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Full text of "Traité complet de la prononciation française dans la seconde moitié du 19e siecle. 3. ed., entierement rev., et complétée par Chr. Vogel"

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TRAITÉ COMPLET 

DE LA 

PRONONCIATION FRANÇAISE 

DANS LA SECONDE MOITIÉ DU XIX^^ SIÈCLE. 

CONTENANT 

LES RÈGLES DE PRONONCIATION 

DE TOUS LES MOTS 

DE LA LANGUE FRANÇAISE, 

DE TOUS LES TERMES 

PROPRES AUX ARTS, AUX SCIENCES ET À L'INDUSTRIE 

ET DE TOUS LES NOMS PROPRES 

HISTORIQUES, GÉOGRAPHIQUES ET MYTHOLOGIQUES FRANÇAIS 
ET ÉTRANGERS. 



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TRAITÉ COMPLET 



DE LA 



PRONONCIATION FRANÇAISE 

DANS LA SECONDE MOITIÉ DU XIX" SIÈCLE. 

PAR 

M. -A. LESAINT, 

ANCIEN PEOFCSSEUa OE LANOUE ET DE LITTÉRATURE FRAHÇAISIS. 



TROISIEME EDITION 

ENTIÈREMENT REVUE, ET COMPLÉTÉE PAR 

LE PROFESSEUR DR CHR. VOGEL, 

CHEF D'INSTITUTION DE JBCHB8 OBNS A OBNÈVB. 




HALLE. 
HERMANN GESENIUS. 

1890. 



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Hannover. — Impr. August Grimpe. — Kanalstr. 3. 



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PREFACE 

de la seconde édition. 



L accueil aussi encourageant que flatteur qu'a reçu la 
première édition de ce Traité de Prononciation, épui- 
sée depuis sept ans, et les bienveillantes observations qui 
m'ont été adressées de diverses parties de l'Allemagne et 
d'autres pays à l'égard de cet ouvrage, auquel j'avais cru 
devoir garder un cadre un peu restreint, m'ont engagé à 
revoir tout le livre et, par de nombreuses additions et d'im- 
portants changements, à tâcher de lui donner, dans une 
seconde édition, un certain degré d'utilité qui lui valût au 
moins l'accueil fait à la première édition, tout imparfaite et 
tout incomplète qu'elle était. 

Pour cette secoç^e édition, absolument neuve, et qui n'a 
de commun avec la première que le titre, j'ai compulsé les 
livres les plus autorisés: dictionnaires et traités spéciaux des 
arts, des sciences, de l'industrie, d'histoire, de géographie, de 
mythologie, de marine, etc., recueillant avec le plus grand 
soin tous les mots et tous les noms propres qui, par leur 
prononciation exceptionnelle, pouvaient entrer dans la com- 
position de ce livre: travail minutieux, qui demandait un 
examen attentif de chaque mot. 

Pour les contemporains, — une des parties essentielles 
de ce Traité de Prononciation, — j'ai parcouru les diverses 
éditions de G. Vapereau {Dictionnaire des Contemporains), 
et j'ai également recueilli dans les journaux français, et 
surtout dans le Joiinial des Débats, le plus littéraire des 



YI PRÉFACE. 

journaux politiques, les noms plus ou moins marquants du 
temps actuel. 

Tous ces matériaux ainsi réunis font de ce Traité un 
répertoire abrégé des mots de la langue française, des noms 
propres historiques, géographiques et mythologiques, et des 
termes propres aux arts, aux sciences, à l'industrie, etc. 
Pourtant, il se présentera encore des lacunes, surtout quant 
aux noms propres. Mais si l'on veut bien jeter les yeux 
sur le Dictionnaire universel d'Histoire et de Géographie de 
M.-N. Bouillet, sur les diverses éditions du Dictionnaire des 
Contemporains de G. Vapereau, ou bien encore sur les seize 
volumes du Dictionnaire de la Conversation, on reconnaîtra 
qu'à moins de sortir du cadre raisonnable d'un tel livre, 
il eût été difficile de faire une plus ample moisson de noms. 
D'ailleurs, quant à la prononciation de ceux qui ne se trouvent 
pas dans ce Traité, on ne sera jamais embarrassé si l'on 
recourt à l'analogie, ou aux règles générales de prononciation, 
partout appuyées de nombreux exemples, et toujours suivies 
de la liste complète des noms dont la prononciation s'écarte 
de l'usage. 

Pour un ouvrage de ce genre, la prononciation de chaque 
mot devait être l'objet d'un mûr examen et avoir la sanction 
d'une autorité. Les excellentes grammaires de B. Jullien, les 
dictionnaires de Ch. Nodier, de Th. Bénard, de M.-P. Poitevin, 
de Nap. Landais, de P. Larousse, le Traité de Prononciation 
de Morin de Clagny, etc., etc., ont beaucoup facilité ma 
tâche, mais sans me permettre de la compléter. Pour quantité 
de noms propres qu'ont mis depuis peu en lumière les lettres, 
les arts, les sciences, la politique, etc., et qui ne se trouvent 
pas dans ces écrivains, j'ai dû recourir à la bienveillance de 
plusieurs personnes instruites de Paris, à même par leur 
position d'être exactement renseignées sur la prononciation de 
ces noms. Messieurs Adrien Jarry, George Bovy, Ulrich 
Magnin, Ste.-Marie L . . . , de Grécy et Delestrée, tous pro- 
fesseurs et amis, m'ont puissamment secondé dans mon travail 



PRÉFACE. VII 

par leur empressement à répondre à tontes les questions que 
je leur adressais. Qu'ils me permettent de leur en exprimer 
ici mes vifs sentiments de reconnaissance. 

Ce Tbaité de Prononciation est divisé en quatre 
parties. 

La première partie traite exclusivement des Sons, ou 
Prononciation des voyelles simples ou combinées 
avec d^autres voyelles ou une consonne nasale. 
Comme c'est peut-être ici qu'est la principale pierre d'a- 
choppement pour les étrangers, je vais, dans Tunique intérêt 
des élèves, et guidé par mes observations de chaque jour, 
signaler les fautes que sont disposés à faire la plupart des 
Allemands qui étudient le français. 

A moins d'une étude attentive ou d'une assez longue 
pratique acquise au milieu de Français bien élevés, on éprou- 
vera toujours des difficultés quand il s'agira de prononcer 
les voyelles simples et composées ai, ay, ei, ey, — e mtiet, 
e fermé, e ouvert, — eu — 0. Par exemple, gai, gaieté 
ou gaité, j'allai, etc., font entendre le son é fermé; balai, 
vrai, j'étais, ils seraient, fraîche, Epernay, la Haye, Ferney, 
seigle, il grasseyé, etc., le son è ouvert; faisant, nous faisons, 
etc., le son de l'e nmct; aiguille, elle aimera, balayer, baigner, 
vraiment, abaisser, Ceylan, etc., font entendre diverses nuances 
de sons entre l'é fermé et l'è ouvert, par suite des diverses 
positions des bivocales ai, ay, dans le mot. — Pour ce qui 
est de l'e muet, c'est tout simplement une habitude à ac- 
quérir. Mais que, sans une certaine pratique, un étranger 
veuille prononcer Catherine, Marguerite, tout de suite, le 
dessus, il se dévouera, nous lierons, on créera, papeterie, 
mousqueterie, Geneviève, ensevelir, palefrenier, ressentir, se 
ressouvenir, et tant d'autres mots, on le reconnaîtra im- 
médiatement à sa prononciation. — L'e fermé et l'e ouvert 
ne présentent pas moins de difficultés. — Eu et o donnent 
autant de nuances de sons que ai, ay, ei, ey: eucharistie. 



VIII PRÉFACE. 

je veux, lieu, feudataire, meunier, etc., font entendre le son 
eu fermé; fleur, meuble, peuple, épreuve, jeune, etc., le son 
eu ouvert; Leuctres, meubler, peuplade, le son eu ouvert 
moyen; dans heureux, peureux, la première syllabe a le son 
eu presque fermé. — Mais la voyelle surtout demande 
une étude minutieuse. Entre le son fermé qu'on entend 
dans duo, trio, chose, axiome, tome, amazone, impôt, grosse, 
fosse, etc., et le son o ouvert qui se trouve dans col, sol, 
molle, astronome, Borne, Antigone, Lacédémone, automne, 
bosse, Ecosse, etc., il y a une infinité de nuances de sons, et 
ces nuances, comme les demi-tons en musique, ne doivent être 
ni trop baissées ni trop élevées. 

Mais la difficulté de trouver exactement la nuance de 
son n'est pas la seule que l'on rencontre. Il y a certains 
sons pleins, ouverts ou fermés, que les commençants ne peu- 
vent rendre quand ces sons viennent devant certaines con- 
sonnes faibles. Que de peine j'ai souvent éprouvée à faire 
prononcer les mots globe, probe, robe, — code, méthode, 
mode, etc., où l'o doit être très ouvert! On arrivait bien à 
faire entendre le son ouvert, mais en substituant, dans la 
prononciation, p, t, à b, d: glbpe, prbpe, rbpe, — cote, mé- 
thbte, mbte. Voulait-on rendre au b et au d leur articulation 
propre, on n'y parvenait qu'en donnant à l'o le son fermé: 
globe, probe, robe, — code, méthode, mode. Il fallait des 
efforts persévérants pour obtenir une exacte prononciation. 

On ne doit jamais perdre de vue que les sons e, eu, 0, 
quand ils sont ouverts (comme dans bel, seul, mol), doivent 
l'être pleinement. Cette phrase: Il était alors au faîte des 
grandeurs, fait entendre cinq sons très ouverts: il ét^it alors 
au faite des grandeurs. Ces sons ouverts répandent beaucoup 
de grâce dans les phrases. Combien donc une oreille délicate 
doit-elle être choquée d'entendre prononcer avec le son fermé 
les mots balsd, ballet, j'étais, tu es, il est, il serait, du lait, 
un meuble, le peuple, la robe, une loge, etc., etc., qui tous 
ont le son ouvert: balè, balè, jétè, tu è, il è, il s'rè, du le, 



PRÉFACE. IX 

un meuhr, le peiihV, Ja rob', une là je, mais qu'en Allemagne, 
faute de règle précise, on prononce trop souvent avec le son 
fermé: halé, balé, jeté, tu é, il é, il s'ré, du lé, . . . la rôh', 
une lôje! — D'un autre côté, chose étrange autant que re- 
marquable, quantité de mots ayant un son très fermé, tels que 
épauZe, au^re, rose, trOp, heureux, etc., se rendent avec son 
ouvert: épol', otr', rbze, trb, etc., prononciation insupportable 
s'il en est. 

Am et an, em et en, om et on, donnent souvent un 
son nasal: an, ain, on. Mais le redoublement de l'm ou de 
l'n fait le plus souvent disparaître la nasalité; alors l'a reprend 
le son pur qu'il a dans la, ma, etc., et l'e et l'o prennent 
les sons ouverts qu'on entend dans belle, terre, mol, soc, etc. 
C'est ainsi que grammaire, canne, paysanne, — dilemme, 
Adrienne, — pommier, somme, tonneau, bonnet, etc., devien- 
nent, dans la prononciation, gr a-maire, ca-ne, paysa-ne, — 
dilè-me, Adriè-ne, — po-mier, sb-me, tb-neau, bb-net. Eh 
bien, écoutez ces mots dai\s la bouche de beaucoup d'Allemands, 
et vous entendrez toujours le son nasal au, ain, on, plus ou 
moins marqué : gran-maire, can-ne, . . . pon-mier, etc. Je sais 
très bien que les voyelles a, e, 0, suivies d'une des consonnes 
nasales m, n, reçoivent l'influence de cette consonne, et que, 
quelque effort de bouche que l'on fasse, les sons a, è ouvert, 
Ô ouvert, penchent toujours un peu vers la nasalité et n'ont 
plus le son pur qu'elles font entendre dans bal, tel, mol. Mais 
le son nasal plein est une prononciation vicieuse, qu'une per- 
sévérante attention peut seule corriger. 

La lettre i, dont le son doit toujours être très aigu, 
devient chez beaucoup d'élèves un peu è quand elle est suivie 
de certaines consonnes, comme dans qu'ils xmissent, qu'elles 
périssent, crime, Philippe, etc. C'est un défaut facile à cor- 
riger. — L'y est plus maltraité. Cambyse, Astyage, Pysistrate, 
Calypso, Cyrus, Tyr, Sylla, etc., mots dans lesquels l'y, 
comme partout ailleurs, doit faire entendre le son i: Cambise, 
etc., devient dans leur bouche: Cambuse, Astuage, Pusistrate, 



X PRÉFACE. 

Calupso, Çurus, Tur, Sulla (qu'en allemand, il est vrai, on 
écrit Sulla).^ 

Les mots terminés par oin, ouill, comme loin, moins, 
point, soin, foin, baragouin, etc., doivent se prononcer comme 
ils sont écrits; c'est-à-dire qu'il faut faire entendre, après 
l'o, le son aiii qu'on trouve dans pain, main, sain, bain, etc. 
Mais en Allemagne beaucoup prononcent an au lieu de ain, 
et disent lo-an, wo-an, po-sm, so-aii, fo-sin, baragoic-au, au 
lieu de lo-ain, mo-ain, po-ain, etc. J'ai moi-même entendu 
cette prononciation, sourde autant que barbare, chez beaucoup 
de maîtres et de maîtresses. Qu'on ne s'étonne donc pas de 
la voir pénétrer dans quelques écoles et se propager dans les 
familles. 

Mais ce qui offense l'oreille bien plus encore, c'est la 
manière dont on rend les quatre voyelles nasales: an, in, on, 
un, dans certaines parties de l'Allemagne, et surtout dans le 
Mecklembourg. Dans certains livres élémentaires destinés aux 
écoles, on désigne ces voyelles nasales par ang, ing, ong, 
ung, et ce g parasite on le fait prononcer sourdement dans 
l'enseignement. Qu'un enfant ait à lire: L'instruction des 
enfants, il dira: L'aing-struJcciong dè=zang-fang, en articulant 
partout le <7 à peu près comme à la fin du mot anglais the 
song. On ne saurait trop se mettre eu garde contre ce vice 
de prononciation, dont on ne peut entièrement se corriger 
plus tard, quelque peine qu'on se donne. 

Au 14^ et au 15® siècle, on ajoutait un ^ à la fin de 
quelques mots terminés par un son nasal. Jehan Froissard 
(1337—1410), Christine de Pisan (1363— ), Alain Chartier 



l Les Latins n'avaient pas l'y; ils n'adoptèrent que fort tard cette lettre, qu'ils 
ne considérèrent jamais comme une lettre de leur alphabet. On sait que quand ils 
introduisaient dans leur langue des mots grecs, ils remplaçaient y paru: ils écrivaient 
Purrhtis pour Pyrrhus, et, leur u se prononçant on, ils àis&ieal pour-rhous. Plus 
tard, dans les mots tirés du grec, ils employèrent l'y pour avertir qu'il fallait pro- 
noncer à la manière des Grecs. Selou Martianus Capella (écrivain latin, Ve siècle), 
ils le prononçaient comme les Gaulois prononçaient leur u, c'est-à-dire probablement 
comme nous prononçons aujourd'hui le nôtre. Les Allemands imitent ici les Latins. 



PRÉFACE. XI 

(1386—1458), Philippe de Conimines (1445—1509), Rabelais 
(1483 — 1553), etc., et Robert Estienne, dans le 16® siècle, 
écrivaient loing, hesoing, quelqu'ung et quelque ung, ung, etc. 
On sait que jusqu'au 16® siècle notre u actuel s'écrivait v\ 
or, en écrivant vng pour vn (un), on voulait, disait-on, éviter 
qu'on ne prît le mot vn pour le nombre VII. Mais ce g ne 
s'est jamais prononcé, et d'ailleurs il est peu probable que 
les auteurs des livres élémentaires dont il est parlé plus haut, 
aient été chercher dans nos écrivains du 14® et du 15® siècle 
leur singulière manière de figurer nos voyelles nasales. 

La seconde partie de cet ouvrage traite exclusivement 
des Consonnes et de leurs diverses articulations au 
commencement, au milieu et à la fin des mots. Ici, 
étude facile, peu de difficultés; l'essentiel, c'est la connaissance 
exacte de l'articulation ou des diverses articulations de chacune 
des consonnes; et, sauf dans quelques parties de l'Allemagne 
où l'on prend souvent les faibles pour les fortes, ou les fortes 
pour les faibles: 1) pour p, ou p pour l», d pour t, ou t 
pour (1, g ou j pour ch, etc., l'articulation des consonnes ne 
rencontre point de difficultés. 

Il est superflu de dire que les mots commençant par 
une h aspirée rejettent l'élision et la liaison: le héros, non 
l'héros; les | héros, non les héros; l'élision ou la liaison devant 

une h aspirée est un crime de lèse-prononciation. ^ Mais 

c'est là tout ce qu'indique une bonne prononciation. (Voyez 
pages 154, 155.) 

Prononcez l'I mouillée sans aucune affectation, c'est-à-dire 
en la supprimant tout à fait dans la prononciation et en la 



1 Ceci me rappelle une anecdote historique qui a beaucoup égayé Paris. En 
1852, un très haut personnage avait réuni dans un banquet, ministres, maréchaux, 
amiraux, généraux, préfets, maires, etc., ainsi que tous les représentants des puis- 
sances étrangères. Après plusieurs toasts, le représentant d'un pays, que je ne 
nommerai pas, se lève et dit: Messieurs, je ne saurais mieux répondre à tous ces 
gracieux toasts qu'en buvant à la santé de tous les héros (les zéros) ici présents. — 
Bévue qui fit dire le lendemain à un petit journal caustique: AhJ que M. N. a dit 
une grande vérité sans le savoir! 



XII PRÉFACE. 

remplaçant par le son îe: fille (fi-ye), paille (pa-ye), tailleur 
(ta-ieur), bouillon (bou-ion), etc. Pourquoi, parmi ceux qui 
enseignent le français à l'étranger, s'en trouve-t-il encore qui 
veuillent absolument faire entendre l'I: fille (fi-l-ye), tailleur 
(ta-lieur), bouillon (bou-lionj, Marseille (marcè-1-ye), etc., 
quand cette prononciation est entièrement inconnue à Paris et 
dans presque toutes les autres parties de la France? (Voyez 
page 211.) C'est propager à plaisir un défaut qui se corrige 
bien difficilement et qui toujours trahit un étranger, si cor- 
rectement qu'il parle d'ailleurs. 

Après la lettre r, l's est toujours sifflante, excepté dans 
deux mots (page 247), et elle s'articule de même au com- 
mencement des mots. Prononcer, comme cela s'entend trop 
souvent, les mots conversation, Marseille, Versailles, Persan, 
verser, Salomon, Saiil, etc., etc., avec l'articulation z: Jconvèr- 
zacion, mar-zè-ye, vèr-za-ye, pèr-zan, vèr-zé, zalo-mon, za-ul, 
c'est parler comme personne ne parle en France. 

La troisième partie de ce Traité comprend la Liaison 
des mots entre eux: c'est la partie musicale de la langue. 
En France, à peine l'enfant balbutie-t-il quelques paroles, que 
déjà il lie ses mots; mais Thiatus lui répugnant, il lie tout; 
n'ayant encore aucune notion de l'orthographe des mots qu'il 
prononce, il jette partout des s et des t. C'est que la 
liaison des mots, une des qualités distinctives de la pro- 
nonciation française, fait partie intégrante de la langue. 
L'homme dont l'esprit a été cultivé sait discerner, dans toutes 
les circonstances: conversation, lecture, discours public ou 
déclamation, les liaisons à faire d'avec celles qu'il faut rejeter; 
guidé par un goût pur, il sait plaire à l'oreille sans jamais 
la blesser. Ses relations de chaque jour, les réunions, les 
théâtres, etc., l'ont initié à l'art difficile du langage parlé. 
Dans sa bouche, les articulations deviennent comme des notes 
harmonieuses. Chez lui, rien de pédantesque, rien de fatigant 
pour l'oreille.' Il parle sans recherche, sans affectation, tout 



PKÉPACE. XIII 

naturellement, mais toujours correctement: c'est l'écho fidèle 
des sociétés choisies qui font loi en matière de ton, de 
manières, de langage, c'est l'homme du monde, l'homme 
comme il faut. 

Les étrangers, eux, sont privés de tous ces avantages. 
Commençant et finissant le plus souvent l'étude du français 
sous la direction d'un précepteur de famille ou d'un maître 
particulier, il faut qu'ils puisent à peu près tout dans les 
livres. Si alors, ce qui arrive quelquefois, ce maître n'est 
pas à la hauteur des fonctions dont il s'est chargé, ils parlent 
plus tard un jargon incompréhensible: ils lient les mots uni- 
quement pour les lier et faire sonner les consonnes finales. 
Tel est, bien souvent, le résultat qu'obtiennent ces élèves 
zélés, consciencieux, si nombreux en Allemagne, et qui ap- 
prennent cette langue, oîi tout est douceur, pour la bien 
écrire et la bien parler, mais qui ne peuvent toujours juger 
s'ils sont guidés par le savoir ou par l'ignorance. ^ Et 
justement ce qu'il faut acquérir, c'est cette suavité, cette har- 
monie, qualités essentielles à la langue française, qui la font 
si ardemment rechercher de toutes les nations étrangères, et 
qui, déjà au 13® siècle, faisait dire à Brunetto Latini, 
le maître de Dante, dans son Trésor, écrit à Paris vers 1260: 
"Se aucuns demandoit pourqiioi chis livres est escrit en Roumans 
(dialecte du nord ou langue d'oïl), pour chou que nous sommes 
Italien, je diroie que c'est pour chou que la parleure en est 
plus delitahle et plus commune a toutes gens.""^ (Mémoires 
de Falconet, Acad. des Inscript. VII, 297.) — Au 17® siècle, 
le père Bouhours^ écrivait: "Seriez -vous bien aise que 



1 Un enfant de 12 ans me dit un jour qu'il aimait beaucoup le lait pê'e-méle. 
Je lui demandai ce qu'il voulait dire par cela, et il me répondit: Dicke Milch (en 
français, lait caillé). Il avait appris cela de son précepteur. 

2 "Si quelqu'un demandait pourquoi ce livre est écrit en roman, puisque nous 
sommes Italien, je dirais que c'est parce que la parlure (le langage) en est plus 
délicieuse et plus commune à toutes gens." 

3 Bouhours (le père), jésuite, habile critique, né à Paris en 1628, mort en 1702, 
fut chargé de l'éducation des princes de Longueville , et ensuite de celle du marquis 
de Seignelay, fils de Colhert. 



XIV PRÉFACE. 

toutes les langues fussent réduites à une seule et que tous 
les peuples s'entendissent comme nous nous entendons et 
comme ils s'entendaient autrefois dans le paradis terrestre? — 
Je n'en serais pas fâché, pourvu que notre langue fût cette 
langue universelle et que toute la terre parlât français ..." — 
Ces précieuses qualités, de tout temps reconnues dans la 
langue française, on les y retrouvera toujours. Il y a encore 
cinq mois, le correspondant du Times, parlant de M. Thiers, 
écrivait à la rédaction de ce journal: Quel merveilleux instru- 
ment que la langue française dans sa bouche! * 

Enfin, la quatrième partie de cet ouvrage traite de la 
Prosodie, qui comprend l'accent et la quantité. On 
distingue, entre autres accents, V accent toniqiie (page 404). — 
C'est Jehan Palsgrave, natif de Londres et gradué de l'Uni- 
versité de Paris, qui, dans un ouvrage in-folio publié en 1530 
et dédié à Henri VIII, a constaté le premier la position de 
l'accent tonique en français. Il formule ainsi son précepte: 
"Règle unique. Les mots dans la langue française ont leur 
accent sur la dernière syllabe (masculine)." Exemples: liono- 
ra&Zement, paroy (paroi), corcZelier, ils ayment, ils aimhrent, 
vous parl&ste^ (parlâtes), c'est ung terrible cas. — Les en- 
clitiques ^ n'ont jamais l'accent. Il écrit sans division et ainsi 
accentués: souventesïojH, aulcunefojs, plusieursfojS, dixtojS, 
troi/sfojs, qiiattrefojs, entre^evLK, paradventvire, à lencontre, 
jusqitaûix, jusquaumourir, La règle de Palsgrave est encore 
si bien observée de nos jours, qu'on la croirait écrite d'hier. 

Mais la quantité, qui ne doit pas être confondue avec 
V accent, demande une étude attentive de tous les mots de 
la langue. Chacune des syllabes d'un mot est longue ou 
brève. Dans abondance, a est bref, bon est long, dan encore 
plus long. Les cinq syllabes de réciprocité sont toutes brèves. 



1 Entretien entre M. ïhiers et M. de Bismarck. (Indépendance belge du 
S novembre 1870.) 

2 Enclitique se dit de certains mots qui s'appuient sur d'autres et semblent 
ne faire qu'un avec ces mots. 



PRÉFACE. XV 

Dans la leçon, les trois syllabes sont brèves; mais la syllabe 
médiale, avec e muet, est i)lus brève que les deux autres. 
Mais dans ces leçons du professeur, la syllabe çons, qui est au 
pluriel, devient longue; en la prononçant brève, on changerait 
le sens de la phrase: C'est le son du professeur. On voit 
combien il est important d'observer la quantité de chaque 
syllabe d'un mot, si l'on ne veut pas tomber dans des méprises 
fréquentes. 

A la suite de ces quatre divisions de l'ouvrage, vient 
la Prononciation des nombres cardinaux et des nom- 
bres ordinaux; puis, pour terminer, la Prononciation du 
latin. 

La prononciation indiquée et recommandée dans ce Traité 
est celle de Paris. Non que la prononciation parisienne soit 
absolument exempte de défauts, puisque d'abord on peut lui 
reprocher son grasseyement; mais, comparée à la prononciation 
de toutes les autres parties de la France, c'est celle qui a le 
plus l'accent français proprement dit, c'est-à-dire qui est la 
plus harmonieuse, la moins affectée, la plus naturelle enfin. 
— Rien de facile à reconnaître comme un Picard, un Nor- 
mand, un Breton, un Flamand, etc. Dans toutes leurs con- 
trées, on parle le français; mais l'accent de la province le 
vicie. Que doit faire toute personne qui veut parler purement 
le français? Eviter avec soin l'accent provincial. L'un est 
traînant, l'autre précipité; tous sont défectueux, parce que 
la prononciation de la langue française n'est ni traînante ni 
précipitée. 

Mais de tous les accents de province le plus mauvais 
est, sans contredit, celui du Midi. Les méridionaux: Tou- 
lousains, Bordelais, Marseillais, Nîmois, etc., en parlant 
détachent brusquement chaque syllabe, montent considérable- 
ment la voix sur la dernière, et changent ainsi entièrement 
la prononciation de la langue française, qui veut que chaque 
syllabe soit posée, et que la dernière soit un peu plus basse. 



XVI PRÉFACE. 

Mais ce n'est pas seulement l'accent qui est détestable chez 
les méridionaux, c'est surtout la manière dont ils prononcent 
les voyelles nasales. Ils font de ces sons pleins des sons 
pointus et criards, fatigants à entendre. De plus, ils pro- 
noncent tous les e ouverts et tous les e muets comme des 
e fermés. Ils ne connaissent aucune élision, aucune voyelle 
muette; tout est prononcé, quand même; nulle observation 
des règles de la prosodie. 

Les Lyonnais, les Rouennais, les Normands, traînent les 
voyelles, en les fermant toutes; beaucoup grasseyent. 

Les Lillois ont de la lourdeur dans la prononciation: 
ils font entendre des sons graves pour des sons aigus. 

Chez les Hollandais, les Belges, même défaut, avec beau- 
coup de mollesse dans les articulations labiales. 

Les Allemands se distinguent par une prononciation 
gutturale; de plus, à moins d'une assez longue pratique, ils 
détachent, dans la prononciation, tous les mots les uns des 
autres, comme ils font dans leur langue, quand en français 
il faut tous les lier, les réunir comme en un faisceau. Les 
Allemands du Nord, après quelque pratique, acquièrent une 
prononciation parfaite. 

Les Russes prennent l'accent français avec la plus grande 
facilité. 

Les Anglais ont la prononciation toute sifflante. Jusqu'à 
présent, l'accent français et notre mode d'articulation ont 
été pour eux d'une très grande difficulté, l'oreille ne les 
servant peut-être pas aussi bien qu'elle sert beaucoup d'autres 
nations. — Le son a plein n'existant pas dans leur langue, 
ils donnent partout à cette voyelle un son aigu approchant 
de l'e ouvert: c'est ainsi qu'ils prononcent champègne pour 
Champagne, etc. Ils éprouvent d'incroyables difficultés à 
rendre les quatre nasales an, in, on, un. Vu dans leur 
bouche est toujours un peu ou. — Qu'ils veuillent bien 
méditer cette observation: „Toute la prononciation française 
se passe sur le devant de la bouche, elle exige un mouvement 



PRÉFACE. XVII 

incessant des lèvres, et elle veut que le fort de la voix, 
V accent, se porte sur la dernière syllabe sonore du mot, sur 
le dernier son de la phrase. Ce qui est tout le contraire 
dans la langue anglaise. Ainsi, dans les mots discipline, dis- 
sidence, le Français porte la force du son sur les dernières 
syllabes masculines, pli, den, et appuie légèrement sur les, dis. 
L'Anglais fait absolument le contraire: il porte toute la force 
de l'accent sur dis, et fait h peine entendre les dernières 
syllabes pli, den." Toute la difficulté pour acquérir l'accent 
français est presque dans cette seule observation. — Ce pré- 
cepte conduit à appuyer, dans la lecture des deux vers suivants, 
sur les syllabes mises en relief: 

Plût aux dieux que vous-même eussiez tu de quel zèle 
Cette trou^^e entiefrend une action si belîe. 

CORNEILLE (Cinna). 

De tous les peuples d'Europe, ce sont les Allemands 
qui défigurent le moins l'orthographe et la prononciation des 
noms propres étrangers. Est-ce un mérite? Je ne le crois 
pas. Donner aux noms propres leur orthographe locale, rien 
de mieux; mais les prononcer exactement comme chaque 
peuple, ce qui ferait supposer la connaissance de toutes les 
langues étrangères, est chose tout à fait impossible. Cette 
prononciation ne peut donc se borner qu'à quelques noms 
bien connus, et encore est -elle souvent mal rendue: Paris, 
par exemple, est Parîss dans la bouche de tous les Alle- 
mands; Kiœbenhaven (Copenhague) s'écrit et se prononce 
Kopenhagen, etc. — Le Français, lui, habitué qu'il est 
aux sons harmonieux de la prononciation française, et crai- 
gnant de choquer l'oreille des étrangers en défigurant leur 
prononciation, alors qu'il croit la rendre avec fidélité, habille 
à la française l'orthographe et la prononciation de tous les 
noms étrangers, à très peu d'exceptions près. C'est ainsi que 
Braunschiveig, Banzig, JDonau, Leipzig, Mûnchen, — Cari, 
Johann, John, Ludivig, Peter, Wilhelm, etc., ont été trans- 
formés en Brunswick, Dantzick, Danube, LeipsicJc, Munich, 
Charles, Jean, Louis, Pierre, Guillaume. Mais on n'est pas 

Lesaint, Prononciation française. 3rae éd. JJ 



XVIII PRÉFACE. 

toujours conséquent dans la prononciation: Byron se prononce 
bi-ron (on nasal), John Bussell devient jône rucèl. C'est 
tout à fait français. Mais Cobden est, comme en anglais, 
kdbdène, quand la terminaison en dans les noms français 
sonne toujours ain. — Aujourd'hui, les noms nouveaux ne 
se traduisent plus guère: Victoria, reine d'Angleterre, reste 
Victoria en français; Zollverein s'écrit plus souvent que 
Union des douanes; LeipsicJc, Bantzick, redeviennent souvent 
dans les journaux Leipzig, Danzig, etc., ce qui semble dénoter 
une certaine tendance à retourner à la véritable orthographe, 
pour certains mots du moins. 

Mais en fait de prononciation, le Français se décidera 
difiicilement à adopter, même en la connaissant, la pronon- 
ciation locale, tant il a de répugnance pour tout ce qui 
s'éloigne de sa manière de prononcer. En voici un petit 
échantillon: Dans la séance de la Chambre des députés du 
30 juin 1866, un député, Belmontet, prononce à la française 
Wellington (vè-laingue-ton). Aussitôt une voix répète le même 
nom avec la prononciation anglaise : ouè-ligne-tànn. Vous 
voulez, s'écrie alors Belmontet, toujours me faire parler 
anglais. ^ 

J'ai indiqué dans ce Traité tous les mots étrangers 
introduits et adoptés en France. Quelques-uns de ces mots, 
eu très petite quantité, ont conservé dans la bouche française 
leur prononciation étrangère, sans doute parce que les organes 
de la parole s'y prêtaient facilement. Mais, si facile qu'en 
soit pour lui la prononciation étrangère, le Français ne se 
décidera jamais à dénaturer le son de certaines voyelles com- 
posées, telles que au, aim, ain; il les prononcera toujours 
0, ain ou ème: Nassau, Holstein, Fappenheim, etc., seront 
toujours dans sa bouche, naçô, blss-tain, papè-nème. D'ailleurs, 
sa langue se refuse à prononcer certains mots étrangers; 
l'aspiration allemande, par exemple, écorchera toujours le 
gosier français; les mots welche Nacht! acJit hundert, etc., 

l Supplément au Journal des Débats, Uv juiUet 1866, de colonne. 



PREFACE. XIX 

produiront toujours dans la bouche française le ch chuintant 
(de chemin) ou l'articulation du k. 

Les armées du premier empire ont rapporté en France 
la prononciation étrangère de certains noms propres: Jena 
(que nous écrivons lénd), Schœnhrunn, Ulm, etc., etc., et cette 
prononciation a été adoptée. Mais nous prononçons avec le 
son nasal an, les lettres eni, en, dans CoNentz, Gutenherg ou 
Guttemberg, Lauenhourg , Schwarzenherg , Wallenstein, etc., 
en même temps que nous leur donnons le son nasal ain dans 
Blanlcenbourg, MccMemhotirg , Oldenbourg, Scmpach, etc., 
autant d'anomalies embarrassantes pour les étrangers. 

La prononciation anglaise des mots street, square, steamer, 
lady, meeting, etc., etc., est aujourd'hui adoptée en France, 
et celui qui de nos jours oserait prononcer Oxford street 
à la française (bks-for-strètt) serait traité d'écolier. D'autres 
mots, toutefois, bien que très connus, gardent la pronon- 
ciation française: Je Cabinet de Saint- James, le Times (jour- 
nal), etc., seront encore longtemps le habi-nè d'çain ja-m', 
le ii-m'. Il n'est guère possible de donner la raison de ces 
bizarreries. 

On sait que les Français accordent facilement droit de 
bourgeoisie à tout mot étranger exprimant une idée qu'aucun 
de leurs mots ne peut rendre. M. Viennet, qui fut de l'Acad. fr., 
a fait, il y a longtemps, un feuilleton contre les mots turf, 
sport, corn fort, fashionable, rail, puff, et tant d'autres mots 
étrangers que les Français, disait- il, sont trop empressés à 
adopter. Mais ces mots sont des idées particulières qui ne 
peuvent être remplacées par des mots français; turf, par 
exemple, ne peut se traduire par hippodrome, champ de course, 
qui donneraient un sens restreint et faux. L'étranger ne nous 
emprunte-t-il pas d'ailleurs autant, et même plus que nous 
ne lui empruntons? — Quand, en parlant français, vous 
rencontrez un de ces mots, si la prononciation étrangère n'en 
est pas encore adoptée, prononccz-le comme en français. 

II* 



XX 



PRÉFACE. 



L'orthographe des gentilés, ^ et, par suite, leur pronon- 
ciatiou, s'éloignent tant, dans le plus grand nombre des cas, 
de celles du nom de la contrée ou de la ville, qu'il faut 



l Gentile, mot latin, qu'on écrit plus souvent gentilé, en le francisant, exprime 
le nom que l'on donne aux peuples ou aux individus par rapport aux pays ou aux 
villes dont ils sont habitants. Le gentilé d'un habitant de Paru est Pari.iien et 
Fiançais; les habitants de Florence ont pour gentilé Florentin, Toscan et Italien. La 
langue française manque souvent de termes pour exprimer le gentilé, ce qui nous 
oblige d'emprunter des circonlocutions. Cependant chaque ville et chaque province 
a son gentilé, mais souvent il n'est pas compris hors du pays qu'il désigne. On ne 
me saura pas mauvais gré de donner ici une liste de quelqes-uns de nos geutllés, 
bien que cela sorte entièrement du cadre de cet ouvrage. 

Les lettres qui viennent après le gentilé masculin, ajoutées à ce gentilé, in- 
diquent le féminin. 



Afrique, — Africain, e. 

Alger, — Algérien, ne, 

Allemagne, — Allemand, e. 

Alsace, — Alsacien, ne. 

Altona, qu'on a aussi écrit Altena, — 
Aliénais, e. 

Amérique, — Américain, e. 

Andalousie, — Andalous, e. 

Angers, Anjou, — Angevin, e. 

Angleterre, — Anglais, e. 

Anvers, — Anversois, e. 

Arabie, — un, une Arabe. 

Arménie, — Arménien, ne, 

Asie, — les Orientaux, les peuples de 
l'Orient. — Asiatique, qui est adjectif, 
se dit de la littérature grecque et 
du style qui commença à pré- 
valoir après la fondation de l'école 
de Rhodes. 

Assyrie, — Assyrien, ne. 

Athènes, — Athénien, ne. 

Autriche, — Autrichien, ne. 

Babylone, — Babylonien, ne. 

Bavière, — Bavarois, e. 

Bayonne, — Bayonnais, e. 

Beauee ou Beausse, — Beauceron, ne. 

Belgique, — un, une Belge. 

Berlin, — Berlinois, e. 

Berry, — Berrichon, ne; autrefois Ber- 
ruyer, Berruyère. 

Birman, — Birman, e. 

Biscaye, — Biscayen, ne. 

Bordeaux, — Bordelais, e. 

Bourgogne, — Bourguignon, ne. 

Brème, — Brèmois, e. 

Brésil, — Brésilien, ne. 

Bretagne, — Breton, ne. 

Brunswick, — Bnniswickois, e. 



Bruxelles, — Bruxellois, e. 

Buénos-Ayres, — Buénos-Ayrien, ne. 

Carthage, — Carthaginois, e; — guerre, 
foi punique (du latin punicus). 

Catalogne, — Catalan, e. 

Catane, — Calanéen, ne. 

Céphalonie, — un, une Céphalene. 

Chaldée, — Chaldéen, ne. 

Champagne. — Champenois, e. 

Chartres, — Chai train, e. 

Chili, — Chilien, ne, 

Chine, — • Chinois, e. 

Chypre, — Chypriot, e. 

Constantinople, — Constantinopolitain , e. 

Cordoue, — Cordouan, e. 

Corse, — un, une Corse. 

Croatie, — un, une Croate. 

Dacie, — un, une Daee, 

Dalmatie, — un, une Dalmate, 

Danemark, — Danois, e. 

Dantzick, — Danf.zicl<ois, e, 

Danube (le), — contrée, peuple da- 
nubien, ne, 

Ecosse, — Ecossais, e. 

Edimbourg, — Edimbourgeois, e. 

Egypte, — Egyptien, ne. 

Espagne, — Espagnol, e. 

Ethiopie, — Ethiopien, ne. 

Europe, — Européen, ne. 

Florence, — Florentin, e. 

France, — Français, e. 

Gand, — Oantoif, e. 

Gap, — Gavot, te. 

Gênes, — Génois, e. 

Genève, — Genevois, e. 

Géorgie, — Géorgien, ne. 

Grèce, — Grec, que. 

Groenland, — Gro^nlandais, e. 



PREFACE. 



XXI 



une étude spéciale de cette partie de notre langue pour 
n'être point trompé par l'analogie. Quelquefois le gentilé 
se forme par un léger changement de terminaison: France 



Hainaut (le), — Hainiiyer, Hannuyer, ou 
Hennuyer, 'ère. 

Haïti, — Haitien, ne. 

Hambourg, — HamlonrgeoU, e. 

Hëbreux, peuple issu du patriarche Héber, 
un des ancêtres de Jacob. Uhèhreu, 
langue liëbraïque. Hébra'tque, ad- 
jectif: alphabet, caractère, texte, 
langue hébra'ique. 

Hesse (la), — Hessois, e. 

Hindoustan, — Hindou, e; Vhindouatani 
ou hindi, la langue. On écrit aus.si 
sans H. 

Holstein, — Hols'einois, e. 

lUyrie, — lUyrien, ve. 

Irlande, — Irlandais, e. 

Islande, — Islandais, e. 

Italie, — Italien, ne. 

Japon, — Japonais, e. 

Kanitschatkn, — un, une Kamlschaddle. 

Kurdistan, — un, une Kurde. 

Lacédemone, — Lacédèmonieii, ne. 

Laponie, — Lapon, ne. 

Leipsick, — Leipsicliois, e. 

Lille, — Lillois, e. 

Lisbonne, — Lisbonnin, e. 

Londres, — Londonien, ne. 

Lorraine, — Lorrain, e. 

Lusitanie, — Lusitanien, ne; on dit 
aussi un, une Lusilane. 

Macédoine, — Macédonien, ne. 

Madagascar, — un, une Malgache. 

Madrid, — un, une Madrilène. 

Magdebourg, — Magdebourgeois, e. 

Malaisie, — Malais, e. 

Mandchourie, — Mandchou, e. 

Mans (le), — Manceau, Mancelle. 

Maroc, — Marocain, e. 

Marseille, — Marseillais, e 

Mccklenibourg, — Mecklembourgeois, e. 

Mésopotamie, — région mésopotamiqut. 

Metz, — Messin, e. 

Modène, — Modénois, e. 

Moldavie, — un, une Moldave. 

Monaco, — un, une Monégasque. 

Mongolie, — Mongol, e. 

MoHcovie, ancien nom de la Russie, — 
un, une Moncovite. 

Munich, — Munichéen, ne, et Munichien, 



Nancy, — Nancéen, ne, 

Nantes, — Nantais, e; autrefois Nan- 
tais, e. 

Naples, — Napolitain, e. 

Nerers, le Nivernais, — Nivertiais, e. 

Nice, — Nicéen, ne. 

Normandie, — Normand, e. 

Noiwége ou Norvège, — Norwègien on 
Norvégien, ne. 

Océanie, — Océanien, ne. 

Orient, — les Orientaux. 

Orléans, — Orléanaii, e. 

Paraguay, — Paraguayen, ne. 

Paris, — Parisien, ne. 

Pavie, — Pavesan, e. 

Pégu, — Péguan, e. 

Pérou, — Péruvien, ne. 

Perse, — Persan, e, quand on parle de 
la Perse moderne; — un, une Perse, 
quand on parle de la Perse antique. 

Phénicie, — Phénicien, ne. 

Picardie, — Picard, e. 

Piémont, — Piémonlais, e. 

Pont (le), aussi Pont-Euxin, aujourd'hui 
mer Noire ; — politique, adjectif. 

Portugal, — Portugais, e. 

Prague, — Pragois, e. 

Provence, — Provençal, e. 

Prusse, — Prussien, ne. 

Reims, — Rémois, e. 

Rhin (le), — pays, province rhénan, e. 

Rive-deGier, — Ripagérien, ne. 

Rome, — Romain, e. 

Rouen, — Rouennais, e. 

Russie, — un, une Russe. 

Sagonte, — Sagontin, e. 

Sahara (le), — les régions sahariennes. 

Saint-Etienne, — Stéphanois, e. 

Saint-Omer, — Audomarois, e. 

Samarie, — Samaritain, e. 

Sardaigne, — un, une Sarde. 

Sarmatie, — un, une Sarn.ate. 

Savoie, — Savoyard, e, et mieux Savoisien, 
ne; autrefois Saroyen, ne. 

Saxe, — Saxon, ne. 

Schleswig, aussi Sleswig, — Schleswigeois, 
Sleswigeois, e. 

Sedan, — Sédanois, e. 

Servie, — Servie», ne; on dit plutôt un, 
une Serbe. 



XXII 



PRÉFACE. 



fait Français; Paris, Parisien; Allemagne, Allemand; Russie, 
Busse; Styrie, Styrien; Vienne, Viennois, etc. — Mais An- 
gevin, Malgache, Madrilène, Manceau, Messin, Monégasque, 
Pavesan, Audomarois, etc., viennent de Anjou, Madagascar, 
Madrid, le Mans, Metz, Monaco, Pavie, Saint-Omer. 

Voulant faire un livre pratique dont la disposition 
offrît le i»lus de facilité possible pour les recherches, j'avais 
eu d'abord la pensée de présenter tous les mots dans leur 
ordre alphabétique, et sous forme de dictionnaire, plan adopté 
par M. Adrien Féline dans son Dictionnaire de la pronon- 
ciation de la langue française (Paris, Firmin-Didot, 1851). 
Mais j'ai vite reconnu tout ce qu'a de vicieux un tel système 
pour un Traité de prononciation. Chaque mot est bien ac- 
compagné de sa prononciation; mais à moins d'une longue 
introduction qui indique toutes les règles générales et toutes 
les exceptions, ce qui ne serait en réalité qu'une sorte de 
répétition du dictionnaire lui-même, on ne peut, sous cette 
forme, donner aux étrangers des idées générales et exactes 
de la prononciation française. Un tel dictionnaire n'est donc 
qu'un livre sec, qui se contente de vous donner la solution 



Siam, — Siamois, e. 

Sparte, — un, une Spartiate. 

Styrie, — Styrien, ne. 

Suède, — Suédois, e. 

Suisse, — un, une Suisse; on dit quel- 
quefois une Suissesse. 

Syrie, — Syrien, ne. 

Tartarie, — un, une Tarlare. Les auteurs 
d'ethnographie et de linguistique se 
servent plus ordinairement du mot 
Talar, Tatare. 

Texas (le), — Texien, ne. 

Thèbes, — Thébain, e. 

Thibet ou Tibet, — Tibétain, e. 

Thrace, — Thracien, ne. 

Toscane (la), — Toscan, e. 



Tours, la Touraine, — Tourangeau, 

Tourangelle. 
Toulouse, — Toulousain, e. 
Transylvanie, — Transylvanien, ne, ou 

Transyloain, e. 
Trieste, — • Triestin, e. 
Tunis, — Tunisien, ne. 
Turquie, — Turo, Turque. 
Valachie, et, moins souvent, Valaquie, — 

un, une Valaque. 
Vendée, — l'endeen, ne. 
Venise, — Vénitien, ne. 
Vienne, — Viennois, e. 
Wurtemberg, — Wurlembergeois, e. 
Elc, etc. 



Je ne pousserai pas plus loin cette liste, déjà trop longue, mais j'ajouterai: 
Quand vous ne connaîtrez pas le gentilé d'une ville, d'une contrée, etc., dites: les 
habitants de . . . 



PRÉFACE. XXIII 

du mot que vous cherchez, mais qui ne peut vous dire pour- 
quoi on le prononce ainsi. 

Pour l'orthographe des mots de la langue française, j'ai 
adopté celle du Dictionnaire de l'Acad., édition de 1835, et 
j'ai eu recours, tant au Dictionnaire universel des sciences, 
des lettres et des arts de M.-N. Bouillet, qu'au Complément 
du Dictionnaire de l'Acad. française, pour les nombreux mots 
scientifiques qui, bien que d'un usage reconnu, n'ont point 
trouvé place dans le Dictionn. de l'Acad. Quant aux noms 
propres d'histoire, de géographie et de mythologie, une des 
parties les plus importantes de ce Traité de prononciation, 
et dont l'orthographe, non moins que la prononciation, est 
pour tous les étrangers un sujet de si grandes difficultés, 
j'ai adopté celle de M.-N. Bouillet (Dictionn. d'Histoire et de 
Géographie, et Atlas universel d'Histoire et de Géographie), 
cette orthographe étant reconnue comme très exacte et, par 
suite, généralement adoptée depuis longtemps. Pour les con- 
temporains, j'ai suivi l'orthographe de G. Vapereau (Dictionn. 
universel des Contemporains). Le Dictionnaire de la Conver- 
sation, livre précieux, où toutes les recherches trouvent une 
solution, diffère rarement, quant à l'orthographe, de celle de 
M.-N. Bouillet et du Complément de l'Acad. Les légères 
différences que j'ai rencontrées, je les ai toujours signalées, en 
adoptant l'orthographe la plus correcte et la plus suivie; c'est 
ainsi que j'écris Creuznach ou Kreiiznach, orthographe du 
Dictionn. de la Conversation et du Complément de l'Acad., 
mot que Bouillet écrit avec t: Creutznach. 

Cet ouvrage, fruit de plusieurs années d'un travail assi- 
du autant que consciencieux, et qu'une patiente persévérance 
pouvait seule mener à fin, atteindra-t-il le but que je me suis 
proposé en le composant? Mû dans ma tâche ardue par 
l'unique désir d'être utile à une nation au milieu de laquelle, 
depuis longues années, j'ai trouvé le plus bienveillant accueil, 
rien n'a été épargné pour donner à ce Traité de Pronon- 
ciation un degré d'utilité qui ne puisse être contesté par les 



XXIV PRÉFACE. 

esprits impartiaux. La seule récompense que j'ambitionne 
aujourd'hui, c'est que ce livre trouve quelque faveur auprès 
de ceux pour qui je l'ai composé, et réponde ainsi au seul 
désir qui m'a animé dans mon aride travail. 

Mai, 1871. 

M. -A. LESAINT. 



PREFACE 

de la troisième édition. 



Jitant ajjpelé à la publication de la 3® édition de ce livre, 
dont l'auteur, M. Lesaint, est décédé il y a quelques années, 
le soussigné ne s'est pas cru autorisé à y apporter de trop 
grands changements, l'ouvrage, tel qu'il était, ayant obtenu 
partout les meilleurs suffrages. 

Il s'est donc borné dans son travail en première ligne à 
une révision complète de l'ensemble, non cependant sans y 
introduire quelques modifications devenues nécessaires, ainsi que 
des mots qui jusqu'à présent y manquaient encore; mais son 
travail principal a eu pour objet de mettre le livre d'accord 
avec la nouvelle orthographe prescrite par l'Académie, posté- 
rieurement à la publication de la précédente édition. 

Convaincu de n'avoir rien négligé dans ce travail de 
révision qui puisse être de quelque utilité, et d'avoir ainsi pour 
notre part contribué à faire de cet ouvrage un guide sûr en 
matière de prononciation française pour les étrangers qui 
veulent bien étudier notre belle langue, nous espérons qu'ils y 
trouveront toutes les indications désirables et nécessaires sur 
les difficultés de langue au sujet desquelles ils pourraient avoir 
l'intention de nous consulter. 

Genève, 24. mars 1890. 

Le professeur Dr. CHR. VOGEL. 



XXV 



OUVRAGES CONSULTÉS. 



10 Dictionnaire de l'Académie française, G« édition. 
20 Complément du Dictionnaire de l'Académie française. 
3" Ch. Nodier. — Vocabulaire de la langue française, avec la pronon- 
ciation figurée. 
4" M.- P. Poitevin. — Dictionnaire de la langue française, avec la 

prononciation figurée. 
5" CI." M. Gattel. — Dictionnaire universel de la langue française, 

avec la prononciation figurée. 
60 Napoléon Landais. — Dictionnaire général et grammatical des 

dictionnaires français, avec la prononciation figurée. 
7" Th. Bénard (sous -chef du premier bureau de la division de l'en- 
seignement primaire au Ministère de l'Instruction publique et 
des Cultes). — Dictionnaire classique universel, français, histo- 
rique, biographique, mythologique, géographique, etc., avec 
la prononciation exceptionnelle. 
80 P. Larousse. — Nouveau Dictionnaire de la langue française, avec 

la prononciation exceptionnelle. 
90 Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture, ou Répertoire 
des Connaissances utiles, par une société de savants et de gens 
de lettres, seconde édition, 16 vol. in 80. 
IQO G. Vapereau. — Dictionnaire universel des Contemporains, 1858 

à 1870. 
lio M.-N. Bouillet. — Dictionnaire universel d'Histoire et de Géographie. 
120 |(j. — Atlas universel d'Histoire et de Géographie. 
130 Id. — Dictionnaire universel des Sciences, des Lettres et des Arts. 
140 J.-Ch. Laveaux. — Dictionnaire raisonné des difficultés grammati- 
cales et littéraires de la langue française. 
150 Soulice et Sardou. — Petit Dictionnaire raisonné des Difficultés 

et exceptions de la langue française. 
160 B. Jullien. — Cours supérieur de Grammaire. 
170 Bescherelie jeune. — Grammaire nationale. 

180 Girault-Duvivier. — Grammaire des Grammaires, corrigée par 
F. Delellée, professeur de langues anciennes. 



XXVI OUVRAGES CONSULTÉS. 

19" Napoléon Landais. — Grammaire générale des Grammaires fran- 
çaises. 

20'' Sardou. — Leçons de Grammaire française et Exercices de style. 

21" Id. — Cours de Grammaire française. 

220 G." H. Aubertin. — Grammaire moderne des écrivains français. 

23" Ambroise Firmin Didot. — Observations sur l'Orthographe ou 
Orthografie française, 2^ édition, 1868. 

24" Francis Wey. — Remarques sur la langue française au XIX^ siècle. 

25" Id, — Histoire des Révolutions du langage. 

26" F. Génin. — Variations du langage français. 

27" Auguste Scheler. — Dictionnaire d'Etymologie française. 

28" Ménage. — Origines de la langue française, avec les étymologies 
de Huet et Leduchat, 1750, 2 vol. in-fol. 

29" L. Dubroca. — Leçons élémentaires de Diction française. 

30" Journal des Instituteurs, Paris, Paul Dupont. 

31" J.-B. Prodliomme et Claudius Hébrard. — Revue grammaticale et 
littéraire. 

32" Le Précepteur des familles: Revue grammaticale, littéraire, 
historique et scientifique. 

83" Joseph de IMaivin-Cazal. — Prononciation de la langue française 
au XIXe siècle. 

34" Morin de Clagny (professeur de lecture à haute voix et de décla- 
mation lyrique au Conservatoire de Musique et de Déclamation 
à Paris). — Traité de Prononciation, seule méthode employée 
au Conservatoire. 

35" J. Duquesnois (professeur d'éloquence parlée à Paris). — Nouvelle 
Prosodie française. 

36" Id. — Manuel de l'orateur et du lecteur, et Exercices de récitation. 

37" Beschereile aine. — Dictionnaire national ou Dictionnaire de la 
langue française. 

38" Changements orthographiques introduits dans le Dictionnaire de 
l'Académie. Edition de 1877. 



XXVII 



Abréviations employées dans eet ouvrage. 



Acad. 


Académie. 


littérat. 


littérateur. 


adj. 


adjectif. 


m. 


masculin. 


adv. 


adverbe. 


macéd. 


macédonien. 


agr. 


agriculture. 


maçonn. 


maçonnerie. 


aie. 


alchimie. 


mar. 


marine. 


alg. 


algèbre. 


mathém. 


mathématiques. 


Ail. 


Allemagne. 


méc. 


mécanique. 


Amer. 


Amérique. 


méd. 


médecin, médecine. 


anat. 


anatomie. 


mérid. 


méridional. 


anc. 


ancien, ancienne. 


miner. 


minéralogie. 


Anglet. 


Angleterre. 


raonn. 


monnaie. 


ant. 


antiquité. 


mont. 


montagne. 


arch. 


architecte, architecture. 


Mor. 


Morin (de Clagny). 


arith. 


arithmétique. 


mus. 


musique. 


astr. 


astronomie. 


myth. 


mythologie. 


bot. 


botanique. 


Nap.Lanc 


. Napoléon Landais. 


célèb. 


célèbre. 


nat. 


naturel, naturelle. 


chim. 


chimie. 


nom pr. 


nom propre. 


chir. 


chirurgie. 


part. pr. 


participe présent. 


chirurg. 


chirurgien. 


pharm. 


pharmacie. 


compos. 


compositeur. 


philos. 


philosophe. 


départ. 


département. 


phys. 


physique. 


dram. 


dramatique. 


pop. 


populaire. 


écriv. 


écrivain. 


princip. 


principauté. 


expr. 


expression. 


pron. 


prononcez. 


f. 


féminin. 


prov. 


province. 


génér. 


général. 


quadr. 


quadrupède. 


géora. 


géométrie. 


représ. 


représentant. 


gramm. 


grammaire. 


rhét. 


rhétorique. 


hist. 


histoire, historien. 


riv. 


rivière. 


instr. 


instrument. 


sculpt. 


sculpteur. 


interj. 


interjection. 


septent. 


septentrional. 


jard. 


jardinage. 


subst. f. 


substantif féminin. 


jurisc. 


jurisconsulte. 


subst. m. 


substantif masculin 


jurisp. 


jurisprudence. 


t. 


terme. 


lat. 


latin, latine. 


Y. 


ville. 


locut. 


locution. 


zool. 


zoologie. 


log. 


logique. 







XXVIII 



Signes de prononciation employés dans cet ouvrage. 



6 = fermé, semblable au son o qui s'entend dans pot, numéro, 

chapeau. 
= ouvert, semblable au son o qui s'entend dans col, wolle, 

marmotte, force. 
= fermé long, semblable au son o qui s'entend dans apôtre, le 

nôtre, faute. 
eu fermé = son de eu dans jeu, peu, lieu. 
eu ouvert = son de eu dans seul, cœur, leur, feuille. 
= indique la liaison des mots. 

Dans la prononciation figurée, les e qui terminent les syllabes, 
et qui ne sont surmontés d'aucun accent, doivent être considérés 
comme des e muets. Comme ils n'ont d'autre fonction que d'indiquer 
la prononciation d'une manière exacte, on les laissera tout à fait 
muets, ou on les prononcera faiblement, selon l'occasion, en se con- 
formant aux principes exposés page 32 et suivantes. 

Observation importante. 
Cet ouvrage étant surtout à l'usage des étrangers, il n'est 
pas inutile de faire observer que la prononciation figurée doit 
être lue en donnant à toutes les lettres la valeur qu'elles ont 
en français. 



TRAITÉ COMPLET 



DE LA 



PRONONCIATION FRANÇAISE 

DANS LA SECONDE MOITIÉ 
DU XIXe SIÈCLE. 



NOTIONS PRELIMINAIRES. 

LANGAGE. ALPHABET. PRONONCIATION. 



Langage. 

Langage se dit de tous les moyens que l'homme a in- 
ventés ou employés pour communiquer aux autres ses idées, 
ses pensées, sa volonté, et tout ce qui se passe dans son 
esprit. Après les hiéroglyphes des anciens, nous nous servons 
maintenant de V écriture ou langage écrit, de la mimiqiie ou 
langage des gestes, et d'une variété très grande de signes 
de convention. 

La parole est la faculté, exclusivement réservée à l'homme, 
de représenter ses idées par l'articulation des sons; l'assemblage 
qu'il fait des mots pour peindre ses pensées s'appelle langage 
parlé. 

Le mot, formé de voyelles et de consonnes, et rendu 
tantôt par un seul son, tantôt par plusieurs, peint une idée. 

Le son, représenté par un ou plusieurs signes, mais 
produit par une seule émission de voix, se nomme syllabe. 



Lesaint, Prononciation française. Sme éd. 



2 NOTIONS PRÉLIMINAIRES. — ALPHABET. 

Alphabet, i 

Vàlphahet français se compose de vingt-cinq lettres ou 
signes graphiques: 

abcdefghijklmnopqrstiivxyz, 

dont voici les noms d'après l'ancienne appellation: 



a 


h 


c 


d 


e 


f 


S 


h i 


j k 1 m 


a 


U 


ce 


dé 


é 


èïï 


jé 


ache i 


ji ka èll èmm 


n 





P 


q 


Y 


S 


t 


Il V 


X y z. 


èmi 


ô 


pé 


■Icu 


èrr 


èss 


fé 


it vé 


iks i grèk zèdd. 



Suivant cette appellation, les sept consonnes f, h, 1, m, 
n, r, s, sont du genre féminin: Une grande F, une petite f, 
une h minuscule, une H majuscule, une 1 bien faite, une 
grande M, une petite n, une belle r, une grande S. — Les 
autres lettres sont du genre masculin: Un a, un b, un d, 
un k, MW jje^i^ p, un q, ww T majuscule, etc. 



l Mot formé, comme on sait, des deux premières lettres des Grecs: alpha, 
héla. Malgré l'extrême diversité des langues et des écritures, la plupart des alphabets 
offrent, dans le nombre, le nom, l'ordre et même la forme des caractères, des res- 
semblances qui attestent une origine commune. Les Egyptiens, les Chaldéens et 
les Phéniciens se disputent l'honneur d'avoir inventé l'écriture alphabétique; selon 
l'opinion la plus commune, cet honneur appartiendrait aux Phéniciens, dont l'alphabet 
offre, au reste, de grandes analogies avec ceux des Chaldéens, des Hébreux, des 
Syriaques, des Arabes, des Persans et des Arméniens. C'est le Phénicien Cadmus 
qui aurait apporté en Grèce l'alphabet et l'art d'écrire. 

Les Grecs, en colonisant l'Italie, introduisirent leur alphabet chez les Etrusques, 
qui le transmirent aux Romains avec quelques variations dans la forme des carac- 
tères; les Romains le répandirent dans toute l'Europe. L'alphabet grec, comme le 
phénicien, n'avait dans l'origine que 16 lettres. Palamède en inventa, dit-on, quatre 
au siège de Troie, et cinq siècles après, Simonide en ajouta quatre. L'alphabet 
latin, apporté de Grèce, dit-on, par l'Arcadien Evandre, n'eut aussi d'abord que 
16 lettres, comme le prouvent les inscriptions étrusques; c'étaient: a, 6, c, d, e, f, i, 
1, m, n, 0, p, r, s, t, u; ce n'est que plus tard qu'on y ajouta les sept lettres g, h, k, 
q, X, y, z. Claude voulut y introduire trois nouveaux signes, mais cette innovation 
ne dnra pas plus que son règne. Notre alphabet, qui n'est que celui des Latins et 
qui nous est commun avec celui de presque tous les peuples de l'Europe, a 25 lettres; 
il n'en avait que 23 quand on ne distinguait pas les lettres i et j, u et v, distinction 
dont la première idée remonte au XVIe siècle, mais qui n'e^st bien établie que depuis 
le commencement du XIXe. 

Pour être parfait, un alphabet devrait avoir autant de signes qu'il y a d'élé- 
ments de la voix à noter (on en compte de 35 à 40) et n'en avoir pas davantage; 
or, la plupart des alphabets manquent de plusieurs de ces signes; en français par 
exemple, on est obligé de donner à la lettre e plusieurs valeurs: e, é, è; et en même 
temps les alphabets ont plusieurs signes surabondants: dans notre écriture, c dur 
A', q, remplissent le même office. 



NOTIONS PRELIMINAIRES. — ALPHABET. 3 

La grammaire de Port-Royal • a proposé de nommer les 
consounes par le son qu'elles représentent suivi du son eu 
ouvert: 

h c 

&e lie devant a, o, u; ce devant e, i, y, et devant a, o, u, 
lorsqu'il a une cédille; 

d f g h j 

de fe g lie devant a, o, u; je devant e, i, y; he, je, 
klmnpqrstvx z. 

lie le me ne pe ke re ce te ve kse ze. 

D'après cette nouvelle appellation, toutes les lettres sont 
du masculin. — Mais ces noms, souvent employés aujourd'hui 
quand on enseigne à lire, sont moins usités que les premiers: 
quand on ne veut que nommer les lettres, on préfère toujours 
le nom ancien. ^ 

C'est de l'ancienne appellation que nous ferons usage dans 
le cours de cet ouvrage. 

Les vingt-cinq lettres de l'alphabet comprennent 6 voyelles : 
a, e, i, 0, u, y; dix-huit consonnes simples: b, c, d, f, g, h, 
j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, z, et une consonne double: x, 
ainsi nommée parce qu'elle représente à la fois ks, ou gz. 

On pourrait ajouter à ces lettres les signes doubles ae, 
ce, w, et le vieux signe & (et). 



1 PortSoyal des Champs, abbaye de l'ordre de Citeaux, fondée en 1204, près 
de Chevreuse (Seine et Oise), par Odon de Sully, évêque de Paris, pour des religieuses 
qui se vouaient à l'éducation de la jeunesse. Abandonné en 1625 par les religieuses, 
qui vinrent se fixer à Paris, le monastère de Port-Royal des Champs servit de re- 
traite à de pieux et savants solitaires qui partageaient leur temps entre les exercises 
de la piété et de la pénitence, le travail des mains, l'étude des lettres, l'instruction de 
quelques jeunes gens d'élite. Les plus illustres d'enti-e eux sont: Ant. Arnauld 
et Arnauld d'Andilly, Lemaistre de Sacy et deux de ses frères. Nicole, 
Lancelot, Lenain-de-Tillemont; Pascal les visitait souvent. Ils produisirent, 
le plus souvent en commun, d'excellents ouvrages: Logique, Méthode grecque, Racines 
grecques, Essais de morale, Bible dite de Sacy, Histoire ecclésiastique, etc. Ils comp- 
tèrent au nombre de leurs élèves Racine, les deux Bignon, Achille de Harley, etc. 
A la suite des querelles du jansénisme, ils se virent chassés de leur retraite. Leur 
maison fut fermée le 29 octobre 1709, et tous les bâtiments furent rasés en 1710. 

2 B. Jullien dit partout, dans ses ouvrages, un bé, une f, une m, etc. L'Aca- 
démie elle-même dit une h aspirée, une M majuscule, etc. (Voyez, dans son Diction- 
naire, les lettres H, M, etc.) 

1* 



4 NOTIONS PRÉLIMINAIRES. — ALPHABET. 

Remarques sur quelques lettres de l'alphabet. 

H. — Suivant quelques grammairiens, cette lettre n'est 
que le signe d'une aspiration plus ou moins marquée; selon 
d'autres, c'est une consonne gutturale. 

J. — La forme du j, inconnue des anciens, a été donnée 
postérieurement à Vi employé avec la valeur d'une consonne. 
Elle dérive de celle de Vi, allongé irrégulièrement, selon le 
caprice des copistes du moyen âge; elle fut régulièrement 
introduite dans l'orthographe française par Jacques Pelletier, 
en 1550, et par Ramus, ^ en 1557. Ou l'appela ji à cause 
de son articulation sifflante. Auparavant, Vi prenait le nom 
de i voyelle ou de i consonne, selon sa position dans le mot. 

K. — Lettre purement grecque, introduite dans la langue 
latine par un auteur nommé Salvius. Ce caractère, jugé 
inutile dans la langue latine, est d'un usage fort rare dans 
la nôtre. On ne l'emploie guère aujourd'hui que pour des 
mots tirés des langues étrangères. Le mot ki/rielle est à 
peu près le seul commençant par cette lettre qui ait pris 
naissance et place dans notre langage familier; encore a-t-il 
été formé abusivement des mots kyrie, eleison. Dans nos 
anciens auteurs, le k était souvent employé au lieu de qu. 
On le trouve encore dans quelques noms propres bretons: 
Kératry, Kergorlai, Kersabiek, Kermarek, etc. 

U. T. — On sait que chez les Latins Vu se prononçait 
ou; ils confondaient cette lettre avec Vu consonne ou v, ou 
plutôt ils n'avaient que le v, qui avait la valeur de notre v 
devant les voyelles, et celle de ou devant les consonnes. Cette 
confusion s'est perpétuée dans l'écriture française jusqu'au 
16® siècle; on la voit subsister plus longtemps encore dans 
l'ordre alphabétique des dictionnaires. On disait alors u 
voyelle et u consonne. 



1 Ramus, en français Pierre la Ramée, célèbre philosophe, né dans le Ver- 
mandois vers 1502, entra comme domestique au collège de Navarre, s'instruisit sans 
le secours d'aucun maître. En 1545, nommé principal du collège de Presles, il y 
enseigna la rhétorique et les mathématiques; il obtint en 1551 une chaire de philo- 
sophie et d'éloquence au Collège de France. Ayant embrassé le calvinisme, il dut 
s'expatrier; il parcourut l'Allemagne. Mais, ayant eu l'imprudence de rentrer en 
France en 1571, il fut enveloppé dans le massacre de la Saint-Barthélemy. 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. — ALPHABET. g 

W. — Cette lettre apijartient à l'alphabet de plusieurs 
peuples du Nord. Quoiqu'elle ne soit pas latine, on la voit 
dans quelques anciennes inscriptions. Suivant Mabillon, ^ ce 
ne fut qu'au 12'' siècle que les deux vv, jusqu'alors séparés, 
furent confondus en une seule lettre. Cependant le double w 
se trouve dans un diplôme de Clovis III à la fin du 7^ siècle. 
Aujourd'hui, les quelques mots français qui ont le tv sont tous 
d'origine étrangère. 

M. Œ. — Ces deux signes doubles, dans lesquels l'a et 
Vo ne servent qu'à marquer l'étymologie, entrent dans plusieurs 
mots français formés du grec ou du latin; ils ont toujours la 
valeur de l'e simple et ne prennent jamais d'accent. Quelques- 
uns de ces mots s'écrivent à peu près indifféremment ae ou œ; 
quelquefois même on supprime l'a et l'o pour n'écrire que e. 
Ces deux lettres fae, œ), ne donnant qu'un son, doivent toujours 
être jointes ensemble: 2£gilops, atgiphile, ^rugineux, csecum 
ou cœcum, cseîachne ou célachne, et csetera ou et cœtera, 
cœliaque ou céliaque, Jiomœopathie ou homéopathie, etc. — 
Dans les mots suivants, on écrit toujours œ, jamais e seul: bœuf, 
chœur, cœur, écœuré, manœuvre, manœuvrer, manœuvrier, 
mœurs, nœud, œcuménique et ses dérivés, œuf, œuvé, œil et 
ses dérivés: œillet, etc., œuvre, sœur, vœu. — Séparées, les 
deux voyelles donnent toujours deux sons, tantôt d'égale quantité, 
comme dans aérostat, aérotone, coercitif, coexistence, etc., et 
tantôt prononcés en diphtongue, comme dans moelle. 

&. — Cette figure, vieillie, est un caractère abréviatif, 
qui tient lieu de la conjonction et, et que l'on prononce é en 
français, ètt en latin et dans les locutions latines usitées en 
français. — On le trouve dans tous les vieux livres, et dans 
quelques abécédaires français à la suite du ^. Les peuples 
du Nord, les Allemands, les Anglais surtout, en font un fréquent 
usage dans leur correspondance. 



1 Jean Mabillon, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, l'un des hommes 
les plus savants de son ordre, né à St.-Pierremont, près de Reims, en 1632, mort à 
Paris en 1707. En 1683, Colbert l'envoya en Allemagne pour y chercher tout ce qui 
pourrait servir à l'histoire de la France. Il alla également en Italie en 1689 aux 
dépens du roi, et en revint avec une ample moisson. Au nombre de ses ouvrages, 
on cite surtout De re diplomatiea, libri VI, 1681, in-folio, où il explique tout ce qui 
regarde l'écriture, le style, l'origine des chartes et diplômes. 



I 



g NOTIONS PRÉLIMINAIRES. - PRONONCIATION. 

Prononciation. 

La prononciation d'une langue se compose d'un grand 
nombre d'éléments: la syllahation d'abord, ou l'émission des 
syllabes; l'accent du discours, qui change selon que celui qui 
parle est calme ou agité, passionné ou tranquille; l'intonation 
musicale de la phrase, qui nous fait énoncer une interrogation 
autrement qu'une affirmation, une exclamation autrement qu'une 
plainte; enfin le timbre de la voix, qui n'est pas le même 
chez tous les individus. 

La prononciation des mots par leurs syllabes, et non 
d'après le caractère ou l'esprit total de la phrase, et qui se 
nomme syllabation, est, sans contredit, la plus essentielle. 

La syllabe, simple et indécomposable en apparence, est 
pourtant formée de deux parties: la voix et V articulation ; 
et elle peut être modifiée de deux manières: par V accent et 
par la quantité. 

Ainsi, les voix, les articulations, Vaccent et la quantité, 
voilà ce qui doit être bien possédé dans chaque langue, si 
l'on veut la prononcer correctement. 

Voix. — On entend par voix l'air vocal devenu pleinement 
sonore, pleinement appréciable à l'oreille, et susceptible d'être 
soutenu dans toute sa plénitude pendant un temps plus ou 
moins long. Exemples: a, o, é. 

Les signes représentatifs des voix s'appellent en général 
voyelles; mais il y a des voix: an, in, on, tin, qu'on ne peut 
représenter sans employer une consonne, et il y en a d'autres, 
comme eu, ou, qui exigent deux voyelles. 

Le nombre de nos voyelles est de six: a, e, i, o, u, y. 
Mais il est bien notoire que nous avons plus de six voix: en 
laissant de côté toutes les différences de durée ou d'accent, on 
en compte quinze bien distinctes: 



10 a 

20 e comme dans les mono- 
syllabes ce, que, je; 
30 é comme dans répété; 
40 è comme le premier e de 

père, austère; 



50 i 

60 fermé, comme dans 
pot, mot, et comme 
les dernières lettres de 
chapeau; 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. — PRONONCIATION. 



7^ ouvert, comme dans 

col, sol, mort; 
80 u 

90 eu fermé, comme dans 
jeu, peu, ceux; 
10 eu ouvert, comme dans 

seul, cœur, meuble; 
110 ou 



120 an nasal, comme dans 

plan; 
I30 in nasal, comme dans 

pain; 
14 on nasal, comme dans 

bon, mon; 
15O un nasal, comme dans 

chacun. 



Voix variables. 



Ouvertes. 


Fermées. 


Nasales. 


10 a 




120 an 


40 è ouvert 


30 é fermé 


130 in 


70 ouvert 


60 fermé 


140 on 


10 eu ouvert 


90 eu fermé 


150 un 



Voix constantes. 
50 i 

80 u 
11 ou 
20 e (muet) 

Articulations. — Lorsque nous prononçons les syllabes 
ba, pa, etc., les lèvres se ferment d'abord, interceptent l'air 
vocal, et, s'ouvrant tout à coup, font entendre la voix a 
modifiée en son commencement par un certain son, ou par 
une explosion instantanée et éteinte au moment même où elle 
vient de se former. C'est là précisément ce que l'on nomme 
articulation. L'articulation a besoin, pour exister matérielle- 
ment, de s'appuyer sur la voix suivante, ou au moins sur l'air 
vocal, puisque, n'étant qu'un mouvement particulier des parties 
de la bouche, elle ne produit pas le son, et ne fait que modifier 
celui qui est produit ailleurs. 

Les articulations sont au nombre de dix-neuf: b, c dur 
(équivalent de k et q), cl, f, g dur, gn mouillé (comme dans 
indigne), h, j, cJi, l, ill mouillé,* m, n, p, r, s, t, v, z. Ces 
articulations s'entendent toutes, sans exception, à la fin des 



1 On verra plus loin, au chapitre de la Prononciation des consonnes, lettre L, 
comment il faut prononcer 17 mouillée. 



g NOTIONS PRÉLIMINAIRES. — PRONONCIATION. 

mots suivants: crahe, brique, aide, greffe, digue, digne, les 
Dahes (peuple de l'antiquité), sage, pêche, zèle, taille, homme, 
cane, tape, guerre, passe, tête, rêve, douze. 

Articulations variables. 





Nasales. 


Muettes 




Sifflantes. 




Faibles. 


Fortes. 


Faibles. 


Fortes. 


Labiales. 


m 


b 


P 


V 


f 


Dentales. 


n 


d 


t 


Z 


S 


Palatales 


gû 


g dur 


k 


j 


ch 




Linguales. 


Articulations constantes. 






ill 


1 


r 






Gutturale. 


h 









Quelques-uns appellent liqiiides les quatre consonnes l, m, 
n, r, qui, étant employées à la suite d'une autre consonne dans 
une même syllabe, sont coulantes, et se prononcent aisément. 
On appelle aussi chuintantes les articulations j et ch. 

Accent. QUcintité. — Les principales modifications de 
la voix, lorsqu'on parle, sont V accent et la quantité. On 
trouvera plus loin, au chapitre de la Prosodie, tout ce que 
réclame, à cet égard, une bonne prononciation. 

Avant de passer à la prononciation des voyelles, nous 
avons besoin de parler des sons intermédiaires. 

Entre l'é fermé de répété (e fermé plein) et l'è ouvert 
de père (e ouvert plein), se trouvent une quantité de sons 
intermédiaires ou nuances de sons. Les mêmes nuances existent 
entre l'o fermé plein (o de pot, mot) et l'o ouvert plein (o 
de col, sol), entre le son eu fermé plein (eu de jeu, peu, 
ceux) et le son eu ouvert plein (eu de seul, cœur). Il y a 
donc des e plus ou moins fermés et des e plus ou moins 
ouverts. On appelle ordinairement e mi-ouvert ou e ouvert 
moyen, le son e qui tient le milieu entre l'é de répété et l'è 
de père. Il y a donc aussi des et des eu plus ou moins 
fermés ou plus ou moins ouverts. Mais nous n'avons aucun 
signe pour représenter exactement chacune de ces nuances de 
sons, et c'est surtout ici que se fait sentir le besoin d'un 
alphabet complet. 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. — PRONONCIATION. g 

Nous appellerons sons primitifs les 15 sons a, e, é, è, 
i, etc., dont le tableau est plus haut, page 6, et dont la 
connaissance exacte est le point de départ d'une bonne pro- 
nonciation. — Quant aux sons intermédiaires ou nuances de 
sons, qui ont souvent pour cause la rencontre d'une voyelle 
avec telle ou telle consonne, nous les indiquerons aussi bien 
qu'il nous sera possible, en disant e presque fermé, e légère- 
ment ouvert, e ouvert moyen ou mi-ouvert; de même pour les 
sons et eu; nous tâcherons, enfin, de suppléer à la parole 
par des explications toujours claires. 

Les quinze sons primitifs de la langue française sont 
rendus par soixante-quatorze signes différents: voyelles simples 
ou composées; les voici dans leur ordre alphabétique: 



a 


am 


ca 


en 


m 


liai 


um 


aa 


an 


eai 


eo 





uan 


um 


ae 


ao 


eam 


eon 


oa 


ue 


un 


ae 


aon 


ean 


eoti 


œ 


ué 


uo 


aë 


aou 


eau 


eu 


œu 


uè 


uon 


aem 


au 


ee 


eun 


om 


uê 


y 


aen 


ay 


ei 


ey 


on 


uem 


ym 


ai 


aye 


eie 


eye 


00 


uen 


yn. 


aie 


e 


eim 


i 


ou 


ueu 




aim 


é 


ein 


ie 


■ u 


ui 




a'm 


è 


em 


im 


ua 


uim 





Le son a est rendu par a dans valable, capacité, etc.; 
par aa dans Saale (rivière), etc. ; par am dans gramme, etc. ; 
par an dans année, etc.; par aon dans paonne, etc.; par e 
dans indemniser, etc.; par ea dans mangea, etc. — Le son 
é fermé est rendu par é dans été, etc.; par ai dans je 
chantai, je dirai, etc.; par eai dans je mangeai, etc.; par œ 
dans Œdipe, etc., etc. 

Mais de même que chacun des quinze sons de la langue 
est rendu par différentes voyelles simples ou par diverses 
combinaisons de lettres, de même ces voyelles simples et 
ces mêmes combinaisons de lettres font, la plupart, entendre 
différents sons. Par exemple, la voyelle simple a a le son 
propre a dans valable; le son é dans lady, etc. — La voyelle 



10 



NOTIONS PRELIMINAIRES. — PRONONCIATION. 



simple u a le son propre u dans hutte; le son ou dans 
mameluk, etc.; — La combinaison en a le son nasal an 
dans encore, tenter, etc.; le son nasal ain dans appendice, 
Amiens, etc.; le son è dans la tienne, la sienne, etc. — La 
combinaison eu a le son eu fermé dans jeu, peu, etc.; le 
son eu ouvert dans leur, seul, qu'il meuve, etc.; le son u 
dans gageure, j'eus, il eut, etc. 

Nous allons présenter, par ordre alphabétique, les soixante- 
quatorze signes (voyelles simples ou composées) qui en français 
représentent les sons simples, et nous dirons quels sont les 
divers sons que chacun de ces signes donne selon l'occasion. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — A. jj 

PREMIÈRE PARTIE. 

PRONONCIATION DES VOYELLES 

simples ou combinées avec d'autres voyelles ou 
une consonne nasale. 



Les voyelles, simples ou composées, quand elles sont 
suivies de m ou de n, font presque toujours entendre un son 
nasal: an, in, on, ou un. Il y a pour ces quatre voyelles 
nasales des règles générales, qu'on trouvera plus loin. — 
Voyez Règles communes aux quatre voyelles nasales. 

Ainsi que les consonnes, les voyelles simples ou composées 
ont, la plupart, divers sons; le son propre, c'est-à-dire celui 
qu'elles ont lorsqu'elles sont prises isolément, et un ou 
plusieurs sons accidentels, qu'elles reçoivent par leur position 
ou par l'usage. 

a.. 

La voyelle simple a a toujours le son a à la fin d'une 
syllabe, ou lorsque dans la même syllabe elle est suivie d'une 
consonne autre que m ou n. Il n'y a d'exceptions que pour 
les mots qui suivent: 

1 A se prononce é dans Jceepsake, lady, ladies, * 
mïlady, Shakespeare ou Shakspeare. — Dites Mp-céke {é 
long), lédi, lédi, milédi, cJiékspîr. 

2® Il prend le son de l'e ouvert moyen dans square, 
steeple-chase. ^ — Dites skouèrr, stîple-tchèze. 

30 II est nul pour la prononciation dans aoiit, aoûteron, 
beef-steak (que l'Académie écrit et que tout le monde prononce 



1 L'Académie écrit des ladys; du reste ceci sont tous des mots tirés de la 
langue anglaise. 

2 Même observation que pour NO 1. 



12 PRONONCIATION DES VOYELLES. — A. 

hiftecTc), Castelreagh ou Castlereagh, curaçao, hoax, ' hogshead 
(mesure en Angleterre), laemmer-geier ou gypaète, Laennec 
(médecin), raout ou rout, Saint-Laon (ville), Saône (riv. et 
départ.), taon, Taormine ou Taormina (v. de Sicile). Prononcez 
ou, oûtron, hiftek, kast-le-rè (e final ouvert moyen), kuraçô, 
og-zèd, lè-mèrr-gé-ièrr (g dur), lè-nèJc, roûtt (quelques-uns ra- 
outt), çain-lon, cône, ton, tbr-mine ou tàr-mi-na. — La plupart 
ne font pas non plus entendre l'a dans Chaource (ville), le 
Faou (bourg), le Faouet (ville), Naours (bourg), et prononcent 
cJiourss, le fou, le fouè, nourr. — On prononce à l'anglaise 
Great-Eastern, Beales (nom. pr.), steam, steamer, steamboat. 
Dites grétt-istèrn, bile, stîme, stîmèrr, stîme-bôte. — Les mots 
maëstral (et mieux mistral), maëstraliser, se prononcent mistral, 
mistralizé. — Quant à aoriste, tous les lycées font entendre 
aujourd'hui l'a et disent a-oriste, malgré l'Académie, qui 
prononce oriste. 

40 L'a doublé se prononce quelquefois comme un seul a. 

Voyez, pour toutes ces exceptions, les combinaisons de 
voyelles AA, AE, AEM, AEN, AO, AON, AOU, EA, OA. 

Quant aux mots ouate, ouater, la prononciation ouatt, 
ouaté, devrait être la seule en usage, bien que l'Académie, 
Nodier, Poitevin, Larousse et autres disent ouètt, ouété. On 
a écrit autrefois ouetfe, ouetter, et cette prononciation s'est 
conservée chez beaucoup de tailleurs, de couturières, etc. 

A part les exceptions que nous venons de citer, l'a, 
quand le son n'est modifié ni par une voyelle ni par une 
consonne nasale, doit se prononcer avec le son plein qui 
s'entend dans la Plata, marcha, etc. N'imitez donc pas ceux 
qui, croyant rendre leur langage plus gracieux, affectent de 
donner à l'a de certains mots le son è ouvert et prononcent, 
par exemple, papa, charmant, etc., comme si ces mots étaient 
écrits pèpè, chèrmain. Sous le Directoire, au temps des in- 
croyables, cette prononciation eût pu trouver des admirateurs; 
aujourd'hui elle ne peut rencontrer que le ridicule. 

Pour la quantité, voyez l'article Prosodie à la fin de 
l'ouvrage. 



1 Hoax (prononcez ôkss). Voyez ce mot à l'article OA, page 91 et 161. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AA. jg 



La voyelle a doublée se prononce a long dans les noms 
suivants: 

Boerhaave (bo-èr-âve), célèb. méd., chimiste, etc., 
1668—1738. 

Bigsraad (rigs-râd), conseil d'État de Suède. 

Saa ou Sa (ça), théologien portugais, 1530 — 1596. 

Saa de Miranda (ça), poète portugais, 1496 — 1558. 

Saad-Eddyn-Mohammed (çâd-èd-dain-mo-a-mè), historien 
turc, — 1660. 

Saadij ou Sadi (çâdi), poète persan, 12* siècle. 

Saadia ou Saadias (çâ-dia, çâ-diâss), savant d'Egypte, 
892—942. 

Saale (çâl), nom de trois riv. d'Allemagne: 1^ la Saale 
saxonne ou thuringienne , 2<^ la Saale franconienne, 3^ la 
Saale autrichienne. 

Saales (çâl), v. du départ, des Vosges. 

Saar- Union ou Sarre (çâr), v. de la Basse- Alsace 
allemande. 

SaarbrucTc (Sarrebruch) (çâr-brtik), v. des États prussiens. 

Saardam, ou Sardam, et mieux Zaandam (çâr-dame, 
zan-dame), bourg des Pays-Bas. C'est là que Pierre le 
Grand vint travailler en 1697. 

Saarguemmide , français Sarreguemines (car -ge- monde, 
g dur, — car -ge- mine, g dur^, v. de la Lorraine allemande. 

Saarlouis (çâr-loui), appelée Sarrelibre à l'époque de la 
révolution française: place forte prussienne. Français Sarrelouis. 

Saarsfield (çârs-fièld), génér, espagnol, 1795 — 1837. 

Saavedra (ça-védra), nom de trois hommes célèb. d'Es- 
pagne. 

Saint- Vaast (çain-vâstt), port de mer. 

Staal [M"« de Launay, baronne de] (stâl), 1693—1750, 
fille d'un peintre français, épousa le baron de Staal, viei 
officier suisse. 

Aalborg et Aarlms, villes et bailliages du Jutland, se 
prononcent ol-bbrg {g dur), o-roûss. 



24 PRONONCIATION DES VOYELLES. — JE, AE, AË, AÉ, AÈ, 

Partout ailleurs, aa se prononce en deux syllabes: Aar 
(riv. de Suisse), Aaron, Baal, Isaac, etc. Dites a-âr, a-aron, 
ba-al, iza-ah. 

se. 

Ces deux voyelles, ainsi jointes, ne se trouvent que dans 
des noms propres étrangers et dans quelques mots grecs ou 
latins; elles ont toujours pour nous la valeur de l'e simple. 

segilops (éjilopss), t. de méd. : ulcère; 

JEgos-Potamos (égàss-potambss), riv. de la Chersonèse; 

althsea (al-té-a), espèce de guimauve; 

Cxnéus (cé-né-ûss), surnom de Jupiter; 

et cse.tera, ou et cœtera (ètt cetera), par abréviation, etc. ; 

Gr3èt0 ou G-ratjs (grètss, gratss), v. de Styrie; 

Ha^ndel (ain-dèl), célèb. compos. ; 

HisÊlmar [lac] (iel-mar), en Suède ; 

K^mpfer (kainpe-fèrr), voyageur écriv. ; 

Lîensberg [Matthieu] (lainss-bèrr), auteur du fameux 
almanach de Liège; 

Lcetare (létaré), nom du 4® dimanche de carême; 

Lsetitia (léticia), nom de femme; 

Msedler (mèd-ièrr), savant astronome allemand; 

Mcelar [lac] (mélar), en Suède; 

Mc&Uel (melzel), mécanicien allemand; 

Nse-vius (névi-ûss), poète latin; 

palsÊothérium, ou paléothérium (palé-otéri-omm) , fossile 
des environs de Paris ; 

Palus-M^otis, ou Palus-Meôtide (palûss-mé-o-tîss, palûss- 
mé-o-tidd), aujourd'hui mer d'Azof; 

Sccevoïa [Mucius] (cévola), jeune Romain, qui se dévoua 
pour tuer Porsenna; 

Sta^udlin (steud-lain), théologien allemand; 

Etc., etc. 

ae, aë, a^, aè. 

Ae (sans tréma sur e) a la simple valeur de l'a dans 
Caenais, Caenaise (qui est de Caen), Jordaens ou Jordans 
(peintre), Maelstrom ou Mohœstrom (gouffre de l'océan 
Glacial, près de l'île Moska), Ruisdael ou Buysdael (peintre). 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AE, AË, AÉ, AÈ, AEM, AEN. ^5 

Prononcez Tta-nè, ha-nèze, jor-dance, mal-stron, moJcèss-tron, 
ruiss-dâl. 

L'a est nul pour la prononciation dans laemmer-geier, 
Laennec (médecin). Dites lè-mèrr-gé-ièrr {g dur), lè-nèk. 

Ae (sans tréma sur l'e) forme deux syllabes dans tous 
les autres mots: alcaest ou alcaJiest (t. d'alch.), AlJcmaer 
(v. de Hollande; poète allemand), Laeken (château royal 
près de Bruxelles), Mael-Garliaix (ville), Maerlant (célèb. 
poète flamand du 13® siècle), Macs (nom de plusieurs pein- 
tres hollandais), Faer (compos. italien), saette, ou mieux 
sagette (se disait autrefois pour flèche), tael (monn. de la 
Chine, du Japon, etc.). — Prononcez alka-èstt, alkma-èrr, 
la-é-Mne, ma-èl-carè, ma-èrlan, ma-èss, pa-èrr, ça-ètt, çajètt, 
ta-èl. 

Aë se prononce a long dans Maësfricht (v. du Limbourg), 
en flamand Maastricht, et dans Staël-Holsteiti (baronne de). — 
Dites mâss-triJc, stâl-holstain. 

Maêstral, et mieux mistral (nom que les marins pro- 
vençaux donnent au vent du nord -ouest, et que les Italiens 
appellent maestro), et maëstraliser , ou mieux mistraliser (t. 
de mar.: tourner à l'ouest, en parlant de la boussole), se 
prononcent miss-tral, miss-tralizé. 

Aë (avec tréma sur e) se prononce en deux syllabes 
(a-ë) dans tous les autres mots: Gaete, maestro, poème, poëte,^ 
etc. — Dites ga-ètt, ma-èss-trô, po-ème, po-ètt. 

Aé, aè — Ces combinaisons donnent deux syllabes par- 
tout où elles se trouvent. 

Aem ne se trouve que dans laemmer-geier (un des noms 
du vautour des Alpes). Prononcez lè-mèrr-gé-ièrr (g dur). 

Aen a le son an dans Caen (ville de France), Decaen 
(nom propre), Saint-Saens (bourg); — le son è dans Laennec 
(médecin écrivain). — Prononcez kan, dekan, çain-çan, lè-nèk. 



1 L'Académie écrit dès l'édition de son Dictionnaire de 1877: po'erne, poite. 



16 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AI. 



a.1. 



Ai fait entendre quatre sons: a, e (son de l'e muet), 
é fermé, è ouvert. 

Cette combinaison a le son a dans Michel de Montaigne 
(philos, français, 1533 — 1592), qu'on prononce montagne. 

Douaire, douairier, douairière, se prononcent douèrr, 
douè-rié, douè-rièrr. C'est par abus que quelques écrivains 
veulent qu'on dise douarié, doua-rièrr. — Dans le chant, dit 
toutefois Morin de Clagny, on fait entendre oua dans les 
trois mots: Douar, etc. 

Ai a le son de l'e muet dans faisant, nous faisons, je 
faisais, tu faisais, il faisait, nous faisions, vous faisiez, ils 
faisaient, faisons; et aux mêmes personnes et aux mêmes 
temps dans tous les verbes composés de faire: contrefaire, 
se défaire, forfaire, malfaire (peu usité ailleurs qu'à l'iniînitif), 
méfaire (peu usité), refaire, satisfaire, surfaire. La combi- 
naison ai, dans toutes ces parties du verbe faire et de ses 
composés, n'est guère plus sentie que l'e muet de je ferai, 
tu ferais, il ferait, etc. — L'Académie fixe la prononciation 
de quelques mots dérivés de faire, comme bienfaisance , bien- 
faisant: on prononce, dit-elle, dans le discours ordinaire, 
bienfesance, bienfesant; mais, au théâtre et dans le discours 
soutenu, on prononce bienfesance, bienfesant. Aux mots 
faiseur, infaisable, elle indique également la prononciation 
feseur , infesable; mais elle ne dit rien aux mots bienfaiteur, 
contrefaiseur , faisable, malf aisance, malfaisant, malfaiteur, 
satisfaisant, que l'on prononce généralement biain-fèteur, mal- 
fèteur, avec le son e ouvert moyen, et contrefezeur , fezable, 
malfezance, malfezan, çatiss-fezan , avec le son de l'e muet. 

Cette combinaison a le son de l'é fermé, 1^ dans gai 
et son féminin gaie, gaîment ou gaiement, gaîté ou gaieté, 
geai (oiseau), papegai, quai, quaiche; — 2^ dans les verbes, 
partout où elle termine le mot: j'ai; j'allai, je menai, je pro- 
posai; j'aurai, je serai, j'irai, etc.; — 3^ dansée sais, tu sais, 
il sait (du verbe savoir). — On prononce gé {g dur), gé (g dur), 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AI. jy 

gé-man {g dur), gé-té {g dur), je, 'pa'p-gé {g dur), lié, Tiédie; 
— je, ja-Ié, je m'né, je proposé, jôré, je s'ré, jiré. 

Dans les phrases interrogatives ou exclamatives, la finale 
ai des verbes garde la même prononciation: ai-jef aurai-jef 
serai- je? irai- je? etc. Dites éje? ôréje? s'réje? iréje? en 
supprimant entièrement, dans la prononciation, l'e de je. 

La combinaison ai a le son de l'è très ouvert, semblable 
au son è de j>ère, mère, etc., 

1^ Lorsque dans la dernière syllabe des mots elle est 
suivie d'une ou de plusieurs consonnes finales, prononcées ou 
non, et autres que m ou n, comme dans Anglais, attraits, 
JBeauharnais, Beaumarchais, biais, bienfaits, chair, dais, désor- 
mais, faix, flair, Français, il fut/ait, impair, du jais, ja^nais, 
laid, du lait, mais, marais, mauvais, niais, ouais! pair, paix, 
palais, Babelais, souhait, etc. — On prononce angle, atrè, 
bô-arnè, bô-marchè, biè, . . . fè, . . . fui-iè, . . . du je, . . . le, . . . 
ouè! . . . ra-blè, çou-è. 

La lettre s, ajoutée comme signe du pluriel, ne modifiant 
nullement la prononciation, les mots pluriels gais, geais, 
papegais, quais, dont il est parlé plus haut, se prononcent 
comme au singulier. 

20 Dans les verbes, partout où elle fait partie des 
finales ais, ait, aie, aies, aient, et alors toutes les lettres 
qui suivent: S, t, e, es, eut, sont muettes: j'avais, tu avais, il 
avait, ils avaient; j'étais, il était; je mangeais, elles mangeaient ; 
j'aurais, tu serais, il marcherait, elles finiraient, que j'aie, 
que tu aies, qu'il ait, qu'elles aient, etc. — On prononce javè, 
tu avè, il avè, il zavè; jétè, il été; je manjè, èl manjè, . . . 
ke je, Jce tu è. Ml è, Tcèl zè. 

On excepte je sais, tu sais, il sait. — (Voyez plus haut.) 

30 A la fin des adjectifs et des substantifs; bai (rouge 
brun), balai. Cambrai, délai, JDoîiai (ville), étai, frai, lai 
(laïque), mai (mois),i ToJcai, vrai, etc. — On prononce bè, 
balè, kanbrè, délè, doué, été, frè, lé, ... toM, vrè. — Voyez 
plus haut les exceptions: gai, geai, papegai, quai. 



1 Plusieurs prononcent avec le son de l'é fermé: mé. — Le son e ouvert 
moyen est peut-être plus conforme à l'usage. 

Lesaint, Prononciation française. 3^« éd. 2 



Jg PRONONCIATION DES VOYELLES. — AI. 

40 Dans la finale aie des substantifs et des adjectifs: 
aunaie, baie (adj. et subst.), craie, futaie, laie (adj. et subst.), 
raie, vraie, etc. — On prononce ô-nè, bè, Icrè, etc., l'e très 
ouvert et long. 

Gaie, adjectif féminin, fait seul exception: on prononce 
gé (g dur et é long). 

50 Dans tous les mots où elle est suivie d'une syllabe 
muette finale: aide, aile, il baise, Bazaine (ancien génér. 
français), braise, le Caire, capitaine, chaise, daine (la femelle 
du daim), 1 domaine, vous faites, fraîche, fraise, gaine, ils aiment, 
ils apaisent, laine, maître,'^ qu'il se taise, quinzaine, secré- 
taire, semaine, traître, vingtaine, etc. — On prononce èdd,M, il 
bèze, bazène, brèze, le Jcèrr, kapitène, chèze, dène, do-mène, 
vou fête, frèche, frèze, gène {g dur), il zème, il zapeze. Une, 
mètre, Ml ce tèze, kain-zène, ce-krétèrr, ce-mène, trètre, vain- 
tène. — Quaiche fait exception. (Voyez plus haut.) 

G^ Dans les finales aîsse, aisses, aîssent: la baisse, 
il abaisse, elles abaissent, la caisse, on encaisse, tu encaisses, 
la graisse, ils engraissent, tu laisses, etc., ainsi que dans Aisne 
(départ, français). — Prononcez, en rendant l'e très ouvert, 
la bèss, il abèss, èl-zabèss, la Jcèss, on-nankèss, tu ankèss, la 
grèss, il-zangrèss, tu lèss, ène. 

70 Enfin, ai a le son e ouvert devant la syllabe finale 
son (prononcée zon): cargaison, combinaison, comparaison, 
conjugaison, déclinaison, exhalaison, fenaison, inclinaison, 
liaison, maison, oraison, saison, etc. — Prononcez kargèzon 
(g dur), konbi-nèzon, . . . konjugèzon {g dur), . . . ég-zalèzon, 
fe-nèzon, ainkli-nèzon, liè-zon, etc. 

La combinaison ai, quand elle ne se trouve dans aucun 
des cas dont nous venons de parler, a le plus souvent le son 
e ouvert moyen, nuance de son entre l'è ouvert de colère et l'é 
fermé de chanté. Ce son e mi-ouvert, produit par attraction, 
s'entend dans presque tous les mots où ai est suivi d'une 



1 Les chasseurs prononcent dîne. 

2 Mais dans maîtresse, ai , comme on y a le voir tout à l'heure, a le son de l'e 
ouvert moyen. 



PRONONCIATION DES VOYELLKS. — AI. jg 

syllabe masculine, * comme dans aiguille, aimer, aîné, araignée, 
baigner, baiser, baisser, blaireau, daigner, faiblesse, fainéant, 
fainéantise, faisan, faisandeau, faisandier, laitage, laiterie, 
laitier, laiton, laitue, maîtresse, maîtriser, paisible, prairie, 
raifort, railway, raisin, raisonnable, raisonner, saisie, saisir, 
etc., etc. — Il n'y a pas d'exception quant à faisan, faisanne, 
que quelques écrivains font, à tort, prononcer fezan, fezane. 
Voyez d'ailleurs Ch. Nodier, qui, dans la prononciation figurée^ 
surmonte d'un tréma l'e demi-ouvert, et écrit fëzan. 

Dans clairon, mairie, maisonnette, vraiment, Valparaiso 
(que l'on écrit aussi Valparaiso)^ le son è est presque aussi 
ouvert que dans père. 

Dans les verbes aider, aimer, baiser, plaider, flairer, 
etc., ai, devant la syllabe muette du futur et du conditionnel, 
se prononce e ouvert mot/en: j'aiderai, tu aiderais, il aimera, 
elle baiserait, nous plaiderions, ils flaireraient, etc. 

Dans les verbes en aisser et en iaiser: abaisser, affaisser, 
délaisser, encaisser, graisser, laisser, biaiser, niaiser, etc., le 
son è, à ces deux temps, est plus ouvert: j'abaisserai, il 
s'affaissera, elle délaisserait, on encaissera, nous graisserions, 
vous laisserez, il biaisera, elle niaiserait, etc. C'est ce dernier 
son, assez ouvert, qui s'entend encore dans abaissement, 
affaissement, biaisement, connaissement, délaissement, encaisse- 
ment, faiblement, fraîchement, laidement, niaisement. 

Ces diverses nuances de sons, qui se trouvent entre le 
son é fermé et le son è ouvert, ne peuvent être exactement 
représentés par des signes graphiques, attendu qu'elles dé- 
pendent tantôt des habitudes de langage de celui qui parle, 
et tantôt de la position de la bivocale ai. Mais la voix 
passant rapidement sur ai, le son è ne peut jamais, natu- 
rellement, être aussi ouvert que dans père, mère. 

Ail, à la fin d'une syllabe, soit au milieu, soit à la 
fin des mots, fait toujours entendre le son mouillé de l'I 



1 On appelle syllabe masculine, celle qui n'est pas terminëe par un e muet, 
comme nif, qnet, tez, dans canif, bouquet, sortez; et syllabe féminine, celle qui est 
terminée par l'e muet, comme me, tes de, rent, dans j'aime, voua êtes, laide, 
ils courent. 

2* 



20 PRONONCIATION DES VOYELLES. — AIE. 

(excepté dans railivay): bail, corail, écaille, paillette. (Voyez 
la lettre L.) Dans ces mots, l'appui de la voix a lieu sur 
l'a, qui se détache, dans la prononciation, des lettres qui 
suivent: ha-ye, hora-ye, éka-ye, pa-iètt. 

aie. 

Aie, iinale de quelques substantifs, se prononce è ouvert 
long: aunaie, baie, boulaie, braie, cerisaie, châtaigneraie, 
chênaie, claie, craie, futaie, haie, ivraie, laie, monnaie, orfraie, 
pagaie, plaie, raie, taie, etc., ainsi que dans les adjectifs 
féminins baie, laie, vraie. — Prononcez ô-nè, bè, etc. 

Gaie, adjectif féminin, se prononce gé (g dur). (Voyez 
page 18.) 

Aie, aies, aient, finales de l'impératif et du présent du 

subjonctif des verbes avoir, distraire, extraire, soustraire, 
traire: aie; que j'aie, que tu aies, qu'ils aient; que je distraie, 
etc., que tu extraies, etc., qu'il soustraie, etc., qu'ils traient, 
etc., se prononcent encore è ouvert long. 

Mais, dans tous les verbes, la finale aient de l'imparfait 
de l'indicatif et du conditionnel présent: ils avaient, ils 
auraient, elles étaient, ils seraient, ils mangeaient, elles péri- 
raient, elles recevaient, elles coudraient, ils faisaient, elles 
voudraient, etc., se prononce è ouvert presque bref. 

Dans les verbes en ayer, tels que balayer, bégayer, 
effrayer, essayer, frayer, payer, rayer, etc., il faudrait, pour 
conformer l'orthographe à la prononciation, garder partout l'y 
du radical; néanmoins, beaucoup d'écrivains remplacent l'y 
par i devant l'e muet, dans ces verbes comme dans tous les 
autres, et écrivent je paie, tu effraies, etc. ^ Mais la pronon- 
ciation est toujours la même: les terminaisons aye, ayes, 
ayent, ou aie, aies, aient, dans ces verbes, font entendre 
le son è très ouvert suivi du son mouillé ye. Ainsi, je paye 
ou je paie, tu payes ou tu paies, ils payent ou ils paient, 
je fraye, tu effrayes ou effraies, il bégaye ou bégaie, raye 
ou raie, qu'ils essayent ou essaient, se prononcent je pè-ye, 
tu pè-ye, il pè-ye, je frè-ye, tu éfrè-ye, il bégè-ye {g dur), 



1 Voyez Traité complet de Ja Conjugaison des Verbes français, page 115. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AIM, AIN. 21 

rè-ye, Jcil zé-ce-ye. Gardez-vous bien de dire je pè, tu pè, 
il pè, je frè, etc., ce qui souvent donnerait lieu à de sin- 
gulières méprises: cette phrase, par exemple, elle se fraye 
OU fraie un chemin, prononcée èl ce frè un ch'main, peut 
être prise pour elle se ferait un chemin. — Toutefois, au 
futur et au conditionnel, où aye ou aie est dans le corps du 
mot; je payerai ou paierai, etc., ces voyelles font entendre 
le son e ouvert moyen suivi du son mouillé ye faiblement 
prononcé. 

Le substantif paye se prononce comme dans le verbe 
payer: pè-ye. Mais aye ou aie dans payement ou paiement,^ 
bégayement ou bégaiement, se prononce comme dans le futur 
et le conditionnel des verbes en ayer. 

Caieput, ou cajeput, huile des îles Moluques, se pro- 
nonce ka-ye-pu. 

Aim à la fin de la syllabe fait toujours entendre le son 
nasal in: daim, essaim, faim, Paimhœuf (ville), etc. — On 
prononce dain, é-çain, fain, pain-beuf. 

La combinaison aim, comme toutes celles qui donnent 
un son nasal, perd sa nasalité lorsqu'elle est suivie d'une 
voyelle dans le même mot, parce qu'alors l'm se détache, 
dans la prononciation, des deux lettres précédentes, pour 
commencer une nouvelle syllabe. Ainsi: aimer, aimable, 
essaimer, etc., se prononcent comme si ces mots étaient écrits 
ai-mer, ai-mable, essai-mer. 

Voyez Bègles communes aux quatre voyelles nasales. 

a>i]i. 

Cette combinaison a le son nasal in, 1^ dans le corps 
des mots, quand elle termine la syllabe, comme dans maintien, 
sainfoin, etc.; 2^ à la fin des mots, suivie ou non d'une ou 
de plusieurs consonnes, comme dans Ain, bain, soudain, je 
convaincs, maint, parpaing (t. d'arch.), etc. — On prononce 



1 En poésie, on ëcrit toujours paîment. On prononce alors pè-man (e 
ouvert moyen). 



22 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AM. 



main-ti-ain, çain-fo-ain, ain, bain, çoudain, je konvain, main, 
parpein. 

La nasalité disparaît devant une voyelle, l'ii commençant 
alors une nouvelle syllabe: capitaine, laine, le Maine, etc., 
se prononcent donc kapitai-ne, lai-ne, etc. 

Voyez Règles communes aux quatre voyelles nasales. 

La combinaison am fait entendre trois sons: a; an nasal, 
comme à la fin de plan; ame bref, comme dans lame. 

Elle a le son a au milieu des mots lorsque la lettre m 
est doublée; c'est-à-dire que, dans les cas de redoublement 
de la lettre m, on n'en prononce qu'une: ammoniac, ammonia- 
cal, ammoniure, Dammartin (ville), épigramme, étonnamment, 
grammaire, grammairien, grammatical, grammaticalement, 
grammatiste, gramme, Grammont (ville), incessamment, mécham- 
ment, notamment, plaisamment, tautogramme, etc. Dites a-mo- 
niak, a-mo-niakal, . . . da-martin, épigra-me, étb-na-man, gra- 
mèrr, . . . gra-mon, ain-cè-ça-man, mécha-man, etc. — (Voyez 
plus loin Eam.) — Dans flamme et oriflamme, l'a est long; 
flâme, oriflâme; mais il est bref dans enflammer, flammèche, 
inflammable, inflammation, inflammatoire, qu'on prononce 
anfla-mé, fia-mèche, ainfla-mable, etc. 

Par exception, on entend les deux m dans tous les 
mots suivants, où am se prononce ame bref: amnian (dignité 
en Suisse), ammeistre (autrefois échevin de Strasbourg), ammi 
(plante), ammite (plante), Amnion (nom d'homme). Ammonites 
(peuple), backgammon (jeu), digamma, gamma, mammaire, 
mammifère, mammouth (fossile), Mammosa (surnom de Cérès). 
Prononcez ame-man, ame-mèstr', ame-mi, ame-mitt, ame-mon, 
ame-mô-nitt, bakgame-mon, digame-ma, game-ma, mame-mèrr, 
mame-mifèrr, mame-moutt, mame-mosa. — Dans la conversation 
et dans la lecture simple, on ne prononce le plus souvent 
qu'une seule m dans tous ces mots. 

La combinaison am, suivie de n dans le même mot, se 
prononce ame bref, comme dans dame, lame, rame; les mots 
amnios, amnistie, amnistier, Samnites, etc., se prononcent donc 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AM. 23 

comme s'ils étaient écrits ame-niàss, ame-niss-tî, ame-niss-tié, 
çame-nitt. 

On excepte sept mots: condamnable, condamnation, con- 
damner et toutes les parties de ce verbe, damnaUe, dam- 
nablement, damnation, damner et toutes ses parties, mots 
dans lesquels la combinaison am se prononce a long: condâ- 
nable, condâ-nâcion, dâ-nable, dâ-nablement, dâ-né, etc. 

Elle a le son nasal an, semblable au son final de plan, 
autan, au commencement et au milieu des mots, lorsqu'elle 
est suivie d'une consonne autre que m ou n, comme dans 
ambe, bambou, camphre, framboise, ingambe, jambe, lampion, 
somnambule, tambour, etc. On prononce, avec le son nasal an 
long: anbe, banbou, hanfre, . . . ain-ganbe, . . . çome-nanbul, etc. 

La même prononciation a lieu dans les noms propres: 
Adamberger (célèbre actrice allemande), Bamberg (ville). 
Cambrai (ville), Bamrémont (général), Dam.ville (bourg), 
Hambourg (ville), Samson (nom d'homme), etc. — On prononce 
adambèr-jé, banbèrr, kanbrè, danrémon, danvill, an-bour, 
çan-çon. 

Toutefois, l'm de am, bien qu'au milieu des mots, s'entend 
dans Amsterdam, hamster (animal), Kamtschatka, Kamtscha- 
dales, Eamler (poète allemand), Ramsay (poète; etc.), Ramsès 
(rois d'Egypte), Ramsgate (ville), Samland (ancienne contrée 
de la Prusse), etc. — On prononce ame-stèrdame , ame-stèrr, 
Icame-chattka, kame-chadal, rame-lérr, rame -ce, rame-cèss, 
rame-sgatt, çame-lan. 

Am, à la fin des mots, se prononce toujours ame bref: 
Abraham, Agram (ville), alpam (arbrisseau), Amsterdam (déjà 
plus haut), baïram ou beïram (fête chez les Turcs), Balaam, 
Bentham (jurisconsulte anglais), Birmingham (ville), bizaam 
(quadrupède), BucMngham (ville), Cham, Ham, Jéroboam, 
Montcalm (maréchal de camp, etc.), Nottingham, Priam, Pots- 
dam, quanquam (harangue latine, vieux), Boboam, Salm (ville), 
Saardam (déjà page 1 3), Seringapatam (ville), Siam (royaume), 
Surinam (Guyane hollandaise), tam-tam, etc. — Prononcez 
abra-mme, agrame, alpame, . . . ba-i-rame ou bé-i-rame, bala- 
ame, baintame, bir-main-game, bisa-ame, bu-Tcain-game, kame, 



24 PRONONCIATION DES VOYELLES. — AN. 

ame, . . . moïikaVm, notain-game, . . . pbss-dame, kouan-kouame, 
. . . cal'm, . . . ceraingapatame, ci-ame, çuri-name, tame-tame. 

Il n'y a que trois exceptions: Adam, dam (dommage, 
préjudice) et quidam (quelqu'un, un certain . . .), qu'on 
prononce adan, dan, hidan {an nasal). 

Macadam se prononce makadame et mahadan. 

Dans Adams (nom de plusieurs grands hommes), on 
entend l'm et l's: adamm's$. 

La combinaison am, suivie d'une voyelle dans le même 
mot, ne donne jamais le son nasal, parce que dans ce cas 
la consonne m commence une syllabe: amateur, lamenter, etc., 
se prononcent donc comme s'ils étaient écrits, a-mateur, 
la-menter. 

Voyez Règles communes aux quatre voyelles nasales. 

An fait entendre trois sons: an nasal, comme à la fin 
de plan; a; ane bref. 

Cette combinaison a le son nasal an 1^ dans le corps 
des mots lorsqu'elle est suivie d'une consonne autre que n, 
comme dans autant, banc, dans, fanfare, le Gange, Hollande, 
instance, lansquenet, marchand, néanmoins, rang, transport, 
etc.; 2 <^ à la fin des mots: Aman (favori d'Assuérus), Astracan ou 
Astrakhan (ville), autan, ban, cancan, Chanaan, Ceylan (île), 
dolman (veste des hussards), drogman (interprète officiel dans 
le Levant), Ispahan (v. de la Perse), don Juan d'Autriche, 
Malibran (célèb. cantatrice, 1809 — 1836), Mazagran (village 
d'Algérie), Van (devant certains noms hollandais: Van Byck, 
Van Huysum, etc.), Vauban (célèbre ingénieur), etc. — On 
prononce ô-tan, ban, . . . lance -kenè, . . . ran, . . . a-man, 
ass-trakan, . . . ka-na-an, cé-lan, . . . drog-man, iss-pa-an, . . . 
van, vô-ban. 

On excepte les mots étrangers suivants, dans lesquels 
an se prononce ane bref: Manteu/fel (homme d'Etat prussien; 
général), — alderman (magistrat municipal en Angleterre; 
pluriel aldermen), gentleman (en Angleterre, tout homme de 
bonnes manières; pluriel, gentlemen), landamman ou landman 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AN. 25 

(nom que prend le premier magistrat de plusieurs cantons 
allemands en Suisse), poUceman (agent de police en Angleterre; 
pluriel, policemen). — Prononcez mane-teu-fèl, alclèrr-mane 
(au pluriel, aldèrr-mène), jain-tle-mane, ou, à l'anglaise, cljain- 
tïe-mane (au pluriel, jain-tle-mène ou dja'm-tle-mène), landa- 
niane ou lande-mane, poUss-mane (au pluriel, poUss-mène). 

Ami, à la fin des noms, se prononce également ane hrcf: 
Haussmann (baron de), Hoffmann, Humann, Kellermann, etc. 
— Dites àss-mane, àf-mane, u-mane, kè-lèr-mane. 

Dans le corps du mot, an a le son a quand la lettre il 
est doublée, car alors on ne prononce que la seconde. Ainsi, 
ces mots: Anne, année, Annette, annexer, annonce, Annon- 
ciation, bannière, canne, cannibale, îles Britanniques, Jeanne, 
Jeanneton, Jeannette, Lannes, Lausanne, manne (sorte de 
panier), Marianne, panne, paysanne, Suzanne, tanner, tannerie, 
vanne, vannier, etc., se prononcent a-ne, a-né, a-nètt, a-nèk-cé, 
a-nonce, a-nonciâcion, . . . îl britanïk, jâne, jane-ton, Ja-nètt, 
lane, lôzane, mane, . . . pé-izane, etc. 

On excepte les vingt-deux mots suivants: Anna, annal, 
annales, annaliste, Annam (empire en Asie), Annapolis (ville 
des Etats-Unis), annate, annexe, Annibal, annihilation, anni- 
hiler, Annonay (ville), annotation, annoter, annuaire, annuel, 
annuité, annulation, anmder, bisannuel, trisannuel, empanner, 
dans lesquels an se prononce ane bref: ane-na, ane-nal, ane- 
nal, . . . ane-name, ane-napoUss, ane-natt, ane-nèkss, . . . ane- 
ni-ilâcion, . . . ane-nonè, ane-notâcion, ane-noté, . . . anpane-né. 

Dans la conversation, on ne prononce souvent qu'une n: 
a-na, . . . a-no-nè, etc. 

Dans le mot manne (suc mielleux de certains végétaux; 
nourriture tombée du ciel), an se prononce a long: mane. 

Quand an est suivi d'une voyelle ou d'une h dans le 
même mot, il n'y a plus de son nasal, l'n se détachant alors 
de l'a pour commencer une syllabe. Ainsi, ananas, anatomie, 
Anhalt (principauté d'Allemagne), anhingo (oiseau), anoblir, 
s'anuiter, Manheim (ville), sanhédrin, etc., se prononcent 
a-nana, a-natomî, a-nalt, a-naingô, a-noblir, ça-nuité, ma-nème, 
ça-nédrain. 

Voyez Règles communes aux quatre voyelles nasales. 



26 PRONONCIATION DES VOYELLES. — AO, AON. 

a>o. 

Ao se prononce o et a-0. 

Cette combinaison a le son o dans curaçao (liqueur), 
Saône (riv. de France, qui a donné son nom à deux départe- 
ments: Haute-Saône et Saône-et- Loire), Taormine ou Taor- 
mina (v. de Sicile). — On prononce Jcuraçô, cône, for-mine, 
tor-mina. 

Aoriste, mot grec, se prononce, dit l'Académie, o-risst. 
Mais aujourd'hui, dans tous les lycées, professeurs et élèves 
disent a-o-risst. 

Dans tous les autres mots, ao donne deux sons: Aod ou 
Ahod (juge d'Israël), Aoste (ville et vallée), aorte (artère), 
Bilhao (ville), cacao, cacaoyer ou cacaotier, Callao (ville), 
chaos, Lao (contrée), kaolin (sorte de terre), etc. — Pronon- 
cez a-bdd, a-bstt, a-brtt, hilha-ô, Jcaka-6, Mlca-6-ié, Ica-ka-ô- 
tié, Tiala-ô, ha-ô, etc. 

La combinaison aoii se prononce an nasal, a, on nasal, 
et a-on. 

Elle a le son nasal an dans faon (petit d'une biche, etc.), 
Laon (ville), paon (oiseau), Saint-Haon (bourg). — On pro- 
nonce fan, lan, pan, çain-tan. 

Maon-VEtape (ville) et Craon (v. du départ, de la Mayenne) 
se prononcent ran-létap, Jcran. Quelques-uns, en petit nombre, 
disent ra-on-létap, kra-on. — Voyez plus bas Craone. 

Aon a la valeur de l'a dans les quelques mots où l'n 
est doublée: faonner (mettre bas, en parlant des biches, etc.), 
Laonnais (qui est de Laon, et qu'on écrit aussi Laonais), 
paonne (femelle du paon), paonneau (jeune paon), paonnier 
(qui a soin des paons). — On prononce fa-né, la-nè, pane, 
pa-nô, pa-nié. 

Craonnais (qui est de Craon) se prononce kra-nè ou 
kra-o-nè, selon que l'on dit, pour la ville, kran ou kra-on. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AOU, AU, EAU. 27 

Dans taon (insecte) et Saint-Laon (ancienne abbaye), 
aon donne le son on nasal: ton, çain-lon. 

Partout ailleurs, aon se prononce a-on: Craone (ville 
de l'arrondissement de Laon), Lycaon (roi d'Arcadie), Phaon 
(personnage de l'histoire grecque), Pharaons (rois d'Egypte), 
etc. — Dites Jcra-dne, Wca-on, fa-on, fara-on. 

a.011.. 

Aou se prononce OU et a-Oli. 

Il se prononce ou long dans août (mois) et aoûteron 
(moissonneur, peu usité). Dites où, oâ-tron. 

La plupart des gens de la campagne disent le mois d'a-oût, 
faire l'a-oût (la moisson), en prononçant l'a, contrairement 
au bon usage. 

Mais aoûté, qui se dit des fruits bien mûris par les 
chaleurs du mois à^août, se prononce a-oûté selon l'Académie 
et l'usage ; bizarre contradiction, à laquelle il faut se conformer. 
— Th. Bénard donne à tort la prononciation oûté. 

Eaout, et mieux rout, mot anglais, se prononce par les 
uns ra-oûtt; par d'autres, plus correctement, roîitt. 

A l'égard de Chaource (ville), le Faou (bourg), le Faouet 
(ville) et Naours (bourg), la plupart suppriment Va dans la 
prononciation et disent cJiourcc, le fou, le foué, nourr. 

On écrivait anciennement saoul, saouler, dessaouler. L'a 
a disparu, et l'on écrit maintenant soûl, sot%ler, dessoûler, 
que l'on prononce, comme autrefois, çoû, çoâlé, découlé. 

Dans tous les autres mots, aou donne deux sons (a-ou): 
JBaousk (v. de Russie), caoutchouc, kaouane, (tortue), Raoul 
(nom d'homme), Tandjaour (v. de l'Inde anglaise), etc. — 
Prononcez ba-ousk, ka-outt-chou, ka-ouann, ra-oul, tanja-our. 

SLXJL^ eau. (sans accent sur e). 

Au a tantôt le son fermé et tantôt le son o ouvert. 

Nous appelons o fermé le son qui s'entend à la fin de 
bravo, chapeau, numéro, et ouvert le son qui s'entend dans 
col, coq, Médoc, roc, sol. 



23 PRONONCIATION DES VOYELLES. — AU, EAU. 

Au commence une infinité de mots; eau, un très petit 
nombre. 

Au, initial et formant seul une syllabe, se prononce o 
fermé et bref quand il n'est pas suivi d'une syllabe muette. 
Ce son s'entend donc dans aubade, aubaine, aucun, audace, 
augure, auguste, aujourd'hui, aumône, auparavant, auprès, 
aurore, autel, authentique, auto-da-fé, autopsie, Autriche, 
autrui, etc. 

Au ou eau, soit initial, soit au milieu du mot, a le son 

fermé long (semblable au son ô de le nôtre, le vôtre, 
apôtre) devant les syllabes muettes finales: aéronaute, Argo- 
nautes, aube, aune, autre, baume, Beauce, Beaune, cause, 
daube, émeraude, épeautre, il exauce, on fauche, la faute, 
gaufre, glauque, Guillaume, heaume, il niiaide, Plaute, psaume, 
rauque, il saute, etc. — Même son, mais un peu moins long, 

1 •^ quand la syllabe muette ne termine pas le mot, comme 
dans autrement, heaumerie, minauderie, etc. ; 2 ^ dans peaussier, 
peausserie. 

On excepte toutes les syllabes muettes finales aure, aures, 
aurent. (Voyez plus bas.) 

Auss, auff, dans le corps des mots et appartenant à 
deux syllabes (aus-S . . ., auf-f . . .), et haut au commen- 
cement des mots, ont toujours aussi le son o fermé long: 
chausse, chaussée, chausser, chaussure, déchausser, il déchaus- 
sait, exhausser, exhaussement, fausse, fausser, fausseté, faus- 
sement, hausse, rehausser, — chauffer, chaufferette, chauffage, 
un échauffement, il réchauffa, — haut, hautain, hautbois, 
hauteur, etc. — Prononcez chô-ce, chô-cé, . . . chô-frètt, . . . 
ô-boâ, etc. 

Aussi, aussitôt, se prononcent avec le son o fermé bref: 

Ô-Ci, Ô-Citô. 

Au milieu des mots, au et eau, devant les syllabes mas- 
culines, ont encore, le plus souvent, le son fermé long, 
On entend ce son dans applaudir, baudet, Baudouin, Bau- 
dricourt, beaucoup, le Beaujolais, beauté, Beauvais (ville), 
chaumer, chevaucher, cruauté, débaucher, embaumer, épauler. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AU, EAU. 29 

exaucer, faucher, faucheur, gauler, laurier, miauler, nou- 
veauté, xjiauler, sauter, se vautrer, etc. — Dans quelques 
mots, comme hareng sauret, Laurent, etc., c'est le son 
fermé bref. — 

Bemarque. Souvent, mais ce n'est pas une règle générale, 
au est long devant une syllabe brève: laudatif, vaurien, et 
bref devant une syllabe longue: Caulincourt, paupière. 

Dans les noms allemands Bauer, Baumgarten, Baumgartner, 
Bautzen, Naumhourg, au a le son o fermé bref: bô-èrr et 
ba-our, bôme-gartène, bôme-gartt-nèrr, bôtt-zène, nôme-bour. 

Au, eau, ont le son o fermé long 1^ à la fin des mots 
suivants: eau, beau, bedeau, cadeau, fardeau, radeau; — 
2*^ dans toutes les finales aux, eaux: Bordeaux, le pays de 
Caux, chaux, l'abbaye de Citeaux, Clairvaux, Despréaux, les 
Esquimaux, les Gémeaux, Grandvaux, Meaux, Boncevaux, 
le taux, par monts et par vaux, je vaux, tu vaux, je prévaux, 
tu prévaux, etc. (voyez plus bas aux, article contracté, pour 
à les); — 30 dans aulx (pluriel de ail), la faidx (vieille 
orthographe; aujourd'hui faux); — 4® dans les mots suivants 
en aut: artichaut, le défaut, il faut, haut (déjà dit), il prévaut, 
il revaut, il vaut, Bestaut, Thibaut; — 5^ dans les mots 
suivants en aud, auld, ault: Archambaud, Arnaud, Arnauld, 
Bertaud, chaud, clabaud, JDessault, finaud, moricaud, nigaud, 
Pigault- Lebrun, Benaud, ribaud [■populaire), rougeaud, saligaud, 
le canton de Vaud. — Prononcez o, . . . bordô, . . . ko, chô, 
labé-i d'citô, clèrvô, dépré-ô, le sèskimô, le jémô, granvô, mô, 
ronse-vô, le tô, par mon zé par vô, ... ô, fô, ... rèstô, . . . 
archanbô, arnô, . . . dé-çô, . . . pigô-Vbrun, . . . roujô, . . . le 
Tcanton d'vô. 

Au a le son fermé et très long dans Auch (ville), 
blockhaus, sauf. — Dites ôche, blok-ôss, çôf. 

Dans à-vau-l'eau, vau fait entendre le son fermé bref; 
eau, le son fermé long' a-vô-lô. 

Aux, article pluriel, pour à les, prononcé seul, est fermé 
long: ô; devant un mot, il est fermé bref: aux hommes, aux 
autres. Prononcez ô sbme, à zôtre. 



gQ PRONONCIATION DES VOYELLES. — AY, AYE. 

Au, eau, ont le son o fermé bref, 1^ à la fin des mots 
autres que ceux dont il vient d'être parlé : au (article, pour à le), 
bandeau, barbeau, Boïleau, corbeau, flambeau, Fontainebleau, 
hameau, moineau, la Moldau (rivière), Nassau, noyau, Pau, 
peau, le roi Pétau, préau, sceau, seau, etc.; — 2^ dans les 
mots en aut, aud, auld, ault, autres que ceux mentionnés 
plus haut: assaut, boucaut, Brunehaut, Escaut, le Hainaut, 
héraut, saut, soubresaut, etc., cabillaud, crapaud, échafaud, 
salaud (populaire), etc., La Boche foucauld, Boursault, Girault- 
JDuvivier, le Hérault, Ladmirault, Perrault, Quinault, etc. 
— Prononcez 6, bandô, barbô, . . . bru-neu-ô, èss-kô, le é-nô, 
. . . çou-bre-çô, ha-bi-iô, . . . la roché-fouM, bourçô, jirô-duvivié, 
le érô, la-mi-rô, pèrô, M-nâ. 

Aug dans augment, augmentatif, augmentation, augmenter, 
fait entendre le son ouvert moyen et bref. 

Même son dans aus suivi d'une consonne prononcée, et 
autre que s: auspice, austère, austérité, Austerlitz, caustique, 
Faust, etc., ainsi que dans auxiliaire, Haussmann, Strauss. 

Au a le son o long et très ouvert dans toutes les termi- 
naisons aur, aure: Bucentaure, Centaure, Epidaure, Isaure, 
Laure, Maure ou More, Minotaure, hareng saur ou saure 
(voyez plus haut hareng saur et), Saint- Maur (village près de 
Paris), etc.; ainsi que dans ces parties du verbe restaurer: 
je restaure, tu restaures, il restaure, ils restaurent. 

Il a le son bref et très ouvert dans Paul, saint Vincent 
de Paul, holocauste. Prononcez pbl, gain vainçan d'pol, 
olo-Jcôstt. 

Joseph Bessauer, compositeur, se ^prononce jo-zèf dé-ça-our, 

L's ou l'x qui s'ajoute aux terminaisons au, eau, comme 
signe du pluriel, ne fait qu'en allonger le son; la prononciation 
reste la même. 

Ay initial, suivi d'une syllabe masculine, se prononce é: 
Aymon, Ayraut, etc. Même prononciation dans ayant, ayons,, 
ayez. — Dites é-mon, érô, é-ian, é-ion, é-ié. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — AY, AYE. gj 

Au milieu du mot, ay, non suivi d'une syllabe muette 
finale, a le son e ouvert moyen, presque fermé. On entend 
ce son dans balayeur, hayer, bégayer, Caylar (ville), Caylus 
(ville), crayon, déblayer, égayer, enrayure, essayer, frayeur, 
Haydn (compos.), payeur, nous payons, paysan, rayon, sayon 
(espèce de casaque de guerre), etc. — Prononcez avec le son 
de l'e ouvert moyen, balè-ieur, bè-ié, bégè-ié (g dur^, kèlar, 
kèUiss, krè-ion, . . . frè-ieur, èdnn, pè-icur, . . . pè-izan, 
rè-ion, ce -ion. 

Ay final se prononce è ouvert bref: Douay (général), 
Epernay (ville), Fotheringay (village d'Angleterre où fut jugée 
et exécutée Marie Stuart), Mézeray (hist.), Nay (ville), le 
Paraguay (Etat et riv. d'Amer.), Say (économiste), VUrugay 
(républ. et riv. d'Amer.), etc. — Prononcez doue, é-pèr-nè, fott- 
rain-gè (g dur^, mé-zré, ne, le paragè (g àxnr), ce, lurugè (g dur). 

On excepte railway, qui se prononce rèl-oué. 

Suivi d'une syllabe muette finale, ay a le son è ouvert long: 
Bayle, Thomas Fayne ou Paine, etc. Dites bel, pêne (è longX 

Aye à la fin des noms propres a aussi le son è ouvert 
long: Claye (ville), Desliayes, St. -Germain en Laye (ville), 
la Haye (ville), Laboidaye (professeur), etc. Dites Mè, dezè, 
çain-jèrmain an le, la è, labotdè. — La Ferronays se pro- 
nonce de même: la fè-rô-nè. 

Dans ayetier (celui qui fait des layettes, des caisses en 
bois), aye a le son e ouvert moyen, et l'on appuie fortement 
sur ye: lè-ye-tié. Il faut se garder de confondre, dans la 
prononciation, layetier avec laitier: ce dernier mot se pro- 
nonce lé-tié. 

Quant aux terminaisons aye, ayes, ayent, des verbes 
en ayer, et aux substantifs paye, payement, bégayement, voyez 
page 21. 

Dans beaucoup de mots, tels que Ay ou Aï (bourg de 
Champagne), Bayard, Maracaybo ou Maracaïbo, Mayenne, 
rayas ou raïas, etc., l'y, dans la prononciation, se détache 
de l'a pour commencer une nouvelle syllabe: a-i, ba-iar, 
maraka-ïbô, ma-iène, ra-ia. (Voyez tous ces mots à la lettre r.) 



32 PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 

G) muet, es fermé, e ouvert. 

Voici, pour les étrangers, une des principales difficultés 
de notre prononciation. 

L'e appelé muet est le plus souvent tout à fait muet 
parle, chasselas, etc.; mais quelquefois il a le son eu plus 
ou moins senti, par suite de sa position dans le mot ou dans 
la phrase: brebis, il sifflera, etc. — On prononce pari', 
chass'lâ, — breu-bi, il cifleura. 

L'e fermé a toujours le son é; mais il n'est pas toujours 
surmonté de l'accent aigu; ainsi dans ré2)été, chanter, vous 
aimez, et (conjonction), etc., l'e a partout le son fermé. 

L'e ouvert (celui du premier e de père) n'est pas toujours 
non plus surmonté de l'accent grave; ainsi, par exemple, dans 
la bète, tu vêts, il est, un tel, Humbert, etc., l'e est partout 
aussi ouvert que dans père, mère. — Avec l'accent grave, 
l'e est toujours ouvert; mais avec l'accent circonflexe, il a 
trois sons: e très ouvert (la fête), très distinct des deux sons 
suivants; e demi-ouvert (il fêtera, il péchera), et e presque 
fermé (bêtise). 

e muet. 

L'e appelé muet ne peut jamais commencer une syllabe. 

Malgré sa dénomination, cet e se prononce souvent; il 
n'est muet qu'à la fin des syllabes, soit au milieu ou à la 
fin des mots,' et quand on peut, dans la prononciation, le 
supprimer en passant sans peine d'une consonne à une autre, 
comme dans Dan{e))narJc, taff(e)tas, etc. Dans les monosyllabes 
prononcés isolément, il s'entend toujours. 

Le son de l'e muet (son eu moyen, plus ouvert que 
dans jeu, et moins ouvert que dans seul), souvent répété, 
rendrait la prononciation sourde, traînante et désagréable à 
l'oreille. D'un autre côté, trop d'articulations et trop peu 
de voyelles sonores détruiraient l'harmonie des mots et des 



1 On excepte dessus, dessous, et la plupart des mots commençant par ress. 
(Voyez plus loin.) 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 33 

phrases; aussi est-on étonné de rencontrer dans Racine un 
hémistiche semblable à celui qui termine ce vers d'Iphigénie: 

En faveur de mon sang j'explique cet obstacle. 

OÙ l'on trouve treize articulations contre cinq voyelles sonores. 

L'étranger qui a étudié à fond la langue française, mais 
qui a négligé le côté de la prononciation, se fera tout de 
suite reconnaître à la suppression ou à la prononciation mal 
entendue de l'e muet. C'est pourquoi, — ce Traité de 
prononciation étant principalement à l'usage des étrangers, — 
nous allons nous efforcer de les initier au langage usuel, et 
d'abord indiquer, par quelques règles générales, comment et 
dans quels cas l'e muet se supprime ou se fait entendre dans 
la prononciation. 

1^ Dans le corps du mot, l'e est muet toutes les fois 
que la consonne dont il est précédé peut, dans la pronon- 
ciation, se joindre sans difficulté, sans effort, à la syllabe 
qui précède ou à celle qui suit; dans acheter, mademoiselle, 
cimetière, par exemple, le premier e est toujours et tout à 
fait muet, parce que les consonnes ch, d, m, qui précèdent 
l'e muet, peuvent, dans la prononciation, s'unir sans peine 
aux syllabes a, ma, ci: ach'ter, mad'moiselle , cim'tière. — 
Mais dans chevron, menuisier, peser, l'e doit s'entendre, parce 
qu'on ne peut unir, dans la prononciation, les consonnes cil, 
m, p, à la syllabe suivante; en effet, ch'vron, m'nuisier, p'ser, 
avec la suppression de l'e, sont très difficiles à prononcer. 

2^ L'e des monosyllabes je, me, te, se, ce, le, ne, que, 
de, qui s'entend quand ces mots sont prononcés seuls, dis- 
paraît dans la prononciation, dès qu'ils sont précédés ou suivis 
de consonnes auxquelles ils peuvent s'unir. Je demande, — 
il me parle, — il te fallait; — si je veux, — on me parle, 
— il veut te voir, etc., se prononceront, d'après les principes 
énoncés plus haut, en faisant entendre l'e de je, me, te, dans 
les trois premiers exemples: je d'mand', — il me pari', — 
il te fallait, et en le supprimant dans les trois autres: si 
yveux, — on m'parl', — il veut t'voir. 

30 De même certains mots polysyllabes, tels que cheveu, 
demoiselle, regret, repos, exigent un léger repos sur l'e quand 

Lesaint, Prononciation française. 3">« éd. 3 



34 



PRONONCIATIOK DES VOYELLES. — E muet. 



ils sont pris seuls; mais cet e se prononce très distinctement 
eu dans de tels cheveux, une demoiselle, de vifs regrets, un 
court, repos, et se supprime entièrement dans les ch'veux, 
de heaujD ch'veux, mad'moiselle', ces d'moiselles, le r'gret, 
sans r'gret, le r'pos. 

40 Dans les mots qui ont plusieurs syllabes muettes de 
suite, comme chevelure, marqueterie, parlefrenier, vilebrequin, 
etc., on obéit toujours aux mêmes lois et l'on prononce 
cheuv'lure, marqueut'rie, pal'freunier, vïl'hreuquin, en suppri- 
mant le second e dans les deux premiers mots, et le premier 
e dans les deux derniers. On ne peut, en effet, prononcer 
ch'veulure, marq'teurie, paleufr'nier, vileubr'quin, qu'en joignant 
ensemble des articulations antipathiques et en détruisant ainsi 
l'harmonie des mots. 

Eh bien, l'e muet joue partout dans les phrases le rôle 
qu'il joue dans les quelques exemples que nous venons de 
citer. Mais il ne faut pas perdre de vue que la conversation 
a ses licences, et que l'e muet, dans la familiarité, se supprime 
bien plus que dans la lecture sérieuse, dans le discours soutenu 
et dans la déclamation. C'est cette suppression fréquente de 
l'e muet dans la conversation qui fait dire aux étrangers que 
nous parlons très vite. 

Il ne peut jamais y avoir deux e muets de suite à la 
fin d'un mot; c'est pourquoi les verbes en ecer, emer, ener, 
eper, eser, ever, et quelques-uns en eler et eter, changent 
l'e muet de l'infinitif en e ouvert devant les syllabes muettes 
finales: dépecer, je dépèce; semer, tu sèmes, etc. Pour rendre 
muet l'e final, il faut appuyer la voix sur l'e pénultième, qui 
ne peut plus être muet. — C'est par cette même raison que 
l'e muet qui termine un verbe, comme dans j'aime, je puisse, 
j'eusse, etc., se change en é fermé dans les phrases interro- 
gatives ou exclamatives: aimé- je? puissé-je! eusse- jet 

Mais dans le corps des mots, il peut y avoir deux ou 
trois e muets de suite, comme dans devenir, Geneviève, 
ressemeler, etc.; il peut même y en avoir quatre, cinq et 
jusqu'à six dans les phrases oii il entre des monosyllabes, 
comme ici: de ce que je désire, de ce que je le vois, de ce 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 



35 



qn% je redemande mon argent. — Si Ton observe ce que 
nous avons dit, on supprimera ceux des e muets qui rendront 
le plus facile et le plus coulant le passage d'une articulation 
à l'autre; on prononcera donc: dev'nir (deuv'nir), Gen'viève 
(jeune-viève), r'sem'ler ou ressem'ler (rseume-lé ou reu-ceume-Ié), 
de c'que j 'désir', de c'que je l'vois, de c'que je r'demand' mon 
argent ou de c'que j'red' mand' (jreud-mand') mon argent. 
Mais, heureusement pour l'harmonie du langage, les mono- 
syllabes, s'ils sont fréquents dans le discours, se présentent 
rarement en groupes comme ici. 

Voici d'autres phrases, avec moins de monosyllabes: Je 
m'endors au son de la musique. Mon ami est venu me voir, 
mais je n'ai pu le recevoir, et je le regrette infiniment. Les 
gens d'esprit ne se fâchent pas de ce que disent les sots. 
Je le dis parce que je le crois, et parce que je veux que le 
tribunal sache ce que je pense. On prononce: j'mendors au 
son d'ia miisiq'. Mon ami est v'nu m'voir, mais j'nai pu le 
r'cevoir, etj'le r'grett' infiniment. Les gens d'esprit ne s'fâch' 
pas de c'que dis' les sots. Je l'dis parce que je l'crois, et, 
parce que j'veux que l'trïbunal sach' ce que j'pens. (Dans la 
conversation familière, parc' que je l'crois, et parc' que j'veux 
que l'trihunal sach' c'que j'pense.) 

Dans tous les mots suivants, quelle que soit leur position 
dans la phrase, l'e est toujours entièrement muet dans la pro- 
nonciation: 



Abbeville (ab-vil), 

acheter, 

aileron (èl-ron), 

alevin (al-vain), 

alevinage, 

aleviner, 

ambesas (anb'zâss), 

ânerie, 

Aubery, écriv., 

Barthélémy (bartél-mi), 

Barberousse (barb'rouss), 

batelet (ba-tlè), 



bateleur. 

Becquerel (bèk-rèl), 

bêlement, 

Bescherelle (bé-chrèl), 

betterave, 

bijouterie, 

bimbeloterie (bain-blo-trî), 

bracelet, 

Catherine (ha-trine), 

cervelas (cèr-vla), 

Champ-de-Mars (chan-dmarss), 

chaperon, 

3* 



36 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 



chasselas (chass-lâ), 

châtelain, 

Chènedollé, poète, 

chiquenaude (chik-nôde), 

cimetière (cimm-tièrr), 

cliquetis (clik-tî), 

coutelas (kou-tlâ), 

Danemark, 

dangereusement fdan-jreuz-manj, 

dangereux, 

déguenillé (dég-ni-ié, g àxxr), 

draperie, 

échevin (éch'vain), 

€m,pereur (an-preur), 

ennemi (ènn-mi), 

éperon (épron), 

épicerie, 

étiqueter, 

feuilleter (feu-ye-té), 

feuilleton, 

forteresse, 

fruiterie (frui-trî), 

galetas, 

ganterie, 

Gibelins (jiblain), 

Gohelins (go-hlain), 

goguenard (gog-nar, g dur), 

grossièreté, 

habileté (ahil-té), 

hobereau (ob-rô), 

horlogerie, 

huguenot (ug-nô, g dur), 

ivrognerie, 

javelot, 

joaillerie, 

Languedoc (lang-dok, g dur), 

lèchefrite, 

lieutenant (lieu-tnan), 



lingerie, 

Madeleine (mad-lènn), 

mademoiselle, 

mamelon, 

Marguerite (mar-gritt), 

matelas (ma-tlâ), 

matelot (ma-tlô), 

médecin (méd-çain), 

médecine, 

moucheron, 

mousseline (mouss-linn), 

omelette (bmm-lètt), 

paletot (pal-tô), 

paperasse (pa-prass), 

papetier (pap-tié), 

pèlerin, 

pèlerinage, 

pèlerine, 

pelisse (pliss), 

pelote (plbtt), 

peloter (ploté), 

peloton (ploton), 

pelouse (plouze), 

peluche (pluche), 

peluché, 

pelucher, 

pelure (plurr), 

pierreries (pièrr-rî), 

pote é (po-tlé), 

poterie, 

primevère, 

puceron, 

rareté (rar-té), 

rez-de-chaussée (réd-chôcé). 

Saint- Denis (çain-dnî), 

samedi, 

serein, 

serin. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 37 



taquinerie, 

tout de suite (tou d'suitt), 

vieillerie, 

etc., etc. 



seringat (srain-ga), 

seringue (sraing, g dur^, 

sûreté, 

taffetas (taf-tâ), 

tannerie, 

Dans papeterie, tous les e sont muets: pap-trî. 

L'e de cependant est toujours entièrement muet dans la 
conversation. Dans le discours soutenu, on fait légèrement 
entendre le son eu: ceu-pan-dan. 

Aqueduc (du latin aqua^ductus) s'écrivait autrefois aqueduc. 
En prose, on prononce ak-duk; quelques-uns, a-lceu-duk. En 
poésie, toujours aheu-diik. 

L'e muet qui se trouve au futur et au conditionnel des 
verbes de la première conjugaison, ainsi que des verbes cueillir 
et ses composés, saillir, être, faire et ses composés, se sup- 
prime, dans la prononciation, quand on le peut, comme ici: 
Effacer: j'effac'rai, tu effac'ras, nous effac'rons, etc. Cueillir: 
je cueill'rai, nous cueiU'rons, etc. Saillir: il saïlVrait. Etre: 
tu s'ras, il s'rait, etc. Faire: je frai, vous f'rez, tu frais, on 
frait, etc. — Mais la suppression est impossible dans beaucoup 
de verbes, tels que Parler: je parlerai, nous parlerons, etc. 
Cingler: tu cingleras, elle cinglerait, etc. Bâcler: il raclera, 
vous raclerez, etc.; — ainsi qu'aux deux premières personnes 
plurielles du conditionnel présent dans presque tous les verbes 
dont nous venons de parler: nous effacerions, vous effaceriez; 
nous cueillerions, vous recueilleriez ; nous serions, vous seriez; 
nous ferions, nous satisferions, vous contreferiez, etc. Dans 
tous ces cas, comme il faut que la voix s'appuie sur l'e, cet 
e muet se prononce légèrement eu. 

Le futur et le conditionnel des dix-sept verbes suivants: 
becqueter ou béqueter, briqueter, caqueter, colleter, crocheter, 
déchiqueter, décolleter, dépaqueter, empaqueter, épousseter, 
étiqueter, feuilleter, fureter, moucheter, pocheter, rapiéceter, 
tacheter, s'écrivent ordinairement sans accent: il becquetera, il 
becqueterait, je briqueterai, elle caqueterait, il se colletera, ils 
crochèteraient, je déchiqueter ai, elle décolleter a, je dépaqueter ai, 
tu empaqueterais, on époussetera, tu étiqueteras, il feuilleterait, 



38 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 



ils furèteront, on mouchetera, tu pocheterais, elle rapiécetera, 
on tacheterait, etc., et l'on supprime toujours, dans la pronon- 
ciation, les deux e muets dans tout le futur, ainsi qu'aux trois 
personnes du singulier et à la troisième personne plurielle du 
conditionnel: ^ 



Il becq't'ra. 


J'épouss't'rai. 


Il becq't'rait. 


Tu épouss't'rais. 


Je briq't'rai. 


Il étiq't'ra. 


Nous briq't'rons. 


Ils étiq' fraient 


Elle caq't'ra. 


Ils feuill't'ront. 


Elle caq't'rait. 


Elle feuiirt'rait. 


Il se colVt'ra. 


Il fur't'ra. 


Vous vous coWt'rez. 


Elles fur 'fraient. 


On croch't'ra. 


On mouch'fra. 


Nous croch't'rons. 


Vous mouch'frez. 


Tu déchiq't'ras. 


Je poch'frai. 


Vous déchiq't'res. 


Je poch' frais. 


Elle décoll't'ra. 


Elle rapiéc'fra. 


Elle découvrait. 


Elles rapiéc'fraient. 


Ils dépaq't'ront. 


Il tach'fra. 


Ils dépaq't'raient. 


Nous tach'frons. 


On empaq't'ra. 


Etc. 


Nous empaq't'rons. 




Mais à la première et à 


la seconde personne 


du conditionnel, il faut néc€ 


'ssairement faire ente 


pénultième : 




Nous briq'te-rions. 


Vous épouss'te-riez. 


Vous briq'te-riez. 


Nous étiq'te-rions. 


Nous caq'te-rions. 


Vous feuilVte-ries. 


Vous vous colVte-riez. 


Nous fur'te-rions. 


Nous croch'te-rions. 


Vous mouch'te-riez. 


Vous décMq'te-riez. 


Nous poch'te-rions. 


Nous décoll'te-rions. 


Vous rapiéc'te-riez. 


Vous dépaq'te-riez. 


Nous tach'te-rions. 


Nous empaq'te-rions. 


Etc. 



l Voyez Traité complet de la Conjugaison des Verbes français, page 121. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 



39 



Dans la prononciation familière, on supprime souvent, 
abusivement, au présent de l'indicatif, à l'impératif et au 
présent du subjonctif, l'e pénultième des dix- huit verbes 
suivants: ^ 

Au lieu de 

Becqueter. // hecqiiète, etc. 

Cacheter. Je cachette, etc. 

Décacheter. Je décachette, etc. 

Carreler. Je carrelé, etc. 

Décarreler. Je décarrèle, etc. 

Ciseler. Je cisèle, etc. 

Se colleter. Il se colleté, etc. 

Crocheter. Je crochète, etc. 

Déchiqueter. Je déchiqueté, etc. 

Décolleter. Elle décolleté, etc. 

Dépaqueter. Je dépaqueté, etc. 

Empaqueter. Empaqueté, etc. 

Epousseter. J'époussète, etc. 

Etiqueter. J'étiquete, etc. 

Feuilleter. Tu feuilletés, etc. 

Fureter. Tu furètes, etc. 

Rapiéceter. Elle rapiécète, etc. 

Tacheter. Il tacheté, etc. 

Je jetterai, je jetterais, se prononcent souvent aussi, 
abusivement, je j'trai, je j'irais. 

A la iin de la syllabe. Te non accentué et précédé d'une 
voyelle se supprime toujours dans la prononciation, et la voyelle 
précédente devient longue: armée, bouillie, dévouement ou 
dévoûment, enrouement, fée, féerique, gréement, maniement, la 
nue, des nuées, pluie, rue; — il aboiera, nous créerons, on 
se dévouera, je lierai (de lier), on nettoierait, tu plieras, tu 
ploieras, je prie, nous prierions, il se récrée, tu te récréeras, 
vous vous récréeriez, il se soucierait, etc. — Dites armé, bou-yi, 
dévoû-man, . . . fé, férik, . . . nou hré-ron, . . . je lire, on 
né-toâ-rè, . . . il ce rékré, etc., en allongeant, dans la pronon- 
ciation, la voyelle qui précède l'e muet. 



On prononce 
familièrement. 

Il becq'te, etc. 
Je cach'te, etc. 
Je décach'te, etc. 
Je car r 'le, etc. 
Je décarr' e, etc. 
Je cis'le, etc. 
// se coirte, etc. 
Je croch'te, etc. 
Je déchiq'te, etc. 
Elle décoirte, etc. 
Je dépaq'te, etc. 
Empaq'te, etc. 
J'épouss'te, etc. 
J'étiq'te, etc. 
Tu feuilVtes, etc. 
Tu fur' tes, etc. 
Elle rapiéc'te, etc. 
Il tach'te, etc. 



1 Voyez Trailé complet de la Conjugaiscm des Verbes français, page 122. 



40 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 



Toutefois, aux deux premières personnes plurielles du 
conditionnel présent de certains verbes, l'e muet précédé de 
ay, ey ou 11 mouillées, se prononce faiblement eu: nous 
payerions, vous halayeriez, nous essayerions, vous essayeriez, 
nous nous asseyerions, vous vous asseyeriez, nous cueillerions, 
vous accueilleriez, etc. Comme il faut mouiller fortement l'y 
et les 11 qui précèdent l'e muet, la suppression de cet e 
devient impossible. 

Dans le langage familier, où la prononciation est souvent 
négligée, les terminaisons ayerions, ayerlez, eyerions, eyeriez, 

du conditionnel des verbes payer, essayer, asseoir, etc., qui 
s'écrivent tantôt avec y: nous payerions, vous essayeriez, nous 
nous asseyerions, etc., et tantôt avec i: nous paierions, vous 
essaieriez, nous nous asseierions, etc., se prononcent avec 
suppression de l'e muet: nous pairions, vous essairiez, nous 
nous asseirions, etc. 

L'e est tout à fait muet dans les substantifs et dans les 
adverbes en ment, quand la suppression peut se faire naturelle- 
ment, comme ici: 

achèvement, \ contentement, enlèvement, 

activement, cordialement, mollement, 

battement, développement, sottement, 

bravement, { dévotement, etc. 

On prononce acJièv'man, activ'man, etc. 
Mais, toujours d'après les mêmes principes, l'e se prononce 
un peu comme eu si le passage d'une consonne à l'autre est 
difficile, comme dans ces mots: accablement, brusquement, 
faiblement, recouvrement, sifflement, tendrement, etc. Dites 
donc a-kableu-man, etc. 

Dans les mots ci-après, il est difficile de supprimer entière- 
ment l'e muet quand ces mots sont prononcés seuls; on fait 
donc entendre faiblement le son eu: 



chenet, 


fenêtre. 


Lepelletier, 


cheval. 


geler. 


melon. 


cheveu. 


genou. 


meringue. 


demain, 


jeter. 


rebut. 


demoiselle. 


jeton. 


refrain, 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 



41 



refuge, 


remords, 


regagner, 


Renard, 


regain, 


renom, 


regret, 


renoncer, 


regretter, 


repas, 


relation, 


repos. 


relayer. 


second. 


religion. 


secours, 


remarque. 


secret. 


remédier, 


semaine. 



serai, 
seras, 
sera, 
serons, 
serez, 
seront, 
serais, 
serait, 
seraient, 
tenailles, 
etc., etc. 

Mais ces mots sont souvent précédés de mots qui per- 
mettent la suppression de l'e muet. Exemples: un ch'net, le 
ch'val, des ch'veux, à d'main, la d'moiselle, quelques f'nêtres 
(kèlkeu f nêtre), il va g'ier, son g'nou, à g'noux, tu peux j'ter 
c'ia, cinq j'tons (çain j'ton), Jf"" L'pelVtier, un gros m'ion, . . . 
le r'but, un r'frain, des r'grets, . . . la r'iigion . . . M" R'nard, 
la s'maine, je s'rai, tu s'ras . . . des t'nailles. — D'autres 
mots, au contraire, font appuyer fortement sur le son eu. 
Exemples: quatre chevaux, je pourrai le faire demain, une 
demoiselle, bonnes fenêtres, pour Lepelletier, d'autres refrains, 
mauvaises relations, cette religion, quels remords! une longue 
semaine, etc. Ici il faut absolument prononcer cheii-vaux, 
deu-main, deu-moisélle, feu-nêtre, leu-pel-tié, etc. 

Dessus, dessous, appartiennent à cette même catégorie 
de mots: prononcés seuls, ils font légèrement entendre le son 
eu: deu-çu, deu-çou. — Dans par-dessus, par-dessous, le son 
eu est beaucoup plus senti: par-deu-çu, par-deu-çou. — Mais 
dans au-dessus, au-dessous; le dessus, le dessous; ci-dessus, 
ci-dessous; là-dessus, là-dessous; en dessus, en dessous, l'e 
est tout à fait muet: au-d'sus, au-d'sous, etc. 

On peut encore ajouter à cette catégorie les mots com- 
mençant par ress. Dans tous ces mots, on ne prononce 
qu'une S, et, quand ils sont pris isolément, on fait légèrement 
entendre le son eu. En voici quelques-uns: ressac, ressaigner, 
ressaisir, ressasser, ressaut, ressauter, ressemblance, ressem- 
blant, ressembler, ressentiment, ressentir, resserrement, resserrer. 



42 PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 

ressort, ressortir, ressortissant, ressouder, ressource, ressou- 
venir, ressuage, ressuer, etc. Prononcez reu-çali, reu-cégné, 
reu-cé-0ir, etc. — Mais l'e sera entièrement muet dans la 
ressemblance, peu ressemblant, un ressentiment, le ressort, des 
ressources, se ressouvenir, etc., qu'on peut, sans effort, pro- 
noncer la r'semblance, peu r'semblant, un r'sentiment, le 
r'sort, des r'sources, se r'souvenir, etc.; tandis que la voix 
devra appuyer assez fortement sur le son eu de la syllabe ress 
dans: pour ressaisir, une fausse ressemblance, d'injustes 
ressentiments, sans la moindre ressource, etc. 

Dans ressemelage, ressemeler , ressemer, prononcés seuls, 
la voix s'appuie sur le second e, et le premier est muet: 
r'seum'laje, r'seum'lé, r'seu-mé; ou bien, cette prononciation 
étant un peu dure, on fait entendre les deux premiers e: 
reu-seum'-laje, reu-seum'-lé, reu-seu-mé. Mais la suppression 
du premier e peut se faire sans la moindre difficulté dans 
un r'sem'lage, des r'sem'lages, veuiller r'sem'ler . . . , pouvez- 
vous r'sem'ler . . . , on va r'semer, etc. 

Bessui, ressusciter, ressuyer, se prononcent ré-çui, ré-çu- 
cité, ré-çui-ié. 

