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Full text of "Vestiges des principaux dogmes chrétiens, tirés des anciens livres chinois"

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FROM THE BBQUBST OF 

JOHN HARVEY TREAT 

OF LAWRENCE, MASS. 
CLASS OF 1862 



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VESTIGES 



DES 



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PRINCIPAUX DOCILES CHRÉTIENS 

TinÉS DES ANCIENS LIVRES CHINOIS 

Avec Reproduction des Textes chinois 
Pab lb p. de: PRÉZUilLlUE: , J&iniTE 

Ancien Missionnaire en Chine. 



• Traduits du latin^ accompagnés de différents compléments 

et remarques 



. ' 



PAU MM. 



A. BONNETTY 



I Directeur des Annales de PhUoto- 
I phie chrétienne. 



PAUL PERNY 

Ancien Pro-Vicaire Apostoliquo 
en Chine. 



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PARIS 

BUREAU DES ANNALES DE PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE 

BUK DS BABTLONSy N"* 39. 

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"5. 



VESTIGES 



DES 



PRINCIPAUX DOGMES CHRÉTIENS 



TIRES DES ANCIENS LIVRES CHINOIS. 



II PREFACE. 

par le passé. Les découvertes modernes si curieuses, et si éton- 
nantes, rhistoire mienx connue des peuples anciens, la philo- 
logie comparée des langues, tout sert à présent à rendre ce 
fait de plus en plus palpable. 

Toutefois, aucun peuple ancien n'a su conserver aussi in- 
tactes et aussi nombreuses les vérités primitivement révélées 
aux hommes^ que le peuple Chinois. 

Dans des livres, incontestablement les plus anciens mo- 
numents profanes de l'antiquité, les Chinois nous ont conservé 
presque tous les dogmes essentiels et toutes les prescriptions 
morales de ce Christianisme primitif. Sans les ténèbres épaisses 
que le Bouddhisme est venu répandre sur la Cbine, les habi- 
tants de ce vaste empire ne seraient peut-être pas tombés dans 
ce paganisme si étrange et si profond que Ton trouve malheu- 
reusement chez eux. 

Les premiers Missionnaires, qui ont évangélisé la Chine^ 
n'avaient aucuue notion de la langue et des traditions chré- 
tiennes conservées dans cet empire. Il leur a fallu du temps 
pour discerner les signes caractéristiques des trois grandes Eco- 
les pbilosophico-religieuses qui se partageaient les intelli- 
gences en Chine. À la fin, ils ont débrouillé ce chaos de 
croyances si diverses et si mélangées. Us ont pénétré dans les 
arcanes de cette vieille langue chinoise, qui remonte peut- 
être au berceau du genre bumain, sinon par ses livres, au 
moins, par la combinaison de ses caractères. 

A mesure qu'ils comprenaient les livres que les Chinois 
appellent du nom de Kings (livres par excellence) et pour 
lesquels ils ont une vénération qui ne le cède pas à celle des 
Catholiques pour les livres saints, les anciens Missionnaires 
étaient prodigieusement étonnés de trouver^ soit dans ces 
Kings, soit dans leurs Commentaires^ des croyances si sem- 
blables à celles du Christianisme. 

Les plus savants de ces Missionnaires se mirent à compulser 
avec soin tous les monuments écrits de l'antiquité chez les 
Chinois. Us comprirent sagement tout le parti qu'on pouvait 
en retirer pour l'introducUon du Christianisme en Chine. Âù 
nombre de ces missionnaires intelligents, capaUe8> savants 
dans la langue chinoise, nous nommerons seulement ici le 



PREFACE. III 

P. Joseph-Henri de Prémarej né à Cherbourg, et mort en 
Chine» en 1734 ou 35« Pendant près de quarante ans (^e sa \ie 
il s'appliqua à approfondir le sens des caractères chinois, à 
extraire des livres de cette nation tout ce qui pouvait rappeler 
les traditions primitives, afin de les faire ainsi contribuer à 
prouver la doctrine de l'Eglise catholique. 

La méthode de ces savants Missionnaires est celle de tous les 
anciens et modernes apologistes du Catholicisme, sans en 
excepter les Apôtres mêmes, Aussi n'est-ce pas sans une sorte 
d'étonnement que l'on voit ces savants Missionnaires essuyer 
de la part de quelques-uns de leurs confrères une sorte de per- 
sécution. 11 semblait à ceux-ci que c*était faire injure au 
Christianisme que de découvrir quelques-uns de ses dogmes 
dans les livres d'un peuple païen. 

Le P. Prémare était convaincu qu'un jour viendrait où tous 
les Missionnaires de la Chine seraient unanimes à chercher 
les traces des traditions primitives dans ces livres antiques, 
et dans cette prévision, il lut et relut cent fois les Kings, ainsi 
que les livres classiques, les commentateurs et les anciens 
historiens chinois. Il recueillait tous les passages qui lui sem- 
blaient être des restes de ce Christianisme primitif, et il en 
vint, avec tou^ ces textes, à composer, pour la Chine, le plus 
beau et le plus savant traité d'apologétique catholique. 11 lui 
a fallu plus de trente ans de patientes recherches pour com- 
poser ce savant traité auquel il a donné le titre de : 

Selecta quœdam Vestigiaprocipuorum Christianse Relli- 
gionis dogmatum^ ex antiquis Sinarum libris eruta ^ 

Son manuscrit fut envoyé à ses supérieurs en France, et soit 
à cause de la persécution générale que soulevait alors contre 
la société de Jésus les puissances de l'Europe, soit à cause des 
troubles civils de la France, le précieux manuscrit fut laissé 
dans l'oubli. Heureusement^ il ne périt pas à Tépoque de ces 
bouleversements civils. La grande bibliothèque de la rue Ri- 
chelieu acquit ce manuscrit, ainsi que bien d'autres des an* 
ciens missionnaires de la Chine. 

Depuis nombre d'années ce manuscrit nous avait été signalé 
et nous en obtînmes communication. Nous en comprimes de 

t Sur ce maniucrU Toir VAppendice à la fin de la préface, p. xit. 



IV PRÉFACE. 

suite toute la valeur et nous commençâmes à en donner une 
analyse et des extraits dans les Annales ^ 

Mais nous comprîmes bientôt que cette analyse, sans la pu- 
blication des textes chinois, n'avait qu'une importance secon- 
daire. Nous suspendîmes donc cette publication qui avait 
pourtant frappé 1 attention de plus d'un savant en Europe, et 
nous crûmes qu'avec tons les progrès qui avaient lieu dans 
l'étude des langues de l'Orient, il n'était pas possible que les 
caractères de la langue chinoise n*entrâssent pas dans le com- 
merce ordinaire des imprimeries. 

L'imprimerie nationale avait bien une collection de carac- 
tères formés d'après des types en bois que M. St A. Julien avait 
fait venir. Mais ils étaient informes. 11 y avait ceux gravés par 
M. Legrand sous la direction deJH. Pauthier, plus gracieux, 
plus jBxacts; mais ils étaient incomplets et d'ailleurs ces deux 
caractères étaient plus grands que ceux de nos caractères 
ordinaires d'imprimerie ^. Il fallait donc un type qui pût s'ac- 
corder avec les caractères usuels. D'ailleurs, les frais de cette 
publication^ faite par l'imprimerie officielle, eut dépassé nos 
ressources. 

La Providence y a pourvu. Les Missionnaires anglican«< 
avaient fait graver en Chine pour l'impression de leurs livres^ 
un très-beau caractère. Mais il fallait le faire venir en France. 
L'imprimerie nationale^ encombrée de ses types informes^ ne 
songeait nullement à se les procurer. Un simple Missionnaire a 
opéré cette réforme. 

Avec une constance étonnante, M. Tabbé Perny, de la 
Congrégation des Missions-Étrangères, et missionnaire en 
Chine depuis 25 ans, vint en Europe avec le projet de remplir 
une lacune dans les missions chinoises^ en fournissant aux 
Missionnaires les livres nécessaires pour remplir complète* 
ment et plus facilement leur apostolat. 

Par sa seule initiative, avec des peines infinies^ et malgré 
des entraves sans nombre^ il a fait venir de Chine une frappe 

^ Voir Annales, t. xiv, xv, xti, xvni^ xix (2« série) 1837-39. 

' Les Annales de philosophie ont donné des spécimen de ces caractères 
dans leur t. xvi, p. 227 (4* série) pour ceux de M. Julien^ et t. iii, p. 126 et 
souvent pour ceux de M. Pauthier (5« série). 



PRÉFACE. V 

de matrices, et c^est avec le secours des caractères coulés en 
France sur ces moules, qu'il est devenu non-seulement l'au- 
teur, mais le compositeur matériel des volumes que nous al- 
lons citer ci'dessous. 

C'est avec ces secours et sa collaboration que nous avons pu 
reprendre la publication intégrale, avec traduction et textes 
chinois, de l'ouvrage du P. Prémare. 

On ne saurait se faire une idée des peines et des soins que 
cette impression nous a coûtés. 11 a fallu faire graver, à nos 
frais, les caractères antiques si nombreux dans cet ouvrage. 
Un gouvernement seul aurait pu se charger de ce travail, et 
aucun gouvernement ne l'aurait entrepris. Car les travaux du 
P. Prémare, recherchant les vestiges des Traditions chrétien- 
nes primitives dans les livres chinois, ne sont pas approuvés 
ni compris de nos savants. Cependant, lorsque nous avons 
entrepris cette publication, H. Jules Mohl, directeur des 
publications orientales à l'imprimerie officielle, nous dit : 
«Jamais je n'aurais proposé la publication de cet ouvrage; 
» mais je suis bien aise que i^ous Tayez entreprise. Car il y a 
» là beaucoup à apprendre. » 

C'est ainsi que nous avons pu mener à bonne fin l'impres- 
sion de ce livre qui ouvre une voie nouvelle à Tapologétique 
catholique, et à la prédication du Christianisme en Chine. 

Hais nous ne devons pas seulement signaler la nécessité de 
n'aborder les Chinois qu'en connaissant leur langue et leurs 
livres, il faut encore que nous en indiquions les moyens. Ces 
moyens sont tout trouvés par la publication des ouvrages de 
M. i'abbé Perny. Ces livres sont : 

!• Grammaire de Isl langue chinoise orale et écrite; — 
tome !•', Langue orale, grand in-8% vii-248 p. Paris, 1873, 

10 fr. 

2. Gramm^iire de la langue chinoise orale et écrite; — 
tome 2«, Langue écrite, grand in-8*», xvi-547 p. Paris, 1876. 

20 fr. 

3. Dialogues chinois-latins, traduits mot à mot avec la 
prononciation accentuée; vol. in-8% vu-232 p. Paris, 1872. 

8fr. 



Yl PRÉFACE. 

4. Proverbes chinois, recueillis et mis en ordre^ vol. 
in-12. 3 fr. 

5. Dictionnaire français-latin-chinois de la langue man- 
darine -par îée; in-4o, viii-459 p. Paris, 1869. 

6. Appendice du Dictionnaire français-latin-chinois de 
la langue mandariné-parlée, in-4^ xv-2704-172, Paris, 1872. 

Coq tenant : 

1. Une notice de rAcadémie impériale de Péicio. — 2. Une notice sur la 
botanique des GhiDois. — 3. Une description générale de la Ctiine. — 4. La 
liste des empereurs de la Chine avec la date et les divers noms des années 
de règne. — 5. Le tableau des principales constellations. — 6. La liiérarcliie 
complète des mandarins civils et militaires. — 7. La nomenclature des villes 
de la Chine avec leur latitude. -^ 8. Le livre des 100 familles avec, leurs 
origines.— 9. Une notice sur la musique chinoise et sur le système monétaire. 
— 10. La synonymie la plus complète qui ait été donnée jusqu'ici sur toutes 
les branches de Thistoire naturelle de la Chine» plantes, zoologie^ mammifèrest 
ornithologie, reptiles, ichthyologle, crustacés, mollusques^ entomologie' 
minéralogie, avec leur nom français, puis latin, puis chinois. 

7- Vocabularium Latino-Sinicum ad usum studiossa 
juventutis sinice, vol. grand in-8^ 15 fr. 

Ayec ces livres^ et surtout avec le secours des Missionnai- 
res qui ont habité longtemps la Chine, et qui se trouvent dans 
chacune des maisons religieuses qui envoient des mission- 
naires en Chine, les jeunes missionnaires pourront non seu- 
lement apprendre le chinois, mais encore en avoir la pronon- 
ciation. 

Alors ces Missionnaires pourront, en abordant en Chine^ se 
mettre immédiatement en rapport avec les Lettrés chinois à 
qui ils pourront dire : 

a Nous ne sommes pas pour vous des étrangers, nous som- 
» mes des frères, nés d'un même père, séparés depuis longtemps 
» en familles diverses, mais ayant conservé de nombreuses et 
» très-nombreuses preuves de notre commune origine. Aussi 
9 ce n'est pas une Religion nouvelle que nous venons vous 
» annoncer, c'est le complément, la suite, l'explication, la cor- 
» rection de vos propres croyances; voici nos livres, voici nos 
D traditions, nos croyances; consultons ensemble vos livres, 
» que nous connaissons, que nous traduisons, et vous verrez 

1 ISt fletunum ovile et unus pastor {Joan, x, 16). 



PRÉFAGB. VU 

» qne^ pour le fonds et dans Tantiquité, tous avez les mêmes 
> croyances qae nous. Nos Hvres expliquent complètement les 

* vôtres ; les vôtres éclaircissent les nôtres en quelques points. 
1 Vos Doctiiurs, vos Sages, vous renvoient toujours à vos 

* ancêtres; nous fesons comme eux, nous vous annonçons ce 
» SAINT dont parlent vos livres, et nous vous apportons son 
B enseignement. Ce Saint a dit qu'il viendrait un temps, où 
» il n'y aurait qu'un bercail et qu'un berger *; c'est ce que 
» nous devons les uns et les autres chercher à réaliser. » 

On comprend combien un tel langage doit étonner et inté- 
resser en même temps les Lettrés chinois^ esprits investiga* 
teurs, amateurs des subtiles doctrines et conservateurs de tant 
de vieilles traditions. 

Halhenreusement, ce n'est pas là le système que Ton a suivi 
jusqu'à présent. Imbus de cette funeste erreur philosophique 
que les peuples, avant la venue temporelle du Verbe-Jésus^ 
n'avaient qu'une Religion naturelle, produit de la sponta** 
oéité native des forces naturelles^ de la Raison seule, les savants 
et les prêtres refusaient de croire à ces traditions et craignaient 
même de trouver des ressemblances chrétiennes dans les 
croyances païennes. Us prétendaient que ces croyances n'au- 
raient pu avoir lieu qu'en vertu d'une révélation directe et 
nouvelle de Dieu à ces peuples. 

Ainsi M. de Guignes a mis en tête de son édition du Chou- 
king un beau travail du P. Prémare, auquel il a donné pour 
titre : Disœurs préliminaire, ou recherches sur les temps 
antérieurs à ceux dont parle le Chou-king, et sur la mytho- 
logie chinoise, par le P. Prémare *. C'est le recueil des tradi- 
tions mythologiques des Chinois et de tout l'Orient. Il est extrait 
principalement de Lo-py qui a donné à son livre le nom de 
Loic-ssee ou Les choses laissées sur le chemin, contenant en 
effets les fables et les traditions rejetées par les historiens. On y 
trouve des personnages etdes faits mythiques, comme ceux de 
la Grèce ou de Rome, mais sur lesquels la critique moderne 
peut et doit s'exercer : c'est le plus grand champ de recherches 
et de découvertes dans l'histoire obscure des temps primitifs. 

Dans ces fables et ces mythologies^ il y a et il a dû y avoir 

> Chou-king, de la p. zur à czliv. 



^•" PKÊFACE. 

des vestiges des enseignemenls du premier professeur et insti- 
tuteur de l'homme, le Verbe-Jésus. Cet enseignement a laissé 
des traces dans toutes les mythologies, mais elles sont plus 
nombreuses en Chine que partout ailleurs. 

D'après les funestes et faux enseignements philosophiques, 
tous ces vestiges provenaient des connaissances naturelles 
fruits spontanés de l'esprit humain; alors le savant s'esteffrayé' 
et II a conclu que s'il en était ainsi, il en serait fait du Chris' 
tiamsme qui serait devenu une religion naturelle ; et alors 
qu a fait M. de Guignes? il a purement et simplement retranché 
tous les textes, où le P. Prémare rapprochait les traditions 
chinoises des croyances bibliques, ce qui aurait comporté 
pensait-il, une Révélation directe et aurait constitué les 
auteurs chinois ne Prophètes. C'est ce qu'il avoue lui-même • 
«Plusieurs Missionnaires, dit-il, qui avaient trouvé dans 
. 1 histoire chinoise des détails qui ne leur paraissaient pas 
• con^emr a la Chine, ont pensé que toute cette ancienne his- 
» toire n était qu'une allégorie, que les rois ou princes dont il 
. est parle dans le Chou-king, n'avaient jamais existé, que ceux 
. qui se sont distingués par leurs vertus n'étaient que des tynes 
. du Messie, et, en conséquence de celte idée, ils ont cru re- 

. trouver tous nos mystères, annoncésprophdtiçuement, danà 
. cette histoire aUegorique.... Le P. Prémare a fait usaie de 
» toutes ses connaissances pour l'établir ; on serait su rpriTde le 
. voir trouver partout des traces prophétiques de la Religion 
. chrétienne. L ouvrage sur les temps fabuleux des Chinois a 
. ete fait a ce pomt de vue. J'ai cru qu'il était inutile de 
. laisser subsister, dans un morceau plein d'érudition 
» toutes ces idées ; j'ai retranché toutes les petites ré^ 
. fle^ons qui pouvaient y avoir rapport, et comme le 
» P. Prémare a mis a la marge les passages en chinois ie 1«, 
. ai revus. Par ce moyen, cet ouvrage devient très-précieur 
» puisquil nous donne toutes les anctennes Fables chinoises» .' 
Sur cela nous devons dire que quelques Missionnaires ont 
eu t«rt de mer 1 existence réelle de plusieu.^ empereur* ou 
patriarches chinois. Ils pouvaient être en même temps rtels et 



■ Prétoca dn Ch(m-king, p. xlu. 



pRiriCB. K 

types, comme Abraham et Isaac dans la Bible. C'est à la cri- 
tiqae à discuter cette question ^ 

A la suite de M. de Guignes, M. Ahel Rérmisa.t refusait de 
Yoir des traditions sacrées dans les livres chinois, et croyait, 
comme Fourmont^ que les anciens Chinois n'étaient pas pro^ 
phètes *. A leur suite M. Stan. Julien tombe dans la même 
erreur, et pense que s'il y avait des t^esti^es chrétiens dans 
leare livres, il faudrait dire que Dieu aurait fait aux Chinois 
une Révélation anticipée '; comme s'il n'y avait pas eu une 
révélation primitive avant celle qui a eu lieu^ quand le Verbe 
s'est fait homme. 

Chose singidière, le P. Prémare lui-même se laisse aller 
jusqu'à traiter certains auteurs chinois de Prophètes ^« 

Enfin, même de nos jours, il y a encore des prêtres et des mis- 
sionnaires qui, ne pouvant plus nier les similitudes chrétien- 
nes des paroles de Confucius, arrivent à dire : « qu'il ne serait pas 
1 impo^ble qu'il euiprophétisé, comme l'ftnesse de Balaam ^ > 
Tel est rétat de la science chinoise parmi les chrétiens imbus 
des principes puisés dans les Cours de philosophie fondés sur 
les seules forces naturelles. Après eux, les savants non chré- 
tiens, si nombreux en ce moment, et qui ont fait leur éducation 
à l'École normale et dans les Lycées, où toute la Philosophie 
est fondée sur la spontanéité de M. Cousin, et sur la Raison^. 
seule origine et juge de toutes les croyances, se sont emparés 
des faux principes de la Théologie naturelle, et trouvant, dans 
les livres chinois et autres, des similitudes incontestables avec 
les croyances chrétiennes, en ont conclu que le Verbe-Jésus, 
ce fils du charpentier, avait voyagé en Orient et que c'est de là 
qu'il a tiré cette doctrine récente, appelée Christianisme» 
Ce sont ces erreurs matérielles et palpables que nous voulons 



1 Voir Qo essai de cette criUqoe dans le Tableau cNapràs, p. 403. 

s Rémasat, Nouv. mélanges otiol., t. ii, p. 247 ; voir Ànnalet de phiL, 
t. Tii,p. 312 (6« série). 

< Voir sa Uad. du Tao4e4nng, p. i? . 

« Vcir ci-aprèS; p. 475. 

* Voir Canjueius ; Essai historique, par M. Tabbé CronoeTolse, misslon- 
naire en Chine, p. 55, Rome, 1874. — Voir Annales de philosophie, U ynn, 
p. 467 (6« aérie). 



X PHEPACE. 

• > 

corriger, et c'est pour cela que nous avons publié le présent 
ouvrage du P. Prémare. 

C'est un commencement. Il y a bien d'autres ouvrages en 
Chine, qui nous feront connaître les fables, la mythologie, les 
traditions des temps antiques. On a traduit et retraduit les 
fables grecques et latines, qu'on trouve dans Orphée^ Hésiode, 
Homère^ Apollodore, Virgile, Ovide, Hygin\ eic.^ pourquoi 
ne pas traduire le Choué-veriy expliquant le pourquoi de la 
combinaison des anciens caractères et qui nous apprend par 
exemple que les anciens Chinois s'abordaient en disant : Quand 
est-ce que V Agneau viendra ? et Est-ce que le Serpent n*est 
pas caché icP ? Il y a aussi à traduire le Lou-sse de Lopi, qui 
contient les choses laissées sur le chemin^ si souvent cité ici 
par le P. Préraare, et le Chan-haï-hing ^ le livre des fables an- 
tiques ^, et le Eui-ya, et le Sse-ky de Sse-ma-tsien, qui nous 
dit que les anciens rois sacrifiaient à la Suprême unité, 
tous les sept jours ^. 

On a traduit le Y-king^ le livre mageur et premier des chi- 
nois ; mais on l'a mal traduit. Le P. Régis a eu l'inconcevable 
pensée de supprimer les commentaires de Confucius pour y 
substituer les siens. Le seul extrait complet, texte et traduction, 
de ce livre est celui que M. Pauthier a donné dans les^lnnales 
contenant le. 24* Koua, celui de la Semaine et du Repos du 7* 
jour^. Ce livre renferme de nombreux mystères indéchiffra- 
bles pour les Chinois, mais qui ne sont pas inaccessibles à la 
savante critique moderne. 

Il y a surtout un livre, inappréciable pour la connaissance 
de toute la science ancienne et moderne des Chinois ; c'est le 
PéU'tsao Kang-mou, contenant toute l'Histoire naturelle de 
la Chine ^, mieux faite et plus instructive que celle qu3 Pline 

1 Voir ci-après p. 334, 33S et 336. 

s Une traduction de ce livre par M . E. Bumoaf, a été annoncée, mais ce 
n'est qu'un très-court extrait, dans Congrès provincial det orientalisUSy en 
1874, p. 131, Paris, Maisonneuve. — M. Basin en a traduit le commenceinent 
dans Joum. asiat., t. viii, p. 327 (3« série). 

3 Voir cet extrait, texte et traduction littérale, par M. Patilhier, dans les 
Annales, t. ix, p. 372 (4* série). 

*> Voir cet extrait dans les Annales, t. xx, p. 365 (4* nérie). 

^ In4% Paris, MaisouMiuve* 



PRÉFAGB. XI 

nous a laissée poar les Romains et les Grecs. M. Tabbé Perny 
en a commencé une tradoction, mais un seul homme ne peut 
éditer un semblable oui^rage; il est étonnant que le Gouverne- 
menty qui fait les frais de tant d'ouvrages arabes et autres, ne 
songe pas à en faire faire la traduction et la publication. 

Toutes ces traductions sont faciles en ce sens qu'il n'y a au- 
cun ouvrage qui soit divisé plus métbodiqoement^ plus com- 
plètement en livres, chapitres^ verset^> avec tables comme 
ceux des Chinois; on ne sait pourquoi ces divisions n'ont pas 
été suivies par la plupart des traducteurs. 

Le Li-ky a été traduit par M. CaXlery^ mais ce n'est que 
l'édition abrégée^ laquelle a retranché les plus précieux ren- 
seignements. 

Nous devons, en finissant, dire un mot sur la transcription des 
Noms propres chinois. En général, nous avons suivi l'ortho- 
graphe du P. Prémare : c*est celle des Dictionnaires de de Gui- 
gnes et de la plupart des anciens Sinologues ; cependant dans 
les notes, nous avons plusieurs fois introduit une pronon- 
ciation différente. Ce n'est pas une négligence ; en agissant 
ainsi nous avons voulu faire connaître la prononciation nou- 
velle. La question de rqrthographe des noms est toute diffé- 
rente pour les divers pays ; ainsi le même mot que nous pro- 
nonçons tchang^ les anglais le prononcent scAan et ainsi des 
autres peuples. Il arrivera un temps, où pour savoir le vrai nom 
propre chinois, il faudra en tracer les caractères. 

Pour rendre notre ouvrage plus utile, nous avons composé 
deux Tables alphabétiques : Dans la première nos lecteurs 
trouveront tous les textes de la Bible, que cite le P. Prémare 
ou auxquels il fait allusion, nous Tavons appelée Table de con- 
cordance des textes bibliques avec les traditions chinoises. 
Dans la seconde nous avons cité les noms de tous les auteurs 
et des livres chinois, dont il est parlé dans Touvrage. Nous ne 
croyons pas qu'il ( xiste nulle part un recueil qui donne le nom 
d'à peu près tous les auteurs historiques et philosophiques des 
chinois avec les extraits et les textes de leurs livres; comme 
nous l'avons dit, nous regrettons de n'avoir pu préciser les 
livres et chapitres où se trouvent ces textes. Le P. Prémare et 
la plupart des missionnaires ont eu le tort de ne pas les indi- 



XII PRÉFACE. 

quer. Les missionnaires actuels auront à remplir ces lacunes. 

Ils pourront s'aider du Tolume où M. Wylie donne en chi- 
nois le nom des auteurs et des ouvrages, avec une courte 
notice sur chacun d'eux. 

En terminant, nous devons dire que nous n'entendons pas 
approuver toutes les étymologies, toutes les explications et 
opinions du P. Prémare. Nous avons voulu donner ua spéci- 
men de la science et des croyances des Chinois, et nous laissons 
à nos Missionnaires le soin de les éclaircir et de les complé- 
ter, et à nos Savants européens une matière à étudier. 



Bdlt de l'empereur Kang-M qui reeennalt qL*>^ 
la religion du Cbrist est lienney et permet de 
renseigner dans l'Empire. 

Dans un livre qui prouve que les Vestiges des principaux 
dogmes du Christianisme primitif ont été conservés dans les 
anciens livres Chinois et que c'est avec ces textes que les mis- 
sionnaires doivent entrer en discussion avec les Mandarins 
chinois, il nous semble très-utile qu'ils commencent par leur 
apprendre que leur Tribunal des Rites et leur fameux em- 
pereur Kang-hi ont déjà approuvé la doctrine du Verbe-Jésus 
Christ, auteur de ce Christianisme primitif. Nous aurions 
voulu en donner l'original, mais il nous a été impossible de le 
trouver. Nous nous bornons donc à en donner la traduction. 
Les missionnaires auront à le chercher dans le recueil chinois 
des décrets. 

« Moi, votre sujet, Kou^pa-tal, premier Président de la 
» Cour souveraine des Rites, et chef de plusieurs autres Tribu- 
» naux, je présente avec respect cette requête à Votre Majesté^ 
» pour obéir à ses ordres avec soumission. 

» Nous avons délibéré, Moi et mes Assesseurs, sur Taffaire 
p qu'elle nous a communiquée et nous avons trouvé que ces 
» Européens ont traversé de vastes mers, et sont venus des 
» extrémités de la terre attirés par votre haute sagesse, et par 
» cette incomparable vertu qui charme tous les peuples et qui 
» les tient dans le devoir, ils ont présentement l'intendance 



PRÉFAGB. Xai 

> de l'ÂstroDomie et du tribunal des Mathématiques. Ils se 

> sont appliqués avec beaucoup de soin à faire des machines 

> de guerre, et à faire fondre des Canons dont on s'est servi 
9 dans les dernières guerres civiles. Quand on les a envoyés à 
» Nip-chou ayec nos ambassadeurs pour y traiter de la paix 
» aTec les Moscovites, ils ont trouvé moyen de faire réussir 
» cette négociation. Enfin, ils ont rendu de grands services à 
» l'Empire. 

B On n'a jamais accusé les Européens qui sont dans les 
» Provinces, d'avoir fait aucun mal, ni d'avoir commis 

> aucan désordre. La Doctrine qu'ils enseignent n'est point 
• mauvaise ni capable de séduire le peuple et de causer des 
» troubles. 

» On permet à tout le monde d'aller dans les temples des 
B Lamas, des Hu-chang (des Bonzes), des Taxhssée, et l'on 
B défend d'aller dans les Eglises des Européens, qui ne font 

8 rien de contraire aux lois ; cela ne parait pas raisonable. Il 
B tant donc laisser toutes les Eglises de l'Empire dans l'état 

> où elles étaient auparavant, et permettre à tout le monde 
» d'y aller adorer Dieu, sans inquiéter dorénavant personne. 

« Sur cela : Nous attendons l'ordre de Votre Majesté pour 

9 faire exécuter cet arrêt dans toute l'étendue de TEmpire. 

€ Fait par les membres du Tribunal en corps, le Séjour de 
» la 2* lune de la 31* année du règne de Kang-hi'. • (C'est-à- 
dire le 20* de mars de l'année 1692). 

L^Empereur approuva cet édit le 22 mars. Sitôt que l'Empe- 
reur eut confirmé l'édit, qui permettait si solidement le Chris- 
tianisme dans tout son Empire, la Cour souveraine des Rites 
l'envoya aux Vice-Rois des provinces, afin qu'ils le fissent pu- 
blier avec les cérémonies ordinaires, dans tous les lieux de 
leurs gouvernements, c'est à-dire dans près de 2000 tribu- 
naux. Voici l'ordre que cette Cour en donna : 

' Biitaire de VEdit de Veiwperewr de la Chine en faveur de Uk reUgion 
chrétienne, etc. par le P. G. Le GobicD^ p. 183, in-12, Paris, 1698. 

Voir eet édit dans Mailla, Hist, de la Mne, t. xi, p. i63, U n'est Indiqué 
dans la table des matières que par ces mots : Rang-hi est favorable auisr m»- 
sionnaires; et dans du Halde, Deemption de la Chine^ t, tu, p. 187, lii-4% 
U Haye, 1786. 



Appendice* 

Le manuscrit da P. Prémare écrit sur papier de Oiioe compte 329 pages 
doubles et est daté de Canton, 21 mai 1724. II porte pour désignation, dans 
le catalogue de la Bibliothèque les signes : N. F., 2230. 

Il existe dans cette bibliothèque plusieurs autres monuments dont nous 
pourrons faire usage, entre autres : * 

i. Ezpiicatio eorum que apectant ad Dedaratlonem preclari imperatoris 
Kam-Hi ciroa Cali, Confucii ^lÀvorum cultum, datam anno 1700. Acoedont 
primatum doctissimorumque virorum et antiquissime traditionls testimonia. 
Opéra Patrum Soeietatis-Jesu^ Pekini pro evangelii propagatione laboran 
lium. (Fonds latin des nouvelles acquisitions N* 145). 

La déclaration est en chiDOis et en tartare^ le reste en latin. .^ . . , . t^t* '^. 

2. Cu-kinrkimrHen-kien. Liber noYus e Sinlco idlomate In latiniim Yersus 



XIV PREFACE. 

ri • 

« Vice-Rois des provinces, recevez avec soumissioo cetEdit 
s impérial, et dès qu'il sera entre vos mains, lisez-le attenti- 
V yement, respectez-le, et ne manquez pas de Texécuter | 
» ponctuellement. Faites-en faire des copies, envoyez-les à ' 
» tous les Gouverneurs des villes, et donnez nous avis de ce 
» que vous aurez fait. » 

Le P. I^ Gobien ajoute : 

« Les é.lits de l'Empereur ont force de loi, et celte loi est 
plus universelle, ou du moins plus authentique, quand elle 1 
est suivie de l'enregistrement général de tous les Tribunaux. 

» Ainsi la Religion chrétienne ne peut être établie dans 
TEmpire chinois sur des fondements plus solides et plus iné- 
branlables qu'elle l'est à présent '. » 

En effet la liberté était donnée de prêcher la BonneNouvclle 
du Verbe-Christ. Mais l'homme ennemi sema l'ivrai dans le 
beau champ que le Père de famille avait donné à cultiver. 
On transporta en Chine les querelles, les inimitiés qui ré- 
gnaient en Europe. On y transporta les querelles philoso- 
phiques de la religion naturelle toute la scholastique» et 
le Verbe-Jésus et les Missionnaires furent touë bannis de 
l'Empire. 

A. B. 

> Le Gobien, ibid.t p. 211. 



L 



PRÉFAGB. XV 

a PP. Placido Her?ieu et J.-H. de Premare ; anct. P. Joaeh. Bou?et, anno 
1706 .- De culta cœlesti Sinarom veteram et modernoram {Ib,, N» 155). 

3. Documente rekuifs atue miisions chinoises et remarques en latin sur 
le Uvre loo-fe-Uftp. — Lettre du P. de Prémare du 25 octobre 1707 (8). 
— DiaeertatioD sur les lettres et les livres de Chine tirée d*une lettre au 
P. de Briga, interprète de la Bande dliis. — Lettre du P. de Prémare au 
P. de Lynières, 1*' octobre 1723 (52). — Autres lettres du môme, 29 octobre 
et 12 novembre 1730 (54 et 57) (Nouv. fonds latin N* 156). 

4. Traditio prophetiea pnecipnorum mysterlorum de Ghristo redemptore, 
deprompta ex canonico Sinarum libro Xi-Kim, et pVoponenda ministris 
evangelicis ad suadendum omnibus, quanto cnm fundamento, tota Natio 
Binensls usque in cœlum extollat suoriun librorum canooicorum doctrinam, 
et quanta ex lis erui possint adjumenta ad suadendam prassertim doctis 
Sinis captn difBcilIores Christian» le^ verltates. 

Synopsis sacra tempomm propheticomm doctrinœ (17). — Démon' 
strûUo sterni et sacri mysterii legis evangelic», symbolice et prophetice 
reeonditi in hierogliphicis Sinarum monomeotis (41). — Suppkmenium seu 
coofirmatio demonstrationls anno 1719 prolataa ad persoadendum aoctorem 
fotins hieroglyphica Sinarum litteraturae et primum ipsorum legislatorem 
Fo-fd, non alium fuisse quam sanctum patriarche m et prophetam Henochum 
(66 et 86). 

Tabula formarum numericarum arithmetice symbolics cum novo snpple- 
mento, pro computo magico et characterismo temporum prophetlcorum anno 
1J26. — Eicerptum ex cabala hebrsorum Kircheri (123) (iVbuv. fonds latin 
N* 1173. 

Le fonds chinois de la Bibliothèque des manuscrits forme 4831 volume : 
savoir 807 dans Tanden fonds décrit par Fonrmont, et 4024 dans le nouveau 
fonds. Mais il est mal catalogué. Souvent il n'y a que le titre chinois seul 
ou littéralement traduit. Ces Livres attendent un bibliothécaire savant et 
intelligent. 

5. Nous avons dans notre bibliothèque un manuscrit de 68 pages petit 
In-folio ayant poni titre : Essai d'introduction préliminaire à VirUeUigenee 
des Kingsy c'est-àrdire des monuments antiques conservés par les chinois, — 
Nous en donnerons connaissance. 



. t 



TBSTIOBfi CHOISIS 

DIS 

PRINCIPAUX DOGMES DE LA RELIGION CHRÉTIENNE, 

EXTRAITS DES ANCIENS IIVRES CHINOIS. 



••••i 



1. •lb«erv«tl«B« ipréllMlMalretf. 

Sous le titre de Selecta qwBdam Vestigia prœcipuorum 
Christianœ relUgionis dogmalum ex antiquis Sinarum libris 
eruta, la Bibliolbèque nationale possède un ouvrage manus* 
crit du P. de Prémare, Jésuite, qui, dès Tannée 1837, avait 
attiré notre attention ; nous en avions reconnu l'importance et 
nous résolûmes de le traduire et de Timprimer. Avec Taide de 
M. Tabbé Sionnet, nous en publiâmes cinq articles qui atti- 
rèrent dès lors Taltention^ Mais ce n*élait pas la traduction 
complète du texte. M. Tabbé Sionnet en faisait plutôt l'analyse 
que la traduction. En continuant nous-mêmes une reproduc- 
tion plus exacte^ nous reconnûmes bientôt que cette traduc- 
tion» Sims les textes chinois, était trop imparfaite, et presque 
inutile. 

Hais en ce moment, grâce à la savante coopération de 
M. Tabbé Perny, auteur du Dictionnaire français-latin-chinois 
et de la Grammaire chinoi$e ^y qui en a fait la traduction fran- 
çaise, grâce surtout au Corps entier des caractères chinois 
qu'il possède seul en France^ nous pouvons à présent en 
donner une édition complète. 

M. Tabbé Perny a déjà éprouvé Tutilité de Touvrage et Tin- 
fluence qu'il peut avoir sur la classe des Lettrés, par une copie 
qu'il avait portée en Chine, et communiquée à plusieurs Man- 
darins qui avaient été singulièrement frappés des analogies de 

> Voir les Annales de philosophie, t. xiv, xv, xvi^ XTin, et xix (2« série}. 

> Yoït Annales, t. i, p. 266 (6* série). 

I 



2 TIADITIONS CHKÉTIBRIfES EN CHINE. 

leurs traditions avec les traditions chrétiennes. Ses confrères 
de Cbioe l'ont vivement engagé à publier ou à faire publier le 
Selecta. 

L'ouvrage, pensons-nous, ne sera pas moins utile parmi 
nous en ce monsent, où l'on étudie «t l'on traduit les anciens 
^livres assyriens, dont on a découvert toute une littérature. H est 
impossible qu'il n'y ait pas eu de nombreuses relations entre 
ces anciens peuples de TAsie, et que les traditions et croyances 
des uns ne servent pas à expliquer celles des autres. Ajoutons 
que, au dire de tous les Sinologues, le P. Prémare avait une 
connaissance profonde de la langue chinoise, et que l'analyse 
qu'il fait, dans son ouvrage, d'un grand nombre de caractères 
chinois, sera lue avec fruit par tous les Sinologues. 

On voit combien de puissants motifs nous engagent à faire 
cette publication qui, croyons-nous, ne serait jamais faite si 
M. l'abbé Perny et nons ne la faisions. 

Le P. Prémare, en citant les textes chinois, a négligé d'indi- 
quer le livre et le chapitre où se trouvent ces textes. Nous 
voudrions pouvoir remplir cette lacune. Nous le ferons autant 
que nous le pourrons. Mais dans l'état présent de l'étude 
et de la connaissance des livres chinois, cela, est impossible. 
D'abord nous n'avons pas les livres chinois; puis quel savant 
voudrait passer des semaines à chercher un texte dans de vo- 
lumineux ouvrages? Qui voudrait même chercher tous les 
textes de la Bible sans une Concordance? Ces motifs suffi- 
sent bien pour faire comprendre notre impossibilité de véri- 
fier toutes les citations. 

Outre bs extraits de l'ouvrage du P. Prémare, les Annale$ 
de Philosophie ont publié des travaux très-importants sur This- 
toire et sur les traditions religieuses des Chinois. Ces travaux 
renferment un grand nombre d'idées nouvelles sur la Chine 
et ne se trouvent que là. Nous devons en citer les principaux. 

2. Trmwmm% 0«r l'kl«t«lre «• la Clilae iBcéréa daas les 

ABBMlea do phllo««plkle. 

i. Traditions chinoises mises en rapport avec les traditions 
bibliques par M. Riambourg, avec notes de H. de Paravey, 
t. XII 11'* série). 



TBAVAUX INSÉRÉS DANS LES ANNALES. 3 

fi. Monument et inscription daSi-ngan-fou, traduction du 
P. Visdelou (ibid.) 

3. Dissertation sur le Tatsin et le nom hiéroglyphique 
donné en Chine à la Judée, par M. de Paravey (ibid.) 

C'est là que Ton trouve exposées les preuves que donne M. 
de l^aravey du grand changement qu'il veut introduire dans 
rhistoire ancienne des peuples et principalement de la Chine. 
D'après lui, les noms des Chinois, SinoBy Chine^ Sèr^R, ne 
seraient que les noms des Syriens, Tsiu, ou des Assyriens, Ta- 
tsin (Grands Sins). Ces peuples seraient les ancêtres des Chinois, 
dont les livres seraient les anciens livres assyriens, emportés 
par eux dans leur migration à Textrérailé orientale de l'Asie. 
C'est une hypothèse qui mérite d'être étudiée, aujourd'hui 
surtout que Ton commencée lire les livres et à connaître 
l'histoire véritable de l'Assyne. Quand on nous dit que cette 
écriture assyrienne est due à un ancien peuple asiatique dont 
on ne connaît pas l'histoire, les idées de M. de Paravey mé- 
ritent d'être lues. C'est dans les AnncUes seulement qu'elles se 
trouvent. 

4. Epoque.de l'entrée des Juifs en Chine ; preuves qu'ils y 
portent le Pentateuque au 6« siècie avant notre ère^ par 
M. l'abbé Sionntt^ t. xiv (2» série). 

Article rempli de renseignements précieux, quoique pas 
assez précis. 

tf. Identité du déluge d'Fao et de celui de la Bible, ou le 
patriarche Noé retrouvé dans l'empereur Jt-Ao, par le ch. 
de Paravey, t. xv (2« série). 

6. Des patriarches antérieurs à Ti-ko ou Noé, ou les 10 pa- 
triarches et les 10 générations avant le déluge, retrouvés dans 
les livres chinois, et preuves que Hoâng-iy ou le Seigneur 
rougt est le même (\\x'Adam ou terre rouge, t. xvi (2« série). 

Quoi que l'on puisse penser de cette th^ hardie, on peut 
dire que c'est la plus . puissante vue jetée sur les ténèbres des 
origines des peuples asiatiques. M. de Paravey, regardant 
comme mythologiques les temps et les règnes dont il est parlé 
dans le discours préliminaire du Chou-king, qu'il regarde, 
avec le P. Prémare, comme le recueil de traditions confuses, 
mais où l'on peut puiser d'utiles notions, ne fait commencer 



4 TRADITIONS CHRÂTIRNNBS EN CHINE. 

rbistoire chinoise qu'à celui qu'on appelle l'empereur Hoang^ 
H (seigneur rouge), qu'il identifie à Adam (terre rouge). Il j 
appuie sa pensée par le nom de sa femme Loui'tsou, (la grande 
aïeule, celle qui entraine les autres dans son mal), et par la 
liste des 10 empereurs mise en parallèle des 10 patriarches 
jusqu'à Ti'ko (averti avec sollicitude), qui serait Noé. Les 
textes chinois et hébreux sont joints à ces citations avec 
l'analyse d'un grand nombre de noms et de caractères 
chinois. 

M. de Paravey ne suppose pas que le$ empereurs de la 
Chine sont de purs symboles, comme l'ont fait quelques Pères 
jésuites. lis sont réels, mais ce n'est pas en Chine qu'ils ont 
régné. Ils ont vécu dans le véritable Empire du milieu^ au 
centre de l'Asie, d'où sont parties les tribus qui ont peuplé la 
Chine, emportant avec elles les livres et l'histoire primitive 
du monde, que les Chinois ont placée tant bien que mal dan 
leur Empire des confins de l'Asie. 

C'est l'indication la plus plausible deTorigine des Chinois, 
qu'aucun historien, aucun savant ne donnent, et qui, poussés 
sur ce point, finissent par dire qu'il y a plusieurs centres de 
créations séparées ; c'est-à-dire qu'ils n'en savent rien. Les 
similitudes de traditions et d'usages ne permettent pas de 
soutenir ce commode et nullement scientifique système. 

Plusieurs historiens de TEglise ont déjà admis ces données 
et l'ouvrage du P. Prém;u*e va leur donner Un appui nou- 
veau. 

7. Dissertation sur les Ting-ling et sur la nation à laquelle 
appartiennent les Centaures, d'après les livras chinois, avec 
une planche, par M. de Paravey, t. xix, (2* série). 

C*est une curieuse indication de l'origine des fables de la 
mythologie grecque. 

B. Dissertation sur tes Amazones, ou comparaison de ce qu'en 
disent les livres chinois et indiens, a^c ce qu'en disent les 
livres grecs (avec planche représentant les amazones chinoi- 
ses, indiennes et grecques), par M. de Paravey, 1. 1, (3* série.) 

Une des plus importantes preuves de l'origine asiatique de 
toutes les fables grecques. 

9. De la doctrine et des livres des Chinois, publication d*un 



TBAVAUX INSÉRÉS DAMS LBS ANNALES. 5 

manuscrit inédil d'un ancien missionnaire^ t. ix, {3^ série). 

Curieux et important travail du P. AmioL 

iO. Tradition sur la Vierge et la Trinité, par le P. Laribe^ 
lazariste, t. xii (3« série). 

il. Découverte d'inscriptions en caractères inconnus dans 
la province de Kiang-si, t. xv (3« série). 

12, Sur la venue du Saint en Occident, extrait des 42 points 
d'enseignement du Bouddha, traduction du Mongol par MM. 
Gabet et Hue, lazaristes., avec notes de M. Bonnetty, t. i, 
(4« série). 

15. Examen critique du libelle d'un préfet chinois contre 
la religion chrétienne, avec les réponses de M. Bonnelly, t. ii, 
(4* série). 

14. Sur l'anthropophagie des Chinois, par M. de Paravey, 
t. VI, (4« série). 

15. Sur la croix de Si-ngan-fou, avec la vue intérieure du 
temple chinois, où elle est conservée, par MM. Leontiewski et 
Marchai, t. vu. (4* série). 

16. Double face d'une ooupe impériale chinoise des ablu- 
tions, comparée aux cylindres babyloniens, et aux traditions 
bibliques, par M. de Paravey [ibid.) 

17. Explication du texte de Djo-tseu sur la Trinité, par M. 
de Paravey t. viii, (¥ série) . 

18. Le livre des récompenses des bienfaits secrets, traduit 
du chinois, par M. de Rosny, t. xiv^ (4* série). 

19. Comparaison du nom de Dim chez les Etrusques et les 
Chinois, par M. de Paravey (ibid.). 

20. De là réalité de l'authenticité de l'inscription nesto- 
rienne'de Si-ngan-fou, avec indication des auteurs chinois 
qui la citent, par M. Pauthier, t. xv etxvi, (4* série). 

21. De quelques faits bibliques retrouvés dans les hiéro- 
glyphes chinois, en réfutation de M. Renan, par M. de Paravey^ 
t. xvin, (4'' série). 

22. De quelques erreurs sur la Chine émises par M. de 
Lamartine, par M. de Paravey, t. xix, (4«' série). 

'23. Analyse du livre de M. Pauthier sur l'inscription de 
Si-ngan-fou, par M. Bonneity^ t. xx, (4'' série). 
24. Traditions sur la Semaine et sur le nombre Sept chez les 



6 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. 

Chinois, avec le texte chinois du 24« kouade VT-king, et sur la 
période des 7 jours consacrés au repos, avec prononciation et 
traduction latine et française, par M. Bonnelty^ t. xx, 
(4« série). 

Dans ce travail assez étendu, se trouve la preuve la plus 
ancienne et la plus complète de la connaissance du repos du 
7* jour dans les peuples de Tantiquité. Outre le texte de TF- 
king ; on y voit encore : 2<^ celui de Sse-ma-tsieUf disant : « que 
B les anciens rois sacrifiaient à la Suprême Unité tous les 
» 7 jours ; » 3** les textes de la semaine tirés du Li-ki ; 4** le rôle 
de la semaine dans l'astronomie des Chinois ; h"* la réfutation 
de M. Arago et de M. Maury sur la semaine; 6o la réfutation 
des opinions du P. Begis, avec lettres inédites ; 7"» La semaine 
d'après le P. Cib^t ; 8<> application de ces notions par un mis- 
sionnaire ; 9° légendes chinoises sur le nombre 7, dans les 
dictionnaires chinois et les légendes. 

25. Lettre à M. Bonnetty sur diverses traditions chinoises 
par M. de Paravey^ t. i, (5« série). 

26. Recherches sur le Népentkès des Grecs, dans les livres 
botaniques des Chinois, par M. de Paravey, (ttîd.). 

27. Lettre sur le Monothéisme des Chinois, par le P. Prémare 
(2 art.) L m (5« série), avec celte épigraphe très-importante : 

a Une fausse idée sur la 1 Ainiicne forme pas l'athéisme, 
30 L'athéisme consiste à nier qu'il y ait une inielligence souve- 
3> raine qui ait par sa puis^nce produit le monde et le gouverne 
» par sa sagesse. » 

r.ette lellrea été [oubliée par M. Pauthier sur une copie 
manuscrite de la Bibliolhèque nationale ; elle tst datée de 
Canton 1728 et est, par conséquent, postérieure de trois ans 
aux Selecta vestigia^ qui poiteot la date de 1725. Elle en est 
une espèce d'abrégé en ce qu'elle renferme les documents 
originaux sur le Monothéisme primitif des Chinois et surTex- 
plicatioii qu'ils ont donnée de l'origine et de la formation de 
l'univers. Déjà publiée dans la fievue orientale et américaine, 
elle est reproduite dans les Annales, mais, sur notre demande, 
avec les caractères chinois, acxrompagnés de la prononciation 
et de la traduction latine tnot à mot sous chaque caractère. 
Aucun autre docuraeut plus authentique n*existc sur le Mono- 



TKAVACX INSÉBÉS UANS LES AHNALES. 7 

théismedes Chinois.ll y a surtout letexteet la traduction d'une 
chanson, qui ôte tout doute à cet égard. Aussi M. Panthier 
dit-il : a Nous pensons qu'après avoir lu cette lettre, H. Renan 
9 ne soutiendra plus que le Monothéisme aiéië inoculé aux ChU 
9 nois par des Juifs ou des Chrétiens. > Les Selecta vesiigia offrent 
quelques-uns de ces textes^ mais en donnent beaucoup plus 
et avec des explications plus savantes. 

Nous dirons» à cette occasion, que nous avions promis de 
publier quelques-unes des opinions contraires à celle du P. Pré- 
mare, entr'autres> celles de Mgr Maigrot, évèque de Gonon, 
qui a porté contre les traditions chinoises le décret du 26 mars 
1693 non complètement approuvé du Saint-Siège; mais les 
caractères chinois nous ont manqué. 

28. Recherches dans la littérature chinoise^ sur Texistencc 
des juifs en Chioe^ sur les noms qu'on leur a donnés et sur 
ndée que se sont faite les Chinois de la religion des Juifs 
(2 articles avec textes chinois), par M. Wylief missionnaire an- 
glican en Chine^ avec notes de M. Pauthier t. ix (5* série). 

29. Le vol et le paganisme en Chine, et sur la meilleure 
méthode pour y faire prospérer le Christianisme, par un 
itêque missionnaire, t. xiv (5* série). 

50. Notice sur 22 dictûmnaires chinois, avec le nom et l'âge 
de leurs auteurs, par M. Pauthier^ t. xvii (5« série). 

51. Explication du caractère T et Ti, l'UN, et du caractère 
Taï-i, GRANO-UN, par M. Pauthier (iMd.). 

52. Confirmation de la Bible et des traditions égyptiennes 
et grecques par M. de Paraveffy avec esquisse de sa vie, le ca- 
talogue de ses ouvrages, par M. Bonndly, t. xvin (5* série). 

55. Mémoire sur l'authenticité des livres sacrés chinois, 
l'incendie qu'ils ont eu à subir, leur rétablissement subsé- 
qu<3nt avec les pièces officielles, et l'inventaire général des 
anciens livres chinois, par M. Pauthier (7 articles), t. \x, (5' sé- 
rie) t. VI, VII (6* série). 

54. Dici. françaiS'laiin-chinois de la langue mandarine 
parlée, précédé d'une Grammaire très-pratique y par M, Tabbé 
Perntfy compte rendu par H. Bmnetlyj t.i (6« série). 



6 / TRADITIONS CHBÉTIENNES EN CBINE. 

55. Tableau des fêtes païennes chinoises, par M. l'abbé 
Pemy, (ibid.). 

56. Tableau sommaire de l'histoire du peuple chinois, par 
M. l'abbé Pemy (t^td ). 

57. Tableau de la création de l'homme androgyne, et la 
créaiiondelafemme, d'après les annales des Chinois et des 
autres peuples, avecgrayure, par M. de Paravey etM. Bonneltt/f 
t. II (6* série). 

58. L'histoire du monde antique rétablie et la véracité de la 
Bible démontrée par l'élude des caractères et des livres chinois, 
par M. de Paravey, t. m (6« série.) 

Tels sont les travaux que les Annales de philosophie ont pu- 
bliés sur la Chine, et qui ne se trouvent nulle autre part. Les 
auteurs qui s'occupent en ce moment des textes assyriens et 
égyptiens trouveraient leur profit à les connaître. Les linguis- 
tes qui réduisent en ce moment toutes les racines de toutes 
les langues à des monosyllabes, ne peuvent se dispenser de 
connaître une des langues les plus anciennes, qui ne parle 
encore que par monosyllabes. 

a. Woilee flur le P. Prémare, nommé Pe-toln el Ha-Jo- 

ehee en ehlnela. 

Avant de lire l'ouvrage du P. Prémare on sera bien aise d'en 
connaître Fauteur. 

Le P. Prémare (Joseph-Henri ou Marie) né le 17 juillet 1666, 
entra dans la Compagnie de Jésus le 16 août 1683, âgé de 17 
ans. Il partit de La Rochelle le 7 mars 1698, il arriva à 
Sancian le 6 octobre 1699 et le 4« novembre 1700 il 
était dans le Kiang-sy. Un de ses premiers soins fut d'ap- 
prendre la langue chinoise, et il y devint bientôt si habile 
qu'il put composer des ouvrages en cette langue. 

C'est en lisant les différents auteurs, qu'il comprit tout le 
parti qu'on pouvait tirer des livres chinois en montrant à ce 
peuple que leurs plus anciens livres conservent des traditions 
conformes aux traditions et croyances chrétiennes. Cela devait 
être, puisque les descendants de Noé, fondateurs des peuples, 
ont dû porter partout les croyances qu'ils possédaient. Aussi le 
P. Prémare écrivait à Fourmont : 

« La fin ultérieure et dernière à laquelle je consacre cette 



NOTICE SUR LE P. PRÈMARE. 9 

Notice (sa Grammaire), c*esi de faire en sorte,si je puis, que 

1» toute la terre sache que ia Religion chrétienne est aussi 

» ancienne que le monde^ et que le Dieu-homme a été très- 

» certainement connu de celui ou de ceux qui ont inventé 

> les hiéroglyphes de Chine et composé les Kinys ^ » 

Cest en effet ce qu'avait déjà dit S. Augustin dans ce texte 
trop pou connu : 

m Cette chose même, qui est appelée maintenant la Religion 

> chrétienne existait aussi chez les anciens^ et n'a jamais cessé 
» d'exister depuis le commencement du genre humain jus- 
-» qu'au jour où le Chritt lui-même vint dans la chair ^ époque 

> où la vraie Religion, qui eocistait déjà^ commença à être ap- 
» pelée Chrétienne *. » 

Si la controverse sur les croyances chinoises s'était établie 
sur ces principes où voulait la placer le P. Prémare, la funeste 
scission qui survint parmi les missionnaires aurait été évitée. 
Mais alors, comme aujourd'hui, les esprits étaient imbus de 
l'erreur philosophique que la Keiigion dite naturelle^ celle pré- 
cisément de tous les anciens peuples, les Juifs exceptés, est le 
produit spontané et primordial de la nature, comme le disent les 
Eludes religieuses des lésuiies^. Dès lors les missionnaires et 
les savants les plus respectables durent trouver étrange qu'on 
prétendit trouver du Christianisme dans les liyres païens. 

M. Rémusatque nous venons de citer en fournit un exemple 
remarquable. Il commence d'abord par venger le P. Prémare 
et trouve que ses citations sont exactes : 

c On eût mieux fait, dit-il en parlant des adversaires du P. 
9 Prémare, d'examiner ces textes sur lesquels reposaient leurs 
-» assertions, et de voirsi les textes n'étaient pas susceptiblesd'in- 
9'terprétations plus naturelles que celles qu'ils produisaient. 
> Cest ce que peu de personnes pouvaient essayer à xette 
3 époque, et ce qui a été fait depuis, de manière à justifier le 
» P. Prémare et ses compagnons des allégations injustes dont 

1 Rémusat, Nouv. Mélang. asiatiqxieSf U n, p. 366. 

» Voir le texte De Civit. Dei, 1. xvni, o. 51 ; Pat. lot, L 41, p. 614. Voir 
fttis«i RetracL 1. 1, c. 13, n» 3; Und. t. 85, p. 603 et AnnaUs de philosophie 
U xz, p. 132 (4« flérie). 

s Voir leur u« de juin 1864 t. IT, p. 289 Çf série) et Annales de phil, 1. 1, 
p. 25(6«iérie). 



I 



10 TRADITIONS CHRBTIBNIIE8 EN CHINE. 

» ils avaient été Tobjet. On a reconnu, en lisant sans préven- 
» tion ces mêmes livres^ qu'ils contenaient en effet des vestiges 

> nombreux d'opinions et de doctrines, nies dans l'Occident, et 
» qui aTaient dû être portées à la Chine, à des époques très* 
» reculées. Mais on a fait voir en même temps que les opinions 
j> et les doctrines, où le P. Frémare avait cru voir des débris 
V des traditions sacrées, ou des notions anticipées du Christia- 
» nisme, appartenaient à cette théologie orientale à laquelle 
y> Pythagore, Platon et l'école entière des Néo-Platoniciens oal 

> fait de si nombreux emprunts ^ » 

Celui qui est dit avoir fait cette démonstration est M. Re- 
musat lui-même qui renvoie à son Mémoire sur Lao-tseu^. Mais 
il ne fait pas attention que cette théologie orientale est elle- 
même le produit et le résumé des traditions primitives^ c'est- 
à-dire du Christianisme antique, dont parle S. Augustin. 
M. Rémusat fait encore observer que les Pères jésuites pou- 
vaient chercher dans les livres chinois ce queEusèbe, LacUnce 
et Clément d'Alexandrie cherchaient dans les auteurs grecs. 
Mais c'est à tort qu'il dit qu'ils y cherchaient des prophéties 
produits de la raison; c'étaient des vols faits â la Bible ^ , qu'ils 
y signalaient; il fallait dire, comme le P. Prémare, des ve^a'^et 
des croyances primitives. Mais les enseignements scolastiques 
avaient fait oublier celle source, et on ne voyait dans les 
croyances Païennes que des produits spontanés de la raison, et 
l'on disait, comme Fourmont, a Les anciens Chinois n'étaient 
» pas prophètes ** » 

M. Stan. Julien commet la même erreur que M. Fourmont 
et M. Rémusat, et dit aussi qu'il faudrait admettre que Dieu 
aurait fait ai|x Chinois une révélation anticipée^. 

On sait ce qui arriva; l'Empereur de la Chine, choqué de ces 



> Rémusat, Nouv. méU oHat, t. ii, p. 267. 

s Mémoire sur la ffie et les opinions de Lào-tséu, io•4^ Paris 1823 ; p. 26 
et passim, 

* Voir tout le livre X de la Préparation évangélique d'fiosèbe et eo parti- 
culier le cbap. \i,sur le plagiat des auteurs grecs. « On pouvait dire d^eox, 
• 8i ce terme n'était injurieux, qu'iU aont convaiocus du vol de la vérité. » 

^ Dad» Rémusat ibid, p. 267. 

^ Voir son Tao^te-kmg p. iv. 



NOTICB SUR LE P. PliMABB. i i 

controverses, défendit de prêcher le Christianisme eo Chine et 
exila toas les missionnaires. Le P. Prémare qui avait signé 
rappel du 28 mai 1707 contre le Mandement du card. de 
Tournon^^ fut exilé comme les autres. Frappé de trois attaques 
successives d*apoplexie en 1733, il mourut en Chine, on ne 
sait où, en 1734 ou 1735, âgé de 68 ans. 

LIflie de ■«• OMYrasea nmt •■« été pvbllAs. 

1. Notitia Unguœ sinicŒy awtare P. Premare, in-i*^ Malaca 1831. 
Composée à CanlOD en 1728. C'est encore l'une des plus savantes gram- 
maires que l'on ait sur cette langue. 

2. Recherches sur les temps antérieurs à ceux dont parle le Chou-king , et 
sur la Mythologie chinoise, en tète de la traduction du Chou-kîng du P. 
Ganbil, in-4o, Paris, 1770. 

S. Tehao-chi-koureul, ou rOrpheiin de la maison de Tchao, tragédie chi- 
noise, insérée par le P. Du Halde dans sa Deseripiion de la Chiney t. m, 
p. 417, et à part Pe-king (Paris) I7S6, in-12. 

4. Huit odes extraites du Chi kitig ; dans du Halde, t. ii, p. 370. 

5. IVois leitres insérées dans les Lettres édifiarUet, t. xvi et xxi ; une autre 
dans une lettre du P. Fouquet t. xvu ; Paris, 1781 — et une autre dans An- 
nal, encycl,, t. xvii, p. 13. 

•. Lettre sur le Honothéisme des Chinois, dans les Annales de philosophie^ 
t. m, p. 131 (ô« série). 

7. De Deo et attributis dimnis, iatin-chlnois, dans la Notitia p. 230. 

8. On a aussi : Idyiies en Thonueur i!e Mgr Le Pelletier, évéque d'Âugeis 
(1692-1706;, imprimées à la Fiéche^ In-i», 20pBges, 

LUSe des •■▼rages miB^lHiprlniés. 

O. Seleeta quœdam vestigia prscipuorum Christian» relligionis dogmatnm 
ex antlquis Sîuarum libris efuta. — C'est le manuscrit dont nous publious ici 
la traduction. 

10. Notes critiques surV7-kîng, citées dans le précédent ouvrage, seo- 

tiOD YI. 

11. Dtctûmnatre latin-chinois y avec le P. Uervlea, allant jusqu'à la lettre 
D et maimienant dans la bililiotlièque de l'école Ste-Geneviève des Jé^iuites à 
Paris. 

12. Chen-Jo-se-yên-hiu, Vivo Josepho oratio panagerica. Cité par Four- 
mont Cotai, n* 275 et par Rémusat n* &66. 

18. lourchour^hy^y. Véritable sens des six classes de caractères. Foar> 
mont, n* 20, et Klaproth n. 190. 

14. Kou-4Un-King thian-nian ; extrait des livres anciens et modernes 
Bor le culte rendu au Ciel. (Vol. manusc. cat. Rémusat n« 478). 

15. Brevis relalio eorum quœ spectant ad declarationem Sinarum imperato^ 
ris Kam-tUf circa Cali, Confucii et ^vorum cut^m datum aono 1700. Acoe* 
dnnt primatum docti^isimorumque virurum et antlquissims Iraditiouis testl* 

1 Voir cet appel éan» Anecdotes chinoises, i. u, p. 196 et 207« 



■ 



i2 TBABITIOIVS CHBÉnKNNBS BIf GHINB. 

monia, opéra Patram Jes. Pekini pro evangelii propagatione laboFantiam (foI. 
2 exempt, cat. Rém. 316, Foormont 309) ; et qai est plutôt du P. Auloine 
Thomas. 

]•. Tria oputcula. Ad missionaiii possint et interdmn debeant citare Geo- 
tlam monamentain faTorem religionis cbristiaDS. — 3. Doctrina 12 proposition 
nom SiDisappiicator. — 3. Varia: qussiiones etrca librosKingeteorom usom 
proponantar et solvuntar. Cat. Langlès n« 4356. 

19 Une Introduclûm mantucrite aiLx livres chiwois^ saos nom d'auteur, 
que noas possédons annonce que le P. Prémare avait envoyé en France un 
petit traité ayant pour titre : De Virgine matre et fiUo Virginis. 

Nous croyons devoir ajouter les notices suivantes sur trois 
auteurs, dont le P. Prémare parle dans ses Fe-s^'^ta. 

9. notice sar le P. BevveS, Pc-SaiBs-aaiBs es ehlaola. 

Le P. Bouvet, né au Mans, lé 18 juillet 1656, entra dans la 
Compagnie de Jésus le 9 octobre 1678, âgé de 22 ans, arriva 
à Pékin, le 7 février 1688, en qualité de maibématicien, et 
acquit bientôt les bonnes grâces de l'empereur Kang-hi. 
Très-savant (!ans la langue chinoise, il fut Tun des principaux 
missionnaires qui s'attachèrent à chercher dans les anciens 
livres chinois les restes des traditions primitives, qui néces- 
sairement y sont renfermées. Il découvre son but et ses espé- 
rances dans une lettre inédile datée de Pékin 13 novembre 
1729, que nous avons sous les yeux. 

« Nonobstant la perte qu'on a faite, dans la suite des temps, 
» d'une partie considérable des précieux monuments, et dont 
» les plus habiles et les plus sincères écrivains avouent unani- 
B memenl, depuis plus de 2000 ans, que l'intelligence s'est 
a entièrement perdue parmi eux, il est encore aujourd'hui 
» fort aisé à quelques théologiens que ce soit, qui ayant quel- 
» que goût pour lestyle figuré et quelque attrait pour la littéra- 
» ture hiéroglyphique, et qui, dans la supposition que les 
» Kings et autres anciens monuments chinois sont venus 
» originairement des premiers Patriarches, s'appliqueront 
» sérieusement, plusieursannces de suite, à cette étude, il est, 
» dis-je, très-aisé encore aujourd'hui d'y apercevoir avec 
9 clarté toutes les plus sublimes vérités du Christianisme, 
marquées par des traits et des caractères si brillants qu'il 
» lui paraisse très-facile d'en convaincre les plus savants 
t hommes de la Chine et de PEurope. 



NOTICE SUR LB P. BOUVET. 13 

B Sar quoi je n'aurais garde de parler si affirmativement 
» si d'autres aussi bien que moî^ après une expérience de piu- 
> sieurs années^ n'en étaient persuadés comme moi, et si le 
» grand Kang-hi, l'un des plus savants empereurs qu'aiteus la 
1 Chine, à qui j'ai eu occasion, plusieurs années de suite, de 
» faire connaître mes sentiments sur cela, ne m'avait paru 
B constamment les goûter extrêmement et souhaiter, comme 
«moi-même^ de les voirexposer dans tout le jour qui se pour- 
I rait procurer, comme j'aurais tâché de le faire^ de concert avec 
» ceux qui étaient dans les mêmes sentiments^ sans toutes 
1 les trayerses suscitées contre ce projet par ceux-là mêmes, 
9 dont nous devions moins les attendre ^ b 

Pour Tacccmplissement de son projet le P. Bouvet avait 
composé un écrit Observata de vocibus Tien J^ et Xam' 
^' J: ^9 sur lequel VEtat présent de la Chine donne le détail 
suivant. 

« Ce livre n'était qu'un manuscrit où Fauteur se proposait 
9 uniquement de prouver que les anciens Chinois, comme ceux 
• iaujourikm^ avaient connu le vrai Dieu vivant sous les 
> noms de Tien et Xam-ii. 11 appuyait sa proposition sur des 
B textes des livres classiques, sur les sentiments des Lettrés et 
» sur les Proverbes populaires *. » 

Pour donner plus d'autorité à ses recherches le P. Bouvet 
fut un des cinq jésuites qui, le 30 octobre 1700, présentèrent à 
l'empereur. Kang-hi une déclaration touchant quelques céré" 
montes chinoises^ déclaration que l'empereur approuva et fit 
adresser au Président du tribunal des rites, qui l'approuva, 
ainsi que les Lettrés membres de ce tribunal ^. 

La cause de la religion chrétienne en Chine paraissait ga- 
gnée ; le P. Bouvet possédait la confiance de l'empereur, à 
qui il donnait des leçons de philosophie ^, et l'empereur ac- 
ceptait les explications qu'il lui fournissait, et était allé jus- 
qu'à dire : a Si je me décide à embrasser le Christianisme tout 

^ Letire conservée au cabinet des manuscrits de la Bibliot. nationale. 
> Etat présent de la Chine (Paris 1712), in-12, p. 236. 
3 Voir ces pièces ibid, p. 17. 

^ De rûibus Sinensium erga Confacium etc., in- 12. Leodil, 1700 et histoire 
de l'Edit, etc. p. Ud in-12, Paris, 1698. 



14 THADlTlOIfS GHRBTIBNNES EN CHINE. 

» mon empire le professera avec moi. » Mais il en advint au- 
trement et ce fut une des causes qui firent chasser les mis- 
sionnaires. 

Car non-seulement cette déclaration de Tempereur ne fut 
pas reçue avec joie, mais on prétendit qu'il ne comprenait pas 
ce qui! avait signé^ ni la vraie signification des termes Tien 
et Chang-ti. 

Quant à l'exposé du P. Bouvet, Hgr de Tournon, légat du 
Sl-Siége, proscrivit ce livre, s'en fit remettre tous les exem- 
plaires, et fit jurer à tous les missionnaires qu'il ne leur en 
restait aucun exemplaire K 

Le prélat fonda son acte de rigueur sur ce que le livre por- 
tait Yapprobalion de patens (l'empereur et les membres du 
tribunal des rites), et non celle de l'autorité eoilésiastique. 

Nous n'avons pas ce tra^ité du P. Bouvet ; mais le sens doit 
se trouver dans la lettre sur l'utiliti de la recherche des ancien- 
ms croyances chinoises, adressée à Leibnilz» datée du 1«' no- 
vembre 1701 et publiée dans le Journal de Trévoux K 

Le P. Bouvet mourut le 29 juillet ou juin 1730^ à l'âge de 
74 ans. 11 avait composé de nombreux ouvrages en chinois, 
en latin et en français. Voici le titre de quelques-uns. 

1 ElémerUt de géométrie, en langue tartare que Tempereur fit traduire en 
chinois et en japonais. 

2 Histoire de son voyage de Chine en Europe^ dans du Halde, Descrip. de la 
Chine 1. 1, p. 118-125 ln-4*. 

8 Deseript. des cérémonies d'un rep<u chinois (ibid. t. ii. p. 134-138). 

4 Etat présent de la Chine en fiiçures, Paris 1S97 in-f». 

5 Portrait hist. de l'empereur, Paris 1697 in-12. 

6 Histoire de l'empereur de la Chine^ La Haye 1699 in-i2. 

7 Deux lettres dans les Lettres édifiantes t. xvi et xviii. ln-12, Paris 1781 . 

8 Un Dict. chinois et plusieurs dissert, manusc. jadis à la Bibl. du 
Hans, en ce moment à riostitut, et une Dise, sur le Chi-king, à la BiU. na- 
tionale. 

S. Kollee ««r le P. Foii^oel, ■''•■-fan^-tal, en ehlnels. 

Le P. Fouquet naquit le 12 mars 1663^ et entra dans la 
Ck)mpagnie de Jésus le 17 septembre 168! à l'âge de 17 ans. 

1 Vétat présent etc. p. 229. 

* Journal de Trévoux, janvier 1704 n* xi et non 1701 n® ii, comm^ le di- 
sent les PP. BaclLer dans leur Bibliothèque des écrivains delà Compagnie de 
Jésus, 



NOTICE 8U1 LE P. FOUQUBT* 15 

n arrÎTa en Chine en 1690 et en rèyint en 1720, i Rome'où il 
fut nommé évêque d'Eleutberopolis. Sur les anciens livres 
chinois il avait adopté les vues du P. Prémare et du P. Ik)uvet« 
« Parmi tous ses confrères, dit Abel Rémusat, le P. Fouquetfut 

> peut-être celui qui se laissa le plus éblouir par Tespérance 
B de retrouver les mystères du Christianisme renfermés dans 

> les caractères symboliques des Chinois. • 

M. Abel Rémusat taxe ses explications d'extravagances et de 
bizarreries , et cependant il ajoute : « Ces missionnaires arri- 
1 vent à voir des propAéitVs claires dans certains passages qui, 
B il faut en convenir, offrent au moius le sujet de singuliers 
» rapprochements '. o 

Les PP. Backer dans leur DicL disent : « Malheureusement 
» il Toulul trouver dans les écrits chinois des traditions 

> évangéliques. Ce système le conduisit à des conclusions 
9 peu rigoureuses et que la science condamne. » 

Ces préventions contre les traditions chinoises proviennent: 

1° De ce que les auteurs récents oubliaient que le Christia- 
nisme a commencé dès le commencement du monde, que 
par conséquent il doit s'en trouver des fragments chez tous les 
peuples formés par les fils de Noé. 

2'' Parce qu'ils croyaient, d'après la Philosophie, qu'on 
leur avait enseignée et «ju'on leur enseigne encore, que toutes 
les croyances dogmatiques et morales dites à tort naturelles, 
sont dues à cette raison seule, qui n'a jamais existé. 

3"^ Us croyaient aussi que Rome avait condamné cette re- 
cherche, ce que nous allons voir être inexact par les citations 
que nous allons donner des décisions romaines. 

On a du P. Fouquet : 

1 Lettre sur l'état des mistions en Chine, datée da 20 novembre 1702 dans 
Un, édifi. t. XTii. 

S Tabula ehronologica kistoriœ rinicœ connexa cum Cyeto qui vulgo Kûy4te 
diâtur. Roms 1729, 3 f. In f>. 

Cette table donne la chronologie chinoise d'après le Tong- 
UendeTchou At et Sse-ma-wen-keng ^rédmie en tables par un tar- 
tare Nien, et que le P. Fouquet avoue n'aroir fait que traduire. 
Elle va de Tan 425 avant J.-C, époque de Guei-lie, jusqu'à 

* Houv, mél. asiat, i. ii, p. 258. 



16 TRADmOlfS GHRiTIBNNBS EN GHINB. 

Tan 1729 de notre ère. C'est Tépoque, dit le P. Fouquet, où 
Ton commence à trouver quelque chose de fixe pour le cal- 
cul du temps. — Les PP. Backer reuvoient au Joum. des Sa^ 
vants, février 1730, qui ne tait qu'annoncer cette carte, et 
oublient les Mimoire$de rrifooux^ qui en donnent uneanalyse 
détaillée Janvier 1730, p. 179, et parlent de ses grands talents 
qui le faisaient admirer dans la compagnie. 
^ Les PP. Backer citent de plus les écrits en chinois : 

/ a Chin ming roei tchou. L'esprit à gui rien n'est caché est le soaTerafn 

maître. Petit lD-^. 

Manuscrit suivi de 4 autres optiicti/«5 renfermant des extraits 
chinois sur les croyances chinoises et sur la doctrine du Tao^ 
avec remarques latines et françaises, et cherchant à prouver 
que le Déisme antique de la Chine approchait de la pureté du 
Christianisme. 

4. Tao te king fdng chou. Le livre de la raison etde la verto, revu et corn» 
mente. ? yoI. chinois în-4* avec fradactfon et comm. latins et français (c<u. 
Klaproth 2« part. p. 9 n. 39). 

6. Le Chi -king BYeo trad. et eomm. {Bibli. Rëmnsat). 

Voir aussi plnsieors leuret dn P. Fonquet, expliquant son rappel en Ea» 
rope dans le t. rv des Anecdotes chinoitet, ln-12, Paris, 1734. 

4. Hoilce muw le P. nioel, urel-raBgtol^ ett ehlB«l«. 

François Noël, né le 18 août [1651, à Hestrud (Nord), partit 
pour la Chine en 1684. Il y acquit une grande connaissance 
de la langue chinoise et fut un des plus zélés défenseurs 
du système qui chercha à prouver les traces du Christianisme, 
c'est-à-dire, des traditions primitires dans les anciens livres 
chinois. Comme ses confrères, il dépassa souvent les limites, 
et voulut étendre jusqu'aux croyances actuelles des Chinois 
ce qu'on ne doit entendre, et encore avec des restrictions, 
que des croyances antiques. Il intervint souvent et énergique- 
ment dans les longues discussions sur les cérémonies chi- 
noises, et il fut député deux fois à Rome pour les soutenir. 
C'est pour cela qu*il vint en Europe en 1702, repassa ea 
Chine en 1706, et revint se fixer en Europe en 1708. 

Voici ses principaux ouvrages : 



ROtld tn LB p. IfOBt. 17 

1. ObÊÊrvutùmâ Mfronomt^ief fattev «n CMnt, du» toi Cènrfmîiont pfcf- 
itgiies ete. do P. Gonje, Paris, imprimerie roytle 1692 in-4* pp. 1 13 et cartes 
d'après les PP. Racker ; à Paris ches Bdme Martin 1688 lii-4% d'ailrès retem- 
plaire entre nos mains. 

S. MemoriaU Hrca veritaUmet sybtifUniiam facU* eal InuititordeeretomS- 
M. Aleiandri VII editom die 23 martli i6S6,et permissionem ritaam Sineo* 
siam, iteoiqne cireausom vocum Tienti lam^ actal>ell8 JTtm-tim S.D.N. dé- 
menti pap» XI oMatam, a PP. Noël et (lastoer eto. die Yt martU 1T03 ln-4*. 
Mémom Iradait et inséré dans les Ltttm édifiantes, t. ti» p. 68 in-l2» 1723 » 
disait les PP.. Baclcer, mats qai est toat antre que celui du S7 mars 1701. 

8. Jitfspoiutb ad Ubras nuper edUos sub nonûne Bpii. BoitMmisit (de 
Ljonne) etConanefsris (Maigret), supra eontroTersiif slneosibus oblata S. D. N. 
Clementis XI a palribus Noël et Gastner, mense septembrls 1704 in*4*. 

Mannscrit Bibli. nationale (ft^olo^ B. N. 4068. 

4. ObsertHUianes mathematia» et physieœ in India et China faeU» a P. F* 
Hed, S. J. ab anno 1684 urque ad. annum 1708. In-4* Pfags 1710, avee nœ 
cartf des étoiles australes et plusieurs figures célestes, 

« Cet important recueil^ dit M. Rémusat, renferme des ob- 
» «ervatîons d'éclipsés du soleil, de la lune, et des satellites 
t de Jupiter, le catalogue des étoiles^rientales, beaucoup de 
> détails curieux sur les années, les mois, les jours et les beu* 
1 res de la Chine et le catalogue des noms chinois, des étoiles 
s et des constellations. > 

Un compte-rendu très-bien fait de cet ouvrage se trouve 
dans les Mémoires de Trévoux. Nous leur empruntons l'extrait 
suivant : 

a Les noms chinois des étoiles font du ciel une carie de la 
s Chine. Us ont donné à ces astres les noms des -dignités de la 
s cour, des magistratures, des villes, des fleuves de la CAine, 
s des animaux qu'on y voit, et.si on en croit leurs fables, les 
s 28 constellations, qui partagent le ciçl, sont 28 héros chinois 
9 changés en astres ^ 

Nous ferons observer ici que ce n'est pas la carte de la 
Chine mais la carte de l'ancien monde que les Chinois ont 
conservée dans ces noms des étoiles. Car, à coup sûr, ceux qui 
ont inventé les caractères chinois n'avaient encore ni héros, 
ni histoire locale. Ce sont les grands faits primitifs qui y sont 
renfermés. 

Nous ajoutons que M. l'abbé Perny a donné ce môme cata- 
logue des étoiles, mais en y joignant les caractères chinois. 

& Mém. de TréiHmst, avril 1712. p. 600. 

PBiMAU. % 



i^ nUDmONS CHRÊtiiNNtS EW CHIKS. 

5 . Sinensis imperii Ubri elassici tex etc., iti-4*, Prags 17 f I . 

« Jamais les livres de Confucius et de ses disciples» selon 
» M. Rémusat, n'ont été aussi bien entendus^ ni aussi coin- 
• plétement expliqués quils le sont dans l'ouvrage du P. Noël. 
» Mais ce mérite est balancé par un défaut grave : en voulant 
» être partout clair et intelligible, il devient le plus souvent 
9 diffus, profixe et embarrassé; il a presque toujours mêlé 
s aux phrases courtes, substantielles du texte les gloses ou les 
» définitions des commentateurs. Aussi le mérite du style orl* 
» ginal a-t-il complètement disparu depuis sa version. Ce n'est 
> plus ni la gravité énergique de Confucius, ni la spirituelle 
.1 malignité de Mencius, c'est la lourde et indigeste atinité 
» d'un scolastique du moyen âge... Le texte est noyé dans 
» des phrases latines qui ne finissent pas et dans un jargon 
9 qui ressemble à celui des mauvais prédicateurs ^ • 

Le jugement de M. Rémusat parait trop sévère. Le P. Noël a 
expliqué lui-même sa méthode de traduction dans les termes 
suivants: « En traduisant les textes de ces livres j'ai- suivi deux 
B méthodes: Lorsque j'ai vu qu'il n'y avait aucune difficulté ou 
» ambiguité dans les paroles , je me suis astreint aux sens 
» plutôt qu'aux mots eux-mêmes, pour ne pas être obscur. Au 
» contraire quand il pouvait y avoir quelque difficulté à cause 
i des sens ambigus des mots chinois et en quelque sorte obs- 
t ctirs, alors je me suis plus astreint à traduire les mots 
» mêmes, têts qu'ils sont, qu'à rendre leur sens tout à fait 
» clair, de peur d'être plus clair que le texte *. » 

Cet ouvrage a été traduit en français par l'abbé Pluquet en 
7 vol., in- 12, le texte y est encore plus délayé que dans le latin. 

Le Mencivs eiVImmutabile médium eixsleni dans la bibl., de 
Bruxelles avec le texte chinois en regard. 

6. Philosophia tinica, cognitionem primi Entis, ceremonias erga dcfunclot 
êlEihieamjuxta Sinarum mentem eomplectem^ in -4*, Prag» 1711. 

a Cet ouvrage trop peu lu, dit aussi M. Rémusat, contient 
» pourtant un grand nombre de principes remarquables et de 
9 particularités intéressantes [i6.) 9 JUais il lui reproche d'avoir 
trop voulu présenter les objets sous le jour le plus favorable 

^ Rémusat, Nouv. mél, asiat. t. ii, p. 253. 
t DiM BiHariea natUia, p. 3. 



DÈCI810EI1 lOMAOlBS. iV 

aux Chioois. Et en effets commeses coofrèreSi il a appUqaé aux 
Chinois actuels ce qu'il fallait restreindre aux anciens Chinois. 

7. Hùtorica riotitia rituum ac ceremoniarum Sinioaruiii tneolMwKîr pwrmf» 
titnu ae bensfaetoribiu defunctis, ex Ipsis Sineniittin latborain Ubris d«- 
snmpta, deipeciali UcentiaSS. D. N. Clemeiltit paps XL ln-4* de yi-91 pa- 
ges, Prags n\\ . 

Les PP. Backer doutent si cet ouvrage ne fait pas partie du 
précédent, ils n'ont pas lu la préface qui dit: < Si quelqu'un 
> désire plus de choses sur celle matière^ qu'il voie le traité 
Y des cérémonies des Chinois à l'égard des défunts^ ou le 2* traité 
• de Philosopkia sinica. » 

8. Boctrinœ Hnica \iTevit indagatio : mts. dt la Bibiiothèqaa de Paris ; 
ignorée des PP. Backer, 

H. OpuicxiXa poetiea, to 4« partes distributa: l.Vita J.-C. sob Domine divlni 
amorla. 2. BpUtolee marianas. 3. vita S. Igoatii. 4 . Tragcsdis. 5. Comedia Ca- 
eut videnÈ (foir le compte rendu dans le Joaroal de Tréwm» décembre 1717 
p. 1974). 

