenir universelle. Le christianisme 
n'a pu le vaincre, sans parler des circonstances politiques, qu'en lui 
prenant ses meilleures armes et une bonne partie de ses soldats. 



VI 

L'esprit du jldaisme. 

Un point sur lequel l'accord paraît constant chez les savants juifs 
— rabl)é Loisy défend contre Harnack la même thèse pour le chris- 
tianisme —, c'est que, pour juger le judaïsme avec pleine connais- 
sance et en toute justice, il faut, non pas le saisir dans sa pureté pri- 

biniilii.' suut mk'uv iinimis niaiiitiMiaiit ; voir surtout : C..-G. Moiitrlioïc, Habbiiiic Ju- 
(laism and llie lijjislles o/Sl-hiul. Jeu", (jiiarf. lier., XIII. KiG ut ss. : M. Lowy, Die 
paulinisc/ie Lehre voin Geselz, Monulssclu:, t. XLVIl .-t XLVIll (190:M90'0. Ciitiv 
ro|iiiiioii commune (v. eiicon- Fiif<|lander, «p. cil., pp. •i'M et ss.j, relui-ci sapplifiuc 
a moiitriT, avec îles arjj'uments dont (luclqnes-uns sont séduisants, (jue le» iloctiiiies de 
la foi seul moyeu de salut, de l'insutlisance de la loi et de sa coiisommatioii dans le 
Messie uc sont i)as empiuutées à Philoii ou à une autre source alexandriue, mais vien- 
nent lies cercles rabbiniques. 

2. Josèitlie, Guerre, II, xx, 2, etc. 

1. V. M. Friedlânder, Gescliichle der jiidischen Apolo;/eli/c als Vori/escliic/ile des 
C/iristenlU)us (Zurich. 1903). 

3. Havct, Le Judaisine, pp. 3S8, 433 el s. 



H REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mitive à un moment donné, mais, an contraire, le suivre dans son 
développement intégral, et que, même pour mesurer sa valeur à une 
certaine époque, il est nécessaire de connaître la marche qu'il a sui^ 
vie depuis lors, et le terme actuel de son évolution. Ici comme par- 
tout, le temps, qui est galant homme, fait son œuvre, et lavenir est 
un miroir où le passé se réfléchit avec ses contours précis et son 
relief véritable Nous sommes mieux placés aujourd'liul pour faire la 
part de ce qui autrefois était essentiel ou accessoire, pour distin- 
guer ce qui était vivant et fécond de ce qui était éphémère et caduc. 
Le recul du passé dégage la perspective et met chaque chose à sa 
place; les idées, elles aussi, sont soumises à la lutte pour la vie, 
et tandis que les unes sont refoulées ou disparaissent totalement, 
les autres se maintiennent et se fortifient par cette sélection, parce 
qu'elles portent en elles l'avenir. C'est ainsi que M. Elbogen, 
décrivant la « Religion des Pharisiens », invoquait comme crité- 
rium la théologie du Judaïsme moderne'. M. Gûdemann fait re- 
marquer qu'aucun Juif ne se reconnaît dans les descriptions que 
donnent du judaïsme les savants chrétiens, si consciencieusement 
qu'ils aient dépouillé les textes ^. M. Perles s'étonne que Harnack 
néglige les Juifs de notre temps qui vivent et tiennent à la vie, et 
M. Eschelbacher lui reproche d'ignorer leur développement reli- 
gieux depuis dix-huit siècles. D'autres font mieux encore, et, pro- 
cédant plus directement, ils exposent les conceptions religieuses 
et morales du judaïsme moderne. 

Religieuses et morales : sur ce point encore, nos savants sont 
d'accord. La philosophie religieuse du judaïsme est essentiellement 
une éthique, et c'est comme une protestation implicite contre le 
christianisme de Harnack, qui ne se préoccupe guère de la morale, 
comme si « cela venait tout seul ». 

Nous avons vu que le théologien protestant distinguait, dans la 
religion, l'élément éthique de l'élément cultuel. Pour M. Fromer, 
r « essence du judaïsme » réside en première ligne dans le culte, 
le cérémonial et la vie des Juifs ; les dogmes n y doivent être envi- 
sagés « qu'en tant qu'ils peuvent fournir une conclusion sur les 
sources dont ils émanent, sur la vie et la pensée du peuple ». Il 
faut même remonter plus haut, d'après lui. L'univers peut être 
considéré à trois points de vue, qui sont ceux de la logique, de 
l'esthétique et de l'éthique. Or, « l'idée centrale du judaïsme, c'est 
un elTort pour établir l'autorité de l'éthique et pour combattre sans 

1. Ellto'.'i 11, Die fielit/iuusaiischauHngen der l'fiarisaer, hitroduclioii [cï. Hernie, 
XLVIII, 283-280). 

2. A propos du livre de Bousset, dans Monulsschrifl, l. c, \\\\. 40-41. 



L ESPRIT DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME (5 

ménagement la logique et Testhétique, quand elles ne servent pas 
à des fins morales ». La Bible nous montre léthique — l'idée de 
Jéhovah — en lutte constanle, exclusive et fanatique, avec l'esthé- 
tique, quand elle repousse l'idolâtrie et le culte de la nature, et avec 
la logique, quand elle affirme que les Hébreux sont le centre, la 
cause finale du monde. La réalité ayant démenti ces théories, il 
fallut, « pour empêcher la banqueroute de ces mensonges, inventer 
des mensonges encore plus grands », et renvoyer les impatients à 
une ère messianique. La destruction de l'État juif fut impuissante 
contre cette foi robuste. Les Juifs échappèrent à la loi de la nais- 
sance et de la mort, parce qu'ils restèrent convaincus que la parole 
de Jéhovah était éternellement vraie. Plus que jamais, la confiance 
en Dieu triompha, représentée par les rabbins. Pour conserver le 
peuple physiquement et moralement au milieu de circonstances 
anormales et dans un milieu hostile, on lui imposa l'étude du Tal- 
mud, et on le pourvut d'une foule de règles de conduite, qui, soit 
qu'elles règlent la conduite de l'individu ou ses rapports avec la 
communauté, ont toutes une fin éthique: utilité, justice, amour du 
prochain, sainteté. 

Si l'on veut s'assurer à quel point ces préoccupations morales 
sont profondes chez les savants juifs', on pourra lire un livre 
récent de M. Steckelmacher sur « Le Principe de l'Éthique envisagé 
du point de vue de la philosophie et de celui de la théologie juive ^ ». 
L'auteur, qui joint à une solide connaissance de l'histoire des doc- 
trines philosophiques une érudition non moins étendue dans le 
domaine talmudique et rabbinique, a voulu comparer la méthode 
et les conclusions des philosophes avec celles de la tradition juive 
sur la morale, son i)rincipe, son contenu et sa forme. Dans la pre- 
mière partie de son livre (pp. 13-138), l'étude des systèmes éthiques 
anciens et modernes l'amène à cette conclusion : la philosophie 
commence par poser l'impératif catégorique comme forme de la 
morale, elle poursuit i)ar le commandement concret de la conser- 
vation et de l'amélioration de la vie, comme contenu de la morale, 
et se couronne par l'idée d'un Dieu, auteur du monde qu'il veut 
maintenir, fondement métaphysique et nécessaire de la morale. Au 
contraire, ou à l'inverse, l'éthique de la Bible — et c'est l'objet de 
la seconde partie du livre pp. l71-'2oo) — débute par la notion d'un 

1. Sur les rapports de l'idée de Dieu avep la morale, v. aussi les réfleiions de H. 
Colin, auteur de profondes études sur l'éthique juive et rétlii(iue en général, dans la 
Monalsschrifl, t. XLVUI (1904), pp. 11 .-t suiv. 

2. M. Steckelmacher, Das l'nncip iler Ethik vom philosophisciten und jUdisch- 
theologiscken Standpunkl aus betrachtet, Mayence, 1904 ; gr. in-S» de iv -f 156 pp. 



4 6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

i)\ou rrt'aleur et rontiniio par les préceptes qui ont pour but le 
inaiiitieu t.'t le progrès du monde ; cesl en deinier lieu qu'elle pose 
dans l'homme Texistence d'un « tu dois » a-priorique cpiise réalise 
dans toutes les expériences de la vie morale. Celle |)arlie du livre 
de M. Sleckelmaclier, qui seule nous intéresse, nous paraît aussi 
la plus intéressante; contre Stade et Wellbausen, il y démontre 
avec raison le caractère essentiellement moral, non cosmogonique, 
du récit de la Genèse, dont il suit le développement dans la litté- 
rature biblique, rabbinique et théologique. Seulement, il veut par- 
fois trop prouver. Croit-il sérieusement, par exemple, que la soli- 
darité de l'idée de création et du pj'incipe de l'éthique ressorte de 
ce que, dans certaines sentences morales, l'homme est appelé 
a créature » (~»-i3 , et Dieu « l'Auteur du monde par son verbe » 
(ûbvn ïT^m nwNïJ ■'»), comme si ces dénominations usuelles (la 
seconde esl courante dans quelques recueils midi-aschiques, tels 
que la Mechilta, le Sifré et le Tanna debé Eliahou), n'étaient pas 
dépouillées de leur signification pleine et primitive? 

Mais des ouvrages comme celui de M. Steckelmacher et même 
celui de M. Fromer — quoi qu'en pense ce dernier — n'exposent 
et n'approfondissent qu'une des conceptions juives, fût-ce la plus 
importante. La « constiuction » de M. Bàck est autrement large; 
c'est vraiment un système dont toutes les pièces se tiennent et se 
soutiennent. Nous avons déjà loué son ouvrage et nous le ferions 
encore ; mais, au fait, le meilleur éloge quon puisse présenter d'un 
bon livre n'est-ce pas de l'analyser? 

Dans la première partie (pp. 1-58), M. Bâck montre en quoi con- 
siste lunité du judaïsme, et comment elle s'est formée. Elle ne pro- 
vient ni d'un particularisme farouche qui s'isole du monde, ni delà 
force astreignante d'un dogme obligatoire ; l'unité du juda'isme 
réside dans la continuité de son histoire, ou plutôt encore dans la 
communauté d'inspiration qui a animé les diiïérentes phases de sou 
développement; élaboré par toutes les consciences, le trésor reli- 
gieux commun foi-me un tout indivis, bien que certains éléments 
aient pu changer de place et de valeui' dans le cours du temps. Le 
juda'isme n'a jamais eu de dogmali<iuc au sens étroit du mot, et le 
caractère éthique de ses croyances, autant (|ue l'absence de toute 
autorité spirituelle organisée, laéloigiuî des symboles et dos sacre- 
ments : la conduite religieuse et morale est si inq)oi1anle que les 
articles de foi passent au second plan. Le judaïsme a acquis de la 
sorte une certaine souplesse, une certaine vigueur, et ces qualités 
ont encore élé développées par la lutte pour l'existence (pi'il n'a 
cessé de soutenir. Isi'aël n'est pas né en un jour, ni sur une terre 



I/ESPRIT DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 17 

dt'sorlo ; il a siihi riiiniioiicc des aiilrrs rivilisalions. mais il s'ost 
assimiit' cos ac(|iiisilions cl lésa adaptées à ses l)es()iiis; il n'a con- 
servé que ce qui pouvait rester sien. Ge ne sont donc pas les em- 
prunts étrangers qui! faut mettre en lumière, mais le développe- 
ment interne et logique. Le prophétisme continue la Tora, et la loi 
orale parfait l'Écriture. La suite de la tradition n'a jamais nui à 
l'indépendance de la pensée et, de même que les Prophètes jugent 
parfois la Loi, de même le Talmud oppose sa théorie de la rému- 
nération individuelle à la conception archaïque du Di-calogue. Au 
moyen âge, 3Iaïmonide, Profiat Duran témoignent de la même 
liberté, de la même probité intellectuelles. La Révélation se renou- 
velle chaque jour; la religion est une continuelle renaissance 
(Chap. i: «. Unité et développement »)• 

De môme que l'histoire de l'art se confond avec celle des grands 
artistes et de leurs chefs-d'œuvre, de même on ne peut saisir 1 es- 
sence de la religion que dans les génies religieux qui l'ont éla- 
borée. La croyance Israélite est fille du prophétisme. Les Prophètes 
sont des esprits à la fois intuitifs et pratiques; chez eux " les 
grandes pensées viennent du cœui- », et c'est une contrainte morale 
qui les fait agir. Cette certitude intérieure procure l'évidence à 
leurs enseignements : ils ne font que répéter ce que Dieu leur a 
dit. Ce Dieu n'est pas un produit de leur raison, et jamais ils ne 
songent à le démontrer; ils croient en lui parce qu'ils le sentent. 
Nullement métaphysiciens, ils n'expliquent pas ce que Dieu est en 
soi, mais ce qu'il est pour les hommes; c'est là le caractère pra- 
tique de leur message. Connaître Dieu, c'est savoir qu'il est juste 
et bon; le trouver, c'est faire le bien. La religion et la vie sont 
ainsi indissolublement liées, sans lien mystique ou métaphysique. 
Les Prophètes portent témoignage de Dieu tel qu'il se n'vèle à la 
conscience morale. Il est un, parce qu'il n'y a ({u'une justice, 
qu'une sainteté. Ses attributs nous dictent notre coiuluite. Il est le 
maître de tous les hommes, nous devons donc aimer l'étranger; il 
est éternel, nous devons chercher notre refuge en lui. — La doc- 
trine prophétique est restée propre au judaïsme. La religion juive 
trouve sa réalisation dans la conduite de la vie; ses conceptions les 
plus hautes n'emportent aucune idée de mystère. Donc, pas de dis- 
tinction entre vérités exotéricjues et ésotériques, pas de division 
en initiés et en profanes. L'idéal religieux n'est pas le privilège 
d'une secte ou d'une caste ; il est le bien de tous et accessible à 
tous. Il n'est pas pour cela vulgarisé, car il ne s'abaisse pas jusqu'à 
l'homme; c'est lliomme qui s'élève jusqu'à lui. La religion ne doit 
pas être prouvée, mais vécue ; l'action pieuse est le seul fondement 

T. UI, N" 103. 2 



18 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

flo l'amour do Difu, ot nous no pouvons croiro qu'à co qiio nous 
faisons (dliap. ii : « La religion propliéliquo et la communauté 
religieuse »). 

La morale constitue donc le principe et l'essence du judaisme. 
Le monothéisme éthique est sa création originale, et, en ce sens, 
nous pouvons l'appeler une révélation, qui fait d'Israël un peupla 
élu. L'idée de l'élection n'est pas autre chose que la certitude con- 
fiante d'une communauté religieuse qui a conscience de posséder 
la véritable doctrine, et c'est ainsi que les Juifs d'Alexandrie ou 
ceux du moyen-âge arabe ont naturellement retrouvé leur philo- 
sophie dans la Bible révélée. L'élection d'un peuple suppose son 
exclusivisme ; mais, dans la religion israélite, ce particularisme a 
immédiatement reçu un caractère éthique, en imposant des devoirs 
à la collectivité et à l'individu. Israël a une vocation et une mission ; 
de la confiance en soi se dégage le sentiment d'une responsabilité, 
l'obligation d'évangéliser le monde. Le juda'isme sera donc univer- 
saliste, parce qu'il est monothéiste et éthique : le monothéisme 
proclame un Dieu commun à tous les hommes, l'éthique commande 
des devoirs applicables à chacun. Mais les Hébreux n'auraient pas 
élé des hommes de chair et de sang si ces espérances n'avaient pas 
revêtu une l'orme nationale : la religion universelle est la religion 
juive Seulement, si Israël a une mission spéciale, il n'exclut per- 
sonne ; il ne forme pas une Eglise, seule dispensatrice du salut. Il 
ne connaît que l'homme juste et bon. S'il est entré en lutte, c'est 
contre le péché, et jamais par esprit de vengeance. Le judaïsme est 
la première religion qui s'est faite missionnaire d'une idée, et quand 
il a été arrêté dans son œuvre de propagande, c'est parles circons- 
tances politiques, non pour des raisons confessionneUes (Ghap. in: 
«Révélation et religion universelle »). 

M. Back expose maintenant (seconde partie, pp. 59-146) les idées 
essentielles ([ui forment le « contenu » du judaïsme, et dont le 
caractère conunun est de manifester la croyance au bien. Une l'eli- 
gion, en effet, est une doctrine optimiste ou pessimiste. Or, si le 
bien seul peut être conçu comme l'ordre et la fin de l'univers, et 
qu'il a besoin lui-même d'un fondement absolu et infini, qui est 
nécessairement Dieu, l'optimisme religieux est par cela même un 
monothéisme éthique. Tel est précisément le caractère de la religion 
juive. L'optimisme du judaisme, c'est la foi en Dieu et la foi dans 
les hommes, (lui découle de la première, et qui comprend elle- 
même la foi en nous-mêmes : notre âme a été créée par Dieu à sa 
propre image; la foi dans le prochain : notre frère est aussi un 
enfant de Dieu ; la foi en l'humanité : tous les hommes ont un bul 



L ESPRIT DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 19 

sacré, et seront réunis un jour par une étroile Iraternité. D'autre 
part, toute croyance entraîne la conscience dune res()onsal)ilité et 
d'une obligation : nous devons être saints comme Dieu, aimer notre 
prochain autant que nous-mêmes, travailler à l'avènement du 
royaume céleste sur cette terre. Telles sont les idées centrales du 
judaïsme; suivons-les dans leur développement et dans leur enchaî- 
nement. 

On a vu que les Prophètes ne définissent pas Dieu ; pour eux, il 
est celui qui révèle à l'homme ce qui est bien. Pour les philo- 
sophes juifs aussi, c'est la morale qui constitue l'essence de la 
Divinité. Notre conscience morale est une, et c'est ainsi qu'elle 
conçoit l'unité de Dieu. Dieu est tout-puissant et éternel, mais 
surtout il est juste, véridique et fidèle ; ainsi il est à la fois le 
plus éloigné et le plus voisin de nous. Dans la Bible comme 
dans le Talmud, son premier attribut est l'amour, qui provoque 
chez l'homme le sentiment de l'humilité. Lbumilité, qui vient 
de la conscience que Dieu est tout amour, résout l'une des anti- 
nomies de la religion, celle de la vie bornée de l'homme et de 
ses vœux infinis. Elle se manifeste surtout dans la soumission à 
la volonté divine, sentiment qui est inséparable de la confiance en 
Dieu; celui qui sait que son créateur veut le sanctifier ne saurait 
désespérer, et supporte les maux comme une épreuve salutaire. 
C'est ce que la Bible appelle la foi. — Etant bon, Dieu permet; il 
commande, étant juste. Mais en exigeant de l'homme (juil fasse le 
bien, il le laisse libre, môme contre lui. De là la croyance que nous 
avons en notre liberté et responsabilité ; et ainsi se trouve expli- 
quée la seconde antinomie de la conscience i"eligieuse : l'homme 
est entre les mains de Dieu, et pourtant il s'appartient. En re- 
connaissant l'autorité de Dieu, il « fulre dans son Royaume » et 
« l'accepte » ' ; c'est-à-dire que lavolonli' divine entre en nous et 
nous fait vivre dans le monde de la loi morale éternelle. Dieu est à 
la fois juste et bon, et c'est la troisième antinomie de la foi, résolue 
par l'idée de l'expiation et du pardon. Le pai'don réconcilie l'homme 
avec la Divinité et lui procure la paix spirituelle. C'est aussi l'eUet 
de la prière, qui le sépare des contingences pour le mettre en face 
de la Providence. Il y a ainsi des heures réservées au recueil- 
lement, et tel est par excellence le sabbat (Chap. i : « La croyance 
en Dieu »). 

C'est Dieu qui nous a donné l'intelligence morale, qui dh'ige nos 
actions et nos pensées. La Bible exprhne cette idée en disant que 

1. V. t. LI, pp. 206-207. 



20 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l'hommo a (''t(^ créé à riniagc de la Divinité; ol, du mémo rniip, 
cllo proclame Funiti'' du genre hnmain et la valeur inc()m|)ai'al)le 
de 1 aine individuelle '. De son côté, riiomme est tenu, quoique son 
pouvoir soit fini, de remplir tout son devoir, ([ui est infini. Agir 
pour l'amour de soi ou pour l'amour de Dieu, c'est tout un. Chacun 
est comptable devant Dieu et doit se repentir lui-même de ses 
fautes, le péché étant individuel. Si l'homme peut ainsi se main- 
tenir devant Dieu c'est parce que celui-ci aime sa créature, même 
quand elle s'écarte de lui, et peut concilier, comme on Ta vu, sa 
justice avec sa bonté. Pendant un temps, il est vrai, c'est le sacri- 
fice qui servait de médiateur; mais le pardon, môme alors, était lié 
aux bonnes actions, qui ont fini par remplacer totalement la victime 
expiatoire. Si le péché enchaîne l'homme et le prive moralement de 
sa liberté, le pardon le délivre et l'empôche de se croire perdu ; il 
est moins une fin à lui-même qu'une exhortation à faire le bien, 
un aiguillon qui pousse à sanctifier Dieu : c'est le « Kiddousch ha- 
Scbem », et le martyre, où apparaît avec éclat l'importance de l'in- 
tention sincère, de la vérité du cœur, opposées aux œuvres exté- 
rieures et à l'hypocrisie. Enfin, c'est parce que le devoir est infini 
que l'âme est immortelle ; l'éternité est la revanche de cette vie 
éphémère (Chap. ii : « La foi en nous-mêmes «). 

Nous ne i)ouvons croire à la noblesse de notre nature sans croire 
à celle des autres hommes ; nous de\ons aimer autrui, parce qu'il 
est homme et qu'ainsi il glorifie Dieu. Aimer son prochain, c'est 
être juste avec lui {cedaka), et ce devoir, qui n'en est pas un entre 
cent autres, mais le devoir môme, est placé en dehors de toute 
obscurité. Cette conception juive des droits de l'homme apparaît 
dans la conduite ({u'on doit tenir envers l'étranger et envers 
l'esclave, comme aussi, d'ailleurs, dans l'étroite solidarité qui unit 
entre eux tous les membres de la société. Le pauvre également a 
droit à notre justice — et non seulement à noire charité — ainsi 
que l'ennemi. L'histoire du judaïsme en lait foi ; au moyen âge, ce 
])eu|)le toujoui's persécuté répète par la bouche de ses moralistes, 
qui ne s'adressent qu'à lui et ne seront pas entendus au dehors : 
Aime ton prochain, fût-il ton ennemi. L'amour des autres hommes 
l)énètre d'ailleurs toutes nos actions ; il rcMnpIil la vie. et lui donne 
sens et fin (Chap. m : « La foi dans le prochain wi. 

Si l'agent moral est fait à l'image de Dieu, le bien est tout-puis- 
sant, et c'est à lui qu'est l'avenir ; si le bien est divin,. il est destiné 
à devenir un jour une réalité. Mais le cours de chaque existence 

1. V. t. Ll, p}i. ;20'J-210; p. 212, u. 1. 



L'ESPRIT DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 21 

humaine est borné ; seule, l'humanité dure, et c'esl en elle que le 
bien progresse, grâce aux eflorts conscients de tous les hommes, 
car la certitude d'un idéal commande d'en bâter l'avènement. De 
la sorte, Ibistoire acquiert une signification morale : l'histoire du 
monde est celle du bien. Elle est aux mains de Dieu, car si nous en 
connaissons le chemin et le but, les étapes échappent à notre expé- 
rience. C'est pourquoi les grands événements sont pour les pro- 
phètes les messagers de la Divinité. Quand cet avenir sera devenu 
le présent, l'humanité sera une. Autrefois, ces espérances pre- 
naient corps tout naturellement dans l'attente d'un personnage 
spécial, le Messie; mais cette croyance s'est transformée et est 
devenue celle du royaume de Dieu. Ainsi élargie, elle s'applique à 
toutes les époques et à toutes les confessions ; le judaïsme n'a pas 
été étroitement injuste pour le christianisme et le mahomélanisme, 
dont il a reconnu la mission messianique'. 11 n'en a que davan- 
tage le droit de croire à la sienne propre, et que son histoire de- 
viendra l'histoire universelle. 

En d'autres termes, le judaïsme doit un jour convertir le monde 
à ses idées. Partout où il n'a pas été arrêté par une contrainte 
venue du dehors ou par des catastrophes intérieures, il s'est livré 
à l'apostolat ; il a converti les Arabes, les Khazares. Mais même 
quand il songe à son propre salut, c'est encore l'intérêt de l'hu- 
manité qu'il poursuit, car son existence constitue à elle seule une 
mission. 11 ne suffit pas que chaque individu remplisse son devoir, 
il faut enc-ore que la collectivité se maintienne, et c'est le rôle 
des lois rituelles et cérémonielles, qui ne se confondent pas avec 
les prescriptions morales, mais sont appelées à disparaître. Dès à 
présent, d'ailleurs, la religion juive n'est pas un légalisme imposé 
comme un joug insupportable. « Tora » signifie «. instruction », 
non '- loi » -, et le joug de la religion est doré, si l'on peut dii-e, car 
il fait comme la sainteté et la poésie de tous les moments et de 
tous les actifs de la vie. Si leiïort de tout individu doit être que la 
minorité devienne la majorité, le judaïsme a donné un sens, une 
portée morale au ])rincipe de la minoiité. Son exislenct; j)rouve 
(jue l'esprit est invincible, et « s'il n'existait pas, il laudrail l'in- 
venter >3. Il travaille pour le eomple de riiuinaiiilé ; nnssi !■> Irai - 
tement qu'il a reçu chez les peu|)les donne-t-il la mesure de leui' 
justice et de leur moralité; il est comme la pierre de toiieln» de 

1. Maïmonidr, Mischué Torn \l. Molarhiin, xi, 6;. 

2. C'est aussi ci' (jiie dit ciilrc autii'S M. F,ll)o:--i'ii (V. lieviic, I. Xl.Viii. \>. 2S:! ; cl. plus 
haut. \>. 23). 



22 REVUE Dl-S ÉTUDES JUIVES 

la civilisation iTroisièmo i)artie : a Le niaintion du judaïsme », 
pp. 117 -10 h. 

On p(!Ul aiïaihlir un livre en le résumaiil, en le commentant ou 
en le ci'iti(iuant. Nous avons malheureusement dû résumer celui 
de M. Back ; nous nous sommes abstenu de tout commentaire; 
tenterons-nous de laflaiblir par des critiques ? Peut-être M. Back 
a-t-il trop sacrifié a l'unité; d'une part, voulant tout expliquer, il lui 
an-ivo de faire flèche de tout bois ; les accidents même et les 
hasards lui siM'vent de preuves. 11 est assurément in!:i;énieux, mais 
il est aventureux aussi, d'argumenter de l'anonymat de la plupart 
des livres l)ibli(|nos, ou de l'état de dt'soi'dre iH presque d(! di'da- 
brement où ccitains d'entre eux nous sont pai'venus ; on peut trou- 
ver des raisons lort belles, et lorl inutiles, pour rendre compte 
du silence que garde la Bible sur lautre vie. Inversement, le ju- 
daïsme n'est si « un » que parce que M. Biick l'a dépouillé de toutes 
les idées qui lui ont paru moins en harmonie avec l'ensemble. 
Mais le judaïsnu!, comme la nature et conmie la vie, est plus va- 
rié et moins monotone; tout tableau a ses ombres, et les ombres 
contribuent parfois à la beauté du tableau, ne fût-ce que par le 
contraste qu'elles font avec la pleine lumière. M. Back nous dit 
bien que les idées du judaïsme ont soutenu une lutte pour la 
vie, mais il ne nous .montre jamais que l'un des deux adversaires. 
11 déclare encore, à la vérité, que pour juger l'essence d'une re- 
ligion, seules les formes classiques doivent entrer en ligne de 
compte. Il se place ainsi un peu au point de vue de l'apologiste, 
comme aussi quand, pour présenter le judaïsme sous l'aspect le 
plus favorable, il en élimine des notions assez importantes, comme 
la personnalité divine, ou la création dans le temps ; d'autres 
conceptions, il ne les sauve qu'en les spiritualisant. C'est, enfin, la 
méthode de l'apologétique qu'il adopte, quand il écourte ou inter- 
prète ses citations, et quand il oppose - sans aigreur, il est vrai, et 
sans amertume — la religion juive au christianisme et surtout au 
bouddhisme. Il s'en est d'ailleurs expliqué en i)arlantdes Prophètes, 
en (jui il voit (idée qui ne nous paraît pas bien juive les organes 
de la révélation et les médiateurs du salut, et dont chacun doit 
revivre la vie : « Peut-être trouvera-t-on (|th^ celle assertion, et 
d'autres encore, ont un caractère aj)ologéli(iue. Mais conuni'ut 
parler de certaines' choses autiement (|u'en apologiste? Dans ces 
sorties de cas, exposer c'est admirer » (p. ^(S,. 

Il n'iuqxntc ; son I-Jssr/irc du Judaïsme appelle — mais nélait- 
cv pas in(-vilabl(' ? — des réserves analogm^s aux critiques sous 
lesquelles tombait VEssc/icc du Christianisme. Seulement, il v a 



L'ESPFilT DU CHRISTIANISME ET DU JUDAÏSME 23 

une difïï'rcnce capitale à l'avantage du théologien juif : Harnack, 
pour qui « son » christianisme est non seulement" le » christia- 
nisme, mais le christianisme i)rimilif et original, retrouvé grâce à 
la science historique, est d'autant plus apologiste quil se dit plus 
historien. Partisan, comme Newmann et Loisy, du « développe- 
ment continu » de la religion, M. Back. au contraire, sans tenter un 
retour chimérique vers le passé, a étudié le judaïsme à la lumière 
de l'histoire et de son histoire, pour en retenir ce qui est actuel- 
lement et manifestement vivant, et son système, dune riche com- 
plexité, moins étroit que celui de Harnack, est plus conforme à la 
vérité et à la vie. D'une science aussi étendue et plus sûre, M. Bâck 
s'est montré plutôt historien que Harnack, et, par la méthode 
comme par le fond des idées, son livre est la meilleure réponse à 
V Essence du Christianisme. 

M. L. 



Li:s ciiANiiELiis i:t la mmum i:n palkstlm: 

DU P" AL 111' SItCLK m- LKliK MLGAIIΠ

D'AiniÉS LES TEXTES TALMIDiniJES 

I^SUITE ET FIN ') 



C. Le change des inojinaies. 

XVI. — Les textes talmudiques nous fournissent des renseigne- 
ments précis sur le caractère officiel dont les changeurs étaient 
investis en tant qu'auxiliaires des receveurs préposés au mou- 
vement financier du trésor du Temple. 

La perception des taxes religieuses impliquait, en effet, le con- 
cours incessant du changeur, soit à cause de la nécessité de les 
acquitter en une monnaie déterminée, soit à raison de la multi- 
plicité des espèces de toute provenance qui circulaient en Judée. 

Le rôle du changeur, au moment où le trésor sacré doit recueil- 
lir la contribution du demi-sicle, donne lieu notamment à des me- 
sures spéciales pour assurer et faciliter le recouvrement de l'im- 
pôt rituel. Chaque année, à partir du quinzième jour du mois 
d'Adar, des comptoirs de cliange sont installés dans les provinces 
pour permettre aux redevables de payer la taxe du demi-sicle au 
moyen de demi-statères, seule monnaie admise pour cet objet -. 

Le "li) du même mois, les changeurs remplissent le même office 
dans les dépentlances du temple de Jérusalem^. Les Évangiles cons- 
tatent cette contunie '•, quand ils rapportent un incident soulevé 
par Jésus contre CCS financiers, doni il aiii'ait renversé les tables. 

1. Voyez tome LI, ]i. 217. 

1. Mischnu Schckiilini. i. .'{. 

;j. lOicl. 

i. Malliii'u. XXI, 12; M.irc. \i. I.'i-IT. 



LES c[iangei:rs et la monnaie en PâLESTLNE 2a 

Il est permis, dailloiirs, de douter de la réalité d'un pareil coup de 
main, qui n'eût pas manqué de provoquer un f^rave eonflit, sur 
lequel les Kvan;^iles gardent un silence absolu. Le Temple attirait, 
en efiet, une assistance nombreuse de prêtres, de Lévites et de 
délégués des Israélites de province, TO^n ■'o;^, dont la présence 
était requise, comme i-eprésentant la nation dans l'accomplisse- 
ment des rites du sanctuaire. Tous ces bommes rassemblés se se- 
raient opposés à une voie de fait exercée par un personnage que 
ne protégeait aucune fonction publique contre les auxiliaires au- 
torisés des préposés du Temple, revêtus d'un mandat officiel. On 
sent bien dans cet épisode l'effet d'une tendance habituelle aux 
rédacteurs des évangiles, et qui avait pour but de montrer dans 
la personne de Jésus l'accomplissement des prophéties de l'An- 
cien Testament. On se serait attendu à trouver en cet endroit la 
prédiction du prophète Zacharie, disant ^ : « Il n'y aura plus de 
marchand dans la maison du Seigneur. » 

Longtemps après la ruine du Temple, dans un moment où le 
peuple juif avait de justes raisons d'espérer une prochaine restau- 
ration de son antique sanctuaire, on vit surgir de nouveau les 
comptoirs des changeurs officiels. Il paraît historiquement établi 
qu'Adrien, cédant aux sollicitations de la nation juive, l'avait au- 
torisée, dans les premières années de son règne, à reconstruire le 
Temple de Jérusalem. Graetz'-cite à l'appui de ce fait le témoi- 
gnage d'Épiphane, père de l'Église, né Juif, et qui a vécu en 
Palestine, et l'épitre de Barnabe, un des contemporains de l'empe- 
reur Adrien. Le Midrasch^ confirme pleinement la réalité de cette 
importante résolution d'Adrien ; il nous apprend qu'au temps de 
R. Josué ben Hanania (célèbre docteur qui a vécu à la fin du 
i*"" siècle et au commencement du ii«), le gouvernement de Rome 
autorisa la reconstruction du Temple. A cette occasion, Pappus et 
Julianus '*, personnages considérables de la Judée, installèrent des 
comptoirs de change de Plolémais (Acco) à Anlioche, et four- 
nirent aux Juifs revenant de la Diaspora de l'argent, de l'or et tout 
ce dont ils avaient besoin. 

On peut inférer de ce texte que cette grâce insigne de l'empereur 
était due à l'influence personnelle de Josué. Le Talmud et le Mi- 



1. Zarharie, xiv, 21. 

2. Les monnaie!) de Simon, du temps de l'insiirrection des Juifs, sous Adrien 
(Hevue, t. XVI, p. 102). 

3. lierescltil Ha/iha. i.xiv. 

4. Le Si/'ni. sei't. iirltnukidai , li's ilriinmiiiL- : Pnpipus lirii '.Iiiil.i '•( .liiliaiiii> 
fl'AlPxaiidric. 



26 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

drasch, dans do nombreux passages*, nous représentent, en elTet, 
ce docléur comme jouissant de la laveur d'Adrien, avec qui il avait 
de fréquents eniretiens. Sans doute, on ne saurait prendre à la 
lettre le sujet de ces conversations, telles qu'elles sont reproduites 
dans les recueils rabbiniques, et où il faut faire une large place â 
la légende. Mais elles attestent, à n'en pas douter, le caractère 
très bienveillant de l'accueil que l'empereur réservait au digni- 
taire juif, ([ui semble avoir tenu à ce moment la place du pa- 
triarche. C'est à ce docteur que les Juifs d'Alexandrie adressaient 
douze interrogations sur des matières très diverses 2. II était connu 
pour son esprit conciliant, et il avait particulièrement affirmé ses 
sentiments de tob'-rance religieuse, dans une sentence remarquable 
chez un ancien témoin de la sanglante guerre de lan 70 et de 
l'écrasement de sa nation, quand, le premier, il donnait une for- 
mule précise, à cette doctrine, que « les justes d'entre les gen- 
tils participent à la vie future ^ ». 

Ces bonnes dispositions d'Adrien pour les Juifs sont encore 
attestées par différentes médailles frappées à l'occasion de son 
voyage en Judée. L'une d'elles est reproduite par M. Théodore 
Reinacb ', dans son étude sur les monnaies juives. 

Malheureusement, comme on sait, ce beau rêve de la restau- 
ration du Temple ne fut que de courte durée. 

XVII. — Le rôle des changeurs, comme auxiliaires officiels des 
trésoriers du Temple pour la perception de la taxe du demi-sicle, 
impliquait une réglementation de leurs émoluments dans l'exercice 
de leurs fonctions. Le prix du change n'était pas abandonné à leur 
appréciation personnelle. Sans tenir compte des variations que 
pouvait subir le cours des monnaies provinciales ou étrangères, 
les docteurs de la loi ■' avaient déterminé le prix du change, que 
chaque contribuable était tenu d'ajoutei- au demi-sicle ou demi- 
statère. 

Le taux invariable de ce change, nommé colhjbus f1"iabp, xoX- 
Xu^ov), était fixé, d'après l'opinion la plus accréditée*', à une demi- 
maâh d'argent ou demi-sesterce palestinien ; ce supplément repré- 
sentait ainsi 1/24" de la taxe principale. 

1. On fil riinipte au moins une vingtaine dans les deux Talmuds et dans le Midrasch. 

2. Niddn, f)9A. 

3. T ose fia San/iédri», xiii,2. 

4. Reviit', Actes, p. ccix. 

5. Mise/ma Sc/iekalim, i, 6. 

6. Ibid., 7. 



LES CHANGEURS ET LA MONNAIE EN PALESTINE 27 

Cette expression liabp, colli/bus, paraît ne plus avoir été com- 
prise au II» siècle. Les docteurs de la loi de l'époque, disciples de 
R. Akiba, expli(juaient diversement l'emploi de ce collybus; ils es- 
timaient que ce supplément de taxe avait pour but de pourvoir à 
certains services particuliers ou aux réparations à exécuter dans 
le sanctuaire, etc. : mais Ben Âzaï, ancien collègue d'Akiba, décla- 
rait (jue le cnlh/bns constituait le salaire des changeurs '. Cette 
opinion était incontestablement la bonne. Si Ben Azaï n'avait pas 
été témoin personnel du fonctionnement de la corporation des 
changeurs dans la cour du Temple, il avait connu ceux ([ui les 
avaient vus dans l'exercice de leur mandat ol'ficiel, et parmi eux 
R. Josué ben Hanania. D'ailleurs, le sens du mot imbp, emprunté 
au grec et au latin, n'est pas douteux. Comme le fait observer 
M. Antonin Deloume, « le coUybtis, c'est-à-dire le change, fut la 
principale occupation des banquiers anciens- »,. . . et « le nom de 
collf/bista^ (qui leur était aussi donné) se réfère plus spécialement 
à des opérations de chango^ ». 

II n'était dû qu'un seul colh/bus pour deux contribuables qui 
s'acquittaient au moyen d'un statère (yVo) ^. Quand, au contraire, 
une seule personne présentait au changeur un slatère, en se fai- 
sant rendre un demi-statère ou didrachme, elle payait deux fois le 
collybus -'. 

XVIII. — Le changeur intervient encore, à titre officiel, à l'oc- 
casion d'une autre prestation, d'un caractère très différent, mise 
à la charge de l'ancien possesseur d'un bien de famille (nnnN r-n^:). 
Quand un propriétaire foncier a consacré, au profit du sanctuaire, 
un champ héréditaire, le prix de rachat de cet immeuble est réglé 
par la loi. Ce prix a pour hase un champ dune superficie telle 
que son ensemencement exige un homcr d'orge (mesure de capa- 
cité égale, d'après Munk, Palcstin/^ p. 99, à 3 hectolitres «8 litres 
43 centilitres) û-^nr^a nrin y-iT. Pour chaque parcelle de terre de 
cette étendue, la somme à fournir en vue du rachat pour une 
période jubilaire de cin(iuante années est de 50 sicles sacrés ou 
statères, soit un statère (séla) par année ^'. 

Dans ce cas, comino pour la taxe du dcini-siclo, le propriétaire 

1. Tmefla Sc/ir/iaiim, i. S : pSCn IPIM "cbuTD T^n T'DnblUJ -I731N "^NT? p. 

2. Op ri/., \>. I.ii. 

3. Op. cil.. ]K I.II. 

4. Misc/inu SchalicUm, i, 6. 
0. Ibid. 

6. Lévitique, ïivu. 17 cl suiv. 



28 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(jui exerce la faciilli' de laclial est tenu (rajoiUer au prix princi- 
pal un supplément ou rolh/biis (inabpj, représenlant lémoluinent 
du clianf^^'ur qui fournit les sLalères à lancien maître du cliamp, 
en échange de la monnaie courante, c'est-à-dire de la monnaie 
romaine qu'il reçoit de ce dernier. Le taux de ce collybus n'est 
plus, comme pour la taxe du demi-sicle. d'un demi-sesterce (■•sn 
w»), mais d'un dupondius (iT^nsis) pour chaque statère ^ Le 
dupondms, comme nous avons vu, est égal à 2 as, et le stalc-re 
à 4 deniers. Le denier valant en Palestine :24 as, le statère vaut 
9(3 as. Ce courtage spécial du changeur représente donc 1/48 du 
principal. 

XIX. — Le recours au changeur devient encore nécessaire dans 
le règlement du prix des travaux et livraisons dû aux ouvriers et 
fournisseurs pour le service du sanctuaire-. C'est ainsi qu'il faisait 
au trésorier du Temple les avances de fonds destinées à solder les 
journées de travail des moissonneurs et les gages des gardiens 
préposés à la surveillance des champs où se récoltaient les gerbes, 
objet de l'offrande annuelle de VOmer. Il en était de même du 
salaire des carriers et des tailleurs de pierre qui avaient à pour- 
voir aux réparations du Temple. 

Mais, si l'on n'hés^itait pas à donner entière satisfaction aux arti- 
sans et aux gens de journée qui demandaient à être payés, à leur 
convenance, en monnaie courante, on usait de moins de ménage- 
ments à l'égard des marchands. Il se faisait, tous les trente jours, 
un règlement de compte avec ceux qui livraient au trésorier du 
Temple le vin, l'huile et la fleur de farine nécessaires aux oblalions 
et aux libations rituelles. Mais quand ils réclamaient de ce fonc- 
tionnaire un payement en espèces ayant cours dans leurs pro- 
vinces, il leur déclarait invariablement qu'il ne leur verserait (\m' 
la monnaie qu'il avait en mains, e\ les renvoyait au changeur pour 
obtenir de ce dernier, si bon leur semblait et à leurs frais, le numé- 
raire dont ils prétendaient avoir besoin-'. 

On voit, par ces exemples, combien lonice (U's changeurs était 
étroitement lié à l'administi-alion du culte et à l'accomplissement 
des rites. 

Leur concours s'imposait également aux particuliers (juand ils 
désiraient s'affranchir des obligations rigoureuses qui grevaient la 

1. si/ra, sert, liehonqotui, x, ."i : ::-i-i::-i-id't iia'Tip "î iT^n:ii: Va li'^a nr- 

Cf. lîekhorol, ."iUa. 

2. Jcr. Sc/te/{alii)i, iv, 1 (48 a). 
•i. Tose/'tn Schekalim, ii. IH. 



LES CHANGEURS ET LA MONNAIE EN PALESTINE 29 

seconde dîme. Une loi formelle \ comme nous l'avons déjà indiqué, 
imposait aux propriétaires fonciers un prélèvement spécial, dit de 
la seconde dîme, sur les produits de leurs terres. Les denrées, ainsi 
distraites de l'ensemble de la l'écolte, restaient à la disposition du 
maître du champ, mais sous la condition qu'il ne les consommerait 
que dans l'enceinte de la ville de Jérusalem. Toutefois, pour tem- 
pérer la rigueur de cette loi, le propriétaire étaitautorisé à racheter 
la seconde dîme moyennant argent, et à en employer le prix à l'ac- 
quisition de denrées similaires à consommer dans la ville sainte. 
Mais ce rachat devait sefïectuer en une monnaie de bon aloi, 
intacte, pourvue de son effigie, selon l'expression de R. Akiba, et 
dune circulatiou facile et courante-. Le changeur était donc le 
conseil et rinlei'médiaire tout indiqué pour mettre les intéressés à 
même d'accomplir, dans leur teneur légale, les conditions spéciales 
auxquelles étaient soumis le rachat et la consommation des pro- 
duits de cette seconde dîme. On aperçoit aisément quelles devaient 
être les conséquences d'ordre général découlant de ces prescrip- 
tions rituelles. Dîme part, elles fortihaient l'unité nationale, en 
mettant constamment en contact les propriétaires ruraux des 
diverses parties du pays avec leur capitale; et, d'autre part, comme 
l'observe plusieurs fois le Talmud, elles assuraient l'approvision- 
nement des marchés de Jérusalem et contribuaient à la prospérité 
commerciale et fiuancière de cette métropole. 

XX. — Les documents talmudiques ne nous fournissent que fort 
peu de renseignements sur les opérations de change que faisaient 
naître les relations de la vie civile. 

La langue financière du temps a pourtant ses nuances pour 
exprimei' les diverses modalités du change. Ainsi, quand le chan- 
geur remet à son client une pièce d'argent pour recevoir de celui- 
ci de la monnaie de billon, on dit qu'il détaille sa monnaie (amc); 
quand, au contraire, il donne au client de la petite monnaie pour 
recevoir de ce dernier une pièce d'argent, on déclare qu'il condense 
sa monnaie (t^ii:») •'. C'est ainsi que le voyageur qui, pour alléger 
en cours de route le poids de sa monnaie, s'adressant au changeur, 
la convertit en deniers d'or, fait la même opération de condensa- 
tion, VÇ'.'ZIZ ''. 

Le Talmud, en cette matière, est amené à examiner et à résoudre 

1. DeutéroDome, xiv, 22 et suiv. 

2. Misc/ina Maasser Sc/iéni, i, 2; Tosefta Maasser Schéni, m, 6. 

3. Misclina Maasser Sc/téni, iv, 2; Tosefta Maasser Sche'iii, m, 2-3. 

4. Sifrê. 



30 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

deux difficulK'S d'ordre secondaire qui peuvent sY'lever entre le 
ciiauj^eur, insLallô dans son comptoir, et son client. Ce dernier 
di'uiandc au lînancier de la nionnai»! dv hWïou contre un denier 
d'argent; le changeur lui remet sa monnaie et réclame le denier. Je 
te l'ai donné, réplique le client, et tu l'as jeté dans la caisse. Que 
décider ? Le client affirmera sous serment qu'il a donné son denier 
et il sera libéré ; c'est la simple application de ce principe, univer- 
sellement admis en matière de preuve : « C'est au demandeur que 
la preuve incombe » rr^^ir; vby Tinna N-'itisr;. 

En sens inverse, le client a remis au changeur un denier d'ar- 
gent et lui réclame la petite monnaie. Le changeur lui répond : 
« Je te l'ai donnée et tu l'as mise dans ta bourse. » En vertu du 
même principe, c'est le changeur qui prêtera serment et sera libéré. 
Mais R. Juda ben Haï conteste cette dernière solution et, négli- 
geant le point de droit, rappelle un usage qui est encore un trait 
de mœurs actuel : « Le changeur, dit-il, n'a pas l'habitude déverser 
un as avant d'avoir reçu un denier ^ » 

Une autre question s'agite sur le droit à la propriété des pièces 
de monnaie qu'un client a trouvées dans la boutique du changeur. 
A qui appartiennent-elles? On fait une distinction : si la monnaie 
a été trouvée devant le changeur, c'est-à-dire entre le comptoir et 
l'entrée de la boutique, partie considérée comme lieu public, les 
pièces trouvées appartiendront à l'inventeur. Si, au contraire, elles 
ont été ramassées entre le siège du changeur et le comptoir, elles 
seront réputées propriété du changeur-. 

D. La vérification et le contrôle des monnaies. 

XXL — A Rome, la probatio constituait, avec le change propre- 
ment dit, l'une des attributions les plus importantes du changeur. 
On peut dire qu'en Palestine cette branche de l'industrie du ciian- 
geur tenait une place plus considérable encore, si l'on envisage 
les conditions spéciales de la circulation monétaire en ce pays 
conquis. 

C/est un système entier de monnaies étrangères qui s'impose à 
la nation juive. La variété des types mises en circulation paraît 
rembairasseï'. Elle l'oblige à recourir fréquemment aux lumières 
du changeui-, qui, lui-même, si Ion en croit le Tahuud [Hahba 
Kamma, 99 6), malgré son expérience, n'est pas toujours à l'abri 

1. Mischiui Sc/ieùouol, vu, G. 

2. Mischna IJabu Mecia, ii, -4. 



LES CHANGEURS ET LA MONNAIE EN PALESTINE 31 

de rerronr, surtout quand il a aiïairo à dos pièces qui nut reçu 
rempreinle d'un nouveau coin de date récente. 

Ces dirficultés d'apprécialion sur la valeur des monnaies aug- 
mentaient encore pour une population ayant sa langue propre et 
condamnée à déchiffrer, sur les monnaies mises à sa disposition, 
des inscriptions rédigées en langue étrangère ou des signes abré- 
viatils dont elle ne pouvait saisir le sens. Lintervention du chan- 
geur s'imposait aussi très souvent, ainsi que nous le faisons re- 
marquer ci-après, quand le frai ou l'usure des pièces en diminuait 
notablement le poids et, par conséquent, la valeur courante. 

Enfin, ce qui augmentait encore, dans l'esprit de la population 
juive, la confusion née de la variété des différents types de mon- 
naie, c'est qu'au témoignage du Talmud ', il n'était pas rare quon 
refusât, dans certaines provinces, des pièces frappées au coin im- 
périal, et que, par réciprocité, certaines monnaies coloniales ou 
provinciales n'eussent pas de cours légal. 

Aussi l'importance du rôle du changeur, la grande place qu'il 
occupe dans la société juive s'expriment-elles par des métaphores 
et des comparaisons dont les ïalmudistes ont illustré leurs écrits. 
Le prophète Balaam, d'après une légende duMidrasch-, estassiégé 
par les princes qui viennent lui demander conseil, comme la foule 
des clients accourt chez le changeur pour lui soumettre ses mon- 
naies. Le célèbre Akiba, au lit de mort de son maître, Éliézer ben 
Hyrcanos, dt'plorait la perte irréparable de celui dont l'enseigne- 
ment lui était aussi indispensable que le secours du changeur à la 
masse du peuple pour les usages courants de la vie^. 

XXII. — Le soin que les changeurs devaient apporter au con- 
trôle des monnaies trouvait un nouveau stimulant dans les mesures 
spéciales édictées à l'égard des pièces défectueuses. La jurispru- 
dence talmudique, plus sévère en ce point que les lois romaines, 
appliquait, en effet, aux payements en numéraire les causes de 
nullité qu'entraîne la lésion dans les contrats de vente. 

La lésion n'avait jamais été admise comme moyen de rescision de 
la convention des parties parles jurisconsultes romains del'époque 
classique. Ce n'est qu'à la fin du iii'^ siècle, sous Dioclétien et 
Maximien, qu'une constitution impériale déclara pour la première 
fois la vente rescindable pour cause de lésion d'outre - moitié ''. 

1. Baba Mecia, 46 h. 

2. Bemidbar liahbn, xx. 

3. Aboi de R. Nalhan, chap, ixv. 

4. LL. 2 et 8, C. De resc. vend., IV, 44. 



32 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Cette anlion s'exerçait depuis lonslemps en Judée et s'appuyait sur 
les disposilions du Pentateuque, disaul : " Vous ne vous léserez pas 
les uns les autres '. » Les molils qui lui servaient de base n'étaient 
pas les mômes dans les deux législations. La loi romaine suppose 
que le vendeur n'a cédé sa chose que sous la pression du besoin 
où il se trouvait de se faire de l'argent: aussi cette cause de réso- 
lution ne peut- elle jamais être invoquée par l'acheteur. D'après le 
Talmud, au contraire, la lésion suppose une erreur substantielle 
commise par l'une ou lautre partie sur la valeur de la chose qui 
fait l'objet du contrat, ce qui constitue un vice du consentement; 
])ar suite, l'action en rescision appartient à l'acheteur aussi bien 
qu'au vendeur. Cette action diiïère, d'ailleurs, de celle qu'admet 
aujourd'hui notre Code civil, qui ne laccorde qu'en matière immo- 
bilière, et seulement quand la lésion est de plus des sept dou- 
zièmes, tandis que, d'après le droit lalmudique, elle ne s'exerce 
que pour les valeurs mobilières, à l'exclusion « des esclaves, des 
créances, des biens immobiliers et des choses sacrées- », et il 
suffit, pour la faire admetti'e, dune lésion d'un sixième^. 

Mais ce qu'il y a surtout de particuher dans le droit talmudique, 
c'est qu'il admettait cette action à l'égard des monnaies remises 
en paiement. « Que doit-il manquer à un statère, dit le ïalmud, 
pour qu'il y ait lésion? » Sur ce point, les avis sont partagés. 
D'après une opinion, il y a lésion quand la valeur du statère est 
réduite de quatre as, soit d'un as par denier, ce qui constituerait 
une lésion de 1/24^; d'après une autre opinion, elle serait d'un du- 
pondius par denier, soit de l/l^â^ ; et, d'après un troisième docteur, 
de deux dupondius par denier, soit de 1 6% ce qui est le taux ordi- 
naire admis par le Talmud en matière de vente. 

Celui qui avait reçu, par erreur, une pièce d'un poids ri'duit 
dans ces proportions avait le droit de la faire reprendre par celui 
qui la lui avait donnée en payement. 3Iais l'exercice de ce droit 
était renfermé dans un très court délai. Dans les villes, où se trou- 
vaient des comptoirs de changeur, on n'accordait à la partie lésée 
que le temps strictement nécessaire i)our soumettre au contrôle du 
changeur les pièces suspectes. Dans les villages, le d(''lai s'étendait 
jusqu'au plus prochain jour du marché df> la grandt' ville, niai'ché 
qui s'y tenait la veille du Sabbat '. 

\. Lévitiiiiu', XXV, 14, 17. 

2. Mixchna Baba Mecia, iv, 9. 

3. lùul., 3. 

4. Sifra, sect. Behar ; Mischna Baba Mecia, iv, 5-6 ; Tosefta Baba Mecia, m, 
17, 20. 



LES CHANGEURS ET LA MONNAIE EN PALESTINE 33 

Mais quand la di-piV-cialion dune pièce de monnaie atteignait la 
moitié de sa valfiir nominale, quand, par exemple, par suite du 
frai ou [)our toute autre cause, un stafèi'e était réduit à la valeur 
de deux deniers, ou un denier à celle d'un quinaire (3>m-i, quart 
du sicle), cette pièce ne devait plus être livrée à la circulation; on 
ne pouvait même la conserver chez soi pour s'en servir comme 
poids, ni la vendre à un spéculateur ou à un homme de caractère 
violent, qui pourrait l'imposer de mauvaise foi à un tiers. On 
devait ou la jeter dans la mer Morte, ou la couper, ou encore la 
percer d'un trou par le milieu, et en ce cas, on la suspendait, 
comme ornement, au cou des jeunes enfants'. Cette dernière 
indication explique sans aucun doute le grand nombre de pièces 
trouées qui ont été découvei'tes en Palestine. 

Toutefois les mesures prohibitives énoncées ci-dessus ne con- 
cernent que les deniers d'argent et les stalères. Quant aux deniers 
d'or et aux pièces de cuivre, quelle que soit la diminution de leur 
poids, ils peuvent circuler librement pour leur valeur intrinsèque-. 
Cette disposition parait être la conséquence de ce principe, admis 
parla Mischna dans sa dernière rédaction, bien que vivement con- 
troversé, d'après lequel la monnaie d'argent doit être considérée 
comme le véritable étalon monétaire, et la monnaie d'or et de cuivre 
comme simple marcbandise au regard des statères et des deniers. 

A côté de ces restrictions apportées à la circulation des mon- 
naies défectueuses, des prohibitions spéciales, ainsi que nous 
l'avons vu, interdisaient l'emploi des pièces dépourvues d'em- 
preinte (liwaN, àff-r,[jLov), pour le rachat de la seconde dîme ; pour cet 
usage, on exigeait des monnaies intactes, d'une circulation facile 
et qui ne pouvaient être refusées-'. 

Une pièce sans empreinte était, d'ailleurs, traitée comme mar- 
chandise, et non comme monnaie. Par suite, en vertu d'un prin- 
cipe que nous connaissons déjà, et relatif au mode de transmis- 
sion de la propriété mobilière, on décide que « la pièce asêmon 
(sans effigie) acquiert la monnaie, et que la monnaie n'acquiert 
pas la pièce asrtnon^ »; ce qui veut dire que Ion n'acquiert 
cette sorte de pièce que par son appréhension matérielle, ainsi 
qu'il est de règle pour toute marchandise, objet dune vente. 

\. Mischna Kélim, xii, 7; Tose/la liaha Meciu, m, li) ; Kabu Mecia, oia-b. 

2. Tosefla Baba Mecia, m, 19. 

3. S'i/Vp. Hi-ut., XIV. 2:i : a-,2 ,'m'\'Z T3 "«U"".:: nan ..."^Tn qorn n-ixi 

7^"nj» 12 "J^NID 11?3^DN'?- D'^ nii":me. Misc/iiut Mi(iisxerSc/ii-iii. i. '2; Edoui/o/, 
m, 2; Tnsef'la Maasxer Sclteni, i, 4. etc. 

4. Misclina lUiha Mecia. iv. I ; Tosefla liaha Mecia, m. Il : riN HIip "pTC'Dit 

T. LU, N» 103. 3 



34 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

XXIII. — Nous avons d<'jà vu que les orioiiis rommiscs par un 
cliangeur dans la vriificalion dos monnaies soiiniisos à son exa- 
men |)0uvaient entraîner conlie lui 1 obligation <U; réparer le pré- 
judice qui pouvait en résulter. Un commerçant reçoit, par exemple, 
en paiement des pièces de monnaie qu'il nest pas en état de 
contrôler. Avant de les accepter définitivement, il les porte chez le 
changeur pour avoii" son avis sur leur valeur et leur qualité. Si ce 
dernier lui affirme que ces pièces de monnaie sont de bon aloi, il 
lil)èi-e délinilivement, en les gaidant par devers lui, celui qui les 
lui a données en payement. Mais s'il est reconnu plus lard que 
l'une ou quelques-unes de ces pièces sont fausses, le client du 
changeur aura-t-il un recours contre ce financier? La Tosefta ^ 
affirme, en principe, sa responsabilité, parce qu'il est considéré 
comme mandataire salarié. R. Siméon ben Lakisch^ ainsi qu'il a 
été dit ci-dessus, entendait appliquer rigoureusement cette règle à 
un de ses collègues, R. Éléazar, le changeur. Mais elle n'était pas 
sans exception, et on la faisait fléchir à l'égard de ceux dont l'ha- 
bileté professionnelle était bien établie, et qui ne pouvaient errer 
que lorsqu'ils se trouvaient en présence d'une nouvelle monnaie, 
de frappe récente, et de circulation étroite ^ 

E. Les opérations de banque. 

XXIV. — On ne saurait voir dans les banquiers palestiniens des 
prêteurs d'argent, percevant sur leurs clients des intérêts plus 
ou moins élevés, le prêt à intérêt étant, en principe, interdit en 
Palestine. 

Sans doute, cette prohibition n'était pas toujours respectée, et 
les docteurs du Talmud expriment assez souvent les doléances que 
leur inspirent ces infractions à la loi ; ils frappent les contreve- 
nants de c(;rtaincs incapacités civiles, et l'un d'eux, R. Yossé (du 
II" siècle;, formulait sa critique sur leur compte en s'écriant : « Quel 
aveuglement que celui des prêteurs d'argent ! Si quelqu'un s'avi- 
sait de qualifier un autre de méchant, celui-ci le poursuivrait jus- 
qu'à la moit, et voilà des gens qui fou venii' des témoins et un 
tabellion, qui se munissent de plumes et d'encre, et qui font écrire 
et signer (|u'ils renient le Dieu d'Israël '. » 

2. iSfihd hunitud, 100 rt : j. hilaïi/i, vu, 4 ^31 a;. 

3. l'uhu Kamiitu, 9y i. 

i lidliii Meciit. 10 u: Toaefta Duhu Meciii. ti. 17. 



LKS CIlA.NdKUUS F.T I.A MoNNAli: KN l'AI.KSTlNK A^ 

Il on ('lait (lu |)irl à inl(''i'(M coiiimi' de la loi des ja(ii(''r(^s (1(3 
l'aiiiKM' sal)l)ali(itii', (|ii(' heaiicoMp de ciillivalciiis ii(''.i;li;^n'ai(Mi! cl 
(|iic II' l'aliiaiclii' .liula songea iiii-iiic a alinlir, à cause dr ICvlix-nle 
niisèi'c (lu peuple. Mais il s"arn"'la dcvanl lOpposilioii de lî. Piiilias 
beu Yaïr, un de ses coll('i;iies '. 

Ces reproches ne paraissenl pomlant pas avoir ('lé (lii"i,i;és contre 
les clianL;enrs. Dans les nombreux te.xles (pii les concernent, il 
n'est lait aucuiK^ allusion de celle nature. Ww.u plus, on les met en 
garde contre des opérations (pii |)oui'raienl ahoiilir à un contrat 
déguisé de i)i'êl à inlénM. Ou cite riiypotlK^'se stiivanle-: » Un 
biaître i'(Miconli'e sur la \oie pid»rK|ue ses àuiers et ses ouvriers ([ui 
lui réclament de l'argent ; il va trouver le changeur et lui dil : 
donne-nioi de la monnaie de billon pour un d(Miiei' ■', afin de me 
mettre en élat de |)oui'voii' aux besoins de mes gens de journée, et 
je t'apporterai un beau denier et un (ressis (3 as) que j'ai chez moi. 
S'il les a, ro|)ération esl licite; mais elle ne le serait pas, si le 
maître n'avait pas cet argent chez lui » ; et le Talmud ajoute que, 
dans ce dernier cas, il y aurai! (Mitre les parties, non un contrat de 
change, mais un prêt avec [)erceplion dintéirt. 

Mais ce qu'il y a surtout de remar(|uable, c'est que, dans ces dii- 
lei'ents textes, il n'est jamais (piesiion de prèl à intérêt l'ait à des 
rion-isra(''lit(^s, o|)(''raliou que la loi autorisait. Il semble que,d'api'és 
le ïahnud,riionn(jle boinnie, le jiisle selon l'esprit de la loi, devait 
s'abstenir des profils acquis par la peice[)li()n dinlérêts, tant au 
regard du gentil que de l'Israélite. Le Talmud ' iap|)orte, en effets 
un texte des l'saumes (xv, 1, 5) ainsi con(;u : « Seigneur ! qui sé- 
journera dans la demeure? Qui l'ésidera sur la montagne sainte?... 
Celui (pii n'a pas donné son argent à intérêt ■' ; el le Talmud 
ajoute : « pas même à un gentil », ■'-id; rr^a-ia ib-'tN. 

Un autre passage du Talmud'', dans le même ordre d'idées, rap- 
pelle ces exjjressions des Proverbes (xxvin, S) : « Quand on aug- 
mente son bien par l'intérêt et l'usure, ce sont les pauvres qui en 
recueillent le profit » ; et Rab Nahnian, d'après son collègue Oula, 
ajoutait, en guise de commenlairé : « alors même que cel intérêt a 

1. Ji;i'. DeiiKii, I, 1} {2-2a). 

2. Ituha Mi'cia, t(i « : "i;nt CDîncXI m^TS ");''T3 -«'7 "jn ''in'TIc'^ "-i73nN 

-1P-.73 myt) ^b "C DN Ti-^^a ->"? w''\ii my72?û n-^c-^-.m nri nE-> ^''3 n,byn 

mON IM':? DNT. Cf. Tose/lu llaOu Mpciii, m, 'J. 

[i. Le iiiul "lï"^! iloit iHre pcis ici, comiiir d.iiis |ilusiiMii's aidics passairi^s, au sens 
cfillçcUf : auliciiiLMit on ih' s'('\|ili(|iii'iai( [>as oininfiit, avi-c on licniL-i iiiiiiiue, le 
iiiaitrr iinrail jin iI'hiiiit sutisla'-'lioii « ses dniers el à ses ouvriers. 

4. Mitccot. 2'Kt. 

ij. Uuùa Meciu. 70 i. 



36 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

été poix'Li sur un î^ontil » "^nsD n-'n-i nb-'ssT «bs î<D-ii:3 i<b. Sur uiifi 
obscrvalion tirée d'un texte qui permet d<»mprunler dun païen^ou 
de lui prêtei', moyennant un intérêt, on fait remarquer que celte 
Jacullé n'est accordée que dans le cas d'une nécessité absolue 

Les opérations de banque proprement dites auxfiuelles les 
changeurs peuvent se livrer paraissent se limiter aux négocia- 
tions qui découlent du contrat de dépôt. Ce contrat est d'une 
pratique habituelle, soit entre le changeur et les particuliers, 
soit entre le changeur et les préposés au trésor sacré. Ceux-ci 
confiaient volontiers à sa garde et à sa surveillance les sommes 
d'argent qu'ils avaient encaissées. Mais quand le changeur con- 
naissait l'origine de ces deniers, il ne lui était pas permis d'y 
toucher, moins encore de les employer à des spéculations per- 
sonnelles'. Il est probable néanmoins que, pour de semblables 
dépôts, il percevait un droit de garde. Pareille prohibition était 
édictée à l'égard du prix de rachat de la seconde dîme, dont le 
changeur ne pouvait tirer aucun profit, et qui devait être exclusi- 
vement employé à l'acquisition de produits comestibles à con- 
sommer à Jérusalem même -. 

A l'égard des fonds confiés par des particuliers au changeur, 
ces dépôts sont de deux sortes : ou les deniers lui ont été remis 
sous enveloppe fermée et scellée, ou ils lui ont été versés à 
découvert. Dans le premier cas, il ne peut toucher au dépôt, et 
pour cette raison il n'est pas responsable des causes accidentelles 
qui en ont déterminé la perte. Dans le second cas, il est autorisé à 
en faire usage selon ses besoins, mais il en doit garantie'. Cet 
argent, il peut le faire servir soit à des opérations de change, soit 
à des spéculations commerciales, dont nous pailerons ci-après '. 

Cette faculté de disposer des fonds ainsi remis à découvert par 
le déposant reste, d'ailleurs, limitée au seul changeur. A raison de 
sa qualité, il est tacitement présumé avoir reçu licence d'en faire 
emploi. Pareille faculté n'est point accordée à un simple particu- 
lier dépositaire dans les mêmes conditions, à moins de convention 
formelle. La question est controversée à l'égard du dépôt d'argent 
confié à un marchand \ 

Les fonds remis à découvert à un changeur peuvent aussi rece- 

1. Mischna Meïld, vi. o ; Tosefla Meila. v. H. 

2. Tosef'ln Mads.ier Sc/iétn\ i, 1. 

3. Mise/ma lluba Mecia. m. 11. 

4. Miscluia Kiddotischiii, m. 2. 
f>. Misc/iiui lUihd Meciti . m. 11. 



LES CHANGEURS ET LA MONNAIE EN PALESTINE la- 

voir un autre emploi, indiqué par la convention dos parties. Il les 
emprunte parfois pour en orner ou garnir son comptoir, ou même 
comme objet d'étude pour s'exercer dans la connaissance des 
monnaies, sans pouvoir en faire autrement usage'. 

Une convention, assez fréquente dans les relations du capitaliste 
et du changeur, donne encore à ces dépôts libres une destination 
particulière : ils restent à la disposition du client pour ses dé- 
penses journalières, et celui-ci, pour sa plus grande commodité, 
prend l'iiabilude de payer ses fournisseurs et ses ouvi'iers au 
moyen d'une délégation adressée à son banquier, probablement à 
l'aide d'un mandat de payement, très semblable à nos chèques, 
que le bénéficiaire présentait au changeur et que ce dernier était 
chargé d'acquitter. C'est ainsi que nous voyons un propriétaire 
renvoyer ses mercenaires et ses journaliers au changeur, qui a 
mandat de leur verser le prix de leurs journées "-. La même indica- 
tion est donnée au marchand pour le payement du prix de vente •'. 

Une pareille délégation ne libérerait pas un mari de l'obligation 
de garantie, qu'il doit à sa femme pour le recouvrement de son 
douaire légal. Il ne lui suffirait pas de la renvoyer à son banquier. 
nanti de ses fonds. Les droits de la femme ont pour sanction une 
hypothèque générale sur les biens du mari, et celui-ci ne saurait 
y substituer une caution purement mobilière '. 



F. Les entreprises commerciales individuelles et en participation. 

XXV. — Les ris([ues inhérents aux dépôts libres pris en charge 
par le banquier trouvaient leur contre-partie dans les spéculations 
auxquelles se prêtait l'emploi des capitaux mis à sa disposition. 
Mais cette nouvelle branche de l'industrie des changeurs, qui ajou- 
tait au change et au contrôle des monnaies le négoce sur mar- 
chandises, ne paraît avoir pris naissance qu'à une époque tardive, 
comme nous l'avons déjà fait observer, et n'a ac(i(iis son |)li'iii 
développement qu"à la fin du ii'" et au cours du ni'-' sièclt\ 

Les Hébreux, pendani de longs siècles, avaient fait de i'agricul 
ture leur occupation a peu près exclusive. Ils y avaieni, daillfurs, 
excellé, et il suffit de relire certains traités de la Miscbna et di' la 

1. Tosef/a rtaljn Mecin. iv, :'. 

2. T^'^y nm? T.->N ^rn^lw^ r^lX T~n:o~. ^ifra. suct. Keilos'-him, n, 11; 
Mixchnri lifi/xi yfecia, ix. 12 ; Toscf/a Hnba Medu, x. j. 

'.\. .Ii-r. llnhn Mfcifi, iv. i (9c). 
l. Misc/imi Ki'tini/)()/, vin. S. 



38 iii;vi:i': dks kti'dks juives 

Toselta poui' conslatcr (jue, jiisfjiio dans les derniers temps de 
leur semi-ind('"|)endanf'o, el laiil qn ils doHenaient le sol en maîtres 
incontestés, leurs exploilalions rurales diMiotaient une science 
romar([ual)le et une solide expérience des choses de la terre. On 
trouve dans ces n^cneils de nombreux et curieux renseignements 
sur le Iravail des champs, les irrigations, les assolements, la greiïe 
et la taille des ari)res, la façon de traiter la vigne, les jardins, les 
vergers, sur la moisson, le battage des grains, la cueillette des 
olives, des dattes, sur les diveis outils et instruments aratoires, 
etc. Toute l'activité du peu|)lf' juil" se concentrait à peu près sur 
cette industrie nationale. 

Aussi ne faut-il pas s"('li)nnt'r (|iie lart mantiraclurier et le com- 
jnerce même n'aient jou('' en l'alcsiine quun rôb^ assez etfacé. Il 
s'y rencontrait sans doute un certain nombre d'artisans; mais, 
en général, leur application se boiiiait à lexercice de métiers de 
première nécessité et répondant a des besoins courants, tels les 
tailleurs, les santlalicrs et cordonniers, lisseraiuls, foulons, tan- 
neurs, |)Otiers, maçons, carriers, forgei'ons, et autres pi'ofessions 
manuell îs de même nature. 

Quand la main-d'œuvre exigeait iiiie habileté exceplionnelle, 
on s'adressait aux coreligionnaires d'Alexandi-ie. S'agissait-il de 
remplacer ou de ré|)arei' les portes de bronze du temple de Jéru- 
salem? C'est aux ïioins des artistes alexandrins que l'exécution en 
était confiée '. Ce sont encore des ouvriers d'Alexandrie (pion char- 
geait de remédier aux fêlures des instruments de musique accom- 
pagnant les chants sacrés, ou de fabriquer les vases (h^slinés au 
service divin-. Les chefs d(; la nation, d(''sireuxde mettre fin au 
monopole onéreux de certaines familles palestiniennes, font venir 
de cette môme ville des spécialistes experts dans l'art de façonner 
les pains de proposition ou de composer les mixtures d'aromates 
qui brûlaient sur l'autel •*. 

Il existait d'ailleurs chez li;s Juifs d'Alexandrie une organisation 
savante et méthodiqiu^ du Iravail ; chaque corps de métier se grou- 
pait dans un même qiuiilier. et le compagnon, qui manquait d'ou- 
vrage, était sûr de trouver auprès de ses congi'uères aide et assis- 
tance '. 

CiOmmcnl a pu se pioduire, ;ui m" et au m" siècl(>. ce bouleverse- 
menl radical des nnvnrs el des habitudes de loule une nation? 
Celte révolution éconouiicpp' n'est que la conséquence des guerres 

1. ToKcfld Yoiri li(il;ipjitnirim. ii. t. 

•1. Ttiseflu A rai, /lin, m, i; AniUiiii . 10 A. 

3. Tose/'la Yuni /Ki/fiji/iniirini. n. ."i-ii. 

\. Tosi'l'ld Soiivca, i\. (i 



LES CHANGEURS ET LA MONNAIE EN PALESTINE 30 

désastreuses qui ont consommé la ruine de la Judée, sous le rè^ne 
de Vespasien et celui d'Adrien. Les possesseurs du sol, après avoir 
été partiellement expropriés par les colons étrangers, ont eu à 
lutter contre le brigandage et la violence des malandrins, qui dé- 
vastaient les campagnes. Ceux-ci y semaient la terreur, expulsant 
à main armée de leurs antiques domaines les propriétaires ruraux, 
et exerçaient en plein jour, dans l'état d'anarchie où le pays se 
trouvait réduit, ces audacieuses usurpations que le Talniud flétrit 
en de nombreux passages sous le nom de Sikarikon. A ces maux 
s'ajoutait le poids intolérable des impôts, qui, sous diverses déno- 
minations, écrasaient le peuple, et dont le recouvrement se pour- 
suivait avec la dernière rigueur. C'est dans de telles circonstances 
que le travail de la terre tombait en plein discrédit, et que les 
textes talmudiques se faisaient l'écho des plaintes unanimes des 
villageois, en regrettant la terre perdue et en nourrissant l'espoir 
d'une revanche qui afTrauchirait le sol national et rendrait à ses 
propriétaires légitimes leur vieux patrimoine. 

R. Eléazar, le changeur (première moitié du iii'= siècle), se plai- 
sait à répéter que l'agriculture seule est le vrai métier qui 
convienne à l'homme, et qu'un jour tous les travailleurs y revien- 
dront ' ; mais, faisant allusion aux malheurs du temps, il ajoutait 
qu'il n'est pas d'état plus misérable -. Voyant un laboureur qui 
ensemençait sou champ par le travers, il lui disait : quand même 
tu jetterais ton grain dans le sens de la longueur, le négoce te 
serait plus avantageux^. Rab, le neveu et caissier de R. Hiyya (Qn 
du H* siècle), autre changeur, exprimait la même pensée pres(|ue 
dans les mêmes termes '. Un autre docteur de ce temps, R. Isaac, 
par une sorte de tempérament, conseillait aux capitalistes de faire 
de leur argent trois parts : un tiers placé en biens-fonds, un tiers 
en marchandises et le dernier tiers tenu en réserve pour parer à 
toute éventualité "'. 

C'est à la suite de grave revers et de ruines accumulées que la 
nation juive, pour échapper à l'étreinte de ses persécuteurs, se 
décida à tenter les chances du négoce. 

Il n'est pas douteux que la corporation des changeurs n'ait été 
l'un des plus puissants agents du mouvement commercial en Judée. 
On parle, comme de choses hahitufllcs, (W leurs spr-ciilatidiis sur 

1. Yehnmof. 63 a. 

2. Ihiil. 

3. Ihi.l. 

4. Ibid. : -y.-^l- D'j t<pc-'J3 "'^ncr;. 

5. liaha Mecia. ^in : cb'>a y'i>''^'\i'^ 0"''ru: ITITT: PM Cnï» 'd'-^'O^ o'Tir'r 

IV nnn \a''biUT N"'r:72p-iD3. 



40 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mairliandiscs à Taido dos fonds qui leur (Maiciil remis à litre de 
dépôts libres '. 

Mais il semble surtout qiK; les dépôts d'argent elTectués entre les 
mains des changeurs aient servi à la constitution de; sociétés eu 
commandite, ou plus exactement de sociétés en participation en 
vue du partage des bénéfices à réaliser. Ces participations ont eu 
pour objet, soit Texploitation de l'industrie du cliangeur propre- 
ment dite, c'est-à-dire les opérations de change, soit, plus géné- 
ralement, les spéculations commerciales : Texpression ^"po'^y fré- 
quemment employée par le Talmud comporte ces deux sens-. Ces 
associations formées entre les capitalistes et les banquiers-chan- 
geurs permettaient, à défaut du prêt à intérêt, de faire valoir les 
capitaux sans emploi ; et à cette époque, on ne songeait pas, 
comme au moyen âge, à assurer des revenus aux personnes oisives 
au moyen du contrat de rente perpétuelle ou viagère. Il n'est pas fait 
la moindre allusion, dans le Talmud, à ces sortes de conventions. 

L'association était, d'ailleurs, recommandée comme le moyen le 
plus avantageux aux entreprises commerciales. Paraphrasant ces 
mots de l'Ecclésiaste ^ : Deux valent mieux qu'un, lo, Midrasch '' 
fait observer que si, de deux associés, l'un tombe et se trouve en 
danger, l'autre l'assiste et le relève, et que si la société compte 
trois membres, elle ne risque plus de se rompre. C'est ainsi que 
Ton nous montre R. Hiyya, le changeur, s'associantavecR. Siméon, 
le lils du patriarche Juda, pour se livrer au commerce de la soie, 
et se rendant, en sa compagnie, à Tyr, pour y écouler leurs mar- 
chandises-'. Dans un moment d'extrême détresse, deux autres doc- 
teurs, R. Yohanan bar Napaha et son collègue Ilfa, songent, pour 
échapper à leur misère, à entreprendre en commun quelque négoce. 
Mais R. Yohanan, regrettant presque aussitôt cette résolution, 
renonce à son projet, et revient à ses études ^. 

Le bailleur de fonds [)ouvait aussi limiter ses risques, en n'en- 
gageant dans les alïaires qu'une partie du dépôt confn'' au chan- 
geur C'est ainsi que, par une combinaison habile, toute de pru- 

\. lia/xi Mccia, v^a : iin "mn "["nT Nm-| "■'3 rT'NT ''Z'^^f r;"^'? "'?2~inN "'Xt 

2. Kiddoiischin. Gll ii : NpO"""3 '''Z' :j"^p;i ^J r" riN. 

:i. Eccirsiastc, iv. ',), 12 : r^"-? -z'^'dzr, Li'nm ...inNn "j?: c^rcr; Cni:: 

i. Kolii'h'i Hiihhn sur iv. !) : "j-^ N"'i:'3p"i2 "['rmii '^■'Nwi: ■jriw i:*';cr; C3"ii3 
^yizyû n-i'3n u-iz nnwX pPO^'T '■:^z^ cnc •i-:x?r ■r^^ T:i;r'? tît nn^sn 

■ i. litièschil Hablia, i.xxvi. 
1>. Ttidtii/, ■2\ )i. 



LES CHANGEURS ET LA MONNAIE EN PALESTINE 41 

dence et de prévoyance, le commandilaire prenait soin de ne 
laisser à la disposition du changeur, pour ses spéculations com- 
merciales, à charge de participation aux hénéhces, comme aux 
pertes, que la moitié de ses capitaux; l'autre moitié restait entre 
les mains du dépositaire à titre de prêt, ce dernier demeurant en- 
tièrement responsahle de cette fraction du dépôt, et supportant 
seul les pertes auxquelles il l'aurait exposée '. 

On flétrissait, d'ailleurs, ces commerçants aventureux, aux 
vastes ambitions, qui, désireux de passer pour de gros marchands, 
risquaient allègrement l'argent d'autrui et ruinaient leurs créan- 
ciers. Sans doute quelques désastres commerciaux retentissants 
avaient dicté au Midrasch la sentence suivante- : « Mieux vaut 
employer à son commerce dix deniers d'or que l'on possède en 
propre, et en lirei' sa subsistance, (pie d'emprunter les capitaux 
d'un tiers, pour les dissiper et les perdre, en se donnant l'air d'un 
négociant de haute marque. » 

Le commerce d'exportation paraît avoir pris aussi aux ii« et uv 
siècles un certain développement. Les marchandises s'expédiaient 
en pays étranger par caravanes sur terre ou par la voie maritime. 

Une parabole met en scène un astrologue (onaibnacN), installé à 
l'entrée d'un port et indiquant aux navigateurs quelles marchan- 
dises conviennent à telle contrée ou à telle autre et peuvent y être 
importées ■'. 

Des règles précises imposent aux armateurs qui équipent un 
navire de commerce la part proportionnelle qui leur incombe en 
cas de sinistre de mer, dans les pertes déterminées par le jet de 
tout ou partie de la cargaison, lorsqu'une violente tempête menace 
l'existence môme du vaisseau Des dispositions analogues s'appli- 
quent aux caravanes qui, dans la traversée du désert, ont été as- 
saillies par des pillards, et se sont vu enlever tout ou partie de 
leurs marchandises '. 

La liberté du commerce souffrait quelques restrictions intro- 
duites dans un intérêt public. On défendait notamment toute spécu- 
lation qui pouvait déterminer la hausse des denrées alimentaires 

1. Bu/mi Mecui, 104 /> : ^ra-) Ti3? V'^V'^ NaboT r;*l'?72 t^s'rs NS'^E •'Nn 

2. Kohelel Hahlia sur iv. (1 : "[m:"! NwT: D"'2'1-7 --.Cr l'? Cw "'7; 3i:3 

mr-n ...it^ntot niOD-:T a"'-inN Va y\-i2i2 'r::i: ni-c ^tzi2 \nz: D:-icr73T 

3. Ih'ul. silf I. I i 

4. Buha hainiiui. iiii/» : n"*";' ~7:;' ~;2~7:3 r~'i3rr;7: r;r^r;w i<~i"'""w ~i"n 
V^w'ntD n.Sw-.:?: "ib">pm n-m::? rT:;r;: n"'rr iizy a^D T'zi':--:^ r;n"«n'C 



42 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de premit^re nt'cessité ^ De môme, étaient interdits l'accaparement 
ou l'exportation du vin, de l'huile, de la fleur de farine. Pareille 
prohibition n'existait pas pour le cumin, le poivre et autres épices ^. 
Mais ces restrictions ne concernaient que les négociants qui 
achètent sur le marché. Elles ne s'appliquaient pas aux proprié- 
taires fonciers, qui pouvaient conserver en magasin pendant dix 
ans, si bon leur semblait, les denrées provenant de leurs propres 
récoltes. 

XXVI. — Si incomplets que soient les textes talmudiques rap- 
portés au cours de la présente étude, ils éclairent une partie peu 
connue de l'histoire interne du peuple juif. Les principaux traits de 
sa vie économique se révèlent dans le rôle complexe joué ])ar les 
changeurs au sein de cette société palestinienne. Il suffit souvent 
de quelques indications précises, de certains détails topiques pour 
donner à une physionomie son véritable cachet. Le mouvement 
financier créé par les banquiers, en Judée, nous donne une im- 
pression assez exacte des mœurs, des habitudes, des transforma- 
lions successives de leur clientèle; il nous la montre en pleine 
activité, dans ses relations domestiques et sociales, dans son 
négoce, dans son incessant effort pour secouer sa misère, dans les 
phases diverses de sa civilisation, dans ses points de contact avec 
l'étranger. 

Les documents épars dans les vieux recueils constituent à ce 
point de vue de précieux matériaux qu'on ne saurait négliger, 
quand on veut reconstituer l'histoire du passé chez une nation 
qui a surtout tenu à cœur de sauver les archives de sa foi reli- 
gieuse et n'a traité qu'incidemment des faits touchant aux secrets 
d'une existence tourmentée et résignée. 

Eliézer Lambert. 



1. Tosefla Ahoda Zara, iv. 1 ; Talm.. Baba Dalra, 90 6. 

2. Ibid. 



MÉLANGES JUDÉO-AKABES ' 



XXV 

Un récit sur l'apparition d un Messie. 



Parmi les fragments de Giieniza appartenant a la bibliothèque 
de rAcadrmie des Sciences de Hongrie 'fonds Raurmann\ et (jne 
j'ai été occupé pendant Tété dernier à mettre en ordre, j'ai trouvé 
le morceau suivant (4 pages de papier, de 15x9 cm., à 17 lignes 
par page , qui se rapporte, comme il est facile de le voir, à un récit 
sur l'apparition d'un pseudo-Messie. 31allieureuseniiMit, rien ne 
permet de déterminer le lieu ni l'époque de l'événement qui y est 
raconté ; par contre, nous y apprenons le nom du narrateur : '■hrad 
h. Sa'îd. 11 commence par un poème en hébreu, divisé en strophes, 
où l'apparition du Messie est célébrée en termes hyperboliques. 
Puis vient un récit en arabe sur l'événement lui-même et les pro- 
diges qui l'ont accom|)agné. De cette narration il ne s'est conservé 
que deux pages au milieu, dont je vais donner le texte et la tra- 
duction. 

Je laisse aux historiens le soin de déterminer quel faux Messie a 
donné lieu à ce récit d''Iwad. un de ses fidèles. Le nom ^J^J^ 
(prononciation : « 'AAvad ») est fréquent chez les Juifs du Yémen -, 
et peut-être n'est-il pas impossible que notre morceau soit sorti de 
la plumtî d'un Juif de (>(>lte rnnli'ét» et ail i)()iir sujet ce même 
pseudo - Messie contre le(|tiel Maïmonide, dans son If/gurrcth 
TcmàtL a mis en garde ses coreligionnaires de r.\rai)ie méri- 

1. Voir nnviir, t. XI.III. l-ll: \I.IV. f.:: IJ; MAI. \-\l: XI. NU, 4l-'.ii: XI.VIII. 119- 
iSfi; XLIX, 21!ij:ii): L, 3i'-i»; isj-l'iii. - Les caractère» aiiilM-s l'iiiiiloyi-s daus cot 
ai'ticle vii'iincnt di' l'iniiirimorie natiuiialf. 

2. Stt'iiisclineicii.i. /. O R.. t. XI. |i. X\^. 



44 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



dionale. Quoi qu'il on soit, l'auteur messianiste du poème h(?breu 
n'était pas très fort en orthographe ; c'est ce que montre, sans parler 
d'autres détails, son wnvzyr (strophe 4), qui, d'ailleurs, n'est pas, 
comme le prouvent les rimes, un lapsus calami, mais une incor- 
rection voulue par l'auteur. 



I 

Fol. !, recto. 

nnSoî rrim T'jpd p yi!r\y i» 2î<n3 \>•2^ ^bi ira "jNai 



isr-'-iy pinb 

\\y^ u^-pri -)'::« 3 
irr-i rr^T i^aD 

D''nDi73a"i i-nmx3 
nbs: ion 3Ti[3] 5 
nrinao DmTJb 

13'"'7:C"' m3'53 6 
Verso. 

b» d-'pt: -nP30 i 
bNisn D"'p"'m 
Q-«3b7ûb iT'by 8 

n»':3 bN Db XM^ 9 
1727 !:3 7-«c-ir!b 
n7ji: cp 'D ITT 10 

CT' bs ipTn 11 
D^ryn 1MC1 
'ai ms-i D-'T' ipTn 
'ai ibbnn"'! ipns:"' ^'"^^ 
'ji Y- "^b? ma; -in "dj- 
tJN"» «bi ■''^ ax: D''N3 a-^T^i r;:r; 
nbyn -on ■>'' •'n m? 
in iNirn nn73-ca -^d in x^^n -t^wNi 



is:?^ -"ni: y-iN73 

nyi-ina Dsbnb 

I3nbn73 nbi:3 

[nb]in32 i»s-'m 

(5JC) QTlITOyb nb*^5 

nybiii: 'j'ap' 

ï-jbia mx V^pb 

nyiairn D'^-'pb 

{sic) ly-^m-i n3-n 

nypn bDT &'»D3-i 

bNiuî"* iTai'b 
r-iyiu5Ti QribT 

C^iDDb -UNI QaT 

n3'-^a'> m3;"i 

iîjiîj '?=) by "ir'îj-T 

ny2c-i3 -iinnb 

n73-'ç i:mN"i 

riy-^m-i T>D «m-ia 

D''3rtt Ty id3'::t 

n3>T bD •jrinb 



1. l'S., XXXVII, 11. 

2. Ms. 3^13. 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES 4S 

II 

Fol. 2, reclo. 

)n v« K2"'p3D ïïyibN '^bn "'D I 1''j:5"w3 n-ïnt {<:a-ip t^«bD y^^n 

k:5 i'>''nrD •'iir:'^ ito | — iwsnp» nno rrb-^b N;y?:ràî< r-^i'^N Dn 1 làin 

■'Ï3 in «b Nr:-o3T I ■'cnSm ^^ym -nnn ^m r^irn*^ «b | -«^a mmNbN ya 

^n73 r:bbN | T^^Nnn v^jt^p tmmxbN v^^ in cri | a''3DiDbî« i:^ ri3œi 

r<73bD I ciT rNonN j'opnt "^ay dp vnsbx | ■'bs' ""nTNbN t*^a5 bî<pn:N 

"nTZH -ii:7:bN ^bi r<;bwS-n t^:màT I •'by ^«i33'p^ -i3::7abi< ^bT t««iDbî<n 

[p]-icn libN Y^T nî<?T... I V'^^•'<o [y'InxbN -«by i-^yDN-i t^irpai | ta-'ùT 

n^a "jN un | .sîto anin «;bipy ix nio ix hrn] | (s/c) '^n-i^n (sic) "^nt^n 

tipis N:n I £]p qov -j-'cbî* nb bxps pnx m 1 p •'oi« m Nà ip n^NO 

nnb» Nim otz'c'th -n: brÏTs a'^ày nh3] [Ferioin-nxswS inNj' prN2 ï-jtnd 

t*«»;"'by a::y ^bj< HnxbnT •j-'^î^î*"' I ^"î''a ki^hd -tpb-i *]3ib)3« ri3 ab[y] 

V3 c:t> bD -;d:bi< p N;b I min-' NXjm bNin^bN rrirta fc<::««i | b^nb» 

&-ipn a"'L3ybi< CNP73 I bN aoin -^d "jnd Ktibc imNbss b^i | r-nN-iiDbN 

•'0D3 ■'by nbapT | sid-^t ti?"« p '^i n-idt i<nD -^b bîtpT I •p'^'^^T^ TT'Wtt "»'bN 

•«b? I r-T-.nn npi ■'cd: nrrin y"^ =) ^»lb^i<b | anDN mrN t^b ':n ^b"^ 

4:ybs i-iO-» Nb axbsa ["i]n VPtî^^ln in I n\sT3 y-sbriXT •^^y» in p ■'Odî 

tip 173 t>i::b3 N73 t<:»NT I ...b [7]pNr >^7j Nrt-D 2r[D] •'3nR173 Y^^"*! 

in ï>^72 Tion"' abi | rr'by •nnD'T mK!n"::"'T biNsb» r^in | "by nTabDn"" 

I "J73 N73"'ip nb q-iy N7:73 xbi ri-'bNi'îN I [-nlrxbN ri^ri i» niby 

Traduction du second morckau. 

« .. .endroit. Nous étant approchés, nous remarquâmes deux personnes 
sur ce terrain; nous restâmes jusqu'à leur départ. Puis, dans la nuit du 
sabbat, nous nous assemblâmes de nouveau au nombre de 60 Juifs: nous 
aperçûmes alors très nettement tant de phénomènes lumineux qu'on ne 
pouvait les compter. Ils apparaissaient et se cachaient ensuite de nouveau. 
Leur lumière ne ressemblait pas à léclat des étoiles. De plus, ces lumières 
cheminaient, avec l'aide de Dieu, à l'instar des pas humains sur la terre. 
Comme ce phénomène nous effraytiit, nous tombâmes sur la face, et le 
phénomène nous efiraya au plus haut point; nous restâmes agenouillés 
et prosternés à terre. L'éclat continuait toujours à luire, de sorte que nous 
aurions presque perdu la raison Au bout de quelque temps. II. Moïse b. 
R. Aaron s'approcha; le scheikh Yousouf lui dit alors : « lleste ici 1 » Il 
resta, en effet, et voici que deux personnes s'avancèrent de nouveau et 
répandirent derechef une grande lumière comme la lumière du soleil. 
Voilà ce que ton serviteur (l'auteur de la lettre sait. Nous l'avons consi- 
déré tout cela) comme mensonger une fois et deux fois et trois fois, 
jusqu'à ce que les faits nous eussent subjugués; ensuite nous avons cru à 



46 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ces faits et à cp qui se renouvelle journellement pour nous de ces pro- 
diges. Quand il fut présent au milieu de cet emplacement suliliuu', le 
Messie de la vérité sapproclia de moi et me dit : <• Telle et telle clutse arri- 
veront à celui (jui niera de nouveau. » Alors, j'ai fait le vmmi de ne plus 
nier encore une fois, afin de ne pas perdre mon âme, et je me suis gardé 
de recommencer â y ajouter ou à en retrancher quelque chose, ou d'cti 
parler en termes inconvenants. — Il est possible qu'il te parvienne d'ici 
des lettres dans lesquelles on contredira (mon récit). Ce que nous avons 
appris des gens qui parlent mal de cet élu, l'injurient et le calomnient, 
et ne rappellent pas ce qui lui est arrivé en fait de choses insignes comme 
celles-ci, et ce qu'on sait de lui d'une époque antérieure. .. » 



XXVI 

tRADUCTION DU CaNTIQUE DE DÉBORA PAR IbN DjANÂR. 

Dans un fragment de la même collection, jai trouvé une pi^ce 
dont l'écriture est très endommagée et mutilée, et qui se donne, 
dans le post-scriptum, comme étant Une « traduction des pro- 
phéties de Débora par Ibn Djanâh >>. Ce morceau, qui se compose 
de 4 pages, dont il reste à peu près le tiers de chacune, tandis que 
le tiers inférieur est déchiré, paraît avoir appartenu à un recueil, à 
une espèce d'anthologie d'adab juive. Tout Tintérèt du fragment se 
borne à ce morceau d'Aboulwalid; malheureusement, le texte est 
très mutilé par les déchirures et les détériorations qu'il a subies. 
Le morceau qui nous reste commence au milieu de Juges, v, 20 ; il 
s'interrompt au verset 26 pour reprendre à 28 c. 

Il est précédé, sur le premier feuillet de notre recueil, d'une 
série d'éiiigmes telles que celles-ci : 

muTo "^33 [-iTyl^bxi tsiuj-ia "jn nbyx axiàbN : Nnibin ipoif;^ bsn ri'rna 
C2nnâ Tin-' Tiy tn^N ya i;îo tans^b û^ yn -.nabN [sic] pbrn"' eb 
ï-noit 3Nài ne» -ibN iirr^ Nà -phi^y bnwxpi nnabx 173 «i;-^ ' in n?3 pai 
n-ibsE nN np"^i i^ r^'::n inn Y'^tz ps n-in-» y>2'0^'] -piib nry^bt^T mc^ai 

•in rr'ija ■'îia n«T 

Qui'sliiiu : Que peux-tu dire de deux des grands d'Israël qui n'étaient pas 
présenis (|ii;uul tout le penj^'e tlisraël entra, grâce à un miracle, dans la 
mer ! — Réponse : Gerson et Eliézer. les tils de Moïse, ne p(''néli"èient pas 
avec les autres dans la mer, car ils étaient alors avec leur mère chez leur 
grand-père Jéthro; c'est seulement après qu'Israël eut traverse la mer et 

1. Le verbe inainjue ici. 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES 47 

eut fait la guerre contre Amalec que Jéthro vint trouver Moïse et amena 
avec lui Sépliora ainsi que Gerson et Eliézer, comme on le voit par Exode, 
xviiK 1-4. 

nïbx y2':n •^■ibs V'^'î» nhdn nb^N 3NT3bî< : r-n'^h^ oidd n-'H^t wNpoN 
.a-»3-i QV3 iNi:-«"i "«nba ûTibx ypa-^T p»5 onsbx 'j'»: iio^o'^ab 

Question : Quelle est la chose qui n'est ni tombée du ciel, ni sortie de 
la terre, et qui a désaltéré et ranimé beaucoup d'hommes? — Ri-ponse : 
C'est la source que Dieu lit sourdre de la dent molaire pour Samson, ainsi 
qu'il est raconté dans Juges, xv, 19. 

D'une autre question il ne s'est conservé que la fin : jï-tto «bx 
rnnNi- Mais la réponse qui suit permet d'induire que la question 
posée était : 

Quel est l'endroit que le soleil n'a éclairé qu'une seule fois? — Réponse : 

rt-i?2bN "^bn n73\abî< rcc -nnsN u:-^b nbbx np^ yn -innbs n:î< ob^N 
UpD- C'est la mer; quand Dieu la fendit pour Israël, le soleil y jeta ses 
rayons cette seule fois. 

Puis vient une question qui commence ainsi : fc<32ii< nbo?: 
-'hy y-iNbîi onp-» ykn» "^di y-ixbN "^b^^ Nnobj» nip-^ ysiw ■'o 3î*nDbN 
^bN N72obN. « Nous trouvons dans maint passage de l'Ecriture le 
ciel mis avant la terre; dans d'autres, l'ordre est inverse. » Le reste 
de la question et la réponse sont arrachés dans le manuscrit. 

Ensuite commence sur l'autre iffeuillet le fragment du Cantique 
de Débora : 

Recto. 

t^» -^by ^3yn "'D I piD ^Vî^o Qn^w ...wn^b t^;n^nwsbD '^ibTobN 

Qnnanwsn >i?:Dbi< "jt: : Cs-^wo p : h:i<73bf< j'?::2 1 p iTi iNabb» 

nxibi* csn-ià lio-'p nxn : bm : s^^-id-^o r-i:3-iwsn =2r!»nxjn73 -"d aD^sisb» 

[-ncNin n n-irn •• Tx : fy3 nnnbo r-i;3 p-ibwS it^-^-p ^^{^ la-'npbN 

Ti-i» 13^5» bt<p nbb» bio-i : miN : iiiDT^ '""NbàN y-s-i itj onb-'S 

ri3ny»i I nrbN ri b irt<"' tzib ix nb-'3T r-i3rb Nnbr!^< i;ybwS nn 

^y^ ND:bN T'a p "^-iN^n N-in | ciîiibiaT : "^Tinr : rnsNaJbN •'b;' nnyio 
r><nbT 1 : Q"-» : "^iNan rr^niNb» pintî N03bN i^o biox | ■';"«pbN nan riàiT 

un : ni"' ■• N3»o l ï-rnpDit bV^à [N33]b nnpON Nxn bxo 

NitbN np-it:7abb 

• nsmN"^ 

. . .*[y]p^^ 

1. Ibn DjanAh, Dicliotinnire, éd. Nt>nl)aiiPr,.<;. i'. "l3N : t-jijUxj S^ *^ ^1^3N. 

2. IbiiL, s. V. yn73, îJ:l'»st^ du m.s. R. : o'-*^-'j tj^J- 

3. A cet endroit se trouve eu marge le couimeiicement d'une glose inexplicable : 



48 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Verso. 

•'Si» ... srN . . .: t-n'bsn | : r— .-idnp np j-i35n-i73 CwsnpN . ..^>l«^ 

'rïJn oNnb ' iT!D''3S-i "IN riB-'iTT n:i»op*' on N3bo "iniT np | Dnby? : xbn 
^db TT3";p in àN3["'n] aipTi JN2"'n | abo r<no"'ob ' iN3i:i< abo ...npi 
ai-iDD 'iTT'r I '^^anTsi 3-1 tvi"» ^-^iisNa . . . ^H'i^ : p : I abob» ^to p:y 
[■'"•' ']Ti3 : 7130 T'^'anN Y'^"'] "'^'n y-ii«bx | nnp an nm-iaa[3] oTscbx 
.b"T nxîà pNb r!-n3n nsTs; n-'osn NTrj : i^rNi i^n 

Nous ne pouvons songer à apprécier l'authenticité de celte attri- 
bution et nous nous contentons de la signaler, en abandonnant 
Texamen aux savants compétents. La comparaison des traductions 
données ici sur quelques mots isolés avec celles du dictionnaire 
d'Aboulwalid nous a fourni un résultat négatif; c'est à peine si 
nous avons pu signaler des rapprochements dignes de mention 
entre cette traduction et les matériaux du dictionnaire. 

La traduction du Cantique de Débora est suivie dans le ma- 
nuscrit d'une explication d'Isaïe, xxxvni, 9 etsuiv.; mais le com- 
mencement seul s'en est conservé : Y-'^ ïT'ptnb bip NÎm : 3n272 

■^bN ...N-lu)3 ■'DN I "'DCj ■'D n'5p npb : "IN : nsT-^S: 173 N-,3T y-î-^ HN | in"' 

'131 ^"^hbn 3N13N. Le reste est défiguré et déchiré. On voit que 
c'est la traduction de ce morceau par Saadla qui est donnée ici. 



XXVII 

La traduction hébraïque de l'eulogie prophétique de l'Islam. 

Le sens de cette formule d'eulogie ne permettait guère son accom- 
modation à la littérature judéo-arabe. En dépit de quelques hyper- 
boles aggadiques, sur lesquelles on a d'ailleurs appuyé la formule 
arabe elle-même ^ la conception d'un Dieu priant pouvait être 
difficilement appropriée à la langue hébraïque. Mais, d'un autre 
côté, dans l'emploi purement formel de cette eiilogio, le sentiment 
de son sens littéral pouvait aisément passer à l'arrière-plan. 

C'est naturellement le cas, tout dabord, pour les traductions 
d'ouvrages musulmans. Certes, on se dispensait volontiers de tra- 

\. Dan? le loxlo ces mots sont rci-its avec un x- 

2. Par un à, tandis (|ue dans le reste du passage le dj est maïqué i>ar un point 
diariilii|ue ou un trait transversal. 

V. mon article : Uber die Kulofi'ieu der Mu/tammedaner, dans Zeilschr. 
d. deuisch. morgenlàndisch. Geselhchaft, t. L (1896), p. 91 et s. 



Ml'l. ANGES JUDÉO-ARABES 49 

duii't' lilh'ralcintMit l'tMiloj^ie du Çaldi et Ion adoptaiL pour la 
rendre en hébreu, une des explicalions par lesquelles les théolo- 
giens mahométans avaient coutume de concilier la formule : « Que 
Dieu prie » avec le sens rationnel. On peut en donner comme 
exemple la paraphrase de cette eulogie dans la traduction hé- 
braïque de l'ouvrage ophlhalmique d'^Ammâr b. 'Ali al-Mauçili par 
Nathan ha Méàthi. A la place de l'eulogie du Çaldt que donne l'ori- 
ginal arabe, il écrit : n^Nn ■'N"'23 vN-'as \^r\'^^ y^y br i^rnn n'D*:;"^ : 
« Qu'il envoie sa miséricorde à son peuple et accorde sa grâce à ses 
prophètes, les prophètes de la vérité '. » Mais parfois le traducteur 
hébreu reste plus fidèle à la lettre de l'original arabe. Tel est le 
cas, par exemple, de la traduction hébraïque du Commentaire d'al- 
Tébrîzî sur les vingt-cinq propositions péripatéticiennes qui se 
trouvent au commencement du livre II du More, où *jUo^ est 
rendu par "ip'^cm (entendez : de Dieu) '^. Dans l'Introduction de la 
traduction hébraïque d'un écrit astronomique de Kosta b. Loûka, 
nous lisons aussi : mam iw^"»3;'5 n'rtm '?n"5 nao ^:^\^z inn c'est à- 
dire : -îolaîol^ aIo Jlc «UciJîj aM sX*:^! .X)»j C^Î ^. 

L'emploi de cette formule n'est pas inconnue môme aux Juifs 
écrivant en arabe, comme le montre la traduction hébraïque d'un 
ouvrage rédigé en arabe par Ibn 'Aknin ^ : -in*' i-'x-'n: 'dd by n'ronm ; 
l'original était sans doute ainsi conçu : (jj^y^^r' *>»l^' (J^ ii!iUaJi^. 

Nous avons lieu d'admettre que Maïmonide lui-même s'est servi 
de celte formule. Dans une consultation écrite en arabe, où il 
exprime sa désapprobation de l'introduction dans les prières de 
morceaux composés par des poètes ignorants, il dit qu'on s'écarte 
en cela des discours des prophètes et de leurs semblables : «"•n^xb» 
•'bN^n (!) n2Nbi:i Dnnb72ii ■'br N'^^s^bN nbT:?^ ■'e an poi ^ Je pense 
que l'incompréhensible rjSNb:^'' est corrompu et qu'il faut lire : 
■^bN3>n nnsbi: annb5:à ■'br, « sur eux (les Prophètes) toutes les prières 
(bénédictions) de Dieu », dans le même sens que l'eulogie du Calât 
venant à la suite de la mention des Prophètes. Il ne saurait pour- 
tant nous échapper que, dans le bon style arabe, il faudrait ici : 

1. Hirschberg, Lippert et Mittwocli, Die arabischen Auffendrzte nach den Quellen 
bearbeilet, 2» partie (Leipzig, l'JOo), p. 26. .\I. Mittwoch a eu la bonté de me com- 
muniquer le passuije hébreu d'après le manuscrit de .Méithi de Parme, .^ulrc cxt^npie : 
D"'"TlKn IIN N''33n by nbnm. Slfiiisclmoidi-r, Uebersefzinii/eii. \>. WTi. 

2. Geiger, Melo llofnaïm (partie allemandt'), j). 72, 1. 3. 

3. Apud Gurlaiid, yeue Denk)nàler der judischen Lilleralur. II, p. D. 

4. Drei Ab/iundluiif/en von Jose/'b. Je/iuduh. éd. .M. Lowy, Introduction (texte), 
p. o, I. t) 

5. Geijjer, Melo llofnuim (partie Lébraïquo), p. 7S, I. 3 d'eu bas. 

T. LU, N» 103. 4 



50 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

J'ai (U'.jà rolovo ailleurs * que l'emploi de cotte eulogie du 
Çaldt est usuelle chez les Saniaiilains. C'est un des témoi- 
gnages de la facilité avec laquelle cette secte s'accommodait aux 
usages et aux institutions de leurs maîtres 'K En passant, j'en 
citerai encore cet autre exemple, qu'à rimitalion d'une coutume 
(les Maliométans, ils inscrivent sur les couvertui'es de leurs textes 
du Pentateuque les mots du Coran (Soura, lvi, v. 78) : <juLc il 
(jjj^lril i)! « seuls des purifiés peuvent le toucher^ », qu'on peut 
lire au frontispice des exemplaires de luxe du Coran *. 

I. GOLDZIHER. 



1. Z. D. M. G., L, p. 108 n. 1. 

2. Cf. Revue, XLIV, p. 70, n. 5; Z. D.;Af. G., LVI, p. 412, 1. 24. 

3. Cf. mes Zahiriten, pp. 51 et siiiv. 

4. Jeivish Quarlerly Review, XIV, p. 27. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB 

DE U FRANCE SEPTENTRIONAL: 



I. — C'est à Geiger que revient le mérite d'avoir, le premier, 
formulé avec toute la précision voulue le caractère et l'importance 
de l'école exégétique du ^'ord de la France. Avec une compréhen- 
sion très fine, il a montré que si, au rol)ours de l'école hispano- 
arabe, il lui a manqué la connaissance comparée des langues sé- 
mitiques et une certaine culture générale, si elle n'avait pas une 
idée exacte du mécanisme de la grammaire hébraïque, elle avait 
su, en revanche, pénétrer plus profondément dans les seiilinicnls 
de la Bible, qu'elle avait comme acquis la faculté de penser avec 
l'Ecriture et d'en rendre parfaitement les conceplions, et qu'(^lle 
avait pu échapper ainsi plus facilement au danger d'y inhoduire 
des pi'oblèmes étrangers, encore qu'au débiil, elle ait (''lé im|)iiis- 
sanle à s'affranchir du joug du Derasch. 

L'Age d'or de cette école s'étend à peu près du milieu du xi" à la 
lin (lu Ku" siècle, et son premier repn'seulant est M(Miahem b. 
tlelbo, dont j'ai récemment réuni les fragments exégéliques ' . 
Mais quand, avec le temps, la notion (liine exégèse sinq)le, natu- 
relle et lilléralc eut peu à peu dis[)aru, Uasclii seul se mainliul, 
parce (pi'il avait su, à c()té du Peschal, faire inie place sullisanle 
au Derasch. Quant auv autres exégètes. ils furent oubliés, et il 
fallut que les nouvelles recherches criliqiies les rendisseul, |)0ur 
ainsi dire, à la lumière. Même un exégèh» cnuime Samuel b. Méir, 
(pii fait pointant autorité dans le doMiainc lahuudiqiie et dont 
le Commentaire sur le Penlaleuque fui puhlié dès le début du 

xviu" siècle, n'a été plciiuMUcnt apprécié que de nos jours. D'autres 

1. 'Cfprt "'anDb Tn'^n "in an;» ■'a") "'Sinns, Fruyments de Vexé'jèse /jiùli(jue 
da Mcnuhem bar llelhu, Varsovie, I'JO'k — Cf. lii'vue, XLVIU, 280. 



52 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

encore, tels que Joseph Kara et Joseph Bechor Schor, ont été 
pris en considération au siècle dernier stndement; daiilrcs enfin, 
Éliézcr de Beaugency, par exemple, n'ont été tirés de lobscurité 
que dans ces tout derniers temps. 

C'est à ces exégètes inconnus qu'appartient l'auteur dun Com- 
mentaire de Job, qui s'est conservé dans un manuscrit de Cam- 
bridge (Catal. Schiller-Szinessy, n° 28) et dont nous possédons 
maintenant, dans une belle édition, l'original et une traduction 
anglaise'. Même ce commentaire était déjà quelque peu connu dès 
1«76 par la description de Schiller-Szinessy, mais c'est mainte- 
nant seulement que le caractère de cet ouvrage et surtout la place 
qu'il occupe dans la littérature exégétique du moyen âge peuvent 
être déterminés avec précision. Ce sera l'objet de cette étude. 

IL — Ce qui prouve que notre Commentaire appartient au Nord 
de la France, ce sont, avant tout, les gloses françaises dispersées 
dans tout le corps de l'ouvrage. Elles sont i-éunies à la fin du texte 
(pp. H4-ilo) et identifiées par M. Louis Brandin-. Le même lieu 
d'origine est encore attesté par les auteurs cités ainsi que par le 
caractère du Commentaire, — deux points qui seront étudiés plus 
loin en détail. 

Par contre, le nom du commentateur est inconnu. Il est vrai 
que difl"érentes conjectures ont été émises à ce sujet, mais elles 
sont toutes fragiles. La Bibliothèque de Leipzig possède, en effet, 
en manuscrit (n'^ l(H de sa collection), un Glossaire hébreu-fran- 
çais de la Bible, qui contient, en outre, comme tous les glossaires 
analogues, des gloses hébraïques en marge ; ces gloses sont sur- 
tout nombreuses pour Job et pour TEcclésiaste, au point de former 
un commentaire complet -^ De plus, celui de Job paraît emprunté 
au nôtre, quoique, en majeure partie, il ne soit pas du tout iden- 

1. A Commeniarij un Ihe liook o/'Job front, a Hebrew Mntiuscripl in Ihe Univer- 
sily Library, Cambridge, editcd by William Aldis Wriirlit, liaiislated by S.A. Hirsch; 
Londres, 1905, viii + l.'iO pp. (texte) -|- 264 pp. [traduction}. — Le livre a exactemeut 
deux titres, l'un en tète du texte, qui contient seulement li' imm de l'éditeur, l'autre 
précédant la traduction et ne donnant (jue le nom du tradmtiMir. Il a paru dans la 
série «les publications du la société foudée récemment en Aniilelerre, sous le titre 
( Tcxt and Translation Society », pour l'édition des textes orientaux, surtout de ca- 
ractère tliéologifpie. Cf. mon compte-rendu dans VUrieiilalisliche LiNcrtilur-Zei- 
tunrj, 1\, p. 3:i9-3U. 

"i. Le nondjre s'en élève à 23. Mais, comme notre commentaire ne s'éteiul, comme on 
le montrera tout de suite, ((ue jusqu'au cli. xxxvi, 30, il ne reste que la gloses pour 
le commentaire lui-même. 

3. V. la deseriiition détaillée de Uelitzscli. Lileruttirblall il. Orients, iSli. col. 294 
et suiv. Cf. Zuiiz, Zar (Jeaclialite iind Litcratur, \). 82. 



UN COMM ENTAI RK SUR JOB HE LA FRANCE SEPTENTRIONALE -iS 

liqiie avec lui, comme on le verra plus loin. On y trouve anssi fré- 
quemment cilé un certain a"-in ou mr?, qui, d'après Delitzscii, 
pourrait être expliqué par n^sna '-\ n-in. En effet, ce dernier auteur 
est également cité sur Cantique, m, 10 fau sujet de inT'Dn) en 
ces termes : aso"" (Job. xli, ±2) ns-i"" n-'Din 'i ann '■'d pT Cette 
explication concorde avec celle de notre commentaire, ad /oc, 
où c'est Cant., m, 10, auquel on se réfère ' ; là-dessus Schiller- 
Szinessy- suppose que notre commentateur s'appelle Berechya et 
se demande s'il ne pourrait pas être, par hasard, le même que 
le célèbre Nakdan de ce nom. Neubauer^ se range à cet avis. Pour 
Jacobs, qui s'est beaucoup occupé de Berechya Nakdan et qui 
voudrait même faire de lui un Juif anglais, cette hypothèse est déjà 
érigée en certitude '■. Seul, Gollancz contredit cette idontillcalion ■'. 
Il admet, en effet, que notre commentateur est aussi lautoiu- du 
glossaire de Leipzig; or, si Berechya est cité dans ce derniei', il ne 
saurait en être l'auteur. Enfin, Wright'"' croit aussi <iue notre com- 
mentateur s'appelait Berechya, mais il n'ose décidi-r ([ui se cache 
sous ce nom. 

Toutes ces combinaisons sont caduques. On n"a i)as remarqué, 
en effet, que notre commentaire s" élcnd se/t/ement J(is</u'à \\xvi, 
50, et qu'à partir de cet endroit, il a été simplement complété par 
celui de Raschi lequel s'arrête, à son tour, à xl, !20, et a été conti- 
nué par d'autres commentaires) ^ . Il est probable que le copiste 
s'est servi d'un manuscrit incomplet et (pi'il en a combh' les la- 
cunes en avant recours à Baschi •'^. 



1. L'explication même de ID^^ maii(|ne justement dans notre (^niimentaire, mais il 
faut la eompli'ter, ainsi (int- le montn- le contexte : n^"lT73 i;l23 l3"'Ù2 "'5? \^n"in 
ou Comm.' dans l'additinn dr Kaselii^ nDC TDT'l •^''^n '?y 3'^T"2 NT"! VinriD 

anT im-'D-i [vzz: -y^^Z'n': y:z-i3 'r. 

2. Cdtalofiue. p. 2't."i. 

3. Jeir. QuiiH. Rev., H. 3-2(;. 

i. The Jeirs of Anr/evin Enr/laiid. p. T.IS ; .Irir. EnrycL, III, 'V.'ta. 

V>. T/ie el/iii-til Irpa/ises of fScnichi/d , p. xvx ef. p. xxv et la jindare «le Wi'ivlit, 

p. VII . 

ti. Pnlare. p. v. 

1. CI. liosin, /{. Siiiiiiic/ I). Mi'ir ttlt^ Srluifli'i kHirer. \\\\. l.'ict sniv. 

8. L'opiniciii de naelicr {Tlteolof/isc/ie l.ilenthirzfi/ini;/. \'MH\. n- !l. r„\. L';i'J-260\ 
d'apri'S qui notrr eommentatein- a sim|demi'nl cmpriinli' à llasclii toute l.i partie ipii 
eiimnience à xxxvi. 30, pour eu laiie un élément iidéi.naiit de son iiropie eomun'utaire, 
est inadmissil)le. attendu ipTil n'a pas riial)itude de dé'manpier (rune fai-nn anssi mé- 
canique les explications d'aiittrs excirétes. et, qui plus est. sur plnsienis rli.iiiilfrs sairs 
inlerniplion. I>'ailli'urs, je prouve plus bas [p. dO que l'auleur clu i.'!'issaiie dr l,ii|i- 
zii^ connaissail encore nuire comun-idain- smis sa l'nrme complète. 



54 REVUE IJES ÉTUDES JUIVES 

llï. — Nous ii(> pouvons donc renipillir, toiicliant raulour, que 
(luelqiu's clonni'cs ("ijarsos que coutit'ut 1(; conHueiitairc propre- 
ment dit. C'est ainsi, lout d'abord, (pic sont citées quatre explica- 
tions au nom de son père ; ji; les reproduis ici : 

X, 1 : b^T^ ^r\S"C-\ xb ^3 ']r\yi tsr S"i:T ■'3N 'z-c '733 pDîm... 

XII, 5 : pj-i i-^'ir r^inc "nDon !-it3 b-^ann t^d '-i-d b"^T •^3nt . . . 

'iDT 17:01 ïn'w"? r-T-'n-'C "'lî^-i ^-rrro irvsb t>.:2 nni t-dc ht- nmr:. 

XX. 1-2: -1703) rr'-'-ipr; b^n (i. r;pT'::i r^p\-i':: 'b irTcb nnn t-i:m ... 
3'?m iDm r-na--: .mx'JD 'bD 'r-fc nrscon î-idd 'd b"i:T "'2N '-i"'D"0 
'iDT i-ipnro r-ii*u;D "^j-iob î— inn. 

XXIX, 7 : -n:?*o- T'b mnb ^-^LS■':i■^7: p-i -iz'C ^'-lN}:n b"i:T ■'3N 'izut 
173P û''3pTm ûnb nn-î3"'i "'Ddt: iN3n3 D"'n;'Dr;c "^riNi "'.ujnd -«a'^i^û r^N 
'13T naïîNT -^b r,-oi tsnb -ib 'j-^ij: ■^n-'in Nb -^o r^i:?::. 

On voil par toutes ces citations que le père de l'auteur ne vivait 
plus au moment de la composition du commentaire. Mais je crois 
même que notre commentateur dcvail être encore très jeune à la 
mort de son père. En efTft, à la fin de l'explication de xii, o, qui 
vient d'être citée, on lit : nrr'bj» ûrfax "^ni* "^zin '\'\yTzm "'an "'b '72K 
mbon. Le mot ûn-'ai* ne donnant aucun sens et devant être rayé 
(v. Corrigenda de la p. 30, 1. G), il en résulte que cette explication 

été communiquée à l'auteur au nom de son père par un certain 
R. Simon, probablement parce quil était encore trop jeune pour 
avoir pu l'entendre de la bouche même de son père '. En outre, il 
cite une fois son oncle Tl. Benjamin, sur xiii, 27 : 1'^72''j3 'i ■'^^^^. . . 
npnrn nn ûmn n\i:yn ■'b^-in pTjUjo mtano bs» \x. Ce Benjamin serait 
le môme que le t^lossateur du Si'fer ha-Galouij de Joseph Kimhi, 
qui poi-te ce nom et qui lui-même est identifié avec Benjamin de 
Canterbury, disciple de Jacob ïam -, ce qui, en somme, n'est pas 
impossible. 

De ses propres ouvrages, l'auteur cite un commentaire d'Isaïe 
(sur xxxiiT, 29) : nNi373 'oa ibi«u: xbb Tnann: 'u:"isa -^nnsim. ... et des 
Douze Prophètes (sur ix, 0) : 'tkt-'Z) p [i72D] "T'i^Tn D"i7:y ncDm... 
-inyn (1. 'Tm) 'rr-a û"'U5"id2 dtzjt rriycn p n:3>73m b'crî-i : et encoi'i' isur 
xwi. î)) : im-» nb-^bn b:D '■j-'UiDn . . .c^Diîn ni:*' •'n7D .TanN ■•i'-i nns b^T 

1- niTOrî 2n^7'' SI' raiipiiiti r;ii( alors aux flcux, à R. Siiiion 'et au porc. On ne 
[iciit iliie si les li-ois .iiitics cNiilicaliniis ont (Mé ('■ualoniont (•omniuniipu'cs à l'auteur 
par le nn^nie H. Siiiiiui, mais il ol reiiiaiipialili' ipiil ur liiso jamais : "'^Ji "^T "17CM- 

■1. V. N.iii.anrr, .] ()\\ . II. :i-.-7 ; .lar,,!,,.. ./f»-. Lnci/cl., s. f. (III. 27 «,. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE LA FRANCE SEPTENTRIONALE H5 

TOiptt3 '«"i-^D -lïjîo nanb ï)n5 -isin [wXirj] npn ûrrcc* Mais il se pont 
qu'il ait encore commenté d'auti-es livres bibliques. 11 dit, en elîel 
(sur XXXIV, 31 : iTî^n ^nan i-«in \72 'ib tiim .^-^m innn 'j-'bT^ itn ■>=) 
T-ianio V''"' "''««^ T'MT (1- '■>) '3 ?i2ïTi ^=>N^ tDJ'a"^ "^n -iujnd m-iïj-^n ^b^n 
173D 'du: (I Samuel, xii, 1o) ûD-rnaNaT û^a vs ^^ nn-'m 's nn*' 
£3"«-iDV -ir)ï3D 'b© Prov., XXVI, 10) û-'"i3"d> -iDCT ^5:3 "I301 ûDTnaNa. Si 
donc l'on admet que notre auteur a ainsi expliqué ces deux ver- 
sets dans un commentaire sur ces passages, il faudrait en conclure 
à l'existence de commentaires sur Samuel et sur les Proverbes. 
Peut-être même a-t-il encore expliqué le Deutéronome (si ce n'est 
tout le Pentateuque) ou les Psaumes. On lit, en efl'et (sur xxvi, 9^ : 
'did b (1. \i5->d) '-^d N-^nu) TTyp-^y by ^Jzyn nsmnï^n m^ ni* b-'on tïj-id nb»T 
■•Tobn -)i<œ3T m3i-ini<n m» b-^snb U5"'»bn nbwn (c.-à-d. \-io-i'^stt) itto) 
'tdt ûrp33 i»bn-> b pm Nnn;:5 -"Db (de même sur xxxiu, "25 : . . .■osui 
'mpM3 '■'ETD T^tibn pT). Or, cette explication ne se ti'ouve pas 
dans xxviiT, 0, seul passage de Job qui contienne le mot •û'^^bn 
(d'ailleurs, il aurait fallu, dans ce cas, dire dans xxvi, !> : n?:D 
«-iDK'Oî), et il se peut qu'elle fût donnée dans Douter., viii, 15 (ou 
XXXII, 13) ou dans Psaumes, cxiv, 8. Mais il est encore possible 
qu'elle fût contenue dans Isaïe, l, 7. 

Entin, on peut citer comme caractéristi([ue le passage suivant 
(sur XXXI, "27) : nba "^b 'ton pT irr VT'î*'^^ ""^'^ p mp'^N '»ib it^ pïjm... 

na^rj PBN 'iNT pv3:tt. Il s'agit ici probablement d'un clerc cbrétien 
qui a pris part aux Croisades '. 

IV. — Ce dernier détail nous reporte, d'autre part, à l'épixiiie de 
notre conimentaleur. Mais celle-ci [)eut être délcrmint'-c avec plus 
de pi'écision encore si l'on fait entrer en considciation les auteurs 
cités dans notre Commentaire. Ce sont- : 

Saadf/a : Sur xii, iO : b^ lia "d 'IwS rr^iyo nm ...û'';7:i<:b... noo "i"'DW 
D"'nai7Drt ùri-o (i. û-^fcNsb 'D^:7zn':b "i7:d rrrî-'-i -^yi'.p b-c i^îr -nr-' a-'rjNS 
Dn: tox:"»! '72D. Celle citation ne se retrouve nulle part ailleurs au 
nom de Saad.\a e! ne (^encorde pas non |)his avt>c sa glose sui" ce 
verset''. On voit donc se reprodnirc ici le l'ail (pii' nous reiicon- 

1. Li' tiMilui-lriir anglais a tiailiiil : •• a Mahiiiurdiiii |i,ii>l » ! 

2. UtH' ri'vuc exacte de ces auteurs et îles iMjipoils i\w nutii' Ciirniiinilaiic sou- 
tient avec eux est «raiitant jilus mcessaiie ipic rr<liti'ui- a utiiis ilimliiiurr les iit'é- 
rences. Mt^tne la liste «les auteurs cités qui se tniuve daus la pn'l'ace, et (jui l'sl l"Ut 
hoiiiieineiit prise a Si-liillrr-Sziiiessy. se rapporte à la pairiuation <lu mauusi-ril et n'est 
pas entièrement exacte. 

3. Celle-ci est ainsi conçue (éd. Baclier. p. 41) : iTa-^ibs* NPI^sb^ nn D"':73î<ï 



56 REVUE DES ÉTl'IiES .lUIVES 

trous encore ailleurs dans les mivrat;es exéyrli(iiies du Noi'd de la 
France, nienlionnant, au nom de Saadya, des explications qui 
ne se trouvent pas chez le Gaon ', el c'est particulièi-ement le cas 
pour Jol) dans le manuscrit de Munich (n" o) hien connu-. 11 
semble donc qu'il circulait dans la France septentrionale de ces 
explications sur le compte de Saadya, à moins quil ne s'agisse là, 
en fin de compte, d'un autre Saadya-'. 

Hat : Sur iv, 15, où notre Commentaire a besoin d'être complété 
d'après Ibn Ezra, ad loc, qui a servi ici de source, comme suit : 
yxyi "Tû^iy^ atoinu) "^cb n-iToo» mr^ro -i»on '■'d [b"T ■•î^r!] 'a-n '*. 

Menahem h. Sarouk est cité deux l'ois : sur xvi, 13 (pour TibbiyT) 
et sur XXX, 17 (pour ip-nyï). Mais comme les deux passages sont 
mentionnés, ainsi que nous le verrons plus loin, en même temps 
que les « Décisions » {Hakliraot) de Jacob Tarn, il est possible que 
celui-ci ait servi de source à notre commentateur. Il pourrait en 
être de même d'autres explications de Menahem qui sont données 
sans nom d"auteur. Tel est le rapprochement de n-^T» (xii, 21) 
avec nr (Ex., xxxix, 21)^; ou l'explication de ûrri (xxiv, 20) par 
« pitié », qui peut être prise au Se fer ha-Galoui/ de Joseph Kimhi 
(p. 23); enfin et surtout le rejet de l'interprétation de ■'2N (xxxiv, 
36) par « ma volonté >> (•o^ pn-» Nbi nnt^ rr\VjXi ■^îiiïn n""" "«nN), où la 
source est probablement Ibn Ezra, qui la cite également au nom 
de N"ii '^. ' 

D'^373Nj T^W^TD "IZ nsbbx ûby "^2. L'oxiillcation (le Q'^SWW comme équivalant à 
D"^)3N3 se trouve chez Joseiili Kinilii, ad loc. lOlDN mpn, p. 156] : "jiobw D'^SWND 
'im nsoin nSTiriNm 'Q'y:: 'rrjy:^^'^'n pîm DIND : mais il la donne en sou 
proiire nom. 

1. C'est ainsi, p. ex., que dans les gloses du Glossaire liébreu-français édité par 
MM. Lambert et Brandin, le passage d'Isaïe, xxviir, 26, est (ainsi que M. Lambert me 
rapprend par lettre) expliqué au nom de Saadya par des termes français correspon- 
dants, alors qu'ici encore cette explication ne concorde jjas avec celle du Gaon. — Pour- 
tant la citation de Saadya qui se trouve dans un manuscrit de Tossafot sur le Penta- 
teuque (en la possession de M. Elkan Adier, et' Mnnafssc/irif't, XLV, 372, n» 44) peut 
être autlienticpio. 

2. V. Geiger, l'avschondatha. jiartie liéliraKiiic, pp. 1 et suiv. 

3. .\pto\vitzer [Revue, LI, S2) suppose (jue le Saadya Gaon que rite aussi Ir Com- 
mentaire tossalislique du l'eut iteu'pie attribué à .\srlier li. Yeliiel pourrait être Saadya 
b. Josepli Beelior-Srlior, l((pu'l aurait élé ciuifoiidii avec le Gann parce (pie le iioéme 

bien ruunu sur le iiomluv des i.'tlirs ih- l,i lîililr a itc mis sur I mpte tantôt de 

celui-ci, tantôt de celui la l,a CMiijri-|iiic c>| IVii^ilc Ce pucmc. en eti'et. jiaraît être 
ellenllvement l'd'uvie de Saadva (iaoïi. et. par cmilre. rcxisteiiee de Saadya b. .lusepli 
Beelior Sclior est plus .pie douleu»e ; cf. liaiher, .Irir. Iùiri/cl<i/).. II. l'.4!)/>. et ninn 
Schech/er's Suaih/aïui. p Kl, n, 2. 