Dans les mots suivants, quelle que soit leur place dans 
la phrase, l'e muet se prononce toujours faiblement eu: 



2)eler (peu-lé), 
pelu (peulu), 
peser (peu-zé), 
peson (peu-zon), 
serions (ceu-rion), 
seriez (ceu-rié), 
etc. 



alezan (aleu-zan), 
appartement (aparteu-man), 
bergerette (bèrjeu-rètt), 
cervelet (cèrveulè), 
chevaleresque (cheuval-rèsic), 
chevalerie (cheuval-rî), 
mêlasse (meulass). 

Il serait en effet trop dur de prononcer appart'ment, 
ch'valresqiie, ifler, p'ser, p'son, etc. 

Beaucoup prononcent cresson, cressonnière, besson, bessonne 
(ces deux derniers mots sont vieux), avec le son eu: Jcreu-çon, 
hreu-cb-nièrr , beu-çon, beu-çbne; d'autres, avec le son e 
ouvert moyen, presque fermé: hré-çon, hré-çb-nièrr, bé-çon, 
bé-çone. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 



43 



Nous avons en français, comme on l'a déjà vu, quelques 
mots qui renferment deux et trois syllabes muettes de suite. 
Mais bien qu'ils ne fassent pas exception à la règle générale, 
il faut pourtant une certaine habitude pour les prononcer 
conformément à l'usage. Ainsi, par exemple, dans palefrenier, 
recevable, vilebrequin, c'est le premier e qu'on rendra muet: 
paVfrenier, r'cevable, vil'breqiiin ; tandis que c'est le contraire 
dans chevelu, chevelure, écheveler, ensevelir, ensevelissement, 
entretenir, Geneviève, marqueterie, mousqueterie , parqueterie, 
redemander, relever, qu'on ne saurait prononcer autrement 
que cheuv'lu, cheuv'lure, écheuv'ler, enseuv'Ur, enseuv'lissement, 
entreut'nir, Geun'viève (jeune-vieve) , marqueut'rie , mous- 
queut'rie, parqtieut'rie, reud'mander, reid'ver. L'appui de la 
voix sur le second e: ch'veu-lu, ch'veu-lure, ens'veu-lir, etc., 
est en effet impossible. 

Dans Sainte- Menehoidd (ville de France), on entend les 
deux e muets: çainte-meu-neu-oid. Quelques-uns prononcent 
çainte-meu-noîi. 



Par les mêmes 


raisons que nous avons données plus haut, 


prononce toujours eu l'e muet des mots ci-après: 


âcreté, 


Denis (mais 


nul 


mousquetade. 


Angleterre, 


dans Saint-Denis), 


mousquetaire. 


atelier. 


dépecer. 




Nevers (ville). 


autrement, 


entremets, 




orfèvrerie. 


bedaine. 


felouque. 




parlement. 


bedeau. 


femelle, 




parqueter. 


bénin. 


fenaison. 




renouer. 


besoin. 


guenille. 




revivifier, 


brebis, 


guenon. 




sevrage. 


ceci. 


guenuche. 




sevrer. 


celui. 


levrette. 




soubresaut (çou- 


chancelier, 


Magdebourg, 




breçô). 


chapelier, 


marqueter. 




souffleter. 


chevreau. 


marquetage, 




squelette, 


chevron. 


menuisier. 




tabletier. 


contremarque. 


menuiserie, 




tonnelier. 


contrevent. 


mercredi, 




etc. 



44 PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 

Même prononciation dans les mots commençant par re 
et suivis de h: rehacher, rehanter, rehasarder, rehaussement, 
reheurter, etc. Dites reu-hacher, etc. 

L'e muet placé entre deux consonnes semblables pouvant 
difficilement se supprimer tout à fait, on le prononce légèrement 
eu: fermement, honnêteté, sainteté, il vient de Damas, il 
pense se sauver, quelque qualité qu'il se donne, etc. Dites 
fermeument, honnêteu-té, sainteu-té, etc. 

On écrit degré, Fénelon, Richelieu, secrétaire, que l'on 
prononce, avec le son eu, deu-gré, féneu-lon, richeu-Ueu, ceu- 
krétèrr. Mais beaucoup prononcent cet e muet comme un e 
fermé: degré, fénélon, richélieu, cékrétérr. — On trouve dans 
d'anciennes et bonnes éditions l'accent aigu sur Fénélon, degré : 

Un Henri IV, Sidly , Locke, Fénélon, etc. voltaire 
(Londres, 1781). 

Poison, qui de l'amour est le premier degré, la fontaine (PariS, 1767). 

Ferefixe (précepteur de Louis XIV), s'écrit sans accent, 
et l'on prononce deux e fermés: péréfixe. On trouve même 
aujourd'hui les deux e accentués dans Bouillet, Michelet, etc. 

Quand je et ce sont après leur verbe, comme dans 
suis-jef ai-je? étais-je? fais-jef est-ce f dis-je? serait-ce f etc., 
l'e est tout à fait muet: çtti-j', é-J', étè-j', fè-J', èss', dîj', cerèss. 

Quant au pronom le placé après l'impératif d'un verbe, 
voici ce que dit M. Morin: 

j, Beaucoup de grammairiens, de savants, ^ ont écrit qu'il 
;,ne fallait point faire entendre l'e muet quand l'impératif 
^jetait masculin. 2 Par exemple, dans permettez-le-moi, voyez- 
;jle, enseignez -\e -lui, ils exigent la suppression de l'e muet, 
^et font dire: promettez A' moi, voyez-V, enseignez-Vlui. C'est 
;,une erreur, une grande erreur. En bonne prosodie, il faut 
;,prononcer: promettez-\e-moi , voyez-le, enseignez -le -lui, et 
;, appuyer sur l'e muet comme dans les impératifs féminins: 
„ dites-le-lui, faites-le-bien. 



1 Et l'Académie elle-même dans son édition de 1835. 

2 C'est-à-dire, terminé par toute autre lettre que l'e muet. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 45 

^jNous n'avons d'exception à cette règle, maintenant 
^générale, que dans quelques vers de nos anciens poëtes, où 
^la nécessité d'éviter un hiatus et de conserver l'harmonie du 
;,vers nous force à élider l'e muet. Exemples: 

Rendez-le à mon amour, à mon vain désespoir. 

VOLTAIRE. Mérope, acte IV, se. 2. 

Retournez vers le peuple, instruisez-le en mon nom. 

Le même. Mahomet, acte ii, se. 3. 

Le terrain qu'a perdu cette côte appauvrie, 
Reprenez-le aux vaUons, .... 

DELiLLE. L'Homme des champs, chant 11. 

Forcez-le à vous défendre, ou fuyez avec lui. 

CRÉBILLON. 

Et cet autre vers des Plaidetirs de Racine: 

Condamnez-le à l'amende, ou, s'il le casse, au fouet, i 

„qu'il faut prononcer: Bendez-\'à mon amour, — instruisez- 
„\'en mon nom, — reprenez-Vaux vallons, — forcez-l'à vous 
„dé fendre, condamnez-Và l'amende. 

„Mais, même dans ces vers, il vaudrait mieux, pour 
^l'oreille, faire une faute de versification en prononçant l'e." 

Malvin-Cazal (page 230) parle autrement que M. Morin. 
Il ne demande la suppression de l'e du pronom le que quand 
l'impératif est terminé par le son de l'e fermé. Dans ces 
phrases: Jmife-le exactement. Rends-\e avec usure. Coupe- 
le en morceaux. Finis-le aujourd'hui. Faites-le faire, etc., 
il faut, dit-il, prononcer le. — Mais dans Instruisez-le en mon 
nom. Forcez-le à vous défendre. Condamnez-le à l'amende, 
etc., il faut, d'après lui, supprimer l'e dans la prononciation, 
et dire: Instruisez-l'en mon nom. Forcez-l'à vous défendre, etc. 

L'usage actuel donne entièrement raison à M. Morin: 
personne aujourd'hui ne s'aviserait de prononcer promettez- 
l'moi, rendez-l'moi , etc.; tout le monde fait sentir l'e et dit 
promettez-le-moi, etc. 

Lorsque, puisque, quoique. — Quand ces mots sont pris 
isolément, on prononce légèrement eu l'e muet final: lorskeu, 



l Racine, dans les dernières éditions de ses œuvres, n'a employé le pronom 
e devant une voyelle que dans ce seul vers. 



4g PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 

puisskeu, etc. — Dans parce que, on fait entendre faiblement 
le premier e, et l'on prononce fortement le second. — Quant 
à presque, on prononce prèsk' et prèslcen. 

Devant un mot commençant par une consonne, l'e de 
que, dans ces cinq mots, fait toujours entendre faiblement le 
son eu: lorsque nous serons . . ., puisque la chose est ainsi, 
quoique faible, parce que vous auriez • - • , presque fini. 

Mais Te de que devient tout à fait muet devant les 
mots commençant par une voyelle: lorsque Annibal . . . , 
puisque Alexandre ... , quoique assers riche, presque autant ..., 
etc. Prononcez comme si l'e était remplacé par l'apostrophe: 
lorsqu' Annibal, puisqu' Alexandre, . . . presqu' autant. 

Il va sans dire que l'e supprimé dans l'écriture ne 
s'entend jamais dans la prononciation: lorsqu'il, puisqu'elle, 
quoiqu'on, parce qu'autrefois, presqu'île, grand'mère, à grand' 
peine, etc., se prononcent comme ils sont écrits. En poésie 
comme en prose, l'apostrophe supprime la syllabe à laquelle 
appartient l'e muet. 

Au milieu des mots, ainsi qu'on l'a déjà vu, l'e muet 
des syllabes ble, bre, de, cre, dre, fie, fre, gle, gre, pie, pre, 
tre, vre, fait toujours entendre le son eu: diablerie, Bretagne, 
débâclement, âcreté, ladrerie, souffleter, Grenoble, etc. Mais à 
la fin des mots, le son eu ne s'entend plus du tout; il n'y 
a plus qu'un son sourd résultant de l'articulation des deux 
consonnes W, br, cl, cr, etc.; sable, arbre, sucre, ladre, 
souffle, souffre, ongle, pourpre, votre, œuvre, etc., ne doivent 
donc pas se prononcer sableu, arbreu, sucreu, ladreu, etc., 
mais sabr, arbr', suer', ladr', souffl', souffr', ongl', pourpr', 
votr', œuvr'. Et si ces mots sont suivis de mots commençant 
par une voyelle, comme dans aimable enfant, sensible amie, 
contre eux, etc., l'I ou l'r venant alors s'appuyer sur cette 
voyelle initiale, le son sourd dont nous venons de parler, et 
que faisait entendre la chute de la voix, disparaît entièrement: 
sensi-bla-mie , etc. Mais l'e ynuet redevient sensible devant 
les consonnes, comme dans sombre vallée, sucre cher, table 
ronde, peuple civilisé, œuvre méritoire, encre bleue, humbles 
personnes, etc. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 47 

Les substantifs besalguë (et mieux hisaigue) et ciguë: 
les adjectifs féminins aiguë, ambiguë, héguë, contiguë, exiguë, 
et les syllabes guë, guës, guënt du verbe arguer: j'arguë, il 
arguë, tu arguëras, que tu arguës, qu'ils arguënt, etcJ, se 
prononcent comme si les finales ë, ës, ënt n'existaient pas: 
besaigu (ou bisaigû), cigû, aigu, . . . j'argû, ... tu argûras, . . . 
qu'ils argâ. Le tréma, dans tous ces mots, empêche qu'on 
ne prononce gue comme dans intrigue. 

L'e non accentué et précédé de g est tout à fait muet 
et n'a d'autre fonction que d'adoucir cette consonne et de 
lui donner le son du j. Prononcez donc charge ure, égrugeure, 
gageure, mangeure, vergeure, il ravagea, je mangeais, nous 
vengeons, geôle, geôlier, etc., comme si ces mots étaient écrits 
charjure, égrujure, gajure, . . . jôle, jôlier. — Il est également 
muet dans douceâtre et laceure, qu'on prononce douçâtre, laçure. 

L'e est de même entièrement nul pour la prononciation 
dans Chastellux (seigneur de), Liehig (célèb. chimiste), M. de 
Saint-Priest. Dites châ-t'lu, Ithig {g dur), çain-prî. — Il prend 
le son a dans Ecouenais (d'Ecouen, bourg) et Saint-Ouenais 
(de Saint- Ouen, ville). Prononcez ékoua-nè, çain-toua-nè. 

Ent, terminaison de la troisième personne plurielle dans 
la plupart des temps des verbes, n'a que la valeur de l'e 
muet: ils aiment, elles étaient, ils payent, elles donneraient, 
etc., se prononcent donc comme ils aime, elles étaie, etc., en 
supprimant les deux lettres nt, qui se prononçaient autrefois. 

L'e final de la plupart des noms allemands est muet 
en français; Carlsruhe, Breyse (inventeur du fusil à aiguille), 
le château de Philipsruhe (près de Nassau), Goethe, Henri 
Heine, Lange, etc. Prononcez à la française, karlss-râ, drèze, 
philipps-râ, getite {g dur), anri ène, lanje. — Voyez plus loin 
Wilhelmshœhe, à l'article Œ. 

Il prend, au contraire, le son e fermé dans les mots 
latins et italiens: andante, dolce, epitome, etc. Voyez E fermé. 

Dans l'épellation, les lettres a, b, c, d, e, etc., doivent 
se prononcer a, bé, ce, dé, é, etc. Mais, dans beaucoup 



l Voyez Traité complet de la Conjugaison des Verbes français, page 129. 



48 PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 

d'institutions de France, les maîtres, lorsqu'ils épellent un 
mot, disent à tort, quand ils citent un e muet, eu, au lieu 
de é; ils épellent, par exemple, le mot arhre a-r-6-r-eu, au 
lieu de a-r-h-r-é. 

Quand on veut nommer les lettres, on dit: le h (le fté), 
le c (le ce), le d (le de), le g (le je), le j (le ji), le h (le ha), 
le p (le pë), le g (le hv), le t (le te), le v (le t'é), le w (le 
double-vé), le ^ (le ^èc?), en prononçant l'e du mot le. — 
Mais, dans l'écriture comme dans la prononciation, on élide 
cet e devant les autres lettres masculines: a, e, i, o, u, x, 
y, de même qu'on élide l'a de l'article la devant les sept 
lettres féminines: f, h, l, m, n, r, s, et l'on dit: l'a (la). 
Ve (lé), n (li), Vo (là). Vu (lu), Vx (likss), Vy (ligrèk), l'/"(lèff), 
r/i (lâche), VI (lèll), Vm (lème). Vn (lène), l'r (lèrr), l's (lèss). 

L'e du mot de s'élide également, devant ces quatorze 
lettres, après certains mots; on dit, par exemple, avec élision: 
une quantité d'à, d'e, etc.; une série d\i, d'/" (dèff), d'»w 
(dème), etc.; une infinité, un grand nombre, beaucoup d'î, d'o, 
d'/i (dache), d'Z (dèll), d'r (dèrr), d's (dèss), etc. — Mais on 
écrit et Ton prononce sans élision: suivi ou précédé de a, 
de e, de i, de u, de f, de /, de r, de s, etc. 

Mais l'e de que ne s'élide devant aucune lettre; on dit, 
par exemple, en algèbre: je dis que a, que x, que t/, etc., 
et non je dis qu'a, qu'a:;, qu'^. 

Devant un, nom du chiffre (1), on n'élide jamais l'e des 
mots le et que: Mettes le 1 avant le 8, et non le 8 avant 
le un. Il sait à peine que 1 et 2 font 3. — Mais faut-il 
dire, avec élision : Une suite d'ww, une quantité d'ww, je trouve 
peu d'ww bien faits, etc., ou, sans élision: Une suite de un, 
une quantité de un, etc.? La correction veut l'élision de l'e: 
Une suite d'ww, etc. Mais on ne serait pas compris si, parlant 
des trois chiffres 1, 2, 3, on disait: Je ne parle ni du deux, 
ni du trois, mais de Vun; ou: mais du tin; il faudrait, pour 
la clarté, dire: du chiffre un. — Quand un n'est pas le nom 
du chiffre, l'e s'élide toujours: L'iiomme et la femme ne font 
qu'ww; Vun et Vautre; plus d'ww coquin s'est vu tromper . . .; 
lorsqu'on soldat ... ; puisqu'ww héros . . . , etc. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 4.Q 

La liaison se fait devant les huit consonnes /", h, l, m, 
n. r, s, X, comme devant les six voyelles a, e, i, o, m, ^. 
On dit donc: deux f (deu-zèff), les f (lè-zèff), #ms h (troa- 
zache), des 1 (dè-zèl), de belles m (de bél-zème), ces grandes N 
(ce graude-zène), deux r (deu-zèrr), quelques s (kèl-ke-zèss), 
ww X (un-nikss), (?es x (dè-zikss). 

Prononciation de l'e muet dans la poésie et dans le chant. 

Dans la poésie, lue ou déclamée, la prononciation est 
tout à fait la même que dans la prose. Il n'y a de différence 
que dans l'expression des sentiments, plus vive en poésie 
qu'en prose, et l'e muet n'est ici pour rien. — Beaucoup 
d'étrangers croient que l'e muet, dans la lecture et dans la 
déclamation de la poésie, doit partout se prononcer eu. C'est 
une grave erreur, ^ dont on peut se convaincre par la lecture 
de La Mort des Templiers, dans Morin de Clagny (Traité 
de prononciation, page 47): 

Un immense bûcher, dressé pour leur supplice, 

S'élève en échafaud, et chaque chevalier 

Croit mériter l'honneur d'y monter le premier; 

Mais le grand-maître arrive; il monte, il les devance. 



D'une voix formidable aussitôt il s'écrie: 

Français, souvenez-vous de nos derniers moments. 
Voici la prononciation figurée par M, Morin: 

Un n'im-mens' bûché, drécé pour leur suplie', 
S'élèv en n'échafo, é chac chevalié 
Croa mérité l'oneur d'i monté le premié; 
Mè le grand mêtr' arriv'; il mont', il lès devanc'. 



1 II y a quelques années, j'eus, sur ce point, une contestation avec un 
professeur allemand, qui prétendait que Rachel, qu'il avait entendue maintes fois 
à Paris, .prononçait tous les e muet». J'écrivis alors à la direction du Journal des 
Instituteurs à Paris, et voici la réponse que je trouvai quinze jours après insérée 
dans le même journal (1865, 25 novembre, page 658): A Monsieur M. A. L. . . ., à 
Hambourg. Dans la poésie, la prononciation du français, comme vous le pensez 
fort justement, est la même que dans la prose: l'e muet final ne se fait pas plus 
sentir dans la lecture des vers que dans celle de la prose, soit que le mot se tronve 
dans le corps du vers, soit qu'il se trouve à la fin. Signé: Adr. Guerrier de Haupt, 
officier de l'Université. 

Lesaint, Prononciation française. Sme éd. A 



50 PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 



D'un' voa formidabl, ossito tïl s'écri': 

France^ souv'né-vou de no demie moman. 

Parlons maintenant de la construction du vers. 

La syllabe que termine Te muet n'est jamais comptée à 
la fin du vers. Dans le corps du vers, elle est comptée 
devant les mots commençant par une consonne ou une h 
aspirée, et aussi dans les mots au pluriel: hommes, princes, 
donnent, etc.: 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 U 12 

Aux pe-tits des oi-seaux il don-ne la pâ-ture, 

12 34 56 7 89 10 1112 

Et sa bon -té s'é-tend sur tou-te la na-ture. 

1 23 4567 89 10 11 12 

Leurs en-fants ont dé-jà leur au-da-ce hau-taine. 

1 2 34 5 6 789 10 a 12 

Mais que peu-vent pour lui vos i-nu-ti-les soins? 

Il y a dans chacun des trois premiers vers, de Racine, 
treize syllabes, dont la dernière est muette: c'est le nombre 
exigé pour les vers alexandrins féminins. Dans les deux 
premiers vers, donne et toute sont suivis d'une consonne; dans 
le troisième vers, audace est devant une h aspirée; dans le 
quatrième, vers masculin, il n'y a que dou;se syllabes, qui 
sont toutes comptées, peuvent et inutiles étant au pluriel. 

Mais la syllabe muette finale n'est point comptée devant 
une voyelle ou une 11 muette: 

12 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 

^t d'une é-ga-le hor-reur nos coeurs é-taient frap-pés. RACINE. 

1 2 3_^ 4 5 6 7 8 9 l» " 12 
L'ou-tra-ge est un é-lo-ge et l'é-lo-ge un ou-trage. CHÉNIER. 

Il y a réellement dans le premier vers quatorze syllabes, 
et seize dans le second; mais elles se réduisent à douze pour 
le premier et à treize pour le suivant, à cause des e muets 
suivis partout d'une voyelle ou d'une h muette. 

Quant à la prononciation, on observe toutes les règles 
que nous avons données plus haut pour la prose. Les vers 
que nous venons de citer se prononceront donc ainsi: 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E muet. 



51 



Aux p'tits (ou pe-tits) des oiseaux il donn' la pâtur\ 

Et sa bonté, s'étend sur tout' la natur'. 

Leurs enfants ont déjà leur audac' hautain'. 

Mais que peuv' pour lui vos inutil' soins? 

Et d'un' égal' horreur nos cœurs étai' frappés, 

L'outrag' est un élog' et l'élog' un outrag'. 

Dans les vers suivants, nous soulignons d'un trait ( — ) 
les e muets qu'il faut supprimer dans la prononciation: 

Quel profane en ces lieux s'ose avancer vers nous ? 
Que vois-je? Mardochée! O mon père^ est-ce vous ? 
Un ang£_du Seigneur sous son aile sacrée 
A donc conduit vos pas, et caché votre entrée ? 
Mais d'où vient cet air sombre et ce cilice affreux, 
Et cette cendre enfin qui couvre vos cheveux? 
Que nous annoncez-vous? 

Bans le chant, à la fin du vers, l'e muet fait toujours 
entendre un peu le son eu: 

Amour sacré de la patrie. AUBER. 

Ma présence en ces lieux est pour vous un outrage. ROSSINI. 

En mon bon droit j'ai confiance. MEYERUEER. 

Au milieu du vers, à a fin des mots, monosyllabes ou 
polysyllabes, il se prononce encore légèrement eu devant une 
consonne ou une h asjtirée: 

Comme l'oiseau libre sous la feuillée. béranger. 
Elle m'a dit: Tu me dois un beau cierge. JjC Même. 
L'intolérance est fille des faux dieux. Le MêfUe, 

Suivi d'une voyelle ou d'une 11 muette, il est tout à fait muet : 

Le jour de gloire est arrivé. ROUGET DE LISLE, la Marseillaise. 

Dans les vers suivants, de Béranger, nous soulignons d'un 
trait simple ( — ) les e tout à fait muets dans le chant, et 
d'un trait double (=) ceux qu'il faut prononcer légèrement eu: 

C'est un grejiier, point nerveux qu'on l'ignor{e): 
Là fut mon lit, bien chétif et bien dur; 
Là fut ma table; et je retrouve encor(e); 
Trois pieds d'un vers charbonnés sur le mur; 
Apparaissez, plaisirs de mon bel âg(e), 
Que^d'un coup d'aile a fustigés le^ Temps. 
Vingt fois pour vous j'ai mis ma montre_en gag(e); 
Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans! 



52 PRONONCIATIOK DES VOYELLES. — É fermé. 

Nous avons mis entre parenthèse l'e muet qui termine 
le vers, pour indiquer que cet e est à peine senti. Ce n'est 
en effet qu'une chute de voix, et non un repos. Chez les 
bons chanteurs, il ne sonne jamais plus que le premier e de 
sainteté, qui est à peine sensible. 

é fermé. 

On appelle e fermé l'e qui s'entend dans avéré, honte, 
cécité, créé, décédé, etc. 

L'e est toujours fermé quand il a l'accent aigu: médecin, 
je répéterai, etc. 

Le même son est rendu par les deux lettres er qui 
terminent 1*^ l'infinitif des cinq mille verbes de la première 
conjugaison: aimer, chanter, danser, etc.; — 2^ beaucoup de 
substantifs communs et d'adjectifs: altier, berger, boucher, 
danger, dernier, financier, léger, pommier, rosier, etc. ; — 
?>^ les deux noms de villes Alger, Tanger; — 4^ quelques 
noms de personnes: Boucher, Eoger, etc.' 

Ers final se prononce de même é fermé: 1^ dans Angers; 
— 2^ dans les noms propres terminés en iers: Coulommiers, 
Louviers, Pamiers, etc.; excepté dans tiers ('/s), Thiers (ville 
et nom d'homme); — 3^ dans volontiers. 

Ed, eds, précédés de i, et terminant le mot, ont encore 
le son é fermé: pied, trépied, je m'assieds, tu t'assieds, etc. 

Et, conjonction, se prononce également é, et le t est toujours 
muet. Mais dans les expressions latines, on prononce ètt. 

Ez final a aussi le même son 1^ dans les verbes: vous 
avez, vous disiez, vous feriez, etc.: — 2^ dans les mots assez, 
biez, chez, lez, nez, le recez, rez; — 3^ dans les noms propres, 
quand le z est muet: Dumouriez, Duprez, etc. — Dans 
sonnez (deux six au trictrac), l'e est ouvert moyen. 

E au commencement des mots et suivi de x a le son e 
presque fermé devant une voyelle: exact, exagération, exalter. 



1 Dans les substantifs et les adjectifs dont l'r finale se prononce, l'e 
est ouvert. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E fermé. 53 

examen, examinateur, examiner, exaspérer, exaucer, exécrable, 
exécuter, exemple, exhaler, exiger, exorbitant, etc. — II est 
mi-ouvert devant une consonne: excédant, excellent, excepté, 
excès, excitant, exclamation, exclure, excommunier, excommuni- 
cation, excursion, excuse, expédier, expédition, expiration, 
explication, exposition, exprès, exprimer, expulser, extériettr, 
extinction, extrait, extraordinaire, extrême, etc. 

Même prononciation quand ex est dans le corps du mot: 
Alexandre, Alexis, convexité, inexorable, etc. — Dans flexion, 
génuflexion. Te est plus ouvert. 

Ces différences de sons, presque imperceptibles à Toreille, 
ne doivent pas embarrasser les étrangers. 

Mais l'e a le son ouvert et bref dans la préposition 
latine ex, usitée en français dans ex-ministre, ex-député, ex- 
prof esso, ex-voto, etc., et dans les mots où il précède x ou 
xe final: index, convexe, etc. 

Le son de l'e fermé, comme nous l'avons dit, est celui 
qui s'entend dans répété, etc.; celui de l'e ouvert, dans père, 
mère, etc. Mais, de même qu'il y a en musique des demi- 
tons, de même il y a, dans la prononciation des voyelles e, 
0, eu, des demi-sons, qu'il est impossible d'indiquer par des 
signes. Par exemple, annexe, il guette, selle, etc., font entendre 
le son è très ouvert. Mais dans annexer, guetter, seller, etc., 
le premier e a un son incertain. Sur dix personnes parlant 
bien, l'une donnera à cet e un son très fermé: a-nek-cé, gé-té 
{g dur), cé-lé; une autre fera entendre l'e mi-ouvert; une 
troisième, le son e presque entièrement ouvert, etc. 

Ce sont ces diverses nuances de sons que nous allons 
tâcher d'indiquer. 

E devant deux consonnes semblables suivies d'un e muet 
final, est toujours ouvert: dilemme, elle, gemme, greffe, guerre, 
lierre, nette, planchette, terre, vieillesse, etc. — On excepte 
femme, que l'on prononce famé. 

Mais l'e devant deux consonnes semblables autres que r, 
et non suivies d'un e muet final, a un son presque entièrement 
fermé quand on ne prononce qu'une des deux consonnes. — 
Il y a fort peu d'exceptions à cette règle. 



54 PRONONCIATION DES VOYELLES. — É fermé. 

On prononcera donc presque aussi fermé que dans répété, 
Te précédé de deux consonnes semblables dans les mots 
suivants: beffroi, camellia ou camélia, cannellier, cellier, 
cellule, cesser, se dessaisir, dessaler, dessangler, dessécher, 
dessein, desseller, desservir, dessert, dessicatif, dessin, dessiner, 
dessouder, dresser, ecchymose, ecclésiastique, effacer, effaré, 
effaroucher, effectif, efféminé, effendi, effervescence, effet (é-fè), 
effeuiller, efficace, efficient, effigie, effiler, efflanquer, effleurer, 
effondrer, s'efforcer, effraction, effrayé, effréné, effronté, 
effroyable, effusion, essai, essaim, essanger, essarter, essayer, 
essence, essentiel, essieu, essor, essouffler, essuyer, excellent, 
excessif, ineffable, intéresser, intéressant, interpeller, lettré, 
message, Messaline, messéant, messidor. Messie, messieurs, 
messire, mettable, metteur, Montpellier, nécessaire, nettoyer, 
presser, promettons, se rebeller, rébellion, regretter, sellier, 
tablettier, etc., et tous les mots de la même famille que les 
précédents. — On donnera encore le même son à Te suivi 
de se, dans les mots où le c seul se prononce, comme des- 
celler, descendance, descendant, descendre, descente, escient, 
redescendre, etc. 

Toutefois, l'e est toujours ouvert dans ession: accession, 
agression, cession, cessionnaire, confession, confessionnal, im- 
pression, impressionnable, intercession, pression, procession, 
processionnal, profession, succession, etc.; et ouvert moyen 
dans les mots dérivés des précédents: accessible, accessit, 
accessoire, accessoirement, agresseur, cessible, confesser, con- 
fesseur, intercesseur, processif, professeur, professoral, pro- 
fessorat, successeur, successif, etc. 

Voyez, pour les exceptions, les mots commençant par 
ress (page 41), les mots dessus, dessous, cresson, besson, 
(page 42), et plus loin, aux articles Em, En, les mots en 
emm et en enn. 

Mais e devant deux r non suivis d'un e muet, a le son 
ouvert moyen dans les mots où l'on ne prononce qu'une r. 
Ce son, qui approche un peu de celui de père, s'entend dans 
tous les mots suivants: berret (qu'on écrit aussi béret), derrière, 
enterrer, ferraille, ferrer, ferret, ferrure, interrogant, interro- 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — É ferme. 55 

gateur, interrogatif, interrogation, interrogatoire, interroger, 
interrompre, interrupteur, interruption, Méditerranée, perron, 
perroquet, perruque, serrer, serrure, Sierra (montagne), 
terrifier, terrasse, terrestre, terreur, territoire, je verrai, tu 
verras, il verra, nous verrons, etc., je verrais, tu reverrais, 
etc., verrat, verrée, etc. 

E, au commencement et dans le corps du mot, suivi de 
deux consonnes semblables et d'un e muet, a un son ouvert 
qui approche beaucoup de celui de père: j'appellerai, tu 
appelleras, etc., bellement, betterave, je cachetterai, tu cachet- 
teras, etc., ennemi, enterrement, ferrement, hôtellerie, netteté, 
pelleterie, sellerie, etc. Le son è, dans tous ces mots, diffère 
peu de celui qui s'entend dans pelle, belle, cachette, terre, 
nette, selle; mais il est plus ouvert devant 1 et r que devant 
les autres consonnes. — Voyez femmelette page 64. 

Suivi de deux consonnes semblables prononcées toutes les 
deux, l'e est toujours très ouvert, comme dans ces mots: peccable, 
peccadille, peccant, peccata, peccavi; — Edda; — appellatif, 
appellation, belligérant, belliqueuse; tous les mots en intell.: 
intellect, intelligible, etc.; libeller, stellaire, velléité; — gem- 
mation, Emma, Emmanuel; — Brennus, enné, décennal, 
empenné, ennéagone, ennéandrie, pennage, pennon, Porsenna, 
quatriennal, quinquennal, quinquennium , Sennachérib, septen- 
nal, septennalité, triennal, triennalité, triennat; — errant, 
errata, erratique, erratum, errer, erreur, errhin, erroné, 
interrègne; au futur et au conditionnel des verbes en quérir: 
je conquerrai, tu acquerrais, il requerrait, etc. ; l'ancienne forme 
du futur et du conditionnel du verbe déchoir: je décherrai, je 
décherrais, etc. (aujourd'hui, je déchoirai, etc. *), et dans cette 
phrase des Contes de Perrault: la chevillette cherra; — 
pessimiste; — dilettante, dilettanti, quintetto, quintetti; etc. 

L'e se prononce fermé et prend toujours l'accent aigu 
lorsqu'il est suivi de la syllabe muette ge dans le même 
mot: collège, grège, liège, manège, je protège, tu protèges, 
sortilège, etc. ^ 



1 Voyez 7}raité complet de la Conjugaison des Verbes français, page 209. 
a Pourtant l'Académie prescrit, dès son édition dé 1877, que tous ces mots soient 
écrits maintenant avec un è, ainsi collège, grège, etc. 



56 PRONONCIATION DES VOYELLES. — É fermé. 

L'e muet qui termine un verbe, comme dans j'aime, 
je chante, etc., se change en é fermé dans les formes interro- 
gatives et exclamatives ; aimé-jet etc. — Voyez page 34. 

Planchéier, verbe ^ garde l'accent aigu dans toutes les 
parties du verbe: planchéié, nous planchéions, je planchéiais, 
je plancMierai , tu planchéier as , etc. On entend partout le 
son de l'é fermé: planché . . ., excepté devant les terminaisons 
ie, ies, ient: je planchéié, tu planchéies, il planchéié, ils 
planchéient, où, malgré l'accent aigu, l'e est faiblement 
ouvert — Prononcez donc planché-ié, nous planché-ions, je 
planché-iais, . . . je planché-ie-rai, . . . mais je planchè-ie, tu 
planchè-ies, . . . ils planchè-ient. 

Au théâtre, dans la déclamation et dans le chant, on 
prononce souvent comme un e muet l'e des quatre mots 
désir, désirable, désirer, désireux; mais cette prononciation 
est défectueuse et contraire à l'usage. L'Académie consacre 
d'ailleurs la prononciation désir, etc., et se borne à dire que 
plusieurs font muet, surtout dans la conversation, l'e des 
quatre mots ci-dessus. 

E, bien qu'il n'ait pas l'accent aigu, se prononce fermé 
à la fin de la syllabe, dans tous les mots pris du latin, de 
l'italien et de l'espagnol, dans tous les noms turcs et améri- 
cains, et dans beaucoup de noms allemands: 



alléluia (al-lélu-ia), 
andante (andanté), 
Angélus"^ (anjélûss), 
Ave ou Ave-Maria (avé, avé- 

maria), 
cantabile (kantahilé), 
cicérone (cicérone et tchitché- 

roné), 
et cœtera (ètt cetera), 
Confiteor (-konfité-dr), 
Consuelo (Jcon-çué-lô), 



Credo (krédo), 

deleatur (délé-atur). 

De profundis (dé profondîss), 

dilettante (dilètt- tante et di- 

lettantt), 
dolce (dolt-ché et dolcé), 
ecce-homo (èk-cé omô), 
epitome (épito-mé), 
exeat (ég-sé-att, g dur^, 
fac-similé ^ (fak-ci-mïlé), 
farniente (far-ni-ainté), 



1 Se conjugue exactement comme aimer. Voyez Traité complet de la Conju- 
gaison des Verbes français, page 127. 

2 L'Académie écrit dans son Dictionnaire de 1877: Angélus, fac-similé et mé- 
mento, avec é. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — E ouvert. 



57 



forte (forte), 

forte-piano (for té-piano), * 

in pace (inn pacé), 

in reatu (inn ré-atu), 

La^tare (létaré), 

libéra (libéra), 

Lope de Vega (lopé de véga), 

mémento (mé-maintô), 

mezzo-termine (mèd-zo-tèrminé), 

Miserere (mi-zéréré), 

de MoltTce (de molt-ké), génér. 

prussien, 
Montebello (montébèllô). 
Monte- Calvo (monté-kalvô), 
Montecuculli (monté-kukul-li), 
Monténégro (monté-né-grô), 
Montevideo (monté-vidé-6), 
Montezuma (monté- zu-ma), 
ne varietur (ne varié-tur), 
noli me tangere (noli mé tattjéréj, 



nota bene (nota bé-né), ou 
simplement nota. — On écrit 
Nota, OU, avec abréviation 
NB. 

Pontecorvo (ponté-Jcdrvô), 

Pontevedra (ponté-védra), 

Puebla (pu-é-bla), 

Remus (ré-muss), 

sine quâ non [condition] (ci-né 
Tcoua nonn), 

Te Deum (té-dé-bme), 

Unigenitus [la bulle] (u-nijé- 
nitûss), 

vade-mecum (vadé-mèkbme), 

Weber (vébèrr), compos., 

Vera-Cruz (véra-krûze), 

veto (veto), 

Weser (vé-zèrr), fleuve, 

et vice versa (ètt vice vèrça), 

etc. 



On trouve dans quelques écrivains l'e de plusieurs de ces 
mots avec l'accent aigu: andanté, Lope de Véga, Montevideo, 
Montezuma, Wéser, etc. 

e ouvert. 

Le son e ouvert est celui qui s'entend dans miel, paresse, 
pelle, sel, tel, terre, etc. 

A la pénultième syllabe, l'e surmonté de l'accent grave 
et suivi d'une syllabe muette finale, est toujours très ouvert: 
algèbre, il cèle, colère, il dégèle, on espère, frère, tu furètes, 
lèpre, il mène, mère, Phèdre, père, il sèche, etc. — Et, bien 
qu'il ne prenne jamais d'accent devant x, il est également 
très ouvert devant les finales muettes xe, xes, xent: annexe, 
tu annexes, circonflexe, complexe, perplexe, sexe, je vexe, tu 
vexes, ils vexent, etc. — Devant ge et je, l'e prenant toujours 
l'accent aigu se prononce fermé: manège, je protège, aimé-jet etc. 



1 Piano se dit bien plus communément que forte-piano. 



58 



PRONONCIATION DES VOYELLES- — E ouvert. 



Voyez pages 34, 35. — Orfèvre, collège et sève, que l'Aca- 
démie n'écrit maintenant qu'avec l'accent grave, font de même 
entendre le son é fermé. 

Dans le corps du mot, l'è (avec accent grave) est beau- 
coup moins ouvert quand la syllabe suivante n'est pas finale, 
comme dans j'achèterai, tu achèteras, etc., je cèlerais, tu 
cèlerais, etc., il dégèlera, il dégèlerait, je mènerai, tu pèleras, 
le pèlerin, la pèlerine, pèlerinage, etc. 

Surmonté de l'accent circonflexe, l'e a le son très ouvert 
et long: 1^ quand il est suivi d'une syllabe muette finale: arête, 
on apprête, bête, carême, la fête, je fête, ils fêtant, guêpe, 
hêtre, je mêle, tu mêles, elles mêlent, même, tu prêtes, le prêtre, 
vêpres, je vête, tu vêtes, ils vêtent (vieilles formes du verbe 
vêtir; aujourd'hui je vêtisse, etc.,') etc.; 2^ quand il est suivi 
d'une ou de plusieurs consonnes muettes, comme dans apprêt, 
forêt, je vêts, tu vêts, il vêt (vieilles formes de vêtir), etc. 

Mais, dans le corps du mot, il est, comme l'è (avec 
accent grave), beaucoup moins ouvert quand la syllabe suivante 
n'est pas finale, comme dans bêtise, je fêterai, tu fêteras, je 
fêtais, il fêta, tu mêlas, nous mêlerions, on prêtait, nous 
prêtions, je prêterai, rêver, nous rêvions, rêveries, vêtir, vêtant, 
vêtu, nous vêtons, vous vêtez, vous vêtirez, etc. Dans tous ces 
mots, l'ê est plus fermé qu'ouvert. 

Au commencement et au milieu des mots, l'e non accentué, 
suivi dans la même syllabe d'une ou de plusieurs consonnes 
prononcées et précédant une syllabe masculine, a le son ouvert: 
Edmond, Edgard, Egbert, sel d'epsom, escadre, Esculape, 
gesticuler, Lemnos, Mesmer, Nestor, perspicacité, Terpsichore, 
vestiaire, etc. — Dans la rapidité de la prononciation, cet e 
devient souvent ouvert moyen. Mais il reste toujours ouvert 
si c'est une 1 ou une r qui termine la syllabe, comme dans 
celtique, Nelson, herbier, thermal, etc. Et il est très ouvert 
si la syllabe qui suit est muette et finale, comme dans adepte, 
Elbe, feu saint-Elme, la langue erse, secte, verste, etc. 

L'e sans accent est encore très ouvert: 1^ devant deux 
consonnes semblables suivies d'un e mtiet final: belle, terre, etc.; 



1 Voyez Traité complet de la Conjugaison des Verbes français, page 139. 



PRONONCIATION DRS VOYELLES. — E ouvert. 59 

2^ dans les mots en ession: cession, profession, etc.; 3^ devant 
deux consonnes semblables prononcées toutes les deux: belliqueux, 
interrègne, etc. Voyez pages 53, 54, 55. 

L'e sans accent fait de même entendre le son très ouvert 
quand il est suivi d'une ou de plusieurs consonnes prononcées 
et terminant le mot, comme dans abdomen, amer, appel, bec, 
bref, cet,^ cher, enfer, ex (préposition latine), fier (adjectif),^ 
Mer,^ avant-Mer, himen, index, Kiel (ville), Lesseps, relief, 
reps, TJiiers, vert, VitepsTc, etc. Dans tous ces mots l'e se 
prononce comme s'il avait l'accent grave: abdo-mène, a-mère, 
a-pèl, bec, bref, cètt, . . . Mèl, etc. — Bec -bock (animal 
ruminant du cap de Bonne -Espérance) se prononce par ex- 
ception rik-boJc. 

Il a encore le son ouvert devant t ou ts final et muet, 
comme dans ballet, bleuet ou bluet, boulet, creuset, décret, 
feuillet, follet, gibet, gilet, hoquet, loquet, un mets, je mets, 
tu mets, il met, objet, palet, paquet, piquet, quolibet, un rets, 
sommet, Thibet, valet, etc. — On excepte le mot et, conjonction, 
que l'on prononce é, sans jamais faire entendre le t. Mais 
dans les locutions latines usitées en français, et se prononce 
ètt: et cœtera ou etc. (ètt-cé-té-ra), ab hoc et ab hac (ab ok 
ètt ah aie), etc. 

L'è dans les terminaisons ès se prononce toujours ouvert: 
abcès, accès, cyprès, décès, dès, excès, grès, procès, succès, 
très, etc. Dites abcè, akcè, etc. 

Même son dans les mots ces, des, les, mes, tes, ses, tu es, 
il est, c'est. On prononce ce, de, le, mè, tè, ce, tu è, il è, ce. 

Eemarque. — Dans une prononciation d'apparat, l'e des 
deux précédentes catégories de mots se soutient très ouvert, 



1 Cet se prononce comme le féminin cette: cet enfant, cet arbre (cett anfan, 
chit arbr'). 

On disait autrefois c't?homme, c'te femme, etc., comme on dit encore familière- 
ment à c't'heure, plutôt qu'à cette heure. Mais cette prononciation a tout à fait dis- 
paru du langage parlé correctement. Il faut prononcer cètt enfant, chtt arbre, cett 
homme, cette femme, à cette heure, etc., et non plus stan-fan, slarhr', stomme, aten famé, 
a aleiirr. 

2 Fier adjectif se prononce fierr; fier verbe se prononce fié. 

3 Hier se prononce i'err; mais dans avant-hier il ne fait entendre qu'une syllabe: 
avan-tikrr. Voyez la lettre R. 



QQ PRONONCIATION DES VOYELLES. — EA, EAI. 

soit que ces mots se prennent seuls ou qu'ils se trouvent dans 
une phrase. Mais dans la conversation, l'e des mots dès, 
très, ces, les, des, mes, tes, ses, tu es, il est, c'est, devient 
e ouvert moyen: ces mots n'ayant pas un sens complet par 
eux-mêmes, mais appelant toujours d'autres mots à leur suite, 
la voix glisse rapidement dessus pour aller s'arrêter sur le 
mot principal. — Dans messieurs, mesdames, mesdemoiselles, 
lesquels, lesdits, desquels, où mes, les, des, ont été incorporés 
au mot, le son è est moins ouvert que dans mes amis, ces 
messieurs, les dames, ces demoiselles, des enfants, etc.; dans 
tressaillement et tressaillir, il est presque aussi fermé que dans 
trépas, trépasser (autrefois trespas, trespasser). 

Dans les mots terminés par eil ou eille (l ou II est alors 
toujours mouillée), l'e est très ouvert et sert d'appui à la voix: 
conseil, orteil, soleil, abeille, corbeille, oseille, veille, vieille, etc. ; 
mais il a le son mi-ouvert, presque fermé, quand eil est devant 
une syllabe masculine: nous sommeillons, meilleur, vous veiller, 
il vieillit, etc. 

ea. 

Ea, dans les mots français, a partout le son a et se 
trouve toujours précédé de g, si ce n'est dans le mot douceâtre, 
que l'on prononce douçâtre. — L'e, dans gea, comme dans 
geo et geu, ne sert qu'à donner au g l'articulation douce du j. 

Cette combinaison se trouve dans Figeac (ville), jaugeage, 
orgeat, rougedtre, etc., et dans quelques parties des verbes 
en ger: il mangea, nous plongeâmes, etc., qu'on prononce 
fijalc, jôjâje, orja, roujâtr', il manja, etc. 

Voyez, à la lettre A (pages 11 et 12), la prononciation des 
mots anglais Beales (nom pr.), beef-steak, Castelreagh ou 
Castlereagh, Great-Eastern , hogshead, Shakespeare, steam, 
steamboat, steamer. 

eaî, 

Eai, comme la combinaison ai, a tantôt le son de l'é 
fermé et tantôt le son de l'è ouvert; on suit pour sa pronon- 
ciation les règles de Ai. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EAM, EAN. gj 

La combinaison eai suit toujours la lettre g: l'e n'est 
placé après cette consonne que pour en adoucir la prononciation. 

Cette combinaison a le son de l'é fermé dans geai (oiseau), 
et à la première personne singulière du parfait défini de tous 
les verbes dont l'infinitif est terminé en ger: j'arrangeai, 
j'hébergeai, j'interrogeai, je jugeai, je logeai, je mangeai, je 
nageai, etc., qu'on prononce je, jaranjé, jébèrjé, etc. 

Elle a le son de l'è orwert: 1^ aux trois personnes sin- 
gulières et à la troisième personne plurielle de l'imparfait 
de l'indicatif des mêmes verbes: j'arrangeais, tu hébergeais, 
il interrogeait, ils jugeaient, etc., qu'on prononce jaranjè, tu 
ébèrjé, il ain-tèrojè, etc.; 2^ dans le mot démangeaison, qui 
se prononce dé-manjèzon. 

Dans mangeaille, les 11 se mouillent: man-ja-ye. — 
Voyez, à l'article Ai, ce qui est dit de ail, aille. 

Cette combinaison se trouve dans les deux adverbes 
obligeamment, désobligeamment, que l'on prononce oblija-man, 
déeoblija-man. — Voyez Am, page 22. 

Pour la prononciation de steam, steamboat, steamer, voyez 
l'article A, page 12. 

La combinaison ean donne deux sons: an nasal, et a; 
l'e n'a ici d'autre fonction que d'adoucir le son de la con- 
sonne g, qui précède ean partout ailleurs que dans Jean et 
dans ses dérivés et ses composés. 

Elle a le son nasal an bref à la fin des mots: Jean, 
messire Jean (poire), Gigean, Sigean, villes, etc., — et le 
son nasal an long dans les adjectifs et les participes présents: 
affligeant, mangeant, rongeant, etc., ainsi que devant une 
syllabe muette finale: allégeance, vengeance, etc. 

Quand l'n est doublée, on n'en prononce qu'une: Jeanne, 
dame-jeanne (grosse bouteille), Jeannette, Jeanneton, Jeannot. — 



(52 PRONONCIATION DES VOYELLES. — EAU, EE. 

Prononcez jâ-ne, dame-jâne, avec a long; ja-nètt, jane-ton, 
ja-nô, avec a bref. 

Eant termine le participe présent de tous les verbes en 
ger: forger, forgeant, etc. 

Voyez, plus loin, Mègles communes aux quatre voyelles, 
nasales. 

e£i>ii.. 

Voyez Au, Eau, page 27. 

ee. 

La voyelle e, doublée et sans accent dans la même 
syllabe, ne se trouve que dans des noms étrangers. 

Elle a le son é fermé long lorsqu'elle termine la syllabe: 
Beethoven, Dundee (v. d'Ecosse), Gross-Beeren (village de 
Prusse), Lee (poète anglais), Leemans (archéologue hollandais), 
Leeser (hébraïsant américain), etc. — Prononcez bétovène, 
dondé, grôss-hérène, lé, lémance, léser r. 

Elle se prononce è légèrement ouvert et long devant une 
consonne dans la même syllabe: Geefs (sculpteur belge), Geer 
(entomologiste), etc., Geestemunde, Geestland (région du 
Holstein), Leer (v. de Hanovre), Leerdam (v. de Hollande), 
Meyerbeer, ou plutôt, selon Vapereau, Meyer-Liebman-Beer, 
etc. — Prononcez gèf {g dur), gèrr {g dur), gèss- té -monde 
(g dur), gèsstt-lan (g dur), lèrr, lèrr-dame, mé-ièrr-hèrr. 

Elle se prononce i dans Gees ou Gths (royaume), et 
dans quelques noms anglais : Aberdeen, beef-steak, ^ Freenian, 
Greenwich, keepsake, Leeds (v. d'Angleterre), meeting, Queens- 
town, roast-beef,'^ Bobert Peel, spleen, steeple -chase, street, 
Yankee.'^ — On dit abèrdîne, biftèk, frî-mane, grîne-ouitche, 
kip-cèk, lîde, mîtigne, kouîne-stône, ràss-bif (o bref et ouvert), 
robèrr-pîl, spUne, stîpVtcJiéze, strîtt, iann-ki. 



1 L'Académie écrit bifteck, comme la plupart des autres dictionnaires. 

2 L'orthographe de l'Académie est rosbif. 

3 Sobriquet par lequel en Europe on désigne indistinctement tous les habitants 
de l'Amérique du Nord et leurs bonnes comme leurs mauvaises qualités. Le mot 
Yankee n'est que la corruption du mot English, Anglais, dans la bouche des Indiens. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — El, EIE. g3 

Elle a enfin, devant u, la valeur d'un seul e: Leeutvarden 
(v. de Hollande), Terre de Leeuwin (au sud- ouest de la 
Nouvelle-Hollande). — Prononcez leu-vardène, leu-va'm. 

eî. 

La combinaison ei fait entendre le son de l'è ouvert: 1^ 
devant une syllabe muette finale: haleine, tu enseignes, neige, 
peigne, peine, pleine, reine, reître, seigle, la Seine, veine, etc.; 
2^ dans boghei (sorte de voiture); 3^ quand elle est suivie 
d'une consonne finale prononcée, comme dans cheik, Fahrenheit, 
Leigh (ville d'Anglet.), Leith (ville d'Ecosse), reis (monnaie), 
reis-effendi, Scheid (savant hollandais), etc. — On prononce 
balène, tu ancègne, nèje, . . . bogè {g dur), chèk, farè-nète (le 
premier e mi- ouvert et bref), lèg (g dur), lètt, rèss, rèss- 
éfaindi, chèd. 

Au milieu des mots, ei, suivi d'une syllabe masculine, 
a le son e mi-ouvert, presque fermé: Aheilard, Aveiron (ville 
du Portugal), Ballheimer (nom. pr.), beignet, éteignoir, heiduque, 
monseigneur, neiger, peigner, reinette, Schneider, seigneur, 
Weimar, etc. — Prononcez abèlar, avèro, bal-è-mèrr, bèg-nè, 
[gn mouillé), étè-gnoar {gn mouillé), èduk, moncègneur, . . . chnè- 
dèrr, etc., avec le son e presque fermé. 

Ei, suivi d'une consonne prononcée dans la même syllabe 
et ne terminant pas le mot, a le son e un peu plus ouvert: 
Leibnits, LeipsicJc, etc. — Dites lèb-nitss, lèp-cik. 

Voyez, page 60, la prononciation de eil, eille. 

eie. 

Le verbe asseoir, et les verbes en ei/er, tels que gras- 
seyer, etc.,* ont à quelques-unes de leurs parties les terminai- 
sons eye, eyes, eyent, que plusieurs écrivent eie, eies, eient. 
Asseoir: qu'il asseye ou asseie, que tu asseyes ou asseies, etc. 
Grasseyer: elle grasseyé, etc. — On prononce acé-ye, gracè-ye, 
etc. — Voyez, page 20, les verbes en ayer. 



1 Voyez, dans le Traité complet de la Conjugaison des Verbes français, page 116, 
grasseyer, barbeyer, brasseyer, langueyer et asseoir. 



g4 PRONONCIATION DES VOYELLES. — EIM, EIN, EM. 

eim. 

Cette combinaison ne se trouve que dans des noms de 
personnes et de villes. 

Elle a le son nasal ain dans Beims (ville, qu'on écrit 
aussi quelquefois Hheims). On prononce raince. 

Finale, elle se prononce ème: Arnheim, Benlieim, de 
Bentheim (général), Pforzheim, Manheim, Meyerheim (peintre), 
Nirrnheim (nom pr.), Oppenheim, Pappenheim (général), 
Turckheim, Wertheim, etc. — Dites ar-nème, bè-nème, bain- 
teme, pfàr-zème, ma-nème, mé-ièrème, nir-nème, o-pè-nème, 
pa-pè-nème, turJcème, vertème. 

Voyez, plus loin, Bègles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

eîn. 

La combinaison ein fait toujours entendre le son nasal 
ain lorsqu'elle termine le mot, comme dans Gastein (bourg), 
Holbein (peintre), Holstein (pays). Je Mein (riv.), plein, sein, 
Zollverein,^ etc.; ou qu'elle est suivie d'une consonne dans 
le même mot, comme dans ceindre, il feint, peinture, teindre, 
il teint, etc. — On prononce gass-tain, bl-bain, blss-tain, le 
main, plain, gain, zbl-verain, çaindre, il fain, paintur, etc. 

Mais la nasalité disparaît si l'n est suivie d'une voyelle, 
comme dans baleinier, peiner, etc.; l'n commence dans ce 
cas une syllabe, et l'on prononce comme si ces mots étaient 
écrits balei-nier, pei-ner. Dites balè-nié, pè-né. — Voyez 
Ei, page 63. 

Voyez encore, plus loin, Bègles communes aux quatre 
voyelles nasales. 

em. 

Em fait entendre six sons: a, è ouvert, an nasal, ain 
nasal, ème bref (prononcé comme dans Jérusalem), ame bref. 

Cette combinaison a le son a bref dans femme, femmelette, 
et dans tous les adverbes où elle est suivie de la finale ment, 



1 Les jonmaux disent tantôt Zoîlverein, tantôt Union des douanes allemandes. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EM. 



&5 



comme dans ardemment, décemment, diligemment, excellemment, 
insolemment, patiemment, prudemment, récemment, sciemment, 
etc. — On prononce famé, fame-lètt, arda-men, déça-man, 
dilija-man, èkcè-la-man, ain-çola-man, pacia-man, . . . cia-man. 

Elle a le son de l'è ouvert dans dilemme, gemme, lemme. 
— Dites dilème, jème, lème. 

Elle a le son nasal an: 

1^ Dans tous les mots français commençant par emm 
et remm: emmagasinage, emmaigrir (que l'on écrit mieux 
amaigrir), emmanchement, emmannequiner, emmantelé, emmé- 
nagement, emmener, emmenotter, emmieller, emmitoufler, emmu- 
seler, etc., remmaillage, remmaillement, remmailler, remmail- 
loter, remmener. — Prononcez an-magazi-nâje, an-mégrir, 
an-manche-man , an-mane-kiné, . . . an-m'né, . . . ran-ma-iâje, 
ran-ma-ye-man, ran-ma-ié, ran-ma-ioté, ran-m'né. 

On excepte Emma (nom de femme), Emmanuel (nom 
d'homme), Emmaûs, emménagogue, emménalogie, emmésostome. 
Dans ces mots on entend les deux m, et l'e se prononce 
ouvert: ème-ma, ème-ma-nu-èl, ème-ma-ûss, ème-ménagdg (g dur), 
ème-mé-nalo'jî, ème-mézbss-tôme. 

2^ Au commencement et dans le corps des mots, lors- 
qu'elle est suivie d'une consonne autre que m ou n: Deremberg 
(écrivain), embaumement, emplir, ensemble, exempt, guembé 
(fruit), Luxembourg, Nouvelle-Zemble, pemphigus (maladie), 
pemphis (arbrisseau), printemps, remplacer, semblant, tempête, 
etc. — Dites déranbèrr, anbômm-man, anplir, . . . ég-zan, 
gu-anbé, luJc-çanbour, nouvèl-zanble, panfigûss, pan-fîss, prain- 
tan, etc. 

On excepte un certain nombre de mots d'origine étrangère 
dont nous allons parler, dans lesquels em se prononce ain 
et ème. 

Elle a le son nasal ain dans A-Kempis (religieux, célèbre 
calligraphe) , bembex (sorte d'insecte), bembidion (insecte), 
Bembo (cardinal et écrivain), Lemberg (ou Léopol, ou Léopol- 
stadt), Mechlembourg, Memphis, Nuremberg, Eembrandt (peintre), 
Sempach, sempiterne (étoffe), sempiternel, semper virens, Sem- 
pronie (autre nom de Cornélie, mère des Gracques), Wissem- 

Leaaint, Prononciation française. 3me éd. 5 



gg PRONONCIATION DES VOYELLES. — EM. 

hourg (ville), Wurtemberg, et quelques autres noms étrangers. 
— On prononce a-Jcain-pîss, hain-hèkss, bain-bidion, bain-bô, 
lain-bèrr, mèk-la'm-bour, main-fîce, nu-rain-bèrr,^ rain-bran,^ 
çain-paJc, ça'm-pitèrne, çain-pitèrnèl, çain-pèrr vi-raince, çain- 
pro-nî, vi-çain-bour, vur-tain-bèrr. 

Elle se prononce ème bref, comme à la fin de Jérusalem: 

1^ Lorsqu'elle est suivie de n: Agamemnon, Clytemnestre, 
bèlemnite, indemne, lemnisque, Lemnos (île), Memnon, etc. — 
On prononce aga-mème-non, cli-tème-nèstre, bé-lème-nite, ain- 
dèmn, lème-nisk, lème-noss, mème-non. — Voyez plus bas 
indemniser, indemnité. 

2^ Lorsque Tm est doublée et que les deux mm se pro- 
noncent: gemmation, gemmipare, Jemmapes, lemming (quadru- 
pède), Memmingen (ville), etc. — On prononce jème-mâcion, 
jème-mipâr, jème-map, lème-maingue, mème-main-jène. — Voyez 
plus haut Emma, Emmanuel, emménagogue, emménalogie, 
emmésostome. 

30 Dans quelques mots étrangers : Emden (v. du Hanovre), 
Kremlin, Nemrod, décemvir, décemviral, décemvirat. — On 
prononce ème-dène, îcrème-lain, nème-rbde, dé-cème-vir, dé-cème- 
viral, dé-cème-vira. 

4^ A la fin des mots étrangers: Achem, ad rem, Bethléem, 
harem, Harlem, idem, item, Jérusalem, Mathusalem, requiem, 
Salem (ville), Sem, Sichem (ville), tu autem, etc., et dans Ems 
(rivière et bourg) et nems (quadrupède). — On prononce 
a-ehème, ad rème, bètt-lé-ème, a-rème, ar-lème, i-dème, i-tème, 
jérusa-lème, matuza-lème, ré-Jcui-ième, ça-lème, cème, si-chème, 
tuô-tème, èmms, nèmms. 

Dans indemne, em, comme on l'a vu plus haut, se pro- 
nonce ème bref; c'est-à-dire que les deux lettres m, n, font 
entendre, chacune, leur articulation propre, en donnant le son 
ouvert à l'e qui les précède: on prononce aindèmn. — Mais 
dans indemniser, indemnité, em se prononce ame bref: ain- 
dame-ni-zé, ain-dame-ni-té. 



1 On prononce aussi nu-ran-birr. — Nurainhèrr est la seule prononciation 
correcte. 

2 Quelques-uns disent ran-bran; la prononciation correcte est rain-bran. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EN. g 7 

Suivie d'une voyelle dans le même mot, la combinaison 
em ne donne point le son nasal, parce qu'alors l'in se détache 
de l'e pour commencer une nouvelle syllabe. Ainsi l'on pro- 
nonce semonce, remords, etc., comme si ces mots étaient écrits 
se-monce, re-mords. 

Voyez, plus loin, Règles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

en. 

La combinaison en fait entendre cinq sons: a, è ouvert, 
an nasal, in nasal, ène bref. 

Elle a le son a dans hennir, hennissement, nenni, solennel, 
solennité, solennellement, sollenisation , solenniser, ainsi que 
dans Bouennais (de Rouen), et rouennerie. — On prononce 
a-nir, a-niss-man, na-ni, ço-la-nèl, ço-la-nité, çd-la-nèlman, 

çb-la-nizâcion, ço-la-nisé, roua-nè, roua-nrî Suivant Nodier, 

couenne, couenneux, se prononcent kouanc, koiia-neu. L'Aca- 
démie se tait sur la prononciation de ces deux mots, que 
Nap. Landais prononce kouène, kouè-neu. Nous pensons être 
davantage dans le vrai en disant: Prononcez ouen dans couenne, 
couenneux, comme oi dans moine, c'est-à-dire oè, mais un 
peu comme oa. 

Elle a le son de l'e ouvert dans les mots où la lettre n 
est doublée, comme dans antienne, Ardennes, Ardennais, 
blenne ou blennie, mer Caspienne, Cayenne, Cévennes, chienne, 
citoyenne, chrétiennement, doyenneté, ennemi, Etienne, étrenne, 
étrenner, européenne, garenne, îles Ioniennes, Mayenne, ils se 
méprennent, la mienne, mitoyennetée, moyennement, païenne, 
penne, Ravenne, un renne. Rennes (ville), senne (ou seine, 
filet pour la pêche), la sienne, la tienne, que tu viennes, 
Valenciennes, etc. — Ou prononce antiè-ne, ardè-ne, ardè-nè, 
blè-ne, blè-nî, mèr kass-piè-ne, ka-iè-ne, cévè-ne, chiè-ne, citoa- 
iè-ne, krétiè-ne-man, doa-iè-ne-té, è-ne-mi, étiè-ne, étrè-ne, étrè-né, 
europé-ène, garè-ne, îl-zi-o-niè-ne, ma-iè-ne, il ce méprè-ne, la 
miè-ne, mitoa-iè-ne-té, moa-iè-ne-man, pa-iè-ne, pè-ne, ravè-ne, 
un rêne, rè-ne, cè-ne, la ciè-ne, . . . valanciè-ne. 

Même son devant une h muette: Benheim, Fahrenheit, 
Oppenheim, etc. — Dites bè-nème, fa-rè-nètt, opè-nème. 

5* 



gg PRONONCIATION DBS VOYELLES. — EN. 

On excepte: 

1^ Ennoblir et toutes les parties de ce verbe, ennui, 
ennuyer et toutes ses parties, ennuyant, ennuyeusement, en- 
nuyeux, désennuyer et toutes ses parties, où la combinaison en, 
malgré de redoublement de la lettre n, a le son nasal an. — 
On prononce an-noblir, an-nui, an-nui-ié, an-nui-iant, an-nui- 
ieuze-man, an-nui-ieu, dézan-nui-ié, etc. 

2^ Brennus, Ennius, Jenny, Porsenna, Sennachérib, — 
biennal, triennal, triennalité, triennat, quatriennal, quinquennal, 
quinquennium, septennal, septennalité, décennal, — ennéacorde, 
ennéagone, ennéandrie, ennéapétale, — pennage, les pennes 
(d'un faucon), pennatifide, penniforme, pennon, empenner, 
désempenné, — penny (monnaie anglaise), — vicennal. — 
Dans tous ces mots, où l'on fait entendre les deux n, en se 
prononce ène bref: brène-nûce, ène-ni-ûce, jène-ni, por-cène- 
na, — cène-nachérib, biène-nal, tri-ène-nal, tri-ène-nalité, tri- 
ène-na, Jcoua-tri-ène-nal, Jcu-ain-ku-ène-nal, Tcu-ain-ku-ène-ni- 
bme, céptène-nal, cèptène-nalité , décène-nal, — ène-né-acorde, 
ène-né-a-gbne, ène-né-andrî, ène-né-apétal, pène-nâje, les pêne, 
pène-natifide, pène-niforme, pène-non, anpène-né, dézanpène-né, 
— pène-ni, — vicène-nal. 

30 Les douze mots hennir, hennissement, etc., dont nous 
avons parlé plus haut, page 67. 

40 Et les mots doyenné, moyennant; ainsi que ceux-ci, 
peu usités: chienner, chiennine, chiennot, gardiennage, gardien- 
nat (qui viennent de doyen, moyen, chien, gardien), dans les- 
quels en a à peu près le son nasal ain. 

Elle a le son nasal an: 

1** Au commencement et au milieu des mots, lorsqu'elle 
est suivie d'une consonne autre que n, comme dans adventif, ad- 
ventice, affluent, amende, appendre, appentis, auvent, bucentaure, 
calendes, calendrier, cens, cent, centaure, centumvir, client, coeffi- 
cient, congruent, consciense, déliquescence, différend, différent, 
émollient, encan, engeance, escient, expédient, fiente, les gens, 
la gent, ginseng, hareng, inconvénient, influent, ingrédient, 
lienterie, lientérique, mendier, négligent, obédientiel, occident, 
onguent, orient, pendentif, Pentecôte, pestilentiel, il prend. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EN. 



69 



quotient, révérend, sapience, sapientlaux, science, scientifique, 
sens, septentrion, tender, trente, etc. — On prononce advan-tif, 
advantiss, a-flu-an, a-mande, a-pandre, a-panti, à-van, buçantor, 
calande, calandri-é, çanss-, çan, çantor, çantome-vir. Mi-an, 
ko-é-fician, kon-gru-an, kon-ciance, déliku-èss-çance, difé-ran, 
difé-ran, é-molian, ankan, anjance, é-cian, èkspédian, fiante, 
les jan et les jance, la jan, jain-çang (g prononcé), a-ran, 
ain-kon-vé-nian, ain-flu-an, ain-gré-dian, Uan-trî, lian-té-rik, 
man-dié, négli-jan, o-bé-dian-cièl, ok-cidan, on-gan, o-rian, 
pandantif, pante-kbtt, pèss-ti-lan-ciel, ilpran, ko-cian, révé-ran, 
ça-piance, ça-pian-ciô, ciance, cian-tifik, çan et çance, cèptantri- 
on, tan-dèrr, trante. — Il faut excepter chiendent, chrétienté, 
les mots composés de bien, ainsi que la combinaison ien des 
verbes tenir et venir, dont nous parlons plus bas; quelques 
noms propres français, la plupart des noms propres étrangers 
et les mots tirés des langues étrangères, dont nous allons 
également parler. 

2^ Devant une h aspirée: enhardir, renhardir, enhar- 
nacher, enharnachement. — Prononcez an-ardir, ran-ardir, 
an-arnaché, an-arnach'man. 

30 Dans les noms propres français et dans quelques noms 
propres étrangers: Agrigente, Alençon, Aureng-Zeyb, Bénévent, 
Brientz ou Brienz (lac), Charlottenbourg, Coblents, Confolens, 
d'Argens, Boidlens ou Doidens (ville), Gengis-Khan, Guten- 
berg ou Guttemberg, Hottentot, Jordaens ou Jordans (peintre), 
Kent, Lally-Tollendal, Lauenbourg, Lens, Maxence, Mayence, 
Mende (ville). Saint- Saens (bourg), Schwarzenberg , Sens, 
Stentor, Wallenstein, Vincent, etc. — Prononcez agri- jante, 
alan-çon, ô-ran-zèb, bé-né-van, bri-anss, charlb-tanbour,^ ko- 
blance, konfb-lan, dar-jance, dou-lan, jan-jiss-kan, gu-tan-bèrr, 
b-tantô, jordanss, kantt, lali tb-landal, lô-anbourg, lance, mak- 
çance, ma-iance, mande, çain-çan, schvar-zan-bèrr, çance, 
stantbr, valanss-tain, vain-çan. 

40 Dans les six mots enarbrer (terme d'horlogerie), dése- 
nivrer, enivrant, enivrement, enivrer, enorgueillir, qui se 



1 Quelques personnes disent charJbtainbour, mais le plus grand nombre char- 
Ibtanbour. 



70 PRONONCIATION DBS VOYELLES. — EN. 

prononcent an-narhré, dézan-nivré, an-nivran, an-nivre-man, 
an-nivré, an-norgueu-yir. 

50 Dans Caen, Ecouen, Bouen, Saint-Ouen, villes et 
bourgs de France, et dans en, pronom et préposition. On 
prononce kan, é-Jcouan, rouan, çain-touan,^ an. — Partout 
ailleurs, en final se prononce ain nasal ou ène href. 

6*^ Enfin, dans les sept mots ennoblir, ennui et ses dérivés, 
dont nous avons parlé plus haut. 

" Elle a le son nasal ain (comme dans pain, sain, etc.): 
1*^ Au commencement et au milieu des mots tirés des 
langues étrangères, tels que agenda, amentacées, appendice, 
bengali, benjoin, benzine, benzoates, benzoïque, blende (sulfure 
de zinc), coendou (espèce de porc-épic), compendium, cres- 
cendo,^ debentur-, decrescendo,^ dendroïdes ou dendrolithes, 
dendromètre, dendropliore, effendi, endécagone ou hendécagone, 
endécasyllabe ou hendécasyllabe , farniente, gentleman, pi.: 
gentlemen, in extenso, mémento, pacta-conventa , pensum, pla- 
centa, retentum, rhododendron, semper virens, sensorium, 
spencer, spina-ventosa , succentorial , toxicodendron , vendetta, 
etc.; — dans tous les mots commençant par penta: penta- 
corde, pentaèdre, pentagone, pentamètre, Pentateuque, etc. — 
On prononce ajain-da, a-main-tacé, apaindice, bain-gali, . . . 
bain-zo-ate, bain-zo-ite, blainde, co-ain-dou, con-pain-di-dme, . . . 
débain-tur, . . . daindro-ide, . . . é-faindi, ain-dékagone , ain- 
dékacil-labe, far-ni-ainté, jainte-le-mane,^ jainte-le-mène,^ ine- 
èkstainçô, mé-mainto, . . . pain-çàme, . . . rétain-tàme, . . . çain- 
pèrr virainss, çain-cb-riome, spain-cèrr, . . . vain-dètta, pain- 
tacorde, painta-èdre, painta-gbne, . . . painta-teuk (eu fermé). 
2^ Au milieu de la plupart des noms propres étrangers 
et de quelques noms français: Abencérages, Appenzell, Alten- 
bourg, Amiens, Arensberg, Arensbourg, Augustenbourg, Bender, 
Bengale, Benguèla, Benjamin, Benserade, Benvenuto Cellini, 
BlanJcenbourg , le Camoëns, Cavendish, Cenci, Ch. Dickens 
(pseudonyme: Boz, romancier), Eulenbourg (comte d'), Falken- 



1 A Paris, on prononce çain-tou-ain ; en province, çain-tou-an. 

2 Crescendo, decrescendo, se prononcent à la française: çr'eas-çaindô , dêcress- 
çaindô; ou à l'italienne: cré-chain-dô, décré-chain-dô. 

3 Beaucoup prononcent à l'anglaise: djaintle-mane, djaintle-m'ene. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EN. yj 

stein, Flensbourg, baron de Gahlenz, Gassendi, St.-Gaudêns 
(ville), G^ewséric, Groenland, Groënlandais, Irmensul, le Kentucky, 
Leuchtenberg , MacJcensie, Magenta, Marengo, Marienberg, 
Marienbourg, Marienfeld, Marienthal, Mendelsohn, Mensdorf, 
(comte de), Mentor, Menzïkoff ou Mentschikoff, Mentzer, 
Odensée, Offenbach, Oldenbourg, Oxenstiern, Pensacola, Pensyl- 
vanie, ^ Fenthièvre, Fuffendorff, Beiffenberg (écrivain), Rubens, 
Struensée, SmolensJc, Venceslas, Wentzel, etc. — On prononce 
abain-céraje , apain-zèl, altain-bour, a-miain, araince-bèrr, 
araince-bour, ô-guss-tain-bour, bain-dèrr, . . . bain-gu-éla, bain- 
ja-main, baince-rade, bainv'nuto cèl-lini, blanhain-bour, le ca- 
mô-ainss,^ Jcavain-dicJie, gain -ci, di-Jcaince, eu-lain-bour, 
falkainss-tain, flainss-bour, gablainss, gaçain-di, çain-gô-dain, 
jain-cérik, gro-ain-lan, . . . irmain-çul, le kain-tuki, leuk-tain- 
, bèrr, makain-çî, . . . mari-ain-bèrr, . . . mari-ain-fèld, . . . 
maindèl-çone, mainss-dorf, . . . main-zikof ou mainte -chikbf, 
mainte-zèrr, odain-cé, à-fain-bak, ùl-dainbour, ok-çainss-tièrne, 
. . . pain-tièvre, pufaindorf, réfainbèrr, rubainss, sfru-ain-cé, 
smo-lainsk, vain-cèss-lâss, vainte-zèl. 

Voyez plus bas quelques noms au milieu desquels en se 
prononce ène. 

30 Dans les parties des verbes terminés à l'infinitif en 
venir, tenir, où ien n'est pas suivi d'une n: je viens, tu viens, 
il vient, je tiendrai, tu tiendras, il tiendra, nous préviendrons, 
vous préviendrez, ils préviendront, je me souviendrais, tu re- 
tiendrais, il conviendrait, nous deviendrions, ils contiendraient, 
retiens, etc. — Prononcez je viain, tu viain, etc. 

4<* A la fin des substantifs et des noms propres français, 
et aussi à la fin des noms propres étrangers quand ceux-ci sont 
terminés par éen, ien, comme dans Adrien, Agen (ville), 
Appien, Arménien, Ayen (bourg), Bastien, Biscayen (qui est 
de la Biscaye), Capétien, Chaldéen, chien, Chilien, Chrétien, 
combien, Dioclétien, Dorien, Dupuytren, Egyptien, Enghien, 
entretien. Européen, Galien, Galiléen, Gratien, Gien (ville), 



1 Ce mot, qui vient de Penn, devrait s'écrire Pennsylvanie et se prononcer 
pène-cil-vanî. Mais on l'écrit généralement Pensylvanie et on le prononce pain-cil- 
va-nî; quelques-uns, pan-cil-va-nî. 

2 Quelques-uns disent ka-mo-ain. 



72 PRONONCIATION DES VOYELLES. — EN. 

Iduméen, Jovien, Julien, lien, luthérien. Macédonien, maintien, 
manichéen, mécanicien, mérovingien, moyen, Norvégien, Péruvien, 
Platéen, plébéien, Priscien, Quintilien, rien, St.-Oiien,^ Sébastien, 
soutien, Suffren, le Titien, Troyen, Vendéen, vaurien, etc. — 
On prononce adri-ain, a-jain, a-piain, . . . a-iain, bass-tiain, 
biss-ha-iain (de biss-ha-ye), kapé-ciain, haldé-ain, chiain, chi- 
liain, kré-tiain, . . . di-o-clé-ciain, . . . du-pui-train, é-jip-ciain, 
an-gain, . . . gali-lé-ain, gra-ciain, jiain, idumé-ain, jo-viain, 
. . . ma-ni-ché-ain, . . . mérovain-jiain, moa-iain, . . . platé-ain, 
plébé-iain, pri-ciain, ku-ain-ti-liain, . . . çufrain, le ti-ciain, 
troa-iain, vandé-ain, etc. 

On excepte: 1® Caen, Ecouen, etc., où, comme nous le 
disons plus haut, en se prononce an; 2^ les mots étrangers 
dont nous donnons plus bas la liste, et dans lesquels en se 
prononce ène. 

Examen se prononce ég-za-main. Dans le midi de la 
France, où l'on a conservé la prononciation latine, la plupart 
disent ég-za-mène. 

Enfin, en se prononce ène bref: 

lO A la fin des noms propres étrangers non terminés par 
éen, ien, ainsi qu'à la fin des mots tirés des langues étrangères: 
abdomen, Aden, amen, Bade-Baden, Bautzen, Beethoven, 
béhen, Ben (mot arabe: fils; de même que dans les autres 
langues sémitiques, Aben, Aven, Ebn, Ibn, Aben-Esra, 
etc.), Bergen ou Berghen, Anne Boulen ou plutôt Boleyn, 
cérumen, Cobden, Covent-Garden, Culloden, Cuxhaven, cyclamen, 
dictamen, discrimen, dolmen, JDryden, Eden,^ Eisleben (ville), 
Emden (ville), comte de Fersen (feld- maréchal suédois), 
gentlemen,^ Gessen, Giessen, gluten, Gœben (général prussien), 
gramen, Halphen, Hildburghausen , hymen, Jcralcen, lichen, 
Lutzen, Meiningen, Muhlhausen (autrefois Mulhouse), Munch- 
hausen, le Niémen, Philopœmen, poUcemen, pollen, Posen, de 
Quélen, Beichsoffen (ville dans l'Alsace), Buben, semen-contra, 
solen, Sonder shausen, spécimen, Thorwaldsen,Walchren, l'Yémen, 



1 Voyer, pour la prononciation, la note page 70. 

2 On prononce édine. Mais quelques-uns disent, avec son nasal, èdain, 

3 Pluriel de gentleman. Voyez plus haut, page 24 et 70. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EN. 73 

etc. — Prononcez ahdo-mène, a-dène, a-mène, bade-badène, 
bôtt-zène, béfô-vène, bé-ène, bène (a-bène, a-vène, èbn, ibn, abène- 
èss-ra) bèrgène {g dur), boulène ou bàlène, céru-mène, Mb-dène, 
kovainte-gardène, kul-lodène, hug-zavène, cikla-mène, . . . diss- 
Jcri-mène, . . . dridène, èss-lébène, ème-dène, fèrcène, . . . jèss-cène, 
gièss-cène {g dur), . . . gé-bène {g dur), . . . ïld-burgô-zène, i-mène, 
li-Jcène, luU-zène, mé-nain-jène, mulô-zène (mulouzé), mune-Jcô- 
zène, le nié -mène, filopé-mène, poUss-mène, po-lène, pô-zène, 
de kèlène, rek-co-fène, rubène, cé-mène-kontra ^ çôlène, çon- 
dèrçô-zène, . . . tbr-vald-cène, val-krène, l'ié-mène. 

Wiesbaden se prononce viss-badn. 

2^ Dans Brennus, Ennius, Jenny, etc., dont nous avons 
déjà parlé page 68. 

3^ Dans Coventry, Ehrenbreitstein (ville), Ehrenswazrd 
(famille suédoise), pence, — Prononcez ko-vène-tri, é-rène-brètt- 
stain, é-rène-svèrd, pènnce. 

Les noms Hohenfriedberg, Hohenlinden, Hohenlohe, Hohen- 
staufen, Hohenthal, Hohenzollern, se prononcent 6-ène-fri-èdd- 
bèr, ô-ène-lain-dène, ô-ène-lô, o-ène-stô-fène , ô-ène-tal, ô-ène- 
zolèrne, en faisant peu sentir le son médial ène, et presque 
comme s'il y avait Hoh'nfriedberg, etc. 

Même observation pour Copenhague et Lamennais, où le 
son ène est presque insensible: kopènag [g dur), la-mènè 
(kop-nag, lam'nè). 

Dans les mots composés, la combinaison en conserve le 
son qu'elle a dans les mots simples; c'est par cette raison 
que en a le son nasal ain dans tous les mots commençant 
par bien, tels que bien-aimé, bien-dire, bien-disant, bien-être, 
bienfaisance, bienfaisant, bienfait, bienfaiteur, bien -fonds, 
bien-heureux, bienséance, bienséant, bientenant, bientôt, bien- 
veillance, bienveillant, bienvenu, bienvenue, bienvoulu. On 
excepte biennal, formé des deux mots latin bis, annus, et qui 
signifie qui dure deux ans. — C'est encore par la même 
raison que dans le mot chiendent en a le son nasal ain dans 
la première syllabe, et le son nasal an dans la seconde. — 
Dans chrétienté, qui vient de chrétien, en garde également 
le son nasal ain: kréti-ain-té. 



74 PRONONCIATION DES VOYELLES. — EO. 

La combinaison en, suivie d'une voyelle dans le même 
mot, ne peut donner le son nasal, l'n commençant dans ce 
cas une syllabe: denier, prenant, renom, teneur, etc., se 
prononcent donc comme s'ils étaient écrits de-nier, pre-nant, 
re-nom, te-neur. — On excepte toutefois les six mots enarbrer, 
désenivrer, enivrant, etc., dont nous avons parlé page 69, et 
où la combinaison en, quoique suivie d'une voyelle, a le son 
nasal an. Nous n'ajoutons pas à ces exceptions les mots 
bien-aimé et bien-être, dans lesquels le trait d'union indique 
suffisamment que en est une finale. 

Ent, terminaison de la troisième personne plurielle dans 
la plupart des temps des verbes, a la valeur de l'e muet. 
Voyez page 47. 

Voir, plus loin. Règles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

eo. 

Eo donne deux sons: fermé et ouvert. 

Cette combinaison est toujours précédée de la consonne 
g, et l'e n'a ici d'autre fonction que d'adoucir cette consonne. 

Les règles de prononciation que nous donnons pour la 
voyelle simple s'appliquent donc également à la combi- 
naison Eo, 

Selon ces règles, eo a le son o fermé bref dans Migeot 
(femme célèbre par sa beauté). Prononcez mi-jô. 

Suivie d'une consonne prononcée dans la même syllabe , cette 
combinaison a le son o ouvert: George, G-eorgette, Georgine, 
Georgina. Prononcez jorje, jor-jètte, jor-jine, jbr-ji-na. 

Même son devant certaines syllabes muettes finales: la 
gingeole (terme de marine), rougeole, etc. Dites jain-jbl, 
rou-jbl, avec ouvert bref. 

Dans flageolet, eo a le son ouvert moyen. 

Geôlage, geôle, geôlier, geôlière, et engeoler, engeoleur 
(que l'on écrit maintenant enjôler, enjôleur), se prononcent 
avec le son de l'o fermé long: jô-lâje, jôle, jôlié, jôlière, 
an-jôlé, an-jôleur. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EOI, BON, EOU. 75 

eoî, 

Eoi, qui se prononce oa (en diphtongue), se trouve au 
présent de l'infinitif des verbes asseoir, rasseoir, seoir; ainsi 
qu'au présent de l'infinitif, au futur simple et au conditionnel 
présent du verbe surseoir. On prononce a-çoar, ra-çoar, 
çoar, çur-coar, etc. 

Eoi se trouve encore dans quelques mots après la lettre 
g; l'e ne sert alors qu'à adoucir la prononciation de cette 
consonne: Albigeois, bourgeoisie, égrugeoir, nageoire, villa- 
geois, etc. Prononcez albi-joâ, bour-joa-zt, égru-joâr, na- 
joâr, vi-la-joâ. 

Voyez, plus loin, Oi, et le chapitre Diphtongues. 

eon, 

La combinaison eoil fait entendre deux sons: on nasal 
et ouvert. Elle suit toujours la consonne g, et l'e n'a 
d'autre utilité que d'adoucir la prononciation de cette consonne. 

Elle a le son nasal on à la fin des mots: badigeon, 
esturgeon, plongeon, etc.; ainsi qu'à la première personne 
plurielle du présent de l'indicatif et à la même personne de 
l'impératif, dans tous les verbes dont l'infinitif est terminé 
en ger: nous dégageons, nous encourageons, nous forgeons, 
nous gageons, nous hébergeons, nous jaugeons, mangeons, na- 
geons, plongeons, rongeons, etc. — On prononce ba-di-jon, 
èsse-tur-jon, plon-jon, nous dé-gajon, nouzan-Tiou-ra-jon , etc. 

Elle a le son ô ouvert bref (semblable au son de col, 
poche, etc.) dans tous les mots où l'n est doublée: badi- 
geonnage, badigeonner, badigeonneur , pigeonneau, pigeonnier, 
etc. — On prononce badi-jo-nâje, ba-di-jo-né, ba-di-jo-neur, 
pi-jb-nô, pi-jb-nié. 

Voyez, plus loin, Bègles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

eouL. 

Eou ne se trouve que dans Maupeou (chancelier de 
France, mort en 1792). — On prononce Mô-pou. 



76 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EU. 



en. 



Cette combinaison donne trois sons: eu fermé, comme 
dans jeu, peu, il veut, etc.; eu ouvert, comme dans seul, veuf, 
leur, etc.; et u, comme dans du, nu, etc. 

Elle a le son eu fermé: 

1^ Au commencement des mots, quand elle forme seule 
une syllabe, comme dans Eu (ville de France), cubages, 
eucharistie, eucharistique, eucologe, eucrasie, Eudes, eudiomètre, 
eudiométrie, eudiométrique, eufraise, Eugénie, eulogies, Eumé- 
nide, eunuque, eupatoire, euphémisme, euphonie, euphonique, 
euphorbe, Euphrasie (nom de femme), Euphrate (grand fleuve 
d'Asie), Europe, Européen, eurythmie, etc. — On excepte 
Eure (rivière et départ, de France), oti eu a le son ouvert. 

2^ Lorsque, dans la même syllabe, elle est suivie d'une 
ou de plusieurs consonnes muettes, comme dans eux, je veux, 
tu veuM, il veut, tu peux, il peut, je meus, tu meus, il meut, 
fibreux, mieux, des feux, deux bœufs, de vieux œufs, etc. — 
On prononce eu, je veu, . . . tu peu, . . . je meu, . . . fibreu, 
. . . de feu, deu beu, de vieu-zeu. 

Dans oublieur, ^ monsieur, messieurs, l'r ne se prononçant 
pas, eu a également le son fermé : oubli-eu, mà-cieu, mè-cieu. ' 

3^ Daus le corps des mots, lorsqu'elle termine la syllabe 
et qu'elle est suivie d'une des consonnes c dur, d, k, m, q, S 
articulée comme z, t, X, z, comme dans Deucalion, Leucate 
(v. de France), — feudataire, feudiste, jeudi, leudes, — pneu- 
matique, pneumonique, reumamètre (instrument), — Pentateuque, 
phaleuque, — creuser, la Meuse, une mitrailleuse, — il calfeutre, 
Deutéronome, Leuthen ou Lissa (ville), lieutenant, meute, neutre, 
neutralité, pleutre, Tentâtes (dieu des Germains), Teutoburger- 
wald,^ les Teutons, thérapeutes, — deuxième, Pont-Euxin, — 
Dieuze (ville), etc. — Même son dans Manteuffel, Neubourg, 



1 On appeUe oublie, une sorte de pâtisserie fort mince, faite en forme 
de cornet. Celui qui, dans Paris crie des oublies, s'appelle oublieur. (Prononcez 
oubli-eu.) 

2 Mais l'r sonnant dans le sieur, les sieurs, en a ici le son ouvert. 

3 Teutoburgerwald ou Egge, chaîne de montagnes d'Allemagne. C'est là, aux 
environs de Paderborii , qu'eut lieu la célèbre victoire d'Arminius (Hermann) sur 
Varus, l'an 9 de J.-C. — (Prononcez teu-tô-bur-fervàld ou ègje.) On traduit le plus 
souvent, et l'on dit la Forêt de Teutobourg (teu-to-bour) . 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EU. 77 

JSfeticMtel, Neudorf, Neufbourg, Neuf-Brisach, Neufchâteau, 
NeuJiof, Neumann, etc., ainsi que dans meunier, meunière. — 
On prononce deu-halion, . . . leudd, pneu-matik, . . . paintateuk, 
. . . leu-tène ou liça, Ueu-t'nan, . . . teu-tatèss, . . . deu-zième, 
pon-teuk-çain, . . . mann-teu-fèl, neu-bour, neu-châtèl, neu-dorf, 
neu-bour, neu-brizak, neu-châtô, neu-àf, neumann, etc. 

Mais, quand dans la même syllabe eu est suivi de c dur, 
S sifflante, ou t prononcé, le son est légèrement ouvert, ce 
qui a lieu dans Bayreuth (v. de Bavière), de Beust, Deutz 
(ville et faubourg de Cologne), Eustache, hreutzer, Leuchten- 
berg, Leuctres, Neustrie, Beuss, etc. — Dites béreutt, de 
beustt, deutss, euss-tache, kreutt-zèrr, leuk-tain-bèrr , leuktr', 
neuss-trî, reuss. 

40 A la fin des mots, au pluriel comme au singulier: 
bleu, bleus, enjeu, enjeux, feu, franc-alleu, jeu, lieu, etc., — 
ainsi que dans bleuir, dérivé de bleu. 

5^ Dans les cinq mots banlieue, bleue, hochequeue, lieue, 
queue, qui sont les seuls terminés en eue. 

6^ Enfin, lorsque l'u a l'accent circonflexe, et alors le 
son eu est long: jeûne (abstinence), jeûner, jeûneur, jeûneuse. 
— Même son, eu long et fermé, dans veule (mou, faible, 
populaire) et Maubeuge (ville). 

Eu se prononce eu très ouvert: 

lO Lorsque dans la même syllabe cette combinaison est 
suivie de f, 1, ou r prononcée, comme dans épagneul, filleul, 
fleur, honneur, leur, linceul, il meurt, meurtrir, neuf (nou- 
veau), ^ Saint-Acheul (village), seul, veuf, etc. 

2^ Dans les terminaisons euble, eugle, eule, eune 
(sans accent sur l'u), euple, eure, euve, comme dans un 
meuble, ils se meublent, — aveugle, on s'aveugle, — bé- 
gueule, gueule, meule, seule, ils veulent, — je déjeune, tu 
déjeunes,^ jeune (peu âgé), — le peuple, tme île qui se 



1 Neuf, nom de nombre, se prononce, suivant le cas, neuf, neu et neuv, 
(Voyez Prononciation des consonnes, lettre jP, et, à la fin de l'ouvrage. Prononciation 
des nombres cardinaux et des nombres ordinaux.) Mais en garde toujours le 
son ouvert. 

2 On écrivait autrefois déjeûner, et eu avait le son fermé dans toutes les 
parties du verbe. L'accent circonflexe a disparu; mais, par suite de l'influence de 
l'u, le son en, aujourd'hui ouvert semble moins ouvert que dans meuble, meult, etc. 



78 PRONONCIATION DES VOYELLES. — EU. 

peuple, — Eure, qu'il meure, ils pleurent, — épreuve, 
fleuve, ils meuvent. Us peuvent, preuve, veuve, etc. — Mais 
le son eu est un peu moins ouvert quand la syllabe muette 
ne termine pas le mot, comme dans ameublement, aveuglement, 
seulement, etc. 

On excepte de la règle précédente les six substantifs 
chargeurs, égrugeure, gageure, laceure, mangeure, vergeure, et 
toutes les parties du verbe avoir, où, comme nous le disons 
plus bas, eu se prononce u; enfin, le mot jeâne, dont il vient 
d'être parlé. — Voyez plus bas beugler. 

Eu, dans le corps des mots, devant des syllabes mas- 
culines commençant par }}, g, j, 1, n (excepté dans jeûner, 
jeûneur, jeûneuse), p, r, v, a le son eu ouvert moyen (c'est- 
à-dire un peu moins ouvert que dans leur, peur, seul)., comme 
dans ameublier, ameublissement, aveuglément, aveugler, beurrée, 
déjeuner, fleuron, jeunesse, meublant, meubler, meulière, 
neuvaine, neuvième, neuvièmement, peuplade, peupler, rajeunir, 
rajeunissement, veuvage, etc. 

Il a le son eu presque fermé dans la première syllabe 
de heureux, heureuse, heureusement, peureux, peureuse, et le 
son eu légèrement ouvert dans celle de pleureur. 

Dans le verbe beugler, eu, devant les syllabes masculines: 
beuglant, vous beuglez, il beuglait, etc., est plus fermé que 
dans ameublir, aveuglément, etc. Devant les syllabes muettes: 
il beugle, ils beuglent, il est faiblement ouvert. 

La combinaison eu a toujours le son eu ouvert et bref 
et sert d'appui à la voix dans les finales euil, euille (l'I est 
alors toujours mouillée): comme dans cerfeuil, deuil, treuil, 
feuille, qu'il veuille, etc.; il est ouvert moyen quand euil est 
suivi d'une syllabe masculine, comme dans effeuiller, feuillage, 
Neuilly, etc. — Les mêmes sons sont rendus devant il ou 
ill mouillée: 1^ par ue (qui remplace eu après les lettres e, 
g, afin de conserver à ces deux consonnes l'articulation dure 
qui leur est propre): accueil, accueillir, cercueil, cueillette, 
cueillir, orgueil, orgueilleux,^ recueil, recueillement, etc. — 



l Util dans orgueil se prononce toujours comme euil dans deuil, feuille; mais 
dans orgueilleux , orgueilleusement , s'enorgueillir, quelques personnes suppriment l'u 
dans la prononciation et disent brgè-ieu, brgè-ieuze-man, çan-nbr-gè-yir (g dur). 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — EUN, EY. 79 

Prononcez cèrfeu-ye, deu-ye, . . . éfeu-lé, . . . nen-yi, . . . akeu- 
t/e, ... cèrkeu-ye, etc. 

(Eu. On suit pour cette combinaison de voyelles toutes 
les règles de Eu, Ainsi, des bœufs, un nœud, des œufs, le 
vœu, etc., se prononcent avec le son eu fermé; — et chœur, 
cœur, manœuvre, Mercœur, * mœuf, mœurs, œuf, œuvre, sœur, 
etc., avec le son eu ouvert. — Il est bon de remarquer que 
la consonne c devant œu s'articule comme k. 

Voyez, à article Œ, les mots œil, œillade, etc. 

Eu se prononce u: 1*^ dans les six mots chargeure, égrii- 
geure, gageure, laceure (bordure de ruban), mangeur e, ver- 
geure; 2^ dans le verbe avoir: eu, eue, feus, tu eus, il eut, 
nous eûmes, vous eûtes, ils eurent, que j'eusse, que tu eusses, 
qu'il eût, que nous eussions, que vous eussiez, qu'ils eussent. 

— Prononcez charjûr, égrujûr, gajûr, laçur, manjûr, vèrjûr, 

— u, û, jû, tu û, il u, nou zûme, vou zûU, il zûr, juss, tu 
uss, il û, nou zucion, vou sucié, il zuss. 

eii.li. 

Eun, qui a le son nasal un de chacun, aucun, etc., se 
trouve dans à jeun, Meung (ou Mehun-sur- Loire), Jehan de 
Meung (poète), etc. On prononce a jun, mun, jan de mun. 

— La nasalité disparaît quand cette combinaison est suivie 
d'une voyelle dans le même mot, l'n commençant alors une 
syllabe, comme dans jeune, jeunesse, jeunet, jeunement, dé- 
jeuner, jeûne, jeûner, etc., qui se prononcent comme s'ils 
étaient écrits jeu-ne, jeu-nesse, etc. 

Voyez, plus loin, Règles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

Au commencement et au milieu des mots, cette com- 
binaison, lorsqu'elle est suivie d'une syllabe masculine, a un 
son qui approche beaucoup du son de l'é fermé: Aveyron 
(rivière et départ, de France), Beyrout (v. de la Turquie 

• On prononçait autrefois mercur: Quant au duc de JUercur, etc. Voyez la 
Satire mënippëe, édition de 1595. 



gQ PRONONCIATION DES VOYELLES. — ETE, I. 

d'Asie), ï Geylan (île des Indes), ceylanite, grasseyer, von 
der Heydt de Boon, langueyer, Lapeyrouse, nous nous assey- 
ons, vous vous asseyez, Pleyel, etc. Prononcez, en donnant 
à ey le son é, plus fermé qu'ouvert: avé-ron, bé-routt, ba-i- 
routt, cé-lan, cé-la-nitt, gracé-ié, vonn dèrr étt de rône, 
langé-ié (g dur), lapéroûze, acé-ion, acé-ié, plé-ièl. 

Talleyrand se prononce tal-ran. 

Devant une syllabe muette finale, ey a le son è ouvert: 
Eyne (v. de Belgique), Leyde (v. de Hollande), etc. Pro- 
noncez ène, lède. 

Finale, elle a également le son è ouvert: Baraguey 
d'Hilliers (maréchal de France), Belley (ville), hey, dey, Bufey, 
Ferney, Jersey, jockey, Guernesey, Ney, Francis Wey, Volney, 
Wolsey , etc. — Dites baragè, di-ié {g dur), bè-lè, bè, de, dufè, 
fèr-nè, jèr-cè, jàkè, gèrnezè {g dur), ne, franciss vè, vôlnè, vàlcè. 

Wiskey ou wisky (sorte d'eau-de-vie) se prononce ouiski. 

Brueys et Palaprat (poètes français) et Brueys (amiral 
français), qu'on écrit d'ailleurs aussi avec accent: Brueys, 
se prononcent bru-é-iss. 

eye. 

Eye a le son è ouvert et un peu long; il ne se trouve 
que dans le verbe asseoir et dans les verbes en eyer:^ 
grasseyer, langueyer, etc.: ils s'asseyent, elle grasseyé, il 
langueye, etc., qu'on prononce acè-ye, grace-ye, lan-gè-ye {g dur). 

Voyez, page 20, la remarque sur les verbes en ayer. 

i. 

Le son de cette voyelle simple s'entend dans ami, fini, 
silice, etc. 

De toutes les voyelles, l'i est celle dont le son est le 
plus délié et le plus aigu.^ Lorsque, dans une syllabe, cette 



1 Beyrout ou Baïrout, suivant Bouillet; Beiroufh ou BcCirouth, suivant le 
Complément du Dlctionn. de l'Acad. — C'est l'ancienne Béryte. 

2 Voyez Traité complet de la Conjugaison des Verbes français, page 116. 

3 L'i, quand il s'entend, a toujours un son très aigu. Pourtant, si cette 
Toyelle est devant une consonne, comme dans que j'acquisse, Philippe, etc., les 
Allemands lui donnent souvent un son qui tient de l'i et de l'è: c'est une faute. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — I. g^ 

voyelle se joint à la consonne qui la suit, sans être précédée 
d'une autre voyelle, elle conserve sa prononciation naturelle, 
à moins que la consonne avec laquelle elle se trouve jointe 
ne soit une m ou une n; car alors le son aigu et délié de 
ri se change en un son nasal, comme dans limpide, principe, 
printemps, simple, vingt, etc. 

Toutefois, la lettre i retient le son qui lui est propre: 

1^ Au commencement des mots en imm, dans lesquels 
on prononce toujours les deux consonnes: imminent, immodeste, 
etc. Dites ime-mi-nan, ime-modèstt. 

2^ Au commencement des mots en inn, soit que l'on 
prononce les deux n, comme dans inné, innover, etc. (dites 
ine-né, ine-nové); soit qu'on n'en prononce qu'une, ce qui n'a 
lieu que dans innocemment, innocence, innocent, innocenter, 
(dites i-noçà-man, i-noçance, etc.). 

30 Dans tous les mots où îm ou in est suivi d'une 
voyelle, parce qu'alors l'ni ou l'n commence toujours une 
syllabe, et laisse à l'i, qui termine par conséquent la syllabe 
précédente, le son qui lui est propre, comme dans décliner, 
hardiment, image, inodore, inouï, linon, etc., que l'on pro- 
nonce comme si ces mots étaient écrits décli-ner, hardi-ment, 
i-mage, i-nodore, i-noui, li-non. 

40 Dans les mots intérim, olim, tirés du latin; dans le 
mot zaïm (soldat turc); et dans les noms propres étrangers, 
comme Ephraïm, Sêlim, etc., que l'on prononce comme si la 
consonne m était suivie d'un e muet: ain-té-rime, o-lime, za-ime, 
éfra-ime, cé-lime. 

50 Dans in-plano, in-octavo, et dans les expressions latines 
in extremis, in pace, in partihus, in petto, etc., où in garde 
la prononciation latine ine (comme les trois dernières lettres 
de Pline)', enfin dans quelques noms étrangers dont la pro- 
nonciation n'a pas été francisée, comme Jenny Lind, etc. — 
Prononcez ine-pilanô, i-nbhtavô, i-nèkstré-mîss , ine pacé, ine 
partibûss, ine pètt-tô, jè-ni line-d'. — Voyez la lettre JSF. 

Dans les noms anglais, l'i, lorsqu'il termine la syllabe, 
comme dans Priée, le Times (journal), etc., garde la pronon- 
ciation française: priss, le time, etc. 

Lesaint, Prononciation française. 3rae éd. g 



g 2 PRONONCIATION DES VOYELLES. — I. 

Le son de l'i est bref dans tous les mots désignés plus 
haut 1^, 20, 3*^, 40, 50, ainsi que lorsqu'il termine un mot, 
comme dans fini, ici, servi, etc. 

La lettre 1, simple ou doublée, ne peut rendre le son 
mouillé que lorsqu'elle est précédée de l'i. Il n'y a d'exception 
que pour quelques mots étrangers, qu'on trouvera à la lettre 
L. L'i est alors toujours bref, et fait entendre le son qui 
lui est propre s'il suit une consonne, comme dans avril, Mlle, 
chenille, famille, fille, etc., ou un u précédé d'une consonne, 
comme dans aiguille, anguille, béquille, etc. 

L'i surmonté de l'accent circonflexe donne toujours le son 
long à la syllabe dont il fait partie: qu'il finît, nous prîmes, 
vous partîtes, nous tînmes, vous vîntes, qu'il contînt, etc. 

L'i a encore le son long devant un e muet: je prierai, 
la vie, elle lie, tu nies, etc., ainsi que devant ent à la troisième 
personne plurielle dans la plupart des temps des verbes: ils 
'prient, elles supplient, etc. Dans ces deux cas, e, es, ou ent, 
ne se prononce pas. 

Dans les verbes où, aux deux premières personnes plu- 
rielles de l'imparfait de l'indicatif et du présent du subjonctif, 
l'i est précédé d'un y, comme dans nous voyions, vous croyiez, 
etc., il faut marquer la présence de l'i en appuyant sur l'y: 
nous voye-ions, vous croye-iez, etc. — Et si, à ces mêmes 
personnes, il y a deux i, comme dans nous priions, vous riiez, 
etc., il faut appuyer légèrement sur le premier: nous prie-ions, 
etc., afin que l'on ne confonde pas ces temps avec le présent 
de l'indicatif: nous pri-ons, vous riez, etc. 

Deux i de suite appartenant toujours à deux syllabes 
différentes, on prononcera foliiforme, foUipare, Piis (homme 
de lettres), comme si ces mots étaient écrits foli-iforme, foU- 
ipare, Pi-is. — Dites foli-iforme, . . . pi-îss. 

L'i s'entend dans Castries, bourg du départ, de l'Hérault. 
Dites kass-trî. — Mais on ne le prononce pas dans Castries, 
maréchal de France, non plus que dans Enghien. Dites kastr', 
an-gain. 

Voyez oille à la lettre 0. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — JE. gg 

Miniature, miniaturiste, se prononcent comme ils sont 
écrits: mi-nia-ture, mi-nia-turiste. (Voyez Nodier, Nap. Landais, 
Sardou, et d'autres). — L'Académie dit: On prononce ordinai- 
rement mignature. — Il est vrai que dans la rapidité de la 
prononciation on entend un peu le son mouillé gn. 

Les mots encoignure, oignon, oignonade, oignonet, oigno- 
nière, se prononcent comme s'il n'y avait pas d'i: ankà-gnur, 
ognon, ognb-nad, àgno-nè, bgno-nièrr. 

Mais dans empoignement, empoigner, moignon, poignant, 
poignard, poignarder, poignée, poignet, on entend oa: an- 
poagne-man, anpoa-gné, moa-gnon, poa-gnan, poa-gnar, poa- 
gnardé, poa-gné, poa-gnè. — Familièrement, on prononce en 
rendant l'i muet: anpogne-man, . . . mb-gnon, . . . pb-gnar, etc. 

Besoigneux, besoigneuse, * se prononcent hezb-gneu et hezoè- 
gneu, hezb-gneuze et hezoè-gneuze. 

Poitrine et poitrail doivent se prononcer poa-trine, poa- 
tra-ye. Les basses classes de Paris disent pb-trine, pb-tra-ye. 

Voyez, à la combinaison Ai, page 16, la prononciation 
de douairier, douairière, Michel Montaigne. 

Pour la prononciation de l'i surmonté du tréma (ï), voyez 
Combinaisons de voyelles qui font entendre deux sons. 

îe. 

Cette combinaison, dont nous avons déjà parlé page 82, 
a le son i long lorsqu'elle termine la syllabe, comme dans bal- 
butiement, elle s'écrierait, il se fiera, maniement, nous prierons, 
amie, lie, manie, patrie, etc. ; ou lorsqu'elle est suivie des deux 
lettres nt, signe du pluriel de la troisième personne à tous 
les temps des verbes: ils crient, ils prient, ils se marient, 
elles rient, etc. — Prononcez balbucî-man, ël cécrtrè, il ce 
fîra, ma-nîman, nou prîron, a-mi, lî, ma-nî, patrî, il krî, etc. 

Ailleurs qu'à la troisième personne plurielle des verbes, 
ie, suivi d'une ou de plusieurs lettres dans la même syllabe, 
se prononce toujours en diphtongue, comme dans bien, biez, 
chien, ciel, deux, Daniel, fier (verbe), fier (adjectif), Gien 



l L'Académie dans son Dictionnaire de 1877 n'écrit plus ces mots avec » 
conforme à leur prononciation elle prescrit maintenant: besogneux lesogneuse. 

6* 



g4 PRONONCIATION DES VOYELLES. — IM. 

(ville), Kiel (ville), lierre, mien, Niel (maréchal), pieu, rien, 
Saliens, un tiers (^3)5 Thiers (homme d'Etat), vieille, etc. — 
On prononce bi-ain, bié, . . . da-nièl, fié, fierr, ji-ain, ki-èJ, 
. . . ni-èl, . . . çaU-ain, un tièrr, tièrr, viè-ye, etc. 

Voyez, page 59, comment se prononcent hier et avant-Mer. 

im. 

Im donne deux sons: ain nasal; et ime, comme les trois 
dernières lettres de lime. 

Cette combinaison a le son ain nasal et loyig au commen- 
cement et au milieu des mots, lorsqu'elle est suivie d'une 
consonne autre que m, comme dans bimbelotier, Chimboraço, 
Cimbres, Edimbourg, impartial, impératif, limbes, regimber, 
simple, Simplon, etc. — On prononce bain-blb-tié, chain-bo- 
raçô, çainbre, é-dain-bour, ain-parcial, ain-pératif, lainbe, 
re-jain-bé, çainple, çain-plon. 

Joachim (nom d'homme) se prononce également jo-a-chain. 
Joachim le prophète se prononce jo-a-Jcime et jà-a-chain. 

Mais im se prononce ime (comme les trois dernières 
lettres de lime) : 

lO Dans tous les mots commençant par imm; il y en a 
une cinquantaine: immaculé, immanquable, immigration, im- 
mensité, immodeste, etc. — On prononce ime-maJculé, ime- 
manhable, ime-migrâcion, ime-mancité, ime-mbdèstt, etc. 

2^ Au milieu et à la fin des noms propres étrangers, tels 
que Cimmarosa, Cimmériens, Ephraïm, Grimm, Ibrahim, 
Frim, Séboïm, Sélim, Solim, Zimmermann, Zizim, etc.; dans 
les mots latins intérim, olim; et dans saïm (soldat turc). — 
On prononce cime-marôsa, cime-mériain, é-fra-ime, grime, 
i-bra-ime, prime, cébo-ime, célime, cblime, zime-mèr-mane, 
zizime, — aintérime, blime, — za-ime. 

La combinaison im, suivie d'une voyelle, ne peut donner 
un son nasal, l'm commençant dans ce cas une syllabe; image, 
imitable, limon, etc., se prononcent donc comme si ces mots 
étaient écrits, i-mage, i-mitable, li-mon. 

Voyez, plus loin, Règles communes aux quatre voyelles 
nasales. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — IN. 



in. 



85 



La combinaison in donne trois sons: aîll nasal; i; ine, 
comme les trois dernières lettres de Pline. 

Elle a le son nasal ain au commencement et au milieu 
des mots lorsqu'elle est suivie d'une consonne autre que n, 
comme dans aqua-tinta, Birmingham, Jf"* Damoreau-Cinti 
(célèbre cantatrice), Finlande, Finmark (province de Laponie), 
gingembre, ingrédient, Ingres (peintre), instinct, lincetd, 
Lincoln, Lindsay (poète écossais), mezzo-tinto, le Mincio (riv. 
d'Italie), Nottingham, plinthe. Provins, sphinx, sterling (mon- 
naie), nous vînmes, vous tîntes, etc. — Prononcez akoua-tainta, 
bir-main-game , da-morô-çainti , fain-lande, fain-mark, jain- 
janbre, ain-grédian, aingre, ainss-tain, lain-ceul, lain-kbln, 
lainde-cè, mèd-zô-tain-tô , le main-ciô, no-tain-game , plainte, 
pro-vain, sfainkss, stèrlain, nou vaîn-m', vou tain-t'. 

On excepte quelques noms étrangers: Jenny Lind, 
Mackintosh, meeting, Minden (ville), Minho (fleuve d'Espagne), 
Blo tinto, qu'on prononce je -ni linn-d', makinn-toche, mî- 
tigne, minn-dène, mi-gno (gn à peu près comme dans Charle- 
magne), etc. 

Elle a encore le son nasal aîll à la fin des mots: bouquin, 
Caïn, coquin, fin, Martin, Mazarin, Nankin, Schwérin (ville), 
etc. — On prononce boukain, ka-ain, ko-kain, fain, martain, 
mazarain, nankain, schvérain. — Rostopchin (gouverneur de 
Moscou en 1812), se prononce ross-tbp-chinn. 

In fait entendre le son i dans les quatre mots innocem- 
ment, innocence, innocent, innocenter. Voyez page 81. 

Dans tous les autres mots, in se prononce ine (comme les 
trois dernières lettres de racine) lorsque l'n est doublée: Inn 
(riv. d'Allemagne), innavigable, inné, innocuité, innombrable, 
innombrablement, innomé, innominé, innovateur, innovation, in- 
nover, bipinnatifide, bipinnée, Cincinnatus, Cinna, cinnamome 
(plante), Corinne, les Finnois,^ Linné, pinnée, pinne-marine. 



1 Les Finnois, peuple barbare de l'Europe nord-est, originaire de l'Asie septen- 
trionale, le plus reculé de tous suivant les anciens. Lors de l'arrivée des Goths, les 
Fenni furent moitié soumis et moitié refoulés dans la Sarmatie septentrionale et la 



gg PRONONCIATION DES VOYELLES. — O. 

(coquillage), piimothère, pinnule, etc. — Prononcez ine, ine- 
navigable, ine-né, ine-no-Jcu-ité, ine-nonhraW, . . . bipine-nati- 
fide, hipine-né, çain-cine-natûcè, eine-na, cine-na-mbme, kb-rine, 
fine-noâ, Une-né, pine-né, etc. 

La combinaison in conserve la prononciation latine ine 
(semblable au son des trois dernières lettres de racine) dans 
toutes les expressions latines usitées en français: in extremis, 
in globo, in manus, in naturalibus, in pace, in partibus, in 
petto, in reatu, in statu quo, etc. — On prononce ine èks- 
trémîce, ine glbbô, ine ma-nûce, ine naturalibûce , in pacé, 
ine partibûce, ine pèttô, ine ré-atu, ine statu ko. 

Elle a encore le son ine dans in-plano, in-octavo; — 
mais le son nasal ain (comme dans pain) dans in-folio, in- 
quarto, in-douze, in-seize, in-dix-huit, in-tr ente-deux, etc. — On 
prononce ine-pla-nô, ine-ùctavô, — ain-fb-liô, ain-kouar-tô, etc. 

Suivie d'une voyelle ou de la lettre h, la combinaison in 
n'a jamais le son nasal, parce que l'n se détache alors de la 
voyelle i pour commencer une syllabe; inanimé, inattentif, 
inerte, Lamartine, Minos, Ninon, rhinocéros, — Eginliard, 
inhabile, inhabitable, inhérent, inhibition, inhospitalier, in- 
humain, etc., se prononcent donc comme si ces mots étaient 
écrits i-nanimé, i-nattentif, i-nerte, Lamarti-ne, Mi-nos (pron. 
mi-noss), Ni-non, rhinocéros (pron. ri-nocéross) , Egi-nhard 
pron. égi-nar), i-nhabile, i-nhabitable , i-nhérent, i-nhumain. 
— Voyez plus haut Minho. 

Voyez, plus loin, Règles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

O. 

La voyelle simple fait entendre deux sons: 1^ o fermé, 
comme les trois dernières lettres de chapeau, veau, peau; 
2^ ouvert, comme dans col, mol, sol. 



Scandinavie. On peut les partager dès cette époque en denx groupes principaux: 
les Fenni occidentaux ou Finnois proprement dits, qui habitaient les golfes actuels 
de Livonie et de Finlande; les Fenni orientau:^, qui s'étendaient depuis le confluent 
du Volga jusqu'aux monts Ourals. Dans la suite, les migrations des barbares de l'Asie, 
resserrèrent les Finnois dans la partie appelée Finlande. On croit avec raison que 
les Fenni sont une branche des Huns (Hiinni). — Fionn ou Finn, d'où vient Fénian, 
n'aurait-il pas pour étymologie le mot Fenni? (Voyez, à la lettre S, le mot/énia»it«m*.) 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — O. 37 

Elle a le son o fermé : 

lO Lorsque, dans la même syllabe, elle est suivie d'une 
OU de plusieurs consonnes muettes, autres que m ou il, comme 
dans abricot, billot, broc, campos, chaos, clos, Cosme de Mé- 
dicis, croc, dos, écot, escroc, Goth, gros, héros, idiot, jabot, 
Jeannot, lot, mot, nos. Le Nostre ou Le Nôtre (célèbre jar- 
dinier), oh! des os, Prévost, rabot. St. Cosme, St.-Lo, sirop, 
sot, trop,^ Visigoth, Vosges, etc. — On prononce abri-kô, 
hi-iô, brô, han-pô, ka-ô, Mo, Mme de médicîce, krô, do, é-kô, 
èss-krô, gô, grô, é-rô, idiô, ja-bô, ja-nô, lô, mô, nô, le nôtre, 
ô, dé zô, prévô, rabô, gain kôme, çain-lô, ci-rô, çô, trô,^ 
vizigô, vôje. 

20 Dans tous les mots où cette voyelle est suivie de la 
syllabe muette se (l's s'articule alors comme z, et l'o se pro- 
nonce long). Ainsi, alose, elles arrosent, chose, dose, glose, 
ils posent, j'ose, on suppose, prose, qu'il écïose, tu reposes, 
rose, etc., se prononcent alôze, elle zarôze, etc. — Mais si 
la lettre s, précédée de 0, est suivie de toute autre voyelle 
que l'e muet, l'o est beaucoup moins long, comme dans ces 
mots: arrosage, arrosoir, la rosée, roseau, nous arrosons, vous 
posez, le posage, p)Osément, poseur, positif, supposition, vous 
supposâtes, préposition, prosaïque, prosaïsme, oser, on osait, 
un rosier, etc. Il y a même dans le son de l'o de ces mots 
diverses nuances; par exemple, dans arrosoir l'o est moins 
fermé que dans supposer. Ces nuances, presque imperceptibles 
à l'oreille, ne peuvent se représenter par des signes phoniques. 

30 Dans les mots où l'o, avec ou sans l'accent circon- 
flexe, est suivi de la syllabe muette me, et alors le son est 
long: binôme, Brantôme, il chôme, Chrysostôme, Côme (ville), 
diplôme, dôme, Brome (départ, et riv.), fantôme, symptôme, 
Vendôme, — arôme, atome, axiome, chrome, gnome, harmotome, 
idiome, ignivome, Sodome, tome. On prononce bi-nôme, bran- 
tôme, . . . krizosstôme , . . . çainpe-tôme, vandôme, — arôme, 
. . . akciôme, krôme, gnome (g dur), . . . ig-nivôme {g dur), 
etc. — Onze mots font exception à cette règle: agronome. 



1 Trop a le son o fermé de chapeau: trô. C'est une faute de prononcer tro, 
avec le son o ouvert. 



gg PRONONCIATION DES VOYELLES. — O. 

astronome, autonome, Deutéronome, économe, gastronome, hippo- 
drome, majordome, métronome, nome, Rome, qui se prononcent 
avec le son de l'o ouvert et bref: agronome, etc. 

40 Devant la syllabe muette ne dans les dix mots suivants: 
amazone, autochtone, Bahylone, Cosne, Folkestone (port anglais), 
Gladstone, isochrone. St.- Jean de Losne (ville), tautochrone, 
zone. Même son devant ne quand l'ô est surmonté de l'accent 
circonflexe: Ancône (ville), Cône (ville), un cône, il détrône, 
prône, pylône (grand portail chez les Egyptiens), le Rhône, 
la Saône, trône, etc. On prononce, en donnant à l'o le son 
fermé et long: a-mazône, ô-toTc-tône, hahilône, kône, folks-tône, 
glad-stône, izokrône, çain-jan d'iône, tôto-krône, zone, — ancône, 
. . . la cône, etc. — Aumône fait exception: on prononce, 
avec le son ouvert et bref, 6-mùne. (Voyez plus bas la 
prononciation des mots aumônerie, etc.) — Dans tous les 
autres mots, dont nous allons donner la liste, 0, suivi de ne, 
a le son ouvert et bref: anémone, Antigone, Ausone (poète), 
Barcelone, Bellone, Bone (ville), carbone, Crémone (ville), 
Crotone (ville), Bodone (ville), il s'époumone, Erigone (myth.). 
Gorgone, Hermione, Hippone (ville), Lacédémone, Latone, 
madone, matrone, microphone, monotone, les nones, Œnone 
(nymphe), Pétrone, Pomone, il ramone, Suétone, salmone (ou 
saumon), Tisiphone, trombone, Vérone, et dans toutes les 
terminaisons en gone: hexagone, octogone, périgone, etc. 

50 Dans tous les mots où l'o, surmonté de l'accent circon- 
flexe, est suivi d'une syllabe muette autre que me ou ne, 
comme dans alcôve, apôtre, côte, Bôle, hôte, il rôde, j'ôte, 
maltôte, le nôtre, le vôtre, nivôse, pluviôse, ventôse, etc., qui 
se prononcent avec le son fermé long. — On excepte: Pente- 
côte, où l'o se prononce bref et ouvert: pantt-hbtt. 

6^ Dans tous les mots où l'o, avec accent circonflexe, est 
suivi d'une ou de plusieurs consonnes muettes, comme dans 
dépôt, entrepôt, impôt, des prévôts, rôt, tôt et ses dérivés: 
aussitôt, etc. — Ici encore l'o est fermé et long. 

Au commencement et au milieu des mots, l'ô (avec l'accent 
circonflexe), non suivi d'une syllabe muette finale ou d'une 
consonne muette, a divers sons: 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — O. gg 

Il est fermé long dans la plupart des mots: clôture, 
côté, ôter, j'ôtais, il ôta, rôder, rôdeur, etc. 

Il est fermé bref dans prévôtal, prévôtalement, prévôté. 

Enfin, il est légèrement ouvert et bref dans les quinze 
mots suivants: aumônerie, aumônier, coteau, hôpital, hôtel, 
hôtelier, hôtellerie, hôtesse, rôti, rôtie, rôtir, rôtisserie, rôtisseur, 
rôtisseuse, rôtissoire. Encore y a-t-il des nuances dans le 
son de l'o de ces mots; par exemple, dans hôpital, hôtel, l'o 
est plus ouvert que dans hôtesse, rôti, etc. 

L'o est fermé long dans tous les mots où il est suivi 
de la syllabe tion (qui se prononce alors cion): commotion, 
dévotion, émotion, lotion, notion, potion, promotion, etc. — 
Prononcez kô-môcion, etc. 

A la fin des mots, l'o se prononce toujours fermé, et il 
est bref au singulier: ab irato, cacao, duo, écho, ipso facto, 
kilo, lavabo, loto, Marco Polo ou Marc Paul, numéro, o (la 
quinzième lettre de l'alphabet), le Pô, quiproquo, statu quo, 
trio, turco,^ veto, zéro, etc. — Prononcez ah iratô, ka-ka-ô, 
du-ô, ékô, . . . le pô, kiprokô, statu ko, . . . veto, etc. 

Enfin, bien que l'o soit plus ou moins ouvert lorsqu'il 
est suivi d'une consonne redoublée, ainsi que nous le disons 
plus loin, néanmoins cette voyelle a le son fermé long dans 
ossements, désossement, désosser et toutes les parties de ce 
verbe; et dans les syllabes dos, fos, gros, quand l's se 
double, comme dans adosser et toutes les parties de ce verbe, 
dossier, endosse (substantif vieux), endossement (ou endos), 
endosser et toutes ses parties, endosseur, La Fosse (ville de 
Belgique), une fosse, fossé, fosset, fossoyage, fossoyer et toutes 
ses parties, fossoyeur, grosse (adjectif), une grosse (douze 
douzaines de certaines marchandises, etc.), grosserie, grosseur, 
grossier, grossière, grossièrement, grossièreté, grossir, grossisse- 
ment, grosso y er et toutes ses parties, dégrossir et toutes ses 
parties. On prononce ôce-man, . . . dézôcé, adôcé, dôcié, . . . 
fôce, fôcé, fôcè, fôçoa-iâjc, fôçoa-ié, . . . grôce, . . . grôceur, . . . 



1 Turcos, troupe composée d'Indigènes de l'Afrique, intrépides et souvent 
féroces dans le combat. — On prononce iurkô, au pluriel comme au singulier. 



90 PRONONCIATION DES VOYELLES. — O. 

grôçoa-ié, dégrôcir. — Mais dans fossette et fossile, To a le 
son ouvert moyen et bref: focètt, focil. 

Ailleurs que dans les cas qui viennent d'être désignés, 
l'o, au commencement et dans le corps des mots, et lorsqu'il 
n'est pas suivi d'une double consonne, a ordinairement un 
son ouvert moyen, qui tient le milieu entre le son fermé de 
chapeau et le son ouvert de col, mol. Ce son o ouvert moyen 
s'entend dans les mots suivants: adolescent, aromate, aroma- 
tique, aromatiser, colère, favori, hochet, hoquet, joli, modeste, 
modestie, morale, nominal, notaire, odéon, obéir, obéissance, 
obélisque, opéra, opérer, oracle, orateur, pléonasme, poli, poli- 
ment, poteau, potence, prolonger, Providence, quolibet, robtiste, 
Soleure, etc. — Devant les syllabes muettes non finales l'o 
paraît un peu plus ouvert: broderie, modeler, potelé, etc. Dans 
voler, voleur, voleuse, il est presque aussi ouvert que dans vol. 

Mais l'o est très ouvert: 

1^ Lorsque, dans la même syllabe, il est suivi d'une ou 
de plusieurs consonnes articulées, comme dans alors, automnal, 
bord, Cahors, colporter, coq, corps. Espagnol, formidable, 
froc, grog, mérinos, Minos, mors, mort, objet, obstination, 
omnibus, Paphos, pathos, poster, rhinocéros, Saint-Boch, som- 
nambule, somnifère, tu sortiras, Stockholm, vol, etc. — Pro- 
noncez aldr, ô-tome-nal, . . . Jca-ùr, . . . frok, grogg, méri-nbss, 
mi-nbss, màr , . . . objè, . . . ome-nibûss, pafoss, patbss, . . . 
ri-nocéross çain-rèk, some-nanbul, . . . sto-hblmm, vol. 

2^ Lorsqu'il est suivi d'une syllabe muette finale, comme 
dans ces mots: analogue, Aristote, aurore, babiole, boussole, 
cloche, code, cote, créole, doge, école, Eole, encore, époque, 
équinoxe, Espagnole, Europe, fiole, globe, G-omorrhe, hyperbole, 
ignoble, tu ignores, loge, météore, méthode, métropole, myope, 
noble, noce, notre, ode, parole, pécore, Pénélope, philosophe, 
phosphore, pore, propre, quote-part, redingote, rigole, Rhodes, 
robe, je rogne, rougeole, sole, Sophocle, toge, vayvode, il vole, 
votre, etc. Prononcez a-nalbgg, . . . é-bl, . . . eu-rbpp, . . . ipèr- 
bbl, . . . foss-fbrr, . . . Jcbtt-par, rbdd, . . . roujbl, . . . vé-vodd, 
etc. — Pour les exceptions, voyez plus haut les mots où l'o 
est suivi de me, se, ne, ou surmonté de l'accent circonflexe. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — OA. gj 

30 Lorsqu'il est suivi de deux consonnes semblables et 
d'un e muet terminant le mot ou suivi de ment, comme dans 
ces mots: il s'abonne, bosse, brosse, colle, comme, cosse, on 
donne, Ecosse, folle, gomme, personne, étoffe, bonnement, 
étonnement, mollement, sottement, etc. — Mais l'o est moins 
ouvert quand la consonne doublée n'est pas suivie d'un e 
muet, ou de la terminaison ement, comme dans Bossuet, 
brosser, il charbonnait, connaître, comment, ossature, personnel, 
pommier, prisonnier, sottise, torrent, il s'abonnera, on bros- 
sera, osselet, il tonnerait, etc. — Voyez, plus haut, les syllabes 
dos, fos, gros. 

D'après ce qui vient d'être dit, on fera entendre trois 
différents dans Ostrogoth: le premier très ouvert, le second 
ouvert moyen, le troisième fermé; — deux dans Fonnose, 
métamorpliose : le premier très ouvert j le second fermé; — 
deux dans propos, propose: le premier faiblement ouvert, 
le second fermé; même observation pour coco; — deux sons 
dans cocotte, commode, héliotrope: le premier ouvert moyen^ le 
second très ouvert. 

Dans le mot oille (mot emprunté de l'espagnol: espèce 
de potage), l'o a le son ouvert et sert de repos à la voix 
pour rendre le son mouillé: b-ye. 

L'o, suivi d'une m ou d'une 11, concourt le plus souvent 
à former avec cette consonne un son nasal, que nous représen- 
tons par on. (Voyez Om, On.) 

Oa a le son de l'o ouvert dans toast, toaster, que l'on 
écrit aussi toste, toster, et le son de l'o fermé long dans 
lioax^ et steamboat. — On prononce teste, tàsté (en faisant 
sentir l's et le t comme dans poste), ôJcss, stime-bôte. 



1 Hoax (prononcez ôkss), mot anglais, qui se reproduit à chaque instant dans 
les journaux et les nouvelles satiriques des Anglais, et sur le sens précis duquel 
on consulterait vainement les lexiques, est très proche parent de notre mot blague. 
„Le Hoax, dit M. Philarète Chasles, le Blarney et le Humbug (voyez Um), sont trois 
incarnations du mensonge, trois formes de la charlatanerie magniloquente. Le 
Blarney est spécialement irlandais, nous n'osons pas dire gascon. Le Hoax, c'est la 
mystification savante dont tout le monde est dupe, excepté son auteur. Le Humbug, 



92 PRONONCIATION DES VOYELLES. — Œ, ŒU. 

Partout ailleurs, les deux lettres oa donnent deux sons: 
oasis, cloaque, etc. Dites o-aztss, klo-ak. 

Œ. — Le signe double ce, dont nous avons déjà parlé 
page 5, se trouve dans un certain nombre de mots français 
et étrangers. Il fait entendre quatre sons: é fermé, h ouvert, 
0, eu ouvert. 

, Il a le son de l'é fermé: — 1^ lorsqu'il forme seul une 
syllabe, comme dans œcuménicité, œcuménique, œcuméniquement, 
œdémateux, œdèms, Œdipe, œnologie, œnomancie, œnomètre, 
œnophore, œsophage, mont Œta, etc. On prononce écu-mé-ni- 
cité, . . . édémateu, . . . édipp, é-nolojî, . . . ézofâje, mon téta; 
— ^ 2^ lorsqu'il termine une syllabe, et si dans ce cas la con- 
sonne c précède œ, elle s'articule comme s (excepté dans les 
noms allemands, où elle a la valeur du k): cohœa (ou cohéa, 
masculin; ou cohée, féminin), cœcographe (instrument pour écrire 
dans l'obscurité), cœcum, cœliaque ou céliaque, le mont Cœlius 
(une des sept collines de Rome), Cœlus ou TJranus, diœcie, 
les îles Fœroé (ou Fœroer, Fseroé, Fazroer), fœtus, Gœben 
(général), Jiomœopathie (et d'autres mots commençant par 
homœ, qu'on écrit aussi liomé), Kœnigsherg, Kœnigsmarck, 
Lœwenfeld (général), Malmœ ou Malmae: (ville et port de 
Suède), MalmœJius ou Malms&hus (ville de Suède), Mœris (lac 
d'Egypte); etc., périœciens (peuples qui habitent sous le même 
parallèle), Phœdon (disciple de Socrate), Bœderer, etc. — 
Prononcez kobé-a ou kohé, cékograf, cékome, céliak, céli-ûss, 
céluss, di-écî, féro-é ou féro-èrr, fétûss, gé-bène {g dur), o-mé- 
opatî, ké-niz-hèrr , ké-niss-mark , lé-vain-fèld , malmé, malmé- 
ûss, mérîss, péri-éci-ain, fédon, réderèrr. 



plus sérieux, plus vaste, offre la dernière expression du factice, du simulacre, du 
taux sur une large échelle. Quiconque possède le don inné de cette magie triple 
et souveraine fera passer aisément et doucement, sans le voler jamais, l'argent 
d'antrui dans sa poche. Le Blarney lui prépare les voies; le Hoax dispose ses res- 
sorts, et le Humbug couronne son œuvre. Comment se plaindrait-on de lui? II 
hérite naturellement de vos écus; et vous restez là, bouche béante, bourse vide, en 
face du séducteur qui vous a charmé, tous deux également contents l'un de l'autre. 
Personne n'est dupe; on se dupe soi-même: voilà le secret!" 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — CE, ŒU. 93 

Suivi d'une consonne prononcée dans la même syllabe, 
ce prend le son è ouvert: Ankarstrœm (assassin de Gustave III), 
Cœsfeld ou Cœslin (v, des Etats prussiens), Eckernfœrde, 
Fœhr (île), Frœschweiler (village), Kœchlin (industriel français), 
Kœrner (poète allemand), œstre, Schœnbrunn, Schœnhausen, 
Wœrth ou Wœrth-sur- Sauer (ville), etc. — Dites anharss- 
trème, kèss-feld ou kèss-lain, è-kèrn-fèrdé, fèrr, frèche-vi-lèrr, 
JcèMain, kèrnèrr, èsstr', cJiène-broune , chène-ôzène , vèrtt-çtir- 
ça-our. 

Gœthe, Gœtz de Berlichingen , Mœrs ou Meurs (v. des 
Etats prussiens), Mœrsburg ou Meursbourg (v. du grand-duché 
de Bade), se prononcent avec le son eu: geute (g dur, eu 
ong, et l'e final muet), geutss (g dur, eu ouvert moyen et bref) 
de bèrlikine-jène, meurss, meurss-bour [eu ouvert et bref dans 
lies deux derniers noms). 

Gœttingue (qu'on écrit aussi Gottingue) et Cœthen, villes 
d'Allemagne, font entendre le son o: go-taingue, kb-tène. — 
Gœtheborg (v. de Suède) se traduit toujours par Gothembourg. 
Dites gb-tan-bour. 

Quant à WilhelmsJiœhe (château de plaisance près de 
Cassel, qu'ont rendu célèbre les tristes événements de 1870), 
la prononciation n'est pas bien fixée: on dit vil-èlm-seu et 
vil-èlm-seu-é, 

Œ a le son eu ouvert dans œil, œil-de-bœuf, œil-de-chat, 
etc.; mais ouvert moyen dans œillade, œillère, œillet, œilleton, 
œillette. Dans la prononciation de tous ces mots, la voix 
s'appuie sur le son eu pour rendre le son mouillé. 

(Le signe double œ, quel que soit le son qu'il donne, ne 
prend jamais d'accent.) 

Œu se prononce d'après les règles que nous avons indi- 
quées à l'article Eu. (Voyez page 79.) 

Remarquez bien que les deux voyelles oe (sans accent) 
doivent être jointes ensemble (œ) toutes les fois qu'elles ne 
donnent qu'un son, comme dans bœuf, œuf, œuvre, etc.; mais 
qu'elles doivent être séparées (oe) quand elles se prononcent 
en diphtongue, comme dans moelle, etc., ou en deux sons 
d'égale quantité, comme dans coercible, coercitif, coexister 
(co-èrcible, co-èrcitif, etc.). 



94 PRONONCIATION DES VOYELLES. — OB, OË, etc. 

oe, oo, oé, oè, o^. 

Bien que ces combinaisons de voyelles se prononcent 
toujours en diphtongues ou en deux sons d'égale quantité, 
nous les classons ici, à leur rang alphabétique, parce que leur 
prononciation mérite une mention particulière. 

oe. — La combinaison oe, sans accent ni tréma sur l'e, 
et prononcée en diphtongue, se trouve dans moelle, moelleux, 
moellon^ et dans le vieux mot foerre (que l'on écrivait aussi 
f carre, et qui s'écrit aujourd'hui feurre). — Dans tous les 
autres mots, oe sans accent donne deux sons d'égale quantité: 
coefficient, coemption, coercihle, coercitif, coercition, coexistant, 
coexistence, coexister, etc. — On prononce ko-é-fi-cian, Jco- 
anpe-cion, Jco-èrr-cible, etc. 

oë, oé, oè. — Ces combinaisons de voyelles se pronon- 
cent en deux sons d'égale quantité. Ainsi, poème, poète, ' 
goéland, goélette, goémon, IvanJioë , Moët, etc., — poétereau, 
poétesse, poétique, poétiquement, poétiser, Noé, Noémi, goétie, 
coétat, coéternel, Foé (ou Fo), etc., — aloès, Averrhoès 
(célèbre médecin), cacoèthe (t. de méd.), Chosroès (roi de Perse), 
foène, isoète (plante), etc., — se prononcent po-ème, po-ète, 
go-é-lan, go-é-lètt, go-é-mon, iva-no-é, mo-ètt, po-é-trô, . . . no-é, 
. . . go-é-cî, Jco-é-ta, . . . fo-è, alo-èss, avèr-ro-èss , kako-ètt, 
Msro-èss, fo-ène, izo-ètt. 

Néanmoins, Noël et kakatoès (l'Académie écrit maintenant: 
kakatoès) se prononcent en diphtongues, et l'e sonne comme a 
dans le second mot: noèl, kakatoa. Quelques personnes, dit 
l'Académie, prononcent par corruption, kakatoua. 

oê. — Ces deux voyelles, avec l'accent circonflexe sur 
l'e, se trouvent dans les mots poêle, ^ poêlier, poêlon, poêlonnée, 
où l'ê prend le son a long: poâle, poâlié, poâlon, poâlb-né. 

Bohême, Bohémien,^ se prononcent comme s'il n'y avait 
pas d'h: ho-ème, ho-é-miain. 



1 Voir Observation 1, page 15. 

2 En Allemagne, dit à tort l'Acadëmie, on appelle poile la pièce qu'on habite 
ordinairement (die Wohnstube, das Wohnzimmer). 

3 La Bohême, le pays. Un Bohême, une Bohême, les Bohèmes, les habitants de 
la Bohême. — Quant à Bohémien, Bohémienne, il ne se dit que de cette peuplade 
vagabonde appelée en Allemagne Zigeuner, en Espagne Gitanos, en Angleterre Gypsies 
(pluriel de Gypsy). Les Bohémiens s'appellent eux-mêmes Pharaons ou Sintes. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — 01. 95 

oî. 

Oî est une diphtongue; nous la faisons figurer ici parce 
qu'elle s'éloigne beaucoup, quant à sa prononciation, des règles 
générales que nous donnons plus loin pour les diphtongues. 

Cette combinaison oi, qui renferme un des sons les plus 
riches de notre langue, se prononce aujourd'hui en diphton- 
gue partout où elle se trouve; c'est-à-dire qu'elle fait entendre 
deux sons, dont le premier, prononcé rapidement, peut être 
représenté par ouvert moyen; le second, qui s'entend 
distinctement et sert d'appui à la voix, par l'è très ouvert, 
approchant le plus souvent de l'a, et dans quelques mots de 
l'o très ouvert. 

Oi se prononce oè, l'è approchant très faiblement de l'a, 
dans hoite (degré où le vin se boit), boiter, boiteux, coiffe, 
coiffer, coiffeur, coiffeuse, décoiffer, recoiffer, moine, je soigne, 
tu soignes, etc., j'éloigne, tu éloignes, etc., Boiste (lexico- 
graphe), boîte, boîtier, remboîtement, remboîter. — Le son è 
est bref dans tous les mots où l'i n'est pas surmonté de 
l'accent circonflexe; il est long avec l'accent. 

(On écrivait autrefois moelle, coëffe, boëte; on écrit 
aujourd'hui moelle, coiffe, boîte; mais la prononciation n'a 
guère varié.) 

Le son oè approche un peu plus du son oa dans ces 
mots: coi (calme; féminin coite), étoile, poil, poilu, refroidir, 
refroidissement, soif. ^ 

Le son oa s'entend très sensiblement dans les mots sui- 
vants et autres semblables: anchois, Angoumois, je bois, tu 
bois, il boit, carquois, Champenois, Chinois, choir, choix, cour- 
tois, courtoisie, croire, je crois, tu crois, il croit, croître, tu 
croîs, il croît, croix. Danois, désespoir, doigt, emploi, espoir, 
fois, Foix, framboise, Franc-Comtois, François, Gallois, un 
Gaulois, gravois, Hongrois, Illinois, Iroquois, minois, moi, 
nageoire, noise, poire, poirier, poirée, je pourvois, il pourvoit, 



1 Dans avoine, oi se prononce oè, non oa: a-voene. — Les garçons d'écurie 
et le peuple des campagnes prononcent, la plupart, av'ene, et l'étymologie (latin 
avena) leur donne raison. 



96 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — OI. 



prévoir, je prévois, soi, que je sois, qu'il soit, tapinois, toi, 
toile, toit, voile, je vois, tu vois, il voit, la voix, etc. — 
Même son dans la terminaison oie: courroie, le foie, une oie, 
la soie, que je croie, que tu croies, qu'il croie, que je prévoie, 
qu'ils prévoient, que tu voies, qu'elles voient, qu'ils soient, etc. 

Enfin le son oa, l'a très fortement senti, et prononcé 
un peu comme le son o très ouvert de col, mol, s'entend dans 
hois, hautbois, mois, noix, poids, pois, poix, trois, et dans 
Dubois (nom pr.). 

En général, le second son de la diphtongue oî est long 
dans les terminaisons oie, oir, oire, oise, dans la plupart 
des terminaisons ois, et toujours quand l'i est surmonté de 
l'accent circonflexe. Exemples: courroie, voir, poire, noise, 
lois, il croît, etc. — Il est bref: 1^ à la fin du mot; 2® quand 
il est suivi d'une consonne prononcée, autre que r, dans la 
même syllabe. Exemples: emploi, poil, etc. 

Voyez, page 83, la prononciation des mots encoignure, 
oignon, empoigner, moignon, poignard, besoigneux, poitrine, 
etc. — Dans le mot coignassier, qui s'écrit de préférence 
aujourd'hui cognassier, l'i est toujours muet. 

Pour que la lettre g s'articule comme j devant oi, on 
place, après le g;, un e absolument miiet, qui ne sert qu'à 
adoucir l'articulation propre de cette consonne. Cet e muet 
n'altère point les sons de la diphtongue oi: Albigeois, nageoire, 
villageois, etc., se prononcent donc comme s'ils étaient écrits 
albijois, najoire, villajois. 

La diphtongue oy suit toutes les règles de oi: Foy, 
joyeux, joyeusement, soyeux, royaume, royauté, royalisme, 
royaliste, etc., se prononcent foa, joa-ieu, etc. ^ — Soy (sorte 
de sauce du Japon) se prononce soé. 

Voyez page 91, le mot Oille. 

Dans les cinq mots ataractopoiésie (t. didactique: intré- 
pidité, fermeté de caractère), chalcoichthyolithe (ardoise cuivreuse 



1 Ne prononcez pas comme jadis, et comme dans le midi de la France: 
ro-iaume, ro-iaiUê, etc., mais roa-iôme, etc. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — 01. 97 

empreinte d'os de poissons), cholépoièse (formation et sécrétion 
de la bile), chylopoièse (formation du chyle), chylopoiétique 
(qui sert à la formation ou au cours du chyle), on sépare l'o 
et l'i dans la prononciation: ataractopo-iézî, kalko-iktiolitt, 
Tiolépo-ièse, cMlopo-ièze, cMlopo-iétik. 

Il n'est peut-être pas sans intérêt de dire ici pourquoi 
on écrit aujourd'hui avec ai quantité de mots qui s'écrivaient 
autrefois avec oi, tels que 1^ les verbes en oître: connôitre, 
disparaître, jparoi^re, etc., je comtois, tu disparoissois , il 
jMroîtra, ils connoîtraient, que tu connoisses, etc.; 2^ tous les 
imparfaits et conditionnels: j'avais, tu étais, il mangeait, elle 
recevrait, ils parleraient, etc.; 3^ quelques substantifs, adjectifs 
et adverbes: monnaie, faible, faiblement, etc.; 4^ beaucoup de 
noms de nations, de peuples et de provinces: François, 
Anglais, Albanais, Aragonais, Bourbonnais, Beaujolais, etc. — 
Aujourd'hui, connaître, . . . tu disparais, . . . j'avais, tu étais, 
. . . monnaie, faible, . . . Français, etc. 

Cette nouvelle orthographe, appelée orthographe de 
Voltaire, est due à un nommé Bérain, avocat au parlement 
de Rouen, qui proposa, en 1675, de substituer ai à oi, afin 
de remédier à l'inconvénient des différents sons de la com- 
binaison oi, qui se prononçait tantôt è et tantôt ouè. 

Mais ce changement fut d'abord rejeté, et par les grands 
écrivains du siècle de Louis XIV, et depuis par les plus 
célèbres grammairiens. Les uns donnèrent pour motifs de leur 
refus que ai a, de même que oi, plusieurs sons. En effet, 
dans bienfaisant, bienfaisance, cette combinaison a le son de 
l'e muet; dans aimer et à la fin de j'aimai, j'aurai, etc., 
elle a le son de l'é fermé; dans j'armais, j'aurais, etc., elle 
a le son de l'è ouvert. D'autres pensèrent, avec raison, que 
l'orthographe doit être dépositaire et témoin de l'ancienne 
prononciation des mots; qu'ainsi elle conserve les traces de 
la génération d'une langue, et rend un hommage durable aux 
langues mères, que la prononciation semble désavouer en les 
défigurant. 

L'Académie elle-même, cette autorité à laquelle est dévolu 
le droit de prononcer sur tout ce qui intéresse la langue 

Lesaini, Prononciation française. 3ni« éd. 7 



93 PRONONCIATION DES VOYELLES. — 01. 

française, après avoir examiné, discuté (lors même que Voltaire 
était un des membres de cette compagnie) les différentes raisons 
données pour et contre le changement de la combinaison oî 
en la combinaison ai, ne voulut jamais en faire usage. 

Dans cet état de choses. Voltaire, ne respectant ni l'o- 
pinion des imposantes autorités de son époque, ni même celle 
de d'Alembert, le seul littérateur qu'il crût devoir consulter, 
se déclara le plus chaud partisan du changement proposé par 
Bérain, et en fit usage dans tous ses écrits. 

Cette orthographe était, depuis la mort de Voltaire, 
tombée dans un oubli général, lorsque en 1790 un nommé 
Colas, prote de l'imprimerie du Moniteur, imagina de l'y 
introduire. Le 31 octobre 1790, on écrivait encore avec un 0: 
il avoit, elle étoit, etc.; mais le lendemain la métamorphose 
était faite. 

Dès ce moment on fît insensiblement usage de la com- 
binaison ai; néanmoins, l'Académie ne l'adopta pas encore 
dans son Dictionnaire, édition de 1798. Ce ne fut qu'en 
1835 que, croyant devoir déférer à l'usage devenu général, 
elle fit son nouveau Dictionnaire avec cette nouvelle ortho- 
graphe; mais elle conserva l'o aux mots liarnois, roide, 
raideur, roidir, roidillon. — Voici ce qu'elle dit aux quatre 
premiers mots: 

Harnois ou Harnais. — Lorsqu'on parle des chevaux, 
harnais (prononcez harnaue) ne se dit qu'en poésie ou dans 
le discours soutenu. Ce mot est encore usité dans quelques 
façons de parler figurées: Endasser le harnais, embrasser la 
profession des armes; Blanchir sous le harnais, vieillir dans 
le métier des armes. — Harnais, ou plutôt harnais (pronon- 
cez dans les deux cas harne), se dit de tout l'équipage d'un 
cheval de selle; etc. 

Roide, Roideur, Eoidir (prononcez rauède, rauèdeur^ 
rauèdir). — En conversation, et quelquefois dans le discours 
soutenu, on prononce rède, rédeur, rédir; aussi l'Académie 
écrit-elle dans son Dictionnaire de 1877: raide, raideur, raidir. 

Roidillon (petite élévation). — L'Académie ne parle 
pas de la prononciation de ce mot; mais on dit générale- 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — OM. gg 

ment rédillon (Il mouillées), et l'on écrit de préférence rai- 
dillon. ' 

Remarque. — L'Académie écrit déroidir, mais trouve 
pourtant maintenant déraidir préférable. Prononcez d'après 
tout ce qui vient d'être dit à l'égard de roidir. 

La combinaison om donne trois sons: on nasal, ô ouvert, 
et ôme (prononcé comme le mot homme). 

Elle a le son nasal on: 

1^ Au commencement et au milieu des mots, lorsqu'elle 
est suivie d'une consonne autre que m ou n, comme dans 
Colomb, comble, comptant, comte, comté, comtat. Comtois, je 
corromps, il rompt, DombrotvsM, Domfront, Dompierre, 
dompter, Domremy, la Franche-Comté, ombrelle, promptitude, 
Tombouctou, etc. — Prononcez ko-lon, kon-ble, hon-tan, konte, 
. . . je Jco-ron, il ron, don-brouss-M, don-fron, don-pièrr, don-té, 
don-re-mi, . . . pron-titude, ton-bouJc-tou. 

2^ A la fin des mots suivants: nom, prénom, pronom, 
renom, surnom; dans les noms de villes Condom et Biom, et 
dans le mot dom"^ (forme de politesse en Espagne et en 
Portugal). — Prononcez pré-non, . . . kon-don, rion, don. 

Elle a le son de l'o ouvert lorsque l'm est doublée, car 
alors on n'en prononce qu'une, comme dans ces mots: comme, 
dommage, homme, pommier, sommeil, etc. — Toutefois, dans 
le discours soutenu, on fait légèrement sentir les deux m dans 
comma, commémoraison , commotion, commuer, commutatif. 



1 La plupart des bons écrivains, le Journal des Débats, etc., écrivent toujours 
roide, raideur, roidir. 

On prononcera oa dans ce vers du Misanthrope, de Molière: 
Cette grande roideur des vertus des vieux âges. De même dans ce passage où 
Th. Gautier parle de la vieille décoration de St.-Marc de Venise; Les plis roides des 
dalmatiques, etc. 

Mais oi doit se prononcer è dans ces vers de La Fontaine: 
Roide mort étendu sur la place il se couche. 
L'ours . . . Vous empoigne un pavé, 
Le lance avec roideur. 
Ainsi que dans ce passage de Michelet: La jeune Necker était accablée de sa 
mère, dont la roideur contrastait avec sa nature facile, expansive et mobile. 

2 On écrit aussi don; mais toujours dom devant les noms de religieux. 

7* 



100 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — ON. 



commutation, incommensurabilité, incommensurable, sommité, 
sommité. Dans la conversation, on supprime une m, et l'o 
est ouvert dans les deux cas. 

Elle se prononce ôme (comme le mot homme): 1^ lors- 
qu'elle est suivie d'une n dans le même mot: automnal, calomnie, 
omnibus, omnipotence, omniscience, omnivore, somnambule, 
somnambulisme, somnifère, somnolence, somnolent, etc.; — 
2** dans Cromwell, Edom (surnom d'Esaû), Tom Pouce, Tom 
John; — 30 dans sel d'epsom, ainsi que dans l'exclamation 
hom! — Prononcez ô-tbme-nal, halbme-nî, bme-nibûss, . . . 
àme-niciance, . . . çome-nanbul, çbme-nanbulissm', . . . krbme- 
vèl, édbme,^ tbme-poûss, tbme-jône, cèl dèp-çbme. 

Dans automne, l'iii est muette: ô-tbne. 

La combinaison oni, suivie d'une voyelle dans le même 
mot, ne donne point de son nasal, parce qu'alors l'm se 
détache de l'o pour commencer une nouvelle syllabe: fromage, 
homicide, nomade, etc., se prononcent donc comme si ces mots 
étaient écrits fro-mage, ho-micide, no-made. 

Voyez, plus loin. Règles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

on. 

Cette combinaison fait entendre trois sons: on nasal, 
ô ouvert, ône. 

Elle a le son nasal on: 

1^ Au commencement et au milieu des mots, lorsqu'elle 
est suivie d'une consonne autre que n, comme dans bonté, 
Châlons, dont, fonds, jonc, Londres, onction, onguent, etc., 
qui se prononcent bon-té, . . . fon, jon, . . . onJc-cion, on-gan. 
— On excepte monsieur, dont l'n est muette, ainsi que l'r 
finale : mb-cieu. 

2^ A la fin des mots: arçon, démon, diachylon, mon, 
Caton, Fénelon, Néron, Xénophon, etc. 

La même prononciation est suivie dans tous les noms 
anglais: Addison, Byron, Clarendon, Gordon, Johnson, Milton, 
Newton, Palmerston, Bichardson, Bobertson, Southampton, etc. 
Prononcez ad-dizon, bi-ron, hlarandon, . . . jône-çon, milton. 



l On prononce aussi, avec son nasal, é-don. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — 00. 



101 



neu-ton, pal-mèrss-ton, richardd-çon, rohèrtt-çon, çoutanpe-ton. 
— Ceux qui ont étudié la langue anglaise affectent souvent, 
pour imiter nos voisins, de prononcer ces noms à l'anglaise. 
Quand on parle à des Anglais, rien de mieux. Mais c'est 
d'un pédantisme ridicule, c'est se montrer anglomane que de 
prononcer toujours à l'anglaise, sans distinction de personnes, 
et surtout quand on parle à des Français. 

Toutefois, fasMon, fasMonahle, se prononcent à peu près 
comme en anglais: facheune, facheu-nable et facheu-nèble (eu 
ouvert moyen). 

Pour les noms italiens avec uon, voyez l'article Uon. 

Dans les noms terminés par onn, comme Mederbronn 
(ville), etc., on prononce fortement les deux n: nîdèrr-bronn. 

On a le son de l'ô ouvert dans les mots où la lettre n 
est doublée; c'est-à-dire que le redoublement de la lettre n 
fait ordinairement disparaître la nasalité, en donnant à l'o le 
son ouvert: il s'abonne, bonbonnière, donner, éperonné, éton- 
namment, griffonnage, harponner, Lisbonne, marronnier, pon- 
tonnier, raisonnable, rançonner, sonnette, il tonnera, etc. — 
On prononce il s'abb-ne, bon-bb-nière , etc. — londrès, sorte 
de cigare, se prononce: lon-drèss. 

Toutefois, on entend les deux n dans conné, connotatif, 
connotation, et l'o garde le son ouvert: hbne-né, etc. 

La combinaison on, suivie d'une voyelle dans le même 
mot, ne peut donner un son nasal, l'n se détachant alors de 
l'o pour commencer une nouvelle syllabe; bonifier, monarque, 
onéreux, etc., se prononcent donc comme si ces mots étaient 
ainsi divisés: bo-nifier, mo-narque, o-néreux. — L'n se détache 
également de l'o dans bonheur, bonhomie, bonhomme, que l'on 
prononce bo-neur, bb-no-mî, bb-nbme. 

Voyez, plus loin. Règles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

oo. 

Dans tous les noms flamands, 00 a la valeur d'un seul o; 
ainsi, Berg-op-Zoom, Eecloo (ville), Loo, Looz (v. de Belgique), 
Loos (v. de France, dép. du Nord), Yanloo (peintre), Vanloo 
ou Venloo (ville), Yan Oost (peintre), Waterloo, etc. Même 



JQ2 PRONONCIATION DES VOYELLES. — OU. 

prononciation dans de Roon (général prussien). — Dites 
hèrg-bp-cbme {g dur), é-Mô, lô, lôz, lôss, vanlô, vanlô, van-nôst, 
vatèrlô, de rône. 

Oo se prononce ou dans les mots anglais: CooTc, Cooper, 
groom, Holyrood, Liverpool, Longwood, sloop, etc. — Pro- 
noncez, avec le son ou long: îcoûJc, Jcoûpèrr, groûme, oli-roûdd, 
Uvèrpoûl, lon-voûdd, sloûpe. 

Dans arroiv-root et looch (remède), on n'entend qu'un o: 
arou-rôte, ^ làJc. — Mais 00 se prononce ou long dans sclioo- 
ner (ou scJioner) et hoohooJc (sorte de chouette): cJiou-nèrr, 
boû-hoûJc. 

Alcool, alcoolique, alcooliser, etc., qui s'écrivent encore 
quelquefois a?co/io?, etc., se prononcent alcô-bl, alcô-olïk, etc. 
— Dans la prononciation familière, on supprime un 0: alcbl, 
alcolik, etc. 

Quant à kanguroo, Nodier donne la prononciation Ican- 
guro, et mieux kangourou,- d'autres, Jcangurou. — Nous pen- 
sons que la prononciation la plus générale est kan-gou-rou. 

Partout ailleurs, les deux 00 se détachent dans la pro- 
nonciation: boo])idées (famille de plantes), hootès (constellation), 
Booz ou Boos (bourg de France), Booz (époux de Ruth), 
coopération, coopérer, Démoplioon (fils de Thésée), épiploon, 
épizootie, épizootique, Laocoon, oolithe, oomancie, zoologie, 
zoologique, etc. — Prononcez bo-opidé, ho-otèss, ho-bz, ho-bss, 
. . . co-opéracion, . . . dé-mofo-on, . . . épizo-otî, . . . laoko-on, 
o-olite, o-omancî, zo-ologî, zo-olojik. 

OU., 

Ou ne donne que le son ou qui s'entend dans clou, fou, 
trou, etc., ainsi: la MandcJiourie, pays, Mandchou, Mandchous, 
Mandchoux, pron. mandd-chou-rî, mandd-chou. 

L'accent grave qui se place sur où, adverbe, ne change 
pas le son de cette combinaison. 

L'accent circonflexe rendant ordinairement longue la syllabe 
où il se trouve placé, on prononcera avec le son ou long 



1 BouiUet (Dictionnaire universel des sciences, etcj donne la prononciatloH 
anglaise arrô-route. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. - OUM, OUN, OY, U. J^QS 

les mots coûter, dégoût, dégoûtant, dégoûter, goût, jouter, 
voûte, etc. 

La combinaison ou a le son href, et sert d'appui à la 
voix, partout où elle est suivie de il ou de ïll mouillé, 
comme dans bouilli, brouille, citrouille, il débarbouille, dé- 
pouiller, fenouil, grenouille, mouillé, patrouille, quenouille, 
etc. — On prononce bou-yi, brou-ye, ci-trou-ye, etc. 