10. Tkefflogiœ summateu comptndium, etc., Colonis, 2 volumes, io-^ 171). 
Cest nn abrégé de Suarex, de Lessius et de Sanches, 

11. Poème sur la naissance du Dauphin, composé trois semaines avant sa 
mort en 1729. 

18. U a laissé aussi nn Traitélsur Vart dramatique, 

•écliil«B de la 0. CoBcrégalloB de I» PrepagABde ear !•• 

Sradlileas prlmlIlTee des Chlaele. 

fl convient de mettre ici ce que Rome a décidé surces graves 
questions. v 

Dans le célèbre mandement de 1693, où Hgr Maigrot, évéque 
de Conon, tranche si hardiment les questions des rites chinois, 
il est dit : 

c Considérant en 6« lieu, qu'on publie de vive voix et par 
9 écrit de certaines choses qui induisent les simples en erreur, 
a et qui leur ouvrent le chemin à la superstition, comme par 
1 exemple: 

« Que la philosophie dont les Chinois font profession , si on 
a l'entend bien, n'a rien de contraire d la foi chrétienne; 

a Que par Texpression Tay :{; Aie K les plus sages des an* 
a c)l*ns ont voulu définir Dieu, €ause première de toutes choses ; 

« Que le culte que Confucius a rendu aux Esprits a été plutôt 
a un culte politique que religieux ; 



9ù TiABinoiis €0i*viiiim m caniB, 

• Que le Ime qoe les Chinois appellent Y-Eing est nn 
» abrégé oa une somme d'one exeeUenie doctrine mr la p^si- 

> qirnei êur la morale; 

9 Tontes lesquelles propositions et autres semblables^ nous 
9 défendons expressément de publier dans tout notre vicariat* 
a comme étant fatusee, iémérairei et icandaleuseê ^ » 

Or que répondit à cela la Gongr^ation dont Clément XI a 
iralidè les réponses ? Le Toici : 

c La Sacrée Congrégation a répondu : Qu'elle ne pouvaii rien 
» dire de fixe ni de certain à Tégard des propositions énoncées 

> par ce 6* article, sans avoireu auparavant une lumière et une 
a connaissance plus étendue qui lui serait nécessaire par rap- 
w port aux choses qui y sont contenues. Qu'en attendant, il 
» but donner la commission à M. le Patriarche d*Antiocbe^ 

> (M. de Tournoo) de statuer là-dessus et de régler, selon la 
» prudence que Dieu lui a donnée, ce qu'il jugera le plus coa- 
» Tenable à l'intégrité de la religion catholique et au salut des 

> ftmeSy après qu'il aura entendu les èviques et Us vtcatres apof- 
» toliques, aussi bien que les missionnains les plus éckUris de 
9 ees payS'Id K » 

Or, averti par cette sage réserve, Mgr le Patriarche n'a con- 
voqué sur ce point ni é vaques , ni missionnaires , et plus rien 
n*a été statué sur cela. 

Quand donc nous trouvons plus ou moins de concordance 
entre les opinions de Confucîus ou des anciens Chinois, et les 
croyances bibliques ; quand nous disons avec le P. Prémare 
qu'il y a dans les livres chinois des vestiges des dogmes primi- 
Hft, nous disons une chose essentiellement permise et vraie \ 

Tel est l'état de la question, en sorte que, lorsque nous 
recherchons dans les caractères de ces livres chinois les restes 
seuls des traditions primitives, nous sommes dans les limites 
posées par les Congrégations romaines. 

> Voirtontce mandement dans Mémoires powr Rome, 1. 1, p. IS9 et le textes 
p; lis. In-i3 1709. 
^ Voir k téponsê de Rome 4 ce mcndement ibid, p. 331 et 2IS. 
* Voir des détails plaa éteodiia dans Ànnalee t. zix, p. 307 (a« série.) • 



PAB LB P. PftBMABE. SI 



DÉCLARATION PRÉLIMINAIRE 



AU liCCTElJR^ 

Je désire faire connaître à tous que j'adhère de toute mon 
finie à tous les décrets et préceptes de la sainte Eglise notre 
mère, de telle sorte que je ne cesse jamais, jusqu'à mon der- 
nier soupir, de croire et de parler comme elle. Que Dieu m'en 
fasse la grâce ! 

Il est donc loin de ma pensée de prononcer quoi que cesoit 
de moi-même sur le sens de ces caractères chinois 5^ Tien^ 

Ciel et J: ^ Chançf'ly, Souverain Seigneor. 

Je rapporte purement et simplement ce qui est dit dans 
les livres des Chinois, n'ayant rien autre chose en vue, sinon 
le salut de ces peuples. A l'exemple de l'Apôtre des nations, 
j^estime qu'il me serait glorieux d'être anathème pour eux. 

Ce traité fut d^abord composé en Tannée du Seigneur 1712. 
Mais, comme dès lors, je n'ai cessé de parcourir les auteurs 
chinois, et que tout mon temps et mes soins ont été consacrés 
au perfectionnement de cet ouvrage, j*ai cru -devoir le re- 
faire à neuf. J'en ai changé le plan tout entier. J'y ai corrigé 
quelques erreurs, et je l'ai augmenté de plus de moitié. 



1 Kote des éditeun. 1« A l'époque où le P. de Prémare écri? uit, on 

dispotait fort sur le sens qu*il fallait donner à ces deai expressions Tien^ 

Ciel et Chançrti, i^eigneur suprême. La lumière s'est faite depuis lors. 

^ Mais, pour couper court à tonte discussion et dans le doute, le St-Siége 

défendit sagement d'employer l'ane et l'autre expression pour désigner le 

Trni Dien. 
Les lecteuru n'oublieront pas que l'auteur du Seleeta écrivait avant la déci- 

sio-1 do St-Siége sur tout ce qui regarde les rites chinois. — 2* Noos conserve* 
roos dans le texte du manuscrit le mode de Tautenr pour la prsnonclatton 
des mots cbinoia. Dans les notes, nous suivrons la méthode actuelle d«i8 81- 
noIoguM qui sont en Chine. La méthode saîTle dans les nous fera oempre»- 
dr« eelle du P. Prémare. 



\ 



T»A0ITIOIIt CHRÉTIUmilS IR CBIHS, 



VESTIGES CHOISIS 

lle« prlaelpAtiiL Dogmes île 1» Beliglon 

cHrétleoBe 
Motroavés 4aiis lc« anctana livres eltlnele. 

■ 

Voici quel sera le plan de cet ouvrage. 

{• J'expliquerai d'abord différents points dont h connaissance 
est nécessaire pour l'intelligence du livre. — IP Je parlerai de 
Dieu en tant que Un et Trine. — U^ Je traiterai la question 
de rétat de Nature intégre et innocente. — IV® Puis de l'état de 
Nature corrompue^ et séparément, de \Sirébellion des Anges et 
de la, cAufe d'Adam. — V" De l'état de Nature réparée par Je- 
su8-Cbrist.Ce point. Dieu aidant, sera traité assez longuement 
tant à cause de Timporlance du si:^^^ 4^^ ^^ l'abondance de la 
matière. 



ARTICLE PREMIER 

1. Différents points néeeseaires à connaître pour 

Fintelligenee de ce livre. 

I» POIHT. 

Les livres que les Chinois regardent comme sacrés et qu'ils 
appellent^pour ce motif, /Tm^ ^{Livres par excellence)^ sont 

au nombre de sii MiC 1*' est appelé F-Aing ^ g (Livre des 



> Geaxde nos lecteurs qui désirent quelques détails plus expliites sur cha* 
•an de ces lirres sacrés des (Ihiaois peuvent consulter la Grammaire chimri- 
Si composée par M. rabbé Pemy. à le II* partie, cbap. tiii, qui a pour titre: 
De la Uttérôimn êkinoiiê en génêraL 



chaDgements); le 2* Chou-king |f |S (Ltore Aiitonfué); le 3* 
Chi'kmg ^ g|[ (Livre des Vers); le 4* £y-A:tn(;f ^ H (Livre 
des rites); le 5« Ythking |j| 2g[ (Livre de la Musique] , le 6« 
Tchuntsiou ^ . ^ (Livre du printemps et de l'automue). 
Deux de ces livres sont perdus, savoir le To-king et le Ly king. 
Tous les auteurs l'avouent après le philosophe Mong-isie. 
Ces deux livres ont-ils existé? On peut poser celte question; 
mais ce o*est pas encore ici le lieu de la traiter. 

Il n'est pas possible de déterminer avec certitude Tépoque où 
ces libres sacrés furent composés ; car tout ce que disent là* 
dessus les écrivains modernes ne parait appuyé sur aucun ; 
fondement bien solide. D'ailleurs ils sont loin de s'accorder 
entre eux, et il n'est point difGcile de réfuter leurs diverses 
opinions. Aucun écrivain voisin de cette époque n'attribue tel 
livre à tel auteur. 

Sous la dynastie des ^ Hàn (1), c!est-à-diri», après 200 
ans de guerres atroces et continuelles, après l'incendie 
des livres, après le naufrage de la doctrine des anciens, 
arrivèrent enfln les écrivains Ssema-tsien (2), T«ocAî(5), 

- - - — * 

(1) La dynastie des Han ^ est la 5* et compte 27 empereurs. Elle 
a duré 436 ans, de l'an 202 avant J.-C. jusqu'à Fan 224 après J.-C. 

(Z) Sie-ma-Uién, p^ ^ ^, Tirait sous le 1*' empereur des i^An, Va a 
20*2 a?. J.-C. On- le considère comme THérQdote de la Chine. Son grand ouvrage 
8 appelle \e Stérky^ ^ ^, en 130 livres. Voir la notice sur cet bisloriep» 
et Tanalyse de son livre dans les Nouveaux mélanges asiatiques d*Âbel Ré- 
mu»at, t. 11, |>. 132. 

(3) Tsô-<hê (ou Tsô^e(nHnin) ^ f ^ ^. On est dans l'usage en Chine de 

donner aux hommes célèbres Tépithète de Ché J^ , qui s'ajoute seule au 
nom de famlle. C'est un içrand honneur pour ceux qui reçoivent cette qualifi- 
cation. Chaque fois qu'un nom propre d'écrivain reviendra avec le mot ehé, 
les lecteurs se conviendront du sens de cette ëpithète. 

ffô-cA^ était contemporain de r^onfucius (551-479 av. J.-C.) et jouit d'une 
grande autorité chez les Chinois. Il est Tauteur d'un commentaire sur le 
Tchoun-tsieou^ (Le Livre du printemps et de Tautomne), ayant pour titre Tsà- 

lehouan ^ ^, en 30 livres, non compris dans Tincendie des livres, et il 

cite les Kîng, tels quMls existaient avant Confucius. M. Bazin en a traduit 
le 3* chap., où Tsô-ché parle du Chan-hay-king^ dans le Journal asiatique 
t viii, p. 366 (a* série) ; ii est de plus l'auteur du livre intiiulé Koue-yit 



S4 TBADinOlIt GimiTlKNNES Dl CHIIII, 

Ktmg-ngan-ktme (4), Mao-tehang (S) et autres semblables 
iiovateura qui se mirent à forger des systèmes au gré de leurs 
passions et s'efforcèrent, à tort, de faire accorder les livres 
Chou-king H S et Chi-king ^ f|, à leurs histoires. Il 
est vrai qu'ils furent très-bien réfutés par les écrivains de 
l'ftge suivant. Mais ceux-ci ne se montrèrent pas plus fidèles 
que leurs devanciers. Ils racontent une foule de choses vrai- 
ment indignes de livres d'une aussi grande autorité; ainsi 
dans la petite Pr^/iics qui précède chaque ode du li?re ^ fit 
CM-kingf ils prétendent que la plupart de ces petits poèmes 
furent composés par des femmes, des eunuques^ et des 
jeunes gens corrompus (6). 

\à pKbe infime des Lettrés admet toutes ces balivernes se 
fondant sur cet inepte argument que ces Préfaces leur eipli- 
quentavec assurance le Sujet de choque ode. Ce que Ton ne 
pourrait savoir sans cela. 

Le livre H f| Chau-king a aussi ses petites Préfaces, et 
comme elles sont confondues avec le texte, elles altèrent bien 
plus profondément ce King, que ne Ta fait pour le livre j^ 
Chi la petite préface ij^ ^ Siaô-su ; car celle-ci n'a pas été 
admise dans le texte (7). 



\j (ReDarqnes inr les Etats.) Voir ce qu'en dit M. Panthier dans les 

ÂnnaUi de philotophU t vi, p. 72 (6* série). 

(4) Kong-nganrkoue 9L ^ H ^^ ^° membre de la famille de Goufii- 

dos. Soosle règne derempereor Où ty J^ ^ (140 ans ay.J.*GO la maison de 

Gonfadus fut démolie par ordre de Kong ouâng ^ £, prince de Lou 

(aujourd'hui le Ghan-tong); on trouva dans une muraille une copie du Gbou- 
kin et d'autres livres encore. Ge fu t Kong-ngan-lcoue qui, avec l'aide du texte 
de J^ott-ten, déchlifra Tantique écriture de ces livres. — Voir ce qu'en dit 
M. Paulhlerdans les AntMUi dephUosophve t.xx, p. 216 (S* série). 

(ft) Maô^hang {on Jfad-tottny, ou Maô-ché) vivait sousies Han, 202 ans sv. 
J.'G. U a donné nne édition du Che-king de Gonfucius, et en forma l'édition 
qui existe encore. Voir ce qu'en disent Pau-icou et M. Pauttiier dans les Anr- 
noies t. VI, p. 61 (6« série). 

(6) Le Che-king a été traduit en latin par le P. Lactiarmett publié eu 1830; 
mais on n'y trouve pas cette préfckce. 

(9) Le Cho\t-Ung a été traduit en français par le P. Gaubil et publié par U. 
de Guignes, in<4« 1770 ; revu ef orné de notes et de caractères par II. 
Pautbiar dans les livras focrtfi de VOrùni^ Paris ISéO. 



PAR U P. nifllARB. -— AIT. I. 18 

Qaant an livre Tehun-tsUm^ ce que les auteurs modernes en 
rapportent est encore peut-être beaucoup plus incertain. 
D'après l'opinion commune ce livre est l'ouvrage .de Confueiuê. 
Mais Confucius a-til transmis à la postérité quelque chose par 
écrit? Rien n'est plus douteux ; plusieurs même regardent 
comme plus probable qu'il enseigna de vi?e voix seulement sa 
doctrine à ses disciples (8). 

Le philosophe Me-isee, qui vivait peu de temps après Con" 
fueim, dit ceci : « J'ai lu les annales de tous les règnes, et ces 

• livres ne sont point ce que Ton appelle aujourd'hui, 
9 Tchun-tsiou (9). i A supposer môme que Confuciusait com- 
posé ou corrigé un livre intitulé Tchun^Uiou, il est certain 
que ce livre n'existe plus, à moins que ce ne soit dans les trois 
commentateurs, qui reproduisent je ne sais quel texte, mais 
d'une manière fort différente, et qu'ils expliquent chacun à 
leur façon. Aussi Yin-tchong-tsèe , après plusieurs autres» 
dit-il avec raison: a Les trois gloses ont fait entièrement 
> disparaître le livre Tehun-tsiou (10). » Et Lmu-lcht^ki (1 1) 

• n'hésite paf à affirmer que le Tchun-Uiouei le CAou-Mnj^ ont 
9 paru en même temps (18) v . 

Reste le livre Y-king, dont nous allons parler. 



(S) VoirceqoeditllilBtorienoblDotePaii-fcott i[^ Q sur lea différeotti 
copies du TehiM-Uieou, dans les Ànnalet âe philosophie t. vi, p. 10 (6* 
aérie). 

Me-tsi JH^ ^ Yïv4i ta &^ «i^l6 atant notre ère. Voir ce qui reste de 
ses livres dans In notice do Pan-kou et de M. Pauthier dans ÀnnoUi t. vi» 
p. 42S (6* série). — Le texte chinois de Me.Uè n'aat elté q^'à noiliô par 
Préoiare. 

(10) H il # M » iK «• 

Wenrîektmg'tse vivait soos les Tmig antérienn (179-lGS ans av. J.-C.) 

(il) »IK4»#ll«*l^iHf- 

UêOKt^Uhirkyf vivait soos iesTang postérieurs (618-907 de J.-C.) H est 
aoleur du Ché-toung-soui-ouay. 

(18)0npeat se demander avec raison si le Tehoun^tsieou tel que nous Ta- 
vons, doit être mis au même rang que IT-fctn, le Chou-ktnei le Che4Un. 
Cêx quelques européens se vantent d'avoir examiné sampulentemeot quel- 



26 TRAoïnoiti CHRiriiiiifBs m chike, 

On lit dans le livre Y-kinjor, que jadis « Pao-hi-chi (ou Fou-hi) 
» roi de touiTuniverS; d'une part, observant des imsgesdans 
» le ciel, et, deTautre, des lois uniformes sur la terre^ exami- 
B nantlesdifférentes espècesetlesformesdes oiseaux et des ani- 
1 maux^ ainsi qie la position de la terre et Tordre qui la régit, 
• et enfin, empruntant ses observations tant à Tintime consi- 

> dération de lui-même qu'à Pétude des objets extérieurs, 

> PaO'hi'Chi imagina de tracer 8 figures de 3 lignes, comme 

> moyen d'atteindre jnsqu'auxverlusderesprit intelligent, et 
i> de discerner la nature et les modifications de tous les 
» êtres (15). t 

Lopi (14) rapporte la même chose de Ssee-hoâng j^ ^ que 
Ton place longtemps avant Pao-hi-chi ou Fon-hi et auquel on 
attribue l'invention de l'écriture. Ssee-hoâng et Fouhhi sont-ils 
deux personnages différents ou seulement deux noms du m6< 
me roi? Qui peut nous le dire? Il est certain que tous les 

qoes éclipses de soleil consigoées dans es livre et ils assurent qu^elles y 

sont notées avec assez d'exactitude. Mais en supposant la vérité de ces cal- 
culs, sur lesquels je ne puis porter aucun jugement, le Tchun^-tsiou est 
assurément pour mul d*une autorité incomparablement moindre que les trois 
KIng que nous avons cités (prémare). 

(13) t M ^mRzx%j toi(9mnfki& 
%o^mnfànnio m Sh u ±, ^ 9i m 

Z & o f&M iSk ^ o 'j& M n «I o H^ ^ *b i^ 

Ce texte est Uré da J-king, i^ partie ch. 1 nommé Hy-tse ; tradoit bien 
différemment par le P. Régis : T-king t ii, p. 528, et aussi dans les Eté- 
moiret chinois, t. ix, p. 2S7. Voir aussi une trad. littérale dans les Sinica 
JSgypHaea de M. Pautbicr p. 3, 4. Paris 1842. 

(I4)||[ ^ Ldpy vivait sous les Song vers 1 170 ; il est l'auteur d'u:i célè- 
bre ouvrage nommé Lou-ehé g^ ^, en 47 livres, où ii a recueilli un grand 
nombre de faits négligés par les auteurs antérieurs, commençant à l'origine da 
monde jusqu'au règne des Hia, 2205 ans avant J. -G. Le P. Prémare a 
longuement analysé ce livre dans le discour* préUminaire qui a été placé 
au commencement du Chou-king. C'est la meilleure notice sur les tempe 
fabuleux de l'histoira de la Gtiine. 



fÂM LE P. PMiVARK. — ART. 1. Î7 

Chinois sans eiception prétendentl qae Tantique Fou-hi est 
Tauteur da livre T-king. Qu'était-il et en quel temps at-il 
vécu, ils l'ignorent complètement, et il ne leur reste aucune 
donnée pour césoudre ce problème, privés quils sont des mo- 
numents européens. 

Le P. Joachim Bouvel (15) a prouvé et démontré avec toute 
révidence que Ton peut exiger en semblable matière, que sous 
leaom et la personnalité de Fou-hi^ on doit reconnaître le 
saint patriarche Hinoc (Enoch) ; et ainsi est retrouvée la pre- 
mière origine jusqu'alors inconnue dece livre mystérieux (16). 
Enfin, les Chinois modernes disent communément, il est 
vrai que les lignes seules et leur disposition sont de Fou-hi, 
mais que l'explication en est due d'abord au roi Y^^'^^^f 
'X ï puis à J9 ^ TcheoU'kong, et enfin à Gonfucius, % 
^ Kong-Uee. Mais tout cela vient de l'ignorance où ils sont de 
la vraie doctrine, et il s'en faut beaucoup quMls soient tous 
d'accord. 

Que. Ven^rang ait réellement donné une explication de 
ces Ugnes^c'est ce que plusieurs révoquent en doute. 11 ne 
conste pas davantage que Teheéu-kong soit l'auteur du livre 
SI fl Tcheourf/^ ou du livre J9 il Tcheou-ly ; ni que le 
livre lU ^ S Chan-hai'king soit l'ouvrage de l'antique 
fÔ A Pe-uu. Ces deux points sont très-incertains. Enfin 
que Gonfucius ait composé les commentaires appe|és -j^ 
S Che-y y c'est ce que nie Ngheou-yâng-sieou K K llF^ 
et il apporte à l'appui de son sentiment des preuves nom- 



(15) Voir la DOtice sar le P. Boulet, ci-dessus p. 12. 

(16) Lonqne nous disons que le saint patriarche Eenoc est l'auteur du IlTre 
î'king, noua n'entondons pas dire, nous ne voulons pas direqu*a?ant lui, Il 
n'ftit existé aacone écriture ci aucun liTre. Car parmi les savants il en est un 
gnnd nombre qui soutiennent que Seth, longtemps avant Henoc, inventa 
l'écriture et composa des livres. Lies Chinois eux-mêmes placent Ssee-^ 
hoâng avant Fou-hi, Nais, quant aux révélations faites à notre premier 
père »ur la venue et l'Incarnation du Fils de Dieu, pour sauver le monde, 
ellej furent trarisnûses de père e.i fils par la L-atlitlon orale Jusqu'à ce que 
le saint patriarche Henoc confia à l'éuriture toute cette doctrine au moyen 
de figures éoigmatiques et hiéroglyphiques . (Painiai). 



Î8 TBABIHOHS CRBJÏTinam EN Gllliai, 

breuses et solides. Ajoutez à cela qu'il n'est guère croyable 
que le roi Fou-hi, que Ton reconnaît pour PînTenteur de 
Tart d'écrire^ n'ait pas lui-même employé l'écriture pour 
éclaircir des figures si profondément obscures (17). 

Tous les autres liirres King tÊ se rapportent à un seul le 
livre A F, comme les ruisseaux remon tenta leur source. Tel 
est le sentiment des divers savants de la Chine. 

Eeoutons«en quelques uns : 

« Le livre T-king, dit Tchu-hi^ est comme la souche 
i> qui a donné naissance aux lettres; il est .comme le père de la 
» vraie doctrine (18). » •- 

« Le livre T-kfnÇj dit Tchin-lsie (10), n*est pas seule- 
» ment Torigine des cinq autres King, mais il est encore 

{17} Voir ce que dit Pan-kou sur le nombre et rincer titade des différents 
textes de ces livres dans Annalei d$ philos» t. xi, paries 213 (S^séri^. 

Fcm-hy jf^ f|| n'est nollement Tinventettr de récriture cbiooiee, com- 
me rinstnue le P. Prénuire. Fou-hy a inventé les lignes que Ton nomnie 
kona, non comme écriture courante (Voir Grammaire thinoite de M. l'abbé 
Pemy II* partie, cb. 1). 

Tcboi^-hy jj^ ^ célèbre commentateur Tirait sous la dynas- 
tie Soii|(i190 de J.-G.)- Ses commentaires ont une grande autorité en Ghine 
et sont entre les mains de tous les élèves chinois. li y a bien par ci par là 
quelques passages dans les œuvres de Tchou-hy, qui sentent k UbéraUsme 
ou îndt/f<;refUûr»e religieux, mais cela est peu remarqué en Chine. Tchou-hy a 
laissé uu commentaire sur presque tous les livres canoniques de la Chine. 

n a composé d*autres ouvrages encore, tels que son Kia ^y ^ jjf^ (Collec- 
tion des rites djmesliquesj en 4 vol., que ro.i trouve- dans la grande Revue: 
Sin-ly-ta-Uuen chMu jÉ 3 1;^ ^ ff • 

Le P. Préniare a cité et discuté lor.gueiiient toutes les opioions philosoplii- 
ques de Tchou-hy dans la lettre sur le monothéisme du Chinois, publiée par 
M. Fauthier dans les Annales de Philosophie, t. iii, pnge ISl et 278 (&• série). 

Tehên-tsé ita plutôt Tséng-îsé ^ <^y disciple de Cou fucius eflt l'auteur 

du Ta-hio ou de la Grande étude, œuvre leconâtituée en lUO de J -C. par 
Tdum*ky* Voir le préface, traduite par M. Pauthier dans son édition du Ta-hio, 



Fil u r. minAfti. * art. i. itt 

t comme le trésor mystérieux de tous les êtres visibles et in- 
s visibles. 
B Le livre T-king^ dit Tauteur du livre Ta-hio-yen-y (fiO)^ est 

> Torigine et la source des cinq livres King. Si quelqu'un es- 
» saie d'étudier ces livres sans se soucier du livre T, les autres 
B livres sont pour lui des arbres sans racines, comme un 
» ruisseau qui u'aurail pas de source. 

• Un-lii-yuen dit aussi : Les cinq King sont, par rapport au 
1 livre T, ce que les fleuves sont relativement à l'océan (21). • 

L'auteur du livre intitulé : Tcheou-y-Uuen-chaUf cite les Let- 
trés qui sont du même sentiment, a Aucune doctrine, ajoute- 

> t il, n'est au dessus de la doctrine du livre T-king , aucun 
B livre n'est plus ancien que le livre T-king. Lorsque les mo- 
B dernes veulent parler de doctrine et des livres Chou et CAî, 

> s'ils n'ont soin de s'appuyer sur le livre T-king comme sur 
s leur fondement, ils ignorent encore ce que c'est que la doc- 
» trine, et ils ne peuvent savoir si les livres Chou et Chi 
» contiennent une doctrine (92). » 

Cela posé, il est nécessaire de ramener à un chef unique 
toutes les doctrines qui peuvent être contenues dans ces livres. 
Celui donc qui trouvera le moyen de ramener tous ces livres 
à un système cohérent de doctrines, celui-là aura trouvé leur 



(20) A «£S:t:4cfKoK|Eir7K«o«i 

L'oamge Ta hio yen V :fi 9^ ^ tty ^" ^^ i-olumet, est dA ta 
pinceao de Tchen te sleou J( ^ ^ • C'est ua recueil d'exemples his- 
toriques sur les doctrines du Ta blo. Il fut composé sons les Song, en 1239 

Un^hy-yuin, Inconnu. — Quand nous disons d'un auteur ineonnu, nons 
TOttlons dire seblenient que nous n*avons pu en a?oir connaissance, ti non 
qQH n'existe pas. 

fcAsoiHHfiilii^cm, Ineonntt. 



30 niDITIOlfS CRlÉTIBltlflS Blf CHIlfÉ, 

vrai sens. De ce même principe, on, infère avec quelque pro- 
babilité que tous cesmonuments'ont du le jour au saint Pa- 
triarche Henoc lui même ou bien à ses disciples, lesquels, 
à peu près au temps de ce patriarche, ont voulu transmettre à 
la postérité la doctrine d^un si grand maître. C'est peut-être 
pour cela que le livre Hany-ven-tchi (23) s'exprime ainsi: 
» Fou'hi, dît-il, traça les figures koua, inventa un genre 

> d'écriture hiéroglyphique et composa ensuite un livre où il 

> traite de Tao, de Chun etde JETta Chang-Tcheou (24). i» 

Nous ne connaissons pas qu'il existe dans l'univers entier 
aucun monument plus ancien que ces livres conservés par le 
peuple chinois. Cette conclusion découle de ce que nous avons 
dit. 

La connaissance de la véritable doctrine des King est entiè- 
rement perdue <ïhez les Chinois. Tous les auteurs que J'ai pu 
lire jusqu'à présent et qui traitent de ces matières sont unani- 
mes à l'avouer. 11 est bon de rapporter ici quelques-uns de 
leurs témoignages. 

Han-hy-venriche, inconnu. 

(S4I) Ce texte parait concluant, mais je n'ai jamais pu le Tolr demes yeux. 
Le P. Jean-François Fouquet qui assure qu'il a pris ees paroles dans le 
dictionnaire Tcheng-Ue-tor^g (85) cite en cet endroit le ]i?re Han-ytiên-tche 
ces mômes paroles se trouvent mot pour mot à la lettre m qu'on lit nié 
mais que l'on devrait lire fito pour s'accorder avec f^ uou. Ainsi lit-on 
dans Chùking et dans le passage que te P. Ponquet n'a pas cité en entier. 
C'est pourquoi le sens est celui-ci : « Fou-hi traça les figuras koua; i'écri- 
• ture hiéroglyphique fut iriventée ensuite. Elle ne /ut point du tout em- 
» plo3ée dans les temps de Tao-chun, Bia-chang el Tcheou. » Donc ce 
passage ne prouve pas ce que prérend le P. Fouquet. (paMmaE). — Voir 
la notice sur le P. Fouquet, ci-dessus p. 14. 

(t«)rcfcenyttee-«ony j£ ^ jj, di<^tionoaire composé par 7<o-(Mi^ sous 
iMMiOfS (laes^isn); c'aat UD des bons dlet. chinois. 



rim Ll p. PBSMAAI. — ÀKt. 1. 31 

t Depuis très-lougtemps» dit Confuciut, aiosi que le rappor- 

» teot ses disciples, la vraiedoctrioeadisparudu monde (9t5).v> 

« Soixante douze disciples^ dit Tchin-tsiao (27), reçurent 

> également les doctrines de Confucius et après la mort du 
1 niaitre, ils no purent s'accorder entre eux sur ces doctrines. 

> Les disciples de ceux-ci s*écartèrent davantage encore de 
1 renseignement véritable et allèrent plus loin que leurs de- 
» vanciers. C'est pourquoi, leur ajouter foi, c'est suivre une 
» tradition incertaine et pleine .d<^ contradictions. » 

« Après la mort de Confucius^ dit Sou^tong po^ on perdit 

> tout-à-fait la doctrine des six King, et depuis ce temps-là ces 

> livres ont été inexplicables (SB). » 

» Confucius étant mort, dit Lai-ichi-te (20), la doctrine de 
• VT'king périt avec lui. » 



(««) ^ H ^ T IR at A ^. 

' Voir Goofuclus. 

m- 

Tekéf^uiao fj^ jj^ est an tuteur qui Yivalt sous U dynastie des Song 
[960-1279). 11 a publié le grand ouvrage Tong-tché ^ ^ en 300 Tolames; 

II commence ion récit à Fou-hy et le conUnue jusqu'à la dynastie des Tang 
[61S-90&). 

Cet auteur a encore mis au jour un recueil littéraire qui comprend 20 
pièces de poésie et 7 articles en prose, qui supposent une vaste érudition. Le 

titre est jKta toy y kao ^ \^ fjt $É * 

Sou long po fll^ X :^ est un poète célèbre qui florissait sous le règue 
lie Tempereur Yn tsong, de la dynastie des Song lequel monta sur le trône 
l'an iO&^. Son surnom est Tti Uhénel son nom scientifique Tong\po, Sou ché 
étaiit en grande faveur à la cour. On lui a donné de son vivant le nom flat- 
teur de tfieiUe iource, Lao tsuên. D a laissé une espèce d'encyclopédie en lis 

livres sous le titre de Sou toog po tsuên tsy ||^ ^ |||^ ^ H^ comme 
qui dirait : GBuvres complètes de Son tong po. 



3t nimrom cimftnBfi» m cbihi 

« n y a bien des années déjà qne Confucius nous a laissés, 
» dit Ngheou-yàng-iteou, et la tradition du vrai sens des six 
a King s'est perdae. Ces livres ne peuvent plus recouvrer leur 
a rectitude primitive, et à moins que Confucius ne ressuscite 
» d'entre les morts, il est impossible de découvrir en eui la 
a vérité... 

» Après la mort de Confucius, dit le même auteur, on a 
» preifque entièrement perdu la tradition sur les six Ring. 
» L'explication de chacun daces livres s'estdivisée en plusieurs 
» familles, et il n'est pas possible de dire jusqu'à quel poiat 
» elles sont en désaccord (50). 

« Mong^tUe étant mort, dit Tehu-hi , on cessa dès lors' 
» de propager la doctrine du Saint Homme^ et tous ceux que 
» Ton appelle aujourd'hui Lettrés, ue recherchent que l'élé- 
» gancedustyleet sontimbus des erreurs de Tao et de Fo€ (51). 



«A.- s A iSLA s $ Us « «o s i: « » 

Kgmm^tm^'HêQivk K M tf ^^'^ auteur célèbre de kidynaette des 
SoDg (960-1279 de J.*C). Il a publié de coocert âTeo Soug kY 5^ jJK 

laooavelle bistoira de«TaDg.5m tofig efc<m, iff Jjj^ H en 255 voiamet. 
Seul il a publié : la wmwU» histoire des cinq dynasties (Pin où tay cbé) 
jjjjl 2^ fÇ j[l en 75 rolumes. Ngeou ylng sleou a publié, en outre, 
d*autre8 ouTrages sur des ai^ets particuliers moins importants. 

Quand les Lettrés modernes pprleot de Confocius ils l'appellent presque tou- 
jours du nom de ^ Cblng ^ gin, le Saint-Homms i msih dans les livrée 

King par Ching-gin on entend le Saint des saints, el là il ne s'agit pas de 
Confucius, et Gonfocîus n'est pas ce Saint auquel on rapporte tous les King,. 

Voir sur Tehaik^ la note 18. 



PJlR LB P. PRÉMÂBB. — ABT. I. 33 

«Li ssee(5^), dit ffton^-ssee-h'^ brûla les liTres et condamna les 

> Lettrés à divers supplices ; les six arts en éprouTèrentuntrës- 
» grand dommage (55).»« Après la dynastie de Tsin (255-206) 

> dit Tching- tsie^ on ne propagea plus la vraie doctrine (54) » 

« Autrefois, dit Ngheau-yang-sieou^ après la mort de Confu- 
V cius, la doctrine des six Kingfut à peu près effacée, et elle se 
» perdit tout à fait parles ravages des guerres et les incendies. 

• Après la mort de Confucius, dit le même auteur, àme- 
» sure que le temps effaçait les traces de ce Saint Homme, on 
» vit naître diverses opinions très-élpignéesdu vrai sens dessix 
^'King. Depuis la dynastie de Han (202 av. J.-G.) jusqu'à nos 
• jours (969 ap.J.-C.) il n'est plus possible de distinguer le 
B viai du faux (55). d 

c Après rinceudie des livres, dit Lieouyuefi-tching^ la famille 
« des Han parvint à l'empire; alors les Lettrés se mirent à dis- 
» serter sur les King, selon ce qu'ils en avaient appris^^ et cha- 
» cun tant bien que mal ouvrit une école (56). » 

« Bien que nous soyons éloignés de Tanliquité, dit JcAm- 
» Uee , les anciens Livres existent encore, mais les Lettrés qui 
» nous ont précédés en ont perdu le sens, et nous ont tra'nsmis 



(32) Ly-se ^ ^ est le fameux ministre de l'empereur Che hoang ty (221. 
:0d). C*e8t lui qui, eu réalité, est le véritable auteur de Tincendie des livres. 
Cbc hoâng ty avait iine confiance illimitée en son ministre, qui, du reste, 
uvait toutes lea-brillantes qualités et les grands défauts de son maître. — 
Voir le discours quMl tint à Tempereur à cet efTet, dans Annales de Philoso^ 
phie t. XX, p. I&l (5« série). 

Hionff-^e-lyt auteur-du Hio-tong vivait l*an 27 de Kang-hy, 1689 après J.-G. 

(5*) g mB T * s ^ «. 

\oir sbr Tching-tsé la note 19. 

m=w ^ MAE. ^am ±m,mmi&mm 

Voir sur Ngheou la note 30. 

<^)Si M m a: z ^ m m y:i Si m ^ mm ^, 

Ileow^en >yen)-tcMn, vivait sous les liiog, ven 1330 de J.-C 
FRÉMARE. 3 



34 TRADITIONS GHBIETIBRNES EN GHINE^ 

ir de vaines paroles. C'est ainsi que leurs descendants Usent des 
» mots^ il est vrai, mais ces mots n'ont plus pour eux ni goût 
» ni saveur. Sans nul doute, depuis le temps des Han^ on a 
3> perdu la vraie tradition (57). » 

<c Tous les monuments de la haute antiquité ont péri et qui 
i> oserait en écrire^ dit Tângtsèe'i Les faits et gestes des iroiê 
» HoAng "^ ^ ne sont-ils point fabuleux? Les anç Ti £ ^ 
» sont- ils des actes réels ou de pures rêveries ?Bien piusTliis- 
» toire des iroi$ Vdng 3 ^ est-elle claire et vraie, ou occulte et 
» mensongère ? qui pourra nous le dire? C'est à"" peine si 
1 nous connaissons la certitude d'un fait entre cent mille ; 
1 entre nous et une antiquité aussi reculée, il s'est écoulé des 
1» jours et des anhées innombrables (38). » 

Ce philosophe vivait peu après le commencement de la dy- 
nastie de Han (202 ans av. J.-C), et il parle des trois Yâng 3^ 
ï c'est-à-dire, du livre entier Chou king comme de choses 
trés-éloignées et personne ne réclame contre celte assertion, 
ni ne l'accuse d'Inexactitude. 

.VI« POISTT. 

Il n'est pas possible de déterminer au juste, en quel temps 
se perdit cette doctrine des anciens^ comme il enconste parce 

« 

Voir sur Tching-tsé noie 19. 

Quand les interprètes parlent ainsi dans leurs Préfaces, il ne faot pas 
penser qu'eux-mêmes aient cru avoir atteint le vrai. Si cela était, pourquoi 
auraient-ils essayé de les éclaircir de nouveau par leurs commentaires ? 
Mais comme ils n'apportent rien de meilleur que ceux qu'ils blâment, U faut 
les placer au même rang que hsurs prédécesseurs (prémàre). 

(58)^: t i.^\t^mu^^^^±.^^ 

rang tsé^ |g ^ était un disciple de TEcole de Confueius, dont 
il s'appliqua à propager la doctrine. Son ouvrage en 2 vol. porte le titre 
de Fa yen ^ "^^ H écrivait de l'an 32 av. J.-C. Jusqu'à l'an 7ap. J.^3. 



FAR LB P. PBÈMARK. — ART. I. 35 

que nous atons déjà dit. Les tins assignent pour époque Fin- 
ceodie des livres, d'autres la mort du philosophe Jf on^-Xiée (38), 
d'autres celle de Confucius (40). Quelques-uns font re* 
moaler la chose beaucoup plus haut. C'est pourquoi, lors- 
que je disque les anciens connaissaient ou croyaient tel ou 
tel mystère, je suppose toujours que la doctrine des six King 
était connue d'eux ou au moins des auteurs de ces livres. 

▼a< poiw V. 

Non-seulement on a perdu la doctrine des anciens ; mais 
encore, à cause de ces guerres continuelles, et de ces fré- 
quentes révolutions de TEmpire chinois et à cause aussi d'une 
ignorance crasse des Lettrés^ les restes des monuments anciens 
ont été d'une manière déplorable lacérés, mutilés, altérés, 
changés et corrompus^ C'est Taveu de tous les Chinois qui ont 
quelque renom parmi les savants. Nteôu-heng (Ai) rapporte à 
ciiTq causes les désastres que les livres chinois ont eu à subir : 
1* L'incendie général sous la dynastie des Tsiu (221 av. J.-C); 
2* un autre incendie après la mort dé l'usurpateur Vàng 
mâng (9ap. J.-C); un 3° incendie au temps de 7ongr-(cAo qui 
mit à mort tes héritiers du royaume et usurpa la couronne. 
Il incendia le palais et transporta sa cour à l'occident; le 4« 
désastre eut lieu sur la fin delà dynastieTsin $ (265 de J.-C); 



(89} Mimc-tse, ^ ^ (ou Mencius, en latin) est un des plus célèbreB 
disciples de l'Ëeole de Confucius. Esprit vif, mordant, il a composé le livre 
qui porte son nom, pour propager la doctrine du maître. Son livre est le 4«, 
des classiques ou Se chou ^ ^, Mencius mourut à Tftge de 84 ans 
Tan 479 av. J.-€. 

(4LO) Confucius, en chinois Kong-fou-^tsè ^^^ ou Fou-tse, ou TchoTiÇ" 
m, auteur ou collectionneur des livres sacrés chinois et docteur quasi divini- 
sé de la secte des ion ^ ou lettrés chinois, naqqit Tan 551 avant J.-C. et 
mourut en 479, âgé de 73 ans. Le t. xii des Mémoires concwnani les Chi- 
fiois est consacré en entier à la notice qu*en a donnée le P. Amiot. Voir sod 
entievne avec Lao-tsé p. 68, et des détails plus précis d«Ds la notice de 
Bo-ehang traduite par M. Julien dans son Tao-te^king p. xvni. 

(41) NiedU'heng, inconnu. 



36 TRADlTlOfiS CHRÉTIENNES BN CBIRB, 

5"" enfin après la destruction de la famille m Léang (555 ap. 
J.-C), les soldats brûlèrent la bibliothèque royale., et peu de ^ 
temps après, au commencement de la dynastie septentrionale 
de J9 Tcheou (951 de J.-C.) presque tous les livres furent 
consu mes par le feu . 

La |>étition de ce'Nieôu-hong (42) se trouve dans le Kùùrvên 
yuén-kien, chapitre 28. a Dans les annales de la dynastie H| 
» Souy, (ch. 27), on rapporte deConfucius, qu'il remit en ordre 
» les six King afin d'éclaircir la doctrine de l'homme céleste ; 
> mais que ce philosophe prévit bien que la postérité ne 
9 penserait pas comme lui. C'est ponr cela qu'il composa les 
1» livres intitulés Uoeiei Sien, qu'il laissa comme un testament 
à ceux qui viendraient après lui ; ils étaient composés de 81 
» chapitres, d 

Ces livres étaient en très-grande estiiife sous le règne de 
l'empereur Kouang-vou, et le célèbre Tching-huen (45) les 
a presque tous interprétés; mais ensuite les Lettrés s'msur- 
gèrent contre eux, parce que, j'en suis persuadé, il^ne 
pouvaient les comprendre. Ils furent enfin proscrits comme 
faux et apocryphes, si bien que Tang-ti ^|f ^ second roi 
de la dynastie des Soui (605 de J.-C.) ordonna de lés livrer 
tous aux flammes. 

a HoU'tchi'tang (44) dit que ces livres raisonnaient, d'après 
» les règles de VY-king, sur les choses passées et futures, et 



m ^ ® A + - «• 

KoU-ouênryuên-kién 'jô' 3C ÎÎ9 ®« (Miroir des sources profondes de 
rancienne liUérature,) en 24 vol. in-é". C'est un magnifique recueil litfé-' 
raire et l'un des monuments les plus curieux de lajlypographie chinoise , car 
il est imprimé en 4 couleurs différentes. Le P. Her(ieu en a donné de nom- 
breux extraits dans le t. ii, du P. du Halde. 

(43) Tchin-huen^ viTait 143 ans après J.-C. Ses commentaires étaient encore 
célèbrei^ au 5« siècle, dit le P. liégis {Y-king t. i, p. 96}» puis ils ont été 
abandonnés comme ne donnant pas la doctrine du Saint. 

(**) m m H M $1,0 ^ ^ m ^ nip ':kM M sl 
ii$tmm^ni,wto^^m±,mmmtiko 



PAU LE P. PB£hARE. — ART. I. 37 

» dissertaient longuement sur les esprits et sur la nature des 
• choses visibles et invisibles. Mais ces choses sont inintelli- 
» gihles pour quicpnque ne connaît pas la loi éternelle ; or 
> depuis ^on^-ïs^e jusfju'à nous il y en a bien peu qui con- 
» naissent cette loi ; aussi VT-kinj donne lieu à mille doutes 
» et l'explication en est d'une excessive difficulté. » Ce sont les 
propres paroles de ce! auteur. 

Tsao-tong-po (45) fait observer avec raison que « malgré 
» Tordre de Tnn, de brûler les livres, cet empereur ne put ce- 
» pendant pas les détruire entièrement ; mais il s'éleva des 
» imposteurs qui donnèrent leurs propres rêveries, sous le 
i> nom de Confucîus, afin de n'êlre pas réfutés par les âges 
» suivants. Elleur crim^esl plus grand que celui de Tsin- 
» chi'hoâng. d 

C'est aussi ce que pensait Deou-kiang (46), qui s'exprime 

m $!,mm mm 4L'. 

Hou-tchi-tang, inconnu. 

(48) Mnmoiâ m?]-^!^ ^ ^o^%ui.±o 

9 £( ^ R « o gij ^ ^ -7' J[U $ ^ m i# mi. 

TsaO'tong-po, inconno. ' 

(46, ^ A n* m m ^0 1^ m m m m m 1&. 

Ueou-hiang ^] |p} est un écrivain critique assez distingué. Son fils 
lÀeoû-hin ^ ^ gecondail efficacement le père dans ses travaux. l\ a pu- 
blié Hl Biographie des femmes célèbres : *Éf ^!l À Dl^ Koù-ly-niù, 
îeliouan. On lui doit encore il" le Sin-siu ^ ^ (Nouvel arrangement) 
reeueil de traits hisloriquef depuis les Tchéou jusqu'aux Han. 2' Le CAo-yum» 
Wt 3Ë ^''"^ lequel il développe tes principes d*un bon gouvernement et 
If 8 devoirs de cliacuii. Lie >ii-4iiang vivait sous les Hsn orientaux, 200 av. 
J.-G. Mais l'ouvrage le pius important de Ueou-kiarig et de Liêou-hin est le 
Lou-king-ho uu caiaiogiie de tous les livres qui ont échappé à rincendie ou 
qui ont été fomposés. après, tel.^ qu'ils existaient unelèdésvunt J-C. Les 
Annales de philosophie ont publié la traduction de cet important document, 
due à M. Pautbifr. F! se compose de six ccktalogues énumcranl G20 ouvrages 
formant 13^21i» livres et 597 écoirs. C'est une richesse littéraire bien supé- 
rieure à celle des grecs et des latins, et non encore explorée en ce mooient« 
Voir Annale^ t. xx (5* série) et t. ?i et vu (6« série). 



38 TiUDlTlOlVS GHKÉTIBmn» BN CHIW^ 

ainsi dans une pétition sur le même sujet : « La dynastie Tsin 
» a brûlé les livres, et les livres ont été conservés ; mais les 

• Lettrés ont voulu expliquer les livres et les livres ont été 
» perdus. > ' 

Voici encore ce que dit Sou-laosuen (47), en faveur du mê- 
me sentiment: « La doctrine de IT-Artfij^ est profonde, il est 
» vrai ; mais la cause principale pour laquelle on Pignore, 
D c'est que les Lettrés ont souillé ce livre, en y introduisant 
» leurs propres conceptions. » Tchong-'sun-king (48) dit à son 
tour: c Une petite préface a suffi pour vicier le Ghi-king^ et les 
> trois gloses ont détruit le Tchun-tsiou. n a Je hais toutes les 
» gloses^ s'écrie Ngheou-yang-sieou (49), parce qu'elles ont 
» défiguré le livre Tchun-tsiou. » 

a Si Ton ne peut découvrir le véritable sens des six King, 
» dit Liu-la-kouei (50), la faute en est à ceux qui les ont 

• ^altérés en y introduisant leurs erreurs^ et cela a surtout eu 
n lieu pour le livre Tchun-Uiou. Les trois gloss^teurs ont 
» commencé le mal ; les Lettrés des âges suivants ont suivi 
» leur exemple, et ont encore ajouté du leur; et comme ils 
f sont en contradiction entre eux^ c'est une discussion inler- 
» minable ; il n'est plus possible de découvrir la pensée du 
» Saint-Homme, » 

Ce que cet auteur dit du Tchun-tsiou doit s'appliquer aussi 
aux autres livres. 



(«7j $i,&m^^o \ïiM ^fm^î^m sim 

^ ia lA Ma il ^' 

Sou lao tuen, laconnu. 

(48) >J> ^ ;t tl ^ o M S H « ;2: « 3» Ht. 

Tchonç'-ntfwkmg^ Ixicoddu. 

(49)^JK^IIt:tflLiEfK- 

Voir <ar Ngheou-yang-sieou note 30. 

(so) i^ m i. ^ m o tM m ^ m ^ ± 4LO m m 

i.n Wi ^ M m m t ^ A3S.m ^M m ^ 
,»» Mm m m A t^myiiT^ m- 

Liu-ta-kotieij inconnu. 



FAI LE P. PRÉKABB. — AKT. 1. 39 

Au témoignage de Ngheou-yang-steou (6i), c il ja beaticoup 
• de lacunes, même dans VT-king. » 11 ? en a aussi à bien plus 
forte raison dans les autres. Rien de plus triste que ce que les 
Chinois racontent au sujet du Chou-king . Us disent., en effets 
« que des 3,240 chapitres que contenait ce livre, Confucius n'en 

> conserva que iOdet qu'il éliminâtes autres. Un exemplaire 
» unique de ces chapitres demeura comme enseveli pendant 
» près de 80 ans dans la muraille de la maison de Confucius, 
9 OÙ il fut trouvé par hasard, en grande partie dévoré par les 
» vers^ ou effacé par la vieillesse ; bien plus, le livre était écrit 

> en caractères antiques et inconnus. » 
Ngheou-yang-sieou, qui rap|)orte ces faits^ ajoute que 

E&ng-ngankoue (351) parvint à force d'application à restituer 
la moitié du texte, le reste était tout à fait indéchiflrable. Dé- 
jà auparavant un vieillard appelé Fou càing (S3) enseignait 
verbalement à ses disciples 2d chapitres qu'il avait appris de 
mémoire. Ven-li^ qui commença à régner 170 avant J.-C, 
envoya auprès de ce vieillard des personnes chargées d'écrire 
tout ce qu'elles entendraient de sa bouche. Mais le bon vieil- 
lard ne savait que la langue de son pays et ne comprenait 
nullement celle des envoyés de l'empereur; la fille de ce 
vieillard dut servir d'interprète, et c'est ainsi que ces 29 cha- 
pitres furent transcrits avec les caractères alors en usage. 
Sous la famille ^ Tsin l'exemplaire qui prévalut fut celui 
de Kong-ngan-koue ; et enfin sous la dynastie Tançy comme 



(8i). S :?: 18 3ît ^^- 

Voir note 30. 

(82) ^ a «î^ox Wî^^^a: ^o^ô^lL 
« M ^ rt % ^- 

Kong-ngan-lume, voir uote4. 

(58) Fou-gen j)^ ^ est ud vieillard chinois de Tsyndn f^ |g dans 
la province du Chan-tong. Il savait par cœur le Chou-kin. C'est lui qui, 
après rincendlddes livres (213 av. J.-G.], aida à recomposer la version de ce 
livre» n en doona l^explication et fut le maître des plus fameux docteurs de 
cette époque, Voir sa Notice et son portrait dans Mém, chinois, t. ni, p« 3U?, 
et leedoeoments sur cet incendie dans Annales de pkiloiophie t. xx» p. 150 
(5« série). 



40 TBADITIOIUS CBRiriBIflIBS EN CHINE, 

in ^ Ming tif qui commença à régner en 713 après J.-G., 
n'aimait pas les caractères antiques, on donna à ce livrç la 
nouvelle forme qu'il conserve encore aujourd'hui. 

Ce que les mêmes Chinois racontent du Chi-hng u^est pas 
moins déplordble, et ressemble beaucoup à ce que liu-ta 
kouei nous a dit du Tchun-isiou. Enfin pour ce qui con- 
cerne les lettres elles-mêmes^ elles ont traversé à peu près les 
mêmes vicissitudes. 

a Le roi Hié composa des lettres, dit Tcbing-tsiao (S4),et il les 
» rangea en six classes. Sous la dynastie Han, on établit une 
» école pour apprendre les caractères ; et cependant de tous 

• ceux qui se sont appliqués à cette étude, il ne s'en trouve pas 
» un seul qui connaisse d'une manière satislaisante l'origine 
u même d'une seule lettre. » Ce ^ JS Efoang Ate^onlecon- 
fond avec £ ^ Ssee hoang et il paraît n*êtt*e que Fou-hi 
lui-même, à moins qu'on ne dise que la vieille chronique en 
nomme peut-élre plusieurs. Car, comme je Tai déjà dit, il est 
assez probable que l'écriture existait déjàavant le saint pa- 
triarche Hinoc. Quoi qu'il en soit, avançons. 

\jd dictionnaire Choue^ven-tchang-tsien (5S) dit : 
c Les Lettrés qui sont venus avant nous ont adopté les lettres 
» d'un ftge récent, et dans l'explication de ces lettres et dans 
» le sens des phrases, ils ont suivi les auteurs modernes sans 
» tenir compte de Tancienne manière d'écrire et de parler qui 
» aurait pu aider puissaqfimi^ntà découvrir le vrai sens; aussi 
9 tout ce qu'ils dirent n'a guère plus d'autorité (|ue les délires 
» d'un malade. » 

• Pour moi je suis fidèle à cette règle^ autant que cela 
m'est possible ; je cherche à découvrir la pensée des anciens, 



Voir 9ur Tchdn-tsiao la note 27. 

ChO'-ouén^tchamg-tsien, Ce doit être le dict Cho-ouén de Hiu-tchén du 3« 
siècle ap. J.-C. On y trouve eo effet la citaUon du P. Prémare. 



VÂM LE F. nuEOIAftB. — ABT. I. 41 

d'après les caractères eQX-nièines. Mais une chose est à negrel- 
ter^ c'est que les caractères antiques ne sont pas arrivés entiers 
jusqu'à nous ; mais jusqu'à quel point ont-ils été changés et 
altérés. Je n'aborderai pas cette question^ car il fandraii un 
grand volume pour la traiter. 

Je termine donc ce 7* point par les paroles remarquables de 
plus savants empereurs. 

« Hélas I s'écrie Tang^Ming^hoàng (B6), après la mort de 
» Gonfucius a péri la doctrine subtile et sainte. Naquirent les 
» hérésies qlii livrèrent aux contradictions le sens ^u grand 
* Eing. De ce livre jelé aux flammes sous la dynastie ^ 
» THn nous^ n'avons recouvré que les déplorables restelsde 
» Hncendie; les Lettrés de la famille j^ Ban ont voulu les 
» expliquer, mais ils ne nous ont transmis dans leurs commen- 
» tairesque des ordures. ( Les mots chinois de ces deux lignes 
ont été oubliés). 

9 De là cinq diverses écoles se sont formées pour expliquer 
> le livre Tchun-tstou^ti le livœ Chi-king a donné lieu à qua- 
9 tre familles d'interprètes. Plus on s'est éloigné de la source 
i*(^r les années, et plus grande à été la disparité entre la 
» source et les ruisseaux, il y a cependant un vrai sens, et ce 
» sens n'est point arbitraire ; il doit être ramené à qnelque 
» chose de un. Car le sens naturel t*t sublime des^nciens King 
» ne peut pas être double et varié. » 

Après avoir lu ces paroles de Tang-Ming-hoang, L'empereur 
Kang-hi (en 1662 de i.-G.), s'exprime ainsi sur ce sujet : 

4i(tt7) Les interprètes des livres King travaillent en vain^ la phi- 



(»«)Ili^*iFa[oiB«-ir»opjgjfeir:fc 
« * % ÎR « jR Ho # :?:. <f ^ «I a ± 5fc îÊ 

»m wi on j^m m nm my:i ds^i^ n±o 

s ft fil -^ tt H M JH- iKnj-fcoanff, emp en 713 de J. G. 

(tt7) IStm :iL m &.^ Sa âè ^- ^o^ H A 

£ iS: ffi it rt «• 



4S TfiADmons GHRimmiES m gbine, 

> part du temps, et courent à autre chose. Ce ne sont pas eux 
» qui éclaireront le monde par la doctriàedu Saint. Cet opus- 
» culedu roi Tang-Ming fait voir à nu lei^ défauts de ces com- 
u mentateurs, de plus le style en est serré et élégant ; ce livre 
». passera à la postérité. Je pense que ce que je viens de dire 
» suffit pour montrer jusqu'à l'évidence le peu d'estime et le 

> peu de confiance que méritent les interprètes chinois des 
» livres antiques. D'ailleurs selon Tadage leçu : « Autant il faut 

> ajouter foi aux témoignages des King (38), autant il faut faire 
» peu de cas des paroles des interprètes. » 

Hais pour faire usage d'un si bon principe les Chinois ont 
besoin d'un secours étranger qui leur fasse connaître claire- 
ment la véritable doctrine des King. C'est ce que voulurent 
essayer les Lettrés sous la dynastie $(c 5ong (950-1119). 

« Mais^ comme le remarque très-bien Li-tcho-oUy vou- 
» loir continuer la doctrine interrompue de Mang-tsiej par 
» Tcheou-lien-ki, les deux frères Tehin, Tchang-isai et Tchu-ki, 
•c'est assurément montrer beaucoup d'audace, et «'ériger un 
» drapeau^ tandis qu'on ne voit pas de grossières erreurs et 
» des tacfhes honteuses (59). » 

Quoique la doctrine des anciens ne soit pas parvenue à leurs 
descendants, il est cependant resté de cette doctrine une idée 
tellement élevée dans l'esprit de chacun qu'on ne peut rien 
supposet de plus grand. Qui dit S King, dit Vouvragt de 
THomme-Saint, qui n'a pas pu être trompé lui-même et qui 
n'a pas voulu induire les autres en erreur. Il n'a absolument 
rien enseigné soit verbalement soit par écrit qui ne soit égale- 
ment vrai et bon. Cette idée est implantée si profondément 
dans l'esprit des Chinois que, si dans tel ou tel passage des 

m « 8 7 iâ fi- 

(»») £1 !ilîFMnil^^i:«o#3« 
fin ^ M ^ ^ ^^ m ^ ± ^ ^- 

Li-(cho-ou, inconnu. 



?AB VÈ P. PRÉMARB. — ABT. I. 4S 

livres King Fon croit découvrir quelque chose de contraire à 
la yérilé ou aux bonnes mœurs^ les Chinois n'en concluent 
pas autre chose sinon quQ ces passages sont mat interprétés on 
bien qu'ils sont supposés ou altérés 7 S Pou king. 

IX* FOUIT. 

t 

La doctrine sublime des anciens King est cachée ^ous des 
figure variées et sous des dehors symboliques qui la recou- 
vrent comme d'une écorce. Ce sont autant d'énigmes dont le 
sens est perdu pour les Chinois. Ils voient l'écorce, ils procla- 
ment qu'elle cache des merveilles. Mais quelles sont ces mer- 
veilles? Ils n'en savent absolument rien. Qu'ils aient perdu 
cette doctrine intime, on l'a prouvé dans le 5* point. Il est 
prouvé aussi que celte même doctrine est cachée sous des 
figures variées et sous des voiles emblématiques. Les carac- 
tères mêmes qui composent ces livres sont hiéroglyphiques et 
énigmatiques. Civsont en effet tout autant d'images emprun- 
tées aux choses créées pour peindre graphiquement la puis- 
sance et les bienfaits du Créateur. Ces figures de l'antique 
Fou-At et les deux tables }9 ■ Ao tou, et jj^ H lo chou 
sur le modèle desquelles il traça les 8 kaua, sont des éùigmes 
très obscures, comme tous l'affirment unanimement. Maisciim- 

ine tous les caractères et tous les SI f tn^^ont cette même ori- 
gine, si la racine est secrète et symbolique assurément le 
seront aussi les rameaux qui en sortent. Enfin on lit dans les 
Auteurs une foule de passages cfui démontrent solidement celte 
vérité. « Le livre entier Y-king^ dit Tchou-hi (60) ne contient 
» pas autre chose que des parolea métaphoriques, des syra- 
» boles et des i araboles. — *^ê — •SêlS^fifflS 

Le livre Kùmong (61) dit aussi : « L'ouvrage entier dii 



60) Tehou^hi, voir note 18. 

(«1) mA-MSfis&uni.m' 

i'ïïumg, inconnu. 



4* TRADITIONS CHRiTIENNES BN CHINE, 

» Saint-Horaine ne renferme qu'un langage métaphorique et 
» des paraboles. 

» Le livre T-king, dit Hoàng-tsi (62), commence par la 
» science des nombres, les nombres le conduisent aux figu- 
» reskoua, les figures koua, aux images, et à Taide des images 
» il découvre sa pensée j et enfin, il profère des paroles con- 
» formes à sa pensée. On a perdu r intelligence des images et 
» tout le travail des Lettrés de la famille Han sur ces images 
» n'est qu'une pure tradition et ne suffit point pour avoir 

• la pensée du Saint. » 

Lieou-ell-khi considérant la lettre g F, qui con- 
tient à la fois H ge, le soleil, et M Tue, la lune, dit ceci : 
« La Raison suprême n'a pas de figure, par conséquent on ne 
» peut la connaître que par des énigmes et des images. La Sa- 

• gesse StapTéme ne peut être exprimée par des paroles, mais à 
» 1 aide de différents symboles et images on en peut parler 
» d'une façon quelconque, et c'est là ce dont traite VY-kingioui 
» emier à l'aide de figures et d'images (65). d 

« Pour moi, dit lopt (64), j'ai appris par la traditiœi que les 
» antiques Saints employaient pour ijjslruire les peuples tan- 
» tôt un langage simple et clair, tantôt des paroles détournées 

• et cachées. Leur langage caché abondait en métaphores et 
» en paraboles, et comme ces figures étaient le plus souvent 
» trop obscures, on dut y ajouter différentes explications. » 

Dans la prifaee du livre de Tchmang-Hée, il dit ceci : 



i«» A » o ;?; JE £1 ^.n a ± *. 
(65) a m l!l ?^oH jiM ^ojt ;j;,^^o3R 

lieou-eU-lchif incoonu. 
lofdy voir la note 14. 



PAR LE P. PRÉMARB. — ABT. I. 45 

a Le livre de ce philosophe contient plus de 100,000 mots. Orce 

> sont autant d'expressions métaphoriques et flgurées«(OS). » 
Voici ce que dit Lieou-iao^yuen (66) : 

« Les ouvrages de TchotMng-tsée et de Lie-tsie ne contien- 
» nent que des éoigmeset des fables. Les Lettrés sous les dy- 

> nasties Tsin et Han^ prenant toutà la lettre dans cesouvmges 
9 de Tchouâng-tsie et Lie-tséeiW), publient mille choses sur 
» les trois Jffoan^ et les cinq 7i (68) sans faire attention que 
» tous ces rois n'ont jamais existé nulle part, v 

Kin-ching-tan (69), dans ses notes à rélégante fableSi-'Sûin^, 
parle de la sorte : 



m ffi .î ^ « + fô lï -ir i a w A. 

Quoique Tchouang-tsee^ Lie-tsee et même Lao-tsee ne soient pas d*UDe 
tossl grande autorité qoe l' F, le Cht et le Chou, ils ne sont pourtant pas à rejeter. 

et certainement le livre appelé ^ ^ ^ Tao-te-king^ est tout d'or et un 

résumé admirable de ]a dcrctrine contenue dans ces trois livres, comme le 
démontre solidement le P. François Noël qui explique théologiquement et 
dignement les profondeurs de ce livre (pRÉiuai}. Voir note 67. 

(66) iffi ^ ?!I> ^^ SS ^ K « n gi * « 
"Éf M * A- 

lieow-too-ytién, inconnu. 

(69) TchouâTtg-tsè j^ • ^ est un des plus illustres disciples de Lao-tsé, qui 
vivait vers l*an 368 av. J.-G. Se-mà-tsien en fait un grand éloge ainsi que 
Tchou-hy. Le principal ouvrage de Tchouâng-tsè est ie Nân-hoâ-tchén-kin 
f^ ^ :^ @ (lo l'Ivre de la flore méridionale), en 4 vol. On y trouve des 
choses assez curieuses sur le Saint des saints. Voir note 65. 

Ly-tsê ^l| ^ , vivait 398 ans avant J.-C. Disciple ardent de Lao. 
tsé, il voulut illustrer la doctrine du Maître par un ouvrage, qui a pour ritre : 
Uvre du vide et de l'incorporel \^ ]^ Ml^ ® SI: ^* 

(•8) Voir »ur ces personnages lu préface du P. Préniare mise entôtêda 
Chou-king. 

mm & M i, is.m ^ n ^ ^ m ^» ^- 

KiUrchén-tan ^ ^ PU est un auteur qui vivait dans le siècle dernier. 
Il a laissé des commentaires et un ouvrage intitulé^: Se-tà-ky-chou * (H^ ^ 



^ ^9 les 4 merveilleuses productions. 



46 TRADITIONS GHRÉTIBNIfES XN CHINB^ 

cdMioe phrase et chaque ' mot du livre Tsd-tehotJitn (70) 

> respirent hi plus grande élégance; mais Cet autwr, si soi- 
» gné dans son langage, ne rapporte pas un seul fait qui soit 

> réellement arrivé. Pour moi^ j^admire fort nos savants qui 
» Touillent ce livre et s^emparent avec avidité de toutes ces 
» histoires comme si elles étaient vraies et m donnent i>as la 
» moindre attention à la beauté du style. » 

Ainsi parle cet auteur. Mais, hélas I ces Lettrés des Tmn et 
des Han se fiant malheureusement à ces histoires inventées à 
plaisir>ont infecté de leur venin les excellents livres Chi-king et 
Chou-kinÇy et de telle manière qu'il n'est plus possible d'y 
porter remède. 

Que cependant les érudils Chinois de notre temps ne soient 
pas éloignés de notre système de doctrine, nous en avons la 
preuve dans ce qui arriva au P. Joachim Bouvet (7i). Gomme 
en effet ce savant ne voyait dans les livres King que des figu- 
res et des énigmes, servant d'enveloppe à la vérité, It(72), 
ministre du royaume, professa le même sentiment dans un 
écrit sur cette matière, présenté à l'empereur Kang-hi. 

« Les livres anciens, dit-il, sont tous remplis d'expressions 
9 obscures et cachées ; en doit donc les expliquer dans un 
» sens spirituel et relevé, comme on Ta fait dans cet opuscule. 
I» Qui pourrait croire^ en effet, qu'avant Yao^chun^ Hoang-ti 
» et FoU'hi, un si grand nombre de frères, qui se seraient 
» succédé mutuellement, aient réellement existé (75) ? » 

Ce grand homme qu'aucune affaire ne pouvait lasser, sur 
une seule explication du P. Bouvet^ abandonna tout ce qu'on 
lit avant Fou-hi dans la vieille chronique. Que serait-ce s'il 
avait bien saisi et compris toute cette doctrine? 



(90) Tto-tchtmariy ouvrage de Tsà-ché, voir note 3. 
(91) Voir sa noUce ci-dessus p. 12. 
(99) £y, miDistre de Kang-hl, empereur au 17« siècle. 



PAB U F. nrtflAB. ^ AIT. I. 47 



%• POIST. 

■ 

On peut dire avec une probabilité très-grande que tous les 
livres King se rapportent à un Mint et divin personnage, 
comme à leur unique objet. Ses vertus, ses mérites, ses bien- 
faits, ses mystères^ sa loi sainte, son règne, sa gloire, bien 
plus ses trayaux mêmes sont rapportés daus ces livres, d'une 
manière obscure, sans doute, pour les Chinois, mais très- 
claire pour nous qui connaissons Jésus-Christ. Par ;% moyen 
on explique lesKing « d'une manière spirituelleet divine: jpl|l 
W ^ i. Chin-ell-ming-tchù Ce qui est la règle même pro- 
posée dans VT'kingj et toutes les difficultés sont résolues; 
toutes les contradictions s'évanouissent et cettedoctrine céleste, 
que les Chinois ont perdue, revoit la lumière après tant de 
siècles de ténèbres, et au grand avantage des âmes. La vérité, 
ou au moins la très-grande proimbilité de ce premier point 
paraîtra danstoutson jour sionlit avec une attention con- 
Tenable et si on pèse bien toutes les choses que j'exposerai 
dans la suite ;de . cet ouvrage. 

1L1« POIHT. 

Dece que les Lettrés, surtout sous la dynastieSon; (960-i 1 19)^ 
quoique cette manie se fût déjà manifestée auparavant, aient 
tenté de réduireles livres King au régime politique de l'empire, 
et que dans la personne du Sainte dont il est tant parlé dans 
ces livres, ils ne voient qu'un Roi orné de toutes les vertus, 
on n'en doit pas tout de suite conclure que ces livres ne ca- 
chent aucune doctrine beaucoup plus sainte. Nous en avons 
une preuve dansFexemple des Juifs qui, dans les prophéties 
annonçant le Messie, ne voyaient pour la Judée qu'une gloire 
temporelle sous le règne du Messie, et l'empire universel sur 
toutes les nations. Une telle idée, si éloignée de ce que devait 
être le vrai Messie, était indigne des saintes Ecritures, et tout- 
à-fait en désaccord avec leur sens véritable. 

Le système de jces Rabbins chinois est pareillement fautif sur 
plus d'un point, et il paratt ne devoir son origine qu'à la 
perte de la vraie tradition. 



4S TBADITIÛMS CHRÉTIIRIIBS «f CBWE, 

Je n'entreprends pas id de réfuter ces rêveries. Je le ferai 
en son lieu. J'ajouterai seuletnent que de ce fait il est résulté 
qu'un grand nombre préféreraient de beaucoup la doctrine 
du philosophe Laù-tsie (74) aux mensonges politiques des 
Lettres ^ Jou. Ainsi on dit du célèbre 5ee-ma-(sten (73) «qu'il 
» avait piusd'estime pour £foan9-/ao(76) que pour tes sta^JTtng.» 

Il avait raison^ si l'on ne considère que l'abus qu'en ont fait 
les Lettrés Jou pour leur système absurde ; mais il avait très- 
tort si l'on envisage ces livres à leur véritable point de vue. 
Que les Lettrés cherchent et découvrent dans les six ITmgdes 
lois et des maximes pour un bon gouvernement, rien de plus 
raisonnable; mais ils ont très tort de penser que c'est là le seul 
ou même le principal but de l'auteur^ et que tout le reste 
est éloigné, incertain et accessoire. C'est là une assertion 
tout-à-fait inadmissible. 



{'9^)Laà'tseu ^ <^ Ou Tchong-eul, son titre, ou Pe-j^ang, son nom pfos- 

thume, Tan. Né 604 av. J.-C, lle^^t Tauteur du Tao-te-king^ et le fondatear , 
quasi divinisé de la eccte des Tao, ou < bercheun du Breuvtkge de Vimmor- 
talité. La notice la plus raisonnabJe sur sa vie est celle donnée par Sè-ma- 
tHen, auteur du 2« siècle avant J.*C. Maie Ko-hong en 350 de J.-G. a re- 
cueilli toutes les traditions anciennes, légendes et fables, et donné sur Lao- 
tseu des détails oti sont consignées et mêlées toutes les traditions primitives. 
M. Julien a traduit la notice de Sè-ma-tsien et de Ko hong dans sa traduc- 
tion du Tao-te-king p. xix et xxm. — Traduction savante, mais très im- 
parfaite, parce que M. Julien, comme Fonrmont, comme Rémusat, croyait 
que, pour admettre la connaissance de dogmes chrétiens dans les livres 
ehinois, il faudrait, admettre « que Dieu avait accordé au:^ habitants du 
» Céleste empire une sorte de révélcttion anticipée. » (Introduction au Tao^ 
te^king, p. iv). 

VMr en outre sa notice par Rémusat dans Mélanges asiatiques t .i, 
p. 88. 

(^8) 3Ê 31 ^ W ^ 7^ «g. 

Sé-ma-tsien ^ ^ ^ , surqommé l'Hérodote de la Chine, était le fils 
d'un père célèbre : Se-ma-tan, qui avait prépard d'immenses matériaux 
historiques. La mort ayant surpris le père, le fils, publia sous le titre de 
Ché-ky J^ ^ (Mémorial historique'), sa grande hlst(»ire en 130 volumes. 
Cet auteur vivait au 2« siècle av. J:-G. 

(96) Hoéng^Uô, siimom donné par quelques auteurs à Laô^tsè. 



PAR LB P. PRiHARI. — ) ÂKt. U 49 

Noas ayons montré plus haut, d'une manière assez claire, 
qu'on ne peut guère se fier aux interprètes chinois. Cependant 
ils ne sont pas entièrement à dédaigner: !<" parce que assez 
souTent ils s'attachent au sens naturel du texte et disent beau- 
coup de bonnes choses^ peut-être sans bien comprendre 
ce qu'ils disent. 

2« Ils peuvent nous être d'un grand secours pour faire la 
critique des différents auteurs. 

3o De leurs erreurs même et de leur contradiction on peut 
tirer quelquefois la Yérité ; ainsi les poisons sont employés 
pour composer d'excellents remèdes. 

Si nous ne rejetons pas entièrement les écrivains qui ont 
Téctt après l'incendie des livres, nous devons bien plus d'é- 
gards encore à plusieurs anciens philosophes tels que Laô-tsée, 
Tchouang-Uee^ Kouan-yûn-tsee (77), Lie-tsee, Hoai-nân-Uee^ 
SunrUee (iH), et plusieurs autres savants qui vécurent peu 
après lafamille ^ Tsin (265 de J. C.) ^et qui étudièrent l'antiqui- 
té avec un soin particulier. En effet, 1^ quoiqu'il y en ait quel- 
ques-uns, sur l'époque précise desquels on n'ait rien de certain, 
il est hors dedoute néanmoins qu'ils sont tous très-anciens, et 
ils ne s'en tiennent point aux opinions de Cotifucim. Les uns 

(99) Kouan-yufirtté ^^ -f était un contemporalD et od chaod admira- 
teur de Lad-taèe (604 av. J.-C.). Aa point de vne pliilosophiqae, on loue soo 
oayrage : Che ehen ktn. ^ |^ |{« 

Hoai-nàn-tsé jf| £ ^ est ie petit-fils d'an empereur possédant 
une principauté. On iui donne aussi pour ce motif le nom de Hoay 
nAn ouAng \^ |g £• Ce prince ptiiiosoplie aimait les lettres. Ses ou- 
trages sont presque tous perdus. Il flyait sous l'empereur Hiao ouôn ty 
^ 3K ^ {179 à 56 av. J.-G.) Admirateur de Laô toôe, il se plaisait à 
combattre Técoie de Gonfucius, ainsi qu'on peut le voir dans son ouvrage ; 
SxpUeationi d€s Esprits et des Oéniâs j| JH M* 

(98) 8wn-4see, Ineonnn.] 

PaÉHAU/ 4 



bO TRADITIONS CHWfeTIBIlfBS EN GH1I«« 

ont précédé ce philosophe, les autres sont venus peu après 
lui^ et presque tous ont suii^i une méthode différente de la 
sienne. Qui cependant oserait prétendre que les antiques tra- 
ditions sont devenues le partage du seul Confudus, tandis que 
les autres écoles n'en ont conservéaucun vestige (7(i) ? On doit 
faire le même raisonnement pour d'autres livres qui se rap- 
prochent le plus des King, mais qui ne sont pas reçus commu- 
nément parce qu'on n'a rien de certain sur leur origine. Tels 
sont le Tcheou-li, le Y-li et quelques chapitres du livre Ly-ky 
(80), Ckan-hai'king (Si), le Dictionnaire £ti/-yû (82). 2° Pour le 
même motif on doit admettre aussi quelques autres écrivains 
quoique d'un ordre inférieur. Par exemple Hiu<hij lequel» 
dans son dictionnaire intitulé Choue-vén (BjS), rapporte des 
anciens une foule de choses qu'on chercherait vainement 
ailleurs. Il faut dire la même chose de Uu-pou-ouei (84) et de 
son Tehun-isiou, de Lopi (88) et de son Lou-sse, de Tchin- 
tsiao (86) , et surtout de Lieou^ell-tchi (87) qui a consacré 
presque entièrement à l'étude des caractères hiéroglyphiques 
les 86 années qu'il a vécu. 

(99) On peut voir dans rhUtorieQPafi-Aou le nombre à'éeolea, qai, sar les 
Kings^ se sont séparées de Gonfucias, en aorte qa'il est complétemeot d« 
ravis da P. Prémare {Annales^ t. xx et vi (5* et 6« série). 

(80) Le ly-fcy, |§ |g (Mémorial des Rites)'^ attribué à Gonfuclus, son 

abrégé traduit en français par M. Callery, Turin, 18S3. Voir les différentes 
écoles énumérées par Pary-kou dans Annales t. vi, p. 62 (6* série). 

{Sl)Chan-hai'king, [I| ^ fi ou Livre des montagnes et des mers, 
livre attribué à Tu ou Pe-j/ fjg ^ Tnn des fondateurs de rempire ; tra- 
duit en partie dans le Journal asiatique t. vin, p. 337 (3* série). 

{SZ)Eul-ya, fff ^ le plus ancien dict. chinois, attribué à Tcheou 

kong (au U* siècle av. J.-G.) voir cequ'en dit M. Pauthier Annales U xvii, 
p. 63 (5« série). 

(83) Chou-vin, composé vers Tan in deJ.-C. Voir Pauthier tdtd p. 64 et 
DOte 57. Voir note 55. 



(S4L) lAupou oûy g 7 I$^> l'un des ministres de Ché bouftng ty. On 
lui attribue le calendrier Yue-lin ^ ^ qui se trouve dans le Ly-ky. 
Chè Houftog ty le fit mourir en 234 av. J.-C. 
- (85) Voir la note 12 sur le Tckoun tsieou, 

(86) Voir sur Tchin tsiao, la note 27. 

(89) lieott eU toA», Inconnu. 



PAa LE p. PRÉIURB. — ART. I. '5i 

XlVe POINT. 

V 

Toutes les fois que je rapporte quelques passages des livres 
que je vieas d'énumérer, il n'est point dans mon intention 
d'affirmer que les auteurs de ces livres aient bien compris le 
sen^ des paroles qu'ils citent. D'ailleurs comment pourrait-on 
le savoir? Peut-être comprenaient -ils parfaitement ces paro- 
les, peut être leur donnaient-ils un sens erroné, peut-être en- 
core en avaient-ils dans une certaine mesure une intelligence 
exacte* Dans tous les cas ils transmettaient à la postérité ce 
qu'ils avaient appris de leurs maîtres et reçu de leurs ancêtres. 

XVe POOTT. 

On peut retrouver dans les Lettres et les Livres chinois plu- 
sieurs vestiges des dogmes de la Religion cbrétienne. Gela est 
prouvé presque jusqu'à l'évidence par ce que nous avons dit 
jusqu'à présent. « 

Ces monuments sont de la plus haute antiquité, et il parait 
assez probable qu'ils tirent leur première origine cfes saints 
patriarches d'avant le Déluge. Ils contiennent une doctrine su- 
blime dont la connaissance, av«c le temps, s'est perdue chez 
les Chinois. Cette doctrine ils l'expriment par des énigmes 
et des figures. Qu'est-ce qui empêche que ces figures, ces 
types, et cesallégories ne cachent les augustes mystères de la 
7Wm(^et de Y Incarnation? Si les anciens Pères de l'Eglise ont 
scruté avec éloge les poètes et les philosophes du Paganisme 
pour tirer de leurs livres des arguments en faveur de cette 
sainte doctrine, et des vestiges de nos dogmes ; si, après eux, 
tant de savants européens tels que le Révérend Pèie Paul 
Beurier{Sti), et le Révérend Père 7Aoma<sm(a9), l'illustre et 



(88) Le P. ^etener, auteur de : Perpetuiias fidei db origine mundiadhœc 
usque tempora etc., iiF- 12, Paris, 1672; livre très-important, renfermant une 
réforme complète des études dans un sens chrétien. Mais on élait en pleine 
adoration de l'antiquité païenne et oo ne fît aucune atteali<n à cet ouvrage. 

(89) Le P, Ihomatsin^ oratorien, a composé : La Méthode d'éti^dier et 
d'enseigner chrétiennement les poètes^ par rapport ava lettres divines et aux 



Si TRADITIONS GHRmBNRl» BN CBIRB, 

savant Huet (00), et plusieurs autres dont nous ne pouvons 
nous procurer les ouvrages^ à cette extrémité du monde, se 
sont attiré des éloges en développant ce même argument 
avec un nouvel éclat ; personne, à moins qu'on ne soit tout à 
fait étranger à cette partie de la science^ ne peut nous faire un 
crime des efforts que nous faisons^ dans cette même voie^ 
pour découvrir la vérité même dans les anciens livres chi* 
nois. 

Ciciron se moque de Chrysippe, qui interprétait les récits 
fabuleux d'Orphée, de Musée^ d'Hésiode, d'Homère^ de ma- 
nière à les accommoder à ce qu'il avait écrit dans son premier 
livre Des Dieux immortehf comme si ces anciens poètes se 
fussent trouvés Stoïciens^ sans s'en douter le moins du monde. » 
Mais comment Cicéron peut-il savoir que ces poètes n'ont 
point suivi la doctrine des Stoïciens ? Peu m'importe que je 
partage ces railleries avec Chrysippe. Les Pères de l'Eglise eux- 
mêmes ne doivent pas y échapper, puisqu'ils se sont appuyés 
quelquefois sur les ouvrages de Pylkagore et de PkUon, que 
l'on ne peut cependant pas comparer aux monuments chinois, 
pour prouver devant les Gentils les mystères de notre 

Ecritures saintes, yoI. in-8' 1681 ; — la Philosophie^ in-S* 1685 ; — la Gran^ 
matre, etc.* 2 vol. 1690 ; — les Historiens profanes, 2 vol. 1694. — Ouvrages 
rempila d'émditton et offrant des réfonneB utiles sur l'enseignement, mais 
opposés à la vogue de la littérature païenne et aussi négligés. On le renvoyait 
à l'étude des modernes et on disait de lui : « Il copie par lui-même et réflé- 
chit par autrui. » (Voir Mém, de Nicéron t. m, p. 179). 

(90) Au6t, évèque d'Ayranches. Tout le monde connaît ces ouvrages : Delà 
Faiblesse de Vesprit humain^ ses Queutiones akietanœei sa Demonstratio evon^ 
gelica. Ouvrages remplis d'idées neuves de réforme, mais repousses par les 
dominateurs païens de l'enseignement. 

Sur rappel à Tétude des traditions anciennes le P. Prémare aurait pa ci- 
ter encore, d'abord : 

1* Le P. Possevin, jésuite : Bibliotheca seleeta de ratione «(udîdrwn, in- 
fol., Venetlis, 1G03. 

2* Le P. BoulduCf capucin : De Ecclesia ante legem lib. m, In qulbus in- 
dlcatur quis a muuiil prlmordlis nsque ad Moysen fuerit ordo Eoclesl», que 
festa, quœ templa^ quœ sacriflcia, qui ministri, quive litns et eeremonis 
etc. edit. 2* in-4« Lyon 1626 et Parislis 1680. 