4. Il tant, d'après cela, cniideie ,•! cniri-er aus>i la Iraducli.ui .iii.lais ■ de llirscli. 
o. Ile mènu' elle/, .lacdb Tani : \.p|i plus loin. p. (1.!. 

0. ISasclii et .luseph Kara. ad /,„■. M.,n,,lssrl,ri/I , IS.'h. p KVI , doiuM'ul aussi relie 



UN COMMENTAIRE SLH JOli DE L\ FRANGE SEPTENTRIONALE 57 

Dounasch b. Lnbral est rite dahord aux: deux iiuMiios passages 
que Menahem fpeut-èlre donc aussi d'après Jacob Tarn), et en 
outre sur x.vxvi, 19 : 'i3T nbsn inob ^•sy:^^ "^nyn yrjz '■'s uî^m '. Mais 
cette dernière explication ne se trouve pas chez Dounasch. ni dans 
son ouvrage contre Menahem, ni dans celui qu'il a écrit contre 
Saadya. Il se peut donc que notre conimenlateur ail connu les 
œuvres de Doiuiasch sous une forme plus complète-, ou — ce qui 
est plus vraisemblable — qu'il ait puisé ses opinions à une source 
indirecte, de sorte qu'elles ne seraient pas authentiques. La seconde 
hypothèse pourrait s'appliquer à quelques autres explications de 
Dounasch citées sans nom d'auteur, par exemple à celle de mtîbn 
(vi, 61 par « jaune d'œuf » (liTo'în) ■* et à celle de irirh'z. (xwi. 7) : 
PHN nbtt N"n[i] mba 'iuto nr::"'» hy n""«t; v. Raschi, ad locum. 

Haijyoudj est cité trois fois, mais deux de ces citations ne 
peuvent pas être identifiées et paraissent reposer sur une erreur. 
Telle est, d'abord, celle de iv, 10 : ^y^}': i?33 irrj: y'T'nr; b^n 'int 
N7:s:3 pi ']3 n-'sw "«rsn p Ninc ini:^ Cwsn 1722 piD2 S|id -nnrn •:J;^:^ 
Dr-iiaa nnci i::: ~ri-c:^ qui ne se trouve pas chez Hayyoudj. mais 
chez Ibn Parhon, s. v.r^yzy cf. aussi s. v. bin, ; il est donc probable 
qu'au lieu de avm b^a il faut lire lin-isn bya, qui est ainsi nommé 
dans d'autres passages encore {v. Infra]. Le cas est le même pour 
la seconde citation, sur vi, 7 : nb» (1. 'iq 'y '^^ jvm) "iTy piîT '"«s srm 
131 muîbn "irjb roirr^ lysri i»d Tisab; elle se lit seulement dans Ibn 
Ezra au nom de n"""i73ni< a'^i. Entin, la troisième citation, sur xxxii, 
17, est la suivante : yr^n ps ■'D .ns^x nb7:3 •p^'^•Çl'\r^ ^izon ipbn3 .rx:y^ 
'3 Nir:*:: (Ex., ni, 17; a"«-i3:7û ■':y« csn» nbyx pi nirn 'd Nin*:; 'in 
(Job, XVI, 6) "«îTs n?3 rtbnnitn 'ns n:yN 's >*in':; -ix n:3 pxi n'^rn 
n'5insi '3 Ninc Ces mots signifient sans doute que la forme nir^ 
doit être considérée, d'après Hayyoudj, comme un Iiif'U. et. d'après 
Abouhvalîd, comme un kal la vocalisation des mots a été ajoutée 
par moi\ et c'est, en effet, le cas, v. Hayyoudj (éd. Jastrow, p. 1i)6), 
Moaskilliak p. I():2) et KUdb (il-Otiçoiil, s. v. rv:y. Seulement le 
Moustalhak, au lieu de l'exemple tiré d'Ex., m, 17, donne celui de 
Jérém., xlvi. S, et il est intéressant d'établir (jue notre commen- 
tateur s'est servi de cet ouvrage peu connu d'Aboulualîd, mais il 
va sans dire que c'est à travers la traduction hébra'ïque d'Obadya '. 

oxpliralioii, mais le |iii'iiiifr citr furmilliMicnt MrnalhTii ri |r > I la |iir>riil(; en 

son [tri)|ir<< iinni. 

1. Il faut pnilialilciiiciit Mit : -r" "j;"'^"" "b "i~:"X "IZ "T"""'.": '^3 C^'m. 

2 Voir in.i r'i;iii.'ii'i|iii- daii-; .1. ij.lt.. VIN. il.'!. 

3. Voir plus iniii, p. (i4, n. 1 . 

4. Oi', iimIii' (MmiiKiil.ilfiii ap;iaili'ii.iiil. rniniiir iinii; le ij.r (iTi-.iii^ plu- juin, au 



58 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Ahouliralîd Ibn Djandh n'est cilé nommémont que dans le 
passage sur x.wii, 17, qui vient d'être reproduit, mais crst sans 
doute lui (jui est désigné comme le « premier grammairien », sur 

'i3T Q-'W^rr ■^'lana ; cf. Ihn Djanàli, Mousta/hak, p. HX, et Diction- 
naire, s.v. rrin^ 

il/o/.se Ibn Chiquililla est cité d'une façon anonyme, sur xvii, il, 
comme « grand grammairien » : nj'i pn ûrr'uîmw tn \û ■^anb -^uî-ito 
'i3T bTra pTpn». C'est par Ibn Ezra [ad lociim), qui a servi ici de 
source, que nous connaissons le nom de l'auteur de cette expli- 
calion ^. 

Isaac Ibn Gayyat est ainsi mentionné, sur xiv, 16 : 'y 'n 'nt. . . 
DTxn 2i:û "j^^ T'? p-i n'573 [n]-ion inm hy^ -^n^rin 'dj' p-i -nTO'^n n'^t 
mN"»:» I^N >n ':pi îinai b^î^-'W, et, en effet, voici comment Ibn Gayyat 
traduit le verset de l'Ecclésiaste, 11, 24 : oN^bx -«d "i'^-'Dt *vyo «b bip*" 
Y^N 3-i"i;"'T briN"' 172 NbK (Ibn Ezra, ad locuni, donne cette explica- 
tion en son propre nom). Ce passage est intéressant en ce sens que 
nous possédons encore différentes autres citations d'Ibn Gayyat 
sur l'Ecclésiaste, mais non la nôtre ^ ; il faut donc que notre com- 

xii" sièrle, ce passasre nous fournirait la plus ancienne citation de la traductiim iTOha- 
(Jya et ne manquerait pas de valeur pour la fixation de l'époque de son auteur. La plus 
ancienne citation, après la nôtre, de cette traduction ne se trouve pas, que nous sa- 
chions, avant le xiii' siècle ; c'est celle du glossateiir du Se fer Zikkuron de Joseph 
Kimhi, lequel, d'après Bâcher (t. sa préface, pp. viii et suiv.), est Moise ha-Nakdan. 
Comparer ses gloses : p. 45, note 2 avec Moustalliak, p. 27 ; p. 48, note 1 avec Moust., 
p. 41 ; ibid., note 3 avec Mous/., p. 28 ; p. 55, mite 2 avec Mouxl., p. 53 ; p. 61, note 6 
avec .Vo?/ .<?/., p. 144, et p. 62, note 7 avec Motist., p. 143. Ensuite seulement vient Ëfodi, 
qui tenait par erreur la traduction hél)raique ])0ur l'original l\. Derenbourç, Opiis- 
çules, p. cx.xiii, et Hacher, préface du S. ha-Schnraschiin d'AI)oulwalid, p. xxxi). 
Les autres écrivains du xii' siècle qui citent le Mousiulhak l'ont utilisé sans doute 
dans l'original arabe, comme Joseph Kimhi (comp., ]tar ex., S. ha-Galov;/, \i. 72, l. 19 
avec ilioHS^, p. 178; S. Zikkaron, p. 8, 1. 4 avec Monsf., p. 240; ibicl., p. 42, 1. 21 
avec MousL, p. 53) et sou élèse Menahem h. Simon de Posquières (v. son Commen- 
taire manuscrit sur Jérémie, vi, 8 : -1DD3 rfby "iDlb HÎT' '") '^■^"iSn D3 
r{3T25rîriV il y a doute pour ([uelques auteiiis des xiir et xiv<^ siècles, comme Isaac 
b. Elazar Hallèvi. qui appelle le Mousf. Ti'i'OTi'ri "iSO (v. Monalsschriff., XLI, 252), 
le gramiiiaiiien aiionyme (David de Grèce ?i que j'ai édité et (son fils?) Joseph b. 
David rie Grèce, (|ui l'intitule a"^UJ7c;i "1DD (v- ibid.), et Benjamin b. Juda de Rome 
(3"NT), «pii lui doiiiu' le titre de PDDirn "IDO (v. Israël. Le/lerbode, IV, 6). 

1. C'est à tnrt que Siliillcr-Sziiiessy {Ciilalof/iie, p. iO) affirme ipi'il s'agit là de 
Hayymidj. Ibn K/.ra i'[ Juscpli Kimhi, ad loc, ainsi que David Kimhi dans son Dii- 
linnnaire, s. v. n~\rt, donnent l'explication d'.Vboulwaliil en leur pro|)re nom, et 
M Barber (T/imlo;/. IJIerd/in'zeil lutf/. l. l'.'i suppose que c'esl David Kimhi (|ui est 
désigné ici jiir "(TilJN"" plpl73rî, ce (|ui est invraiscmbl.ibie. • 

2. Cf. mou .Viisc ibn ('bi,^itilill(u\)\\. 117, 182. 

3. V. .\. l,iv\y, Libri Kohelet versio arabica quatn contposuit Ibit Ohijdlh, pp. 10 
et suiv. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE LA FRANCE SEPTENTRIONALE 59 

mciitateiir ait ou à sa disposilion (luelque source inconinio pour 
nous. Signalons, à ce propos, ce que notre commentaire dit sur 
XXVIII, 24-;2r) : dans ces deux versets il sagit des (juatre éléments, 
qui sont conjointement mentionnés ailleurs encore dans la Bible, 
par exemple au commenccmiuil de Koliélet : p by iU5î<"a nbnpa. . . 
m-irt ■'D r:xD mn irr'.Nc 'ixt m-i- Y-""" ^^"i^ ^^''^ ^'^ «-lîTon nvc 
'iDT û':j 'T'DTn'yD n3>3ii< ibx i"'"^35>b ÛT25 -1DT3. L'àiiteur de celte explication 
(((u'II)n Ezra, sur Eccl., i, H, cite au nom de n"*^! |)Ourrait ètn; Ihn 
Gayyat, qui traduit ainsi : Nmma --«nN: "td r::prD. 

Mo'isc Iia-I)arsrh(ui est cité sur xxxvi, I, [)robal)lement d"a[)jès 
Hasclii ou Joseph Kara, ad loc. 

Iiasr/)i n'est mentionin'' nommément qu'une seule fois, sur wii, 
<S : CSD i<T,n3 n-i-'rra ■'sbi y-imn ■o~\t\ biio, ir^-riO [■'sb u)"-idd ^■jn^ û:>t . . . 
'13T nn 3^n. En outre, il est cité deux fois sous le titre de bmam 122-1 
sur xxxiv, "2'^ ('iDT bn:.n nra-i ra-^y: by '-id 'nswn mm. . .) et Hl (bsT. . . 
bni:in irai '"'so 1703 n:2'iirî). C'est là un (jualiticatif qu'emploie éga- 
lement filiézer de Beaugency ', avec le()uel, comme nous le ver- 
rons plus loin, notre commentateur a beaucoup de points de con- 
tact. — Mais si Baschi est mentionné si rarement, il n'en est pas 
moins une des sources principales de notre commentaire, et 
d'abord beaucoup de ses explications sont l'eproduites sans nom 
dauteur. Exemples : xxiv, 9 : dn Iii2:b73 inimr; '-^i ...ibian"» •'3^ by\ 
bann ban; \xvn, 19 : 'idi minpb qoi*"' «bi n-iTa-' 3D":j"' '■'D {«""'t; xxx, 
19 : 'im ncNn by na'^b -^^n^obi ■'imn nTn l^nu:n «"■' nTonb ■'D-nn; xxxi, 
IS : 'i3i nm:: mTû ni^îb rrju:n 'orn '■'t n:n;i< ■>»« paTji. C'est peut être 
aussi Raschi qui est visé ibi(1.;A'i> : -13 'j-'b'» «byina 'csn m'y i-^pan» ^o-^i 
•^D bD irbr n^n::-):":: rs-vU: n? 3i\s 'r:) TT«a3?3 ir-' ro aT^N ■'inj' -nttN^ 
rîT "narn "jc^b b^is «bi -is i-'b-' sb ynnnu: -. De même, beaucoup de raj)- 
procbcments avec le Talmud et W Targoum paraissent empruntés 
à Rasclii.Tels sont : celui de -i-i;nr;b (11, 8) avec rHiby ^'^myr^^ ina 
[Hosch Haschana, 27 b) •' ; de nsa (xtii, 27) avec 3Ti-' rr'Snoa xîid 
iPesahhn, 28 a) '' ; de nwiwn (xvi, itî avec Ti-^y^ '"^sa' iiwns Mischna 

1. V. iii.'i pri'l'aci' (lu CoiDinentdire ^/OncV ji.ir Klii7.or (Bi'iilvr/.cw . l'.IU2), ji. 11. 

2. Cf. If (-oraniciitairc ije Rasrlii sur- tmis ri-s versets Dans ros exein|.ili;s je n'ai in- 
«li<|ilé que les passiiires ilitiit ri'\|ilienii<in .ihuuynie provient san> auenn i!(jute île 
Uaselii : ni;iis il y a eiiccnc Imile iiiir tnule ir.iiilic. e\|plic,iliiins aiieiivines m'i i''e>l 
sans ilonte lîaselii ipii est \i-e i-unime en el,i:it l'aiileiii-: vnlr m, n. 10: vi. ti, -11: xii, 
lo ; XVIII. i:{ : M\. •'!. "iii : wii, J'I : wii, li : xwi, 7 : xxviii. I : xwiv, .'!7. 

'■i. La inéinc rcin(]iai'aisnn se tro'.ive aussi eliez .Mxmlwalid, s. /'. T~i;«, et cIipz Jiisi'|>li 
Kara, iid Inr. M'HHi/ssr/iri/'f . IS'iO. 22 >' : celui fi. toiil eoninn' lîasclii et noire com- 
nn-iitati'Ui'. desiL^ne n~i5 coinnie eliiit r;3w^ pw?. 

i. Voiei tout le i.issaze : Dmcx" 13 ::^i2^'::')2':j r2Dr;7jT p^;1:^ p'^b .-ion 

a"P"" rr'Xlv^ n:to '■'7:zn '"«i^rm. 11 > >i |.lu> i-ontoime dans les termes a Hasclii 



60 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

H oui lin, III. 3) ' ; de r3*a» (xxi, 24) aver nnri rr^nn ^rû^y [Menahot, 
86fl)2; de ■'snn (xxix, 4- avec •'bENi •'ï-nn [Ahoda zara, ~r6a]\ de 
mb73 (xxx, 4) avec l'-mbw ib^n [Kiddous.ch'm, 66 a). Comme rappro- 
chements avecle Targoum inspirés de Rasciii, on peut citer d'abord 
la dérivation de ns'^Wûoi (xviii, 3), rattaclié au liïn»:: du Targoum 
(Gen., XXVI, lo) et signifiant par conséquent « être bouché, caché » : 
puis celle de û"^d"«d (xxx, 6), comparé au même mot targoumique 
qui a le sens de « pierres ». Bien plus intéressant est le passage 
suivant, sur xxxvi, 2 : ^Tystr, ijs'îj "^b bmn ma"in b^n. ']"inNi -yT "«b -ipd 
'iDi, c'est-à-dire : tous ces mots sont à expliquer d'après la langue 
du Targoum, etc. ; v. Raschi, ad hc : 'idi ûinn 'b nbiD ^. 

Mais beaucoup d'autres explications de notre Commentaire qui 
ne sont pas désignées comme appartenant à autrui sont tirées de 
Raschi, quelquefois même tout à fait mot pour mot. Ainsi "^ith 
))z^n fix, 9) signifie les vents qui sont cachés de ce côté, avec réfé- 
rence à Job, xxxvii, 9; de même l'explication de 1iî<b7:n'> (xvi, lOi 
par '< se rassembler », tout comme ^hiz dans Jér., xii, 6, et Is., 
XXXI, 4'' ; celle de xxui, 12 6, qui concorde presque textuellement 
avec Raschi : vs ■'-itdn licitb r-iT -rr^-'r! "^Dn^i ^-pni: nnr. . . ; linter- 
prétalion de Ti:?: fxxiv, 9) dans le sens de « source de nourriture », 
de même que dans Is., l\, 16, etc., etc. ■'. 

Joseph Kara, le contemporain de Raschi, mais plus jeune que 
lui, n'est cité nommément que deux fois : sur xii, 21 : «np s^dt» 'm 
D-b rrip"' "2 -iKcnwT riNinn 3ti?3 a^D r^^rcz ""tz a"'2-'n: bx tt3 ^dt:: '■'d 
'^'2^ na (v. son Commentaii-e, ad loc, Monals;srhnft, 1836, 3ol). et 
sur XXVIII, 18 : n-i::3 ...ripim ^'iia û"'d^:d7: rtwsn y£>1:^ '•'t^ î^np o-,"» '-n 
'•'su; n^j-^'ûb pi3i ïT'n un inc iv. /6/V/., 1857, 352). Mais, de plus, Kara 

(sauf (|ue celui-ri dit : "'^a-iN "IlOb) qu'à Kara, ail loc. (ibid.. -471). qui dit : D^m 

'iDi D"'3D5n ib;-i "la iiDmîi mp;T bins yy aT"» rr^î-îDa nno ircîb.noa. 

1. De môme Kara, ad loc. {ib., 1837, 71). 

2. La source proprement dite est Miscliiia Menuliol. viii, i, et c'est pouriiuoi Raselii, 
Kara [ib., 188) et notre commentaire disent r!;"i;?2 "jicbai : mais les mots rT'aa 
Tars ne se tronvent que dans le Babli. 

3. De même Kara. ad loc. ib., ISoS, -iotî; : Ni^î ■*73nN licb iblD.— Lv traduelfur 
anglais n'aurait eu qu'à jeter les veux surllasrlii ou Kara pour ronqirendre ce passaf:e 
et n'avoir pas k proposer des corrections inutiles v. sa ti'adnetion. p. ù'M. l't les notes 
du texte, ]>. 130;. 

4. v. aussi Kara, ad loc. iih.. \^'M. 711. Oans notre l'omnicntain' les mots n'':JZ 
"'by Jibynb ...D'^y'n (p. 4!'. I. 3 doivent rire transposis a la lii:ne préeédente 
après Nb73 '^■"-nN IXip (rtxtification drjà laite dans la ti-aduction aniîlaise'i. 

"i. Cf. encore les explications sur i. 22 : v.S^/. -21 . J(i ; vi. 'i. 20 ^/ : i\. 23^/, 27 b : x, 
l-'i /> ; \i. .'i, 12: XV. 12 : xvi, \:\ a : \\\\. \[ a: xviii. 12 : xix, 3 : xxi. 23 </ : x\ii. I V /; : 
xxin, 17: xxiv. .i. (i, 22 <» ; xxx, l!l(/: xxxi, 22: xwni, li et xxxiv, lii. tous passaires 
qui <léjMiident |ilns ou moins île R.iselii. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE L.\ FRANCE SEPTENTRIONALE 61 

est une des sources principales de notre commentateur et son in- 
lluence est encore plus sensilile que celle de Raschi. Seulement, 
comme Kara utilise trùs IVéquemment i>aschi et le copie même 
souvent textuellement, il est parfois difticlle de ilistinguer la source 
véritable ; aussi ne tiendrons-nous compte que des passages qui 
proviennent sûrement de Kara. C'est le cas, parmi les explications 
citées sans nom d'auteur, pour celle de xxi, 4 : rin» ."'Drsn 'mo d 

'"131 abn nrn ann "i^.sc û^s ■';nb Nbi< ■•n-'O '|"'S (cf. Kara, ad loc, ib., 
1<S7), et pour celle de xxxvi, 4 : a-^rn 'pn riNipo nXjTD ""o 't» Ta'^i 
'i3T [yzy ""iN^ rîTn -imn *|tty -^s» rjT» myi (cf. iô., 1858, 2o7) '. Pour 
les comparaisons avec le Talmud, il faut rendre à Kara le rappro- 
chement de ^7Zir3 I XIII, 4) avec ïnmnb nrnn pbsia {Haf/uiga, 8 «), 
l'explication de bbx (même verset) par : une veine du cou des bes- 
tiaux^, et le rappi'ochement de •''rba (xvi, 15) avec nnba by m-^ttyri 
{Tinsch Haschana, "21 b). Mais voici une explication, plus intéres- 
sante, d'après l'Agada : c'est sur xxvii, ^ : ma^n pT N^n ns'iac .bx ""n 
l'^M*:: [\. 'pn 'pn pj* -.^y na-wNTo 2i\s J. i-',i::s p: -iUd p "jiyTjO '-i ïjm 
'iDi "]b7:n PN (1. amx) nm:' [p ûk] Nbi< "^b-cn ■'•^ra raiDS m». Or, c'est 
là une opinion tannaïtique connue, rapportée, dans j. Sota, v, 7 
(fol. :20 c, 1. ^9;, par R. Juda, et dans la Tosefta, vi, I (et de là dans 
le Val haut de Job, ad loc.., par R. Josué au nom de Bar Patouri, et 
Kara {Monatsschrifl, 1857, !273) est le seul, avec notre commen- 
taire, à lire : ""-niiD p yyyr^'O 'i cm p"^?:T^. — De même, la citation 
de la Massora qui doit contirmer l'explication de bin (xxix, 18) par 
« phénix », pourrait provenir de Kara '. 

Entre autres explications de notre commentaire concordant 
presque mot pour mol avec Kara, citons : vu, 9, la tournure : ""Bbi 
^•^r\izT\ n-iTiTia -isr) Nb :jï:Dn (cf. Kara, ibid., 1850, "275) ^ ; x, 1, rvù'^': 

1. D';iiitris explications anonymes concorilaùt avec K;ira se trouvent sur m, 10 : xii, 
lo : XVIII, 13 : XX, 23 ; xxv, 2, 3 ; xxix, 25 ; xxxiii, 28 et xxxiv, 3G. 

2. T'NT b-^bN iTTC-w 1. iNii:^) -nNsrn T^a c -«d '^-n2•^ i-i7:wS .bb» "xoi-i 

"\'Z^ 1ND"lb a'^mrnTJ CPNI r:N:D"l ib (v. IloulUn, 121 «). Cette exiilication se 
trouve aussi eliez llasclii, mais seul Kaia aies trois ileruiers mots et pourrait donc 
avuir servi de source. 

3. Il est vrai que cette leçon contredit l'indication de la Tosefta de Sota^ v, 13, où le 
prénom de Ben l'atouri est Juda (voir Haclier, Af/uda der Tannailen, 1, 61 (2* édit.). 
Samut-1 b. Nissiin,dans le a"<;5 '\''y')Z, "<^ loc. lit: Josué b. Lévi ! Geiger {l'arsclian- 
datlia, p. 2.Ï") et Ei)steiii "ipinrî. I, 31) n'ont pas reconnu ce Tannaïte, de sorte qu'ils 
parlent duii mUD p p773"C parmi les auteuis que cite Kara. L'éditeur et le tiaduc- 
teur de notre Commeiituire ne l'ont pas reconnu davantaj,'e ; aussi ont-ils corrigé "lUD 
en -ino. 

4. Rasclii expli(iue éiralemenl 3in par « plionix », mais ne cite p.is la .Massora. 

5. Joseph Kimhi emploie une touruurc analogue, mais c'est sur xiv, 12. 



62 REVUE DKS ÉTUDES JUIVES 

signUie : éprouver du dégoût, comme ûnrjipsT dans Ézéch., xx, 43 
(Kara, ibid., 345); xv, 13, la Lraducliou de "^m^ par la glose fran- 
çaise assVj \r^ (Kara, ib., 474; ; xvii, 1, mon esprit est déjà lié de 
mon vivant, parce qu'à cause de la maladie, ma i)ourlie laisse 
s'exhaler de mauvaises odeurs (Kara, ib., 1837, 71); xvin, 14, par 
^^L:2n on entend la femme, d'après Prov.. xxxi, Il (Kara, ib., 
183) ^ ; XX, iO, le daguescli de liV est le signe du 2: qui manque, 
de sorte que le mot signifie, comme litST^, « dépouiller » (Kara, 
ib., 183) ; xxix, 24, est traduit comme suit : Si quelqu'un, par 
exemple, passe pour beau auprès du peuple et qu'ensuite vient un 
autre qui est plus beau, celui-ci éclipse la beauté du premier, 
tandis que pour moi, dit Job, personne n'a pu éclipser l'éclat de 
mon visage (Kara, ib., 333), etc., etc. -. 

Samuel b. Méir est cité quatre fois sous le nom de b^nttia is-^a-i. 
Tout d'abord au commencement, où il est qualifié de « grand sa- 
vant » et de « Gaon de la génération •) : nm- 1"iN:in bns ûsn .ïi"'N 
'^^2)^ bmiT t:j la-^i^ b"i:T b^iTato '-«n-i Niri ir^-^zizri bD D"'u;i<r! '^ ; puis sur 
IV, 13: ciDr an'snn pi.... ■'ion nx mn- n"T^wi73on 'toc '-"a-i r:?n \>y^... 
''^•Q'2 Nbiyb:? nnbitn ' ; puis sur v, (5 : 'O'T'd p 'iurco 'ai >n b^T. . . 
(I. n-rî)^^! Nb •'■D pN nî:3>7a n::-^ Nb -^d ib'?po nb'^pn \f2 inr... (i. r::Ti''s) 
'1DT bwi25 1i!!< ims -iD3>a TNirb "^IN") ^ Enfin, dans xix, 26, on lit, entre 
l'explication des deux moitiés du verset, les mots bè<i»o ira-i, sans 
qu'on sache à quelle moitié ils se rapportent. 

Ces quelques citations sont intéressantes en ce qu'elles fournis- 
sent de nouveaux fragments du commentaire de Job par Samuel b. 
Méir, qui a existé autrefois et dont nous avons, d'ailleurs, conservé 
d'autres échantillons ^. En outre, il est plus que probable que notre 
commentaire a recueilli bien d'autres explications de Samuel b. 
Méir sans le nommer, mais nous n'avons, pour le moment, aucun 
moyen de les retrouver. Cependant, je signalerai encore les deux 
passages suivants. Sur xi, 17, nous lisons : nois^n '7:2 noi^'n nb^i... 



1. Raschi explique le mot delà mùnic fai.oii, mais sans en rapiiroclier le verset des 
Proverbes. 

2. Cf. encore sur v, 2(; b ; vi, 2 ; x, ij, 22 ; x£, 1" ; xii, 5 ; xiii, 10 : xv. 7 ; xvi, III ; 
iix, 2, 6 ; XXI, 3 ; xxviii, If. : xxxi, 1-:?, 20, 22 ; xxxiv, 16. 

3. Il faut évidemment lir.' : Û'^ONH b"^T bsi?:',:: '"i3n Nin 'H •^ '3 ODn •''w"'N 
'^'2^ '^ 'O Cî* [ITUT'DC] 'n 'd. et c'est, d'ailleurs, dans ce sens (lu'esl conrui' la 
tradurtjiin .MiLilaise. 

4. Cf. Haselii. On nr jieut diie |si la citation du Tarij-iium est é!.Mleiui'ut empruntée 
à Samuel h. Méir. 

ï>. Ceei rappelle le passage talmudique (Aboda Zara, 54 i) : bC3 riND bU'J "'"in 

6. v. ilnsin, l{. Samuel b. Meir ah Schriflerklàrer, pp. 14 et suiv. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE L\ FR\NCE SEPTENTRIONALE 63 

Nb nï5ND qiyri nnuT: m-'rtb l'zr^ ahi n73ipn (i. nsiVn) n^ibn bpcD 
mpn 173 ,1. r^anprii 'W"pn "i7:i<n. Of, nous savons par Joseph Kara, «</ 
/or., qne collo objoclion a ôté l'aito par Samuel b Méir à Menaliem 
b. Hell)o ' ; mais, comme l'accord avec Kara nest pas complet 
clans les termes, il se peut que notre commentaire ait puisé di- 
roclemenl k la source première, c'est-à-dire à Samuel b. Méir. 
D'autre part, on lit dans xx, 10 : init-i inob» n""«i D-'bT ...nit-i"» V33 
'iDT 'ys'D'DT QibTao bï^ïi 172 Q-^bniTi 03» no-'-'on-^ïj . On voit pai- les der- 
niers mots que par i<""< il faut entendre un autre qu'Ibn l^zra. et 
c'est probablement Samuel b. Méir, dont l'explication sur ce verset 
nous a été conservée par Abraham b. Azriel - : ba) vsd û"a«5-)DT. . . 

Jacob b. Méir, frère cadet de Samuel, plus connu sous le nom 
de Rabbénou Tam, est également mentionné plusieurs fois et ap- 
pelé apy* '■'31. C'est d'abord le cas pour deux passages où sont 
citées ses « Décisions » entre Menahem et Dounasch, non sous le 
titre de nij^isn, mais sous celui de n-an»^. La première citation se 
trouve sur xxx, 17 : npy^ 'n 'nt . . .vn ■«»"' nn ^^•p-\'\y^ "'^ '•'d anîtîT. . . 
'">£ p -"D 'NI ...D"'T'5 nn ■'pmyi "ipd -i-cin ujsni by nan -i\ux in-iarwn 
'131 i cf. Menahem, S. w. p^y ; //rtM/'ao/, p. 80, et 5'. ha-G/t/ont/, 
p. 51). Dans l'autre passage, au contraire, on lit simplement (sur 
XVI, 15) : tîN nab iipa \mb-«-: pni «b ba» ■^n^ab-'s "«nbbvT 'pd laam... 
Tr'Z'\-!2 iby '50 \D3m ^by Qy (i. in3"«n Dn;7:i) '-«d Dm72i qiar: bsa n"': 
*by TT^Dn p-vU "^s '^DT -iPD mu "':d apy' '2-1 -i7:nt •D'^biDDn )t2 Nirr:: 
'nsi p»a ■^n^^D'^D m^n bs by -^nba (cf. Hakhraol, p. 83, et S. ha-Ga- 
louy, l. c.)K Mais les Hakhraot paraissent avoir été utilisées en 
d'autres endroits encore par notre commentaire. Tel est avant tout 
celui qui contient la discussion sur ^173 (xu, '21) : nr\^ nsm. . . 
nr bN ûmN D"'nan73rt ^y•c^ rrm bpuja mm apy Tîb« rv'or: bpca 
'iDT rhy mv uanm nm iu:-itoi to-i «b '^pon Nin -^d lann. Elle est 
dii'igée contre Menahem f*-. v. m) ; seulement, la source pourrait 
n'avoir été ni lui, ni Dounasch (pp. 60, 70), mais bien Jacob Tam, 
qui seul invoque en même temps la forme n"'T73 et la compare avec 
ma» {Hakhraot, p. 70; cf. S. ha-Galoui/, pp. 37, 40). On peut y 

1. V. mou Meniihem bar llelbu, \k 48. 

2. Publi.' ]iar Parles (Monatsschrift, 1817, 371) .t Kautiiiaiiii [Mayiizin, 1886, 150). 

3. Il rii est (le même dans une i:li)se ajoutée au Commentaire d'Osée pai- Eliézei' de 
Beaugenoy isur viii, 6; dans mon édition, j». 25, n.l). 

4. On peut remarquer que môme les explirations de Dounasch et de Menahem sont 
entièrement reproduites dans les termes où les cite Jacob Tam, ce qui m'a fait conjec- 
turer plus haut que, dune façon jîénérale, notre commentaire n'a connu les opinions 
de ces deux (grammairiens esi»a^'nols que jiar les citations qu'en font des auteurs 
postérieurs, notamment Jacob Tam. 



64 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

joindro l'oxplication de mwbn (vi, 0) par « songe » {Hakhraot, p. 01 ; 
cf. S. ha-Galoujj, p. 37, n^ 84, et la glose de Benjaniin sur ce pas- 
sage) \ celle de nip (xxix, 7) par « ville » (v. Hakhraot, p. 13), 
enfin le rapprochement de ■'rjwpm (xvi, 8^ avec l'expression talmu- 
dique t^'ûiypn niJUîsnD [Baba Batra, l!20«; v. Hakhraot, p. 91, qui 
dit nsoTon li^b, tandis que notre conimenlaire emploie le terme 

En outre de tous ces passages parallèles aux Hakhraot, notre 
commentaire cite encore les interprétations suivantes au nom de 
Jacob Tam : sur i, 21 : "^b n^j-^ina ^bi 'py* 'n-i '-^d •^n-«N-n (rexplication 
elle-même n'est pas donnée) ; sur v, 2-4 : ûran '3 mpsT '■'D Dpyi 'm 
bDmi: (i- inN) -inx nonn xbo «ann nVuj ûbo lîNiCwn "in-^n npsn^aD "«npD 
'iDT rn-» (cf. Raschi et Joseph Kara, ad loc.)\ sur xiv, 19 : vy^i \ly^... 
mpn Dnb i^NO ûr: ipno û-'j3N nONDi boi; -in tcns b";iT apy '■'m 
m3t<n u5i;n mpn p iiy ; sur xix, 20 : ub»: ...pa-iD ûi:yn "«-lïînai ■'-ns'a 
b"i:T 3py< is-'m "•fflTT'E» "mra nn ...ini pan: iD-'îti :ira rtT, et sur 
xxu, 2 : . . . miarb nb ©-^ riTo 'prtb nwbb b^ru: -as u:"«rî . . .".aa pO"' b^bn 
apy^ 'ai '"iDa TNit^o. De tous ces passages, notamment du der- 
nier, on pourrait conclure que Jacob ïam a composé un Commen- 
taire de Job dont quelques rares vestiges nous auraient été con- 
servés, et, en effet, nous savons encore par ailleurs que ce coryphée 
de la science talnjudique s'est occupé non seulement de grammaire 
et de Massora, mais aussi d'exégèse biblique-. 

Ibn Ezra, que Jacob Tam célébra dans un poème, est l'auteur le 
plus souvent cité dans notre commentaire; il ne l'est pas moins de 
60 fois, à savoir : sur i, 1 ; m, 5, 8, 9 ; iv, 2, 12, 15 ; v, 5, 7 ; vi, 7, 
14 ; vu, 15 ; vin, 7 ; ix, 22 ; x, 8, 16 ; xi, 6, 18 ; xii, 5 ; xiii, 1 1 ; xiv, 
14, 17 ; XV, 26, 32 ; xvi, 3, 15 ; xvii, 7, 16 ; xvni, 3 ; xix, 12, 29 ; xx, 
10, 28; XXI, 21 ; xxii, 20, 29 ; xxiii, 6, 13 ; xxiv, 19 ; xxvi, 5. 10, 13 ; 
XXVII, 8; XXIX, 20 ; xxx, 4, 12, 17, 22, 24; xxxi, 26 ; xxxn, 16, 19; 
xxxiii, 17, 25; xxxiv, 6; xxxv, 12, 16; xxxvi, 2, 18, 21. Il est géné- 

1. Il est vrai (juc cette explication se trouve iléjà clioz Rasriii. i|iii la rejette : c^l 
n"73brî r\y^y^ "^aD» ■^;"'3'a nXnD ';"'NT mbn 'b Û--im: : mais le développement 
détaillé (le cette explication, ainsi ([ue le rapiiniehenn'nt il'Is., xxix. S, numtrent 
inipérieuseniiMit que c'est Jacob Tam (jui est la source de notre commentateur (cf. 
Weiss, lliH Talmiid, III, 29.'}i. Celui-ci cite cni-ore h vc propos deux autres e\i)liiations 

pour les r.;jeter : TD->N ni:"'a iMjbn m7:bn û^'-'.mD- ■'cb ""r -ip"'y 'Tw'bn riTT... 
T^awb a^a-^TT^ Nb pTin irûb niTobn û-'-irnsn cst pios irc'^ mr. 

La piemièie de ces deux explications est celle de Dounascli ef. aussi Ahoulwalid, s. v. 
ûbn ; Jacob Tam, Hakhraot, loc. cit., et Ibn Ezia, ad loc] : la seconde appartient à 
Raschi. 

2. Cr. en dernier lieu sur ce point mon Meiialteiii A. Ilelfio. p. 10. Sur Job. xxii, 
30, Raschi cite une explication apy^ '"1 "'DTS, niais il s'agit là île Jacob h. Yakar (cf. 

la Tm : mn "^Es» ''nyTûia Nb baî<)- 



UN COMMENTAIRE SCK JOl) UE LA FHANCE SEPTE.NTHIONALE 65 
ralomont appelé -itj' px ou en abii'i;»'' y"». En outre de ces citations 
si nombreuses. l)eaucou|) de ses opinions sont encore mentionnées 
dune façon anonyme, comme étant celles de «"•'i. Exemples : 
l'explication de mpn (vu, 6) par « cordon » (ce dont notre commen- 
tateur rapproche Jos., n, 18); v\i-ji nsN (xvi, 9) se rapporle à l'en- 
nemi (■^-ii:, qui suit dans le même verset; sur rjw^ba (xxvi, 7;, il y a 
deux explications anonymes, dont la première est ainsi conçue : 

û'^babin :?::72ê<3 ; les derniers mots prouvent qu'il s'agit ici d'Ibn 
Ezra ' ; ■^snï)'' (xxxii, 2:2' signifie, selon d'aucuns, «consumer», 
comme dans II Sam., vi, 2! ; ■'Ddn (xxxiii, 7) est expli(]ué comme 
composé de deux mots, de même que nOwS, û"'i«Dbn (Ibn Ezj'a donne 
également cette explication au nom de n""^"i), etc., etc. ^. Parmi 
d'autres explications que notre commentateur donne en son propre 
nom, mais qui, concordant avec celles dlbn Ezra, lui sont sans 
doute empruntées, citons : "^2:31 Tibi (m, 10) désigne le nombril, 
d'oïl l'enfant tire sa nourriture avant de naître ; ûnn-^ (iv, 21 1 a ici le 
sens de « fortune », comme dans Is., xv, 7 ; inDm (vi, 27) signifie 
ou bien « festoyer », comme dans H Rois, vi, 23, ou « creuser pro- 
fondément »; 1373 (vu, 3), « préparer », comme dans Daniel, i, 10 ; 
rjTrr^ (vni, 17) « entourer d'une clôture », de même que la corne 
pourvue d'une haute ramure est appelée dans Daniel, vni, 5, 
mm iip ; -^ro (ix, 27) signifie « colère », comme rr^SD dans I Sam., i, 
18 ; ^zo (^xiii, 21) a le sens de « ton coup », parce que les coups 
sont généralement donnés avec la main ; non {ib., 27) est à dériver 
de "ro « chaux », comme quand quelqu'un répand devant sa mai- 
son de la chaux ou une matière analogue, pour que les traces de 
pas soient reconnaissables •' ; 02:331 (xv, 35) signifie « leurs pensées 
secrètes » ; û-^ban (xxi, 17) « châtiment courroucé », au rebours de 
Ps., XVI, 6; XXII, 16 et suiv. visent la génération du déluge; TT-rsii:"» 
(x.viv, il) a le sens de « tirer de l'huile des olives », l'huile étant 
appelée nni:'' parce qu'à sa lumière il fait clair comme à midi ; mai 
'^snbo (xxwi, Ifi) signifie « ce que tu as |)osé sur ta lahle ». etc., 
etc. '*. On voit que notre commentaleur a fortement subi l'influence 

i. Et lion df Rasclii, jiar eTeni]>li', i|iii doniio la inriiic cxiilicalion : la si'condt' iiiter- 
jirétation rapiioiti-e dans notre lommciitain' rsl lollf de Doiinasfli, v. plus haut, p. 57. 

2. Cf. encore : m. 5; iv, 2; vi. i\ : vri. "> ; xvii. (J ; xx. i.'!; xxii, 2.1-27 ; xxiii. 11?: 
XXVI, 12; XXXIII, 7 et xxxiv, ."{(i. 

3. Citte explication est juvcédéc du raiiprorliciiniit. pris à Uasclii, dr TCD avec 
iT."' rî^i^on N3~0, v. jilus liant, p. .j'J, ii, 4. 

4. Cf. encore : m. !) (explication ilc "«crD?) ; v, 2t'. (nbDDl ; vi, 4 : vu. 1'.). 20; x, 
22 nPO""? ; -M, 3 (ni-ta , 17 ; XV, 12; xvi. H ^'^ra""') : xvii. 2: xi\',.{: xx, 7 
(ibbas ; xxm, 2 ("<"I73) ; XXVI, 'J INCD : XXX, 2'J; xxxi, '.\ ; xxxiii, 7 et xxxiv. 'M. 

T. LU, N» 103. 5 



66 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

dlltii Mzi-a, mais soiilcment pour rexplicalion de certains mots ou 
passag(;s, el non pour ce (pii concerne la m<''lliode excgctùjue et 
rintei'prétalion générale. 
Salomon Ibn Parhoii est cité deux fois : sur xn, o : byn 't:». . . 

13 tV^^ Ti^To-^o T\^^o^ (v. son Mahbrrft, s. v. n-^jj'j, et sur x\ii, 30 : n"yi 
\n2"0 (b-i b^'=)i"y pi nnN Nirtu: nt< rri^in '72:2 ["'p3 ^-in] ^prx pn-iD pN 
■'pro nbi Nino] (v. ibid , s. v. •'^) '. D\autre part, nous avons déjà 
vu- quune explication donnée par notre commentaire au nom de 
Hayyoudj appartient en réalité à Parhon, mais je n'ai pas fait de 
l'eclierches pour savoir si le Dictionnaire de celui-ci y est encore 
utilisé ailleurs. 

Joseph Kimhi est mentionné deux fois sous le nom de Tm'p p5« : 
sur xxvn, 8 : (l.-^nttp) nT^p I3i< 'ti by mbo '^h ns '■yh^-^ "«d .bï5-« ■'D (cf. 
son Commentaire, ad loc, dans usidn mpn, p. 16^, et S. ha-Ga- 
louy, p. 18, no 27), et sur xxxiv, 36 : rni NbïJ "^nap pi< 'wnt... 

1"»nn ip'^n^-' tn (cf. son Comm , ad loc, l. c, p. lOoj. Mais il se pour- 
rait qu'il lut cité, lui aussi, d'une façon anonyme, par exemple sur 
XV, 31, où notre commentaire, comparé avec celui de Kimhi, doit 
être ainsi complété : imuj-iD CjbN «ba 'ro non ii<i£«ï5 "sb 'cb lU"' ûai 
NTO ib -■^n"] T^uj^Ta miTsn -^d 1-^7dn-< Nb aian nr»:;- -inna nmau: im» 
["ipujT Ni;25 Ninu) "inN'' ; de même l'explication de iî^ïjs (xxi, 34) par 
« parent ». D'autres explications encore concordent avec celles de 
Joseph Kimhi ou en dépendent ; ainsi sur ni, 26 : n^DD Tnbu) sbi 
"in.XT û-^byûsn ^\y^Xi•o•z -rin; Nbn «iNi:^ m^3>33 in::pa Nbi .-ipan n^iw-s 
'iDT riDi73T sr^y::i ■'di:* b^' wi N3it p, analogue à ce que dit Joseph 
Kimhi : r^by ii<3c û"^"iptt n^ubo nbiî .Tins ^bi ■^n::p\r Nbi -^mbo Nb 
^z>x^ '^-no-'T rsa nn"«ttT iito» mas ; ou l'explication de y»ï5 (iv, 12) 
semblable à riitttuî (Ex., xxxiii, 25) ; ou celle de mb:PD (v, 26j par 
« l'action de moissonner » (sauf que notre commentateur a re- 
cours à la comparaison avec Zach., xiv, 13, et Joseph Kimhi à 
celle de Ps., en, 2o) ; enfin, celle de xix, 23-24, sans parler des 
autres. Notre commentateur paraît ignorer, en revanche, les com- 
mentaires et les autres ouvrages des fils de Joseph, Moïse et David 
Kimhi '. 
Klii'zcr de Uvauijcncij est, après Ihn Ezra, l'auteur le plus sou- 

1. C.etle ex|ilicatii)ii (lue déjà AliouhvaliM, ,>.. v. "'N, ailiiut commo possible, est citée 
par 11)11 Kzia sans nom ilautt'ur. 

2. v. i.his haut, 1». .^7. 

3. Ce passage est mal coni|iiis ilans la traduction anglaise. 
4 v. idus iiaut. p. .iS. n. 1 . 



UN COMMENTAIRE SUR JOB HE LA FKANCL SIIPTI-NTHIONALK 67 

veut cité dans notre cominontaire, car il y est menliomié ^1 fois ; 
le nom de sa ville, (|iiaMd il est donné, est cononiitu eu ■'i:"'"'Na 

(i, '21 : n7:o miUN ûttj' qnom nny ly [-^b vno '-"jam liT^rw Ti^^f^ ûti:> 

''\o^ TOiT'D "«b ''»:î"'T3 iîb nî:-:: rbrn p-i . . .tt'ntû miTjbr! ; m, 3 : 

'iDi "^on 13 rt^n-^ ûbirbo 'rjn). 'ii-'-'ib.sa 'xxvi, 18 : 'y-oin '-i DVi^'3 
■'i:'^"'5bwsn72) et ^^jx3 \\\iii, 1 : b5< î^mb 'j"«-';rn ht '■'do n?:] -^ni^iw Nbi... 
'iDT innb "':£5N3» '^"'bwS "i pi lis;). Mais ailleurs il est simplement 
appelé "iTT-'bN -i, et introduit ainsi : O'T'd nr^bi* '-.i (v, 5; vi, "21 ; 
xni, 13), -iT:?-'bi< n '■'s ixi, 18), 'dt: -iT3'-'bi« '-l^ ixu, "20 ; et aussi xxii, 
"20, où il faut compléter ['on] -iTJ^-'bN m ou quelque chose d'ana- 
logue), "iT:?^bi< 'a-) '-«DM \m3-'a (xx.xiv, 33), "iT:?-'bî< 'n pcbTa (v, 21', 
nt^'-'bN '"1 na'na pnt (vi, 17; xvii, 16; xxiv, 10), -iTybi* -i r^n rtT 
(xi, 12), ou simplement -iT^-'bN -i -iknt (xxii, 2; xxiv, 6; xxxvi, 17, 
19), ou enfin -i?:ns "iT3'''bi< -n (xxui, 2) '. Toutes ces citations mon- 
trent que notre commentateur a connu un Commentaire d'Éliézer 
sur Job, et il est le seul qui nous en ait conservé des échantillons. 
C'est là un point d'une importance particulière, car Éliézer est, 
comme nous eu avons fait la remarque plus haut, l'un des exégètes 
classiques de la France du Nord qui ont été découverts les derniers 
et la majeure partie de ses commentaires sont perdus-. Mais nous 
verrons même plus loin que notre commentaire a, dans sa méthode, 
beaucoup de ressemblance avec ceux d'Éliézer dont il doit avoir 
subi profondément l'influence'. 11 n'en est que plus surprenant 
qu'on ne puisse trouver aucun autre rapprochement, pour l'expli- 
cation de tel ou tel passage, dans les commentaires d'Éliézer que 
nous avons conservés, soit dans ceux qui sont édités (Isaïe et 
Osée), soit dans ceux qui sont encore en manuscrit (Kzéchiel et les 
autres Petits Prophètes) '*. 

Outre les auteurs que nous venons dénumérer, notre commen- 
tateur doit avoir connu encore d'autres exégètes et leurs commen- 
taires. Aux premiers il donnt> ou bien le nom assez rare de a"'3'i5nD 
(p. ex. sur ni, 3 : 'i2i -lariu ar bbp72 rt-^rrû Mz^^zr, '-«rcjicn bai ; ib., 
10: 'iDi 13 \-iy-iT30 )'^-2 Nino tû"i-'d a-^î'^an^n ii<*::n . . .■'*:û3 Tibn''; 

1. Au lieu .!.• : 't^T niau T^TD 'iS p"J 'wSni. il faut liiv : ['IX ITy^b^N '"n 

'•oT'vsp-::. Cf. |.. )2S, 1. 1. 

■2. Ils sont <iiuint"fi's ilaiis la pruface de mon édiliou du Coinmenlahe d'Osée, 
pji. 9-10. 

3. Cf. aussi i)lus haut, p. 59, ii. 1. la qualification di' bnsn 'i;"'3"l aiiiiliijuce iiar 
tous deu\ à llasclii, 

4. Mais cf. jilus bas. 

5. C'est ainsi que ce verset est '.exidiiiué par Rasciii ,'t. par .lusipli Kaia pntn; autres. 



68 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

xxviiT, i : (I. DDnttttî) qoiWttJ Nititt tp^h ^"^ piDs ^s "iW'SSin a^ittî-icrt Va 
'nrn nni? xbi \npTnr! ^-ipnira 'kn'vU r;73 b^ ' ; //*. : ûrx û"'5ïî-iDr! baN 
nmrj nn-'T:^ i-^s-inaTo, ou celui de û"»nmD (sur vi, 6 : "^-p^y obn nn... 
'ion p-iSD irdb tiT nris nir-^a iiabn m»bn anmcn "«Db ■'3. v. plus haut, 
p. 64, n. 4 ; cf. aussi vi, 'il : rî;T»ai<-i n^-^'cn -im^ r\yi by^..., où il 
s'agit de Rasclii). D'autre part, des commentaires bibliques sont 
cités de la façon suivante : sur iv, 2 : "^rr^i^n 'lan'T'D û"'n-i .-idt ïiDsn 
'nsT û:?:: ûna psT ; sur xv, 29 : -ib 'n"i3 'lobn nT ...nnb -iïjk )^2 .nb;» 
D3>:3 Nba Ti-'i^-i 't'd na'iriT ; sur xx, 25 : \-ii<::n ^bn pnos- riT '"'s p. . . 
'miMn (1. inNïï)) inNï) riT by '-^d ; enfin sur xxix, 2o : Nb .û^lT nna» 
'im 'Tonb n]iTi p "id (1. '-'^aTT^Da) '-«Ta-^-nra '-^z-inj:» -. Nous ne savons 
naturellement pas quels sont ces exégètes et ces commentaires, et il 
est probable qu'il faut y voir ceux qui sont cités aussi nommément. 
Or, comme aucun de ceux-ci n'est plus jeune que le xii» siècle, on 
peut admettre avec certitude que notre commentateur appartient 
également à peu près au dernier tiers de ce siècle et qu'il faut, par 
conséquent, le placer encore dans la période classique de l'école 
exégétique de la France septentrionale. Cette date s'accorderait 
aussi avec l'opinion qui fait de son oncle R. Benjamin la même 
personne que le disciple de .Tacob Tam qui poj'tait ce nom. 

IV. — On ne pounait invoquer contre cette date que la raison 
suivante. Ainsi que nous l'avons déjà remarqué plus haut, notre 
commentaire est presque identique avec les gloses de Job qu'on 
lit en marge du Glossaire biblique hébreu-français de Leipzig, ce 
qui a fait émettre roi)inion que toutes les notes de ce glossaire 
proviennent de notre commentaire -^ Mais on y trouve cités les au- 
teurs suivants, en outre de ceux de notre commentaire : David, 
sur Gen., i, 24, c'est-à-dire David Kimbi ; Salonion ha-Nakdan, sur 
Gen., VIII, 11, etNombr., xxxv, 33; Berechya, sur Cantiq., m, 10 
(mais non sur Eccl., v. supra); Kresbia b. Isaac ha-Nakdan, sur 
Ex., v, 16 ' ; Élazar "^^bsw, sur II Sam., x\, 14 •' ; un certain Simson 
""'îîSTi», autrement inconnu, à propos de l'explication des pierres 



1. Cf. Hasclii. 

2. Le texte, ici, n'est pas en unlre et le traducteur anglais suppose une larune : mais 
il est piobahle qu'il faut simplement l'ayer le mot sb- 

3. 11 serait aussi intéressant rie savoir si les mots français contenus ilans notre 
commentaire concordent avec ceux du [rlossairc. Pour les gloses hcliraïipies elles- 
mêmes, il ne peut être (|uesti(in, à bien considérer la clrose, que de celles de Job 
et de l'Ecclésiaste, où elles présentent le caractère d'un commentaire. 

■i. Cf. Gollancz, l. c, \). xxiv. 

5. Contre son ideiilificatiiui a\ec Klic/er de Iteauui m y. \. mes observations dans 
1.4 Urntc. Ll, l.'i'J. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE LA FRANCE SEPTENTRIONALE 69 

précieuses dans Ex , wviii ; Samuel dÉvrcux: pour lexplication 
d'un passage d'Esther; enCm a'-in ou a""irt, fn-queinmcnt dans Job. 
Or, cerlains de ces savants, par exemple Salomon lia-iNakdan et 
Samuel d'Évreux, appartiennent sûrement au xni^ siècle; aussi 
Delilzsch place-t-il avec raison le Glossaire de Leipzig dans ce siè- 
cle '. Mais jnstement les auteurs nommés en dernier lieu, n'nn et 
n"in, qui ne se trouvent pas dans notre commentaire, prouvent 
que les gloses n'ont pas pour auteur notre commentateur, quoi- 
qu'il y soit utilisé en majeure partie - et que ses explications y 
soient, à ce qu'il semble, transportées pour la plupart servilement; 
c'est ainsi, par exemple, que les opinions de son père et de son 
oncle sont citées aussi dans les gloses comme celles de ""nî* ou de 
•[••wsn '"I "^mn. 11 faut donc, en tout cas, admettre que la plupart des 
autres auteurs cités sur Job sont également empruntés à notre 
commentaire, et ce pourrait être notamment le cas pour Éliézer 
de Beaugeiu'y dont le Commentaire sur Job n'est cité nulle part 
ailleurs. Or, le Glossaire reproduit une opinion d'Éliézer sur Job, 
xxwui, Ao. en yz^z•^ r!r:''3'C5 [1. '^s •'irîsbnw] ■'^1:552373 'y^bîA Ym 
'iDT m5r:n Vsb: ''^■•nrwTo, d'où il résulte que son auteur connaissait 
encore notre Commentaire de Job sous une forme plus complète, 
et que celui-ci ne s'interrompait pas, comme dans la présente édi- 
tion, à xxxvi, 80. 

VI. — Si nous en venons maintenant à caractériser vraiment 
notre commentaire, nous devons remar([uer tout d'abord qu'il 
constitu»' moins une explication de cliaque mot ou de cba(iue pas- 
sage du livre de Job, comme c'est le cas de Hasclii ou d'ibn Ezra, 
par exemple, qu'une explication de fond, — où les termes du com- 
mentateur sont souvent étroitement entrelacés avec ceux de lou- 
vrage commenté et forment un tout avec eux. On sait que la 
même méthode se remanpie aussi chez d'autres exégètes du Nord 
de la France, chez Menahem b. Heibo'' d'''jà, mais tout particuliè- 
rement chez Joseph Kara et chez Éliézer de Beatigency. Mais 

1. V. LIU. (I. Orients. 1S41, 2'.ia. F»ar, n.iitre, la cuijecture ilr DeliUs.-li .l'a|.iv> la-' 
«jnello l'auteiir ilii glossaire Sfiait Sinison lia-Nakdaii. est inailiiiis>ilili', car n-liii-ci 
l'tail iiii Alleniaml, tandis ipic le i-'lossati-iir rtait iiiTi'ss.iiniiiciit un Iran ai». Cf. aussi 
Arsène Dariiiusleler, lieli'/iics scieiili/ir/iies. 1, l'Jl. 

2. En gi-nrral, les auteiiis de L'Iossaires paraissent avoir ntiiisi-, poin- lears gloses 
liélirai(|iii's, les roniniontaii'es les pins ditlerenls. C'est ainsi (|in' ri'lni (|n'nnt édile 
MM. Lainliert et IJr.indin ne rniinail ijnnne paitie des antenrs cites dans le Glossaire 
de Leip/i-, inai>, par i-untii-, nn eertain Moidekliai sni- leipiel on ne pent donner anenn 
détail v. lenr Intrndneliiin, p. il, n. I;. I*arini les mots tV.ineais eoiilenns dans indre 
eiiinineiilaire, (|uatie seideineiit ninrurdenl ■■ntierenieiil a\ee |r L.'l<iss;iire de l'aris i^sui" 
11, 1 1 ; XII, 20 : xix. U) et xxx, 3 ; et' , en outre, xwi, i et xx\i. -'J . 

:{. V. mon Menahem h. llelbo, p. l-i. 



70 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

tandis que Kara, par exemple, commence par rendre le contenu 
d'un ou de pliisieurs versets et revient souvent ensuite sur chaque 
mot pour l'expliquer, notre commentateur parvient à faire les deux 
choses à la fois, sans que toutefois le but principal cesse d'être 
réclaii'cissoment du ou des versets à commenter, de soi'te qu'exté- 
rieurement la ressemblance est plus grande avec Éliézer de Beau- 
gency. On s'explique ainsi qu'il réunisse souvent des groupes de 
versets, employant à ce propos le terme de -na-^n, qu'on trouve 
encore ailleurs '. C'est ainsi quil établit la progression et la ré- 
gression suivantes dans la structure et la gradation des versets de 
III, iO-in. Job maudit la nuit et dit: Pourquoi cette nuit n'a-t-elle 
pas fermé le nombril doù vient la nourriture dans le sein de la 
mère pour lêlre qui s'y forme? en d'autres ternies : pouiquoi 
ij'a-t-elle pas fermé le sein de ma mère, de sorte que je n'aurais 
pas été conçu (v. 10), et, ayant été conçu, pourquoi ne suis-je pas 
moj't tout de suite en soitant du sein de ma mère (v. il), et, 
n'étant pas mort alors sur-le-champ, pourquoi ai-je été reçu à. ma 
naissance par les genoux de la sage-femme et de la nourrice, ou, 
ayant été ainsi recueilli, pourquoi ai-je assez vécu pour prendre le 
sein (v. l'ai? Il aurait mieux valu que je mourusse dans un de ces 
cas; je reposerais tranquille maintenant (v. 13) avec des rois et 
des conseillers (v. 14) ou, du moins, avec de riches personnages 
(v. io), ou même avec des avoi-tons ou des nourrissons (v. 16], etc. 
Ensuite notre commentaire ajoute : \-Ti3''n;a û'^piccn ^ryb "^nb û"":j"i 
np-ir '^y na-n?: -inx n-j>-i-n2 "jcan r'-.T;c di"?: nV^^Tra nbiyo n72D •'D 
'-,D"i nnpa nriTTî ly n^-n» --n rr^-^-ra nby,on p T-,r p d-'T:;;!. 
Un autre exemple de l'emploi du terme m.T'n se trouve sur xix, 
o-G, où l'explication de ces deux versets et de leur liaison est in- 
troduite par les mots : û-na^m ^bbr^ m^-ipTori ■'ra '-"d *]D Mais 
d'autres fois notre commentaire le remplace par le verbe pm, par 
exemple sur xxxi, 31 -Bâ, où il est dit que certains commentaires 
expliquent ces deux versets en les joignant l'un à l'autre : C""!. . . 
'iDT "la pb-i Nb V"ina 'p'iOzn nT[b] VP^""- *• 

Samuel Poznanski. 
{A suivre.) 

1. Sur "iinTI '11''!! Joscpli K.ir.i, v. Kpsiciii. IIti-Hi>l,er, 1, 31. De nn-mr Elii'zer do 
Dc.iiigeiicy dans son Coniin. ms. sur Kz., xvi, 51) et suiv. ^ rnN"lp73n "liaTI pT. 

2. v. jdus Iiaut, p. ÎJO. Di.' niL'im' notre conimenlateur rejette plus d nue explii-ation 
parée qu'elle ne cadre jias a\ec la suite des versets; ainsi. sur xxvii, 19 : '^D N""^! 

V'i'^ P"i3"i nrxT n-iiDpb qcN" xbi j— n*;" nrwi ii •'"■i-'ii d.- Uaseiii. v. 
p. 5'.»; ; xxviii, 28 : ...npini "j^na □"rjD'o r,ii2n "jct:! 'Tw xnp 'ot" 'm 
sbc 'a-^'cjb pian ri^n iza -!pe 31:23 (v. j». 6o,i. 



LES DEUX COMMENTAIRES D'IBN CASPI 

SUR LES PROVERBES 



Ibn Casj)i, nous le savons maintenant grâce à M. Last, a composé 
deux commentaires différents sur le livre des Proverbes. Lequel de 
ces deux commentaires est le plus ancien? Cette question, M. L. 
Blau se Test posée ^ et il est arrivé à la conclusion que le commen- 
taire B - est le plus récent, parce que, dit-il, dans celui-ci (îaspi fait 
des citations, tandis que dans sou commentaire A il se plaint de 
n'avoir à sa disposition aucun livre à consulter. Ibn Caspi, en 
effet, n'aurait pu se plaindre, dans le commentaire A, s"il l'avait 
écrit après l'autre, de n'avoir pas de livres à consulter, car il 
dovait avoir ceux dont il s'était servi pour sa première com- 
position, ou, en tout cas, il pouvait trouver dans son propre 
ouvrage les citations et les extraits qu'il en avait faits. Cette 
preuve deviendrait même très concluante si Ton pouvait dé- 
montrer que le commentaire B n'est qu'un abrégé du commen- 
taire A^. Mais, si Caspi avait dans ses deux commentaires des 
vues différentes, la preuve que donne M. Blau à l'appui de sa 
thèse ne prouverait plus rien; car les livres qui avaient servi 
à Caspi pour son premier ouvrage pouvaient n'être d aucune 
utilité pour le second écrit, qu'il avait conçu dans un autre but et 
où il développait des thèmes différents. M. Bâcher '. en elTet, cons- 
tate que Caspi su t dans ses deux commentaires, deux méthodes 
différentes. « Il déclare dans le plus court commentaiie B, page J)o, 
que l'on ne doit pas, poiu* les chap. \ et suivants des Proverbes, 
chercher à établir une relation entre deux versets consécutifs. 
Dans le grand coninitMitaire .\. ce principe n'(>st ni nienlioMn»'-. ni 

1. Voir rapjicii'liff au pn'mii'r v«il. ili> po2 "'T^ r!"^,C~ p iv. 

2. Nous a[)pfIoiis riuiinientaiirs A it lî rv ipie M. I.ast apiK'lIr dans son idiliun 

3 ■'rCTS "'l N -'^wT:- 

3. T.llr .SI, .11 .tr.i. r.ipiuiou .1.- M. l'.lau. Voir 1 appcndic .1 /{. K. ./., l. XLVII, 
p. 148. 

4. Voir R. E. J., l. c. 



72 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

applique''; au contraire, même dans les chap. x-xxii, très souvent 
des séries enlières de versets sont réunies dans une explication 
d"ensenil)le. » Il est vrai que l'on trouverait difficilement dans 
Caspi cette différence de méthode, car, contrairement à ce (ju af- 
firme M. Bâcher, Caspi déclare dans le commentaire A comme 
dans B, qu'il ne faut pas chercher, à partir du chap. ix, une suite 
entre les versets voisins '. Bien plus, c'est dans le commentaire B 
que Caspi lui-même constate avoir parfois établi des relations 
entre les versets, contrairement à son principe, mais sans que cela 
doive l'infirmer-. M. Blau, sans remarquer que cette circonstance 
contredit ce qu'il a établi, signale une autre divergence. La se- 
conde partie des Proverbes, qui ne serait pas. d'après Caspi, de 
Salomon, commence, d'après le commentaire B, au chap. x et, 
d'après A, au chap. xxv seulement. Mais Caspi, sans nous le dire 
ici dans les mêmes termes que dans le comm. B, dit cependant à 
la fin du chap. ix : l^WN-in pbnn 1X3 ly, et établit dans la préface du 
chap. X une distinction entre ces deux parties du livre. On a plutôt 
l'impression, en étudiant le commentaire A, que, si Caspi n'insiste 
plus sur cette idée, c'est que c'est déjà chose connue et sûre 
pour lui. Dans le commentaire B, au contraire, on dirait que c'est 
là pour lui une idée neuve et il s'étend avec complaisance sur la 
façon dont les Proverbes ont été composés. Il n'y a donc pas diver- 
gence de méthode entre ces deux commentaires, et M. Blau peut 
bien soutenir que le plus court est le plus récent. 

Mais, s'il est vrai que l'on ne peut trouver dans ces deux com- 
mentaires une différence de méthode, ni même une méthode, car 
Caspi, penseur peu profond, avait sans doute des notions fort 
vagues sur ce que peut être une méthode, il y a cependant entre 
ces deux livres une divergence de vues et de but On voit très 
clairement que le commentaire B devait être pour Caspi un 
ouvrage herméneutique, tandis que dans le commentaire A il 
cherche surtout à enseigner la morale et à donner les premières 
notions de la logique. Les explications étymologiques et gramma- 
ticales sont ici beaucoup plus brèves ou font totalement défaut, 
tandis que les digressions morales sont à i)i-ofusion ^. Dans ce cas, 

1. Voir comm. A, iiréf;ice au cliai> x. [). 21 : "t? n'^'^C ''"ITCXT;?^ DTp'w TZ^Z 

2. Voir l'omiii 15. p. ii.'i : nm •;'r"«7;o V""^""!"!" 13N 'j"'»':; "î'p^'-Tin -rrr 

'J"'7;r: HT?;, ciiM'inidiit ccux-la aussi suiil di- la iiii'iih' ciiti':.M)i-ii' .' 

3. Voir lis (It'iix cumin, sur r]\n]<. i. 11. IJ; m. 34: iv. 2 ; xi.6: xii, "JU ; xiii. 16. 



LES DEUX COMMENTAIRES D'IBN CASPI SUR LES PROVERBES 73 

s'il a écrit môme le commentaire B, avant A, on comprend qu'il ait 
pu se plaindre dans ce dernier de n'avoir pas de livres à sa dispo- 
sition, parce que ceux qu'il avait utilisés pour son premier ouvrage 
pouvaient ne lui servir de rien pour le second, (^ui est conçu dans 
un tout autre but. On peut se demander aussi pourquoi Caspi aurait 
abrégé son premier ouvrage et composé le commeniaire B, qu'il 
dédie à son iils aîné de Barcelone ? Si Ibn Esra a fait i)lusieurs édi- 
tions de ses ouvrages qui diflFèrent peu entre elles, c'était pour 
flatter l'amour-proprede ses différents Mécènes, en dédiant à cliacun 
d'eux un livre. Mais ici ce n'est pas le cas. Caspi, en envoyant à son 
fils son livre, n'avait d'autre intérêt que celui de l'instruction et de 
l'éducation de celui ci. Or il est évident que le commentaire A, où 
sont traitées plusieurs questions morales, est plus approprié à ce 
but. La question reste donc ouverte : lequel de ces deux commen- 
taires est le plus ancien? 

Nous savons que le commeniaire B. a été dédié à son (ils aîné 
AbbaMari de Barcelone, comme en font foi répilogue,qui se liouve 
à la fin de tous les manuscrits sans exception, et ces mots de la 
préface au cbap. x : riDbîC-iaa ncx ■'ja nri<i. Pour ce livre, nous avons 
une date exacte, qui se trouve à la (in de tous les manuscrits, 
c'est l'année 1330. Son fils de Barcelone était déjà marié à celte 
époque et il se permet de lui donner certaines explications sur 
lesquelles il n'insiste pas dans le commentaire A'. Caspi, qui 
exalte la logique, sans laquelle on ne peut pas comprendre la 
Bible'-, ne cbercbei-a pas à en donner ici les notions élémentaires, 
parce que son fils aîné, à (jui il adresse le livre et qui avait déjà un 
certain âge, devait les posséder. Ce qu'il veut, ])ar ce commen- 
taire, c'est expli(iuer à son Iils b^s Proverbes pour qu'il puisse 
les étudier et les comprendre. Il lui fera donc un commeniaire 
simple où il suivra assez fidèlement son principe, (|u'il ne faut pas 
chercber une relation entre les versets, et les expliquera seulement 
étymologiquement et grammaticalement. Il a composé ce livre à 
Tarascon, (piil babilail à cette époque, où il avait sa bibliotlièque 
et pouvait consulter tous les livres (lu'il jugeait nécessaires. 

D'autre part, nous trouvons dans le ncisn -ico =*, épître adressée 
de Valence (Espagne) à son fils Salomon, alors âgé de douze ans, et 
écrite deux ans après le commentaire B '•, ([u'il promet à son fils 

\. Compan^r It^s ilfiix ••ninm. siii r!i,T|i. iv, S; v, lit. 
•2. B., |.. 1^4. 

3. Viiir -I3"l73n ~\tZ. i" t^r^ -rS rîTCJ:*. m»I. h. |i. (il. 

4. >»"iilKiin'r rnii.iii. lùriiiiins jiii/'s ,hi \l\' s., p. Mi'.>. mil iii ilniiti' .iiir ilaii. 
mais sans >li.iiiii<'r iiucuiic r.'iisuii. Non plus Imii. 



74 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

cadet de composer pour lui une série de livres sous le nom général 
de S|OD ""bD, dont un commentaire sur les Proverbes pour lui en- 
seigner la morale. Caspi se propose donc, deux ans après la 
composilion du commentaire B, d'en faire un autre pour son 
second tils. Si nous prouvons maintenant que le commentaire 
A répond aux vues et au but que Caspi expose dans le "iDiwn nso, 
nous pourrons résoudre avec certitude la question de la chro- 
nologie relative de ces livres. Or, le commentaire A est bien le 
livre qu'il entend faire pour son fils cadet. Caspi recommande à 
ce dernier, dans le "iDiWri "idd', d'étudier les Proverbes, non pas 
comme un livre biblique, mais comme un livre de morale avec 
VElhiquc d'Aristote. Or, c'est précisément dans le commentaire A 
que Caspi abonde en digressions morales. Il s'y efTorce, contraire- 
ment à son principe, de réunir des séries de versets dans une ex- 
plication d'ensemble, parce que ce n'est pas la compréhension du 
texte qu'il a en vue, mais surtout le développement de thèmes 
moraux. Il veut inculquer à cet enfant de douze ans quelques no- 
tions de logique et l'amour de cette étude : il insiste donc dans 
le commentaire A sur son utilité et comme préface au chap. x, 
après avoir exalté cette science, il en donne les principes élémen- 
taires en copiant le commencement du irann mb» "nx'3 de Maïmo- 
nide. Ce commentaire, il l'a composé, comme les autres Cjor) "^Vs, en 
voyage, loin de sa maison et de ses livres ; c'est pourquoi il s'y 
plaint de n'avoir aucun ouvrage à sa disposition. Nous voyons, en 
effet, dans son C]D3 niciap, ([n'en 1881, étant en voyage, il fit le vœu 
de ne pas retourner chez lui, en Provence, avant d'avoir achevé ses 
C1D3 ■'bD. Nous pouvons donc conclure que le conimenlaire A, qui 
fait partie des qDD -^bD, est d'au moins trois ou quatre ans plus 
jeune que son aîné, le commentaire B. puisque, d'après le idd 
^iDittïi, il n'était pas encore composé en \?>,H. 

Il serait intéressant d'étudier ici la nature du livre cidd nsiap, qui 
a étonné tous les historiens juifs et (|ui nous permetti'a aussi de 
vérifier la date du -lor^rt "idd qui importe beaucouj) pour notre 
thèse et que M. Neubauer met en doute. Caspi a composé lui- 
même une liste de ses livres sous le nom de qoD nscinp. dans la- 
quelle il énunière vingt ouvrages. De cette liste nous avons deux 
rédactions dilférenlcs ; l'une se trouve dans un manuscrit à Mu- 
nich - cl j'aiilns beaucoup ])his longue, à Parme-'. Ces deux édi- 

1. Voir qo3 ira nnar. /• <■. 

2. Iiiipi iiiic dcja une |>ieiiiicit; lois dans le □"^pTi* D">n3"l l'ai' Wcililuner. IS14, 
et une seconde fois par M. Last, 1903, Presbouig. 

3. Imprime par M. Neubauer dans la Écrivains juifs, p. o35. 



LES DEUX COMMENTAIRES D'IBN CASPl SUR LES PROVERBES 7S 

lions diffèrent entre elles, non seulement par la forme, mais aussi 
par le fond. Les commentaires sur les mêmes livres bibliques 
portent des noms différents. .Vinsi, le rommentaire sur les Proverbes 
est appelé, dans la longue liste, Eisa mn;n et, dans la plus courte, 
ï]03 n"ns:ii:n, titre géuéral d'un couiinenlaire sur les li'ois livres de 
Salomon, D-'-i"'ï;n T'u;, nirnp, ''b-cn. l.e livre C]02 mcD, qui dans le 
manusciit deMunicli est un comuieulaire sur Htilli et les Lamenta- 
tions, est le titre, dans le manusciit de Pai me, de deux dissertations 
exégéti([ues. Caspi ne se rapptdait-il [)lus le nom de ses livres ni leur 
contenu? Pourquoi aussi n'en comple-t-il que vingt iorsipril en 
avait composé beaucouf) plus ? M. Steinsclineider mentionne vingt- 
neuf de ses ouvrages. Neubauer en compte trente et de Rossi va 
jus([u"à trenle-deux. Pourquoi ses ouvrages de jeunesse qu"il 
mentionne dans la préface du E)OS nicnap même, qu'il avait, par 
conséquent, présents à l'esprit, n'entrent-ils pas en ligne de compte? 
Qu'est-ce donc que ces vingt ouvrages qu'il énumère d'un côté et 
les autres qu'il mentionne subsidiairement? Nous croyons que le 
C|CD :^:i^::i'p n'est pas la liste que Caspi aurait dressée des livres 
qu'il avait composés, comme l'admettent les bistoriens, mais un 
plan qu'il s'est tracé des livres à faire. En 1331, lorsqu'il était en 
voyage, il conçut pour la première fois l'idée de faire une série de 
livres sous le titre général de C|S3 "^bD qui devait comporter vingt 
ouvrages. De ces vingt ouvrages qu'il va composer pour son fds 
cadet il donne l'énumération et le sujet qui y sera traité, ainsi qu'il 
croit que tout auteur doit faire, lan» bob D-^n-isnn nnmn un nbî^T 
û-'7:Drn Ti7:N"«a ^'>z^D tidd lai^ia y^-ivv: iso. D'ailleurs, Caspi le dit 
clairement dans le tp'D nirnnp même : Ti-inx r:3bn ib dtj "^d E]Dr nt^i 
nnxT a-'ycn r^o nxir; nzNbrn bx nnnpb -.TjN C]DVt ...d-'-.do moy 
-ir Nîtrai-iD r.^n 'înxn t<i3N dn -n: -it^t ...i-irTûb •"a-'cn tp^rt ansb 
...SIOD ""bD 1SOD73 ib 'oyiT PNTr! r!=)Nb73r: nVr'D dn « Joseph Ibn Caspi, 
considérant qu'il est utile pour lui et ses enfants d'écrire des 
livres... Josepli commença ce travail en 5091 de la création = 
1331 ... et il fit le vœu de ne pas retourner à sa maison en Pro- 
vence avant d'avoir terminé cette tâche,... et il fil de son argent 
dos « Vaisselles d'argent »... Plus loin, il dit encore : "iCN "inx 
r^'-iDD D'^-c:' -T3 -nnb ■'nbn ■^n-N-i tn qcr- n-n 'n •'ïD-in r;3 ir 
n Puiscpie Dieu ma bé'ni et que je suis ricbe..., je me suis di'cidé 
à com|)Osei- vingt livres très courts. » A la fin du tpo ri:i3p il 
ajoute : -"n?^ a7;"''r:j;T omcrb ■'r'înnrrs a^'ncoïi n^^Ti^yn mon « Nous 
avons ('■niiini'n' ces vingt oiivr;iges (jikî nous commençons à écrire 
et qu'avec laide du Saint, béni soil-il, nous terminerons. » Caspi, 
n'ayant encore fait que lo plan de ses livres, a pu, dans la suite, 



76 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

changer d'idée et modifier le cadre primitif; ainsi s'explique les dif- 
férences qui existent entre les deux rédactions du TpD ri:i3p. Mais 
ce qui est certain, c'est que Vidée même de faire une série de 
livres d'après un plan conçu d'avance et sous un titre général lui 
est venue seulement en 1831. Le nDiTon -120, qui parle aussi de ses 
C]DD ''bD, qu'il se propose de composer, ne peut pas être antérieur à 
cette époque et la date de 1332 doit être sa date exacte. 

Tous les historiens sont d'accord pour dire que Tactivité litté- 
raire de Caspi est iinie en 1331', dix ans avant sa mort, sur- 
venue en 1340. Caspi, qui avait une fécondité littéraire prodi- 
gieuse, n'aurait donc rien produit pendant les dix dernières années 
de sa vie 1 Ils se fondent pour cela- sur l'épilogue au commentaire 
sur le livre de Kohélet, où Caspi dit être âgé de cinquante ans et 
souhaite que ce livre soit le sceau de sa vie et la fin de ses soucis : 
n-^^nh nTo-Tim ■^ott'd bD2 "^'cy^h imzT.n '^i-"'Dr! ht rr^n-^u; -^nins pb 
m^ïîntti mnsN biDb. En mettant la date de la naissance de Caspi en 
1280, si son livre sur Kohélet, qu'il écrit en 1330, âgé alors de cin- 
quante ans, est son dernier ouvrage, son activité littéraire serait, 
en effet, terminée vers cette époque. Mais il est facile de se con- 
vaincre que le commentaire sur Kohélet ne peut pas être son der- 
nier ouvrage. Comme M. Neuhauer la démontré, Caspi est né en 
1279; s'il avait donc cinquante ans révolus en composant le com- 
mentaire sur Kohélet, il a dû l'écrire en 1329^. Or, nous le voyons 
en 1330 à Tarascon écrire son commentaire sur les Proverbes (juil 
dédie à son fils aîné de Barcelone; en 1331, il écrit son ri:n3p 
E)DD, où il annonce une série de livres, ses S]SD -^bD. et en 1332 il 
écrit à Majorque son tp'D "«b-'ba sur Esther, qu'il dédie à ses amis de 
cette ville. Le commentaire sur Kohélet n'est donc sûrement pas 
son dernier ouvrage. M. Neuhauer soupçonne la vérité en disant '■ 
que Caspi semble parler ici uniquement des commentaires bibliques. 
Caspi, qui se propose en 1331 de composer vingt ouvrages, n'a pas 
dû les écrire en un seul jour ; en tout cas, en 1332, sa tâche n'était 
pas encore accomplie. Ces vingt ouvrages écrits pour l'éducation 
de son fils cadet, Caspi a dû les produire au fur et à mesure que 
l'exigeaient les besoins du programme ([u'il avait Iracé à son fils. Ces 
S]ro ■''îD devaient être le produit des dix dernières années de sa vie. 

H. Stouhdzé. 

1. Voir (JracU, VII, :ViO ; .Nciil);iU( r, Écfii'iiiiis Juifs, \i. 78. 

2. Voir Kirclilicim, piiTace iJc t)DD ■^1V2y (Fr.uicroil, 1848;; iioti' 2. 

:i. C('iieiiil;int, iraiiivs le diap. i iln oomint'iitairc H sur li-s PiuvimIhs. il soinlile 
i|n l'H 1330 Caspi ii'avail pas ciiciiic romiins'' smi nnnmpiilain' sur pbrip. 
4. >"(Mil»aucr, Ecrivains Juifs. \t. .iJI. 



LES JUIFS DE PERSE 

AU XVIP ET AU XVIir SIÈCLE 

D'APRÈS LES CHRONIQUES POÉTIQUES 
DE BARAI R. LOUTF ET DE BASAI B. FARHAD 

(suite *) 



XXI. Schah Ahbas II monte sur le trône a Knclinn comme successeur 
(le son père schah Séfl, un vendredi, le 15 Adar*. 

A 33 «, L 24fl, P 30 6. — 67 distiques. 

Après quelques vers d'introduction, qui rappellent, entre autres choses, 
qu'Abbas II monta sur le trône à l'âge de l'enfance, le poète débute ainsi 
(v. 6 : « Écoute maintenant de ma bouche les faits de ce schah et ce qu'il 
a fait aux Juifs à propos et hors de propos. » Le premier épisode du 
régne d'Abbas II concernant le sort des Juifs est ainsi raconté. 

A Kachan il y avait encore, depuis le temps de schah Séti, un vizir' dont 
les Juifs avaient beaucoup à souffrir. Ils confièrent donc à un homme 
considéré, choisi parmi eux et nommé Khoudâd.id, la mission de présenter 
en leur nom au scliah un acte d'accusation contre le vizir. Khoudàdàd épia 
l'occasion, et, comme le schah faisait une promenade k cheval, il lui 
présenta la plainte. Il fut, de ce fait, frappé par la suite du schah; mais 
celui-ci ordonna ([u'on le laissât libre, et lui prit la plainte des mains. 11 
manda immédiatement le Diwan-Beg ^■c président du Diwan) et lui donna 
l'ordre d'examiner l'affaire au Diwan. Le vizir, ainsi que les chefs des 
Juifs, furent invités à se présenter au Diwan. L'autre, voyant que l'aftaire 
allait tourner mal pour lui, s'adressa plein d'humilité aux Juifs, les priant 

1. Voyez lomo LI. p. 121 et 26a. 

2. En 1642. Baliai, lial>itaQt Karlian et couteiiiporaiii des faits, pouvait connaitre 
aussi la "late juive de la mort de Séti. 

■i. Désii-Mié aussi dans la suite comme •< Asaf « ^SICX). Voir Revue, t. XLIV, 
p. 102, 1. 8. 



78 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

do renoncer pour coUc lois à leur plainte. I>c vizir parvint aussi, par la 
corruption, à faire ajourner la séance du Diwan. Ensuite un accommode- 
ment intervint entre les parties pour terminei' latîaire. Le vizir promit 
de ne plus tyranniser désormais les Juifs d'aucune façon et de ne pas les 
imposer injustement; de leur côté, les Juifs i)ron)irent de ne plus l'accuser 
jamais auprès du schah '. 

XXH. — Schah Abhas va an liihjui-Kàma [Jardin aa lait)* el perd un 
poignard orné de diamants. Le Jardinier troave le poignard, son aide 
le dérobe et le vend aux Juifs. Schah Abhas H lient les Juifs pour 
coupables. 

A 35a, L 20 b, P 32 a. — 89 distiqucs\ 

Dix ou douze ans après ce qui a été raconté précédemment, Schah 
Abbas II vint à Ispahan et s'installa dans le Jardin au lait. Une fois, il passa 
la nuit dans le jardin et y laissa, sans le remarquer, son précieux 
poignard qu'il avait l'habitude de toujours porter avec lui et qui était 
tombé de sa ceinture dénouée. C'était un poignard qui venait de Schah 
Tamasp, un de ses aïeux*, et il était orné d'un diamant d'un prix 
extraordinaire. Le jardinier trouva le poignard et le cacha avec l'intention 
de le voler, mais l'aide du jardinier trouva le poignard dans sa cachette 
et se l'appropria. Il brisa le diamant ainsi que les autres pierres pré- 
cieuses extraites de leur sertissure d'or, et il vendit l'or dans la rue des 
Juifs' à deux individus, qui ne savaient pas qu'il avait appartenu au roi. 
Le voleur garda le poignard privé de son ornementation, mais ensuite il 
le donna. Le schah aperçut le poignard chez l'homme qui l'avait reçu et 
le reconnut instantanément. L'homme indiqua de qui il tenait ce poi- 
gnard. L'aide du jardinier fut interrogé et avoua avoir volé ce que son 
maître, le jardinier, avait caché. Ensuite on procéda aussi à l'interroga- 
toire des Juifs à qui l'or du poignard avait été vendu. Ils nièrent avoir su 
quoi que ce fût du larcin. 

XXlll. — Les deux Juifs sont convaincus de menso)ifje devant le schah; 
le schah entre en courroux contre les Juifs d'Ispahan. 

A 37 6, L 27 b, P 34 6. — 50 distiques «. 

Le schah interrogea encore une fois le voleur, et, quand il eut répété 

1. Le récit se termine par cette reinaiiiue \\ . 63) : 

riN-iwa narrca -^abwa -iD.xa n^^a intn n;-i-'T in-^^"'^'* -"''"^^ 

« Voilà ce qu'ils éprouvèrent au début de la part de ce schali ; à la fui ils furent tous 
repousses du clieinin pour lui. » 

2. V. plus haut, chap. x. 

3. Ce cliai>itre, ainsi que les trois suivants, a été édité et traduit par Seligsoliu. V. 
Revue, t. XUV, i». 91-99. 

4. Mort en 1523. 

5. V. 34 : -^-inj» -^nilD- 

6. V. Revue, ibid., p. 99-103. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII» ET AU XVIIl* SIÈCLE 79 

sa déposition, il lut confronté avec les deux Juifs. Il les reconnut pour 
ceux à qui il av;iit vendu l'or. Le schali ordonna de les exé'cuter tous les 
deux de la manière la plus ciuelle ; mais les Klians et les émirs le prièrent 
de ne pas verser le sang à cause du poignard. Leschah retira larrèt de 
mort, mais donna Tordre de convertir les coupables k l'islamisme. L'un 
des émirs présents dit alors : « schah, ton grand-père ' lit embrasser 
rislam à un grand nombre d'entre eux; mais aucun d'eux n'a ajouté foi à 
notre religion ». Vn autre sécria : « Il faut les perdre tous ». .Mors le vizir 
suprême* intervint, avec une autre proposition concernant la totalité 
des Juifs d'Ispalian : « Si tu m'en donnes l'autorisation, je vais les chasser 
tous de la ville aujourd'hui même; je leur indiquerai un endroit oii ils 
s'établiront atin de no plus vivre au milieu de nous. De cette fac^on aussi 
je les amènerai facilement à se convertir, si tu le désires. » Le schah 
objecta que son grand-père l'avait déjà tente sans succès. Mais le grand- 
vizir déclara que son projet réussirait et qu'il ferait des Musulmans non 
seulement des Juifs dlspahan, mais encore de ceux de tout l'empire. Le 
roi écouta la proposition avec joie et donna l'autorisation de l'exécuter. 

XXIV, — Le g rand-vizir s'empare d'un prétexte contre les Juifs d'Fspahan 
et les chasse de leurs maisons. 

A 39 a, L 28 Ij, P 36fl, — 131 distiques (dans L); dans Ail y a, après le 
V. 41, deux distiques qui manquent en L; de même, après le v.73 et après 
le V. 94 (soit au total 6 vers ne figurant que dans .\') ; par conti-e les vers 
93-125* manquent dans A'. 

Le grand-vizir fit venir auprès de lui les représentants de la commu- 
nauté juive et leur fit savoir au nom du schah qu'ils devaient tous quitter 
ia ville ; il leur indiquerait un lieu où ils auraient à s'établir. En vain 
les Juifs lui représentèrent qu'ils acquittaient leurs impôts, qu'ils avaient 
d(''jà eu leurs foyers à Ispahan sous tant de rois; que la maison de Juda* 
existait depuis les temps les plus anciens et n'avait pas été fondée seule- 
ment au cours de cette année et de l'année précédente; (pi'en outre, ils 

1. Sciiah Ahhas L 

2. V. 32 : nfû^N T'TT, Dans li-s chapitres suivants, spécialement dans les titres, il 
reçoit le titre de nbllT 1S73n3'M (« Soutien de l'empire »), et aussi de « Asaf ». 

3. Chez Seligsohn, v. 40 et suiv. ; T» et suiv. ; v. 148. 

4. Chez SeliL'Sohn, v. 98-121, 129. 

5. Chez Sclif,'sohn [ibid., p. 244-255) il y a en tout cent trente-cinq distiques. Il 
manque, en etl'et, un vers de A après le v. 12S : 

et un vers de A et de L, après le v. :W : 

-1N"'03 r^T\^Xi (A : ÛH) "IH (L : m3 na N3;ii<3 113 ns \N5 ';i<3 

-iNT'Ni n3-i3: Nn;n -1-13 thnss 

6. NTirt"^ bu "1î<*t. C'est la même expression arahe que Schah .\l)l)as I emploie plus 
haut (chap. xiii, v. G3j en plaisantant. Seligsohn traduit par erreur : < la maisou du 
Dieu de Juda i. 



80 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

priaient toujours pour le schah et imploraient du Tout-Puissant une 
longue vie pour lui. Le grand-vizir les menaça, s'ils ne se soumettaient 
pas à l'ordre reçu, de chasser les Juifs de tout l'empire. Ils lui deman- 
dèrent alors de leur accorder un délai de deux, mois pour mettre en ordre 
leurs innombrables atfaires et de leur assigner pour résidence un endroit 
où l'air fiH sain. Mais il leur désigna comme future résidence une mon- 
tagne appelée Kulah Kazi ', connue pour être le repaire d'animaux sauvages, 
où l'herbe ne poussait point des lieuesà la ronde et qui manquait d'eau et 
d'air. Us y fonderaient nne ville, qu'ils nommeraient Milinat-abad (« Lieu 
de l'épreuve »). Quand les Juifs d'ispahan se furent convaincus de l'impos- 
sibilité de s'établir dans cet endroit, ils retournèrent auprès du vizir et le 
prièrent de leur indiquer un autre lieu. Il leur dit ironiquement : «Kh bien, 
allez à Takht-Poulad (Trône d'acier), c'est un bon endroit; on y trouve 
beaucoup de fumier et beaucoup d'ordures; vous ne serez jamais seuls, 
ni le matin, ni le soir'. » Les notables se rendirent alors chez le vizir et 
obtinrent, grâce à de riches dons corrupteurs, qu'il leur parlât sur un 
autre ton. Il leur proposa de s'établir dans la ville des Guèbres (près d'is- 
pahan), et d'y louer une rue, appelée « Château de Schimschâd », pour 
une demi-année, jusqu'à ce qu'on leur assignât un lieu de séjour fixe. Le 
vizir aida personnellement les Juifs à mettre ce plan à exécution, comme 
les Juifs n'avaient encore passé qu'une nuit dans la ville des Guèbres, 
ceux-ci, excités par le vizir lui-même, allèrent trouver le schah et lui dé- 
clarèrent qu'ils ne pouvaient souffrir les Juifs au milieu d'eux. Ils 
reçurent l'autorisation de chasser, eux aussi, les Juifs. Ceux-ci portèrent 
alors de nouveau leurs doléances au vizir, qui les reçut durement et leur 
ordonna d'aller où ils voulaient. La nuit du vendredi était tombée quand 
on publia dans les rues d'ispahan que les Juifs devaient quitter la ville 
sur-le-champ. Pleins de douleur et de désespoir, les Juifs se rendirent, 
avec femmes et enfants, sur le tombeau de Sérah bat Ascher *. Ils y arri- 
vèrent le vendredi après-midi* ayant dit adieu à tout espoir. Le samedi 
matin ils s'assemblèrent tous dans la synagogue. Mais une partie seule- 
ment de la communauté était allée le vendredi sur le tombeau. Quelques- 
uns étaient restés dans la ville, et parmi eux le chef de la communauté, 
Sa'îd, riche orfèvre, et deux autres chefs de la communauté, Obadya 
etSasson. Ils avaient bien, pour obéir à l'ordre du vizir, abandonné 
leurs maisons, mais à l'entrée de celles-ci ils avaient disposé des tentes 

1- ""iïNp rrNblS (A oithognaphie "^^Np, I.. "'TXp), « Boniu't du Jii,ir«' ». 

2. La seconde paitie de cette réponse du vizii- manque chez Seligsohu, parce qu'il a 
passé un vers après le v. 33 (voir le commencement de ce cliap., n. 5). Le « Trône 
d'acier » était, sans aucun doute, une hauteur aux environs dispahan, (|ui servait de 
dépôt pour le fumier (n3, gouh) et les cliaioiines. 

3. V. 73 (Seligsohn 77) : TCN r3 ÏTlï: TTI "IT Inc-îD. Voir plus haut, chaii. vu. 
La synagrogue, dont il est question plus bas, se trouvait auprès du tombeau. 

4. V. 74 : nST'O-l N531N ni3 n^Wa 'j-'OD. Seligsohn tp. 2:i-2) traduit ainsi par 
erreur les deux premiers mots : « C'était une vieille synagogue ». 



LES JUIFS DE PERSE AU XVll'' ET AU XVIII» SIÈCLE 81 

provisoires avoc de vieux draps', dans les(iiielles iLs passèrent la nnit du 
sabbal. F-e matin, ils furent menés devant le vizir par les soldats de 
ee dernier. Il leur ordonna de ([uitlcr la villo seanet> teiiant(\ ou bien de 
faire profession de foi niusulmane entre les mains du stliali. Us sortirent 
donc, eux aussi, de la ville le samedi et allèrent au tombeau de Sérah bat 
Aschcr. Ceux qui s y étaient réunis virent avec effroi les nouveaux arri- 
vants, et parmi eux leurs chefs, Said et Sasson. Mais il était venu aussi 
des soldats qui avaient l'ordre de ramener les Juifs dans la ville devant le 
vizir. Quand ceux-ci se tinrent tout tremblants devant le vizir, ee dernier 
adressa la parole à Sasson et dit -. >< Quittez le pays tout à fait, ou faites-vous 
tout de suite mahométans sans hypocrisie! » Sasson répliqua : <> Sa'ld est 
le Molla et le maître de nos enfants; s'il se fait musulumn, je consens à 
accepter aussi la foi nouvelle. » Là dessus Sa'îd fut invité à se faire mu- 
sulman. Il répondit : « Je ne puis abjurer ma foi. Ne sommes-nous pas 
musulmans aussi d'après le rite de Juda'? Nous également, nous recon- 
naissons Dieu comme unique. » Le vizir donna l'ordre d'exécuter le 
vieillard (Sa'id) de cruelle façon. Le malheureux demanda alors un délai 
jusqu'au jour suivant, ce qui lui fut accordé. 

XXV. — Le grond-vizir convertit à l'Fslam les Juifs cl'Tspahan et leur fait 

du bien. 

A 42^, L ;M a, P .39 6. — 55 distiques ; 52 6 et 53 a manquent en A \ 

Le matin suivant, Sa'îd fut amené devant le vizir, qui l'accueillit avec 
des paroles aimables et lui demanda si Ali ne lui était pas apparu en 
songe*. Sa'id le pria alors de lui accorder, en considération de son âge et 
de sa faiblesse, une résidence paisible ainsi que sa subsistance. On lui 
donna un caravansérail^, où il put passer sans trouble le restant de ses 
jours. Puis il fit profession de foi mahométane. Son exemple fut suivi par 
les autres Juifs d'Ispahan ; un grand nombre d'entre eux obtinrent difté- 
rents présents et bénétlces. Il fut statué ([ue chaque homme recevrait un 
ou deux tomans d'or, qu'on leur donnerait, en outre, 5,000 deniers d'or du 
trésor royal et qu'ils toucheraient pour les femmes 15,000 pièces d'or de 
Tébriz. Quand ceux qui s'étaient tenus cachés jusque là entendirent par- 
ler de cet or, ils vinrent également et réclamèrent leur part. « Par amour 
de l'or ils sacritièrent leur religion, ils ouvrirent de tous les côtés la porte 
à l'épreuve. » Après que les Juifs d'Ispahan eurent passé à l'Islam, l'idée 
vint au vizir de faire aussi musulman.s les Juifs des autres provinces de 



1. V. 86 (Seligsohn 89) : n3r03 Dnn ni^D ^NrmN!^ r!72"'"'D "»N53. Les deux 
premiers mois (>< en place d'une tente ») sont inexactement traduits par Seliirsoiin : 
« dans l'endroit 011 ils campèrent ». 

2. V. 122 (Seliu'sohn, t. 121/ : Nmrîi V"'^^ n-'rN^abOT:. 

3. V. Revue, l. c, pp. 255-259. 

4. V. 10 : rîTiT 3i<b m -^"sy 3C73N "1372. V. plus liant, rliap. iiv. 

5. C'est-à-dire : le lo^'emetit et tous les soins dans cet établissement. 

T. LU, x" 103. G 



82 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l'empire' Il exposa son plan au schah ; on publierait dans toutes les villes 
que les Juifs devaient adopter rislani; les i-écalcilrants seraient tenus de 
partir et n'auraient plus ni feu ui lieu'. Le scliali donna l'autorisation 
de mettre à exécution ce plan, mais sous la condition qu'aucune violence 
ne serait exercée pour convertir les Juifs k la croyance schiite. Le vizir 
écrivit dix-huit, lettres qui devaient porter dans les différentes villes 
l'ordre d'apostasier; et tandis que les lettres attendaient le sceau royal, .la 
rumeur s'en répandit dans toutes les villes. Partout des jeûnes furent 
observés par les Juifs et des aumônes distribuées; on secourut les veuves 
et les orphelins et l'on sonna de la trompette. 

XXVI. — Ces tristes nouvelles arrivent à Kachan; la communauté juive 

est bouleversée. Un général arrive et fait maliomélans tous les Juifs de 

Kachan . 

A 44 a, L 32 6, P 41 a. — 182 distiques dans L; les vv. 6y et 117 manquent 
en A; dans L il manque un vers avant le v. 93; à la place du v. 170 de L 
il y a trois autres vers dans A. 

A Ispahan vivait un marchand de Kachan, nommé Zakarya. 11 écrivait 
continuellement a ses amis de Kachan des lettres où il les rendait attentifs 
au danger menaçant et leur conseillait de s'adresser au schah pour lui 
demander sa protection. Mais les Juifs de Kachan ne croyaient pas au 
danger; ils comptaient sur leur protecteur, l'émir. Açad, qui vivait à la 
cour, et s'endormaient dans leur sécurité. Tout à coup la nouvelle arriva 
qu'un général', en route vers Kandahar, où il allait faire la guerre aux 
Hindous, devait passer aussi à Kachan. Ce capitaine, qui était assimilé 
pour le rang au grand-vizir, fit halte, avant de marcher sur Kachan, à 
iSatanz'% et lit venir auprèsde lui les quelques Juifs qui y demeuraient. Il 
les somma d'accepter l'Islam ; mais ils lui répondirent : « Nous apparte- 
nons a la communauté de Kachan ; ce que les Juifs de cette ville feront, 
nous le ferons aussi. » Le général leur permit d'aller à Kachan, où la 
nouvelle qu'ils apportaient provoqua une vive consternation chez les Juifs. 
Des jeûnes furent observés, des vœux prononcés, et toutes sortes de 
moyens furent proposés pour détourner le malheur qui menaçait. Le 
mardi 7 Adar '*, le général arriva avec son armée et établit son camp près 

1. V. ."iS : i-iï<"'T in ne siguilie pas « dans toutes les maisons », comme Seliur- 
soliii traduit, mais « dans toutes les contrées ». 

2. 4.-; : c=-i ^^':'\^^^ nn":i3 nt ni5 -io DNboN v"» "iî^n^î n^six nax 

(Var. CND). Seligsohn, comprenant mal la phrase "insii mb "10, a traduit ainsi le 
second hémistiche : « (ju'on lui coupe la tùte... ». 

3. V. 19 : A : 'îN-|\X INrND nriDO (L : INTSIN IxbwSD nso). 

4. V. 24 : T2n3. 

5. V. iiO : ININ r!N73"l3 ûncn "'Tia rtD ...nrc no m... ; mais comme plus 
bas, au chap. xxix, le vendiedi suivant est désigné comme étant le 10 .\dar, il faut 
lire ici Cnsn, au lieu de Dn"»:^"- L'année n'est pas indiquée, mais plus loin, au 
chaj). Lxxvi, il est dit lorînellenicut que le général vint à Kachan eu 3416 (1656; ; 
c'est l'année où Bahai conçut !e plan de sou ouvrage (v. chap. iv). 



LES JUIFS DE PERSE AU XVll" ET AU XVIII* SIÈCLE 83 

de Kachan. Le même jour, il s'informa de la situation des Juifs. Le len- 
demain, il fit venir le Nasi (président; et le Molla Mardochée, et, en pré- 
sence de vizirs, de scheikhs et de greltiers ', il somma dabord le INasi 
d'abandonner sa foi et de devenir musulman. Le Nasi demanda un délai 
jusqu'à ce qu'un envoyé se rendît auprès du grand-vizir et du schah ; si le 
schah donnait, lui aussi, Tordre dapostasier, ils se soumettraient. Mais le 
général déclara qu'il ne pouvait y consentir, ayant reçu du schah la mis- 
sion formelle de convertir les Juifs de Kachan '. Le Nasi songea alors à se 
tirer d'affaire au moyen d'une ruse. Il voulut mettre en avant Molla 
Eléazar, qui se distinguait par le don de la parole, et dans ce but il dit au 
général : « Fais dabord un musulman de notre chef suprême', nous sui- 
vrons alors son exemple. » Comme on lui demandait qui était ce chef, il 
indiqua Molla Eléazar. Celui-ci fut obligé de s'avancer, et le général lui 
dit : « Petit Juif^, prononce la confession de foi; deviens le frère des 
nôtres, reconnais le gendre du Prophète, profère, en lui rendant hommage, 
le nom d'Ali et de sa famille *. » Dans sa réponse négative, Molla Eléazar 
invoqua les miracles de Moïse, que le général connaissait aussi, en fidèle 
musulman. Là-dessus un grand tumulte s'éleva dans l'assemblée, et le 
général ordonna d'une voix de tonnerre de châtier le Molla. Les gardes 
s'élancèrent, lui arrachèrent les vêtements du corps et le frappèrent jus- 
qu'à ce qu'il tombât sans connaissance. Quand il revint à lui, il fut mis 
pour la seconde fois en demeure de faire sa profession de foi. Il répondit: 
« La profession de foi est un témoignage, je n'en ai aucun, comment 
pourrais-je le rendre, ô mon Dieu*?. » Le général commanda qu'on le 
mît à mort. Mais avant que les soldats se fussent élancés sur lui avec leurs 
épées, un de ses élèves chuchota à l'oreille du Molla de sauver sa vie. Et 
Molla Eléazar se déclara prêt à devenir musulman. Le général lui dicta 
lui-même la profession de foi, et il la répéta le cœur meurtri. .Molla Salo- 
mon fut alors sommé d'abandonner sa religion. Il essaya lui aussi d'im- 
pressionner le général par un discours qui l'émut fortement. Il lui dit, 
entre autres : « U Khan, crains le jour de la résurrection! Nous autres 
Juifs, nous te saisirons ce jour-là par le bord de ton vêtement et nous ré- 
clamerons notre droit à Dieu. » Ces paroles provoquèrent chez les Musul- 
mans présents de bruyantes manifestations d'indignation. Molla Salomon 
demanda alors un délai d'un mois. Le général déclara qu'il ne pouvait 



1. V. 00 : 103173T 'i"«ï51 '^\''f^ TN T:N03 ■ f<"'C3T N^lTj "jNWT "IT TID 35^. 

2. V. 67 : 11! schali lui .luraii i-imiinainlc : 

■i. V. 7:5 : N73 '^NTC-'C. 

4. V. 78 : nnin"*, liiiniiiutif lio T\r' . comme "^lITû (v. 173) de -l-.r- 

5. V. 79-80 : -,37:-'-'D IN^NTl V^r^X "IwS-^n -nN-|3 IIIC N73 m mrN 1T03 

6. V. 99 : -^riNrN N"« 173 Dm pi aiNiD "'nxni non m^nu: nbiu nD33. 

I.c mi)t employi; pour dirti : prufcs.siuu de lui mNTTw si^uilie lui-mcme : 
lémoi^'najju. 



84 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l'accorder, ne fût-ce que parce qu'il voulait lever son camp dès le lende- 
main et continuer son chemin. C'est ainsi que Salomon céda alors, lui 
aussi, en disant : « Je suis âgé, et je crains de mourir sous les coups de 
bâton. » 11 prononça la profession de foi musulmane, et Molla Mardochée 
le suivit également par peur des tortures dont on le menaçait. Tous les 
trois durent manifester publiquement leur défection à la confession juive 
en mangeant de la viande avec du lait aigre *. — On attira encore l'atten- 
tion du général sur un homme distingué par sa science, nommé Aga Mir 
Abdoul ; si celui-ci embrassait l'Islam, tous les autres le feraient aussi 
sans balancer. Mais Aga Mir tit preuve d'une grande fermeté. Quand le 
général donna l'ordre de le tuer, il déchira lui-même son vêtement et 
s'ofirit aux soldats. On lui posa sur le cou une épée menaçante, affilée 
comme un diamant, mais il s'écria sans crainte : « Tue-moi, car c'est mon 
désir; tue-moi enfin, car c'est le chemin de la foi ' ». Son zèle religieux 
excita l'admiration, et même le général conçut de l'estime pour lui. Il lui 
demanda : « Gomment puis-je te laisser seul dans Kachan comme Juif, 
après que tous les autres ont adopté l'Islam ?» Aga Mir demanda alors l'au- 
torisation de pouvoir émigrer avec les siens à Samarcande. Le général 
n'ayant pas voulu lui accorder cette faveur, un des notables présents, 
nommé Wéli, se présenta et pria qu'on lui abandonnât Aga Mir ; il arran- 
gerait l'affaire dans la nuit suivante. 

XXVIl. — Wéli Zarràbi emmène Aga Mir dans sa maison et cherche 
à le convertir; mais Aga Mir Abdoul ne cède pas. 

A 49 6, L36a, P46 6. — 31 distiques. 

Dans la maison de Wéli, où celui-ci avait fait venir Aga Mir, se trouvait 
une femme de mœurs légères, avec laquelle il voulait faire, sur la ter- 
rasse, de copieuses libations au clair de lune. Tous deux emmenèrent 
donc Aga Mir sur la terrasse, et après l'avoir égayé par toutes sortes de 
récits et de propos légers, ils se mirent à l'engager à faire profession de foi 
de l'Islam ; il entrerait ainsi un jour au paradis. Il répliqua : « Le paradis 
est un lieu de vérité ; comment laisserait-on des menteurs dans le paradis ? 
Si vous me contraignez par la violence à la profession de foi, vous me con- 
traignez au mensonge. Comment peut-on confesser quelque chose dont 
on n"a pas été témoin ' ? Je tiens de mes aïeux la tradition qu'il n'y a pas 
de religion véritable sauf celle de Moïse». A ces mots, ils commencèrent 
à maltraiter Aga Mir ; ils le saisirent par les pieds comme s'ils voulaient 
le précipiter du haut du toit. Mais lui, récitant avec recueillement le 
Schéma, arracha tout d'un coup son cœur loin du monde et ne sentit per- 

1. Voir plus haut, chap. xiii, v. 22. 

2. V. 162-163 ; TiTo "^N ;033 NnËa V2n hun '>ri5 ^^3 p'^T^ a-«n -i*'T3 

noDiT rnN-i 'fD n-i« "i5n 'CJDa Doz^^zn ubny m ms:p?: ni» 

3. V. 11 :n;rN-in iN n:ia ni ni mxn'wi tjîo: ■'îNn nnxo hd ""OD. 

V. plus haut, p. , n. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII* ET AU XVIlP SIÈCLE 85 

sonne au-dessus de lui que Dieu seul '. Après qu'ils l'eurent maltraité, la 
femme galante l'entreprit par toutes sortes de paroles câlines, et lui fit 
même couler de force dans la bouche un peu de vin mélangé avec de 
l'eau de rose et du sucre. Le lendemain matin ses proches vinrent et le 
trouvèrent dans un état effrayant ; ce ne fût que grâce à la corruption 
qu'ils réussirent à emmener le malheureux hors de la maison de Wéli. 

XXVIII. — Aga Mir Abdoul va à Sana - pour accomplir un pieux 
pèlerinage^ ; il meurt à Sana''. 

AoOb, L 36 b, P 46 6. — 54 distiques. 

(Dans A le texte de ce chapitre et du suivant est lamentablement em- 
brouillé ; je donne en note un tableau des textes respectifs*. La princi- 
pale différence des deux textes consiste en ce que la majeure partie du 
chap. XXIX (au milieu) de L a été introduit, en A, dans le chap. xxvni, et 
en ce que la fin du chap. xxxii se trouve en A entre le commencement 
et la fin du chap. xxix de L. 

A la suite des mauvais traitements qu'il avait subis, Aga Mir dut garder 
le lit pendant trois mois. Quand il quitta son lit de douleur, il fit venir 
ses proches et leur dit : « Je veux me rendre en secret à Jérusalem et 
vous emmener aussi avec moi. Dans ce but, je vais d'abord transporter 
tous mes biens à Sana, et revenir ensuite pour vous prendre avec moi. » 
Il se mit à développer son plan, « mais la mort courait, telle une ombre, 
derrière lui* ». A Sana il retomba malade et il y mourut. Il fut enterré 
au milieu de grandes lamentations. « Il partit, et son beau nom resta au 
monde ; il convient assurément de l'appeler prophète '. » 

Quant aux Juifs de Kachan •, près de soixante-dix avaient été con- 
traints de prononcer la profession de foi de l'Islam dans la séance qui 
s'était tenue le mercredi ' sous la présidence du général. Leurs répliques 
avaient été inutiles, et c'est en vain que l'un d'eux, en particulier Aga 



1. V. n-18 : n230 anpTon ai IN ma "o nms N3 ni yiz'O »-iii-ip n:wN53 

2. Localité près (le Kachan. 

3. C'est ainsi qu'il faut rom[irenilre les mots rNHI 'j'^T """NT TN l.V «lit seulement : 
PT ^INT TN), ainsi qu'il n'sulle 'lu contenu du cliapitre. 

■i- rr.o -n pr:; rxNi nz- abirai. 

5. A ïxvni, 1-36= L 1-36; 37-100 = L xxxix, 7-"0 : 101-118 = L 37-;i4. 
A XXIX, 1-6 = L 1-6 ; 7-2.^ = L xxxi, 11-29. 

A xxixa, 1-8 = L xx\u, 1-8 ; 9-17 — L xxix, 71-79. 

A XXX = L: A xxxi, 1-10 = L 1-10 ; 11-35 = L sxxii. 9-33. 

6. V. 14 : nDNn •'73 b^ariT m rr'XD "iii: bat». 

7. V. 34 : n:K5 iwas: tn -s-^ N-nx hto -i:n73 iNna m cd^: aNïi nâ-ia. 

8. Au V. 3o. le poète, ayant éimisé l'episorle il'Aga Mir. repreml U- (il de la narra- 
tion racontant la conversion des Juifs de Kachan au point où il l'avait interrompu a la 
fin du chai», xxvi. 

9. V. 43 : C3:ïJ nsi- C'élat le S Adar. V. jiMis haut. 



86 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Khoiuladad, avait pris la parole pour détourner la conversion imposée. Ces 
soixante-dix étaient « les veux et l(s lumières de la ville de Kachan, 
considérés autant que sages et instruits; en aucun pays il ny en avait de 
tels, tous pieux et cultivant l'étude de la Tora ». Ils furent congédiés 
ainsi que les autres Juii's, avec Tordre de revenir le lendemain. Mais afin 
de les empêcher de s'enfuir ou de se dérober à l'apostasie par le suicide, 
on envoya le matin du jour suivant dans le quartier juif des soldats qui 
en emmenèrent les habitants au chàteau-fort '. 

XXIX. — Le vizir et le cheikh viennent le vendredi au chàteau-fort 
et convertissent à l'Islam toute la communaulr juive. 

A 54 6, L 37 b, P 48 a. — 79 distiques. 

Le jeudi, les Juifs rassemblés dans le châtcau-foit furent conduits 
devant la place du gouvernement -. Le général parut et leur annonça qu'il 
leur apporterait le lendemain une bonne nouvelle. Pleins de confiance, 
ils retournèrent dans leurs maisons et passèrent la nuit en joyeuse com- 
pagnie. Le matin du jour suivant — c'était le vendredi 10 Adar * — ils 
furent de nouveau tous convoqués au chàteau-fort. Soudain ils y virent 
apparaître le vizir *, suivi des cheikhs et d'une escorte de soldats armés. 
Le vizir donna l'ordre d'amener au même lieu les Juifs ijui avaient pu se 
cacher. Quand ce fut fait, le vizir tint le discours suivant aux Juifs assem- 
blés : « Avancez, l'un après l'autre, avec une crainte respectueuse, et 
prononcez la profession de foi ; devenez en cet instant musulmans d'un 
cœur sincère. Je vous pose ainsi sur la tète une couronne allière, car 
vous êtes rehaussés, de ce fait, pour ce monde et pour le monde à venir ». 
Là-dessus, de grandes plaintes s'élevèrent parmi les Juifs, et ils décla- 
rèrent qu'ils ne pouvaient pas se détacher de la doctrine de Mo'i'se. 
<< Quand vous nous cliargeriez de triples fers, nous resterions encore fer- 
mement attachés à notre racine; quand tu laverais le nèi;re mille fois, tu 
chercherais en vain sur lui une (race blanche" ». Le vizir en fît alors' 
sortir quelques-uns et les invita à se convertir. Il reçut cette réponse : 
« Sache que, même si tu nous fais musulmans en cet instant, nous ne 
serons jamais musulmans de cœur et que nous né sommes pas rebutés 
du fils d'Amram. Cette boucle ^ nous a été montrée par nos a'ieux ; c'est 
dans cette voie que nous voulons marclier vers le monde à venir. » Le 
vizir ordonna de cliâtier ces iiommes — ils s'appelaieni : Moïse, Abraliam, 



1. T1N3 p"«rD m. 

3. V. 12 : -1X1X3 oimi rrmx ■'■na. 

4. Appelé aussi noX- r,'ost le trouvorncur do Kacliaii. 

5. V. 31 32 : 

■'•«IJ n: •^"'T "13 "IPX X-l ■'T'LO '^•'■103 -52T l-'X -1X3 "[XnXTT! 

6. m3'5 'J'^X- Il s'agil (le la bmiclc du l.i Iciiiiic ;« pc.di »,i, le si^iio cxtiTiour 
des Juifs. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVIP ET AU XV111« SIÈCLE 87 

Ezra, Jacob — de coups de bâton. Le découragement s'empara des autres 
Juifs, et ils furent les témoins muets du châtiment. Alors l'un des cheikhs 
se leva et dit dans un but artificieux : « Répétez tout ce que je vais 
réciter, afin d'être rehaussés ! » Les Juifs crurent que le cheikh voulait 
venir à leur secours ; aussi firent-ils tous silence et écoutèrent-ils ses 
paroles. Mais il prononça les termes de la profession de foi, et les Juifs 
les répétèrent un à un après lui '. Un cri s'éleva alors : « Maintenant vous 
êtes tous, grands et petits, devenus musulmans; vous venez de proférer 
en présence du vizir la profession de foi. A présent, vous n'avez plus qu'à 
manger de la viande avec du lait *, et vous pourrez alors continuer à 
marcher sur le droit chemin. » On apporta de la viande avec du lait, et 
chacun dut en manger une bouchée ; il leur sen)bla que c'était du poison ^. 
Lorsqu'en outre leurs noms à tous eurent été pris par écrit, ils reçurent 
l'autorisation de retourner chez eux. Le soir du sabbat avait commencé, 
mais les Juifs, affligés, s'assirent dans leurs maisons xiu milieu de la 
poussière et de la cendre, tandis que les synagogues restaient fermées. 
Us passèrent la nuit dans les lamentations ; « ils étaient tous devenus 
« mat » au jeu d'échec des sphères* ». -^ Le samedi matin ils durent se 
rendre dans leurs boutiques, et ils s'y assirent, « comme un oiseau pris 
au nid ». Le cheikh vint dans la matinée avec d'autres Mahométans con- 
sidéral)les et fit une visite au Nasi. Les Juifs furent obligés ensuite de 
prendre des montures et de se rendre à la mos([Méc, oii <> les loups et 
les brebis firent ensemble la prière de l'après-midi ' ». 

XXX. — Le vizir de Kachan fait venir auprès de lui les Juifs devenus 
néo-musulmans'', l^ur offre en présent des vêtements honorifiques et fait 
du bien aux pauvres. 

A56rt, L30a, PïjOb. — Vt distiques. 

La fête du Nouvel-An ' étant venue bientôt après, les nouveaux conver- 
tis reçurent en présent des vêtements bigarrés, et leurs noms furent ins- 
crits dans un livre. Un mois plus tard, le vizir reçut du schah l'ordre 
de donn(M-à chacun d'eux un toman d'or. Mais le vizir procéda d'une fa- 
çon intéressée à la distribution de l'argent et en défalqua le prix des 
habits qu'il avait répartis de son côté. — Les Juifs de Kachan devenus 
mahouK'tans se divisèrent eu trois groupes. U y en eut ijui, Juifs chez 

1. V. 52 : 

2. Voir plus liant, rlinp. xm. \. 22. 

3. V. o8 : m73n zz rzr, -;:nw. -,:■: ":-. 
4 V. C)'» : nx73 rx- nmn ^^~t ;:-::wT. 

5. V. 7 4 : ';w\-:;"'72"i :."i:i in-D lirr tj»?::. 

6. L : N-i 1î<73?073 m3 INnTNtti pN- A dil muI.iiiimiI N" PJW':;. 
T- T1"m3. If Nouvel-Aii des Persans (t-ii mars). 



88 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

eux, étaient musulmans au dehors ' et vacjuaient à leurs affaires le samedi. 
D'autres se tenaient caches pendant le sabbat et lisaient la Tora et le Tar- 
goum. L'n petit nombre seulement se détacha complètement de la doc- 
trine de Moïse. 

XXXI — Eccit touchant la ville de Hamadan, et comment le Khan de 
cette province * convertit à l'islamisme les Juifs de Hamadan. 
A 57 a, L40rt, P51a. —29 distiques. 

Quand les Juifs de Hamadan apprirent ce qui s'était passé à Kachan, 
une vive anxiété s'empara d'eux. Ils observèrent beaucoup de jeûnes, 
tirent des aumônes et se lamentèrent sur le tombeau d'Esther '. Un jour, 
le Khan de Hamadan fit venir la communauté juive et fit savoir à l'assem- 
blée au nom du schah qu'ils devaient embrasser l'Islam ou quitter la ville. 
Les Juifs déclarèrent qu'ils ne pouvaient pas devenir infidèles à leur foi 
et sollicitèrent l'autorisation d'émigrer à Jérusalem*. Le Khan, plein de 
fureur, répondit que, s'ils ne voulaient pas se faire musulmans, il les li- 
vrerait tous au bourreau. Les Juifs résolurent alors de se soumettre, 
puisque c'était une fatalité que leur envoyait le ciel*. Ils dirent au Khan : 
« Donne-nous de l'argent et nous nous ferons musulmans. » Le Khan 
donna à chacun d'eux un toman d'or, et ils firent d'un trait leur profes- 
sion de foi. Toutes les synagogues furent ensuite fermi'es. Les Juifs de 
Hamadan émigrèrent en partie au Kurdistan ainsi qu'à Bagdad et à Schah- 
roud, et partout ils, excitèrent la désolation en Israël*. 

XXXII. — Le Khan de Hamadan se rend à la cour royale'' {a Ispahan] 
pour toucher l'or, mais le grand-vizir ne le lui donne pas. Il revient à 
Hamadan et reprend aux Juifs l.' argent qu'il leur avait donné. 
A 55 a, L40 6, P52 6. — 33 distiques. 

Le Klian de Hamadan alla à Ispahan et annonça au schah la conversion 
des Juifs de sa ville ; en même temps, il demanda le remboursement des 
sommes qu'il avait payées. Le schah le renvoya au grand-vizir. Mais celui- 
ci refusa la restitution, parce que le Khan aurait pu prendre au piège les 
Juifs par la ruse et sans faire appel à l'or. Revenu chez lui les mains 
vides, le Khan se décida alors à repr(>n(ire Umii- or aux Juifs. Il se fit même 
payer deuxtomans au lieu d'un qu'il avait donné à chacun. Kn échange, 
ils reçurent l'autorisation de retourner à leur croyance et de rouvrir leurs 
synagogues. 

1. V. 27 : iî<73"?Dr iT 121 "'nn;* r!:wN:2. 

■2. I, : -in -10 IN IND. A porlc -ni-iD an lieu de nn lO- 

!!. Li' rclclire lien de iiclciiiiairc, iiiciitiiiiiiH' aussi par lîi'iijaiiiiii ilc Tiidcle, V. Jctr. 
Quart. /<(•('.. t. XVII. 7SI. . 

i. V. i;{ : Dip"»2 rj* n'2 — ! rir"-::. 'in?:"'1-. 

.•;. V. i« : mniy tx "[n-î ^r.- i7:wS -!-^-:2 m:mr tn n-iTS ';"'= -;tj rp"- 

ti. V. -Ji; : -m i^bx-iC"' ■'V- -12 n3n:-6 miriwXCT -iNn;3 "«-in xn ".inD-ia. 

7. ll"lf<. K\|iii'minii siiiiMiit iiiipInyiH' ailk'iiis ciiciirf par Haliai. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII« ET AU XVIIF SIÈCLE 89 

XXXIII. — Le grand-vizir adresse une remontrance au Khan de Hamadan. 
Celui-ci s'irrite contre les Juifs, leur extorque des amendes * et les fait 
pour la seconde fois mahomctans. 

A586, L41 b, P536. — 55 distiques. 

Lorsque le i,'rand-vizir apprit ce qui s'était passé, il envoya au Khan une 
sévère remontrance pour avoir permis aux Juifs de revenir à leur 
croyance, et il lui enjoignit de se conduire envers eux avec la dernière 
rigueur. Le Khan résolut alors de faire contre les Juifs de Hamadan un 
beau coup qui lui valût les éloges et la distinction du schah ainsi ([ue la 
satisfaction du grand-vizir. Il manda les Juifs et leur fit des reprociies de 
ce que sa vie avait été mise en danger a cause deux, et de ce que le schah 
et le grand-vizir étaient devenus ses ennemis. Ensuite, il ordonna de les 
jeter tous dans les fers et de les intimider par de mauvais traitements, au 
point que, dans leur découragement, ils invoquèrent leur qualité de maho- 
métans '. La-dessus, le Khan leur déclara qu"il ne les mettrait en liberté 
que si chacun d'eux payait une amende de trois tomans ; sinon, il les 
ferait mettre à mort pour avoir fait défection à llslam. Pendant deux 
mois ils languirent dans les cachots jusqu'au moment où ils se déclarèrent 
entin prêts à payer l'amende. Les hommes restèrent en otage jusqu'à ce 
que les femmes eussent versé l'argent. « l'ne violence telle que celle de 
Hamadan, les Juifs ne l'ont pas subie dans tout l'Iran '. » 

X.XXIV. — Les événements de Khounsar et de Goulpai/etfan *. Klinlîl-Klian 
fait venir les Juifs auprès de lui et en fait des mahométans. 

A60a, L42 6, PSSrt. — 46 distiques ; le v. 18 manque dans A. 

A cette époque vivait un Ktian, nommé Khalil, guerrier valeureux de 
la tribu des Lours*, à qui les villes de Khourremabad, de Khounsar et de 
Zagalpadj • payaient des impôts. Quand il apprit ces faits, il manda les no- 
tables des Juifs de Khounsar et de fioulpayegan, et leur ordonna de quitter 
les villes qu'ils habitaient et de s'établir à une distance de trois para- 
.sanges ; car il voulait, disait-il, donner leurs maisons à de fidèles maho- 
métans. Ils répondirent: « Nous somuies en possession de ces maisons 
depuis d'innombrables générations^. Où pouvons-nous nous bâtir une 
ville spéciale pour nous-nirmes ? Si nous sou)mes de trop pour le schah 

■2. V. 36-37 : nTxn iNiT'ircs Nt3 "13 Nii mKH":; a"'nr"'i:i d-'ïwNtq'îdt: 
3. iN"i"'N '= VS"'i3r -izz^zz "iHinizTi -n ncTAn r,z> "';:77 -j^sri. 

■i. 'IΫ;''''X£'r'iT 1X03"ir. n scnililr (inc rr sont deux villes sn-ms. 
"). C't;st lo |ii'U[ilr du Liniiistaii. pioviiiri' ili- l,i I>iT>r. (|)iit la caiiilali- i-st Kiioiii- 
remahail (v. (irundriyis ticr iraiiisi-ûi-n l'/iito/ni/ie. Il ISSV;. 

6. V. 7 : 5NS ViT. 

7. V. Ki :' 



91 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

en ce monde, qu'il ordonne de nous tuer! » Le Khan leur proposa alors 
de devenir unisulrnans; dans ce cas, ils pourraient rester dans leurs de- 
meures sans être troubh's, et, de plus, ils ne verraient pas le feu de 
l'enfer au jour de la résurrection. Ils demandèrent un délai pour pouvoir 
prendre une résolution. Mais le Khan insista pour leur faire prononcer 
tout de suite la profession de foi ; il promit également de donner un 
toman d'or à chacun d'eux. C'est ainsi qu'ils devinrent musulmans. Le 
jour où il voulut leur donner l'argent qu'il leur avait promis était un 
sabbat ; aussi les nouveaux convertis le prièrent-ils de ne pas leur impo- 
ser le péché d'accepter de l'argent le sabbat. Le Khan leur dit en riant: 
« Juifs, pourquoi donc êtes-vous devenus musulmans ? Prenez l'argent 
et allez-vous en tranquillement chez vous. » 

A Goulpayegan demeurait alors un homme de Bagdad, nommé Abra- 
ham. Il déclara qu'il voulait risquer sa vie et chercher à obtenir du schah 
un arrêt favorable aux .luifs. 

XXXV — Abraham Bagdadi se rend à la cour royale {à Ispahan) et pré- 
sente au roi une plainte. Il lui en arrive malheur, mais il obtient une 
sentence et ils {les Juifs de Khounsar) peuvent garder leur religion. 

A 61 6, L43^, P5Ga. — 57 distiques. 

Abraham Bagdadi alla à Ispahan et chercha une occasion de faire par- 
venir au schah sa requête. Elle s'offrit à lui, une fois que Je schah chas- 
sait avec son premier vizir et une nombreuse suite. Abraham se fit un 
passage et tendit air schah sa supplique en implorant son secours. Mais à 
ce moment, la monture du schah se cabra, et les gens de la suite, pris 
d'effroi, poussèrent de hauts cris. Les gardes se précipitèrent sur Abra- 
ham et le rouèrent de coups, de sorte qu'il tomba par terre. Le schah le 
remarqua, accourut, rempli de pitié, auprès du malheureux étendu sur 
le sol et demanda au vizir qui était cet iion)me Le vizir répondit : « C'est 
sans doute quelqu'un qui voudrait avoir de toi un toman d'or, et qui s'est 
laissé renverser par amour de l'argent. » L'homme de Bagdad entendit ces 
mots, leva la tête et protesta contre les paroles du vizir. Puis il continua : 
« Pourquoi, puisque tu es un schah prati(}Mant la justice, Moïse est-il 
moins considéré de ton tempsque n'importe ((ui ? Ily a autantde Cuèbres 
et d'Arméniens à Ispahan que le sable du désert ; pourquoi ne fais-tu pas 
deces idolâtres des musulmans? Poui-lant, obéissant à la Tora, nous fai- 
sons de nombreuses prières pour le salut du schah ' ! » — Le schah se sen- 
tit ému par ces paroles, et il donna l'ordre de résoudi-e l'affaire de cet 
homme k la prochaine séance du Diwan-. Dans l'intervalle, le grand-vizir 
voulut le déterminer par des menaces à se désister de sa plainte Mais 

1. V. 21 ot ss. : 

"«7X703 DTnn i:d3 mn -«nd ■'s ■'TwNo: -jj inu'îd^û in^"'^ ^""^ 
rN"»» 132: N3 N7:\N □■'DN5 ^i2n nxmp \nd -n n^T riNO ■•■'NTT 



LES JUIFS DE PERSE AU XYU" ET AU XVIIP SIÈCLE 90 

Abraham resta fernio. Sa requête parvint au schah, (jui renditle jugement 
suivant et le fit remcttro par écrit k Abraham Bai^dadi : Les Juifs do 
Khounsar et de Goulpayegan pouvaient garder leur ancienne toi et ne de- 
vaient être soumis à aucune contrainte; seuls ceux qui avaient déjà fait 
profession d'islamisme entre les mains du Khan devaient conserver leur 
nouvelle croyance. 