Le mot semoule se prononce en mouillant l'I, c'est-à-dire 
comme il se mouille (du verbe se mouiller): tel est l'avis 
de l'Académie, d'accord ici avec l'usage. Mais beaucoup 
d'écrivains font prononcer ce-moule. 

Stout (bière forte: sorte de porter) se prononce par la 
plupart à l'anglaise: sta-outt. 

OIIIII9 011.X1. 

Ces deux combinaisons dans la même syllabe ne se 
trouvent que dans des noms étrangers, et se prononcent partout 
oumm, ounn. — Erzeroum ou Arz-Roum (v. de la Turquie 
d'Asie), Goumti (riv. d'Hindoustan), Boum (pachalik), etc.; 
Haroun ou Aroun- al- BascJdd , Mgr. Hassoun (patriarche de 
l'église arménienne), Jiatti-houmayoun, simoun (vent brûlant 
d'Afrique), etc., se prononcent donc èrze-roumm, goumm-ti, 
roum, a-rounn-al-ra-cMdd, as-soun, hatti-ou-ma-iounn, ci-mounn. 

Blount (déiste anglais) et Young (poète anglais) font 
entendre le son Ounn et la consonne finale: blounn-f, iounn-g'. 

On suit pour oy les règles de prononciation de la diph- 
tongue Oi. — Voyez page 95. 

U.. 

La voyelle simple u donne trois sons: u, ou, ô ouvert. 

Le son u s'entend dans du, élu, menu, nu, su, tu, etc. 

U se prononce ou dans quelques noms et substantifs 

italiens, espagnols, anglais, allemands, ^ russes, etc.: Gluck, 



1 Et toujours dans les terminaisons burg. 



204 PRONONCIATION DES VOYELLES. — U. 

glucMstes, John- Bull, ^ Kutusoff (qu'on écrit aussi et plus 
souvent Koutousoff), landsturm, Luis (nom allemand), Luiz 
nom espagnol et portugais, mameluk,'^ Nikolsburg ou Nïkols- 
hourg (v. de Moravie), puff, ^ Salzhrunn, Schœnbrunn, Sonder- 
hurg- Augustenburg (aussi Sonderhourg- Augustenbourg), Ulm 
(ville), Xucar (fleuve d'Espagne). — Prononcez glouk, gloukistt, 
jône-boul, koutouzàf, landd-stourme, lou-iss, lou-îz, mame-louk, 
nikolsbour, pouf, çalss-brounn, chène-brounn, çondèrbour- 
ôguss-tainbour, oïdmm, koukar. 

On prononce ordinairement à la française les noms 
Calatayud (v. d'Espagne), Estramadure ou Estrémadure 
(province d'Espagne), Fiume (ville), HuU (ville et port d'An- 
gleterre), Eubini, Yucatan (Etat de la confédération mexicaine). 
Dites kalata-iud, èss-tra-madur ou èss-tré-madur , fiume, ul, 
rubi-ni, iu-katan. — Plusieurs prononcent l'u comme ou: 
èss-tra-madour, fioume, oui, etc. 

Turf, mot anglais,^ se prononce avec le son u: turf. 
Quelques-uns prononcent à l'anglaise, teurf. 

U garde le son français dans John Russell, gutta-percha, 
Salisbury, Suffolk, Udine (ville), JJhland (poète), etc. — Dites 
jône ru-çèl, gutta-pèrka, çaliss-buri, çufolk, udine, u-lan. 



1 Littéralement Jtan Taureau. C'est, comme tout le monde sait, l'expression 
symbolique qui caractérise la nation anglaise. Elle indique à la fois la violence et 
la brusquerie des mouvements, l'indomptable obstination et l'indépendance sauvage 
dont ce peuple ne s'est jamais départi , même en acceptant le joug de la hiérarchie 
féodale et de l'aristocratie héréditaire, la roideur qu'il apporte dans les relations 
ordinaires de la vie sociale, son inaptitude à se plier aux exigences du monde et 
surtout à s'accomoder aux mœurs et aux usages des pays étrangers. Quel contraste 
avec ce sobriquet de Jean Bonhomme, si justement appliqué autrefois aux paisibles 
manants et bourgeois des cités de la France! 

2 Telle est l'orthographe de l'Académie et du Complément de son Dictionnaire. 
Bouillet et le Dictionnaire de la Conversation écrivent mamelouk; Bénard, mamelouck. 

3 Le mot ^Mj^, introduit aujourd'hui dans le langage français, joue un grand 
rôle dans la vie sociale des Anglais et des Américains du Nord. Il désigne les 
moyens détournés, généralement peu loyaux, pour ne pas dire déshonnêtes, qu'em- 
ploient les industriels de toutes les catégories qui ont recours à la publicité pour 
tromper le chaland, allumer l'espoir du gain, attirer l'argent des niais et s'enrichir à 
leurs dépens. De nos jours, le roi du puff est ce célèbre Barnum, que tout le 
monde connaît, aujourd'hui entièrement ruiné, après être parvenu à gagner plus de 
deux millions de francs. 

4 Turf, mot anglais, usité en français par quelques amateurs de chevaux, 
se dit des lieux où se font les courses de chevaux et des paris qui accompagnent 
ces courses. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — U. 



105 



Le mot chib se prononçait autrefois cluh, cloub et clob. 
Aujourd'hui la prononciation de ce mot est fixée, et l'on pro- 
nonce à la française, club, avec le son propre de l'u. 

Au mot cutter (petit navire), l'Académie dit que l'on pro- 
nonce et que plusieurs écrivent cotre. Nous ajouterons, avec 
beaucoup d'écrivains, qu'aujourd'hui on prononce généralement 
kut-tèrr. (Voyez la lettre i?.) 

Dans beaucoup de mots, l'u, placé après la consonne g, 
ne sert qu'à lui donner une valeur gutturale, et l'u ne se 
prononce pas, comme dans prodigue, ligue, dogue, orgue, il 
se targue, etc., que l'on prononce bien autrement que prodige, 
lige, doge, orge, targe, etc. 

L'u, qui suit toujours la lettre q, excepté dans quelques 
mots où cette consonne est finale, ne sert le plus souvent qu'à 
donner à cette consonne la valeur du k, comme dans qualité, 
conquérir, etc., que l'on prononce ha-li-té, etc. 

Mais dans quelques mots, l'u précédé de g ou de q 
forme, avec la voyelle suivante, une diphtongue propre, et 
alors l'u a deux sons particuliers: u et ou, comme dans 
aiguiser, Guadeloupe, Quinquagésime, etc., que l'on prononce 
é-gu-i-zé, gou-a-deloupe , ku-ain-kou-a-jézime. — Voyez plus 
loin le mot arguer aux Combinaisons de voyelles qui font 
entendre deux sons d'égale quantité, et les lettres G, Q. 

L'u, précédé de g, peut terminer une syllabe ou un mot: 
angulaire, aigu, etc.; mais précédé de q, il ne termine aucune 
syllabe ni aucun mot, si ce n'est piqûre, qui s'écrivait autre- 
fois piquure. 

L'u, précédé de toute autre consonne que g ou q, fait 
toujours diphtongue avec l'i qui suit, quand cet i n'est pas 
surmonté du tréma, comme dans buis, cuire, fuir, luire, muid, 
puiser, suivre, vacuité, etc. — Excepté: 1^ aux deux premières 
personnes plurielles de l'imperfait de l'indicatif et du présent 
du subjonctif des verbes dont le participe présent est en 
uant, comme concluant, jouant, suant, tuant, etc., qui font 
nous concluions, vous concluiez, nous jouions, vous jouiez, nous 
suions, vous suiez, nous tuions, vous tuiez, etc., et que l'on 
prononce en deux sons d'égale quantité: conclurions, conclu-iez. 



IQQ PRONONCIATION DES VOYELLES. — U, UA, UAI, ETC. 

jou-ions, jou-iez, su-ions, etc. Disons tout de suite que quelques 
écrivains mettent un tréma sur l'i de ces deux personnes: 
nous concluions, etc. (Dans les verbes en guer et en quer, 
dont le participe présent est guant, quant, on prononce en 
diphtongue: naviguions, trafiquiez, etc.) — 2^ dans quelques 
mots (qu'on trouvera plus loin au chapitre des Diphtongues)^ 
tels que alléluia, superfluité, etc., où Tu et l'i donnent aussi 
deux sons égaux en quantité. Dites allélu-ia, çupèrflu-i-té, etc. 

Immédiatement précédées d'une consonne autre que g ou q, 
les terminaisons ue, ues, dans les substantifs et les adjectifs: 
une rue, des vues, des personnes dodues, etc., et les termi- 
naisons ue, ues, uent dans les verbes: je remue, tu sues, 
ils influent, etc., se prononcent u long. Dites rû, vu, dodû, 
re-mû, çû, ainflû. — Mais dans les substantifs et les adjectifs, 
la terminaison eut, précédée de u comme de toute autre lettre, 
se prononce an: un confluent, un onguent, un Jiomme influent, 
etc. Dites honflu-an, ongan, ain-flu-an. 

L'u, surmonté de V accent circonflexe, se prononce long: 
bûche, brûler, mûre, affût, nous fûmes, vous bûtes, nous re- 
çûmes, vous crûtes, qu'il fût, qu'il pût, qu'il mût, mû, etc. 
— On excepte les mots crû, recrû, dû, participes passés des 
verbes croître, recroître, devoir. 

La voyelle u, suivie d'une m ou d'une n, fait entendre 
différents sons. (Voyez les articles Um, Un.) 

T:ia, vlslI^ ixa^n, ne, né, ixè, ixè, Tiem, 
lien, n.en, ni, nlm, xnin^ n.o, n.on. 

Bien que ces combinaisons aient la forme de diphtongues, 
elles ne font souvent entendre qu'un son lorsqu'elles sont précédées 
de g ou de q. L'u étant alors absolument muet dans la pro- 
nonciation, c'est la voyelle ou les voyelles qui suivent Tu qui 
forment seules le son. (Voyez, à la voyelle simple U, ce que 
nous venons de dire de g et de q suivis de u.) 

Combinaisons. Sons. Mots avec les combinaisons. 

ua a il brigua, qualité, 

( é je fatiguai, quai. 

\ è j'élaguais, laquais. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — UM. 



107 



Combinaisons. 

uan 

ue 

ué 

uè 

uê 

uem 

uen 

ueu 

ui 

uim 

uin 

uo 

lion 



Sons. Mots avec les combinaisons. 

an conjuguant, quand. 

e (son de Te muet) guenon, aqueduc. 



\ 



ê (è long) 



an 

eu fermé 
eu ouvert 
i 

ain 



on 



guérite, piqué, 
guère, caqueté, 
guêpe, quête. 
. . . Quinquempoix.^ 
onguent, conséquence, 
gueux, queue, 
bégueule, marqueur, 
guitare, c[ui. 
j guimbarde, Quimper. 
\ guindé, mesquin. 

liquoriste. 

nous fatiguons, marquons. 
Pour les mots exceptionnels, où l'u qui suit g ou q forme 
diphtongue avec le son suivant, voyez les consonnes G, Q. 

ue. — Nous avons dit, page 78, que l'on substitue ue 
à eu après c et g, devant il ou ill mouillé. Exemples: 
Arcueil, Montorgueil, accueil, orgueilleux, etc. — Mueil et 
Buel (bourg près Paris), pron. ruè-ye et ru-èl. 

IXIU. 

Cette combinaison fait entendre cinq sons: on nasal, un 
nasal, ônie (prononcé exactement comme le mot homme, le 
son très ouvert), unie (prononcé comme les trois dernières 
lettres de plume), et oume. 

Elle a le son nasal on dans lumbago, lumps (pain de 
sucre de 25 livres), plumbago, résumpte, résumpté, résumption, 
rJiummerie, rumb, subsumption (t. de philos.), trumbus, 
trumpeau, tumbler (pigeon), umbilic (aussi ombilic), umble 
(poisson), umbre; ainsi que dans les noms de personnes et de 
villes: Cumberland, Humbert, Humboldt, Humpliroy (ou On- 
froy\ Northumberland , etc. — Prononcez lon-bagô, lompe, 
plonbagô, rézonp-t, rézonp-té, résonp-cion, rome-rî, ronbe, 
çub-conpe-cion , tron-bûss, tronpô, ton-blèrr, onbiliJc, onble, 
onbre, — konbèr-lan, on-bèrr, on-bold, on-froa, norton-bèrlan. 



1 Nom d'une rue à Paris. Prononcez kain-kan-poâ. 



j^Qg PRONONCIATION DES VOYELLES. — UM. 

Elle a le son nasal un (qui s'entend à la fin de chacun) 
dans humble, humblement, parfum. — On prononce unble, 
unble-man, parfun. 

La combinaison uni sonne comme ôme dans cluumvir, 
triumvir, centumvir, et leurs dérivés: duumviral, duumvirat, 
triumvirat, triumvirat, centumviral, centumvirat; dans qua- 
drumvirs et quartumvirs; dans les mots en circum ... : 
circum- ambiant, circum- navigation, circum- polaire,^ etc., et 
dans Vertumne. — Prononcez du-bme-vir, tri-ome-vir, çan- 
tome-vir, . . . koua-drome-vir, kouar-tome-vir, cirkbme-anbian, 
. . . vèr-tomm'n (les deux lettres m et n prononcées). 

Elle se prononce encore ôme à la fin des mots: Actium, 
ad libitum, album, bdellium, Capharnaiim, caput-mortuum, 
coagulum, caecum, compendium, décorum, factotum,'^ factum, 
jéjunum, labarum, maximum, méum (ou méon), minimum, 
muséum (ou musée), natrum (ou natron), oïdium, opium. 
Palladium, pensum, post-scriptum, rhodium, sacrum, sagum, 
sensorium. Te Deum, vade-mecum, xanthium, etc. — Pronon- 
cez ak-cibme, ad Ubitbme, albbme, bdèl-li-bme, ka-farna-bme, 
kaputt-mortu-bme, ko-a-gulbme, cékbme, konpaindi-bme , . . . 
fakto-tbme, faktbme, . . . mak-ci-mbme, mé-bme ou mé-on, mi- 
ni-mbme, muzé-bme ou muzé, natrbme ou natron, o-idibme, 
opibme, . . . pain-çbme, pbss-kriptbme, . . . çagbme, çain-ço- 
ribme, té dé-bme, vadé-mékbme, gzan-tibme. — Parfum, dont 
nous parlons plus haut, est le seul mot dont la terminaison 
uni se prononce un nasal. 

Uni se prononce urne dans Mummius, nummulaire (plante, 
coquille), nummulithe (mollusque). — Dites mume-mi-ûss, 
nume-mulèrr, nume-mulitt. 

Enfin um se prononce oume dans Barnum (célèbre entre- 
preneur de spectacles), sir Humphry Davy (chimiste anglais) 
et humbug.^ Dites barnoumm, oumm-fri davi, oumm-boug 
(le g à peine prononcé). 



1 L'Acadëmie écrit circompolaire. Prononcefi alors cirkon-polerr. 

2 Aussi factoton, mais moins usité. 

3 Voyez la note page 91. 



PBONONCIATION DES VOYELLES. — UN. ^QQ 

Voyez, plus loin, Règles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

lin. 
Un fait entendre quatre sons: on nasal, un nasal, u, et OU. 

Cette combinaison a le son nasal on au commencement 
et au milieu des noms propres étrangers et de la plupart 
des mots dérivés de langues étrangères et quand elle est 
suivie d'une consonne autre que n: acupuncture (ou acuponc- 
ture), Adelung (savant allemand), aduncirostre (t. de zoolog.), 
arundel, arundinacé, arundinaire (t. de bot.), avunculaire, 
bécabunga, bisulfotungstate (t. de chim.), bitungstate (t. de 
chim.), Brunswick, Burgundes, conjungo. De profundis, Dun- 
bar, Buncan, la Bunciade, Buncombe, Bundas, Bundée, 
Bundonald, Bunker que, embruncher (vieux), fluotungstate 
(t. de chim.), Funchal, fungus (ou fongus), Geestemunde, 
Gmund ou Gemund, Gunther, infundibulé ou infundibuliforme, 
infundibuUfère, juncago, la Jung-Frau, jungle ou djungîe 
(épais fourré dans les Indes orientales), junte, lispund, Lund 
ou Lunden (ville de Suède), Missunde, Muncer ou Munzer, 
Munster,, négundo (t. de bot.), nuncupatif, nundinales, oculus 
mundi, opuntia, punch, runcinée, schippund ou schippond 
(poids), secundo, Stralsund, subinfundibuliforme, le Sund, 
Sunderland, Travemunde, tungstate, tungstène, tungstique 
(termes de chimie), Tunquin, unciale, unciforme, uncinaires, 
Underwald ou Unterivald ou Underwalden , unguis, TJnxia 
(surnom de Junon), verpuntes (t. de raffinerie), Yung (écrivain), 
etc. — Prononcez akuponk-tur, ad-long (g dur), adoncirostr', 
arondèl, . . . avonkulèrr, békabonga, biçul-fo-tong-statf {g dur), 
. . . bronss-vik, burgonde, . . . dé profondîss, donbar, . . .la don- 
ciad, . . . dondâss, . . . donkèrk, anbronché, flu-o-tong-statt (g dur), 
fonchal, fongâss, gèss-tèmonde (voyez page 62), gmonde, gontèrr, 
ain-fondibulé, . . . la-jong-frô {g dur), jongV, jante, liss-ponde, 
londe ou londène, miçonde, moncèrr pu monsèrr, monss-tèrr, né- 
gondô, . . . okulûss mondi, oponcia, ponche, . . . chip-ponde, 
cegondô, stral-çonde, . . . le çonde, çondèrlan, trav-monde, tong- 
statt (g dur), . . . tonkain, oncial, . . . ondèrvald ou ontèrvald ou 
ondèrvaldène, ongu-iss, onk-cia, vèrponte, iong {on nasal, et g dur). 



110 PRONONCIATION DES VOYELLES. — UO. 

Elle a le son nasal un dans le corps des mots français 
et lorsqu'elle est suivie d'une consonne: Belzimce (évêque), 
défunt, emprunt, lunde, lundi, etc.; et toujours aussi à la fin 
des mots: Autun, chacun, Dun, les Huns (peuple barbare), 
importun, Issoudun, Lauzun, Melun, pétuncé ou pétunzé, un, 
etc. — Prononcez, avec le son un de chacun: hëlzunce, défun, 
anprun, lund, . . . âtun, . . . dun, le un, . . . lô-zun, m'iun, 
pétun-cé. — Le Sun (journal anglais) se prononce le çbnn. 

Elle sonne comme u dans Brûnn (ville de Moravie), 
Brunnow (baron de), Munchhausen, tunnel. — Prononcez 
brune, bru-nô, munc-kô-zène, tu-nèl. 

Enfin, elle a le son ou dans Salzbrunn, Schœnbrunn, 
Brimnen (ville de Suisse). — On prononce çalss-brotme, chène- 
broune, brou-nène. 

Pour les mots avec oun, voyez l'article Oum, Oun. 

La combinaison un ne prend point la nasalité lorsque, 
dans le même mot, elle est suivie d'une voyelle, comme dans 
lunatique, unanime, etc., parce que l'n commence, dans ce 
cas, toujours une nouvelle syllabe; on prononce donc comme 
si ces mots étaient ainsi divisés: lu-natique, u-nanime. 

Voyez, plus loin, Mègles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

U-O. 

Dans les noms italiens: Biionacorsi, qui prit le nom de 
Perino del Vaga (peintre); Buonarotti, nom de famille de 
Michel- Ange; Buoncompagni (savant italien, ministre de l'in- 
struction publique); Buoncompagnoni , nom de Grégoire XIII; 
JDuccio di Buoninsegna (peintre de Sienne); Buononcini 
(célèbre compositeur, etc.); Buontalenti, dit dalle Girandole 
(peintre, sculpteur, etc.) ; buonaccordo (petite épinette italienne), 
etc., UO se prononce généralement o: bo-nacorci, bo-narotti, 
bone-lconpa-nibni, etc. 

On écrivait autrefois indifféremment Bonaparte et Buona- 
parte. Le père de Napoléon signait Buonaparte, et son oncle 
signait à la même époque, aux mêmes lieux et sous le 
même toit, Bonaparte. L'empereur dans sa jeunesse écrivait 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — Y. m 

Buonaparte: c'est plus conforme à l'orthographe italienne; 
pour franciser son nom, il s'appela plus tard Bonaparte. 

y- 

L'y, quand il n'est pas suivi d'une m ou d'une n dans 
la même syllabe, se prononce tantôt comme l'i simple, et 
tantôt comme deux i. 

Cette lettre a la valeur de l'i simple: 

1 Au commencement et à la fin des mots : il y a, yacht, 
yatagan, yeuse, yeux, ypsilon,^ bey, coy (quadrupède), dey, 
jockey, lady, penny, tory, — Yankee, Yucatan, Anglesey, 
Baiïly, Baraguey d'HllUers, Camhray, Charlotte Corday, 
Delaunay, Douay ou Douai, La Ferronays, Fontenay, 
Guernesey, Jersey, le Paraguay, le Quesnoy, Say, la Schley, 
Scudéry, Sully, Volney, etc. — On prononce il i a, iak, . . . 
ipcilonn, . . . jokè, lédi, . . . iann-ki, iukatan, angle-zè, ha-yi, 
tarage di-ié (g dur), . . . la fèrd-nè, . . . gèrne-zè {g dur), 
jèrcè, paragè (g dur), le ké-noa, . . . la chlè, etc. — Ay 
(ville en Champagne), qu'on écrit aussi Aï, se prononce a-i. 

2® Au milieu des mots après une consonne, et toujours 
après la lettre h: crypte, cryptogame, cyprès, gymnase, gym- 
nandrie, gypse, hybride, hydre, hydrogène, hydrographie, 
hyène, hymen, ichthyologie, lyre, martyr, myologie, polyèdre, 
psyché, style, synonyme. — Astyage, Astyanax, Byron, 
Calypso, Cambyse, Carybde ou Charybde et Scylla, la Clyde, 
Cyrus, Cythère, Egypte, Hyacinthe, Hyde-Park, Lybie, Lyon, 
Nyon (ville), Plymouth, Sylla, Tyr, etc. — Prononcez 
kripte, . . . ciprè, jime-nâze, . . . jipss, . . . iène, . . . iktiolojî, 
. . . psiché, . . . ci-no-nime, astiâje, astia-naks, biron {on 
nasal), kalipçô, kanbîze, karibd, cilla, . . . cirûss, . . . éjiptt, 
ia-çainte, ide-park, . . . nion, pli-moutt, cilla, tir. 

Elle se prononce comme deux î dans le corps des mots 
après une voyelle: abbaye, aloyau, appuyer, ayant (du verbe 
avoir), balayer, bayer aux corneilles, bayeur, bayeuse, bégayer, 
bruyant (adj.), bruyamment, bruyère, écuyer, essuyer, étayer, 



1 Dans les lycées, etc., les professeurs font prononcer upsilon (up-ci-lbnn) ,• 
les Grecs modernes prononcent ipcilbnn. 



112 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — Y. 



fuyard^ grasseyer, langueyer, langueyeur, layette, nettoyer, 
payer, pays, payse, paysage, paysagiste, paysan, paysanne, 
dépayser, quayage, rayer, rayon, rudoyer, sayon ou saie (anc. 
vêtement militaire), seyant (part. pr. de seoir), tuyau, tuyère, 
etc. — La Bruyère (écrivain), Bruyères (ville), Meyer, Para- 
guayen, Pleyel (pianiste), Beyan (génér.), Sieyes,^ etc. — 
Prononcez a-hé-i, aloa-iô, apui-ié, é-ian, . . . bé-ié, bé-ieur, 
. . . bégé-ié {g dur), brui-ian, brui-ia-man, brui-ière,^ ékui-ié, 
. . . langé-ié {g dur), langé-ieur {g dur), lé-iètt, . , . pé-ié, pé-i, 
pé-îze, pé-izâje, . . . pé-izan, . . . dépé-izé, Tcé-iâje, ré-ié, ré-ion, 
. . . cé-ion ou ce, cé-ian, tui-ô,^ tui-ière, — la brui-ière, brui- 
ière, mé-ière, paragé-iain (g dur), plé-iel, ré-ian, cié-ièss. 

Voyez pages 20, 21, quelle est la prononciation des mots 
23aye (subst.), payement, et des voyelles composées aye, ayes, 
ayent, dans les verbes en ayer. 

On excepte de la règle qui précède, la plupart des noms 
propres de personnes, de villes, de contrées et de peuples, 
et un certain nombre de mots tant français que d'origine 
étrangère. Dans ces mots, l'y, bien que placé après une 
voyelle, a la valeur d'un seul i; alors, tantôt appartenant à 
la voyelle qui précède, il termine la syllabe, comme dans 
Eylau {Ey-lau), et tantôt se détachant de cette voyelle, il 
commence une autre syllabe, comme dans Cayenne [Ca-yenne). 

Mots dans lesquels Vy, quoique placé après une voyelle, 
a la valeur d'un seul i, et termine la syllabe: 

Vayvode, — Aveyron, Aymargues (ville), Aymon ou Aimon, 
Bayle, Boyne (rivière), Cambaye (ville), Gaylar (ville), Caylus 
(ville), Ceylan, Coypel (nom propre), Coysevox, Beshayes, 
Brayton (poète), Bryden (poète), VEyder, Eylau {\ille), Eymet 
(ville), Eyne (v. de Belgique), Eynezat (ville), Arsène Iloussaye, 
Kayser, La Haye, Laybach, Layrac (ville), Leyde (ville), 
Nuyts ou Nuits (ville), Puisaye, Puységur, Baynal, Baymond, 
Baynaud, JBo^/e (ville), Buyter, Saint- Germain en Laye, Troyes 
(ville), le Zuyderzée. — On prononce vé-vbde, avé-ron, é-marge 



1 Thiers (Révolution française) et Bouillet écrivent Sieyes, sans accent. 
Le Dictionnaire de la Conversation, Sieyes. 

2 Bruyère (plante), La Bruyère, Bruyères (ville), tuyau, tuyauter, se prononcent 
souvent bru-ière, la bru-ière, . . . tu-i6, tu-iôté. 



PRONONCIATION DES VOYELLES. — Y, Jjg 

(ig dur), é-mon, hèle, . . . kanbè, hèlar, kélûss, célan, Jcoa-pèl, 
Jcoass-voks, de-sè, dré-ton, dridène, l'édèrr, é-lô, é-mè, ène, 
ène-za, arcène ou-cè, hé-zèrr, la è, lé-hak, . . . lède, nut, pui-sè, 
pui-cégur, . . . roa, ruitèrr, çain-jèrmain an le, troa, sui-dèrzé. 

Mots dans lesquels l'y^ It'ien que placé après une voyelle, 
a la valeur d'un seul î, et se détache de la voyelle précédente 
pour commencer une syllabe: 

Ayan (notable turc), aye-aye (quadr.), ayène (plante), 
ayuntamiento , hatayole, bayadère, hayart (civière), bayatte 
(poisson), bayonnette (mieux baïonnette), braye (machine pour 
le chanvre), brayer (bandage), brayette, bruyant (oiseau), 
cacaoyer ou cacaotier, cacaoyère, caloyer (moine grec), cipaye, 
contra-yerva (plante), copayer ou copaïer, coraya (oiseau), 
gayac ou gaïac (arbre), génipayer (arbre), goyave (fruit), 
goyavier (arbre), gruyer, gruyère (fromage), harpaye (oiseau), 
hatti-houmayoun, mareyeur (march. de marée), papayer (arbre), 
quouiya (quadr.), rayas, tapaye (lézard), tayra ou taïra 
(quadr.), thuya ou thuia (arbre). — Andaye, ducs d'Ayen, 
Bayard, Bayeux, Bayon (chimiste), Bayonne, Bayonnais, la 
Biscaye, un Biscayen, Berruyer, Calatayud (ville), Cayenne, 
les Cayes, Cayet (historien), Cayeux (ville), Cayor ou Kaïor 
(Etat de Nigritie), Faye (bourg), Fayel, Fayence (ville), 
Fayal (une des Açores), Fayoum (prov. d'Egypte), Gruyer 
(savant), Gruyères (village), Guayaquil, Himalaya, Lacurne 
de Sainte- Balaye (écrivain), La faye (écrivain), La Fayette, 
La Guayra, Laya (poète), Layard, Le Voyer (écrivain), les 
Lucayes ou Bahama, Maracaybo , Mayen ou Mayenne (ville 
de Prusse), Mayence, Mayenne (v. de France), Mayer, Mayor 
(Isla), Mayotte (île), Fayerne (ville), Roy an (ville), ScJiayé 
(avoué), la Thaya (rivière), VUcayale (riv. d'Amer.). — 
Prononcez a-ian, a-ye-a-ye, a-iène, a-ionta-miain-tô , bata-iol, 
ba-iadèrr , . . . bra-ye, . . . bru-ian, kaka-o-ié, îcaJca-o-ièrr, 
. . . cipa-ye, . . . cora-ia, . . . go-iave, . . . gru-ié, gru-ièrr, 
arpa-ye, at-ti-ou-ma-iounn, maré-ieur, papa-ié, Jcoui-ia, ra-ia, 
tapa-ye, . . . tu-ia, — anda-ye, duh da-iain, ba-iar, . . . la 
biss-ka-ye, . . . bè-ru-ié, kalata-iud, ... les ka-ye, . . . fa-ye, 
. . . fa-ioumm, gru-ié, gru-ièrr, goua-ia-kil, i-mala-ia, çainte- 

Lesaint, Prononciation française. 3me éi. g 



214 PRONONCIATION DES VOYELLES. — YM, YN. 

pala-ye, la fa-ye, . . . la goua-ira, la-ia, . . . le vo-ié, le 
luka-ye, maraka-ibo, ma-iène, ma-iance, . . . ma-ièrr, . . . 
pa-ièrne, ro-ian, cJia-ié, la ta-ia, uka-ial. 

La combinaison ym se trouve dans quelques mots formés 
du grec. 

Elle a le son nasal ain (comme dans chemin) quand, 
dans le même mot, elle est suivie d'une consonne autre 
que n: asymptote, cymbale, nymphe. Olympe, olympiade, 
olympique, sympathie, symphonie, symptôme, tympan, etc. — 
Prononcez a-cainpe-tott, çain-bal, nainfe, o-lainpe, o-lain-piade, 
. . . çain-patî, çain-fo-nî, çainpe-tôme, tain-pan. 

Thym se prononce de même: tain. 

Suivie de la consonne n dans le même mot, la com- 
binaison ym se prononce ime (comme dans lime): gymnase, 
gymnique, hymne, Polymnie, etc. — Prononcez jime-nâee, 
jime-nik, imne (prononcez d'abord ime, puis la syllabe muette 
ne: ime-n'), polime-nî. 

Znaym (ville de Moravie) se prononce zna-ime. 

Suivie d'une voyelle dans le même mot, ym ne donne 
jamais de son nasal, l'm se détachant alors de l'y pour 
commencer une syllabe; anonyme, homonyme, Hymette, etc., 
se prononcent donc comme s'ils étaient écrits anony-me, 
homony-me, Hy-mette. 

Voyez, plus bas, JRègles communes aux quatre voyelles 
nasales. 

yn. 

Yn, comme ym, se trouve surtout dans quelques mots 
tirés du grec, et se prononce ain nasal devant une consonne 
ou à la fin du mot: larynx, lynx, syncope, syntaxe, synthèse, 
— apocyn, Ehyn ou Ehein (petite ville de Prusse). — Pro- 
noncez larainkss, lainkss, çainkop, çaintakss, . . . apoçain, 
rain. — Voyez, page 72^ Anne Boleyn ou Boulen. 



RÈGLES COMMUNES AUX QUATRE VOYELLES NASALES. ], ^5 

Devant une voyelle, l'il commence une syllabe; dynastie, 
synagogue, etc., se prononcent donc comme s'ils étaient ainsi 
écrits: dy-nastie, etc. 

Voyez, plus bas, Règles communes aux quatre voyelles 
nasales. 



Règles communes aux quatre voyelles nasales 
an, in, on, un, 

ainsi qu'à leurs représentations 

aen, aim, ain. am, an, aon, eam, ean, cira, ein, em, 

en, eon, eun, ira, in, ora, on, ura, un, yra, yn. 

On observe communément pour la prononciation des 
combinaisons d'une ou de plusieurs voyelles avec une des con- 
sonnes nasales m, il, quelques règles générales que nous avons 
répétées à chaque combinaison nasale. Nous allons résumer 
toutes ces règles. 

On a vu que les combinaisons des voyelles a, e, i, o, 
u, y, avec une des consonnes m, n, forment ce qu'on appelle 
les voyelles nasales; mais ces combinaisons ne forment des 
voyelles nasales qu'autant qu'elles sont suivies de quelque 
autre consonne, ou qu'elles terminent le mot; encore faut-il, 
dans le premier cas, que la consonne qui les suit soit autre 
que m ou ii, car deux m, deux n, ou iiin de suite font 
ordinairement disparaître la nasalité. 

Ainsi, on entend le son nasal an dans ambassade, cadence, 
paysan, etc. — Mais la nasalité disparaît dans constamment, 
année, amnistie, etc. 

Le son nasal ain s'entend dans chien, faim, lynx, etc. — 
Mais il disparaît dans chienne, immémorial, Lemnos, etc. — 

On entend le son nasal on dans hon, complaire, songeons, 
etc. — Mais il n'existe plus dans bonne, comment, somnifère, etc. 

Nous ne parlerons pas du son nasal un, puisque les 
lettres m ou n, qui concourent à former ce son, ne se 

8* 



jj^g COMBINAISONS DES VOYELLES. 

doublent que dans des mots d'origine étrangère. (Voyez 
pages 108, 110.) 

Il y a des exceptions aux règles qui précèdent: 
Dans quantité de mots étrangers, les finales ani, eim, 
em, en, im, in, om, um, ym, ne donnent point le son nasal: 
Abraham, amen, etc.; et au contraire les combinaisons emm, 
enn, se prononcent dans quelques mots français avec son 
nasal: emmancher, ennuyer, etc. — Voyez, pour ces exceptions, 
les articles Am, Em, En, etc. 

Dans le corps des mots, les lettres m, n, immédiatement 
suivies d'une voyelle, commencent une syllabe et ne donnent 
point le son nasal à la voyelle précédente; aimant, tenir, 
inutile, unanime, etc., se prononcent donc comme s'ils étaient 
écrits ai-mant, te-nir, i-nutile, u-na-ni-me. — On excepte toute- 
fois enivrant, enorgueillir , etc., mots dans lesquels en, bien 
que précédant une voyelle, a le son nasal. (Voyez page 69.) 

La syllabe qui fait entendre un son nasal est longue 
toutes les fois que la combinaison qui donne le son termine 
la syllabe et est suivie d'une consonne autre que m ou n, 
comme dans amplifier, bandit, combler, craindre, faim-valle, 
guimpe, honteux, impie, insignifiant, jambon, joindre, manteau, 
nymphe, olympiade, peinture, sembler, trompette, etc., etc. 
Mais quand l'm ou l'n nasale termine le mot, comme dans 
plan, sultan, chien, faim, bon, pronom, aucun, etc., la syllabe 
nasale est brève au singulier. 



Combinaisons de voyelles 

qui font entendre deux sons d'égale quantité. 

Les combinaisons de voyelles qui font entendre deux sons 
d'égale quantité, sont: 

1^ aë, aï, au, ïa, oë, oï, ou, uï, ouï. 

2*^ aé, aè, éa, éé, éè, ée (é-e), éeu (é-eu), éi, éî, éo, 
eu (é-u), oé, oè. 



QUI FONT ENTENDRE DEUX SONS. JJ^ 

30 aa, ae (a-e), ao, eua (eu-a), eue (eu-e), eui (eu-i), 
oa, oe, 00, oim (ou-u), uo. 

Le tréma, qui ne se trouve que dans les combinaisons 
aë, aï, ali, ïa, oë, oï, oli, uï, ouï, seules ou suivies d'une 
consonne, sert à indiquer que la voyelle sur laquelle il est 
placé commence une nouvelle syllabe, et qu'elle ne forme 
avec la voyelle qui la précède, ni une diphtongue, ni le 
signe composé d'un son simple. Ainsi, goélette, qui a le tréma, 
se prononce bien autrement que moelle. Dans le premier mot 
on entend distinctement deux sons d'égale quantité: go-elette; 
mais dans le second, qui se prononce en diphtongue, on 
entend à peine le son de l'o. Naïf, Saiil, se prononcent 
na-if, sa-ul; mais sans le tréma, les combinaisons ai, au, 
donneraient les sons è, Ô, et l'on prononcerait nèf, sol. 

Dans la combinaison uë (qu'on trouvera plus bas à son 
rang alphabétique), l'e est entièrement nul pour la pronon- 
ciation, et ne sert qu'à faire allonger le son u. 

aë — Azaël, Gaëte, maestro, Raphaël, etc. Pron. aza-èl, 
ga-ètt, ma-èsfrô, etc. — Exceptions: maëstral, maëstraliser, 
Maëstricht, Staël. — (Voyez page 15.) 

aï — Achaïe, aïeul, aïeux, bisaïeul, Caïn, Caïman, Caïphe, 
Caïus Gracchus, camaïeu, les Caraïbes, faïence, IsmaïUa, 
la Jamaïque, laïque, maïs, naïade, païen, quéraïba (liane), 
saïéter, Sinaï, Tanaïs, etc. Pron. aka-î, a-ieul, etc. 

au — Esaû, Saûl. Pron. éça-u, sa-ul. 

ïa — ïambe, ïambique. Dans ces deux mots, le tréma 
indique que l'i forme seul une syllabe et ne fait point 
diphtongue avec la combinaison am qui suit. On prononce 
i-ambe, i-ambique, et non iambe comme dans viande. 

oë — Crusoë ou Crusoé, goélette, Ivanhoë, Moët (Cham- 
pagne de), Monroë, Ploërmel, etc. Prononcez cruzo-é, etc. — 
Noël se prononce un peu en diphtongue. 

OÏ — boïard, Boïeldieu, coï (instrument), égoïste, héroïne, 
Joïada, Moïse, oïdium, Samoïède, scorpioïde (plante), sphéroïdal, 
etc. Pron. bo-iar, bo-ièl-dieu, etc. 

oii — Antinous, Pirithoûs. Pron. antino-ûss, etc. 



IIQ COMBINAISONS DE VOYELLES. 

uë — Cette combinaison ne se trouve que dans les 
substantifs besaiguë (ou mieux hisaigue) et ciguë; dans les 
adjectifs féminins aiguë, ambiguë, héguë, contiguë, exiguë, et 
dans quelques parties du verbe arguer, (pron. argu-é): j'arguë, 
tu arguës, il arguë, ils arguënt; j'arguërai, etc.; j'arguërais, 
etc.; arguë; que j'arguë, que tu arguës, qu'il arguë, qu'ils 
arguënt. Dans tous ces mots, les finales uë, uës, uënt, se 
prononcent comme ue dans berlue, rue, et non comme dans 
figue, intrigue. On prononce donc bisaigû, cigû, aigu, . . . 
j'argû, tu argû, . . . j'argû-rai, etc.i 

uï — contiguïté, exiguïté, innocuïté, etc. Pron. kontigu- 
ité, etc. 2 

OUÏ — ouï, ouï-dire, ouïe, etc. Pron. ou-i, etc. 

aé — aéré, Aglaé, pJiaéton, etc. Pron. a-éré, etc. 

aè — gypaète ou gypaëte (vautour), hexaèdre, etc. Pron. 
jipa-ètt, etc. 

éa — Béarn, béatitude, je créai, linéaire, etc. Pron. 
bé-arn, etc. 

éé — créé, prééminence, réélire, etc. Pron. cré-é, etc. 

éè — ils agréèrent, ils suppléèrent, etc. Pron. agré-èrr, etc. 
i (é-é) — agréer, guéer, suppléez, etc. Pron. agré-é, etc. 
\ (é-è) — déesse, réel, etc. Pron. dé-èss, etc. 

éeu — agréeur (le seul mot de notre langue ainsi formé). 
Pron. agré-eur. 

éi — angéiograpliie , caféier, Cnéius, Enéide, méionite, 
Néréides, nous agréions, plancJiéier (et toutes les parties de 
ce verbe: je planchéiai, etc.), plébéien, réintégrer, séméiologie 
ou séméiotique, théière, vous suppléiez, etc. Pron. anjé-iografî, 
kafé-ié, Jcné-iûss, etc. 

éî — qu'il obéît, qu'il désobéît. Pron. obé-î, etc. 

éo — la Béotie, féodal, Léonie, Léontine, Napoléon, 
etc. Pron. bé-ocî, . . . lé-o-nî, napolé-on, etc. 

éu — muséum, réunion, etc. Pron. muzé-ome, etc. 



1 Voyez le Traité complet de la Conjugaison des Verbes français, page 129. 

2 Voyez, page 105, comment on prononce les deux premières personnes 
plurielles de l'imparfait de l'indicatif et du présent du subjonctif dans les verbes 
dont le participe présent est en uant (jouant, nous jouions, vous jouiez; suant, nous 
suions, vous suiez, etc.). 



QUI FONT ENTENDRE DEUX SONS. 1]^9 

oé — Aloéus (géant fabuleux), coéternel, Noénii, etc. 
Pron. alo-é-ûss, etc. 

Oè — aloès, foène, etc. Pron. alo-èss, fo-ène. — Quel- 
ques personnes écrivent poème, poète; l'Académie, poème, 
poète; mais la prononciation est la même.i 

aa — Aa, Aaron, Baal, Balaam, Uzaam, caa-cica 
(plante), Chanaan, Nausicaa, Baah, etc. Pron. a-a, a-ron, 
etc. — Voyez, pour les exceptions, page 13. 

ae (a-è) — alcaest, Alkmaer et Alkmaar (ville), Paer, 
saette, etc. Prou, alka-èstt, . . . pa-èrr, etc. — Voyez, pour 
les exceptions, pages 14, 15. 

ao — Bilhao, Callao, kaolin, Baoul, etc. Pron. hilba-o, 
. . . ra-oul, etc. Voyez, page 2G, les exceptions. 

eua (eu-a) — bleuâtre. Pron. hleu-âtre. 

eue (eu-è) — bleuet, euexie. Pron. hleu-è, eu-èJc-cî. 

eui (eu-i) — bleuir, nous bleuîmes, etc. Pron. bleu-ir, etc. 

oa — Antigoa, boa, cloaque, coactif, coasser, croasser. 
Croate, la Croatie, G-oa, inclioactif, Joas, Moab, oasis, Boboam, 
Zoroastre, etc. Pron. antigo-a, etc. Voyez, page 91, les 
exceptions. — Oa se prononce en diphtongue dans la Bidassoa, 
etc. Voyez les Diphtongues. 

oe (o-è) — Boerhaave. Pron. bo-è-râve. — Voyez les 
Diphtongues. 

00 — coopération, zoologie, etc. Pron. ko-opération, 
etc. — Voyez, pages 101, 102, les exceptions. 

OUU (ou-u) — enclouure d'un cheval, nouûre d'un enfant. 
Pron. anklou-ûrr, nou-ûrr. 

UO — duo, duodénum, impétuosité, quatuor, virtuose, etc. 
Pron. du-6, etc. 



m 

Une diphtongue n'est qu'une syllabe qui fait entendre 
deux sons distincts prononcés en une seule émission de voix. 
On rend ces deux sons comme s'ils appartenaient à deux 
syllabes différentes, en ayant soin de faire entendre très 
faiblement le premier son; mais, quelque rapide que soit la 



1 Doir Observation 1, page t5. 



120 DIPHTONGUES. 

prononciation, ce premier son s'entend toujours un peu. Par 
exemple, dans ciel, liasse, louange, jouer, les sons i et ou se 
font légèrement entendre. 

Voici le tableau de toutes nos diphtongues: 



ai 


ion 


ouai 


ué 


eoi 


iou 


ouan 


ue (uè) 


îa 


in 


oué 


ueu 


îai 


oa 


ouè 


ui 


ian 


oai 


onen 


uin 


ian 


oan 


oueu 


uon 


ié 


oe 


oui 


uoui 


iè 


oê 


ouin 


ya, ye, etc. 


ien 


oî 


ouon 




ieu 


oin 


ua 




io 


oua 


uan 





Toutes ces combinaisons de lettres, quand elles sont 
précédées d'une seule consonne ou de deux consonnes sem- 
blables, se prononcent en diphtongues; mais en deux sons 
égaux en quantité quand elles sont précédées de deux consonnes 
différentes, car la diphtongue est alors impossible. Exemples: 

Diphtongues: Bossuet, douane, jouer, soin, etc. 

Deux sons égaux: fluet, il cloua, trouer, groin, etc. 
Dans la diphtongue, on n'entend distinctement que le second 
son, celui sur lequel s'appuie la voix; mais s'il y a deux sons, 
ce sont deux syllabes qu'il faut détacher et prononcer, chacune, 
distinctement: flu-et, cloura, trou-er, gro-in, etc. 

Il y a quelques exceptions à cette règle, comme on va le 
voir tout à l'heure. Quelques-unes de ces combinaisons, par 
exemple, se prononcent en diphtongues après deux consonnes, 
et d'autres en deux sons après une seule consonne. Exemples: 

Diphtongues: bruit, fruit, pluie, etc. 

Deux sons égaux: continuation, luette, mutuel, etc. 
Nous indiquons tout cela plus bas. 

Voici la règle de prononciation des diphtongues. 

Pour celles qui commencent par ou, on prononce rapide- 
ment ce premier son, et les lettres qui suivent forment le 
second son, qui se prononce distinctement. Exemples: lou-age, 



DIPHTONGUES . 121 

je vou-ais, lou-ange, dévou-é, ils jou-èrent, Rou-en, lou-eur, 
ou-i, haragoii-in, nous jou-ons, quou-iya, etc. — Dans toutes 
les autres diphtongues (celles qui ne commencent pas par 
ou), c'est la première lettre seule qui forme le premier son, 
toujours presque imperceptible à l'oreille, et les lettres qui 
suivent forment le second son, le seul qui s'entende bien: 
Exemples: il fî-a, li-aison, vi-ande, chi-aoux, mi-auler, li-é, 
di-èse, chi-en, pati-ent, li-eu, oratori-o, li-on, Colli-oure, 
reli-ure, Mzo-ard, zédo-aire, Ro-anne, mo-élle, po-êle, so-in, 
su-ave, don Ju-an, tu-é, mu-et, su-eur, lu-i, ju-in, nous su-ons, 
Hy-ères, etc. 

La diphtongue oi, eoi, s'écarte des règles ordinaires de 
la prononciation. Voyez ce que nous en disons pages 75, 95. 
Outre les diphtongues dont nous donnons plus haut le 
tableau, il y en a encore treize avec 1 mouillée; les voici: 
ail oaîl ouail ueil 

eil œil ouil uoail 

euil oil uail uil. 

iail 
Dans les douze premières, la terminaison il se sépare 
dans la prononciation, des lettres qui précèdent; les mots hail, 
veille, feuille, piailler, joaillier, œil, oille, ouailles, fouille, 
alguail, orgueil, quoailler, par exemple, se prononcent comme 
s'ils étaient ainsi divisés: ha -il, ve-ille, feu-ïlle, pia-iller, 
joa- illier, œ-il, o-ille, oua-illes, fou-ille, aigua-il, orgue -il, 
quoa-iller, et la voix s'appuie sur le son qui précède les 
lettres il, lesquelles servent à rendre le son mouillé: ha-ye, 
vè-ye, feu-ye, pia-yé, joa-yé, eu-ye, o-ye, oua-ye, fou-ye, 
aiga-ye, orgeu-ye {g dur), Tcoa-ié. 

Mais dans la diphtongue uil, c'est sur Ti que s'arrête 
la voix, et le son qui précède est à peine sensible à l'oreille. 
Exemples: aiguille, cuiller, etc. 

Dans la plupart des mots où u suit g ou q, cette voyelle 
et muette, et l'on n'entend que la voyelle qui suit, comme 
dans guitare, Aquitaine; mais dans quelques mots elle fait 
diphtongue avec la voyelle suivante et se prononce tantôt u, 
comme dans il argua (argu-a), équestre (éku-èstre), et tantôt ou. 



122 



DIPHTONGUES. 



ai 

douleur 

eoi 



la 



comme dans Guadeloupe (gou-adeloupe), lingual (laingou-al). 
Nous indiquons toutes ces diphtongues aux lettres G et Q. 

Nous allons reprendre une à une toutes les combinaisons 
de lettres qui se prononcent en diphtongues, donner quelques- 
uns des mots où elles figurent, et faire connaître les mots 
où ces mêmes combinaisons font entendre deux sons égaux en 
quantité : 

— diphtongue: aïe (prou. a-yè). Exclamation de 
Cri des charretiers pour faire avancer leurs chevaux. 

— diphtongue: nageoire, villageois. 

— diphtongue: acariâtre, caviar, qu'il copiât, Diane, 
enthousiasme, il fia, la Henriade, liasse, il maria, 
Miltiade, nicotiane, opiniâtre, piano (instrument), 
Spartiate, tiare, verbiage, chiaoux [huissier turc] 
(chia-ou), miaou [cri du chat] (mia-ou), etc. 

— 2 sons : Brittre (ville), il cria, vous criâtes, dia- 
conat, diadème, diagnostique, dialogue, friable, 
hiatus, ïambe, ïambique, iatrique, qu'il oubliât, 
piano ou piano-piano (t. de mus.: doux, doucement), 
il pria, modiaque. 

— diphtongue: je fiai, je liai, — biais, biaiser, il 
négociait, niais, plénipotentiaire, je riais, vestiaire, etc. 

— 2 sons: je priai, je triai, — je priais. Voyez 
plus bas iail {l mouillée). 

— diphtongue: confiancc, négociant, viande, etc. 
f — diphtongue: abbatiaux, miauler, etc. 
I — 2 sons: fabUau. 

— diphtongue: allié, scié, — tous les verbes en ier 
précédés d'une seule consonne: lier, balbutier, etc.; 
dans les verbes, les terminaisons iez, ied, ieds: 
vendiez, il sied, etc.; les substantifs en ied: pied, 
etc.; les noms en ier: cerisier. Allier, etc. 

— 2 sons: arcMépiscopal , bouclier, propiétaire, 
etc.; — tous les infinitifs en ier et les participes 
en ié précédés de deux consonnes: étrier, étrié, 
plié, publier, etc. 



lai 



lan 



lan 



le 



iè 



leu 



10 



oa 
oai 
oan 
oe 



DIPHTONGUES. 123 

— diphtongue: les Cordillièrcs, Diègue, dièse, diète, 
hygiène, — acquiescer, inquiet, Kiel (ville), etc. 

— 2 sons: brièvement, chambrière, poudrière, pie- 
grièche, — brief, hier,^ Trieste. 

— diphtongue: Bourricune, mer Caspienne, entretien, 
îen l Vienne, etc. 

— 2 sons: Adrien, Brienne. 

— diphtongue: Dicu, cnvicux , Ucu , micux , odieux, 
pieu, — rieur, sieur, etc. 

— 2 sons: Andrieux , Coudrieux, Desgrieux, in- 
dustrieux, oublieux, — crieur, plieur. 

— diphtongue: imbroglio , lolcos, Ohio, oratorio, 
pioche, violon, etc. 

— 2 sons: biograpMc, brioine (couleuvre), Clio, Chio, 
lonie, Ionien, ionique, mischio, trio, triomphe. 

( — diphtongue: action , division, Ephestion, lion, 
ion , mention, pion, etc. 

— 2 sons: Mstrion, nous prions, septentrion. 

( — diphtongue: afiourmc (Im), alpiou (t. de jeu), 
iou I chiourme, Collioure (ville), Ollioules (ville), etc. 
I — 2 sons: Brioude (ville), le Frioul. 

( — diphtongue: rcUurC, SCiurC, CtC. 

iu I — 2 sons: diumc, diurétiquc, HéracUus, Marius, 
I striures, etc. 

[ — diphtongue: bésottrd (t. d'hist. nat.), la Bidassoa. 
\ — 2 sons: Antigott, ctc. — Voyez page 91. 
j — diphtongue: zédottire (plante). — Voyez plus bas 
\ oail {l mouillée). 

— diphtongue: Boamie (viUe). 

— 2 sons: Loango (contrée), zoanthe (t. d'hist. nat.). 
r — diphtongue: focrrc, nioellc, moelleux, moellon, etc. 
\ Pron. foèrr, moèl, etc. 



1 Hier. Boileau donne partout à ce mot deux syllabes: hi-er, mais une seule 
syllabe dans avant-hier favan-tièrr). C'est, selon nous, la prononciation la plus géné- 
rale. (Voyez page 59.) 

Molière, dans Amphitryon, et Corneille, dans le Menteur, le font partout mono- 
syllabe. 



124 



DIPHTONGUES. 



oê 
oi 

oin 
ona 

ouai 

onan 
oué 

ouè 

ouen 
oneu 

oui 



— diphtongue: poêle, poêlier, etc. — Voyez page 94. 

— diphtongue: boîte, coiffe, croire, loi, etc. — Voyez 
page 95. 

— diphtongue: adjoint, Alboifi, benjoin, coin, foin, 
loin, moins, point, poing, etc.^ 

— 2 sons: Ebvoin (maire du palais), groin. 

— diphtongue: bivouuc, il doutt , douane, Edouard, 
fouace, ouate, pouah! la Souabe, etc. 

— 2 sons : le Brouttgc (ville), il cloua, il troua. 

— diphtongue: je joutti, je loutti, — ahouMi [arbre] 
(a-ouè), Douai, je jouais, je louais, etc. 

— 2 sons: je tvouais, il trouait, etc. 
Voyez plus bas ouaïl {l mouillée). 

— diphtongue: cJiouan, la tour de Cordouan, jouant, 
louange, le Mantouan (contrée), etc. 

— 2 sons: s'ébrouttut, trouant. 

— diphtongue: joué, loué, — bttfoucr, jouer, etc. 

— 2 sons: écroué, troué, — trouer, etc. 

— diphtongue: Hs jouèrcnt, Hs louèrcnt, — alouette, 
chouette, jouet, fouet, île d'Ouessant, le Rouergue, 
rouet, etc. 

— 2 sons: brouct, brouctte, prouesse. 

— diphtongue: Ecoucn, Roucn, Saint- Oucn. — 

diphtongue: jouCUSC, lOUCUSC , jOUCUr, lOUCUr, 

etc. 

— 2 sons: boucux, boucusc, noucux. 

— diphtongue: baragouincr, enfoui, évanouir, épa- 
noui, Louis, réjoui, etc. 

— 2 sons: brouir, ébloui. Voyez la note page 118. 
Voyez plus bas ouil (l mouillée). 



I Les diphtongues oin, onln, se prononcent o-ain; les mots loin, moins, point, 
poing, baragouin, etc., doivent donc se prononcer lo-ain, mo-ain, po-ain, po-ain, barago- 
uin , etc. Certains étrangers, ignorant sans doute cette prononciation, la seule qui 
soit usitée en France, font entendre le son an, et disent lo-an, mo-an, po-an, etc. 
C'est une faute grossière. 

II y a 18 ans que, pour convaincre un chef d'institution, j'écrivis à ce sujet 
au directeur du Manuel général de l'Instruction primaire. Voici la réponse de M. B. 
JuUien dans le même journal (1853, page 410): Dans les mots loin, soin, etc., aln 
comme dans pain est la seule prononciation en usage. 



DIPHTONGUES. 



125 



oum 



onon 



ua 



uan 



ué 



uè 
ue 

(u-è) 



ueu 



ui 



nin 



— diphtongue: hobouin , baragouiti, marsouin, sa- 
gouin, ï 

diphtongue: jOUOnS, loUOnS. 

2 sons: trOUOnS. 

— diphtongue: qu'elle s'kabituât, il sua, on 
tua, ipécacuanha, menuaille, nuage, Stuart, 

u-a { suave, nous arguâmes, vous arguâtes, etc. 

— 2 sons: continuation, Huart, individualité, 
mutualité. 

ou -a — diphtongue: aquotique, quadruple, etc. 

( — diphtongue: cJiat-huant, don Juan, insi- 
\i-2Lnl nuant, nuance, remuant, suant, etc. 

y — 2 sons: hruant (oiseau), gluant, truand. 
ou- an — diphtongue: paraguante, quanquam. 
( — diphtongue: Hué (viUe de la Cochinchine) , mué, 
\ rué, il a sué, Suétone, — effectuer, suer, tuer, etc. 
1^ — 2 sons: afflucr, — afflué, mansuétude. 

— diphtongue: actucl, actuellement, annuel, Aran- 
juez, Bossuet, casuel, Cuers (ville), écuelle, Huet, 
muet, ruelle, sexuel. Sues, — ils effectuèrent, ils 
suèrent, etc. 

— 2 sons: bluct (aussi Meuct), cruel, individuel, 
luette, mutuel, Pantagruel, puerpéral (t. de méd.), 
rituel, Samuel, — ils affluèrent. 

( diphtongue: SUCUr, tuCUr. 

J — 2 sons: affcctucux, impétucux, monstrueux, volup- 
I tueux, — lueur. 

— diphtongue: annuité, ussiduité, bruine, bruire, buis, 
casuiste, fruit, fruitier, fruiterie, huile, huître, 
juillet, pluie, ruine, suicide, les Tuileries, etc. 

— 2 sons: AlUluia, congruisme, congruité, druide, 
fruition, superfluité. 

Voyez plus bas uïl (l mouillée). 

— diphtongue: juin, quintupU , suin (sel neutre), 
suint, suinter, etc. 



1 Voyez la note au has de la page 124. 



126 



DIPHTONGUES. 



( — diphtongue: fious distribiions, ïious suons, nous 
uon \ tuons, etc. 

[ — 2 sons: nous concluons, nous excluons. 
UOui — diphtongue: quouiya (quadr.). 
ya, ye, etc. diphtongue: hyacinthe, hyène, etc. 

Voici maintenant les treize diphtongues avec 1 mouillée, 
et les mots où elles figurent: 

ail — qiie j'aille, bail, paillette, etc. 

eil — orteil, treille, veille, etc. 

euil — cerfeuil, deuil, qu'il veuille, etc. 

f — diphtongue: piailler, piailler ie, piailleur, piail- 
iail < leuse. 

\ — 2 sons: Criailler, criaillerie, criailleur, criailleuse. 
Oail — joaillerie, joaillier, joaillière. 
eeil — œil, œillade, œillère, œilleton, œillette. 
oil — oille (sauce). 

Ouail — fouaille (t. de chasse), jouailler (jouer à petit 

• jeu), ouailles. 

( — je barbouille, brouillamini, il chatouille, fouille, 

\ houille, quenouille, etc. 
uail — aiguaïl (rosée), huaille (canaille).' 
ueil — accueil, orgueil, il recueille, etc. 
ouail — quoailler (t. de manège). 
: uil — aiguille, cuiller, etc. 

La diphtongue ié est celle qui est la plus commune dans 
notre langue. 

L'Académie fait observer que, dans les mots poème, 
poète, et leurs dérivés: poésie, poétereau, poétesse, poétique, 
poétiquement, poétiser, et è, ou é, forment deux syllabes 
en vers et dans le discours soutenu. Cependant la diphtongue 
n'a lieu que dans la liberté de la conversation; encore même 
bien des personnes ne l'admettent- elles dans aucun de ces 
mots, où beaucoup d'écrivains substituent depuis longtemps 
l'accent aigu au tréma que l'Académie aussi met dès son 
édition de 1877 sur l'e de poème et de poète. 



i. Voltaire dépeint Satan: le roi cornu de la huaiUe noire. 



DIPHTONGUES. 



127 



Quelques-unes des diphtongues que nous indiquons au 
tableau ne sont diphtongues qu'en prose; en vers, elles sont 
ordinairement de deux syllabes. Telles sont les combinaisons 
iai dans niais, liaison, etc.; — ouen dans Bouen, etc.; — 
ue dans casuel, ruelle, etc.; — ion dans tous les mots: action, 
ambition, apparition, émotion, manutention, notion, occasion, 
ration, etc.; — et ie dans hier; dans les verbes en ier: 
balbutier, et dans ceux qui, n'étant pas en ier, ont; dans 
leurs temps, ie précédé des consonnes br, dr, tr, vr, comme 
vous sabriez, vous connaîtriez, vous vendriez, vous recevriez, 
etc.; dans le verbe rire, et son composé sourire: vous riez, 
vous souriez, etc.; et dans tous les noms où ié est suivi d'un 
t, comme piété, satiété, etc. — Nous disons ordinairement, 
parce qu'on trouve quelques exemples où les poètes du dernier 
siècle se sont permis d'enfreindre cette règle; cette licence ne 
passerait pas aujourd'hui. — Voyez le Traité de versification 
française de Louis Quicberat. 



SECONDE PARTIE. 



PRONONCIATION DES CONSONNES. 

Leurs diverses articulations, 

soit au commencement, soit au milieu, soit à la fin des mots. 



Nous appellerons articulation propre, celle que la con- 
sonne a ordinairement, et articulation accidentelle, celle qu'elle 
reçoit par sa position exceptionnelle ou de l'usage. 

:b. 

Cette consonne labiale conserve toujours l'articulation qui 
lui est propre, soit au commencement, soit au milieu des mots: 
balle, hdeïle (insecte), absinthe, Gharybde ou Garybde, heb- 
domadaire, nonobstant, etc. — Elle est muette dans Bouts 
(riv. et départ, de France), Fabvier et Lefebvre. Prononcez 
dou, favié, lefèvre. 

Elle se fait encore entendre à la fin des mots: baobab, 
club, guib (quadr.), nabab, rob ou robre, etc. Prononcez 
ba-obab, . . . gib {g dur), etc. — Mais elle est muette dans 
plomb, surplomb, à plomb, aplomb. On prononce pion, etc. 

Elle sonne encore à la fin des noms propres: Achab, 
Aureng-Zeyb, Bab-el-Mandeb, Caleb, Naab ou Nab (rivière), 
Oreb, le Baab (rivière), Sennachérib, Tippo ou Tippou-Saib, 
etc. — Prononcez akab, ô-ran-zèh, . . . na-ab, . . . le ra-ab, 
cène-nachérib, tippô ou tippou-ça-ib. 

On excepte Christophe Colomb, où le b ne se fait pas 
■entendre: kriss-tàf Jcà-lon. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. ]_29 

Par attraction, b devant s se change un peu en p dans 
la prononciation, ce que Ch. Nodier ne manque pas de signaler 
aux mots absoudre, obstination, substituer, etc., etc., en figurant 
ainsi la prononciation: ap-soudre, ops-tination, sups-tituer. Mais 
c'est là un effet de notre organisme, et non une règle à établir. 

Le b ne se double que dans les mots abbatial, abbaye, 
abbé, abbesse, gobbe, rabbaniste ou rabblniste, rabbin, rabbi- 
nage, rabbinique, rabbinisme, sabbat, sabbatine, sabbatiqiie, 
et quelques noms de villes: AbbeviUe, etc., où l'on ne pro- 
nonce qu'un seul b; — et dans bigibbeux, gibbeux, gibbosité, 
subgibbeux, où les deux b se prononcent. 

o. 

Cette consonne sifflante s'articule de trois manières: 
Articulation propre, k, devant a, 0, ii: calice, col, cuve. 

S, devant e, i: cela, ici; et 
devant a, 0, il, lorsqu'il 
a une cédille: il menaça, 
arçon, reçu. 
g dur, dans second et c^ar, 
et leurs dérivés. 

C initial, ou au milieu des mots, conserve son articulation 
propre devant les voyelles a, 0, u: café, Cantorbéry (en 
anglais, Canterbury), Cœuvre (ville), colère, curé, etc.; — et 
devant les consonnes b, 1, m, n, r, t, z: acteur, Alcmène, 
arcturus ou arcture, Cnéius, CnepJi ou knef (dieu égyptien), 
Cronstadt, Ctésiphon (ancienne ville), czigitai (quadr.), décliner, 
Ecbatane, fonctionner, les Pandectes, sanctifier, sanctuaire, 
tinctorial, tocsin, vindicte, etc. — Prononcez kafé, . . . akteur, 
alkmène, . . . Jcné-ius, hnèf, kronce-tad, Mézifon, kziji-tè, . . . 
pandèktt, çank-tifié, . . . taink-torial, vaindiktt. 

Exceptions. — 1^ La Ferté Saint- Nectaire (ville) s'écrit 
et se prononce vulgairement Senneterre, ou Senecterre. 

2^ C s'articule comme g dur dans second, seconde, seconde- 
ment, seconder, secondaire, secondairement, secondines, secundo. 
— Prononcez ce-gon, . . . ce-gondô, etc. 

Lesaint, Prononciation française. 3me éd. g 



Articulations accidentelles, 



;[30 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — C. 

3<^ Il s'articule un peu comme g dur dans czar, czarienne 
(sa majesté czarienne: le czar), czarine, czarowitz. — On 
prononce gzar, gzarienne, gzarine, gzarouitss {gzarovitche, 
suivant Nodier). — Quelques personnes écrivent et prononcent 
tzar, tzarine, etc. 

4*^ Il est muet dans arctique, antarctique, qu'on prononce 
artik, antartik. 

5^ Il se prononce comme s dans les syllabes cœ: cœcum, 
etc. — Voyez Œ, page 92. 

Le c conserve son articulation propre, k, dans secret, 
secrétaire, Claude, Claudine, xwune de reine Claude. Pro- 
noncez ce-Jcrè, ce-krétèrr, etc., mais non, comme quelques-uns, 
ce-grè, ce-grétèrr, glôde, etc.* 

Devant e, i, y, le c se prononce toujours comme s: ceci, 
cyprès, etc.; et on le prononce de la même manière devant 
a, 0, u, quand il a une cédille (ç): façade, façon, reçu. 

Vermicelle, violoncelle, violoncelliste, se prononcent comme 
ils sont écrits. La prononciation vermichelle, violonchelle, 
violonchelUste, est vicieuse. 

C suivi de k ou de q dans le corps des mots ne se fait 
pas entendre: acquérir, becqueter, blockhaus, Buckingham, 
Jacques, Kentucky, La Mecque, Leckzinsky, Lucques, Necker, 
Panckoucke, Stockholm, etc. — Prononcez a-kérir, bèk-té, 
blbk-kôss, bukain-game, jâke (a long), kain-tuki, . . . lèk-zainss- 
ki, luk, nèkèrr, pankouk, stàkblm. 

C final se prononce toujours, et avec l'articulation propre: 
1^ Dans les terminaisons ac: ab hoc et ab hac, ammoniac, 
Armagnac, Aurillac, bac, Balzac, bivac ou bivouac. Cognac, 
Cotignac (ville), crac, frac, gaïac, hamac, havre-sac, Jarnac, 
Jeanne d'Arc, lac (au pluriel comme au singulier), Mac-Mahon 
(général français), micmac, trictrac, etc. — On excepte cotignac 
(sorte de confitures), dont le c est toujours muet. 



1 Dans la prononciation familière, le c se prononce souvent légèrement comme g 
dans prune de reine Claude, et dans Claude, terme de mépris: sot, imbécile: Cest un 
Claude; — il n'est pas si Claude qu'il le paraît. Prononcez glôde. — Mais Claude, 
nom d'homme, se prononce toujours klôde. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — C. ^31 

Estomac se prononce èstoma. — Mais dans le discours 
soutenu, on peut faire entendre le c devant une voyelle: 
estomac affaibli (èstoma-Jcafébli). 

Le c de tabac ne sonne point non plus dans la pro- 
nonciation familière. — Dans le discours soutenu, il se fait 
entendre comme k devant une voyelle: du tabac en poudre, 
tabac à priser, etc. 

2^ Dans les terminaisons ec: avec, Grec, Québec, saîa- 
malec, sec, etc. — Il sonne également dans bec, et dans les 
mots composés bec -de -lièvre, bec-de-grue, bec-de-cane, etc. 
Mais il est muet dans bec -jaune (qu'on écrit aujourd'hui 
béjaune). Prononcez béjône. 

C est encore muet dans échecs (nom du jeu): îin jeu 
d'échecs, jouer aux échecs; mais il sonne comme k dans être 
échec, échec au roi, échec à la dame, échec et mat, — et 
dans le substantif échec (perte), au pluriel comme au singulier. 

3*^ Dans les terminaisons ic: agaric, arsenic,^ aspic, 
basilic, bric-à-brac, Childéric, Chilpéric, Copernic, cric crac, 
diagnostic, le hic, laïc, mastic, ric-à-ric, tic, tic tac, etc. — 
Excepté dans cric, instrument pour soulever les fardeaux. On 
prononce kri. 

40 Dans les terminaisons oc: bloc, choc, estoc, foc, froc, 
hoc, Languedoc, manioc, nostoc, soc, stoc, troc, etc.; — dans 
les locutions croc -en -jambe, cela fait croc sous la dent, de 
bric et de broc. 

Mais le c est toujours muet dans accroc, raccroc, es- 
croc; — dans croc (instrument; harpon; certaines dents de 
quelques animaux, etc.), croc-de-chien (plante), moustache en 
croc. — Il est également muet dans broc (vase de bois pour 
tirer ou transporter du vin, etc.). Mais en poésie le c se 
prononce comme k (broJc) quand broc doit rimer avec froc, 
troc, etc., dont le c final sonne toujours. Même prononciation 
dans la locution de broc en bouche (broTc^an-bouche). Broc 
signifie ici broche. 

5® Toujours dans les terminaisons uc: aqueduc, caduc, 
saint Luc, stuc, suc, truc, etc. 

1 M. Morin fait prononcer arseni. Nodier se tait sur la prononciation de ce 
mot. Dans la conversation familière, on entend souvent arseni. 

9* 



]^32 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. - C. 

6^ Dans les terminaisons OllC, eue, inc: bouc, Pernambouc 
(vulgairement Fernambouc), Samt-Brieuc (ville), zinc (métal). * 
Prononcez boiiJc, . . . çain-bri-euk, zaink, etc. — On excepte 
caiitchoiic, dont le c est muet: ka-outt-chou. 

C final se fait encore entendre quand il est précédé de 
1, r, ou s: Bosc (nom pr.), brusc, buse, JDubosc (nom pr.), 
le fisc, Gasc (nom pr.), Lambesc (prince, ville), parc, talc, 
Turc, etc. 

Néanmoins, il est muet dans les noms propres Glercq, 
Leclerc, et dans les mots clerc, mauclerc, bien qu'il sonne 
comme k dans la locution clerc à maître. 

Il se prononce fortement dans Marc (nom d'homme): 
M'' Marc, ainsi que dans Marc-Antoine, Marc-Aurèle, saint 
Marc, l'évangéliste, et saint Marc, pape. — Dites mark, niark- 
antoane, mark-ôrèl, gain mark, gain mark. — Mais on ne 
le fait jamais entendre dans marc (poids de 8 onces dans notre 
ancien système), livre poids de marc, marc d'argent, marc 
de Hambourg, la place Saint- Marc (à Venise), le lion de 
Saint-Marc, du marc de raisin, ni dans Saint-Marc Girardin. 
Prononcez mar. 

Le c s'entend dans arc (sorte d'arme), arc de triomphe, 
arc-en-ciel, etc.; — mais non dans arc-boutant, arc-bouter, 
arc-doubleau (t. d'arch.), qu'on prononce ar-boutan, etc. 

Dans porc, le c est muet: un jeune porc, de la soie de 
porc, viande de porc. — Mais il se prononce devant une 
voyelle: ]iorc-épic, porc à engraisser, 

Le porc à s'engraisser coûtera peu de son. LA fontaine. 

Et toujours au figuré, comme ici: Le voilà à table! . . . il 
mange, il mâche, il se gave, il s'emplit . . . Regarde-le! le 
porc! V. HUGO. 

Donc se prononce donk au commencement de la phrase, 
ou quand il est suivi d'une voyelle ou d'une h muette: Il 
est votre père, donc vous devez le respecter. Vous êtes donc 



1 On appeUe 2in^«ur, l'ouvrier qui travaille le zinc. On dit moins ordinaire- 
ment, mais plus correctement, zinqutur. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — C. ^33 

heureux. — Ailleurs, le c est muet. — Voyez Liaison des 
mots entre eux, lettre C. 

One, OU oncques, vieux mots, qui signifiaient jamais, se 
prononcent onlc. 

Le c ne s'entend jamais dans Franc (ancien peuple), 
franc (monnaie), non plus que dans les substantifs composés 
où franc est suivi d'une consonne: Franc- Comtois, franc-fief, 
franc-maçon, etc.; mais il sonne comme k dans franc-alleu, 
franc-archer, franc-étahle. — Franc, adjectif (libre, sincère, 
etc.), se prononce fran; mais dans franc étourdi, à franc 
étrier, le c sonne comme k: frank étourdi, à franJc étrier. 

On prononce fortement le c de Francfort, Francforfois. 
Dites franJcfor, franJcfdrtoâ. 

Il est toujours muet dans ajonc, jonc, banc, blanc, fer- 
blanc, flanc, tronc. Mais on articule le c comme k dans la 
locution du blanc au noir. 

Il est encore muet dans lacs (cordon, piège, etc.), entre- 
lacs; et dans ces parties des verbes vaincre et convaincre: 
je vaincs, tu vaincs, il vainc; je convaincs, tu concaincs, il 
convainc, ainsi qu'à l'impératif. On prononce la, antrelâ, — 
vain, convain. 

Ch devant 1 ou r s'articule comme k: chlamyde, chresto- 
mathie, etc., et comme g dans drachme et ses composés: 
didrachme, tridrachme, tétradrachme. Prononcez Ma-mide, 
krèss-to-matî, dragme, didragme, tridragme, tétradragme. — 
Il est muet dans almanach; mais il sonne comme k à la fin 
de la plupart des noms: Munich, Rossbach, etc. 

Ch se prononce encore comme k dans Civita-Vecchia, 
gutta-percha, etc. Dites civita-vékia, gutta-pèrJca. — Quelques- 
uns prononcent tchivita-véMa. 

Dans les mots italiens, le c se prononce par quelques-uns 
à la française; par d'autres, à l'italienne, c'est-à-dire: cc 
comme c-ch; ce, ci, comme tche, tcM; ch comme k; sce, 
scî, comme che, chi; sch comme sk. Exemples: 

Carcere duro. Pron. carcéré durô et car-tchéré-dourô. 

Cicérone. Pron. cicérone et tchi-tchéroné (l'e final faible- 
ment senti\ 



J34 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — D. 

Concetti. Pron. concètti et conchètti. 

Crescendo, decrescendo. Pron. créçaindô et eréchaindô, 
décréçaindô et décréchaindô. 

Dolce. Pron. dolcé et doltcJié. 

Fantocchini. Pron. fantdJc-chi-ni. L'Académie dit /aw- 
tbtchini. 

Sotto-voce. Pron. sotto-vdtcJié. 

Même prononciation dans les noms: Brescia (ville), 
Caraccioli, la Cecchini (composition de Piccini), Crescentino 
(ville), Pallavicini, Ficcini (compos.), etc. — Prononcez brè-cia 
et brè-cMa, carak-cioU et caraJc-chi-oli, la cèk-cJiini, crè-çain- 
tinô et crè-chainti-nô , pallavicini et pallavi-tchini , pik-cini 
et pi-tchini. 

Voyez, aux lettres if et T, comment on prononce cli, 
sch et et, au milieu et à la fin des mots. 

Dans le redoublement, les deux c ne se prononcent 
ordinairement que lorsqu'ils sont suivis de e, i, in, ou y; 
le premier c s'articule alors comme k, le second comme s: 
accepter, accélérer, accès, Ajaccio, buccin, buccinateur, coccyx, 
succéder, succion, etc. On prononce ak-cèpté, . . . cok-cîss, 
etc. — Quoique suivis de a, les deux c se prononcent et 
s'articulent fortement comme deux k, dans peccable, peccadille, 
peccant, peccata, peccavi. On prononce pèk-kable, etc. 

x>. 

La consonne linguale d s'articule de deux manières: 
Articulation propre, d: dame, dépôt, cardinal, donjon, 

durée, etc. 

Articulation accidentelle, t: grand homme, entend-il, etc. 

— On prononce gran-tome, antan-til. 

D, au commencement et dans le corps des mots, conserve 
l'articulation propre: dame, devenir, dodu, adjoint, bdelle 
(insecte), bdellium (arbre), feld-maréchal, feldspath, feldzeug- 
meister, hebdomadaire, landsturm, landivehr, — Cambridge, 
Hudson, Land's End (cap), Landsberg (y. de Prusse), Lands- 
hut (v. de Bavière), Lindsay, Sandwich, etc. — Prononcez 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — D. ^35 

ad-joain, bdèl, . . . fèld-maréchal, fèld-spatt, fèld-seug-mèstèrr, 
. . . lande- stourme, lande-vèrr, kanbridje, . . . lande- zainde, 
lande-zbèrr, lande-zutt, lainde-cè, çan-douitche. 

On excepte Grandmenil (acteur), Grandpré (ville), Grand- 
vilUers (ville), landgrave, landgraviat, landgravine, Ladvocat 
(nom. pr.), qu'on prononce gran-me-nil, granpré, gran-vi-ié, 
lan-grave, . . . lavoka, etc. 

Dans les noms arabes, indiens, etc., commençant par Dj, 
on fait à peine sentir le d: Djafar ou Giafar, Bjamïk, 
Djebel ou Gebel, ou Gibel, BJeddah ou Giddali, Bjeypoiir 
ou BJelnagar, etc. Dans beaucoup de ces noms, on supprime 
même le d dans l'écriture. 

Finale, cette consonne se fait entendre dans la plupart des 
noms propres, et surtout des noms étrangers: Alfred, Arnold, 
Arphaxad (fils de Sem), Arteveld ou Artevelle, Bagdad, 
Biledulgérid (contrée d'Afriq.), Bilefeld ou Bielfeld, Carlsbad, 
Christiansand, Christiansfeld, Christianstad, Conrad, Bavid, 
Betmold, Ethelred (roi d'Angl.), Foidd, Fuad- Pacha, Gad, 
Galaad, Harold, Hermandad (la sainte), Hérold, Joad. Jenny 
Lind, Kadsand bu Cassandria (île), Léopold, NéJiavend (ville 
de Perse), Nemrod ou Nembrod, Novogorod, Obéid-Allah-Al- 
Malidy , Ormuzd, Port-Saïd, Rothschild, Saint- Avold (v. de 
France), George Sand, Stralsund, le Sund, Unterivald ou 
Undertvalden, ValladoUd, Wildbad, WinJcelried, etc. — Pro- 
noncez alfrèdd, arnoldd, arfak-çadd, . . . bilduljéridd, bil- 
fèldd, . . . kristian-çandd, Jcristianss-fèldd, Jcristianss-tadd, . . . 
fouldd, . . . gala-add, . . . jè-ni linn-d, kadçandd, . . . nème- 
rodd, . . . br-muz-d, por-ça-idd, rôtt-childd, çain-tavold, jorje 
çandd, . . . ontèrr-valdd, . . . vainkèl-ridd. 

On excepte Madrid (cap. de l'Espagne), Mohammed, ' 
Goimod (compos.), et tous les noms terminés par rd, and, 
aiid, auld, oiid, ond, dont nous parlons plus bas. 

D sonne encore à la fin des mots cid, éphod, lamed, 
(lettre hébraïque), lispund (poids d'Allemagne), poud (poids 
russe), 'pound (livre sterling), schippund ou schippond (poids). 



1 Le nom du prophète s'écrit Moliomtt. 



136 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — D. 

sud, 1 taled (voile), talmud ou thalmud, — et dans les locutions 
latines ad hoc, ad honores, ad patres, ad rem, etc. — Pro- 
noncez cidd, éfbdd, . . . Uss-pondd, poudd, pounn-d, chip-ponda, 
. , . ad bk, ado-norèss, ad patrèss, ad rème. 

Il se prononce encore dans les terminaisons dt, et alors 
le t est muet: Arndt (poète), Cronstadt, Darmstadt, G-old- 
schmidt, Helmsts:dt, Hermannstadt, Hochstedt, ou Hochstadt, 
ou Hœchstsedt (suivant Bouillet), Huniboldt, Jundt (peintre), 
de Pradt, Reichardf, Schmidt, etc. — Prononcez arnd, Jcronss- 
tadd, darme-stadd, gbld-schmidd, èïme-stèdd, èrr-mann-stadd, 
bk-stèdd, bh-stadd, èh-stèdd, onhold, jondd, pradd, ré-chardd, 
chmidd. — On excepte Rembrandt, que la plupart prononcent 
rain-hran; quelques-uns, ran-bran. 

Lied, pluriel lieder (mots allemands: chanson), usités en 
français, se prononcent îîd au singulier, et Kd'r au pluriel, 
en allongeant Ti dans les deux mots. 

D final est muet: 

1 Dans les terminaisons rd : Bayard, Bedford, Edouard, 
Eginhard, le Gard (riv.), Gérard, Mocquard, Oxford, Péri- 
gord. Picard, Ponsard, Richard, Stuttgard, ^ — abord, accord, 
bavard, bord, dard, épinard, lord, milord, nord, sourd, tard, 
vieillard, etc. — Prononcez ba-iar, bèd-fbr, . . . bks-fbr, etc. — 
On excepte nord-est, nord-ouest, que Ton prononce nor-dèstt, 
nor-douèstf. 

2 ^ Dans les terminaisons and, aid, aud, auld. end, ond, 
Oud: Cumberland, Friedland, Galland, Gand, Groenland 
(Grœnland ou Groenland, suivant Bouillet), le Jutland, îles 
Shetland, — allemand, command (t. de jurisp.), — laid, plaid 
(plaidoyer, manteau), — Archambaud, Arnaud, les Cabillauds, 
Regnaud, Vaud, Vergniaud, — badaud, saligaud, — Arnaiûd, 
Bertliauld, La Rochefoucauld, Reynauld, — un différend, 
refend, — Lhomond, Osmond, Pharamond, — gond, fond, 
fonds, — Saint-Cloud. — Prononcez Jconbèrr-lan, fri-èd-lan. 



1 Les marins pi-ononcent su. 

2 On écrit généralement Stuttgard. — BomUet, seul, dans son Dictionnaire 
d'Histoire et de Géograpliie, écrit avec t: Stuttgart. Toutefois, dans son Atlas 
d'Histoire et de Géographie, il se conforme à l'usage et écrit Stuttgard. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS — F. ^37 

galan, gan, gro-ain-lan, . . . chètt-lan, . . . le Icahi-iô, re-nô, 
va, vèr-gnô, badô, . . . ar-nô, hèr-to, la roche-fouM, re-nô, . . . 
tm diféran, etc. 

On excepte toutefois Christiansand , George Sand, Kad- 
sand, dont nous parlons plus haut. 

30 Dans Sainte- MeneJiouîd (ville). Prononcez çainte-me- 
ne-oul. — Quelques-uns disent çainte-me-nou. 

4^ Dans les verbes, soit que le d termine le mot ou 
qu'il soit suivi d'une S: je mords, tu tords, elle coud, on 
perd, je confonds, tu prends, il fend, il répand, j'assieds, tu 
assieds, il sied, etc. — On prononce je mor, etc. 

Pour les cas où ces verbes précèdent leur sujet, voyez 
Liaison des mots entre eux, lettre D. 

5 Dans les mots crid (sorte de poignard des Malais), un 
fonds (terre, somme, capital, etc.), muid, nid, nœud, palinod 
(ode à la Vierge), cotivre-pieds , marchepied, poids, trépied. 
— On prononce kri, fon, mui, . . . neu, etc. 

A l'égard des mots fécond, fond, froid, grand, pied, 
profond, quand, second, le d final se prononce quelquefois 
quand le mot suivant commence par une voyelle ou une h 
muette. (Voyez Liaison des mots entre eux, lettre D.) 

Quand et quand (vieille locution: en même temps) se 
prononce Jcan-té-Jcandd. 

Le d ne se double que dans l'Adda (rivière d'Italie), 
addition, quiddité, Edda (^livre sacré des anciens Scandinaves), 
le Sadder (livre contenant les dogmes des Parsis ou Guèbres); 
dans quelques noms arabes: Djeddah, etc., où les deux d se 
prononcent dans le langage soutenu; et dans additionnel, 
additionner, adducteur, adduction, reddition, où Ton ne pro- 
nonce toujours qu'un d. 

F. 

Cette consonne labiale s'articule de deux manières: 
Articulation propre, f, comme dans facile, fête, fils, force, 

fumer, etc. 

Articulation accidentelle, v, comme dans neuf ans, neuf 

hommes, etc. — On prononce neu van, neu vome. 



J38 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — F. 

Au commencement et au milieu des mots, cette lettre 
conserve toujours l'articulation propre: facile, fidèle, foudre, 
fouler, funèbre, défaire, enfouir, orfèvre, etc. — On excepte 
Neufcliâteau, etc., dont il est parlé plus bas. 

A la fin des mots, la consonne f fait encore entendre 
l'articulation propre: Azof [mev d'), has-relief Brébeuf (poète), 
bref, brief, canif, Dusseldorf, Elbeuf (ville), fief, gnaf (savetier, 
expression populaire), grief, if, juif, lof (t. de mar.), méchef, 
mœuf (mode d'un verbe), motif, naïf, nef, neuf (nouveau, fait 
depuis peu), le Pont- Neuf, soidiers neufs, Pepin-le-Bref, 
pouf, raf (t. de mar.), récif, relief, rosbif (orthographe de 
l'Acad.), sauf, serf, soif, suif, tarif, turf, tuf, veuf, Wiclef, 
vif, Wolf, etc. — On prononce, en faisant sentir l'articulation 
f, aussi bien devant une voyelle qu'ailleurs: bas-relief admirable, 
bref en tout, habit neuf à la m^de, rosbif excellent, sauf avis 
contraire, soif 'ardente, suif à vendre, veuf en secondes noces, 
vif-argent, etc. 

Il y a quelques exceptions: 

1^ La lettre f est toujours muette dans clef, qu'on 
prononce hlé. 

2^ Eteuf (petite balle pour jouer à la paume) se prononce 
éteu. Mais en poésie, l'f se fait entendre devant une voyelle 
ou une h muette. 

3 ^ L'f sonne toujours dans chef: chef de bataillon, chef de 
maison, chef de cuisine, un chef habile, chef-lieu, etc. — Mais 
elle est muette dans chef-d'œuvre. On prononce chè-deuvr'. 

40 Dans bœuf, l'f se prononce toujours: îin gros bœuf, 
un bœuf gras, un bœuf maigre, manger du bœuf, une tranche 
de bœuf, bœuf à la mode, des peaux de bœuf, le bœuf Apis, 
etc. — Mais cette consonne est muette dans le bœuf gras 
(bœuf qu'on promène pendant le carnaval), du bœuf salé, 
et dans le pluriel bœufs. On prononce beu gra, beu calé, beu. 

5^ On fait entendre l'f dans cerf, au singulier. Tel 
est le sentiment du plus grand nombre. (Voyez l'Académie, 
Nodier, etc.) — Mais on ne la prononce pas dans le pluriel 
cerfs, non plus que dans les expressions cerf dix-cors, le cerf 
est aux abois. Elle est également muette dans cerf-volant. — 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — F. j 39 

Prononcez im cèr/f, des cèrr, cèrr dix-cors, le cèrr est aux 
abois, cèrr-volant 

6^ La consonne f se prononce dans nerf, au singulier. 
Mais elle est muette dans le pluriel nerfs, ainsi que dans 
nerf de bœuf, et dans nerf employé au figuré: L'argent est 
le nerf de la guerre. — On prononce un nèr/f, des nèrr, 
nèrr de heuf, l'argent est le nèrr de la guerre. 

70 L'f sonne dans œuf, au singulier: un œuf à la coque, 
un œuf d'autruche , c'est un œuf gâté, des coquilles d'œuf, 
etc. — Mais on ne la prononce pas ordinairement dans un 
œuf frais, un œuf dur, un œtif fécondé. Dites eu frais, eu 
dur, etc. — Au pluriel, Vf est toujours muette: des œufs 
d'autruche, etc. Prononcez eu. Quelques personnes font 
entendre l'f dans un cent d'œufs. 

On ne fait pas sentir l'f dans Neuf-Brisach, Neufbourg, 
Neufchâteau, Neufchâtel. On prononce neu-brizalc, neu-bour, 
etc. — Mais elle se fait entendre à la fin des noms: Château^- 
neuf-sur- Loire, etc. 

Le mot neuf, nom de nombre (et tous les composés: 
dix-neuf, trente-neuf, etc.), se prononce, suivant les cas, neu, 
neuv, ou neuf (eu toujours ouvert, comme dans seul, leur). 

On prononce neu et neuv quand neuf est suivi d'un mot 
qu'il détermine, qu'il multiplie; on dit alors neu devant une 
consonne ou une h aspirée, neuv devant une voyelle ou une 
h muette. Exemples: 

Prononcez neu: — Neuf personnes. Trente-neuf harpes. 
Dix-neuf Suédois. Deux mille neuf cents francs. Vingt-nevS 
fois six. Neuf mille neuf cent un. Cent neuf hiboux. Neuf 
hameaux. Soixante-neuf petites maisons. Etc. 

Prononcez neuv: — Neuf autres personnes. Il a neuf 
amis. Dix -neuf Italiens. Cent neuf anciennes médailles. 
Vingt-neuf heureuses familles. Etc. 

Dans tout autre cas, c'est-à-dire quand neuf n'est pas 
suivi d'un mot qu'il détermine, qu'il multiplie, on prononce 
neuf, comme dans ces exemples: Cinq et quatre font neuf. 
Le neuf de pique. Le vingt-neuf mars. Page dix-neuf. 
Page cinquante-neuf. L'année dix-huit cent quatre-vingt-neuf. 



240 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. _ G. 

Oter huit de neuf. Trois cent neuf sont restés sur le champ 
de bataille. Cent neuf ont revu leurs foyers. Etc. 
Toute autre prononciation est vicieuse. 

(Voyez, aux lettres Q, T, X, comment se prononcent 
deux, cinq, six, sept, huit, dix, vingt, et cent.) 

Quand la consonne f est doublée, on n'en fait toujours 
entendre qu'une; affaire, biffer, difficile, etc., se prononcent 
donc a-faire, bi-fer, etc. — Voyez, page 54, la prononciation 
des mots où les deux f sont précédées d'un e. 

Ph fait toujours entendre l'articulation propre de l'f. 
Nous en parlerons à la lettre H. 

o. 

Cette consonne palatale s'articule de trois manières: 
Articulation propre, g dur, comme dans gala, guérir, 
guidon, etc. 

. ^. , ,. .1 , „ / j, comme dans aéwir. ai?e#, etc. 

Articulations accidentelles, < , , , ;. -^ ' 

l. k, dans long hiver, etc. 

Devant a, 0, u, le g se prononce toujours dur: garantie, 
Sganarelle, suffragant, le Congo, golfe, Saragosse, aigu, guttural, 
etc. — Il se prononce encore avec l'articulation propre devant 
les consonnes: Bagdad, gloire, Gmund ou Gemiind (v. des 
Etats autrichiens), grand, sanglier, etc.; excepté devant n 
dans un assez grand nombre de mots, où quelquefois il forme 
avec cette lettre un son mouillé: digne, règne, etc. — Quelle 
que soit sa position dans les mots, cette consonne n'a jamais 
rien de l'articulation gutturale qu'elle fait entendre en allemand. 

Devant e, i, y, le g prend l'articulation douce (chuintante) 
du j: gémir, Magellan, gilet, gingembre, gymnase, etc.; excepté 
dans quelques mots étrangers, dont nous parlerons plus loin. 

Dans gigantesque et gigot, on entend l'articulation douce 
dans la première syllabe, et l'articulation propre (dure) dans 
la seconde. 

L'e que l'on ajoute après le g dans beaucoup de mots 
est absolument muet, et ne sert qu'à ôter au g l'articulation 
propre pour lui donner celle du j: c'est ainsi que Ton écrit 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. J4J^ 

nous mangeons, il forgea, etc., pour que l'on prononce 
manjons, forja. 

De même, Tu qui suit le g et précède une des voyelles 
e, i, est également muet, et ne sert qu'à ôter au g l'articu- 
lation accidentelle du j, que l'usage y a attachée dans ces 
circonstances, pour lui rendre l'articulation qui lui est propre: 
guérir, guéridon, guitare, sanguinaire, se targuer, etc. 

Si dans les verbes en guer on place un u entre g et a, 
ou entre g et 0, c'est uniquement pour se conformer à 
l'analogie. Ainsi l'on écrit il conjuguait, il narguait, nous 
voguons, nous divaguons, que je conjuguasse, etc., parce que 
ces temps se forment de conjuguant, narguant, voguant, diva- 
guant, je conjuguai, etc., mots dans lesquels l'usage a conservé 
l'ii du présent de l'infinitif; mais cet u est absolument nul 
pour la prononciation. 

Toutefois, il y a quelques mots dans lesquels la com- 
binaison gu fait diphtongue avec la voyelle qui suit, et se 
prononce gu, comme dans aiguille, linguistique, etc. (prononcez 
aigu-iye, lingu-istiTc) ; ou gou, comme dans Guadeloupe, lingual, 
etc. (prononcez gou-adeloupe, lingou-aï). Nous allons présenter 
la liste de tous ces mots. 

Mots dans lesquels g u se prononce gu (g dur avec le son 
propre de l'u) et fait diphtongue avec la voyelle qui suit: 
aiguïllade (égu-i-iade), \ aiguilUère (égu-i-ièrr), filet, 



aiguillât (égu-i-ia), 
aiguille (égu-i-ye), 
aiguillée (égu-i-ié), 
aiguiller (égu-i-ié), 
cap des Aiguilles (égu-i-ye), 
aiguilletage (égu-i-ye-tâje), 
aiguilleter (égu-i-ye-té), 
aiguillette (égu-i-iètt), 
aiguillettier (égu-i-iè-tié), 
aiguillier (égu-i-ié), 



aiguillon (égu-i-on). 
Aiguillon (égu-i-ion), ville, 
duc d'Aiguillon (égu-i-ion), 
aiguillonner (égu-i-io-né), 
aiguisage (égu-izâje), 
aiguisement (égu-ize-man), 
aiguiser (égu-izé), 
aiguiserie (égu-ise-rî), 
aiguiseur (égu-izeur), 
ambiguïté (an-bigu-ité), ^ 



I L'Académie écrit avec tréma ambiguïté, contiguïté, exiguïté, qui ont pour 
adjectifs ambigu, eontigu, exigu. Mais sans tréma consanguinité, qui a pour adjectif 
consanguin. 



142 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



anguis (an-gu-îss), serpent, 
arguer (argu-é), et toutes les 

parties de ce verbe, 
Maiguillonné (biè-gu-i-iô-né), 
bionguiculé (bi-on-gu-iku-lé), 
consanguinité (kon-çangu-i- 

nité),^'^ 
contiguïté (kontigu-ité) ,^ 
exiguïté (ég-zigu-ité), * 
exonguiculé (ég-zongu-ikulé), 
guembé (gu-anbé), fruit, 
le Guide [H.-Reni Guido, dit 
le Guide, peintre] {le gu- 
ide, — gu-ido), 
Guipuscoa (gu-ipuss-ko-a), 
Guise (gu-îze), famille fran- 
çaise),-^ 
Guise (gu-îze), ville, ^ 
Guizot (gu-izô), 
iguane (i-gu-ane), reptile, 
inaiguisé (i-négu-izé), 
inextinguible (i-nèks-tain-gu- 

ible), '^ 
inextinguibilité (i - nèks - tain- 

gu-ibilité) ,'^ 
inguinal (ain-gu-i-nal) , 
inguino-cutané (ain-gu-i-nô- 

ku-ta-né), 
inonguiculé (i-nongu-i-hulé) , 
jaguar (ja-gu-ar), 
linguifère ( lain-gu-i-fèrr) , 



linguifolié (lain-gu-i- folié), 
lingui forme (lain-gu-i- forme), 
linguiste (lain-gu-istt), 
linguistique (lain-gu-istik), 
linguisuge (lain-gu-i-çuje), 
Longuyon (lon-gu-i-ion), ville 

sur le Chiers, 
onguiculé (ongu-i-kulé), 
onguicure (ongu-i-kurr), 
onguiforme (ongu-i- forme), 
pinguédineux (pain-gu-édi- 

neu), 
pinguicole (paingu-ikol), 
pinguifolié (paingu-i folié), 
pinguinal (paingu-i-nal) , 
pinguitude (paingu-itude) , 
rédarguer (rédargu-é), et toutes 

les parties du verbe, 
sanguificatif (çangu-ifikatif) , ^ 
sanguification (çangu-ifikadon), 
sanguifier (çangu-ifié), 
sanguifique (çangu-ifik), 
sanguinolaire(çangu-i-nolèrr), 
sanguinole (çangu-i-nàl), 
sanguisorbe (çangu-i-çorbe) , 
sanguisuge (çangu-i-çuje), 
subonguiculé (çub-ongu-ikulé), 
unguéal (ongu-é-al), 
unguiculé (ongu-i-kulé), 
unguifère (ongu-ifèrr), 
unguis (ongu-îss). 



1 Voyez la note page 141. 

2 Dans consariguinité , gui se prononce en diphtongue: gu-i; mais non dans 
consanguin, consanguine (konçangain, Jcotiçangine, g dur). 

3 Mais dans guise, façon, manière: chacun vit à sa guise, etc., l'u est muet: 
gize (g dur). 

4 La plupart prononcent aujourd'liui, en rendant l'n muet: i-niks-tain-gible 
(g dur), i-nèks-tain-gihilité {g dur). 

5 Diphtongue dans ce mot et dans les sept suivants; mais non dans sanguin, 
sanguinaire, sanguinolent, qu'on trouvera plus loin. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. ^43 



Gu ne se prononce gou que devant a, et, sauf quelques 
exceptions, seulement dans les noms espagnols et italiens. 
Voici la liste de ces mots: 



Aguado (agou-ado), 
alguazil (al-gou-a-zïl), 
Guacara (gou-alcara) , ville, 
Guadalaviar (gou-adalaviar), 

riv,, 
Gîiadalaxara (gou - adalak- 

çara), ville, 
Guadalcanal (gou-adalkanal), 

ville, 
Guadalcanar (gou - adalka- 

nar), île, 
Guadalète (gou-adaUtt) , riv., 
Guadalope (gou-adalopp), riv., 
Guadalquivir (gou-adalMvir), 

riv., 
Guadalupe(gou-adalupp), \ïlle, 
la Guadeloupe (Ugou-ad-loupp), 
Guadarrama (gou- adar- ra- 
ma), riv., 
Guadiana (gou-adi-a-na), riv., 
Guam (gou-ame), île, 
Guanahani, ou San- Salvador 

(gou- a -na- a- ni), une des 

Lucayes, 



guano (gou-a-nô). 
Guaranis, ou Guaranis (gou- 
ara-nîss, ouara-nîss), peup- 
les indigènes de l'Amer, 
mérid., 
Guarda (gou-arda), v. du 

Portugal, 
Guardafui (gou-arda fu-i), 
Guarini (gou-ari-ni) , savant 

italien, 
Gîiarino (gou-ari-nô), philolo- 
gue, 
Guastalla (gou-astalla), ville, 
Guatemala ou Guatimala (gou- 

até-mala, gou-ati-mala), 
Guatimozin (gou-ati-mô-zain), 

empire indien, 
Guayaquil (gou-a-ia-Ml), 
la Guayra (la gou-a-ira), 
lingual (laingou-al), 
linguatule (laingou-atul), 
paraguante (paragou-ante), 

vieux, 
sublingual (çuh-laingou-al). 



Partout ailleurs, gu n'a que la valeur du g dur, c'est-à- 
dire que l'u est tout à fait nul pour la prononciation. Voici 
quelques-uns de ces mots: 



aguerrir (a-gè-rir, g dur^, 
d'Aguesseau (da-gè-çô, g dur), 
aiguade (é-gade), 
aiguail (é-ga-ye, l mouillée^, 
aiguayer (é-gé-ié, g dur), 
Aiguës- Mortes(èg-morU, g dur), 
aiguière (é-gi-èrr, g dur^, [ville. 



aiguiérée (é-gi-éré, g dur^, 
anguille (an-gi-ye, g dur, Il 

mouillées^, 
anguillière (an-gi-ièrr, g dur. 

Il mouillées^, 
barguigner (bargi-gné, gi dur, 

gné mouillé^, 



;144 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. 



béguin (bé-gain), 
consanguin (konçan-gain), ' 
déguiser {dégl-zé, g dur), 
distinguer (diss-taingé, g dur),^ 
droguiste (dro-giste, g dur), 
envergure(an-vèrr-gur, g dur),^ 
étranguillon (étran-gi-ion , g 
dur, Il mouillées), maladie 
des chevaux, 
figuier {fi-gié, g dur), 
Guadet {ga-de), Girondin, 
guagui {ga-gi, g dur), vieux: 
tille ou femme qui a beau- 
coup d'embonpoint et d'en- 
jouement, 
guangue (gange, g dur), rat, 
guède (gèdd, g dur), plante, 
la Gueldre (la geldr', g dur), 

contrée, ville, 
les Guelfes (gèlf, g dur), 
Gucrche (gèrche, g dur), ville, 
guerdon (gèr-don), vieux; 
guerlin {gèr-lain, g dur), 
Guernesey {gèr-ne-sè, g dur), 
guerroyer (gè-roa-ié, g dur), 
guettardes {gè-tardd, g dur), 

plantes, 
gueule {geul, g dur), 
gui (gi, g dur), plante, 
guib {gih, g dur), quadr., 
guide, guider, guidon, {gide, 
gidé, gidon, g dur),'* 



la Guiane, ou mieux Guyane 

{gi-ane, g dur), contrée, 
la Guienne, ou mieux Guyenne 
{gi-ène, g dur), anc. pro- 
vince de France, 
giligne {g igné, g dur, gne 

mouillé), 
guigner (gigné, gi dur, gné 

mouillé), 
guillemet (gi-ye-mè, g dur, U 

mouillées), 
guimbarde (gain-barde), 
guimauve {gi-môve, g dur), 
guimpe (gainpe), 
guipure (gi-pûrr, g dur), 
guinder [gain-dé), 
guinée (gi-né, g dur), monnaie, 
Guinée {gi-né, g dur), contrée, 
Guines {gine, g dur), ville, 
Guingamp {gain-gan), ville, 
guinguette (gain-gètt, g dur), 
Guiot (gi-ô, g dur), nom pr., 
guise {gize, g dur^, façon, 

manière, ^ 
guit-guit{gitt-gitt, g dur),oiseàUy 
Guy {gi, g dur), nom. pr., 
Guyot {gi-iô, g dur), nom pr., 
langueyer {langé-ié, g dur), 
Lesdiguières {lèss - digièrr, g 
dur, ss un peu comme z), 
marguillier {margi-ié, g dur, 
Il mouillées). 



1 Voyez consanguinité, page 142. 

2 Et toutes les parties des verbes en guer (excepté arguer, rédarguer, 
page 47): distinguer, il distingua; haranguer, tu haranguais; intriguer, nous intri- 
guerons; etc. 

3 Non anvèrjur, comme prononcent certaines personnes. 

4 Diphtongue dans le Guide, peintre. Voyez page 142. 

5 Mais diphtongue dans Guise, ville, et dans Guise, famille française. Voyez 
page 142. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. 



145 



Paraguay (paragè, g dur), 
Paraguayen (paragé-iain, g 

dur;, 
Bomiguière(ro-mi-gièrr, g dur), 
rugueux (ru-geu, g dur), 
sanguin (çangain),^ 
sanguinaire (çangi-nèrr, g dur^, 

Dans le corps des mots, 
propre devant d, m, h: 
amygdale (a-mig-dal, g dur^, 
Arriglii (ari-gi, g dur^, général, 

sénateur, 
Bagdad, 
Berghen ou Bergen (bèrgène, 

g dur;, 
Birmingham (bir-main-game), 
boghel (bo-gè, g dur;, 
Borghèse (bor-gèze, g dur;, 
bourgmestre (bourg -mèstr', g 

dur;, 
Brighton (brig-ton, g dur;, 
Brougham,' 

BucMngham (bu-kain-game), 
Daghestan ou Bakistan (da- 

gèss-tan, g dur;, 
Brogheda (dro-géda, g dur;, 

V. d'Irlande, 
drogman (drbg-man, g dur;, 
Enghien (an-gain), 
énigme (é-nig-me, g dur;, 
feldzeugmeister (fèld-zeug-mè- 

stèrr, g dur;. 

On excepte: 1^ ghiaour, 
giaour; 2*^ les noms italiens. 



sanguinolent (çangi-no-lan , g 

dur;, 
se targuer (ce targé, g dur;, 
Uruguay (u-ru-gè, g dur;, 

fleuve, 
etc. 

g garde toujours l'articulation 

flegme (flègg-m'), 
flegmatique (flèg-matik), 
ghiaber (gi-abèrr, g dur;. Per- 
san adorateur du feu, 
Ghisi (gi-zi, g dur;, famille 

d'artistes, 
Kirghiz ou Kaisaks (kir-gîze, 

g dur;, 
Magdaléna (mag-daléna), 

fleuve, 
magdaléon (mag-daléon) , 
Magdebourg (mag-de-bour), 
Missolonghi (mi-ço-longi, g 

dur;, 
Nottingham (no-tain-game), 
Pygmalion (pig-malion) , 
pygmée (pig-mé), 
Bighi ou Eigi (ri-gi, g dur;, 
Eighikulm(ri-gi-koulnie, g dur), 
Shanghaï (chan-ga-i), 
stalagmite (sta-lag-mitt), 
stigmate (stig-matt), 
etc. 

mot turc, qu'on écrit aussi 
dans lesquels le g est à peine 



1 Voyez, page 142, la prononciation de sanguificatif, etc. 

2 Dans ce nom, comme dans beaucoup d'autres noms anglais, les lettres g>h 
sont nulles pour la prononciation, et l'a prend un son sourd qui tient de l'o firme et 
qui s'entend à peine: hroûmm. Beaucoup prononcent hrou-gamm. 

Lesaint, Prononciation française. Sme éd. \Q 



J46 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. 

senti: Dante AUghieri, etc.; 3^ les noms anglais terminés 
par gh: Castelreagh ou Castlereagh, Marlhorough, etc., dans 
lesquels le g est muet; 4^ Magdeleine ou Magdelaine, Mag- 
clelon, noms de femmes, et Magdelonnettes , ^ prison à Paris, 
mots dans lesquels le g est presque toujours supprimé au- 
jourd'hui dans l'écriture, comme il l'était depuis déjà long- 
temps dans la prononciation; 5^ les mots prognostic, pro- 
gnostique, prognostiqiter, qui s'écrivent maintenant sans g: 
pronostic, etc. — Prononcez ji-aour, ali-giérl {g dur, mais à 
peine senti), kast-le-rè (l'e final ouvert mogen), marl-bo-roii 
(presque mal-brou), mad-lène, mad-lon, mad-lb-nètt. 

Jimgfrau, montagne de Suisse, se ]^vononce jong-frô (g dur). 

Le g ne se fait pas entendre dans doigt, doigter, doigtier, 
legs, prélegs, sangsue, sangsuel (peu usité), vingt, vingtième, 
vingtièmement, vingtaine. — Prononcez doa, doa-té, doa-tié, 
le, prélè, çan-çu, çan-çuèl, vain, vain-tième, vaintième-man, 
vaintène. 

Il est encore muet: 1^ dans Augsbourg; 2^ dans les noms 
commençant par la syllabe Long suivie d'une consonne: 
Longchamps, Longjumeau ou Lonjumeau, Longwood, etc.; 
30 dans les noms commençant par Koenig: Kœnigsberg, 
Kœnigsbruck, Kœniggrx.tz, KœnigsmarcJc, Kœnigstein, etc. — 
Prononcez ôz-bour, lon-chan, lon-jumô, lon-voudd (le v à peine 
senti), lié-nize-bèrr, M-nize-bruk, Jcé-nigrètss, Jcé-niss-marJc, 
Jcé-niss-tain. — Toutefois, le g sonne dans Longwy (ville) et 
dans Long-Island. Dites lon-goui, lon-giss-lan {g dur). 

L'Académie, aux mots cangrène, cangréner, cangréneux, 
renvoie à gangrène, etc., où elle dit: On prononce cangrène. 
Nodier, dont le Dictionnaire n'est qu'un extrait de celui de 
l'Académie, donne la même prononciation. Mais tous les 
médecins, le plus grand nombre du moins, disent aujourd'hui 
gangrène, gangrener, gangreneux, prononciation que recom- 
mande aussi Aubertin. Le peuple seul dit cangrène.'^ 



1 L'Acadëmie écrit ces noms toujours sans g: Madeleine, etc. 

2 Le Dictionnaire de Richelet (Amsterdam, 1732) renferme cet article: 
"Cangrène, Cangraine, ou Gangraine, Gangrène. Ménage (1613 — 1692) se déclare pour 
Cangrène." — Il semble résulter de là qu'on prononçait autrefois plutôt kangrène que 
gangrène. Mais l'orthographe gangrène étant la seule usitée aujourd'hui, pourquoi 
donner au g l'articulation du c? 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. 



147 



Frangipane (sorte de pâtisserie) se prononce franjipane. 
Le peuple dit franchipane. 

La combinaison gn, au milieu des mots, se prononce 
presque toujours avec le son mouillé gne, comme dans digne, 
oignon, signal, etc. — (On ne peut représenter ce son par 
des signes graphiques, il faut l'entendre prononcer: c'est le 
son que rend la terminaison ng du participe présent des 
verbes anglais.) 

Mais dans une soixantaine de mots, gn, soit initial, soit 
dans le corps des mots, fait entendre deux sons: g dur et n. 
— Voici la liste des mots de cette dernière classe: 



agnante (ag-nantt), arbrisseau, 
agnat (ag-na), 
agnation (ag-nacion), 
agnatique (ag-natik), 
agnus ou Agnus Dei (ag-nûss, 

ag-nâss dé-i), * 
agnus-castus {ag-miss l-ass-tûss), 
anagnoste (a-nag-nosU), 
cognât (Jcog-na), 
cognatif (hog-natif), 
cognative (Jcôg-native), 
cognation {kdg-nacion), 
diagnostic (di-ag-nbstik), 
diagnostique (di-ag-nbstïk), 
géognosle {jé-bg-nôzî), 
Gnide (gnide, g dur), ville, 

temple, 2 
gnome (gnome, g dur), 
gnomlde {gno-mide, g dur), 
gnomique {gno-mih, g dur), 
gnomon (gno-mon, g dur), 



gnomonlque (gno-mo-nik, g dur), 
gnostic Isme (gnoss -ti- ciss - m '; 

g dur), 
gnostique (gnoss-tik, g dur), 
gnou (gnou, g dur), mammifère. 
Igname {ig-name), 
igné (ig-né), 
ignéologie {ig-né-olojî) , 
ignéologue [ig-né-olog, les deux 

g durs), 
ignescence {ig-nès-çanss), 
ignescent (ig-nès-çan), 
ignicole {ig-nikoï), 
Ignicolore {ig-nïkolbr), 
ignifère (ig-nlfèrr), 
ignigène (ig-nijène), 
ignispicie {ig-niss-picî), 
ignispicien (ig-niss-pi-ciain), 
ignition [ig-nicion), 
ignivome (ig-nivôme'), 
ignlvore (ig-nivbrr), 



1 L'Académie se tait sur la prononciation de ce mot, ce qui veut dire: Pro- 
noncez en mouillant gn: a-gniis. Nap. Landais et Larousse disent ag-nus (g dur). 
Ce mot étant tout latin, cette dernière prononciation nous paraît préférable. 

2 Gn au commencement des mots se prononce toujours dur; excepté dans gnaf 
(expression populaire: savetier), où il prend le son mouillé. 

10* 



148 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



G. 



impignoration (ainpig-nora- 
cion), 

inexpugnable{i-nèkspug-nahle), 

lignite (lig-nitt), 

magnat {mag-na), 

Magnificat (mag-nifikatt), can- 
tique, 

magnifier (mag-nifié),^ 

magnolier (mag-nolié), 

patJiognomonique (pa-tog-no- 
mo-nîk, g dur), 

physiognomonie {fi-ziog-no-mo- 
nî, g dur), 

physiognomonique {fi-zibg-no- 
mo-nik), 

Partout ailleurs, gn donne le son mouillé (qui s'entend 
dans digne, signe, règne, etc.). Voici quelques mots de 
cette classe: 



pignoratif (jpig-noratif, g dur), 
pignoration {pig - noracion , 

g dur), 
pignorer (pig-noré, g dur), 
Progné (prôg-né, g dur), 
récognitif {rékbg-nitif, g dur), 
récognition (rékog-nicion),' 
régnicole (rég-nikôl, g dur), 
stagnant (stag-nan), 
stagnation (stag-nacion), 
stégnotique (stég-notik,. g dur), 
syngnote (çaing-nôtt, g dur), 

poisson. 



agnès (a-gnèss), 
cognassier (Jco-gna-cié), 
Compicgne (konpiègne et kon- 

piène), 
désigner idézi-gné), 
désignatif {dézi-gnatif), 
désignation (dézi-gnacion), 
dignitaire {di-gnitèrr), 
dignité (di-gnité), 
gnaf {gnaff, gn mouillé),^ 
Ignace {i-gnass), 
ignare (i-gnarr), 
ignoble (i-gnàW), 
ignominie (i-gno-mi-nî), 



ignominieux (i-gno-mi-nieu), 
ignominieusement (i-gno-mi- 

nieuze-man), 
ignorance (i-gnoranss), 
ignorant (i-gnoran), 
les frères ignorantins {i-gnor an- 
tain), 
imprégnahle (ain-pré-gnahle), 
imprégnation {ain-pré-gna- 

cion),* 
imprégner (ain-pré-gné), 
incognito (ain-co-gnitô),^ 
Joigny (Joa-gni), ville, 
lignée (li-gné), 



1 Mais dans magnificence, magnifique, magnifiquemenl, on mouille gn: ma-gnifi- 
çance, etc. 

2 Ce mot n'est pas dans l'Académie, mais il se trouve dans Bescherelle et autres. 

3 Voyez, page 147, la note au bas de la page. 

i L'Académie ne parle pas de ce mot; voir Bescherelle, etc. 
5 On prononce ordinairement en mouillant gn: ainko-gnitô. Quelques-uns font 
entendre le g et l'n: ainkbg-nitô. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. ^^Q 



magnanime (ma-gna-nime), 
magnanimement(ma-gna-mme- 

man), 
magnanimité (ma-gna-ni-mité), 
magnésie {ma-gnézï), 
magnétiser {ma-gnétizé), 
magnétiseur (ma-gnétizeur), 
magnétisme (ma-gné-tiss-m ') , 



magnificence (ma-gnifiçanss),^ 
magnifique (ma-gnifik), 
magnifiquement (ma-gnifik- 

man), 
maquignon (maki-gnon), 
maquignonnage {maki-gno-nâjé), 
se refrogner ou se renfrogner 

{re-fro-gné, ran-fro-gné). 



On se prononce encore avec le son mouillé dans les 
noms propres Regnard, Régnier, Régnier, Reignard. Dites 
re-gnar, re-gné, ré-gné, ré-gnar. 

Mais le g est tout à fait muet dans les noms suivants, 
où l'on ne prononce que l'ii: Clugny ou Climy (ancienne ab- 
baye), Regnard (auteur comique, mort à Paris en 1709), 
Regnaud, Regnauld, Regnaudin, Regnaiddin, Regnaiût et dans 
le mot signet (petit ruban pour marquer, dans un livre, 
Tendroit où l'on reste). — Prononcez klu-ni, re-nar , re-nô, 
re-nâ, re-nô-dain, re-nô-dain, re-nô, ci-nè. 

G devant e ou i, dans quelques mots étrangers, et prin- 
cipalement dans les noms allemands, garde Tarticulation pro- 
pre {g dur), Engelmann, Gessler, G-essner, Giessen, Hagel, 
Schlegel, Vogel, Wrangel (génér. prussien), etc. Dites (en 
donnant partout au g l'articulation dure qu'il a dans gala) 
ain-gel-man, gèss-lèrr, gèss-nèrr, gièss-cène, a-gèl, clilé-gel, 
vo-gel, vran-gèl. — Quelques personnes prononcent de même 
gitanos et gypsi (en français, bohémiens). 

Berger, Lange, et d'autres noms, se prononcent toujours 
à la française: bèrjé, lanje (e muet). 

Voyez, pages 24, 25, gentleman, gentlemen. 

Gl et gn, que les Italiens prononcent toujours avec son 
mouillé {g muet, l et n mouillées), n'ont pas toujours le même 
son en français. Voici toutefois quelques mots dont la pro- 
nonciation italienne est à peu près généralement adoptée: 

Bentivoglio, famille d'Italie. 



1 Mais gn se prononce dur dans magnifier. Voyez page 148. 



150 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. 

Broglie, famille originaire de Piémont, dont le véritable 
nom est Broglio ou Broglia: elle a donné à la France 
plusieurs hommes remarquables. 

Cagliari. — Cagîiostro. — Castiglione. — Tagliamento. 

Voglie, marinier. — De bonne voglie, locution: de bonne 
volonté, inusité aujourd'hui. 

Prononcez baintivo-li-ôr brb-ye (l'Z à peine sentie), ca-li- 
ari, ca-li-bss-trô, kasti-K-one, vo-ye (comme s'il y avait voWle 
avec U mouillées). 

Imbroglio (confusion, embrouillement) se prononce ain- 
bro-lio, à l'italienne, en mouillant gl, — ou ain-brb-ye, à la 
française, en appuyant sur brô, pour rendre le son mouillé 
ye. — Buoncompagnie se prononce bbne-kon-pa-ni, en mouillant 
légèrement Tn. Voyez l'article Uo. 

Adagio est tout à fait francisé: a-da-jio. — Mais à giorno 
fait entendre dj, le d articulé très vite: a djibrnô. 

final ne sonne jamais dans Aiireng-Zeyb, barlong, coing, 
dreyling (ancienne petite monnaie de Hambourg), étang, fan- 
bourg, hareng, Jehan de Meung, le Loing (rivière), NanJcing 
ou Nankin (v. de la Chine), oblong , oing, orang-outang, 
parpaing, Péking ou Pé-king (capitale de la Chine), penning 
(petite monnaie de Hollande), pfenning (monnaie d'Allemagne, 
qu'on écrit aussi en français fenin et fennin), poing, sang- 
dragon, sang-froid, schelling, sechsling (ancienne petite monnaie 
de Hambourg), seing, sterling (monnaie d'Angl.), tang (étoffe), 
Troplong (nom. pr.). — On prononce oran-zèb, barlon, ko-ain, 
dré-lain, étan, fô-bour, a-ran, jan d'meun {eun comme un 
dans chacun), le lo-ain, nan-kain, o-blon, o-ain, oran-outan, 
parpain, pé-kain, pé-nain, fe-nain, po-ain, çan-dragon, çan- 
froa, chlain, cèks-lain, gain, stèr-lain, tan, trô-lon. 

Le g final de long, rang, sang, ne se prononce que devant 
une voyelle ou une h muette: il s'articule alors comme k. 
(Voyez, plus loin. Liaison des mots entre eux, lettre 6r.) 

Le mot bourg (gros village) se prononce au singulier, 
bourk; au pluriel, bour. Telle est la prononciation la plus 
générale. — Quelques-uns prononcent bour dans tous les cas. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. ^^l 

Mais g: fait entendre l'articulation propre {g dur) dans 
£erg (comté, puis duché). — Dans Botirg ou Boiirg-en-Bresse 
(chef-lieu du départ, de l'Ain) , il fait entendre la même ar- 
ticulation quand Bourg est pris seul: Aller à Bourg, venir 
de Bourg (bourgg); mais il sonne comme k dans Bourg-en- 
Bresse Q)ourk-an-brèss), ainsi que dans Bourg-Argental (ville 
du départ, de la Loire). — Il est muet dans Bourg-de-Viza, 
Bourg -d'Oij sans, Bourg -la- Beine (près Paris), etc., et dans 
Anne du Boiirg ou Bubourg (conseiller au parlement sous 
Henri II). — Il est encore muet dans tous les noms de 
personnes et de lieux terminés par berg et par bourg. En 
voici quelques-uns: 

Annaberg (ville), Arensberg, Bamberg, Gerstenberg, Gut- 
temberg ou Gutenberg, Kœnigsberg, Lemberg (ou Léojiol, ou 
Léopolstadt: en polonais, Livoiv), 3£uhlberg, Matthieu Ldzns- 
berg, Nuremberg,^ Scanderberg (prince), Spitzberg, Wurtem- 
berg ou Wirtemberg, etc. — Charlottenbourg , Cherbourg, 
Cobourg, Edimbourg, Habsbourg, Hambourg, Harbourg, 
Lauenbourg, Laufenbourg, Lunebourg, Magdebourg, MecMem- 
bourg, Oldenbourg, Presbourg, Saint-Pétersbourg, SaUbourg, 
Schaumbourg, Strasbourg, etc. 

Prononcez ane-nabèrr, a-rainss-bèrr, banbèrr, gèrss-tain- 
bèrr (g dur), gu-tan-bèrr , . . . lain-bèrr, . . . matieu lainss- 
bèrr, nurain-bèrr ,^ . . . spitss-bèrr, . . . charlo-tanbour , . . . 
édain-bour, abs-bour, . . . lô-anbour, lo-fainbour, . . . mèklain- 
bour, oldain-bour, . . . chômm-bour, etc. 

Banzig et Leipzig, qu'on écrit le plus souvent en fran- 
çais Dantzick, Leipsich, se prononcent dantt-zih, lèp-cik. 

(J se prononce toujours dtir h la fin des noms et sub- 
stantifs suivants, dont la plupart sont étrangers: Adelung 
(savant allemand), Agag (roi des Amalécites), Boug ou Bog 
(riv. de Russie), Essling (village d'Autriche), ginseng (plante), 
grog, Hersog (compos.), humbug,^ lemming (quadr.), Lessing 
(célèb. auteur classique allemand), Liebig (célèb. chimiste 
allemand), Mengs (célèb. poète), Schlesivig, Schmerling (homme 



1 Voyez ce nom page 65. 

2 Voyez ce mot page 108. 



]^52 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. 

d'Etat allemand), thaliveg, whig, Yoimg (les Nuits d'), ' Yung,^ 
Zadig (conte), zigzag. — Prononcez, avec g dur partout: 
ad-long, agag, boug ou bog, èss-laing, jain-çang, grog, lièrzbg, 
. . . lème-maing, lè-çaing, lîbig, maing'ss, chlèss-vig, ehmèr- 
laing, tal-vèg, ouig, . . . zadig, zigzag. 

Dans joug, le g sonne un peu comme k. 

Il se prononce toujours avec l'articulation propre à la 
fin des mots chinois et japonais: bang (arbre), gong, le Hoang 
(fleuve), hong (marchand à Canton), le Kiang (fleuve), lûngs 
(livres sacrés), Magog (idole), etc. Dites, en faisant entendre 
tous les g, bang, ong, o-ang , ong, kiang, Jcaing, magog. — 
Hongkong et Shanghaï, qu'on écrit aussi Hong-Kong, Shang- 
Haï, se prononcent on-kong {g dur), chan-ga-i. 

Ing, au milieu et à la fin des mots anglais, se prononce 
ordinairement aingue en français: Abington, Bering (détroit 
de), Canning, Fielding, Harding, Harrington, Hasting (aven- 
turier), Hastings (ville), Morning Chronicle (journal), Morning 
Herald (journal), Morning Post, Washington, Wellington, etc. 
— Prononcez, avec g dur partout, a-baing-ton, bé-raing, 
ca-naing, fièl-daing, . . . ass-taing, . . . mornaing-kro-nikle, 
mornaing-érald, . . . vazaing-ton, vèl-laing-ton. 

Foreing-Office et Bolingbroke se prononcent fo-rigne ou 
forègne-ofice, bolain-brbk. ^ 

Lasting et pouding, mots tout à fait francisés, se pro- 
noncent lastaingue, poudaingue. — Quant à meeting, mot plus 
nouveau, la plupart disent mttigne, quelques-uns mîtaingue. 

Dans les mots où le g est doublé, on n'en prononce 
qu'un, excepté devant e; agglomérer, agglomération, aggluti- 
nant, aggraver, aggréger, etc., que l'Académie écrit d'ailleurs 
aussi avec un seul g, se prononcent donc a-glo-méré, etc. — 



1 Voyez Young page 103. 

2 Voyez ce nom page 109. 

3 La fréquence des communications entre la France et l'Angleterre et l'étude 
de la langue anglaise devenue aujourd'hui un besoin pour tous les Français, ont 
fait adopter par quantité de personnes la prononciation anglaise des mots importés 
par nos voisins. Entre gens instruits, on peut prononcer abigne-tbne, . . . ka-ni(ine, 
fU- digne, ardigne, . . . mbrnigne-kronikle , . . . oua-chigne-tune, ouè- ligne -tune, . . . 
bbligne-bibk, etc. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — G. 153 

Mais dans suggérer, suggestion, les deux g se prononceat, le 
premier dur, le second doux: çug-jé-ré, çug-jèstion. 

Grg dans les mots italiens: arpeggio, Reggio, etc., se 
prononcent comme dj: arpèd-jiô, rèd-jiô. 

Remarque. — On a vu, au commencement de cet article, 
que gu, suivi d'une des voyelles e, i, y, se prononce toujours 
dur. La prononciation de ces diverses combinaisons de lettres 
est cependant modifiée dans certains cas. 

ou gu, suivi d'un des sons a, e (son de l'e muet), 0, 
OU, an, on, se prononce toujours avec le son très dur qui 
s'entend dans gant, garder, etc.: 

Son a — Galop, régal, il brigua (du verbe briguer). 

(ga-lô) {ré-gal) {il bri-ga) 
Son e — Gruenon, bègue, orgue. 

(gue-non) (bègg) {orgg) 
Son — Gobelet, fagoter, gaider. 

(go-blè) {fa-go-té) {gô-lé) 
Son ou — Goât, dégoutter, ragoût. 

{goû) {dé-gou-té) {ra-goû) 
Son an — Gant, ingambe, conjuguant. 

{gan) {ain-ganbe) {conju-gan) 
Son on — Gond, second, ^ nous briguons. 

{gon) {ce-gon) {nou bri-gon). 
Mais gu, suivi d'un des sons é, è, i, eu, in, se prononce 
beaucoup moins dur, et un peu comme s'il y avait, après 
l'articulation g, un i formant diphtongue avec le son suivant: 
Son é — Gué, gai, briguer, je conjuguai. 

{guié) {guié) (briguié) {je conjuguié) 
Son è — Guerre, muguet, il briguait, je guette. 

(guièrr) {muguie) {il briguiè) {je guiètt) 
Son i — Gui, guidon, guillemet, sanguinaire. 

{guii) {guiidon) {gui-ye-me) çan-guii-nèrr) 
Son eu — Gueux, gueule, fougueux, longueur. 

{guieu) {guieuï) {fouguieu) {longuieur) 
Son in — Gain, guimpe, sanguin, béguin. 

{guiain) {guiainpe) {çanguiain) {béguiain). 

1 Voyez S0U8 lettre C, 2°, page 129. 



154 CONSONNES KT LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 

Dans la prononciation figurée, nous plaçons un i après 
gil, pour indiquer la légère diphtongue, ou plutôt le son 
légèrement mouillé qui se trouve dans ces mots; mais l'arti- 
culation du g ne forme qu'une émission de voix avec les 
sons é, è, i, en, in, et l'i ne s'entend pas du tout. * 

(j, suivi de il, comme dans aigu, virgule, etc., n'est pas 
si dur que devant les sons a, e muet, 0, ou, an, on; mais 
la différence est presque insensible. 

Les diverses nuances de sons que nous indiquons ici 
pour le g dur, et plus loin pour le q, quand cette lettre se 
trouve dans des cas identiques, ne sauraient être trop ob- 
servées par les étrangers, qui sont toujours portés à prononcer 
partout le g et le q aussi dur que dans gant, qualité, etc. 

H. 

Nous avons deux h en français: l'h muette et l'h aspirée. 

L'h muette, lettre purement étymologique, n'a pas plus 
d'influence sur la prononciation que si elle n'était point 
écrite. Les mots habitude, herbe, hiver, hôtel, hydre, etc., 



l Ch. Nodier et Nap. Landais, qui se sont attachés à figurer aussi exactement 
que possible la prononciation de tous les mots de la langue française, n'ont pas 
oublié de signaler ces nuances. Voici la prononciation qu'ils donnent: 

Prononciation figurée des mots où l'articulation g dur est suivie d'un des sons 
a, e muet, o, ou, an, on: 

Ch. Nodier. Nap. Landais. 

Son a — Galette ga-ïe-te guaVete 

Son e muet — Guenon ge-non, g dur guenon 

Son o — Magot ma-gô mâguô 

Son ou — Dégoût dé-goû dégou 

Son an — Brigand bri-gan Iriguan 

Son on — Gond gon gnon. 

Prononciation figurée des mots où Tarticulation g dvr est suivie d'un des 
sons é, è, 1, en, in: 

Ch. Nodier. Nap. Landais. 

Son é — Fatiguer fatig-é, g mouillé fatigtiié 

Son è — Guerre gè-re, g mouillé gtiière 

Son i — Gui gi, g mouillé gui 

Son eu — Gueule geu-le, g mouillé guieule 

Son in — Guimpe gin-pe, g mouillé guieinpe. 

Dans le Dictionnaire de Ch. Nodier, le g, dans la prononciation figurée, aussi 
bien devant e, i, y, que devant a, o, u, est toujours la représentation du g dur. — 
Dans Nap. Landais, cette articulation est toujours figurée par gn; gaJa, par exemple, 
est représenté par guala. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. - H. 155 

dont l'h est muette, sont donc regardés comme s'ils étaient 
écrits abitude, erbe, iver, Ôtel, ydre. On écrit et l'on prononce 
en conséquence l'habitude, VMver, l'hôtel, etc., non la habitude, 
le hiver, le hôtel, etc.; et de même il s'habitue, on n'hésite 
pas, ton habitation, un bel habit, etc., non il se habitue, on 
ne hésite pas, ta habitation, un beau habit. Et si c'est une 
consonne qui termine le mot précédent, on fait la liaison: 
un rigoureux hiver (rigoureu-zivèrr), de grands honneurs 
(gran-zb-neur) , etc. 

L'h aspirée, au contraire, étant regardée comme consonne, 

empêche l'élision de la voyelle finale du mot précédent, ou 

la liaison de la consonne finale. Ainsi, l'h étant aspirée 

dans haine, haïr, hernie, héros, hibou, hausser, honte, etc., on 

dira la haine, les\haines, je\haïssais, sa hernie, des\hernies, 

le héros, un grand\héros, un beau hibou, on ne haussera pas 

les prix, ta honte, etc., et^on l'haine, les haines, j'haïssais, 

sonhernie, l'héros, un grand héros, un bel hibou, on n'haussera 

pas, . . . torThonte. — Si le mot précédent est terminé par 

un e muet, comme dans funeste, grande, etc., on détache, 

dans la prononciation, les deux mots; ainsi, funeste hasard, 

grande honte, se prononceront en faisant un léger repos sur 

les finales esfe, ande: funeste\hasard, grande\honte ; la liaison 

ne devant pas se faire, ce serait une faute de prononcer 

funesteJiasard, grandPlionte (funèss-tazar, gran-donte). (Dans 

les vers, la dernière syllabe des mots terminés par un e muet 

et suivis d'une h aspirée, est comptée). — Mais quoique 

aspirée, la lettre h doit être prononcée sans le moindre effort 

guttural; par exemple, le hameau, la honte, ce héros, etc., 

se prononcent comme s'il y avait le ameau, la onte, ce éros, 

et non le ha-meau, etc., avec l'aspiration gutturale de la 

lettre h allemande. ^ 



1 Les étrangers aspirent presque toujours trop fort, à l'allemande: ils semblent 
ignorer que l'aspiration se borne à suppiimer l'h dans la prononciation, que la haine, 
par exemple, se prononce la aine. Dans la prose, dans la poésie, dans la déclama- 
tion même, il n'y a aucun effort guttural. S'il arrive à un acteur de prononcer sur 
le théâtre, dans une tragédie: ce héros, ... en détachant avec force le mot héros du 
mot ce, c'est afin de rendre tout le sentiment qui l'anime dans la circonstance: c'est un 
effet théâtral ; mais il n'y a pas plus d'aspiration qu'il n'y en aurait dans ce coquin, ce 
rusé coquin, que prononcerait le même acteur dans une comédie, en détachant également 



J56 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



Comme il n'y a aucune règle qui fasse distinguer les 
mots où Th est aspirée de ceux où elle est muette, nous 
allons présenter la liste exacte des mots où l'on aspire cette 
lettre. 



Liste de tous les mots 

ha! interjection, 

Mbler (â-ble), 

hâblerie (â-ble-rî), 

hâbleur, 

hâchard {a-char), 

hache, 

hachée {a-ché), 

hachement, 

hache-paille, 

hacher, 

hachereau (a-ch'-rô), 

hachette, 

hachis {a-chî), 

hachisch ou hatchich {a-chiche, 

att-chi), 
hachoir, 
hachotte, 
hachure, 
hagard, hagarde {a-gar, 

a-gardd), 
haha, ouverture au mur d'un 

jardin, 
hahé, cri, 
haie (è), 
haïe {a-ye), cri des charretiers, 



OÙ la lettre h est aspirée: 

haillon {a-ion), 

haim {ain), 

haine {ène), 

haineux, haineuse {é-neu, 

énettze), 
haïr {a-ir), 

haire {èrr), chemise de crin, 
haïssable {a-i-çahV), 
halage, 
halbran, 

halbrené {al-bre-ne), 
haie, 

hale-à-bord, 
haie-bas, 
haie-bouline, 
halebreu {al-breu), 
haie-dedans, 
halement, 
halener {al-ne), 
haler {a-lé), 
hâler [â-lé), 
haletant {al'tan), 
haleter {al'-te), 
haleur, 
halin, 



dans sa phrase, coquin, rusé coquin, et en appuyant fortement sur ces mots, afin 
d'exprimer tout son mépris pour le personnage auquel ils sont appliqués. — 
B. Jullien, une autorité compétente en cette matière, dit dans son Cours supérieur 
de Grammaire, à la lettre H, page 32: „L'h muette n'est qu'un signe orthographique, 
. ■ . nous n'avons donc pas à nous y arrêter. L'h aspirée, au contraire, empêche de 
faire sonner la consonne qui la précède sur la voyelle qui la suit, ou d'éllder l'e muet 
qu'elle a devant elle . . . C'est là tout ce qu'indique l'h aspirée dans une bonne pi-o- 
nonciation. Il n'est pas vrai du tout qu'elle fasse prononcer du gosier, comme on 
le dit partout, la voyelle suivante." 



C0K80NKES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. ^57 



hallage {a-lâjé), 

halle, 

hallebarde (al-hardd), 

hallebardier, 

hallehreda (al-breda), 

haïïer {al-lerr), plante, 

halles-crues {al-Jcrû), toile, 

hallie (al-lî), plante, 

hallier, 

halo, cercle autour des astres, 

halochimie (a-lochi-mî), 

halochimique, 

halodendre, 

haloennes {alo-ène), 

halogène, 

halographe, 

halographie, 

halographique, 

haloïde (alo-idd), 

haloir, 

halologie, 

halologique, 

halomancie, 

halomancien, 

halophïle, plante, 

halosachne {alo-çak-n'), 

halos-anthos {aloss-antoss), 

Jialot (a-lô), 



halotechnie {alotek-n%), 

halotechnique, 

halotessera ou muriacite {alo- 
tèss-ra), 

halothricum (alotri-Jcomé), 

halothrie, 

halque, espèce de genévrier, 

halte (alte), * 

halurgie, 

halurgique, 

hamac (a-inaTc), 

hamaux (a-mô), t. de pêche, 

hombonvreux {anbouvreu), 
bouvreuil de Hambourg, 

hamburge, t. d'hist. nat., 

hameau [a-mô), 

hamonie, insecte, 

hampe, 

hamster (ame-stèrr), 

han, cri sourd, etc., 

hanan-pacha, paradis des Pé- 
ruviens, 

hanap {a-napp),^ 

hanche, 

hangar, ^ 

hanneton (ane-ton), 

hannetoner, 

hanscrit ou sanscrit. 



1 En 1672, on écrivait alte (sans h) : 

Rien n'étonne, on fait alte. 

CORNEILLE. (Passage du Rhin.) 
orthographe conservée dans la bonne édition d'Amsterdam, Zach. Châtelain, 1740. 
C'était encore l'usage au temps de J.-B. Rousseau: 

Alte-là, direz-vous. (Ep. 1. liv. 1.) 
conservé même dans des éditions de ce siècle. C'est que halte, qui vient sans doute 
de l'allemand halten, signifie l'action de s'arrêter, mais en même temps l'action de 
relever l'arme, en signe de paix: c'est l'italien alto. 

2 On prononce aussi a-na. 

3 En 1788, le marquis de Villette écrivait sur le Salon: 

Foi7à les tableaux entassés 

Sous 2'angar de la renommée. (Londres, 1788.) 



J58 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



hanse, quelquefois anse, — 
h muette dans hanséatique, 
hansgrave (anss-grave), 

hansgraviat, 

hansière, — ou, avec h muette, 
haussière ou aussière, 

hantai, arbre, 

hante, sorte de pique, 

hanté, part passé de hanter, 

hanter, 

hantise, 

haplaire, plante, 

happe, crampon, etc., 

happe-chair, t. pop., 

happelourde, pierre fausse, 

happement, 

happer, saisir avidement: se 
dit du chien, 

haque (harengs à la), 

haquehute (ak-hute), arquebuse, 

haquebutier, 

haquenée {ak-ne), petite jument, 

haquet, charrette, 

haquetier (ah-tié), 

Har, myth. indienne, 

harache, poisson, 

harai (a-rè), tribut chez les 
Turcs, 

harame, arbre, 

harangue, 

haranguer, 

harangueur (aran-geur, g dur), 

haras {a-ra), lieu destiné à 
propager la race des che- 
vaux; — h muette dans 
haras, gros perroquet, qu'on 
écrit aussi hara, mais plus 
souvent et mieux, ara. 



harasse, 

harasser, 

harassier, peu usité, 

haraux (a-rô), ruse de guerre, 

harceler (arce-lé), 

harcellement {arcèl-man), 

harcourt, celui qui possède 
des haras, 

hard, t. de gantier, 

harde, troupe de bêtes fauves, 
lien qui attache les chiens, 

hardeau, plante, etc., 

hardées, t. de vénerie, 

hardelée, 

hardelle, troupe, cohue, vieux,. 

harder, t. de chasse, 

har des, tout ce qui sert à 
l'habillement, 

hardi, 

hardiesse, 
hardiment, 
harem (a-rème), 
hareng {a-ran), 
harengade ou harenguière (a- 
rangade, aran-gièrr, g dur), 
harengale (arangal, poisson), 
harengaison(aran-gè^on,gdur), 
harengère, 
harengerie, 

harenguière, voyez harengade, 
hargne, querelle, dispute, 
se hargner, 
hargnerie, 

hargneux, hargneuse, 
hargnière, t. de pêche, 
hargouler, vieux, 
haricot {a-ri-co), 
haridelle, cheval maigre, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. ^59 



haricli, serpent, 

harle, oiseau, 

harnachement, 

harnacher, 

harnacheur, 

harnais et harnois, 

hara, — crier haro, 

se harpailler (arpa-ié), 

harpailleur (ar-pa-ieur), 

harpaye {arpa-ye), oiseau, 

harpe, 

harpe, — chien harpe, etc., 

harpeau, t. de mar., 

harper, 

harpeste, jeu, 

harpie, 

se harpigner, 

harpin, croc de batelier, 

harpiste, 

har poire, t. de pêche, 

harpo-lyre, instrument, 

harpon, 

harponner, 

harponneur, 

harponnier, héron d'Amérique, 

harre, t. de pelletier, 

hart (ar), lieu d'osier, etc., 

harviau, t. de pêche, 

hasard {a-zar"), 

hasarder, 

hasardeusemeni, 

hasardeux, 

hase, la femelle du lapin ou 
du lièvre, 

hasna ou hasné (ass-na, ass- 
në), trésor particulier du 
grand-seigneur. — Le tré- 
sor public s'apelle miri. 



hasteur, 

hasties ou hastiUes, vieux, 

hastiforme, en forme de pique, 

hâte, 

hâtelet, t. de manufacture, 

hâtelettes, sorte de mets, 

hâter, 

hâtereau, mets, 

hâteur, qui surveillait les 

viandes à la broche, 
hatti-chérif ou hatti- schérif, 

rescrit du sultan, 
hâtier, chenet de cuisine, 
hâtiveau, sorte de poire ou de 

raisin précoce, 
hâtivement, 
hâtiveté, 

hâture, t. de serrurier, 
hauban, 

haubaner (ô-ba-né), 
haubanier, 

haubard (ô-bar), poisson, 
haubelone, fromage, 
haubereau, oiseau, 
haubergenier, ouvrier, 
haubergeon, petit haubert, 
haubert, jaque de maille, 
haulée, filet de pêche, 
hausse (ôss), 

hausse-col, plaque d'officier, 
haussement, 
hausse-pied, oiseau, 
hausse-queue, coquillage, 
hausser, 

hausset, t. de coutelier, 
haussier, 
haussoir, t. de meunier. 



IQQ CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



haut, haute, et tous les com- 
posés, qui vont suivre, 

haut-à-has (ô-ta-ba), petit 
mercier, 

haut- à -haut {ô-ta-6), cri de 

chasse, 
hautain, 
hautainement, 
hautbois (ô-boâ), 
hautboïste (ô-bo-istt), 
haut-bord (vaisseau de), 
haut-de-casse, t. d'imprimerie, 
haut-de-chausses (ôd-chôss), 
haut-dessus, t. de mus., 
haute-contre, t. de mus., 
haute-cour, tribunal supérieur, 
hautée, t. de pêche, 
haute-futaie {ôte-fute), 
haute- justice, 
haute-lice, 
haute-marée, 
hautement, 
haut-en-bas (ô-tan-bas), cri des 

ramoneurs, 

haute-paye {ôte-pè-ye), 

Hautes- Puissances, 

hautesse, 

haute-taille, t. de mus., 

hauteur, 

haut-fond, 

hautin, poisson, 

haut-justicier, 

haut-le-corps (ôl-Mr), 

haut-le-pied {pl-pié), 

haut-mal, le mal caduc, 

hautùrier, 

haûyne (a-ui-ne), minéral. 



Havamaal (avama-al), myth. 
Scandinave, 

hâve, pâle, maigre, 

haveau ou havenet, outil, 

havelée, t. de saunier, 

haveneaîi (ave-nô), t. de pêche, 

haveron, sorte d'avoine, 

havet, outil, 

havir, dessécher, vieux, 

havre, port de mer, 

havre-sac, 

hayer (a-ié), 

hé! (é) interj. pour appeler, 

heaume {ôme), 

heaumerie {ôme-ri), 

hèche (èche), 

hein {ain), interj. de surprise, 

héler, t. de mar., 

heller (èl-lèrr), ancienne monn. 
d'Allem., 

hem!{ème), interj. pour appeler, 

henné {ene-ne), arbrisseau, 

hennéhémimère, ou hennéhémi- 
mètre, ou hennéhémimétrique 
{ène-né-émi-mèrr, etc.), se 
dit de la césure d'un vers, 

henner [ène-nèrr), 

hennir {a-nir), 

hennissement (a-niss-man), 

Henriade (la), poème de Vol- 
taire, 

héraut {é-rô), 

hère {èrr), homme sans mérite, 
sans considération: un pau- 
vre hère, 

hérillard {éri-iar), hérisson, 

hérissée, chenille, 

hérissement, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. ^q^ 



hérisser, 
hérisson, 
hérissonne, chenille, femme 

grondeuse, etc., 
hérissonne, t. de blason, 
herniaire (èr-nièrr), 
hernie (èr-nî), ' 
hernie, 
hernieux, 
héro, papillon, 

héroïfier {éro-ifié), — vieux, 
héron, oiseau, 
héronneau, 
héronnier, 
héronnière, 
héros {é-rô),^ 
herpaille, t. de vénerie, 
herpe, dartre, etc., 
herpès (èr-pèss), ulcère, 
herpes-morines (èrp . . . ), 
herpeste, t. de bot., 
herpétique, dartreux, 
herque, râteau, 
hersage, 

herse, instr. de labourage, 
hersement, 
herser, 
herseur, 
hersillon, 
hêtre, arbre, 
heu! (eu), interj. d'admiration. 



heurt (eurtt), choc, bâtiment 

plat, 
heurtequin, 
heurter, 
heurtoir, 

heuse, piston, etc., 
hibou, 

hic (ik), difficulté, familier, 
hideur, — vieux, 
hideusement, 
hideux, 

hie {î), instr. de paveur, 
hietnent (î-man), 
hier {i-é), enfoncer avec la 

hie, 
hiérarchie {ié-rar-cM), 
hiérarchique, 
hiérarchiquement, 
hiérarqtie, 
hiérohotane, herbe, 
hile, t. de botan., 
Mlle (i-ye), arbrisseau, 
hilon, tumeur, 
hinguet, t. de mar., 
hisser, 
ho! interj., 

hoax (ôJcss), voyez page 91, 
hobereau (o-brô), 
hoc, jeu. Cela m'est hoc: je 

suis assuré de gagner, etc., 
hoca, jeu, 



1 Hernie, avec h, quoiqu'il vienne d'un mot grec non aspire: eçvoS emos, rami- 
fication. Il est vrai que le latin a l'h. 

2 Mais l'h est muette dans tous les dérivés: héroï - comique , héroïde, héroïne, 
héroïque, hérofiquement , héroïsme. Nous allons dire pourquoi: Héros s'est prononcé 
avec aspiration dès le commencement, parce qu'il y a une grande analogie avec 
héraut, mot de tout temps fort usité; on a pris aisément l'un pour l'autre. 
Ce qui confirme cette conjecture, c'est que héroïne, héroïqtie, etc., se prononcent 
tout autrement. 



Lesaint, Prononciation française. S"»» éd. 



11 



1Q2 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



hocco (pTio), oiseau, 

hoche, entaillure, 

hochement, 

hochepied, oiseau, 

hochepot, ragoût, 

hochequeue, oiseau, 

hocher, 

hochet, 

hocheur, singe, 

hochicat, oiseau, 

hogner (ôgné, gn mouillé), gron- 
der, populaire, 

holà! interj., 

hôlement, cri de la hulotte, 

hôler, 

hollandaise, machine, 

hollander, dégraisser les plu- 
mes, 

hollandille {plandi-yé), toile, 

hollandiser, 

hom! {orne), exclamation de 
défiance, 

homalocenchre io-maloçanhr'), 
plante, 

homard [o-mar), 

homardiens, 

hon, interj., — peu usité, 

honchets (on-che), jeu, 

hongre, cheval ongre: coupé, 

hongrer, 

hongroyeur, aussi hongrieur 
(ongroa-ieur, ongri-eur), 

honnir {d-nir), — vieux, 

honnissement, — peu usité, 

honnisseur, qui perd la répu- 
tation, (Florian.) 

honte, 

honteusement, 



honteux, 

hoquet (à-Jce), 

hoqueton (oJc-ton), casaque, etc., 

horde, 

horion, coup, 

hormis (or-mî), excepté, 

hornblende {prnn-hlainde), 

pierre, 
hornschieff'er , ou schiste {prnn- 

chi-èfèrr, chistt), t. d'hist. 

nat., 
hornstein (ornn-stèné), t. de 

miner., 
hors {or), excepté, 
hors-d'œuvre {br-deuvr'), 
hotte, sorte de panier, 
hottée, 
hotteur, 
houache, ou ouaiche {ouache, 

ouèche), sillage de navire, 
houage, 
houblon, 
houblonner, 
houblonnière, 

houcre ou hourque, t. de mar., 
houe {oïl), instrument, 
houer {oué), 
houerie {oû-rî) 
houette {ouètt), plante, 
houïllage {ou-iâje), t. de forge, 
houille {ou-ye), charbon de 

terre, 
houilleau {ou-iô), t. de vénerie, 
houiller {ou-ié), 
houillère {ou-ièrr), 
houilleur {ou-ieur), 
houilleux {ou-ieu), 
houillite {ou-yitt), minéral. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. ^Q^ 



houlan ou uhlan,^ 
Jioule, vagues après une tem- 
pête, 
houlette, bâton de berger, 
houleux, 

houli, fête chez les Indiens, 
houlque, ou houque, plante, 
houp! (oupp), interj. pour ap- 
peler, 
houper, t. de chasse, 
houppe (oupp), touffe de fil, etc., 
houppée, t. de mar., 
houppelande (oup-lande), 
houpper, faire des houppes, 
houppette, sorte de gland, 
houppier, arbre, etc., 
houque, — voyez houlque, 
houra, et mieux hourra {ou-r a, 
our-ra), cri de guerre, — 
cri de joie et d'honneur, 
hourailler {oura-ië), 
houraillis {oura-yî), meute de 

hourets, 
hource, t. de mar., 
hourdage, maçonnage grossier, 
hourder, 

hourdi, t. de mar., 
hourdis {ourdi), t. de maçonn., 
houre, échafaud d'ardoisier, 
houret {ou-re), mauvais chien 

de chasse, 
houri, femme du paradis de 
Mahomet, 



hourque, t. de mar., 

hourra, aussi hourrah, — 
voyez houra, 

hourvari, grand cri, etc., 

housard, ou houssard, ou hus- 
sard. Ce dernier mot est 
le plus en usage aujour- 
d'hui (ou-^ar, ou-çar, u-çar), 

housardaille {ou-zarda-yé), es- 
carmouche, 

housarder, ou houssarder, ou 
hussarder, 

housche (ouche), petit terrain 
derrière la maison, 

houspillage (ouss-pi-iâje), 

houspiller (ouss-pi-ie) , mal- 
traiter, 

houssage, action de housser, 

houssaie (ou-ce), 

houssard, — voyez housard, 

houssarder, — voyez housarder, 

housse, 

housse, 

housseaux, grosses épingles, 

housser, 

housset (ou-cè), soie de Perse, 
serrure, 

houssette, ou housset, serrure, 

houssière, 

houssine, baguette pour battre, 

houssiner, 

houssoir, balai de houx, de 
plumes, etc., 



1 L'Acadëmie écrit houlan et renvoie à lûilan. Le Dictionnaire de la Con- 
versation donne hulan, houlan, oulan, ou uhlan. — On prononce généralement u-lan. 
— Les Allemands écrivent uhlan, et prononcent ou-lâne. — Il serait plus juste de 
prononcer, en français, ou-lan, ce mot qui appartient exclusivement à l'Allemagne, à 
l'Autriche et à la Russie. 

11* 



1Q^ CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



housson, sorte de houx, 
housfalar, jardinier du grand 

seigneur, 
houvet {ou-ve), 
houx (ou), 

houzures, t. de vénerie, 
lioyau (oa-iô),^ 
hoyé (oa-ié), t. de pêche, 
huage (uâje), t. de chasse, 
huaïlle {ua-yé), — voyez 

page 126, 
huant \chat-\ (cha-uan), 
huard {uâr), aigle de mer, 
huau (ti-ô), t. de chasse, 
hublot {u-hlo), t. de mar., 
huch [uk), poisson, 
huche, meuble, 
huche, t. de mar., part, passé 

de hucher, 
hucher, 

huchet (u-chè), sorte de cornet, 
hue ou huhau (u, u-o), cri du 

charretier: en avant. — 

{A dia: à gauche), 
huée et huées {ué). 



huer {ué): on le hue, 

huerie (u-rî), huée, 2)eu usité, 

huette ou hulotte, 

hueur (u-eur), qui hue, 

hufe (uf), mesure d'Allemagne, 
de Suisse; le hufe ou hiibe 
de Francfort, 

huguenot, huguenote (ug-nô, 
ug-nott), calviniste, mot in- 
jurieux, 

huguenote (ug-nott), sorte de 
marmite, etc., 

huguenoterie, ou huguenotisnie, 

huguenotique, 

huhau, — voyez hue, 

huis clos [à] (a-ui-Mo), non 
publiquement, 

huit (uitt et ui), — voyez plus 
loin la lettre T, et Pro- 
nonciation des nombres car- 
dinaux),'^ 

huitain (ui-tain), 

huitaine (ui-tène), 

huitième (ui-tième), ^ 

huitièmement (ui-tième-man),'^ 



1 Au dix-huitième siècle, hoyau n'était pas aspiré: 

Armés d'hoyaux, de pies. FLORIAN. 

2 Mais la liaison se fait devant huit , huitième, huitièmement , quand ces mots 
sont précédés de dix, vingt, soixante-dix, ou quatre-vingt-dix: 

Prononcez : 

dix-huit di-zuitt. 

dix-huitième di-zui-tième. 

dix-huitièmement di-ziii-tième-man. 

vingt-huit vain-luitt. 

vingt-huitième vain-tui-tième. 

vingt-huitièmemenl vain-tui-tième-man. 

soixanfe-dixhuit . çoa-çante-di'Zuitt. 

soixante-dix-huitième çoa-çante di-zuitième. 

soixante-dix-huitièmement çoa-çante-di-zuitième-man. 

quatre-vingt-dix-huit, etc latreu-vain-di-zuilt. 

Ailleurs, sans élision ni liaison: 
Le huit, un [huit, des \ huit, quatre-vingt-huit (katreu-vain-uitt) , cent [huit, etc. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



165 



hiilan, — voyez lioulan, 

hulotte, — voyez huette, 

humbug, — voyez page 108, 

humer (u-mé), 

hune (une), t. de mar., 

hunier (u-nie), t. de mar., 

huppe (îip), 

huppé (u-pe), 

huppe-col, oiseau, 

hurasse, t. de forge, 

hure (lire), 

hurhau {u-ro), — voyez hue, 

huri, porcelaine, 

hurlement, 



hurler, 
hurleur, 

huron, dur, sauvage, etc., 
hussard, — voyez housard, 
hussarder, — voyez housarder, 
hutin, mutin. — Il n'a d'u- 
sage que dans Louis -le- 
Hutin, 
hutte, 
hutten-nicht (u-tène-nitt), t. de 

fonderie, 
hutter (se), t. de mar.: — se 
loger dans des huttes. 



Dans les mots qui sont composés des précédents, la lettre 
h, toujours regardée comme consonne, se détache, dans la 
prononciation, de la syllabe précédente. Enhardir, renhardir, 
enharnachement, enharnacher, se prononcent donc sans liaison: 
an\ardir, ran\ardir, an\arnacheman , an\arnaché, et non 
an-nardir, etc. — On excepte exhaussement et exhausser, 
qui se prononcent ég-sôceman, ég-zôcé. 

La lettre h se détache encore dans la prononciation, et 
toujours sans aspiration gutturale, quand elle se trouve au 
milieu d'un mot, entre deux voyelles: ahan, ahaner, aheurte- 
ment, ahurir, annihiler, brouhaha, cahin-caha, cahot, caho- 
tage, cahute, cohabitation, cohabiter, cohérence, cohéritier, 
cohésion, cohobation, cohorte, cohue, compréhension, déhâlé, 
déhanché, déharnachement, déharnacher, déhiscence, déhiscent, 
déhonté, dehors, s'ébahir, ébahissement, envahir, envahissement, 
envahisseur, Mac-Mahon, mahométan, périhélie, prohiber, 
répréhensible, réhabilitation, réhabiliter, réhabituer, rehausse- 
ment, rehausser, Sahara, souhait, souhaiter, spahi, trahison, 
véhémence, véhicide, etc., etc. Ces mots se prononcent en passant 
sans effort d'un son à l'autre: a-an, a-ané, a-eurteman, etc. 