Du même, De orgio christiano, Ubri m, in qnibns declarantnr tntiqnissima 
sacrosants Encharistls typica mysteria, Lyon 1640 ln-4*, Commêntaria 
in UbrumM, Paris 1681, 2 yol. in-foL 



PAR LB T. niMÀJŒ. — AIT. I. 53 

croyance. Peut-être est-il permis de rire de Ghrysippe lorsqu'il 
prétend faire un stoïcien d'Orphée; mais peut'H)n traiter légè- 
rement ceux qui pensent que Jésus-Christ était Vattente, non 
pas seulement des Juifs, mais (fo toutes le$ nations (91) ? 

Voici un passage du livre Tao-te-king, qui vient à notre 
question : < Les sages du premier ordre^ dit-il, comme ils 
• reçoivent en premier lieu la doctrine, la mettent aussitôt à 
n exécution. Les hommes de Tordre moyen entendent la vraie 
» doctrine ; mais ils n'en sont point frappés. Que les choses 
> soient de cette manière, ou de cette autre, peu leur importe. 
» Enfin les demi««avants du degré infime accueillent la vérité 
» par leurs railleries et leurs sarcasmes : mais si elle n'était 
» l'objet de leurs railleries, assurément ce ne serait pas la 
» vérité (92). » 

Le thème que j'aborde doit être présenté d'une manière 
différente, selon la portée inletlectuelle de ceux auquels elle 
s'adresse. Si vous vous adressez à des Chinois en chinois, pour 
leur découvrir ces augustes vestiges, vous devrez donner 
plusieurs notions préliminaires. Car il est nécessaire qu'ils 
aient quelques notions de la très^sainté Trinité et de l'Incar- 
nation du Verbe, et qu'ils connaissent leis pointsfondamentaux 
de la foi chrétienne, afin qu'ils puissent voir et admirer avec 
nous dans leurs propres livres les vestiges si nombreux et si 
frappants des mystères de Dieu. Si, au contraire, je destine 
mon travail aux savants d'Europe et aux amateurs de l'anti- 
quité, mais étrangers à la littérature, aux livres, à la langue 
du peuple chinois, il sera indispensable de leur donner une 
foule d'explications minutieuses pour qu'ils puissent saisir 
toute la force de mes conjectures. J'aborderai très-volontiers 
le premier de ces deux projets, aussitôt que me l'auront per- 
mis ceux auxquels Dieu me commande d'obéir (93). Quant au 



(91) Ezpeetatio gentiam {Genèse, xlix, 10). 

^ 1§ ^oy ± Hii :k ^ t ?fi ^ :^ & 

^ jH. Tao te king I. il, o. 41. 
(98) Nooi ne oroyoos pas qae le P, Prémare ait donné suite à ce proget^ 



9^ TRADITIONS CHRÉTlEimES EN CHINE. — AIT. II. 

second dessein, le besoin ne s'en fait pas sentir autant au 
moins pour le temps où nous sommes. Pour moi, j'écris uni- 
quement pour les missionnaires qui ont déjà fait quelques 
études sur la langue chinoise. Si je parviens à leur faire bien 
comprendre de quoi il s*agit, et combien probable est Topi- 
nion que je soutiens, il sera facile alors de convaincre les 
Chinois et de les convertir à la foi. 



ARTICLE SECOND. 

Princlpfiux Tenailles de la rellgton ettrétieniie 

primitive relatifs m la notion de 

llieu UN et TRIME. 

Que par les mots chinois Ji Tkn^ J: ^ Chang-iy et 
autres semblables, les anciens livres désignent le Dieu vivant 
et véritable^ c'est ce qu'a affirmé autrefois le P. Matthieu 
jRicci (i) et aucun Chinois^ après avoir lu son livre ^ £ K 
H Tien tchù che y (2), ne Ta jamais accusé de s'être 

(1) Le P. Matthieu Ricci, eo chinois Li-Ma^teou et Burnommé Si-thai, fon- 
datear de la mission chiDolse des PP. de la Compagnie de Jésos, naquit à 
Macerata (Marche d'Ancône) en 1552; il entra chez les Jésuites en 1571 à 
l'âge de 17 ans, et il arriva en Chine en 15S3. Après avoir fondé diverses mis- 
sions, il vînt à Pe-king en 1600, où il fut présenté à l*empereur Van-Iiei 
qui l'accueiiiit avec distinction, lui fit donner une maison, et lui assigna des 
sibsides aux frais du trésor. Le P. Ricci est le fondateur de la méthode qui 
consiste à faire trouver des traces de la Religion chrétienne dans les anciens 
livres chinois. Ses succès furent immenses. Cette méthode poussée trop loin 
fut abandonnée plus lard au grand détriment de la conversion des Chinois. 
Epuisé de travaux, il mourut à l'âge de 58 ans, le 11 mai 1610. Trèâ-babile 
dans h langue chinoise, il a laissé de nombreux ouvrages dont on peut voir la 
liste dans la iVotice que lui a consacrée M. Abel Rémusat. (Nouv. mêla, cuiat, 
t. II, p. 2(>7 et chez les PP. Baclier dans leur Bibliothèque t. v). 

Nous citerons en outre : Eiuretiens d'un Lettré chinois et d'un docteur 
européen sur la i>raie idée de Dieu, insérés dans le t. ixv des Lettres édi^ 
fiantes, Paris, 1783. 

(8) Véritable doctrine du Seigneur du ciel Manusc. à la Bibl. de Paris. Catal. 
de Rémusat 3*18, ouvrage impiimé en Chine où il est très-répandu. Il n'est 
pas cité dans les listes données par les PP. Hacker. Voir en outre Annales 
U vni, p. 168 (4« série). 



DA DIBU UN. 55 

trompé, ni d'avoir mal compris les anciens lÎTres ; au con« 
traire, tous lui ont décerné les plus grands éloges. Mais, 
comme il ne suffit [las aux Chinois de connaître le %ra% Dieu, 
s'ils ne connaissent Celui que Dieu a envoyé, Jésus-Christ 
Notre Seigneur, il ne nous suffira paé d'avoir fait ce premier 
pas à nous qui avons traversé tant de mers pour venir sauver 
les Chinois. Mais nous suivrons le plus fidèlement possible les 
traces des Missionnaires nos prédécesseurs; nous emploierons 
tous nos soins et tous nos travaux à achever ce qu^ils ont 
si bien commencé. 

Ainsi cet article sera divisé en deux parties. Dans la 1'* 
partie, en faveur des Missionnaires, je rapporterai tous ou au 
moins les principaux passages où il est fait mention de Tien Ji 
ùa de Chang-ty J: ^. 

Dans la 2«, je traiterai de Dieu-Trine. 

§ i*' De IMev UN. 

Je dois avertir encore une fois les lecteurs que je ne pré* 
tends point que ^ Tien ou Ji ^ Chang4y soit le vrai Dieu 
que, nous Chrétiens, nous adorons. C'est pourquoi je tradui- 
rai toujours la lettre Ji Tien par le mot Ciel et les caractères 
Jn ^ Chang-ty par le Suprême-Seigneur. Quant à ce que les 
Chinois entendent par Tien et Chang-ty, je le laisse au juge- 
ment des savants et surtout à celui de la S. Congrégation de la 
Propagande, et même, quant à mon jugement privé, si j'ose 
en formuler un sur cette matière, j'y renoncerai sans retard 
et sincèrement, dès qu'il me conslera qu'il est même un peu 
désagréable à la sainte Eglise, hors de laquelle il n'y a point 
de salut. ^ 

I. TéwÊfigittkgMà dcA livres eUii^Jui sur le wmm^ 

Ji Vieil. 

1« Au livre Chourking (5) on lit : 



(8) Le CJboM-ibtn, on Livredes Annaies, renferme de si Hombroox et des! beaux 



56 TRADlTIOlfS CURfrlTBNNKS BEI CHINE. — IBT. II. 

s» La vertu seule touche, émeut le Ciel (4). 

> Chaque jour, il invoquait, en versant desJarmes^ le Ciel 
clément (tt). 

» Le Ctel détruit les pécheurs (6).— Grande est la malice du 
roi Kii; le Ciel ordonne qu'il périsse (7). 

D Le Ciel produit les peuples^ avec leurs naturelles inclina- 
tions ; s'iIb ne sont pas gouvernés, ils sèmeront le trouble 
partout ; c'est pourquoi le Ciel produit un Saint qui gouverne 
les peuples avec justice (B). 

» roi 1 le Ciel fa donné la force et la sagesse (9). 

3» Le roi Kii a péché; il a voulu en imposer au Ciel su- 
prême (10). 

» La conduite constante du Ciel, c'est de rendre heureux les 
» hommes bons, et d'accabler d'infortunes les hommes su- 
» perbes(lt). 

9 Les commandements du Ciel ne peutent errer(iS). 

» Le Ciel suprême protège et aide vraiment les peuples (13). 

passages sar la Divinité qu*aa lieu d'en extraire seulement quelques textes, 
il faudrait presque citer ce livre en entier. » Nous avons d^à dit que oe 
livre avait été traduit en français par le P. Gaubil iD-4«, Paris 1770, et réé- 
dité par M. Pauthler 4ans les Livres sacrés de VOrierU, Paris 1840, qui y a 
ajouté un grand nombre de caractères chinois, et a divisé les chapitres en 
versets correspondant à ceux du texte. 

(4) fH Hl iHl ^« {ChoH'king. 1. 1, c. 3, n. 21 — Nous donnons ici 
l'indieation de quelques-uns des textes cités par le P. Prémare laissante 
d'antres le soin de les indiquer tous. 

(») « ?i T ft %' iibid.) 

(6) 3Ç W W 5P (Md, c. 4, n. 6). 

(7) W S ^Wo%^M±, (Cfcott-Kn n. (irad. m), c. I.v. !)• 

(8)^^i5«3t ^ ± m Ito ^ X ^ 

M ^ ^ ^ (ibid. c. 2, T. 2). 
(9) ^ » « ï * t (iWrf). 

(10) S ï W P » « J: ^ (iwd., V. »). 

(**) 5^ Jt JB # o il ^(C/iou-km, 1. II (tr. m), c. 3. t. 3). 
(<a) ^ ^ * Iff (iWd. V. 5.) 

(18) ±^^.ièy RiPM.). 



BB BIBU ON. 57 

• Le Ciel estjrégoant par luUmime, et c'est lui qui envoie les 
• calamités (14). « 

Je dis est régnant par Im-mAne^ car la lettre ^ Hoang est 
formée de U Me, die^ par soi, etie £ Vâng» roi. 
>Les anciens rois observaient fidèlement ces commandements 
évidents du Ciel (IS). Le Ciel considère une telle vertu (16). 
Le Ciel, régnant par lui-même, aime et protège le roi des 
Cbang (17). » 

» Le Ciel n'a point d'affection particulière pour personne, il 
aime ceux qui le servent avec respect (18). — Le Ciel, régnant 
par lui-même, est irrité contre le roi EU ; ensuite, il jeta les 
veux sur toute la terre et chercha avec amour un homme d'une 
vertu parfaite (10). — Il dépend de la seule vertu que le Ciel 
inflige des châtiments ou décerne des récompenses (iO\ — 
Maintenant le roi Cheou, (de la dynastie des Chang), n'a aucun 
respect pour le Ciel suprême. — Le Ciel, qui règne par lui- 
mémey est justement irrité ; le Ciel ordonne qu'il soit mis à 
mort. Si je n'obéissais pas au Ciel, mon péché serait égal à 
ceux de Cheou lui-même (21). Le Ciel, qui règne par lui-mime, 
le Suprême Seigneur ^ a changé l'héritier du trAne (92). — Le 
peuple invoque le Ciel dans sa misère, et le Ciel à son tour a 
pitié de tous les peuples (25). — C'est au Ciel qu'il faut de- 

( W) â 3Ç I* iii (iwd. e. ♦, T. 2). 

(4») 4b 3E « I* 3Ç i 91 <^ (/W(«.fl. 6. l-paruv.î). 

(*6) Jim m m im^ 

(") ê ^ # « W lar (c. 5, Jepart. T. J). 

(48) lil 3^ M il ]£ 9^ 1i ft (ibûi. 1. Il, 0. 5, T., •ect.S). 

3R -" ft hbid. I. U, (tr. 111), c. e, V. 3). 

(^) 1i ^ » ife » ffi «. (iWd. T. 6). 

(M) ^W 3E 5 « »± 5co...ê 5c m «... % « 
I* ± o 

'^^JR^O jRPIil^. {Chtm-kin, 1. ni. (tr. iv), c. I. v. 4, § 9). 
(M) â^±*afc«X^. (iWd.c. I2,T.9). 

(«») JE S (i 3^0^ * »^ H * a. (iWd. T. 10.) 



58- TRADinOlfS GHBiTlBIfllES EN CHIHB. — ART, II. 

mander la yie éternelle (24). *— Le Ciel miséricordieux aban- 
donne la famille Tn {26). — \jd Ciel seul peut être appelé 
intelligent (26). — Le seul Ciel doit être craint (27). — Les 
commandements du Ciel ne cliangent point (28). — U trouva 
grâce devant le Ciel régnant par lui-même (20); et peu après 
devant le Suprême Seigneur (30). j> 

« Le Ciel secoure les peuples, il leur donne un roi, il leur 
donne un précepteur (31).^» ' 

« Le Ciel, régnant par lui-même^ n'aime personne aveuglé- 
ment ; les seuls qu*il airae et secoure sont ceux qui pratiquent 
la verlu. Les peuples n'aiment pas les rois, comme tels, mais 
ils se tournent toujours vers ceux qui sont bienfaisants à leur 
égard (32). — Le Ciel propose à Tesprit de l'imiter lui-même 
comme son seul modèle (33). » 



W » 5c * *. 

(a«) S 5Ç » « » tSt- (/w«. y. u). 

(««) « X J» W 

(«'') H ^ W ». 

(«8) % ^:^^' 

(«9) «F ]R â ^. 

(30) «f «& J: *. 

(5*) ^ fi« T l5o f^ ± Sof^ ;?: «a. I" (tr. it), c. l, v. 7. 
31 i tt (1- ". c- *. (»«•• ".) V. 4). 

(55) 1i Jli» 5^. - 

Le p. Prémare ooua ftembto oaliUer la plas belle preave que le Tien J^ 
est la plus eKaotedéfiaiUoD de Dieu. En effet ce earactère est composé de fo 
^ grand, et de y -^ un> en sorte qa'eo mettant ce caractère »— un an- 
dessins dn caractère ^')^ grivndy oo a : Seul Grand, ou Grand uniqœ. Il est 
impossible de mieux désigner Dieu* 



D8 DIBD UN. K9 

2. Témolgna^ea du Ohùking »ar le 7ten el le 

« Ciel, immense et très-haut, tu es notre père-mère 
ft (ou bien tu es notre Providence) (54). » 
Lorsque le Chou-king dit : a le Ciel-Terre est père-mère 

de toutes choses ^ Ji JA M tUl K % (3»), c^est ab- 
solument le même sens, et il n*y a pas de contradiction 
entre ces livres. 

« Ciel très-haut; je suis cruellement déchiré par les hom* 
> mes, mais tu sais que je suis sans faute; 6 Ciel très-haut, 
9 les hommes me méprisent grandement, mais tu sais que je 
» suis véritablement innocent (36). — Il ne craint pas la vue 
9 des hommes; il ne craint pas même le Ciel (57). » 

TchU'hi ajoute : « Les hommes peuvent se tromper, mais 
D on ne trompe pas le Ciel (58). Sois saisi d'une frayeur respec- 
3» tueuse pour la colère du Ciel ; ne t'abandonne jamais aux 
1» plaisirs (Comme si tu étais en pleine sécurité), redoute 
p Fanimadversion du Ciel et évite de vivre sans loi. 
9 Le Ciel très-haut est souverainement intelligent, il consi- 
» dère tous tes pas» et voit toutes tes actions mauvaises (39). 



(S*) «î jÊî ^ 5c o ^ «; 

ChiMng ; part, ii, Siao-yà. c. 5, ode 4. Le Chv-king a été traduit en 
latio par le P. Lacbarme. Stuttgard, 1830. 

(38) {Chon-king 1: m (tr. i?). c. 1, v. 3). 
tt ^ i^* {Chi-kingj part, ii, Sitm-yà, c. v, ode A, n» l). 

(57) ;j; Ul iR A o ;f S iR ^. 

Ibîd. p. m, c. 2 ode 10 Ta yd. 

(58)£l A « vi mo%l^Pl ». 

Sor Tehvt-hi TOir art. i. note iS. 
fi. O 2i 18 iti !&• (CM-kingf^tLTi. iiifTcirya, c u, odetO, n* 9]. 



M 



nADRiONB cntrannaM br chinb. — art. ii. 



TchoU'hi dit dans cet endroit : « 11 n'est absolument 
rien qae le Ciel n'embrasse d'une connaissance claire et dis- 
tincte; c'est pourquoi il faut être constamment attentif (40).» 
« Il a reçu le secours du Ciel (4i). — Le Ciel très-haut l'aime 
comme son fils (49). 

9 Ciel, souverainement intelligent^ Ciel suprême, tu 
regardes ces terres inférieures (43). 
» Maintenant les hommes sont dans un éminent péril, et ils 
disent : le Ciel ne voit pas. Mais quand Tiendra le dernier 
jour, les hommes mauvais n'auront point la victoire. 
* Qui osera dire que le Ciel suprême, qui règne par lui- 
même, se laisse émouvoir par la colère ou parla haine (44)?» 
Ce passage est ainsi expliqué par Tehu-fong-îching (4iS) : 
Récompenser les bons et perdre les méchants, telle est la 
conduite ordinaire du Ciel. Si les bons n'ont pas encore reçu 
leur récompense, ni les méchants leur châtiment, c'est que 
le Jour qu'il a marqué pour cela n'est pas encore arrivé. 
Tant que ce jour n'est pas arrivé, le Ciel permet que les 
hommes remportent sur lui quelques victoires; mais 
quand ce jour viendra, nul ne pourra résister au Ciel. 
Dans le temps présent, lorsque quelqu'un est puni, qui sait 
si demain il ne recevra pas une récompense ? Et aujour- 
d'hui lorsque tu reçois une faveur, qui sait si demain ta 
ne supporteras pas une infortune? Quand le Ciel châtie les 



(*o) ^ i » I» « « ;F Xo;f ^ ;f » 4fc. 

(41) 2 ^ il ffe. {Chi-king, part, m, Ta-ya, ch. u, ods 5, n* 1) 
(48) ^ ^ « î i. 

(45) 1« w ± ^ «: tt T ±. 
(44)ft^*%oia^3Picoi)6^wjeo 

|IA»J»oWⱫ«#llâtt- 



Dl DIN UH. 61 

» pertersy il parait aghr sous rimpulsîon de la haine qu'il leur 



3 



porte; mais la punition des méchants est réclamée par la 
» justice et l'équité. Quelle haine pourrait-il y avoir dans 
M le Ciel.? Si yous comprenez bien que le Ciel punira un 
9 jour les méchants, sans aucun mouvement de haine de sa 
n part/ TOUS comprendrez aussi que, s'il ne les punit pas 

> ai]yourd'bui, cela ne Tient point d'une molle et blâmable 
9 douceur. Aujourd'hui c'est encore temps, demain peut- 
» être il ne le sera plus; car elle est incertaine Tépoque 
» de ce dernier jour dans lequel tout sera arrrèté et fixé. » 

S. Tém^lgiftiigea eximits de C^mfueiiui. 

Gonfucius parle conformément aux livres King : 
«Je tromperais les hommes, dit-il, mais puis-je tromper de 
» même le Ciel (46)? — Le Ciel seul me connaît bien, les 
» hommes ne me connaissent pas; c'est pourquoi je ne me 
» plaindrai ni du Ciel ni des hommes (47). r- 1^ sage trem- 
» bleaux commandements du Ciel 48. — Lorsque je commets 
» quelque péché, le Ciel me hait (49). — Celui qui offense 
9 le Ciel n'a personne auprès de qui il puisse se réfugier (ttO). 

> — Celui qui veut connaître l'homme doit auparavant 



ffiiro^^«;};»«iB±ii^o^S« 

Tehit-fong-lehing, auteur moderne, d'aprèe le P. FonqaeL 
(46) # H îl^ O % 5^ ^. iConfueitu). 

(4») ;f ^ ^0/P jt A. (iw<i). 
(4») ^ « s # ^ JR ±. (iwd). 

i^)m 9^iit %m mm jn^^m.- 



62 TBADITI0N6 GHEEnBNHEB BM CHINB. — ART. n. 

B connaître le Ciel (81). — S'il y a en moi qjielque Tertu et 
» quelque mérite, ces dons me viennent tout entiers du 
» Ciel (»S). » 

4. TéwÊk9kgnmi$em extraiUi 4e Mong-tsée. 

Mang-Uée pense comme Canfaeius. Après avoir cité les 
paroles de Chou-king: a La majesté du Ciel est redoutable (S5)9b 
il ajoute : 

« Lorsque le plus grand sert le plus petit, il* aime le Ciel ; 
» lorsque le plus pelit sert le plus grande il craint le Ciel; 
» c'est-à-dire que le premier imite le Ciel et le second lui 
» obéit (S4). — » Celui qui se soumet toutes choseâ et qui ne 
1» trouve personne qui puisse combattre contre lui, celui-là est 
» le ministre du Ciel. — Chun posséda l'univers, mais qui 
» le lui avait donné ? Le Ciel (55). 

» La charité, la justice, la droiture du cœur, la sincérité 
9 dans les paroles, voilà des dignités qui nous rapprochent du 
» Ciel et qui nous sont octroyées par lui, de même que Gin- 
» tsio AU c'est-à dire les dignités du siècle, sont octroyées 
» par les hommes f56). — Conserver son cœur et entretenir 
» sa nature, c'est servir le Ciel (57). — On doit attribuer au 
D Ciel les effets dont les causes nous échappent (58). » C'est- 
à-dire , comme l'explique le dictionnaire Pin-tsée-lsien, 



(8i) ® ^A^RTJK /P ^ % (Confucius). 

(»2) ^ 4 « ]R ^. (^^*'^î' 

(55) S ^ ;fc J^- (Chou-kin). 

* 4— HkWcHk^yM 3i M 4L* {Mong-ueel, i, c. 2, v. 
10], voir art. i, notev)! et 39. 

(66) # W T 4o ^ H i:o 0o ^ H ^; (/Wd.l.,i,c. 3,v.20). 

Chun associé i l'empire 2285 av. J.-C. puis 7* empereur en 22&S ou 57. 

(86) tlfÊ&^oA'^i^JSL. {Ibid. 1. Il, c. 5. V. 5«). 

(87) ^? ,6 miioM Sl^% {IM. c. 7, V. 2). 

(8«) m ±.« m «..«. 35 4. (iw. . 



DB DIBU ON. ^ 

« Lorsqu'un eflet t|ui surpasse les forœs deTbomnie se produit 
» sans cause visible, la véritable cause c'est le Ciel (HO). — Il 
» est impossible que celui qui connaît bien sa nature ne 
» connaisse pas le Ciel (60J. — N*avoir rien dont on doive 

> rougir ni devant le Ciel ni devant les hommes^ voilà de toutes 
» les joies la seule joie du sage (61). » 

K. TéMft9» a g e g extruita 4Les Lettrés. 

La thèse pourrait aussi se prouver très-longuement par 
les témoignages des Lettrés, mais pour ne pas être long j'en 
choisirai un seul: Van-'tchong'Ui parle ainsi : 

c Aussitôt que le Saint» auteur des livres King, ouvre la 
» bouche, c*est le Ciel qu'il nomme. S'il s'agit de la volonté et 
» du commandement, il dit : U commandement du Ciel^ la 
» volonté du Ciel; s'il est question de la nature, il dit : la na- 

> sure donnée par le Ciel; s'il s'agit de raison, de vertu, de loi^ 
9 de siège, de dignité, de récompenses, de devoir, d'ouvrage, 
9 d'ordre, de peine, il dit toujours : la raison du Ciel, la vertu 

• du Ciel, la loi du Ciel, le siège du Cte/, la dignité du Ciel, les 
» récompenses du Ciel, l'ouvrage du Ciei, l'ordre du Ciel, les 

• ch&timents du Ciel; il dit de même : connaître le.Ciel, 
» aimer le Ciel, servir le Ciel, craindre le Ciel, honorer le Ciel, 
» imiter le Ciel (62). » 

Et toutes ces expressions, ce Lettré les a tirées des anciens 

livres Kings. 

•. TéÊÊÊmàgnmi^em eiLtralts éku langage du 

peuple. 

Bien plus, le peuple même ne pense pas autrement au 
sujet du Ciel. Je ne pense pas qti'il j en ait un seul parmi le 
peuple qui ne connaisse le Chant suivant : 

(»8) ^f A * i JiH « o g îi + i w f^ « 

Pin-Uee-uien, dletloonaire oompoaë par 7«-««A-ltMet publié en 1676, 

(***) ^ ^ tt o 9J J|,' ftl % ^. (Mangue), c. Ttit^n. 
t.- 4, 1. Il, c. 7," T. I). • 

(«*) il9 ^ Vk a^ ^ o Mi l^Wiih A- {/Wd. 1. u. e. 7, y.W). 

(OS) a A S U mtlt%9-é B X # o tt B 



M nADITIOIlg CHBimRlIBS BU GHINB, — ART. II. 

c Le Ciel a une intelligence, il se rappelle toute chose; devant 
» lui les bons sont les bons, et les méchants sont les méchants. 
9 Le Ciel a une bouche, il ne parle pas à notre manière; il 
» n*exprime pas sa joie par le rire, ni sa colère par les malé- 
» dictions. Iljie trompe pas les bons et il ne craint pas les mé' 
» chants. (Nota: Ces mots sont rayés dans le manuscrit). Le 
» Ciel a des yeux. 11 voit parfaitement tout le monde. Pour lui 
» la fausseté est fausseté, et la yérité, Térité. Le Ciel a des 
» oreilles; il entend très-clair, dites ce que vous \oudrez; il 
9 ne méprise personne (65).» 

Quelquefois le mot Ji Ciel est pris pour la demeure céleste^ 
et non pour le Seigneur , mais il est facile de le connaître par 
le simple contexte. Ainsi lorsque le Chy-king dit: «Le Roi Ven- 
vang est là-haut (64) ; oh I comme il brille dans le ciel (6tS) » 
il veut parler de la patrie céleste, de la cour du Seigneur, 
comme s'exprime le Chou-king. C'est danç le même sens que 
le Chy-king dit encore : « Il y a trois rois dans le Ciel (66). » De 

^ttoa u%mo m B 3^1^019 p %m o 

fi:B3^fi:ottB^j|o|KB^ig(o|iQ3^]||o 
:AU3ilSloSli B^iloitB^lto^B^^o 

Van-ukong-Ué. InconDo* 

(«5) ^ W i& o œ ;ï: a 

Il £ «0 B S9 

^^ a o:f fStU 

IF 7 #S o IS 7 JS 

5^ « IR o ^ffliA 

Cette chanaoD • iéfi, été publiée dans les Awnaltt aveo la prooonclatiOD chi- 
noise et k mot à mot latin, par M. Pauthier, dans l'article da P. Prtmare sur 
le Monothéisme des Chinois, voir Ann^«t t. m, p. 401 (6* série). 

(«4) X î ft ± O ft W S 35. (Ckt-kin Lit. o. ?, I). 
m 3 Ji « S- (Cte-Uii). 



DB 0IBO ON. M 

mêmeaossi, dans le Chou-king^ il est* parlé de trois rois qui 
étaient morts sur la terre, « parce que, syoute Kong^yng-la, 

> leurs âmes élaieut déjà dans le Ciel (67). » Gonfucius enfin 
parle dans le même sens quand il dit : « Les jours de Thomme 
9 ont été comptés^ mais son bonheur est dans le Ciel (64). » 

Kauan^yunhUee, philosophe très-ancien, distingue très-bien 
ces deux sens : c Le Ciel et la Terre, dit-il, sont de grandes 

> choses, mais ils ont cependant une couleur, une figure, un 
B nombre et une quantité. Pour moi, je possède quelque chose 

> qui n'a ni couleur, ni forme, ni nombre, ni quantité, et 

> ainsi je comprends que celui qui a foit le Ciel et la terre a 
» toujours été (69). » 

La glœe explique très-bien ce passage : 
c Celui qui produit tout n'est point lui-même produit; celui 
9 qui détruit tout n'est point détruit. Donc celui qui a fait le 

> Ciel n'est pas le Ciel ; celui qui a fait la Terre n'est pas la 
-» Terre (70). j> Il est appelé par Han-chan-tsee : c Le Ciel qui 
• est au milieu du ciel (71). > 

Un peu plus loin JTotian-Fun-rs^e continue en ces termes : 
c Le Ciel n'est pas Ciel par lui-même, mais le Ciel a son archi- 
9 tecte. De même une maison ou un navire attendent la main 
» de rhomme pour exister et ils ne peuvent pas se construire 
9 eux-mêmes. Celui qui sait que la maison et le navire atten- 
» dent Touvrier et ont besoin de lui pour exister, celui-là ^it 
9 également que le Créateur de toute chose, pour exister, n'at- 



(®7) ^ î:2li# ^ &% ^' Kong-ihg^ta, vivait Tan 620 
de J.-C. 

(68) JE ^ W A^ a * « ^. (Chou-kin). 

* éi o.# j^ # /L «fc ^ W ^ ^ Jfc * ^5f. 

Kouanr-yuen-tse ; voir art. i. Dote 77. 

M ^ %0 ^ Hi ^ ^ ig.iGlose). 

C^*) ^ *t* i ^' iHan-ehan-Uee). 

PRÉMAkB. 5 



(^6 TBADmONS GHIliTIEimBS EN GHINB, ABT. II. 

» tend personne^ etn'abesoînd'aacunsecoursétraDger (7S). » 
Dans les passages de cette sorte : Ji ^ 9 H H 9 
4ff 4ft 9 etc., la première lettre exprime le mot et la 
seconde le régime du mot. 3^5^, c'est: constituer le Ciel en 
regard du Ciel IconHituere Cœlum in ratione Cœli, etc.) 

9. Témoignages eltinols relatifs m Chang-ty J: ^. 

l«Le livre Y-KingAMi, c Les ancien^ rois inveiitërent la 
9 musique pour célébrer la vertu, et quand elle était parfaite 
» ils Toffraienl au Srigneva suprême (75). Le Seigneur est sorti 
» de JB Tching (74). » 

Le symbole S z-E Tching veut dire Orient et Premier-ni. 
C'est pourquoi le sens n'est pas précisément que le Seigneur 
créa le monde au Printemps, mais bien plutôt que le Père de 
toute éternité engendra le Fils, et que par le Fils, et dans le 
Fils, il a fait toutes choses. 

(i Le Saint homme établit un banquet par lequel il put 
» oJQTrir au Seigneur un sacrifice agréable (75/. • C'est dans ce 
sens que le livre Biao-king dit : c Le Saint homme seul peut 
• faire au Seigneur une offrande agréable (76;. Le Suprême 
» par lui-même lui vient en aide (77). — f^ roi en profite 



(7«) 5c#g^oW« 3c«Aoin m ^ 

Kouan^un-tsê, voir art. 11, n. 77. 

(73) 5^ £ £( f^ tu milojlt Mi, ±^. (r-««0. 

Symbole 16, v. 5). 

(74) ^ JiJ "T^ S|. [T-king dans Choue-koua, c. 4, art. i). 
(^**) î6Ai?0 £1^ J:^ (T-^ng, symbole 60, n» 2> 

(76) « * A ;S II 3S£ «. 

Le Hiao-^ng. ou livre de la piété filiale attribué à Confocins, qui le confia 
à lOD dlfldple Tseog-tsee; c'est le 3« des livres dassiques', le S« des petits 
King. n a été traduit en Uuin par le P. Noôl, par son traducteur français 
Tabbé Pluquet, et analysé longuement par Du Halde 1. 11, p. 434 ; de plus il 
est traduit en entier dans Mém, èhin. t. iv, p. 28, 



SUB U €HA1I6*TT^ BÉIGlIIini SUPRÊIIB. 67 

» pour 'Oftrir au Seigneur uq sacrifice agréable (79). » 
Ces paroles seirt ainsi commentées par l'empereur Kang-hi : 

* ^ Ty, ile Seigneur), est le Seigneur de tou;r les esprits 
» quand il est dit : f Le Supritne par lui-mime lui vienl^^n aide^ « 
» le sens est qu'il possède le cœur du Ciel. (79) ^ Et en- 
core: f Dans les symboles Saut et Ching^ il est seulement dit 
» qu'il est agréable aux esprits, b mais ici il va bien au delà 
9 de tous les esprits et il arrive jusqu'au Suprême Seigneur de 
> toutes chosea (80). » 

Tchu-teUng^ sur les paroles £1 7 Jl ^ rapportées plus 
bant^ dit : c Le roi du Gel est unique et parce qu'il gouverne 

• et règte tout comme étant le Seigneur de toutes choses. 
» C'est pour cela qu'il est appelé Ty /8i). » 

Lorsque le texte dit : g Jl, le suprême par Im-mimBy c'est 
absolument le même sens que lorsqu'il dit : g ^ le Ciel par 
lui-même^ g W Etre par lui-même^ g 3E Kotpar lui-mime. 

9. TéHi«lgmigeft du €h«u-lLiiig sur le Chang-iy^ 

ou Seigneur Suprême. 

2« c II a sacrifié au Suprême Seigneur (8S) — Hia a pécbé; 
» pour moi, je crains le Seigneur Suprême. Je ne puis 
» m'empêcber de marcher contre Hia; que le Seigneur 
» Suprême me vienne ouvertement en aide /85). — Le Ciel 
» auguste, régnant parlui-méme, le Suprême Seigneur, donne 



(78) ï fli $ » *. (Hiao-king). 

(79) i» M M m ii± jHo u ±j6i:oji 

lÊ % ^ % ^' (ZatHr-M-). 

(W) M H ^ fi If H !♦ * jt Mao ]S[ « 
(81) 55 * - 4o H « ^ t( W « 15 fi i: 

£ o Hl IB 2. $• Tcftu-<eMn0, sous leaSoog, 944-1110 de J.-C. 
<**) i ^ ± iî *• {ChmiMng I. i, ç. J,t. 6). 

(»») M R «'» o ^ » ± « o ^ «"^ JE. 

(JKtf. 1. ii.(tr. w)f c. I, V. 2). 



68 • TRADITIONS GHRÊTlEIfNbS EN CHINE 

» aux peuples inférieurs la droiture du cœur, (ou plutôt leur 
)» donne un Médiateur qu'ils doivent revêtir) (B4]. » 

Car le mot 3S£ Tchong, revêtir, renferme ^Sc + Y-Tchong^ 
moyen ou médiateur^ 

(La page 36 manque dans le manuscrit* Je ne sais comment 
cela s'est fait, dit le P. Prémare). 

« Et il servait le Seigneur Suprême publiquement et avec 
9 tout le soin possible (36). — Le Suprême Seigneur s'ap- 
3 proche de toi, prends garde de ne point partager ton 
» cœur (86). — Le Seigneur Suprême est Roi par lui-mê- 
9 me (87). — tl existe un Seigneur Suprême et Auguste ^8;. 
, — . L3 Seigneur Suprême a senti l'odeur de suavité ^89;. — 
» Le Suprême Seigneur s'est reposé sur elle (90). — H est 
» aimé du Seigneur Suprême (91 j. » 

9. Témoignages tiré» de !fIoiig-i«ee «ur le Chang U 

ou Seigneur-Suprême. 

4« Mong-tm : « L'homme, quoique méchant, s'il se purifie 
» de ses péchés, peut servir le Suprême Seigneur (92). » Con- 
fucius dit : « Parles rites iTwio et Che on honore le seul Seigneur 
» Suprême (95). D Fu-icftm dit ceci dans son dictionnaire jPm- 
tsée-tsien : « Suppose/, qu'il n'y ait dans l'univers que toute 
» celte matière que nous voyons et la raison ([ui se meuventen 
ù tourbillon, et qui sont inséparables l'une de l'autre et qu'en 



(84) Jim® S ± * o ê 5c J: 1& H^ S ]K T fi (w). 

(88) >j> i6 E * na * -t "S?- 

(80) J: iî^ EÈ i* ^ K « >6- 

(87) J: ^^ â. 

(88) ;f â il *' 

(89) s # iÔ ?|- ± * ^ t*- 

(00) J: ^ M m- 

(91) ± * # ±- 

(92) ai W ^ A « 3« '^ î& B»l 5 « « 

J^ ^. {Mong-tsee 1. u, fc. 2. v. 38. (Voir art., i, notes 81 et 89). 

(93) 5B ît ± a 5!r JH ^ J: *• iconfucius). 



SUR LB GHANG-TT, SEI6NBUR SUPRÊME. . 69 

> dehors de cela il n'existe aucun Maître ou Seigneur véritable 
M et intelligent. Mais alors quel est-il Celui qui envoie les 
D récompenses aux bons et les châtiments aux méchants, 
'p n'est-ce point celui qui est appelé par excellence le Seigneur 
9 très-auguste? Nous mortels, nous sommes constamment 

> sous ses yeux, et cependant nous n'agissons pas toujours de 
» manière à servir la majesté du Ciel avec crainte et tremble- 
» ment; bien plus, conduits par nos mauvais penchants et 
B enflés par notre petite science, nous n'hésilons pas à entrer 
1» en lutte avec le Seigneur du Ciel. Une plus grande (ïémence 

> ne peut pas exister (94). » 

« Le Seigneur, dit le même philosophe, est le gouverneur du 
» Giel^ c*est pourquoi il est honoré ; et parce que le roi, d'après 
» Tordre du Seigneur, gouverne le monde^ c'est pourquoi il 
» est honoré sous le nom de Seigneur ^ (98). » 

On doit cependantobserver que jamais aucun Monarque de 
la Chine n'a osé prendre ou accepter le nom de J: ^ Chang- 
ti, Suprême Seigneur, et même les Lettrés chinois disent que 
si l'empereur 5oiîflf-lfoci-i5ow(/ (96) mourut si mUérablement 
loin des frontières de la Chine^ c'est qu'il avait eu la témérité 
d'ajouter au nom de Suprême Seigneur, le titre honorifique de 
^ ^ Yu-koang. De tout ce qui précède chacun peut juger, 
s'il le veut, sur quel fondement le missionnaire qui a essajé 
d'expliquer le Pin^tsée-lsien a pu dire que Chang-li J: ^ 
est la vertu prédominante dans le Ciel, l'aveugle divinité des 
Chinois I 



(»4) « « + ± * » ^ « i a « IK ro 
làM- ^ m ±. 9: ^.m wi m ^ p^ m ^ 

a SI s ±y ^ ^f^ ixt m^i &i & ^ à Si 

Sk jm ij^ ^ ^ >6 II * 5c :ft * s s ^. 

(Yu-^eMUf dans Pin-tse-tien, dict. composé en 1676). 

(»8) * « ^ i: â ^ 5c ^ * * m » 1k 
* JH * » t,- m- 

(96) HoeirUong régna de llOt à lî25de notre ère. 



70 TKADlTIOm CHHlnnBllIfBS m CHIIIK. 



§ 2' — jpfte mra Un et Triae. 

Ççimme au sujet de ce grand mystère une foule de passages 
des livres chinois se présentent à mon choix, je diviserai ce 
Paragraphe en plusieurs points, afln de procéder avec plus de 
clarté. 

l"" Je dirai d'abord quelque chose sur l'analyse ; 

S;Me parlerait des trois hiéroglyphes , — t--'~"t un, 

deux, trois ; 

3« Je parlerai de — r r, Unité, et de i; — lay-y, grande 
Unité ; 

4' J'expliquerai ce qu'on doit entendre par -^ jj^ 

5* Je terminerai par l'explication de ^ Tao. 

(Pour l'explication des cinq points annoncés ici, et qui con- 
tiennent presque toute Fapcienne philosophie des Chinois, le 
P. Prémaie a ajouté à la fin de son volume une dissertation 
intitulée, Introduction au livre Y-king. Nous la plaçons ici 
en tête des chapitres pour lesquels elle a été faite). 

Introduction au livre Y^KING. 

Comme je dois souvent, dans le cours de cet ouvrage, citer 
les symboles du livre T-king^ il me semble bon de poser ici 
quelques prolégomènes, importants à connaître pour faire 
concevoir le sens, profond de ces symboles et même le faire 
goûter. 
• Ce monument très-ancien se compose de 64 symbûlet' ou 

^ fl^pr^ det6 lignef.. Le 1*' symbole, est = . le i^nd E = 

' etc. La ligne du bas est la première, on lui donne le nom: de 
tsou m^ initium, commencement. Comme aussi celle du haut 
se nomme change Jl suprema, Un. 
Ces figures de 6 lignes se divisej^^ en deux narties/ c'est-à- 



«« 



. .DITRODIIGIIIOll A^L'Y-WNG. 71 

dire en deux symboles complets de 3 lignes chacun. Les trois 
premières lignes, ou la partie inférieure, a reçu le nom de 
y # hiatçouaetie fy ^ ntiey ioua, symbole inférieur et 
interne. Les trois dernières lignes, ou la psirtie j^upérieure, a 
reçu le nom de J: ^ chang koua et ^ g^ «ai kaua^ sym- 
bole supérieur et externe. Chacune de ces parties se nommje 
iehing koua JE #> reclum «ymAoIum, symbole droit, parce 
qu'il comprend, embrasse tout-à«fait toute la figure des 6 
lignes, sans qu'une seule ligne soil omise ou répétée. 

Ainsi dans le symbole 33 les trois lignes = entières 

donnent le symbole interne et inférieur ; les trois lignes E E 
brisées donnent le symbole externe et supérieur. Si Ton enlève 
per mmtem deux lignes, la i'* et la dernière du symbole 

E^ il restera EZ qui sont au milieu ; que si Ton enlève 

encore les 2 figures de 3 lignes, la l** intérieure et inférieure 
qui est EE, la 2« extérieure et supérieure qui est z^y ces 
deux figures se nomment S # ^^ f^oua par opposition à 
J£ ^ tching koua. La lettre hou indique que ces symboles 
sont liés entre eux comme les anneaux d*une chaîne ; on trouve 
en chacun d'eux les deux lignes du milieu zn:.. Dans le sym- 
bole interne =E elles sont les dernières et dans Texterne 

33 elles sont les 1'«. Ce raisonnement s'étend à tous les 
autres symboles de 6 lignes. 

De ces 6 lignes, irois sont dans un rangimpair,tn «ede impari 
et se rapportent à i Tang, savoir la 1'% la 3% la 5«; troissont 
in $ede pan, au rang pair, et se rapportent à § Tn, savoir la 
2e, la 4% la 6*. Chaque fois que la ligne — , ou & yang, est 
rencontrée m sede impariy dans son rang impair, on la nom- 
me jE tching, rtcia^ droite. Si on la trouve in $ede pan\ au 
rang pair, qui n'est pas le sien, alors elle n'iest plus droite et 
se Soemme 7 JE, po^'lching. Pareillement, chaque fois 
qu'on trouve la ligne -^ ou k Tn dans son rang pair, on 
la nomme JE droite. Si elle est dans le rang impair et ainsi 



72 mADITIOHS GHRiTIElfNBS EN GHIHE. ABT. II. 

non sien» alors elle se nomme /}% JEy pou-tching, non droite. 
De ces 6 lignes, 2 sont mitouenneSf rf> tchong, mediœ, sa- 
voir : la 2* dans le symbole de 3 lignes qui ed au bas ; et la 5* 
dans le symbole des 3 lignes qui est en haut. De même, la i** 
d'en bas est le commencement , la 6*" d'en haut la fin. Il reste la 
3* et la 4% qui^ bien qu'elles soient au milieu de tout le sym- 
bole, sont souvent exposées à plusieurs périls, parce que là 
deux symboles partiels se réunissent entre eux ; la 3* est la 
fin du symbole inférieur, et la l** est le commencement du 
symbole supérieur. En outre^ comme la 5« est le utége propre 
du Roi et la 2'' celui du Ministre royal, la 3* est élevée sur le 
Ministre ella4* est près du Roi ; il y aà craindre pour chacune 
d'elles, surtout si elles ne sont pas droites. 

Figure A. 



Pair - 


- 6 


finis, fin. 


Impair — 


- 6 


médium, rooyenoe. 


Pair - 


- 4 




Impair — 


— 8 




Pair - 


- 2 


médium, moyenne. 


Impair — 


— 1 


initium, Commencement. 



Toutes ces lignes sont reeta, droites, et par conséquent le symbole est ap- 

Des 6 lignes chacune en a une autre avec laquelle elle a 
une relation spéciale, ainsi elles se répondent mutuellement. 
La 1^ et la 4% parceque comme la l'" est le commencement du 
symbole inférieur, ainsi la 4^ est le commencement du sym- 
bole supérieur; la 2* et la 5e parce que toutes deux sont au mi- 
lieu ou mitoyennes; la 3* et la 6% parce que, comme le sym- 
bole inférieur s'arrête à la 3% ainsi le symbole supérieur finit 
à la 6^ Quand de deux lignes corrélatives l'une est — ^ 
yn et l'antre — S yan^, il y a relation droite et correspon- 
dance, ]£ IB Iching yng. Dans le cas opposé^ elles sont dites 
n'avoir pas de correspondante ^ Mi» à savoir quand la 2« 
ligne est — et la 5* est — , comme dans le symbole 

EE M Mée. Elles se répondent à la vérité, mais cependant 



nrntODUcriON à l't-king, 73 

les lignes ne sont pas droittij c'est-à-dire, dans le siège qui 
leur est propre comme elles le sont dans le symbole z= Kj 

py . Ai n si des antres . 

Lechapitre Hy4seàeYT-kingA\\: « ^ r,a raison, relation, de 
1» rhomme, du ciel et de la terre. Il renferme 3 puissances, el il 
» les combine' entre elles de telle sorte qu'il en sort le nombre 
» 6. Car 6 n'est que la raison de ces 3 Puissances. Et Toilà ce 
» qu'on appelle # Ji San Tien M Hk ^ong ^V W- > «Car, 
B dit le livre T-Iioe^ si deux fois trois font six, et si l'on prend 
B troisfoisdeux on aura encore six(2).i> D'où Siangsiang conclut 
« que le nombre six [senûriu$) est un avec le Ciel et la Terre(3).» 

Ces 3 puissances H ^ san tsai se nomment aussi H S 
San ki, les trois termes, les trois extrêmes; donc l^s 6 lignes de 
chaque symbole peuvent se diviser en 3 parts, afin quelles 
donnent trois fois deux. Les deux inférieures représentent la 
Terre et constituent le terme petit et le plus bas> T ft* 
Les deux du milieu représentent rjETomm^ et font ^ ^ le 
moyen terme. Les deux plus élevées représentent le Ciel et 

donnent Jt i^j le terme plus grand et suprême. 

* 

Figare B. 
Jt ^ Chang Koua TF ^ ^** Koua. 

Symbole sopérieur. Symbole supérieur. 

Les 6 Ifgnes se divisent encore en deux parts pour former 

denx fois 3. Les 3 lignes du baé sont censées être internes f^ 
miet, comme nous l'avons dit, et la l'*** marque la terre, la 2« 
Vhamme, la 3« le Ciel. Les 3 lignes suprêmes sont censées 
être externes f 5h vai et fa 4« niarque la terre^ la 5« FAomme, 
la 6* le Ciel, comme Tindique la figure suivante. 

(1) a i: « « -fco... W ^ JE « W A ît « o 
W » -a ig « H * ilîî.-. « /^ o 7^ * * Jt o 

3 I^ i ÎS 4L9 {Y'f^ing. texte Hi-Ue, 2« partie, c. 9, traduct. libre 
de Re^, c. 20, t. ii, p. 557. 

(2) ^^mÉHo^^-^lSi :^. {Y-hoe, livre de Sou- 
han-tsuen; sous les Ming 1333-1438 de J.-C.) 

(3) in Jlfc M A\ H M ô' — iSiang-tiang, ouvrage de 
fsien-hi-4in, sous les Jftn^, 1333-1438. 



74 



TIADITIOlfS CBBAtIBRNKS K|I CHINE. ART. II. 



Pigore G. 
6« 



^ M», externe 



^ iWMJntenie. 



4« 



8* 



2« 



!•' 



± 

19 



5^ terme R^érlenr 



^ terme moyen 



"^ [ ^ terme mineur 



Ji 

m 

T 
fii 



, ^Q voit qiip niieî et vai intérieur et extérieur donoent deux 
^ lois 3 ou 6^ çt cela se qomme feçng-ly H, ^. 

On -yoit que troU termes donnent trois fois deux ou 6 ; 
, cela se nomino $an tien ^ 5^. Lou te ming (4) dispose, autre- 
ment les 3 termes et il yeut que la i'« ^t la 4« lignes tassent le 
^ hia ki^f iSi et ain^i la terre et l'Aotume ne font qu'ua. La 2» 
^ la i« font \elchong ki 4'j.S> ot ainsi la Terre et le Ciel 
^ sont un. Enfin la 3« et la 6« ligne donnent chang ki J; :Bi et 
ainsi TAorniite et le Ctei arrivent en u^^(m mwn eonfluunt). 
Bien que cela soit bon et vrai, cela ne suffit pas. 11 faut re- 
marc)uer ^pe chaque ligne dit {dieat) non -seulement relative- 
méqt aux 3 terjnes, mais encore et ti)utà la fois à nueieikvai, 
ou c'est-à-|dire aux 2 parties de tout le symbole* La 2* et la 4« 
doivent donc être unies ensemble. La 2'' en tant que À ^^*^ 
est A l'Aomme, et en tant qu'elle est dans le IF fi>olle 
est la terrf. La 5* en tant .que vai 9t^ es( gin A komme et 
en tant que dai^s le J: ^ c'est le Ciel., De cette façon on 
voit 1* quar;^ H A.'^ 1^ l^^^ ^^t unie à Tbomme; 
^''que A II 5^ ^ Vhomtne estjointau Ciel; 3* que 3c 
H Jt ^ lo ciel est uni à la terre, et cela par le secours 
^^ du tnoyenou dû médiateur. Le Saint en tant qu'il est au bas on 
le nomme Tien gin Ji A delhomme ; en tant qu'il est en 
haut Gin tien A Ji komme-ciel. Il est au milieu et unit le bas 
au haut {ima êummis). JS 4* fî ^ Jl T* 
Gomme il est impossible que les figures des 6 lignes soient 



(4) I<m«(e-iiitfii^, incenno. 



plas ou moins de 64, ainsi les flgares des 3 lignes sont néces- 
nirement 8, ni plus ni moins ; et on les nommç Pa Koua 
A ^f 8 fymboles radicaux^ dans lesquels les 64 abou- 
tiaent. 

La derqîëre racine de ces 8 figures est contenue dans ces 
deux ^ et E ^ lesquelles ont pour dernière racine — 9t 
yn et — r A yang. Mais comme yn est là pour deux points 
et yang pour trois — , il suit' que le qombre du symbole E z 
est 6 et le nombre du symbole = est 9. Et^puisque les 64 
figures naissent des 8 et les 8 des =: et - =» et qu'enfin 
^E et E E 8e réduisent à — et à — , il suit que toutes les 
lignes — ou entières, sont représentées (exponuntur) par 
^ ^Êtuf, et toutes les lignes — ou brisées, par lou ;^ six. 
VoyesB la figure D. 

FIgare D. 

Le Suprême Commencement (Apeœ). 
— ^yn, —lya^. 

Les quatre ima^^ ^^ 19 jR ^^ Siang. 



m 



Kooeo. 



Les S kona oa symboles /V ^ '* JToimi. 



Ken. 



Kan. 



H 

San. 



Tching. 



Ly: 



ft 

Toui. 



Kien. 



iSI foo molUplie 8 par 8 on aura 64 figures de 6 lignes, dans lesquelles 
il y aura !• 128 Ming-houm JE ^ de S lignes et auUnt de Hou-koua 
]g ^ en somme 266 ; 2» U y aara 3S4 lignes dont ISS sont ^ ou — 

eli att «ont '/s on Or tout cela est éminemment contenu dans le 

point ou commencement {apex) très-simple, qui en abrégé se désigne par 
^ . Le hiéroglyplie > est absolument le même que ^ JeMi, le 
Seignenr (Pomtnuf). 

Après le suprême commencement, >, qui est eu haut e 
qui ne peut être exprimé par aucune parole ou signe, suivent 
le--yn^et — i yang, lesquels sont le fondement et la 
base de tout le T-king. Ainsi celui qui aura bien 'appris la 
force admirable deice doiible>(>fiacipç..U^s-iiimple et Jtrèci-fé- 



76 TRADITION^. GÉ^RÉTIBNNÉS ' itR ' CHINE. ART. II. 

cohdy saisira comme d'une seule intuition tout le T-king^et 
saura clairement le motif pour lequel ceci on cela est indiqué 
par les 8 symboles radicaux. C'est pounfuoi j'indiquerai en 
peu da mots ici ce qu'on entend vulgairement et ce qu'il fout 
entendre par Tn^ Tang: Cela auralieu en exposantbrièvement 
les six rapports ^ex respectuè) qu'ont le Tn et le Tang. 

Le' 1*" rapport est )e plus élevé, il atteint (eUtingit) la Sainte 
Trinité. — ou yn ^ désigne le Verbe, et — ou ^ yâng 
désigne l'Esprit Saint, comme je le dirai. Dans le Nombre, qui, 
selon S. Basile et S. Grégoire, a été inventé^ pour représenter 
la manifestation adorable des personnes ineffables^ dans le 
Nombre, dis-je, c'est-à-dire dans cet accord admirable delà 
divine Trinité, — est 2/ le second, parce qu'il est engendré 
du seul i ou premier, comme fils, et — est 3 le troisième, 
parce qu'il procède du l'* et dû 2% comme feu. 

Le 2'' rapport est encore plus élevée si je puis parler ainsi, 
il fait abstraction des Personnes^ et considère Dieu purement 
comme l'Etre très-parfait ; — et — ne désignent plus des 
Personnes, mais ils expriment, en gardant une certaine ana- 
logie^ cette double force d'engendrer et d'enfanter qui, dans 
les créatures^ à cause de leur limitation (limitationem) , exige 
le double sexe, ou un principe double, l'un passif, l'autre 
actif. Mais en Dieu on le trouve éminemment et sajas aucune 
imperfection, de sorte que Dieu est fiLT)Tpoi^.oeT(&p, ou, comme di- 
sent les Chinois, fou-^tnou iC #9 père-mère ensemble^ yn ^ 
et yang #9 mâle et femelle. D'où les vers sibyllins : 

Jupiter omnipotenà, hominam rex Ipsé Deumqae 
Progenitor, geDitrixqaeDeum, anusetomneb (S). 

C'est de là que les anciens philosophes faisaient les Dieux 



(5) Ces vers ne sont pas sibyllins, comme ledit le P. Prëmare; ils sont de 
Yalerius Soranus, qui fut mis à mort par Pompée, pour avoir révélé le nom 
caché de Rome. C'est Varron qui les a cités, dans son livre de CuUu Peo- 
rum, et c'est S. Augustin qui les à conservés De civitate Dei 1. vu, c. 9, 
Pat. lat, t. 41, p. 202, avec quelques variantes. Sur ce Valerlus Soranus et 
son panthéisme voir Awnalet de phiiotophie, t. xf, p. 124 (5« sévie). . . 



' INTRODCGTION A l'T-KING. 77 

cJvôpoTuvooç hommes-femmes (6) et les peignaient les uns blancs, 
les autres noirs. Les Ghinois ont cette figure bien plus noble. 

Elle représente la souveraine raison ^ Tao q\xi 

^ ^ est blanche et noire ou yn et yàn^, et, qui^ selon le 

^^■V Chfm ver», « a fait et divisé le Ciel et la terre, a 

^^^ » converti et parfait toutes choses ^ ^ ^^ 

ils jft » «r (7)- 

Le S*" rapport considère le Saint, qui est à la fois vrai hom- 
me et vrai Dieu. Yn-ymg relient la même analogie^ mais 
change un peu le sens; — est pour Tépoux et — pour l'é- 
pouse/ c'est-à-dire — désigne le Verbe divin et — la Nature 
humaine, qu*il a prise. ' ^ 

Le 4« rapport se rapporte à FHomme, qui est Timage impar- 
faite du Christ, comme le Christ ' est rimage très-parfaite de 
Dieu. Non-seulement — est là pour Tesprit, et — pour le 
corps; mais, en ne considérant (|uerâme,yn est Tintelligence 
^lyang la volonté. De même, Ywi\g est la propension au bien 
et la pointe de l'esprit que le Chou king appelle ^ >5» taO' 
sin (8). Tn^ au contraire, eslla propension vers les choses sen- 
sibles et la concupiscence naturelle, que le même livre nomme 
A i& gin-sin, laquelle n'est pas mauvaise en elle-même, 
qui est même nécessaire, ponr que la vie du corps soit con- 
servée, mais elltiiloit obéir à l'esprit comme la servante à sa 
maîtresse^ le sujet à son roi et comme yn est soumis à yâng» 
Le 5' rapport regarde ce Monde visible : yn est la nature 
passive et yang, l'active. Celle-ci meut, celle-là suit le mouve- 
ment sans aucune résistance. — est le Ji tien, le Ciel et 
— est kouen, la Terre. De là l'ordre des temps, la succession 
du jour et de la nuit, de là la réparation constante de toutes 
choses ; de même que les choses se dissolvent par la sépara- 
tion de yn et yang, et périssent; ainsi elles renaissent et fleu- 
rissent par l'union de Vyn et de Vyang. 



(6) Voir la forme de rhomme androgyne telle que la donnent les livres 
chinois, et la dissei-tation de M de Paravey qui y est jointe, dans Annales 
dephilotophie t. ii, p. 405, 411 (6« série). 

(7) Choue-ven, caractère premier. 

(8) ChoU'kingt 1. i, c. 3, n. 15. 



78 ' TRADinOllB CHUBTUmië Blf CIIIKK. AIT. II. 

Le 6« rapport regarde POrdre pour la société humaine et 
l'état du gouTemement. Rois, magistrats, pères, maris, etc. 
se rapportent à ya$ïg ; les sii^ets, disciples, fils, épouses, etc. 
se rapportent à yn. Ceux qui se rapportent à yang doivent se 
comporter envers ceux qui régissent, comme le Gel se ^nen 
pol^ env^ la Terré, et ceux qui appartiennent à yn doivent se 
conduire envers ceux auxquels ils sont soumis, comme la Terre 
se conduit envers le Ciel, 

Ainsi, comme je le disais, on peut, par ces symboles, rendre 
facilement raison de tout, ce que les Cliinoîs ont coutume, 
selon les divers textes du F king, de rapporter aux 8 symboles 
radicaux. Je vais mettre sous les yeux les principaux symboles, 
dans un tableau en chinois et en latin (trad. française), mais 
auparavant disons quelque -chose sommairement de ces 8 

radicaux. 

11 est évident par les yeux eux-mêmes que = est pure- 
ment yang et = = purement yn. Si ces 2 symboles échangent 
la 4 ««ligne, on aura E^ et =E; s'ils échangent celle du' 
milieu, on aura ^ et =^5» enûn s'ils échangent la SMigne,' 
on aura E= et ==• Les 3 symboles dans lesquels il y a une 
ligne — avec deux — appartiennent àycmg, et pareillement 
les 3 autres dans lesquels on voit une ligne — et deux ^ 
sont à yn. La raison en est évidente, c'est que dans ~, r-z: 

et Er> y<^g passe à yn. Mais dans EE»EH et z=y y» 
passe kflang. Cela est pauvre et maigre, direz-xous ; mais lés 

sens qu'on en tire sont admirables ; ce n'est pas ici le lieu 

pour les rapporter. 

Les 8 symboles radicaux peuvent être disposés de dilTérentes 

manières. Les 4 figures E, F, 6, H^ que je place ici sous les 

yeux, représentent les principales manières. 



nmoDUGnoM ▲ l't-kiiig. 79 



Fiff. K Le Sienriieh % ^, le CSel sapérienr. 

Midi. 



^n <^ V , te? 



4^ 



"^ .« ^^ 

Nord. '^ 

Dans la figure E, les symboles sont coordonnés aux 8 plages 
du monde. 

= est au midi, EE «^" nord, E!E * Torienl, '5^ à Toc- 
cideni^ et ces 4 figures sont appelées JE tching^ droites. Leé 
autres 4 étant aux angles participent de chacun de leur côté. 
Nous disons :nord-e$t, sud-est, etc. Ces Chinois disent est- 
nord, est-sud, etc. Donc E-E a son siège au % ft Tong p«, 
EE au )|t ï6 ^ong nan^ EE au H ft Sy p«, 33 au 
W îK % nan. Les Chinois attriDiiènt cette disposition kFouhy 
et ils lui donnent le nom de ^% Siên-tien, le Cœlum prius, le 
Ciel supérieur. La forme ronde des 64 symboles garde le 
même ordre. « - 

Fig.F. Le Seau-tien^ 35r^«l inf^eur. 



^/ LUD ^^"«" V^ 



|l| Tohing Tony ]\y 



\> Kan <^ 



Onv^tommentUras les SymbolM ontperdnltorplaM inCULnipiriewr. 
M primitit et ontélé bontof ente dana le ad in/Vrirar ou p i u tk lmt . 



80 TRADITIONS GHRETIENNBS EN CHINE. ART. II. 

Dans la figure F, c'est le mômQ ordre des parties du monde, 

mais Tordre des symboles est changé. 4 symboles sont droits : 

^^ ly, 5^ ^ûw, ^ tehing^ ^ (ouy. Des 4 autres, ^^ 

kouen et ^ kien sont penchés vers l'occident; ^ sun 

et E^ '^^ ^^^ l'orient. Les Chinois atlribuent cette disposition 

au Roi ^ Fen et lui donnent le nom de AeouTïdii H 5^ Ciel 
inférieur lpo$terius). 

Fig. G. 
Mater Pater 



JuDÎor média i^ genita 1" genitas médias Junior 

Le chapitre CAoti^ kotM de I'F-Atnj|r (9), selon la série de 
cette figure, explique d'une façon vraiment Admirable les voies 
du Seigneur. Le Seigneur sort de l'Orient, où est ^ tching^ 

le Premier-né, et finit ou s'arrête dans J[ .4fc ouest E^ ken, 
la montagne. Je passe sous silence, malgré moi, tout cela; 
parce qu*il faudrait une longue explication. 

Fig. H. 

Kien • alhety éther. 

Touy ~— aqua pura, eau pure. 

Ly ignùpurtu, feu pur. 

Tching — — . tonitru, tonnerre. 

Sun 2rz: venttu, vent. 

Kan ^-^ aqua, eau. 

Keo — — montf mont. 

Kouen ^ ^ ferra, terre. 

La figure H se trouve dans l'ouvrage Sing lyhoei tong (10). Il 
faut remarquer que, selon cette disposition, plus on monte en 



(9) T-king, ch. 12 ; trad. Régis, t. ii, p. 564, 670. 

^10) Le Sing-ii-ta-Uiouan. Cette fameuse rapsodie, dit le P. Prëmare, a 
ét^ réimprimée de nouveau sons la dynastie régnante (1725). On a changé 
•on titre en celui de Sing-H-hoei-Umg. On y a mis quelques notes margi- 
nales fort bonnes, et on Ta augmentée de 8 volumes qui contiennent le sen- 
timent des Lettrés de la dynastie des Ming (136S-157d de J.-G.) C'est dans 
cette édiUon que j'ai sous les yeux qu'on trouvera les paroles citées. Elles 
sont au Idouen c'est-à dire au ch. xxvi (le P. Prémare). 

Voir nn long extrait dans Annales de Philosophie t. m, p. 134 (5* série). 






INTRODUCTION A L'y-KING^ 81 

haut depuis =^ quîestenbasjusqu'à = qui estausoai- 
raet, plus il y a subtilité, t)lus pureté, plus lumière. C'est 
pourquoi elle semble être la même que la figure J qu'on 
trouve chez Athan, Kircher et autres. Je laisse à de savants 
lecteurs le soin d'examiner combien nombreux et augustes 
sont les mystères cachés sous Técorcede ce symbole. 

¥\g. -i 




- Le triangle lucide descend et plas il descend plus il y a de naît. Le trian- 
gle obscnr monte et plus ii monte plus il est lucide. 

De ces 8 symboles radicaux, 4 changent de nom en chan- 
geant d'ordre ; ce sont £=, 3^^ ==, ^. Si vous inler- 
yertissez zm tching, on aura =^ ken et vicissim. Si l'on 
intervertit ^i^i: nin, on aura =^ Cornet vicissim. Des 4 autres 
P= =:= :n: zjz on ne peut dire la même chose; en les 
intervertissant ils restent toujours les mêmes. Or ce qui arrive 
aux 8 symboles de 3 lignes, cela arrive aussi dans les 64 sym- 
boles de 6 lignes. Que Ton renverse = on aura toujours le 

même signe. Si Ton renverse EE 5 py on aura EE -j^ 

/01. Comme --doit être uni K—, Tune sans râûTre ne 
produit rien ; ainsi les symboles grands ou petits sont unis 
deux à deux. De_là on^ 32 paires dont 8 requièrent deux figu- 
res, comme = et E E, il en reste 28 qui diflêrent formel- 

lement,car ^ ik tai formellement n'est pas EE py ; 

mais réellement et matériellement ils ne dififèrênt pans ; 
cardans chacun on trouve = et EE et toute la diflférence 
vient dusiie différent du Ciel = et de la Terre E E- Donc 28 
symboles sont réduits à 14, auxquels, si l'on en ajoute 8, «qui 
renversés ne changent pas de figure, on n'aura que «2 figures 
vraiment différentes. 

PtÉMABB. 6 



8Î 



TRADITieiVS CmiTANKBS EM CHlffB. ART. II. 



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Pa Koua lia cho. 





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A 







Exposé abrégé des 8 Symboles. 
At«c la tradactioQ des signes de la page précédente. 



83 




SA TEADITlOIfS GHBinSlINBS EN GHIMI. ABT. II. 

Ajoutez les notes suivantes, qui n'ont pas pu entrer dans 
ce tableau. 

^^ ]i& se met aussi poor Roi et poar Epoox ; on ie nomme 5^ <« 

grand, PD ATany, rigide, ^ yuef^rondt ^ ^ la kauo 

grand frait. 
^ = M se met pour Ministre da roi et ponr Epouse. On le nomme >J> 

«00, petit m , jemi, mon, -^ fang, cair^, -J; j| 

ta yu, grand char. 
— ~ jH se met poor bois ou planète de Jupiter. On ie nomme '^ 

fit ta-tau^ grande route et ^ ^ fan-^eng, résurrection. Il 

aime à s'appeler ^ {j^ ehan-ming, II répand et propage 

]| /bu. CestlOrient ^ et le Printemps ^. 

=^ ^ désigne le iMis.^a qualité est jj^ charité. 

^-^ ^ désigne la Lune ^ y le sang ]g[^ les travaux ^. 

^ m désigne le Soleil Q , ce qui brille, fintelligence ^, la foudre, 

^^ ^ est aussi appelé |^ ^ ciie Ieouo, fruit qui ne se ooiroropt 

pas; dans ken ^, principe et Hn. 

H-H équivaut à métal ^ fctn, et au milieu de l'automne. C'est encore 
la planète Vénus. 

De tout ceci, concluez que E-E twirtwmet r= /înîs ne sont 
qu'un. = et EE: «ont aussi un. ^ A ff^ entre pour 
EE tft y^^> réjouit et réjouit par entrer. Il commence E-E 
pour finir ^^ et finit Ez PO"r commencer -- . 

Quant aux 4 autres^ voici ce que Ton peut en dire = et 
= =9 ou la nature forte et infirme changent leur cœur entre-, 
eux et Ton aura E^ le travail et les ténèbres avec ^^ lu- 
mière et gloire. Dans E^ nature forte, — vient à la faible, 
— ; afin que Dieu devienne homme et puisse souffrir dans 
son humanilé. Dans EZ nature faible, — adhère, s'attache 
à la forte — , afin que l'homme devienne Dieu et puisse satis- 
faire en Dieu. On peut aussi réunir E_E avec E^, afin que 
-dans le principe, soit Tamour (charité) et Ez avec E£j 
afin que la joie soit à là fin. De même E^ avec EE, afin 
qu'il y ait eau dans le feu, et le feu dans l'eau. Enfin ^ 



iimiODucnoN a lVkihg. 8S 

avec E E ^Qn 4"^ rhomme soit en Dieu et Dieu dans l'hom- 
me. Toutesces choses etune foule d'autres encore découlentdu 
tableau ci dessus, et ne donnent qu'un toutpelit spécimen de 
la très-vaste et très- profonde doctrine qui est semée dans le 
T'king. 

Je pourrais aisément faire encore d'autres appendices et 
annotations. Si lout ce que j'ai dit jusqu'ici n'amène pas le 
lecteur à reconnaître la probabilité des opinions que j'ai émi- 
ses^ tout ce que j'ajouterais n'aurait pas un meilleur résultat. 
Aussi je m'arrête ici. Je pensais, en débutant^ n'avoir d'autre 
tâche que celle de décrire un ancien manuscrit ; mais je vois 
à présent que, à peu de choses près, il a fallu tout faire à neuf, 

Yale, lector, et si qiild novisti rectlas istis, 
Candidiis imperti ; si non, his utere mecam (11). 

A Canton, le 18 mai y ann. 1725. 

Pbëmare. 

Observation. 

En lisant cette Dissertation et en examinant ces deux ta- 
bleaux, on ne peut d'abord qu'admirer celte grande habileté 
des inventeurs de la langue chinoise qui, au moyen des deux 
signes — et — , et des différentes classes^ ont pu exprimer 
toutes les choses humaines, et élever l'édifice curieux d'une 
science universelle. Ce Tn et Yang, c'est laMatière et la Forme, 
l'Humide et le Chaud d*Aristote et d'Uippocrate, auxquels ces 
' auteurs ont appliqué toutes les cho^s, et en ont donné une 
explication, il faut le dire, souvent imparfaite et obscure. 

Il faut remarquer ensuite combien il a été facile de se 
tromper, en appli(|uant à une classe ce qui était dit d'une 
autre. . 

Toujours est-il qu'il y a là un grand effort de l'esprit hu- 
main pour exprimer la pensée, et que l'on ne peut qu'admirer 
la grande jkortée d'esprit et la science des premiers hommes. 
On voit que le grand Aristote n'a fait que les imiter^ si toute- 
fois il ne les a pas copiés. 

A. B. 



(11) Horaee, i Ejn$t, ?i» 67. 



te TRADITIONS CBRiTIKIlfKa W CHIKK. — ART. II. 



!•' p^int. ^ Pe l'avalyse des c»riicièreft. 

«Toute la science des caractères, dit Lieou-ell-ichi^ embrasse 
1» deux points; !<" H y ou l'analyse ; 2* SRI hiun ou l'expli- 
» cation déduite de l'analyse (i). » 

L'intelligence^de ces deux points dépend de la connaissance 
des 6 classes auxquelles se rapportent la vraie analyse et le 
sens propre de toqs les caractères. De ces 6 classes, les 2 pre- 
mières renferment les caractères simples ou quasi simples, les 
deux du milieu comprennent les caractères composés, ei les 
deux dernières servent à exprimer différents sens (2). 

Tchin-tsiao dit : « Toutes les fois qu'une lettre représente 
» un objet qui a un corps et une figure, cette lettre est de 
» là 2* classe. Si, au contraire, on indique un objet qui ne 
» peut pas être peint parce qu'il n'a ni corps ni figure, ces 
n sortes de lettres constituent la 1'« classe. C'est pour cela que 
> cette classe est appelée ^ 9* Tehirssée, expression qui veut 
B dire : indiquer la chose, l'objet (2). » 

On appelle la 2<* classe H ^ Siang-hing, et la 3* ^ S 
Hing-ching; cette dernière classe est peu estimée des savants 
analystes, bien qu'elle serve à expliquer un très-grand 
nombre de caractères. 

Prenons, par exemple, le caractère |i Ly: sa première par- 
tie, jSl y^f ^^ '^i^ ^^^ 4^'^^ €dig\{ d'un poisson; la seconde 
partie, £ /y, me montre que ce poisson est appelé ly ; mais il 
est nécessaire que je sache d'ailleurs que le Ly-t/u est la carpe. 

lit 4« classe est la plus belle ; elle est appelée ^ jft ^^y^ 



(1) X * :?: Jt :?; a « H M M «. lUeau^ell^hi). 
(1) Voir pour reipllcation de ces 6 classes le tome ii, de la Gram. ehin, 
de M. l'abbé Pemy, et cl -dessus les tableaux p. 82. 

IfF P ^ y (Tehinrttiao)' 



DB l'aHALYSI dm CMÀUÈMtBk 87 

parce qu'die veut que les parties d^nne lettre concourent en- 
semlile à Taire connaître le sens propre de la lettre entière* 
Aina iS «m, fin, se compose de "if yen paroles et de A ffi^y 
l'homine. 811 s*agit d'un pur homme, ce sera la foi hunuxine; 
s'il s'agit de Iflomme-Dieu, ce caractère signifiera la foi 
divine* 

Ces 4 elofies ne doivent ni ne peuvent être confondues ; car^ 
quoique la même lettre puisse quelquefois se rapporter à 
plusieurs classes, chaque classe cependant se distingue essen- 
tiellement des autres; c'est là une chose à laquelle plusieurs 
chinois, même savants, n'ont pas suffisamment fait attention, 
et ont ainsi tout embrouillé, et induit souvent les Européens 
en erreur. Hiu-ichin (3), dans son Choui-ven, est le seul qui 
nous ait conservé des analyses claires et vraies. Il désigne 
chaque classe par certaines formules; et, lorsqu'une lettre ne 
se rapporte à aucune de ces formules, c'est une preuve qu'elle 
appartient à la l'* classe. Et cela n*a lieu que pour 7 lettres ; 
la 1'* est > tehM. Cest le point et il désigne absolument la même 
chose que ^ tehotiy le Seigneur. La 2« — y, qui désigne /'I/mld; 
la 3* est :! Elly la Dmliii; la 4« est BJSany la Trinili; la 5« est 
^ ou ^ et communément Ji Change le desiur, la 6« ~ 
ou T P^ vulgairement T IRa, le dessous; la 7* est 1 Kouênj 
l9i eammumcaîion du supérieur et de Finfirieur; J: Chang f 
Hia ^ Tongj « communiquant ensemble, » t:omme parle le 
Ckaué^ven. 



:• priait. — De« me^wskmtèwmm — , ^) jr; y, eul, san^ 

«Ht dé«x, tmmAm. 



Le très docte Lieou-ell-tchi parle très-bien de ces trois hié- 
roglyphes lorsqu'il dit (4) : 



(}) Hiu-4ehim, auteur da diction. Ckoue-vw^ vivait i'an 121 de ootre ère. 



88 TRADITIONS CHBtTIBNlIBS BN CBIRB. — ART. II. 

« Les lettres —, Zi^ H appartiennent à la 1" classe; donc 
» elles ne sont pas des C/httés^ composées par l'addition d'autres 
» unités. Car la raison de l'Unique, ou plutôt la Suprême 
» Raison^ qui est une, comprend toutes choses en elle ; c^est 
» pourquoi deux sont un et trois sont encore tin. Si vous pré« 
» tendez que car, lettres sont formées de l'addition de plu- 
» sieurs unités^ dès lors la Suprême Kaison,qui estU^ès-simple, 
B aurait une figure, et les deux lettres ^, H? ne seraient 

• plus de la l'® classé; mais de la 4*. Hiu-tchin connaissait 

• bien l'Eternelle Raison^ et le vrai sens de l'antiquité est 
» conservé dans son ouvrage ; pour moi, par ce seul passage, 
h j'ai connu avec certitude que l'Etre Suprême est à la fois un 
» et trine. » 

Le Diclionnaire Pin-tsée-tsien dit dans le même sens: « Si 
» rUnité roule dans un cercle, qui représente le nombre 
» céleste, on retrouvera le nombre 3 sur la circonférence du 
» cercle. Donc, de toute éternité, l'Unité renferme la Trinité. 
> On sait communément que 3 sont 3, mais communément 
» on ignore que 3 sont 1 (5). » 

Ajoutez à cela que dans ces trois hiéroglyphes — , nz, ^ 
les processions divines sautent aux yeux pour ainsi-dire. Eir 
effet qui ne voit que ZZ est engendré par — , qui lui trans- 
met toute sa substance. On a coutume d'écrire la lettre m de 
cette manière, Z^y mais c'est très à tort; car ce dernier 
caractère n'est autre chose que l'ancien caractère Jb Chcmgy 
dans la lettre ZH les deux lignes doivent être parfaitement 
éffales ; c'est de la mêm& manière que ^= procède de — et 
de ZZ qui lui communiquent également toute leur nature, 



© ^ H iL WkM' Lieou-eU'Uhi ; voir art. :, notes 63 et 87. 

y) ^IH -WHiO^Ho^-rtiH^Hoto 

jiilJi^olffi^^ .n*!^— . Dicl. Pin-tse-Uien, composé 
en 1676. 



M L'ANALYSB DK GARACfÉRIS. 89 

et ainsi on a trois personnes subsistant dans une nriême et 
très-simple snlistancè. 

De là ces étonnantes paroles de Lao-tseu : 

c Les Processions divines commencent par la l** personne ; 
» la 1'^ personne, se considérant elle-même^ engendre la 

> 2« ; la l'* et la 2*, s'aimant muluellement, produisent la 3*. 
» Ces 3 personnes ont tout tiré du néant (6). » 

Que ce soit là le vrai sens du passage de Lao-lseu, les ob- 
seryations suivantes le prouveront. 

(I est certain que la lettre ^ Senff qui se lit dans chaque 
phrase ne peut pas s'expliquer toujours de la même manière, 
comme on le verra d*après cçque je vais dire. Il est certain 
également que ces paroles qu'on lit dans les gloses : un et tin 
sont deux, deux et un sont ^rois (7), ne signifient pas que les 
n et H naissent d'uniiis prises ensemble. Ceci, en effet, est 
démontré faux par ce que nous venons de dire. 

La i^ phrase îS ^— Tao-seng-y ne signifie pas que la 
Raison a engendré l'unUé, car l'Unité, comme tous le reconnais- 
sent, n^existe pas en vertu d'un principe extrinsèque, mais 
elle existe par elle-même. Tchouang-lseedii : « Au commence- 

> ment était l'Unité sans figure, et c'est de là que TUnité tire 
» son origine (8). » La glose ajoute ces paroles remarquables ; 
« L'origine de VUniU, c'est VVnilé suprême elle-même, car 
» l'Unité n'est pas sortie du néant (9). » Liu-chi sur ces mêmes 



(6) ÎS ^ - o -. ^ ^o :l ^ H o H ^ ïï 

49* Tao-te-king, 1. u, o. 42. Sarloo-to^tf, voir art. i, notes 74, 76. Voici 
la tradactioo mot à mot de ce paflsage par M. Julien, t Le Tao (7) a produit 
»un ; un a produit deux ; deux a prodoit trois; trois a produit tous les êtres 
> {ibid), » 

(7)— H— ft^o:l||— JS H {Giose]. 

(8) — :5: Sf JË O ;§• — m ^ ^. Sur nhouana-fse, voir art. i, 
notes 65, 67. 

4L (Gtou). 



80 TRADITIONS GHRÉTIBlflfES EN GHINB. ART. fl. 

Dans la figure F, c'est le mômQ ordre des parties du monde^ 

mais Tor^e^des symboles est changé. 4 symboles sont droits : 

•zjz iVi m *«w, £^ tching^ =£ (ouy. Des 4 autres^ =5 

kouen et ^^ kien «ont penchés vers l'occident; ^^ stm 

et z= ^^ ^6>^ l'orient. Les Chinois attribuent cette disposition 

au Roi ^ F(?fi et lui donnent le nom de ÂeouTïen H^ Ciel 
inférieur (pof^enw). 

Fig. 6. 
Mater Pater 



Juoior média 1« genita l*»genita8 médias Junior 

Le chapitre Choue koua de VY-king (9), selon la série de 
cette figure, explique d'une façon vraiment admirable les voies 
du Seigneur. Le Seigneur sort de l'Orient, où est 5_^ tching, 

le Premier-né, et finit ou s'arrête dans ]K .4t ouest EE ^^^^ 
la montagne. Je passe sous silence, malgré moi, tout cela; 
parce qu^il faudrait une longue explication. 

Fig. H. 

Kien alher, étlier. 

Touy — ~ aqua pura, eaa pure. 

Ly ignispurus, feu pur. 

Teliing ~— , tonitrUf tonnerre. 

Sun 3^ venttUf vent. 

Kan ^^ aqua, eau. 

^®"* ~i: moiw, mont. 

Kouen ^^ rerra, terre. 

La figure H se trouve dans l'ouvrage Sing lyhoei long (10). Il 
faut remarquer que, selon celte disposition, plus on monte en 



(9) Y'king, ch. 12 ; trad. Régis, t. ii, p. 564, 670. 

flO) Le Sing-U-ta-tsiouan. Cette fameuse rapsodie, dit le P. Prémare, a 
ét^ réimprimée de nouveau sous la dynastie régnante (1725). On a changé 
•on Utre en celui de Sing-li-hoei-tong. On y a mis quelques notes margi- 
nales fort bonnes, et on l'a augmentée de 8 volumes qui contiennent le sen- 
Ument des Lettrés de la dynastie des Jftnflf (1368-1573 de J.-C.) C'est dans 
cette édlUon que j'ai sous les yeux qu'on trouvera les paroles citées. Elles 
sont au kiouen c'est-à dire au ch. xxvi (le P. Prémare). 

Voir un long extrait dans Annales de Philosophie t. m, p. 184 (&• gérie). 



• • I .' ' 



INTRODUCTION A L't-UNC, 81 

haut depuis == qui est en bas, jusqu'à = qui estausoni- 
met, plus il y a sublilité, |>lus pureté, plus lumière. C'est 
pourquoi elle semble être la même que la figure J qu'on 
trouve chez Athan, Kircher et autres. Je laisse à de savants 
lecteurs le soin d'examiner combien nombreux et augustes 
sont les mystères cachés sous l'écorcede ce symbole. 



Flg. -i 




gie oliacar monte et plas « monte pin, « «gt lucide. 

»»i!fi?^ V^"*^'^^ radicaux, 4 changent de nom en chan- 
geant d ordre ; ce «ont r=, — =*; ^ sinm, inter- 
Tenissez ^^^/cAingr, on aura =3 ken el vicissim. Si l'on 
mwr^rtitj— -j^^onaur^ =£ tout et vicissim. Des 4autre8 

— =r: =::= 00 ne peut dire la même chose ; en les 

intervertissant ils restent toujours les mêmes. Or ce quiarrive 
aux 8 symboles de 3 lignes, cela arriveaussi dans les 64 sym- 
boles de 6 lignes. Que l'on renverse = on aura toujours le 

même signe. Si l'on renverse §E S py on aura Ê3 * 

tel. Comme -- doit être uni K—, l'une sans l'a"^re ne 
produit rien ; ainsi les symboles grands ou petits sont unis 
deux a deux. De_là on^ 32 paires dont 8 requièrent deux figu- 
res, comme = et | E, il en reste î8 qui diffèrent formel- 

lement,car ^ ± tai formellement n'est pas |E py . 

mais réellement et matériellement ils ne diffèrent pans • 
cardans chacun on trouve = et E= et toute la différence 
vient dusiie différent du Ciel = et de la Terre = =. Donc 28 
symboles sont réduite à 14, auxquels, si l'on en ajoute 8, .qui 
renverses ne changent pas de figure, on n'aura que «« figures 
vraiment différentes. 