XXXVI. — Le (jr and -vizir envoie l'ordre on ijoovennnnenl de Chiraz de 
faire de fous les Juifs de Chiraz- et de Lar des niahouiélans. 

A63/>, L446, PoTb. — 87 distiques; le v. TîS maïuiue dans A. 

(Juand les Juifs de Chiraz apprirent ce qui était arrivé, ils eurent peur 
du sort qui les attendait. Us organisèrent des offices de jeûnes; deux fois 
par semaine on sonna de la trompette et on récita la confession dos 
péchés, réservée aux époques de malheur. La nouvelle se répandit jus- 
qu'à Lar et Bender, et partout ce ne fut que lamentations. Un jour, tous 
les notables des Juifs furent mandés devant les grands, et on les informa 
en séance publique que, d'après un ordre du «chah, tous les Juifs devaient 
s'exiler avec femmes et enfants, mais en laissant leurs biens, à moins 
qu'ils ne voulussent embrasser l'Islam, et que cet ordre s'applifjuait aussi 
à Lar et à Bender. Les Juifs répondirent qu'ils optaient pour l'exil, mais 
ils demandèrent qu'on leur accordât un délai de six mois. Cette prière fut 
rejetée, et les Juifs, conformément à la décision du Divan, durent quitter 
sans retard la ville. Ainsi donc, la communauté juive partit de Chiraz, et 
ses membres s'établirent loin de là, en un lieu marécageux et malsain, 
où ils dressèrent une grande tente pour leur servir d'asile. Bientôt après, 
des soldats reçurent l'ordre d'enlever de nuit les Juifs à leurs femmes et 
à leurs enfants. Le jour suivant, les Juifs se rendirent auprès des princi- 
paux de la ville et se plaignirent de l'iniquité sans exemple dont ils 
étaient victimes; ils menacèrent d'en demander compte aux auteurs le 
jour du grand Jugement. Les principaux de la ville furent remplis de 
colère par ces paroles hardies, et ils ordonnèrent de châtier les Juifs par 
la bastonnade et de les contraindre ainsi à se convertir. L'ordre fut exé- 
cuté avec la dernière cruauté, et plus d'un Kohen ou Lévi mourut sous 
les coups'. Le sort d'un Kohen et de ses enfants fut particulièrement 
lamentable. 11 s'appelait 'Iwaz'. D'abord mourut l'un de ses fils, puis ce 
fut le père qui mourut, du chagrin d'avoir perdu son fils; sept jours après 
mourut un second fils de la douleur que lui avait causée la mort de son 
père, et peu après la veuve en deuil de son époux, qtii lavait lais.sée en- 
ceinte. Redoutant la persécution religieuse, un certain nombre de Juifs de 
Chiraz se précipitèi-ent du haut du toit de leurs maisons; d'autres trou- 
vèrent leur tombeau au fond d'un puits; d'autres encore se tuèrent par 

\. V. f.s : ...T:n-n733 3-ii IN n-'T "'-.'ti inn ^o-z- 

2. V. 7(1 : Tnr ar.ilir ytyK A : :,-\-)y : Sltiiis..liiicider, Jew. UuarL liev., XI, 339. 
cite lies Jiiils pntti-iirs iJi' <»• uoiii. 



92 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

l'épée ou par le poignard. - Enfin, les Juifs de Chiraz obtinrent, au 
moyen de présents, l'autorisation d'aller à Ispahan en même temps que 
ceux de Lar et de Bender, pour imploier la protection du scliah. 

XXXVII. — Le grand-vizir envoie un écrit aux principaux de Chiraz tou- 
chant la conversion des Juifs de Chiraz et de Lar. Ceux-ci ne se sou- 
metlent pas et endurent beaucoup de souffrances \ Les Juifs arrivent a 
la cour royale et présentent une requête. 
A66a, L466, P60a, — 58 distiques. 

A Ispahan vivait un certain nombre de marchands juifs de Lar, qui 
jouissaient de la faveur de la mère du schah. Ils écrivirent à leur puis- 
sante protectrice une supplique dans laquelle ils exposaient le danger 
qui menaçait la religion mosaïque et imploraient son assistance. Voici 
ce qu'ils disaient de leur religion dans la supplique ; « Nous avons la 
croyance du fils d'Amram, qui nous a apporté beaucoup de commande- 
ments et de préceptes. C'est à nous que sont échus les dix commande- 
ments, ainsi que des écrits divins, les Psaumes et la Tora. Nous avons 
des règles de pureté aussi bien que la Sounna (tradition), et nous tenons 
aux prières et aux jeûnes*. » — La mère du schah leur fit parvenir, pour 
les rassurer, ime réponse dans laquelle elle reconnaissait l'excellence 
de la religion juive, et leur promettait de s'employer en leur favcnir 
auprès du schah. Les marchands de Lar invitèrent alors leurs concitoyens 
à envoyer à Ispahan des femmes belles et éloquentes, qui se présente- 
raient elles-mêmes à la mère du schah et imploreraient son secours. Les 
marchands de Lar envoyèrent aussi un messager à Kachan, en faisant la 
même invitation à la communauté de cette ville. Mais les Juifs de Kachan 
craignirent de donner suite à cette invitation. Ils durent même, quand le 
vizir de Kachan les somma de livrer le messager, dissimuler celui-ci et 
nier sa présence. L'envoyé retourna secrètement à Ispahan, et quelques 
Juifs de Kachan le suivirent un à un à la faveur de l'obscurité de la nuit. 
11 fut alors décidé, à Ispahan, parles représentants des communautés de 
Chiraz, de Lar et de Kachan, que les hommes remettraient leur supplique 
au schah, et les femmes à la mère du schah' ; et, en usant de la corrup- 
tion, ils se facilitèrent les moyens d'obtenir des audiences. Mais, dans 
l'intervalle, survint un événement qui sera raconté au chapitre suivant. 

1. GeUe partie du titre se rapporte encore ;iii coiiteim ilu eliapitre précédent. 

2. V. " et s. : 

nNmin r;i -n3T nd on pimo ns^s -^'oy zr> min nto 'C^t2 
û-i-iNTia ^j: N73 Dn -Ti-n tx^î □•^ns-i nn -in ri;3i v: niNna 

:). V. 'iO : 

-);^n -iwN3 ■j"' z-)n -n:N 1wS;t -i^nid t:p2N .-x-d in"- 'îx'tt: ~- 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII" ET AU .XVIIP SIÈCLE 93 

XXXVIII. — Obadya d'Tspahan est t)ié par dos jeunes gens. Le schah s'ir- 
rite contre tous les Juifs di' l'empire. Molta Mouhsin adresse une requête 
en faveur des Juifs de l'Iran '. 

A GO a, ]A~b, P62a., — 118 distiques. A contient, entre les vers 6 et 7, 
un vers qui manque dans L. 

A Ispahan vivait un jeune homme, nommé Obadya b. Joseph, qui pos- 
sédait nombre de qualités excellentes. A cause de ses connaissances et de 
son éloquence on le nomma président, fonction dans l'exercice de 
laquelle il lit beaucoup de bien, mais se rendit coupable aussi de mainte 
injustice. Il ne garda pas sa situation plus d'une année. Il se fit ensuite 
cuisinier et obtint, grâce à son art, beaucoup de succès. Quand les Juifs 
d'Ispahan furent obligés d'embrasser l'Islam, Obadya fut employé par le 
grand-vizir comme espion en chef, afin qu'il le tînt au courant de la 
façon dont les Juifs se comportaient avec leur nouvelle croyance. Obadya 
remplit ses fonctions d'espion avec une grande adresse, et même les ma- 
nifestations les plus secrètes des Juifs ne lui échappaient pas. Aussi, 
devint-il odieux aux Juifs. Quand ceux de Ghiraz, de Lar et de Kachan 
furent venus, ainsi qu'il a été raconté plus haut, à Ispahan, pour pré- 
senter leur requête au schah, deux hommes, Rabbi Nissim et Molla 
Yàdgàr', s'occupèrent de diriger les délibérations de la réunion et de 
faire couronner leurs efforts de succès. Pendant que ces efforts se pour- 
suivaient, un meurtre se produisit dans les circonstances suivantes. 
On était dans le mois des jeûnes, le Ramadan; la 21» nuit du mois, un 
Juif, nommé Pinhas, meunier de son état, se concerta avec plusieurs 
amis pour faire une orgie, et, dans ce but, ils réunirent de grandes 
quantités de vin et d'arak. Quand les jeunes gens eurent beaucoup bu et 
« qu'ils eurent perdu la raison, par l'excès du vin, comme des chiens», 
Pinhas sauta soudain de son siège et dit : « Dans cette nuit, qui est la 
nuit du meurtre de l'Imam, Obadya ne doit pas rester en vie*. Tendons- 
lui un piège, comme à une bète féroce, pour le tuer ! » La proposition 
rencontra l'approbation des compagnons. Pinhas se chargea d'attirer la 
victime dans la maison; les autres attendirent. Le hasard fit qu'Obadya, 
se rendant chez un ami qui l'avait invité pour cette nuit, passa justement 
devant la maison où on l'épiait. Pinhas, qui se tenait devant la maison, 
le salua le plus cordialement du monde et l'invita à prendre part au ban- 
quet. Obadya entra avec lui dans la maison, où les buveurs l'obligèrent 
à recommencer sans cesse à boire. Puis ils commencèrent un jeu qui 
exigeait qu'Obadya fût chargé de liens comme un voleur. Quand ce fut 
fait, le meurtre fut consommé sous la direction de Pinhas. Ils coupèrent 

1. La seconde partie du titre se rapporte au contLiiu du cliapilre suivant. 

2. V. 14 : ''CND TV ; de même au rli.ip. xxxix, v. 58. 

3. V. 34 : -iNinx'' Nbn?3T a"<DD ''31. 

4. V. oi : nowx-in m:T 1^^z ■•N-^-'-i^iy no'rrNToN bap dtc "jik 3C72N na. 

L'Imam, c'est Ali. Au vers 96, on lit : ■>'?:? bup. 



94 fiEYUE DES ÉTUDES JUIVES 

la tète de la victime et la portèrent sur le Maïdan (place publique), à 
l'entrée de la n'sidence royale. Ils iiiirodiiisirenl le (-adavre déeapiti' dans 
un sac, qu'ils portèrent dans nn établissement de bains, avec le dessein 
de le jeter dans le four. Mais le propriétaire de la maison de bains' les 
ayant aperçus, ils lui débitèrent ce mensonge: <■ Nous avons tué un mou- 
ton en sacrifice', mais nous ne pouvons en jouir, car nous ne devons 
pas le manger comme interdit rituellement (teré/hh). Nous désirons donc 
que tu le brûles; prends en échange ces deux pièces de monnaie abbas- 
side. » Le propriétaire du bain accepta la proposition. Mais quand, au 
point du jour, il voulut la mettre à exécution, il se dit qu'il était dom- 
mage de brûler le sac en même temps II ouvrit le sac et y trouva, à son 
effroi, te cadavre d'un homme à qui manquait la tête. Il résolut de don- 
ner suite à la chose pendant le jour. — Quand le jour se leva, les parents 
d'Obadya retnarquèrent son absence. Tout ce qu'on savait, c'est qu'il avait 
été invité a un festin par un ami pour la nuit précédente. 

XXXIX — On apporte la nouvelle au schali et an t/rand-oizir. Les meur- 
triers sont arrêtés. Trois jeunes gens sont tués par les vengeurs d'Oba- 
dya d'Ispahan^. 

A72 a, LoOa, P6oa. — 152 distiques; A contient, entre les vers 13 et 
14, un vers qui manque dans L; de même entre les vers 32 et 33. 

Quand les parents d'Obadya, l'assassiné, auxquels se joignirent aussi 
des amis, arrivèrent chez l'homme qui lavait invité pour la nuit précé 
dente, celui-ci protesta qu'Obadya n'avait pas donné suite à son invita- 
tion et n'était pas venu chez lui. La réponse ne parut pas véridique à tous; 
on fit aussi d'autres investigation». Celles-ci ayant été vaines, les parents 
d'Obadya portèrent, le jour suivant, leur plainte au grand-vizir, qui apprit 
ainsi, à son profond chagrin, la disparition d'Obadya, qui lui était parti- 
culièrement cher. 11 fit venir devant lui l'homme dont Obadya devait 
avoir été l'hôte et sur qui semblaient se porter les soupçons du meurtre, 
et il ordonna de lui arracher des aveux par des coups et des sévices. 
Tandis que cet ordre était exécuté, une femme passant par hasard devant 
le lieu du supplice et apprenant en vertu de quelle sentence cet homme 
était frappé, fournit des éclaircissements sur l'affaire. Car cette femme 
était l'épouse du propriétaire du bain, auquel on avait remis le cadavre 
pour être brûlé. On en informa le grand-vizir, qui ordonna au préfet de 
la ville * de se rendre avec vingt agents dans le quartier juif et de se 
saisir des meurtriers. Le premier qui leur tomba sous la main et qu'ils 
enchaînèrent portait une ceinture tachée de sang. Il déclara avoir reçu 
la ceinture de son oncle. Celui-ci fut amené avec lés siens devant le 
grand-vizir. Mais l'intiTrogatoii-e qu'on fit subir à ces gens resta sans ré- 

1. 11 ressort de la suilc que c'était aussi un Juif converti à l'islafli. 

2. iNinp ",n3. Ils v.Mil.iit ilire sans doute : eu l'Iioiineur ilWli. 

(.3. La dernièri' phrase du titre »e rapporte au conteuu du chapitre suivant. 



LES JUIFS riE PERSE AU XVII» ET AU XV1I1« SIÈCLE 95 

sultat. Copendant, tandis (|iie rinterrogatoire durait encore, le proprié- 
taire du bain se préscntii et rai'onla coniineiit on lui avait remis le sac 
avec le cadavre décapité et comment il avait découvert ce dernier. 11 put 
même donner le nom de lliomme qm lui avait remis le sac: Pinhas. 
Le grand-vizir fit alors jeter dans les fers Pinhas, aiiîsi que son père et 
son frère. Les autres Juifs furent également arrêtés, mais remis en liberté 
après qu'on leur eut extorqué beaucoup d'argent. Entre temps les pa- 
rents de l'assassiné avaient porté leur plainte devant le schali. Celui-ci, 
qui avait interdit, par un édit spécial, l'usage du vin, fut particulièrement 
irrité de ce que les meurtriers avaient profané la nuit du 21 Itamadan eu 
en buvant. Son courroux ne connut pas de bornes, et il résolut de vouer 
à la mort tous les Juifs de son empire. Il tit écrire dans toutes les pro- 
vinces un décret dans ce sens. « Ce fut une persécution plus cruelle que 
celle du temps de Rahman (Assuérus) et d'Aman, le mécréant. Les Juifs 
eurent alors pour les assister le mérite d'Esther et de Mardochée, tandis 
que maintenant les quelques vieillards qui vivaient dans chaque ville 
étaient morts. Si un seul homme parfait avait vécu dans cette génération, 
il aurait pu en être le bouclier. Mais il n'y en avait aucun ; ledit de persé- 
cution fut publié, et dans chaque ville les Juifs furent acca:blés de divers 
péchés*.» Pourtant le salut vint d'une façon inespérée. Le schah avait un 
MoUa distingué, savant et craignant Dieu*; ce fut lui qu'il consulta, 
avant de faire publier les décrets, lui demandant son conseil et son avis, 
pour savoir s'il pouvait, d'après la loi de l'Islam, ordonner la mort des 
Juifs de son empire. La réponse du Molla fut la suivante : « Le meurtre a 
été commis par quelques individus; pourquoi veux-tu punir de ce crime 
la totalité des Juifs? D'ailleurs, ceux d'entre eux qui sont devenus maho- 
métans de bon gré ont déjà abandonné leur ancienne foi, et doivent être 
considérés comme des musulmans'. Ce serait un péché de tuer tous les 
Juifs. Fais plutôt subir aux coupables leur juste châtiment. » Le schah se 
conforma à lavis du .Molla et livra les auteurs du crime au Diwan-Beg. 

1. V. 122 et suiv. : nsN3 i^am iiznz -m-i T -i-TK^a ■'"'wN nn-^Ta ';\s ^^o -ina 

m: -iD -i"'î liN -DTiTQ pi -i>-«-i -nP073 -nox -^Tia n-iwSt i^-n 
mis ni: '^^^2 l^o niDT t<« nma -mi p73 mo im-j i» mDT 

(A : 53n 5-t) T33 1"! ciîi*» N70T n:ns-i •'•an nsi pT ima nD ■«-in-a nnn 

no •^■'T pfz ■'-ira ma -lax id-«d -na T» an •'nist V"T' 

HT^ay Vn:i pna ■^-ima -ma m^ra v** *ti^ ''0=> pi "'"iiaa 

2. Molla Mouhsin. V. aussi chap. lxiv, lxv. 

3. Il ajoute encore un autre argument (v. 145) : 

-n«72 ■'NJ'WN m nb72i5 rnsnô "ia"'T n^boN tibuiî in-inth; 

c'est-à-ilire : depuis leur conversion ;i l'Islam, des miliers de f.'oultes de semence ont 
df^jà fécondé le sein des mères. Tu mets donc à mort une progéniture mahométane en 
mettant à mort les Juifs. 



96 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

XL. — Le schah adresse au DUvan-Beff ceux qui réclament la punition 
du meurtre. Trois jeunes gens sont mis à mort par la foule. 

AlC)b, L53a, P69a. — 49 distiques; entre les vers 12 et 13 il v a, dans 
A. un vers qui manque en L; de même entre les vers 18 et 19, et entre 
les vers 43 et 44. 

Trois jeunes gens turent livrés, comme étant les meurtriers d'Obadya, aux 
parents de la victime. Parmi ceux-ci se trouvait, en même temps que son 
frère et son fils, son oncle nommé Sasson. Celui-ci refusa de porter la main 
sur les coupables. Finalement les parents convinrent qu'ils n'en tueraient 
(ju'un ' sur les trois, voulant relâcher les autres. Mais cet accord, encore 
confirmé par le Diwan, ne put être observé. En effet, quand on vit sortir 
les trois coupables, des gens armés se précipitèrent de tous les côtés et 
les tuèrent impitoyablement. En mourant, ils récitèrent la profession de 
foi juive (le Schéma), de sorte que ceux qui les entendirent demandèrent 
avec étonnement pourquoi des hommes devenus depuis longtemps mu- 
sulmans prononçaient la profession de Moïse '. Puis la foule entra dans 
les maisons des victimes elles saccagea. Même des innocents furent pillés 
à cette occasion, et un certain non)bre de Juifs du Bazar maltraités. Le 
grand-vizir lit enterrer les cadavres des victimes à côté d'Obadya, l'as- 
sassiné '. 

XLI. — Le schah va à la chasse. Les Juifs de Chiraz et de Lar le 
suivent et une de leurs femmes remet à Schah Abbas II la supplique. 

A78a, L54a, P706. — 99 distiques: A contient, entre les vers 33 et 34, 
un vers qui manque dans L. 

A l'époque des troubles qui ont été racontés, Schah Abbas II se rendit 
à la chasse, et les hommes ainsi que les femmes des communautés juives 
de Chiraz et de Lar^, qui n'avaient toujours pas pu faire parvenir leur 
supplique, suivirent le souverain pour trouver occasion d"y parvenir. Ils 
s'étaient préparés à ce voyage par des jeûnes et des prières. La tournée 
du schah, qui se rendait à Khounsar, l'amena dans une localité habitée par 
des Arméniens. Le schah exprima le désir d'établir là son (juartier, et il 
donna l'ordre que les femmes du lieu eussent à se parer pour le rece- 
voir. A côté de ces femmes placées sur plusieurs rangs et attendant l'en- 
trée du schah, vint se mettre une Juive de Chiraz avec sa supplique au 
cou ; derrière elle se tenaient ses compagnes. Le schali arriva et fut salué 
par les bénédictions des Arméniennes. 11 s'avança de bonne iuimeur le long 
des rangs des femmes et « cueillait des roses dans les jardins de ces 

1. Sans doute Pinhas, rinstisrateur du nime. 

2. V. 25 : 

4. Kachan n'est pas mentionne ici. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII^ ET AU XY1I1« SIÈCLE 97 

belles'» Il aperçut alors les Juives de ('liiraz, frappé par le contraste 
qu'elles faisaient avec les antres femmes. Quand elles remarquèrent que 
le soluih sinformait à leur sujet, celle qui les menait prit couiai;e et s'a- 
dressa an schah en ces termes : « Prends-moi, ô schah, celte suppli{jue, 
et, pour l'amour de Dieu, accorde-moi Ion secours. Je suis une Juive de 
Ghiraz, et je suis égarée de mon chemin et de ma loi'. ■> Le schah prit la 
requête et la lut aux femmes du harem qui formaient sa suite. Celles-ci 
intercédèrent en faveur des Juives. Le schah répondit : « Il y a six mois j'ai 
promis d'autoriser les sectateurs de Moïse à appartenir à leur ancienne 
croyance. Qu'ils vaquent donc à leurs affaires sans subir d'acte d'injustice 
et de tyrannie ; mais qu'ils demeurent séparés des inahométans et payent 
au Diwan deux pièces d'or par tète. » — Cependant, les femmes du liarem 
avaient mis en garde les Juives contre les sentiments hostiles du grand- 
vizir, qui dominait entièrement le schah. En effet, le jour suivant, (luand 
le grand vizir arriva, il fut très irrité en apprenant que les Juifs avaient 
réussi à faire parvenir leur requête aux mains du schah. 11 fit il'abord 
arrêter les hommes, avec l'ordre de les exécuter; puis il fit attacher les 
femmes en les menaçant de la mort. Aux femmes qui se lamentaient, le 
grand-vizir annonça qu'elles ne pouvaient échapper à une mort certaine 
que par la conversion à l'Islam; ce faisant, elles causeraient aussi la mise 
en liberté de leurs maris. Les femmes se déclarèrent prêtes, alors, à 
prononcer la profession de foi musulmane, et les hommes suivirent cet 
exemple. Chaque personne reçut en présent un vêtement et deux lomans. 
Et ils s'en retournèrent ainsi, désespérés, sur le chemin par lequel ils 
étaient venus pleins d'espoir\ 

W. Bâcher. 

(A suivre.) 

1. V. 51 : T>3î; ■'«r; Nnba iNnn 1N5N3T. 

2. V. 57 : rtN-i7aa ui-^D ao-n nx-i tn a-no naio :r\x us'T'O •>^»0'\t2 osa. 

C'est-iï-dire : j'ai étù coiitrainti' à ili'vi'iiir iiilidfli' à ma foi. 

3. V. 96 : n:no5 TNa ■'«NTan iT'73N;a n2nD-i nx-i "jn axan nrjnxa. 



T. LIL N» 103. 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES DE METZ 

SITUÉS PRÈS L4 PORTE CHAMBIÈRK 

(suite et pin ^) 



t-iN "^nDan nuJDn 2ian tbiyn Tizn': mbn -12:1s cs's N» 122». 
3117m û-'otî^i D-iysa nmN-'U); V72"' bD in; a-^wn "^bin -i*:j-^n "^mn ârii 
V"D amaN i"»d p -^-nN -i-nn72D i''^ qiw't mb''b nnin n72bT r:"33 

,(^13113) 5"-»pn '{T^n '"^ 'T 'T» ::"ttJ3 2"n3 b"i:T 

Ici repose le syndic de la communauté, le rabbin Olry, fils de R. Abra- 
ham Cahen. Il conduisit le peuple dans le chemin droit et marcha lui- 
même dans la voie de la piété, exerçant son ministère avec douceur. 



1. Voyez tome LI, p. 280. 

2. Dm3N -13 03'^iD -^-nN "ninTûD 72"ic -"sa-in tiib^n iiîyi T«onr; 5n^ 
173 '""m -IWV31 Din3 i"'72"' ba "^bno -11373 i"n-iu: ^"^n ■:"y b"T prn 
■im"« nb-^npn pn rn:): '-^m ,-isd3 r-nb-^bi '■'72"' mwbb 'ji'T'73n72r: 
'■'m -lïî-^n '^-113 tzjyn "^mm a-^nîm 03-is n^rt^ n^yc r-i^b-o^ d-'-io^to 
r-n:j7n ■'■•3i-i773"i '■'-iTai":: b*:: t-^-i3nn3 nbsnb pi-iiyT:"! '|"'70''DO»n 173 
n-nnb mi3y7o Y^""" ^baiii nn'^-:; '^dn -i3"'T r^tbcj nbiis ri:nD3 inbcn 
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rT3-i3 n-'rm cbin -mpi3 i^a-^-ip >^-i3n3 '•'n as ^pi3n 3ny 
r-npni: n72Db ■^-l■^D^73 in^b h^rrpn i-i"nn -!'^3 t-i72"'"'p "j-ip T'-inx 
i3nDT D''ip73 !-T»n Ga -iDob hîDv ■'73 niTTon r-nbrwm nn3"0 mi-iO"' 
'TTi irn^np r-iD bo-^nnb ir\:'o r-i"Dn 3nDT r-iwNTn n-."«cn t-iN asb 
r^"3 Gipwn ii3Db D"n33 '■'3-13 p"u) est' imxs Tfzm «i-n ^tit 
v^n3 in:! T«-ny373 m3i72K3 73'i73(3y pDi7 '"'m noinprt in-nn msDbi 
in-'b rm23bi T'33b mvirT '""pin-ibn '"'3i-ipb ripni: onm ^1713":: "«n» 
VD3 tsa T«"'n3 n":;7u: 17:d mpniin iniN inn-'?: -ins rnnCiS-in r!r::3 

...^»^^n ht -idu;3 -cjnpnb rt'pi-z m33'3 -iDn: i-rnm Trnrsi 
.pcb y-'pn pcniTa '"< 't av 3i:j 311:3 nspsT nuDS 

... Le symlic <li' la (■oiiiniuiiauté, le rabbin Oliy IMiœbus, tils d'Abraham Cahen... 
niaii'lia toujours dans le cliiiniii de la vertu et de la justice, et fut de ceux qui tHaient 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES UE METZ 99 

Matin et soir il séjournait dans la maison de Dieu, et jour et nuit il étu- 
diait la Loi Décédé et enterré le mercredi 10 Heschvan 5513 (1752). 

t<72y:j2i N-333 c^riDDim 'r— rr'-r; f<-so rsJT^ c>î:s: t2"D nm23«. 

inb-'Em ^-JrTC■':D ■•ab n"im o"o "'i^nbi p"n3 '-^m 'btj n"7aaT 1-112:7331 
— innn r"n nb'^bT '«t' — ^.in^i: ■'r-is:^ pcr nCwS !-i"ct V'd '-^m C'a 
.b"s:T ^''''pn n"(N?) p"*:5yT qt^d :"i3 pDn p^t-'-'N Yn» n"D p nmrT« bnr-^ 

... Le panier plein de livres, de Halacha, etc.. Yozebel Juda, fils 
du syndic R. Eisik Cohen, décédé et enterré ve:idrcdi (le""?) Heschvan 
5513 (1752). 

^crbc n:i»N3 vn t^cït: ,s^7:»n3 Y-" 2"'''" '«^"'^ ^"° ^'° •'''• 
n"^^)2 nsiaxa i;itttt3 '-^n pm s-^sTipbT D"^pin-ib a-^n^'nb T-^no» 
— i"nn3 lin 3py n"nn ri"r> î-rb-^sm n-nn bipb a-'3-'cp72n p 'Tn 
.psb y'Dpn 'N QT'S n3p-'3T Tirjn 't p"3C :=;r3 n::23 b"T nn-i3N 

. . . R. Jacob David, fils de R. Abraham, décédé le samedi 7 Tammouz 
et enterré le dimanche, en 5323 (1763). 

occupés nuit et jour à étudier ; il dirigea la communauté plus de vingt-trois ans, lui 
indiquant le bon chemin. Il était de ceux (|ui venaient à la prière matin et soir, fai- 
sant partie de la société qui attendait laube et l'arrivée de la nuit pour prier. II 
faisait sa prière avec grande ferveur sans jamais rinterroni|ire par une parole pro- 
fane. De l'office il se rendait à l'étude de la Loi, et de l'étude il se rendait à l'office 
pour joindre immédiatement à la prière l'étude de la Loi matin et soir. En outre, il 
était de la sainte confrérie des visiteurs des malades. Pour perpétuer son nom il 
fit une fondation, qu'il déposa dans les mains des administrateurs de la communauté 
et dont les intérêts devaient être affectés à plusieurs bonnes œuvres. Il s'est aussi con- 
formé au verset biblique : « Écrivez pour vous ce cantique », en écrivant un rouleau 
de la Loi, dont il a fait don au temple de notre communauté. Il prononça ce jour, un 
sabbat, un beau discours au temple en llionneur de Dieu et de sa sainte Loi. — Il 
exerçait le commerce avec loyauté dès son enfance. Toutes les semaines et tous les mois 
aussi longtemps qu'il vécut, il donna de l'argent à ses proches et aux étrangers, et 
il ordonna à ses lils d'eu faire autant pendant la première année aj)rès sa mort... 
Décédé et enteiré le mercredi 10 Hesclivun '.'uA'S (1652). 

1. ■'ssnr! r,"^- m:73n 'a barv qoT" "i"-in3 7:"id isninn 5:)V:'Nn :x-« 
y3ip n^rrc -nars V-n*:; l'-'s r'-r b"T "jn^- pT^\s pni:-' — nn723 ?2"ie 
3"n33 -nyu: nTsibi nbns r;:iD3 nbcnb 3"^-:rm '■'suîm rr^inb c.ny 
?mnc3 72'i733 poiri 'j-'pin-ibT •j-'ai-ipb np-i^ irri nbcnn "nra -,nN 
a"':v3î<T '^■'lyb npni: r-nc^b 3b 3'^i:t min •'irDib mrns '-im nbiia 
•ipox ai a-^r^n •^T'Tobrb '"«rDnN m"::ybT '"«3'w72t ''n3iy '■'n?3nbb na-ica 

...ra -ir)u:3 onprtb n';)i:£. 1-11373 r:;n2 

... Le syndic R. Joseph Yozebel, fils du défunt syndic de la communauté, Isaac Eisik 
Cohen, se fixait des heures pour étudier la Loi, se rendait matin et soir à la prière, 
qu'il faisait avei; grande ferveur, et joienait à la prière l'étude de la Loi au temple 
même; il donnait l'aumône à ses proches et aux étrangers et s'occupait de son com- 
merce avec une grande activité. Il était membre de la société Talmud Tora et se 
montrait iréiiéreux pour soutenir le pauvre et l'indigent cl |i:irlii:ulii'romenl li-s étu- 
diants ambulants, auxquels il offrait le logis... 



100 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

b"T «"'■'T ■2py^ Ynnn 5^1730 -i"nn ^"rn n\L"3T -ic c-^m Sd n» i. 

. . . Samuel, fils de R. Jacob Zay, décédé et enterré le mercredi il Tam- 
moiiz 5523 (1763). 

^-py -i"nn r-:"n ^r^y^T nns r;3-i ï-in^cnn D"r;3rt b^rinb n^jb;: '■'n 
(?) T'Dpn pacn d"i '3 dt^ 2"id n-'t d-'-icn -i"3 ""D-nTa 

Et Jacob monta les degrés de l'échelle de la charité et enseigna avec 
succès à tons les enfants de la Yeschiba... R. Jacob Mordechai, fils de 
R. Ephraïm Zay, décédé et enterré le lundi 10 Heschvan 5524 (1763;. 

1. t=i-^p->-:i: "'HNO m7:'C3 izv b"T ï><-'T □■^noN p ■'31-173 '-1 -i3nn dn*' 
'■^m v^n -^Tû"» "-ss D'^pbN t>*"i"'i t^-^t can ;u"«n rr^n":: m3y3 c:">T'om 
'^rro Sn by^ n-n n-py-^b -i72N-' i-^y^^ mN7:3-i t>:;d;3i lonan n isi^ 
1T m]:7:3 ipo;*nn3 idd3 i^d: tso tcîn -n- y:? -"id mi:?: t>imb*c 
1D3-n r^mb'o m-'nb y» bnp73 h-iï;-' m^To -ins; 'Ti'C r-nn^x niTi 
■^;d nbnrir; ■';3 b3 b-c pi no-nt-û- b^^5^! pNrin brcx vb-ir3 ^''-p br 
't! 3"n3 p-nnnD73n n'^^ l'nnb "jNsb c<<3b imba rwnb b"i:T ycin"^ 
n"n ia73;:;73 '-^m rî-n?^^ r!n5\:;n3 -ipn3T 3-ir 'r^o':^:- r-i"'3r; mnsb t;''3 
"'33b inn "'-nnsb nmib nmnD nn-r; in"'3i Tw173"'w7: ^m"» inTibn 
n;nb\:: by ï-is-'cn ■'i^n b-'sxr;:) ■>in73nn i'T3nb rrc-is ",£3T !-J3''cn 
*-iD '\^\z^ -\^■:^\n nnTii L-'rc nro "^in?:!-!- 112 dcd; r-,î« 3"''::nb ■in"'33 
■^t<"v:;i: p"n3 î-n-i3n n7:D3 'tit n-nn -inxiibb ido^wt •io"'373 "-nx73b 
r^-i7::i r\i 'n oi*'t cv bo rnin ■'i73nb p"n3T Q-'bin -ip"'33 n"an ï-t^t: 
'~D"û 3"ri3 3 m^73 -i: p"n3 hï'""ir;b ■i7:b73 □"'dc 71733 'tît yn::: ■jt'ts 
n-wn^T V'^"'" '- rpini^i r^^ip^ ^^ npii:i non n-nyï Sv:: n;i<bn 
■nn-'-i r;b"'L:3 -n-'c "^bn — i-pn '"în t^;d Ti^m nb-nj n;n33 inbBn 
r-n3T3 Tn3r -pnj: in3 i23t -12073 iwi:;' nsTLin imsn;?: C3n3nn 
nNon "i"-n'«:ji "1"%^ r-i)3'>::3 uy Q"'"'nr! -n-ii:3 mi-i:: nn73C: -^nn m 

.•jWN liy p3'0 nvip-iirT ts-'p-^nx 
'3 Gv Tn-in73b •n3p3"i "jT^n a""" '3 "^ins 'n b"^b3 31:3 Esc 3 -mcî 

.3"3pn p;an a"-^ 

R. Jacob Mordechai, lils cl'Ejdiraïiii Zay..., fut un liominc pieux et juste, qui crai- 
gnit Dieu tous les jours de sa vie et le servit de cd'ur et d'àme, surtout quand il de- 
vait remplir un message sacré; il fut l'envoyé de la communauté pour faire la jtrovi- 
sion des cédrats et c'est en toute conscience ([u'il remplissait ce mandat ainsi qu'un 
autre, lorsqu'il fut délégué [lar la j)ieuse communauté île Melz pour se rendre au nom 
de ses membres dans la communauté de lîeilin auprès du grand et illustre Gatm, con- 
sidéré comme un des chefs du judaïsme disi)ersr', auprès de « Peué Yehoschoua » 
(Josué Falk) pour le prier de venir et d'accepter le poste de rabbin de Metz... Sa mai- 
son fut laigement ouverte aux disciples de la Tora, aux élèves de la Yesdiilia. et lui- 
même recueillait des mets pour les élèves de la Yeschiba, qu'il nourrissait à sa table, 
afin de pouToii' les entretenir di' la sorte pendant de longues années; en outre, les 
disciples de la Tora étaient chaulles et éclairés à ses frais. Il (it partie de plusieurs 
confréries, celle des Nosè Mitah (i)orteurs), de Bikkour Holim (visiteurs des malades) ; 
il était de ceux (pii étudiaient tous les jours une page du Talmud avec un profond 
recueillement. Pendant plusieurs années il enseigna avec un grand succès dans la so- 
ciété Ner Miçvva et la synagogue appelée llolanilscliul... Les autres traits de sa 
belle conduite sont trop nombreux jiour pouvoir être relatés... Décédé dans la nuit du 
dimanche an luudi et enterré le lendemain lundi lit Heschvan oo22 ^1761). 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES TE METZ 101 

in"r, rîsiWNa »"i?:3 -poiy toi»"' yT::^ pT piriTa o-'n î-îd n* 77. 
.p"Db nDpn •^rc -.nx '5 't dt» ::"03 ;"i: ^ndi -i"nn3 'py pn^"" npTt 

. . . Isaac Jacob, fils de R. Raphaël, d(''rodé et enterré le mercredi 
3 Adar II 5IJ24 (1764). 

rjaittNa n-'i ip7:t nïîtî Q^ora 'prt a-^iî "^-«n -inpi v^^^ !^o ^' 3^- 
vï:t« bD pli: ps a-'arnb in: iTcnbTo rtmnb rimno 'Tt in-'n nwbc 
.pob n"Dpn nn3» a"'' 't qt^ d"i3 b"T ■^bnss '3 ns f^mrr^ ■i"d tuidd 

... Le syndic Juda Noé, fils de Nephlali, décédé et enterré mercredi 
13 Ab 5525 (1765). 

'■•rr T'cytj Ss C3"'T>a^3 ']bn j-^ïiitsi ons "[t^nî 'c:"^;* ':j rio n* 47. 

C"^3"'T2p7arî iri iTOT'i ar bsa ïrnnb C'^rr j-mp rr^m C2^7:o ûcb 
nciy '■'3bi7 ir'NT 2-'3br;n f n:yr: p '^m '3i-i:?73i D''72''r)C7: nb-'onb 
ym; 't: ira 2''3i-,pbT 2-^pnnn? 1:727:2 '^n l"im imcn nfz-z'i rfznhn 
.pcb V'Dpn p"': n"^ 'j dv '^""^3 :"i3 mT:^ Dm3N n"3 "ji^î-ia -i"r! D"'3nN3 

... Gerson , fils de R. Abraham Emdad [Emden?], décédé et enterré 
le mardi Rosch Hodesch Nisan 5o26 (1766), 

. ^"0 N» 99. 

.rt"3i:3n psb 

...Jérémie, fils de R. Pésah (Pesseman) Cohen, décédé et enterré 
le jeudi 4 Kisle^v 5527 (1766). 

a"53 N- 4. 

^"nr: tn^ Vd ar r,"5 nmnb t^Tj- r3np rr^!-! n"»^""! t=n C"^n 
psb a"3pn -^30 -nx ::"3 't qt» 3"i: "'ibn -.on 3""C-npn'3 3p3'- •'bne: 

.rr"32£3n 

... Nephtali Jacob, fils du chef du tribunal rabbinique Ascher Lévy, 
décédé et enterré le vendredi 29 Adar IL 5529 (1769). 

•c"z y» 6*. 

maD3 y"D ncw -i"n '3 1^3 -^r:?: '72 n"a £3^:-w'3 -;-i naicnn ncx 

.-"3j:;p pcb ::"3pn t'-'jî -,"^ 'a — v 'p-':T 'ip -3-:; or 

...Dame Ncnsché, fille de R Moïse ('alion, dcfédcc le samedi et en- 
terrée le dimanche 14 lyar 5529 (1769). 



1. p3n ri'wT: n"nr: m:7:r; n3 n-?: ^-^yci "j- rinp-'r; n^rxn f.s-^ 
tnn:3? b-^n nox rr^m nb'snn r-i'3b r:3"'-iTr!T r,-:2^'D'cr,'c — n3r3 b"T 
r,-\^2y npn:^ i:n3 7572x1 r:br3i r:nN bo Dr mn;3 nr^rt r!-n3"'m nby3 

...a? rT"3i::n r;T -3^3 
•psb a"Dpn -f^N T'^ 'N sr3 n-i3p:i 3n7 .-^rb p"w3 n-ias: 



dQ2 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

'p-cy -mes DmaN in -/'nn p b^no"" pn::"' 'd t^^t -Da"» ^"^jt 

.r:"3i:;n pcb b"pn nuîn 3"i -i3p3T 

... Isaac Israël, fils de R. David Abraham, décédé et enterré le ven- 
dredi 12 Tischri 5530 (1769). 

ririT: in-m id:d3 Cd^ i^bî pNST n^ii"^ uî-'n w'id ^"■'^d n» 32. 

&"'pinib G'^n^'-ib ln3 vznh'D l^bh inD ma nniN Ssb nrmb nmnD 
bD n'i'nb rr^r; "js» rnb-^cm nmn bipb S'^n-'UîpTan p !T'm û-^aTipbi 
'D3 bso -iD':;Ta"' tDn-i3N ipd -i"nD v"'nmi:'i n-in û-^tou: mab 'ti T^cy?: 

.pob b"pn -^-lUîn n^ 'n dt^ a"'>a3 'p:T 

... Nathan Abraham Issachar Lévy , décédé et enterré le dimanche 
28 Tischri 5530 (1769). 

n"z> N- 2. 

■'rin-itt '3 ipTrt riDisa bbcrnb n"33 3^-ii*m n^'D^û'n -ivasi -i;^'' \:;"'n 

.N"bpn -nN n""' ':> dt' ;"i3 ■'ibn ^pj»"» "i"nn3 

. . . Mordechai, fils de R. Jacob Lévy, décédé et enterré le mardi 
12 Adar 5531 (1771). 

a"D N" 70. 

.pcb i<"bpn lo-^j l:"-« DcSwmn 'i nv 'p-'iT '; b-'b 'd 

. . . Jacob Moïse, fils de R. Elio 'l'i-énel, décédé dans la nuit du 3<^ et en- 
terré le 4« jour de Ilul liamoèd Pésah, le 19 Nisan 5531 (1771). 

b"T ^^^^>^^ Dpy"' '» nn bnn ^""rtma nn^û nnan n'en a"D v 109. 

.rî"3it;n pob N"bpn i"i"«c i"a '3 ar :"i3 

...Gotlieil Raohel , fille de Jacob Schwcib , décédée cl enterrée le 
mardi 15 Sivan 5531 (1771). 

'i ûv 3""iD -iT3'"'bN n"3 nbar i-i-ip^n nDipTn nmonn rr^rx n* i24. 

.3"bpr :23C a""» 

... Jétélé, fille d'Eliézer, décédée et enterrée le vendredi 12 Schebat 
5532(1772). 

Dame.. , fille de Mbyse Calien so ren<lait matin et soir dans la maison de prière et 
fut une femme forte, couronne de son éiioux... décédée le samedi vers le soii' et enterrée 
le dimanche 14 lyar 5.^-29(1761)). 

1. I, a notice du Mémorial iiMli(|iir un nom .lillV-niit. mais (|ui se rappoite ]irol)al>le- 
ment à la même iiersonne. 

3n2U) -n^ra b"T -idio mi -!"-inD m^izr, p "^bpyT 'd naT! dn'-^ 

■PDb y-pry -«-T^n 3"'< 'i m"' :"n: ...ht -ir-^n mnr npni: 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES DE METZ lO:^ 

rnnb-'Dn pn:^'' '3 nbmi bm m-iom ri'j"''»a''rr !-iu;Nn ^"d n» 9i. 

. . . Rachel Jételé, fille d'Isaac, décédée le vendredi 10 Adar I et enterrée 
le dinaanche 12 Adar 5532 (1772). 

:;"d n« 5. 

'^Tû î-ia^Ta-^a apanîi nmnb tn^ny j'mp !n"»n '-iO''n nn \a">N 
a"bpn ^*7N T"-" '1 mi y'iî — iTy-^bx 'a gtoto 'd t=:^:u53 "]-! ï-rb^Ta 

.rî"3i:3n pcb 

. . . Menahem, fils d'Eliézer, décédé et enterré le vendredi 17 Adar 
5533 (1773). 

N '2 C3T^2 p3 n"nna nu?» n"nr: n-^T^i -i^udt -na*' \a-^N a"D n- 127. 

.i"bpn Tnwn 'm 

Moïse, file de R. Nathan, enterré le lundi 1 Tanamoiiz 5533 (1773). 

ûT» 3"i3 in: n"3 cnnaN ""tin -i»d np-^n iiam -i;::-' \a-^N a"D N»4i. 

.T'bpn '•:::: -i"y b\a p"Tay 't 

. ., Oury Abraham, fils de Nathan, décédé et enterré le vendredi, veille 
de Rosch haschana 5534 (1773). 

imn ,t-i3"'-i3 p-^Ts. iiD'O-^T r<3-' nn .ï-tî-^bb nap 3i:ro ns n» 48 ». 
'•'TûTT^nn ^nn» rr^n T'W' "^rs ipdt'STo irano poo t-<b ina^jiwS nn-'n 
'^^-i^nn ^t:"';^ V"'^ i73iu '-^nTonTab nrn: f^ujnp -no by -la-'n "nnm 

.pcb n"bpn T'-'N n 'n nva -las; b"xT "'I^tj "«bN 

Ici fut creusée une tombe pour le repos éternel d'un Juste. La Loi fut 
toute son occupation, jamais il ne cessa d'étudier... Il a publié un ou- 
vrage sur le traité de Kodaschim, le Mayau Gannim. (la source des jar- 
dins)... le célèbre Rabbin Akiba, fils du Rabbin Elie Trénel, décédé le 
mercredi 8 lyar 5534 (1774). 

1. t^ïa-^-s» -i"-nr;7: nvST^ai n-nna abci?:") >*bE"i7:n •':a-im "^D-nrir! îN"» 
■'aorr nn 'Ttc -.inra b"i:T "d^^-icj 'vn nni-:: m:7:r; •^:-.nr- n"^ri p 
.r-i"s?:5 by Zi-'^.zz -a^n "p:! ap in:'C?: ■'pai :i"'-,n '"^-i ',z"r,-2 hd br;N 
rrr^na ina r;{<-r: -,a 2"'"'na niiya i-,"î<b t*<'i:i- T'-i-onr -ir.N* rrai 
"irt:an br 2~t m'Cip n-nan nrrra 'tt .-a-- rz^T'-irp ■:■*•;;•- — :• 
nsca T-na:;'a mpn:^ i:r: T>:a ^; .TwD:? ira-j -'Trr: c-<r t.n---", 

...r:"a-j::p riT 
.pcb n"bpr n^wS ^ 't dt" ;""i: 

Le rabliiii Akilia fjai-nh , lils «In iriMiin Klir Tniicl.... fut mi ispiit |iciii-lr.iiit. nu 
(•nidit. Son t'iiseiinifiiirnt lui clair cl |nii. Il i-iirii|iosa ilrs livns sur li' Taltiiu.l. mm Io 
Poskim et sur les Tosaplioth. Il a pulilic de sou vivant un ouvraj.'r nu il .1 uinulii' sa 



104 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

pnVN n"3 3p:'^ mp^bx -^?:d D-^m '^bin -tjdi t::"' ':j*j< '^"3 n» 126. 

n"bpn TiTon n"3 'x rT'2 :3"'w3 2"i5 "^ibn 

...Eliakim Jiicob, fils d'Elhanan I-évy, décédé le dimanche 24 Tam- 
monz 5')34 (1774). 

.n"3X3n pD5 i"bpn 

... Fradelé-Elise, tille de Méir Nordon, décédée et enterrée l'an 5534 

(1773-1774). 

tn-'STi:!! cs-^wn '^-112 ^birr 1^72"^ h^D -^u:-^i t=n ^■'î< a"E n<>33. 

.pob n"bpn bibx n"d 'n ût^ n3p''3i :û"ti:3 -iac3 b"T nnbu3 -i"nn3 

...Baruch Joseph, fils de R. Salomon, décédé et enterré le dimanche 
21 Eloiil 5534 (1774). 

Vci:iDi r-T'îj'na !-tjiD3 i-irr^n inb-^cn •■'b^^TOT i'iîs: uî^n a"D n» 44. 
-i"pn"»N DT72m tzs-i-Tin uy non b»3i nmnb nnino ï-tn->n in-'a 
'1 tiV 3"i2 r!u:73 tj"3 i"'7:"':2 's r;"in p'-in nTa^n nr:?»! n"^ina7:n i"n3 

.r:"ni:2n psb n"bpn 'inu;n-i73 i'*' 

...Benjamin, fils de Moïse, décédé le mercredi 14 Heschvan 5535 
(1774). 

i*jn-ip ■'Si-^nT: nnT'TûT ^^N1 iNr^r-ieiib imD'''7tt3 bmsn 3-in >r.9». 
S"iïT i25"-in73 nnn 'n '"'«ro i"-nn73 !-inu5y N-n iy vom-ri r-ibcbai 
psb t-i"b!ip rnDu: Sibx 3"3 'k t=V3 'np-^îT wnipn iTictn nnïîs 

Le grand rabbin de la circonscription de la Lorraine, un des plus dis- 
tingués parmi les juges de la ville, descendant à la dixième génération 
d'une noble famille, Néhémie, fils du rabbin Simon [Beicher]... Enterré 
le dimanche 22 Eloiil 5535 (1775). 

scieiire religieuse. 11 lit iiarlio do iihisi.'uis cniit'ii ries. Avec toute sa science et sa 
granile piété il est tuujouis icstr Inimblc.. Dicdé rt enleriv le mercredi 9 lyar 
5534 (1774). 

1. pr730 -i"-nn?o ^Dm372r! bi-isn mn p '■'7ûn: -i"-nr:7p 3-in :i<^ 

'^n et; p'sr-iLJib ri:"'-7:3 c-'r:: -7:2 pi:3-i :>r,yo -naya b":i:T -ic-'p 

•jrcN-n -CNi '^m bwN-,'w-'7: mer; -120 b-'icm --iTcr: !ri:N d^t t^ ib 

rrpni: i:p; r;n c:. .n';*^ V'^?: p"p irp'r-p "i-'-^nT: nn '^:-2p p"nr:2 

•V^N '3'5::o -,"-nw V'-'wXrr r;"2i::n nT -iDïJa m^y 

... Le i-al)l)iii Nrlirmic. lil- ilii limiuI il cIiImc r;iiiblii Simon Keiclier, diriirea le 
r.iliiiiiiat dans la circonsi-niiiinu di' l,i l.iiir.iiiM' ilc Imiiines année» it eut du crédit et 

du prestige auprès du gouverne ni et pul sauvir plusieurs de ses coreligionnaires. 

11 lut a la tète de la conl'rérie des l'ossci\.ur> r| lut un des juyres de notre coinuu»- 
iiiiulè messine. . . 



LES ANCIENS GIMETIÈKES ISKAÉLITES DE METZ tOS 

r-i;a"' ra rsnao !-i:it:-ir) pii:?3 rnsb:: naïuin ï-t'^n a"î n» h 2. 
'31 '3 5"»b ': b"T b"5D -«dtit: r;"3 bnn-nbD-^?: 'm mp-'n r-ibrab ma? 

.i"bpr '3 't' 

... Michala, fille de R. Mordechai Lévy, décédéo dans la nuit du lundi 
et enterrée le mardi 5a:36. 

r-iC73 aropT T^^ry bx '7:bi:' rr^-'b? nby s-^WTirb T,^yz n° 92 >. 

rrmnb n''r\y yap ^Db T«3':;73rj qovs nm-ib mrs irr^a 'f'Tjnpbn 

^ao -iNi'^s'vS '^îna-ia n'r) •j'^bnr"::"! n'isi net] '"^n n'n o""C ■^n7:nb p-na 

.psb Y'bpn ircn n"a 'n nn-' -apii '; b-'b S'en '; b"i:T 

... Moïse, fils du syndic Bébusch (Phœhus) Spir Lévy, de sainte mé- 
moire, décédé dans la nuit du mardi et enterré le mercredi 15 Heschvan 

5536 (1775). 

nmnb D^'^y y:î^'p•i rz'^'^rn'to 't: r-i3T iinr fcDnn 'ed N' us. 
tT» 'D5 "^Tbn lînbN -i"nr!3 cbicw r"zi n?2Ti73b nbr r!72ï:3 nb-^bi d^jt' 

.i"bpn -p'Sy DT' 'p3T IT'O n'-" 'n 

... Meschonllam, fils de R. Elhanan Lévy, décédé le jeudi 12 Sivan et 
enterré le vendredi, 5536 ;1776). 

bo n"is n;n«N3 in73T nu;»3 poi? n-'r: s-'-i^m -l'va-' o-'N a"s n» 37. 
P'3':j b-'b3 -iud: '•'b-îi -i'3 bN":7:"C 'd •r-'C^m -pTi ainrm:2n p"n3 ptûn 

.pcb T'bpn pcn n'n m-^ imnT^b 'p"»;! 

. . . Samuel, fils de (iuedalia, décédé dans la nuit de samedi et enterré 
le lendemain dimanche Roscli Hodesch Heschvan 5537 (1776). 

ey n"; nmnb nmni: nnTi ii-T'3 ,rrr> t^si -iC"» C"'N :2"d N" 34. 
vbo3 "i"D 'H av :"i: ■'ibn -iTy-^bx -i"nrt3 buvz'C 'z -ip''n pTn mx bs 

.pob T"bpn 
.. . Samuel, fils de U. Eliézer Lévy, décédé et enterré le jeudi 24 Kislev 

5537 (1776). 

&y non nbris n"'3r: n-ipr nnT: r!3rcm nrpT rrrx i:"2 n» m. 
Dv r:"i3p;i n-;::s3 in-'b-ia '■^, r3 ^*tb"'">3 n-173 D"'-i'''::ybT c-'irb mx bs 

.T"bpn n^bD3 'd '3 

... Béila, fille de Guedalia, décédée et enterrée le lundi 20 Sivan 5537 

(1777). 

t. ^50 -iNi">cc ■C3-'"'S t=brw*72 72"td n"ir! p ne?: r|DV n"nn ;«■' 
f«mo"'3 r«oTir '■'m a"*;n"'3Nb "jp: itd .nm-ib mns in"'3 '■'ne -113^3 
.nmnb a%-ir ?3pT .n-."n3 -^c^ bbcrnb s-'-iym D-'zem r=':e n7:D 

.-.—=;• rp-îi: -:r: i-::i irec* ca 

Josepli Moisi", fils ilti sviuli • .Mi'silmiill.mi l'Im-lnis Spir l.iw, ilnnl la iiinisoii t-tait 
Iftujoiirs ouverte. Il ilistribii.iit «le l'aiireiil ain p.iuviL's. Liii-iintiiii.' l'ut touriuenté par 
•les SdulIratJce» peudaiil de louifue.s années. . . 



106 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

"-1733 "ip"»?! s"m p-'r d"'3ï:3 ^n nM:DT n^j-^i dp U3"«n t:"D n» 55. 
nnpîT T'"'N n"-' p"a7 't -iudd -^na -i-nD p ma» annaN -"STiia 

•pcb n"bpn '« 

. . . Mordechai Abraham Moïse, fils de R. Bariich, décédé le vepdredi 

18 lyar et enterré le dimanche, en 5538 (1778). 

-)"nn2 !-i^a -173s n"na a-^^yT^T csis» -imjdi "nr*^ tcn t:"s n» t. 
.n"3£Dn pcb n"bpn Tn72n m""^ 'a dt^ :û"«3 inp-'iT 'd3 p-^-iTT -iT3'''bt^ 

. . . Moyse, fils de R. Eliézer de Sierck, décédé et enterré le mardi 

19 Tamouz 5538 (1778). 

Dv 3'-)D b'T pni:"' n'nria rr::» 'n ip-^n iiam nï:-' u:-^» :2"d n« 27. 

.n'3i£3n pcb n'bpn bib^ 3'd 'a 

. . . Moïse, fils de R. Isaac, décédé le lundi 22 Eloul 5538 (1778). 

n"nr(n n^ab^a n"nïn îrrinb Q-^ny yaip ^^"ii on rr^n «j-^n u"d n» 29. 

.u"bpn ii\z5nn73 'd 'a ûn^ 3"i3 b"T sior 

... R. Salomon, fils de R. Joseph, décédé et enterré le mardi 20 
Heschvan 5539 (1778). 

'{■^wbj'b &biy Sia isbtt ^bxjn r-mayb ï^s-i tons» a"s n» 49. 
.SDb !-im-ib ï-imno '-"n in-^a , C3"^-iwn2 q-^-i3T "«naïîipa aiujpT 
'-Ti3r 3"i 'r5nnï:nbi ynb id73»3t 10153 n'as poy CDVsxb ir3 -itd 
n»N bir n"53 poT C25T m73b ta-^mpb muîci ^1722 b-'iim "1737 "33 
."cï<3 'd3 ■'03'^7a i"'Dbn -^bis:?» n"D ib-in^aT 'T3 n'n "«ppins 

... Le syndic Mendelé Halphen de Nancy, décédé le 2 Adar II 5540 

(1780). 

N° 49. Sur le dos de la pierre nous avons relevé l'inscription 
suivante : 

•^itto iNSti t><3im ■^o:"'33 "^3^ TJN 'r, El"': vt:^ b» qoN"'T tm^^ 
noom. bina nTDr)3 psb Cpn ï:'N3 p'ïjan d^s in-in?2b -i3p;i n ■'b-'b 
.r:'3i::n ■'D3î<d"'72 'j-'obn ■'bnsT» 'hd pbnn^ai tsib 

1. V731 3Tna -n3T3 a-'ii'ï -irb -i"nn p ncTo '2 3-w t=5T u:'\:;tt :«■' 
3^-iym !=:-'2"::m .idd ya*t3 birxb -in-^sb q-ia r^^-'Dnb a'pn-i7:3 '""r; 
t-<-i3n3 '■'H Da nb-'by xm; b^^b nb7j nb« 'tî irban nb-'crr; n'3b 
n-pi:i. i;»-i3 •,-«'j-i"' aa '-^pinm '^3Tip oa* non b7:aT .MrsTon ■'nciî N'C-'np 

.r!T -=)"C3 ip?:'w3 m37 
.n"bpn Tirn ::"■• 'a di"' 3"i3 

... Moiso, fils fliî 15. U'isiT Sierck, séjourna la jiluiiait du temps liaiis les jiays loin- 
tains, où il travailla |)our les besoins île sa maison. Matin et soir il se rendait ilans la 
maison île prière... Il faisait aussi partie de la ciint'rérie des ^ossé .Mita; il pratiquait 
la cliarilé à l'eirard des proches et des etranjiers. Décédé et enterré le mardi 19 Tam- 
mouî 5538 (1777). 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES DE METZ 107 

Il décéda et rejoignit ses pères le jeudi (1) Adar II à Nancy et fut trans- 
porté ici à la tombée de la nuit du jeudi et fut enterré le lendemain ven- 
dredi 2 Adar II 3540 (1780) avec grand honneur et au milieu d'un grand 
deuil. Ce fut le syndic. . R. Mendelé Halphen de Nancy. 

"\y non '57:ia '11:723 'poix r-irpT n3r:5n rr^Nn a"D n» n. 

1D"'2 T'a '"' tST' D'ID b'T '^'lîlN C'H nCN r-tb-'-^-in m-|72 3'TN '31^1 

.D'pn C'3 

... Breila, femme de Hayem dEnnery, enterrée le vendredi 16 Nisan 
5540 (1780). 

.73'pn p-^a a'3 n DT' D'13 n'i^To n'3 D"n -l'nn 

... Hayem, fils de Moïse, décédé et enterré le jeudi 29 Nisan 5540 

(1780). 

Kmrr' 'd np"»n n'a '■'n DDn'33 n'ir: 'ti -icdt t::-' u:-«n a"E n- 64. 

.pcb 3'72pr T^bOD N'"» 'T DV 0'l2 UINp-'D 3-^b p-^P""» n'3 

... Juda, fils d'Eisik Leib Picart, décédé et enterré le mercredi 11 Kis- 
lev 5342 (1781). 

av 'p-^ai p"3^ Dr 'c: nbav '12 nip^^n rjncn rrcNn û3"d n» 63. 

.rj"3i::n pcb 3"7:pn mx n"D ûr 'p^n 'n 

... Youtela, décédée le samedi et enterrée le dimanche 24 Adar 5342 
(1782). 

'3 DT» 'dd mp-'bN n3 rtb3"'i: '73 mpin nnwD rjCNn a"D n» loi. 

.psb 3"73pn p-'a i"n 'a dt* 'p-^ai 

. . . Zibela, fille d'Elyal^oum, décédée le lundi et enterrée le mardi 
18 IVisan 5542 (1782). 

SmN3 3U3-« t't:"' 53 ib -i7:î<"i cnp T'om p-^ni: ^"^x Ss n* 98 «. 

i. brTN3 briN 3':jt' 'ttû -n3y3 n"b2:T a-ip-^c y-iTt -i"-im72 ■'33nn bx-^* 
.)-mn -iP37a rn:n5 nirn r»<bT T'iyi n-on ■'N7anp ■'■n73 nn 'tit .11^-1-173 
^7273 13 'tîo nina n':;-'-iD 31-1731 .Vai"» pTiy yi;rTUJ3 i'^ts'^ bs poT 
T)3n Mnnbr! b33 ip3i rr'-ir t:j-'i nn' 'Tii ""titi r><n-,ii: 3'":33 y-f c««ïb 
■'■173N3 i-iis.-sb i733'0 b^y 7-r^: -\'::i< y::>'' 31173 Nrnyjj-cn ■'b"'3'«:; '■'b t-itiî 
imN3 nT^ri"» nn-T; rtT'^ai ~-iin nnnr: ■'b: ni73î< y3-,N ^bn t-«ib -idd 
ni:p in3"v:;3 n:-iso; CwNi C3\n ry~n xb 3715731 r-ii-'-i3b n3 p"«-!i: 
in73n73 10 ^«ib i''-no''3 idid '"-n Cjxi ,sn-i73 'cii-p ^"'3-b73 rry-i^n 
nnan n-)ii'73 'ti tzai .:=bir ■7T7:3 Pip3-5 31173 .r!3r!: 73 bs^pi li-i^xn-'i 
!~TC'^3 't: ipbcn .--^zirr, r"'3? 73"r:373 ,b^n bx b-'n-j ■^b-'b ci"' b33 
ï~j;n; in3 riai 13735 by "]':>" inir; -i3j< •p^i:zn .t<"'3:r; '3^p i"«byi .r;-n-i3 

...^T -,D\a3 1-1135 -pns: 

Le r.(t)liiii Hiriz Pii|iiait. . ., Iiominc pieux A niodcslr, ne iliercli.i jamais à tirer un 
prolit iiiaterii;] de lu luuioiuie de la Toia. Il ne suceupait tous les jours qu'à jouir des 



i08 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

D'Trnb a-i-iym CD-'S'cn ti^in t>i^rî 'n nxi^i ipj«in "in-nn min rc 

n"3 y-TTî vns3 -i"n .v»"» bD 't: v:r -"7:r;nb :Dn372 b-«n bx b-'ntti 

.pcb a'iz-pn bibN t'd 'n ar 3'i; b'T a-iNp^s p-^r-N 

... Le rabbin Nephtali Hirtz, fils de R. Eisik Piquart, décédé et enterré 
le mercredi 27 Eloul 5543 (1783S 

-j"D >•» 12. 

't< Dr -^^-p-j-i na-o c:v -me: c^n s'nn npy-' pHii:-^ t:j3 uj-^n 

.pob Y7:pn "i-ittîn a'D 

. . .Isaac Jacob, fils de Hayem, décédé le samedi et enterré le dimanche 
23 Tischri 5344 (1783). 

!-naE3 y'D -pn» na nbav '73 !-i-ip">rt m-r^ ^-jcnh î:"e N' 21. 

.pcb -i'Tspn rboD lû'"» 'N Dv nnapsT p"2UJ nva 

. . . Youtela, fille de Mayer Cahen. décédée le samedi et enterrée le di- 
manche 19 Kislev 5544 (1783> 

r-7:372n noid p"n r-i73N b^s n"> r,-'T; -iodt "^-q^ o-^n u"d n» 58. 

T'rpn -rtN IS"3 'N SV -12p3"l p"3':; t=ir T0D3 prtN '3 "T^MM 'l npTJ 

.p"Bb 

... Mayer, fils d'Aron, décédé le samedi et enterré le dimanche 
21 Adar 5544 1784). 

D-2T1N p'n r;7:-'bïJ nsiTaNn ts'it^d pony r^n noDT ïj-'N a"D >'• in. 

.T'wpn inN n'D 'n dt^ -inpsT nass b"T bisT:-^;:! 'i"'73"';3 -i»d -ip-n 

...Benjamin, fils de Gimpel, décédé et enterré le jeudi 25 Adar 
5544 (1784). 

-iTy-^bN -i"3 bN'ns "itsd tz-^Tan '^-na Y'^i^ "'-^"' "^'' ""^"^ ^'* ^-•^• 

.T7:pn IT^D 'a 'n qt* 3"i3 

...Nethanel, fils d'Eliézer, décédé et enterré le dimanche 3 Sivan 
5544 (1784). 

.pcb T7:pn dn T^ 'n DT'a 3'i: bac "D-î-i;: n'ra '•'bwN 

di'lices de la Loi de rÉfeniel. Et à force <le s'abstt'uir de tout ce qui est profane et de 
n'aspirer qu'à la vraie sainteté, sans aucune simulation, il n'est pas même arrivé à 
connaître la forme dune monnaie. Ce fut un rarartère intèi-Me et droit, un esprit ju-né- 
trant et savant dans toutes les parties de la Halaclia. . . De plus, cet homme pieux fut 
as-réable à tout le monde, ne blessant jamais personne... Quoique vers la lin, il fiU 
accjiblé i)ar les souffranees, il ne peidit rien de sa piété ni do sa eraintc de Dieu : il les 
supportait avec résiirn.itinn. d.iiis son nllaeliemenl au mi de l'univers. Il réveill.iit, |»our 
ainsi dire, l'aube du jour pour se rendre d'un exercire a l'autre, d' la niiiison d'étude 
à la maison de prière. Sa prièn- était pure. A lui s'applique cette lamentation ilu pro- 
phète : « L'homme juste a disparu. » 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES DE METZ 109 

... Zilpa Rachel Serché, fille du saint rabbin Elie fils de R. Mordechai 
Lévy, décédée et enterrée le dimanche 14 Ab 5544 (1784). 

-iT^bN '3 •^^.^■n n3i33 nnb-'Dn Vb^nn r!\-î "ro^'t tc^ •c\n Ss n» 65. 

.pob n"73pn iTcn 5'-^ 'n dt» 2""i: b"T -i-'n^j p 

... Eliézer, fils de Mayer, décodé et enterré le jeudi 13 Heschvan 5545 

(1784). 

'3 'n; GT» ;'n; n^c^y: p pnx 's ip-T! tiîdt t:;"' 'c:"'n a"E n» 84. 

.rT"7:pn p^an 

... Aron, fils de Moïse, décédé et enterré le jeudi 20 Heschvan 5545 

(1784). 

p :i-py^ -irD £3nn::73 p'n 'Cizo r-cTt t::3t -lu:-» ex a"B >'• is. 
.pcb r:"7:pn ircn >i"D p"'cjy 't dt' -inpîi 'n ct» -.ac3 'Ottnim S-^nsT 

... Le Schamess de la confrérie des Metaharim, Jacob, fils de Sanvel 
W'orms, décédé le jeudi et enterré le vendredi 21 Heschvan 5545 (1784). 

a "s N'ioa. 

na r!V72i-i 'n rn';i''n n-'ina» N'C-'ip man n'a '^n ï-rarcnn h'JN 

.n"3i::n pob !-T'?:pn -nx V-" -i dt" 3'i3 pHi:*" 

... Rouméla, fille dlsaac, décédée et enterrée le mercredi 16 Adar 
5545 (1785). 

.pob n'72pn 

. . . La jeune rille Beila, fille d'Abraham Tauss, décédée et enterrée le 
mercredi 12Nisan 5545 (1785). 

T'Dbn b"'py -i-i'nn mis:: i-iy'\:i-^n 3"cr n'\':::ir-i rrcar, ■o"s n» 4o. 

.n'wpn nrn 't n dt' 3'i3 

... Séphora, fille de K. Yekil Halphen, décédée et enterrée le dimanche 
4 Tammouz 5545 (1785). 

cwï: pni:"" n'o nn nD''"'a 'r: mp^rr a'r r-rrcD ncNn a"D n» •»2. 

.'i::n pDb n'Tjpn 3N '73 :>'=! pxr'i 3"i3 

...Teiché, fille dlsaac, Schamess, décédée et enterrée le vendredi 
23 Ab 5545 (1785). 

C."' 3'"i3 ■'ai: p npy '3 "ipTi n-irc:73r; tcst ne 'C"»» a"D n* 74. 

.pob n"72pri lien a'"' '3 

... Le chantre Jacob, fils de Cevi. décédé et enterré le lundi 13 He- 
schvan 5546 (1785). 



110 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

. . . Scheinelé, fille de Feïs (Lévy "?), décédée et enterrée le jeudi 4 Sche- 
bat 5546 (1786). 

V'D "ji^rna n-ins nn mbsT-i '« n-ipT: nmcn n^ar, z"t n- 38. 

.pD5 l'npn T^iN 'T p"'©:' 't sti 'p;i 'n dv ïticûed b'T 

... Rechelé, fille de R. Gerson Gahen, décédée le jeudi et enterrée le 
vendredi 7 lyar 5546 (1786}. 

n-i"' !~i73Dn !-i3p riT3 r-iTDUîb ï-n-in n7:b p-^ni: ^yx '::no n» 36. 

.pcb T'»pn p;on-iw n'd '3 nnpDT -ias3 r-'wna» 

: . . Le célèbre rabbin Abraham Joseph, fils de Meyer de Wornis, décédé 
et enterré le lundi 21 Heschvan 5547 (1786j. 

ta'ca 3""i3 b"T iTjbT nmnn rn sb-'a bm '» rr^p-'n n^art a"Q n» 56. 

.ptb n"7jpn nna n 'n cr 

... Rachel Beila, fille du rabbin Salman, décédée et enterrée le jeudi 
1 Tébet 5548 (1788). 

rr^n n^Ta-^rr bs ^^72■«bm 'n rnNT'a poiy Q-'ttn p■'^ir o-'n a"D n» st. 

... Méïr Cahen, décédé et enterré le jeudi 4 Adarl 5548 (1788). 

tar 3"i3 b"T rsbn nu:» na r^^a^a '-n :i"y mï55 r:tt:Nn a"D n» 72. 

.n"»pn ivo •i"D 'i 

. . . Gutscha, fille de Moïse Halphen , décédée et enterrée le mardi 
26 Sivan 5548 (1788). 

tsv 'naD3 y"D pnif '3 np3-i '-a nnpTi r:3ion riïîNn u"o N- 83. 

.n"53pn b-ôn 1"'' 'n tTi '-i3p3T n3v: 

. . . Rébecca, fille d'Isaac Cahen , décédée le samedi et enterrée le 
dimanche 14 Eloul 5548 (1788). 

DT» 3"i3 bSi©" ri3 ï-jbn3:'3a m^a mp-ri r-i-iias rt^a^n a"D n» 23. 

.u"npn T'boD a""" 'n 

... Guenendelé, fille d'Israël, décédée et enterrée le jeudi IS Kislev 
5549 (1788). 

ïns-'py 'ri -ip-^n r-.3i72N3 7:"i733 pois' '"^rt n^r^i -lO"» c-'N C3"d n» 53. 

.pob U"Wpn U30 3"D 'T DT" ■13pD"l '> b""b 1^53 pD T-t*?: p 

... Akiba, fils de Méïr Cahen, décédé dans la nuit de mardi et en- 
terré le mercredi 22 Schebat 5549 (1789). 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES DE METZ 411 

a"D N» 3. 

'S'-û^B noB bïj »'nn 'i tzv ;"n: ns-iyo m-iT: n-ip"«n n-iïJD r-rcsn 

. .. Serché, décédée et enterrée le 4* jour de Hol hamoèd de Pâque de 
l'année ^349 (1789). 

p"n n"7:i5 '-r: inb-'cn bbornb r,"^r> -l'Cîm tcî-^t an a-'N a"D N" 88. 
"ITiD n"-! p"u;3> '1 ZT» :"i: b"T :ja\sb"«iT in3 p '"^o"' rî"D np-r: c-in::» 

.irf'na D"'i72Tbb n-nnb ûti:^ y api a"72pn 

. . . Isaïe, tils de Nathan Wilstatt [Lauibertj, décédé et enterré le ven- 
dredi 18 Sivan 5549 (1789). 

cma mn"«:aT r-nby«3 t3b\aiMn n-^om p"»:tî -nnnn a"D n» los. 
pob l"pn iTOH-itt "^ '1 Dv napn 'n b-^b -lass 3"n ■'O*' -l'nsn p-in» 'o 

... Aron, tils de R. Isaïe Dov, décédé dans la nuit de jeudi et enterré 
le vendredi 10 Heschvan 5550 (1789). 

cm2N Tnn73 nn nb-1^73 n-173 n-ip-^n 3":p ï-iiws rtcNn 3"ï: N» 14. 

.pob V'P'i "1"!^ '3 '5 tv 3""i: b"T 

. . . Merle, tille de R. Abraham, décédée et enterrée le rnardi 2 Adar 
5530 :i790). 

'12 nnpTj ni3 n-ips» nn-rs .— ib:p3 ma:' naronrt n^jxn a"b N» as. 

•pcb fpn p-ij r:"o p"jy 't dt» 3"i3 b"T "ins -i-n» n"3 rjbns^ss 

... Giienendelé, fille de Méir Cahen, décédée et enterrée le vendredi 
25 Nisan .1550 (1790). 

bND->73 n73D t-ittN bu5 n"3n poir '"'n pTi nïJ"«T ncD ïj'^n a"D n* 54. 

.pDb V'pn p-^D n"D '3 DT» 'i:i'p^ b"iT -f^a rTS7a n"3 p 

... Michel, fils de Moïse Méïr, enterré le lundi 28 Nisan 5550 (1790). 

nna'o nriTo-in mi:» r^nbiz ^-^jyb noiD nos nncD n-rt* :2"b n* ne. 
'pjT p'3U5 Dra 'BD b'T i"»Bbn ■'stit: 7:"a nri n-i» n3pTn nan"" -^a 

..;Dame Dina, fille de R. Mordechai Halphen, décédée le samedi et 
enterrée le dimanche 23 lyar 5590 (1750). 

QT>3 '3 b"T y"D p:c''N '3 na y-'-'-i «m» n-ipTi n\aNn a"B n» 19. 

.n"aiS3r psb i"pn myT3*:: 'y 'a OT'a '3 "jt-d 't '3 

. . . Reitz, tille dltzig Cahen, décédée le lundi 4 Sivan et enterrée le 
mardi, veille de Schebouot, en 5550 (1790). 



H2 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

•^1-13 '3 Tîîra n'3 'np'<n rinra bbenn 'n -iïjst "iïî"' cn ^"3 N» 30. 

.!-t"2i::r po^ N';pn ■'-icn 'n '3 av s'i: V't 

... Bendad , fils de Baruch , décédé et enterré le lundi 5 Tischri 

m:;[ (i790). 

Mj-^sb): p'n "'r, n;iD3 inb-^cn bbcrw 'T! -ittdt t^"^ uj''N u"b N" o2. 
.psb t<"Dpn nu;n 'n '3 nr 'dj V't 'jm pni:'' -/3 piwS-i 'd -ipTi o-riny 
... Riihen, fils du Hazan Isaac, décédé le lundi o Tischri 5551 (I790j. 

D'i; ibiu:L3Ti 3"ib n'3 -bnrn m73 n-ip-^n rrri'D rîcxrt a"B n* se. 

.r:'3i:;n pob N'Dpn n3a :2'n nv 

... Hindelé, fille de Loeb Rothschild, décédée et enterrée le jeudi 
9 Tébet 5551 (1791). 

"ip'r; rî)3bo !-i3n7:N3 73 '17:3 pDiy rrri -nroT nuji c-^n î:û"d n« "3. 
psb t»^":pn r-ir^u ■';u3 mx i':: 'n &t> 2'i: pr3 3-<b r;'3 bNTc-' 17:3 

.r^'3s::n 

... Israël, fils de Loeb Bing, décédé et enterré le dimanche 15 Adar II 
5551 (1791). 

["'NOi:] "o ' » p'nn nwN bo n'a !-i"'n nïJST -iï:"" •«U'^n :::"d N" ôo. 
.pcb N':pn 1013 3'-^ 'N DT! nspn n3'0 b"^b -iao3 iTons-^b 'd npTi nu73n 

. . . Liebermann) décédé dans la nuit du samedi et enterré le dimanche, 
13 Nisan 5551 (1791). 

3TSn D-'^TI bs m7:^b3T 'H nNT'3 pOI^ ^^lùD p-^TiT W^N a"D N* 39. 

T'-'N 'T 'a ûT' :3"'03 3"iD (■.'] 3"n b"«i;T 'n somsi^n n"n !-i-nn bo bm» 

•pcb txispn 
... Le célèbre Sanvel (?\ décédé et enterré le mardi 4 lyar 5551 (1791). 

"nino -ip-^n n3n33 inb-'Dn bbcna ï-iin ncsi nc"< uj-'N u"d n» 59. 

.rj'ai::n pob N'3pn bibx td p'ïjy s'ia y's onss 3 '3 bîona 

... R. Nethanel, fils de Pinhas Calien, décédé et enterré le vendredi 
24Eloul 5551 (1791). 

n"3 b^WNp '1 npTi m-na"» i-^yu p'in3 -i;rDT ne-' \a\v a"D n« 66. 

.pob 3';pn ■'ncn 13 'd 'n dt« 3'i3 b-'-'i b-'ijT 

. . . Kochcl, fils de Sanvel Wcil, décédé et enterré le jeudi 29 Tischri 
5552 (1791). 

l73bT n3 riDbnsyns n-173 rtnpTi nby3 r\-':j^y rrro^ rr^inr, St -N* 62. 

.3'3pn a3;a t b dt' 'p-^ii p'3ï5 b-^b 'udî b'T 

Brendelché, fille de Salman, décédée dans la nuit du samedi et enterrée 
le 26 Schebat 5552 (1792j. 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES DE METZ 113 

'3 mr::3T"' ma mp"*r; ^^rcn ■;-, 2'? n-.-rr !-rcsn ::"d n» 20. 

.n'33::n psb 3'3p»-i nTsn n'i 'n dt» :'i: o:-id i«Tai2'^b 

... Yentelé, fille du syndic Liebermann, décédée et enterrée le di- 
manche 18 Tainmouz S532 (1792). 

n-«N72 '3 rrbDi-ip mici: ï-inc m» n-ip^n 3't nnoD noNn a"D >• "i. 

.ri'3s::n pcb 3':pn 3n 'n "\ dt« 'p-^îi "n nv 'cs ï^^d^ti 

, . . Sarah Sepliora Kronelé, fille de Méïr Romano, décédée le jeudi et 
enterrée le vendredi 8 Ab S552 (1792). 

mî-iT nbD"'":: 'r: r-i""3n ::"? mp-'T n3T>:3n nrpT ncx :j"s n* 15. 
\:;-nn3 's-' 't ï::v3 t-in3p3T a'*:;3 '^ds pDn ^-py^ mirr» o ma 

.T:pr -n» 

... Scheinelé Dina, fille de Juda Jacob Cahen, décédée et enterrée le 
vendredi 12 Adar 53S6 (1796). 

fpnn-ib tr5-«3yn5 :pi3'i;73 Cttna Y^i^ ^-^nî O"»» "jiay rtc >'• 80. 
bbcrinb D"n33 a"'3-'yn73i n-'ti'^DwTaT rrnnb û-^ny yy\p '^r,^ ,f 3TipbT 
.q-iN'7^-i''3r''ao» b'T 3p:''' non n'nrs rssiDS inb-^cn 

... K. Moïse Jacob de Steinbiedersdorf. 

La série de ces pierres tombales sera probablement à compléter 
plus tard, car sur le terrain, de l'autre côté de la route, le gouver- 
nement militaire projette aussi des constructions. 

N. Netter. 



T. LU. N» 103. 



LES 

ARCHIVES JUIVES DE FLORENCE 

(suite et fin •) 



1736, 17 juillet. « Fu accordato a Moise Ergas di pubblicâr la sôomu- 
nica per un fallimento; anzi fu detio clie poteva farlo liberamenle. » 
1756, oct. Un « Ebreo Spiuoso» de Livourne est admis au baptême. 
1756, août. La demoiselle Kosa Tedesco, âgée de 19 ans, s'enfuit 
a délia case dell' Ebreo Leucci di Pisa ». Une enquête est ordonnée 
afin de voir si les droits de Livourne sont valables à Pise (« fu 
creduto di Si »).^ Rosa est enlevée par ordre à la Catéchuménie et 
confiée à la garde d'une autre personne. Il fut également procédé à 
une enquête. 

l7o6, juillet. Rachel, fille d'Isaac Pegna de Florence, s'enfuit de la 
maison pateriielle. Ordre est donné de la prendre à la Catéchuménie 
a di esaraiiiarla; diammettere aparlarle i parenti, e di punire severa- 
meute quelli che si provasse che vi si fossero mescolati con autorità 
privata ». 

« Con Rescritto alla Supp. de Massari di Firenze dé 10 Marzo 1757 fu 
ordinato che potessero rinnovare la proibizione agli Ebrei di ricevere 
nelle Case Ebrei forestieri. » 

1757. Salomon Tedesco de Florence, 24 ans, est reçu à la Catéchu- 
ménie. 
1757. Sabato Galligo de Livourne 34 ans doit être admis. 
1757. Samuel di Segni, 21 ans, ne doit pas être admis, ayant été puni 
pour avoir volé son père. 

1757. Giuditta, fille de David Cardoso de Pise, a quitté la maison 
conjugale; un examen rigoureux doit être fait de son cas afin de dé- 
terminer si elle n'avait pas quelque intrigue d'amour avec le néophyte 
Franceschi, qu'on suppose avoir favorisé sa fuite. Si non, elle doit 
être baptisée. 
1757. Rafiael Santignana de Livourne demande le baptême pour lui- 

i. Voir lievî(e, t. LI, j). 303. 



LES ARCHIVES JUIVES DE FLORENCE J15 

même, sa femme et deux petits enfants. Les enfants sont supposés 
avoir déjà reçu le baptême à Gênes. Si non « di lasciarli al Padre, e 
di ammelerli solamente se egli gli avesse oflerti alla Ghiesa, perche 
i Privilegi di Livorno accordano i diritti délia palria potestà tra quali 
etc. » 

1758. BellaVilerho, femme de Samuel Leone de Urbino, « furichiesta 
dalla casa de cat. di Roma, che si suppose refugiata in questi stati, 
perché il marito ne faceva istanza per farla passare alla Religion 
Cristiana... Fu detto, che non potesse consegnarsi, perché la Rel. 
Ebrea era ammessa in Toscana, e supposto che volesse farsi cristiana 
poteva farlo egualmente in Toscana, e per evitare il rischio dl qualche 
violenza, fù preso il partito di farla esamiuare in Livorno dove si 
trovava ». 

1759, mai. David Donati de Florence, âgé de 18 ans, a été amené à 
la Gatéchuménie : « Fu ordinato di sentiro prima sopra i motlvi di 
eangiar Religione; di vederlo se fossero inconcludenti : Nel caso di 
ritenerto, di lasciare che i genitori 11 parlassero, e poi dl farlo 
esaminare di concerto con l'arcivescovo, eal la presenza de Mas- 
sari. » 

1759. Règlements proposés à Livourne pour le transport des corps 
juifs. 

1760. Samuel Sacerdote, reçu à la Gatéchuménie, n'a pas de père et 
est âgé de 18 ans. 

1760. Une permission est accordée aux parents dAbram Fioren- 
tito de Pise, précédemment de Florence, de parler deux fois avec 
lui dans la Gatéchuménie. 

1760, mai. « Sultana Lalballia Levantina » i. e. Sultana Alballia 
la Levantine, s'est échappée de l'hôpital pour se faire chrétienne : 
a Ella aveva marito, ed era gravida d'otlo mesi o. Elle a été interro- 
gée à l'hôpital par les Massari de Livourne en présence de son mari 
« e la trovarono costante ». Elle fut donc séparée de son mari. « Fu 
esaminato se dovesse aversi per suddita ; fu detto di si in vigore de 
privilegi di Livorno; fu esaminato poi se la proie doveva restitursi : 
fu dispoto che nascendo prima che fosse legittimento sciolto il ma- 
trimonio Ebraico, dovesse rendersi al Padre, se l'avesse richiesta, e 
che non potesse battezzarsi senza il suo consenso fino ail' età di 13 
anni a forma dei Privilegi di Livorno. Fu risoluto ne 30 Maggio 1760 
d'aspettarequal partito prendesse il Marito : e di fare trasferire intanto 
la donna ne Gatecumeni ». 

1760. « Mancu di Montepulciano il giovine Daniel Gastelli, in eta di 
anni 17, che si suppose occultalo : Fu ordinato al commissario di 
rilrovarlo ; di sentirlo sopra la sua vocazione, se era in eià da 
poler risolvere; e persistendo, di mandarlo a Gatecumeni. » 

1760. Abram Jocheved de Prato, âgé de. 17 ans, doit être reçu à 
la Gatéchuménie; comme il y a quelque chose d'incertain, il doit être 
soumis à un nouvel interrogatoire en présence des Massari. 

1760. « L'Ebreo Daniel Sornaga di Firenze ritenuto nelle Stinche 
per debito domando di farsi Grisliauà Fu ordinato clip fosse 



116 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

esaminato dal Parroco sopra la vocazione, e che gli fosse amminis- 
tralo il Battesimo in Carcere. » 

1761 . Flaminio del Sole de Florence, âgé de 27 ans, est reçu à la 
Gatéchuménie. 

<764. Verre d'Arezzo est admis au baptême. 

1762. «I Fu supposto che fosse battezzata una figlia latlente d'un 
Ebreo di Firenze. Nacque il dubbioche doveva ripelersi da Cristiani. 
Fu opiniato di verifîcareil Battesimo, e trovatolo sussistente, di cer- 
zionare la giovine sopra il sua stato, anco per mezzo di un'Ecclesias- 
tico, in luogo terzo, ed in presenza dé suoi parenli : e di usare le sole 
persuasive; di farla passare tra Gristiaui, sempre che si dichiarasse 
di voler essere cristiana ; e in caso diverso di lasciarla in Liberté, e 
di non molestarla. » 

1762. novembre. « Fu condotta via del Ghetto AUegra Bolaffi di 
Firenze e fu ammesa ne Catec. » Gomme elle avait l'âge, ses parents 
furent autorisés à lui parler : elle dut ensuite être soumise à un 
interrogatoire en présence des Massari : « e venendo supposto che 
non persistesse nella vocazione fu ordinato ne 12 Marzo 1763 di esa- 
minarla di nuovo segretamente ». 

1763. Admise au baptême, « una giovine Ebrea Danese venuta di 
Gopenaghen e ricevuta nella scuola di Mendicanti dopo l'esame 
sûUa sua vocazione fatto dall'Archivesco ». 

1764. « L'Università degli Ebrei di Firenze domaudô l'usar di cen- 
sure in certi casi. Fu progettato un motuproprio per accordarlo con 
alcune limitazioni ». 

1764. Un garçon de Portoferraio s'était réfugié dans une église pour 
se faire chrétien. Après avoir réfléchi, il voulut retourner chez lui. 
Ordre est donné de ne pas le contraindre et de lui permettre de s'en 
aller. 

1765. Simone Sornaga peut être transporté à la Gatéchuménie à 
condition d'être interrogé en même temps : « e per chè supponeva 
che fosse poco di buono, di minacciarlo che quando non fosse ben 
determinato a farsi Gristiano doveva indenuizzar la Gasa degli ali- 
menti, ancor che dovesse farlo con andare nelle Slinche ». 

1765. Simone Zevi de Florence à « Gancellaria di SS. Aposloli » 
reçoit la permission de se faire chrétien : « perch'era maggiore fù 
proposto di porlo prima in libertà e di farli intendere che poteva 
dirigersi à superiori ecclesiastici, fù avertito chi l'aveva ricevuto, e 
fù permesso al Padre di parlarli con la Presenza de Massari per 
assicurarsi délia sua vocazione », 

1766. « Gon Rescritto di 17 Aple 1706 fù accordalo agli Ebrei 
Modona di Livorno di pubblicare le censure secondo lo stile dalla 
loro uazione. » 

17G6. « Fu rapila Rachele figlia dell' Ebreo Souuino di Pisa. di braccio 
alla Madré in eta di 1 8 Mesi con l'opéra d'uu fraie Domenicano. ed al- 
tri Laici. Fù supposto che fosse stata battezzata in Tempo ch' ère 
alla mammella da donna Grisliana. Fu discusso lungameuie l'atlare: 
e finalmenle fu risoluto ne 25 Mzo 1766 che dovesse riconsegnarsi al 



LES ARCHIVES JUIVES DE FLORENCE 117 

Padre eleaeria fmo a 13 anni compiti ; e che quesli con la Mailevadoria 
délia Nazione, e per essa de Massari dovessiDO render conto ogni tre 
raesi délia stato délia figlia, délia malatlia, o délia morte al coramis- 
sario di Pisa sotlo la peaa di scudi mille. Che compiti i 13 anni 
dovesse la figlia cerzionarsi sopra il suo stalo, e sopra i dovessi a 
quali era tenuta da quelle persone che fossero stale depulale perche 
possa godere d'una piena liberia. E fu ordiuaio d'esiliare il Fraie, 
e di puuir con la carcere i Laici che avevano avuto parte nel ratto. » 

4766. « La Nazione di Firenze domando l'uso délia Censure... 
Con rescritto de 21 Agosto 1766 fu ordinato che supplicassero ne 
casi. » 

1767. David Leone de Livourne demanda à être reçu à la Catéchu- 
ménie; sa demande lui est accordée, parce qu'il a dépassé 13 ans. 

1767. Elia Ovieto de Florence < demando di pubblicare le censure » : 
Accordé. 

1769. Sara Tedesco, femme de Vitale Passapaio, « ch' era in Pisa 
condannato a pubblici Lavori », désire entrer à la Catéchuméuie. 
Elle avait un enfant de cinq ans et était enceinte. « Fu risoluto di 
restituire i figli se venissero richiesti dal Padre; nel caso, chi egli 
godesse i diritli délia palria potesta a quelli che ci fossero passati. 
Non fu eseguilo perché il Padre che fù detto godere délia patria 
potesta consenti al Batlesimo ». 

1769. « AUegra Israeli moglie repudiata dell' Ebreo Beniamino 
Polacco offre alla chiesa una figlia di 7 anni. Dopo lungo esame fu 
risoluto battezzarsi la figlia, non ostante che fosse richiesta dalla 
nazione in assenza del Padre per la ragione che questa famiglia non 
era ammessa a godere i Privilegi di Livorno », 

1770. « La nazione domanda la restituzione dell' Ebreo Salomon 
Coen Modona, che supponeva démente. » Une enquête est ordonnée : 
s'il a perdu la raison, il doit être renvoyé tout de suite. Si non, il sera 
envoyé à la Catéchuméuie pour plus ample informé, ayant plus de 
21 ans. 

<771. « Rosa Bolaffl maritata, fuggi del Ghetto »; il est ordonné 
qu'elle sera admise à la Catéchuméuie; ses parents sont autorisés 
« d'assicurarsi délia sua vocazione alla presenza d'uno dé Cancellieri 
del Tribunale délia Giurisdizione ». Admise au baptême le 27 décem- 
bre 1771, il fut résolu que tnondoveressaattendersi perché nonpoteva 
torsi la figlia alla patria potesta. E lu esamiuato auco l'articolo del 
Ventre supposto pregnante ». 

« Air Ebreo Jacob Prato di Firenze con Resol. de 14 Marzo 1771 fu 
accordato di pubblicare le ceusure ». 

1771. 26 sept. Emanuel Levi est autorisé à parler avec son fils 
« refugiatosi in una casa terza in Arezzo per cui reclamarono gli 
Ebrei del Monte S. Savino, e fu ordinato di fare assistere un minis- 
tro del Tribunale, o allro che capesse conciliare la sodisfazione 
degli Ebrei e i doveri délia Religione ». 

1771. Les Juifs de I^orloferraiu demandent la permission de parier 
à Esther Modigliano « per iuterpellarla sopra i motivi délia sua 



H8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

fuga, e sopra la sua volonlà. Fu proposto d'accordarlo alla presenza 
del Governatore, o d'altra persona Saggia '. 

39. Une collection de six documents : 

a. N° 29 b. 

b. Déclaration de la « Nazione Ebrea di Firenze » 1748, concer- 

nant ses privilèges et citant les bulles de différents papes. 

c. Deuxième exemplaire de a. 

d. Troisième exemplaire de a, mais adressé à « Monsig. Gan- 

tucci, Nunzio e Legato del Sommo Pontefice ». 

e. Second exemplaire de d. 

f. Troisième exemplaire de d, avec additions jusqu'à Tannée 

1744. 

40. Documents imprimés concernant les Juifs des Etats Pontificaux 
(complet) et contenant une liste de 46 localités possédant des com- 
munautés juives, la contribution à payer par chaque communauté 
et une liste des privilèges accordés aux Juifs en dehors des « Etats » 
par les Papes, année 1711. 

41. 1713. 31 mai. Lettre adressée aux « S" Litt. Massari délia Naz^ 
Ebrea » et contenant un « Ordine di Sfratio degli Ufficiali di Sanità » : 
Firenze, 31 mai 1713. Un certain nomtirede Juifs étaient venus de 
Livourue, « che ni 3'"^ d'ore veniiquaitro debbano essere usciii di 
questa città e in V^ di giorni orà fuori delli ». 

42. Imprimé : « Bando | Pubblicato ildi 4 gennaro 1733 e Rinnovato 
il di 17 Settembre 1742 | Per il quale si proibisce usare mali Iratta- 
menti, ingiurie | e violenze alla Nazione Ebrea | In Livorno 17*7. 
Nella Stamperia deir Appalto Gen. délia Garta. Cou. Lie. di siip. » 

43. 16 sept. 1748. Samuel, fils d-'Aron Tedesco, David V. Piazza et 
Moïse, fils de Léon Praio.ont été désignés pour procurer aux Juifs le 
droit de vendre les draperies en laine manufacturées dans la cité 
(« di poter vender a taglio le Pannine nostrali »). Ils ont obtenu la 
permission nécessaire en acceptant de payer 1,000 fl. par an, mais 
seulement pour trois années et avec l'obligation de la part de la 
Gommunauté juive de Florence «a far una Levata di Pannina nos- 
Irale da Lanaioli di Firenze p. la Somma di Se. 3000 » durant les six 
mois commençant le 6™° jour de septembre. 

Une bande étroite de papier y est attachée : « 13 Nov. 1748 David 
Supino — la licenza ottenuta di poter vender Vino a fiaschi e mezzi 

fiaschi nel Ghetto Vecchio col pagam di lire seltantacinque 

l'annp quali furno pagali.. . otto Xber 1748. pmo : ann, etc. ». 

44. Imprimé : <^ Florentina Privilegii » 8 pp. petit in-fol°. « In 
Firenze MDGGLXX. Nella Stamperia Bonducciaua. Sulla Piazza di S 
Apoilinare. Con Licenza de' Superiori, » mentionnant la concession 
du 10 juin 1393 (Motuproprio). La demande est rédigée par Gio. Paolo 
Ambroëi avvocato, pour un certain Leone Monselles de Ferrare : 
on y cite les concessions accordées à David Amar de Venise. 
18 déc. 1G89, Gabrielio Bolafti 16 jan. 1688, Salamon Campagnano 
20 déc. 1G98; Moise fils de Augelo Sucerdote et Sùmuel fils de Léon 
Pesaio, feb. 1698; il a obtenu le 7 avril 1699 des « Otto di Guardia, e 



LES ARCHIVES JUIVES DE FLORENCE 119 

Balja délia Cilla di Fireuze » la permission de s'y établir avec sa 
famille. La queslion se pose à propos de ses enfanls. 

4a. Golleçlion de documents : 

<i. « Moluproprio del 26 Xmbre 1774 de aulorizza gli Ebrei a nomi- 
nafe un Loro sostrelto p. risedere nella Magistratura communativa. » 
Deux copies. 

b. * Altro parile del 7 Luglio 4 778, che aulorizza i pred' a risiedere 
in délia Magistratura. » 

c. « Moluproprio del 30 aprile 1789 relalivo ai soprad' oggetti. » 

d. Imprimé : « Moluproprio daté du 20 avril 1789 et signé « Pietro 
Leopoldo, Y. Anlonia Serristori, Alessandro Pontenani » concernant 
de nouveaux règlements, mais « vuole parimenle S. A. R. che ris- 
pellp alla comunità di Livorno, non s'intenda percio fatta innova- 
zione alcuna da quanto dispone il Regoiamento délia medesima 
circa alla Nazione Ebrea ed Acatlolici ». 

e. 16 fév. 1775. « Essendu stato ricercato il S' Filippo Cremoncini 
come miuistro délia scrilloria di S. A. R. dal S"" Raffael Calô come 
cance'liere dell Università delli Ebrei di Firenze commesso a lai 
efl'etlo dalli S"" û"^;i7a70 di '':np ». Signé : Ghermoncini. 

f. 6 sept. 1775. Rescrit présenté à « David Vita Piazza com^ uno 
de Massari de la Nazione Ebrea di questa cilla ». 

ff. « Nella Filza d' (Jrii. diversi atlinenti ail. unita degl. Ebrej di 
qsla cilla di Siena. . . Nella Filza di Letl^ ed ordine diversi del' anno 
1782 esistente nel Tribunale di Giuslilia délia ciltà e stato di Siena 
p. S. A. R. fra le allra vi apparisce la sententia ». 

h. ^ Informazione » donnée par le secrétaire de l'Univers. S"^ de 
Florence : sans date. Il dit : Il n'y a pas de doute <- che nei priroi 
tempi che gl' I-;raeliti ebbero resideuza in Fireuze occuparono ad 
use di Tempio un locale posio nella Via dei Giudei ' oltr' Arno che era 
pçl primo slabile a destra eutrando in detto via dalle parle di Borgo 
S. Jacopo ». 

i. 12juin 1799- Le Commandant des troupes envoie ses remercie- 
ments aux Juifs du Ghetto pour l'amabilité montrée à ses soldats. 
Paie du « Paîazzo Guadagne delli opéra del Duomo ». 

j. Rescrit daté de Florence 15 juin 4808, abrogeant toutes les lois 
spéciales appliquées à l'affiliation religieuse d'un prisonnier. Envoyé 
^tar l'Aoïivinisirazione générale di Toscana « ai Sig'' Membri di Con- 
siglio di Toscan;) ». Traduction du texte français. 

k. Leltie uu « Sigi^ Lampronti Cancell. délia Nazione Ebraica 
Firen/e » appelant ralleuliou sur ; : dalé du 2 fév. 1808. 

j et k sont contenus tous les deux dans un rapport adressé au 
Sig. Doit. Lanipronli, et portent le cachet du « Présidente dtl Ruon 
Goyerno ». 

1. La via Giiulci existe encore à Flori'iire, «le l'autii- côté de l'Arno. |>it's du Pnntp- 
Yeccliio. A reulire. on peut ;i peine y passer, telienient elle est clroile; à lintérieur 
du plus large endroit, elle dépasse à peine deux ou deux mètres et demi. Les maisons 
des deux côtés sont très hautes et mal fréquentées. Cette rue mal aérée se termine par 
ua src. 



120 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

i6. Six documents relatifs «alla proibizione di ammetlere gli Ebrei 
aile Fl'sic da ballo di delta Accademia ». En mars 1779 !'« Accademia 
dei l'cibricanli » résolut d'exclure les Juifs. RafTael Gallico, Gabriel 
Bo'affi et D'' Cesare Lamproati « député » protestèrent avec succès. 
L'exclusioa fut levée le 9 mai 1779. 

47. a. Représentation de Gabriello, fils de feu Samuel Vita Bolaffi, et 
de Leone fils d'Angiolo Finzi, délégués des Juifs de Florence, relative- 
ment aux privilèges des Juifs dans celte ville qui devaient être éten- 
dus à ceux de Sienne. 

b. Consentement accordé le o mars 1785. 

c • Régolamento per la Giustizia deir Universita dagli Ebrei di 
Siena proposto dal lugo Tenente générale del Real Governo délia rae- 
desima citla di concerto col Présidente (iel Buon Governo di Fireuze », 
12 juin 1784. 

48. 1787. Pétition de deux chrétiens au Grand Duc pour que les 
Juifs soient contraints de porter la rouelle. 

49. Copie du « Moluproprio » du 20 avril 1789. 

50. « Memoria de la Parte de fratelli Usigli » concernant une mai- 
son appartenant au Dôme. 

51. Confirmation des « Privilèges» des Juifs de Livourne, 7 mai 
1791, et de Florence, 21 mai 1791. 

52. Imprimé : « Noi Cancelliere infrascritto délia Dogana di 
Livorno per S. A. R. il serenissimo Fer | dinando III Principe Reale 
d'Dngheria, e di Boemia, Arciduca d'Austria, e | Gran-Duca di 
Toscana, ec. | Attestiamo a tutti quelli che leggeranno le presenti 
corne Emanuel de fù \ Anselino Geniili di Venezia sotto di 11 de 
Corr. Marzo è stato ballottato, ed approvato dalli Massari della | Sina- 
goga Ebrea di questa città, per poter godere di tutti i Privilegii, 
Esenzioni pra | zia, e Facolta. concesse da S. A. R. alla preditta îs'a- 
zione Ebrea dimorante in Livorno, con che perô quanto a Debiti : 
l'Esenzioni competa solamente per qualli contratti fuori di Stato e 
scaduti da quatlro mesi indietro, con Forestieri, non Sudditi, I ne 
abitanti familiarmente nel Gran Ducato, e per i quali non vi siano 
già lustanze, o | Esecuzioni, in qualunque Tribunale del Gran 
Ducato medesimo, a forma del Motu proprio dell' R. A. S. del 
13 Maggio, e degli Ordini de 4 Novembre, 1783, per il | quale effetto 
il suddetto Gentili \ è stato descriilo e nolato al solito Libro che 
si tiene nella caucelleria della Dogaua, | a pubblico benetizio. | 

Data m IJvoruo nella Caucell. di JJogaua questa di 11 Marzo 1799. 

Alessaudro Spighi. Cane. » 

Le cachet ducal y est attaché : 1 p. grand fol. ; mais la moitié seule 
est imprimée. 

53. Deux lettres adressées au » Cittadino Salomon », chacune por- 
tant en lète « Libéria Eguaglianza ». Sur le dos de l'une : •■ Per il 

Citto Salomone Moutefîore. Sue mani ». Datées probablement de 1801, 
pendant la République Toscane. 

64. Plaintes et mémoires des Juifs au Conseiller d'Etat Dauchy, 
Administrateur-général de la Toscane, a propos de l'exclusion des 



LES ARCHIVES JUIVES DE FLORENCE 121 

Juifs de l' " Academia degl' lofaocali » ou « Accaderaia délia Slanza 
del Cocomero», rappelaui le rescrii de Dauchy, qui ordonne qu'au- 
cuue distiuciion de ce genre ne soit faite, 5 fév. 4808. Réponse, 
4 2 fév. 1808. 

55. Mémoire des Juifs de Florence contre le décret royal du 47 mars 
1808. Deux documents. 

56. « Mantenimento dei Privilegi precedenli alla occupazione fran- 
cese », 1814. Requête au Gouvernement français pour la confirmation 
de ces privilèges. 

57. Pétition des Massari de Livourne : non datée. 

58. a. '< Copia di Nota indirizzata li 17 Nov. 4845 dal Sig. Regio 
Ministro d'Austria in Roma al Sig"" Cardinale Consalvi, Segr di Slato 
di sua Sanlilà ", introduisant une représentation des Juifs des Etais 
royaux relativement à leur situation politique. 

b. Réponse du Cardinal Secrétaire : il refuse tout changement ; 
tout ce qu'il est possible de faire pour la sécurité des Juifs est fait 
d'après les lois de l'Etat. Daté du 6 déc. 4815. 

c. Lettre < al Sig. Avvocaio Ravioli », Rome, datée « Dal Palazzo 
Impériale e Realeli 7 Dec. 4818 » et relative aux demandes contenues 
en a. 

d. Copie du « Décréta Feria IV. Die 24 mai 4 826 », rendu à propos 
d'une querelle entre Abram et Elia Baraphtiel. Le serment devait être 
prêté « super thephilin seu potius super Biblia ». Le décret de la 
Congrégation de l'Inquisition est contenu dans une lettre à Benjamin 
Gonsolo, secrétaire de 1' « Univ. Isr. di Firenze ». 

59. « Carte relative alla concessione di tenere aperta la Bolleghe 
nella feste catloliche > . Le titre des documents est ainsi conçu : 
« Coucessione favorevoledelGoverno p. Le Botleghedi Via délia Nave 
p. le festa dei cattolici ». Ils contiennent : 

4. « Lett del comtniss. di S. Croce del 43 Gennaie. 4849 ». 

2. « Altra Letf del Diparlimento del 3 Xmbre 1830 )i. 

3. « Avviso fatto di Ragionale del 3 Xbre 4830 ». 

4. « Replica data al Commiss. di S. Croce nel 4 Xbre 1830 ». 

Le dossier contient aussi deux copies d'un placard imprimé, grand 
folio, adressé aux « Notabili d'Israele » et signé « Vostro fralello 
C. L. C. Italia... Maggio4848 ». Les Juifs d'Italie sont réprimandés 
pour n'avoir point présenté leurs réclamations pour l'émancipation 
et les droits civils devant le Congrès de Vienne. Un Congrès devant 
avoir lieu à Francfort-sur-le-Mein, les Juifs devraient s'y faire 
représenter, 

60. Circulaire datée du 27 décembre 1826 relative à certaines atta- 
ques publiées contre les Juifs. Copie. 

64 . Lettre aux autorités de la ville demandant que les murs du 
Ghetto ne soient pas démolis comme on avait l'intention de le faire 
le 28 déc. 4 834; autrement le Ghetto n'otï'rirait plus de sécurité et les 
voleurs pourraient y pénétrer facilement. Les noms des signataires 
sont écrits en cercle. 

62. Lettre au « Segretario délia Socielà Israelitica di Firenze », de 



128 REYUB ftES ÉTUDES JUIVES 

« Francisco Borri, Président », contenant une copie (ratifiée le 
30 jan. MiM) du traité de paix de 1822 modifié et conclu entre la Tos- 
cane et la Régence de Tunis, qui accorde aux Israélites du Grand- 
Duché certains avantages importants. Une clause dit : « Abbiamo ora 
conchiuso la présente convenzione col cavalier Enrico Nyssen console 
générale délia corte di Toscana in Tunisi, in forza del fueno poderen 
in di lui mani per l'oggetlo dalla parte del sublime suo governo, ed 
è; che gl' Israeliti giunti nel nostro Regno dalla Toscana, dopo la 
data deir articolo suddetto, e quegli che ora giungeranno in avve- 
nire, per quivi dimorare ail' oggetto di commerciarvi i di cui nonai 
sono registrati nel consolato, in coiiformilà dei passa porti. » 

63. Documents relatifs aux « Tumulli conlro Ebrei di Firenze e di 
Livorno », 9 juin 1790 '. 

1. « Rappresenlauza e Sentenza rapporte ail' A.ffare del 9 giug. 
4 790 ». Un volumineux rapport sur l'ensemble des mesures, com- 
mençant ainsi : « A.di 9 Agosto 1790, gl' Infrascritli p. essersi nelia 
Materia del di 9. giugno 1790, resi debilori di violenza Publiche e 
replicate rapine ed escendo Stati p. ci(j in ordine al Benigno, Molu- 
proprio di S. M. A. d. di 15 giugno d'etio compilati gli Atti p. pos- 
tumi, e questi coUegialmente insoluii col solo riguardo allresi verila 
diFatlo, e senza curare le solite formalité nella compilassione di detli 
atli ». Contient aussi une lettre de G. Botli adressée à « Ecc"^' Sig^» 
Sig''»Prond. Colmo », et datée du 29 juin 1790. 

2. <■ Sioria delT afTare di Livorno del 31 mag. 1790 descritta da 4 
Leltere dell Ecc™o S^ de Vecchio Manc''« di quella Nazione ». Contient : 

a. Quatre lettres à César Lampronti de Livourne. 

b. Imprimé, petite feuille 6 3/4 X 6 in : « Editto | L'IUuslrissimo 
Signor Pro-governatore di Livorno informato dei | disordini seguiti 
da jeri in qua a molivo del voluto rislabilimento | délia Compagnie, 
e délie callive conseguenze che ha portato il Tu I multo accadulo, 
esorla il Popolo alla quiète, assicurandolo che ha palesato i suoi 
dendfTj al Real cousiglio di Reggenza, e che saranno ! ricevute dà 
ministri del Tribunale le altre richieste che volessero farsi | in sçrilto, 
e che S. M. Aposlolica nostro Signore aveudo facto | sapere che nulla 
più gli preme, che tenere i suoi ainalissimi sudditi | tranquiUi, il 
Popolo ha tulto m'itivo di ?perare che saranno | esaudile le sue 
Islanze. 

Data li 31 Maggio 1790. 

Luiai Meucci Cancbluerb. 

In Livorno, per Antonio L^mi, e Comp. Solto le Logge. » 

c. Feuille imprimée de 8 1/2 X 5 3/4 in : <^ Avviso | Al Popolo | Sia 
noto a chiuuque comme la Nazione Ebrea per pacificarsi col Popolo 
Livornese si è determinata, previa la | gia oitenuta piena approva- 
zione deir Illuslrissimo Sig. Pro. | Goternalorc Vierallini, di far 
passare nella mani do' MM 1 Reverendi Siguori Curali di luUe le 

1. Kéfereiice est failt; à Zoli, lli^loria de la Toscana. 



LES ARCHIVES JUIVES DE FLORENCE 123 

cure délie cilla uua | somma di danaro sia per sussidio, o in qualunque 
allro liiolo che a' medesimi parrà. | 

Non mancherà la Nazione medesima di coulribuire | per parte 
sua, seconde la somma che verra lassata dalle 1 Stesso lUustrissimo 
Sig. Pro-Governalore, al maulenimenlo 1 di quelle famiglie che hanno 
avuto la disgrazia di perdere | i loro capi, e questo sussidio dovrà 
conlinuare fino ail' età | in cui gl' Individu! délia medesime saranno 
iu grailo di potere esercitare un mesliere per mantenersi decente- 
menle. | 

La Nazione medesima desidera, e irova opporluno | che il governo 
medesimo deputi il beneraerilo Sig. Tenente Mussio con qualche allro 
Deputato che si compiacerà il medesimo Sig. Pro-Governalore di Eleg- 
gere, affinchè sia andalo a questuare non solo appresso la NazioDe | 
Ebrea, quanlo appresso tutli gli allri Livornesi affine de | polere col 
prodollo di quest' opéra pia riscatlare gli schia— vi ultimamente pre- 
dali da' Tunisini nella Barca Pescarecca da' medesimipresa. | 

Dalla cancellaria Ebraica questo di primo giugno. 1790. | 

Manuel Nunes Cancelliere délia Nazione Ebrea. » 

d. Feuille imprimée, 6 X 6. « Illustrissimi Signori Signori Padroni 
laudissimi sulle Istanze che le Signorie loro mi hanno presentato in 
nome del Popolo per il ristabilimento di diverse compagnie, posso 
permetlere fraltanto, che col Denaro Somministralo dagli Ebrei sia 
poslo mano al riallamento délia Chiese | délie Compagnie délia Nati- 
vilà, e délia Purificazione, per | esseredi poi benedeltoda Monsignore 
Arcivescovo quaudo | saramo riatlate, etc., etc. 

Signé : « Di Palazzo li. 2 giugno 1790 », par six personnes et par 
« Devotiss. Obbligatiss. Servitore Francesco Seratti ». 

e. Feuille imprimée grand in-folio, signée par « Angelo Franceschi, 
arcivescovo di Pisa, Primate dell' Isole di Gorsica, e Sardegna, ed iu 
esse Legalo Nato, etc. », et adressée au peuple, l'exhortant à se tenir 
tranquille. Datée du 5 juin 1790. Sur le dos la même exhortation de 
« Pro-Governalore » de Livourne, datée du 31 mars 1790, ainsi qu'une 
deuxième copie de c et d. 

f. Lettre imprimée in-quarto adressée aux « Padroni » de la ville, 
signée par Angiolo, archivescovo di P'isa, datée du 1 2 juin 4790. 

g. Grand folio imprimé: « Notificazione» des « Gonfalonieree Priori 
délia comunila di Livorno » ; daté du 12 juin 1790. 

h. In octavo imprimé ; letlre aux « Padroni » et signée » Francesco 
Seratti, di Palazzo li 18 giugno 1790 », remerciant un certain nombre 
de citoyens qui avaient offert d'armer une troupe de volontaires pour 
maintenir l'ordre ; l'oflYe est acceptée. Seratti était le commandant en 
chef de Livourne et le gouverneur du port et de la cité. 

i. In octavo imprimé ; lettre aux Padroni acceptant l'olVre de certains 
citoyens d'accomplir le service militaire ; signé : Seratli, 21 juin 1790. 

j. Folio imprimé : « Notificazione» proclamant que ([uiconqiie insul- 
terait un membre d'une religion ou d'une nationalité serait sévè- 
rement puni: signé « Luigi Meucci Gancelliei'e. Livorno 8 Luglio 
1790 ». 



124 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

k. Ms. « Sonelto dedicalo alla Nazione relalivo ai delli falii. » 

/. Rapporl à Lainprouii, niant que les troupes de Livourne aient 
dépassé la Porta S. Gallo. 

m. Copie d'un décret signé An. Michon, 1" juin 1790. 

n. Compte des frais occasionnés par la « Aiïaro di 9 giugno 1790 ». 
Le total s'élève à liv. st. 1 1 . 370 . 1 . 8. 

3. Paquet contenant : 

a. « Giustificazione dell' Affare di 9 giugno 1790 ». Quittances des 
dépenses mentionnées ci-dessus. 

b. Différents témoignages relativement aux émeutes. 

c. Règlements concernant le service d'actions de grâces célébré à 
l'occasion de l'événement mentionné ci-dessus, auxquels est joint : 

petit in-8o, 4 folios. 
C'est sans doute le rituel employé à cette occasion. 

4. Grand folio imprimé, signé Antonio Martini, archevêque de Flo- 
rence, invitant le peuple à garder le calme, daté du 10 juin 1790. 

5. Autre édit semblable, signé Vincenzio Serilli Cancelliere, Flo- 
rence, 14 juin 1790. 

64. Demande en faveur de l'émancipation des Juifs de Toscane, 
présentée le 2 nov. 1847 <■• à S. A. I. et R. dai rappresentauti e depu- 
lali délia Università del Granducalo ». De même, une « Nota di spese 
faite p. l'Emaucipazione » et les quittances nécessaires. Les frais 
s'élèvent à liv. st. 520.1.8. 

6o. Document racontant l'histoire de l'Edit d'émancipation, et une 
lettre originale adressée « Agi' Israeliti Toscani » rappelant l'Edit et 
plein de louanges pour Léopold II, qui l'avait octroyé. La lettre est 
signée : « Ferrara, 21 Feb. 1848. Isaach Ascoli Rabbino ». 

66. Observations imprimées à propos des élections communales à 
Florence, le 1*'et le 16 janvier 1850, et adressées à « Sign' Rappresen- 
tante délia Comunita Ebraica. Ghetto » ou « Nazione Ebraica. Ghetto » 
ou « Nazione Ebraica. Via Torta 306, Ghetto ». 

67. Documents relatifs à l'émancipation des Juifs de Toscane. 

a. Demande des Juifs de Livourne à 1' « Altezza Impériale et Reale », 
l'"^ avril 1852, signée W. Rafl'. Uzielli, Abram Abudarham, Leone 
Misegui, David Basevi, Leone Fiauo, Giacomo Misegui. 

b. Lettre de C. S. Recauati, Pise, 5 avril 1852, à Sansoue d'Aucona 
de Florence. 

c. Lettre aux Massari de Florence, 5 avril 1852, signée Guglielmo 
Forti et Angelo d'A. Ulieli. 

d. Lettre de w. Landrini, 24 avril 1852, 

e. Demande des Juifs de Florence, avril 1852. 

f. Lettre aux Massari signée Cesare Vadun et Giùseppe Bemporad 
de Piligliauo. 

g. Circulaire du « Ministère délia publica Istruzione e Beneticcuza ». 
Sienne, 6 mai 1852. 



LES ARCHIVES JUIVES DE FLORENCE 125 

h. « Nolificazione » de la <x Cancelleria del publico studio di Siena », 
10 mai 1852. 

i. • Le vicende amrainislrativedeH' Université Israelitica fiorenlina 
deir Anno 1848 al 28 Luglio 183-2, narrate dall' avvocato Dante Goen »; 
deux copies. 

j. Documents relatifs au suffrage universel, 4860, contenant une 
liste alphabétique de tous les Juifs habitant les différents quartiers 
de Florence. 

68. A ces actes sont jointes deux excellentes collections d' « ana- 
graphts w, donnant les listes des naissances et décès de l'année 1675. 
Le premier, en quatre volumes in-folio, est intitulé «Anagrafe. Ebrei 
di Firenze. Carte relalivi alla nascita e morte d'israeliti nella città 
di Firenze ». Les listes sont malheureusement arrangées selon 
l'ordre habituel des Sepbardim, d'après les prénoms et non d'après 
les noms de famille. Pour la généalogie, il serait nécessaire d'y ajouter 
un index de ces noms de famille. Les articles sont conçus d'après le 
modèle suivant : 
Aron A Daniel Sadun nacque un figlio maschio di lunedi a ore 
Vita Venti a' 28 rj"bn Tittn a 22 Lug 1675 e gli pose nome 

Aron Vita. 
J'ai recueilli quelques noms dans les débuts de 1' « Anagraphe », à 
cause de l'intérêt onomatologique qu'ils pourraient avoir : 

Abenmusa, Aron f. d. Samuel 1675. (En un autre endroit est men- 
tionné Moïse f. d. Samuel Musa 1677, se rapportant au même père). 
Abenmusa, Josef, 1680. 
Abenmusa, Salomon f, d. Samuel 1681, 
Albuquerque, David Franco. 
Albuquerque, Giudice fem. d. Aron Franco 1681 . 
AUatore, Canna 1677. 
Anticoli, Samuel f. d. Léon d' 1685. 
Blanis, Debora 1671. 
Blanis, Laudadio 1685. 
Benevento, Luna 1678. 
Bondi, Miriam 1676. 
Calo, Isache 1673. 
Calo, Sp'eranza 1678. 
Caiuano, Benvenuta f. d. Moïse f. d. 

Benedetto 1677. 
Campagnano, Biniamino 16^5. 
Campagnano, Settimia 1677. 
Gastello, Abram f. d. Isach 1675. 
Gastello, Scialom di Angelo di Pace di 1685. 
Ghimchi, Abraham f. d. Salomon 1683. 
Chimchi, Alessandro f. d. Salomon 1680. 
Ghimchi, Ester fem. d. Raff. 1683. 
Ghimchi, Jacob. 1677. 
Ghimchi, Isach 1686. 
Ghimchi, Jacobbe f. d. Ratî. 1678. 



126 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Ghimchi, Josef f. d. Salomon 4675. 

Chimchi, Moïse f. d. Raff. 1680. 

Ghimchi, Ricca, fille de Raffdi Isach 1673. 

Grespiûo, Luna Mora Serva del S"" 1676. 

Grespiuo, Efraïra 4679. 

Grespino, Manuel 1684. 

Gonzi, Perna 1628 (?) 

Dionaglia, lonatan a Solomon 1681 . 

Dionaglia, Moïse 1682. 

Donaii, Gami(llo?) 1680. 

Farro, David. 

Farro, Cischia 1675. 

Finzi, Ester 1679. 

Galhelti, Dolche 1679. 

Ghiron, Joseph Meier f. d. Graziadio. 

JesoruD, Manouel 1683. 

Lattes, Abram f. d. Jacobbe di 1675. 

Lèvi, Ganna f. d. Gaim 1676. 

Levi, Letitia 1G80. 

Levi, Manouel f. d. Semadia 1684. 

Meldola. David Israël. 1678. 

Monte Fiore, David 1684. 

Montefiore, Israël f. d. David <677. 

Negri, Prospero 1683. 

Nepi, Josef Vita 1681. 

Nepi Mazal Tow 1676. 

Îsunes-Franco, Malaehi f. d. Isache 1681 . 

Nunes-Franco, Samuel f. d. Isache 1685. 

Pacifici, Dévora, fille de Isache di Lace 1677. 

Pardo, Abram Refael f. d. Baruch 1675. 

Perez, Ester 1677. 

Ferez, Violante 1681 . 

Piatelli, Luna 1677. 

Pialelli, Ricca, fille de Datlilo 1679. 

Peletrino, Dolche 1682. 

Pèsera, Lustra 1676. 

Rimini, Amadeo f. d. Josef. 

Sadun, Aron Vita 1675. 

Saadun, Pacenzia 1680. 

Saadun, Smeralda 1678. 

Saadun, Milla f. d. Daniel 1676. 

Sahadun, Benedetto t. d. David 1686. 

Sacierdote, Ester 1675. 

Sciulom, Jodelta 1678. 

Sezzi, Gammilla, fille de Jacobbe di Aron 1678. 

Siena, Eliaou 1628. 

Sornago, Abraham 1675. 

Soschino, Baruk d. Manouelle di Bened. 1675. 



LES ARCHIVÉS JUIVES DE FLORENCE 1$7 

Spoleti, Malca 1678. 
Tesoro, Diamante 1684. 
Tunes, Abram i679. 
Tunes, Giamilla 1675. 
Urbino, Porzia d' 1678. 
Viterbo, Angelo f. d. Moïse. 
69. « Anagrafe e Stato Civile », < vol. 

a. Liste de naissances 1795-1805. 

b. Liste des habitants du Ghetto en 1808, avec certaines correspon- 
dances s'y référant. 

C. Lettre de Galassi, « il commisario di Polizia del 3° circondario », 
datée « Firenze 16 8« 1805, demandant des renseignements sur le 
nombre des Juifs, spécialement de ceux qui étaient à la charge de la 
communauté. A celte lettre est attaché le premier brouillon de la 
réponse, avec un compte rendu détaillé de la communauté en 1808. 

J'ajoute une petite liste des publications concernant les Juifs de 
Florence, que j'ai recueillie en feuilletant lé livre értldit de Pasq. 
Aug. Bigazzi, Firenze e Contorni, Manuale Bibliogr., Firenze, 
1893. 

\. Gantiui, Legislazione Toscana, VI, p. 327: « Provisione contro li 
Ebrei, 6 Maggio, 1567». 

2. Ib.y VI, p. 341 : « Bando che non si dià molestia, etc., 14 Luglio, 

1367». 

3. Ib., VII, p. 376: «Bando Sopra gli Ebrei, 31 Luglio, 1371 ». 

4. Vitale Medici, Onnetia faite agli Ebrei di Firenze nella chiesa di 

S. Croche et sermoni fatti in più Compagnie nella detta Città. 
Firenze, Giunti, 1383, 4". 
5 Gantiui, l. c, XVI, p. 321 : «Bando e proibizione che non li diù 
molestia, etc., 14 Genn. 1639 «. 

6. Ib., XVII, p. 302 : « Legge e provvisione sopra il nuovo marchio 

con il quale si deve marehiare tutta la pannina ec, e che gli 
Ebrei non possimo in Ghetto vendere pannina a taglio, 1646 ». 

7. Ib., XIX, pp. 123, 187; XXI, 43: «Bando contra il commercio 

carnale tra cristiane ed Ebrei 1679, 1680 e 1698 ». 

8. /ô.,XIX, p. 320: < Bando Sopra la proibizione di fare allatare 

figliuoli d'Ebrei da balie cristiane, 1683 ». 

9. Ib., XXVII, p. 10: « Proibizione di gettare immondizie nel Ghetto 

degli Ebrei, 20 Feb. 1753». 

10. Guido Carocci, Merca'o Vecchio e Mercato nuovo, dans Illustra- 

zione Italiana, Florence, 1882, IX, no 10. 

11. Guido Carocci, Mercato Vecchio, Curiosité StoricAe, Il Ghetio, 

dans Arte e Storia, 1881, I, pp. 209, 217, 225, 2i0. 
42. // Tempio Israelitico di Firenze, dans Arte e Storia, 1882, I, p. 167. 
13. Guido Carocci, // Ghetto di Firenze e i suai ricordi, Florence, 

1886, in-16. 



128 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

U. Dom. Franciooi, Notizie del Vecchio Mereato e del Ghetto di 
Firenze, Florence, 1887, in-lti. 

15. D. Mattaai, Ricordi del Vecchio A/ncito di Firenze. Raccolta di 

50 lavole a imilatioae acquaforte, Florence, lit. an. fév. 1885. 

16. Quartiere {II) del Ghetto, dans Rassegna Settimanale, 1881, VII, 

n» 168. 

17. Ricordo délia inavgurazioiiedel nuovo Tempio Israelilico in Firenze, 

Florence, Le Meunier, 1883. 

18. Edvardo Vitla, Relazione a corredo del Rendiconto dei latori esequiti 

per la costruzione del Tempio israelilico in Firenze, 1883, in-8°. 

19. Statuto délia Società Israelitioa âorentma di misericordia e benefi- 

ce/iza, Florence, 1883, in-32. 

20. Université Israelitica di Firenze: Statuto organico e Regolamente 

elettorale, Firenze, 1883, in-8». 

21. Fondazione [Pia dotl. Alberto Levi: Statuto deliberalo dal Gonsi- 

glio délia Université Israelitica di Firenze, 1890, in-S». 

22. Regolamento pel Cimitero Israelitica di Firenze, déc. 1880, in-S". 

Naples, le 22 avril 1905. 

Richard Gottheil. 



SAYANTS ET HOMMES D'ÉTAT RUSSES 
D'ORIGINE JUIVE 



Le XVII* et le xviiio siècles ont été illustrés en Russie par une 
pléiade d'iiommes de valeur, ouvriers du progrès économique et 
intellectuel; elle commence avec le pédagogue slave Kominsky et 
s'achève avec le grand Howard. Le môme idéal humanitaire anime 
les deux paladins de la pensée moderne et, si l'un s'adonne pas- 
sionnément au perfectionnement des méthodes d'éducation, l'autre 
consacre toute son activité à atténuer les rigueurs du régime judi- 
ciaire et du droit criminel. Véritables citoyens du monde, ces mili- 
tants de la cause humaine allaient sans se lasser de ville en ville, 
de pays en pays, propageant partout leurs idées, semant les germes 
bienfaisants destinés à faire éclore une humanité plus éclairée et 
meilleure. C'est à cette pléiade de semeurs glorieux qu'appartient 
l'homme d'action et de cœur dont nous allons retracer la vie dans 
cette étude. 

Il s'agit du médecin Antonio Kibeiro Sanchès dont la biographie 
peut intéresser les lecteurs de cette Revue, car il était d'origine 
juive et ne demeura pas indilTérent au sort de ses congénères. 

Né en Portugal, d'une famille de Marranes, cet homme remar- 
quable passa la période brillante de sa carrière en Russie; c'est au 
service de ce pays qu'il déploya toute l'activité dont son caractère 
énergique était capable, toute l'ardeur de son tempérament méri- 
dional; on peut affirmer que ce fut ce savant juif qui jeta les pre- 
miers fondements solides de l'enseignement et de l'organisation de 
la médecine dans le vaste empire du Nord. 