Excepté dans les mots enhardir, renhardir, enharna- 
chement, enharnacher, dont nous parlons plus haut, la lettre 
h, précédée ou suivie d'une consonne, est absolument muette 



jgg CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 

dans la prouonciation : abhorrer, adhérent, adhésion, aujourd'hui, 
bonheur, brahmane (ou brame, ou bramine), brahmanique, 
brahmanisme, exhalaison, exhalant, exhaler, exhéréder, ex- 
hibition, exhorter, exhumation, exhumer, inhabile, inhabileté, 
inhabilité, inhabitable, inhabité, inhérence, inhérent, inhiber, 
inhibition, inhospitalier, inhospitalité, inhumainement, inhu- 
mation, inhumer, ipécacuanha, malheur, malheureux, rédhi- 
bition, sanhédrin (tribunal chez les Juifs), etc., etc. — On 
prononce abbré, adéran, adézion, . . . bb-neur, bra-mane, . . . 
ég-zalèzon, . . . ég-zérédé, ég-zïbicion, . . . i-na-bile, i-na-bilté, 
i-na-bilité, . . . i-nérance, . . . i-nibé, . . . i-nbss-pitalié, . . . i-nu- 
mène-man, . . . i-nu-mé, . . . ipéca-ku-a-na, . . . ça-nédrain, etc. 

L'h initiale est aspirée dans beaucoup de noms propres 
de personnes, de pays, de villes, de peuples; elle est muette 
dans quelques-uns. — Voici la plupart des noms où elle 
s'aspire: 

Habsbourg (abs-bour), illustre maison d'Allemagne.' 

Haguenau (ag-nô), ville d'Alsace. 

le Hainaut {é-nô), province de Belgique. 

Hainuyer, Hannuyer, Hennuyer, Hainuyère, Hannuyère, 
Hennuyère (é-nui-ié, a-nui-ié, a-nui-ié; é-mci-ièrr, etc.), 
habitants du Hainaut. 

la Haine {la ène), riv. de Belgique. 

Hall (al), ville du Tyrol. 

Halle {a-lé), ville de Prusse. 

Ham {ame), ville de France. 

Hambourg {an-bour), ville d'Allemagne. 

Hambourgeois, Hambourgeoise {an-bourjoâ, an-bourjoâzé), 
habitants de Hambourg. 

le Hampshire {anpe-chîrr), comté d'Angleterre, etc. 

Hanau {a-nô), ville d'Allemagne. 

Hanovre {a-nbvre), ville, ancien royaume. 



i Le Dictionnaire de la Conversation dit partout maison de Habsbourg, 
château de Habsbourg, etc. — BouiUet, dans son Dictionnaire, dit également partout 
de Habsbourg. Mais dans son Atlas universel d'Histoire et de Géographie, on lit, 
pages 619, 621, 623, maison de Habsbourg; et pages 625, 627, 628, maison d'Habsbourg. 
L'usage donne raison à ces deux manières d'écrire. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. jgy 

Hanovrien, Hanovrienne [a-novri-ain , a-nôvri-ène) , ha- 
bitants du Hanovre. 

PMlippe-le-Hardi, roi de France. 

Hardouin (ar-doain), jésuite érudit. 

Harlay (ar-lè), nom de plusieurs magistrats français. 

Harlem ou Haarlem (ar-lème), ville de Hollande. 

Hauranne (ôra-ne), théologien français. 

la Havane {la a-vané). 

Havanais, Havanaise {ava-nè, ava-nèze), habitants de la 
Havane. 

les Hâves (le ave), ancien peuple de la Servie. 

le Havre, autrefois le Havre de Grâce A 

Havrais, Havraise {avrè, avrèzè), habitants du Havre. 

La Haye (la è), ville de Hollande. 

Hazehroucli {aze-hrouk), ville de France. 

le Helder {le eldèrr), ville de Hollande. 

Hénault {é-no), historien, président au parlement de Paris. 

Henri {an-ri)."^ 

Herder (èr-dèrr), célèb. auteur classique allemand. 

les Herniqties {le èrniJc), ancien peuple d'Italie. 

la Hesse {la èss). 

Hessois, Hessoise {è-çoâ, è-çoâise), habitants de la Hesse. 

la Hogue {la bg, g dur), cap de France. 

la Hollande {o-lande).^ 

Hollandais, Hollandaise {b-landè, b-landèsé), habitants 
de la Hollande. 

le Holstein {le bl-stain). 



1 Non Havre. Rien ne justifie l'accent. Voyez BouiUet, le Dictionnaire de la 
Conversation, le Complément du Dictionnaire de l'Académie, etc. 

2 L'h de Henri est toujours muette dans la conversation familière, et lo plus 
souveni dans les ouvrages peu sérieux, mais toujours aspirée dans la haute diction. 
Bouillet et le Dictionnaire de la Conversation disent partout de Henri, etc. — 
Michelet a dit: «Jusqu'à la mort de Henri 7F." — Gérard de Nerval: nNous y 
avons vu principalement le tombeau de Vie, ancien compagnon d'armes de Henri IV.'* 
Il est vrai que dans la même page il dit: nRousseau devient peu à peu le contem- 
porain d'Henri IV." (Ermenonville.) 

Tout le monde a pu voir jusqu'à ces derniers temps l'imposte du Collège 
d'Henri IV. 

On dira: Le chapeau, le cheval d'Henri, plus volontiers que de Henri. 

3 Voyez plus loin s'il faut dire fromage d'Hollande, eau de la reine d'Hongrie, 
ou fromage de Hollande, etc. 



Igg CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 

Holsteinois, Holsteinoise (dl-stè-noâ, bl-stè-noâme), habitants 

du Holstein, 
Hambourg (on-bour), ville. 
Hombourgeois, Hombourgeoise (on-bour-joâ, on-bour-joâze), 

habitants de Hombourg. 

Honduras (ondurâss), contrée d'Amérique. 

Hondschoote (onde-chôtt), ville de France. 

Hondurien, Hondurienne (onduriain, onduriène), habitants 

du Honduras. 
Honfleur (on-fleur),^ ville de France. 
la Hongrie (on-gri),^ 
Hongrois, Hongroise (ongroâ, ongroâse), habitants de 

Hongrie. 
Horn {orné), cap, ville, etc. 
Hottentots {o-tan-to), peuple de l'Afrique australe. Un 

Hottentot, une Hottentote. — Mais l'h est muette 

dans Hottentotie {b-tanto-ct), pays des Hottentots. 
Amelot de La Houssaye (ame-lô de la ou-cè), secrétaire 

d'ambassade (1634—1706). 
Bue de la Hucliette, à Paris. 
Hugues-le- Grand, père de Hugues Capet 
Humboldt (on-bold), célèbre savant allemand. 
Hume (urne), célèbre historien écossais. 
Huningue {u-naingg, g dur), ville d'Alsace. 
les Huns (le un), fameux peuple barbare. 
les Hurons (le uron), peuple d'Amérique. 
Louis-le-Hutin (loui-le-u-tain) , surnom de Louis X, roi 

de France. 

Mais l'h initiale est muette dans les noms propres qui 
suivent : 

Haïti, Haïtien, Haïtienne. — L'île d'Haïti, un Haïtien, 

les Haïtiens (un-na-i-ciain, lè-za-i-ciain). 
Halifax (ali-faJcss). — La ville, le marquis d'Halifax. 
Hamilton. — Le duc, le comte d'Hamilton. 
Harcourt. — La famille d'Harcourt. 



1 Voyez page 170. 

2 Voyez la note page 171. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. Jgg 

Harbourg, Harhourgeois , Harbourgeoise. — Fabriques 
cVHarbourg. Un Harbourgeois {un-narbourjoâ). 

Har fleur. — La ville cl' Har fleur. 

Hastings {as-taingue). — Bataille d'Hastings. 

Haussmann {bss-mane). — Le baron d'Haussmami. 

Hautpoul (ô-poul). — Le général d'Hautpoul La com- 
tesse d'Hauipoul. 

Hébé, — Hercule, époux d'Hébé. 

Hébreu. — Le nom d'Hébreu vient du patriarche Héber, 
OU de l'hébreu héber. 

Hébrides. — Les îles Hébrides (lè-zîl-zébride). 

Hécate. — Latone, mère d'Hécate. 

Hécla, OU HéJcla. — L'Hékla est le plus connu des 
volcans de l'Islande. Le mont Hékla (mon-tékla). 

Hector. — La tragédie d'Hector. 

Hélène. — L'enlèvement d'Hélène. 

Hélicon. — Au pied de l'Hélicon était Ascra, patrie d'Hésiode. 

Héliodore. — Le roman d'Héliodore. 

Hellènes, Hellénistes (èl-lène, èl-lénistt). — Les Grecs 
d'aujourd'hui se donnent le nom d'Hellènes. 

Hellespont (èl-lèss-pon). — Léandre traversait l'Hellespont. 

Héloïse {élo-ize). — Les amours d'Héloïse et d'Abeilard. 

Helvétie, Helvétien {èl-vécî, èl-véciain). — L'Helvétie, ou 
Suisse. Les Helvétiens (lè-zèl-véciain). 

Helvétius. — Le style d'Helvétitis est agréable. 

Henriette. — L'oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre. 

Héraclides. — Les Héraclides {lè-zéraMidd). 

Heraclite. — La philosophie d'Heraclite. 

Hérault {é-ro). — Le département de l'Hérault. 

Hercule. — Les douze travaux d'Hercule. 

Hermann (èrr-mann). — Arminius, moins connu sous le 
nom d' Hermann . . . 

Hérode. — Doris, femme d'Hérode. 

Hérodote. — L'histoire d'Hérodote. 

Hésiode. — Les poèmes d'Hésiode. 

Hespérie, Hespérides {èss-pérl, èss-péride). — Le nom 
d'Hespérie fut donné par les Grecs d'abord à l'Italie, 
puis à l'Hispanie. 



170 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. - H. 

Hipparque. — Les ouvrages d'Hipparque. 
Hippias (ip-pi-âss). — Pisistrate, père d'Hippias. 
Hippocrate {ip-pohratt). — La médecine d'Hippocrate. 
Hippocrène (ip-poJcrène). — La fontaine d'Hippocrène. 
Hippolyte (i-poUtt). — La mort d'Hippolyte. 
Hippomène (ip-pomène). — Atalante, épouse d'Hippomène. 
Holopherne. — Judith coupa la tête d'Holopherne. 
Homère — L'Iliade et l'Odyssée d'Homère. 
Honfleur. — Le port d'Honfleur. ^ 
Horace. — Les odes d'Horace. 

Horaces. — Les Horaces {lè-zorass) et les Curiaces. 
Hortense. — Napoléon III, fils d'Hortense. 
Hudson (ud-çon). — Le fleuve, la mer, la baie d'Hudson. 
Hyacinthe. — Le nom d'Hyacinthe. 
Hyères {ièrr). — La ville d'Hyères. Les îles d'Hyères. 
L'h des douze mots suivants est également muette; c'est 
du moins l'usage général: 

hallali, hernute, hyène, ^ 

hameçon, Herschel, planète, hortensia, fleur, 

heiduque,' hidalgo, hospodar,^ 

bon-henri,^ hiéroglyphe,* hospodarat 



1 Voyez page 168. 

2 Mérimée a dit, pour l'euplionie: Je heyduque (ancienne orthographe du mot 
heiduque). — Mais il faut certainement faire la liaison dans ce passage de Michelet: 
à la tête de ses heyduques. (Précis d'histoire moderne, page 115.) — V. Hugo a dit aussi: 

Le sabre nu de Vheyduque. 

3 On fait la liaison dans poire de bonhenri (bon-nanri). Mais non dans le Ion 
Henri IV., notre bon Henri. 

4 Hiéroglyphe venant d'un mot aspiré en grec, était aspiré du temps de 
Louis XIV.: 

Ce sont ici hiéroglyphes tout purs. 

LA FONTAINE. 

L'h est muette aujourd'hui: 

. ... et cet hiéroglyphe à mon bras. 

BEAUMARCHAIS. 
Aujourd'hui l'hiéroglyphe déserte la cathédrale. 

V. HUGO. 
Le mot d'hiéroglyphe. ARAGO. (Eloge d'Young.) 

5 On aspire souvent l'h pour l'euphonie: 

Les instincts carna-isiei-s du tigre et de la hyène. 
CHAMPFLEURY. 
. ... Le tigre et la hyène, 

Tibère, Néron, Phalaris, Anonyme, 1858. 

La Hyène (sans élision de l'a) est le nom d'une des canonnières à vapeur 
françaises. 

6 Nap. Landais fait, à tort, aspirer l'h. L'Acad. dit: L'hospodar de Valachie. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. - H. J^^j 

L'h initiale suivie d'une consonne ne se trouve que dans 
des mots étrangers; elle est nulle dans la prononciation: 
le Hradschin, qu'on écrit aussi Hradcsin (Dict. de la 
Conversation). Pron. rad- chine. — Hraban- Maure ou Hra- 
banus-Maurus, un des hommes les plus remarquables du siècle 
de Charlemagne. Pron. rahan-mbrr , raba-nûss-môrûss. — 
Hradisch, v. de Moravie. Pron. radiche., etc. — L'ancienne 
orthographe germanique Hlothar, Hludowig, etc., a été rem- 
placée par Klothar (Clothar), Klodwig (Clodwig), noms que 
nous écrivons aujourd'hui Clotaire, Clovis. 

Un usage bizarre, que M. Nodier appelle usage des 
blanchisseuses et de l'office, a fait disparaître l'aspiration 
de la lettre h dans les trois locutions toile d'Hollande, fro- 
mage d'Hollande, eau de la reine d'Hongrie; et cet usage a 
tellement prévalu, qu'il s'est introduit jusque dans les salons, 
où il a fait loi pendant longtemps. — L'Académie donne cet 
exemple, fromage de Hollande, et ne dit nulle part fromage 
d'Hollande. Mais au mot Toile, on trouve toile d'Hollande 
ou de Hollande. Aujourd'hui, tous ceux qui se piquent de 
bien parler aspirent toujours la lettre h dans les trois locutions 
citées plus haut, i 



1 Sous Louis XIV. on n'aspirait pas toujours l'h de IloUande. Corneille, 
dans l'édition d'Amsterdam, Zach, Châtelain, 1740, dit: .... vers présentés au roi à 
son retour de la guerre d'Hollande. Mais: Les victoirei dtc roi sur les Etats de 
Hollande. 

On n'a jamais dit l'Hollande, mais la Hollande: 

La Hollande, qui voit du reste de ses tours. 

CORNEILLE. 

Fromage d'Hollande est très vieux. Il n'a été conservé que par le peuple. 
Déjà La Fontaine disait: 

Les Levantins en leur légende 
Disent qu'un certain rat, las des soins d'ici-bas, 
Dans un fromage de Hollande 
Se retira loin du tracas. 
Puis J.-J. Rousseau: Etait -se un fromage de Suisse (fromage de Gruyère), de 
Brie ou de Hollande? (Emile, II.) 

L'eau de la reine d'Hongrie est du même temps que fromage d'Hollande. En 
aucun cas on ne dit plus d'Hongrie, au moins depuis Molière: Un lit de quatre pieds 
à bandes de point de Hongrie. (L Avare.) — La reine de Hongrie a éprouvé, etc. 
MONTESQUIEU. (46« lettre familière.) — MaximiUen- Joseph traite avec la reine 

de Hongrie, etc. michelet. (Ch. XXIII. Précis d'histoire moderne.) — 

On ne peut la faire revenir qu'avec de l'eau de la reine de Hongrie. TH. GAUTIER. 



172 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. -^ H. 

Les onze mots on^e, onzième, oui, ouate, ouater, uhlan, 
un (nom du chiffre), yacht, ' yatagan, yole, yucca, sont regardés 
comme s'ils avaient une h aspirée devant eux: 

Onze, onzième. — On disait, et l'on écrivait même jadis 
l'onze du mois, l'onzième, etc.: Jusqu'à l'onzième siècle. 
TH. CORNEILLE. — Aujourd'hui, plus d'apostrophe ni de liai- 
son: Son jeune frère, qui n'avait que onze ans. Mme de staël. 
Ce naïf astronome du onzième siècle, chateaubriand. C'est 
ainsi que le onzième livre de l'Esprit des lois, etc. villemain. 
Il est héritier pour un onzième {im\onzième). Les onze furent 
massacrés [le onze . . .). 

Oui. — Autrefois on élidait l'e devant oui: J'ai répondu 
qu'oui. Mme DE MAiNTENON. Je crois qu'oui. Marivaux. Etc. 

L'e de que devant oui ne s'élide aujourd'hui que dans 
la conversation familière et seulement dans des formules très 
fréquentes: Je dis qu'oui, je soutiens qu'oui, etc. Encore 
vaut-il mieux dire que oui. — Mais on prononce sans élision 
ni liaison: le oui et le non, les\oui et les non, c'est\oui ou 
non, il a dit ce oui à regret, c'est un\oui peu franc, etc. 

Ouate. — On dit et l'on écrit toujours la ouate, de la 
ouate, sans élision: Dans un jour de trouble, du vivant de 
son mari., elle (madame Bailly) avait substitué à la ouate d'un 
de ses vêtements le produit en assignats de la vente de leur 
maison de Chaillot. f. arago. (Eloge de Bailly.) La ouate 
exposée par madame Bourgogne, a. karr. 

La poésie n'admettant pas d'hiatus, Boileau a dit: 

où sur l'ouate molle dclate le tabis. 

Mais on élide toujours, dans l'écriture comme dans la 
prononciation, l'e du mot de: Une camisole, tme couverture, 
une jupe d'ouate, acad. La planète apparaît dans toute sa 
nudité, que quelque nuage . . . vient voiler de temps à autre 
de son manteau d'ouate, th. gautier. 

M°>« de Maintenon (Lettre à Jf*»* de Bangeau, 1687, — 
Amsterdam, 1756) écrivait de Vhouète, et l'on dit aujourd'hui 
quelquefois familièrement de l'ouate. Mais la liaison ne se 
fait jamais: des\ouates, de belles \ ouates, etc. 



1 On prononce iak. (Les Anglais disent iofl.) 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. ^73 

Ouater. — Jamais d'élisiou ni de liaison: Je ouaterai 
cette jupe. Elle n'est pas\ouatée. Je la ouaterai. Des 
manteaux] ouatés. Etc. 

Uhlan. — On dit toujours, sans élision ni liaison: Ce 
îihlan. Le hulan. Un corps de uhlans. ^ Les \ hulans. Etc. 

Un. — Quand ce mot est pris comme nom de nombre, 
on dit le un, non l'un: Mettez le 1 avant le 2, et vous aurez 12; 
mettez le 2 avant le 1, et vous aurez 21. Mais la liaison se 
fait toujours: un un (un-nun) mal fait, trois un (troa-zun) 
de suite font cent onze, cent un (çan-tun) signifie cent fois 
le chiffre ï). Cent\un sans liaison (çan un) signifie 101. 

On ne lie pas non plus l's dans sur les\une heure, vers 
les\une heure (le une heure). La raison eu est que la phrase 
est elliptique: c'est comme s'il y avait sur les moments, ou 
vers les moments qui précèdent ou qui suivent une heure. 

Yacht, yatagan, yole. — Pas d'élision ni de liaison: 
Le yacht, les\yachts. Ce yatagan, ces\yatagans. La yole, 
des I yoles. 

Mais la poésie, qui ne souffre pas les hiatus, peut se 
permettre des licences. C'est ainsi que V. Hugo a dit: 

Vaisseaux de tous climats, 
L'yole aux triples flammes. 

Yucca. — • L'Académie dit le yucca. Bouillet et le Dic- 
tionnaire de la Conversation élident l'e: l'yucca. — Mais on 
prononce toujours sant liaison: les\yuccas. 

Les seules consonnes après lesquelles on emploie la lettre 
h en français, sont c, 1, p, r, t: elle se trouve encore après 
S dans un très petit nombre de mots, et après g dans quel- 
ques noms étrangers. 

Les deux lettres ch dans la même syllabe donnent, dans 
tout les mots purement français et dans la plupart de ceux 
qui nous viennent du latin, une articulation qui a beaucoup 
de rapport avec celle du j, et que l'on entend dans chapeau, 
chemin, chien, chose, chute, etc. 



1 Nous lisons dans le Journal des Débats du 28 août 1870: Une escovade 
d'uhlans. Ce ne peut être que pour l'euphonie. Mais c'est une faute contre l'usage. 



174 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



Mais ch se prononce k dans le plus grand nombre des 
mots qui viennent du grec ou de quelque langue orientale; 
ainsi, il fait entendre cette articulation dans quantité de termes 
d'anatomie, de chirurgie, de médecine, d'histoire naturelle, de 
botanique, etc., ces mots étant la plupart formés du grec. — On 
prononce donc ch comme k dans tous les mots commençant par 



archa, excepté 


cJiol, excepté 


ischio 


archal et 


Cholet (ville), 


ischo 


archard; 


cholève; 


ischu 


archsè 


cJiondra 


lichen ou lichen . . . 


archo 


chondri 


orche, excepté orchef 


hatracho 


chondro 


ou orchet; 


brachi 


cJior, excepté 


orcho 


hracliy 


chororo, 


psycho 


chalc 


chorozène, 


saccha 


chamse 


chortinon; 


schéma 


chiro, excepté chiron, 


chr 


schén 


cMrone, chironie, 


concho 


stich 


chironis, chirono- 


conchy 


stoéch 


mie, chiroute; 


dicho 


stoïch. 


chl 


ischia 





Ch se prononce encore k: 1^ dans la plupart des mots 
italiens; 2^ dans chus finale des noms propres; 3^ à la fin 
des noms propres empruntés aux langues étrangères ou ap- 
partenant à l'histoire ancienne. 

Il se prononce à la française (comme dans chemin) dans 
tous les mots en archi. Archiépiscopal et archiéspiscopat 
sont les seules exceptions. 

Voici la liste complète des mots où ch se prononce comme k: 



Abimélech, 

Achah, roi d'Israël, 

Achaïe (a-Jca-î), 

achats, papillon, 

Achaz {a-haze), roi de Juda, 

Achéloiis {a-kélo-iiss), 

Achéloïdes (a-kélo-idd), 

Achmet {ak-mè), 



achores {akàr), teigne, 
achromatique, 
archromatisme, 
acrochorde, serpent, 
acrochordon, verrue, 
Altkirch (alt-kirTi), ville, 
Anacharsis ia-nakar-cîss),. 
anachorète, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. ^^75 



anachronisme, 

anchilops (ankilop-s), tumeur, 

anchylose, et mieux ayikylose, 

t. de chir., 
Anspach Çanss-pak) ville, 
Antéchrist (antékri), 
antibrachial {anti-hrakiaï), 
antibacchique {antibahik), t. de 

poésie, ^ 
anticholérique, 
antichrèse, 
antichrétien, 
Antiochus {antiokûss), 
antliobrachiofore, 
Antommarchi (anto-mar-ki), 

médecin de Napoléon I., 
Arachné, 
arachnéides ou arachnides 

{arakné-idd, arak-nidd), 

insectes, 
arachnoïde (arakno-idd), 
arachnologie, 

archaïologie (arka-iolojî), 
archaïologique, 
archaïque, 
archaïsme, 
archange, 
Archangel, 
archangélique. 



archéographe, 

archéographie, 

archéographique, 

archéologie, 

archéologique, 

archéologue, 

archétype, 

archiépiscopal {arki-épisko- 
paï), 2 

archiépiscopat(arkl-épiscopa), 

archontat (arkonta), 

archonte, 

archontique, 

aschariens ou aschariouns (as- 
kariain, aska-riounn's), 

asiarchat {aziarka), 

aurochs {ô-rok), taureau sau- 
vage, 

autochtone {ôtbktône), 

bacchanal, grand bruit, 

bacchanale, 

bacchanales, fêtes de Bacchus, 

bacchanaliser, 

bacchante, 

bacchique (bakik), ' 

bacchionites, 

Bacchus {ba-kûss), 

Bach (bak), musicien, 

Baruch (baruk), prophète, 



1 Bacchique, pied de vers grec ou latin, composé d'une brève et de denx 
longues, fort employé dans les fêtes de Bacchus, se prononce ha-kik, et non bachik. 
Bachique (avec un c), qui se prononce à la française, ne se dit que de ce qui a 
rapport au vin: fête bachique, liqueur bachique (le vin), chanson bachique (chanson à 
boire), genre bachique (en peinture, scènes de buveurs). — Âniibacchique , pied de 
vers composé de deux longues et d'une brève, le contraire du pied bacchique, se 
prononce de même antibakik. 

2 Ainsi que nous le disons plus haut, dans tous les mots, en très grand 
nombre, commençant par archi, ch se prononce comme dans chemin, chose, chien. 
Archiépiscopal et archiépiscopal font seuls exception. 



176 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



hatrachoïde (hatraJco-ide), 
hatrachomyomacMe {batrako- 

miomachî), titre d'un poème 

grec burlesque, 
h atracho sperme, plante, 
batrachus {batrakûss), tumeur, 
Baumbach(bôme-ba]c), nompr., 
BiancM {bianhi), nom pr., 
Blucher (Mu-kèrr), ' 
hrachélytre, coléoptère, 
brachial, 

bracJiicataleptique, 
brachio-céphalique, 
brachio-cubital, 
bracModermien [brakiô-dèrmi- 

ain), 
brachion, 

brachiopodes (brakiô-pède), 
brachio-radial, 
bracMotomie, 
brachiotomiste, 
brachycère, 
hrachy graphe, 
brachy graphie, art d'écrire par 

abréviation, 
brachy graphique, 
brachylogie, discours, sentence 

abrégée, 
brachylogique, 

brachypnée (brakip-né), respi- 
ration courte, 
brachyptères, oiseaux, 
brachy stochrone {brakisto- 

krône), t. de phys.. 



Brisach, ville, 

branchial (bronkial), 2 

bronchocèle, 

broncophonie, 

bronchotome (bronko-tôme), 

bronchotomie, 

bronchotomique, 

Buch (buk), autrefois sub- 
division du Bordelais, 

Buchanan {biikanari), poète, 
etc., 

bucchante (buk-kante), plante, 
Bucharest {bu-karèstt), 
Bucharie, contrée d'Asie, 
Buchau ibu-kô), v. du Wur- 
temberg, 

Buchen (bukène), v. du gr.- 

duché de Bade, 
Buchholz {buk-blz), écriv., 
cachexie {kakèk-ci), t. de méd., 
cacocholie, t. de méd., 
cacochondrite, 
Calchas (kalkâss), 
Callimachus (kal-li-makûss) , 

nom que prit Buonaccorsi, 

historien, 

calochorte, plante, 
caragach (karagak), coton de 
Smyrne, 

catachrèse, 

catéchmnénat (katékuména), 

catéchumène, 

catéchuménie, 



1 On prononçait autrefois blouk-r'. 

2 Quelques-uns prononcent branchial. Dans bronche, bronchique, bronchite, 
«h se prononce comme dans chemin. Mais bronchial, par sa forme, doit, comme 
bronchocèle, bronchophonie, bronchotomie, etc., se prononcer bronk . . . 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



177 



Chabrias (Jcahri-âss), général 

athénien, 
chalasie, tumeur, 
chalastiqîie, 
chalaze, 
chalosopliylaces , prêtres chez 

les anciens Grecs, 
Chaïcédoine ou Calcédoine, 
Chalcédonien ou Calcédonien, 
chalcide, reptile, 
chalcides, certaines servantes 

à Lacédémone, 
chalcidiqiie, 
chaîcidites, insectes, 
Chalcis (Jialcîss), ancienne v. 

de l'Eubée, 
chalcographe, 
chalcographie, art de graver 

sur les métaux, 
chaJcographique, 
chalcopyrite, 
chaldaïque (kalda-ik), 
Chaldée (Jcaldé), 
Chaldéen (haldé-ain), 
chalyhé, 
Cham (kame), 

chamdiacte(ka-méaktt),]^la.nte, * 
chaman, prêtre indien, 
chamanim {kama-nime) , feux 

sacrés chez les Grecs, 
chamanisme, 

chame ou came, sorte de co- 
quille, 
chamécisse, lierre, 
chamédorée, palmier, 
chamédrys (kamédrîss), plante, 



Chanaan (kana-an), 

Chananéen (kana-né-ain), 

chaologie, 

chaologique, 

chaomancie, 

chaomancien, 

Chaon, fils de Priam, 

Chaonie (ka-o-nî), 

chaos (ka-ô), 

chaotique, 

charibe, coquille, 

charibées, fêtes, 

Charybde (karib-d'), gouffre, 

Charondas (karondâss), ancien 

législateur, 
Chat-el-Arab (ka-tèl-arab), 

fleuve, 
chéilanthe (ké-ilantt), plante, 
chéilodiptère, poisson, 
chéiroptère, chauve- souris, 
chélidoine, plante, 
chémosis ou chémosie (kémôzîss, 

kémôzî), t. de méd., 
Chéops (ké-opss), roi d'Egypte, 
Chersonèse {kèrço-nèze), 
Chersonésien, 

chersydre (kèrcidr'), serpent, 
Chérubini, 
Chiaramonte (ki-ara-monU), 

V. de Sicile, 
chiliarchie (kili-archî), 
chiliarchique, 
chilopodes, insectes, 
chiragre, goutte, 
chirarthrocace maladie, 
chirite, stalactite, 



1 Ch se prononce k dans les quarante mots environ commençant par 
cliamae . . . , et qui tous à peu près sont des termes de botanique. 

Leaaint, Prononciation française. Sme éd. 12 



178 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H, 



chirographe, 

chirographie, 

cMrologie, 

cMrologique, 

chiromancie, 

chiromancien, 

chironomie, 

cMsmopnés, poissons, 

chiste ou kyste, 

chlamyde, 

Chloé (klo-é), 

chlorate, 

chlore, 

chlorique, 

Chloris (klorîss), 

chlorose, 

chlorotique, 

chlorure, 

choanoïde (ko-a-no-idd), 

t. d'hist. nat., 
choaspite, pierre, 
chœur (keur), 
cholagogue, t. de méd., 
cholédologie, 
cholédologique, 
cholédoque, 
choléra-morbus, ou simplement 

choléra (koléra-morbilss), 
cholérine, 
cholérique, 

choliambe, t. de poésie, 
choliambique, 
choloma, t. d'anat., 
cholose, t. de méd., 
chonchyle (konchil) , coquille 

qui donne le pourpre, 
chondrille (kondri-ye), plante, 
chondrologie, t. d'anat., 



chondroptérygien, poisson, 

choraïque (kora-ik), 

choral (koral), se disait autre- 
fois pour enfantde chœur; — 
les Allemands appellent cho- 
ral ce que nous nommons 
chœur en musique, 

chordapse, colique, 

chorée, t. de poésie, 

chorège, t. d'hist. anc, 

chorégraphe, 

chorégraphie, 

chorégraphique, 

chorévêque, autrefois évêqiie„ 

choriwmhe, t. de poésie, 

chorion, 

choriste, 

chorliste, oiseau, 

chorobate, 

chorographie, 

chorographique, 

choroïde, t. d'anat., 

chorus (korâss), 

Chosroès {kàss-ro-èss), en perse 
Khosrou, 

Chramne (kramm-n'), fils na- 
turel de Clotaire I., 

chrême, 

chrémeau, 

chrestomathie (krèsto-matî),. 

chrétien, 

chrétiennement, 

chrétienté (kré-ti-ain-té), 

chrie (krî), t. de rhét.. 

Christ (kristt), — voyez Jésus- 
Christ à son rang alphabé- 
tique, et aussi à la lettre T^ 

christe-marine, plante. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. l'jQ 



Christiania, 

christianisme, 

Christophe, 

chromate, 

chromatique, 

chrome Qcrôme), 

chromique, 

chronicité, 

chronique, 

chroniqueur, 

chronogramme, 

chronologie, 

chronologique, 

chronologiste, 

chronomètre, 

chrysalide, 

chrysanthème, plante, 

chrysocale , composition mé- 
tallique, 

chrysocolle (Jirizohol), minéral, 

chrysocome{krizoMme), plante, 

chrysolithe, pierre, 

chrysoprase, pierre, 

Chrysostôme, 

Ghthonia (hto-nia), surnom de 
Cérès, 

chthoniens, 

chthonies Qcto-nî), fêtes grec- 
ques, 

cinchonine (çain-Jcû-nine), qui- 
nine, 

cinchoniqtie, 

Civita-Vecchia, — voyez 
page 133, 

cochléaria (Jco-Jclé-aria), plante, 

cochléi forme, t. de bot., 

cochlite Qco-klitt) , coquillage, 

Colchis (Jcàl-Mss), Médée, 



Colchos {Jcol-Jcoss) ou Colchide 
(kol-chidd), 

conchoïdal, 

conchoïde (kon-ko-idd) , ligne 
courbe, 

conchyliologie, science des co- 
quillages, 

conchyliologiste, 

conchyte, 

Cranach, — voyez Kranach, 

Greuznach, — voyez Kreuz- 
nach, 

Gzech, ou Czèches, ou Czè- 

é 

ques. — On traduit tou- 
jours par Tchèques (tchèk), 

diachalasis {di-akalazlss) , t. 
de chir., 

diachorème ou diachorèse, t. 
de méd., 

dichalcon, poids ancien, 

dichapétale, arbuste, 

dichorée, t. de poésie, 

dichotomal, 

dichotome {dikotôme), t. de 
bot., etc., 

dichotomie, 

distichiase ou distichiasis {disti- 
ki-âze, disti-ki-azîss), t. de 
méd., 

distichopore, polipier, 

Dordrecht (dordrèk), ville, 

dyschirie (diski-rî), insecte, 

dyscholie (disko-U), t. de méd., 

Ehersbach (ébèrz-bak), v. de 
Saxe, 

ecchymose (éki-môze), 

écho {é-kô), 

échomètre, 

12* 



180 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



éclwmétrie, 

échométrique, 

Eisenach (éze-nak), ville, 

éléosaccharum(élé-oça1carome), 

t. de chimie, 
enchélyde, ver, 
enchi/mose, t. de méd., 
Enoch ou Hénoch {é-nok), fils 

de Gain, patriarche, 
Enocliie, ville bâtie par Enoch, 
entéroschéocèle (antéro - ské- 

ocèl), hernie, 
Epicliaris {épikarîss) , cour- 
tisane romaine, 
épichérème, 
épichole, bilieux, 
épichorde, t. d'anat., 
épichorion, t. d'anat., 
épichorique, endémique, 
épiploschéocèle (épiplo-ské- 

ocèï), hernie, 
eucharis {eu-karlss) , insecte, 
eucharistie, 
eucharistique, 
euchlorine, t. de chim., 
exarchat {ég-zarka, g dur), 
Fieschi (fièski), auteur de 

l'affreux attentat de 1835, 
Forbach (forhak), ville, 
Friederich ou Friderich (fri- 

dérik, fridérik), nom. pr., 
fuchsia ou fuchsie {fuk-cia, 

fuk-cî), plante, 
gastro-cholécystique{gastrô-co- 

lécistik), t. de méd., 
gastro-cholécystite, 
Gracchus (gra-kûss), père des 

Gracques (grak). 



gutta-percha, — voyezpagel33, 
halosachne (alo-çak-n'), sel 

d'écume, [chim., 

halotechnie {alotèknî), t. de 
halotechnique, 
Hénoch, — voyez Enoch, 
Hochherg {ôkbèrr) , château, 

margrave, 
Hochfeld [ok-fèld), bourg 

d'Alsace, 
Hochheim (o-kème), bourg de 

la province de Nassau, 
Hochkirch (ok-kirk), v. de 

Saxe, 
Hochst ou Hœchst (okstt, èksft), 

V. de la province de Nassau, 
Hochstedt, ou Hochstadt, ou 

Ilœchst^dt, V. de Bavière, — 

voyez page 136, 
huch (uk), poisson, 
hi/drocharidées, plantes, 
hydrochlorate, t. de chim., 
hydrochlorique, 
hydrorachis ou hydrorachitis 

(idrorakîss , idrorakitîss), 

hydropisie, 
hydrosaccharum {idroçaka- 

rbmé), eau sucrée, 
hypomochlion [ipombklion), 

point d'appui, 
ichneumon (ik-neu-mon), 

quadr., 
ichneumonide, insecte, 
ichnographe (ik-nograf), 
ichnographie , plan géométral, 
ichor, t. de méd., 
ichoreux, 
ichoroïde {ikoro-idd), 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. Jg^ 



ichthisandre^, machine à 

plonger, 
ichthi/ite {ikti-itt), t. d'hist. 

nat.,i 
iclitliyographe , qui décrit les 

poissons, 
ichthyographie, 
ichthi/ographique, 
ichthi/olithe {ik-tiolitt), 
ichthi/ologie, hist. des poissons, 
ichthyologique, 
ichthyologiste, 
ichthyophage, 
Inachus (i-naîcûss), fondateur 

d'Argos, riv., 
inchoactif (ain-Jco-aktif), t. de 

gramra., [italienne, 

in-fîoccM (inn-fiàki), expression 
Ischia (isM-à), île, 
ischiagre (iski-agr'), goutte 

sciatique, 
ischidrose, t. de méd., 
ischiocèle, t. de chir., 
ischion, t. d'anat., 
iscJioblennie (iskohlène-nî) , t. 

de méd., 
ischurétique (iskurétik), 
iscJiiirie, 

isochrone {izokrône), t. de méd., 
isochronisme, 

Issachar {içakar), fils de Jacob, 
Jéchonias (Jéko-ni-âss), roi de 

Juda, 
Jéricho, v. de la Palestine, 
Jérichow {jérikô), bourg de 

Prusse, 



Jésus- Christ Qézu -kri), — 

voyez plus haut Christ, 
Joachaz{jo-akâze), roi d'Israël, 

etc., 
Joachim, — voyez page 84, 
Kalcher (kal-kèrr) , compos. 

allemand, 
Kmdhach {kôl-bak) , peintre, 
Kœchîin (kèk-lain), industriel 

important à Mulhouse, 
Kirchhach [kirk-hak), général, 
Kranach ou Cranach {kra- 

nak), peintre et graveur, 
Kreuznach ou Creuznach 

{kreuz-nak), ville, 
Lachésis (Iakézîss), une des 

trois Parques, 
Laiihach (Jôbak), ville, 
Laybach (lé-hak), ville, 
lichen (likène), plante, 
lichenée (lik-né), chenille, 
lichine, genre d'algues, 
lichiné, 
Lichtenherg, {liktain-bèrr), 

princip. d'Ail., 
Lichtenstein (liktainss - tain), 

princip. d'AU., 
lichfer {liktèrr), allège, 
loch (Idk), t. de mar., 
Lochleven [château de] {lok- 

lévène), 
looch (lok), t. de pharm., 
îonchite, comète, 
lonchiiis {lonkitîss), plante, 
lichnis (Uknîss,) pierre, [kabé). 
Macchabée ou Machabée {ma- 



I Depuis son édition de 1877 l'Académie écrit tous les mots commençant par 
iehthy sans h; donc ichtyolithe, ichtyologie, etc. 



Jg2 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



Macchabées ou Machahées [les 

sept frères], 
Mac-Culloch (mak-kulok), éco- 
nomiste anglais, 
Machaon {maka-on), myth., 
Machiavel (niaM-avèl), ^ 
Maëstricht {mâss-trik), 
malachite, pierre verte. 
Malchus {mal-hûss), serviteur 

de Caïphe, 
manichordion, sorte de la cla- 
vecin, 
Mélanchthon {vtiélank-ton), un 

des chefs de la Réforme, 
Melchisédech (mèlkicédèk), roi 

de Salem, 
melchisédéchistes ou melchisé- 
décien (mèlkicédé-chistt, 
melkicédé-ciain), secte, 
MeJchthal {mèlk-taï), 
ménechme {mé-nèk-m'), 
mésochondriaque, t. d'anat., 
métachorèse, t. de méd., 
métachronisme, 
Metternich (métèrr-nik) , vil- 
lage, diplomate, 
Michel-Ange {mikèl-anje), cé- 
lèbre peintre, etc.,2 
Miloch Ohrenovitch {milbk 
o-bre-no-vitt-ch'), prince de 
Serbie, 



mischio (miski-o), marbre 

d'Italie, 
mochlique {mbk-lik), t. de méd., 
Moloch (molùk), idole, 
Monaldeschi (mo-nal-dèss-ki), 

favori de Christine de Suède, 

tué à Fontainebleau, 
Moschoxnde, grammairien grec, 
Moschus {mbskûss), poète grec, 
Munich (munik), ville, -^ 
Nabuchodonosor (nabukodo- 

nozbr),'^ 
nach Çnak), la 14^ lettre de 

l'alphabet slavon et russe, 
Nécliao (néka-ô), roi d'Egypte, 
Neuf-Brisach {neu-brisak), 

ville, 
nuclial (nukaï), zoolog., 
ochlocratie (oklokracî), 
Ochosias(okÔ0iâss),roi(ï'lsra'è\, 
oléo-saccharum {olé-o-çaka- 

rbme), 
octachorde, instrument, 
Œchalie (é-kalî), ancienne 

ville de Thessalie, 
O/fenbach (b-fain-bak), compos. 

d'opérettes françaises , etc, 
oligocholie, t. de méd., 
orchésographe, 

orchésographie {brkézografl), 
orchestique (brkèstik), 



1 Màkiavil, parce que le mot est tout italien. MtSa machiavélique, machiavélisme, 
mots tout à fait français, se prononcent ma-chi-avélik , ma-chi-avéliss'm (ch comme 
dans eJiemin). 

2 Ailleurs que dans Michel-Ange, Michel se prononce à la française (ch comme 
dans chemin). 

3 Mais dans Munichéen, habitant de Munich, ch comme dans chemin: 
mu-niché-ain. 

* Ou Neboukadnesar , suivant le Dictionnaire de la Conversation; ou Saos- 
duchée (ça-bsdulé), suivant Bouillet. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. Jgg 



orchestration {prMstracion), 
orchestre {or-hèstr'), 
orchestrer (ùr-Tcèss-tré), 
orchestrino {or-kèss-tri-nô), 
orchidé {orJcidé), adjectif, 
orchidéacé (orJcidé-acé), 
orchidées, famille de plantes, 
orchis (orkîss), plante, 
Orchomène, fils de Jupiter, 
orohanchoïde (orohanko-idd), 

plante, 
oxysaccharum (okciçalcaràme), 
palimhacchique {palain-hakik) 

ou antibacchique, — voyez 

plus haut ce dernier mot, 
palma-christi, ricin, 
Panchaïe (panka-î), contrée, 
parachronisme, 
patriarchal,^ 
patriarchalement, 
patriarchat (patri-arka), 
pentachondre (jpainta-kondr'), 

plante, 
pentachotome (painta-kotônie), 
périchondre, t. d'anat., 
Peschiera (pès-kiéra), ville, 
picholine, olive, 
picrocholeijnkro-kol), t. àeméd., 
polycholie, t. de méd., 
polytechnique {politèk-nik), 
Porto-Vecchio (porto -vè-kiô), 

V. de l'île de Corse, 
Pracht (prakt), nom pr., 
prochronisme. 



psychagoge (psika-gôje), magi- 
cien, 

psychagogie, 

psychagogique, 

psychagogue, 

psychologie, 

psychologique, 

psychologiste, 

psychologîie, 

psychomancie, 

psychotrie,, plante, 

psychromètre, thermomètre, 

Pulchérie, (pulkérî), impéra- 
trice d'Orient, 

pyrotechnie, 

pyrotechnique, 

rachosis {rako-sîss), t. de méd., 

Reichenhach (rè-kain-hak), 
ville de Saxe, 

Reichenherg (rè-kain-bèrr), 
ville de Bohème, 

ReichenhaU (rè-kè-nal), ville de 
Bavière, 

Reichsoffenirèk-çofène et rèche- 
çofène), ville d'Alsace, 

reichsrath {rèks-râte et rèche- 
srâte), conseil d'Etat d'Au- 
triche et d'Allemagne, 

Reichstadt (rèk-statt et rèche- 
statt), ville de Bohème, ^ 

reichstale {rèks-tale et rèche- 
stale), monnaie allemande, — 
on dit aussi: reichsthaler 
{rèks-talèrr et rèche-stalèrr\ 



1 L'Académie érit ce mot et les deux suivants sans h. — Patriarche se pro- 
nonce à la française. 

2 La prononciation r'eche-stait est peut-être la plus usitée. Napoléon, duc de 
Reichstadt, fils de Napoléon I, mort en 1832, n'a guère été connu que sous le nom 
de dttc de Reichstadt (rich&statt). Voyez Sardou, Grammaire, p. 263. 



134 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H, 



Richter [Jean-Paul] (rik-tèrr), 

écrivain allemand, 
Boch [saint] (gain rdk), 
Roshach (ross-bak), village 

prussien, 
mccharification, 
saccharoïde (çak-karo-idd), qui 

ressemble à du sucre, 
Sacchini (çak-ki-ni), composi- 
teur, 
saccholacte, t. de chim., 
saccholactique, 
sacro-ischiatique, 
scheuchzérie {cheuk-séri), 

plante, 
schîich (chîik), 
le Sperchius (spèrki-ûss), fleuve 

de Thessalie, 
splanchnique (splank-nik), 
splanchnologie, 
stachide ou stachys (sta-kidd, 

sta-kîss), plante, 
Staubbach (stô-hak), cascade 

en Suisse, 
Stauffacher (stô-fa-kèrr), 
sténochorie, t. de méd., 
stichomancie, 
stoéchologie (sto-ékolojî), 
stoéchologique, 
stoïchéiomancie {sto-iké-io- 

manci), 
stoïchéiomaneien, 
subdichotome (çubdikotôme), 
synchondrose (çain-kondrôze), 

t. d'anat., 
synchondrotomie, 



synchrone (çain-krône), 
synchronique, 

synchronisme (çain-kroniss-m'), 
synchyse, 

tautochrone (tôto-krône), 
tautochronisme, 
technique (tèk-nik), 
technologie, 
technologique, 

Terpsichore {tèrp-ci-kor), une 
des Muses, 

tétrarchat (tétrarka), ^ 
Tiraboschi (tirabdss-ki), écri- 
vain italien, 

tonotechnie (to-notèknî), 
tonotechnique, 
trichia {triki-à), plante, 
trichiasis (triki-azîss), maladie, 
trichines (trikine), 
trichinose {trikinôze), maladie 
causée par les trichines, 

trichinion, plante, 
trichisme {trikiss-m'), fracture, 
trichiure (triki-ur), poisson, 
trichocéphale, ver, 
trichocère, insecte, etc., 
trichode (trikddd), zoophyte, 
trichomane, plante, 
trochaïque (troka-ik), 
trochanter (trokantèrr) , t. 
d'anat., 

trochantérien, 

trochantin, 

trochée, t. de poésie, 

trochoïde, t. de géom.. 



1 Mais ch comme dans chemin, dans tétrarchie, tétrarchiqite, ces mots étant 
tout français. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. Jg5 



trochus (troMss), coquillage, 
Tycho-Brahé {tikô-bra-e), 
Ulrich (ul-rik), génér. français, 
Utrecht (utrèk), ville, 
varech (varèk), plante, etc., 
Wachtel (vaJctèl), célèbre 
chanteur allemand, 

Sch se prononce sk dans 

schématiser {ské-matizé), 
schématisme {ské-matiss-m'), 
schème ou schéma {skème, 

skéma), 
schématopée, 
schénanthe, bambou, 
schène, mesure, 
schénion, 

schénisme {ské-fiiss-m'), 
schénohate, 

schénobatie (éké-nohacî), 
schénobatique, 
schénodore, plante, 
scherbasti {skèrbass-tï), soie, 
schèse, figure de rhét., 
schewal ou schevas, mois du 

calendr. turc, 
schidacédon, t. de chir., 
schieffertin(ski-fèr-tain),SLYgi[e, 
schistosome, monstre, 
schistosomie, 



yacht (iak), 

Zach {zak), astronome, 

Zacharie {zakarî), 

Zurich {zurik), ville suisse, 

zimotechnie {zi-motèknî). 



tous les mots suivants: 

schistosomien, 

schistosomique, 

schizopode, 

Schlingen (skline-jène), bourg 

du grand-duché de Bade, 
schlott (skîdtt), stalactite, 
Schoelcher {skèl-chèrr), écriv. 

et homme politiq., 
schœnos (ské-nàss), jonc, 
schoïcien, 

schokari, couleuvre, 
scholaire, * 
scholarité, 
scholarque, 
scholastique, 
scholastiquement, 
scholiaste, 
scholie, 1 
schorl, minéral, 
schorlacé, 
schorliforme. 



Ch se prononce à la française (comme dans chemin) dans 
tous les autres mots. En voici quelques-uns sur la pronon- 
ciation desquels il peut s'élever quelques doutes: 



1 L'Académie écrit scholaire, scholie, avec sch, et renvoie aux mots scolaire, 
seolie et dérivés, dont l'orthographe est moins correcte, mais plus conforme à l'usage 
actuel. 



186 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H 



Achanti ou Ashantee (achanti, 
achante), Etat d'Afrique, 

Achard, 

Achéen (aché-ain),^ 

Ackem (a-chème), 

Achéron, 

Achille, 

Anchise, 

4pcAérow,presqu'île de Géorgie, 

archal, 

archard, fruit, 

archée, 

Arcliémore, myth., 

archeure, t. de manège, 

archevêché, 

archevêque, 

archi . . . (archi),^ 

Archiac (archi-ah), bourg, 

archiacolyte, 

archicamérier, 

archichamhellan (archi- 
chanhèl-lan), 

archichancelier, 

archidiaconat, 

archidiacre, 

archidiocésain, 

archiduc, 

archiduché, 

archiérarchie {archi-érarchî), 

archiérarque, 

Archïloque, poète grec. 



archimandrite, 

Archimède, 

archipel, 

archipresbytérial, 

archiprêtre, 

archiprêtré, 

architecte, 

architectonique, 

architectonographe, 

architrave, 

Auch [ôche), ville de France, 

bâcha ou pacha, 

ha chique, ^ 

Bouchard, nom pr., 

hronchies, 

bronchique, 

cacochyme, 

carach ou carachc (Icarache), 

capitation en Turquie, 
Chah, shah ou schah (châ), 
Charon, nom i^r.,"* 
clias {châ), le trou d'une 

aiguille. 
Chastes [Philarète] (châl), 

littérateur, 
cheik {chèk), 
Chemnitz (chème-nitss), v. de 

Saxe, 
Chéron, peintre, 
chérubin (chérubain), 
Chili, 



1 Mais eh comme k dans Achaïe {a-ka-i). 

2 Archi, mot emprunté du grec âçx^i se joint souvent à un autre mot et marque 
la prééminence, la supériorité, ou familièrement un grand excès dans la cliose dont on 
parle: archichancelier, archidiacre, — archifou, archivilain, etc. 11 se prononce par- 
tout à la française, excepté dans archiépiscopal et archiépiscopat. Voyez page 175. 

3 Voyez la note an bas de la page 17.5. 

4 Mais Charon, le nocher des Enfers, qu'on écrit aussi Caron, se prononce 
Karon. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. ^g? 



Chilien, 

Chiloé (cMlo-é), archipel, 

CJiimboraço ou Cliimborazo 

(chain-horaçô), 
chincJie {chain-ch'), 
chinchilla {chain-chil-la), 
chimère, 

Chinchas (chain-cha), îles, 
Chio, île, 

chionanthe, plante, 
Chioné (chi-one), myth., 
Chiron, centaure, 
chirone, plante, 
chironie, plante, 
chironis (chiro-nîss), plante, 
chiroute, ^ 
chirurgical, 
chyle, 
chylifère, 

Choiseul (choa-zeuï),'^ 
Cholet, ville, 
cholève, insecte, 
colchicacées, plantes, 
colchicon, 
colchide, plante, 
Colchide, myth.,^ 
JDelpech (clèlpèche), médecin, 
diachilon, emplâtre, 
Eichsfeld (èche-fèld), 
Eichstc&dt (èche-stèd), ville, 
Ezéchias {éséchi-âss), 
Eséchiel {éséchi-èï). 



farouch ou farouche (farouche), 

trèfle, 
fétichisme {fétichiss-m'), 
Funchal (fon-chal), ville, 

riv., 
Gortschakoff {gbrtt-chakbff), 

génér., diplomate russe, 
hiérarchie (ié-rar-chî), 
Joachim (jo-a-chain), * 
la Lauch (la loche), riv., 
Lynch [loi de] (linn'ch'), 
machiavélique, voyez page 182, 
maillechort [ma-ye-chàr), 

métal, 
mamamouchi, mot forgé par 

Molière, 
Manchester [manschèss-tèrr), 
manichéen (ma-niché-ain), 
manich éisme {ma-nich é-iss-m'), 
melchite, 
Michel, 5 
Michigan, lac, 
Mitchel, homme politique, 
Mitchell (mitt-chèï), littérateur, 

etc., 
monachisme, 
monarchie, 
monarchique, 
Munichéen, ^ 
naumachie, 
orchefon orchet (orchèfôrchè), 

oiseau, 



1 C'est le mot qu'emploient tous les marins pour désigner le cigare. 

2 Prononciation correcte: choa-zeul (eu ouvert). Mais le peuple mouille VI, et 
dit choa-zeu-ye. 

3 Dans Colchos, ch comme k: khl-kbss, le second o long. 

4 Quelques-uns prononcent le nom du prophète, jo-a-kime. 

5 Toujours mi-ch'el; excepté dans Michel-Ange. Voyez page 182. 

6 Voyez Munich, page 182. 



Igg CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 



pacha ou hacha, 

pachalik, 

pachyderme, 

patriarche, ^ 

pochard (po-char), expression 

populaire: ivrogne, 
psyché, 

Puech (puèche), nom pr., 
punch (ponche), 
Quichotte [don] (don hi-chbtt), 
Rachel {ra-chèï), 
rachidien, 
rachitis {rachitîss), 
rachitique, 
Beichstadt, — voyez page 183, 



Bichmond (riche-mon), 
V. d'Anglet., v. d'Amer., 

Sandwich (çan-douitche), 

Sennachérib {cène-nachérih\ 

Sichem (ci-chème), ville, 

stomachique, 

tachygraphe, 

tachy graphie, 

tétrarchie, ^ 

Trochu [génér.] (tro-chu), 

watchman {ouat-chmann), 

Valachie ou Valaquie {valachi, 
valaki), ^ 

Yichnou{viche-nou), dÏQxxindiOn, 

Zachée, moine. 



Nous avons donné, page 185, la liste des mots où sch 
s'articule comme sk. Partout ailleurs, sch se prononce comme 
ch dans chemin. — Voici quelques-uns des mots de cette 
dernière classe: 



Bischioeiler {biche-vè-ièrr), 
ville, 

Fesch {fèche), cardinal, oncle 
de Napoléon I., 

Frœschweiler {frèche-vi-ièrr), 
village, 

hachisch ou hatchich (a-chiche, 
att-chiché), préparation qui 
procure des sensations sin- 
gulières, 

Herschell, astronome, 

Ischl{ich'-l), bourg d'Autriche, 

Kamtschatka ou Kamtchatka 
(kame-chatt-ka), 



Kamtschadales ou Kamtcha- 

dales (kame-chadal), 
kirsch (kirche), 
Paskewitsch (pass-ké-vitche), 
schahraque, 
Schaka, myth., 
schacète, plante, 
schah, shah ou chah, 
Schaffhouse {cha-foûze), 
schako, ou chako, ou shako, 
schall, plus souvent châle, 
schamanisme, 
schamaniste, 
schapska^ 



1 Voyez patriarchal, page 183. 

2 Mais dans tétrarchat, ch comme &. Voyez page 184. 

3 Valachie, Valaqiiie ou Vlaquie. On écrit ordinairement Valachie. Les 
habitants s'appellent Valaques. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. Jgg 



schelem, plus souvent chelem 

(chlème), 
Schélestadt (chélèss-tad), 
schelling, quelquefois scMlling 

{cMain), — voyez la note 

plus bas, 
Scliemnitz {chème-nitss), v. de 

Hongrie, 
scliérif, shérif, et chérif, 
scheuchzérie {cheuk-zén), 

plante, 
Schiller (chi-lèrr), 



schippund ou schippond (chip- 
ponde), ancien poids d'AUem., 

SchirmecJc, village, 

schisme, 

schismatique, 

schiste, 

schisteux, 

schlague, 

Schleswig {schlèss-vig, g dur), 

sehnapan ou chenapan, 

Schœnbrunn (chène-brounn), 

Schomherg (cJîon-bèrr), 
maréchal. 



Sh, qui ne se trouve guère que dans des mots tout à 
fait étrangers, a partout la valeur du cli français: 



Ashantee{achante),'EXdX d'Afri- 
que, — déjà page 186, 
bishop ou bischof, boisson, 
Cavendish, — voyez page 70, 
Dash [M™«] (dache), écriv., 
fashion, y 

fashionable, i ' 

Mackintosh, — voyez page 85, 
New -Hampshire (neu-anpe- 

chir), 
shall, mauvaise orthographe 

de schall, 
Shakespeare, — voyez page 11, 
shako, — voyez plus haut. 



Shanghaï ou Shang-Haï, — 
voyez page 152, 

Sheffield (chè-fîld), 

Shéridan, écriv. anglais, 

Shetland (chètt-lan), îles, 

shérif, — voyez plus haut, 

shilling {chlain), ^ 

shire (chir),^ 

Shiva, idole, 

shoene {cho-ène), prêtre égyp- 
tien, 

shottish (cho-tiche), air de 
valse, 

etc. 



. Sh ne prend l'articulation du ch français que quand les 
deux lettres appartiennent à la même syllabe. — Hogshead 
(mesure de liquides en usage en Angleterre, qui répond à 



1 Shilling est la véritable orthographe du mot que l'on écrit, improprement, 
s'il s'agit de l'Angleterre, sheling, shilling, scheling, et le plus souvent schelling. 

2 Shire, comtés ou divisions de l'Angleterre, se prononce chir. On suivra 
donc la même prononciation dans Devonshire, Yorkahire, etc. 



190 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — H. 

notre muid), mot dans lequel 1'^ commence une syllabe, se 
prononce bg-zMe. Ainsi d'autres mots. 

Cachucha, danse espagnole, se prononce kat-chout-cha et, 
à la française, ca-chn-clia. 

Dans drachme, et ses composés: didrachme, tridrachme^ 
tétradrachme, ch sonne comme g dur. Nous avons donné la 
prononciation de ces quatre mots à la page 133. 

Lh dans la même syllabe, au milieu et à la fin des mots, 
prend le son de l'I mouillée quand il est précédé de i: 
Ameihon, Ganilh (économiste), Mïlliau ou Milhaud (ville), 
etc., se prononcent donc a-mè-ion, gani-ye, mi-iô. On excepte 
trois mots: philharmonique, phïlhellène, silhouette, où Ton 
entend le son propre de H: fil-armonik, etc. — Au commen- 
cement des mots, lh s'articule toujours comme 1 seule: 
Lhéritier, Lhomond, etc. Dites léritié, lomon. 

Ph ne se trouve que dans des mots qui nous viennent 
de l'hébreu ou du grec, et a toujours pour nous l'articulation 
de Vf: amphore, Biicéphale, Joseph, phtisie, etc., se pro- 
noncent donc comme s'ils étaient écrits amfore, Bucéfale, 
Josèf, ftisie. 

C'est par la même raison que th se prononce comme le 
t simple. Ainsi, athée, EUsaheth, gothique, etc., se prononcent 
comme s'il y avait atée, Elisahet (é-li-za-bètt), gotique. 

Th est nul pour la prononciation dans asthmatique, asthme, 
isthme, isthmien ou isthmique. Dites ass-matik, ass-m', iss-m', 
iss-miain, iss-mik. Telle est, selon nous, la prononciation la 
plus générale. — L'Académie fait prononcer asmatique, azme, 
et ne dit rien au mot isthme. Nodier donne azmatique et 
asmatique, et istme. 

Almanach se prononce al-ma-na. 

L'h précédée d'une voyelle et 'terminant la syllabe est 
toujours nulle dans la prononciation: dahlia, allah, assorah 
ou assorat, Jéhovah, le leuh, la Massorah ou Massori, pouah! 
Savannah, Susquehannah, etc. Prononcez comme s'il n'y avait 
pas d'h: dalia, . . . agora ou açoratt, . . . leu, . . . çavana, 
çuss-ku-é-ana. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



J, K. 



191 



J. 

La consoiine j, palatale et sifflante (chuintante), conserve 
toujours son articulation propre, qui est celle du g doux, et qui 
s'entend dans jamais, je, joli, jumelle, etc. 

J ne se double point, et dans les mots français il ne se 
trouve jamais devant une consonne, ni à la fin du mot, ni 
devant la voyelle i, excepté par élision, comme dans j'irai, 
j'ignore, etc., où j tient lieu de je.* 

Dans les mots étrangers, j, quelle que soit sa position, 
se prononce comme dans jamais, joli, etc.: le Necljed (contrée 
d'Arabie), Nijni- Novgorod ou Nishni-Nofgorod, etc. — Dites 
nèd-jèd, nij-ni, niche-ni. 



Cette consonne palatale, qui a toujours l'articulation du 
C dur, ne se trouve que dans des mots étrangers, ou formés 
d'une langue étrangère, et surtout du grec; elle se prononce 
partout où elle se trouve. Elle est rarement doublée. — Le 
c qui précède k dans beaucoup de mots est partout nul dans 
la prononciation. 

k et ck: 

crick, perroquet, 



Voici quelques mots avec 
aracJc, ou arrack, ou rack, 
ankylose, 
backgammon, jeu, 
bifteck, — voyez page 11, 
boobook, — voyez page 102, 
Bourbaki (bourbaki), génér., 
bout-sallick (bou-çalik), 
cheik (clièk), 
coke (kok), 
Cook, — voyez page 102, 



copeck, 

Dantzick, — voyez page 151, 

Inspruck (ain-spruk), nom 

vulgaire à'Innsbruck, 
jockey (jo-kè), 
jocko (jo-kô), nom vulgaire 

de l'orang-outang, 
kaléidoscope, 
Kalmouk, 



1 Dans les langues orientales, on trouve beaucoup de mots avec dji: Djihoun, 
un des fleuves les plus célèbres de l'Asie; c'est aussi le nom d'un fleuve de la 
Turquie d'Asie. Djim, la 5e lettre de l'alphabet arabe, et la 6e lettre de l'alphabet 
turc et persan. Djinn, nom des mauvais esprits ou démons dans la mythologie 
mahométane; Djinns est le titre de la XXVIIIe Orientale de V. Hugo. 



192 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 



Kamschatka (kamm-chatt-Jca), 
kaolin (ka-o-Jain), 
kilo, 

kilogramme, 
kilolitre, 
kilomètre, 
kilostère, 

kreutzer {kreutt-zèrr), 
kyrielle {kiri-èl), 
Leipsick, — voyez page 151, 
Mojaïsk (mo-ja-isk), ville, 
Moka, 

Moskova, OU Moskva {moss- 
kova, moss-kva). 



Nankin, ou Nanking {nan- 

kain), ^ 
Necker (nè-kèrr), 
Osnabruck (oss-nabruk), 
Pékin, OU Pé-king (pékain), * 
Panckoucke, — voyez page 1 30, 
Smalkalde {smal-kald), 
Smolensk {smo-lainss'k), 
stockfisch (stok-fi^che) , 
Suffolk, 
Tokay {to-kè). 
Van Byck (van dik^, 
Zschokke (cho-ké), écriv., 

etc., etc. 



Cette consonne linguale s'articule de deux manières: 
Son articulation propre, 1, s'entend dans le, la, lettre, 

livre, lune, etc. 

Son articulation accidentelle (son mouille), je, s'entend 

dans paille, meilleur, bouillon, etc. 

Au commencement des mots, 1 a toujours l'articulation 
propre: la lettre, le livre, le liard, les loups, etc. — Dans 
le corps et à la fin des mots, elle se prononce tantôt avec 
l'articulation propre, comme dans Clotilde, culminant. Foulques 
(nom de plusieurs personnes marquantes), million, Milon, 
mobile, pulpe, roulage, soulever, — intelligence, village, — 
fol, tel, etc.; tantôt avec le son mouillé, comme dans bâiller, 
fillette, meilleur, — deuil, grésil, seuil, etc. 

L initiale n'est jamais doublée, excepté dans quelques 
mots étrangers, tels que llama (que nous écrivons générale- 
ment lama), llanos (plaines, steppes), Llanta (célèbre litho- 
graphe), Llerena (v. d'Espagne), Llobregat (riv. d'Esp.), 



1 Bouillet écrit Pékin ou Pé-king; Nankin ou Nanking. Le Dictionnaire de la 
Conversation, Péking; Nankin, et mieux Nanking. Le Complément du Dictionnaire 
de l'Acad. , Péking ou Pé-king; Nanking ou Kiang-Ning. — On prononce pé-kain, 
nan-kain. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 



193 



Llorente (savant), Lloret (v. d'Esp.), Lloyd (prélat anglais; 
poète anglais; société d'assurances maritimes), Lluchmayor 
(v. d'Esp.), etc. — On prononce toujours la-ma. Les autres 
mots se prononcent également à la française, c'est-à-dire comme 
s'il n'y avait qu'une seule 1 : la-nbss, lanta, léré-na, lobréga, . . . 
lo-id, etc. Quelques-uns mouillent les 11: ia-nbss, ianta, etc. 

La lettre 1 ne prend le son mouillé que si elle est pré- 
cédée de 1, et de plus, au milieu des mots, doublée ou suivie 
de h. Mais l'I simple ou double et précédée de i n'a pas 
toujours le son mouillé, comme on le verra par les listes que 
nous donnons plus loin. 

Quand, dans le corps des mots, l'I est doublée et garde 
son articulation propre, on ne prononce souvent qu'une 1: 
mais on les fait entendre toutes les deux dans un assez grand 
nombre de mots, dont voici la liste complète: 

allodialité, 

allobrogique, 

aUophylle (al-lofil), 

allouable, 

allouer, 

alluclion, 

allusion (al-luzion), 

alluvial, 

alluvien {al-luviain), 

alluvion, 

amaryllis {a-maril-lîss), plante, 

anagallis (a-nagal-lîss), 

Apollinaire (apol-li-nèrr), 

Apollodore, 

Apollon, 

Apollonie, 

Apollonius {apbl-lo-ni-ûss), 

appellatif, 

appellation, 

armillaire, 

attellanes, 

axillaire (aJc-cil-lèrr), 



Abdallah (ab-dal-la), 

achillée (achil-U), 

achilléide (achil-lé-id), 

Allah (al-la), 

allantoïde {al-lanto-id), 

allégorie, 

allégorique, 

allégoriquement, 

allégoriser, 

allégoriseur ou allégoriste, 

allégorisme, 

allègre, 

allègrement, 

allégresse, 

allégretto, 

allégro, 

Alléluia (al-lélu-ia), 

allitération, 

Allobroge (al-lobroje), 

allocation, 

allocution, 

allodial, 

Lesaint, Prononciation française. Sme éd, 



]^94 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 



belladone (bèl-ladone), 

bellicant {hèl-likan), 

hellie {hèl-lî), 

belligérant, 

belliqueux, 

bellissime, 

bllamellé {bi-la-mèl-le), 

bipapillaire, 

Bovadilla, ^ 

bulle, 

cancellation, 

canceller, 

caryophyllée, 

cavillation, 

chambellan, 

chinchilla {chain-chil-la), 2 

circonvallation, 

codiciïlaire, 

coUataire, 

collatéral, 

collateur, 

collatif, 

collation, droit de conférer un 

bénéfice, action de comparer 

la copie d'un écrit avec l'ori- 

ginal,3 
collationner, comparer une 

copie à l'original, ** 
colliger, 
colliquatif, colUquative Qcdl- 

li-kou-atif, tive), 
colliquation {Jcol-likou-acion), 



collision, 

collocation, 

colloque, 

colloquer, 

colluder, 

collusion, 

collusoire, 

collusoirement, 

collyre [kol-lirr), 

constellation, 

constellé, 

coupellation, 

coupeller, 

décasyllabe (dékacil-lab). 

décasyllabique, 

désillusionner, 

dissyllabe, 

dissyllabique, 

ellébore, 

elléborine, 

ellipse, 

ellipsoïde (èl-lip-ço-id), 

ellipticité, 

elliptique, 

elliptiquement, 

énallage {é-nal-lâje), 

épellation, 

équipollence {é-Mpol-lanss)„ 

équipollent, 

équipoller, 

fallace, 

fallacieux, 



1 Dites lovadiUa. Ceux qui prononcent à la manière espagnole disent bovadi- 
ye-a ou bovadi-lia, 

2 Chinchilla, ou, dit l'Académie, chinciUa. Ce dernier mot est à peine connu, 

3 Quand collation signifie repas léger, on ne prononce qu'une l: kb-lacion. 

4 Quand ce mot signifie faire le repas qu'on appelle collation, on ne prononce 
qu'une l: kb-îacib-ni. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. ;[95 



flagellant, 

flagellation, 

flageller, 

folliculaire, 

follicule, 

fritillaire, 

gallate, 

galliamhe, 

gallicisme, 

gallinacés, 

gallinasse, 

gallinsecte, 

gallique, 

Gallus (gal-lâss), poète et 

guerrier romain, etc., 
haller (al-lèrr), plante, 
hellanoclices ou hellanodiques, 
Hellènes, les Grecs, 
hellénique, 
hellénisme, 
helléniste, 
heV.er (èl-lèrr), ancienne monn. 

d'Allemagne, 
hendécasyllaheoviendécasyllahe 

{ain-dèka-cil-la b), 
heptasyllahe (èp-ta-cil-lab), 
illégal {ïl-lé-gaï), et tous les 

autres mots commençant par 

ill, 

illégalem,ent, 

illégalité, 

illégitime, 

illégitimement, 

illégitimité, 

illettré, 



illicite, 

illicitement, 

illimité, 

illisible, ^ 

illuminateur, 

illuminatif, 

illumination, 

illuminé, 

illuminer, 

illuminisme, 

illusion, 

illusoire, 

illusoirement, 

illustration, 

illustre, 

illustrer, 

illustrissime, 

imbécillité, 

impa risyllabique, 

impollu, 

inintelligibilité (i-nain-tèl-liji- 

bilité), 
inintelligible, 
inintelligiblement, 
instillation (ainss-til-lacion), 
instiller, 

intellect {ain-tèl-lèkt), 
intellectif, 
intellectuel, 
intelligence, 
intelligent, 
intelligible, 
intelligiblement, 
intermaxillaire, 
interpellateur. 



1 Illisible qualifie les écrits qu'on ne saurait lire, tant on y trouve à reprendre. 
Inliiible qualifie l'écriture, qui est mal formée, indéchiffrable. Mais on dit presque 
toujours illisible, rarement inlisible. 

13* 



196 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. _ L. 



interpellation, 

interpeller, 

interstellaire, 

lamelle, ou mieux lamelleux, 

lamelleuse, 
libelle, 
libellé, 
libeller, 
libelliste, 

Lilliput {lil-li-pu), 
lilliputien (lil-li-pu-ciain), 
Lucullus (lukul-lûss), 
malléabilité, 
malléable, 

malléamotJie {mal-lé-a-mott), 
malléolaire, 
malléole, 
mamelliforme, 
mamillaire, 
maxillaire, 
maxillo-palatin, 
médullaire, 
mellifère, 
mésintelligence, 
métalléité, 
métallique, 
métallisation, 
métalliser, 
métallographe, 
métallurgie, 
métallurgiste, 
millénaire, 
millépore, 
millésime, 
milligramme, 
millimètre, 

miscellanées (mi-cèl-la-né), 
mollah (mol-la), 



monosyllabique {mo-no-cU- 

labiJc), 
ollaire, 

olla podrida, mets espagnole, 
ombellifère, 
oscillaire (d-cil-lèrr), 
oscillation, 
oscillatoire, 
osciller, 

palladium (pal-ladi-ome), 
Pallas (jyal-lâss), 
palliateur, 
palliatif, 
palliation, 
pallier, 

pallium (pal-li-ome), 
papillaire, 
parallactique, 
parallaxe (paral-lakss), 
parcellaire, 

parisyllabique (pari-cil-labik), 
pellicule, 
pelliculeux, 
pénicillaire, 
pénicillé, 
pénicilli forme, 
pollen (pàl-lène), 
pollénine, 
pollicitation, 
pollination, 
poïlineux, 
pollinique, 
pollué, 
pollution, 
Pollux (jpol-lukss), 
polysyllabe (poli-cil-lab), 
pullulation, 
pulluler, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



197 



puplllaire, 

pupillarité, 

pusillanime (pu-zil-la-nimé), 

pusillanimement, 

pusillanimité, 

(juaclrisi/llabe {kou-adri-cil-îab), 

Quintillus {ku-ain-til-lûss), 

rébellion, 

récollection, 

se récolliger, 

réinstaller, 

répulluler, 

satellite, 

scabellon, 

scillitique {cil-litiJc), 

scintillant (çain-til-lan), 

scintillation {çain-til-la-cion), 

scintiller {çain-til-lé), 

Scylla (cil-la), écueil, 

sigillé, 

sollicitation, 

solliciter, 

solliciteur, 

sollicitude, 

stellaire, 

stellionat, 



stellionataire, 

stillation, 

syllabaire, 

syllabe, 

syllaber, 

syllabique, 

syllepse, 

tabellion, 

tabellionage, 

titillant (ti-til-lan), 

titillation, 

titillé, 

tollé, 

trissyllabe (tri-cil-lab), 

trulUsation, 

vacillant {va-cïl-lan), 

vacillation, 

vaciller, 

vacillité, 

vallaire, 

Varillas (varil-lâss), historien, 

velléité {vèl-lé-ité), 

villa, 

villace, 

villégiature (vil-léji-atur). 



Ailleurs, on ne prononce qu'une 1. Voici quelques mots de 
cette dernière classe dont la prononciation peut embarrasser: 



allaitement (a-lètt-man), 

allaiter, 

allèchement, 

allécher, 

allée (a-lé), 

allégation, 

allège, 

allégement, 

alléger. 



alléguer (a-lé-gé, g dur), 
alléser, 

Avallon, ville, 
calligraphe, 
calligraphie, 
cellule (cé-lul), 
cellulaire, 

Chastellux [seigneur de] 
(châ-tlû), 



198 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS — L. 



collage, 

eollahorateur, 

eollation, léger repas, — voyez 
la note 3 page 194, 

eollationner, faire le repas 
qu'on appelle collation, — 
voyez la note* page 194, 

collègue, 

collier, 

colline, 

distiller, 

distillation, 

'gallican, gallicane. 



hallali, 

liypallage {i-pa-lâje), 

Ledru-Bollin, nom pr., 

milliard, 

millième, 

million {mi-lion), 

Talleyrand (tal-ran), 

village, 

villageois, 

villanelle, 

Villemain, nom pr., 

Villon, poète, 

etc., etc. 



La lettre 1, au milieu des mots, quand elle est doublée 
et précédée de ai, eai, eî, euî, iai, iei, oaî, œî, ouaî, oui, 
uaî, ueî, iioai, se prononce toujours mouillée, comme dans 
ces mots: 

ai — Bataillon, caille, dérailler, écailler, futaille, 
muraille, paille, ravitailler, semaille, tailleur, 
il travaille, que tu vailles, volaille, etc. 

eai — Mangeaille. 

ei — Abeille,l)outeille, corbeille, groseillier, meilleur, 
oreiller, il réveillait, veiller, veilleuse, etc. 

eui — Effeuiller, qu'il veuille, etc. 

iai — Criailler, criaillerie, piaillerie. 

iei — Vieillard, vieille. 

oai — Joaillier, joaillerie, Noailles. 

œi — Œillère, œillet, etc. 

Ouai — Jouailler, fouaille, fouailler. 

oui — Brouillon, citrouille, débarbouiller, dépouille, 
fouiller, grenouille, houille, mouillage, etc. 

uai — Antiquaille. 

uei — Accueillir, orgueilleux,recueiUement, recueillir, 
etc. 

uoai — Quoailler, seul mot ainsi formé. 

Elle se prononce de même après ui, quand ces deux 
voyelles sont précédées d'une consonne, comme dans ces mots: 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. J99 

ui — Aiguille, anguille, béquille, coquillage, coquille, 
cuiller ou cuillère, Guillaume, juillet, jonquille, 
marguillier, quille, quiller, Quïllehœuf (ville 
de France), etc. — On excepte tranquille 
et les dérivés: tranquillement, tranquillisant, 
tranquilliser, tranquillité, où l'I garde l'arti- 
culation propre: trankil, etc. 

La lettre 1, simple ou double, quand elle est mouillée, 
se supprime entièrement dans la prononciation, et se remplace 
par un son assez bien figuré par ye. Prononcez donc tous 
les mots ci-dessus, hata-ion, ha-ye, déra-ié, éka-ié, futa-ye, 
mura-ye, pa-ye, ravita-ié, cema-ye, ta-ieur, il trava-ye, que tu 
va-ye, vola-ye, — manja-ye, — ahè-ye, . . . grôzè-ié, mè-ieur, 
... — éfeu-ié, veu-ye, — hri-a-ié, hri-a-ye-rî, pia-ye-rî, — 
viè-iar, viè-ye, — joa-ié, joa-ye-rî, noa-ye, — eu-ièrr, eu-iè, 
— joa-ié, foa-ye, foa-ié, — brou-ion, citrou-ye, déharbou-iè, 
. . . ou-ye, . . . antiJca-ye, — àkeu-yir, orgeu-ieu {g dur), 
reheu-ye-man , reJceu-yir, — Tcoa-ié, — égu-i-ye, angi-ye 
{g dur), béki-ye, . . . Jcui-ièrr,^ gi-iôme (g dur), jui-iè, . . . 
margi-ié {g dur), hi-ye, Tii-ié, M-ye-beuf. 

L'I doublée a encore le son mouillé dans un grand 
nombre de mots où elle est précédée de i seul, sans autre 
voyelle, comme dans bille, fille, grillage, sautiller, etc.; mais 
rien ne peut faire distinguer ces mots de ceux où l'I garde 
l'articulation propre. Nous allons donc présenter la liste 
complète des mots où la consonne 1 doublée, précédée de i 
seul, a le son mouillé: 



les Aix d'Angïllon {le sèlcss- 

danji-ion), bourg, 
Antilles, îles, 
apostille, apostiller, 
ardillon, 
artillé (arti-ié). 



artillerie (arti-ye-rî),^ 

artilleur, 

Aubervilliers (obèrrrvi-ié), ou 
Notre - Dame - des - Vertus, 
bourg près de Paris, 

Aurillac (ô-ri-iaJc), ville, 



1 Beaucoup prononcent ku-ierr , et font de même entendre I'm dans cuillerée, 
eiiilleron, cuillier (ku-yeré, ku-yeron, ku-ié). 

2 Quelques-uns mouiUent les ? seulement dans artilleur, et prononcent artillerie 
avec l'articulation propre: artîl-rî. 



200 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 



babillage, ^ 

babillard, babiUarde, 

babillement, 

babiller, 

Baraguey d'HilUers (baragè 

di-iè, g dur), 
bastille, 

Beauvillier (bô-vi-ié), 
billard, billarder (bi-iar, etc.), 
billardière, plante, 
bille (bi-yé), 
billebaude, 
biller {bi-ie), 
billet {bi-ie), 
bïllette, 

bïllon (bi-ion), monnaie, ^ 
billonnage, bïllonner, 
billot, 
billotée, 

bisbille ibiz-bi-ye), 
bourbillon, 

boursiller {bour-ci-ie), 
bousillage, 

bousiller, travailler mal, 
bousilleur, 
boutillier, 
bouvillon, 
Bovadilla, — voyez la note^ 

page 194, 
brandillement, 
brandiller, 
brandilloire, 
brasillement, brasiller. 



Brillât- Savarin (bri-ia), 
brillant, et tous les autres 

mots commençant par brîU : 

brillanter, briller, etc., 
brindille, 
briscambille, ou brusquembille 

{brisJcan-bi-ye , brusJcan- 

bi-ye), 
broutilles, 
cabillaud, 
Camille,'^ 
camomille,* 

cannetille (Jcann-ti-yé), 
carillon, carillonner, caril- 

lonneur, 
carpillon, 
casilleux, 

castille, petite querelle, etc., 
Castille, province d'Espagne, 
Castillon, 
cédille. 

Chantilly (chanti-yi), ville, 
charmille, 
Chatillon, nom de plusieurs 

villes, etc., 
chenille, chenillette, 
cheville, cheviller, 
chevrillard, 

chondrille (kondri-ye), plante, 
cïllement, ciller, 
cochenillage, cochenille, coche- 

niller, 
codille. 



1 Voyez plus loin queUe est la prononciation de babil. 

2 Mais dans billion, les l ne se mouillent pas (bi-Uon). 

3 II serait plus correct de prononcer Jca-mil, sans mouiller les l. 

4 En général on mouille les l: ka-mo-mi-ye. Telle est la prononciation de 
Nodier, Napoléon Landais, Gattel et autres. — L'Académie et Poitevin se taisent 
sur la prononciation. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 201 



corhïllard, 

corhillat, 

corhïllon, 

cornillas (Jcdr-ni-ia) , et plus 

souvent corneillarcl, 
coronille, 
cotillon, 
Gourtille, 
Crillon (kri-ion), 
croustille, 
dégohiller, dégobilUs (dégohi-ié, 

dégoM-yi), populaire, 
déguenillé {dég-ni-ié, g dur), 
déshabillé, déshabiller, 
dessiller, quelquefois déciller, 
détortiller, 
drille, familier, 
durillon, 
écarquiller, 

échantillon, échantillonner, 
échenillage, écheniller, échenil- 

loir, 
écouvillon, écouvillonner, 
égosiller, 
égravillonner, 
égrillard, 
émérillon, 
émoustiller, 
enfantillage, 

entortillement, entortiller, 
éparpillement, éparpiller, 
épillet, (épi-iè), 
esquille (èss-M-ye), 
estampille, estampiller, 
étoupille, étoupillon. 



étrésillon, étrésillonner, 

étrille, étriller, 

faucille, faucillon, 

famille, 

file, fillette, 

filleid, fïlleide, 

flottille, 

fourmillement, fourmiller, ^ 

frétillant, frétillement, frétiller, 

fusillade, fusiller, 

gambiller, 

gaspillage, gaspiller, gaspilleur, 

gentille, féminin de gentil, 

gentillâtre, gentillesse, 

Gentilly {janti-yï), bourg près 

de Paris, 
goupille, goupillon, 
grésillement, grésiller, 
grillade, 

grillage, grille, griller, 
grillet (gri-ie), grilleté, 
grilletier {gri-ye-tié), 
grilloïde (gri-io-idd), t. d'hist. 
grilloir, [nat., 

grillon, 
grillot, 
guenille (geu-ni-ye, g dur), 

gîienillon, 
habillage, habillement, habiller, 
houspiller, familier, 
hy drille, plante, 
lamprillon ou lamproyon, 
lentille, lentilleux, 
mancenillier (mance-ni-ié), 
mandille. 



1 On prononce, en mouillant les ?, fourmi-ye-man, fourmi-ié. — Mais on fait 
sonner fortement Vl dans fourmilier (quadrupède, oiseau) et fourmilière (lien où ha- 
bitent les fourmis). 



202 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 



manille, t. de jeu, 

Manille, ville, 

mantille, 

Massillon, prédicateur, 

mercantille, 

millet, 

moinillon, [ville, 

Montmorillon (inon-inori-ion), 

Montvilliers (monvi-ié), ville, 

mordiller, 

morille, 

morillon, 

nasillard, nasiller, nasilleur, 
nasillonner, 

naville,^ 

négrillon, 

oisillon, 

orillard ou oreillard, 

Grillon, t. d'agr., 

oreillons, t. de méd., 

ormille, 

outillé, outiller, 

pacotille, 

papillon, papillonner, 

papïllotage, papillote, papil- 

pastillage, pastille, \loter, 

pavillon, 

j)eccadille (pèk-Jcadi-i/e), 

pendiller (pandi-ié), 

périlleusement, périlleux, 

persillade, persiller, 

pétillant, pétillement, pétiller. 
— Quelques-uns, dit l'Aca- 
démie, écx'vi&'oi pétillant, etc. 

Pétronille, 



pillage, pillard, piller, pilleur,^ 

pointillage, 

pointillé, 

pointillé, pointiller,pointillerie, 

pointilleux, 
postillon, 

quadrille {kadri-ye), 
quadriller Qcadri-ié), 
raidillon ouroidillon (rédi-ion), 
recroqueviller, 
résille, 

rhabillage,r]iaMller,rJial)illeur, 
roupille, roupiller, roupilleur, 

familier, 
Boussillon, anc. prov. deFrance, 
Santillane (çanti-iane), 
sautillant, sautillement, 

sautiller, 
Sédillot, 
sémillant, 
sillage, siller, 
Sillé-le-Guillaume {ci-ié-le-gi- 

iôme, g dur), bourg, 
sillet (ci-iè), 
sillomètre, sillométrique, 
sillon, sillonner, 
smille, smiller, 
soudrïlle, 

souquenille {çouk-ni-yè), 
sourciller, sourcilleux, 
spadille, 

tatillon, tatillonnage , tatil- 
tillac, [lonner, 

tillage, tille, tiller ou teiller, 
filleul, 



1 NavilU, nom d'un célèbre professeur genevois, se prononce avec l'articulation 
propre: na-viZ. 

2 Piller se prononce pi-ié; mais dans pilier, on fait sonner fortement 17; pi-lié. 
Voyez plus loin cordelier, escalier, etc.) 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 203 



tormentille, 

tortillage, 

tortille ou tortillère, 

tortillement, tortiller, 

tortillis, 

tortillon, 

toupiller, toupillon, 

tourbillon , tourbillonnement, 

tourbillonner, 
tourillon, 
Trémilly, ville, 



trille ou tril, t. de mus., - 

vanille, vanillier, 

vermiller, vermillon , vermil- 

lonner, 
vétillard, ou mieux vétilleur, 

vétille, vétiller, vétillerie, 

vétilleux, 
volatille {volati-i/e), espèces 

de petits oiseaux bons à 



manger, 



vrille, vriller, vrillerie, vrillier. 



Dans tous les autres mots, la lettre 1 doublée, précédée 
de i seul, se prononce avec l'articulation propre. Nous allons 
donner quelques-uns des mots de cette classe: 



Abbeville {ab-vil),'^ ville, 
Achille, nom d'homme, 
achillée {achil-lé), 
achilléide (acMl-lé-idd), 
Angerville {anjèrr-viï), 
armillaire (armil-lèrr), 
armilles {ar-mil), t. d'arch. et 

d'astr., 
axillaire (ak-cil-lèrr), 
Belleville {bel-vil), 
bill (bit)., mot anglais, 
billevesée {bil-veii-ze), 
billion (bi-lion): mille millions 

ou un milliard, 
billis {bil-lîss), 
calville. 



camarilla,^ 

campanille, et mieux campanile, 

Charleville, ville, 

chinchilla ou chincïlla, — voyez 
la note 2 page 194, 

codiciUaire [kodicil-lèrr), co- 
dicille, 

Cyrille {ciril), 

Banville, géographe, 

Belille, 

distillateur, distillation, dis- 
tiller, distillerie, 

Ermenonville {èrmeu-nonvil) , 
ville, 

fibrille, 

fritillaire. 



1 La volatille (Il mouillées), substantif coUectif, se dit des espèces de petits 
oiseaux bons à manger. — Volatile, substantif masculin et adjectif, se dit des animaux 
qui volent: Un volatile, l'espèce volatile. (Dans ce dernier mot, la lettre l n'étant pas 
doublée garde son articulation propre.) 

2 La lettre l doublée garde partout son articulation propre dans ville: Ville- 
franche, Villile, Belleville, etc., etc. — On excepte cheville, et toutes les parties du 
verbe recroqueviller, où les deux l se mouillent: La chaleur recroqueville le cuir, le 
parchemin, etc. (Dites reltrhk-vi-ye . . . ) 

3 Prononcez à la française, ka-marïl-la. Quelques-uns mouillent, comme en 
espagnol: ka-ma-ri-ye-ia ou la-ma-ri-lia. 



204 CONSONKES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 



Gille, nom pr., 

(jolilla, ' 

G-ranville, ville, 

guérilla {gé-ril-la, g dur), 2 

m, rivière, 

Ille- et- Vilaine, départ., 

Illinois (ïl-li-noà), 

imbécillité (ain-bécil-lité),^ 

instillation, instiller {ainss-til- 

lacion, etc.), 
Joinville, ville, 
Lille, ville, 
Lillehonne, ville, 
Malille, établissement public 

à Paris, 
mamillaire (rna-mil-lèrr), 
maxillaire (mak-dl-lèrr), 
mille, nombre (1000), 
millénaire {mil-lé-nèrr), 
millésime (mil-léMme), 
millépore {mil-lépbr), 
Mïllevoye {mil-voa), poète, 
milliard ou billion (mi-liar), 
millième {mi-Uème), 
millier {fni-lië), 
milligramme (mil-ligrame), 
millimètre {mil-li-mètr'), 
million {mi-lion), 
motacille, oiseau, 
oscillation, oscillatoire, osciller 

(o-cil-lacion, etc.). 



papillaire, papille (papil-lèrr), 
pénicillé (pé-ni-cil-lé), 
Priscillien (pri-ci-liain), nom 

pr., 
pupillaire, pupillarité, pupille 

{pupil-lèrr, etc.), 
pusillanime , pusillanimité 

{puzil-lanime, etc.), 
Quintillus {ku-ain-til-lûss), 
sciïle, scillitique {cil-litik), 
scintillant, scintillation, scin- 
tiller (çain-til-lan, etc.), 
Séville, 

sigillé {ci-gil-lé), 
sille, sillographe, sillograpliie, 

sillographique {cil-lo-graf, 

etc.), 
Sillery (cil-ri), 
stillation {stil-lacion), 
titillation, titillé (titil-lacion, 

etc.), 
trillion (tri-lion),^ 
vaudeville (vôd'vil), 
villa {vil-la), 
villace (vil-lass), 
village, 

ville, — voyez la note ^page 203, 
Villèle (vi-lèl), 
Villers-Cotterets {vi-lèrr-hb- 

trè), 
la Villette {la vi-lètt). 



1 Espèce de collet qu'on porte en Espagne, et que nous écrivons plus souvent 
gol'ele. Quelques-uns prononcent à l'espagnole goli-ye-ia ou goli-Ka. 

2 Même observation que pour camarilla et goliUa. Prononcez à la française, 
géril-la (g dur), on, comme en espagnol, géri-ye-ia ou géri-lia (g dur). 

3 L'Académie écrit imbécile, imhécilement, avec une ?, et imbécillité avec deux l; 
mais la plupart des écrivains mettent aussi deux l aux deux premiers mots. 

4 Nodier mouille les l: tri-ion, bien que dans tous les mots million, billion, 
milliard, etc., les l se prononcent avec l'articulation propre. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 205 

Précédée de l'y, l'I, simple ou doublée, garde toujours 
son articulation propre: amaryllis, idylle, sibylle, syllabe, 
syllejyse, etc., se prononcent donc a-maril-Uss, idil, cibil, etc., 
et non a-mari-ye-tss, idi-ye, cibi-ye, etc. 

La lettre 1, au milieu des mots, n'étant jamais mouillée 
si elle n'est doublée ou suivie de 11, il faut prononcer 
Tuileries comme si ce mot était écrit tu-il-rî (tu-il en diph- 
tongue), et non tui-ye-rî, fausse prononciation de beaucoup 
d'étrangers. — Il est vrai que le peuple de Paris mouille, 
à tort, ri des mots cordelier, escalier, familier, liard, milieu, 
mobilier, pilier, roulier, sébile, singulier, soulier, et en général 
les mots en lier et en llère (avec une seule 1), et prononce 
Mrde-ié, èska-ié, fami-ié, iar, mi-ieu. mobi-ié, pi-ié, rou-ié, 
cébi-ye, çaingu-ié, çou-ié, etc. — Mais l'I de Tuileries ne se 
mouille que par les étrangers. 

On a pendant longtemps mouillé les 1 de Sully (ministre 
de Henri IV), et prononcé çu-yi. Aujourd'hui l'usage, les 
écoles, les lycées font sonner les deux II avec l'articulation 
propre : Çîil-li. 

Semoule (sans i et avec une seule l) se prononce cc- 
mou-ye (? mouillée) par beaucoup de personnes. Voyez ce 
mot page 103. 

Voyez, page 149, la prononciation de JBentivoglio, Broglie, 
Gagliaro, voglie, imbroglio, etc. 

Lli, au milieu et à la fin des mots, se prononce toujours 
mouillée quand il est précédé de i: Ameillion (académicien), 
Cailhava (auteur dramatique), Castilhon (écrivain), Cruveil- 
hier (écrivain), Filhol (nom pr.), Ganilh (économiste), Méril- 
hou (ancien ministre), Milhau ou Milhaud (ville), etc., etc. 
Dites a-mè-ion, Ica-ia-va, hasti-ion, kruvè-ié, fi-iàl, ga-ni-ye, 
méri-iou, mi-iô. — Même prononciation dans gentilhomme, 
gentilhommeau {terme de mépris: pauvre gentilhomme), gentil- 
hommerie (ironiquement: qualité de gentilhomme), gentil- 
hommière (familier et ironique: maison de gentilhomme à la 
campagne). 



20g CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 

On excepte les trois mots philharmonique, philhellène, 
silhouette, dans lesquels on entend l'articulation propre de 11: 

fd-armo-nilc, fil-èl-lène, ci-lou-èttA 

Au commencement comme au milieu des mots, aul, suivi 
d'une consonne, se prononce au: aulnaie, ou moins correc- 
tement aunaie (lieu planté à\ulnes), Aulnay, ou Aunay (bourg), 
aulne, ou moins correctement aune (arbre), Aulnoy (femme 
de lettres), Blacas d'Aulps, château cl'Aulps, Chaulmes (bourg), 
Chaulnes (maréchal de France, etc.), Baulnoy (nom pr.), 
Gaultier, Paulmier de Grentemesnil (savant philologue), Paulmy 
(marquis de), Saulnier (écrivain), etc. — Prononcez ô-nc, 
ô-nè, ône, ô-noa, hlacâss dope, châtô dope, chôme, chône, dô-noa, 
gô-tié, pô-mié de grante-mé-nil, pô-mi, çô-nié. 

L est encore muette, ainsi que la consonne qui suit, 
dans les terminaisons auld, ault, aulx, eulx, ould, oulx. 

On supprime donc, dans la prononciation, les deux consonnes 
1(1, It, Ix, dans tous les mots suivants et autres semblables: 
Arnauld, Arnaidt, des aulx (pluriel de ail),^ Arnoidd, Boursault 
(poète, etc.), Châtelleraidt (ville), Besaidt, Bussault (critique), 
Dussatdx (littérateur), faidx ou faux (instrument pour faucher), 
Fontevraidt (bourg), Géricaidt (peintre), Giraidt-Duvivier 
(grammairien), Hératdt (département), Javoulx ou Javols 
(bourg), La Bochefoucaidd, Lecouteulx, Perraidt (architecte), 
Quinaidt (poète), Benauld, Satdt (ville), Satdx (rivière), etc. 
Muette également dans Arnoid. — Prononcez ar-nô, . . . dè- 
sô, ar-nou, bour-ço, chdtèl-rô, de-çô, dii-çô, du-çô, fô, fonte- 
vrô, jériîcâ, jirô-duvivié , é-rô, javoïc ou javbl, la-roche- fouJcô, 
Ickou-teu, pè-rô, hi-nô, re-nô, çô, çô, ar-nou. — On excepte 
Ault (ville), Gréoulx ou Gréoids (village), et Sainte- Menehould 
(ville), que l'on prononce ôlt, gré-oid, çainte-me-ne-oul.^ 



i Dans les deux premiers mots, phil (ami) forme une syUabe, qui se prononce 
toujours fil. Silhouette est le nom d'un contrôleur général des finances sous 
Louis XV, dont les opérations infructueuses éveillèrent la raillerie des Parisiens 
et leur firent désigner par le mot silhouette tout se qui présente un aspect triste, 
délabré, imparfait. C'est ainsi qu'on fit des portraits à la silhouette tirés de profil 
d'après les contours de l'ombre d'une chandelle. 

2 Les naturalistes disent au pluriel ails {a-ye), les grammairiens, aulx (ô). 

3 Plusieurs prononcent çainte-ne-nou. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 207 

Est également muette H finale de ménil, mot qui autre- 
fois signifiait habitation, demeure, et qui aujourd'hui est le 
nom de bourgs et de villes, ou entre dans la composition de 
noms de bourgs, etc. : Ménil- Amelot, 3fénil (dép. de la Mayenne), 
Ménil-la-Tour, Ménil- St-Firmin, Ménilmontant (près Paris), 
ainsi que dans Mesnil-Villement. — Prononcez mé-ni-amm-lô, 
. . . mé-ni-montan, mé-ni-tnl-man. 

On ne prononce jamais Tl finale des seize mots suivants: 



anll (a-ni), plante, 

haril (ha-ri), 

chenil (che-ni), 

coiirtil {Jiour-ti), 

coutil (JiOU-ti), 

fayols (fa-iô), haricots secs 

qu'on distribue à bord des 

bâtiments, 
fournil {four-ni), 



fraisil ifré-zi), 

fusil {fu-si), 

gentils (janti), idolâtres, 

nombril (nom-hri), 

outil (ou-ti), 

persil (pèr-ci), 

pouls (pou), 

soâl (çou), autrefois saoul, 

sourcil {cour -ci). 



L'I est encore muette à la fin de Dépremenil, Dumesnil, 
Gentil, Gentil-Bernard, Legentil. Dites dépre-me-ni, du-mé-ni, 
janti, . . . lejanti. 

Dans gentil, adj. (joli, agréable), l'I finale est muette au 
masculin singulier devant une consonne, et au masculin pluriel 
aussi bien devant une voyelle que devant une consonne. Ainsi, 
un gentil bijou, un gentil cavalier, de gentils enfants, de gentils 
bijoux, se prononcent un janti bijou, un janti kavalié, de 
janti zanfan, de janti bijou. — Mais l'I se prononce avec le 
son mouillé au masculin singulier devant une voyelle ou une h 
muette: un gentil enfant, un gentil hortensia. On prononce 
un janti-ian-fan, un janti-ior-tan-cia. 

Au féminin, gentille, les 1 se prononcent toujours avec 
le son mouillé, au singulier comme au pluriel, devant une 
consonne comme devant une voyelle: une gentille enfant, 
une gentille manière, de gentilles amazones, de gentilles prin- 
cesses, etc. — On prononce une janti-ian-fan, une jan-ti-t/e 
manière, etc. 



208 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 

Gentilhomme, dont nons avons déjà parlé plus haut, se 
prononce au singulier avec le son mouillé: janti-ibme.^ Au 
pluriel, il prend, outre Ts finale, une s après 11: gentils- 
hommes, et l'on prononce janti-zbme. 

Bien que Tl se prononce avec l'articulation propre dans 
accul, calcul, recul, elle est muette dans cul-de-jatte, cul-de- 
lampe, cul-de-sac ou impasse, et dans toutes ces expressions 
très usitées: cul d'artichaut, un cul de jplomb (un homme 
lourd), faire le cid de poule (faire la moue), paille- en- cul 
(oiseau de mer), etc. — Prononcez kud-jatt, îcud-lanp, Jcud- 
çaJc, Jcu-dartichô, un kud-plon, etc. 

Dans le langage familier, gril se prononce souvent gri; 
hors de là, on prononce l'I avec son mouillé: gri-ye. 

L'I de fils est muette, mais on fait ordinairement sonne 
l's: fiss. — Voyez, à la lettre S, ce que nous disons de„ 
ce mot. 

La lettre 1 finale se mouille dans toutes les terminai- 
sons ail, eil, eiiil, ieil, œil, ouail, ouil, uail, ueil: 

ail, bail, corail, mail, rail,^ Baspail, travail, — Corbeil, 
conseil, soleil, sommeil, vermeil, — Argenteuil, Auteuïl, 
cerfeuil, fauteuil, Luxeuil (ville), Beuil, seuil, — vieil, — 
œil, — jouait (t. de mar.), — fenouil, — aiguail, — accueil, 
Arcueil, cercueil, écueil, orgueil, recueil, etc. Prononcez 
a-ye, ha-ye, . . . kor-bè-ye, . . . arjan-teu-ye, . . . lu-ceu-ye, . . . 
viè-ye, eu-ye, joa-ye, fe-nou-ye, éga-ye, akeu-ye, arJceu-ye, 
cèrkeu-ye, ékeu-ye, etc. 

Précédée de i seul, sans autre voyelle, l'I finale se mouille 
aussi dans les quatre mots fenil,^ grésil, mil, ou plus ordinaire- 
ment millet (plante),* tril ou trille, (t. de mus.). — Prononcez 
fe-ni-ye, gré-zi-ye, mi-ye, tri-ye. 



1 Oentifemme ou génitif emme, qui s'est dit de la femme d'un gentilhomme, et 
<îont Montaigne s'est servi en parlant des dames de Weinsberg, se prononce jon<i-/ame. 

2 L'I est mouillée dans rail, dérailler, déraillement. Mais railway (chemin de 
fer), mot anglais, moins usité, se prononce rel-oué. 

S Dans les campagnes, et c'est là que sont les fenils, on prononce fe-ni. 
Telle est aussi la prononciation de Morin, Bénard, Larousse, etc. L'Académie, 
Nodier et d'autres mouillent l'I. 

4 Mais l'I sonne fortement dans mil, abréviation de mille (nombre). Voyez 
plus bas. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



209 



avril 



babil 



La prononciation des mots avril, babil, cil, péril, est 
incertaine: les uns mouillent l'I, les autres la prononcent avec 
l'articulation propre : 

1 mouillée: Académie, Nodier, Poitevin, JuUien, 

Sardou, 
1 articulation prox>re: Nap. Landais, Aubertin, 

Larousse, Bénard. 
1 mouillée: Académie, Nodier, Larousse, Bénard, 

Bescherelle. 
1 articulation propre: Nap. Landais, Aubertin, 
Poitevin. 
( 1 mouillée: Académie, Nodier, Sardou. 
cil \ 1 articulation propre: Nap. Landais, Aubertin, 
l Larousse, Bénard. 

1 mouillée: Académie, Nodier, Larousse, Bénard, 

Poitevin, Sardou. 
1 articulation propre: Nap. Landais, Aubertin, 
Bescherelle. 

Et tous ont raison: on prononce avril et avri-ye, babil 
et bahi-ye, etc. 

Mais tous, sans exception, mouillent l'I dans les mots 
dérivés des quatre mots ci-dessus: avrillet (blé semé en avril); 
babillage, babillard, babiller; ciller, cillement, dessiller ou 
déciller (moins usité); périlleux, périlleusement, etc. — On 
prononce avri-iè, babi-iaje, etc. 

Finale, la lettre 1 se prononce avec l'articulation propre 
dans tous les autres mots. En voici quelques-uns: 



péril ■■ 



Abigaïl {abiga-iï), 

accul (a-kuï), 

alguazil {algou-asil), 

Anquetil (anh-til), 

bémol, 

bel, 

béril ou béryl {bériï), 

bissextil {bi-cèks-til), 

Brésil {bré-zil), 

calcul. 



cliartil, 

cheval, 

Chevreul (che-vreul), nom pr., 

Choiseul, — voyez la note 

page 187, 
ciel, 
civil, 
consul, 

cuil (Jiu-iï), oiseau, 
Daumesnil (dô-mé-nil). 



Lesaint, Prononciation française. 3>ne éd. 



14 



210 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 



dégel (dé-jèl), 

exil {ég-zil, g dur), 

Eckmuhl [èh-mid), ville, 

fil à coudre, etc. {fil, au sin- 
gulier et au pluriel), 

filleul (fi-ieul), 

le Frioul (le fri-ouï), 

fol, 

Guayaquil (gou-a-iaMl), 

il, pronom, 

m, rivière, 

incivil, 

Ischl, — voyez page 188, 

Kehl (Jcèl), V. du grand- duché 
de Bade, 

Kiel ikièl), ville, 

linceul, — voyez page 77, 



mandrill (man-dril), 
mil, abréviation de mille dans 
la supputation des années,^ 
morfd, 

Niel (ni-èl), maréchal. 
Ml, fleuve, 
Noël, 
nouvel, 
nul, 
octil, 

oïl, — langue d'oïl, ^ 
Paid {pot), 
pénil, t. d'anat., 
pistil, 
pluriel, "^ 

pontil, t. de verrerie, 
Portugal, 



1 Mais l'I se moiiiUe dans mil, plante. Voyez plus haut, page 208. 

2 Langue d'o'U ou d'oil, d'ouil, d'onyx, et d'oui (prononcez o-il, ou-il, oui), nom 
donnée dans le moyen âge, à la langue que parlaient les peuples de la Franco 
habitant au nord de la Loire, et dans laquelle le signe afiirmatif se prononçait oil, 
ouil, etc. La langue d'oui, dialecte qui se parlait au 13e siècle, est postérieure à la 
langue d'ctU. 

On appelle langue d'oc, le langage que parlaient, dans le même temps, les 
peuples de la France situés au sud de la Loire, qui disaient oc pour oui. 

On appelle spécialement roman, ou langue romane, ou langue romance, la 
langue vulgaire de la France du 7» au lie siècle, qui se forma par l'introduction 
dans la langue latine de mots celtes et francs auxquels on donnait des désinences 
latines. Le roman était universellement parlé en Gaule au 10e siècle. On y distin- 
guait les deux dialectes dont nous venons de parler; la langue d'o'U et la langue d'oc. 
Du premier est née la langue française. Le second, qui est le vrai roman, se parle 
encore dans le midi de la France. 

On donne le nom de langues romanes ou, moins usité, langues romances, au.x 
langues dérivées au moyen âge du latin corrompu: l'italien, l'espagnol, le portugais 
et le français, et plus particulièrement à certains dialectes qui ont conservé encore 
aujourd'hui beaucoup de formes du latin: le valaque, dit aussi roumain; le rkéticn 
(pron. rèei-ain), ou langue des Grisons; le ladinique, qui se parle dans l'Engadine 
(vallée du canton des Grisons). 

On a donné le nom de langue rustique au bas latin qui se parlait dans les 
provinces de l'empire romain, et particulièrement eu France, lors de la formation de 
la langue romane. 

3 L'Académie dit: Quelques-uns écriyent plurier, et la plupart prononcent 
pltiriê. — Nous pensons que tout le monde écrit aujourd'hui pluriel, et que quelques 
personnes, qui ne parlent pas correctement, prononcent plurié. Nodier, les écoles, 
les lycées, etc., disent plu- rièl. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



211 



proconsul, 

profil, 

provençal (provançal\ 

puéril (pii-é-ril), 

quintil (ku-ain-tU), t. d'astr., 

Raoul (ra-oul), 

recul (re-kuT), 

Saiil (ça-uî), 

Seidl (cècll), poète, 

sel, 

seul, 

sextil {cèlis-til), 

S'il, 



subtil, [la Suisse, 

le Tacul, un des glaciers de 

tilleul iti-ieut), 

le Tohol, rivière, 

tortil, t. de blason, 

Tout, ville, 

trifil, bateau à 12 roues, 

tril, instrument pour semer, 

Vesoul (ve-zoul), ville, 

vil, 

viril, 

volatil, adjectif: t. de chim., 

etc., etc. 



La prononciation des mots terminés par 1 est la même 
au pluriel qu'au singulier. Ainsi, des sourcils épais, des 
profils exacts, etc., se prononcent de çourci zépè, de profil 
zég-zaM, parce qu'au singulier l'I de sourcil. ^^t muette, tandis 
qu'elle sonne dans profil. 

Parlons maintenant de ce qu'on entend par le son mouillé 
de l'I. 

Le son mouillé de la lettre 1 est, comme on l'a vu, très 
commun dans notre langue; mais les lexicographes ainsi que 
les grammairiens sont loin d'être d'accord sur la manière dont 
il faut rendre ce son. Quelques-uns veulent que l'I s'entende 
légèrement, que bataillon, fille, etc., par exemple, se pronon- 
cent bata-lion, fi-l-ye, l'I très mollement articulée, comme gl 
en italien. Les autres, et ceux-ci ont pour eux l'usage, sup- 
priment entièrement l'I dans la prononciation, et prononcent 
bataillon, fille, meilleur, tailleur, etc., comme si ces mots 
étaient écrits bata-ion, fi-ye, mè-ieur, ta-ieur, etc. 

G. H. Aubertin, dans sa Grammaire moderne des écri- 
vains français, dit, page 28: Il faut observer que le son 
mouillé français ne ressemble pas au son mouillé italien, avec 
lequel il est si confondu en Europe et plus loin. Papillon 
se prononce papi-yon, et non papi-lion. 

W Morin de Clagny, professeur de lecture à haute voix 
et de déclamation lyrique au Conservatoire impérial de musique 

14* 



212 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — L. 

et de déclamation, dit, page 43: mail, ail, prononcez ma-ie, 
a-ie. — Aucune trace de l'I. 

Et Nap. Landais: Le savant Gattel donne l'avis de pro- 
noncer ri mouillée à la manière des Italiens, comme ils pro- 
noncent le glî; mais, s'il vous plaît, comment prononcent-ils 
le gli? Nous devons supposer qu'on n'en sait rien. . . . Nos 
puristes français, disons-le bien vite, veulent qu'en même temps 
que l'on fait entendre ie, on fasse un peu sentir l'I. Cette 
méthode peut être fondée sur la raison, car les lettres sont 
faites pour être prononcées; mais nous, nous ne craindrons 
pas de proclamer hautement que la majorité des Français qui 
parlent leur langue simplement et sans aucune espèce de pré- 
tention fout sonner ie l'I vulgairement dite mouillée . . . Nous 
n'avons entendu aucun officier- général, en parlant de ses haiail- 
lons, prononcer de hata-lions, mais des bata-ions. ... 

Enfin, Ch. Nodier, qui a figuré avec tant de soin, et l'on 
peut dire avec tant d'exactitude, la prononciation de chacun 
des mots de son dictionnaire, dit à la page VI de sa Préface: 
Qu'est-ce que l'I mouillée f C'est tout bonnement l'I mouillée, 
comme l'Académie vous l'a dit . . . Si la définition de l'Aca- 
démie ne vous suffit pas (et je conviens qu'elle ne peut suffire), 
.... prenez la peine de vous informer auprès de Vécaillère 
du coin, de Vémailleur, chez le quincaillier, chez le taillandier, 
chez votre tailleur; de l'homme qui donne la paille à vos 
chevaux, de la bonne qui donne la bouillie à vos enfants. — 
Et par là Nodier veut dire: L'écaillère, l'émailleur, le quin- 
caillier, etc., vous répondront: Je suis éca-ière, é-ma-ieur, 
ta-iandié, ta-ieur; je donne la pa-ye . . ., la bou-yi, etc., 
parce que, quand l'I est mouillée, l'articulation propre 
de cette consonne disparaît entièrement dans la pro- 
nonciation, et est remplacée par un son qu'on peut 
représenter par ye. 

Telle est, en effet, la prononciation de tout Paris; et 
ceux qui ont voyagé en France n'en ont guère entendu d'autre. 
En fait de prononciation, il faut accepter ce gui est, et non 
vouloir imposer ce qui devrait être. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — M. 213 

L'articulation propre de cette consonne nasale s'entend 
dans mal, médire, milieu, modèle, soumission, etc. 

Elle ne reçoit aucune altération au commencement des 
mots: mnémonique, Mnémosyne, mnémotechnique, Mquinwari 
ou Kasheh (un des plus hauts sommets du Caucase), Msta 
(riv. de la Russie d'Europe), etc., se prononcent donc, en 
faisant entendre l'm et la consonne qui suit: mné-mo-nik, 
mné-mô-zine, mné-motèJc-nik, mkain-vari, msta. 

Au milieu des mots, lorsque l'in est suivie d'une voyelle, 
elle conserve encore l'articulation propre, parce qu'alors elle 
commence toujours la syllabe et qu'elle ne communique point 
le son nasal à la syllabe précédente; par exemple, amitié, 
Daman, etc., se prononcent comme si ces mots étaient ainsi 
divisés: a-mitié, Da-mon, et non am-itié, Dam-on. 

A la tin d'une syllabe, m, suivie d'une des deux con- 
sonnes b, p, concourt avec la voyelle qui précède à former 
un son nasal: combiner, imprimer, etc., se prononcent konhi- 
né, ainpri-mé. — La même prononciation est encore suivie 
dans remmaillement , remmaillage, remmailler, remmaiUoter, 
remmancher, remmener, et dans tous les mots commençant 
par emm: emmener, emmuseler, etc. On prononce ran-ma- 
ye-man, ran-ma-iaje, . . . ran-ma-ioté, ran-manché, ran-m'né, 
an-m'né, an-muz'lé. On excepte Emma (nom de femme), 
Emmanuel (nom d'homme), Emmaiis (bourg de Judée, etc.), 
etc., mots dans lesquels em se prononce ème bref: ème-ma, 
ème-ma-nu-èl, ème-ma-âss. (Voyez l'article Em, page 64.) 

Dans les mots où la lettre m est suivie de n, elle se 
prononce avec l'articulation propre et ne donne point le son 
nasal: Agamemnon, amnistie, automnal, calomnie, indemne, 
insomnie, Samnite, somnambulisme, etc., se prononcent donc 
comme si l'm était suivie d'un e muet: agamème-non, ame- 
niss-tl, ôtome-nal, kalùme-nî, aindème-n', aînçome-nî, çame-nitt, 
çome-nan-buliss-m'. — Il faut excepter condamnable, condam- 
nation, condamner et toutes les parties de ce verbe, damnable, 
damnablement , damnation, damner et toutes ses parties, et 



214 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — M. 

•automne, mots que l'on prononce comme s'il n'y avait pas d'm: 
hondâ-nahle , Jcondâ-nacion , etc. (la syllabe dâ, longue dans 
tous ces mots), . . . ôtà-ne. 

M fait entendre l'articulation propre dans quelques mots 
<i'origine étrangère: centumvir, centumviral, centumvirat; dé- 
cenivir, décemviral, décemvirat; triumvir, triumvirat, trium- 
virat; septemvir, septemviral, septemvirat; Emden (v. du 
Hanovre), Kremlin, Nemrod, etc. — Prononcez çantome-vir, 
çantome-viral , çantome-vira , décème-vir, . . . tri-ome-vir, . . . 
cèp-tème-vir, . . . ème-dène, krème-ïain, nème-rbdd. — L'm 
sonne toujours dans la syllabe aum suivie d'une consonne: 
Baumgarten, Baumgartner, Baumstarh, Naumhourg, Schaum- 
bourg, etc. Prononcez hômm-gartène, hômm-gartt-nèrr, hômm- 
starh, nômm-hour, chômm-hour. 

Mais 111 concourt avec la voyelle précédente à former un 
son nasal dans comte, dompter, prompt, et tous leurs dérivés, 
— dans comfort, comfortahle,^ — et dans quelques noms 
propres: A-Kempis, Domfront, Bommartin, Bompierre, Bom- 
remy, Lemherg, MecMembourg, Memphis, Bembrandt, Samson, 
Stamboul, Wurtemberg, etc. On prononce honte, donté, pron, 
Tion-for, MnfàrtabV, a-kainpîss, don-fron, don-martain, don- 
pièrr, don-remi, lain-bèrr, mèk-lain-bour, main-fîss, rain-bran, 
(quelques-uns, ran-bran), çan-çon, stan-boul, vurtain-bèrr. 

Finale, la lettre m donne le son nasal à un petit nombre 
de mots, tels que daim, dam, dom et don (titre d'honneur en 
Espagne et en Portugal), étaim (la partie la plus fine de la 
laine cardée), faim, parfum, prénom, quidam, renom, nom, 
thym, etc. Prononcez dain, dan, don, étain, fain, parfun, . . . 
kidan, . . . tain. — Macadam se prononce maJcadan et makadame. 

Mais Vm conserve l'articulation propre dans les inter- 
jections hem, hm! hm! — dans les mots pris du latin: ad 
rem, ad valorem, deliquium, intérim-, idem, item, olim, quan- 
quam, requiem, etc.; — dans la plupart des mots étrangers: 



l Réconfort, récon/ortation, vieux mots, et réconforter, encore usité, s'écrivent 
avec n. Comfort, comfortàble, prennent Vm. Chateaubriand, G. Sand, Miclielet, et 
d'autres, ont écrit comfort, comfortàble. Le Complément du Dict. de l'Acad., en 
renvoyant de comfort à confort, semble préférer cette dernière ortiiographe. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — M. 215 

baïram ou beïram, Mzaam, goum (milice arabe), harem, land- 
sturm, tam-tam, ^ saïm (soldat turc) ; — dans chelem, ou moins 
bien scheïem, et madapolam; — dans la plupart des noms 
de villes: Aehem, Amsterdam, Benheim, Berg-op-Zoom, Beth- 
léem, Birmingham, Bornholm, Edom,^ Epsom, Erzeroum, 
Pforzheim, Jérusalem, Ham, Harlem, Manheim, Nottingham, 
Potsdam, Sichem, Siam, StocJcholm, Ulm, etc.; — enfin, dans 
la plupart des noms propres de personnes: Abraham, Balaam, 
Cham, Ep)hraïm, Guillaume Bym, Ibrahim (nom d'Abraham 
chez les Turcs), Jéroboam, Kulm (général autrichien), Mathu- 
salem, Montcalm, Nirrnheim (nom pr.), Oppenheim, Priam, 
Prim, Boboam, Salm, Séboïm, Sélim, Sem, Wertheim, etc. — 
Dans tous ces mots, la lettre m se prononce comme si elle 
était suivie d'un e muet: ad rème, . . . délikui-bme, aintérime, 
. . . kou-an-kou-ame, réJcui-ème, ba-irame ou bé-irame, biza-ame, 
goumm, . . . lande- stour mm , . . . za-ime, chlème, . . . achème, 
ame-stèrdame, bè-nème, bèr-gop-çbme, bètt-lé-ème, birmain-game, 
bbr-nblme, èp-çome, èrzeroumm, pfor-zème, . . . ma-nème, notain- 
game, pbce-dame, ci-chème, . . . oulmm, . . . bala-ame, kame, 
éfra-ime, gi-iôme rime {g ànr), ...Jcul-m', monkal-m', nir-nème, 
o-pè-nème, . . . 'prime, . . . çal-m', cébo-ime, . . . cème, vèrtème. 

— Exceptions: Adam, Condom (ville), Biom (ville), se pro- 
noncent avec son nasal: adan, Jcondon, rion. 

Joachim fait aussi entendre le son nasal: jo-a-chain. 
Quelques-uns prononcent jo-a-Jcime le nom du prophète. 

Um final se prononce ôme (comme le mot homme) : album, 
décorum, géranium, mallum on mallus (assemblée des Francs), 
maximum, minimum, opium, pensum, rhum, sodium. Te Deum, 
etc. Dites albbme, . . . pain-çbme, rbme, . . . té dé-bme, etc. 

— Parfum seul fait exception et se prononce parfun (un 
comme dans chacun). 

Voyez Barnum, page 108. 

Lorsque l'in est doublée, on n'en fait souvent entendre 
qu'une, comme dans comment, grammaire, mammouth, savam- 



1 Tam-tam ou loo (lo-o). On l'appelle jong (jongue) dans quelques parties de 
l'Orient, — tam-tam en Turquie et chez nous. 

2 Voyez ce nom à l'article Cm, 



216 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — N. 

ment, etc., qu'on prononce comme si ces mots étaient écrits 
co-menf, gr a -maire, ma-mouth, sava-ment — On excepte 
Ammon, Emma, Emmanuel, Emmaiis, gemmation, nummulaire, 
etc., etc., et tous les mots commençant par imm: immortel, 
etc. Nous avons déjà donné aux articles Am, Em, Im, Om, 
Um, Ym, les listes complètes et la prononciation des mots 
où les deux m se font entendre. 

Dans femme, femmelette, et dans tous les adverbes ter- 
minés en emment, comme décemment, insolemment, patiemment, 
prudemment, sciemment, etc., la première m est encore muette, 
et l'e qui la précède prend le son a. — On prononce fa-me, 
fame-lètt, dé-ça-man, ain-ço-la-man, pa-cia-man, pru-da-man, 
cia-man, etc. 

TV. 

La consonne nasale n fait entendre son articulation propre 

dans Narbonne, nid, nous, numéral, etc. 

Dans le corps des mots, lorsqu'elle est suivie d'une 
voyelle ou d'une h muette, cette consonne commence toujours 
la syllabe, et ne communique pas le son nasal à la syllabe 
précédente; ainsi l'on prononce animal, anodin, inachevé, 
inaction, inamovible, inégal, inimitié, linon, pinacle, sinécure, 
sonore, vinaigre, — inhabile, inhabitable, inhalation, inhérent, 
inhibition, inhospitalier, sanhédrin, etc., comme si ces mots 
étaient écrits a-nimal, a-nodin, i-nachevé, i-naction, i-namovible, 
i-négal, i-nimitié, li-non, pi-nacle, . . . vi-naigre, — i-nhabile, 
i-nhabitable, i-nhalation, i-nhérent, i-nhibition, i-nhospitalier, 
ça-nhédrain. ■ — Toutefois, dans les six mots enarbrer (t. d'hor- 
logerie), désenivrer et toutes les parties du verbe, enivrant, 
enivrement, enivrer et toutes les parties de ce verbe, enor- 
gueillir et toutes ses parties, la lettre n donne le son nasal 
à la voyelle précédente, tout en conservant l'articulation qui 
lui est propre à l'égard de la voyelle qui la suit: on prononce 
donc an-narbré, dé-zan-nivré, an-nivran, an-nivreman, an- 
nivré, an-nor-geu-yir {g dur). — Dans les quatre mots en- 
hardir, renhardir, enharnacher, enharnachement, l'ii étant 
aspirée, en prend le son nasal, et l'n ne se lie pas avec la 



CONSONNES ES LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — N. 217 

V 

syllabe suivante: an\ardir, ran\arcUr, etc. Voyez ces mots 
page 165. 

N, suivie d'une consonne autre que il, concourt avec la 
voyelle précédente à former un son nasal: enluminer, escient, 
gant, ingrédient, il vient, il tient, patient, singe, songer, tein- 
ture, tonsure, etc. On prononce an-luminé, é-cian, gan, ain- 
grédian, etc. — On excepte monsieur, que l'on prononce 
mo-cieu, Vo presque comme eti. 

Nh dans les noms espagnols et portugais sonne à peu 
près comme gn dans Charlemagne. Prononcez donc don Juan 
de Maranha, Martinho, MinJio (fleuve), De Saunhac, Solinhac, 
etc., en articulant gn un peu comme ni mouillé: mara-nia, 
marti-niô, mi-niô, de çô-niak, çoli-niak. — Munoz de Rian- 
zarès (mari de Marie-Christine, ancienne reine d'Espagne) se 
prononce de même: mu-nibss de rian-za-rèss. 

Lorsque l'n est doublée, on n'en prononce le plus souvent 
qu'une, qui est la dernière, et la voyelle précédente ne prend 
point le son nasal; ainsi, anneau, année, bannir, ennemi, 
innocent, qu'il prenne, Roanne (ville), on sonne, etc., se pro- 
noncent a-nô, a-né, ha-nir, ène-mi, i-noçan, prène, roane, 
çùne. — On excepte les sept mots ennoblir et toutes les 
parties du verbe, ennuyer et toutes ses parties, ennui, ennuyant, 
ennuyeux, ennuyeusement , désennuyer et toutes ses parties, 
dans lesquels la lettre n, bien que doublée, communique le 
son nasal à la voyelle précédente: on prononce an-noblir, 
an-nui-ié, an-nui, etc. 

Dans hennir, hennissement, nenni, Rouennais, rouennerie, 
solennel, solennellement, solennisation, solenniser, solennité, la 
première n ne s'entend pas, et l'e qui la précède prend le 
son a. — On prononce a-nir, a-niss-man, na-ni, roua -ne, 
roua-n'rî, çùla-nel, çùla-nèlman, etc. — Voyez, page 67, 
l'observation que nous faisons sur la prononciation de couenne, 
couenneux. 

Ainsi, quand il y a deux n de suite, on n'en prononce 
ordinairement qu'une, si ce n'est dans les sept mots ennoblir, 
ennuyer, etc., dont nous parlons plus haut, et dans tous les 
mots suivants, où les deux n se font entendre: 



218 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



Anna, nom de femme, 

annal, qui ne dure qu'un an, 

annales {ane-nal), 

annaliste, 

Annam (ane-name), empire, 

Annapolis (ane-napolîss), 

annale, 

annexe (ane-nekss), 

Annibal, 

annihilation, anéantissement, 

annihiler (ane-ni-i-lé), 

Annonay, ville, 

annotation, 

annoter, 

annuaire {ane-nu-èrr), 

annuel, 

annuité (ane-nui-te), 

annulation, 

annuler, 

biennal (hiène-nal), qui dure 

deux ans, 
Mpinnatifide, 
hi/pinnée, 
bisannuel, 

Brennus {brène-nûss), 
Cincinnatus(çain-cine-natûss), 
Cinna (cine-na), 
cinnamome (cine-na-mome), 
conné (kdne-né}, t. de bot., 
connotatif, 
connotation, 



décennal (décène-nal), qui dure 

dix ans, 
déscmpenner [dézan-pène-né), 
empanner, t. de mar., 
empenner (anpène-né), 
ennéacorde (ène-né-akdrde), 
ennéagone {ène-né-agbne), 
ennéandrie, 

ennéapétale (ène-né-apétal), 
Ennius {ène-ni-ûss), poète latin, 
les Finnois, 
Inn (ine), rivière, 
innavigable, 
inné (ine-né), 
innocuité (ine-tioJcu-ité), 
innombrable, 
innombrablement, 
innomé (ine-no-mé), sans nom, 
innominé (ine-no-miné), 
innovateur, 
innovation, 
innover, 

Jenny (Jène-ni),^ 
Linné ou Linnée (line-né), 
minnesa&nger ou minnesinger,^ 
pennage (pène-nâje), 
pennatifide, 
penniforme, 
pennon (pène-non), 
penny (pène-ni), monn. angl., 
pinnée (pine-né), t. de bot., 



1 Dans le langage familier, on dit j'e-ni. 

2 Minnesienger ou minnesinger (cette dernière orthographe est la plus usitée), 
poètes lyriques allemands du 12e et du 13e siècle, appelés aussi poètes souabes. — 
Les meisterse&ngers ou meislersingers remplacèrent les minnesingers vers la fin du 
14e siècle et au 15e. On dit aussi maîtres chanteurs. — On prononce mine-né çainjèrr, 
mèss-tirr-çainjèrr. Mais si l'on parle à des Allemands, rien ne s'oppose à ce qu'on 
germanise, ici, sa prononciation, en disant mine-né-zene-g'err ou viine-né-zine-gèrr 
(g dur). 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS — N. 219 



Sennachérib (cène-nacMrib), 

septennal {cèp-tène-nal), 

septennalité, 

triennal (tri-ène-naï), 

triennalité, 

triennat (tri-ène-na), 

trisannuel {trizane-nuèï), 

vicennal (vicène-nal). 



pinne marine {pine marine), 

sorte de coquillage, 
pinnothère, 

pinnule (pine-nul), t. de phys., 
Forsenna (porcène-na), roi 

d'Etrurie, 
quatriennal (Jcatri-ène-naî), 
quinquennal (ku-ain-ku-ène-nal), 
quinquennium (Jiu-ain-ku-ène- 

ni-bme), cours d'études de 

cinq ans, 

On ne prononce qu'une n dans tous les autres mots. 

Partout où la lettre n est doublée, soit qu'on n'en pro- 
nonce qu'une, soit qu'on les prononce toutes les deux, la 
syllabe que termine la première n est brève. — On excepte 
manne (page 25), Jeanne, dame-jeanne (page 61). 

Au milieu des noms étrangers, l'n, terminant la syllabe 
et précédant une consonne, fait ordinairement entendre un 
son nasal: Altenhourg, Bender, Bittenfeld, Steinmets , etc. 
Prononcez aUain-hour, bain-dèrr, bi-tain-fèldd, stain-mètss. — 
Mais l'n sonne dans Manteuffel. (Voyez page 24.) 

N finale sonne dans abdomen, alderman, amen, béhen, 
Ben (voyez ce mot page 72), cérumen, dictamen, dolmen, 
fashion,^ gramen, Jietman ou hetmann, hymen, landamman, 
lichen, policeman, policemen, pollen, sax-horn (instrument in- 
venté par Sax), semen-contra ou santoline, simoun, sine quâ 
non (expression latine: sans quoi non), solen, spécimen, sports- 
man, taicoun (dignité au Japon). — Prononcez comme s'il y 
avait un e muet après l'n: abdomène, aJdèrmane, . . . bé-ène, 
. . . i-mène, landa-mane, liJcène, poliss-mane, poliss-mène, . . . 
çakss-orne, cémène-Tcontra, ci-mounn, ciné-Tcoua-none, . . . sportt- 
smane, ta-i-kounn. 

Même prononciation dans la plupart des noms propres 
étrangers: Aden (Etat de l'Yémen), île d'Alsen, Anne Boleyn 
ou Boulen (déjà page 72), Bautzen, Béarn, Christiern ou 



1 Voyez page 101, fashion, faahionahle. 



220 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS — N. 

Christian (nom de plusieurs rois de Danemark), Cobden, le 
général Baim, Eclen, Emden (v. du Hanovre), Gessen, Giessen, 
Gross-JBeeren, monseigneur Hassoun (patriarche de Ciliac), 
baron Haussmann, Haydn, Hoffmann, Horn (cap), Inn (rivière), 
John, Kellermann, Lincoln, Mendelssohn, Mulhausen (aujourd'hui, 
en français, toujours Mulhouse), Paderhorn (ville), Posen, 
Riihen, la Severn (rivière), Tarn (riv. et départ.), Thorn 
(ville), Yémen, le général Zieten, etc. — Prononcez adène, 
alcène, . . . Mtt-zène, hé-arne,^ Jcristièrne, . . . dône, , . . ème- 
dène, . . . grôce-bé-rène, a-çounn, baron oss-mane, èdd-n', . . . 
ine, jône, . . . lain-koln, main-dèl-çône , mul-ôzène (mul-oûze) 
. . . pô-sène, rubène, la cevèrne, . . . ié-mène, zî-tène. 

Dans les noms français, n finale donne ordinairement le 
son nasal à la voyelle précédente: Dupuytren, Sitff'ren, etc. 

(Voyez, aux articles An, En, la prononciation des mots 
qui ne se trouvent pas ici.) 

Examen a également le son nasal: ég-za-main. Voyez 
toutefois ce qu'on en a dit page 72. 

In se prononce ine (l'n articulée après le son de l'i) 
dans les expressions suivantes: in extenso, in extremis, in globo, 
in mamts, in naturaUbus, in-octavo, in pace, in partibus, in 
petto, in-plano, in poculis, in reatu, in secula seculorum, in 
statu quo, in vino veritas, non bis in idem, vade-in-pace. -^ 
Prononcez comme en latin, en faisant entendre toutes les 
consonnes finales, et en donnant le son fermé à l'e qui termine 
les syllabes: ine èkss-tain-çô, . . . ine cé-ktda cé-kulorome, 
ine statu ko, ... none bîss ine idème, vadé-ine-pacé, etc. 

Mais dans tous les termes de librairie qui suivent: in- 
folio, in-quarto, in-douze, in-seize, in-dix-huit, in-vingt-quatre, 
in-trente-deux , etc., in se prononce ain. — In-plano et in- 
octavo, dont nous avons parlé plus haut, sont les seuls mots 
de cette catégorie où in se prononce ine. 

Rabbin, docteur juif, se prononce ra-bain, avec son 
nasal; mais lorsque le mot rabbin précède immédiatement 



1 On a prononcé autrefois hé-ar, et cette prononciation s'entend encore quel- 
quefois. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — P. 221 

le nom d'un docteur juif, on supprime lii finale, et l'on 
retranche aussi l'article: Je ne suis point du sentiment de 
rabbi Aben Ezra sur ce mot du Pentateuque. On doit' toujours 
dire rabbi, en adressant la parole à un rabbin: Que dites- 
vous, rabbi, de cette interprétation f 

Voyez miniature, miniaturiste, page 83. 

Afin d'éviter des répétitions, nous renvoyons aux articles 
An, En, In, On, pour les mots que l'on ne trouvera pas ici. 

L'articulation propre de cette consonne s'entend dans 
papier, père, Filate, Foméranie, pudique, etc. 

Au commencement des mots, le p, non suivi de h, 
conserve toujours l'articulation propre, aussi bien devant une 
consonne que devant une voyelle: plénitude, pneumatique, 
préposer, psychologie, Ptolémée, — pâle, père, etc. 

Ph, au commencement, au milieu, ainsi qu'à la fin des 
mots, fait toujours entendre l'articulation propre de l'f: aleph 
ou alef (première lettre de l'alphabet hébraïque), aljiha, 
apopilitegme, Joseph, paraphe, paraphernaux, Phalaris (tyran), 
Phalsbourg (ville), Phaon (amant de Sapho), Pharamond, 
Phébus, phtisie, Phid ou Sardanapale II, Théophile, etc. — 
On prononce alèf, alfa, apof-tègme, jo-zèf, ])araf, . . . falarîss, 
falsbour, fa-on, faramon, fébûss, fti-zî, fid, té-o-fil. 

P ne se prononce pas dans les mots suivants: anabap- 
tisme, anabaptiste, baptême, baptiser, baptismal, lès fonts 
baptismaux, baptistaire, Baptiste (nom d'homme), baptistère, 
cheptel (quelquefois chepteil et chetel: t. de jurisp.), comp- 
tabilité, comptable, comptant, compte, compter, compteur, comp- 
toir, comptonie (arbrisseau), contre-temps, corps, débaptiser, 
décompte, décompter, escompte, escompter, exempt, exempter, 
incompté, justaucorps, mécompte, se mécompter, précompter 
(peu usité), printemps, prompt, promptement, promptitude, 
rebaptisants (secte), rebaptiser, recompter, sculptable, sculptage, 
sculpter, sculpteur, sculpture, temps, Troplong (jurisconsulte). — 
On prononce a-naba-tiss-m' , . . . batème, . . . batismal, . . . 



222 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — P. 

clietèl, . . . kontabilité, . . . ég-zan, . . . ainJconté, . . . pron, . . . 
skuUable, . . . trôlon. 

Le p de Champ au commencement des noms est muet 
devant les consonnes, excepté devant 1: Gliampcenetz , Cham- 
pfleury (littérateur), Champmeslé (actrice), etc. Prononcez 
chance-nè, chanfleuri, chan-mélé. — Mais le p s'entend dans 
Champlain (lac, etc.), Champlatreux (village), etc. — A la 
fin des noms, le p de champs et de camps ne se fait jamais 
sentir: Decamps, Beschamps, Longchamps, etc. Dites cleJcau, 
déclian, lonchan. 

P ne se prononce pas non plus dans ces parties des 
verbes en rompre: je romps, tu romps, il rompt; romps; — 
je corromps, tu corromps, il corrompt; corromps; — j'inter- 
romps, tu interromps, il interrompt; interromps. — On pro- 
nonce ron, hbron, aintè-ron, etc. 

P est encore muet dans domptable, dompter, dompteur y 
dompte-venin (plante), indomptable, indomptablement, indompté, 
redompter. Prononcez dontable, donté, etc. Mais dans le 
style élevé, quelques-uns affectent de prononcer le p des mots 
indomptable, indomptablement, indompté. 

On prononce également sans faire entendre le p: sept, 
septième, septièmement. — Mais on le fait entendre dans tous 
les autres mots commençant par sept: septain (espace de 
sept jours), septane (t. de méd.), septante (encore usité dans 
quelques endroits de la France: soixante-dix), septantième 
(soixante-dixième), septas (t. de bot.), septembre, septembrisade 
(massacre à Paris en 1792), septembriser , septembriseur, 
septembriste , septemvir (magistrat romain), septemviral, sep- 
temvirat, septénaire, septennal, septennalement , septennalité, 
septentrion, septentrional, septérée (mesure de terre), septicide 
(t. de bot.), Septicollis, septicolor (oiseau), septidi, septiforme 
(t. de bot.), septimane, Septimanien ou Septumanien (ancien 
peuple), septimètre, septimontial (t. de myth.), septimontie, 
septique (t. de méd.), septinsidaire, septuagénaire, Septuagésime 
(le soixante- dixième jour avant Pâques), septide (t. de bot.), 
septuncial (qui est de sept onces), septunx (t. d'ant.: sept 
onces), septuple, septupler. — On prononce cètt, cè-tième, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — P. 



223 



cè-tièm'man, — cèp-tène, cèp-tane, cèp-tante, . . . cèp-tâss, cèp- 
tanhr', . . . cèp-tème-vir, . . . cèp-tène-nal, . . . cèp-tantri-on, . . . 
cèp-tikolîss , . . . cèp-ti-mon-cial, cèp-ti-mon-cî , . . . cèp-tain- 
çulèrr, cèp-tu-ajénèrr , cèp-tu-ajézime , . . . cèp-ton-cial, cèp- 
tonJcs', cèp-tupV, etc. 

P sonne dans scepticisme, sceptique, sceptre, qu'on pro- 
nonce cèp-ti-cism', cèp-tik, cèp-tr'. 

On écrivait autrefois septier; aujourd'hui, setier. On pro- 
nonce ce-tié. 



Partout ailleurs, le p se 
On le fait donc entendre dans 

abrupt {a-hrupt), 

accepter, 

acception (aJc-cèp-cion'), 

adaxiter, 

ademption (a-danp-cion), t. de 

jurisp., 
adepte, 

adopter, adoptif, adoption, 
Apt {apt), ville, 
Assomption (a-çonp-cion), 
Aidps ou Aups (ope), ville, 
Baptes ou Plongeurs (bapte), 

nom d'une comédie d'Eu- 

polis, 
biceps (bi-cèpss), muscle, 
blaps (blapss), insecte, poisson, 
captieux {kap-cieu), 
Cécrops (cé-Jcropss), fondateur 

d'Athènes, 
concept {Jcon-cèpt), 
conops (konopss), moucherons, 
consomption {kon-çonp-cion), 
contempteur (kontanp-teur), 
contemptible, 

creps (krèpps), jeu, étoffe, 
descriptif, description. 



prononce ou milieu des mots, 
ceux qui suivent: 

dri/ops (dri-opss), insectes, 

Duchapt [du-cliaptt), magistrat 
et littérat., 

égilops {éjïlbpss), maladie, 
plante, 

épilepsie (épilèp-cî), 

étJdops (étiopss), t. de chim., 

excepter, exception, 

exemption {ég-zanp-cion), 

forceps {for-cèpss), instrument 
de chirurgie, 

gypse (jipss), 

hélops {élopss) ou hélope, in- 
secte, 

Hélops, un des noms de Cybèle, 

impromptu {ain-pronp-tii}, 

ips {ipss), insecte, 

Lampsaki, ville, 

Lampsaque, ville, 

laps, laps de temps (lapss), 

Lesseps (lè-cèpss), 

métempsycoseonmétempsychose 
{métanp-ci-kôze), 

Ops {opss), myth., 

Félops (pélopps), fils de Tantale, 

péremptoire (péranp-toar). 



224 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — P. 



présomptif, présomption, pré- 
somptueux {^ré-zonp-tif, 
etc.), 

princeps {prain-cèpss), 

rapt {raptt), 

rédempteur , rédemption (ré- 
danp-teur, etc.), 

relaps (re-lapss), 

reps (rèpss), étoffe, 

résumpte, résumpté, résumptif, 
résumption {ré-sonp-f , ré- 
zonp-té, etc.), 



seps (cèpss), lézard, 
somptuaire [çonp-tu-èrr), 
somptueux, somptueusement, 

somptuosité, 
Southampton (çou-tanp-ton), 
syllepse {cil-lèpss), 
symptôme, symptomatique 

(çainp-tôme, etc.), 
transept {tran-cèp)tt\ 
triceps (tri-cèpps), muscle, 
turneps (tur-nèpss), gros navet, 

etc., etc. 



Dans Wimpft'en (nom d'un général français et d'un général 
autrichien), le p ne s'entend pas: vimm-fène. 

Le p final se prononce toujours dans Alep (ville), bisliop 
ou Tjiscliof (sorte de boisson), calp (pierre), cap (tête: être 
armé de pied en cap, sorte de promontoire, t. de mar.: l'avant 
d'un bâtiment). Cap de Bonne-Espérance (ville); Cap Saint- 
Denis (ville de l'île St.-Domingue), croup (maladie), escap 
(t. de fauconnerie), escoup ou escoupe (pelle creuse), Gaj) 
(ville), group (sac cacheté, plein d'or ou d'argent, qu'on envoie 
d'une ville à une autre), hanap (grande tasse, vieux mot), ' 
Jiop ou Jiou23 (interj.), jalap (plante), julep, T^anaap (plante), 
piaJiiap (bateau), salep, sep (t. d'agr., t. de mar.), sloop, tap 
(t. de mar.), trapp (roche), tsia-ip (arbrisseau), tsiap (armoiries 
au Japon). — On prononce alèpp, bi-cJiopp ou M-chdff, Mlpp, 
Tiapp, . . . Jca-na-app, pia-iapp, . . . sloupp, . . . tsi-a-ipp, tsi-app. 

Cep (pied de vigne). On n'est pas unanime sur la pro- 
nonciation de ce mot. — Dans tous les pays vignobles, on 
dit ce (l'e ouvert moyen). C'est la prononciation donnée par 
Poitevin, Bénard, Larousse, Aubertin. — Nodier prononce 
cèp. — Nap. Landais, cèp, quand le mot est seul ou à la fin 
de la phrase; ce, suivi d'autres mots, comme ici: cep de vigne, 
cep de treille, cep tortu, un cep chargé de raisin, etc. — 
L'Académie ne dit rien. — Nous avons, nous, toujours entendu 
prononcer ce, non-seulement à Paris, mais partout ailleurs; 



1 Plusieurs prononcent a-na. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q. 225 

pourtant en Suisse, dans les localités où on cultive le vin, on 
prononce cèp. 

Dans camp, cantaloup (sorte de melon), champ, clamp 
(t. de mar.), drap, Dupanloup (évêque), Fécamp (ville), galop, 
loup, sirop, sparadrap (sorte de toile), le p ne sonne jamais, 
lors même qu'il est suivi d'un mot commençant par une 
voyelle ou une 11 muette. 

Dans beaucoup, coup, trop, le p ne sonne pas lorsqu'il 
termine la phrase, ou qu'il est suivi d'une consonne ou d'une 
h aspirée; mais il sonne quelquefois devant une voyelle ou 
une h muette. (Voyez Liaison des mots entre eux, lettre P.) 

A la fin des mots, le p doublé ne se trouve que dans 
des noms étrangers: Krupp (nom pr.), Rapp (général), etc. 

Quand il y a deux p de suite au milieu du mot, on 
n'en prononce qu'un: application, opprobre, supplice, se pro- 
noncent a-plikacion, o-probr', çu-pliss. — On excepte appé- 
tence (désir) et appéter (désirer par instinct), où les deux p 
se font entendre: app-pétance, app-pété. 

<^. 

Cette consonne palatale a toujours l'articulation du k; 
elle s'entend dans loque, nuque, quatre, fabrique, etc. — Voyez 
la Remarque à la fin de cet article. 

Le q est toujours suivi de u; excepté dans quelques 
mots où il est final : coq, cinq, Boscq, JDubocq, Ourcq (rivière), 
Saint-Cricq, Vicq-D'Azyr (médecin), etc. 

Les deux lettres qu, initiales ou dans le corps du mot. 
se prononcent le plus souvent comme k. Mais dans un grand 
nombre de mots, elles se prononcent kou, et dans d'autres ku. 

Nous allons donner la liste complète des mots où qu 
se prononce kou, en faisant observer que cette prononciation 
kou ne se trouve que devant les sons a et an. 

Voici la liste complète des mots où qu se prononce kott: 
adéquat {adé-koua), total, en- 
tier, parfait, 
aquador (akoua-dor), poisson 
volant, 



aqualice ou aquilice {akoua-liss, 
akui-liss), sureau des Indes, 
aquamoteur, appareil, 
aquarelle [akoua-rèï), 



Lesaint, Prononciation française. 3rae éd. 25 



226 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



aquarelliste {akoua-rè-listt), 
aquariens (akoua-riain), héré- 
tiques, 
aquarins{ahoua-rain),m%QciQ^, 
aquarium (akoua-ri-ome), 
aquatile {akoua-til), qui vit 

dans l'eau, 
aqua-tinta {akoua-tainta), 
aquatique (okoua-tiTc), 
aqua-tophana, poisson, 
hiquadratique, t. d'alg., 
colliquatif, colliquation (Jiol- 

Ulcoua-tif, etc.), 
conquassation (konlcouass-ça- 

cion),^ 
desquamation, t. de méd., 
desquamer, 

équaliflore, t. de bot., 
équant (éJcouan), t. d'astr., 
équateur, 

équation, t. d'alg., 
équatorial, 

et tutti quanti {ètt tutti houantî), 
exequatur {ég-zékoua-tur), 
hydroquadrisulfate{idro-koua- 

dri-çidfatt), t. de chim., 
inadéquat (i-nadé-Jcoua), in- 
complet, 
inéqua folié, t. de bot., 
in-quarto (ain-Tiouar-t6), 
liquation (liîcoua-cion), opéra- 
tion métallurgique, 
loquace (lokouass), bavard, 
loqiuicité, 



péréquateur, péréquation, 
Quade {kouadd), anc. nation 

de Germanie, 
quadersanstein {koua-dèrr- 

çanss-tain), grès granuli- 

forme, [jénèrr), 

quadragénaire (koua-dra- 
quadragésimal (koua-dra- 

jézimal), 
Qiiadragésime (koua-dra- 

jézime), le premier dimanche 

de carême, 
quadragesimo, quarantième, 
quadrangle (koua-dr angle), 
quadr angulaire, 
quadrangulé, 
quadr antal, ancienne mesure 

pour les liquides, 
quadr at(koua-dra),i. d'astr., - 
quadratifère, t. de miner., 
quadratique, t. d'alg., 
quadratrice, t. de géom., 
quadratule, t. d'hist. nat., 
quadrature, t. de géom.: la 

quadrature du cercle,^ 
quadrieapsulaire {koua-dri- 

kap-çulèrr), t. de bot.,'* 
quadricolore, oiseau, 
quadridenté (koua-dridanté), 

t. de bot., 
quadrifide, t. de bot., 
quadriflore, t. de bot., 
quadrifolium (koua-drifoli- 

ome), t. de bot., 



1 Le verbe est concasser. 

2 Comme terme d'imprimerie, quadrat se prononce ka-dra. 

3 En terme d'horlogerie, on prononce kadratur. 

4 Dans tous les termes de botanique, qna initial se prononce koua. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q. 227 



quadrige (koua-drije), 
quadrijugué (Jcoua-driju-gé, g 

dur), t. de bot, 
qiiadrijumeaux (koua-driju- 

mô), t. de bot., 
quadrilatère, t. de géom., 
quadrilohé, t. de bot., 
quadrïloculaire, t. de bot,, 
quadrimane, qui a 4 mains, 
quadrinome Çkoua-dri-nôme), 

t. d'alg., 
quadriparti, t. de bot., 
quadrirème, galère à 4 rangs 

de rames, [labes, 

quadrisyllahe , mot de 4 syl- 
q uadrisyllahique, 
quadrivalve, t. de bot., 
quadroxalate (koua-drdJc-ça- 

latt), t. de chim., 
quadroxyde (koua-drok-cidd), 

t. de chim., 
quadrugée (koua-druje), 
quadrumane, t. d'hist. nat., 
quadrumvirs(koua-drdme-vir), 

magistrats chez les Romains, 
quadrupède, 
quadrupédalogie, 
quadrupédalogique, 
quadruple, 
quadrupler, 
quaker ou quacre {kouakr'), 

membre d'une secte reli- 
gieuse anglaise, 
quakeresse (koua-krèss), 
quxikérisme {koua-kériss-m'), 
quakite, plante, 



qn^l (koual), t. d'hist. nat., 
qualier (koua-Ué), plante, 
qualitor, raisin, 
quamoclite, plante, 
quandos (kouan-doss) , pierre 

dans la tête du vautour, 
quandros (kouan-dross), pierre, 
quanquam (kouan-kouame), 

harangue latine, 
quapactolt (koua-paktdltt), 

coucou, 
quapalier, arbre, 
quapoyer [koua-po-ié), plante, 
quaquescendre (koua-kèss- 

çandr'), t. de méd., 
Quarnero ou Quarnerolo, golfe, 
quartidi, le 4* jour du calen- 
drier républicain,! 
quartile, t. d'astr., 
quarto, quatrièmement, 
quartumvir (kouar-tome-vir), 
quartz (kouartss), pierre, 
quartzeux {kouartt-zeu), 
quartzifère, qui contient du 

quartz, 
quartziforme(kotiartt-zi forme), 
quartzique, composé de quartz, 
quartzite, t. de miner., 
quass ou k wassikouass),\\c^viQ\xY, 
quassie (koua-cî), plante, 
quater ikoua-tèrr), quatre fois: 
il s'emploie quand on com- 
mence à compter par semel, 
bis, ter, 
quatuor (koua-tu-àr), 
quatuorpostulé , t. de zoolog., 



1 Nap. LandaiR et Nodier prononcent kar-Hdi. L'Acadëmie, Poitevin, Larousse, 
Bénard, et l'usage, Tcouar-tidi. 

15* 



228 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q. 



quatuorvir, 

quatuorviral, 

quatuorvirat {koua-tu-orvira), 

quinquagénaire {Jcu-ain-TxOua- 

jé-nèrr), 
Quinquagésime {ku-ain-Jcoua- 

jézime), 
quinquagesimo [ku-ain-koua- 

jézimô), cinquantièmement, 
quinquangulaire (ku-ain-kou- 

an-gulèrr), qui a 5 angles, 1 
quinquangulé (ku-ain-kouan- 

gulé), qui oiFre 5 angles 

saillants, 
quinquanguleux {ku-ain-kou- 

an-guïeu), qui a 5 angles, 
semi-quadrat ou semi-quartite 

(ce-mi-koua-dra , ce-mi- 

kouar-titt), t. d'astr., 
sénoquaternaire, t. de miner., 
Séquanais ou Séquanien (cé- 

koua-nè, cé-koua-ni-ain), 

nom qu'on donnait autrefois 

aux habitants de la Franche- 
séquanique, [Comté, 

sexquadridécimal (cèkss-koua- 

dridéci-maï) , t. de miner., 
sine quâ non {ci-né koua none), 
squale {skouaï), poisson, 
squaleur ou squaïidité, 
squalide, sale, fangeux, 



squamaire (skoua-mèrr), genre 

de lichens,* 
squamarié, 

squame, petite écaille : t. do bot., 
squamelle, t. de bot., 
squamellifère, t. de bot., 
squamelliforme, t. de bot., 
squameux {skoua-meu), 
squamifèrc, t. de zoolog., 
squamiflore, t. de bot., 
squamifolié, t. de bot., 
squamiforme, t. d'hist. nat., 
squamigère, t. d'hist. nat., 
squamipenne (skoua-mipène), 

t. de zoolog., 
squamoderme, t. de zoolog., 
squamolombric (skoua-molon- 

brik), t. de zoolog., 
sqamule, t. de bot., 
squamuleux, t. d'hist, nat., 
squamuîi forme, qui a la forme 

de très petites écailles, 
square (skouarr), poisson, 
square (skouèrr), mot anglais: 

place publique, où se trouve 

au milieu un jardin, entouré 

d'une grille, 
suhquadrifide, 
suhquadrivalve, 
uniquadragénaire, t. de miner., 
uniquaternaire , t. de miner. 



Voici maintenant la liste de tous les mots ou qu se 
prononce ku, et forme diphtongue avec la voyelle qui suit: 

1 Ce mot, et les 17 saivants, qae nous écrirons avec une seule m, est l'ortho- 
graphe de plusieurs philologues, qui se fondent sur la forme latine squama (écaille), 
plus généralement approuvée que squamma. — L'Académie (1835) n'a que le mot 
squammeux , qu'elle écrit avec deux m. Le Complément du Dictionnaire de l'Acad. 
de 1877 écrit toute cette série de mots avec une seule m. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q. 229 



ablaquéation (ablakué-acion), 
t. de jard. et d'agr., 

aquifère (aJcui-fèrr), qui sert 
de conduit à l'eau, 

Aqitila, ville, 

aquila-alba, t. de chim., 

aquilaire, arbre, 

Aquilée, ville, 

aquilice ou aqualice [akui-liss, 
alcoua-liss), sureau des Indes, 

hisquindécimal [biss -Tcu- ain- 
déci-maï), t. de miner., 

déliquescence (délikuèss-çance) 
ou deliquium (delikui-bme), 

déliquescent (déltkuèss-çan), 

équestre {ékuèss-tr'), 

équestries (ékuèss-trî), t. d'hist. 
anc, 

équiangle, t. de géom., 

équiaxe (ékui-akss), t. de géom., 

équicrural t. de géom., 

équidifférent, t. d'arith., 

équidistant, 

équïlatéral, t. de géom. 

équïlatère, t. de géom., 

équimultiple, t. d'arith. et de 
géom., 

équipondérance, t. didactique, ^ 

équipondérant, 

équiquotient {êkui-ko-cian), 

équiries (ékui-rî), fêtes ro- 
maines, 



équisétacées (ékui-cétacé), plan- 
tes, 
équisétate (ékui-cétatt), t. de 

chim., 
équisétique (ékui-cétik), 
équisonnance ou équisonance 
(ékiii-çb-nance), t. de mus., 
équitation (ékui-tacion), 
équivalve, t. d'hist. nat., - 
inéquiangle{i-nékui-angr), dont 

les angles sont inégaux, 
inéquicosté (i-nékui-kôsté), t. 

d'hist. nat., 
inéquilatéral, t. de miner., 
inéquilatère, t. de miner., 
inéquilobé, t. de bot., 
inéquipède, t. de zoolog., 
inéquivalve, à valves inégales, 
in utroque (i-nu-trbkué), locu- 
tion latine, 
laquéaire {lakué-èrr), athlète, 
liquéfaction (likué-fak-cion),^ 
îoquèle {lokuèl), 
obliquité,^ 

proquesteur (pro-kuèsteur), 
proquesture {pro-kuèstur), 
Quedlimbourg {kuèd-lainbour), 

ville, 
la Queich (la kuèche), 
quérimonie {kuérimonî), t. de 
droit canon. 



1 Quelques grammairiens et Nap. Landais donnent la prononciation âcui- 
pondérance, ékui-pondéran. L'usage est peut-être plus pour éki-pondéranee, éki- 
pondéran. 

2 Mais liquéfier se prononce Ukéfié. 

3 L'Académie et Nodier se taisent sur la prononciation de ce mot: il faudrait 
donc, d'après ces autorités, prononcer ohlikité. — Bénard, Larousse, Nap. Landais 
disent ohlikui-té. On entend peut-être plus souvent, dans l'usage, ohlikité. 