PIÉMABB. g 



92 TRADITIONS GHliTIBETOCg EN CHINE. -- ABT. II. 

ils ne diffèrent pas entre eux quant à }a substance, ainsi que 
nous FaYons dit, les trois sont une même chose. Ils ne peuvent 
^onc différer entré eux que quant au siège, û, au rang* 

Le livre Tong-chu-pien, faisant allusion à ce passage de 
Lao-tsée, dit : « La racine et l'origine de toutes les proces- 
» sions, c'est le « Un, » ou plutôt le a Premier. » Or, le a Un ^ 
» est par lui-même ce qu'il est et il ne reçoit son être d'aucun 
» autre. Le « l/n » engendre nécessairement le Second. Le 
» Premier et le Second, s'aimant d'un amour mutuel, pro- 
9 duisent le Troisième. Enfin» les Trois créent toutes choses. 
» Cette union, ce lien mutuel est un instrument admirable 
» et mystérieux qui fait que ces choses sont produites (15). » 

Lopi dit à peu près la même chose, et il applique à TaLki 
ce que Laotsée dit de Tao, et il conclut ainsi : a L'Unité est 
i donc trine et la Trinité une (16). » 

Il y a encore dans Lao-tsée un passage très-reiiîarquable 
qui se trouve au 14« chapitre, intitulé ^ £ tsan-huenj 
Eloge de la Sagesse cachée. Mais comme ce chapitre est assez 
difficile, et que See-ma^uang m'a paru s'attacher assez fidè- 
lement au texte, c'est lui que je suivrai de préférence aux 
autres* 

Voici le texte : 

c Celui qui frappe quasi les yeux, et cependant n'est pas 
» vu, est ^ Y. Celui qui en quelque sorte frappe les 
» oreilles, et cependant n*est pas entendu, est ^ ^(17). 



«w 



(15) ^^^i:*-o-±^ i^4to|f 

4b* Ton'ehu'pien, 

(16) * m ^B «o-||-:g:::or:ii- 

A jr.0 — Ip ^O^lp — 4b- Sur lo-pt, voir art. i, 
note 14. 

(17) mi, :f^o z UMomzii fào^m 

^f Tao-te^ng, eh. U; voir art. i, oote9K (Texte cooUnaé note 20). 
Ce texte de Lao-Ueu a été Toccaslon de sérieases discnsslona parmi les si- 



DE L'ANAITSK dis GARACTiRBS. 93 

Le livre Tckong-yong, que Ton dit sorti de l'école de Confu- 
cios. renferme les mêmes choses dans les mêmes termes, 
en parlant du Seigneur des Esprits (18). 



noiogues moderaes. M. Abel Rémusat dans un onrrage qui a pour titre : 
Mémoire sur la ffie et les opinions de Lao^Tseu, philosophe ehtnoû du 
e'siédê avaiU noire ère, qui a professé les opinions communément attribuées 
à Fythagore, à Platon et à leurs disciples (In-4* de 54 p., 1823], donne les 
textes qui attestent que Lao-Tseu voyagea en Occident, peat-étre même Ju»<> 
qu'en Syrie (p. 14), et que c'est là probablement qu'il a puisé une partie de 
sa doctrine. Il en trouve une preuve dans le texte même que cite id le P. 

Préoiare, en sorte que les caractères ^ y, ^ hi, |J|^ott«t, ne seraient autres 
que le nom hébraïque mrp le-ou-é^ le Jehovah de la Bible, et n'auraient au- 
eane sIgniQcatlon en chinois. 

M. Julien, an contraire, prétend en avoir trouvé hi slgniQcation. Nous 
citons ici les trois traductions. 

Traduction du P. Prémare : 

« Qui quasi ferit oculos, nec tamen cemitur est Y ; qui quasi puisât aures 
9 née tamen auditur est Hi ; qui quasi palpatur neo tamen tenetur est Ouet 
{Prémare^ p. 45)» 

Traduction de M. Rémnsat : 

■ Respicis iUumetnon vides, dicitur Y; auscultas eum, et non auéis, no- 
» mine dicitnr Hi; manu quarts eum, et non assequerls, nomine dicitur Wei 
9 {Mém. p. 40). tt 

Traduction de M. Julien : 

« Vous le regardez (le Too] et vous ne le voyes pas : on le dit incolore, •— 
9 Vous récoutez et vous ne l'entendei pas : on le dit aphone, — Vous voulez 
» le toucher et vous ne Tattelgnez pas : on le dit incorporel (traduction de 
9 Tao-te king, p. 46). » 

On voit que la traduction du P. Prémare se rapproche plus de éelle de 
M. Rémueat que de celle de M. Julien. Gomme H. Rémnsat, il suppose ces 
caractères non traduisibles en chinois, mais il n'en tire pas le nom dé Jehovah^ 
M. Rémnsat corrobore sa traduction par la citation de tous les peuples 
anciens qui ont donné à leur Dieu un nom approchant de le-ou-é hébreu* 
Néos citons ces recherches à la fin de cet article, 

M. de Paravey a donné dans les Annales de Philosophie (t. vni, p. 61, 
4* série) une très-curieuse dissertation sur ce texte de Lao-Tseu où ces trois 
caractères sont complètement analysés et comparés aux traditions assyriennes. 
Il corrobore ainsi le sentiment de If. Rému?at. 11 le confirme encore dans sa 
IHssertatiort sur une inscription d'une coupe antique chinoise t. fli. p. 192 
4« série). — Voir en outre VEssai sur l'époque de l'entrée des Juifs &n Chine, 
t. iiv, p. 222 (2« série). 

(18) %i:iî«I,oK2:li«H. Tchong-yong, eb. 



94 TRADiTiom GSÊâmmnÊÈ m éfliiiE. -- art. u. 

Dans le Li-ki on recommande grandement « de détacher 
» Tesprit des choses sensibles et de s'élever aax spirituelles 
» qui n'ont ni figure, ni son (10).» 

Mais revenons à Lao-têee : 

c Celui qui est en quelque sorte palpé, mais qui ne peut 
» cependant être tenu c'est ^, Ouei. Au sujet de ces trois- 
» ci, c'est en vain que vous interrogez vos sens, ils ne peuvent 
» rien vous répondre. Cherchez-le avec la seule intelligence et 
» vous comprendrez que ces trois pointssont joints ensemble 
^'etne font qu'un (20). > 

Ssee-ma explique de la sorte ce passage : 

« La bouche ne peut prononcer ce mystère, les lèvres ne 
» peuvent Texprimer; il faut chercher à le compueiidre par 
1» la seule intelligence; et 55e6'ma ajoute: (ft est la même 
» chose que ^, être joint ememàk (21). » 

11 se trompe cependant lorsqu'il opine que ce sont trois 
noms d'un même être; Lao-tiee n'a point dit cela. lie texte 
poursuit : 

« Au-dessus il n'y a point de lumière, au-dessous il n'y a 
» point de ténèbres^ il subsiste éternellement et il n'y a point 
» de nom dont on puisse l'appeler. Il n'a rien de commun 
1» avec les choses d'ici-bas^ grossières et corporelles que nous 
» saisissons par les sens. C'est une figure sans figure, et une 
» image sans forme. Ses ténèbres sont comme sa lumière : si 
» vous le considérez, vous ne voyez point son commencement; 
» si vous le suivez, vous ne voyez point sa fin. De ce qu'il était 
» conclure quMlest et savoir qu'il est à la fois et ancien et 



XVI, n. 2, tradait par Im PP. latorcetta. Couplet et Noël en laUn, paf 
l'abbé Plaqaet, parles Mém. dhinoit t. i, et par M. Pauthler dans les Livres 
sacrés de VOrierU, M. de Rémasat en a doooé en 1817 une édition en chi- 
nois avec trad. iartare, latine, française. 

(19) fRMUk^oMiiiifgiU^u Li-iu. 

(20) m ±.:r-».oZBmoib B ^^'^ miso 

ft % M >S — • Tao-te-klng, tlnd, 

(21) U :^ m :g;o« 7 |i« os ^ ^ sim. 

SsC'Tna'^Douang, 



» Douteao^ c*€sl aToir da moins une légère eoaatiBsanoe 

» de la sagesse <22). 
Fanni tous ceai qui ont essayé d'eipttquer le litre de 

Imihimi, Ltymff entré autres, disserta ainsi sur ceUa VmUi 

irime: 
Y Les trois y, ki, omcI, n'ont ni son, ni ooulenr, ni figure, 
toi aucun nom. C'est en tain que tous interroges, à leur 
sujet, rétre et le noo-étre, en vain tous consultai la parfait 
et l'imparllsît : ils sont unis dans on chaos apirituel et ils 
s'appellent d'un nom emprunté : Umti. L'Onité n'est cepen* 
dant pas Unité par elle-même, mais ell^ est Unité parce 
qu'elle est IVmiié. De mêase la Trinité n'est pas Trinité par 
elle-même, mais elle est Trinité parce qu'elle est Vniii. Ceiie 
Tri$nU est donc une Unité trine. £Ue est Unité parce qu'elle 
est Trinité, donc cette Unité est une Trinité un$. Si TUnité 
est une Trinité une, elle n^'est donc pas une Unité ans. Si la 
Trinité est une Trinité une, elle n'est donc pas une TVthil^ 
irine ; donc ils ne sont pas pas trois êtres ; ce n'est pas une 
Uniêi une, donc il n'y a pas une seule personne. Dire : il n'y 
a pas une seule personne, ce ne sont pas trois êtres» c'est 
être uni à la raison qui surpasse toutes les paroles. Dire qu'il 
y a i la fois Trinité et Unité, c'est satoir ce qu'il y a de plus 
élevé dans la loi de Sagesse (23). » 



(22) «±;fû»*T:f»oan ^oJÇrT 

^otnm ±m&& mm^i. ^ofidi^ t.» 

!&• Tao-tê-king, ibid. 

(23) B ^M ^ m JiLo gk,^ m e.oit m 

Jl^o^^jç — o — ;i;é — oÉHtt — 

S ^ — ^o — ;fjjft — o^# — Ho^;f 



•6 TIUDITIOHS GHRimmifBS BN CHUIB. — ART. II. 

Les mots chinois n'ayant 'point d'inOexion ni de cas et le 
texte ne portant en cet endroit que, — et H» personne ne 
peut m'accoser d'avoir (ait une traduction fautive ; mais je ne 
crains même pas d'affirmer que^ quiconque voudra traduire 
autrement ce passage se fatiguera beaucoup sans pouvoir en 
tirer un sens tant soit peu acceptable. Quant à Li-yong^ avait- 
il une intelligence bien distincte de ses propres paroles î Je 
n'oserais l'assurer. 

Un doute semblable serait plus fondé encore au sujet de 
Tsie^hoa-4êé€y auteur très-ancien ; car voici comment il s'ex- 
prime: 

c Par — y, tm, est signifié €elui qui est souverainement 
» un ; par II euly deux. Celui qui est son co-participant; par 
» H Mn, trois. Celui qui convertit. Le souverainement Un 
» est comme la racine, le Co-participant comme le tronc, et 
» Celui qui convertit est l'Esprit. De là cet axiome : t Tout a 
» élé fail par le Un^ érigé par le Deux, et perfectionné par 
» le Troisième (24). » 

Que dans ce passage les trois Personnes divines soient in- 
diquées obscurément, c'est là pour moi une chose hors de 
doute. ' 

l^ Tsie-hoa-tsee emploie le terme J^ Tchcmatij pour indi- 
quer qu'il ne prend pas le caractère --* pour F Unité triney 
mais pour le Z7n, J|[ Tchmariy c'est-à-dire -r ^i le Père, 
qui est le premier principe, sans aucun principe; et il le 
montre plus clairement encore par l'emploi de la lettre ^ 
qui est expliquée de cette manière par Chaue-ven : )Pf 7|C ;^ 



« -ojj - «I Boii)figW;J:ao^Hik 

^"'O M j$ 3Ë i& ^ %* U-yong, eommentàitar du TaO'te-king &n 
10* on 11* siècle après J.-C. «J'ai troavé chez luf^ dit le P. Fouquel, ée 
» merveilleux ti«iU de rancienne doctrine surtoat par rapport à la Tri- 
9 Dite. » 

(34)— iiffl^folliiJBIRoHiffllb 
o««:tS4boJM« #.4fL o ^ « It «. o 



DB L^AIIALTSS DIS CABACltelS. 97 

» % 4l, 2tf eommencemeTd des plantes^ et ^ Uay signifie ordi- 
> nairement la puissance;^ c'est pourquoi 11 ajoutent que toutes 
» choses tirent leur origine de Un, fi! ]|^ — . » 

2* Ce qu'il dit de la seconde Personne est encore plus expres- 
sif : Il l'appelle m Ngheouy co-participanty soit parce que par- 
ticipant à la gloire du Père> elle ne fait qu'un a^ec Lui, 
son égaly ineflable et éternel; a^ec elle le Père produit TEsprit- 
Saint de toute éternité, et par elle il a créé toutes choses dans le 
temps. Soit aussi parce que le Fils a pris la nature humaine, 
en communication de travaux et de gloire, et avec lui, 
Eait UN'EGAL, dont rien de plus grand ni de plus be^u 
ne fut jamais, ni ne peut être dans le temps. C'est pour- 
quoi il est encore admirablement représenté par le mot 1^ kan. 
De même^ en effets que la vie et la sève de Tarbre arrivent 
par le tronc dans les rameaux, de même c'est par le Fils que 
le Père a tout fait, c'est par lui qu'il nous communique la 
vie éternelle ; de même aussi, par son humanité sacrée, le 
Verbe nous vivifie, nous console et nous nourrit, et ainsi il 
est appelé avec raison Jâ^ ]ii^ M* 

3*" Au sujet de VEspriiSaint^ la chose parait, évidente. Le 
propre de TEsprit-Saint est de mouvoir et de convertir ^ houy 
il est VUsprit jpifi ckin et toutes les œuvres de la grâce et de 
la nature par lui sont perfectionnées jA ]K H« 

Le P. Prémare met en note les observations suivantes que 
nous plaçons dans le texte : 

Je sais bien qu'on m'objectera que, d'après cette doctrine, il 
s'ensuit que ^ et H ne font pas nombre ; le livre A Y 
dit cependant qu'il y a cinq nombres célestes, JiW^^y savoir 
1, 3, 5, 7, 9 ; et cinq nombres terrestres, HL lkS.9 savoir : 2, 
4, 6, 8, 10, ou mieux + dia (25). 

Je réponds: Les Chinois sont cependant d'accord avec nous 
quand ils disent que — n'est pas un nombre. Ils ajoutent que 



(25) Voir le Hi-tte c. 8 pour le texte, et t. ii, p. 472 de la tradactlon latine 
do P. Régis, éditée par M. Mohl, Stuttgard, 1839. 

PRÉMARB. 7 



98 TBADinoHg CHifiniimBS ta ghihb. — art. u. 

les nombres commencent à — et finissent à -f* ; mais il 

faut savoir que le mot $^7 comme chez nous le mot nom6re, 
a une double acception. 

1* Il signifie d'abord une union harmonieuse^ un concert 
extrêmement simple, et absolument sans aucune imperfection, 
et c'est pour cela que ces trois hiéroglyphes sont mis sous la 
l'* classe ^ ^y tchi'Sse comme ^ tchuj Seigneur. Cette 
union et ce concert n'existent qu'entre les personnes di- 
vines — Zl H. 

2** Ce mot désigne encore un amas et une multitude de par- 
ties qui peuvent être séparées, et qui parla même renferment 
une grande imperfection. Si les quatre hiéroglypheSi > , — , 
Zij Hy sont abaissées ()0ur exprimer ce genre d'idées, dès lors 
ils cessent d'ap()artenir à la 1'« classe, et rentrent dans la 2*, 
^ t^ ou descendent dans la 4** 'IF Jg houy^y. Ak)rs ce ca- 
ractère £ présentera aux yeux un point réel et physique, ou 
un tout, et deux points > \ feront la ligne — -, mais non pas 
entière; ajoutez encore un > et ee sera la ligne entière -^ 
composée de trois points, soit de trois parties. Ajoutez à cette 
^ une ligne semblable, vous aurez m et si à ce caractère 
vous ajoutez encore une ligne — , ce sera H? soit un tout 
composé de trois parties égiiles. Ces lettres exprimeront des 
objets composés, ce ne sont plus dès lOrs des ^ ^, mais 
bien plutôt des ^ tji et, dans ce suns, l'auteur araison quand 
il dit : ^ IK £ et tt it £. 



111« Point t De — ' T, et de j; Tnjr. 



Le hiéroglyphe — peut être considéré sous trois rapports : 
1» relativement à H et relativementa H i 2' relativement à 
> et au > > ; ^ d'une manière absolue et en lui-même. 

Dans rarticle précédent je l'ai considéré iO(u»lelt)remier 



DB L'AlUtYSI DOS CttÂCTtUS. 90 

point de Yue> j'examiDérai le second dans l'article suivant. 
Dans le présent article je Tenyisage m lui-même et d*une ma- 
niêre absolue. Il n'est donc plus le symbole ni de la l**, ni de 
la 3* personne. Que désigne-t-il donc ? 

Cet hiéroglyphe représente le Trai Dieu, qui est ON dans sa 
nature et TRINE dans ses personnes. Car — n'est qu'une 
ligne composée de trois |>oints •*• . 

Le Choueven dit précisément pour cette même raisoja, 
f Que — est l'ancienne lettre II ou J: comme on l'écrit 
aujourd*hui. Or J: se dit, dans son acception propre, de 
Dieu J: â Chanff-hoânffy J: 5Ç, Chang-tierij Jl ^ Chanff-ti. 
Et Gonfucius disait : « Que toute sa sagesse se réduisait à corn- 
c prendre celte suprême Unité (26). » Klle est appelée dans les 
anciens livres : :fc — Tay-y; et la tradition rapporte que la 
c Grande Unité renferme la Trinité (27). » 

Le livre Li-ki dil : « Les rites tirent assurément leur origine 
» de la Grande Unité (28). i> 

Le livre Sne-ki dit : « 1^ Grande Unité c'est un des noms du 
» Seigneur du Ciel (29). « Le même livre rapporte « qu'autrefois 
» les empereurs, au printemps et en automne, offraient, dans 
9 un rite solennel, des sacrifices à la Grande Unité, hors des 
» murs près de l'angle^ entre l'orient et le midi (30). i» Et ce 
qui est plus remarquable encore, il atteste que, « une fois 
» tous les trois ans ils offraient un sacriflce solennel à l'Esprit 
> Trine et Un (31). » «Xe Choueven expliquant cet hiéroglyphe 



(26) # at - a K i:. (ConMu*). 

(27) i: — -^ H. (Tradxtwns), 

(28) il >iî» * » * -. IwK. 

(29) * - 5C * ± »11 « JiL^See^hi. 

(30)i&«5c^J!a*5KSi;-}|t«aJffi 

dk ^- (5IC-W, I. xxviii, 6« de la a« partie). « Le :• /dur, » a oubKé dV 
joater le P. Prëmare, Voir ce texte traduit mot à nMil dans ii finales de 
philosophiey t. xx, p. 37Î (4« scrie). 

(3i) t^^i'f^^-m^^MmmB 

— . Ste-ki. 



100 TRADinOllS CHBiTlDINBS BN GBIIIE. — ART. II. 

— y dit : « Dans le principe la Raison suprènie subsistait 
» dans une TWne Vniii ; elle créa et divisa le ciel et la terre, 
9 elle transforma et paracheva toutes les choses (32). » 

Ecoutons Hoai-nan^lsee : « Voulez-vous savoir, dit-il, d'où 
1» viennent toutes choses ? Tout a été fait imr la Grande 
» Unité (33). d Et dans un autre endroit : a La Grande Unilé^ 
» dit-il, est l^originede toutes les choses, et la Raison Suprême 
» à laquelle rien ne résiste (34). » Ailleurs encore : c Celui qui 
> connaît cotte Unité, celui-là sait tout, et celui qui Tignore, 
» ne sait rien (35). » 

Pao-poU'tsee dit, en empruntant ces paroles à Lao-tsee: 
« Le Ciel tient de ce Un sa pureté; la terre sa stabilité; 
» rhomme, sa vie; l'esprit, son intelligence. I) frappe les 
» yeux, et les yeux ne le voient point; il frappe les oreilles, 
» et il n'est point ouï par les oreilles. Ceux qui tendent vers 
» lui sont heureux; mais infortunés ceux qui s'éloignent de 
» lui (36). D 

a L'Unité, dit Itti-pou-otiel, renferme toutes les perfections 
• au suprême degré, on ne peut connaître son origine et sa 
naissance, son priiicipe^et sa fin, et toutes les choses tirent 
» de lui leur origine (37). d 



(32) 1i*|*<&oJEA]R-ojS^Ji?fro 
fiî jA jK ^- Choue-ven, eh. i, t" eiitelin. 

(33) M ^ J^ ffio^lfêi; — . (ffo<i.-nan-W«). 

(34) - 4 « W «Sr i: * o ^ lij: i: m, JiL- m. 

(35) iÈ ^ — om m — i,^ ^ JiL o;fim ^ 

- o lu li — i: 16 ^ 4t. m 
(36)5c# -JKUfflf o » a-£l*oA »- 

H iB) i: M 1& o * ± B1 *• (p-o^xm-tt^*). 

(37) -4t,!|£ jRo||^ftJKo||^XJ8o$ 

(Lttt-pott-/u)et, 240 ans av. J.-C.) 



DB l'analyse DBS CARACriOlBS. i(M 

c Toatesles choses, dit Tbngf-fsee, tirent leur commencement 
B de rUnité (38). 

£t rcAoïMn^'/sM dit à son tour : « D'où descend TEsprit? 
V D'où émane rintelligence ? Qui fait naître les saints? Qui 
» rend les rois parfaits? Tout cela provient de cette Unité (39). » 

» II est écrit dans le livre Chou king: « La vertu n'a aucun 

> maître attitré. Vouloir faire le bien : Voilà le maître qui en- 
» seigne la vertu. La voie qui mène à faire le bien n'est pas 
» toujours la même ; mais Tessentiel est d'être toujours uni à 
» la suprême Unité (40). > 

A propos de ce passage Tinterprète Tiai cAt (41) s'exprime 
ainsi : € La Suprême Unité est très-simple, sans aucune com- 

> position ; elle dure éternellement sans aucune interruption , 
» et embrasse toitt bien en soi-même. Elle est ancienne et 
» nouvelle; elle atteint en haut et en bas ; elle est la source de 
» tous les changements, et le terme de toutes choses. Si vous 
» considérez son essence, elle n'est pas deux. Si vous deman- 
» dez ce qu'elle opère, elle opère toujours; si vous voulez 
» savoir où elle est, elle est partout et réchauffe tout dans son 
» sein. » 



(38) — ^W|&i:5fl5§tt-lfc- {Tong-Uée, 202 av. J.-C. 

(39) m im én^ o m ^ Étfjo«w»^o 

ïWSrJBfto-gJ!g]jô — . Tehouang-Uée, 308 av. J.-G. 

(40) -m n » mo^n^ ±o^iA^- 

{Chow-king). 

âl^l.O^#{|o gq ff ^1S H Jf jt et' Tiai-eM, dis- 
eiplede Tehou-hi, yen 1190 de J.-C. 



102 TBADmoRf CHRfnnmis m cnn. * ait. ii. 



Traditions «ur le nom de Oieu» Jéhavah. 

(Extrait du Mémoire d'Abel Rémosat sur Lao-tteu, in-4* p. 44) 



Le nom trlgnmmatlqne de I-hi-wei on IHV étant, eomme on l'a tu, 
étranger à la langue chinoise, il eat intéressant d*en déconvrir l'origine. On 
ne saurait, à mon avis, la chercher dans Vlnde^ où les mêmes idées doivent 
ioeontestableroent se retrouver, mais où elles paraissent être exprimées par 
des termes tout différents. Ce mot me parait être matériellement Identique à 
celui de 1 AO, de qui est, comme on sait, le nom que diverses sectes orientalea 
des premiers siècles du Christianisme, qu'on a coutume de réunir sous le 
nom de GnottiqueSf donnaient au Soleil, ou, pour mieux dire, au Dieu dont 
le Soleil était pour eux l'image et le symbole. 

A s'en rapporter aux auteurs qui ont pris le nom de lAO dans ce sens et à 
oelte époque, ce mot serait formé, d'après des considérations astrologiques, 
de la réunion de troie des voyelles consacrées aux Planètes, et combinées 
dans un certain ordre mystique propre à figurer la diffusion de la lumière du 
Soleil, représentée par I dana tontes les planètes, depuis la lune, qui est la 
première et qu'on désigne par A, jusqu'à Saturne, qui est la dernière et qui 
est marquée par Û. Mais ce n'est là qu'une explication secondaire, trouvée 
postérieurement à l'introduction de l'alphabet Grec dans les contrées Orien- 
ales, et l'on peut regarder comme beaucoup plus vraisemblable l'opinion qui 
fait du mot li^ ane altération da tétragramme hébraïque nVT* 

Les Pères de l'Eglise s'en sont souvent servis en ce sens. 

Hésychius, dans son dictionnaire, explique le nom du roi Osée par les mots 
io^bç I a co, force de DieuK Clément d'Alexandrie assure que le tétragramme 
mystique qu'on ne faisait connaître qu'à ceux qui étaient admis dans le 
sanctuaire était Uicb, nom qui signifiait celui qui est et qui sera *. Origène 
donne 'I a ^ pour équivalent de l'hébreu ^donaiet du grec Kuptoç, Sei- 
gneur^. Tbéodoret dit que les Samaritains appelaient Dieu laêâ, et les 
Juifs At(K, et *\i *, nom qui, suivant les interprètes, est le même que 'lac5s. 
Diodore de Sicile exprime par loo) le nom que, suivant lui, les Juifs don • 



* Hesychius an mot OÇtCaç. 

* Clém. Alex. Stromates, 1. v, c. G. Pat. grecq, t. ix, p. 59. 

s Origène, sur les Psaumes^ t. ii, p. 539, Pat. grecq. t. xu, p. 1103. 
^ Théodoret, Inter, 15 sur l'Exode. Pat. grecq. t. 80, p. 243. 
A Voir noies de Ouaulmuln, dans les Stromates, cités ci-dessus. 



TftADinOHS SOI LB IIOM DB DBU. 103 

DiteDt à Piea K Le mdoie nom se trooTait écrit 'ItuM dans k venlon d« 
Sanchontithoo par Pliiloa de Bjblos, Ruiveot Eusèbe^*. 

Des Joils il parait que ce nom avait passé au nations Toirinee, et s'élalt 
Introduit, avec des idées on peu différenifs, eliei ploaieurs sectes religieuses 
on phikMophiqiMS. M>at nom qae les Maures donnaient à lenrs rois, signIQalt 
Dirvdans kar langne; ce mot, qui a été pris par les anciens ' pour celai 
dTon roi de MaoriUnie, mis an rang des éieus, par quelques modernes ponr 
mie altération d%Jéhovah\ pourrait afoir été l'un et l'antre tout à la fols ; 
11 diffère i peine de ceox qne noos avons déjà rappelés. L'oracle de Claros 
nomme *IotS le plas poissant de tons les Dieux *. On a coqjectnre, avec quel- 
que TraisemblancOy que le ftmeox ttrpaxrifç de Pythagore était IHoelMIe 
tètragramme hébraïque * ; ce dernier du moins pourrait bien SToir été le 
symbole de I*idée que Pythagore attacbait à son quofre, principe de tous les 
éties, T^ooacps thv ndlireiv UV^yiaxti'. EnQn on a fait remonter plus haut 
encore Torigine de la connaissance que les Païens ont dû avoir du nom de 
Jéhùvah, en y voyant «la racine du nom de Jovis^ employé, soit au cas 
direct, comme on en trouve beaucoup d'exemples *, ou même comme radi* 
cal du nom de Jupiter, JovitpUer^^ . 

ABIL RteOSAT. 



DIod. 1. 1, c. 93. 
s Prép. évang. 1, i, e. 9, Pat. grecq. t. xxi, p, 72. 

• Ninut. Félix, t vm, c. 98; Pal. lot. t. m, p. 310. — Lact. Div. intt. 1. 
I, e« I&; Pat. lot. t. vi, p. 194. 

« Jac. Ossel. note à Min. Félix. 

* Macrobe, Satur. i, 18. 

• Selden^ De Viù Syris, syng. i(, e. 1, p. 209, Lipsias 1672. 
' Dacler, Notes sur Hiéroclès. 

> Paul Merola, Comm. inEnn. p. 216, et Selden /Wd. 

* Forcell. Lexicon, voce Jovit. Varro De Lin. UU. \. iv, n. 10. Ennius, 
Jo9eiy dans Egger, Lat. Serm. Reliquiœ, p. 2&5. 

i<> Selden, ibid. 5. 



104 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. II. 



lire PMnt. — Bu ^ ii Tur-I^y. 



Les deux mots Jat-Ai signifient un Grand-Extrême ^ un 
Grand Terme, le née plus ultra. On y joint ordinairement ces 
deux autres mots : l€^ yn |% yông ; ce qui a induit non-seu- 
lement les Européens, mais aussi les plus fameux philosophes 
chinois dans une erreur très-grave, que j'ai moi-même par- 
tagée assez longtemps par trop de confiance en eux. ils disent 
que Tûi'ki a est une Intelligence qui surpasse tellement toute 
» dimension qu'elle ne peut devenir corps (42), et qu'au con- 
» traire Tn ou Tang est la matière ou le vase qui contient Tin- 
» telligence (43>/. » 

C'est ainsi qu'ils s*expriment tous, après Tchu-hi qui s'ex- 
plique de la sorte en termes clairs, : < on lit dans VT-kinç 
» que Fnet Tang sont l'Intelligence; bien plus que, yn-yang 
» est l'Esprit inscrutable (44). » 

11 est curieux de voir combien ils se tourmentent pour 
accommoder ces deux paroles à leur système philosophique. 
Et comme une tradition constante veut « que Tai-ki embrasse 
» l'Unité trine(45), » et qu'ils ne peuvent pas le nier, ils ont été 
forcés de dire que cette Trinité n'est pas autre chose que 



(42) JBM ± t. iSL O J^ M y Z 9k' Tchu^hi, voir 
art. I, note 18. 

(43) ikm & mo^m ^Kidem. 

H. T-king. 3* partie, Ui-tte, c. v, n. 29; trad. R<(U, t ii, p. 447. 
(45) i; ft â" H ;g — . Tradition. 



DU TAI-KI, OU 6BAND TÏÏÊMM. 105 

Taùki, yn et yang, qui, étant inséparables, forment quelque 
cbose dUn. Mais ils ne font pas attention 1<* que si, selon eux, 
Tai'ki est rintelligence, ils doivent dire conséquemment que 
cette Intelligence embrasse trois <personnes) ou trois (choses), 
indépendamment de yn et yang^ ou de la matière, parce 
que Tai ki contient trois ^personnes) ou trois (choses) (1res t>e 
tria) ; 2* que si yn et yang, à proprenient parler, est une 
seule et une même matière, comme ils l'avouent eux-mêmes 
(— ^ A), où est donc la Trinité ? Ou si elle est Trinité, où 
est r Unité? 

Les Chinois modernes ne nous le diront certainement pas» 
parce que, tout en retenant la notion d'un Dieu un, ils ont en- 
tièrement perdu la tradition d'un Dieu /rme. Rien n'est pour- 
tant plus facile que de la rétablir, et de montrer aux Chinois 
qu'elle est admirablement exprimée dans le vrai Tai-ki. Car 
ils savent déjà que |^ ou plutôt ^ yn (sans la clef) est désigné 
parune ligne brisée — et que ^ ou plutôt |f yang, (sans la 
clef), est représenté par une ligne entière — . Us savent de 
plus que la ligne brisée — est composée de deux points •• 
et la ligne — de trois ••• Car si vous leur demandez pourquoi 
dans le livre Y-king les lignes brisées ' sont marquées par a\ 
jou, six , et pourquoi les lignes entières sont marquées par iL 
kieouy neuf, ils vous répondront que VY-king tout entier se 
rapporte aux deux signes 4g Anen et i$ ftouen (46). Ces deux 
signés contiennent chacun trois lignes, mais parce que 
dans Arouen ces! ignessont brisées 55, et dans kitn ces li- 
gnes sont entières =, à cause de cela j^ kouen donne 
iix et |g kien donne neuf. Donc une seule ligne brisée 
tient la place de deux points^ tandis qu'une ligne entière est 
sensée renfermer trois poinlSy ce qu'il fallait démontrer. 

K Yn ou — et Sf Yâng ou — sont à la vérité toutes 
deux commue unç origine qui s'étend très-loin ; mais vous ne 
pouvez pas avoir ^ Tai iJSà %, si vous ne remontez pas jus- 
qu'au principe premier, d'où - - et — procèdent Ce prin- 



(46) Voir le Y-king, chap. 1 et 2 



IM TRADITIO1V0 CnMlMVIàS M <!BfIIB. «^ ART. II. 

cipe premier ne peut pas Atre autre chose que le point setd, «l 
le (5oint étant une fois posé, on arrive nécessairement à cette 
figure '.Vo qui représente le Triangle équilatéral, maisle Tri- 
angle équilatéral A est la représentation grossière de Tai^ci 
tout entier^ et c'est aussi chez nous le hiéroglyphe de la Drés- 
Sainte Trinité. 

Il faut noter avec soin que Tai-ki est la Suprême Intelligence 
surpassant infiniment toute figure ^matérielle), ce qui fait que 
les Chinois prétendent à bon droit qu'elle ne doit pas être 
peinte^ parce qu*elle ne pevt pas être peinte. Dans la figure 

•V. la base est formée de trots potn/s; la ligne du milieu, 
qui est entre la base et le sommet^ n'en comprend que deux. 
Or il est évident que, si Ton prend cela matériellement, cela 
ne peut exister en aucune manière. Donc cette figure 
•v. doit être regardée comme purement mentale et spi- 
rituelle € comme un corps sans corps et une image sans 
» in^age (47). » 

Mais quoique Tai-ki soit un être tout à fait sans figure, 
spirituel, très-simple, et, s'il est permis de parler ainsi, /m- 
un (48), il contient en soi trois (personnes). 

La l'e est IJI vou ^ ming, tout à fait sans nom (innomina- 
biUs) (49), la 2« est ^ yn et la S"" & yàng ; et ces trois sont 

un Etre, qui, à défaut de nom, est appelé jc ^<^* S ^* 

Cela est fortement confirmé par l'analyse des deux hiéro- 
glyphes ^ yn et £ yâng. Le I*' ^ est composé de deux 



(47) M J^ i. J^ O flk fk Z Wk Tehauang^Ute. 

(47) Dans cette figure /*• , on remarque en tôte des triangles \ oa ^ téhu, 
Seigneur. Peut-être est-ce parce que le Père est Seigneur, le Fils Seigneur, 
le Saint-Esprit Seigneur. Ce ne sont pas cependant trois Seigneurs, parce 
que, bien qu'il y ait trois personnes, il n'y a qu'une nature très -simple 
et une essence. Si l'on ôte ces trois points, on aura %* ou /« et le sens 
n'en sera que plus délicat. Ce signe /» se troure dans les JHeiionnaires 
chinoù, mais ils ne savent en donner l'explication. — (Pain are). 

(48) i: ft â^ H :g — . Tradition. 

(49) Cette appellation f^ ^, sant nom, se trouve dans Tchouang-tsee 
(Phémare). Voir art. i, n. 65, 67. 



DU TAI-Kl, OU QtJjn> TERME. iOY 

parties, à savoir de ^ kin, maintenant, aujourd'hui {nune, 
hodie) et de S yww, verbe, parole, ou parler, rapporter avec la 
bouche, etc. Le Père parle éternellement son Verbe : Tu e$ 
mon filSy moi je t'ai engendré aujourd'hui (50). Et le Fils est ^ 
ftin 5& iflLn le Verbe, qui n'est pas d'hier, qui n'est pas de 
demain, (51). mais qui est Tun et Tautre à la fois: « Je suis a et 
» fùy le principe et la fin, dit le Seigneur Dieu, qui est, qui était, 
» qui doit venir, le Tout-Puissant (52^, » parce qu'il n'a ni 
commencement, ni fin , mais il est de toute éternité , et 
maintenant, et pour Péternité. 

I)e même que la terre, et la lune, et Peau, et le repos, et la 
connaissance, etc., ont coutume d'être rapportés à ^ yn; 
ainsi le ciel, le soleil, le feu, le mouvement, et Pamour 
appartiennent à |f y Ang. C'est pourquoi le signe |f yang est 
composé 1» de H yé, le soleil, le feu, symbole de la 3* per- 
sonne ; ^''de — la ligne entière, qui est sa carastérique, et 
3"" de ^j sur la valeur duquel les analystes sont indécis. Ce 
qu'il y a de certain, disent-ils tous, c'est que ^ ne désigne 
pas la lune, comme elle fait dans la lettre # yang. 

Voilà ce que j'avais à dire sur la signification vraie et spiri- 
tuelle de dk ^^i & ^Vt qui exprime clairement la Très- 
Sainte Trinité. 

Maintenant passons plus loin. 

Puisque les choses créées sont autant d*images dans les- 
quelles le Créateur s'est peint lui-même ; car il n'avait pas en 
dehors de lui d'exemplaire qu'il pût consulter. C'est ce qui 
fait que dans tout Punivers matériel envisagé dans son en- 
semble et dans chacun des objets qui le composent, et surtout 
dans les substances spirituelles et créées, on trouve imparfai- 
tement une certaine Uniti-'trine. La chose est évidente pour 
qui réfléchit un peu. Prenons pour exemple la Matière, qui 
peut être envisagée sous trois rapports. 1* En tant qu'elle est 



(60) FIIlus mens es tu, ego hodie gennl te (Ptal. ii, 7). 
(51) Jam Chrislus heri et hodie et In secnla (S. Paul ad Hahreot, xni, 8). 
(53) Ego sam a et qo, principium et finis, diett Dominas Deos, qai est, et 
qai veoturns est, Omnipotene (Àpœàiypse, i, 8). 



lOS TRADITIONS CHRiTIERlfES Elf GEINS. — A&T. II. 

le principinm quo de toutes les choses matérielles, elle peut 
êtredited^unecerlaioe manière ^vou^ming, sans nom. Elle 
répond au point > el est uue imajçe grossière de Dieu le Père, 
par qui elle a été créée. 2* En tant qu'elle est à la vérité immo- 
bile, mais déjà revêtue ou plutôt imprégnée des formés de 
toutes les choses, on peut la nommer ^ yn, elle répond à 
deux points > >,etest le symbole du Fils, qui, comme dit 
S. Augustin, a a dans lui-même les idées et les notions de tous 
» les êtres de l'univers (53). » S» En tant qu'elle est mobile, et 
modifiée en toutes sortes de choses par le mouvement, on 
peut l'appeler # yâng ; elle répond aux trois points ^ > > , et 
figure grossièrement le Saint-Esprit, qui était porté sur les 
eaux, selon le mot de la Genèse (54). 

Le philosophe Tcheou-tsee, que les Lettrés de la famille 
5o)ijf reconnaissent pour leur maître, ne dit pas seulement 
:!; Tai fl ki; mais il dit: a sans ieivtne, et par la même, grand 
» terme (55).» 

Tchu-hi explique cela, comme si la particule If ell étant 
rejetée, il y avait, sans terme, grand terme. 

Mais Vang^chin-tsée Tattaque àbon droit et s'exprime ainsi: 
« Puisque Tcheou-tsee avant les deux mots, grand terme, a 
» mis les deux autres, sans terme^ el que de plus il a ajouté la 
• particule M «U, il indique assez clairement que ce Grand 
)> Terme, Tai-ki, n'existait pas d'abord, et n'a existé qu^après. 
> Si, comme le pense Tchuhi, Tcheou-tsee n'avait pas voulu 
I) par cette unique lettre désigner l'un et l'autre, c'est-à-dire, 
» sans terme et grand terme, il n*y aurait point intercalé cette 
» particule (56). » 



(&8) s. AagasUn. Rerom omnium... raUones in dlvioa mente oontinentur 
(Quœst. 46, deidels; Pat. lot., t. 40. p. 30) 
(54) Et Spiritus Del ferebatur super aquas {Gen, i, 2^. 

(SS) M & IS ik & Tcheoihtsée. 

(56) m^±m^±ommm::.^o% 

9i M ^ 9^ ^ lis M M ^ ^ Vang-ehin^Uee, corn- 



DU TAl-Kl; OU 6BAND TRBVB. 109' 

L'opinion de ce lettré Yangehin tsee, qni vécut sous la fa^ 
mille yCyuen, me sourit à moi et à beaucoup d'autres, parce 

queparlll ;§| Fou -M il semble entendre />i>u, étpar:](c ft 
Tai'ki le monde. Kt ainsi elle nous fournit un argument dont 
nous nous servons pour prouver que ce Tcheou tsee ne fut pas 
athée comme le prétendent certains petits savants qui soutien- 
nent dangereusement le contraire, et, ce qui est encore plus 
important, pour montrer aux Chinois que ce monde visible a 
eu un commencement, et a été fait par Dieu qui est Pintdli- 
gence éternelle et illimitée. C'est ce qu'affirme en paroles élo- 
quentes Tchouang tsee qui, en parlant de cette Intelligence, dit 
« qu'elle existait longtemps avant que Tai-lâ existât (57j. » 

Cependant; je veux bien l'avouer, il peut n'y avoir ici qu'une 
question de nom; et il ne faut pas tenir au nom, pourvu qu'on 
possède la vérité, fj^ ^ vùu-ki (sans terme) peut donc être 
appelé -j^ H 7at-Ari <grand terme). Bien plus Dieu seul est 
véritablement grand. 

Hais Tai'ki ne peut pas être dit Vou-kif pans qu'aussitôt on 
ne dislingue deux Tai-ki : l'un immatériel, incréé, simple, 
infiniment parfait et seul Vou-ki, sans aucun terme ; l'autre 
matériel, créé, composé, fort imparfait et limité, qui tout en 
pouvant être appelé :(; jgi Tai-ki ou ^rand terme à cause de 
la relation du tout avec ses parties, ne peut pas cependant en 
soi-même et absolument parlant être dit ff^ ^ Vou-ki, sans 
aucun terme. 

Cela posé, chacun jugera bien de quelle manière les lettrés 
exaltent leur Tai-ki. Yé-chi dit : 

a Le Milieu de l'antique Chaos est appelé le grand Commen- 
» cernent. De lui est née la triple matière qui est appelée Tori- 
» giue, le principe et Tablme ou la profondeur^ et Sdo trois 



mentateur de XY^ùng, sous les Taeu (12S0-136S) ; son livre a pour titre 
l-Isi-Choue inséré dans le recueil Sin-kai^ng-kiai^ en 60 livres (Préhare). 

(57) it % dk ft ^ £ Tehouang^ée, 



IM tRADfnow onamans m cbihb. — Atr. ii. 

» matoellement acoe«ibles {pertia) à eux-mêmes ne font 
» qn*an (58). » 

Ces paroles poarraientassarément recevoirun sens beaucoup 
plus sublime si par la lettre ^ iU on entend non la matière 
fluide et liquide, mais la substance spirituelle, comme on le 
fait pour le mot2vc|Mc chez les Grecs et pour le mot anima chez 
les latins. Mais je ne ?eux pas paraître tourmenter violem- 
ment les paroles des Cbioois ; j*aime mieux dire que cet au- 
teur a abusé des trois caractères, qui désignent premièrement 
et directement les trois personnes de l'adorable Trinité 4à 
eu, le Père, % Tuen, le Fils, £ Buen, le Saint-Esprit, 
et qu'il a attribué par erreur au 7'ai'ki matériel et^réé ce 
qui appartenait au TaUki spirituel et éternel. 

Je pense donc qu'on peut facilement ramener tous ces phi- 
losophes modernes dans le bon chemin, soit en leur donnant 
beaucoup de raisons que rien ne me presse de toucher ici^ soit 
surtout en leur montrant qu'ils n'ont pas l'idée véritable du 
Tairkiy un et trine^ et que ces grandes phrases qu'ils crient à 
pleine bouche ne peuvent aucunement convenir à leur Tairki 
matériel, muet et sans force. Ecoutons-les un peu. 

« Tchu hi nous dit : Tairkie&i quelque chose d'Un, qui n'a 
« pas d'égal (59). » « Le ciel et la terre, dit à son tour Tchao- 
1 kang-tsUj ont le pouvoir de produire toutes choses, et Tax-H- 
» a le pouvoir de produire le ciel et la terre. Tai-Jd ne peut 
» être ni compris, ni nommé par nous; à défaut de nom, 
» nous sommes forcé de l'appeler TairM; mais en réalité il n'a 
» pas de nom (60). » 

Le ûls de ce philosophe^ Tchao pe vm^ parle encore avec 
plus de force : 

a Tairki était avant le ciel et la terre et cependant il n'a pas 



(58) «ffijS: + ««*tF» ^ B H m 

Ht 0XEl£$i:=.;3 — • Ti-ehi. 

(59) ±msK^ ^—m %m M' nhou-hi. 
(60) n^ m n ^ #0 ^%4bo|g^^tt#o 



DU Ti«-Kl, OD «ftARD TBRMB. fil 

> d'avaot ; il sera après le ciel et la terre, et cependant il n^a 
p pas d'après. Il met fin au ciel et à la terre, et lui-même n'a 
9 pas de fin ; il donne l'existence au ciel et à la terre, et lui- 
1» même n'a pas de conrimencement (61). 

Tchinrid-liy dans un discours élogieux sur les tableaux de 
Faurhiy dit ce qui suit : 

« TcA-ki est quelque chose d*ailmirable et de parfait : il n'y 
» a sous le ciel aucun nom qui puisse le nommer. On l'appelle 

> Tai-Hf mais forcémept et |>arce qu'on n'a pas de nom véri. 

> table. Tai-^ n'a ni fin ni commencement, ni le dedans ni 
t le dehors ne sont sa demeure ; il ne itaraît point ei il n'est 
» |K)ittt caché ; U n'est ni cai ré, ni rond ; sans avoir de figure 
» il forme toutes les figures qui sont dans l'univers; sans avoir 
^ d'image, il forme toutes les imagesqui sont dans l'univers. Le 

> Saint-Homme lui- même ne peut le CDm|)rimer pour qu'il dé- 
]» croisse, ou l'étendre pour qu'il augmente, ou le rejeter pour 
» qu'il meure, ou le former pour qu'il existe. Seulement avec 
D l'esprit il le perçoit tant bien que mal et nous le montre ainsi 
» d'une certaine manière (62). » 

Pour que des idées si magnifiques soient vraies, il faut les 
entendre, comme plus haut, du vrai Dieu en trois personnes, 
c'esl-à-dire de ^ nou ^ ming, de |^ yn et de ^ yâng^ 



^ ^ îi ^ Tdwo-kang-tsie, mort vers l'an 1077. 

(61) *i;!Bi«o^5Ç« t, %oM %n^ 

ISSi lÈl % ^ M ^V^ÉI Tch<KHpe, /Uf «1« Jchao-kang-ttie. 

(62) ±|i4b«£ 1ù ^mo Iff- -^B^ n 
fkowg X ;p|fe« ±:ll5«>J>oi)j;;p||j»i: 

19 lËWo^^lUilKWSt^ rcA<»-ft*-((. 



ii2 TRADITIONS CHRÈTUmiIBS EN CHINE. ^ ART. II. 

qui, à cîux trois, constituent Tat-W, tellement que sans eux 
Tai'lA ne peut pas exister. Quand les Chinois le comprennent 
autrement^ il est évident qu'ils perdent la tête. Mais vaut-il 
mieux les faire délirer sans cause suffisante, que de les con- 
duire doucement à la vraie sagesse par leurs propres paroles? 
Qu'ils le disent tous ceux qui ont connu le Christ. 

Quand lés Chinois modernes disent que l*ftme ^ sin est le ^ji; ;^ Tai- 
kiy ou ils se trompent honteusement, ou ils 8*exprîment de la sorte parce que 
Tesprit de l'homme a été fait à IMmage de Dieu. Le signe >Qi sin figure cela 
heureusement. 11 nous représente trois choses: 

1** Il est le symbole de Dieu qui est la vraie âme du monde et n*a pas son 

pareil, qui vit, comprend, aime puisqu'il est > , ou |||| ^ vourfning 
(sans terme). le principe sans principe et Père. U est > > » ou le |^ v*^ 
étemel Fils. U est ^ ou bien ce qui reyient au même — ou > > ^ ^ 

yang, Esprit Saint, et ces 3 personnes ne sont qu'un Dieu, ^ sin, 

3« Il est le symbole du Saint qui est Tftme du monde nouveau et mystique 
de tout le corps des Elus. > désigne sa divinité, > > sa chair immacu- 
lée, ^ sa très-sainte âme, et ces trois substances sont un Ckrnt, ]jj^ sin. 
3» U est le symbole de Tàme de Thomme. > dénote sa Mémoire, qui est 
la somçe de la connaissance et de l'amour; > > désigne son Intelligence, qui 
est comme l'image par laquelle 11 est donné à Tàme de se voir. ^ désigne 
la Volonté ou l'Amour qui en résulte aussitôt. Et ces trois puissances sont un 
seul aipn't, )j^ sin. Ces choses sont le fruit de mes réflexions; 11 ne 

s*ensuit pas qu'elles soient fausses, mais que le lecteur peut les admettre ou 
les rejeter pro a/fec(tt mo (68). 



(63) Pour l'explica tlon entière du Tai-i^, il faut lire la dissertation que le 
P. Prémare composa en \T2S, trois ans après celle-ci qui est datée de 1725, et 
que M. Pauthier a publiée avec tous les textes, dans les Annales de philosophie 
. III, p. 126 et 875 (5« série). 



DO TAO, OU INTBLLlGtriCB ET PAROUB. Ii3 

W* P«tel. — n« jH Tw^mp ou Intelligence^ Raison^ Parole. 

Ayant de citer f opinion du P. Prémare sur le Taot il nous 
semble utile de faire connaître les diverses acceptions que les . 
Sinologues modernes ont données à ce mot. Les uns y ont vu 
la Raison abstraite de Dieu^ les autres la Voie matérielle de 
l'homme. Nous croyons qu'il est plus exact, plus conforme 
ai^ texte d'y voir la iradition de la Parole primitive, du Verbe^ 
' par qui, comme dit S. Jean, t^mtes choses ont éii faites (64), 
notion dont la tradition ne s'est jamais perdue, . notion très- 
positive et que Ton a eu tort de traduire par la notion abstraite 
de Raison. 

£t d*abord constatons que c'est par la Parole, par son Verbe 
c'est- à-dire |>ar son Fils unique, la 2« personne de la Trinité 
que Dieu a créé toutes choses dès le commencement. « Et 
> Dieu dit {verbaiûtfri) «que la lumière soit, et la lumière 
» fut (65^ D 

Cette notion primitive de la Parole de Dieu, qui subsiste, qui 
agit, s'est conservée partout. Nous la trouvons parfaitement 
exprimée par un auteur, qui existait en Judée environ 300 
ans avant le propagateur du Tao chinois, Lao-tseu. 

« Par la Parole Tnin de Jéhovah, les cieux ont été faits, et 
» par le souffle de sa bouche ve rm\ toute leur armée... Lui- 
o même a parlé latt, et lout fut, lui-même a ordonné ms> et 
« tout subsiste (66). s 

Voilà le résultat de l'action de la Parole de Dieu sur les 
choses matérielles. Sur Vinteliigence son action est encore 
mieux marquée : 

« L'ouverture de tes Paroles ym illumine et donne Tinlel- 
i» ligence aux enfants (67). o 



(64) Jean, i, 3. 
ifi&) Genèse, i, a. 

(66) Psaume ixxii, {Héb, xiiiu), 6-9. 

(67) i^Aunieciviu, UO 

8 



Ii4 TRADITIOKS CHRÉTIENNES £N CHINE. - ART. II. 

Cette même parole a donné la règle de la vie : 

« Dieu ajouta la discipline^ et leur donna en héritage la Loi 
V de la vie... et leui^s oreilles entendirent Thoiineur de sa 
» voix (68;. 

Telles étaient les croyances répandues en Occident sur l'ac- 
tion positive de la Parole de Dieu. 

Que Ton fasse attention que nous ne donnons, pour le mo- 
ment, ceci que comme théorie philosophique, abstraction faite 
de la révélation divine. 

Maintenant transportons-nous en Chine dans l'extrême 
Orient, et nous allons y voir par quel mécanisme, par quels 
signes et quelles images, antérieurs aui signes hébraïques, les*" 
mêmes traditions s'étaient conservées. 

Nous avons déjà vu que toute la philosophie ou plutôt la 
croyance religieuse des Chinois repose sur les deux caractères 
— yang et — yn. Or, dans l'hiéroglyphe ^ yn qui sert à 
prononcerle2e caractère, nous trouvons, en le décomposant, le 
caractère ^yun, qui sigpifle, verbf>, parole. Sems aucun rai- 
sonnement les Chinois voyaient, pouvons-nous dire, Tidée, la 
notion, la figure de la Parole dans une des notions fondamen- 
tales de toute leur croyance^ou science. 

Mais cette notion est encore plus expliquée et plus caracté- 
risée dans les hiéroglyphes du iS Tao. Ce mot est formé, 
comme on le voit, de deux signes : Tun "^ têUf intelligence^ 
principe f iource; l'autre ^ et son abrégé JL, voie, aller y mar- 
cher droit, c'est Vintelligence, qui marche^ qui se répand. Or le 
Tao signifie non-seulement vote, raiion, mais parole, et en 
effet, c'est par la parole que Tintelligence se manifeste, marche, 
se répand (69). On remarquera encore que la seule vue du ca- 
ractère jit imposait ces idées aux Chinois. * 

Ces notions sont certaines, fondées sur les Dictionnaires 
chinois, sur la vue des caractères. 



(68) EccUsiatiiqiVLe, xvii, 9-11. Voir plus de détails dans innakf, t. ii, 
p. 168 (6« série). 

(69) Voir le mot Tao dans le Cftoi«é-«en, racine 88, et dans le J7i»l*y«. 



DC TAO^ OU ilf TBtLIGJWGB IT PAROLE. 1 1 5 

Or ii existe en Chine un livre des plus anciens tout entier 
consacré à enseigner et à expliquer le Tno^ c'est lé Tao-U'-king 
SUS (livre king du Tao et du te)^ composé par Lao-Uie, 
contq;npordin de Ck>afatius, en 567, par conséquent près de 
300 ans après l'auteur des Psaumes. Les missionnaires d'a- 
bord, puis nos sinologues modernes ont traduit en tout ou en 
partie cet ouvrage. Ils sont d'accord pour traduire Te par 
vertu, mais il y a désaccord complet pour le mot Tao. Les 
missionnaires, M. Rémusat^ M. Paultiier, ont négligé la signiO*- 
calion positive de parole^ et n ont pris qu'une partie du signe, 
celui qui marque Viruelligenee et l'ont rendu par le mot abs- 
trait, JtaMOfi. M. Julien ne prenant que la seconde partie l'a 
rendu par Voie. Les premiers, imbus de cet enseignement 
philosophique, qui rejette toute mention du Verbe ou penroie^ 
ont transporté les idées rationalistes modernes chez les anciens 
Chinois. 

Quand vers 1840 M. Julien traduisait ce livre, il venait nous 
en lire les divers chapitres. Nous nous souvenons que nous 
lui faisions remarque^ qu'il 'y avait bien des passages où il 
était impossible de traduire Tao par voie et chemin. M. Julien, 
imbu de la doctrine de certains missionnaires, que les Chinois 
sont matériaUstes et athées, per^^istait à dire ({u'il ne s'agissait 
la que d'une vote maUrieiie. Cejiendant cette, signification de- 
venait absurde dans certains passages. Alors qu'a-t-il fait? 
Toutes les fois que le sens de lu pUrase pouvait le supporter il 
a traduit par voie, et quand cela a virait donné un sensabsurde, 
alors il a traduit par Tao, c'est-à-dire qu'il n'a pas traduit. 
' Voici le texte et voici les traductions : 

m HT a # tt m 

Traduction Julien : 

c La voie qui peut être exposée par la parole n'est pas la 
vote éternelle (70). i> 
On voit tout de suite que M. Julien est forcé de traduire le 



(70) Le livre de la voie et de la^vertu, composé dans le 6« siècle de l'ère 
chréUenne par le philosophe Lao-tseu, traduit en. français et puhlié avec le 
texte chinois, etc., chap. i;h)-8<», Paris 1842. 



îiê ruABtïïwm anÉimsf» n ans. — jurr. s. 

feeoad siifnie far parole, parce qall eût élé almnie de le tn- 
dme par co/e. 

M. Abei Bémanlteadoît s 

« La ralfOD i primordiale- peal étie soamise à la rsûoo ou 
» exprimée par des paroles.^ mais c^cst mie nnsoa somato- 
«relie. » 

Eleo lalia : 

Ailîo f utfem ratioemÊHva, insoUta vero rolûmr «71). 

Ceit ioiotelUgible. 

M. Paolfaier traduit : 

« La voie droite qni peut être suivie dans les mtUom de la 
1» vie, n'est pas le Principe étemel, immuable^ de la àmotk 
» suprême. • 

Et eo latin : 

Via ^qwB) pot€$t frequentari , non iBUma-et-immiEkEhHis 
raiimaliê'Via Ol\. 

Ce sont des paraphrases. 

Le P. Prémare traduit : 

Batio quœ enarraripoU$t ntm e$t atema raiio (73*. 

Nous traduisons plus littéralement : 

« La Parole exprimée par la Parole n'est pas la Parole éter- 
)» nelle. » 

On voit que nous avons la notion positive de Parole à la place 
de la notion abilraite de Raison. 

C'est qu'en effet dès le commencement jusqu'à nous la Loi 
écrite^ un Livre, rEoseignement oral ont toujours été la règle, 
sur laquelle rintelligence humaine s'est formée, et sur la- 
quelle elle a opéré. Les traducteurs venant à la suite des phi- 



(71) Mémûire sur la vie et les ofnnions de Lao-Ueu, p. 23, lo-é», 1828. 

(72) Le Tao'te'hlng, au le livre révéré de la Raison suprême et de la vertu, 
traduit en français, et publié pour Ta première fois en Europe avec une ver- 
sion latine et le texte olilnois en regard ; accompagné du commentaire complet 
de Sie'hoeif d'origine occidentale, et de noies tirées de divers antres com- 
mentateurs dilools. In-ê», Paris Didot, 18S8, — édition très-savante dont il 
n*a paru que Ja l'« livraison finissant au 9« chapitre. 

nZ) Voir ci-après ce texte. 



Di; TAO, ou HVTBLLlGBfCE BT PABOLI. fl7 

losopbes, ont mis Raisfm ab$traUe à la place de Par oh positive , 
dont la notion se reirouy^ pourtant partout (74). 

Et maintenaut francbissoos un temps considérable et arri- 
vons en Grèce et à Platon. Là nous trouvons la parob, le 
Xo^oc dans toute son acception primitive. 

Les axiomes sont la Parole antique, 'toXaibcXôYoc. 

Les savants sont les bommes des paroles, ot mpi to^ç Xo^ouç, 

ol liti Xoyoïç, ot ht Xo^oïc ^cç. 

Les ignorants, ceux qui sont en debors des paroles : ot Ixroç 

XOY<lt)V JVTCÇ. 

Aristote divise les ignorants et les savants en bommes sans 
parole, et hommes avec parole, ol plv o[Xoyo( eiatv, of Si \uTk 
X<{you{75). 

Parler vrai/ c'est avoir la parole, Xoyov lx«'^ î parler faux, 
c'est être contre la parole, icapà Xoyov, ce que nous avons con- 
servé dans paralogisme. 

Enfin les livres portaient simplement le nom de A^oi, 
comme cbez les bébreux la Bible et cbez les musulmans le 
Coran. 

Bien plus, Platon en plusieurs endroits de ses œuvres p^- 
sonnifie son Logos, ou la Parole : « Eti pourquoi donc, disait 
> le Logos, doutes-tu encore (76) 1 j> Ficin avait traduit : Hie 
ergo Ratio superior ad me conversa^ sic inquiet (77). Mais 
Astius abrège la traduction : Quid igitur, Ratio dixerit , 
adh/iêc iubiias (78) t Derns Cousin ce Logos disparait complète- 
ment. « put Carrelé donc, me dira-t-on (79) ? » 

L'expression ^k Xo^oç, selon la parole^ est souvent dans Pia- 



(74) Voir ce que disent, i ce sajet, Abel Rémusat, Paiithit>r, JaUeo, dans 
les Mémoires cités, 

(75) Arûtote, Ethique, ix, 68. 

(76) Tt o3v, àv (foLly\ 6 A^oç^ kt imax&lç (Phédon, p. 87, A), dans Astius 

t 1, p. 544. 

(77) Fldn, Platofiis opéra, p. ccv, Venise, 1&17. Edit. de Grynsus, p. 292, 
VenîM, 1570. 

(78) Astius, Phédon^ t. h p. 545. 

(79) Cousin, Phédon, 1. 1, p. 253. 



\ 



il 8 TRADITIONS CHRÉ T II fl t WKS BW CHINE. —^ ART. II. 

ton (80), et avait passé en provert)e ; nos philosophes tradui- 
sent «elon laraisofi (81). 

.. C'est ainsi qu'on nous fait connaître l'antiquité. C'est de là 
qu'est venue la règle, reçue par tous les prétendus pasteurs 
des peuples, de tout faire sans le Christ, le Logos. 

Que si nous passons chesf les Latins, là nous trouvons en- 
core que les axiomes, les vérités certaines portaient le nom de 
parole ancienne, verbum vêtus (82) ; le Destin, fatum^ n'était 
autre chose que la parole et Tordre divin, qu'on avait faussé 
en lui ôtant la liberté ; le bien et le mal étaient exprimés par 
parole et non-parole, fando eiin-fando ; non-parlant avait 
formé le nom de l'homme à sa naissance, in-fans.' 

Tous ces mots étaient dérivés de fari, parler, lequel venait 
lui-même du Grec (pxo>, ^r^fAl, parler, comme loqui^ vient de 
Xinfoç et dieere de- 8e{xco, montrer; c'était comme la première 
couche, la base de l'intelligence humaine. 

Mais, il faut le dire, ces belles notions delà Parole furent 
de bonne heure altérées, falsifiées. En Chine les hommes du 
Joo, les TaO'Sse, formèrent la secte des chercheurs du breuvage 
de FimmortalUé, Platon ne reconnaît la parole divine que 
dans la divination et cette divination il ne l'accorde qu'à celui 
« dont la faculté de t)enser se trouve entravée par le sommeil 
» ou bien qui est égaré par la maladie ou par quelque fureur 
» divine (83). » 

Aristote reconnaît la parole de Dieu dans Téternuement (84). 

Cicéron a appelle le fatum^ l'ordre et la série des causes, 
» lorsque la cause enchaînée à la cause produit par soi une 
B chose (85). » 

On voit combien la notion de la Parole primitive, de ce 



(80) VoirP/»tl^e,p. 18, B. 

(81) Voir daos le Lexicon pUUonicum d'AsUas le paragraphe ayant ponr 
titre : Sermo tanquam Persona tpse loqxiens inducUur, 

(82) Térence, Adelphi, v. 807. 

(83) Voir Timée, in-fol. p. 71 E, et la trad. de M. Martin, t. i, p. 193. 

(84) Voir le texte dans Annales de philotophie, t. xvii, p. 812 (5« série). 

(85) Fatum autem appeUo... ordinero Berieroqae causaruni. cum causa 
causas nexa, rem ex se glfi^uat (Gic. de divinatione, 1. i, c. &â). — Voir une 
dissertation sur le fatum, dans les Annales, t. iv, p. 393 (1** série). 



DU TAO, OU 1NTILU6BRCE BT ?A10LE. if 9 

Verbe de Dieu qui a fait toutes choses, et ce Verbe qui illu- 
mine et donne Tintelligence aux enfants, tradition si profon- 
dément exprimée chez les Juifs, fut obscurcie, et altérée. 

Mais il y a une altération, une falsiflcation plus profonde 
encore. 

On s&demande quel est celui qui, le premier, a traduit le 
XeS^oc grec, par le latin ratio, en français raison^ et a fait de la 
Raison, être abstrait et impersonnel, le seul guide, révélateur 
de rhomme, et a identifié la Raison humaine à la Raison 
divine. 

La réponse est difficile, et nous ne prétendons pas la don- 
ner complète. Nous croyons que, chez les latins, c'est Cicé- 
ron. Avant lui Térmce appelait encore les axiome^ velus ver- 
bum, la parole ancienne (86). 

Gicéron, bien qu'il doutât que la Raison fût un don favo- 
rable fait aux hommes par les dieux (87), dit au contraire : 

«La Raison est la maîtresse et la reine de toutes choses (88). » 

Comment cela pouvait-il être ? C'est que, d'après Cicéron, la 
loi n'est plus la parole écrite, la tradition sociale, l'enseigne- 
ment naturel, le vttus verbum de Térence, <x la loi véritable et 
» principale, dit-ih propre à commander et à prohiber, c'est 
» la droite Ration du grand Jupiter (89). d Or cette raison de- 
vient la fi()<re, parce que « l'âme humaine est une semence des 
> dieux, une fille naturelle des dieux, de même nature c^ue les 
» dieux (90). » 

De là aux apothéoses, il n'y a qu'un pas et Manilius a pu 
dire à propos de Fapothéose d'Auguste : 

« La Raison est au-dessus de tout : ne balancez pas à attri- 
B huer à l'homme des intuitions divines, déjà il fait lui-même 



(86) Téreoce, Àdelphi, t. S07. . * * 

(87) Gic. d^ NaL deor, m, 27 ; et dans Ânnaks, t. xiii, p. 85 (5» série). 
(88; Presto est domina oii?Diuin, et regina ratio (Cic. {Quœsi. tuicuL 

I. 11, e. 21)« 

(89) Cic. de Legtbus, 1. n, c. 4. 

(90) Animum tamen esse ingeneratum a Dec ; ex qao vere vel cognatio uo* 
bls cmn cœlestibas, Tel genus, tel stirps appellari pdteat (Cic. de Legibus^i, 
6. 8 et Annalety t. iz. p. 86, 39 (5« série) et t. i, p. 28 (6« aérie). 



I!ft0 TRADITIONS GHRiTIBNiniS m GHUflt* — ART. II. 

» des Dieux, et envoie une Divinité dans les astres (91). » 
On le voit, c'est la réalisation de la promesse du Daimon 
antique : 
« Vous serez comme des dieux, eriti$ iieut Dii (92). » 
La vraie notion de Dieu s'était perdue avec celle de la Pa- 
rôle. 

Mais, à cette même époque^ vivait sur le lac de Génézareth 
un pêcheur du nom de Jean^ qui, instruit par la vraie parole, 
va nous ramener à la vraie notion primitive en nous disant : 
, « Au commencement était la Parole (\edaber hébreu, le tao 
9 chinois^ le logos grec, le verbum latin, la parole) et la Pa- 
» rôle était Dieu, par elle tout a été fait ; en elle était la vie et 
1» la vie était la lumière des hommes ; elle était la vraie lu- 
» mière qui éclaire tout horAme venant en ce monde. 

V Cette Parole était dans le monde et le monde a été fait 
» par elle, et le monde ne Ta pas connue. » 

Et pour prouver que tout ce qui était dit ou fait de bon 
dans le monde lui appartenait, il ajoute sur le Verbe-Parole : 
« U est venu dans ses propriétés, et les siens ne l'ont pas 
» reçu. » 

Enfin pour certifier à jamais que la vraie parole n'est'pas 
la ratio philosophique des païens anciens, la raison abstraite 
des païens modernes, Jean ajoute : 

« Et cette parole s'est fait chair, et elle a habité parmi nous, 
9 et nous avons vu sa gloire, la gloire qui convenait au Fils 
» unique du Père, plein de grâce et de vérité (93). » 

Et en effet, le Fils de Dieu, la seconde Personne de la Tri- 
nité, J^siu, s'était fait homme, « pour nous donner^ comme 
« dit S. Augustin, une ferme locution de Dieu (94) ; et pour 



(91) Ratio omnia vinelt. 

Ne dabites hominl divinos cfedere tîsus, 

Jam facit ipse deos, mittitque ad aidera numeii. 

(ManlUus, Astronomie., 1. iv, ▼. 924).. 

(92) Genèse, m, S. 
(98) Jean, I, 1-14. 

(94) Ideo enim vebit, ideo sascepit inflrmltalem nostram ut po^sis firmam 
locutionem capere Dei (Àug. Sermo 117, dans Migne, t. 38, p. 670). 



\ 



% 



DU TAO, 00 lirrSLUfifilCE ST PAKOLK. itV 

incarner, pour matérialiser la Parole, le Verbe, la Raison 
véritable, à la place de la Raison abstraite, métaphysique, im- 
personnelle de Dieu. , 

Et, en effet, Jésus enseigne d'abord lui-même, puis il a youIu 
que cet enseignement fût écrit, ^t oet écrit forme le Nouveau 
Testament, et comme, même étant écrite, la Parole peut être 
mal interprétée, il laisse un Gardien de cette parole, un inter- 
prèle de toutes les expressions. 

Impossible de mieux pourvoir à la conservation intacle de 
cette Parole. 

Et aussi l'Eglise de Jésus se forme, et pendant longtemps la 
Parole de Jésus devient^ pour la société, la voie, la vérité et la 
vie. 

Mais en ce moment le Panthéisme antique s'est infiltré par- 
tout, non*seuIement chez les Rationalistes, mais chez les chré- 
tiens, et un Prélat d'un des premiers sièges de France a pu 
dire: a Dieu est tout ; Deus est xb icSv (95) ; » la Raison abs- 
traite, impersonnelle, est devenue la Raison humaine. C'est 
elle qui se pose en face de la Parole faite chair en Jésus; elle a 
remplacé le Christianisme, et elle est, comme le disait Cicéron 
a la ma!lresse et la reine de toutes choses. » 

Comment cela s'est-il fait ? 

La réponse est difDcile, elle exigerait de long3 développe- 
ments, que nous ne pouvons donner ici. Nous en indiquons 
seulement quelques causes. 

l"" Le système païen des idées innées, renouvelé de Platon et 
de Cicéron^ a introduit Dieu, sans le Jésus médiateur, dans 
rame humaine. 

2* Ce système a été appuyé sur la fausse interprétation 
de la sentence biblique : « La lunUire de votre, visage a 
T> été imprimée sur nous, b tandis que la Bible dit : f Vous 
» avez élevé au dessus et en dehors de nous, comme un signal. 



(95) Voir Tartlcle .* Qttelques paroles panthéitte$ d'auteurs chrétiens dant 
ÀnnaleSt t. yi, p. 45 (S* série). ^ 



122 TRADITIONS GHUiTlIlINIS BN GHllIB. -* AIT. II. 

» (signasîî) la lumière de votre visage (96), » aperÇue dans la 
loi que TOUS avez dounée. 

3* L'enseignement de ces erreurs manifestes , dans nos 
Cours de philosophie kîques et ecclésiastiques, tellement 
qu'un des Cours les plu ) en vogue, les plus autorisés a pu 
reprendre la théorie de la Loi donnée par Cicéroù, la repro- 
duire mot pour mot, en ayant Taudace de traduire ces mots 
ratio summi Jovi, cites en toutes lettres, par Raison droite du 
grand Dieu (97). 

Ce sont les /nstùutiom philosophiques dans les écoles des 
Jésuites et ailleurs qui donnent cette théorie de la loi, et la 
Revue la plus orthodoxe, aux yeux de bien des gens, qui 
adopte et propage cette théorie (98). 

C'est à cette théorie fausse et destructive de la personne de 
Jésus, la parole vivante et éternelle que nous opposons la vé- 
rité primitive enseignée dans, la Bible, conservée en Chine, 
laquelle sépare la parole de l'homme de la parole incréée, 
en ces termes : 

tt La parole exprimée par la parole n*est pas la parole éter-- 
» nelle. » 

Nous croyons que ces observations serviront à mieux com- 
prendre l'exposé des doctrines chinoises qUe va donner le P. 
Préniare, et en corriger quelques erreurs. 

[Texte du P, Prémare), 

Le caractère S Taoest composé, selon le Choué-ven, de 
^ et de i^. Cette dernière lettre signifie faire, mouvoir^ 
s*avaneer ff 4L' Car le Choué-ven expliquant la lettre Q 
dit: JE fr 4L {99) , piarcher o\i droitement agir : sens qui 
naît des deux parties de cette lettre . Donc comme JE signi- 



(98) Voir la vraie traducUon de ce texte dans Annales de philosophie^ 
t. XM>. 216(a«eéiie). 

(•7) Voir /nftiaaionei philosophicœ da P. Liberatore, jcdi Ue, t.id, p. 103» 
1S64. 
(W) Voir CiviUà cùUoliea, t. iv, p. 19 (6« série). 

(99) Choue^wm^ 33« racine, 2* lirre, 3« partie p. 2. 



DU TAO, OU INTlIXlGiNGI KT PAROLB. 113 

fie ce qui est droUy ainsi i^ signifie offir^ marcher ^ ^ eheou qui 
est la seconde partie de ta lettre ^ *^ ^^^ J^ môme chose 
que têUj principe^ sauroCj et s'écrit proprement IS". Il se 
compose de — qui marque Vanité /n'iM, selon ceqiii a été dit, 
et de 3 tsee, qui signifie dès le commencement et par $oi. Si 
nous cherchons là le yrai sens de la lettre j||. ce sera JS 
TaOy tête et principe de tout mouvement j ou premier moteur ^ ou 
en termes plus nets ce sera YUnité-trine^ agissant toujours dès 
le commencement^ c'est-à*dire de toute éternité et par $oi' 
même T Et qu'est-ce que cela, je vous le demande, sinon Dieu 
lui-même. De là ^ signifie vulgairement rigle^ loi^ eageseey 
raison, vérité^ voie ^ parole y idées ^ qui, quoiqu'elles conviennent 
tant bien que mal aux créatures, désignent cependant 
proprement et premièrement Dieu qui est la loi éternelle, la. 
sagesse infinie, la raison subsistant par elle-même, la voie, ia 
vérité et la vie. Enfin ^ est la doctrine, le dUcours, la parole. 
Or il y a trois paroles, comme le note le R. P. Beurier:. 
1* la parole mentale qui signifie le Père parlant en lui-même; 
2» la parole vocale qui désigne le FjiU^ ce fils qui est sorti de 
la bouche du Père, et par qui toutes choses ont été faites ; 
3"* la parole écrite qui désigne V Eprit Saint^ par qui la loi de 
Dieu a été écrite sur les tablettes de notre cœur. Voilà ce que 
dit le P. Beurier. 

jS Too est souvent confondu par les ancien^; avec £ lettre, 
qui s'écrivait autrefois ainsi Q; or le Cercle est le symbole de 
la Divinité même chez nous en Europe. Il faut noter les pa- 
roles du vieux philosophe Eouen^yûn-teee qui dit : « Le 
» ciel, la loi, Tesprit et la profondeur cachée sont contenus 
» dans le seul mot Tao (100). » Il est écrit dans le livre TkingZ 

a Celui qui e^t parfaitement simple et qui est au dessus de 
> toute composition est ^ tao (101). » Je .traduis ainsi parce 



(100) B^oB^oBilioBio â^B it 

Kouen-yvmnttee, 604 ar. /.-G. Voir art. 1, n. 77. 

(101) J^ M ± $i fS ± sa r-«iVt 1. m. A. M, n. 4î 
trad. Régis, p. &2i . , 



f t4 , TRADITIGN8 GHIÉfIBItn» iH CfltUB. — A«t. H. 

que ^comprend non-seulement les choses carporelles, mais 
aussi tous les êtres composés et créés. Le livre Chou king dit 
aussi : « Rien n'est plus sublil, .ni plus délicat que le cœur de 
» la raison, du {Tao)y ou de Dieu (102;. » 

Jesa^sque par ^ j^ quelques-uns veulent entendre le 
iotnmet de la rmson, lequel est Tintellect en nous ; mais j'aime 
mieux monter jus(|u'à la lumière qui illumine les esprits. 
« La raison qui peut être racontée, dit Lad tsee^ n'est pas la ^ 
)> raison éternelle (103), p et la glose expliquant en cet endroit 
la lettre iH^ ehang dit : « Celqi qui est éternel n'est pas altéré, 
» ni chanjfé. II existe avant le ciel et la terre. Il existe 
» avant te monde, sans aucun principe ; 11 existera après sans 
1» aucune fin. Il ne peut pas être compris par la pensée et le 
9 raisonnement; il ne peut pas être perçu par les yeux^ ni par 
» les oreilles ; il ne peut pas être exprimé par des paroles, ni 
» par des discours (104). » 

Kouanyun tsée^ contemporain de Lao-tsee^ incline vers le 
même sentiment : « Si le Tao n'existait pas, dit-il, nous ne 
» pourrions penser, et ce qui ne peut pas être pensé est le 
» Tao (105). » 

Et ailleurs : 

ff La suprême laison n'entre pas dans les oreilles, tout ce 
» que rouie matérielle perçoit n'est pas elle. Elle ne frappe pas 
V les yeux, et tout ce que les yeux voient n'est paâ elle. L'éter- 
> nelle raison ne peut pas être exprimée par des paroles, et 
» tout ce que la bouche prononce n'est pas elle (106). » 



. « 



(102) jtt )& 1i IK- Vlum-king, s. m, a. t&. 

(103) ^Vj ^ §^1S ^' lao-Uiu, Ta4He-Hng, 1. 1, e. I, n. 69. 

(m) n a :^m ^ sk o ^ % it m m t^o 

7 % W S Glose. 

(105) i^wa;i:Rrjao;f^sepgi xouan. 

yun tsée, contemporain de Lafh-ttee (604 av. J.-C), qu'il accompagna dans ses 
Toyagesiiors de la Chine.- 

(106) m^FRTNoliS» ffè- 4o|t 7171.0 



DU TAC, OU UlTBUIfiHlGB BT PAAOLB. Ii5 

• L'homme, dit Lao^tsee, imite la terre ; la terre^ imite le 
» ciel , le ciel imite la Raison \ la Baison s'imite elle- même, 

> elle est nécessairement son exemplaire à eUe^-méme (107), » 
» parce que, comme dit le livre Tchcng yong^ la raison est 
» par elle-même ce qa'elleest (108). » 

« C^ette éternelle raison, dit Hoai nanUee^ réchauffe le ciel, 
^ soutient la terre; elle est très-haute et ne peut être atteinte; 

• très-profonde et ne peut être pénétrée; elleest immense; tout 
» VuniTers ne peut la contenir, et cependant elleest toute en* 

• tière dans chaque petite partie. C'est d'elle que les monts 
» tiennent leur hauteur ; les abimes, leur profondeur; lesani- 

• maux, leur démarche; les oiseaux, leur vol; le soleil et la lune, 
» leur lumière ; les astres, leur course périodique (109). » 

tt La Raison, dit Pao-'pourisêe, enveloppe le ciel et pèse la 
» terre avec ses doigts. Elle est ineffable et innomable. Si voi:^ 
D considérez sa souveraine incorporéité, l'ombre et le son sont 
9 auprès d'elle quelque chose d'épais et de corporel. Mais si 
» vous considérez son être, toutes les choses créées sont devant* 

> elle, comme si elles n'étaient pas (110). » 

La Raison, dit Lao^tsee, contient toutes choses en soi-même 



(107} Aî**ojÉ^3Ço^a «o jt^ a 

iS* LaorUee dans Tao^te-king, c. xzv, n. 74* 
(108) 3i[ a jS^ Tchong'yong,eh.J.iy, t. 

(109) ^»4o93^«jftoiK7 iniSoS 

Hoai^nan'tséey vivait 105 ans 9v. J,-C. raivant le P. Amiot, et 200 d*après 
d'autres ; Il a ooonu l'aplatissement de la Terre vers les pôles. 

(110) mismmi^wo^:^m^ on^^ 

IB >R tu M* Pao-pou-(f0, 8008 les Han de 209 av. àlSpap. J.-G., 
chef de secte, parle beaucoup du Tao et des Lettrés, et désigne une longue 
suite de péchés, leMpiels, si on les commet, empêchent de devenir immortels. 



iS6 TEADmOHft CHBtriSNim EN GHINÈ- — ART. II. 

»'€018016 dâDSun immense réœptacle (1 1 1). Et Tchauang Uee : 
• la raiflOD est la première caase dont procèdent toutes les 
» cboaes (1 12). Ajoutera ces textes le passage de Choué-ven que 
nous avons remarqué plus haut : t La raison a fait et a séparé 
s le ciel et la terre; elle a perfectionné toutes choses (lin).» 
Que le lecteur prudent et chrétien fasse attention, je Ten 
prie, à ce que j'ai rapporté dans tout ce paragraphe, et qu'il 
juge si cela peut aider les Missionnaires à propager la foi. J*ai 
omis beaucoup de textes chincHs qui plaisaient moins, cepen- 
dant il restera toujours un assez grand nombre d'antiques 
traditions pour prouver la probabilité de mon opinion, ce qui 
est mon seul but. Mais comme il est certain que l'homme, 
laissé à ses propres forces, ne peut pas parvenir à la connais- 
sance de la sainte Trinité, les traditions conservées dans les li- 
vres chinois remontent sans aucun doute aux Patriarches an- 
tÀiuliviens, qui les reçurent immédiatement de Dieu ou du 
premier homme, et c'est par les fils de Noé qu'après le cata- 
taclysmei elles sont parvenues chez les Chinois (114). 



(111) jtt qS K 4ff ^ 9- Lao-ttee, I. u.c. 62. 

(112) Jt^lltt;^JfÉ 4L Tchouang-tiée, au 4« 
iiéde av. J.-G. 

' (113) ^ &»%1ào itAM HÊI CKoué-tcen. 
(114) Voilà ce que tons les missionnaires auraient dû rechereher et soute- 
nir dans leurs rapports avec Mes Chinois ; iis les auraient ainsi fait entrer^ 
dansb grande fsmllle bibiiqœ, la. seule historique, et ils les auraient aussi 
fait entrer naturellement danslafamllie du Christ. A. B. 



TRADITlOm SUR h'ÈtXt D^NlfOGniCB. IS7 



ARTICLE TROISIEME 



C?li«im des ■•avenirs «ue !•• Cliineie «nf 



Il a été permis {lietrii) à beaucoup rt'bomniHS savants de 
dire que les jardina d'Alcinoûs dans Homère, et le jardin de 
Jupiter dans Platon sont des souvenirs {ve$tigia) du Paradis 
terrestre, et que TAge d'or, dont les poètes grecs et les poètes 
latins ont chanté tant de choses merveilleuses, était Timage 
de cet heureux état qui précéda le péché. Qui donc aur^ le 
droit de nous blâmer si nous disons et si nous prouvons que, 
dans les monuments les plus anciens des Chinois, il existe 
des vestiges plus nombreux et plus clairs de la même chose? 

Body-nân-vàng qui avait établi dans son palais royal 
une académie d'hommes savants et qui dissertait avec eux sur 
la primitive antiquité, s^expri me ainsi à propos d3 la naissance 
du monde : « toutes les choses qui ont une figure et un son 
t tirent leur :^rigine deTEtre qui n'a ni figure ni son. Son 
» Fils est la lumière; son Petit-Fils est Veau (1). o 

Lo'pi affirme, non de son propre chef, mais d'après cer- 
taines traditions dont il s'est servi pour composer son docte 
ouvrage sur les temps héroïques, « que l'eau est le principe 



(1) H ^ « « ;2: :* il 4b o M 9 â 9 ± % 

^o^'7;gjboX |f{ H^IC* Hoay-nan-vang. On l'appeU« 
auwi Boai-nan-tse. On loi a donné le nom de VanÇy pane qa'll était rot de 
Hoat-fum. Son palais était une académie de savants, avec lesquels U creusait 
dansTantiquitéla plus reculée. C'est pourquoi ses ouvrages sont très-curieux, 
et son st^rle très-beau. (P. Prémare, dans la préface du Cho^king, p. zlvi.) 
Toutefois, il est à remarquer que Hodt-nàn-vâng était chaud partisan' de 
Véeole de Ukà-ué et cumlMttalt celle de Gonfucius. 
— Le P. Amiot dit qu'il vivait lOS ans aV. J.-G. Mém. t. n, p. IIS. 