Antonio Ribeiro Sanchès naquit dans la ville de Penamocor 
(Portugal) en 1691). Tout jeune encore, il quitta son pays natal pour 
aller étudier la médecine à l'Université de Leyde, sous la direction 

T. LI, X» 103. 9 



130 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

du célèbre Boerhaave. Ce fut ce dernier qui le recommanda en 4731 
à rimpératrice russe Anna Joannovna. Une fois admis en qualité 
de médecin militaire au service de la Russie, Sancliès se distingua 
pendant la guerre contre la Turquie et attira sur lui l'attention du 
comte Munich, généralissime des armées russes et favori de la 
tsarine. En 1734, il réussit, grâce aux mesures énergiques et ration- 
nelles qu'il sut prendre, à enrayer une épidémie de scorbut qui 
sévissait alors dans l'école d'Alexandre Newsky, fondée récemment 
par Tarchevôque Théophane Prokopovitz. Voici ce que raconte à ce 
sujet le fameux Betskoï, qui fit tant pour les institutions de bien- 
faisance et les écoles en Russie : 

En 1734, il (Sanchèsj fut mandé par rarchiiiiandrite du cloître Alexan- 
drovsky, afin d'examiner les élèves qui se trouvaient sous sa direction au 
nombre de cinquante environ et âgés de huit à quinze ans, lesquels étaient 
tous atteints de la maladie. Sanchès s'aperçut avec étonnement que tous 
avaient les gencives pourries au point que l'on pouvait leur arracher les 
d.ents sans peine rien qu'avec les doigts. Chez plusieurs élèves même 
le mal s'étendait à tout le palais jusqu'à la gorge. Le docteur s'enquit 
tout d'abord de la nourriture des enfants, des exercices qu'ils faisaient et 
du lieu où ils dormaient. Il apprit alors qu'ils couchaient tous ensemble 
dans un vaste dortoir souterrain dépourvu d'air et au milieu duquel se 
trouvait un grand poète en bois ; en fait de literie, ils avaient, comme 
dans les corps de garde, des planches séparées ou même jointes ensemble 
tout le long des murs, sur lesquelles ils se couchaient souvent tout ha- 
billés. Le médecin, ayant reconnu la cause de la maladie, s'appliqua à la 
faire disparaître. Il lui suffit de faire sortir les enfants de cette cave et de 
les loger séparément au troisième étage; il ordonna, en outre, de ne pas 
tolérer les excès de nourriture et de boisson. Ces simples mesures, jointes 
à des gargarismes de la bouche, amenèrent au bout de quelques semaines 
seulement la guérison complète des enfants. 

Grâce à ce succès, Sanchès réussit à gagner l'amitié de Farehe- 
vêque Théophane, vieux et infirme, qu'il soigna pendant les deux 
dernières années de sa vie. Ce fut sur l'invilation de son ami et 
client que le docteur portugais professa devant les élèves de l'école 
Alexandre-Newsky un cours « sur l'histoire naturelle et les moyens 
de préserver sa santé ». 

Cependant notre savant avait tini par ac([uérir une grande répu- 
tation dans le vaste empire russe. Aussi fut-il nommé, er^ 1737, 
cà la suite d'une recrudescence des cas de maladie et de mort dans 
le corps (les cadets nobles, médecin principal de cet établisse- 
ment aucfuel s'inléressaif tout particulièrement le favori impérial 
Munich. 



SAVANTS ET HOMMES D'ÉTAT RUSSES D'ORIGINE JUIVE I3t 

Là encore les conditions hygiéniques et sanitaires étaient loin 
d'être satisfaisantes. Voici, d'ailleurs, les renseignements fournis à 
ce sujet par Sancbès lui-même à Betskoï ' : 

Un grand nombre de cadets avaient été reçus par moi à l'hôpital, uni- 
quement parce qu'ils avaient la tète dans un état d'impureté extrême 
pour la simple raison qu'ils n'étaient point rasés, [.ors de mon séjour 
à Plombières, dit encore Betskoï, Sanchès me raconta que, à trois reprises 
différentes, trois cadets étaient subitement tombés malades, et étaient 
morts peu après. Ignorant la cause de ces morts étranges, je pratiquai, 
me raconta-t-il, l'autopsie de leurs cadavres, et je constatai la présence 
de vert-de-gris ou de poison. Cependant je dns me taire de peur que 
cette révélation n'amenât la ruine complète de cet établissement. 

Néanmoins Sanchès réussit à imposer au corps des cadets un régime 
de vie convenable, qui ne manqua pas d'amener une diminution sensible 
des cas de maladie et de mort. 

En 1740, Sanchès fut attaché comme second médecin particulier 
à la personne de l'héritier du trône, le futur empereur Joann An- 
tonovitch ^ et en même temps nommé chef du service médical de 
toute l'armée russe. Grâce à la confiance absolue que le tout- 
puissant Munich avait en lui, Sanchès fut le premier à donner une 
organisation solide et rationnelle au service médical militaire en 
Russie. 

Ce fut sur ses sollicitations que le Sénat permit d'admettre les 
médecins juifs au service de l'armée impériale. 

Cependant après la destitution du malheureux tsar Joann VI, 
Sanchès resta, pendant un certain temps du moins, à l'écart et 
privé de sa situation officielle, mais par un ukase de 1742, il fut 
nommé, grâce à la protection du ()remier médecin et favori Lestok, 
second médecin particulier de l'impératrice ^. 

Là encore Sanchès put déployer tous ses talents d'organisateur; 
ce fut lui qui organisa pour la première fois le service médical de 
la cour russe, service qui venait d'être rattaché au Cabinet de 
Sa Majesté impériale reconstitué par l'impératrice Elisabeth. Eu 

1. Raiiport du directeur du corps des cadets adressé, le. 19 mars 1737, au cabinet de» 
ministres. .\rch. du 1" corps des cadets de Saint-Pétersbourg, dossier 168. 

2. Archives de TÉtat, XI, n" 699, rapport du mtVIecin de corps Lestok concernant 
les médecins Antonio Ribeiro Sanchès et Laurence Blumcntrost, 1" 483, où l'on voit 
que Sancliés lut nommé médecin de la cour sur un ordre verbal de la défunte tsarine 
Anna Joannovna, ((n'en outre, sous le gguvernenicnt de Biron, le duc Conriande, il 
fut attaché en qualité de second médecin a la personne du prince Jean de Drauns- 
clnvick-Luiu'bourp, avec une rétribution annuelle de 3,000 roubles. 

3. Ibid., 483-4, et l'ukase spécial à ce sujet au Sénat, livre 66, f. 1901, 



132 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

qualité d'administrateur du service militaire médical de la Cour, 
Sanchès faisait partie du conseil du Cabinet impérial. Ses travaux 
scientifiques le firent nommer membre honoris causa de TAcadé- 
mie des sciences de Saint-Pétersbourg;. 

On sait qu'à cette époque, une lutte acbarnée s'engagea entre 
les fonctionnaires russes mis à la tète de ce collège scientifique 
et les vrais savants, réfractaires à toute immixtion profane dans 
les affaires de l'Académie. Cette lutte provoqua la démission du 
savant Delille, l'un des astronomes les plus remarquables de 
l'époque. A cette occasion, Sanchès se vit confier la mission pénible 
et délicate de servir d'intermédiaire entre le savant, justement 
froissé, et les fameux Teplof et Schumacher, les meneurs tout- 
puissants de l'Académie. D'ailleurs, une altercation que notre 
savant eut avec ce dernier et son intervention, qui d'ailleurs n'eut 
aucun succès, en faveur de quelques Juifs victimes de l'ukase sur 
l'expulsion des Juifs de l'empire en 174'2, l'obligèrent à quitter « sur 
sa propre demande » ses fonctions à la cour. Il garda toutefois le 
titre de « conseiller d'Etat effectif » et celui de membre honoraire 
de l'Académie (1747). Il est curieux de constater qu'à cette occasion 
l'impératrice fit délivrer au médecin portugais un certificat de ser- 
vice des plus flatteurs, dont voici la traduction exacte : 

Le porteur de cette pièce, le docteur en médecine Antonio llibeiro San- 
chès, a été mandé auprès de nous et reçu à notre service avec « capitu- 
lation -> en 1734. Depuis il s'est acquitté de ces fonctions ainsi que de 
l'administration des services médicaux qu'il eut à diriger en divers en- 
droits d'une manière digne d'un habile docteur et d'un homme honnête. 
Aussi, afin de reconnaître sa science et les services qu'il a rendus, nous 
l'avons fait nommer gracieusement second médecin attache à notre per- 
sonne et élevé au rang de conseiller d'Etat effectif. Actuellement, comme 
il nous prie de lui donner congé pour raison de santé, nous avons or- 
donné de lui délivrer ce certiticat de retraite vAbschied , qui porte notre 
signature propre. 

Alors Sanchès quitta la Russie pour aller s'établir à Paris. Mais 
dans cette ville une nouvelle désillusion l'attendait. Un beau jour 
(en 1748), l'ambassadeur russe vint lui enlever le (li[)lôme qn"il 
possédait en qualité de membre de l'Académie impériale russe des 
sciences. 

Déconcerté et ne comprenaiit rien à cette disgrâce subite, San- 
chès adressa une lettre au i)r(''sideiit de l'Acadt-mie, dans laquelle 
il le priait de le renseigner sur les causes qui avaient provoqué la 
mesui-e prise contre lui. Voici le texte de la réponse reçue par 
Sanchès à cette occasion (en français) : 



SAVANTS ET HOMMES D'ÉTAT RUSSES D'ORIGINE JUIVE 133 

Vous avez très bien fait d'avoir obéi aux ordres de Sa Majesté Impériale. 
Elle n'est pas fâchée contre Vous, autant que je sache, à cause d'une faute 
ou d'une infidélité faite directement contre Elle ou contre ses intérêts. 
Mais elle croit que Sa conscience ne Luy permet pas de laisser un homme 
dans son Académie, qui, ayant quitté Tetandart de Jesus-Crist, s'étoit 
laissé cntraincr de combattre sous celuy de Moyse et des prophètes du 
Vieux Testament. Voicy, monsieur, la véritable cause de votre disgrâce. 

Il est évident que les ennemis de Sancliès avaient profité de son 
séjour à l'étranger pour le discréditer auprès de l'impératrice, con- 
nue pour son fanatisme religieux, et l'accuser d'avoir renié le 
christianisme. Du moins, on a conservé une lettre émanant du 
chancelier Bestioujef-Rioumine et adressée au comte Rasou- 
movsky, président de l'Académie des sciences, où nous lisons 
(en français), entre autres, le passage suivant qui concerne notre 
docteur : 

Sa Majesté Impériale, ma gracieuse souveraine, a tous les égards pour 
les savans, et même Elle protège les arts et les sciences au suprême 
degré. xMais, Monseigneur, Elle veut aussi que ceux qui sont dans son 
Académie soyent de même de bons chrétiens. Et on a informé Sa Majesté 
Impériale que le docteur Sanchès ne Test pas. Ainsi, c'est son Judaïsme et 
point de causes politiques, autant que je sache, qui luy ont fait perdre sa 
place. 

Ainsi, il reste acquis que la disgrâce de Sanchès ne provient nul- 
lement de ses rapports par trop intimes avec le tsar destitué Joann 
Antonovitch, comme l'affirme Micliaud, Biographie universelle, 
t. XXXVII, p. 609, mais qu'elle doit uniquement être attribuée au 
fait qu'il resta toujours fidèle à la religion juive. 

Le célèbre Euler, ayant appris les mésaventures survenues dans 
un court laps de temps à Delille et à Sanchès, ne put s'empêcher 
d'écrire à Schumacher : « Je doute fortement que des actes surpre- 
nants de ce genre puissent contribuer beaucoup à la diffusion de la 
renommée de l'Académie des Sciences. » 

Ayant vu de la sorte supprimer les appointements qu'il touchait 
jusqu'alors du gouvernement russe, Sanchès se trouva subitement 
dans une situation matérielle fort embarrassée. D'autant plusquen 
véritable homme d'idéal, dévoué jusqu'au fanatisme à la cause 
humanitaire, il avait dépensé toutes ses ressources en générosités. 
Non seulement il soignait les malades pauvres à titre gracieux, 
mais il leur procurait encore à ses propres frais les médicaments et 
même pourvoyait encore à leurs besoins quotidiens. 

De meilleurs jours devaient cependant luire pour Sanchès avec 



134 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ravènemcnl au trône de Russie de rimpératrice Catherine II, femme 
resiée étrangère à tous les préjugés d'ordre religieux et, en outre, 
personnellement obligée à Sanchès, qui lui avait un jour sauvé la 
vie. En effet, dans ses Mémoires, la tsarine raconte que «pendant 
vingt-sept jours elle sétait trouvée entre la vie et la mort, mais 
que, grâce aux soins du docteur Sancbès, d'origine portugaise, 
elle était entrée dans la voie d'une guérison certaine ». 

Gathei-ine II restitua à Sanchès le titre de membre honoraire de 
l'Académie des Sciences et signa, le 2 novembre 1762, l'ukaise sui- 
vant : 

Allouer sur les fonds caméraux au docteur Sanchès qui était auparavant 
au service médical de la cour, et qui séjourne actuellement à Paris, une 
rétribution annuelle de mille roubles, qui sera payée jusqu'au jour de sa 
mort pour nous avoir sauvéC;, Dieu aidant, de la mort (Archives de l'Etat, 
XI, n° 98, 6). 

A partir de ce moment, Sanchès, qui toutefois ne devait plus 
rentrer en Russie, demeura en relations suivies avec le gouverne- 
ment russe et avec l'Académie de Saint-Pétersbourg. Ainsi nous 
relevons dans le procès-verbal de la séance de cette dernière, en 
date du 14 avril 1762, le passage suivant : 

Propositum est coUegis ut, qui velit, cogitct de commissionibus V. Cl. 
Sanchessio Ribeyra, membro nostrie Academiœ Parisiis cgmmoranli 
deferendis. 

D'autre part, dans le même procès-verbal daté du 18 décembre 
1766, nous lisons : 

Wïirde das Antwortschrcibcn des Herrn Dr. Sanchès aus Paris vorgcle- 
sen, darin cr bcrichtet, cr habe der Acadenjischen Conimission zufolge 
den dassigen Acadernjcus Herrn Adanson' erforscht, ob er dcn [Jeruf zum 
Professor der naturlichen Historié bei der Académie des Wissenschaften 
zu Petersburg annehmen wiirde, und soNvohl miindlich als schriftlich 
durch ein von dessen eigener Handschrift beigelegles lîillet ersehen, dass 
er viele Schwierigkeiten mâche und nicht nur Hbl 4000 jahrlichen Ge- 
haltes sondern noch iiberdies sich bcdingen wiirdc, dass ihm die Aca- 
démie seine Krauter uud Naturalien Sauimlung tïir Hld 10 à 11,000 ab- 
kaufen. Darauf ward beschlossen dem Herrn Sanchès mit eliCv-^ler Post zu 
erwiedcrn, dass die Ac-ubMiiie niiht willens soi, den Herrn Adanson von 
scinen gegenwilrligen und lievorstehemlen Vornieilcn zu .Paris abzurufen, 
sondern bcreits untcr zvsein andcren vorgeschlagenen (ielohrten die zu 

1. Gùlebrc boljiiiistc recMniniaiiilc .'i rAradcinii' (lar Kuler. 



SAVANTS ET HOMMES D ÉTAT RUSSES D'ORIGINE JUIVE 135 

erwahnter Professorstelle wi'irdig erkannt sind, einem den Ronif zii- 
konimen lasseii wordon. 

De même, dans la minute dune lettre adressée par l'Académie à 
Sancliès (^20 j\,iillet 17G7), et signée, en raison de Tabsence du pré- 
sident, par l'intérimaire, ce dernier écrit ce qui suit en français) : 

Votre agréa})le lettre du 2 juillet n. st. m'est doublement agréalde puis- 
qu'elle ne m'assure pas seulement la parfaite considération de votre chère 
amitié, mais elle me prouve en môme temps im nouvel ami dans le 
nouveau monde, M. Davila ', que vous recommandez à 1" Académie pour 
être agreyé au nombre de nos membres étrangers. J'ai communiqué votre 
lettre à M. Euler, qui est fort porté pour votre recommandation en faveur 
de M. Davila .. A votre question ce qui pourrait être cause qu'il n'y a 
jusqu'ici un Dictionnaire russe. Je réponds ce que me semble à l'expé- 
riance de tant d'années, savoir : ce défaut est causé par le peu de goût 
pour la littérature de ceux qui le devraient désirer, par la paresse de ceux 
qui Le devraient faire, par l'intérêt particulier de ceux qui le voudraient 
faire et par l'orgueil de ceux qui le pourraient faire. 

Autre procés-verbal, du 1-4 novembre 1774 : 

Présenté de la part de Mr. Sanches de Ribeira, Docteur en médecine et 
associé pensionnaire de l'Académie Impériale des Si'iences, un petit ou- 
vrage en douze de sa composition dont le titre est: Examen hislorique 
sur l'apparition de la maladie vcnérique en Europe, et sttr la nature de 
cette épidémie à Lisljonne, /774. Cet ouvrage fut reçu avec beaucoup de 
remerciments et doit être envoyé à la Bibliothèque. 

Sur la demande de Betskoï, Sancbés ériivit en 1764 l'opuscule 
intitulé : P/an sur la manièro de nourrir et (rélrvcr /es enfants 
trouvés dans l'Itâpital de Moscou. 

En 17(50, il écrivit un nouvel ouvrage également destiné à Betskoï 
et formant comme un supplément au précédent. |] conii)i'end trois 
parties : 1° uju> traduction al)régée du rùglojuent de la Maison d'édu- 
cation asile; (le Londres; ^° des observations sur divers ])oints (|ui 
demanderaient à èlre nioditiés, et,, enlin, 3" une adaptation de ce 
règlement aux condilioiis de la vie russe. 

Voici d'ailieiu's If titre exact de cet ouvrage : 

Traduction libre du rèe/lenwntpour élever les enfants trouvés et 
abandoniu's à Londres pour servir de modèle pour l'établissement 
de celui de Moscou. 

l. Céli'bie iiatur;ilibtr il'oriifiiie fS|iairi)ole iiioil in llsti. Il paï-sit iim' ji.iilie <lr sa 
vie à Paris ; il loiida le Musée des Scieiiros iialun'lli's à Madiiil. 



136 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Bé flexions sin' le 7'èglement de V hôpital ci-dessus pour servir à 
lêlablissemoit de celui de Moscou. 

Continuation du plan pour élever et nourrir des enfants trouvés 
en Russie. 

La traduction de ce règlement a été faite sur l'édition d'un livre 
anglais dont le titre est traduit (en français) par Sancliès comme 
suit : Précis de V histoire de la fondation de V hôpital pour nourrir 
et élever les enfants trouvés et abaîidonnés, Londres, 1739. 

Le travail est conservé en manuscrit, à côlé de plusieurs autres 
travaux de Sanchés, dans les Archives du prince Voronlzof à 
Odessa. 

On voit combien le docteur portugais avait contribué à la fonda- 
tion et au développement de la maison d'orphelins de Moscou, éta- 
blissement unique en son genre. 

Betskoï, qui en était l'administrateur et qui dirigeait en outre le 
service de l'assistance publique, se réclamait très souvent de l'au- 
torité de Sancbès dans les dispositions qu'il prenait (voir l'Index 
du recueil complet des lois), ainsi que dans le petit traité qu'il fit 
publier par le Sénat et répandre dans le public le 5 décembre 1766, 
intitulé : Manuel abrégé et compilé des meilleurs auteurs, suivi des 
observations physiques sur V éducation des enfants dès leur nais- 
sance et jusqu'à^ V adolescence . Ce dernier travail est le premier 
essai de vulgarisation des principes d'hygiène en Russie. 

Très remarquable également est l'étude consacrée par Sanchès 
aux bains russes et intitulée : Traité sur les bains de Russie consi- 
dérés pour la conservation de la santé, comme pour la guérison 
de plusieurs }nal adi es, Pdiris, 1768. 

Ce livre a paru dans une traduction russe en 1779. Dans la pré- 
face de ce travail l'auteur dit : 

Au déclin des jours de ma vie consacrée au service de l'Empire russe, 
je ne pourrais pas, il me semble, employer ce qui me reste encore à vivre 
avec plus d'utilité qu'en montraut les propriétés que possèdent les bains 
en usage dans ce pays depuis les temps les plus reculés. . . Il peut paraître 
étrange que ce soit moi précisément qui aie osé, le premier, écrire sur les 
propriétés des bains russes; d'autant plus que pendant tout un siècle, des 
médecins distingués, tant Allemands qu'Anglais, Hollandais, Italiens et 
Grecs, ont été au service de la cour et de. l'armée russes, et pourtant per- 
sonne d'entre eux n'a jaiiuiis pensé h écrire sur les bains russes. 

Tout en aimant aidcmiucnt son [)ays d'adoplion, la Russie, San- 
cbès n'oublia cependant pas non plus son pays d'origine, comme le 
prouvent ses travaux consacres au Portugal, dont voici les titres : 



SAVANTS ET HOMMES DÉTAT RUSSES D'ORIGINE JUIVE 137 

Traili- de la conservation de la santé des peuples en Portugal, 
1756; Méthode pour apprendre à étudier la médecine avec les 
moyens propres à rétablissement d'une université pour enseigner 
toutes les sciences nécessaires à Vétat civil et politique en Portugal, 
1773. 

De même il s'intéressait vivement au sort des Juifs, à qui le liait 
la communauté d'origine ; il prit leur défense dans un livre spécial, 
qui ne devait cependant jamais être publié. Ce fut probablement la 
persécution de la religion juive au Portugal qui l'avait amené à 
quitter pour toujours son pays natal; il ne laissa pas de s'intéresser 
à ses destinées, comme il ressort des deux livres précités et du fait 
qu'il fut pendant un certain temps attaché comme médecin à l'am- 
bassade portugaise de Paris. 

Sanchès apparaît donc comme un vrai cosmopolite, mais dans le 
sens le plus noble du mot. Quant à ses conceptions religieuses, il 
n'était en vérité ni chrétien ni juif : il professait simplement le 
déisme. Ainsi, le prince Golitzyne, ambassadeur russe à Paris et 
client ordinaire de Sanchès, affirme que ce dernier refusa de se 
confesser avant de mourir. 

Sanchès mourut à Paris, le 11 novembre 1783, âgé de quatre- 
vingt-quatre ans. 

Un détail encore avant de terminer notre notice : 

Pendant son séjour en Russie, Sanchès avait profité de la circu- 
lation régulière des caravanes entre la Russie d'Europe et celle 
dAsie pour former une collection d'objets rares provenant de 
Sibérie et de Chine. Personne, d'ailleurs, ne sait ce qu'est devenue 
cette intéressanle collection. Quant à sa bibliothèque médicale, elle 
fut acquise par Catherine II et incorporée dans la Bibliothèque im- 
périale de Saint-Pétersbourg, dont elle fait partie encore au- 
jourd'hui. 



II 



Il demeure hors de doute que parmi les ouvriers de la première 
heure qui collaborèrent à la transformation de l'ancienne Moscovie 
en un État moilcrnc, il y eut braiiroiii) di' Juifs ol non des moindres. 

En réalité, dès l'époque (jiii pré-céda le règne de Pierre le Grand 
et l'ère des réformes inaugurées par cet empereur, de nombreux 
fonctionnaires et savants d'origine juive, convertis au christianisme 



138 BEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

OU même demeuî'és fidèles à leur ancienne foi, trouvèrent moyen 
d'être admis au service de l'Élat. Beauroup d'entre eux, des savants 
et des médecins surtout, réussirent non seulement à faire leur 
propre fortune, mais aussi à se dévouer avec ardeur aux intérêts 
de ce pays d'avenir, au point qu'ils laissèrent après eux d'excel- 
lents souvenirs dans les milieux populaires russes. 

Parmi ces derniers il faut citer en premier lieu le médecin juif 
Daniel von Gaden, qui, déjà sous le règne du tsar Alexis (Alexeï) 
Mikhaïlovitch, s'était acquis une grande célébrité, grâce à ses 
succès dans le traitement des maladies de l'estomac et au remède 
qu'il découvi'it et qni obtint une grande vogue. Or, on sait combien 
les maladies de l'estomac sévissaient autrefois à Moscou à cause de 
l'hygiène déplorable de cette ville. 

Cependant sa n'-putalion d'excellent médecin et d'homme désin- 
téressé (le pope Silvestre Medviedief, l'un des écrivains de l'époque, 
le qualifie dhomme sans argent, c'est-à-dire matériellement désin- 
téressé) ne l'empêcha pas d'être assassiné lors de la révolte des 
Strieltzy (tireurs) et du meurtre de leur chef, Matvéief. Voici, 
en effet, ce qu'écrit le fils de ce dernier au sujet de la mort de 
Gaden : « Dans la même semaine on assassina deux médecins étran- 
gers, dont l'un, Daniel von Gaden, d'origine juive, homme très 
versé dans les sciences et dans l'art médical, et l'autre. Ivan 
Gutmensch, Allemand dorigine et également très versé en sciences 
médicales. L'un et l'autre furent exécutés à cause d'une ca- 
lomnie lancée contre eux par les ennemis des étrangers, les aC' 
cusant d'avoir empoisonné par leurs médicaments le tsar Fédor 
Alexeïévitch. » 

En tout cas, les Juifs qui se décidaient à eniror au service de 
l'empire russe devaient généralement embrasser le christianisme. 
Cela tenait surtout à une tradition acceptée à la cour Moscovite, 
qui ne voulait pas tolérer dans son sein des personnes appartenant 
ouvertement à la religion juive, trr>dilin:i avec laquelle le grand 
réformateur comme les Russes appellent Pierre le Grand), qui se 
montrait cependant afiranchi de toute préoccupation d'ordre reli- 
gieux et traitait toutes les religions sur un pied d'égalité, n'osa pas 
rompre ouvertement La fameuse phrase : « .le ne veux avoir rien 
de commun avec les assassins du Christ », allribuéc faussement 
à Pirrre par Narlof dans ses mémoires, fui piononcée en réalité 
par limpcrafrice Klisabelli, comme j'ai déjà e.u l'occasion de le 
montrer dans un travail |)ul)li('' en langue russe. 

Parmi les Juifs (jui collaborèrent glorieusement à lanivre delor- 
ganisalion du nouvel Ktat russe sous Pierre le Grand, la famille si 



SAVANTS ET HOMMES D'ÉTAT RUSSES D'ORIGINE JUIVE 139 

éclairée des Vesselovsky, originaire de la Pologne, occupe un 
rang des plus honorables, non seulement par un attachement pro- 
fond à leur patrie d'adoption, mais encore par un dévouement 
constant à la cause du progrès et de la civilisation, ainsi que par 
la protection (piils accordaient volontiers à leurs anciens coreli- 
gionnaires persécutés. 

L'ancêtre de la famille des Vesselovsky était un Juif émigré de 
Pologne et converti au christianisme après avoir rendu des ser- 
vices au gouvernement de Moscou lors du siège de Smolensk en 
1054. Il devait son nom de Yesseiovskv à son pays d'origine, à 
la petite bourgade polonaise de Vesselovo. Laîné de ses fils, 
Abraham, naquit en iG8o. Il reçut une éducation distinguée par 
les soins du fameux; Chafirov, son oncle (également nn Juif;, ({ui le 
fit entrer dans la chancellerie diplomatique. 

Grâce à sa parfaite connaissance de plusieurs langues étrangères 
et à ses capacités naturelles, le jeune Vesselovsky eut l'occasion d'at- 
tirer sur lui à plusieurs reprises l'attention du tsar lui-même; son 
avenir était ainsi assuré. En 4709, il fut envoyé par Pierre le Grand 
à Copenhague pour annoncer au gouvernement danois la victoire 
remportée par les Russes sur les Suédois, près de Poltava. En ITlo, 
il fut nommé au poste important de résident russe à Vienne. Ici il 
faut expliquer qu'un résident russe, au temps de Pierre, n'exerçait 
pas seulement les fonctions de nos ambassadeurs, on lui confiait 
encore toute une série de missions d'ordre purement commercial, 
intellectuel ou moral. Voici, d'ailleurs, uu extrait des instructions 
remises par le tsar à Vesselovsky : 

Cherche à recruter pour les besoins do notre service des « Sreiber » 
(écrivains) ou d'autres employés de l'État de rang peu élevé ayant servi 
dans les bureaux du César, parmi les Tchèques, les Silésiens et les Mora- 
vicns qui connaissent la langue slave, en faisant ton choix dans tous 
les dcpartcuients du gouvernement impérial, sauf le collège ecclésias- 
tique, à raison d'un homme dans chaque service à condition que ce 
soient de bonnes gens et en état de fonder ici (en Russie) des institutions 
semblables. Vous vous procurerez aussi le livre Lexicon Uniocrsalis 
[sic, en caractères russes , publié à Leipzig chez Simon; un autre lexique 
également « universalis» et qui traite de tous les arts, publié en Angle- 
terre dans leur langue. Quant à cette dernière publication, vous lâcherez 
de l'obtenir en langue latine ou allemande; de même cherchez pour 
nous un traité de jurisprudence; — dès (juc tu les (ces livres} auras 
trouvés, tu partiras pour l'rague, où tu chargeras les professeurs des 
écoles des Jésuites de faire la traduction de tous ces livres en langue 
slave; vous vous entendrez avec- ces derniers pour le prix de la tra- 
duction de chaque livre à part, et vous nous récrirez. Comme certaines 



UO HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de h'iirs oxpressions n'ont point d'c-q ni valent dans notre. lanj,nie slave, 
nons poiii'iions leur envoyci- plusicuis Russes doctes en latin et pins 
aptes à exprimer ces termes dans notre langue... Pour cette dernière 
affaire, tu dois faire un effort considérahle vu qu'elle nous importe 
beaucoup. 

Ce fut à Vienne que Vesselovsky eut l'occasion de révéler toute 
l'étendue de ses capacités diplomatiques, notamment dans l'affaire 
du résident autrichien, Otto Pleyer, accrédité auprès de la cour de 
Saint-Pétersboui'g depuis 4711 et ancien secrétaire de la résidence 
depuis d703. Ce dernier avait poussé le manque de tact jusqu'à 
oser s'immiscer dans les affaires intimes de la famille impériale, 
ayant profité de cette circonstance que le prince héritier, Alexis 
Petrovitch, avait épousé la propre sœur de l'Impératrice germa- 
nique Pierre, que la fuite de son fils, en 1717, avait fortement 
irrité, exigea, par Tintermédiaire de Vesselovsky, la révocation de 
Pleyer. Pour toute réponse, l'empereur renouvela le mandat de 
son résident pour une nouvelle période (1718). 

Cependant Vesselovsky réussit à arranger cette affah'e d'une façon 
satisfaisante : Pleyer fut rappelé par son gouvernement, ce qui 
valut au ministre russe les faveurs spéciales du tsar. Vesselovsky 
ne tarda pas à en faire profiter ses anciens coreligionnaires et 
congénères. Les médecins juifs furent l'objet particulier de sa 
sollicitude. Dans l'une de ses lettres adressées au tsar nous lisons 
le passage suivant : « Les Juifs ont toujours été particulièrement 
versés dans la science médicale, et c'est grâce aux médecins juifs 
que des maux très nombreux, entre autres la « lèpre » (nom sous 
lequel était comprise aussi la syphilis), sont considérablement 
allégés » La réponse du tsar n'est pas moins intéressante : « Pour 
moi, il m'est parfaitement égal qu'un homme soit baptisé ou cir- 
concis, pourvu qu'il connaisse son affaire et qu'il ait un bon carac- 
tère. » Cette phrase révèle la largeur et l'humanité des vues du 
grand réformateur russe en matière religieuse. 

Dans ces conditions, Vesselovsky aurait pu espérer une car- 
rière des plus brillantes, mais la marche ultérieure de Taflaire 
du tsarévitch Alexis devait devenir fatale à l'avenir de notre 
diplomate. 

Ce dernier avait notamment reçu du tsar lortlre de retrouver à 
tout prix le prince rebelle, mais le résident estima (piil valait mieux 
ne pas activer les ])oursuites, afin de laisser à .la colère du père im- 
périal le temps de s"a{)ais('r. Les rap|)orts adressés par Vesselovsky 
à ce sujet se distinguent par leur caractère vague et conlradicloire, 
ce qui ne put naturellemenl pas é(ha|)|)er à l'esprit d'un homme 



SAVANTS ET HOMMES D'ÉTAT RUSSES D'ORIGINE JUIYE 141 

aussi perspicace que l'ôtait le tsar-réformateur. Du moins, dans 
l'une de ses lettres adressées à ce dernier, le résident cherche à 
écarter les soupçons, en affirmant énergiquement qu'il s'acquitte 
de sa pénible tache de la manière la plus scrupuleuse. 

Cependant, nous voyons par la déposition faite quelque temps 
après par le fameux Kikine, l'ancien confident du malheureux 
prince, devant les juges de ce dernier, qu'à la question posée par le 
gouvernement russe relativement à la possibilité d'obtenir de l'em- 
pereur germanique l'extradition du prince impérial, Vesselovsky au- 
rait répondu : « On ne le livrera pas ! » Quoi qu'il en soit, une chose 
reste certaine, c'est qu'à partir de ce moment le nom de Vesse- 
lovsky ne figure plus dans le compte-rendu du procès du prince. 
D'autre part, il ne pouvait être le confident de ce dernier, puisque 
le tsarévitch écrivait à son confesseur: « ...Aussi je te prie au 
nom de Dieu : garde toi de tout rapport avec Abraham Pavlovitch 
(Vesselovsky). Ne va pas dans sa maison, ne l'admets pas chez toi; 
tu sais bien que cela ne nous est utile ni à nous ni à vous, et 
qu'au conti-aire, cela nous serait fort nuisible : il faut donc extrê- 
mement se garder de lui. » 

Cependant le tsar avait envoyé en Autriche une mission spéciale, 
composée do Pierre Tolstoï et de l'ordonnance du Tsar (au- 
jourd'hui : aide decamp de l'Empereur) Roumiantzev, destinée 
à ramenerle tsarévitch, mission qu'ils remplireut d'ailleurs avec le 
plus brillant succès. Tolstoï avait promis au prince une amnistie 
dans le cas où il ferait sa soumission. Vesselovsky lui-même s'ef- 
força, à son tour, de persuader au prince de ne plus s'obstiner, 
afin de ne pas irriter davantage son père par un nouveau refus de 
retourner en Russie. 

Dans toutes les péripéties de ce drame obscur, de quelle no- 
blesse de caractère ne fait pas preuve Vesselovsky, surtout si nous 
tenons compte du niveau moral des fonctionnaires de l'époque, 
niveau dont Tolstoï nous donne une juste idée ! 

En effet, ce dernier, dès qu'il eut l'éussi à convaincre le j)rince 
de retourner en Russie, s'empressa de communi<iuer la bonne nou- 
velle à l'impératrice Catherine, belle-mère du fugitif, par une lettre 
dans laquelle il ne laisse point d'ajouter « (pi'il a bien mérité des 
faveurs de la tsarine et du tsar lui-même, et qu'il espère bien qu'il 
ne sera pas oublié ». 

Lorsque le dernier acte de ce sinistre drame fut consommé par 
l'exécution du malheureux prince, Vesselovsky en craignit telle- 



142 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mont le contrecoup qu'il se drcida fermement à ne plus retourner 
flans iinn pairie aussi l'aronche. 

Ei>tre temps se produisit une rupture diplomatique entre la Russie 
et rAutriche, et Vesselovsky reçut une nouvelle désignation, mais il 
préféra disparaître tout d'un coup sans antre explication. 

Le tsar semble avoir été profondément frappé par celte désertion 
de son fidèle ministre, d'autant plus que lui-même, semble-t-il, 
n'était pas en état de concevoir les causes morales qui avaient dé- 
terminé la disparition de Vesselovsky, nullement compromis dans 
laflaire du tsarévitch Alexis. Il ordonna alors aux résidents russes 
à l'étranger de rechercher activement ce serviteur qui avait dis- 
■paru d'une façon aussi énigmatique. En outre, il expédia, dans ce 
même but, un messager spécial, son aide-de-camp général Ya- 
goujinsky, auquel il écrivit à Vienne : « Tu tâcheras d'abord d'ap- 
prendre si on ne pourrait pas le retrouver, et tu pourras promettre 
la somme de 15,000 et même de 20,000 thalers à quiconque indi- 
quera son lieu de séjour. Tu chercheras aussi à apprendre quelles 
raisons l'ont poussé à refuser de rejoindre son poste, et si ces 
raisons sont vraiment sérieuses, ne m'en écris rien, mais reviens 
me les faire connaître de vive voix. » 

Dans une autre lettre Pierre engage son envoyé à ne pas re- 
garder aux dépenses nécessitées par ses recherches et à obtenir du 
gouvernement autrichien l'extradition de Vesselovsky; mais, dans 
le cas où elle serait refusée, il pourrait l'assurer qu'on n'usera pas 
de représailles à son égard, puisque ce n'est pas sa personne, mais 
son affaire qui importe au tsar : « lime semble », ajoute Pierre, 
" qu'il n'est pas le seul, qu'il y en a ici d'autres, qui valent mieux 
que lui. » Ces derniei-s mots sont une des nombreuses preuves de 
l'irritabilité maladive de Pierre le Grand dans ses dernières années, 
où des soupçons toujours nouveaux naissaient dans son âme. 

Un moment Yagoujinsky put retrouver les traces du fugitif; il 
envoya même une escorte à sa poursuite, mais le landgrave de 
Hesse-Cassel s'empressa de prendre Vesselovsky sous sa protection 
et il ne voulut à aucun prix consentir à l'extradition du réfugié. 

La fuite de Vesselovsky avait attiré, comme nous allons le voir, 
la disgrâce impériale sur toute sa famille. Quant à lui-même, nous 
voyous que pendant le règne de Catlierine I'«, en Russie, il chercha 
à se faire naturaliser anglais, mais le gouvernement russe s'y 
opposa et exigea même son arrestation. C'est alors que Vesse- 
lovsky préféra s'en aller à Genève, où il ne tarda pas à embrasser 
le protestantisme. Il s'y ûia et s'adonna à des opérations com- 
merciales, qui lui valurent une grosse fortune. 



SAVANTS ET HOMMES D'ETAT RUSSES D'ORIGINE JUIVE t43 

Ce fut pi'ol>ablemeut sa conversion qui l^mpèclia de retourner 
en Russie, nirnie sous le règne de Pierre II, bien que ce lût préci- 
sément sa lldélité au malheureux prince qui lut la cause de toutes 
ses misères; le souverain précité en tint com[)te pourtant, puisqu'il 
rétablit deux frères de Vesselovsky dans tous leurs droits et pré- 
pogatives. 

Néanmoins Vesselovsky continua à demeurer étroitement attaché 
à son ancienne pairie el môme, résidant dans un pays éloigné, il ne 
laissa point de s'intéresser vivement à tout ce qui la concernait. Ainsi 
il eoUeclionnait tout ce que l'on publiait à l'étranger sur la Russie, 
et même nous avons la preuve qu'il préparait un ouvrage destiné à 
démentir les fables et racontars malveillants inventés par des 
écrivains étrangers sur le caractère de l'empire slave. Lorsque le 
richissime Nikita Demidof, de passage à Genève, en 1773, rendit 
visite à Vesselovsky, le vieillard se mit à pleurer de joie. 

Abraham Vesselovsky avait suivi de loin le règne de Cathe- 
rine II. Comme il était en relations intimes avec Voltaire, ce dernier, 
dans une de ses lettres adressées à l'impératrice, ne manqua pas 
de faire devant elle l'éloge de la haute intelligence et de la vaste 
culture de l'ancien homme d'État russe. Catherine otïrit alors à ce 
vieillard, presque centenaire, de rentrer en Russie, mais ce dernier, 
s'il faut en croire la tradition, aurait répondu qu'il ne rentrerait 
en Russie que lorsqu'on cesserait d'y répéter les trois paroles 
suivantes : ^1° « Coupable sans faute ; 2* Pas content, mais tout 
disposé ; 3^ Dieu est trop haut, le tsar trop loin. » 

Cet homme remarquable mourut en 1781 . 

Eu se fixant à Genève, il inaugurait la longue et glorieuse lignée 
de ces émigrants politiques russes qui cherchèrent un refuge en 
Suisse. Il épousa une femme de ce pays, dont il eut trois filles: 
deux d'entre elles épousèrent des Anglais et la troisième un Suisse. 

Dans les archives du Ministère des affaires étrangères à Moscou 
on conserve une photographie du portrait authentique de Vesse- 
lovsky retrouvé chez ses descendants ' . 



1. Voici la bibliograpliie complète du <ujet : 

1. Les Mémoires du piiuct' Pierre Dolgoroukov (source d'une ('■poque tardive et 

souvent confuse). 

2. Les Actes de Pierre le Grand ;eii russe) de Golikof (t. VII, ji. llG-i3:i). 

3. Le Journal de voyage de N. A. Deniidof (en russe), p. 141-142. 

4. Bantyciie-Kamensky (père), I,es relations diplomatiques de noire cour avec 

celtes d'Europe [vn russe , t. I. 

5. Bantyche-Kameusky (liis), Dictionnaire des hommes russes remarquables. 



144 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



III 



Isaac Pavlovitch Vesselovsky, frère du précédent, avait lui aussi 
de bonne lieure débuté dans la carrière diplomali({ue. Tout jeune 
encore, il fut, à plusieurs reprises, cbargé de missions secrètes à 
l'étranger. En 1719, il subit le contrecoup de la disgrâce de son 
frère Abraham, et il fut mis à l'écart des affaires, mais pour peu 
de temps. L'historien Bantyche-Kamensky attribue le retour aux 
affaires d'Isaac Vesselovsky à la faveur particulière dont son frère 
cadet Jacques (Jacob) jouissait auprès du tout-puissant parvenu 
Menchikof, mais, en réalité, ce dernier avait déjà perdu à cette 
époque une partie de l'influence qu'il exerçait sur le tsar. La vérité 
est tout autre. Isaac Vesselovsky dut son retour en grâce à son 
adhésion au cercle de la princesse Volkonsky, alors très influente 
et précisément hostile à Menchikof. En efl'et, lorque ce dernier 
réussit à recouvrer son ancienne autorité et exerça des représailles 
contre ses adversaires du cercle, Vesselovsky crut devoir chercher 
un refuge à l'étranger, sans, d'ailleurs, y parvenir. Par ordre de 
Menchikof, il fut poursuivi, rejoint et mis en état d'arrestation ; ce- 
pendant pour des raisons qui nous échappent, on le traita d'une 
manière assez douce et on se contenta de l'expédier, en qualité de 
fonctionnaire, sur les confins delà Perse. 

Dès que l'impératrice Elisabeth arriva au pouvoir, Isaac Vesse- 
lovsky fut mandé dans la capitale et comblé de faveurs par la sou- 
veraine. Il fut élevé au rang de conseiller d'Etat actuel et nommé 
membre du collège des afl'aires étrangères. L'ambassadeur de 
Prusse en Russie, Einkenstein, qui avait connu Vesselovsky, l'appré- 
cie comme « l'homme le plus intelligent de son temps en Russie ». 

Ce fut précisément sous le règne d'Elisabetii que l'on prit des 
mesures restrictives tendant à limiter l'iniportation des livres 
étrangers en Russie, afin d'enrayer la diffusion des idées libérales. 
A cette occasion, Vesselovsky ne manqua pas de protester éner- 
giquement contre les entraves mises à la pensée humaine et il 

6. Une note manuscrite du métropolite Eui;ùne ilosliiiéc au DIclionnaive des 

écrii)nins /-//.s.se.s laïques. 
1. Oustrialot', Histoire de Pierre le Grand (eu russe), pnssim. 

8. Solovief, Histoire de Riissie, t. XVI-XX, passim. 

9. La correspondance inédite des Vesselovsky dans les Archives de l'Etat, 

9* catégorie. 
10. Le procès du Isare'vilch Ale.veï, ib,, 6* catégorie. 



SAVANTS ET HOMMES D'ETAT RUSSES D'OKIGINE JUIVE 145 

réussit, en eiïet, dailleurs avec l'aide du comte Bestioujef-Riou- 
mine, chancelier de l'Empire, avec lequel il était alors en excel- 
lents termes, à faire rapporter ces lois. 

Il fut moins heureux dans son intervention en faveur de ses an- 
ciens coreligionnaires, malgré l'appui du chancelier. Voici les dé- 
tails de cette intervention concernant le sort fait par la tsarine au 
judaïsme en Russie. Le 2 décembre 1742, elle fit publier l'ukase 
suivant : 

Il est notoirement interdit aux Juifs de séjourner dans toute l'étendue 
de notre empire. Or, nous venons d'apprendre que, malgré cette inter- 
diction, il en reste encore dans notre empire et que, sous divers pré- 
textes, ils continuent à y séjourner, particulièrement dans la Petite-Russie. 
On ne peut en espérer aucun avantage, et l'on doit craindre tout le mal 
que ces ennemis du nom du Christ, notre Sauveur, sont susceptibles de 
causera nos sujets fidèles. Nous ordonnons, par conséquent, de procéder 
à l'expulsion immédiate hors de notre empire de tous les Juifs, hommes 
et femmes, avec leurs biens; de ne plus leur permettre à l'avenir de 
pénétrer dans le pays, exception faite pour ceux d'entre eux qui consen- 
tiront à reconnaître la religion chrétienne gréco-orthodoxe. 

Le Sénat ne fut pas plus heureux que Vesselovsky dans sa dé- 
marche en faveur des Juifs expulsés. C'est sur le rapport de la haute 
assemblée concernant l'utilité que les Juifs pourraient présenter 
pour « le développement du commerce dans la partie sud de la 
Russie » que la tsarine écrivit sa fameuse résolution : « Des enne- 
mis du Christ je ne désire aucun profit. » 

On sait que, par suite de cet ukase impitoyable, plusieurs méde- 
cins juifs établis en Russie préférèrent quitter le pays et, parmi ces 
derniers, se trouvaient de savants docteurs qui s'étaient acquis 
une renommée considérable à Saint-Pétersbourg et avaient rendu 
d'éminents services aux études médicales en Russie, alors encore 
dans un état embryonnaire (voir Richter, Histoire de la médecine 
en Russie). Entre autres, l'Académie des Sciences perdit à cette 
occasion un de ses membres les plus savants, le docteur Antonio 
Ribeiro Sanchès, auquel nous avons plus haut consacré une notice. 

Dans la suite, Vesselovsky, en raison de son caractère indépen- 
dant et fougueux, se brouilla avec le tout-puissant chancelier. 

Cette querelle eut pour conséquence d'éloigner Vesselovsky 
des affaires étrangères, mais il fut bientôt chargé d'enseigner le 
russe à l'iiéritier du trùne, le futur empereur Pierre III. Ou sait 
que c'est à liiinaeiice exercée par le pi'ofesstnir sui' son impérial 

T. LI, N» 103. lu 



d46 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

élèvft que sont dues les premières lois favorables aux Juifs dans 
l'empire russe. Isaac Vesselovsky mourut en 1754. Il avait été 
nommé conseiller intime et chevalier de Tordre de saint Alexandre 
Newsky. 

Les conlemporaius professaient pour lui une grande estime, 
quoiqu'il ne fût généralement pas aimé à cause de son esprit mor- 
dant. Il avait la réputation d'un homme d'esprit et ses calembours 
et bons mots sont restés populaires. Stellin nous a conservé plu- 
sieurs anecdotes sur Pierre le Grand, qu'il lui avait entendu ra- 
conter. 



IV 



Nous possédons de même quelques renseignements sur la vie du 
troisième fils de Vesselovsky, Fédor Pavlovitch. Lui aussi avait 
débuté dans le corps diplomatique, où il devint le secrétaire du 
prince Kourakin, le futur résident russe à Rome, aux Pays-Bas et 
lînalement en Angleterre. Avant de devenir lui-même résident, 
Vesselovsky s'était acquitté avec succès de plusieurs missions di- 
plomatiques importantes. Ce fut lui qui mena à bon terme les pour- 
parlers engagés avec le roi Georges I au sujet de la restitution au 
duc de Mecklembourg de la ville de Wismar (occupée alors par les 
troupes de Danemark, de France et de Hanovre;, ainsi que des in- 
demnités à accorder au duc pour les dégâts commis dans ses do- 
maines par les troupes alliées. Au mois de février 1717, le ministre 
anglais remit à Vesselovsky une note pour se plaindre du concours 
que le tsar aurait accordé au prétendant de la maison de Stuart, 
sous l'influence du médecin attaché à sa personne, Areskine, qui 
était d'origine écossaise. 

Vesselovsky ne tarda pas à opposer, dans un mémoire adressé 
au roi, un démenti formel à ce bruit dû à la malveillance des diplo- 
mates suédois, et il assura le roi d'Angleterie de l'amitié inébran- 
lable que le tsar professait pour lui. Il démonti'a, en outre, que l'in- 
térêt de la Russie elle-même était de s'opposer au prétendant, vu 
que ce dernier, une fois monté sur le trône, ne manquerait pas de 
se liguer avec les Suédois contre la Russie. 

Le 9 juin 1717, le tsar nomma Vesselovsky résident auprès de la 
cour de Saiiil-Janies et ce fut en celle qualité qu'il fit construire à 
Londres une église l'usse orlhodoxe, qui existe encore. 

L'affaire do sou frère ne laissa pas de porter préjudice à sa car- 



SAVANTS ET HOMMES D'ÉTAT RUSSES D'ORIGLNE JUIVE 147 

rière diplomatique. Pierre s'empressa de le rappeler en Russie et 
de le remplacer par Bestioujef. Mais, à l'instar de son frère Abra- 
ham, Fédor refusa iielleniciit de n-touiiier en iîussie; à la suite de 
ce refus, ordre fut donne à son successeur de faire arrêter rancien 
ministre. Vesselovsky se mit sous la protection du gouvernement 
britannique, qui refusa l'extradition. 

Sous le règne de Pierre II, Fédor Vesselovsky sollicita à son 
tour l'autorisation de rentrer en Russie, d'abord sans succès, 
par suite de l'opposition de Menchikof, mais, après la mort de ce 
dernier, l'autorisation lui fut accordée. 

D'ailleurs, tout comme son frère Isaac, il resta h l'écart des 
affaires jusqu'à l'avènement au trône de l'impératrice Elisabeth. 
Cette dernière l'éleva au grade de général-major et l'envoya en 
mission auprès du duc d'Anhalt-Zerbst pour négocier le mariage 
de la fille du duc avec l'héritier du trône impérial. 

Peu après, Vesselovsky sut gagner l'amitié d'Ivan Chouvalof, 
favori de la tsarine, qui le fit nommer curateur de la nouvelle 
Université récemment fondée à Moscou. En fait, on ne pouvait pas 
faire un meilleur choix. Dévoué à la cause de l'enseignement, 
étant lui-même, comme tous les membres de sa famille, d'une 
haute culture, Fédor Vesselovsky s'intéressa vivement à l'Univer- 
sité. Entre autres, il fit publier par l'imprimerie de cette dernière 
une collection de classiques latins, Mais l'âge et la maladie mirent 
un terme à cette activité ardente et féconde. Au début du règne de 
Catherine II, Vesselovsky démissionna et se retira des affaires. Il 
mourut âgé de quatre-vingts ans, ayant le titre de conseiller in- 
time ^ . 

A l'égard du quatrième frère Jacques Vesselovsky, nous regret- 
tons de ne posséder presque aucun renseignement sur sa vie et sur 
son activité. Tout ce que nous savons, c'est qu'en 1719, lors de 
l'affaire de son frère Abraham, il était au service du prince Men- 
chikof, circonstance qui lui permit d'être utile à son frère Isaac. 

V. Stroïev. 



1. Sur Fiidor Vesselovsky, voir éfçalemont Clieviref, Histoire de l'Univei-silé impé- 
riale de Moscou, 1855. 



NOTES ET MÉLANGES 



NOTE SUR UNE ANCIENNE TRADUCTION FRANÇAISE 

MANUSCRITE 

DE L'ITINÉRAIRE DE BENJAMIN DE TUDÈLE 
INEXACTEMENT DATÉE 



La Bibliothèque Nationale possède sous le n° 5641 des ms. fran- 
çais une traduction de l'Itinéraire de Benjamin de Tudèle, datant 
du XV i" siècle et due à André Tliévet \ La notice imprimée au Cata- 
logue des manuscrits français (t. V, ancien fonds, p. 49) cite les 
premiers et les derniers mots du texte, donne le nombre des feuil- 
lets (56) et indique qu'au dos du feuillet 56 se trouve collée la note 
suivante : « Voyage du Juif Benjamin, traduit en français par 
M. A. Thevet, 1558 ». Si cette date était exacte, la traduction n'au- 
rait pu être faite que sur V édili on pi'inceps (Constanlinople, 1543), 
puisque la deuxième, celle de Ferrare, est de 1556; elle ne serait 
donc pas sans valeur comme témoin de ladite édilion, qui est 
introuvable. Mais, en réalité, celte traduction est sûrement posté- 
rieure à 1575, date de la publication à Anvers de la traduction 
latine d'Arias Montanus. Une brève comparaison de cette version 
avec le ms. de Thévet nous a convaincu, en effet, que ce dernier 
n'a fait que retraduire Montanus. Pour le démontrer et donner en 

1. André Thévet, moine cordelicr, voyageur, auteur de iioiiihroux ouvrage», de va- 
leur assez médiocre, n'est pas inconnu des lecteurs de cette Revue. M. S. Ueinach a 
donné quelques extraits de sa Cosmographie Universelle, jiarue en 1573 (t. XX, 
fi. S8 f't suiv.) 



NOTES ET MÉLANGES 449 

même temps; un spécimen de cette vieille traduction française, 
nous en transcrivons ici le commencement, en soulignant les pas- 
sages les plus manifestement calqués sur la version d'Arias Mon- 
tanus, dont nous reproduisons en note les phrases ou expressions 
correspondantes : 

Benjamin, fils de Jonas, de probable mémoire a dit' qu'au commence- 
ment de sa pérégrination de la ville de César Auguste* cheminant selon 
le cours d'Ibre, fleuve d'Espagne, est arrivé à Tortose : de là à Sara- 
gosse*, ancienne ville bâtie et construite par le fils d'Enac" et par les 
Grecs, laquelle en beauté surpasse toutes les autres villes de toutes les 
régions d'Espagne et pour sa louable magnificence ne s'y trouve une de 
comparée à icelle étant située et assise proche la mer. 

Depuis l'espace de deux jours (dit-il) suis entré ^ à Barcelone en laquelle 
il y a une synagogue sacrée aux sages *, fréquentée de plusieurs prudents 
personnages '' et embellie de gens d'autorité et honneur entre lesquels 
sont les principaux Séseth, Sealthiel et Selomo fils d'Abraham, iceux fils 
d'Azidaï^ de recommandable mémoire. Cette ville est de petite grandeur, 
mais magnifique en beauté assise sur le rivage de la mer, peuplée de 
plusieurs marchands y abondant de diverses nations, tellement que c'est 
un marché fort célèbre ' aux Grecs, Pisains, Génois, Siciliens, Egyptiens, 
Alexandrins " et à toute la terre d'Israël et de tous les côtés d'icelle. 

De là l'espace de six jours ^^ suis venu à Gerunde où y a une petite 
synagogue de Juifs. Depuis en chemin de trois jours suis arrivé à Nar- 
bonne qu'est la première ville pour les lois, car d'icelle s'épanche la loi 
pour toutes les nations où il y a de grands personnages excellents en 
sagesse et honorables, en premier lieu Zaconimos " (sic) fils de grand et 
vénérable personne, Théodore de bonne mémoire de la race de David 
par droite généalogie ", lequel a des terres et champs des princes de cette 
région, n'étant sujets à personne, c'est-à-dire ne rendant aucun tribut ni 

1. Thévet a omis de trailuire les quelques phrases d'introduction à l'Itinéraire. 

2. Latin : ex Caesar-Aususta urbe : l'hébreu ayant nûSDTplO, l'auteur parait bien 
avoir suivi le latin, en donnant ici le nom de la ville sous sa forme primitive. 

3. Au lieu de Tarragone, inadvertance. 

4. A filiis Enac. L'hébreu a seulement D'^pj^'. 

5. Ingressus fui. Pas de verbe dans riiébreii. 

6. Synagoira sacra est saj^ieutibus ; héb. : ;:mp bnp. 

7. Ac prudentibus frequens ; héb. : D^722n D^OTÎ*. 

8. Filii Hhazzidai. Tiiévet a pris flii jiour un pluriel. L'i-rreur ne s'expliquerait pas 
s'il avait travaillé sur l'hébreu (^NTOn 13). 

9. Célèbre eniporium : héb. : n"nn03 □"^i<3 venant pour le commerce). 

10. Aegyptiis Alexandriis. D'après l'hébreu, Alexandrie d'Egyjjte. La décomiHisilinn 
en Égyptiens et .\lexandrins et l'interversion des deux noms attestent la parenté des 
deux versions. 

11. Sesquidiei. Tliévet semble, par étourderie, avoir compris : sex «ilerum. 

12. Bévue fiour Kalonymo«. 

13. Ex semine David recta ijeneaiogia ; héb. : TDirT'S n:iD?3 ^T^ J'ITTî- 



iSO REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

taille. Il y a aussi en preiiiier lieu Abraham, chef de Synhedrin et Machir 
etiehuda et plusieurs autres semblables disciples et y a pour aujourd'hui 
juste au nombre de trois cents juifs. 

De la, suis arrivé à Bidrasch distante à quatre lieues où y a une univer- 
sité de sages aornée et peuplée de disciples desquels les plus remar- 
quables sont Selomo Hhalpeiha^ et Joseph fils de Nathanal de bonne mé- 
moire. 

De là en partant suis venu l'espace de deux [jours] au mont Tremblant 
qui anciennement était dit le ntnnt Pessule, maintenant nommé par les 
habitants du lieu Montpellier, ville propre à négociation et marchandise, 
proche de la mer de deux lieues, fréquentée de diverses nations à cause du 
commerce qu'est entre elles* comme de Idumiains, Ismaélites ', Longbards 
et du grand royaume de Rome comme aussi de toute la terre d'Egypte et 
d'Israël, de tout le royaume de France, d'Espagne, Angleterre et aussi 
par toutes sortes de language; là ils se trouvent des ouvrages des ou- 
vrages (sic) des Génois et Pisains'-. Et y a aussi des disciples des sages 
maintenant et de notre âge fort célèbres. En premier lieu Reuben fils de 
Théodore et Nathan fils de Zacharie et de tous le premier Semouel et 
Selamias et Mardocheus qui est déjà passé de ce inonde à Vautre'^. Aucuns 
d'entre eux sont fort riches, libérais envers les pauvres, qui à tous ceux 
qui viennent à eux donnent aide et secours*. 

Il est inutile de prolonger cette citation, qui suffit à montrer le 
rapport étroit qui existe entre la traduction de Tiiévet et la version 
latine d'Arias Montanus. Le travail de Thévet, qui fourmille d'ail- 
leurs de bévues, ne mériterait pas, même fait directement sur 
l'hébreu, d'être publié; à plus forte raison, maintenant que nous 
savons que la date de 1553 est erronée et qu'il est tributaire du 
latin. Il témoigne seulement de l'inlérêt provoqué chez les savants 
et les géographes du temps par la publication de la première tra- 
duction latine du Voyage de Benjamin de Tudèle. 

Julien Weill. 

\. Lalin : même orthocraphe. 

2. In Tremulum montera, qui Pessulanus olim ab inrolis nunc Mompellier vocaUir, 
urbem negotiationi et mercaturae opportunam a mari loucis duabus dissitam a variis 
nationibus commerciorum raussa i'ie(|ii('iitat;ui) vU\ Cf. Ibébreii : N"ip;n ViTi "in5 

mo-iE) niND-iD '3 Dvn v^ ^"''"'P ^"iinob ne-' Gipn tnm — i-'rocriîa 

nmnob ûnp» bo» T^bx D''i<m dans IV-dilion .XiUor). 

3. Omet : ex Algarl)a (miJ* bn). 

4. Ibidem inveniluitur o[iera Geiiensiiim et Pisanorum ; li<''b. : !TiinD5 0U3 D^Nit733 

'jit:;-«dt V'i-"'^ "'T' by. 

5. Et omnium pr.Tripnns Semiiel et Selamias et Mardocbeus (]ui jaiii vita dernncttis 

est. Héb. : b"T "«Di-i» 'm N'^^.:bo 'm c-bo 3-1- bN^w•>::• 

6. NonnuUi inter illos ditissimi snnt et bin'rales in pauperes qui eunctis ad se veni- 
entibus sid)sidiuin srrvunt. Ibb. : U''~i^2'^y npii: "ibraT CT^'-T^» DTÎ'^Pa O"'! 

ni^b D'^N^n bob y-iD3. 



NOTES ET MÉLANGES lU 

LE DÉBAT ENTRE ANTON DE MOROS 
ET GONZALO DAVILA 



M. Forel-Fato a fait connaître, pour la première fois, une curieuse 
dispute entre Anton de Moros et Gonzalo Davila d'après un manus- 
crit italien de la B. N. ayant appartenu à la bibliothèque des rois 
Aragonais de Naples '. Dans les neuf pièces qui la composent, les 
deux trobadores Anton de Moros et Gonzalo Davila s'adressent, en 
vers assez corrects, des injures personnelles et très malsonnantes, 
de gros mots dont la trivialité est, du reste, assez commune dans 
les débats de ce genre, des attaques qui. pour être souvent d'un ton 
outrancier, n'en sont pas moins dépourvues desprit sarcastique. 

Moros compare son rival à un singe ; il lui dit (ju'il est si maigre 
et si laid qu'il ne pourrait pas se marier à Valence, ville célèbre 
pour ses belles femmes ; qu'il est fait pour être la risée des hommes 
avec sa figure édentée. Il le traite d'ivrogne « dont les os sont cuits 
dans du vin », de voleur et lui conseille de se retirer dans un cou- 
vent, s'il ne veut pas mourir à l'hôpital. 

Gonzalo de Avila ne demeure pas en reste. Moros n'est pas le 
Dante qu'il s'imagine, mais un simple usurier, un vil individu qui 
mérite la corde, un faussaire de contracts. 

Mais là où ils semblent vraiment à leur aise c'est quand ils se 
traitent tour à tour de, /^^Z/et quand ils font allusion à leurs ancêtres. 
Ils repoussent tous les deux: cette insulte et ils reviennent sans 
cesse à la charge, se lançant réciproquement à la tète, en strophes 
d'un tour alerte, les épithètes de Macabeo, logrcro, judlo. 

Moros rappelle à son adversaire qu'il n'y a pas longtemps qu'il 
est devenu chrétien, tandis que ni lui, ni ses ancêtres ne sont 
jamais entrés dans une synagogue. 3Iais Davila est un marrane 
notoire, proche parent de Mosse Gohen, et non de la famille des 
Mendoza comme il s'en vante. S'il est plus savant que Salomon, il 
doit sa science à la Tora ; il est parti de Castille parce qu'on avait 
découvert qu'il était inarranchoa; du reste, on n'a qu'à regarder 
sa circoncision pour se convaincre qu'il dit la vérité. 

Gonzalo Davila lui iiMivoii; la balle longuement dans la pièce 
n" 6. Moros mi'Ht quand il fssaie de h; faire passer pour Juif - sa 
lignée n'a pas une telle descendance, il est lildah/u des pieds a la 

1. Romania, 1901. 



152 REVUE DES ETUDES JUIVES 

tête; il n'est pas fils d'usurier, mais d'un illustre écuyer. Si Moros 
n'est pas Juif, qu'il lui dise donc pourquoi il se sert de la conver- 
salioii très hrbraiqiifi. Non, Moros est un converti, fils de rabbin, 
et Fou peut constater par des actes quels furent ses ancêtres. Anton 
est jusqu'aux yeux dans la juiverie, où il a son cœur et son âme. 
Ce n'est pas sûrement parce qu'il est fils de comte qu'il est devenu 
usurier. Moros est un « Macabeo » très ancien. Il n'a même pas le 
droit de porter ce nom, étant fils de Juif ; Juif est aussi son oncle 
don Juda. 

Mais ces deux auteurs sont-ils, en réalité, Juifs ou convertis ? 

Nous n'avons malheureusement que leurs propres affirmations, 
vagues chez Moros, plus précises chez l'autre. Il faut remarquer 
que ces deux rimeurs entrent pour la première fois dans la littéra- 
ture espagnole. Anton de Moros était complètement inconnu, et du 
second on ne connaissait qu'une pièce qui fait partie d'un chanson- 
nier du Musée Britannique. C'est tout au plus si, d'après quelques 
indications de leur dispute, l'on peut déduire qu'ils ont vécu dans 
la seconde partie du xv« siècle. Si l'on considère pourtant que 
Moros est Aragonais et qu'à cette époque les convertis étaient fort 
nombreux dans l'Aragon, que les trobadores chrétiens et même 
juifs ont l'habitude de railler et insulter grossièrement leurs rivaux 
confesos, qu'ils émaillent souvent leur vers de mots hébraïques, 
comme l'on peut voir dans le chansonnier de Baena et dans celui 
de Montaro ' (dans le débat présent il n'y a que deux mots hé- 
breux : to7'a et rezmilla) , l'on peut conclure avec une certaine 
vraisemblance que ces deux rimeurs, et surtout A. de Moros, étaient 
des Juifs convertis, contemporains d'Anton de Montoro el ropero 
et de Rodrigo Cota. 

S. Mitrani-Samarian. 



A. de Moros. Pièce n° 1. 

17 No es de iniuho tiivido a miestro scnyoi' quel crio. 
G. D. n<>2. 

17 Este Cayii atrevido jure liigo pur su Diu... rrinesa le deve scr la 
inuerlc de .lesii-(]ris(o. 
Moros. N» W. ■ . 

25 Tocaes me de Maeal)eo con hMnor que no vos toque. Rrecebit este 

1. Comeiulcir ilumaii al IUi|M'tu : Moiiloro coiitro CoU\ : les aUa(|uos ronlrc .liian iIp 
Espana et eoiitr* Juan i\c Vallail>ili<l : l'ei'o Kciriis cl la n'|ionse des rabbins, etc. 



NOTES ET MÉLANGES li)3 

rretoque entrât (en) mcdio del torneo, que yo ni los mios no creo 
nimca entrassen en synoga. 
{,. l). N>^ 4. 

25 Enojaes vos, segon veo, por vuestro jiidayco estoque, perder con 
xaque por rroqiie, fallando con devaneo. 
Mores. N" 5. 

Quien es marrano rrebiente y le de Dios mal estrena; Luego os 

acuso la pena, que aqui no basta argumente. 
Que muy cercano pariente soes deMosse Cohen, no vos lo tyenen a 
bien scr ydrolatrar la gente. 
81 Que aqui daes a entender a gentes de miga hoça que soes de los de 

Mendoça en lynage y en valer. 
61 Qui vio castellano mudo ni lyebre ser perezosa nilealtat en rraposa 

ni judio no ser agudo. 
65 Vos por aquesta rrazon que vos he alegado agora, vos previene del 
Alora saber mas que Salomon ; porque os dezian marranchon 
vos salistes de Castilla : sy vos niiran la rezmilla verdat dira mi 
sermon. 
G. D. No 6. 

28 Dezis me que soy marrano vos mentis, don vil judio, a cierto el 
lynage mio no deciende de tal mano. 
De los pies a la cabeça soy fidalgo verdadero, syn mal quarto y 

falsa pieça; ni soy fijo de logrero salvo de lympio escudero. 
Mas vos que tanto negaces no ser de sangre judayca, laplatica muy 

ebrayca dezit por que la servaes? 
Vuestro padre fue raby vos un muy (iordo confeso. El nombre de 
Moros vy que os bolvieron del avieso segun consta por processo. 
En el quai son insertados los senyales verdaderos, testigos no 
lysongeros de vuestros ante passados; con los quales syn falsia 
fasta los ojos, Anton, esfaes en la Juderia do teneys cl coraçon 
el aima y la condicion. 
Pero veamos de donde ser logrero vos previene ciertamente no vos 
viene en ser fijo de grand condè Soes en quanto fazeys Macabeo 
muy antigo, aunque vos osto negueys, cada cual lleva con sigo, 
con las obras el testigo. 
109 Pues sabet que os an prestado. a culpa de vuestra madré, Anton 
senyor, esse padrc que de Moros es nonbrado; pero quanto a la 
verdat, vos soes fijo d'un judio; esto sea en poridat, y d'aquel 
mesmo gentio es don Yuda vuestro tio. 



lUBLIOGRAPHIE 



Les éditions nouvelles de lltinèraire de Benjamin de Tudèle. 

L'Itinéraire du célèbre voyageur juif Benjamin ben Yonah de Tudèle 
date de 1173. Depuis lors il a été souvent copié, édité et traduit, mais il 
s'en faut que le lecteur en ait eu le texte vraiment exact. Veditio princeps 
de Constantinople (1543) et la suivante, celle de Ferrare (1556), fondée sur 
une copie un peu différente, ont été les bases uniques, et bien insuffisantes 
à regard de la correction, de. toutes les éditions et traductions ultérieures, 
y compris la grande édition publiée par Asher à Londres en 1840. Celle-ci 
du moins, grâce à l'érudition et à la sagacité de l'éditeur, réalisait un grand 
progrès sur ses devancières. On ne pouvait guère faire mieux en l'absence 
de tout manuscrit ancien qui permît de contrôler les premières éditions. 

Depuis soixante ans, des manuscrits ont été découverts : ils confirment 
parfois les restitutions et corrections conjecturales d'Asher, mais souvent 
offrent des leçons nouvelles qui amendent très heureusement le texte 
reçu, permettent de reconstituer la fameuse relation si altérée et rendue 
si souvent inintelligible par les négligences et inadvertances des copistes 
ou des éditeurs, et enfin disculpent le pauvre Benjamin de bien des pré- 
tendues sottises ou impostures dont on l'a accusé sans ménagement. 

Les manuscrits inconnus de l'édition d'Asher, — il y en a trois prin- 
cipaux, — ont été récemment étudiés en collahoralion par MM. Marcus 
N. Adler et Griinhut, qui ont entrepris ensuite, chacun de son côté, une 
édition nouvelle des Massaôt. Voici, d'après eux, quelques détails sur les 
manuscrits inconnus de l'édition d'Asher. 

Le codex E, qui appartient à M Epstcin, est le plus complet des trois : 
c'est une copie italienne censurée par Luigi de Bologne, le 10 juillet 
1599, ce qui donne pour la date un terminus adquem. M. Epstein croit 
qu'il est de la fin du xv' ou du commencement du wp siècle. L'édition 
de Ferrare a été faite sur une copie proclie parente, de ce codex E. 

Le second ms., appelé BM par les cdileurs, — appartient au British 
Muséum ; c'est le i)lus préciiMix de tous, celui qui renouvelle vraiment le 
texte reçu, permet de redresser l)ien des bévues et de combler bien des 
lacunes. Il est surtout supérieur aux autres pour la correction (ju'il offre 
dans les noms de personnes et de lieux, et dans les chiffres. M. Grunhut 



BIBLIOGRAPHIE 4^5 

estime qu'il n'est pas postérieur de plus de cinquante ans à la mort de 
Benjamin. Bien qu'il soit détérioré par endroit et qu'un morceau ait 
changé de place, sa valeur est de premier ordre et c'est avec raison que 
M. Adler en a t'ait la base de son édition. 

Enfin le ms. K (M. Adler lappelle R) appartient à la Bibliothèque Casa- 
tanensis à Home ; il est sans lieu ni date : M. Grïinhut, qui en a fait une 
copie, le croit du xiv' siècle. M. Adler, qui a utilisé cette copie et une 
autre de M. Neubauer, ne se prononce pas sur la date. 

Voilà, avec deux fragments d'autres ms. collationnés seulement par 
M. Adler, la hase des deux éditions récentes. L'une, la première en date, 
porte les noms de Grïmhut et d'Adler, elle contient le texte hébreu, avec 
introduction, notes et traduction en allemand '. M. firimbuta pris comme 
base le codex E (Epstein\ parce qu'il est le plus complet. Cela est regret- 
table, car les bonnes leçons sont souvent, en cas de variantes, reléguées 
dans la note, au lieu de figurer dans le texte. La typographie de l'édition 
laisse à désirer. L'étude des mss. a permis à M. Gri'uihut, dans son intro- 
duction, de rectifier ou de préciser la chronologie du voyage de Benjamin 
de Tudèle. Il établit que le voyage a dû commencer entre le 23 novembre 
1165 et février-mars 1166. Graetz croyait que Benjamin était à Damas en 
1170 et encore la même année en Perse et en Arabie, et parvenait avant le 
13 septembre 1171 en Egypte. Il aurait donc mis quatre ans de Bari en Ita- 
lie jusqu'à Damas et un an et demi seulement de Damas en Egypte. Schwarz 
(Dos heilirje Land, p. 38) pense même que Benjamin se trouvait à Tripoli 
(plusieurs étapes avant Damas) dès 1170. Or, Benjamin parle d'un tremble- 
ment de terre qui eut lieu c précédemment », dit-il, à Tripoli. Gomme 
un tremblement de terre à Tripoli est mentionné par Joseph Hakohen en 
1170, Schwarz croit qu'il s'agit du même événement. Mais M. Griinhut 
observe que Benjamin parle ici non de Tripoli seulement, mais de toute 
la Palestine. Il peut donc s'agir de celui qui eut lieu en 1157. Graetz 
s'appuie, quant à lui, sur le texte où Benjamin dit avoir été à Ispahan 
18 ans après la défaite du roi Singar ; comme cette défaite eut lieu en 
1153, Benjamin se serait trouvé en Perse en 1170. Mais cet argument 
vient d'une mauvaise leçon des éditions. Le texte des mss. porte 15 ans et 
non 18. Benjamin était donc en Perse dès 1168-60. 

M. Grïmhut, dans une autre partie de son introduction, exprime l'opi- 
nion que l'Itinéraire n'est pas un, récit de voyage désintéressé; que 
l'auteur poursuivait un but, celui de provoquer un mouvement démigra- 
tion des Juifs d'Espagne vers r.\rabie, où se trouvaient de grandes agglo- 
mérations juives vivant indépendantes. Les arguments invoqués à l'appui 
de cette thèse (p. 20) paraissent bien faibles. « Revenu de son voyage, dit 
l'introduction de l'Itinéraire, il rapporta ces descriptions de voyage en 
Castille. » Mais, dit M. Grimbnt, Ronjamin était de Tudèle, et Tudèle était 
en Navarre. S'il a été en Castille, c'est qu'il avait été chargé dune mission 

1. L. Giùnhiit Pl M. N. Adler, Die Reiaebexchreibuuqen dex U Benjamin von 
Tudela, 1" vol. (texte hibrou), Fraiirrurt. l'J04, 1(14 p. ; 2* vol. (inlroiiurtion, traductiou 
pt index), Jérusalem. 1^03. 27 + 99 p. 



156 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

par les Juifs castillans, et il venait leur en rendre compte. Il n'y a pas 
un mot dans tout le texte qui autorise une pareille conjecture. Le second 
argument ne vaut pas mieux. Il est dit à la fin : c. Si nous ne devions pas 
craindre que la lin ne soit pas encore arrivée, nous nous réunirions. » 
C'est la preuve que les Juifs songeaient à émigrer ! A noter que cette 
phrase fait partie des paroles adressées par les hospitalières communautés 
d'Allemagne aux Juifs de passage. Ce qui est dit là et ce qui précède ex- 
prime l'espoir de la réunion éventuelle des Juifs dispersés, rien de plus. 

Dans sa traduction, M. Griinhut a adopté pour principe de considérer 
les chiflres de population juive <"omme se rapportant non à des individus, 
mais à des familles : quand l'auteur dit avoir rencontré quarante Juifs, 
par exemple, en tel endroit, c'est quarante familles qu'il faut lire. Cette 
interprétation paraît souvent légitime. On a l'impression plus d'une fois 
que Benjamin compte les chefs de famille. Il n'est pas certain toutefois 
qu'on doive étendre cette observation à toutes les statistiques du voyageur, 
les chiffres de 50.000, de 100.000, 300.000 même, qui se rencontrent 
parfois pour certaines communautés de Perse ou d'Arabie et qui ne 
semblent pas avoir été visitées réellement par Benjamin, sont déjà fan- 
tastiques. Faudra-t-il les quadrupler ou les quintupler ? Il est donc plus 
sage de ne pas déroger à l'habitude de tous les traducteurs et de ne pas 
parler de familles. 

M. Adler publie, à son tour, dans hiJeivish Quarteriy iîemeM.' depuis le 
n» d'avril 1904, une collation très soignée des Massaôt accompagnée d'une 
traduction anglaise, de notes substantielles et de quelques fac-simUrs des 
mss. utilisés. M. Adler prend, avec juste raison, comme base de son 
édition le codex BM, bien supérieur aux autres. Toutes les variantes 
étant soigneusement données en note, le lecteur peut choisir en connais- 
sance de cause. 11. est rare que la leçon du texte ne soit pas la meilleure. 
On trouvera ici une série d'exemples, recueillis au courant de la lecture 
des deux éditions nouvelles, qui montreront ce que le texte de l'Itinéraire 
a gagné grâce à ces travaux récents. Nous suivrons la pagination d'Asher 
que M. Adler a eu l'heureuse idée de reproduire en manchette dans le 
texte et la traduction. (Il est regrettable que M. Griinhut n'ait pas fait de 
même.j 

P. 1. Parmi les notabilités juives de Barcelone, lire R. Salomon et R. 
Abraham, au lieu de : fils de R. Abraham. 

P. 4. Parmi les savants de Lunel, la nouvelle édition nomme un person- 
nage jusqu'ici inconnu : R. Oulsarnou ; le ms. R. a '^5T'C?n '")• 
Mais ce nom nous parait corrompu. Il n'est mentionné dans au- 
cune autre source. 

P. 5. Juif de Posquicres : lire R. Isaac, (ils de R. Mrïr, non Moïse — A 
Bourg-de-Saint-Cilles, le nom du comte est maintenant écrit cor- 
rectement nn73"'-i ou ■^nm:"!-). 

P. 10. A propos des tombeaux des dix martyrs à Rome, M. Adler indique 
avec raison (ju'il s'agit de dix rabbins do Rome énumérés notam- 
ment dans la préface du Makemuni publié par Geiger dans le 



BIBLIOGRAPHIE 137 

D'^son Nb», et non des dix Tannaïtes martyrs du 11= siècle. On de- 
vait d'autant moins s'y tromper que Benjamin assigne à Akiba, 
l'un de ces dix martyrs, une sépulture à Kefar Alkeram. Baratier 
et d'autres, s'étant mépris, en étaient quittes pour charger le 
voyageur d'nne contradiction ou bévue de plus. 

P. H. Pouzzoles : on lit maintenant correctement : nnn p t^j: nsaïî, 
« que fonda Cir, fils d'Hadarézer ». Asher n'a pas cherché à cor- 
riger la leçon fautive i::3i:. La correction t'j: avait cependant 
déjà été suggérée par Baratier. 

P. 14. Restitution du nom de Colo de Bari, ville détruite en 1156 par 
Guillaume de Sicile. M. Adler observe que, cette ville ayant été 
rebâtie en 1169, Benjamin a dû y passer avant cette date. 
— Tarante possède iO Juifs et non 500. 

P. 19. Les Juifs de Salonique s'adonnent au commerce de la soie (indica- 
tion inédite). — Lire Christopoli, non Canistoli. 

P. 20. Parmi les pays envoyant des niarchands à Constantinople, on lit 
maintenant la Cliazarie, et non la Burie ou Budie, qu'on cherchait 
en vain à identifier. 

P. 23. Le sultan Masoud n'était pas nommé dans les éd. — Parmi les rab- 
bins de Constantinople : H. Aaron Bckhor Schoro, non Khouspo. 

P. 24 (fin). Coiifumation de la conjecture d'Asher : bnJTû, faute pour bina. 

P. 28. Le gouverneur de (iebal est Guillaume Embriacus (Julianus dans 
les éd ). 

P, 30. Benjamin va en une demi-journée de Sidon à Sarepla et de Sarepta 
à Tyr la Nouvelle (dans les éd. l'étape de Sarepta manquait). — 
Tyr a 300 Juifs, non 400. 

P. 32. Césarée compte 200 Juifs et non 10 île i a dû être pris pour 1). — 
Naplouse compte environ 1,000 Samaritains, non 100. 

P. 34. A une parasange d'Ayalon se trouve Mahomerie-le-g rand (mrsTab 
i:-l5b N"'"l''j) On lisait jadis le mont Moria Gran-David (nnb 
nii "iiNib rî"»"!"!?:";, ce (jui attribuait à Benjamin cette absurdité de 
mettre le mont Moria à trois parasanges de Jérusalem. Asher, ne 
pouvant admettre pareille bévue, déplaçait les mots nmwn nnb 
pour les mettre au paragraphe suivant devant abianT'b. Ce seul 
exemple suffirait k prouver l'excelleiice du ms. adopté comme 
base de son édition par M. .\dler. 

P. 35. Le ms. BM donne seul iOO Juifs a Jéitisalem. Tous les autres 
meltenl 4 Juifs, cliifiVc confirmé dailleurs par Pelahiii, et qui pa- 
rait devoir être maintenu 

P. 37 (fin). « Ces sépulcres vont jusqu'à Celçab dans le territoire de Ben- 
jamin. » Cette phrase manquait dans les éditions antérieures. 

P. 42 De là (Sciiilo) il y a trois |iaiMsangos à Maliomcrie-le-petlt. Comme 
plus haut pour .Malioinerie-le-graiul. on axait dans les éd. anté- 
rieures le mont .Moriuh. (k Nouvel égarement de iienjamin, disait 
Baratier. ») M. Adler, qui édite le ms. BM, écrit n->n»Ti73 ; "lais 
la leçon la plus exacte est ici celle du ms. il : n£<"'-i?ar!»- (Maho- 



i%S REVUE DES ETUDES JUIVES 

merie-le-grand et Mahomerie-le-petif sont des églises du temps 
des croisades.) 

P. 43. A Rams (sans doute Ranilé) demeurent SOO Juifs, non 3. 

P. 45. Là (au cimetière de Tibériade; se trouvent les tombes de Yolianan 
ben Zakkaï et de Juda Halévi. Ceci est une des plus intéressantes 
révélations de l'édition nouvelle. Dans les antérieures on lisait 
Jonathan Halévi, personnage inconnu par ailleurs. Il est très vrai- 
semblable qu'il s'agit de l'illustre poète, mort environ vingt ans 
avant la visite de Benjamin. Nuus sommes donc renseignés à pré- 
sent sur le lieu de sa mort. 

P. 45-46. Là (à Aima) se trouvent les tombeaux d'Eléazar ben Arakh, 
d'Eléazar ben Azaria, etc. De là il y a une demi-journée jusqu'à 
Kadès, qui est Kades Nephtali sur les bords du Jourdain, où se 
trouve la tombe de Barac, fils d'Abinoam. 

Les mots soulignés se trouvaient antérieurement placés mal à 
propos avant la phrase précédente. 

P. 47 (fin). Le roi Anak, dont le nom était Abramz 't73"i3n) : les éd. ont 
TW^nx ou T373DN- M. Adler rapproche de ce passage un texte du 
Midrasch Rabba (lire Bereschit Rabba), ch. xiv : DINn "ib '") nKN 

P. 48. Il y a là (à Damas) une centaine de Caraïtes, non 200. 

P. 49 (fin). De là (Kerithin) il y a une journée jusqu'à Hemesan, ville des 
Cemariles, où se trouvent environ 20 Juifs ; ce passage n'existe 
pas dans les éditions antérieures. M. Adler suppose qu'il s'agit 
d'Emesa (l'actuelle Homs^, dans le voisinage de laquelle se trouve 
le cours intermittent du Fouwar ed-Der, l'ancien Sabbation. — 
Le tremblement de terre qui eut lieu à Hamath a fait périr 
25,000 personnes, dont environ 200 Juifs (anc. éd. ; 15,000 morts, 
70 survivants'!. 

P. 50. A Alep, 0,000 Juifs, au lieu de 1,500. 

P. 51 (fin). De là (Harran) deux jours à Ras el-Aïn ; ce nom ne figure pas 
dans les éd. 

P. 52 (fin). 40 parasanges de Ninive à Erbil, et non une. 

P. 53. 3,000 Juifs àNehardea, non 2,000. 

P. 55. Les Musulmans ne peuvent le voir (le Khalife de Bagdad) qu'une 
fois l'an, et non, comme dans les éd., ae peuvent le voir (du tout). 

P. 59 II y a à Bagdad environ 40,000 Juifs et non 1,000. 

P. 02. L'exilarque rond visite au Khalife tous les cinq jours, non tous les 
jours. 

Thi<l., Voici un curieux passage de la description de la visite de l'exi- 
larque ku Khalife qui avait disparu des éditions, du fait de la 
censure, comme le suggère M. Adler : « Sur son turban est une 
étoft'e blanche garnie d'une chaîne portant le sceau de Mahomet. 
11 vient devant le Khalife, lui baise la main et le Khalife se lève 
devant lui et Tinstalle sur le trône quv Mahomet a prescrit de 
lui préparer, et tous les princes musulmans qui viennent visiter 
le roi se tiennent debout devant lui. L'exilarque s'asseoit sur 



BIBLIOGRAPHIE 15Ô 

son trône vis-à-vis du Khalife, car ainsi en a ordonni"^ Mahomet 
pour accomplir le verset 'idt rmr;'^73 uaa mO"' Nb. — Son au- 
torité s'étend jusqu'à Samarcande [éd. : provinces). » 
P. 64. La ville de Bagdad a vingt milles de circonférence, et non trois, 
leçon des éditions (Buralicr, ne s'oxpliquant pas cette leçon ab- 
surde, voulait qu'il s'agît d'une autre ville et proposait de lire : 

P. fis. A la distance d'un mille de Babylone demeurent 3,000 Israélites, 
non 20,000. 

P. 70. Le Yénien où demeurent les Juifs appelés n^-^s, gens de Teima ; 
les édit. lisent ici : les Juifs appelés as-^n -«ra (les Hêchabites). 
M. Adler suppose que aDin est l'altération de "la^D qui est la vraie 
leçon. Ainsi tomberait la légende qui fait descendre ces Juifs 
de la tribu des Réchabites mentionnée dans l'Écriture. Kheibar 
se retrouve plus loin (p. 72) comme nom de ville possédant 
50,000 Juifs. 

P. 71. Teima et Tilmas : là se trouve Salomon ha-Nassi, frère de Hanan 
ha-Nassi. Le pays apparlient aux deux. .. Us envoient de nom- 
breuses questions à l'exiiarque, leur parent à Baydad annnp 
nxislb et non n"«na3 ''y^-\■p des éd.). 

P. 81. Environ 50,000 Juifs à Hamadan (non 50,000). 

P. 82. De Chiraz en sept jours à Ghazna, grande ville sur le fleuve Gozan 
où sont environ 80,000 Israélites. 

Asher lisait, avec les éditions, Ghiva, et 8,000 au lieu de 80,000. 
Il supposait que Ghiva était Khiva et substituait l'Oxus au Gozan. 
M. Adler démontre qu'il ne peut s'agir que de (ihaznah, qui était, 
il y a huit siècles, la capitale de l'Afglianistan (t. XVIII, p. 93, note). 

P. 88 (fin). Au lieu de u;'ipnp3. on lit correctement ïj-ïp «ipan, ce qui 
confirme la correction d'Asher. 

P. 90(comm.). Ajouter : Elle (la pêche des perles à Katifa) est surveillée 
par un préposé juif. 

P. 97. A Kouç (Egypte), 300 Juifs, non 3,000. 

P. 103, Bolbis (Bilbeïs) au lieu de BolsirSalbis (nom de l'ancien Goschen), 
ce qui confirme la conjecture d'Asher. 
500 Juifs dans cette ville, non 3,000. 

— Après Alboubizig (non Al-Boubaïg), il faut ajouter : De là il y a 
un demi-journée jusqu'à Banaa, où se trouvent 60 Juifs. 

— A Miniet Zefita se trouvent 500 Juifs. De là il y a une demi- 
journée à lamati, où il y a 200 Juifs (ces ÎOO Juifs dans les édi- 
tions sont rapportés à Manziphta). 

— A Alexandrie se trouvent 200 écoles, d'après BM. 

P. 104. Le miroir de verre d'Alexandrie se voyait en mer à une distance 

de viiHif jours, non de ciiKiuante. 
P. lOG. Liste des endroits d'où on venait à Alexandrie faire le négoce : 

lire rfcsa (Venise) et non «■'^rbiT (Valence ou Bolognese). 

Après Sicile, ajouter : Calabre, Romania, Chazarie, Bicinin (?) 

Hongrie et Bulgarie. 



180 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

— Après Espagne, ajouter d'après R : Galicie et ïitar (?), d'après 
BM : Espladoura. 

— Au lieu de Soiisana, lire Sisonia (Suède ?), Saxonie d'après 
Griinhut. Au lieu de Galatz, lire Galicie on Galice. 

— Après Hollande, ajouter Trana (Trani?), Frise, non Paris (.Griin- 
hut), Ecosse, Angleterre, Galles (d'après BM.). 

— Au lieu de Larmandia on lit maintenant correctement Nor- 
mandie. 

— Après Bourgogne, le mot rjîN'^nTa me paraît désigner la Mayenne 
et non la Mauritanie (Grunhut). 

P. 108. ...Messine, sise sur le bras de mer appelé Lou far (Faro di Mes- 
sina', et non Louniz ou Lounid. (Dans sa traduction, M. Griinhut 
met a Lunir », je ne sais pour quelle raison.) 

P. 109. De Trapani on peut aller à Rome en dix jours, non trois. 

— Depuis Cologne jusqu'à Rensbourg (Ratisbonne) et non Kas- 
senbourg. 

P. 110. Voici les villes d'Allemagne : ïjD-i'T'n oa sur la Moselle, etc. Ces 
mots qu'offre seul le BM désigneraient, d'après M. Griinhut, les 
villes de Metz et Thionville. Mais il est bien difficile, quelque cor- 
ruption qu'on admette, de voir Thionville dans le deuxième mot. 
Je proposerais de lire Maestrich et de lire Meuse au lieu de 
Moselle. — Bonna et Cologne, au lieu de Kaub et Cartania (Creuz- 
nach). — los"^» (Munster) est ajouté entre Bing et Worms des éd. 

P. 111. Après Çor (njii), le ms. R. ajoute p-n2U5T'3''m p'^naT^-nDi. M. Griin- 
hut suppose que -i^t et -njT (commencement du mot suivant) 
font double emploi et qu'il s'agit soit de Sarrebriick, soit de 
Nuremberg. Quant au mot pTi3^T';"'Ti, qui n'est pas dans le ms. 
BM., il est probable que c'est une transcription fautive de Regens- 
bourg. 

— A Prague se trouvent 106 Juifs, indication due au seul ms. R. 
P. 112. ...Le royaume de France va de la ville de mobî< jusqu'à Paris. 

Cet énigmatique Alsod (E. : Alsodo), où Constantin l'Empereur 
voyait l'Alsace, ne serait autre qu'Issoudun, d'après M. Glermont- 
Ganneau (Compte-rendu de l'Académie des Inscriptions, 1905). 
Ces indications ne sont nullement complètes, mais prouvent assez la va- 
leur des nouveaux travaux faits sur le texte des Massaôt et le vif intérêt 
que présente cette véritable rcconstitiifion d'un texte qu'on ne possédait 
jusqu'ici que sous une forme fâcheusement corrompue I-'itinéraire de 
Benjamin de Tudèle, déjà considéré antérieurement connue une source 
importante de l'histoire juive et de riiisluirc générale au xii" siècle, 
jouira désormais, surtout grâce à la belle édiliuii, bientôt achevée, de 
M. Adler, d'une autorité sensiblement acrue. Jllien Wkill. 



IsiiAi'L Lkvi. 



VERSAILLES, IMPRIMERIES CERK, 59, RUE DUPLKSSIS. 



LES JUIFS UE FRANCE 

DL MILIKL' DU IX-^ SIÈCLE AUX CROISADES' 



Après Agobard et Aniolou, et jusqu'à la fin du î« siècle, les ren- 
seignements sur les Juifs de France tarissent presque entièrement, 
et de ceux qui ont subsisté il serait imprudent de tirer des conclu- 
sions générales. 

En 848, Bordeaux est pris par les Danois : un évèque, qui 
n'est pas de la région, prétend que ce sont les Juifs - qui leur ont 
livré la ville ^. — Vers 876, Anségise, archevêque de Sens et prélat 
des Gaules, expulse de la cité les Juifs et les nonnes « pour une 
certaine cause '* ». D'après M. Gross, ce prélat aurait usé en 

1. Ce cliapitre fait suite à VUisloire des Israélites de France, Paris, Diulacli'T, 
1901. 

2. Les Juifs s'étaient-ils déjà avancés jusque-là ? Nous l'ignorons. On ne saurait rien 
déduire d'une légende juive qui les fait arriver dans cette ville dès le temps de 
Vespasien. Cet empereur avait emliarqué des convois de ces malheureux sur trois 
navires, qui furent abandonnés en pleine mer. L'un des vaisseaux aborda à Lyon, 
un autre à Arles et le troisième à Bordeaux. Dans ceUe cité les Juifs furent accueillis 
avec bienveillance et reçurent des champs et des vignobles. Mais, après la mort du 
prince qui leur avait ott'ert asile, ils furent victimes dune persécution. Pour la faire 
cesser, ils instituèrent des jours de jeûne et composèrent la prière Dim N'iTiT 
(Voir Gross, Gallia judaica, p. 74-73). Inutile de montrer la fantaisie de cette lictiou 
qui se joue de la géographie ; elle est de la famille, comme l'a bien vu M. Gross, de 
celle qui fait venir en Gaule, à Marseille et à Aix, les deux premiers évèiiues de ces 
cités, dans des circonstances analogues, après avoir été chassés de Jérusalem par les 
persécuUons et abandonnés à un navire sans capitaine ni pilote. Que si la légende 
juive trahit au moins l'estime dans laquelle était tenue la communauté de Bordeaux, 
rien n'indique que c.-tte fable se soit formée au ix" siècle : au contraire, tout fait 
croire qu'elle est très postérieure, car la prière (lu'ellecomnniite n'apparaît dans aucun 
Rituel avant le xiu" siècle. 

3. Annales iierliniani, Pertz. Scriptores, 1, 443 : « Dani Burdi^ralam Aijuitania-, 
Judeis prodentibus, captam dejiopulatamque incendunt. » Cette partie des Annales de 
saint Berlin est l'a-uvre de Prudence, dit Galendo, évèque de Troyes, ([ui est mort en 
861. Le Chronicon de ffestis Sorniatinoru/n in Francia {ib., o2'i) se borne à repro- 
duire textuellement cet auteur. 

4. ...Judeos certa de causa et moniales ab urbe Senonica expulil, et ne nlterius in 
T. LU, N" 101. 11 



162 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ce faisant, de ses droits de vicomte de Sens, et son attitude serait 
le premier symptôme de la révolution qiib fit subir à la condition 
des Juifs le triomphe de la féodalité ' . 

C'est probablement dans cette période de quasi anarchie, où 
l'Eglise se donne les coudées franches, que le clergé, en certaines 
villes du Midi, commence à associer les Juifs à la célébration de 
la fête de Pâques. A Toulouse, un Juif se présentait devant 
la porte de la cathédrale, et l'évêque lui donnait un soufflet. 
C'était, sans le moindre doute, pour venger l'injure faite par ses 
ancêtres à Jésus -. Cet usage fut rattaché par un légendaire^ à une 
prétendue trahison des Juifs, qui autrefois auraient livré la ville aux 
Sarrasins''. Cet écrivain pieux ne s'était même pas avisé de vérifier 
si jamais les Maures s'étaient rendus maîtres de Toulouse. Eiït-il 
pris ce soin qu'il lui aurait fallu trouver une autre explication à 
cette coutume barbare ^ Elle provoqua en 1018 une scène doulou- 
reuse. Un chroniqueur du temps, Adhémar de Chabannes, raconte 
qu' « Aymeri, vicomte de Rochechouart, ayant fait un voyage à 
Toulouse, accompagné de Hugues, son cliapelain, celui-ci fut char- 
gé de la cérémonie de donner un soufllet à un Juif, à la fête de 
Pâques, comme il en avait toujours éii' d'usige. Le coup fut si 
violent qu'il fit tomber par terre la cervelle et les yeux du Juif, qui 
expira sur-le-champ. La synagogue de Toulouse enleva de la 
cathédrale de Saint-Etienne le corps du défunt pour l'inhumer dans 
son cimetière^. »Cet usage inhumain, ajoute Vaissète, fut remplacé 
au commencement du xii« siècle par m\Ieude ou péage que payaient 

ea liabitaculummaiieiidihaberi'iit, sub auatlieinatis ju^o iiitenlixit [Ckronic. Odoranni 
ad aiin. 883, Bouquet, Recueil des Historiens des Gaules, VIII, 237 ; Miirne, Palro- 
loijiu latina, CXLH, 771). Oileranne a vécu de 983 à 1045 : nous ne savons d"après 
quelle source il rapporte cet incident, qui ne li^'ure pas dans les clironiques anté- 
rieures. — On a voulu Gross, Revue des Études juives, VI, 170) mettre cette <'xpul- 
sion en relation avec l'invasion des Normands. .Mais les termes du l'écit, qui impliquent 
les nonnes dans la même affaire, semblent viser tout autre chose. 

1 . Ibid. — Mais on a déjà vu que les évoques n'avaient pas attendu le régime nouveau 
pour procéder à ces coups de force. 

2. Matthieu, xxvi, 67 ; Jean, xviii, 22 : cf. .Marc, xiv. lio. 

3. L'auteur auonynu> di' S. Tlieodardi Narbonensis archiepiscopi vila, qui a vécu 
à la lin du xi« siècle. « Cette vie, dit Dom Vaissète, est remplie de fables et d'anachro- 
nismes » illl, ]). 252). Telle était déjà l'opinion de C-atel, Mémoires de l'his/oire du 
Laitfjuedoc, p. 522. D'après cette vie de S. Théodard, la cérémonie avait lieu trois 
lois par an. 

'». Bouquet, IX, p. 115. 

5. C'est ce que font rcmaniuer Catel, puis Vaissète. qui traitent cette histoire de 
fable, 
tj. .\dhémar de Chabannes, dans Duuquet. X. p. loi. 



LES JUIFS DE FRANCE DU 1X« SIÈCLE AUX CROISADES 163 

les Juifs aux chanoines de Saint-Saturnin depuis la Toussaint jus- 
qu'à la fin de novembre et une redevance de 44 livres à la cathé- 
drale de Saint- Etienne, somme qui était employée pour le cierge 
pascal ^ 

Du même ordre était la coutume suivie à Béziers. Là, « le jour des 
Rameaux, Févêque montait en chaire et faisait un discours au peu- 
ple pour l'exhorter à tirer vengeance des Juifs, qui avaient crucifié 
Jésus-Christ. Il donnait ensuite la bénédiction à ses auditeurs avec 
la permission d'attaquer ces peuples et d'abattre leurs maisons à 
coups de pierre, ce que les habitants, animés par le discours du 
prélat, exécutaient toujours avec tant danimosité et de fureur qu'il 
ne manquait jamais d'y avoir du sang répandu. L'attaque, dans 
laquelle il n'était permis d'employer que des pierres, commençait à 
la dernière heure du samedi avant les Rameaux et continuait jus- 
ques à la dernière heure du samedi d'après Pâques"- ». L'usage ne 
fut aboli qu'en 1161. Guillaume, évêque de Béziers, « honteux sans 
doute de ce que ses prédécesseurs avaient autorisé une coutume 
qui, pour être ancienne, n'en était pas moins blâmable, remit un 
acte authentique entre les mains du vicomte Raymond Trencavel, 
avec menace d'excommunier tous les clercs qui inquiéteraient doré- 
navant les Juifs et promesse de ne plus soutenir les laïques. Il re- 
çut pour cela la somme de :200 sols melgoriens des Juifs de Béziers, 
qui s'engagèrent, de plus, à payer tous les ans, le jour des Rameaux, 
4 livres de monnaie de Melgueil, pour être employés aux ornements 
de la cathédrale ^ ». 

Comme la colaphisation à Toulouse, ce rite était une sorte de 
mijstère religieux (pii comniiMilail l'Evangile^ et se jouait pour 
l'édification dos fidèles''; il était, d'ailleurs, très j'épandu, aussi bien 
dans l'Eglise latine que chez les Grecs ''. 

\. Vaissi-te, ni, ji. -l-yl. 

2. Ih., p. 813, d'après la Chroiiiiiiic <li' GeutlVoi. prieur du Viwuis (dans Labbe 
II. p. 306 et suiv.). Quoiiiuc GeoflVoi suit un (■Iinjiii(iueur sur, il est difficile de le 
prendre à la lettre, car. si chaque année les Juifs avaient dû iHre assiégés ainsi pendant 
deux semaines et cundainnés à voir détruire leurs maisons, ils n'auraient pas manqué 
de quitter une cité aussi inhospitalière. 

3. Vaissète, i6., ji. 813. 

l. L'ancien ordinaire de Saint-Vincent de Clialens, pour le dimanche des Hameaux 
le dit explicitement : » Judai lapidantur a clero et populo eo quo<i lapidaveruiit Jesum », 
voir Simmouet, Les Juifs de Bourgogne, dans Méinoires de l'Académie de Dijon, 
1865, p. 164. 

5. Voir, entre autres, la note précédente et la bulle du pape Nicolas III, qui invoque 
celle de ses prédécesseurs, Revue des Eludes juives, I, p. 115. 

6. .\insi à Corfou, encore en 1381, un rèirlement édicté que les Juifs ne itourront 



164 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

L'Eglise se lai l plus pratique, elle use de son influence sur les 
rois et seigneurs pour se faire allouer des biens appartenant aux 
Juifs. Comme Arnuste, archevêque de Narbonne, se plaint de la 
pauvreté de son église, Charles le Simple, en 899, lui accorde les 
terres, maisons et vignes que les Juifs possédaient dans le Comté et 
qui étaient assujetties auparavant à des dîmes ecclésiastiques ^ La 
confiscation se masquait de zèle pour le droit : les Juifs avaient eu 
tort d'acquérir ces sortes de biens. Ce même roi, connu pour sa 
faiblesse, accorda encore vers l'an 91(3 à l'évèque Erifon, son vassal, 
habitant de jN'arbonne, et à quelques ecclésiastiques qui desser- 
vaient avec lui l'église de Saint-Quentin de cette ville, une terre et 
des moulins qui semblaient appartenir aux Juifs'-. A Arles, lévèque 
Rostagne se fait donner par Boson, roi de Bourgogne, des Juifs, ce 
qui doit signilier un cens des Juifs. Cette concession fut ratifiée à 
son successeur par le roi Louis lAveugle en 920^. 

L'avènement d'une nouvelle dynastie, celle des Capétiens, ne 
devait pas avoir de répercussion sur la condition des Juifs ; comme 
la monarchie n'avait pas de politique traditionnelle, surtout en ce 
qui concernait cette minorité confessionnelle, leur état varia avec 
les dispositions personnelles et momentanées des rois. 

Hugues Capet paraît avoir eu à son service des médecins juifs. 
Comme il mourut, semble-t-il, de la variole '', en 996, ceux-ci, cou- 
pables de ne l'avoir pas sauvé, furent accusés par l'opinion de 
l'avoir mis à mort ■'. 

Robert le Pieux n'était pas homme à commettre une pareille im- 
prudence. Divers récils, fabuleux ou historiques, placent sous son 

plus être lapidés que motléi'ément et par ceux qui eu ont l'iiahitudc depuis longtemps 
et seulement aux heures où les litanies passent par la juiveric, suivant l'usage et la 
foi des Grecs, Revue des Éludes juives, XXVI, p. 207. 

1. Bouquet, IX, 480 : « Terras quoque omnes et domos ac vineas quas Judei in 
Coniitatu Narboneiisi possidere videntur, unde décime in Erclesiis Dei exire consueverant, 
quocumiiue niudo ipsas adijuisierint possessiones, pro clemusina uostra ciilem conce- 
dimus Ecclesie. » On ne sait pas de quel droit Cliarles disposait ainsi de ces biens, la 
province étant indépendante de son royaume. M. Eckcl. Annales de l'hisloire de 
France, Charles le Simple, p. -42, qui pose la question, y répond par cette considé- 
ration que K Charles le Simple eut toujours de nombreux paitisans dans la Se[)tiinanie ». 
Mais le problème reste entier, et cette difliculté jette (pielque doute sur iautlienticité 
de cette charte et de la suivante. 

2. Vaissète, III, p. 84, et t. V, Preuves, w> XLI. 

3. Bouijuet, IX, p. 086, ex tabulario Capituli .\relat. in iii>;truni. ad t. I. Galli;i' 
Christ, nov. éd., p. 94. 

4. C'est l'opinion du D' Cabanes, Les morts nnjslérieuses de l'hisloire, Paris, 1901, 
p. 19 etsuiv., fondée sur ces mots de Richer : Hugo rexp«/}K//s totocorpore confectus... 

IL Richer, 1. IV, édit. Waitz, p. 180. 



LES JUIFS DE FRANCE DU IX' SIÈCLE AUX CROISADES J65 

règne des persécutions générales dont auraient souffert pour la 
première fois les Juifs. A en croire une relation hébraïque \ le roi, 
de concert avec ses vassaux et les seigneurs voisins, résolut de 
mettre à mort tous les Juifs qui ne consentiraient pas à embrasser 
le christianisme; beaucoup furent tués ou se suicidèrent. Parmi les 
martyrs se trouvait le très savant rabbin Senior. Alors un homme 
riche et considéré de Rouen, Jacob, fils de Yekoutiel, intervint en 
faveur de ses frères malheureux, et il faillit lui en coûter cher, car 
il n'échappa que par miracle à la mort, que Richard, duc de Nor- 
mandie, voulait lui faire subir. Laissant là son fils comme otage, il 
partit pour Rome, afin d'implorer la protection du pape. Sa démar- 
che futcouronnée de succès, et le Souverain Pontife envoya un haut 
dignitaire en France pour '"aire cesser la persécution ^ . 

Des sources chrétiennes, dont on ne saurait trop se méfier, 
prêtent à « Alduin, évèque de Limoges », la même conduite que le 
récit juif à Robert le Pieux. En 1010, après un mois de controverses 
entre théologiens chrétiens et juifs, qui n'eurent d'autre succès que 
la conversion de trois ou quatre enfants dlsraëMévèque laissa aux 
autres le choix entre le baptême et l'exil ^ La plupart optèrent pour 
ce parti et quelques-uns se tuèrent'". En la même année 1010, le 
^3 octobre % les Juifs d'Occident, à en croire AdhémardeChabannes, 
commirent un forfait inexpiable : ils écrivirent à leurs frères 
d'Orient pour les prévenir d'un mouvement de troupes clinHiennes 
contre les Sarrasins. Aussitôt le « Mabuchodonosor de Rabylone », 
qu'on appelle admirât l'émir^ fit subir aux chrétiens une violente 
persécution, leur donnant le choix entre l'abjuration, la confis- 
cation ou la mort. Des églises furent renversées et la basilique du 

\. Manuscrit liébreu de Panne n» 563 du cataloguo. <le Rossi). iiuMic dans 
Mar/azin. HI, partie hébraïque, p. 4ti-48. 

■2. On ni' dit pas la date de cet événement. Ce qui plaidi- en faveur de riiistoricité 
de la relaiicin, c'est la mention dans le récit du duc Richard. (|ui fut elIVctivement 
contemporain de Robert le Piyu\. Mais ce n'est pas un an:ument décisif pour faire 
contre-poids à labsence. dans la littératviie chrétienne, de foute allusion à cet édit durci 
Robert. 

3. Adhémar de Chabannes, éd. Jules Chavauon. Paris, 1897, p. 169; Bouquet. X, 
p. 152; Perlz, IV, 137; Wilh. Oodelle. ih., p. '262. D'après ce dernier, la date serait 
1007 ou 1008. Aronius nie probablement Ihistoricité de ce récit, puisqu'il n'en fait pas 
mention. Breslau, au contraire, ne la met pas en doute, car. dit-il. comme on le voit 
par le paragraphe précédent, A<lhémar se trouvait justi'ment à celte époque à Limoses 
[Hebr. liihltorjraphie, 1905, p. 1211. 

4. Ces derniers mots d'après une interpolation (tu nis. C. d'Adhémar. a.'uvn- d'un 
moine de Limoges du xn" siècle. 

5. Rreslau a le tort de rapporter à cette date l'expulsion décnt.e parl'évèque .Mduin. 



d66 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Saint-Sépulcre détruite de fond en comble '. Mais Adhémar s'en 
était laissé imposer. L'émir en question, Hakim Biamrillah, plus 
éclectique que ne le croyait le moine français, persécuta tout aussi 
bien les Juifs que les chrétiens et fit démolir les synagogues au 
même titre que les églises 2. Cette explication naïve d'un fait d'ordre 
général fut apportée sans doute par quelque pèlerin à Adhémar^. 
Vingt ans après l'accusation, d'abord très vague, a pris corps et 
un autre chroniqueur, Raoul Glaber, en sait bien davantage, a On 
connaît aujourd'hui, dit-il, les causes de ce triste événement fia 
démolition de l'église de Jérusalem). Comme un concours prodi- 
gieux de fidèles venaient de toutes les parties de l'univers à Jéru- 
salem pour y voir le monument sacré que le Seigneur avait laissé 
sur la terre, le diable en conçut de l'envie et résolut d'employer 
encore les Juifs, sanation favorite '•, à souffler le poison de sa mé- 
chanceté sur les serviteurs de la vraie religion. 11 y avait à Orléans 
un nombre considérable de Juifs, plus envieux, plus superbes, plus 
audacieux encore que tout le reste de leur nation. Ils gagnèrent à 
prix d'argent un vagabond nommé Robert, esclave fugitif du cou- 
vent de Sainte-Marie, à Moutiers, et ils l'envoyèrent en secret por- 
ter au prince de Babylone ^ des lettres écrites en caractères 
hébra'iques, qu'ils avaient insérées dans un bâton. On y prévenait 
le prince que, s'il ne se hâtait pas de renverser le temple auguste 
des chrétiens, ceux-ci ne tarderaient pas à s'emparer eux-mêmes 
de son royaume et à le dépouiller de tous ses honneurs ^. A cette 
lecture, le prince entra en fureur et envoya à Jérusalem des soldats 
pour détruire l'église de fond (mi comble. Peu de temps après, on 
sut à n'en pouvoir douter qu'il fallait imputer cette calamité aux 

1. Ailliéinar de Chabannes, ibid. Dans Tarticle France. i\e la Jeirish Encyclope- 
dia, V, 447, j'ai suivi l'erreur commune en pailant de la leUie adressée par le pape 
Serge IV (d'après Monum. Germnn., Scriptores, IV, VM ), pour dénoncer ce sacrilège. 
Cette pièce est un fau\ . 

2. Voir Dozy, Essai su?' l'histoire de l'Islamisme, p. '284. 

3. D'aprèB D. J. Hartung, Zur Vorgeschichle des I. Krenzzuge (1811. p. 390 , ce 
serait Siméon l'Hermite qui aurait fait ce conte à Adhémar de Chahaiines à la conr de 
Guillaume de Poitiers, où il se rencontra avec lui en levenaut d'Orient. 

4. L'expression est iieut-ètrc, snus la plume de Raoul Glaber, une ligure de rhéto- 
rique, mais la métaphore allait devenir une sorte de dogme pour le moyen Age; vcilà 
pourquoi Juif allait devenir synonyme de sorcier. 

5. Cette donnée, conforme aux termes trAdhémar, trahit son origine cléricale et 
littéraire, car l'émir avait son siège en Egypte. 

C. S'il y a un lien entre ces deux propositions, les Juifs auraient «ionc cru que 
l'existence de l'église du Saint-Sépulcre était le palladium des chrétiens, idée qui, cela 
va sans dire, a pu germer seulement dans resjirit il'un chrétien. 



LES JUIFS DE FRANCE DU 1X« SIÈCLE AUX CROISADES 167 

Juifs, et, quandleur secret fat divulgué dans l'univers, tous les 
chrétiens décidèrent dun commun accord qu'ils expulseraient de 
leur territoire et de leurs villes tous les Juifs jusqu'au dernier. Ils 
devinrent donc l'objet de l'exécration universelle. Les uns furent 
chassés des villes, d'autres massacrés, noyés ou livrés à des sup- 
plices, d'autres enfin sedonnèrentvolontairement lamort, do sorte 
qu'après la juste vengeance exercée contre eux, on en comptait à 
peine quelques-uns dans le monde romain. Un décret des évéques 
interdit alors aux chrétiens tout commerce avec eux : excepté ceux 
qui abjureraient. Un grand nombre acceptèrent cette condition, 
mais retournèrent bientôt à leurs premières erreurs. Robert, de 
retour à Orléans, n'y trouva plus qu'un petit nombre de ses com- 
plices et renoua avec eux des relations. Mais un étranger qui avait 
fait la traversée aveclui et connaissait parfaitement le but de son 
voyage, étant venu par hasard à Orléans et ayant été témoin des 
rapports qu'il entretenait avec les Juifs, le dénonça. Après avoir été 
battu de verges, Robert fit l'aveu de son crime et là-dessus fut 
livré aux flammes '. » 

Aucun historien sérieux n'ajoute plus le moindre crédit à cette 
invention, qui, suivant les termes du comte Riant, est contredite 
par les témoignages byzantins et orientaux et n'est qu'une de ces 
légendes populaires dont fourmillent les chroniques de celte épo- 
que-. C'est gratuitement que notre moine impute aux chrétiens ces 
massacres et ces expulsions des Juifs, actes qu'ignore encore Adhé- 
marde Chabannes, et dont la littérature hébraïque na pas gardé le 
souvenir. Rien loin d'avoir diminué, en raison de toutes ces tueries 
et de ces bannissements, le nombre des Juifs augmenta sûrement 
à cette époque, comme en témoigne la floraison littéraire qui mar- 
qua justement l'aube du xi^ siècle. Mais ces récits à eux seuls, 
même s'ils sont de simples inventions, trahissent une évolution des 

1. Bouquet, X, p. 34. 

2. Archives de l'Orient latin, I. p. 39. Ces iniagiiialions ont dû pnut-itio leur 
/ naissance au souvenir de faits, dune autiienticité douteuse, <iui remontaient au siècle 

précédent. D'après un manuscrit des Oesta Berengarii. 157, ijui date du x' siècle, le 
doge et l'évèque de Venise écrivirent à l'empereur Henri I" et à l'archevêque de 
Mayence. Hildebert, (|u"un Juif de .Jérusalem était arrivé en Allemagne et avait raconté la 
destruction du Saint-Sépulcre « pour exalter la Synagogue ». D'autre part, un colloque 
théologique avait eu lieu à Jérusalem entre chrétiens et Juifs devant l'S Sarrasins 
achetés par ces derniers, mais un miracle avait décidé les Israélites à se baptiser. 
Qu'on fasse donc connaître ce miracle aux Juifs occidentaux et que ceux ipii refuseraient 
d'embrasser la religion chrétietme soient chassés du pays. Une lettre qui serait 
arrivée au synode d'Erfurt, en 932, racontant le même miracle, aurait conclu de la 
même façon. Voir Aronius, p. 53. 



168 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

idées ; si lEtçlise n'a pas modifié son attitude, ses représentants 
témoignent une hostilité plus accentuée à l'égard de la nation dia- 
bolique capable de tous les crimes. Que le peuple ait fini par faire 
une réalité de ces ficlions, c'était fatal, et sous ce rapport le vi* 
siècle est un tournant dans les destinées des Juifs de France. A 
Lyon, peu avant i049, quelques-uns d'entre eux furent mis à mort, 
on ne sait à quelle occasion, et, ce qui montre bien le caractère du 
mouvement dont ils eurent à souffrir, leurs biens furent donnés à 
un monastère, celui d'Aisnay; mais cette cession provoqua sans 
doute des réclamations, puisque l'archevêque Halinard, dans son 
testament, dut défendre, sous peine d'analhème, d'inquiéter les reli- 
gieux dans la possession de ces dépouilles opimes '. 

Plus graves furent les persécutions que la haine de l'infidèle 
provoqua un peu plus tard dans le midi de la France. En 1063 se 
forma une croisade contre les Maures d'Espagne. Les croisés, 
devançant ceux de 1096, firent mourir sans pitié tous les Juifs 
qu'ils rencontrèrent sur leur route; les survivants ne durent leur 
salut qu'à la protection du vicomte de Narbonne, Déranger. Le 
pape Alexandre II approuva 4067) sa conduite en même temps 
qu'il blâmait celle des Croisés, déclarant qu'il fallait distinguer les 
Juifs, qui vivaient tranquillement dispersés en différents pays, des 
Sarrasins, qui persécutaient les chrétiens. Il écrivit dans le même 
sens à Guifred, archevêque de Narbonne -. 

Israël Lévi. 
[A suivre.) 



1 . Menestrier, Hixtoire civile et consulaire de Li/oii. Lyon, 169G, p. 224, Preuves, 
p. XX. 
2. Vaissèto, 111, p. 33ii. 



UEPÉE GARDIENNE DE CHASTETÉ 

DANS LA LITTÉRATURE JUIVE 



Nous suivons ailleurs', à travers un grand nombre de littératures 
d'Orient et d'Occident, le trait si particulier d'une épée nue ou à 
deux tranchants mise ou plantée entre un homme et une femme 
couchés l'un à côté de l'autre : l'épée doit veiller sur leur chasteté 
ou leur l'aire respecter leurs vœux d'abstinence. 

Nous traiterons ici spécialement des données fournies par la lit- 
térature juive, et dont deux sur cinq sont dues justement à notre 
Revue. 

Une exégèse agadique de R. YoJianan. 

ba n»N nrn'? i:''n a-in yy': n^i^s» n» n-iayn i^i ïn i:2"5D':: '?n"'::'5d 

.r^T D-,n3 -ipT"" rsT -lana poiyn 

Le deuxième mari de Mikhal, fille de Saiil, est nommé Palti, mais aussi 
Paltiel. Rabbi Yohanandit: « Son véritable nom était Palti et, sil reçut celui 
de Paltiel (Dieu m'a sauvé), c'est que Dieu le sauva du péché. Par quel 
moyen ? Il planta une épée entre lui et elle (Mililuil]. disant : >< Que celui 
qui s'occupe de cette chose soit percé de cette épée '. » 

Cette explication ne provient qu'en apparence de la divergence 
desnoms; au fond, elle émane d'un scrupule moral : commentDa- 
vid a-t-il pu reprendre sa femme après qu'elle avait appartenu à 
un autre mari, — contrairement à la défense formelle de la Rible, 
Peut., XXIV, 1-i ? 

Ni M. Gaster', ni M. BachtM- ' ne trouvent de parallèle de cette 

1. Dans un aiticji' acrppti- par M. Paul Mi-ycr jiour la Rotnania. 

2. Sanhédrin, 19 6. 

.•}. Monalsschrlft filr Gesch. u. Wiss. d. Jurl.. XXIX (1880). 127. 

4. La note de Agada der paldstinensischen Amorder (l. 290, n. 3j conrcrnant 
notre sujet na pas l'exactitude, si remarquable d'ordinaire, de M. Barlier. 11 ne renvoie 
fju'à l'épée plarée entre Sieiifried et Briinhildi'. 11 fallait dire: entre Sii.'urd et Bruneliilde, 
puisque e'est la léffende «randinavc. et non le .V/7)p/w«.r/eH//ec/. qui s'en sert. M. Cosquin, 



170 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

épée séparante dans la littérature du Talmud ou des midraschim 
anciens. 

Le détail n'a donc aucune racine dans l'agada. C'est pourquoi il 
soulève une question et renouvelle un problème. 

Nous croyons avoir démontré' que l'usage de la séparation par 
l'épée remonte à l'Inde. C'est l'Inde qui connaissait autrefois et 
connaît aujourd'hui encore « les vœux du tranchant du sabre » ; 
il est rapporté que les Rajputas du sud de Bihâr déclarent une 
femme tabou en se séparant d'elle par un glaive. Or, la question 
se pose de savoir oïiR. Yohanan a pu connaître l'usage indien? Et. 
par suite, le problème suivant se pose à nouveau: l'agada a-t-elle 
fait des emprunts à l'Inde? 

Autrefois les recherches touchant les rapports de l'agada avec 
les autres littératures suivaient la direction indiquée par Théodor 
Benfey. Benfey soutenait la dépendance de l'agada (comme des autres 
contes) des traditions indiennes ^ ; il inclinait même à croire que le 
récit du premier livre des Rois (m, J6 28) sur le jugementdeSalomon 
était emprunté à l'Inde^. Schorr\ Joseph Perles^, Gaster^ n'ont 
pas hésité à approuver la théorie indianiste. Schorr va jusqu'à pré- 
tendre que les livres indiens étaient connus des Juifs à un âge fort 
ancien (d'ordinaii'e on ne pense que vaguement à des traditions). 
Notre R. Yohanan figure aussi dans ses combinaisons. Yohanan de- 
mande : « D'où apprenons-nous qu'il ne faut pas s'écarter de son 
métier et du métier de ses pères ? in:?:"i!!«73 miî nrû"^ xbo ^it^ 
TTnaN mD73ni<73T ' . » C'est l'exemple de Hiram (I Rois, vu, 13, 14) qui 
le prouve. Schorr trouve la question de R. YoJjanan étrange, et 
recourt, pour l'expliquer, au système des castes de l'Inde. 



Contes populaires de Lorraine, I, 79, se trompe quand il suppose ce détail aussi 
dans le Nibelungenlied. La traduetion « mit dit^sem Schwerte werde durclibolirt, wer 
jener sich nâhert » ne satisfait pas non plus, car la menace vise la femme autant que 
l'homme; ce trait revient dans plusieurs parallèles des autres littératures. — Au lieu 
de Sanh., 69 b (n. 4, il faut lire i>anh., 19 b. 
\. El/inographiu, Budapest, 1905, p. 268. 

2. Benfey, Puntsckalantra, Lei|)ziir. lS.-i9. I. 129. 229, 370. 488. 

3. Ib., I, 396, n. 2; II, o44. 

4. yibnrî , viii, 21-23. 

5. Monalssclirtft, WII. (1873) 14 ; Perles estime aussi fort probable a que le Paiilsclia- 
tantra. recueil de contes ipii a trouvé au moyen àu:e un traducteur juif, était déjà 
connu des airadistes de l'Age talmudique o. 

6. /6., XXIX (1880), 35 M. Gaster a tort de reprocher à Bienfey de ne renvoyer 
qu'au seul SiinJial-liannéfesch ; il allèijuc aussi le Midrash Bereschit Rabba [ainsi 
que le Sclwlschélel Uaqqabbala), I, 386; le Talmud, 1, 129; Berachyah b. Natronai, 

, 229, 

7. Arak/tin, \ù b (en bas). 



L'EPÉE GARDIENNE DE CIIASTETÉ 171 

Aujourd'hui le crédit de la théorie indianiste va diminuant, sur- 
tout depuis l'ouvrage de M. J. Bédier sur les Fabliaux. Selon Char- 
les Nodier, cette théorie « n'est qu'un conte savant, moins plaisant 
que les autres >- (Bédier, p. 427). C'est pourquoi il est nécessaire 
d'examiner à nouveau quelles sont les relations de l'agada avec 
l'Inde. Nous ne nous sentons aucunement la compétence requise 
pour trancher cette question. Cependant il nous paraît certain que 
les preuves alléguées jusqu'ici par Benfey, Schorr et Perles ne sont 
nulleinent concluantes. Le trait de l'épée séparante serait peut- 
être encore le meilleur argument à l'appui de ceux qui supposent 
des relations entre l'Inde et la Palestine aux temps talmudiques. 

La Chronique do Mo'isp. 

Un midrasch bien postérieur amène Moïse en Ethiopie, lui fait 
accomplir des exploits qui lui valent en récompense le trône et la 
main de la veuve du roi d'Ethiopie. Le motif de cette invention est 
clair (il est aussi expressément indiqué par un glossateur du "icn'D); 
elle sert à expliquer les mots énigmatiques de la Bible 
(Nombres, xii 1) : « Moise avait épousé une femme éthiopienne. » 
Mais une difficulté surmontée, une autre surgit : Comment 3Ioïse 
pouvait-il conclure une union avec une Éthiopienne, descendante 
de Canaan et de Cham, condamnée à l'esclavage et exclue de la com- 
munauté sémitique et japhétique? C'est que Moïse — répond le Se fer 
Hat/ascha?' — ne leva jamais les yeux vers la reine. Le remanie- 
ment postérieur de cette légende, la Chronique de Moïse 
{T"y 13^3-1 rrû» V:; û"')3^n i-im) en sait plus : « Moïse se souvint de 
l'alliance de l'Éternel, son Dieu : il n'approcha pas d'elle, 
mais mit une épée entre lui et elle et ne pécha pas avec elle '.» Le 
rédacteur qui a inséré ce détail ne s'est pas inspiré de l'agada de R. 
Yohanan. R. Yohanan Mi planter [yyi) lépée; dans la Chronique 
elle n'est que posée (ûW'i). Ce trait aussi est emprunté à la légende 
étrangère, non juive, comme tant d'autres qui se retrouvent 
dans le S. Hayaschar, par exemple l'agneau qui appai-aît dans la 
vision de Pharaon et symbolise Moïse (agnus Dei), les cheveux des 
Israélites descendant jusqu'à leurs pieds, la chasse au faucon, 
l'épreuve de force à laquelle Jéthro soumet ceux (lui demandent 
sa lllle en mariage fil leur fait arracher un bAton du sol . 

La reine dKlliiopie cherche à se venger de l'impassibililt' de 
Moise en l'accusant — comme dans la légende d'Ami et Ainiie 
et dans la nouvelle Amici des Sept Sages. 

1, Bel ha-Michrischde Jelliaek, Lcipzit:, 1853, II, p. 5. 



172 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Cet article était déjà à l'imprimerie, quand M. Goidziher eut lobli- 
geance de me signaler sur le même sujet la noticedeM.S Fraenkol, 
notice publiée récemment dans les Milteilungen der Schlesischen 
Geselhchaft fur Volkskunde (Breslau, 1906 p. 78). M. Fraenkel 
relève le trait de l'épée que Moïse met en Ire lui et la veuve du roi 
d'Ethiopie, dans la Chronique de Moïse, ouvrage qui dépendrait de 
celle d'Artapan, daprès Freudenthal. M. Freudenthal est disposé 
à identifier cet historien avec l'auteur de la lettre d'Aristée et à le 
placer dans la première nioilié du n'= siècle avant J.-C. {Hell. Stiid., 
II, I6o et 168, note). Ainsi, notre légende serait de cinq siècles an- 
térieure à l'agada de R. Yohanan. Mais l'identification d'Artapan 
avec le Pseudo-Aristée semble par trop conjecturale. En outre — 
ce qui importe le plus — les fragments d'Artapan, extraits par 
Freudenthal II, 231 236) d'Eusèbe, n'offrent point le trait de Tépée 
mise entre les deux époux. 

Une poHie df R. Zcralii/a Hallévi. 

R. Zerahya Hallévi aimait à faire précéder ou suivre ses œuvres 
halachiques de poésies de circonstance. Voici un des quatrains mis 
à la fin de ses gloses sur le ïîDSn bya 'o d'Abraham b. David de 
Posquières : 

nnn 3^n n^n 

« A la période des règles mets sur le coussin on le matelas de chaque 
femme impure un glaive tranchant '. » 

Ces vers veulent-ils transformer en halacha ce qui pourR.Yoha- 
ran n'est que légende? 

Il y aurait à cela des précédents. Déjà les Tossafot étaient tentés 
de discuter le cas de Palli b. Layish du point de vue delà halacha-. 
Pourtant, dans notre poésie, ce n'est point probable. D'abord, 
R. Zerahya ne se sert pas du verbe pittoresque employé par R. Yoha- 
nan 3. Puis, dans les gloses (nijïjn) elles-mêmes, il n'est fait nulle 
mention de ce procédé bizarre de séparation. 

Il nous semble tout à fait vraisemblable ((ue R. Zerahya s'est ins- 

1. OD3n bya 'o, ««l. HiMlin, 1102. p. 39 c.i'il. Prague, 18n. p. .34 «.; chez Reif- 
luauii, ^ibr; rr^mT l^m mbin, Prague, 18o3. p. 1!); c'est mon rlier et vénéré 
maître, M. l. Golilzilier, qui, avec son obligeance accoutnnne, ma siiTiialf l'etle référ4'nce. 

i. Tossafolh Sabbal, 13 6, .<f. r. NHr Na72 

•t Viy3 remplacerait métriquement aussi Timpératif ^;n. 