230 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q, 



querquère (kuèrr-kuèrr), t. de 

méd., 
querquétulanes (Jcuèrkué-tu- 

lane), nymphes, 
quésiteur (Jcuésiteur), 
questeur {kuèsfeur), 
questoriales , feuilles d'or ou 

d'argent battu, 
questoriens (kuèstori-ain), t. 

d'ant. : jeux, 
questure {kuèstur), 
à quia {a-kui-à), — être à quia : 

ne savoir plus que répondre, 
quïbus {kui-hûss), populaire: 

argent, 
quiddité (kuid-dite), 
quiescence (kui-èss-çance), 
quiescent (kui-èss-çan), t. de 

chim., t. de grammaire hé- 
braïque, 
quiet (kui-e), calme, vieux, ^ 
quiétisme {kui-étiss-m'),^ 
quiétiste {kui-étistt), 
quiétude, ^ 
quinaire (kui-nèrr), se dit d'un 

nombre divisible par cinq,^ 
quindécagone {hi- ain-dékagone), 

t. de géom., 
qîdndécemvirs{ku-ain-dé-cème- 

vir), t. d'hist. anc.,^ 



quindécemviral, 
quindécemvirat (Jcu-ain-dé- 

cème-vira), 
quindenté (ku-ain-danté), t. de 

bot., 
quingentesimo (ku-ain-jain- 

tézi-mô), cinq centièmement, 
quinquagénaire {ku-ain-koua- 

jé-nèrr), 
Quinquagésime {ku-ain-rkoua- 

jé-sime), 
quinquagesimo (ku - ain - koua- 

jé-zimô), cinquantièmement, 
quinquangulaire (Jcu-ain-kouan- 

gulèrr), qui a 5 angles, 
quinquangulé (ku-ain-kouan- 

gulé), t. de bot., 
quinqua7iguleux(ku-ain-kouan- 

guleu), qui a 5 angles, 
quinque(ku-ain-ku-é), t.de mus., 
quinquedenté ou quindenté {ku- 

aink-danté, ku-ain-danté), t. 

de bot., 
quinquennal (ku-ain-ku-ène- 

nal), qui dure 5 ans, 
quinquennales {ku-ain-ku-ène- 

nal), t. d'ant.: fêtes, 
quinquennalité (ku-ain-ku-ène- 

nalité), 



1 L'Académie dit: On prononce kui-è, kui-étisme, kui-étiste; mais eUe se tait à 
quiétude, ce qui veut dire: Prononcez ki-étude. — Même prononciation chez Nodier. 
— Nap. Landais et Larousse prononcent kui-'e, kui-étisme, kui-étiste, kui-étude. — 
Bénard, kui-è, kui-étude; il ne dit rien aux deux autres mots. ~ Poitevin se tait 
partout. — Au temps de Gattel, on prononçait tous ces mots ki . . . , et aujourd'hui 
encore on trouve souvent, dans l'usage, cette prononciation. 

2 Mais quinaire, t. d'ant.: nom que quelques antiquaires donnent aux médailles 
du plus petit module, se prononce ki-nèrr. 

3 L'Académie (Complément) écrit qtiindécimvirs. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q. 231 



quinquennium [Jcu-ain-ku-ène- 
ni-omè), espace de 5 ans, 

qtiinque-porte Qcu-aink-pdrtt), 
t. de pêche, 

quinquerce (hu-ain-ku-èrss), t. 
d'ant.: prix disputé, 

quinquérème (Jcu-ain-kuérème), 
t. d'ant.: galère à 5 rangs 
de rames, 

quinquésérié (ku-ain-Jcué-cérie), 

quinquévir (ku-ain-kuévir), t. 
d'ant.: magistrat, 

Quinte- Cur ce (ku-aintt-kurss), 

quintette ou quintetto {ku-ain- 
tètt, ku-ain-tètt-tô), t. de 
mus., 

quintetti (ku-ain-tètt-ti), 

quinticoïore, qui est de 5 cou- 
leurs, 

quintidi, 

quintidodécaèdre, t. de miner., 

quintiforme, t. de miner., 

quintil (ku-ain-tiî), t. d'astr., 

Quintilien (ku-ain-tili-ain), 

quintiliens, t. d'ant., 

quintille {ku-ain-til), jeu de 
l'hombre à 5 joueurs, 

Quintillus {ku-ain-til-lûss), 
frère de Claude II, 

quintimètre, 

quintioctaèdre, t. de miner., 

quintisternal, t. d'anat. 

quinto (Jcurain-tô), cinquième- 
ment, 



Quintius ou Quinctius Capifo- 
linus {ku-ain-ciûss, ku-aink- 
ci-ûss kapitoli-nûss), consul 
romain, 

quintuple, 

quintupler, 

quintupli forme, t. de bot, 

quintuplinervé, 

quirime, pierre, 

Quirinal{kui-ri-nal), mont dans 
l'enceinte de Rome, palais, 

quirinales, fêtes à Rome, 

Quirinus (kui-rinûss), myth., 

quirivel, arbrisseau, 

quirizao {kui-riza-6), oiseau, 

quisguale (kuiss-goual), oiseau, 
plante, 

quisquilie (kuiss-kui-lî), arbris- 
seau, 

quitus {kui-tûss), arrêté d'un 
compte, 

requiem (rékui-ème), 

sesquisel (cèss-kui-cèl), 

sesquisodique, 

sesquisulfure, 

subéquïlatéral, 

subéquivalve, 

subinéquilatéral, 

sesquialtère (cèss-kui-altèrr), 
t. de math., 

Susquehannah (çuss-kué-ana), 

ubiquiste {uhikuiss-t'), homme 
qui se trouve bien partout, 

uhiquitaire, 

ubiquité. 



Qu a la valeur de k dans tous les autres mots. — En 
voici quelques-uns sur la prononciation desquels l'analogie 
pourrait induire à erreur: 



232 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q. 



acquérir (akérir), 

j'acquiers, tu acquiers, il 
acquiert, ils acquièrent, — 
que j'acquière, que tu ac- 
quières, qu'il acquière, qu'ils 
acquièrent (akièrr), 

Acqui (aki), ville des Etats 
sardes, 

acquiescement (a-kièss-man), 

acquiescer (a-Mè-cé), 

acquis (a-M), 

acquit (a-M), 

Albuquerque (albukèrk), nom 
de plusieurs personnes mar- 
quantes, 

aliquante, ^ 

aliquote, 

antiquaille {antika-ye), 

antiquaire (antikèrr), 

aquilin (aki-lain), 

aquilon {aki-lon), vent du nord, 

Aquin [saintThomas d'] (akain), 
célèbr. théologien, 

Aquitaine (aki-tène), ancienne 
province de la Gaule, 

conquérir (konké-rir), 

je conquiers, tu conquiers, 
il conquiert, ils conquièrent, 
— que je conquière, que tu 
conquières, qu'il conquière, 
qu'ils conquièrent (konkièrr), 

coquâtre (kokâtr'), 

coquillier {koki-ié), collection 
de coquilles, 

s'enquérir (çankérir), 

je m'enquiers, tu t'enquiers, 



il s'enquiert, ils s'enquièrent, 
— que je m'enquière , que 
tu t'enquières, qu'il s'en- 
quière, qu'ils s'enquièrent 
(an-kièrr), 

équiers (ékié), t. de scieurs 
de long, 

équignon {éki-gnon), 

équilboquet {ékïlhokè), instr., 

équipoUance {ékipol-lance), 

équipollant (ékipol-lan), 

équipoller (ékipol-lé), 

équipondérance,équipondérant, 
voyez la note ' page 229, 

équitable, équitablement, équité, 
{ékitabV, etc.), 

équivalent (ékivalan), 

équivaloir {ekivaloar), 

équivoque (ékivbk), 

henriquinquiste(anrikainkistt), 
partisan de Henri V, petit- 
fils de Charles X, 

inquiet, inquiétant, inquiéter, 
inquiétuÂe{ainkiè,ainkiétaii, 
ainkiété , ainkiétudé) , — 
voyez quiet, etc., page 230, 

jusquiame (juss-kiame), plante, 

lequel, laquelle, lesquels, aux- 
quels, etc. (le-kèl, etc.), 

liquéfier {likéfie), — voyez 
liquéfaction, page 229, 

liquidambar (Ukidanbar), arbre, 

liquidation, liquider {likida- 
cion, etc.), 

Montesquieu (montèss-kieu), 

Montesquiou (montèss-kiou). 



1 Tout le monde prononce alikante. — Noider seul dit alikoiiante. Ce ne peut 
être qu'une faute d'Impression. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q. 233 



obliquité, — voyez la note^ 
page 229, 

obséquieux {obcékieu), 

obséquiosité {bbcékiô-zité), 

quadernes ou carmes {hadèrne 
ou A;arme), au jeu de trictrac, 

quadrat, quadratin, qu'on écrit 
plus ordinairement cadrât, 
cadratin (Jcadra, kadratain), 
t. d'imprimerie, — voyez 
quadrat, t. d'astr., page 226, 

quadrature (Jcadrature) , t. 
d'horlogerie. — Comme t. 
de géom., on prononce koua- 
dratur, — voyez page 226, 

quadrille (kadri-ye), 

quadrillé {kadri-ié), 

' quartaut{kart6), quart de muid, 

quarte [kartt), t. de méd. : 
fièvre quarte, t. d'escrime, 
de jeu, de musique, 

quasi (Jcazï), presque, familier, 

quasiment (kaziman), — vieux, 

Quasimodo (kazi-modô), le di- 
manche d'après Pâques,' 

quaternaire (katèrnèrr), 

quaterne {katèrné), 

quaterné [katèrné), t. de bot., 

quatrain (katrain), 

quatriennal (katri-ène-nal), — 
voyez quinquennal page 230, 

de Quel en {de kélène), arche- 
vêque de Paris sous Char- 
les X, 

le Quercy {le kèrci), contrée, 

le Quesnoy {le ké-noa), ville. 



quicale {kikat), oiseau, 

quidam, quidane {kidan, 
kidane), quelqu'un, 

quille, quiller, etc. {ki-ye, ki-ié), 

Quimper {kain-pèrr), ville, 

Quimperlé {kainpèrlé), ville, 

quinaire {kinèrr), t. d'ant., — 
en t. d'arith. on prononce 
kuinèrr, — voyez page 230, 

Quinault {hi-nô), poète, 

quincaille, quincaillerie, quin- 
caillier {kainka-ye, kainka- 
ye-rî, kainka-ié), 

quinconce {kainkonce) , plant 
d'arbres en échiquier, 

Quinquempoix (kainkanpoa), 
nom d'une rue à Paris, 

quinquenove {kaink-nôve), jeu 
de dés, 

quinquet (kainke), sorte de 
lampe, 

quinquina ikainki-na), 

Quint {kain), cinquième: Char- 
les-Quint, Sixte-Quint, — 
quelques - uns disent aussi 
Philippe- Quint d'Espagne, 

quintal {kaintaï), 

quinte {kaintt), 

quintessence ( kainièss-çance), 

quinteux {kainteu), 

quiossage, quiosse, quiosser, 
{kio-çâje, kioss, kiocé), t. 
de tanneur, 

quipos {kipo), chez les Péru- 
viens, cordes qui rappelaient 
les événements. 



1 Les gens d'église prononcent Icou-azi-modô. 



234 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q. 



séquelle (cekèl), 

séquestration, séquestre, séques- 
trer (céMstra-cion, etc.), 

sequin {cekain), 

Thomas d'Aquin [saint], — 
voyez plus haut Aquin, 

Yquem (ikème): château 
d'Yquem, 

etc., etc. 



quiproquo [Mproîcô), 

Quiroga (Mroga), général, 

quis ou quisse (kîce), pierre, 

Quisango {làzangô), idole des 
Jagos, peuple d'Afrique, 

Quito (kitô) , ville de la Co- 
lombie, 

quotient (ko-cian), 

St.-Quentin (çain-kan-tain), 
ville, 

Il faut ajouter à cette liste tous les verbes en quer, 
dans lesquels qii a partout la valeur du k : abdiquer, claquer, 
hypothéquer, etc. 

Le q se prononce dans coq, coq de bruyère, coq-à-Vâne, 
coq faisan, etc. Dites kok, kok de brui-ièrr, kok-a-lâne, kok 
fésan. — Toutefois, il est muet dans coq d'Inde (le mâle de 
la dinde): on prononce ko dainde. 

Cinq-Mars, favori de Louis XIII, se prononce çain-mar. 

Cinq, nom de nombre, seul, et dans tous les composés: 
vingt-cinq, soixante-cinq, etc., se prononce, suivant la position 
du mot dans la phrase, tantôt çaink et tantôt gain: 

lO Devant un mot qu'il détermine, qu'il multiplie, cinq 
se prononce çaink et gain: 

On prononce gaink devant une voyelle ou une h muette: 
Cinq arbres. Cinq hommes. Cinq aunes de drap. Quarante- 
cinq animaux. Trois cent quatre-vingt-cinq histoires. Etc., etc. 

On prononce gain devant une consonne ou une 11 aspirée : 
Cinq forêts. Cinq femmes. Cinq mètres de drap. Quarante- 
cinq-villages. Trois cent quatre-vingt-cinq hussards. Etc., etc. 

2^ Dans tout autre cas, c'est-à-dire quand cinq n'est pas 
suivi d'un mot qu'il détermine, qu'il multiplie, on prononce 
gaink: Le cinq janvier. Le cinq de trèfle. Page vingt-cinq. 
Ils étaient quarante-cinq. Oter cinq de soixante-cinq. Cent 
cinq sont partis. Argent à cinq pour cent. Etc. 

(Voyez, à la fin de l'ouvrage. Prononciation des nombres 
cardinaux et des nombres ordinaux.) 

Le q ne se redouble jamais. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Q. 235 

Bemarque. — Nous avons dit, au commencement de cet 
article, que la lettre q a toujours le son dur du k; cependant, 
dans certains cas cette prononciation subit une modification 
sensible que les étrangers ont besoin de connaître. 

A la fin des mots, q, quand il se prononce, a toujours 
l'articulation dure du k; ainsi, cinq, coq, se prononcent 
çaink, cok. 

Mais, au commencement et dans le corps du mot, qu se pro- 
nonce tantôt aussi dur que le k, et tantôt beaucoup moins dur. 
Qu a toujours le son très dur du k lorsqu'il est suivi 
d'un des sons a, e (son de l'e muet), 0, Ou, an, on, comme 
dans ces mots: 

Son a — Qualité, quatre, équarrir, il fabriqua, etc. 

[ka-lite) {ka-tr') (é-ka-rir) (il fabri-ka) 
Son e — Quenouille, querelle, marqueter, barque, que, etc. 
(ke-nou-ye) {ke-rèl) (mar-ke-té) (bark) (ke) 
Son — - Quotidien, liquoriste, etc. 

(kà-tidi-ain) (li-ko-ristt) 
Son ou — Quadrature, loquace, quadrupède, etc. 

(kou-adratur) {là-kou-ass) (kou-adrupèd) 
Son an — Quantité, fabriquant (participe présent), etc. 

(kan-tité) (fabri-kan) 
Son on — Nous fabriquons, nous traquons, etc. 
(J'abri-kon) (tra-kon). 

Mais qu, suivi d'un des sons é, è, i, eu, ain, se pro- 
nonce beaucoup moins, dur, et un peu comme s'il était suivi 
d'un i formant diphtongue avec le son suivant: 
Son é — Liquéfier, acquérir, quayage, etc. 

(likiéfié) {akiérir) (kié-iâje) 
Son è — Quête, banquet, lequel, laquais, etc. 

(kiête) (bankie) [lekièl) (lakiè) 
Son i — Qui, coquille, marquis, etc. 

(kii) {kokiiye) (markii) 
Son eu — Aqueux, queue, liqueur, etc. 

(akieu) (kieu) (likieur) 
Son in — Quinze, arlequin, coloquinte, etc. 

[kiainge) (arlekiain) (kolokiainte). 



236 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — R. 

Nous avons placé après b, dans la prononciation figurée 
un i pour indiquer la diphtongue apparente qui se trouve 
dans tous ces mots; mais, ainsi que nous l'avons dit à la 
lettre G, page 154, l'i et le q se fondent dans la prononciation 
pour ne former qu'une seule émission de voix, et le son i 
ne s'entend pas du tout.' 

Dans piqâre, seul mot de cette forme, qu se prononco 
également un peu kiu: pikiurr. 

Que avec élision de l'e {qu') se prononce comme k dur 
devant les sons a, e, 0, OU, an, on, et comme k mouillé 
devant les sons é, è, i, u, eu, ain: Qu'a-t-il dit? {ha-t-il 
ilî), etc. — ■ Lorsqu'une xjersonne (Idrss-kiune . . .), etc. 

Les étrangers qui veulent acquérir une prononciation 
tout à fait française doivent s'étudier à établir dans la pro- 
nonciation de q et qu la distinction de sons dont nous venons 
de parler; ils éviteront ainsi de prononcer, par exemple, 
banquet, coquin, quinze, etc. , avec l'articulation très dure du 
k: bankè, kokain, kainse, prononciation rude à l'oreille et qui 
s'écarte de l'usage. 

lEt. 

Cette consonne linguale s'entend dans rabais, régiment, 
rigide, robuste, fer, pur, etc. 

L'r s'articule assez fortement au commencement: rapidité, 
— et légèrement dans le corps des mots entre deux voyelles: 
parole, ou précédée d'une consonne: brosse. 

Le grasseyement de l'r, défaut très commun aux Parisiens 
et qui consiste à supprimer plus ou moins cette lettre dans 
la prononciation, devient insupportable dans le chant. Dans 
la conversation, lorsqu'il est peu sensible, on lui trouve 



1 Nodier et Nap. Landais ont, à la lettre Q comme à la lettre G, très bien 
distingué l'articulation dure de l'articulation molle ou mouillée. — Devant les sons a, 
e muet, o, ou, an, on, Nodier figure ainsi la prononciation: Qualité (ca-li-té, c dur), 
etc.; mais devant les sons é, è, 1, eu, in, comme dans liquéfier, quel, etc., il dit: 
c mouillé. — Quant à Napoléon Landais, il ajoute, dans la prononciation figurée, un 
i après k (représentation de q): Liquéfier {lilciéfié), etc. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — R. 237 

généralement quelque chose de doux et d'agréable, qui paraît 
sourtout plus gracieux dans la bouche d'une femme. — La 
véritable prononciation de l'r est parfaitement indiquée par 
Molière dans le Bourgeois G-entilliomme. On prononce cette 
lettre, dit le maître de philosophie, "en portant le bout de 
la langue jusqu'au haut du palais, de sorte qu'étant frôlée 
par l'air qui sort avec force, elle lui cède et revient toujours 
au même endroit, faisant une manière de tremblement." 

L'articulation de cette consonne ne subit jamais de modi- 
fication au commencement des mots: raison, rime, Eobes- 
pierre, etc. 

Au milieu des mots, l'r, quelque place qu'elle occupe, 
se fait toujours entendre: mercredi,^ perclus, principe, tordre, 
verdure, vraiment; — je dors, il dort; je tords, il tord; tu 
perds, il perd; — convers, divers, envers, pers (couleur), 
pervers, couvert, offert; — Anvers (ville), Boufflers (ancien 
maréchal de France), Caliors (ville), Chaudordy (homme politi- 
que), Gers (riv. et départ.), Gurh (rivière), Mamers (ville), 
Nevers (ville), Villars (général), Villers-Bocage (bourg), Villers- 
Cotterets (ville), Worms, — Adalhert, CMldehert, Colbert, etc., 
etc. — Prononcez mèrJcredi, pèrklu, . . . je dbr, . . . il tbr, . . . 
Jconvèrr, . . . pèrr, pervèrr, . . . anvèrr, houflèrr, Jca-ôr, chô- 
dàrdi, jèrr, gurk, ma-mèrr, ne-vèrr, vi-lar, vilèrr-boJcâje, 
vilèrr-kotrè, vormm'ss, adalbèrr, cJiildebèrr, kolbèrr. 

On excepte gars,^ Angers (ville de France), et tous les 
mots terminés par îers: Baraguey d'Hilliers, Béziers (ville), 
la Brinvilliers (célèbre empoisonneuse), Louviers (ville), 
Poitiers (ville), Téniers (peintre), Verviers (ville), Villiers-de- 
risle-Adam (ancien maréchal de France), volontiers, etc. 
Prononcez anjé, baragè, di-ié {g dur), bézié, la brainvi-ié, 
louvié, poatié, té-nié, vèrvié, vi-ié-dlil-adan, volontié. — Toute- 



1 On prononçait autrefois abusiveiuunt mékredi, et cette prononciation a été 
conservée par le peuple. 

2 Oars (jeune garçon), vieux mot, se prononce gâ. — Le cri de guerre des 
Vendéens était; A moi let gâ! — On dit encore par plaisanterie ou par dédain: Fotïà 
un beau gâ. Ce sont de fameux gâ. En province, on emploie souvent gâ pour garçon : 
Mon gâ, ton gâ, etc. 

/ 



238 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — R. 

fois, on fait entendre l'r dans le Chiers (riv.), Thiers (homme 
d'Etat), Thiers (ville), un tiers (une troisième personne), tiers 
(fraction: ^, -|), et aux deux premières personnes du singulier 
du présent de l'indicatif ainsi qu'à la seconde personne sin- 
gulière de l'impératif des verbes en qnérir: j'acquiers, tu acquiers; 
je conquiers, tu conquiers; je requiers, tu requiers; je m'enquiers, 
tu t'enquiers; je reconquiers, tu reconquiers; acquiers, requiers, 
enquiers-toi, etc. On prononce le cliièrr, tièrr, tièrr, tièrr, 
jaîcièrr, tu akièrr, Je JconJcièrr, tu konkièrr, etc. 

Nous avons dit plus haut que dans le corps des mots 
l'r précédée d'une consonne s'articule légèrement. Dans les 
mots notre, votre, quatre, cette articulation disparaît presque 
entièrement dans la conversation et dans la lecture simple 
quand le mot suivant commence par une consonne; ainsi, 
notre maison, notre père, votre cheval, votre table, quatre 
rues, quatre mille hommes, etc., se prononcent à peu près 
not'e maison, not'e père, vot'e cheval, vot'e table, quat'e rues, 
quafe mille hommes; l'r est en effet presque imperceptible 
à l'oreille. — On excepte Notre-Dame (la sainte Vierge), 
Notre père qui êtes aux deux (premiers mots de l'Oraison 
dominicale), et toute la série de quatre-vingts à quatre-vingt- 
dix-neuf, où la lettre r se fait entendre très sensiblement: 
notreu-dame, notreu pèrr qui . . . , Icatreu-vain, Icatreu-vain- 
un, etc. Même prononciation quand notre, votre, quatre, sont 
suivis d'une voyelle, d'une h muette ou d'une h aspirée: 
notre ami, notre honneur, votre application, votre hameau, 
quatre enfants, quatre hommes, quatre héros, etc. 

Dans le nôtre, le vôtre, l'r se prononce toujours: Votre 
honneur et le nôtre sont intacts. Notre cheval et le vôtre ont 
remporté les premiers prix. — Dites: Vot'e honneur et le 
nôtr' . . . Not'e cheval et le vôtr' ... 

Voyez, page 146, la prononciation de Marlborou^h. 

Finale, la lettre r sonne dans toutes les terminaisons 
qui ne sont pas en er, comme dans car, char, hangar, Var 
(riv. et départ.), — désir, finir, loisir, plaisir, sir (titre en 
Angleterre, équivalent souvent à monsieur), Tyr , — butor, 
cor, essor, for, or, Spohr (compositeur), ténor, — dur, mûr. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



239 



pur, sur, — air, chair, éclair, — batteur, conseilleur,^ leur, 
monseigneur, peur, le sieur, les sieurs, — cour, pour, pour- 
tour, — cueilloir, loir, noir, pouvoir, trottoir, etc. — Excepté 
dans monsieur et messieurs, que Ton prononce mo-cieu (l'o 
presque comme ew), mè-cieu, et dans ouhlieur (celui qui crie 
des oublies). (Voyez ces trois derniers mots page 76.) 

Quelques personnes de province ne font pas sonner l'r 
dans les terminaisons en îr; elles prononcent, par exemple, 
ilnir, plaisir, tenir, etc., comme si ces mots étaient écrits fini, 
plaisi, teni. C'est une faute, même dans la conversation. 

L'r finale de la terminaison er sonne ordinairement dans 
les noms propres étrangers de personnes, de lieux et de 
rivières, ainsi que dans un petit nombre de noms propres 
français: 



Abd-el-Kader {ab-dël-hadèrr), 
Abner (ab-nèrr), général de 

Satil, 
Abou-BekrÇabou-bèJcr'), calife, 
Antipater, génér. macéd., 
Auber, compos., 
Bauer (bô-èrr), philos., écriv., 
Bender (bain-dèrr), ville, 
Berber (bèrbèrr) ou Bérabère, 

tribu d'Afrique, 
Bischweiler (bich-vè-ièrr), 

ville, 
BlucJier {blukèrr), 
Bremer ibré-mèrr), nom pr., 
le Cher (chèrr), riv. et départ., 
Chester (chèstèrr), ville, comté, 
Cooper [Ant. Ashley-], comte 
de Shaftesbury (kou-perr, 
quelques-uns disent Jcoupr'), 
nom de deux personnes mar- 
quantes en Angleterre, 



Detmer (dèft-mèrr), nom pr., 

Dnieper ou Dniepr (dni-é-pèrr, 
dnièpr', le d à peine articu- 
lé), ileuve, . 

Dniester ou Dniestr (dni-èstèrr, 
dni-èstr', \e d k peine articu- 
lé), fleuve, 

Albert Durer {albèrr durèrr), 
peintre et graveur, 

Eider ou Eyder (é-dèrr), riv., 

Fanny Elssler {fa-ni èlss-lèrr), 
célèbre danseuse, 

Esther, nom de femme, 

Fugger (fug-jèrr, g dur), riche 
famille de Souabe, 

Gélimer ou G-ilimer (jélimèrr, 
jilimèrr), roi des Vandales, 

Gessler {gèss-lèrr, g dur), gou- 
verneur de la Suisse en 1307, 

Gessner ou Gesner (gèss-nèrr,. 
g dur), philologue, etc., 



1 Conseilleur ne se dit guère que dans cette phrase pr.verbiale: Les conseilletirs 
ne sont pas les payeurs. 



240 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — R. 



Glocester (glocèss-tèrr), ville, 

etc., 
G-uehwïller (gèb-vilèrr, g dur), 

ville, 
Highlandcr (i-îandèrr), habi- 
tant des montagnes d'Ecosse, 
Jupiter (ju-pitèrr), 
Kléher {Idéhèrr), général, 
Lancaster ou Lancastre, comté, 

maison d'Angleterre, ^ 
Landser (lande- cèrr), jadis 
Lands-Ehre, bourg près de 
Mulhouse, 
Lavater (lavatèrr), écrivain, 
Leicester (lè-cèss-tèrr), ville, 

comté, etc., 2 
Lucifer, chef des démons, 
Luther ilu-tèrr), 
Manchester(manchèstèrr), \ille, 
la Moder (modèrr), rivière, 
Munster (monstèrr), ville, 
Necker (nè-Jcèrr), ministre de 

Louis XVI, 3 
Necker ou Neckar, rivière, 
Niger (ni-jèrr), fleuve, 
Oder (odèrr) rivière, 
Fâcher (pachèrr), compos., 
Pont-Audemer (pon-tôd-mèrr), 

ville, 
le Prater (pra-tèrr), prome- 
nade à Vienne, 
Quimper (kain-pèrr), ville, 
JReuter (reu-tèrr): agence 
Reuter, écriv. allemand, 



J.-P. Richter {rik-tèrr), écriv. 

allemand, 
Bœderer (ré-derèrr) , ancien 

pair de France, etc., 
la Boër (ro-èrr), riv. de Prusse, 
JRouher (rou-èrr), ancien 

ministre, 
Buyter (rici-tèrr) , célèbre 

marin, 
Saint- Orner {çain-tomèrr),y\\\Q, 
Saint- Sever [çain-cevèrr), ville, 
Scaliger {skalijèrr), savant, 
Schiller (chi-lèrr), célèbre 

poète allemand, 
Schneider [chnè-dèrr), ancien 

président de la chambre des 

députés, 
Schneider (chnè-dèrr), compos. 

allemand, philologue alle- 
mand, etc., 
Sleipner ( Slèp-nèrr) , myth. : 

cheval d'Odin, 
Strossmayer (stross-ma-ièrr), 

évêque de Bosnie, 
Suger (çu-jèrr), ministre sous 

Louis VI et Louis VII, 
Taille fer (ta-ye-fèrr), nom pr., 
Trivesper ou Triespérus (tri- 

vèspèrr, trièspérûss), surnom 

donné à Hercule, 
Weser (vé-zèrr), fleuve, 
Westminster (vèss-mainss- 

tèrr), ville, abbaye, 
etc., etc. 



1 On écrit souvent et l'on prononce toujours lancastre. 

2 Beaucoup prononcent lè-c'e»tr'. 

3 Quelques-uns prononcent nèkr'. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — R. 241 



B/ finale sonne également dans quelques adjectifs, ainsi 
que dans un assez grand nombre de substantifs, la plupart 
d'origine étrangère, terminés en er: 



aher (abèrr), crique ou anse 

en Bretagne, 
amer (amèrr), 
aster, plante, 

auster (ôstèrr), vent du midi, 
avant-Mer (avan-tièrr), * 
azer, myth., etc., 
helvéder ou belvédère, 
ber, t. de mar., etc., 
bitter (bi-tèrr), liqueur amère, 
calender (kalandèrr), espèce de 

derviche, 
cancer, 

cathéter, t. de chir., 
cher, adj., 

chester {chèstèrr), fromage, 
clipper (JcKpèrr), 
coroner, officier de justice en 

Angleterre, 
creutzer ou hreutzer (kreui- 

zèrr), monnaie, 
cuiller ou cuillère (kui-ièrr),^ 
daalder (dâldèrr), monnaie de 

Hollande, 
dammer (da-mèrr), résine, 
diazoster, t. d'anat., 
eider (é-dèrr), canard à duvet, 
enfer, 
éther, 

faber, poisson, 
fer, 

ferver, myth, persane, 
fïber {fibèrr), rat, 



fier (fièrr), adjectif, 

fierasfer (fiérass-fèrr), poisson, 

frater (fratèrr), mauvais chi- 
rurgien, barbier, 

gaster, t. de méd., 

gentleman-rider{Jainte-le-mane 
ou djainte-le-mane-ridèrr), 

ghiaber{giabèrr, g dur), Persan 
adorateur du feu, 

gialder (ji-aldèrr), t. de pêche : 
cabane, 

glauber (glô-bèrr): sel de glau- 
ber, 

haller {al-lèrr), plante, 

halster, mesure, 

hamster {ame-stèrr), rongeur, 

haster, mesure, 

héemer {é-mèrr), seau de bois, 
mesure de liquides en Alle- 
magne [Eimer), 

heister (èss-tèrr), arbre, 

heller (èl-lèrr), ancienne mon- 
naie d'Allemagne, 

henner {ène-nèrr), t. de bot., 

hesper ou vesper (èss-pèrr, 
vèspèrr), étoile, 

hier (i-èrr), — voyez la note 
page 123, 

hiver, 

hornschiefer {orne-chi-fèrr), 
roche de corne feuilletée, 

jackanaper (jaka-napèrr), 
singe. 



1 Voyez la note page 123. 

2 Beaucoup prononcent J;u-ûrr. (Voyez la notel page 199.) 
Lesaint, Prononciation française. 3nie éd. 



16 



242 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — R. 



jenizer-eifendi {je-nizèrr-é- 
fain-di), prévôt des armées 
turques, 
Icalksinter (Jcalk-çain-tèrr), 

stalactite calcaire, 
Mlonter (kélontèrr), fonction- 
naire en Perse, 
kirsch ou MrscJienwasser 

(Jcirche, kirchène-vacèrr), 
klafter, mesure en Allemagne, 
klebscMefer (kléb-chifèrr), 

argile schisteuse, 
kramer, arbrisseau, 
kreutzer, — voyez creutzer, 
laemmer-geier (lè-mèrr-gé-ièrr, 
g dur), un des noms du vau- 
tour des Alpes, aussi appelé 
gypaète ou griffon, 
landtveJir (lande-vèrr), 
lavander,lmge ouvré de Flandre, 
liber, t. de bot., 
lichter (lik-tèrr), petit navire, 
lupinaster, plante, 
mâchefer, scorie, 
magister {ma-jiss-tèrr), maître 

d'école, 
masseter (mass-tèrr), muscle, 
meister songer, — voyez 

page 218, 
mer, et tous les composés, 
messer(mècèrr), vieux: messire, 
minnessenger ou minnesinger, 

— voyez page 218, 
mi/er {mièrr), mollusque, 
nordcaper(ndr-kapèrr),cét2Lcé, 
outremer, couleur bleue, 
partner ou partenaire (jpartt- 
nèrr), 



Pater ou Pater noster, TOraison 
dominicale, 

placer {placèrr), place où l'on 
exploite l'or, 

polder (pol-dèrr), 

porter (por-tèrr), bière, 

pristigaster, poisson, 

pyraster, arbre, 

quer (kèrr), filament qui couvre 
le fruit du cocotier, 

revolver (re-vol-vèrr), 

rohlender (rolandèrr), raisin, 

ryder (ridèrr), monnaie, 

ryksdaler (riks-dalèrr), mon- 
naie, 

Sadder {çad-dèrr), livre sacré 
des Guèbres, 

sagatemer (ça-gatt-mèrr), fruit, 

schlizer, raisin, 

schooner ou schoner {chou-nèrr), 

schutzer {chutzèrr), poisson, 

scrapter {skrap-tèrr), insecte, 

seceder (ceiiss-dèrr), sectaire 
écossais, 

seder {cedèrr), t. d'ébenisterie: 
bandes, 

sefer (cefèrr), 2 ® mois de l'an- 
née arabe, 

semper-virens (çainpèrr-vi- 
raince), plante, 

sépher (céfèrr), nom hébreu: 
les saintes Ecritures, 

soda-ivater ou soda (çoda- 
vatèrr, coda), eau de soude, 

spencer (spain-cèrr) , corsage 
sans jupe, 

sphincter{sfaink-tèrr),tA^ àn&t, 

sputer, métal, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — R. 



243 



Stabat mater {stabatt matèrr), 
hymne, 

stathouder (sta-tou-dèrr), 

steamer (sti-mèrr), 

stuver ou stuyver {stuvèrr, 
stui-vèrr), monnaie de 
Hollande, 

taille-mer {ta-ye-mèrr) y gorgère 
d'un vaisseau, 

tencler (tan-dèrr), chariot à 4 
roues qui suit immédiate- 
ment la locomotive, 

thaler {talèrr), monnaie, 



trochanter (troJcantèrr) , t. 

d'anat., 
trocMter(tro-cMtèrr), t. d'anat., 
tumbler (ton-blèrr), pigeon, 
uter (utèrr), peau remplie d'air, 
ver, 
vesper ou Jiesper, étoile, — 

voyez hesper, 
vétyver ou vétiver (vétivèrr), 

plante, * 
vomer, t. d'anat., 
zoster {^àss-tèrr), ceinture de 

Latone. 



L'articulation de la lettre r, dans tous ces mots, donne 
le son ouvert (è) à l'e qui précède. 

Quaker, que l'Académie écrit aussi quacre, — féminin 
qualceresse, — se prononce kouakr'; au féminin, kouakrèss; 
voyez page 227. 

Quant à cutter (petit bâtiment léger), mot qui appartient 
à la langue anglaise, il se prononce kut-tèrr, et par quelques- 
uns kotre."^ 

L'r finale est muette, et l'e qui précède prend le son 
fermé: 1^ dans Alger^ et Tanger (villes); 2^ dans les noms 
propres français en er, autres que ceux dont nous avons 
parlé page 239: Auger, Béranger (chansonnier), Boucher 
(peintre, etc.), Bouguer (savant), Boidanger, Larcher, Boger 
(chanteur, etc.), etc. — Prononcez aljé, tanjé, — ôjé, béranjé, 
bouché, bougé (g dur), . . . ro-jé. 

Elle est également muette : — 1 o à la fin de tous les sub- 
stantifs communs terminés en er, autres que ceux qui figurent 
dans la liste page 241, comme berger, boucher, clocher, cocher, 



1 Quelques-uns prétendent qu'il faut écrire pétivhre, du nom de Petiver, phar- 
macien de Londres, qui aurait mis cette plante en usage. 

2 L'Académie et Nodier disent: On prononce) et plusieurs écrivent kbtre. — 
Poitevin: On prononce kbtre. — Le Dictionnaire de la Conversation, au mot Cutter, 
article rédigé par Théogène Page, capitaine de vaisseau, dit: Cutter appartient à la 
langue anglaise; le mot français est eotre. — Bouillet dit: Cutter ou Cotre, petit 
bâtiment ... — Nap. Landais et Larousse prononcent kut-tèrr. C'est cette dernière 
prononciation que nous avons adoptée à l'article U. 

3 Autrefois, on faisait entendre l'r: al-jèrr. 

16* 



244 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — R. 

danger, maraîcher, nocher, poulailler, rocher, vacher, etc. ; — 
2^ à la fin des adjectifs en er: léger, ménager, etc.; — 3® à la 
fin de tous les mots en ier et yer: Berrwjer (littérateur 
français), Berryer (avocat), Bouhier (écrivain), Boyer (général, 
littérateur, etc.), Cuvier, Fléchier (évêque), Gier (riv.), Le- 
verrier, Louvier, Montpellier (ville), Bive-de- Crier (ville), — 
altier, balancier, courrier, coutelier, cuillier (oiseau, poisson), 
entier, fier (verbe), gibier, grenier, meunier, xiommier, singulier, 
soulier, teinturier, etc., etc. — On prononce bèrjé, . . . poida- 
ié, . . . léjé, . . . bèru-ié, bèrié, bou-ié, boa-ié, ku-vié, fléchie, 
jié, . . . Jcui-ié, etc. — Cinq mots seulement font exception 
à cette dernière règle: avant-hier, fier (adjectif), hier, laem- 
mer-geier, myer, qui figurent dans la liste page 241. 

K. est encore muette à la fin de tous les verbes de la 
première conjugaison: aller, bouder, concilier, emménager, 
fortifier, gager, initier, 2>ousser, etc.; excepté dans la lecture 
et dans le discours soutenu, où Vr se fait quelquefois en- 
tendre devant une voyelle ou une h muette. (Voyez Liaison 
des mots entre eux, lettre B.) 

On ne prononce ordinairement qu'une r dans les mots 
où cette consonne est doublée, comme abhorrer, arrimer et 
dérivés, arrogance, arrondir, arroser, concurrent, concurrence, 
corridor, corrompre, corruptible et dérivés, interroger et 
dérivés, interromj)re et dérivés, torrent et dérivés, Alphonse 
Karr (écrivain), Barr (ville), etc., etc. 

Exceptions. — Les deux r se prononcent: 

1^ Dans les quarante-trois mots suivants: 



aberration (abèr-ra-cion), 
Burrhus (bur-riîss), 
concurremment (konJcur-ra- 

man), 
corroborant (Icor-roboran), 
corroboratif (kôr-roboratif), 
corroboration(Jidr-roboracion), 
corroborer {Mr-roboré), 
corrodant {kbr-rodan), 
corroder Qcor-rodé), 



corrosif {kbr-rô-zif), 
corrosion {kbr-rô-zion), 
errant {èr-ran), vagabond, 
errata {èr-rata), liste de fautes, 
erratique (èr-ratik), t. de méd., 
erratum (èr-ratome), se dit 

quand on ne signale qu'une 

seule faute, 
errer (èr-ré), se tromper, 
erreur (èr-reur), fausse opinion, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



245 



errhin, errhine {èr-rain, èr- 

rine), t. de raéd., 
erroné (èr-roné), 
farrago (far-ragô), mélange 

de choses disparates, 
horreur (àr-reur), 
horrible {àr-ribl'), 
horriblement {pr-ribleman), 
horripilation (or-ripilacion), 

frisson, 
inénarrable {i-né-nar-rabV), 
intercurrent (ain-tèr-Jcur-ran), 
interrègne {aintèr- règne), 
mi/rrhis (mir-rîss), plante, 
narration (nar-racion), 
porrection ipor-rèlc-cion), 



Pyrrha (pir-ra), myth., 

pyrrhiqiie {pir-rik), 

pyrrhonisme (pir-ro-niss-m'), 

Pyrrhus (pir-rûss), 

serrasalme (cèr-razal-m'), 
poisson, 

torréfaction (tor-réfaJc-cion), 

torréfier (tor-réfié), 

torride (tdr-ridd), 

terreur (tèr-reur), 

terrible (tèr-ribl'), 

terriblement (tèr-ribleman), 

Ur raque (ur-raJc), reine de 
Castille, 

Verres (vèr-rèss), concussion- 
naire romain. 



2*^ Dans tous les mots commençant par îrr: irraison- 
nable, irréconciliable, irrégulier, irruption, etc. 

3^ Au futur et au conditionnel du verbe mourir et de 
tous les verbes en courir et quérir: je mourrai, tu mourras, 
tu mourrais, nous mourrions, etc. ; — je courrai, tu accourras, 
il recourra, nous concourrons, elle secourrait, etc.; — j'ac- 
querrai, tu conquerrais, nous nous enquerrions,- etc. Ainsi que 
dans cette phrase de Perrault: la bobinette cherra. — On 
prononce fortement les deux r: je mour-ré, tu mour-ra, . . . 
je 7cour-ré, tu a-kour-ra, . . . jaJcèr-ré, tu honkèr-rè, non nou 
sankèr-rion, — la bobinette chèr-ra. — Ou ne fait sentir 
qu'une r dans tous les autres verbes: je pourrai, je verrai, etc. 

La lettre r, suivie de h, ne fait toujours entendre que 
l'articulation qui lui est propre: rhéteur iré-teur), etc. 



Cette consonne sifflante s'articule de deux manières: 
Son articulation propre, s, s'entend dans sa, selon, silence, 

sort, sur, etc.; c'est l'articulation que fait encore entendre le 

c dans ceci, cela, menace, acide. 



246 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 

Son articulation accidentelle, z, s'entend dans base, chaise, 
bise, rose, muse, etc.: c'est l'articulation propre du z. 

Au commencement des mots, cette lettre conserve son 
articulation propre: — 1^ devant les voyelles: savon, Sedan, 
sirop, son, suavité, syllabe, etc.; — 2^ devant les consonnes: 
sbire, scabieuse, le Scamandre (fleuve), sclérotique (t. d'anat.), 
S force (famille italienne), Sganarelle, Skalliolt (v. d'Islande), 
sloop, Smyrne, Sneek ou Snits (v. de Hollande), Spandau 
(ville), squelette, le Styx, svelte, etc. Dites sbir, . . . sMérotiJc, 
. . . ska-olt, . . . snèk, snitt, spandô, ske-lètt, le stikss, svèlt. 
Mais dans la prononciation de ces mots, on articule l's si 
rapidement qu'elle n'est presque point sentie. 

Quand après l's il y a un c suivi d'un e (non de en), 
d'un i, ou d'un y, l's devient nulle pour la prononciation; 
ainsi, acquiescer, escient, fasce (t. de blason), fascine, Mucius 
Scsevola, obscène, plébiscite, sceau, Sceaux (ville), sciemment, 
scintiller, Scio (île), Scylla (gouffre), s'immiscer, susceptible, 
etc., se prononcent comme s'il n'y avait pas d's: a-Jciè-cé, 
é-cian, face, facine, mu-ci-ûss cévola, àb-cène, plébicitt, ço, çô, 
cia-man, çaintil-lé, ci-6, cil-la, ci-m'-micé, çu-cèptibV. — On 
prononce toutefois l's dans ascétique, ascyre (plante), concupis- 
cible, fascicule, irascible, proscenium, rarescible, rarescibilité. 
Dites ass-cétili', ass-cir, Iconkupiss-cibV, fass-ciJcul, irass-cibl', 
pross-cé-ni-ome, rarèss-cibV, etc. 

Suivies de en, les deux lettres sc se prononcent avec 
l'articulation sifflante: acescence (t. de méd.), acescent, aces- 
cente, ascendance, ascension, concupiscence, concupiscent, condes- 
cendance, condescendant, condescendre, dégénérescence, déliques- 
cence, déliquescent, effervescence, effervescent, frutescent, ignes- 
cence, indéliiscenee (t. de bot.), indéhiscent, phosphorescence, 
phosphorescent, rarescence, transcendance, transcendant, etc. — 
Prononcez a-cèss-çance, . . . ass-çandance, . . . Jconkupiss-çance, 
. . . kondèss-çandance , . . . déjé-nérèss-çance , délihu-èss- 
çance, . . . éfervèss-çance, frutèss-can, ig-nèss-çance, aindé-iss- 
çance, etc. — On excepte descendance, descendant, descendre, 
descente, redescendre, mots dans lesquels l's est muette: dé- 
çandance, etc. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 247 

Voyez, page 133, quelle est la prononciation de sc, sch, 
dans les mots italiens: crescendo, decrescendo, Brescia, etc. 

Sch, sh. — Sch se prononce tantôt comme le ch fran- 
çais et tantôt comme sk; sh, toujours comme ch. Voyez 

pages 185, 188, 189. 

Sz dans les noms hongrois se prononce légèrement z, 
un peu comme l's sifflante; aussi supprime-t-on quelquefois 
le z dans l'écriture: Szaholcs ou Saholcs (comitat), Szalad 
(comitat), Szamos (riv.), Szarvas (ville), Szasz-Varos (ville), 
Szathmar (comitat), Szeged ou Seged, ou bien Sz^edin ou 
Segedin (ville), Szeklers (en hongrois Szehelych, tribu hon- 
groise), Szemere (écrivain), Szexard (ville), Szigeth (ville), 
Szohoslo (ville), Szoînok (ville). — Prononcez, Ts légèrement 
articulée comme z, sa-bolk, salad, samoss, sarvâss, sass-vardss, 
satt-niar, sé-jèdd, sé-jé-dain, sek-lèrr, sé-mèrr, sék-sar, si-jètt, 
soboss-îô, solnbh. 

Dans Skrzyneclii (généralissime des armées polonaises en 
1831), on entend peu l's et l'r: kr'zi-nè-M. 

Szanna, ou mieux Sanâ ou Sanaa, capitale de l'Yémen, 
se prononce ça-nâ. 

Dans le corps des mots, s garde Tarticulation propre 
lorsqu'elle est précédée ou suivie d'une consonne; — excepté 
toutefois devant c, ch. 11, ou z, ainsi qu'on l'a vu plus haut.^ 



absolu (ab-ço-lu), 

absurde (ab-çurdd), 

à l'insu de ... (a lainçu de), 

anglicisme (an-gli-ciss-m'), 

bastille {bass-ti-ye), 

bastion (bass-tion), 

bastonnade (bass-tà-nade), 



bestial (bèss-tial), 
biscuit (biss-Jcui), 
brusque (bruslc), 
calvinisme Çkalvi-niss-m'), 
cataclisme (katakliss-m'), 
cataplasme (kataplass-m'), 
chauvinisme (chô-vi-niss-m'), 2 



1 Après r, l's a donc toujoars l'articulation sifflante; excepté dans les deux 
mots Arsaee, Ârsaeides, qu'on trouvera plus loin. C'est une faute que de prononcer 
Arsène Houssaye, bouleverser, conversation, Marseille, Versailles, etc. , en donnant à l's 
l'articulation z: arz'ene, konverzacion, marzè-ye, vkrza-ye, prononciation qu'on entend 
chez quelques Allemands. 

2 Chauvinisme, mot créé récemment pour exprimer le fanatisme napoléonien, 
et par suite tout fanatisme politique. Le type de ce caractère est, dit-on, un nommé 
Chauvin, ancien grenadier de la garde impériale, qui, rentré dans la vie privée après 



248 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



christianisme {kriss-tia-niss-m''), 
cisleithan (ciss-lè-tan), 
contraste (Jcontrastt), 
conversation (konvèrr-ça- 

cion), 
corset {Tcbr-ce), 
disgrâce {diss-grâss), 
disjoint (diss-jo-ain), 
disjonction {diss-jonk-cion), 
dislocation (diss-loJcacion), 
dispendieux (diss-pan-dieu), 
disposer (diss-pô-ze), 
disque (disk), 
éclectisme (é-klèk-tiss-m'), 
escalade (èss-kaladd), 
est ou orient (èstt); — mais 

il est, du verbe être, se 

prononce è, 
estoc (èss-tok), 
fénianisme (féni-a-niss-m'),^ 
fuchsia ou fuchsie {fuk-cia, 

fuk-ci), 
gallicisme {gal-liciss-m'), 
hortensia (or-tan-cia), 



instinct (ainss-tain), 
instrument (ainss-truman), 
insurrection (ain-çu-rèkcion), 
jurisconsidte (Juriss-kon- 

çulit), 
jurisprudence (Juriss-pru- 

dance), 
juriste (juristt), 
lest (lèstt), 
lorsque (Ibrss-ke), 
ménestrel (mé-nèss-trèï), 
mestre-de-camp (jnèss-tr'-de- 

kan), 
observation (ôb-cèrr-vacion), 
obstiné {oh-sti-né), 
ouest ou occident (ou-èstt), 
perspective (jpèrr-spèk-tive), 
piastre (piass-tr'), 
pittoresque (pi-torèsk), 
poste {pbstt), 

presque (prèsk et prèskeu), 
presto (prèss-tô), 
quesnelliste (kèss-nè-listt), 
questeur (ku-èss-teur), 



le licenciement de l'armée de la Loire en 1815, se fit remarquer, comme la plupart 
de ses compagnons d'armes, par une admiration sans bornes pour tout ce qui avait 
appartenu à Napoléon. Cette ferveur innocente a été habilement mise en scène par 
Scribe dans le Soldat laboureur, dont le principal personnage se nomme Chauvin; ce 
type du vieux soldat a aussi exercé le spirituel crayon de Charlet. 

1 Fénianisme, association des Fénians. — Le nom de Fénian est emprunté aux 
commencements de l'histoire d'Irlande. Les anciens Irlandais avaient une caste de 
guerriers, dont un des chefs, très célèbre, appelé Fionn ou Finn, fit, vers la fin du 
deuxième siècle de notre ère, beaucoup d'actions héroïques, vantées dans les chansons 
nationales des Celtes. Sa gloire dépassa celle de tous ses successeurs, et l'on 
s'habitua à regarder les guerriers irlandais comme des Fintia, c'est-à-dire comme des 
hommes de Finn. Traduit de l'anglais , Finna devint Féniaw. L'association des 
Fénians était donc une association d'hommes armés, qui mettaient leur confiance 
dans les armes, et le but de la conspiration se montre clairement dans le nom 
d'association ou union fraternelle (Brotherhood), qui réunit les Fénians modernes. 
— (Les deux mots fénianisme , fénians, ne se trouvant jusqu'ici dans aucun diction- 
naire, il faut, pour leur orthographe, s'en rapporter aux journaux, qui écrivent, les 
uns fénianisme, fénians, avec l'accent aigu, les autres fénianisme, fénians, sans accent. 
On prononce en efifet fé-nian et fe-nian.) 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



249 



questure (ku-èss-tur), 
samscrit, et mieux sanscrit 

{çanss-kri), 
sarcasme (çar-Jcass-m'), 
schapska {chapss-ka), 
semestre {ce-mèss-tr'), 
sportsman (spdrtt-smane), 
subside (çul)-cidd), 
subsidiaire (çub-cidièrr), 
subsistance (çub-ciss-tance), 

Enregistrement, 
vaient autrefois avec 



subsister {çub-ciss-te), 
susdit, susdite {çuss-di, çuss- 

ditt), 
susnommé, susnommée {çuss- 

no-mé), 
tocsin {toh-çain), 
trimestre (tri-mèss-tr'), 
universel (u-ni-vèrcèï), 
verser {yèrcë), 
etc., etc. 
enregistrer, registre, registrer, s'écri- 
et sans s: enregistrement et enregître- 



ment, registre et regître, etc. Aujourd'hui l'orthographe est 
fixée, et l'on écrit toujours avec s les mots enregistrement, 
enregistrer, enregistrable, enregistreur, registrata (vieux), regi- 
straire (vieux), registration , registre, registre, registrer, que 
l'on prononce en faisant sonner l's. — Quelques personnes, se 
fondant sur l'ancienne orthographe enregîtrement, etc., hors 
d'usage depuis assez longtemps, prononcent encore enregître- 
ment, enregîtrer, regître, etc.: c'est une faute. 

La même prononciation est suivie dans les noms propres 
de personnes, de contrées, de villes, etc.: 



Arensberg (araince-bèrr), v. 

de Westphalie, 
Aristide (ariss-iidd), 
Aristobule (ariss-tobul), 
Aristophane (ariss-tofâne), 
Aristote (ariss-tbtt), 
Bastia {bass-tià), ville. 
Bastide (bass-tidd), nom 

d'homme, 
Bastien (bass-ti-ain), nom 

d'homme, 
Bélestat {bé-lèss-ta), bourg, 
Bismark [prince de] (biss- 

mark), 
Boiste (boèstt), lexicographe, 
Boston {bôston), ville, 



Brest {brèsU), ville, 
Brunswick (bronce-vik), ville, 
Bucharest (bukarèstt), ville, 
Carlsbad (karl-zbadd), 
Carlscrone (karl-skrône) ou 

Carlscrona, v. de Suède, 
Carlsruhe (karl-srâ), ville, 
Castille (kass-ti-i/e), 
Castries [duc de] (kass-tr'), 
Charlestown ou Charleston 

(charl-stône), ville, 
Christian {kriss-tian), 
Christiern (kriss-tièrnn), 
Constantin (kon-stan-tain), 
Ciistines (Jcuss-tine), général, 
Bémosthènes {dé-moss-tène), 



250 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S 



Beshayes {de-ze), baron de 

Courmenin, 
M™® Deshoulières {désoulièrr), 

poète, 
Duhousquet-Lahorderie (du- 

bouss-Jcè-labor-drî) , représ. 

du peuple, 
Dunstan (don-stan), saint, 
Elseneur (èl-ce-neur), ville: 

Helsingoer en danois, 
VElster (èl-stèrr), rivière, 
Erasme {érass-m'), 
Erostrate (érdss-tratt), 
Esdras (èss-drâss, un peu 

comme èzdrâss), 
Espinasse (èsspinass), génér., 
comte à'Estamg (èss-tain), 

amiral, 
maison à^Este (èstt), 
Esther (èss-ièrr), 
EstJionie (èss-to-nî), 
Estramadure (èss-tra-madûr),^ 
Eamagouste (fa-magousU), 

ville, 
Fenestranges (fe-nèss-tranje), 

ville, 
Fiesclii (fièss-M), — voyez 

page 180, 
Folkestone (fàlk-stône), port, 
FredericTiS-Hald (frédérik- 

sald), ville de Norwége, 
Gaspard Hauser (gass-par 

ôzèrr), 
Gaston {gass-ton), 
Gessner ou Gesner (gèss-nèrr, 

g dur). 



Gisquet (jiss-kè), anc. préfet 

de police, 
Gustave (guss-tave), 
Hesdin (èz-dain), ville, 
Hoclistedt, — voyez page 136, 
Holstein {bl-stain), 
Hudson (ud-çon), 
Inspruck, — voyez page 191, 
Isly ou Ysly {iss-li), riv. 

d'Afrique, 
Isnard (iss-nar), membre de 

la Convention, 2 

Jamestown (jame-stône), ville, 

JoJiannisherg (Jo-a-niz-hèrr), 
bourg, 

Johamiishourg {jo-a-niz-bour), 
V. de Prusse, 

de Lescure (lèss-kur), général, 

Lesdiguières (lès-di-gièrr , g 
dur, l's un peu comme z), 

Joseph et Xavier de Maistre 
(mèstr'), écrivains, 

Malesherbes (nialzèrb), un des 
défenseurs de Louis XVI, 

Ma'mesbury et Malmsbury 
(malmss-buri), homme 
d'Etat, ville, 

Manon Lescaut (lèss-kô), héros 
de roman, 

Mélesville (mé-lèss-vil), pseu- 
donyme de Duveyrier, au- 
teur dramatique, 

Mesmer (mèss-mèrr), 

Mestadier (mèss-tadié), magis- 
trat français, 



1 Voyez ce mot page 104. 

2 Quelques-uns prononcent i-nar. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — 8. 



251 



Mestro (mèss-trâ), administra- 
teur français, 

marquise de Montespan {mon- 
tèss-pan), 

Montesquieu (montèss-Jcieu), 

Montesquiou (montèss-Mou), 
capitaine, maréchal de 
France, etc.. 

Munster (monss-tèrr), ville, 

Newcastle (neu-kastt-l'), ville 
d'Anglet., 

diOsmond (oss-mon), 

Palmerston {pal-mèrss-ton), — 
voyez page 100, 

Pascal [pass-Jcal), 

Pasquier (pass-kié), juriscon- 
sulte, etc., 

Pesth {pèstt), ville, 

Phalsbourg {falz-hour), ville, 

Pharsal (farçal), 

Portsmouth {portt-smoutt), ville 
d'Anglet., 

Potsdam (pos-dame, Ts un peu 
comme 0), ville, 

Quesnay (kèss-ne), économiste, 

etc., 
Quesnel (Icèss-nèï), controver- 

siste, 
Questembert (ku-èss-tan-bèrr), 



Robespierre {robèss-pièrr), 

Saint- Just {çain-justt), célèbre 
conventionnel, littérat., ville, 
monastère en Espagne, 

Salisbury (çalis-buri, Vs un 
peu comme 2), 

Schleswig, quelquefois Sleswig 
{chlèss-vig, slèss-vig, g dur), 

Sébastien (cébass-ti-ain), 

Sigismond (ci-jiss-mon), 

Silvestre ou Sylvestre {cil- 
vèss-tr'), 

Sobieski {çobièss-ki), 

MJ^" Amable Tastu (tass-tu), 

femme auteur, 
la Teste (tèstt), ville, 
Tilsitt (til-citt), ville, 
Toscane {tdss-kane), duché, 
Trieste (tri-èstf), ville, 
Yasconcellos{vass-kon-cè-lbss), 
Vèlasquez {vé-lass-kèss), 
Venceslas (vain-cèss-lâss), 
les Volsques {volsk), ancien 

peuple, 
Wallenstein (yalan-stain), 
Weinsberg {pains-bèrr, Vs un 
peu comme ^), v. du Wur- 
temberg. 
Etc., etc. 



ville, 

L's, bien que précédée ou suivie d'une consonne, est 
muette dans beef steak (voyez la note* page 62), il est (du 
verbe être), estouffade (terme de cuisine, qu'on écrit aussi 
étou/fade), festoyer (que quelques-uns prononcent fes-toa-ié, 
la plupart fétoa-ié; — fétoyer, sans s, orthographe plus usitée 
à présent, se prononce fétoa-ié), mesdames, mesdemoiselles, 
teston (ancienne monnaie d'argent), testonner (peigner, friser 



252 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



les cheveux, vieux), lesquels, lesquelles, desquels, desquelles, 
lesdits, lesdites, desdits, desdites. Mais on la prononce dans 
susdit, susdite. — Prononcez les mots ci-dessus: il è, étoufade, 
fétoa-ié (et festoa-ie), mè-dame, mèd-moa-zèl, tèton, tèto-né, 
lèJcèl, dèkèl, lèdi, lèditt, dèdi, dèditt, — çitss-di, çuss-ditt. 

L's est également muette dans tous les noms dont nous 
allons donner la liste. — On remarquera qu'elle est toujours 
muette dans les noms français: l*' à la fin de la syllabe Des 
suivie d'une consonne: Besmoutiers, Desroches, etc.; 2^ de- 
vant les consonnes 1, m, n: Mesly, Vatismenil, Aisne, etc. 
(il n'y a que deux ou trois exceptions, qui figurent dans la 
liste page 249); 3^ devant les consonnes b, c, d, g, p, q, r, t, 
dans beaucoup de noms. 



Aisne {êne), riv. et départ., 
VArbresles (larhrêl), ville, 
Asnière {a-nièrr), village près 

Paris, 
Auhespine (ôbé-pine), famille 

française, 
Avesnes (avêne), ville, 
Basnage de Beauval {hânâje de 
bôval), ministre protestant, 
Beaucliesneihôchêne), nom.pr., 
Belle-Isle (bèl-îl) , maréchal, 

comte, île, 
BeUesme (bè-lême), ville, etc., 
Bescherelle (hé-chrèl), gram- 
mairien, 
Besme ou Bême {hênie), 
meurtrier de Coligny, 
Besnard {bé-nar), nom. pr., 
Boileau-Bespréaux [hoa-lô- 

dépré-6), poète, 
Boisgelin de Cicé (boa-j'lain 
d'cicé), archevêque, écrivain, 
Boismont (boa-mon), prédi- 
cateur, 



Boismorand {boa-moran), 

écrivain, 
Boisrobert [boa-robèrr), abbé, 

poète, 
la Bresle {brêï), rivière, 
Camille Desmoidins {ka-mi-ye 

dé-moulain) , conventionnel, 
Champmeslé {clian-méle), 

célèbre actrice, 
Charost (charô), famille, 

ville, 
Chastellux [seigneur de] 

chât'lu), 
Chesnelong (chêne-Ion), nom. pr., 
le Chesne- Populeux (chêne), 

bourg, 
Cosme [saintj {Mme), 
Cosnac (kô-naJc), bourg, 
Cosne (kône), ville, 
Crespin Qcré-pain), nom. pr., 
Grespy-en-Laonnais Qcrépi- 

an-la-nè), ville, — on écrit 

quelquefois Crépy, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



253 



Crespy - en - Valois Çkrépi - en- 
valoa), ville, — on écrit 
aussi Crépy, 
Crosne (krône), bourg, etc., 
Crosnier (krô-nie), directeur 

de théâtre, 
Crosnière (krô-nièrr), île fran- 
çaise, 
Dalesme (cïalême), nom pr., 
Daumesnil (dô-mé-nil) , gou- 
verneur de Vincennes, 
Davesne idavêne), nom pr., 
Davoust idavoii), maréchal de 

France, 
Delescluze (de-léklû^e),nompr., 
Delisle (delîl), paléographe 

français, etc., 
Devisme {de-vîme), nom pr., 
Demoustier(demoutie),écTi\a,in^ 
Desharreaux (débarô), fameux 

épicurien, 
Desbœufs (dé-beuf), sculpteur, 
Desbordes -Valmore [M"^®] 
{débbrde-valmbr), écriv., 
Desbuisson (debui-çon), 

architecte. 
Descamps (dé-han), peintre. 
Des Cars ou d'Escars [duc] 

{dé-har), 
Descartes {dékartt), philos., 
Deschamps (décJian), avocat, 

poète, etc., 
Deschanel(décîia-nèl), littérsit., 
Desclais (déklè), député, 
Desfieux (défieu), nom pr.. 
Desfossés (defô-cé), marin. 
Des G-arets {dégare), prêtre, 
écrivain. 



Desgenettes (dé-j'nètt), méd. 

célèb., 
Desgoffe (dégof), peintre, 
Desgrieux (dégri-eu), héros de 

roman, 

Desjobert {dé-jobèrr), peintre. 
Deslandes (délande), auteur 

dram., 
Desli/s (dé-Uss), littérat., 
DesmaMs (dé-ma-i), poète, 
Desmaisons {de-mè-zon), 

lithographe, 
Desmarest (démarè), représ. 

du peuple, 
Desmarets (démarè), 

avocat, etc., 
Desmarres (démâr), méd., 

écrivain, 
Desmars {démâr), anc. représ. 

du peuple, 
Desmasures {démazâr), poète, 
Desmichels {démichèl) , hist. 

français. 
Desmolles {démbl), anc. représ. 

du peuple, 
Desmoutier (démoutié), anc. 

représ, du peuple, 
Desnoiresterres {dénoa- 

rè-stèrr), littérat., 
Desnoyer (dénoa-ié) , auteur 

dram., 
Desnoyers, {dénoa-ié), hist., 

littérat., vaudevilliste, 

graveur. 

Despeaux {dépô), général, 
Despériers {dépérié), écriv., 
Despois [dépoâ), littérat., 



254 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



Desportes (dépôrU), littérat., 

abbé et poète, 
Bespretz (dépré), physicien, 
Desprez {dépré), sculpt.. 
Desroches (déroche), écriv.. 
Desrosiers (dérôzié) , impri- 
meur, etc., 
Desruelles {déruèl), chirurgien, 

écriv.. 
Desrues (dérû), empoisonneur, 
Destigny détigni), horloger, 

écriv.. 
Destouches {détouche), peintre, 
Des Vergers {dévèrjé), 

orientaliste, 
Desvernois{dévèrnoâ), général, 
Domhasle {donMl), nom pr., 
Duhoys - Fresnay {duhoâ - frê- 
ne), anc. représ, du peuple, 
Duchesne {duchêne), écrivain, 

peintre, etc., 
Duchesnois {duchénoâ), 

tragédienne, 
Dufresne (dufrêne), magistrat, 

écriv., 
Dufresnoy {dufrénoâ), peintre 

et poète, 
Dufresny {dufréni), auteur 

comique. 
Du GuescUn {du gé-Main, g 

dur), connétable, 
Dumesnil {du-méni), littérat, 
Duquesne {dukêne), célèbre 

marin, 
Duquesnois (dukénoâ), profes- 
seur et grammairien, 
Duresnel {durénèl), abbé de 
Sept-Fontaines, 



Eschyle {échiï), poète grec, 
Eschine {échine), philos., 

orateur, 
Estienne ou Etienne {é-tiène), 

famille d'imprimeurs et de 

savants français, 
Estoile ou Etoile [Pierre de 1'] 

{étoal), écriv., 

à'Estrées {détré), maîtresse de 
Henri IV, 

la Fresnaie {fré-nè), ville, 
Fresnay-le- Vicomte {fré-nè) 
ville, 

Fresnel (frénèl), savant phy- 
sicien, 

Fresnes {frêne), village, 
Fresnoy-le- Grand {frénoâ), 

bourg, 
Groshois {grô-boâ), village, 
l'Huisne (luîne), riv., 
risle (lîï), riv., 
Isle-de-France {îl-de-france), 

anc. province de France. 

On écrit aujourd'hui Ile-de 

France, 
Jouslin de la Salle {joûlain), 

auteur dram., 
Laisné {léné), archit. français, 
Laubespine {laubépiné), 

nom pr., 
Lemaistre (lemêtr'), avocat, 

écriv., 
Lemaistre de Sacy {le-mêtr' 

de çaci), un des solitaires 

de Port-Royal, 
L'Espinasse [M"« de] 

(lépinass), 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



255 



Lévesque (lévêke), historien, 

etc., 
Malestroit {ma-Utroa), ville, 
Ménestrier (ménétri-é), savant 

jésuite, 
Meslay ou Melay {mêle), ville, 
le Mesle {le mêle), ville, 
Meslin {mêlain), général, 
Mesly (mê-li), près de Paris, 
Mesmin [saint] {çain-mê-main), 
Mesnier {mê-niê), littérat., 
Matthieu- Meusnier (meu-nié), 

sculpt., 
Moustier, ou mieux Moutiers 

{moutiê), ville, etc., 
Nesles (nêle) , ville, person- 
nages, etc., 
Nismes, ou plus souvent Nîmes 
(nîme), ville, 

Pasques {pake), village, 

les Pélasges {pelage), habitants 

primitifs de la Grèce et de 

l'Italie, 

Pesmes {pême), bourg, 
PhilarèteChasles{filarèttcJiâl), 
littérat., 

Praslin {^râ-lain) , famille 
française, 

Presle {^rêl), village, 

Prévost {jprê-vô), 

Provost {jprô-vô), acteur fran- 
çais, 

le Quesnoy {le Jcé-noa), ville. 



Baoul de Presle {ra-oul de 

prêt), secrétaire de Philippe- 

le-Bel, 
Eêgnier-Besmarais ou Des- 

marets {ré-gné démarè, gn 

mouillé), grammairien et 

littérat., 
Bosny {rô-ni), village, bourg, 

etc., 
Bouget de l'Isle {roujè d'iîï), 

officier de génie, auteur de 

la Marseillaise, 
St.-Cosme {çain-Jcome) , ville, 
St.-Genest-Malifaux {çain- 

j'nè-malifô), ville, 
St.-Jean-de-Losne {çain-jan- 

dlône), ville. 
Saint- Priest\W de] {çain-prt), 

diplomate, etc., 
Sesmaisons {cê-mèzon), anc. 

représ, du peuple, 
Solesmes [abbé de] {ço-lème)^ 

bourg, etc., 
Suresnes {çu-rêne), village 

près de Paris, 

Vatismenil {vati-mé-nil), hom- 
me politique, 

Vélosnes {vêlône), près Mont- 
médy, 

Vesle {vêle), rivière, 

les Vosges {le vôje), mont, et 
départ., 

Vosgien {vo-jiain), auteur d'un 
dictionnaire. 



Par exception à la règle donnée page 247, l's se pro- 
nonce z: 

1^ Dans les dix mots suivants: 



256 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



intransitif {ain-tranzitif), 
transaction {tran-zakcion), 
transalpin (tran-zalpain), 
transatlantique {tran-zatlantik), 
transiger {tran-zijé). 



transigible (tran-zijihl'), 
transit {tran-zitt), 
transitif {tran-zitif), 
transition (tran-zicion), 
transitoire (tran-zitoâr). 



Cette exception est assez fondée; en effet, ces mots 
étant formés de la préposition latine trans, la lettre s y est 
considérée comme finale, et se prononce en conséquence avec 
rarticulation accidentelle. — Toutefois, l'exception n'a pas 
lieu pour les trois mots qui suivent: 
transir (tran-cir), 
transissement (tran-ciss-man), 
Transylvanie (tran-cilva-ni). 
2^ Dans les douze mots ci-après: 



Arsace (arzass), chef des 
Arsacides, 

Arsacides [arzacide), dynastie 
de rois parthes, 

Alsace (alzuss), ancienne pro- 
vince de France, 

Alsacien (alza-ciain), habitant 
de l'Alsace, 

balsamier (balza-mie), 

balsamine (balza-mine), 



balsamique (balza-mik), 
balsamite ou tanaisie (balza- 

mitt), 
balsamum (balza-mome), 
Belsunce (bèl-zunce, un comme 

dans chacun), célèbre évèque, 
Bethsabée (bètt-zabé), femme 

d'Urie, 
Nansouty [comte de] {nan- 

zouti), général. 



Ainsi que dans ces mots composés: 
carpobalsame ou carpobalsamum (karpobal-zame , karpobal- 

zambme), 
coccobalsamum (Jcdk-Jco-bal-za-màme), 
opocabalsamum ou opocalsamum {opo-kabal-zambme, etc.), 
xïlobalsame ou xylobàlsame {kci-lobal-zame). 

Beaucoup de personnes prononcent également avec l'ar- 
ticulation z, Israël, Israélite (iz-ra-èl, iz-ra-élitt). 

30 Dans les mots oii elle est suivie de 1) ou de d, car 
alors il y a attraction: 



dsbeste {az-bèstt), pierre, 
Asdrubal {az-drubaï), 
Augsbourg (ôz-bour). 



bisbille {biz-bi-ye), 
casbah (kaz-ba), citadelle en 
Afrique, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



257 



Dresde {drèzdd), 
Esdras {èz-drâss), 
Kœnigsherg {ké-niz-hèrr), 
Kœnigshruck {Jké-niz-hruk), 
Lesdiguières (lèz-di-gièrr, g 

dur), 
Lishetli (Uz-bètt), nom de 

femme, 
Lisbonne (liz-hbne), 
Louisbourg (louiz-bour), ville, 
Fhalsbourg (falz-bour), ville, 
Presbourg (prèz-bour), 
presbyte (prèz-bitt), 



presbytère (prèz-bitèrr), 
presbytérianisme{prèz-bitéria- 

niss-m'), 
presbytérien (prèz-bitériain), 
Batisbonne (ratiz-bàne), 
St.- Péter sbourg {çain-péfèrz- 

bour), 
Salisbury (çaliz-buri), 
Strasbourg (straz-bour), 
transbordement (tranz- 

bordeman), 
transborder (tranz-bbrdé), 
etc., etc. 



S, entre deux voyelles, s'articule 



presbytéral (prèz-bi-téraT), 

Dans une prononciation rapide, il est en effet difficile 
de donner à l's, dans tous ces mots, une autre articulation 
que celle du z. On ne pourrait faire , entendre Tarticulation 
sifflante qu'au moyen d'efforts, ou d'un léger repos sur l's. 
C'est par cette même raison que l's des mots subsistance, 
subsister, transvaser, sonne très souvent aussi comme z. — 
Ici l'écrivain cite et ne fait pas de règle. 

Voyez, page 190, quelle est la prononciation des mots 
asthme et asthmatique. 

Au milieu des mots, 
généralement comme z: 

abasourdir {aba-zourdir), 
bise [bîze), vent du nord, 
Camisard (ka-mizar), 
César (cé-zar), 
Bésaugiers (dé-z6-jié), 
Desessarts (de-zè-çar), 
désoler (dé-zolé), 
Eusèbe (eu-zèb), 
garnisaire {garnizèrr), 
Isère (izèrr), 
marmouset (mar-mouzè), 
marquisat (marM-za), 

Lesaint, Prononciation française. 3me éd, 



Musard (niuzar), 
nasarde (nazardd), 
parasange (parazanje), 
pasigraphie (pazigrafi), 
persuasif {jpèrçu-azif), 
persuasion (pèrçu-azion), 
pusillanime (jpuzil-lanime), 
pusillanimité (jauzil-lanimité), 
rosat (rôza), 
vésicatoire (vézikatoar), 
etc., etc. 

17 



258 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



Cependant, s, quoique placée entre deux voyelles, con- 
serve son articulation propre (s sifflante) dans les mots com- 
posés suivants, qu'il vaudrait mieux écrire avec un trait d'union, 
pour marquer leur racine: 



antisalle (anti-çal), 
antisatire (anti-çatîr), 
antiseptique (anti-cèptih), 
antisigma {anti-cig-ma, g dur), 
antisocial (anti-çocial), 
antisophiste (anti-çofistt), 
antisi/mpathique {anti- 

çainpatik), 
antisyphilitique ou antisiphi- 

litique {anti-cifUitik), 
aposiopèse {apo-ci-opèzè), 
asymbole {a-çainbol), 
asymétrie (a-ci-métrt), 
asymétrique {a-ci-métrik), 
asymptote (a-çainp-tott), 
asymtotique {a-çainp-totik), 
asyndéton {a-çaindéton), 
bisection (bi-cèk-cion),^ 
bisegmentahle {bi-cèg-mantabl'), 
bisegmentation (bi-cèg-manta- 

cion), 
bisegmenter {bi-cèg-manté), 
bisel {bi-cèl), 
blséléniate (bi-céléniatt), 
bisélénite (bi-célénUt), 
biséléniure {bi-céléniûr) , 
bisellement (bi-cèl-man), 
biséqué (bi-céké), 
bis-ergot (biss-èrgo), 
bisérial (bi-cérial), 
bisérialité (bi-eérialité), 
bisériation [bi-cériacion), 



bisérié {bi-cérié), 
bisétacé {bl-cétacé), 
bisétigère (bi-eétijèrr), 
bisexe {bi-cèkss), 
bisilicate (bi-cilikatt), 
bisilicaté (bi-cilikaté), 
bisillonné (bi-ci-iù-né), 
bisinué (bi-ci-nué), 
bisiphite (bi-cifitt), 
bisidce (bi-çulss), 
bisulfarséniate (bi-çulfarcé- 

niatt), 
bisidfarsénite {bi-çidfarcé- 

nitt), 
bisulfate (biçidfatt), 
bisulfite (bi-çulfitt), 
bisulfobasique (bi-çulfobasik), 
bisîUfomolybdate [bi-çulfo- 

molibdatt), 
bisulfotiing State {bi-çidfotong- 

statt, g dur), 
bisulfure (bi-çidfûr), 
carbolsidfure {karbo-çulfâr), 
carbosulfureux [karbo- 

çidfureu), 
chlorosidfurique ikloro- 

çidfurik), 
chloroxy sulfure {klorbh- 

ciçidfur), 
coquesigrue ou eoquecigrue 

{Icbk-cigrû), 
cosécante [co-cékantt), 



• L'Académie écrit bissectioii. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



259 



coseigneur {co-cè-gneur , gn 

mouillé), 
cosinus {co-ci-nûss), 
décasyllahe et décas^Uabique 

(déka-cil-lab,déka-cil-labik), 
déipnosop}iiste(dé-ip-noçofi,stt), 
désouci [dé-çouci), 
désîidation {dé-çiidacion), 
désuétude {dé-çu-étude), 
dés ulfura tion {dé-ç ulfuracion), 
désuif tirer {de-çulfuré), 
de utosèléniure [deuto-célé-niûr), 
dcutosulfate {deuto-çidfatt), 
dcuto sulfure {deuto-çulfûr), 
diasenné (dia-cè-né), 
diasostique (dia-çùss-tik), 
diasf/rme [dia-eirm'), 
éléosaccharum (élé-o-çak- 

karome), 
entérosarcocèle {antéro- 

çarkocèl), 
équisétacé {ékui-cétacé), 
équisétate {ékui-cétatt), 
équisétique {ékui-cétik), 
équisonnance (ékui-cd-nance), 
girasol (Jira-çol), 
ygmnosop}iiste(Jime-no-çofistt), 
halosachne {alo-çak-n'), 
halosantJios (alo-çantùss), 
hendccasyllabe {aindéka-cillab), 
heptasépale {èp-ta-cépal), 
heptasyllabe {èp-ta-cil-lab), 
hexasépale {èg-za-cépaï), 
hcxasyllabe {ég-za-cil-lab), 
}iydroquadrisulfate{idro-koua- 

dri-çulfatt), 
hydrosaccharum {idro-çak- 

karùme), 



hydrosarcocèle (idro-çarkocèt), 
hydrosidfate {idro-çulfatt), 
hydrosulfure iidro-çulfâr), 
hydrosulfureux ou hydro- 

sulfurique {idro-çulfureu, 

idro-çid-furik), 
hydrotrisidfate [idrotri-çulfatt), 
hydrotrisulfure {idrotri-çidfûr), 
ichthyosarcolithe ( ikti-o-çar- 

kolitt), 
idiosyncrasie ou idiosyncrase 

( idi-o-çain-krazî, idi-o-çain- 

krdze), 
idiosyncrasique [idi-o-çain- 

krazik), 
imparisyllabe{ainpari-cil-lab), 
imparisyllabique (ainpari-cil- 

labik), 
inférosupère (ainféro-çupèrr), 
invraisemblable (ainvrè-çan- 

blabV), 
invraisemblablement {ainvrè- 

çanblable-man), 
invraisemblance (ainvrè-ç.an- 

blanss), 
iodosel {iodo-cèï), 
iséthérosidfate{izéiéro-çulfatt), 
iséthérosulfurique {izétéro-çul- 

furik), 
kirie-eleison(ki-ri-é-élé-i-çbne), 
leptosépale (lèpto-cépal), 
linguisuge {lain-gti-i-çûje\ 
melchisédéchistes ou melchisé- 

déciens (mèlki-cé-déchistt, 

mèlki-cé-déci-ain), 
métasynérise {méta-ci-nérize), 
métasynéritique (méta-ci- 

néritik), 

17* 



260 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



monosépale {mono-cépal), 
monosyUahe {mo-no- cil-lait), 
monosyllabiqîie (pio-no-cil- 

lahik), 
monosymphytogine (mo-no- 

çain-fito-jine), 
monosymphytoginie {mo-no- 

çainfltojini), 
multiséqué (muUi-céJcé), 
muUisérié (multi-cérié), 
multisiliqué {multi-ciliké), 
multisiliqueux (multi-cilikeu), 
mnUisillonné (muUi-ci-io-né), 
muriosulfate (mûri- o-çul fait), 
muriosulfurique {muri-o-çul- 

furik), 
myxosarcome [mik-ço-çar- 

kome), 
nitrosaccharate (tiîtro-çak- 

karatt), 
nitrosaccharique (nitro-çak- 

karik), 
nitrosulfate initro-çulfatt), 
nitrosulfurique {nitro-çulfurik), 
oléosaecharum {olé-o-çak- 

karome), 
ostéosarcome (dsté-o-çarkome), 
ostéosarcose {psté-o-çarkôzè), 
oxysaccharum (ok-ci-çak- 

karàme), 
parasélène (jMra-célène), 
parasol {para-çbï), 
parasulfétérique {para-çul- 

fétérik), 
parasulfométhylate (para-çul- 

fométilatt), 
parasulfométhylique (para- 

çul-fométilik), 



parisyllahe ou parisyllaMque 

{pari-cil-lab,pari-cil-lahik), 
pédatiséqué (pédaii-céké), 
pentasépale (painta-cépal), 
pentasyllabe (painta-cil-lab), 
périsysfole (péri-ciss-toV^, 
pétrosilex (pétro-cilèkss), 
pétrosiliceux {pétro-ciliceu), 
pliarmacosidérite (farmako- 

cidéritt), 
polysarcie (^poU-çarcî), 
polysulfiire {poli-çulfûr), 
polysyllabe ou polysyllabique 

(poli-cil-lab , poU-cil-labik), 
polysyllogistique (poli-cilo- 

jistik), 
polysyndéton ou polysynthéton 

(jpoli-çaindéton, poli-çain- 

téton), 
polysynodie (poli-ci-nodî), 
préséance (pré-cé-ance), 
présupposer (pré-çupôzé), 
présupposition (pré-çupôzicion), 
prosecteur (jpro-cèk-teur), 
prosélène ou prosélénique {pro- 

célène, pro-célénik), 
prosyllogisme (jpro-cilojiss-m'), 
protosébaste (jproto-cébastt), 
protoséléniure (proto-célé-niûr), 
protosulfure (proto-çulfûr), 
Xn'otosyncelle (proto-çain-cèl), 
pyrosébacique (piro-cébacik), 
pyrosébate (piro-cébatt), 
pyrosidérite (piro-cidéritt), 
pyrrJiosidérite (pir-ro-cidéritt), 
quinquésérié {ku -ain-ku-é-cérié), 
resacrer (re-çakré), 
resarcelé (re-çarcelé), 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



261 



resaucer (re-çôcé), 

resiffler (re-ciflé), 

resigner (re-ci-gné, gnmomWé), 

signer de nouveau, 
sanguisorbe (çangu-i-çàrb'), 
sanguisorhé (çangu-i-çorbé), 
sanguisuge (çangu-i-çûje) , 
scUrosarceux (sklé-ro-çarceii), 
sclérosarcome (sklé-ro-çar- 

hbme), 
sëlénisel (célé-ni-cèl), 
serrasalme (cèr-ra-çalm'), 
sesquisel (cèss-ku-l-cèl), 
sesquisodiqiie (cess-kii-i-qodik), 
sesquisulfure (cèss-ku-i-çulfûr), 
soubresaut (çou-bre-çô), 
sphérosidérite (sféro-cidériU), 
tellurisel (tèl-luri-cèl), 
tétrasépale (tétra-cépal), 
tétrasyllabe (tétra-cil-lab), 
tournesol (tourne-çbl), 
trisacramentaire (tri-çakra- 

mantèrr), 
trisacramental (tri-çakra- 

mantal), 
trisecteur (tri-cèkteur), 
trisection (tri-cèk-cion), 

Il va sans dire que l's 
propre dans les mots composés et séparés par un trait d'union, 
tels que contre-sens, contre- signer, entre-sol, havre-sac, s'entre- 
secourir, etc. 

Dans l'infinitif gésir, Ts sonne comme z: on prononce 
je- sir. — Mais dans nous gisons, vous gisez, ils gisent; je 
gisais, tu gisais, il gisait, nous gisions, vous gisiez, ils gi- 
saient; gisant, temps encore en usage, on prononce Ts avec 



trisel (tri-cèl), 
trisépale (tri-cépal), 
trisépalé (tri-cépalé), 
trisérié (tri-cérié), 
triséteux (tri-céteu), 
trisillonné (tri-ci-ib-né), 
trisisogone (tri-cizogbne) , 
trisodique (tri-çodik), 
trisoustr actif (tri-çouss- 

traktif), 
trisulce (tri-çulss), 
trisule (tri-çul), 
trisulfomolybdate (tri-çulfo- 

molibdatt), 
trisulfure (tri-çulfâr), 
trisyllabe (tri-cil-lab),^ 
unisénaire (u-ni-cé-nèrr), 
unisérié (u-ni-cérié), 
unisexé (u-ni-cèk-cé), 
unisexuel (u-ni-cèk-çuèl), 
unisiliqué (u-ni-ciliké), 
unisïllonné (u-ni-ci-ib-né), 
vivisection (vivi-cèk-cion), 
vraisemblable (vrè-çanblabV), 
vraisemblablement (vrè-çan- 

blable-man), 
vraisemblance (vrè-ganblanssj. 

garde également l'articulation 



• L'Académie écrit trianyVale. 



262 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



rarticulation propre, et non comme z: l'Académie consacre 
cette prononciation en disant que quelques-uns doublent l's. 

Dans les noms de personnes, de contrées, de villes, etc., 
l's placée entre deux voyelles suit la règle ordinaire et sonne 
comme z: 



Desessarts (de-zè-çar), 
Desormes (de-zbrnie), 
Elisabeth {élizahètt), 
Joseph (jo-zèfj, 
Lusace (liizass), 



Lusignan (luzignan), 
Masaniello (maza-niè-lô), 
Pesaro (pe-zarô), 
Vésale (vé-zal), 
etc., etc. 



Toutefois, l's garde l'articulation propre dans: 



Beauséant (bô-cé-an), nom. pr., 
Beausemblant (bô-çanblan), 

bourg du Dauphiné, 
Coysevox (hoass-vàkss) , sculp- 
teur, 
Desaix (de-cè), général, * 
Desault (de-ç6) , célèb. chirurg., 
Besèze (de-cèze), un des dé- 
fenseurs de Louis XVI, 
Duseigneur (du-cè-gneur , gn 
mouilliéj, statuaire, 



Lasalle (la-çal), voyageur, 

instituteur, écrivain, 
Lesage (le-çâje), écrivain, 
Lesueur (le-çueur), peintre, 

compos., 
Lesuire (le-çuir), littérat., 
Melchisédech (mèlM-cédèk), 

roi de Salem, 
Puységur (pui-cégur), nom de 
plusieurs hommes mar- 
quants. 



Hernœsand (èrné-çande), ville. 

Dans tous les mots dont nous allons donner la nomen- 
clature, l's finale se prononce toujours, et avec l'articulation 
propre (sifflante): 



abas (abâss), poids en Perse, 

abou-hannès (abou-ane-nèss), 
oiseau: l'ancien ibis, 

abraxas (abrah-çâss), mot 
magique, 

acarus (akarûss), ver de fro- 
mage, 

acens (a-çance), et mieux 
accense, t. d'ancienne jurisp. 
féodale, 



ad honores (ad-o-norèss), 
ad patres (ad patrèss), 
agasyllis (aga-zil-lîss), arbris- 
seau, 
agnus, — voyez page 147, 
agnus-castus, — voyezpage 147, 
ains (ainss), vieux mot: mais, 
albatros (albatross), oiseau, 
albinos (albi-nàss), homme 
d'un blanc blafard, 



* Le peuple prononce dé-zi. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



263 



alcarazas {alkarazâss) , vase 

espagnol, 
alkermès (alkèrmèss), liqueur, 
aîoès (alo-èss), arbre, 
amadis {a-madîss), bouts de 

manches de veste, héros 

de roman, etc., 
amaryllis (a-maril-lîss), plante, 

papillon, etc., 
amhesas {anhe-zâss) , t. de 

trictrac, 
amnios (ame-niàss), enveloppe 

du fœtus, 
anagallis (a-nagal-lîss), t. de 

bot. : mouron, 
anagros (a-nagrdss) , mesure 

en Espagne, 
anagyris {a-najirîss), arbris- 
seau, 
Angélus (anjélûss), prière, 
anguis {angu-îss), serpent, 
antarès (antarèss), étoile, 
anus (a-nûss), orifice du fon- 
dement, 
aposfis {aj)bss-Uss), t. de mar., 

vieux, 
arctos (ark-toss), t. d'astr., 
argus {arguss), myth., espion, 

etc., 
arcturus ou arcture (ark- 

tur{iss, ark-tûr) , étoile, t. 

de méd., 
à rémotis {a ré-motîss), 

à l'écart, 
as {âss), t. de jeu, 
asclépias [ass-klépiâss), plante, 



aspergés (aspérjéss), goupillon, 
etc., 

atlas (atlâss), myth., recueil 
de cartes de géographie, etc., 

axys (ak-cîss), cerf, 

bacasas {hakazâss), sorte de 
pirogue, 

Mhus {bibûss) : de nulle valeur, 

biceps (bi-cèpss), t. d'anat., 

bis (blss), adverbe: encore une 
fois, etc. — Mais bis, cou- 
leur entre le blanc et le brun, 
se prononce bî, 

blaps {blapss), insecte, petit 
poisson, , 

blockhaus (bldk-ôss), fortin en 
bois, 

blocus (blokûss), t. de guerre, 

blongios ou blongion {blonjioss, 
blonjion), oiseau, 

bolus (bolûss), plus souvent bol, 
vase, etc., 

bornous ou burnous (bor-nouss, 
bur-nouss), manteau des 
Arabes, ' 

brisis {brizîss), t. d'arch.,2 

byssus ou bysse (biçiÀss, biss), 
lin très fin, etc., 

cadédis (kadédîss) (cap de 
JDious: tête de Dieu), jure- 
ment de Gascon de la vieille 
comédie. Voyez sandis, 

canthus {kantûss), t. d'anat., 

carolus (korolûss), ancienne 
monnaie. 



• Qaelques personnos ne prononcent pas 1'» et disent bor-non, bur-nou. 
2 On prononce aussi brizi. 



2g4 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. - S. 



carus ou caros (karûss, kaross), 
maladie léthargique, 

cacis OU cassis (kacîss), arbris- 
seau, fruit, liqueur, 

cauris, coris, ou zimhi (kôrîss, 
zainhi), coquille, monnaie, 

cens (çance), redevance an- 
nuelle, etc., 

chémosis ou chémosie (Jié- 
mozîss, ké-mozî), t. de méd., 

cJiironis (chiro-nîss), plante, 

choléra-morbus ou choléra 
(koléra-morbûss), maladie, 

chorus (korûss): faire chorus, 

cidaris {cidarîss), tiare du 
grand-prêtre des Hébreux, 

colcas, culcas, ou colocasie 
(kolMss, Tiulkâss, kolokazt), 
plante d'Egypte, 

committimus (kome-mitt-ti- 
mâss), ancien droit, 

conops (ko-nopss), insecte, 

consens (konçance), jour de 
consens: t. d'anc. jurispr. 
bénéficiale, 

contre-sens (kontre-çance), con- 
traire au sens naturel d'un 
texte, 1 

convolvolus {konvblvolûss), 
liseron, 

corpus juris {korpûss jurîss), 

cortès (kortèss), assemblée des 
états en Espagne, 

cosinus (koci-nûss), t. de géom., 

creps (krèpss), jeu, étoffe, 

crocus (krokûss), plante. 



cubitus {kubitûss), os de l'avant- 

bras, 
curcas (kurkâss), fruit 

d'Amériq., 
custodi-nos (kustodi-noss), con- 

fidentiaire, prête-nom, 
De profundis {de profondîss), 

psaume, 
despoblados (dèss-pobladbss), 

steppes, 
détritus {détritûss), débris, 
diabètes (di-abétèss), maladie, 
diésis, ou mieux dièse {diézlss, 

dièzé), t. de mus., 
dryopse (dri-bpps), insecte, 
dupondius (dupondi-ûss), anc. 

monn. romaine, 
éléphantiasis ou éléphantiase 

(éléfanti-azîss, éléfantiâse), 

lèpre, 
émérus {é-mérûss), arbrisseau, 
entéritis et entérite {antéritîss, 

antéritt), inflammation des 

entrailles, 
es {èss), contraction de en les: 

maître es arts, bachelier, 

licencié, docteur es lettres, 

es sciences, etc., 
éthiops (étiopss), oxyde, 
eurus [eu-râss), myth. : vent 

d'est, 
express (èkss-prèss), — train 

express, 
extra-muros (èkstra-murbss), 

hors les murs. 



1 La prononciation de contre- sens et de non- sens n'est pas bien fixée: les uns 
prononcent 1'» finale, les autres la rendent muette. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 265 



faciès (faci-èss), air, caractère, 

physionomie, 
fils, — voyez plus loin, 
florès {florèss). — faire florès : 

obtenir un grand succès, 
fœtus (fétûss), 
forceps (for-cèpss), instr. de 

chirurg., 
fucus ou varech (fukâss, varèk), 

plante marine, débris, 
fungus ou fongus (fongûss) t. 

de chir., 
galéopsis (galé-op-cîss) plante, 
garus {garûss), élixir, 
gastritis (gass-tritîss), inflam- 
mation de l'estomac, mot 

médical de gastrite, 
gens (jance et jan), — voyez 

plus loin, 
gibus [chapeau] (ji-bûss), du 

nom de Gibus, chapelier, 
glass (glass), cristal de fabrique 

anglaise, 
gneiss {gnèss, g dur), roche 

feuilletée, 
gratis (graiîss), gratuitement, 

pour rien, 

habeas-corpus {abé-âss-hàr- 
pâss), acte de la législation 
anglaise, 

halosanthos {aloçantbss), 

t. d'hist. nat., 
hélas (é-lâss)! interjection, 
hélops {é-làpss), insecte, 
hermès{èrr-'mèss), gaîne portant 

une tête de Mercure, etc., 
herpès (erpèss), ulcère, 



hiatus {i-atûss), rencontre de 

deux voyelles, 
hippophaès {i-po-fa-èss), 

arbrisseau, 
hippuris (i-purîss) ou queue- 
de-chat, plante, 
hippurus {i-puruss), poisson, 
hippus ou hippos (i-pûss, 

i-pbss), t. de méd., 
humérus{u-mérûss),V o%A\ihvdi'&^ 
/mwMs(M-m^(ss),terre végétable, 
hydatis (idatîss), t. de chir., 
hydromis (idro-mîss), 

mammifère, 
hydrophis {idrofîss), serpent, 
hypocras {ipokrâss), breuvage, 
ibis (ibîss), oiseau, 
ictis [iktîss), quadr., 
iléus {ilé-ûss), maladie, 
in extremis (ine èkstré-mîss), 

locut. lat., 
in manus {ine ma-nûss), locut. 

lat., 
in naturalibus {ine naturali- 

buss), locut. lat., 
in partibus {ine partibûss), 

locut. lat., 
intra-muros {ain-tr a-mur oss), 

dans l'enceinte des murs, 
intus-susception {aintûss-çu- 

cèpcion), t. de phys., — t. 

de méd., 
ips {ipss), insecte, 
iris {irîss), plante, déesse, 
isatis{i^atîss),Ten2irdhla,TiC,etc., 
ithos {itôss), le moral ou la 

morale, 
jacobus ijakobûss), monnaie. 



266 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



jadis (jadîss), autrefois, 
Tcermès (kèrmèss), insecte, 
JcurtcMs (kurtt-cMss), corps de 

cavalerie chez les Persans, 
lagomys (lago-mîss), espèce de 

lièvre, 
lampas (lanpâss), enflure au 

palais du cheval, 
lapis ou lapis-lazuli (lapîss, 

lapîss-lazuli) , pierre, 
laps (lapss), laps de temps: 

espace de temps, 
las (lâss), interj.: aujourd'hui 

hélas ! 
lépas (lépâss), coquillage, 
lis (liss), fleur, etc. — Voyez 

plus loin, fleur de lis, l'em- 
pire des lis, etc., 
locatis (lokatîss), mauvais 

cheval de louage, vieux, 
loncMtis (lonkitîss), plante, 
los (lôss), louange, vieux, 
lotos ou lotus (lotoss, lotûss), 

plante, 
lychnis (lik-nîss), plante, 
lychnites (lik-ni-tèss) , pierre, 
madras (madrâss), étoffe de 

soie et de coton des Indes, 
maïs (ma-iss), blé de Turquie, 
makis (makiss), en Corse et en 

Algérie, terrains incultes, 
mallus ou mallum (mal-lâss, 

mal-lbme) , assemblée des 

Francs, 
mars (marss), mois, 
mépJiitis (méfitîss), puanteur, 

etc., 

1 Voyez plus haut ixmtre-sens. 



mérinos (m,éri-nbss) , béliers 

et brebis, laine, étoffe, 
mésus (mézûss), abus, vieux, 
métis (métîss), né d'un Indien 

et d'une blanche, etc., 
milreis (milrèss), monnaie du 

Portugal et du Brésil, 
miss (miss), mot anglais: 

mademoiselle, 
mitis (mitîss), gros chat, 
mœurs (meurss) , habitudes, 

etc., 
monocéros (mo-nocérbss), nom 

de la licorne, 
mons (monss), abréviation de 

monsieur, 
mordicus (mordikûss) , avec 

obstination, 
motus (môtûss): ne dites rien, 
myosotis (miozotîss), plante, 
myrrhis (mir-rîss), plante, 
nems (nèmm-s'J, espèce de 

furet, 
nescio vos (nèss-ciô vbss), 

locut. lat., 
nodus (nodûss), tumeur, 
nolis (nolîss), fret sur la 

Méditerranée, 
non bis in idem (none bîss 

ine idème), locut. lat., 
nonius (no-ni-ûss), échelle de 

certains instruments de 

mathématiques, 
non-sens (nonçance), phrase 

qui n'offre aucun sens,' 
oasis (o-azîss), île verdoyante 

au milieu des sables. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S 



267 



oculus mundi {okulûss mondi), 

espèce d'onyx, 
olibrius {olibri-ûss) , étourdi 

qui se donne des airs avanta- 
geux, 
omnibus (ome-nibûss), voiture 

publique, 
ophj/s (ofîss), poisson, 
orchÂs (orJcîss), plante, 
or émus {oré-mûss), prière, ' 
os {oss et d), — voyez plus 

loin, 
ours {ourss), animal, 
oxalis {ok-çalîss), plante, 
pampas (pan-pâss), vastes 

plaines de l'Amer, mérid.,^ 
pancréas (pa'nkré-àss), t. 

d'anat., 
papas (papâss), prêtre grec, 

etc., 
papyrus (papiruss), arbrisseau, 
paréatis {paré-atîss), t. de 

palais, 
parisis Iparizîss), ancienne 

monnaie: sou parisis, 
pathos (patàss), emphase af- 
fectée, etc., 
pempliigus (pan-figûss) , t. de 

méd., 
pénis (pé-nîss), t. d'anat., 
per fas et nefas {pèrr fass 

ètt néfass), locut. lat., 
phallus (fal-lûss), t. d'anat., 
plexus (plèk-çuss), t. d'anat., 
plus {plûss et plu), — voyez 

plus loin. 



plus-que-parfait (pluss-ke- 
parfe), un des temps du 
verbe, 

princeps (prain-cèpss), — 
édition princeps, 

pronaos (jpro-na-oss), t. d'arch., 
vietix, 

propolis (propolîss), cire rouge, 
peu usité, 

prospectus (prôss-pèlc-tûss), 
espèce de programme, 

pubis (jntbîss), — l'os pubis, 

quandros (kou-an-drôss), pierre, 

quibus (kui-bûss), argent, po- 
pulaire, 

quis ou quisse (kîss), sorte de 
pyrite, 

quitus {kui-tûss), arrêté de 
compte, 

rachis {ra-cMss), t. d'anat., 

rachitis etrachitisme (rachitîss, 
rachitiss-m'), courbure de 
l'épine du dos, 

radius {radi-ûss), t. d'anat., 

rasibus {razibûss), tout près, 
tout contre, 

rébus (rébûss), jeu d'esprit, 
etc., 

reis (rèss), monnaie de compte 
de Portugal et du Brésil, 

reis-eff'endi {rèss-éfaindi), mi- 
nistre des affaires étrangères 
de la Porte Ottomane, 

relaps {re-lapss), qui est re- 
tombé dans l'hérésie, 

à rémotis, — voyez plus haut. 



1 L'Académie écrit orémus. 

2 Le singuUer est pampa; au pluriel, on prononce Vs. 



2(58 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. - S. 



reps (rèpss), étoffe, 
rhinocéros (ri-nocéross), 

quadr., 
rhus ou sumac (rûss, çu-mak), 

arbres et arbrisseaux, 
salvanos {çalva-noss), t.demar., 
sandis {çan-dîss), sang Dieu: 

jurement de Gascon dans 

les anciennes comédies, — 

voyez plus haut cadédis, 
satyriasis ou satyriase (çatiri- 

azîss, çatiri-âze), t. de méd., 
semper virens (çain-pèrr vi- 

raince), plante, 
sénatus-consulte (cé-natûss- 

konçulit), décret du sénat, 
sens (çance et çan), — voyez 

plus loin, 
seps {cèpss), genre de lézards, 
sinus (ci-nûss), t. de géom., 
Sirius (ciri-ûss), étoile, 
stimulus {sti-mulûss), t. de méd., 
stras (strass), composition 

imitant le diamant, 
surcens {çnr-çance), t. de fé- 
odalité, 
sus {cûss): courir sus, en 

sus, — interj.: sus, mes 

amis, 
Syllabus {cil-lahûss) , résumé 

des principales erreurs de 

notre temps, suivant le pape 

Pie IX, 
syphilis ou siphilis [cifiUss), 

maladie, poème de Frascator, 
tamaris, ou tamarix, ou ta- 

marisc (ta-marîss, ta-ma- 

rikss, ta-marisk), arbuste, 



termes ou termite (tèrmèss, 

tèr-mitt), insecte, 
testes (tèss-tèss), t. d'anat., 
tétanos (téta-noss), sorte de 

convulsion, 
thrombus{tron-bâss), t. de chir., 
tournevis [tourne-viss^, instr., 
tous (toâss et toû), — voyez 

plus loin, 
trass (trass), pierre, 
triceps {tricèpss), certains 

muscles, 
trichiasis (triki-azîss), maladie 

des paupières, 
tubulus {tubulûss), productions 

marines, 
tumulus (tu-mufûss), amas de 

terre, etc., en forme de 

cône, au-dessus des anciennes 

sépultures, 
turneps (tur-nèpps), gros navet, 
unguis (ongu-îss), l'os du nez, 
Unigenitus (u-nijé-nitûss), — 

bulle Unigenitus de 

Clément XI, 
Uranus (ura-nâss), planète, 
us (ûss), usages d'un pays: 

les us et coutumes, 
utérus (utérûss), viscère chez 

la femme, 
vasistas {va;ziss-tâss) , petite 

partie d'une porte ou d'une 

fenêtre qu'on ouvre et ferme 

à volonté, — en allemand, 

Fensterklappe, 
vidimus {vidi-mûss), t. latin, 

qui signifiait collationné, 
vindas {vaindâss), ou cabestan, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. - S. 269 



virus (viriiss), venin, 

vis (viss), pièce ronde de bois, 

de métal, etc., cannelée en 

ligne spirale, 
volubilis (volubilîss), plante, 
volvulus (volvuUiss), colique, 
L's se prononce encore, 
la fin des noms de personnes, 
suivent : 

Abdias (abdi-âss), prophète, 
Abrantès{abrantèss), ville, etc., 
Achélous {akèlo-ûss), myth., 

fleuve, 
Acropolis{akropolîss), citadelle 

d'Athènes, 
Adonias (ado-ni-âss) , fils de 

David, 
Adonis (ado-nîss), myth., 

plante, etc., 
^gos-Potamos {égbss- 

potambss), riv., 
Agésilas {a-jézilâss), roi de 

Sparte, 
Agis (ajîss), roi de Sparte, 
Agnès {a-gnèss, gn mouillé), 

nom de femme, 
Alcidamas {alcida-màss), 

philos, grec, 
Amasias (a-mazi-âss), roi de 

Juda, 
Amadis de Gaule {a-madîss de 

gôT), héros de chevalerie, 
Amasis{a-mazîss), roi d'Egypte, 
Aménophis (a-mé-nofiss) , roi 

d'Egypte, 
Amos (a-moss), prophète juif. 



I xiphias (Jccifi-âss) , constella- 
1 tion, poisson, 

sonnas {zbne-nâss), large cein- 
i ture de cuir que portent les 
Orientaux. 

i 

et avec l'articulation propre, à 

de villes, de contrées, etc., qui 

Anacharsis (a-nakarcîss), 

philos, scythe, 
Androclès [androklèss), esclave, 
Andros {andross), île delà Grèce, 
Angles (anglèss), v. de France, 
Antinous {anti-no-ûss), favori 

d'Adrien, 
Anubis ou Anébo [a-nubiss, 

a-nébo) , myth. égyptienne, 
Apicius {apici-ûss\ célèbre 

gourmand. 
Apis (apîss), taureau sacré 

chez les Egyptiens, 
Arcas (arJcâss), fils de Jupiter, 
Arcêsilas {arcézilâss), philos. 

grec, 
Archias (arcîii-âss), poète grec, 
Archytas {arcMtâss) , philos. 

grec, 
Arcis [rue des] {ar-ciss), — 

rue à Paris, * 
Argens [marquis d'] (ar-jance), 

chambellan de Frédéric, 
Argos [argbss), v. du Pélopo- 

nèse. 
Argus iargûss), myth., etc., 
Arius (ari-ûss), hérésiarque, 



1 Mais l's est muette dans Arsis-sur-Aube (ville). Dites arcî-çur-ôbe. 



270 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



Arkansas (arJcançâss), riv., 
ArIès-Dufour(ar-lèss-diifour), 

industriel français, 
Arras (arâss), ville, 
Ars-en-Bé (arss-an-ré), bourg 

de France, 
Ars-sur-Moselle (arss-çur- 

môzèï), bourg, 
Artaxerxès {artag-sèrr-cèss, 

g dur), roi de Perse, ^ 
Assas [le chevalier d'] {a-çâss), 
Assicérus (açu-érâss), roi de 

Perse, 
Athamas [ata-mâss), myth., 
Athénaïs (até-na-îss), nom de 

femme, 
Athos (atoss), montagne: le 

mont Athos, 
Atlas (atlâss), montagne, etc., 
Atropos (atropàss), une des 

trois Parques, 
Atticus (aticùss), amideCicéron, 
Atys (atîss), prêtre de Cybèle, 
Aubenas (ôh-nâss), ville, 
Augias (ôji-âss), roi d'Elias, 
Aunis (ônis^), anc. prov. de 

France, 
Averrhoès (avèr-ro-èss) , philos. 

arabe, dont le vrai nom est 

Ihn Bochd, 



Bacchus (bakâss), dieu du vin, 
Baradas (baradâss), - 
Barnes ou Barns (barn's), 
savant anglais, 

Barrabas(barabâss), meurtrier 
juif, — le peuple dit barabâ, 

Barras (barâss), membre du 
directoire, 

Baticis (bô-cîss), femme de 
Philémon, 

Baumes (bô-mèss), écrivain, 
Bazas (bazàss), ville, 
Bélus (bélâss), roi d'Assyrie, 
Bénarès{bé-narèss),v. de l'Inde 

anglaise, 
Bernis (bèr-nîss), poète, 
Bétis ou Bsetis (bétîss), fleuve, 

aujourd'hui le Guadalquivir, 
Bias (biâss), un des sept sages 

de la Grèce, 
Blacas [duc de] (blahâss), 

marquis d'Aulps (ôpe), 
Boissy d'Anglas (boa-ci dan- 

glâss), homme d'Etat, 
Boleslas (bolèss-lâss) , roi de 

Pologne,- 
Brancas (brankâss) , famille 

française, 
Bremius (brène-nûss) , général 

gaulois, 



1 BoulUet écrit Artaxerce; Bénard, Artaxerces ; le Dictionnaire de la Conver- 
sation, Artaxerxe». — Prononcez, selon que vous adopterez l'une ou l'autre orthographe, 
artag-zerss ou artag-zèrcèss. — Quant à Xerxis (gzerr-c'ess), l'orthographe est la même 
chez tous les écrivains. 

2 Proverbe: fortune de Baradas, grande fortune dissipée aussi promptement 
qu'acquise; par allusion à Baradas, gentilhomme bourguignon, et page de la petite 
écurie, sous Louis XIII, qui, ayant su plaire à ce prince, devint en six mois premier 
écuyer, premier gentilhomme de la chambre, capitaine de Saint- Germain, lieutenant 
du roi en Champagne, et en moins de temps encore fut dépouillé de tout. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



271 



Briséls (brizé-îss), captive 

d'Achille, 
Britannicus (brita-niJcûss), 

lîls de Claude, 
Brtitus (brutâss), célèbre 

Romain, 
Brueys et Palaprat (bru-é-îss, 

palapra), poètes français, 
Brueys (bru-é-îss), contre- 

admiral français, ^ 
Buénos-Ayres (bu-é-no-zèrr), 

ville, 
Buenos -Ayrien (bu-é-m- 

zériain), qui est de Buènos- 

Ayres, 
Burgos (burgbss), ville, 
Burrhus (bur-rûss), 

gouverneur de Néron, 
Busiris (buzirîss), tyran, roi, 

ville, 
Cabanis (haba-mss), écriv. 

français, 
Caciis (Jcakuss), géant, 
Cadmus (kad-muss), fondateur 

de Thèbes, 
Coins Gracchus (ka-i-ûss gra- 

kâss), tribun romain. 
Calas (kalâss), roué vif, vic- 
time d'une erreur judiciaire, 
Calchas (kalkâss), devin grec, 
Calvados (kalvadoss), départ., 
Cambacérès (kanbacérèss) , 

archi-chancelier, 
Camoëns (ka-mo-ainss), poète 

portugais. — Voyez la note 

page 71, 
Caracas (karakâss), ville, 

1 On écrit aussi ce nom avec accent 



Carlos (karloss), infant d'Es- 
pagne, etc., 
Carpentras (karpantrâssj, ville, 
Cassis (kacîss), ville, 
Cassius (kaci-ûss), l'un des 

assassins de César, 
Caylus (kèlûss), — marquise 

de Caylus, comte de Caylus, 

ville, 
Cazalès (kazalèss), orateur, 
Cécrops (cékropss), fondateur 

d'Athènes, 
Céos (cé-bss), une des Cyclades, 
Cérès (cérèss), déesse, 

planète, 
Cervantes [Michel de] (cèr- 

vantèssj, écriv. espagnol, 
Chabrias (chabri-âss), génér. 

athénien, [grec, 

Char es (charèss), statuaire 
Charondas (karondâss), légis- 
lateur de Catane, 
Charondas (charondâss), 

jurisc. français, 
Chloris (klorîss), nom de 

femme, 
Chosroès (kosro-èss), roi de 

Perse, 
Christmas (krist-mâss), île, 
Chryséis (krizé-îss), 

prisonnière d'Agamemnon, 
Clarens (klaranss) , hameau 

de Suisse, 
Clément de Bys (klé-man 

drtss), comte, 
Clitus (klitûss), tué par 

Alexandre, 

aigu: Bruéys. 



272 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



Clovis (kloviss), fondateur de 

la monarchie française, 
Cnéius (hné-i-ûss), prénom 

romain, 
Codrus (kodrûss), roi d'Athè- 
nes, 
Cœlus (cëlûss), le Ciel, 
CoJcMs (kolMss), Médée, 
Cornus (komûssj, dieu de la 

table, 
Confucnis (konfuci-ziss), 

législateur chinois, 
Cornélius (kornéli-ûss), 

prénom romain, 
Cornwallis (kbrnn-valîss), 

génér. anglais, 
Coronis (koro-nîss), mère 

d'Esculape, 
Cos (koss), île de la mer Egée, ' 
Crésus (krézûss), roi de Lydie, 
Crétéis (krété-îss), mère de 

Sylla, 
Critias (kriti-âss), tyran 

d'Athènes, 
Ctésias (ktézi-âss) , historien 

grec, 
Cujas (kujâss), jurisconsulte, 
Cyrus (cirûss), roi de Perse, 
Damas (damâss), ancienne 

maison de France, ^ 
Damis(da-mîss) , nom d'homme, 
Damoclès (da-moklèss), flatteur 

de Denys, 
Danaûs (da-na-ûss), père des 

Danaïdes, 
Daphnis (daf-nîss), berger, 



Darius (dari-ûss), roi de Perse, 
Davis (davîss), navigateur, 
détroit, 

Délos (déloss), une des Cy- 

clades, 
Démétrius {dé-métri-âss), roi 

de Syrie, orateur, 
Deslys (déliss), écriv. français, 
Diagoras (di-agorâss) , philos. 

grec, 

Ch. Dickens (di-kaince), 
romancier anglais, pseudo- 
nyme: Boz. 

Dolfus (dôlfûss), nom pr., 
Doris (dorîss), nom de femme, 
Drouyn de Lliuys (drou-ain- 

d'iuiss), homme d'Etat, 
Du Bartas (du hartâss), 

poète français, 
Ducis(duciss), littérat. français, 
Duras (durâss), maréchal de 

France, ville, 
Eleusis (éleumss), bourg de 

l'Attique, 
Emmails (ème-ma-ûss), bourg 

de Judée, 
Ems (èmm-s'J, riv., bourg, 
Ennius(ène-ni-ûss), poète latin, 
Eos (é-oss), géant, etc., 
Epaminondas (épa-mi- 

nondâss), génér. thébain, 
Epicharis (épikarîss) , cour- 
tisane romaine, 
Esdras (èz-drâss), docteur 

juif, 



1 Cos est l'orthographe ancienne. Aujourd'hui, Co ou Stanco. 

2 S muette dans Damas, ville. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — 8. 



273 



Esquiros (èss-ki-ràss), poète, 

romancier, homme politique, 
Eucharis (eukarîss), nymphe, 
Eurotas (eurotâss), fleuve, 
Exelmans (ég-zel-mance), ma- 
réchal de France, marin 

français, 
Eyhens (é-hainss), peintre, 
Ezéchias (ézé-cM-âss), roi de 

Juda, [romain, 

Fabius (fabi-ûss), consul 
Faudras (fô-drâss), héros de 

roman, 
Fawkes [Guyj (gi fôks, g durj, 

conspirateur sous Jacques I, 
Fétis (fétîss), musicographe, 
Fleurus, Siussi Fleuri (fleurûss, 

fleuri), V. de Belgique, 
Flourens (flou-rance), écrivain, 

etc., 
Foudras [marquis de] (fou- 

drâss), romancier, 
Francis (franciss), nom 

d'homme, 
Fréjus (fréjûss), ville, 
Fuaîdès (fu-aldèss), assassiné 

le 19 mars 1817, 
Gadès (gadèss), ancien nom 

de Cadix (ka-dîss), 
Galanthis (galantîss), suivante 

d'Alcmène, 
Gallus (gal-lûss), poète latin, 
Garnier- Pages (gar-nié- 

pajèss), homme politique. 



Gemenos (je-m'nbss) , bourg 
de France, un des vallons 
les plus riants de la Pro- 
vence, 

Gengis-Khan, célèbre conqué- 
rant, ' 

Genlis [M'"^ de] (janliss), 
écrivain, 

Germanicus (jèrma-nikûss), 
consul romain, etc.. 

Gibus (Jibûss), chapelier re- 
nommé, 

Gil Blas (jil blâss), héros de 
roman, 

Glaris (glarîss), canton suisse, 

Gonzalès (gonzalèss), littérat. 
français, 

Gordius (gbrdi-ûss) , roi de 
Phrygie, 

Gorgias (gbr-ji-âss) , sophiste 
grec, 

Gracchus (grakûss), père des 
Gracques, 

Gygès (jijèss), roi de Lydie, 

Hans Sachs (anss çakss, an 
longj, poète allemand, 

Harpalos (arpalôss), myth.: 
un des chiens d'Actéon, 

Havas (avâss), agence, 

HéliopoKs (èli-opolîss), 
V. d'Egypte, 

Hèlios(éli-bss), divinité grecque, 

Helvétius (èlvéci-ûss) , écriv. 
français. 



1 Le vrai nom, Djinghiz-Khan (pron. djine-gîze-kan, g dur), s'est altéré suivant 
l'orthographe et la prononciation des diverses nations européennes, et s'écrit Gengia- 
Khan, Gengiscan, Zingiacan, Djenguyz-Khan, Tschinguia-Khan, etc. On écrit ordinaire- 
ment en français Gengis-Khan, que l'on prononce janjiaa-kan. 

Leaaint, Prononciation française. S^e éd. ]^g 



274 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



Héraclius (érakli-ûss), emp. 

d'Orient, 
Hermès (èrmèss), nom grec 

de Mercure, 
Honduras (ondurâss), contrée 

d'Amer., 
Hormisdas (or-miss-dâss), roi 

de Perse, 
Ht/las (ilâss), favori d'Hercule, 
Ibicus (ibikûss), poète, 
Imaûs (i-ma-ûss), montagne, 
Indus (ain-dûss), fleuve, 
lolas (iolâss), neveu d'Hercule, 
lolcos (iàl-hoss), v. d'Hémonie, 
Iphiclès (ifiklèss), frère d'Her- 
cule, 
Iphitus (ifitûss), roi d'Elide, 
Iris (irîss), déesse, 
Isis(izîss), divinité égyptienne, 
Jansénius (jancé-ni-ûss), théo- 
logien, 
Janus (ja-m%ss), dieu, 
Jefferson Davis (jè-fèrçon da- 
vîss), président des Etats 
confédérés d'Amer., 
Joas (jo-âss), roi de Juda, 
Jonas (jo-nâss), nom pr., 
Jonathas (jo-natâss), fils de 

Satil, etc., 
Jordaens ou Jordans (jor- 

danss), peintre, 
KirghiSyOVL Kirghiz, ou KaisaJcs, 
ou KirgMz-Kaissahi (kir- 
gîss, kirgîz, g dur, kézak, 
etc.J, peuple du Turkestan, 
Lachésis (lakézîss), une des 
trois Parques, 

1 Voyez plus loin la prononciation 



Ladislas (ladiss-lâss), roi de 

Hongrie, etc., 
Laïus (la-i-ûss), père d'Œdipe, 
Laïs (la-îss), courtisane grecque, 
Langlès (langlèss), orientaliste, 
Lascaris (lass-karîss), célèbre 

maison grecque, 
Las-Casas (lass-kasâss), pieux 

évêque. 
Las- Cases (lass-kâze), compa- 
gnon d'exil de Napoléon, 
Lassus (laçûss), médecin, 
Lemnos (lème-nbss) , île de la 

mer Egée, 
Lémos [comte de] (lé-moss), 
vice-roi de Naples en 1611, 

Lens (lanssj, v. de France, 
Léonidas (lé-o-nidâss) , roi 

de Sparte, 
Leshos (lèss-hbss), île de la 
mer Egée, 
I Lesseps (lè-cèpss), ingénieur 
français, 
Longis (lonjîss), auteur, 
Longus (longûss), écriv. grec, 
Lorris (Ibrîss), auteur du 
roman de la Rose, 
! Lucullus (lukul-lûss), riche 
Romain, 
Lycoris (Ukorîss), chantée 
par Gallus, 
i Lys [la] (liss), rivière,' 
' Lysias (lizi-âss), orateur 
; athénien, 

i Madras (madrâss), v. de l'Inde, 
\ Magnus (mag-nûss), nom pr., 

de Us (plante) et de fleur de lis. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



275 



Mambrès (mambrèss) , magi- 
cien égyptien, 
Manassès (ma-nass-cèss) , roi 

de Juda, 
Manès (ma-nèss), fils de Jupiter, 
Manès, Many ou Manichée 

(ma-nèss, ma-ni, ma-niché), 

hérésiarque, 
Manlius {manli-iiss), célèbres 

Romains, 
Marins {mari-ûss), général 

romain, etc., 
Mars (marss), dieu de la 

guerre, Champ-de-Mars à 

Paris, planète. 
Mars [M"**] (marss), célèbre 

comédienne, 
Mars-la-Tour (marss-la-tour), 

V. près de Metz, 

Marsyas (marci-âss), myth., 

— fleuve, 
Mathias etMaUhias(ma-tiâss), 

nom pr., 

Mazas (masâss), littérat. fran- 
çais, prison à Paris, 

Médicis (médieîss), famille il- 
lustre, ^ 

Mêlas (mélâss), génér. 
autrichien, 

Mélos (mélôss), une des Cy- 
clades, 

Memphis (main-fiss), anc. ville 
de l'Egypte, 



Ménélas (mé-né-lâss) , roi de 

Sparte, 
Menés (mé-nèss), roi d'Egypte, 
Mengs {maing's, g dur), célèbre 

peintre, 
Mercedes (mèrcédèss), person- 
nage de poème, 
Midas (midâss), roi de Phrygie, 
Miéris (miérîss), peintre hol- 
landais. 
Mimas (mi-mâss), géant, 
Mino s (mi-tidssj, juge des enfers. 
Mirés (mirèss), banquier fran- 
çais, 
Mœris (mérîss), roi d'Egypte, 
Momus (mo-mâss), dieu de la 

joie, 
Mons (monss), v. de Belgique, 
Moschelès (mo-che-lèss), 

compos. allemand, 
Moschus (mèskûss), poète grec, 
Narsès (narcèss), génér. de 

Justinien, 
Naxos (naJc-çoss), une des Cy- 

clades, 
Némésis (né-mézîss), déesse de 

la vengeance, 
Néoclès (né-oMèss), frère 

d'Epicure, 
Népos (néposs), empereur d'Oc- 
cident, 
Néris (nérîss), bourg, 
Nessus (nè-çûss), centaure, 
Nicétas (nicétâss), écriv.. 



1 Midici en italien. — De même qu'en français on écrit les Guises, les Stuarts, 
etc. (avec s\ de même on écrit les Médicis, la famille des Médicis; et de là est venu 
cet usage d'écrire toujours Médicis, soit que l'on parle d'un seul ou de plusieurs 
membres de cette famille: un Médicis, les Médicis (pron. un médieîss, le médidsi). 

18* 



276 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



Ninus{ni-nûss), roi deBabylone, 
Ninias, ou Ninus II (ni-ni- 

âss), fils de Sémiramis, 
Nitocris [nitoJcrîss), reine de 

Babylone, 
Norvins (nàrvainss), hist., 
Nostradamus (nostrada-mûss), 

astrologue, 
Nus (nuss), écrivain, 
Oannès {o-a-nèss), monstre, 
Ogt/gès (ojijèss), roi de l' Attique, 
Olympias (olain-piâss) , mère 

d'Alexandre, 
Ops {opss), déesse, 
Or eus ou Pluton {prhûss), 
Osiris (ozirîss), dieu, 
Osymandias {ozi-mandiâss), 

roi d'Egypte^ 
Ormus, ou mieux Hormouz 

[prmûss, drmoûse), v. d'Asie, 
Pages [Garnier-], — voyez 

Garnier- Pages, 
Paixhans (pèk-çanss), général, 

député, 
Palacios {palacibss), ville 

d'Espagne, 
Palamas (jpala-mâss), archevê- 
que grec. 
Paies (palèss), déesse italique, 
Pallas (jpal-lâss), ou Minerve, 
Palos {paloss), v. d'Espagne, 
Palus- Madotis, Palus-Méotide 

{palûss-mé-o-tîss, mé-o-tidd), 

aujourd'hui mer d'Azof, 
Panis (panîss), nom pr., 
Panis ou Pawnees (panîss, 

pô-nîss), nation guerrière 

de l'Amer, du Nord, 



Paphos (pafôss), v. dans l'île 

de Chypre, 
Paris (pârîss), fils de Priam, 
Paros (paross), une des Cy- 

clades, 
Parysatis {parizatîss) , mère 

de Cyrus-le-Jeune, 
Patras (patrâss), v. de Grèce, 
Pausanias (pôza-ni-âss), 

génér., écriv., 
Pélias (péli-âss), roi d'Iolcos, 
Pélopidas {pélopidâss), génér. 

thébain, 
Pélopsipélopss), fils de Tantale, 
Périclès (périklèss) , célèbre 

Athénien, 
PersépoUs (pèrcépoUss), v. de 

Perse, 
Persilès (jpèrcilèss), roman de 

Cervantes, 
Pézenas (péze-nâss), v. de 

France, 
Phalaris (fala'rîss) , tyran 

d'Agrigente, 
Phébus (fébûss), ou Apollon, 
Phidias (fidi-âss), statuaire, 
Philis (fîlîss), nom de femme, 
Phocas (fokâss), empereur 

grec, 
Phorhas (fàrbâss), brigand, 
Phrynis (fri-nîss), poète et 

musicien ancien, 
Piis (pi-îss), homme de lettres, 
Plutus (plutâss), dieu des 

richesses, 
Pons (ponss), ville, etc., 
Pons de Verdun (p>onss de 

vèrdun), député, écrivain, 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



277 



Porus (porûss), prince indien, 
Privas (privâss), ville, 
Protagoras (protagorâss) , 

sophiste, 
Prusias (pruzi-âss), roi de 

Bithynie, 
Pylos (pïlbss), V. de Messénie, 
Pyrrhus {pir-rûss), roid'Epire, 
Régulus '(régulâss), 
Basselas [le] (rass-lâss), roman 

moral de Ben -Johnson, 

littérat. anglais, 
Beims, ou, moins usité, Bheims 

(rainss), ville, 
Bemus (ré-mûss), frère de 

Romulus, 
Beus (reuss), v. d'Espagne, 
Beuss(reuss), riv., principauté, 
Bomulus(ro-mulûss), fondsitear 

de Rome, 
Boscius (rb-ci-ûss), célèbre 

acteur romain, 
Bubens (rubainss), peintre, 
Buy Blas (rui hlâss), drame 

de Victor Hugo, 
Saint- Andréas (çain-tandré- 

âss), V. d'Autriche, 
Samos (ça-mbss), île, 
Scyros (cirbss), île, 
Séleucus (cé-leu-kûss), roi de 

Syrie, 
Sémiramis (cé-mira-mîss), 

reine d'Assyrie, 
Sentis (çanliss), v. de France, 
Sens (çanss), v. de France, 
Sérapis (cérapîss), dieu égyp- 
tien, 
Serieys (cé-ri-èss), compilateur. 



Sésostris (cézbss-trîss), roi 
d'Egypte, 

Sieyès, homme d'Etat, — 
voyez page 112, 

Simoïs (ci-mo-îss), riv. de 
Troade, 

Sisygambis (cizi-ganMss), 
mère de Darius, 

Spartacus (spartaJcâss), cé- 
lèbre chef de la seconde 
guerre des esclaves en Italie, 

le Sperchius (le spèrki-ûss), 
fleuve de Thessalie, 

Stanislas (sta-niss-lâss), nom 
pr., 

Stras (strass), inventeur de la 
composition qui imite le 
diamant, 

Strauss (strbss), musicien 
autrichien, théologiens pro- 
testants. — Voyez page 30, 

Suidas (çu-i-dâss), lexico- 
graphe grec, 

le Tanaïs (ta-na-îss), fleuve, 
aujourd'hui le Bon, 

Tartas (tartâss), v. de France, 

Tatius (taci-ûss), roi de Cures, 

le Tauriis (tô-rûss), chaîne de 
montagnes, 

Tiflis (tlflîss), V. de Géorgie, 

Ténédos (té-nédbss), île de 
l'Archipel, 

Ténos ou Tinos (té-nbss, ti- 
nbss), une des Cyclades, 

Teutatès (teutatèss), dieu des 
Gaulois, 

le Texas (tég-zâss), Etat de 
l'Amer, septent.. 



278 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



Thaïs (ta-îss), courtisane 

d'Athènes, 
Thaïes de Milet (talèss de 

mile), philos, grec, 
Thalestris (talèss-trîss), reine 

des Amazones, 
la Theiss (la tèss), riv. de 

Hongrie, 
Thémis (té-mîss), déesse de 

la justice, 
Théogonis (té-ogo-nîss), poète 

grec, 
Thespis (tèss-pîss), poète grec, 
Thétis(tétîss), une desNéréides, 
This (tîss), ancienne ville de 

l'Egypte, 
Thomas Morus ou More (to- 
ma morûss ou mor), chan- 
celier d'Angleterre, 
Tircis (tircîss), berger, 
Titus (titûss), empereur romain, 
Tour et Taxis [famille de La] 
(tour é tak-cîss), anc. maison 
allemande (Thurn und 
Taxis), 
Tros (trbss), roi de Phrygie, 
Tunis (tu-nîss), v. d'Afrique, 
Uranus (ura-niiss), ou le Ciel, 
Uzès (u-zèss), V. de France, 
Valens (valanss), empereur 

romain, 
Varillas (varil-lâss), hist. 

français, 
Varus (varûss), génér. romain, 
Vaugelas{vôje-lâss), grammai- 
rien, 



Vauréas (vôré-âss), v. de 
France, 

Venceslas (vain-cèss-lâss), nom 
de plusieurs ducs et rois de 
Bohême, 

Vénus (vé-nûss), déesse de la 
beauté. 

Verres (vèr-rèss), concussion- 
naire, que démasqua Cicéron, 

Vestris (vèss-trîss), célèb. 
danseur, 

Vitigès (vitijèss), roi des 
Ostrogoths, 

Vopiscîis (vopiss-kûss), hist. 
latin, 

Vossius (vb-ci-ûss), savant 
allemand, 

Warens [M™® de] (varainss), 
bienfaitrice de J.-J. Rous- 
seau, 

Worms (vbrm's), ville, 

Xanthus (gzan-tûss), hist. grec, 

Xerxès (gzèr-cèss), roi de Perse, 

Ximenès (M-me-nèss) , per- 
sonnes célèbres d'Espagne, 

Zaleucus (zaleukûss) , philos, 
grec, 

Zamacoïs (za-mako-iss), peintre, 

Zamolxis (za-mblk-cîss), per- 
sonnage fabuleux, 

les Zégris ou Zéirites, dynastie 
maure, 

Zéus (zé-ûss), nom de Jupiter 
chez les Grecs, 

Zeuxis (zeuh-cîss), peintre grec. 



Dans tous les mots autres que ceux dont nous avons 
donné la liste page 262, la lettre s finale est muette quand 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



279 



ces mots sont pris isolément, ou qu'ils terminent une phrase, 
ou bien lorsque, dans la même proposition, ils sont suivis d'un 
mot qui commence par une consonne ou une h aspirée; mais 
Ts se fait quelquefois entendre si le mot qui suit commence 
par une voyelle ou une h muette. (Voyez, plus loin. Liaison 
des mots entre eux, lettre S.) 



abatis (ahatî), 

abcès (abcè), 

abus (abû), 

ailleurs et d'ailleurs (a-ieur, 

da-ieur), 
ais (è), planche, 
alors (alor), 
amas (a-mâ), 
ananas (a-na-nâ), 
anchois (ancJioâ), 
anis (a-nî), 
appas (apâ), 
après (aprè), 
auprès (ôprè), 
avis (avî), 
biais (biè), 
bis (bî), couleur entre le blanc 

et le brun. — Voyez, page 

263, bis adverbe, 
bois (boa), 
bourgeois (bourjoâ), 
bras (brâ), 
brebis (brebi), 
bris (brî), rupture d'un scellé, 

d'une porte, etc., ^ 
buis (but). 



cabus (kabû), 

calus (kalu), durillon, etc., 2 

cambouis (kanboui), 

campos (kanpô), congé accordé 

aux écoliers,'^ 
canevas (ka-n'vâ), 
carquois (karkoâ), 
cas (kâ), 
cervelas (cèr-vlâ), 
chamois (cha-moâ), 
chaos (ka-ô), 

chas (châ), le trou d'une aiguille, 
chasselas (chass-lâ), 
chènevis (chène-vî), 
cliquetis (klik-tî), 
coloris (kolorî), 
concours (konkour), 
congrès (kongrè), 
convers (konvèrr): frère con- 

vers, sœur converse, 
corps (kbr), 
croquis (krokî), 
cours (kour), 
courtois (kourtoâ), 
coutelas (kou-flâ), 
cyprès (ciprè), 



1 La prononciation hriss, qu'indique l'Académie, est contraire à l'usage: tout 
le monde prononce hrî. 

2 Ici encore l'Académie fait prononcer Vs: haluas. — Napol. Landais, se con- 
formant à l'usage général, dit kalu. Nodier, toujours plein de déférence pour l'Acad., 
se tait sur la prononciation. 

3 On prononce toujours kanpô: Cest jour de campos; nous avons campos, etc. 
— Il serait plus correct de prononcer kanpbss. 



230 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



dais (de), 

damas (da-mâ), étoffe, sabre, 

débarras (débarâ), 

débris (débrî), 

décès (décè), 

dépens (dépan), 

depuis (depuî), 

dervis ou derviche (dèrvî, der- 
viche), religieux, moine turc, 

dès (de), — dès ce moment, 
dès que . . . , etc., 

désormais (déformé), 

devis (devî), 

diffus (difu), 

discours (diss-kour), 

dispos (diss-pô), 

divers (divèrr), 

échalas (échalâ), 

embarras (anbarâ), 

empois (anpoâ), 

entrelacs (antre-lâ), 

envers (anvèrr), 

excès (èk-cè), 

exprès (èkss-prèj, 

fatras (fatrâ), 

fils (fi, suivant quelques-unsj, 
— voyez plus loin, 

fois (foâ), une, deux fois, etc., 

fonds (fon), 

fonts (fon), les fonts de bap- 
tême, 

fors (for), excepté, vieux, 

fracas (frakâ), 

frimas (fri-mâ), 

gâchis (gâ-chî), 

galetas (gal-tâ), 

galimatias (gali-matiâ), 

1 L's est muette dans alors, dès lors, 



gars (gâ), — voyez la note 2 
page 237, 

gens (jan et jance), — voyez 
plus loin, 

glas (glâ), 

gras (grâ), 

gris (grî), 

gros (grô), 

hachis (a-cM), 

haras (ara), 

harnais ou harnois, — voyez 
page 98, 

héros (érô), 

indivis (ain-divî), 

intrus (ain-trû), 

jaconas (jaco-nâ), 

jais (je), 

jamais (ja-mè), 

jars (jâr), 

jas ou jouail (jâ, joa-ye), 

Jésus (jézu), — papier jésus, 

judas (judâ), 

jus (jû), 

kakatoès (kakatoâ, et par cor- 
ruption katakoâ), 

lacs (là), nœud coulant, 

las (la), fatigué, 

lambris (lanbrl), 

laquais (lakè), 

legs (le), 

nias (lilâ), 

lis [fleur de lis], — voyez 
plus loin lis (fleur) et fleur 
de lis, 

logis (lojî), 

lors (lor), 1 

macis (macî), 

lors; ene ne sonne que dans lorsque. 



CONSONKES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 281 



mais {me), 

marais {mare), 

maravédis {maravédî), 

matelas {ma-tlâ), 

mauvis {mô-vî), petite grive, 

mets {mè), 

minois {mi-noâ), 

mois {moâ), 

niais {nie), 

obtus {àb-tû), 

os {ô et ôss), — voyez plus loin, 

palais {paie), 

panais (pa-nè), 

panaris {pa-narî), 

paradis (paradî), 

parvis (parvî), 

pavois (pavoâ), 

pas ipâ), 

pays {pé-i), 

pilotis ipilotî), 

pis {pî), subst. et adv- : le pis 

d'une vache, cela va de mal 

en pis, 
plâtras (jplatrâ), 
plus {plu et plûss), — voyez 

plus loin, 
poids {poâ), 
pois {poâ), 
pouls {pou), 
précis {précî), 
près {pre), 
procès iprocè), 
profès, professe iprofè, profèss), 

celui, celle qui s'est engagée 

dans un ordre religieux, 
progrès {progrè). 



puis ipuï),^ 

puits {puî), 

pus {pu), subst., 

radis {radî), 

rais {rè), 

ramas {ra-mâ), 

rebours {rebour), sens contraire, 

reclus {re-klii), 

recours {reJcour), 

refus {refâ), 

relais {rélè), 

remords {re-mbr), 

repas {repà), 

répons {répon), ce qu'on dit 

ou chante à l'Eglise après 

les chapitres, etc., 
repos {repô), 
rets {rè), filet, etc., pour prendre 

du poisson, des oiseaux, 
ris (n), 

sas {ça), tamis, bassin d'écluse, 
semis {ce-mî), 
sens {çan et çance), — voyez 

plus loin, 
sis {et), situé, 

souris {çouri), petit quadrupède, 
souris {çourî), ou sourire, 
sous {çou), préposition, 
surdos {çurdô), 
sursis (çurcî), 
tabis {tabî), 
taffetas {taf-tà), 
taillis {ta-yî), 
talus {talû), 
tamis {ta-mî), 
tandis {tandi), — tandis que .. . , ^ 



1 s maette dans puis, depuis; mais on la prononce dans puisque. 

2 On prononce souvent l'a dans le discours soutenn. 



282 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



tapis {tapi), 

tas (ta), 

tiers {tièrr), un tiers (|), deux 

tiers ("l), — un tiers: une 

troisième personne, 
torticolis (tortikoU), 
toujours (toujour), 
tous {toû et toûss), — voyez 

page 288, 
treillis (trè-yi), 
tracas (trakâ), 
trépas (trépâ). 



très itre), 

trois (troâ), 

univers (u-nivèrr), 

upas (upâ), arbre, 

velours (v'iour), 

verglas (vèrglâ), 

vernis (verni), 

vers (vèrr), 

volontiers (volontié), 

seïlis (zéli), nom de sectaires 

mahométans, 
etc., etc. 



L's est également muette à la fin des noms propres de 
personnes, de villes, de contrées, etc., qui ne figurent pas 
dans la liste que nous avons donnée page 269. En voici 
quelques-uns: 

Alais (aie), v. de France, 
Alexis (alèk-ci), nom pr., 
Amiens (a-miain), v. de France, 
Andalous, Andalouse(andalou, 

andalouze), qui est né dans 

r Andalousie, 
les Andelys (le zan-dlî), v. de 

France, 
Angers (anjé), v. de France, 
Anvers (anvèrr), v. de Belgique, 
Arcis-sur-Auhe (arcî-cur-ôh), 

V. de France,* 
Bagnols (bagnol, gn mouillé), 

V. de France, 
Barjols (harjol), v. de France, 
Beauvais (hôvè), v. de France, 
Blois (bloâ), V. de France, 
B ouf fier s (bouflèrr), nom de 

deux maréchaux de France, 



BouJiours (bou-our), jésuite, 
Broussais (brou-cè), méd., 
Bruys (bru-i), hérésiarque, 
Cabarrus (kabarû), financier, 

— vin de Cabarrus, 
Cahors (Jca-àr), v. de France, 
Calais (Mlè), v. de France, 
Cambrésis (hanbrézi), anc. 

prov. de France, 
Camus (ka-mû), mathématicien, 

etc.. 
Cars (kâr), v. de Turquie, 
(7as^nes(^ass-^n),v.deFrance,2 
Chablis (cJiablî), v. de France, 
Châlons-sur-Marne, Châlons- 

sur- Saône (cJiâlon-çur- 

marne, châlon-çur-çône), 

villes de France, 
Cenis [mont] (ce-ni). 



1 L'« sonne dans rue des Arcis (à Paris). 

2 Le duc de Castries se prononce kasstr'. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



283 



Colas (kola), nom pr., 
Cinq-Mars (çain-mér), favori 

de Louis XIII, 
Conflans (konflan), bourg, 
Confolens (konfolan), ville, 
Coutras (koutrâ), v. de France, 
Cuers (ku-èrr), ville, 
Damas (da-mâ), v. de la 

Turquie d'Asie,* 
Damiens (da-miain), régicide, 
Denis et Denys (de-nî), noms 

d'homme, 
Doubs {doû), riv. et départ, de 

France, 
Doulens (doulan), v. de France, 
Dubos (duhô), écrivain, 
Dumas (du-mâ), écrivain, etc., 
François (françoâ), nom pr., 
Frayssinous [comte de] (frè- 

ci-noii), célèbre prédicateur, 
le Gers (le jèrr), riv. et dé- 
part, de France, 
Gréouls ou Gréoulx (gré-oul), 

village, 
les Huns(lè un) peuple barbare, 
les Incas (ain-kâ), 
Jésus (jézu), le fils de Dieu. — 

Voyez plus loin Jésus-Christ, 
Judas (judâ), qui trahit J.-C, 

etc., j 

Le Bas (le bâ), conventionnel, 

helléniste, architecte. 
Le Camus (le ka-mu), méd., 

littérat., 
Lévis [duc de] (lévî). 
Lions-la- Forêt (lion la foré), 

ville, 

I Mais on fait entendre Vs dans M. 



Lons-le-Saulnier (lon-Vçônié), 

V. de France, 
Louis (lou-î), nom pr., 
Lucas (lukâ), nom pr., 
le Mans (le man), v. de France, 
Marvejols (marve-jol), ville, 
Maupas [de](mô-pâ), sénateur, 

etc., 
Maupertuis (môpèrtuî), géo- 
mètre, village, 
Maurepas (môrpâ), ministre 

sous Louis XV, 
Moulins(moidain),y. de France, 
Nangis (nanjî), v. de France, 
Naours (nour), bourg, 
Nevers (nevèrr), v. de France, 
Nicolas (nikolâ), nom pr., 
Ninon de Lenclos (ni-non 

d'ian-klô), femme célèbre. 
Nuits ou Nuyts (nui), v. de 

France, 
Paris (pari), capitale de la 

France, 
Pas-de-Calais (pâ-d'kalè), 

départ., détroit, 
Prangins (pranjain), terre du 

prince Napoléon près du lac 

de Genève, 
Provins (provain), ville, 
St.-Denis (çain-d'nî), ville, 
Sains (gain), village, 
St-Gaudens (çain-gôdain), v. 

de France, 
St-James (çain-jame), v. de 

France, capitale de l'île 

Ste.-Hélène, etc., 
Saint-3Iars(çain-mar),ia.m\l\e, 

de Damas. 



2g4 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



St-Mars-la-Jaille (çain-mar- 

la-ja-ye), ville, 
St-Pons (çain-pon), ville, 
Salins (çalain), v. de France, 
Salomon de Caus (çalo-mon 

d'M), ingénieur français, 
Soignies (çoa-gnî, gn mouillé^, 

V. de Belgique, 
Soissons (çoa-çon), ville, 



Thiers (tièrr), homme d'Etat, 

ville, etc., 
Thomas (to-mâ), nom d'homme, 
Tonneins(tb-nam) ,\ . de France, 
Tours (tour), v. de France, 
Tous les noms terminés en 
iers : Louviers, Poitiers, 
etc. (voyez page 237), 
etc., etc. 
Dans obus, l's sonne comme z: obûze. 

Fils, gens, os, sens. — Quelle est l'exacte prononciation 
de ces quatre mots? Il est assez difficile de le dire, chacun 
suivant ici ses propres habitudes de langage, ou le langage 
de ceux qu'il fréquente. 

Fils. — L'Académie se contente de dire qu'on ne pro- 
nonce point ri. 

Nodier, Larousse, Bénard, Sardou, prononcent fiss. 

Gattel et Nap. Landais: fi quand le mot ne termine 
pas la phrase. 

Poitevin: fi devant une consonne, fiss devant une voyelle. 

Aubertin: fiss en prose et dans le style familier: 

Mon JiU (fiss), aUez chez vos parents 
Les prier de la même chose. 

LA FONTAINE. 

et quand on veut éviter une cacophonie ou une équivoque: 

Et vous avez montré par une heureuse audace 

Que le Jils (fiss) seul d'Achille a pu remplir sa place. 

RACINE. 

Mais fi dans les circonstances solennelles, et, dans la poésie, 
quand la rime l'exige: 

Et de ses doigts glaces prenant le crucifix : 
Voilà le souvenir, et voilà l'espérance! 

Emportez-les, înon^î?* (fi)! LAiHARTINE. (Le Crucifix.) 

Il est vrai que beaucoup de personnes prononcent fi, 
en province surtout; mais fiss est bien certainement la pro- 
nonciation la plus générale. 

Gens. — L'Académie, Poitevin, Aubertin, Sardou, La- 
rousse, Bénard, ne parlent pas de la prononciation de ce mot. 
Nodier, Nap. Landais et Gattel prononcent jan. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 



285 



Devant une voyelle ou une h muette, l's de gens sonne 
toujours et fait entendre l'articulation du z: Des gens heu- 
reux, des gens à craindre, etc. Dites jan zeureu, jan sa 
Icraindr'. 

Mais devant une consonne ou à la fin de la phrase, quel- 
ques personnes prononcent jance, le plus grand nombre jan. 

L's, prononcée avec peu de force, retire tout ce qu'il 
y a de désagréable dans le son nasal an, et ne fournit plus 
aux plaisants l'occasion d'ajouter une des épithètes que le mot 
Jean, paronyme de gens, traîne à sa suite. Nous devons dire 
toutefois qu'on s'écarterait de l'usage général si l'on prononçait 
l's dans les façons de parler suivantes: 



Gens de guerre. 

Gens d'épée. 

Gens d'Eglise. 

Gens de robe. 

Gens de lois. 

Gens d'affaires. 

Gens de finance. 

Gens de mer. 

Gens de lettres. 

Les gens du roi. 

Des gens de cour. 

Gens de pied. 

Gens de cœur. 

Gens de marque. 

Des gens de bien. 

Des gens de condition. 

Des gens d'armes (cavaliers 

des anciennes compagnies 

d'ordonnance). 
De petites gens. 
Des gens sans aveu. 
Des gens de peu de considération. 
Gens de sac et de corde. 



Les gens de la ville. 

Les gens de la province. 

Les gens de la campagne. 

Les gens de ce village. 

Les gens de service. 

Des gens d'esprit. 

Tous ces gens-ci. 

Ces gens-là. 

Vous êtes de bonnes gens. 

Tous les honnêtes gens. 

Vous autres, eux autres bonnes 
gens . . . 

Les vieilles gens sont soup- 
çonneux. 

Les jeunes gens sont imprudents. 

Mes gens, tes gens, ses gens, 
nos gens, vos gens, leurs gens. 

Se connaître en gens. 

Il y a gens et gens (Jan zéjan). 

Béussir avec toutes sortes 
de gens. 

Et autres expressions ana- 



logues. 

Os. — L'Académie, Nodier et Poitevin sont muets sur la 
prononciation de ce mot. 



2g6 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. - S. 

Bénard, Larousse, Aubertin, Sardou, prononcent ô. 

Nap. Landais dit de prononcer l's au singulier et à la 
fin de la phrase; ôz devant une voyelle. 

Gattel: dss surtout au singulier et à la fin de la phrase; 
devant une voyelle, toujours 00. 

Si, au singulier, on prononce dss, cette prononciation doit 
être observée devant les voyelles comme devant les consonnes: 
Un os à ronger (un noss a ronje). Mais si l'on prononce 
o, l's, devant les voyelles, sonne comme z, au singulier comme 
au pluriel: Jeter un os à un chien. Il n'a que les os et la 
peau (jeté run nô za . . . . , il na lie le zô zé . . .). 

La prononciation bss, au singulier, bien moins usitée 
d'ailleurs que 0, a peut-être quelque chose d'affecté; néan- 
moins, elle doit être préférée dans les circonstances où la 
prononciation ô pourrait donner lieu à une équivoque avec le 
paronyme eau. 

Sens. — L'Académie, Poitevin, Sardou, gardent le silence 
à l'égard de la prononciation de ce mot. 

Nodier dit, à la fin de l'article Sens, de prononcer çance 
et çan. 

Larousse prononce çance, excepté dans sens commun (çan 
commun). 

Bénard ne donne que la prononciation çance. 

Gattel, çan, et çanz devant une voyelle. 

Aubertin prononce partout çance, si ce n'est dans le bon 
sens et le sens commun (bon çan, çan commun). 

L'usage donne très certainement raison à Aubertin. Pro- 
noncez donc l's de sens, et avec l'articulation sifflante, quand 
ce mot signifie: 

1 Faculté de sentir : 

Les cinq sens de la nature. Avoir l'usage de tous ses 
sens. Cela tombe sous les sens, sous le sens. Etc. 

2^ Faculté de comprendre: 

Homme de grand sens, de peu de sens, de petit sens. Etc. 

3*^ Opinion, sentiment, avis: 

Vous ne donnez pas dans mon sens. Selon mon sens. 
A mon sens. J'abonde dans votre sens. Chacun a son sens. Etc. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 287 

40 Côté d'une chose, d'un corps: 

Couper un morceau de viande du bon sens. Couper 
cette étoffe du bon sens. Mettes ce meuble de ce sens-là. 
Cela a tant de pieds en tout sens. A contre-sens. Etc. 

5^ La signification d'un discours, d'un écrit, d'une phrase, 
d'un mot: 

Le traducteur a changé le sens. Le sens littéral et le 
sens mystique de l'Ecriture sainte. Prenez bien le sens de 
ce que je dis. Cela n'a pas de sens. Ce mot a deux sens. 
Le vrai sens de la loi. Sens actif. Sens passif. Sens 
distributif. Sens collectif. Etc. 

6^ Sensualité: 

Donner tout à ses sens. Mortifier ses sens. Les plaisirs 
des sens. Etc. — Dans cette signification, sens ne se dit 
qu'au pluriel. 

Mais l's ne se prononce jamais dans sens commun, faculté 
par laquelle nous jugeons raisonnablement des choses: Cet 
homme n'a pas le sens commun. Cela est contre le sens com- 
mun. Cela choque le sens commun. 

Elle est encore muette dans le bon sens (la droite raison): 
Le bon sens est plus rare qu'on ne croit. Cet homme a du 
bon sens. // n'a que le bon sens naturel et sans culture. 
Ce qu'il dit là est de bon sens. Etc. 

On ne la prononce pas non plus dans sens dessus dessous 
(çan dçu dçoit). — Quant à de sens rassis et sens devant 
derrière, la plupart prononcent sans faire entendre l's: de çan 
racî, çan dvan dérièrr; quelques-uns font sonner l's: çance 
racî, çance devan dérièrr. 

Devant une voyelle ou une h muette, l's de sens garde 

son articulation sifflante, excepté dans le bon sens, où elle 

se lie avec l'articulation z: Un bon sens incomparable (un 
bon çan zainkonparabV). 

L's de plus se prononce distinctement dans plus-que-parfait 
et plus-pétition. — Elle sonne encore, mais avec peu de force, 
dans ces locutions: Je dis plus, il y a plus, de plus, bien 
plus, tant et plus, en plus, sans plus (signifiant sans rien 



288 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 

ajouter). Mais il faut qu'il y ait une pause forcée immédiate- 
ment après ces mots, comme dans ces phrases: 

La religion est nécessaire; je dis plus, elle est indispen- 
sable. — C'est un joueur; il y a plus, c'est un fripon. — 
H ne m'a pas obligé; bien plus, il m'a desservi. — Je me 
suis ennuyé tant et plus. — On lui a compté ce qui lui 
était dû, et mille francs en plus. — Je jouerai encore une 
partie, sans plus. 

L's sonne encore dans plus, espèce de formule signifiant 
outre cela, et dont on se sert dans les inventaires, dans les 
états de compte, etc.: Une armoire avec trois tiroirs; plus, 
une bibliothèque; — plus, la somme de cent francs. 

Beaucoup la font également sonner dans plus, adverbe 
de comparaison, quand ce mot est suivi de que: Elle en a 
plus que vous. J'en sais plus que lui. Il a reçu plus qu'il 
ne désirait. 

Mais l's ne sonne jamais dans le plus, non plus, au phis, 
tout au plus, sans plus (signifiant cessation d'état ou d'action): 
Le plus que vous puissiez faire. C'est moi qui ai donné le 
plus, ou qui ai le plus donné. — On n'exige rien de vous, 
non plus que de votre camarade. H n'est pas venu non plus. 
— A midi nous serons au plus à Versailles. Elle a tout 
au plus vingt ans, ou elle a vingt ans tout au plus. — Il se 
mit à l'œuvre sans plus différer. L'armée fit encore trois 
lieues sans plus rencontrer d'ennemis. 

Mais devant une voyelle ou une h muette, l's de plus, 
dans ces diverses locutions, sonne comme z: C'est lui qui 
est le plus à plaindre. Sa place n'a pas non plus élevé son 
caractère. On en est au plus au second acte. Les députés 
se levèrent, sans plus écouter l'orateur. 

L's de tous est muette quand cet adjectif est suivi du 
mot qu'il détermine: Tous les hommes. Tous ces enfants. 
Tous ceux qui viendront. Tous les deux. Tous deux. Tous 
les quatre. Tous quatre. J'ai lu tous ces journaux. Prenez 
tous les miens, tous les siens. Etc. Prononcez tou. — Devant 
une voyelle ou une h muette, l's sonne alors comme z: A 
tous instants (a tou-zain-stan). Etc. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS — S. 289 

Mais si le mot déterminé précède ou est soas - entendu, 
l's se prononce, et avec l'articulation sifflante, aussi bien 
devant une voyelle que devant une consonne : Les hommes 
sont tous mortels. Emportez ces livres, je les ai tous lus. 
Les députés étaient tous d'avis que . . . Tous étaient d'avis 
que . . . Ces enfants sont tous animés du désir d'apprendre: 
tous travaillent avez zèle, tous se montrent dociles; aussi sont- 
ils tous aimés de leurs maîtres. Tous tant que nous sommes. 
On les avait tous prévenus. Chacun pour tous. Ces misérables 
étaient tous pères de famille. On arrêta quinze individus, 
tous gens sans aveu. Emmenez-les tous. — Prononcez toûss. 

Dans ces phrases, le mot tous détermine en effet un 
substantif qui précède ou un substantif sous-entendu. Or, en 
pareils cas, le sens serait souvent équivoque si l'on ne faisait 
pas sonner l's de tous; par exemple, cette phrase: ils sont 
tous contents de la réception qui leur a été faite, prononcée 
en faisant entendre l's, a, pour l'auditeur, le sens qu'elle 
doit avoir, c'est-à-dire celui-ci: chacun est content de la récep- 
tion . . .; mais prononcée sans faire sentir l's (tou), elle sera 
interprétée ainsi: ils sont tout à fait contents . . . 

Pour mieux faire compendre combien l'articulation de l's 
de tous est indispensable dans les exemples que nous venons 
de citer, voici encore trois phrases analogues qui présentent 
chacune, pour l'auditeur, deux sens bien différents, selon que 
l's de tous est muette ou articulée: 

Ils ont tous vu. 

Ils sont tous fiers de leurs actions. 

Us attendaient tous ce qu'on leur avait promis. 

Le vrai sens de ces phrases, dans lesquelles l's de tous 
doit être prononcée, est celui-ci: 

Chacun d'eux a vu. 

Chacun d'eux est fier de ses actions. 

Chacun d'eux attendait ce qu'on lui avait promis. 
Si l'on ne prononçait pas l's, l'auditeur pourrait donner à ces 
phrases cette signification bien différente: 

Ils ont vu toutes les choses. 

Ils sont tout à fait fiers de leurs actions. 

Ils attendaient toutes les choses qu'on leur avait promises. 

Lesaint, Prononciation française. 3'"» éd. 1Q 



290 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — S. 

L's finale des mots compris dans les listes pages 262 à 
278, doit toujours se faire sentir dans la conversation, dans 
la lecture de la prose et dans le discours: hélas! jadis, 
mœurs, par exemple, doivent toujours se prononcer élâss, 
jadîss, meurss. — En poésie, dans la déclamation surtout, 
la licence poétique permettant d'assujettir à la rime la pro- 
nonciation de la dernière syllabe d'un vers, on prononce élâ, 
jadî, meur, quand la rime l'exige. C'est ainsi que les poètes 
font quelquefois rimer broc, dont le c final ne se prononce 
pas ordinairement, avec froc, troc, dont le c se prononce 
toujours; on fait alors, en lisant ou en déclamant, sonner le c 
comme k: brok, fràk, trok. — Pallas, Léonidas, dont l's 
finale se fait toujours sentir dans la prose, riment également 
bien avec appas, bras, etc., dont l's est toujours muette; dans 
ce cas, on prononce Pal-la, Lé-o-ni-da, en rendant l's tout à 
fait muette. — Vénus, Momus, riment bien aussi avec aperçus, 
etc. — Tliémis, Sémiramis, avec indécis, précis, etc. — Dans 
ce vers, de Racine: 

Un seul osa d'Aman attirer le courroux, 
Aussitôt de la terre ils disparurent tous. 

courroux (qui se prononce Jcourou) demande, pour la rime, 
la prononciation tou. Partout ailleurs, il faudrait faire sonner 
l's: toûss. — Mais cette prononciation exceptionnelle, qu'exige 
la rime et qu'autorisent les licences de la poésie, serait dé- 
placée ailleurs que dans la lecture des vers et dans la décla- 
mation; dans la conversation, dans la lecture de la prose et 
dans le discours public, ce serait enfreindre les lois de l'usage 
ou prouver que l'on ignore la bonne prononciation, que de 
rendre muette une lettre qui doit être prononcée, ou de faire 
entendre une lettre qui doit toujours rester muette. 