IV TRADlTIOMt GHRiTlBNNES JUf4}fl»iE. •* ART. III. 

» des choses, » et il ajoute « que le nombre 6 appartient à 
» l'eau (2). » 

Nous savons que Dieu dam lePnncipe, c'est-à-dire, dans 
son FUsj a créé toutes choses (3). Or^ le Fils est la splendeur du 
Phre (k) et Yédai de la lumière étemelle (5) ; voilà pourquoi il 
est dity son File est la lumière- c Le symbole du Fils est Veau ; 
» c*6St' pourquoi Lù^ dit encore : Veau eet le ptineipe des 
9 choses, » . . *». 

Le nombre propre ou le chiffre musical du Fils^ en tant 
qu'il habite dans le sein du Père^ est 2; en tant qu'il est sorti 
du Père et qu'il es! venu dans le monde, c'est 6. Voi4à pour- 
quoi le nombre 6 est appelé nombre d'byménée, d'union/ 
parce que le Verbe fait chair a réconcilié les choses basses aux 
choses sublimes^ comme le nombre 6 amène l'harmonie entre 
4 et 9. Et parce que tout le livre # S ^^^ se rapporte à 
THomme-Dieu , le Choué-^œn dit, d'après une antique 
tradition « que le nombre 6 est le nombre propre du livre 
9 V-ldnff \1). 9 Qu'on nous dise autrement pourquoi 6 appar- 
tient plutôt que 9 à r Y-hinff. 

Le Fils, comme engendré de tonte éternité, est désigné par 
là lumière t$ •? ^ JÈ *y ^^ ouy kouang. 

Ce même Fils, en tant qu'iZ appanU sur la terre (8j, est dési- 
gné par l'eau ^MMH^* Et de même qu'au oammencement 
de la création VEymt du Seigneur élàit porté sur les eaux (djj 
ainsi^ au commencement de la Rédemption^ le Fils de Dieu 
descendit aussi dans les eaux (10). L'Esprit en se reposant sur 

(2) * « «[ ±; *& o A ;^ « 4. to-P» wt un WBtorien 
ëcrivint sous les Stmg, qui ootrégné de 956 à 1279 après J.-G. Son ouvrage 
est intitulé Lou-tse; il y a r^semblé uo grand nombre de chroniques an- 
ciennes. . 
^ IZ) Genèse, i, 1. 

(4) S. Paul, Hébreux, I, S. 

(5) Sagesse, vn, 26. 

v) /\ Sb fS ^« Cfioue-ven» racine 608. 
(8) Verbum caro foctum est... et vldimub gloriam ejuit (Jean, 1, 14). 
* (9) Ei spiritus ejus ferebatur super aquas [Genèse, 1, 2). 
(40) Vénit Jésus inJordanem, ut bapUsaretur abeo(MBtth. 111^ Id) etsta- 
tim ascendens de aqua (Marc, i, 10}. 



TRADITIOMS iOR LfÈTAT d'IIQHKBIIGB. It9 

elles le« féconda^ et le Fils en y descendant les saoctifla. 

« D'abord, dit VT-king, existèrent Je ciel et la terre; puis 
» toutes cbo.^es furent faites; puis le mâle et la femelle; et 
» enfin le mari et Tépouse (il). » N'est-ce pas le même ordre 
que Moïse a observé pour la création du monde ? 

Vient ensuite, dans la Genèse, le Paradis de déliées qui, à 
mon avis, est clairement figuré par le mont Kouen-lun, Je 
lasse à penser au bienveillant lecteur si on trouve rien de tel 
dans les jardins d'Alcinoùs ou de Jupiter. 

Mais avant de donner, d'après le P. Prémare, la description 
du mont Kouen-lun, nous croyons devoir insérer ici ce que la 
Genèse nous dit du Paradis terrestre, afin que chacun de nos 
lecteurs puisse mieux saisir les traits de ressemblance. 

f L'Eternel planta un jardin dans £ckn(12),du côté de 
» l'Orient ; il y plaça l'homme qu'il avait créé ; — Dieu fit 
» sortir de la terre tout arbre agréable à la vue et bon à man- 
» ger, Varbre de la f>ie au miHeu du jardin^ ainsi que l'arbre 
» de la connaissance du bien et du niai. Un fleuve sortait 
> d'Eden pour arroser le jardin ; de là il se séparait pour for- 
» mer quatre principales branches. Le nom de l'un est Phi- 
9 chon (13) ; c'est celui qui fait le tour de tout le pays de Ha-, 



WISAoWHA^^W*». {Y'king, I. in, c. Sse^ 
koua, ch. 2, p. 21). 
(U) rp;3 p. Ghinrb^adêf^ on jardin dans Kden. Lfs Sepliinte ont rendu 

66 mot par itap^Sti^ov, d'où est renu le mot paradis; mais les Grecs 
rayaient eQX*mèmefl pris du persan ou plutôt du chaldéen QT)D* La ra^ 
cine de ]i est ombrage et py signifie la volupté, on ombrage de volupté. 0. 
Calmet croit que le pays 6^*Eden était situé dans VÀrménie ; mais il n'y a 
pas de pa^s sur la terre où quelques auteurs n'aient placé le paradis ter- 
restre, comme on peut le voi^ dans Huet, Dissert, sur la situât, du paradis 
terrestre, et le Comment, de Leclerc sur la Genèse, ch. ii, v. 8. Voir aussi 
la dissertation de M. de Parnvey sur le plateau de Pâmer et les 4 fleuves qui 
en sortent, insérée dans les Annales \de philosophie chrétienne, tome xv, 

p. 245 (â« série). 
(13) lie mr^ \e Phase, dans la CoUhyde (qui serait Havila) d'après le 

Pekuare. s 



130 TBADITIONS CBRfTIKimBB EN GHIlfB. — ART. III. 

» vila, OÙ Ton trouve Tor ; — Tor de ce pays est bon ; c'est 
1» là aussi que se trouve Tescarboucle et la pierre onyx. 

» Le nom du 2<' fleuve est Gihon (14) ; c'est celui qui en- 
D toure le pays de Cus ; 

» Le nom du 3^ est Tigre^ iHidekel) (15) ; c'est celui qui se 
• dirige vers TAssyrie. 

» Et le 4'' fleuve, c'est l'fupAra^e (16). i> 

Voici maintenant ce que Ton retrouve dans les livres chi- 
nois d'après le P. Prémare. 

Le vieux livre ChanrMUking (17). décrivant le mont Koum- 
lun, s'exprime ainsi : 

« Tout ce que Ton peut désirer se trouve sur cette monta- 
» gne; on y voit des arbres admirables et des sources mer- 
» veilleuses. On rappelle le jardin fermé et caché, le jardin 
D suspendu, un ombrage de fleurs (18). o 

Hoai-nan-vang, déjà cité, dit de la même montagne : 

« Le jardin suspendu^ rafraîchi par des vents caressants, 
» et planté des arbres les plus précieux (lang)^ est situé au 
» milieu de la montagne Eouen-lun, auprès de la porte fer- 



sentiment le plus commun. D'après Strabon (1. xi), 11 charriait des pail- 
lettes d'or. 

(14) Le TfCPi Guichon ; signifiant impétueux, rapide. On croit qae c'est 
VÀraxe, très- rapide en effet, et prenant sa source en Arménie. Quelques 
personnes^ trompées par le nom de Cus, qal s'applique quelquefois à 
VEtfiiopie, en ont fait le Nil, situé à plus de 600 lieues. 

(16) hpn Hidekel. Les Septante ont traduit par TiypCc. La Vuigtte par 
Tigre, Hidekel, en hébreu, signifie pointe de mtesse, rapide comme une 
flèche. Or c'est ce que signifie Tigreea persan et en médique (QuinU'Curce, 
1. IV, ch. 9.— Maussac, in not, ad Pha. de flumin,). 

(16) rrs, Phrat, de m, qui crott, qui fructifie {Genèse, n, 18). 

(17) C'est un livre si ancien > que les uns Tattribnent à Tempersur Tu, 
d'autres à Pey-y, qui vivait dans le même temps (2324 ans av. J.-G.) ; 
il contient une description du menue, qui parait imaginaire. On y place 
au milieu de la terre le mont Kouen^lun; il y est fait mention de beaucoup 
de monstres et de plantes extraordinaires. {Discours préUminaire du Chou» 
king par le P. Prémare, p. lxxiv). 

(18) ibinn^m^no^^mmo^sm 

M M O M i, £HISBIEJt- Chang-hai-king. 



TRADITIONS SUR L'ÂTAT P'INNOCRMGB. iM 

» mée du ciel. On rappelle le jardin brillant (fit(tdii3) ; les 
» eaux dont il est arrosé sont la source jaune (tan-choui)^ la 
» plus élevée et la plus riche de toutes; elle s*appelle la fon- 
» tainë d'immortalité-, celui qui en boit ne meurt pas. 

» L'eau jaune (ho-choui) sort du jardin entre le nord et To- 
» rient ; Teau rouge (tcki'Choui\y entre Torient et le midi; 
> Teau faible ou morte ijo-choui), entre le midi et Toccident ; 
» enfin Feau de l'agneau {yang choui)^ entre l'occident et le 
D nord. Ces eaux forment quatre fleuves, tous, fontaines spi- 
» rituelles du Seigneur-Esprit {Ty-chin), qui s'en sert pour 
# composer toutes les espèces de remèdes^ et arroser toutes 
» les choses qui existent (19). o 



(19) mmmmmmotEm^mm^ 
^ o & ^ m mo mm a fà om ^ -M-^o 

*ffl HCîioffl;^tijlîlgo#;KffiM4fco 

Aia*«o*;j:ii|ij^ojKftWilojKi}H 



i32 TRADITIONS GHRSriBNNBS UN CHINE. «-ART. Ilf. 

Qu'est-ce que la Genèse dit de plus? Tout cela est mis sous 
» les yeux par la figure que nous mettons ici. 

NOBD. 



e 

S 

m 

2 
H 



Pou-teheou, 
Paradis céleste* 



MIDI. 



KOUEN-LUN ou FABAJOIS TBBBKSTRS. 




1 



Cje qu'il 7 a de merveilleux c'est que cette figure n'est 
pas autre chose que l'ancienne lettre j^ tan- Ainsi au 
milieu est ^ tan ;fC chouiy la fontaine d'immortalité et 
le B carré où elle est enfermée est le bassin, d'où sortent les 
quatre fleuves. Le 1*' est ^ hoy ou le fleuve jaune; le second 
est ^ tchiy l'eau rouge ; le 3* est g jo^ l'eau dibiU ou morte; 
le 4« est ^ yàngy ou le fleuve de Yagneau. La tradition 
étant perdue, ils prennent la lettre j^ tan pour signifier, je 
ne sais quel sable rouqe^ dont doivent se servir ceux qui 



TBADITIM9 SUR l'bTAT p'INMOCBHCB. i33 

cbercheot la pierre philoeophale pour obtenir l'iramortalité. 
Hais sans aucun doule, cette vaine espérance d'immortalité 
Tient de la tradition altérée de celte félicité, dont Thomme 
jouissait dans TEden, quand il était immortel, non par une 
prérogative naturelle, mais au moyen de Varbre de vie (20). 

Ajoutez ici ce vieux proverbe qui, au témoignage de Lo pi, 
est encore dans la bouche du peuple : « Le fleuve {d'immorta- 
» lité) sort du paradis terrestre (21) ; » on ne dit pas : a Sort 
de ifcoiim-/tf filmais de Hl ti ^ tang, mot dont se servent les 
chinois chrétiens pour désigner le paradis de délices, ou para- 
dis terrestre* 

Le même livre Chan-hai-king dil : « Au nord de kai-^ming est 
» ViubredelHmmùrtalité {22)i c'est-à-dire suivant la glose, Far- 
bre de la vie éternelle. Eoai nan tsee place Vavhre^de vie à Toc- 
cident (23). Unissez les deux traditions et vous aurez uo angle 
entre Toccident et le nord, du côté de Peau de l'agneau. 

Le mont Pou tcheau^ qui est Timage du paradis céleste, 
comme on le verra par ce que nous dirons, doit être placé 
du même côté ; car le même Hoai nan tsee dita que la porte du 
» nord est ouverte pour recevoir le vent qui souffle du mont 
» Pau tcheau (24). »C'est pourquoi le mont Kouen-lun doit être 
par rapport au Pou tcheou dans uo angle placé entre Torient 
et le midi^ cpmme nous l'avons placé dans la figure. 

Fong-mong-long y dans les notes qu'il a ajoutées aux poèmes 
appelés Tsou-tsee, s'exprime ainsi : 

« Le mont Kouen-lun est situé entre l'occident et le nord. 
» C'est de là qu'est sortie la vie. Son sommet est appelé jareim 
» $u$pendu et c'est la voie du ciel (25). ]> 



(20) Liguam eUam fit» io nM\o paraditl {G$%. u, 9). 

(31) mi. m M Hk it- Lopi. 

(22) m ^ ^ W- 7 % ^ 0... -â; s ^ A. Chanr 
hairking, I. zj, p. 8. 

(23) ^ yè m ^ ^ n- Olote. 

(24) :it n n £1 lA 7 H Z SL- atxu^n^. 

(25) ffi#aj%B«:oJclC«tto««l 

BJBt9o^-t 'M "lA % 4b- Font-mong-long. 



134 TBADIT101I8 CntTlKlMBS Blf CBIHE. — ART. III. 

Adam et Ere sont les premiers parents du genre humain ; 
c'est d'eux que tous ont reçu la vie. Quand ils eurent été 
chassés du paradis , il ajoute avec raison : X K ^ ffi 
€tiU et là qiiM sortie la tie;et comme ils devaient de là 
monter au ciel, il dit avec autant de raison Jl 9| JK ^ 
c'est la voie du Ciel. 

Hoai-nan-vang dit aussi dans le même sens : c Si la hauteur 
» est doublée ce sera le Ciel suprême : c'est là que montent 
» les Esprits; et on l'appelle la maison du grand Set- 
» gneur (26), » La glose avertit que ce grand Seigneur est le 
maître du ciel (27). De là vient que le Chan-hai-king appelle 
hmen lun le palais inférieur du Seigneur (28) ; et qu'est- 
ce^ je vous prie, que le Palais inférieur du Seigneur, sinon le 
Paradis terrestre? 

Le même livre dit « qu'à la porte est un animal nommé 
» Kai-ming, qui garde l'entrée (29). « La glose l'appelle animal 
eéleste (30); Pao-pou-tsee rappelle animal spiriiuél (31). 

Rien n'est plus ordinaire aux Prophètes que de représenter 
les anges par des animaux, et les Pères grecs appellent les 
mêmes anges K^ôa Xoytxà des animaux raisonnables. Le 
nom de Kai ming paraît faire allusion au Gherub que le Sei- 
gneur plaça pour garder le chemin qui conduisait à l'arbre 
de vie (32). Cherub (ïïtiii) signifie, en un sens, docteur, prédi- 
cateur j et n kay §S ^f^ signifie oumrrmlel/tgence; ce qui 



(26) ±ièiLojim±JioSti:Jimo 

:£ Hl jk ^ J^ fi* Hoai^Mn-vang. 

(27) * * « O 5t * A- LaGloie. 

(28) tSi #iÊo||||i^;2: TU- Ch<inr)Mù4ùng, 
l.)l, n. 47, p. 11. 

(29) R W » 9i « ^ i:. Cfcan.hai.ibX9. 

(30) % K. Lagloie. 

(31) jjl|l IK- Pao-pou'tsée. 

(32) EJecitgue (Domlnus) Adam, et coUocayit ante paradisum ToluptatiB 
Gnenib'im et flàmmeom gladium atqne veraatilem ad cnstodienâaqi viam 
Ugoi TitaB {Geni m» 24). 



TRADITIONS SUR l'ÉTAT D'fflNOGSNGB. I3S 

est remploi des docteurs. Or Tesprit de nos premiers parents 
fut ouvert, quand ils se virent nus (33). « Nos pères^ dit La-pi^ 
» nous ont appris qu'ils tenaient de leurs ancêtres que le 
> mont Eoum-lun eiiste réellement, mais que jusqu'ici per- 
» sonne n'a pu y parvenir (34).» Et l'auteur des poèmes Tsou 
tsee, parmi les questions qu'il regarde comme insolubles, 
propose la suivante : « En quel lieu sont les jardins suspendus 
» dumontJrot4«n-/un(35).DNous, en Europe, nous disons quela 
place du Paradis terrestre est entièrement inconnue. 

Le philosophe lie-Uèe (36) parle aussi de la montagne d'où 
quatre fleuves s'échappent vers les quatre faces du monde. 

A ces citations du P. Prémare, nous ajoutons que le Che- 
pen, livre des généalogies, que l'on attribue à Sema-tsiefiy 
donne la description suivante du Potjhtcheou : 

c Sur le sommet du mont Pou-tcheau se voient les murs de 
• la justice. Le soleil et la lune ne sauraient en approcher. Il 
» n'y a là ni saisons différentes ni vicissitudes de jours et de 
» nuits ; c'est le royaume de la lumière^ qui confine avec celui 
» de la Mère du roi d'occident (Si-vang-mou). Un sage alla se 
» promener au-delà des bornes du soleil et de la lune, et vit 
» un arbre sur lequel était un oiseau, qui en le béquetant 
» faisait sortir du feu ; il en fut frappé; il en prit une bran- 
che, et s'<in servit pour en tirer du feu. C'est pour cela 
» qu'on appelle le premier roi Soui-gin (37). » 

Le même livre dit encore : Soui-gin contempla le nord^ et 
» fixa les quatre parties du monde. 11 forma son gouverne- 
» ment sur le modèle du ciel ; il imposa le premier des noms 



(33) Et aperti sunt ocali eorum, cumque cognovissent se esse Dudos 
{Gen. m, 7). 

(34) ^^«Kw m ^ lUo^ws^. 

(35) lg#J|Rllo^Sif^. Tsou-tsée. 

(36) Ue-Uée est un philosophe fort aiicieo qui demeura 40 aus dans ud 
désert (!e P. Fowpiet). 

(37) îHiù, prélim. du Chou-hingy p. Lxxxin. — Nous n*a?ons pas besoin jde 
)alre remarquer ]» ressemblance de cette fable avec celle du Proniéihée des 
Qreet, dérobant au ciel le feu qu'il apporte sur la terre. 



f ,16 TRADITIOIIS CnufeTIBIia^ Ht GHUIR. — ART. III. 

« aux plamUi et aux animaux, et ces noms les exprimaient 
» si bien qu'en nommant les choses on les connaissait (38). » 

« Mais, ajoute le P. Prémare, ce que j'ai dit sur ce sujet 
me parait suffire pour ceux qui cherchent la Térité et qui s'y 
attachent après l'avoir trouvée. — Disons maintenant quelque 
chose de ce bienheureux état de l'homme opont son pichi. » 

c Hélas 1 hélas ! dit le livre Chou-Sing, autrefois l'antique 
» roi ffta, comme il pratiquait uniquement la vertu, n'était 
t accablé par le ciel d'aucune calamité ; les esprits des monts 
9 et des eaux lui étaient favorables; les oiseaux du ciel, les 
» troupeaux de la terre et les poissons de la mer obéissaient à 
» l'homme d'un commun acxord (39). » 

Il me semble que le vieux roi Hia représente Adam ; mais 
nous traiterons ce point plus longuement ailleurs. 

Tûhûuang Uee parlant de cet âge d'or l'appelle : « Le siècle 
m de la veriu parfaite. 11 n'y avatit pas encore de chemin 
» creusé à travers les montagnes ; on n'avait pas encore 
» lancé de navires sur les lacs pour pêcher. Toutes choses 
» croissaient librement et partout le sol était paternel. Les 
» troupeaux erraient en paix ; les oiseaux volaient çk et là 
» et toutes les productions venaient d'elles-mêmes. L'homme 
» habitait au milieu des fêtes et tous les êtres ne formaient 
» pour ainsi dire qu'une famille. L'homme n'avait aucune 
» science du mal et ne s'éloignait point de la vertu et vi- 
» vait simplement y innocemment , sans aucun désir du 
« mal (40^. » 



(38) /d. p. LXxxiY. — Voici ce que dit la Genèse : «Quand le Seigneur Dieu 
eut fait avec de la boue tous les animaux de la terre et tous Icr oiseaux du 
ciel, il les apiena à Adam afin qu'il leur donnât des noms. Car ainsi qu'Adam 
a nommé une créature vlfante, tel eet son nom. Et Adam donna leur nom 
à tons les animaux, etc. {Gen. ii, v 19). 

(39) np^oi&ws^^o ir m m m o 

v H tt M %• Chwi-king, I. il (traduc m), o. it, n. 3, p. T2, où la 
traduction est an fw différent*. 



TRADITIONS SUR l'ÉTAT D'INNOGBNGE. i3l 

Or cette innocence et cette simplicité sont le partage d'une 
nature sans altération et maîtresse d'elle-même. Toute la 
force de ce passage est dans lH ^ sans science du mal et 
% ^ $ani disir du mal (41). 

Boai'nan-'teee parle presque dans les mêmes termes : 

» Au commencement tout était très-pur et vivait dans une 
» concorde et une soumission parfaites, telleaient que les 

• passions ne faisaient même pas entendre un léger mur- 
« mure. Au dedans l'homme adhérait à la suprême sagesse, 

* et au dehors toutes ses actions étaient conformes à l'équité 
a et à la justice. Son âme exempte de fraude et de men- 

> songe Jouissait d'un cêntentement admirable. Rien de 
a louche dans sa vie : c'était une merveilleuse simplicité. A 
» cause de cela le ciel lui donnait la félicité et la terre ks joies 
» les plus pures. Les saisons observaient les lois qui leur ont 

> été assignées ; les vents et les pluies ne désolaient point la 
9 terre; le soleil et la lune répandaient partout leurs btenfiai- 
» sautes influeuces et leur douce lumière, tandis que les pla- 
» nètes ne déviaient en rien de leur chemin (42). » 



tâée^ recnell précieux «ttribvé à ud philosophe de ce aom. On y tro«?e des 
choses adinirahles, sur le Saint des Saints. Il renfénne plasieurs traités 
qui De sont pas tous d'égale force (le P. Fouquet). 

(41) Le pÂre ITo, chinois, (ou plutôt le P. Cibot, qui s'était caché soos ce 
nom/, cite ce passage de Tthottang-tgée et y ajoute le suivant : 

« VYn et YTàng étaient dans une profonde harmonie ; les esprits ne nul- 
» saient point, et toutes les saisons étaient réglées, rien ne pouvait être 
» funeste ni dçoper la morl. Ovoiqne rhomme eût des connaissances, il 
» n'aTatt pas occasion d'en faire usage* Cet état se nomme i% grande ifnité, 
9 On faisait lé bien oaturellemeut, et sans avoir besoin d*y penser (Mém. 
»chin, t. ivp. 407). •» 

(42) i:ai;2:if^4««)R£l9S(ffi««« 



138 TRADITIONS GHBiTIBNNIS IN GBIlfB. — ART. III. 

On lit dans le livre Sn-ky de Sse-ma-tsien: 

c Dans celte premiers antiquité et dans le commencement 
» du monde, le ciel et la terre répondaient aux vœux de 
» rtiomme ; la température était douce ; Thomme était véri- 
» tablement vertueux et tous les fruits de la terre naissaient 
» spontanément et en grande abondance. Point de maladies ! 
» point de calamités ! point de mort ! C'est ce qu'on appelle 
> la grande époque de la Nature parfaite (43). » 

Et I/h-pi parlant du roi Hoen'^tun^ qui est encore un type 
d'Adam innocent, dit : < En ce temps tout était bien réglé, et 
» tout croissait à Tenvi. Les nids des oiseaux placés çà et là sur 
t la terre et non dans les arbres pouvaient être saisis avec la ' 
» main, et tous les animaux reconnaissaient l'empire de 
» rhomme (44). > 

Le même Zo-pt dit encore ailleurs : « Alors Tbomme et 
» tous les êtres de l'univers avaient entre eux un lien étroit 
» et nécessaire : Thomme ne nuisait pas aux autres créatures, 
» et les autres créatures ne blessaient pas l'homme (45). » 

Enfin lorsqu'on dit vulgairement que le Saint naît sans 
aucune ignorance et qu'il grandit sans aucune difficulté de ce 
qui est droit, c'est la même tradition que j'ai rapportée plus 



ff» Hoai-nan-Uée. 

(4d)^««o^jAJeoifii|SiH^ftoA 

^ mon î.iKit^%o:^^:^i^ oM mnmo 

JKi il li % ft* S«e-ky, de Ssé-ma-tsien. 

(44)irn%^oii4»iijfi.oiRAi:m^ 
mm» 4LO ^ m^ mm «èz- io-pi. 

H ê^ H S( A Z Ht- lo-pi. 



nADiTioKS SUR Vtfxr D'mMocKircB. 134 

haut d'après Tehouang-tsie^ à savoir c que l'homme vivait sans 
» liemee et sans mauvaise volonté (46). > 

n est évident que cela regarde Adam dans l'état où il fut 
créé. De même la recherche de la plante admirable que pro- 
duit Vimmartaliti paraît découler de la tradition altérée de 
Varbre de tte, qui était au milieu du Paradis. 



(46) ^ftjâfÎTolltoJiafe. Tchouang^ée. 



149 T1ADIT101I6 C mft l lKWiP KH CHIHI. -* ABT. IV. 



ARTICLE QUATRIEME. 



TnUiltl«its ««p l'état «le M»t«re diécMue. 



Avant de commencer la traduction du P. Prémare, nous 
allons citer quelques passages de l'Ecriture, qui pourront ser- 
vir de terme de comparaison sur la chute de Lucifer et de ses 
anges. 
Voici d'abord le témoignage de l'ancien Testament: 
« Comment es-tu tombé du Ciel, Lucifer, qui te levais vers 
» le matin ? Tu es tombé sur la terre, toi qui frappais les na- 
n lions I Tu disais en ton cœur : Je monterai par dessus les 
> cieux, j'établirai moù trône au-dessus des astres de Dieu ; 
» je me reposerai près de l'aquilon, sur la montagne du Testa- 
» ment ; je m*éleverai au-dessus des nues ; je serai semblable 
» au TriS'Baut. » — Hais tu as été jeté dans l'enfer au plus 
» profond de 1 abîme (1). » 
Le nouveau Testament ajoute de mystérieux détails : 
c Un autre signe fut vu dans le Ciel. Voilà le grand Dragon» 
» rouge^ ayant 7 tètes et 10 cornes, et sur ses tètes 7 diadèmes 
» et sa queue traînait la troisième partie des étoiles du Ciel, 
» et il les jeta sur la terre. > 

» Alors il y eut un grand combat dans le ciel : Michel et ses 
9 anges combattaient contre le Dragon, et le Dragon combat- 
» tait avec ses anges. Mais ceux-ci furent les plus faibles, et 
» leur place ne se trouva plus désormais dans le ciel. Et le 
• grand Dragon, l'ancien Serpent, appelé le Diable et Satan, 



(I) Isaîe, XIV, 12-16. 



TRAOITIOIIS BOR L'AfAT M WAtlffK HAGHtm. 141 

> qui séduit toute la terre habitable^ fut prédpité en taire, et 
» ses anges avec lui (2). 

M Et les étèil66 tembàreni du del sur ter0a> de même que 
» le figuier réelle les figues Tertes quand il est agité par le 
» Vent. Le ciel se retira comme ut> voluitte que Ton roule» et 
9 toutes les montagnes et les Hes furoot secouées de leurs 
I» |>laees (3>. 

B Le 3« ange sonna de la trompette, et une grande Etoile, 

> brûlante comme un flambeau, tomba du deK Elle tomba 
» dans la troisième partie des fleuves et dans les sources des 

> eaux ; le nom de cette étoile était Absyntbe. Le 4* ange 

> soona de la trompette» et la iroiiUme partie du $oUih de la 
B lune et dee étoHes fut frappée^ de telle manière quo U 3* 
» partie de leur lumière fut obscurcie et la 3« partie du jour 
» et de nuit ne donna pas sa lumière..,. Le 5« ange sonna de 

> la trompette, etje vis qu'une Etoile était tombée sur la terrCf 
j> et on lui donna la clef du puits de l'abyme, et elle ouvrit le 
» puits de l'abîme, et la fumée du puits de Tablme monta 
» comme la fumée d'une grande fournaise, et le soleil et Tair 
« en turent obscurcis (4). » 

On voit quelle mystérieuse relation il y a là entre les étoiles, 
symbole de la lumière, et les ténèbres, entre Tantagonisme de 
Michel et du Serpent; on trouve ces relations, mais inexpli- 
quées, dans les traditions chinoises. 

Après ces descriptions et figures du grand Dragon ou de 
Satan, données ^r Vanelèii et le nôMeau Te^ment, nous 
croyons devoir donner les indications bizarres, mais très-an- 
ciennesi, consignées dans le CAanrAair^kini, livre d^une grande 
antiquité, que lea Chinois attriboentâ ChittHMng^ qui ne serait 
autre que Stih dliptràs M. de Paravey : 

£o-ott ^ S (alto ejjK^ moi élevé; quadrupède, tigre parlfi 
corps, homme à 9 tètes, président au mont Eauen-lun (C'A^ny- 
AaitAtn^fl.i^D. 3). 



(2) A^poc, xu, 3, 4, 7-9. 

(3) ipoc. VI, 13, 14. 

(4) Âfoc. VIII, 10-13 ; IX, 1, 2. 



44ft nuonions GBBtciuiNBa bn gbihb. .— An. iv. 

Siang-Ueau, ^ i^ serpent veoiiueux à 9 têtes» homme |»ar 
le visage {Urid. n. 13). 

Tkft^ JL ft (€oM aitmUilary magma vodfenlùr) Tor 
gueill«ia, le grand yociférateur du Ciel; quadrupède à 8 tètes, 
et à 8 queues, qualifié Esprit des eaux (iM. n. 15). 

Eieau'fimg ju A {novem eognonwn , eiBlia) , surnom ; 
assemblée des 9; grand oiseau à 9 tètes, homme par le visage, 
qualifié de Roi des animaux (Md. n. 19). 

Long^chy K fil (tnsecfornm népoîe$) petit «'fils des insectes , 
chien à 9 tètes et à 9 queues (U m, n. 40). 

Void maintenant la suite du P. Prémare. 

Cîomme il y a deux Natures déchues, celle de l'Ange et 
celle de THomme, nous parlerons séparément de 4'une et de 
Fautre. 



Section I. De la chute des Angee. 

Pour recueillir tout ce qui concerne la chute des Anges, je 
divisejcette section en trois points. Le l*' contiendra quelques 
symboles qui semblent s'y rapporter ; le 2* traitera de Tchi- 
yeou ; le 3* de Kong-kony (qui me paraissent être les noms ou 
les symboles de Lucifer). 

i»r P^iial. — BjmÊMaMma dlvema. 

Le livre F king dit : a Le Dragon rebelle et pervers est puni de 
» son orgueil(5).» On^st porté à traduire ainsi ce texte avec les 
interprètes chinois, mais quoi qu*il en soit du mauvais Dragon 
que je ne me souviens pas avoir vu dans les livres vrais 
kmg^ il est certain que dans la ligne 6« du symbole kien |^, 
le Diable n'est pas désigné par le mot H Lmg ; mais 
bien le Saint lui-même qui d'abord a apparu, sur la terre, isai- 



(5) A H W 1t (l'-Wn^, 1™ part. SymboU, \. n. 7). 



DE LA CHUTE DBS ANGES. 143 

tien ^ Q^m terris muis est , a été enlevé ensuite au 
ciel, tsai tien ^ ^, assumptus estincœlis. Ce signe ju est pris à 
tort pour l'épi tbète de la lettre ]£ Long, Car dans ce passage 
c'est un verbe qui signifie: rebeller, secouer le joug , ne vouloir pas 
se soumettre ; son nominatif est sous-entendu, c'est Lucifer et 
les siens. Le régime du verbe % kang est le Saint et divin 
^^9 lË^ qu'ils ne voulurent pas reconnaître pour roi, quem 
noluerunt regnare super' se. 

Le même livre dit: aL*orgueil l'a aveuglé: il a voulu monter 
» au ciel et il a été jeté sur la terre (&).^ « Il ne s'est pas connu 
]> lui-même^ dit la Glose^ et il est devenu aveugle. Au commen- 
» cernent il était placé dans un lieu élevé, mais il perdit la 
» connaissance de lui-même, il se nuisit à lui-même et perdit 
» la vie éternelle (7].» Paroles qui, dans l'esprit des interprètes 
ne signifient peut-être rien autre chose, sinon que les orgueil- 
leux se perdent eux-mêmes. Hais il ne faut pas conclure de 
là qu'un sens plus élevé ne soit pas contenu dans le texte. 
II est écrit dans le livre Tchun tsieou: « Au milieu de la nuit les 
s étoiles tombèrent du ciel comme la pluie et n'ont plus 
^ paru depuis (8). » 

Les vieux interprètes Tching huen et Lieou hiang expliquent 
ainsi ce passage : 

a Les étoiles sont les images des petits rois. Les étoiles toni* 
» bèrent, c'est-à-dire qu^ils violèrentles lois et les recommanda- 
» tioos de l'empereur. Lorsqu'on dit que les étoiles tombèrent, 
cela signifie que les petits rois tombèrent de leur haute posi- 
tion, et qu'au milieu de ta nuit, c'est-à dire au milieu du 



» 



(6) ;F os H o |g s ^ 3^ o 1^ A £ JA (r-wn0.2« 

paît, symbole 36, u. 16, t. ii« p. 172 du P. Résis qui ayant supprimé les 
comm. de Goofucius pour y metUe les siens n'est d'aucune autorité. Nous ne 
le citons qae pour mémoire. 

de Jefeu-At, jointe à ce texte. 



144 TRADITIONS CHRiTlBNNBS BN CHINE. — ART. lY. 

» chemin, ils défaillirent et n'accomplirent pas le nombre de 
» leurs Jours (9). i» 

Au moins ces deux Chinois ayaient bien tu qu'en ce lieu il 
faut recourir aux symboles et aux figures. Mais ils ignoraient 
que ces petits roissignifiaieiit les principaux Esprits du ciel, et 
que ce Ji tien ^ tseu, fils du ciel ^ n'est autre que le 
Verbe qui devait s'incarner^ le vrai fils de Dieu que Lucifer ne 
voulut pas adorer: ce qui causa sa chute du ciel. 

Haai non vang et plusieurs autres rapportent « qu'au temps 
• du roi Fao dix soleils apparurent en même temps dans le 
» ciel. Le roi ordonna que le prince, nommé ^ T, lançât 
j» des traits contre eux. Y en atteignit neuf avec ses, flèches. 
»' Neuf corbeaux qui résidaient dans ces soleils périrent et 
leurs ailes furent coupées (10). o 

Les Chinois ayant perdu la tradition de la vraie doctrine 
ne peuvent donner aucune explication de cet apologue et de 
plusieurs autres semblables que je rapporte dans ce traité. 
Mais pour nous qui avons la foi chrétienne, rien n'est plus 
facile. Quel est ce Soleil qui demeure pendant que les neuf 
autret; tombent, sinon le Soleil de justice et la splendeur de la 
lumière éternelle. Neuf corbeaux, c'est-à-dire les anges rebel- 



^ f& W fS' {Tehing-huen et Iteou-^ianp. Vous voyez comment ces 
deux auteurs oot recours aux f^ymboles et aux figures, parce qu'ils pensent 
expliquer très-bien ce texte. Quand rien ne leur Yient à Tesprit, Us disent 
que ce ne sont que pures fables, qui ne méritent pas de croyance. S'ils 
eussent su ce que nous savons, ils parleraient comme nous, (prémare). 

Tehin-hum ou hitien, aoeien et fameux interptéte, tivait sous les Ban 
(202 ans avant J.-C à 320 après) ainsi que liêou'hiangf qui a fait le ca- 
talogue si important des livres qui existaient de son tempe, catalogue traduit 
par M. Panthier et inséré dan^ les ÀnfuUes de phUotopiûef t. xx (5« série) 
et t. net fil (e* série). 

(10) n^-fBMmo^Ti^n ^«oi^ 

wmg. . ■ ; 



DB LA CHUTE DBS AN6BS. i45 

les des neuf chœurs^ moûleni sous la conduite de Lucifer et 
veulent disputer de vi^e force l'empire au Fils de Dieu, dont 
le type en cet endroit est le roi Yao, comme l'indique cette 
parole : 

Maximos ille Deum Ubi ait cui nomen Yao (il). 
Regarde comme le premier des Dieux relui qui s'appelle Yao. 

Dieu , dis-je, envoie Michel qui est désigné pnr F ^. 
Car la lettre ^ ou mieux ^ comme elle est écrite dans le 
Choue-ven, est composée de deux parties: ^ yu, qui signifie 
les aile» des oiseaux, et ^f qu'on explique au moyen de ping 
2p pacifier, apaiser les troubles et Us mouvements. Par aile 
il faut entendre un ange ; par f f il faut entendre la victoire 
qu'il remporta sur le Diable. Comme ceux qui sont venus après 
ignoraient cela, ils ont regardé ce Y comme le premier et le 
plus habile des maîtres d'arc. Michel chasse donc les Soleils 
impurs du ciel. Et ces noirs Corbeaux qui voulaient placer 
leur nid au-dessus des astres sont troubles et frappés de 
mort, ils ont les ailes coupées et sont changés en Serpent; 
c'est-à-dire qu'ils n'ont plus d'espérance de reconquérir leur 
première place. 

Le livre Tou-chu-pien déduit des études astronomiques, 
< que ce temps du roi Fao était peu éloigné du commence- 
9 ment du monde (12). » 

Avant que je me mette à exposer les deux principaux symbo- 
les de Lua/er, vous remarquerez que la même histoire, par 
exemple celledu cruel Hongkong, est placée sous six ou sept ino* 
narques qui ont porté divers noms et vécu à diverses époques ; 
ce qui marque fortement que tous ces héros figuratifs doivent, 
être rapportés à un Type unique. En outre ces Roitelets rebelles 
combattent pour avoir l'empire du monde dont ils ne peuvent 



(il) Paroles de Toracle de Glaros; dans Macrobe, Satur, i, 18. 

(12) ^m^m B mA'^ o ^^ ^ ^ m 

^ )ft <|lb Tou-chu-pien. 

Prâvark. 10 



446 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. —ART. IV. 

souffrir que le Fils du roi s'empare. Tout cela confirme Topi- 
nion de ceux qui pensent que le péciié des anges fut de n^avoîr 
pas Youlu^ par orgueil^ se soumettre au Fils de Dieu incarné. 



n^ Point. — Telil-yeo«i (13), 



1^ Examinons le nom. La lettre ^ tchi n'est pas composée 
de lll> mais de t^.tchi^ qui s'écrit ordinairement ^ et de 
i tchong qui signifie : ver de terre. jJl ou plutôt jj ichi 
signifie : parvenir jusqu'à^ soit en montant, soit en descen- 
dant, luci/cr voulait monter et devenir pareil au Très-Haut j 
mais il tomba du ciel et devint un serpent mortel, ^ ^ ; 
c'est pourquoi il est appelé ^ tckù La même lettre signifie 
par analogie Aoîi^eua;^ difforme. On a coutume d'ajouter ;^ 
et d'écrire |$. Par ^ on désigne le serpent, et par ^ niu 
Eve, De là naquit la turpitude et toute difformité. La lettre 
91 tcheou signifie, pour la même raison, chose honien$e* 
Ses deux parties sont W 5utt;re % 4Ë» ^t j|^ à savoir le 
diable. Rien n'est plus honteux que de suivre le Diable, comme 
Eve l'a fait. 

^ Tchi signifie aussi ignorant et aveuglé par la cupidité. 
^ JJi, et Zo-/>t dit au sujet de Tc/it yeou a que sa cupidité 
» fut insatiable (14). » Enfin ^ tchi est le nom d'une Etoile 
comme Lucifer chez nous. 

L'autre lettre % y^ou est composée, selon le ChoOe-ven, 
de 31 et mieux de 3- main et de 21» y- Elle désigne la main 
de Dieu^ c'est-à-dire la force, la puissance qui élève quelque 
créature; car le Choue-ven veut que ^ o représente les 



(13) Dans le dlBcours prélim. du Chou-king^ p. cxxKif,^le P. Prémare a 
mis un chap. sur Tchi-yeoUf mais il est moins détaillé et moins explicite que 
celui qu'il donne ici. A. B. 

(14) ^ * « Se » m Lo-pi. 



DE TGH1-YE0I3, SYMBOLE DE LUCIFER. 147 

» plantes qui pullulent les premières au comnnnencement 
D du printemps (15). » C'est un symbole. Le dictionnaire 
Lou-chU'kou dit que la lettre % yeou signifie tantôt « ce qui 
» est beau et bon, tantôt ce qui est affreux et mauvais (16). » 
C'est-à-dire qu'il est pris dans les deux sens, d'abord dans le 
sens bon, et ensuite dans le mauvais. Il n'y avait parmi les 
créatures rien de plus beau, que Lucifer avant son péché. 
Après son péché^ il n'y â rien de plus laid et de plus difforme. 
Enfin Tchi yeou est appelé gj fan j^ Uuen. Le Choue-vefi^ 
dit que fan signifie la même chose quePft po, obstruer ^ 
et que j^ signifie fontaine. Lucifer est le premier qui, par 
son péché, ait obstrué la fontaine de la grâce et de la muni- 
ficence divine. 

2o Les Annales rapportent que^ a selon quelques-uns, Tchi- 
» yeou fut autrefois le fils du ciel, 5c 't^ ^ l^^^i que, selon 
» d'autres, il fut un plébéien fameux par son ambition (17). » 
Lucifer, créé par Dieu et orné de grandes qualités, pouvait 
être appelé Ji tien -J tseu ; mais, par le péché, il est devenu 
une créature de basse condition. 

3' Le livre Chou-king dit : a D'après les anciens documents 
» laissés par nos ancêtres, il est certain que Tchi yeou fut le 
» premier auteur d'une rébellion, et que cette rébellion s'é- 
9 tendit à tous les peuples , de là proviennent tous les 
» crimes (18), » et Tinterprète « remarque que Tchi yeou fut le 
» prince et le chef de neuf noirs (19). » 

Il ne fut pas la cause immédiate et prochaine, mais seule- 
ment première et éloignqp de tous les maux, que le Chou king 



(16) ^ 3 ^ Û ^ ^ % Un^chau-hou. 

(17) mXt^Ji^o^BBAnm 

(Annales). 

(18) ^ t m momxm^i^$iLo m un 

m Rom 7âiKmiliSl0%H$mil Chaurking 
l IV, c. 27, irad. Pauthier, p. 130. 

(19) WiL»±S«^*««ltt f^H inter- 
prête da Chou-king. 



148 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. —ART. IV. 

lui attribue. Ces neuf noirs désignent les noirs et sombres 
bataillons des Démons que le livre Hortou décrit ainsi sym- 
boliquement : 

« Ils sont 81 frères; ils ont un corps de bête, une voix hu- 
ù maine, une tète d'airain, un front defer,ils mangeotle sable, 
» et sont les inventeurs des armes. Pleins de confiance dans 
» leurs glaives, leurs lances et leurs arcs énormes, ils épou- 
» vantent Tunivers, et exercent leur cruauté sans frein (20). » 

C'est à cause de cela que Tcheou-tc/ting-hien « attribue à la 
» légion impie et scélérate de ces frères Torigine de tous les 
D crimes et surtout des fraudes et des divisions (21). x> Le livre 
ilo-tou, déjà cité plus haut, « dit que le pervers Tchi hicou eut 
» 81 frères ; d'autres disent 72 (22). » 

Les deux nombres conviennent aux Anges rebelles. Nous 
savons qu'il tomba beaucoup d'anges dans chacun des 9 
chœurs ; or, 9 multiplié par lui-même donne 81. De même, 
nous savons que les 8 plages du monde sont soumises à la 
tutelle des Anges. Or, 8 multipll6 par 9 donne 72. 

4"" « Le Roi rouge, dit Ven-lseej est la calamité du feu ; il 
x> s'arrogea le titre de Seigneur des flammes, o Et la glose dit : 
« Ce roi rouge, c'est Tchùyeou (23).. » «^ HDang-li, dit le Chan- 
àai-King, ordonna à l'obéissant Long de détruire Tchi-yeou 
)) et de le jeter dans la noire vallée des maux (24). i» 



(20) 5il&A + -AâÈ»#oA»«« 
««o:^^o^3::Êtt 73 gj :^ »o|S « 5c 

y <> tk ^ M ^ I^ Ho-tou. 

* (21) xmfkmo^M^mmmmiitw. 

2L m TckBOVrUhing-hien. 

(22) m% ^ MA+-Ao^S ^+n 

Le Ho-tou, 

(23) ^^iSiifC^oÇjl^^'^^o^'S^^ 

^ JJIt Ven-tiée. Le même peut -être qae ïun-ven^tséêf disciple de Lao- 
sée, lié 604 ans av. J.-C. 

(24) ^^^mnmmxnki^^z^' 

Chanrhai-king, 1. xiv, p. 4, sens de ce tezte^ 1. zv, p. 2, meilleur texte, 
1. xvii, p. 3. 



DE TCHl-TBOU, 8TMB0LB DE LUGIPEH. i49 

Quoique dans les vrais livres King^ comme je I^ai déjà dit, 
Long soit regardé comme le type du Saint, cependant en 
beaucoup d'autres livres ce caractère est aussi employé pour 
désigner les esprits ; et de même que chez nos poètes il y a 
des dieux marins, comme par exemple, Neptune, Palémon, Ino, 
Mélicerte,e\c., il en estainsichez les Chinois qui nomment ces 
sortes de génies Long. En ce passage le courageux et obéis- 
sant Long représente sous un nouveau type TArcbange Mi- 
ehel (25), et cette vallée est manifestement l'Enfer, comme on 
le voit soit par le hiéroglyphe Kl f'fîong qui selon le « Choue- 
» ven présente une ouverture, une crevasse de terre et les 
» méchants liés ensemble qui tombent dans ce gouffre (26) ; 
i> soit aussi parce que dans les livres des Bonzes Ni-li signi- 
» fie VEnfefy selon Tindicalion du dictionnaire Tching-tsee- 
» tO'ig (27). » 

Tchi-yeou allume par sa rébellion le feu de Tenfer, c'est 

pourquoi on l'appelle ^ ho JÉE. ^^i M Kia. d 

On raconte en outre « que dans ce combat Tchi yeou fonua 
B un grand nuage pour dérober la lumière à l'armée (28). ^ 
C'est-à-dire que Lucifer, par ses criminels artifices, a aveuglé 
beaucoup d'anges dans le ciel et beaucoup d'hommes sur la 
terre, et leur a arraché l'intelligence. Et on ajoute « que 
» Hoang-li fit un char magnétique pour instruire tous les peu- 
n pies (29) du monde, et qu'ensuite il enchaîna le méchant 



(2S} Le Saint lui-même pourrait aas^i être désigné ici. Mais dana ce 
passage J'aime mieox traduire ttoang-ty par le Seigneur en tant qu'il est 
Dieu, que Dieu le père qui l'a envové. D est donc mieux d'entendre par Long 
S. Michel, (prémare). 

(^6) tk1à^^f&^^4L Choue-ven, clef m. 

(27) 1$ R9^9Lommofg^4L Tching-tsee- 
long. * 

(28) u%i^!kmoWi±^m' (Gjo«). 

(29) (9 ^ signiAe aussi bien tous les pays que tous les peuples. Si 
quelqu'un réplique que les 4 parties du monde sont dësit^nées par l'ocum^n 
magnetieumy VaiguiUe magnétique, nons lui demanderons ce que cela importe 
pour lier TcM'-yeou (prémare). 



1 



150 TRADITIONS GHRÊTIBNNES BN CHINE. — ART. IV. 

« 

t Tchi-yeou (30). » Ce char qui indique les pôles célestes 
où les anciens fixaient le trône du Dieu suprême, qu'est-il, 
sinon le symbole de la loi divine par laquelle le vrai Hoang- 
H conduit sûrement les hommes au cieU et ^près la publi- 
cation de laquelle Dieu a saisi Satan, et l'a enchaîné et 
jeté dans Tabime. 

Le livre Ho-tou dit a qu'une Vierge divine fut envoyée du 
D ciel et donna à Hoang-ti des armes avec lesquelles il vainquit 

» Tchi-yeou (31). Par cette Vierge comme par ^ niu ^ owa, 
dont nous parlerons dans le Point suivant, et à l'article 5% Ton 
peut entendre la très-sainte Humanité du Sauveur laquelle don- 
naauVerbedivindesarmesavec lesquelles il vainquit le Diable. 
5<» LO'pi rapporte que « Tcki-yeou, quand il enfanta !a rébel- 
» lion, sortit du fleuve de l'Agneau et monta sur Kieou-nao 
» pour attaquer Kong-sang (32). » Qu'est-ce que Kieou-nao ? 
je n'ai encore pu le trouver nulle part. Mais je ne doute pas 
que cette antique tradition ne concerne Satan^ qui s'avança 
vers le jardiu de délices pour tenter Eve, comme on peut le 
lire dans Chi-king à l'Ode qui se nomme |^ Sang 4* tchong (33). 
Certainement le fleuve de l'Agneau ^ yang :jfc Choui est Un 
des quatre qui sortent du paradis, et celui qui coule vers 



(30) ff«ftitîif»ojui3^ig^o^^ 

"S )% Ailleurs, le P. Prémare igoute : 

Hoang-ty 8*en retourna sur la haute montagne ; pendant trois jours, il y 
eut des ténèbres horribies et un brouillard affreux ; alors le roi, levant les 
mams au Ciel, poussait de grands.soupirs, et le Ciel lui envoya une Vierge 
eéleste, qui lui donna des armes, avec assurance de la victoire. Hoang-ty flt 
un char qui se tournait toujours de lui-môme vers le midi, aûn de montrer 
les quatre régions, et aussitôt il enchaîna Ichi-yeou {Disc. préUm, du Chou- 
king, p. cxxviii). On dit partout que Tchi-yeou n'est point mort. [Id). 

(31) ^aiATiSït*:^#JU ik ^ 1Q 

le Ho-tou. 

(32) mxmuLia^yKo^xï^^'i^ 

& H Lo-pi. 

(33) Chi-king ode Sang tchong, l'«part. c. iv, ode 4, laquelle ne paraît 
guère se rapporter à Eve. 



DE TGHI-TEOU^ SYMBOLE DE LUCIFER. 151 

PoU'icheoUy comme nous Tavons dit plus haut (34). Cela est 
confirmé par la lettre |j| Sang qui signifie arbre plaeé dans le 
milieu, comme l'indique le livre Kou-y^ et qui n'offre rien 
autre chose aux yeux qu'un arbre ^fc sur lequel apparaissent 
trois mains : celle du Serpent, celle d'Eve et celle d'Adam. 
Il est appelé ^ Kong, vide, parce qu'il a trompé l'espérance de 
l'homme. Est-ce l'arbre de mort, oui ou non? qui peut le 
savoir ? 

^"^ Le livre Po-kou-tou atteste que a sur les vases antiques 
» il était d*U8age de sculpter l'effigie de Tchi-yeou pour dé- 
» tourner les hommes de la concupiscence et de la cruauté 
D (36) 1) et les Annales Tong-kien disent ouvertement que 
Tchi-yeou est le Diable (37). De là les étendards qu'on fait 
encore. pour chasser les Démons s'appellent les étendards de 
Tchi-yeou. Lo-pi ajoute que < la forme de Tchi-yeou se termine 
» en manière de bête et qu'elle a des ailes charnues comme 
» les chauves-souris (38). » Enfin l'histoire de la Chine rap- 
porte que « sous l'empereur Han-vou (140 av. J.-C.) Tchi-yeou 
» apparut pendant le jour dans un territoire appartenant à la 
B ville de Tai-yuen [capitale de la prov» de Chan-si) ; il avait 
D des pieds de tortue et une tête de serpent. Et comme il affli« 
D geait extrêmement les habitants de ce pays, ils lui dédièrent 
5) un temple (39). » 



(34) Voir Ja flg. du Pou-tcheou, ci-dessus, p. 132. 

(35) H « + J«t i Tf: 4 Chi-king. 

(36) H fÇ I* » o $ if ^ * ^ ffi o Ul ft 

M Wt i, JK Po-kou-tùu. C'est un gros livre dans lequel on trouve 
tous les apciens vases asses bien dessinés, et avec leurs noms (prémabe) . 

(37) mx ^mm^ m j^ m Kl jR'Mf&o 

£ ^ !i% iK Annales^ Tong-kien. 

(38) *jR2S£««?^ o ^ ^ fy ^ Xo.pi. 

lo-pt parlant du châtiment de Tchi-yeoUy ajoute ces belles paroles, Imitées 
de VT'king: <t Tous ceux qui font le bien sont comblés de félicités, et tous 
» ceux qui font le mal Font accablés de misères {Disc, prél. p. cxxix). » 

tliOl^^^^O ^•jtJH Histoire de la Chine. 



1 2(2 TRADITIONS CHK^IKimEâ EN GHINR. — ÀRf . IV. 

S« Point. — Rong-Kong. 

lo ^ Kong X kang signifie la même chose que ?cavoup- 
yhç (artisan de tout), Vimposteur et ïarchitecle de tout mal. 
De là vient que la lettre \^ hong qui signifie déluge est com- 
posée de ^ Kong et de f ou Choui ifH^ les eaux amenées 
par Kongkong. On l'appelle aussi Kang ^hoei^, paix 
fausse^ pleine de mensonges et de fraudes^ noms qui expri- 
ment parfaitement le véritable caractère de Satan. 

l"" Le livre Kotm-tsang dit : a Kong-kong a un visage d'bom- 
A me, un corps de Serpent et une chevelure rouge. Il est 
» Homme et ne Test pas ; il est Serpent et ne Test pas ; il n'est 
• que rusé et mensonge. 11 e.st entièrement rouge, soit parce 
qu'il est tourmenté par le feu, comme Tchi-yeou est appelé 
J> -^ Tchi ^ (t,soit à cause de sa malice invétérée (40). » 

3« Four le temps oxx Kong-kong se révolta voici ce qu'on en 
dit : Les uns remontent à Tcho-yong qui régnait longtemps 
avant Fou-hy, comme dit le livre Yaûki: fn Kong-kong combat- 
» til contre JcAo-yong. Vaincu et frémissant de colère^ il frappa 
de sa tête le mont Pourteheou (41). o D'autres le font vivre 
sous Nin-oua. Le Kang kien pou dit en effet : 

ft Après la mort de Fou-hy (le Tri$mégiste) Kong-kong se ré- 
» volta ; NiU'Oua lui livra bataille et le fit périr (42). y> 



(*0) ^JLAIS^^^M Kouei-tsang (Trésor de ce 
qui est revenu}, livre cité par Lo-pi ; mais inconnu au P. Prémare. Il est at- 
tribué à Chinmong, c'est-à-dire à Seth, d'après M. de Paravey. Vçir sa dis-, 
sertatioo Sur les 10 patriarches retrouvés dans les livres chinois, dans 
Annales, t. xvi, p . 1 15 (2* série) . 

(41) ^x Si M iBLmimo TïiBMMo nm 

jp| 7 ^ Ul Vai-ki ; recueil d'anciens hlst. par LieoU-tao-yuen, vers 
l'an 1000 de J. -G., qui a inséré dans ce livie tout ce que Sse-mc^-kouang 
n'avait pas voulu faire entrer dans son Sse-ki. 

(W ± ^ Z fSi ^ xà i^flLoiimR n * 

Jl 1$ $ âft liff 1^ J^ Kang^kien-pou est un bon abrégé d'tilstoire 
composé par Tuen-tsao-fan, qui vivait sous les Ming 1333-1628 de J.-C. 



DBK0NG-K0N6, SYMBOLE DE LUCIFER. 153 

D'autres placent ce fait sous le roi Tchouen hià, diaprés 
Hoây ikàn-lsee qui dit : a Autrefois Kong-kong disputa Tempiri; 
» à Tchouen-hiô, et bouillounant de colère il frappa de la tè(c 
D le moQt Pou-icheou. Les colon ues du ciel furent rompues; les 
» liens qui rettînaient la terre furent brisés. Le ciel s'ouvrit 
» entre Toccident et le uord. La terre s'affaissa entre l'orient et 
» le midi (43j. » 

Le même auteur assure que ces faits ont eu lieu sous le roi 
"Kao-^in, Car il dit : a Autrefois Kong-kong , soutenu par 
» de grandes forces, attaqua le mont Pou-teheou , de telle 
» sorte quela terre s'affaissa entre l'orient et le midi, ildispula 
» Tempire à Kaosin et fut précipité dans l'ubime (44). » 
Le môme livre, rapportant ces faits au roi Yao, dit : « Tao 
o chassa au loin Kong-kong dans la région des ténèbres (45). s 
ffoay nan vang et beaucoup d'autres attribuent ce fait au roi 
Chun: « Au temps de Chun, dit-il, Kong-kong excita ledé- 
» luge pour perdre Kong-sang (46). o 

Enfin, Sun-lsee attribue au grand Yu la victoire sur Kong- 
kong; voici ses paroles: « Yu mit en déroute Kong-kong (AT). n 
Or, comme on le voit, ce même fait avec les mêmes circons- 
tances est attribué à tous les rois qui constituèrent l'époque 
des temps héroïques. Dans ce chaos-là, je ne pouvais vouloir 
en tirer une histoire réelle. De même que Tchi-yeou eiKong- 
kang sont Temblème d'un même Salan, ainsi tous ces héros 
sont autant de types de Celui qui a vaincu les Démons. Ceci 
est indubitable pour moi. 



(43) #*X||iSm^*o^|l0«T^^ 

m oji ^ ^o ist mi& o % ii u *o»m 

Iji M Hoay-nan-tsee, yen 179 av. J.-C. Voir art. 1, note 77. 

(44) t * X i. u m T» ^ m o ® m y^m 

(45) ^ i* * X *& SB ;l+| {Idem). 

(46) #ii# ^ X m m m iKo j^m ^ ^ 

(Hoay-nan-vatig], de même que le préccdenl. 
(47) ^ fÇ ^ X iSun-tsee), 



i 54 TRADITIONS CHRÉTIENIISS EN CHIQB. — ART. IV. 

4<> Plusieurs écrivains n^procheiit k Kong-kong son orgueil 
et son arrogance * Lopi dit o qu'il se vantait d'avoir la sagesse 
» du Sainl, ei, qu'en conséquence on ne devait pas lui don- 
» ner le nom de sujet ou de vassal (48). » Kang-kien-pou dit : 
« Qu*enflé de sa sagesse, il s'attribuait à lui-même et à lui seul 
D toutes les qualités intellectuelles^ et il disait qu'il était Li 
» vertu de l'eau (49). » 

J'ai déjà fait observer que Veau fut prise par les anciens 
pour le symbole du Verbe divin. L'eau est tranquille et lim- 
pide comme un miroir. Le Verbe est la sagesse du Père et 
Féternel miroir, où non-seulement toutes les choses créées, 
mais la Divinité même est toute empreinte. Lucifer ne voulut 
pas se soumettre au Fils de Dieu; bien plus, il essaya de pren- 
dre sa place, il voulut lui disputer l'empire. Je monterai, lui 
fait dire Isaïe, et je serai semblable au Très-haut (50), c'est-à- 
dire, je serai Roi et non vassal. 

5*" Le Chan-hai-king dit encore a que Kong-kong avait sous 
» sa dériominatron Siang-lieou , qui portait 9 têtes^ mangeait 
» les fruits de 9 montagnes, el habitait vers le nord du mont 
j> Kouenlun (51). » 

Celte allégorie me parait se rapporter aux Anges rebelles 
sortis des 9 ordres, lesquels se soumirent à Lucifer. Us sont 
placés au nord du Kouen-lun, lieu d*où ils tombèrent du 
PoU'tcheoUy ou du Ciel. Par les 9 montagnes il faut enten- 
dre le Kieou^eou, ou l'univers entier, que les Démons ont 
pris à tâche de ravager et de dévorer. 

G"" Cesauteurs disentqnele Ciel s'affaissa etquela terre ne put 



(48) ^X i S*^oJ[U;g ;t^B«. 

Lo-pi. 

(49) ^^giffiO g®^^. Kang-kien-^ou, Abrégé 
de toate Thistoire par Yuen-liao-fan, moins complet que Lo-pi sur les 
premiers temps. 

(50) Asceodam super allitudinem nubium et similis ero Altissimo (Isate, 
XIV, 14). 

(51) ^ X t ë. m ^mRojL-m^fi X 

lll o ^ us % i. ^- Cham-hai-king. 



DBKONChKONG, SYMBOLE DE LUCIFER. 155 

se soutenir (52), car lorsque l'innombrable multitude d'anges. 
qui suivirent les étendards de Lucifer, tombèrent du Ciel com- 
me une grêle, il se fit dans le Ciel comme une espèce de ruine 
et de crevasse. Tous ces Anges périrent, et c'est ce qu'il faut 
entendre par les colonnes du Ciel qui furent rompues (53). Lu- 
cifer ayant reçu le châtiment qu'il méritait, tourna sa colère 
contre l'image de Dieu, c'est-à-dire contie l'homme. Adam et 
Eve tombèrent dans ses filets, perdirent la justice originelle, 
et c'est ce qu'il faut entendre par les liens de la terre furent 
rompus, et la terre ne fut plus suffisante (54). 

J'ai dit auparavant que Kouen-lun. ou le palais inférieur 
du Seigneur ^ ;?! T SP relativement au mont Pou-tckeou 
ou au palais supérieurdu Seigneur ifî ;Jl Jl 3^ , est entre To- 
rient et le midi ^ ^,etainsi le Pou-(cAeou est à l'angle entre 
l'occident et le nord. CVst de là qu'ils disent que le Ciel a dis- 
paru en cet endroit et que la terre ne fut plus suffisante (55). 
Le supplice des Anges est assez clairement indiqué par cette 
région d^obscurité et de ténèbres ^ ji\ dans laquelle Kong-kong 
fut précipité, et par Vabyme dans lequel il se jeta ^W ISk î)3- 
Qu'il ait fait naitre le Déluge pour perdre Kong-kong, nous en 
parlerons dans la section suivante. Comment Niu-oua le vain- 
quit de nouveau et a réparé les ruines du Ciel, nous le dirons 
dans le 5* Article. 

Je prie le bienveillant lecteur de se souvenir de ce que j'ai 
dit au i" article n'* 9 touchant les paraboles dont les anciens 
livres sont remplis. Il ne rejettera pas, je l'espère, mes expli- 
cations, si ce n'est qu'il en trouve de meilleures, ce dont je 
serais satisfait. 

Qu'il juge aussi, par tous ces passages, si c'est sans fonde^ 
ment et à la légère que j'ai avancé que Ton trouve dans les 
livres chinois des vestiges de la chute des Anges. 



(52) % m M'S :!to m ^ & n m if. Auteurs. 

(53) % ^ ^ m 3iik' ibid. 

(54) Himi^llS HL 'yf &. ibid, 

(55) .X ^ » IS ft o * ;?; JE « ïg. ma. 



1 56 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. -^ ART. IV. 

A ces textes cités par le P. Prémare, nous ajoutons que^ 
d'après les dictionnaires Tchoum-tse-vey et Lou-chou-tong (56), 
quand les anciens Cbinois^ ont \oulu exprimer fourberie^ 
trompeiie par paroles y ils ont employé le caractère suivant 
^ , qui offre un serpent mettant un fruit dans xine bouche. 

Ce caractère a été transformé peu à peu en celui-ci "^j (57) 
qu'ils prononcent hoan. On peut demander à bon droit si 
ceux qui ont inventé ce caractère n'avaient pas quelque 
souvenir des circonstances de la chute primitive. 



Section II. — De la chute de VHbmme. 



Ce paragraphe sera divisé en deux parties ; dans la H j'es- 
saierai d'expliquer certains passages extraits principalement 
du Chi-king ; dans la 2«^ je traiterai de quelques personnages, 
figures d'Adam pécheur. 

Premier Point. 

Tchouang-tsée et Hoai-nan-tsée ont fait observer à bon droit 
que la charité et la miséricorde n'ont été exercées qu^après la 
corruption de Tintégrité première. « Si la charité et la vertu 
]> n'avaient pas été perdues, dit Tchouang-tsée, quelle occa- 
» sion aurait-on eue de mettre en œuvre la charité et la jus- 
I» tice (58) ?» — « La vertu a été affaiblie, dit Hoai-nan-tsée 
t et ensuite naquirent la charité et la justice (59). G'est-à- 
dirCy les auges péchèrent et Dieu ne leur pardonna pas, et il 



(56) Voir de plus dans le Choue-ven le caractère yu, clef 127. 

(57) Voir quelques autres caractères symboliques dans les Annales de Phi- 
losophie^ t. IX, p. 308 (3* série). 

(58) ittl|7^;£%t:it Tch<mang-Uée, SIS ay. 
J.-C. 

^5^)JK S^ Ck tl wk & Hoai-nan-tsée, 179 ans ay. 
J.-C. 



DE LA CHUTE DE L'HOHHE. 157 

montra ainsi sa justice. L'homme pécha et Dieu-homme porta 
riniquité de Thomrae. C'est ainsi que la charité et la justice 
se sont embrassées et se sont manifestées à Tinfini. 

« Tchtyuang-tsée attribue la cause de tous les maux au désir 
» immodéré de savoir (60). » Ces paroles, quoiqu'on puisse les 
entendre en général, ne font pas moins allusion à nos premiers 
parentSt qu'un vain désir de savoir perdit: « Vous serez comme 
:» des Dieux, sachant le bien et le mal, leur fut-il dit (61). r C'est 
pour la même cause que le mémo Tchouang-tsée, klà un de 
son 7* chapitre, raconte cette parabole : 

« CAoti(62) qui régnaitaumidi et Fou (63) qui régnait au nord 
x> firent une visite à Boen-tun (64)) roi de la région du Milieu. 
» Hoenrlun les reçut parfaitement. CAouet Vou voulant lui en 
9 témoigner leur reconnaissance dirent : Tout homme a la 
» tête percée de sept trous. Pourquoi n'en est-il pas ainsi de 



(60) :^#^:2:flL^T-lfc Tchouang-Uée. 
' (61) Eritis Bicut Dii scientes bonum et malum (Geriése, m, 6). 

(62) C'est Choti-chan^hi dont parle le P. P^émare dans le Discours préli' 
minaire, p. LXMidu Chou-king, publié par de Guignes. C'est le chef de lu 
2* famille des 8 Ki on règnes fabuleux des Chinois ; voir le môme nom dans 
le Chû-king, 1. i, c. vn, ode 3. 

(63) C'est probablement Vou-tchang-cny, chef de la 17« famille du 7« Ki 
(idtd., p. Lxxvi). 

(64) C'est le chef de la 4« famille du 8* Ki. Voici ce que dit sur ce roi 
Lao~chen-Uee, cité par Lo-pt. 

Les anciens rois allaient les cheveux epars et sans aucun ornement de 
tête; sans sceptre et eans couronne, ils gouvernaient l'univers ; d'un naturel 
bienfaisant, ils nourrissaient toutes choses et ne faisaient mourir personne ; 
donnant aussi totûo^'s ^^ ^^ recevant rien, les peuples, sans les reconnaître 
pour maîtres, portaient au fond du cœur leur vertu. Alors io ciel et la terre 
gardaient un ordre charmant, et toutes choses croissaient sans relâche, les 
oiseaux faisaient leur nid si bas qu'on pouvait les prendre avec la main, et 
tousjes animaux se laissaient conduire à la volonté de Thomme. On tenait le 
milieu ; et la concorde régnait partout. On ne comptait point l'année par les 
joars^ il n'y avait ni dedans, ni dehors, ni de mien, ni de tien, c'est ainsi que 
gouvernait If oen-tun. Mais quand on eut dégénéré de cet heureux état, les 
oiseaux et les bêtes, les vers et les serpents, tous ensemble, comme de con- 
cert, flreutla guerre à Vhomme, {Chou-king, Discours préliminaire, p. lxxx). 

11 serait dif&cHe de trouver chez les Grecs et les Romains un souvenir plus 
net de fétat d'innocence. 



158 TBADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. IV. 

lui ? Faisons-Iur les sept ouvertures. En conséquence, ils lui 
» firent une ouverture par jour. Mais le septième jour Hàen-tun 
t mourut (65). » 

Adam était d*abord Hoen-tun, c'est-à-dire d*une si grande 
innocence qu'il ignorait complètement ce que c'était que le 
mal. Ses yeux furent ouverts, et Hoen-tun mourut, c'est-à- 
dire qu'il perdit son innocence et son heureuse ignorance. 

Le ChqU'king dit : « Quand il s'agit du bien ne dites pas : 
» C'est une chose légère. Car de ce que vous appelez léger dé- 
p pend la félicité du monde entier. Lorsqu'il s'agit du mal 
» ne dites pas : il y a une grande espérance, car tu seras frus- 
D tré de cette espérance, et tu perdras ta famille (66).» Ces pa- 
roles ne seront vraies que si on les applique à nos premiers 
parents. Car s'abstenir de la pomme de Varbre, quoi de plus 
léger? Vous serez comme des Dieux, quoi de plus grand ? Et 
cependant c'est de là que dépendait, en réalité, la destinée de 
l'univers entier. 

Je choisis '5 t)assages du Chi-king qui me paraissent faire 
allusion au péché d'Adam, et aux conséquences qui s'en sont 
suivies. 

{•' Texte : <i Le Ciel a fait cette haute montagne. Mais ce 
V grand Roi l'a rendue stérile. Voilà le résultat de la faute 
y> d'un seul. Le Roi de paix a rendu l'ancienne paix à la mon- 
» tagne. 11 est vrai que ce grand roi avait apporté un obstacle. 
> Mais combien sont droites les voies du roi paciflque ! 
» vous, ses <le$cendanls, gardez-les fidèlement (67) ! » 

Dans cette ode, le Mont, que le Ciel fait, désigne le Kouên-lun 
ou paradis que Dieu avait établi dès le commencement, et 
dans lequel il avait produit toutes choses, comme le dit l'inter- 



(65) BU— lÈfo^iBllDWîtJE Tchouang-Uée. 

(66) m m m m^hoMnmmomm^m 

^ :k O M M ^ Chou-king. 

(67) 5cf^«moici3È;J:o&f^^o7Jc 

vk ii Chi'king^ 1. ly, c. i, ode 5. 



DE LA CHUTE DE L^HOMMt. 159 

prèle MaO'tchang{^S), et comme on le lit dans le Chan-haùking 
sur le Kouên-lùn (69). En péchant Adam :fc 3E ÎK i- Tai-vang 
Hoang-tchy, le Grand roi, Ta perdu, mais le Christ, le vrai roi 
de la paix, a tout réparé avec usure. 

Mais, dira-t-ôri, on explique le mot 3È hoàng, par }& 
tchiy bien gouverner. C'est vrai qu'il y en a qui lui donnent ce 
sens, mais c'est à tort ; le sens de l'ode et le fil du discours y 
répugnent pareillement. Le Choué-vén, enlevant la clef du mot 
écrit jifc (10), lui donne le sens d'eaux très-répandues^ à sa- 
voir le Déluge, par lequel le genre humain a péri et qui a été 
ailiré par le péché. Ensuite si :3fc 3E Tai-vang [le grand roi] 
a si bien gouverné ce Wont, qu'était-il besoin à ^ 3E V^^' 
vang {roi de la paix) de rétablir la paix perdue ? Ajou- 
tez que^ dans ce système, on ne peut dire le sens de ^ 
m^ ^ et de ^ ^ ^. Quelques-uns lisent à tort ft {B 
^ tt* Car ||j^ appartient à la phrase suivante et veut dire 
le Mont sur lequel le vrai Roi de paix a offert un sacrifice 
et exercé au suprême degré la charité et la justice. Ainsi 
on explique le mot 5| F, qui est le même que ^ F, selon 
Yên-chif et ft est la même chose que JE too, voie. St SI 
est le sentier de la charité et de la justice (71). 

Mais peut-être ajouterez- vous que ^ ï> Tai-vafMj , est 
Faîeul du roi ^ F^n. Qu'il en soit ainsi. Carie Christ est le 
fils d'Adam selon la chair. Us se trompent en prenant ces mots 
dans le sens de l'histoire vulgaire. Car de ce qu'ils veulent 
qu'un, certain roi Yen soit le fils de Vâng-ky dont le père était 
dk 3E Tai'Vang, il ne s'ensuit pas qu'il s'agisse ici de ce der- 
nier; ainsi, dans Tode Tchang-fa, on- lit fC ï tt îijl (72). Que 



(68) ^ ^ lï ft jR îS lU ikio^tchang. 

(69) Jl[; lU K 4ft H ^ Chav^hai-king. 

(70) Voir Choue-ven, racine. 

jft JJH fen^hi. 

(72) Voir Chi^ng, I. !▼, 6. 3, ode 4. . - 



160 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. lY. 

si parce que vous lisez ici Vou-vâng. vous vouliez dire qu'on 
indique le fils du roi Vm, vous provoqueriez le rire ; car 
il est certain qu'il est question ici de Tching-tang q\xe ses yerius 
guerrières ont fait surnommer JS^ Fot/. Ainsiquandilslisenl 
dans le T-king: « Le Très-Haut Père a combattu le royaume de 
Satan (Kouei-fang) eta achevé son œuvre en 3 ans (73), ils pen. 
sentque ce haut Père Kao-isong, f^ ^, est unroi de la 2' dynas- 
tie. Ainsi, saoslemoindrefondement, ilsappliquentce passage 
à un monarqueet ils pensent saisir le sens de l'Y'£ing. Quis 
risum teneat ? Mais si je voulais ainsi examiner en détail tous 
les textes que je cite et réfuter mes adversaires, le travail 
deviendrait aussi long que fastidieux. Je ne m'y arrêterai 
donc pas davantage ; si quelques doutes s'élèvent, j'y répon- 
drai verbalement; si mes opinions ne sont pas fondées, je me 
réjouirai toujours qu'on me le montre. 

2« Texte : « Ce Roi-Père y a-t-il même pensé avant de dire 
» que le moment n'est pas venu ? Pourquoi nous a-tilenve- 
» loppé et a-t-il agi à notre place ? Pourquoi ne nous a-t-il pas 
» consultés ? Il a ruiné notre demeure, il a rempli notre terre 
9 d'é[)ines, et de chardons: et il dit : a Tout cela n'est point. 
t mon OHivre. Je ne pouvais pas agir plus honnêtement (74).» 

Qui ne reconnaîtra pas Adam sous ce nom de )( >C Boang- 
fouy {Père jaune)^ qu'il appelait plus haut de :Jc 3E Tai- 
vang (Grand Roi], et niera que ce ne sont pas là vis-à-vis de 
lui les plaintes de sa postérité ? 

Vous me demanderez peut-être ici pourquoi j'ai traduit 
ê ^ Hoânglien^ parle Ciel régnant par lui-même, ei ici 
% Uoàng-fou^ par Roi-Père. C'est que le vrai sens de 
hoàng dépend de l'analyse, qui donne g £ Tié- 
Fdn^, roi dès le commencement et par lui-même. Commu- 



(73) 1S^ ^%ijO zi^Sf jgj^ r-king, symb. 63, d. U. 

(74) *flijifcâ«os nj^^o-^isi^i^o 

:^ ^ ^ Wii o ^^^m ^ o m -3!!^ ff M o U 

:|^ 7 tK fli S fli ^ Chi-king, 1. li, c. iv, n. 6. 



DB LA GHCTB DE L'HOMMB. 161 

Dément c*est le même sons que 2V $ et £ Ydng, Quand 
les Dictionnaires expliquent g hoâng par ^ ta, grand, ce 
sens n'est tiré que secondairement de Tanalyse. Adam fut roi 
dès le principe §i £ T^^-vdng, puisqu'il est né Roi et que 
nul ne le fut avant lui. Mais il ne le fut pas a Se, parce qu'il 
tenait de Dieu tout ce qu'il avait. 

Le 3* texte est celui-ci : • Le docte époux a construit des 
1» murs ; la belle et docte épouse les a renversés. Cette belle 
» épouse est un oiseau de mauvais augure. La femme a une 
» langue démesurée. Elle est devenue la cause de tous les 

> maux et de toutes les calamités. Ces maux ne sont pas venus 

> du Ciel, mais bien de la femme (Ib). » 

D'abord on rit, on se moque ici de la science qu'Adam et 
Eve, en péchant, ont acquise. Ensuite» l'auteur interpelle di- 
rectement Eve si clairement que nulle explication n'est néces* 
saire. D'où le proverbe : « 11 ne faut pas écouter les paroles 
» de la femme (76). p Les commentaires Tehing-kiay 
avouent qu'il s'agit ici de la 1'« origine des .maux (77). Et 
Tchu-fong-tching^ sur ce passage dit : c Que Kii périt, on ne 
9 doit pas le rapporter à Tching-tâng, mais à la très-mauvaise 
» Mowy-y; que Tcheou soit mort, il faut l'attribuer non 
» pas à Vay-vân mais à sa fomme ^ £ Tanky.EnùnTeoû- 
» vâng ne peut se plaindre de Chin et de TOccident, mais 
de Pao-set^ qui Ta perdu. Mais> hélas ! Pao-see Ta perdu ; mais 
» il n'y a eu aucjin Tâng, aucun Vou qui lui succédât (78). » 



(75) t ^ ^ mo%i9 m no m mm oiBi 

^ O ^ ^ jSll _\ Chy-king, part. 'm, c. 3, ode 10. Voir la tradoc- 
tion eDiiëre dé cette otle par te P. Prémare dans ^u lialde, t. il, p. 375 !n-4». 

(76) Jt A i: "ir ^ Pi SI Proterbe.' 

(77) ^ B fH mk tà -^ ^ 19 :^ lE Comm. Tchinj- 
kiat. 

(78) âi ±. i& 4 o # % J« i: j^ 1} X m 

Prémau. 11 



Hi TUADltlONS CURETIENN£S EN CHINE. — ABT. IV. 

Quelqu'un pourrait peut-être dire que ces mots |0 ï Teou- 
vang, roi des ténèbres, veulent dire l'Antéchrist et la fin du 
inonde. On pourrait avec raison le conclure deces trois rois que 
l'on dit avoir péri par les femmes et qui au fond ne sont que 
des types et des symboles de la chute d'Adam, 

Le 4« texte est : « Si nous errons dans ces déserts^ couvrant 
n notre nudité avec des feuilles d'arbres, c'est la femme qui 
» en est cause (79). o Les Commentaires Sy-kiang disent a qu'ils 
D vinrent se réfugier auprès d'un mauvais arbre pour couvrir 
1» leur nudité (80}. j> Or ce sera en vain que Ton demandera 
aux Chinois le sens de ces paroles, ils s'en tienneut à la lettre 
nue. 

Ze 5» fca?t« est celui-ci : « Que j'étais heureux à l'époque de 
p ma naissance. Jo vivais tranquille et sans soucis, sans solli- 
» citude ! Mais ensuite toutes les douleurs ont fondu sur moi 
» ainsi que tous les maux ; accablé enfin de toutes les infor- 
y> tunes je traîne une misérable vie. Enseveli comme dans un 
» sommeil et une léthargie, je ne puis ni remuer, ni sentir, 
» ni entendre (81). » 

Il est clair que l'homme déplore ici son malheur après le 
péché. Que si cela ne paraît pas clair à quelqu'un, je ne le 
combattrai pas pour cela. 

On pourrait encore extraire du Y-king un bon nombre de 
passages où il est clairement question de la chute de l'homme. 
Mais le texte suivi du livre a une plus grande force que des 



^ m i. o m m 'M m ± JiÊ^ o m m m ^ 
ia j[u M :?: o w m m n a m ^ JiL Tchu^ 

fong-iching, 

tX' Chy-king, II* part. c. iv, ode i. 

(80) fie B ;t; JGt â fK- Comm. Xykiang. 

(81) m Ê.^m^if^. no^^m 
it ^ & o iii m m m oi^ m n m o n^ 

iSMftoItlIS^lil. Chy-hing. 



DS LA €H1ITB DB L^fiOlOlB. 163 

extraits. Il faut examiner surtout les 2 s;mt>oIes^ ^ ^ Py 

et E£ il Kou (82;. 

Enfin tous les auteurs que nous avons cités à l'articie pré- 
cédent partent du tK)nbcur que Ton goûtait dans Tétat d'inno- 
cence et décrivent aussitôt après la misérable condition des 
âges subséquents. «Après que la nature eut été corrompue^ 
j> ditLo-pt; tous les oiseaux du ciel et toutes les bêtes de la terre, 
» les reptiles et les serpents commencèrent à être liostiles a 
s rhomme (83). » Le même auteur ajoute : « I/homme ayant 
9 acquis la science, toutes cboses lui devinrent hostiles (84)^. • 
C'est delà que l'invention delà médecine est attribuée au roi 
Chin-nong, parce que, selon T(mg'pa-ki^gy « Thomme com- 
» mençadès lors à être sujet aux maladies^ tandis qu*aupara- 
1» -vaut il n'en existait aucune (85). » 



Deuxième Point. 

Différentes figures et types éCAdam pécheur (A). 

La 1'« ligure est le roi Miaoou San-Miao. Voici ce qu'en 
dit le ChoU'king : « Ce Miao est vraiment stupide, sa cupidité 



(83) (Note du P. Prémare da 2 mai 1739). Je ne sais comment Jo n*oi pas 
ajouté ici CQ8 2 symboles, qui sont d'une force et d'une évidence remarquable. 
Je n'en ferai certainement pas de môme quand il s'agira d'expliquer aux 
Chinois le péché originel. Voir ces symboles 12 et 18. 

(33) £#S4Ë.o.^i^^igo^lSA 

1^. £o-pi. Voir ci-ayant la note CI où dous avons cité tout ce chapitre do 

m m m ^ JiL A t& m ^ fs (^ tà 
(85) ±mfiiëâumomit m & 4^ 

^* Tong-paking, 

(A) En publiant 00 paragraphe nous devons avertir quo nous sommes 
loin d'approuver toutes les interprétations que le P. Prémare donne à ees 



164 TRADITIORS OUtXîtMSU BR CHUfl.. — AIT. Vf. 

9 Faveugle ; il ne rend aucao culte, bien plus il le méprise ; il 
* se croit sage ; il viole la raison et renversé la vertu (86^.* I^ 
signe xlfiao iSf fait clairement allusion soit à la corruption du , 
cœur humain soit à la peine du péché. Il veut dire ou mieux 
« il montre les herbes jfi|l qui croissent dans le champ Q, et 
». qui le couvrent, comme dit le Choue-ven (87). » 

« La terre est maudite dans ton œuvre ; elle ne produira 
» pour toi que des épines et des chardons (88), » lisons-nous 
dans la Bible. » 

Voilà le sens réel et physii]ue de la lettre IS ; mais dans le 
sens morale c'est le symbole du cœur humain qui, par le pé~ 
cké, est devenu comme une terre aride et déserte. C'est 
pour cela que ce Roi est appelé H IST San-Miao, parce que 
de son cœur sort, commede sa source, la triple concupiscence 
ui est la sourcede tous les maux. Le signe À Tchong (chose, 



différaotes flgares. li y a trop d'arbitraire et trop de subtils rapprochemeDta 
dans ces explications. Et pourtant il y a en cela une analyse des caractères 
tbinois, et des citations de textes, que l'on chercherait vainement ail- 
leurs, et qui peuvent servir à donner une idée du genre d'esprit des auteurs 
anciens. Il faut se rappeler en le lisant que toutes les littératures de 
riodCp de TAssyrie, et tous les philosophes anciens, sont remplis d'al- 
lusions, de subtilités, d'étymotogies et de rapprochements étranges, que nous 
avons de la peine à comprendre. Platon en particulier en abonde, et Aris- 
tote en offre à chaque page. 