I/EPEE gardienne de chasteté 173 

pire, ici, de la légende européenne pliilùt que de lagada. Notre 
poésie en offre deux exemples remarquables. Dans une strophe pré- 
cédant la nôtre, il donne l'avis que voici: n^i: nni"' ""ba n'àlvri bpim 
aGarde-toi que le sagittaire (Amor) ne tire ses flèches vers elle.» Une 
autre strophe contient cette exhortation: n^io a-'pàioa n^-^sb nsnsr: 
« Abstiens-toi de Vénus, entourée de lis... >< Même, dans la prose 
des gloses, il s'est glissé un trait mythologique : Tamour aveugle 
est décrit avec beaucoup de détails '. Le trait de l'épée gardienne 
d'abstinence prouverait qu'à côté de la mythologie, la légende atti- 
rait aussi l'attention du célèbre halachiste. 

Cn conte français en hébreu. 

Un des contes publiés par M. Israël Lévi dans cette Revue se 
sertaussi du motif de l'épée séparante. Il met en scène deux frères, 
l'un riche, l'autre pauvre. A Pàque, le pauvre n'a pas de quoi se 
procurer des maççot, il contracte un emprunt chez son frère et lui 
donne son fds en gage. Le jeune homme est donc élevé chez son 
riche oncle, dont la fille unique se prend d'amour pour lui. Suivant 
le, conseil de son maître 'ai), ann bain nna''W3 n»3' naïJT -nnan ^bn 
ûn-ra ûcn « le jeune homme partagea le lit de sa cousine, prit un 
glaive et le mit entre eux ». Le père de la jeune fille, passant par 
là, ûrr-b? D-i-'on in-ibiû b:23n û-'ro"' om orrra a-irm nn-» n-^aai^ ûnstû-'I 
« les surprit couchés ensemble, séparés par l'épée; il étendit son 
habit sur eux-». Contre sa femme, il plaide la bonne foi du 
jeune homme : nrr'ra a-in ma n^r> wb nmi* msEsb in^ia rr'n ax 
« S'il avait eu l'intention d'ébrécher l'honneur de notre fille, il 
n'aurait pas mis d'épée entre eux. » Les péripéties aventureuses et 
fabuleuses après lesquelles les amants sont unis ne nous regar- 
dent pas ici. 

M. Israël Lévi adéjà remarqué les gallicismes choquants qu'offre 
le texte hébreu de ces contes. La liste qu'il en a dressée^, et à 
laquelle notre conte fournit beaucoup d'exemples atteste d'une 
façon certaine que ce recueil a été rédigé en hébreu dans un pays 
de langue française. Nous irons même juscju'à dire que ces contes 
ont été traduits, ou plutôt remaniés, d'après un modèle français Les 
ni:£73 et le an d'unena-^ïj"» ne peuvent nous trom|)cr. Demôme que dans 
lexii- conte, analysé de plus près par M. l!>raëlLévi, lea->np et lenana 

\. Voir, là flessus, les notes de Ueifmanii, p. 19. 

2. Revue, t. \\\V, p. 69. 

:{. Ibid., XLVIl (1903), p. 21 1-21-2. 



174 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

se sont substitués à la messe , de môme, ici, dans le x«, les 
maççot ont peut-être supplanté les hosties, la yescliiba une école 
de couvent. 

La situation des deux amants, séparés par l'épée et couverts par 
l'habit du père de la jeune fille, rappelle particulièrement la scène 
où Tristan et Iseut sont surpris par le roi ; apercevant l'épée, il la 
remplace par la sienne; sur Iseut il étend son gant, afin que le 
soleil ne l'éblouisse pas. 

Une illustration de la Haggada. 

Notre Revue nous a présenté aussi le rare exemple dune illus- 
tration de la séparation par l'épée. Elle se trouve dans la Haggada 
enluminée de la Bibliothèque nationale, que M. Moïse Schwab a 
décrite et dont il a reproduit les images '. Le mot nrj-«-3 (absti- 
nence) est illustré par deux jeunes époux, séparés par un glaive 
aussi long qu'eux-mêmes, la pointe tournée en haut. M. Schwab 
renvoie à la situation analogue dans l'histoire d'Aladin ou la lampe 
merveilleuse des Mille et une Nuits-. M. Abr. Danon propose à cette 
référence la rectification suivante : « Au lieu de chercher dans 
l'histoire d'Aladin le motif du placement de l'épée servant à cette 
séparation, le peintre, je crois, a dû songer à un passage analogue 
de Sanhédrin, 196, à propos du nom de Paltiel, détourné du pécht* 
par la présence d'une épée^. » 

Il est vrai que M. Schwab a un peu arbitrairement choisi, entre 
des centaines d'exemples, justement celui des Mille et une Nuits, 
qui étaient inconnues à l'époque de notre enlumineur. Mais, d'autre 
part, si M. Schwab a raison de croire que la Haggada a été enlumi- 
née par un artiste chrétien du xvj« siècle, il est peu vraisemblable 
qu'il se soit inspiré de l'agada de R. Yohanan. Il semble plus 
naturel qu'il ait subi l'influence de la peinture contemporaine. Il a 
pu connaître une image analogue. 

Une autre illustration du même sujet, datant d'une époque bien 
antérieure, nous a encore été conservée dans un autre manuscrit 
de la Bibliothèque Nationale, remontant au xiu* siècle. Elle nous 
présente deux arbres entrelacés ; à leur ombre, Tristan et Iseut, 
plutôt assis que couchés; entre eux, une épée, dépassant leurs 
têtes, plantée avec la pointe dans le sol ; le roj Marc arrive à 

1. Revue, XLV ^l'JO:>), p. 13J. 

2. Ibid., p. 125-126. 

3. Jbid., y. 3iy. 



L'ÉPÉE GARDIENNE DE CHASTETÉ 17S 

cheval et tient son gant sur les dormants pour les mettre à ral)ri 
du soleil ' . 

L'enlumineur de la Haggada a pu voir quelque chose de sem- 
blable ou connaître une des traditions littéraires et populaires, si 
nombreuses, ou ce détail tigure. 

Conclusion. 

Les cinq exemples que la littérature juive nous offre de l'épée 
gardienne de chasteté ou d'abstinence semblent donc indépendants 
l'un de l'autre: tout au plus, R. Zerahya s'est-il inspiré de l'agada. 
Voilà donc l'ancienne agada, le midrasch postérieur, la littérature 
des contes juifs, môme la poésie halachique, tous en contact avec 
les courants littéraires et populaires de leur temps et voilà même 
l'art synagogal sous l'influence de l'art mondain. 

L'agada de R. Yohanan mérite une attention particulière. Elle 
est du iii« siècle, et nous transmet la tradition la plus ancienne sur 
notre sujet qui puisse être datée avec certitude. Par le terme yyz 
(planter), elle nous a gardé une idée plus nette, plus précise, du 
procédé que les autres traditions, qui se servent de verbes plus 
vagues (mettre, poser). Et, entin. dans laverlissement adressé à 
Paltiel: «Que celui qui s'occupe de cette chose soit percé de cette 
épée », nous pouvons voir l'explication la plus plausible d'un usage 
qui paraît si bizarre : l'épée est choisie comme symbole de la loi 
religieuse ou sociale, parce qu'elle peut venger sur le-cbamp les 
atteintes à la morale. 

Budapest, juillet l!tOG 

BeHNAKU HKLLIiH. 



1. l,'illii>,tiation est reproduite par Sucliier-Bircli-Hirschfeld, Geschichte cler/'ranzù- 
sischen Ullern/ur, Leipzig, Wieii, 1900, eutre la 112* et la 113* page. 



LES SIGNES DU MESSIE' 



Si Ion a cru devoir attribuer à l'époque post-talmudique tous 
les ouvrages de ce que Jellinek, Beth hamidrasch, t. II, p. xxi, 
appelle « la littérature apocalypti(|ue juive », riiistorieu accueil- 
lera néanmoins avec plaisir tous les reuseignements qui nous 
arrivent sur une période aussi peu connue. Les anciens monuments 
de la littérature juive, grands et petits, doivent être l'objet de 
l'examen des historiens de la littérature avant que Ibistorien pro- 
prement dit puisse en tirer des conclusions. La vérité est d'au- 
tant plus difficile à établir en cette matière que la forme primitive 
des écrits diffère davantage de ceux que nous avons sous les 
yeux. La mère et l'enfant ne se reconnaissent plus! 

La difficulté de fixer exactement l'époque de la composition de 
ce genre d'ouvrages éclate particulièrement à propos d'un frag- 
ment d'une apocalypse trouvé par nous dans la collection pro- 
venant de la Gueniza et qui appartient à la Bibliothèque de 
l'Université de Cambridge. Ce fragment nous montre le problème 
qui se rattache à cet écrit sous un jour tout nouveau. 

Parmi toutes les idées chères à la littérature ancienne du ju- 
daïsme, parmi les doctrines qu'elle fait ressortir avec une force et 

1. Les Signes ont élé édités par A. Jellinek dans le Bel Ham. (IL oS et s.), mais 
uni([ueinent d'après des éditions et un seul nis. Cli. M. Horovitz (rm^S Ipy P^3, 
I, 22) ]tromettait une nouvelle édition, avec une ]iréfaie, d'après le nis. de Munich, ol2. 
l'éd. de Constanlinople, le Midrascli du Gaon Hayya (nis. Leipzig', v. Kerem Chenied, 
Vin, lOii). 11 faut peut-être encore y ajouter le ins. De Rossi, 543, (|ui porte 
la suscription '73 "5^3 mTTlN 51^ 1"nD- D'après mes renseignements, ce projet 
n'a pas eu d'exécution et est tombé dans l'oubli en môme temps que d'autres projets 
littéraires plus ou moins imiiortants, entre autres l'édition critique des Pirké de 
R. Eliézer. — Le fragment de Canil)iidge a six petits feuillets. Le commencement et la 
lin maniiuent. Nous donnons ce texte depuis le milieu du second signe jusqu'au milieu 
du dixième, avec la traduction. Cf. encore Brull. JaliiL>Uchei\\-\\, ISS3, p. I'i6 et suiv., 
sur Armilus. 



I.KS Slo.NES LiL MKSSll-: 177 

une netteté particniit-ros, il faut placer au premier raufi; Y espérance 
messianique. Cette croyanee est la compagne fidèle du peuple 
juif; elle a exercé sur lui une action prodigieuse durant les mau- 
vais jours de son histoire, sur les rives des fleuves de Babylone, 
sur le sol de la Grèce et à Rome, en Perse et en Arabie, où elle a 
suivi les exilés. Quand l'horizon s'assombrissait, cette lumière, 
venue du sol de la patrie, réapparaissait toujours. 

Les sentiments d'une classe d'hommes opprimés, le meurtre de 
faibles Juifs, les excès de tyrans inhumains, des événements qui 
transformeront et ébranleront le monde, l'approche de jours ter- 
ribles, voilà ce qu'annoncent les signes mystérieux et les révéla- 
tions voilées et obscures. La lecture d'écrits de ce genre donne à 
l'historien le droit de penser avec raison que leur auteur a été 
témoin de tristes scènes. Toutefois, en raison du sombre spectacle 
que nous offrent les périodes historiques à leur déclin, ce fait n'a 
pas une importance considérable. N'est-on pas habitué à entendre 
par « histoire du peuple juif » l'histoire des nombreuses persécutions 
et des pillages subis par les Juifs, dont les premiers exemples ont 
été fournis par les siècles les plus reculés et dont les derniers ont 
été ajoutés de notre temps, presque sous nos yeux? C'est 
pourquoi il est nécessaire de chercher de plus solides points de 
repère dans ces signes dont nous avons à établir l'âge. Mais les 
signes cachent trop souvent les indices qui pourraient fournir 
des points de repère à l'historien pour établir quand et où ces tris- 
tes événements se sont passés. Nous espérons que notre étude ne 
laissera subsister aucun doute au sujet de l'époque où nos Sif/nes 
ont été composés '. 

Avant de comparer notie recension aux éditions déjà connues et 
aux autres écrits littéraires de ce genre, il nous faut essayer d'éta- 
blir l'époque et le lieu de composition de notre écrit. Le signe Vil 
fournit à cet égard un point de départ. Manzour, nous nous 
servons provisoirement de la dénomination de notre auteur, est le 
héros des Ismaélites et marche cf)nlre le roi d'Edom. Qui était ce 
Manzour? Quels sont les peuples qu'on désigne sous le nom 
d'Ismaél et «l'Eilom? Au premier abord, on songe à la victoire 
d'Omar ihn al-Hattàb, le successeur d'Abou-Hekr, qui n'-gna de 

1. l'iiiif II' fairi' Miii- plus ckiii'i'iiUMit, miposoiis Ir c<'iitiMiu des deux ifcciisioiis. 

Hec. du lie/ llmn. Solre fraf/menl. 

Silène II. Ruine des péelieuis en Israël. Purifiralion des Israélites. 

— ni. La rosée esl changée en san^'. Au eiel apparaissent trois arcs, présage 

T. Ml. N» \»\. V2. 



178 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(534 ;i 0-41 et qui, en ()38, s'empara de Jérusalem, lan-achant pour 
toujours à Icmpire romain. Ce fut Omar en personne qui marcha 
contre Jérusalem et la fit capituler. Manzour serait donc le titre 
honorifique de l'heureux conquérant. La haine dont fit preuve le 
khalife (v. Weil, GeschkJite der Chalifen, t. I, 36) explique le peu 
de bienveillance qu'il témoigna envers les Juifs. Cependant cette 
hypothèse se heurte à de nombreuses difficultés. D'abord il ne 
peut s'agir ici de la victoire de l'an 638, car, d"après le signe VII, 
le roi d'Edom, c'est-à-dire l'empereur romain, s'empare encore 
une fois de Jérusalem et, après avoir chassé les Ismaélites, se rend 
maître du pays. Ceci na pu avoir lieu qu'avant l'an 638. car, à 
partir de cette date, aucun empereur romain ne put reprendre 
Jérusalem et s'y établir, même pour un court espace de temps. En 
second lieu, la triste situation des Juifs est due au roi d'Edom, et 
non au roi des Ismaélites, puisque le premier, dans sa haine, tuera, 
sous le nom d'Armilus, le Messie fils de Joseph Deux points sont 
donc acquis pour nous : \° le gouvernement chrétien dont jouit la 
Palestine existait encore, de sorte que cet événement a dû se pro- 
duire avant l'an 638; 2" les Juifs ont été persécutés par le roi 
d'Edom. 

Nous estimons qu'il faut renoncer àlhypothèse que par Ismaël 
on a voulu désigner les seuls Arabes et admettre qu'au vn« siècle, 
les Perses étaient aussi considérés comme des Ismaélites. Au début 
du vue siècle, le trône de Perse était occupé par Khosrew II, fils 
de Hormizd IV, petit -fils de Khosrew I. Lévénement le plus 
impoilant de son règne sont ses guerres contre l'empereur de 
Byzance, dont le point culminant fut la prise de Jérusalem en (514. 

et les peuples jM-rissi".)!. .linsi du ilelui:e ipii doit euirloutir le nioude 

que les niérliauts d'Israil qui entier. 
lie criivaieut p:is au salut. 

Si!,'rii; IV. La rosée guérit les ni.ilades it Une pluie de saii--^ anéantit les égarés 

les irrésolus. qui auront suivi les tntis fau\ mossa^ers. 

— V. Le soleil s"ass"udnil trmte Ua rosée du salut se n'paml. 

joues. 

— VI. Edom acquiert la domination Les jieuples marohont dans l'iibsrurité, 

ot opprime Israël. Lr Messie Israël dans la lumière. 

fils de Josepli enndiat le roi 

d'Edom. 

— VII. .Vrniilus apitarait et le .Messie Lutte entre Edom et Israël. 

lits de Joseph essuie une 
défaite. 

— VIII .\pparition du Messie, tils de .\iqiarilion du Messie, lils de Joseidi. 

David. 

— I\. .Veiivité ilu Messie. La le-eude dWrmilus. 



LES SIGNES DU MESSIE 179 

A partir de ct'Ue époque jusciuà l'an 6:28, les Perses dominèrent 
en Palestine. Cette année-là, Héraclius, l'empereur byzantin 
((510 041\ marcha contre les Perses et leur livra un combat qui 
obligea les Perses à quitter le pays et à céder devant la puissance 
byzantine. L'ne paix aussi honteuse pour les Perses qu'hono- 
rable pour les Romains mit fin, eu 6'2S, à ces expéditions guer- 
rières'. Maintenant les deux expéditions d'Héraclius contre Jéru- 
salem s'expliquent et le nom du héros ismaélite n'est plus une 
énigme. Parvez est le nom de Khosrew II, et n'est autre chose que 
son nom arabe de Manzour : tous deux signifient, en elTet, le vic- 
torieux. Cette explication laisse subsister sans doute encore cer- 
taines difticultés. Les historiens ne parlent pas de la mort de 
Khosrew II comme étant survenue aussitôt après l'an 0'28; il sem- 
ble, au contraire, qu'à cette époque il lui était encore réservé une 
existence très mouvementée. Mais il est constant- que les Juifs, 
comme dans toutes les luttes entre les Romains et les Perses, 
manifestèrent leurs sympathies pour ces derniers et, pour cette 
raison, eurent à subir les sévices du vainqueur. Héraclius. a sans 
doute témoigné" peu de bonté aux malheureux Juifs de son 
royaume''. La seconde difficulté peut être résolu de la manière 
suivante : au lieu de m7:"«"i il faut lire on7:"<T, c'est-à-dire il céda, 
se retira '. 

Ces données nous fournissent de nouveaux points d'appui pour 
une hypothèse au sujet de l'auteur et de la date de composition 
des Signes. L'auteur est si familiarisé avec l'histoire de Jérusalem 
et les expéditions en Palestine que seul un Palestinien, ti'inoin 

1. J'ai einpruuté ces doiiiiL-es à louvrage «le Kntsclimai-. Die Knnijjfe zwlschcn 
Héraclius l u. Khosreu: II, 2 vol., 18T.J-6. 

•2. V. surtout S. Fuiik, Monafsschrift, t. \LI, l'JO.Ï, p. 'MX. Die Jiulen in Buhij- 
lonien un/er Schahiir II ('MM-SSl . Ces ilisppsitioiis ne se sont pas modifiées, même 
après un millier d'années. 

3. (Ini'tz i^Geschic/tfe der .Jiuien. t. V, ."]*■ l'd.. p. 407) a déerit d"apiés des snurces 
non juives la part prise par les Juifs h rovpéditioii de Kliosiew II. Mais <|ui'lle a été 
cette participation à une guerre f|ui parait avoir été diri;.'ée. non contre la Palestine, 
mais contre Héraeliiis I"^' '.' Nous ne pouvons pas nous en faire un idée bien nette en 
[U'ésenee des noinlueusi'S exagérations et des contradii-tions constantes i|u'<iffrent les 
chroniqueurs arabes, grecs et syriaques. Barliebra-us nous entretient d'un eertain 
Benjamin, qui ravitailla Héraclius et son armée et dune persécution des chrétiens par 
les Juifs, et ces faits sont possibles. D'autre jiarl. la mention d'une jtniserijitioii des 
Juifs peut être également exacte, et les atrocités qui nous sont décrites comme ayant 
été commises par Héraclius ont fort bien pu avoir lieu en effet. 

4. mWT ne se rapporte pas plus à Omar qu'à Khosrew, car tous deux quittèrent Je 
théâtre de leurs exploits et de leurs plaisirs en tombant sous la hache d'un meurtrier. 
Du reste. l'auteur tenait à abréger et. sans douf<' par haine eontre Uonir, n'a pas voulu 
décrire la victoire d'Héraclius. 



180 • REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

oculaire de ces invasions, a pu écrire tout cela. L'époque de la 
composilion a dû précéder l'invasion des Arabes ; par conséquent, 
elle aurait eu lieu encore pendant la domination des chrétiens, 
c'est-à-dire entre 628 et 638. 

Les Signes suivants ne contredisent point cette hypothèse ; au 
contraire, ils la complètent et la fortifient. Dans le signe VIII appa- 
raît le Messie ben Joseph, c'est-à-dire Nehémia ben Houschiel ' ; il 
place la couronne sur sa tête ; toutefois il est prédestiné à être la 
victime d'Armilus^. La victoire d'Armilus et celle du Messie ben 
David sont les thèmes des chapitres suivants. Ici nous nous mou- 
vons dans les régions de l'interprétation de l'avenir. Toutefois 
deux points nous replacent sur le terrain historique, que l'auteur 
ou le prophète a ahandonné. Il parle de la prise d'Alexandrie. La- 
quelle? Il ne peut-être question ici de la destruction d'Alexandrie 
par les Arabes en 641, puisque Armilus vient d'Emmaûs, où le 
christianisme a pris pied solidement et où le vainqueur est consi- 
déré comme un fléau néfaste pour les chrétiens. L'approbation de 
la religion des fils d'Esaù et dlsmaël et la condamnation de la 
doctrine de Moïse pouvaient sans doute être une recommandation 
auprès d'un Armilus pour un nouveau fondateur de religion. Mais ce 
n'est pas Médine, c'est Rome qui est le berceau d'Armilus ; il est 
le fds de la croix, et non du croissant. Il faut donc que l'auteur ait 
en vue un siège d'Alexandrie qui aurait eu lieu de 6^28 à 638 et 
qui aurait paru d'autant plus sérieux à notre auteur qu'il en 
soulfrit lui-même. Mais pourquoi insiste-t-il sur cette chute d'A- 
lexandrie que nous ignorons, d'ailleurs? Sans doute l'auteur dut 
quitter la Terre Sainte à la suite des cruautés commises par Héra- 
clius et trouva un asile à Alexandrie, mais le malheur le poursui- 
vit en Egypte. Le fait (|uon ne trouve ici aucune mention de 
la domination arabe montre que la nouvelle des victoires d'Abou- 
Bekr et d'Omar n'était pas encore parvenue à Jérusalem et à 
Alexandrie. 

La triste situation que l'auteur de cette ai)ocalypse a sans doute 
partagée avec des centaines de ses malheureux frères réveilla en 
son cœur l'espérance et fixa sa pensée sur le Messie, lils de David, 
qui renversera un jour Armilus lui-même. Peut-être des rensei- 
gnements venus de la Mecque apportèrent-ils la nouvelle (|iie 
Mahomet était favorable aux Juifs. Mais la désillusion la plus cruelle 
ne tarda pas. Les Califes laissèrent commettre en Palestine, en 

1. Au sujet (lo ces noms syniliiili(iii««s, v. ilaus le tcite. 
'2. Au sujet d'Aruiilus, v. le lr\li'. 



LES SIGNES DU MESSIE 181 

Syrie et en Egypte les mêmes massacres que les dominateurs 
chrétiens. 

Si nous comparons notre texte avec Tédition Jellinek, les difTé- 
rences sont reconnalssables à chaque pas. L'édition Jellinek est un 
remaniement beaucoup plus récent de notre fragment. Toutes les 
traces d'historicité y sont effacées et on n'y trouve aucun indice de 
cette angélologie qui remplit, dans l'édition Jellinek, pUisd'im quart 
de l'ouvrage et qui appartient au domaine du mysticisme. 

Les mms ont déjà été utilisés dans TApocalypse de Zeroiibabel 
(Jell., L 06). Ici nous voyons apparaître les deux Messies, Nehémia 
ben Houschiel et ben Ammiel. Pour établir que l'Apocalypse de 
Zeroubabel et les écrits postérieurs se rattachent aux mm^, nous 
n'avons besoin d'autre preuve que l'explication de ûbisn p. 
Dans les mnî«, il est clair qu'on veut parler du fils de la 
croix. Plus tard on n'a plus compris ce terme et on l'a mêlé aux 
diverses légendes. On ne peut plus décider aujourd'hui si celles-ci 
s'inspiraient des légendes d'Héraclins ou si elles pouvaient s'y 
rattacher. En tout cas, les mots c-.s ^b» iby^ ^n^ (p. ô'O, éd. 
Jell.) prouvent qu'il faut souger à une guerre entre les Perses et 
les Romains '. 

Le Midrasch Vayoscha - (Jellinek, I, 35-87) n'a que la légende 
tout court. Le Midrasch des dix rois l'a également^. Ce Midrasch est, 
à vrai dire, un commentaire du xi° chapitre des Pirkè. Toutefois 
le commentateur avait sous les yeux une autre version de cet 
ouvrage, ou bien il l'a modifiée. En tous cas, Horovitz se trompe 
quand il rattache à ce Midrasch dix-hnit autres Midraschim. Les 
mmiî sont beaucoup plus anciens que ce 3Iidrasch, dont la compo- 
sition doit être placée vers l'an 800. 

Voici maintenant le texte et la traduction du fragment de la 
Gueniza : 

û""yin 'rsTc;"'» n-'cb» 

a"'n:?3572 n'?n •«'':373 

^''^pn', "rwNno''2 i3-i:^n:'j qiosoNr: 

1. Un nis. (le cet opuscule est conservé dans le ms. \o20'J du Hritisli Muséum, v. 
S. Schechter, Abotk cl. H. Nalhan, |i. \i. 

2. V. Zunz, (ïoltesd. Vortraf/e, ji. '2S2. 

3. Horovitz. mtSS "Tpy n"<3 . I. p. î>4. 

4. Dans l'edit. Jellinek, rm parle ilcs ellets ilésastreux de la chaleur, qui causera 
beaucoup de maladies. — Cependant, niaLTc l'emploi identi(jue du mot ND"173 . il n'y 
a guère d'identité entre les deux versions. 



182 REVUE DI'S ÉTI'OES JCIVES 

p"r!0 ûmas Dm nb-n:; riN-p û-'n-i"' mrrcbm ■o^iyr, 

D-'n^JIKT ^''"'.T-im .ûbli>5 513» N'»3H 
513» N"'3-' 

"j-iby C]ii:p72 •'n3'3'w: p ':'C ba-i'z^ b:? tij:np irN:o] 
■\nTn ^1135 rrcp '33 b^n bs-'C^ rî< -it^x?: n"3pr! '''i;t 

Kbs D"'?: irNi mib-ib ':;■! fr*^ ':; ïz-'t:;:;:: p "^cûtû n-'' .''ys-i pin 
^"ipo ■'mb':: ncb'O -«-inN lyn -"CN ' '•^wNtc-'Tj c^sbs D-riK-jT .szt 
pib-ib ':iT û"'73'^ ''j< U'-TZ'crt ^û ba T^m?: r;"3pr: .^ •''C^TjP pin .-i::rn iwa'pvc 
an'w a^3\3in pi-'-îs-t cbirn bs pn ri^rxi ,anp pn nd-iTjI 
.■ibi:3 '.■ ^yc■^ '^^l i-^ri-pz")^ iDb-' 'i5i bx-ic-^b bas n-riNT ':c ba Nbx is-'Nt 
bxTC"^ by\ W'TjTr, b3 br p-ib-ib '5i D"'?:'^ '> "fc-n C7:wn ne:*; .'' yç-cr; pin 
rîb^^5 nN-i-» d'^nt» abirr: pi7:"IwXt .y-\n noa"" ']'winn nrn ■'3 ';-c .-iin 
.a3::y a^nbN ■';2*72C ■'S ,D37:y nsbs a"'-i7:iNi '-îNTw-^b a-'inpcTJT a''N3"! 
bayjz'::^ _^::: ba in-ia-^T , B"'b-:;-,T^b n"i3'i anj* Y-'^ ^^^ . ■" ^■^^3-:; pin 

1. Le nombre 3 ne doit pas être pris en son sens strict, car, dans la littérature hé- 
braïque, le nombre trois sert pour indi'iuer la pluralité en général. V. M. Friedinann. 
Onkelos v. Akijlas. p. 37. 

2. Dans le laniraïe de la Misclina. ou dans la manière de s'exprimer des Amoraim 
il faudrait: nsiO IJ-'T abiJî'r! ri1073 aaiINT 

3. C'est ainsi qu'il faut peut-être compléter le texte. 

4. V. à ce sujet, Ejode R., eh, i et xxii: Can/. II., rli. ii, et Sola, 11 a. 

î). Ici, il est impossible de reconnaître une parente (pielconque entre les deux ver- 
sions. 

6. Ce passage est en ((irrélation avec le sig.ie IIl, mais plus am-ien. Au lieu de 
bis Tm?3 . il faut) en tout cas. plutôt lire "i:372 . 

7. Ici, je suppose qu'il y a une allusion aux apôtres, le mot ^mbw ne pouvant 
désigner que ceux-ci ; le nombre trois ne doit pas plus être pris à la lettre que le 
nombre douze, (|ui est confirmé canoni(iuemeiit, comme S. Krauss l'a prouvé dans son 
Etude sur les aptUres Ju/ttbuch der ti.ng. Gesellschafl, 190"). p. 131 et suiv.^. Des 
copistes postérieurs ont méconnu le sens de ce passage et en ont fait ceci : -^^'w"! r]N 

npiw'i 1:7273 iPC"' nbiNsn p a•«"«aN^-l7:^ bN-rcv 

8. Le signe V est identique au siirue IV. (Jependant. la plirasi' du milieu 1NS")P^1 
PINOab est une addition. Le rédacteur postérieur a voulu parler, dans les signes III et 
IV. de l'état et de l'avenir des justes, des mérliants et des gens de vertu moyenne 
(division bien connue). 

9. Signe VI = signe V. La description est plus sinqde dans le fragment que dans 
la version du Bet Ham. L'édition Jellinek a ce passage : Dlb niTil « la lune se 
diangera en sang ». C'est là une vieille croyance populaiie. 

10. Signe VII =: signe VI de l'ed. Jell. : mais, tandis ipie notre signe se place sur un 



LES SIGNES DU MESSIE 183 

Vwy"«T .nnnnN '^b-^n .2^^î< Y-'^ ;*7:c"'t 'jtt^? n^b-^i .arr'b;' ']ib7:"''i -nirr: 
yp'cm T'-n "t::3 birx 'n . r!^^^^32 'ib naT ':',r "^bN cn ibx r.izri'^j: 
"ibis n-n-'T .nn-.r; a'-wX 1:2 mx:?: ;^-r!■'^ .'n cin: ^=^D"' i^-rn-^ -3r:'rTi 
osa-'T cb'CJi-^b r;": w zt't zi-n "^bTo aTi:"*! -ns:?2 - m^"*! T^rab^o a";N 
ï-i"rc l^N b:? "^nî< z-ct ,i"w\s-i brc ^.nrn np-"! rr^T-c px tsnpTob 
TTi-'i .TiaN inpbc n72 T-Tnr: ar:birr: br iian -irN-^i 

.3 bN-iain p n-'Tcn; ns N^srija r;"3pn ^^^^jjJj^.nbins ms:2 r7;^3 b^Tw^ 
r;7:nb-: -ci::? xim 'r^i iba-r: bw'? Nia"^ aiwSrsi 'rc ,mNn2 qor p rr::j: 
acn n^Tw pwS br a-,nwX "îb?: irr^ r:-:::^r; cmbi iri-nm a-;x "^b?: ar 

t-nzy 2=-w-i •;•--" Y'^^ '"="" aab^r: p aib^?:-îN irci 

in::nb?: n-ryi Ni:--» £><i-t Vrir::-: rz^rc -n': ibc-^i .inx nbn-, ^nm 
.nr^-'a -.w\x c-'Nb -«i.xi .z^r, C]-,n ba 3'nn^i .rinx a-in-^i •'• w^-^— îracwsbxn 
ir;25 TTi-mx l?;--'br iwsaa nx imrT vax nD-i-^j ayiT^y -i^y^ xia-^ Nim 
■»3N "-iToiNi t]n;73i ^-in?: a-vai"» Mirr^ri ,a"'a-:r: T'ri'i m7:N -;',ar a-^r*; 
a'N'a*: ar; .Tr:\a "^n-nn iN"^3r; a-b -.7:tnt rcy ^'.2 îMi r-'ar wNim mbx 
■•sab n73iNT ,aab -rrr:; rrnpr: nTcx anb n7:iwNi .arr'b-'bwST an-^rbi: 
^wr:: Tn^r^r, r::» "ito^ni ,ar;"«2Pa a-'N-a-: am ,aamin iN^ar: bx7:c"' 
Mb i7:iNi ,r;-inr;-iDa ib ]"'N"a":i ,aarmr ix'ar; b^Ti"' ';ab -tciwXi .aab 
NbN rtPN ■;'}< ,rn'rr> nra i'7:wS7: nPwS v^* a^x ib 'i-'nT-iwVi .n-iip- ira ';"«-:wN: 
C;' iNa — -wN CN a"'wibw npnbi .puîn "|a •'.z-j'^ CNrr riPN .•;::•:: 
riPN v^ -•^7:n:b -7:nNT iT-im ,'\r,i2y mip- nsa q-TCi 'je-'iCi rr^rn: 
n-nn ip: ick bt<-i\a^ -nbxa sb» i-'':î<'3 ^S"» ib -)7:in r:"'7:n:T ^a l"»?:»?: 
nx \-i5-^m iba-'ria aiNPr ■^b:;-^ T'Tom nox N-^asm .a-17::? p n073 ■•T' br 
rx -.np aib^7:-.s -i':n^ -;*w -p-Na .-;a ';'-:m7o ^tnt ^ir:^?: "':wS* ia ainî* Y"^ 
inbas nTïPT nr;n: pn aa-'^mm ^vnbN r-i''aa ipin i;-im rr'!:^ 

terrain historique solide, l'autre est une interprétation de l'avenir, reposant sur S«n(/(., 
97a, passai.'"' d"apri's lequel la doniiiiatioii du préeurseur du Messie devra dnier neuf 
mois. 

1. La ville de Basra n'a été fondée, il est vrai, qu'en 6:î."i, jiour intercepter les rouj- 
munications des Peises avec la mer, mais il doit être question ici d'une autre ville de 
Syrie. 

2. lei, il faut peut-être lire •^173^1. V. mitre ar.'unientatinn plus haut. 

3. Siiïne VIII = siirne VI. Dans ledit. Jellinek, le Messie ajiparait déjà dans le 
signe VI. Il vainc l'empereur et retire les trésors saerés des mai.'asins de lempereur 
Julien. La mi-ntion de ce nom ne peut être iuvo([uée ciimme tiinoli-'iiaïe d'une date plus 
ancienne pour la composition de notre opusi-ule. 

4. Signe IX = signe VI : les deux concordent quant au principal. 

5. A noter cette nrtliograplie arabe du nom de la ville d'Alexandrie. 



^84 REVUE DES ETUDES JUIVES 

nsOT '3U5 iv^' û'«^D1D bx-iw^T .rr^bx 3-ip"> -«Ta i\^"i *'"'"' ''^"^ ^t^ 'm nsbcn?: 
î-ibTi5 r-ni:3 T^rr" bNiO""! 'i:t rins^att Y-\nn rnsDi anx3i .'-,2n nsora t'V:? 
ms"^ .nN-iwi "pToy -,m72b a^n-i3 an?: -iwS-crm n-nsm »-n-i;-?:3 aixnn p7j 
D-'Daprr ';'>:: mb^n û''?3n-) û-'rDxn av '?: ûo ^•'^zr-jiiz'i .2î<i« -^rn; -;n 
oV5-»n8< ^*^^^; ,3Niw -lan?:? pcn p 51517:-in Y-^"^ •""'"'^ ■""'" '^'"-'^ 
■'Sa npyi:-> î-t^'O nniN^ .rrcN-ir: pwNr: pn t-<^::"im 'rc pî<r: p 
nnDD[n n]od to D-^j^nn bi<D"'M an-^b:' î<b7:7aT a^72"cbn3' nb-n:; n'py:^. bî<-i':5'> 
i;Db ''TND"'73 m73y K-'nn r\y:i "^d 'ns- ri"3pr: "«rob rrb'^sna mwr-'T 
-)Ci< niDT a"'73bii'r! ba iinn vsob -i7:ii<i nb^on Nbx m"'?::' v^i ''^^i T-^ï^ 
nbDN ■'D ni:»! ^i-iniD Tinbo "^'^y rî":i7:b nnrN':) n72"i anbi amn^b p^'t:;; 
^7:*ob arbnartn B-^'Jnp •'b ar'^'^rîi 'r\'zi a-'Uînp "^b ansnp rtn^T .'i:;t 
N-^iriTo .' ii'^oyr; mt< .bN-i\ri b::' b^a'^» bo inbon r:"apn :'7:o r,y':i r;mN3 
Ni:"« a-i-noNn n-iaTû la ^a-^-iiONri r-r^To -m p n'^'Z'a b.vry ;p ans?:] 
"^-nN n-'Cttr: ^-'3 -^ "'''^''a .ï<''7:'>a ^:;i' a:? ■'IKT 'r.a pyr^ by a^anwT ^bwb 
laa ma:5> vb:;-i nano m-nnT v:"'^' "Jt:":} b5b:;a vss nay -iiNii: ,r:mp 
-ip-'T mab7:~ inin ibT mi:-)î<r; baa :abn\a Nim .ms:nap 
•yiN ■^ab7a is:apn^T ';o m;rob a-^yao ''xy i^apii aib-^tt-iN mwy^T .înbn*iiT 
mm ,yc-i n"'73"' mac m-iai 'jO ■^rT'7û73T ia naa; tîs; iTji:' Nirr-a •^'n bai 
.ia-.a n:? abirn qiaTj Y^""" ""3"*^"' •bN-i^-' »nN yv^n^^T pwN- p aib-^rii* nî< 

.m7:nbK- p a^aibTûj- a''-y- -ibxT 

TRADUirriON 

Des milliers sont dans rerreiir, (non) parmi les enfants d'Israël, mais 

Dieu épurera Israël, comme parmi les (iabaonitcs la populace qui 

s'était mêlée aux Israélites et il est dit : je les épure comme on altine l'ar- 
gent. Troisième signe : Dieu fera apparaître trois arcs en ciel et ils res- 
teront trois jours et trois nuits. Leur sommet atteindra l'extrémité de 
l'univers et loiu*s pointes arrivei'ont jusqu'aux contins du monde, l'un ira 

du côté de et tons les peuples seront fort ctTravés et croiront que 

Dieu envoie un déluge sur la terre. Mais alors ils diront. ... : il n'enverra 
pas de déluge, et comme il a juré qu'il n'enverra plus de déluge, ainsi il 
a juré qu'il ne se mettra pas en courroux contre Israël, comme il est 
dit : c'est ainsi que j'ai juré de ne pas m'irriter contre toi. Dieu cein- 
dra Israël de force, comme il (?st dit : I/arc des héros est i'cdoutable. 
Quatrième signe : Du ciel descendra la i)luie pendant trois jours et trois 
nuits; ce ne sera pas une pluie d'eau, mais de sang. VA "SO.OOti Israélites 
qui se seront laissés entraîner par les apôtres du mensonge boiront de 



LES SIGNES DU MESSIE 185 

cette pluie. Cinquu'me sif/ne : Dion fera descendre du ciel, pendant 
trois jours et trois nuits, de la rosée, avec laquelle il essuira le sang et 

ranimera laterre, et les créatures croiront qu'elles mais ce ne sera 

que de la rosée comme il est dit : je serai comme la rosée pour Israël. 
Sixième siipie : Le soleil s'obscurcira pendant trois jours et trois nuits 
au-dessus de tous les peuples, mais la lumière sera sur Israid, comme il 
est dit : car voici, l'obscurité couvre toute la terre et les peuples sont 
très effrayés. Ils viendront s'agenouiller devant Israël et diront : nous 
voulons marclicr avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous. 
Septième signe : I,e roi d'Edom ira en guerre et arrivera à Jérusalem 
et les Ismaélites fuiront devant eux. [Ils lèveront"; une grande armée 
et avec eux marchera un homme du nom de Manzoxr qui les gouver- 
nera, et ils se rendront a Bazra. Lorsque le roi d'Edom l'apprendra, il les 
poursuira et ils se livreront un combat, comme il est dit : Il y a pour 
nous une fête de sacrifice à Bazra. Manzour fera un grand carnage des 
Edomites. Le roi d'Edom s'enfuira devant lui. Quand Manzour se sera 
retiré, le roi d'Edom revindra, et il se rendra à la pierre oii se faisait la 
cérémonie de la libation d'eau ou : à l'emplacement du Sanctuaire) ; il 
prendra la couronne qui est sur sa tête et, la déposant sur la pierre, il 

dira : Maître de l'univers, je te rends ce que mes ancêtres ont pris 

et Israël sera alors cruellement opprimé. Huitième signe : Dieu fera 
surgir subitement ]S'ehémia ben Housiel, le Messie, fils de Joseph, 
comme il est dit : Et soudain il arrivera près de son sanctuaire, et il com- 
battra le roi d'Edom. Après l'avoir tué, il se revêtira de la couronne 
que le roi d'Edom aura placée sur la pierre et le nom de Nehémia rem- 
plira tout l'univers. Xeuvième signe. Vn homme sortira du pays ro- 
main, son nom est Armilus ; il est fils de la croix une fenmie 

Satan ira et couchera avec elle ; elle deviendra enceinte et mettra au 
monde ce fils. Après que cent ans se seront écoulés, il se mettra en cam» 
pagne et fera la guerre à Alexandrie, qu'il détruira, ainsi que toute la côte 
maritime, Malheur à ceux qui seront de son temps ! Il viendra à Emmaiis, 
le pays de son père, et y établira sa résidence: sa taille sera de douze 
coudées et ses yeux ressembleront à des étoiles. Assis, il blasphémera et 
raillera en disant: je suis Dieu ! Il séduira les enfants d'Esaii et leur 
dira : apportez-moi la doctrine que je vous ai donnée, et ils apporteront 
leurs croix et leurs idoles, et il leur dira : elle est vraie la loi que je vous 
ai donnée. Il dira aux Ismaélites : Apportez votre Loi, et ils apportent leurs 
écrits saints, et il dira : La doctrine ([ue je vous ai donnée est vraie. Et il 
dira à Israël : Apportez votre Loi, et ils lui apporteront le livre de la Loi. 
Et il dira : Nous ne croyons pas en celte Loi. Et ils lui diront : Si tu ne 
crois pas en cette Loi, tu n'es autre que Satan, tu es cet homme à 
propos duquel il est dit : que l'Eternel te réprime, ô Satan. Ets'emparant 
de trente hommes venus avec Nehémia, il les livrera au feu et avec eux 
il brûlera le livre de la Loi. Ensuite il dira de nouveau à Nehémia : Ne 
crois-tu pas en moi? Et Nehémia lui dira : Je ne crois qu'au Dieu disraë'l, 
qui nous a donné la Loi par Moïse, fils d'.\mram, c'est en ce prophète qui 



iS& REVUE DE? ÉTl'DES JUIVES 

m"a siiliitenient relevé dans le sanctuaire et grâce aiiqueljjai tué le roi 
d'Edom que j'ai foi, et non en toi. Alors Arniilus s'écriera : Saisissez-le 
et tuez-le dans la maison de son Dieu, et ils tueront Nehémia, et son 
cadavre restera là pendant quarante jours et quarante nuits, sans que nul 
n'en approche. Israël le pleurera comme il est dit : Et ils le pleurèrent, 
etc. La détresse sera grande en Israël. Beaucoup d'Israélites se cacheront 
dans des cavernes, les autres s'enfuiront dans le désert de Moab et d'Am- 
mon. Ils le parcoureront pendant quarante jours, mangeant des herbes et 
des racines, comme il est dit : Ils arrachent des herbes dans les champs. 
Armihis, le tils de Satan, c'est-à-dire le fils de la pierre, se rendra dans le 

désert de Moab, comme il est dit : « Il fait sortir la pierre Alors les 

enfants d'Israël crieront vers le ciel, et Michaël, le prince des anges (du 
trône divin aura pitié d'eux et se mettra à prier Dieu en leur faveur, 

comme il est dit: Alors Michaël se placera etc.. Or se placer ne 

signifie autre chose que prier, et il dira devant lui : Maître de l'Univers, 
souviens-toi de ce que tu as promis à leurs ancêtres, souviens-toi en leur 
faveur de ce que tu as dit à ton fidèle serviteur Mo'ise, comme il est dit : 
Je t'ai pardonné selon ma parole. Tu les as déclarés consacrés à toi, comme 
il est dit : Vous serez pour moi des saints. C'est toi qui les as distingués 
(des nations! en vue de ta gloire. Dixième signe : (Dieu) fera sortir de sa 
prison Menahem ben Ammiel, le Messie fils de David. Il sortira de la 
prison en qualité de roi et chevarichera sur des nuées, comme il est dit : 

Voici le signalement du Messie : épaule longue, cou épais, sa face 

sera comme une roue de soleil, ses yeux brilleront, ses chevilles seront 
grosses Il dominera tous les pays ; à lui appartiendront la domina- 
tion, la magnificence et la grandeur. Armilus se lèvera et autour de iul 
se rassembleront soixante-dix nations, comme il est dit : Et les rois delà 
terre se rassembleront, et tous ceux qui s'élèveront contre lui se join- 
dront à lui et il les tuera, comme il est écrit : Avec le souffle de sa bouche 
il tuera le méchant. Il tuera Armilus, le fils de la pierre, et sauvera 
Israël ; son nom se répandra dune extrémité de l'univers à l'autre. Et 
voici les villes qui seront épargnées par la guerre 

Mammuustein. 



MELANGES JUDEO-ARABES 



.^ i 



XXVIII 

Fragment de l'iihuiinal abare nr commentaire slr le S. Ykcirah 

PAR IsAK ISRAÉM. 



Il va sans dire (jue, par ce litre, je ne pi'étends nullement pré- 
juger la solution du problème littéraire de la paternité du commen- 
taire du Séfer Yecîrah. qui a élé mis en rapport aussi avec les noms 
de Doùnasch b. ïaniîm et de Jacob b. Xissim-. Jai choisi ce titre 
poui- plus de brièveté, étant donné qu'en tout cas. le commentaire a 
été composé dans le cercle disak Israéli et, tout au moins, sous son 
influence. Ce n'est pas non plus, d'ailleurs, la reprise de cette ques- 
tion d'auteur qui fait l'objet de cette note, mais la communication 
de la découvei'te que j'ai l'aile, parmi les fragments de Gueniza 
appartenant maintenant à l'Académie des sciences de Hongrie 
(fonds Kaufmann), d'un fragment qui appartient sans doute à 
Vorii/inal ar/ihc de ce commentuiri' du Si- fer Yecirah. Ce serait, à 
ma connaissance, le premier échantillon publié jusqu'à ce jour de 
l'original de cet ouvrage. 

Ce fragment se compose de deux feuillets de papier (14 X 11 cm, 
à 10 lignes la page\ dont le premier seul s'est conservé du com- 
mencement à la (in : encore a-t-il souflert de quelques déchirures 
regrettables; du second feuillet il ne reste que la partie supérieure 
— la plus pelile — de chaque page ; l'autre es! arrachée. 

1. Voir Revue. XLIU. 1-1 1: XLIV, 6.1---2 : XJ.V, 1\1 : XLVII, ll-'.S: XI. VIII. 179- 
186: XLIX, 210-230: L, :i2-U: LU, M-.'JO. 

2. Voir, t'ii 'lernier lii'ii, l'cxampii ili» la qm-stioii dans Stcinsrliiniiiir, /';> /ifhtiii- 
schen Uehevsetzuitfjen des Mi/lelallers . \t\i. 3'ii-401. 



188 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Pour la confrontation du texte, je n'ai eu à ma disposition, en 
fait de traductions hébraïques, que celle qu'a éditée Menasché Gross- 
berg à Londres en 190'2. 

Les points diacritiques, ainsi que les signes de vocalisation et 
de ponctuation, ont été ajoutés par moi; le manuscrit ne donne 
que par-ci par-là le point diacritique du i. J'ai ajouté entre crochets 
les lettres qui manquent dans le manuscrit à cause des déchirures, 
là où il a été possible de faire cette restitution avec quelque vrai- 
semblance. 



I 



Le fragment qui suit correspond, dans la traduction hébraïque 
éditée par M, Grossberg, au passage qui va de la page 4o, ligne o 
(■^nnyn 'bn] à la page 46, ligne 9 (m^'-^s^ri). 

Recto. 

r:[bx] bntt 'n"'D[i;] n:î<D Nns Tin "^îN-ia^^bN r;ab brjN 

[Vî«]pn ^ nDnn)3bN r]ï«î;D5N ibN ^r, nbbn r,zy^ no? 173 

m«T^î< ob'c'rx nnn in -ini"^ mirp O'C ina anm 

N733 rsT^bs (sic) nPD Nr;;72 iîo nànTwX nin 

•{■^nni mn ]J2 "rriNT ^d^d p-'Toy 'y^-\y b-^i:: 

ûî<73î<"5N-i -iNO-^'irNi '["«7û"''7Ni rnnbî<i pn^bN N«m* 

N72[b] ^oNwbN ûbwS^rbwS V^ n-'-i" 'c^'rsbx ''::'n N-ribxT 

rtWDNT n'rbx rt-np nb^rb^ nos "^cntoi -«-lOi r:"»D 

ûoxbwN iNb DCN nh rr■:^bN i^sb ûSï< [sic] iibnpn abi û:5L-'NbN] 

«7:072 ■^inp"' ûCNbwN l^b riNi73 y-ir nm y-i? 

N]:p nnn bsT^ "jx 170 "^àx ràn t:» r^bbxn -itoo?:! 

-iDn23 ONibN -^rcayiz aza a'-^a * 3^x2:73 [bx^] rrrià 

-wxr7:03 \x;r3 sqnwXrnbwS biisT xrbiiN 173 ..r: 1» 

bN bn73 * r;pN-i^-ixm nbwxrsNi rînxci: b[iD]Na 

';îîî<7:bi fbn rrrc N7:t ■•■'b^'bN'i rnaT^bsi pbNs 

1. La iM'ctiiitTc lettre csl iiKlistiiictc. 

2. Tratl. Iiébr. (éd. (îrusslxTi;) : -iu:3rî, 1. aCS". 

3. Man(|ui' dans la tradii('ti')ii iK'lMaMiiic. 

4. La tradiii'lion liéhraKiiie est al)iv-ée cl crmurc : ",;b N"j< II^lî'û l^nîM'J NbN 

0. Maii(|iit' dans la traiL liidiian|iic. 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES 

Verso. 

n-.nbx -"SD rpa: TibwS f-p::: ^n ^nbwS 'm' N-srwSi 
n:<?2b3 i 'pxbrbN -hn itz à'.i'x wN-:b-i 'n'2:n 

■«by ^bi )i2 T\T'^ a-ir.xbx cbrrNi ....bx -iobi< 
Nsssbsbx «nnsisT Nwrnbx ''-n-^ox N?: yy^ 

m>:N cbc -^j: "'TjT'cbN bip n?:st Nîsxn^CN 

"irîb ■'rrr xbT 230 -b n7:br n7:d •:;rN 

*. .nb Dbrx iNm-rp Nri* r,2 'pb:'n"'D 

nbbx mp byic -r-'b^ mn-'DO i^ur rsp an 

nD;-i-;?:bî<T b^bb "riscNTobx ^r,^ brbx -"s nn2:7:bî< 

nDnnTobïï q-nxbx niriD ri-^'ncz bsbb 



II 



Le fragment suivant de notre manuscrit, qui traite de la division 
des lettres de l'alphabet d'après les organes qui servent à les pro- 
noncer ne se trouve pas dans la traduction liébra'ique éditée par 
Grossberg ; sa place serait à la p. 48. On peut en conclure le ca- 
ractère abrégé de cette traduction. 

1. Ce passa^'e est ;ibréi.'é flans la tta'iurtioii liil>rai(Hie et iiaiait coiresiiomlre à un 

autre texte : m-niNT; p: ib iina: "i:?;?: r:b:?::b "j^rr vî^ r^- '^'' ""'ne nn^i 
m7:"'r:3':j r!bir73n b^ a">-n7:r; D"'bpn. 

2. Les mots mis eiitif jiareiitliéscs doivent sans doute être efTacés. 

■i. anbiT mcim m^^bx m-'j-nx- ban mmpo- cr;T: cf. p . 48, 1. :i d'en itas : 
irî3 mnn"' ^z^2H^ nTobx mcnn m'mxr; bac ""idtû -.Tmr: m\-nN ms-ipi 
ibx i'£i2 mairr. 

i. La trad. Iiébr. ajoute m;*N. 

:j. Hébr. TlTOO, ce qui rorrespoiul probablement à r;P30î<. 

6. Hébr. T33T. Ce qui montre rpie les deux mots de noire texte sont exacts et 
doivent sii:nifier « irarder comme secret » , eest lantitlièse qui suit, d'après laquelle 
l'auteur était le jiremier à • dévoiler » [C1Ï33) toutes ces choses, 

7. Hébr. imbynb, sûrement corruption de imbnb. 
iS. Man<iuc dans la trad. hébraïque. 

9. Ms. r!DD73WbN. 



\<A0 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Recto. 

■'-i n-'bNybN iNrDxbb r:p::Nb5N rixrîbbN 

^^<n'■?N^ VnVdn") NbbN ■'m rT'inbbx nr,'ô'^ an 'nb^T Vpkt ::bî< 

rîc-'j im iNDbbx pbi l?: "^n * riipbTÏbs mn'ô'' un 

1i:bNT ûxbbNi N^bs "m pb:: pbn V'^o"' '"'? ibnbi 

bbNi NcbwS TiT NnriN "^m rr'nscbN N^'^b'^ an 

';"«ns":;bî< NnnbwS "i^b ri''n;£0 Nnb b]^p û'^;7:bî<]n 

(La partie inférieure de la page est arrachée à cet endroit) 

Verso. 

'D ;-{:ib::^< xi'isb ■':-io npc N:bip en-: 'itrD 

IN 1X3 ^p^ ''LNbD NbNi -îobN Nir; NriNnonos 

j«rb biNbN a'^r"',nbNi DsbN "^s b aasbN i'icNiT: 

biu "'by -bpr^.N bnp v: N-jibN lîo n7::wNi 

wNim 3NrcbN biiN nnN:^ bûp "jt: Nb nrwTNbx 

rn ■'S qx: r-' "^" ""^ b*nr:N " Nr;3\mn np^pn 

nx^ VD ";v T^n 'c -.nj: i^o 3^3 -^n ■'d r^wss qxp 

T^n -D li: Nn bx-j Nb . . .-^nt 

XXIX 

De la SIBSTITLTIO.N DE SENS DANS UN Mltï. 

Dans le commentaire sur les Juges de Juda ibn lîalam, édité par 
S. Poznanski en l'honneur du iH)« anniversaire de M. Steinschneider, 
lauteur l'ail usage, sur xiv, 13, du phénomène heuméneuticiue 
établi par Ibn Djanàh, de la substitution de sens dans un mot, 

I. Urtlr (li\i>iMii. tniulr-c siir li's sons de l'arabe et emiuuiiUT à la uraiiunain' de 
i-vlU' l;iii-ur. i>t ivsuiin-e iiiir la tiad. licl)iaii|ne. p. 48, 1. U.'. <lans cclti- iiyrnc : 

^3-:r- nvmN n^NO pa idotûi ■'any pcba m?:-:; pb •^"", 
■2. Ms. ribxT SbxT bbwX. 

3. .Ms. .snbxi bxnbi*"! N'j'rN. 

4. Cf. Steinscliiii'ider, /. r.. \,. Idl. I. I. 

':\. Traii. biM)rai(iuc, p. l'i, 1. 1 ; -jN?:! JH"' 'j-^' ';n': r::55r; V- ~-i:~ '~T1 
•j-imab:: bas*' r--' xbn. 
<;. irad. iiODr.. p. V.), 1. 12 : r;:^^"!?- n-'H br- s-în p irTi? xao no ■'3 rri 

'13T a'^p-'nrTOr; ^\•\y'^^ V^'n "{"nN niîW. — Ce .pii suit .lans U- t.-xte man.iu.- dans 
la tradiiiMiou. 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES I9i 

disant que « les Arabes en usent aussi iFune manière semblable ' ». 
En ellet, ce phénomène forme un chapitre de la rhétori(iue et de la 
stylistique arabes, d"où il a même trouvé place dans Ihermé- 
neutique du Coran -. 

Pour le point de vue spécial de celte Revue, il ne sera pas sans 
intérêt de connaître un des exemples au moyen desquels l'auteur 
dune rhétorique arabe, Di/yci al-din Ibn al-Athîr al-Djazari (mort 
en 1:239;, qui s'est occupé ailleurs encore d' « hebraica » •', illustre 
ce phénomène linguistique, qu'il étudie sous le rapport du style : 

^»K_Ji -»_:i ^_^ y^Hiy adiiO yûlL; IkAs, Ji L-« U»X=wt ^^x^:|^_5 ^ 

• Lxl-.^. /jXj ^» liUi 3^»- *-*' (j-v Y^ ij-^V ^' '^'3 ^•«ïl^ *^' (>-SV 

*_> *XL^ ^*>»'i ^^^ v^y' *^yb ^>*^' ^:?^ ^^'^^ *;" •^^^S? ^ i*Xiûj 

« C'est ainsi encore ipril est dit dans la Turah qu'on ne doit pas manger 
d'agneau'dans le lait de sa mère. On peut voir là une défense de deux 
façons. Premièrement celle (juindique le sens extérieur des mots, c'est- 
à-dire la défense toute spéciale de la chair de l'agneau dans le lait de sa 
propre mère; mais si on le mange dans un autre lait, non dans celui de sa 
mère, ce serait permis et non défendu, (k'tle ^explication) n'est suivie par 
aucun Juif. La seconde interprétation est celle tiuado|)lent tous les Juifs, 
il savoir que l'usage de la viande avec du lait est interdit dune façon géné- 
rale, quel que soit le lait. Il n'y a qu'une secte parmi eux qui fasse 
exception en cela, celle dont (les partisans) sont appelés Karrâ'ûn; ils 
donnent une explication qui ne concorde pas avec l'intention du texte et 
mangent la chair des oiseaux avec du lail. Ce qui est défendu, disent-ils, 
c'est de manger avec du lait la chair des animaux qui ont du lail. <)r, les 

i. Ara/iischer <'oiii)nenltir zinn ISiiclw der liirli/er von Ahi'i Zakarjd Jaltiij (/{. 
Jefiiir/d ibn Uatdni). ]>. 2(1, I. 9 Frainfort s. M.. 1906). 

i. P. ex. Suyùti, ul-llkdn p uiltun al-liiivdn (L.- Caiiv, 1-278^, 11, ji. .iS : ^y.l\ 

'■\. Cf. ycschouroiin lii; Kûliak. I\ ;i.S":{). p. 25. 



i92 HEVLE DES ÉTUDES JUIVES 

oiseaux sont des animaux (jui pond(;nt des œufs, mais qui ne donnent 
pas de lait '. » 

En l'an I:23o, donc du temps même dlhn al-Âtliîr, '/ 'zz al-din'-Ad 
al-Hamid Hibat-AIldh al Madd'ini, de Bagdad, généralement 
connu sous le nom d76?i abî-l-Hadîd (mort en I^^T), écrivit une 
critique incisive de l'ouvrage du savant de Mossoul-. Cette œuvre 
de critique est maintenant accessible à tous grâce à la diligence de 
la presse de Bombay. A l'affût des points faibles du livre, l'auteurne 
laisse pas écbapper la fausse citation d'Ibn al-Atiiîr. Dans le pas- 
sage en question de son ouvrage — passage qui est reproduit avec 
des lacunes dans l'édition, ainsi qu'on ne manquera pas de le 
remarquer si on y regarde, — il fait valoir, comme deuxième objec- 
tion à la conclusion de son adversaire, que dans le passage visé de 
la Bible, il n'est pas dit rj^lj ii, mais^éjj ii, « tu ne feras pas cuire ». 
Relevant donc, avec une insistance particulière, que la proximité du 
verset biblique (il songe sans doute à xv, :2I a] prouve qu'il est 
question ici, sans faire appel à la théorie de la substitution de sens 
d'un mot, uniquement du fait de manger (et non simplement de 
faire cuire), il déclare que ce verset ne peut servir d'exemple à ce 
pour quoi Ibn al-Atbîr veut l'employer. « Les Juifs, conclut-il, 
défendent d'ailleurs de manger de la viande dans du lait en se fon- 
dant non seulement sur ce verset, mais sur d'autres textes encore 
que leurs législateurs tiennent par tradition de leur Prophète-' ». 

On voit que la question de abnn nïJ2 est même débattue dans la 
rhétorique arabe. 

I. GtiLDzninH. 



1. ul-Mulliul al-sdir fiddnb ul-Kaliii wal-schiViv iHoiilàk. 1282 . p. i't. 
•2. J'ai donné dt.-s indications sur o- c'iia]pitr'' iitti'iaiif dans /.DMd. XWV lSSi\ 
pp. iïO sij. 

.'i. nl-Fnlah al-<UVir 'ald ul-Mathal al-suir (Litli. Boinl)ay, i;i01l). p. '2» : 

*iJUiff>Jl jIjUI 3 »J."j-xil loUJili 4jl ? i *_»l)l »J^_<â J'wi. >L» J.5I — H *4-Aiï *4^ ^JS. 



MÉLANGES D'EXÉGÈSE ET D'ÉTYMOLOGIE 



Les noies qui suivent onL pour but de proposer une nouvelle in- 
terprétation de quelques passages bibliques qui, à mon sens, nont 
pas été bien compris jusqu'ici, interprétation fondée sur des accep- 
tions de mois qui ditlerenl des opinions antérieures et auxquelles 
jai été amené par la comparaison de l'arabe. Qu'il soit d'une iné- 
luclable nécessité de l'aire appel justement à cette langue pour la 
rapprocher de l'hébreu, c'est ce que je me crois dispensé d'établir; 
il me suffira de renvoyer au substantiel et excellent ouvrage de 
A. -S. Yahuda, Die scmltische PJiilolof/ie in ifirem Verhâltnis zttr 
biblischen Exégèse^ . — Il est fort possible que telle explication que 
je donne ici se trouve déjà chez un auteur moderne; il n'en est 
pas moins vrai que les idées que je vais exposer sont dues exclusi- 
vement à mes observations personnelles. 

1. — Isa'ie, XXXV, 4: b:;m mcn nns. La traduction ordinaire 
de ma par « fleurir » ne me paraît pas convenir au contexte, car, 
dans ce verset comme dans le précédent, ce mot se trouve en étroite 
liaison avec des termes qui expriment la joie, à l'exception toute- 
fois de la fin du premier verset : nb^^ns vrzm. Je crois donc 
qu'il faut comparer mcn nis avec l'arabe qj, a se réjouir », 
ce qui donne à la phrase un sens conforme au parallélisme. 

"2. — Isaïe. VIII, :2() : nno V? V'"* "i-^s : ibid., xlvii, Il : 
Tqnp n?-!"» n"^. Ces deux passages, que ce soit par la liaison avec 
le verset précédent, comme dans viii, 40, ou avec le suivant, 
comme dans xlvii, 11, \isent la magie et l'incantalion (|u"ils 
combattent ; on arrive ainsi, pour la racine nnc, à une significa- 
tion correspondante qid est fournie par l'analogie de l'arabe „^ 
qui a le sens de « pratiquer l'incantalion, la sorcellerie ». Le sub- 
stantif -inc, « malin », est apparenté à l'arabe yS:- Y a-t-il 
un rapport avec la premièic racine. "nb dans le sens de « cher- 

l. bAUi \c Jahresheric/il der LehranslaU filr die \Vissenschi(/'l des .ludenluins 
llfiliii, 1900. 

T. LU, .\' loi. !■( 



194 KEVUli DES ÉTUDES JUIVES 

cher», parliculièrement «chercher Dieu», ou est-ce undénominatif 
de "ind «matin»? C'est ce que je ne saurais décider sans i)lus 
ample examen. 

8. — Isaïe, XXVI, 9 : T^'"'^^ "''-'°'- GiMK'ralement on explique 
ici ']\-i"»ni< en lui prêtant la signification ordinaire du mot mi<, 
«désirer, souhaiter». De même pour n^î<, Ps., cxxxii, 13, et 
rr^rTiis, ibid., 14. Mais ailleurs ce verbe n'est employé que pour 
désigner le désir sensuel, ce qui n'est pas du tout le cas dans nos 
passages. Dans le premier il est en parallélisme avec '^■!'j"'^î< 
« chercher ». Dans les deux autres il figure à côté de « demeurer », 
et, de plus, il y est question de Dieu. Je propose donc d'expliquer ce 
mot, dans les trois passages, comme analogue à l'arabe ^.i 
«. trouver accueil auprès de quelqu'un ». Le sens serait donc dans 
Is., XXVI, 9 : « mon âme aspire à toi », c'est-à-dire : « cherche 
accueil auprès de toi », ce qui convient parfaitement àlhémistiche 
suivant : ']-in"::iî -^nipa Tiin S]N. Cette signification apparaît éga- 
lement plus juste que celle qui a été admise jusqu'ici, dans les 
deux passages du Ps. cxxxii : a Dieu a pris Sion pour lieu de .sr'- 
JoLir, ou : il veut y prendre son lieu de séjour. » — On pourrait 
encore expliquer autrement -^-l■'^x dans Is., xxvi, 9, en le fai- 
sant dériver de l'onomatopée rivs qu'on trouve aussi en hébreu, 
et qui est apparentée avec l'arabe ^^Ij « gémir, appeler». Barlh' 
en a rapproché avec raison le mot mxn dans Psaumes, x, 17 et 
xxxviii, 10. Le sens serait alors : « avec mon âme je t'appelle ». 

4. — Ps., XXXVIII, 14 : "i^^-y "'? "P'ff '"• Le mot 'r>-p;ù,v, 
qui n'a pas encore été expliqué jusqu'ici d'une manière satisfaisante, 
doit avoir, dans tous les cas, une signification qui corresponde à 
celle de \:?")^ <^ prends plaisir à moi ». En le rapprochant du 
verbe P"-" qui se trouve ailleurs avec le sens d' « opprimer w, 
on n'arrive [)as aune interprétation convenable du verset. Mais, à 
mon sens, nous avons dans T,-p'ûy le reste dune racine P^^. 
qui existait à côté de P^n «aimer», qui est seul resté usuel, et 
qui s'est maintenue en arabe dans le mot (^£*s. « aimer ». Le verset 
donne alors un sens convenable. — c'est une prière pour l'amour 
et la grâce de Dieu. — et se rattache parfaitement à la pensée ex- 
primée dans le verset 17: nnà?^ ■'wd: ppçn nnsn . Remarquons 
encore qu'Isaac ibn Baroùn (Motnvazana, s.v.'^, compare déjà 
pum avec l'arabe ^>.ii^ "-. 

1. \Viirzeli/n/ersiichu)if/eii, j). S. 

2. Cf. encore, i)Our le passatrr ihi n liébreu an ç- arabe. Barlh, Ehjniol. Stiidien, 
[I. 22, paras, ti. 



MÉLANGES DEXÉGÈSE ET D'ÉTYMOLOGIE i95 

5. — Ps., Lxviii, :28 : an7:5-i. Ce mot constitue tout parti- 
culièrement une cnix uiterpretuni dans un psaume qui otïre encore 
beaucoup d'autres obscurités et dont le fond historique indubitable 
est entouré d"iin voile épais. Je n'en voudrais pas moins, après tant 
d'opinions émises sur ce mot', soumettre aussi la mienne à l'exa- 
men. Le premier hémistiche parle de Benjamin, la plus jeune et la 
moins importante des tribus, comme étant ann c'est-à-dire 
comme ayant exercé sur les autres tribus la tyrannie, ïm ne 
s'employant qu'en parlantd'une telle souveraineté (cf. Gen., i, '27 ; 
Lév., XXV, ASetpas-^uii). Il faut donc que les princes nommés dans 
la suite de la phrase soient ceux qui doivent le tribut à Benjamin. 
Il est naturel, par conséquent, de cbercher cette acception dans 
ûPHii. Or, on trouve un mot correspondant dans l'arabe -»xi 
« être obligé envers quelqu'un pour le paiement d'un tribut ». 
Dès lors nnr:-i rniT» ■'to se rattache parfaitement bien à 
onn -ryz "072^:2 ■z-c. Le passage de l'arabe i au 5 hébreu qui, à la 
vérité, nous paraît étrange au premier abord, est établi par 
une autorité qui peut aller de pair avec les philologues modernes, 
par Ibn Baroûn, qui, entre autres rapprochements, compare ;is, 
dans 5103 (Ps., xliv, 19) et dans 3b ano Prov., xiv, 14), à 
l'arabe 9-\j « divergent » {Mouwazcma, p. T'a). 

6. — Ps., civ, il : '~3"«f?. On traduit ordinairement : « les bûtes 
sauvages brisent, c'est-à-dire calment, leur soif » (s.-e. dans les 
sources). Pour justifier cette expression poétique, on se réfère 
à la tournure Ti^?! "i?^ (Gen.. xlii, 19) « ce qui est destiné 
à briser la faim ». Seulement là non plus naa n'a pas ce 
sens, mais doit être interprété dans celui du subslantif "i2;:J. 
qui revient si souvent dans b^ cbapitre, et du verl)e nno, qui 
est celui d'« acheter», encore qu'on nait pas encore trouvé 
jusqu'à présent d'étymologie satisfaisante qui rende compte 
de cette acception. D'aulro pari, n-i3UJi ne peut pas avoir, dans 
les Psaumes, la signiticalion de « briser, c'est-à-dire calmer», 
parce que, d'après l'usage de la langue hébraïque, nao '< bri- 
ser » est plulôt employé dans le sens de deslruclion; cf. 
Lévit., x.wi, •ii) : sn'5 T'Cd asb -^nauîs « tandis que je vous 
brise rap[)ui du pain ». Mais, a mou avis, il convient de donnera 
Tnattj"» une acception analogue à celle de ^P">p:, (|u'on lit dans 
le premier membre de la phrase, fùt-on exposé à eflaccr la belle 
image poétique. Je reconnais dans nacj-', grâce à une mélatbèse, 

1. Cf. aussi Chajes, lievuc, XLIV, ±i--i'î><. 



lOG KEVUE DES ÉTUDES JUJVES 

l'arabe t^Ji. « boire ». Donc : « Les sources abreuvent les 
bêtes sauvages de la campagne, elles û'î^id ^ou'e/</ d'après leur 
soif ». 2wS^i: étant un accusatif « bal '». 

Je crois pouvoir retrouver le même mot dans un aiilre passage 
encore. Dans Isaïe, lv, l,on ti'ouve deux fois ii^r/ (pion tra- 
duit, comme dans Gen., xlu-xliu, par « acbeler ». Mais le sens 
de la pbrase me paraît déjà contredire cette interprétation. 11 y est 
question, en effet, de ceux qui n'ont pas d'argent ; il est donc impos- 
sible qu'on ait employé ici le terme d' « acheter». Comme, en outre, 
on parle surtout dans ce verset de boissons, le plus naturel serait 
d'expliquer, ici aussi, tqïî par « buvez ». Donc: « vous tous 
qui avez soif, allez vers l'eau, même si vous n'avez pas d'argent ; 
allez boire et manger, allez boire, même sans argent ou tout prix, 
du vin et du lait. »Ce qu'ils peuvent boire, en effet, sans rien payei-, 
ce sont les {)aroles de la Loi. 

7. — Prov., xui, 9 : n;:b-; c^p1^j: mN. L'antithèse du se- 
cond hémistiche : ']5'T< t3"'3'o-i isn « la lumière des impies est 
trouble, près de s'éteindre ■> réclame pour r\im^ un autre sens 
que celui de la traduction ordinaire. « se réjouit ». Il est naturel de 
songer ici à l'arabe i^i; « être élevé », ce qui donne le sens 
suivant : « La lumière des justes s'élève, tandis que celle des impies 
est trouble. » — Je remarque, à ce propos, que Saadia ihn Daiiàii 
explique ce mot semi»lablemont par « s agrandir» (dans le supplé- 
ment du Dictionnaire d'ibn Djanàli, j). 81)4, I. :28 et sui\.U le tra- 
duisant par TT^ avec référence à lexpi-ession néo-hébrai(|U(' 
pmb ne:: « une palme qui paraît joyeuse, c'cst-à dire largement 
mesurée», par opposition a "yivj ns-j «une palme qui paraît 
triste, c'est-à-dire mesurée parcimonieusement- ». 

8. — '"^yà. Cette racine dont on trouve plusieurs fois la 
forme verbale comme Ketib, à coté du Kerê 3Dïj (p. ex.: Dent., 
XXVIII, 30; Isaïe, xm, 16; Zacli , xiv, :2; Jér., xiii, '2), et deux 
fois la forme nominale -^-^ (Ps., xi.v, 10, et Néh., ii, G; en 
araméen biblique dans Dan. , v, •i) n'a pas encore été. que je sache, 
reconnue quant à l'élunologie. 1/explication dlbn Djanàh, s. v. 
(p. 708. I, 13), d'après qui le nom aurait le sens de <jjy*« « con- 
ciibinr », est considéive par lui-même comme n'étant pas "^57 

1. l'iMif l.i rorr(S]ioiiilaiiri' du "^ lichn'u avec li' J^ eiralu'. cf. aussi liarlh. vji. cit.. 
pj). 40 el suiv., surtout \)\). 4'J-oO. 

2. D'après une .i:lose du nis. deUuurii du Dictioiuiaire cribu DJanùli, ii° 24, on lisait 
dans un court abrégé, ni;nb7J5N. 'H'^' H'-'C dans iiotrt' passaire est l'v'al iilioiiétique- 
mr;ntà 717311'' «pousser ». 



MÉLANGE? n'EXÉGESE ET D ÉTYMOLOGIE 107 

•JoVrx np^pn; ellr esl infirmée, en outre, par les passages de 
]»s., xr.v, Kl ; Dan., v, !2, et Néh., ii, G. Je rapproche donc ce mot de 
larabe Ji=>. « épouse », dont je ne connais pas, il est vrai, de 
racine verbale ayant cette acception. Le sens de Deut., xxvni, 30 
est donc : « Tu concluras une union avec une femme, mais un 
autre cohabitera avec elle. » Que si à nbsuj, dansJér., ii, 8, cor- 
respond le A>;'^' ri33"i (de même dans Is., xni, l() et Zach., xiv, 
4) avec la signification d' « outrager parla cohabitation », on peut 
l'expliquer par ranalogie de l'arabe ovi** « cohabiter » avec 
rhébreu qN3'. Peut-être le Kerc doil-il faire ressortir avec plus 
(le force encore la menace du châtiment ou l'indignité. C'est ainsi 
que dans Deut., xxvii, "27, le Kptih a-bsy et le Keré D"^"nn:: 
ont également la même signification, le premier désignant la mala- 
die en question chez les hommes, le second la même maladie chez 
les femmes -. 

Simon Eppenstein. 



1. Cf. Barth, Eh/mol. Shitl., p. 22, paraï. "J, /. /. 

2. Cf. Ihn Bal'àni. adloc, dans Fuclis, S/udien. p. xx. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB 

DE L\ FliANCE SEPTENTRIONALE 



SUITE ET FIN 



Ces explications de versets par groupes se rencontrent à chaque 
pas dans notre commentaire ; donnons- en au moins quelques 
exemples caractéristiques. Sur iv, 7-1 i : Éliphaz dit à Job : As-tu 
jamais vu qu'un innocent ait péri, comme j"ai vu, moi, que ceux 
qui avaient labouré le crime et semé le mal le récoltaient aussitôt, 
en périssant sur-le-champ par le souffle de Dieu (mbs nM'iss» 
comme rn^ ntt^oin, cf. Is., x.vx, SS), et comme j'ai vu des lions 
rugissants qui, faute de proie, mouraient de faim, et comme j'ai 
vu les dents de lionceaux ravisseurs déracinées (nyna = vrbî ; les 
lions étant l'image des gens de rien), etc. ; ainsi, toi également, tu 
ne soufTres que parce que tu n'es pas aussi pieux et juste que tu 
l'affirmes et que le monde le croit. — Ou encore sur xv, 18-23 : 
Ecoute-moi, dit Éliphaz à Job, et je vais te raconter ce que j'ai vu. 
Mais ce n'est pas seulement mon opinion personnelle, de sorte 
que tu pourrais dire que je me trompe ; c'est aussi ce que les 
sages nous rapportent de leurs pères auxquels a été donnée la 
terre (cf. Is., lx, 21), et pour lesquels Dieu n'a pas permis qu'un 
étranger parût parmi eux pour recueillir leur succession cf. Lam., 
v, 2). Ces sages, donc, disent que le méchant tremble (bbinn^: de 
bTi) sa vie durant, que des cris d'angoisse résonnent sans cesse à 
ses oreilles, qu'au milieu de la paix et du bien-être il est soudain 
assailli par un brigand, de sorte qu'il n'espère plus échapper à 
cette subite obscurité (c'est-à-dire : infortune) et désire même iidi: 
de nci:, « espérer », donc comme nsrcw !) une épée qui le délivrera 
de sa souffrance, obligé qu'il est d'errer çà et là pour avoir du 
pain, etc. — Prenons encore comme exemple les versets de deux 

1. Voir jiliis liant, p. ï>\. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE LA FRANCE SEPTENTRIONALE 199 

chapitres qui se suivent ; par exemple, rexplication de l\, 88-x. 1 : 
Que n'y a-t il, sécrle Job, entre moi et Dieu, un juge qui put dé- 
tourner de moi sa \erge (la verge de Dieu!), alors sa crainte ne 
m'effraierait pas et je parlerais sans avoir peur de lui : mais 
comme il n'en est pas ainsi, mon âme éprouve de l'aversion 
(rt::p3 comme ûm::ip3i, Ézéch., xx, 43; pour ma vie, etc. 

VII. — Mais notre commentateur nest pas seulement appliqué à 
rendre compte du rapport t't de la liaison des versets, il donne 
encore, à la fin de chaque discours, qu'il soit de Job ou de ses 
amis, une espèce de court résumé de leur argumentation, de sorte 
qu'il est possible de se faire, d'après ces résumés, une claire image 
de la marche des idées dans le dialogue '. 

Ce qui n'est pas moins intéressant, c'est ce qui est dit touchant 
la patrie et l'époque des principaux personnages du livre. D'après 
notre commentaleur. Job élait du pays de Oiiç ben Nahor, c'est- 
à-dire du pays d'Aram. qui, d'après Is., ix, 11 {ûnpK ûnx\ était 
situé à l'Est. Ceci est confirmé par l'indication que Job « était 
plus grand que tous les fils de l'Est » 'i, 3 ; ceux-ci, à leur tour, 
les ûnp •'Ï2, étaient, d'après I Rois, v, 10, réputés pour leur 
sagesse-. Quant à l'époque de Job, il vivait, ainsi qu'il résulte 
d'Ézéch., XIV, 14, après Daniel. Ézéchiel mentionne, en effet, 
trois hommes dont cbacun a sauvé, par sa piété, trois personnes : 
Noé, ses trois fils ; Daniel, ses trois compagnons, Hananya, 
Mischaël et Azarya; Job, enfin, ses trois amis, en faveur desquels 
il a imploré Dieu (v. xlii, 8) '. Le but de l'épreuve de Job était 

1. On ne peut évidemment reproduin- \n lu matière des discussions entre Job et 
ses amis ilaprés l'interprétation de notre commentaire, cela nous mènerait trop loin: 
mais voici les passages qui contiennent ces résumés, d'après les payes et les lijrni'sde 
l'édition : 

p. 17, 1. .')-lI : . p. .•;-, 1. d. à p. 58. I. 5: 

p. 24, I. i d'en bas à p. io. I. 2 : p. 61, I. 1-4 ; 

p. 32, I. 14-16; p. 6i, I. 17 à p. 6.'i. I. I ; 

p. 34, I. 2 d'en bas à p 35. I. 1 ; p. 67, I. 10-17 : 

!>. 43, I. 4 d'en bas à p. 44, 1. 2; p. 72, I. 2 d'en bas à p. 73. 1. 3 : 

p. 47, 1. 17-23; • p. 73, 1. 4 d'en basa p 74, 1. 1 ; 

p. 52. I. 15-18; p. 76, 1. 12-17; 

p. 55, 1. 1-6: p. 91, 1. 18 à p. 92, 1. 4. 

2. Sur r, 1 p. 1, 1. 13 et sni\. . L'opinion d'Ibu Ezra, qui fait <le Juh un descen- 
dant d'Esaù, est rejetéc. pane que le pays d'Ouç, qui est mentionné dans Lam., iv, 
21, a tiré son nom d'un Horite (cf. Gcn.. sxxvi, 28\ à qui Esaii a ensuite enlevé 
son pays. 

3. Sur m. 1 : --,\s HT "D I. '7:tn "flU Z^Zyizr, (1. 'lEîb^ ''e''? 'mx 2-1^31 

'îM-'îT -inxc -,':V? pp"» ...rrr, r-r n-wa '•^.-C"' -"Tcrn ip'rn: iz -.-en 
'iDT '"^tzTz. 'y ac cnp'? "j-ic^c 3-i'Ni 'rwS'm nri '?wNp-n"'2 ^r^x-js rrr:. 

Sur I, 1, après la discussion sur la patrif de Job, on lit : Cl~3 2Tr2X r;î<~;r! "^sbl 

aT^N im ny riT-'Na -int*. 



200 KF.VrE DES ÉTUDES JUIVES 

le même que celui de l'rpreuve d'Abraham : faire connaître au 
monde son dévouement'. 

Une autre particiilaril)' de notre commentaire, c'est qu'il donne 
souveni, sur nn passage quelconque, deux ou ])lusieurs explica- 
tions, dont la seconde (ou, quand il y en a plus de deux, celles qui 
suivent la première) est introduite par les formules b""< D51, c'est- 
à-dire 'ûiob O"» Û5T (m, 24; vi, 2, 20 ; x, 1 ; xi, 4; xv, 11, etc.), ou 
y:i^Tt) "i5< (iv, 12, 21 ; vu, 7 [tcîtt'D rr^r;"' ^^^] ; ix, (3 ; xvii. 10. etc.), ou 
•ij-îsb bsiST (xiv, 4, etc.), ou une autre semblable. Ce ne sont pas 
seulement des versets isolés qui sont ainsi expliqués de deux ou 
plusieurs manières, mais même des groupes entiers de versets; il 
en est ainsi, par ex., sur viii, 5-7, où la première explication est 
suivie d'une seconde introduite parpri'^i, sur xxiii, 8 11 où une 
autre explication commence par b"-» Dsi, et assez souvent aux 
endroits les plus différents du commentaire. 

VIll. — Comme tous les commentaires bibliques composés dans 
le jNord de la France à l'âge classique de l'exégèse, le nôtre cultive 
exclusivement le Pescbat, et même dans les quelques passages où 
il fait appel au Derasch, il se rend compte de son opposition avec 
le Pescbat et la relève expressément. C'est ainsi, par exemple, 
que le verset x, 8, est d'abord expliqué simplement : Te convient-il, 
() Dieu, de dépouiller Ibomme de son droit et de rejeter l'œuvre 
de tes mains en la détruisant, etc.; après quoi on lit : am i'9^ 

'D V ^"i^^ '^2^^ ~^"'' ■"^^'' ■'■'^^'^ r-i":i-pr> tznxi w-' i^snTC nc'ro 
nnTO "|DD y-'r ONTon ^^ Dp'rn? rrrio riTa^j "^'t:?: 2j<m 3wNr: p'rn picrn 
'^pbn, c'est-à-dire : te convient-il de dépouiller mes parents de 
leur part sur moi (à savoir : mon corpS; et de rejeter l'œuvre de 
tes mains, qui est ta part (mou àme)-? — Sur xiii, 27, l'auteur 
cite d'abord le rapprocbement, emprunté à Rascbi, de nsn avec 
2\n-' rr^snon Nns"* ; puis il donne une explication plus simple qu'il 
introduit en ces termes : aoon •'zh 'ib u:"'n. — Les versets xxiv, 14 et 
21 sont expliqués d'une façon naturelle, tandis que les dévelop- 
pements agadiqucs qui s'y rattachent ne sont indiqués respecti- 
vement que par les mots mm-» mi5î«m et n:>")T' rsnsïîm '•. — Sur 

1. Sun. 12: "jTin aom ip^'-b x:'):')2 i:i:.b .']t« nrcn bx T'bs pi 
rrm?3 'i. n^î-inbn imN-inbi a-'-^na -,xu;"'C •'Id nb-'b? niDr: ib Nir: 
'iDT cri-i^îî PM noD nT:bi«r:T *]-!- br cbiy- ^:2b. 

■2. Cf. Siddd, 151 it. V. aussi quelque eliosc flanaloLme dans le 2^15 "jT"! 'ie Samuel 
I). Nissini, ad loc. ii-tl. l{ul)i'f, ji. ;>."), I. ."ij. 

:•). V. jilus haut. ].. .iO. 

\. L'aLrada <lu v. -2\ pnuiiait rtrc le passage connu de Genèse vahha sur iv, l!l; 
mais iiotir le \. 1 'i, il iiouirait s",ii;ir des dillerentes a;:adot qui se rapi>ortent à re 
eliapilie. 



UN COMMENTAIRE SUR .lOB DE LA FRANCE SEPTENTRIONALE 201 

wxi, 8<S, on lit : ::aDr; ■'sV, rî2 »"n5m:r; mi:«7: «n";!! ■'sb. p^Tn Twnî* 
nm^n ■'ims'Tû ; la source du Derasch auquel il est fait allusion ici 
est expressément citée par Raschi : c'est la PesiJda de Rab Kahana 
(éd. Buber, 08 6). — Enfin, le passage sur vu, '21 est également 
intéressant, mais il est proprement tiré dlbn Ezra : nrib ']-,ii: "j-nt 
acE- •'sb a-inono Y'?'"'^ Ninc NC7ûb ''\Y':v n-nxi •• 

IX. — Mais si notre commentateur évite, en somme, le Derasch, 
il n'en lait pas moins appel, avec un juste sentiment philologique, 
à la langue du Talmud pour l'explication de mots bibliques. Il est 
vrai que la majeure partie de ces comparaisons sont dues à ses 
prédécesseurs, Raschi, Joseph Kara et Ibn Ezra (une fois même 
sans doute Jacob Taniy -; toutefois il en est qui lui appartiennent 
en propre : ainsi l'explication de ipno xiii, 11; par « son feu ». 
avec rapprochement du passage de la Mischna : n\ST:;7: 'j-^x'^'ûtt 
[Rosch Hasrhana, ii, 2)' ; celle de ■•'-id-id'^ ,xvi, I^) par » émietter ». 
avec référence à -.d'^d dnïj ']^'^'0^ {Béra, 17 6)*: les mots macNT 
b^y mybntt (,x\i\, 17) sont expliqués par comparaison avec l'expres- 
sion talmudique inn v:o "naiu ; le verbe nn^.D (xxx, 1% est expliqué 
comme me, et l'auteur cite à ce propos le terme talmudique "^n-iî! 
r!;i"D"'; enfin rtrn (xxxii, 4 est expliqué par « attendre » d'après 
le Targoum pTo, avec cette addition : '[irn '-^Jz^n '-cjbn 'rx: riTri. 

Il y a aussi intérêt à relever les termes que notre commentaire 
emploie pour désigner la langue du Talmud et qui ne concordent 
pas toujours avec ceux des sources mises à profit. Ce sont : It::^ 
nsctt (^11, 8 ; xxi, 24; xxx, 4), n-ron licb (xiii, 4, 27 ; xvi, 8. 12. lo ; 
XXXII, 4), W'K^n ■'lan (vi, 10), n''7:rn inws 'xxix, 17 , irnn-i ';r^b 
(xv, 32), irnai "«-im fxi, 17: xiii. H), irma-i i-itoîî (xih. 4 , enfin, 
et plus simplement : "nrbrai (XVI, Kî; xxix, 4: xxx, 12 . Remar- 
quons, en outre, que la littérature traditionnelle est encore citée 
deux fois en passant. La première fois, c'est au sujet de l'holocauste 
mentionné dans i. 5, où l'auteur rappelle les mots de Simon b. 

I . Cr. .Tusrii Riisclii. ml loc. ; mais roIiii-<:i ne ilit pas i\w cr Tihkoim Sof'erim ost su- 
licrtlu. Il t'st siiignlifT <iue Wiiijrht Préface, p. vi) ait pris D'^IETO "JipP Jiour lo litn» 
irmi ouvrage. — Sur \o fond de la (juestion cf. Geiger. Vrsclirift, p. 309 et sniv., et 
Wedell, De emendaliotnbus a Sopherim... proposilis. p. ■2\. 

i. V. plus liaut, passim. 

.'i. L'explicatiun de IPNO pai' « feu » vient, en réalité. d'Uni Ezra. mais ecjui-ei ne 
donue pas à l'appui les mots de la Miselina. 

4. Le commentaire cite encore Is., xxiv, 19 (niTiCPr; "lIE • 

:;. Viiioi l'explication complète de ci- verset : b*C3D rî~T"< 'n .nri"lD 1"'2"' b? 

t3-n33 n-12":: "'.n 'nb nsm n:ir!D ■'n-is mTûbnm mo '3 r^iim nn-3 
'121 "«a pinob. 



202 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Yoliaï dans le Tanhouma (sur Gen., xv, 1), d'après lesquels 
riiolocausle servait à faire expier les mauvaises pensées ^ En 
second lieu, le Traité de Soferim (iv, 9) est cité sur xvi, 18, pour 
prouver que b^n est, dans ce verset, un nom divin. 

Le ïargoum est encore plus souvent mis à profit que le Talmud 
dans un but lexicographique ou exégétique -. Ainsi, 'Oi::"' (ix, 26) 
est expliqué par « se hâter » avec référence au targouniique D'^^an, 
qui est la traduction de lun (Hab.,i,8). — L'explication dentt5"»(xi,6) 
par « oublier » est rapportée au nom d'Ibn Ezra, avec cette addi- 
tion : •'Tasn HDtjn 'anm. — Notre commentateur considère le mot 
riTHN (xxiii, 11) comme ayant le sens du verbe qui, dans le Tar- 
goum, signifie « voir », sans dire comment il faut, dans ce cas, 
interpréter le verset. — Il explique aussi ^y (xxv, o) d'après le targou- 
mique ixiy « se retirer », ce qui donne au verset le sens de : la lune 
se retire, c'est-à-dire : se voile, etc. — Il prouve encore que innr; 
(iv, 7) signifie « être exterminé », car c'est ainsi, par exemple, que 
nnDm Œx., ix, 15) est traduit parnî^-^iin^ri^ ^. — Le Targoum de Job 
n'est utilisé que deux fois : sur nrn (xxxii. 4; v. plus bauti et sur 
b^yy^ Nbi (xxi, 10 1 : '"i:;'-im rîra:;^ N-^Dp-i "^n yinb s'-iTri iîi:"^© .b'^yy^ ^^ 

La Massora enfin n'est citée, à part xxix, 18 (où elle l'est d'après 
Kara, V. plus haut, p. 61), que sur iv, 2; il s'agit du rapproche- 
ment de no3n avec la même forme qui se rencontre seulement 
encore dansDeut., iv, 34 "^ 

X. — La grammaire hébraïque tient une très petite place dans 
notre commentaire (beaucoup moindre que chez Joseph Kara, par 
exemple', qui, en cela encore, ressemble davantage à ceux d'Élié- 
zer de Beaugency, Cependant on y trouve çà et là des remarques 

i. 'N3 ''^^y- 'IN •^m-' p 'vj-^-o 'n nr-Tab-ia i:ni:»m:) rî?: .nbn:? nbym 
'^^^ p'^'yn -^sb Ti-im (i. ■j-'ncT^tt ?) v^"*' V^ C'^^) ^bn — nn-in ^r. 

Joseph Kara, ad loc, cite le mémo dire, mais n'en iudiciue pas la source. 

2. Beaucoup de citations du Targoum sont également puisées à dos sources anté- 
rieures ; V, notamment l'explication île xxxvi, 2, empruntée àRasclii {supra, p. 60). 

3. C'est la traduction du T. Yonatan (v. la note de Wriirht, ad loc). Onkelos dit 

4. Cf. sur ce mot Aroti/c/i, éd. Iv.liiit, 1, 2'M) et VI, 390 : Levy, s. v. (T, 14"). et Krauss. 
Lehn'vôrler, s. v. (II, lOSi. 

"j. rîNbn ^''ba iman nc: :=n "im wN',r;r: t;:d 'in O"» ...-i^n -r:r; 
Sra r-ii'T pi X'^'^ ~nn 'cm a-^n-) 'rcb T'iini 'w ipa :^y: "pi 
-13- -o;r; [c^nbf^ ricrn in '■'oij "«r^b '33 '3 'f{':; ncrn b^* r-.mcTrn 

[riNbn "^"^îî*]. Le rapprocliement de Deut., iv, 34, et l'expression TC)b '3 doivent 
prouver que la Massora na pas interprété "131 n03~ dans le sens de << tenter, 
éprouver >. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE LA FRANCE SEPTENTRIONALE 203 

linguistiques, que nous allons réunir ici. Déjà sur i, 1, on lit : 
nns Nini:: 3i-i:?n noi [irs] ^c^^"'•: I\s'«î5 V^? "iot nrm', c'est-à-dire 
sans doute que is doit être considéré ici comme un adjectif, au 
rebours d"Ex., viii, ^6, où le même mot est un parfait. Mais notre 
commentateur se trompait en croyant que le kamer est ici un 
kameç hatouf. — "rm (vu, 4) est un substantif du type np», et est 
abrégé de nn;«, comme np?: de npb?: (cf. Raschi). — Sur xv, 8, à 
propos du mot msnn. que notre commentateur a lu sans daguesch, 
il remarque que, quand un hé interrogatif est suivi des lettres Y':>a 
n"DD, celles-ci peuvent aussi bien ne pas avoir de daguesch, 
comme dans ce passage, dans Job, xxn, 13 ('ijran), et Gen., xxxiv, 
31 rrsiTDrt), qu'en avoir un, comme dans Nombres, xiu, 19 (D-^-nrarr), 
et dans II Sam., ni, 33 m^srj . — Le mot v^i (xx, 18), étant pourvu 
de deux kameç. doit être expliqué comme un substantif du type 
yab (Gen., xli, 30), et signifie « produit «. — Suivant d'aucuns, Va»» 
(xxi, 34) a le sens d" « infidélité « et. pour cette raison, a l'accent 
sur lavant-dernière syllabe. — riwsn xxxiv, 17) est ponctué d'un 
patah, et doit être distingué de îqx- « colère », qui a un kcuneç. 
— La théorie de notre commentateur sur les quadrilittères ne 
manque pas non plus d'intérêt. Pour connaître leur signification, 
il faut simplement écarter la dernière lettre et tenir compte du 
sens des trois premières. Ainsi, à l'occasion du verbe Ta"iD (x.wi, 
0), qui, le zagin retranché, a l'acception de ï3-b « étendre », on lit 
qu'il faut expliquer de la même façon les quadrilittères analogues; 
par exemple, si de '^■'wbn on enlève le schin, il reste "^nbn qui si- 
gnifie « fort », d'après l'analogie de •mhw (Job. xxxix, 4) ; de même 
as^D (Ex., xxvii, o; xxxvm, 4i qui, après le retranchement du bèt, 
devient ^^-id, qui a le sens de « rond » ; de même zsznn (Ex., xvi, 
14), etc. 2. — La même théorie est répétée au sujet de •iar::"i i xxxiii, 
25), qui, le schin enlevé, se réduit à t\:i-\, qui égale ne-) - humide»-*. 
Même des formes comme nnnc fxxx, 12) doivent être expliquées de 
cette manière ; c'est ainsi que ce verbe a le même sens que nns K 



1. On voit qii»> notre commentateur cm|)loie pntah pour kameç. de nuMue que Me- 
nahem b. Sarouk. Rasclii. Rasrlil)ani. etc. Cf. Uosin, H. Samuel h. Meir als Sv/iri/'/- 
erklrirer, p. 130. n. ti. 

2. V. plus haut, p. .j5 ; voici la suite de la citation : p^3 b'^inb n37?;r! 3D"1!31 

main \. m'^riy n'?m cocn:: pi n^rrn aaio wsnrrc i. "^-r) 'z-z -inc-'i 

Dm733. Mais on ne nous dit pas comment il faut i'\pii(|uei- CCCH'^- 

3. m-p-'y "ry 2-ia-, nnns'r [-x-; ""'in' p'rnrn nbizr, rave n"-' .csa-i 
''u^z r-rr,'Ci2 -rT« 3i::-,t n'r iTca '■'d pT ...•C7:cn ^:z-: xir; aan 

'1DT "13?i;rî. C'est ainsi qu'il faut compléter ce passage. 

4. V. plus haut, p. 201, n. .i. 



204 REVUE DES ÉTrOES .iriVES 

Par contre, dans "jSi^bïJ (xxi, 28), cosl le lamed qni est superflu, 
(le sorte que ce mol équivaut à Idn'c:. ot cest le même cas pour 

m3i5*bn (Os., mii, oi '. 

XI. — Certains termes techniques de notre commentateur méritent 
aussi d'être passés en revue. La Bible estappelée |)ar lui rc^'n^. Ainsi, 
sur I, 1, il érige en règle que lorsque, dans lEcriture, un récit com- 
mence par les mots rr^r: •«a*'», il faut que le récit lui-môme soit 
encore précédé de "^rr^i, comme c'est le cas, outre Job, pour Esther, 
II, 0-7 ; s'il s'ouvre, au contraire, par '0\s tî"*!, il se continue dans 
la même phrase, comme dans Juges, xiii, 2; I Sam., i, 1 : n::"":: TOm 
-nin-^a i^-ijc -Tî o-tît '"IN ncND (i. nriN'c:-?) ■i^72iwS3 ^-n '53» rr^-'-ipr; 
bn-« "Vù uî^N ■^n-'T '721N^ cipw "733 "rax ...■^tî-'t -i73N-'1 V"'^^'^ "i3o'5 
'131 'y-\iXi nnx •«r-'w -n-'i 17:0 p-'os"» n'di V-^" •iid''03 Et encore, 
sur IX, 8 : 'ix a"<72'0 rf^"':23 -i"'3T72-:j3 n-'-'-ipr; 3i-i3 .nnb D'^tûo niûi' 
iTi' -^'rn nian -mzj^b na''? o-'N 'ïdi-» n5 nnx n:'"»-!"' rr^-^iûrn "«d nab. 
Enfin, cette expression revient dans le passage déjà cité (plus 
haut, p. o4) sur xx. I"2. où l'auteur rapporte une règle exégétique 
au nom de son père. 

Un autre terme, également intéressant, mais qu'on retrouve 
encore ailleurs, est celui de iip"»:' pour désigner le « sens con- 
traire». Exemples, sur xiv, 20: (1 b:ûi;) '5:313 -iipiy inDpnn 'ib c"^ asi 
13»73 I2pin, c'est-à-dire : inspnn doit être expliqué avec la signifi- 
cation contraire à celle que ce mot a généralement, donc : « en- 
lever à quelqu'un la force » : de même sur xv, 4 : mp"»:» ^'-ism 'ii< wi 
ûîn û-'"i3'7 n3-itt rtPiîi ■^i3"'-i 'lob. c'est-à-dire : 3>-i5m doit être pris 
ici dans le sens antonymique d' « augmenter «, donc : « tu 
accumules en vain des mots- ». Or, la première interprétation est 
empruntée à .Joseph Kara, ad loc. {MoncUsschrift, 1850, 472) : 
rî3-i-i ni:2'5 -n3wX Nin -^^n iîtotû lîpin bm3 nn^cn 'ro .ni:3b inspnn 
'PD i"ip i"'mD"'2'D3 -iip^n np^r d^C72C7û':; riTs ni:i^d ir;:TD ni3\-i 
'iDiiim2"'rD miD'PDnnxD r^yo» i:;ipi'*D;?3. Ainsi donc, mp"';' est tout 
bonnement l'abrégé de nip'^j'i "ip"'3', et cette dernière expression a 
été choisie parce que le verbe npy est justement un des exemples 
les plus frappants dantonymie. Du reste, celte dénomination 
complète se trouve encore ailleurs, par exemple cbez Joseph Kara 
(outre le passage précédent, sur Jug., xiv, lO-': Is., x, 83 ' et Job. 

\. Cette explication provient ppnt-ètre (rElir'7.(>r di- lU'auL'-iMii\v, v. son Cuninicnlaire 
d'Osée, sur xiii, 3 p. '^'i de mon édition ; cf. n. 3). 
2. Les deux passages sont entièrement mal rompris dans la tradnefioii an.rlai«e. 
."î. Cité par Geiger, Porschaiula/ha. partie h''braifpn''. p. '-V}. 
i. li'i il emploie les termes ipiyi ip''^' n-:N2 Ci:'D"^ r;iN3i: 'n "jinx" n:" 

^fTUTvïi -ipis'i np"»? Nin'C 011C i?03 npiyi -ip-'r n':;7jC7:n r;3"'n .r:i:-ir7;3 



U.N COMMt.NTAlHE SUR JUB bE LA FRANCE SEl^TLMRluNALE 20ii 

XI, 6), chez Jacol) Tcim {Hakhraot, pp. 56, 77), chez Joseph Kimhi 
{Comni. de Job, sur m, o, etx, !20 ; Srfcr lia-Galoui/, p. 149, 1. o), 
chez Moïse h. Isaac d'Angleterre [Srfer lta-SchoIia»n, ^•. v. nsD) '. 
etc. Seul Éliézer de Beaugeucy dit à la place: ■np''3' liujb; 
par exemple sur Is., ix, 17: nvrib?: irnc: ."ir^n ■'D3d iD3î«rT«i 

'iDT n3-i -;rtn -";vS3n î<':> 'lob mmxD miD rjyor ; puis sur x, 88: 
'n=)i "wnop cnr:; 1722 np^i* '-d^^o -'.ip-'? qrcT:... ; et encore surMicha. 
II, 10 ^dans son Comm. ms.) : V^ "npy \:jT:;n 17:2 Nin ban -np"':' bann 
ma-; r::r!3i "i"'"'ri:-;b- 'cnc '• II est probahle que, sur ce point 
encore, notre commentateur a pris Éliézer pour modèle •*. 

Le terme boD. qu'on reliouve également chez d'autres auteurs, 
est employé pour désigner aussi bien les synonymes ("p. ex. 
sur xviii, S : 'la-, rc-. b;' bsa rraau; r;'j?72 caac '7sa .naa'C bs'T) 
que le parallélisme des hémistiches, ce qui est encore plus fré- 
quent ip. ex. sur XXIV, o: ht b:? m baa nanTDi ; sur xxx, 14 : 
bira piCDn 'ia •^-im, etc.). Cette expression revient aussi avec son 
double sens chez Samuel b. 3Iéir, par exemple'; mais elle est 
employée avec une fréquence particulière par ÉliézerdeBeaugency, 
V., par exemple, son Comnifmtalre d'haie sur 11, "1; v, 80: x, 15, 
38 : XIV, 1(3, etc. 

Un terme qui est particulièrement fréquent dans notre com- 
mentaire est celui de rTJ"'0, qui a dilïerents sens. En première 
ligne, celui de « suite des pensées, système», qui se trouve employé 
surtout dans l'exposition des idées exprimées par les personnages 
du livre de Job"'. Ainsi, sur vui 7 : 'lai ar.sb 'ixa mba 7\'jr^ nsm : 
sur X, ;2:2 : '^z^ s^^ti^o m^o -i-nab r!:y73n n'a an-x t^'û^-z "«"ir; ; sur 
XX, ^9 : '^z^ mnN n^'^o csn'' ^i. *]}<) "^-n ai^x i:3-'C i-^ST bri, etc. 
(cf. encore sur xii, 8) : ir-'cn-b phn -:3"'Ct ^^N '^-1-; nnpb abao ■'sbi 
abia -!ia:'a nn^sb -laia . M\\ autre emploi de n::-'::, apparenté au pre- 
mier, est celui de « sens, signitication » du contexte. Kxem[)les : 
sur i\, 1 : a'j;'b bc?:: yz^--:: p 'a ■'p::'t> aras .-■j-'C- lai . aviî \v^^ 

ïz^r-cn T\^y ba i:;ip i\-nD?aa ra\i i?- ïl^'C": l^a qN ^^-'n y^^iz 
'laT q:y p-wb Ki-\a. 

1. Cf. Dukus, Li/eralurblall cl. Orients, 1850, col. 3o v. aussi ib., IKî. i:]:*., iSi . 

2. Voir aussi la citation du î^lussaiiv de Parme (Russi 60). sur Gcii.. \\x\ . 22. ciiez 
Daiiuesteter [Reliques icienlifiques, 1, ili; : rînba NpipT'N ~r;ba PN aa"CT 

ina"<7: -i"'or!'iba a"«"'nr; "j^-ist: Tr-iCT (i.iTsa) 'nba mp-:' mpv y^c?: hti. 

3. Lui' fois (sur x, 20) un trouve daus uotrc comnientaire le terme "^sn p >ur dési- 

a-nerie sens contraire : p*:; D'^cnar;! "^2.-; •^:n"':m ■';737a '^73::? P"'CTb-;n "jabT... 
anrrsD npTnp.-c -nrcn ipc 

4. V. lîusiu, op. cil., pp. 143 et suiv. 

.0. C'est-à-dire le plus souvent à la fin de cliaipie disiours. uu notre comnieulaleur 
iMi donne un résum- (v. plus haut. p. l'.)9;. 



206 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

iri ; sur xwiii, 1 : a"^-im 'cb (i. -irn:) a-'-iin: r.r^yi 'au:n ^^y n^r> itt 
'131 l"''':3'a":;. Ensuite, ncû^^uî a le sens de « règle » (v. plus haut, p. 204 : 
rT«"^-ipr! r:3"'0 nsm), et celui de « à la manière de », qui est connexe 
au précédent et est le plus fréquent. Ainsi, sur m, 3 : 'a'^'ja rr^rriT 
nb-'bf?] nb-'bT '731N yn-^ DT'b îdti ; iô., 16: ma '7:î<c n^ar^ '1203 riTT 
bosn 13X373 ; iv, il : nuj-i d-^-i-^dd (i. 'a'';::^ na-^^un) 'a-^CD na-^an n^n 
'iDi iay-n ; v, i(S : na-i'CJD rtn .rtD-^D-in i^tt ...^an-'T n-'NS-i Nin -"D 
iDï:2n-'T ']■' lïNDT^i tina Nin -^d v'i b^ nm^nîi -lob ycin; ib., 19 : .:>n«m 
nïjTT'D^y yaiNT niracn (i. Nb) n^t nsn u^b;:: na-^wS rîa":)n pnt 
''l^D^ j'D'^rn Y"'^~'i n:i7:i r;T pT i-iiy-^n-ir; ; xxxi, 9 : nb-^bn bs 'a-^'^Di... 
'iDT nnnb ;::î<d -ira [Nin] -ipa nnoN v^^""! titc. Enfin, on désigne par 
na-iï: la manière d'expliquer de tel commentateur cité. p. ex., sur 
VI, 17 : 'ybn '-1 na-^a pnt (de même sur xvii, 46 et xxiv, 19 ; v. supra, 
p. 67)'. Or, ce terme na'^ta revient, lui aussi, chez d'autres 
exégètes^, mais, comme le précédent, ici encore chez aucun il 
n'est aussi fréquent et n'a d'aussi multiples significations que chez 
Éliézer de Beaugency ; v., par exemple, son Commentaire, sur 
Is., 1, !2 ; VIT, 2, '20; viii, 21 : sur Osée, iv, 6, etc., etc. 

Pour désigner les hapax legomena ou les mots qui ne se trou- 
vent que dans Job, notre commentateur emploie les formules : 
pnsDD "(VT:-! îîba (sur 11, 8, pour i-i^nnb), noor; nn p-i i«s:tt2 Nb (sur 
v, 26, pour nboa), iDDr! rjTa pi liujbn riT Ni:?2-' Nbn (sur xxx, 24, pour 
T^D ; mais il lui a échappé que ce mot se trouve aussi dans Prov., 
XXIV, 22^ ; et, comme le sens n'en peut être déterminé le plus sou- 
vent que par le contexte, il ajoute encore parfois : nr:^ "^sb isnino 
(p. ex., outre 11, 8 et v, 26, sur vi, 10 . Cette dernière expression, 
comme les précédentes, est déjà employée par des auteurs anté- 
rieurs, Menahem b. Sarouk^, Raschi '•, Raschbam"', et Éliézer de 
Beaugency". Dans le même ordre d'idées, notre commentateur 
remarque que certains mots ont une signification spéciale dans 
Job ; ainsi il dit, sur 11, 4, que -n3> a, dans ce livre, le sens de 
« membres » : (1. D-'-iniNrr) C"«"ia"'Nn '^^'p■':: -iDOn ht ^-n .-ny nya "wy 

1. Cf. Hjiclier, /. c. col. 2(il. 

2. V. Rosiii, op. cit.. p. I."i8. 

3. Mais fclui-ci ajouti' ciicurr iiaifuis iy73",U73Z : v. Bâcher. Die hebr.-arab.Spruch- 
vevfjleichunfi dea Abulwalid. \\. "0. 

4. Cf. Zuiiz, Zur Gesckiclile, \\. 06. 
ij. v. Kosin, op. cit., p. l.">. ii. î. 

6. P. ex., sur Is., ix, 4 : Ti3iN 'icb i;-'33' ""Db 'TIPD .'jj'-ia 1X1D IISD b^ "^r 

'1DT 21 5nm b^n: sans i:Ti.nD sur v, 2 : mT^r j^Ti nrry "«i:b .inp-y""! 

13 ':C"i^I21 "IIT^" '"Uw l-TT*:». ('f. t'iicoro sou couiiu.uis. sur Kz., xxxviu, 1"2, où il ilit : 
Y']iin "in373 1;"*;^ "'Ob 121-inDT .';T'73"1 nb ';"'N .-na^/ ouliliaulciuo ce mot se trouve 
encore Mans Ju:;., ix, :n. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE LA FRANCE SEPTENTRIONALE 207 

Çà et là, on trouve des règles syntaxiques d'une portée géné- 
i-ale. Outre les passages cités précédemment (p. '204) à Toccasion 
du lerme rj-'-'-ip, on en voit un nouvel exemple sur xix, 18 : 

.r;">r733 "[n-Ni a-'-iT: ~3im 'd •'h:'/^ Nin nia T'"inwSO mn-^T rs •■'3 inm-'n 
...rikSia; "^ni p-i ^'D-b n7:b i^nni* dni .^m i""'3 mm -^d'. 

XII. — Dans le cours de ce travail, jai eu souvent l'occasion de 
citer de nombreux échantillons du commentaire. Mais pour donner 
encore une meilleure idée de sa méthode, je vais reproduire ici 
une série de passages caractéj-istiques pris dans tout l'ouvrage et 
qui permettront d'en apprécier pleinement la « manière ». 

I, 20. t:i"'T a la signification fondamentale de « faire sortir » ; p. ex. 
Nombr., xi, 31 : û-^ibu: u^i « et il (le vent) fit sortir les cailles », s.-e. 
de la mer : de même ici : « Job s'arracha les cheveux de la tête », 
de sorte que t::î<'-i est pour tont ir:j ou i^'N"i n::3> (cf. Job, xix, 9). 
Semblablement, dans Ps , lxxxiii, lo, il faut compléter: nanbDi 
a""-!- ["'iry] anbn, et dans cxix, l'âO : "^-nan [ns'ia] '^nns» *i»d ; cf. Job, 
IV, lo. — III, 3. Généralement on parle de la conception avant la 
naissance 'p. ex., Gen , iv, 1) ; mais ici, c'est d'abord la naissance 
(m ib^n) qui est mentionnée, et ensuite la conception ("as ^"^n), 
parce que, chez les gens distingués, quand un enfant naît, on fait un 
calcul rétrospectif pour connaître exactement l'heure de sa concep- 
tion. — IX, 4. Les mots rb^<^u:pi^ ■'» doivent être expliqués d'après 
l'analogie deï^p^T dans II Sam., xix, 44 : « Qui peut s'élever aussi 
fortement contre Dieu, dans son différend, pour en sortir vain- 
queur? » — XI, 18. mcm est à expliquer ici comme Ti^n-^T dans 
Deut., I. 2^2, c'est-à-dire par « rechercher, scruter ». Donc : l'I tu 
l'echercheras (l'endroit) où tu peux coucher tranquille. — xii. 5. 
La torche est méprisable aux yeux de l'homme qui est à son aise 
et dont le corps est luisant de graisse [l^z-o ncy -iOi< '«^Nb , de sorte 
que quand la fumée de cette torche le gène, il ordonne de la jeter 
en pleine rue et s'égaie en voyant des piétons tomber dessus et se 
brider. Au milieu de son bien-être, il ne peut croire que lui aussi 
poui-rail y choir. Mais à la fin ses pieds y trébuchent (Iids Nin rpoi 



1. On lit fiisiiik- dans notre texte : D'^n-'-ii*":» "iron; DniN 3mN«. m^ls (|ui se 
rapportent déjà à 19 6, de sorte qunn assez lon^^ passai:e a lii"! tomber à eet endroit, 
La pensée du coninientateur est claire : il vi'iit dire ipii-. lorsipie le veibe ")3T est 
•iuivi de la préposiUmi 2, il siiiiiifie « médire df (|iii'lijiriiii d. ni.iis (|nr, si e'esl un 
5 (jui suit, il a le sens de « parler de quei(ju"un l'avorablrnn-nt « ; et c'est seulement 
dans les discours propliétiques que -|3T peut être suivi de D sans recevoir d'ac- 
ception péjorative. Cf. Rasdii sur II Sam., xxiii. 2, et, d"ai)rès lui, Elir'zcr de Beau- 
gency sur Osée, i, 2. 



20S REVUE DES ET LU ES JLIVES 

nn T>b:i"i tî^t^'^ïj) a cause de sa corpulence, el il éprouve ainsi i)lus 
de dommage que tous les autres. — w , M. u^b signifie « recou- 
vrir, voiler », comme dans 1 Rois, xix, 13 ; 11 Sam., xix, o ; donc : 
c'est voilé et caché pour toi, et tu ne sais pas que, lorsque tu re- 
viendras à Dieu, il t'accueillera. — xvi, 15. %-ibbi3>i a ici le sens 
d' « enlever ». Donc : le sac est collé par les ulcères à ma peau 
(■«nba comme m^r, v. plus haut, p. 61 ), de sorte que, quand je l'en- 
lève, j'emporte en même temps un moi'ceau de ma peau et que 
j'enlève celle-ci peu à peu, dégradant sa heauté et la jetant pièce 
par pièce dans la tei-re '. — xvii, Itl biNUJ 1-73 désigne « les perches 
de la tombe » sur lesquelles on porte le mort pour l'enterrer. — 
XIX, 8-9 doit être interprété comme une hyperbole. C'est comme 
quand quelqu'un porte sa plainte devant un roi, mais que celui-ci, 
l'ayant en haine, feint de ne pas vouloir l'écouler, ne le laisse pas 
présenter ses raisons et donne l'ordre de lui enlever ses vêtements 
et de le jeter en piison afin qu'il ne puisse plus paraître devant 
lui. De même. Job dit en parlant de Dieu : D'abord, il a muré mon 
sentier, de sorte que je ne i)uis passer, puis il a recouvert mes pas 
de ténèbres, puis il m'a dépouillé de mon honneur, puis il m'a en- 
levé la couronne de la tête. 

XXIV, 1. r^'ivi signifie ici : « et ceux qui connaissent Dieu ». — 
Ib., 4. "^niTû D'^jVDN icj"» est à expliquer comme Amos 11, 7 : comme 
ils épient les pauvres sur les routes, ceux-ci sont obligés de cher- 
cher des rues détournées, et ainsi « ils écartent les pauvres du 
grand chemin » ^. — Ib., 13. Les impies sont appelés mi< "^i^vz, 
soit parce qu'ils redoutent la lumière et accomplissent tout dans 
les ténèbres, soit parce qu'ils se soulèvent contre Dieu, qui est la 
source de toute lumière. — xxx, 18. "cjsnni signifie ici : « cbanger 
d'habits », comme dans 1 Rois, x\ii. 30. Job veut dire, en efTet : 
Quand je veux changer d'habits, je suis obligé d'y employer beau- 
coup de force; car, si grand ([ue soit mon vêtement, j'en suis 
comme ceint, parce qu'il colle à mon corps à cause de Ibumidité 
des tumeurs et (lu'il faut pour cette raison déployer beaucoup de 
force pour le défaire^'. — xwi, 40. Les mots nrx ■'lan "iTîn ne veu- 

1. -ni'- pn-'; lYrs by)2 -p'::- •:;-'-iDnb -'n.sacD "^tcd -nr -«dv \-ibb-\y ... 

'IDT -IDrn -^ibaTOT •jy73 -^^12 1372)3 bbv?: ■':wXO *C-|D:1 IT:^. L'auteur fait 
(loue (IrriM'i' pp dv pp « luillrr. luire ». rt rcxi>li«iui' par « beauté ». 

-2. Dnb a"'n-iN7:c cnnor r^-' a-^i;:» ('is'i "^-m [itûd] ."pn?: d'':v3î< la"' 

nriN T"n 'J'^sbim "î"*'»:;!:'.! a"'3-n3. ^<i Ifiliteur, ni le traducteur n'oul su re- 

cunuaître ici le verset d'Anios, ii, 7, el se soûl mépris sur le seus de tout ce passai:e. 

3. Le texte n'est pas ici non plus entièi'einent correct : "^OTD"? OmPl"' ns 3~i3 

iC3i3b -"ZûCDa 'IN pi T'1^3 n:û"'">::D 'rob '72nb7û3 N3t CEnnn '723 .■'b^r 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE LA FRANCE SEPTENTRIONALE 209 

lent pas dire que les paroles de Job prennent fin ici, puisqu'il a 
continué à s'entretenir avec Dieu, mais : ici se terminent les dis- 
cours de Job avec ses amis. De même, dans Ps., lxxii, :20, les mots 
•'©■' p iM mbDn nbn ne sigiiilient pas : toutes les prières de David 
sont terminées, puisque ce psaume est encore suivi d'autres prières, 
mais : ici prennent fin les pi'Ières de David pour son fils Salomon, 
qui est mentionné en tète du psaume lxxii. — xxxiii, ^6. r:o Ni'^n 
rt:>mn3 veut dire : Dieu voit alors sa face, en souiïrance, donc comme 
Q'^yn ^"^îD 3>T!a dans Néh., ii, "2 irjyn~n3 viendrait ainsi de y~\ 1). 
— XXXIV, "IQ. nnn a ici le même sens que dans rnn»-itt "^a-^ê^ nnp «b 
dans Ex., x, 23, c'est-à-dire : « de sa place », là où cbacun était 
assis. De même ici : Dieu se venge des méchants à l'endroit où 
on les connaît, eux et leurs œuvres, afin que le monde entier voie 
celte vengeance. C'est donc la même pensée que celle qui est 
contenue dans la malédiction prononcée par le prêtre pour une 
femme soupçonnée d'infidélité : "^w:? '^nnn rryiausbT r:bi«b ']ms 'n irr^ 
(Nombres, v, 21) '. — xxxv, 10. zittimt signifie, ou bien « chant », 
et alors notre verset peut être expliqué d'après Ps., cxix, 62 (^bn... 
'iDT Y'' r.imnb n^^pn nb^b m::n '"y nb-^bn 'tt'Tot ib ^^^;), ou bien 
« destruction », comme T>aT dans Is , xxv, o, et dans ce cas le 
verset contient la même pensée que Job, xxxiv, 20 ; Ex., xii, 29 et 
Dan., v, 30 {mrr^-iD ';T>::b wNin'O a-'i:-'-)? -.""?:t 'm m-i'^7:T 'ob pn"« aai 
.-1132 'd3 rran ■'"-«"i nb-^br: ^-^n^ -^rr-i .uy Tw:?"13^ nb-^b ririr, i"y ù^i^y 
"ii:"jb2 b^'cji «""b-iba rT>3)^ 

Ces citations peuvent suffire à donner une idée exacte de notre 
commentaire et à montrer que, si l'auteur a fait un très grand 
nombre d'emprunts à ses prédécesseurs, sans toujours les citer 
nommément, il n'en est pas moins capable d'être assez souvent 
original et mérite dêlre considéré comme un écrivain et un exé- 
gète indépendant. 

XIII. — Nous avons déjà dit que le commentaire est édité d'après 
un manuscrit de Cambridge, le seul qui existe, difficile à lire et 

(c.-;i-(i. 1CD) 'd [■'nTN-'] 'D"in3 "'sbc '73bT ;q'*bnï< r,z a-ia] -inN q-ibnb ■«br73 
hb) nn-ib m-i?: "'sisn np-^m nbizc nn -i^m -nTX -«rN nbiis \-i:inD\:j 
nD3 "^Tcn bi'To m-^-i^nb -j-'Tj:-! ex ■^:r7:3 -nTwNn psT' — i":;nd it,':: 

■^Dian r;p''3T N■^;^ "TD bs blia [vï- aussi la traduction anglaise, i|ui n'est pas 
tdut à fait exacte). Ensuite vieut une seconde explicatiou commençant par "'SNT 

1. Cette explication est suivie d'une seconde intn>duite \mr 's5 w"' 251- 

2. Cf. aussi le commentaire de Raschi sur Ex., XV, 2: «b pcb n"172n 1"lU:bl... 

13b rrr; irnbwS b-j in7:p:T itt .nrmDT mos liob ,n^::.'''^y -i"'72t ,-n7:Tn 
nyr:î-'b. 

T. LU, N" 104. 14 



2i0 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



mal conservé. L'unique moyen de contrôle pour l'établissement 
d'un texte correct est le Glossaire de Leipzig, dont l'éditeur a, 
d'ailleurs, fait un ample usage. Malheureusement, il a mis trop peu 
de soin à l'épuration du texte, et son édition tout entière montre 
qu'il est insuffisamment familiarisé avec la littérature exégétique 
du moyen âge, et a assumé une tâche qui excédait ses forces. Sans 
compter une masse de fautes d'impression, il y a des fautes de 
texte qui auraient pu être facilement corrigées. Il est vrai que 
beaucoup de passages sont irrémédiablement corrompus, le style 
de notre commentateur étant assez obscur. D'ailleurs, beaucoup 
de rectifications ont été faites par l'éditeur dans les Corrigenda 
(pp. llS-lâO), et une série d'excellentes émendations a été ajoutée 
par S. A. Hirsch à la fin du texte (pp. 121-130) ; mais toutes réunies 
sont loin d'épuiser le nombre des passages à rectifier Me vais donc 
donner une nouvelle liste additionnelle de corrections (sans parler 
de celles qui ont trouvé place dans le cours de ce travail), en 
faisant remarquer derechef qu'il reste encore un très grand nombre 
d'obscurités - : 



p. 1, 

p. 2, 



P. :j, 



p. 4, 
p. .i, 



p. 0, 1. 



d. nm 1. TTii ; 

6. y-!-"b Dsn, 1. ;-ir;b crn : 

10 r-■cTJ^ 1. m7;7: ; 

12 r>yc 1. nr- : 

13 nr=i'«r 1. rrD-w : 

l.j n-'ST-b 1. n"'DT-'C : 

21 nn -inT- n'^t i. -i.vj; ^bi 
nnN an. 

'A rrr^ 'u;b i. mr; 'cr; 
s 32:Tr!b 1. 'x^'^r\niz\ 
i-i o-^SD-b 1. oisnb ; 
n m-i^'om i->.-ô. m-pcn "jr : 
21 n^m I. rT<-: 

7 d'en Ijïis, luiiiplrlur : ["iNDj pT ; 

i — nncT: i. "|-;nD73 •• 
1 ■i73-'^pn3w -\y 1. i?:"'"'pn;":; by: 

m^r; bz- i. n-i^n b3: 

8 d'i'ii l)as "^Cj br I. TvUDD bj' ; 

1 -133 I. ^-i3: 



— corriger et ajouter : 't^N^O ^23T 

[iJTnrpn [rû-^y] b:? -. 

1. S compléter: [niT^rij-b 3i:j ""^ : 

1. 9 — n;-- ay [nncûn]; 
I. n - n- nwX[nT]: 
1. 19 np- 1. nnp : 
1. 't (l'en bas, i-imiplOter : n?3 [l''^?] 

^b mCwS ; 
p. 7, 1. i PLî-'CT I. n::"i">r : 
I. 12 \^•2l- 1. li:::m: 

I. 2 d'eu bas ~bi;"C3C 1. ibT^'wS'iU ; 

p. s, 1. 4 Tr:np"'T i. ^r^^-p". 
— i«;i' 1. rîDjy : 
1. ti ajouter [-i73j<] p by; 

I. 9 CTT'D I. wT«S: 
I. l.'f ■'72''73 1- 137:7: : 
I. I \ ajouter [S-nT'l 100733; 

1'. ui. I. Il Titn-'n I. im-isn-'n: 

1. i:j '7oba "ib w"2m i. •:;2r.T 



1. Voir aussi la liste iVEvi'dlit donnée par .M. Maclier [Tlieoloij. Lilenilurzi'itunij, 
l. c, coll. 2(iI-262). 

2. Je n'ai pas tenu eonipte des coni'usious entre letti'es semblables ni des fautes 
d'imiiressioii ùvideiites. Une classe spéciale de fautes t^st constituée par les mots qui 
commeueent à tort par un wuir, pane (jue le mot |iréoédent se termiiii' par cette 
lettre. 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE LA FRANCE SEPTENTRIONALE 211 



P. 12, l. 3 compléter : [DP] p N5T ; 
P. 13, \. 9 effacer > devant DINDH^U) ; 

1. 13-15. Le passage qui va de riTT 

a été transporté ici par erreur et 
avec des fautes, de L 3 d'en bas; 

L 19 1. nb3:i yo3 ['ttD]; 

— y"in3T L ann"< ; 

d. j'nT'i I. irm*^; 

1 "1D2N 1. isrN ; 

I compléter : [hi'] ^b C^ia 

D"'-)nN. 

9 peut-être yil"' TT^T^ n'^:^ 

[in^-inN] ; 

— -n2^o 1. -nao rr^m : 

1. 17 compléter [rSTj 15 y^'' '7:51: 

I. 20 n^s:pr; i. D-'Xipn; 

7 -^D 1. 'D (cV'st-à-dire iTor) : 

10 piNPnb 1. piNnm: 
■20 -ipvn 1. -,pv5 ; 

22 effacer les mots D'^mpb 'i'^^'J 

^\^'^2•n q"i5D'::5n; 

II ^-rc 1. nrjT: 
19 --^np 1. "iiapp; 
!•'! IP-'i:! 1. "P-Ili: 

1 i effacer D"':TX":: : 

k; nPi' 1. nrx: 
19 "^pt; 1. p^t: : 

2 z:rn 1. z:n :î5: : 
7 compléter : r:'^'"i:a :r;:"'N.": 
9 — 5-c-j f-n ;n5n, 

et effacer TwSS '"^t":- 

3 d'eu bas "p 'D51 1. *|2^d'51 ; 

11 py 1. 17: 
is PN7- 1. p;:t:: : 
li c":-; 1. l'rrv. 

12 rc-Swi I. 'p::'wS'w2: 
2 d'eu bas ■«-;r;s70 1. ""iircT; : 
d. 7p?: I. 7^p7: : 

i n-Z5 I. p-=2 : 
5 coiiiiili'tei- : qj^^ pN "'-—"w : 
19 izrwzr'C i. "':rr:p-j : 
lu nmm i. im-i : 

4 d'eu b;is "w"''*3P"' 1. "C3"''P"' ; 
1 ajtrés ZT^n ajouter encore î<5T 

rr.r ; 

1. 3 d'en bas ajouter rST [r,72] 57 ; 
I. d. ajouter m~i~T [''-3- • 

P. 29, 1. 2 •^33'"^nT' 1. -rT'yT'; 

1. 4 d'en bas Tl^ZS 1. ^3D ; 

P. 31, 1. i p'cjim 1. ricm; 

p. 32, 1. 12 ny-'cnr:":;:! i. y-'oincDi; 

P. 33,1. 11 •^•^ao":: i- iiaoc; 



1. 

p. 14. 1. 
1. 

1. 



P. 15,1. 
1. 
1. 

1. 



P. 16. I. 

1. 
P. 17. 1, 

1. 



P. 18. 1. 
1. 
1. 



1. 
P. 19. 1. 



P. 


20, 1 


p. 


22, 1 


p. 


23, 1 

1 


p. 


1. 

24.1. 

1 


p. 


1 
25, 1. 


p. 


26, 1 


p. 


28. 1. 



1. 

p. 34, 1. 
l. 
1. 