En armoiries, fleur de lis se prononce fleur de lî (s muette) : 
Fleur de lis d'or, d'argent Autrefois Vécu de France avait 
trois fleurs de lis d'or en champ d'azur. Cette famille porte 
une fleur de lis dans ses armoiries. Semé de fleurs de lis.* 

Partout ailleurs, lis se prononce liss: Un lis blanc. 
Blanc comme un lis. Teint de lis. Le lis est le symbole de 



1 tl^ur de Jis, terme héraldique (autrefois Jleur de lys), est une corruption de 
Jieur de Loyn, ancienne orthographe de Loxiis. 



CONSONNES ES LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 291 

l'innocence. Les lis, l'empire des lis, le trône des lis (se 
disaient autrefois de la France). 

On fait entendre l's et le t de Christ quand ce mot 
n'est pas précédé de Jésus: un Christ, le Christ (prononcez 
Jcristt). Mais dans Jésus-Christ et Antéchrist, Ts et le t sont 
toujours muets: jézu-hri, antekri. 

L's ajoutée à la fin des substantifs, des adjectifs, etc., 
comme signe du pluriel, ne se prononce pas, à moins qu'elle 
ne soit suivie d'un mot commençant par une voyelle ou une 
h muette, encore y a-t-il de nombreuses exceptions. 

Dans les verbes, l's finale est également muette: tu aimes,, 
je finis, que nous reçussions, etc.; mais on fait quelquefois 
sonner l's quand le mot suivant commence par une voyelle ou 
une h muette. 

(Voyez, pour la liaison de la lettre 8 finale d'un mot 
avec la voyelle initiale du mot qui suit. Liaison des mots 
entre eux, lettre S.) 

Lorsque la lettre s est doublée, on n'en prononce qu'une, 
qui est la seconde: essence, bécasse, Guy-Lussac, Mississipi, 
etc. Pourtant, dans le discours soutenu et dans les vers on 
appuie un peu sur la première s dans assa fœtida, asservir^ 
asservissement, amplissime, helUssime, compressible, généralis- 
sime, grandissime, illustrissime, intussusception , Manassès, 
Nessus, rarissime, richissime, transsudation, transsubstantia- 
tion, vicissitude. 

T. 

La consonne linguale t s'articule de deux manières: 
Son articulation propre, t, s'entend dans table, tel, Titan, 

TobolsJc, tulipe, tyran, etc. 

Son articulation accidentelle, s sifflante, s'entend dans 

action, patience, captieux, initié, etc. Prononcez alc-cion, pa- 

ciance, kap-cieu, i-ni-cié. 

Au commencement des mots, le t garde toujours son 
articulation propre: la Tamise, la langue tchèque, bataille de 
la Tchernaia, Tchougoiiïev (ville), ténor, Thalie, thèse, thym, 

19* 



292 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 

tien (nom du ciel chez les Chinois), Tlemcen (ville), Tschudi 
(historien), Tzetzès (poète grec), etc. — Prononcez ta-mîze, 
tchèk, tcMr-na-ia, tcJiou-gou-ièf, . . . talî, . . . tain, ti-ain, tlème- 
cène, tchu-di, tzètt-zèss. 

Au milieu des mots, il fait entendre la même articulation 
quand il n'est pas suivi d'un i et d'une autre voyelle: Albrechts- 
berger (compos. allemand), Althirch (ville), arithmétique, Bitche 
(ville), le golfe de Bothnie ou Botnie, Bothwell, le mont Etna, 
Gortschako/f, partner (ou partenaire), rhythme, rhythniique 
(ou rythme, rythmique), etc. Prononcez al-brèJctss-bèrjé, altt- 
MrJc, aritt-métik, hbtt-nî, hbtt-vèl (quelques-uns: bbtt-ouèl), 
ètt-na, gbrttchakbff, partt-nèrr, ritt-m', ritt-mik. — On excepte 
Kamtschatka, Kamtschadales, Westminster, Westphalie, qu'on 
prononce kame-chatt-ka , kamechadal, vèss-mainss-tèrr , vèss- 
fali. Voyez, page 190, asthmatique, asthme, isthme, isthmien 
ou isthmique, mots dans lesquels on supprime aussi le t dans 
la prononciation. 

Devant y, le t garde toujours son articulation propre; 
néanmoins, il se prononce comme 8 dans amphictyonie , am- 
phictyonique, amphictyons. Dites anfik-ci-o-nî, anfik-ci-o-nik, 
anfik-cion. Telle est du moins la prononciation des lycées, 
et celle de Nodier, Poitevin, Bénard, Larousse. L'Académie 
est muette ici comme sur beaucoup d'autres mots. Nap. 
Landais et Gattel laissent au t son articulation propre: anfik- 
ti-o-nî, etc., prononciation plus conforme à l'analogie. 

Th, quelle que soit sa position dans le mot, se prononce 
toujours t: antipathie, apathie, Arimathie, Buthiau (nom pr.), 
Mathieu ou Matthieu, Ponthieu (petit pays de l'anc. Picardie), 
Scythie, Sithieu ou Sitieu (ancien nom de Saint-Omer), sym- 
pathie, etc. Dites antipatî, . . . ari-matî, butiô, matieu, pontieu, 
citî, citieu ou citiu, çain-patî. — Chrestomathie ne fait pas 
exception: prononcez donc krèss-to-mati, et non, comme quel- 
ques-uns, krèss-to-macî. 

Quand haut entre dans la composition d'un mot, le t 
est muet devant les consonnes: hautbois, hautboïste, Hautpoul 
(général d'), etc. Prononcez ôboâ, ôbo-istt, ôpoul. — Mais le 
t sonne devant les voyelles: Hauteroche (auteur dram.), 
hauteur, Hauteville, etc. 



CONSONNES ET LEUKS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 293 

Il en est de même du t de mont: Montbarcl (ville), 
Monthazon (ville, etc.), Montbéliard (ville), Monthlazon (ville)5 
Montcalm, Montcenis (ville), Montfaucon (village), Montferrat 
(maison célèb.), Ilontgolfier, Montgommery (village), Mont- 
Joie (anc. cri de guerre des Français), Montlhéry (bourg), 
MontUeu (ville), Montlosier, Montluçon (ville), Montmartre 
(ville),' Montmécly (ville), Montmiraïl (ville), Montmorency, 
Montpellier (ville), Montpensier, Montréal (ville, etc.), 3Iont- 
rose (duc de), Montrouge (village), etc. Prononcez monbar, 
. . . monTialm, mon-s'ni, . . . monfèra, . . . mon-gbme-ri, nionjoâ, 
mon-léri, . , . mon-mira-ye, mon-moranci, monpèlié, . . . monré- 
al, monrôze, monrouje. — Toutefois le t se prononce, par 
exception, dans Montreclon (ville), Ilontrejeati (ville), 3Ion- 
trésor (favori de Gaston d'Orléans, etc.), Montret (bourg), 
Montretout (un des forts de Paris), Montreuil (ville), Mon- 
trevault (bourg), 3Iontrevel (ville), Montrichard (ville). Dites 
montre-don, montre-jô, . . . montreu-ye, montre-vô, . . . montrichar. 
— Devant les voyelles, comme devant h, le t s'entend toujours: 
3Iontalban, Montargis, Montauban, Montereau, Monthyon, ou 
mieux Montyon, etc. Prononcez montalban, montarji, . . . 
montré, montion. 

On suit la même règle dans la prononciation de pont: 
Pontchartrain , Pont-de-l' Arche, Pontgibaud, Pont-VEvêque, 
Pont-Neuf, etc. Dites ponchartrain, pon-d'larche, pon-jihô, 
pon-lévêk, jjon-neiif. — Le t sonne néanmoins, par exception, 
dans Pontremoli (v. de Toscane) , Pontrieux (bourg). Pro- 
noncez pontre-moli, pontri-eu. — Il s'entend toujours devant 
les voyelles, ainsi que devant h: Pont-Audemer, Pont-Euxin, 
Ponthieu, Pontoise, etc. Dites pontôd-mèrr, pon-teulc-çain, 
pon-tieu, pon-toâze. 

Quelques-uns suppriment également, dans la prononciation, 
le t de post devant les consonnes: postcommunion, Postdam 
(mauvaise orthographe employée souvent pour Potsdam), post- 
date, postdater, post-scriptum, etc. Prononcez pbss-ko-mu-nion, 
pbss-dame, poss-datt, . . . pbss-ltrip-tbme. D'autres prononcent 



1 Montmartre autrefois une petite ville de 7000 habitants, au nord de Paris, 
maintenant un quartier de Paris même sur une colline dite butte Montmartre, et d'où 
l'on découvre toute la capitale. 



294 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 

le t et disent post-kd-mu-nion, pots-dame, etc. — Devant les 
voyelles, le t sonne toujours: xwstage, postérieur, etc. 

Dans quelques mots, tels que Dantzich, Fits-Gérald, 
Fitz- James, etc., le t reçoit l'influence de la consonne qui 
suit, et se prononce un peu comme d. 

Au milieu du mot, le t, quand il est immédiatement 
suivi d'un i, ne se prononce pas toujours de même: il prend 
tantôt l'articulation propre: t, et tantôt l'articulation acciden- 
telle: s. Un grand usage est presque indispensable pour faire 
cette distinction. Voici néanmoins des règles: 

Ti se prononce toujours ti devant les consonnes; mais 
devant les voyelles il se prononce tantôt ti et tantôt ci. — 
On a vu plus haut que t, suivi immédiatement de h ou de y, 
garde toujours l'articulation propre, si ce n'est dans ampMc- 
tyonie, etc. 

Ti se prononce ti devant les voyelles: 

1^ Dans tous les mots où il est précédé d'une S ou d'un 
X, comme dans amnistie, Bastia, Bastien, bastion, bestial, com- 
bustion, digestion, dynastie, Ephestion ou Héphestion, hostie, 
mixtion, Sébastien, suggestion, vestiaire, etc. On prononce 
ame-niss-tî, bas-tia, . . . miks-tion, . . . çug-jès-tion, vès-tièrr. 

2^ Dans les syllabes tié, tier, tiers, tiè: amitié, chantier, 
entier, frontière, inimitié, layetier, moitié, Noirmoutiers, pitié, 
Poitiers, portier, portière, quartier, volontiers, ainsi que dans 
châtier et toutes les parties de ce verbe. Prononcez a-mitié, . . . 
i-ni-mitié, lè-ye-tié, etc. — On excepte initié, profontié (vieux), 
insatiété, satiété, et les cinq verbes argutier, balbutier, dijféren- 
tier, initier, transsubstantier, mots dans lesquels tié et tier 
se prononcent cié: i-nicié, . . . ça-ci-été, . . . tran-çub-stancié. 

3^ Dans la syllabe tie précédée d'une consonne: garantie, 
ortie, partie, repartie, sortie, etc. Prononcez garan-tî, etc. 
Excepté dans gilbertie (arbre), ineptie, inertie, rhinoptie (t. de 
méd. : difformité), où le t prend l'articulation accidentelle: 
nlbèrcî, i-nèpcî, i-nèrcî, ri-nèp-cî. — Après les voyelles, tie, 
ainsi qu'on le verra tout à l'heure, se prononce cî; excepté 
dans Clytie (nymphe), épisootie, rôtie, sotie, tutie, où le t 
garde l'articulation propre: kli-tâ, épiso-otî, rôti, ço-tî, fu-tî. 
— Voyez plus loin seotie. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 295 

40 Dans tième et tièmement: quantième, septième, 
septièmement, vingtième, vingtièmement, centième, centièmement, 
pénultième, antépénultième, etc. Prononcez kan-tième, cè-tième, 
. . . pé-nul-tième, antépé-nul-tième. 

50 Dans les syllabes tien, tienne: chrétien, entretien, 
maintien, inchrétien, inchrétiennement, soutien, antienne, chré- 
tienne, etc. On prononce kré-tian, . . . main-tiain, etc. — 
Mais dans les noms de personnes (excepté Chrétien), de peuples, 
de lieux, de races, de sectes, t, dans tien, tienne, prend 
l'articulation s. Voyez plus loin. 

6^ Dans centiare, Critias (tyran d'Athènes), éléphantiasis, 
étiage, galimatias, tiare, ainsi que dans les mots avec antia 
(anti-a . . . ), tels que antiacide, antiapoplectique, etc. Pro- 
noncez, çan-tiar, kri-ti-âss, éléfan-ti-azîss, é-tiâje, gali-ma-tiâ, . . . 
anti-acid, anti-apoplèk-tik. — Partout ailleurs, tia se pro- 
nonce cia. ' 

70 Dans s^tiologie ou étiologie, étiolement, étioler. Pro- 
noncez é-tiolojî, é-tiùl-man, é-tiolé. — Dans tous les autres 
mots, la syllabe tio se prononce cio. 

8^* Dans commation (une des six parties du chœur dans 
la comédie grecque), Bagration (génér. russe), Pétion ou 
Péthion (anc. maire de Paris). On prononce kbme-ma-tion, 
bagra-tion, pé-tion. — T, dans la syllabe tion, s'articule 
comme s partout ailleurs. 

90 Enfin, dans tous les verbes dont le participe présent 
est en tant, comme contractant, gâtant, intentant, mettant, 
partant, sortant, etc., le t gardant l'articulation propre dans 
toutes les parties du verbe, on prononce, à l'imparfait de 
l'indicatif et au présent du subjonctif, nous contractions, vous 
contractiez; ; nous gâtions, vous gâtiez; nous intentions, vous 
intentiez, etc., en faisant entendre t, et jamais s. 

1 En latin, ti. non précédé de s ou x, et suivi d'une voyelle dans le même 
mot, se prononce toujours cl, ce qui explique la prononciation française ci dans les 
syllabes tla . . , tie . . , tio . . , etc. Il y a en français des exceptions, que nous 
indiquons toutes, et dont la plupart sont justifiées par l'étymologie. Par exemple, 
centiare vient de cent; éléphantiasis, d'étépliant; étiage, d'été; galimatias, de gallvs 
Mattiiie; dans tiare, le t est initial. Entier vient AHnteger; garantie, du latin barbare 
warens, anglais warrant, français garantir, d'où garantie; moitié, de medietas. Etiolé 
vient, croit-on, du latin stylus. 

Nous ne savons pourquoi Critias fait exception à la règle, quand on y a soumis 
tous les noms étrangers: Miltiade, Spartiate, Martianay, etc. 



296 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 

Mais ti, non précédé de s ni de x, se prononce ci 
devant les voyelles: 

1^ Dans le mot patient et tout ses dérivés: patiemment, 
patience, patienter, impatiemment, impatience, impatient, im- 
patientant, impatienter; — dans ces termes de mathém. : 
superpartient, sur-bi-partiente-tierce, surpartient, sur-quadri- 
partiente; — enfin, dans quotient. — Prononcez pa-cian, pa- 
cia-man, . . . ain-pa-cia-man ; . . . çupèrpar-cian , çur-bi-par- 
ciantt-tièrss, . . , çur-kouadri-parciantt; ko-cian. 

20 Dans tia . . .: Abantiade ou Abantide (descendant 
d'Abas, ancien roi d'Argos), abbatial, Alétiade (descendant 
d'Alétès, roi de Corinthe), — bantiale, — consubstantialité, 
consubstantiateur, consubstantiation, — • differentiation, — égi/p- 
tiac, égyptiaqiie, — gentiane, gentianées, gentianéine ou gentia- 
nine, gentianelle, gentianin, gentianoïde, — impartial, impar- 
tialement, impartialité, infortiat (2® volume du Digeste), initial, 
initiateur, initiatif, initiation, initiative, insatiable, insatiable- 
ment, insatiabilité, — L?e.titia, — martial, dom Martianay 
(bénédictin), Miltiade, — nicotiane, nicotiané, nicotianine ou 
nicotine, — pancratial ou pancratiaste, partial, partialement, 
partialité, primatial, propitiation, propitiatoire, — Spartiate, 
strontiane, strontianique, strontianite, — tatianien, ou tatia- 
niste, ou tatianite, tertianaire, transsubstantiation. — On pro- 
nonce aban-ciad, aba-cial, alé-ciad, . . . konçubstan-cialité, . . . 
éjip-ciaJc, . . . jan-ciane, . . . jan-ciané-ine, . . . jan-cia-no-id, 
ainpar-cial, . . . ainfor-cia, i-ni-cial, . . . ainça-ciabV , . . . léti- 
ci-a, . . . mar-cia-nè, mil-ciad, niko-ciane, . . . pankra-cial, . . . 
spar-ciatt, stron-ciane, . . . ta-cia-niain, ta-cia-nistt, . . . tèr- 
cia-nèrr, transs-ç ub-stan-ci-acion. 

Les seuls mots dans lesquels tia se prononcent tia sont 
au nombre de six. Voyez page 295, 6*^. 

3^ Dans la syllabe tiaiix, sans exception: pénitentiaux, 
impartiaux, sapientiaux, etc. — Prononcez pé-nitan-ciô, . . . 
çapi-an-ciô. 

é^Dans la terminaison tiaire, sans exception: confidentiaire, 
partiaire, pénitentiaire, plénipotentiaire, rétiaire, tertiaire, etc. — 
Dites konfidan-cièrr, par-cièrr, . . . plé-nipotan-cièrr, etc. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 297 

5 Dans la syllabe tiel, sans exception: confidentiel, con- 
fidentiellement, essentiel, partiel, partiellement, pénitentiel, po- 
tentiel, substantiel, etc. — On prononce Iconfidan-cièl , . . . 
par-ciel, . . . çub-stan-cièl. 

6<^Dans les syllabes tieux, tieuse, sans exception: ambitieux, 
ambitieuse, captieux, dévotieux, facétieux, factieux, minutieux, 
minutieusement, etc. — Prononcer anbi-cieu, . . . Tcap-cieu, . . . 
mi-nucieu, etc. 

7^ Dans la syllabe tio: a fortiori (à plus forte raison), 
arctione (plante), cératiole, gratiole, impétiolaire,^ pétiolaire, 
pétiole, pétiole, ratiocination, ratiociner, rational (étoffe sur la 
poitrine du grand prêtre des Juifs), rationaliser, rationalisme, 
rationaliste, rationalité, tertio. — On prononce a for-ciori, 
ark-cione, céra-ciol, . . , ain-pé-ciolèrr, . . . ra-cio-ci-nacion, . . . 
tèr-ci-o. — Voyez les trois exceptions page 295, 7^. 

8^ Dans la syllabe tion: caution, cautionner, condition, 
conditionnel, faction, factionnaire, ignition, jonction, lotion, 
nation, national, nationaliser, nationalité, onction, portion, 
portioncule, protection, protectionniste, rationnel, sujétion, 
tortionnaire, etc. Prononcez kô-cion, Jcô-cid-né, . . . ig-ni-cion, 
. . . onk-cion, etc. Voyez les trois exceptions page 295, 8*^. 

90 Dans tium (terminaison d'un très petit nombre de 
mots), sans exception: Actiuni, arctium, Latium, strontium, 
etc. Dites ak-cibme, ark-cibme, la-ciàme, stron-ciome. 

10^ Dans la syllabe tius (qui ne se trouve guère qu'à 
la tin de noms propres), sans exception: Aétius (génér. romain), 
Grotius, Helvétius, Horatius Codés, Mutins, Pontius, Tatius, 
térétiuscule (cylindrique), etc. On prononce a-é-ci-ûss, . . . 
ora-ci-ûss kàklèss, . . . téré-ci-uskul. 

11^ Dans la syllabe tien, quand elle termine des noms 
de personnes, de peuples, de lieux, de races, de sectes: 
Aléoutiennes (îles), Béotien, Capétien, Bioclétien, Domitien, 
Egyptien, Epipontienne (surnom de Vénus), exou^ontien 
(membre d'une secte arienne), Gratien (nom d'homme), St- 
Gratien (village), Helvétien, Jioratien (poésie imitée d'Horace), 



1 Impétiolaire, pétiolaire, pétiole, pétiole. Tous les dictionnaires, d'accord avec 
l'usage, prononcent ain-pé-ciolèrr, pé-eioUrr, pé-cibl, pé-ciolé. Nap. Landais seul pro- 
nonce ain-pétiol'err, etc. 



298 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS, — T. 

lilliputien, Tatien (philosophe), le Titien, trihunitien (qui 
appartient au tribunal), Vénitien, etc. Dites alé-ou-ciène, 
bé-o-ci-ain, . . . ég-zou-hon-ci-ain , , . . lil-lipu-ci-ain , etc. — 
On excepte Chrétien (nom d'homme), chrétien, chrétienne, 
chrétiennement, chrétienté, inchrétien, inchrétiennement, mots 
dans lesquels le t conserve son articulation propre. — Quant 
aux substantifs antienne, maintien, soutien, etc., voyez 
page 295, 5». 

120 Dans toutes les terminaisons atie, étie, itie, otie, 
utie: aristocratie, autocratie, Croatie, Dalmatie, démocratie, 
diplomatie, Galatie, ochlocratie, polycratie, primatie, Sarmatie, 
stratocrafie, suprématie, théocratie, — facétie, goétie, prophétie, 
péripétie, Rhétie, Vénétie, — calvitie, impéritie, la Nigritie, — 
la Béotie, la Scotie (ancien nom de l'Hibernie), scotie (moulure 
de colonne),* — argutie, minutie, etc., etc. — Prononcez 
ariss-tokra-cî . . . kro-a-cî, dal-ma-cî, dé-mokra-cî, dlplo-ma-cî, 
. . . oklo-kra-cî, . . . pri-ma-cî, çar-ma-cî, . . . çupré-ma-cî, . . . 
facé-cî, go-é-cî, profé-cî, etc. — Toutefois le t se fait entendre 
avec l'articulation propre dans cinq mots terminés par otie. 
Voyez page 294, 3^. 

13O Enfin, le t se prononce encore comme s sifflante: 
1^ dans gilbertie, ineptie, inertie, rhinox^tie; 2*^ à toutes les 
parties des cinq verbes argntier, balbutier, différentier, initier, 
transsubstantier ; 3^ dans initié, profontié (vieux), insatiété, 
satiété (voyez tous ces mots page 294, 2" et 3^); 4^ dans 
balbutiement. — Prononcez jilbèr-cî, . . . ain-ça-ciété, . . . 
balbu-cî-man. 

Le t final est le plus souvent muet; on le fait néanmoins 
entendre, devant une consonne comme devant une voyelle, dans 
tous les mots dont nous allons donner la liste: 
abdest {ab-dèstt), 1 aconit (ako-nitt), 

abject (ab-jèktt), l alchaest {alka-èstt), t. d'alch., 

abrupt (abrupit), Allioth {al-libtt), étoile, 

accessit (ak-cè-citt),^ \ aneth (a-nètt), plante, 



1 Scotie, moulure de colonne, se prononce généralement sko-cî. L'Académie, 
Kodier et Poitevin ne parlent pas de la prononciation de ce mot. Nap. Landais dit 
ako-tî. Gattel, Sardou et d'autres, sko-cî, ce qui est conforme à l'usage. 

2 D'après la prononciation de Genève et de toute la Suisse française le t final 
reste toujours miiet dans ce substantif. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 



299 



apt {aptt), 

arroîv-root (arou-rôte), — 
voyez la note page 102, 

azimut {azi-mutt), 

halast ou lest (ba-lastt, lèstt), 

hardit (barclitt), 

bat (batt), queue de poisson, 

batz (Jbatss), 

biscapit (biss-kapitt), 

bismuth {biss-mutt), 

brut {brutt), 

caput-mortuum (kaputt-mortu- 
omé), 

Christ Qtristt), — un Christ, 
le Christ. Mais Jésus-Christ 
se prononce jézu-kri, 

chut! {chutt) interj., mot souf- 
flé, non prononcé, 

cobalt (ko-baltt), 

compact (konpaktt), 

comparuit {konparu-itt), 

compost {konpbstt), 

comput {konputt), 

concept (koncèptt), 

contact (kontaktt), 

correct {kbrèktt), 

coutt (koultt), bois, 

czarowitz, — voyez page 130, 

déficit (déficitt), 

direct {dirèktt), 

dot (dott), 

échec et mat (é-chèk-é-matt), 
t. du jeu des échecs, 

est, ou orient, et ses composés; 
nord-est, sud-est (èstt, nor- 



dèstt, çu-dèstt); — mais est 
du verbe être se prononce è, 

et, dans toutes les expr. la- 
tines: et cetera, ab hoc et 
ab hac, etc. {ètt, ètt cetera, 
ab bk ètt ah ak), 

et tutti quanti {ètt tut-ti houan- 
ti), expr. italienne, 

exact (ég-zaktt), 

exeat {ég-zé-att), 

fat (fatt), 

feldspath {fèld-spatt), 

fiât [fi-att), 

fist-de- Provence {fistt-de-pro- 
vance), oiseau, 

fist-juri {fistt-juri), plante, 

flint-glass {flinn-t'-glass), cris- 
tal; — à la française, flain- 
glass, 

frist-frast {fristt-frastt), t. de 
fauconnerie, 

granit {gra-nitt), • 

guit-guit{gitt-gitt, g dur), oiseau, 

hast [arme d'] {astt), 

heurt (eurtt), 

hutten-nicht (ut-tène-nitt), 

incorrect (ain-kb-rèktt), 

indirect (ain-di-rèktt), 

in-dix-huit [ain-di-zuitt), 

induit [ain-diûtt), 

inexact (i-nég-zaktt), 

inhalt (i-naltt), 

infect {ain-fèkt), 

intact (ain-taktt), 

intellect (ain-tèl-lèktt). 



1 Bufifon écrivait granité. (Edition princeps. Imp. Royale, 1749, vol. I 
page 277.) On a retenu cette prononciation. — Néanmoins, plusieurs prononcent 
grani. 



30Q CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS — T. 



introït (ain-tro-itt), 

ita est (ita èstt), t. de palais,' 

knout {Icnoutt), 

last (lastt), poids, mesure, 

last-gelt (last-gèltt) , droit de 
fret, 

lest (lèstt), 

licet (li-cètt), [Allemagne, 

lotîi (lott), ancien poids en 

lut (lutt), enduit, 

luth {lutt), instr. de mus.. 

Magnificat (mag-nifikatt), can- 
tique, 

malt (maltt), grain germé, 

mammouth {ma-moutt), 

mast (mastt), 

mat {matt), sans éclat, — voyez 
échec et mat, 

moult (moultt), beaucoup, vieux, 

obit (oMtt), 

occiput (ok-ciputt), 

opiat {o-piatt),^ 

ost {àstt), armée, vieux, 

ouest, ou occident, et ses com- 
posés: nord-ouest, sud-ouest 
(ou-èstt, nbr-dou-èstt, çu- 
dou-èstt), 

part [parti), t. de jurisp., 

pat (patt), t. d'échecs, 

pick-pocket (pik-pbkètt) , mot 
anglais: filou, 



post (postt), poisson, 

prétérit (prétéritt), 

putput [putt-putt), oiseau, 

pst! — interj. soufflée, non 
prononcée, 

quant à . . . (kan ta), 

quapactolt {koua-pak-toltt), 

quartz (kouartss), 

rapt (raptt), 

rit ou rite {ritt), 

rout ou raout,^ 

rut (rutt), 

satisfecit (çatiss-fé-citt), 

sedlitz (cèd-litss), 

sinciput (çain-ci-23utt),* 

snialt {smaltt), 

spalt {spaltt), 

spath (spatt), 

spint {spinn-f; — à la fran- 
çaise, spaintt), mesure de 
Hambourg, 

st! interj. soufflée, non pro- 
noncée, 

Stahat Mater (stabatt matèrr), 

steamboat (stime-bôte), 

strict (striktt), 

tact (taktt), 

tacet (tacètt), 

tect [tèktt), t. de vénerie, 

toast ou toste {tbstt, o bref et 
ouvert), 



l Le palais, -pour le palais de justice: c'est le lieu où les tribunaux rendent 
la justice. — Gens de palais, les juges, avocats, avoués, huissiers, etc. — Terme de 
palais, terme usité dans les tribunaux. 

- La plupart prononcent opiatt. Nodier et Bénard disent opia. 

3 Rout, mot anglais: assemblée nombreuse, multitude réunie pour le plaisir, 
pour la danse, la musique, le jeu, etc.; c'est ce qu'on nomme cercle à Paris. — 
Quelques-uns écrivent raout. On prononce généralement roûtt (ou long). Plusieurs 
disent ra-oûtt. 

i Quelques-uns prononcent çain-ci-pu. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 



301 



transeat (tran-cé-att), 
transept (tran-cèptt), 
transit (tran-sitt), 
trépost ou tréport {trépostt, 

trépor), t. de mar., 
trest (trèstt), toile à voile, 
turbith (tur-bitt), 
tut ou tutte (tutt), creuset, 
uranit ou uranite iura-nitt), 

t. de miner., 
ut [utt), note de mus.. 



véniat (vé-ni-att), 

vivat (vivatt), 

Voult [Saint-] de Lucques 
(çain-voultt de luJc), image 
du Christ, 

whist, quelquefois wisk {ouistt), 

wootz {voutss), 

wurtz {vurtss), caisson d'ar- 
tillerie, 

zénith {zé-nitt), 

le zist et le zest{le zistt é V zèstt). 



aspect. 



but. 



Les avis sont partagés sur la prononciation des dix-huit 
mots suivants: 

alphabet. — On prononce généralement alfabè. — Quelques- 
uns (Aubertin, Sardou) font sonner le t: alfabètt. 

— Asp>èk est la prononciation ordinaire. — Néan- 
moins, plusieurs (Nodier, Bénard, Larousse) disent 
aspè. Morin de Clagny lui-même prononce à l'aspè 
du trépas. 

— Le t est muet: bu. — Plusieurs, en très petit 
nombre (Sardou, Morin), prononcent butt. 

circonspect. — Le c sonne comme k, et le t est muet: cir- 
conspek. Telle est la prononciation la plus suivie. 

— Aubertin dit cirkonspèktt.. — Dans le féminin 
circonspecte, le c et le t sonnent fortement: cir- 
honspèktt. 

distinct. — Beaucoup (Bénard, Larousse, Nap. Landais, 
Larcher), prononcent le c et le t: diss-tainktt. — 
D'autres (Nodier, Gattel) rendent le t muet: diss- 
taink. — Aubertin prononce diss-tain. — Dans le 
féminin distincte, et dans les dérivés distinctement, 
distinctif, distinction, etc., le c se prononce toujours : 
diss-tainktt, diss-taink-tif, diss-taink-cion. 

fait (substantif). — On prononce généralement fè, — Nodier 
dit: Prononcez fè ou fètt. — Aubertin fait cette 
observation: Le t est muet, excepté à la fin d'une 
phrase, et dans dire à quelqu'un son fait. 



302 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 



et pour le trancher net. 

L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait. 

MOLIÈRE. 

Au pluriel, toujours fè, 

fret. — Les capitaines de navire, les négociants, etc. 

disent frè, et cette prononciation est celle de la 
plupart des lexicographes. — Pourtant, l'Acad., 
Nodier, Poitevin et Sardou prononcent frètt. 

gent (substantif) : — La gent qui porte le turban (les Turcs), 
la gent trotte-menu (les souris). — Gent (adjectif): 
joli, bien, fait, vieux (de gentil): Une gente fille. 
— Gent se prononce ordinairement jan. 

indistinct. — Même observation que pour distinct. — Toute- 
fois, Nodier, qui donne la prononciation distaink, 
ne dit rien à indistinct. 

mot — Toujours mô, si ce n'est dans la vieille comédie, 

où l'on fait encore quelquefois sonner le t: mbtt. 

net. — Le t se prononce toujours: style net (nètt), 

parler net (nètt). Tel est l'avis de l'Acad. (lettre T), 
de Bénard, Aubertin, Sardou, Larousse. — Nodier 
et Nap. Landais prononcent toutefois ne. 

respect. — Rèspèk et rèspè: ainsi parle Nodier, qui a 
raison. — Bénard, Larousse, sont pour rèspè. — 
Aubertin, Sardou, Nap. Landais, Gattel, disent 
respèk, qui est la prononciation du plus grand 
nombre — Respect humain se prononce toujours 
rèspèk u-main. 

sot. — L'adjectif se prononce çô au masculin. — Dans 

les anciennes comédies, on fait quelquefois sonner 
le t du substantif: Vous êtes un sot (çôtt) en trois 
lettres, mon fils, molière, Tartufe. — Aujourd'hui, 
quelques-uns prononcent encore le t quand ce mot 
est dicté par le mécontentement, la colère, l'in- 
dignation: Taises-vous, vous êtes un sot (çôtt). 
Suivant Morin, cette prononciation est du style 
familier. 

subit. — Un grand nombre (Nodier, Nap. Landais, La- 

rousse, Larcher, Gattel) prononcent çubi. — L'Acad. 
(à la lettre T) et Sardou font sonner le t: çuhitt. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



303 



succinct. 



suspect. 



test. 



vermout. 



Sept, 
ces quatre 
plus grand 

Sept, 
multiplient, 

Si le 
muette, on 



Cette dernière prononciation, outre qu'elle ne 
permet plus l'équivoque avec le paronyme suM 
(participe de subir), est plus expressive que l'autre. 

— Nodier et Gattel donnent la prononciation çuJc- 
çaink, que nous croyons entièrement inusitée. Au 
féminin, succincte, il faudrait dire, en faisant 
entendre le t: çuk-çainktt. — Bénard et Aubertin 
disent çuk-çain, et cette prononciation a peut-être 
pour elle l'usage du plus grand nombre. Au fé- 
minin, çuk-çaintt. — Nap. Landais, Larousse, 
Larcher, font sonner le c et le t: çuk-çainktt, au 
masculin comme au féminin. — Dans succinctement, 
les uns prononcent le c, les autres le rendent 
muet: çuk-cainktt-man, çuk-çaintt-man. 

— Selon les uns (Nodier, Sardou, Gattel), le t est 
muet au masculin: çuss-pèk. — D'autres (Bénard, 
Larousse, Aubertin) font sonner le t: çuss-pèktt. — 
Au féminin, le t s'entend toujours. 

— Quand ce mot est employé comme terme anglais : 
Acte et Serment du Test, on prononce généralement 
le t: tèstt. — Quand il signifie l'enveloppe calcaire 
des huîtres, des tortues, des moules, etc., ou la 
tunique extérieure des semences, on prononce tè 
et tèstt. — Quand il désigne une grande écuelle 
de terre dont on se sert pour l'opération de la cou- 
pelle, on l'écrit aussi quelquefois têt, et l'on pro- 
nonce tèstt ou tête, suivant l'orthographe. — Nap. 
Landais prononce tè dans toutes les acceptions. 

— Tout le monde prononce le t: vèr-moutt. 
Nodier et Nap. Landais nous paraissent oppos^ à 
l'usage en disant vèr-mou. 

huit, vingt, quatre-vingts. — La prononciation de 

noms de nombre demande a être étudiée avec le 

soin. 

huit. Devant un mot qu'ils déterminent, qu'ils 

ou prononce cètt et ce, uitt et ui. 
mot qui suit commence par une voyelle ou une h 
prononce cètt, uitt. Exemples: Sept enfants. Huit 



304 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 

arbres. Dix-sept autres livres. Vingt-hmt heureuses familles. 
Cent sept histoires, etc. — Mais si le mot suivant commence 
par une consonne ou une h aspirée, le t est muet: on dit 
ce, ui. Exemples: Sept grands enfants. Huit maisons. Dix- 
sept petits livres. Vingt-huit héros. Cent sept hussards. Etc. 
Dans tous les autres cas, c'est-à-dire quand sept, huit, 
ne sont pas suivis d'un mot qu'ils déterminent, qu'ils mul- 
tiplient, le t final sonne fortement, comme dans ces exemples: 
Nous serons sept ou huit. Le sept janvier. Le vingt-hnit 
avril. Argent à sept pour cent. Livre sept. Page trente- 
huit. De neuf cent dix -sept qui sont partis, il n'en est 
revenu que trois cent vingt-huit. 

Vingt. Quand ce mot est pris isolément ou qu'il se 
trouve à la fin d'une phrase, on prononce vain: seize et quatre 
font vingt, etc. Même prononciation quand il est suivi d'un 
mot commençant par une consonne ou une h aspirée: vingt 
grandes mmsons, vingt hussards, le vingt juin, etc. — Mais 
le t sonne devant les voyelles et dans toute la série de 21 
à 29: vingt auteurs, vingt anciens châteaux, vingt hôpitaux, 
le vingt août, etc.; vingt et un, yingt-deux, vingt-sej>^, vingt- 
huit, etc. Prononcez vain-tôteur, vain-tanci-ain . . ., vain- 
topitô, le vain-toû, vain-té-un, vaintt-deu, vaintt-cètt, vaintt- 
uitt, etc. 

Quatre-vingts. Le g et le t sont absolument muets dans 
toute la série de 80 à 99: on prononce ha-treu-vain. Ainsi, 
quatre-vingts pages, page quatre-vingts, quatre-vingt-ww hom- 
mes, quatre-vingt-/^M^^ tableaux, quatr e- vingt- ow^e églises, ({UdXYe- 
yiugt- dix-sepi aunes de drap, etc., se prononcent Tca-treu-vain 
nâje, paje Tca-treu-vain, Jca-treu-vain-un-ndme, ha-treu-vain-ui- 
tabm, ka-treu-vain-onze églîze, ka-treu-vain-diss-cètt ône de dra. 

Quant à cent, le t est toujours muet: çan; — excepté 
quand ce nom de nombre est suivi d'un mot qu'il multiplie 
et qui commence par une voyelle ou une h muette. On 
prononce donc sans faire sonner le t: un cent, deux cents, 
page cent, cent pages, six pour cent, cent huit, cent hideuses 
figures, etc. — Mais on fera entendre le t dans cent Anglais, 
cent autres contes, cent hôtels, etc. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 



305 



Cent un {cent plus un) se prononce çan un, attendu que 
un n'est pas multiplié par cent. Mais cent un (cent fois le 
chiffre un) se prononce çan tun, un étant multiplié par cent. 

Voyez d'ailleurs, à la fin de l'ouvrage, Prononciation 
de tous les nombres cardinaux et ordinaux. 

Le t, qui se prononce toujours dans les terminaisons tll, 

est muet dans GotJi, Ostrogoth, Visigoth. — Dites gô, oss- 
trogô, vizigô. 

Mais le t sonne dans tous les noms propres suivants: 



Albrecht {al-brèktt), 
Alost {alostt), ville, 
Anet [a-nètt), bourg, 
Arihalt (a-naltt), princip., 
Aoust-en-Diois (a-oustt-an-di- 

oâ), bourg, 
Apt (aptt), ville, 
Arkwright (ark-vriktt), méca- 
nicien anglais, 
Ast (astt), ville, 
Astaroth {ass-tarott) , ville, 

myth., 
Ath (att), ville, 
AuU (ôltt), ville et port, 
Austerlitz {oss-tèrlitss), 
Bath (batt), ville, 
Belfast (bèlfastt), ville, 
Belt [le grand et le petit], 

(bèltt), 
Belzébuth ou Béelzébutli(bèlzé- 

butt, bé-èlzébutt), 
Bénédict [Jules] (bé-nédihtt), 

comp. allemand, 
de Beust (beustt), ministre 

autrichien, 
Bei/rout, ou Beirout, ou Baï- 

rout (bé-routt, ba-i-rouU), 

V. de Syrie, 

Lesaint, Prononciation française. 3me éd 



Biarritz Çbia-ritss), 

Bombasf (bonbastt), nom vé- 
ritable de Paracelse, méde- 
cin suisse, 

Brest (brèstt), ville, 

Bucharest {buJcarèstt), 

Chemnitz (chème-nitss) , ville. 

Christ, — voyez page 291, 

Crevelt ou Crefeld {kre-vèltt, 
kre-fèld), ville, 

Connecticut (ko-nèk-tikutt), un 
des Etats de l'Amer, du 
Nord, 

Danet (da-nètt), auteur, 

Duchaptidu-chaptt), magistrat 
et littérat., 

Dudouyt (du-douitt), anc. ré- 
prés, du peuple, 

Elisabeth {elizabètt), nom de 
femme, 

Erfurt (èrr-furtt), ville, 

Ernest {èrr-nèstt), 

Faust (fdsst), drame de Goethe, 
— voyez page 30, 

Génésareth (jé-nézarètt), 
village, 

Goldsmith (gold-smitt), écriv. 
anglais, 

20 



306 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 



Grant (granit, ant comme les 
quatre dernières lettres de 
tante), ancien président des 
Etats-Unis, 

Hengist et Horsa (ain-jistt, 
or-ça), fondateurs de la do- 
mination anglaise dans la 
Grande-Bretagne, 

Hertz (èrtss), nom pr., 

Huet (u-ètt), nom pr., 

Japhet (jafètt), fils de Noé, 

Josabeth (Jo-zahètt), 

Judith (juditt), 

Kant {hantt), philos, allemand, 

Kent {hantt), comté en Angle- 
terre, 

Klaproth (klap-rott), chimiste, 
orientaliste, 

Lametli Qa-mètt), nom pr., 

Laufelt ou Lawfelt (lô-fèltt), 
village, 

Lot {loti), départ, et riv., — 
Lot-et-Garonne {lott-é-ga- 
rbné), ^ 

Loth {lott), neveu d'Abraham, 

Liszt Qistt), célèb, pianiste, 

Macbeth {mak-bètt), 

Massachussets, un des Etats- 
Unis de l'Amérique du Nord, 2 

Monmouth {mon-moutt), ville, 
etc.. 

Quelques personnes ne font 

Utz, Biarritz, Sedlitz, Strélitz, 

cèd-liss, stré-liss. 



Nazareth {nazarètt), 
Olmutz {ol-mutss), ville, 
Paskeivitsch (pass-ke-vitch'), 
Pesth {pèstt), ville, 
Pilnitz (pil-nitss), village sur 

l'Elbe, 
Plymouth {pli-moutt), 
Portsmouth (jportt-smoutt), 
le Pruth {prutt), riv., 
Buth {rutt), femme de Booz, 
Sabaoth {ça-ba-ott), surnom de 

Jéhovah, 
Saint- Just, — voyez page 251, 
Saint- Priest {çain-pri-èstt), 

village. 
Saint - Vaast { gain - vâstt), 

port de mer, 
Schmitz {chmitss), nom pr., 
Sedlitz {cèd-litss), village, 
Seth {cèit), fils d'Adam, 
Soult (çoultt), maréchal de 

France, 
Strélitz {stré-litss), ville, 
Thoth (tàU), myth., 
Tilsitt {til-citt), ville. 
Tôt \le chevalier de] {tott), 
Vouet (vouètt), peintre, 
Walter Scott {valtèrr scott), 

— quelques-uns prononcent 

Oîial-tèrrscott, 
Yarmouth {iar-moutt), ville, 
pas entendre le t dans Auster- 
et disent oss-tèrliss, bia-riss, 



1 Dans le Lot (rivière) et le département du Lot, on prononce aussi lô. Mais 
le t fait toujours liaison dans le département de Lol-et- Garonne. 

2 Bouill«t écrit Matsachussets ,• le Complément du Dictionn. de l'Acad., 
JUaasachusets; le Dictionnaire de la Conversation, Massachusetts. — On prononce ma- 
ça-chn-cè , ma-ça-chu-zè, et ma-ça-chu-z'ett. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 3Q7 



Le t est muet dans les terminaisons ault, aut (excepté 
dans Ault, ville et port; — voyez page 305), et à la fin de 
tous les noms propres qui suivent: 



Albert (albèrr), nom d'homme, 

Albret (albre), 

Achmet (aJc-mè), 

Adrets [baron des] (a-dre), 

Antéchrist (anté-kri), 

Arndt{arn'-d), poète allemand, 

Arndts (arn'-dss), jurisc. al- 
lemand, 

Azincourt {azain-kour), village, 

Bajazet {bajazè), 

Barneveldt {bar-nevèld), 

Belfort {bèlfor), ville,» 

Belleforest (bèl-forè), écriv., 

Benoit, Benoist ou Benoît 
(benoa), 

Bossuet Çbd-çuè), 

Boursault (bour-çô), 

Brientz ou Brienz (bri-anss), 
V. et lac en Suisse, 

Brunehaut {bru-neii-ô), 

Capet (kapè), surnom de Hu- 
gues, premier roi de la 3® 
race des rois de France, 

Cauterets Çkô-trè), village. 



Charles-Quint (charl-kain), 
Charost {cha-rô), 
Châtellerault {châtël-ro), ville, 
la Ciotat {la ci-o-ta), ville, 
Coblentz (ko-blanss), ville, 
Colbert (Jibl-bèrr), 
Cronstadt (Jcronss-iad), 
d'Alembert {dalan-bèrr), 
Dancourt (dan-Jcour), auteur 

comique, 
Darmstadt {darm-stad), 
Davoust [da-vou), maréchal 

de France, 
Dom front {don-fron), ville, 
Dordrecht (dor-drèk), 
Bubost {dii-bô), nom pr., 
Dumont (du-mon), nom pr., 
Eymet (é-mè), ville, 
Eynezat {ène-za), ville, 
ÏEscaut (lèss-kô), fleuve, 
Féletz (J'é-lèss), nom pr.. 
Forêts if o-rê), — l'anc. départ. 

des Forêts, 
Fouquet {fouke}, nom pr., 



1 BouUlet donne JBë/orf, et dit: Voyez Belfort, et il garde cette dernière ortho- 
graphe dans tout le cours de l'article consacré à cette ville. Le Complément du 
Dictionnaire de l'Acad. donne également Bèfort, et ajoute: Voyez Belfort. — En 
renvoyant de Bèfort à Belfort, ces deux Dictionnaires semblent préférer cette dernière 
orthographe. 

Nap. Landais n'a que Belfort, où il indique la prononciation bèlfor. 

Le Dictionnaire de la Conversation dit: Bèfort ou Belfort, et adopte dans tout 
l'article l'orthographe Bèfort. 

Toutes les Géographies: Letronne, Orozat, Cortambert, etc., comme 
tous les journaux, disent Belfort, et en général on prononce bèlfbr. — Dans l'Est de 
la France, on entend souvent léfbr. 

Belfort (ou Bèfort) remonte au 13* siècle. A cette époque, le mot beffroi 
s'écrivait belfroi ou belfroit (anglais bclfry; basse latinité, berfredus, helfredus). C'est 
probablement ainsi que Belfort est devenu pour beaucoup de personnes Bèfort. 

20* 



308 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 



GirauU - Duvivier (Jirô- 

duvivié), 
Giroust (Ji-rou), 
Givet (ji-vè), ville, 
Goldschmidt {gbld-schmid), 
Guéret {gé-rè, g dur), ville, 
VHérauU {lé-rô), riv. et 

départ., 
Hoclistedt, — voyez page 136, 
Humholdt (on-hold), 
Japet ija-pe), myth., [291, 
Jésus- Christ, — voyez page 
Josaphat {jo-safa), roi de Juda, 
Jundt (jondd), peintre, 
Lorient (lo-rian), ville, 
Maëstricht (mâss-trik), ville, 
Mahomet (ma-o-mè ) , prophète, * 
Marat (mara), démagogue, 
Marrast [Armand] (ma-ra), 

écriv., 
Marrast [François] (ma-ra), 

anc. représ, du peuple, 
Met^ (mêss), ville et forteresse, 
Murât (mura), roi de Naples, 
Niort (nier), ville. 
Nourrit (nou-ri), célèbre 

chanteur, 
Nuits ou Nuyts {nui), ville. 

Le t est encore muet à la fin de tous les mots qui ne 
figurent pas dans la liste page 298. On ne le fait donc pas 
entendre dans les mots suivants, excepté devant une voyelle 
ou une h muette. — Voyez toutefois Liaison des mots entre 
eux, lettre T. 



Perrault (pè-ro), 

Pigauït- Lebrun (pigô-Vhrun), 

Pradt [de] (prad), 

Prévost (pré-vô), 

Quinault (Jci-nô), 

Quint, — voyez page 233, 

EambouiUet {ranhou-ie), ville, 

Bastadt {rass-tad\ ville, 

Reichardt (ré-chardd), 

Rembrandt, — voyez page 65, 

Retz [le cardinal de] {rêss),^ 

Robert (robèrr), 

Saint- Genest-Malif aux {çain- 

j'nè-malifô), ville, 
Saint-Priest [M. de], — voyez 

pages 47, 255, 
Schelestadt {che-lèss-tad), ville, 
Schmidt (chmidd), nom pr., 
Seltz {cèlss), ville. 
Sixte - Quint (cikstt'-kain), 

pape, 
Talbot (talbô), génér. anglais, 
Tfiibault (tibô), nom pr., 
Thibaut (tibô), nom pr., 
Thiboust (tibou), auteur dra- 
matique, 
Utrecht (utrèk), ville, 
etc., etc. 



1 TeUe est l'orthographe française quand on parle du prophète et des quatre 
empereurs turcs qui ont occupé le trône de 1413 à 1687: Mahomet I, Mahomet II, 
Mahomet III, Mahomet IV. Les autres princes s'écrivent Mohammed, Méhémed ou 
Méhémet, Mahmoud. 

2 Quelques-uns prononcent rè. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — T. 



309 



ah intestat (ab ain-tèss-ta), 

acabit (akahi), 

accort (a-kor), 

achat (a-cha), 

acquêt (a-Jcè), 

adéquat (adékoua),^ 

affût {a-fâ), 

amict {a-vm), 

anspect (anss-pek), 

août {pu) mois,'- 

apostat (a-pèsta), 

apparat (a-para), 

appât (a-pa), 

appétit (a-péti), 

art (âr), 

artichaut {artichô), 

atout (a-tou), 

attrait (a-trè), 

attribut (a-tribu), 

avocat (a-voha), 

bandit (ban-di), 

banquet (bankè), 

bât (bâ), selle pour les bêtes 

de somme, 
béat (bé-a), 
billet (bi-ie), 
billot (bi-io), 
biscuit (biss-kui), 
bosquet (boss-kè), 
bot (bo), pied bot: contrefait, 
brocart (brokar), 
cabinet (ka-bi-nè), 
cachot (ka-chô), 
caïeput ou cajeput (ka-ye-pu), 
calicot (kalikô). 



camelot (ka-m'lo), 

canot (ka-no), 

carat (kara), 

certificat (cèrtifika), 

chariot (cha-riô), 

chassepot [fusil] (chass-pô), 

ci-git (ci-jî), 

circuit (cirkui), 

cognât (kog-na, g dur), 

concert (kon-cèrr), 

conflit (kon-fli), 

considat (kon-çu-la), 

contrat (kontra), 

coût (kou),"^ 

débet (débè), 

débit (dèbi), 

dédit (dédi), 

défaut (défô), 

dégât (dégâ), 

délit (déli), 

dépôt (dépo), 

détroit (détroa), 

district (diss-trik), 

doigt (doa), 

écart (é-kar), 

éclat (é-kla), 

effet (é-fe), 

effort (é-for), 

électorat (é-lèk-tora), 

endroit (an-droa), 

entremets (antre-me), 

entrepôt (antre-pô), 

escargot (èss-kargô), 

état (éta), 

exempt (ég-zan, g dur), 



1 Quelques-uns (Nodier, etc.) prononcent le t: adéhouatt. — La prononciation 
adékoiia est plus usitée. 

2 Dans la Suisse française on fait presque partout sonner le t final dans ces 
substantifs. 



310 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



et (é), conjonction française, — 
mais et dans les locutions 
latines se prononce ètt. 

filet (fîlè), 

fonts (fon), — les fonts de 
baptême, 

forfait (for-fè), 

fort (for), 

goujat (gou-ja), 

goût (goû), 

gratuit (gra-tui), 

habit (a-bi), 

haut (ô), 

héraut (érô), 

hoquet (o-kè), 

immédiat (imm-média), ^ 

impôt (ain-pô), 

inadéquat (i-na-dékoua),^ 

instinct (ain-stain),^ 

intérêt (ain-té-rè), 

jonchets (jon-chè), 

judicat(judika), attribut d'une 
proposition, peu usité, 

juillet (jui-ièj,'^ 

lazaret (lazarè), 

levraut (levrô), 

loriot (lo-riô), 

manuscrit (ma-nuss-kri) , 

marabout (marabou), 

médiat (média), ^ 

un mets (mê). 



minot (mi-nô), 

mont, — voyez page 293, 

la mort (mbr), 

moût (moû), 

odorat (odora), 

opiat, — voyez ce mot page 

300, 
orgeat (br-ja), 
ort (or), t. de commerce: 

peser ort, avec l'emballage, 
paquebot (pak-bô), 
paquet (pake), 
pavot (pavé), 
pensionnat (pan-cib-na), 
piquet (pi-kè), 
pivert (pi-vèrr), 
plagiat (pla-jia), 
plat (pla), 
port (pbr), 
portrait (pbrtrè), 
post-scriptum, — voyez page 

293, 
pot (pô), 

potentat (potanta), 
pout-de-soie ou pou-de-soie 

(poud-çoa),^ 
préciput (précipu),"^ 
prurit (pruri),^ 
quart (kar), 
quartaut (kar-tô), 
racahout (ra-ka-ou), 



1 On prononce aussi imm-mé-diatt. 

2 Plusieurs prononcent i-na-dékouatt. — Voyez adéquat, page 309. 

3 Mais le c et le t sonnent fortement dans instinctif, instinctive, instinctivement. 
qu'on prononce ain-staink-tif, ain-staink-tive, ain-staink-tiveman. 

4 La prononciation jui-iett, que donne Sardou, n'est pas du bon langage. 

5 Plusieurs pronencent médiatt. Voyez plus haut immédiat. 

6 Les fabricants écrivent aussi pouU-de-soie, qui ^e prononce de même. 

7 Les notaires prononcent tous précipu. Nodier seul dit préciputt. 

8 On prononce généralement pj-uri, malgré Nap. Landais, qui dit pruritt. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



311 



rat [ra), 

rehauts (re-o), t. de peinture, 
reliquat {relika), 
rempart (ran-par), 
renfort {r an- for), 
répit (j'épi), 
ressort (re-çor), 
résultat {ré-zulta), 
rets irè), filet, 

roast-beef, que l'Acad. écrit 
rosbif, comme on prononce, 
sabbat (ça-ba), 
saut (çô), 

soit (çoa), — je le veux bien, 
sort (çôr), 

Dans avant, le t est muet 



souhait (çou-è), 

suint (çu-ain), 

surcroît (çur-kroâ), 

surtout (çur-tou), 

tabouret (tabourè), 

tantet {tante), une très petite 

quantité, 
taquet {takè), 
test, — voyez page 303, 
tort (tor), 
urgent {ur-jan), 
verdict {vèr-dik),^ 
vert (vèrr), 
yacht (iak),^ 
etc., etc. 

a-van; excepté devant un 



mot commençant par une voyelle ou une h muette: avant 
eux, etc. On le prononce donc dans avant-hier {a-van-tierr). 

Dans les verbes, le t, qui termine à quelques temps la 
troisième personne du singulier, est toujours muet: il dit, elle 
finissait, on met, on dort, il acquiert, etc. — Les deux 
lettres nt, qui terminent la troisième personne plurielle à tous 
les temps, ne se prononcent pas non plus quand elles sont 
précédées d'un e muet: ils aiment, elles donnaient, qu'elles 
eussent, etc. — Les finales ont se prononcent on: ils ont, 
elles sont, ils auront, elles mangeront , etc. Dites il son, èl 
çon, etc. 

Lorsque le t est doublé, on n'en prononce qu'un: attacher, 
atténuer, attester, attrouper, battue, dattier, nettoyer, etc., se 
prononcent donc comme s'ils étaient écrits a-tacher, a-ténuer, 
a-fester, a-trouper, ba-tue, etc. — On exepte Algarotti (écrivain 
italien), allégretto, atticisme, attique, battologie, battologique, 
committimus, committitur, concetti, dilettanti, Donizetti (célèb. 
compos.), et tutti quanti, Gambetta (homme politique), guttifères 



1 La prononciation vèrdik paraît être la plus générale. Quelques-ans disent 



verdiktt. 



2 Nodier, contrairement à l'usage, prononce iàktt. 



312 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — V, W. 

(plantes), guttural, gutturo-maxillaire, gutturo-palatin, in petto, 
intermittence, intermittent, quintetti, quintetto, vendetta, Viotti 
(violoniste célèb.), où les deux t se font entendre: algarott-ti, 
allégrètt-tô, . . . gan-hètt-ta, etc. 

V. — L'articulation propre du y, consonne labiale, se 
fait entendre dans valet, vilain, voir, Vulcain, Jules Favre, 
Versailles, le Havre, etc.; — elle ne varie jamais, excepté 
à la fin de quelques mots slaves que l'on trouvera plus loin. 
— On prononce donc avec l'articulation du v français, Van- 
gerow (jurisc. allemand), Vasconcellos (homme d'Etat brésilien), 
Vater (savant linguiste allemand), Vaughan (littérat. anglais), 
Veit (peintre allemand). Vêla (sculpt. italien), etc. Dites 
vanjerô, vass-Jconcèldss, vatèrr, vôgan, vètt, vêla. 

W. — Cette lettre, appelée double vé, appartient à l'al- 
phabet de plusieurs peuples du Nord; elle n'existe ni dans 
les langues de l'Europe méridionale, ni dans la langue russe, 
bien qu'on la prodigue dans l'orthographe des noms russes. 
Ainsi, au lieu d'écrire Iwan, Souwarow, OczaJcow, etc., il faut 
mettre Ivan, Souvarof, Ocsahof. C'est surtout dans les langues 
anglaise, allemande, hollandaise, que se montre le w, au com- 
mencement, au milieu ou à la fin d'une foule de noms propres 
ou communs. 

Mais il ne faut pas demander aux étrangers comment ils 
prononcent les noms qu'ils écrivent avec w: en France, on 
n'a d'autre guide que l'usage. Néanmoins on observe quel- 
ques règles. 

Le w, dans les noms anglais et dans quelques autres, 

a souvent la valeur de OU, surtout quand il commence la 
syllabe: 

Galloway (gal-oué), v. d'Ecosse, railway {rel-oué), chemin de fer, 

Galivayo\Ji&alloivay{gal-oue), Sandwich (çan-douitch'), îles, 

V. d'Irlande, sandwich {çan-douitch'), 

Greenwich(grîne-ouitch'), ville, tartine de pain avec du 

Longivy (lon-goui), ville, jambon, etc., 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — V, W. 



313 



wicléflste {oui-Méfistt), 

Wight (ouigtt), île, — on pro- 
nonce aussi vigtt, 

William {oui-liame, etviliame), 
nom pr., 

Windsor {oui-n'dzor), ville, 

Winnipeg ou Ouinnipeg(ouinn- 
nipègg), lac de la Nouvelle- 
Bretagne, 

iviskey ou wisky (ouiski), eau- 
de-vie en Ecosse, 

wisJci [ouiski), voiture. 



watchman, pluriel ivatchmen 

(ouatch'mann, ouatch'mène), 

officier de police en Anglet., 
whig (ouigg), parti politique 

en Anglet., 
îohigisme [oui-jiss'm'), 
whiskey (ouiski), sorte d'eau- 

de-vie en Amer., 
whist, quelquefois wisk (ouistt, 

ouisk), jeu de cartes, 
Wiclef (oui-klèf), hérésiarque 

anglais, 
îvicléfisme {oui-kléfiss-m'), 

Il a la valeur de l'u dans Zwingle ou Zwingli (fameux 
réformateur), zwinglianisme, zivingliens. Prononcez zu-aingV 
ou zu-ain-gli, zu-ain-gli-a-niss-m' , zu-ain-gli-ain. 

Il se prononce comme f à la fin des noms russes et de 
quelques autres: mer d'Azoïv ou Azov, ou mieux Azof; 
laroslaw, ou laroslaf, ou Jaroslav, v. de Russie; Jaroslaiv, 
ou laroslaf, ou laroslau, v. de Gallicie. Prononcez azof, 
ia-ross-laf. — Dans la plupart des noms, le w se remplace 
par V ou par f : la Moscova, ou Moskova, ou Moskva; Nico- 
laev ou Nicolajeff (ville); Romanov ou Romanof (famille 
russe); Bomanzov ou Romanzof (génér. russe); Souivaroiv, 
ou Souvarov, ou mieux Souvarof; Tver (ville); Vilna (ville), 
etc. On prononce moss-kova, nikola-èf ou nikola-ièf, ro-ma-nof, 
ro-manzbf, çouvarbf (quelques-uns, çouvarô), tvèrr, vil-na. 

Il s'articule comme le v français au commencement et 
au milieu des mots: 1^ dans tous les noms allemands; 2*^ dans 
quelques noms anglais, surtout quand il n'est pas précédé d'une 
voyelle; 3*^ dans les noms suédois, polonais, russes, etc.: 



Arkîvright (ark-vriktt), méca- 
nicien anglais, 
Bothwell (pott-vèl et hbtt-ouèl), 
Brunswick (hronss-vik), 
Cromwell {krome-vèl, — quel- 
ques-uns, krome-ouèl, 



czaroîvitz: fils de czar {gza- 

rouitss, — aussi gza-ro- 

vitch'), 

Boiv [Gérard] (dove), peintre, 

Bwernicki {dvèr-niki), génér. 

polonais, 



314 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — V, W. 



la Dwina, ou Dvina, ou Dsvina 
(dvi-na), fleuve, que nous 
appelons Duna, 

Edgeworfh {èdd-je-vdrtt), con- 
fesseur de Louis XVI, 

Ed wardes {èdd-vardd}, officier 
anglais, 

Edwards (èdd-vard), savant 
français, 

Lowe [sir Hudson] (love), 
gardien de Napoléon I à 
Ste.-Hélène, 

îcirsch-îvasser , ou MrscJien- 
wasser (Mrch'-vassèrr, Mr- 
c}iènn-vassèrr),ea.\i de cerises, 

Kolowrat (kolovratt), homme 

politique, 
landwéhr (landd-vèrr), 
Longwood (lon-voitdd), plaine 

de Ste.-Hélène, 
LowendaM [comte de] (lo-vain- 

daï), maréchal de France, 
Mourawie/fÇmouravièf), génér. 

russe, 
la Néwa, — en français, plus 

souvent Neva (néva), riv. de 

Russie, 
Noricége ou Norvège (norvéje), 
Norwégien ou Norvégien (nor- 

véji-ain), 
Norwich (nor-vich', — quel- 
ques-uns, nor-ouitch'), ville, 
Pauw ipôve), philologue, etc., 
Peterwardein ou Peterwaradin 

(pétèrvardain, pétèr- 

varadin), ville. 



Polowna (polovv-na), sœur 

d'Alexandre, et qui faillit 

être femme de Napoléon I, 
redowa{rédova), sorte de danse, 
ScMesivig (cMèss-vigg), 
Schwarzenherg {cJivar-zan- 

hèrr), génér., ville, etc., 
Schivérin (chvé-rain), ville, 
Schwitz ou Schwytz (chvitss), 

ville et canton de la Suisse, 
Seward (se-var), homme poli- 
tique, * 
Thorwaldsen (tor-vaM-cène), 

célèb. sculpt., 
la Tweed (tvèdd), fleuve, 
Underwald, ou Unterwald, ou 

Underwalden {on-dèrvald, 

on-tèrvald , on-dèrvaldène), 
wagon, — quelquefois waggon 

(va-gon), 
Wagram (vagra-m'), village, 
Wailly {va-yi), grammairien, 
Walker (val-kèrr), nom de 

plusieurs écrivains, 
Wallenstein {va-Ianss-tain), 

génér., 
Wallis {va-Iiss^^, math, anglais, 
Wallon, Wallonne (valon, va- 

lone), habitants d'une partie 

de la Belgique, 
le wallon {valon), langage des 

Wallons, 
Walpole (val-pol), homme 

d'Etat, 
Walter Scott (valtèrr skott, — 

quelques-uns, oualtèrr), 

romancier anglais, 
warrant (varan), mot anglais. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — V, W. 3^5 



Warwicli (var-vik, — quel- 
ques-uns, ouar-ouik), comté, 
ville, etc. 

Wasa, et mieux Vasa [Gustave] 
(vaza), 

Washington {yazaing-ton, g 
dur, — beaucoup prononcent à 
l'anglaise : oua-chigne-tbne), 

Waterloo (vatèrlô, — plusieurs, 
en petit nombre, disent 
oua-tèrîô), 

Watteau (vatô), peintre, 

WauxhaU, ou mieux Vauxhall 
(vôk-çaï), jardin public à Lon- 
dres avec salle de danse, etc., 

Weber (vé-bèrr), compos. 
allemand, 

Weimar {vè-mar), ville, 

Wellington {yèlaing-ton, g dur, 
quelques-uns ouè-ligne-tbné), 

Wenceslas, ou mieux Veticeslas 
(vain-cèss-lâss), ducs et rois 
de Bohême, etc., 

le Weser {vé-zèrr), fleuve, 

Westminster (vèss-mainss-tèrr), 

Westphalie (vèss-falî), 

Whiteîiall {vi-tâl, — plusieurs, 
oui-tâl), anc. résidence des 
rois d'Angleterre à Londres, 

Wiesbaden (viss-bâd'n), ville, 

Winkelmann (vain-kèl-mann), 
célèb. antiquaire. 



Winkelried (vain-kèl-ridd), 

Wintzenheim {vaintt-ze-nèmè), 
bourg d'Alsace, 

Wissembourg (vi-çain-bour), 
V. d'Alsace, i 

Witikind ou Witekind {viti- 
kaindd, vitékaindd), 

Wittemberg [vitain-bèrr'), ville 
et cercle des Etats prussiens, 

Wladimir, ou mieux Vladimir 
(vla-di-mir), ville, 

Wladislaw, Wladislaf, Wla- 
dislas, ou mieux Vladislas 
(vla-diss-lâss), nom de plu- 
sieurs rois ou princes de 
Pologne, de Hongrie, de 
Bohême,- 

Wolfenbuttel (vôlfain-butèl), 
ville, 

wolfram ou wolfart {vbl-frame, 
vol-far), minéral, 

le Wolga, ou mieux Volga 
{vbl-ga), fleuve, 

Wolsey (vbl-cè), ministre de 
Henri Vm, 

Woolwich (vôl-vich', — quel- 
ques-uns, à l'anglaise: ou- 
oîd-ouitch'),^ ville, 

Worms (vbrmss), ville, 
Wrangel (vran-gèl, g dur), 
génér. prussien. 



1 Wissembourg, ville d'Alsace. Prononcez vi-çain-bour. — Mais on écrit, 
Weùsemftourgf, y. de Bavière ; Stuhlweissembourg, v. de Hongrie; Weissembourg-Infêrieur 
et Weissembourg-Supérieur, comltats de Transylvanie, et l'on prononce vè-eain-bour. 

2 On confond souvent Vladislas avec Ladislas. 

3 Les deux sons ou ou se fondent, dans la prononciation, en un seul, et le 
premier ressemble un peu à l'r grasseyée. 



316 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — V, W. 



writ (vritt), mot anglais: | Wurmser (vurm'cèrr), génér., 

ordonnance, j Wurtemberg (vur-tainbèrr), 

Wunderlich (vondèrlik), ju- | Wurt^bourg{vurtss-bour), wiWe, 

risc, etc., | etc., etc. 

Àw se prononce ordinairement comme au: 



Bawr [M""® de] {bbr), écrivain, 
Bradshaw (brad-cM), un des 

juges de Charles I, 
cliaouaw{c}ia-ou-6) , nom chinois 

du camellia, 
drawback {drôbak), prime 

d'exportation, 
Fawkes [Guy] {gifôk, g dur), con- 



Frawenfeld, ou mieux Frauen- 
feld (frô-an-fèld) , ville de 
Suisse, 

landaw ou landau (lan-do), 
voiture, 

tomahawk (to-ma-ôk) , casse- 
tête des sauvages d'Amer., 

etc., etc. 



spirateur, — voyez page 273, 

Law, fameux financier, se prononce par la plupart M, 
et par quelques-uns lô. L'ancienne prononciation lâss est 
aujourd'hui hors d'usage. 

Ow, au milieu des mots, a ordinairement la valeur de ou: 



arroto-root (arou-rôte), ' 

Brown [Jean] (brounn), méd. 
anglais, 

Brown (brounn), nom de plu- 
sieurs autres personnes 
marquantes, 

Browne (brounn) , voyageur, 
écriv.. 

Browning (brou-naing, g dur), 
poète anglais, 

Brotvnson (brounn-çon), publi- 
ciste américain, 

Brownikowski(brou-nikouski), 

romancier allemand, 
brownisme (brou-niss-m'), 
browniste (brou-nistt), 



cloivn (clounn), personnage 
grotesque des cirques, 

cowpox (kou-pokss), variole de 
la vache, 

crown et les composés (krounn), 
monn. d'Anglet., 

Dombrowski (donbrouski), 
génér. polonais, 

drowski (drouski), sorte de 
voiture, 

Poniatowski (po-ni-a-touski, — 
plusieurs disent po-ni-a-tos- 
ki), 

Townlet/ (tou-n-lè), antiquaire 
anglais, 

Towton (touton), village d'An- 
glet. 



Cowley, diplomate anglais, se prononce toutefois kô-lè. 

1 Voyez la note page 102. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — V,W. 3^7 

La terminaison town se prononce tône: Gharlestown, 
ou Charleston (v. d'Amer.), Fredericktoivn (capitale du Nou- 
veau-Brunswick), etc. — Dites Charl-stône, frédérik-tône. 

Bowl, mot anglais, que nous écrivons hol, se prononce 
hol: Un hoivl (et mieux hol) de punch. Etc. 

A la fin des noms, ow n'a que la valeur de l'o; — ex- 
cepté dans les noms russes. (Voyez page 31.3.) 

Anslo w(anss-lô), pair d''Ang\et., \ Gustrow (guss-trô), ville, 



Kadow (kadô), nom pr., 
Treskow (trèss-kô), génér., 
Virchow {virko), député prus- 



Brunnow [baron de] {hru-no), 

diplomate, 
Bulow ipido), génér. prussien, 
Flotow iflo-to), compos. aile- j sien, 

mand, j etc., etc. 

Glascow ou Glasgow (glass-cô, | 

glass-go), v. d'Ecosse, j 

Quanta ew, il sonne comme èv dans Badarzewska (compos.), 
Alexandre Newsky (héros et saint moscovite), Walewski (homme 
politique français). — Dites hadarsevska, nèvski, valèvski. 

On le prononce eu partout ailleurs: Neivman (théologien 
anglais). Newton, newtonianisme, newtonien, newtoniser, etc. — 
Dites neu-mann, neu-ton, neuto-ni-a-niss-m', neuto-ni-ain, 
neuto-nizé. 

Baily News, titre d'un journal anglais, se prononce à la 
française déli nèvz; mais celui qui a quelques notions de la 
langue anglaise dit déli niouz. 

Les noms suivants gardent, en français, leur orthographe 
locale et ne se traduisent pas: 

Newcastle {neu-kassV) , ville d'Anglet. ; nom de plusieurs 
personnages anglais. 

Newgate (neu-gatt), prison à Londres. 

New-Hampshire (neu-amm-chir), un des Etats de l'Amer, 
du Nord. 

New-Haven (neu-avènn), ville de l'Amer, du Nord. 

New-Jersey {neu-jèrr-cè), un des Etats de l'Amer, du Nord. 

New-Lanark (neu-la-nark), village d'Ecosse. 

Newmarket [neu-markètt), bourg d'Anglet. 



318 CONSONNES KT LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — V, W. 

Newport (neu-por), villes d'Anglet. et des Etats-Unis. 

Newstead-Abhey (neu-stèd-abe), abbaye dans le comté de 
Nottingham. 

Neustrélitz (neu-stré-Utss) , capitale du grand-duché de 
Mecklembourg-Strélitz. 

Neuivied {neu-vièd), v. de la Prusse rhénane. 

Newark (ne-vark), v. du New-Jersey. 

Neiv-York (neu-idrk), état et ville des Etats-Unis. 

Mais les huit noms ci-après ont été francisés, et on ne 
les écrit jamais autrement qu'ils sont ici: 

Nouveau-Léon (Nuevo-Leon), état de la Confédération 
mexicaine. 

Nouvel- Almaden {nouvel-al-ma-dènn), endroit près de San- 
Francisco. 

Nouvelle-Ecosse (Nova Scotia) ou Acadie, presqu'île de 
l'Amérique du Nord. 

Nouvelle-Grenade, république de l'Amer, mérid. 

Nouvelle-Hollande, nom particulier sous lequel on désigne 
la partie continentale de l'Australie. 

Nouvelle-Orléans, ville des Etats-Unis. 

Nouvélles-Héhrides{nouvel-zéhrid), groupe d'îles de l'Océan 
Pacifique. 

Nouvelle-Zemble {nouvel-zanhV) , île de la mer Glaciale 
du Nord. 

Quant aux douze noms qui suivent, on les trouve dans 
les journaux et dans les livres tantôt avec l'orthographe 
française et tantôt avec l'orthographe anglaise. Prononcez, 
suivant le cas, à la française ou à l'anglaise: 

Nouvelle- Albion ou New-Albion, ancien nom d'une partie 
de l'Amer, du Nord. 

Nouvelle -Bretagne ou New-Britain, groupe d'îles de 
l'Australie. 

Nouveau- Brunswick ou New-Brunswick. 

Nouvelle-Calédonie ou New-Caledonia. 

Nouvelle-Angleterre ou New-England. 

Terre-Neuve ou New-Foundland. 

Nouvelle-Guinée ou Neiv-Guinea. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — X. 3^9 

Nouveau-Hanovre ou New-Hanover , île de la Nouvelle- 
Bretagne. 

Nouveau- Mexique ou New-Mexico. 
Nouveau- Shetland du Sud ou New- South- Shetland. 
Nouvelle- Galles du Sîid ou New- South- Wales. 
Nouvelle-Zélande ou New-Zealand. 

X, véritable consonne double, nous vient du copte par 
le grec, et, dans ces deux langues comme en français, est 
double. Elle s'articule chez nous de cinq manières: 

1^^ Comme ks, dans explorer, lux, etc. 

2^ Comme gz, dans exemple, Xénophon, etc. 

30 Comme k, dans exceller, exciter, etc. 

40 Comme z, dans dixième, sixain, etc. 

50 Comme SS, dans Bruxelles, Auxerre, etc. 

X ne se trouve au commencement que d'un petit nombre 
de mots empruntés des langues étrangères; et, bien qu'il 
eût été mieux de laisser à tous ces mots la prononciation 
primitive ks, cette prononciation ne s'est conservée que 
devant i, y; — devant a, e, 0, u, l'x initial se prononce 
généralement comme gz. ' 

X initial comme ks: 



xi (ksi), lettre grecque, 

xilologie (ksi-lolojî), 

le Xingu (ksain-gu), riv. du 

Brésil, 
xiphias (ksi-fi-âss), 

X initial comme gz: 

le Xanthe {gzantl), riv., | xanthium {gzan-ti-bme), 

Xantippe {gzan-tipp), \ Xanthus (gzan-tûss), de Lydie, 



xiphoïde {ksi-fo-idd), 
xylographie (ksi-lo-grafî), 
xylophage {ksi-lofâje), 
xyste (ksistt), 
etc., etc. 



1 Nodier donne partout à l'x initial la prononciation ks. Chez Nap. Landais, 
cette prononciation n'a lieu que devant i, y; devant les autres voyelles, x initial a 
la valeur de gz. B. Julllen (Cours supérieur de Grammaire, page 40) dit: X, au 
commencement du mot, toujours comme gz. — 11 est certain, en effet, que devant 
a, e, o, n, l'x n'a pas la valeur de ks: Xanthe, xénélaaie, Xoïte, Xuthus, ne se pro- 
noncent par personne ksantt, ksénélazî, etc., mais bien gzantt, etc. Mais devant le 
son i, la prononciation est plus sifflante. Nous pensons donc nous conformer 
entièrement à l'usage en distinguant, comme nous le faisons, les deux prononciation» 
ks et gz. 



320 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — X. 



Xavier .(g^a-vie), 

xénélasie {gzé-nélâzî), 
Xénocrate {gzé-nokratt), 
Xénophane {gzé-nofâne), 
Xénophon {gzé-nofon), 
xéranthème (gzé-rantème), 
xérasie {gsé-râzî), 
xérophagie {gzé-rofajî), 



xéropJithalmie {gzé-roftalmî), 
Xerxès (gzèr-cèss), 
Xoïs (gzo-îss), ville, 
Xoïte {gzo-itt), 

xoride (gzo-ridd), [seau, 

xuarésie (gzu-a-rézî), arbris- 
Xtithus (gzu-tuss), myth., 
etc., etc. 



On excepte Xaintr ailles, que l'on écrit aussi Saintrailles 
(vaillant capitaine français), Xérès (ville d'Espagne),' Ximenès 
(célèbre ministre d'Etat espagnol), ^ Xucar ou Jucar (fleuve 
d'Espagne), 1 que l'on prononce çain-tra-ye, Jcé-rèss, M-me-nèss, 
Jcou-kar. — Mais beaucoup de personnes prononcent aussi 
gzérèss, xsime-nèss. 

X, au milieu du mot, a différentes valeurs, selon ses 
diverses positions: 

1*^ Dans ex ou hex initial, il sonne comme gz devant 
une voyelle ou une h: 



examen (é-gza-main), 
exécuter (é-gzécuté), 
exiger {é-gzijé), 
exiler (é-gzilé), 
exonérer (é-gzo-néré), 
exorbitant (é-gzorbitan), 
exubérant {é-gzu-béran), 
exhauser (é-gzôcé), 



exhiber (é-gzibé), 
exhorter {é-gzbrté), 
exhumer {é-gzu-mé), 
hexaèdre {é-gza-èdre), 
hexagone (é-gza-gàne), 
hexamètre {é- g z a-mètre), 
hexandrie (é-gzan-drî), 
hexasyllabe (é-gzacil-labe), 



etc., etc. 

On excepte les cinq mots exécrable, exécrablement, exé- 
cration, exécratoire, exécrer, dans lesquels l'x se prononce ks: 
ekséhrable, eksékrableman , etc. Cette prononciation excep- 
tionnelle vient de ce qu'autrefois on écrivait exsécrable, 
exsécration,^ etc. 



1 En espagnol , l'x se confond avec le j et est une gutturale aspirée comme 
le ch allemand; en français, on le rend par le son k, ce qui explique la prononciation 
exceptionnelle des noms espagnols Xérès, Ximenès, Xucar. 

Du temps des Maures, Xérès portait le nom de Scherish; de là le nom de 
sherry donné au vin de Xérès par les Anglais. — Le Pedro Ximenea ou Paraxite est 
le meilleur des vins de ce pays. 

2 Voyez, dans le Complément du Dictionnaire de l'Académie le mot Exécration. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — X. 



321 



2^ Il se prononce comme ks dans ex initial suivi d'une 
consonne quelconque, autre que c sifflant et s: 



excavation (èks-Mvâcion), 
exclamatif (èks-Jda-matif), 
exclure (èks-khlr), 
excommunication {eks-ko-mu- 

nikâcion), 
excrément (èJes-kré-man), 
excursion (èks-kur-cion), 



exfolier (èks-folié), 
expansif {èks-pancif), 
expatriation [èks-patri-âcion), 
expectorer (eks-pèk-toré), 
expéditeur {èks-péditeur), 
explorer (èks-ploré), 
etc., etc. 



excuse {èks-kûzé), 

30 II se prononce enfin comme k dans ex initial devant 
ce, ci, et s: 



excéder {èk-cédé), 
excellence {èk-célance), 
excentricité (èk-çantricité), 
exception {èk-cèp-cion), 
excès {èk-cè), 
Excideuil {èk-cideu-ye), ville, 



exciper (èk-cipé), 
exciser (èk-cizé), 
excitant (èk-citan), 
exsudation (èk-çudâcion), 
exsuder {èk-çudé), 
etc., etc. 



On observe ces trois différentes prononciations de l'x 
quand ex est précédé des syllabes initiales in ou CO: 



inexact {i-né-gzaldt), 
inexécutable (i-né-gzékutahl'), 
inexigible {i-né-gzijibV), 
inexorable ii-né-gzorabV), 
inexorablement {i-né-gzora- 
bleman). 

Partout ailleurs que dans ex ou hex initial, l'x, dans 
le corps des mots, se prononce comme ks, excepté devant un 
c sifflant: 



inexcusable (i-nèks-kuzaW), 
inexpérience (i-nèks-périance), 
coexistence (ho-é-gziss-tancé), 
coexister (ko-é-gziss-té), 
etc., etc. 



Alexandre (alék-çandr'), 
Alexis (alék-ci), 
Anaxilas {a-nak-cilâss), 
Anaximandre (a-nak-ei- 

mandr'), 
annexe (ann-nèkss), 
anxiété (an-ksi-été, 
anxieux (an-ksieu), 



apoplexie (apoplék-cî), 
asphyxie (ass-fik-cî), 
auxiliaire (ok-ci-lièrr), 
axe (akss), 
axifuge {ak-cifûje), 
axillaire {ak-cil-lèrr), 
axiome (ak-ciôme), 
axonge (ak-çonjè). 



Lesaint, Prononciation française. 3me éd. 



21 



322 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — X, 



hisexe (bi-cèkss), 

bissextile (bi-cèJcss-til), 

boxe {bdkss), 

cachexie (Jcahék-ci), 

complexion (konpléJc-clon), 

convexe Qconvèkss), 

coxal (Jcdk-çal), 

dextérité (dèk-sté-rité), 

dextre (dèkstr'), 

Dixan (dik-çan), v. d'Afrique, 

élixir (é-Uk-cir), 

fixation (fik-çâcion), 

fixer (fik-cé), 

génuflexion (Jé-nuflék-cion), 

Haxo (ak-ç6), général, 

inflexion (am-flék-cion), 

ixeutique (ik-ceu-tik), 

ixia (ik-cia), 

Ixion {ik-cion), myth., 

juxtaposer (Juk-sta-pôzé), 

lexique (lék-cik), 

luxation (luk-çâcion), 

luxe (lukss), 

Luxembourg (luk-çanbour), 

Itixer (luk-cé), 

Luxor ou Louqsor (luk-çor, 

louk-çor), 
Maxence {mak-çance), 
maxillaire [os] (mak-cil-lèrr), 
Maxime {mak-ci-m'), 
maximum (mak-ci-mome), 
Mexico (mék-cikô), 
Mexique (mék-cik), 
mixtion (mikss-tion), 
moxa (màk-ça), 
Nexon ine-kson), ville. 



Nixus (nik-cûss), myth., 
Oxford (ôkss-fàr), 
oxycrat {bk-cikra), 
oxyde (ùk-cidd), 
oxygène {ok-cijèné), 
oxymel (ok-cimèl), 

paradoxe (paradùkss), 
parallaxe (paral-lakss), 
paroxysme (parok-ciss-m'), 
Pont-Euxin (pon-teiik-çain),. 
Praxitèle (prak-citèt), 
prophylaxie (profilak-cî), 
Roxane {ràk-çane), 
Boxas (rok-çâss), bourg 

d'Espagne, 
Roxburgh (rdkss-burgg), 

village d'Ecosse, 
JRoxelane (ràk-ce-lane), 
Saint- Germain- VAuxerrois 

(çain-Jèrmain-l'ok-cè-roa), 

église de Paris, ^ 
Saint- Maixent (çain-mék-çan), 

ville. 
Saxe [çakss), 
saxifrage {çak-cifrâje). 
Saxon (çak-çon), 
sçxe (cèkss), 
sextuple {cekss-tupV), 
Sixte {cïkstt), 
Texel [île] (ték-cèl), 
texte (tèkstt), 
textuel (tèkss-tuèl), 
texture (tèkss-tur), 
Uxiens {uk-ci-ain), anc. 

peuple d'Asie, 



' Voyez plus bas une autre prononciation du mot Auxerrois. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — X. 



323 



Vauxhall oa Wauxliall {vôJc- 

çaï), — voyez page 315, 
vexation {vèk-çacion), 
vexer {véJc-cé), 



Villers- Sexel {vi-lèrr-cek-cel), 

bourg, 
Zeuxis (zeiik-ciss), 
etc., etc. 



Exceptions. — 1^ X sonne comme gz dans Anaxagore, 
Anaxarque, Artaxerxès,^ sexagénaire, Sexagésime, Texas. 
Prononcez ana-gzagbr , ana-gsarh, arta-gzèr-cèss , cé-gza-jé- 
nèrr, cé-gza-jézime, té-gzâss. 

2^ Il se prononce comme k dans Vauxcélles (abbé de), 
où il est suivi d'un c sifflant: vôh-cèl. 

30 II s'articule comme l's sifflante dans les mots suivants: 



Alixan ou Alissan {ali-çan), 

ville, 
Auxerre {ô-cèrr), ville, 
Auxerrois iô-cè-roà), qui est 

d' Auxerre, 2 
Auxois ip-çoa), anc. pays., 
Auxonne {ô-cbne), ville, 
Bruxelles (bru-cèl), 
Bruxellois (bru-cè-loa), 
dix-sept (diss-cètt), 
dix-septième (diss-cè-tième), 
dix- septièmement (diss-cè- 

tièmeman), 



rixdale ou risdale [riss-daî), 
six-huit (cîss-îiitt), t. de mus., 
six-quatre {cîss-katre), t. de 

mus., 
six-seize (cîss-cèze), t. de mus., 
soixantaine (çoa-çantène), 
soixante (çoa-çante), 
soixanter {çoa-çante), 
soixantième (çoa-çantième), 
soixantièmement {çoa-çan- 

tièmeman), 
TJxelles [marquis d'] {u-cèl), 

maréchal de France. 



Luxeuil {lu-ceu-ye), ville, 

40 II sonne comme z dans les treize mots ci-après: 



deuxième {deuzième), 
deuxièmement {deu-zième-man), 
dix-huit (di-zuitt), 
dix-huitième (di-zui-tième), 
dix-huitièmement {di-zui- 

tièmeman), 
dixième {di-zième), 
dixièmement (di-zième-man), 



dix-neuf (dizz-neuf), 
dix-neuvième {dizz-neu-vième), 
dix-neuvièmement (dizz-neu- 

vième-man), 
sixain (ci-zain), 
sixième {ci-zièmé), 
sixièmement {ci-zième-man). 



1 Voyez la note page 270. 

2 Mais X sonne comme ks dans Saint-Gtrmain-VAuxerrois. (Voyez plus haut.) 

21* 



324 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — X, 



On écrivait autrefois dixain, dixaine, avec x; aujourd'hui, 
avec z: dizain, dizaine, comme dizainier, dizeau. 

5*^ Enfin, l'x est muet dans les douze mots qui suivent: 



auxquels (ô-lièt), 
auxquelles {ô-Mlle), 
dixme, aujourd'hui dîme {dîme), 
dixmer, aujourd'hui dîmer 

(dî-mé), 
dixmer ie, aujourd'hui dîmer ie 

(dî-m'rî), 
dixmeur, aujourd'hui dîmeur 

(dî-meur), \(dî-mië), 

dixmier , aujourd'hui dîmier 



Dixmude (dîniudd), v. de 

Belgique, 
jouxte (joute), proche, vieux, 
six-blancs (ci-blan), anc. 

monn., dont le terme est 

encore usité parmi le peuple : 

2 sous 4, 
six-doigts {ci-doâ), espèce de 

filet. 



Six- Four s (ci- four), bourg. 
X, à la fin des mots, a également différentes valeurs: 
1 II se prononce comme l's sifflante dans les noms 
suivants : 



Aix (èss), v. de Provence, 
Aix-les-Bains (èss-lè-bain), 

V. de Savoie, 
Aix-la-Chapelle (èss-ïa-chapèï), 

ville, — en allemand, AacJien, 



Béatrix (bé-a-triss) , nom de 
femme, 

Cadix (Jca-dîss), ville, autre- 
fois Gades {ga-dèss), 

coccyx (cdJc-cîss). 



2^ Il s'articule comme ks dans les terminaisons ax, 
ex, ix, ox, ux, yx, inx, ynx, quand elles sont précédées 
d'une consonne, comme dans les mots suivants: 



Ajax (ajakss), 
anthrax (antraJcss), 
Astyanax {ass-ti-a-naliss), 
Ax (akss), ville, 
borax (bo-raJcss), 
Bax {daJcss), ville, 
Fairfax (fèrfakss), 
Halifax {alifaJcss), 
income-taxe (ain-Jcàme-taJcss), 
opopanax (opopa-nakss), 
Pertinax (jpèrti-naJcss), empe- 
reur romain, 
Smilax (smi-lakss), myth., 



storax ou styrax (sto-rakss, 

sti-rakss), 
thorax (to-raJcss), 
bembex ou bembèces (banbèkss, 

banbèss), 
codex (ko-dèkss), 
Essex (è-cèkss), 
Gex (jèkss), ville, 
index (ain-dèkss), 
murex (mu-rèkss), 
silex (ci-lèkss), 
Sussex (çu-cèkss), 
vertex {vèr-tèkss). 



C0KS0NNE8 ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



325 



Alix (a-Ukss), 

Ambiorix (anhio-rikss) , chef 
des Gaulois, 

cocatrix (koJca-trikss), 

Félix {fé-likss), 

Nix (nikss), génie des eaux, 

phénix (fé-niJcss), 

préfix [pré-fïkss), \rikss), 

Vercingétorix (vèr-çain-jéto- 

Cox (JcdJcss), théologien an- 
glais, 

Coysevox (koass-voTiss), sculp- 



Fox (fblcss), 
Palafox (pala-foJcss), 
phlox (fldJcss), 
Pollux {po-lukss), 
Fryx (é-rikss), myth., 
onyx io-nikss), 
pnyx (pnikss), 
le Styx (stikss), 
sphinx (sfainkss), 
Syrinx (ci-rainkss), 
lynx {lainkss), 
etc., etc. 



teur, 

On excepte: 1^ Béatrix, Cadix, coccyx, dont Tx sonne 
comme l's sifflante (voyez plus haut); — 2^ crucifix, perdrix, 
prix, Bex (bourg en Suisse), Chexbres (station de chemin de 
fer au-dessus de Vevey sur le Lac de Genève), Fernex (qu'on 
écrit maintenant plutôt Ferney, château de Voltaire, près de 
Genève), et les mots en fltix, dont l'x est muette; — '6^ Chas- 
tellux, qui se prononce châ-t'-lû. 

Dans Aix-en-Othe (bourg), les Aix-d'Angillon (bourg), 
Dupleix (gouverneur des établissements français dans l'Inde),* 
hoax (mot anglais, voyez page 91), Saint- Yrieix (ville), l'x, 
bien que précédé de plusieurs voyelles, sonne comme ks: èkss- 
an-nôte, lè-zèkss-danji-ion, du-plèkss, ôkss, çain-ti-rièkss. 

3^ Enfin, x final est muet quand il vient après une con- 
sonne ou plusieurs voyelles, comme dans les mots ci- après: 



Aix [île d'] (île de), petite 
île à 22 kilomètres de 
Rochefort, 
Auzoux (ô-zoû), méd., 
Avaux [comte d'] (a-vô), 
Barharoux {harharou). Giron- 
din, 
Bayenx (ba-ieu), ville. 



Berchoîix (bèr-chou), poète, 
Bordeaux (bor-dô), ville, 
Bruix (bru-i), amiral, 
Caux [pays de] {ko), 
Champeix [chan-pe), ville, 
chiaoux {cM-a-ou},^ 
choix (choa), 
choux (chou), 



• Voyez plus bas Dupleix, historien, que l'on prononce autrement. 
2 Chiaoux, qui se trouve dans La Fontaine, est une corruption de tehavouaeh 
huissier, audiencier turc. 



326 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. 



X. 



Citeaux (ci-to), 
Clairvaux (hlèrr-vo), 
courroux (Jcou-rou), 
Crémieux {Jcré-mieu), avocat, 

etc., 
croix (Jcroâ), 
déchaux ou déchaussés 

[Carmes] {déchô, déchô-cé), 
Despréaux (dépré-o), 
doux (doû), 
Ducoux (dukoû), méd. et 

homme politique, 
Dupleix (duplè), hist.,i 
époux (époû), 
Esquimaux (èss-M-mô), 
Evreux {é-vreu), 
faix ife), 
faux, autrefois faulx (fô), 

subst., 
Foix (foâ), 
G-réoulx ou G-réouls (gré-oul), 

village, 
heureux {eu-reu), 



houx {où), 

jaloux (Jalou), 

Laveaux {la-vô), 

Lecouteulx (lekouteû), 

Meaux (mô), ville, 

paix {pê), 

je peux, tu peux (peu), 

poix (poâ), 

je prévaux, tu prévaux (prévô), 

Boncevaux (ronss-vô), bourg 

d'Espagne, 
Roux (rou), 
Tallemant des Beaux (tal-man 

de ré-o), 
taux (tô), 
toux {toâ), 
Trévoux (trévoû), 
Vaux (vô), village, maréchal, 
je vaux, tu vaux (vô), 
vaux-de-vire (vôd-vir),'^ 
voix (voâ). 

Des Yvetaux {de ziv-tô), poète, 
etc., etc. 



Dans Chastellux, crucifix, perdrix, prix, afflux, efflux, 
ou flux, reflux, influx ou influs, l'x final, bien que précédé 
d'une seule voyelle, est encore muet: châ-t'-lû, Tcrucifî, pèr- 
drî, prî, aflû, éflû, flû, reflû, ain-flû. (Voyez page 325.) 

Mais dans Aix (v. de Provence), Aix -les -Bains (v. de 
Savoie), Aix-la-Chapelle, — Aix-en-Othe, les Aix-d'Angillon, 
Dupleix (gouverneur dans les Indes), hoax, Saint-Yrieix 
(ville), l'x final, quoique précédé de plusieurs voyelles, se pro- 
nonce s dans les trois premiers noms, et ks dans les cinq 
autres. (Voyez pages 324, 325.) 



1 Mais Dupleix, gouverneur des établissements français dans l'Inde, se pro- 
nonce dupleks. (Voyez ce nom plus haut.) 

2 Xe« Vaux- de -Vire, vallée de France (Calvados), près de Vire. C'est dans 
cet endroit qu'habitait Olivier Basselln, foulon et poète, célèbre par ses chansons 
joyeuses et malignes qui, désignées d'abord sous le nom de vmtx-de-vire, prirent, dit- 
on, dans la suite, celui de vaudevilles. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Z. 32? 

Ex, préposition latine, se prononce toujours èks: ex-député, 
ex-ministre, ex-avocat, ex-laquais, — ex abrupto, ex s^quo, 
ex professo, etc. 

Dans le mot deux, l'x ne se prononce pas; excepté 
pourtant lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une 
voyelle ou une h muette, alors l'x sonne comme z: deux 
enfants, deux hommes, le deux août, etc. (Voyez Liaison 
des mots entre eux, lettre X.) 

Quant aux deux noms de nombre six et dix, on prononce 
fortement l'x comme s sifflante: cîss, dîss. — Excepté quand 
ils sont suivis d'un mot qu'ils déterminent, qu'ils multiplient; 
car alors ils se prononcent cî, dî, devant une consonne ou 
une h aspirée, et cîze, dîze devant une voyelle ou une h 
muette. — On prononce donc cîss, dîss, dans les exemples 
suivants: Six ou sept. Le dix mars. Le vingt- six avril. 
Argent à six pour cent. Page dix. Nous étions vingt-six 
dans la chambre. Multiplier cent qtiatre- vingt -dix par six. 
Déduire six de soixante- dix. Etc. — Mais l'x sera muet 
dans ces exemples -ci: Six tables. Six héros. Dix mains de 
papier. Trente-six volumes. Quatre-vingt-dix francs. Cent 
six familles. Six cent cinquante habitants. Cinq ou six 
couples d'amis. Etc. — Et il sonnera comme z dans: Six 
autres tables. Six honnêtes gens. Dix ans de bonheur. Trente- 
six ouvrages. Quatre-vingt-dix hôtels. Cent six arpents de terre. 
Trois cent soixante -dix habitants. Cinq ou six amis. Etc. 

La lettre x ne se double jamais. 

Cette consonne est le signe du pluriel de quelques mots: 
caillou, cailloux; bateau, bateaux, etc. Elle ne se prononce, 
dans ce cas, que lorsque le mot suivant commence par une 
voyelle ou une 11 muette. (Voyez, toutefois, Liaison des mots 
entre eux, lettre X.) 

Z. 

La consonne z, dentale ou sifflante, s'articule de deux 
manières: 

1^ Articulation propre, z: zéro, zodiaque, etc. 



328 COKSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Z. 

2^ Articulation accidentelle, s sifflante, à la fin de la 
plupart des noms propres, etc. 

Au commencement et au milieu des mots, cette lettrs 
conserve son articulation propre: zèbre, zouave (soldat d'in- 
fanterie légère),! Znaym (v. de Moravie), Zollverein (ou Union 
des douanes germaniques), zone, Zorndorf (village de Prusse), 
— alèze, alizé ou alise, azote, de Bèze, gaze, mélèze, rizière, 
suzerain, tojpaze, trapèze, etc. — Prononcez zèbre, . . . zna- 
ime, zbl-verain, . . . zbrnn-dorf, etc. 

Elle se prononce comme s dans Berg-op-Zoom et Badetzlzij 
(comte de). — Dites bèr-gbp-sbme, ra-dètts-M. 

Elle est nulle dans JDelitzsch (philologue allemand), 
Zschokke (écriv. allemand). — Prononcez de-Utche, chb-ké. 

Dans les noms hongrois et polonais, sz se prononce 
légèrement z, un peu comme l's sifflante: Joseph Mandarasz 
(Hongrois), Szedenyi (nom propre), etc. Dites jozèf manda- 
râze, zé-dé-ni-i. — Le Dziennik (journal de Varsovie), Goszc- 
zynshi (poète polonais), se prononcent ziè-nik, go-zaince-ki. — 
(Voyez page 247.) 

Czech, ou Czèchez, ou Gzèques, nom que les habitants 
slaves de la Bohême portent en leur langue, s'écrit toujours 
en français Tchèque (prononcez tchèk): Les Tchèques, la 
langue tchèque, etc. 

A la fin des noms, le z, dans les terminaisons az, iz,- 
oz, uz, garde l'articulation propre, mais se prononce plus 
faiblement qu'au commencement des mots: 



Achaz (akâze), roi de Juda, 
Albornoz ou Albornos {albbr- 
nbze, albor-nbss), cardinal, 
Badajoz (badajbze), ville, 
Berlioz (bèr-libze), compos., 
Booz (bô-bze), époux de Ruth, 



Boz (bbze), pseudonyme de 

Dickens, romancier anglais, 
Buloz(bîdbze), \ittéraLtAra.nça,is, 
Dalloz {dalbze), avocat, député, 
Diaz (diâze), navigateur, 
gaz {gaze). 



1 Zouaven (du nom d'une tribu indigène), troupe d'infanterie légère organisée 
en Algérie dès le 1er octobre 1830, se recrute indistinctement de Français et d'indigènes. 

2 Excepté dans riz. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Z. 



329 



Joachaz {jo-a-Mzé), roi d'Is- 
raël, 

Persoz (pèrçozé), chimiste, 

Petroz (pe-troze), pharmacien, 
écriv., 

le remiz {re-mîze), sorte de 
mésange, 



Saint-Jean- de- L iiz (ç ain-ja n- 

dlûzè), ville, 
Santa-Cruz (çanta-krûze), 

ville, 
Vera-Cruz (véra-krûze), v. du 

Mexique, 
etc., etc. 



Immédiatement précédé d'une ou de plusieurs consonnes, 
le z final prend toujours l'articulation de l's sifflante, et il se 
prononce de même à la fin des noms propres terminés en ez: 



Alvarez (alvarèss), 

Amhez (anhèss), village, — 

le bec d'Ambez, 
Aranjuez (aran-Jnèss), ville, 
Austerlitz (os-tèrlitss), 
Barthez (bartèss), célèbr. méd., 
batz (batss), monn., 
Belz {bèiss), bourg, 
Biarritz {biaritss), 
brandhirtz , et mieux brand- 
hirsch (bran-dirtss, bran- 
dir ch'), cerf, 
Brientz ou Brienz (bri-ance), 

ville et lac en Suisse, 
Chemnitz {chèmm-nitss), ville, 
Coblentz (Jco-blance), ville, 
Cortez [Fernand] (kor-tèss), ' 
czarowitz (gzarouitss, ou, sui- 
vant Nodier, gzarovitch'), 
Beutz {deutss), faubourg de 

Cologne, 
Bouarnenez (douar- ne -nèss), 

ville, 
Féletz (félêss), écriv. critique, 
Fez (fèss), V. du Maroc, 



Frantz (frantss), capitaine, 
Fritz (fritss), nom pr., 
Gablenz [baron de] (ga-blainss), 
Galatz (galatss), ville, 
G-oritz (goritss), 
Gr2ùtz ou Gratz {grètss, 

gratss), v. de Styrie, 
Hertz (èrtss), nom pr., 
Inez ou Incs de Castro [i-nèss), 
Juarez (jua-rèss), 
Kuntz (kounntss), 
Leibnitz (Ub-nitss), philosophe 

allemand, 
Lola Montez {montèss), femme 

galante, fameuse par ses 

aventures. 
Bombez (lonbèss), ville, 
Lopez (lopèss), 
le Mançanarez ou Manzanarès 

(nian -ça- narèss , nian - za- 

narèss), petite riv. d'Espagne, 
Metz (mèss), ville et forteresse 

allemande, 
MicJciewicz (mi-Mé-vikss), 

poète polonais, etc.. 



1 On dit Fernand seulement en parlant de Cortez, le conquérant du Mexique. 
Ailleurs, toujours Ferdinand: Ferdinand VJ, roi d'Espagne, Ferdinand I, roi de 
Naplea; etc. 



330 CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Z. 



Moliacz ou Mohatz {mo-akss, 

mo-atss), V. de Hongrie, 
Montz (monss), 
Olmuts (àl-mutss), ville, 
Orthez ou Orthès (or-tèss), 

ville, — vicomte d'Orthès, 
Pertz (pèrtss), hist. allemand, 
Pilnitz {pil-nitss), village de 

Saxe sur l'Elbe, 
quartz (kouartss), — mais 

quartzetix avec l'articulation 

propre du z, 
Bagatz{ragatss), établissement 

thermale en Suisse, 
le ranz des vaches (ranss), 
Rmvicz (ravikss), v. des Etats 

prussiens, 
Betz [le cardinal de] (rèss),^ 
Rhodez ou Rodez {ro-dèss), 

ville, 
Rodriguez (rodrigèss, g dur), 
Ruolz (ru-olss), chimiste, 
Saint-Tropez (çain-tropèss^ , 

ville, 
Sanchez (çan-chèss), savant 

portugais. 



ScJimœlnitz (schmèl-nitss), 

V. de Hongrie, 
Schnetz (chnètss), peintre, 
Sedlitz (cèd-litss), village, 
Séez ou Sées (cé-èss), ville, 
Seltz (cèlss), ville, 
Senez (ce-nèss), ville, 
Stanz (stanss), v. de Suisse, 
Steinmetz (stain-mètss), génér. 

allemand, 
Stiegîitz (sti-gîitss), banquier, 
Stréîitz {stré-litss), villes, 
strélitz {stré-Utss), infanterie 

russe, 
Suarez ou Suarès (çua-rèss), 

jésuite espagnol, 
Suez ou Soiieys {çuèss, çou- 

èss), ville, — isthme, — 

le canal de Suez, 
Tœplitz {tèp litss), ville thermale, 
Vélasquez (vélass-Jcèss), 
Windischgrsetz (vain-dick'- 

grètss), famille autrichienne 

célèbre, 
wootz (voutss), espèce d'acier, 
etc., etc. 



Nous avons déjà dit, page 305, que plusieurs personnes 
ne font pas entendre le t dans Austerlitz, Biarritz, Sedlitz, 
Stréîitz. 

Le z est muet à la fin des noms propres suivants: 



Gayz (ke), hist., député, 
Duez (due), nom pr., 
Dumouriez {du-mourié), 
Duprez (dupré), 
le Forez (foré), anc. province 
de France, 



Géruzez (jéruzé), littérat., 
Lainez (lé-né), jésuite, 
le Lez ou le Lèz (le), rivière, 
les Natcliez (natt-ché), peu- 
plade d'Amériq. 



1 Voyez la note 2 page 308. 



CONSONNES ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Z. 33^^ 



Il ne se prononce pas non plus dans les mots ci-après: 



asses (a-cé), 

hiez (bié), canal qui conduit 
l'eau au moulin, 

chez (ché), 

lez (lé), à côté de, proche de, 
toute contre. Ancienne façon 
de parler, qui n'est plus 
usitée que dans quelques 
noms de lieux, comme Le- 
Plessis - lez - Tours , Saint- 
Denis-lez- Paris , 

nez {ne), 

le recez {re-cé), cahier des 



délibérations d'une diète de 

l'empire, 
rez (ré), tout contre, joignant. 

Bezpied, rez terre, au niveau 

du sol: On a abattu cette 

maison rez-pied , rez-terre. 

Les arbres ont été coupés 

rez-terre, 
rez-de-chaussée (rédd-chôcé), 

lieu situé au niveau du sol, 
riz (ri), 
sonnez (ço-nè, e ouvert moyen), 

2 six au trictrac. 



Dans les verbes, le z qui termine la seconde personne 
du pluriel est muet et communique le son fermé à l'e qui 
précède; ainsi, vous avez, vous étiez, etc., se prononcent vou- 
zavé, vou-zétié. — Voyez plus loin, Liaison des mots entre 
eux, lettre Z, dans quels cas le z final des verbes sonne 
devant une voyelle. 

Lorsque le z est doublé, on prononce ordinairement le 
premier comme d, le second comme z: 



VAbruzze (abrudze), 
Arezzo (arèd-zô), v. d'Italie, 
Bozzolo (hbd-zolo), ville, 
Durazzo (durad-zô), roi de 

Naples, — V. de Turquie, 
lazzarone (lad-zaroné), * 
mezzanine (mèd-za-nine et 

mé-za-nine), 
Mezzofanti (mèd-zôfanti), 

célèb. linguiste, 
mezzo-forte ou sotto voce 

[mèd-zo-fèrté , sbttô vbt-ché), 
mezzo-soprano (mèd-zô-çopra- 

nô), 



mezzo-termine (tnèd-zô-tèr- 

mi-ne), 
mezzo-tinto (mèd-zô-tainto), 
Peruzzi (pérud-zi), peintre, 
Pestalozzi (pèss-talbd-zi), 

célèbre pédagogue, 
pizzicato (jpid-zikâtô), 
Pouzzoles (poud-zbt), v. des 
environs de Naples, autre- 
fois Putéoli, [piémontais, 
Pozzo (pbd-zb), riche amateur 
Pozzo-di-Borgo (pbd-zô-di- 
bbr-go), Corse, — ambassa- 
deur de Russie, 



1 L'Académie écrit ce mot maintenant avec an seul z: lazarone, pi. lazaroni. 



332 CONSONNKS ET LEURS DIVERSES ARTICULATIONS. — Z. 

pozzolite (pod-zoUtt), \ Strozzi (strdd-zi), nom de plu- 

razzia (rad-zia), mot arabe: ! sieurs hommes marquants, 

rafle, pillage, etc., etc. 

Rizzio ou Riccio (rid-ziô, rik- 
ciô), favori de Marie Stuart, 

On ne prononce qu'un z dans les mots suivants: lazzi, 
mezzaboiit (t. de mar.), mezzanin (t. de mar.), pouzzolane. — 
Dites la-zi, mé-zabou, mé-sa-nain, pou-zolane, quelques-uns 
poz-zolane. 

La prononciation que nous indiquons quand il y a re- 
doublement du z n'est pas toujours observée: beaucoup de 
personnes laissent aux deux z leur articulation propre et les 
font entendre tous les deux en glissant sur le premier. 



TROISIÈME PARTIE. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX, 

dans la conversation familière ou sérieuse, dans 

la lecture, dans le discours soutenu et dans la 

déclamation. 

Dans la partie que nous venons de terminer, et qui a 
pour titre: Prononciation des consonnes, nous n'avons indiqué 
que la prononciation des mots pris isolément. Il nous reste 
maintenant à parler de la liaison des mots entre eux, et ce 
point n'est pas moins essentiel à étudier que tout ce que 
nous avons dit jusqu'ici; car l'observation des règles qu'ont 
établies les sociétés choisies de la capitale, et que s'imposent 
toutes les personnes de goût, contribue à donner à la con- 
versation la grâce et le naturel qui lui conviennent, à la 
lecture de l'attrait et du charme, au discours soutenu de 
la gravité. Pour une oreille accoutumée au langage de la 
bonne compagnie, l'inobservation de ces règles décèle tout 
de suite dans la personne qui parle une complète ignorance 
des lois du langage parlé. 

La langue française renferme, comme on l'a vu, un très 
grand nombre de mots dont la consonne finale est muette; 
mais parmi ces mots il faut distinguer: 

1 ^ Ceux dont la consonne reste muette dans tous les cas,^ 
aussi bien devant une voyelle que devant une consonne, tels 
sont ceux-ci: plomb, banc, boulevard, étang, fusil, nom, loup, 
berger, le Doubs, respect, nez, etc. Ainsi, dans les exemples 



334 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



que nous allons donner, on ne fera point entendre la con- 
sonne finale, bien que le mot suivant commence par une 
voyelle ou une h muette: 
Bu plomb à vendre. 



Le banc est renversé. 

Un boulevard agréable. 

Cet étang est poissonneux. 

Un fusil excellent. 

Un nom emprunté. 

Le loup est disparu. 

Ce berger a perdu sa houlette. 

Le Doubs est débordé. 

Le respect humain. 

Un nez aquilin. 



Prononciation figurée. 

Du pion' î a vandr' 

Le ban' | è ranvèrcé. 

Un boul'var' [ agré-abl'. 

Cètt étan' | è poà-cô-neu. 

Un fuzi' I èk-cé-lan. 

Un non | an-prun-té. 

Le lou' I è, diss-paru. 

Ce bèrjé | a perdu ça oulètt. 

Le dou' I è débordé. 

Le rèss-pèk' | u-main. 

Un né I akilain. 



Etc., etc. 

2^ Et ceux dont la consonne finale n'est muette que lors- 
qu'ils sont prononcés isolément, ou qu'ils terminent une phrase^ 
ou qu'ils sont suivis d'un mot commençant par une consonne 
ou une h aspirée, tels sont les mots franc,, fécond, profond, 
entenû, (du verbe entendre), long, bon, troj}, aimer, premier, 
après, ilH, lilas, fort, peut (dn y exhQ pouvoir), affreux, chevaun, 
assez, etc., etc. Ainsi, la consonne finale de ces mots sera 
muette dans les exemples suivants: prononciation figurée: 



Cet homme est franc. 

Auteur fécond. 

Un fossé profond. 

Elle entend bien. 

Long silence. 

L'exercise esthoupour la santé. 

Trop hardi. 

Le premier devoir de l'homme. 

Il est fort savant. 

Ils haussaient les épaules. 

Affreun hourvari. 



Cet ôme è fran. 

Oteur fékon. 

Un fôcé profon. 

El antan bi-ain. 

Lon cilance. 

Lég-zèrciss è bon pour la çanté. 

Trô ardi. 

Le premié d'voar de lôme. 

Il è for çavan. 

Il ôcè le zépôl. 

Afreu ourvari. 



Mais, dans beaucoup de cas, la consonne finale des mots 
de cette dernière catégorie se fait entendre lorsqu'elle est 
suivie d'un mot commençant par une voyelle ou une h muette. 
— Par exemple, on la prononce dans les phrases suivantes: 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



335 



Il est parti à franc étrier. 
Un fécond esprit. 
Profond artiste. 
Entend-on bien? 
Un long hiver. 
C'est un bon exercice, 
n est trop avare. 
Le premier homme. 
Vous êtes fort honnête. 
Ils ont reçu une lettre. 
Affreux état. 



Prononciation figurée. 

Il è parti a frau=kétrié. 
Un fékon=tèsspri. 
Profon=tartist. 
Antan=ton bi-ain? 
Un lon=kivèrr. 
Cè^^^tun bon=nég-zèrciss. 
Il è trô-pavâr. 
Le premié=rôme. 
Voa=zête fôr=tônêtt. 
Il=zon r'çu une lèttr'. 
Afreu=zéta. 



C'est se qu'on appelle lier les mots entre eux: la consonne 
finale se prononçant comme si elle était placée devant la 
voyelle initiale du mot suivant, lie en effet les deux mots de 
telle sorte, que, dans la prononciation, ces deux mots semblent 
n'en faire qu'un. 

Dans beaucoup d'autres occasions, la consonne finale des 
mêmes mots doit rester muette, bien que suivie d'un mot 
commençant par une voyelle ou une h muette. — Par exemple» 
on ne la fait point entendre ici: 

Prononciation figurée. 



Il est franc autant que bon. 
Un esprit fécond et fin. 
Cet écrit est profond et juste. 
Le temps est long à qui attend. 
Cet homme est bon envers les 

pauvres. 
Ilparletro^etréfléchittroppeu. 
Le premier est arrivé à huit 

heures. 
Il est fort et grand. 



Il è fran | ôtan k'bon. 
Un=nèsspri fékon | é fain. 
Cet ékri è profon | é justt. 
Le tan=zè Ion | a ki atan. 
Cet 6me è bon I anvèrr le 

pôvr'. 
Il pari' trô | é réfléchi trô peu. 
Le premié | è=tarivé a uitt 

eurr. 
Il è for i é gran. 



Observez bien que, dans la liaison des mots, certaines 
consonnes finales ne font pas entendre leur articulation propre: 
d se prononce comme t, f comme v,' g comme k, s et x 



1 La liaison de l'f avec l'articulation du r n'a lieu que dans le mot neuf, 
nom de nombre, et seulement dans des cas bien déterminés. Voyez Liaison de» 
mots tntre eux, lettre F. 



336 LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 

comme z. Les consonnes c, n, p, q, r, t, z, gardent leur 
articulation. — Mais il n'est question ici que de la liaison 
des mots dont la consonne finale est muette quand ces mots 
sont pris isolément. Quant aux mots dont la consonne finale se 
prononce toujours, comme sud, soif, veuf, grog, zigzag, iris, pro- 
spectus, borax, codex, etc., la prononciation de cette consonne, 
ainsi que nous le disons plus bas, ne varie dans aucun cas. 

Pour bien parler, bien lire, bien déclamer, etc., il faut 
donc s'appliquer à distinguer les mots dont la consonne finale 
ne se prononce jamais, d'avec ceux dont cette consonne doit, 
selon l'occasion, rester muette ou se lier avec la voyelle 
initiale du mot suivant. 

La liaison des mots s'observe différemment dans la con- 
versation, dans la lecture, dans la déclamation, etc. 

Dans la conversation, la liaison des mots est en quelque 
sorte arbitraire: elle s'observe suivant le degré de familiarité. 
Il y a sans doute certaines liaisons que le rapport des mots 
rend indispensables; mais ce serait marquer de l'affectation 
et du pédantisme, et prouver que l'on ignore le bon usage, 
que de faire toutes les liaisons sans discernement. On ne 
doit jamais perdre de vue qu'une conversation familière admet 
une foule d'hiatus, qui contribuent à donner au langage de 
la grâce et du naturel. Les personnes de goût, loin de 
craindre ces hiatus, les font au contraire avec connaissance 
de cause, dégageant ainsi le débit d'une infinité de sons qu'il 
serait fatigant d'entendre dans la familiarité. — Dans une 
conversation sérieuse, oti le ton familier ne saurait être admis, 
la liaison des mots s'observe davantage; néanmoins, il ne 
faut pas lier tous les mots comme on le fait dans la lecture 
publique, dans le discours soutenu, dans la déclamation; en 
un mot, il ne faut jamais s'éloigner du naturel. — On prouve, 
dans la conversation, qu'on est initié au langage de la bonne 
compagnie, quand on ne fait que les liaisons rigoureusement 
indispensables; on prouve, au contraire, que l'on manque 
d'usage, quand on fait toutes les liaisons. 

La lecture des ouvrages simples doit ressembler à la 
conversation. On ferait en effet disparaître tout l'attrait 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 337 

d'une nouvelle, tout le charme d'un roman, etc., si l'on ob- 
servait dans cette lecture d'autres règles que celles de la 
conversation. 

Il ne peut en être de même dans la lecture des ouvrages 
sérieux et dans la poésie. On prouverait, en effet, que l'on 
ne sent pas tout ce qu'il y a d'élevé dans le style de Bossuet, 
en lisant ses Oraisons comme on lit un roman. Toutes les 
beautés du meilleur poème passeraient inaperçues dans une 
lecture négligée où la liaison des mots ne serait pas observée. 

Mais c'est surtout dans le discours public et dans la 
déclamation, que toutes ces règles aoivent être suivies avec 
une exactitude scrupuleuse. 

Pour terminer, nous poserons ce principe général: 

Comme on ne lie les mots qu'afin de rendre le langage 
harmonieux, on évitera de faire sonner la consonne finale d'un 
mot, toutes les fois qu'il devra résulter de la liaison un son 
désagréable à l'oreille; car il faut bien se pénétrer de ce 
principe, qu'wwe irrégtdarité est préférable à une discordance 
de sons. 

On peut dire qu'en général la liaison des mots peut 
toujours se faire, même dans la conversation, et sans que 
l'harmonie en souffre jamais, quand le premier mot détermine, 
qualifie ou modifie le second: comme l'article devant un nom; 
l'adjectif devant un substantif; le pronom devant son verbe; 
le verbe devant son pronom; l'adverbe devant l'adjectif ou le 
participe qu'il modifie. 

Nous n'avons pas besoin de dire que toute consonne finale 
prononcée, quand le mot est pris seid, comme dans Joab, lac, 
Joad, épliod, vif, grog, fd, Epsom, julep, coq, mer, Joas, 
transit, thorax, Achaz, etc., doit toujours se faire entendre, 
et toujours avec l'articulation propre, devant une voyelle comme 
devant une consonne, * quelle que soit enfin la position du mot 
dans la phrase. Or, puisque en français pour bien parler, 
bien lire, bien déclamer, etc., il faut enchaîner tous les mots. 



1 II n'y a d'exceptions que les noms de nombre six, neuf, dix, qui, lorsque la 
consonne finale se lie, se prononcent cîz, neuv, dîz. — Voyez, plus loin, ces mots 
aux lettres F, X. 

Lesaint, Prononciation française. 3me éd, 22 



338 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



les unir les uns aux autres, afin de produire cette suite de 
sons qu'on appelle la musique du langage, ces mots: Joab, 
lac, etc., s'unissent également aux mots qui suivent et font, 
dans la prononciation, corps avec eux. Exemples: 



Joal) ternit sa gloire . . . 

Joab était neveu de David. 

Le lac de Genève. 

Ce lac est profond. 

Joad plaça Joas sur le trône. 

1 1 est vif en tout, vif dans tous 

m 

ses mouvements. [seaux. 
La mer était couverte de vais- 
La mer Caspienne reçoit de 

très grands fleuves. 
Achaz est fameux par son 

impiété. 
Achaz fut privé de la sépul- 
ture des rois. 



Jo-aij-tèr-ni-ça-gloâr . . . 
Jo-ab-étè-n'veu-de-da-vid. 
Le-lak-de-j'nèv'. 
Ce-lak-è-profon. [trôn'. 

Jo-ad-pla-ça-jo-âss-çur-le- 
Il-è-vif-an-tou, vif-dan-tou-cè- 

mouv'man. 
La-mèr-é-tè-kou-vèrtt-de vè-cô. 
La-mèr-kass-piènn'-re-çoa-de- 

trè-gran-fleuv'. 
A-kâz-è-fa-meu-par-çon=nain- 

pi-été. 
A-kâz-fu-privé-d'la cépul- 

tur-dè-roâ. 



Et quant aux mots terminés par un e muet, comme rol>e, 
race, partage, Rome, automne, etc., ou par une consonne qui 
doit toujours rester muette, comme hord, vieillard, Tliiers, etc., 
c'est la dernière consonne sonore qui s'unit au mot suivant, 
mais toujours sans changer d'articulation. On dira donc: 



La robe est faite. 
Une robe de soie. 
Cette race maudite. 
Le partage a eu lieu. 
Rome a été fondée en 753 

avant J.-G. 
Cet automne est chaud. 
Un bord escarpé. 
Un vieillard aimable. 
Thiers est un grand orateur. 



La-rôb' è-fètt. 

Un'-rôb'-de-çoâ. 

Cètt'-rac'-mô-ditt. 

Le-partag' a-u-lieu. 

Rom' a-été-fondé-an 753 avan- 

jézu-kri. 
Cèt-ôtôn'-è-chô. 
Un-bôr-èss-karpé. 
Un-viè-iar-é-mabl'. 
Tièrr-è=tun-gran==torateur. 



Ainsi s'enchaînent tous les mots dans la prononciation; 
il n'y a d'interruption qu'après les pauses, lesquelles sont 
toujours indiquées par un signe: la virgule, le point -virgule, 



LIAISON DKS MOTS ENTRE EUX. — B. 339 

le point, la parenthèse, etc.; alors seulement la liaison est 
interrompue dans la prononciation. 

Pour mieux nous faire compendre, nous allons, dans 
les deux morceaux qui suivent, marquer les liaisons par ce 
signe , et les pauses par ce trait — . 

Leibnitz, — savant universel, — né en 1646 à Leip- 
sicîc, — fils d'un professeur de morale à l'université de cette 
ville, — se distingua de bonne heure par son aptitude aux 
sciences; — fut reçu docteur en droit à vingt ans, — et se 
fit connaître dès l'âge de vingt-deux ans par une Nouvelle 
méthode pour l'étude du droit Il fut à la fois ju- 
risconsulte, — puhliciste, — théologien, — physicien, — ma- 
thématicien et historien; — mais c'est surtout comme mathé- 

maticien et comme philosophe qu'il est aujourd'hui célèbre 

Il attribuait une grande influence aux langues .... 

Pascal, — célèbre écrivain et géomètre français, — était 
fils d'un premier président à la cour des aides de Clermont. — 
.... Bans ses Lettres Provinciales — il discutait avec élo- 
quence les questions théologiques qu'on débattait alors, — et 
combattait la morale relâchée de plusieurs Jésuites, — 
tantôt avec une verve comique, — tantôt avec une élévation 
de style inconnue jusque-là, — mais souvent aussi avec passion. 

Dans tout ce qui va suivre, nous ne nous occuperons 
que de la liaison des mots dont la consonne finale est muette 
quand ces mots sont pris seuls, et nous indiquerons par ce 
double trait = toutes les liaisons à faire. 

:b. 

Le l) final de plomb, à plomb (locution adverbiale qui 
s'emploie quelquefois substantivement, et ne forme alors qu'un 
seul mot: aplomb), surplomb, Colomb (Christophe), ne sonne 
jamais, lors même que le mot suivant commence par une 
voyelle ou une 11 muette. — Ainsi l'on prononce comme si le 
b final n'existait pas: 

Du plomb en feuilles. 1 Du pion an feu-ye. 

Faute de plomb et de poudre. Fôte de pion é d'poudr'. 
Dresser à plomb une muraille, j Drècé=ra pion une mura-ye. 

22* 



340 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



G. 



Il a un aplomb incroyable. 
Ce mur penche, le surplomb 

en est visible. 
Christophe Colomb a découvert 

l'Amérique. 



Il a un=naplon ainkroa-iabr. 
Ce mûr panch', le surpion 

aii=nè vizibl'. 
Kristôf kôlon a découvèrr 

lamérik. 



Voyez, page 128, quels sont les mots dont le b fmal 
se prononce toujours. 

o. 

Le c final des mots accroc, ajonc, banc, caoutchouc, 
cotignac (confitures), escroc, fer-blanc. Franc (peuple), franc 
(monnaie), jonc, mauclerc, raccroc, tronc, ne se fait jamais 
entendre, même lorsque le mot suivant commence par une 
voyelle ou une h muette. Prononcez donc comme si le c 
final n'existait pas: 



Il y a un accroc à ta robe. 
Un ajonc élevé. 
Un banc à dos. 
Caoutchouc à vendre. 
Ce cotignac est excellent. 
Un escroc à redouter. 
Le fer-blanc est utile. 
Un Franc et un Gaulois. 
Un franc égale cent centimes. 
Jonc odorant. 
H est mauclerc en tout. 
Kaccroc inattendu. 
Le tronc est pourri. 



Il i a un=nakrô a ta rôb'. 

Un=ajon él'vé. 

Un ban a dô. 

Ca-outt-chou a vandr'. 

Ce kotigna è=tèk-cé-lan. 

Un=nèss-krô a r'douté. 

Le fèrr-blan è=tutil. 

Un fran é un gôloâ. 

Un fran égal' çan çan-timm'. 

Jon odoran. 

Il è mô-klèrr an tou. 

Rakrô i-natandu. 

Le tron è pouri. 



Le c reste également muet, même devant une voyelle, 
à la fin des mots blanc, broc (vase de bois), clerc, cric 
(machine), croc, franc (adjectif et adverbe). On dira donc 
sans liaison: 



Le blanc est le symbole de 

l'innocence. 
Un blanc et un noir. 
Blanc ou noir. 
Un clerc avec un laïque. 



Le blan è l'çain-bôl de li- 

noçance. 
Un blan é un noâr. 
Blan ou noâr. 
Un klèrr avèk un la-ik. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — C. 



341 



Le cric a soulevé ce fardeau. 

Un croc ou un harpon. 

Il es^franc autant que gêner eux. 



Le kri a çoal'vé c'fardô. 
Un krô ou un arpon. 
Il è fran ôtan k'jénéreu. 



Il n'y a d'exceptions que dans les locutions suivantes, où 
le c final sonne comme k: 



Du blanc au noir. 

Manger de la viande de broc 

en 'bouche. (Broc signifie 

ici broche.) 
De bric et de broc. 
Compter de clerc à maître. 
Cric crac. 
Croc- en-jambe. 
Cela fait croc sous la dent. 
Franc-alleu. 
Franc-étable. 
Un franc étourdi. 
Franc et quitte. 
Il lui parla franc et net. 



Du blan=kô noâr. 
Manjé d'ia viand' de brôk=an 
bouch'. 

De brik=é d'brôk. 

Konté d'klèr=ka mêtr'. 

Krik krak. 

Krô=kan-janb'. 

Cela fè krôk çou la dan. 

Fran=kaleu. 

Fran=kétabr. 

Un fran=kétourdi. 

Fran=ké kitt. 

Il lui parla fran=ké nètt. 
Le c de flanc ne s'entend jamais; excepté dans de flanc 
en flanc, que l'on prononce de flan kan flan ailleurs que dans 
la conversation. 

Arsenic se prononce arsenik et arseni. Si l'on adopte 
cette dernière prononciation, il ne faut jamais lier le c: 
Comme métal, l'arsenic est I Kômm' métal, lar-ce-ni è çan= 
sans usage. \ zuzâje. - 

Le c sonne dans Marc (nom pr.), Marc-Aurèle, Marc- 
Antoine, saint Marc (l'évangéliste), saint Marc (pape). — 
Mais on prononce mar partout ailleurs: Le lion de Saint-Marc, 
la place Saint-Marc, etc., et le c ne fait jamais liaison. 
Le lion de Saint-Marc est le 
symbole de la république de 
Venise. 
La place Saint-Marc est ma- 
gnifique. 
Poids: L'ancien marc était la 
moitié de la livre de 16 onces. 



Le lion d'çain mar è l'çainbôl' 
de la républik de ve-niz'. 

La plass çain-mar è ma-gnifik 

(gn mouillé). 
Lanciain mar été la moatié 

d'ia livr' de cèze once. 



342 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — C. 



Il ma konté un mar an p'titt 
mô-nè. 



On dôna Tmar ô bèss-tiô. 



Monnaie de Hambourg: Il 
m'a compté un marc en 
petite monnaie. 

Keste de fruits, d'herbes, etc. : 
On donna le marc aux be- 
stiaux. 

Dans la conversation, on ne prononce jamais le c des 
mots almanach, estomac, porc, tabac. Mais dans la lecture 
des ouvrages sérieux, dans la poésie et dans le discours sou- 
tenu, on fait la liaison devant quelques mots: 



Un almanach intéressant. 
Un estomac affaibli. 
Un porc à engraisser. 
Du tabac en poudre. 
Du tabac à priser. 



Un=:nalmana^kain-térèçan. 
Un=nèss-to-ma=kafèbli. 
Un pôr=^ka angrè-cé. 
Du taba=kan poudr'. 
Du taba=ka prîzé. 



Toujours liaison du c dans porc-épic et arc-en-ciel: 



Un pôr=képik. 
Dé pôr=képik. 
Un=nar=kan-cièl. 
Dè=zar=kan-ciel. 



Un poTG-épic. 
Des porcs-ép^cs. 
Un axc-en-ciel. 
Des arcs-en-ciel. 

Le c de vainc et de convainc (des verbes vaincre, con- 
vaincre) doit toujours rester muet dans la conversation. Hors 
de là, il faut faire légèrement sonner le c comme k devant 
une voyelle ou une h muette: 

S'il les vainc aujourd'hui. I Cil le vain=kôjourdui. 
Votrelettrem'en convainc assez. \ Votr' lettr' man konvain=kacé. 

Donc. — Le c ne se prononce que lorsque la proposition 
commence par donc: 



Votre ami est dans le besoin, 

donc vous devez l'aider. 
Je pense, donc je suis. 



Vôtr' ami è dan 1' bezoin, 

donk vous d'vé lédé. 
Je pance, donk je çui. 



ou lorsque cette conjonction est suivie d'une voyelle ou d'une 

h muette: 

Votre père est donc arrivé. 1 Votr' pèrr è don=karivé. 

Nous serons donc heureux. \ Nou s'ron don=keureu. 

ou bien encore, dans les phrases que dicte un mouvement de 

l'âme, soit passionné, soit d'indignation, soit de colère, etc.: 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — D. 



343 



Jusqu'à quand prétendrez-vous 
donc me dicter des loisf 

Serez-vous donc toujours 
maître ici? 

Je l'ai donc perdu pour jamais! 

Dans tout autre cas, le C 
It fait beau temps, allez donc 

vous promener. 
Soyez donc tranquille. 

Elle était donc bien riche? 

Voyez pages 130, 131, 1 
prononce toujours. 



Juss-ka kan prétandré-vou donk 

me dicté de loâ? 
S'ré-vou donk toujour mêtr' ici? 

Je lé donk perdu pour ja-mè! 

de donc ne se prononce point: 
Il fè bô tan, aie don vou 

prôm'-né, 
Soa-ié don trankil {Il non 

mouillées). 
El été donc bi-ain rich'? 
32, les mots dont le c final se 



Le d se lie et fait entendre l'articulation du t quand le 
mot qui finit par un d est un adjectif suivi immédiatement 
de son substantif, et que celui-ci commence par une voyelle 
ou une h muette: 



Grand homme. 
Profond abîme. 
Laid animal. 
Second étage. 
Fécond orateur. 
Fécond écrivain. 



Gran=tôrae. 

Profon=tabîme. 

Lè=ta-ni-mal. 

Ce-gon=tétâje. 

Fèkon=torateur. 

Fékon=técrivain. 



Mais si l'adjectif a, immédiatement après lui, tout autre 
mot que son substantif, le d reste toujours muet: 



Il è gran é biain fè. 

Ess-pri profon an tou. 

Il ni a riain d'plu le a voâr. 

Je loué l'cegon é l'troazièm'. 

Etr' fékon an ça-yie. 

Quant au d final des substantifs, qu'ils soient suivis de 
leur adjectif ou de tout autre mot, on n'est pas dans l'usage 
de le faire entendre: 



Il es^ grand et bien fait. 

Esprit profond en tout. 

Il n'y a rien de plus laid à 
voir. 

J'ai loué le second et le troi- 
sième. 

Etre fécond en saillies. 



344 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — D. 



Froid excessif. 

Chaud épouvantable. 

Un nœud indissoluble. 

Ce rond est mal fait. 

Le nid a été enlevé. 

Il fit un bond extraordinaire. 

X'échafaud est dressé. 

Ce plafond est peint en bleu. 

Un différend à vider. 

Le tisserand a bien travaillé. 

Ce muid était comble. 



Froa èk-cè-cif. 

Chô épouvantabl'. 

Un neu ain-diçolubl'. 

Ce ron è mal fè. 

Le ni a été anl'vé. 

Il fi^tun bon èkstra-ôrdi-nèrr. 

L'échafô è drècé. 

Ce plafon è pain^tan bleu. 

Un diféran a vidé. 

Le tiss-ran a bi-ain trava-ié. 

Ce mui été konbl'. 



Toutefois, on fait souvent sonner le d (comme t) dans 
ces expressions: 
Un froid humide. 
Il a froid aux mains. 
Il souffle le froid et le chaud. 
Battre froid à quelqu'un. 

On évite avec soin de faire sonner le d final des ter- 
minaisons ard, ord, ourd, excepté (comme on le verra tout 
à l'heure) dans les verbes suivis de leur pronom: 



Un froa=tu-midd. 
Il a froa=tô main. 
Il çoufl' le froa=té l'chô. 
Battr' froa=ta kèlkun. 



Un canard affamé. 

ifn retard imprévu. 

C'est un bord escarpé. 

Du nord au midi. 

Il faut de Z'accord entre les 

gestes et les paroles. 
Eu égard à vos antécédents. 
L'œil hagard et farouche. 
Regard affreux. 
Un brouillard épais. 
Le boulevard intérieur. 
C'est un vieillard infirme. 
Bord à bord. 
Un lord ou un prince. 
Sourd à mes conseils. 
Sourd et muet. 
Fardeau lourd à porter. 



Un kanar afa-mé. 

Un r'tar ainprévu. 

Cè=tun bôr èss-karpé. 

Du nôr ô midi. 

Il fô d'iakôr antr' le jèstt=zé 

le parôl. 
U égar à vô=zantécédan. 
Leu-ye agar é farouch'. 
Regar a-freu. 
Un brou-iar épê. 
Le boul-var ain-té-rieur. 
Cè=tun viè-iar ainfirm'. 
Bôr a bôr. 

Un lôr ou un praince. 
Cour a mè koncè-ye. 
Cour é mué. 
Fardô lour a porté. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — D 



345 



Néanmoins, le d fait liaison, et se prononce d, dans 



Nord-es#. 
^ord-ouest. 



Nôr=dèstt. 
Nôr=douèstt. 



Le d final se fait toujours sentir dans ces expressions; 



De fond en comble. 
Pied à boule. 
De pied en cap. 
Vieà-à-terre (substantif com- 
posé). 



De fon=tan konbl'. 
Pié=ta boul'. 
De pié^tan kap. 
Pié=ta-tèrr. 



Mais il est toujours muet dans: 
Mettre pied à terre. \ Mèttr' pié a 'tèrr'. 

Mettre le pied à l'étrier. 
Avancer pied à pied. 
Tirer pied ou aile d'une chose. 
Loger à pied et à cheval. 



Mettr' le pié a létri-é. 
Avancé pié a pié. 
Tiré pié ou èl dune chôze. 
Lojé^ra pié é a ch'val. 



ainsi qu'à la fin des mots contre-pied, couvre-pied (ortho- 
graphe de l'Académie), marchepied, tire-pied, trépied. 

Quand et quand, vieille locution, qui signifie avec, en 
même temps, se prononce ]can=té-kandd, en faisant entendre 
le premier d comme t, et le second comme d. — Mais quand, 
adverbe de temps, se prononce kan devant une consonne, et 
Jcantt devant une voyelle: 



Quand sera-t-il ici? 

Quand vous voudrez. 

Quand aures-vous fini? 

Quand elles furent parties. 



Kan s'ra-t-il ici? 
Kan vou voudré. 
Kan=tôré-vou fini? 
Kan=tèl fur parti. 



D, dans les verbes, lorsqu'il termine la troisième per- 
sonne singulière du présent de l'indicatif, se lie toujours 
(comme t) avec il, elle, on: 

Antan=til? 



Entend-iZ« 

Coud-eMe bien? 

Le lioisson mov&ilf 

Comprend-ow f 

Torà-elle le linge? 

Perd-î? à ce marché? 

Reperd-o« ce qu'on a gagné? 



Koû=tèl bi-ain? 

Le poa-çon môr=til? 

Konpran=ton? 

Tôr=tèll' le lainje? 

Pèrr=til à c'marché? 

Repèrr=ton c'kon^na gagné? 



346 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — D. 



Si le mot qui suit le verbe n'est pas un de ces trois 
pronoms, le d final des verbes en ordre et en oudre (mordre, 
tordre, coudre, moudre, etc.) ne se lie jamais. — Quant aux 
autres verbes: répandre, confondre, fondre, asseoir, etc., le 
d se lie toujours (comme t) dans la lecture des ouvrages sé- 
rieux, dans le discours soutenu, dans la poésie et dans la 
déclamation : 



Cette fleur répand un agréable 

parfum. 
Il se confond en excuses. 
La neige fond au soleil. 
Elle comprend avec peine. 
Il répond à tout. 
On perd ici un temps précieux. 
Il s'assied auprès de toi. 
On m'attend aujourd'hui. 
Cette couleur messied à votre 

âge. 
Cela le rend heureux. 
On lui tend un piège. 



Cètt fleur répan=tun==na- 

gré-abl' parfun. 
Il ce konfon=tan=nèkss-kûze. 
La nèje fon=tô çôlè-ye. 
EU' konpran=tavèk pêne. 
Il répon=ta tou. 
On pèr=tici un tan précieu. 
Il ça-cié=tôprè d'toa. 
On matan=tôjourdui. 
Cètt kouleur mécié=ta votr' 

âje. 
Cela rran=teureu. 
On lui tan=tun piéje. 



Dans la conversation, cette liaison se fait rarement. 
Mais on ne lierait dans aucun cas le d de ces phrases-ci: 



Il mord à l'hameçon. 
Il tord une corde. 
Il moud un sac de blé 
Elle coud avec soin. 



Il môr a la-m'çon. 
Il tor une kôrd'. 
Il mou un çak de blé. 
EU' kou avèk çoain. 

Le d qui termine les noms propres de contrées, de villes, 
de personnes, ne se lie jamais: 



Gand est une ville très com- 
merçante. 

Le Groenland est séparé de 
la Nouvelle- Bretagne par le 
détrois de Davis. 

J'ai vu Madrid et ses environs. 



Gan è=tune vill' trè-kô-mèrr- 

çantt. 
Le gro-ain-lan è céparé d'ia 

nouvèl-bre-tagn' par le 

détroa de daviss. 
Je vu madri é cè=zanviron. 



Voyez, pages 135, 136, les mots dans lesquels de d final 
se prononce toujours. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — F. 



347 



On a vu, page 138, que l'f finale se prononce dans presque 
tous les mots, au singulier comme au pluriel, devant une con- 
sonne comme devant une voyelle. Dans ces mots, l'f sonne 
toujours avec l'articulation propre, jamais comme v. Exemples: 



Soif ardente. 

Motif injuste. 

Naïf autant que spirituel. 

Relief admirable. 

Vif amour. 

Un vif éclat. 
Le Juif errant. 
Canif aiguisé. 
Grief inconnu. 
Sauf erreur. 

Un serf affranchi. 

Vous êtes bref aujourd'hui. 

Un habit neuf admirable. 



Soaf ardantt. 

Motif ainjustt. 

Na-if ôtan que spiritu-èl. 

Re-lièf admirabl'. 

Vif a-mour. 

Un vif ékla. 

Le juif èr-ran. 

Ka-nif é-gu-i-zé. 

Gri-èf ain-kô-nu. 

Çôf èr-reur. 

Un cerf a-fran-chi. 

Vou=zêt' bref ôjourdui. 

Un=na-bi neuf ad-mirabl'. 



L'f de chef est muette dans chef-d'œuvre, au singulier 
comme au pluriel: 

Un chei-d'œuvre. \ Un chè-deuvr'. 

Des cheis-d'œuvre. \ De chè-deuvr'. 

Mais elle s'entend partout ailleurs: 



Un chef de bataillon. 
Chef de brigade. 
Chef de cuisine. 
Les chefs -lieux des départe- 
ments. 

L'f de bœuf, cerf, nerf, œuf, se fait entendre au singulier : 



Un chef de bata-ion. 

Chef de brigad'. 

Chef de kuizine. 

Le chèf-lieu de départeman. 



Un beau bœuf. 
Un bœuf énorme. 
Un bœuf gras. 
Un bœuf maigre. 
Le bœuf Apis. 
Une tranche de bœuf. 
Du bœuf rôti. 
Un cerf agile. 



Un bô beuf. 

Un beuf é-norm'. 

Un beuf grâ. 

Un beuf mègr'. 

Le beuf apîss. 

Une tranch' de beuf. 

Du beuf rôti. 

Un cerf ajil. 



348 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — F. 



Le nerf caverneux. 
Un œuf d'autruche. 
Des coquilles d'œui. 
Un œuf à jeter. 



Le nerf kavèr-neu. 
Un=neuf dôtruch'. 
De koki-ye deuf. 
Un=neuf a j'té. 



Mais l'f de ces quatre mots est muette au pluriel: 



Des bœufs. 
Des cerfs. 
Des nerfs. 
Des œufs. 



De beu. 
De cèrr. 
De nèrr. 
Dè=zeu. 



ainsi que dans les expressions suivantes: 



Le beu grâ. 



Du beu calé. 

Un cèrr dî-kôr. 

Le cèrr è=to=zaboâ. 

Un cèrr-vôlan. 

Un nèrr de beuf. 

Larjan è l'nèrr de la gèrr 

(g dur). 
Un=neu frè. 
Un=neu dur. 



Le bœuf gras (bœuf que l'on 

promène à Paris pendant 

le carnaval). 
Du bœuf salé. 
Un cerf dix-cors. 
Le cerf est aux ahois. 
Un cerf-volant. 
Un nerf de bœuf. 
Figuré: L'argent est le nerf 

de la guerre. 
Un œuf frais. 
Un' œuf dur. 

Quelques-uns font entendre l'f dans un cent d'œufs. 

Dans clef, l'f est toujours muette: 
Une clef argentée. \ Une klé arjanté. 

Dans éteuf, elle ne se prononce qu'en poésie et lorsque 
le mot suivant commence par une voyelle ou une h muette: 
Prenant Z'éteuf à la volée. \ Pre-nan léteuf à la volé. 

Ailleurs, toujours éteu. 

Neuf, nom de nombre, se prononce neu, neuw, et neuf 
(eu toujours ouvert). 

Il se prononce neu et neuw quand il est devant un mot 
qu'il détermine, qu'il multiplie: neu devant une consonne, ou 
une h aspirée, neuv devant une voyelle: 
Neuf tables. | Neu tabl'. 

Trente-nent héros. Trantt-neu é-rô. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



G. 



349 



Vingf-neuî autres tables. 
Cent neuf habits. 



I Vamtt-neu=vôtr' tabl'. 
I Çan neu=vabi. 

Il se prononce neuf partout ailleurs, c'est-à-dire quand 
il n'est pas suivi d'un mot qu'il détermine, qu'il multiplie, 
comme ici: 



Ils sont neuf, 

Louis neuf. 

Neuf et demi. 

Les neuf arrivèrent à la fois. 

Dix-neuf en tout. 

Huit pour toi, neuf pour lui. 

Le neuf mai. 

Le dix-nenf avril. 



Il çon neuf. 

Louî neuf. 

Neuf é d'mi. 

Le neuf arivèrr=ta la foa. 

Dizz-neuf an tou. 

Uitt pour toa, neuf pour lui. 

Le neuf mè. 

Le dizz-neuf avril (ou avri-ye). 



Voyez, page 139, la lettre F, et, à la fin de l'ouvrage. 
Prononciation des nombres cardinaux et des nombres ordinaux. 



Dans la lecture, dans le discours, et toujours dans la 
déclamation, le g final des mots long, rang, sang, se lie avec 
la voyelle initiale du mot suivant, et se prononce alors comme k: 



Long usage. 

Un long hiver. 

Un long ennui. 

Rang honorable. 

De rang en rang. 

Rang élevé: 

Suer sang et eau. 

Qu'un sang impur abreuve 

nos sillons. 
Le sang artériel. 



Lon=kuzâje. 

Un lon=kivèrr. 

Un lon=kan-nui. 

Ran=kô-nôrabr. 

De ran=kan ran. 

Ran=kél-vé. 

Çué çan=ké ô. 

Kun çan=kain-pûr abreuv' nô 

ci-ion. 
Le çan=kartérièl. 



Il faut toutefois éviter les sons désagréables à l'oreille; 
par exemple, on ne fera pas sonner le g dans ces phrases: 



Le temps est long à qui attend. 
C'est un rang auquel il ne 

peut aspirer. 
Sang aqueux. 



Le tan=zè Ion à ki a-tan. 
Cè=^tun ran ôkèl il ne peu= 

taspiré. 
San akeu. 



350 LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — G. 

Mais dans la conversation familière, ce serait marquer 
une sorte d'affectation que de lier le g final de ces trois mots; 
ainsi, le mieux est de ne point le faire entendre ici: 
C'est une dame d'un rang élevé. Cè=tune dame dun ran él-vé. 
Trop de sang a coulé. Trô d'san a koulé. 

De long en large. De Ion en larje. 

Beaucoup rendent toujours muet le g de rang, même 
en poésie. 

0, dans le mot joug, se fait toujours entendre, mais un 
peu comme k, devant une consonne comme devant une voyelle: 
Il supporte ce joug depuis 

longtemps. 
Un joug insupportable. 

Dans bourg, le g sonne toujours comme k: 
Ce bourg est populeux. j Ce bourk è pôpuleu. 

Dans Berg (comté, puis duché, ville), le g se prononce, 
et toujours avec l'articulation propre: 

Berg est une ville du Wurtem- 1 Bèrgg è=tune vill' du vur- 
berg. \ tainbèrr. 

Dans Bourg ou Bourg-en-Bresse (chef-lieu du départ, de 
l'Ain), le g sonne également avec l'articulation propre quand 
Bourg est pris seul ou qu'il est suivi d'une consonne : 



Il çu-pôrtt ce jouk depui lontan. 
Un jou=kain-çu-portabr. 



Aller à Bourg. 
Bourg fut cédé à la France 
en 1601. 



Alé=ra bourgg. 
Bourgg fu cédé a la franco 
an cèze çan un. 

Mais il sonne comme k devant une voyelle: 
Bouvg-en-Bresse. I Bour=kan-brèss. 

'Bomg-Argental. \ Bour=karjantal. 

Et il est muet dans Bourg- d'Oisans, Bowcg-de-Viza, 
Bourg-la- Beine, etc. 

Mais on ne le prononce dans aucun cas, pas plus devant 
une voyelle que devant une consonne, dans les noms de contrées, 
de villes, de personnes, terminés par berg ou par bourg: 
JOeWurtemherg a pour capitale I Le vurtainbèrr a pour kapital 
Stuttgard. \ stutt-gar. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — H. 



351 



Nuremberg existait dès le 
temps de Charlemagne. 

Luxembourg était une des plus 
fortes places de l'Europe. 

Cherbourg a un joli port. 

Guttemberg était d'une famille 
noble. 



Nurainbèrr ég-ziss-tè de Ttan 

d'charle-magn'. 
Luk-çanbour étè=tune de plu 

fôrtt plass de leurôp. 
Chèrr-bour a un joli pôr. 
Gutanbèrr été dune fa-mi-ye 

nôbl'. 



Il reste également toujours muet à la fin des mots sui- 
vants: barlong, coing, dreyling, étang, faubourg, hareng, Jean 
de Meung, le Loing, ohlong, oing, orang-outang, parpaing, 
penning, pfenning, poing, schelUng, sechsling, seing, sterling. 



Ce coing est mûr. 
Un étang extrêmement poisson- 
neux. 
Un faubourg abandonné. 
Hareng en caque. 
Du vieux oing à vendre. 
Un orang-outang adroit. 
Un parpaing en saillie. 

Faire le coup de poing avec 

quelqu'un. 
Le schelling d'Angleterre vaut 

un franc vingt centimes. 
Un seing avec parafe. 
Vous avez deux livres sterling 

à payer. 



Ce ko-ain è mûr. 
Un=nétan èk-trême-man poa- 

ço-neu. 
Un fô-bour abandô-né. 
Aran an cake. 
Du vieu=zo-ain à vandr'. 
Un=oran-outan adroa. 
Un parpain an ça-yie ijl 

mouillées). 
Fèrr le cou d'po-ain avèk 

kèl-kun. 
Le ch'lain dangle-tèrr vô=tun 

fran vain çantime. 
Un sain avèk paraf . 
Vou=zavé deu livr' stèrr-lain 

a pé-ié. 



Nous avons indiqué, pages 151, 152, les mots dont le g 
final se prononce toujours. 

H. 

H est muette ou aspirée. — Quand elle est muette, elle 
est considérée, pour la prononciation, comme si elle n'était 
pas écrite; et si elle commence un mot, la consonne finale 
du mot précédent fait liaison avec la voyelle qui suit: 
Grand homme. 1 Gran=tôme. 

Il est habitué à l'obéissance, j II è=tabitué a lobé-i-çance. 



352 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — H. 



Mais quand la lettre h est aspirée, elle est regardée 

comme consonne; et si elle commence le mot, elle empêche 

l'élision de la voyelle finale du mot précédent, ou la liaison 
de la consonne: 



Grande hâte. 
Longue hallebarde. 
Petit hameau. 
Grand héros. 



Gran-de | âte. 
Lon-gue | albard'. 
Peti I a-mô. 
Gran 1 érô. 



Quant à la manière de prononcer l'h aspirée, qui jamais 
n'a d'aspiration gutturale, nous renvoyons à la lettre H, 
page 155. 

Dans chat-huant, les deux t sont toujours muets, et l'h 
de huant est aspirée: 

Le cri du chat-huant a porté 1 Le kri du cha-uan a porté 
l'effroi chez ce malade. \ léfroa che c'malad'. 

L'h de huit étant aspirée, on dit, sans faire entendre 
la consonne finale qui précède: 
Un huit de carreau. 
Le huit de cœur. 
J'ai tous les huit. 
Deshmtpersonnes qui sont par- 
ties, une seule est revenue. 
Cent huit. 
Quatre-vingt-hmi. 
Il est huit heures. 
Elles sont huit à table. 



Un uitt de karô. 

Le uitt de keur. 

Je tou le uitt. 

De ui pèrçone ki son parti, 

une seul è reu-v'nu. 
Çan uitt. 
Ka-treu-vain-uitt. 
Il è uitt eur. 
El çon uitt a tabl'. 



Mais l'h est regardée comme muette dans les nombres 
suivants : 



Bix-Yimt. 

VingtAxmi. 

Trente-\m\i, 

Quarante-hmi. 

Ginquante-\ïmi. 

Soixante-\m\i. 



Du=zuitt. 

Vain=tttitt. 

Tran=tuitt. 

Karan=tuitt. 

Çainkan=tiiitt. 

Çoa-çan=tuitt. 



ainsi que dans les nombres composés des précédents, tels 
que ceux-ci: 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — J, K, L. 353 



Çoa-çantt-di=zuitt. 
Katreu-vain- di== zuitt. 



Soixante-dix-hnit. 
Quatre-vingt-dix-huit. 
Etc., etc. 

Voyez, page 164, ce que nous avons dit de huit, hui- 
tième, huitièmement, et, à la fin de l'ouvrage, Prononciation 
des nombres cardinaux et des nombres ordinaux. 

Pour la prononciation de Th au milieu des mots, voyez 
page 165. 

Les onze mots ow^e, onzième, oui, ouate, ouater, uhlan, 
un (nom de nombre), yacht, yatagan, yole, yucca, sont ordi- 
nairement regardés comme s'ils avaient une h aspirée devant 
eux. Voyez ce que nous en disons page 172. 

Dans Hollande et Hongrie, l'h est toujours aspirée aujour- 
d'hui; elle était muette autrefois dans quelques locutions. 
(Voyez page 171.) 

La lettre 11 termine quelques mots, comme almanach, 
Jèhovah, Visigoth, zénith, etc.; elle est alors absolument 
muette, et elle n'a aucune influence sur la prononciation de 
la voyelle initiale du mot suivant. 

jr. 

La lettre j ne se trouvant à la fin d'aucun mot français, 
nous n'avons pas à en parler ici. 

k:. 

Le k se prononce partout où il se trouve, aussi bien 
devant une consonne que devant une voyelle. 

L. 

Les mots terminés par 1 conservent toujours la même 
prononciation, soit qu'ils terminent une phrase, soit qu'ils se 
trouvent suivis d'un mot commençant par une consonne ou par 
une voyelle. — On la laissera donc toujours muette à la fin 
de anil, baril, chenil, courtil, coutil, fourmi, fraisil, fusil, 
nombril, outil, persil, soûl, sourcil: 

LeBaint, Prononciation française. 3"»» éd. 23 



354 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — L. 



i'anil a une 'vertu vulnéraire. 

Un baril à défoncer. 

Chenil infect. 

Un courtil agréable. 

Coutil épais. 

Fournil obscur. 

Fraisil à jeter. 

Fusil à deux coups. 

Un outil excellent. 

Mettre du persil autour du bœuf. 

Sourcil épais. 



Lani a une vertu vulnérèrr. 

Un bari a défoncé. 

Che-ni ain-fèktt. 

Un kourti agréabl'. 

Kouti épè. 

Fourni ôbs-kûr. 

Frèzi a j'té. 

Fuzi a deu kou. 

Un=nouti èkcèlan. 

Mètr' du pèrci ôtour du beuf. 

Sourci épè. 



Voyez, page 207, la prononciation de gentil (idolâtre, 
païen), de gentil (joli, agréable), et de tous les mots où l'I 
se fait toujours entendre, soit avec l'articulation propre, soit 
avec le son mouillé. 

Bien des personnes de province, et le peuple de Paris, 
rendent muette 11 des pronoms il, ils; ainsi, au lieu de pro- 
noncer il demeure là, ils sont à Versailles, parle -t- il bien? 
viendront-ils aussi? en faisant entendre l'I: il demeur' la, il 
çon=ta vèrca-ye, parl-tïl biain? viain-dron=til=zôci? — 
ils disent, en supprimant l'I: i d'meur' la, i çon a vèrca-ye, 
parl-ti biain? viain-dron=ti ôci? 

Les mêmes suppriment également l'I dans quelque, quel- 
ques, quelqu'un, quelqu'une, quelques-uns, quelques-unes, quel- 
quefois: ils prononcent tous ces mots comme s'ils étaient écrits 
Jcék, Jcék, ké-kun, hé-hune, 'kéh=zun, Tiék=zune, JcéJc-foa, et 
même îceuJc, Jceulc, Tceu-hun, JceuJc=zun, Jceuk=zîme, JceuJc-foa. 

Nous n'avons pas besoin d'ajouter que ce langage trahit 
ordinairement une complète ignorance de la bonne prononciation, 
et que les personnes bien élevées prononcent 11 dans tous 
ces mots. 

Les mots terminés par 1 se prononcent au singulier 
comme au pluriel, et la lettre s, signe du pluriel, est seule 
soumise aux règles ordinaires pour sa liaison avec la voyelle 
initiale du mot suivant: 

Un fusil excellent. I Un fuzi èk-cè-lan. 

Des fusils excellents. De fuzi=zèk-cè-lan. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — M, N. 355 



Bu fil empaqueté. 
Des fils empaquetés. 
Un cil très long. 
Les cils et les sourcils. 