Un écueil est à craindre et que le P. Prëmare n*a pas toujours évité, 
c'est qu'il ne faut pas, en expliquant la figure, supprimer la réalité. Nous n'a- 
vons pas besoin de rappeler les interprétations figuratives de Philon, et des 
Rabbins. Nous citons seulement S. Paul, qui dit en parlant do plusieurs 
faits de l'Ancien-Testament : 

a Toutes ces choses ont été des figures de ce qui nous regarde... Toutes 
' • ces choses leur arrivaient en figures ^ . f A. B. 

' Hœc aulcm in figura facta sunt nostri... Hœcautem omnla in figura con- 
tlDgebant mis (I Cor, x/u;. 

(86) ^M^-^o-^mT^mo...m^$i 

ÎR O jR iiî flîC fê- Chou-king, 1. i, c. 3, n. 20. 

(87) ]^ ^ JK 0. Choué'ven, racine 12. 

(88) Maledicta terra in opère tao, spinas et tribulos germinabil tibl [Ce- 
néiCi III, 17, 18). 



DIFFÉBENTBS FIGURES D'aDAM PitiHBOR. ^ 165 

corrodée), qui est un des 64 symboles du Y-hingi&d), Teuldire 
la même chose. Et en effet les interprètes eux- mêmes YemaF- 
quentique M min, c'est un vase rongé par les vers ||. 

Ce signe renferme trois veirs JJX pour mieux indiquer la 
triple concupiscence, qui ronge la nature humaine. Kong^chi 
remarque que TchUyeon, le chef des 9 noirs, eut pour imita- 
teur de sa malice le roi San^Miao (90). La tradition porte que 
San-Miao est le même que Tao-tie (91) ; or Tao-(ie signifie 
goulu, ce qui indique le péché d'Adam. Quand le Chou-king 
ajoute que le grand Yu a congédié son armée et que le roi 
Miao a fait spontanément sa soumission (92)^ il fait allusion à 
Notre Seigneur qui n*a pas converti le monde en punissant, 
mais en mourant. 

La 2« figure est Kouen^ le père du grand Yu. Mais, pour 
mieux comprendre ce type insigne, il faut examiner de suite 
quel est ce Déluge dont parle le Chou-king, et auquel ce 
Kouen n*a pu apporter un remède. Qu'il ne s'agisse pas ici 
d'eaux réelles répandues, c'est ce qui résulte clairement soit 
du texte lui-même soit des témoignages des auteurs chinois. 
Voici le texte du Chou-hing : « Des eaux immenses sont ré- 
» pandues. Ah, qu'elles sont élevées ! Elles ceignent les col- 
• lines [ambiunt) et surpassent les montagnes ; elles sont par- 
» venues jusqu'au Ciel (93). -» On attribue en premier Ueu 
tous ces maux à Kong-kong (94). t Car Kong-kong a provo- 
» que le déluge pour perdre Kong-sang (95). » 
Si l'on veut prendre toutes ces paroles au pied de la lettre, 



(89) T'king, symbole 18. 

(90) 3.^±^mm%± m^Kong^chi.^ 

(91) iS fii^ iP :r. W È- Tradition. 

(92) ïBEe|îjgfto4:>6jWÏSf ^.Chou^king,\,i, 

ÎS ÎS Î9 3^- Chou-king, I. 1«' c. 1, d. 11. 

(94) ^ m >S )^ 1^* Kong -kong dsdn lO'pi; Discours pré- 
Umnaire du Chou-^ng, p. csi?. 

(95) ^ X ^ f3 m 7»: £1 91 S IR. /ud. p. LzxTi. 



i 66 , TRADITIONS CHliTlKlINBS Kf CHINB. — ART. IV. 

comment un seul bomrae a-t-il pu couvrir d'eau tout le globe 
entier ? Mais si ces eaux s'élèyent au dessus des montagnes et 
arrivent même jusqu'au ciel^ où, je vous le demande, le roi 
Yao et toute sa cour auront-ils une place |H)ur mettre le pied? 
H n'est pas permis de recourir aux hyperboles ; car ces livres 
ne parlent pas &icep6o).(x«5c, mais contiennent une doctrine ca- 
chée alvtY(AaTi3cS>c. Qu'est il besoin de paroles? Consultons le 
chapitre entier du Chôu-hing où sont décrits les travaux du 
grand Yu pour remédier à ces eaux, et notre thèse paraîtra 
dans son évidence. 

On ne saurait mettre plus de soin à discuter un monument, 
que celui qu'a employé Lo^pi pour découvrir le sens très-obs- 
cur de ce chapitre, qui porte le titre de Yu-hong. Il a consulté 
tous les interprètes et n'a trouvé chez euk tous que cette crasse 
erreur, qui leut fait supposer que le grand Yu a commencé 
son œuvre par les parties les. plus basses. « Car si les eaux, 
» dit-il, surpassaient même les montagnes, il est évident que 
» en bas elles étaient encore plus hautes, et qu'il n'y avait 
» aucun lieu où il pût faire dériver les eaux (96). » Ainsi c'est 
une chose fort éloignée de la droite raison que de dire que 
Yu comofiença par les parties 1)asses. Mais il n'y avait pas 
moins de difficultés d'aller aux sources et de les sécher. C*est 
pour cela qu'il soutient avec raison que, dans ce chapitre, il 
ne s'agit nullement de maîtriser les eaux. Tchin^tsiao^ auteur 
très-versé dans la connaissance de l'antiquité , comme le 
prouvent ses ouvrages, est du môme sentiment. « Hélas, s'é- 
» crie t-il, le chapitre Yu-kong esi bien court et cependant 
tous les géographes veulent s*en servir pour défendre leurs 
contradictions. Mais comme ils ne s'accordent pas entre 
» eux> quelle foi peut-on leur accorder? La raison pourla- 
» quelle le chapitre Yu-hong peut à peine être expliqué, c'est 



(96) ± « DE E, » ïï « i: o ar T « 

fdt ïSi Ks n n ^ o ^ ii, ^ i^ m ^ ^. 

y o n n u & m 1 ^ ^ z m o i( 

^ fè ^ ip^ fc* ^o-pi. 



DIFFiRRRTBS FI€URE8 d'aDAM PÉCHEUR. 467 

» que les sages parlent tout autrement que ceux qui ne 
» le sont pas. Le chapitre Yu-kong renferme une sagesse 
» très-profonde. Or un livre qui est un produit delasagesse, 
• comment peut-il être comparé aux cartes géographiques que 
9 les modernes ont tracées (97). s Ainsi parie Tchin-chi et 
c'est pour cela « qu'il soutient que le chapitre Yu-ftonr/ a une 
» grande afQnité avec celui Hong-fan (98). » ile dernier 
chapitre ne contient rien autre chose qu'une doctrine très- 
profonde. Le chapitre Yu-kong n'est pas plus facile. 

DiiX)ns donc, avec le R. P. Joachim Bouvet, que ce Déluge 
n'est autre chose que les péchés et les crimes provenant de la 
rébellion de Lucifer et d*Adam et répandus dans toute la terre 
comme des eaux malfaisantes. Le Christ seul a pu remédiera 
un si grand mal, en attaquant le mal dans sa source et taris- 
sant par sa mort la fontaine de ces maux. Cette admirable 
doctrine, perdue par le laps du temps, est de nouveau mise en 
lumière ; ainsi interprétons-nous spirituellement et divine- 
ment ces anciens monuments. Ainsi le texte ci-dessus du 
ChoU'king nerenferme aucune hyperbole (99); mais concorde 
merveilleusement avec les autres textes du mâme livre où on 
lit ces paroles : a Le souverain Seigneur à regardé les peuples; 
il n'y avait plus de bonne odeur de la vertu. Une odeur fé- 
» tide d^iniquité montait seule en haut (100); parce que 



(97) pfo^ % -mo:f Sft^S So-è^ 

-Ê m m iL ÎÊfë o^;j|;]îf^jtt:®|f^o 
;^:to*^B*^Ji^ol: ffl]fô5So|f 

fê -P AK 3 S}( it È* TcMn-tsiao. 

(98) ^ s }$ à ^ ^ ^- Tchin-chi, oa THao. 

(99) Jtt Ifif Bfl i. Chou'king, texte cité. 

(loo; ±*ÊKoKWStfêo3^S 

^ ^ IfÊ S£* Chou-king, 4« part. c. U,n. 4. 



148 TRADITIONS GQRËTIBNKES EN CHINE. — ART. IV. 

» toute chair avait corrompu sa voie. » Et ailleurs : Tout 
« l'univers a été infecté de venin (101). » 

Ainsi on comprend enfin comment le grand Yu, ce vrai type 
du Christ, a monté sur la montague, assis sur le char carré 
des douleurs, a fermé Touverture impure du lac inférieur, a 
ouvert les fontaines sacrées de la justice et a dit enfin ces 
mots: a Que tous m'adorent et me préfèrent atout. Que nul 
» n'ose violer mes lois (102). » 

Nous avons voulu dire cela du grand Yu, quoique ces faits 
appartiennent a V Article V, mais ils avaient aussi leur place 
ici (B). 

Au reste, voici comment j'explique le caractère 1K tsky, 
sur lequel je vois les interprètes chinois en grand doute. ]$[ 
Tchey est un char, curriis, chacun le sait. Quant au trait ^ 
le dictionnaire Choue-ven l'explique par ces mots ^ .&, 
(voir à la clef 498 une explication), douleur j tourment, blés- 
sure. Donc ^ est le char des douleurs. 11 ajoute même le 
caractère quatre se, soit à cause de la figure de la Croix 
qui regarde les 4 parties du monde, soit à cause de la vertu de 
la Croix qui s'étend ânx 4 plages du monde. (Voir ch. v, § 7, 
2« point, l'explication du caractère dix ou Croix). 

Il est maintenant facile de voir combien Adam est bien 
figuré sous le type de l'ancien Kouen, Après que le roi Yao a 
dit des eaux du Déluge les [>ai'oles que j'ai rapportées plus 
haut, il demande qui pourra apporter un remède à un si grand 



aOl) # ir 19 j$. ChoM^king, 

(102) iE •& fê ^ o ;?; ïg K îî. ib. 

(B) Oq croira difficilement à ceUe explication da Déluge, quelque ingé- 
Dlease qu'elle fioii. Et l'on conçoit que dififérents missionnaires se soient re- 
fusés à accepter ces théories. Nous croyons même que c'est une des raisons 
pour lesquelles quelques dvéques, et Mgr Maigrot, évèque de Conon, eu par- 
ticulier, ont condamné ces théories. 

On trouvera une explication plus solide, plus historique et plus sdentîfique 
dans l'explication qu'a donnée M. de Paravey dans la dissertation intitulée : 
Identité du Déluge d'Yao et de celui de la Btble^ ou le pairtarehe Noé 
retrouvé dans l'empereur Ty-ko^ et insérée dans les Annales, i, xv, p. 380 
(2« série). Article publiée part, prix 5f. A. B. 



DIPFËRBNTCS FIGURKS D'ADAM PÉCHKCR. 169 

mal. Tous répondent que c'est Kouen ; Yao le refuse et dit : 
il Ah, très-bien ! Apage ! il a violé la loi et perdu le genre 
s humain (103). » 

Peut-on désigner Adam plus clairement? Alors un des 
principaux assistants, ou, comme quelques-uns le veulent, les 
4 assistants répliquèrent « Employez-le cependant, si vous ne 
» le trouvez paâ capable, il s'amendera (104). » Yao donna 
son adhésion. Choué-ven explique le mot ^ y, par ^ 
<È élever quelqu'un (104 bis). Les interprètes modernes expli- 
quent misérablement ce mot par )g JJi reculer, sexcuser, 
ce qui ne peut faire aucun sens. C'est en vain que Kouen 
» employa 9 ans complets à son travail, il ne put l'acbe- 
» ver (105). » C'est en vain qu'Adam a pleuré 900 ans son 
péché, il n'a pu apporter aucun remède aux maux que sa faute 
a causés à sa postérité. 

Chun étant monté sur le trône « relégua Kouen sur la mon- 
» tagne Yu et précipita Kong-kong dans l'abîme des ténèbres 
» (105bi8).»Le Tc/iou-c/iu-W remarque* que Yao voulant élc- 
» ver Chun à Tempire, Kong-hong et Kouen s'y opposèrent 
9 fortement (i06).B Chun, devenu maître de l'empire,«ne prit 
]»' pas Kouen, mais son fils et l'employa pour pacifier Je globe, 
» comme parle le Chou-king (107). Le globe pacifié et le Dé- 
9 luge réprimé, Yu parvint au trône (108). » Voyez sur cela 



(103) wt6i«35io^0 m mo^Bf^om 

iSR O 55r ^ iE iR. Chou-Hng. I. i, ch. i, n. II. 

(104)^0 ««oSCrT ^ e.o^Boâ««./6. 

(104 bit) Choué-ven, nota» 12. 

(105) JL M tÊ M ^ A' Chou-King, Ib. 

(105 hiB) m m i& Jiî ui o flfe X ]R lag w. 
ao6) "^*sit m ^ ^ X m n a ;g;PRr. 

Tehou-chu-ki. 

(107) ^ Ho-fe-^i^^i* ^ -^ ±' Chou-king. 

' (WS) ^Bo^Hc^^oOLitaLl^oifc 
m fSt % J^' n. tb- M. 



170 TRiDITIORS CBRfiTIENNlvS Elf CBINB. — ART. IV. 

les textes du Chou-hing. Tous ceux qui ont un peu d'habitude 
de ces livres symboliques comprendront sansaucune peine 
ces textes. Ils remarqueront de suite que Yao est le fype de 
Dieu^ que Chun est la figure du Christ en tant que Fils de 
Dieu, et YUf en tant que Fils de Thomme. Ces mots ^ [Il 
Yu'Chan, Mont des aileSy expriment élégamment le limbe, 
dans lequel Adam et les Saints anciens conservaient des ailes/ 
c'est-à-dire, carressaient Tespoir de voler un jour au ciel. On 
répondra aussi facilement aux différentes objections que le 
livre Tsou-tsee dans le poëme dit 3c f^ Tien^ven, (ques- 
tions sur le Ciel)donne comme insolubles: « 1* Si Kouen était 
» incapable, pourquoi chacun lui donne*t-il son suffrage (109]?* 
Je réponds parce qu'il fallait que lui-même reconnût, avouât 
son incapacité. 

2oTous disent: « Quel motif de s'affliger? 11 a péché par 
» ignorance; un mauvais oiseau, une impure tortue l'ont 
» tenté. C'est pour cela que Kouen les a écoutés (1 10). » L'en- 
droit du Chi^hing que nous avons cité ci-dessus montre que 
cet oiseau désigne Eve, et la tortue le Démon. Si Kouen a 
ajouté foi à leurs paroles, c'est qu'il l'a bien voulu. Il était 
libre et il a violé en pleine liberté les ordres de Dieu ; il est 

donc coupable. 

3"* c Entraîné par sa cupidité, il a accompli ses désirs. Pour* 
» quoi Dieu le punit-il (111)? » Réponse :. parce qu'ille méri- 
tait ; il ne devait pas écouter sa femme. Toutefois, en le pu- 
nissant. Dieu l'épargne. « 4» lin effet il l'a confiné sur le mont 
» Yu. Pourquoi ne pas le tuer pendantces trois années (112).» 
Réponse. A cause des mérites infinis du grand Yu, son fils 
selon la chair, (^es trois ans dénotent toute la durée de l'Eter- 
nité^ comme on le voit souvent dans le Y-^king. 



(109) fj ;»; fe ÎH «I O 815 iîï JK 1^ ±.Tsou,tsee. 

rilO) l&BoiîïgoJfgftilîifT^io^ 

^ SL Wt o M n m M'ib. 

(111) )K ait jft ^ o * iiï 5p ^. i&. 

(112) ^&^m]ho^nsi^:r- »•/>. 



DIFFÉRBNTBS ÏIGURE8 D'ADAM PÉCHEUR. 171 

Bien que Kié et Tcheou soient la Ogure de ce Fort arrtié 
qu'un plus fort qui surWent chasse dehors, ils n'en sont pas 
moins, sous un autre rapport^ la figure d'Adam. La seule 
lettre kié ^ indique cela suffisamment. Elle nous met sous 
les yeux ^ Kien, c'est-à-dire le pccbé» sur ;fc mou, l'arbre, 
ou pour parler plus clairement avec le Dictionnaire Tchang- 
tsierif elle nous montre deux pécheurs sur l'arbre (113).» Ajoutez 
ces paroles du Chou-hing sur Kié et Tcheou, < L'auguste ou 
p mieux le Seigneur régnant par lui-même a rejeté son pre- 
9 mier fils et a mis un autre à sa place 1^114). » Adam était ce 
premier fils 5C ^ Yuen-tsee, créé d'abord par Dieu ; Dieu 
l'a rejeté comme indigne et a donné au monde son vrai Fils 
unique pour être la tête du genre humain et le roi de tous. La 
lettre % veut dire principe i|& ^fc et aussi tête, chef, ^JÙ^f 
et encore grand -f; j^. Elle est composée de m et de A- Le 
livre Y'king dit : « Le Premier né est le principe de tous les 
» biens (115). » D'où ^ ^ Tchang-tsee eçt la même cliosc 
que X •? • Le même livre s'écrie : » Qu'il est grand le 
» principe 1^ Kien ! Qu'il est extrême le principe i$ 
» Kouen (1 16) / 1> Il n'y a pourtant pas deux principes, mais un 
seul et même principe — X y yuen qu est Zi eui, deux, par 
qui tout a été fait, et il est A ji^^ rhomme,qui a tout réparé. 
C'est donc a^ec beaucoup de raison qu'ils disent, bien qu'ils n'eu 
sachent pas le sens, « qu'en tant qu'il est au ciel, on le 
» nomme Pirncipe, qu'en t tant qu'il est dans l'homme, 
» on le nomme Charité (117). » 

L'homme ayant été corrompu, le monde est devenu cor- 
rompu en punition du péché. Le livre Kin-kouei^yen dit : 
« A l'époque où San-miao se révolta, le soleil refusa pendant 



(113) â|o:lpA^£?JC±. Dïet. Tchang-Uien. 

(114) â3DZ*oBfc^X ^.Chou'king. 

(115) %«#;?: ;g 4. T^king. 

(116) iA:^«%0M«i*X. T^kin^, 

(117) ^3^0XO^AHt:- Commcruaires. 

(118) HW^t^^E-^^^H- Kin-kouei-yen, 



i7i TBADITIONS CHRÉT1E^NES EN CHINE. — ART. IV. 

» 3 iTiOÎs sa lumière (119). » Lîe-ise dit qnc o danscemème 

1 temps, il tomba pendant 3 jours lîne pluie de sang (119). > 

« Dans une antiquité reculée, très-reculée, ditHoei-nan-fsce, 

» les 4 points cardinaux furent ébranléset les 9 régions brisées. 

» Le ciel refusait de couvrir et la (erre ne pouvait supporter 

» les hommes. Un feu inextinguible brûlait au-dessus, une 1 

» eau d'une étendue immense était stagnante au-dessous ; des | 

» bêtes cruelles dévoraient les hommes, et les vieillards in- 

» valides étaient déchirés par des oiseaux rapaces, etc. *[120).9 



(119) HÏÏflLoMililHlII. Lie^ue. 

(120) ^tti^onmmoxi^^oji 

T- M m o m z^ f^ m o iK m Si m :f mo 
:A: \^ p^ m :^ .% o u m ik m & o ^ $^ 

1 TK ^ M' Hoai^nan-tsec, Tivant 105 ans av. J.-C. 



r 



LA NATURE BÉFARiR PAR LE CHRIST. 173 



ARTICLE CINQUIÈME 



Pctâie préface h cet ertiele. 



Le lecteur serait peut-être porté à soupçonner, par tout ce 
qui précède et par ce qui va suivre dans Tarticle suivant^ que 
jeveux assurer que les trois dynasties H fÇ San-fai, dont 
fait mention leChou-king, ne sont pas réelles, mais purement 
symboliques. C'est pourquoi je vais dire ici toute ma pensée. 

Ilestbienvraiquequelquessavants, très-éruditSypensentque 
le Chou-king n'est pas une histoire profane et vulgaire, mais 
une doctrine très -profonde, cachée sous Tenveloppe d'une his- 
toire. Je ne veux lîmettre là-des9us aucune opinion; je laisse 
aux Chinois leurs histoires, telles qu'on les lit dans Sse-ma- 
tsien et les autres. Je vais même plus loin. En supposant qu'il 
soitcertain que ces trois dynasties n'aient jamais existé, l'opi- 
nion opposée est si profondément enracinée dans l'esprit des 
Chinois de ce temps-ci, et cette erreur, si erreur il y a, a poussé 
des racines si anciennes que, à mon avis, les Chinois ne pourront 
jamais être guéris de cette maladie^ si maladie il y a. Loin de 
s'offenser, ils applaudiront aux éloges que nous donnerons 
aux King, en nous abstenant de la question oiseuse ci-dessus, 
et aux choses remarquables que nous y aurons découvert, 
surtout si nous montrons que toutes convergent vers un seul 
fait (C). 



(C) Vouloir supposer que les priccipales familles qui ont régné eo Chine 
ne sont pas réelles et bisloriques, non-seulement cela est aller contre Topi- 
nion et les traditions constantes des CtilnoL«, comme le dit le P. Prémare, 
mais encore c*C8t contredire un fait réel, et dont les preuves deviennent de 
plus en plus évidentes. Voir en particulier la curieuse et savante disserta- 
tion de M. de Paravey : Des patriarches antérieurs à Ty-ko ou Noé\ dont les 
listes conservées en Chine font remonter <Vune manière certaine de Noé ou 
Ty-ko à Adam ou Uoang^ty, dans Annales, t. xvi, p. 215 (2« série). A. B, 



174 TRADITIONS GHRiTIEimES m CHIM. ~ AIT. Y. '' 

Ainsi je vais continuer à exposer toule la belle doctrine cachée 
dans le Y'king,\e Chou-king, et le Chy-king. Loin de moi la 
penséedeTOuloirobligerquiquecesoitàadopter mon opinion, 
je demande au contraire qu'on m'avertisse de mes erreurs, 
si l'on pense que j'en commets. Mon but est d'extraire de ces 
monuments très^andens les vestiges des mystàœs augustes de 
la vraie religion. 



De VéUit de BTaiure répuree par le CliFlfft. 

La matière est si abondante sur cette queslion, il se présente 
ici tant de choses ravissantes sur les sujets religieux, que je 
ne sais quel ordre suivre pour les traiter convenablement, il 
est vrai que ces sujets sont presque tous enveloppés d'ombres 
et de figures ; mais heureux ceux à qui il sera donne de péné- 
trer dans ces ombres et d^admirer ces figures très-brillantes 
de la vérité, après en avoir enlevé l'ccorce qui les dérobe à la 
vue. 

Nous diviserons cet Article en 10 paragraphes. Le 1" don- 
nera une idée générale des doctrines renfermées dans les 
King ou livres sacrés de la Chine. — Le 2* traitera la question 
du Saint-Homme |S A Chùig-gin. — Le 3» donnera plu- 
sieurs autres noms du même Saint. — Le 4** montrera que le 
Saint a été attendu dès les premiers temps. —Le 5* qu'il devait 
naître d'une Vierge. — Le 6*» prouvera que ce Saint n'est pas 
un simple Homme» mais un Homme-Dieu. — Le 7« rapportera 
les travaux et la mort du Saint pour le salut du monde. -— Le 
S'' traitera du sacrifice que le Saint a établi en forme de repas, 
pour nourrir les saints. — Le 9« rapportera quelques symboles 
du Saint. — Le 10* exposera les types les plus célèbres du 
Saint, et en donnera l'explication. 



JJL MATUn lÊPABÊB PAl LE GittlSt. i 75 



PARAORAPHS 1**. 



Mée séaérale die la dlMtolne reninnttèe daos 

les Klat. 

Le R. P. Beurier dit : c L'histcûre de tout l'ancien Testa- 
» ment n'est pas seulement la figure, maia une prophétie de 
» tout ce que nous lisons dans le nouveau Testament ; mais 
> une prophétie des plus parfaites (A). > Cela ^ute aux yeux de 
ceux qui examinent attentivement et humblement ces livres 
chinois. 11 m'est venu mille fois à l'esprit à moi qui depuis 
12anset plus scrute avec soin les anti(|4]ités chinoises, que, 
de même que le P. Beurier le fait pour l'ancien Testament, 
ainsi je voyais dans ces anciens monuments, toute la loi du 



(A) Le P. Beurier était un génoTëfalD, caré de Saint- Etienne-4a-Moiit, 
mort le 25 janvier 169G. 1] est Taoteur de : 

1* Perpetuitas fidei àb origine munii ad hœc usque tempora, seu specu' 
lum Chrisiiana religionis in triplici lege^ naturaU, mosaica et evangelica,., 
2* editio emendatior et auctior, vol. ia-8* de zziv-GlS p. plus 12 pages de 
Tables ; suivies de Prévis chronologia sacrœ et profanœ historiœ de 189 p. 
ln-8« Paria, Langlois 1677. 

C'est le plus important essai fait pour prouver que la religion chrétienne 
remonte à Adam, que c'est le Christ qui dès lors a enseigné ce que l'homme 
doit croire et doit faire, et que ce que les différents peuples ont do vrai dans 
leurs religions a été emprunté à ces livres. Son érudition orientale est prodi- 
gieuse pour ce temps. 

Le P. Beurrier a publié en outre : 

2» Perpétuité de la foi et de la religion chrétienne dans les trois états de 
nature, de la loi écrite^ de la loi de la grâce, expliquée et prouvée par 200 
homélies ou sermons, 2 vol. in-8*, Paris, 1680. 

Ces homélies ont été rééditées par M. l'abbé Migne, dans sa collecUon des 
orateurs sacrés et forment le tome 60. 

3» Homélies, prônes, sur les évangiles des dimanches et des -principales 
fêles de Vannée, avec une octave du Saint-Sacrement, in 8<> Paris, 1660. 

Ëh bien I croirait-on que la Biographie Michaud n*a pas son nom, et Fellcr 
se borne à dire que ce fut lui qui administra Pascal à l'époque de sa mort, 
et que lui-même mourut le 25 janyier 1696 ? 



176 



TRADITIONS GHRÈTIEHNES EN CHINE. — ART. T. 



Sauveur indiquée visiblement, et la. tradition reçue du pre- 
mier patriarche du monde, jusqu'à ces derniers temps, con- 
servée ainsi par un bienfait spécial de la Providence. 

Quel est le Royaume dont il est question dans ces anciens 
monuments? Sa topographie est toute dans ce signe chinois 
^ tsing. Or tsing est une portion de terre divisée en 9 por« 
lions, comme on le voit dans la figure que voici : 

L'uNIQUK tsing, ou ROYAUME. 



4 


3 


5 


8 


9 


- 6 


7 


1 


2 



Chaque famille possède un des 8 carres c'est-à-dire 100 ar- 
pents de terrain. Le carré du mih'eu appartient au Roi et il 
est divisé en 10 parties égales. Gliaque famille doit en labourer 
une portion ; ses fruits appartiennent au Roi et il n'y a pas 
d'autre impôt. Les 20 arpents qui restent au milieu sont con- 
cédés à 8 de ces familles, pour y construire leur maison et y 
habiter ensemble comme une seule famille. Quatre de ctis ^ 
Tsing font un &Y ou hameau; quatre hameaux font un bourg; 
4 bourgs une ville ; 4 villes une cité ; 4 cités une province, 
etc., en procédant toujours par 4. Qui connaît un ^ Tsing, 
connaît de suite tout Te^iipire. Car il renferme au nord autant 
de Tsing qn'au midi, et autant à l'orient qu'à l'occident. Au 
centre est la cow\du fils du ciely dont voici la figure : 



IDÉE GfKia^LB DB LA DOCnil» DIS KOlfl. 



177 



1 



TIUJC , TMPIJBIAT.B. 
2 3 



1 



te 




• 




E 




D 


E A E 


D 




C 




D 


B 







• 




D 


C 


D 



1 



9 ■ S 

55's. ' 

Ë-sisIf s 



^^ " #^ ^_ ^* ^Ai 

e S •^ Ir â 






c '^«J 



1 2 3 <«oo^-3| 

La Cité est carrée. Ses dimensions sont donc les mômes en 
chaque sens. 

Chaque ^ tsing est entouré de ruisseaux par les 4 côtés ; 
plus la portion de terrain est considérable, étendue^ plus le 
sont les eaux qui l'entourent. L'ompire tout entier est borné 
dans ses limites par les 4 mers Q ff^ Ssee-hai. On y compte 
5 montagnes^ 4 aux 4 points cardinaux et une au milieu plus 
élevée que les autres. Ce qu'on dit ici de tout Tempire s'appli^ 
que aussi à chaque ville soit grande soit petite, selon la flgure 
donnée précédemment. 

Cette division du terrain existait-elle avant le Déluge ; je ne 
pourrais le dire. Mais certainement je puis afûrmer qu^elle 
n'a pas existé après le Déluge. D*où Toa peut conclure que ces 
9 tchèou :IL W> ow 9 y^^^ iL W qoi partagent Vempirej 
d'après les livres chinois^ n'ont rien de réel, ou bien il faut 
placer toute cette division avant le Déluge. 

On voit, d'après cela, pourquoi Tempire chinois est appelé: 
Empire du milieu ^ Bj Tchong-koué. C'est parce qu'il est 

PsiMABB. 1 2 



178 TRADrnONS GHRÉTIE1«!SE8 EN CRlKB. — ABT V. 

vraiment entre 4 mers Jl^ ^ i, ^, ^^ parce qu'au milieu 
réside le Saint, le Fils du ciel, c|ui le gouverne. «Celui-ci ne 
» souffre pas qu*aucun méchant l'habile; mais il les consigne et 
B les éloignedans les demeures obs^curesdes Démons etdesAni- 
» maux(i). » Tout ce qui esten dehors des limites de rEm|>ire 
du Milieu est la demeure des Démons ^ *fi Kouei-fang el 
des Monstres dont les noms désignent des animaux. Ainsi au 
midij sont les Man ^ et les Min ^. G^s dcux^ mots ont 
lesi>çne ^ T^cr, pour signe distinctil'. Au nord, sont les ^ 
Ty, qui tirent leur nom de J kouen, Chien, foris cânes, 
A Torient, on trouve les p^ If y, ainsi i]ominés de Tanimal 
féroce et hideux^ tche, A Voccidentj sont les jt Kiang , 
qui ont une grande ressemblance avec les chèvres (B). 

L'Empire chinois est souvent appelé au^'si Ji T Tien-hia 
c'est-à-dire tout ce qui pst couvert par le CieL Les habi- 
tants sont appelés 5c R Tien^-min, le pcu|)le du Ciel, % JS 
Leang-miriy peuple bon el droit, -J JJ Tse-min, le peuple 
du Fils, ou, si Ton préfère, le peuple des frère? ou des fils d'un 
seul père. Ils sont gouvernés par le Saint, Chiiig-gin ^ A> 
qui est lui-même le Fils du ciel 5c ^ Tien-tsc. a II les gou- 
» Verne par les rites et par la musique afin qu'ils soient par<- 
9 faits au dedans et au dehors (2). » Ses exemples admi- 
9 rablcs sont pour eux comme une lumière ; et ses enseigne- 
9 n>ents comme une nourriture. Et tous proclament que le 
Fils du Ciel est vraiment Tèr^-Mère du peuple, et ainsi il est 



(1) « «fc ± mmmMo:^: ^m '¥ m- 

(B) Nous n'avona pas à discotecsi celte diviaioo de la terre' a été faite 
avant ou après le Déluge, mais à coup sûr elle a eu lieu à une époque où 
la terre était peu peuplée, dès lors nous allons voir qu*il y avait déjà des 
familles qui éiaieiit sorties de la voie droite, çt constituaient dea ennemis 
pour le peuple qui habitait ]o oentre, ou TËaipire dn roiHea. M. le chevalier 
de Paravey u laissé d'immenses muiériaux, encore inéditr, pour découvre 
quels étaient ces 4 peuples maudits, figurés souâ des noois d'animaux, et 
relégués aux 4 coins de TEnipire. Nous sommes, d*après les Ciiinoif>, un ûp 
cCé peuples. A. B. 

(2) ii £1 «F ^ m £1 II ft. 



IBte GÉNiHAlB DB LA BOGtRM ÛÈS ItllfG* 179 

le Seigneur de l'univers entier; il les nonrrik par Texemplede 
sa granàe vertu, et par le pain de su ddctrine céleste (3). 

Mais quelle est cette musique t C'est elle « qui unit les 
» choses hautes aux choses basses ^ Jl HF? ^J^'i pacifie et 
» convertit le monde entier, parce qu'elle apprend à calmer 
» les passions de l'âme et à suivre la vertu en tout, comme 
». s'exprime Hoai-nan-tsee (4). i^ 

Quels sont ces Rites ? « Le mou'le entier, dit Sun-tsée^ est 
» comme une seule famifle (5); » c'est pourquoi le Saint Fils 
du Ciel, en qualité de père de famille ei de chef du genre hu- 
main, offre le sacriflce au Seigneur suprême pour toute 
la famille, en forme de banquet, selon VY-hing (6), 



# £1 :S 35 T 3E' 

>Ç RT JSR 5fc ï f^- iroat-nan-<«ff, 103 ans et. J.-C. 

(C) Après avoir la tous ces noms, si beaux, nous oserions dire tout chrétiens, 
on se demande à bon droit quel est le Royaume, quel est le Peuple qui les a 
mérites P Quels sont aussi lea auteurs qui les ont* inventés ? Quelle que soit 
l'opinion que l'on se forme de la science des Chinois ou ne peut s'empêcher 
de reconnaître la grandeur de tels noms. Quelques exiilicaUons plus ou moins 
plausibles que l'on en donne, on peut dire que rien de plus chrétien ne se trouve 
dans tous les livres des peuples d'Orient. Dans la Bible seule on trouve riden- 
tité ou l'équivolent de ces noms et des idées qu'ils représentent. A. B. 

(5) E9 » i: ft se — «. Sun^Uee. 

(6) ^ A ^ £1 $ Jl $• T^king, ouvrage de Confo* 
dus, symbole I, n. 13. 

Comm^ c'est à lui que l'on doit la rédaction on rarrangement des livres 
sacrés chinois, il est bon de fixer quelle plaee il occupe dans rhistoire. 
Gonfùcins est né &&1 ans avant J.-C» 

1500 ans environ après Moïse. 

67' année après la transmigration des Jaflii i Bab7ton6« 
S* année du règne de Balthaaar à Babylone. 

» époque de Daniel, chef des mages à Babylone* 
201* année après la fondation de Rome. 
Ces dates seront utiles pour donner quelques renseignements sur Torigint 
des croyances que nous allons signaler. Il faut noter que (lonfucius renvoie 
toiQOors à des documents antérieurs, qu'il a mis en œuvre. 
Confttcius est mort 479 ans avant J,-G. 

57* tonée après le retour des Juifs ft Jérusalem. 



1€0 TRADITIONS GHBÀnBNNBS BR CHINE. — AKT. V. 

et seul, il .peut oflrir ce sacrifice, selon le, Hiao-king (7). 
Mais combien de temps doit régner le Saint, a Pendant 
» dix mille ans, d'où il ost appelé H ]|| Van-souy . Bien 
plus son règne n'aura pas de fin, selon le Chy^king (8). El 
de même que l'expression Van-fang H ^i^ comprend tous 
le$ lieuxji ^i^^^i <^6lle de M ^ Van-nien, comprend tons 
les temps. Que tout cela soit dit comme per transennam. 
Nous y reviendrons plus i'trd en détail au lieu (fui couTien- 
dra. Comme celte idée est semée dans les King^ les Chinois, 
^qui en ont perdu le vrai sens, Tadaptent à leur pays et à leurs 
rois. Je peuse même que c'est de là que leur est venue la cou- 
tume de n'avoir aucun commerce avec les peuples .étrangers* 
Ils les méprisent trop et ne croyeot pas que' hors de leur 
pays on put trouver quelque chose de bon. Ils sont encore 
sous le poids de ces préjugés et y demeureront jusqu'à ce 
qu'ils aient reconnu clairement le Saint, auquel se rapportent 
tous les King^ 

PARAG&APHB 2*. 

Du Saint liomme, ^ A Cbing-oin* 

« 

n est tellement évident que tous les King se rapportent au 
Saint, que je ne pense pas qu'on puisse trouver un Chinois 
qui puisse le nier. Tohs les King se rapportent au livre Y- 



7* DMiée dit règne de Xerxès i Ba1)ylone. . 
x> Invasion de Xerxès en Grèce. 
» Esther épouse de Xcrxèt. 
» Mardochée et les Jnlfà toikt puissants en Asie. 
Voir la dissertation de H. Opperl sur TidentiScation de Xerxès et d'Àssué- 
ms, dans les Annales de philoeophiej t. n, p. 7 (S* série). 

■ r^) JÊ îl A ^ ÎË $ ^* niao'king, ouvrage de Con- 
fndus, composé vers l'an 480 avant J.-C. pour son disciple, Tseng-tsee, tra- 
duit en latin sur Tanclen texlc, par Le P. Noël, dans SiMnsis imperii Itbri 
cla^newex, Prague, 1714; et en français par l'abbé Pluquet, dans les U'ur^f 
elaeeiques delà Chine t. vn, Paris 1784; et sur le nouveau texte, dans Mé- 
maires chinois, t. iv, p. 28 ; analysé par du Halde, t. u, p. 434 in-4o ; c^est 
le S* des livres classiques et le 8* des petits King. 

(8) B ^ % ^ ^ IB ^ S- ChyAUng, ouvrage de Confuei us 



LB 8AINT HOMMB. 181 

king ; le Y-Ainj lui-même se rapporte tout entier au Saint. 
« Que veut dire ce signe ^ Y, demandent plusieurs ? C'est 

> le Saint n'apparaissant pas encore visiblement. £i qu'est- 

> ce que le Sainf ? c^est VY ^ déjà visible et tombant sous 
» no» sens* (9). » Ainsi ce Saint est celui que le livre Y- 
ftiw(; nomme le Grantt-JIomme, :fc A Ta-gin; le Chou- 

Mng, VUnique, — A Y-gfin; le Chy-king^ le Beau, H A 
Mouci-gin; le Tchông yông, le Saint, i| A C/iing-gin ; 
le Tchun-tsieoUf le Roi du Ciel, Ji i Tien-uang. i'ans 
tous ses symboles le Y-king parle de lui ; le Chou-king le 
fait pressenlir {adumbrat) sous différents types ; le Chy-king 
chan|e de tous côtés ses louanges. Lui seul peut établir les 
rites et la musique. Mang-tsee nousapprend tque le Tchun 
» tsieou se rapporte tout à lui {10). ji Mais voyons ce que 
disent du Saint les Chinois modernes. 

Confucius disait jadis : a Si vous m'interrogez sur le 
» Saint je n'ai pu le voir de mes yeux (il). » Sur quoi Tc/iu- 
hy dit : « Le Saint est le nom de l'Esprit intelligent et ins- 
» crutable (l2). o 

Si par ces mots jpip ^ 7 îl!!* on n'entend pas Dieu, on 
ne pourra non plus l'entendre par ceux-ci M ^ -t ^j 
Hoang-tien chang-ty , et encore bien moins par % ^ 
Tien-tchu. Vang-king^kong' dit ; « Ce titre de Saint est le 
» comble de la raison et le point le plus élevé de la 
» vertu (13). ■> « Avant la naissance du Saint, dit Tc/iing- 

> ki-ting^ le Ciel est le Seigneur. Après sa naissance, c'est le 



Chyking, ouvrage de Confucius. 

(10) ïf jR ^ -î: i 3p -t^. Jfon^-ttee, mort Ter» 8U 
avant J.-C 

(11) ^AW^SlBIriJ^. Canfuciui, 

(12) HAiitfW^iMÀtt Tcki^hi, au 12« siècle 
après J.-C. 

(13; * A « « • a ± S 0- a i. M. ra«. 

HnQ-kong, 



.182 TRADITIONS CIIBÉTIKIINK8 £N CHINE. — ART. V. 

• Saint qui est le Seigneur (14)/»« Si le mal n'est pas arrivé 
» à l'extrême, dit Ly-tcho-ou^ le Saint ne naît pas (15). »« Le 
» Sainte dit Kouei'kou'tsee. est Tambassadeiir du ciel et de la 
» terre (16). » « L'ordre du Ciel, dit Tor^g-tseBy s'a|ipelle c m- 
» mandement ; mais, sans le Saint, on ne peut TaccompUr 
» (17). » « Le Ciel, dit Kong-yu, prodint le Saint pour qu'il 
soit utile à tous les peuples (18). » c Ce nom de Saint, dit 
» Hou-cRe,veul dire Celui qui pénètre toui, entend tout, voit 
» tout ; et qui, lorî^qu'il pense, atteint toujours ses fins ; lors- 
1» qu'il agit, ne se trom|)e jamais ; dont les paroles sont là 
> règle, U'S nctes des exemples, qui contient en lui les trois 
» ordres d'êtres, et possède tout bien ; enfin, tout spirituel 
» et tout admirable, il agit conjointement avec le Ciel (19). t 
« Il y a un vieil adage qui dit : 

m n. i^ % m nm m A 

C'est-à-dire : « Les calamités et les troubles naissent dans le 
D monde que le Ciel sauve en faisant naître le Saiût, Dieu 
» permet le péché en ce monde pour que VHomme-Dieu 
» satisfasse pour Us péchés. » 

Le livre Tchao-sin-tou-hoei dit : 

« Le Saint est si élevé et si profond que les hommes ne 



m i- Tching-^ïfy-ting. 

(15) iL :^ % o Bfl S 7 ^* ly-Uho-im. 

(16) S A ^'C Afc i. ^ 4L* KoveirkoU'Uee, 202 ans ar. 
J.-(2. « Philosophe ayant conservé de helles maximes 'sur le Saint, doot U 
affirme la préexistence à toutes les choses de ce monde (Noie manuscrite du 
P. Fouqaet). » ^ 

(17) 3Ç -^ i:. ffl d- o ^ S A ;?; It. ftnff- 

Ue« «out 1«8 Uan, 202 av. J.-C. 

(18) ^^ M }^ <^ 1È Ki % Si' Xon^-v», MUS letlTan. 

(19) ^mMo%7(.^i.movt%:^ 

+ o-ëf<ÉÎ'îïao|TiK.Âr^oît = :to«||ï 

■prêt J.-G> 



tl SAINT HOMME. 183 

> peuvent Tatteindre. Seul, il comprend rEsprit, et convertit 

> l'univers; il connaît Tavenir avec certitude; il emrbrase 
B tout le monde par sa ctiarité et récliauffe tout comme là 
» bienfaisante chaleur du printemps. Ses paroles ne peuvent 

> errer, mais elles produisent loiyours avec certitude leur 
]» effet. Enfin, il est de la même nature que le Ciel (20). » 

« Le Saint, selon Tchao-pe-ven, est composé du Ciel et 
» de la Terre; toutes choses forment corps avec lui ; il aime à 

> sauver les malheureux, et ne re|K>usse personne ; il parfait 
» toni ce qu'il veut et il tient toujours le milieu (21). » 

Il est cerUiin que tous ces témoignages que les Lettrés ap-* 
pliqucnt au SainU sont tirés des King. Aussi, bien qu'en 
écrivant ^vs choses, ils n'aient pas pensé à rHomme-Dieu, 
mais attribuaient de si grandes qualités à je ce sais quel phi- 
losophe et roi, il ne s'ensuit nullement que les sources où ils 
ont puisé ces témojguages soient infectées de la même boue. 
Ou peut seulement en conclure que, quand ils veulent expli- 
quer les KinQy ils disent bien des choses qu'ils ne compren- 
nent pas. 

Le Tchong-yong est presque tout consacré en louanges en- 
vers le Saint qui doH venir. Il Toppelle tantôt ^ A Ching- 
girij Saint-Homme, tantôt S Hi Tchy-ching^ ici M ttl» 
Tchi-tching^ là S "? Kiun-tsee. a 11 lient le milieu, dil-il, 

> entre le ciel et la terre, et, dest le médiateur du Ciel et des 
» hommes ; il est le seul qui puisse convertir les cœurs ; il 
» est la fin et le principe des choses r22) j il n'aura pas de 



JH^Volè^ ^ M "^ % 4L- TekM-tit^oa-hoei. 

(21) «A£l5c*ft«-ffloK«|;g- 

16 ^ 4* ^- Tchao^e-wn, Ters 1077 de J.-C. 

(22) 1^^Mi^oMmito^±i^i^. 
Tehong-fong, compoêé par fr«tt*««e, disciple de Qgnfueiii», &• siècle av. J,- 
G, %* livre classiqae. 



iSI TRADITIONS CHBÉTIBNIEB EN CHINE. » ART. V. 

B fia (23). » Le livre Y^king dit : a Lorsque le chef du genre 
» humain sera venu, fous les royaumes seront en paix (24;. » 
Je traduis ainsi avec la Glose qui fait remarquer très-bien que 
1^ ou, dans ce passage, a signifle les hommes, et que le 
1» Saint est le chef, la tête de tous les hommes (25). > 

Aussi le Ly-ky dit : 

« Les chost-s matérielU'S assiègent rbomrqe de t<»us côtés et 
» la cupidité ne sait garder aucune mesure. C'e>t pour cela 
» que les choses ont le dessus et que les hommes sont comme 
» changés en elies.'Or il devient ainsi matériel parce qu'il a 
» éteint rR!^)rit céleste, et lâché la bride à ses passions (26).» 

Kouey^-hou-tsee dit : « l£n nous attachant fidèlement aux 

> traditions antiques, nous savons que le Saint, bien qu'il 

> soit sur la terre, existe cependant avant toutes les choses 
» qui ont été produites (27). » 

Le livre Lun-hong dit : « Le cœur du ciol élevé est dans la 
3 poitrine du Saint. Les avertissements et les blêmes du Ciel 
» sont dans la bouche du Saint. Si le Saint n'est pas présent, 
» le Ciel ne peut être connu (28). » 

« Le Saint, dit Lie-tsee, connaît tout^ pénètre ou fait péné- 



(23) ^ A ft SB* Tchong^jiong, c« 26, n. 5* 

(24) -ttlill4i^0J«fB«^. 7^ng. oanage 
de Confuciiu. 

m ^ m A 4i m A A m i. m Jik- 

Glose. 

(26) ^M z m A $k m o m A i,is^m 
i»4L^om%mmmA % n 4&. ly-w. 

lirre des ri!«s, 

(27) 4-^ntomAz &jftN.4o 

M fk ë^ iL ^* Kouey-'kou'tsee, voir note 16. 

(28) ±%z^tLmAzmo$itJt^& 
mA±,uoj&mmAo:^f)èj»3i^ 

Lun-hong. 



» trer tout (29). »« Le Saint, dit Tchouang-^tsee, conlîcrU en 
» lui-même le ciel et la terre ; il comble le monde de bicq- 
» faits; et ron ignore d'où il est (30). » a Le Saint, dit Ho- 
> houan^tsee, nait après le ciel et la terre, et il connaît le 

• commencement du ciel et de la terre , le Saint meurt avant 

• le ciel et la terre, et il faH la tin du ciel et de la tt^rre (31). » 
H reste beaucoup à dire encore de œ Sainte je les renvoie 

aux ara^raphes suivants. Quil est ce Saint, sinon le vrai 
MessiBy « qui, comme le dit le P. Paul BeurieTf connu à 
t l'avance des palriarcht^a par une révélation divine, et an- 
» nonce par les prophètes, non-seulement fut attendu et cru 

• par les Juifs comme devant venir, mais fut, sous la loi de 
» nature elle-même, dans presque toutes les parties du 
p monde, adoré sous différentes images, figures et énigmes (i)).^ 



PABAQBAPHE 3*. 

\ 

Des iiulres noms du Saint. 

!• Oq le Dommo Chin-gin îjjjjf ^ Homme-Divin* 

Meng-tsee dit : a Celui qui est désirable est appelé boni 
» celui qui a en lui la solidité est appelé fidèle ; celui qui est 
» tout rempli de vérité est appelé beau; celui qui répand le 
B véritable bien au dehors et disperse partout ses rayons est 
» appelé grand ; celui qui est grand de telle sorte qu'il 
» opère une conversion, est appelé Saint; enfin le Saint 



tse, sous lei Sin, voir ci-aprè» note 52. 

(30) mAn^^^i$n%jmz-^ 

^ Kl J^. TifAouany-Ue, 368 avant J.-a Voir art. i, notea 65 et 67. 

(^i) m A ^ % hl m ^ m jn % Hi 

i, ik o it ^ Hl m }à o n :^ % * i 

ifi$. ffo^k(mafi-t$e$, anden solitaire, dont il reate quelques fragmeiHa. 
XD) Perpetuitas fidei, etc., 1. iv, c. 14, p. 332, in-S», ParU, iei2« 



186 TBADITI0R8 CnBÉTISMŒS «N CHIKB. — ART. Y. 

» qui ne («ut être assez connu de personne est appelé di- 
» vin (32). » 

Tching-isee ren^arqiie sur ce passage : « que ce Saint, qiri 
» est inescrutable , est le sommet élevé auquel les autres 
» hommes ne peuvent atteindre. Mais le sens n'est pas qu'au- 
» dessus de ce Saint soit en oulrc VHomme divin (33). » 

Cela est juste, pourvu que l'on considère la sainteté comme 
divisée en deux ordres, de telle manière que l'ordre inférieur 
se rapporte aux hommes purement hommes, et que dans 
Tautre ordre soit placé seul le Saint des Saints. 

Car il faut remarquer que, dans cette gradation de Mong- 
tsee les degrés supérieurs contîennentjoul ce qu'il y a de bien 
dans les degrés inférieurs ; ainsi le dernier degré, VHornme" 
divin Jj/lf A^ est en même temps VHommc-saint £ A> 
VHomme-grand ifc A» THomme-beau f| A> VHomme^ 
fidèle <S A > rt VHomme-bon H A ; ^^^^ 'l contient 
toutes ces qualités, d'une manière inescrutable et dans une 
mesure infinie, ce qui ne peut être dit de personne autre. Or, 
il faut admettra! nécessairement cette distinction de la Sainteté 
eo deux ordres, non -seulement parce que la chose est ainsi^ 
mais aussi pour comprendre plusieurs passages des anciens 
livres qui sans ci;la seraient contradictoires. 

Ainsi le philosophe Lao-tsee parle en plusieurs endroits du 
jp|t A Ching-gin^ et les interprètes avertissent aussitôt que 
c'est le même que 36 A Ching-gin : « Par Ching ^, disent- 
» ils, on désigne ce qui en lui est manifeste ; et par Ching |i|i| 



(32) ?r a:t«»owiga±wmo^ifi 

KMMM^'^^i, ±tBii>> Mengtsee, I. iv, Tnn- 
«tn.ft 2; tnd. JnlteD, I. », c 8, n. 8T ; tnd. Paulhicr, I. ii,e. 8. 

91 ^ SA :t±5lW— 9iP|lA<&- TeMng-tue, 
luTani vénéra prmque i régtl 4« Coiifaclu*, virtlt mku lt« $^, yen 
lut 1000 àt J. C. 



LC SAUrr^ aBL-HOMIIK. 487 

» on comprend ce qui est cache (34).» Or, € Chxn ifi et C/itn* 
^î^ M* ^9 dans les liyres comme dans Tusagc ordinaire du 
discoiir?^ signifient Bi^My et parce que la Divinité était cachée 
dans le Saint, voilà pourquoi il est appelé Ching-gin jpfl A 
on Homme divin. 

•2* Lb Saiht est APrsti Tien-gin 5Ç'A> Ciel-Homme, cb 

QUI BBVIBirr AD MÊMB. 

Tc/iottan^-tsee parlant de VHomme-^iel Ji A dit : « On 
» peut le définir ainsi : il a à la vérité le visage et Tapparence 
» d'un Homme, mais II est le Ciel (35). » 

La glose ajoute; « Puisqu'il a la forme et là figure de 
» l'Homme, sans les passions de Thomme, n*est-il |ias Ciel* 
» Homme (36).» Et dansun autre passage, le même Tchouang- 
tsee dit encore : « L'homme séparé dos hommes et égal au 
» Ciel est ap[)elé CieUHomme (37). » 

Kouey-koU'-tsee dit : • Celui qui est ap|)elé Tchingr-dîn est 
» UN avec te Ciel A H ?C iS — • 

La qualification de Tching^in H A & aussi le mdme 
sens, car le même philosophe Tc/iouang-tsee dit : Celui en 
» qui le Ciel et l'Homme ne i>en\ent se surpasser est appelé 
» Tching-gin (38). » 

Hais Lao-tsee prenant le caractère Chin JQt dans un autre 
sensy pense pourtant de même quand il dit : « Celui en qui 



(34) jt A gp S A «. o S W ^ ^ it W A 

fy O* Interprètes de Lao-Uee; foir sur Lcto-tsee art. i, note 74 ; art. ii, 
Ji. 72. 

(35) ^JSA4boAft]B^- Tehouang^uee y 
voir la note 30. 

(36) WAi?^ilAi«o#3ÇA1*.. 

La Glose. 

(87) Iff « A W 1# ]fô 35 « 3Ç A. 

Tchouang Uee^ ibid. 

. m % 9i A^ m B JQ» & i: m m 



i88 TRADITIONS CHRÉTIEMMES EN CHINE. — IIIT. V. 

» le Ciel et THomme se tiennent également esl appelé Tchîng* 
» gin H /i, (39). T» El la glose dit encore plus clairement : 
» Celui en qui le Ciel et Htomme sont UN est appelé Tching- 
n gin JH A (40). » 

3* Lb Saint est encore appelé — Ji Y-gin, UN homme. 

On convient généralement que le nom de Y-gin — Ai «sf 
lo nom propre du Roi, ou plutôt du Tien-tsee % ^ ou fih 
du Ciel. Un ancien interprète s'exprime ainsi : 

« Quand on lit que le Fils du Ciel est Un homme, cette 
» expression est susceptible de deux sens : ou c'est lui-même 
» qui s'appelle ainsi, et c*est l'expression de quelqu'un qui 
» pense de soi-même avec humilité, comme s'il disait : je suis 
» un homme entre les hommes ; ou il est appelé ainsi par les 
» hommes, et cette parole exprime sa di^mité, comme s'ils 
» disaient : Sur toute la terre il n'est pci*sonne qui puisse lui 
• être comparé) et il est Unique sans aucun péché (41). » 

Le livre Y^-hing dit : « Par la juàtice d'un seul homme tout 
» l'univers est ramené à la droiture (42). » Et ailleurs: « Les 
» peuples de tout l'univers se soutiennent sur là vertu et les 
» bienfaits d^un seul homme (43). » Sur l'un et l'autre texte, 



(39) 3c^A« B ^ o ^ z Si«A. 

LaO'tsee, 

(iO) % A â- Jt — fi * A' UGloie. 

(41) Si 3Ç ^. Â - A # ^ H W Zl o 

- i'j 5c ^ g m o ^ ^ m m o ■§: b 

S - A fi S * « o w 3Ç T 1i - A 

Ifif £» o X ^ ^ ^ &' Un ancien interprète. 

(42) — AxHo^^J^^. r-Wfi^,e€s textes 
ne se trouvent pas dan» VY^king même ; mais le premier dans le Tchong- 
kinÇy eh. vi, et le deuxième dans le Uiao-king, &• et 6« des petits King, Joints 
assez souvent à YY4Ung, 

(43) — A * « * 15 ]R :t- ifc. 



'• % 



LB SAlNT, CBT-fiOUItB. i89 

les inlerprëlcs objervent que ce seul homme est le Fils du 
Ciel (44). 

Le8<> symbole de VY-hing est appelé pi it et est eiprimé 
de cette manière r =. La ligne unique entière — qui se 

trouve à la partie supérieure du symbole, est au milieu tp 
dans le symbole partiel 5-E ; ^^'^ ^^ JH droitey parce que 
c'est UQ caractère impair, en un lieu impair. Or, cette place 
est la place du Roi (45)^ c'est pourquoi toutes les^utres lignes 
la suivent, et elle est le R(^ du symbole. Or, que signifie tout 
cela d'après les auteurs chinois ? « C'est, disent-ils, le symbole 
» d'un honmie, qui régil et échauffe tout ce monde, et en. 
» même temps le symbole de tcxus les peuples qui ont les yeux 
» levés vers un seul homme et en dépendent (46). 

Le Saint est souvent appelé dans le Y-king ife J^ Ta-^in^ 
Grand homme, ce qui revient au même. Car la lettre ^ 
renferme le sens de — A- Un homme est grand — A iS 
ifc. 11 n\ a qu'un seul grande le Ciel — )k ^ H- S'il est 
vrai, comme le dit Confucius « que le Ciel seul soitgraifd 
> lli 5^ >iK i^7 ^ il suit que celui auquel oq donne le nom 
de — A^ ^^ grsLud, ne diffère pas du Ciel. Car il ne peut y 
avoir à la fois deux grands. 

4* On lb nomme ^ A> Ki^gin, Cet-homme. 

Le Chou'hing dit : « Que Cet homme soit ton ministre (47).i 
Les interprèles Si-kiàng font observer que les deux carac- 
tères qui signifient cet homme en disent beaucoup pins que 



(44) — A 5C ^ -fc* y» InUrprétes. 

(45) £l!».«J:i. + iBa«îEoj: 

f % ^ fb M ^ ^' Interpriiet. 

m y:i - A M é M n o u m ù M 

^01 — ■ A i 3R* Autewi diinois. 

(^7) & ^ % A* Clwu-king, otwrag» 4e Goolaciiw. 



I 

190 TSADITIORS GBRÉTIBNAES Elr CttIKE. — ART. V. 

tout ce qui peut être dit. Cest ainsi quil est appelé dans le 
Chy-king ^ A V-Sî^î» cet homme, Meng^tsee dit ; c Chan- 
» ter œs vers, lire ces livres, et ifçnorer Cet hommCf cela ne 
» peut se faire (48). » Le Tchong-yong appelle cet homme, 
Tay-gin, ceiui que Von doit attendre (49). C'est ainsi que 
notre Virgile dit : 

« 

Hie Tir, hie tst, tibl qaem promitt sspius aadlB {^neid.^ vi, 791), 

passage, où, comme dans plusieurs aufres, le poète latin dé- 
tourne etappUque mal ce que la Sibylle de Gumes avait pré- 
dit du Messie qui devait venir. ^ 

5* Le Saikt est app}&lé H A MoueUgin, l'Homme-beau. 

Le Chi'king dit: « Quel est Thomme dont j'occupe ma 
» pensée ? C'est THomme beau de TOccident ; cet homme beau 
» par-dessus tous les autt^s est Tbomme de l'Occident (50). > 
L*ioterprcte observe que : c par ces^paroics et par la particule 
» ^ ht répétée souvent, il se plaint de ce que cet homme est 
» éloigné, et qu'il ne puisse le voir de ses yeux (51). » Mais si 
cela est ainsi, d'où connûtt-Uqu*ii est si beau? Le caractère 
mouei H renferme un mystère ; car on y trouve :^ ^ Ta- 
yang, qui signifie grand agneau, et même si l'on veut l'ana- 
lyser plus profondément, la lettre ife ta , c'est — y, A 



m m ^ n m :Si m o :^ ^ ^ j^o 

RT ^* Meng-uee, 1. m, vang^hang, c. 2, n. 47; trad.JoUen, 1. ii, c. 4, 
B. 47 ; trad. Pauthier, 1. u, c. 4, n. S. 

(49) ^ ^ A* Tehong-yong; voir d-aprèa pour cette eUatiOQ 
plus complète. 

(50) «n ± ®ow*iiAa 

||A''^oïS:#'i:A ^* Chy^ing, oa 
Trage de Confucias, 1^ part. c. iii, ode 13. Voici la tradactton du P. La- 
cbarine : « Quis tandem ille est, quem cogitare iocomblt animU T Ule est ter- 
a rarum occideotalium vir pneclaruk et eximlas. Vir ille preclaraa et eximhia 
» est homo terraram oecldcntaliam (p. 16). a 

(51) m » .Ht m yf^ M % t^m^ m^«^. 



LB SAINT, HOUME-BSAO. , 101 

gin, ^ yang, c'esl-à dire un homme agneau; ce qnî ne 
peut qu'exprimer — A ^ *? l'agneau de Dieu, fils du 
Père^ beau au-dessus de tous les hommes, le choisi entre 
mille et tout désirable. 

Dans la même ode, Mouei-gin H A est appelé |S A 
Ché-gin, homme grand, beau. Les Chinois donnent un sens 
remarquable à cette lettre Ché {$; mais ils ne peuvent en: 
expliquer aucunement la raison. Car ils n'y voient en décom- 
posant le caractère que ché jQ pierre et hié p[ chef, ou 
tête. Hais nous à qui le Seigneur n'a pas parlé en paratK)le8, 
nous savons que le Christ est le chef ^ du genre humain, et 
qu'il est la pierre Ç, qui est devenue la tête de Vangle, et 
c'est pour cola que noiis comprenons de suite pourquoi Ché'* 
gin i% A est le môme que Afouei-g in H A* 

Mais coininc le Chy-king parle ici deux fois de l'Occident, 
c'est d*après ce passage peut-être qu'a été faite Thistoire que 
Ton lit, dans Lié-tsee, sur Confucins, qu*il assure avoir dit 
que le Saint était en Occident (52). Certainement, depuis un 
long espace de temps, celte broyance devait être passée comme 
en proverbe, lorsque, poussé par cette tradition, leHan-Ming- 
tî envoya dans les Indes des ambassadeurs, qui rapportèrent 

en Chinée Tidole Foe (52 bis) (E). 

« 

(52) W :fr W . S A- Lie-uee vivait SS5 av. J.-C. H est 
dît qu'il demeura 40 ans irconou daas le désert. Auteur du Thiouan-ehou^ 
où 11 est parlé du Saint comme devant naître en Occident. M est difficile de 
croire que c*est dans le désert qu'il apprit celte tradition sur le Saint. Il eit 
bien plus probable qu'il voyagea dans l'Occident, et que c'est là qu'il Ta pui- 
sée. Gomme le Bouddha, 11 cacha ses voyages, et fit croire qu'il était resté 
40 ans 43ans le désert. 

(5? 5m) Ce fut la 8« année de son règne, l'an 65 de J.-^.^ qoe Ming-ti en- 
voya cette ambassade. 

(E) Nous ajoutons à ers documents, les suivants, qi^e nons trouvons dans 
une note que M. Abel Rémusat a mise dans sa traduction du Tchong^yong^ 

« Le P. Intorcetta rapporte dans sa Vie de Confudut, que ce philosopha 
parlait souvent d'un Saint qui existait ou qui devait exister dant l'Occident, 
Cette particularité ne se trouve ni dans les King, ni dans les Sse-chou, et le 
missionnaire ne s'nppuyant d'aucune autorité, on aurait pii le soupçonner de 
prêter 4 Confucius un famgage convenable à ses vues. Mais cette parole du 
philosophe chinois se trouve consignée dans des ouvrages originaux'» et no- 



iM TRADITIONS GBHiTlERNl» SN CmiHB. «— ART. Y. 

6« Le Saint kt afpielè ^ ^ Tc/ii-gm, Vhomme très-» 

parfait. 

c Le Tchi-grin ^ dil Tchotiang^tsee , est sans conçu pis- 
' cence (53;. » D'où il ajoute ailleurs : c que le Saint n'a rien 
» en lui qu'il doive polir ou corriger (54), » c'est-à-dire qu'il 
n'a ni ignorance do vrai» ni difficulté du bien, ce qui est dit 
communément du Saint ; et c'est pour cela que Confucius 
ne voulait pas qu'on l'appelât Saint. Car il disait : « Tout ce 
» que Je sais, je l'ai acquis à force de travail, mais je ne l.'ai 
» point eu par ma naissance (55). d Les Lettrés prétendent 
qu'il a dit cela par humilité, comme si l'humilité pouvait 
porter au mensonge* 

7« Lt Sairt bst appelé R0 .A Ki-girij Vhomme séparé. 

Tcîwuang^tsee dit : « Ce KUgin |H9P A est séparé des 
1 hommes et de la même dignité et du même grade que le 



tammeDt dans le Ste-noen-toui-ufitu (MiiangHS d*affaires et de Uttërafare]^ 
au ch. nxT ; — dans le Chang^iangtse-khao-tehing-iti, an ch. i^ — et dam 
)e Liei'tstU'thtiouanrchou ; enfin dans un ouvrage chinois, oomposé par on 
musulman , et qui .porte pour titre Tchtng-hiiuhtcliin-thsi^uan (véritable 
interprétation de la droite loi], dont nous allons citer le passage suivant. — 
Confucius^ après avoir répondu r/uMI ne savait pas si les» anciens rois, seigneurs 
et augustea de Tbistoire cblnoise, étaient Saints, pressé enfin do dire celui 
qu'il fallait appeler le Saint, répondit: a Moi, JT/iieotfJ'a^ entendu dire que 
» dans les contrées occidentales, il y avait (ou il y aurait) un Saint bomme, 
» qui, sans exercer aucun acte de gouvernement^ préviendrait les troubles, 
» qui, sans parler, inspirerait une fol spontanée, qui, sans exécuter de cban- 
» gements, produirait naturellement un océan d'actions (méritoires) . Aucun 
9 homme ne saurait dire son nom ; mais mol, Khteou^ j'ai entendu dire que 
9 c'était là le véritable Saint. » 

» 11 est vrai que cet ouvrage est daté de l'an 1657 de Jésus-Christ ; 
mais il a été composé en Chine, sur des anciens ouvrages chinois origimiu;c. 

(S3i) M A K &• Tekouang-Uêe. 

(54) m A t, M m JlL :f §t- M. 

(55) # ^ Sff ^ ;2l« Confueiut, voir note 5. 



DBS APTRB8 ROMS DU SAIKS. i99 

> Ciel ; c'est pourquoi on dit communémeat : Ce qui est très- 

> petit pour le Ciel, est très (^levé (>our les hommes ; .et ce que 
• les hommes admirent^ le Ciel le méprise ; ou, plus littérsH 
» lement : Celui qui est insensé aux yeux du (ïel, est sage aux 
B yeux des hommes ; et celui qui est sage aux yeux des 
9 hommes, est insensé aux yeux du Ciel (56)« » Les inter- 
prètes disent avec raison sur ce passage : « Celui qui est appelé 
» Ki-gin diffère beaucoup des autres hommes^ mais rien du 
» tout du Ciel. SMl habite sur la terre parmi les hommes, il 
Il marche seul et n'a point d'égal; s'il est dans le ciel, 
» il marche d'égal avec le Ciel. Ceux qu*on appelle sages 

> maintenant, sont les sages des hommes, mais les insensés 
» du Ciel ; or, ce sagQ du Ciel est unique dans le monde en- 
M tier (57). » 

Cette dénomination de èj\ A est prise relativement à 
ccdlede )fi \ et signifletous les hommes du peuple^ la plèbe 
méprisable, ou relativement k 1^ ^ Kiun-tsee, et désigne 
les insensés. Mais comme on m^t, dans ce passage, une dis- 
tinction entre A i ^ "î sagepourieshommesel 5c i 
S ^ saj;epour7eCieZ,ainsi, faut-il admettre une différence 
entre A i i^ A c^ Qwi «st grand pour les hommes, et 
.3Ç :2s :^ A ce 9^^ ®s^ grand pour le Oiel. Quant à l'ex- 
pression >]> At il 6st facile d'en discerner le sens, qui veut 
dire quelquefois de simples hommes et d'autrefois des rois« 
Ainsi faut-il distinguer entre A il H A Vhommo^ Saint, 
6^ ^ iS S A lô Ciel saint, comme je l'ai dit. La 



(56) tStAMottfi^Amni&JioWB 
3i Z ^h A o A i S ap . A ± S R o ^ 

i^ >J> A* Tchouang-Ue. 

$km Mo ^ jik ï^ m 

A i: ^ ^ o Ji t, th 
ïo^T— AWB. 



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• 





194 TBÀDITIONS CHRÉTIKRNES EN CHINE. — ART. Y. 

première de ces deux expressions A 5l ^ A exprime tm pur 
bomrae, la deuxième 3^ il S A ^j^i'î^ ^st Unique, dans tout 
le monde, parce qu'il ne s'agit pas d'un pur Lomme mais d'un 
Homme-Dieu. C'est pour cela que le Y-king le nomme |^| 
tA» c'etl-i-dire semblable aux hommes et dans un autre 
symbole on dit qu*il est semblable^ de telle manière cepen* 
danl qu'il diffère beaucoup des autres. 

8* Il y a encore deux noms remarquables que donne Tana* 
rlysedes signes chinois. On le nomme Jl Ai Chang gin, 
Dieu homme, ei ^ A Ell-gin^ deuxième-hommem D'où 
fc Gin, charité, est Zi l'ancienne lettre Jh et 1 ou A» D'au- 
tres veulent que ZL A ElUgin soit pris çn mauvaise part, 
et ils en donnent celte raison^ et plus à tort. Ils ajoutent que 
CCS expressions signifient que la charité s'exerce entre deux. 
Car dans l'analyse on ne peut dire deux hommes, à moins que 
Traiment dans le signe on ne trouve deux hommes, cpmme 
dans AA tsong, suivre, on y voit deux hommes qui se 
suivent. Dans l'ancien signe /)^, maintenant 4fl P^> nord^ 
?ous avez deux hommes qui se tournt^nt le dos. Dans les 
lettres Ji, %> ^> &> Tien, yuen, foug pe, on -n'a pas derxx 
4ionime&, mais ^ est le second ou le Verbe A homnM. 
jBien que le signe ^ Ciel soit — :fZf il peut être dit aussi 
•;! A> Ell-gin, — :fc Y- te, un grand, défigne le Dieu 
, créateur et JH A Ell-gin, deuxième homme, le Dieu ré- 
dempteur. 

Nous avons déjà dit un mot de X Yueh. ]je Christ, hoinme- 
dieu A JH est le vrai x M> Yuen-heou, ou roi étemel^ 
, auquel le Çhou-king donne le nom de a Père-Mère de tous les 
» peuples (58). « Père en tant que Dieu, et Mère en tant 
qu'Homme. Le signe ^ Fou veut Aivt époux et épouBe, 
son analyse est — liK; ou j;;! A» comme je le disais de 
5c T^i^'^f — ^i dan» Ji désigne Dieu, en faisant abstraction 
de l'Incarnation. — % dans jl^ est le Dieu incamé, qui est 






(58) X ^ f^ £ ^ #. CAou-Jbng.VoIrcl-aprôsilotéî*, 



• I ■ /. 



Did ktrttM mnts m umt. ni 

ao-deâèus de tous les êtres créés. Il A dans % est le Verbe 
en Tnè de rincarnation future , ^ A dans ^ est le Verbe 
incarné/ JIl est Tépoux^ A est Képonse. Âin^i Isaîe a pa 
dire : ' 

SIeut êpéttio ImpoMiIt mihl mitram et ttcaC spoosain omttlt me ojnmmeDte K 

« Un seal semble parler, dit S. Augustin^ et il se fait l'épout 
V et réponse^ parce quMIs ne sont pas deux, mais une chair K » 

Le signe j^, pe, veut dire blanc. « La blancheur, dit le 
» Choue'-ven, est la couleur d'Occident. Quand |^ Yn do- 
^ mine, tout est blanc (59). » 

' Vue énigme de ce genre est insoluble pour les Chinois. 
Car ils attribuent le jour et la lumière à fil, Yang, la nuit, et 
lés ténèbres à 1^, Yn. 11 est évident, dans ce cas, que là où Yn , 
domine ils ne Totent que du noir. Faites-heur connaître le 
Christ et Véiligme est aussitôt résolue. Qu'est-ce que le Christf 
tïn tout théandrique et par conséquent j^ pe ou ;1 Af 
c*est-à-dire le Verbe engendré de toute éternité et par consé- 
quent f^ ou ^ ^ Kin-yuen, comme je l'ai dit. Il, est 
la blaticheur de la lumière éternelle. Là où il règne tout est 
blanc et pur^ et sa domination est en Occident. 

9<' Souvent aussi on ne l'appelle pas ^A Ù^^f homme, mais 
^ Tsee^ Fils, ainsi Ji ■? Tien-ts^ee, Fils du Ciel, je ^^ 
yuén-teee, Principe fils, ^ ^ Kiun^tsee, Chef fils, on fil» 
ju R^i, ^ -f Fou4see, Maître fils, ^ ^ Lao^see, An* 
tique fiih ; ces deux signe» joints eneemble donnent ^ 
HtaOi piété filiale^ le propre caractère du Christ; è}% ^ 
8ia(ht6ee, Paltt-^is, j( ^ Ki-tsee, Ce fils, JR 3: Tchang^ 



.'^ InUnniento }«8llii« eircumdedit me, quari spofiiiim decoralam ooroba, 
et qnasi epoosam eroatam monllibiu sois (Uaîe, lzi, 10). L» P. Prtaare eHe 
ta tradoetiotr des Septante. 

> Gbristttm cmn audit Ooli sponaam a spansa teparare et intdlige nagnam 
UM tteranaentom : eruBl dno in otirne osa (Àug., ia Psalm., a4i n. 1, PêL 
tel., use, p. 833). 

(59)^ B :«r ê 4 o fil ^ « o <» â â« 






196 TBADmON» CHBKnVKKBS BU GEINB. r- ABT. Y. 

tsee , Premier-néf Dom sur lequel il faut dire un mot 
Autrefois le signe ^ s'écrivait ^fe ou J: suprême A 
bomnie^ placé en bas t A> sel(JnChoue-t;en, et ^, veut dire 
homme éternel. 

. Dans le Y-king au symbole SU Ssee on Ut ces mots: 
«, Le premier-né sort au combat (60). y» Car il faut remar- 
quer que le symbole EZ H Tching, parmi d'autres signifi- 
cations, a celle de Premier-oé. 
Hou^yotchay en parle ainsi : « Relativement au premier* 

1^ Ciel jfà 5c Siou'tien, le symbole ^ ]fê JKien, dénote le 
» Roi, et ce qui est désigné principalement, 'est Kien. Relalive- 

» ment au Ciel postérieur ^ 5^ heou-tien, le symbole E^ 
:^ Tching, représente le Seigneur, et ce qui est désigné uni* 
» quement est Tching. Ainsi Kien a Tching pour fils et 
% Tching a Kien pour père. En tant que Roi, il comprend et 
» visite. Kien comprend le Ciel, c'est pour cela que dans le 
» Ciel supérieur aucun siège, dans les synil)oles, n'est plus 
» élevé que celui du Roi, ou de liTien. En tant que Seigneur, 
» il régit et gouverne, mais entre les choses célestes aucune 
» n'est plus élevée que le^Fils premier-né. C'est pour cela que 
» dans le Ciel inférieur, il n'est aucun siège plus élevé que 
» celui du Fils ou de* Tching (61). » 

Le sens est que dans le Ciel supérieur Dieu visitait comme 
roi (Moi le Seigneur). Dans Taulre, Dieu a tout donné, a tout 
mis aux mains du Fils. C'est ce qui fait dire au même auteut*: 

9 Jouir d'une gloire souveraine sans labeur et siégerau siège 
» élefé, cela est le propre du Père. Embrasser volontiers les 
4 travaux et habiter volontiers dans un lieu modeste, cela est 

(60) ^ ^ fBi fH. F-iEitv, gjrmbole 7, D. 13. 

(61) * ^ # « JH S -ir Rlf J» ï t ffi 

fi m iiÊo m m % iF;s«Diêo^^# 
^m - n JiL o }^ ± m m z ^i» o ji 9^ 



IB'SAlinr A ttÈ AtTKNDO DB$ AlVGfBllS CHINOII. Idt 

» le propre du Fils. Anssi, drtll : Le Fils atné marche aQ 
» combat (62).»Enflt), ih disent aussi t« Tout ce que renferme 
» 1« y-fting, tel qu'on Ta à présent, appartient au Ciel posté* 
» rieur et tend par là même tout entier au Fils premier-né 
^ ^ Tchang-tsee (6Z)* » 

C'est pour cela que le Choue-ven dit^. « Le nombre six a\ 
* est le nombre propre du livre Y-Kinçj » et comme je l'ai 
déjà dit, si je ne me trompe (64). 

Si quelqu'un me démande si les Chinois ont une idée 
exacte dé ce Premier-né, qui, selon eux, domine dans le Ciel 
postérieur, je dirai que )e sais qu'ils sarent seulement que le 
Ciel poslérieur commence à Ven-vang, c*esl-à-cfire, au Roi 
pacifique. Mais que veut dii^e cela ? lis n'en savent rieu, parce 
qu'ils ont perdu la tradition de la vraie doctrine. Ils se 
bornent à rapporter tout ce qu'ils ont pu recueillir soit de la 
vue des lignes et des figures et de leurs combinaisons, soit 
du texte du livre lui-mêiae ou des. divers fragments de l'an- 
tique doctrine qu'ils ont pu recueillir. Il est diCficile de croire 
qu'ils comprennent cela un peu clairement ; mais, quand on 
leur révèle la vérité, il est lacile de les amener à la reconnaître. 

PARAGRAPHE 4». 

1« liiiait m été »«teii<l« des naclenA Clilnoto. 

Voici un passage très-expressif du livre Tchong-yong . Il 
commence par se répandre en louanges sur la doctrine que 
le Saint doit enseigner : « Oh! combien tes voies du Saint 
> sont élevées!. combien sa doctrine est répandue au loin! 
» eombien elle est aublime 1 Si vous considérez son immen* 
» site, elle réchauffe et nourrit toutes choses ; si vous consi« 



(€2) |lllftM««^±«o^m4bo« 
(63) JL ^ & ^ Bi lÊ o & ^ Ji i^ & %^ 

MerprdMt» 
(H) VdP «rtfade ni» nèis 7« 



» dére^goQ élévation, elle atteint jusqu'au Ciel^ Mais U foui 
> attendre cet Homme...., afin qqe celte divine Doctrine 
» . règne partout. C'est de là que v|eni le vieux proverbe qui 
» dit: Si la grande Vertu n'est pas prçfsente, la graode Doc- 
» trine ne peut être exercée (65).» « 

On peut coij^clure h ^a droit de ces paroles^ que le Saint 

(65) )k^m Azmown^.n%ntifio 

Ce livre a été composé par Tteu-isee, petit-flU de Gonfaciag, au 5« siècle 
âTant notre ère. Il a été traduit plusieurs fois, d*abord en Iktin, par le P. 
hitorceua, In-fol., Fift-ie. 1072 ; par le P. ffoH, éntn libri eta^iei tes, e| 
par son traducteur, Tabbé Pktquet, t.ii, p. .197 ; v^ H 9. Kfi ou.ÇiifQi^ 
dans Mém, chin,, t. i, p. 487 ; cnfln par M. Renuisat, en chinoU^ en mapt* 
ehou, en latin et en français, avec des notes, p, 95, io-4o, Parla, 1S17 ; et 
dans là notice des manxuenU, t. x. 

Comme oe texte est éei phis importants, Bous melons UA fa tradaetiott 
ée H. Rémusat : 

« Qu'elle est grande la. voie du SaitU t -r Elle est coi^me VOud^n ; eUe 
» produit et conserve toutes choses ; sa sublimité touche au Cjel, — Qu^elh 
s estgrande et riche 1 Elle comprend tes 300 cérémonies du premier onfre^ e^ 
» les 3,000 rites inréneurs. -^ Attendons un homme qui soit tel« qu*ll puls^ 
• suivre celle voie. — Car il est dit que, ai Ton n*est doué de la suprême 
» Vertu, on ne peut parvenir au sommet de la vole (p. 95). » 

Noaa y ' «4oiiton» Isa KiOixIOB» saifantBi» «xthtttea-^dteé note.JbP. 
CUwt t 

« Tmt 0^ morcean ai ce qnl sitii bow paraît se rapporter m Stkini:dêt 
SéinU, attendu et désiré depuis j|p commcDcement du monde. Qfi'qu, ^ 
a*iraagino (as au delà des mers que ce soit là une de ces cot^ectures préci- 
pitées queTamonr national bit hasarder. Si c'était le lieu de traiter ici cette 
grande question, dom fournirions des preovee de liotre aentlmeot, aosrf 
déelalvesi aussi nettes et aiisH oonclnantea quVin peilt le désh-er en paveillt 
■uHièN; maïs oç n'est pas dans une Qot^ ^u'on.peut aitieolsf lootce %t(oi^ 
trouve U-dessusdans nos anciens Caractères^ dans nos King, et dans les Tra* 
dUioDSile rantiquité» qui sont éparses jjà et là dans, les anciens liyrea^.j![pi^ 
nous bornerons à demander à ceux qui seraient les plus opiniâtres à en 
d^ter^ cooipaent le T^ngry^^ pef t prefdre aou essor .^ hast s'U n^pas 
la Tradition pour guide. Que ceux qui lisent no^ livisa "ej^amlnent ce q^K 
nqsLefIcés de toutes les dynasties ont écrit tur le ^airU, et tous tes pféjttgé^ 
de I^Europe^^ miaafuitrils entre anx pt ceri^ioa.text^j lls.jBeroiii forcés jA'a- 
vouer qu'ils en disent des choses qui ne conviennent qu'à un 
roi, saoTCur et docteur des hommes {Mém. cM'ymîM,. ViJF^IfiH^ « 



LR êAjm M ili ATTENDU UES ANCqSNa CHKIOIS^ iV^ 

i|'iL;vait poiQt encore paru à Tépoque où cq livre a été écrit ; 
mais qu'il était alteudu par les v(j^ux»Ies plus ardents. De 
même, on peut conclure contre les Chinois modernes qui 
attribuent le Tchong-yqng au petit-fils de Confucius^ que ce 
Saint n'esl aucun des anciens rois Yao, Chun^ Yu, Tang,' 
Fôn, Vouj etc., puisque le Saint était attendu comme de- . 
Tant Tenir» tandis qu'on croyait que ces rois étaient morts. 
On peut en conclure de même que le Saint est plus grand 
et bien pins saint que Confucius. Car Confocius ne peut 
Tenir h bout de faire ce que ce livre dit que le Saint doit exé- 
caler. 