P. 35, 
P. 36. 



P. 37, 
P. 38. 



1. 2 



P. 39. 1. 
1. 



1. 1 



12 lUDCTa 1. 1^:2D'r72 : 

4 d'en bas P73p3 1. in73p3 ; 

5 'n-'73 1. TT^a ; 

7 '735 1. '733 : 

12 brl. -ly; 

3 d'en bas nPN 1. 'r^^\H^ ; 

— ''pr,'::^ i. 'pnu5; 
2 ■'■«13 1. '•^ii:: ; 

8 P3-in7373 1. P5m7:2 ; 

1 ajouter ['iN] m-N pi ; 
10 PN 1. rSPN : 

5 den bas, compléter 5DT» N*5 

[\::\s] : 

effacei- "^D ; 

6 n73 1. n*'»''» ou nrjb (le 

trlossaire de Leipzig donne 
r;Dn?3, qui n'a pas plus de 

sens) ; 

d. n-'SiT: 1. in-'Si» ; 

7 compléter : 5DaP1 [11ÏJ573] : 

13 — p [13] "'-inN-i ; 

9 '^Z)^bl I. TI73N5T: 



P. 


41. 


. 2 deii biss r;Tir:::rîi. mncsn; 
. d. zi^y".:2 1. a"'7a:73; 


P. 


12. 


. 1 pvn-b 1. T^^^r:-:) : 
. '■'• r"w"i 1. P''*^;* : 


p. 


43. 


. li -r-\. nnb: 


p. 


4'k 


. 6 IZXT 1. i:j{: 

. d. compléter "7*" [''2]; 


p. 


'^'). 


. 4 av,:;jî 1. ^■'CP : 


p. 


46. 


. 3 ::n3^05 i. nin-o 'b; 
. 9 -ijp-'T 1. nnsp-' : 
. 10 cn-irN 1. zrrby: 
. l-". 131C 1. pVw : 

. d. z-\or, 1. ain- : 


p. 


47. 


. li 13 w'' 1. 13w'"': 

. 4 d'en lias, compléter "'y w2 "J^X 



P. IS. 1 



p. 49 
P. .iO 



3 dcMi lias ■p''~'2^ 1. p-ii:-»: 

12 3X3 1. "'3N3 : 

13 'ii:7;}<p':; ii.-é. IwSiikp'C; 

16 pa7:p: 1. •^r:37;p;; 
13 -117 I. "<-n7; 
— n-ii-ip: i'.-«^- -::3p3 ; 



C"0 1- r!T;"'"C : 
1. li 2">5nr; i. 2"'5p- ; 

1. 15 avant D3"'-131 aP1-l73~31 
mettre 13 5P~ p''3S«1 '733 ; 

1. 5 d'en bas n"<5i:p L Dn-'bsin ; 
— D"'e"':n733 i. D"^s"':n733 ; 
p. 51, 1. 4 '■'cb L ■'cb; 



212 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



P. 51, 1. 
1. 

1. 

i. 
P. 52, 1. 

1. 
P. 53,1. 

1. 
P. 54, 1. 
P. 55. 1. 

1. 

1. 

1. 
P. 56, 1. 

1. 

1. 



P. 37, 1. 

P. 58, 1. 

1. 

1. 

P. 59,1. 
1. 



P. 


60,1. 
1 


p. 


1. 
61,1. 

1 


p. 


1. 

62,1. 

I 


p. 


1. 

63, 1. 


p. 


64,1. 


p. 


63,1. 



1. 

p. 66, 1. 

1. 
P. 68,1 
P. 69, 1. 

1. 

1. 



P. 70,1 



4 compléter •'îi^Stm [»"''l] ; 

7 - v^^f^"^ ti'22] ; 

— 0^212 1. Di'sr; ; 

8 transposer "ni:!*! '"^W"^ l''^ à 
la ligne 7, après "^72"' ; 

5 d'en bas D"^5T1 1. WZI'i ; 

2 bsN-:: 1. nbn.s'U ; 

11 -i-'In;:: 1. niN^ : 

12 "^Tinsn 1. m3D2; 
14 irpiT: 1. -c-pv, 

5 fl'en bas Dip"' 1. ITOip'' ; 

16 nmi:»"! i- "mswn ; 

17 effacer "^nn ". 

19 nn^nu: i. nnT!',^ ; 

21 mTi3b?2ri 1. mmiET^n ; 

3 nnDbrt3 i. "^nDbns ; 

9 compléter : -!T5] in^n -«îai 

[im3u:ni ; 

7 d'en bas, avant mbî< T" "'S. 
mettre VT DnNC ■'^T CnN de 
la ligne 6 d'en bas ; 

2 d'en bas bsD paraît inutile; 

3 ynn- i. v^-inn; 

I I^NI 1. '^•'H-i: 

10 'ibi^D"' 1- "^Db^yD"» ; 

— ^-^:'^1 i. riyr* ; 

5 d'en bas' -n?2 1. m:?2 et 
effacer IN ; 

4 DN 1. TwS; 
3 d'en bas nmiPS '• "IlinD ", 

6 nebTC 1. nsbi^D ; 

, 6 d'en bas I^DH 1. 13D-3 ; 
10 "["^Nn-^rN 1- V'^'''-^- 

19 nyc3 1. -tcd; 

II bnw 1. nbn):; 
. 18 d:; "'D 1- "'D as; 

, 3 d'en bas, il semble qu'il 
manque quekiue chose ajirés 

y-in ; 

6 ^D 'Nb 1. p Nb ; 

17 compléter : '^?3nb PJ'jTûI 

[Si'")»] ; 
. 18 n72ip 1. ■in'ûnp; 

— nn-^n i. n^^n ; 

. d. 'lj< 1. IN ; 

. 17 innbicns i. annbitrta ; 

20 DX',r) 1. nnï«uj ; 
6 Ni:i73 1. Niir; 

5 lym-'T 1. T«ynvT ; 
10 bi3'D 1. aby-:; 

19, il paraît manquer ([ueUpie 
chose après D^nn bo : 

5 n'^Toiri p.-è. ■\t<i»i:"'T ; 



p. 


71, 


p. 


■72, 


p. 


73, 


p. 


73, 



1. 
1, 

p. 77,1. 
1. 



P. 78, 
P. 79, 



P. 80, 
P. 81, 
P. 82, 



1. 7 compléter : DtCi «b [mbsi] 

nbon ; 
1. 11 'pn 1. 'pna; 
». 16 iD-n 1. vD-n; 
1. 18 pu:i 1. n2ïî"«; 

1. 20 compléter : [bnS"*] n^N^Û 

brjb ; 
1. 3 compléter : a'^n^n ';"'»mn 

[av3] ; 
1. 15 Dn-'DT' p.-è. nn-^r ; 
1. 18 compléter : rinbim [ins] ; 
I. 21 a\sann i. û-'Nainn; 
1. 3 HT!"'*:: 1- rîT;',^ ; 

11 compléter : T>b3> [ï5-|D] ; 

18 inDST 1. "inDS ; 

9 "^DT I. p") ; 

6 d'en bas D'^nm^n, peut-être 

19 il faut p.-ê. compléter ainsi : 

[r-UDi'] Ni:» Nbi ; 

1 ■p-w 1. -ipr : 

2 -iDy73"i 1. -iD^?:; 
d. yiT'a?:'»:: p.-è. ■'Ddjtso; 

3 m?33n p.-è. m-i-ian p; 

10 Nim 1. Nir;; 

4 d'en bas miT aST 1- ai"'! 

anb nii: ; 

3 d'en bas effacer Kllp 

— ■'ix-, p.-è. aiU"" 
(fu -^ni-i) -, 

7 ip""! 1. 'i'i'p'^'i ; 

8 effacer ny ; 

10 compléter : <n [':72"lb] ; 

11 compléter : [lîS'^by pn: 

•^nb-'73 i:\-^T\ ; 

17 compléter : b'^DX «b [ittD] ; 

18 n-^NT'' 1. a'^NT' ; 
3 '721 1. '7:d ; 
2 d'en bas IN 1. '1N : 

- ';-'n"i3'2 1. T'n"'-i3'o ; 
d. Nbn i.Nb; 
17 min -10 1- m-i3-. 

7, quelque chose parait man- 
ipicr après ni^ '. 
1. 13 '3 i..-é. '3-in; 
1. 18 IN 1. ns ; _ 

p. 91, 1. 12 la correction "jbn pour "^ba 
du ms. e^t inutile ; l'éditeur ne 
s'est pas ai)erçu qu'il y a ici 
une citation de ProT.. m, 28 ^3 

nb n-i-inoD Ti3n nx nmnn 
13\SD» mn] 3v::i ^ba) ; 



1 

1. 2 



p. 84. 1. 
1 
1 



P. 83, 
P. 86 



P. 87, 
P. 90, 



UN COMMENTAIRE SUR JOB DE LA FRANGE SEPTENTRIONALE 213 



P. 91. 
P. 92, 
P. 93, 



13 na-^n i. \-'ws:2n: 

:^0 -nTûlîO I. 217:1X2 : 

6 (l'tMi bas tZ:2"172N3T lire 

•4 m:73iN 1. DmraiN : 

6 ib 1. 'nb ; 

16 compléter : ^H] -^SDi* n'^t 

10 y-^na i. yna: 
I. 12 "irnTo b""' -i-^on -^irn •'d i. 

p. 97, 1. 7 a^rO 1. ï:-i2"w* : 

1. 10 'MNO li.-è. 'nH'O (c.-k-d. 

1. io irNiiciûVn 1. -liTwNCbn ; 
1. o d'en l)as , eonipléter : ~i"03 

[a-n]; 
p. 98, 1. 6 i73-ip»a 1. a7:np733; 
1. 11 b:5T I. r23; 
1. 16 'prt 'by N^anb 1. N'^nnb 

'pr; b:? vry : 

1. 5 d'en bas 'ib ^73 1- 'TT!?: ; 



P. 96, 1. 8 

1. 



1. d. effacer le sei'und MD" ; 
P. 90. I. 1 inb^c 1. ^nb^D ; 

I. 4 d'iMi lias '-^2 1. n^'2 : 

— nrDT I. r,^>2Z^\ 

p. 1(11.1. 7 en lias, le texte est eu dé- 
sordre: 

P. 102, 1. 12 bn-'-'i. ibn^-'; 

1. li 'NI I. 'N3 ic-à.-d. "^-Dr^n!: 
P. 103, 1. 3 M^y 1. -i-^Z^S ; 
1. 9 aD:TN 1. BÏTN; 

1. 11 nbar: i.nb37j: 

1. 12 l'Ilacer Nb ft I. ibs"' pour 

ib3V 

1. 16 compléter : D^"*"!",:; i']^ 

[ar:b] ; 

I. 3 d'en bas , linéique chose 
semble maniiner après 3>0"1 ; 

P. 104, 1. 6 N3 1. nn ; 

1. 12 effacer 'd: 

1. 4 d'eu bas ClN^m 1. probable- 
ment ciNcn Nbi; 
p. lu.j, I. 2 i;yr) 1. ■'33'3 ; 
1. 22 ctfacer-'b '. 



XIV. — A côté du texte hébreu, notre publication contient une 
traduction anglaise du commentaire, due à S. A. Hirsch, et qui, 
étant données les difficultés que présonte le style de noti'e auteur, 
n'est pas entièrement superflue même pour les spécialistes. Cette 
traduction, que je n'ai examinée quen partie, est faite avec habi- 
leté et compétence, et facilite en pkis d"un endroit l'intelligence du 
commentaire. P]n outre, les passages lalmudiques y soni pour la 
plupart indiqués et beaucoup de failles du texte sont implicite- 
ment corrigées. J'ai eu maintes fois l'occasion, au cours de cette 
étude, d'indiquer les avantages aussi bien que les poinis faibles de 
la traduction-; aussi me paraît-il inutile d'augmenter encore, par 
de nouveaux exemples, l'étendue de ce travail. 

Il me suffira de faire ressortir, en terminant, que si notre édition 
manque souvent de la diligence' et de l'exactitude nécessaires, 
l'éditeur ainsi que le traducteur et la « Text and Translation So- 
ciety » de Londres, aux frais de laquelle elle a été publiée, ont 
droit aux remerciements de tous les amis de la littérature exégé- 



1. A la p. lO.i, 1. 23, commence le conmientaire de Rasclii (depuis xxxvr. 30, 
V. plus haut. [I. ')'i}. Aussi ai-je juu'-é inutile d'indiquer à partir de cet endroit les cor- 
rections possibles. 

2. Cf. plus haut 1». ").i, n. 2 ; p. ;;6, n. 4 ; p. 60, n. 3 et 4 ; p. 61, n. 3 ; p. 62, n 3; 
p. 65, n. 3; p. 20-"), n. 2 : p. 2:i, n. 1 ; p. 209, n. 1 et 2. 



214 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

tique des Juifs du moyen âge. Grâce à eux, nous possédons, en 
effet, un commentaire qui nous fournit des renseignements, des 
lumières nouvelles sur l'école exégétique de la France septentrio- 
nale, et il serait fort à désirer que tons les autres commentaires 
de cette école qui dorment encore en manuscrit nous lussent bien- 
tôt rendus accessibles par Timprimerie. 



Varsovie, mars 19U6. 

Samuel Poznanski. 



INSCRIPTIONS Hébraïques d'espagne 



Une série darticles sur les inscriptions hébraïques en France, 
publiés par la Revue, série inaugurée par Isidore Loeb et continuée 
par ses disciples, a été réunie en un Rapport qui a paru en 1904 '. 
Cette publication a suggéré lidée d'un travail analogue pour 
l'Espagne. Les inscriptions de ce pays ontété presque loules mises 
au jour par le R P. Fidel Fila, dans le Boletin de la Real Acade- 
mia de historia, de Madrid. Tolède, seule, l'ail exceplion : ses nom- 
breuses épitaphes bébra'iques, dont les originaux sont depuis long- 
temps |)erdus, sont connues (mais non traduites, ni classées) depuis 
que S.-D. Luzzalto a eu la bonne idée d'en publier le texte. 
C'est d'aulant plus heureux que le manusci-it contenant celte 
copie a élé biùlé il y a peu d'années. D'aulres manuscrits contien- 
nent encore des inscriptions inédites, qui courent aussi le risque 
de se perdre. 

Il y aurait à cela un réel dommage : la grande majorité d'entre 
elles a une haute valeur pour Ihisloire et la littérature juives. S'il 
est vrai que, pour cette section du trésor lapidaire, la France rem- 
porte numéiiquemenl sur l'Espagne-, celle-ci est de beaucoup supé- 
rieure, non seulement par l'antiquité de ses monuments, antérieurs 
aux nôtres, mais surtout parleur valeur intrinsèque, par leur inté- 
rêt historique ou par leur valeur littéraire, ou par leur rédaction 
poétique, sans compter l'utilité de ces sources pour la paléographie 
hébraïque, depuis l'inscription trilingue de Tortose du vie siècle, 
celle de Calàtajud du x*. jusqu'à celles du xv«. En fait de dédicaces 
synagogales, nous n'avons en France que celle de Réziers, tandis 
qu'en Espagne, il y en a plusieurs, de date certaine. 
En attendant la publication d'un Rapport général sur cette explo- 

1 Voir Beriie. t. L. p. 2S4. 

2. Chez nous, sans ilépasser la lin du moyen âge, on a romfité plus île 200 de ces 
textes, tandis que nos voisins en possèdent à peine 169, copies manuscrites comprises. 



216 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ration, nous donnons ici quelques pièces inédites, dans l'espoir 
d'attirer les observations et les critiques des lecteurs compétents. 

I. A Madrid, — oulre un joli chapiteau carré de synagogue, à 
inscription bilingue (arabe et hébreu), conservé au Musée national, 
—un manuscrit de la bibliothèque delaR. Académie d'histoire otTre, 
pi. 9'i, le singulier texte suivant, entre autres spécimens : 

Dans sa Polygraphia (c'est le titre du manuscrit), Franc. -X. de 
Santiago Palomares donne ce texte, disant l'avoir lu « sur une 
pierre de la ïorre qu'on nomme à Tortose />or/rt del Templo ». Il 
n'en existe plus de trace. 

Il n'est pas douteux que la transcription est fausse. Est-il per- 
mis, par conjecture, de la reconstituer ainsi : 

... onnb rrr -lO^Vi^a -i:3[dd] ... na oidî<3"«12 Tiiz'i'O 't 

« R. Salomon Buenafos, fils de R..., décédé à Alcasar le o du 
mois... » On aurait ici le nom français méridional Bonafos', avec la 
variante catalane : Bon ~ buen. —Les petites localités dénommées 
Alcassar sont fréquentes en Espagne. — Le dernier signe, un com- 
mencement de la lettre ï<, est applicable à l'un des quatre mois: 
lyar, Ah, Eloul, Adar. 

Enfin, un manuscrit de la Biblioteca nacio?ial de Madrid contient 
une épitaphe commençant par les mots itûin C|Dt« ..., dont loriginal 
est aussi perdu. Elle a été reproduite ici-, d'après un article 
de M. Hartwig Derenbourg. 

II. Tolède, ce joyau de l'archéologie espagnole, est trop souvent 
visité pour offrir de l'inédit. Ses trois synagogues, — savoir : S. 
Cristo del Luz, le Transito et Santa Maria la Blanca, converties 
en églises depuis l'exil des Juifs d'Espagne, — sont devenues de nos 
jours des monuments historiques. Plusieurs des immenses pierres 
tombales, exposées au Musée de cette ville, se trouvent repro- 
duites en moulages au Musée national de Madrid. Seule, une 
modeste petite pierre cassée est restée inédite. En voici le texte : 

["lUtta [n]D «' Ii'i «'st enseveli 

... a'^'^n ... ... Hayim ... 

... nCTD ]'2 ... •-. fil* «le M«>ï>i' •... » 

C'estun (les rares exemples d'inscriptions laconiques en Espagne. 

1. Abrogé (le Bim .Mphoiise. 

2. Revue, t. XLIX.p. 31n-7. 



INSCRIPTIONS Hébraïques d'espagne 217 

III. A Lucena (province de Cordoue), notons seulement pour mé- 
moire Tépilaplie de R. Isaac Alfasi (Rif), en observant qu'il faut 
d'après elle corriger l'erreur commise par des liistoriens : ils 
avaient assigné au décès la fausse date 4968 au lieu de 863 (=: 1103), 
et le 10 lyar au lieu du 10 Sivan. Sur la tombe encore visible au 
temps disaac Abravauel ', on avait inscrit, dit- on, un sixain com- 
posé par Moïse ben Ezra : les vers du poète ont été réduits à cinq 
par l'historien David Gans, puis par ses imitateurs. 

Le même poète a composé lépitaphe de son compatriote grena- 
din Abou Zakaria b. Yakir, mort en décembre 1108. Elle serait 
perdue si l'on n'avait le recueil (maniiscril) des œuvres d'ibn Ezra, 
d'où Carmoly la tirée ^. 

IV. C'est à Rarcelone, au Musée provincial, que se trouvent le 
plus grand nombre d'inscriptions originales, sur pierre, et inédites. 
Bien connues du P. Fita, elles n'ont pas été publiées par lui, car il 
les avait soumises à Isidore Loeb, dans les derniers mois de la vie 
de notre regretté collègue. Voici quelques textes classés par ordre 
chronologique : 

1. [? 11"l5T]b . . . rr^'î^ 1j3n5 « Nous y avons inscrit on souvenir 
na . , , :3Cif35ia niW !^7a1I) son nom. Dame Bonacept, fille de... 

nDî3 ^~n3 m;::;; ... décédén au mois (le Tebet 

. . . Q"^U;-'C [Dj'Zi l'an trente ...» 

Le nom de femme, écrit ligne 2, des plus curieux, est de forme 
catalane. 

2. ■'D Tbnn3^72n rn^n nîr; b:ir; iy Ce monceau est témoin et la stèle atteste 

13 ^^b~ yy^Z'^ TlTWiri "JlWa que sous elle est enseveli Simon Lévi, fils 

ryC "IT^O riT'S 1I;D*"w ••• "'"TITO ~lb di' riionoiM' r». Mûrdechaï, décédé en 

Sivan Tan 

[y^Cl] Û'^WiZÎT T"0 D'^E^N Tt cin(| mille soixante-sept (=1307). 

La date, écrite d'abord en chiflVes pour les unités et dizaines, est 
ensuite répétée en toutes lettres. , 

3. n3^73 riNT € Voici la stèle 

(?1) bc de R ... 

ÛrT12M Ahraliam 

■llIÛOÏÏ) ITT 'l "13 fils di- II. David, parti pour 

n33 ' 1''''D (?) 'l'iyb l'Eden. Ainsi soit-il! Son ;\nie séjournera 

dans le bien. » 

1. V. Tty^^-y y-^'Ki'On (édit. Otrenbach, 1767), f. 80. 

2. IDN ■'pipn , dans Imré Schéfer, p. 21 et 26, 

3. Lecture suggérée par la fin d'une épitaplie de Léon, où ce vœu final est écrit en 
toutes lettres. Boletln, XLVII, p. 141. 



218 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Jusqu'à présent, on iiavail pas pu lire aisiTiiciit le présent n"; car, 
sur la couleur jaiinàlro de la pieri'e, les earactères, peu profondé- 
ment gravés, n'étaient guère lisibles. Heureusement, M. Élyas de 
Molins a bien voulu exécuter et nous envoyer un estampage, qu'à 
son tour, M. A.Fevret a eu l'obligeance de convertir en la photogra- 
phie suivante. Celle-ci permettra de rectifier les erreurs que noti-e 
lecture peut contenir. 







F.st ciiscvili siiiis ri'tte stèle Haii[aniaj 
lils (le i'iiiiiiiin' W. Mi)ïse Jcrtisalmi, de...» 



... :: pTwN' n 

Np-lC '5N17:ïJ -13 ... 



Ici est enterré 
Riiheii... ' 

Sous cette stèle jrit le jeune 
... fils de R. Samuel Sarqa 



D'autres pierres contiennent de maigres fragments, tels que les 
mots did:i33n pn:s-« 'i « Isaac Kn Bonafos», ou nwbis'b -lejDS, ou 

1. 11 y a eu un eertaiii Rulitii, proiuiétaire d'imnieul)les aux environs : est-ce le 
même? (V. Boletiu, t. \11, p. C et suiv.) 



INSCRIPTIONS nÉBRAIQUES D"ESPâGNE 



219 













■•^^ 
















220 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

[nJaïîiL'^a] etc., outre de petits textes des environs, ou de Monjuich 
(mons Judeus), publiés par le P. Fita. 

La plus grande inscription funéraire de cette ville est connue et 
a été publiée ; mais comme la première ligne n'a pas de sens, telle 
que l'ofTre la transcription, il faut bien y revenir. Lors de son 
voyage de recherches en Espagne, accompli en 1867, M. Ad. Neu- 
bauer a transcrit ainsi cette première ligne : [?i i"i3 ïnttbuî l"n pn» bias 
[?i 1» nantt). Il ne l'a pas traduite \ et pour cause, en observant 
que « la pierre est trop grande pour être une pierre lumulaire ; 
elle a dû servir à marquer la limite entre deux domaines ». 

Il faut tenir compte des rayures de la pierre, comme on peut 
s'en assurer par la belle photographie 2, que nous devons à la 
gracieuseté du chef de ce Musée, don Antonio Élyas de Molins. Il 
est possible, en effet, d'y lire comme premier mot le terme bina 
«limite», etc. En fait, voici le texte : 

[p] b"s: n^T IN^'OIJ riTobu: 1"n p")?^ bl*15 Grand, illustre, D. Salomon Grasian, 

d'heureuse mémoire, 

['-|j ^1*73^! p bNTlbN;!) '"1 3"^T;" P rr^îû fils de Moïse fils de R. Schaltiel, fils, 

[1N]03 by ïlTobO 3'0"'1 "Wn "jn !T*mT de Zerahia Heti, reposant en gloire. 

^J^i<1-|2b yaïUI D'^UJÏJ û"'Dbiî n">:3?an Salomon s'assit sur son trône l'an 

cinq mille soixante-sept de la création 

On sait que le nom espagnol Gracian, devenu plus tard Garcias, 
est l'équivalent exact de l'hébreu Hen. Au sujet de Salomon Gra- 
cian habitant Barcelone, Astruc de Lunel, surnommé Abba 
Mari ha Yarhi, fournit des notes intéressantes dans son ouvrage 
mKSpnna». Voir aussi pour la famille Hen, Zunz, dans ses notes 
sur l'Itinéraire de Benjamin de Tudèle (édit. Asher, t. II, p. 5, 
note 7). 

Moïse Schwab. 



1. C'est la seule qu'il donne pour Barcelone, sur un total de neuf pour tout le 
voyage. 

2. Voir p. 219. 



L'INSCRIPTION HEBRAÏQUE 

DU MUSÉE DE BOURGES 



Dans rén limera lion si complète que M. Schwab a faite des ins- 
criptions liébraïques en France ', une au moins lui a échappé, celle 
du musée de Bourges. 

Au commencement du moyen âge, il y avait déjà des Juifs à Bour- 
ges^; ils n'étaient pas très nombreux, mais en quantité suftisante 
cependant pour qu'on ait pris des mesures à leur égard, tel ce docu- 
ment du ^4 janvier 1310, qui « indique comment doivent être ré- 
glées les créances des Juifs du bailliage de Bourges^ ». 

Le musée de Bourges possède une inscription hébraïque, dont le 
distingué conservateur, M. Mater, a bien voulu me communiquer 
l'estampage, à l'efTet de le publier. J'en donne ci-après la repro- 
duction photographique. 

L'inscription est mutilée dans tous les sens ; ce n'est, à propre- 
ment parler, qu'un fragment, dont voici les dimensions : hauteur, 
30 centimètres; largeur, 31 centimètres; hauteur moyenne des 
lettres, 4 centimètres. La provenance en est inconnue '. 

Dans la partie supérieure, je remarque seulement deu\ fragments 
de lettres trop indistincts pour permettre une identification''. La 
deuxième ligne porte nettement les lettres nias , qu'il faut lire 
r5naD3ourîTjD3ï5; c'est la formule courante pour désigner que la per- 
sonne dont il s'agit est morte, est;pr/y^/(? pour le Paradis. La dernière 
lettre du mot est bien, sur l'estampage, un n, qu'il faut, sans hésita- 
tion, corriger en n, ce qui indique qu'il s'agit d'une femme. 

1. Moïse Schwab, Rapport sur les inscriptions hébraïques de la France, dans 
Nouvelles archives des Missions scienti figues et littéraires, t. XH, fasc. 3. Paris, 1904 

2. Cf. Henri Gioss, Gallia judaica, dictionnaire géographique de la France 
d'après les sources rabbiniques, Paris, 1897, p. MO-Ul. 

3. Cf. idem, ibid., p. 111. 

4. Lettre particulière de M. Mater, à la date du 12 avril 1906. 
0. Peut-être 73ÏJ..., frai-'ment du nom propre de la défunte. 



222 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Eiisiiile, une boucle, qui pourrait être un iod\ mais, malgré 
l'état Irusle (le la pierre, un reste do hampe se dirigeant vers le 
haut permet plutôt de lire un lamed, suivi dun ç/uimel. Celte pre- 
mière ligne se lira donc ; 

cï'st-à-dir'e : [qui est parjtiii pour le jai[iliii d'Eden]... 

La troisième ligne commence par une lettre surmontée d'un 
petit trait vertical, ressemhlaut à un kaph et suivie du mot nujiD, 
section, péricope. La lettre kaph, employée comme chilïre, donne- 
rait le ^0^ jour de la péricope, ce qui n'est pas possihle; malgré la 
forme arrondie de la lettre, par en bas, il faut lire un beth, ce qui 
nous donne le deuxième jour de la section. Après le mot nuîiD ve- 
nait le nom de la section. lia malheureusement disparu, sauf la 
première lettre, qui n"est pas dune lecture certaine. Le caractère à 
angles droits du haut et du bas porte à lire un noiin, ce qui dou- 
nerait comme péricope l'un des noms ro, s*'::: ou û"^n::2. 

La quatrième ligne commence par l'indication du comput ::"isb, 




Iiisrii|i|iiiii liébraii|ui' du .Mu>i 



l!uui;;( 



sui\ ic d iMic houclc, ou Ion peut voir le couuiuMicement d'un (^oph. 
Le lapicide daleraii la stèle d'api'ès le petit comput. Cette indica- 



INSCRIPTION Hébraïque du musée de bourges 223 

tion du petit comput n'est pas fréquenle dans les inscriptions 
hébraïques de la France. Il suffit de jeter un coup dœil sur les 
textes publiés par >1. Schwab pour s'apercevoir, qu'en général, ils 
sont datés :2"irb tout court, c'est-à-dire d'après le petit comput. 

L'écriture de l'inscription hébraïque de Bourges ne permet pas 
de la dater avec précision. Toutefois, elle ne saurait être posté- 
rieure au xiFi* siècle, à cause de la façon d'indiquer la date et de 
citer les péricopes, qui est spéciale aux Juifs de France. Par la res- 
semblance qu'elle présente avec les textes publiés par M. Schwab, 
par la formule courante du x« au xii.^ siècle, qu'elle contient éga- 
lement, nous croyons ne pas trop nous écarter de la vérité, en la 
faisant remonter au xi« ou au xii« siècle, époque où les Juifs de 
Bourges étaient en pleine prospérité et où ils pouvaient faire graver 
des inscriptions, ce qui dénote toujours une certaine aisance chez 
celui qui désire que son nom passe à la postérité. 

Voici comment nous proposons de reconstituer l'inscription de 
Bourges : 

[n3:i:;û riNT] [Ceci est la stèle] 

[m73 n-nnp] [sépulcrale de Dame] " 



[□T^ p" l^i? r!-;:22;:w; ^qui est nantie pour le jardin d'Kilen 

le jour 
.... ; rw~3 2 ^-n»- ;•?) de la section N... 

iltûp] C3~iD3' du comput pe[tit]... 

F. Macler. 



RAPPORTS ENTRE L'INQUISITION ET LES JUIFS 



D APRES LE 



MÉ3I0RIAL DE L'INQUISITEUR D ARAGON 

(fin du xiye siècle) 



Dans un article récent \ M. H. Omont a signalé et brièvement 
analysé un petit registre acquis tout dernièrement par la Biblio- 
thèque nationale-. Pour M. Omont, ce registre est un mémorial qui 
aurait été tenu par le vicaire général du grand inquisiteur Nicolas 
Eymeric ou de soiï successeur Bernard Ermengaud. Il est constitué 
par la série des dénonciations qui parvenaient journellement à l'in- 
quisiteur. Ces dénonciations y ont été inscrites au jour le jour, au 
fur et à mesure qu'elles se produisaient. Elles sont rédigées sui- 
vant les règles énoncées, en 1376, dans le grand ouvrage de Nicolas 
Eymerich sur la procédure inquisitoriale^. 

Une partie des dénonciations inscrites dans le Mémorial est rela- 
tive aux Juifs des évôchés de Gérone, Urgel et Lérida. Nous avons 
très peu de documents sur les rapports des Juifs avec l'Inquisition 
aux xiii« etxiv* siècles. Il nous a donc paru intéressant de relever 
dans le Mé?no7'ial les dénonciations et les dépositions relatives aux 
Juifs et d'en faire l'objet d'une publication. 

Les Juifs dénoncés dans le Mémorial sont poursuivis par l'Inqui- 
sition comme relaps, comme sorciers, comme hérétiques, comme 
coupables de sacrilèges, comme blasphémateurs. 

Il s'agit d'abord de Juifs relaps, c'est-à-dire de Juifs convertis 

1. Mémorial de l'inijumlion d'Aragon à la fin du \i\» siècle, dans la Biblio- 
thèque de l'Ecole des Char/es, aiinre 190o, t. LXVI. pp. -261, 26S. 

2. Nouvelles aciiuisitioiis latines S;U. 

3. Direcloriuni inqui.sHorutii, Venise, ICiOfi, in-l". 



L'INQUISITION ET LES JUIFS 225 

au clirislianisme qui revieiiiieiit au judaïsme. L'ouvrage de Nicolas 
Eymeric contient de nombreuses prescriptions relatives à rintjui- 
sition des Juifs. Eymeric dit, entre autres choses, ([ue les Juifs qui 
favorisent la conversion des chrétiens au judaïsme ou le retour de 
Juifs convertis à leurs premières croyances seront poursuivis par 
les inquisiteurs comme fauteurs dhérésie'. >'ous voyons justement 
dans le Mémorial un Juif converti qui revient in ejctremis au 
judaïsme. Avant de mourir, il fait un testament qui doit attester 
son retour à sa foi première. Après avoir enregistré cette dénon- 
ciation, l'inquisiteur décrète des poursuites contre les exécuteurs 
testamentaires du moribond qui ont favorisé son retour au 
judaïsme ^ 

II est curieux de remarquer que ces Juifs rela|)s ont reçu pour la 
plupart le haptême in Provincui^. Cette expression s'applique- 
t-elle à la Provence? Nous croyons qu'elle s'applique plutôt au 
Languedoc. Les Catalans appellent Juifs de Provence les Juifs des 
trois sénéchaussées de Toulouse, de Carcassonne et de Beaucaire 
qui se sont réfugiés dans les provinces septentrionales de l'Espagne 
après leur expulsion du royaume de France, notamment après la 
grande expulsion de 1806. A cette date, les Juifs du Languedoc 
expulsés de ce pays reçurent un très bon accueil dans les États 
du roi de Majorque '. 

Une dénonciation concerne certaines pratiques de sorcellerie 
qui rappellent l'envoûtement. Une Juive qui habite dans la calle ou 
quartier juif de Gérone, près du four, se livre à ces pratiques : elle 
fabrique une image de plâtre quelle transperce d'une épingle à la 
place du cœur. Cette image représente la personne qu'elle veut 
faire venir sur-le-champ des régions les plus lointaines^. 

Deux dénonciations attribuent aux Juifs des opinions hérrti(/ues. 
Un Juif soutient que l'àme se sépare du corps après la mort, mais 
que huit jours après elle rentre dans le corps pour demeurer doré- 
navant avec lui dans la tombe'"'. Un autre affirme publiquement 
que le jour du jugement, il n'y aura, pas d'enfer et que, sur les prières 
de quelque saint, Dieu pardonnera à tous les pécheurs. Le même 
soutient que les démons naissent et meurent'. 

1. N. Eymoiic, ut supra, p. 348, roi. 2, B-C. 

2. Déiioiiciatioii 11, 

3. Dfiionc. 2, 3. '■'>. 7. S et 11. 

4. Saiirt". Les Juifs de Lanyuedoc, Paris, lS8i. in-8», p. lOG. 

5. Dell. '.). 

6. Dell. i. 

7. Drri. 10. 

T. LU. ^'> 10». 15 



226 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Deux Juifs sont accust's de >;acrilèges. Abraliani CotVu a brisé 
une croix'. Loup Abnatan a profané des hosties consaci'ées. Voici 
dans quelles circonstances : dans un grand repas, il montra à ses 
nombreux invités deux calices d'argent avec leurs deux patènes'^. 
Les calices renfermaient deux hosties consacrées. Pour répondre 
aux reproches des convives, il leur dit qu'un chapelain lui avait 
vendu ces objets et qu'aussi longtemps qu'il les posséderait, il en 
ferait ce qu'il voudrait. Il ajouta qu'il aimait mieux l'argent que les 
hosties et, en signe de mépris, les lança sur une table. Les hosties 
tombèrent sur le sol. Par ce geste, Loup Abnatan montrait le peu 
de cas qu'il en faisait. Ses invités lui reprochèrent son acte et, quel- 
que temps après, Loup réinvita les mêmes personnes et leur fit 
jurer de ne rien révéler =^. 

Les Juifs sont enfin poursuivis pour des actes ou des paroles 
blasphématoires. Isaac Vidal assimile la Vierge à une femme 
publi(]ue ' et il n'est guère plus respectueux pour la puissance 
divines 

On reproche encore aux Juifs d'afficher leur mépris pour le Jeudi 
et le Vendredi saint et de troubler la commémoration de la mort 
du Christ par des réjouissances et des banquets. Les dénonciations 
ne visent à ce propos les Juifs qu'indirectement. Elles visent 
surtout les chrétiens qui se joignent aux Juifs, ces jours-là, et 
participent à leurs repas et à leurs jeux. Il s'agit dans le Mémo- 
rial de courriers ou agents de police subalternes qui, le Jeudi et 
le Vendredi saint, se sont joints aux Juifs dans la caile de Gérone. 
Le nommé Canet, tailleur de Gérone, reproche à Torron, courrier, 
et à d'autres chréliens d'avoir joué, mangé, bu et juré avec les Juifs 
dans la calle de Gérone, les Jeudi et Vendredi saints. Le baile de 
la cité, lui-même, avait vendu la permission de jouer à deux 
sergenis [sagionibusf . 

Les courriers inculpés viennent devant l'inquisiteur confesser 
leur faute et implorer son pardon. C'est d'abord le courrier ïorron : 
il a joué le Vendredi saint, à l'heure de vêpres, dans la maison du 
Juif Camjuda avec Bertholit Sabater, courrier lui aussi '. Le cour- 

1. Di-ii. l'2. 

2. Le sacrili';.;e de Loup (Hait diuilili' : il'aljoid il |irotaiiait di's hosties ronsacréos ; 
eusuitc. il touchait les patènes, (lui ne peuvent être touchées que par un prêtre ou un 
diacre à cause de la consécration ([u'elles ont reçue. 

3. Dén. 13. 

4. Dén. 14. 

5. Dén. lo. 

6. Dén. IG. 

7. Dén. n. 



L'INQUISITION ET LÉS JUIFS 227 

Her Bernard Olivier vient ensuite : lui aussi a joué aux dés dans la 
maison de Camjuda'. Arrive enfin Pujol Assaoudor, qui faitde très 
longs aveux ; il est entré dans la calle, le Jeudi saint, à l'heure de 
vêpres. Il trouva dans la maison de Ferrer Bonenast des chrétiens 
en train de jouer avec des Juifs. Dans une autre partie de la maison, 
un groupe formé de Juifs et de chrétiens jouait aussi. On jouait 
aussi près de l'école des Juifs, dans la maison de leur chapelain. Il 
trouva là le jeune Carbonell Lampcidaz, qu'il vit jouer successive- 
ment son argent, son épée, son glaive, son anneau. Il avoue qu'il 
a joué lui-même avec des Juifs, notamment avec Torron et Bertholit : 
ce dernier gagna 1 florin et demi. Il apprit que Gemmi de Casanova 
avait gagné seize florins. Dans une autre maison, celle du Juif Deor, 
il vit un nouveau groupe. Enfin, il vit le baile s'avancer vers la 
calle : le baile surprit les joueurs. Au lieu de les disperser, le 
baile leur vendit la permission de jouer pour deux florins, ainsi 
qu'à deux sergents, Franco de Vico et Béreiiger Puncta. Pujol 
Assaoudor vit ceux-ci recevoir l'argent de chaque joueur-. 

On voit, d'après ces dépositions, que les chrétiens faisaient bon 
ménage avec les Juifs et que la pohce, elle-même, était indulgente 
pour eux. 

Les délateurs étaient, pour la plupart, non pas des chrétiens de 
naissance, mais des Juifs récemment convertis au christianisme^ 
qui voulaient afficher leur zèle de néophytes ou satisfaire de vieilles 
rancunes, des Juifs qui vendaient à prix d'argent leur silence et 
pratiquaient l'odieux chantage à l'égard de leurs coreligionnaires ''. 
Parmiles chrétiens, il n'y avait guère que les vénérables religieux 
de l'ordre des Frères prêcheurs qui pratiquassent la délation : c'était 
leur métier; ils avaient donc l'excuse professionnelle. Leur infor- 
mation était parfois défectueuse : frère G. Saguini rapporte des 
propos qu il a recueillis de la bouche de Cabrugues de Mont, qui 
les a entendus d'Isaac Vidal Revaye le Juif, à qui l on reproche de 
les avoir tenus"'. Les on-dit de celte espèce ne méritent pas plus 
de créance que les commérages de la Femme aux œufs du bon La 
Fontaine. Beaucoup de dénonciations étaient anonymes : quoique 
tenues secrètes, il pouvait en transpirer quelque chose. Le délateur 
s'exposait alors aux représailles de sa victime*. 

1. Dfii. IS. 

2. Déu. 19. 

3. Dén., n- 13. 

4. Dén., n» 6. 

5. Dén., n» 14. 
fi. Dén., n» 15. 



228 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Après avoir inscrit la dénonciation, Tauteur du Mémorial indi- 
quait à la suite les noms des témoins qui devaient être appelés de- 
vant le tribunal de l'Inquisiteur et dont le témoignage pouvait fa- 
voriser la marche du procès. 

Il est probable que c'est le délateur lui-même qui conseillait de 
citer tel ou tel témoin. Ces témoins étaient pour la plupart des té- 
moins à cbarge. Cependant il arrivait quelquefois qu'ils fussent le 
contraire'. L'Inquisiteur fait appel au témoignage tantôt de per- 
sonnes qui vivent dans l'entourage du prévenu, parents, médecins, 
amis, et qui sont quelquefois poursuivis eux-mêmes comme fau- 
teurs d'hérésie, s'ils refusent de parler, tantôt de personnes qui 
sont hostiles aux Juifs, comme le curé de la paroisse où habite le 
prévenu-, ou comme un frère dominicain ^ qui habite dans le voi- 
sinage, tantôt de gens de la police urbaine ou rurale^. 

En troisième lieu, à la suite de la dénonciation et de l'énuméra- 
tion des témoins à citer, le scribe indiquait en quelques mots s'il y 
avait eu procès, acquittement ou condamnation. Ces mentions 
étaient inscrites après coup, le scribe ayant eu le soin de laisser un 
blanc après chaque dénonciation. On voit très nettement dans le 
Mémorial'', à la suite d'une dénonciation, que les mots Pro- 
cessits in ciiria Càstillionis est, processus facttis est et finatiis nam 
ad ftdem rediit et piiblice abjuravit Geriinde in sede sont d'une 
écriture et d'une encre différentes, ce qui montre bien que nous 
sommes en présence d'une addition postérieure. 

On ne trouve mention dans le Mémorial d'aucune sentence por- 
tant peine pécuniaire ou peine capitale. 

La flamme des bûchers ne s'allumait pas encore très souvent 
pour les Juifs. 

En Catalogne comme en Languedoc, les Juifs savent se rendre 
indispensables aux seigneurs besogneux et réussissent à faire ap- 
précier leurs services par les grands. 

Ils paraissent d'ailleurs s'être créé des protecteurs puissants. Le 
jeune Carbonell, dont il a été question plus haut, est apparemment 
un jeune seigneur, puisqu'il joue sa bourse, son épée, son glaive, 
son anneau. Un juge de Petracissa n'ose rien faire à Isaac Vidal 
qui a prononcé des blasphèmes contre la "Vierge, parce que ce Juif est 



1. D.;n.,ii»' 3 et 

2. Déii., n" 4. 

3. Dén., n» 11. 

4. Dén., n» 10. 

5. F» 5 V. 



L'INQUISITION ET LES JUIFS 229 

le grand ami d'Eiijalbert. CetEnjalbert est, sans doute, un homme 
puissant'. 

Il semble donc qu'à cette époque et dans cette région, l'Inquisi- 
tion n'ait pas exercé encore toutes ses rigueurs et que les Juifs 
aient continué à bénéficier de cette large tolérance que les rois de 
Majorque leur avaient accordée autrefois dans leurs Etats. 



Extraits du Mémorial de ilnquisileiir d'Arar/on de la fin du xiv« siècle. 



Delaciones contra aliquos qui sunt de episcopatu Geriindensi. 

1. f" 3 r°. Contra Jaeobiiin de Faro', neophiliim, deponuntiir multa erra- 
menta quod aserit illa et qiiod judaizat. 

Processus factus est. Mortuus est \ 

2. f» 3v*. Contra quendam, qui Bisulduni' geritse pro judeo, deponitur 
quod fuit in Provinoia baptizatus. 

Interrogetur Aaronjudeus qui moratur ibidem, qui scittotum factum et 
favet sibi atque celât. 
Interrogetur en Saltol judeus Gerundensis, qui secrète déposait. 

3. f 4 v». Contra quendam gerentem se pro judeo, provincialem, habita- 
torem ville Bisulduni, dicitur quod luit baptizatus in Provincia. 

Interrogetur Aaron, judeus ejusdem ville, ejuscognatus, qui sibi in hoc 
favet et sustinet. 

Item interrogetur en Saltel, judeus Gerundensis, qui hec scit et denun- 
tiavit. 

Et vocatur Jusef Mosse et fuit expeditus per inquisitorem Rossilionis, 
ut deposuit dictus Aaron '. 

4. f'* v\ Contra quendam judeum de Hostalricho'^ vonato (sic) Juseft 
quod dicit quod cum homo Mioritur anima ab eo separatur, sed post viii 
dies in corpus revertitur et ibi in sepulcro cum eo moratur. 

1. Dén. 14. 

2. Peut-être Fiiras, province et diocèse de Gerona, canton judiciaire de Olot (D. F. 
de P. Vidal. Diccionario f/eografico de Espana >j de sus Colonias, Madrid et Barce- 
lone, 18oi, in-8, p. 336, 1" colonne). 

3. Les deu\ mots mortuus est semi)leiil avoir été ajoutés après coup. L'encre en est 
plus blanche : le scribe, en Taisant des additinns à son manuscrit, a fait sécher l'encre 
très vite. La mention mortuus est irindiquc pas que l'inculpé a été condamné a la peine 
capitale, mais qu'il est mort pendant l'instruction du procès. 

4. Besalu, province et diocèse de Gerona, cant. judic. de Olot, Vidal, il)i(l., p. 332 
i»» col. 

5. Cette phrase a été ajoutée après l'interrogatoire d".\aron. 

6. Hostalricli, prov. et dioc. de Gerona, cant. jud. de Sauta Coloma de Farnes, Vidal, 
ibid., p. 337, 3«col. 



230 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Interrogetur Bornardus Servitor, curatus et rector dicte ville. 

5.fo5 r°. Contra qiiendam jiidenm de Provincia,baptizatum, qui rediit ad 
judaismum, qui fuit captus Castillione' et Guilabertus de Crudillis^ euni 
aPeratalaja'. Processus in curia Castillionis est. 

Processus factus est et finatus nanti ad fidem rediit et publiée abjuravit 
Gerunde in sede'. 

6.f" :') v". Aaron Jussef, commorans in Bisiilduno et in Gerunda', deposuit 
quod in callo Gerunde est quedam mulier vocata. . . et est uxor d"en 
Salami sartoris, de qua|dicitur quod fuit baptizata: et quod securavit di- 
xerunt sibi quod caveret sihi protcgere quia aliquod sinistrum evenire 
posset ei dicta de causa. Item deposuit quod dicitiir communiter quod 
quandoque quibusdam baptizatis dédit pecuniam quod tacerent dictam 
causam et quod est de Rossilione vel de Provincia'. 

7. f" 5 v. Item idem Aaron Jussef dixit et deposuit quod quedam judea 
de Provincia consuevit morari in Balneolis' de qua fuit ibidem dictum 
quod fuerat baptizata. Quo audito, ipsa fugit timorem inquisitoris qui hoc 
persequebatur. 

Interrogetur SamueP. 

8. f° 6 r». Item deposuit idem Aaron quod cognatussuus, vocatus Jussef 
Mosse, oriundus de Provincia, commorans in Bisulduno, fuerat inculpa- 
tus quod fuerat baptizatus sed per inquisitorem Rossilionis fuerat finaliter 
expeditus. 

9. ï° 7 r°. Contra Bonenade Mergessa, veya, quemoratur juxta Xaravan 
fusterium, prope furnnm calli Gerimde, deponitur quod facit ymaginem 
de gipso et in cor ejus poiiit aciim, pungendo cor ymaginis hominis quem 
facit venire subito a remotis partibus. 

Interrogetur na Caterina uxor Gerardi Parel questoris^ 
Item P. Badia sagio. 

10. fo 7vo. Contra Vitalem Yssac, judouai in palatio de Lator'^babitalorem 
deponitur quod jniblice affirmât quod post diem judicii non erit infernus 
et Deus precibus alicujus sancti omnibus miserebitur. 



d. Castellon de Ampurias, prov. et dioc. de Gennia. cant. jud. de l'io-ueias, Vidal, 
ihid., p. 334, 1" col. 

2. Cruiiles. i)rov. et dioc. de Geiona, caiit. judic. de la Bisbal, Vidal, ibid., p. 334, 
3' col . 

3. Peratallada. prov. et dioc. de Geruua, cant. jud. de la Bisbal. Vidal, ibid. 
p. 341, 3' col. 

4. Cette phrase fut ajoutée après le procès et l'abjuration de l'inculpé. 

5. Le nom de la femme est laissé en blanc. 

6. Banolas, prov. et dinc. et cant. jud. de (îerona, Vidal, ibid., p. 331. 3« col. 
1. Ajouté' a|irès coup. 

8. Le texte de cette dénonciation a été publié par M. H. Oinont. Bibl. Ecole des 
Charles, 190b, t. 66, p. 264. 

9. Palau Sator, prov. et dioc. de (Ierona. cant. jud. de la Bisbal. Vidal, ibid., 
p. 341, \' col. ■» 



L'INQUISITION ET LES JUIFS 231 

Interrogentui" fratres Jaoobus Pétri, P. Vitalis. Item qiiod demones nas- 
cebant et moriebantur. 

Delaciones contra aliquos qiiisuntde episcopatu Urgellensi'. 

il. f" 8 r\ Contra quendam gerentem se publiée pro judeo et fiierat 
chi'istianus de loco de Salssona* et in morte mandavit sibi fieri piiblicum 
testamentum quod moriebatur ut judeus et fuerat baptizatus ; fuerat de 
partibus Provincie. 

Interrogetur frater P. Vilaris ordinis fratrum predicatorum qui est de 
loco de Agrimonte'. 

Cxor testât, que vocatur la Salsera et vir vocabatur lo Salser'. 

Notarius vocatur G. Martini : videatur clausula testamenti. 

Videatur de fautoribus. 

Interrogetur medicus Salsone, judeus vocatus Perfectus de Rehafert : 
fuit in fractione testamenti. 

Delaciones contra aliquos qui sunt de episcopatu Leridensi. 

12.f'^10r°.AbraamCofenmoraturAlcoleyaquidestruxitcrucemettestavit. 

13. f" iO v, Contra Lupum Abnatan judeum loci deGraus, sabaterium, et 
est nuncin Monte .Sono" deponitJacobus Bisens, sartor, conversus loci de 
Graus, quod cum esset judeus, fuit invitatus a predicto Lupo cum multis 
aliis Judeis et dictus l.upus ostendit eis duos calices argenteos cum dua- 
bus patenis, in quibus calicibus erant due ostie consecrate. Etreprehensus 
per eos, respondit quod quidam capellanus vendidit quidem sibi, quod 
quamdiu teneret, faceret de son greu sed quod plus diligebat argentum 
quam ostias ef procontemptu projicit eas per quandam mensam, ita quod 
ceciderunt in terram, dicendo ([uantum apreciabatur eas; super quo fuit 
reprehensus a predictis. 

Post invitabat est alia die et fecit eos jurare ne revelarent. 

Testes luijus eos : Jacobus Besiens, sartor ; Maymo exequo ; Vidal de 
Frahin, sabaterius; Abman Âborabe ; Isach .\borabe ; Junets de Frahin ; 
Fahin Abnaxxeth ; Astruch Abnaxeth : bec est depositio predicti Jacobi ; 
Christianisent testis qui scivit in facto, utdicit dictus deponens; Johannes 
de Lasera, Bonanat Damaden, Calcclero et Pedro Bonanent. 

14. f" 12 ro. Conti-a Ysachum Vitalem lievaye, judeum. habitatorem de 
Petracissa^, deponit venerabilis frater G. Saguini (juod ipse in presentia 

1. Seo d'Urgel, sièire île l'évêclu', prov. de Lérida, Vidal, ibid.. p. 499. 3' col. 

2. Solsona, sièse dï'vèch(", prov. de Lérida, Vidal, ibid., p. 5C0, 1" coi. 

3. A^Momunt, prov. de Lérida, dioc. de Sei) d'Urgel, cant. jud.de Cervera, commune 
de Florejach, Vidal, ibid., p. 489, 2" col. 

4. Cette phrase et celles qui suivent jus(ju'k fractione leslamen/i ont été 
ajoutées après coup. 

5. .Monso. prov. de Lérida, dioc. de Seo d'L'rgel, cant. jud, de Tremp, ou Munsoiiis. 
prov. de Lérida, cant. jud. de Balairuer, Vidal, ibid., p. 494, 2* col. 

6. Petracissa, paut-ètre Peratallada, prov. et dii)C. de Gerona, cant. jud. de la Bisbal, 
Vidal, ibid., p. 341, 3< col. 



232 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

fratris Francisci Perpiniani audivit dici ab ore d'en Cabriiges de Mont, 
parrochie de Sancta Pelaya', qiiod ipse Cabriiges aiidivorat ab ore Yssac 
Vidal Revaye publiée, in platcade Petracissa, coram Bernardo de Pnlchro 
Loco' jndice bec verba : « Com poders fer vos altres tantes noves daylal 
fembra quis livrann a liom axi coma puta?», et bec dicebat de beata vir- 
gine quam laudabant ibidem christiani et qiiod ipse Capbriignes dixit tune 
diclo judici : « He com podets sot'arir ({uest diguen axtalls paraulas de ma 
dona santa Maria? » et (juod dictus judex respondit sibi : « No li gos res 
fer ni dir per Engalabert de qui es ten gran amie ». 

la. f" 12 r°. Contra eundem deposuit P. Saumman quod in loco de Palis' 
dixit multa hereticalia contra Dei potestatem et béate Marie pudiciciam et 
virginitatem et quod inde interrogentur P. Aument, Jobannes Rebedor, 
P. Gentilis Bonitilii de Palis qui audiverunt. 

Item idem quod dictus judeus fuit communicatiis ad mortem et induxit 
quosdam ad interficiendum ipsum P. Saumman quia testificatus fuerat 
contra ipsum judcum coram inquisitorem citatiis. 

Interrogentur P. Caneti et P. des Cabruge de Val de Senta Pelaye. Pro- 
cessus est inceptus. 

16. f^ 13 v^'.En Canet, sartorGerunde, denunciavit et idem en Cros, for- 
ner, quod die Jovis santa et feria Vj» santa proxime preterita, hora qua 
dicebanliir post prandium matutine, en Torron, ourritor Gerundc et alii 
christiani luserunt et de Deo more ludencium juraverunt et biberunt et 
comederunt cum jiideisin callo Gerunde. 

Item denunciatum' extitit quod bajulus civitatis vendiderat licentiam 
ludendi in callo, diebuspredictis duobns sagionibus et (juod ipso présente 
vidente, in callo, dictis diebus, christiani Insérant cumjudeis*. 

Interrogetur Pujol Assaouador (}ui viditur in judaico callo Item Bernar- 
dus Oliverii; Torron, curritor. Item P. Madir. Item .lobannes Marco. Item 
Gémi Casesnoves, Bosser. Item Laurentius Estevyol. Item Johannes de 
Vinyoles^ et en Carbonell Pedrer. Item en Francey Macip del bayli. Pujol 
Assaouador et en Torre et Bernardus Oliverii non citati veneruntet péni- 
tentes veniam pecierunt. 

17. fJ 14 r". ïorro, curritor, non citatus venit veniam petendo et dixit 
quod die Veneris sancta, circa vesperum, in domo d'en Camjuda, judei, 
ab'en Bertholit Sebater, curritore, lusit et ((iio-d die judie Insérant cum 
ipso Bertholit. 

18. f^ 14 r*. El Bernardus Oliverii venil, non cil dus ut primus, et dixi 

1. Sauta Peiaya o Pellahia, \>vo\. t-t ilioc. tic Gituiki. caiit. jiul. de la lîisbal, eom.de 
Cruilifs, Vidal, ibid., p. 341, '>• col. 

2. Bell-Llnoh, prov. cl dior. de Goroua, cant.Jud.di' la Bishal, coin, de Castellde.Vro , 
Vidal, ibid., p. 331, 3* roi. 

3. Pals, prov. et dioc. de Geroiia, caiit. jiid. de la Bisbal, Vidai.- ji. 311, 1" col. 

4. Les dénonciations 14, i.'j et 16 ont déjà été publiées par M. H. Oniont, iil supra, 
p. 265. 

."i. Vinolas (San Martin di-i, pmv. de Gerona. dioc. de Vicli, oaiit. jud. de Uibas,com. 
de Llosas. Vidal, p. 34"!. 3« col. 



L INQUISITION ET LES JUIFS 233 

qnod lusit ad aléas in domo de Camjiula, die predicta,circa vesperos, ciim 
Bonjua, filio d'en Salccols et ab'en Torros et ab'en Torro circa vesperum. 

19 fos i4rJet 14 v». Piijol Assaoïiador, noncitatns, venit et veniam postu- 
lavit et quod sit serretiim reqiiisivit et dixit qiiod die Jovis sancta, hora 
vesperoriim, intravit calliim et in donio don Fei-rer Bonenast invenit et 
vidit ludentes Johannem Madir, Johannem Marco cuni judeis aliis, en 
Farrer Bonenast, Martinet Jubeter, jiideo, Juvante Torros et aliis multis. 
Et in alia parte dicte domi liident fienii Casesnoves, Bosser, I.aurentius 
Essenyol cura judeis multis. Et juxta scolani judeorun), in domo cujusdam 
judei. capellani judeorum, vidit ipse infra vj, ludentem Johannem de Vin- 
nyols et quendam juvenem, vocatiiin Carbonell Lampcidaz cum Juvante 
predictoet vj aliis judeis, et quod dictus Carbonell post pecuniam lusit 
ensem et gladium et aiiulum. 

Item dixit quod die Jovis et die Veneris sancta, ipse testis lusit cum pre- 
dictis judeis et christianis et ab'en Torron dicto et quod vidit et audivit 
quod tune en Bertholit lucratus fuerat florenum cum dimidio. 

Item quod vidit et audivit quod dictus f.emmi de Casanova tune fuerat 
lucratus circiter xvj florenos. 

Item quod vidit in domo d'en Deor, judei, ludere die Jovis sancta cum 
judeis et christianis Francon Macip del Bayla quod Abram de na Patitafuit 
ei lucratus unum florenum. 

Item quod vidit tune dicturh bajulum incedentem per callum et viden- 
tem dictos ludos et quod produobus florenis vendidit licenliam predictos 
ludendi ut predictis duobus sagionibus, Franco de Vico et Berengarius 
Puncta quos vidit causa predicta accipere pecuniam a lucrantibus singil- 
latim. 

Item vidit quod Vitalis ibi, Julius et en Monet et en Nicola aspicient in 
dicto ludo, qui in callo biberant ut audivit. 

Ji:an Régné. 



LES JLIFS DE PERSE 

AU XVir ET AU XVIIP SIÈCLE 

D'APRÈS LES CHRONIQUES POÉTIQUES 
DE BARAI B. UOUTF ET DE BABAI B. FARHAD 

(suite ^) 



XLII. Des leçons quU faut tirer des destinées''. 
A 81 a, L 56 a, P 73 a. — o4 distiques. 

Ce chapitre ne contient que des considérations, revêtues d'une forme 
parénétique, sur les enseignements qui se dégagent des événements 
racontés jusqu'ici, et qui sont en partie rappelés. 

Ce chapitre sépare ceux qui se rapportent à l'époque de Schah Abbas II 
de ceux qui vont suivre maintenant, et qui nous reportent au temps 
d'Abbas I. 

XLIII. Les Juifs de Zagoum font défection à Tamours le Géorgien * et, 
devenus partisans du schah'', se rendent de nuit auprès de Schah 
Abbas I. Celui-ci leur fait du bien. 

A 83 a, L57fl, P 74 6. — 131 distifjues ; entre les vers 26 et 28, A con- 
tient un vers qui manque dans !.. 

A Zagoum, capitale de la Géorgie, demeuraient, entourés d'une grande 
considération, les Juifs, sous la direction d'un liomme distingué, nommé 

1. Voyez tonip LI, p. 121 et 26;); LU, ]>. 77. 

2. L. P. : -T^N?3"ÎD iN^NSTi", nn-'i:; n-i3N -. A : T^^5 "iwSJTin nn"»::; tt- 

3. ■'J-na D-n72Nn ÎN Ss't nyi<72J pl'ii: (L. 'px"^! ■';«■'. \-c mot •';x-« sia:iiili(> 
proprement : ennemi. La ville de Zagoum est menlionnt'e plusieurs fois dans le cha- 
pitre même romme capitale de Tamours, souverain de la Géorgie. 

4. n*l"lD TINC du verbi' turc sawmak, aimer. Au v. 29 on lit : "^riNO TTO 713 

-12-'^ mp IN nîino. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII« ET AU XVII1« SIÈCLE 23b 

Eléazar, qu'on appelait aussi Làlah-zàr ^ Quand Sciiah Abbas s'avança 
avec une grande armée' pour soumettre les Géorgiens. Eléazar conseilla 
à ses coreligionnaires de rendre foi et hommage au schah . Avec deux 
cents membres de la communauté à cheval, il sortit secrètement pendant 
la nuit, pour se rendre au camp persan. Ils y furent reçus par le schah 
avec un vif empressement. La présence dEléazar lui fut très agréable, 
parce qu'il espérait l'utiliser comme guide à travers la région couverte de 
forêts qui le séparait encore de la capitale des Géorgiens. Il lui jura par 
l'âme du Prophète, par la poussière de son aïeul Scheikh Séfi, par Dieu 
entln, de ne jamais opprimer quelqu'un du peuple des Juifs'; quant aux 
Juifs de Zagoum, il leur promit encore des témoignages particuliers de sa 
faveur. Khodja Eléazar lui-même reçut en présent un coursier superbe- 
ment harnaché et des habits d'honneur brodés d'or. Sur l'ordre du schah, 
Eléazar renvoya ses deux cents cavaliers chez eux ; lui-même resta avec 
l'armée persane. Celle-ci, par une nouvelle marche, s'approcha de la 
capitale de la Géorgie, dont elle ne fut plus séparée à la lin que par une 
forêt impénétrable. Sur le conseil d'Eléazar, le schah fit mettre le feu 
à la forêt. L'immense jncendie, dont l'ardeur fut ressentie jusque dans la 
province de Sistan, dura deux mois et fit de la forêt une sorte de 
désert. Avant que l'armée persane se disposât à prendre Zagoum, Eléazar 
entra secrètement dans la ville et invita les Juifs à se réunir en un lieu 
déterminé afin d'être garantis contre Tépée des guerriers persans. Quand 
Abbas se fut emparé de la ville, il commanda à Eléazar de faire sortir 
tous les Juifs de Zagoum. voulant, disait-il, fonder pour eux une ville 
spéciale qui s'appellerait Farah-ahad. 

XLIV. Schah Abbas [fonde Farah-ahad pour la communauté dr Zagoum, 
qu'il y transplante^. Tous les ans, il fait du bien aux Juifs de Zagoum. 

A 87 a, L 59 6, P 78 a. — 57 distiques ; A contient, entre les vers 34 et 
35, deux distiques qui manquent dans L. 

L'établissement que les Juifs de Zagoum fondèrent, sur l'ordre du schah, 
au bord de la mer Caspienne, se montra malsain. L'endroit qui avait été 
choisi a cet effet était un terrain marécageux, et l'air y était mauvais. 
Beaucoup d'habitants de la ville nouvelle moururent. Eléazar le rapporta 

1. V. 7 : p;n5 t"*: •>:;-^^T nb^b p-^-^br Ce nom n^T nbxb l .- -NTbxb;, qui 

veut dire « plaiictie île tulipes », est sans doute une traiislormatioii du nom Kiéazar 
par étvmolnirie populaire. 

2. .\bbas I siiumit le pays des Géorgiens, au bord méridional de la MerC'aspienne, 
en l'an 1613. 

3. V. ."jO-:il : 

d''"»N-nD (A : pn^ pNi -Eo v-i-i" :a : pNaiy,) pNSN a-'"«NDa:£i73 iNsn n;;nio n-is 

.KT1DT TTirN V'"* ~- "'î'^ ~-~ î<-n-^ 2Tip "'r'^ a-li<TN: "'D 

4. V. 127 : nN3N nnË D:N3a u)ttN3 Dn3 nN-'sia -\rvo x INW -'.nn tn p ns 



236 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

au schah,et celui-ci permit au xJu ifs de se choisir au bord de la mer, pour 
s'y établir, un autre lieu plus sain. C'est ce qui fut fait, et la nouvelle 
ville, qui reçut le nom de Farah-abad ', parvint a une grande prospérité. 
Les Juifs y vivaient très gaiement, et « se délectant de musique et devin, 
ils ne tremblaient plus devant les lions, les tigres et les loups*». Quant à 
leur chef Eléazar, il grandit encore en considération et était dans les 
meilleures grâces du schah. Toutes les fois que Schah Abbas 1 se rendait 
à Guilan, il s'arrêtait à Farah-abad et traitait avec distinction Eléazar et 
sa famille. Eléazar avait un frère nommé David, et deux fils, Hanoucca 
et Jacob '. Ces parents d'Eléazar, ainsi que leurs femmes, étaient invités 
par le schah, quand il venait à Farah-abad, à un joyeux banquet. Une fois, 
dans la gaieté du vin, il conçut l'idée de faire de Hanoucca, l'un des fils 
d'Eléazar. un musulman. Hanoucca n'osa pas résister et se convertit à 
l'Islam. Le schali le nomma fermier des impôts de la province de Guilan. 
Dieu le sait — c'est par ces mots que se termine le récit — le vin que 
but le schah fit s'en aller son jugement *. 

XLV. Evénements du temps de Schah Abbas I. Apparition du Khodja 
Aboul-Hassan Lari. Il apporte aux Juifs un bonnet comme signe dis- 
linctif^. Il est tué parle Khodja Ldlah-zàr^. 

A 89 a, L 61 a, P 74 b. — 62 distiques : entre les vers 6 et 7 il y a, dans 
A un vers qui manque dans L. 

A l'époque de Schah Abbas I, vivait à Lar un homme qui possédait une 
certaine science, mais qui abattait la viande en même temps qu'il la ven- 
dait'. Ce cumul déplut aux Juifs de Lar, qui lui firent sentir leur désap- 
probation. Une fois, — c'était la veille du jour du Pardon, — comme il 
avait tué beaucoup de moutons, la plus grande partie de la viande lui 
resta pour compte. Il en fut si irrité, qu'il résolut de se venger des Juifs. 
Le jour même du Pardon, il alla trouver le khan de Lar et se convertit 
avec toute sa famille à la religion mahométane. Sa femme, qui était d'ori- 
gine sacerdotale, le suivit aussi dans son apostasie. Pour exécuter son 
plan de vengeance, il se fit délivrer par des savants musulmans des con- 

1. < Ville (ip (lt;lii;e<î ». 

2. V, 30 : ^:-^173-l ■'■'3 ixs-iai -laai -voi -i3T«'C53 ""t: iii: '^'^J2^ tno 33N23. 

L'auteur vent parler des biHes féroces qui se trouvaient au.ï abords de la colonie. 

3. V. 38 : TnNi na -n^n apy -"di ma -«to dn: nm;n o-iid ■>d"'. 

6. Cette dernière phrase ilu titre se l'appuite au nmloiiii ilii ileruier chapitre 
(cliap. LI) (le l'épisode «le Laii. 

7. V. 6 et suiv. : -ii<"( -jM ma 131731 ^mo "'Vt -iN"'03 'jwSD nmm arn "^nia 

Le premier vers manque ilaiis I,. Mais L dit aussi au vers !) : 

.no "y^ '-o^n^ amc "'ï:n2 n^ -isn o'^rjNr ■'■'33 nsrciâ ^rn 



LES JUIFS DE PERSE AU XVll» ET AU XVIII* SIÈCLE 237 

sultations sur les dix-huit mesures restrictives que le Prophète avait com- 
mandées contre les Juifs '. Parmi ces dispositions se trouvaient les sui- 
vantes : ils devaient abaisser celles de leurs maisons qui étaient trop 
hautes ; ils ne devaient pas circuler librement au milieu des croyants; 
dans leurs boutiques ils devaient (Mre assis sur des sièges peu élevés, afin 
de ne pas voir distinctement le visage de l'acheteur. Puis il confectionna 
un bonnet composé de onze pièces diversement colorées pour servir de 
modèle à la coiffure que les Juifs devaient porter'. Il était encore dit, 
dans ces prescriptions dirigées contre les Juifs, qu'ils devaient rouler 
autour du bonnet un morceau d'étoffe grenat long de trois coudées. Les 
femmes — c'est encore ce qu'énonçaient ces lois restrictives — devaient 
attacher à leurs chaussures un grand nombre de clochettes et porter sur 
la tète un voile d'étoffe noire. Un Juif parlait-il k quehm'un, il devait 
baisser humblement la tète. .Muni de la consultation sur les restrictions 
à imposer aux Juifs, Lari ' se rendit à la cour du schah. 11 alla d'abord 
chez Molla Djelàl, qui jouissait d'une grande considération auprès du 
schah, qu'il sut gagner à son idée et qui lui accorda son aide de toutes les 
manières. Il voulut avant tout obliger les Juifs d'Ispahan à accepter la 
nouvelle coiffure. Mais ceux-ci se rendirent avec une requête auprès de 
Schah Abbas. Quand ils furent introduits, le schah était justement occupé 
à un joyeux festin avec différents hôtes, parmi les(juels .\li-pacha, le gé- 
néral turc fait prisonnier à Tabriz. Le schah ayant aperçu les Juifs qui 
faisaient humblement leur enti-ée, invita Ali-pacha à tendre à chacun 
d'eux une coupe de vin. Quand ils eurent bu et exprimé leurs bons 
souhaits pour le schah, ils présentèrent leurs doléances sur l'humiliation 
que voulait leur imposer l'homme venu de Lar. Le schali écouta la plainte 
en riant, puis il renvoya les Juifs a l'autorité établie pour la protection 
de la religion ; le président de ce conseil saurait bien si ces restrictions 
étaient conformes aux lois religieuses '. 

XLVI. Le président du conseil pour la protection de la religion tient unfi 
séance et fait venir Lari ; l'obligation du port du signe distinclif est 
édictée pour tout l'empire. 

A 91 (i, L 62 h, P 81 h. — 70 distiques ; A contient entre les vers 3 et 4 
un vers qui manque dans L, et trois vers entre les vers 4 et 'ô. 

Le président du conseil de la religion écouta la plainte des Juifs ; il 
reçutensuite Lari, qui lui exposa les restrictions qu'il fallait imposer aux 
Juifs. Mais il n'approuva pas la forme du bonnet qu'il proposait; il fixa 

2. C'était uiip des ilix-liuit inesuros ijui édiclait le port d'une coiliure |iarticulière. 

3. Son nom d'Aboul-assan n'apparaît qu'à partir du cliai)itre suivant. V. aussi 
plus haut, cliap. Vil. 

4. V. aH-o9 : i^n'in -"N3 r!N:D ';■'■' '^""^^ ^s^^^•^ "in nÈns n'a nn:3 "«on 

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238 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

un iuitre modèle que les Juifs seraient astreints à porter. Aboul-Hassao 
Lari devint « inspecteur des bonnets » pour toutes les provinces de l'em- 
pire, ainsi que pour la capitale Ispahan '. Il avait le droit de remettre aux 
Juifs le bonnet contre paiement. 11 devait dénoncer les résistances au 
Conseil de la religion ; mais lui-même ne pourrait pas user de violence, 
ni se laisser aller nulle part à des extorsions pour dettes Lari commença 
à remplir sa mission à Ispahan. Il fit confectionner un bonnet, d'une 
forme tout à fait grossière et grotesque, oili la tête et le visage se perdaient 
pour ainsi dire"* : les jeunes gens qui ressemblaient à une rose paraissaient 
avec ce bonnet des ânes sans queue^ Lari avait trois fils : Abdoul-Rahim, 
Schah-Mouhammed et Ismail. il chargea le second de surveiller le port 
de l'insigne ; quand il voyait sur un Juif un bonnet qui était plus court 
que la forme prescrite, il lui en faisait des remontrances et levait une 
amende sur lui. Isma'il fut nommé inspecteur des bouchers, qui eurent 
beaucoup à souffrir de lui et qui étaient particulièrement exposés à ses 
chicanes les veilles des sabbats et des fêtes. Chaque fois qu'on célébrait 
une circoncision ou une noce, il fallait faire visite à Lari et le combler de 
présents, car il punissait toute négligence de nouvelles tracasseries. 4 
force d'extorsions, il s'amassa une fortune et put s'acheter une maison à 
Ispahan. « Si je voulais dire tout ce qu'il y aurait à raconter sur lui, il 
n'y aurait pas assez de place même dans cent livres'. » 

XLVII. Molla Aboul-ffassan Lari arrive à Kachan. Molla Iicadh * dis- 
cute avec lui. — Samuel le boucher en vient aux mains avec lui. 

A 93 b, L 63 b, P 83 6. — 60 distiques. 

Lari alla à Kachan et somma les Juifs de se soumettre au port du bonnet 
prescrit. Comme ils le priaient de renoncera cette prétention et de ne pas 
s'attirer les plaintes d'une si grande collectivité, il leur rappela les avanies 
que lui-même avait eu à endurer à Lar. « J'étais comme un Dayyàn dans 
la ville de Lar ; j'étais schohet et interprète à la synagogue ; j'avais aussi 
beaucoupde disciples et j'étais reconnu comme un savant. ■>Mais,continua- 
t-il, on m'a traité si indignement, que je suis devenu intidèleà mafoi. Molla 
Iwadhlui répondit:^ Tu as subi cesavanies ailleurs, pourquoi veux-tu nous 
les faire expier à nous? » Lari répliqua : « Vous êtes tous responsables 
les uns des autres ^» 11 rappela à ce propos l'exemple d'Achan (Josué, vu) 

Au lieu lie "iND no, I- liorto: INT 10. 

2. V. 33 : n-n no ■'nTi:^ ""wr; ms odn-'to . 

3. V. 34 : 13 iRrins iiD^Ton "[Tim ;L : DTiïN) ûNn3Nbi5 iiii pin n: ■':.N:Nn5 

4. IN irrribn n5353 -infT n::3 iwX ^nnôia ^t^hizd u^^r^ isn 

•j- yi'W ; A, P. : T2y, Je même dans le corps du chapitre. Voir ce nom plus 
haut, chap. XWVl. 

6. V. 21 : i^n in^in ^^ iwnt Nn n»;^. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII" ET AU XVlir SIÈCLE 239 

et les paroles dos frères de Joseph (Genèse, XLir, ili : Nous sommes 
les tils d'un même homme. « On s'est mal conduit à mon égard à Lar ; 
c'est a vous que je rendrai la pareille. » Ils lui otiVirent alors vingt lomans 
d'or pour qu'il diininucàt la longueur du bonnet : mais il ne voulut pas y 
consentir. Alors, du sein des Juifs assemblés, s'éleva un boucher qui por- 
tait le nom de Samuel et le surnom de Madjou ', homme violent en même 
temps qu'exercé à la parole, que le Molla Iwadh avait coutume d'employer 
à toutes sortes démissions. S'adressant à Aboul-Hassan Lari, il lui dit 
entre autres : « Le mal que tu fais aux Juifs te sera rendu un jour. Tu as 
souvent pu lire et tu as certainement entendu dire à des orateurs que 
quiconque fait du mal eu ce monde trouve son salaire qui l'attend en un 
certain endroit (en enferj. » En entendant ces mots, l.ari sursauta et 
menaça son interlocuteur, en lui tenant des propos outrageants, de lui 
couper la tète. Samuel ne fut pas embarrassé pour répondre. Alors, Lari 
tira son couteau et blessa Samuel. Celui-ci, saisi de colère, frappa du 
poing l'apostat au visage, si fortement, qu'il lui brisa une dent. Cette rixe 
provoqua un grand désordre, et les espions présents à la réunion ' en 
informèrent le Diwan. 

XLVIIl. Aboul-Hassan Lari el Samuel Madjou comparaissent devant le 
Diwan, ainsi que la communauté Juive. Le jugement prononça que la 
dent brisée devait être considérée comme une punition de la blessure 
faite. Les Juifs furent astreints à porter Vinsigne. 

A 9'a b, L 65 a, P 85 a. — 60 distiques. Dans A une partie de ce chapitre 
est mêlée à des fragments du chap. LU, suivant le tableau placé en 
note*. Aussi bien que dans le cas analogue que nous avons constaté aux 
chap. XXVIII-XXIX, ce mélange de passages étrangers l'un a l'autre 
repose sur la légèreté du copiste de A. 

Devant le Diwan, auquel tous les intéressés furent cités, ce fut d'abord 
Aboul-Hassan Lari qui exposa l'atï'aire; puis elle fut rapportée par Samucd. 
Pour ce qui était de la dent, déclara ce dernier, Liri avait fondu sur lui 
comme un faucon, et s'était ainsi cassé lui-même la dent en se heurtant 
la tête, comme s'il voulait mettre un emplâtre sur la blessure qu'il avait 
faite. Le juge se mita sourire et prononça que l'une des blessures corpo- 
relles devait être considérée comme compensant l'autre Quant au bonnet, 
les Juifs de Kachan étaient obligés de le porter, puisque même les Juifs 
de la capitale Ispaiian s'étaient résignés à l'accepter. Molla hvadh avait en 
vain protesté contre cette sentence. Quand on eut imposé aux Juifs de 
Kachan le port du bonnet, ils durent subir mainte tracasserie au bazar; 
ils eurent aussi beaucoup à souffrir de la cupidité de Lari. A la fin, un 

1. V. 31 : Va?: u;ni3 apb. 

2. V. 57 : iNTNttJ . 

. 3. A 1-7 = L, 17 ; 8--25 = L, 7-26: 26-28 = L, 38-60. — A LU, 1-39 = LU, l-39j 
40-71 =L, XLVIIl, :27-:i7; 72, 112= LU. 40-78. 



240 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

cadeau de quarante tomans le détertiiina k (juitter Kachan. Ensuite, 
Aboul-Hassan Lari parcourut aussi les autres provinces de l'etnpirc et fit 
endurer beaucoup d'exactions aux Juifs. 

XLIX. Lari va dans la province de Chiraz et apparie le honnel ' aax 
Juifs de Chiraz ' . 

A 96 h, L 06 b, P 86 fe. — 78 distiques dans L ; les vers 38 et 74 manquent 
dans A '. 

Lari vint à Chiraz et exposa aux notables des Juifs le but de sa visite. — 
Le chef (Nasi) des Juifs de Chiraz était le pieux et savant Molla Ibn Yamin. 
Le gouverneur de Chiraz était le Khan Allawerdi. Quand Lari annonça 
que, sur l'ordre du schah, les Juifs devaient porter le bonnet comme 
signe distinctif, tout comme les Juifs des autres provinces qui l'avaient 
déjà accepté, Ibn Yamin lui répondit : « Nous ne pouvons reconnaître cet 
ordre comme valable pour nous, que si tu es en mesure de nous en pré- 
senter la ratitication de la main de notre Khan. » Un dialogue s'étant 
élevé à ce sujet entre le Nasi et Aboul-Hassan, celui-ci y mit fin en décla- 
rant qu'il irait trouver lui-même le Khan et lui exposer la chose. Ibn 
Yamin accepta la proposition et tous deux se rendirent auprès du Khan. 
Ils le trouvèrent au milieu dun joyeux banquet ; un joueur de flûte, 
d'origine juive, et un chanteur nommé Michaël contribuaient encore aux 
réjouissances. Les deux adversaires se présentèrent au milieu du festin, 
et, quand ils eurent salué le Khan, Ibn Yamin raconta le premier avec 
quelle prétention, appuyée sur un ordre prétendu du schah, ce petit 
homme de Lars'en était pris aux Juifs de Chiraz. Le Khan, qui éprouvait 
déjà les effets du vin, se tourna avec une mine joyeuse vers Lari et lui 
demanda son origine. Lari raconta alors comment il était devenu n)aho- 
métan et comment il avait reçu la mission de faire porter aux Juifs, 
conformément à la décision du scheikh, un signe distinctif sous la forme 
d'un bonnet. Là-dessus le Khan, dans la gaieté du vin, prialeNasi Ibn Ya- 
min de coiffer le bonnet par amour pour lui. Le Nasi se mit à l'unisson de 
la bonne humeur du Khan, plaça le bonnet sur sa tète et demanda du vin. 
Le Khan lui fit verser trois coupes de vin l'une après l'autre, sur quoi Ibn 
Yamin, échauffé par le vin, ordonna au chanteur d'entonner une chan- 
son, qu'il accompagna par la danse. La joyeuse conduite du Nasi accrut la 
bonne humeur du Khan, qui ne put s'en)pêcher de rire. 

i. A: le signe (nDN^3). 

"2. L et P ajoutent encore : « il iliscute avec le* MoUas ilo C.liiraz ol avec le Nasi Ihn 
Yamin ». 

o. Ce chapitre ainsi que les deux suivants ont été édités et traduits par moi d'après 
un autre manuscrit A'j, de la collection .\dler (N» 341) et d'après P; v. Revue des 
Eludes juives, XLVII, pp. 262--28'2 : Un épisode de ihisloire des Juifs de Perse. 
C'est utaintenant seulement ()u'on connaîtra complètement cet épisode grâce aux cha- 
pitres XLV-XLVIH. — Pour le texte du cliap. XLIX voir ibid., pp. 267-210 ; pour la 
traduction, pp. ^"[i-iTS. Comme pour le reste, L = P. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVIIVET AU XVIIP SIÈCLE 24t 

L. Les Juifs d' Ckiraz narccplent pas le bonnel d'Ahoul-Hassan. Ils 
délennincnt un insigne qu'on parlerait à la poilrine. 

A 99 «, F. ()8rt, l»89a. — 20 disli(iucs'. 

Quand le Khan fut revenu du transport de gaieté que lui avait procuré 
le Nasi dansant et coiffé du bonnet, il s'adressa à Lari en ces termes: 
« Si le schah lui-même, dans sa majesté, venait à Cliiraz et m'invitait a 
faire porter ce signe aux sujets juifs, je lui obéirais peut-être. Mais autre- 
ment, je trouve suffisant que les Juifs de Chiraz, pour échapper à 
d'autres persécutions, portent comme signe distinctif un nd'ud de ruban 
à la poitrine. » Aboul-Hassan Lari ayant osé élever des objections contre 
cette décision, il fut, sur l'ordre du Khan, ignominieusement éloigné de 
la salle. Il quitta Chiraz désespéré. Le Khan édicta que les Juifs de Chiraz 
porteraient désormais à la poitrine un nœud de ruban rond de la gran- 
deur d'un liard. 

LI. Aboul-Hassan * arrive à Farah-abad^ cl ij est lue * 

A 100 a, L 68 6, P 89 b. — 74 distiques dans L ; dans A, il y a, entre les 
vers 21 et 22, quatorze vers qui manquent dans L \ 

Quand Lari eut été obligé de quitter Chiraz aussi ignominieusement, il 
continua sa mission dans d'autres régions de l'empire perse, et finalement 
il vint aussi àFarah-abad. Là, il se mit à la recherche des notables des 
Juifs, à la tète desquels était placé le très distingué Khodja Eiéazar (La- 
lah-zar)*. Lari, l'ayant aperçu, le salua respectueusement et exposa ensuite 
le but de sa visite. Eléazar maîtrisa sa colère et résolut de se débarrasser 
par la ruse de cet hôte importun. Il le conduisit chez lui, le combla 
d'honneurs, le remercia de sa venue, et le pria ensuite de ne pas imposer 

1. V. ibuL. pp. 270-71 et 278-279. 

2. Ici, comme dans le titre flu diapiln' précédent, L fait suivre le nom d'Alionl- 
Hassan de la formule de malédiction 173'J tlTj"'. 

3. P. et L ajoutent: « et leur apporte (auv Juifs de Farah-abad) le bonnet». 

4. P et L ajoutent : « par la main de Kliodja Làlab-zar ». — Comme il ressort 
maintenant du chapitre XLIII que L;\bali-z;\r est l'éfiuivalent populaire du nom d'Eléazar. 
ma remarque, ibid.. p. 279, n. 4, devient inexacte, et il en est de même de mon 
explication du v, 9 (10 d'après L et A]. 

3. V. i/jld., pp. 271-274 et 279-282. .A'=:A'; P=L. Dans le texte édité il mancpie 
un distiqur après le v. o. 

(i. Dans le texte édité la seconde moitié du v. 8 est : "[MiND \a:T'n "13 irnôia 
?1i<5"n : niais dans L et dans A ces mots sont ainsi conçus : IN^îîD p'''^ "12 nÊna 
rîNSTI. La seconde leçon est seule exacte, aussi bien pour la métriijui' (jue pour le 
fon<l. Ce fut Lari qui se mit à la reclierche des notables du Conseil des Juifs, que 
présidait Eléazar. Comme je l'ai déjà remarqué (plus haut, a.i\ je n'avais pas du tout 
compris le v. 9 du texte édité par moi. Il faut lire : parmi lesquels se trouvait L;\lah- 
zàr (kléazar;, homme plein de science auquel un envoyait des tributs de l'Abyssinie 
(expression liyperliolii|ue pour dire : à qui on offrait des hommages des routrées 
éloisnées). Au second hémistiche il faut lire, en effet, 3N3 au lieu de2î<3, 



T. LU, J^o 101. 



le. 



242 REVUE DES ETUDES JUIVES 

aux Juifs Taffront de porter un bonnel qui ferait deux un objet de raille- 
rie, mais, après avoir accepté de riches présents, de quitter la ville. 
Lari, cependant, invoqua l'ordre de Schah Abbas et persista à exiger que 
le bonnet fût porté par les Juifs ; ne serait-elle pas — disait-il hypocri- 
tement — à l'avantage des Juifs, qui seraient ainsi distingués des non- 
juifs ? Eléazar tit semblant de reconnaître la justesse de cet argument et, 
l'approuvant ironiquement, il promit d'inviter tous les Juifs de l'empire 
à demander pardon à Lari, qui ne voulait que leur bien, de la résistance 
qu'ils lui avaient opposée. Ensuite, Eléazar ordonna à ses serviteurs de 
préparer un repas plantureux, au cours duquel Lari tit abondamment 
honneur au vin. Quand il fut en état d'ivresse, il exprima le désir de 
faire une promenade en mer. Eléazar y consentit avec joie. Tous deux se 
rendirent au bord de la mer ; on eût dit un Moïse accompagnant un Pha- 
raon. Ils y burent du vin qu'Eléazar avait fait venir. Lari exprima alors 
le vœu de monter sur une embarcation et de continuer à boire sur mer. 
Eléazar tit amener trois barques ; Lari et lui s'assirent chacun dans Tune 
d'elles ; la troisième fut occupée par deux matelots géorgiens. Ils quittè- 
rent la rive et cinglèrent rapidement. Ouand ils furent très loin sur mer, 
Eléazar, s'adressant à Aboul-Hassan Lari, le pria derechef de ne pas 
imposer aux Juifs le signe humiliant. Lari répondit en racontant com- 
ment les Juifs l'avaient gravement oft'ensé et comment il avait fait vœu 
de leur rendre la pareille. Quand Eléazar entendit ces mots, il tit un signe 
aux matelots de faire couler la barque qui portait l'autre. C'est ce qui fut 
fait, et Lari devint, la proie dos poissons. 

LU. Les jours de Schah Abbas I s' écoulent ; les jours de Schah Abbas II 
commencent. On cherche des prétextes contre les Juifs de Farah-abad. 
Ceux-ci sont persécutés par le Diiaan '. 

A 102 ft, L 70 a, P 91 b. — 75 distiques \ 

A la mort de Schah Abbas I, Schah Séfi monta sur le trône: il fut suivi 
par Schah Abbas II. Celui-ci avait un premier vizir ^ qui se mit en tète 
d'opprimer et de persécuter partout les Juifs, ainsi qu'il a déjà été 
raconté*. On rapportera maintenant quelle iniquité atteignit de nouveau 
les Juifs de Farah-abad. Quand les Juifs des provinces de la Perse furent 
frappés du grand malheur dont le récit a déjà été présenté, ceux de 
Farah-abad reçurent également de la part du vizir et des scheikhs 
l'injonction d'embrasser l'Islam, attendu que les sectateurs de Moïse ne 
seraient plus tolérés parmi les Schiites. Us répondiient qu'ils étaient 
les gens du fameux Làlah-zàr (Khodja Eléazar et qu'ils s'étaient 

1. "iNT^T non -12 r\y^i2^_ us it'Od nT^i-n. i- >'t i' : nnc ^nVntp'' »-ii\sDm 

i. Voii' 1,1 ri'inaiiiuc un tôti' ilu l'iiaii XLVlll. 

4. V. 16: noi<-iop n-iHDT a"nD ';{<"'-'3 -insn ---«i-i -s ■'^imïx -»r;. Voir 

les cliaiiitres .WIV et suiv. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVIP ET AU XVIIF SIÈCLE 243 

toujours distingués par leur attachement au schah ; d'ailleurs, leur 
résidence était éloignée de la ville proprement dite, car ils étaient sépa- 
rés des Schiites et demeuraient près de la mer'. Quand on leur réitéra 
la mise en demeure, les Juifs de Farah-abad répondirent avec une 
grande résolution qu'ils ne voulaient pas y obéir. Le Conseil mahomé- 
tan les menaça de leur faire expier leur arrogance par le bûcher. Effecti- 
vement, un grand feu fut allumé sur le Meïdan H les Juifs y furent traî- 
nés. Les malheureux, désespérés, élevèrent leurs prières vers le ciel, mais 
ils furent interrompus par la sommation menaçante de se soumettre, sans 
quoi ils seraient livrés au feu. Les Juifs donnèrent alors un signe de leur 
courage devant la mort, en s'approchant spontanément du feu brûlant, 
comme s'ils étaient des salamandres ^ Quand les juges mahomé- 
tans virent ce courage inspiré par la foi, ils furent encore plus 
courroucés, et ils prononcèrent l'exécution des Juifs Les soldats reçurent 
l'ordre de saisir quelques-uns d'entre les Juifs et d'exercer des sévices 
sur eux. Mais même l'exécution de cet ordre n'ébranla pas le courage 
des Juifs. Quand toutes ces menaces de violences apparurent comme 
vaines, on décida d'imposer aux Juifs qui ne voulaient pas renoncer à 
leur foi un signe d'humiliation. Les uns proposèrent de leur faire porter 
un grand grelot au cou. D'autres mirent en avant un bonnet rouge * qu'ils 
placeraient sur la tète sans turban, ni étoffe; d'autres encore proposèrent 
des anneaux de fer que porteraient les hommes. Les trois propositions 
furent toutes adoptées et les trois signes furent imposés aux Juifs de 
Farah-abad. Plus tard, ils réussirent à s'aflfranchirdu port obligatoire de 
ces insignes, grâce à des présents trèsconsid(''rables qu'ils tirent au Diwan 
et aux fonctionnaires. 

LUI, Le grand-vizir envoie des messagers au préfet de Koum. Celui-ci 
fait des Juifs de Koum des Mahométans. 

A lOf) rt, L 71 b, P 94 a. — 47 distiques. 

Quand les Juifs de toutes les provinces de la Perse furent menacés 
de l'apostasie, le préfet^ de Koum se donna particulièrement beaucoup 
de peine pour déterminer les Juifs de celte ville a embrasser spontané- 
ment l'Islam. L"n jour, comme plusieurs membres de la communauté 
juive se trouvaient chez lui — parmi eux étaient Mahdi, Benjamin, Elie, 

1. V. 30: nonna ■;-'-!T3i r;;—^ tn -mi nonne -m sto -tîîxojo -i^-^n 

2. V. .%: -lONP \SS 7S 7173- ^S^in pTO -'ZJ^O 11X 00X3 "jn pi<*73' 
Et le poète coiitiiiiw par cetti' invocation iv. .'JT): 

Bienlu'ureux ceux iiui sairifii'ut Inir àiiic |i'nir l'amour île l'atlertii)uut; (c'est- 
à-dire : ili' Dieu^ 

3. V. 67 (do même au v. 721 : nr^^îT '3X0 A porte dans les deux passages : nTr"^^DT). 
Le mut, (jui est i,Mrauti par la rime, vieut sans doute de CjPDT izizyphum rubrum). 

4. Appelé n3î<ij< .L 13l5i<) dans le titre ainsi qu'au v. 12, ailleurs 05573 
(mou'allim). 



244 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Aga Baba — il arriva une lettre du grand-vizir qui recommandait la con- 
version des Juifs. Le préfet invita alors sérieusement les Juifs à pronon- 
cer la profession de foi musulmane et à nettoyer leurs propres livres 
saints dans l'eau de la citerne ' (à détruire l'Ecriturei. Les Juifs écoutèrent 
en pleurant cette exhortation ; puis ils firent cette réponse : « Nous vou- 
lons bien devenir musulmans, mais à condition seulement qu'en premier 
lieu, tu nous fasses de grandes largesses d'argent, en second lieu que tu 
ne nous fasses de dommage en aucune façon, et troisièmement que tu 
renonces à ta prétention d'anéa- tir les livres de la Tora.* » Le préfet y 
consentit et répartit de grands présents en argent entre les Juifs. Ceux-ci 
prononcèrent la confession' et mangèrent de la viande avec du lait ^ Le 
préfet les traita avec distinction et organisa des festins pour eux. Mais 
au bout de quelque temps on apprit que les nouveaux convertis vivaient 
secrètement en Juifs, faisaient leurs prières et observaient leurs jeûnes, 
qu'ils faisaient aussi circoncire leurs enfants et pratiquaient l'abatage 
rituel du bétail. Quand le préfet l'apprit, il dit aux Juils : « Aussi long- 
temps que vous aurez vos livres delà Tora avec vous, vous ne pourrez pas 
arracher votre ancienne religion de votre cœur. Il faut donc que vous 
détruisiez vos livres saints. » Ils furent alors obligés d'apporter leur Tora 
et de rester là, le désespoir au cœur, pour « effacer toutes les lettres de la 
Tora ». Quanta leurs enfants, le préfet lesenvoya à l'école pour apprendre 
le Alhamd (la prière musulmane) *. « Ils sont maintenant encore enchaî- 
nés dans ces liens, jusqu'à l'apparition du Libérateur '. » 

LIV. — Un homme de Khounsar vient à fspahan pour vendre un rubis. 
Le grand-vizir l'apprend et veut acheter le rubis ". 

A 107 b, L 72 b, P 9o b. — .35 distiques; A n'a pas les vers 12 et 13, ni 
le V. 25. 

Un Juif de Khounsar possédait un rubis des plus précieux. Pour le 
vendre, il se rendit à Ispahan, oii il s'installa dans le fameux caravan- 
sérail qui portait le nom de Schah-Bégoum, la sœur de Schah Abbas 1. Il 
fit proclamer qu'il mettait en vente une pierre précieuse d'ime grande 



1. V. 21 : iHii^y pN 3i<nD Ns NI Efino "iNmaT '[xn-'-no nsna -«aîo. 

2. L'état d'i'iini' ili'S .Juifs est ainsi r,ir;ictiTisi' à d' \iri>[)nic : " rliaciui crut voir, tnut 
en étant en vif, cent jours île iL'Suri'cction » (v. 229) : 

3. V. pUisliaut, iliap. Mil. 

4. V. 43-ii: n-nn mmN mz'n inoi\:3 Nn ro ni ';n3-1wS^"'3 r.-ar, in t>:î<C3 

nwnbN niïNS n»-i n^n 3n27:3 nsi: ■'niNi'^a in in^c:: riTjr;. 

5. V. 40: Tna) T;-ia N51D *5Ni3 NPi HO "iNnâns nsnrn in -!;3 m p:r 
L •■ •»'nT) -iNni73;. 

6. "A : " Les envieux ra](iiniinent et le font savoir au i-M-and-vizir ». — Dans L ou lit 
enrofe : « 11 vient i savoir que les sens de Khounsar sont encore juifs ». Mais ces mots 
se rai)portent déjà au contenu du chapitre suivant. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVI1« ET AU XVlIie SIÈCLE 245 

valeur, et aussitôt tous les changeurs et amateurs de bijoux vinrent exa- 
miner le rubis, (.a pierre eut un gros succès: mais on trouva trop élevé 
le prix quon en demandait. On informa le grand-vizir de la clioso, et on 
lui suggéra d'enlever au Juif de Khouiisar son rubis, attendu que le schah 
avait seul le droit d'en posséder un semblable. Le grand-vizir répliqua 
que, les Juifs étant devenus musulmans, il ne pouvait exercer aucune vio- 
lence contre eux; toutefois, il voulait y aller et acquérir le rubis à prix 
d'argent. — Il ne savait pas, en effet, que les Juifs étaient /estes tidèles 
à leur ancienne religion, grâce à la connivence de Khalil-Kban*. — 
Quelques jours après, le grand-vizir, accompagné de sa suite, passa à 
cheval devant le caravansérail où s'était installé l'homme de Khounsar. 

LV. — Le grand-vizir adresse au Khan du Lourislan. Khalil, une 
remontrance. Khalil-Khan fait de tous les Juifs de Khounsar des 
musulmans '. 

A 108 b, L 7.3 b, P 9G ft. — 32 distiques. 

Le jour au cours duquel le grand-vizir passa devant le caravansérail, 
était un sabbat. S'y étant arrêté avec sa suite, il tit sortir l'homme de 
Khounsar. Celui-ci salua le grand-vizir avec un profond respect; mais, in- 
vité à montrer la pierre précieuse, il répondit sans malice qu'il était un 
Juif de Khounsar et de Goulpàdj ', et qu'en ce jour, qui était le sabbat, 
il ne pouvait pas faire d'affaire. Quand le grand-vizir entendit ces mots, 
il devint rouge de colère. Il s'écria que le Khan de Louran avait reçu la 
mission de convertir à l'Islam les Juifs de sa province ou de les tuer, et 
qu'il n'avait, comme il apparaissait maintenant, pas exécuté sa mission. 
Aussitôt il donna l'ordre d'adresser à Khalil-Klian une remontrance sévère. 
Quant au rubis, il le fit acheter le lendemain à son propriétaire. 

LVI. — Khalil-Khan est irrité contre les Juifs de Ivlwunsar. Il les châtie 
jusqu'à ce qu'ils consentent à devenir musulmans. 

A 109 b, L 74 rt, P 47 6. — 84 distiques; A contient, entre les vers 8 et 9, 
un vers qui manque dans L '; de même entre les vers 46 et 47. 

En déclarant inconsidérément que c'était le sabbat, l'homme de 
Khounsar avait révélé que les Juifs demeurant dans la province de Khalil- 
Khan n'avaient pas embrassé llshun. Les ordres sévères que Khalil reçut 
alors du grand-vizir portaient qu'il devait convoquerles Juifs de Khounsar 
et de Goulpàdj et les mettre en demeure de devenir musulmans tous 

1. V. |)lus haut, cliap. XXXIV. 

2. La secomle iiartie du titre sfi rapporte au rnntenu du rhapitre suivant. 
.'}. Au chap. XXXVI : Goulpayeiran. 

4. V. 41 : it<n:ET c&iD i^zr"!: -i= T'iN-'a in7o-'î< r:b7:ii no l"» "'S t^'-ns iirr. 

Au lieu de T?3n73 il y a dans L : yjTJTû. le mot liien connu sous lei|uel on a défigurù, 
par cacophémie, celui de Mahomet. 



246 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sans exception, ou sinon de quitter Khounsar en y laissant leurs biens. 
Lorsque le Khan reçut cet ordre du grand-vizir, il fut rempli de colère 
contre les Juifs, qui lui avaient attiré cette injonction qu'accompagnaient 
des menaces sans ménagement. Il fit assembler les Juifs et les invita 
d'abord avec douceur à adopter l'Islam. Comme ils lui demandaient 
pourquoi lui, qui avait été jusque-là leur protecteur, élevait maintenant 
cette prétention, il leur reprocha de ne pas avoir gardé le secret, à la 
suite de quoi il avait reçu l'ordre de faire d'eux des musulmans. Ils de- 
vaient donc, tous ensemble, professer la croyance au Prophète, et de plus 
manger de la viande de chameau avec du lait en signe de conversion '. 
Les Juifs refusèrent d'obtempérer k cet ordre; alors Khalîl-Khan les fit 
mener sur une montagne, située à plusieurs parasanges en dehors de la 
ville, et appelée Safîdab. C'était un endroit désert, où les Juifs furent ex- 
posés aux ardeurs du soleil, à la faim et k la soif, jusqu'au moment où 
ils se déclarèrent enfin prêts k changer de croyance. Ils prononcèrent la 
profession de foi musulmane; quant k manger de la viande de chameau 
avec du lait, ils obtinrentpar la corruption, en donnant de riches présents, 
l'autorisation de porter chez eux les morceaux de viande qu'on leur avait 
répartis et de les donner k manger aux petits enfants. Mais, en réalité, ils 
cachèrent les morceaux de viande dans la terre. — Les malheureux ainsi 
obligés de confesser l'Islam ne cessèrent pas d'observer le sabbat. Au 
bout de quelque temps, on apprit au Khan ' que les Juifs de Khounsar 
n'allaient pas au Ba^ar le sabbat et qu'ils s'abstenaient de toute affaire en 
ce jour, le considérant comme une fête. Le Khan résolut de se convaincre, 
par une épreuve, de la vérité de cette information. 

LVII. — Khald-Klian met à l'épreuve Les Juifs de Khounsar, pour savov' 
s'ils font des affaires le sabbai ou non. 

A 112 6, L 76 a, P 99 ft. — 59 distiques ; dans A il y a, entre les vers 15 
et 16, un vers qui manque dans L ; de même entre les vers 44 et 45. 

Pour mettre son projet k exécution, le khan envoya au dehors quelques- 
uns de ses serviteurs qu'il chargea de faire des emplettes chez des Juifs, 
le jour du sabbat. Ils trouvèrent les Juifs dans leurs maisons, assis en 
cercle, grands et petits, et ayant au milieu d'eux un livre dans lequel ils 
lisaient d'après leur ancienne coutume'. L'un des serviteurs ayant demandé 
à acheter un morceau d'étoffe de soie, on lui donna k entendre qu'il eût 
à revenir le jour suivant, où il y aurait un plus grand nombre d'étoffes 
de soie de toutes les couleurs. A un autre qui demandait du savon, on 

\. V. plus haut, cliap. xni. On parle ici rie la viande de chameau sans doute ju-ure 
qu'elle constituail dans cette province (le Louristan) la principaU' nourriture. 

:>. V. TD-SO: nî<TN23 ir-'N "^733 rf^aDO INT^H nxD3ib ';^"'^'<0'l'3 ^3 ""'^^<"' "1=^ 

■i33Kn (A : "»y^-^j' Tina) T'"'3' ■'n-; ni rr^arc IwNt:- -:;:xno -n n:m ^?a "'T-'i n: 

3. V. 23 et 2ti : n73T HS TS nno'J: an "'-imn n^nro tti "^iia tti "y Nip 



LES JUIFS DE PERSE AU XVir ET AU XYIlP SIÈCLE 247 

répondit qu'il n'y en avait pas. Il fut ainsi manifeste que les Juifs conti- 
nuaient à observer leur sabbat, bien qu'ils eussent embrassé l'Islam. Les 
Musulmans assaillirent le Khan, disant qu'il ne devait pas^souflVir un tel 
état de choses ; le Khan fit alors venir les Juifs auprès de lui, et les 
menaça de la mort s'ils ne renonçaient pas aux usages de leur ancienne 
religion. (Jiiand les Juifs de Khounsar entendirent cette injonction, ils se 
soumirent, tout secours leurétant enlevé, à leur destinée. Ils observèrent 
toutes les heures des prières musulmanes, et envoyèrent leurs enfants à 
l'école pour apprendre le « Alliamd ». C'est ainsi qu'ils diMiieurèrent, eux 
aussi, enchaînés dans ces liens, espérant dans le secours que Dieu 
apporterait '. 

LVIII. — Le grand-vizii' envoie un ordre aux fonctionnaires suprêmes* 
de Yezd au sujet de la conversion des Juifs rft? Yezd. 

A i 14 6, L 77 a, P 101 a. — 30 distiques ; dans A il y a, entre les vers 
19 et 20, trois versets qui manquent dans L ; de même entre les vers 28 
et 29. 

L'ordre vint également à Yezd, de la part du grand-vizir, ou bien de 
chasser les Juifs de la ville — " qu'ils prennent femmes et enfants sur 
leurs épaules et qu'ils aillent dans la province de Kaboul pour s'y 
établir^ » — ou d'en faire des musulmans. Les Juifs de Yezd prièrent, 
jeûnèrent', firent de bonnes œuvres. Puis ils se rendirent chez les fonc- 
tionnaires suprêmes de la ville et firent à chacun d'eux un présent de dix 
tomans d'or. Ils se plaignirent à eux de leur peine, et ils réussirent à les 
gagner à eux. 

LIX. — Les Musulmmis de Yezd montrent leur zèle: une dëputation 
prise parmi eux se rend dans la capitale et, par lettrs prières, ils 
obtiennent de Scliah Abbas ff l'autorisation pour les Juifs de Yezd de 
conserver leur croyance. 

A 116 a, L 77 6, L 102 n. — ;i0 disti(iues : entre les vers 28 et 29, il y a 
dans A un vers (|ui manque dans L. 

L'or des Juifs de Yezd fit son effet. L'n grand nombre d'hommes distin- 
gués parmi les Malionu''tans de la ville se rendirent à Ispahan. Ils pré- 

1. V. 60 : n;iiNnn2 -iTNO Ti-Ni: ^^ wsn -d tzn "jwS-n an ■;s«u:\s vz n;n;tsU3, 

2. DiOri/ iilurieljile DSNn ; «'i' titre ro\ieiit tniorc sciuvent dans le corps du 
chapitre. Dans le titre L a le sinirulier: a~Nn. 

3. V. 16 : n;T^53 Nà bi3MD "^îir iL : iTi ND irm n:— ^3 -cr, 13 iN'-i: ^;T^c^ "jt 

4. V. 22-23 : n-.vcn ^ST nrroa p-'rrn -m n'-\'\T^ \nd — t nrir:; ';j<-«-ia rîTon 

Au lien île m'Ca. <l"ii est employé ici dans le sens de mauvaise nouvelle, A écrit: 

nmiia. 



248 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sentèrent au schah un document' signé par tous les notables de la ville, 
et dont voici le contenu : scliah, conquérant de l'univers, tout Yezd est 
affligé de ce que les sectateurs de Moïse doivent quitter la ville pour 
s'établir loin d'elle dans une région déserte, ou de ce qu'ils doivent, dans 
la même année, émigrer dans un autre pays. schah, il faut que tu saches 
que, si les Juifs quittent la province de Yezd en emportant tous leurs 
biens, les affaires des Musulmans en seront gênées et que, sous la charge 
qu'ils auront à supporter, ils ressembleront à un àne sans force. Toute la 
ville de Yezd, grands et petits, a des obligations envers eux. S'ils s'en vont, 
mille maux nous assailliront. Si, d'autre part, on les contraint k devenir 
Musulmans, notre foi à nous péi-ira également, car ils ne croiront jamais 
de cœur et d'âme au Prophète de Dieu". Quand tu laverais deux cents fois 
un nègre, tu chercherais vainement en lui une trace de blancheur. 11 y a 
dans notre ville beaucoup de Guèbres ' qui sont de vrais infidèles ; c'est 
contre eux qu'il faudrait user de violence, c'est sur leur cou qu'il faudrait 
faire peser la charge de dix chameaux. Sache donc, ô schah, que si les 
Juifs quittent Yezd. nous devons, nous autres Mahométans, partir avec 
eux. En faveur de l'âme du Prophète, accorde la liberté à la communauté 
juive de Yezd*. 

Quand le schah eut entendu jusqu'au boutcette i-equète des Musulmans 
de Yezd, il réfléchit un peu sur la chose, puis il déclara : « Dites leur 
qu'ils peuvent tous rester oii ils sont et qu'ils se réjouissent de leur vie.» 
Quand les solliciteurs entendirent cette réponse de la bouche du schah, 
ils le saluèrent de leurs paroles de reconnaissance et de leurs meilleurs 
souhaits. Puis ils dépêchèrent un courrier pour porter a Yezd la joyeuse 
nouvelle. 



LX. — Schah Ahbas II vient à Kachan pendant le mois de Mouharram, 
et tout le peuple de Kachan vient à sa rencontre. 

A HT 6, L 79 a, P 103 6. — 60 distiques; entre les vers 11 et 12, il y a, 
en A, un vers, qui manque dans L; de même entre IJ4 et 55. 

Dans ce chapitre, l'auteur raconte — à la première personne du pluriel 
— ce qu'il a vu lui-même, car il appartenait également aux néo-Musul- 
mans qui se trouvaient alors à Kachan. 

Au mois de Tischri de l'année 5^20', la nouvelle arriva que Schah 

1. V. n : nn-j-^isn ti5 -im?^ r2N7:n v^-'t^^-^^ ia : narr^ nm» m nota 
•2. V. 28-29 : ';î<73\s riiNn -ji ri7:n N7:Ti< iTn iNTcbo:: ';N-:;\\n:ir:: -îriN-.s-^-^ 

Le second vci's ni;iii(|iii' il;iiis I,. 
:!. Aujoiinl'liui encipie il v a iJi>s Paisis à Yozil et ;i Kiiniaii. 

4. V. 3o : -,Tia in ■'■'Non?: vc^ nxa hd na^^-'-'D m: -iaN5 ••vS-ii 

0. V. .j : ""nn^NO, c'i'st-à-ilire en sept.-iM't. 1659. 



LES JUIFS DE PERSE AU XV1I« ET AU XVIII'' SIÈCLE 249 

Abbas II viendrait à Kachan avec toute sa suite royale. C'était justement 
le mois de Mouharram ' : les Mahométans étaient vêtus de noir, et nous 
aussi, étant redevenus des Anousim, nous étions obligés, en dépit des 
fêtes juives, de porter de sombres habits de deuil". La veille de la fête de 
Souccot, l'arrivée du schah fut publiquement annoncée, et on ordonna 
aux habitants de la ville de revêtir des costumes de fête. Le premier jour 
de Souccot tombait un jeudi, et nous pûmes ainsi passer trois jours de 
cette solennité en habits de fête. Le dimanche, on publia ([ue le schah 
était déjà arrivé à la source de Fin* et quil entrerait le lendemain à 
Kachan. Le vizir renouvela Tordre formel que même les néo-Musul- 
mans* eussent à se montrer devant le schah en vêtements de couleur. Le 
lundi, toute la population se porta au devant du schah. Depuis le palais 
du gouvernement jusqua la source du Fîn^ des centaines de milliers de 
personnes se tenaient sur deux rangs, attendant le schah. Le schah parut 
enfin au milieu d'un cortège magnifique et d'une armée considérable. Il 
s'y trouvait aussi deux éléphants de Moungala, ainsi qu'un couple de 
lions et de tigres. Quand le schah passa à l'endroit où se tenaient les 
Juifs, ses regards tombèrent sur un garçon extraordinairement beau de 
la tribu d'Israël', dont la figure se grava profondément dans sa mémoire. 
A peine arrivé au palais du gouvernement, il s'informa de l'enfant et 
ordonna qu'on se mît à sa recherche. Mais on ne parvint pas à le 
trouver. 

LXI. — Mirza Schafi^ est déposé et le vizirat de Kachan est confié à 

Mirza Aschraf' . 

A 119 b, L 80 rt, P iOo b. — 31 distiques. 

A l'époque où nous devînmes des Anousim et perdîmes honneur et 
dignité*, il y avait comme vizir, à Kachan, un liomme impie et infâme. 
Il s'appelait Schah et était originaire de Yezd, de la famille Bang. De 
préférence il employait les Juifs aux travaux juste aux jours de sabbat et 
de fêtes juives. Mais il fut nommé vizir de Yezd et de Kirman, et un 
homme excellent, nommé Aschraf, devint vizir de Kachan à sa place. De 
son temps, il fut permis aux Juifs de professer leur foi même publique- 

1. C'est un mois lie ileuil clu'z les Ciiiites, [lai'ce i|ue Housseïii y a été tué. 

2. V. 10 : -iî<i:î<3 w'cizi ri-i-^o no-'Na ""T^r: -in3 -is-^t hiz iN^rma ■'Ciin ni:. 

3. V. 19: 'J'^D ^n73"iI3i "IH. C'est un lieu île plaisatiee prés île Karliaii v. Vullers, 
II, 702 b). 

4. V. 21 : axboN T"!?. 

n. V. 48: -m TN 'CT«"'ND "'7: 3Ci: -l-^TD "112 ■{■' ?N-,':3"' bc: TNNTp. 
t;. L ajoute eelli' iuilication : '^;;2 "l^TI. Au v. 3, son origine est ainsi ex|ilii|uée : 
533 Ti^"'î<73 IN TT'^T "«liblïN "Tl^, Bang parait être I:i famille dont deseenilait le vizir, 

7. L ajoute cette épithete : '?î<-i"C nniN. 

8. V. 1 : (L: 53;) 3X3 ncn 'jTT'a N72 sDiiT oi:x DTiC3 ■'72 r;2 n^ii ix -,n. 



2b0 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ment'. Ils avaient leur propre bain, leurs boucheries, voire même une 
école spéciale' et une synagogue. Quand on fit là-dessus des représenta- 
tions au vizir, il répondit qu'on devait traiter avec beaucoup d'indulgence 
les Juifs convertis à l'Islam « jusqu'à ce que la lie se clarifiât dans les 
vases ))\ Comme on se plaignait auprès de lui que, chose plus grave, les 
.luifs n'observaient point les lois de l'Islam, le vizir dit: « N'avéz-vouR 
pas honte de votre Dieu ? C'est comme si le schah disait à un Musulman : 
répudie sur-le-champ ta religion. Comment pouvez-vous vous plaire a 
cette chose ? Faites-en donc juges vos propres bonnets'. » C'est ainsi que 
le vizir fit taire toutes les plaintes contre les .luifs. Mais quand Schah 
Abbas II vint à Kachan, les ennemis des Juifs profitèrent de l'occasion 
pour reparaître avec leurs accusations, et ils « crachaient le feu comme 
un dragon ». 

LXII. — Schah Abbos II fait venir le président du Diwan et lui ordonne 
de tenir une séance pour l'affaire des Juifs. 

A 120 b, L 80 6, P 106 a. — 49 distiques; dans A, ce chapitre forme 
avec les deux suivants un seul chapitre, d'après la concordance indiquée 
en note^ 

Après l'entrée du schah, des plaintes lui furent adressées par plusieurs 
Musulmans considérés de Kachan touchant la situation des Juifs de la 
ville. Le schah chargea le Diwan-Beg de tenir une séance du Diwan, 
dans laquelle on établirait si les Juifs de Kachan étaient Juifs ou Musul- 
mans*. C'était le jour des Saules' de l'année d420, et les Juifs firent cent 
vœux : « Si le schah nous donne l'autorisation de rester fidèles à la 
religion du fils d'Amiam, nous. assisterons tous les pauvres et tous les 
mendiants et nous célébrerons une autre fête. » Mais quand le président 
du Diwan, se londant sur l'ordre qu'il avait reçu du schah, fit publier 
dans la ville de Kachan que les Juifs devaient tous comparaître devant le 
Diwan pour déclarer s'ils se plaisaient dans la religion de l'Islam, ou s'ils 
voulaient s'attacher à leur ancienne foi, la peur fit qu'aucun d'eux ne 
répondit à l'invitation. Alors le Diwan-Beg, irrité, envoya ses serviteurs 
pour amener les Juifs un à un devant le Diwan. Près de quatre cents Juifs 

1. V. 10 : •jNniD-i;:) n^t nma iib 1^1:1 IwSGND ^■^-id;' r^'^zn Mi "^minn. 

2. V. 11: r,:n5 ■'Nb?:. 

3. V. 16 : n-m Nnc'vi: m mr:: ■'ÊNi: np riD -mn inn^ "^sn t^'^n^ "'7:r:. 

4. V. -23 et suiv. : i^-lO '0''b "'i^TÔ TN ^^"1X13 ■'7û"l2D nSlJ ""TS IN^- V^ ^^""^ 

'ÎN7:-^CD 1D i-^ ma V"' '^"^ "i"'">^ ~- iNT^boT: V N3 ^nc T^ii i;n 

5. A 1-21=:L Lxn, 1-21; 22-83=1. Lxni. 1-63; 8i-M 4 ^ L i.xiv, IS-'Ù. La lin' de 
Lxui (6i-7.j) et de lxu 122-49^ manque dans A. 

6. V. 8 : iNTûboTj N-' "ir-n-"' ■;{*-"'=' V^^ vs-nn-' y-ûJ 'i\s iwsvn "iS^^- 

T. V. 9: Maiy TT1, c'est-à-dire Hoschana-Rabba. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVir ET AU XVIII* SIÈCLE 2ol 

y furent traînés en ce jour, comme des chevreuils par les chiens de 
chasse '. 

Quand ils furent assembles devant le Diwan, le Di\>an-Beg dit : <» Il ne 
vous sera fait aucune avanie de ma part pour cause de confession de foi. 
Toutefois, sur l'ordre du schah, je dois prendre la liste de ceux d'entre 
vous qui ont un penchant pour l'Islam, en indiquant exactement leurs 
noms, afin qu'ils soient désormais considérés comme Musulmans. « Là- 
dessus, quelques-uns des Juifs s'avancèrent pour dire : « Khan, nous 
sommes devenus Musulmans et nous sommes tous convertis dans notre 
religion*.» La peur les fit parler ainsi Mais d'autres, en plus grand 
nombre^ dirent : « Nous voulons jouer franc jeu \ Tous ensemble, nous 
persévérons dans notre foi antérieure, dussiez-vous nous trancher la tête 
sur l'heure. Nous n'avons aucune mosquée, aucun bain, et ne connais- 
sons ni le Prophète, ni l'Islam*. La main des pauvres saisit le bord de 
ton vêtement, et nous le supplions de mettre ordre aujourd'hui à notre 
situation. »> Quand les membres du Diwan eurent écouté ces deux décla- 
rations, on reprit les Juifs assemblés un à un. Cent cinquante fut le 
nombre de ceux qui se reconnurent Musulmans, et le Diwan fit publier 
que celui qui porterait la main sur eux au bazar encourrait une punition. 
Les autres, qui restèrent fidèles au judaïsme, s'enfuirent en toute hâte et 
se cachèrent. 



LXIII. — Schah Abbas II prend auprès île lui Yahya, fils d'Elischa 

Daniel b. Loutf. 

L. 81 6, P 107 b. — 75 distiques \ — Pour A, voir la renlarque en tète 
du chap. LXII. 

Le beau garçon juif que Schah Abbas II avait aperçu en entrant à 
Kachan n'était pas sorti de son esprit. Mais c'est en vain que, sur son 
ordre, les Khans et les émirs avaient cherché l'enfant. On proclama alors 
pour la seconde fois publiquement que le garçon qu'on rechercliait — on 
donnait comme signe une envie au menton — devait être amené au schah. 
Or cet enfant n'était autre que Yahya, dont le père, Elischa, était un 
membre éminent de la communauté de Kachan. Avant l'arrivée du schah, 
ce garçon était assis, un soir, seul avec son père, et avait prononcé ces 
mots pleins de pressentiments ^ : » Demain je tomberai dans le filet du 
chasseur. Peut-être le schah mapercevra-til et peut-être lui plairai-je 

i. V. 30: TT' "IN T'^i: "13 mN nsïN» n;m3 ti-i in"!"!:** 32 -lï -iKi n-np3. 

3. V. 38 : NIÎOCN "nZ D^Nn UTO nz. 

4. V. il) : nxbcs r,z infz^znyc -i3r5"'''D n: aN7:n n; iwS7:"'-ij<n wjnio-: rr„ 

5. Ce chajiitrf tcrniiiie !<• ivcit interrumim à la fin du chap. L\. 

6. V. 21 : TXT "IPN rîJN; 'C3i<D ^-"5 '• ■ ï^"" '"œur pur iloiiiia iiiopiiiûmcnl un 
signe » (c'est-à-dire : lit entendre un présage). 



252 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

plus que tous les beaux garçons. En ce cas, je ferai une supplique en 
faveur de la religion de Moïse et j'obtiendrai la liberté pour les syna- 
gogues'. » Le sort voulut que ce fût justement le beau Yahya que Schah 
Abbas aperçût à son entrée à Kachan. Lors donc que. pour la seconde 
fois, la sommation fut faite publiquement d'amener le garçon devant le 
schali, quelques gens malveillants se rendirent auprès du président du 
Diwan et lui annoncèrent qu'ils connaissaient lenfant cherché. Le Diwan- 
Beg envoya ses serviteurs avec les dénonciateurs chez Elischa, le père de 
Yahya; ils l'invitèrent à leur remettre son tils, qui avait plu au schah. 
pour le mener auprès de celui-ci. Le père, quand il entendit ce message' 
fut pris de désespoir. Mais en vain ses larmes coulèrent, ainsi que celles 
de la mère; ils durent livrer Yahya et recevoir un riche présent d'argent. 
Le bel enfant fut conduit auprès du schah, qui le reçut avec une grande 
joie, et commanda qu'on lui donnât un bain et qu'on le revêtît d'habits 
dorés. Le plaisir que lui donnait lenfant était extraordinairement grand; 
il lui offrit trois chevaux et beaucoup d'or et lui alloua un salaire de six 
tomans \ 11 était défendu à son père de le voir, de sorte que celui-ci 
n'eut de nouvelles de lui qu'indirectement et désirait le voir aussi ar- 
demment qu'il tarde au jeûneur de voir la lune '. 11 réussit enfin à se 
ménager une entrevue avec son fils. Quand ce dernier aperçut son 
père au chef branlant, il le baisa sur la tête, les joues et le cou, en 
disant : « père, couronne de mon front, ne te tourmente pas aussi mor- 
tellement! C'est par un arrêt de Dieu que tu m'as élevé pour le schah, 
qui farrache à moi comme un lion. >'e te lamente pas sur ma séparation 
et ne t'expose pas aux dangers en cherchant à me voir à la cour. Attends 
patiemment jusqu'à ce que je sache moi-même où me mène le schah \ » 

LXIV. — Schah Abbas II quitte Kachan et se rend à Isak-abad '". 

L 8.3 fl, P 109 b. — 47 distiques. — Pour A, voir la remarque en tête du 
chap. LXIl. 

Trois jours après, le schah quitta la ville, avec son armée, et gagna la 
route de Qoum. Quant aux Juifs de Kachan ^, ils étaient fort en peine 
de leur foi. Dans leur désespoir, ils coururent chez tous les dignitaires, 
ils restèrent assemblés jusqu'au soir pour délibérer sur ce qui pouvait 
leur être utile, mais ce fut sans résultat. Ils n'avaient même personne 
qu'ils pussent envoyer vers le schah. Finalement, ils choisirent un 

1. V. 23: N5"'D5 m iri \-ii:5i-i 0^^:13 nditû ';"'-! DNrnbx ■;•: c;i3. p-mu- 

ètre y avait-il autruluis à Kachan liix synatroiruos. 

2. V, 60 : -inbnn no"«-i:a 'iN73in ;ac asNi» -it "O^t i-'ODia cddn ne no. 

3. V. 63 : nï«72 iTii TN "iNT rîTi"! Tntî ns riNS -«m rîN5 -n -iTp;72 IN -^mn. 

4. X. 73 : DN-'-'N nf N p-'or insi Nai3 ns3:N -lo am np ns V'-^'-^ n-)3. 

•''■ ^N3N piîO^N. La loraliti- n'est pas iiomiiifc dans io corps du chapitre. 
6. Ici commence la suite ilu récit du chap. l.XII. 



LES JUIFS DE PERSE AU XV1I« ET AU XV!II« SIÈCLE 253 

homme plein de bonnes intentions et d'éloquence, nommé Benjamin, 
qu'ils dépêchèrent au schah. Mais comme il était venu les mains vides, il 
ne put rien obtenir. 

Chez les habitants musulmans de Kachan se réveilla de nouveau la 
haine pour les Juifs qui s'étaient convertis à llslam, mais ne le prati- 
quaient pas. Ceux-ci trouvèrent une aide dans la personne de Maulana 
Mouhsin. Il tit venir chez lui les Juifs et les adjura de dresser pour lui 
un relevé exact de leurs noms, atîn quil pût présenter au schah la liste 
de ceux qui restaient attachés à leur ancienne foi. .Mais personne n'osa 
donner suite à l'invitation. Il fallut les eft'orts combinés de Molla Obadya 
et de Molla Yadgar pour réunir une liste de 130 Juifs' qui tirent profession 
de leur ancienne foi. A ceux-ci se joignirent un nombre de plus en plus 
grand de membres de la communauté avec leurs signatures, de sorte qu'il 
y eut en tout une liste de 230 noms et que les deux rabbins réussirent à 
déterminer la moitié de la communauté à signer". Toutefois, Molla 
Mouhsin continua à envoyer aux Juifs des messages rassurants et leur 
jura par la race d'Ali qu'il n'avait aucun dessein caché contre eux. « En 
faveur de l'àme de Moïse, le fils d'Amram, je vous apporterai la guérison 
dans cette souffrance ■*. » Il voulait présenter au schah la liste complète de 
leurs noms et leur obtenir la liberté de conscience. La promesse fit son 
eft'et et tous parurent devant Mouhsin, le remerciant par leurs béné- 
dictions. 

LXV. — Molla Mouhsin raltrape le schah et lui montre la liste des 

Juifs. 

A 12* a, L 84 a, P 1 1 1 ^<. — 60 distiques. 

Quand Maulana Mouhsin eut en mains la liste des Juifs de Kachan, il tit 
choisir quelques-uns d'entre eux pour l'accompagner dans son voyage 
auprès du schah. On élut k cet efïet : Molla Obadya, Aga Ibn Yamin, 
Abraham Ibn Mas'oud, .Molla Yadgar'. Molla .Mouhsin fut reçu avec de 
grands honneurs par le schah, qui le questionna d'abord sur les tribula- 
tions du voyage ; il l'entretint ensuite de questions religieuses Mais il 
fallut plusieurs journées pour que Mouhsin trouvât enfin l'occasion 
d'exposer l'affaire des Juifs de Kachan. C'était un jour où le Diwan était 
fréquenté par une assistance particulièrement nombreuse ; le grand-vizir 
était également présent et, de plus, Mirza Mas'oud, liomme distingué 
d'Ispahan. La conversation tomba par hasard sur les Juifs, .Mouhsin en 

1. C'i'st le chilTre (|Uf «lomi.' A v ',14 : nilT "^C. L (27 : njT iQ (:JI). 

2. V. 30. (A : in): -^do; yj2j ta nbp -n ir-'wX ns ■'2-1 n -.n p-ia y-^z r;i::i-ir;. 

3. V. 3o (A : 102) : ']n^2^r> nm VT ar- r: ni >37:"«r "[wN-i-::* •^"'Soitû -laNb-^N-in 

4. Au V. 13, l'auteur dit deux 

T'T anx:: nsnaa o-isst ps-i? V^^'^t p"»-)!: "[N nr,'^ tn r>-izr.. 

Au lieu df nr!3, A lit n^a ; c rst l'arahe «ins ett'ort srrieuxl. 



2S4 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

profila pour tirer sa liste et la remettre au schah, en même temps qu'il 
présenta Taffaire. Cest un ordre du Propliète, dit-il, quon ne doit pas 
convertir les Juifs par la violence. Or, ceux-ci étaient devenus Musulmans 
de force, confessant la chi'ah de leurs lèvres, s'en repentant au fond du 
cœur'. Quand le schah entendit les paroles du .Violla, il s'écria : « Que 
Dieu me pardonne! » Mais le grand-vizir, qui avait écoute ce discours, 
eut peur, et, dans sa haine contre les Juifs, il dit : « Tous se sont convertis 
à l'Islam spontanément et en toute sincérité. » Là-dessus, Molla Mouhsin 
se leva violemment et s'écria : « grand-vizir, pourquoi ne crains-tu pas 
Dieu? Quand la Tora de Moïse a-t-elle été annulée?' C'est toi qui as 
usé de violence avec ce peuple ; tu les as chassés de leurs foyers, sans leur 
laisser d'autre moyen de s'assurer un abri, pour eux et leurs enfants, 
que lacceptalion de l'Islam. C'est vrai, leur bouche a prononcé la profes- 
sion de foi ; mais comment leur cœur aurait-il pu rompre avec ce à quoi 
il est accoutumé'.' <> Le grand-vizir reprit alors la parole et dit: « Qu'un 
mandataire du schah soit envoyé à Ispahan pour demander aux néo-Mu- 
sulmans* de cette ville à quelle religion ils veulent appartenir. S'ils se 
prononcent pour la croyance de Moïse, nous leur accorderons l'autorisît- 
tion de pratiquer librement leur confession ; mais s'ils sont Musulmans 
de cœur, pourquoi jetterions-nous le trouble dans la foi ? » La proposition 
plut, et quand on demanda à qui la mission serait confiée, on fut unanime 
à trouver que Mirza Mas'oud y était le plus propre. 