Du fil anpak-té. 
De fil=zanpak-té. 
Un ci-ye trè-lon. 
Le ci-ye=zé le çourci. 



Voyez plus loin, à la lettre S, dans quels cas cette 
consonne, ajoutée comme signe du pluriel, doit se lier avec le 
mot suivant. 

IML. 

Quand la lettre m finale n'est pas prononcée dans un 
mot pris isolément, et qu'elle n'a d'autre fonction que de 
donner un son nasal à la voyelle qui la précède, elle ne fait 
Jamais liaison avec le mot suivant. Ainsi l'on prononce sans 
faire entendre l'm: 



Pronon aindéfini. 
Un parfun èk-cè-lan. 
Une fain èk-cè-civ'. 
Un non il-lustr'. 



Pronom indéfini. 

Un parfum excellent. 

Une faim excessive. 

Un nom illustre. 

Adam et Eve. 1 Adan é èv'. 

Un quidam a dit . . . Un kidan a di . . . 

Condom avait un évêcJté. j Kondon avè=:tun=névéché. 

Riom est situé sur une hauteur. | Rion è citué çûr une ôteur. 

Voyez, page 214, quels sont les mots dont l'm finale se 
prononce toujours. 

^- 

L'n, comme l'm, ainsi qu'on l'a vu page 216, communi- 
que souvent le son nasal à la voyelle qui précède; exemples: 
ennui, enfermer, sentir, planter, plan, main, arçon, aucun, 
etc. — Le son nasal, c'est le désespoir du lecteur et de l'orateur, 
surtout quand, terminant un mot, l'n doit se lier avec le 
mot suivant; car la liaison ajoute encore à tout ce que la 
nasalité a d'inharmonieux. C'est pourquoi l'il nasale ne doit 
se lier que quand le sens le demande absolument, c'est-à dire 
quand le sens n'admet aucune pause entre le mot terminé 
par n et le suivant. 

Nous allons énumérer toutes les règles auxquelles s'as- 
sujettissent, quant à la liaison de l'n nasale, les personnes 

23* 



356 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — N. 



de goût dont le langage réunit à la fois l'harmonie et la 
correction grammaticale. 

Quand la lettre n finale donne un son nasal, comme 
dans plan, bain, son, aucun, etc., on la fait sonner si le mot 
qu'elle termine et le mot qui suit sont immédiatement, néces- 
sairement et inséparablement unis; enfin, si le sens ne permet 
pas une petite pause après la finale nasale. 

De ce principe générai résulte que la consonne n 
finale doit sonner dans tous les adjectifs suivis immédiatement, 
de leur nom ou d'un mot qui y a rapport, et qui commence 
par une voyelle ou une h muette: 



Ancien ami. 
Vain espoir. 
Aucun accident. 
Certain auteur. 
Vilain homme. 
En plein air. 
En plein hiver. 
Ce divin amour. 
Le malin esprit. 
Au moyen âge. 
Aucun ouvrage. 
Aucun autre ouvrage. 
D'un commun accord. 
Un importun ami. 



Anci-ain=na-mi. 

Vain=^nèsspoar. 

Okun=nakcidan. 

Cèrtain=nôteur. 

Vilain=nôme. 

An plain=nèrr. 

An plain=nivèrr. 

Ce divain=namour. 

Le malain=nèss-pri. 

moa-iain=nâje. 

Okun=nouvrâje. 

Okun=nôtr' ouvrâje. 

Dun kô-mun=nakôr. 

Un=nain-portun^na-mi. 



Il en est de même des mots mon, ton, son: 



Mon enfant. 

Ton ami. 

Son humeur. 

Mon intime ami. 

Ton intéressant ouvrage. 

Son entière liberté. 



Mon=nanfan. 
Ton=na-mi. 
Çon=:nu-meur. 
Mon=nainti-m' ami. 
Ton=nainté-rèçan=touvrâj e. 
Çon=nantièrr liberté. 



On voit dans la prononciation figurée que, malgré la 
liaison de la lettre n avec la voyelle suivante, le son nasal 
final doit être conservé; on s'exprimerait mal en prononçant 
anciè=^nami, vè=nèsspoar, ôJcu^naJccidan, cèrtè=^nôteur, 
mali=nèsspri, ce divi=namour, u=nainportu=nami, etc.; 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — N. 



357 



car, outre qu'on se mettrait en opposition avec l'usage général 
eu faisant disparaître le son nasal, on n'établirait plus, dans 
la prononciation, aucune distinction entre les adjectifs masculins 
et les adjectifs féminins. 

Mais on laissera l'il muette dans 



Mon est du singulier. 

Ton est un adjectif possessif. 

Son et ses se disent d'un seul 
possesseur. 



Mon I è du çain-gulié. 

Ton I è=tun=:nadjèctif pô- 

cè-cif. 
Çon I é ce ce dize d'un ceul 

pô-cè-ceur. 



parce qu'aucun des mots mon, ton, son, n'est suivi d'un 
substantif auquel il se rapporte. 

L'n finale nasale des substantifs ne se lie dans aucun cas. 
Il en est de même de tout mot employé substantivement. — 
On ne doit donc pas lier l'n nasale dans ces phrases: 



Faire du bien aux pauvres. 

C'est un soin inutile. 

Un plan ingénieux. 

C'est un non expressif. 

Passion aveugle. 

Le plan est achevé. 

Ce jardin était fréquenté. 

Votre prétention est légitime. 

Le fronton était orné de bas- 
reliefs. 

IjC maçon a reçu l'ordre de 
l'architecte. 

Le Rhin est un des grands 
fleuves d'Europe. 

Le duc fZ'Enghien était le 
dernier rejeton de la famille 
de Condé. 

Tamerlan était cruel. 

Ce bien est à moi. [moi. 

Ce bien a des attraits pour 

Une maison achevée. 

Du vin et de l'eau. 



Fèrr du bi-ain ô pôvr'. 
Cè=tun ço-ain i-nutil. 
Un plan ainjé-nieu. 
Cè=tun non èksprècif. 
Pa-cion a-veugl'. 
Le plan è^^tach'vé. 
Ce jardain été frékanté. 
Vôtr' prétancion è légiti-m'. 
Le fronton étè=tôrné de bâ- 

r'ii-èf. 
Le maçon a r'çu lôrdr' de 

larchitèkt'. 
Le rain è=tun de gran fleuv' 

deurôp. 
Le duk d'an-gain été l'dèrnié 

rej'ton d'ia fa-mi-ye de 

kondé, 
Ta-mèrlan été kru-èl. 
Ce bi-ain è=ta moa. 
Ce bi-ain a dè=zatrê pour moa. 
Une mèzon ach'vé. 
Du vain é d'iô. 



358 



LIAISON DE8 MOTS ENTRE EUX — N. 



La main ou le bras. [mal. 
J'en parlerai en bien ou en 
En tout bien et tout honneur. 
Il apprend ^'italien à Borne. 
Un crayon à dessiner. 
Le lendemain à midi. 
Le bien avec le mal. 
Voilà union assez inconvenant. 

Un paon encore jeune. 

Un ton amer et sec. 

Un chien enragé. 

J'irai à Rouen et au Havre. 

Mener à fin une affaire. 

Le bon et le mauvais. 

Un bon à recevoir. 

De Lyon à Paris. 

A main armée. 

Lord Byron était né boiteux. 

Un examen intéressant. 

Voyez plus bas, dans ce 
seul fait exception. 



La main ou l'brâ. [mal. 

Jan parleré an bi-ain ou an 
An tou bi-ain é tou=t6-neur. 
Il a-pran litali-ain a rôme. 
Un kré-ion a déci-né. 
Le land'main a midi. 
Le bi-ain avèk le mal. 
Voa-la un ton acé=zaincon- 

v'nan. 
Un pan ankôr jeune. 
Un ton amèrr é cèk. 
Un chiain anrajé. 
Jiré a rou-an é 6 avr'. 
Mené=ra fain u-nafèrr. 
Le bon é l'môvè. 
Un bon a r'cevoâr. 
De lion a pari. 
A main armé. 
Lôr biron été né boateu. 
Un=nég-za-main ain-térèçan. 

même article, le mot rien, qui 



Les adjectifs terminés par n nasale ne se liant avec le 
mot suivant que quand ils qualifient ce mot, on ne fera pas 
entendre l'n dans les exemples ci-après: 



Certain et indubitable. 
Bon à manger. 
L'or est commun en Angleterre. 
Ce vase sera plein avant une 

heure. 
Cet homme est bon autant que 

modeste. 
C'est un caractère hautain et 

fier. 
Il est arrivé sain et sauf. 
L'homme humain est sensible 

aux maux d^autrui. 



Cèrr-tain é aindubitabl'. 
Bon a manjé. 

Lôr è kô-mun an=nangletèrr. 
Ce vâze ç'ra plain avan=tu- 

neur'. 
Cet ôme è bon ôtan k'môdèstt. 

Cè=^tun karactèrr ôtain é fièrr. 

Il è=tarivé çain é çôf. 
Lôme u-raain è çancibl' ô mô 
dôtrui. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



359 



C'est vilain à toi de parler de 

la sorte. 
Il avait quelque chose de bon 

à fannoncer. 



Ce vilain a toa d'parlé d'ia 

sôrtt. 
Il avè kèlkeu chôze de bon a 

ta-non-cé. 



On ne fera pas non plus sonner l'n finale de plein dans 
les locutions suivantes: 



Il a de cerîz' plain un pa-niè. 
El a plain un gran çak darjan. 



Il a des cerises plein un panier. 
Elle a plein un grand sac 

d'argent. 
Etc., etc. 

parce que le mot plein est ici, non comme adjectif, mais 
comme préposition de quantité; et qu'en fait de préposition, 
le mot en est le seul dont Tn nasale puisse, sans nuire à 
l'harmonie du langage, se lier avec la voyelle initiale de son 
complément. (Voyez plus bas, dans ce même article, ce que 
nous disons sur la liaison de en.) 

L'n du mot un ne se lie que quand ce mot est suivi de 
son substantif, ou d'un mot qui y a rapport, comme dans ces 
exemples : 



Un arbre. 

Un autre objet. 

Un habile capitaine. 

Un assez grand nombre de 

personnes. 
Mettez un un (un 1) avant le 

six. 
Vingt et un ans. 



Un=narbr'. 
Un=nôtr' ôbjè. 
Un=nabil kapitène. 
Un=nacé gran nonbr' de pèr- 

çône. 
Mèté=zun=nun avan l'cîss. 

Vain==té un=nan. 



On ne fera donc pas la liaison dans les phrases suivantes: 



Vous passerez un ou deux mois 

avec nous. 
Un et un font deux. 
Ils sortirent un à un. 
Le vingt et un avril. 

Le trente et un août. 



Vou pâss-ré=zun ou deu 

moâ=zavèk nou. 
Un é un fon deu. 
Il çôrtîr=tun a un. 
Le vain=té un avril {ou avri- 

ye). 
Le tran-té un où. 
parce que le mot un n'est nulle part suivi d'un substantif qu'il 
détermine. 

Voyez l'un, plus bas. 



360 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



N. 



On, avant son verbe, fait toujours entendre l'n devant 
une voyelle ou une h muette: 



On a eu. 
On aime. 
On en parle. 
On «/ pensera.^ 



On=na u. 
On^^nème. 
On=nan pari'. 
On=ni pans'ra. 



Mais dans les phrases interrogatives ou exclaraatives, on, 
étant après le verbe ou l'auxiliaire, ne fait jamais liaison: 



Combien en a-t-on eut 

Que de monde a-^on arrêté 

injustement! 
Arrive-t-on bientôt f 
Est-on ici pour longtemps? 
Sera-t-on exact! 
A-t-on été faire des excuses f 
Aura-t-on eu assez d'esprit 

pour se tirer de làf 
Ajoute-t-on encore foi à ses 

paroles f 



Konbi-ain en=na-t-on u? 
Ke d'mond' a-t-on arété 

ainjuss-teman ! 
Ariv-t-on biaintô? 
È-ton ici pour lontan? 
S'ra-t-on ég-zaktt? 
A-t-on été fèrr dè=zèks-kûze? 
Ora-t-on u acé dèss-pri pour 

ce tiré d'Ia? 
Ajoutt-t-on ankôr foa à ce 

paroi? 



On ne fera jamais entendre l'n des pronoms l'un, chacun, 
quelqu'un, le mien, le tien, le sien, parce que ces mots jouent 
le rôle de substantifs: 



L'un ou l'autre. 
L'un et l'autre. 
L'un aime le vin et l'autre 

le jeu. 
L'un est riche et l'autre est 

pauvre. 
Logez ces voyageurs chacun 

à part. 
Nous vivons chacun en notre 

particulier. 



Lun ou lôtr'. 

Lun é lôtr'. 

Lun ème le vain é lôtr' le jeu. 



Lun è rich' é lôtr' è 



povr 



Lôjé ce voa-iajeur chakun a par. 

Nou vivon chakun an nôtr' 
partjkulié. 



1 Dans ces phrases, on, pronom indéfini, ne représente aucune personne d'une 
manière particulière. Mais il arrive quelquefois qu'on se sert de on comme d'un 
substantif. Par exemple, quelqu'un me dit: On prétend que voua avez tort dans cette 
affaire, et l'on ajoute que vous devez des excuses. Et je réponds: ON est un sot. Ici 
pas de liaison: On | e=tun çô. C'est que on n'est plus ici pronom indéfini, mais un 
vrai substantif. C'est comme si je disais: Votre on, celui que vous appelez on, est un 
sot. Mais on ferait la liaison dans cette phrase: On est sot de croire cela (on=nè . . .). 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



N. 



361 



Chacun eut un lot 
Quelqu'un a dit que l'âme du 

monde est le soleil. 
Il est venu quelqu'un entre six 

et sept heures. 
Votre père et le mien étaient 

amis. 
Le tien et le mien ont été vus. 
Votre jardin et le sien étaient 

bien entretenus. 



Chakun u=tun lô. 

Kèlkun a di ke lame du mond' 

è l'çôlè-ye. 
Il è v'nu kèlkun antr' cîss é 

cè=teur. 
Vôtr' pèr' é l'mi-ain étè=tamî. 

Le ti-ain é l'mi-ain on=tété vu. 
Votr' jardain é l'ci-ain été 
biain=nantreut'nu. 



Toutefois, l'n de chacun fait liaison dans l'expression 
chacun un: 
Elles en avaient chacun un. | Èl=zan=navè chakun=nun. 

En, pronom, ne se lie que devant le verbe: 



Il en a acheté. 

En est-on convaincu f 

Nous en apprendrons. 



Il an=na ach'té. 
An=nè=ton konvainku? 
Nou^zan=napr andron . 



On ne fera donc pas la liaison dans ces phrases: 



Parlez-en au ministre. 
Allez-vou2-en au jardin. 
Donnez-m'en un peu. 
Plantes-en encore. 
Parlons-lui-en au plus tôt. 
Envoies-en aussi à Rouen. 
Va-t'en acheter des fruits. 
Achètes-en autant qu'il est pos- 
sible. 
Donne-lui-en une ou deux. 
parce que, dans ces neuf phrases, le pronom en n'a un 
rapport indispensable qu'avec son verbe, après lequel il se 
trouve; ou, si l'on veut, parce qu'on peut faire une petite 
pause après en. 

Mais ew, préposition, se lie toujours quand le mot suivant 
commence par une voyelle ou une h muette: 



Parlé=zan ô ministr'. 
Alé-vou:^zan ô jardain. 
Dô-né man un peu. 
Plantt=zau ankôr'. 
Parlon-lui-an ô plû tô. 
An-voa=zan ôci a rou-an. 
Va-t-an ach'té de fruî. 
Achètt=zan ôtan kil è pôcibl'. 

Dônn-lui an une ou deu. 



Il va en Italie. 

Elle a fait cela en un moment. 

Il parle en étourdi. 



Il va an=nitalî. 

El a fè ç'ia an=nun moman. 

Il pari' an^=nétourdi. 



362 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — N. 



En attendant mieux. 

Il payera en argent ou en 

un bon mandai. 
Ils sont en assez grand nombre. 



An=natandan mieu. 

Il pè-ye-ra an=narjan ou 

an=nun bon manda. 
Il çon^tan=nacé gran nonbr'. 



L'n finale de selon, préposition, ne se fait jamais entendre: 



Selon eux. 
Selon elles. 

Il faut, selon un certain pro 
verbe, 



Celon eu. 
Celon èl. 
Il fô, celon nn certain pro- 

vèrb', 

Dans ces phrases, on sacrifie la régularité à l'harmonie. 

La particule négative non se joint quelquefois à des 
substantifs, à des adjectifs, à des participes passés et à des 
adverbes; l'n finale se lie alors avec le mot suivant, quand 
ce mot commence par une voyelle ou une h muette: 



Les gens non intéressés. 

Regardez cette obligation 

comme non avenue. 
L'usufruit se prescrit par le 

non-usage pendant trente 

ans. 
Son travail est achevé, mais 

non encore revu. 



Le jan (ou jance) non=nain- 

térècé. 
Regardé cet ôbligâcion kôme 

non=navenû. 
Luzufrui ce prèsskri par le 

non=nuzâje pandan trant' 

an. 
Son trava-ye è=tach'vé, mè 

non=nankôr revu. 



Dans ces phrases, non est nécessairement uni au mot qui 
suit. Mais la liaison ne se fera pas dans celles-ci: 



Il agit ainsi, non à cause 

de vous, mais . . . 
Elle a dit non et oui. 
Ils ont répondu non à toutes 

les questions. 

Employé substantivement, non suit la règle des substan- 
tifs, c'est-à-dire que l'n finale reste muette. (Voyez page 357.) 



Il aji=tainci, non a kôze de 

vou, mè . . . 
Èl a di non é oui. 
Il=rzon répondu non a toutt 

le kèstion. 



Elle a prononcé ce non avec 
force. 



El a prononcé ç' non avèk force. 



On fera entendre l'n finale des mots bien, adverbe, et 
rien, substantif, lorsqu'ils seront suivis du mot auquel ils se 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — N. 



363 



rapportent, et que ce mot commencera par une voyelle ou 
une h muette, comme dans ces phrases: 



Elle s'est bien acquittée de sa 

commission. 
Cette mode est bien ancienne. 
Fénelon a servi bien utilement 

son pays. 
Ces malheureux sont bien à 

plaindre. 
Un caractère bien honorable. 
La chose s'est passée bien 

autrement. 
Enfant bien élevé. 
J'en suis bien aise. 
Ce terrain est bien ensemencé. 
Vous arrives bien à propos. 
Il agit bien utilement. 
On doit bien écrire. 
Elle a fort bien entendu. 
Il p a bien à dire à cela. 
Tu n'as rien appris. 
Vous n'avez plus rien à pré- 
tendre. 
Il ne veut rien entendre. 
Ces misérables n'ont rien à 

perdre. 
Nous n'avons rien entendu de 

mieux que ce morceau. 
On ne peut rien obtenir de 

cet homme. 



El ce biain^nakité d'ça kô- 

micion. 
Cètt môd' è biain=nanciène. 
Féne-lon a cèrvi biain=nutil- 

man çon pé-i. 
Ce maleureu çon biain=na 

plaindr'. 
Un karaktèrr biain=nônôrabr. 
La chôze ce pâcé biain-nôtre- 

man. 
Anfan biain=nél-vé. 
Jan sui biain-nêze. 
Ce tèrain è biain=nancemancé. ^ 
Vou=zarivé biain=na propô. 
Il aji biain=nutil-man. 
On doa biain=nécrir'. 
Elle a fôr biain=nantandu. 
Il i a biain^=^na dir' a ç'ia. 
Tu na riain=naprî. 
Vou navé plû riain=na pré- 

tandr'. 
Il ne veu riain=nantandr'. 
Ce mizérabl' non riain=na 

pèrdr'. 
Nou navon riain=:nantandu de 

mieu que ç'môrçô. 
On n' peu riain=nôbtenir de 

cet ôme. 



En effet, bien et rien étant partout suivis du mot qu'ils 
modifient, on ne peut faire une pause après ces mots sans 
détruire le sens des phrases. 

On fera de même sonner l'n de bien dans ces phrases 
familières : 

Etre bien ensemble. 1 Etre biain=nansanbr. 

Nous vivons bien ensemble. Non vivon biain=nansanbl'. 



364 LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — N. 

Vivez-vous bien avec lui? Vivé-vou biain=^navèk lui? 

Etc., etc. 

parce que le mot lien a un rapport nécessaire avec ce 
qui suit. En effet, supprimez les mots ensemble, avec lui, et 
le sens sera différent. 

Cette consonne sonnera encore dans quelques phrases où 
le mot bien, employé par redondance, a également un rapport 
nécessaire avec les mots qui suivent, par exemple: 



Il faut bien y consentir. 
Il est bien en chemin, mais 

il n'est pas arrivé. 
C'est bien à vous de réprimer 

les abus. 



Il fô biain=ni konsantîr. 

Il è biain=nan ch'main, mè= 

zil ne pa=zarivé. 
Ce biain=na vou d'réprimé 

lè=zabû. 



Ici, non plus, on ne pourrait s'arrêter après bien sans 
changer le sens des phrases. 

Mais le goût réprouve la liaison de l'n de bien dans: 



Celui don j'parl' è biain | un= 

nô-trôra'. 
Voala biain | un=nabi kôm' 

jan voulè=zun. 



Celui dont je parle est bien 
un autre homme. 

Voilà bien im habit comme 

j'en voulais un. 
Etc., etc. 

parce que, quand deux mots terminés par n nasale se suivent 
immédiatement, et qu'ils sont chacun suivis d'un mot commen- 
çant par une voyelle ou une h muette, il faut, pour ne point 
déranger l'harmonie, ne faire qu'une liaison, si elles ne sont 
pas toutes les deux absolument indispensables. Or, la liaison 
de l'adjectif avec son substantif, ou avec un mot qui a rapport 
à ce substantif, étant toujours de rigueur, il faut, dans les 
phrases que nous citons plus haut, faire sonner l'ii de l'adjectif 
numéral un, puisque cet adjectif détermine, dans le premier 
exemple, autre homme, et, dans le second exemple, habit. 
Mais l'n de bien, mot purement modificatif dans la première 
phrase, et dont le rapport est éloigné, ne sonnera pas, non 
plus que celle de bien, dans la seconde phrase, où ce mot est 
employé uniquement par redondance. 

Quand les mots bien et rien se rapportent à des mots 
qui précèdent, et non à des mots qui suivent, l'n finale ne se 
lie jamais: 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



365 



Il parlé biain é a propô. 
El se plézè biain a pari. 
Il çon biain ôprè du roa. 
Até-vou décrir', biain ou mal. 

Cet anfan trava-ye biain ôjour- 

dui. 
Je m'plè biain an france. 
Konduizé-vou biain anvèrr cètt 

pèrcône. 
Demandé biain à votr' ami 

d'vou pardô-né vôtr' fôtt. 
Je n'voa riain é nantan pa= 

zun mô. 

Que fè=ton? Riain an ç' mo- 

man. 
El na riain ou prèsk riain. 
Nôfré riain ô lèkteur. 

Ne d'mandé riain a pèrcône. 

Bien et rien, dans toutes ces phrases, se rapportent à 
des mots qui précèdent; en effet, on peut partout faire une 
petite pause sans nuire au sens des phrases. 

Employé comme substantif, bien suit la règle de tous 
les substantifs, c'est-à-dire que l'n ne se lie jamais. Employé 
comme adverbe, c'est le seul dont la finale nasale puisse, 
dans l'occasion, se lier avec le mot suivant. — Dans tous 
les autres adverbes, comme dans les conjonctions, cette con- 
sonne reste toujours muette, comme dans ces phrases: 



Il parlait bien et à propos. 
Elle se plaisait bien à Paris. 
Ils sont bien auprès du roi. 
Hâtez-vous d'écrire, bien ou 

mal. 
Cet enfant travaille bien 

aujourd'hui. 
Je me plais bien en France. 
Conduisez -vous bien envers 

cette personne. 
Demandez bien à voire ami de 

vous pardonner votre faute. 
Je ne vois rien et n'entends 

pas un mot. 

Que fait-on f Rien en ce mo- 
ment. 
Elle n'a rien ou presque rien. 
N'offrez rien au lecteur. 

(BOILEAU.) 

Ne demandez rien à personne. 



Combien en a-t-on vuf 
Combien «/ a-t-il de personnes ? 
Combien avez-vous d'argent? 
Combien il a montré de sagesse ! 
Pour combien en achèterons- 
nous f 
Demain au soir. 
De demain en huit. 
Demain il dira le contraire. 



Konbiain an=na-t-on vu? 
Konbiain i a-t-il de pèrcône? 
Konbiain avé-vou darjan? 
Konbiain il a montré d'çajèss! 
Pour konbiain an=nachèt'ron- 

nous? 
Demain ô çoâr. 
De d'main an uitt. 
Demain il dira l'kontrèrr. 



566 



LIAISON DES MOTS EKTRE EUX. — N. 



Enfin on vit 

Enfin il m'a dit 

A la fin il est convenu de tout. 

De loin à loin. 

De loin en loin. 

On vit dans cet événement le 

triomphe de l'ancien régime, 

ou bien une guerre civile. 
Payez cette somme en deux, en 

trois, ou bien en quatre fois. 

Ou bien encore 

Que lui dites-vous, sinon une 

injure ? 



Anfain on vi 

Anfain il ma di 

A la fin il è konv'nu de tou. 

De lo-ain a lo-ain. 

De lo-ain an lo-ain. 

On vi dan cet évén'man le 

trionf de lanciain réjime, ou 

biain une gèrr (g dur) civil. 
Pè-ié cet çôme an deu, an 

troa, ou biain an katr' foa. 

Ou biain ankôr 

Ke lui ditt-vou, cinon une 

ain-jûr ? 



Voyez, page 219, quels sont les mots dont l'n finale se 
prononce toujours. 

Ainsi que nous l'avons dit page 356, quand l'n finale 
nasale doit se lier, l'usage est de conserver le son nasal et 
d'ajouter, dans la prononciation, une n devant la voyelle 
initiale du mot suivant: Un ami (un=nami). En avant 
(an=iiavan). On avait (on=navè). Etc. Tel est l'avis de 
Dangeau, 1 Beauzée,^ Dumarsais,^ Th. Corneille, * 
d'01ivet,5 Restant, 6 Bouillette,^ Régnier-Desmarais,^ 
de Wailly,9 Lévizac,*^ et de quelques autres auteurs 
modernes. 



i Dangeau, abbé, membre de l'Académie Française. On a de lui Lettres sur 
les voyelles, sur les consonnes, sur l'orthographe, etc., réunies sous le titre d'Essais de 
grammaire. 

2 Beauzée, célèbre grammairien, membre de l'Acad. Fr., rédigea les articles 
de grammaire dans l'Encyclopédie et publia une Grammaire générale qui fonda en 
grande partie sa réputation. 

3 Dumarsais, grammairien, philosophe, auteur des Principes de grammaire 
ouvrage justement estimé. 

<• Thomas Corneille , poète dramatique , membre de l'Acad. Fr. et de l'Acad. 
des Inscriptions, a composé deux dictionnaires. 

5 Olivet (abbé d'i, grammairien célèbre, membre de l'Acad. Fr. Il a donné, 
entre autres ouvrages, Traité de la Prosodie et Essais de grammaire. 

6 Restant, auteur de divers ouvrages, entre autres d'une Grammaire française, 
qui fit sa réputation. 

7 Bouillette, grammairien estimé. 

8 Régnier -Desmarais, membre de l'Acad. Fr. , grammairien et littérateur, un 
des plus actifs rédacteurs du Dictionnaire de l'Acad. Entre autres ouvrages, il a 
donné une Grammaire française fort estimée. 

9 de Wailly, membre de l'Acad. Fr. , savant grammairien. Il a laissé une 
excellente grammaire française, intitulée Principes généraux et particuliers de la langue 
française, etc. 

10 Lévizac (l'abbé de) émigra en Angleterre, où il publia, entre autres ouvrages, 
une Grammaire à l'usage des étrangers, fort estimée. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — N. gg^ 

M. Dubroca, l'un des collaborateurs du Manuel des 
Amateurs de la langue française, ne partageant pas l'opinion 
des grammairiens que nous venons de citer, veut que, dans 
la prononciation, l'n finale nasale se détache du mot, pour 
se lier avec le mot suivant, qu'ainsi vain espoir, on est bien- 
heureux ici, doivent se prononcer vai=nespoir, o=nest hiè= 
nheureux ici, etc. 

Cette innovation, car c'en est une, a trouvé des partisans, 
gens de cabinet, mais non gens du monde, qui, sans consulter 
l'usage, ont, de leur propre autorité, lancé des décrets, sans 
même se donner la peine de se mettre d'accord entre eux. 
Voici les lois qu'ils ont formulées: 

Un ami, un œuf, un homme, etc., doivent se prononcer 
u=nami, u=-nœuf, u^nhomme, suivant les uns; eu=nami, 
eic=nœuf, eti=nhomme, suivant les autres. 

En pronom, avant le verbe, et en préposition se pro- 
noncent a=n . . . Prononcez donc j'en ai, il en est assuré, 
elles en ont, se confondre en excuses, en effet, en outre, en 
avant, il est en Italie, etc., en détachant Vn, et en donnant 
à l'e le son a: j'a=nai, il a=nest assuré, elles a=nont, se 
confondre a^nexcuses, a==neffet, a=^noutre, a^=navant, il 
est a==nltalie, etc. 

On détachera de même Vn des mots on, non, mon, ton, 
son: On a, on était, on honore, non interrompu, mon enfant, 
ton histoire, son image, etc., se prononceront o=na, ô=nétait, 
()=nhonore, nb^^ninter rompu, md^=nenfant, td=nhistoire, 
so=nimage. 

Bien et rien se prononceront biè=n . . ., riè=n . . .,: 
Il est bien à plaindre, elle n'a rien appris. Dites hiè=na 
plaindre, riè=nappris. 

Chacun, et tous les adjectifs masculins: aucun, bon, 
ancien, divin, vain, etc., suivent la même règle; prononcez 
donc ils en eurent, chacun un, il n'a aucun ami, c'est un bon 
élève, un ancien auteur, ce divin amour, vain espoir, etc., en 
détachant Vn finale: ils a=nurent, chacu^=:nun, aucu==nami, 
un bd=nélève, anciè-nauteur, divi=namour, vai=nespoir. 

Ainsi doit se faire, selon Dubroca, la liaison (très dan- 
gereuse!) de l'n nasale finale. Mais demandez à un capitaine, 



368 LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — N. 

à un colonel, à un général si, parlant à leurs troupes, ils 
disent a=navant ou an=navant. — Allez au Théâtre-Fran- 
çais, l'académie du bon langage, des bonnes manières, du bon 
ton; allez écouter, au Palais de l'Institut, les premiers savants 
de France; interrogez enfin cette société choisie de la capitale 
qui parle le français tout naturellement, sans aucune teinte 
d'affectation, et vous n'hésiterez pas à condamner la réforme 
de M. Dubroca. 

Voici ce que dit, au sujet de cette curieuse pronon- 
ciation, la Grammaire des Grammaires de Girault- Du vivier, 
12® édition, avec Suppléments de M. Dessiaux, corrigée par 
Delellée, professeur (page 29): ;,Nous n'examinerons pas si 
l'opinion de M. Dubroca est fondée. Seulement nous dirons 
que la prononciation que ce grammairien veut faire admettre, 
a contre elle l'usage universel, et que ce motif seul suffit 
pour faire donner la préférence au sentiment de Beauzée, de 
Dumarsais, de Dangeau, de D'Olivet, etc., etc.'' 

J. Duquesnois, professeur d'éloquence parlée, auteur 
d'une Nouvelle Prosodie et d'un Manuel de l'orateur et du 
lecteur (Paris, Hachette), dit, page 88: „Nous avons été bien 
des fois consulté pour savoir si l'on devait, en faisant la 
liaison de l'n, conserver au son nasal sa sonorité, ou bien la 
changer et dire: u=nJiomme, le divi=namour , etc. Nous 
avons toujours répondu que, les sons nasaux étant pour 
marquer le masculin, il fallait leur conserver leur sonorité, 
sans quoi ils perdraient leurs véritables significations, et, au 
lieu de mettre de la clarté dans la pensée, ils y jetteraient 
la confusion. Il ne faut pas perdre de vue que les sons 
remplissent pour les oreilles le même office que l'écriture 

pour les yeux Jugez du désordre que peut apporter 

dans l'esprit de celui qui écoute un discours, la nécessité de 
chercher s'il est question d'un homme ou d'une femme, 
lorsque l'on dira, par exemple, c'est u=nami à toute épreuve. 
Pendant le temps qu'il a passé à se rendre compte, les sons 
ont continué leur course, et lorsqu'il revient à l'orateur, il 
n'est plus au courant de sa pensée. L'auditeur ne doit 
faire aucun travail, c'est assez qu'il prête son attention et 
analyse les pensées Prononcez donc mon = nanti 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — O. 



369 



im=^nami, divin=namour, etc., et non mo=nami, u=namî, 
divi^=namour. " 

M. Morin de Clagny, professeur de lecture à haute 
voix et de déclamation lyrique au Conservatoire de musique 
et de déclamation, donne dans son Traité de Prononciation 
(Paris, Tresse, page 47), entre autres Modèles d'exercice, 
la Mort des Templiers, dont nous copions les deux pre- 
miers vers: 

Un immense bûcher, dressé pour leur supplice, 

S'élève en échafaud, et chaque chevalier . . . 
Et voici comment M. Morin figure la prononciation : 

Un n'immens bûché, drécé pour leur supliç', 

S'élèv' en n'échafo, é chac chevalié ... 
Il se serait bien gardé de dire: U=nimmens bûché, . . . 
s'élèv' a=néchafo. 

Ces citations suffiront, nous n'en doutons pas, pour faire 
rejeter tout le système de M. Dubroca quant à la manière de 
lier l'n nasale. 

O. 

Onze, onzième, oui, ouate, ouater. — Ces mots, et d'au- 
tres, dont nous avons déjà parlé à la lettre H, page 172, sont 
presque toujours regardés comme s'ils étaient précédés d'une 
h aspirée. Voyez tout ce que nous en avons dit. 

A l'exception des cinq mots onze, onzième, oui, ouate, 
ouater, la liaison se fait, d'après les règles établies par l'usage, 
devant tous les mots commençant par 0: 



Un bon pasteur a soin de ses 

ouailles. 
Ce pasteur est allé chercher 

son ouaille égarée.^ 
Ce sont des ouï- dire. 
Un ouï-dire. 



Un bon pasteur a ço-ain d'cè= 

zoua-ye. 
Ce pasteur è=talé cherché 

çon=noua-ye égaré. 
Ce son dè=zou-i-dîr.2 
Un=nou-i-dîr. 



1 On n'entend plus guère le mot ouaille qu'au pluriel. 

2 Oui se prononce en deux sons égaux: ou-i, et non en diphtongue comme dans 
la particule affirmative oui. — Mais il n'y a qu'un son dans inoiii (i-noui), excepté 
en poésie. 

Letaint, Prononciation française. 3me éd. 24 



370 



LIAISON BES MOTS ENTRE EUX. — P. 



Il ne faut pas s'arrêter aux 

oui-dire. 
Avoir Z'ouïe bonne. 
Prendre une carpe par les 

ouïes. 
J'ois, tu ois; — ^''ouïs, j'aurais 

ouï ce grand bruit A 
Avez-vous ouï tout ce tapage f 
Si on l'eût ouï parler . . . 
On l'a condamné sans l'onir. 
Seigneur, daignes ouïr nos 

vœux. 
Les oyants compte. 



Il ne fô pa çarêté=rô=zou- 

i-dîr. 
Avoar lou-î bô-n'. 
Prandr' une karp' par lè= 

zou-î. 
Joâ, tu oâ; — jou-î, jôrè= 

zou-i ce gran brui. 
Avé-vou=zou-i ton ç'tapâje? 
Ci on lû=tou-i parlé. 
On la kondâ-né çan lou-îr. 
Cè-gneur, dègné=zou-îr nô 

veu. 
Lè=zoa-ian kontt. 



F. 

Le p final de beaucoup et de trop sonne toutes les fois 
que ces mots sont suivis d'une voyelle ou d'une h muette: 



Il a beaucoup étudié. 

On a beaucoup appris. 

Il dit beaucoup en peu de 
paroles. [faire. 

Il reste encore beaucoup à 

Il s'intéresse beaucoup à vous. 

Il y a beaucoup à dire. 

Ce négociant s'est beaucoup 
enrichi depuis un an. 

Il a appris beaucoup en deux 
jours. 

Vous allez trop avant. 

Qui trop embrasse mal étreint. 

Cet homme est par trop en- 
nuyeux. 

Cet enfant est trop attaché 
aux études. 

Le trop est trop. 



Il a bôkou=pétudié. 

On=na bôkou=paprî. 

Il di bôkou=pan peu d'parôl. 

Il rèstt ankôr bôkou=pa fèrr. 
Il çaintérèss bôkou=pa vou. 
Il y a bôkou=pa dîr. 
Ce négocian ce bôkou=pan- 

richi depui=zun=nan. 
Il a aprî bôkou=pan deu jour. 

Vou^zalé trô=pavan. 

Ki trô=panbrass mal étrain. 

Cet ô-m' è par trô=pan-nui- 

ieu. 
Cet anfan è trô=pataché 6= 

zétud'. 
Le trô=pè trô. 



Dans la conversation, cette finale ne se fait guère entendre. 



1 J^oU, tu ois, etc., vieilles formes, aujourd'hui inusitées, du verbe ouïr. — 
(Voyez Traité complet de la Conjugaison des Verbes français, page 204 ) 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — P. 



371 



Dans la poésie, dans le discours soutenu et dans la dé- 
clamation, le p final de coup sonnait autrefois devant quel- 
ques adjectifs qualificatifs commençant par une voyelle ou une 
h muette: 



Coup extraordinaire. 
Coup inattendu. 
Coup imprévu. 



Kou=pèkstra-ôrdi-nèrr. 

Kou=pi-na-tandu. 

Kou=^painprévu. 



Mais devant tout autre mot qu'un adjectif qualificatif, le 
p de coup restait toujours muet: 



Cètt antre-prîze a porté kou 

a ça fortune. 
Le chagrain porta kou a ça 

çanté. 
Un kou ou deu. 



Cette entreprise a porté coup 

à sa fortune. 
Le chagrin porta coup à sa 

santé. 
Un coup ou deux. 

Aujourd'hui cette liaison ne se fait plus, et le p est 
également muet dans les locutions tout à coup, tout d'un coup, 
coup sur coup, après coup, pour le coup, encore un coup. 

Quand le p final de beaucoup, trop, fait liaison, il sonne 
avec peu de force: on s'exprimerait fort mal, par exemple, en 
appuyant fortement sur le premier p dans le trop est trop; 
mais on s'exprimerait tout aussi mal si l'on disait le trô è 
trô; il y a un milieu à suivre, et c'est ce milieu que saisis- 
sent les personnes qui parlent bien. 

Quant aux autres mots dont le p final ne se prononce 
pas ordinairement, comme camp, cantaloup, champ, drap, 
galop, loup, sirop, etc. (voyez ces mots page 225), cette con- 
sonne ne se lie jamais avec le mot suivant. Ainsi l'on dira 
sans faire sonner le p: 



Un camp étendu. 

Ce cantaloup est trop mûr. 

Champ à labourer. 

Ce drap est bon. 

Ce cheval a le galop aisé. 

Un loup affamé. 

Sirop adoucissant. 



Un kan étandu. 

Ce kantalou è trô mûr. 

Chan a labouré. 

Ce dra è bon. 

Ce ch'val a l'galô ézé. 

Un lou afa-mé. 

Ci-rô adouci-çan. 



Voyez, page 224, les mots dont le p final se fait tou- 
jours entendre. 

24* 



372 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — Q, R. 



A la fin des mots, le q se prononce toujours; on ex- 
cepte coq d'Inde, que l'on prononce ko daindd. — Mais cette 
consonne se fait sentir dans coq-à-l'âne, le coq est hardi, coq 
de bruyère, etc. 

A l'égard de cinq, nous en avons déjà indiqué la pro- 
nonciation page 234: 

Suivi d'un mot qu'il détermine, qu'il multiplie, il se pro- 
nonce çaink et gain: çaink devant une voyelle ou une h 
muette, gain devant une consonne ou une 11 asjnrée: 
Cinq enfants. \ Çain=kanfan. 

Vingt-cinq Jionnêtes personnes. \ Vaintt-çain=kônêtt pèrcône. 



Cinq petits enfants. 
Vingt-cinq hussards. 



Çain p'ti=zanfan. 
Vaintt-çain uçâr. 



Partout a-illeurs, c'est-à-dire quand cinq n'est pas suivi 
d'un mot qu'il détermine, qu'il multiplie, on prononce çainJc, 
quelle que soit la position du mot dans la phrase, et aussi 
bien devant une consonne que devant une voyelle: 



Nous sommes cinq. 

Voilà quatorze livres, dontneuf 

allemands et cinq français. 
Sur huit qui étaient partis, il 

y en a cinq de revenus. 
Multiplier cinq par six. 
Oter cinq de neuf. 
Le vingt-cinq mars. 
Le cinq octobre. 



Nou çôme çaink. 

Voala katôrze livr', don neuf 

al-man é çaink francè. 
Sur uitt ki été parti, il i an= 

na çaink de reuv'nu. 
Multipli-é çaink par cîss. 
Oté çaink de neuf. 
Le vaintt-çaink marss. 
Le çaink ôktôbr'. 



Dans la lecture, dans le discours soutenu et dans la 
déclamation, la lettre r finale des infinitifs de la première 
conjugaison (er), précédant une consonne ou une h aspirée, 
est nulle pour la prononciation, et donne le son fermé à l'e 
qui précède; mais suivie d'une voyelle ou d'une h muette, elle 
se fait toujours entendre, et l'e qui précède prend une très 
légère nuance de l'e ouvert: 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — R. 



373 



Aimer à jouer et à boire. 
Chanter ou danser. 
Folâtrer avec la jeunesse. 
Il faut manger et boire. 
On ne peut s ^ennuyer en votre 

compagnie. 
Pourquoi lui en donner encore f 
Blâmer à tort. 

Elle voulut en demander aussi. 
Parler inconsidérément. 



Èmé=ra joué=ré a boâr. 
Chanté=rou dancé. 
Fôlâtré=ravèk la jeunèss. 
Il fô manjé=ré boâr. 
On n'peu çau-nui-ié=ran vôtr' 

compagnî. 
Pourkoa lui an dô-né=rankôr? 
Blâmé=ra tôr. 

ÈI voulu=tan d'mandé=rô-ci. 
Parlé=rain-koncidéré-man. 



On ne se conformerait pas à Tusage général en donnant 
le son très ouvert de père, mère, à Te qui précède la lettre 
r, en disant, par exemple, aimer à jouer et à boire, comme 
s'il y avait aimh=ra-joiih=^ré-a-boâr, etc. L'Académie, les 
lexicographes modernes et les meilleurs grammairiens indiquent 
la prononciation ai-mé-ra-joué-ré-a-boâr. Toutefois, nous le 
répétons, ce n'est pas l'e fermé de répété, mais Te moyen, 
faiblement ouvert. 

Mais dans la conversation, l'r finale de ces infinitifs ne 
se fait guère entendre: 

Aimer à jouer et à boire. I È-raé a joué é a boâr. 
Chanter ou danser. \ Chanté ou dancé. 

La bonne compagnie ne craint point ces hiatus, parce qu'ils 
donnent à la conversation un certain air naturel. — Dans 
la prose même, on supprime beaucoup de ces liaisons, en 
évitant toutefois de faire des hiatus trop rudes ou trop 
fréquents. 

La consonne r finale des adjectifs en er se fait entendre 
dans la lecture, dans le discours soutenu et dans la déclamation, 
quand ces adjectifs sont suivis de leurs substantifs, et que ces 
substantifs commencent par une voyelle ou une h muette; l'e 
qui précède garde alors le son fermé: 



Le premier liomme. 
Le dernier orateur. 
Un léger accident. 
jL'altier Espagnol. 
Un singulier habillement. 



Le premié=rôme. 
Le dèrnié=rorateur. 
Un léjé=rakcidan. 
Laltié=rèsspagnôl (gn mouillé). 
Un çaingulié=rabi-ye-man. 



374 



LIAISON DBS MOTS ENTRE EUX. — S. 



i'entier achèvement de cet I Lantié=rachèv'man d'cèt ou- 
ouvrage. j vrâje. 

Dans la conversation familière, on évite de faire ces 
liaisons. 

Mais on ne fait jamais sonner l'r finale de ces adjectifs, 
s'ils ne sont pas suivis de leurs substantifs: 



C'est un vin léger etmalfaisant. 
Un peuple altier autant que 

brave. 
Le premier et le dernier. 
Le dernier a été maltraité. 



Cè=tun vain léjé é malfezan. 
Un peupl' altié ôtan k'brav'. 

Le premié é rdèrnié. 
Le dèrnié a été maltrèté. 



A l'égard des substantifs et des noms propres dont l'r 
finale ne se prononce pas ordinairement, comme berger, danger, 
clocher, nocher, teinturier, grenier, Roger, monsieur, etc., 
cette consonne ne fait jamais liaison: 



Un berger intelligent. 
Clocber élevé. 

Ce teinturier a fait fortune. 
Danger imprévu. 
Le grenier au foin. 
Le lever et le coucher. 
Un cerisier en fleur. 
Roger est un bon chanteur. 
Monsieur Eugène. 
Monsieur est absent. 



Un bèrjé aintèl-lijan. 

Cloché él-vé. 

Ce tainturié a fè fortune. 

Danjé ainprévu. 

Le gre-nié ô fo-ain. 

Le l'vé é l'kouché. 

Un ç'rizié an fleur. 

Rojé è=tun bon chanteur. 

Mô-cieu eujène. 

Mô-cieu è=tabçan. 



Voyez, pages 239 à 243, les mots dont l'r finale se pro- 
nonce toujours. 

S. 

La lettre s est, de toutes les consonnes, celle qui se 
prête le plus facilement à la liaison. On sait quelle quantité 
de mots français sont terminés par s. Ce serait donc un 
travail fastidieux, autant qu'inutile, que de donner ici la 
liste de tous ces mots. Qu'il nous suffise de dire que dans 
la lecture, dans la récitation de la poésie, dans le discours 
soutenu et dans la déclamation, l's finale, quand elle est 
muette dans les mots pris isolément, peut, à l'exception de 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — 8. 



375 



quelques cas que nous ferons connaître, toujours se lier, en 
s'articulant comme z, quand le mot suivant commence par une 
voyelle ou une h muette. On fera donc entendre l's (comme z) 
dans tous les exemples suivants, qui donneront une idée suffi- 
sante de tout le reste: 



Un avis excellent. 

C'est un trépas affreux. 

Ils espèrent. 

Tamis à vendre. 

Divers entretiens. 

Elle était alors heureuse. 

Depuis un siècle. 

Son corps inanimé. 

Il était toujours inquiet. 

Le \.\QT%-état. 

Après avoir reçu 

Dans un an. 

Vous êtes désormais au rang 

des hommes habiles. 
Son coursier, prenant le mors 

aux dents. 
Un cas éventuel. 
Le bras ensanglanté. 
Sous un dais argenté. 
Le lilas entr' ouvert répandait 

son parfum. 
Pas à pas. 

Quil fasse un pas ou deux. 
Trois ou quatre. 
La souris effrayée. 
Le deux ou le trois août. 
Un abus à réprimer. 
Je courus ensuite le prévenir. 
Je voudrais avoir le même sort. 
On les a attaqués avec vigueur. 

Il faudrait que tu fusses imbu 
de ces principes. 



Un navî=zèkcèlan. 
Cè=tun trépâ=zafreu. 
Il=zèsspèrr. 
Ta-mî=za vandr\ 
Divèrr =:zantreti- ain . 
El étè=talôr=zeureuze. 
Depui=zun çièkl'. 
Çon k6r=zi-na-ni-mé. 
Il été toujour=zainki-è. 
Le tièrr=zéta. 

Aprè=zavoâr reçu 

Dan=zun=nan. 
Vou=zêtt dézôrmè=zô ran 

dè=zôme=;zabil'. 
Çon kourcié, pre-nan rmôr==! 

zô dan. 
Un kâ=zévantuèl. 
Le brâ=zançanglanté. 
Çou=zun dè=^zarjanté. 
Le lilâ=zantrouvèrr répande 

çon parfun. 
Pâ=za pâ. 

Kil fass un pâ=:zou deu. 
Troâ=zou katr'. 
La çouri=zéfrè-ié. 
Le deu=zou rtroâ=zoû. 
Un nabû=za répri-mé. 
Je kouru=zançuitt le prév'-nir. 
Je voudrè=zavoar le même çôr. 
On lè=za ataké=zavèk vigeur 

(g dur). 
Il fôdrè k'tu fuss=i=zainbu 

d'cè praincip. 



376 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



S. 



Tu cachais à dessein ton plan. 

Sois enfin vertueux. 

Gros et gras. 

D'utiles enseignements. 

Périls inévitables. 

Pronoms indéfinis. 

Les miens étaient recherchés. 

Très éloquemment. 

Il est bien longtemps à revenir. 

Après tm an ou deux. 

Yis-à-vis. 

Mais aussi. 

Basses- Alpes. 

Rsintes-Alpes. 

Pyrénées- Orientales. 

Les Ghsimps- Elî/sées. 

Indes orientales. 

Indes occidentales. 

Mers intérieures. 

Les Etats- ZJwis. 

Cha,vides-Aigues. 

Lèvres épaisses. 

Signes héraldiques. 

Be temps en temps. 

De temps à autre. 

Be pis en pis. 

Trois à trois. 

Arches évidées. 

Nous eussions eu. 

Ces petits insectes ailés. 

Ils arrivèrent sains et saufs 

à N. 
Par monts et par vaux. 
Bans quelques endroits où 

ces abîmes entourés de 

glaçons . . . 
Lesquels étaient préférés f 
Quels étaient ces pays? 



Tu kachè=za dé-çain ton plan. 

Çoa=zanfain vèrtu-eu. 

Grô=zé grâ. 

Dutil=zancègne-man. 

Péril ou péri-ye— zi-névitabl'. 

Pro-non=zaindéfi-ni. 

Le mi-ain=zétè r'chèrché. 

Trè=zélôka-man. 

Il é bi-ain lontan=za reuv'nir. 

Aprè=zun=an ou deu. 

Vi=za-vî. 

Mè=zô-ci. 

Bâss=zalp. 

Ote=zalp. 

Piréné=zori-antal. 

Le chan=zélizé. 

Aind'=zori-antal. 

Aind'=zôk-cidantal. 

Mèrr=zaintérieur. 

Lè=zéta=zu-ni. 

Chôd'=zègg. 

Lèvr'=zépêss. 

Cigne=zéraldik. 

De tan=zan tan. 

De tan=za ôtr'. 

De pî=zan pî. 

Troâ=za troâ. 

Arch'=zévidé. 

Nou=zussion=zu. 

Ce p'ti=zain-cèktt=zèlé. 

Il=za-rivèrr çain=zé çôf= 

za N. 
Par mon=zé par vô. 
Dan kèlkeu=zandroa=zou 

cè:=^zabîme=^zantouré 

d'glaçon . . . 
Lèkèl=zétè préféré? 
Kèl=zétè ce pé-î? 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — S. 



377 



Le vôtr'=zé le nôtr'. 
Plusieur=zon=tété r'çu. 
Tu dîne=:zôjourdui avèk nou. 
Tu tabitû^za ç'ia. 

On lie de la même manière l's ajoutée aux mots comme 
signe du pluriel: 



Les vôtres et les nôtres. 
Plusieurs ont été reçus. 
Tu dînes aujourd'hui avecnous 
Tu t'habitues à cela. 



Des œufs à la coque. 

Poupées à ressorts. 

Des criminels arrêtés. 

Des estomacs affaiblis. 

Essais infructueux. 

Des hommes suspects à l'Etat. 

Elle a les nerfs agités. 
Des livres immoraux. 
Tables ovales. 
Promenades agréables. 
Prêtres assermentés. 
Deux couples aimables. 
Des torts irréparables. 



Dè=zeu=za la kôk. 

Poupé=za r'çor. 

Dé kri-mi-nèl=zarété. 

Dè=zèss-toma^zafè-bli. 

È- cè=zainf ruk- tu- eu . 

Dè=zôme çuss-pèk ou çuss- 

pèktt=za léta. 
El a le nèrr==zajité. 
De livr'=zimm-môrô. 
Tabr=zoval. 
Prôm' nad'=zagré-abr. 
Prètr'=za-cèrr-manté. 
Deu koupl'^^zé-mabl'. 
De tôr=zir-réparabr. 

On évite toutefois les liaisons trop dures à l'oreille; par 
exemple, on ne fera point sonner l's dans les expressions 
suivantes: 



Axc^-en-ciel. 
Corps à corps. 
Chars-à-6ancs. 
(jVOQ,%-en-jambe. 
Porcs- éjpics. 
Vers à soie. 
Ducs et pairs. 
Près à près. 
Maîtres ès-arts. 
Ils sont tous partis, hors un 
vieillard infirme. 



Ark-an-cièl. 
Kôr a kôr. 
Char-a-ban. 
Krôk-an-janbb. 
Pôrk-épik. 
Vèrr a çoâ. 
Duk é pèrr. 
Prè a prè. 
Mêtr' èss-âr. 

Il çon toûss parti, ôr un viè- 
iar ain-fir-m'. 



L's de volontiers ne sonne dans aucun cas: 
Il se soumit volontiers à mes i II ce çoumi volontié a mè= 
ordres. zôrdr'. 



378 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — S. 



S'il se rencontre dans la phrase plusieurs mots de suite 
ayant pour finale s, x ou z, il faut souvent, pour l'harmonie, 
supprimer les liaisons qui ne sont pas absolument indispen- 
sables, comme dans ces exemples: 



Lè==zun ô=zôtr'. 

De larm' ô=zieu. 

Mè il=zon tôr. 

Mais ô zieu dè=zônête jan. 



JOes uns aux autres. 

Des larmes aux yeux. 

Mais ils ont tort. 

Mais aux yeux des honnêtes gens 

Etc., etc. 

Ce serait manquer totalement de goût que de dire lè= 
gun=zô=zôtr' , de larm'===s!Ô=zieu, mè=sil=zon tor, mè= 
zà=zïeu dè=0bnête jan. 

Mais toutes les liaisons se feront dans les phrases suivantes, 
sans nuire à l'harmonie: 



Le lama manque de dents in- 
cisives à la mâchoire supé- 
rieure. 

Ces hommes, autrefois estimés 
à cause de leur bien- 
faisance . . . 

Que d^'utiles instruments ont 
été créés depuis dix ans! 



Le lama mank de dan=zain- 

ci-ziv=za la mâchoâr çupé- 

rieur. 
Cè=zôme , ôtrefoa--=zèss-timé 

=^za kôze de leur biain- 

fezanss . . . 
Ke dutil=zain-struman=zon 

=tété kré-é depui di=zan! 



L'r de monsieur et de messieurs est toujours muette; 
mais l's de ce dernier mot sonne devant les voyelles: 
Les messieurs et les dames. \ Le mé-cieu=zé le da-m'. 
Trois messieurs étaient partis. \ Troâ mécieu=zétè parti. 

Toutefois, l's est muette devant les noms propres: 
Messieurs André et Paul. \ Mécieu andré é pôl. 

L's ne sonne jamais devant et demie, un quart, quand 
on parle du temps: 



Deux heures et demie. 
Cinq heures et demie. 
Trois heures un quart. 
Huit heures un quart. 
Etc. 



Deu=zeur é d'mi. 
Çaink eur é d'mi. 
Troâ=^zeur un kâr. 
Huitt eur un kâr. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — S. 3-7^ 

Elle est également toujours muette dans ces locutions: 
Vers les tme heure. I Vèrr le une eur. 

Sur les une heure. \ Çur le une eur. 

Voyez, page 172, ce que nous disons des onze mots onze, 
onzième, oui, ouate, ouater, uhlan, un, yacht, yatagan, yole, 
yucca. 

Pour la liaison de l's finale dans la conversation, voyez 
plus loin, dans ce même article. 

Quand Ts est muette à la fin d'un nom de personne, de 
contrée, de ville, de rivière, comme dans François, Amiens, 
Damas, le Doubs, Beauvais, Paris, Orléans, Angers, Louviers, 
etc., cette consonne ne fait jamais liaison: 



Françoa è-ra' le jeu. 
A-mi-ain a une jolî katédral. 
Orléan è— tune vil agré-abl'. 
Le Dou a débordé. 
Le jèrr è=tune rivièrr de 

france. 
Pari è l'çantr' du bon goû. 
Anjé è lanciè-n' kapital de 

lanjou. 
Louvié è=tune vil de fabrik. 



François aime le jeu. 

Amiens a une jolie cathédrale. 

Orléans est une ville agréable. 

Le Doubs a débordé. 

Le Gers est une rivière de 
France. 

Paris est le centre du bon goût 

Angers est l'ancienne capitale 
de l'Anjou. 

Louviers est une ville de fa- 
brique. \ 

Fils, gens, os, sens. — Nous nous sommes assez étendu 
(page 284) sur la prononciation de ces mots et sur la liaison 
de leur s finale, pour qu'il soit superflu d'y revenir ici. Nous 
répéterons seulement que, dans la prononciation fi, jan, ô, çan, 
l's se lie en se prononçant z: fi'=z, jan=z, ô=z, çan=z; 
mais que dans la prononciation fiss, jance, ôss, çance, il faut 
faire partout sonner l's avec l'articulation sifflante, aussi bien 
devant les voyelles que devant les consonnes. 

Plus, tous. — La même observation s'applique à ces deux 
mots. (Voyez pages 287, 288.) 

Devant une consonne comme devant une voyelle, à la fin 
de la phrase comme ailleurs, on fait toujours entendre, avec 
l'articulation sifflante, l's de lis, fleur: 



380 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



Un teint de lis. 
L'empire des lis. 
C'est un\\% plus blanc que neige. 
La blancheur du lis est pro- 
verbiale. 



Un tain d'iiss. 
Lanpîr de liss. 

Cè=tun liss plû blan k'nèje. 
La blancheur du liss è prôvèrr- 
bial. 



Mais dans fleur de lis, anciennes armoiries de France, 
l's ne sonne jamais: 

Trois fleurs de lis en champ | Troâ fleur de lî an chan dazur. 

d'azur. | 

Dans Jésus, Jésus-Christ, l's ne s'entend pas; mais dans 
la lecture de la poésie, dans le discours soutenu et dans la 
déclamation, l's de Jésus sonne comme z devant une voyeUe 
ou une h muette: 



Jésus immortel. 
Jésus en sueur. 
Jésus à la montagne des Oli- 
viers. 



Jézu=zimm-môrtèl. 
Jézu^=rzan çueur. 
Jézu=za la montagne dè= 
zolivié. 



— Dans la conversation, cette s ne sonne jamais. 

De la liaison de l's dans la conversation. 

Dans la conversation familière, la consonne finale s reste 
le plus souvent muette; elle ne fait liaison que quand le mot 
qu'elle termine, et le mot qui suit, sont si étroitement liés par 
le sens, qu'on ne peut les séparer dans la prononciation. — 
Ainsi, on fait toujours sonner l's finale des mots les, des, ces, 
mes, tes, ses, nos, vos, leurs, mêmes, quelques, plusieurs, tels, 
telles, quels, quelles, quand ces mots sont immédiatement suivis 
de leur substantif, ou d'un mot qui y a rapport: 
Les hommes. \ Lè=z6me. 

La leçon des autres enfants. La l'-çon dè==zôtr'=zanfau. 



Ces innocentes créatures. 

Mes hameçons. 

Tes inconcevables projets. 

Ses observations. 

Nos inutiles recherches. 

Vos admirables écrits. 

Leurs affaires. 

Les mêmes avocats. 



Cè=zi-no-çantt kré-atûr. 

Mè=rza-m'çon. 

Tè=zainkonss-vabr prôjè. 

Cè=zôb-cèrvacion. 

Nô=zi-nutil rechèrch'. 

Vô=zad-mirabr=^zékrî. 

Leur=zafèrr. 

Le même=zavokâ. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — S. 



381 



Quelques-Mws. 

Quelques individus. 

Plusieurs exemples. 

De tels insensés. 

Quels étaient ces personnages? 

Quelles heureuses personnes! 



Kèlke=zun. 
Kèlke =zaindividû. 
Pluzieur=zégzanpr . 
De tèl=zainçancé. 
Kèl=zétè ce pèrçô-nâje? 
Kèl=zeureuze pèrçône! 



On fait de même sonner l's finale des adjectifs quali- 
ficatifs quand ces adjectifs sont immédiatement suivis de leur 
substantif, et que ce substantif commence par une voyelle 
ou une h muette: 



De bonnes œuvres. 
Des grands Jiommes. 
De charmants enfants. 
De terribles instants. 
De hauts arbres. 
De vrais insensés. 
De vieilles armures. 
De gros ours. 
Un mauvais acteur. 
Bas étage. 



De bônn^=zeuvr'. 

De gran=zôme. 

De charman=:zanfan. 

De tèribr=zainss-tan. 

De ô=zarbr'. 

De vrè=zainçancé. 

De viè-ye=zarmûr. 

De grô=zourss. 

Un môvè=zakteur. 

Bâ=zétâje. 



Mais la liaison de l's finale du substantif n'est de rigueur 
que dans la lecture, dans le discours et dans la déclamation; 
dans la conversation, elle devient en quelque sorte arbitraire, 
suivant le degré de familiarité que comporte la circonstance. — 
Dans une conversation très familière, on ne fera guère sonner 
l's finale des substantifs dans les exemples suivants: 



Un temps incertain. 
Des hommes inhumains. 
Des forêts épaisses. 
Un bois étranger. 
Des crimes impunis. 
Un trépas affreux. 
Un cas éventuel. 
Le bras ensanglanté. 
Un remords accablant. 
Un ou des avis excellents. 
Un legs important. 
Un mets agréable. 



Un tan aincèrtain. 
Dè=^z6-m' i-nu-main. 
De fôrè épêss. 
Un boa étranjé. 
De kri-m' ainpu-ni. 
Un trépâ afreu. 
Un kâ évantuèl. 
Le brâ ançanglanté. 
Un r'-môr akablan. 
Un ou dè=zavî èkcè-lan. 
Un le ainpôrtan. 
Un mè agré-abl'. 



382 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — S. 



Le corps inanimé. 

Un ou des dais argentés. 

Le lilas entr'ouvert. 

Une souris effrayée. 

Des arbres abattus. 

Des portes ouvertes. 

Des herbes arrachées. 

Des enfants obéissants. 

Des enfants au maillot. 

Les rochers eux-mêmes. 

Des réparations ont été faites. 

Avocats enrichis. 

Ce sont des portraits autrement 

faits que celui-là. 
Des hommes à talents. 
Deux livres et demie. 



Le kôr i-na-ni-mé. 

Un ou de de arjanté. 

Le lilâ antrouvèrr. 

Une çouri é-frè-ié. 

Dè=zarbr' abatu. 

De pôrtt ouvèrtt. 

Dè=zèrb' araché. 

Dè=zanfau obé-i-çan. 

Dè=:zanfan ô ma-iô. 

Le rôché eu-même. 

De réparacion on=tété fètt. 

Avoka anrichi. 

Ce çon de pôrtrè ôtreman fè 

k'celui-la. 
Dè=zô-m' a talan. 
Deu livr' é d'mî. 



Même dans une conversation où la familiarité ne peut 
être tolérée, on ne fera guère sentir l's dans pompes à in- 
cendie, pompes à feu, pompes à vapeur. 

On la fait presque toujours sonner dans 



Dos à dos. 
Pas à pas. 



Dô=za dô. 
Pâ=za pâ. 



L's finale des pronoms nous, vous, ils, elles, les, sonne 
toujours quand ces mots sont immédiatement suivis de leur 
verbe ou des pronoms en, y: 



Nous avons. 
Vous étiez ventes. 
Ils avançaient. 
Elles honoraient. 
On les avait prévenus. 
Nous en aurons. 
Ils y allaient. 



Nou=rzavon. 

Vou=zétié v'nu. 

Il==zavancè. 

El=zô-nô-rè. 

On lè=zavè prév'-nu. 

Nou=zan=nôron. 

Il=zi aie. 



Mais on la laisse communément muette à la fin des 
pronoms suivants: celles, les miens, les miennes, les tiens, les 
tiennes, les siens, les siennes, les nôtres, les vôtres, les leurs, 
lesquels, lesquelles, plusieurs (employé absolument, c'est-à-dire 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — S. 



383 



non suivi de son substantif ou d'un adjectif qui y a rapport), 
quelques-uns, quelques-unes, les uns, les unes, les autres: 



Celles où vous avez travaillé. 

Les miens eHes tiens ont reçu 
des récompenses. 

Les nôtres ou les vôtres entre- 
prendront cette affaire. 

Les leurs étaient déjà entrés. 

Lesquels allaient de côté et 
d'autre. 

Quelques-uns avancèrent. 

On en envoya plusieurs en Es- 
pagne. 

Il donna les uns à son frère, 
les autres au curé du village. 

Dans une conversation très familière, on ne lie point non 
plus l's finale des verbes avec le mot suivant: 



Cèl ou vou==zavé trava-ié. 
Le mi-ain é le ti-ain on r'çu 

de rékonpanss. 
Le nôtr' ou le vôtr' antrepran- 

dron cet afèrr. 
Le leur été déjà antre. 
Lèkèl aie d'kôté é dôtr'. 

Kèlke=zun avancèrr. 
On=nan=nanvoa-ia pluzieur 

an=nèss-pagne. 
Il dô-na lè=:zun a çon frèrr, 

lè=zôtr' 6 kuré du vilâje. 



Tu joues avec prudence. 

Tu dîneras avec moi. 

Je me promènerais encore, si 
vous le vouliez. 

Je reçois aujourd'hui beau- 
coup de monde. 

Prends un peu de repos. 

Tu ^'habitueras à ses volontés. 

Elle les a vus autrefois. 

Ils se sont querellés avec beau- 
coup d'emportement. 

On les a repoussés aussitôt. 



Tu joû avèk prudanss. 

Tu dî-n'ra avèk moa. 

Je m'prômèn'-rè ankôr, si vou 

l'voulié. 
Je r'-çoa ôjourdui bôkou d' 

monde. 
Pran un peu d'repô. 
Tu tabitûra a ce volonté. 
El lè^za vu ôtrefoa. 
Il ce çon kerèlé avèk bôkou 

dan-pôrttman. 
On lè=za r'poucé ôcitô. 



Il y a dans cette apparente négligence une grâce que 
détruirait la liaison de l's. — Dans l'intimité, où le laisser- 
aller de la prononciation fait tout le charme de la conver- 
sation, on ne liera point non plus l's dans: 



Tu as eu. 

Tu as été. 

Tu as entendu. 

Tu es arrivé. 



Tu a u. 
Tu a été. 
Tu a antandu. 
Tu è arivé. 



384 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



S. 



Nous avons eu. Nou=zavon u. 

Nous avons été. Nou=rzavon été. 

Nous avons entendu. Nou=zavon antandu. 

Nous sommes invités. Non çô-m' ain-vité. 

Etc. 

Mais dans une conversation un peu sérieuse, on fait 
souvent entendre l's finale dans tous les verbes; excepté 
toutefois dans les verbes en er, à la seconde personne du 
singulier du présent de l'indicatif et du présent du subjonctif, 
quand la terminaison es est précédée d'une consonne, comme 
dans ces phrases: 



Tu aimes à rire. 
Tu changes à tous instants. 
Tu pleures inutilement. 
Tu mènes une conduite dé- 
testable. 



Tu ème a rîr. 

Tu chanje a tou=zainss-tan. 
Tu pleur i-nutil-man. 
Tu mène une konduitt détèss- 
tabl'. 



Il en est de même des prépositions et des adverbes: 



Depuis un an ou deux. 

Fis-à-vis un château. 

Plus il gagne moins il dépense. 



Depui un=:=nan ou deu. 

Vi=za-vi un châtô. 

Plû il gagn', mo-ain il dé- 
panss. 

Bien que la liaison des mots soit observée avec plus de 
soin dans une conversation où le ton familier n'est pas permis, 
néanmoins on évite de faire entendre l's finale toutes les fois 
que cette consonne doit produire un son désagréable à l'oreille ; 
par exemple, on la laissera muette quand elle viendra, dans 
la prononciation, immédiatement après une consonne articulée, 
comme dans à travers un champ, rocs escarpés, coqs engraissés, 
vers une ville, toujours en écrivant, pages écrites, taxes 
annuelles, herbes arrachées, blocs épais, plaques usées, des 
topazes admirables, des roses entr' ouvertes, corps affreux, 
des plaisirs inconnus, des cours étrangères, des clercs in- 
telligents, etc., etc. 

Nous venons de donner un aperçu des règles que l'on 
observe ordinairement dans la conversation à l'égard de la 
liaison des mots terminés par s; toutefois, il ne faut pas 
perdre de vue, ainsi que nous l'avons dit page 336, que cette 



LIAISON DES MOTS EKTRE EUX. 



385 



liaison est en quelque sorte arbitraire. La première loi que 
se font les personnes qui ont l'usage de la bonne compagnie, 
c'est de donner à leur langage, dans la conversation, un air 
naturel et sans recherche. Mais s'il faut éviter de lier les 
mots quand il doit résulter de cette liaison une apparence 
d'affectation, il faut de même éviter les hiatus qui peuvent 
donner à la conversation un air de liberté ou de familiarité 
que ne comportent point les circonstances. 

Bemarqiie. — Il arrive quelquefois que la liaison, indis- 
pensable à cause du rapport intime des mots, paraît devoir 
produire un son rude et choquant pour l'oreille; dans ce cas, 
on fait sonner la consonne finale, mais très faiblement, en 
sorte qu'il semble que la liaison se fasse sans que la con- 
sonne finale soit articulée. — Cette observation est applicable 
à toutes les consonnes. 

Nous avons donné, page 262, la liste de tous les mots 
dont l's finale se fait entendre dans tous les cas, et toujours 
avec l'articulation propre, devant une voyelle comme devant 
une consonne. 

T. 

La lettre t est une des consonnes qui demandent le plus 
d'attention dans la conversation, dans la lecture, dans le dis- 
cours et dans la déclamation. Dans une infinité de cas où la 
liaison semble rigoureusement exigée à cause du rapport intime 
des mots, le bon goût repousse cette liaison, tantôt parce qu'elle 
détruirait l'harmonie du langage, tantôt parce qu'elle produirait 
des contre-sens par la répétition de syllables identiques dans 
la prononciation, mais différentes par le sens. 

On ne saurait fixer d'une manière certaine la liaison du t; 
c'est pourquoi nous allons parcourir la plupart des terminaisons 
qui ont cette consonne pour finale et dire les cas où la liaison 
peut se faire. 

Bemarque. — La conversation familière, nous l'avons 
déjà dit, — et on ne saurait trop le répéter, — souffre beaucoup 
d'hiatus. Quantité de liaisons exigées dans la lecture sérieuse, 
dans la poésie, etc., seraient déplacées dans la conversation. 

Lesaint, Prononciation française. S^ie éd. 25 



386 LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — T. 

Pour beaucoup de Français, cette distinction est facile. Mais 
pour les étrangers, c'est une étude à faire. Nous allons donc, 
dans tous les exemples qui vont suivre, marquer d'un asté- 
risque (*) les liaisons que l'on peut faire dans la conversation. 

ait. — Se lie dans les verbes et dans les substantifs: 
Il avait ew.* — On serait heureux.* — Un portrait eu mi- 
niature. — Portrait à l'huile. — Un bienfait oublié. — Un 
fait inouï. — Le fait est certain. — Joindre le fait à la 
menace. 

Aussi aient, terminaison de la 3*^ personne plurielle à 
l'imparfait de l'indicatif et au conditionnel dans tous les 
verbes: Ils le feraient à regret. Et dans l'adverbe tout à 
fait: Ils sont tout à fait heureux. 

aint. — Se lie dans les adjectifs et dans les verbes: 
Maint exploit.* — Le Sdânt- Esprit.* — Saint-André.* — 
S&int- Emilion.^ — On le plaint aussi. — Il craint encore. 

ant. — On lie peu le substantif: Enfant aimable. — 
Un fabricant industrieux. — Un penchant irrésistible. — Du 
levant au couchant. Etc. . 

On lie l'adjectif (excepté devant un verbe), le participe 
présent, l'adverbe, la préposition et la conjonction: Un élégant 
équipage. — Un savant homme.* — Un homme charmant en 
société. — Causant entre eux. — Parlant à tort et à travers. 

— En marchant aussi doucement que possible. — Tant et 
tant. — Tant il est vrai que* ... — Si tant est que* ... — 
Durant un an. — Suivant une ancienne loi. — Quant à lui.* 

— Cependant on pourrait ... — Avant-/wer.* Etc. 

Devant un verbe, la liaison de l'adjectif est impossible: 
Cet homme savant | était estimé de chacun. — Ce conte plai- 
sant I est connu de tous les enfants. 

La liaison du t dans les phrases suivantes serait dé- 
sagréable à l'oreille: Le méchant | intimide le faible. — Un 
commandant | en tournée. — Un enfant | et son tuteur. — 
Mon copartageant | a eu sa part. — Le plaignant | était 
absent. — Ce plant | a été ruiné par les pluies. — Ce brillant | 
est d'un grand prix. — Un lieutenant 1 en premier. — Con- 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. - T. 337 

quérant [ inflexible. — Un ignorant { outré. — Ce passant | 
a l'air malade. — Le cri du chat-huant j effraye certaines 
gens. Etc. 

Couchant, verbe, se lie toujours: Couchant en plein air. 
— Couchant, substantif, ne se lie pas devant le verbe: Le 
couchant | est tout chargé de nuages. — Mais on lie: Du 
couchant à l'aurore. 

Jamais de liaison après chant, éléphant, gant: Un chant | 
harmonieux. — Un éléphant | énorme. Jeter le gant | à 
quelqu'un. — Le gant | en est jeté. 

ât. — Jamais de liaison: La tempête a fait un dégât | 
effroyable. — Il faudrait qu'il se présentât | un peu gra- 
cieusement. 

at. — On lie quelquefois le substantif devant l'adjectif: 
Climat agréable. — Etat inquiétant. — Soldat heureux. Etc. 

Pas de liaison si le substantif est suivi de tout autre mot 
que de l'adjectif: Avocat { à la cour royale. — Ce combat | 
a coûté cher. — Le contrat | est nul. — Pensionnat | en 
renom. — Le consulat | et l'empire. 

On lie néanmoins dans ces locutions: Chat échaudé craint 
l'eau chaude. — Il ne faut pas acheter chat en poche. Mais 
ces liaisons choquent le bon goût. 

La liaison, bien que dure, se fait aussi quelquefois dans: 
Un combat à outrance. — Un contrat en forme. — Un con- 
trat en bonne forme. — De Z 'éclat et de la magnificence. — 
Le prélat et son clergé. 

Mais on ne liera pas ici: Avocat | éloquent. — Achat | 
important. — Odorat | excellent Etc. 

art. — Voyez plus loin, dans ce même article. 

aut. — On lie toujours il faut, il xjrévaut, il vaut; on 
lie également haid dans la plupart des cas: Il faut aimer 
la vertu.* — Cet usage prévaut aujourd'hui. — Il vaut un 
écu. — Le haut allemand.* — Le plus haut étage d'une 
maison. — Traiter quelqu'un de haut en bas,* du haut en 
bas.* — ïla,\xt- à-haut (cri de chasse).* 

Mais on ne lie pas dans: Avoir le front haut | et décou- 
vert. — Etre haut | en parole. — Il y a du haut | et du 

25* 



388 LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — T. 

bas dans la vie. — On a lotte le haut | avec le bas. — 
Parler haut | à quelqu'un. — Par haut | et par bas. Non 
plus que dans Montereau-î&ult- Yonne (fô-iônn). 

ect. — Ordinairement on lie le c (que l'on prononce 
comme k) des quatre mots terminés par pect: Aspect ad- 
mirable. — Circonspect ew totct. — Manquer de respect à 
quelqu'un. — Il est suspect à son parti. — Prononcez aspè/c 
admirable, etc. 

Mais comme chacun suit à l'égard de ces quatre mots 
ses habitudes de prononciation (voyez la lettre T, page 301), 
on prononce aussi asptè admirable, — cirkonspektt an ton, — 
manJcé d'rèspè a Mlktin, — il è çuspèktt à çon parti. — 
Toutefois, respect humain se prononce toujours rèspèk umain. 

Qnant aux autres mots en ect, comme abject, correct, 
etc., dont le t se fait toujours entendre, il va sans dire que 
la prononciation reste toujours la même. 

eint, înt. — Liaison dans les participes et dans les 
verbes: Un drap teint en noir. — Il est peint en pied. — 
Atteint et convaincu .... — Elle peint à merveille. — Il 
vint à quatre heures. — Il parvint à son but. — Il tint 
un a/freux langage. 

Jamais de liaison après le substantif teint: Un teint | 
olivâtre. Non plus qu'après Charles-Quint et Sixte-Quint. 

empt. — Ne se trouve que dans exempt. Dans la lecture 
sérieuse, on lie le t dans cette locution: Exempt ou non 
exempt. Jamais ailleurs. 

ent (prononcé an). — La liaison est possible dans beau- 
coup de substantifs, et impossible dans beaucoup d'autres, 
(Voyez, plus haut, ant.) — On liera le t dans les exemples 
suivants: Vent impétueux. — D'un moment à l'autre. — 
Parlement anglais. — Accent aigu. — Un moment après. — 
Le mouvement et la sobriété donnent la santé. Etc. 

Mais on ne le liera pas dans ceux-ci: Couvert ^'argent | 
à filets. — i'accident [ était prévu. — C'est un talent j extra- 
ordinaire. — Un bâtiment | en mer. — Un présent | en 
argent. Etc. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — T. 339 

Le t des adjectifs, des verbes et des adverbes se lie 
presque toujours: Un excellent artiste. — Eloquent orateur. 

— Prudent en affaires. — Clément et sévère. — Il ressent 
aujourd'hui les suites de sa faute. — Il ment à chaque in- 
stant. ■ — Extrêmement occupé. 

On ne liera pas dans: Cet homme est opulent | en argent. 

— Le mal présent [ est toujours le plus fâcheux. 

Voyez, plus loin, cent. 

eut (terminaison de la 3® personne plurielle à quelques 
temps des verbes). — Toujours liaison: Ils aiment à travail- 
ler. — Elles pleurent à chaudes larmes. — Ils explorent 
une contrée inconnue. Etc. 

eut (terminaison de il vient, il tient, il revient, elle s'ab- 
stient, etc.). — Toujours liaison: Il vient avec nous. Etc. 

ert. — Voyez plus loin, dans ce même article. 

est (3^ pers. du singul. du présent de l'indic. du verbe 
être). — Se lie toujours: Il est heureux. Etc. 

et. — Le substantif devant l'adjectif se lie presque 
toujours, bien que la liaison ait souvent quelque chose de dur 
à l'oreille: Une forêt impraticable. — Arrêt infamant. Etc. 

Intérêt peut presque toujours se lier: Intérêt à 5 pour 
cent. — Prendre intérêt à quelqu'un. 

T muet dans: Protêt | en bonne forme. — Faire saisie 
et arrêt | entre les mains de quelqu'un. — On a fait arrêt | 
en sa personne. — L'intérêt \ était trop haut. 

L'adjectif prêt se lie toujours, ainsi que vêt, revêt (vieilles 
formes de vêtir, revêtir): Prêt à tout événement. — On le 
vêt en été comme en hiver. 

et. — Le t des substantifs se lie toujours: Billet à ordre. 

— Ce secret est connu. La liaison est un peu dure dans: 
Le banquet aura lieu. — Prendre un billet au bureau. — On 
ne lie pas le t de guet: Faire le guet | au coin d'une rue. 
Mais on le fait entendre dans guet-apens.* 

On lie de même le t des adjectifs et des verbes: Inquiet 
à cause de vous. — Sujet à erreur. — Il permet à chacun 
de l'approcher. Etc. 



390 LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. - T. 

Et, conjonction française, ne fait jamais liaison: Elle est 
belle et j aimable. Mais le t se prononce toujours dans les 
locutions latines: Et cœtera. Etc. (Voyez page 310.) 

eurt. — Voyez plus bas. 

eût (prononcé tt). — Cette terminaison ne se trouve que 
dans le verbe avoir, et se lie toujours: Il faudrait qu'il 
eût enfin . . . 

eut (prononcé u dans le verbe avoir, et eu dans les 
autres verbes). — Toujours liaison: Il eut un procès. — 
Elle eut aussi des remords. — On veut avancer. — Il peut 
être revenu. — Il se meut en tous sens. Etc. 

îant (terminaison de substantifs, d'adjectifs et de parti- 
cipe présents). — Les substantifs se lient dans quelques cas: 
Le vin est un fortifiant énergique. — Le défiant est soup- 
çonneux. Etc. On ne liera pas: Un étudiant | en droit. — 
Un mendiant | importun. — Un négociant | enrichi. Etc. 

Le participe se lie toujours, de même que l'adjectif: En 
pliant une étoffe. — En mendiant un morceau de pain. — Un 
édifiant orateur. — Il est méfiant et ombrageux. Etc. 

ict. — Ne se trouve que dans strict, dont on prononce 
toujours le c et le t; dans district, dont le t est toujours 
muet, et dans amict, qu'on prononce toujours ami. 

ient (prononcé ian: terminaison de substantifs et d'ad- 
jectifs). — Les substantifs se lient plus que ceux en iant. 
Un ingrédient échauffant. — Un expédient utile. — De 
ï'orient à l'occident. Etc. On ne peut lier: Le patient | était 
mourant. — Z'émoUient | opéra un grand bien. Etc. 

Toujours liaison des adjectifs: Un patient écrivain. — 
Il est patient à l'égard de son fils. Etc. 

ient (prononcé i-ain). — Seulement dans les verbes venir 
et tenir; toujours liaison: Il revient au bien. — Il soutient 
une bonne cause. Etc. 

inct. — Terminaison des quatre mots distinct, indistinct, 
instinct et succinct. (Voyez la lettre T, page 301.) Ceux qui 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — T. 39 j 

prononcent le c et le t des mots distinct, indistinct, succinct, 
quand ces mots sont pris isolément, les font entendre égale- 
ment devant d'autres mots. Ceux qui rendent le t muet en 
prononçant le c, lient cette dernière consonne comme k, et 
cette dernière liaison se fait également quand, les mots étant 
pris seuls, on ne prononce ni le c ni le t. — Quant à instinct 
(qu'on prononce toujours ainstain), quelques-uns lient le t: 
Un instinct admirable. — Un instinct heureux. Dites: ain- 
stain=tad'miraW , ainstain=teureu. 

int. — Voyez eint plus haut. 

ît. — Toujours liaison: Tout gît en ce point. — Il 
voulut qu'on écrivît au père. Etc. 

it. — Le substantif se lie presque toujours: Un bruit 
affreux. — Crédit illimité. — Esprit éclairé. — Nuit et 
jour.* — Petit à petit.* — Du petit au grand.* — Le petit 
et le grand.* — Un petit instrument* — Quel écrit est-ce 
làf — Cest un esprit inventif. Etc. 

La liaison est un peu dure dans: Il a le débit aisé. — 
Débit et crédit. — Un habit élégant. — Un habit à la 
mode. — Habit à la française. — Manuscrit ancien. Etc. 

On ne lie pas ordinairement le t de lit, minuit, fruit: 
Il n'a pas un lit 1 où se coucher. — Il fait lit | à part. — 
Un lit I à la duchesse. — Il va du lit | à la table, et de 
la table au lit. — Le lit | est une bonne chose. — Minuit | est 
sonné. — Minuit | et demi. — Minuit | un quart. — De 
minuit j à une heure. — Fruit | à noyau. — Le fruit | était 
bon. On ne lie pas non plus le t de nuit dans cette phrase: 
La nuit est faite pour dormir. 

Dans les verbes, toujours liaison: Il vit en Bussie. — 
Il partit à quatre heures. Etc. 

OÎgt. — Ne se trouve que dans doigt. La liaison se 
fait dans la locution au doigt et à l'œil: Cette montre va au 
doigt et à l'œil (au doa=té ....). Etc. Ailleurs, pas de 
liaison: Il a le doigt | écorché. — Le doigt | annulaire. Etc. 

oint. — On lie le t dans: Point admiratif. — Point 
exclamatif. — Point interrogatif. — De point en point. 



392 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. 



La liaison se fait aussi, mais elle est dure, dans: Un 
embonpoint énorme. — Un pourpoint élégant. — i ^adjoint 
et le maire. Sans liaison: jL 'adjoint | a donné sa démission. 

— Mettes un point | après ce mot. 

L'adjectif, le verbe, et l'adverbe jpoint se lient toujours: 
Ci-joint une lettre de change. — Il se joint à vous. — On 
l'a adjoint aux conseillers. — Ils n'ont point étudié. Etc. 

Oît. — La liaison du substantif surcroît se fait dans la 
plupart des cas: Un surcroît étonnant. 

Dans accroît, croît, décroît, recroît, toujours liaison: La 
rivière croît encore. Etc. 

oit. — On lie toujours les verbes: Il boit en mangeant. 

— On aperçoit un clocher. — Cet effet échoit aujourd'hui. 

— Elle croit en Dieu. — Il doit un cierge à la Vierge. — 
On entrevoit un malheur. Etc. On lie également adroit, 
maladroit et étroit: Adroit en toutes choses. — Maladroit en 
affaires. — Passage étroit et obscur. 

La liaison se fait également dans les substantifs: Le droit 
et la raison. — Cet endroit est convenable. — Ce détroit 
est dangereux. — Doit et avoir. Mais on ne lie guère le t 
de toit: C'est un toit | à refaire. — Un toit | en pointe. — 
Le toit I était en mauvais état. 

ompt. — Cette terminaison ne se trouve que dans l'ad- 
jectif prompt, et dans les verbes en rompre: il rompt, il 
corrompt, il interrompt. 

Prompt se prononce pron, et le t se lie toujours: Prompt 
à parler. — Prompt en tout. {Pron-ta . . . , pron-tan . . .) 

Dans le discours soutenu, le t d'' interrompt peut toujours 
se lier: Il interrompt à tout propos. La liaison de rompt 
et de corrompt est plus dure, mais on la fait ordinairement: 
Il rompt avec tous ses amis. — Il corrompt à prix d'or. 

Dans la conversation, le t de ces trois verbes reste tou- 
jours muet. 

ont. — Les substantifs se lient ordinairement devant 
leurs adjectifs: Un affront outrageant. — Un pont étroit. 
Mais ces liaisons sont dures. On lie quelquefois le t de 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — T. 393 

front: Un front élevé. Morin de Clagny (page 46) le fait 
sonner dans cette phrase: Son front est rayonnant. 

On fait toujours sonner le t dans: Le mont Etna* le 
mont Hécla* le mont Œta, Voni- à- Mousson* le pont 
aux ânes.* 

Jamais de liaison partout ailleurs, quand le substantif, 
n'est pas suivi de son adjectif: Le pont | est détruit. — Quel 
affront | on lui a fait! 

On lie toujours dont, et les verbes: L'affaire dont on 
parle.* — Ils sont ici.* — Elles ont encore . . .* — Ils 
verront aujourd'hui même le pays. Etc. 

ort. — Voyez plus loin. 

Ôt. — Toujours liaison des adverbes: Bientôt après. — 
Tôt ou tard. — Tantôt avec l'un, tantôt avec Vautre. — 
Aussitôt après. Etc. 

Mais on ne lie jamais les substantifs: Le prévôt | a 
écouté les plaintes. — Impôt | exorbitant. Etc. 

ot. — Peu de substantifs se prêtent à la liaison. On 
lie toujours vmt, pot, sot: Mot à mot* — Il n'eut pas le 
mot à dire. — Un mot à double sens. — Le pot à l'eau.* — 
Pot au lait* — Pot à beurre.* — Pot à confitures. — Pot 
à fleurs. — Vot-au-feti* (substantif composé).' — Découvrir 
le pot aux roses.* — Gare le pot au noir.* — Un pot à 
feu (sorte d'artifice). — Un sot animal. — C'est un sot en 
trois lettres.'^ Etc. 

On lie, dans la poésie: Le flot irrité. On lie également 
le t de dévot dans ce vers de Molière: 

Un dévot aux yeux creux et d'abstinence blême. 

Mais jamais de liaison dans ces locutions: Ce mot | a 
vieilli. — Ils sont à pot [ et à rôt. — Ce marchand vend à 
pot j et à pinte. — Mettre le pot au feu. 



1 Un pot-au-feu, des pot-au-feu (avec liaison du t dans les deux substantifs). 
On appelle ainsi la viande et le bouillon qui sont dans la marmite. — Mettre le pot 
au feu (sans liaison du t), c'est mettre sur le feu la marmite avec la viande dedans. 
Voulez-vous dîner avec nousf Vous aurez la fortune du pot. C'est-à-dire, nous ne 
ferons pas d'extra, vous aurez notre ordinaire. 

2 Voyez Sot, page 302. 



394 LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — T. 

Les autres mots: brûlot, canot, chariot, complot, gigot, 
goulot, linot, lot, marmot, matelot, paquebot, etc., ne se lient 
jamais. Dites donc, sans faire entendre le t: Le brûlot | a 
mis le feu à deux vaisseaux. — Canot j en mer. — Chariot | em- 
bourbé. — Il est de complot | avec toi. — Goulot | étroit. — 
Ce lot I échut à un tel. — Paquebot | à vapeur. 

On lie le t dans hoi-et-Garonne. 

oth. — Terminaison des trois mots Goth, Ostrogoth, 
Visigoth. Jamais de liaison du t: Un Goth [ avide. (Pro- 
noncez gô.) 

OÛt. — Terminaison d'un petit nombre de mots. Jamais 
de liaison: Le mois d'août | a été chaud. — Le coût | est de 
quatre francs. — Un goût | affreux. — Un arrivièr e-gott \ in- 
supportable. — Ragoût j excellent. Etc. 

Out. — On ne lie jamais le t des mots about, broiit, 
debout, égout, marabout: Cet about | est mal fixé. — Tout le 
brout I est rongé. Il est debout | à la pointe du jour. — Tenez- 
vous debout I entre lui et moi. — Elle a un marabout j à sa 
toque. — i 'égout | est bouché. 

On lie bout dans ces locutions: Bout à bout* — D'un 
bout à Vautre.* Ainsi que dans ces termes de marine: Bout 
à terre,* bout au vent,* bout au courant.* 

Mais le t de bout (substantif) ne se lie pas ailleurs: 
Le bout j est rongé. — Il en est venu à bout | en moins 
d'une heure. 

On peut lier atout, et on lie toujours xmrtout, surtout 
(adverbe), tout, et quelquefois les verbes il bout, il absout, 
il dissout, il résout: i 'atout emporte les autres couleurs. — 
On le voit partout avec son chien. — Il aime surtout à lire. 
— Tout ou rien.* — Tout en haut* — Tout en bas.* — 
Tout à l'heure.* — Tout autant* — Tout à fait* — L'eau 
bout à gros bouillons. — Il absout avec facilité. Etc. La 
liaison de ces quatre verbes a toujours quelque chose de dur. 

ourt. — Voyez plus bas. 

unt. — Terminaison de deux mots: défunt et emprunt 

Défunt ne se lie que devant son substantif: Mon dé- 
funt ami. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — T. 395 

Jamais de liaison ailleurs: lie défunt | était estimé. — 
Quant à emprunt, il ne se lie dans aucun cas: Un emprunt | 
à 5 %• — Emprunt | usuraire. 

ût. — Pas de liaison : Etre à ï'affût | au coin d'un bois. — 
Ce vin sent le fût | à plein nez. 

Mais le t se lie dans les verbes: Qu'il mourût aussi. — 
On voudrait que ce fût aujourd'Jmi. 

ut. — On lie le substantif devant l'adjectif, la préposition 
en, et la conjonction et; on lie aussi les verbes: Un salut 
amical. — Un institut admirable. — Elle courut à grands 
pas. — On recourut à sa bourse. — Tribut en nature. — 
Salut et amitié. 

On lie de même: Etre but à but.* — Un joli début 
au théâtre. 

art, ert, eurt, ort, ourt. — Le t de ces terminaisons 
reste presque toujours muet: 

art. — La critique est aisée, mais l'axt \ est difficile. — 
i'art I héraldique. — Donner sa part | aux chiens. — Prendre 
part I aux peines de quelqu'un. — La plupart | étaient pau- 
vres. — Il part I avec joie. — A part | tme petite maisonnette, 
il n'a que . . . 

On lie: De part en part. — De part et d'autre. — 
JC'art oratoire. 

ert. — Un expert | en architecture. — Concert | harmo- 
nieux. — Un port ouvert | à toutes les nations. — Je me 
suis offert | à lui. — On conquiert | une province. — Quel 
dessert | élégant! — Le désert | africain. 

On lie il sert: Il vous sert en ami. — Qui sert à table? 
Et dans cette locution: Employer le vert et le sec. 

eurt. — Ne se trouve que dans heurt, dont le t sonne 
toujours, et dans il meurt, dont le t est toujours muet: // 
meurt | avec courage. 

ort. — Fort, adverbe, se lie toujours: Elle est fort 
aimable.* — Il est fort à plaindre.* — J'ai cela fort à 
cœur.* — Fort heureusement pour vous.* — Fort à propos 
pour nous.* 



396 LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — T. 

Fort, adjectif, se lie aussi devant son substantif: Un 
fort athlète. — Un fort argument. Et dans ces locutions: 
Etre fort en raisons. — Il est fort en gueule. On lie quel- 
quefois: Le plus fort en est fait. — Du fort au faible. — 
Le fort et le faible. 

La liaison se fait dans par rapport à: Il a fait cela 
par rapport à vous. Ainsi que dans: De la mort aux rats.* — 
Qu'on l'amène, mort ou vif. — Il souffre mort et passion. 

On lie également sort dans cette phrase: Le sort en est 
jeté; — ainsi que dans les verbes il sort, il ressort: Elle sort 
avec plaisir. — Il ressort avec impétuosité. 

Partout ailleurs le t reste muet, et l'r seule se fait 
entendre: Il est fort j et grand. — Il est fort | autant que 
courageux. — Un effort ! inutile. — Une mort | affreuse. — 
La mort ; implacable. — Mort | -ivre. — Ne faites tort j à 
personne. — A tort | et à travers. — Un rapport { avanta- 
geux. — Il dort I après son dîner. — La raison du plus 
fort I est toujours la meilleure. — Le sort j aveugle. Etc. 

ourt (terminaison de verbes). — Jamais de liaison: Il 
court I à grands pas. — Elle recourt j à votre bourse. — On 
accourt | aussitôt. 

Mais court, adjectif, se lie devant son substantif: Un 
court entretien. — Un court espace. 

Le t final des verbes, comme on l'a vu, ne peut pas se 
lier dans tous les cas, si ce n'est dans les phrases inter- 
rogatives ou exclamatives, où la liaison est de rigueur: 
Ment-il f — Se Testent- elle f — Sort- on f — Court- il f — 
Acconrt-ellef — S'enàort-ilf — 'P&rt-on bientôt f 

Nous avons indiqué, pages 303, 304, les diverses pro- 
nonciations de sept, huit, vingt, quatre-vingts, et cent. 

Quand Christ n'est pas précédé de Jésus, le t sonne dans 
tout les cas: 

Le Christ est mort pour nous. \ Le kristt è môr pour nou. 
Le Christ nous a rachetés de Le kristt nou=za rach'té d' 
nos péchés. nô péché. 

Mais dans Jésus- Christ et Antéchrist, le t ne se fait 
jamais entendre: 



LIAISON DBS MOTS ENTRE EUX. — U, X. 



397 



Jésus-Christ est monté au ciel. 
Jésus-Christ a dit à ses apôtres. 
Le temps de la venue de /'An- 
téchrist est incertain. 



Jézu-kri è monté ô ciel. 
Jézu-kri a di=ta cè=zapôtr'. 
Le tan d' la v'nû d' lantékri 
è=taincèrr-tain. 



Le t final des noms propres de personnes, de villes, 



de 



contrées, ne fait jamais liaison 

La religion de Mahomet est 
suivie dans une partie de 
l'Asie. 

Robert a lu et écrit. 

Niort est une des plus belles 
villes du Poitou. 

Le Thibet a d'immenses dé- 
serts. 



La r'iijion d' ma-6-mè è suivi 
dan=zune parti d' lazî. 

Robèrr a lu é ékri. 

Niôr è=tune de plu bel vil 

du poatou. 
Le tibè a dimm-manss dézèrr. 



Va-et-vient. (Terme de mécanique: partie de machine 
qui va et vient d'un point à l'autre, lorsque la machine est 
en mouvement: le va-et-vient d'un piston.) — L'Académie dit 
que beaucoup de personnes prononcent va-té-vient. — Dans 
les fabriques, dans les usines, etc., quelques personnes disent, 
c'est vrai, va-té-vient; mais, là comme ailleurs, ceux qui 
n'ignorent point notre orthographe disent va-et-vient. 

Voyez, page 298, tous les mots dont le t final se pro- 
nonce toujours. 

TJ. 

Uhlan, un (nom de nombre). — La liaison ne se fait 
jamais devant uhlan. (Voyez page 173.) — On ne lie pas 
toujours non plus devant un. (Voyez encore page 173.) 

Nous avons déjà dit, aussi page 173, que vers les une 
heure, sur les une heure, se prononcent toujours sans faire 
entendre l's de les. 

Nous avons indiqué, page 327, les diverses prononciations 
des noms de nombre six et dix. On a vu également, 
page 323, que l'x sonne comme s sifflante dans dix-sept et ses 
dérivés, et comme z dans dix-huit, dix-neuf, et leurs dérivés. 



398 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — X. 



Quant à deux, dont nous avons aussi donné la pro- 
nonciation page 327, l'x sonne toujours, et comme z, devant 
une voyelle ou une h muette: 



Deux à deux. 
Deux et deux font quatre. 
Le vingt-deux octobre. 
Trente-àenx étaient arrivés. 



Deu=za deu. 
Deu=zé deu fon katr'. 
Le vaintt-deu=zôk-tôbr'. 
Trantt-deu^zétè=tarivé. 



Cette liaison est de rigueur dans la lecture, dans le 
discours soutenu et dans la déclamation; mais dans la con- 
versation familière, on ne fait guère sonner l'x de deux, si 
ce n'est lorsque ce mot est suivi du substantif qu'il déter- 
mine, ou d'un mot qui a rapport à ce substantif: 



Deux arbres. 

Deux honnêtes personnes. 



Deu=zarbr'' 
Deu=zônêtt pèrcône. 



X fait encore liaison, et sonne comme z: 1<^ à la fin de 
aux (article contracté): 
Aux îiommes. \ 0=zôme. 

Aux armes, citoyens. \ 0=zarme, citoa-iain. 

2^ A la fin de l'adjectif suivi immédiatement de son 
substantif: 



Un faux ami. 

Heureux enfant. 

Affreux état. 

Vieux arbre. 

Faire de vieux os. 

Un courroux impuissant. 



Un fô=zami. 

Eu-reu^zanfan. 

Afreu=zéta. 

Vieu^zarbr'. 

Fèrr de vieu=zô. 

Un kourou=zain-puiçan. 



30 A la fin d'un nom suivi immédiatement de son adjectif: 



Cheveux épais. 
Travaux utiles. 
Chapeaux italiens. 
Des prix élevés. 
Des époux assortis. 
Un faix accablant. 
Des maux infinis. 
De la chaux éteinte. 
La voix humaine. 



Cheveu=zépè. 
Travô=zutil. 
Chapô^zitali-ain. 
De prî=zérvé. 
Dè=zépou=zaçôrti. 
Un fè=zakablan. 
Dé mô=zainfi-ni. 
Da la chô=zétainte. 
La voa==zu-mène. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — X. 



399 



Une voix éteinte. Une voa=zétainte. 

Une paix éternelle. Une pè=zétèrnèl. 

Une faux aiguisée. Une fô=zé-gu-izé. 

On excepte noix, dont l'x reste toujours muet: 
Une noix huileuse. j Une noâ ui-leuze. 

Une noix anguleuse. \ Une noâ angu-leuze. 

L'x pouvant être assimilé à l's pour la liaison, se fait 

entendre, comme cette dernière consonne, dans la plupart des 

cas. On la fera donc encore sonner dans ces exemples: 



Bateaux à vapeur. 

Bateaux à hélice. 

Bateaux à voile. 

Doux au toucher. 

Faux envers son ami. 

En paix ou en guerre. 

La paix est un bienfait du 

ciel. 
Des ciseaux à froid. 
Ce boiteux est aussi agile que 

vous et moi. 
Chacun porte sa croix en ce 

monde. 
Le lama plie les genoux avec 

attention. 



Batô=za vapeur. 
Batô=za éliss. 
Batô=za voal. 
Dou=zô touché. 
Fô=zanvèrr çon=na-mi. 
An pè=zou an gèrr {g dur). 
La pè:-=zè=tun biain-fè du 

ciel. 
De cizô=za froa. 
Ce boa-teu=zè=tôci ajil ke 

vou=^zé moa. 
Chakun pôrtt ça kroa=zan 

ç'mond'. 
Le lama plî le j'noû=zavèk 

a-tan-cion. 



Mais la liaison doit se faire faiblement dans les phrases 
suivantes, et autres semblables; c'est-à-dire que l'x doit à 
peine s'entendre: 



IjC roux et le brun. 

Le flux alla jusqu'à tel lieu. 

Le taux était à 5 pour cent. 



Le rou=zé 1' brun. 
Le flu=zala juss-ka tel lieu. 
Le tô=^zétè=ta çaink pour 
çan. 

L'x final des noms propres de personnes, de villes, de 
contrées, ne fait jamais liaison: 



M. Roux a donné sa démission. 

Meaux est l'ancienne capitale 
de la Brie. 

Le pays de Caux est une por- 
tion de la Normandie. 



Môcieu rou a dôné ça déraicion. 
Mo è lanciène kapital de la brî. 

Le pé-i d' ko è=tune pôrcion 
d' la normand!. 



400 LIAISON DES MOTS ENTKE KUX. — Y. 

L'x des quatre verbes peux, prévaux, veux, vaux, des 
verbes pouvoir, prévaloir, vouloir, valoir, se lie toujours dans 
la lecture, daus le discours et dans la déclamation: 



Je veux à ma patrie être tou- 
jours utile. 
Tu prévaux aujourd'hui. 
Tu veux encore répondre f 
Tu vaux autant que lui. 



Je veu=za ma patrî êtr' tou- 

jour=zutil. 
Tu prévô=zôjourdui. 
Tu veu=zankôr répondr'. 
Tu vô=^zôtan k'iui. 



Dans la conversation familière, on fait peu sonner l'x de 
ces quatre verbes. 

Voyez, pages 324, 325, tous les mots dont l'x se pro- 
nonce toujours. — Dans ces mots, la consonne finale garde 
partout la même articulation, devant les voyelles comme de- 
vant les consonnes. Prononcez donc toujours Ajax, Fox, 
index, lynx, etc. , en faisant entendre une s sifflante : ajakss, 
fokss, ain-dèkss, lainJcss, etc.: 



Ajaks était roi de Salamine. 
Fox est regardé comme le Dé- 

mosthène anglais. 
i 'index avec le pouce. 
Le lynx a, dit-on, la vue très 

perçante. 



Ajakss été roa d' calamine. 
Fôkss è r'gardé kôme le dé- 

môss-tène angle. 
L'aindèkss avèk le poûss. 
Le lainkss a, di=ton, la vu 

trè-pêrçantt. 



Assurément personne ne saurait admettre ici, dans la 
liaison, la prononciation gz, que prétend imposer Malvin-Cazal. 
Qui comprendrait les phrases ci -dessus, prononcées ainsi: 
Fog=zè regardé . . ., Vaindèg=2avèc . . ., le laing=^za . . .f 

Nous avons dit, page 173, que les mots yacht, yatagan, 
yole, yucca, sont ordinairement regardés comme s'ils avaient 
une h aspirée devant eux. 

Au mot Œil, l'Académie dit que l'on prononce ordinai- 
rement, par euphonie, entre-quatre-z-yeux; mais elle n'énonce 
pas d'opinion à ce sujet. 

Nodier tient le même langage. 

Poitevin garde le silence, sans doute pour ne point 
exprimer un avis contraire à celui de l'Académie. 



LIAISON DES MOTS ENTRE EUX. — Z. ^Qi 

N. Landais: Comment, dit-il, écrire quatre yeux et pro- 
noncer quatre-z-yeuxf Ecrivons quatre- s- y eux, en intercalant 
une s, par euphonie. Mais nous sommes d'avis qu'il vaudrait 
mieux écrire quatre yeux et prononcer hatri-eu. 

Soulice et Sardou (Petit Dictionnaire des difficultés) disent: 
Malgré l'autorité de l'Académie, nous ne conseillons à per- 
sonne de prononcer quatre-z-yeux. 

Cette locution ne se trouve pas dans Gattel, non plus que 
dans Richelet (Dictionnaire, Amsterdam, 1732). 

Quatre avait jadis une s, comme l'a fait voir M. Genin 
(Variations du langage français), en reproduisant une citation 
de Fallot: li quatres maistres de Vhospital. (Histoire de Metz, 
texte de 1284.) 

On sait que c'est M. de Wailly qui, de lui-même, intro- 
duisit dans le Dictionnaire de l'Académie, édition de 1798, 
la phrase entre quatre-z-yeux , contre laquelle s'élevèrent tous 
les membres de l'Institut, mais qu'ensuite il reconnut son tort 
et s'excusa de son mieux. 

Il y a, aujourd'hui encore, un certain usage en faveur 
de cette prononciation, qui n'est pas plus étonnante que 
vas-y, donnes-en. Toutefois, les hommes de goût la condam- 
nent, quatre yeux n'oifrant guère un son plus dur à l'oreille 
que htiit yeux et mille yeux, qui ne prennent pas Vs eupho- 
nique : 

EtoHes qui semiez ses tentes de mille yeux. LAMARTINK. 

Z. 

Le z final des secondes personnes plurielles des verbes 
sonne dans la lecture, dans le discours et dans la déclamation, 
quand cette consonne est suivie d'un mot commençant par une 
voyelle ou une h muette: 



Vous aimez à chanter. 
Vous auriez obtenu un prix. 
Il faut que vous ayez été in- 
duit en erreur. 
Vous la rendrez heureuse. 
Restez encore un peu. 



Vou=zé-mé:=za chanté. 
Vou=zô-rié^=^zob-te-nu unprî. 
Il fô ke vou==zé-ié=zété ain- 

dui=tan=nèrr-reur. 
Vou la randré=zeureuze. 
Rèss-té-— zankôr un peu. 



Lesaint, Prononciation française. 3"ie éd. 26 



402 



I.IA1S0N DES MOTS ENTRE EUX. — Z. 



Asse^, chez, se lient avec le mot suivant quand ce mot 
commence par une voyelle ou une h muette: 



C'est un travail assez agré- 
able. 
Il est assez instruit. 
Elle se rend chez elle. 



Cè=tun trava-ye acé=zagré- 

abl'. 
Il è=tacé=zainss-trui. 
El se ran ché=zèl. 



Le z de nez, riz, sonnez (terme du jeu de trictrac), ne 
sonne dans aucun cas: 



Un nez épaté. 

Un nez aquilin. 

Cela paraît comme le nez au 

milieu du visage. 
Ce cheval porte le nez au vent. 
Ils se trouvèrent nez à nez. 
Bu riz au lait. 
Du riz au gras. 
Le riz est nourrissant. 



Un né épaté. 

Un né akilain. 

Cela paré kômm le né ô milieu 

du vizâje. 
Ce ch'val pôrtt le né ô van. 
Il ce trouvèrr né a né. 
Du ri ô le. 
Du ri ô grâ. 
Le ri è nouriçan. 



Dans une conversation très familière, on fait rarement 
sentir le z final. 

Portez armes! Présentez armes! se prononcent sans faire 
entendre le z: porté arme! prézanté arme! 

Voyez, pages 328, 329, 330, les mots dans lesquels le z 
final se prononce toujours, soit avec l'articulation propre, soit 
comme s sifflante. 



QUATRIÈME PARTIE. 



PROSODIE. 

Ce qu'on vient de lire sur la prononciation des lettres, 
soit voyelles, soit consonnes, est tout ce qu'il faut savoir pour 
n'être pas trompé dans la prononciation par l'orthographe; 
mais ces règles ne suffisent pas pour bien lire, et surtout pour 
bien déclamer: il faut encore connaître la prosodie. 

Dans une langue quelconque, les mêmes sons, les mêmes 
syllabes se prononcent d'une manière plus ou moins grave ou 
aiguë, plus ou moins rapide ou lente, selon les mois où se 
trouvent ces sons, ces syllabes, et selon le sens de ces mots; 
en sorte que la parole, sans être un chant, a néanmoins une 
sorte de mélodie, qui consiste dans des tons variés, dans des 
tenues précises et des repos mesurés. L'art de prononcer 
chaque syllabe d'un mot régulièrement, c'est-à-dire suivant ce 
qu'exige chaque syllabe prise à part et considérée dans ses 
trois propriétés, qui sont Vaccent, Vaspiration et la quantité, 
cet art s'appelle prosodie. Il n'y a guère que la langue 
grecque et la langue latine dans lesquelles la prosodie soit 
bien déterminée et bien fixe. 

De tous les idiomes qui ont donné une âme à la langue 
humaine, le nôtre est peut-être celui où se fait le plus sentir 
l'absence de prosodie. Mais si elle existe quelquefois presque 
à l'insu de l'oreille, quelquefois aussi elle s'élève à un accent, 
à un diapason, si l'on peut ainsi s'exprimer, si extraordinaire, 
si plein, si fort, qu'elle ébranle les sens les plus endormis; 
puis, selon le lieu de la scène, elle redescend à sou gré à 

26* 



404 



PROSODIE. — ACCENT. 



cette mollesse de sons qui enchante ou fait rêver les esprits. 
Des grammairiens ont été jusqu'à avancer que le français 
n'a point de syllabes qui soient longues ou brèves par elles- 
mêmes. Mais il suffirait de citer quelques vers de Boileau, 
de Yoltaire, de Racine, pour prouver que le rhythme existe 
dans le français.* 



Accent. 

On entend généralement, par accent, l'élévation ou l'a- 
baissement de la voix sur certaines syllabes, les diverses 
modifications de la voix dans la durée ou dans le ton des 
syllabes. 

On appelle accent grammatical ou prosodique, celui dont 
la grammaire, dont la prosodie fixe les règles; accent logique 
ou rationnel, celui qui indique le rapport, la connexion plus 
ou moins grande que les propositions et les idées ont entre 
elles: il se marque en partie par la ponctuation. Enfin on 
nomme accent pathétique ou oratoire, celui qui convient à 
l'orateur pour exprimer ou exciter les passions. Il est l'âme 
du discours, il lui donne le sentiment et la vérité; c'est sur 
lui qu'est fondé l'art de la déclamation. Mais nous n'avons 
à nous occuper ici que de l'accent des mots isolés, de l'accent 
prosodique. 

Dans toutes les langues il y a des syllabes sur lesquelles 
il faut élever le ton, d'autres sur lesquelles il faut le baisser, 
d'autres enfin sur lesquelles on l'élève d'abord pour le baisser 
ensuite. 

Le ton haut se nomme accent aigu, le ton bas, accent 
grave, le ton à la fois haut et bas, accent circonflexe. Nous 
n'avons pas besoin de prévenir que les trois espèces d'accents 
dont nous parlons ici doivent être distingués des signes ortho- 
graphiques qui portent le même nom. 



I , Comme l'esprit individuel est paresseux, exclusif et tranchant, il est arrivé 
que la perfection variée de la structure de cette langue (la française) et les faces 
multiples de son développement, ont fait porter sur elle les jugements les plus in- 
complets et les plus faux. C'est ainsi que, langue mélodieuse et parfaitement ac- 
centuée, elle a été réputée sans accent . . ." (Paul Ackermann. Semarques sur la 
langue française, page 2.) 



PROSODIE. — ASPIRATION. — A. 405 

C'est cette variété de tons, tantôt graves, tantôt aigus, 
tantôt circonflexes, qui constitue proprement l'accent gram- 
matical ou prosodique. Lorsqu'il s'agit seulement de l'élévation 
de la voix sur une des syllabes d'un mot, on le nomme 
accent tonique. L'accent tonique existe dans toutes les lan- 
gues; chaque mot a le sien, et n'en a qu'un. On dit d'une 
langue qu'elle est fort accentuée, lorsque l'accent tonique y 
est très sensible et très varié. La langue française est une 
de celles qui le sont le moins; c'est-à-dire que les syllabes, 
en français, sont toutes accentuées d'une manière presque 
uniforme: l'accent tonique porte constamment sur la dernière 
syllabe des mots à terminaison masculine, et sur la pénul- 
tième des mots à terminaison féminine. Encore ces syllabes, 
élevées dans une phrase, peuvent- elles être baissées dans 
une autre. 

On donne le nom à''accent national aux inflexions de 
voix particulières à une nation, comme on qualifie d'accent 
provincial la manière d'articuler et de prononcer propre à 
certaines provinces, par opposition à celle des gens instruits 
de la capitale. On a, en France, V accent gascon, V accent 
picard, Vaccent normand, Vaccent provençal, etc. 



Aspiration. 

On entend par aspiration une certaine prononciation forte 
que l'on donne à une lettre, une certaine manière de pro- 
noncer en aspirant. 

Les Grecs marquaient l'aspiration par leur esprit rude, 
espèce d'accent; les latins par /*, et nous la marquons par 
la même lettre. Mais notre h est souvent muette et ne 
marque pas toujours l'aspiration. Elle est muette dans 
homme, honnête, héroïne, et marque l'aspiration dans haut, 
hauteur, héros. Les Allemands font un usage fréquent de 
l'aspiration; mais, en général, l'aspiration allemande est si 
forte, si rude, si gutturale, elle diffère si essentiellement de 
l'aspiration française, extrêmement douce, qu'avec la meilleure 
volonté du monde, un Français peut difficilement venir à bout 
de l'exécuter avec précision. C'est assez dire aux Allemands 



4Qg PROSODIE. — QUANTITÉ. — A. 

qu'ils ne doivent pas prononcer h dans le héros, comme ils 
la prononcent pour la plupart dans der Held, mais d'une 
manière beaucoup plus douce, et comme s'il y avait simple- 
ment le éros. La prescription la plus nécessaire à cet égard 
est qu'il ne faut jamais lier, dans la prononciation, la con- 
sonne finale d'un mot suivi d'une h aspirée. 



Quantité. 

La quantité est le temps plus ou moins long que l'on 
met à prononcer une syllabe. Il ne faut pas confondre la 
quantité avec V accent, car V accent marque l'élévation on l'a- 
baissement de la voix dans la prononciation d'une syllabe, 
tandis que la quantité marque le plus ou le moins de temps 
qui s'emploie à la prononcer, ce qui constitue l'exactitude et 
la mélodie de la prononciation, et sert à éviter des contresens 
et des quiproquo souvent ridicules. 

En effet, nous avons une grande quantité de mots qui 
ont des significations tout à fait différentes, selon qu'une de 
leurs voyelles est longue ou brève; et celui qui prononcerait 
ces voyelles au hasard, sans soin, sans discernement, ferait 
entendre autre chose que ce qu'il aurait voulu dire, et tom- 
berait dans des méprises fréquentes. 

Par exemple, une tâche à remplir, n'est pas une tache, 
souillure; tâcher de faire son devoir, ne se prononce pas 
comme tacher son habit. Il y a de la différence dans le 
sens comme dans la prononciation, entre mâle, opposé à 
femelle, et mal, contraire de bien; entre mâtin, chien, et 
matin, partie du jour; etc., etc. Si l'on ne met pas dans la 
prononciation de ces mots, et de tous ceux qui sont dans le 
même cas, la différence qu'exige leur quantité respective, 
on apporte dans l'expression de ses idées une confusion qui 
peut rendre le langage inintelligible. 

Une brève est une syllabe qui se prononce plus rapide- 
ment que les autres syllabe. Ainsi, dans pleine, la syllabe 
plei est une brève. Mais toutes les brèves ne sont pas d'égale 
valeur: il en est qui se prononcent plus rapidement que 



PROSODIE. — QUANTITE. — A. 4()7 

d'autres. — La syllabe féminine, celle où entre l'e muet, est 
plus brève que la plus brève des masculines. 

Une longue est une syllabe sur laquelle on appuie en la 
prononçant. Dans fête, la syllabe fê est une longue. — Il 
en est des syllabes longues comme des syllabes brèves: elles 
ne sont pas toutes d'égale valeur. 

Chez les anciens, les longues se notaient par un petit 
trait horizontal fixé sur la syllabe (— ); les syllabes brèves se 
surmontaient d'un demi-cercle (— ); ce même demi-cercle ter- 
miné par deux crochets (-u-) indiquait les syllabes douteuses. 

La prosodie s'observe principalement dans la lecture à 
haute voix, dans le discours et dans la déclamation; mais la 
conversation a des licences qui contribuent à donner au langage 
de la grâce et du naturel. 

Pour guider dans la quantité, nous allons présenter des 
tables où nous avons classé, par ordre de terminaisons, les 
mots de la langue française. — Dans ces tables, les mots que 
nous donnons pour exemples sont en caractère italique; les 
sons longs sont rangés dans une colonne, les sons brefs dans 
une autre. Les sons douteux, c'est-à-dire ceux que l'usage 
n'a pas fixés, et qui sont en petit nombre, sont marqués d'un 
astérisque (*) et rangés dans la colonne des sons brefs. 

Première table. 
A. 



Sons longs. 
1. a. — a, l*''^ lettre de 
l'alphabet: un petit a, une 
panse d'à. 



Au commencement du mot 
dans acre (adjectif), âge, affres, 
âme, âne, anus, âpre, arrhes. 



Sons brefs. 

1. — Dans le verbe avoir: 
il a.; — dans la préposition; 
à Londres; — à la fin des 
mots: il aima, il chantera, la, 
ma, ta, sa, ça, là, déjà, sofa 
ou sopha, agenda, Cinna, At- 
tila, etc. 

Dans tous les autres mots: 
abonder, ajonc, anomalie, etc. 



408 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — A, 



Sons longs, 
as, et leurs dérivés; âcreté, 
âgé, ânesse, âpreté, etc., ex- 
cepté acrimonie et acrimonieux. 

2. abe. — Seulement dans 
crabe. 

3. aWe. — Dans la plu- 
part des substantifs : câble, fable, 
diable, râble, rable, sable, 
etc.; — dans les verbes ac- 
cabler, ensabler, liâhler: j'ac- 
cable, il s'ensable, etc.; aussi 
dans les terminaisons mascu- 
lines: on accablait, il s'en- 
sabla, etc.; — dans affable. 

4. abre. — Sans excep- 
tion, même dans la terminai- 
son masculine: sabre, sabrer, 
se cabrer, délabré, etc. 

5. ac. — 

6. ace. — Seulement dans 
les deux substantifs grâce, 
espace; — dans les verbes 
lacer, délacer, entrelacer: je 
lace, qu'il délace, elle entre- 
lace, etc. 

7. ache. — Dans les quatre 
mots gâche, lâche, mâche, tâche 
(entreprise) ; ■^- dans les verbes 
fâcher, gâcher, lâcher, mâcher, 
relâcher, tâcher (faire en sorte), 
même dans la terminaison mas- 
culine: je fâche, nous tâchons, 
etc. 

8. acle. — Dans les deux 
mots miracle et oracle; — 
dans les trois verbes racler. 



Sons brefs. 



2. — Dans tous les autres 
mots: Arabe, syllabe, etc. 

3. — Dans les deux sub- 
stantifs é^a&Ze, table; — et dans 
tous les adjectifs: aimable, ca- 
pable, mangeable, sortable, etc., 
excepté affable. 



4. — 



5. — Sans exception; bac, 
crac, sac, trictrac, etc. 

6. — Dans tous les autres 
substantifs: glace, place, race, 
etc.; — dans tous les autres 
verbes; j'efface, tu traces, 
etc.; — dans tous les adjec- 
tifs: coriace, vorace, etc. 

7. — Dans tous les autres 
mots: attache, patache, tache, 
(souillure), vache, il tache (un 
habit, etc.), elle cache, etc. 



8. — Dans tous les autres 
mots: obstacle, pinacle, spec- 
tacle, etc. 



PROSODIE. — QUANTITÉ. 



409 



Sons longs, 
bâcler, débâcler: il racle, elle 
débâcle, il bâcle, etc. 

9. acque. — Seulement 
dans Jacques. (Voyez plus 
loin aque.) 

10. acre. — Seulement 
dans acre (piquant). 



Sons brefs. 



11. ade. 



12. adre. — Dans tous les 
mots: cadre, escadre, et même 
avec la terminaison masculine: 
cadrer, nous encadrons, madré, 
etc. 

13. afe, aife, aphe. — 



14. afre, aifre. — Seule- 
ment dans a/fre (frayeur ex- 
trême): les affres de la mort; 
— et dans bâfre (expression 
populaire et basse). 

15. aile. — Sans exception, 
même dans la terminaison mas- 
culine: rafle, rafler, etc. 

16. âge. — Dans le mot 
âge. — Moins long dans tous 
les autres mots: bavardage, 
cordage, ménage, otage, par- 
tage, rage, volage, etc.^ 



10. — Dans tous les autres 
mots: acre (de terre), sacre 
(de roi), *sacre (oiseau), poJacre 
ou polaque, etc. 

11. — Sans exception : auba- 
de, cascade, salade, tirade, etc. 

12. — Excepté ladre. 



13. — Sans exception: 
agrafe, elle agrafe, elle dégrafe, 
carafe, épitaphe, parafe ou 
paraphe., pataraffe, etc. 

14. — Dans tous les autres 
mots: balafre, safre, etc. 



15. — 



16. — Bref dans les ter- 
minaisons masculines: il mé- 
nagea, nouspartageons, etc. ; — 
et quand âge n'est pas final: 
je ménagerai, il partagera, etc. 



1 La plupart des grammairiens rangent la terminaison âge parmi les sons 
brefs. Mais nous le demandons à tous ceux qui ont quelque idée de la prosodie 
française, prononce-t-on personnage, rage, volage, etc., comme nég'ige, voltige, toge, 
déroge, etc.? — Dans ces quatre derniers mots, les terminaisons ige, oge, sont brèves 
pour tout le monde; maison ne pourrait rendre brève la terminaison âge sans blesser 
l'oreille la moins délicate. 



410 



PROSODIE. — QUANTITÉ. 



Sons longs. 

17. agne. — Seulement 
dans le verbe gagner, même 
dans la terminaison masculine: 
je gagne, elle gagne, nous ga- 
gnons, etc. 

18. ague. — 



19. ai. — Quand cette vo- 
yelle est suivie d'une s, signe 
du pluriel, ou d'un x: délais, 
essais, vrais, paix, faix, etc. 

20. aïe. — Sans exception 
dans les substantifs et les ad- 
jectifs: haie, plaie, raie, gaie, 
vraie, etc. 

21. aie, aies, aient. — A 
l'impératif et au subjonctif du 
verbe avoir, et au subjonctif 
des verbes distraire, extraire, 
soustraire, traire: aie, que 
j'aie, qu'ils aient, que tu di- 
straies, qu'on extraie, qu'ils 
soustraient, etc. 

Voyez, pages 16 et 20, les 
divers sons de ai, aie. 

22. aigne. — 



23. aigre. 



24. ail. — Son mouillé, suivi 
d'une 8, signe du pluriel : détails, 
éventails, etc. 

25. aille. — Dans les sub- 
stantifs et les noms propres: 
bataille, canaille, muraille, 



Sons brefs. 
17. — Dans tous les autres 
mots: cocagne, Espagne, etc. 



18. — Sans exception: ba- 
gue, dague, vague, il extra- 
vague, etc. 

19. — Quand cette voyelle 
termine un verbe : j'ai (du verbe 
av oir), j'aimai, je chanter ai, eic, 
— à la fin de tout autre mot: 
balai, essai, mai (mois), etc. 

20. — 



21. — Beaucoup moins long 
à la 3® personne plurielle de 
l'imparfait de l'indicatif et du 
conditionnel dans tous les ver- 
bes; ils avaient, ils auraient, 
ils étaient, elles seraient, ils 
distrayaient, elles soustrai- 
raient, etc. 



22. — Sans exception: châ- 
taigne, il dédaigne, etc. 

23. — Sans exception : aigre, 
maigre, etc. 

24. — Sans exception dans 
tous les singuliers: détail, éven- 
tail, etc. 

25. — Excepté dans les deux 
substantifs médaille et paille; 
— et dans les quatre verbes 



PROSODIE. — QUANTITÉ. 



411 



Sons longs, 
maille, représailles, ripaille, 
rocaille, taille, volaille, Noail- 
les, Versailles, etc.; — dans 
les verbes, même dans la ter- 
minaison masculine: je raille, 
nous taillons, débraillé, etc. 

26. âîll ... — Sans excep- 
tion: bâillement, bâiller, bâil- 
leur, bâillon, bâillonner, on 
bâillait, on bâillonnera, etc. 

27. ailler, aillier, aillon. 
— Dans poulailler, haillons. 

Voyez les n''^ 25 et 26. 

28. aillet, aillir. — . . . . 



29. aini, aîii. — Suivis d'une 
consonne: saint, crainte, il 
vainc, il convainc; — dans les 
mots pluriels: des essaims, des 
levains, des enfants sains, etc. 

30. aime. — 



31. aine. — Seulement dans 
haine, chaîne, gaine, traîne, — 
et tous leurs dérivés: haineux, 
enchaîner, gaînier, traîneau, 
etc., etc. 

32. air. — A la fin des mots: 
air, chair, etc.; — ainsi qu'au 
pluriel: airs, chairs, etc. 

33. aire, ais, aix, aise. — 

Sans exception: paire, palais, 
faix, chaise, etc. 



Sons brefs, 
bailler (donner), détailler, é- 
maïller, travailler, même dans 
la terminaison féminine: je 
baille, nous détaillons, vous 
émaillez, ils travailleront, qu'el- 
les vaillent, etc. 
26. — 



27. — Dans les autres mots: 
médaillier, joaillier, médaillon, 
bataillon, paillon, etc. 

28. — Sans exception: mail- 
let, paillet, jaillir, tressaillir, 
etc. 

29. — Douteux n'étant pas 
suivi d'une consonne: faim,* 
essaim,* étaim,* étain,* sain,* 
etc. 

30. — Cette terminaison ne 
se trouve que dans les verbes 
aimer et essaimer, et se pro- 
nonce brève. 

31. — Dans tous les autres 
mots: aubaine, capitaine, fon- 
taine, etc. 



32. — Au milieu des mots: 
éclairci, etc. 

33. — 



412 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — A. 



Sons longs. 

34. aisse. — Dans les sub- 
stantifs: la baisse, caisse, grais- 
se; — dans les verbes baisser, 
graisser, et leurs dérivés, et 
encaisser, même dans les termi- 
naisons masculines: il baisse, 
on abaisse, il baissait, on en- 
graisse, nous engraissions, il 
encaisse, elle encaissait, etc. 

35. ait. — Dans plaît, dé- 
plaît, complaît, naît, paît, des 
verbes plaire, déplaire, com- 
plaire, naître, paître; — et 
dans les substantifs masculins 
pluriels: attraits, souhaits, etc. 

36. aîte. — Dans faîte (som- 
met). 



37. al. 



38. aie. — Dans Mie, un 
mâle, pâle (adjectif), râle, et 
tous leurs dérivés: pâleur, 
râler, Jiâlé, etc. 

39. aile. — 

40. am. — Suivi d'une syl- 
labe commençant par toute 
autre consonne que m ou n: 
chambre, jambe, rampe, etc. 

41. ame, amme. — Dans 
infâme, âme, un brame; — dans 



Sons brefs. 

34. — Excepté le substantif 
laisse. — Beaucoup moins long 
dans les verbes en aître: qu'il 
paraisse, qu'il connaisse, qu'il 
naisse; — bref devant les ter- 
minaisons masculines: il pa- 
raissait, on connaissait, nous 
renaissions, etc.; — douteux 
dans laisser: je laisse,* tu lais- 
ses,* etc. 

35. — Dans tous les autres 
cas: attrait, lait, parfait, por- 
trait, il avait, elle saurait, etc. 



36. — Beaucoup moins long 
dans les verbes en faire: vous 
faites, vous contrefaites, vous 
défaites, etc. 

Bref partout ailleurs: une 
défaite, parfaite, laite, entre- 
faite, etc. 

37. — Sans exception: aval, 
bal, cal, pal, etc. 

38. — Dans tous les autres 
mots: cabale, morale, timbale, 
pale (de moulin, de rame, 
d'aviron, etc.), etc. 

39. — Sans exception: dalle, 
il emballe, malle, etc. 

40. — Dans camp, champ, 
Longchamp, — et à la fin des 
mots: Adam, Boboam, etc. 

41. — Dans tous les autres 
mots: lame, dame, épigramme. 



PROSODIE. — QUANTITE. — A. 



413 



Sons longs. 
les verbes blâmer, se pâmer: il 
blâme, elle se pâme; — dans les 
prétérits en âmes: nous aimâ- 
mes, nous chantâmes, etc.; — 
et dans flamme et oriflamme. 

42. amne. — Dans toutes 
les parties des verbes condam- 
ner et damner: condamnant, 
je condamne, il condamnait, 
elle damna, etc. (Dans la 
prononciation, l'iii est tout à 
fait muette.) 

43. an. — Long au pluriel : 
des artisans, des courtisans, 
des paysans, etc. — Et quand 
an est suivi d'une syllabe 
commençant par toute autre 
consonne que n: danse, ga- 
rance, ignorance, lance, etc. 

44. anc, and, an^, ans, 
ant. — Toujours: blanc, fer- 
blanc, flanc, franc, marchand, 
brigand, grand, friand, cha- 
land, Roland, Allemand, il 
épand, il répand, rang, sang, 
orang-outang, haubans, dans, 
dedans, céans, Orléans, cepen- 
dant, abondant, bienséant, cré- 
ant, briguant, intrigant, chauf- 
fant , mangeant , sanglant, 
répugnant, riant, hurlant, 
aimant, tenant, un plant, quant, 
assurant, ravissant, excusant, 
tentant, remuant, savant, na- 
vrant, déployant, ressemblant, 
fabricant, menaçant, couchant, 
consacrant, etc. — Tous les 



Sons brefs, 
il enflamme, flammèche, inflam- 
mable, St.-James, etc. 



42. 



43. — Toujours bref au 
singulier: carcan, plan, van, 
etc. 



44. — Les seules exceptions 
sont banc, — Childebrand, 
Gand, gland, Groenland, Jut- 
land, Maryland, — étang, — 
amant, — Braband, chant, 
diamant, enfant, plain-chant. 



414 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — A, 



Sons longs. 
pluriels: des bancs, des gants, 
des étangs, des glands, des 
enfants, etc. — 

45. ane, aime. — Dans 
â7ie, crâne, mânes, manne 
(nourriture tombée du ciel); 
— Jeanne. ^^ 

46. ap, ape, appe. — Seu- 
lement dans râ2)e, et dans 
tout le verbe râper: je râpe, 
ils râpaient, etc. 

47. âpre. — Sans excep- 
tion: âpre, âpreté , câpre , etc. 

48. aque, acque. — Dans 
pâque, Pâques, Jacques. 

49. ar. — Dans char; — 
et dans les noms propres: 
César, Gibraltar, etc. 

50. arbe, arce, arche, 
arde, ardre, arge, argne, 
argue, arle, «arme, arne, 
arpe, arque, arse, arte, 
artre. — ... 



51. arc. — 



52. ard, art. — A la fin des, 
mots: cafard, art, pétard, etc. 

53. are, arre. — Sans ex- 
ception : avare, il sépare, rare, 
bizarre, il se carre, barre, 
arrhes, jarre; — dans bar- 
rage, barreau, barrière, carré, 
carreau, carrelage, carreler, 
carrelet, carreleur, carrelier, 



Sons brefs. 



45. — Dans tous les autres 
mots: manne (panier d'osier), 
panne, cabane, etc.; — An- 
nette, Jeannette, Jeanneton. 
Douteux dans Anne.'* 

46. — Dans tous les autres 
mots: cap, sape, trappe, etc. 



47. — 

48. — Dans tous les autres 
mots: plaque, tu traques, etc. 

49. — Beaucoup moins long 
dans tous les autres cas: car, 
instar, par, etc. 

50. — Sans exception: 
barbe, tarce, patriarche, bar- 
de, ardre (vieux), charge, 
épargne, il se targue, parle, 
vacarme, lucarne, harpe, bar- 
que, comparse, carte, dartre, 
etc. 

51. — Toujours: arc, parc, 
etc. 

52. — Au milieu des mots: 
tarder, etc. 

53. — Dans les terminaisons 
masculines: avarice, il sépara, 
etc. ; — dans carrefour, bar- 
ricade, barrique, XMrricide; — 
dans les mots en arr, jarr, 
narr: arracher, jarret, nar- 
ration, etc., excepté arrhes 



PROSODIE. — QUANTITE. — A. 



415 



Sons longs, 
carrément, carrière; — dans 
toutes les parties des verbes 
se carrer, barrer, se garer: 
il se carrait, on barra, elle se 
gara, etc. 

54. ari, arri. — Dans marri 
(vieux mot) et hourvari. 

55. as. — Sans exception: 
as, bas, cas, sas, tas, Pallas, 
etc. 

56. ase. — Sans exception: 
base, case, Pégase, etc. 

57. asme, aspe, asque, 
aste, asthme, astre. — 

58. asse. — Dans les sub- 
stantifs basse, casse, châsse 
(de saint), classe, échasse, im- 
passe, masse (au jeu), nasse, 
passe, tasse; — dans les ad- 
jectifs féminins basse, grasse, 
lasse; — dans les verbes a- 
masser, casser, compasser, en- 
châsser, entasser, passer, sas- 
ser, tasser, même dans les termi- 
naisons masculines: j'amasse, 
nous passons, il tassait, etc. ; — 
dans tous les mots dérivés ou 
composés des verbes qui pré- 
cèdent: bassesse, cassant, cas- 
seur, châssis, ramassis, etc.; 
— enfin dans la première et la 
seconde personne du singulier, 
et la troisième personne du 
pluriel, terminées en asse, as- 
ses, assent, au subjonctif: que 



Sons brefs. 
et jarre. — Douteux dans 
carrosse,* larron,* larronne,* 
parrain,* marraine.* 



54. — Dans tous les autres 
mots: mari, équarri, équar- 
rissage, etc. 

55. — 



56. — 

57. — Sans exception: plé- 
onasme, jaspe, basque, .faste, 
asthme, astre, etc. 

58. — Dans tous les autres 
substantifs: bécasse, brasse, 
calebasse, carcasse, chasse (au 
renard, etc.), crasse, crevasse, 
cuirasse, culasse, embrasse, 
masse (d'bommes, etc.), Par- 
nasse, paperasse, paillasse, po- 
tasse, teignasse ou tignasse, 
tétasses, terrasse, etc. ; — dans 
les autres adjectifs: bonaase, 
cocasse, etc.; — dans tous les 
autres verbes : brasser, chasser, 
classer, lasser, etc.; — dans 
la première et la seconde per- 
sonne plurielle de l'imparfait 
du subjonctif: que nous chan- 
tassiotis, que vous aimassiez, 
etc. 



416 



PROSODIE. — QUANTITE. — A. 



Sons longs, 
je chantasse, (jue tu aimasses, 
qu'ils trouvassent, etc. 

59. assion, asion, ation. 
— Presque toujours long: com- 
passion, dissuasion, invasion, 
nation, national, nationalité, 
etc. 

60. at. — Dans les quatre 
substantifs appât, bât, dégât, 
mât; — et à la troisième per- 
sonne du singulier de l'im- 
parfait du subjonctif: qu'il 
aimât, qu'il chantât, etc. 

61. ate, ates. — Dans les 
substantifs: empâtement, pâte, 
pâté, pâtée, hâte et tous ses 
dérivés et ses composés; — 
dans les verbes appâter, dé- 
mâter, empâter, gâter et tous 
ses dérivés, hâter, mater, tâter, 
même dans la terminaison mas- 
culine: je gâte, nous hâtons, 
etc. ; — et à la seconde per- 
sonne plurielle du parfait dé- 
iini: vous aimâtes, vous chan- 
tâtes, etc. 

62. atre, attre. — Toujours : 
marâtre, folâtre, pâtre, etc. 



63. au, eau. — Devant une 
syllabe féminine: auge, Cen- 
taure, faute, gauche, heaume, 
etc.; — devant x, signe du 
pluriel: baux, maux, les Esqui- 
maux, des jumeaux, etc.; — 



Sons brefs. 



59. — 



60. — Dans tous les autres 
substantifs: avocat, combat, 
prélat, etc.; — dans tous les 
adjectifs: plat, etc.; — et à 
la troisième personne singulière 
du présent de l'indicatif: il 
bat, etc. 

61. — Dans tous les autres 
cas: carbonate, sulfate, je 
rate, etc. 



62. — Excepté battre et 
quatre, et tous leurs dérivés: 
abattre, combattre, quatre- 
vingts, etc. 

63. — Bref à la fin des autres 
mots: barbeau, bandeau, Boi- 
leau, corbeau, Fontainebleau, 
hameau, moineau, la Moldau, 
Nassau,noyau,Pau,peau, le roi 
Fétau, préau, rideau, sceau, 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — A. 



417 



Sons longs. 
dans beau, eau; — dans la 
syllabe beau au commencement 
des mots: beauté, Beauvais, 
Beauvoisin, etc.; — à la fin 
de hedeau, cadeau, fardeau, 
radeau. 

64. auch. — Dans le seul 
nom Audi (ôche). 

65. aud.— Terminaison: Ar- 
chambaud, Arnaud, Bertaud, 
chaud, clabaud, finaud, mori- 
caud, nigaud, Renaud, ribaud, 
Vaud, — et dans échauder, 
clabaudage, clabauder , cla- 
bauderie, clabaudeur. 

66. aufife. — A la fin des 
mots: je chauffe, il chauffe, 
etc.; — au milieu des mots, 
et même avec terminaison 
masculine : chaufferette , on 
chauffait, chauffage, etc. 

67. aul. — 

68. auld. - 

69. ault. — Long dans 
Arnault, Boursault, JDussault, 
Pigault- Lebrun. 

70. aulx, aux. — D&nsaulx 
(pluriel de ail), faulx (ou faux, 
substantif), /awic (adjectif j, aux 
(article pluriel), je vaux, tu 
vaux, je prévaux, tu prévaux. 

71. ausse. — Dans les 
terminaisons: chausse, fausse, 
hausse, je chausse, tu fausses, 
ils haussent, etc.; — dans 
blockhaus. 

Lesaint, Prononciation française. 3me 



Sons brefs, 
seau, tombeau, tonneau, etc. ; — 
devant deux consonnes diffé- 
rentes, prononcées: augmenter, 
auspice,etc. ; — douteux devant 
les syllabes masculines: aubé- 
pine,* épaulette,* etc. 

64. — 

65. — Dans les quatre mots 
cabillaud, crapaud, échafaud, 
salaud. 



66. — 



67. — Seulement dans Paul. 

68. — Seulement dans Xa 
Boche foucauld. 

69. — Bref dans Girault, 
Hérault, Perrault, Quinault. 

70. — Aux (article) est bref 
devant un mot: aîix hommes, 
aux maisons, etc. 



71. — Beaucoup moins long 
au milieu des mots, et surtout 
devant les syllabes masculines: 
chaussée, chausser, chaussette, 
chausson, chaussure, faussaire, 
éd. 27 



418 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — E. 



Sons longs. 



72. aut. — Terminaison: 
artichaut, défaut, il faut, haut, 
il prévaut, il revaut, il vaut. 
Restant, Thibaut. 

73. aye. — Dans hâve, et 
dans tout le verbe laver: il 
hâve, elle bavait, etc. 

74. avre. — Sans exception : 
cadavre, havre, et tout le verbe 
navrer: cela navre le cœur. 

75. ax, axe. — 

76. aze. — Sans exception: 
ga^e, topaze. 



Sons brefs, 
faussement, fausser, fausset, 
fausseté, hausse -col, hausse- 
ment, hausser, haussière, 
peausserie, peaussier, etc. — 
Bref dans aussi, aussitôt. 

72. — Dans assaut, bou- 
caut, Brunehaut, Escaut, le 
Hénaut, héraut, saut, sou- 
bresaut. 

73. — Dans tous les autres 
mots: cave, grave, lave, il 
pave, etc. 

74. 



75. — Sans exception : Ajax, 
contumax, je taxe, etc. 

76. — 



Sons longs. 

1. èble, èbre. — 

2. ec, èce. — Dans Grèce. 



3. eche. — Seulement dans 
les substantifs bêche, calèche, 
campêche, crèche, dépêche, em- 
pêchement, pêche (fruit), pêche 
(de poisson), pêcher (arbre), 
pimbêche, prêche; — dans les 
deux adjectifs rêche, revêche; 
— et dans les verbes bêcher, 
dépêcher , empêcher , pêcher, 
prêcher, repêcher, même dans 



Seconde table. 

£. 

Sons brefs. 

1. — Sans exception: hièble, 
funèbre, zèbre, etc. 

2. — Dans tous les autres 
mots: bec, Grec, nièce, etc. 

3. — Dans tous les autres 
mots: lèche, il lèche, lèche- 
frite, flèche, flammèche, sèche 
(adjectif), brèche, il pèche (il 
fait un péché), il allèche, bo- 
bèche, drèche, grièche, mèche, 
la sèche ou seiche. 



PROSODIE. — 

Sons longs. 
les terminaisons masculines: 
Je hêche, elle empêchait, nous 
péchions, etc. 

4. ècle, ect, ecte, ectre, 
ède, éder. — 

5. ée. — Sans exception: 
aimée, chantée, caducée, etc. 

6. éé. — 

7. ef. — 

8. eflfe. — 



9. elle. — Dans wè/Ze (fruit). 

10. ège. — Sans exception: 
J'abrège, tu protèges, collège, 
manège, piège, sacrilège, etc. 

11. ègle, eîgle. — 



QUANTITÉ. — E. 419 

Sons brefs. 



12. egne, eigne. 

13. eil, eille. — 



14. eîn. — Suivi d'une con- 
sonne : ceint, il feint, on peint, 
teindre, etc. ; — dans les mots 
pluriels: les freins, des pleins, 
les reins, des desseins, etc. 

15. eine. — Dans haleine, 
reine, la Seine (fleuve). 

16. einte. — Sans excep- 
tion: atteinte, etc. 



4. — Sans exception: siècle, 
intellect, insecte, spectre, il 
cède, céder, etc. 

5. — 

6. — Sans exception: créé,, 
suppléé, etc. 

7. — Sans exception: bref, 
chef, nef, etc. 

8. — Sans exception : greffe, 
(branche entée), greffe (bureau 
de tribunal), greffier. Je greffe,, 
nous greffons, etc. 

9. — Dans trèfle. 
10. — 



11. - — Sans exception: règle, 
seigle, etc. 

12. — Douteux: enseigne,* 
duègne,* peigne,* règne,* etc. 

13. — Sans exception: ré- 
veil, soleil, veille, vermeil, ver- 
meille, etc. 

14. — Non suivi d'une con- 
sonne, toujours bref: frein, 
plein, sein, etc. 



15. — Dans baleine, peine, 
pleine, sereine, veine, verveine. 

16. — 

27* 



420 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — E. 



Sons longs. 

17. eître. — Dans reître, 
le seul mot ainsi terminé. 

18. el. - 

19. ele. — Dans les mots 
frêle, grêle, pêle-mêle, poêle, 
zèle; — et dans les verbes 
bêler, fêler, grêler, mêler, 
même dans les terminaisons 
masculines: il bêle, nous mê- 
lons, etc. 

20. elle. - 

2 1 . em. — Suivi d'une autre 
consonne commençant une nou- 
velle syllabe: emplir, semblant, 
trembler, etc. — Dans tous 
les mots commençant par emm 
et remm: emmagasiner, em- 
mancher, remmener, etc. 
(Voyez page 65.) 

22. en. — Suivi d'une con- 
sonne autre que n commençant 
une nouvelle syllabe: entier, 
tentant, sentiment, etc. (Voyez 
ent, n" 25.) 

23. eme. — Dans tous les 
mots : baptême, blême, diadème, 
problème, système, crème, j'é- 
crème, tu écrémes (du verbe 
écrémer), etc. 



24. ene, enne. — Plus ou 
moins long dans aborigènes, 
alêne, arène, Athènes, avant- 
scène, Borysthène, carène, Car- 



Sons brefs. 



17. 



18. — Sans exception: 
autel, sel, etc. 

19. ^ — Dans les autres mots: 
modèle, il recèle, etc. 



20. — Sans exception : belle, 
cruelle, pelle, selle, telle, etc. 

21. — A la fin des mots, 
sans exception: item, Bethléem, 
requiem, Sem, etc. 



22. — A la fin des mots: 
hymen, examen, Bouen, le 
mien, le tien, etc. 



23. — Excepté dans le verbe 
semer: je sème, elle sème, etc.; 
— dans les terminaisons en 
iènie : pénultième, deuxième, 
etc.; — dans les terminaisons 
masculines du verbe écrémer: 
nous écrémons, etc. 

24. — Bref dans Alcmène, 
catéchumène, tu te démènes, 
il se démène, ébène, j'emmène, 
tu emmènes, il emmène, éner- 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — E. 



421 



Sons longs, 
thagène, la cène, chêne, Cyrène, 
Biogène, frêne, la gêne, Gênes 
(ville), hétérogène, homogène, 
hippocrène, hyène, hygiène, 
Irène, Mécène, Messène, My- 
cènes, Mitylène, obscène, pêne, 
rênes, scalène, scène, Silène, 
Sirène, troène. Théogène. 

25. ent. — A la fin des 
adjectifs, sans exception: cor- 
pulent, violent, urgent, pru- 
dent, etc.; — à la tin des 
substantifs en cent, gent, ient, 
rent: accent, adjacent, agent, 
escient, parent, torrent, trans- 
parent, etc., excepté argent; 
— à la fin des substantifs 
talent, présent, pénitent, af- 
fluent, confluent, avent, fer- 
ment; — dans les substantifs 
en dent: accident, antécédent, 
occident, etc., excepté quatre 
mots (voyez ci- contre). 

26. êpe, êpre. — Ne se 

trouve que dans crêpe, guêpe, 
vêpres. 

27. epte, eptre. — .... 

28. eqne, ecque. — Seule- 
ment dans évêque, archevêque. 

29. er. — Suivi d'une con- 
sonne finale non prononcée: 
Angers, Louviers, Nevers, Poi- 
tiers, clerc, convers, couvert, 
divers, il perd, il sert, etc. ; — 



Sons brefs, 
gumène, il s' enchifrené, épicène, 
Hélène, elle mène, Melpomène, 
la patène, phalène, phénomène, 
je promène; — et toujours 
quand l'n est doublée : garenne, 
étrenne, la mienne, qu'il 
prenne, le renne, etc. 

25. — A la fin de tous les 
adverbes en ment: ancienne- 
ment, lestement, prudemment, 
etc.; — dans argent, et dans 
ces quatre substantifs en dent: 
la dent, cure-dent, chiendent, 
trident; — dans tous les sub- 
stantifs en ment: nantissement, 
isolement, etc., excepté fer- 
ment; — dans tous les autres 
substantifs qui ne figurent pas 
dans la colonne des sons longs: 
arpent, vent, etc.; — dans 
les verbes: il ment, il dément, 
il sent, il ressent, il consent, 
il se repent, etc. 

26. — Seul mot de cette 
terminaison : lèpre. 

27. — Sans exception: 
inepte, précepte, sceptre, etc. 

28. — Dans tous les autres 
mots: bibliothèque, Grecque, 
etc. 

29. — Suivi d'une consonne 
prononcée dans la même syl- 
labe: clerc à maître, etc.; — 
dans tous les mots oii er final 
se prononce é: boucher, charre- 



422 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — E. 



Sons longs. 
à la fin des mots, quand l'r 
se prononce: aster, belvéder, 
cuiller, Bender, Jupiter, etc.; 
— à l'infinitif des verbes de 
la première conjugaison, quand 
l'r se prononce devant une 
voyelle ou une h muette: aimer 
encore, célébrer avec vous. 
Voyez la lettre B, page 236. 

30. erbe, erce, erclie, 
ercle, erde, erdre, erge, 
ergne, ergue, erle, erme, 
eme, erpe, erque, erse, 
erte, ertre, erve. — 

31. erd, ert. — Voyez 
plus haut le n° 29. 

32. ère. — Sans exception: 
amère, chimère, père, mère, 
frère, etc.; — et à la troi- 
sième personne plurielle du 
parfait défini: ils aimèrent, 
elles chantèrent, etc. 

33. erf. — 

34. err. — Suivi d'un e 
muet final: eqiierre, guerre, 
terre, tonnerre, il ferre, du 
verre, etc.; — au futur et 
an conditionnel des verbes voir, 
revoir: je verrai, tu verras, 
nous verrions, etc.; je re- 
verrai, tu reverras, etc.; — 
dans les verbes enterrer, fer- 
rer, guerroyer, serrer, ter- 
rasser, terrer, même dans les 
terminaisons masculines: j'en- 
terre, on enterra, je ferre, il 



Sons brefs, 
tier, danger, poirier, Bive-de- 
Gier, Montpellier, etc.; — à 
l'infinitif des verbes de la pre- 
mière conjugaison, quand l'r 
est muette: aimer les enfants, 
chanter, danser, etc. 



30. — Sans exception: 
acerbe, il exerce, perche, cercle, 
etc. 



31. — 

32. — 



33. — Ne se trouve que 
dans cerf, nerf, serf. 

34. — Dans les mots sui- 
vants: atterrir, atterrissage, 
atterrissement, berret, derrière, 
errant, errata, erratique, er- 
ratum, erreur, errhin, erroné, 
ferraille, ferrailler, ferrailleur, 
ferrandinier, ferrant, ferret, 
f erreur, ferronnerie, ferron- 
nier , ferrugineux; tous les 
mots en interr: interrègne, 
interroger, interrompre, etc. ; 
Méditerranée, perroquet, per- 
ruche, perruque, perruquier, 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — E. 



423 



Sons longs, 
guerroyait, nous serrerions, 
il terrait, nous terrasserons, 
etc.; — dans les mots suivants: 
ferrement, ferrière^ ferrure, 
guerrier, guerroyeur, perron, 
serrure, terrage, terrain ou 
terrein, terrasse, terrassement, 
terrassier , terreau , terreux, 
terrien, terrier, terroir, verrée, 
verrerie, verrier, verrière, 
verroterie, verrou. 

35. ers. — Voyez le n" 29. 

36. es. — Dans tous les 
mots où es final se prononce 
è: les, des, mes, tes, ses, abcès, 
accès, décès, succès, tu es, il 
est, etc. 

37. esde, esque, este, 
estre. — 

38. èse. — Sans exception: 
diocèse, thèse, Pergolèse, Cher- 
sonèse, etc.; et dans les verbes 
léser, peser, empeser, repeser, 
soupeser: il lèse, je pèse, on 
empèse, etc. 

39. esse. — Seulement dans 
abhesse, cesse, compresse, con- 
fesse, expresse, presse, pro- 
fesse; — et dans les verbes 
cesser, confesser, presser, pro- 
fesser, s'empresser: je cesse, 
il professe, etc. 

40. et. — Dans les mots 
avec accent circonflexe: acquêt, 
apprêt, arrêt, henêt, forêt, genêt, 



Sons brefs. 
Sierra ( montagne ) , terra l, 
terrestre, terreur, terrible, 
terriblement, terrifier, terrine, 
terrinée, terrir, territoire, ter- 
ritorial, terrorisme, verrat, 
verrue, verrouiller; — dans 
toutes les parties des deux 
verbes atterrer, errer, où err 
n'est pas suivi d'un e muet: 
j'errais, tu atterrais, etc. 

35. — 

36. — 



37. — Sans exception: 
Dresde, grotesque, inceste, ter- 
restre, etc. 

38. — Mais les verbes de- 
viennent brefs dans la forme 
interrogative : lèse-t-ilf pèse-t- 
on f etc. 



39. — Dans tous les autres 
mots: caresse, lesse (ou laisse, 
substantif), paresse, tendresse, 
etc.; — dans ces mêmes ver- 
bes, partout où la terminaison 
est masculine: nous pressons, 
il professait, elle s'empressa, 
etc. 

40. — Dans tous les autres 
mots, au singulier: bidet, ca- 
binet, cadet, foret (instrument), 



424 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — E. 



Sons longs, 
intérêt, prêt (adjectif et sub- 
stantif), protêt, têt, je vêts, tu 
vêts, il vêt (vieilles formes du 
verbe vêtir),^ je revêts, tu re- 
vêts, il revêt; — et dans les 
pluriels: les cabinets, les pla- 
cets, les tréhuchets, etc.; — 
à la 1^''® et à la 2® personne 
singulière du verbe mettre et 
de ses composés: je mets, tu 
permets, je remets, tu soumets, 
etc. 

41. ête. — Sans exception: 
arête, bête, conquête, vous êtes, 
ils vêtent,^ qu'il revête, elle 
fête, etc. 

42. ète, ette. — Seulement 
dans arbalète, interprète, pro- 
phète; — et dans les verbes 
hébéter et interpréter: il hébète, 
il interprète. 

43. être. — Sans exception: 
ancêtre, champêtre, salpêtre, — 
je me dépêtre, il enchevêtre, etc. 

44. être, ettre. — Dans 
le seul mot urètre. 

45. eu. — Dans bleu; — 
au pluriel des substantifs en 
eu: les feux, les jeux, etc. 



Sons brefs, 
moulinet, parapet, etc.; — 
dans la conjonction et; — à 
la 3® personne singulière des 
verbes en mettre: il met, il 
remet, etc. 



41. — 



42. Partout ailleurs: poète, 
houlette, planète, il achète, il 
jette, il répète, amulette, cas- 
solette, etc. 

43. — 



44. — Dans tous les autres 
mots: mètre, baromètre, il 
pénètre, mettre, admettre, etc. 

45. — Toujours à la fin des 
mots: feu, jeu, lieu, excepté 
bleu; — au commencement des 
mots devant une syllabe mas- 
culine: Eugénie, eucharistie, 
etc.; — dans le corps des 
mots, devant une syllabe mas- 
culine, ou quand, dans la même 



1 Voyez vêtir dans le Traité complet de la Conjugaison des Verbes français, 
page 139. 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — E. 



425 



Sons longs. 



46. eiible. 



47. eud. — 

48. eue. — Sans exception: 
banlieue, lieue, etc. 

49. euf. — Long au pluriel, 
quand l'f est muette : des œufs, 
des bœufs, etc. 

50. eugle. — Dans les verbes 
beugler, meugler, même dans 
les terminaisons masculines: il 
beugle, elle beuglait, etc. 

51. euil, euille, ueil, 
vieille. — A la 3* personne 
plurielle du présent du sub- 
jonctif: qu'ils veuillent, qu'ils 
accueillent, etc. 

52. eul. — 

53. eule. — Dans ils veulent, 
et veule (adjectif). 

54. eun, eune. — Dans 

jeûne, jeûner et toutesles parties 
du verbe, jeûneur, meunier. 

55. euple, euque. — . . . 

56. eur, eure, eurre, eurs. 

— Toujours: douleur, majeure, 
beurre, ailleurs, plusieurs, mes- 



Sons brefs. 
syllabe, eu est suivi d'une con- 
sonne prononcée, et autre que 
r: pleurer, peuplier, nous meu- 
blons, seul, etc. 