Pans le même Tchong-yong, on lit encore ces paroles : 
« lorsque le bon prince fait attention au Saint qui doit 
» Tenir après trois mille ans, il ne redoute rien (66). » D'où 
Ton conclut ou que ce livre a été écrit cent Chi, c'est-à-dire 
3,000 ans avant l'arrivée du Saint, ou du moins que les paro- 
les dont il s'empare, comme ayant été livrées par les ancêtres, 
étaient déjà en vogue dès ce temps. Or^ cette époque se rap-^ 
porte à-peu-près au temps du saint patriarche Hénoch (17* 
patriarche né 3430 av. J.^^!.). -» 

Le père Préraare étant trè^-bref, nous croyons devoir 
éclaircir ce passage par le commentaire suivant, que M« Abel\ 
Remnsat a ajouté en cet endroit^ et qui renferme de graves 
renseignements sur les moyens de salut ches les Chinois; 

c Ce passage est très -Singulier, et il importe de le bien 
entendre. Teng-thoui-an l'explique de la manière sui« 
vante : a P^c/ii, cent générations, c'est un terme qui dési- 
» gne le temps le plus reculé des siècles à venir; Ssé, c'e^ 
> attendre (67)« »-- Et dans la Glose : « Le Saint homnie des 
» cent générations^ est trôs-éloigné, et il est difficile de sq 



(66) IS Ht £1 1^ M A M ^ W^' Tchong-yong, c. xxii ; 
Rémusat U'adait : « Il se règle sar les esprits et ne trouve aucun sujet dé 
• doute, et il n'éprouve aucune inquiétude dans l'attente du Saint-Homme 
» qal Aoit venir A la fin des siècles (ibid.,, p. 101). » 

(67) m n & m ^. ». m z mo j^^ j^. 



100 TRADlTIOIfS CHRÈTIBIfMES KN tSlNE. — ART. V. 

» former à son ^ujet une idée nette. Dans Tattente où il est 
» du Saint homme des cent générations, le nage se pro- 
» pose à lui-même une doctrine qu'il a sérieusement exa- 
» minée ; et s'il parvient à ne commettre aucun péché contre 
» celte doctrine, qui est celle des Saints, il ne peut plus avoir 
» de doutes sur lui-même. De celte manière le sage s'accou- 
i tume à ces trois choses graves qui font la base du Gouver- 
» nement, et parvient à prévoir toute la multitude des six 
» sortes d*affaires. o 

" » Le commentaire original, qui est particulièrement destiné 
à faire sentir la suite et renchaînement des idées, el les rap- 
ports symétriques que les phrases ont les unes avec les au- 
tres, fait* observer ici les quatre choses qui, suivant le textci 
concourent à former la vertu du sage: 

» La l^* Khao :i^, l'examen ou la règle de conduite qu*on 
prend chez les anciens ; 

» La 2* Khian J^, rétablissement ou la conformité avec le 
ciel et la terre ; 

» La 3* Tchi ^^ le témoignage, qui se tire des esprits.; 

t> El la 4« Ssé ^, Vexpectation, qui fait que Ton compte sur 
la venue du Saint-homme. 

n Ainsi, en termes européens, les quatre mobiles de l'homme 
vertueux sont : l'exemple des anciens, l'amour de l'ordre, le 
témoignage des êtres surhumains, et l'attente d'une rémuné- 
ration (ou plutôt d'un Rémunérateur). 

» Mais le texte ne fait pas entendre, aussi clairement que ces 
différents commentaires, si l'attente du Saint a lieu depuis 
100 générations, ou si elle doit avoir lieu pendant 100 
générations, et la même ambiguïté se trouve dans les ver* 
sions. 

» La version Mandchoue dit : Centum generationum Sanc- 
tum hominem expectando imperturbandus. — Le P. Noël : 
Denique itk se gerat ut possit sperare ViTum qui omni et 
virtute et scientiâ absolutissimus, post multa Baôcula ven- 
turus esty simili prorsus modo, quo ipse agit acturum. Sic 
non err^bit. j— Le P. Intorcetta : {Imq etiam po^tjj centum 
sœcula expectato SanctOy {quin testata futuraMt virt\i^ 



Lt SADIT A ÉTft ATfBNmi t^ A!IQlfiN8 CftttlOKi A)l 

nihil ambîgît (68)'. — Le père CIbota tellement paraphrasé; 
p. 475 ou 495, qu'on ne peut retrouver ces paroles. 

» Pe-chi est certainement ici une expression indéfinie pour 
un long espace de temps; mais un Chi jg est l'espace de 30 
&ns;cent Chi font donc 3,000 ans ; et à l'époque dû vivait 
Confucius, il serait bien extraordinaire qu'il eût dit que le 
Saint était attendu depuis .3,000 ans. J'abandonne, au r^ste, 
aux réflexions du lecteur ce passage, qui, à ne te prendre 
même que dans le sens ordinaire, prouve du moins que l'idée 
de la venue d'un Saint était répandue ar la Chine, dès le' 
6« siècle avant l'ère vulgaire (68 bis). » 

Revenons au P. Prémare. ' 

Meng-tsee dit : <c Les.peuples l'attendent comme les berbes 
» altérées désirent les nuées et l'arc-céleste (69)» d Quoique 
Meng-tsee pensât alors à je ne sais quel Sauveur imaginaire, 
il ne s'en suit pas que les paroles qu'il rapporte n'aient pas 
été dites anciennement du vrai Rédempteur. Il y a quelque 
chose d'admirable» en ce que les deux caractères Ny J| 
àrc-en-ciel, et Yun Sj^ nuages, nous offrent dans leur dé- 
composition Yun ^ le Verbe, et Eul $J un petit enfant 
descendant du ciel, cooMne Yu ^ la pluie sur le gazon*' 
Mais on ne peut assez déplorer que ces anciens caractères 
hiéroglyphiques, qui avaient été formés primitivement pour 
eiprimer les choses sacrées, aient ^té déto^imés, dana le cQiirs 
des âges, à des choses communes et profanes. 

On lit dans le Chou-hing les vœux des peuples pour le Sau- 
veur futur : a Attendons notre roi, quan^d il sera venu il aous 
• délivrera dô toutes les peines (70). •• Attendons notre roi| 






• (6S) CMm-yiin, ^.13, Parl«, 1672; Mit. Iqoodmm à ta SibU^Mqi^. 
Jéiuilique. 

(68 hU) Rçorasat, Tehong-yer^g, p. 1&& 

(69) 15 g i '^ A ¥ t m m t 4L'Mm^ 
t$»» (6* «iècle ay. J.-C.). I. i, c. }. n* 42, p. W, tr^d. Jvllç». 

. (70) «, iJ J& • j& * mg. Cfton^MHf. 1. li (Imd; m), «.6,. 



» lorsqu'il $eira pri^^ti dou^ ressusciteroos à une noaveUe 
» vie (71).» 

Poujr connaitre le vrai seps que les anciens ont attaclié à 
cet passades, il n'y a rien de mieux que d'expliquer les troi^. 
biéro^lyphes Heou jg* , roi, prince, Lay jjj , venir, arriver^ 
elSou ^ ressusciter. Or qu'est-ce que Heou ? 

Rn le décomposant nous avons— p ^; or, ce dernier 
caractère n'est autre cliose que la lettre /^ Gin, homme, qui 
se compose en un grand nombre de manières ; nous avons 
^lors y — Gin ^, un homme, et Ifeou p bouche désigne 
cette bouche d'or que le Verbe prit pour nous instruire* 
f/est le Pi-Iao(72), la bouche du Seigneur , comme s'expri- 
maient le9 Hébreux. — Voici cependant confiment le diction* 
nalre Choue-ven explique ce caractère ^ J7eou : « Il nous 
» offre un homme qui porte une loi pour avertir tous les peu- 
i pies de runivers (73).» Dans cette explication, le caractère Q 
est pris non pour Keou, Bouche, mais pour les quatre par- 
lies du monde. Le Chou-hing rappelle 5c J&> Youen-Aecu, 
roi éternel, dans le passage où il dit : « Le Roi étemel est le 
i père et la mère des peuples (74) ; > au reste Heou est aussi 
pris pour Reine: Le Verbe par rapport au StEsprit et l'hu- 
manité sacrée du Christ par rapport 'au Verbe.... sont ^ Yn 
ou du genre féminin, c'est pour cela que Jg> lai convient 
parhitemenl. 

La lettre Lay, JfE ; signifie devant venir ; c'est de là que 



■» .* 



C71) lîl^JS^O^Jft^SJ. C^ou-Wnp. 1. II (irad. 111), c, 2, 
n^ 6.; ?oir Gaubil qui tradait :' « Nous atteodons notre Téritable maître, quand' 
» il sera venu, nous seront délivrés de roppresslon. » — Et p. 85 : « Noos 
• attendions notre maître, sa venue nous rend ta vie. » 

(72) ÎTW 1D Exode x\u, 1. Le P. Prémare prononce le nom de 
MiçMk, eotoBiB ClénHit d'Ale^Mlrie. Stro., t ▼» c. €. f<Hé §rBQ„ L ni 
p» 60; voir ce nom chez les divers peuples, cl-dessnsp. 102. 

(73) |iAi^|S^ja*0*. Chaue^ven. 

(74) 5C JS i^ R Ht #• Chou-king, h m (trad. iv), o. I, n» 2, 
p, lao de Quà^i qitf Iraduli x a U. est k m^lU^ des kifmgn^, § ^ l^ar 
B père et leor mère. » 



l'on dit que Gootucittft, à l'accasien du KHin qui av$iUé|^ 
tué^ s'écria en ré)iaDdaiit des laroies : Quel est celui qx^} 
doit venir C7&) f llfaut.femurfiuer onooce que dans le CAîf 
kmg, Lan/ se praiid pmrhmeilkur des. grains, ctst-a^dire 
le froment qui^est^esoendu du qieL — Od appeflu encore d^ 
«om deiD ik'^^^y ^^^^ ^^ ^^ ' ^'^^ Vorgueil de Sata^f 
qui dît : Je sevai sembliible pu fiU du Trc^-Haut 

Eoâa la lettre Sou .^^ est expliquée dms }e dicUoanaire 
Tching^tsee^tong par. vwre de nouvea^u jijprès h mort 
47% et pour ^^ ezplicatioDi il s*appuie de ce passage du 
Chou'king. « 1 

Enflii pourquoi cesaDcieos ^ qommaient-ils JH , Joù ? Ce 
figM> rjodique lui-même. Car H; A Siu-ffin veut dire ^ jffif 
gitewire ; ^JSfUfiyC^ qui ^st très nécessfi.ire* C'est encore 1(3 

nom del\in de8 64Symb. du Y-Kinj ^ qui repnésente =^ 

miée en baut dans le ciel ^ , comme dit Je texte. Aussi un 
«tncien interprète du Choue^ven assnrci que la lettre % de^ 

Vraît s'écf ire ^Ê , et Tohang^ien avoue que ces deux sigats 

)^ et 3^ se confondent quelquefois (77>. Les sfignes JH ou ^ 

sont doue cette pluie divine^ ^ ^, attendue si longtemps et 
^i ardemment par les Saints^ qui levant les yeux au Ciet et 
apercevant cette nue, s'écriaient : a Cieux, versez voire rosée 
p d'en baut^ et que ces nues pléuvent un Juste (7B). » 

FABAGaAPW5^ 

lie iaint devait itaitre dl*tiae Vierge. 

Jie ne me souviens pas d'avoir lu dans les auteurs pro- 
Isnes de BotreOoddeat, qu'une Vierge eût enfanté, ou qu'eU^ 

- ■■ 

(75) 9b JS 3|S 1^« On iMrlm plat IoIq 4a Ki-lm; qu'il •«!&«• 4s 
dtn kt que c*^t l'fDimai «yn^bofo de U eharité et 4e ^ saine doctrine* Voir 
ponr les détails Bar ce fkit,* la fiè de Confucitu^ dans Mém. ehiinQit, t. m, 
p. SOI. ^ 

' (76) ^ W 11 £ 4b- Tching-Uee-tong, dlcUÔnnaire, 

(77) 'S JL jft Ji* Jithimg-miefik 

(7S) Rortte eœli detuper et onbes pluant JusUim (baie, XLV, S), ^ 



' •• * 



dût jamais enfanter. Je -vois dans Homère un graa^ nombre 
de fils de Jupiter f maid aux mères desquels Jupiter avait ravi 
la 'Virginité; ce qui est dit de Mars qae Junon eh&mta sans le 
secours de Jnpiter^ ne prouTe rien ; car la nième JuaoD eut 
Vulcain ide Jupiter, et on ne ]peut la dire Vierge. Nous m 
savons rien d'assez certain sur les vers8ibylUiis;on' rap** 
portejl est Vrai, des anciens Druides, qu'ils avaient ^levé 
un autel à h Vierge devant enfanter^ mais les paroles seu- 
les du prophète Isaïe sont claires : Voilà qu'une Vierge càn*- 
cevra et enfantera un fils (79) ; c'est là tout ce que nous 
trouvons dans nos monuments Occidentaux. 

Mais (^ns les anciens livres chinois, rien ne se reMontre 
plus fréquemment qu'une femme vierge et mère en même 
temps. Parmi ces anciens fils du Ciel, que Ton dit avoir régné 
chez les Chinois dans les temps héroïques, il n'en est aucun 
qui n'ait été conçu par miracle, cl qui ne soit né d'une Vierge. . 

C'est de là que le C/ioue-ven expliquant le caractère j^ 
Sing qui esl formé de ^ Niu, vierge, et de ^ Sing, ^nfanier 
ou nature d'une vierge, s'exprime ainsi : t Les anciens Saints 
« et les bomqes divins étaient appelés les fils du Ciel, parce 
» que leurs mères concevaient par la puissance du Tien (ciel) 
» et en avaient des enfants ; c'est à cause de cela que le carac- 
» tore jj^ est composé de deux dont Tun ^ signifle uier^e et 
» l'autre ^ enfanter (80). » 

Le Choue-ven parle ici des anciens^ "é" 2l' ^" parce qu'il 
s'appuie sur les anciens livres où41 avait puisé ces choses^ ou 



(tS) Les Anrialet de Philosophie ehréHenne ont (nité longaement dette 
tfoeitlod, et prouvé cpi'it y anrtt quelques traditions plus explioNss en Oool«- 
dent. Voir Tarticle Croyance des peuples de l'antiquité sur une Vierge mère, 
t. vil, p. t03 (l** série), et t. x, p. 198 (6« série), où se trouve ane gravure 
dNine B<aluettc gauloise de Tlerge mère. 

^ O... ^ 'ic ^ ëL* Choue-ven, Racine 443, n» 1. G*est un die* 
tfoDnalre où s »nt expliqués 540 caractères cblools et leurs dérivés. C*est un 
monument très-précieux de l'entiqulté ; son auteur est lËiu4ehing, qui vivait 
vars riacaroatlon, dit le P. Fouqw»t> on au 2« Mècle âpits J.^., d*àf rés 
4'antrei» v 



pMiM |iaiiD6 qu'il d^ savait pas le eens de ces iraditioast et 
qu'il preuait pour des choses paasétas ce que les .anciens 
iifaieot annoncé à leurs descendants devoir arriver un jour. 
J'ai employé Texpression anciens au pluriel, non que le texlç 
m'y force, mais parce que plusieurs héros soni cités oomn^ 
étant nés de la sorte, ce «qui fait que les Chinois sont portés à 
l'entendre ainsi. 

Kang^yang-twé dit aussi « Que les anciens Saints n'ont 
B.pas de pèret mais qu'ils naissaient par l'opération du Tien 
» (cii*!) f8i}« P Lopi prétend « qu'il n'y a personne qui ne 
» convienne que les anciens rois Heou-tsi et Sie ont été 
s conçus sans père (82). s 

11 ne cite que ces deux i/oms, parce que leur naissance 
miraculeuse est racontée dans le Chi-kîng (83), livre d'une 
autorité irréfragable chez les Chinois, et en effet, même les 
philosophes modernes de la Ciiine ajoutent foi à ce miracle. 

c HeoU'tsi et Sie, dit Tchu-hi, ne sont pas nés selon la 
» Voie ordinaire, mais ils ont été produits miraculeusement; 

> c'est pourquoi il ne faut pas parler d'eux d'après les notions 

> vulgaires (84). » — Sou-tong-po dit : « Que l'homme divin 
» naisse d'une manière toute différente des autres hommes, 
1 il n'y a rien là qui doive étonner (85). i> — Les interprètes 

(91) t i, m A o^H^oA^lcV^. «mf. 
ytttt^-ltM, l6 même UM doote qae Koung-ffM^ft V^ vivait ven 1« ttmpi de 
Geufinlof, 5Sl«osaviiutJ.-G. 

(S2) ^ $kM iti ^M ëâ' Uhfi vhaUBooa les Sony, Yen 
1110 dft notre ère. 

(83) Voir, d-aprèn, les passages da Chi-king, relatifs à la Daieiaiiee dé 
ces rois. 

W £1 'ff 3 Ift ^- TehU'hi, hist. et phUosoph., mort Tan )30<y dé 
notre ère. Voioi ce que dit de lui le P. Foaqnet c oo (roa?e dans ses écrits 
» dea secUmeots que ne déssToaerait pas na père de l'Eglise. 11 suifait alors 
» les anciens ; aprèa il defiot matérialiste, et flnlt parla saperstitlon et Tldo- 
» latrie. » Note manuscrite, 

. m HA ^n ^ £1 m M ]Koi^ jif^m- 

Son-tong-fue. il est probablement le môme que Ttow-gfmg-jWg dont nouf 
eltons le témoigosge d-après^p» .i&i* 



SUktàng dkent : « Comme il est né Mms senence hoiimîMtf 
i il est évident qu'il est produit i^ le Ciel (96). » des paroles 
da texte, sans lésion et sans s^arsMori aucune, mdDtrcnt 
avec évidence la Virginité de la mère^ et eiria est si vrai qM 
Po-chin^ K 4^ en stjfle valgaire, s\gn\ûeperdmU virginités 
On ptDOte cela d'une manière convaincante par l'analyse 
de la lettre # Mou, qui signifie mère. D'après; le Chùuùfn^en 
elleestcomposée^e;^ JVm-et de î oa dBXAX points. \Ji tànl 
bien la distinguer d'une autre lettre ff Vou, prësqoe sem*"' 
blable qui signifie Jh Jjj^ s'arrêter, empêcher, èl est emplo*' 
yée pour la particule prohibitive ne. « Comme la lettre Mou, 
9 elle offre bien aux regards, dit le C/ioue-ven, t{ç Niu, là 
s vierge'^ mais qui a perdu la virginité^ ce qu'indique la ligne 
» verticale qui passe par le milieu de cette lettre (87) ; » Dan# 
91 Mou^ au contraire, comme on n'y voit rien de semblable, 
c'est un signe que la fleur de la virginité n'a été flétrie en 
aucune manière. Ainsi -1^ Mou^ mère, ne diffère de ;^ Niu 
vierge, que par les deux points qu'on voit au milieu de 'if 
Mou, tandis quil n'y a rien dans Niu. C'est pourquoi Mou 
comprend deux choses qui paraissent pourtant né pouvoir 
4ti« unies, la pureté de la vierge et la fécondité de la mère. 
Mais de qui est-elle mère? c'est ce qu'annoncent les deux 
points, qui sont le symbole du Verbe ou de la seaynde per^^ 
S09i7te,-comttie nous .r^avons déjà fait voir (88). Or, il n'y a 
jptopihêfment qu'un seul Père qui ne connaissô pas la femme* 
et il n'y a qu'une Mère qui ne connaisse pas Tbomme. -^ 
Ouand ^ Niu est pris pour unePennneen général et if^Mou 
pour, une mère vulgaire^ ces deux hiéroglyphes perdent leur 
véritable et propre sens, et sont rangés dans la 6^ dasse dite 
H ^. Kis^tsié, pour être appliqués aux choses profanes et 
oonununes. 



ffj O ^ ^ C 4b- Si-Kiang. 

Hdhé 414. 

(S8) Voir cl-dcfios, art. Il, 2* pototi ^ S7« 



' it fiAnrr ftiTAit Nitntri Virin ftsÊHt. Mff 

EdAd les mteurs chkiois raeontent qae le gnné || Yu 
sortit par la poitrioe de sa mère, ^ Siéy par fe dos, La<>^Ufé0 
par le côté gauche, Ché-kia par le côté droit, et ïfeow'^st 
par la tote ordinaire, mais qui demeura fermée. B^ M 
ChUking ra|)pene{B Pi ft ftong, (lalaîs fsrihé. ^ Un in^ 
ter prèle rappelle le ciel où habite te Seigneur suprême {(iBI\i 
On rappelle aussi ^ ^ Tsée^-kong, palais du filSy lôi*m« 
dont on s'est senri dans la suite pour désigner honnête^ 
ment la vulTe.- Le caractère B| Pi^est composé de (j^ Pij 
vertes, et de f^ Men, porte; le ^Choue-^ven dit que c'est la 
porte fermée. 11 unit deux choses inconciliables ; par oeMs 
porte on entre et on sort^ et jamais pourtant elle ne a'dù* 
vre ; c'est là la véritable idée de la porte |^ Pt-men. 

Car c'est cette porte orientale par laquelle le Saint des 
saints entre et sort, et qUi cependant n'a jamais été ou* 
TO'rte, comme le dit Kong-yn^ta (90) ; c'est le Jardki fermé> 
la fontaine scellée. 

Ce que je tiens de repfreler de Vu, Sie, Lao*tsee, Ché^ 
kia et HeoU'tsi, a été dit par les anciens^ afin de prédire que 
la Virginité de la Mère serait conservée intacte, et afin qu'tttt 
Bi grand miracle se répandit parmi les homuies A venir sous 
différents signes et diverses figures. 

Autre» UwliUoBS reeaelUlos ^r le P. Glbçt, mr la eroyaoM sa «os 

Vierge mère. 

A ces preuves recueillies par le P. Prémare, nous croyons 
devoir ajouter celles que le P. Cibot a retrouvées sur le mèmre 
làit^ et qui ont été insérées dans les Me'moire^ concernant 
les Chinois (91). Nous ne saurions recueillir trop de notionè 
sur un fait de celte importance, et qui donne à la prophétie 
d'Isaîe une preuve tout-à-fait inattendue. 

■■ « ■ ■■ ■ ■■■ ■■ ■ PI». ■■■■^1 ■ . I i»»*^t^ 

(89) B8 « O J; i» i 3e- IfUerprae. 

(9>0J B9 :$ tt fS 15 II V* Kong^yng-Èo, lootlet Tan$. 4e 
611 à 904 de J.-<:. 

(91) Essai sur les caractères chinoiSy t iX, p. âl7, et'nôllBi p. isi. Noèe 
USTlIoas ^uti ce ^l irif pM vM èHé pcr'ie P. PfeuMn'eh 



CM à (u*opos ' du caractère TvLeh JR qui signifie désiré, 
que le docte miasioanaire s'exprioie ainsi : 

«Le fameux texte d'Isaie : Eccevirgo concipiety etc., est 
un de9 plus singuliers et des plus frappants des divines Ecri-» 
torea.sur le Messie. Les gens de lettres .savent jusqu'où les 
théologiens ont poustié leurs recherches, et leurs discussions 
pour en démontrer le sens prophétique et défendre la cro^ 
yance de TEglise. Ils savent aussi que plusieurs écrivains ont 
(ait usage, avec succès de ce qu'on trouve dans les antiquités 
égyptiepoes, grecques, romaines, etc., sur les Vierges fécon- 
dest pour prouver l'universalité et l'ancienneté de la tradition 
d'une Vierge mère d'un Libérateifr. Les livreft et les monu- 
ments chinois fournissent la même preuve, bien clairement 
Soit qu'on interroge les annales et les Kings, les livres des 
savants et les fables des poètes, on y voit que la Chine a mul- 
tiplié, avili même le miracle d'une Vierge IMère ; mais qu'elle 
en a toujours conservé Tespérance, et y a toujours^ attacha 
des idées qui dérivent de la Révélation, à ce qu'il me parait. 

» Voici une légère notice de ce que J'ai trouvé de plus re- 
marquable sur ce sujet : 

•Dans la grande compilation où l'on a rassemblé sous diffé- 
rentç litres, en 100 volumes, tout ce que l'histoire contient 
de plus curieux et d'intéressant, il y a un livre entier sur 
les naissances satnfes, c'est-4i-dîre des grands hommes et des 
empereurs qui sont nés par miracle.Voici quelques exemples : 
« La /nère.de Fou-hi le conçut en marchant sur les traces 
d'un géant; celle de Chin-nong, par la faveur d'un esprit qui 
lui apparut ; celle de Hoang^ty, par la lueur d'un éclair et 
d'une ^umière céleste dont elle fut environnée ; celle de Yao, 
par la clarté d'une étoile qui jaillit sur elle pendant un 
songe; celle de Yu, par la vertu d'une perle qui tomba des 
nues dans son sein et qu'elle avala, etc. Presque tous les fon- 
dateurs de dynastie, pour se prêter an préjugé public, ont 
fait naître le chef de leur famille d'une Vierge. L'empereur 
régnant (Kien-long) dit du chef de la sienne, dans son grand 
]po8me, qu'il fut conçu par une Vierge céleste, en mangeant 
je ne sais quel fruit. Ce qui m'a frappé le plus,' c'est que les 
Vierges mères dç la haute antiquité ont des aongie signiAca- 



u SAnrr devait haïtes d'cm vieigi. 



209 



tifs; par exemple: beauté attendue^ vierge qui s'élèv^, 
vierge pure, félicité universellej grande fidélité, qui s'orne 
soUmême, etc. 

On trouve dans le Chi-king deux belles odes sur la nai^ 
sauce de iTeoutsi, chef de la famille et de la dynastie des 
Teheou, où le poète parle d'une manière bien remarquable. 
"Voici ses paroles : 

c Lorsque Tbomme naquit Kiang-yuen fut sa mère. Com- 
» ment s'opéra ce prodige ? Elle offrait ses vœux et son sa- 
V crifice^ le cœur affligé de ce que le fils ne venait pas encore. 
W Tandis qu'elle était occupée de ces grandes pensées, lo 
» Chang-ty l'exauça. (Le texte et la version latine ajoutent: 
» elle s'arrêta sur une place où le souverain Seigneur. avait 
9 laissé la trace' du doigt de son pied) et à l'instant, dans 
» Vendroit même, elle sentit ses entrailles émues, fut pénétrée 
» d'une rçligieusefrayeur, et conçut JTeou-f si. 

' » Le terme étant arrivé, elle enfanta son premier-né» comme 

» un tendre Agneau, sans déchirement, sans elTorts, sans 

» douleur, sans souillure. Prodige éclatant! Miracle divin! 

» Mais le Charig-ty n'a qu'à vouloir, et il avait exaucé sa 

> prière en lui donnant Heou-tsi.... 

B Cette tendre mère le coucha dans un petit réduit à côté 
» du chemin ; des bœufs et des agneaux l'échauffèrent de 

> leur haleine ; les habitants des bois accoururent malgré la 
» rigueur du froid; les oiseaux volèrent vers l'enfant comme 

> pour le couvrir dp leurs ailes; lui cependant poussait des 
9 cris, mais des cris puissants qui étaient entendus au 

> loin (92). > 

Dans la seconde ode, le poète parlant de Kiang-yuen s'é* 
crie : « grandeur 1 ô sainteté de Kiang^yv^en 1 oh, que le 
» Chang-ty a bien exaucé ses désirs 1 Loin d'elle la douleur 



(92) Chpking, 1. iu, e, 3, ode 1, eomposée par Tehêou-kangf y«sll84, 
af«-i«-G4 Voir IT-Aifi^ da P. Régis, t. i, p. 139, et iet Mém. eMnoii, U vui, 
[^. aS7i U y «datées grandes différeoeee entre cette TerHon da P. CiboKt 
eelle da P. Ltebaraie. Velv p. 155 de sa venton Ittioe. 

PidUuu. i4 



210 TRADITIONS CÉBÂTIBKI^ES E^ CHINE. — ART. V. 

» et la souillure : arrivée à son terme elle a enfanté Heou-tsi 

» dans un instant (93). » 

Voici maintenant les réflexions que fait le P. Gi^t suc ces 
deux passages, 

«On sera étonné en Europe de ces deux morceaux singu- 
liers. Tachons de montrer le point de vue dans lequel il faut 
les considérer. 

9 U Le fait historique que la poésie a orné de tout ce mer- 
veilleux se réduit à ce que A'iangf-yuen, épouse de Ty-fto, 
n'ayant point d'enfant^ tandis que ses rivales en avaienti en 
demanda un au Tien^ l'obtint, accoucha secrètement, et 
abandoni)a son fils pour le soustraire à la jalousie de ses riva- 
les. Le poète qui a chanté la naissance de Heou-isi, tandis 
que les "tcheou étaient sur le trône, a appliqué à ce prince^ ce 
que la tradition racontait de la conception et de la naissance 
d'un Libérateur. Ainsi que fit Virgile dans son églogue IV, 
sur la naissance du fils de Pollion (94). 

» 2* Un missionnaire irès-versé dans les antiquités chinoises 
sbiïpçonnc avec assez de vraisemblance que tous ces beaux 
Tiiorccaux ne sont que des citations d'une ancienne prophétie 
dont le poète fait honneur à Heow-fsi, comme Virgile, des 
A ers de la Sibylle au fils du consul romain. En effet, le Chou^ 
hing quî parle de IIeoU'tsi(%), dit seulement qu'il fut chargé 
de veiller sur Vagriculture. Sse-ma-tsien, et après lui les 
autres historiens, racontent que sa mère qui n'était qu^une 
coïicubine, étant allée se proitèner dans un désert, devint 
ehceinte en marchant sur les traces d'un géant, et qu'ayant 
honte de sa maternité, elle abandonna son enfant au coin d'un 
bols (96)..:.. '* ♦ 

3* Les gloses, notes, paraphrases, etc., des lettrés sur les 



(93) Chy-hinÇt laUn 4« part., ç. ii, ode 4, p. 209 du P. Lacharme. 

(94) ^'oir une explicaUon lout à fait nouvelle de cette églogue, dans les 
Awnai€$ de PhUotOfhU eh/retienne^ U xv, pp. 130, «88, (&• lérie); • 

(9j) Chwrking^ 1. 1» ch. v, a* i, p. 85 de TédlUon fnmçdiae. Noni IfrrelM 
Qbwrver ici que» ë'aprèeM. de Paiftvey, Weou ui, ragriqalteur, n'est tntni 
que Sem. Voir AnwUei de phU. thréL^ t xvi. p«. IS4 (l^iéric). 

(9€û5e-ma-(<ten. rUérodotedela*Gbine, U&ausaY. J.*G. ,^ 



L« SAIRT !>BVA1T KAItlIB D'ONB VIBRCliB. • tf I 

▼ers du Chi^hing s'accordent à ks expliquer dans le sens 
le plus miraculeux. « Si Heou-tsiy dit Kong^yng^tei (96), 
» ayait été conçu par Tunion des deux sexes, il n'y aurait rien 
» d'extraordinaire. Pourquoi le poète insisterait-il si fort sur 

> les louanges de la mère, tandis qu'il ne dit mot du père (97)? 
» Ayant été conçu sans Tunion des deux sexes, dit Tsou-- 

» tsong^po, et le Tien lui ayant donné la Tie par miracle^ 

> il devait naître sans blesser ht virginité de sa mère (98). n 

B Tout bomme en naissant, dit B(h8o% déchire le sein de 
3 sa mère, et lui coûte les plus cruelles douleurs, surtout s'il 
» est son premier fruit. Kiang-yuen enfanta le sien sans 
9 rupture, lésion, ni douleur. C'est que le Tien voulut faire 
s éclater sa puissance, et montrer combien le Saint diflëre des 
» autres hommes (99). » 

» Un commentateur fort ancien fait la remarque singu- 
lière que dans les deux odes où il est parlé de Beou-tsi^ Tune 
met a^'ant renfantement et Tautre après les mofsrdc Fou-tsai, 
Fou-hat, qui marquent que la virginité de sa mère n'en reçut 
aucune atteinte. 

* i^ A moins de supposer une tradition, une espérance 
d'une Vierge-mère, ancienne, respectée, articulée, qu'on a 
appliquée à Beou-tsi avec le Chi-king, il est difficile d'expli- 
quer comment les Lettrés ont pu s'exprimer d*une manière si 
claire, eux qui regardent de si près à tout. Leur affectation à 
se servir de certains termes dans le même ordre semble indi- 
quer des citations, ou du moins une façon de parler spéciale, 
consacrée pat l'antiquité. 

» Finissons en remarquant que les caractères de Kiang^^ 
yuen sont assez singuliers pour n'être qu'une application mal 
faite à la mère de Beou-tsi. Le premier || Kiang est composé 
de l'image de l'agneau ^ Yang^ et de celui de vierge :^ 
Niu ; le second JH Yuen de celui de source Si Youen et de 
celui de vierge encore ]fc Niu. Comme on a des dictionnai- 



(97) Kong-yng^ta, vivant sous les Tang, 617-904 aprèi J.-G. 

(9S) )Tt(nhiong'pOf cité art. i, note 3S, sons le nom de Sou-tong-pOé 

(W9) JSro-«m* 



f fti numnon cnufeidDom tn chos. — abt. r • 

?es chinoif en Europe, ceox qui eoteodeiil le chinois seront 
bien aises de vérifier ce que j'avance sur les mots Kiang^ 
yuen ; mais qu*ils ne se pressent pas de juger, ici même, ua 
de mes amis a craint que je ne me fusse tiasardé, tant cette 
étjmologie lui paraissait singulière. Il ne pouvait laire diffi- 
cuUé que sur le caractère N^iu, et il a vu dans le savant 
livre Lou-chou-tsing-hoen^ en parlant du earaclère iViu^ 
c fille qui a une vertu pure et originale ; c'est pourquoi elle 
» est représentée les mains joinles, assise modestement, avec 
9 un air silencieux et pensif (100). > Je doute qu'on trouve 
dans aucune langue un mot qui indique aussi» clairement 
une Vierge que celui de Niu ; surtout si on s'arrête au carac- 
tère et à ridée qu'y attachaient les anciens, s 



Vwtm iriergc-SIère Itait^rée encore auj««rdl'liui 

par les Cliliielfl. 

C'est dans une Lettre datée de Tche-li (Chang-Tong), 
U' mars 1875, sur les Sociétés reljgieuses en Chine, et pu- 
bliée par les Études religieuses des Jésuites de Lyon (101), 
que Ton trouve la relation des nombreux pèle4*ioages qui ont 
lieu à la Montagne de la Paix (Tai-ngan-fou). C'estlà qu'une 
jeune princesse appelée Si-Aoa ou Fleur occidentale, fille du 
roi Kao-iam, se relira, pour vivre dans la virginité, sous la 
garde d'un saint vieillard. Elle y mourut à l'âge de 37 ans. 
Bieulôl sa réputation s'accrut par le grand nombre de mira- 
cles qui furent opérés par son intercession. On la regarda 
comme une divinité que les dieux ont placée sur cette mon- 
tagne pour servir d'intermédiaire entre le ciel et la terre. 
Un grand nombre de pagodes couvrent le plateau et le ver- 
sant de la montagne. Les pèlerins y affluent, riches et pauvres, 
de plus de 80 lieues à la ronde. Voici les réflexions que nous 
lisons dans les Etudes religieuses sur cette Vierge. 



u^J- 



(100) UnKhoU'Uing hoen. Livre sur Torigioe et rétymologfe des carac- 
tères, cbef-d'œavre 'd'érudlUon et de critique, dit le P. Cibot, mais dont il ne 
donne pas la date. 

(101} Etudes reUgietueif N* de Novembre 187$, U vui, p. 611 (4« série}» 
teUredn P. Leboucq. 



«Ifl TmCK-ViBB HONOItÈK PAR LS8 CHCKOIS. tl3 

» 

« Le pouvoir que le peuple attribue à la vierge de Ta{« 
9 ngartj de servir de médiatrice entre le ciel et la terre; le 
» nom de sainte Mère du ciel {Tien-shien-chem-mou), que 
9 le peuple lui a donné, il y a plus de 1500 ans ; cette multi-* 
» t'jde de petits enfants de pifttre qui entourent son autel, et 
> sur lesquels elle étend les mains comme pour les protéger 
» et les bénir; le sceptre de reine qui est disposé à côté d'elle, 
» sur son autel ; son extraclion royale, son gardien cboisi 
V parmi les hommes les plus sages de la cour, son surnom de 
» Fleur d'Occident, enfin, tant d'autres détails que Ton 
« trouve dans sa rie; tout cela ne permet-il point de supposer, 
» sans l'affirmer cependant, qu'au milieu de leurs supersti* 

• lions les Chinois auraient entret;uune étincelle de lumière, 
» une lueur de vérité ? Eux aussi ont un cœur et comiHe au- 
» cunede leurs croyances n'est capable de satisfaire ses aspi- 
» rations et ses besoins, pourquoi n'aurajent-lls pas cherchent 

* comme entrevu unQ croyance et une dévotion qui sont les 
9 plus douces et les plus consolantes du chrétien ici-bas (102)? 

Ainsi c'est pour satisfaire aux aspirations et aux besoins 
de leur ccsur ^que les Chinois ont ctierché et entrevu une 
Vierge-Mère, Mère du Ciel ou de Dieu, Fleur d'Occident, 
intermédiaire entre le ciel et la terre. Comment, en publiant 
ces -lignes, les Etudes religieuses n ont-elles pas vu que la 
conclusion forcée de ces paroles est que c'est pour satisfaire 
à ces mêmes aspirations de notre cœur que nous avons cher- 
ché et trouvé notre Vierge, mère de Dieu, de race royaîe, 
Pleur d'Orientt Un pareil système ne va à rien moins qu'à na- . 
turaliser tous nos mystères, toutes nos croyances. Or, c'est 
précisément ce que soutiennent contre le Christianisme tous 
les Rationalistes, tous les Naturalistes. Il y a là une aberra- 
tion que nous ne saurions concevoir. 

Car il eût été bien facile de voir et de faire voir aux Chinois 
que cette croyance à une Vierge-Mère leur vient de l'impor- 
tation dans leur pays de l'histoire positive de notre Eglise ; 
ce sont quelques-uns des évëques orientaux qui, en 431, assis- 



(Itt) iBYiite tVJisftoUM, iMdL, p. 646. 



tu TKADITIONS CHBftTIElIllES » GHIWL.— HT. V. 

tèrentau Concile d'Hphèse^ où la bien heureuse vierge Marie 
fut proclamée Mère de Dteu, qui ont reporté cette croyance 
dans leurs diocèses, d'où quelques prêtres ou quelques laïques 
la portèrent en Chine. 

Nous y trouvons un empereur nomme Ks^o-yang ou 
Tchoxian-hiOf régnant 2513-2434 ans avant J.-C., prince savant 
et vertueux qui abolit le culte des esprits, père de l'astronomie^ 
né 11 ans avant Abraham, et qui fut toujours honoré en Cbine« 
C'est en 502, c'est-k-dire 31 ans après le Concile d'Ephèse que 
nous trouvons un autr;; empereur du nom de Kao-tsoxi, de la 
familledesSiao-y, puLs, en 557(103)^ un autre roi du noéme 
nom. 

L'un de ces rois serait-il le père de la Jeune vierge-mère 7 
Nous ne savons. 

Notons, de plus, qu'au 7« siècle de notre ère les Nestoriens 
étaient établis en Chine et y avaient propagé les croyance^ 
chrétiennes, comme le prouve la fameuse inscription de Si- 
ngan-fou (104). , 

Quoi qu'il en soit, l'histoire de la Fleur d'Occident des Chi- 
nois ne peut être que celle de la vierge Marie, notre Fleur 
d'Orient, histoire altérée mais reconnaissable. 

Au reste les Chinois ont bien pu trouver une partie de cette 
croyance dans leurs traditions, comme les ont eues aussi les ' 
divers peuples occidentaux ; ce qui leur prouve que> malgré 
leurs prétentions, ils n'ont pas été isolés du genre humain, 
comme ils le soutiennent. 

£n effet, voici les croyances des Egyptiens, d'après Plutar- 
que, disant : 

c Ce n'est pas absurdemcnt que les Egyptien^ sont réputés 
9 croire» que rien n'empêche que l'Esprit de Dieu, descendu 
• dans une femme, y dépose les principes de la généra^ 
» tion (105). » 



(103) Voir la liste des empereurs chinois, dans le S« vol. on ApperyHce 
au Dict. ehin. de M. l'abbé Peray, pp. 26 et 60, in-4». 

(104) Voir les Annales^ t. vu, xv, xti, xix (4« série), où se trouvent tous 
les renseignements sur cette inscription. 

(10&) Platarqae, Numa, c. iv, trad, D^cier, L i, |u |Ofl« imter4«ra, ^^«4. 



tJKE YIBRGE-MiaB HQNOHÉB PAU US CQJIU)J3. 21$ 

.^tf^ll^urs Plubirque fait dire au Lacédémoniop Tyudvt^ : 
«Je ne pense pas qu'il soit absurde que Dieu^aypiDteom-. 
• merpe* avec une fenime, non à la ipaaière bumaine, mais 
» par un rapport ei coniaci l£ès*sainls, la reinplisse d'une se* 
» menée divine, et je ne dis pas cela de moi-même» oav 1^^ 
» Egyptiens pensent qu'Apis est Hïonçu par rinfluence de la 
» Lunayet ils croient qu'un Dieu mâle peut avoir des rapparls 
» avec pn^ f^mme mortelle (106). 
Sur cela M. Dacier fait la réflexion suivante : 
«L Ce passage est remarquable, les Egyptiens avaient p^ris sans 
B doute ce ^sentiment dans la tradition des Hébreux, qui atten- 
» daient le Messie qui devait natire d'une Vierge |Kir la. vertu 
» de Dieu.» 

Proclufl dans le Timée de Platon dit de la déesse 
Néith : 

• Aucun mortel n'a soulevé ma tunique, le fils, que fai mis 
» au monde, est le Soleil (107). » 

Chez les Grecs, la mère de Pytbagore s'appelait d'abord 
PartAénide^ c'est à-dire la Vierge), mais elle prit le nom de 
Pythie^ lorsqu'elle fut tendue Vnère par Apollon. C'est ce que 
soutenaient Epiménidey Eudoxus, Xénocrate, d'après Jaiiv- 
blique, refusant de les croire cl cependant avouant que q'est 
du nom de Pythien (Apollon) que vient le nom de Pylhagore 
et que c*est avec maison qu'un grand nombre ont regardé 
Pylhagore comme un Dieu (108). 

Les Platoniciens, d'après Macrobe, pensaient, que la Mo- 
nade incorruptible, c'est-à-dire l'Unité, ne s'unit k aucune 
créature |>lus parfaitement qu'à une Vierge (109). 

Ainsi, quand les Chinois parlent d'une Kter^c qui est deve- 



(i06) Propos de table ^ 1. vin, quest. 1, d. 3. 

(107) Proclos, voir te Timée de Platon, 1. 1, p. 6Q, éd. d Schneider. Voir 
aussi Platarqne, iiis et Osiris, c. ix. 

(iOS) JamÛiqae, Vie de Pythagore, 1. i, c. 2, D. 7 et 10, pp. 5 et ,€, in-V» 
AUBterdam, 1707. ^ 

(109) Niillo apUus juoglhir Monas incorrupta quam Vir^iai (Mac. in Som- 
n*im 5Hp*mff) T. I, c. 6, p. 17 j ^-8o, Lu|f. Bat., 1670. 



ÎI6 TRADinOllS GHRiriBKNBS Vf GHINB. — ART. T. 

nue Mhre, ils ne font que se conformer aux traditions conser- 
vées chez tous les peuples (1 lOj. 

Au reste nos pères de TEgUse n'ont pas manqué de men- 
tionner cette tradition chez les païens. — S. Justin leur dit 
dans ^a 1 M Apo loffie : 

« Quand tos auteurs eurent appris ce quia été dit par le pro- 
» phète'Isaïe, que le Christ nallraitd'une Vierge, et(|ue par lui- 
1 même il monterait au ciel, ils disent alors que la ooême 
> chose était arrivée à Persée (111).» > 

8. Jérôme fait observer que Speusippe, Clé&rque et ilnaxt- 
Mes prétendent que la mère de Platon fut enceinte d'Apol- 
lon et pensent que te prince de la sagesse devait natlre d'une 
Vierge (112)'. 

Que les Etiules religieuses nous disent si ces croyances 
provenaient de la tendresse du cœur des païens. 

Reprenons maintenant le texte du P. Prémare. 

PARAGRAPHE 6«. 

lie Saint est HomHie et lH«ii» 

De tout ce que nous avons dit jusqu'à présent on a pu 
conclure, avec raison, que le Saint n'était pas simplement un 
homme, mais un Homme et un Dieu à la fois, de telle sorte 
que dans le Saint il soit vrai de dire que Dieu est homme et 
l'homme est Dieu. Ce point, cependant, me semble d'une si 
haute importance et d'une telle utilité pour les missions de 
Chine, que je jugea propos d'en parler ici« d'une manière 
spéciale. 

On se souvient que dans le l*' article de ce livre j'ai insinué 
aux u®^ 3, 9 et 10^ que tous les King se rapportaient àl'Fg et 



(UO) Voir la carieuse disaertatioD, De virginitaU hanorata^ erudita, odo-' 
rata, fœcundat anctore Frontone, can. S. Genovefa), ia-4% Luletis^ 1661. 

(l'U) JustiD, {*• apologie, ii» 54 ; Pat. Grec, U vi, p. 410, et AnrkaUSt 
i, vu,p. 116 (l" série). 

(112) Et aapienUœ prlncipem non aliter arbitrantur niai de parttt Virginia 
editam (S. Jer. Conir. JovitU., vj, c.42). Pat.' Loti, t. 33, p. 373. 



LE sAiirr EST HomiB vr died. 217 

que leur doctrine syrnbolique tendait toute à un Saint ; mais 
cette assertion-là va recevoir une puissante afûrmalion de 
ce que je vais dire ici. 

Il est certain : 1« que VY-hing ou livre des images, bien 
qu'il renferme 64 symboles, est cependant toul renfermé dans 

ces deux-ci = |È Sien et EE i$ Kouen (113), c'esi pour 

cela qu'il commence par ces deux symboles. Ainsi le C/iy- 
king^ ou livre des odes, malgré sa grande variété, s'atta- 
che piiocipaleroent au ;& ^ Kiun- tsee, Tépoux futur et à 
f A 3)t Chou niUy la future épouse. C'est par eux aussi qu'il 
commence* Le Chou-hing a une apparence de livre histo- 
rique; bien qu'il parle de beaucoup de rois, il peut être 
tout rapporté à Yao ^ et à Chun ^ par, lesquels il com- 
mence. 

2* Il est certain que Ce que le Y-king nous insinue par le 
Kienl^jle Chy-king Texprime par ;S ^ Kiun^tsee et le 
ChoU'king p^r Yao ^. (]e que le Y-hing indique par i^ 
Eouen, le Chy-king le déclare par Çhou-niu et le Chou- 
king par Chun, à savoir : Kien, Kiun-tse et Yao, désignent 
le roi très-pàrfait, par Ko^JLeriy Chou-niu et Chun, le mi- 
nistre du roi. El il ne faut pas chercher dans ces livres autre 
chose que la souveraine Raison du ciel et de la terre, ou ce 
qui est le même, celle du roi et du minisire, de l'époux et 
réponse. 

Après la perte de la connaissance du vrai Sainte il est néces- 
saire que les Chinois modernes s'arrêtent à l'écorce des sym- 
boles, et s'imaginent que ces symboles ne veulent rien indi- 
quer autre chose que les devoirs et les degrés de la société 
humaine. On voit de suite combien, malgré les louanges 
aibpoulées doqnées à leurs iTmg, ils ont une idée basse de 
ces livres, eu égard à la vérité qu'ils renferment. J'ai très- 
souvent montré dans mes notes critiques quelle violence ils 
font au texte de VY-hing. 

Ils sont forcés cependant d'avouer que |Ë Kien et Jl^ 



m ^ i * 



-L-L 



(U3] T-^ng, Bymbolei 1 et 2. Voir lIotrodocUoD à rr-fo'n^.d-deaias p. 70. 



Î18 TKADITIOIfS GHBiTIENNES EN CHINE. — ART. T. 

mm 

Kouen ne doivent faire qu'un pour avoir tout le Saint, et cela 
doit aussi s'entendre de tous !es symboles pairs, qu*ôn appelle 
pour cela Tsa-koua ^ ^, non qu'ils soient confus ou mé- 
langés, mais parce qu*il y a une union admirable entre Kien 
et Kouen. Or, si cela est vrai des symboles, cela ne Test pas 
moins du roi et du ministre, de l'époux et de l'épouse. Aussi 
Sou-tong-po^ par la force du texle (te la ligue 5« di^.syoïbole 
Kouen, dit : « S'il y avait Jf Hoang, jaune, et qu'on n'ajou- 
» lât pas ^j Chang, habit de dessous, alors ce serait un roi 
» pur ; s'il disait Chang, mais sans Hoang, alors cela voudrait 
«dire nn pur sujet, et on n'aurait pas le symbole du Saint 
» chacun d'eux pris séparément H 14)- » Dans la pensée de cet 
interprète, le Saint doit être roi et sujet. 

Le signe ^ proclame le même mystère. Car, selon chacun, 
c'est B je le soleil et M yue la lune. Pi^r le Soleil, comme par 
le Ciel, on entend le roi et l'époux ; par la Lune comme par h 
Terre, on entend le ministre et l'épouse. Le vrai Saint est 
donc à la fois Kien et Kouen, ciel et ferre, c'est Tao et 
CAun, le roi et le ministre du roi, c'est H^ -J Chou-tsee et ' 
1^ ^ Chou-niu, l'époux et l'épouse ; il est le grand et le 
petit, l'humble et le sublime, le fort et te faible, le soleil et la 
lune, le 6 et le 9, le Tn l^et le ^ Yang ; ou, pour exprimer 
en un mot toutes ces images, le Saint est homme-Dieu et 
Dieu-hommo. le pense que toute la doctrine divine des King 
consiste en ce point comme dans \in noyau. En attendant, 
j'ajouterai ce qui suit. 

La même doctrine serait prouvée plus clairement et plus 
fortement, si je joignais ici tout ce qui est si souvent dit dans 
VT'King sur le mariage, c'est-à-dire sur l'union intime du 
Verbe-époux, avec THumanité son épouse. Je le ferai à la fin 
de ce traité, je promets de traiter de cet article si important, 
qui demande un paragraphe entier. Vpfr à la fin du 4<' point 
Niu-oua^ 10« paragraphe. 



Ë s O 1^ IS A 4Ei* S<m'tong-po. 



LB SAINT m pomiR n dibu. 21,8 

Le Chou-^king dit: a Ses instructions, soo enseignement sont 
» les onseignemeats mêmes du Seigneur (f 15). > L'interprète 
dit: « Le Ciel est le Saint, mais sans voix. Le 5amt est Ip 
j» Cielj mais {parlant par une bouche humaine (116). o Le Y- 
hing dit : a II est utile de voir le Grand Homme (117). > 
L'interprète dit : a Le Grand Homme est le Ciel, et le Ciel est 
» }a Grand Homme (1 18). » Le Y^king dit encore : fn Le Ciel a 
Y créé, :» et dans un autre symbole il dit : « Le Grand Homme 
» a créé (119).» Tching-min-hiang compare ces deux paroles 
et dit : « Quand le Ciel a créé, le ciel était le Seigneur ; après 
n qu'il est devenu .Grand Homme, le Grand Homme est le 
» Seigneur (120). > Le livre Siang-siang dit : «Quel eçt donc 
» ce que le Gr^ud Homme a créé ? Il a créé le ciel, la terrcj 
» les peuples et toutes choses (121). » Q'entendent-ils par ces 
mois Je ne lésais? Seulement je ne puis concevoir que les 
Chinois soient asses peu sensés, pour attribuer tout cela à un 
homme infirmie et mortel. 

Le ChoU'King dit encore : « Le ciel aide les peuples les 
9 plus bumbles, leur donne un chef, un docteur ; ce chef des 
■» hommes, ce précepteur fidèle, étant Je ministre du Sei- 
p gneur suprême, celui-ci lui doaoeavQpamoMr tout l'univers 
9 (122) ».. Où le nomme Chef parce qu'il est Dieu ; Docteur 
parce ^u'il est Homme. 

Et ailleurs, ce même livre dit encore ; « 11 est Saint, il est 



<115) Ift ^ ^ M. ChaiMng. 

(116) X«»;Flf;J:«AoigA«»t» 

iê* i, Ji» Un interprète» 

(117) fj 5. :^ A- r-Wn^, symbole 1, n. 3. 

(118) Î^AÊP^4bo^gP%A4b-Un ifUerpréte. 

(119) ^ JS o :^ A Ê- r-Mng, f/ffiMe 1. n. 1«. 

. (120) 35 je,o ^ fi ^ o ic A il * A « ^. 

Tching-hing-hiang, 

(121) % Mi'R 91 O gk ^ '-k A m &' Si<,rv-Hang. 

(122) Xi^JRo # ZM'of^i^^o «.^ 
J£ * 4,..^J| H |Sj * eM**•n«,J.^MJ^trJ^»),<^;l,^♦^.. 



^ÎO TRADITIONg CHB^TIBRIIES EN GHINB. — ART. V. 

» invisible, pacifique et vainqueur (123). j> On lui donne le ti- 
tre (l'invisible et de vainqueur, comme Dieu et chef, celui de' 
saint et de pacifique, comme homme et docteur. Ces paroles 
d'un autre chapitre du même livre reviennent au même :« Le 
c ciel-terre est père-mère de toutes choses; mais entre toutes 
» les créatures THomme seul jouit de la raison et de rintelli- 
» gence. Celui qui, parmi les hommes; est si perspicace qu'il 
» voit tout, si subtil (acutus) qu'il entend tout, celui-là seul 
» est le roi éternel, l/d Roi éternel est père-mère de tous les 
» peuples (124). • 

J'ai expliqué ces deux mots ]|| 1^ Tsong^ming selon le 
sens que lui donne le livre lui-même : « Le ciel seul est sou- 
» veraiiiemcnt intelligent (125). d Vous avouerez, en effet, 
qu'on ne peut attribuer qu'au ciel une telle perfection. 

Il s'agit ici du Saint qui est dit Père parce quilest :g^ 
Kiun et If Chin et fÇ vou, c'est-à-dire Dieu; il est dit mère, 
parce qu'il est Sjj see, et H ching, et $ ven c'est*à-Klîre 
homme. 

Pour la même cadse, on le compare souvent au ciel et à la 
terre, comme je l'ai déjà dit, le ciel montre sa divinité, la terre 
son humanité. 11 nou» éclaire et nous protège, parce qu'il est 
Dieu ; il nous conserve et nous nourrit, parce qu'il est 
Homme. C'ef^t ce qui fait dire à Lao-tsee :« Lt; ciel et la terre 
» se sont unis ensemble pour nous donner une très-douce 
9 rosée (126). » Que celte rosée céleste soit le symbole du 
Saint, nous le savons par nos Ecritures sacrées ; l'analyse du 
mot chinois montre que cette divine rosée descend pour tous 
et suffit aboodammept pour chacun. Car il dit f^ yu pluie, 
# ho pour chacun £ tsou suffisante. 



(123) ;9»;5)N"»X>5K. Chau-king, 

(124) «Ml 5c^Mt ll'tt^«o«AII«fi 

5K % §S f^ X <^ o X Jg f^ lË ^ #• Chou^king, 1. m 
tr. IV), c. 1, n* 3. 

(125) Ifi 3^ JM 9S< Chtm-king, 1. ii (Ir. iil),c. 8, a- p., ii«^î. 



LB 8AUIT S8T HOMlIt Wt DIBC. Sfi 

Le livre Y-hing dit aussi : < Le grand homme a la même 
» Yertu que le ciel et la terre (I27).»Se-ma-ftouan3 en donne 
celte explication r « Celui dont la vertu esl moyenne entre 
"» le ciel et la terre est le Sainf (128). » —Le livre Y-Aoe, 
dont on a fail df^jà mention^ dit : « & Y est le Bàint encore 
» invisible, et le Saint est^ Fdevenu visible (129)*. 

Dans ce mot F §ff 1^ soleil B est au-dessus et ^ ou ^ Tue 
la lune au-dessous; ce qui dénote que la nature humaine n*est 
pas encore revêtue par le Verbe ; c'est pour cela qu'il dit : 
« Y est le Saint non encore visible. » Le mot ^ ming^ 
montre la lune possédée par le soleil el pénétrée de la lumière 
du soleil ; elle est placée au même degré que le soleil^ et ne 
font pas deux, mais une chair. Le Saint, est le grand et le petit 
luminaire à la fois, soleil et lune; soleil pour briller au ciel 
durant toute l'éternité, lune pour éclairer la terre durant 
toute la nuit de cette vie ; et c est pour cela qu'il ajoute que 
le Saint est le Ydevenu visible. 

Le Chy-king dit : a Le souverainement intelligent est en 
» bas (130). » L'auteur a doublé le caractère ^, parce que ce 
Saint non-seulement nous éclaire parlesrayonsde sa Divinité^ 
mais encore chasse les très-épaisses ténèbres de notre esprit 
par les enseignements très-clairs de son Humanité. C'est 
pour cela que VY-king donne au Saint le nom de £ ^ 
Tchong-ming , deux fois lumière. Le Chou-king lui donne 

celui de £ ^ Tchong hoa double fleur ; ^ est le soleil éclai- 
rant, ^ est la lune éclairée. La l^mière qui procède de l'un 
et de l'autre de ces deux luminaires est théandrique ; ^t c'est 
pour alla qu'on donne au Saint le nom de Jt ^ Tchong^ 



(127) ^ikAnX^o^^mo^M é 

Si ^* T-king, symbole 1, d. 55. 

(128) mn^m»^oWii^mA. i*e^^ 

kauang, verB 1056 de J.-G. 

(129) 9, n J^ i. m AoSAW^Àft. 

T'hoe, Comment, sar VT-king, par Soth-han-tsven. 

(130) IS ^ 4£ T- Chg-king, U m, c 1, ode 2, B 1. 



tîî TBADinoNS CBBiËnnfiftis m œinb. — ' art. V. 

^mîng el de ^ ^ Ming-ming. Cesl pour la même cause 

qu'il est dit dans le même Y-kîng -R hoang g Chang, dont 
j'ai parlé, el 3| hoang %',liy ou épouse blonde. Voir le symbole 
J|(|â,le30\ 

Confudus aisait : < La charité est l'homme et Thomme est 
1 la charité (131).- » Nous avons déjà dit que {lest J: A 
Chang-ffin THomme suprême. Donc ici ce mot A S'i^ De 
s'eDtend pas de tout homme quelconque, mais du ji$ A 
chin-ffin et du 3Ç A tien-gin. Voici l'explication que le 
Choue-^ven donne de la lettre A '• a Cest la très- tioble na- 
» lure du ciel et de la lerre (132). d Rigoureusement cela ne 
convient qu'au' Saint qui a une nature divine 5^ ft Tien- 
sin parce qu'il est Dieu, et ^ <(9É Ty-sin, nature mortelle, 
parce qu'il est homme. Rien de plus noble, de plus précieux 
qui lui ne peut être imaginé. Le mot A 5^^^ n'apparlient 
pas à la classe des lettres dites |^ ^ Siany-Ainjr, c'est-à-dire 
ne représente pas la figure de Thomme. Cîj\r les anciens n'ont 
pas voulu'représentér un monstre. Ainsi les deux lignes qui la 
composent figurent la nature de l'bomme composée de 
deux parties, de telle sorte que l'homme comprend à sa ma- 
nière le ciel et la lerre. lia une partie terrestre qu'on nomme 
corps; et une céleste qu'on nomme l'fimejil est là. comme 
}in moyen terme entre le cîel et la terre, entre Dieu et les 
êtres matériels; il est là comme un médiateur. 11 a ainsi la 
ressemblance, la figore du Saint qui est le vrai ^édiatenr 
de Dieu et des hommes et réconcilie en lui l'an et . Vautre 
monde. 

Mais pour mettre comme sous les yeux un si grand mys-* 
tère et en faire passer le souvenir à la postérité, les anciens 
ont ajouté à A ffin le signe —, ce qui donne )fi ta, grande 
ce qui désigne fort bien le Grand et le Saint parfait; à sa- 
voir celui qui, outre la qualité d'homme, As'în, doué d'un^. 
corps et d'une âme, a encore — c'est-à-dire la Divinité 'et àé* 



(131) .fc if A ». Con/ttctw. 

(132) Voir ^AoiM'-^éH, mine 287. 



LE SAlirr EST HOMME ET DIEU. .223 

trouve ainsi le Seigneur, soit parce qu'il est Di^Uj soit parc^ 
qu'il est Homme. Car c'est probablement le sens de ces moto 
qu'on lit dans le livre Ge kiariff et autres : S A IS ^ 

Ainsi a un seul homme est grand ; et ce seul grand est le 
p ciel (133),« selon la tradition consignée dans ces deux hiéro^ 
gliphes )fz Ta el Ji Tien^ ce qui ne peut être vrai si cet 
homme unique — A n'est pas le ciel, Ji Tien. « Le ciel 
» seul est grand, dit Confucius (134). » 

Les Notes mises au livre Tchun-tsieou sont si claires 
qu'on qc peut rien désirer de mieux. Les voici : « S'il n'y avait 
9 que 1^ vn, rien ne naîtrait ; s'il n'y avait que $lf yanç, il 
» en serait de même ; s'il n'y avait que le ciel, rien ne 
» naîtrait non plus.» Il est vrai qu'on pourrait donner un 
sens vulgaire à ces paroles-là ; mais le pourrait-on à celles qui 
suivent? oCes trois choses se réunissent de manière à ne 
j> faire qu'un et ensuite tout naît. C'est pour cela qu^on peut 
9 l'appeler âls de THomme^ flis du Ciel, parce que le Grand a 
9 un grand nom et le Petit reçoit un nom modeste (135). » 

Le philosophe Sun tsee dit :« Un et un ou deux fait hommç 
» se nomme le ëaint homme (136).» Sur ce passage le Diction- 
naire Pin tsee-tsien fait cette remarque : « Chacun sait que Icif 
» nombres procèdent de l'unité^ mais on ne sait pas qu'il est 
9 nécessaire qu'il y ait la dualité pour que les choses soient 
» créées. De là quand on dit : le double CieU le sens est qu'il 
l'y a en outre un ciel par qui tout a été fait de nouveau 
1 (i3Ti ». 



-T-^ 



(lâ3) — A Â ^ — 5S A 3Ç. Lt tradition. | 

(134) 'HI X >S iK' Confiuiiu, dans Meng-tte, 1. ii, 1'« partie 
D. 33; (tr. 1. i; c. 8, n* 33). 

(135) «.iJE7^oS9A7^o|l3^ 7^o 

Routées an Tchui^-tneou, 

(187) A ^ àl S H i^ f - oli')f É £ 



2t4 TRADmom CHltTIIimBS KN GHIRB. — AIT. T. 

De 'tont ce qui précède on voit fort bien que l'opinion des 
Lettrés chinois sur ce parfait ministre, qui est inférieur au 
roi et d'une condition cependant égale au roi, inférieur et non 
inférieur, égal et nt)n égal, roi et sujet, on Toit bien, dis-je, 
que c«s idées se détruisent muluellement et ne peuvent con- 
venir qu'à celui-là seul qui a une double nature, qui est à la 
fois vrai Dieu et vrai Homme. Quand Tchouanff-t$ee définit 
rhomme « corps invisible, esprit visible (138), » ses paroles ne 
sont pas contradictoires, parce que l'b'omme est un composé 
de deux parties, dont Tune a un corps et une figure, Tauire 
est sans corps et sans figure, et l'union des deux admise, le 
tout qui en résulte ne peut être appelé ni pure matière ni 
pur esprit, mais doit être appelé corps qui a une ftme et âme 
qui a un corps. C'est presque de la même manière que H 
J^ Chin-gin ne peut être dit pur homme nf simple- 
ment ciel, mais 3Ç il A Tien fsi-^in, Jlomme du Ciel 
et A i ^ Gfm tsi'tien, Ciel de l'Homme. 

Privés de la connaissance derHomme-Di^;u,lesChinois,s'effor- 
çant de coudre au régime politique de leur pays tout ce qu'ils 
lisent dans les King, tombent dans des bévues iqdicibles et des 
contradictions si misérables que je ne saurais teç qualifier. 

Car, si on les écoute, le Roi doit demeurer dans son palais 
j[)ien enfermé, comme invisible et tranquille sur ses états ^ 
pendant ce temps-là un docte Ministre régit l'empire en son 
nom. Un tel homme n'est plus le sujet du Roi, mais son ami 
et son presque égal. Lorsque Chun mangeait autrefois à là 
(able de Yao, celui-ci était le maître et Chùn était son hôle. Et 
pareillement quand le Roi Yao mangeait chez Chun celui-ci 
était le maître et Yao son hôte. Enfin le Roi doit se l'associer 
pour CQllègne de l'Empire et le lui résigner, <x)mme Fao a 
fait à l'égard de Chun et Chun à l'égard de Fiu 

Or je ne sais pas si l'on peut imaginer quelque chose de plus 



±: âè « «^ - 4 :i 5c.o A S, â « ^ j§ « ^ 

9^ ^* Pin-tsee-Uien* 

(188) /fj^i^jl^oj^ia^^* TclimmitUH. 



« t 



LE SAINT B8T DOMIIB BT DIEU. 225 

ridicule que ce système. Car alors le Roi n'est plus qu'un 
fantôme, an simulacre de Roi, un tronc, une racine qui 
n'agit plus. Ajoutez que réduire en pratique ce songe c'est 
aSuvarov (impossible). Car comment peut-il être, je vous en 
prié, que ctiaque fois qu'un Roi meurt, autant de fois son 
premier Ministre soit un philosophe d'une vertu assez grande 
pour être supérieur eu sainteté, en dignité, à tous les habitants 
de l'Empire. Ils né sont pas plus d'accord entre eux, car ils 
n'osent pas condamner le grand lit, qui n'a pas donné l'Em- 
pire à son ministre, mais à son fils et son héritier. Meng-tse 
parlant d'un certain roi auquel son ministre ambitieux avait 
persuadé qu'ayant les mérites de Yao et Chun, il devait à son 
exemple lui conférer l'Empire dit : « Non-seulement ce roi ne 
» pouvait pas lui transmettre TEmpire; mais le ministre ne 
» pouvait le recevoir, s'il lui était offert (139). » 

Découvrez aux Chinois la véritable doctrine qu'ils ont per- 
duç, c'est-à-dire enseignez-leur le Verbe incarné, ou Dieu- 
Homme, qui a dit avec vérité : « l^ Père est plus grand que 
» moi (140), y» et qui a pu dire aussi avec vérité : « Moi et mon 
, D Père nous sommes t/n (141),» et aussi : « Tout a été mis par 
» mon Père sous mon pouvoir (142), » alors tous les faux 
commentaires des Chinois disparaissent, et à la clarté d'une si 
grande lumière le sens intérieur des King apparaîtra. 

PARAGRAPHE 7*. 

lie* travaux et la mort du Stiint pour le salut 

du monde. 

La tradition prophétique dé ce grand mystère ne s'est pas 
conservée seulement dans les livres anciens et le Y-king sur- 
tout, mais aussi dans les lettres hiéroglyphiques; il faut 
donc en recueillir les vestiges, dans ces deux sources. 



(139) Voir Meng-tse. 

(140] Qaia Pater major mo est (Jean, iiv, 28). 

(141) Ego et Pater unum gumas (Jean, x, 30}. 

(143) Omnia mihi tradita sunt a Pâtre meo (Math., \i, 37). 

Prémare. 15 



TRADITIONS CHRÉTIENNES BN CHINE. ^ ART. V. 

PREMIER POINT. — Témoignages des Livres. 

On Ht dans Lao-tse ce beau passage : « Le mou triomphe du 
p dur et rinfirme du fort. Chacun le sait; nul ne peut ré- 
» duire cela en pratique. C'est pourquoi le Saint dit : Celui 
» qui reçoit en soi la poussière et les souillures de tout le 
» Foyaume,celui-là est le Seigneur de la terre ; et celui qui 
» porte les maux du royaume, celui-là est le Roi de tout TU- 
» nivers (1). » 

Ces paroles sont Ircs-droites et très-vraies, mais elles sem- 
blent, pour le profane vulgaire, desimpies fables. L'interprète 
LiU'Chi confirme cette parole célèbre par l'exemple des rois 
Tang cl Vou^ qui, comme le rapporte le Chou^king, di- 
saient: tt Tous les péchés dujoeuple sont sur moi, homme 
» unique. Ils avaient appris, dit-il, à recevoir sur eux les 
» souillures et les malheurs" de tout le royaume (2). » 

Tchouang-ise va même plus loin quand il dit : « Un homme 
» vil meurt pour amasser du bien. Les philosophes meurent 
T) pour acquérir de la renommée. Les nobles meurent pour 
D conserver leur demeure. Le Saint meurt pour sauver 
» l'Univers (3). » 

L'inlerprèleSouj/-c7u dit: « Donner sa vie pour obtenir ce 
)) que Von a en vue, cela se nomme en chinois 5^1 ^'^f^ (^)« » 



JE W ^ ^' Lao-tse, dans Tao-tc-king, c. 78. 

Liu-chi ; c'était l'un des principaux ministres de l'empereur Tsin-chi, Tin- 
cendlaire des livres, 213 av. J.-C., et l'auteur d'un Tchun-tsieou. 

(3) >h A wi y:), ^n m O ± m ^^ Mm ^ o 
'^ ^ H') i^ ^m m o m A w\ jki # ja ^ t. 

Tchouang-tse, du 4« siècle avant J.-C, auteur de Nan-hoa-king, le livre de 
la fleur d'Orient. 

(4) S # ^ ;5: 5êj« Souy-cM, auleur de Tang-chou^ien, 
mort en MOI, après J,-G. Voir ilém. Chinois , t. x, p. 70. 



LA MORT DU SAINT POUR IS SkUJX DU MONDE. 



2i7 



Confucius a dit aussi : « Mourez pour observer la charité (5). > 
Tchouang-tse ajoute un peu plus bas : « Celui qui ne se cher- 
» che pas, mais cherche le bien des autres, fait que ceux-ci le 
1» possèdent et qu'il ne se possède pas lui-même (6), • c'est-à- 
» dire, comme s'exprime Sse^ma-houang', « il se perd pour 
^ sauver les autres (7). » 

Cela ne peut être vrai qu'autant qu'on lattribuera au Saint, 
qui s'est livré pour nous, et aux martyrs qui donnent leur vie 
pour Jésus-Christ et pour leurs frères. 

Meng^tse dil aussi : « Quand le Ciel veutconGer une grande 
» charge à quelqu'un, imposer un fardeau sur les épaules àe 
» quelqu'un, il commence d'abord par Taccabler de soucis, il 
V éprouve son corps par de grandes* fatigues, il lui fait souf- 
» frir la' faim, la pauvreté et permet que rien ne lui arrive 
» selon ses vœux. Son but est de lui apprendre ainsi à se vain- 
y> creet il lui vient toujours en aide* dans les choses que 
» l'homme seul ne peut exécuter (8). » 

J'avoue que Meng-tse^ en disant ces paroles, semble n'a- 
voir eu en vue que ces hommes qui, d'une basse et misérable 
condition, S'élèvent aux premières charges de ta République; 
mais que les Chinois nous disent pourquoi le Ciel agit ainsi, 
et pourquoi le mépris mène certainement à la gloire, la dou- 
leur au plaisir, la mort à la vie? La raison, ils l'ignorent. C'est 
que le Saint a voulu souffrir et mourir, non-seulement pour 



(5) K :^ fÇ tl* Confucius ; voir la Dotice. 

(6);fi#iB#o[« o Ji#A±«o 

ro^&^^#^A« Tchouang-Ue\ votcol-dessus, n. 3. 

a^) 9 & ^ A- Sse-ma-kouang^ célèbre hist., auteur de Tse- 
uM-tong-ktaUf chronique de 339 av. J.-C, jusqu'à 859, après ; mort 
en 1080. 

^ ^ ^ M ^ âè> Meng-ue, 1. it, 2« part., n. 51 ; trad. Julien, 
I. Il, e. 6, n. 61 ,- trad. PautBIer, 1. ii, c. 6, n.' 1& ; Tolr art. 1, notes 31 
et 39. 



228 TRADITIONS GHRÉTIENNES EN CHINE. — ABT. Y. 

• 

nous racheter, mais encore pour nous donner un exemple à 
suivre. 11 faut suivre la voie qu'il a suivie si nous Youlons 
parvenir là où il est parvenu. 

Mais nulle part, sinon dans le Y-kinÇy il n'est aussi souvent 
et aussi fortement parlé des travaux, des angoisses^ du sacri- 
fice du Saint, qui s'est offert comme une victime pour sauver 
le monde. H serait long de rapporter tous ces textes; et comme 
le vrai sens de ce livre mystique se tire soit des symboles eux- 
mêmes, soit de la place et de la combinaison des lignes, on oe 
peut parcourir ces textes comme en courant et comme en pas- 
sant. J'en choisirai seulement quelques-uns et je les explique- 
rai brièvement-si je le puis. Ceux qui en désireront davantage 
pourront consulter les Notes que j'ai mises à ce livre (9). 

Tsai-tsing, dans son livre Mong-yn^ dit : « Il y a trois 
• symboles danslesquels il est question des douleurs et desaf- 
» filetions du Saint: lo dans le symbole IQ tchun ou tun(le3*), 
» on trouve le commencement; 2» dans ^ Aien, (le 39«) le 
» Saint atteint le milieu des ses travaux ; 3*" dans S houen 
È (le 47'), il esta la fin (10). D 

il est bien vrai que dans ces trois symboles il s'agit des pei- 
nes et des travaux du Saint; maison trouve la même chose 
dans un bon nombre de symboles, comme dans ^ py, dans 
jtt kouj dans ^ soui, dans ^ ching^ dans §1^ po, dans 
^ ming, dans ^ y, dans ^ sun, dans ^ y, etc. ' 

Le symbole ^ hien E!E (le39*'de rY-*inflf;, commetous 

les autres, renferme deux parties, Tune supérieure =-^ han, 

et l'autre inférieure rz S hen, c'est-à-dire : a Au-dessus 
» des montagnes sont les eaux. » 11 est évident qu'on ne peut 
prendre ces paroles à la lettre ; il est encore plus clair qu'on 



(0) Ce sont ces notes que nous avons mises à lénr place et publiées sous le 
tUre d'Introduction à VY-king, dans les Annales de Philosophie, t. vnr, 
p. 356 (6« série). Ceux qui voudront bien comprqpdre la sigoiflcationdea 
signes et , devront les consulter. 

(10) m mMii^tmom'¥^i.mom 

I H J^ JH Tsai-Uing. 



LA HORT DU SAINT POUR L8 SALUT DU MONDB. 329 

ne peut les entendre d'un mauvais régime de gouvernement/ 
car toutes les lignes de ce symbole sont droites et désignent 
UD bon Roi, un parfait Ministre et un bon Peuple. Il ne reste 
doncdaasce passage qu'à y voir seulement les maux Gttiros 
par le pécfaé et que le Saint ou grand Homme ^ A Ta-gm 
est venu enlever par sa mort. Ce dogme revient souvent dans 
le Y^king : !<> parce qu'il est la base de toute la doctrine ré- 
vélée; 2^ parce que Sf Y veut dire changement. Or nul 
changement n'est plus grand que celui qui consiste d'innocent 
et heureux à devenir pécheur et malheureux, à devenir juste 
et enfant de Dieu de pécheur qu'on était L'homme seul 
est la cause de la première mutation, l'homme-Dien celle de la 
deuxième; voilà tout le bonheur ^ Ây, et tout le malheur 
IXI hiong dans Y-king, voilà ce à quoi il faul rapporter toutes 
les autres mutations, comme figures et symboles ou comme 
conséquences et eiFets. 

Le chapitre intitulé : Choué-koiia (à la fin de VY-king), 
poursuivant les voies du Saint, dit : « i7 souffrira beaucoup 
» et fatiguera de même dans E^ iJZ Kan (11). )S D'où 
l'on nomme ce symbole le symbole du sanr; jfiL $[*, hiué- 
koua ; et dans le sens vulgaire il dénoie les peines, les dou- 
leurs et les souflrances. On lit ces paroles dans une foule d'en- 
droits : Il est très-utile de passer le grand torrent (12). Et 
ce torrent indique souvent une relation avec E^ Aan. 

L'Écriture désigne les aitlictions par les eaux (13), et iji kan 

veut dire eau. Cependant dans le symbole = = S V (l6 42') 

on ne trouve pa§ E^ kan, et là on trouve ces étonnantes 
paroles : « Il est utile qu'il passe le grand toirreiit ; 



(11) # ^ J^ T'king, chap. Choue-koua, art. 6,n. 1. 

(12) m \^ ^ Jl|- Aatears diTen. 

(13) En effet, cette expression Biogaliëre se trouve aussi dans la Bible. 
David dit, en parlant du Clirist : « U boira de l'eau du torrent, et pour cela 
» il élèvera la tête ; de torrerUe in via bibet, propterea exaltabii caput 
{Psaume xxii, 8). C'est et que Ton chant6 aux Vêpres. 



230 TRADITIONS GHBETIBNNICS EN GHINB. -^ ART. V. 

T> ainsi la doctrine du bois parviendra à tous (14). » 

Un semblable texte ne doit pas être lu à la légère:, l^La 

lettre y ^ ou ]|[Ç , selon la vieille orthographe, est M ou )|^ 

min, vase* r^ des afflictions (15), ainsi le Saint est appelé 
Kan un homme dedouleurs; 2'' le sens propre du symbole est 
« sacrifier ou perdre un supérieur pour le bien et Tavantage 
» d'un inférieur {16K » Or, le Saint a rempli ces conditions; 
il est descendu du Ciel sur terre, il a passé le torrent ; les 
eaux sont entrées jusque dans son âme et c'est ainsi que la 
doctrine du bois ou de la Croix s'est propagée. 

Les interprètes, appuyés sur les anciennes traditions, rap- 
portent des choses merveilleuses : E^ % tching et E^ ^ 
sun désignent tous deux le bois. Mais zlE. tching appartient 

à la nature forte, et "E-E sun à la nature faible. Tching est le 
Premier-né, c'est-à-dire le Saint en tant que Dieu ; Sun est 
la Première-née, c'est-à-dire le Saint en tant qu'homme (17). 
« La charité, dit Tc/i^gi-sun, est la vertu du bois (18).» — La 
doctrine du 6ois, dit Yen-lin-chi, «est la doctrine du milieu 
» et du droit (19). » Comment entendent-ils de semblables tra- 
ditions? Je ne le sais; mais j'admire que le texte fasse mention 
du Torrent ErE kan ; on n'en trouve aucun vestige dans le 

symbole S EE ^ i^'* ^-)- H aurait beaucoup mieux fait de 

dire : Il est utile de cultiver les champs, parce que la relation 
du bois abonde dans ce symbole Y; la charrue, la herse, tous 
les autres instruments de bois du cultivateur et leur invention 



(14) fj î$ i^ Jll O Tf: Ji ^ fî. r-«ny, symbole 42, 
n. 3. 

(15) S ^ Jl S "F« Y'king, symbole, 42, d. 2* 

(16) ê J: T T- r-Wn^, symbole 42, n. 2. 

(17) m^tCoi^tCAoll^O i*-fc. Infer. 
prêtes de VY-king. 

(18) il 7^ ^ ^< Tehang-sun-ehan, vers 100 av. J.-C, ov 
Tchan'j-sun-ou-kiy vers 6î8 après J.-C. 

(19) TK ?i iP ^ JE i: 'M' Yert^lirirchû 



LA IIORT DU SAIKT POUR LE SALUT DU NONDB. 231 

Tiennent du symbole Y S, selon le chapitre hùtse. Ajoutez 
que le temps est propice. Car c'est un printemps nouveau ; le 
Ciel verse ses pluies fécondantes et la terre abonde en produc- 
tions. Pourquoi donc parler ici de Torrent? Ne serait-ce pas 
parce qu'il faut voir dans le caractère tK mou^ arbre, le bois 
de la croix, comme dans un bon nombre de passages que nous 
allons citer ? 

Ainsi, mou-tao, /f; ^, la doctrine du Bois, est la même 
chose que + ^ 3Rj la loi de là CroiXy et t ^, Ja force 
de la charité et de Vamour ; et cela surtout, parte que dans 
ce même symbole S Y, à la 2* ligne, le texte dit que 
« le roi s'en sert pour oflrir un digne sacrifice au Sei- 
» gneur (20). » Sur ce passage, le livre Siang-tchao, dont 
Tauteur Tsien-'ki-sin vivait sous la dynastie précédente des 
^ Ming, s'exprime ainsi : « Remontez depuis le bas peuple 
» jusqu'au Suprême Seigneur. Si vous comparez le Roi au 

> Suprême Seigneur, le Roi est au-dessous. Le Uoi est à la vé- 
» rite la tète de tous les peuples ; mais c'est le Ciel qui pro- 
9 duit les peuples et qui fait le Roi. Les peuples se soumettent 
1» au Roi; mais c'est le Suprême Seigneur qui donne au Roi 
D tant de gloire et d'honneur. Le mandat du Maître du Ciel 
d réside dans le cœur des peuples. Le Roi qui craint de nuire 
» à ses peuples, craint par là même le Suprême Seigneur ; et, 
» quand il comble son peuple de bienfaits, il sert le Suprême 
1 Seigneur. C'est pourquoi le Qoi seul, qui est vraiment Koi, 

> peut offrir au Seigneur des sacrifices agréables (21). » 



(20) 3E ffi ^ iR ^- y-liing, symbole 42, n. 8. 

(21) i RMSimMMïo}k±1^m±. 
o3E4tT^oï#T«i::g-t3o 

JL ^ o tè >Sï^'i63|^^« Tsien-ki-sin bous les Ming 
(1368-1573 d<J.C.). 



Î32 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. V. 

Si ce Leltré moderne a pu appliquer à son roi de telles paro- 
les, qui certainement ne sentent pas l'athéisme, à combien 
plus forte raison pourra-l-on les appliquer au Sainte qui est 
le Roi des Rois, et don! le meilleur roi de ce monde n'est 
. qu'une simple image. Je parlerai ailleurs du caractère 2^ 
hiang. 

Le sens de E-= han apparaît surtout dans la 3« ligne du 

symbole r^ tKt ^i^^ (1^* 15*)- H Y ^^ écrit :« Le Sainf meurt 

• dans la souffrance et dans l'abaissement : bonheur (22). i» 
» Mais il rend heureux, ajoute la Glose, tous les peuples qui se 
» donnent spontanément à lui (23). i> 
Sur cette ligne 3«, il faut entendre Lieou-che-^liu : 
« ]fê Kien et jUji ftoue^i, dit-il, unissent très-intimement leurs 
p Terlus en celte ligné. Le Ciel s'unit avec la Terre, et plus il 
» descend plus cette union est auguste. La Terre s'unit avec le 
» Ciel, et plus elle monte, plus cette union est vénérable. 
» Regardez au-dessous des neuf cercles de la terre, au-delà 
» du double abime où aucun corps ne peut tomber ; le Ciel 
» descend et pénètre jusque là, et quand il y est parvenu, il 
D ne peut descendre plus bas : sa puissance est comme épui- 
» sée. Regardez donc la suprême région de la lumière, bien 
» loin au-delà de cette voûte azurée et visible, dans cet en- 
» droit où ni le son ni l'odeur ne peuvent atteindre. La terre 
» en s'élevant monte jusque là ; mais quand elle y est parve- 
> nue, elle n'a plus où monter et sa puissance est aussi 
. » épuisée (24). b 



(22) #91:©'? O W*Ç0"S. T-king, symbole 15, n.». 

(23) M S: M. JSL' Glose de IT-ilEwt;. 