L^V-VI. — Z,e grand-vizir envoie Mirzn Mas'oud à hpahan pour procéder 
à la fixation'^ de la situation exacte des Juifs d' hpahan au point de vue 
religieux. 

A 126 a, L s:j b, P 112 6. — oi distiques ; entre les vers 21 et 22, A con- 
tient 2 vers qui manquent dans L. 

Quand Mirza Mas'oud eut reçu la mission d'établir l'état religieux de 
Juifs dispahan, de lever sur eux, s'ils voulaient appartenir à la foi de 
Mo'ise, les impôts dus par les Juifs, et, au contraire, de leur faire du bien 
s'ils restaient dociles à la famille d'Ali, le grand-vizir le munit secrète- 
ment de ses instructions sur la façon dont il aurait à procéder. Il devait 
notamment, si les Juifs dispahan voulaient renoncera l'Islam, les traiter 
sans pitié et user avec eux de la plus grande sévérité, afin que la nouvelle 
s'en répandit dans tout l'Iran '. 

1. V. 30: nî<yo r>y^'c in2t 'iî''^"'^'^ P^-'N n:s m-iD l: pasn imi^n 

1N«''U3D b-;n. De rty^w a a fait rrmuj. 

2. V. 41 : 10173 nX-niP mO "^10373 N51D ■>3-in3 pn TN N-^ qoN "Nr. 

:i. Y. 46 : mwsy ']-in ';n -t::-\D ■'■«s -n "513 mj<no irizÀ in3t -it:n vP"' 

4. V. 49 : DNboN Tiia. A lit '5"i'?a au lieu do T'IS : de môme chap. LXVIl, v. |li 



LES JUIFS DE PERSE AU XVH" ET AU XVlir SIÈCLE 255 

Arrivé k Ispahan. Mas'oiui convoqua les Juifs et leur dit ; « J'ai apporté 
l'ordre du souverain que chacun d'entre vous choisisse de nouveau sa 
croyance. » Quand les Juifs entendirent ces mots, ils craignirent une ruse 
et adjurèrent Mas'oud de ne pas les tromper, mais de leur communiquer 
clairement la volonté du schah. Alors Mas'oud jura par tous les serments 
que l'ordre formel du schah était iiue celui d'entre les Juifs convertis à 
l'Islam qui s'y plaisait continuât à vivre en Mnsulman, mais que ceux 
qui désiraient professer leur ancienne religion devaient être considérés 
comme des Juifs, qu'ils devaient acquitter les impôts perçus sur les 
Juifs même pour le passé, et restituer également l'argent qu'ils avaient 
reçu pour leur conversion'. Quand les Juifs entendirent ce discours, ils 
se réjouirent fort et demandèrent un délai d'un mois pour payer ce qu'ils 
devaient. Mais il se trouva parmi eux quelques hommes plus fins*, qui 
craignirent le piège qu'on leur tendait; ils déclarèrent qu'ils voulaient 
rester Musulmans jusqu'au jour de la résurrection. Il s'en trouva douze 
en tout, dont les noms furent pris par écrit. 



LXVII. — Mirza Mas'oud emploie la ruse contre les Juifs cVIspahan. 
Il les fait venir chez lui et s'empare d'un prétexte contre eux. 

A 128 a, L 8b b, P 114 a. — 64 disticjues; A contient, entre les v. 8 et 9, 
un vers qui manque dans L ; de même entre les vers 5b et 56. 

Quand l'autorisation fut accordée aux Juifs d'Ispahan de professer leur 
ancienne religion, la première chose qu'ils firent fut de rouvrir la syna-t 
gogue, où ils s'assemblèrent d'un cœur joyeux. C'était justement le sabbat 
où l'on faisait la lecture du Décalogue. Ceux qui récitèrent les bénédic- 
tions pour la lecture de la Loi promirent de riches ofi'randes*. Le diman- 
che suivant, on leur déclara que quiconque parmi eux restait .Musulman 
devait se coitfer d'un turban noir; quant aux autres, ils étaient obli- 
gés de se coudre sur la poitrine les rubans qui étaient le signe des 
Juifs*. Cet ordre fut proclamé tous les jours en public, et ainsi l'attention 
des habitants d'Ispahan était dirigée sur ce règlement. 

Quand les uéo-Musulmaus redevenus Juifs se monti-crcnt au bazar, ils 

L V. 37-3S : Cw\"«"'N "Tr^x "IX n:i2 "':i<72":>izi7j cx'roxa n2;-i nn^ ni Zi2-\r, ro, 

2. V. 4;i Pruprenieiit : des philosophes ^'jsblob'^^D . Peut-être le mot venl-il dire 
iri : des incrédules. 

3. V. :;et suiv. : nra^n -i;"i:wn5 ■'73- -3i:s rrs D-'Tan r^c "jn i^n ni xTp 

no ni:i i"'''x i:: t^,^ r.:i-,: nn in nôna nD-,3 '^■' oDr^nn. 

Cf. plus loin, ( ha]i. LXXXII. in iiii/. : ■'^rx n2"J, où il est dit que ce sahbnt i-tait 
dans le mois df Srhcbat. Par conséiiuent, c'était la péricope Jelhio dont on faisait la 
lecture. 

4. Voir jdus haut, chap. L. 



2b6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

eurent à essuyer les outrages et les mauvais traitements qui n'épargnèren 
personne. Ils se plaignirent à Mirza Mas'oud de lavanie qui leur étai 
faite, il leur donna une attestation revêtue de son seing, qu'ils présente- 
raient au bazar pour échapper aux oftenses. Mais elle ne put leur servir ; 
avant même qu'ils eussent pix présenter le sceau protecteur, ils furent 
victimes des plus cruelles agressions'. 

Bientôt, ils eurent une autre épreuve à atfronter. Les impôts auxquels 
ils étaient astreints rétroactivement, ainsi que les présents d'argent qu'ils 
devaient restituer leur furent réclamés. Comme ils ne pouvaient pas effec- 
tuer les paiements, le Diwan jugea que leurs maisons leur seraient enle- 
vées en guise de paiement* et qu'on leur assignerait d'autres demeures. 
La sentence fut inexorablement exécutée. Quand ils vinrent se lamenter 
auprès du Mirza et solliciter une remise jusqu'au lendemain, il ordonna 
de mener sur-le-champ les Juifs dans le « Parc des Rossignols ». C'était 
un parc désert, dont on n'avait aucun soin, où il y avait peu d'arbres et 
rien que des rosiers sauvages, et qui était situé à une parasange en amont 
du pont d'Ispahan\ C'est là que les Juifs furent conduits de force et, 
sur l'ordre de Mas'oud, abandonnés sans aucune nourriture, et, de plus, 
roués de coups de bâton. Il fut sévèrement interdit de leur faire parvenir 
ne fût-ce (ju'un morceau de pain. Us furent ainsi amenés à une telle dis- 
position d'esprit qu'ils exprimèrent, en se lamentant, le désir de pro- 
noncer à nouveau la profession de foi de l'Islam. 



LXVIII, — Mirza Mas'oud fait démolir la synagogue de la ville d'Ispahan. 
Il décide les Juifs d'Ispahan à se convertir, de sorte que dorénavant ils 
ne portent plus le nom d'Israël'*. 



A 130a, L 88a, H IIG a. — 34 distiques. 

La conduite violente de Mirza Mas'oud avait épouvanté les Juifs d'Is- 
pahan. Ils jurèrent qu'ils ne quitteraient ])lus jamais la confession musul- 
mane et qu'ils avaient accepté pour la seconde fois la croyance au Pro- 
phète et k son gendre (Alij ainsi qu'a lislam % Mas'oud sourit avec salis- 
faction de l'eftet de ses procédés ; il lit consigner par écrit et contirmer 

2. V. 31-32: INI "^Tû rT'-'nT iT TiiîSîn "î:"! iNV-ii wS^wS-NiD nr:) -npi72 

3. V. 42 : ■■DiD TX 5:o-,3 "T» "inn nnxbwSD ns bm'ris axa- 

4. i;-i3 n: n-i ■'bws-ioi OwS3 ij-^t -«s nt ixb.sTw"" "ro nx pxn rtmii-n. 

.j. V. 4 : -in>13T OlNTONn -|2703"«"«D2 -|;-'1 "1X3 'IÎ<7:\S a""nnnN"'3. Telle est 
la lerou de A; dans L la limo t-st furimi' par le mut -n"'"'n, e.-à-d. Ali. ce «lui est 
routraire au mètre. — "IPTID, inMiininciit le nom du fleuve du Paradis. sii.Miilie ici 
'Islam, la reliLriuii musuimaiw. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII' ET AU XVIl" SIÈCLE 207 

par le sceau du schali ' que les Juifs avaient été reçus derechef dans la 
communion de l'Islam et quils expieraient une nouvelle défection par la 
mort. Ils prononcèrent alors chacun en particulier et pour la seconde fois 
la profession de foi et abandonnèrent, sous l'empire de la crainte, leur 
ancienne croyance'. Ensuite, Mas'oud ordonna aux vieillards qui se 
trouvaient parmi eux de se teindre en noir leur barbe blanche; il pré- 
tendait que c'était un précepte du Prophète transmis par la tradition '. Ils 
furent conduits dans une maison de bains, où la barbe leur fut teinte en 
noir. Le soir, on les autorisa à retourner dans leurs maisons. Mais le 
lendemain, Mirza Mas'oud donna encore l'ordre de raser la synagogue . 
Ceux qui en furent chargés n'attendirent même pas qu'on leur eût livré 
les clefs : ils fracturèrent les portes et accomplirent leur œuvre de des- 
truction. Ils commencèrent par l'arclie sainte et démolirent ensuite les 
murs*, de sorte que la synagogue fut détruite en peu de temps. Les mal- 
heureux, dépouillés détinitivement de leur temple, poussèrent des cris de 
douleur et leurs femmes se lamentèrent dans les maisons-'. En réalité, 
même alors, leur cœur ne se détacha pas de la Tora et du sabbat, et tous 
furent affligés par la défense qui leur était faite de lire dorénavant la 
Tora et sa traduction*^. 

LXIX. — Un événement du temps du XasiMolla Yehouda' , qui était l'égal 
du prophète et prêtre Zacharie'^. 

A 131 Ij, L 88 b. P 117 a. — 32 distiques; A contient, entre les vers 20 
et 21, un vers qui manque dans L. 

Dans la première partie de ce chapitre, l'auteur rappelle le meurtre du 
prophète et prêtre Zacharie (il Clironiqucs, x\iv, 21), qu'Israël expia si 
cruellement : v. Guittin, 37 b). Un fait analogue k la mort de Zacharie, à 
l'époque du Temple, se passa à Kachan, qui était comme un « petit tem- 
ple'' ». La vivait MoUa Yehouda, comparable au prophète Zacharie, qui 
exerçait la dignité de Nasi, était d'origine lévitique et se consacrait à 
l'élude de la Loi. Il ne rendait pas peu de services aux Juifs de Kachan. 
Dès que n'importe kvpiel d'entre eux entrait en conflit avec les autorités 

1. V. 14: no-iipnmK. 

2. V. 16 : n-iN? "lin p-i3 oin ^TiT n-!Nnc N3 7>5 1^3 ■;■' -;:pci33. 

3. V. 20 : pn ■«-|37aa"'"'D T^ÎO VwS 1113. ■ 

4. V. 29 : ;a-nn T^Torn TwSt -iNT'-n m -"iip b3">r: tn biix p:D3. Les 

deux deniiers mots de ce vers désignent prol)al)leinent la prière de pi:-! TI"', '|ui se 
récite ;i la jinjclaniatioii de la .Néuinénie ot iin'on jtouvait lire sur l'un des murs des 
synagogues. 

5. V. 30 liNasN -i;-nD ntond -n 1î«t in'^-'-ij n;nca ^377313 n^M'jx 

6. V. 31-32 : rin'::i n-nn tn Vt p:D ■'::: 

-i^o£m n-i^ri p;x5 \s-i3 -tj b-; -!3-n2 •'ï'^'aM z^-p^-pn. 

7. tr'CZr, NTI-^ '73 "'NIN-t nOTia 10. L lit: •^NTir!"'. 

8. La secimde partie du titre manque dans \. 

9. V. 13 : y^-p -^u-îp^: lis: -:i3 iNiaïO hd. 

T. LU, N" lOi. n 



258 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

et était menacé de la prison, Yelionda s'employait aussitôt en sa faveur 
et le délivrait. C'était d'ailleurs un temps où régnaient constamment les 
agréments de la société : on Ijuvait le vin sans crime ni péché'. On célé- 
brait joyeusement les sabbats et les fêtes; Dieu le sait, l'époque était 
semblable à celle où le sanctuaire et l'arche sainte existaient*. Mais le 
Nasi avait des ennemis, qui en voulaient à ses jours. Parmi eux, il y en 
avait surtout un qui, avec une fureur satanique, dressa un plan pour 
expédier le Nasi dans l'autre monde'. Us copièrent dans le Livre des Se- 
crets* les phrases nécessaires avec des conjurations aux anges qui devaien t 
provoquer la mort de ce juste dans l'espace d'un mois.. 

LXX. — Molla Yeliouda, le Nasi, meuri" soudainement à la Xéoménie de 

Tammouz. 

A 132&, L 89 a, P 118 a. — 50 distiques. 

A la Néoménie de Tammouz, Molla Yehouda se rendit le matin à la sy- 
nagogue, récita comme « lévi » la bénédiction de la Tora et termina sa 
prière. Puis il rentra chez lui, l'esprit serein. Là il vaqua d'abord à cer- 
taines affaires de la communauté : il s'agissait de fournir une grosse 
somme d'argent au Diwan. Puis il fit apporter son déjeuner. Mais il ne 
put manger que la première bouchée ; il n'avait pas encore pris la 
deuxième qu'il fut pris soudain d'un malaise; déjà précédemment, depuis 
le jour où ses ennemis avaient écrit contre lui des conjurations aux 
anges'', il avait souffert de sutïocations. 11 perdit la parole et essaya vai- 
nement de se mouvoir. Bientôt une foule de gens se rassembla autour du 
Nasi malade. Ses collègues et ses élèves étaient là, pleins de trouble, 
ainsi que ses gendres, ses frères et ses neveux, tandis que sa femme et 
ses enfants déchiraient leurs vêtements, dans leur désespoir. Des méde- 
cins furent appelés, mais leur art fut impuissant. « Tout à coup, l'àme se 
tourna dans sa cage', sa figure, semblable à une palme, devint immobile % 
et son esprit s'enfuit au Paradis". » 

Des lamentations générales suivirent la mort de Yehouda, et tous, 
riches ou pauvres, prirent le deuil du chef aimé de la communauté. Nous 
n'avons plus de guide, disait-on ; quand nous aurons affaire avec le Di- 

1. V. 20 : iNiNm D-na 13 11» -!3-imb >i2-n ininid n-i^y ix -mi -n -^-n^. 

3, V. 27 : NDpnrn NI u:m-i n^T.sD Îni-i. 

4. V. 30 : d"^T"lT (ainsi jioucIir' , \. i)liis haut LI. 274, u. 4 et 275, 11. 5. 

;j. L et 1»: plO ■>;NnN Nan abiy («devint diirne du monde futur»): .V : 

6. V. 12 : a-^TwN-, T^3 '72n">:3-«i:i ni-iNn; a-'Dxbîo na 1:3110 ^3 -«nn vx tk. 

Dans le précédent cliap., au v. 30 on lit: D"'3î<r7a "13 nyT3"v3 03 TjINn:. 

7. V. 30 : hn^n: T'k-'D Dcp "n:x oÉ:. 

8. V. 31 : Û3 ■'^-îNS "y ujnp b33 nrv33. 

!). V. 32 : -ifmo Tlin 13 INI-) '«Tmi ni\2J3. Voir plus haut, ch. LXVIII, v. 4. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII« ET AU XVir SIÈCLE 259 

wan, ô Dieu, que ferons-nous à présent? Grande fut l'affliction causée 
par cette mort si inopinée, et tous les Juifs de Kachan déchirèrent leurs 
vêtements. « Dieu le sait, depuis qu'il n'est plus, toutes les communautés 
furent éprouvées par toutes sortes de tribulations; ils ne virent plus de 
jour serein dans tout l'Iran, dans l'Irak et dans le Fars et jusqu'aux fron- 
tières du Guilan'. ^> Et de même que la mort de Zacharie fut vengée par 
Nabuchodonosor et son général (Nabuzaradan), qui détruisirent le Temple 
de Jérusalem de même la mort de Ychouda fut suivie du chAtiment 
divin, dont les exécuteurs furent Schah Abbas II et son grand-vizir. 
Celui-ci détruisit également les synagogues, brûla les rouleaux de la Loi, 
réduisit la ïora en esclavage, mit à mort beaucoup de prêtres et de lévites 
et de nombreux jeunes gens. 

LXXI Muila Mouhsin, avec les représentants de la communauté {de Ka- 
chan ., suit la cour royale. Mort de Molla Benjamin sur le chemin de 
Guilard \ 

A 134 b.L 90 6, 119 b. — 68 distiques; entre les vers 36 et 37, A con- 
tient un vers qui manque dans L ; de même entre les vers 49 et 40 ; dans 
A manquent les vers 44 et 63-67. 

Ce chapitre se rattache au chap. LXV, dont il récapitule d'abord le con- 
tenu. 

Animés des plus belles espérances, les représentants de la communauté 
de Kachan s'étaient mis à la poursuite de la cour du schah. Mais 
Mirza Mas'oud ayant été chargé, dans la séance dont il a été (juestion plus 
haut, de régler l'affaire des Juifs, personne ne se soucia plus des repré- 
sentants des Juifs de Kachan. Ils restèrent pourtant avec la suite du schah 
et l'accompagnèrent jusqu'à Farah-abad et Aschraf. — A Farah-abad vivait 
un noble jeune houime, nommé Joseph, digue d'être comparé au Joseph 
de l'Egypte; il appartenait à la f unillo du fameux Lalah-zar. Quand il 
aperçut les iiuatre députés des Juifs de Kaclian, iMolla Obadia, Molla Yad- 
gar, Abraham ibn Mas'oud et Ibn 'Vamin (Benjamin), il leur adressa res- 
pectueusement la parole et leur rendit courage. II se chargeait de 
présenter lui-même leur requête au schah. Il leur promit même, si Dieu 
l'assistait, de mettre un terme a la persécution religieuse dont souffraient 
les Juifs dans la Perse. « Sur toute la terre iranienne, jusqu'à Lar et Ben- 
der, je veux rendre les Juifs à la religion juive l » Cependant, trois jours 
après avoir ainsi parlé, Josepli fut saisi par une fièvre chaude et mourut. 

1. V. 46-47: 

(A -iao72) -";aT» njHUîa ^•j.b'nr^ n:?N">35 -lo ']•' nDi is xr. r,^ -izut N-nâ 

2. La seconde partie ilu tilie manque dans .V. — Daus le corjjà du chapitre cet 
endroit est appelé Guilar ("iND^a,. 

3. V. 25 : nn-'i' m 13 -jN^ni:? 3 pois -n:3T iNb xn ';-'«t 'jNT'K narr. 



260 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

C'est ainsi que les représentants des Juifs perdirent leur dernière espé- 
rance. Avec la suite du schah ils prirent le chemin du retour et la 
suivirent à Téhéran. De là, le voyage se poursuivit jusqu'à Ispahan. Mais 
l'un d'eux, Benjamin, tomba malade en cours de route, à la suite des 
émotions provoquées par l'insuccès de la mission. Il pria ses compagnons 
de retourner a Kachan sans lui ; lui même se rendrait à Guilar, pour y 
attendre sa guérison. Mais il fut obligé, avant d'avoir atteint le but de 
son voyage, de se faire porter à Demawend, où il mourut et fut enterré 
par les Juifs de la ville avec les plus grands honneurs. 

LXXII. Le grand-vizir envoie le Khan de Damdam ' à Kachan, et le 
charge de faire pour la troisième fois des Juifs de Kachan des Maho- 
niétans. 

A 136 h, L 91 6, P 121 b. —'66 distiques; le v. 49 manque dans A. 

A la fête de Souccot de l'année oi21 % les députés des Juifs de Kachan 
revinrent, à l'exception de Benjamin, qui était mort. Vers ce temps, le 
grand vizir irrité de ce que les Juifs de Kachan en avaient appelé contre 
lui à la justice du schah, forma le dessein de les traiter avec une rigueur 
implacable. Pour mettre son plan à exécution il se servit d'un homme 
que sa cruauté et son énergie désignaient particulièrement pour cette 
tâche, le Khan deDamdam. Celui-ci, de la tribu des Afschars^ avait livré 
au leu, avec férocité, un Sayyid (descendant du Prophète, chef de la pos- 
térité d'Ali) avec tout son bien. Le schah l'avait remis aux Alides \ sur 
leur plainte. Déjà les épées avaient été tirées pour le tuer, quand le 
grand-vizir, arrivant justeuient, lui avait sauvé la vie par son intercession. 
Le Khan avait été enfermé dans une forteresse et remis en liberté la 
troisième année. 

Le grand-vizir le fit donc venir et lui promit de le rétablir dans sa 
dignité de Khan s'il lui rendait le service suivant : les Juifs de Kachan, 
malgré leur conversion à l'Islam, étant restés attachés à leur ancienne 
religion, il confisquerait tous leurs biens sous prétexte de recouvrer les 
impôts qu'ils n'avaient pas payés depuis quelques années, et il les chas- 
serait ensuite hors de la ville. Mais il pouvait en particulier déterminer 

t. Dans le corps du chapitre, un lit as*77ûXT (dans A simplement Q•T72^ . Dans le 
titre (le ce cliapitre et du suivant, le nom est ponctué dans L m721 i^Doumdoum) ; 
dans Aie nom manque dans les deux titres. 

2. V. 5 : nïo ma riDio n^T m iwSTor; "i-,':jn -ixi2 lis ll'r^- """-.sr ^•^^zl. 

La date de 'rnn doit être corrigée en NSnn, '"ar le fait (jui ouvre les événements de 
Kachan (plus haut, chap. LX, m init.) eut lieu en tischri "rrin, juste un an au- 
paravant. 

3. V. 12 : "iNOÔi^T "^ÎXâ *T"'. Les Afschars sont un des sept tribus turques dont 
l'attachement est la base du uouvernenieiit des Séfévides. V. Grundris.i, II, li'i9. 

4. V. lu et 2;j : 'jj<PNb">3p, peut-être duel arabe de nb^ap. H s'agit sans doute 
des deux tribus de Hassan et de Houssein, tils d'Ali. 



LES JUIFS bE PERSE AU XVI1« ET AU XVIII» SIÈCLE 261 

deux d'entre eux, Masohiah (Masih , marchand d'épices do son élat ', et 
Nissim, a signer un écrit dans lequel ils se convertissaient spontanément 
à rislam '. 

LXXIII. Le KItan de Damdam vient à Kachan et tient unesf'ance du Diivan 
au sujet des Juifs, dans la nuit de Hoschana-Rabl)a^. 

A 128 6, \.. 93 a. — 57 distiques; A contient, entre les vers 54 et 55, un 
vers qui manque dans L. 

Le Khan se déclara prêt à exécuter la mission du grand-vizir ; on lui 
adjoignit comme aide un officier sans scrupules, nommé Sourkhab. Tous 
deux arrivèrent à Kachan à la tête de Souccot. Les notables des Juifs 
saluèrent le Khan, et il leur apprit que sur Tordre du schah il tiendrait à 
leur sujet une séance du Diwan ; ils pouvaient se retirer maintenant et 
revenir le sixième jour. On était dans une complète ignorance sur les des- 
seins du Kiian, et les opinions les plus diverses se donnaient cours chez 
les Juifs de Kachan. Le sixième jour, les Juifs furent mandés à la porte du 
palais du gouvernement, où des scheikhs, des muftis et toutes sortes de 
dignitaires étaient réunis pour le Diwan, et où Sourkhab Beg montait la 
garde avec une troupe de cavaliers. C'est alors que du sein du Hiwun on 
annonça ce qui suit aux Juifs : « Notre religion ne supporte pas la vio- 
lence ni la contrainte ; c'est librement et de bon gré que la croyance du 
Prophète doii être reconnue ; le miel de la confession doit faire que le 
désir soit frais et vif '* . » 

Quand les Juifs entendirent cette invitation à se convertir encore une 
fois et de plein gré à l'Islam, de grands cris s'élevèrent au milieu d'eux, 
qui témoignèrent de leur résolution de rester fidèles à la foi juive. Le 
Khan déclara alors qu'il allait les appeler un à un et leur demander 
s'ils étaient Musulmans ou renégats '. Masih Ibn Aga Mir et Nissim Ibn 
Haroun furent appelés les premiers et conduits par des serviteurs devant 
le schah. Il leur demanda s'ils étaient Mahométans ou non ; « le chemin 
de rislam n'est point foulé par la violence et la contrainte, vous ne devez 
pas perdre vos boucles de cheveux^ ». A quoi Molla Masih répondit : 
« Nous ne pouvons pas être Musulmans ; aucun arbre ne fleurit par le 
froid. » Nissim répondit dans le même sens : u La noirceur ne quitte pas 

1. V. 46: -,N::r INPDIN POm ai<3 'wH-D?:. Au cliapltrc suivant, v. 3'J, son inmr 
entier est ainsi doinU' : -\^'^V T'?: N^N pN n^^OT:. Hans \c titre du cliap. LXXIV le 
nom est écrit en hi'liicu : TT^CTO, 'i'' nn^nn' ih'ul., v. 46. 

2. -^-iNT-l a5. 

•j. rT3"1i' 3w m. V. plus haut, r|i. LXII, v. \). Coltf Indication se raippnrtc au 
cliap. LXXV. 

4. V. 32-33 : -"nioi "ms nn no V'^ t^nd: ■'-inrn i:pd5 nrc û-i5 int^t ii:. 

-ip N-i at<D m^rr:; nno n:3 -i27:-''d V"" ^'0:^•2->~[^ nti. 

5. V 38 

i-im'173 vnor: «"«t T<:N73bD73 pr-^-."0 3N3 1733 1J<^"1^3 .(pn-n73-np-i?3). 

6. V.45 : Da NI myj '\^\'^':^^2) t'-'ïo "«td: dî<50î< nî<-i nnnns -msT -nm. 



262 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

le nègre, si soigneusement qu'il soit lavé. » Le Khan ordonna à tous deux 
de s'asseoir jusqu'à ce que les autres eussent fait leur déclaration. On 
envoya alors des messagers pour amener les autres Juifs; ils leur persua- 
dèrent de se prononcer franchement, s'ils ne pouvaient être Musulmans 
de tout leur cœur. 

LXXIV. — Le Khan Irompe les Juifs de Kachan ; il ordonne de punir 
de la bastonnade Aga Maschiah et Aga Xissim avec douze autres 
hommes et de percevoir des Juifs les impôts pour quatre ans. 

A 140 fe, L 94 a, P 123 a. — 61 distiques ; le v. 6 manque dans A. 

Les paroles des messagers déterminèrent les Juifs à répondre sans 
balancer qu'ils voulaient rester fidèles à leur ancienne religion. Seul, un 
jeune homme, Choukr, fils de Samson, déclara qu'il ne pouvait ajouter 
foi aux paroles des messagers. Mais ceux-ci le rassurèrent. Alors treize 
Juifs de Kachan, dont Choukr et trois de ses frères, entrèrent dans la 
salle des séances, et déclarèrent au Khan, qu'ils n'avaient jamais été de 
vrais Musulmans. Plein de colère, le Khan se leva et donna l'ordre de 
châtier par la bastonnade, avec une rigueur impitoyable, quatorze d'entre 
eux, et parmi eux Maschiah et Mssim. 

Puis il leur ordonna de payer les impôts arriérés de quatre ans et de 
quitter la ville pour établir leurs demeures sur la « Montagne noire ». 
Leurs maisons furent fermées, leurs familles abandonnées dans la rue, 
et, pour leur arracher les impôts exigés, on frappa les pères de famille à 
coups de bâton. « Je suppose qu'on employa autant de bâtons qu'en com- 
porte le chargement d'un chameau, pour meurtrir les pieds des fils de 
Jacob'. » Nissim et Maschiah, en particulier, furent frappés avec la der- 
nière cruauté. « Dieu sait que même a l'époque du César (Adrien) les Juifs 
n'ont pas enduré de telles tortures. » Il en fut ainsi jusqu'au soir. 

Le soir venu,Sourkhab, qui avait dirigé ces sévices, ordonna qu'ils quit- 
tassent la ville le jour suivant sans aucun aliment et se rendissent à la 
Montagne noire; de plus, ils devaient couper un morceau du bord de leur 
habit et se le coudre, comme signe distinctif, à la poitrine'. 

LXXV. — Sourkhab chasse de la ville les persécutés^' et les dirige sur la 

Montagne noire. 

A 142 6, L 95 6, P 126 6. — al distiques. — Entre les vers 36 et 37, A 
contient 2 vers qui manquent dans L; de même entre les vers 44 et 43. 

Quand le soleil se leva le lendemain, Sourkhab ordonna que les malheu- 
reux, dont les pieds étaient blessés par les coups de bâton, se rendissent 

'TiTn nmn i^c -rro inn ■^mn*' n:DN"a''.s i::nt xn riD. Voir 

jilus haut, (iiap. LXVII, 

3. Je n'ai pu découvrir à laide du dictionnaire ce que sii-'iiifio proprement INpNOT 

A-j^pNOn). 



LES JL'IFS DE PERSE AU XVIP ET AU XVIIl* SIÈCLE 26."? 

à la Montagne noire ; il les y inèneiait comme le berger les moutons, 
et ils y trouveraient le « Farahabad de la toi'ture ' ». Par la corruption, 
ils obtinrent l'autorisation de pouvoir s'y rendre sur des ânes et d'em- 
porter de la literie ainsi ([u'un peu de pain et d'eau. Les surveillants des 
chemins qui menaient à la Montagne noire furent chargés de presser les 
Juifs qui y allaient. Et de nouveau ils furent exposés aux coups de bâton 
des esclaves des surveillants jusqu'à leur arrivée dans le voisinage 
d'Aran -. 

Là demeurait un homme distingué, nommé Ma'soum. Il vint amicale- 
ment au-devant des Juifs, les pourvut de vivres et les protégea contre la 
brutalité des surveillants des chemins. 

Le lendemain, c'était le jour des saules, jour de pénitence ^ Le Khan 
ordonna, en ce jour, au vizir de Kachan de tenir une nouvelle séance du 
Divvan. Il y fit proclamer que celui d'entre les Juifs qui ne faisait pas pro- 
fession de la religion musulmane le déclarât, atin de payer les impôts 
que, comme Juif, il devait depuis des années. Mais deux membres du 
Diwan, le vizir lui-même et le scheikh. « versèrent un peu d'eau sur le 
feu » en proposant que d'abord on fournît encore une fois aux Juifs l'oc- 
casion de se libérer; on les autoriserait, en effet, à exprimer chacun le 
désir d'être Musulman, et dès lors on les reconnaîtrait pour tels. La pro- 
position fut érigée en arrêté et les Juifs obtinrent ainsi le moyen de se 
soustraire à de nouvelles épreuves. Ils se présentèrent un à un et se dé- 
clarèrent mahométans. II y eut on tout sept cents personnes, dont les 
noms furent consignés par écrit. La liste en fut remise à Sourkhab afin 
qu'il la fit parvenir au grand-vizir. Délivrés du malheur qui les avait 
menacés, les Juifs se réunirent au cimetière et attendirent avec crainte ce 
que Dieu leur réservait encore. Quant à Sourkhab.il se servit de sa mission 
comme d'un prétexte pour extorquer aux Juifs de Kachan un assez gros 
présent d'argent. 

LXXVI. — Dieit amènp les causes qui provoquent la chute du grand-vizir. 
Il tombe en disgrâce auprès du schafi, à cause du général qui se trou- 
vait en guerre contre les Géorgiens'. 

A 144 b, L 96 ft, P 128 a. — 66 distiques. 

Le chapitre débute par d'assez longues considérations sur ce thème : de 
même que toute faute est vengée,. de même le cruel traitement que le 

i. V. .j : mn;N TN3N nnc ron NSÏIX na. Allusion à la colonie dos Juifs an 
bord méridional df la Mer Cas|iienne, nommée Faralialtad. Voir i)lus haut, iliap, 
XLIV, LI-LU. 

~. ININ ;A. p"lX', silrement sur le chemin de Kachan à la Montaigne noiie. 

3. V. 1": r;3r:;n nn pon n^ -^n-i titd naiy m -i5"'i tti ■'-,in. 

4. Le titre est ainsi conçu dans L et dans P: ('jnan'' Cwr!=^ p"Tr IPDXO rî3''0 
...nb"m nNTTPrN pis V^aT nai. H commence dans A par les mots: plTCD "'IS'^ 
ri"^r! (Dieu assiste). A la place des derniers mots, A porto : ■< et il est jeté dans les 
fers». Du reste, le titre se rapporte en môme temps au contenu du chap. L.WVIll. 



264 REVUE DES ETUDES JUIVES 

grand-vizir fit subir aux Juifs fut expié par lui d'une façon analogue. La 
destinée latteignil par le fait du général qui, en l'année liilô ', se rendant 
à Kandahar, avait touché Kachan ^ Ce dernier, Roustam Khan étant rnort 
dans l'intervalle, fut envoyé à sa place parle schah contre les Géorgiens, 
de sorte qu'il abandonna l'expédition de l'Inde pour marcher sur la 
Géorgie. 11 eut d'abord l'avantage, mais ensuite il fut tellement harcelé 
parTamours, roi des Géorgiens ^ qu'il fut obligé de demander au schah 
l'envoi de nouvelles troupes. Mais la lettre du général tomba aux mains 
du grand-vizir, qui la déchira et n'en fit rien connaître au schah. Beau- 
coup de lettres que le général écrivit au schah eurent le même sort, jus- 
qu'au moment où il envoya finalement un messager porteur d'une lettre 
pour le schah, à qui il devait la remettre en personne. 

LXXVII. — Description de la grandeur du grand-vizir et de sa puissance *. 

A 146 b, L 98 a, P 130 a. — 58 distiques; les vers 19 et 20 manquent 
dans A. 

Avant de poursuivre le récit de la chute du grand-vizir, le poète s'ar- 
rête un instant à décrire sa puissance extraordinaire et son amour du 
faste, pour que la grandeur de sa chute paraisse d'autant plus sensible. 
De cette description il faut surtout retenir les traits où s'affirme le pou- 
voir considérable que le grand-vizir exerçait sur le schah. Le grand-vizir 
exerçait la puissance suprême dans l'Etat; « Khans et émirs, sultans et 
armée, tous relevaient de son commandement* ». De cette façon, il pou- 
vait aussi mettre à exécution sans obstacle ses plans contre les Juifs. 
Mais, comme jadis Aman, il fut également atteint à l'improviste par son 
destin. Pendant la nuit, le malheur le frappa. Et parce qu'il avait levé la 
main sur la Toi-a, sa chute survint soudainement ^ 

LXXVIII. Le messager du général apporte la vingtième lettre et la remet 
au schah lui-même ; le schah se détache de smi gra)id-vizir. 

A 148 a, L 99 a, P 131 b. — 70 distiques ; le v. 13 manque dans A, qui 
contient, par contre, entre les vers 35 et 36, cinq vers qui manquent 
dans L. 

Le messager du général réussit à faire parvenir la lettre au schah. Elle 
contenait l'accusation contre le grand-vizir d'avoir intercepté à dessein 
les vingt lettres précédentes du général et d'avoir ainsi nui aux intérêts 

1. V. 15 : i"Tr-; '^''"iNnn (= iijoo'. 

2. Voir i)lus liaut. chap. XXVI. 

3. Le iiiùine nom est porté éifali'mciit par le prcccdent imI (u'iii\:iiMi (pii est nuMi- 
tioDiié au chap. XLII. 

4. C'est la leroii de A ; L et P ajotittMit : comment, niak'ic toute son grandeur et sa 
mai.Miilicencc, il fut finaiemenl précipité dans le mallieur. 

",. V. :}8 : -10 "]"< n2Ti3 ii< n72wS -n T,y3r, nsc'^i iniittoi "i"'7:t iwNiT. 

6. V. 32-53 : TilD •'t:; IN -i5.s "IT "^"inT "IN"^ "IT ""fZZ mirt -13 nOT IX nsN 



LES JUIFS DE PERSE AU XV11« ET AU XVII1« SIÈCLE 265 

du schah. Celui-ci était prié de dire si la souveraineté était entre ses 
mains ou entre celles du grand-vizir. Quand le schah eut lu la lettre, il 
fit venir le grand-vizir etlui demanda des explications sur ce quil ne lui 
avait rien dit des lettres du général. La réponse du grand-vizir irrita 
encore davantage le schah; il lui ordonna d'approcher etlui donna un 
soufflet si violent ' que le sang jaillit de sa bouclie. Puis le schah com- 
manda de confisquer ses biens et de le charger lui-même de chaînes de 
fer au cou. Il fut mené à Qoum atin de servir d'exemple d'intimidation 
aux hommes V C'est ainsi que le grand-vizir dut subir les mêmes tour- 
ments qu'il avait fait subir aux Juifs. Sa détention fut encore aggravée 
plus tard par des mesures rigoureuses et cruelles. 

LXXIX. Prières et supplications adressées au trône de Dieu^. 
A 150 a. L 100 b, P 133 a. — 42 distiques. 

C'est une prière pour la délivrance. Elle commence par l'invocation du 
mérite des patriarches et d'autres pieux personnages de la Bible (dont 
la mention est précédée de celle du trône, des luminaires du ciel, des 
anges), depuis Adam jusqu'à Mardochée et Esther, après lesquels vient 
seulement l'antique Sérah bat Ascher*. A la fin, le poète rappelle encore 
le mérite des pieux vieillards et des sages amis de Dieu.'. Dans cet exil, 
— c'est ainsi que la prière se poursuit, — tous se tournent dans leur 
abandon et leur détresse, vers Dieu, se rappelant les miracles qu'il a 
opérés pour Israël lors de la sortie d'Egypte. I/auteur dépeint la situation 
désespérée d'Israël et implore l'assistance divine pour l'en tirer, faisant 
allusion aux exemples bibliques du secours prêté par Dieu à son peuple. 
« Puissc-t-il ne plus te plaire de nous négliger; nous n'avons aucun 
Dieu hormis toi ; Dieu, accorde au peuple des Hébreux la réconciliation, 
semblable à celle qui fut accordée à Moïse lorsqu'il biisa les tables, alors 
que toi-même en donnas la bonne nouvelle à Moïse par ce mot: «J'ai 
pardonné! » *^. Délivre-nous, Seigneur, de cette infortune, fais-nous arri- 
ver tous dans le pays d'Israël ; envoie de nouveau la délivrance ; confie 
au Messie le peuple des Hébreux ; rebâtis encore une fois le sanctuaire et 

1. V. 32: rîSrca V O-irjp -^TI TS ITS. Au lieu (le nsrfj -{■' f=r!2£36<Da\ 
L a : nSDD Ti "7"^ (un, deux roups). 

■1. V. 44: an"irn5ttia"i3"i"'i3 msy NH -D aipTs-inn cn:"i3 xn «nbisa. 

3. L et P : <-:^yr\ ■'-ito nxs-na nr-p^T n^sn^Ni oî<73n'?î< pnjnjto'în ■'d. 

T'ia Dipril. Abt. : m'OpD "m, et ajoute po "'TiXTIPT (« ''l (in <lu poème »). 

4. V. 10: -T:;Nrnn-.C73ip7: pna inox rriTi-i?: pnz.v.supi-a.ciiap.vii. 

5. V. 14: -iN-'Uîr; i^piaNy n573ia pn3 -ixt nTan iwS-i-'r nb»\a pnn. 

6. V. 34 et suiv. : 

nrinsmô m tn n"»"'53 iNTs-'-iNn: n;oo73 n» na nn v^î* '^^"^ ?Dî<3n 
nm;a3 rx^iz naa -^rnbo md min -i:3n tn "^mi^n^ ma no 



266 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

fais retentir leschanls de David ; réjouis le cœur de Babai en ces jours, 
donne-lui une coupe de la liqueur de l'abondance '. » 

LXXX, — Ce chapitre est contenu dans deux versions qui diffèrent 
l'une de l'autre delà façon la plus curieuse et qui présentent pourtant 
beaucoup d'éléments communs. Lune est représentée par L (101 b) et P 
(134 6) et porte ce titre: 

Les Juifs (de Kachan) portent plainte à la capitale ijspaha)i\ obtien- 
nent un arrêt relatif à la confession juive et reprennent le chemin de Ka- 
chan^. 

La seconde version se trouve dans A (152 a] et est ainsi intitulé : Mirza 
Aschraf est destitué de sa fonction de vizir de Kachan et le Khan de 
Damdam saisit un prétexte pour persécuter les Juifs^. De Mirza Aschraf, 
le vizir hostile aux Juifs, il a été question plus haut, au chapitre LXl ; 
la conduite du khan de Damdam à l'égard des Juifs de Kaclian a été 
racontée aux chapitres LXX-LXXV. Dans le présent chapitre, il ne s'agit 
pas d'eux: le titre qu'il porte dans A est donc, en tout cas, erroné. 
Mais même la version de L ne fait pas apercevoir clairement les 
événements racontés; il est visible seulement qu'ils sont postérieurs à la 
chute soudaine du grand-vizir ennemi des Juifs et qu'ils introduisaient le 
retour au judaïsme des convertis de force, qui fait l'objet des chapitres 
suivants. Le chapitre a 77 distiques dans L, 110 dans A. Le début diffère 
entièrement dans les deux versions ; c'est seulement avec le vers 3^1 dans 
L et le vers 25 dans A que l'accord s'établit, d'après la table de concor- 
dance donnée en note*. 

Dans ce qui suit, le contenu du chapitre sera indiqué d'après L, où le 
récit commence par ces mots : « Viens, écoute de moi le récit de la déli- 
vrance que Dieu a opérée pour le peuple élu '. » Du temps que les notables 
de la communauté de Kachan se rendirent à la cour royale pour présenter 
au schah une requête en faveur de la religion mosaïque, différents mem- 
bres de la députation essayèrent de rédiger la requête, et ils se lurent 
mutuellement leurs essais ; mais aucun ne plut. Alors l'un d'eux, Siméon, 
se déclara prêt à écrire avant le jour suivant une requête qui exprimerait 
convenablement leurs griefs; il espérait qu'en faveur de la communauté 
l'intercession de Moïse l'assisterait*'. 

1. L : "linnrN (ainsi ponctué: ; A : mntlûDN, i'--à <i. : "iKHriN. 

IN'Cïis riNi -n pic. 

3. CT i^b iPD-.j r!:Nrî3"i -jncnd m -i^Ti rincN Nn""?: pic (=bTy) bny 

nrN7J3 13 (sic- p. 

4. A 25-30 = L 35-40 ; A 31 38, 40-42 = L 42-52 ; A S5-88a. 90b =- L 53-56 ; 
A 91-93 = L "Kl, 58-59. 60/> : A 94-110= L 61-77. Dans L man(iuent les vers .le A 39 
43 84; 886-90rt; dans A nian.iiuMit les vers de L 41, 576. 60fl. 

5. rtbiao QV -r!3 rcNo cpn ns nbixa nnc y.zj ni;c3 n"«3. 

6. V. 9 : ry^Dc ncTa "jn "in3 inND3 n:'i<7aa V^ '"i^^t tn np mil. 



LES JUIFS DE PERSE AU XVIF ET AU XVIIF SIÈCLE 267 

Ici, quelques vers (11-16), qui ne sont évidemment pas à leur place, in- 
diquent que le vizir deKachan était à cette époque Mirza Mas'oud', tyran- 
nique et usant de violence dans la perception des impôts. En mots sim- 
ples et clairs, Siméon exposa dans sa requête que les Juifs avaient été 
amenés à faire profession de la foi musulmane parla force, et qu'une telle 
profession était sans effet. Ce n'est que sous l'empire de la crainte que 
leur inspirait le grand-vizir qu'ils avaient consenti à devenir Musulmans; 
mais, en réalite, ils n'avaient même pas vu une fois l'Islam en rêve ; bien 
au contraire, ils lisent la Tora et récitent chaque matin la prière pour le 
schah*. Au nom du Propliète, accorde-leur, ô Scliah, la liberté reli- 
gieuse ! 

La supplique de Siméon plut aux autres et ils se rendirent au palais 
pour la remettre. Ils y trouvèrent, à la place de l'ancien grand-vizir, un 
nouveau vizir qui avait fermé les portes de la persécution'. I.e vizir lut la 
requête et renvoya ceux qui la lui avaient présentée avec la promesse de la 
mettre sous les yeux du schali dans l'espace d'un mois. Quand Siméon et 
ses compagnons se furent éloignés, le nouveau grand-vizir réfléchit sur 
ce qu'il avait a faire ; il résolut de soumettre les Juifs de Kachan à une 
épreuve pour savoir s'ils voulaient sérieusement être autorisés à professer 
de nouveau leur ancienne religion 11 titvenir un officier et lui remit 
une lettre revêtue du sceau royal, qui lui donnait pleins pouvoirs de per- 
cevoir des Juifs de Kachan cinq tomans d'or par homme, moyennant quoi 
ils seraient autorisés à revenir à leur ancienne croyance. L'ofticier s'ac- 
quitta de sa mission et alla à Kachan, où il commença par visiter le 
Molla. Celui-ci se déclara prêt à payer la somme demandée*. 

LXXXI. — Lieu amène La cause-' par laquelle les Juifs de Kachan 
retrouvent la possibilité de devenir dvjnes de la vraie foi. 

A ir,o b, L 103 a, P 1.36 b. — 79 distiques; le v. 8 manque dans A. 

Le poète ouvre ce chapitre par d'assez longues considérations sur cette 
question : pourquoi Dieu n'a-t-il pas donné plus tôt aux Juifs de Perse le 

1. C'est sans doute le même (luo oolui dnfit il a été qui'stioii plus liaut, aux cliap. 
LXVI-LXVIII. 

2. V. 20--21 : 

3. V. 20-26 : •iwS^\s-n5n2 ^:^^^^ n: -i-itt 'j-'NTûir; nx:;— 73 wsn ^:^-n3a 

-ro3 pb5 ■'"'1-3 n:n7: ■'-n -no'c; rVi-i- t<-3i-i;\N "n^ hd. 

4. .=12 : i-^u Dnjsn lis -iT nna TwS ti03 i-'T tn T'rviJa pfo V^'^ ^'^'^'^ ~2C. n 

devint comme Hàtim Tai, ci-st-à-ilire ^én' reux, prêt à donner. Dans A les deux mots 
sont coriompus eu ■^'C:"! DliXD. — Le srns des dislifiues qui suivent jusiiu'à la lin 
du rliapitre ne m'apparaîl pas très elairement. Toutefois, ee (pion peut eiilievoir, 
c'est (|ue la mission s|)é(iale de l'idlicicr envoyé pai' le irrand-vizif à Kachan l'ournil au 
vizir de cette ville ^Miizu .Masoud, nommé plus haut) l'occasion d'extori|uer de nou- 
velles sommes aux Juifs. 

5. V. plus haut, le titre du^chap. L.WVI. 



268 REVUE DES ETUDES JUIVES 

moyen de revenir à leur croyance, el pourquoi a-t-ii sonftert que la per- 
sécution religieuse durât si longtemps? Il répond à celte question par la 
comparaison du chirurgien, qui ne peut enfoncer avec efficacité sa lancette 
dans la blessure qivau moment oi^i celle-ci est devenue mûre pour l'opé- 
ration. De même, la délivrance a pu venir seulement lorsqu'il en a été 
temps. C'est ainsi qu'Israël ne fut affranchi en Egypte qu'au bout des 
siècles fixés pour la durée de l'esclavage. « Notre Galout à nous prit fin, 
lui aussi, seulement quand le terme fixé se fut approché de l'expira- 
tion'. » 

L'officier envoyé par le grand-vizir, muni des pleins pouvoirs pour 
lever cinq tomans sur chaque Juif de Kachan, vint également trouvcM* 
Siméon et l'invita à en opérer le versement. Mais Siméon répondit : 
« Donne-nous, toi, avant tout, nos droits; pour nous savoir reconnus 
dans nos droits, nous donnerions tous, au lieu d'or, notre vie* ». Ces 
paroles firent une grande impression sur l'officier, et il promit de porter 
l'afïaire des Juifs devant le schah. Il se hâta de retourner à Ispahan et 
exposa au schah les plaintes des Juifs de Kachan. Quand le schah les en- 
tendit, son cœur pencha pour les Juifs'. Il donna l'autorisation pour ceux 
de Kachan de confesser leur ancienne croyance. Il fit venir également un 
greffier et rédiger une lettre revêtue du sceau royal et aux termes de 
laquelle les Juifs ne pourraient être imposés, en outre des impôts ordi- 
naires dus par eux, d'aucune autre taxe; une autre lettre contenait un 
Fetvva (édit) d'après lequel les Juifs devenus Musulmans par contrainte 
pouvaient, conformément à la religion du Prophète, revenir à leur an- 
cienne croyance, sans que personne pût leur adresser de ce fait une parole 
blessante*. Wàqi'ah Khan fut chargé par le schah d'exécuter les ordres 
concernant les Juifs et de percevoir les impôts dus maintenant parles 
Juifs par suite de la nullité de leur conversion à l'Islam. Quand il reçut 
cet ordre, il fit venir chez lui les notables des Juifs et leur fit connaître 
le contenu des décisions royales; il leur déclara en particulier qu'a part 
les 62 tomans qu'ils devaient payer à la caisse de l'Ktat, ils n'auraient 
aucun versement à effectuer. Ensuite il fit ouvrir leurs maisons de 
prières et remettre au MoUa un habit honorifique en témoignage de sa 
faveur'. 

V. 24: NTNpn TiD IN mo "f-'nTD Vp li: NTwsn boi2 on M72 mbs rri: 

2. V. 3.j: D-^rM'OD "13 "jwNs n^jH iT ■^"'xaa D''3Xia -T\b ao-n nx-i ntû np ns 

3. V. 47 : '•5i\s7: PC; -^-3^ -in3 TN "obn ^n^y nx-c xn -\i:^o '[^^ v:o3 ni. 

4. V. 56 et suiv. : -ia73"'"'D j'ic Tj<T HN*:; ")m?:3 "iJ"'! "i^iPD '["'î'iiï'^r: -i:P'r^i; 

dnSt npDiD TCN3 npcs 'is?:b3?3 SwNDn -ms tn •'\noi?: ir: nr. 

DsmTO mn ';i<"«^"'"i3 dd T-'ns: z^'tpD iii2 pi: nr •;■'' "'^ n^nTi. 

5..' V. 15 : nr\s73i; NnXT: nyb:5 Nbi733 ir\xc"i5 an ni:ot3 ■•wsn-n pdiss 



LES JUIFS DE PERSE AU XYIF ET AU XVIIF SIÈCLE 26« 

LXXXII. — Les Juifs vont à Kachan et ouvrent les synagogues te jour du 
sabbat « Anokhi^ ». 

A 158 a, L 104 b. — 49 distiques; les vers 26-31, 35 manquent dans A ; 
deux vers de A manquent dans L. 

Tout joyeux, les représentants de la communauté de Kachan se rendi- 
rent à Ispahan', et heureux d'avoir obtenu la liberté de conscience, ils 
retournèrent de nouveau dans leur ville. Il s'était écoulé juste cinq ans 
depuis leur conversion forcée*. C'est au mois de Schebat et le samedi 
de Anokhi (auquel on lit le Décalogue'') que nous nous empressâmes de 
revenir à notre religion*. Les synagogues furent ouvertes et le Molla fiit 
conduit au vizir de la ville pour recevoir le vêtement d'honneur de 
l'Aga. 

La majeure partie du chapitre (à partir du v. 12) relève les mérites que 
certains membres de la communauté de Kachan surent s'acquérir pour 
favoriser la tournure favorable des faits, aussi bien en sacrifiant leur for- 
tune qu'en payant de leur personne. Parmi eux sont cités : en première 
ligne, Siméon, déjà nommé; puis Ibn Yamin (Benjamin^, Abraham et la 
femme de ce dernier, qui passa toute une année en jeûnes en faveur de 
la communauté et stimula le zèle de son mari, le poussant à faire des dé- 
marches continuelles en faveur des Juifs opprimés. D'ailleurs, tout arriva 
par la grâce et la bonté de Dieu, sans qui aucun homme n'aurait pu 
chasser le malheur. « Des hommes rusés avaient noué un sort et tout 
autour cent vagues roulaient, mais la faveur de Dieu dompta les vagues 
et il rompit le charme^ ». 

La fin du chapitre (à partir du v. 40) est formée par une courte prière, 
semblable à celle du chapitre LXXIX. 

LXXXIII. — Sur les causes pour lesquelles les Juifs étaient devenus 
Musulmans. En outre, quelques leçons qui se dégagent de celle histoire. 
Fiti du livre'. 

A 159 b, L 105 b, P 140 a. — 53 distiques : À contient, entre les vers 5 
et 6, un vers qui manque dans L; de même entre les vers 10 et 11, et 
entre les vers 17 et 18. Pour la seconde moitié du chapitre (L 36-53). 
A offre une version toute différente (v. 40 75)'*. 

1. V. plus haut, cliap. LXVII, in init. Le sabbat « Anoklii » est celui m'i Imi lit la 
section de Yitro avec le Décaloirue. 

2. Le but (le ce voya;rc n'est pas indiqué. Pont-èlrc s'agissait-il de payer les impôts 
arriérés ou de remercier pour la faveur obtenue. 

3. La persécution dura donc de lG."iG, à 1661. 

4. Voir note 2. 

5. V i : TNIID C5 ma '[M'^"'''"!^^ "'*^ "'^'''' '*^"** ^^'^ '''^"'^* 

6. V. 38-:j9: -j^Di::"! n^m ni: ti3 OTi-na iND-oyô pin nnsa ^sob:: 

Sur ';MST0b"'D, ipii désiarne ici les ennemis des Juifs, v. plus haut, chap. LXVl, v. 45. 

7. \ ne donne que \a dernière partie du titre. 

8. V. p. 266, n. 4. 



270 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

« Si qncliiuiin demande : Dites comment cela s'est passé? Répondez- 
lui : Voici comment. C'est à cause de notre péché que nous a atteints 
cette épreuve dans laquelle on a imposé aux Juifs une telle contrainte. 
Même si nous avions eu des mérites, nous aurions dû porter les chaînes 
de cette tvrannic. Écoute maintenant ce que les gens commettaient de 
fautes, ce qu'ils faisaient et ce qui leur arriva dans le cours des temps. 
Parce que nous avions négligé les cinq livres de la Tora, Dieu nous livra 
à l'Islam pendant cinq ans. Parce que nous nous étions détournés de la 
ïora de Moïse, nous avons dû entendre les sons du Koran '. Puis, nous 
n'avions pas récité les « cent bénédictions » que la Halakha pi-cscrit ; pour 
ce péché, on nous mit dans la main le chapelet avec lequel il fallait dire 
les formules de bénédiction^: de même que nous avons omis de réciter 
cent bénédictions, de même nous dûmes réciter cent eulogies (musul- 
manes) avec le chapelet. Nous avions négligé les jours de jeûne, aussi 
Dieu nous donna-t-il le mois des jeûnes ', pendant lequel nous étions 
obligés de jeûner. Nous avions également négligé la Tefilla, laissé passer 
l'heure de la prière du matin et du soir; pour cette faute, il arriva fina- 
lement qu'on nous conduisit de force à la prière. Chaque jour on envoyait 
de nombreux agents pour nous mener à la mosquée; nous étions con- 
traints de ceindre rihràm et de dire sous l'empire de la crainte la prière 
du matin; de même, nous devions nous trouver à la prière de midi et à 
celle du soir. Comme nous avions été négligents en tout, il nous fallut 
être complètement foulés aux pieds. Mais dans sa grâce. Dieu usa, du 
haut du ciel, de clémence envei-s nous, grâce à l'alliance des patriar- 
ches... Toutefois, quoique nous soyons tous délivrés par Dieu de la con- 
trainte de l'Islam, nous sommes devenus pauvres, car on nous a pris 
d'innombrables sommes d'argent. Les l'iches de l'époque' ont maintenant 
les mains vides : les gens du Diwan les ont pillés. Ceux de condition 
moyenne^ ont vu leurs maisons démeublées, de sorte qu'ils sont sem- 
blables à des oiseaux sans ailes. Les pauvres' sont tous comme la fourmi 
qu'on foule aux pieds. Leur cœur à tous n'en fut pas moins joyeux quand 
ils purent de nouveau faire profession de la Tora, qu ils ouvrirent les 
synagogues et trouvèrent les rouleaux de la Loi à leur place. Tous furent 
mis en joie par la grâce de Dieu, comme s'ils s'unissaient de nouveau 
avec le fiancé'. 

Viennent alors les leçons annoncées dans le titre, sous la forme d'une 
exhortation du poète à lui-même. Elles ont surtout pour sujet la fuite 
des péchés qui avaient été énumérés dans la première partie du chapitre 



1. V. 6: Q'^t^W "^73 (A : iNINp) INî-ip 5:i3 ni:D7J3. 

2. V. 8 : -i^3Dn n-^3Dn N7a noT pN^^. 

3. Le Raniailaii. 

4. V. 23 : IN-mT ni^Ti' ^TTûrt. 
V). V. 2') : ai3i5""2. 

6. V. 26 : a"'''3y, 

7. V. 29: lino:; nN72wsn "a^i cn^;' ti:t n:nC3 inc rn pn Vtd TwS rrzj 



LES JUIFS DE PERSE AU XVII* ET AU XVIIl* SIÈCLE -271 

comme ayant causé l'épreuve maintenant surmontée'. La fin du chapitre 
est formée par une prière qui commence par ces mots ^v 43) : << Dieu je 
suis très confus de mes actions... », et contient principalement des sup- 
plications se rapportant à Tavènement des temps messianiques. 

W. Bâcher. 

(A suivre.) 



1. A ne contient que les sept i>reniiers disti(|ues de cette moralité. Celle-ci s'inter- 
rompt brusquement et la lin du chapitre — du livre par conséquent — est formée par 
36 vers de contenu nanatif que le copiste a insén-s à cette place, par suite de (lueUiue 
méprise, à la place de la véritable conclusion. 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISUAÉLITES l)E METZ 



Il faut savoir giv à M. Netter de la publication des documents 
concernant Ihistoire des cimetières Israélites de Metz ainsi que des 
inscriptions des pierres tombales trouvées sur l'emplacement de 
ces cimetières. Ces documents et ces inscriptions complètent beu- 
reusement les données bistoriques et généalogiques que nous pos- 
sédions déjà sur les Juifs de Metz aux xvii" el xviii« siècles, de sorte 
que cette communauté est une de celles dont le passé est le mieux 
connu, au moins pour ce qui concerne les temps modernes. Il est 
vrai quil y aura toujours des additions et des rectifications à y faire, 
et c'est précisément là le but des lignes suivantes. 

M. Netter ne parle pas du cimetière des Juifs du moyen âge. Il 
faut croire néanmoins que les Arcbives de la communauté Israélite 
de Metz renfermaient autrefois un document dans lequel il était 
question de ce cimetière, car M. Bégin prétend, d'après ce docu- 
ment, que les Juifs de Melz avaient un cimetière, au moyen âge, 
aux environs de Fesplanade, dans l'emplacement de lancienne 
citadelle. (Voir Revue Orientale, I, p. 39o.)j 

A en juger d'après les actes publiés jusqu'à présent, il y aurait 
eu, sous l'ancien régime, trois cimetières Israélites à Metz, savoir : 
l» le plus ancien, fondé bientôt après l'établissement des premières 
familles juives à Metz, en 1567 ; 2° celui de l'année 1019, et 3 celui 
de 1690. Or, nous avons trouvé un document qui fait mention d'un 
quatrième cimetière. C'est un extrait du registre des délibérations 
des Trois Ordres, portant le numéro :249 des Arcbives municipales 
de Metz. Ce cimetière servait, paraît-il, à l'inbumalion des Juifs 
étrangers et des environs. Nous donnons ici copie complète de 
celte délibération : 

Du 17 décembre 1771. Echange d'un terrein i)Our servir de cimetière 
aux Juifs étrangers. 

Ce jour Messieurs des Trois Ordres étant assemblés, M. le syndic a dit 
que le Roi ayant juge à propos de faire démolir et abattre tous les arbres 



LES ANCIENS CliMETIÈKES ISRAÉLITES DE METZ 273 

et batimcns qui étoient dans lisle de Cliaitibièrc, pour en foi'nier une 
place propre a extirccr la gfarnison de cette ville, il avait été nécessaire de 
chercher un emplacement pour servir de cimetiÎM-e aux Juifs étrangers 
qui meurent en cette ville, et à ceux des environs; qu'il n'en avoit pas 
été trouvé de plus convenable que celuy de la pointe de celte isle près la 
cour aux gelines; que ce terrain appartenant à la ville, il avoit été chargé 
par une délibération du 31 juillet 1770 d'en passer l'acte de vente au 
profit de Sa Majesté moyennant une somme de cent vingt livres : que 
depuis cet acte passé il avoit été reconnu qu'il seroit plus avantageux 
pour le peuple de demander à échanger ce terrein contre un autre de la 
même consistance apartenant au I\oi dans la même isle près le bord de la 
Moselle joignant le magazin à hoiïille cédé par la ville à M. le Prince de 
Saarbriick, pour former du terrein échangé un chantier propre à déposer 
les bois de chantage qui viennent par la basse Moselle pour être vendus 
en cette ville : que ce lerrein avoit déjà été fixé du consentement de l'In- 
tendant, et contient 616 toises, non compris le marchepied de la rivière, 
qui doit en avoir 4 de largeur; en sorte que pour consommer cet échange 
il ne manque plus que l'agrément de Messieurs qu'il ne pense pas devoir 
être refusé. 

La matière mise en délibération, il a été arrêté qu'il étoit du bien et de 
l'avantage des citoyens de procurer aux marchands qui amènent des bois 
de chauffage pour les vendre en cette ville, toutes les commodités possi- 
bles ; qu'aucun terrein ne paroissoit plus propre k en former un chantier, 
que celuy que M. l'Intendant veut bien échanger contre celuy pris pour 
l'emplacement du cimetière des Juifs étrangers ; qu'en conséquence le 
syndic sera par le présent autorisé à en passer l'acte d'échange, et faire 
tout ce qui sera nécessaire pour le valider, de le signer au nom de cette 
assemblée, au moyen de (juoy led. acte vaudra coujme s'il était signé par 
tous Messieurs des Trois Ordres : et en cas que cet acte entraineroit des 
fraix il en sera remboursé sur le simple mémoire qu'il en fournira. 

Fait en l'assemblée de Messieurs des Trois Ordres, tenue k l'iiôtel de 
ville de Metz le dix-sept décembre mille sept cent soixante onze. 

Suivent les signatures. 

Nous possédons également un corlaiii nombre de documents 
datant de r(';po([ue de la grande Révolulion et ([ni nous ont été 
communiqués par M. le Grand-Rabbin A. Uiy de Strasbourg. 

La cbarge de gouverneur dans la province de Metz et des Trois- 
Evèchés avait été exercée, dés l'aiiuée IT^tJ, par Cbarles-Louis- 
Auguste FoiKjuet, comte de Belle-Isle, maiécbal de camp, et plus 
tard maréchal de France. Ce personnage, qui a joué un grand rôle 
sous le règne de Louis XV, rendit beaucoup de services à la ville 
de Metz. Il commanda des travaux importants et lit construire, 
entre autres, la caserne de Cliambière. Or, c'est probablement à 
cette même époque qii une ordonnance de ce gouverneur faisant 

T. U\. N» tO'i. 18 



274 HEVUE DES ETUDES JUIVES 

défense de troubler les Juifs dans re.xei'cice de leur religion fut 
affichée au-dessus des portes du cimetière des Juifs entre h; Pont 
et la Barrière de la Porte de Chambière. Cette ordonnance exis- 
tait encore à sa place primitive, lorsque les droits de l'homme et 
du citoyen furent déclarés [)ar l'Assemblée Nationale. Or, un mem- 
bre du corps municipal fit observer, dans la séance du :2U août 1791, 
qu'il était inutile de laisser subsister l'ordonnance en question, et 
l'enlèvement en fut arrêté dans la même séance '. 

Les difficultés survenues en 1792 ne sont mentionnées par 
M. Netter que succinctement. Nous sommes à même de compléter 
ses renseignemeuts par des documents provenant des Archives de 
la Préfecture. 

C'est dans les séances des 6 et 7 septembre 179:2 que le Conseil 
de guerre décréta la suppression des deux cimetières des Juifs 
situés dans l'île de Chambière. Dès que l'extrait des procès ver- 
baux de ces séances lui fut parvenu, le Conseil de district arrêta 
que la i-équisition du Conseil de guerre serait exécutée et que les 
Juifs de Metz seraient tenusde faire enlever toutes les pierres tumu- 
laires qui étaient dans les différents cimetières. Le Brun et Guelle 
furent nommés poM;- tracer le cimetière nouveau des Juifs. Voici 
le texte intégral de l'arrêté. 

Conseil de district. Archives de la Préfecture 

Séance permanente du vendredi 7 septembre 1792 Fan 4 de lu Li- 
berté. 

Présents : MM. Pécheur, Bail, Gallain, etc. 

Cimetière des Juifs à détruire. 

Vu l'extrait des procès-verbaux du Conseil de guerre des 6 et 7 du pré- 
sent mois par lequel article 5 : « Les deux cimetières des Juifs situés dans 
risle de Chambière seront supprimés, il leur en sera fourni un autre à la 
pointe de la dite ille dans lequel ils n'auront pas la liberté d'élever d'édi- 
fice autre qu'une simple baraque. 

Et par l'article suivant: « en conséquence de la suppression arrêtée hier 
des deux cimetières des Juifs, ils seront tenus de faire enlever d'ici à 
lundi prochain toutes les pierres tumulaires qui sont dans les dits cime- 
tières, l'administration du District est requise de faire exécuter cette dis- 
position ainsi que l'arrête d'hier et de faire désii^ner à l'extrémité de la 
pointe de l'ille de Chami)ière un local suffisant pour sei-vir désormais de 
cimetière aux dits .Juifs. » 

Le Procureur sindic ouï : k- Conseil arrête (pie la réipiisition ci dessus 
relatée sera exécutée selon sa forme et teneur; en conséquence que les 
Juifs de Metz seront tenus de faire enlever d'ici à lundi prociiain toutes 

' Dflilu'ralions du cnr|)s imiiiicipal, i'i iiov. IIIK) — 17 iiov. 1791. Série 1). 1. Ar- 
chives inuiiicii»>ik's Av Metz. 



LES ANCIENS CIMETIERES ISUAÉLITES DE METZ 27o 

les pierres tuimilaires qui sont dans les différents cimetières et autres 
objets qui pourront empêcher le libre accès aux emplacements dont s'agit 
à leffet de quoi le présent arrêté sera notifié de suite aux Juifs de Metz 
en la personne du sieur Marchand Mayence, Tun deux, afin qu'ils ayent à 
s'y conformer. 

Et pour tracer le cimetière nouveau des Juifs, le Conseil ;i nommé 
M. Le Brun, qui est invité de procéder de suite a l'indication du local 
nécessaire et ce en présence de M. Guelle que le Conseil nomme à cet 
eft'et pour commissaire, M. Le Brun étant au surplus autorisé à procéder 
à toute fin que de raison à toute estimation que les destructions dont s'agit 
pourront nécessiter. 

M. Guelle a déposé sur le bureau l'expédition signée Flamette, commis- 
saire des guerres de la 3<^ division .militaire de deux extraits de procès- 
verbaux du Conseil de guerre de cette ville, en date du jour d'hier et du 
jourd'hui, portant suppression des cimetières des Juifs dans l'Ile Cham- 
bière et invitation à l'administration de district de faire désigner a l'ex- 
trémité de la pointe de la dite isle Chambière un local suffisant pour ser- 
vir désormais de cimetière aux dits Juifs et de faire en surplus exécuter 
lesdits arrêts. 

Nous avons vu plus haut qu'un cimetière spécial était destiné 
aux Juifs étrangers et des environs. Nous savons, en effet, qu un 
assez grand nombre de familles juives résidaient dans plusieurs 
villages voisins de Metz. Le doyen et ancien bâtonnier de l'ordre 
des avocats au Parlement de Metz, Gabriel, dit, dans ses Observa- 
dons détacJiées sur les coutumes et usages anciens et modernes du 
ressort du Parlement de Metz (1784, p. 49) : «Dans les campagnes 
etdansles autres villes duressort, rien n'autorise Tétablissementdes 
Juifs. Les seigneurs ont grand tort lorsqu'ils leur permettent de s'y 
établir... et lorsqu'à l'appas d'une rétribution annuelle ils les ont 
reçus, ils ne tardent guères de s'en repentir. )' Mais cette situation 
précaire et, sans doute, aussi le manque de fonds ne permirent 
jamais aux Juifs de la campagne d'établir un cimetière, de sorte 
qu'ils se servirent de celui de Metz. Cet état de choses dura jusqu'au 
19 septembre 1792, où il fut défendu aux Juifs de Metz d'enterrer a 
l'avenir dans leur cimetière aucun Juif non résidant rn cette 
ville. C'est ce qui ressort de la délibération suivante : 

Conseil de District T^*" feuillit 

Séance permanente du mercredi 19 septembre 1792 l'an 4 de la Li- 
berté. 

Arrêté relatif aux Juifs. 

Présents : M. Péclieiir, Bail, Celland, etc. 

Sur ce qui a été observé par l'un des Messieurs ([ue, précédemment, les 
Juifs de Metz formaient une conununauté qui comprenait ceux dont la 



276 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

résidence était tolérée dans plusieurs villages voisins et qui s'étendait 
même sous beaucoup de rapports dans toute la généralité. 

Que la Métropole, le seul lieu oii ils eussent un établissement légal, 
était pour eux tous un point central et ralliement. 

Que CCS relations intimes ne cessaient pas, même avec leur existence 
phisique, mais que différents seigneurs qui vendaient aux individus de 
cette croyance un asile précaire ne leur ayant pas accordé de terrein pour 
les enterrements, et ceux-ci n'aiant pas toujours eu les moiens de s'en 
procurer un, les cimetières des Juifs de Metz y suppléèrent et souvent on 
y déposait des morts amenés d'assez loin. 

Que la nécessité à pourvoir à la conservation de la place vient de faire 
ôter aux Juifs de Metz leurs deux cimetières dont la situation nuisait à sa 
défense. 

Que celui qui leur a été désigné en remplacement à l'extrémité de l'isle 
de Ctiambière n'a pas les inconvénients des deux autres, mais que le com- 
missaire qui en a fixé l'étendue avec l'ingénieur de la ville n'a dû cal- 
culer et n'a calculé en effet que la population actuelle et progressive des 
ciloiens de la religion juive domiciliés à Metz, en sorte que si l'on conti- 
nuait à y inhumer les morts des villages et lieux voisins, un nouveau 
cimetière beaucoup moins vaste que les deux anciens se trouverait bientôt 
insuftisant ce qui entraînerait des inconvénients en tout genre et serait 
nuisible à la salubrité de l'air et à la sûreté des citoiens. 

Que les Juifs devant désormais jouir partout oîi ils sont établis et où 
s'établiront, de l'état civil et de l'exercice libre et public de leur religion, 
il est de leur devoir, comme il leur sera aisé, de se procurer, soit à prêt 
d'argent, soit par concession de leur commune soit tout autrement, des 
terrains pour leurs inhumations et que l'administration ne doit plus tolé- 
rer, dans une parti de son territoire, un rassemblement qui conserverait 
la trace et le souvenir d'une communauté et corporation entièrement dis- 
soute. 

Qu'il pensait donc, qu'il y avait lieu d'inviter Messieurs les administra- 
teurs du département et arrêter que deft'enses seront faites aux Juifs éta- 
blis à Metz, de plus à l'avenir enterrer dans leur cimetière aucun Juif 
non résident en celte ville, à moins qu'il n'y soit décédé, et ce sous cette 
peine qu'il leur plaira fixer, notamment sous celle d'être privés de leur 
cimetière; sauf aux particuliers de celle religion établis hors l'enceinte 
de la dite ville, à se pourvoir pour cet usage d'emplacements convena- 
bles, que l'arrêté qui interviendra sera imprimé, aftiché et envoyé dans 
toutes les Municipalités de son territoire, où il existe des Juifs et que les 
Départements voi-sins en seront prévenus et engages k prendre pareille 
mesure. 

Le Conseil, le Pi-ocureur sindic ouï, après en avoir délibéré adopte la 
proposition et arrête (lu'expédition des présentes sera adressée à Messieurs 
les administrateurs (lu (lé|)artement. 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES DE METZ 277 

Par lettre du 80 décembre n9;2, le Ministt're de la guerre avait 
désigné un terrain dans l'île de Chanihièro en remplacement de 
celui qu'on avait l'éuni aux forlilications. Mais, après avoir fait 
faire des sondages, on reconnut que ce terrain, lenfermant des 
ossements, avait dt'jà servi de cimetière, ce qui donnait lieu à des 
observations (pio le Ministère dut i-econnaître fondées. Le 14 février 
1793, u:i antre terrain fut désigné par le commissaire des 
guerres de la troisième division de rarmt'e, en présence des ci- 
toyens Purnot, commissaire nommé parle département et Besser, 
ingénieur en chef de la place de Metz. Ce leri'ain était situé à l'ex- 
trémité de l'île de Chambièreet contenait, en superficie, o9() toises 
deux pieds. La soumission en fut faite le 19 février par les citoyens 
Goudcbaux-Mayer Cahen,Moyse Gompertz et consorts, « professant 
la religion de Moyse >^ ponr l'acquisition du terrain et le !23 février 
le Département prit un arrêté portant qu'il serait procédé à l'alié- 
nation de ce terrain suivant le mode [voulu par les lois relatives à 
l'aliénation des domaines nationaux, après estimations préalables. 
Le Conseil du district, dans sa séance du "2 mars 1798, nomma pour 
cette estimation le citoyen Rulaud, architecte à Metz. Tout cela 
ressort du procès-verbal, inscrit sur le registre des délibérations du 
Conseil de District. 

M. Netter parle de l'arrêté rendu le o i)luviôse an II (24 janvier 
1794) par le Conseil général de Metz et affectant des terrains spé- 
ciaux à l'inhumation des morts sans distinction de culte, et plus 
loin, il dit : « Malgré tout, les Juifs jouirent sans interruption de 
leur propriété jusqu'en germinal (de la. . .') année, où deux veuves 
furent citées à comparaître à l'audience de la police municipale et 
condamnées chacune à 90 francs d'amende i)ouravoir enterré leui"s 
maris dans le cimetière Israélite et poui- avoir enfreint de la sorte 
les lois de l'égalité. » Le docunient consulté par M. Netter n'indique 
pas l'année de sa rédaction et, d'après ce qu'il dit, ses recherches 
faites aux Archives de la ville sont rcstt'cs sans résultat. Or, il n"\ 
a aucun doute (piil s'agit du mois de grriniual de la 11° année, 
c'est-à-dii'e des mois de mars ou d'avi'il I79i. Nous savons, en 
oufi'e, que les deux veuves en question ne furent pas les seuls .luifs 
mis à l'amtMide poui- cette uu^me raison, mais qm) des j)eiues furent 
infligt-es iti-ralivemenl à plusieurs d'enti'eeux, comme il est prouvé 
par un jugement imprimé, dont \n\r\ la copie : 

Extrait des jugements de la l'olic(> iniiiiicipalo (\c la (".orntniinc de .Metz. 
Du 8 Frimaire, l'an Iil« de la Republique française, une et iiulivisiblc. 
Entre les membres faisant les fonctions d'Apen nalionnl plaii,'nant; 



278 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

contre les citoyens Alexandre Alphen et Aaron Picqiiart, hoiicher, rue 
de l'Arsenal, défendeurs, celui-ci en personne, et le premier par le ci- 
toyen Chevrel, huissier, son fondé de pouvoir; Vu les procès-verbaux 
dressés, le trois de ce mois, par le commissaire de Police de la deuxième 
section, constatant que les prévenus ont contrairement à l'arrêté du Con- 
seil général de la Commune, du cinq pluviôse, an II. inhumé les corps 
de leurs parents décédés, dans un autre terrain que celui affecté à cette 
destination ; 

Ouï les citoyens Picquart et Chevrel qui ont convenu des faits, le Tri- 
bunal , ouï le membre faisant les fonctions de l'agent national, considé- 
rant que des locaux ont été spécialement et exclusivement désignés pour 
recueillir les dépouilles de l'homme après sa mort, que des citoyens de 
confiance ont été préposés à ces inhumations; que, s'il était loisible à 
chacun de choisir à son gré le lieu et les personnes qu'il jugerait conve- 
nables pour rendre à l'humanité ces derniers devoirs, il pourrait sous le 
rapport delà sûreté et de la salubrité publique, en résulter des inconvé- 
nients et des abus funestes, capables d'alarmer la sollicitude des magis- 
trats du peuple, et de rendre illusoires leur surveillance et les règle- 
ments de prudence qu'ils ont faits sur cet important objet : 

Considérant que les hommes égaux pendant leur vie, doivent l'être 
encore après leur mort, que, pour étouffer tout germe de discorde, des loix 
philosophiques ont interdit toute manifestation extérieure des cultes ; 
que ces principes ont été violés par des hommes reconnus pour avoir pro- 
fessé la religion hébraïque, en voulant perpétuer une distinction réprou- 
vée, conserver un lieu d'inhumation autre que celui commis à tous les 
citoyens, un lieu attribué précédemment à la nation juive : que le Gou- 
vernement ayant proscrit ces démarcations injurieuses, elles doivent 
cesser dans toutes leiu-s parties ; qu'ainsi les ci-devants Juifs étant con- 
fondus avec les autres citoyens, étant enfants de la même patrie, ils ne 
doivent pas s'en séparer après leur mort . 

Considérant que ce délit prend un caractère plus aggravant par l'obsti- 
nation avec laquelle quelques citoyens de la rue de l'Arsenal prennent 
à tâche de le commettre, malgré les peines déjà infligées itérativement à 
plusieurs d'entre eux, qu'il décèle le fanatisme et un complot ourdi par 
la superstition, que l'on doit s'empresser de déconcerter. 

Considérant en-lin que l'un des prévenus s'est rendu encore plus cou- 
pable en ce que après le décès il a été prévenir le préposé de la Com- 
mune, afin de convenir avec lui de l'heure de Tinhumation, et que dans 
cet intervalle, il a fait enlever furtivement le corps du décédé d'une ma- 
nière adroite et tortueuse pour tromper la vigilance de la police. 

Le Tribunal, faisant droit sur les réquisitions de la partie publicjue 
plaignante, condamne Alexandre Alplien et Aaron Picquart, chacun aune 
amende de deux cents livres, et ordonne que le présent jugement sera 
imprimé et affiché à leurs frais 

Fait et jugé au Tribunal de police municipale de la Commune de Metz, 
le dit jour, huit frimaire an III. Signé au registre Baudouin, président et 



LES ANCIENS CIMETIERES ISRAÉLITES DE METZ 279 

Lallement, commis secrétaire, 

Collationné. Signé : Adam, secrétaire. 

A Metz chezC. I.ancost, imprimeur, rue Foiirnirue. 

Nous nous permettons, enfin, dajouler ici (luelcpies reclifications 
concernant le texte des inscriptions, en observant, tout dabord, 
que M. Netter aurait pu citer encore phisieurs autres passages des 
mémoriaii.r se rapportant aux personnes dont il donre linscripfion 
tumulaire. Les lecteurs de cette Bévue ont, du reste, déjà remarqué 
que les mémoriaux sont d'ordinaire plus explicites que les inscrip- 
tions. 



P. 292. No 61. V^" T'2iN n'est pas Obich Cahen ; il faut, sans doute, lire 
l'inn-T'aiK cest-à-dire Oberhofen, petit village de la 
Basse- Alsace. 
— 79. l'-"'r':; nest pas Schindelan, forme impossible ; c'est 
une altération de Schëinele ou Schonele ; il faut donc 
transcrire Scbëindelin. 

— — H. I.e 25 Schebat derannéea395était unlundict non un jt'ndi; 

il faut lire, avec le Memorbnch, n"D et n'i'*»::. 
P. 293. — 26. 11 y a contradiction entre l'inscription et le Memorbuck 

concernant la date; il faut lire, avec linscription, T"a 

(16 lyar;. 
P. 294. - 24. Il faut lire T"r (24 Kislev), au lieu de 5 "2. 

— — 60. Il faut lire 1 (vendredi au lieu de ": incrcredi). 

P. 295. — 22. Le 6 lyar était un samedi, il faut donc lire p"0 et non p'-cr. 

— — 119. Le 8 Tischri était un mardi et non un lundi, do sorte ipi'il 

faut lire 'na. 

— — 115. Au lieu de ? ^r, il aurait fallu restituer la daU' du .Mémo- 

rial, à savoir V::'p'n; mais dans le Mémorial, il faut lire 
'- DT* au lieu de 'n ai"» . 

— — 120. d"j'T p"3'cr ne donne pas de sens, il faut lire û;";*"i p"3Cy. 
P. 296.— 97. Au lieu de 'N ai"', il faut lire 'a av. 

_ _ note 1. Le .Mémorial contient encore les mots suivants : n::D: 
p"sb a'3'n'n -nx '\ 'a 'v in-in7.Vr -lapîT 'k b-^?. 
P. 297. — 107. Il faut lire 3474 (1714), au lieu de 5464 (1704). 

— — 45. Il faut lire nn:^ '::, au lieu de 'n. 

— — note. (Jue signifie le mot ''•p'i'\'p •' Ne faut-il pas lire T^"'"'? 

couronnes ? 
P. 298. — 96. Au lieu de i"z '2, il faut lire a"D 'n. 

— — 68. Au lieu de n'r:?-!::, il faut lire nbnr?:. 

p, 299. — 114. Le mardi était le ([ualriéme et non pas le troisième jourde 
Hol ha-Moéd; il faut donc lire n"n-i 's au lieu de n"n- '3. 
P. 301. — 93. 11 faut supprimer le point d'interrogation. 



280 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

P. 302, — 102. l/annoe 522 nétait pas bissextile; il faut lire probablement 
n'D'p'n (■324). 

— — 90. Le premier Schebat de l'année îj23 était un samedi, de sorte 

qu'il faut lire '3 'N 'v ou bien 'T 't ÛT^. 

Tome LU, p. 99. N° 123 Le texte de cette inscription me parait peu cor- 
rect ; "'313"! isn3"'n72 "'3no donne guère de sens. Au lieu 
de rmr.'' b3T"^"^ il faut, sans doute, lire £^01"' i3Tr ; ensuite 
il faut séparer le T do p"'::y, et mettre un point dessus. 
n"î< ne peut pas signifier le premier Hescb van, le premier 
Heschvande l'année :J13 étant un lundi. 11 faut, sans doute, 
lire D"n"N, c'est-k-dire noo sn TiON, lendemain de 
Pésah, qui fut, en effet un vendredi. Dans la note, il faut 
lire '■'3'^ai au lieu de '■'3Tr7:i . 

P. 100. — 91 La traduction : <^ Et .lacob monta les degrés de l'échelle de 

la charité » est fausse, puisqu'il faut lire '^lî'^r; "^ïsb non b7:a 

ûbis. La date n'est pas 'j'D'p'rijmais a'3'p'n, comme il est 

dit dans Je Mémorial. Dans la note il faut lire S'Sinb au 

lieu de yinpb . 

P. 101. — 31. Au lieu de -!3pT )i2r^, il faut lire nspn \M3'j>. 

— — 47. Au lieu de *Ti7ûy, il faut lire ^"^"iWi' (Emrich . Le même 

personnage est cité dans le petit Mémorial et dans le Rôle 
de 1739, n" 97, 

P. 101 — 4. L'abréviation 3";a'npr;3 ne peut pas signifier «fils du chef 
du tribunal rabbinique»; elle ne donne pasde sens, Il faut 
lire probablement 'd ^"'7p!^'3i< tilsdu martyr sieur». Nous 
savons, en effet, par le Mémorial, que le personnage en 
question fut assassiné, lorsqu'il revint d'un voyage de 
Paris. La nouvelle de cet assassinat arriva à Metz la veille 
de Rosch haschana 488 (1727). 

P. 102, — 32. L'abréviation ^''-'^D me paraît incorrecte ; faut-il lire 
:û'i:'D — ]V2'j: p-^n^i no ? 

— — 109.Au lieu de 3■>"«^^) (Schweib\ il faut lire 3NTC ou a-^irû 

(Schwab ou Schwob). 
P. 103, — 127,11 faut lire n"-|, au lieu de 'm, 

— — 48, C'est le t: lyar qu'il faut mettre, comme dans le Mémorial. 
P. 104. — 44 '■'V3'7:i ne donne pas de sens, faut-il lire nVy?:^ ' .L'abré- 
viation "("na n''p n"?:^ est incompréhensible, 11 faut écrire 
'Tom ri''m p''n73 'N, c'est-à-dire "iipm ^tc•>^p N-i3n53 nnx 
ûnn-j^am n-^bin. 

P, 105, — 92, Au lieu de iT'-'b:', il faut lire n"'"'?y. 

— — 37. 11 faut ajouter un n après ûl"*. 

— — m. 11 faut lire Kislev au lieu de Si van. 

P. 106. — 49. "«ppinn ne donne pas de sens; faul-il lire i'^'^na ? 

P. 107, — 17, Les mots :'ix 'nci '"^y me paraissent erronés, mais on 

s'attend à ms bD 53?. Au lieu de nb-'-'iD (Rreila , il faut 

lire nbr-'-ia (Hreinelé), 



LES ANCIENS CIMETIÈRES ISRAÉLITES DE METZ 281 

P. 107. — 63. Ici le nom nbav est transcrit Youtela, ailleurs Jétélo. 

— — 101 .Au lieu de riba-'i: Zihela, il faut lire nb-i3^^ Ziborla. 

Danslanote, n;nDO: est une tante d'impression pourmco;. 
P. 109. — 106. C*:: n'est pas Tauss, mais Tus ou Dus, e'est-à-dirc 
Dieuze. 

— — 40. 2"^? est une faute poi'v 2"r" = r;?:'3 r'ziy 

P. 112 — 30, m;~2 n'est pas Bendad, mais Rendid ou Hendit. 

— — 39. 3"" b-^TiîT est sans doute Sanvil Hambourg. 

P. 113.— 71. n;7:"i"^ n'est sûrement pas « Romane »; je suppose qu il 
faut lire "^NaTSTi Rombach). 
— 80. a"'2"'-i;'7:T 2"'7;""3w72T uc donne pas de sens; il faut lire 

M. GiNSBLRGER. 



LISTE DES CIRCONCISIONS OPÉRÉES 
PAR LE MOHEL ISAAC SCHWEICII ( 1773 -1801) 



En consignant les circoncisions qu'ils ont opérées, les Molialim 
veulent seulement garder le souvenir des miçicot quils ont 
accomplies. 31ais les listes qu'ils dressent ainsi peuvent ensuite 
devenir des documents historiques et ofifrir de l'intérêt aux géné- 
rations nouvelles. Plusieurs familles messines et parisiennes 
trouveront dans celle d'Isaac Scbweicli ' de Trêves les noms et 
indirectement la date de naissance de quelques-uns de leurs 
ancêtres. 

Le carnet disaac Scbweich nous fournit quelques renseigne- 
ments sur sa biographie. Il était l'aîné d'une assez nombreuse 
famille. Il mentionne deux frères, Leib et Michel, et des sœurs ma- 
riées à Goiicbaiix Halphen et Joseph Cahen Mali de Metz, à Alcan 
Goudchaux de Nancy et Marx Fould de Paris. Venu de Trêves à 
Metz, c'est dans cette ville (juil exerce d'abord ses fonctions. On 
avait recours à lui surtout dans certaines localités des environs et à 
Nancy. Les circoncisions qu'il fait en Lorraine vont du 20 Eloul oo3o 
(1o septembre ITTo) au Kl Tébetoo48(2i décembre 1787 .11 retourne 
quelquefois dans sa ville natale, où il fait deux opérations, l'une, 
fin 1777 ou commencement 1778, et l'autre en 1781. En 1770, il 
perd sa femme Fradtde, dont il avait une lille, Kleine. et c'est celle-ci, 
sans doute, qui épouse un nommé Leib à Paris et a un lils en 1790. 
Il se remarie et a successivement plusieurs garçons : Caïman en 
4778, Nephtalie en 1779, Nathan en 1780, Jacob en 178;^, Eliézer en 
1785 etMayer en 178(5. En 1788, il va à Paris, où il fait deux opéra • 
lions le \" lyyar et le II Tammouz 3548 (8 mai et 16 juillet). Il 
retourne à Metz, où il fait trois circoncisions, du 8 Ab (6 août) au 

1. Sur la famille Schweich et rorii:ine île ce mnn. voir M. Giiisburgor, Revue ^ 
t. XLVII. p].. 128-131. 



CIRCONCISIONS 283 

\i Eloul (26 septembre), puis il repart pour Paris, où sa liste reprend 
le 10 Xisan oo49 (1:2 avril 1789) et va jusqu'au 13 brumaire au X 
(4 noveml)re 1801j. Nous n'avons pas sur lui d'autres données. 

La liste dressée par Isaac Schweich se trouve sur des feuillets de 
papier blanc reliés à la suite d'un traité en hébreu sui- la circon- 
cision intitulé 'n nio. composé par David de Lida, ral)bin à Amster- 
dam, et imprimé dans cette ville en 174o avec le 'n rna, autre 
traité sur la Milah en judéo-allemand. Les deux opuscules réunis 
ont trente leuillels. Le petit volume, relié élégammenten cuir rouge 
foncé avec rinceaux et dorure sur tranches, avait été donné à feu 
mon oncle, 31. Eliézer Lambert. 

Sur la feuille de garde est écrit : Isaac Callman Chveich, avec un 
paraphe, et sur la page du titre du 'n tid en cursive : p 'p'^'^'^'^m '-h 
-ii-i::t: V't '^■'mc "j-^bp li'z) 7:"ns. Le premier feuillet blanc porte, en 
gros caractères carrés (le mot seul b"T est en cursive i : 

:sp:-: 

"] 'r, ai"'?: ti''??:',:^ C"«'7'r"'r!73 
p"Db ' i"':"pn "îibN 

b"T y'rcij pbp 

La liste des circoncisions occupe ensuite 34 feuillets, suivis de 
5o feuillets non écrits. A la dernière page se trouvent, en judéo- 
allemand, deux formules de remèdes pour arrêter l'hémorragie. 

Nous reproduisons le texte d'isaac Schvvoich, tel qu'il l'a rédigé, 
d'abord seulement en hébreu, plus tard en hébreu et en français. 
Nous en respectons scrupuleusement le style et l'orthographe. L'é- 
criture cursive d'isaac Sclnveich est pi"esque toujours facile à lire. 
Nous ajoutons, entre parenthèses, le nom des enfants en fi'ançais, 
là où le Mohel ne l'a pas mis, ainsi que la date civile, et nous 
donnons, en les résumant, les détails relevés dans la liste quand 
ils offrent un intérêt quelcoinjue. Nous n'avons pas traduit les for- 
mules courantes. On trouvera à la tin de la liste un index des noms 
de personnes et de localités. 

M.wi'.n Lambert. 

i. L'aiitiMii- s'i^t trompi' : il .uunil ili'i iinttii- T't''::'pr' I"" , l'utimir le inonlir l.i li,;|i». 



284 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



' 'b rrV'pn bVrx -^jmb -iedt: 

(Aron, fils d'Abraham de Louvirrny. scp- 
tenibie ITTo * . 

2. -13 -n:Dr'TN-,-;:i'c -b-^r; -^nb?: .n 
•i"i-i ^"1 io;:î2 nxT: bsToi; □"'nos 
psb ibpn rriD bw r;"n3 ':i p"":;;* 
a-'Or-obi ncinbi rninb iribn:;-' 'n 

pi;o iTosry 

^Alexaiifire, (ils d'Epliraim Gunipelmacli, 
de Nancy, 13 octobre lITo. Patraiii : 
le père.) 

3. ribxiT 2î<T nb-^a iiir^n Tf^rr .3 
=)"n33 prxs-^-.p y^-i-^n -^bncî -12 
br\r-nN DmDN '-1 b"r: i'-iDT lo-» 

'r; p"Db ibpn n-nn nn7:c3 y'-" 
D"'c;'?obT ncinbi minb inbnp 

(Wolf. fils de Neplitalie Créliange, dans 
la vieille syuagoïue. Coopérateiir : 
Abraliam Orscliel, 17 octobre 1715.] 

4. *-in •^'^yba ncTo nb-^rr "^nb^a .n 
l"-'! '3 ::"•' ib-iyo idd^o iN70D"«b 
Trn pn;oi p"cb ■ib"pn iT^jnh]» 
nr^T: v^bn n73bo r!"D -i"3 rro?2 
pwV nîinbT n-nnb i-bn;-' 'n 03- 

(Moïse. (ils de Lipniann Eliézerde Perly ?), 
31 octobre 1775. Parrain: Moïse, 
lils de Salommi Halphen du même 
village.) 

■': -13 niJ^-^b^x nb^3 "^in^n t-^o^' .n 
n"D '~ u"-' N'jiNiT -1DD7Û amaN 
p b-'iiiT piîOT r:ri:n 't iboD 
nr:bn5-« 'n y'"'7273 ^m n">a73 r"D 
n^^r^ û'\::y72bT ncinbi minb 

(Eliézer, (ils d'Abraham di' Vaiitoux. i'i 
décembre 177;i. Parrain: Zanweil. 
fils de Moïse Biiiu: de Metz.) 

c. 13 bN"i73-j b"»!!:! nb->r; \-ib73 .1 
:33c •"] p"!:: ::"•' pNibwS-: noTo 
'■'bn; 13 bxiTD^a pi3DT 'S ibpn 



nnnbn minb irrbns-' 'r: -^-.nï: 
]izn a"7:bi 

(Zanweil Samuel, fils de Moïse Polak, 10 
février 1776. Parrain : Samuel, (ils 
de Guedalya Chari.) 

7. 13 ';'?:i3^b -Ty-ibN nb^n "^nb72 .t 
-nM n"-n3 '1 ::""' p^^'^b:::' bpi-' 'd 
bc TI3N r;-!- p-i;oT p'sb Y'bpn 
'r: "j-^^rb::? 3"«b r;"D n"«-;3 by3 
•ITON a"73bT riDinbi nnnb nnb-ij"' 

(Eliézi'r Liberman, fils de Jacob Etling, 
'21 février 1776. Parrain : le irrand- 
père, Leib Etlinir.) 

8. 3"'b pT\x r:"s ,']irT'n "'n-''jr .n 
"12D7: _ -ib^n yiD b-'iT 
i-bn5"« 'n 'b n"bpn nos 3nr "riN 
p"'3i:2 n^'cyjzb-) -cinbi n-nnb 
b-i3 n"3N "iiN^nb TbsOT irN 
a:> '-'-li* rnsN'c; n"rj i3n73 by3 
n"'-i3 m^TO by biaxb bD"i"<c 
n"'3J'nrî b"'3\::3 -1133 -^rNu: arc73 
bnaxb lan ci^ "«b ^-ri-inr: Nbn 

.b"3r; mrnon br 

(X. d'.\ujny, 3 avril 1776. Coopérateur : 
Eizik Leib Weil. Le mohél ayant 
consulté le rabbin Lion Acher pitur 
savoir s'il jiouvait premlre jiart au 
repas de fête, étant preniier-né et 
devant jeûner la veille de Pà(jue. 
celui-ci lui interdit de prendre quoi 
que ce fût.) 

9. ';a3"«3-iy73 ■>dti?3 n"ai Tyi: .-^ 
p ibT! 'TiP-'n r,'::y 

'■'"'N73 -b73rb 'D 
(X., (ils de Lemmlé May. Coopérateur : 
Murdocliée Morhange . ) 

10. riD p -îb-r;) -ib-^r; \nb73 ."^ 
n-nnb inbii"» 'r, i"«-i:3 3-'bu::33'3 

'd p-;DT ■;?:}« :3"73bT noinbi 
D"r;33 a"'p-i3^:3 ';?3-i3"'b p i7:3'^brT 
Ti-'^r: 7wST i"bpr bibx '3 'n :3"'' 1^"' 
■'msTT: n-,b-'3{< b c ai'' a"'C-ibo tip 
n"3X pNJrtb TibNw'i b- r;b-N-2 
bDT'u: ar '■'-iwN msNw -i3n73 br3 
^b ''"'n-iowsi pTn rbib 



1. Presque toujours p"25 est écrit avec un simple lanied, plus ou nmin-; enjolivé. 

2. D'après l'entête l,i cii'concisi(m a eu lieu le jeudi 20 Eloul ."i.'iiUi-flire '.'t'.\:V.\ = lo sep- 
tembre 177o. 

3. "13^ qui est sur la lii:ue, doit sans doute être |ilai'é avant I'3"i7î<. 

4. Lire : T^nn. 

5. Lire : 10N1. 



CIRCONCISIÛNS 285 

(\.. lils de Guudeliauv Trêves. Parraiii : Se- 17. 7N2'^7C "ja ib'r; "lltT^n Tl'^w'i^ .T""^ 

ligmau, lils de Libermau Teniuem, S^^H rî"n T^n^b ^l'IC "iriN^J 

dans la vieille synagogue, IS aoiit y^^ _^_.\^ ..,..,_«.- 

niG. Le inoliel était en deuil de •' \ •' 

sa femme, et le rabbin Lion .Vclnr ^m '•'« de .Michel. d'Alir, \m'9. de Trêves, 

lui détendit de se faire la barbe. Coopérateur : Hayem .Merinu'en, de 

Trêves.) 

'n -j"^ iT^wS -o";:'^-) n^inr-, rnzr.b " = P^-'^-t T^t: i^r-: i^- rxrr: 

W^ /^ \fe^ 

(Juda Leib, fils de David du Sansonnet, ' "' ^ 

dans la nouvelle svnairoirue, 19 août ^^^^^ Feil)erman, fils de Michel Bonn de 

1776. Parrain : Jacob^ bedeau de la -^'fj^- Parrain : Feibes Zéc, 16 mars 

syiiairogne.; ' ' • 

1-2. nb^n b::î« bm::i pn:o ^n^n .n-' *''• '^-i< n2 c--3x ib^r! ^^b?a .::"^ 



n:û:kii -is::: np.v p n:;^- v^'t 



»"^"'-i3- -^nwST -li-'rXTl -12270 3-? 






I?:» :û"72bT nsinbi n-nnb 

(Zalinan Srhrag^a, fils de Jacob de Van 
toux, 14 janvier 1777.] 



Abraham, fils d'.Aryé Leib de Valhères. 
Parrain : le père, 24 mars 1778.) 



13. -i:i"<n îi:» rm^jn pn:o ■'n-'n .:i"' ,, , 

t=inn3N 13 17:13^^ -nTi'Vi^ -'■ = =^^= ^^>^ -^5^- ^-"^^'^ •"= 

'n'bTbprTr:nN'^'-="^nr^b.sn7: ^<^:::^5^^ nc=?: 3^ti:t ^int:^ 



172N -j-rbi HDinbT n-inb inbn:!^ °' •/?.-'-,-"/ ""^ '"''* -"'"^^ 

(Eliézer Liberman de Vallières. 16 juil- ^-^^-3' - ■ ':"'~y:'P 7: r;?"in3r; ■'n3 
let 1777.) ^"'"^"^ - - "'P'-^ P^:. '5 " ^: 



;Unri Feis, fils de Samuel Zanwcill de 



14. 13 2''"'n -bTi •^in-'n T'wr ." 

Y'^T(:)b-> ^;-lS 1D373 ^-ibr^ '-rin- ^ Vantoux" Parrain 7h- tVere d'Isaac 

p-«T"N r:"31 '7 Tbpn an:-: '- p""w^ Scliweich. Leib. avec la fille dTsaar, 

.^'-ID b'^-'^l 3^b non mariée, Kleine, 31 mars 1778.) 

(Hayem, fils de Juda Lévi d'Aui-^ny. 8 .,, •,.,____ ^ ^.,„ «V^_ ,^-,„ ^n^ 

août 1777. Coopérateur : Eizik Leib "' : ' ^^^^ ^= =• '^=^^ '- ' ^'^'^ •« = 

^Y,,i[_, in.T; piîDm '23V 12:73 -^n^n 

'- 'n :3""' "':3ib7o ne: axr; 3n 

1;;. 'DTi- 13 bN-c- ir-n \n?7: .V-j --,^^5 ^-v^-, '- '•, j-^-j^ p,, 

bnbx n""'a 'r: a"'' "'rix is:?: y'zi -^.^^ a"7:bT 'nbi 

'np-i:Dn «wTOp O-S r:"3T 'b ïbpn ^Abraham, fils de Uaphaél Lévi de Lou- 



nonnn nnn5 ni- -i:!t; nr;">?i3"' 



vi:.'ny. l'arrain : le grand-père nia- 



VJN a"7:2-l ternèl. Moise de I.ouvigny, 2 avril 

(Israël, (ils de Youzpa Cahen d'Auïny. • 1778. 

Il septembre 1777. Parrain : Feis. 

bedeau.) "• "^^ •~^"" î*»""' "'^~ "'^-'^ •= = 

p"'OJ' •i"''T •S'' ■';3'"3 12372 r;'j?û 

16, s^n^ '2TVi3-;ii3ir-n \-'-r7: .t"L! -^^p5 ^-j-^--, '- '^ ^bpr p- 5"- 

'3 rr-n pnrom -:in i2D7: prr; -,- p-;^- ...,j< .^"t^-^t n2inbT 
•o"-; pr^i??: inic^;?» p ji-- n^n3- 3î<r: 

nnîis"' 'n 5 -rpn ripx 5 3 rr (L,.i,„;, j,„ia. liis de Mcise de Bionviii.-, 



m avril 1778. P.irr.iin : If (urr. 



r;""'3T v^N 

(Baruch. fils de Vonzpa r.abeii d'Aui:ny- -^- "^- Hrçr^wX 1;t; "Pr:: .53 



Parrain : Herz, fils dAlexan.Ire n"n '3 'i S^ ^■'i:np 12373 7wN:n: 
MorhaiiL'i', 2.". septemlire 1777.) 3X73 ID-'S pn;3m 'b nbpp — l-»"»» 



286 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



(Alexandre, fils rie Natiianiel île diur- 
ecUes, :28 avril 1778. Parrain : le 
beau-frère du père. Moise.) 

24. -iT r:ii:733 ^zzrr:^ '- rriT^-p .i"z 
L3"^n":> iTabp Di?2'^!n5p •'in t^tot 
'n 'b nbpn 'n'^-'N n'-^n '5 _ a""^ 
.pN •j"7jbi riDinbn n-.inb inbnji 
'•^^a bN3"^7o '3 "'HN !"!"'" pi;orii 

(Calouymos Caïman, fils du inuliel Isaac 
Schweicli, 'j mai 1778. Parrain : le 
frère d'isaac Schweicli, Michel.) 

^1073 -12 y-i-r; ibPDS nb^; jns 
'!-i 'b nbpn —t'-'N ^''-^ 'n :3""^ "«nNu: 
L:"72b"i -cinbi minb ^r,bT^^^ 
ys 3^b-i3 'dît ht; pn:on .pN 

■^j"'lN72 

(Neplitalie Herz, fils de Moïse Cliari. Coo- 
pérateur : Michel, frère d'isaac 
Schweich, 10 mai 1778. Parrain : 
Youzpa, fils de Leib Gahen d'Au- 

26. ins -13 a-'b 'Tirr' nb-r; -^^^73 .i'd 
■i"a 'a ::"■' "33-15 -iti373 ys 3.':33 
rriinb nnbn:;-' 'm 'b nbpn 'n'^'^s 

.173N :='^3i:3 D-'OJ'TSb"! ï-iDinbT 

';735'^bT -13 ::--i3N n^- pi:cn 

';N373 "'bN73 

(Juda Leib, fils de Nathan Néta Gahen de 
Louvig-ny, 11 mai 1778. Parrain : 
Zéligman Mali de Metz.) 

27. Di?:5ibp p EDn3Nnb"i ■'nb73 .t"3 
nbpn Ti73n '3 p"a •v:jnprî3 -^ibn 
ui":3b"i noinbi minb inbn^» 'n 'b 
br •^273173 r!-::73'3 3"Dr!^r! pnsom 
r;b'73 nr-n:c no-'np r;-i3nr: -^d 
VND bnT3 -T, Nb rNTr; 3"D3 p-i 
^m?3b ^b in"'3i bsn n-i3nr!73 

b:r: nb-r; 

(Abraham, lils de Calonymos Lévi, à 
riiospice, '27 juin 1778. Parrain : 
Moïse Mouine (Mommenhoim ".';, 
pour la confrérie des circoncisions. 
Comme cette cuidï'érie n'av.iit ]kis 
à ce moment de molii'l, (-"est Isiiac 
Schweich qui fut cliari;!' de l'upé- 
ration.) 

28. -|3 r!w73 ^-'«^î*? ''"'^^ "'»l'5'3 -""^ 

is""»}* "i"=:?3 -~n3 nop-'-i ^zizyii 



T?"'r 515-' nr-î Nb- p-:o rî'^no 
î-TTîC r.zjzr, b"'3"w3 '!ni3b yin 
!~i-ii: b3?3 t:-,73w'' 'n b5-i3 nb 
a"-' .V3N Sw-,-.::^ -ix-:: a- t-lprj:^ 
m.x bn:;'^ 'n 'r :3bpn ^3*:: n""" 'n 
L:"73bT no-inbi rmnb riT- nb-r: 

pi* 

(Cosman Moïse, lils de Meudele Piixe 
(Rixheim). La circoncision eut lieu 
dans la chambre du rabbin Zélig- 
nian Witerscheim, qui était parrain 
et ne iiouvait sortir, ayant mal aux 
pieds, 28 janvier 177!t.) 

2!t. bn"^ -13 y::: nbi- Tib73 .•j"3 
C2-'-;-,c yciro 'i :3"i ■^:3ib -10373 
3T3b bN;n3 r,"Z! pi'om 'b abpn 
rn-,inb nT- ib-^r; b->i 'n '\hzt3 
pN ^"m:: c-'C3'73bT nsinbi 

(Néta, fils de Yozel de Louvigny, 3 mars 
1779. Parrain : Nathaniel Lebouv, 

de Metz.) 

30. i;2n'>u '-^■nsr: 173^: "Î1-131 r:"3 .b 
3NT "^broD ■'33 ^^b73^ IT m2:733 
'b nbpn p^o -i"t' '5 a""'3 :^"-'Nb 
a"''C5"733T r;-nP3 inbis-'O irr' 'n 
— '."n^D-, i73wX r-icinbi a-'3i:3 
V^ pD qb^n '-! X'r, rcn piiom 

(Neplitaiie Zeév, fils d'isaac Schweich. 2o 
juin 1779. Parniin : Wolf Caheu.) 

:5i. —13 ■'31: piwN-i Tbin ^-ib73 .N"b 
■^"n '3 -ji"^ "'33ib -irD73 ya "ir" 
ri-iinb [ij-bns" '- '■: :3bpn bibwN 
.-i"n'^Di 173N û"773bT -^-.nbi 

(l'iuben C.evi . fils de Nathan C.ahen de 
Louvii:ny, 30 août 1779.; 

32. 13 3.VT ■'DT173 lb">n ■'nb73 •3"b 
'a :3"'^ ■'D;ND73 ■'■T3Mb n73'^b '-I -1737: 

n-nnb [i]r;bn5"< ' - 73"pn -cbor n"-^ 

— i"n"'3T 173^ 'Syyl^2^ .— rcnnbi 

T'ï<73 '-1 rT'-i3 by373 ait n-'npiror: 

■^o::73 ■'Tr.Nb 

(Mardiiclue, (ils de Li'ima Landi de .Nan- 
cy, 30 novembre 1779. Parrain : le 
iirand-iière.Mayer Landi de .Nancy. 

33. V-rx 'r p "TwXr"": -b^rt-rb"^ .5"b 
n"-n '3 'S"" îNcrNTwS? -i-:373 l-r- 

rn-nnb [i;r5bn3-' 'r, 'b73"pn -T»-^i< 

rrr: pnror: ')73N :3"73bi riDinbn 

!-i">-i3 b?a 

(Mictiel. lils d'Klie Gahen du Sansonnet, 
7 février 1780. Parrain : le père. > 



CIRCONCISIONS 



287 



34. 13 3XT V-"":^ "'-"'" TI-IS -"l"? 

n"i:: n a""' ::":>r:':'T nsinbi n-nnb 
'n7:ntt biNTan -în^nm b ?2"pn n"» 

(Benjamin Zci-v, lils du rahbin Aciier, lils 
du rabbin Lion Acher, 23 février 1780. 
Coopératcnr : Zalnian Halphen.) 

35. bNc-i nn Tb-ir; ^-^5» .r:"b 
a'>::n pD? 72"pn p-»: '3 i:mb"'72 
^"^7251 nsin'ri minb Tnbis"' 

(X., fils de Raphaël de Louvi^^iiy, ■2(i avril 

nso.^ 

36. bNDn: -ia nn ib-in \-ib73 .■i"b 
w"pn -i7:ij3 :i"b ':i u"-» -idin -ie2": 
noinb-i --.ipb inb-is^ ce- p"D? 
bsT^'i; 'n n-'n pT;or; -V^n ::"yrbi 
a-<-iJ:i;rî bc -D07:b'i ^c:::: -jn?: 

23 Mav 1780 

(Davirl. lils de .Nathanicl, d'Auirny. Par- 
rain : Cuinpelniacii, de Nancy.) 

37. -13 -'3:^ buTi'' "ibTî "^rbiz .i"7 
oin 3"r!a3 3:ip cNn v^b^ r;7:bc 
pcb 7:'pn ivD r/'-iy p''^? i""«t ::"■> 
û"^ wj'rbn noinbi n-"inb inb-;-^ 'n 

3 Juin 1780 a"'-ii:-i:bT i?:» a*^!"!:: 

^Yehiel Cevi, lils de Saloinun Zalnian Haas, 
boucher, dans la nouvelle syna- 
gogue, i 

38. r:"3 p "^briDD nb-T! Ty\ïi .n"b 
'5 ::"■« inrr: -îto b-'ii:; b^'^c 
inbii"" 'n '5 7:"pn '"ribx i"3 
■irN '■'3-I:: a"'\ïï3'7:bT 'Dinbn nmnb 

(Nephtalie, lils de Samuel ZauvNeil Calien. 
le scribe. 2ti septembre 17sO. (^oo- 
Iiérateur : Jean Lévi.) 

3'J. ib-^rt nn b^N ^nn-'n Tr^-cr .•j"b 

INob •'^d;::-: i-i-!_"'xn bi- 'jwNd-: 
•;i7:o "j-n- ty -^bTr; n-wX inb 
bN:r: -"3 "~ct b'''3r; cip^:? 

\., à Pont-à-Moussiiu. Coopiiraleur : Na- 
thaniel NVitersheim.) 

40. OT' ::""'Nb '■'-ix ra: "^ra "«nb^: .'r 
'n .psb t^"73pn "'-icn n""» '3 
rîDinbn n-nnb mbis-'T nmwc'' 



— .".T-ri 17:n tr5-'3i:: û"^Ci'7;bi 
s-'b'jars n"D ■'C">:i rrr; p-j:om 

Vcbn 

(Néta .\ryé, fils disaac Schweich, il sep- 
tembre 1780. Parrain : le beau- 
frère de cehii-ci, Gnudchaux Hal- 
phen.) 

41. '3 p rr^-iM nn b*:} n b-r: Tib?: .a"-^ 

'sinbT n-npb Tnb-:;^ 'r, 'b t»<"7jpr) 
pN tzî''3i:: n"^"wy7ûbn 

(S;ilomon Aryé. lils de Moïse Limbourg, 
Il novembre 1780.) 

4-'. bV?Nn"-i3 "-^i^a p"p3 -n-in .3"7a 
biTN -;nn''n \-!"'cri 'b >i"->:-pn 
T'iTw a-'-'n 'n -13 ""-IwN b3-«72 nb"»r; 
irtbn;-' 'm ynzt 5r3 ^mtoo n"3i 
pN "'31D 'j'TabT nsinbi nmn? 

(.Michel Aryé, fils de Hayem Schweich, à 
Trêves, 22 août 1781. Coopérateur : 
Samuel Bini:.) 

43. b-3'v:;3 ■«-)T3y3 ^b 3"'::"'-' p7:b .i"n 
■^n:3 nnn Tcrr-'w m]c?:r! 

'3 ~!3 nbcT bx-ic "bTî nracn 

'cinbi n-onb nnb-s-' 'n 'b 3"72pn 
pN a-'3'iLj a-'-cj^Tcbi 

(Israël Zisle, fils de Jacob de Vanloux, 
11 octobre 1781.) 

44. rrbTia m^Ton br -«b -1137-' 'r, .-^"72 
liyTO'w '-1 p — ,"'N?: nb-r; \-ib73a 
3?:"pn iTwT-:: -j 'rrav ::Ni:c5"'ni 
'i'7:bi n^inbn r;-npb i-b-;j-^ 'n 'b 

';7:^5 r-iTn ib-r; ns 3"'3i:2 

^.Mayer, fils de Sinicpu Wilslat. 8 novembre 
1781. 

4"'. -îb-T! bjTX bmri pn:o \-T>r; .rî"73 

"•orra ::N::«r"'-n 3"'b -;3 'j73-i3"'b 
3"7:pp p^: n"- "C-:in- rcnc p"\a 
(I. t:'T; b-Tî pn inb-î^"' 'n 'b 
pN ::"?7:bT rjDinbn n-npb n-rr 

(Liberinnn, lils de Leib Wilstat, à Nancy, 
l(i mai 1782.1 

4(i. \-i"'r; ,-imwX7:"i :::^'T;iT2 ya .V'73 
-3 ■'bn:772 c=n:72 nb-r; bi^wX bm73 
^3:::: 5^rw::ri cp-^-'bN r:"3 ■'ca 
i-3T-'\3 p"! 'n 'b 3"7;pp :j3u: p'^a 
."I"wN a";-":bi r:Din?i niipb biab 

Meiiahem Meiidel, fils dKlyakim (loud- 
clian\ di' Naney. hi-aii-frere du 
niohid. 21 janvier 1782. i 

17. Nip'i l'pr'': "':n r;iiE7: n-'bo .7"73 



288 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



in""- non 'b^7;:i •'d rri pire rm'^ 
nrpn -iTN i"D p"'03 b-i7;i p-:c 

(X , lils (lu fils du feu Majei Wilslat de 
Metz, à Nancy, 9 mars 1782. 

48. "«Dn-i?: -"31 ';"^"iD ■^rr'w" n"?: 
pirnn b-^N -jin^n- rrcj ^-^rr-i-j 
nn:: 'T\ '"-'H 'toiz "^n^ -in rî<;n; 
rnin? nbT; bn;"! '!"t 'b 57:pn 

"trs :2":r7:bi -Dinbn 

(Natliaiiiel, lils de Barucli d'Aiiiruy. i'J 
décembre 1782. Coopérateur : Mar- 
dochée Tréni.; 

49. -1SD3 bm7:T pn:o "rr^r! .::"7j 
-5^byT pni:-^ nb^n bi:N iNcrNTNb 

S-i3-J 3'w P"- ^01-p 'Z) p 1N72 

n-nnb nTn -;b^- bn;^ 'n 'b ;73pn 
';7:î< '^3":: !z:-'Oy7:bi 'oinbi 

Isaac Zéliirman, fils de Coussel. au Saii- 
sounot. 27 décembre 1782.1 

oO. '-1 -13 3NT biN72U5 'nb"'- "'nb?: .; 
'3 av 1^073 prr: -^b^o ^o-nT: 
bni^ 'n 'b j?:"pn itwNt -iin n'r 
::"73b"i 'Einbi r-i-nnb -td nb^- 

•;7:n 

(Samuel Zeev, fils de Manlodiée Sill^i 
Caheu de Metz, 12 février 17S3. 

'■'A. r^DT' ib^r, b.in "j-ip-^n ^n"":;r .n"; 
h:^":;-nN i7:-i3^b -T^^bN r;"D p 
'rt'b 57:"pp C'N n'-'n 'i_av -^cirTa 
riDinbi n-iiriD -■;- ibT; '^ns"' 
3"E prtwX r"3 -ipT: pwN ::"r7y:n 
n-'H pn:c-"i m: -■j'c:"'7:on72 p 
^z'.iJ2 b'w-nwN ;•::: 'n 

.loseiil) , fils (TEliézer Liberman Orcliel 
de Nancy, 12 mars 178;j. Coopéra - 
teur : Arou de Marmuutiers : par- 
rain : Néta Oicliei de Naury.) 

52. nx bi73b Ti^zT'w m3 -iw"»"^ -3": 
Ci;n;» 3"-' 'r< av 3py"' 3pî<"' -^33 
npy ■^:3 bn^i ri"3n:- 'b a73"pn 
t3"''*5y7:bT ncinbT rrr.nb b:rr 
y-iTi i"D p py7ja ri"3 V-^"* a-'sia 
pn;o ht; pD 

(Yakev Jacol). fils d'isaac Scliweitb, 12 
août 1783. Parrain : Simon, fils île 
Herz Calieii. 



o3. -13 -'■N7: ir-'r; Ty-isi \-ib7: .3": 

2"n '-; 2-1-1 •''^yp -2273 3KT p-irs 

"iùn- i'^ p"! r;"3pr; n"73pn "'nuin 

a"wy72bT riDinbi minb inbij-^'w 

V^N a*3ia 

^Mayer, fils de Benjamin Zeev de Cliéty(?), 
8 octobre 178'i.) 

•'i4. b-py^ 'z -îb'n \-i;-ist \-ib73 ."i"; 
']i7:d nid p p^p-'N '-1 p^ spr-i 
■jrc 'i 'r< aT' "'a:; p"p3 ""TTjb 
b-;5^\ananmbp-« r;"3pr:'b-"72pn 
'r7:bi n^irbT n-nnb -t- nb"<- 
■;7:î< i\"^,i:":; ib ■;"'-.x"'n a'^si:: 

Yékel Jacol), fils d'Eizik de Poug, près 
de Toul. à Nancy, 23 mai 1784.) 

■'■>. p"':3 ib-r: Tiy-icT ^^b73 .n": 
'3 &T> -^raib -,s373 in: "i3 tibNn 
r!ai3 nb pi '- 'b ■j"72pn bibx '■; 
inbn^iT r-ji rîoy73 ba3 nnbiim 
pN ::"r72bn nsinbi minb 

(Benjamin Wolf. fils de Nathan, de Lou- 
vigny, 6 sejitembre 1784.) 

yc •]i",3 -13 -i^NTo -tbin ^s:n 
r:"72pn ';r>:;r-.73 '-; '> ar wN':j:N'n3 
■i7:Nb"i Ti3î«b nnaT"» n'3pr; 'b 
r-T-npb DTr: -ibi- mx nb-;^"'':: 
ib "|"'-iN"'T '">3i:: ai'CJVibT nsinbi 
pN i-; ibs ny ^^^\^vc^ vto"» 

Mayer. fils di' Barucli. officiant a Van- 
toux, 19 octobre 1784. 

.■17. n:2:xn -ISD3 ""Pr-i^i ■'nb72 .t": 
zûNa'cbini 31b 13 nb-^r: 

a'or-^bT 'sinbi nn^nb in^-nr 'rt 
ail ct3ia 

(X., fils de Leib Wilstat. à Vantoux.) 

08. ijDlb -!DD3 Tr-lSI \-lb7D -H": 

13 b"''n;T r::"i=-:- bi^s'-iw ib-r: 

llîT' '- n"73pn pi; l'^i 'n av in: 

b-;5b ï-nari .aibci a^^n n:c ib 

i:"3'73bi nsinbi rrnnb 

^Samuel Zanweil. fils de Natiian, à Louvi- 

irny, 17 mais 178ii.) 

o!'. nx b7:b in^aTC a"'wr; niT^s .^"2 
aaii -i2i; -iTy^bx w'it: ';733"'b ^rs 
■•raT^i 'b -7:pn "iro -"2 p"c:? Y'*»i 
a^'C^i'Tibi ncinbi !-i-i"!nb ibnab 
s-'rcT a"'72"' ir T'-ikN"'i 'i7:i< 3131^ 
nba V-N ""J' Q'3':3i 3"i::3 

(Mbman Hirscli Kliezer Cevi, lils d'Isaar 
Siliweicli, •') juin 178.i. 



CIRCONCISIONS 



289 



n-'^r; -ib-^n 'b r;"73pn Dn;73 n"2 
'cnn s"-32 r^i'r-iD *dt^7û 'i p 
ma-'nNT aV? wi a^-'n ir in-' 'n ^n^ 

•jTrN a"'3'i:: a"'"cr:;"':"i msinbi 

i>ii'liémic, fils de Mardochée Foiild. dans la 
nouvelle synaLTôirup, 29 juillet H^j.; 

npi2:i n-ii: b^T: nTn -,'::^r> -\iz'C^ 

■jTaN :j"3?7:bT noinn --,"inb b-a-'i 

.'b aipn T^bo^ V' '"î ni"" 

David, lils de Cocliel, prés île Lonjfi'- 
ville, au ban Suint-Maitiii, ft no- 
vembre nsri.) 

62. l'cj-^ D"r;22 Tj'^Di Tb:: .3"o 

1ND70 ■'-î^'iJ •Z'py -13 3NT ^bT: 

'jri'' 'n 'b aipn T'boD n"3 '5 arn 

i-iiD-^-iNT aib"::-! a-'T r-iT- nb-^b 

ibiib T^ni^b r-iDPi a"':wT ct:'" 

•ITûN :3"yrbT rtDinbT minb 

(Zeev. fds de Jacob Cliai'i, dans l'aneienni- 
synairJL'ue, 23 novembre nSo.) 

63. pni:"» nb-'r: "^rr-isT Tib?: .^'o 

nb in"' 'n 'b aipn ::3\:: 'r, '- av3 

C"'oytjbT riDinbi nninb ibni"»! 
byan bc 3N rr^r; pnzom w^rji 
'-1 p yrr: 'i Y'd np-r; rT^-12 

(Isaae Zéligniaii, fils de Simim Galieii. 
4 janvier 1786. Parrain : le i,nand- 
l>ére, Herz. filsde R. Sendei' Calien.) 

6i. "pvn "ibTî •^ny-,3T -^nb?: .n"o 
arn "isr?: ::-;p': an:2 '-i p pri:-" 
ib in"» 'r, 'b anpn -"n V^i p"-w 
ibnsb inDT-^T r-inbi:m n=-i3 
172» a"??jbT nsinbi m-,"inb 
'd p s^br- -nrn- n-T: pn:om ■ 
.•5x37: DTobr y-.T! 

(Eizik Isaac. fils de Pinlias l'irart. 4 fé- 
vrier 1186. Parrain : Zelii:. lils d<' 
Herz KIzous (.Alsace:. 

6:;. \-nnN p nb-r: \ny-Di Tibr .n"o 
■'bN» v=i ~:tt" 't "'0"'5 p iTsbp 
'- 'b Bipn p^: n"n [- aip ^s:?: 
^''^^sbi 'cinbn -mpb ib-jb -ir^rr 
^m- b"C 3N n-r; pn:om .pN 

T. MI. N" 10;. 



(Caïman, lils di- Vnupza Caln-n .Mali, tieau- 
livre dlsaac Schweicli. 311 mars 
1186. Parrain : le L'rand-père, Zé- 
lisrnian Caben Mali.^ 

6f.. nb-r; '-tjTwN ']in-'n \-i'«C7 -Yo 
—,223 y"-:; "]•,-! 3 'i n3 
'b aipp -i-i-'N T"D 'm ai"' i:2jNti 
n:"'-isrr nar ■>;:—:: ■'3T173 'm 
ni3"'nsb !-!Tr: ib-^b i-r--' n"3pr! 
!~isinbT n-.nnb bi;-»! a'^rcT ar:"^ 
V:^^ ::""wy73b"i 

>.\., fils de Barucb, officiant à Vantou\ 
2o mai 1776. Cooiiératcur : Mardo- 
cbé.- Tréni. 

«7. ri'JT ■'ib pm"' r;"n "ny-is -Va 
'iiy?:^ -nin?:' 13 110-15 ib-^b ']"in"'n 
'b ap»"i "(T'a '> '5 y"^7:7: ::Nawb"'n 
r;-nnbi;3r!bi5b -i"^3Nbir!rT""''"wr: 
r-nrcT a"'3i:j a'"i'y7:bi rrEinbi 
.•j-:» a"'3'Tj a"'"'n 

(Gerson. lils du rabbin Simun Wilstat de 
Metz, 30 mai 1786. Coopératrur : 
Jean Lévi.) 

68. ^"'^^73 nb"!- T'y-isi ■^nb73 .n"o 
Ti72n 'i '3 ai"' v'-^ V">''~ '■> P 
anbcm a'^'^n- ib p"» 'r;p"Db aipn 
ibnsb T"3Nb !-ia7"'i 31:3 'tt?:! 
'"'31:: a"'0~73bi noinbi n-nnb 
.n-'-)3 by3r; rrr! pn:om .pN 

(Mayer. lils de Herz Blin. 10 jnill.'t 1786. 
Parrain : le [leic.) 

60. n:3 pni:-' rs art-.a^ b":-'i .So 
r-iN Tiy-iDT inb73 a'^T:*' rnro p 
riNT 'n p"'»:; aT'3 a'"'sb -i-'N?3 ';3 
mi:7: m3T3i 'b aipn an:?: -"d 
nsinbi n-nnb "':3 nx biib r;3T:_iT 
a"'"'n n:c ib p"'i a"'3"i:j a"'':;r7:bT 
pN '^''jzy 11331 -i":;iwSi a-'snx 
nr.::'C r,"z rrr, 'p-i'j::r, n""'3i 
.b^in -,i;yo ri"?2 p o-it; 

{.Mayer, lils d'Isaac .^cliueicb . 1'» août 
1786. Parrain rSimlia Hirscli, Mis du 
rabbin Sender Weill.) 

7(1. V-"'^"''- "'-'" "TiriDi -nb:: y 
^a-Tj -jiwr: :ii:^N r."z p cn^n 
'n p"Eb T72pn "iicniT: r,"D 'r, av 
i'^3Nb r;3T"'i ':: "rci '■*?:■" ib I'-îN"" 
ncinbi n-imb ibi;b i7:sbi 
.r3"'3i-j a^'^rTobi 

Liberman Hirsib, lils d'Itzi.' Moutzi.-b dn 
Nancy, 16 n>iM'ndire 1786.'i 

71 . -«Si: r!"<-iN Tb'^n \-i:?-iei "'nb72 .N"r 

111 



290 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



o DT^ 1ND73 "N?n prtN ri"3 p 
•ib ^nN"' 'n 'b T"73pn UT>a 't 
iTcxb-i "i"'3wNb n-î-'i □•^rviîT cii"'?:"' 
172N ^"rwbi nDinbi n-nnb ibi:;b 

(Aryé Gevi, fils il'Ariin I5locli, 23 jjiuvicr 

72. rruîr ^Tb 'i:n".'^ r;"3T -riy-iD .n''^' 
-i-inn n-^b '1 p p-ii'n -ib-'n "^in-'n 
psb T"72pn -nw^ n'"!:: 'a □t' JwSD?: 
r-!-nnb nbi:;b prt axb i-dt^ 'n 

'J7ÛN L:"73bT -Dinbi 

(Bermau. fils de Leib Hoder, 26 février 
1787. Coopératcur : Jean Lévy.) 