46. — Toujours: un meuble, 
il meuble, il démeuble, on meu- 
blera, nous meublons, etc. 

47. — Un seul mot: nœud. 

48. — 

49. — Toujours au singulier: 
œuf, bœuf, neuf, veuf, etc.; — 
et au pluriel quand l'f est 
articulée: des veufs. 

50. — Dans aveugle (adjectif 
et substantif), et dans les ver- 
bes aveugler, désaveugler: il 
aveugle, elle s'aveugla, etc. 

51. — Dans tous les autres 
mots: deuil, treuil, orgueil, ac- 
cueil, feuille, portefeuille, que 
je veuille, etc. 

52. — Sans exception: lin- 
ceul, seul, tilleid, etc. 

53. — Dans tous les autres 
mots: bégueule, gueule, meule, 
seulement, etc. 

54. — Dans les autres mots: 
jeune, jeunesse, il déjeune, etc. 

55. — Sans exception: _pe2<- 
ple, plialeuque, etc. 

56. — Excepté dans beurrée, 
monsieur; — dans toutes les 
autres parties du verbe leur- 



426 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — E. 



Sons longs, 
sietirs, ils eurent, je leurre, tu 
leurres, il leurre, ils leurrent, 
etc. 

57. eurt, eurte, eurtre. — 
Dans il meurt. 

58. eus. — Dans je meus, 
tu meus, bleus, les seuls mots 
en eus. 

59. euse. — Sans exception, 
dans le corps et à la fin des 
mots: heureusement, brodeuse, 
etc. 

60. eut. — Dans il veut, 
il eut (du verbe avoir). 

61. eute. — 

62. eutre. — Sans excep- 
tion: feutre, neutre, pleutre, 
et tout le verbe calefeutrer : 
je calefeutre, nous calefeutrons, 
etc. 

63. euve. — Dans neuve 
(féminin de neuf); — à ces 
3*^^ personnes plurielles: ils 
abreuvent, ils meuvent, ils 
Xoeuvent, ils émeuvent. 

64. euvre. — 

65. eux. — Toujours, dans 
le corps et à la fin des mots: 
eux, bourbeux, verbeux, deu- 
xième, je peux, tu peux, je 
veux, tu veux, etc. 

66. eve. — Seulement dans 
Eve (la femme d'Adam), fève, 
rêve, trêve; — dans les verbes 



Sons brefs, 
rer: il leurrait, etc. 
teux dans mœurs.* 



Dou- 



57. — Tous les autres mots: 
le heurt, heurter, le meurtre, 
meurtrir, etc. 

58. — 



59. — 



60. — Tous les autres mots : 
il meut, il émeut, il peut, il pleut. 

6 1 . — Sans exception : émeute, 
meute, il ameute, etc. 

62. — 



63. — Dans tous les autres 
mots: on abreuve, fleuve, qu'il 
meuve, épreuve, qu'il pleuve, 
une veuve, etc. 

64. — Sans exception : œuvre, 
manœuvre, couleuvre, etc. 

65. — 



66. — Dans les autres mots : 
brève, il achève, il crève, Ge- 
neviève, Genève, sève, etc.; — 



PROSODIE. — QUANTITÉ. 



427 



Sons longs, 
endêver et rêver, même dans 
les terminaisons masculines : 
je rêve, il rêvait, j'enâêve, il 
endêvait, etc. 

67. evre. — Dans orfèvre. 



68. ex, exe, exte, extre. 



Sons brefs. 
et dans cette locution: trêve 
de compliments. — Douteux 
dans grève.* 

67. — Dans les autres mots: 
chèvre, fièvre, lièvre, lèvre, elle 
sèvre son enfant, etc. 

68. — Sans exception: in- 
dex, circonflexe, texte, dextre, 
etc. 



Troisième table. 
I. 



Sons longs. 

1. i. — Dans le parti, le 
pli; — dans les substantifs 
pluriels: les amis, les baillis, 
etc. 

2. ibe, ible, ibre, ic, 
ice. — 

3. iche. — Dans biche. 

4. icle, ict, icte, id (d 

prononcé), îd {d muet), ide. — 
Seulement au pluriel des mots 
en id {d muet): des nids, etc. 

5. idre, hydre. — Dans 
hi/dre. 

6. îe. — Sans exception: 
amie, la Brie, une scie, la vie, 
etc. 

7. ié, ied. — Au pluriel: 
les pieds, etc.; — dans j'as- 
sieds, tu assieds. 

8. — if, iffe, ifle, iifre. 



Sons brefs. 

1. — A la fin de tous les 
autres mots singuliers: lundi, 
mardi, souci, etc. 

2. — Sans exception : Scribe, 
bible, fibre, alambic, lice, etc. 

3. — Dans les autres mots: 
affiche, chiche, etc. 

4. — Partout ailleurs: ar- 
ticle, strict, vindicte, David, 
nid, acide, etc. 

5. — Douteux dans cidre.* 



6. 



7. — Sans exception au 
singulier : amitié, pied, il sied, 
etc. 

8, — Sans exception: naïf, 
griffe, momifie (populaire), 
chiffre, etc. 



428 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — I. 



Sons longs. 
9. ige. — 



10. — igle, igme, igné, 
igre, igue. — 

11. il (l articulée). — ... 

12. il, ille (l, Il mouillées). 

13. ile, yle. — Seulement 
dans île et presqu'île. 

14. iltre. — 

15. im, in, ym, yn. — Suivi 
d'une autre consonne commen- 
çant une nouvelle syllabe : Sim- 
plon, pintade, tympan, syncope, 
etc.; — au pluriel: des vins, 
des lutins, etc.; — à toutes 
les personnes du passé défini 
et de l'imparfait du subjonctif 
des verbes en tenir et en venir: 
je vins, tu tins, il parvint, nous 
soutînmes, vous retîntes, ils se 
souvinrent, que je vinsse, que 
tu tinsses, qu'il parvînt, que 
nous soutinssions, etc. (Voyez 
aim, ain, page 411.) 

16. îme, yme. — Seulement 
dans abîme, la dîme; — et 
aux parfaits définis: nous fi- 
nîmes, nous dîmes, etc. 

17. imne, ymne. — . . . . 



Sons brefs. 
9. — Douteux dans afflige,'^ 
désoblige,"^ fige,* oblige,* tige;* 
— bref partout ailleurs: pro- 
dige, vertige, etc. 

10. — Sans exception: bigle, 
énigme, indigne, tigre, brigue, 
etc. 

11. — Sans exception: il a,. 
MU, profil, exil, ils ont, etc. 

12. — Toujours: babil, fille, 
etc. 

13. — Dans tous les autres 
mots: agile, bile, huile, style, 
etc. 

14. — Toujours: filtre, etc. 

15. — Quand l'm ou l'n est 
redoublée: immoler, innocent, 
etc.; — à la fin des mots, au 
singulier: intérim, vin, thym, 
etc. 



16. — Dans tous les autres 
mots : maxime, rime, cacochyme, 
etc. 

17. — Seulement Médimne, 
hymne. 



PROSODIE. — QUANTITE. — I. 



429 



Sons longs. 

18. inc, inct, incte. — 

Sans exception: cinq, zinc, di- 
stinct, instinct, succincte, etc. 

19. îne. — Seulement dans 
tout le verbe dîner: je dîne, 
nous dînons, etc. 

20. ing, int, ynx. — Tou- 
jours: pouding, poing. Quint, 
vingt, il vint, il tint, qu'il re- 
vînt, sphynx, etc. — (Voyez 
aim, ain , page 411, et ein, 
page 419.) 

21. iphe, iple, ipse, ique. 



22. ir, ire, yre. — Sans ex- 
ception: haïr, cire, satyre, etc. 

23. îrme, irpe,irque.— . . . 

24. is {s prononcée). — 
Toujours: his (adverbe: une 
seconde fois), Baucis, amaryl- 
lis, etc. 

25. is (s muette). — Sans 
exception: his (adjectif: cou- 
leur), colis, tamis, etc. 

26. ise. — Toujours: bise, 
crise. Elise, qu'il dise, qu'elles 
prédisent, etc. 

27. isme, ispe, isqne. — 



28. isse. — Seulement à 
l'imparfait du subjonctif des 
verbes de la 3^ et de la 
4® conjugaison qui ont leur 



Sons brefs. 



18. — 



19. — Dans tous les autres 
mots: carabine, épine, etc. 

20. — Excepté sterling. 



21. — Sans exception: logo- 
griphe, disciple, éclipse, brique, 
etc. 

22. — 

23. — Sans exception: in- 
firme, il extirpe, cirque, etc. 

24. — Excepté lis (fleur), 
vis, tournevis, Clovis. 



25. — 



26. — Beaucoup moins long 
dans les terminaisons mascu- 
lines: priser, vous médisez, 
nous utilisons, etc. 

27. — Sans exception: le 
christianisme, il crispe, disque, 
etc. 

28. — Douteux dans les 
verbes de la 2® conjugaison: 
que je punisse,* que tu finisses,* 
qu'ils se réjouissent,* etc. ; — 



430 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — I. 



Sons longs. 
passé défini en is: que Je pré- 
visse, que tu battisses, qu'ils 
conduisissent, que je cousisse, 
que tu craignisses, qu'ils vain- 
quissent, etc. 

29. ist, iste. — 



30. istre. — Seulement dans 
registre (substantif) et dans 
le verbe enregistrer: j'enre- 
gistre, ils enregistrent, etc. 

31. it. — Dans il luit, il 
reluit, il nuit, ci-gît; — dans les 
imparfaits du subjonctif: qu'il 
finît, qu'il punît, qu'il fît, etc. 

32. ite. — Dans gîte, vi- 
te; — et dans le passé défini: 
vous bénîtes, vous prîtes, vous 
dîtes, etc. 



33. itre. — Dans bélître, 
épître, huître, vitre. 



34. itz. 



35. ive. — Dans les verbes 
en crire et en suivre, et dans le 
verhe priver : que j'écrive, que 
tu décrives, qu'il inscrive, qu'on 
prescrive, qu'ils souscrivent, 
qu'elles suivent, que tu pour- 
suives, il prive, je prive, etc. 



Sons brefs. 
bref dans les verbes de la 
l^'^ conjugaison {l'apetisser, 
tisser, visser, etc.): je rapetisse, 
tu tisses, il visse, etc. ; — dans 
tous les autres mots: narcisse, 
réglisse, Suisse, etc. 

29. — Sans exception: le 
Christ, piste, etc. 

30. — Dans tous les autres 
mots: ministre, sinistre, etc.; 

— dans les terminaisons mas- 
culines d'enregistrer: nous en- 
registrons, etc. 

31. — Partout ailleurs: 
accessit, il conduit, il détruit, 
il instruit, il produit, il se 
réjouit, le fruit, etc. 

32. — Dans tous les autres 
mots: ermite, mérite, il pré- 
cipite, etc.; — et au présent 
de l'indicatif des verbes dire 
et redire: vous dites, vous 
redites. 

33. — Dans tous les autres 
mots : arbitre, litre, nitre, titre, 
pupitre, etc. ; — dans les 
terminaisons masculines : mi- 
tre, vitré, vitrage. 

34. — Toujours: Sedlitz, 
etc. 

35. — Dans les autres 
verbes: il active, il captive, 
on cidtive, ils invectivent, etc. ; 

— dans les terminaisons mascu- 
lines: nous écrivons, vous pres- 
crivez, etc.; — dans tous les 
autres mots: la rive, défensive, 



PROSODIE. — QUANTITE. — O. 



431 



Sons longs. 



36. ivre. — Dans les in- 
finitifs suivre, s'ensuivre, pour- 
suivre; — dans cuivre, vivres 
(substantif). 

37. ix. Dans Cadix, crucifix, 
dix, perdrix, prix, six. 

38. ixe. — 



39. ize. 

alise, rize. 



Seulement dans 



Sons brefs, 
la négative, perspective, qui 
vive? etc. 

36. — Dans les autres in- 
finitifs : vivre, survivre; — 
dans tous les autres mots: 
ivre, livre, il délivre, il livre, 
etc. 

37. — Dans Béatrix, Félix, 
phénix, préfix. 

38. — Sans exception: fixe, 
préfixe, prolixe, rixe. 

39. — 



Quatrième table. 
O. 

Voyez, pages 86 à 91, les divers sons que fait entendre 
cette voyelle, selon le cas. 



Sons longs. 
1.0. — Au commencement 
du mot, seulement dans o 
(lettre), os (s muette), osier, 
ôter, hôte; — à la fin des mots, 
au pluriel: duos, dominos, etc. 

2. obe, oble, obre. — . . 

3. OC (c prononcé), OC (c 
muet), oce, oche, ocle, ocre, 
octe, od. — 

4. ode. — Seulement dans 
tout le verbe rôder: je rôde, 
tu rôdes, il rôdait, etc. 

5. offe, offre, ofle. — . . 



Sons brefs. 

1. — Dans tous les autres 
mots: odeur. Olympe, opéra, 
orateur, hoche, hôpital, hôtel, 
hôtesse, etc.; — à la fin des 
mots, au singulier: cacao, duo, 
écho, etc. 

2. — Sans exception : globe, 
robe, noble, opprobre, etc. 

3. — Dans tous les mots: 
bloc, froc, broc, croc, précoce, 
broche, socle, médiocre, docte, 
Nemrod, etc. 

4. — Partout ailleurs: 
épode, ode, pagode, etc. 

5. — Sans exception: étoffe, 
coffre, girofle, etc. 



432 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — O. 



Sons longs. 

6. og, oge, ogme, ogne, 
ogre, Ogue. — Seulement dans 
Vosges. 

7. OÎ, diphtongue. — Suivi 
d'une S, signe du pluriel: rois, 
lois, emplois, etc. 

8. oid, Oide, diphton- 
gues. — 

9. oie, diphtongue. — Sans 
exception: joie, oie, Troyes, 
Troie, qu'il voie, etc. 

10. oif, diphtongue. — 

11. oiife, diphtongue. — 
Dans le substantif coiffe, et 
dans les verbes coiffer, décoif- 
fer, recoiffer: je coiffe, tu 
décoiffes, ils recoiffent, etc. 

12. oigne, Oil, Oile, diph- 
tongues. — Seulement dans 
jwile ou poêle. 

13. oin, diphtongue. — 
Suivi d'une consonne com- 
mençant une syllabe: il join- 
dra, pointe, moindre, etc. ; — 
dans coing, loin, oing, poing, 
témoin; — dans les verbes en 
■oindre: je joins, tu disjoins, 
il rejoint, le jour point, etc. ; 
— suivi d'une s: des coins, 
les soins, des points, moins, 
néanmoins, etc. 

14. oine, diphtongue. — , . . 



Sons brefs. 

6. — Dans tous les autres 
mots : grog, doge, loge, dogme, 
cigogne, il rogne, ogre, dogue, 
vogue, etc. 

7. — Presque bref à la 
fin de tous les mots singuliers: 
foi, loi, moi, toi, tournoi, coi, 
etc. 

8. — Toujours: froid, 
roide, etc. 

9. — 



10. — Dans le seul mot 
soif. 

11. — Dans la terminaison 
masculine des mêmes verbes: 
coiffant, je coiffais, on coiffa, 
etc. 

12. — Partout ailleurs: ils 
joignent, qu'on disjoigne, qu'elle 
empoigne, poil, toile, etc. 

13. — Dans tous les autres 
substantifs, au singulier: ba- 
bouin, Bédouin, besoin, ben- 
join, baragouin, coin, recoin, 
foin, groin, sainfoin; — dans 
adjoint (substantif), point (sub- 
stantif et adverbe), appoint, 
contre-point, embonpoint, rond- 
point. 



14. — Sans exception: 
avoine, moine, pivoine, etc. 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — O. 



433 



Sons longs. 

15. OÎr, diphtongue. — 
Sans exception: avoir, devoir, 
recevoir, etc. 

16. oire, diphtongue. — 
Sans exception: boire, croire, 
gloire, Loire, moire, victoire, etc. 

17. ois, diphtongue. — 
Dans tous les substantifs, noms 
propres et adjectifs: anchois, 
abois, bois (substantif), fois, 
hautbois, mois, pois, poids, — 
Albigeois, Cauchois, Gaulois, 
Suédois, Louvois, — courtois^ 
grivois, trois, etc. 

18. oise, diphtongue. — 
Sans exception: Amboise, ar- 
doise, bourgeoise, Pontoise, etc. 

19. oisse, diphtongue. — . . 



20. oit, oite, diphtongues. 
— Dans les verbes en croître: 
il accroît, il croît, il décroît, 
il recroît, il surcroît; — dans 
boîte (coffre), et dans toutes 
les parties des verbes déboîter, 
emboîter: il déboîte, il emboîte, 
nous emboîtons, etc. 

21. oître, diphtongue. — 
Sans exception: cloître, ac- 
croître, goitre, etc. 

Lesaint, Prononciation française. 3m( 



Sons brefs. 

15. — Toutefois, presque 
bref quand ces mots en font 
attendre un autre: avoir oc- 
casion, t'0«(?oir l'impossible, etc. 

16. — 



17. — Presque bref dans 
les verbes et les adverbes: je 
bois, tu bois, j'aperçois, tu con- 
çois, je déçois, tu perçois, je 
déchois, tu crois, je dois, tu 
assois, je vois, que je sois, 
etc., — autrefois, parfois, 
quelquefois, toutefois. 

18. — 



19. — Douteux: qti'il crois- 
se,* qu'il accroisse,* il froisse,* 
angoisse,* paroisse (substan- 
tif),* etc.; — bref dans les 
terminaisons masculines: vous 
croissez, il froissait, parois- 
sien, etc. 

20. — Partout ailleurs: il 
boit (de boire), il aperçoit, elle 
voit, il croit (de croire), il 
décroit (de décroire), il doit, 
le doigt, soit, le toit, — la 
boite (degré où le vin peut se 
boire), il boite (de boiter), 
droite, etc.; — douteux dans 
coite (adjectif féminin de coi).* 

21. — 



éd. 



28 



434 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — O. 



Sons longs. 

22. oive, oivre, diphton- 
gues. — 

23. oix, diphtongue. — 
Toujours: abat- voix, croix, 
noix, poix, etc. 

24. ol, olde. — 

25. oie. — Partout où l'o 
de cette terminaison a l'accent 
circonflexe: drôle, pôle, tôle, 
le contrôle, je contrôle, tu con- 
trôles, il contrôle, ils contrôlent, 
etc. 

26. oUe, olfe, olphe, olte, 
olye. — 

27. om. — Suivi d'une con- 
sonne autre que m ou n com- 
mençant une syllabe: bombe, 
on comble, ombre, pompe, tri- 
omphe, rompre, comte, etc.; — 
dans les syllabes omps, ompt: 
je romps, tu corromps, il inter- 
rompt, prompt, etc. 

28. orne. — Dans tous les 
mots de cette terminaison 
ayant l'accent circonflexe : 
Brantôme, Côme, dôme, etc.; 
— dans toutes les parties du 
verbe chômer: je chôme, nous 
chômons, etc. ; — dans tous les 
mots suivants: arôme, atome, 
axiome, binôme, chrome, epi- 
tome,^ gnome, harmotome. 



Sons brefs. 

22. — Sans exception: qu'il 
boive, qu'il doive, poivre, etc. 

23. — 



24. — Sans exception: bol, 
col, vol, solde, etc. 

25. — Bref sans l'accent 
circonflexe : agricole , caram- 
bole, école, rougeole, viole, yole, 
etc.; — dans les terminaisons 
masculines de contrôler: je con- 
trôlais, etc., et dans contrôleur, 
contrôleuse. 

26. — Sans exception: folle, 
golfe, Adolphe, volte, qu'il ab- 
solve, etc. 

27. — Suivi de m ou de n: 
comme, sommité, omnivore, au- 
tomne, etc.; — à la fin des 
mots: nom, prénom, etc.; — 
dans les finales omh: Colomb, 
plomb, etc. 



28. — Dans autonome, 
agronome, astronome, Deutéro- 
nome, économe, gastronome, 
hippodrome, majordome, métro- 
noms, nome, Rome; — dans 
tous les mots où l'm est doublée: 
comme, homme, somme, etc. 



1 Ce mot, tout latin, se prononce épitome (e final muet et o long) et épitotné (a 
presque href). — L'Acad. et Gattel écrivent épitome, sans parler de la prononciation, 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — O. 



435 



Sons longs, 
idiome , ignivome , Sodome, 
tome. 

29. on. — Suivi d'une con- 
sonne autre que n: consterner, 
gond, fond, ils font, nous serions, 
nous avons, que nous eussions, 
un rond, ils vont, once, donc, 
volontaire, des garçons, des 
lions, etc. 

30. one. — Dans les mots 
où l'o est surmonté de l'ac- 
cent circonflexe: Ancône, prô- 
ne, cône, Bhône, Saône, trône, 
je trône, on prôna, nous dé- 
trônons, etc.; — dans ama- 
zone , autochtone , Bahylone, 
Cosne, Folkestone, Gladstone, 
isochrone, St.-Jean-de-Losne, 
tautochrone, zone. 



31. op, ope, ophe, ople, 
opre, oque. — Seulement 
dans le verbe toper: je tope, 
nous topons, etc. 



Sons brefs. 



29. — Excepté dans ajonc, 
jonc; — toujours à la fin des 
mots: bon, don, mon, ton, son. 



30. — Excepté dans atc- 
mône, aumônerie, aumônier; 
— dans anémone, Antigone, 
Ausone, Barcelone, Bellone, 
Bone, carbone, Crémone, Cro- 
tone, Dodone, il s'époumone, 
Erigone, Gorgone, Hermione, 
Hippone, Lacédemone, Latone, 
madone, matrone, microphone, 
monotone, les nones, Œnone, 
Pétrone, Pomone, il ramone, 
Suétone, salmone, Tisiphone, 
trombone, Vérone; — dans 
toutes les terminaisons en gone : 
hexagone, octogone, polygone, 
etc.; — quand l'n est doublée: 
il s'abonne, on tamponne, etc. 

31. — Dans tous les autres 
mots: sirop, télescope. Pope, 
philosophe , Constantinople , 
propre, époque, etc. 



ce qui veut dire : Prononcez épitome (l'e final muet). — Le Complément du Diction- 
naire de l'Acad. donne le mot épitome, et dit: Il s'écrit et se prononce avec Vé fermé, 
quand on parle d'un abrégé de l'histoire sainte à l'usage des élèves qui commencent 
l'étude du latin. Il en est encore à Z'épitomé. Traduire î'épitomé. — Le Dictionnaire 
de la Conversation écrit partout épitomé. — Nodier, Bénard, Larousse, donnent l'ortho- 
graphe de l'Acad., épitome, mais avec la prononciation épitomé. — Nap. Landais écrit 
tpiiome (sans aucun accent) et donne la prononciation épitome (l'e final muet). Et il 
ajoute: On dit et l'on écrit aussi épitomé, en francisant ce mot, qui est tout latin. 

28* 



436 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — O. 



Sons longs. 

32. or, orc (c muet), ord, 
ords, orps, ors (s muette). — 
Sans exception: cor, porc, il 
tord, je mords, corps, alors, etc. 

33. ore, orre. — Toujours: 
aurore, il dore un métal, en- 
core, pore, Gomorrhe, etc. 

34. orge, orgne, ors^ue, 
orme, orne, orque, orse, 
orte, orve, orze. — 

35. — OS (s muette), OSe. 
— Toujours: dos, des os, 
repos, dose, pose, ils posent, 
ils osent, ils composent, etc. 

36. OSS. — Dans toutes les 
syllabes dos, fos, gros: 

dossier, adosser, endossement, 
fosse, fossé, fossoyeur, gros, 
grosse, grossier, grosseur, il 
grossit, etc. ; — dans ossements, 
désossement , et tout le verbe 
désosser: il désosse, nous dé- 
sossons, etc. 

37. ot. — Avec l'accent 
circonflexe: dépôt, entrepôt, 
impôt, prévôt, suppôt, rôt, tôt, 
etc.; — dans Goth, Visigoth, 
Ostrogoth. 

38. ote. — Dans hôte, côte, 
côté, maltôte, maltôtier; — 
dans toutes les parties des 
deux verbes côtoyer, ôter: je 
côtoie, tu ôtes, nous ôtions, 
etc. 



Sons brefs. 



32. - 



33. — Dans les terminai- 
sons masculines: doré, évaporé, 
horreur, torréfaction, etc. 

34. — Sans exception: ^or^/e, 
borgne, morgue, forme, borne, 
remorque , Corse , accorte , 
morve, quatorze, etc. 

35. — Presque bref dans 
les terminaisons masculines: 
arroser, arrosoir, j'arrosais, 
rosée, roseau, rosière, poser, 
nous posions, prosaïque, etc. 

36. — Excepté fossette, 
fossile. — Dans tous les au- 
tres mots: crosse, brosse, rosse, 
osselet, ossature, etc. 



37. — Beaucoup moins long 
pied bot, bigot, cagot, 

dévot, indévot, Hottentot. — 
Bref dans tous les autres mots: 
écot, mot, pot, rot (rapport de 
l'estomac), sot, etc. 

38. — Dans tous les autres 
mots: coteau, hôtel, hôtelier, 
hôtelière, hôtellerie, hôtesse, 
rôti, rôtie, rôtir, rôtisserie, 
rôtissoire, rôtisseur, dévote, 
dévotement, dépoter, il dépote. 



PROSODIE. — QUANTITE. 



437 



Sons longs. 



39. otre. — Dans apôtre, 
le notre, le vôtre, patenôtre. 

40. OU. — Bdim pouls; — 
aux trois personnes singulières 
du présent de l'indicatif des 
verbes en coudre, moudre: je 
couds, je mouds, tu découds, 
il recoud, etc. ; — aux deux 
premières personnes singulières 
du même temps dans les 
verbes en soudre: j'absous, tu 
absous, je dissous, tu dissous, 
je résous, tu résous; — suivi 
d'une S ou d'un x final: des 
fous, des trous, doux, houx, 
etc. 

41. ouce. — Dans douce 
et ses dérivés: doucement, 
doucereux, doucette; pouce, 
taille-douce. 

42. ouche. — Dans les 
substantifs couche, douche, es- 
carmouche, mouche, retouche, 
touche; — dans louche (ad- 
jectif) et tout le verbe loucher: 
il louche, nous louchons, etc. ; 
— dans Scaramouche, Des- 
touches. 

43. oude. — Dans soude 
(substantif) et les verbes en 
souder: je soude, il soudait, tu 
dessoudes, il ressoudera, etc. 



Sons brefs, 
il grelotte, compote, papillote, 
la Pentecôte, redingote, note, 
cote (marque), etc. 

39. — Dans notre, votre. 

40. — Toujours bref quand 
ou est final: brou, cou, fou, 
ou (conjonction), joujou, etc.; 
— douteux dans mou,* oii (ad- 
verbe).* 



41. — Seulement dans le 
verbe courroucer: il cour- 
rouce, etc. 

42. — Dans les autres 
substantifs: bouche, souche, 
sainte nitouche; — dans fa- 
rouche; — dans tous les verbes 
(excepté loucher): il s'abouche, 
on bouche, il rebouche, il 
couche, il mouche la bougie, 
on émouche, il touche à tout, 
il retouche son travail, etc. 

43. — Dans les autres 
mots: il boude, le coude, il 
s'accoude, etc. 



438 



PROSODIE. — QUANTITE. — O. 



Sons longs. 
44. oudre. — . . 



45. oue. — Sans exception: 
lioue, moue, roue, toue, il se 
tatoue, etc. 

46. ouf, oulfe, oufle, 
ouffle, oufre, ouflfre. — ... 

47. ouge. — Dans rouge. 

48. ouil, ouille. — Seu- 
lement dans les substantifs 
brouille, rouille; — et dans 
lesyerhesbrouiller, débrouiller, 
embrouiller, rouiller, dérouiller, 
enrouiller: je brouille, il dé- 
brouille, le fer se rouille, etc. 



49. Oule. — Dans toutes 
les parties des verbes crouler, 
s'écrouler, mouler, rouler, soû- 
ler, et dans tous les mots dé- 
rivés de ces verbes: il croule, 
ils'écroide,croulement,croulier, 
écroulement; mouler, il moulait, 
le moule, mouleur, moulure; 
tu roules, il déroule, elle en- 
roulait, roîdade, roulage, rou- 
leau, roulement, roulette, rou- 
leur, roidier, roulis; il se soûle, 



Sons brefs. 

44. — Presque bref: ab- 
soudre, coudre, foudre, moudre, 
poudre, etc. 

45. — Dans la terminaison 
masculine: Jiouer, il se tatou- 
ait, roué, etc. 

46. — Sans exception : pouf, 
touffe, moufle, souffle, soufre, 
gouffre, etc. 

47. — Dans bouge, gouge. 

48. — Douteux dans les 
mots houille,* fouille* (sub- 
stantif), et dans le verbe 
souiller.* — Bref dans les 
autres substantifs: andouille, 
gargouille , grenouille , pa- 
trouille, etc.; — presque bref 
dans les terminaisons masculines 
de ces six verbes: nous brouil- 
lons, vous débrouilles, il se 
rouillait, etc.; — bref dans 
tous les autres verbes: il bar- 
bouille , elle bredouille , il 
mouille, qu'il bouille, etc. 

49. — Dans tous les autres 
mots: ébouler, il s'éboule, 
couler, il découle, il roucoule, 
la foule, fouler, elle foule, une 
poule, qu'il moule le blé, qu'il 
émoule, qu'il rémoule un cou- 
teau, semoule, etc. 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — O. 



439 



Sons longs, 
il se dessoûle, soûle (adj. fé- 
luiniu); — dans houle. 

50. — oulpe, oup, oupe, 
ouple, ouque. — 

51. our, oure. — Toujours: 
labour, pour, vautour, bra- 
voure, il entoure, qu'il coure, 
etc. 



52. ourre. — Sans excep- 
tion: bourre, il fourre, chasse 
à courre, etc.; — dans bour- 
reau, fourreau. 

53. ourle, ourme, ourne, 
ourpre, ourque. — 

54. ours, ourt. — Toujours: 
débours, tu cours, toujours, 
elle parcourt, etc. 

55. ourse, ourte. — .... 

56. ouse. — Sans exception: 
blouse, épouse, etc. 

57. ousse. — Seulement 
dans les verbes i^owsser, s'entre- 
pousser, repousser : je pousse, 
il repoussait, etc. 

58. out. — Avec l'accent cir- 
conflexe: aoîit, aoûteron, coût, 
goût, dégoût, ragoût, moût, 
surmotît; — dans il bout (de 
bouillir); — dans les pluriels: 
des bouts, des égouis, etc. 



Sons brefs. 



50. — Sans exception: 
coidpe, coup, coupe, boucle, 
felouque, etc. 

51. — Bref dans la ter- 
minaison masculine des verbes 
et des dérivés: courir, nous 
courons, labourer, labourage, 
laboureur, nous entourons, en- 
tourage., etc. 

52. — Presque bref dans les 
autres terminaisons masculines: 
bourrade, courrier, fourré, 
fourrage, nourrir, nourriture, 
pourrir, pourrissage, etc. 

53. — Sans exception: elle 
ourle, chiourme, il tourne, pour- 
pre, hourque, etc. 

54. — Excepté un ours. 



55. — Sans exception: 
bourse, courte, etc. 

56. — 

57. — Dans tous les autres 
mots: U7ie housse, secousse, 
tousser, il tousse, rousse, il 
détrousse, mousse, etc. 

58. — Dans tous les autres 
mots: le bout, debout, tout, il 
absout, elle résout, il dissout, 
etc. 



440 



PROSODIE. — QUANTITE. — U. 



Sons longs. 

59. oute. — Dans absoute, 
croûte, joute, voûte (substantif); 
— dans les verbes ajouter, brou- 
ter, coûter, goûter, dégoûter, ra- 
goûter: j'ajoute, il broute, il 
coûte, ils goûtent, etc.; — dans 
toutes les parties des verbes 
encroûter, jouter, voûter, en- 
voûter : ils'encroûte, elle joutait, 
on voûta, il envoûtait, etc. 

60. outre. — Dans contre, 
loutre, poutre. 

61. ouYe, ouvre. — .... 



62. ove. — Dans alcôve. 



Sons brefs. 

59. — Dans les autres mots: 
le doute, la goutte, la route, toute, 
il écoute, elle doute, on goutte, 
etc. — Presque bref dans la 
terminaison masculine des ver- 
bes ajouter, brouter, coûter, 
goûter, dégoûter, ragoûter: elle 
ajouta, il broutait, cela coûta 
cher, nous goûtons, cela me 
dégoûta, très ragoûtant, etc. 

60. — Dans les autres mots : 
outre, il accoutre, etc. 

61. — Dans tous les mots: 
douve, louve, il prouve, on 
ouvre, le Louvre, etc. 

62. — Dans ove, il innove. 



Cinquième table. 



IJ. 



Sons longs. 
l.u. — Seulement M (lettre), 
crû, recrû, dû, redû, mû, bru, 
glu; — et les pluriels: des écus, 
des individus, etc. 

2. ub, ube, uble, ubre, 
uc, uce. — 

3. uche. — Seulement dans 
les substantifs bûche, bûcher, 
bûcheron, bûchette, embûche; 
— et dans le verbe bûcher: 
je bûche, etc. 



Sons brefs. 

1. — Partout ailleurs à la 
fin des mots: il a bu, son bien 
s'est accru, dodu, pendu, relu, 
etc. 

2. — Sans exception: club, 
jujube, chasuble, lugubre, ca- 
duc, puce, etc. 

3. — Dans tous les autres 
mots: huche, perruche, etc. ; — 
presque bref dans la terminai- 
son masculine du verbe bûcher: 
nous bûchions, etc.; — bref 
dans tous les autres verbes: 
le chasseur huche, les poules 
se juchent, il trébuche, on éplu- 
che, on débucha le cerf, etc. 



PROSODIE. — QUANTITE. — U. 



441 



Sons longs. 

4. ucre, ud, iide. — . . . 

5. ue. — Sans exception: 
aiguë, il contribue, on afflue, 
la mue, eue (participe), etc. 

6. iif, ufe, iifle. — 

7. uge. — 



8. ni, ulbe, Blce, ulcre. 

9. ule, uUe. — Dans tout 
le verbe brûler: je brûle, nous 
brillons, etc. 

10. ulgue, ulpe, ulque, 
ulse, ulte. — 

11. um. — Au milieu des 
mots devant une consonne, 
quand l'in n'a d'autre fonction 
que de donner un son nasal: 
humble, résumpte, etc. ; — dans 
le pluriel parfums. 

12. ume. — Seulement dans 
les prétérits : nous fûmes, nous 
eûmes, nous reçûmes, etc. 

13. un. — Suivi d'une con- 
sonne dans le même mot: lundi, 
défunt, unguis, etc.; — suivi 
d'unes, signe du pluriel: bruns, 
importuns, etc. 

14. nne, upe, nple, uqne. 



Sons brefs. 

4. — Sans exception : sîicre, 
sud, étude, etc. 

5. — 



6. — Partout: tuf, tartufe, 
mufle, etc. 

7. — Presque bref: cen- 
trifuge, juge, déluge, juge, etc. 
— Bref avec la terminaison 
masculine: juger, il égrugea, 
il se réfugiait, etc. 

8. — Toujours: calcul, 
bulbe, trivulce, sépidcre, etc. 

9. — Dans tous les autres 
mots : globule, préambule, bulle, 
nulle, on circule, etc. 

10. — Sans exception: on 
divulgue, pulpe, on inculque, il 
compidse, culte, etc. 

11. — Au milieu des mots, 
quand l'm se prononce : trium- 
vir, centumviral, etc.; — à la 
fin des mots : parfum. Te Deum, 
etc. 

12. — Partout ailleurs: 
écume, enclume, il fume, etc. 

13. — A la fin des mots, au 
singulier : aucun, brun, chacun. 



14. — Sans exception: tri- 
bune, jupe, centuple, emiuque, 
etc. 



442 



PROSODIE. — QUANTITÉ. 



U. 



Sons longs. 

15. ur, ure. — Toujours: 
dur, asiir, obscur, pur, sur, 
sûr, mur, mûr, hure, criblure, 
sûre, mûre, cure, dure, man- 
geure, etc.; — dans tout le 
verbe mûrir: U mûrit, il mû- 
rissait, etc. ; — dans impureté, 
pureté, purement, sûreté, sû- 
rement. 

16. urge, urgue, urle, 
urne, urpe, urque. — .... 

17. US. — Très long, quand 
l's se prononce: cJioléra-mor- 
bus, obus, quibus, rébus, Spar- 
tacus, typhus, etc. 

18. use. — Sans exception: 
buse, ruse, etc. 



19. usqne. — 



20, usse. — Dans aumusse; 
— dans les verbes, sans ex- 
ception: que j'eusse, que tu 
fusses, que je perçusse, qu'ils 
eussent chanté, etc. 

21, uste, ustre, ut (t pro- 
noncé). — 

22, ut. — Dans fût (ton- 
neau), affût; — et dans les 
verbes, au subjonctif: qu'il 
eût, qu'il reçût, quHl aperçût, 
qu'il fût, etc. 

23, ute, utte, uter. — Dans 
flûte, flûte, flûteau, flûteur; — 



Sons brefs. 

15. — Beaucoup moins long 
dans durer, durée, durable, 
dureté, murer, endurer. — 
Bref partout ailleurs: durillon, 
obscurité, purifier, assurer, 
assurance, muraille, durant 
(préposition), curer, curée, 
écurer, procurer, augurer, 
murmurer, figuré, etc. 

16. — Sans exception: il 
purge, Lycurgue, il hurle, 
urne, il usurpe, turque, etc. 

17. — Presque bref quand 
l's est muette: abus, exclus, 
inclus, jus, plus, talus, verjus, 
venus, tenus, etc. 

18. — Presque bref avec 
terminaison masculine: s'amu- 
ser, rusé, etc. 

19. — Sans exception: il 
débusque, jusque, etc. 

20. — Dans la Prusse, un 
Musse, les Busses; — dans 
les terminaisons masculines: 
que nous eussions, que vous 
fussiez, que nous aperçussions, 
etc. 

21. — Sans exception: buste, 
lustre, brut, comput, Buth, 
etc. 

22. — Dans tous les autres 
mots: le but, début, il but, il 
fut, etc. 



23. — Partout ailleurs: cul- 
bute, minute, butte, etc. 



PROSODIE. — QUANTITÉ. - U. 



443 



Sons longs. 
dans tout le verbe flûter: je 
flûte, elle flûtait, etc.; — dans 
les prétérits: vous eûtes, vous 
fûtes, vous bâtes, vous aper- 
çûtes, etc. 

24. nve, ux, uxe. — ... 



Sons brefs. 



24. — Sans exception: cuve, 
flux, luxe, etc. 



Des tables que nous venons de donner, on peut déduire 
les principes généraux suivants: 

1^ Les lettres de l'alphabet ne sont pas toutes d'égale 
quantité: — La lettre r est longue. — Les cinq voyelles: 
a, e, i, 0, u, et les consonnes b, c, cl, g, j, k, p, q, t, v, 
sont moins longues. — Les consonnes f, h, l, m, n, s, x, y, z, 
sont brèves. 

2^ Toute syllabe dont la dernière voyelle est suivie d'une 
consonne finale prononcée, et autre que r, s, x, ou z, est 
brève: sac, épliod, nef, fil, Sem, Eden, cap, coq, correct, 
etc. — Voyez toutefois les mots avec terminaison nasale, 
comme cinq, le Sund, etc. 

3^ Devant un x prononcé gz, ks, ou k, la voyelle est 
toujours brève: exagérer, Ajax, luxe, exceller, etc. 

4<^ L'I mouillée finale rend la syllabe brève: deuil., bail, 
vermeil, écureuil, etc. 

5^ Toute syllabe qui finit par r ou par S, et qui est 
suivie d'une autre syllabe commençant par toute autre con- 
sonne, est brève: basque, carton, permission, poste, reste, 
sortie, burlesque, jaspe, etc. 

6<* Le redoublement des consonnes b, C, d, f, g, 1, p, t, 
rend en général brève la syllabe que termine la première des 
deux consonnes: abbé, accuser, addition, affabilité, aggraver, 
aller, appas, hotte, etc. On excepte affres: les affres de la mort. 

1^ Le redoublement des consonnes nasales m, n, rend 

de même ordinairement brève la syllabe à laquelle appartient 

la première de ces deux lettres et fait disparaître la nasalité: 

épigramme, consonne, per sienne, innocence ^ etc. — Il y a 

/ 



444 PROSODIE. — QUANTITÉ. 

très peu d'exceptions à cette règle. (Voyez flamme, oriflamme^ 
manne [nourriture tombée du ciel], Jeanne^ et tous les mots 
commençant par enim, remm, avec son nasal.) 

8^ Toute syllabe masculine terminée par une voyelle ou 
par une consonne muette, brève ou non au singulier, est 
toujours longue au pluriel: des pachas, des péchés, des abris, 
des dominos, des marteaux, des chevaux, des vertus, des plans, 
des vents, des vins, des sons, des parfums, des plats, des 
dangers, des nids, des pots, des fusils, etc. 

Mais si le substantif ne prend ni s ni x au pluriel, 
comme quiproquo, auto-da-fé, etc., la dernière syllabe n'est 
jamais plus longue au, pluriel qu'au singulier, parce que c'est 
l's ou l'x qui rend la syllabe longue. 

Quant aux substantifs terminés par une consonne pro- 
noncée, comme cap, col, coq, déficit, fil, group, madapolam, 
nef, sol, whig, etc., la quantité est la même au pluriel qu'au 
singulier. ' — Il en est de même des substantifs terminés par 
une syllabe féminine et dont la pénultième est une brève, 
comme homme, femme, pomme, parade, fabrique, idole, per- 
ruque, etc.: la quantité de cette pénultième reste la même au 
pluriel qu'au singulier. 

90 Quand les voyelles nasales an, in, on, un, ou leurs 
représentations: am, aon, ean, em, en, aim, ain, etc., sont 
suivies d'une consonne qui n'est pas la leur propre, c'est-à- 
dire qui n'est ni m ni n, et qui commence une autre syllabe, 
elles rendent longue la syllabe dont elles font partie: chanter^ 



1 II convient de signaler ici une eiTeur grossière qui s'est introduite jusqu'à 
nos jours dans toutes les grammaires au sujet de la quantité qui résulte de la for- 
mation du pluriel. La consonne articulée qui termine un mot arrête le son par l'effet 
même de l'articulation, qui est en soi muette. C'est ce que l'abbé d'Olivet a bien 
reconnu. Mais il a toujours soin d'ajouter qu'au pluriel la dernière syllabe de ces 
mots est longue. Or, comment ces finales peuvent-elles devenir longues parce qu'on 
ajoute une s muette à la consonne retentissante? Comment seU, brefs, chefs, etc., 
seraient-ils longs, tandis que sel. bref, chef, seraient brefs? 

D'ailleurs, la quantité longue du pluriel ne se fait plus guère sentir aujourd'hui. 
C'est ce que M. Littré a récemment constaté dans son dictionnaire. „L'ancien usage, 
dit-il, allongeait les pluriels des noms terminés par une consonne: le chat, tes châ, le 
sot, les s6, etc. Cela s'efface beaucoup, et la prononciation conforme de plus en plus 
le pluriel au singulier; c'est une nuance qui se perd." [Dictionnaire de la langue fran- 
çaise, Préface, page XV.) 



PROSODIE. — QUANTITÉ. 445 

jambe, trembler, indocile, crainte, ceindre, tympan, joindre, 
tondre, bomber, lundi, humble, etc., etc. 

10^ Quelle que soit la voyelle qui précède deux r, quand 
ces deux lettres sont suivies d'un e muet, la syllabe est tou- 
jours longue: barre, bigarre, tonnerre, terre, etc. 

11*^ Entre deux voyelles dont la dernière est muette, 
les lettres s, z, 'allongent la syllabe pénultième : base, extase, 
diocèse, bêtise, francMse, rose, épouse, gaze, topaze, treize, etc. 

Mais si la syllabe qui commence par s ou z est longue 
de sa nature, elle conserve sa quantité, et souvent l'antépé- 
nultième devient brève: elle s'est amusée, il s'extasie, pesée, 
épousée, rosée, etc., etc. 

12^ Toute syllabe qui finit par un e muet immédiatement 
précédé d'une voyelle, est longîie: armée, pensée, joie, nue, 
rue, soie, j'envoie, je loue, il joue, on prie, îl priera, elle 
jouirait, ils crieront, vous supplierez, etc. 

13^ Toute voyelle terminant la syllabe et suivie d'une 
autre voyelle qui n'est pas l'e muet, rend brève la syllabe 
qu'elle termine: féal, théière, Béotie, Baal, aéré, Noé, etc. 

14*^ En général il faut très peu appuyer dans la pro- 
nonciation sur la dernière syllabe masculine d'un mot, qu'elle 
soit longue, douteuse, ou brève, quand ce mot doit être pro- 
noncé de suite avec le suivant; et il faut plus appuyer sur 
cette syllabe quand le mot est dans une position contraire. 
Ainsi, les pénultièmes des mots agréable, déluge, et les der- 
nières de 6?evoîr, besoin, demandent très peu d'appui dans 
une agréable nouvelle, — le déluge universel, — il a besoin 
de repos, — le dejoir imposé; mais ces mêmes syllabes de- 
mandent plus d'appui si elles sont suivies d'un repos, comme 
dans ces pbrases: cette maison est agréable, — jusqu'au dé- 
luge, — il est dans le ftesoin, — il a fait son deyoir. 

Ce principe est si vrai, que ce changement de position 
fait qu'une syllabe de longue devient brève ou presque brève; 
on dira, en effet: un homme honnête, une belle dornre, en 
appuyant sur les syllabes ne et ru; mais on rendra ces 
mêmes syllabes presque brèves dans un honnête homme, cette 
dornre est belle. 



446 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — HOMONYMES. 



Les quelques mots homonymes que nous allons mettre 
en regard, et qui, selon qu'ils sont prononcés brefs ou longs, 
ont une signification différente, feront comprendre toute l'im- 
portance des règles de prosodie qui précèdent: 



Sons longs, 
acre, piquant. 
bâiller, respirer en ouvrant la 

bouche involontairement. 
bât, selle pour les bêtes de 

somme. 
bête, animal irraisonnable. 
beauté, juste proportion des 

parties du corps, régularité 

et perfection des traits, — 

belle femme. 
boîte, ustensile à couvercle. 

bond, saut. 

côte, os plat et courbe qui 

s'étend de l'épine du dos 

à la poitrine. 
craint, du verbe craindre {il 

craint), 
dégoûte, du verbe dégoûter 

{il dégoûte: il ôte le goût, 

l'appétit). 
dont, pronom relatif. 
faîte, sommet. 
fête, jour consacré à Dieu. 
fais, du verbe faire {tu fais), 
faix, fardeau. 
forêt, grande étendue de terrain 

couvert de bois. 
frais, le coût d'une chose. 
fûmes, du verbe être {nous 

fûmes), 
goûte, du y&chQ goûter {il goûte). 



Sons brefs, 
acre, mesure de terre. 
bailler, donner. 

bat, du verbe battre {il bat). 

bette, plante potagère. 
botté, qui a des bottes. 



boite, du verbe boiter {il boite), 
— degré où le vin se boit. 
bon, adjectif. 
cote, marque numérale. 



crin, poil long et rude. 

dégoutte, du verbe dégoutter 
{il dégoutte), tomber goutte 
à goutte. 

don, présent. 

faite, participe féminin du 
verbe faire. 

fait, du verbe faire {il fait). 

foret, petit instrument pour 

percer. 
fret, louage d'un bâtiment. 
fume, du verbe fumer {je fume). 

goutte, petite partie d'un li- 
quide. 



PKOSODIE. — QUANTITE. — HOMONYMES. 



447 



Sons longs. 

haie, air chaud et sec qui flétrit 
le teint, les herbes. 

hôte, qui tient une hôtellerie, 
etc. 

jais, substance d'un noir lui- 
sant. 

jeûne, abstinence. 

legs, don fait par un testateur. 
lais, jeune baliveau de réserve. 

maître, substantif. 
manne, suc mielleux du frêne, 
— nourriture tombée du ciel. 
mâtin, chien. 

mois, 12^ partie de l'année. 
moyit, montagne, terme de poé- 
sie. 
mâle, qui est du sexe masculin. 



pâle, blême, peu coloré. 



pâte, farine détrempée et pétrie. 
paume, jeu, — dedans de la 

main. 
pêcher, prendre du poisson, — 

arbre qui porte la pêche. 
pêne, morceau de fer qui ferme 

une serrure. 
reine, femme de roi. 
rôt, mets. 



Sons brefs, 
halle, lieu qui sert de marché. 

hotte, panier que l'on porte 

sur le dos. 
jet, action de jeter. 

jeune, peu avancé en âge. 

lait, liqueur blanche que don- 
dent les mamelles de cer- 
tains animaux. 

lai, laïque, frère lai. 

mettre, verbe. 

manne, sorte de panier d'osier. 

maiin, premières heures du 

jour. 
moi, pronom personnel. 
mon, adjectif possessif. 

malle, espèce de coffre. 

pal, pieu aiguisé par un bout. 

pale, le plat de la rame, — 
carton couvert d'un linge sur 
le calice, — petite vanne 
pour fermer le biez d'un 
moulin. 

patte, pied des animaux, etc. 

pomme, fruit. 

pêcher, transgresser la loi di- 
vine. 
peine, affliction, souffrance. 

renne, quadrupède. 

rot, vent qui sort de l'estomac 

et s'échappe avec bruit de 

la gorge. 



448 



PROSODIE. — QUANTITÉ. — HOMONYMES. 



Sons longs. 

sas, tissu de crin pour faire 
passer de la farine, etc. 

saint, pur, souverainement par- 
fait. 

soie, substantif. 

tête, partie de l'animal, siège 
des organes des sens. 

tâche, ouvrage à faire dans un 
temps limité. 

très, adverbe. 

vivre, substantif. 
voie, chemin, — expédient, etc. 
voix, son qui sort de la bouche 
de l'homme. 



Sons brefs, 
sa, adjectif possessif. 
çà, adverbe. 
sein, partie du corps humain. 

soi, pronom personnel. 
tette, du verbe teter (il tette), 
tirer le lait de la mamelle. 
tache, j,om\\m:e. 

trait, dard, — ligne au crayon, 

etc. 
vivre, verbe. 

( voit, du verbe voir {il voit). 



Prononciation des nombres cardinaux et des 
nombres ordinanx. 

Les règles sur la prononciation des nombres se trouvant 
éparses dans cet ouvrage, nous allons figurer de nouveau cette 
prononciation en suivant l'ordre de la numération. 



1. — un. 



2. — deux. 



3. 



trois. 



4. — quatre. 



cinq. 



6. 


— six. 


7. 


— sept. 


8. 


— huit. 


9. 


— neuf. 


10. 


— dix. 


11. 


— onze. 


12. 


— douse 



Nombres cardinaux. 

un (bref prononcé isolément; 
— long devant une con- 
sonne autre que n). 

deu (eu son fermé et long). — 
Voyez page 398. 

troâ (oâ prononcé en diph- 
tongue et long). 

katr' (a bref). — Voyez, page 
238, quelle est la prononcia- 
tion de ce nombre devant 
une consonne. 

çaink (ain long). — Voyez 
pages 234, 372. 

cîss (i long). — Voyez page 327. 

cètt(è bref). — Voyez page 303. 

uitt (ui diphtongue brève). — 
Voyez page 303. 

neuf (eu ouvert et bref, Vf 
prononcée). — Voyez pages 
139, 348. 

diss (i long). — Voyez page 327. 

onze (on nasal long). 

douze (ou long). 



LesairU, Prononciation française. 3me éd. 



29 



450 



PRONONCIATION DES NOMBRES. 



13. 


— treize. 


14. 


— quatorze. 


15. 


— quinze. 


16. 


— seize. 


17, 


— dix-sept. 


18. 


— dix-huit. 


19. 


— dix-neuf. 


20. 


— vingt. 


21. 


— vingt et un. 


22. 


— vingt-deux. 


23. 


— vingt-trois. 


24. 


— vingt-quatre 


25. 


— vingt-cinq. 


26. 


— vingt-six. 


27. 


— vingt-sept. 


28. 


— vingt-huit. 


29. 


— vingt-neuf. 


30. 


— trente. 



31. 
32. 
36. 
39. 

40. 
41. 
48. 
50. 
51. 
55. 
60. 



trente et un. 
trente-deux, 
trente-six. 
trente-neuf. 

quarante. 

quarante et un. 

quarante-huit. 

cinquante. 

cinquante et un. 

cinquante-cinq. 

soixante. 



trèze (è long). 

ka-tôrze (ô bref et oiwert). 

kainze (ain prononcé comme 

dans pain, mais long). 
cèze (è long). 
diss-cètt (i bref). 
di=zuitt (i bref dans les deux 

mots), 
dizz-neuf (î bref). 
vain (ain prononcé comme 

dans pain, mais long). — 

Voyez page 304. 
vain=té un. 
vaintt-deu. 
vaintt-troâ. 
vaintt-katr'. 
vaintt-çaink. 
vaintt-cîss. 
vaintt-cètt. 
vain^tuitt. 
vaintt-neuf. 

trante (an te long, prononcé 
comme dans amante. — La 
même prononciation est 
suivie dans quarante, cin- 
quante et soixante). 

tran-té-un. 

trantt-deu. 

trantt-cîss. 

trantt-neuf. 

karantt (ka bref, an long). 

ka-ran-té-un. 

ka-ran=tuitt. 

çain-kantt (ain et an longs). 

çain-kan-té-un. 

çain-kantt-çaink. 

çoa-çantt (oa bref, an long). 



PRONONCIATION DES NOMBRES. 



451 



61. 

62. 
68. 
69. 
70. 
71. 
72. 
73. 
74. 
75. 
76. 
77. 
78. 
79. 
80. 



81. 
82. 
83. 
84. 
85. 
86. 
87. 
88. 
89. 
90. 
91. 
92. 
93. 
94. 
95. 
96. 
97. 
98. 
99. 



soixante et un. 

soixante-deux. 

soixante-huit. 

soixante-neuf. 

soixante-dix. 

soixante et onze. 

soixante-douze. 

soixante-treize. 

soixante-quatorze. 

soixante-quinze. 

soixante- seize. 

soixante-dix- sept. . 

soixante-dix-huit. 

soixante-dix-neuf. 

quatre-vingts. 



quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt-, 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
q^uatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 
quatre-vingt- 



un. 

deux. 

trois. 

quatre. 

cinq. 

six. 

sept. 

huit. 

neuf. 

dix. 

onze. 

douze. 

treize. 

quatorze. 

■quinze. 

seize. 

■dix-sept. 

■dix-huit. 

■dix-neuf. 



çoa-çan-té-un. 

çoa-çantt-deu. 

çoa-çan=tuitt. 

çoa-çantt-neuf. 

çoa-çantt-dîss. 

çoa-çan-té-onze. 

çoa-çantt- douze. 

çoa-çantt-trêze. 

çoa-çantt-ka-tôrze. 

çoa-çantt-kainze. 

çoa-çantt-cêze. 

çoa-çantt-diss-cètt. 

çoa-çantt- di = zaitt. 

çoa-çantt-dizz-neuf. 

katre-vain (l'e muet de 
gwa^re prononcé com- 
me s'il y avait un u 
à sa suite: Jca-treu- 
vain). 

ka-treu- vain-un. 

ka-treu-vain-deu. 

ka-treu-vain-troâ. 

ka-treu-vain-katr'. 

ka-treu- vain-çaink'. 

ka-treu- vain- cîss. 

ka-treu-vain-cètt. 

ka-treu-vain-uitt. 

ka-treu-vain-neuf. 

ka-treu-vain-dîss. 

ka-treu-vain-onze. 

ka-treu- vain-douze. 

ka-treu- vain-trêze. 

ka- treu-vain-ka-tôrze. 

ka-treu- vain-kainze. 

ka-treu-vain-cêze, 

ka-treu-vain-diss-cètt. 

k a- tr eu- vain- di=zuitt. 

ka-treu- vain-dizz-neuf. 
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452 


PRONONCIATIOÎ 


î DES NOMBRES. 


100. 


— cent. 


çan (an nasal long). — Voyez 
page 304. 


101. 


— cent un. 


çan un. 


108. 


— cent huit. 


çan uitt. 


111. 


— cent onze. 


çan onze. 


200. 


— deux cents. 


deu çan. 


201. 


— deux cent un. 


deu çan un. 


308. 


— trois cent huit. 


troâ çan uitt. 


411. 


— quatre cent onze. 


katr' çan onze. 


1,000. 


— mille. 


mil. 


1,001. 


— mille un. 


mil un. 


1,010. 


— mille dix. 


mil dîss. 


1,011. 


— mille onze. 


mil onze. 


1,099. 


— mille quatre-vingt- 
dix-neuf. 


mil katreu-vain-dizz-neuf. 


1,100. 


— onze cents. 


onze çan. 


1,101. 


— onze cent un. 


onze çan un. 


1,108. 


— onze cent huit. 


onze çan uitt. 


1,200. 


— douze cents. 


douze çan. 


1,220. 


— doîize cent vingt. 


douze çan vain. 


1,311. 


— treize cent onze. 


trêze çan onze. 


1,399. 


— treize cent quatre- 
vingt-dix-neuf. 


trêze çan katreu-vain-dizz-neuf. 


1,400. 


— quatorze cents. 


katôrze çan. 


1,461. 


— quatorze cent 

soixante et un. 


katôrze çan çoa-çan-té-un. 


1,500. 


— quinze cents. 


kainze çan. 


1,581. 


— quinze cent quatre- 
vingt un. 


kainze çan katreu-vain-un. 


1,600. 


— seize cents. 


cêze çan. 


1,699. 


— seize cent quatre- 
vingt-dix-neuf. 


cêze çan katreu-vain-dizz-neuf. 


1,700. 


— dix-sept cents. 


diss-cè çan. 


1,788. 


— dix -sept cent 

quatre-vingt-huit. 


diss-cè çan katreu-vain-uitt. 


1,800. 


— dix-huit cents. 


di=zui çan. 


1,801. 


— dix-huit cent un. 


di=zui çan un. 



PRONONCIATION DES NOMBRES. 



453 



1,860. — dix-huit cent 
soixante. 

1,900. — dix-neuf cents. 

1,999. — dix-neuf cent qua- 
tre-vingt-dix- 
neuf. 

2.000. — deux mille. 

2.001. — deux mille un. 
2,090. — deux mille quatre- 
vingt-dix. 

2.100. — deux mille cent. 

2.101. — deux mille cent un. 



3,111. 
4,199. 



5,000. 
7,211. 



21,001. -- 
100,000. - 
100,100. - 
1,000,000. 
1,100,119. 



— troismille cent onze. 
— - quatre mille cent 

quatre-vingt-dix- 
neuf. 

— cinq mille. 

— sept mille deux- cent 
onze. 

vingt et un mille un. 

- cent mille. 

- cent mille cent. 

— un million. 

— un million cent 
mille cent dix- 
neuf. 

1,000,000,000. — Un Ullion. 
— On dit plus 
ordinairement: 
Un milliard.^ 



di=zui çan çoa-çantt. 

dizz-neu çan. 

dizz-neu çan katreu-vain-dizz- 
neuf. 

deu mil. 

deu mil un. 

deu mil katreu-vain-dîss. 

deu mil çan. 
deu mil çan un. 
troâ mil çan onze, 
katr' mil çan katreu-vain-dizz- 
neuf. 

çain mil. 

ce mil deu çan onze. 

vain=té un mil un. 
çan mil. 
çan mil çàn. 
un mi-lion. 

un mi-lion çan mil çan dizz- 
neuf. 

un bi-lion. 



un mi-liar. 



1 Milliard signifie la même chose que hillion, mais il est plus usité que ce 
dernier mot. 

Dans les écoles d'Allemagne, on dit, correctement: 
1,000,000 un million, 
1,000,000,000 un milliard, 

et 1,000,000,000,000 un billion ; — un trillion est égal à un million de billiom, 

et ainsi de suite. 

A la fin de 1869, on lisait dans quelques journaux français que la fortune de 

Rothschild s'élevait à près de deux milliards de francs. Si, au lieu du mot milliard, 

on eût employé billion, cette fortune eût été, pour ces écoles, de 2,000,000,000,000 de 

francs (3 zéros de trop)!! 



454 PRONONCIATION DES NOMBRES. 

1,000,000,000,000. — Un un tri-lion. 

tr illion. 
1,000,000,000,000,000.— CTw un koua-tri-lion. 

quatrillion. 
Etc., etc. 

A partir de 21, et jusqu'à 71 inclusivement, on met et 
devant un et onze: vingt et un, trente et un, quarante et un, 
cinquante et un, soixante et un, soixante et onze. — Vingt 
et un de ces officiers furent tués, voltaire. 

Après vingt et un jours, eUe voit naître enfin 

Celle dont elle attend son bonheur, son destin. FLORiAN. 

— M. de Bocca plus jeune de vingt et un ans. michelet. — 
Il a fait vingt et un jours {de prison), villemot. A vingt 
et un ans. g. sand. - Bapport de vingt et un à vingt- 
deux. ARAGO. 

On ne dit plus vingt-un, comme le disait encore Montes- 
quieu: Vingt une femmes (27® lettre famil.). 

Après vingt et un, trente et un, etc., on dit vingt-deux, 
trente-deux, etc. On trouve quelquefois et chez les anciens: 

Enfin, quoique ignorants à vingt et trois carats. 

LA FONTAINE, VII, 15. 

Encore dans cet exemple La Fontaine a-t-il peut-être 
mis et, soit pour avoir une syllabe, soit pour insister davan- 
tage sur l'ignorance du personnage. Ces exemples sont très 
rares. Mais et se trouve partout devant un et onze dans 
21, 31, 41, 51, 61, 71: Le maréchal de Tessé forme le 
siège avec trente et un escadrons, et trente-sept bataillons. 
VOLTAIRE. — Trente et un cardinaux, michelet. — Trente- 
deux livres {de pain) pour huit mille personnes, id- — Con- 
dorcet alors âgé de quarante-neuf ans. id- — Pendant trente 
et une années, arago. — Tout ce que Von retrouve de la main 
de Cromwéll . . . de vingt à quarante et un ans. lamartine; — 
Le manuscrit se compose de quarante et une pages, arago, — 
Quarante-deux observations de la lune. id. — 

Notre archevêque et cinquante deux autres. 

RACINE. 

— Le roi Guillaume à l'âge de cinquante-deux ans. vol- 
taire. — JJne année qui aura, comme celles qui l'ont précédée, 
cinquante- deux dimanches, karr. — 



PRONONCIATION DES NOMBRES. 455 

On a dit soixante et dix, soixante et douze, soixante et 
treize, . . . soixante et dix-neuf. Aujourd'hui, et seulement 
devant onze. Mais toute la série de quatre-vingts à quatre- 
vingt-dix-neuf, sans et: — L'ouvrage d'un homme de soixante- 
dix ans. Mme DE STAËL. — Ccs soixante-dix pages, berbyer 
(pour Montalembert). — Un prêtre de soixante et onze ans. 
CHATEAUBRIAND. — Mantoue sîiccombe après un siège de 
soixante- douze ^'owrs. id. — Les dépositions de soixante-douze 
témoins, a. de vigny. — A soixante-neuf, soixante et onze, 
quatre-vingt-deux et quatre-vingt-cinq ans. pariset. — Sur 
cent hommes qui marchent dans la rue, vous pouvez gager 
hardiment que quatre-vingt-dix cherchent de l'argent, karr. 

Septante, octante (huitante), nonante, pour soixante-dix, 
quatre-vingts , quatre-vingt-dix , sont vieux et n'existent plus 
que dans quelques provinces et dans la Suisse romande, dans 
les petits vers ou dans les imitations du style biblique: Celui qui 
n'aime pas son frère est maudit sept fois, et celui qui se fait 
l'ennemi de son frère est maudit septante fois sept fois. 

LAMARTINE. 

Unante, pour dix; duante, pour vingt, etc., que nous 
trouvons dans V Arithmétique Cirodde, ne nous paraissent avoir 
aucune chance de succès. 

Quatre-vingts s'écrivait autrefois quatre vingt (sans trait 
d'union et sans s, excepté devant une voyelle). 

On a dit autrefois six vingts, huit vingts, pour cent vingt, 
cent soixante; mais l'usage n'a jamais admis les locutions deux 
vingts, trois vingts, cinq vingts, ni dix vingts. 

Quinze -Vingts ne se dit que de l'hôpital fondé par 
St.-Louis à Paris pour trois cents aveugles appelés les Quinze- 
Vingts. On dit familièrement un Quinze -Vingt, pour un des 
aveugles placés aux Quinze -Vingts. 

On dit cent, cent un, cent deux, etc.; deux cents, trois 
cents, deux cent un, trois cent quatre, etc. 

On écrit mille dans tous les cas; mais mil dans la date 
des années de l'ère chrétienne, quand ce mot est suivi d'un 
autre nombre: Mille francs, mille deux francs, l'an mille 
après J.-C. (ou de notre ère), l'an mil huit, etc. — Après 



456 PRONONCIATION DES NOMBRES. 

mille, on dit on;se cents, douze cents, . . . quinze cents, . . . 
dix-neuf cents; puis deux mille, deux mille cent, . . . trois 
mille, etc. 

Dans les actes, on écrit encore quelquefois l'an mil huit 
cent soixante-dix, mille deux cents francs, etc., au lieu de 
l'an dix-huit cent soixante-dix, douze cents francs, etc., qui 
est le langage usuel. 

On n'ajoute jamais et après cent: Il y a cent cinquante 
années qu'il (Milton) jouit de sa réputation, voltaire. — 
Lorsqu'on laisse déporter arbitrairement cent trente citoyens. 
Mme DE STAËL. — Ccut trcntc-cinq vaisseaux d'une grandeur 
jusque-là inconnue, michelet. — Cette panthère femelle pesait 
cent une livres, buffon. — Tout le inonde sait qu'on tire 
cent un coups de canon, et non cent et un coups. 

Dix-huit cent et soixante-dix, etc., n'est donc pas français. 

On dit également, sans et, mille un, mille deux, . . . 
deux mille un, deux mille deux, etc. 

Mais dans les cas où l'on veut insister, ou bien faire re- 
marquer ce qu'il y a d'irrégulier, d'extraordinaire dans le nombre, 
il est toujours permis de mettre et. — Madame de Sévigné 
raconte que le roi fit soixante- treize chevaliers, puis elle ajoute: 
Après que les soixante- treize étirent été remplis, le roi se 
souvint du chevalier de Sourdis, qu'il avait oublié. Il re- 
demanda la liste, rassembla le chapitre, et dit qu'il allait 
faire faire une chose contre l'ordre, parce qu'il y aurait cent 
et un chevaliers, mais qu'il croyait qu'on trouverait comme 
lui qu'il n'y avait pas moyen d'oublier M. de Sourdis. — De 
même Michelet dit: Les comtes promirent d'observer pour 
cent et un ans les douze articles. Il s'agit d'un traité, et les 
comtes qui jurent précisent bien l'objet de leur serment. 

Mille et un est consacré dans les Mille et une Nuits 
(titre d'un conte), et dans d'autres expressions qui y font 
allusion: Mille et un embarras, etc. 

La prononciation des noms de nombre cinq, six, sept, 
huit, neuf, dix, présentant des difficultés, surtout pour les 
étrangers, nous allons résumer toutes les règles que nous 



PRONONCIATION DES NOMBRES. 



457 



avons déjà données, à l'égard de ces six nombres, aux lettres 
F, Q, T, X, pages 139, 234, 303, 327. 

Ces nombres se prononcent, chacun, de diverses manières, 
suivant qu'ils se trouvent ou qu'ils ne se trouvent pas devant 
un nom qu'ils multiplient. 

S'ils sont suivis d'un nom qu'ils multiplient, on prononce 
gain, et, ce, ui, neu (eu ouvert), dî, devant une consonne ou 
une h aspirée: Cinq tables, vingt-six héros, dix-sei)t tableaux, 
cent huit grands enfants, neuf petits arbres, soixatite- dix 
pièces; — et l'on prononce çainJc, cîze, cètt, uitt, neuv {eu 
ouvert), dî^e, devant une voyelle ou une h muette: Cinq 
enfants, trente -six hommes, dix -sept autres tableaux, huit 
enfants, vingt-nenî arbres, dix héroïnes. 

S'ils ne sont pas suivis d'un mot qu'ils multiplient, on 
prononce toujours çaink, cîss, cètt, uitt, neuf (en ouvert), 
dîss: Cinq et quatre font neuf, ôter six de huit, le sept janvier, 
nous étions soixante-dix^ le vingt-six avril, vingt-sept ou vingt- 
huit, cinq et cinq font dix, quatre -vingt- neuf et neuf font 
q ua tre-vingt-dix-hmt. 



Nombres ordinaux. 



ier_ 


premier. 


pre-mié. 


2« — 


deuxième ou second. 


deu-zième ou cegon 


3« — 


troisième. 


troâ-zième. 


4e _ 


quatrième. 


katri-ème. 


5« — 


cinquième. 


çainkième. 


6« — 


sixième. 


cizième. 


7« — 


septième. 


cètième. 


8^ — 


huitième. 


uitième. 


9« — 


neuvième. 


neuvième. 


10« — 


dixième. 


dizième. 


lie — 


onzième. 


onzième. 


12« — 


douzième. 


douzième. 


13« — 


treizième. 


trêzième. 


14e _ 


quatorzième. 


katôrzième. 


15e — 


quinzième. 


kainzième. 


16« — 


seizième. 


cèzième. 


17e _ 


dix- septième. 


dis3-cètième. 



458 



PRONONCIATION DES NOMBRES. 



18« — 


dix-huitième. 


di=zuitième. 


19« — 


dix-neuvième. 


dizz-neuvième. 


20« — 


vingtième. 


vaintième. 


2P — 


vingt et unième. 


vain=té u-nième. 


22« — 


vingt-deuxième. 


vaintt-deuzième. 


29« — 


vingt-neuvième. 


vaintt-neuvième. 


30« — 


trentième. 


trantième. 


SV — 


trente et unième. 


tran-té u-nième. 


40« — 


quarantième. 


karantième. 


4ie — 


quarante et unième. 


karan-té u-nième. 


50« — 


cinquantième. 


çain-kan-tième. 


54« — 


cinquante-quatrième. 


çain-kantt-katri- ème. 


60« — 


soixantième. 


çoa-çantième. 


6P — 


soixante et unième. 


çoa-çan-té u-nième. 


69« — 


soixante-neuvième. 


çoa-çantt-neuvième. 


70« — 


soixante-dizième. 


çoa-çantt-dizième. 


7ie _ 


soixante et onzième. 


çoa-çan-té onzième. 


72« — 


soixante-douzième. 


çoa-çantt-douzième. 


80« — 


quatre-vingtième. 


katreu-vaintième. 


8P — 


qua tre-vingt-unième. 


katreu-vain-u-nième. 


82« — 


quatre-vingt- 
deuxième. 


katreu-vain-deu-zième. 


90« — 


qua tre-vingt-dixièm e. 


katreu-vain-dizième. 


9P — 


quatre-vingt-onzième. 


katreu- vain-onzième. 


100« — 


centième. 


çantième. 


101« — 


cent unième. 


çan u-nième. 


103« — 


cent troisième. 


çan troâzième. 


200« — 


deux centième. 


deu çantième. 


201« — 


deux cent unième. 


deu çan u-nième. 


311« — 


trois cent onzième. 


troâ çan onzième. 


800« — 


huit centième. 


ui çantième. 


901« — 


neuf cent unième. 


neu çan u-nième. 


922« — 


neuf cent vingt- 
deuxième. 


neu çan vaintt-deuzième 


1000« - 


- millième. 


mi-lième. 


1001« - 


- mille et unième. 


mil é u-nième. 


1002« - 


- mille deuxième. 


mil deuzième. 


1*100« - 


- onze centième. 


onze çantième. 



PONONCIATION DES NOMBRES. 



459 



110^ 


l« - 


— onze cent unième. 


onze çan u-nième. 


1121* - 


— onze cent vingt et 


onze çan vam=té u-nième. 






unième. 




1140« - 


— onze cent quaran- 


onze çan karantième. 






tième. 




2000« - 


— deux millième. 


deu milièrae. 


2001« - 


— deux mille et 


deu mil é u-nième. 






unième. 




10000« - 


— dix millième. 


di mi-lième. 


11059« - 


— onze mille cin- 


onze mil çainkantt- neuvième 






quante-neuvième. 








Adverbes 


ordinaux. 


■1 m*n 


ou 


1 — premièrement. 


premièrr-man. 


2"* 


oa 


2® — deuxièmement. 


deuzième-man ou ce-gonde- 






ou secondement. 


man. 


3nt 


oa 


3^ — troisièmement. 


troâ-zième-man. 


4nt 


ou 


4^ — quatrièmement. 


kaktrième-man. 


5nt 


ou 


5^ — cinquièmement. 


çain-kième-man. 


gnt 


ou 


6® — sixièmement 


cizième-man. 


7nt 


ou 


7^ — septièmement. 


cè-tième-man. 


3nt 


ou 


8^ — huitièmement. 


ui-tîème-man. 


gnt 


ou 


9<^ — neuvièmement. 


neuvième-man. 


IQnt 


ou 


10® — dixièmement. 


dizième-man. 


lint 


ou 


11® — onzièmement. 


onzième-man. 


20"* 


ou 


20® — vingtièmement. 


vain-tième-man. 


2int 


ou 


21® — vingt et unième- 
ment. 


vain=té u-nième-man. 


30"' 


ou 


30® — trentièmement. 


tran-tième-man. 


Etc., 


etc 


' 





Au lieu de premièrement, deuxièmement, etc., mots formés 
régulièrement et tout à fait conformes au génie de notre 
langue, on se sert quelquefois des mots latins suivants: 



1® — primo. 
2® — secundo. 
3® — tertio. 



pri-m6. 

ce-gon-d6. 

tèrr-ci-ô. 



460 



PRONONCIATION DES NOMBRES. 



40 ._. 


quarto. 


kou-ar-tô. 


50 - 


quinto. 


ku-ain-tô. 


60 - 


sexto. 


cèks-tô. 


70 — 


septimo. 


cèp-ti-mô. 


80 — 


octavo. 


ôk-tavô. 


90 - 


nono. 


no-nô. 


100 — 


decimo. 


déci-mô. 


110 _ 


undecimo. 


on-déci-mô. 


120 — 


duodecimo. 


du-o-déci-mô. 


130 — 


decimo tertio. 


déci-mô tèrr-ci-ô. 


140 — 


decimo quarto. 


déci-mô kou-artô. 


150 — 


decimo quinto. 


déci-mô ku-ain-tô. 


160 — 


decimo sexto. 


déci-mô cèks-tô. 


170 — 


decimo septimo. 


déci-mô cèp-ti-mô. 


180 _ 


decimo octavo ou 


déci-mô ôktavô ou du-odé- 




duodevigesimo. 


vijézi-mô. 


190 — 


decimo nono ou 


déci-mô no-no ou ondé-vijézi 




undevigesimo. 


mô. 


200 — 


vigesimo. 


vijézi-mô. 


210 _ 


vigesimo primo. 


vijézi-mô pri-mô. 


220 _ 


vigesimo secundo. 


vijézi-mô cegondô. 


300 _ 


trigesimo. 


trijézi-mô. 


400 _ 


quadragesimo. 


koua-drajézi-mô. 


500 _ 


quinquagesimo. 


ku-ain-kou-ajézi-mô. 


600 — 


sexagesimo. 


cé-gza-jézi-mô. 


700 — 


septuagesimo. 


cèp-tu-ajézi-mô. 


800 — 


octogesimo. 


ôktôjézi-mô. 


900 — 


nonagesimo. 


no-najézi-mô. 


lOOO — 


centesimo. . 


çaintézi-mô. 


1010 _ 


centesimo primo. 


çaintézi-mô pri-mô. 


1020 — 


centesimo secundo. 


çaintézi-mô cegondô. 


2000 — 


ducentesimo. 


duçaintézi-mô. 


3000 _ 


trecentesimo. 


tréçaintézi-mô. 


4000 — 


quadringentesimo. 


kou- adrain-j aintézi-mô. 


5000 — 


quingentesimo. 


ku-ain-jain-tézi-mô. 


6OOO — 


sexcentesimo. 


cèks- çaintézi-mô. 


7000 — 


septingentesimo. 


cèp-tain-jaintézi-mô. 


8OOO — 


octingentesimo. 


oktain- j aintézi-mô. 



PRONONCIATION DES NOMBRES. 



461 



900*^ — nongentesimo. nonn-jaintézi-mô, 

1000® — millesimo. mil-lézi-mô. 

2000*^ — his millesimo. biss mil-lézi-mô. 

3000® — ter millesimo. tèrr mil-lézi-mô. 

Etc., etc. 

On arrive ainsi à un million. Mais la plupart de ces 
mots ont une physionomie barbare, grotesque, ridicule; c'est 
pourquoi il faut leur préférer les mots premièrement, seconde- 
ment, etc., exactement équivalents à primo, secundo, etc., et 
qui sont intelligibles pour tout le monde. 



Prononciation du latin. 



La lecture du latin est indispensable aux personnes qui 
appartiennent au culte catholique romain. Elles ont besoin 
de savoir lire le latin pour suivre les offices de la grand' 
messe, pour chanter aux vêpres, et pour réciter certaines 
prières. 

Chaque peuple prononce le latin à peu près comme sa 
propre langue. En France, les règles sont les mêmes, en 
général, que pour la prononciation du français; celles que 
nous donnons ici doivent être considérées comme des exceptions. 

Voyelles. 

E, à la fin d'une syllabe, se prononce toujours fermé: 
-JBene, moderator, regina. \ Bé-né, modérator, réji-na. 

Suivi d'une consonne dans la même syllabe, il prend le 
son ouvert: 



Sorores, audiet, pater, amen, 
relinquet, sortem. 



Sôrôrêss, ôdi-ètt, patêrr, a- 
mènn, rélainku-ètt, sortèmm. 

Toutefois, suivi de m ou de n dans la même syllabe, il 
se prononce toujours ain, jamais an: 



Emblema, tendens, oriens, eX' 
tendant 



Ain-blé- ma, tain-dainss, ori- 
ainss, èks-tain-dantt. 

On voit que ens se prononce ainss, comme les quatre 
dernières lettres de pince, mince. 

devant s finale se prononce long et un peu ouvert: 
Nos, vos, tuos, meos, oculos. 1 Nôss, vôss, tu-ôss, mé-ôss, 

I okulôss. 



PRONONCIATION DU LATIN. 



463 



Um se prononce toujours comme le mot homme, et un 
se prononce on nasal: 



Te Deum, magnum, mundum, 
tum, defunctum, pungere. 



Té dé-ôme, mag-nôme, mon- 
dôme , tome , défonk-tôme, 
pon-jéré. 

Toutefois, dans les trois mots hune, nune, tune, un prend 
le son qu'il a dans ehaeun: iink, nunk, tunk {un long). 

M, CE se prononcent comme l'é fermé: 
JEgrse, cœme, pœnse. \ Égré, cé-né, pé-né. 

Ou se sépare toujours dans la prononciation pour former 
deux syllabes: 
Boum, heroum. \ Bo-ôme, éro-ôme. 

Y a partout la valeur d'un seul i: 
Tyria, Moysi. \ Ti-ria, mo-izi. 

Il n'y a de diphtongue, en latin, que dans les syllabes 
gua, gui, qua, quae, que, qui. Partout ailleurs, les voyelles 
se séparent dans la prononciation: 



Introibunt, generatio, gloria, 
diviticR, suos, disposuit, tui, 
impiorum, pueri. 



Ain-tro-i-bontt, jé-né-raci-ô, 
glori-a, divici-é, çu-ôss, diss- 
po-zu-itt, tu-i, ain-pi-o- 
rômm, pu-é-ri. 



Consonnes. 

Toutes les consonnes finales se prononcent: 



Adam, non, in, ut, alternans, 
subreptum, Pater, est, Beus, 
extendant, gratias. 



Adamm, nonn, inn, utt, altèrr- 
nanss, çubrèptôram, patèrr, 
èstt, dé-ûss, èks-tain-dantt, 
graci-âss. 

Au milieu des mots, les consonnes redoublées se pro- 
noncent: 



Commovehitur , intellexi, eon- 
quassabit, annuntiabit. 

H n'est jamais aspirée. 
Ch se prononce comme k: 
Charta, Michaeli Archangelo, | 
inchoare. 1 



Kômm-movébitur, ain-tèl-lèk- 
ci , konkouass-çabitt , ann- 
nonci-abitt. 



Karta, mika-éli arkanjélô, ain- 
kô-aré. 



4g4 PRONONCIATION DU LATIN. 

Gn se prononce toujours dur, et comme si les deux 
lettres appartenaient à deux syllabes différentes: 
Agnus, magnificat, cognatio. 1 Ag-nûss, mag-nifikatt, kôg- 

I naci-ô. 

Gu précédé de n et suivi de a se prononce comme gOU: 
Lingua, unguam. \ Lain-gou-a, ongou-amm. 

Gu précédé de n et suivi de se prononce simplement 
comme g: 
Languore, distinguo. \ Lan-go-ré, diss-tain-gô. 

Gu devant i se prononce gu et fait toujours diphtongue 
avec la voyelle i: 
Consanguineus, sanguina. \ Kon-çangu-i-né-ûss, çangu-i-na. 

m ne se mouille jamais, et les deux 11 se prononcent 
toujours fortement; 
Illius, favilla. \ Il-li-ûss, favil-la. 

Qu suivi de a se prononce comme kou: 
Aqua, quanquam, quas. I Akou-a, kou-an-kou-amm, kou- 

I âss. 

Qu suivi de ou de u se prononce simplement comme k: 
Quomodo, quotidie, equus. \ Ko-modô, ko-tidi-é, ékûss. 

Qu suivi de ae, e, ou i, se prononce ku, et fait diph- 
tongue avec la voyelle qui suit: 



Quc&runt, que, querela, quem, 
quilibet, acquirent. 



Ku-é-rontt, ku-é, ku-éréla, ku- 
èmm, ku-ilibètt, a-ku-i-raintt. 



Ti précédé de s ou x, et suivi d'une voyelle dans le 
même mot, conserve le son dur qui lui est propre: 

Ostium, christiani, mixtio. | Oss-ti-ômm, kriss-ti-a-ni, miks- 

I ti-ô. 

Mais ti non précédé de s ou de x, et suivi d'une voyelle 
dans le même mot, se prononce ci: 

Initiatio, satietas, citius. I-nici-a-ci-ô , ça-ci-é-tâss, ci- 

ci-ûss. 

Partout ailleurs, on suit les règles de prononciation du 
français. Ainsi, 

G devant e ou i se prononce doux: gentes, ftigient, tegis 
(Jain-têss, fu-ji-aintt, té-jîss). 



PRONONCIATION DU LATIN. 



465 



Us se prononce ÛSS: Dominus {do-mi-nûss). 

Im, in, au commencement et au milieu des mots, se pro- 
noncent ain nasal devant toute autre consonne que la leur: 
impiorum, vindictas [ain-pi-o-rômm, vain-dik-tâss). 

Ti se prononce ti devant une consonne: tibi, justificata 
{ti-bi, juss-U-fikata). 

Etc., etc. 

Exercice de lecture du latin, avec la prononciation 

figurée. 



Qui 


ku-i (ui prononcé en diphtongue). 


confidunt 


kon-fi-dontt (on nasal et long). 


in 


inn (comme les trois dernières lettres de 




bobine). 


Domino 


dô-mi-nô. 


sicut 


ci-kutt. 


mons 


monss (on nasal et long). 


Sion 


ci-ônn (ion prononcé comme les cinq dernières 




lettres de lionne). 


non 


nônn (ô ouvert). 


commovebitur 


kômm-mô-vébitur. 


in 


inn. (Voyez plus haut.) 


seternum 


é-tèrr-nômm. 


qui 


ku-i (ui diphtongue). 


habitat 


a-bi-tatt. 


in 


inn. (Voyez plus haut.) 


Jérusalem 


jé-ru-za-lèmm. 


Montes 


mon-têss (on nasal et long; è long). 


in 


inn. (Voyez plus haut.) 


circuitu 


cir-ku-i-tu. 


populi 


po-pu-li. 


sui 


çu-i (ui prononcé en deux sons égaux: u-i). 


ex 


ègz (parce que l'x est suivi d'une voyelle; 




mais devant une consonne^ on prononce 




èkks). 


hoc 


ôk. 


nunc 


nunk (un nasal, comme dans lundi). 


et 


ètt (comme dans il achète). 



LuairU, Prononciation française. 3me éd. 



30 



466 



PRONONCIATION DU LATIN. 



usque 


uss-kué (ué diphtongue). 


in 


inn. (Voyez plus haut.) 


Sttculum 


cé-ku-lômm. 


Quia 


ku-i-a (ui diphtongue). 


non 


nônn. 


relinquet 


ré-lain-ku-ètt (uè diphtongue). 


Bominus 


dô-mi-nûss. 


virgam 


vir-gamm. 


peccatorum 


pèk-ka-tô-rômm. 


super 


çu-pêrr. 


sortem 


sôr-tèmm. 


Justorum 


juss-tô-rômm. 


ut 


utt. 


non 


nônn. 


extindant 


èkss-tain-dantt. 


justi 


juss-ti. 


ad 


add. 


iniquitatem 


i-ni-ku-i-ta-tèmm (ui diphtongue) 


manus 


ma-nûss. 


suas 


çu-âss. 


Benefac 


bé-né-fak. 


Domine 


dô-mi-né. 


bonis 


bô-nîss. 


et 


ètt. 


rectis 


rèk-tîss. 


corde 


kôr-dé. 



^ <^ • 



TABLE ALPHlBÉTip 

DES MOTS CITÉS DANS CET OUVRAGE. 



Afin de faciliter les recherches, nous avons compris dans 
cette table tous les mots dont la prononciation s'écarte plus ou 
moins des règles observées en français. Quant aux mots qui 
ne sont pas ici, il suffira, pour les trouver immédiatement, de 
recourir, dans cette table, aux lettres qui occasionneront la 
recherche. Par exemple, pour savoir si brachial se prononce 
hra-cM-al ou bra-M-al; si gu dans aiguille se prononce en 
diphtongue ou seulement comme g dur: ai-gu-i-ye, ou ai-gi-ye 
{g dur); si Vl de fusil est muette ou sonore; si l's de tous 
s'entend dans les voilà tous partis, etc., etc., on consultera 
dans cette table les lettres Ch, Gu, L, S, qui donneront des 
indications suffisantes. 



A, l*re lettre de l'alphabet, 
son genre, 2, 3. — Ses 
diverses pronouc, 11, 12. 
— Sa quantité, 407. 

Aa, prononc, 13, 14. — 2 
sons, 117. 

Aalborg, 13. 

Aar, 14, 

Aarhus, 13. 

Aaron, 14. 

Abantiade, 296. 

AbbeviUe, 203. 

Abd-el-Kader, 239. 

Abdias, 269. 

abdomen, 72, 219. 

Abencérages, 70. 

Aberdeen, 62. 

Abigaïl, 209. 

Abimélech, 174. 

Abington, 152. 

Abner, 239. 

Abou-Bekr, 239. 

about, 394. 

Abraham, 23, 215. 



A. 

Abrantès, 269. 

Abrnzze (1'), 331. 

Ac final, sa prononc, 130. 

Accent, ce que c'est, 8. — 
Accent grammatical ou 
prosodique, accent logique 
onrationnel, accent pathé- 
tique ou oratoire, accent 
tonique, 404. — Accent 
national, accent provin- 
cial, 405. 

accueil, 107. 

accul, 208. 

accroc, 131, 340. 

accroît, 392. 

acescent, etc., 246. 

Achab, 128, 174. 

Achaïe, 117, 174. [189. 

Achanti ou Astaantee, 186, 

Achaz, 174, 328. 

Achéen, 186. 

AchéloUs, 174, 269. 

Achem, 66, 186, 215. 

Achéron, 186. 



Achnie, 186, 203. 

Achmet, 174, 307. 

acquérir, 232. 

Acqui, 232. 

acquière, acquiers, acquiert, 
etc., du verbe acquérir, 

Acropolis, 269. [232. 

Actium, 108, 297. 

acupuncture, 109. 

Ad, dans les locutions la- 
tines: ad hoc, etc., 136. 

adagio, 150. 

Adam, 24, 215. 

Adamberger, 23. 

Adams, 24. 

Addison, 100. 

Adelung, 109, 151. 

Aden, 72, 219. 

Adonias, 269. 

Adonis, 269. 

adosser, etc., 89. 

ad rem, 66. 

Adrets (baron des), 307. 

Adverbes ordinaux, 459. 

30* 



468 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



M, ne se trouve que dans 
des mots formés du grec 
ou du latin, et a pour 
nous la valeur de l'e 
simple, 5, 14. 

segilops, H. 

^gos-Potamos, 14, 269. 

Ai, aë, aé, ai, leur prononc, 

Ae, 2 sons, 117. [14. 

Aem, aen, leur prononc, 1.5. 

Aétius, 297. 

afflux, 326. 

a fortiori, 29T. 

Agag, 151. 

Agamemnon, 66, 213. 

Agen, 71. 

■agenda, 70. 

Agésilas, 269. 

à giorno, 150. 

Agis, 269. 

agnat, 14T. 

Agnfes, 269. 

•agnus-castus, 147. 

Agnus Dei, 147. 

Agram, 23. 

Agrigente, 69. 

Aguado, 143. 

Aguesseau (d'), 143. 

Ai, sa prononc, 16. — Dans 
les verbes en faire: 
faisant , nous contre- 
faisons , etc. , 16. — 
Terminaison dans les 
verbes: j'ai, je dirai, 
etc. , 16. — Dans les 
phrases interrogatives : 
/erai-je? etc., 17. — Suivi 
d'une ou de plusieurs 
consonnes finales : le 
faix, des attraits, etc., 

17. — Suivi d'une syllabe 
muette finale: aide, etc. 

18. — Dans la termi- 
naison aison, 18. — Ais, 
ait, aie, aies, aient, dans 
les verbes, 18, 20. — 
Dans les terminaisons 
aisse, aisses, aissent, 18. ! 
— Au milieu du mot ' 
dans les verbes aisser, 
iaiser, 19. 

Ai, 2 sons, 116. 

Aï ou Ay, 111. 

Aid final, 136. 

Aie, sa prononc, 20. — 

Dans les verbes en 

ayer, 20 



aïeul, aïeule, 117. 

aiguade, 143. 

alguail, 143, 208. 

aiguë, 118. 

Aigues-Mortes, 143. 

aiguière, 143. 

aiguille, etc., 141, 199. 

Aiguillon, 141. 

aiguiser, etc., 141. 

Ail, sa prononc, 19. 

aile, 18. 

Aim, sa prononc, 21. 

Ain, sa prononc, 21. 

Aisne, 18, 2.52. 

A'x (île d'), 325. [326. 

Aix (les) d'Angillon, 199, 

Aix-les-Bains, 324. 

Aix-la-Chapelle, 324. 

Alx-en-Othe, 325. 

Aix en Provence, 324. 

Ajaccio, 134. 

Ajax, 324. 

ajonc, 840. 

A-Kempis, 65, 214. 

Alais, 282. 

Albert, 307. 

Al bornez, 328. 

Albrecht, 305. 

Albrechtsberger, 292. 

Albret, 307. 

album, 108, 215. 

Albuquerque, 232. 

alcaest ou alcabest, 15, 119. 

Alcidamas, 269. 

Alcmène, 129. 

alcool ou alcohol, etc., 102. 

alderman, aldermen, 24, 

Alep, 224. [219. 

aleph, 221. 

Alétiade, 296. 

Alexis, 282. 

alezan, 42. 

Algaroti, 311. 

Alger, 243. 

alguazil, 143, 209. 

Alighieri (Dante), 146. 

Alixan ou Alissan, 323. 

Alkmaer e< Alkmaar, 15, 119. 

Allah, 193. 

Alléluia, 125, 193. 

almanach, 133, 190, 342, 

aloès, 94, 263. [353. 

Alost, 305. 

alpam, 23. 

Alphabet, 2. — D'où nous 
vient notre alphabet, 
2. — Se compose de 



25 lettres, 2. — Genre 

des lettres, 2, 3. 
alphabet, 301. 
Alsace, etc., 2.56. 
Alsen (île d'), 219. 
Altenbourg, 70, 219. 
allhsea, 14. 
Altkirch, 174. 
Alvarez, 329. 
Am, sa prononc, 22. 
Amadis de Gaule, 269. 
Aman, 24. 
Amasias, 269. 
Amasis, 269. 
Ambez, 329. 
ambiguë, 118. 
ambiguïté, 141. 
Ambiorlx, 325. 
amen, 219. 
Ameilhon, 190, 205. 
Aménophis, 269. 
amict, 309, 390. 
Amiens, 70, 282, 379. 
amitié, 291. 

Amm . ■ . , sa prononc, 22. 
ammeistre, 22. 
Am^i . . ., sa prononc, i2. 
Amos, 269. 

amphictyonie, etc., 292. 
Amsterdam, 23, 215. 
An, sa prononc, 24. 
anabaptisme, etc., 221. 
Anacharsis, 174, 269. 
Anaxagore, 323. 
Anaxarque, 323. 
Anaxilas, 321. 
Anaximandre, 321. 
Anchise, 186. 

And final, sa prononc, 135. 
Andalous, 282. 
andante, 56. 
Andaye, 113. 
Andelys (les), 282. 
Androclès, 269. 
Andros, 269. 
Anet, 305. 
Angélus, .56, 263. 
Angers, 237, 282, 379. 
Angerville, 203. 
Angillon (les Aix d'), 199. 
Anglas (Boissy), 270. 
Angles, 269. 
Anglesey, 111. 
anguille, 143, 199. 
Anhalt, 25, 305. 
anhingo, 25. 
anil, 207, 353. 



DES MOTS CITÉS DANS CET OUVRAGE. 



469 



Ankarstrœm, 93. 
Ann . . ., sa prononce, 25. 
Annam, 218. 
Annapolis, 25, 218. 
Anne, 25. 
Annibal, 25, 218. 
Annonay, 25, 218. 
Anquetil, 209. 
Anslow, 317. 
Anspach, 175. 
antarctique, 130. 
Antéchrist, 175, 307, 396. 
Antia . . . , sa prononc, 295. 
antiacide, etc., 295. 
Antinous, 117, 269. 
Antiochus, 175. 
Antipater, 239. 
antiquaille, 198. 
Antommarchi, 175. 
Anubis, 269. 
■anus, 263. 
Anvers, 237, 282. 
Ao, sa prononc, 26, — 

2 sons, 117. 
Aod ou Abod, 26. 
Aon, sa prononc, 26. 
aoriste, 12, 26. 
aorte, 20. 
Aoste, 26. 

Aou, sa prononc, 27. 
Aoust-en-Dlois, 305. 
août, 11, 27, 309. 
aoûté, 27. 
aoûteron, 11, 27. 
Apicius, 269. 
Apis, 269. 

aplomb, à plomb, 128, 339. 
apocyn, 114. 
apophtegme, 221. 
appendice, 70. 
Appenzell, 70. 
Apt, 223, 305. 
aqua-tinta, 85. 
aqueduc, 37. 
Aqulla, 229. 

Aquilée, 229. [234. 

Aquin (St.-Thomas d') 232. 
Aquitaine, 232. 
Arachné, 175. 
Aranjuez, 329. 
Arbresles (1'), 252. 
arc , arc-boutant , arc- 

doubleau, etc., 132,342. 
Arcas, 269. 
Arcésilas, 269. 
archaïque, 175. 
archal, 186. 



Archangel, 175. 

archéologie, 175. 

Archi . . ., sa prononc, 186. 

Archiac, 186. 

Archias, 269. 

archiépiscopal, archiépis- 

copat. 174, 175. 
Archiloque, 186. 
Archimède, 186. 
archonte, 175. 
Archytas, 269. 
Arcis (rue des), 269. 
Arcis-sur-Aube, 282. 
arçon, 355. 
arctione 297. 
arctique, 130. 
arctium, 297. 
Arcueil, 107, 208. 
Ardennes, Ardennais, 67. 
Arensberg, 70, 151, 249. 
Arensbourg, 70. 
Arezzo, 331. 
Argens (d'), 69, 269. 
Argonautes, 28. 
Argos, 269. 
arguer, j'arguë, tu argvës, 

etc., 118, 142. 
argus, Argus, 263, 269 
argutie, 298. 
argutier, 294, 298. 
Arlmathle, 292. 
aristocratie, 298. 
Arius, 269. 
Arkansas, 270. 
Arkwright, 305, 313. 
Arles- Dufour, 270. 
Arnauld, 29, 136 206. 
Arndt, 136, 307. 
Arndts, 307. 
Arnheim, 64. 
Arnold, 135. 
Arnoul, 206. 
Arnould, 206. 
Aroun-al-Raschld, 103. 
arpeggio, 153. 
Arras, 270. 
Arrighi, 145. 
arrow-root. 102, 316. 
Ars-en-Ré, 270. 
Ars-snr-Moselle, 270. 
Arsace, Arsacides, 256. 
Arsène Houssaye, 112. 
arsenic, 131, 341. 
Artaxerxès, 270, 323. 
Arteveld, 135. 
ArtieuXationa , il y en a 

dix-neuf, 7. — Quinze 



articulations variables, 
quatre constantes, 8. 

artillerie, 199. 

as (terme de jeu), 263. 

ascendance, 246. 

ascétique, 246. 

ascyre, 246. 

Asdrubal, 256. 

Ashantee ou Achanti , 186, 
189. 

Asnière, 252. 

aspect, 301, 388. 

Aspiration (ce qu'on entend 
par), 155 405. 

Assas (d'), 270. 

asseoir, 346. 

assez, 402. 

Assuérus, 270. 

Ast, 305. 

Asteroth, 305. 

asthmatique, etc., 190. 292. 

Astracan, 24. 

Astyage, 111. 

Astyanax, 111. 

ataractopoiésie, 96. 

Ath, 305. 

Athamas, 270. 

Athénaïs, 270. 

Athos, 270. 

Atie, prononc de cette 
terminaison, 298. 

atlas (cartes), 263. 

Atlas (montagne), 270. 

atout, 394. 

Atropos, 270. 

Atticus, 270. 

Atys, 270. 

Au, Eau, leur prononc, 27. 
— Devant une syllabe 
muette finale, 28. — Au 
dans les terminaisons 
aure, aures, aurent, 28, 
30. — Aiua . . . , 28. — 
Auff.. .,2%.—Aug. . .,Z(i. 

AU, 2 sons, 116. 

Aubenas, 270. 

Auber, 239. 

Aubervilliers, 199. 

Aubespine, 252. 

Auch, 29, 186. 

aucun, 355, 356, 

Aud final, sa prononc, 
135, 136. 

Auff . . . , sa prononc , 28. 

Aug . . . , sa prononc. , 30. 

Auger, 243. 

Augias, 270. 



470 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Angsbourg, 146, 256. 

Augustenbourg, 70. 

Aul prononcé au, 206. 

Auld final, Ba prononc, 
135, 136, 206. 

aulnaie ou. aunaie, 206. 

Aulnay ou Aunay, 206. 

aulne ou aune, 206. 

Aulnoy, 206. 

Aulps (Blacas d'), 206, 270. 

Aulps ou Aups (ville), 223. 

AuH, prononc. de cette 
terminaison, 206. 

Ault (ville), 206, 305, 307. 

Aulx, prononc. de cette 
terminaison, 306. 

aulx, pluriel de ail, 29. 206. 

Aum . . ., devant une con- 
sonne, 214. 

aumône. 88. 

A unis, 270. 



autochtone, 88, 175. 

autocratie, 298. 

automnal, 213. 

automne, 100, 214. 

Aur, aure, aures, aurent, 
prononc. de ces termi- 
naisons, 28, 30. 

Aureng-Zeyb, 69, 128, 150. 

Aurillac, 199. 

Aus . . . , sa prononc, 30. 

Auss . . . , sa prononc. , 28. 

aussi, aussitôt, 28. 

AusterUtz, 305, 329. 

Auxerre, Auxerrols, 323. 

Auxois, 323. 

Auzoux, 325. 

avant-hier, 123, 241, 311. 

Avaux, 325. 

Ave-Maria, 56. 

Averrhoès, 94, 270. 

Avesnes, 252. 



Aveyron, 79. 

avoine, 95. 

avril, 209. 

Aw, sa prononc, 316. 

Ax final, sa prononc, 324. 

axiome, 321. 

Ay, Aye, leur prononc, 30. 

Ay ou Aï, 31. 

Ayan, 113. 

ayant, ayons, ayez, 30. 

Aye, aye», ayent, leur pro- 
nonc, 31. 

aye-aye, 113. 

Ayen (ducs d'), 113. 

Ayen (bourg), 71. 

ayuntamiento, 113. 

At final, sa prononc, 328. 

Azof (mer d'), ou Azow, 
Azov, 138, 276, 313. 

Azincourt, 307. 



B, 20 lettre de l'alphabet, 
son genre, 2, 3. — Son 
articulation, 128. — 
S'articule un peu com- 
me p devant s, 129. — 
B doublé 129. 

Baal, 14. 

Babel-Mandeb, 128. 

babil, 209. 

bacchanal, 175. 

bacchique, 175. 

Bacchus, 175, 270. 

Bach, 175. 

bachique, 175. 

Badajoz, 328. 

Badarzewska, 317. 

Bude-Baden, 72. 

Bietis ou Bétis, 270. 

Bagdad, 140. 

Bagnols, 282. 

Bagration, 295. 

BalUy, 111. 

bain, 356. 

baïram ou beïram, 23. 

Bajazet, 307. 

Balaam, 23, 215. 

balbutier, 294. 

Ballheimer, 63. 

bang, 152. 

bantiale, 296. 

balsamier, etc., 256. 

Bamberg, 23, 151. 

banc, 340. 



B. 

Baousk, 27. 

baptême, baptiser, etc., 221. 

Baptiste, 221. 

Baradas (fortune de), 270. 

Baraguey d'HilUers , 80, 

111, 200, 237. 
Barbaroux, 325. 
Barberousse, 35. 
barguigner, 143. 
baril, 207, 353. 
Barjols, 282 
Barnes ou Barns, 270. 
Barneveldt, 307. 
Barnum, 108. 
Barrabas, 270. 
Barras, 270. 
Barthez, 329. 
Baruch, 175. 
Bas (Le), 283. 
Basuage de Beauval, 252. 
bas-relief, 138. 
bastille, 200. 
bataillon, 198. 
batayole, 113. 
Bath, 305. 
batz, 329. 
Baucis, 270. 
Bauer, 29, 239. 
Baumbach, 176. 
Baumes, 270. 
Baumgarten, 29, 214. 
Baumgartner, 29, 214. 
Banmstark, 214. 



Bautzen, 29, 72, 219. 
Bawr (Mme de), 316. 
bayadère, 113. 
Bayard, 31, 113, 136. 
bayart, 113. 
bayer, bayeur, 111. 
Bayeux, 113, 325. 
Bayle, 31, 112. 
Bayonne, 113. 
bayonnette ou baïonnette 

113. 
Bayreuth, 77. 
Bazaine,. 18. 
Bazas, 270. 
bdelle, 128, 134. 
bdelllum, 134. 
Beales, 12, 60. 
Béarn, 219. 
Béatrix, 324. 
Beauce, 28. 
Beauchesne, 252. 
beaucoup, 370, 371. 
Beauharnais, 17. 
Beaumarchais, 17. 
Beaune, 28. 
Beauséant, 262. 
Beausemblant, 262. 
Beauvais, 282, 379. 
Beauvillier, 200. 
bécabuuga, 10^. 
bec-jaune ou béjaune, 131. 
Bedford, 136. 
beef-steak, 11. 



DES MOTS CITÉS DANS CET OUVRAGE. 



471 



Beethoven, 62, 72. 

Béfort ou Belfort, 307. 

bégayement ou bégaiement, 

béguë, 118. [21. 

béhen, 72, 219. 

Bélestat, 249. 

Belfast, 305. 

Belfort ou Béfort, 307. 

Belleforest, 307. 

Belle-Isle, 252. 

Bellesme, 252. 

Belleville, 203. 

Belley, 80. [256. 

BelBunce ou Belzunce, 110, 

Belt, 305. 

Bélns. 270. 

Belz, 329. 

Belzébuth ou Béelzébutb, 
305. 

Belzunce ou Belsunce, 256. 

bembex, 65, 324. 

bembidion, 65. 

Bembo, 65. 

Ben . . . , 72, 219. 

Bénarès, 270. 

Bender, 70, 219, 239. 

Bénédict, .305. 

Bengale, 70. 

bengali, 70. 

Benguéla, 70. 

Benheim, 64, 67, 215. 

Benjamin, 70. 

benjoin, 70. 

Benoit, Benoist, Benoît, 307. 

Benserade, 70. 

Bentham, 23. 

Bentivoglio, 149. 

Benvenuto Cellini, 70. 

benzine, 70. 

Bérain, avocat, auteur, 
du changement de oi en 
ai, 97. 

Béranger, 243. 

Berber, 239. 

Berchoux, 325. 

Berg, prononc. de cette ter- 
minaison, 151. 

Bcrg, 151, 350. 

berger, 374. 

Bergben ou Bergen, 72, 145. 

Berg-opZoom, 101, 215, 328. 

Bering, 152. 

Berlichingen, 93. 

Berlioz, 328. 

Bemis, 270. 

Berruyer, 113, 244. 

Berryer, 244. 



Berthauld, 136. 
besaiguë, 118. 
Bescherelle, 35, 252. 
Besme, 252. 
Besnard, 252. 
besoigneux, 83. 
besson, bessonne, 42. 
Bethléem, 66, 215. 
Bethsabée, 256. 
Bétis ou Bsetis, 270. 
Beust (de), 77, 305. 
Beyrout, ou Beirout, ou 

Baïrout, 79, 305. 
Bex, 325. 
Béziers, 237. 
Blanchi, 176. 
Biarritz, 305, 329. 
Bias, 270. 

Bfelfeld ou Bilefeld, 135. 
bien, 362, 363, 36t. 
bienfaisance, bieufalBant, 

etc., 16. 
biez, 331. 
bifteck, 12, 60, 62. 
Bilbao, 26. 
Biledulgérid, 135. 
Bilefeld ou Bielfeld, 135. 
bill, 203. 

billion, l non mouillée, 203. 
billon, l mouillée, 200. 
bimbelotier, 84. 
Birmingham, 23, 85, 145. 
bis (adjectif), bis (adverbe), 

263, 279. 
bisaiguë, 118. 
Biscaye (la), 113. 
Bischweiler, 188, 239. 
blshop ou bischof, 189, 224. 
Bitche, 292. 
Bittenfeld, 219. 
bitter, 241. 
bizaam, 23, 215. 
Blacas (duc de), 270. 
Blacas d'Aulps, 206. 
blanc, 340. 
Blankenbourg, 70. 
Blarney, sa signification, 91. 
bleuir, 77. 
bleuet, 119. 
blockhaus, 29. 
blocus, 263. 
Blois, 282. 
Rlount, 103. 
Blucher, 176, 239. 
Boerhaave, 13, 119. 
bœuf, ses diverses prononc, 

138, 347. 



boghei, 63, 145. 
Bohême, etc., 94. 
boïard, 117. 
Boïeldieu, 117. 
Boileau-Despréaux, 252. 
Boisgelin de Cicé, 252. 
Boismont, 252. 
Boismorand, 252. 
Boisrobert, 252. 
Boissy d'Anglas, 270. 
Boiste, 95, 249. 
Boleslas, 270. 
Bolingbroke, 152. 
Bombast, 305. 
bon-henri (poire), 170. 
boobook, 102. 
Boos, 102. 
Booz, 102, 328. 
Bordeaux, 29, 325. 
Borghëse, 145. 
Bornholm, 215. 
bornous, 263. 
Boscq, 225. 
Bossuet, 91, 307. 
bot, pied bot, 309. 
Bothnie, 292. 
Bothwell, 292, 313. 
Boucher, 243. 
Boufaers, 237, 282. 
Boug ou Bog, 151. 
Bouguer, 243. 
Bouhier, 244. 
Bouhours, 282. 
Boulanger, 243. 
Boulen ou Boleyn (Anne), 

72, 219. 
Bourbaki, 191. 
Bourg, prononc. de cette 

terminaison, 151. 
bourg, 150, 350. 
Bourg ou Bourg-en-Bresse, 

151, 3.50. 
Bourg-Argental , etc., 351. 
bourgmestre, 145. 
Boursault, 30, 206, 307. 
bout, 394. 

Bovadilla, 194, 200. 
bowl, 317. 
Boyer, 244. 
Boz, 328. 
Bozzolo, 331. 
Bradshaw, 316. 
Brancas, 270. 
brandhirtz, 329. 
braye, etc.. 113. 
bref, 138. 
Bremer, 239. 



472 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Brennus, 68, 218, 270. 

Brescia, 134. 

Brésil, 209. 

Bresle (la), 252. 

Brest, 305. 

Brhve, ou syllabe brève, ce 

que c'est, 406. 
brief, 138. 
Brientz ou Brienz, 69, 307, 

329. 
Brighton, 145. 
Brillât-Savarin, 200. 
Brinvilliers (la), 237. 
bris, 279. 
Brisacb, 176. 
Briséis, 271. 
Britannicus, 271. 
broc, 87, 340 ; — en poésie, 

290. 
Broglle, 150. 
Brougbam, 145. 
Broussais, 282. 
brout, 394. 



Brown, 316. 

Browne, 316. 

Brownikowski, 316. 

Browning, 316. 

brownisme, browniste, 316. 

Brownson, 316. 

Brueys (amiral), 80, 271. 

Brueys et Palaprat, 80, 271. 

Bruix, 325. 

brûlot, 394. 

Brunehaut, 30, 307. 

Brlinn, 110. 

Brunnen, 110. 

Brunnow, 110, 317. 

Brunswick, 109, 313. 

Brutus, 271. 

Bruxelles, Bruxellois, 323. 

bruyant (adjectif), 111. 

bruyant (oiseau), 113. 

bruyère, 111. 

Bruyères, 112. 

Bruys, 282. 

Buch, 176. 



Buchanan, 176. 

Bucharest, 176, 305. 

Buchau, 176. 

Buchen, 176. 

Buchholz, 176. 

Buckingham, 23, 130, 145. 

Buénos-Ayres, 271. 

Buon . . . , dans les noms 
italiens, 110. 

Buonaparte ou, Bonaparte, 
110. 

Bulow, 317. 

Buloz, 328. 

Burg, prononc. de cette ter- 
minaison, 103. 

Burgos, 271. 

Burgundes, 109. 

burnous, 263. 

Burrhus, 244, 271. 

Busiris, 271. 

but, 301. 

Buthiau, 292. 

Byron, 100, 111. 



C, 3e lettre de l'alphabet, 
son genre, 2, 3. — Ses 
diverses articulations, 
129. — Devant a, o, «, 
129. — Devant certaines 
consonnes, 129. — De- 
vant e, i, y, 130. — C dans 
les mots italiens, 133. — 
Suivi de li ou de q, 130. 
— C redoublé, 134. 

Cabanis, 271. 

Cabarrus, 282. 

cacao, cacaoyer, cacaotier, 
26, cacaoyère, 113. 

cachexie, 176, 322. 

cachucha, 190. 

cacis ou cassis, 264. 

Cacus, 271. 

cadédis, 263. 

Cadix, 324. 

Cadmus, 271. 

Caen, 15, 70. 

Caenaia, 14. 

Cœnéus, 14. 

Cagliari, 150. 

Cagliostro, 150. 

Cahors, 237, 282. 

caieput ou, cajeput, 21. 

Cailbava, 205. 

Gain, 117. 

Caïphe, 117. 



C. 

Caire (le), 18. 

Caïus Qracchus, 117, 271. 

Calais, 282. 

Calas, 271. 

Calatayud, 104, 113. 

Calchas, 176, 271. 

calcul, 208. 

Caleb, 128. 

Callao, 26. 

Callimachus, 176. 

caloyer, 113. 

calp, 224. 

calus, 27iJ. 

Calvados, 271. 

calvitie, 298. 

Calypso, 111. 

camarilla, 203. 

Cambacérès, 271. 

Cambaye, 112. 

Cambrai, 17, 23. 

Cambrésis, 282. 

Cambyse, 111. 

Camille, 200. 

Camille Desmoulins, 252. 

Camoëns (le), 70, 271. 

camomille 200. 

Camp final, sa prononc, 222, 

camp, 371. 

campos, 279. 

Camus, 282. 

Camus (Le), 283. 



canevas, 279. 
cangrène, 146. 
Canning, 152. 
canot, 394. 
cantabile, 56. 
cantaloup, 371. 
caoutchouc, 27, 340. 
Cap, 224. 
Capet, 307. 
Capharnatim, 108. 
Caracas, 271. 
Caraccioli, 134. 
carach, 186. 
carcere duro, 133. 
Carlos, 271. 
Carlsbad, 135. 
Carlscrone, 249. 
Carlsruhe, 47, 249. 
Carpentras, 271. 
Cars (ville), 282. 
Carybde et Scylla, ou Cha- 
rybde . . . , 111, 128, 177. 
casbah, 256. 
Cassis (ville) 271. 
cassis ou cacis (liqueur), 264 
Cassius, 271. 
Castelreagh, 12, 60, 146. 
Castiglione, 150. 
Castilhon, 205. 
Castille, 200. 
Castillon, 200. 



DES MOTS CITES DANS CET OUVRAGE. 



473 



Castries (bourg), 82, 282. 

Castries (maréchal), 82. 

catéchumène, 176. 

Catherine, 35. 

Caus (Salomon de), 284. 

Cauterets, 307, 

Caux, 29, 325. 

Cayendish, 70, 189. 

Cayenne, 67, 112, 113. 

Cayes (les), 113. 

Cayet, 113. 

Cayenx, 113. 

Caylus, 271. 

Cayor, 113. 

Cayz, 330. 

Ce après le verbe, 44. 

Cecchini (la), 134. 

Cécrops, 271. 

cédille, 200. 

Cencl, 70. 

Cenis (mont), 282. 

cens, 264. 

cent, ses diverses prononc, 
304. 

centiare, 295. 

centumvir, 68; — centum- 
viral, etc., 108, 214. 

Céos, 271. 

cep, 224. 

cependant, 37. 

cératiole, 297. 

Cérès, 271. 

cerf, ses diverses prononc, 
138, 347. 

cérumen, 72, 219. 

Cervantes (Michel de), 271. 

Ceylan, 24, 80, 112. 

Ch, ses diverses prononc. — 
Devant l ou r, 133. — 
A la fin des noms, 133. 
— Mots dans lesquels il 
se prononce comme k, 
133, 174. — Mots où il 
se prononce comme dans 
chemin, 185. 

Chablis, 282. 

Chabrias, 177, 271. 

chacun, 360, 361. 

chah, shah, ou schah, 186. 

Chalcédoine, 177. 

Chalcis, 177. 

chalcoichthyolithe 96. 

Chaldée, 177. 

Châlous, 282. 

Cham, 23, 177, 215. 

Chamœ . . . , sa prononc, 
177. 



Champ . . . , au commence- 
ment des mots: Champ- 
cenetz, etc., 222. 

champ, 371. 

Champ-de-Mars, 35, 275. 

Champeix, 325. 

Cbampmesié, 252. 

Champs final , sa prononc, 
223. 

Chanaan, 24, 177. 

cUant, 387. 

Chantilly, 200. 

Chaon, 177. 

chaos, 26, 87, 177 

chaouaw, 316. 

Chaource, 12, 27. 

Charès, 271. 

chargeure, 47, 78. 

chariot, 394. 

Charles-Quint, 307, 388. 

Charlestown, 249, 317. 

Charlevllle, 203. 

Charlottenbourg, 69, 151. 

Charondas (jurisconsulte 
français), 271. 

Charondas (législateur), 
177, 271. 

Charost, 252, 307. 

Charybde et Scylla, ou 
Carybde . . ., 111, 128, 177. 

Chasles (Philarète), 186, 
255. 

Chastellux, 47, 197, 252, 325. 

Châteauneuf-sur-Loire, 139. 

Chat-el-Arab, 177. 

Chatillon, 200. 

Châtellerault, 206, 307. 

chat-hnant, 352. 

Chaudordy, 237. 

Chaulmes, 206. 

Chaulnes, 206. 

Chauvinisme, sa significa- 
tion, 247. 

chef, 138. 

chef-d'œuvre, 138, 347. 

ctaeik, 63. 

chelem, 215. 

Chemnitz, 186, 305, 329. 

chenil, 207, 353. 

Chéops, 177. 

cheptel, 221. 

Cher (le), 239. 

Chersonèse, 177. 

chérubin, 186. 

Chérubinj, 177. 

Chesne-Populeux (le), 252. 

Chesnelong, 252. 



Chester, 239. 

chevaleresque, 42. 

cheville, 203. 

Chevreul, 209. 

Chexbres, 325. 

chez, 402. 

chiaoux, 325. 

chiendent, 69, 73. 

Chiers (le), 238. 

Chiloé, 187. 

Chimboraço, 84, 187. 

Chinchas (îles), 187. 

chinchilla, 194. 

Chic, 187. 

Chioné, 187. 

Chiron, 187. 

Chloé, 178. 

Chloris, 271. 

Choisenl, 187, 209. 

cholépoièse, 97. 

choléra-morbus. 178, 264. 

chorus, 178, 264. 

Chosroès, 94, 178, 271. 

chrestomathie, 178, 292. 

Chrétien, 295, 298. 

chrétienté, 69, 73. 

Christ, 178, 291, 299, 305, 
396. 

Christian, 249. 

Christiansand, 135. 

Christiansfeld, 135. 

Christianstad, 135. 

Christiern ou Christian, 219. 

Christmas, 271. 

Christophe Colomb, 128 

Chryséis, 271. 

Chthonia, 179. 

Chuintantes, ou lettres chuin- 
tantes, ce que c'est, 8. 

chut! 299. 

chylopoièse, 97. 

chylopoiétique, 97. 

cicérone, 56, 133. 

cid, 135. 

ci-gît, 309. 

ciguë, 118. 

cil, 209. 

Cimbres, 84. 

Cimmarosa, 84. 

Cimmériens, 84. 

Cincinnatus, 85, 218. 

Cinna, 85, 218. 

cinq, ses diverses prononc, 
234, 372. 

Cinq-Mars, 234, 283. 

Ciotat (la), 307. 

cipaye, 113. 



474 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



circonspect, 301, 388. 

Circum . . . , sa prononc, 108. 

Citeaux, 29, 326. 

Civita-Veechia, 133, 179. 

Ck, sa prononc, 191. 

Clairvaux, 29, 326. 

Clarendon, 100. 

Clarens, 271. 

Claude (nom d'homme), 130. 

Claude (prune de reine), 130. 

Claye, 31. 

clef, 138, 348. 

Clément de Rys, 271. 

clerc, 132, 340. 

Clercq, 132. 

Clitus, 271. 

cloaque, 92. 

clocher, 374. 

Clovis, 272. 

clown, 316. 

club, 105, 128. 

Clugny ou Cluny, 149. 

Clytemnestre, 66. 

Clytie, 294. 

Cnéius, 129, 272. 

Cneph ou Knef, 129. 

Cobden, 72, 220. 

Coblentz, 69, 307, 329. 

cocatrlx, 325. 

coccyx, 324. 

Codrus, 272. 

Cœ . . . , sa prononc, 92. 

Cœlus, 272. 

coendou, 70. 

Cœsfeld, Cœslin, 93. 

Cœthen, 93. 

Cœuvre, 129. 

cognât, etc., 147. 

coignassier, 96. 

coke, 191. 

Colas, 283. 

Colbert, 307. 

Colchide, 187. 

Colchls, 179, 272. 

Colchos, 179. 

collation, etc., 194, 198. 

Colomb (Christophe), 128, 
339. 

Combinaisons de voyelles qui 
font entendre deux sons 
d'égale quantité, 116. 

comfort, comfortable, 214. 

commation, 295. 

compendium, 70. 

Complègne, 148. 

complot, 394. 

Compt . . ., sa prononc, 221. 



comte, 214. 
Cornus, 272. 
concetti, 134. 
concupiscence, 246. 
concupiscible, 246. 
condamner, 23, 213. 
condescendance, 246. 
Condom, 99, 215. 
confidentiaire, 296. 
Confiteor, 56. 
Conflans, 283. 
Confolens, 69, 283. 
confondre, 346. 
Confucius, 272. 
conjungo, 109. 
Connecticut, 305. 
conquiers, conquiert, etc., 

du verbe conquérir, 232. 
Conrad, 135. 
consanguin, 144. 
consanguinité, 142. 
Consonnes, leur genre, 2, 3. 

— Liquides, 8. — Leur 

prononc, 128 à 332. 
Consuelo, 56. 
contiguïté, 141. 
contrefaiseur, 16. 
contre-sens, 264. 
convainc (de convaincre), 

342. 
Cook, 102. 
Cooper, 102, 239. 
copayer, 113. 
Copenhague, 73. 
coq, 234. 

coq d'Inde 234, 372. 
Corday (Charlotte), 111. 
cordelier, l non mouillée, 
Corinne, 85. [205. 

Cornélius, 272. 
Cornwallis, 272. 
Coronis, 272. 
corromps, corrompt, etc., 

du verbe corrompre, 222. 
cortès (les), 264. 
Cortez (Fernand), 329. 
Cos, aujourd'hui, Co, 272. 
cosécante, 258. 
Cosme de Médicis, 87. 
Cosme (St.), 87, 252. 
Cosnac, 252. 
Cosne, 88, 252. 
Cotignac (ville), 130. 
cotignac (confitures), 130, 

340. 
couchant, 387. 
coudre, 346. 



couenne, couenneux, 67, 

coup, 371. [217. 

court, 396. 

conrtil, 207, 353. 

Conrtille, 201. 

coutil, 207, 353. 

Coutras, 283. 

Covent-Garden, 72. 

Coventry, 73. 

cowpox, 816. 

coxal, 322. 

Coysevox, 112, 262. 

Cranach ou Kranach, 179. 

Craon, Craonnais, 26. 

Craone, 26. 

Credo, 56. 

Crefeld ou Crevelt, 305. 

Crémieux, 326. 

crescendo, 70, 134. 

Crescentino, 134. 

Crespin, 252. 

Crespy-en-Laonnais, 252. 

Crespy-en- Valois, 253. 

cresson, cressonnière, 42. 

Crésus, 272. 

Crétéis, 272. 

creutzer, 241. 

Creuznacb, 179. 

Crevelt ou Crefeld, 305. 

cric, 131, 340. 

crid, 137. 

Crillon, 201. 

Critias, 272, 295. 

croc, 87, 131, 340. 

crocus, 264. 

croît, 392. 

CromTv-ell, 313. 

Cronstadt, 136, 307. 

Crosne, 253. 

Crosnier, 253. 

Crosnière, 253. 

croup, 224. 

crown, 316. 

crucifix, 325, 326. 

Crusoë ou' Crusoé, 117. 

Cruveilhier, 205. 

Ctésiphon, 129. 

Ctésias, 272. 

Cuers, 283. 

cuiller ou cuillère, 199, 241. 

Cujas, 272. 

cul, et dans les composés, 

; muette, 208. 
CuUoden, 72. 
Cumberland, 107, 136. 
curaçao, 12, 26. 
cutter, 105, 243. 



DES MOTS CITÉS DANS CET OUVRAGE. 



475 



Cavier, 244. 
Cuxhaven, 72. 
cyclamen, 72. 
cymbale, 114. 



Cyrille, 203. 
Cyrus, 111, 272. 
czar, czarienne, czarine, 
czarowitz, 130. 



czarowitz, 313, 329. 
Czech, Czèches, ou Czë- 

ques, 179, 328. 
czigital, 129. 



D, 4e lettre de l'alphabet, 
son genre, 2, 3. — Ses 
diverses articulation», 

134. — A la fin des mots, 

135. — D final dans les 
verbes, 137. — D doublé, 
137. 

Daghestan ou Dakistan, 145. 

dahlia, 190. 

d'Alembert, 307. 

Dalesme, 253. 

Dallez, 328. 

dam, 24, 214. [272. 

Damas (ancienne maison), 

Damas (ville), 272, 379. 

damas (étoffe), 280. 

dame-jeanne, 61. 

Damlens, 283. 

Damis, 272. 

damner, etc., 23, 21S. 

Damoclès, 272. 

Damoreau-Cintî, 85. 

Damrémont, 23. 

Damvllle, 23. 

Daily News, 317. 

daim, 214. 

Danaiis, 272. 

Dancourt, 307. 

Danet, 305. 

danger, 874. 

Daniel, 83. 

Danville, 203. 

Dantzick, 151, 29 t. 

Daphnis, 272. 

d'Argens, 69. 

Darius, 272. 

Darmstadt, 136, 307. 

Dash (Mme), 189. 

Daulnoy, 206. 

Daumesnil, 209, 253. 

Daun, 220. 

Davesne, 253. 

Davis (Jefferson), 274. 

Davis (détroit, etc.), 272. 

Davoust, 253, 307. 

débaptiser, etc., 221. 

debentur, 70. 

débet, 309. 

debout, 394. 

Decaen, 15. 



D. 

Decamps, 222. 

décemvir, etc., 66, 214. 

décompter, etc., 221. 

décorum, 215. 

decrescendo, 70, 134. 

décroît, 392. 

défunt, 394. 

dégénérescence, 246. 

degré, 44. 

déguenillé, 201. 

déguiser, 144. 

deleatur. 56. 

Delescluze, 253. 

Delille, 203. 

déliquescence, etc., 246. 

deliquium, 214. 

Delisle, 2^3. 

Delitzsch, 328. 

Délos, 272. 

Delpech, 187. 

démangeaison, 61. 

Démétrius, 272. 

démocratie, 298. 

Démophoon, 102. 

Démosthënes, 249. 

Demoustier, 2.î3. 

Denis, 283. 

Denys, 283. 

Dépremenil, 207. 

De profundis, 56, 109, 264, 

Deremberg, 65. 

déroidir, prononc, de oi, 99. 

Des . . . initial, dans Ips noms 
propres, devant une con- 
sonne: Deapréaux, etc., 

Desaix, 262. [252. 

Desault, 206, 262. 

Desbarreaux, 253. 

Desbœufs, 253. 

Desbordes -Valmore (Mme), 

Desbuisson, 253. [253. 

Descamps, 253. 

Des Cars ou d'Escars, 253. 

Descartes, 253. 

descendre, etc., 246. 

Deschamps, 222, 253. 

Desclais, 253. 

desdits, desdites, 853. 

désenivrer, 69, 216. 

désennuyer, 217. 



Desessarts, 2)2. 
Desèze, 262. 
Desfieux, 253. 
Desfossés, 253. 
Des Garets, 253. 
Desgenettes, 253. 
Desgoffe, 2.ï8. 
Desgrieux, 253. 
Deshayes, 31, 112, 250. 
Deshoulières (Mme), 250. 
désir, désirable, etc., au 

théâtre, 56. 
Desjobert, 253. 
Deslandes, 253. 
Deslys, 253, 272. 
Desmahis, 253. 
Desmaisons, 253. 
Desmarest, 253. 
Desmarets. 253. 
Desmarres, 253. 
Desmars, 253. 
Desmasures, 253. 
Desmichels, 253. 
Desmolles, 253. 
Desmoulins (Camille), 252. 
Desmoutier, 253. 
Desnoire>terres, 253. 
Desnoyer, 253. 
Desnoyers, 253. 
désobligeamment, 61. 
Desormes, 262. 
désosser, etc., 89. 
Despeaux, 253. 
Despériers, 253. 
Despois, 253. 
despoblados, 264. 
Desportes, 254. 
Despréaux, 29, 252, 326. 
Despretz, 254. 
Desprez, 254. 
Desroches, 254. 
Desrosiers, 254. 
Desruelles, 254. 
Desrues, 254. 
dessaouler, 27. 
Dessauer, 30. 
Dessault, 29. 
dessous, dessus, 41 
Destigny, 254. 
Destouches, 254. 



476 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



désuétude, 2ô9. 

Desvergers, 254. 

Desvernois, 254. 

Des Yvetaux, 326. 

Detmer, 239. 

Detmold, 135. 

Deutz, 77, 329. 

deux. 327, 398. 

deuxième, etc., 323. 

DevÏBine, 253. 

Devonshire, 189. 

diagnostic, etc., 147. 

Diagoras, 272. 

Diaz, 328. 

Dickens (Ch.), 70, 272. 

dictamen, 72, 2t9. 

didrachme, 133. 

différentier, 294. 

dilemme, 65. 

dilettante, 56. 

diplomatie, 298. 

Diphtongues, ce que c'est, 
leur prononc, 119. — 
Avec l mouillée, 121. — 
Tableau de nos diph- 
tongues, 122 et suiv. 

discrimen, 72. 

distinct, 301. 390. 

district, 309, 390. [327. 

dix, ses diverses prononc. 

Dixan, 322. 

dix-huit, etc., 323. 

dixième, etc., 323. 

dixme, dixmer, etc., 324. 

Dixmude, 324. 

dix-neuf, etc., 323. 

dix-sept, dix-septième, etc., 
323. 

Dj . .. , dans les noms arabes, 
indiens, etc., 135. 

Djafar, 135. 

Djeddah, 135, 137. 

Djihoun, 191. 

Djim, 191. 

Djinn, 191. 

Dnieper ou Dniepr, 239. | 



Dniester ott Dniestr, 239. 

doigt, 391. 

dolce, 56, 134. 

Dolfns, 272. 

dolman, 24. 

dolmen, 72, 219. 

dom et don, 214. 

Dombasle, 254. 

Dombrowski, 99, 316. 

Domfront, 99, 214, 307. 

Dommartin, 214. 

Dompierre, 99, 214. 

domptable, etc., 222. 

dompter, etc., 214, 222. 

Domremy, 99, 214. 

donc, 132, 342. 

DonizettI, 311. 

dont, 393. 

Dordrecht, 179, 307. 

Doris, 272. 

Dos . . . , sa prononc.; 89. 

dossier, 89. 

dot, 299. 

Douai ou Donay (ville), 17, 
111. 

Douay (général), 31. 

Doubs (le), 128, 283, 379. 

douaire, douairier, douai- 
rière, 16. 

douceâtre, 47, 60. [283. 

Doullens mi Doulens, 69, 

Douamenez, 329. 

Dow, 313. 

drachme, 133. 

drap, 371. 

drawback, 316. 

Drayton, 112. 

Dresde, 257. 

dreyling, 150. 

Dreyse. 47. 

Drogheda, 145. 

drogman, 24, 145. 

Drouyn de Lhuys, 272. 

drowski, 316. 

Dryden, 72, 112. 

Du Bartas, 272. 



Dubos, 283. 

Dubost, 307. [2i0. 

Dnbousquet- Laborderie, 
Duboys-Fresnay. 254. 
Duchapt, 223, 305. 
Duchesne, 2.54. 
Duchesnois, 254. 
Dacis, 272. 
Ducoux, 326. 
Dudouyt, 305. 
Duez, 330. 
Dufresne, 254. 
Dufresnoy, 254. 
Dufresny, 254. 
Du Guesclin, 254. 
Dumas (Alex., etc.), 283. 
Dumesnil, 207, 2.54. 
Dûment, 307. 
Dnmouriez, 330. 
Dun, 110. 
Dunbar, 109. 
Duncan, 109. 
Dunciade (la), 109. 
Duncombe, 109. 
Dundas, 109. 
Dundee, 62, 109. 
Dundonald, 109. 
Dunkerque, 109. 
Duustan, 250. 
Dupanloup, 225. 
Dupleix, 325. 
Duprez, 330. 
Dupuytren, 71, 220. 
Duquesne, 254. 
Duquesnois, 2.^)4. 
Duras, 272. 
Durazzo, 331. 
Durer (Albert), 239. 
Duresnel, 254. 
Dustigneur, 262. 
Dussa ilt, 206. 
Dussaulx, 206. 
duumvir, etc., 108. 
Dwemicki, 313. [314. 

Dwina, ou Dvina, ou Dzvina, 
Dziennik (le), 328. 



E, 5e lettre de l'alphabet, 
son genre, 2, 3. — £muet, 
e fermé, e ouvert, 32. — 
Sa quantité, 418. 

E muet, sa valeur, sa pro- 
nonc, 32. — A la fin du 
mot, dans les phrases 



E. 

interrogatives et excla- 
matives, 34. — Au futur 
et au conditionn. des 17 
verbes becqueter, etc., 37. 
— Précédé d'une voyelle, 
39. — Au conditionn. dans 
aye, eye, 40. — Dans re««.. ., 



41. — Précédé de g, 47. 
— A la fin des mots latins 
et italiens, 47. — Dans 
l'épellation, 47. — Si l'e 
s'élide dans le, de, que 
devant a, e, i, o, u, x, y, 
f, h, l, m, n, r, s, et devant 



DES MOTS CITÉS DANS CET OUVRAGE. 



477 



un (nom de nombre), 48. 

— Sa prononc. dans la 
lecture de la poésie et 
dans le chant, 49. 

E fermé, sa prononc, 52. — 
Devant deux consonnes 
semblables, .13, 64, 55. — 
Devant ge, 55. — A la 
fin de la syllabe dans 
les mots étrangers, 56. 

E ouvert, sa prononc, 57. 

— Devant une syllabe 
muette finale , 57. — 
Devant les syllabes xe, 
xes, xenf, 57. — Dans 
le corps des mots, 58. — 
E devant les syllabes 
muettes finales, 58. — Ê 
dans le corps des mots, 
58. — E devant une ou 
plusieurs consonnes pro- 
noncées, !J8, 59. 

Ea, sa prononc, 60. 

Ea, 2 sons, 116. 

Eai, toujours précédé de 
9, 60. 

Kam, sa prononc, 61. 

Eamm, sa prononc, 61. 

Ean, ses diverses pro- 
nonc, 61. 

Eau, sa prononc, 27. — 
Devant les syllabes 
muettes finales, 28. 

Ebersbach, 179. 

Ebroin. 124. 

Ec final, sa prononc. , 131. 

ecce-homo, 56. 

ecchymose, 179^ 

échec, échecs, 131. 

échec et mat. 131, 299. 

écheveler, 43. 

écho, 179. 

Eckernfœrde, 93. 

Eckmuhl, 210. 

Ecouen, 70. 

Ed, eda (terminaisons), leur 
prononc, 52. 

Eden, 72, 220. 

Edgeworth, 314. 

Edimbourg, 84, 151. 

Edom. 215. 

Edwardes, 314. 

Edwards, .S14. 

Ee, ses diverses prononc, 

Ee, 2 sons, 116. [62. 

Éé, 2 sons, 116. 

Ee, 2 sons, 116. 



Eecloo, 101. 

Een, terminaison de noms 
propres, 71. 

Eeu, 2 sons: e-e«, 116. 

efifendi, 70. 

effervescence, 246. 

efflux, 326. 

Eginhard, 86, 136. 

égont, 394. 

égrugeure, 47, 78. 

Ehrenbreitstein, 73. 

Ehrenswperd, 73. 

Ei, sa prononc, 63. 

Ei, 2 sons, 116. 

El, 2 sons, 116. 

Eichsfeld, 187. 

Eichstœdt, 187. 

Eider ou Eyder, 239. 

Eie, sa prononc. , 63. — 
Eie, êtes, eienf, employés 
quelquefois dans les ver- 
bes au lieu de eye, eyes, 
eyen', 63. 

EU, eille, leur prononc, 60. 

Eim, sa prononc, 64. 

Ein, sa prononc, 64. 

Eisenach, 180. 

Elsleben, 72. 

éléphant, 387. 

éléphantiasis, 264, 295. 

Eleusis, 272. 

Elisabeth, 190, 305. 

Elssler (Fanny), 239. 

Em, ses diverses prononc, 
64. 

Emden, 66, 72, 214, 220. 

Emm . . . , au commence- 
ment des mots, 65, 213. 

Emma, 65, 213. 

Emmanuel, 65, 213. 

Emmaiis, 65, 213, 272. 

Emment (terminaison), 65, 
216. 

Emn . . . , sa prononc, 66. 

empoigner, 83. 

emprunt, 110, 394. 

Ems, 66, 272. 

En, ses diverses prononc, 
67. — Dans les mots en 
penta . . . , 70. 

en, 359, 361. 

enarbrer, 69. 

enelouure, 119. 

encoignure, 83. 

endosser, etc., 89. 

enfermer, 355. 

Engelmann, 149. 



Enghien, 71, 82, 145. 

enhardir, 69, 165, 216. 

enharnacher, enharnache- 
ment, 69, 165, 216. 

énigme, 145. 

enivrant, enivrer, 69, 216. 

Enn , au commencement 
et au milieu des mots, 68. 

ennemi, 36. 

Ennias, 68, 218, 272. 

ennoblir, etc., 68, 217. 

ennui, ennuyer, 68,217, 355. 

Enoch ou Hénocli, 180. 

enorgueillir, 69, 216. 

enquiers, enqulert, etc., du 
verbe s'enquérir 232. 

enregistrer, etc., 249. 

ensevelir, 43. 

Ent, finale muette dans les 
verbes, 47, 74. 

entrelacs, 133. 

envergure, 144. 

Eo , toujours précédé de g, 
sa prononc, 74. 

Eo, 2 sons, 116. 

Eoi, sa prononc, 75. 

Eon, toujours précédé de 
g, sa prononc, 75. 

Eos, 272. 

Eou, sa prononc, 75. 

Epaminondas, 272. 

épeautre, 28. 

Epernay, 31. 

Ephestion, 294. 

éphod, 135. 

Ephraïm, 84, 215. 

Epicharis, 180, 272. 

épichérème, 180. 

epitome, 56, 434. 

épizootie, 294. 

Epsom, 215. 

équateur, 226. 

équestre, 229. 

équitation, 229. 

Er (terminaison), sa pro- 
nonc, 52, 239. 

Erasme, 250. 

Erfurt, 305. 

Ermenonville, 203. 

Ernest, 305. 

Erostrate, 250. 

Ers (terminaison) , sa pro- 
nonc, 52. 

Erzeroum, 103, 215. 

Es, es, est, dans Jes, mes, 
tes, ses, ces, des, décès, 
accès, il est, etc., 60, 



478 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Es, pour en let, 264. 

EsaC, 117. 

escalier, l non mouillée, 

205. 
escap, 224. 
Escaut (!'), 307. 
Escbine, 254. 
Eschyle, 254. 
escient, 246. 
escompte, etc., 221. 
escoup, 224. 
escroc, 131, 340. 
Esdras, 257, 272. 
Espinasse, 250. 
Esquimaux, 29, 326. 
Esquiros, 273. 
Essiing, 151. 
est ou orient, 248. 
Esther, 239. 
Estienne, 254. 
Estoile (Pierre de 1'), 254. 
estomac, 131, 342. 
estoufifade, 251. 
Estramadure, 104. 
Estrées (d'), 254. 
et (conjonction), 52, 59, 

310, 390. 



Et, ets, prononc. de ces 
terminaisons, 69. 

et csetera ou et cœtera, 
14, 56. 

et vice versa, 57. 

étaim, 214. 

éteuf, 138, 348. 

Ethelred, 135. 

étiage, 295. 

Etie (terminaison), sa pro- 
nonc, 298. 

étiologie, 295. 

Eu, ses diverses prononc. 

Eu, 2 sons, 116. [76. 

Eua, 2 sons, 117. 

Eue final, sa prononc, 132. 

Eucharis, 273. 

eucharistie, 180. 

Eue, 2 sons, 117. 

euexie, 119. 

Eui, 2 sons, 117. 

Eulenbourg, 70. 

Eu}x final, sa prononc, 206. 

Eun, sa prononc, 79. 

Eurotas, 273. 

Evreux, 326. 

Ew, sa prononc, 317. 



Ex initial, 52, 53, 320. — 
Dans le corps des mots, 
53. — Final, 324. 

Ex, préposition latine, 327. 

examen, 72, 220. 

Excideuil, 321. 

exeat, 56. 

exécrable, etc., 320. 

Exelmans, 373. 

exempt, etc., 221, 388. 

exequatur, 226. 

exiguë, 118. 

exiguïté, 142. 

express, 264. 

extenso (in), 220. 

extra-muros, 264. 

Ey, sa prononc, 79. 

Eyder ou Eider, 112, 23.1. 

Eye, sa prononc, 80. 

Eykens, 273. 

Eylau, 112. 

Eymet, 112, 307. 

Eyne (ville), 80, 112. 

Eynezat, 307. 

Ez final, sa prononc, 52. 

Ezéchias, 187, 273. 

Ezéchiel, 187. 



r, 6e lettre de l'alphabet, 
son genre, 2, 3. — Ses 
diverses articulations, 
137. — JP finale ne prend 
l'articulation v que dans 
la liaison du mot neuf, 
nom de nombre, 335. 

Fabius, 273. 

Fabvier, 128. 

facétie, 298. 

fac-similé, 56. 

Fahrenheit, 63, 67. 

faim 214. 

faisable, 16. 

faisan, faisanne, 19. 

faisant, faisons, faisais, etc., 
du verbe faire, 16. 

faiseur, 16. 

fait (substantif), 301. 

Falkenstein, 70. 

familier, l non mouillée, 205. 

fantocchini, 134. 

faon, faooner, 26. 

Faou (le), 12, 27. 

Faouet (le), 12, 27. 

farniente, 56, 70. 

fascine, 246. 



F. 

fascicule, 246. 

fashion, fashionable, 101. 

189, 219. 
fat, 2y9. 
Faudras, 273. 

faulx ou faux (la), 29, 206. 
Faust, 30, 305. 
Favre (Jules), 312. 
Fawkes, 273, 316. 
Fayal, 113. 
Faye, 113. 
Fayel, 113. 
Fayence, 113. 
fayols, 207. 
Fayoum, 113. 
feld-maréchal, 134. 
feldspath, 134. 
feldzeugmeister, 134, 145. 
Féletz, 307, 329. 
femme, femmelette, 64, 216. 
Fénelon, 41. 
Fenestranges, 250. 
Fénianisme, sa signification, 

248. 
Fénian, 86. 
fenil, 208. 
fenouil, 208. 



fer-blanc, 340. 

Ferney, 325. 

Fersen, 72. 

Fesch, 188. 

festoyer, 251. 

FétiB, 273. 

Fez, 329. 

fief, 138. 

Fieldlng, 152. 

fier (adjectif), 241. 

fier (verbe), 244. 

Fieschi, 180, 250. 

figuier, 144. 

fil, fils (à coudre), 210. 

Filhol, 205. 

filleul, 210. 

fils, 208, 284, 379. 

Finlande, 85. 

Finmark, 85. 

Finnois, 86, 218. 

Fitz-Gérald, 294. 

Fitz-James, 294. 

Fiume, 104. 

flanc, 341. 

Pléchier, 344. 

flegme, etc., 145. 

Flensbourg, 71. 



DES MOTS CITÉS DANS CET OUVRAGE. 



479 



fleur de lis, 290. 
Flearus, 273. 
florès, 265. 
Flotow, 317. 
Flourens, 273. 
flux, 325, 326. 
Fœhr, 93. 
Fœroé, etc., 92. 
foerre, 94. 
fœtus, 26.5. 
Fois, 326. 

Folkestone, 88, 25 . 
fondre, .346. 
fonds, 137. 
Fontevrault, 206. 
forceps, 265. 
Foreing-Office, 152 
Forêt?, 307. 
Forez (le), 330. 
fort, 395, 396. 
forte-piano, 57. 
fortiori, (a), 297. 



Fos . . . , Ha prononc, 89. 

fosse, fosse, 89. 

Fottieringay, 31. 

Foudras, 273. 

Fould, 135. 

Foulques, 192. 

Fouquet, 307. 

fourmilier, l non mouillée, 
201. 

fourmiller, 21 mouillées, 201. 

fournil, 207, 353. 

fraisil, 207, 353. 

Franc (peuple), 133, 340. 

franc, franc -maçon, franc- 
archer, etc., 133, 340. 

Francfort, etc., 133. 

Francis, 273. 

François, 283, 379. 

frangipane, 147. 

Frantz, 329. 

Frawenfeld, 316. 

Frayssinous, 283. 



Freden'cks-Hald, 250. 
Fredericktown, 317. 
Freemann, 62. 
Fréjus, 273. 
Fresnaie (la), 254. 
Fresnay-le-Vicomte, 254. 
Fresnel, 254. 
Fresnes, 254. 
Fresnoy-le-Grand, 254. 
fret, 302. 
Friedland, 136. 
Frioul (le\ 210. 
Fritz, 329. 

Froeschweiler, 93, 188. 
frutescent, 246. 
Fuad-Pacha, 135. 
Fualdès, 273. 
fuchsia, 180, 248. 
Fugger, 239. 
Funchal, 109, 187. 
fusil, 207, 353. 



G, 7e lettre de l'alphabet, 
son genre, 2, 3. — Ses 
diverses articulations, 
140. — Devant a, o, u, 
140. — Devant les con- 
sonnes, 140. — Devant 
t, i, y, 140. — Qu, ses 
diverses prononc, 141 
à 145. — G devant d, 
m, h, 145. — Dans les 
mots italiens, 145. — 
Gh dans les noms an- 
glais, 146. — G dans 
Long . . . , Kœnig . . . , 
146. — Devant e ou i 
dans les noms étrangers, 
149. — A la fin des mots 
chinois et japonais, 152. 
— G doublé, 162. 

Gablenz, 71, 329. 

Gadès, 273. 

Gaëte, 15. 

gageure, 47, 78. 

gai, gale, 16. 

gaiement ou gaîment, 16. 

gaieté ou gaîté, 16. 

Galanthis, 273. 

Galatz, 329. 

galimatias, 295. 

Galland, 136. 

Galloway, 312. 

Gallus, 273. 



O. 

galop, 22,5, 371. 
Galway, 312. 
Gambetta, 311. 
Gand, 136 
Ganilh, 190, 205. 
gant, 387. 
Gap, 224. 
Gard (le), 186. 
Garnier-Pagès, 273. 
gars, 237, 280. 
Gassendi, 71. 
Gastein, 64. 
Gaultier, 206. 
gayac, 113. 
gaz, 328. 

Gea, sa prononc, 60. 
Geai, sa prononc, 61. 
geai (oiseau), 16. 
Geefs, 62. 
Geer, 62 

Gees ou Gihz, 62. 
Geestemunde, 62, 109. 
Geestland, 62. 
Gélimer ou Gilimer, 239. 
Gémeaux, 29. 
Gemenos (bourg), 273. 
gemme (sel), 65. 
Gemund ou Gmund, 109. 
Geneviève, 35. 
Génésareth, 305. 
Gengis-Khan, 69, 273. 
génipayer, 113. 



Genlis (Mme de), 273. 
gens, ses diverses prononc, 

284, 37i>. 
Genséric, 71. 
gent, 302. 
gentiane, etc., 296. 
gentil, gentille (agréable'*, 

207, 354. 
Gentil (nom pr.), 207. 
Gentil-Bernard, 207. 
gentilfemme, 208. 
gentilhomme, etc., 205, 208. 
Gentilly, 201. 
gentils (idolâtres), 207. 
gentleman, gentlemen, 

24, 70, 72. 
géognosie, 147. 
geôlage , geôle , geôlier, 

geôlière, 74. 
geôle, geôlier, 47. 
George, Georgette, Geor- 

gine, Georgina, 74. 
George Sand, 135. 
géranium, 215. 
Géricault, 206. 
Germanicus, 273. 
Gers (le), 237, 283. 
Grerstenberg, 151. 
Géruzez, 330. 
gésir, 261. 
Gessen, 72, 220. 
Gessler, 149, 239. 



480 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Gessner ou Gesner, 239, 250. 

Gh à la fin des noms an- 
glais, 146. 

ghiaber, 145, 241. 

ghlaour, 145. 

Ghisi, 145. 

Gibelins, 36. 

Gibus (chapelier), 273. 

gibus (chapeau), 265. 

Gien, 7], 83. 

Gier (le), riv., 244. 

Giessen, 72, 149, 220. 

gigantesque, 140. 

Gigean, 61. 

gigot, 140, 394. 

gilbertie, 294. 

Gil Blas, 273. 

Gilimer ou GéUmer, 239. 

Gille, 204. 

gingembre, 85, 140. 

gingeole, 74. 

ginseng, 151. 

giorno (à), 150. 

Girault-Duvivier, 30, 206, 

Giroust, 308. [308. 

gisant, gisons, gisez, gisais, 
etc., du verbe gésir, 261. 

Gisquet, 250. 

gitanos, 149. 

Givet, 308. [149. 

GJ dans les noms italiens, 

Gladstone, 88. 

Glaris, 273. 

Glascow ou Glasgow, 317. 

glauber, 241. 

Glocester, 240. 

Gluck, gluckistes, 103, 104. 

gluten, 72. 

Gmund ou Gemnnd, 109. 

Gn initial, toujours dur, 
excepté dans gnaf, 147. 
— Au milieu des mots, 
147. — Gn dur, 147. — 
(?n mouillé, 148. — Dans 
les noms italiens, 149. 

gnaf, 147, 148. 

Gnide, 147. 

gnome, etc., 147. 

gnou, 147. 

Gobelins, 36. 

Gœben, 72, 92. 

Goethe , 93. Prononcez 
geutt (g dur, eu fermé 
et long). 

goétie, 9(, 298. 

Gœtz de Berlichingen, 93. 

Gœtheborg, 93. 



Gœttingue, 93. 

Goldschmidt, 136, 808. 

Goldsmidt, 305. 

golilla, 204. 

gone, prononc. de cette 
terminaison, 88. 

gong, 152. 

Gonzalès, 273. 

Gordins, 273. 

Gordon, 100. 

Gorgias, 273. 

Goritz, 329. 

Gortschakofif, 187. 

Goszczynski, 328. 

Goth, 305, 394. 

goulot, 394. 

goum, 215. 

Gouniti, 103. 

Gounod, 135. 

goyave, 113. 

Gracchus, 180, 273. 

Grœtz ou Gratz, 14, 329. 

gramen, 72, 219. 

Grand . . . initial, 135. 

Grandvaux, 29. 

granit, 299. 

Grant, 306. 

Granville, 204. 

Grasseyement, défaut 
commun aux Pari- 
siens, 236. 

gratiole, 297. 

gratis, 265. 

Great-Eastern, 12, 60. 

Greenwich, 62, 312. 

grenier, 374. 

Gréoulx ou Gréouls, 206, 
283, 326. 

grésil, 208. 

grief, 138. 

gril, 208. 

Grimm, 84. 

Groenland , Groënlandais, 

grog, 151. [71, 136. 

groom, 102. 

Grosbois, 254. 

Gros . . . , sa prononc, 89. 

Gross-Beeren, 62, 220. 

grosse, grosseur, etc., 89. 

Grotius, 297. 

gronp, 224. 

Gruyer, 113. 

gruyer, gruyère, 113. 

Gruyères, 113. 

Gu fait quelquefois diph- 
tongue avec la voyelle 
suivante, 105. — Mots 



dans lesquels gu se pro- 
nonce gu et fait diph- 
tongue, 141. — Mots dans 
lesquels il se prononce 
gou et fait diphtongue, 
143. — Se prononce 
comme g dur partout 
ailleurs, 143. 

Giia . . . initial, sa prononc, 
143. 

Guacara, 143. 

Guadalaviar, 113. 

Guadalaxara, 143. 

Guadalqaivir, 143. 

Guadeloupe (la), 143. 

Gnadet, 144. 

Guadiana, 143. 

guagui, 144. 

Guanahani, 143. 

guano, 143. 

Guarda, 143. 

Guardafui, 143. 

Guarini, 143. 

Guatemala ou Guatimala, 
143. 

Guayaquil, 113, 143, 210. 

Guayra (la), 113, 143. 

Gue, ses diverses prononc, 
141. 

Gii'é, prononc. de cette syl- 
labe, 47, 118. 

Guebwiller, 240. 

Gueldre (la), 144. 

Guelfes (les), 144. 

guembé, 65, 142. 

Guerche, 144. 

guérilla, 204. 

Guéret, 308. 

Guernesey, 80, 111, 144. 

gueule, 144. 

Gui, ses diverses prononc, 
141. 

gui, 144. 

Guiane ou Guyane (la), 144. 

guib, 128. 

Guide (le), peintre, 142. 

guide, guider, 144. 

Guienne ou Guyenne (la), 
144. 

Guillaume 28, 199. 

Gainée (contrée), 144. 

guinée (monnaie), 144. 

Guingamp, 144. 

Guiot, 144. 

Guipuscoa, 142. 

Guise (famille), 142. 

Guise (ville), 142. 



DES MOTS CITÉS DANS CET OUVRAGE. 



481 



guise (façon, manière), 144. 
guit-guit, 144. 
Guizot, 142. 
Gunther, 109. 



Gurk, 237, 

Gustrow, 317. [69, 151. 

Gutenberg on Guttemberg, 
gutta-percha, 104, 133, 180. 



Guy, 144. 
Guy-Lu8sac, 291. 
gymnase, 111, 114, 140. 
gypsi, 149. 



H, 8e lettre de l'alphabet, 
son genre 2, 3. — Va- 
leur de cette lettre, 4. 
— Muette ou aspirée, 

154, 155. — Comment 
se prononce Vh aspirée, 

155. — Liste ûe<i mots 
dont Vh initiale est aspi- 
rée, 156. — /f au milieu 
des mots entre deux 
voyelles, 165. — Précé- 
dée ou suivie d'une con- 
sonne 165. — H initiale 
dans les noms propres, 
166. — ^précédée d'une 
voyelle et terminant la 
syllabe, 190. 

habeas-corpus, 263. 

habileté, 36. 

Habsbourg, 151, 166. 

hachisch ou hatchich, 156. 
188. 

Hœndel, 14. 

Hagel, 149. 

Hainaut (le), 166. 

Haïti, 168. 

hallali, 170. 

Halle, 166. 

Halphen, 72. 

Ham, 23, 166, 215. 

Hambourg, 23, 151, 166. 

Hampshire, 166. 

Hanipshire (New-), 189. 

hamster, 23. 

hanap, 224. 

Hanovre, 166. 

hansgrave, 158. 

haras, 158. 

Harding, 152. 

harem, 66, 215. 

Harlem, 66, 167, 215. 

harnais ou harnois, ses di- 
verses prononc, 98, 280. 

Harold, 135. 

Haroun, 103. 

harpaye, 113. 

Harpalos, 273. 

Harrington, 152. 

Hassoun (monseigneur), 
103, 220. 
Lesaint, Prononciation 



Hasting, 152. 

Hastings, 1.52, 169. 

hatti-houmayoun, 103, 113. 

Haussmann, 25, 169, 220. 

haut, 387. 

Haut . . . , dans la compo- 
sition des mots: haut- 
bois, etc., 292. 

Hantpoul (d'), 169, 292. 

Havane, 167. 

Havas, 273. 

Havre (le), 167. 

Haxo, 322. 

Haydn, 31, 220. 

Haye (la), 31, 112, 167. 

heaume, heaumerie, 28. 

Hébreu, 169. 

Hector, 169. 

héemer, 241. 

Heine (Henri), 47. 

hélas! 265; en poésie, 290. 

HéUopolis, 273. 

Hélios, 273. 

Hellènes, 169, 195. 

Hellespont, 169. 

Helmstsedt, 136. 

Héloïse, 169. 

Helvétie, 169. 

Helvéïius, 169, 273, 297. 

hem! 214. 

Hengist et Horsa, 306. 

hennir, hennissement, 67, 
217. 

Hénoch, 180.