73. n3-i\s72 ibT! ^^r-lD"l ^-lb7û .a"y 
11 c "^''n '3 n^'' "':3ib -12073 "îp^ 
r-i"'-i3- 3Nb ^n^v 'r-t 'b_ T''7:pn 

•VûM ::3"73bi nsinbn n-nnb ibiab 

Mayei-, fils de .Natliaii, de Ijouvignv, ijuin 

1787.) 

7i. nbioc nb-Tî [^-l]3•-|D^ ■'nb73 .Y'y 
•jndt: 3n72in-j a^^b -in apy-^ 3"i7:_iNn 
c:"'bn7:m □^•:;Tn n:i73'»::b nbi:i 
•ib"^ "irùi* niNT^b a^DONOtt nbiD 
■'r7:'v:;r: ai"'mmxbi7:-'b ']-^-i:i"^ ar 
n73DT in a-^-iT^iN an?: -73; «b in 
nnToiTO 'om nd"»:; n:-' iNb '-i731N 
imf< ijbi-cm T'-iu v^ ^^■'^3 '1 
■'ES ■'D i:7:y msab -in:?D — iTonNb 
br!i72^b a^;i720 bon nrj-'b -«z:-^ i^nn 
^y "Ty:;^-! lap t<in ^d pn imN 
';■';? nn pr^ "173D ncp \::'^ isis 
'ji7:"cb bi?;'b ;:"'po"iDn in:73 
a^-in r!:i73"j pNina p-"'^ "t "'=' ^' 
713-17:',:; ai-in imN b-i73"ib "ii-ii:! 
V:5 '^n73''b irTorom nT b-incn 
n"-3pn -^-lan Yd '3 aT^3 '-DiT^'cb 
aib",:;"! t^^-'n riTr: T:-'b ■jn-' 'n /b 
-ib-;:;b non nnbîcm rnD-iai 
•;7:n :û"y72bi nsinbi minb 

Jailli), fils de Li'ib Tniinhai;. Comme il 
était né jnmeau et avant terme, on 
liésitait il le circoncire le liuilieme 
jour , mais, sui' l'avis du médecin 
Feibel de Trêves, on fit l'oiiération 
ce jour-là, 8 octolire 1781.) 

7;i. rTC72 ibTi Tj-isi -^nb?: .rî"y 
■'bnDD '3 p n-ib r:::"^ n;i37:r: n-'-ij* 
n-icy p"cy 'i oi "i-ibn y-i^n 



ai"<n "ib in"' 'n 'b n"72pn r-oan 

ibnsbi a-'Du:! a-'Tj'^^mo-'înT aibcT 

1?2N :2":>72bn nainbi n-nnb 

(.Moïse Aryé Leib, (ils dr Nciilitalie Herz 
Hliil, 21 déci-ndjre 1781.; 

76 0-^-iND -\'<'jn ■'nynDT inb73 .n:? 
"i"'ia:j C3"''b">:; pn^N na "j-jn; nb-^- 

ITSN :::"y7obT nsinbi n-nnb -ibnab 
'b n"72pn -|-'"'N n"-i 'z 'n aT^a . 

Nahman, fils dWmn de Surbourg en .Al- 
sace, à Paris, 8 mai 1788.) 

77. D^î^D -i"'y3 imysi ■'nbT: .t"3> 
nsT y"-c ■'21-17: 'i p nc7:c ib^n 
!-i2"inbi nninr ibnsb in:;"" 'ri 
n"7jpn Ti7:n n"^ '-> aT' 'j7:n L:"y»bi 

p"Db 

(Samson , fils de Mardochée, officiant, 
1(:1 juillet 17S8, à Paris.) 

78. ne;* iVd irni"^ n"an -^ni^-iD .n"y 
m7:b\a n;ia7:n i73bT ib-^r, ■;in''n 
,V'7: Iîot: ;-n373-'b pt-^-'n -la •'n:: 
nann^T n-nnb ibisb inDr 'm 

'b n"7:pn 3n '5 't ai"" a"y»bT 

(Zalman Salomon Cevi, fils d'Eizik Lim- 
bourir, à Metz, (i août 1787. Coopé- 
rateur : Jean Lévi.) 

7!». b-^Ti:; -b-in ■'n^'-zi "^nb?: .'Sy 
!-i:i37:n 'i7:bT -a bTNT:"^ n:ir7:n 
ib-!5b inDr 'n i:::Nn7: ^-inc 
£3T« ';7:n a"'m:: a"'ai'7:bi msinb 
■'nim p"Db n"7:pn an:?: 5"2 p"'0 

Pi:t 

(Zanweil Samuel, fils de Zalman Cliari de 
Vantoux. 26 aoiU 1188.) 

80. r-iD -^nb ';;m"' n"3i "«nb» .s 
— 1S37: an-i3N -i3 r-i'Cû nb"«n 

'b n"7:pn bib^x n"3 'i aT^ -i^-'bwSiT 

ibnib nnan n-ii: rr7: -n-i7:":;i 'n 

17:n :3"y7:bT n^inbi rrnnb 

(Moïse, fils d'.Vhraliam de Valiières, 26 
septembre 1188. C.oo[iéi'aleur : Jean 
Lévi.) 

81. c""«2 'n 'N ai"» \n:'-i:i \-ib-: .n"d 
a-i-iNm 'b ::"7:pn nasîn in b;:; 
1n:7:-i:'T ■pr-'H '-i p iny?:^ ib"«n 
nc-inbi n-nnb nbnab inDr 'n 

::":>7ûbT 



1. Dejjuis nT "^2 les mots sont ajoutes au ba> de la pai;i 

2. Lire : ma-»-». 



CIRCONCISIONS 



291 



Simon, lils il'Kizik Dsiriuciiarli, ;ï Paris', 
12 avril ns9.) 

s2. !-i"D ': c:t' t;-ici -rb?: .3"d 
::"3'7:bi nsinbi n-nnb ib-ib 

;Zusnian ElieziT, lils de Feis Aillrr, 21 
avril ITS'J.) 

83. »v'T ':; s^T» \-i:^-i£T inb^j .:i"d 
b■'^^:T nb-r: o-'-iNîa 'b :"pn i-'bos 
nm2^"»TO — !-i3i'o 'n -in bî<i7:':; 
!-imnb ibnsb in^r 'n y-is =iïj 
•jTûN :j"y7abT nsnnbi 

(Zanweil Samuol, liis «le SciuIit Stt'iDwii'- 
ser, 2 déceinl)rc ITS'J.) 

S4. n"3 'k aT^ ■^nr-isi Tlb^J .T'2 
p p rj-DV ib-^n 'b :"pn r-.n:: 
SwNa-yn^ pnbs nraTûn ■'br^n 
riDinbT rrnnb ibisb nnsr 'i-i 
ITûN a"r7:bi 

Josi'pli, fils lie H(Mili' Alcan do Versailles, 
10 janvier 1*90.) 

8:;. ;:33'C 1''"'T 'i DT' Tir-ic-i tô-d •n"D 
'D p pHi:"* picw' -^b-r: 'S :"pn 
'Dinb nbi:ib inr-"' '- 0''"ind3 siot' 
o"r7ûbi 

Itzik Isa.ii-, liis de .)ose|pli, 22 janvier 
1190.1 

8G. na:: 'i 'n ai"' "<ny-in Tibo .■i"d 
'3i37:r: bcxp ib-«r; o-'-iNDn '? ;"P'"' 
-5-i3""iwS7a "j-rr; ï^ot» 'n p ri'wT: 
nb-i3b insT"' 'n noby?: t^iN- 
:û"r7:3T 'oinbi r;-,inb 

(Coscliel Moïse, fils de Joseph Caiien, 
d'Oherndorf, eu .\lsaoe, 21 décem- 
bre ns9.) 

b"iî<73":: 'D p -iTybx 'jTia-'b nb-r: 

-Dinbn n-nnb V^u"^ 'n -|N3d-^1wN 

::"i'72bT 

[Liliman Kliezei', (ils de Samuel Ollvaeli. 
même jour. 

88. 't ai-» 3!->-isD3 \-ir-iDn '»-ib-: .n"2 
£a~-3î< nbTj 'b :pn ::3'j n"-iy 
'n b-NH'^ r-t:ir73r: b-'ii:- 'r —"3 
:3"?73bi 'cinbT r;ninb ibijb inrp 

■ 17:^ 

(Aliraham. lils de Zanucii V.'liiei, l'i jan- 
vier niio.^ 



nn ';7a Tb^n on^Nirn inrpn ivo 
ibirnra ):: nbiyx r!::u;3 nbiya 
3Nr: 17: a\::n nb ^^brc-^ oiib^To 
Â^yc-i2V'^ ap-'bwx ^b m7:.NT Tr-r: 
Ti-a -^sbi *nT"bwX nb-'r: saicm 
3Nrî >^ir; Nb -,y nntj Tiy-û":;":: 
■'rbiDT: ■:?; p-, Y?-»?: 

Eléazar, lils d'Elyakim Goudilianx , an 
dire de la mère, CiM-le, de Sciier- 
willer, eu .Msace, on. d'après un 
autre, d'un jeune linnime de Bmi- 
lay, .5 juin 1790.^ 

90. n"-i3 'tvi av o-^-iNDn ^-lb73 -i: 
tn-^'cnn yn-i.NTo ib-» 'b p3"pn n73n 
ITj'ia p T\-! NiiwNia mriT:?: ni'o 
";:Nb-iab-i-i:im:">-î7:7j p 
îTTinb nm ib"«r; bnib inaT-i 'n 

a"y7:bT 'î^nbi 

(David, lils de lienjaniin di- X. en Geil- 
cherland (\Valliinie?;,àiré de 4mois, 
Tenu de la Savoie (?), 13 juin 1790.1 

91. TiTon "7 'T ar 0"'iwN2n -^nb» .n":: 
'D p y-iT! •'bns; «-b-. 'S :"pn 
-Tob '-^y20 IT^in'CJ-i^ibT: bNi7:w" 

'3 nb -.b'.z nb-'i pr-,:2ib3 prb 

nbisb "ir^-i^r 'n ,p"i:b ;"pn ';r:;n 

V^N 'Syjz'^i 'Einbn n-nnb 

(Neplifalie lierz, lils de Samuel de Ln- 
liershausen, près de Puîlelanire en 
Loriaine, né le 22 octobre 1789. 
circnncis le 16 juin 179(1. i 

92. n""'n '£»< aT* cnNDS "TibTa .3"^: 
-iTr-ibN ';703-'b nb-r: 'b ii:pn n::p 
HT- nb-r: b^5b i-ar '- -bo^^T p 
.ï="'3'::: a'^'C^TûbT nsinbi --nnb 

[Libman Kliézer. lils de Zisle. 20jnin I79a. 

93. -i-'N?: ib"» bwS0-i:m3 Tib?: .;":; 
';i:"pn 3n '3 '; ai-- bD-,-i3 n- 'a p 
ncinbi minb ib";;b inaT-» '.— i 'b_ 

.■17aj<a"':;r7:bT 

,Ma\ei-. fds de David Drussel. à Versailles. 
13 juillet 1790.) 

9i. 3N 'n '1 ai"' a-'-Nss •^nb72 .n".i 
:2rî-i3N "13 — ^s-: nb-' 'b •;i:"pn 
-îmbTrb-Jib inaT"' '- 

.•;7:n a"cr7;bT 'onnbi n-nrb 

(.Mayer, lils d'Ahraliain. It; juillet 1790. 

9-i. an;73 s"-» 't bt» 0"'"ind3 "'nb7: .r.":^ 



A parti]' cl'iei. les eirconeisions ont lieu à Paris, sauf l'xceptidus. 
il faut lire sans douti' 5"^. 1'' 1 î Kisiew .j.'i'IO élaid un meiiredi. 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



'i7:N a"aywb-i 'cinbi r-i-nnb 

(Hayeni. fils liu Joseph Biiig. 23 juillet 
1790.1 

90. tDn372i"D'iD-p D-^nNsn^nb» o"]£ 
iD"^b;iilnD -laamnNnb-' 'b 113"^:! 

•jHN ^''^îs^TûbT 'Dinbn 

(.Vbraliam, fils île Nathan ilc Metz, (> août 
1790.) 

97. blbx '"5 '3 ÛTi o-'-iNDn \nb73 .T'i: 
"'31-172 '-1 -13 -i^y-^bn nb-r: 1ij"pn 
r-imnb ibn^b nnor 'n ,pNbN3 
:2"\:jy72bi 'nbn 

(Eliézer fils de Mardochée Polak, 30 août 
1790.) 

9s. ';iy7:">:;nb-'b'^wNO-iim3inb7j .n":^ 
■'-inîn ■i""'i ':> t=T' pni:"' pi:"'X -i3 
n-nnb ibn^b nnzT^ 'n 'b K"jpn 
:3"3>»bi 'oinbi 

(Simon, fils d'Itzik Isaac, à Versailles, 14 
septembre 1790.) 

99. '3 'r< m-i 01-INS3 %nb72 .::"i: 
ib-' 'b t«-j"2pn mDio '^^ 72"nm 

ï-lD1D72n p-^IS -13 D173'^jlbp V^bp 

nbnab inDT"" '!-i pN3r>D sibNii 
• V^N a":?»?! 'Dinbn minb 

(Caïman Calonymos, fils de Benjamin 
Wolf Srhubak, 26 septembre 1790.) 

100. i"-'T '^«^ ûT' D"^nND3 "inb?: .p 
njiD73n ■'3i: -ib-^n 'b >^";pn rboD 
'n dttjïïîûnt: 'inn-' "^3 on--- 
::"72bn 'nbn n-nnb ibn^b inrT^ 

(Gevi Hiiseh. fils de Juda d'.Vmsferdani. 
\'t novendtre 1790.) 

101. T""' "! ai^ 0''"IXD3 ^-lb73 -^''p 

np:'"' DpN-^ ib-r: 'b >4"jpn T'boD 

ibisb nnsr 'n ,pDr; t'N?: ^3 

pN a":3'?2bi '2inbT minb 

(Yakev Jacob, fils de Mayer (lalien, 2i no- 
vembre 1790.) 

102. '^ p"U3 ai-' D"'-|ND3 \-ib73 .3"p 

•^^'^ n3 hît^ nb-»- 'b r^"jpr. T'boo 

ibiab in^r 'n ,r:DbN372 i^sn 

a"05>72bn 'Dinbi minb 

Jonas. fils de David Cahcn île I!ipiila_\. 

■27 iiovrinl.rr HilO.") 



103. n"-l '3 '- ÛT^ 3"'-lND3 ■'nb73 .a"p 
'2iD73n r^bNTi nbTî 'b r*>i";pn n3ii 
11720 nj;-'372 pni:-' pi:\s -131721:3 
'nbi n-nnb ibiab insr 'n 7172 

:^"y72bi 

(Wolf l'.enjamin, fils d"Itzik Isaac, de 
Bionville, près de Metz, 8 décembre 

1790.) 

104. n3 pniTi nb-* o^-inds ■'nb72 -T'p 
n3u n"in -n av 5-'-n372r!72 n',:;72 
rrnnb ibijb ir;Df> '- 'b c^"3pr 

(Isaai-, fils de .Moïse de Hambourif, l'j dé- 
cembre 1790.) 

105. i'U3 1-132 Di-INDS inb72 .rî"p 

1-172 -13 3NT in: !-i3";D72n r^bN-n 
m2"j i"n p"o uni 31b n"3 i3mn 
nbnsb ni3Nb ir:3Ti 'n 'b >«<"Dpn 
V2N "u"723' L:"y72bT noinbi minb 

Néta Wolf Nathan Zeev, fils de Leib, 
gendre d'Isaac Sdnveicii, 25 dé- 
cembre 1790.) 

100. -j-'iT '-1 av 0inNE3 inb73 .i"p 
-13 3i<T ibnD2 -îbi.- 'b f<":pn a3C 
mmb ibnsb m^r 'n .yo rr^z-,-^ 
.:2"y72bi 'Dinbi 

(Ncphtalie Zeev, fils de Jérémie Calieii, 
12 janvier 1791.) 

107. ::3'r T"u'TaT'Di-iî<E3ipb72 .-"p 
iTwsb -13 ^iin nbi- 'b î>i";pn 
■^ri::^^ 'n nTribx r:2"i372n -ii-i:272 
:2"i"72bT 'Einbn rrnnb ibiab 

Hayem, fils de Laze Eliézer, de Trêves, 
21 janvier 1791.) 

los. pT V'iTani i?î<o-iim3 inb?2 ■n"p 
'172:iib:?T nbin 'b N";pn pONi mx 
inor 'r, mirr n3 n72b"vr r:2iD72r! 
• VON ::"•:; :j'72bT 'snnbT --nnb "ib-isb 

Zi'lifrman Salomon, fils de Jiida. à Ver- 
sailles. 11 février 1791. 

109. -nx :."3 '5 ani 31-1x23 inb72 -'S-p 
nji372n 31b '3 -13 aiin ibin 'v:: 
*::i720ii3 3in-i 3"rî33C720 'in~"' 
^D^nr^ n-nnb nb-isb 1-371 'm 

.l:::N;a"?72bi 

(liayem, fils île Leib ■ Juda, bedeau à la 
synauoirue de la rue Brise-Miche, 
29 mars 1791.) 

110. 'i 'p"'cy "\ ail 01-1ND3 i»-ib73 .i"p 
-13 ^T3"»bN nbin p"Db N":pn pi: 



(Eliézer, (ils irAhraliam, 8 avril 1791.': 

111. p"Oy T'"l DT^ 0"""1ND2TI?73 .«"■<p 

(Yakev, lils do Wolf d'Ausen, dans la ré- 
gion de Trêves, même jour.) 

112. -13 £:.TI3N 0"'-|J<D3 TI^T^ .^''-'P 

■^"1370 Nbi 'bt^":pn •T'\^ n"-i n'w73 
rtbiya p .DNrr Nbi 3î<r: xb 

Aliraliain, lils de Moïse, "i mai 1791.) 

■113. ',— r '3 ai"" ciNcn ■'pb73 .^''-^p 
■^-it: vnc: "rb^n 'b ><""pn t^'^m 

lb"75b inST-^ '.— î /D-'DSp — ,"'N73 13 

IWN û"3'72bn 'DinbT rî-nnb 

(Ncplitalie Herz, lils de Mayer Cassel, 
9 mai 1791.) 

11 V. "^r:: 'n ai"' o-'-iNoa ^d^tz .Y'^p 
nb-T! ''-5 t^"jpn r-ny"i3"^ S^ bo 
nnoT"! 'ï-t qbwsn ';?2''D3 -i3 — '.^nt: 
a"ï:r[73b]T 'Dinbi nmnb ibisb 

(Mayer, fils de Rcujamiii Wolf, 9 juin 
1791. ■> 

115. -13 ^xiTO'O "ib-r: Tib?: .V'iiip 
n"D '3 ci-i D"'-iND3 •'ib- ''-5N;n: 
'-5-i5b i-sn 'n 'b ï-«î"jpn p-'O 
^''^'T^bi 'D^nbi rî-iipb -ttî nb-r: 

(Samuel, lils de .Natlianiid Lévi, '27 juin 
1791.) 

116. V'31 'i QT' o"'-iNi:3 Tib?: .T"::p 
—13 ■^Zi-nJZ "rb^- ''-^ r>i":pn p-'O 
'n ,-«ibr; ■'bT:??: noisT:- an;?: . 
minb n-r; nb"»- ^nnb iriap 

•jrx ::"2'?:bT 'si-bi 

;Mardoi-li.M-.lils di' Mcnalicm Meiidd Lévi. 
■2X. juin 1791.) 

117. ''-rN2-i ~b">rî a"'-iND3 '.-ib?: .'"y 
•jT«o -"d '-! sv ;::"ib":: HDwX:r: -i3 
nir; ib"- bn;b th^t"' 'r, 'b N";pp 

:2"r-jbT 'Dinbi n-n nb 

(Kai»liaél. (ils de Nathaniel, 29 juin 17'.ll.) 

118. a'"'n -13 3p7"'nb'«n \-ib73 .n""'p 
'b N"3pp nv:n r,"z 't an"' 0"'-in23 

1. Lire : n"3. 

2. Lire J"'». 



CIRCONCISIONS 

'DinbT 



29H 



-.inD 15157 inar 'n 

Jacob, lils de Hayem, 27 juillet 1791.) 

ii9._ -.Tj-^bx -ib-Ti a-'-iND3 \-ib7: .^''-ip 
-a-^bair -^b^i; rr.i-z-^r, bwN-ic-' -i3 

T1»P I T"3 p"C :ZV "j"-'b\:3 "jNTO 

rjT- nb-^n b-i;"? ",r:DP 'r: ii"':-p7\ 

pN L2"wy72bi 'Dinbi n-npb 

Hliézer, (ils d'israél Zisie Ein:lis(dinian, 
30 juillet 1791.' 

120. 3"i T'"'i aT' o-'-n:3 \nb7: .a"p 
p3 b.sT' ibT, 'b p<":pp an:t3 
bi:ib ir;a7"< 'n aTiT>:;-:ï«72 bx^bT^s 
:3"::*7:bT nirinbT mipb n-n nb-r: 

(.loel. (ils lie Gainliel d'Amsterdam, 12 
aoiïl 1791.) 

121. p"0 -j-^T aT^ D-'-IlSD3 'Pbr .N"3p 

irnbwX ib-r; 'b t»<":pp an:7: y-» 

n;ia7:r; bwX^n^ -,3 ;•:!- nnarn 

n-npb ib-î:b inm 'n ,-i5;iwX ba-'?: 

pwS :j"w"'^bi '2inbT 

(.Vlean Hone. lils de Veliiel Mieiiel liii-er. 
13 août 1791. 

122. 5"d 'j ai"' o—iXDa ""pb?; .3"ap 
-13 ii;'730 -ib^r, 'S N";pp r:n:73 
Tbn nb-^.-: ,"':in m;iD7:r: -jinbwN 
.■j:wSj3 m3y vbaa -^1^3 nbi: 
''-5"i73"'C biriTJ i?2ip7û3 ht: r>ibi 
n-npb ibn^b inap 'n ,i;7aTb tpIwX 

ITON :a"'>a73bT oinbi 

(Simou, lils d'Aleau Hone, 23 auùt 1791. 
Né à Nantes, au mois de novembre 
pn-eédent.) 

123. - n""« '.—I aT^ •^py-iDT ■'pb7: .V'ap 
ib"'r:b\N:an?Ti3 'b 3":pp iicniT: 
an-i3i< -13 biM-2":: rt^ia):- biii;T 
r-i-npb ibisb ina'-' r-i :2"-'b\a . 

"172N a"^7:bT cinbT 

(Zanweil Samuel, lils d'Abraliam, a Ver- 
sailles, 10 novembre 1791.; 

12 4. '5 aT* b-'SD-tyiTa \-lb7J .Y'Dp 

^^"«■^n nbTi 'b 3";pp iT^îm:: ■'"n 

■'ibn •'bnryT: rT;ia73r; an;73 — 13 

n-.ipb nir ib-r; ^-f^b -inar 'n 

pN ::"3'7jbi'EinbT 



294 



REVL'li DES ÉTUDES JUIVES 



(Hayem, fils ilc .MtMialicm Memlel, ;i Vit- 
sailles, 15 novembre 17111.) 

1:^5. -- INDD iNm ÏDnp»3 TlbTû ""Dp 

■'^■z -13 — i-^N73 3":pn iiu:nn7û "i"3 

in^r 'n oit?;' on^- ïnins:;- 

t:":j'7:bi 'nbi nmnb -ibn:;':» 

(Mayer, fils ilc Cevi Hii-scli Elzous, àlloiii'ii, 
en Normandie, à 3U lieues de Paris, 
23 novembre 1791.) 

126. vbDD'l'iai"'0''"lND3'^n''?t].l"Dp 

promn in -la m^ba 3":pn 

'DinbT n-nnb nbiab ■insT-' '.— : 

:3"y72bi 

(Elle, lils de David Borsfliinçen. .':iO no- 
vembre 17'J1.) 

127. DHDTO nb-^n Dnî<D3 Tb» .T"3p 

T>boD 'n 'n av t-i;:bc -.= 3t?T 

nmnb ibnsb ir;DT-' 'n /b n":pn 

pN a"3?73bi 'nbn 

(Menahem Zeev, fils de Salonion, !""■ dé- 
cembre 1791.) 

128. v"^ iv'-i a-|"i o-^-iNDn \nbtt .n 'iDp 
biwswii: rtji=)7jn b-^nsT a"Dpr T'boD 

'Dinbi rrnnb ib-i;b insp 'rn 
:3"5'»bn 

(Zanweil Samuel, fils de Guinpel Eiihraïm 
Halpben, 2 décembre 1791.) 

129. n"-« p"0 ÛT^ D^"1ND3 ■^nbw .^"Dp 

-13 ^<^^^"' nb-r; 'S 3":pn T^boD 

nnDr 'n ,NinDb-iNp72 b^crx tcin 

a"i'73bT 'sinbT minb ibiab 

(Juda, fils d'Aucher Anchel de Carlsrulie, 
10 décembre \'9l.] 

130. n"nN '3 m^ 0"'-iND3 TbT: .b"p 
r:D"iD72n ■oit; nb-^n 'b 3":pn nnij 

']N3-«nT'1N73 pO- '-TwX): -13 ^3-]i 

î-iDinbi --i:nb ^b-i'j^b i-^r '.— t 
I^N a"r7ûbn 

(Hirscb Cevi, fils de Mayer Calien, dOfi- 
bacli, 26 décend)re 1791.) 

131. 5"-' 'N ai"» 0"'-iwSD3 Tib?: .wN"bp 
3p;'"' -13 ri'Ci2 nb-r: 'b 3"Dpn ma 
!-i-nnb ibn;b in^r 'r-i :û"^b"c 

172N c3"u:7obi 'nbi 

Moïse, fils de Jacob. S janvier I7!)2.l 



13-2. n"D '!-î cv c-^-ii<D3 -^nrT: .3"bp 
>^TirT' 3T7 nb-r: ''-r 3";pp rs:: 
nriDP 'r;n"C73 ~i3 31b -',:;'3 r;;nr7:r; 
pN :3"y7abT 'onnbi n-nnb nbnsb 

(Dov Juda Ber Leib, fils de Moïse. 19 jan- 
vier 1792. 

133. :3"3 'a an-' a-'iî^ra ■^pb7: .a"bp 
In3 -13 n\:;72 nb-r: '^ 3":pn n3:: 
i-i-nnb riT- -tbTt bnab risr 'n 
'N ^"oyTobT 'Dinbi 

(Moïse, fils diî Natlian. 2i janvier 1792.) 

i3i. 'n 'iN nz-T" D-'-iN23 Tir-n .n"bp 
Ti-i -^3 r|oi"' nb"»n 3":pn :;3'o 
ï-ninb nbtab i-dp 'n '::V:..^:; 
V^N :û"oy7:bT 'cnnbT 

(Josepli. fils de David. 29 janvier 1792.) 

13:3. 3i:a r"T ar o-'-ind3 ■'nb73 .!i"bp 
n3iD73rî 3"'b ib-T, '■:• 3"jpn ::23i2: 
"iTy-'bi* r;jiD7:- I7û3"'b -13 Nnin"' 
"[-•DV 'n DiTby n3"<n733 pron^x-T^ 
'nbi rn-nnb -th nb-^n Snsb 

^"■CT^bT 

(Leib Juda, fils de Libmau Eliezer de 
Harsiniien en Alsace, 10 tV'vrier 
1792.) 

136. n"D 'N ai"» D''-iN03 -^nb» .Y'bp 
n:'iD73" bpyi nb-in 'b 3";pn a3\a 
'n ■'V505n373 bao ri^f2 -i3 3pj"> 
::"wb"i 'cinbi minb Tbn:.b nrisr 

(Vékel Jacob, fils de Moïse L('vi de Bres- 
lau, l'.l lévrier 1792.) 

137. ''n '3 aTi a"'-iwND3 "«nbn .T"rp 
';iy73'va 13 n-'buS ib-r. 'b 3";pn -nx 
--nnb ibnsb nnar 'n ,B^'^r:b:;3^.N?: 

.'N a"cy»bT 'cinbi 

^Elic, fils de Simon d'Elnïellieim, 27 fé- 
vrier 1792.1 

138. ^'j-'T 'T aTi onxD3 -«pb?: .n"bp 
r;:i372n oi-'d ib^rr 'b 3";pn -nx - 
iriDr 'n v^"'^''"^ -iT:>^bN -13 i-ns 

Synh-i 'cnnbi mnnb ibnab 

(Keis Oui-y, fils d'Eliézer LilKMman, 29 fé- 
vrier 1792.) 



nsiDWr; o-i-^n nb-r; 'b 3"Dpn mx 



1. 11 faut liie sans donli! T. 

2. I.irr : 1. 



CIRCONCISIONS 



29» 



(Hiisch Cevi, fils de Yakev de Bisclien- 
lieim près Strasbourg, 19 mars 
1792.) 

ncN -13 ne?: nb"- 'b 2":pp -.in 

;Moise. fils d'Asiiier Calu'ii, -20 mars 1792.) 

141. 'i DT' b\so-ir"n3 ^nb7: .N"?:p 
"12 n^y::'' -b-r: 3":-p — inx t"3 
'sinbi nmnb ibi:ib itist-' '- qov 

•jt:}* ::"\:3y?:bi 

(Isaïe, (lis d(^ Joseidi. à ViTsaiilcs. 21 mars 
1792.) 

142. Na-'py 13 T'NW nb"'- \-ib?2 .3"7:p 

ï-iTH nb"»- bnsb inan 'n 3":pp 
:2"'o;'72b"i 'Dinbi --.inb 

;Mayer. fils d'Akil)a Calini, 27 avril 1792.) 
1 43 . 3"-' ■1""T m"» 3—IN23 Tlb?: .5"70p 

•j-inN'r -13 Dib'j nb-r; 3":pn ■^^"'w\ 
nb"«n bnab inDP 'n ■»j3ib73 '^-'buj 
_ :2"03>:3bT 'DinbT nninb r,-;r, 
(Sclialouni, lils d'Arnii de Louviiriiy, 4 mai 
1792.) 

I4i. 'rî '3 DT' 0"'-iî<r3 'nb?: .n'7jp 
'n n3 ann: ib-rj ''S 3";pn Tim 
'- u-'-'b-c :-'b"C'::ya -;i3-:r; ap-»bN 
a"y7:bi 'Dnnb-i n-npb nb-t:;:: ir>-DV 

]'Dii 
(Naliotim. fils d'Klyakim riomli-liaiiv, 2."; 
juin 1792.; 

14;;. n"-i 'i dt» c"'-!MD3 Tb?: .-"7:p 
n^-iH -3i37:r; 3^b nb-i- 3":p- 3N 
iroT"" '" ::""'b w pNbi^D ::rn3N -^3 
::"i'rbT '2",nbi n-nnb ibir-b 

(Leib Aryé. fils d'Abraham l»olak. 20 Juil- 
]pt 1792.) 

146. r;"=) '3 2-1^ D-'nND3 Tib» .i"»p 
nn:73 ">bn:y?: nb^n 'b 3":pn :n:*: 
ibisb insT-' 'n 'nj-^b',:; siot» '2 -,3 

::"7ûbn riDinbi mirb 

(Mendel Meiiabem, (ils di- .losipli. K'.aoùl 
1792.) 

147. 'a '1 DT' D"'"1NLD \-ib7û .T"):p 

ps'^N pn^-' -ib^n 'b :^"j';?v "TCp 



THDr '!-t ':;:"'bo SNr:o '3—13 
:3"yttbT n-nnb nin nb-^n bnsb 

ilsaac Itzik, fils de Samuel. 19 seittembre 
1792.) 

14S. 'ts! ûT» C"'-lN-3 "'Pb?: .r,"73p 

lr^-i5 -ib-'H 'b5";pp n3-ir!3y'Cin 

nb-isb nnr--^ 'n '::-«ba h:N2-, -i3 

::"y7:bi 'Dinbi nnipb 

(Gerson, fils de Raidiael. 7 ocbibre 1792.) 
149. '3 £3T^ 0'<-1NE;3] "^pbTD .a"7:p 

bNiT^'C -ib-^n 'b 5":pp p-i:r •^rir*,:; 
nrîDp 'n ,bw"Np nm^-':- r:-.r7: -,3 
.a"r73bT 'Dinbi rt-ipb ibnib 

(Samuel, fils de Moïse Cuscliel, 8 ortolire 
1792.^ 

i.'in. -i":: '3 ct' bN0ijm3 \-ib7: .:"p 

— 30 s'"-e 1792— 'S 5":pp ir.rn-Tû 
3'^b r!;i37ûr; 'nin*" -13 bND-. nb-r: 
'cinbi n-npb -ibnrib i-rr-' 'n 

:2"wy:bT 

(Rapliael, fils de Juda Leib, à Versailles.) 

151. n"-i n'^T QT^ 0^323 ''pbTû .x":p 

— 16 91^» 1792 — 'S y'z-pry vb.D3 
r-f-N r;;"i37:n 3"'b sn-i3î< nb^n 
"iriDT^ '- innijcim pT^-wX '3 p 

û-<3i:: ''Cr72bn nmpb nbnab 

lAbratiam Leib Arvt', fils d'Rizik Wcs- 
tliauseii.) 

i."i2. '3 p"u; m^ D'^-XD3 "'pb73 .3";p 

— 17 9>'re n<»2 — ''-5 >":-r\ T'bos 
'n "^"ibr: ~3bN3 m- 13 ^"«"'n -ibT; 

.■j";'7Dbi n-npb nb-iab t;37"' 

(Hayem, lils d.' David lioulay Lévi.) 

15.S. a"-» '-I S"!"" 0"^-lND3 ■'pbTD S'Zp 
28 9bre l-;;)2. 'S :j":pp T'boD 

'-).-i3 -51-13 r;:nr7:r: ::->-i:i'3 nb-r: 
ï-T'-iN -,3'>rc"' r;:i37:r! 3">b ■^3*3 
n-npb "ibn.ib ir;:--' 'n ::"-'b\:3 ' 
■IJZH :j"-w";*:jbi 'sinbi 

(Bendit Baruch. fils di' l'.i'r Li'ib Isaaehar 
Aryé.) 

1-ii. ych' ib-r; c-'-,wXD3 ■'pbT: .T':p 
''b:3D3'"j an;?: -13 rr.-'bc r!:n3-:r: 
'b 3"3pp n3a n"~n p"*w 3V ^''-ib-c 
'Dinbi n-,"ipb ibi-^b irirr 'n 
.::";*?:bT 

Zalmaii SaltuiKin, fils de Meiialnni Meii- 
(fei, l.i décembre 1792.) 

io5. p"c 21"' b''ï<oi3'in3 TibtD .rî":p 



296 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



•{yrln 22 xb« 1792 .:i";pn nnu V'-'t 
■'53:'^ r;;i2«-i pnbN —in 'î7:-'33 

(Benjamin, fils d'Alcan Henl(', à Ver- 
sailli>s.) 

i:j6. «'■' 'i ûv c-iNcn-^nb): -Vip 
nbin 26 xbre 1792 '5 :i"3-n ma:: 
iibr: pr'N pn::-» nn — i\n73 
'sinbi rr-nnb ibn:':? nnsT"' 'r: 

•Vîï* ::3"'oy7:bi 

(Mayfr, fils d'Isaac Eizik Lévi.) 

i-j7. n"3 '1 ai"' c-iNsa Tib» .T"*p 
n3i3W- ï-inDT nb-^n y';pn nnu 
rjibc D"'''E ■'■ns ""13 ■^bi:y73 

'^ _ 9 janvier 179.'] — ■«lbnN7273 

^''^'Tobi 'Dinbi n-nnb ibnab nsT^ 

Zacliarie Menild, fils d'Oury Fois, de 
Mari au ?) 

i.j8. t:3'j:'n'-avDnND3\nb?o .n"3p 

ib^^i — 1" janvier 1793 — '^ 5"jpn 

|rb] o-jys r,j'OJ2n Dp"'bNn3 a-'-ri 

ibijb inDr "n a'-'bo -ibinio-'p 

.•j?:» ::""ûy73bT 'sinbi !-ninb 

(Hayem, fils d'Elyakim Goud,chau\ Blswll- 
1er.) 

159. p"o V'^'f Q1'' 0"'-iNS3-^nbt: -'Sz-p 

19 janvier 1793— 'b 5"jpn Cja'O l""»"! 

ibi3b -inDT^ 'n n-i20 pxivb?: 
173N ::"'oy73bi 'oinbi n-nnb 

(Samuel, fils de Josi'pli Visivini, df Li- 
vourne.) 

160. >*"-i 'n av 0"'-ii<23 -^nbTD .D"p 

— 2i janvier 1793 — 'b ^''ipP 133^: 

-nDO tT'bx ar:-i3î< -i3 r;73bo nb-r: 
-irtDT-' 'n ■!bTî73 r-nnDS pNi 
'K 'SyD^'i 'nb V5i:ib 
(Sali)iniin, lils d'Abraham Alit' cl d'nnc 
mcic étrangère.) 

ICI. N"- 'n av 0"«-|ND3 TlbTO .N"op 

— 21 janvier 1793 — ''^ 5":pn USC 

—13 b-ii<730 c=;"^\::nn :)"d p: nb^n 

ib^- b*j aîtT n-iDD ^■«-nt<-i pni:-' 

.nv-is: 

(Samuel, fils d'Isaac Bodriiiues el d'inn' 
mère étraniiére.; 

162. BV 0nN03 \-lb73 .3"op 

^3i: -13 ap-'bN ib-r; 5";pn "-n{< 



(RIvîikim, fils de Hevi Hirscli. IV-vrier 

1793.: 

163. i-iT ï=i"i"' ■:ND-i5n3 'nb7: .;"op 
2 mars 1793— 'b 5"3pn mx "^"n p"':: 
iriDr 'ï-i a-'-'n 13 'tdin":; -ib-^T, 
:3":'?3bi 'Dinb-i mmnb ib-isb 

V3N 
(Saiil, fils de Hayem, à Versailles.) 

I61. US"-' \S aV D"'"lwND3 inb73 . i"cp 

nb-r; — 3 mars 1793 — 5"3pn mx 

an3^ r;3ia»n £=;n3 -13 —iis» 

'sinbi nmnb ibnab inar 'n 

:3":?»bi 

(.Mayer, fils de Nalioum Menahem.) 

16:;. N"D 'a ai"^ 0"'-iwND3 \-ib73 .r:"op 

nb-in — mars 1793 — j"3pn —nN 

3"'b —13 r;73buj ï-i3ia7;r: pbT 
'n '^N3"'73iyT £-<nin"' r;:-ia?3n 
a"3'73bT 'Dinbi nmnb ib-isb inar 

Zalnian Salomon, fils de Leib ,Iuda Dur- 
menacli.) 

166. a"3 'rî ar 0"'-|ND3 TlbTJ .'"op 
nbin — 7 mars 1793 — ;"Dpn — nx 

'.— I ,y"'»73 ins 'D — 13 pni:"' pi:-"» 
^izn :3";»7:bT nmnb nb-sb i-zt"» 

(Itzik Isaae, lils de Nathan de .Melz.) 

167. y'3i 'n ai"" o"'nî<D3 inbîû .T"Dp 
-b-r; — 7 mais 1793 — '? :i":pn -nx 
nnDP '- inD- rr^nro -i3 -nw^ 

'N :3"y73bT !-i-nnb ib-rab 

(Simlia, fils de Petaliia Calien. 

16S. n"D \s aT» D'>-iSD3 ■^nbw .n"op 

■yyo — 10 mars 1793 — 'b 5"3pn mN 

t=Dn-i3N -n33r; a"'73iwNn a^Tib-« 
'.— I -|ii3''iwS-i cibo p nnn ""som 
•0"y7:bT 'sinbi minb ibnab "inar 

(Abraham el l)a\id. fils jmneauv de Gha- 
lom Uddibaur.) 

169. -!"3 p"':; D"'-.N33 TbTo .::"op 
nb-'n — 6a\rii 1793 — 'b i";pp p'^s 
'n p3"'b?o"'wS?: rr:;?: 'n -13 rnsr 
.a"y?3bi 'Dinbi minb ibiab iriar 

(Jouas, lils (le Mdise d'Iudin|.^) 

170. Y'2 '3 ai" a-'-iNss "rbTa -^''p 
*ib"in— ^< avril 1793— 'b ;":pn p-^î 
^ENp n3 — l'^M n:"iD72r; t-^c:î< 



CIRCONCISIONS 



297 



(Anchel Acher. fils tlo Koppl Jacoh. 

ni. n"3 't Dv D">-lî<03^"lb■73 .ii"yp 

— 10 iivril 1793 — 'b 5''3pn p"»; 
pn::-» r::iD7:r: ppiN -,3 np?: nb-r: 
a"y7:bi 'nbirmnbnbnsbnsr 'n ' 

(Mûisp, lils d'Eizik Isaao.i 

172. f'a 'N ai"" o-i-iNDa TbTû .■2"yp 

— 2S avril 1793 — 'b j";pP T'"'» 
(Eliézer, lils de Jérémii- Calieu. 



(David, fils d'Oury Fcis Li'-vi, ofliciant 
dans la syiiai;ogue de la rue 
Brise-Miclie.j 

179. 'n p"a DT' o-'-iwNDn ^-lb7^ .a'rp 
"13 rT«bN* Tb-r; ''t 5';pn '"-nbx 

lelOaust 179.3— cj'SVj V^bT nwbo 
lbi:;b inDT"" 'n — Eliass Salomou 



an-i2N-i3 r!C7:Tb'^r;'b:>';pn bibs 

IS aiist 1792 — o""'b\:; 'j'^b'^lCTû 
rîZT"' 'n Moyss .Mtrliam de Pidoirne 



181. :2rji -p"':: av ciNcn \-ib73 .x'sp 
t. '-; 'n av o-^-wSpa -^nb?: .3"yp -i3 iv/t:":: nb-r; 'S a'rpn bibj* 
■^n — 2niay 1793 — 'b:i";pn -i-^-f? nbiab irirT-» '.— ; .::'-»b">:; piwS-i 



173 

nb 

■jNbîjtsT: pni:^ n''3 ni "i"!??:":: 

r-j-i-inb "ibi^tb ir,^r 'n ,Di<:i<a 

Simon Isaac Jonasse poloiiois 

174. 5""» '1 ÛT» D^ND^ ^-lb7J .n"3'p 
— 24 mars * 1793 — 'b j'':pn IT'O 

iHDr 'n pnx -i3 'biNoc nb-'n 
a"y?2bT 'Dinbi n-.inb nbnsb 

(Samuel, fils d'.\ron.) 

175. V':2 'N D"!"» D-inNSD •^rbTo .r/y-p 
nb"«n — 26 niay 1793 — 'b :i";pn "jT^O 
VabT 'd 13 r;C72 rî;i372r; •;n?:cî<p 

::"r73bT -Dinbi nmnb ibnjb 

(Cosman .Moïse, fils de Zalman Salunion 
de Furth. 

176. n"-iî<'3av 0-<-iï<D3-'nb7: .v'rp 

10 juin 1793 David 'b S'îpn n73n • 
S^^n "13 TIT Heyeme 'de Berli:') 

nbiab ina;^ 'n "'bny37j ::''-'b;a 
a"r7:b 

177. a"3 'i aT>0"'"lND3 \-ib7: .T"i?p 
Garçon Hert7.9 Juillet 1793' bj-pn TT7ûn 

n:"iD72r: ">bnD; ""13 p'C-ii nb"»- 

ibisb inar 'n .:3'"'ba vit: 

:3""j?7:b 



le 24 aust 1793 — a"y73bT miP? 
(Simon, fils de Ruben.) 

182. 3iy 'N ai" 0"'-lî<D3 T\b'2 .3'Dp 

ni-i -13 rîTobc nb\-t 'b n";pn a''i 
•;a"i'7:bT 'z^nb 

Salomou Davit Foy Laine, le l."i 7'"'e 1793. 

183. aap-'bs a"«-i.sD3 -^nb^ .s'sp 
c""bu: bx-:"! n3 p"'bw:::?a nriawr: 

19 7''™ 'b 'i'zj>r\ ■'-icn a'"» 'n aT 

1793 — (;oudrliau\ Kepliael 

184. npy-' nb-^n 0"'-ixd3 ■'nb73 .T'sp 
N;a"''b'0 qoT' n3 3py r::i372r! 
•û"nn '-i 'r, aTi V'^jb "J1720 ■'ar373 

26 7b'-« 1793 — T':pn msio b'iJ 

Jacob Joseph de Biuj-en (Dion ville) près 
de .MeU. 

i8:j. 'n ■i""'T ai"' 0"'~N33 ">nb73 .n"Dp 
■^b:yr; ib-r: 'b n":pn p-cn"i72 
rt:i3?;" bs^p -i3 irpbx r:;n373n' 

Aleaii-Jarid) — le 1 1 8''-- '::V;c 3pr"i 
1793. 



r;:iD73r; r;7:b-:; n3 pT"j< r::i373n 

178. V't '5 m-i 01-IKD3 TlbTO .n":'p "l""" 'p< aT' t<a""'rC ITCS-'b^T 

le 23 juillet 1793 — 'b :>':-pr\ sn:7: .'^ n":pp pon-iT: 

-;n3?an -«-ns -|3 nn nasld Auiv 20 octobre n93.rsaae Seli-man 

Ni-i -rin D''r:33V""«^ "'i'-" ^-^-d 

"w'^TjD-'-'.D- 187. '"j p''^ ai'' 0"'-lND3 Tlb?3 .T"Dp 



1. Lire : mav. 



298 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



le 3'*'" jour du i"" mois de seconde aniiéc 
de la llepublique lieirch-Davit (26 
ortobre 1793). 

188. pii^s ib-in D^-iND3 ^^b7^ .n"Dp 
29 8"'« — '5 i";pn iT^n-» ^'3 's ai"' 

1793 — Isaae assiase Cleyveu 

189. '-^ 'fvî ai^ ^■'-iND3 inbTD .::"Dp 
a'sbi:: -i"^N73 -13 p:i:"'N ib-^n t^'ddo 

Isaac mayer lion Rue menestrie St Maitin 
le 4 frimaire l'an 2"° (8 novembre 
1793J 

190. '1 'rs! û-|i o-^-NS3 ^-lb73 .2:"p 
13 bNi»">:: ib-T! 'S n";pn iiboD 

Samuel Michel /Unger) Rue liauhuur;^ le 
4 frimaire Tan 2'^'" (même jour' 

191. v"^ Di-i onND3 \nb73 .n":i-p 
"—13 n-ou nb-^n n"Dpn n3a t-i"3 

::"''b">D 'jnDTi r:;"i3i72n p-'bNo 

Moyss jonatan nianlieimer, le sejitidy 
l"' décade du mois Nivoss l'an 2«" 
(28 décembre 1793 

192. n"-i 'n DT^ D"«-iN-:3 -^nbTû .3"2:p 
sn:iDWr: bîv nb^n 'S -i"3pn :û30 

'•^^•'yû rroiD i3 qoT' 

Joseph moyss le 13 ivos Fan 2<'"' (2 jan- 
vier 1794). 

193. i"-« '1 DT« D''rND3 -^nbî: .a"::p 
';?:-i3'^b -ib-^n 'S n"jpn :j3u: 
prnis bMc-i -13 -irr-'bN n:iD72r: 

Laz[az)ar Rapael Birié le 26 Nivos l'an 2"'" 
(1 M janvier 179i 

194. "] '-j, ûT' D""i: D3 Tib?: .i"::p 
n2i37:r! -ci^r, nb-r; 'b -i"-pn l:3C 
.-^ibn n^ûb-:: -n37or: pb- n3 "'3i: 

hirrli iils tle Saioiuon le 2 pluviosse 
l'an 26"' i21 janvier 1794 

19.";. bN-'ST -!b-^nD-'-lND3Tlb73 .n"'^'p 
t<t"D 'n DV CwN^ONON ntjbuj -13 

'^ n";pn a3"j 

Daniel Salomon Assassiasse le 3 pluviosse 
Tan 2"™ (22 janvier 1794) 

196. '3 '^< 3T' D"'-iî<33 -^nb^j .V'^p 
opj'b ib-^n T';p»n l'-CNn ""n^s 
::"'»bu: 173'33 -13 np-^bi* -:iD7:r; 

le 11 Pluviosse l'an 2"'" 2 février 1794 
ak-an Benjameu 



197. T'Njj ib-i c'^-wS23 •^nb*: .T"i:p 
rr^-iN "«bPD: -jiDijrî 3-b y-T«n 13 

T'Dpn 'jlCN-l mN '3 'K DT^ 'v^'D 
Le li pluviosse l'an 2'"' (même jour mayer 
hertz liib Calieu 

198. -i\sttibinD'i-ND3 ^rbw .n"^p 
'["''^ 'n 311 :3"ib'«:; 13 

'b n";pn iiï;^-) nN 

18 pluviosse l'an 2'»' (6 février 1794- 
Mayei- 

199. p"o VT an-' o"'iï<î:3 inbT: .a"L:p 
i:>"»n 'S T'3pn itcni -nx n'^n 
173X1 T130 p'TiwXi r-r::7z 13 m 

m^irs 

David miiyss Rodri(|u (fils d'une étrangère), 
2U ]iluvioss l'an 2'='" '8 février 1794). 

200. n""'n '3 □T' D-'iNDS ■'nb72 .i 
rjor 13 3pj'"' ib-T! i":pn —uni 

niCO 0^313 

jacob Joseph .\unes — et parin Samuel 
patio le 19 Ventes l'an '2^™ (19 
mars 1794) 

201. sp^'i ^b1^ d"'1nc3 \-ib?3 .n"i 

']N3i73iyi 31b -31370- wNlin"' 13 

n"3pn '-ii''î< n"i 'p< -> ai" 

•larob-Lion Durmenach) — le 11 Morial 
l'an 2"» (30 avril 1794^ 

202. nnisN "ib-in 0"^iî<d3 ■'nb7: .3"i 
— iy373Nb p^i^N rT3i37:r! pni:-» i3 

'S i"3pn ii">N '3 'Ti"i Dr 

Abrhame Isaac-Lambert le 13 florial l'an 
2em 2 ,n;,j n9i) 

203. nni3N ibi- D"'-ND3 •"Pb73 .5"l 
'b l"3pn 1^"'wS 5""' '> DT" bwS3r3 13 
Abrhame Samuel oury le 24 tlorial l'an 

2"" 13 mai 1794). 

20i. 3"3 'n DT» D11ND3 inb73 .l"l 

r:3i372n cibwSH ib-«n 'b i"3pn i'^\x 

'a'ibo bM173-- 13 3Î<T 
Wolf-Samuel — le 3 prereal lan Deuvieme 
(22 mai 1791 

205. 5"3 l""'! DV D11ND3 ^pb^O • r;"l 

13 sib'j: ib^n 'S' ■T"3pp i-'-'N 
Cû^b-vi; N73''b r!3i373- Niirp 

(lialuni judae le 4 pnrial l'an 2'"' ,23 mai 
179'.) 

20G. pni:"' T bT! ciNoa Mb» .Y'i 



CIRCONCISIONS 



299 



'"■^5 n":pn it'D a""" 'n or 

Isiiac nioys assas.siass ilAvii^nuii 23 prai- 
rial l'ail 2em 11 juin n9i,) 

207. l":o 't>< 3'^"t"'wX0-);'TI3 \-i570 .T""1 

*n2 û"'">n nb-r: ''"r: n";pr nrn 
'ca-'b'C ';''t:"':3 r;:nr?:rr rir^n 

liaienie Wdlff «Ir ViMsailIr le 2."p inetisiilipr 
l'an 2'°' (le la riipuliliiiiii' franc 
{Vi .juillet n9'0 

208. pni:"' "î^t: o"'-;N23 Tib?: .n"-i 
'n DT' T*,ED N-jCispisn ar:-i3N nn 

'^ i":pn Tn7:n i"2 

Isaar abrliame Dacusta le l> tlierniidor i'an 
■l"" >if la Republique fiaucaisse (2i 
juillet 1794 

209. n72bo nb-r; o'^-iwSDn Tib?: .::'n 
c:n37o s"-' p"'j tz:T' -^ivc mn -12 

-!":pn 

Salomou Davit le 22 tlierniidi'i- l'an 2'"' 
(9 aiuU 179 V). 

210. n"^:: ■^■i"i ct' onNsn titt: .v-j 
S]?Nn nb">n '^ n";pn -«-lOn 

.iibn nm nn p-'ra r!:iD73r! 

Wolffe David Levy — le M Vendémiaire 
l'an 3"° (3 octobre 1794'i. 

211. 'n 'T w^t d"^";n:2 "TibT: .n""^-i 
n73îc nb-Tî 'S r;";pp ircn-i?: 

Salomou liayeme Israël, de vieux f. b. (î. 
Rue CiOlomiié (29 octobre 1791. 

212. 'T ':, DT» D-'-lwSEn \nr73 .3"'-) 

piii-'N pr-^N Tb-^n '■'-? r;":pn i-'bo^ 

Isaae Josepb Obenlieime, h; o frimaire 
l'an 3"", Rue de menestiTie. n. (ill 
(26 novembre 1794) 

213. b:2'<''n:3 ibin c-Mirs Tb-: .:'-'-i 
lyix?: 172 '^û-'b-vT ir: r-j; '^ ■:3 
vboD "î"3 ':; — ■I"' V':rb3wsp iiro 

rn ':pn 

Treitel Natan de Mayen près Coblenfz le 
2.Ï frimaire an 3 ^Itî décembre 
1794) 

214. n'r^rr -h^~ 0-IND3 \nb7a .i""»-i 

.n":pn 

juda Salomcpii asasias, f. b. (ii'rniaiii le 
18 Ventôse an 3 (S mars i79.'j . 



213. r;73?"w "ib"! D'AIMES Tib^: .t'::-i 
'"1 sv n-iDo ^-ij-inb;'! pni:"' -3 
'b -"3pn p-'S 'T 

Solomon Isaac delvaire le 7 irerminal an 3 
(27 mars 179.-; 

216. N-nr;'' nb-^ 0^X23 \nb73 .V'—i 
av 5:^3 -i"'N« -i3-b-n-' nnown 

'"^ -:pp Tn7:n -^n 'n 

Judla Mayer Binirn, le 17 niesidnr an 3 
.'•.juillet 179,-;) 

217. rr^Ts" nbT; o"'~N23 '^pb73 .'i""'"i 
'wS a'1"' n-'-i^s "172X1 "«ibrr -iî:?-^bwN p 

"i":pp T^bar n'T» 

Oïadié lazarc levy (fils d'une étran^'ère) 
22 • frimaire an 4 22 nnvembre 1793) 

218. 3"a 'laT" ai-,Nc3 \nb73 .n'n 
n''n p« nb-^rt '-S Y':pn vbas 
a"'-» NpD'^73 Tiziz 13 :)a"p a-^rc; 

n">-|D3 nTCwST 
Josejdi Moyss Musca — (de Nîmes'', le 13 fri- 
maire an 4 — En présenee et invi- 
tation du père 4 décembre 179o. à 

l'à^i' de 8 ans) 

219. pni:-' ib-r: \-'r-i2n %-ib.îa .as"-'-! 
iTTwSi "nzo '-iirr ^tiiyb sp;"^ -i3 

'b i';pn 

Isaae Jaeob Leva ce 19 ventnse an l (9 
mars 1796) 

220. -îbT; 0"^-iND3 "i-^y-^sT -pb?: .*]"n 
t^T» N">ar3bN- 'aT-73 -13 bxircy 

'b l'-pn ^yc ".m n"-i 'wS 'n 

Enianuel Mardoclir Dalpedio le 20 ven- 
tôse an i (10 mars 1796 

221. a'^^NE^ -^PJ-DT ■'Pb72 .N"a-i 

'3 '\"''^ av N-^aws:; -ib-r: 

'b ■i":pp ''vc -i-N 

(Sasia, 12 mars 179ti 



3" an 



Pr73 .222 



-13 -;?T 

(X.. de Ripuen, ài.'^i' de di'n\ mois' 

323». 'r«^'n ai"* a"'"iwS23 •'Pb?: .;"a-i 
p bî<"':n ib-^n 'b ^ ''-pr^ ti7;p n"-n 

Daniel David Asasia [d'.\vi:.Mii)n If 18 nu-- 
sidor an 4 19 juillet t79ii) 

221. Nmrf^ nb-r; a-'-Nc^ •'Pb^s .■!"3-i 



1. Lire 1". 

2. Lire 223. Ce numéro et les deux suivants ont été mis par le nudiel lui-nièni< 



:ioo 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



■i"3pn Ti73n ::"■ 

Jiida abialiami»- Josepli Carcasoiic «if 
ÎNisme le !•' tliiTinidor an 4 {'l'.i 
juillet 1790) 

225. biM73':j -ib-^n onxD^ -rb): .n"oi 
NT1N373 n-iDO Vx^No apy^ -13 

'b n;pn Tiwn ' t"-^ 'n si"' 

Samuel Jacob Salon [du Bordeaux,! le H 
thermidor an 4 [4 août 1796) 

226. pni:-> nb^n o-'iNsa ^^b7a .■i"d-i 
aT* NTiwN372 ::OwNpNT annnN na 

.'b i":pn bibN n'T^ ': 

Isaac Abrhame daeosta de Boidi^uix le 27 
fructidor an 4 (13 septembre 1796) 

227. ûr o'-iNoa \-)y-iDn ^-lb« .t"d"i 
nb-r; '^ T"3pn 'iTrnn?^ -i"d n'-'i 

Isay-moyse assasias [d'AviLrnon'i le fi fri- 
maire an 5 (16 décembre 1790; 

228. :]0T^ "lyjH o"^"iî<D3 ■'rb73 •n"Dn 
nnDO ^t-^<b1^^ c=;rî"i3N -:3 rr::?: 

imNb-i7:r:b ■^:7:7: ">::p3b ■'b^s n3i 

'^-iZ.'b HT bwSTC"' n"'-l33 1N-'3-bT 

'b T:"pn vboD n"2 't m"" nb-^wn 

Josepii Moyss Abrhame Valari ayent dix 
huit ans, est venu me prie de le 
circoncir comme son perc et sa fa- 
mille suivent leure reliirion isralite, 
il a soufert l'opération avec une 
courage etonente le premiernivosse 
an a (21 décembre 1796) 

229. pni:"' -13 3p;'-' -ib^r, ^-lb7: .:û"3-i 
r,"D 'a DT^ n"«-iD3 ^izai -i-ido 

'b T"3pn T'bOD 
Jacob Isac — à le "j nivoss an Tj 

(2o décembre 17961 

230. -nN'3 'a ÛT' 0''-lN£3 Tib?: .b"-i 

-13 n-'bct Tb-r: 'b T":pn 
rm33 173N1 n-123 oin:wN-i3 

Elle Brantus (lils d'une étrangère) le 11 
ventôse an îj {\" murs 1797) 

231. Di-|ND[3] TyiDI Tb73 . N"b-| 

■'Dinw "13 yi^: 1P3 Tnnx p ibT, 

'— inN u""' 'î^ D"'.'^ ::"">b'a 'ibis 

'b T"Dpn 

le 29 ventôse an 5 (19 mars 1797) cii- 
concy Natan fils de Maix Fould 
(mari de la sœur d'isaac Schweich) 

1. Lire : l^":^. 

2. Il V a un C barré. 



232. '^N-iiy^ 13 •^mr;-' ^-^b7: .3"b-i 
i"3 'n ûi"! o'^-iND3 n-iDD y^'ny: 

'S T"3pn p"'3 
Juda, lils d'Isralel Devieu le 1" tloreal 
an ;; '20 avril 1797) 

233. r\ov 13 r:c72 D'^-iï<î:3 ■^nb72.a"b-i 

i'D '3 ai"' TlZO N'T1N373 N"I;N-|3 

'S n"3pn -"-l'un 

Moyss-Joseph Brando (de Bordeaux) le 2'^ 
venilemiair an 6 (16 octobre 1797) 

234. b-'NO-iyns \-iy"iD"i ^"1b73 .n"b-i 
■Q-^^r^ bx-i-iss 13 pT'^\s pni:^ "ib^Tt 

.'b n";pn n3:: i"-" ':* ar NTT^oTa 

Isaac-Gabriel Hirscli — de Furth — le 
mardy 13 uivosse an 6 — a ver- 
saille" (2 janvier 1798) 

235. an273 nb-^n "'n:?-iDi ""nb^a .r;"b-i 
'5 "j-np Ï-13ÏJ ai"! ^''-^bo 3py» -13 

'b n";pn a3C 

Tanchume Jacob — a Versaille le 1" plu- 
viosse an 6 (20 janvier 1798) 

236. ibnDD ib-'r; ■^ny-.DT ^ribn •i"bn 

'H: r:";pn "itc^ni -ns n"-':: 

(lerfMarx Fould jieveu d'isaac Sclnveicli) 
a paris le 26 pluviosse an 7 (14 fé- 
vrier 1799) 

237. r;073 ib'^n o"'"i«o3 TibT: .7"b-i 
'3 'n ai-' ""iDD iNbxp t=;ibc -13 

o"pn -nx 

Moyss Sclialoni-Salon le 8 ventôse an S de 
la Hépnbli(ine a paris (28 février 
1800) 

23S. bxcn nb"'- •^n3'-iD"i "^nbTî .n"b-) 

tST' 'jN-'rT'N 173 DN^i<aN H'^I^W "13 

'H? "173 'apn mx i":3 't 

rapliael, fils de moyss assassiasse — d'.Vvi- 
gnion, le 21 ventosse a huit a Paris 
fl3 mars 1800) 

239. D"'-lwSD3 %-iy-13T "'nbTS .a"b-! 

a'i"« bsT'ii ']Ti3 -i3 -iTybx -ib-^r; 
.p"2b î<"app s::n:73 n 

Lazare barucli Vidal le 7 thermidor an 9 
(26 juillet ISOli. 

240. 73"-l 

j'ay circoncy l'enfant alexandre Edevoire. 
(ils du C. ^ Alexandre Gnastalla. h' 
13 brumaire an di\ i't ncivembre 
180n. 

2 il. nn"-\ 



CIRCONCISIONS 



301 



Index des noms el prénoms de personnes citées dans la liste. 
(Les cliiH'ies renvoient aux numéros.) 



Al)raliani l. :j, :;, l:i. Ht, 21, 27, 80, 88, 

'J4, 96. 110, 112, 123, 145. loi, 160, 

168, ISO, 202, 203, 208. 224, 226, 228. 
Adler 82. 
Akiba 142. 
.Alcan (EUianan, El>akini) 81, 121, 122, 

loo, 18;j, 190. 
Alexandre 2, 16, 23. 2i0. 
.\lii' 160. 

Anschel 129, 170. 
.\ron 1, 31. 71. 76, 143. 17i. 
Aryé (Juda) 19. 40. 41, 42, 71, 75. 145, 

"loi, 153, 197. 
.\sciier 34, 140, 170. 
Assassias iv. Sasiai 195, 206. 214. 223, 

227, 238. 
Assiase (Isaac ? 188. 
Ausrlier 129. 

Barueh 16, IN, 56, 66. 153, 239. 
Bendit 153. 
Benjamin 34, 53, 55. 90, i)9. 103. 114, 

155, 196. 207, 210. 
Ber 132, 153. 
Berman 72. 
Binï5, 42. 95, 216. 
Birié 193. 
Biswiiler 158. 
Blin 68, 75. 
Blocli 71. 
Bonn 18. 
Borsciiiuiren 126 
Bi.ulay 152. 
Braniin 233. 
Brantus 231). 
Brussel 93. 
Gaheii 15, 16, 25, 26, 30, 31, 33, 38,50, 

52, 63, 65, 86, 101, 102, 106. 130, 140, 

142, 167. 172, 197. 
Caïman — Calonymos 24, 27. 65, 99. 
Carcassoiiue 224. 
Cassei 113. 

Cerf (v. Nephtali.', Hirsch, Herz 236. 
(^erle ^fcinmc) 89. 
Cevi (Nephtalie) 31,37, 59, 71. 78, 100. 

125, 130, 139, 162. 187. 194. 
Clialom (v. Schaloum!. 
Cleyvcn 188, 
CosVhel 61, 86. 119. 
Cosman 28, 175. 
Coussel 49. 
Crcliaiiije 3. 
Dacosta 208, 226. 
Daipecho 220. 



Daniel 195, 223. 

David 11. 36, 61, 90, 93, 102, 126, 134, 

152, 168, 176, 178, 182, 187, 199, 209, 

210, 223. 
Delvaire 215. 
Devieu 211, 232. 
Dov (Ber) 132. 
Durmenach 81. 165, 201. 
Edouard 240. 
Eizik (Isaac) 8, 14, 54, 64, 78, 81, 151, 

156, 171. 186, 212, 234. 
Eléazar (Eliézer Lazare) 89. 
EUianau v. .Mcan). 
Elie 33, 126. 137, 179, 230. 
Eliézer 4. 5, 7. 13, 51, 59, 82, 87, 92, 97, 

107, 110, 119. 135, 138. 172. 193, 217, 

239. 
Elyakini (.\Ican^ 46, 89, 14 4. 158, 162, 

196. 
Eizous (.\Isace) 64, 125. 
Eninianuel 220. 
Eniflisclimaii 119. 
Ephraïin 2. 128. 
Etlin;,- 7. 
Falek 191. 
Feihelniau 74. 
Feiheiiiiau 18. 
Feibes (Plnt-bus 18. 
Fes (Feibes, Plui'biis, Oury, Olry) 15, 20, 

82, 138, 157. 178. 
Foulrl 60, 231. 236. 
Foy 1X2. 

Fradele (femme) 10. 
Gabriel 234. 
Gamliel 120. 
Gerson 67. 118. 177. 
Gotclialk. Goudciiaux 10, 40. U,. 89, 144, 

183. 
Giiastaila 2i0. 
Guedalia 6. 

Guetscbiiir (v. Gnuiiiliaux 
Gumpel 128. 
Gumpelmacb 2. 36. 
Haas 37. 

Halphen i, 34, 40. 128. 
Hayeni 14, 17. 42, 95, 107, 109, IIS. 12», 

152. 158. 163, 176, 207. 211. 
Henlé S4, 155. 185. 
Herz Nepblalie) I. 16, 25, 52, 63. 61, 

68. 75. 91. 113. 177, 197. 236. 
Hirs.li Nephtalie. 59. 69, 70, 1(10, 125, 

130. 139, 162. IS7. 194. 234. 
Hoder 72. 



302 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Houe, Huni 121, 122. 
Isaac 8, 49, 63, 64, 85, 9,s, 103. 104, 147, 
156, 161. 166, ni, 173, 186, 188, 189, 

202, 206, 208, 212, 215, 219, 226, 229, 

234. 
Isa je 141. 227. 
Israël 15, 43, 119, 211, 232. 
Issaehar 153. 
Itzitr, Itzik (Isaac) 70, 85, 98. 103. 147, 

166, 1S8, 189, 202, 212. 
Jarob 11. 12, 43, 52, 54, 62,74, 101, 118, 

131, 136, 170, 184, 185, 200, 201, 219, 

225. 229, 235. 
Jean 38, 67. 72,78, 80. 
Jérémie 106, 172. 
Joël 120. 

Jouas 102. 169, 173. 
Jonathan 191. 
Joseph 16. 51, 84, 85. S6. 95, 134, 141. 

144, 146, 159, 184, 192. 200. 212, 218, 

224, 228, 233. 
Judla 216. 

Rleiue jeune Glle) 20. 
Kojiel (Jacob; 170, 185. 
Lambert 202. 
Landi 32. 

Lazare iv. Eliézcr) 193, 217, 239. 
Laze (Eliézer) 107. 
Lebouv (Lybow) 29. 
Leib (Lœb" = Juda) 7. 8, 11, 14. 19, 20. 

25, 26, 45, 57, 72. 74,75,' 105, 109, 132, 

135, 144, 150, 151, 153, 165, 197, 201. 
Leima 22. 32, 205. 
Leksch (.\lcaii; 196. 
Lemnilé Lanibei-t 9. 
Leva 219. 
Lévi, Lévy 14,21. 38, 67, 72, 78. 80, 115, 

116, 136, 152. 178, 188, 210, 217. 
Libman(v. Lipinan). 
Liberinan (Eliézer) 7, 10, 13, 45, 51, 70, 

138, 193. 
Lion (Juda, Aryé) 189, 201. 
Lindtour^- 41, 78. 

Lipman fEHézer), 4, 59, 87, 92, 135. 
Lœb IV. Leil)). 
Mali 26. 65. 
iManheinier 191. 
Mardo.-hée (Marx) 9, 32, 48. 50, 60, 66, 77, 

97, 116. 220, 231, 236. 
May 9. 
Mayer (= .Vléin 32. 41, i7, 53, 56, 68, 69, 

73, 93, 94, 101, 113. 114. 125. 130, 

142, 156, 164, 189, 197, 198. 216. 
Menahem 46, 116, 124, 127. 1 Ki, 151. 

164. 
Mcndel (Mouabcm) 28, Ki, tl(i, 124, 146, 

154. 
Merin,;en 17. 

Michel 17, IN, 21, 25, 33. 42, 121. 190. 
Mnjsc 4, 5, l, 21, 22, 23, 25. 27, 2S, 41, 



*o, 80, 86, 104. 112, 131, 132, 133, 136, 

140. 149,169, 171, 175. 180, 191, 192, 

199. 206, 218, 227, 228, 233, 237, 238. 
.Moibangi' 9, 16. 
.Mouniné (Mommenheini ?) 27. 
Moutzicli (Moutiers) 70, 
Musca 218. 
Naliman 76. 
iNalmuni 144. 164, 
Nathan 26, 31, 55, 58, 73, 96, 105, 133, 

166, 213. 231. 
Natbauiel 23, 29, 36, 39, 48, 115. 117, 

203. 
Nehémie 60. 
Nephtalie 3, 25, 30, 38, 75, 91. 106. 113, 

177, 197, 236. 
Neta .(Nathan) 26, 29, 40, 51, 105. 213, 

231. 
Nnnès 200. 
Obcnhcim 212. 
Ofbach 87, 
Orschel 3, 51. 

Ouri (v. Feis) 20, 138, 157, 178, 203. 
Ovadia 217. 
Patto 200. 
Pet ah i a 167. 
Picart 64, 
Pinhas 64. 
Pdlak 6, 97, 145. 
Raphaël 21,35. 117. 14S, 150, 183, 193, 

238. 
Rixe Rixhelnii 2S. 
R<»]ibaur 168. 
Rodri-ue, 161. 199. 
Ruben 31, 181. 
Saloinon 4, 37, 41, 7S, 108. 127. 154. 160, 

165, 175, 179. 182, 136, 194. 195, 209, 

211, 214, 215. 
Salon 225, 237. 
Samsim 77. 
Samuel 6, 20, 38, 42, 50, 58, 77. 83, 87, 

91,115,123, 128, 147, 149, 159, 161, 

174, 190, 200. 203. 204, 225. 
Sasia (v. .\s.sassias, 206. 221, 223. 
Saiil 163. 

Sciiaagas Ary^- i auteur du) 8. 10, 34. 
S.iialcim, Sciialoum 143, 168. 205, 237. 
Schaii 6, 25, 62, 79. 
Scliraga 12. 
Schnbak 99. 

Schweicli 20, 21, 30. 40. 42. .52, 59, 69. 
Sender ' Ab'\an.lre) 2, 63, 69, 83. 

Siiivi :io. 

Sindia (!9, 167. 

Simon 44, 52, 63, 67,. 81. 98, 122, 137, 

181. 
Steinwieser 83. 
Tanhoum 235. 
Teniueni 10. 
Trritrl 213. 



CIRCONCISIONS 



303 



Tivni (Trairiiy) 48, 66. 

Trir (.Trêves) 10, 74. 

Truinbai' 74. 

Uiiirer l'il, 190. 

Vaiari 228. 

Vidal 239. 

Visivini l.o9. 

Weil 8, 14, 69. 

Wistliauseii 151. 

Wilstal (Lambert) 44, 4:i, 47, ;J7, G7. 

Wil.Tshfiin 28, 39. 

Woir (= Benjamin, Louis) 3, 30, 35, 

lO.J. lOo, 111, 114, 201, 207, 210. 
Yakev (Jacob) o2, 101, 111, 139. 
Yehiel 37, 88. 121. 
Yékel (Jacob) .54, 136. 



99. 



Yékev (Jacob 184. 

Yokel (Jacob) 7. 

Youzpa (Joseph) 15, 16, 25, 63. 

Yozel (Joseph) 29, 192. 

Zacharie 157. 

Zalnian (Salunion) 12, 34. 37, 

165, 175, 179, 191. 
Zanweil (Samuel) 5, 6, 20, 38, 

88, 123, 128. 
Zée IS. 
Zecv (Benjamin 3, 30, 31, 50, 

106, 127, 204. 
Zéliir 6'f. 

ZéUirmau 10, 24, 2S, 49. 63, 6: 
Zisle 43, 92, 119. 
Zusman 82. 



78, 


,79, 


151, 


of< 


, 79 


,83, 


53, 


, 62, 


105, 


5, 


ION, 


186. 



Index des noms de localités ou de pays cités dun.s la liste 
en dehors de Metz et de Paris. 



.\hi' (pies de Tféves 17. 

.\mstenlani 11)0. 120, 

.\ugny (canton de Metz 8, 14. 15, 16, 25, 
36, "^48. 

.\nsen prés de TiX'ves) 111.- 

.-VviLrnon 206, 223, 227, 238. 

Ban Saint-Martin Kantnn de Metz) 61. 

Berli (Berlin", 176. 

Bionville icanton de Buulay. arrondisse- 
ment de Metz^ 22, 103, 184. 

Bisclienbeim iprcs de Strasbourg) 139. 

Bordeaux 225^ 226, 233. 

Boulay arrondissement de Metzl 89, 102. 

Breslau 136. 

Carlsrulie 129. 

Cliély (Chesny ? canton île Verny, arr. de 
Metz) 53. " 

Gourcelles ( probablement Courcelles- 
Chaussy, eanton di' Pany^e, an-, de Metz) 
23. 

KiiL'elbeim Allemagne ?) 137. 

Fnrtli Bavière^ 175, 231. 

Geilcherland (Wallonie?) 90. 

HambourL' 101. 

H.irsingen ari'. de Mnlliunse) 135. 

Itnlini.' ^canton de Sarrebuurg) 169. 

Livourne 159. 

Lonvii^ny (canton de Veiuy, an. de Metz 
1. 21, -26, 29, 31. 35, aa', 58, 73, 113. 



Lubersliausen (près de Pnttelanire, canton 

de Sarralbe, arr. de SarrcLMicmines) 

91. 
.Marlau (?) 157. 

Marmoutiers arr. de Saverne) 51. 
Mayen iprès de Coblence) 213. 
Nancy 2, 32, 36, 45, 46, 47, ai, 51, 70. 
Nautes 122. 
Ni mes 2 IN, 224. 
Oberudort (canton de \Vurlli. arr. de Wis- 

sendiourg <iu canton de Hirsingen. air. 

de Mulhouse) 56. 
Otibach (Bavière) 130. 
l>erly (?) 4. 
Pologne 173, 180. 
Pont à .Mousson (.Meurthe) 39. 
Pouir près de Toul) 54. 
Rouen 125, 222. 

Sansonnet (le ^canton de .Metz) 11, 33, 49. 
Savoie 90. 

Sclierviller canton de Selestadi 89. 
Surbourg canton de Sonlz-sous-Korèl, arr. 

de Wissemiiourg) 76. 
Trêves 17. 42, 107. 

Vallières (canton de Metz 13. 19. 80. 
Vautoux (eantnii de Metz) 5, 12. 20, 43, 

56, 57, 66, 79. 
Versailles 84, 93,98. 108, 123, 12'.. l'.l, 

150, 155. 163, 207. 234, 2.35. 



NOTES ET MÉLANGES 



UN PROJET D'ETABLISSEMENT D'UN SECOND GHETTO 

A AVIGNON 

On sait qu'il y avait à Avignon, à travers lout le moyen âge et 
longtemps encore après la Révolution française, un quartier spécia- 
lement affecté aux Juifs, connu sous le nom de « Carrière». Mais 
ce qu'on ignore, c'est que, dans la deuxième moitié du xvni= siècle, 
il fut sérieusement question d'y créer un second ghetto destiné à 
quelques familles juives de Garpentras qui avaient l'intention de 
s'établir dans la ville des papes. 

A cette époque, en effet, la Carrière de Carpentras était sur- 
peuplée. Si l'on s'en rapporte aux documents du temps, elle conte- 
nait environ mille individus ', et qui connaît les lieux se demande 
avec surprise par quel prodige ils parvenaient à se loger dans un 
emplacement aussi restreint. Comme la mauvaise volonté des auto- 
rités locales sopposait à tout agrandissement de leur quartier, 
l'idée devait naturellement se faire jour parmi les Juifs carpeiitras- 
siens de tenter une émigration vers la ville voisine, Avignon, où 
les Israélites étaient beaucoup moins nombreux -, et qui offrait 
d'ailleurs un champ plus vaste à leur activité. 

La Carrière d'Avignon était assez spacieuse pour donner asile à 
un certain nombre de familles carpentrassiennes, et, comme c'é- 
taient précisément les plus aisées qui d(''siraient s'y établir, les 
Avigiîonnais lirent tout d'abord bon accueil à leur projet. Mais des 
difficultés d'ordre religieux ne tardèrent j)as à" se produire. 

1. l,-^00, d'aprOs les sourres cliivliciines, SOO, d'après le» sonrcos juives. 

2. Environ .'iO familles ou 200 ànies. 



NOTES KT MÉLANGES 305 

Les communautés d'Avignon et de Carpentras, tout en apparte- 
nant au même rite, ont néanmoins un rituel et des chants litur- 
giques sensiblement difterenls. Or, il n'y avait qu'un seul temple 
dans le ghetto. Les Avignon nais voulaient en rester les maîtres et 
exigeaient des Carpentrassiens l'abandon complet de leurs usages 
particuliers. Ce à quoi ces derniers se refusaient absolument à 
consentir. Pour conserver donc leurs traditions, ils ne parlaient de 
rien moins que de construire dans la Carrière d'Avignon une 
seconde synagogue où les oflices seraient célébrés à la l'a(;on car- 
pentrassienne. Du coup les Avignonnais se fâchèrent et s'adres- 
sèrent au Conseil de la ville pour solliciter son intervention dans 
cette affaire qui, d'après eux, intéressait tous les habitants de la 
commune. Une seconde synagogue dans le ghetto, disaient-ils 
dans leur plainte, " c'est la ruine prochaine de la Carrière, c'est 
une diminution importante de ses revenus, car les Juifs étrangers 
qui viendraient dans la Carrière auraient le choix de répandre leiirs 
dons dans l'une ou l'autre synagogue ». Et quelles seraient en défi- 
nitive les victimes de cet état de choses? Nécessairement les créan- 
ciers chrétiens, envers qui la Carrière ne pourrait plus acquitter ses 
nombreuses dettes '.Cette argumentation ne laissa pas insensible 
le Conseil, qui interdit aux Juifs de Carpentras l'édification d'un 
second temple et, du coup, leur projet d'émigration fut abandonné. 

Cependant, quelques années plus tard, ils le reprirent sous une 
autre forme. L'expérience venait de leur apprendre qu'avec leurs co- 
religionnaires avignonnais l'entente était impossible. Ils essayèrent 
donc de se fixer dans la cité des papes, tout en conservant vis-à-vis 
de la Carrière leur complète indépendance. Pour cela, ils entrèrent 
directement en pourparlers avec le Conseil municipal - et sollici- 
tèrent de lui l'autorisation de créer à Avigtion un nouveau ghetto, 
ayant sa synagogue et son cimetière particuliers. Ce projet était 
assez téméraire, car le Conseil municipal ne passait précisément 
pas pour être animé de sentiments bienveillants à l'égard des 
Juifs. Mais les Carpentrassiens n'en comptaient pas moins le faire 
aboutir, en faisant valoir les avantages (jue la ville tirerait de l'aug- 
menlalion de sa i)opulation, de leur activité commerciale, de leur 
contribution aux charges pubiiciuos et enfin de l'engagement qu'ils 
prenaient solidairement, par surcroit, de verser chaque année un 
impôt extraordinaire de mille livres, monnaie de France. 

Hélas, ce fut une nouvellf déception. Les Juifs (rA\ignon com- 

1. Anliivi's ilu Viiuilusc, (1, 2j, 

2. Voir pitMi; juslilicalivf. 

T. Ml. N" 10 i. 20 



306 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

battirent énergiqiiement la proposition des Carpentrassiens, si bien 
qu'en sa séance du 22 novembre 1777, le Conseil municipal la re- 
jeta par 22 voix contre une. 

Jules Bauer. 



PIÈCE JUSTIFICATIVE 



SUPPLIQUE DE QUELQUES JUIFS DE CAUPENTHAS. 

-l très illustres et magnifiques Seigneurs 3fessieurs les Consuls 
et assesseurs de la ville d'Avignon. 

Létal actuel du local de la carrière des Juifs de la ville de Carpentras, 
soit par son peu d'étendue, soit par l'impossibilité de s'agrandir, et enfin 
par les grands risques de rélévation des bâtiments déjà existants, est 
connu dans toute la province, dans cette ville d'Avignon et dans toute la 
contrée, pour incapable et insuffisante à l'effet de contenir tous les habi- 
tants et pas seulement même leur plus grande partie. En cet état, plu- 
sieurs familles juives de Carpentras sont dans la dure nécessité de s'ex- 
patrier absolument, ou du moins faire une émigration dans une autre 
ville des Etats de notre Saint Père le pape. 

Le premier parti, de s'éloigner absolument de leur pairie n'est pas de 
leur goût, elles préfèrent le second pour continuer de rester dans les 
Etats du Saint-Siège et y vivre sous les lois que les souverains pontifes 
ont prescrites à la nation juive. Sous ce point de vue, ces familles juives 
sont portées à choisir la ville d'Avignon et se flattent d'obtenir à cet effet 
tous les agréments nécessaires des seigneurs supérieurs et la suprême 
autorisation de notre très saint père le pape avec toutes les dispenses et 
dérogations requises pour former cette espèce de colonie. 

Avant que de porter leurs très humbles supplications pour obtenir la 
grâce d'un tel établissement dans notre ville, ces familles juives de Car- 
pentras estiment devoir, Messieurs, vous instruire de leur projet afin de 
rapporter votre consentement et, par votre canal, celui du Conseil ordi- 
naire et extraordinaire de cette ville d'Avignon et faire cesser par là 
toutes les difficultés (jui pourraient survenir. 

Pour remplir cet objet, ces familles ont l'honneur de vous observer 
qu'il est notoire que le local de la carrière des Juifs déjà existant dans 
votre ville est trop étroit et n'est pas susceptible d'agrandissement 
capable de les recevoir et de les loger; d'autre part, l'enceinte spacieuse 
de votre ville offre divers emplacements non bâtis, sur partie descjuels 
ces familles peuvent faire construire des habitations qui ne portent 
aucune sorte de préjudice ni au public, ni aux particuliers, et qui sont 



NOTES ET MELANGES 307 

enlertnés dans un même enclos totalement isolé el qui nait que deux 
portes ou issues au dehors, comme toutes les autres carrières des Juifs 
dans cet Etat, avec la commodité d'une synagogue dans la même enceinte 
et d'un cimetière au dehors. 

Mais comme il ne suffirait peut-être pas que la ville d'Avignon n'eût 
rien à craindre d'un tel établissement, il est encore à propos de lui pré- 
senter les avantages considérables qui peuvent lui en revenir. Ces avan- 
tages consistent : 1° En l'augmentation de sa population, i" En la con- 
tribution au support de ses charges publiques par le payement de ses 
gabelles à faire par ces nouveaux habitants. 3° Enfin par une subvention 
extraordinaire que ces familles ainsi transplantées dans Avignon sont en 
état d'offrir à la ville pour faire contrepoids de la participation qu'elles 
acquerront au commerce général de cette ville. 

Cette subvention extraordinaire pourra être établie el fixée en ime 
somme payable chaque année à commencer du jour que les familles 
juives transplantées jouiront effectivement et pleinement de la grâce de 
leur établissement en tel quartier éloigné et séparé dans l'enceinte de 
cette ville. Cette subvention annuelle et perpétuelle, qui sera fixée inva- 
riablement el pour toujours envers la ville, sera supportée solidairement, 
tant par les familles juives qui commenceront cet établissement, que par 
toutes les autres qui viendront s'y joindre dans la suite, suivant la répar- 
tition quelles en feront entre elles, ainsi qu'elles aviseront. Et les fa- 
milles juives qui ont l'honneur de vous présenter ce mémoire, tant pour 
elles que pour les auli'es qui viendront dans la suite, otïrenl même de 
porter cette subvention annuelle et perpétuelle jusqu'à la somme de 
mille livres, monnaie de France. 

Signé : Mardochée de Carcassonne, Mardechée Crémieux fils, Mardochée 
de Monlel, Benestruc de Millaud. 

Archives ilc Vauduse DdilM-rations du (Joiisoil do Ville, tome XXIV.) 



BIBLIOGRAPHIE 



Martin (François). Le Livre d'Hénoch, traduit sur le texte éthiopien. 
Paris, Letoiizey et Ané, 1906 : in-8* de cli-SI'J pp. 

Les études de critique biblique et d'exégèse scientifique pénètrent de 
plus en plus depuis quelques années au sein d'une partie du haut clergé 
catholique, qui estime que la méthode d'autorité et l'apologétique aprio- 
ristique ne peuvent plus suffire. On s'incline toujours, sous peine de s'ex- 
clure de l'Église, devant son magistère souverain, là oîi elle s'est exprimée 
nettement, mais, partout ailleurs, la parole est à la science, à la critique 
textuelle, à l'histoire, à l'archéologie. La nouvelle organisation de l'ensei- 
gnement des langues sémitiques à l'Institut catholique de Paris et l'insti- 
tution de diplômes correspondant à cette branche d'études sont un signe 
des temps. M. F. Martin, professeur de langues sémitiques à cet établis- 
sement, a entrepris de mettre les sources, les originaux de la littérature 
religieuse à la portée des catholiques qui veulent s'éclairer par des traduc - 
lions et des commentaires qui soient au courant de la science. Ce travail 
étant déjà en train pour la Bible, M. .Martin s'applique, quant à lui, à la 
littérature « extra-biblique ». <■ Les annales des rois d'Assyrie, dit-il (p. x\ 
les légendes mythologiques des Babyloniens, leurs textes rituels et juri- 
diques, leurs psaumes et leurs hymnes, les inscriptions phéniciennes, les 
livres apocryphes de l'Ancien et du Nouveau Testament, les Targums 
sont confinés ou disséminés dans d(>s ouvrages spéciaux ou dans des tra- 
ductions en langues étrangères, oîi ils gisent inconnus et inaccessibles à 
la foule des lecteurs. » Le présent volume est le premier d'une série qui 
sera consacrée aux apocryphes de l'Ancien Testament. 11 s'agit donc, pour 
M. Martin et ses collaborateurs, de donner un écjuivalent en français au 
recueil de Kaulzscli. Jhr Apukiyphni uml Psrudrpiijfdphrn des Allen 
Testaments, paru à Tubingue en lOOd. .M Boxh-r, professeur de grec à 
l'Institut catholique de Paris, s'est chargé des Livres sibyllins ; M. La- 
bour t, des nie et IV<= Licres d'Esdras et des III» et IV»-' Livres des Maccha- 
bées, etc. M. Martin s'est réservé, pour lui et ses élèves de la conférence 
d'éthiopien, Urnorh, le Livre des Jubilés et le Martyre (t'Isair. II faut 
louer M. M. d'avoir entrepris cette série de publications, »iui comblera une 



BIRLIOGRAPIIIE 309 

lacune fâcheuse. Le présent voliinie, très soigneusement t'tabli, fait bien 
augurer des suivants. La traduction estprécéd(''C d"une introduction éten- 
due, qui consacre un i'' chapitre à l'analyse du livre, le cliap. ii à l'ex- 
posé des doctrines religieuses et eschatologiques, en tenant compte, dans 
cet essai de synthèse, du caractère composite et assez disparate du Livre 
d'Hénoch. Le ch. m traite de l'histoire du Livre, examine à nouveau les 
difticiles problèmes littéraires qu'il soulève et la (iiieslion des dates à 
assigner aux « neuf ou dix œuvres ou traditions distinctes qui en for- 
ment le fond ». Signalons, à ce propos, que M. Martin arrive, sur certains 
points, à d'autres conclusions que ses devanciers ; les ch. i-xxxvi, d'après 
M. Martin, remonteraient au début des persécutions d'Antiochus Kpi- 
phane, à 166 environ. Le Livre des Songes ch. Lxxxiii-r.x) serait de l'é- 
poque comprise entre 166 et 161, pendant les triomphes de Juda Maccha- 
bée et avant sa mort. M. Martin suit surtout en cela la manière de voir 
de M. Charles, auteur de la plus récente étude sur le Livre des Jubilés. 
D'après cel aulear, Iq JAvi'e des Jubilés date de 135 environ, et, comme 
cet apocryphe cite le Livi-e des Songes, ce dernier écrit est donc antérieur 
à cette date, et le personnage symbolisé par la longue corne ne peut plus 
être, comme le croyaient Dillmann, Schi'irer et Béer, .lean Hyrcan, mais 
Juda Macciiabée. M. Martin aurait bien fait de rappeler sur quels arguments 
se fonde M. Charles pour reculer si loin la date du Livre des Jubilés, géné- 
ralement placée par la critique au 1" siècle de l'ère chrétienne. L'intro- 
duction se termine par une bibliograpliic détaillée. Vient ensuite la tra- 
duction, accompagnée de deux séries de notes, les unes de critique 
textuelle, les autres explicatives, historiques, etc. Un index, une table des 
passages cités de la Bible et des apocryphes terminent cet utile volume. 
Quelques corrections en parcourant : p.cxi, lire Métatron, non Mélatron ; 
p. cxu, 1. Perousch Ha-Telillot, non Penusch Ha-Tetikot; p. 10, n. 1. à 
propos de la chute des anges, il faut renvoyer aussi à Josèphe, AnI., 1, 3, 1. 

JuLiE.N Weii.l. 



Smmii (William Benjamin . Der vorchristliche Jésus ncbst weitcrcn Vor- 
studien ziir Kntstolnmfis^t'sihii'liti' di's l rchristcninins, mit cineni Vorworte 
von Paul Wilhelm Srlimiedcl. «liosscn. A. Topclmann, t'.lOli: iri-S» de xix- 
2i:{ pp. 

Etudes du plus vif intérêt, pleines d'érudition et d'une grande hardiesse 
sur les pi'oblèmes que soulève l'apparition du christianisme. Dans les 
cinq dissertations de ce recueil, r('digées en diverses circonstances et qui 
eussent gagné à être refondues pour éviter des répétitions, l'auteur, un 
mathématicien américain, doublé d'un théologien éniinent, soutient une 
thèse singulière : le christianisme est antérieur a Jésus. Il n'a pas eu un 
centre de développement uniciue, Jérusalem : c'est im feu cjui s'est allumé 
en des endroits multiples. Il y a eu une doctrine, un culte de Jésus, aux 



MO hevuf: des études juives 

environs do l'ère chrétienne (de 100 av. jusqu'à 100 après) parmi les Juifs 
et surtout les Hellénistes, doctrine secrète, de caractère magique, dont on 
peut retrouver les traces certaines. L'impossibilité d'expliquer certains 
textes de la littérature apostolique, telle l'expression Tèi 7:cp> toO 'if,«0, 
comme se rapportant^àla vie et à la personne historique de .Jésus, d'autres 
indices ingénieusement analysés tendent à faire croire que .Jésus était une 
essence surnaturelle, une idée théologique préchrétienne, que son nom 
était un sortilège, une devise douée d'une efficacité magique et qui exerçait 
son action lors du haptême, de certaines guérisons miraculeuses, dans 
l'exorcisme, toutes pratiques en usagechez certaines sectes juives bienavant 
le christianisme et qui nous reportent à la métropole delamagie,Babylone. 
Jésus serait, selon l'étymologie, l'un des noms de la Divinité, le sauveur, 
le libérateur. — L'apposition « le Nazaréen » ne viserait pas du tout le pré- 
tendu lieu de naissance de Jésus, Nazareth, qui, au début de l'ère vulgaire, 
n'existait nulle part sur la carte de Palestine, et dont on a vainement 
cherché ii retrouver le nom dans un passage du Talmud. Nazaréen s'expli- 
querait tout uniment par la racine si fréquente dans la Bible et les textes 
assyriens, "lit; ou "i:2ï, qui signifie veiller, protéger. La forme syriaque 
Nasarya, attestée par d'authentiques et anciens témoignages, ne serait autre 
chose que le composé Nasar-ya z= Servator Deus. Le mot Nauapta qui se 
trouve sur le papyrus magique édité par Wessely reproduit encore cette 
forme. La secte des Nasapaiot qu'Epiphane signale comme ayant existé 
avant le Christ et ne l'ayant pas connu, ne saurait tirer son origine de la 
pseudo-ville de Nazareth, et le renseignement fourni par Épiphane ne 
peut d'ailleurs être révoqué en doute : c'étaient donc des D"'n::i3 avant la 
lettre. L'iviaxicri!; du Christ, expression qui revient si fréquemment dans le 
N. Testament avec les mots complémentaires àxvjxpwv résurrection d'entre 
les morts), aurait signifié originairement que Jésus fut suscité (comme 
Messie, comme juge, etc.) et non ressuscité. 11 y a eu passage lent d'un 
sens à l'autre quand la légende de Jésus historique a pris corps. Les « deux 
grandes idées » annoncées, l'une, plus austère, par Jean-Baptiste, d' « un 
qui devait venir» (le Christ, le Messie), l'autre, plus douce, plus aimable, 
de Jésus, distinctes d'abord, ont été soudées ensemble de façon à former le 
concept messiano-humanitaire,si l'on peut s'exprimer ainsi, de Jésus-Christ. 
La parabole mystérieuse du Semeur (Marc, 4) faisait allusion originaire- 
ment, comme on le voit dans la version Naassénienne qui est, selon 
M. Smith, antérieure au christianisme, aux semailles du logos par la puis- 
sance créatrice, conception sto'icienne dont le gnosticisme populaire a 
hérité. Enfin, la plus ample dissertation du volume lente de démontrer que 
répitre aux Homains de saint l*aul était inconnue avant 100. 

M Schmiedel, qui présente aux lecteurs européens le hardi défenseur 
de ces thèses originales, s'en déclare l'adversaire, mais avoue qu'elles sont 
difficiles k réfuter, tant l'ai'gumentation en estabondante, habile et serrée. 
Il ne nous appartient pas d'en faire la criticiue. La plus spécieuse de ces 
démonstrations nous semble ètie celle ([ui a Irait au mot de Xaznréen. 
Quoi (pi'il en soit, souhaitons ([ue lauleur iloniic une suite et un dévclop- 



BIBLIOriRAPIlIE 311 

pement tout à fait homogènes à ces « Vorstiidien » si curicusos et si 
attachantes qui tendent à bouleverser les idées qu'on se faisait jusqu'ici 
de la genèse du christianisme et qui provoiiueront sans doute des contro- 
verses intéressantes 

Julien Weill. 



Hatxku (B.,. d'^5'01~l"'1 'jT'!^ nSHN "IDO. Vari.inten und Erjîiinzungcn des Textes 
des Jenisaleniischen Talmuds nach alten Quellen und handscln-iftlidien Frag- 
nionfpn. Traktat Scliewiith. Wilna, 1905; in-S" de iv-H8 pp. 

La troisième partie des scolies de Hatner sur le Talmud de Palestine 
est suivie à un an d'intervalle de la quatrième, qui porte sur le 
traité Schebiit et donne, en 118 pages, des variantes et des remarques 
critiques sur le texte de ce traité, qui embrasse 28 colonnes (33 a — 39 rf.). 
Ayant suffisamment apprécié, en rendantcompte des volumes antérieurs', 
l'importance et la valeur du travail de Ratner, je me bornerai cette fois à 
faire ressortir ou à rectifier certains détails, principalement ceux qui se 
rapportent aux noms des autorités talmudiqnes. 

Relevons avant tout, avec un sentiment de reconnaissance, que le nom 
d'un Amora palestinien, qui n'était connu jusqu'ici que par la liste 
d'Abraham Zaeouto, dans son YoKhasi)} (éd. Filipowsky, p. toO, et qui 
n'avait trouvé place ni dans le catalogue de Frankel ,Mebo ha-Yerou- 
schalmi, p. 9:> b), ni dans mon supplément à ce catalogue (Die Agada der 
palast. Amorder, I, b69), dissimulé qu'il était par une faute, nous est 
heureusement rendu par Ratner. 11 lit, en effet, à la fin du chap. i (33 c, 
1. 16,1 ps^na -13 pi-^ ■'nn, au lieu de "jD-^nij no pi-i ■'an (p. 8). Ce 
Youdan b. Tryphon i^ou Tarphon) ' serait, d'après une conjecture expri- 
mée en appendice (p. M3), identique avec le "'n-ia ps-icj "^nm ri"i3 pT^, 
dont lépitaphe a été trouvée il y a vingt ans à.laffa fSchiu'cr. Gesch. d. Jùd. 
Volkes, II, 378). Dans un autre appendice, placé à la tin du livre (p. 118), 
Ratner ajoute que Youdan b. Tarphon, l'Amora palestinien, avait deux 
frères: Simon b. Tarphon (b. Schebonot, 47 bi et Tanhoum b. Tarphon 
(j. Biccourim, 64 c, 1. 60). Mais il oublie (jue le premier est un Tanna et 
appartient à peu près à la première moitié du u* siècle (v. Bic Agada der 
Tannailen, I, 2« éd., 447). 

Sachons-lui gré aussi de nous avoir montr('' quil n'a jamais existé 
d'Amora du nom de nï3D'i::"'D, (jue Frankel aussi bien que Kohut et 
que Levy enregistraient, sur la foi de j. SchebiU, 36 c, 1. 62. Ratner 
(p. 53) montre que ce prétendu nom est le verbe connu et que la ques- 
tion reproduite ensuite dans le Ycrouschalmi fut posée par Yosé à Aha. 

1. V. lievue, XLIII, :J10-317 ; XLVI. loi-159: L, 140-144. 

2. L'ortlioirraiihe avec i, cuiistatt'e aussi p;ir Ratner plusieurs fois dans re Vdluiiu". 
prouve qu'on prononçait ce nom, non seulement sous la forme liébraisée TarphoiÉ 
'saint Jérôme dit : Telphoni, mais aussi sous sa forme irreciiuc primitive. 



3i2 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Ratner (p. 10) trouve assez singulier que dans la Mischna de Schebiit, 
II, 3, Simon (b. Yoliaï) discute l'opinion précédente de Josuc (c'est-à-dire 
Josué b. Hanania), mais son étonnement est sans raison. Certes, la leçon 
ï^nin^ 13 3>'Oir;"^ '"1, qu'on trouve chez un ancien commentateur, est digne 
d'attention ; mais aucun texte n'atteste l'existence d'un Tanna de ce nom, 
car dans le Yalkout.suv l.évit., x.wi, ;jO, m^r:•' est une faute pour rimp 
(dans le Sifra, ad /oc). 

Dans Schebiit, Uh., 1. 1, Ratner veut introduire, au lieu de r;:"i"« "'m 
N-t-^-iliîn, le nom de N-'iTii: la m-ii 'i qu'on trouve dans le passage 
parallèle [Nedarim, 40 h, 1. 00). lia tort en cela, car ce dernier nom 
ne se retrouve nulle part ailleurs. Par contre, il a pu facilement arriver 
que «■^•'"1X12 (c'est-à-dire de Botzra, ou Bostra) devînt N'«"'Tii: 12, ce mot 
ayant subi ailleurs des altérations semblables ; ainsi la Pesikta, il b, dit 
N"!*!!: na pour niliSin (v. Die Aqada d. paliist. Amoràer, III, 723). De 
"'"-I i^ilT' 'n) on a pu facilement faire mT» '"i. 

Dans la remarque sur 34 c, 1. 66 (p. 22', les deux Houna, l'Aniora baby- 
lonien du iu« siècle et l'Amora palestinien du iv>^ ne sont pas suffisam- 
ment distingués. Celui qui, dans ce passage et dans Aboda Zara, i, 2 
(39 c, 1. 34), rapporte un dire au nom de Nahman b. Jacob est le Pales- 
tinien (donc NDir; "'nn) ; v. aussi j. Eroubin, 22 a, 1. 11 ; par contre, celui 
qui est nommé dansb. Temoura, 10 a, et dont l'opinion est rapportée 
par Nabman (ici probablement Nahman b. Isaac), est l'Amora babylonien. 
11 est vrai que dans j. Berachot, 4 b, 1-9, Ratner corrige, et avec raison, 
les mots NjI" 21 n">:î3 Njir: m en effaçant le second Njir; ; mais un 
exemple authentique d'une parole du Houna babylonien rapportée par 
le Houna palestinien se trouve dans j. S(inhi'<lrin, 21 a, 1. 63 inz^n "^an 

K!"" 3-1 202). 

Une excellente émendation de Uatncr (p. 23, sur 34 d, 1. 4) est celle 
de na entre ""'pTn et apy en ^3"i, fondée sur ce qu'ailleurs encore 
Hizkiya produit des enseignements au nom de Jacob b. Aha. De la sorte, 
il raye de la liste des Amora le « Hizkiya, tils de Jacob b. Aha » «dans 
Frankel, p.8l b). 

L'identité d'Abba b. Zemina, le héros de lanecdote de 35 a-b, avec le 
pieux tailleur du récit de Tanhouma dans (^f'/j. r., xii (p. 30) a été con- 
jecturée aussi par moi {Aaada d. paldst. Amor., III, 6'à2). 

De ce que Abahou se fait le rapporteur de Hanina b. Gamliel (35 b, 
1. 24\ Ratner l'p. 32) déduit l'existence d'un Amora de ce nom, contem- 
y)Orain d'Abahou. La conclusion n'est pas exacte. Nous nous trouvons 
plutôt en présence d'un des nombreux cas où un Amora postérieur 
rapporte l'opitiioii d'un ancien Tanna. Ailleurs encore, Abaliou en rap- 
porte au nom de Hanina b. Gamliel (v. b. Nednrim, 53 <i, 62 a ; cf. 
Guitlin, 7 a). Au reste, H fichier (/)j^ Pricster itndder Culfim. p 14) admet 
deux docteurs de ce nom, mais tous deux tannaïtes. 

Ratner (p. 35) interprète dune façon originale le mot r:P"'"'n (dans 
35 b, I. 68), qui détie toute explication. D'après Ihypotlièse émise en 
second lieu, le nom (iim docteur au nom diiiiuel une opinion est rap- 



BIBLIOGRAPHIE 313 

portée par Hiyya b. Abba, serait identique avec le père de lagadiste 
Lévi b. Haïta. Cependant, cette identité est presque impossible, car Lévi 
b. Haïta lui-même se trouve rapporter une fois (Gen. r., ch. xxxix) un dire 
d'Abba, fils de Hiyya b. Abba ; son père Haïta était donc plus jeune sans 
doute que Hiyya b. Abba. 

Sur 37 c, 1. 55 (p. 08). La leçon "Di'^'n ms 'n est plus exacte que celle 
qui ajoute un T devant "OT* '"i ; car c'est Pedat qui rapporte la parole 
de Yohanan, après l'avoir recueillie de la bouche de Yossé (c'est-à-dire 
Assi, le disciple de Yohanan). Pedat, fils du célèbre Eléazar b. Pedat. était 
Amora (orateur ou interprète) de cet Assi (v. j. Mc(ii(ill(i, 75 c, 1. 21). 

Une correction évidente est celle de "'i:'- ">r"'S mir;"^(38 h, 1. 10) en 
birin c^N ■'DT' (p. 77 . 

Des mots "^i^N ';73 nyn':: nx 30 c, 1. IDRatner (p.99)conclut que, dans 
le nom "td p mT" '"i. Pazzi désigne le nom du père de ce Juda, qu'il exis- 
tait donc un docteur du nom de Pazzi (de même Frankel. Meho, 121 o). 
— Mais je crois avoir démontré par des arguments péremptoires que Juda 
b. Pazzi n'est autre que Juda b. Simon b. Pazzi on i)lus brièvement Juda b. 
Simon, et que dans les mots en question il est fait allusion à son père 
C^TOplirTa*- 'non ';n7:"'0'-i).'V. Die Agada der palâst. Amor., 111,160-162 . 

Parmi les remarques heureuses de Ratner, relevons les suivantes: celle 
qui se rapporte à la mischna do Srhrbiit, v, 6 (p. 44), dans laquelle les 
mots "iPTibi -nD'N5 n'oftront aucun sens convenable. H. signale la 
variante qu'on trouve chez Haï Gaon : 'jrT'bT NO"'"'? et (jui donne 
une excellente signification « pour en faire commerce ». Il suppose 
avec raison que l'abréviation V"!'? ^'jrT'bi N\::'^*5 a donné lieu à 
la fausse lecture irr^ribi -nD"'Nb, qui se lit dans toutes les éditions 
de la Mischna, et qui est attestée aussi par Maïmonide. 

Ailleurs encore, Ratner applique une critique attentive au texte de la 
Mischna sur notre traité, en signale les variantes et en examine les difficul- 
tés; voir, p. ex., p. 27 sur IV, 2), p. 94 (sur ix,8). Parmi d'autres observations 
de Ratner, les suivantes méritent d'être notées : p. 5, sur 33 6, 1. 50(Oî<"n3' 
nstan); p. 6. sur 33 b, 1. 54 ; p. 29, siu- 35 a, 1. 44; p. 33, sur 35 h, 
1. 39; p. 42, sur 35 d, 1 62 , p. 54, sur 36 d, 1. 13 ; p, 58, sur 37 «, 1. 9; 
p. 65-66, sur 37 c, 1. 37 ; p. 70, sur les halakhot touchant l'année sab- 
batique qui manquent dans la Mischna de Schebiit. et ([ui se trouvent dans 
la littérature traditionnelle: p. 107-108, sur 39 d, l. Il, sur des lacunes 
dans le texte du Talmud Yoroiischalmi. 

Parmi les notes dans lesquelles le texte ordinairi' du Yeroiiscluilmi est 
complété d'après des citations, signalons : p. 2, sur 33 «, 1 :19 ; p. 3, sur 
33 a, 1, 73; p. 8, sur 33 c, 1. 17; p. 16 sur 34 a, 1 . 34 , 
p. 39, sur 35 c, I. 44; p. 48-49, sur 36 />, l. :;i : p. 74. sur 38 a, 1. 40; 
p. 106-107, sur 39 rf, 1. II ; p. 112. sur 39 rf, 1. 51 , ]). llii addition k la 
p. 64), sur 37 r, 1 12. Dans d'autres, Ratner prouve (jue des additions ont 
été intercalées dans le texte du Yerouschalmi : p. 2, sur 33 a, l. 61 ; ibid., 

1. En cet ecidroit \>. 162. ii. l. 1. 5). il faut, après DiCTa, ajouter : -17;S\:; T^2N 



314 HEVUE D1:;S HrUDIiS JUIVES 

sur 33 n. 1. ()3 ; p. 14. sur 34 a, 1. 7 ; p. 26, sur 34 d, I. 43 ; p. 48, sur 30 b, 
1. 28; p. 94, sur 39 a, 1. o. 

Le texte du Yerouschalini tel qu'il a été reproduit par les éditions de 
Zitomir et de Pietrkof, fondées sur celle d'Amsterdam, contient des 
fautes qui ne se retrouvent pas dans l'édition de Krotoschin, reproduction 
de celle de Venise. C'est pourquoi R. rectifie des fautes qui n'existent pas 
dans l'éd. de Krotoschin, ayant avant tout égard aux éditions répandues 
en Russie. Aussi certaines de ses remarques paraissent-elles superflues 
(p. 12, sur 33 d, 1. 55 ; p. 21, sur 34 c, 1. 31 ; p. 50, sur 36 h, 1. 76 ; p. 90, 
sur 39 6. 1. 46). 

11 est intéressant de voir R. relever de graves erreurs dans l'ouvrage 
d'Halévy, Dorot ha-Rischomm: p. H, sur 33 cf, 1. 51 ; p. 41-42, sur 35 b, 
1.53; p. 53, sur 36 c, 1. 06). 

C'est avec un sentiment de profonde tristesse que j'ai pris en main 
cette partie de l'ouvrage de Ratner. Elle paraissait juste au moment où 
les Juifs de Russie étaient, en de nombreux endroits, victimes des plus 
cruelles persécutions, et où l'histoire d'Israël s'enrichissait d'une page de 
massacres et de violences, dont n'approchent même pas les terreurs des 
Croisades et les carnages des bandes de Chmielnicki. C'est dans ces temps 
de deuil et d'horreur que, du cabinet paisible d'un savant de Wilna, sort 
un ouvrage qui est le fruit de recherches tranquilles et d'un infatigable 
labeur intellectuel : n'est-ce pas une preuve que le talent et l'activité 
spirituelle des Juifs russes ne sont pas refoulés par leurs souffrances 
inouïes, et qu'avec l'ère nouvelle de liberté civile et d'égalité qui, il faut 
l'espérer, s'ouvrira pour eux, la science du Judaïsme ne sera pas moins 
considérablement favorisée par leur collaboration ? 

Le travail de M. Ratner mérite d'être soutenu dans l'intérêt de l'étude 
scientifique du Talmud. Paissent des subventions appropriées lui permet- 
tre de faire paraître les autres parties de ses scolies sur le Yerouschalmi! 

Budajiest. novembre lOOiJ. 

W. Hacher. 



Dalmax [(',:<. Grammatik des jûdisch-palàstinischen Aramâisch nach 
(Jen Idiouien des paliislinisclien Talinud, des Onkeloslarguni iiiul der jenisa- 
lemischen Targunie. 2" édition. Leipzig, Hinriclis, l!)0o : in-S» de xvi-419 pp. 

La Grammaire de Varaméen judéo-palestinien, publiée par Dalman en 
1894, a vu ses mérites si bien reconnus que, dans l'espace relativement 
court de onze ans, il a pu en paraître une seconde édition, et il faut 
accueillir avec une sincère reconnaissance cette nouvelle édition, aug- 
mentée et considérahleniout corrigée. Presque à chaque page de ce volume 
on remarque que l'ouvrage est resté continuellement sur le métier. Mettant 
à profit toutes les ressources qui étaient à sa disposition, en contact intime 
et constant avec la littérature de son sujet, qu'il a attentivement suivie et 
étudiée jusque dans ses plus petits recoins et dans ses plus récentes 
nianilestalions. (ju'il a fonsciein'ieuscineiit app;-éciée et exploitée, il a 



HIBLIOGRAPflIE :115 

tâché, et ses efforts ont été couronnés d'un plein succès, de s'acquitter 
de la tâche difficile qu'il s'était proposée : décrire les dialectes araméens 
parlés par les Juifs de Palestine à l'époque post-biblique, chacun à part 
et avec l'indication détaillée des sources, la tradition yéinénito servant 
de base pour le Targoum. C'est pour la première fois que le dialecte du 
Targoum des Prophètes et du Targoum des Meguillot est rapproché et uti- 
lisé ici pour nous faire mieux connaître la grammaire de l'araniéen judéo- 
palestinien. 11 est tenu compte des aramaïsmes de la Mischna v. p. 10), 
mais la Tosefta est, par contre, laissée décote. Pour le dialecte duTargoum 
Onkelos, on a mis à profit, à part les textes manuscrits et imprimés qui 
avaient déjà servi précédemment aux rapprochements, un nouveau 
manuscrit et l'édition du Pentateuque publiée dans l'intervalle par les 
Juifs yéménites de Jérusalem'. Une autre addition précieuse est celle des 
renseignements tout personnels tirés par le savant auteur delà pronon- 
ciation et des formes linguistiques du parler des Yéménites du chris- 
tiano-palestinien et du dialecte de Ma'loula. 

La disposition des matières et leur répartition en 84 paragraphes est 
restée la même que dans la première édition. Extérieurement, retendue 
du volume, y compris l'Appendice, est montée de 328-f-20 à 394-|-25 pages. 
Ce qui est plus important que l'augmentation du nombre des pages, c'est 
l'enrichissement en quelque sorte interne du livre grâce à un grand 
nombre d'additions et de corrections précieuses, en partie aussi grâce au 
remaniement complet de certains passages. Dans l'étude de l'écriture et 
de la phonétique (« Schrift uud Lautlehre ») beaucoup de données ont 
été complétées et rectifiées, et presque autant dans celle des formes 
(« Formenlehre »), particulièrement le nom et le verbe. Les tableaux 
comparatifs de l'Appendice ne sont pas limités, comme dans la première 
édition, au nom et au verbe, mais embrassent, en outre, les prénoms, les 
adverbes, prépositions et conjonctions dont l'emploi est fn^quent. Les 
erreurs ont été effacées, les inexactitudes corrigées avec le soin le plus 
scrupuleux. Le tout forme un ouvrage qui se tient toujours dans 
le plus rigoureux esprit scientifique. Les matériaux, d'une riche 
abondance, ont été mis en œuvre à la perfection et de main de maître, 
avec une compétence étendue, une science pliilologique profonde, 
une critique exercée el une clarté transparente. Même si, comme 
Dalman le remarque dans sa Préface, l'intérêt excité par la langue de 
Jésus a contribué principalement à l'accueil empressé ({u'on a fait k une 
Grammaire de l'araniéen judéo-palestinien, les efiorts dépensés pour 
l'étude d'une langue morte depuis longtemps n'auront pas été perdus, 
dussent-ils ne pas servir autant que l'espérait l'auteur a rendre compte de 
l'apparition de Jésus. Du point de vue élevé de la science, même les recher- 
ches non tendancieuses ou plutôt celles-ci surtout valent la peine qu'elles 
coûtent. 

1. Dalmaii partaire d'aillcui-s l'opinion, m apparence rtran|.'e. mais sans ilnulc fondre, 
que nous avons dans la laiif-^ue du Tarimum Onkelos. non jias precisc-nifiit un dialecte 
populaire réellemrnt iiaili- par les .Juifs, mais seulement un dialecte littéraire fori-'é eu 
Judée. 



316 REVUE DES ETUDES JUIVES 

La correction du texte obtenue, malgré l'éloignement de l'auteur du 
lieu d'impression, est tout à fait satisfaisante. Le mérite en est partagé 
entre la maison Drugulin de Leipzig, si avantageusement connue, et le 
correcteur, qui est le savant J.-J. Kahan, de Leipzig. — J'ajouterai, 
pour finir, quelques petites observations. P. 2, ligne 13, au lieu de 
Ber. R., 74, lire Ber. R , 72. Les Tossafot sur Bab. K., 83 a remarquent 
expressément que^'OTiO'jTw? ef72"iN "jT^b paraissent identiques et en citent 
comme preuve ce passage de Ber. R., où le texte porte avec raison "'Omo 
non "'0"iD comme dans les éditions. P. 2. n. 2, il faut préciser : Raschi, sur 
Bab. À'., 83 a, ne parle pas d'une difîérenee entre ■'t^in iTwb et "^DliD pw?, 
mais il note seulement que, en comparaison du grec, qu'il appelle n^ 'ji^r' 
<( une langue élégante», le"^D"no';iï5best53'"3D ircîb .< unelanguemanqnant 
de beauté et de finesse ». Mais, sur .S'o^rt,49 b, Raschi (cité par Dalman,p 5) 
explique que "^OIID "jicVest apparenté à laraméen "^rnN "liTUb, après quoi il 
donne son opinion personnelle, à savoir que "'Dmo '\r::b est la langue du 
Talmud de Jérusalem et désigne la langue syriaque des Chrétiens. — P. 
16, 1. 6 d'en bas et p. 27, 1. 6, au lieu de 1791, 1. 1792. — P. 18, n. 2, au 
lieu de : « dans son Séfer ha-Yaschar », il faut : « dans la Préface de 
son Séfer ha-Yaschar ». — P. 27, 1. 7. L'édition des Consultations des 
Gueonim qui porte le titre (donné par l'éditeur) de naïUîrT^nyU} '0 (Leipzig, 
1858) n'est pas antre chose qu'une copie, mais une copie qui n'est pas 
exempte de fautes, du Recueil des Consultations □■'riî^^r! n"'iO 'o 
imprimé à la suite d^ "p'Cai m-ins et pc» p, Salonique, 1802. — 
P. 27, 1. 2 d'en bas, au lieu de Forins (en hébreu y'j"'"iSD) 1. Pa- 
renzo. — P. 30, 1. 12. Le Séfer ha Itlim a paru à Berlin, en 1902-1903 
Le passage cité s'y trouve i^ 175, p 258. — P. 53, en bas. Quand on parle 
d\\n yod en apparence quadruple servant d'abréviation au tétragramme, 
il s'agit tout- bonnement d'un yod double ou triple, et l'espèce de 
cédille qui reste, et qui ressemble à un yod, n'est que le signe de l'abré- 
viation. — P. 54, le paragraphe 4 a, qui traite de la ponctuation, ne résulte 
que d'une observation fortuite el isolée. Dans certains manuscrits hébreux, 
on trouve la ponctuation: dans d'autres elle manque totalement. Dans 
la première édition du Talmud palestinien, la séparation des phrases el des 
chapitres est marquée accidentellement par un simple point, et en cela 
l'indication de Dalman est exacte. Mais ce qu'il dit ensuite sur la ponctua- 
tion dans le Midrasch est renversé par le simple fait que l'éd. priuceps du 
Midrasch rabba emploie aussi bien des points à la fin de petits passages 
que des doubles points à la fin de passages plus grands, que celle du Yal- 
kout n'a ni points ni doubles points, ccilo du Midrasch des cinq Meguillot 
des doubles points, mais pas de points simples. — P. 107, 1. 27, au lieu de 
54 c, 1. 53 c, comme p. !12, 1. 11. 

Mais des remarques de si peu d'importance, dont ori pourrait peut-être 
augmenter le nombre de qiu'bjiies autres exemples, ne diminuent en rien 
la reconnaissance sans réserve (|ue nous devons à l'auteur pour son excel- 
lent travail. 

PORGÈS. 



ADDlTIOiNS ET RECTIFICATIONS 



T. L, p. 238, n<' 1.— Isaac Bengs, qui avait en t~39 six enfants, aurait été 
presque centenaire en 180i. D'autre part, Isaac ne correspond guère à 
Yischaï. Enfin, si c'eût été un « chantre >-, l'inscription hébraïque n'aurait 
pas manqué de le rappeler. N° 8, Alexandre Cahen est tils d'Isaac 
Cahen. De quel droit l'identifier avec Alexandre fils de Nathan Cahen? 
Au n" 9 Joseph Cahen est dit également tils de cet Isaac Cahen. Or là on 
l'identifie avec raison à Joseph tils d'Isaac Cahen. Il faut donc rayer l'in- 
scription hébraïque du n° 8. — P. 242, n" 108, Isaac Cahen est fils de la 
veuve Olrv Cahen. lequel Olry Cahen est identifié avec Jacob Ouri Cahen. 
Comment donc faire de cet Isaac Cahen un fils d'Abraham Cahen? — 
^"' 109. Nathan Cahen est banquier en 1739 et a quatre enfants à cette 
date. Ce n'est donc pas un jeune homme alors. Et il serait mort en 1816 
soixante-dix-sept ans après, plus que centenaire! — N° 110. Salomon May 
a pour fils Louis May et Moyse May. Comment donc identifier le premier 
Louis May avec un fils d'Isaac Seligmann May et le second avec un fils 
de Mai/ci- May? — P. 248, n° 288. On a mis un point d'interrogation après 
l'identification de Marc Halphen, père de cinq enfants en 1739, avec 
Mardochée fils d'Abraham Halphen mort en 1833. Cette précaution est 
superflue, la conjecture est sûrement fausse ; il ne faut pas supposer 
inutilement des longévités semblables. — P. 257, no 563. Pourquoi Jacob 
Cahen, père de deux enfants en 1739, serait-il justement Jacob fils d'Olry 
Cahen, mort en 1812? Pareillement pourquoi Isaac Lévy (n» 557), père 
de deux enfants en 1739, est-il le môme quLsaïe fils de Cerf Lévy, mort 
en 1814? Remarquez qu'au n" 550. on lit le nom d'un Isaïe Lévy; donc ce 
nom était courant a Metz et il n'y avait pas lieu de traduire Isaïe par 
Isaac. — Israël Lévi. 

T. LL p. 137. — Le document publié par M. Mauer a déjà été utilisé par 
M. Berliner dans son Histoire des Juifs de Rome, t II, p. 134, 208, 225. — 
D. Sinionsoii. 

IhkI., p. 280 et suiv. — (in me coniiiiunique les extraits sui\aiits qui 
intéressent l'iiistoire des eimelieros juifs de Melz : Recueil joarualier de 
ce qui s'est passé à Metz de plus mémorablr de 1656 à tGS.'i, par Joseph 
Ancillon, publié par Chabert, Metz, 1860: 

« En travaillant aux fortifications de derrière Chambiere on prit le 
<' cimetière des Juifs pour en l'aire une demy-lune. Ce que les Juifs 
<!. vovant, ils déterrèrent leurs morts (jui estoient ensevelis k l'endroict 



318 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

« qui estoit tracé pour faire le fossé de la deiny-lune et ramassèrent avec 
« soin non seulement les ossements, mais aussy la terre qui les avoit 
« couverts, et jusques aux moindres esquilles des cercueils, quoy que tous 
« pourris. Ils transportèrent le tout en grande cérémonie dans d'autres 
« lieux plus au dedans de la demy-lune. >•■ 

J. Reinach, Raphaël Léoy : « Le vendredi 29 Adar (1671 , M. Tlntendant 
« se rendit au Parlement; des huissiers vinrent dans la rue des Juifs et 
« conduisirent Libermann Wilstat en prison, ils voulurent s'emparer de 
« Rabbi Abraham Spire, mais il était au cimetière sur la tombe de Rabbi 
(( Jonathan, car ce jour-là on avait placé la pierre tumulaire sur la tombe, 
<( et rabbi Abraham était allé prononcer son éloge funèbre ; à peine avait- 
« il fini, qu'il s'e)i retourna par Le chemin de la porle ne voulant pas tra- 
« verser la rivière. )> 

Dans une notice sur Madame Rébecca Hadamard, née Lambert de Metz 
(la mère de l'imprimeur messin) [Archives isr., 1843, p. 14, on lit: « Vers 
« la fin de 1791 l'armée coalisée s'étant avancée jusque sous les glacis, 
« on crut devoir s'emparer des cimetières pour faire des rédoutes et ce ne 
« fut qu'après la Terreur qu'on céda un nouveau terrain pour en faire un 
e. cimetière.Gerf Lambert Wilstat y trouva sa dernière demeure avant même 
« que le mur de clôture ne fût achevé. Six mois avant, on avait trouvé 
« chez des revendeurs des vêtements mortuaires, talitte, etc. Tous ceux 
« qui avaient perdu des parents firent des recherches et reconnurent les 
« objets. On s'assembla pour délibérer, vu la terreur qu'inspirait encore 
« le souvenir de la Révoljution, les uns dirent qu'il fallait supporter cet 
« outrage. 

« La seule Madame Hadamard, comprenant la France et les droits civils 
« qu'on venait d'accorder aux Juifs, conjura ses coreligionnaires de l'aider 
a à arrêter ces indignes spoliateurs et, ne pouvant être secondée, entreprit 
« seule cette œuvre pieuse et porta ses plaintes jusque devant le repré- 
« sentant du peuple alors en mission à Metz, Celui-ci, touché, lui fit 
« rendre justice et punir les cannibales (jui avaient profané les touihes. ..» 
— N. Nctter. 

T. LU, p. 12'.t, 1. 1, eftacer « en Russie ». — B. Stroeff. 

Ibid , p. 160, au milieu, à propos de cniT'n o::. Nous renonçons à 
l'hypothèse de Maestrich. Le ms. utilisé par M. Adlcr otîre ime leçon 
préférable ^lî^'^'^P ON^ûVn, où M, Epstein a reconnu les villes de Metz et 
Trêves, toutes deux sur la Moselle. Cette lecture est adoptée avec raison 
par M. Adler {Jeu.\ Quart. Rev., n" de juillet 1906, p. 074, 6m.— Ibid., 1.9 
en partant du bas, la vraie leçon parait être plutôt 110 bs* (RM) ou "n^bx 
(R.), transcriptions qu'on trouve encore ailleurs du nom de lu ville 
d'Auxerre (Gross, Gallia Judaicu, p. 60). C'est la leçon qu'adoptent .MM. 
Epstein et Adler [op. cit., p. 675, 691), — /. ^V". 



Le (jéranl : Israël Lévi. 



TABLE DES MATIÈRES 



REVUE 

ARTICLES DE FOND. 

Bâcher i W.). Les Juifs de Perse au xviis et au xvin<: siècle (suite) 77 et 234 

Ei'PENSTEix (Simon). Mélanges d'exégèse et dïHymologie 193 

GiNSBURGER (M.). Les anciens cimetières Israélites de Metz 272 

GoLDziHER (I.). Mélanges judéo-arabes [suite) 43 et 187 

GoTTHEiL (Richard). Les Archives juives de Florence (fi)i) 114 

Heller (B.). L'épée gardienne de chasteté dans la littérature juive.. . 169 

L. i M.). L'esprit du Christianisme et du Judaïsme {fin) 1 

Lambert (Eliézer). Les changeurs et la monnaie en Palestine du i'^'' 

au iii" siècle [fin) 24 

Lambert (M.). Liste des circoncisions opérées par le Mohel Isaac 

Schweich (1775-1801) 282 

Lévi ilsraël). Les Juifs de France du milieu du i.\° siècle aux Croi- 
sades ICI 

Macler (F.). L'inscription hébraïque du Musée de Bourges 221 

Marmorstei.x. Les Signes du Messie 176 

Netïer (N.). Les anciens cimetières Israélites de Metz situés près la 

Porte Chambière (fin) 98 

PozNANSKi (S.). Un Commentaire sur Job de la France septentrio- 
nale 51 et 198 

RÉGNÉ (Jean). Rapports entre l'Inquisition et les Juifs d'après le Mé- 
morial de l'Inquisiteur d'Aragon (lin du xi v" siècle) 224 

Schwab (Moïse). Inscriptions hébraïques d'Espagne 215 

Stourozé (H.j. Les deux commentaires d'ibn Caspi sur les Proverbes. 71 

Stroïev (V.). Savants et hommes d'État russes d'origine juive 129 

NOTES ET MÉLANGES. 

Bauer (Jules). Ln projet d'établissement d'un second ghetto à Avi- 
gnon 304 

MriRANi-SAMARiAN (S.;. Le débat entre Anton de Moros et (ionzalu 

Davila 151 

Weill (Julien). Note sur une ancienne traduction fran^-aise manus- 
crite de l'Itinéraire de Benjamin de Tudèle 148 



320 BEVUE DES ÉTUDES JUIVES 



BIBLIOGRAPHIE. 

Bâcher (W, . ûrCTTiT 'jT'i: nnriN 'O- Varianten ii. Erganzungen des 
Textes des jerusalemischen Talmuds. Traktat Schewiith, 
par B. Ratner 311 

PoRGÈs. Gramnialik des jïidisch-palastinischen Aramaisch, 2° édition, 

par G. Dalman 314 

Weill (Julien). I. Les éditions nouvelles de l'Itinéraire de Benjamin 

de Tndèle 154 

II. Le Livre d'Hénoch traduit sur le texte éthiopien, par F. 
Marti.n 308 

III. Der vorchristliche Jésus, par \V. B. Smith 309 

Additions et rectitications 317 



ACTES ET CONFÉRENCES 

Heiche fM'"" Max). Nietzsche et le Judaïsme, conférence .\xv 



VERSAILLES. — IMPRIMERIES ("ERl , 1)9, RIE DUPLESSIS 




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