(24) wti.XBonUfZà' m JiL O n^ 

:^ m o M T RI :tnmMo T^SoBîî 



LA MOBT DU SAINT POUR LB SALITT DU MORDS. 233 

Voilà ce que dit cet auteur. Or^ il est impossible de irouyer 
dans ces paroles une ombre ni une miette de sens, si on ne 
reconnaît pas que le symbole ^ kien et le texte du sym- 
bole qui a poussé ce lettré à parler ainsi, exposent l'admira- 
ble union de la Nature divine et de la Nature humaine dans 
le Christ. Ainsi il est facile de comprendre que Dieu ne puisse 
pas descendre plus bas, ni Thomme monter plus haut. Ensuite 
le même interprète ajoute avec raison que « par ce moyen, 
» le Saint a pu en souffrant rétablir la paix entre le Ciel 
» et la Terre, et enrichir toutes les nations de ses mcri- 
» tes (25). » 

Tun-fong remarque que, dans la 3* ligne du* symbole ]^ 

kien (le 1"), il y a :g -J ftiun-/se,le Saint; o dans la 3* ligne 
» du symbole iÇ koiten (le 2«) il y a yeou tchong ^i^j il a 
» /m ; dans la 3« ligne du symbole ^ hien (le 16"), il y a Tun 
» et l'autre (26.» Cela nous fait comprendre pourquoi Lieou- 
ché liu dit que Jfe kien et J^ kouen, dans cette 3^ ligne du 

symbole ^ /ae7i, sont la même chose, et nous remarquons en 
même temps combien de sens nombreux et admirables on peut 
tirer de la combinaison et de la comparaison des symboles et 
des lignes. 

Prenons pour exemple la ligne roéme dont il s'agit. Si elle 
est jointe avec les autres qui se trouvent dessus ou dessous 

d'elle, dans le symbole =-= kien (le 15«), il est évident 

qu'on le retrouvera aussi dans les trois signes suivants : !<> dans 

Ez. S ^^^ î 20 dans ErE iJC kan ; 3o dans E^ % tching. 
Tout le monde sait que dans ces trigrammes une seule ligne, 
pleine et entière — est ^ kien, comme dans les trois au- 



X i: ^ o M i$ ± lÊ^ft^- Lieou-chê4iu. 

(25) tê If â 5c T o M 1^ m n R' Idem. 

(26) *g ± 3 o H Jt -s ^ « o «î :?: s o 



234 TRADITIOHS COBÉTURHIS SI CHUIE. — AET. V. 

très, lo 5£ ^ toui; 2© EH Ml 'î; 3» EE f| sun,il n'y a 
qu'une seule ligne, faible et rompue — , qui soit koiœn il|l. 
On sait aussi que EE ken marque une Montagne ; que ^^ 
kan marque les travaux et le sang; et que EE tching a le 
sens de ;S ■? tchang isè, premier-né. 

Ajoutez à cela qu'on lit dans le chapitre Choiié-koxia (de 
VY'king) : c Le Seigneur a acbeTc ses |»aroles dans ^ 

ken » et pour expliquer cela il ajoute : « E^ S hen est 
» placé dans une pointe entre l'Orient et le Septentrion* Tout 
» se termine là et tout commence là (27). » 

Ces traditions sentent la première antiquité et ne peuvent 
être que mal expliquées par les Chinois. ^ Ken est une Mon- 
tagne. Le Saint a souffert sur la Montagne^ et ainsi il a con- 
sommé sur la Montagne tout ce qui avait été dit de lui, c'est- 
à-dire il a mis fln à tous les maux introduits par le péché, et 
il a ouvert les sources abondantes de la grâce du Sauveur : Sur 
la montagne finit la mort; sur la montagne commence la vie. 

c Voilà véritablement la fin du Saint, fin qui donne nais- 
» sanceaubien (28).» Quel serait ce bien si le commencement 
de la félicité ne sortait pas de la fin de la misère ? Mais pour 
avoir cette félicité il faut, à l'exemple du Saint, persévérer 
jusqu'à la fin. 

Il y a un autre sens qui est aussi fort beau, quoique non 
obvie. Le livre Y-hoé explique ainsi le caractère tchong ^ 
de celte Ligne: 

«t Lorsque les souffrances et les mérites ont pacifié le Ciel 
» et la Terre et se sont étendus à tous les peuples de la terre^ 
» alors on peut dire que la misère a pris fin (humllitas fi-' 
» nem habet). Mais si un seul homme du bas peuple n'a pas 
» encore reçu l'application de ses bienfaits, alors on ne peut 



(27) *jft-ir ^So ^««jfca^AoW 

^ i. m j« *$ mmAtào^^oAm% 

^- T-king, eb. Choue-koiM, «ri. S. n, 1, 3. 

(28) S' fllt S :f W i^ IS- T-*ing, symbole 15, n. 9. 



LA MORT DU SAINT POÛft LB 8ALI3T BU MONDE. 235 

» pas dire quB la misère ait fini, ni qu'elle existe encore (29). 

Donc, afln de résumer et de compléter le sens de ce passage 
en peu de mots : ^ ^ le Saint a consommé E^ ses tra- 
vaux et ses souffrances, sur la montagne zz et comme il 
était le premier-né de toute créature Ez? il a été exaucé à 
cause de sa soumission. Il a souffert comme homme EEj et 
il a sauvé le monde comme Dieu ^. 

A cela avait rapport le texte de la ire ligné du même sym- 
bole, ainsi conçu : c Le Saint anéanti et deux fols anéanti 
1» traversera, par son anéantissement, un grand torrent et 
» ramènera la félicité f 30). & Tous les peuples, ajoute la Glose^ se 
donnent, se soumettent; % £ IK signifie que de la part du 
Saint rien n'a manqué pour cela , car il veut et peut sauver 
tous les hommes, et il a payé pour tous; mais il ne fait vio- 
lence à personne, comme il est dit dans les lignes suivantes : 

Dans le symbole ^^ 5 py (le 12«), à la ligne 5«, on lit: 

« Les maux sont éteints ; la félicité a été ramenée par le grand 
9 homme; hélas I il est mort! hélas! il est mort! 11 est sus- 
X» pendu à l'arbre sang qu'il tient embrassé (31). » Je parlerai 
plus bas (32) de la lettre ffc hieou. 

aLeSamtseul,dit Vang-pi, peut de nouveau faire l'union du 
» Ciel etde la Terre, ouvrirle cours des eaux quele triste hiver 
^ avait arrêtées, et fermer les portes des ténèbres. C'est donc 
v à bon droit qu'on lui attribue 1^ destruction du mal ^ et le 
» renouvellement des communications interrompues (33). » 



(29) *^âÈ ^moM:SiMMnRom 

;f « o m ;j: rt m «*io iij;pw£t«^. 

Y-hoe. 

(30) m m 1Ê 1" O m \$ :k )\\ ^. r-king, sym- 
bole 16, n. 5. 

(31) ffrSob^AW o« a«aoil*& 

Q Dl. F-kin<7, symbole 1?, n. 5. 

(32) Voir aa 2« point : Témoignages tirés des hiéroglyphes, n* 7. 

(33) m^Ai^tti^%m z^ o mmm 



236 TBADITIONS GHBiTIENNSS BN GHINB. — ART. T. 

Ces paroles X 1^ # |A Vang-hi indiquent que la mort 
est imminente et s'emploient lorsque quelqu'un est près de 
mourir. ^ Ai se rapporte à :^ A ta-gin (grand homme),« au 
» Saint qui meurt comme les autres, mais qui revit ensuite, 
» comme dit Lieou-chë-{iu, A un moment donnée il dispa- 
t ratt comme les autres; mais après il subsiste éternelle- 
» ment (34;. » 

Le caractère ^ pao signifie embrasser ; il ne faut pas 
récrire ^. De même ailleurs on a mis ^ ki, où il faut 
mettre ^ ki. A propos de ce caractère et de cet arbre H 
sang, il y a beaucoup de belles choses qui sont comme ense* 
Telles dans une vieille tradition. 11 importe de s^n occuper. 

Ce caractère est composé de S et de yfc comme il est évi- 
dent. S sont trois mains. On récrit ordinairement ^ jo et 
il signifie )|| c/iun, obéir de bon cœur, m uSang est donc 
» Tarbre de l'obéissance, dit Choué-ven, sur lequel nrwnle le 
» soleil lorsqu'il sort de la vallée lumineuse de l'orient (35). » 
Cet auteur appelle cet arbre ^f^ fou |J| sang, et en expli- 
quant ;^f /bu il dit: «C'est un arbre spirituel d'où sortie 
» soleil (36). » Le dictionnaire Tching-vei « veut que ;|:f soit 

la même chose que :f^, » et signifie, comme les yeux l'indi- 
quent, arbre de l'époux (sponsfarbor) ^^ ?|C- 

Le livre Chi-king dit aussi : a Le seul arbre appelé sang et 
» fsee est digne d'un suprême honneur(37).» Or, f$ tsee est la 
même chose que y^ arbre ^ des douleurs, de même que 
m signifie arbre de Vobéissance. Lou-tsy dit que « l'arlft'e 
» sang domine tous les arbres des montagnes (38) ; » et Té- 

m o m is mf^ommm'sm^^JiL' 

Vang-pi, 

(34) ':k AMMm^ oWa^o^*^ 

I& o M ^ l^- Iteou-chc-lttt, sons les JTtng., 1333-1638 ap.J.-C. 

(35) H|8ffi«#Hft«J5SS*t|lo#* 

JJit' Choue-ven, neine, 210. 

(36) lt|lo«4l/fC0^tii4i>' Choueven, racine 210. 

(37) m§i^¥^O^ém±' Chy^nt. 

(38) \li±^:^oMmMM' Lo^-tty. 



LA MORT DU SAINT POUR LE SALUT DU MONDE. 



337 



pouse dans le Cantique des cantiques ne dit-elle i>as : « Gomme 
> un pommier, au milieu des arbres de la forêt, ainsi est mon 
» bien-aimé parmi les jeunes bommes (39). p 

Sunr-chouang remarque que € l'arbre sang prend en haut 
» les couleurs du ciel et en bas celles de la terre (^40). » Ainsi 
dans le symbole i$ kouen (le 2«) il est dit que a le sang du 
» juste a aussi ces deux couleurs (41). » De même le symbole 
EE % (lebl^y Tching ou premier-né, est dit aussi ^ hiuen 
comme ciel et )| hoang comme terre (42), à savoir pai^ce 
qu'il esi Dieu et Homme. King-fang dit : « L'arbre sang 
» nous fournit le vivre «t le vêtement ; le Saint couvre 
i> et réchautTe comme le ciel, il porte et nourrit comme la 
• terre, c'est pourquoi il est comparé à Tarbre sang (43). » 
Un philosophe très-ancien, Cfti-fsee, dit: « Ceux qui man- 
gent du fruit de l'arbre de l'obéissance deviennent ordi- 
» nairement brûlants de charité pour les vivants (44). » 
« L'arbre de l'obéissance, dit Hoai-nan-tsee, a dix Qeurs et 
» son éclat illumine tout l'univers (45). • Le livre Kou-y dit 
à son tour : a L'arbre sang est le bois du milieu (46); » et la 
Glose de la 5e ligne achève le tout par ces trois mots : « fi 
» ouei jE tchingy ^ iang- : Sa personne est droite et abon- 
» damment suffisante, ^ ce qui est dit par opposition a fi 



(39) Sicut Malus inter ligna sylvarum, sic Dilectui mens Inter fliios {Cant. 
Cant, II, 3). 

(40) §k M Jl i. y % SuriH^houang. 

(41) # EL 3Ë 31- T'king, symbole 2, û. 18. 

(42) tt S i 3Ï. r-km^. symbole 51. 

(43) iiw^^ A ^yjiomA^^muL 



4K il fê O ik EX %' King-fang, sous Wnn-li ou Tuenli, 
179-15S BT, J.-C. 

(44) :fei|7K«OifSi:A. CW-Uee. 

(45) a*W + ?Ê0**»8T*- Uoai^nan-tse, 
80US Uiao-ven-ty, 110-56 av. J.-G. ; voir art. i, note 77. 

(46) s « O 4» * ±. /f: 4- lCou.y. 



938 nUBlTIOlfS CBliTlEllIIBS EN CHINE. — ART. T. 

oueiy /j^ pou, ^ tang^ qui dans la 3^ ligne signifle « per- 
» sonne insuffisante » et s'applique à Adam. Mais pour qu'une 
personne soit suffisante, elle doil être Homme et Dieu. 
Enfin, dans tout symbole de 6 lignes sont renfermés 

4 symboles de 3 lignes. Regardez le symbole r^' § pij 

(le 12c) TOUS y voyez tout de suite EE la terre, parce 
que le Saint est un homme et un fruit sublime de la terre^ 

et ensuite Ez montagne, parce que, comme Moïse, il a 
gravi la montagne pour être notre Médiateur; il a gravi la 
montagne, comme ïsaac, pour être notre victime. 3* Vous 

y voyez E^ le bois qu'il porta sur se? épaules et sur lequel il 

voulut être suspendu. 4<* Enfin ^ le CieK parce que de la 
Croix il remonta au ciel d'où il était venu. Ainsi, toute la vie 
de Notre-Seigneur est renfermée dans cet unique symbole 

E^ 5 PU' Comprenez par là ce que renferme le ^^ f 

king. 

J'expliquerais tout le symbole ^ S houen (le 47«), si je 

ne craiîînais d'être trop long. Le caractère S représente aux 
yeux ':^ A Ta-gin, (homme grand), le Saint qui est l'objet 
du texte, de plus attaché à la croix -p au milieu de la terre n 
il est étonnant qu'on l'écrivait aussi ^, car Kl hionffesi expli- 
qué par le Choue-ven ^ jjl ngo-ye mal, péché. % Kouen 
est donc le péché ^ sur le bois ^fc, soit parce que le Saint 
s'est fait malédiction pour nous, selon qu'il est écrit : a Mau- 
• dit soit celui qui est suspendu au bois (47) ; soit plutôt parce 
1» qu'en effaçant la dette du péché, il a enlevé la créance du 
» milieu et Ta attachée à la Croix % (48). » Le texte du sym- 
bole dit : a La félicité est dans le Saint, il répare les pé- 



(47) Maledictos a Deo est, qui pendet in ligno [Deut. xxi, *iZ.) 

(4S] Delens qaod advenus nos erat chirographum decreli^ quod erat 

contrarium nobis, et {psum talft dç medio, afDgens illad Cruel (S. Paul ad 

Col. n, 14. 



LA MORT DU SAINT POUR LE SALUT DC MONDE. 239 

chés(49). » C'est ainsi que je traduis 5Ë ^ou $ kieou^ d'a- 
près les paroles du chapitre Hi-tse où il est dit : « Vou kieou 
» signiOe la même chose que réparer les péchés (50). » Le ca- 
ractère $ hieoii, dans le li\re Siang-siangy nous donne # 
ko, chaque, Ji g iiiy homme(5i). En disant chaque, on suppose 
division et opposition. Le Ciel ne répond pas à l'homme^ et 
rbomme résiste au ciel. 

a Quand l'homme a une fois péché, dit très-bien Fang-f y- 
» tchi, c^cst comme si une pierre précieuse était ternie, ou 
3> comme si un beau vêtement était déchiré. Si vous ne trou- 
)» vez pas un bon ouvrier qui lave et repolisse la pierre, il y 
> demeurera des taches. Si vous ne trouvez pas un tailleur 
1» très-habile, on verra que le vêtement est raccommodé. Ni 
D Tune ni l'autre des deux réparations ne sera parfaite. Mais, 
9 après le péché commis, rendre l'homme aussi pur que js'il 
» n'avait pas péché, voilà ce qui s'appelle une réparation par- 
» faite (52). p 

Les deux caractères 5Ê '^ou ^ kieou ont presque toujours 
ce sens dans Y-king el ne conviennent qu'au Sai?if . L'expli- 
cation du texte dit : « 11 ne se perd point dans sa souf- 
D france (53). » Ainsi à propos du symbole ^ tsing, tête (le 
48e), le chapitre Hi-tsee dit: o 11 habite en soi, » et dans le sym- 
bole ^ ken (le 52«), l'explicalion du texte dit : « Il se tient en 



(49) )k A 'a O 5E ^- r-fcmg. Symbole 47, D.l. 

(50) 5È # # H >& A- T-king, c. Ht-toe, c. m, n. 2. 

(51) #%A # o#«*Ji-lfco5c^A 

O A Ml 5C' Siang-siang, outrage de Tsien-ki-sin, sous les If ing» 
1444-1028 deJ -C. 

(52) AitWaoiH ta 3ÊWïSîffioiKW 

mn o ^ m ^ m X o w\m m^i^ o w 
± ^ m& o M tu n T^ m o ^^ ^ ^n 

Il :fc # 4fc- Vang-ty-lchi. 

(53) S Ko /]> ^ A £ff« Interprète, 

(54) Jg ^ ^. Y'king, ch. fft-tee, ait. vir, n. 3. 



240 TRADITIONS GBRÉTIBECNES EN CHINE. ^ ART. V. 

j> soi (55). T» C'est le même sens dans ces trois endroits, « ^ 
9 so ne désigne pas un lieu matériel, comme l'affirme le livre 
» Tching-kiai, mais le sommet le plus élevé de la justice et 
» de la raison (56). » L'explication du texte dit : & Le Saint 
» meurt spontanément et librement (57). » 

C'est pourquoi nous appelons les martyrs du Obrist ^tchi 
^ ming, parce que la têle des marhjrs, le Christ^ s'est offert 
lui-même à Dieu et a dit: «Me voici, mon Dieu, etc.*» 
» Tchi-niing, dit le livre Siang-siang ^c'esi se livrer et s'offrir 
» tout entier au Ciel (58), t De même ^ tchi ^ ki ^ chin 
signifie livrer sa vie : « Le Saint n'a pas d'autre volonté, dit 
» Yu-yen, que de livrer son corps, c'est-à-dire son âme et sa 
> vie, pour sauver les hommes affligés et malheureux Je toute 
» la terre (59). » « Par les travaux et les tourments d'un seul 
» hcmme^ dit le livre Y-men, toutes choses sont devenues 
» bonnes et favorables à tout Tunivers, comme par un testa- 
» ment (60). d C'est ce qu'indiquent en cet endroit les deux ca- 
ractères ^ tchi ^ ming. 

Examinez ce symbole et dans les 3 premières lignes vous ne 
trouverez pas sans élonnenent presque toute la passion du 
Saint prédite tant de temps d'avance. 

Enfin» la mort du Saint et sa glorieuse résurrection sont 

décrites graphiquement dans les deux symboles =^ 19 P^ 
et r r :^ fou (23 et 24) (61). Le sens spirituel et propre de 

(55) ± ^ 5f. InterprètiB. 

(56) M ^ ^m m i.m o 1^ 1j m i. m- 

(ouvrage de Tching-kiai), 

(57) :& ^ ifc ^ ^ îê. Interprète. 

(58) ^ ^ 7i 3 li; :6^ ^* Stang-stang; voir ci-desso», 
D0t3 51* 

(59) ^ ^m^ o!»&i^ik%yzomm- 

YU'Ten. 

(60) ife^^oJH- Ai3?^Bi&9eT:2: 

m JH. YurJen. 

(6t) Y'king, symboles 23 et 24. 



LA MORT DU SAINT POUR LB 8AL0T DU HONDE. 241 

ces deux symboles esl indiqué daus le chapitre Tsa-houa, au 
moyeu de ces deux caractères : <( Po, dit-il^ sigaifie pourrir, 
» mourir, et fou, reprendre une nouvelle vie (62). » Le Christ 
a dit de lui-même : « Si le grain de froment ne meurt pas, il 
» reste seul; mais si, semé dans la terre, il meurt, il rapporte 
> beaucoup de fruits (63). » Or, dans la 6" ligne du symbole 

=5 49 P^t 011 li^ • « Le fruit sublime n'est pas consumé. Le 

V SsLint est assis sur son char (64) » « et les peuples le (rai- 
9 nent, dit la Glose (65). Les méchants se trouvent sans mai- 
9 son, et ne seront bons à rien, selon Texplication de la 
» Glose (66). » 

Quant au caractère {^ ché, nous en avons parlé ci-dessus 
p. 191. Il faut remarquer que cette 6* ligne esl ^ g ken. 
Montagne; de même le symbole ^ ]fê kien est mis pour 
le Fruit de l'arbre /fc ^ mou-kouo, et H^ ken esl mis pour 
{|[ % ché'kouoy Fruit sublime, <( parce que ce fruit est $g kietif 
y> dit le livre Y-/ioe, la vie vitale en procède, parce qu'il est ^ 
» ken, il est vraiment la fin et le commencement (67). » J'ai 
expliqué cela à la page 234. « Les anciens, dit Lieou-che^liUf 
9 affirmaient souvent que le bois est comme Fâme de la vertu 
» parfaite du Ciel et de la Terre (68); » Tching-/iuen utd'au- 



(€2) M M ^ O m R 4L^ Tsa-koua, dernier ch. de IT- 
Hing, n. 10^ aUribué & Confucius. 

(63) Nisi granam frumenU cadens in terrain, mortaum faerit, Ipsum. 
Bolum manet; si aotem mortuum fuerit multam fruclum affert (S. Jean, 
iii^ 24). 

(64) IK * ^ Â o :S 3! ^ 1« o >J» A «J t». 

T-king, symbole 23, n. 15. 

(65) Si Ni M ^' GIoM de Confacina, ib. n. 16. 

(66) îK ^ ^ ffl *. Glote,ib. 

(67) jaiÊlP* o':k&i^m^&oSJ,^ 

m^ o ^ i^ EL 1^ mt ^ M' r-hoe. 

(68) ^^m:^^%i&i.SÈ^M.' Lieou-tkeliu. 
Phéharb. 16 



M TBADITIÛNS 0HRÉTIKN1«BS BN GfilNE. — ARt. V. 

très eocore disent que EE M tchîng signifie le Bois. » Mais 
ils ne savent pas que ces traditions nous ont été transmises 
par les anciens, parce que % tching ou le Premiér-né de toute 
créature voulut être suspendu sur le Bois^ ce qui Fa fait nom- 
mer le grand fruit. «Tous les autres fruits tombent^ dit Ou- 
» lin-tchouen. Seul^ le grand et sublime fruit demeure sus- 
I pendu à Teitrémité des rameaux (69). » Le livre Tse-yen 
dit : <( Tous les fruits pourrissent et meurent, c'est-à-dire 
» paraissent pourrir ; mais la semence reste dedans, et 
» ils se propagent sans fin (70). d « Dans le fruit, dit à son tour 
» Kieou'hien-ngan, est renfermé un noyau solide, et dans le 
» noyau la semence qui s'appelle t gin^ charité (71). » fc 
signifie charité et par là même vie. Le même caractère tl 
signifie à la fois semence et charité^ et, en le décomposant^ 
nous y trouvons Jl A chang-gin. Or, nous savons que la 
vie de Tâme est charité et que Jb A? ou l'Homme-Dieu, est 
la vie. Ce char, dont parlait le texte tout à Theure, nindique 
pas seulement le triomphe du Saint sur la mort; mais il sup- 
pose aussi la conversion des peuples, comme le prouvent les 
paroles de la Glose (72). 

Le Psaume ne dit-il pas aussi : « En s*élevant en haut, il a 
9 emmené la captivité captive (73) ? » En effet, les âmes 
bienheureuses qu'il a rachetées sont pour lui comme un char 



(69) :^Z m «a«o«-IS3K:2:*;ïî 

SJSI^ O W B "& ^ ^' (Min-tchowm. 

(70) m^W;FM#o^«liiitlfli#o 

(71) ï%:fM^o9Ammfi^^om9A 

3à iL ISi &• Kieou-kien-ngan. 

(72) m ^mmmJiLom^/^tiJiLot: 

(73) AfloendisU in altum, cepisti captivitatem {fiautM lxvii, 19) 600 ani 
avant GoDfadns; action appliquée par 3. Paul aa Saint des ehrétiena (anc 



LA UOBT DU SAINT POUB LE SALUT DU NONDE. 243 

triomphant, un char de gloire R MM rnin^so-tsai^ dit la 
Glose ; ce n'est pas qn'il ait besoin de leur escorte, mais c'est 
afin de les couronner avec lui d'une gloire et d'un honneur 
éternel. 

Restent ces autres mots : « Les méchants se trouvent sans 
» maison. » Ces paroles indiquent la ruine perpétuelle du 
royaume juif. Cette race impie, en effet, demeure sans 
royaume, sans patrie et sans autel, etc. Ils craignaient de per- 
dre leur royaume et, en s'imaginant le bien fortifier, ils Font 

perdu sans retour. Tous ces >J^ siao A ffi^ ~: po (petits 

hommes) avaient un seul Saint, désigné par la ligne — qui 
les protège (74). En voulant le perdre, ils ont détruit leur pro- 
pre patrie. Ils n'ont pas nui au Saint, mais à eux-mêmes^ ce 
qui arrive à tous les pécheurs. 

Dans la i'^ ligne du symbole suivant ^E ^ fou, le texte 

dit : « Il est ressuscité peu après. Il ne se repent pas. Félicité 
» première (75). » et la Glose ajoute : a II a acquis Timmorta- 
i> lité. » Yu-yen dit « que cette 1" ligne ressuscite avant 
» toutes les autres (76). » Et on applique à la même ligne ce 
que dit l'explication du symbole : a Le fort retourne (77), » et 
ce que dit le chapitre de Hi-tsee : a il connaît par soi-même 
» ou bien il gouverne par soi-même (78). » Le Christ, en 
effet, a est le premier de ceux qui dorment, le premier-né des 
» morts, et il est ressuscité par sa propre vertu (79). » 



(74) *>j. AieÉ-^ ^^i^^m o ^ & 

M ^ O :Ji â ($ ^ iÉ* ^* 7-/»n9, symbole 23 Glose. 

(75) J^mtlL o ^i&1& o %m o-.. 1Ê SI M 

1^* Y-kîTig, symbole 24, n. 8 et 9. 

(76) tl 75 a i: S 3fe. Tu-yen. 

(77) PU iSL. Interprète. 

(78) jgH ^* l-king, ch. fli-teee,ch. Tiii, n. 4. 

(79) Nonc antem Ghristus refiorreiit a mortnis, primiUe dormientium 



244 TKADltlONS CËBÉTIEIIKES BN GtilNK. — ABT. T. 

La lettre f^ Sieou ne signifie pas toujours « orner son corps 
>T et sa personne ; » même dans ce sens on peut dire que le 
Saint a accordé à son corps toute sorte d'éclat et de beauté ; 
mais ce caractère f^ sieou signifie aussi la même chose que 
-^ tchang, long et durable, et est opposé à ^ touan, ce qui 
est bref et court. Or^ il n'y a de long que ce qui est éternel. 

Le livre Y-hoé dit : « retourner à la vie est la vertu de Celai 
» qui est désigné par — ou ^ yang^ Yang, désigne la vie; 
1» en lui est la volupté liquide. Yang est la lumière, en lui 
» est la vraie connaissance (80). v Le Saint vit par soi-même* 
luit par soi^ connaît par soi^ et à cause de cela ressuscite aussi 
par sa propre vertu . 

c Dès que la semence de ce fruis, dit le livre Kou-y^ est 
D tombée sur la terre, elle ressuscite. » Voilà pourquoi lai'* 
ligne^ puisqu'il est vivant de nouveau S> signifie charité. 

L*âme dans le corps est comme la semence dans le fruit : la 
semence abandonne le fruit et tombe en terre. Mais pour que 
le germe de vie ne quitte pas la semence, le fruit qui était 
mort reçoit du K^rme une nouvelle vie. Dans l'homme, le 
corps aussi bien que l'âme est fruit et semence. Le germe de 
la vie ou plutôt la vie elle-même, c'est le Verbe. L'âme, il est 
vrai, ae sépara du corps sur la Grotx^ le corps fut couché dans 
le sépulcre et l'âme descendit dans les parties inférieures de la 
terre. 

c Tonnerre au milieu de la terre, dit le symbole H/ou (81).» 

Mais la vie, c'est-à-dire le Verbe, n'abandonna ni Tàme ni 
le corps. C'est pourquoi Tâme fut de nouveau réunie au corps, 
et l'homme reçut une nouvelle vie de la vie ou du Verbe, 
comme le fruitla reçoit du germe. La forme de l'esclave pé- 



(I Cor. XV, 20) et ipse est caput corporis Ecclesix, qui est priocipiom, 
priinogenftas ex mortals ut sit in omnibas ipse priocipatum tenens 
(Colofs., 1, 18). 

(80) mMi&m o ^ mëâmnm^^^.o 

(81) Il Û Ml Ft!« Y-king, qrmbole 34, n. 7. 



LA MORT DU SAINT POUR LE SALUT DU MONDE. 245 

rit; mais la forme de Dieu la ressuscita. Gela est indiqué par 
cet admirable symbole du tonnerre •== qui donne la vie et 
le mouvement à tout Tunivers EE- 

Quoique dans les paroles rapportées plus haut )J\ A Siao^ 
gin désigne premièrement les Juifs qui ont tué leur père et 
leur roi, on peut cependant entendre par là tous les réprouvés. 
A cet ettelf il est fort important d'expliquer un passage remar* 
quable, tiré du chapitre Ven yen et ainsi conçu : ce Ceux qui 
» ont le même langage se répondent mutuellement; ceux qui 
» mènent le même genre de vie se recherchent les uns les au- 
)> très. L'eau coule et arrose. Le feu brûle et dessèche. Les 
» nuages suivent Long et les vents le Tigre. Le Saint s*est 
» assis et il a été vu par tous. Ceux qui sont tout plongés 
» dans les choses célestes s'élèvent en haut ; ceux qui n*ont 
» que des pensées terrestres descendent en bas : chacun selon 
» son genre (82). d 

Le texte dit f^ tso et je l'ai traduit par : il s'est assis, non 
par erreur, et comme s'il y avait ^ tsOf s'asseoir. Mais parce 
que ce mot sedit^ s'est assis, exprime mieux la chose. 

En efTet, le livre Y-hoé dit : « Si celui qui gouverne la fin et 
» le commencement n'est pas Saint, il ne peut pas être appelé 
> tso f^. Si celui qui est plus élevé que tous les autres n'est 
X» pas Saint, il ne doit pas être appelé tso f^ (83). » 

Ainsi Daniel dit : « L'ancien des jours s'est assis (84). v 

Je crois donc qu'on peutentendre ce passage ainsi qu'il suit : 



(82) mmmm o mf^m'^on^mmo 

O jR T O W\ ^ të M fR 4là' Fen-y«n,dan8rr-Wnflf,8ym- 
boio 1 n. 29 

(84) Aspioiebam doaec throni positi sant et Aotiqns dierum ledit.... et 
eeee cmn nubibus isœli quasi Filios hominis veniebat et asque ad Antiqaum 
dlerom pervenit (Daniel yii» 9, 13). 



Î46 TBADinOIfS GHHÉTlEmfBS BN GHmiS. — AftT. V. 

Les brebis du bon Pasteur entendent sa voix et toutes celles 
qui sont à lui le cherchent. Oh i qu'il est glorieux, qu'il est 
bon d'avoir le même langage et la même vie que le Saint. 11 
s'est rendu semblable à nous selon la chair, afin que nous lui 
devinssions semblables selon l'esprit^ pensant et parlant 
comme lui. Où est le corps, là se rassemblent les aigles. Les 
bons suivent le divin Long et s'élèvent en haut comme le feu. 
Les méchants suivent le Diable (le Tigre) et, entraînés par 
le vent de leurs passions, ils tombent dans le lac. 

Tchin-tse et Tchu-hi disent qu'en cet endroit, par choses, 
il faut entendre les hommes. Le £ Chinff A y^ (Saint-Homme) 
sera donc vu par toutes les tribus, tous les peuples, toutes les 
langues dans son second avènement. Ceux qui sont du ciel 
monteront en haut ; ceux qui sont de la terre descendront en 
bas. Us pouvaient être |^ tong |g lueij de même condition que 

le Saint ; ils ont mieux aimé être |^ ^ a?ec le Diable. 

Les dernières paroles du chapitre Tsa-kojia montrent que 
c'est là la fin de tout VT-hing, car la même doctrine y est clai- 
rement exposée. Voici ce qu'il y a : « Le symbole ^ hté = 

» le 43*) signifie couper, diviser. Le fort coupe et divise les 
p faibles. Les voies des saints sont éternelles; les voies des 
)> méchants sont pleines de deuil (86). » 

« Tous les bons, dit en cet endroit Lieou-ell-tchi, tous les 
» bons montent à la porte du Ciel, et les méchants sont pion- 
» gés dans la maison de feu. C'est pourquoi les voies des bons 
» sont longues, et celles des méchants, douloureuses. Ceux-là 



(SS) tS^H O 9lWi A 4L' Tchin-tse et Tehu^hi. 

(86) ^ m 4L O wm m m 4L O :S 3: !& & O 

>J^ A iS S 4L* Y'king, chap. Tsa-kotM, n. 20. 

(A) Par le caractère Kdng M^ il faut entendre symboUquemeDt le Dieu- 
homme, ot par le caractère Jeôu ^j M faut entendre les hommes sonle- 
ment, parmi lesquels on nomme les bons Kiûnrtse (sages ^ ^ et les 
méchants Siàogin ij> A (▼ulgaires). 



f 

\ 

\ 



MORT 09 84INT. LU GAIACTAR]» HliROGLTPHIQUES. 247 

» viTFOot longtemps, c'est-à-dire éternellemeDL Ceux-ci pleu^ 
> reront longtemps, c'est-à-dire éternellement (87). » 
On ne peut rien ajouter à ces paroles du Saint. 

Ilenxièaie Pvlnt. 

ifMOIGNAGBS TIIÉS DBS GARAGTJUIBS HIÉROGLYPHIQUES. 

1"^ Commençons par le caractère chi ^ dix. De ce que les 
Chinois par cette figure ne comprennent pas la Croix, mais le 
nombre àiXy il ne s'ensuit pas que la Croix ait été inconnue 
aux anciens. Quoique X soit la représentation du nombre 
dix chez les Romains^ il n'en représente pas moins la 
Croix, et on appelle ordinairement ce signe Croix de Saint- 
André, 

Dans Tancien livre TcheouAi, il s'agit de chasser le malin 
esprit, a Si lu veux, dit le texte, te délivrsr de lui, prends 
» deux morceaux de bois, place-les en forme de Croix au 
» moyen de l'iToire; puis jette-la dans l'eau et le malin esprit 
» ne pourra plus te nuire (i). y^ Lieou-ell-tchi explique par- 
faitement ce passage. « Si vous prenez un morceau de bois 
» semblable à un tronc, si vous le creusez avec un ivoire 
» pour recevoir un autre morceau de bois transversal, vous 
» formerez une Croix (2). » 

II a laissé de côté le caractère ^ ou^ à la place duquel 



(87) t«^S«^WoS«*f8t« 
f^^oifife0oS3Fîi:êoiJ^AJS« 

o & ^ ^ ^ oa«:*5o m A t. m 

£ s ^* Lieott-eU-tchii Le P. Prémare fait remarquer que cet auteur 
était chrétien. Voir ci-après le n» 5. 

% :£ o D A id %• Tcheou-U. 
-t* ^> Lieou-eU-Uki. Voir n* 5. 



i 



^ 
^ 



S^ 



Î46 TRADinOIfS CHRÉTIIOmBS EN CHINE. — / 

Les brebis du bon Pasteur enteadent sa vc* ♦ 

qui sont à lui le cherchent. Oh l qu'il c 
bon d'avoir le même langage et la m * .^ " o "' 
s'est rendu semblable à nous selon * gais écc 
devinssions semblables selon ^' f^tte ligr ^^ : 

comme lui. Où est le corps, '"^ A j ^gt i ^ o- 

bons suivent le divin i^orî'^.'y^^^^j^ ^' ^ ^^ . 

Les méchants suivent ^^f'f^pasc ^ ^.^• 

le vent de leurs pas'^x'f.^l^^i^iîL '^ ^ X*^< 

Tchin^tse et T ^pl'^^ Notre-Su. ^ ^. 

ilfautentendr >/;;V^'^'y^'uflivers(5). » ilajouv 
sera donc v;;^^ ^.^^ des trois caractères ÎJi . 
langues ^ ;^^i*i***'^^toit toujours une croix + (6). » 
montr ^ V^y, ^''^^ j^ ^ Selon C/ioue-ven, « le caractère isai 
^^ "^^lï^inencemeiit des plantes, km Ç est Torient, 
' f ^'' « mcfl^ ^^ toutes choses ; enfin fsay ^ est le même 

/'^^^tsii^f q"* signifie ce qui dure toujours (7). »• 
, (i^^^lj^ seule comprend toutes ces choses. On pourrait 

î^ liije le nombre dix n*est pas représenté sans raison par 

Croix. Célèbre est la Croix de Pylhagore • * (8). 

M ^. C'Aou^-o^n, Racine 54. 

5!f±A^®-^i^1fei8i<l- i*«ou^>, le même que 
le n* 2. Noas avoni déjà noté (jae cet aotear était ehrélien. On voit eom« 
nient les Chinois sont frappés de ces rapprochements que nous trouTons on 
peu subtils, et comment ils saTent trouver les traditions primitives chré- 
tiennes dans leurs anciens livres. 

(6) 1» â * X f * « H ^ âÈ fÔ +. K«m- 
eU-elit. 

(7)ç»3Ki:2:o*:i7ïc±.«&offi 
j^JlL-Y^WSlWiZ o m -Y ^ ^ t 

J% fli* C/u>ii«-ven.Yohr' racine -513. 
(8) Pytbagore. Voir, sur ce earré^ le 48« des Virs dorés de Pythagoré «t 



► 



v^ 






N ^OUT DO SAINT. MM GARACrtRU HlAlOfiiTMIQinM. f 91 

unifie le bois. Voilà pourquoi il dit : bois sur la 

\^pbole = Sun n'est pas seulement mou J|C 

\Mt fong, le vent. Hais le vent, comme le bois, 

''/;\'^. et mauvaise part. Rien ne doit plus attirer 

L V H que nous sommes sur la terre, que le 

V > Qûus a perdus^ afin que nous l'évitions, 

ue cara ^ V^ auquel le Christ nous a rachetés^afin 

M rorient (9). . vV ^°® ^^ ^'"'- ^ 

par planète cHi ^ v * ^® Choué-ven l'écrit ^ et il 

rieure représente uu " >\ -^ ^T;}^S^?' • ^ "^"^^^'^ 
L'interprète ajoute : . X T-Qu est-ce queT tau, 

. de petit, c'est pourquoi m >^'"^ P^^*^^* ^^"j"^ '^ 

• teao yi, herbe (10). . Quand . ^ ^^ ^«^^^^^^ * ^^^' 

j 1 1 r.j: ' ^ A •. uy '™® dît «que cette 

niere dont le Choue-ven écrit )f; ruc 

moins une Croix. Mais ces paroles *f ^ '"^)- • C'est pour 
inférieure représente une racine, ne peu^^^^^ §. Quel en 
dans un sens matériel. Car quand le Choué^vl^^ '* ™ 

^Cï^ » '116 lâ SO* 

cheveux, « la racine du corps humain, » coinn^^^*;» 
est visible, elle peut être peinte. Mais la racine^ ^-n,^^' 
étant cachée, on ne peut pas dire que cette racine &?v^^^^ ^^^^ 
dans le caractère ^j à moins qu'il ne s'agisse à*un^^* ^^^ 
déraciné et mort. 11 ne faut point cependant rejeiet^^ 
tradition qui nous a été conservée par le Choué-ven, \^ 
faut la comprendre mieux que ne font vulgairement \ 
Chinois. Cest pourquoi le caractère mou ^ arbre, doit è\r 
élevé à la 4* classe (11). |3§ + fô A ôfin, sa racine doU 
être entendue par Thomine qui a été .attaché à la Croix-)*, 
Parce que de même qu'un arbre sans racine ne rapporte 
aucun fruit, ainsi la Croix sans le Saint, n'a aucune valeur. 

les Commentaires de Hierodès sur les vertoB du nombre 4 et da nombre 10 ; 
édition et traduction Dacire, t. i, p. 322, et t. u, p. 179, in-12. Parla, 1771. 

(9) * 5K # ± Jt o «s JM o T t « «. 

Ch(mé-f3en, racine 206. 

(10) m4fttJ(»]S&^0it7tCiagjM. L'interprète 
du Ckoue^ven.* • 
(11) Voir cette 4* daaaei celle de la famille, ei-deasiUf p. 83.- 



\ 



i2M) TBADinOlig GHRÉTIBHIIBS m GHIIfB. — AIT. V. 

J'ai dit que c'était une planète et non un élément parce 
que £ f}} on-hin parmi les érudits est la même chose que 
% S oU'Sing. Or TfC S mou-sing^ la planète Jupiter est 
placée dans FOrient. C'est pour cela que S tching ou 
j^ % Tchang-tsee est dans TOrient et s'emploie pour bois, 
et le Saint, n'est-il pas appelé Orient^ par le prophète (12) ? Et 
la Yertu du bois n'est-ce pas la charité, etc. ? 

Le Choué-ven explique le caractère 3|B siang, par ij|f H 
sengf-c/ie, examiner et considérer; il dit qu'il est com- 
posé de g mou, oeil et de '^ mou, bois^ regarder le bois^ 
Car mou @ est la môme chose que % kien, regarder, 
comme l'indiquent les caractères Blf ou fg, qui sont formelle- 
mellement un seul et même caractère. 

Voici ce que dit le Choué-ven : c Le livre Y-king dit ; 
» Beaucoup de choses méritent d'être regardées sur la terre : 
» mais rien ne le mérite mieux que le bois (13). » Ces paroles 
qui ne sont plus dans le T-king paraissent avoir été autrefois 

dans le symbole H^ )R Kotutn (le 20*). 

Le livre Sse-kou dit : Au-dessous est jHf Kouen, au- 
» dessus est ^ Sun, cela forme le symbole |S Kouan (14). » 

(12) Le nom d'Ortènt (en hébreu plante, germe qui se lève), a été donné 
an Messie dès le 8* siècle av. J.-G. « En ce temps-là, le germe du Seigneur 
9 YOrierU) s'élèvera en magnificence et en gloire, le fruit sablime de la 
» terre, et la joie de ceux qni seront sauvés en Israël {haie ly, 2). » Au 
7* siècle, Jérémie dit '. « Je susciterai dans la maison de David un germe 
» (un Orient) de justice ; un roi régnera et il sera sage, et il sera sage, etc. 
» (/ér., 1X111, 5 etxxxiii, 5). » Cette tradition se continue; au 5« siècle, 
Zacharie s'exprime ainsi : « Jéhovah dit.. J'emmènerai Orient mon servi- 
» teur.... Yoflà Tliomme, Orient est son nom (Zaccii., m, 8; vi, 12.) » Et 
Zacharie, le père de Jean-Baptiste, nons apprend quel est cet Orient, qnand 
il dit de Jésus : VOrient venu d'en haut nous a visités pour éclairer ceux 
» qui marchent dans les ténèbres et les ombres de la mort, pour diriger 
» leuis pad dans la voie de la paix [Luc i, 78). b U ne faut pas s'étonner 
de trouver en Chine le souvenir de cet Ort«fU. 

(13) ftPoJfiWiRIfolIWil]» 

TfC» Choué'ven, 

(U) «iTIIJ:oll»*o«:woJi± 
2, ?K «Ai* SM-iftott. 



■OKT DO 8A«T. UB GAEAGTtasa HliROGLTFHiaim. 991 

Or Sun BÎgnifie le bois. Voilà pourquoi il dit : bois sur la, 
terre. Le symbole ^ Sun n'est pas seulement mou 7|C 
bois, il est aussi A fonçy le vent. Mais le vent^ comme le bois, 
se prend en bonne et mauvaise part. Rien ne doit plus attirer 
nos regards, pendant que nous sommes sur la terre, que le 
bois par lequel Adam nous a perdus, afin que nous l'évitions, 
et que le bois au moyen duquel le Christ nous a rachetés^afin 
que nous courrions à ce signe de salut. 

3* Le caractère Ç Kia. — « Le Choué-ven récrit ^ et il 
» dit que c'est un homme sur la Croix "Y (15). » Ce caractère 
-]p* n'est pas dans ^, mais il y a "X- Qu'est-ce que"}* teu, 
sinon le signe de la Croix que les élus portent écrit sur le 
front (16). Sur les vases antiques au lieu du caractère f Kia, 
on écrivait +, et le Choué-ven lui-même dit « que cette 

lettre « signifie le soleil sur. la Croix 'i"(n). » C'est pour 

cela qu'on met ordinairement ^ au lieu de ». Quel en 

peut être le sens, si -^ signifle ici dix ? Qu*est-ce que le so- 
leil sur dix ? Et' pourquoi ^, ou le soleil sur dix, signifie-Ml 
le matin ou le lever de la lumière? Prenez le caractère -f' pour 
une Croix et dites que la vraie lumière a brillé pour la pre- 
mière fois sur le monde, lorsque le soleil de justice est monté 
sur la Croix. Le Choué-ven ajoute ensuite ces paroles énigma- 
tiques : « Le cycle commence par dix ou la Croix -ji^y il appa- 
» rait en ^ kan ou racine, il finit en Bois ou Salut 
^ 7t^ (18)- >) C'est-à-dire i« c'est d'abord une simple Croix ; 
2« Dieu désigné par —, la prend, pour en faire l'instrument 
de notre salut ; 3"" le Saint ^ A Ta-gin monte sur elle et 

(15) Ç A ^SË "i* Jl.Cfeow^-wn. Voir pour la figure, racine, 513. 

(16) Sigoa Ûiau If soper frontem Tlrornm gementium [Ezâdi., ix, 4). 
Qaoadasqoe aignemas lervos Dei noatri in frontibus eorum (Apoe., tii^ 3 ; 
xiii, 16, et sspe). 

(17) m H lË + Jl- Choué-ven. 

(18) ¥»]R+oa«T^oJRjft 

/t^ C/u>tt^iMn. Racine 513. 



S5t TIADITIOHS CnÉTIBlIRBS BN CHINE. — ART. ▼. 

consomme Tœuvre. Enfin tp Kia est placé dans l'Orient 
avec TfC le bois, avec S le premier-né, et avec NI Ih ^ 
soleil. 9 est le premier des dix caractères du cycle tempo- 
raire et représente la tête de Thorame Hl A ^ ou plutôt la 
tête du genre humain. ^ tse, le fils, est le premier des douze 
caractères du cycle horaire. Joignez-les tous deux pour avoir 

ff Kia ^ tsOy la première année^ c'est-à-dire Tannée du fils 
de la Croix. 

5" Le caractère ^ Tchang, ou comme récrit le Choué-ven^ 
^ est 3 ou S 1a inain qui tient une Croix + (19). » 

Dans le symbole =3 gjji Sse (le ?•), le texte s'exprime 

ainsi : c Le Saint, la félicité ramenée, les maux effacés 
» (20), » absolument comme dans le symbole S Kouen 
(le 47*), jcomme il a.été dit plus haut (21). D'où vous conclu- 
rez 1^ que ^ Tchariff A ffî^ est absolument la même 
chose que ^ Ta A 9i^* ^^* C'est très à tort qu'on prend 
^ A pour un homme qui a 10 pieds de haut. ^ :^ et ^Sj 
^ ^ sont la même chose et signifient en premier lieu ;& 
3^ le vrai fils. Si on prend ordinairement ^ tchang, pour 
une mesure de 10 pieds, c'est comme lorsqu'on prend ?fC mou 
pour du bois ou pour un arbre vulgaire. 

S"" Le caractère 5t Ching est le nom d'un des 64 symboles 
(le 46*). Le dictionnaire Tching-tsee-tong place ^ sous le ra- 
dical "Y (22). Le Choué-ven le fait figurer sous celui de ^; 
teou, boisseau^ mesure (23). Toute la différence entre ^ et 
^ est que dans ^ il y a ^ eul, second, et que dans ^ 
il y a ^gin^ homme. Ces deux caractères signifient certains 
vases : un quadran (ou mesure de 4 vendes), une hémine (ou 
mesure de 2 décilitres 6 centilitres)^ un setier (c'est-à-dire 

■ ■' I ■ ■ I ■■ ■■ ■ — . . .II.- I ^-^i^W^^i^ 

(19) ^ 18 3 ^+. i:houé'Ven. 

(20) K :i A "S :t #• Yking, symbole 7, n. 1 . ^ 

(21) H ifc A "o 5E ff • Y'king, symbole 47, n. 1. ' 

(22) Diet. Tehing-ttse-tong, . 

(23) Ckoui-venf racine 496. 



MORT Dtl SAINT. LES GARAGTÉRI8 HlÉBOGLTPfllQUES. 253 

5 décilitres 3 centilitres)^ une chopine, etc. ; et de même que Ç 
chi, pierre signifie un boisseau, ^ indique ces étoiles 
du Nord que nous appelons Charriot de David et que les 
Chinois nomment Ty-kin $ ift, le Char du Seigneur, 
le Char de Hoang-ti, dont le nom était Hiong f/^ Ours, 
et que nous appelons Ourse. Ce char n'est pas autre que le 
char triomphal de la Croix -^. Nous devons tout mesurer par 
la Croix : ce qui fait peut-être que les caractères ^ ^ sont 
employés pour mesures. Si quelqu'un veut prendre -^ POur 
dix et dire que les mesures procèdent par dixaines. Cela, qui 
n'est pas vrai partout, étant admis, je demande pourquoi il 
en est ainsi : il me semble que le caractère -f" a été pris 
pour signifier 10, parce que la Croix embrasse tout^ s'étend 
à tout et est la fin de tout. Autrement on aurait pu prendre 
aussi bien toute autre figure. Le vieux manuscrit dont se 
servait Tching-huen écrivait non pas ^ mais # ching. Et 
de cette manière plus il approche du sens sacré, plus il s'éloi- 
gne du sens profane qui si^nifle parvenir aux honneurs et 
aux dignités de ce monde, et du sens trivial où 51* est pris 
pour je ne sais quelle mesure. 
Que fait à cela je B le soleil ? Il y est placé comme plus 

haut dans ^ tsao et dans les trois caractères ^M ^^ ^* 

A propos du caractère de % tong, le Chôué-ven dit : « Le 
» soleil au milieu du bois (24). » Tching-tsiao ajoute « que 
» ce bois est le bois de l'obéissance où le soleil monte et d'où 
B il descend (25). t> 
Le caractère H est VOrient, quand tout reprend une nou- 

velle vie, comme au printemps. Dans celui de j^, « ce divin 

» soleil est au milieu de ses voies, B je, tQ fchu, jj^ye (26).i 



(24) % B >£ 7f^ 4*« Choué'Ven, racine 207. 

(25) * S * 4fc O B J» ^ » 6- TcMng^Uiao. 

(26) M S. m ;&. Tching-Uiao. 



294 TBADITIOlfg GHBÉTISimES EN GHIKB. t- AIT. T. 

Dans ^, il est au milieu de la voie, au milieu des temps» au 
milieu dn jour, au milieu de la terre, au milieu de la Croix. 
Dans $, il est à la fin, lorsqu'il doit yeuir juger les vivants 
et les morts : c'est pourquoi $ signifie examiner, recher- 
cher. 

Mais revenons au caractère ^ Ching pour en finir : une 
fois qu'on a son sens spirituel, on ne peut facilement expliquer 

le symbole == ^ Ching (le 46«), car il renferme, comme 

dit son application : « le bois ^Ei au milieu de la terre E r 
» (27).» Et comme les deux . caractères ^ seng et ;t; mou 
signifient aussi bien bois vivant, que produire le bois, ou le 

bois naissant j à cause de cela ce symbole =^ J\[ ching peut 

s'entendre sans aucune difficulté d'un bois qui est planté au 
milieu de la terre, et dans lequel le premier Adam a perdu la 
vie, tandis que le second l'y a trouvée. 

6. Le symbole ^ soui est aussi le nom d'un des 64 sym- 
boles (le 45""). A ce caractère, on a ajouté la clef des plantes "^ 
pour empêcher les ignorants de lire Sou. En réalité cette 
clef "^ n'ajoute rien au sens du caractère ou à celui du sym* 
bole. Il reste donc 2(£ soui^ que le dictionnaire Tching-tse- 
tong place sous la clef du radical + (28), et le Choue-ven, 
sous le radical T ^ vêtement (29), et par son analyse ^ ou 
ce qui est la même chose 2{£ montre que ^ revêtir, 
renferme -t", non pas en tant que -^ signifie 10^ mais en tant 
qu*il signifie la Croix. Le Chouérven donne à '$^ Soui le sens 
de je ne sais quel vêtement^ et dit qu'il signifie la même 
chose que le caractère tsou \i^ être triste. 



Le symbole =^ Soui est pris ordinairement pour m 
rassembler, se grouper, 2g£ signifie soldats et de plus in- 



(27) tt !t! £ 7t^ ^- h'Tking ; symbole 46, a. 5, Glcwe de 
GoDfbclas, Hdd, 

(28) Diet. Tching-tsse'-tong. 

(29) Choué-ven. 



MORT DU SAINT. LB8 GAIAGTÈRBS HIÉROGLTPHlQUBg. S5S 

dique {a fin. On se rend facilement compte de tout cela^ dès 
qu'on prend ^ pour la Croix. Car la Croix est le vêtement 
de douleur que nous devons revêtir pour suivre le Saint. Les 
soldats du Christ n'ont pas d'autres armes, f/univers doit se 
grouper autour de cet étendard, et nous ne devons pas avoir 
d'autre fin, ni chercher autre chose. Voilà pourquoi Kieou, 

)^j chercher^ renferme la + croix ei pourquoi =^ ou 'l' ou 

bien, comme on l'écrit maintenant, bfCy signifie les eaux de la 
tribulation. Quand au caractère ^ Kieou, sauver^ on a 
seulement ajouté le signe latéral :jt V^iy s^ion Choué-ven, 
signifie frapper (30). Le Sauveur, frappé par Dieu, a passé le 
torrent et il est mort sur la croix* \je texte du symbole 2(1 
Souy dit : c Le roi vient au temple, le Saint offre la grande 
» victime (31). » 

Le caractère 4Î 6st composé de niêou ^ bœuf^ et de seng 
^ naître. ^ niéou désigne le bœuf symbole de la victime 
et seng ^ signifiant vivant, marque la qualité de la victime 
L'explicafeur du même texte dit à propos du même Saint : 
«c Le Fils obéissant offre à son père un sacrifice agréablCi 

> et rend tous les hommes obéissants comme lui-même est 

> obéissant (32). » 

Le caractère hiao ^ obéissance filiale^ est composé 
de 3t ^ et de ^ tsee; or ^ est Fantique caractère 

fEL ou, cinq^ ou plutôt c'est la petite Croix • • • placée au 

milieu de la table JETo-fou. Donc |t ou >( redoublé est la 
même chose que +. Donc Biao ^ ou ^ :f Hiao-tse est 
le fils de la Croix, comme on dit le fils de la mort. Donc + 
ne peut pas se prendre pour 10. Les deux caractères 41 Hio 
et jpc Xiao viennent de ^ Hiao, parce que nous ne de- 
vons rien apprendre et rien étudier 41 Hio, rien ensei- 

(30) Choué-ven. 

(31) 11^ ^ Bum m A o m^'^'-Msk 

tt* T-king, symbole 45, n. 1. 

(32) iK; St ¥• il^> <^lo9« d« Gonltaeiaii n. 3. 



f56 TRAOITIOIIS CfiRÉTISNNn Blf GHIRB. — AllT. V. 

gner et rien prêcher fji: Kiao, que Jésus et Jésus crucifié. ïjb 
Christ seul a offert à Dieu un sacrifice digne de lui^ quand il 
s'est offert lui-mérae à son père; c'est pourquoi son obéissance 
seule a été agréable et agréée : t Celui-là seul qui réunit tout, 

> peut, dit Vang-pi, offrir le sacrifice de la suprême obéis- 
» sauce (33). » Et on dit vulgairement « que le Saint offre tout 
» Tunivers à son père (34), » enfin nous savons que le Saint 
par son obéissance a changé tout le monde, et le seul carac- 
tère It tchiy étendre partout, l'indique assez. 

7. Le caractère f|c HieoUy signifie « s'appuyer sur, ac- 
» quiescer, placer ou être placé, » et représente un homme 
attaché au bots. 

Le signe latéral gin ^ homme, en ce lieu ne désigne pas ici 
Ta-hin îi^ A le Grand^homme. C'est pourquoi le Choué^ven 
ne place pas ]\ sous la clef de Vhomme A? naais sous celle de 
mou TtC bois (35). Atlacbe-toi au Crucifié et tu trouveras la 
paix. 

A la S"" ligne du symbole ^ pi (le 12*), on lit : a Tout ce 
i qu'il y avait de mal en § pi, a été enlevé ; c'est le Saint 

> qui a fait ce prodige et qui a ramené la félicité (36). » Dans 
le livre Chan-hai-hing, il est fait mention a d'un certain arbre 
» appelé Trj'hieou ^ f|c, Bepos du Seigneur; ses fleurs 
9 sont jaunes et ses fruits noirs, dès qu'on a goûté ceux-ci 
» toute tristesse s'envole (37). » 

a 8. Le caractère ff: Tsien, mille, est un homme sur la 
i Croix, dit le Choué-ven (38). > De là vient l'ancien caractère 
^% 9^^9 qui s'écrit ordinairement f^. Le Christ a embrassé 
la Croix pour nous. Ilnous a aimé ainsi. Aimons-le en retour; 

(83) ^ IR ^ ^ S # ±. :? •&• y«-9pi, an 4- siècle 
de J.-C. 

{u) mAJ^nmwiWL-i^ Tuig.ire. 

(35) i^&StJiL^A^'!^ Choué-ven, radiie 206. 

(36) f(C 5 i^ A ■§• r-fctnji, «ymbole 12, n. 12. 

-<37) * «: « lÊH «. o H|i.± '^ A ;?: 

!SS* Chan-haHing. 

(38) ffi A ^ + ±. Oiou^iwn. 



f0t\M94è dafûB les cœura ^^, et mouronsi pour ramoarde 
CeUii i^un; dftigqé mourir pour l'amour de notre amour. D^ 
là ifteai. paiement l'antique, caracièire ^ Tchi qui s'écrit 
aussi ^eis\gmfi^ décret La mort ,4 u Christ^ été déçFétée 

de telle sorte qu'elle- a- été en mêmetempijl yolontaire; '^tf 
Kan, signifie spontanément, librement. Demandez aux Chi- 
<noteponrqm)i..ff: yignifla mille. 

9. Us caractère ^ ûu^^la 6^ heure chinoise, qui comprend 
le milieu du jour depuis 11 heures jusqu'à 1 beure^ est com- 
posa de A jouet de -i" (39). Et de fait le Christ subit alors 
le supplice de la Croix^ jou-chi, A. +i monter sur Ja 
Croix pour nous sauver. ^ Ouei est l'heure quî Tient après^ 
de 1 heiire jusqu'à 3 heures^ et représente le Christ, ou ^ A 
le Grand-homme, attaché à la croix ^ arec Tinscription 
— sur laquelle étailécrité sa condamnation. Dans les2carac^ 
tères du cycle horaire, il n'y a que ces deux qui renferment 
la Croix (40). 

10. Le caractère ^ Min^ ténèbres. Le Choué-ven dit : c Le 
» no|)]bre dix est le nombre du Soleil. Le 16* jour la lune 
» commence à s'obscurcir (41). » 

Tcharig^tsien parie un peu différemment; d'après lui c ce 
» caractère est composé de H je et de *-♦ afin qu'ille pro» 
9 tége. On y ajoqte le nombre 6 qui appartient à f^ yn. Ces 
» 3 parties conc/ourent à indiquer, le sens (42). » Donc le 16« 
jour du mois, et le 6« delà semaine^ le soleil de iosticç, le 
médiateur des hommes mourut^ a et les ténèbres couvrirent 
» la face du monde (43). » 



(39) ^ IK A ^ +• Oott^-vcnJVoIpBacIne 534. 

(40) Pour la Cjfcle horaire et temporaire; voir mon Dietitmnaire français^ 
lattn, cAinois, par Paul Pouy, p. 117 et 230,iii-4% Paris, Didot, 1869. 

(41) KǤ0tfc + o + 7A a Jttttj. cftoi*^ 

ven. Racine 235. 

O .=^ Il "1^ 3lt' Tehang-Uien, 

(43) Crat autein hora seita et ténèbre factn sont in nniTenam terrain 
Qtqoe in horam nonam (Loe, xxili, 44). — Amos déjà ayalt dit : Et il y anra 
PaiMARB. 17 



. TRAtlITIOR» OttéTIBElIfBS BN Omm^^ ART. T« ' 

' n JCiong, selon le Chouè-ven, signifie -*^ y couché des^ 
Sflfus (44). Tchanfftien a donc raison d'expli(|(iier Tlv^rafïn 
iqu'il le- protège (45), éar ië Saint était Dieu, même raort. 

11. Le caractère î| Kày^ voiler^ couvrtr^' est composé des 
caractères -^ A- & EL qoi signifient s^rt sanv; soit sur 
nàUs'. "' '•' 

J^ Yrf, disert, lieu hors de la porte......... SL c*est Kiu 

^Jg habiter tt Yu ^, mai, est 4* -^ A ^^li, {'Admme 

unique; ^ àj\ •? moi, le petit-fils, c'est là ma demeure, 

comme dit le Y-king (i^); ce qui signifie : Emmanuel est 

dans îe désert. Le même dit encore : « Le divin Long 

9 combat dans le désert (47). » 

^> Le ^ vieux caractère ^ signifie ^ moi Dieu entre deux 

bois 5tC, sûr 'i laterrei 

• Je m'arrête» car il faut éviter lu satiété même dans les 

bonnes cboseSr 



#y4- 



en ce Jour, dit JéboYah : le soleil s'obscurcira au milieu du Jour, et je fend 
obscurcir la terre an milieu de la lumière du {our. Et erit lu- die flla, 
dlcll buminns JDeiis ; ocddet sol in mei Ijdie et tenetirare fiiciam terram 
lu die luoiioU (Amos, riH^ 9). 

. (V Amos était né en 82S, par conséquent 274 ans avant Confocius, né en 
551. i)T, en fet espace de temps/ bien des traditions avtilent eu le tetops de 
seT^fmndreen Chine. A plus forte raison lohide la rédactioa ^t Choue* 
«In^par Uhi-cOil» à IbOd du r'BlëcladeJ.-a 

(44) C^AtK-oen. Kfchie 275.; 

(45) Tchang-Uien. Ci-devant note 43. 

(46) ig A » »• Y^king. 

(47) il «e i& J?. r-»*iw. . 



> 

^ 



( .. 



. / BU SAïamoB « --seuil m BirâSi tN 



4 ■ 



I > 



I ■ 



PABAGEAPH£ HUITI^S. 



Dii mmmrîAee en forme de repae. 



M 



Observation préliminaire. 



Nous allons voir dans les livreis chinois un sacrifice fait 
dans un repas par la matidoeation du pain e\ du Tin, sacrifice 
où est immolé le Saint où l'Agneau pour efl'acer les péchés du 
monde. • ' " 

' Et nous aussi^ dans notre Eglise, nous aironsle sacrifice non 
sanglant du pain et du Tin, où est mangé PAgneau de Dieu^ 
qui s'immole pour effhcer les péchés du monde. 

Qu'est-ce à dire ?d^où peuvent venir de telles ressemblan- 
ces, dans des riles si singuliers ? 

Pour 'noÙ3, nous savons df'pù viennent nos rites. Par une 
succession chronologique et qui n'a jamais cessé, nous re-' 
montons à JÉSCS, notre Dieu, qui a été appelé T^i^neau qui 
efface les péchés du morïd^f qui a institué notre râpas, où 
le pain et le vin sont le corps même de cet Agneau qui a été 
réellement' immolé. 

Mais les rites c|iinois, pour la plupart, précèdent cette vie de 
Jé^us, D'où leur viennent donc ces rites T Ils n'en savent 
rien. 

, Mais notre J^siw a ditlui-mêpae ^u'il n'était pas. venu inno-| 
ver, mais seulement accomplir, réaliser ce qui avait été pro- 
mis, ou figuré avant lui. 

. Jgt ^qpsi trouvons-jf^ous pratiqué à son époque, et ayant lui 
le grand repasdeA'AffnpsiUj qui n'était que la promesse ou 



teO TRADinONS CWkÈtWmhS Bf GiroiBi — ART. V« 

la figure du sacrifice en forme de repas, qu'il a réalisé lui- 
même. 

Le P. Prémare traitera dans un chapitre spécial de VYang^ 
V Agneau f où nous verrons cette coutume singulière 
des anciens Chinois, qui s'abordaient non pas comme chez 
nous en disant : Comment vous portez-^ous ? Mais par cette 
formule : L'Açneau n'est pas encore venu ? Bornons*nons 
en ce moment à ce qui regarde l'origine de ce Repas en forme 
de sacrifice. 

Tous les ans, tous les Juifs célébraient un repas célèbre où 
était mangé un Agneau, dans une fête qu'ils appelaient la 
Pâque, ou le passage du Seigneur ; ils en savaient l'origine, 
et la faisaient remonter chronologiquement à Moïse qui l'avait 
établie. Il convient de la décrire. Nous ne prétendons pas défi- 
nir que les Chinois ont emprunté leurs rites à Moïse ; mais 
dans les obscurités de leur origine, nous posons un repère^ 
où nous trouvons un point solide, d'où nous pouvons regar- 

« 

der ce qui se passe chez eux. 

1487 avant Jésus-Christ établissement du repas pascal. 
3" année du r^gne de Tai-kia, le 13* empereur de la 
dynastie des Chang, en Chine. 
551 avant Jésus-Christ, naissance de Confucius. 
Voilà donc 936 ans d'intervalle entre Moïse et le grand lé- 
gislateur des Chinois que nous prenons aussi pour un point 
fixe, sans vouloir dire que c'est lui qui a inventé ces rites. 

Voici quel était ce repas de TAgneau, institué par Moïse (1). 

• 

Etablissement du repas de la Péque juive. 

« Le Seigneur dit encore à Moïse et à Aaron en la terre 
» d'Egypte : Ce mois (de Ni^an) sera le commencement des 
» mois, ei le premier d'entre les mois de Tannée. Parlez à 
» toute l'assemblée des enfants d'Israël, et dites-leur : Au 10* 
• jour de ce mois, que chacun de vous prenne un Agneau 
» par famille et par maison. Et si une famille est si peu nom- 



I ■ 1 1 ■ fc— — ^— — ♦»«■ 



(f)Oti aligne différentes dates à la aortie de l'Egypte par tes Hébrèini 
Hem aceeptona, aaas diieoaaiony «die donoée par Aom CthnsC 



DD 8ACB1F1CE BN POBIIB M MPAi. 261 

• breoie, qu*end ne puisse siiIRre à manger l'Agneau, elle 
s prendra son voisin qui est proebe de sa maison, selon le 
» nombre des personnes qui peuvent nifSre à manger VA-' 
a gneau. 

» Or cet Afffieau sera sans tache, m&le, ayant un an, et 
a votis prendrez aussi de la même manière chacun un Che^ 
» vreau. Et voua le garderez jusqu'au 14' jour de ce mois, el 
» toute la multilude des enfanta d'Israël ïimmolara. vers le 
» soir. » 

< C'est la Pfique, c'est-à-dire le passage du Seigneur. . 
. » Et je passerai par la terre d'Egypte cette nuit-là, et je 
1» frapperai tous les prctniers-nés d'Egypte* depuia l'hoinmâ 
» jusqu*aux bétes, et j'accomplirai mes jugements sur tous les 
9 dieux d'Egypte» moi le Seigneur. Et le sang de l'Agneau 
B sera le signe des maisons où vous serez. Car je verrai le 
» sang et je passerai, et voua ne serez pas frappés de mort, 
a quand je frapperai la terre d'Egypte. 

» Et vous aurez co jour en mémoire, comme un jour cox^, 
» sacré au Seigneur, en vos générations, par un culte éter^ 
a nel (î). * 

Voilà ce qu*out fait les Juifs, pendant les 936 ans qui out 
prfâcédé Confucius. Pendant ce temps sept venues leurs deux 
djspersiona dans tout l'Orient. Après ces faits qui sont réels, 
voyons les rites du sacrifice en forme de repas, chez les 
Chinois. 

Récit du Père Prémare. 

Dans Je !•' article, au 5« point (3), je me suis efforcé de 
prouver par divers textes des Lettrés, que la véritable tradition 
a péri parmi les Chinois. Le paragraphe précédent le montre 
clairement, et le présent paragraphe le montrera plus claire- 
ment, & mon avis. Comme les Chinois modernes ne savent pas 
quel est ce Saint auquel tous les livres ^ King ou sacrés 
opt rapport, ils sont nécessairement aveugles pour tout c^ qui 



(}) Esodê xtM-7, 11-14. 
(8) Voir d-d«MUS, p. 9Ù. 



202 TRADITfOIfS CHRÉTHNIfSS BK CHINE. *-^ AIIT. V. 

ré^rde les mystères du Sairit, et il« ignofentle'seps profoùdr 
des rites dont parlent «i soiivent UsoniTieux'iivnes. 11 ne iaqi 
point dès lors s'étonner de ce qu'ils éoanent des sens très* 
larges et très-divers à certains vieux caractères employés 
dans ces' Ifrres, par exemple à Tsy ^, à ^sè JB^ sacrf- 
/ices. Ainsî^ quiind il s^agitdu Suprême Seigneur; oescamc^ 
tères désignent de vràu sacrifims, et i^uand ils^les appliquent 
aux cépcmoniesdes morts ils pensent qde ces caractères BigÉi« 
fient un culte purement civiL 

On se tromperait donc beaucoup en^snpposantqocce^ rites 
sorit sacrés cians leur origine c'est-à-drre dans les livres Kinffj 
et qu'ils ont encore maintenant quelque chose de^religielix 
quand on les observe à l'égard des morts.' Car i^ les Chinois 
ignorent entièrement ^i dans rorigine ite furent sacrés ; bien 
plus, ils présument, comme on est porté àile croire, qu'ils 
furent toujours civils ; car ils établpssentunef nande différence 
entre les sacrifices qui se font dans lès enceintes^ éldvées^^ 
Klaô, en. dehors des murs, en l'honneur 4n Suprême Sei- 
gneur^ et entre les cérémotiies qui se'font dans ji|^ Mao^ c'est- 
à-dire dans la demeure des parents morts. 2«" Ils n'admettent 
jamais que les morts nient été hoiîofés comme dés dieux par 
les anciens, et vouloir leur prouver cela derail, a mon aVi>y 
une chose dangereuse et inepte. Qudi'quMl en soit de Tàtiftiquè 
doctrine qui ti'est pas parvenue jusqu'à eiî^, il est clair que 
le culte des morts se défend assez lui-même par une près-' 
criptionde deux ou trois mille an^. Tout ce culte doit être 
réduit au précepte général qui se trouve dans le livre de 
Tchong-yong : A savoir « qu^il faiil honorer les parents 
» morts de Ja même manière qu'on les honore vivants (4)1 » 

Autre chose est de traiter ex professa des rites qù'observctat 
maintenant les Chinois, autre chose est de chercher les traces 
de la sainte doctrine dans les très-anciens livres 'kin^. Jç rie 
dois, ni hé vebx discuter là première de ces deiix choses-. 
QùÀntf à là seconde, je ne crois pasquirsoil Llân1abied-en|pkr- 



(*) y ^ JP y ^- Tchong-yang^ ehi xii^ n» e^ 



TiHOIGRJMSBS TIAÉS DBB UVMB.' tdS 

lértMMif le* salut des Chinois et pour rédiflc&ii<>a des- bonsl C'est 
dooe €6 que je veux faire, et si, aprè^ les témoignages que Je 
liremdes livrés, il raalaîteocorequd^oe^ doutes, .les. icarac*» 
^bTe$\}liéroglyph|iq^le8yqmBe sayentpas mentir^ dissipeiro^t 
en^cir^ment o^ derniers nuages» ; . , . i . • . V 

/ ; » ■ . ' • - ' . i 

Premier Point. 

Témoignages tirés des Livres. ». • .. ; i. ; 

Tous tes Rites dont il s^âgit ont cela de commîin qtVil^'ont 
tous été institués par manière de Tfepas. Cette assérffon n'a 
pas besoin de preuves^ car je défie de Ironveirunsecrl €liit]ft?is 
qui laniè.fltDanstont tsy ^ sacrifice, dit* TcAu-W, la'nodi*ri- 
% ture et le breuvage tien rient la première place (5). » Le&ligf- 
yn ajouté « que les rites prenneht leur commèncehielit danS 
» la nourriiuré et dans fe Hreuvagé(H). * Cbst ce qu'ôtî Ift 
aussi dans le CAt-Mngf, ' comme fe le dirai en son lied: 

Par nourriture on entend le pain, ou une nourritntèf faite 
avec le bié, et la chair, surtout celle de VAgne^u. De |)tué 
dans toutes ces cérémonies, il y ovolt toujours anciehhenient 
chi p, qui sîgnifle propTemenf, dit le Tc/img-<see long, un 
homme mort (7). Le caractère cht P, selon leChoué-ven, 
représente aux yeux un homme couché et dormant (8). Ce 
caractère est souvent appelé, dàn^ le Chi-king ^ p Hoang- 
chi, corps du souverain ei^ p Kong-chi, corps du Saint (9)\ 

Les Chinois modernes, ne comprenant pas cela, bpL donné 
le nom de P çhi à l'enfant qu'on revêtait des habits des an- 
cêtres, afin qu'il les représentât. Mais plus tard comme il 
paraissait honteux qu'un homme âgé rendit honneur à un en- 
ant, ils mirent à sa place une tablette de bois, qui, selon tous 



(5) A S5 JIU S ^ ft i- Tehurfii, Yer8ll72,ap.J.4:. 

(6) tft & 1A ^ Ht 1^ fS'^ Ltang^n, Bé 1200, ap. J.-^. • 

(7) -fr * A ^ iB « * p. Tel^-tiltong.'^ 

(8) A 96 B \P* Ch(mé'Ven. Racine 805« 

^9; J? * 1^ ;^ J^ CAy^ny, ' . ii . .. 



t6i TRAD1T101I8 aifmimts m €Miib.'^;irt. t. 

les'.Chinoi» jiusqa'è nu Bm\^ li'est, eûtnfnlB oa ffi dvi\txU 
Diômp, pas aotceehoce qu^qoepure image et oneaîaïf tore^ 
présentalioo. Ils ajoutent, que leatitrea lie. £ hhang-^i dé 
j^ kotiff, doflliiés i'>/? ckijne sMtqlie destitues d^bonaeur 
qu*OD lui attribue parce qu'il tietit la pl£foe dèsaleuft morts, 
et ils ne voient pas que ces deux titres ne peuvent être donnés 
aux ancêtres eux-mênies quii par ûll^^rï^eur très-grossière et 
par un abus évident des deux mots» ce qui arrive encore 
pour plqsieqrs autres lettres, pour, ne pas dire pour toutes. 

Ainaif ils appellent leurs ai)qê(j:e9 WL ^ TsQu-tsonf et ii^ 
cour des aieux ,j|^ Mûto. 

ht Chy-hing dit :,« Ton vin esltrès-bon^ ta nourriture est 
>. très-belle. Sera-t-eîïe donnée aux étrangers 1 Non vraiment. 
».Car le Irère aine les a[vportç^.à ses. frères. ^^on à d'au- 
f très (10). » . €'est. pourqupi œ vin est appelé JU pong, ^ 
Uioy^, vin ami. ou-plMtôt vin qui est donné aux.^ulsam|s. ^ 
IpfXUinoî^ peuvent. i9ipunéniei^t y^Pf^li^uer ces paroles.à un 
fesitin. ordinaire, pourquoi ne non^ serait-il pas 'permis.de I^s 
eptfi^dra d^ns un seins spirituel.. Le même livre Çhi~hi^ ap- 
pelle cette nourriture et ce breuvage ||[ hi, c'est-à-dire, 
comme l'indique le caractère lui-même hi $ joie^ chi ^ 
nourriture. Il n'est rien de plus heureux, ni de plus pur : 
et on Teipplqi^ dans le sacrifice de l'obéissance (il). Enfin 
ildit que « cette nourriture . est quotidienne (12). n et pour 
exprimer les admirables effets de cette nourriture il dit : « Les 
» vers appelés Ming-ling abandonnent les œufs.;, mais le ver 
JCo-Io les couve. Il enseigne et instruit ses petits et se sert 
t diiïroment pour les rendre semblables à lâi-même'(13).'Tu 
» ne me changeras pas en toi ; maià tu seraâ changé eu moi. 



(10) tt 15 m^omm&t»o^pi^ 

(1?> B M ».-*• :«fcv-«i»47. .., j' 

(13) m» ^ ^ a jfe ft iiiiift m i * 

O ^ s ^ il- ay-Ai»i,.Lji,c.«>0dQ^>, q.S. ,,. » »: » 



TÉMpIQNAGifl TlBfe. »BS LIVBBS. . M{S 

des vers cesseot d'être c^ qu'iU étaient et deviennent sonbla^ 
blés à ce^wx qui le$ récbaMffe et les nourrit: . > 

Je saif qu'pn applique cela au bon gouvernement du: saint 
rpi 41M ,clvange tous les coenrs ; noais personne ne^ngeà 
cette dernière phrase^ il se sert du froment pQur le$ rendre 
^w^bl^lBsi^lui^-même. Il n'j a riea d^'étonnantà cela, que 
.pourrait, fiiirje siir cala celui qui ^l privé de la réyélatioi) di*- 
vine? Le caractère . S Hou est-, inal déteropioé pour désigner 
le m... Et comment le prouvcx-yous ? 
. Je ne citerai rien de plus du Chy-king, soit parce, que nous 
le citerons encore d4ps le dernier paragi:aplie, quand il s'a- 
gira de HeoU'tsi, sqit parce que les citations de VY-king qui 
suiyeqt.sonl un peu plus longues et demandei^^, toute l'atteur 
tion du lecteur. 

i"" Dans le symbole EE H St* (Je 5«), oïi lit à la 5« ligne: 

« Il doit élre attendu dans un festin. Solide félicité. (14). >'La 
Gtose dit: « La vraie félicité du festin : il est au niilieui à la 
> place qu'il mérite (15). » II faut remarqueif que celte ligne 
.est au ^lilieu des deux autres dans le symbofe supérieur 

L'empereur Kang-hi remarque avec raison « que toute la 
Y> signification du symbole Su est tirée de cette b^ ligne (16).» 
Lcang-yn dit : a Dans J)ç ftan, on fait souvent ntention de 
^ festins. Il doit certainement y avoir quelque explication de 
à cette image symbolique \ mais on. ne peut savoir quelle elle 
» est (17). ♦ - •' - ' ' 

, J'ai déjà dit plus haut que zrE Kan est le symbole du san^r 
et que le Seigneur traivalllera dans ce Kan. Puis donc que dans 

ce même ^jc ^Kan il est question de festin^ ce mot désigne le 



TT^ 



I (U) fi jK fi'^ A ■§.r-Wiig,iyn*ol«5. ii.i8. ' 
. (15) ii & 6 m JT i ^ o JH fi» .JE JlL. Gkm 

(16) 1t JL S. 1S 1È M ± ît- Kang-hy. 

•: (lî) » « * ^ * li * < 4ai#:« « <>• il 

/)^ RT ^ ^* Leang^n. ••. 1 '.K 



S66 TRADITIONS GHBÉTlEmiBS EN CHINB. — ART. V. 

grand festin f|iie )e Saint céléfom la veille de sa Pàssrion^ «t 
qui durera éternellemetit dans le ciet selon qnli Ta promis en 
disant: « Je ne boirai plus de ce jus dé la vigne ju^u'an Jour 
» où J'en boirai de nouveau avec vous dans It royaume de 
» mon Père (18). » ... 

Ce jour mo semblé désigné dans la 5« ligne de ce symbole 
Su^ de même que le jour où il inftilua le sacrement de 
son corps me semble nîienx placé dans la 2«' ligné du sym- 
bole S kouen (le 47*). « La féllcifé de ce festin, dit LieoU" 
» dhé-liu, est la félicité même qu'il a ramenée en traversant 
» le lorrènt (19). ^» « La nuée (20), qui couvre le ciel, dit très- 
» bien le litre Siang-tchaLO, est pleine de vin, pour enivrer 
» tous les peuples du monde. Elle est pleine de nourriturç 
» pour rassasier abondamment tous les hommes (21). » ' 

Yofci comment s^eiprime Gonfucius. interprélant le sym- 
bole Su (le 5<i) : a Le Saint enivre et nourrit, il apporte» le 
» repos et la Joie (22). » « La nourriture et le breuvage^dit 
» Tçhu-tching^ pour nourrir la substance matérielle, le repos 
» et la joie pour nourrir noire âme intelligente (23). » , 

Seul le Saint peut apaiser notre faim i^i notre soif, àeul, il 



(IS) Dico autem ?ol>it: Non Uï^m amodode hoo geninriine viUs,ii«qaein 
dJeuiillaiD, cum iUuU bibam vobfscum iioyum in regno Patrk met (MatU^. 
xxvï, 29). 

(19) m t ±, A ^ o ^ m n\ t A ^'Uxm 

ehe-Hu. 

(20) 33 Kan est place poar nuage ; c'est poorquoi Texpllcatioè dn 
Byinbole dit : Le uuage apparaît sar le ciel S -t ]S^ 3v Yun^hang'^U'' 
Hen ; au-dcBsous est auMleasas est 33» Pbévarb. 

(21) m^i.mon&mommjiyz 
A o rt JH tt 115 m o M & 1 n m Ji y 

ii A o ir 4^ ^ ijf |g. Sian)-ukao. Livr^ : écrit Ters 1833. 

(22) :g ^ IK Â $ lil* Glose de Coofaetot, b. 4, êfoi^ 
bole Su. . , •. .. . :,'\ ,t .•,'• ' ' f 

.1 (23). tfcjt) •£<::■« $iif,n^ ^ m j» h^ 

i^ ^* Tehu^ching -'J: .1 .; 



pept aouB donner le yjrai pain et 1^ çoUde joie du.çqpu^. Npi^^ 
ne serops rassasiés que quand sa gloire apparaîtra, et nous 
le yenons/iel qu'il est, avec tons les élus, désignés. par les 
convives dont il est question àl^ 6« ligne du même symbole 
(le 5«) en ces termes : o tes convives ne viennertt pas vite : ilâ 
1 honorent et so4)t honôréS; ils jouissent d'une éternelle féli^ 

» cité'J24). » • ■ '..•,' . * ' ' ' 

Quoiqu'ils n'aient ^as'acquis une si grande gloire par leur^ 
seuls mérites» aucun n'est coupable de faute très-grave. Le rcÀ 
seul désigné par la 5« ligne, est : + JE tchorîg ny et ainsi 
^ fik tang-ouei, parce qu'il a des mérites non-senlemenl 
dignes de cette place mais bien supérieurs, te roi seul est fj^ 
^ oi^-che, sans aucune tadlie^ tous les autres ont péché; 
mais les élus ne sont pas coupables de crimes graves ^ x 
^. Enfin dans les lignes précédentes on lit partout fH Su y 
dans la seule 6<» ligne cela n'a pas lieu, soit parce qu'on n'a 
pUis ^i^lement Veapérance» m^is 1^ réalité, ou bien parjçe que 
ce^9 Q^ lifj^ne ne toçnl^ç pas sur., le MaUrjt^ inai^ ^r ie3 Cour 

Tive«. . . . . ! 

Il s'agit donc dans les deux symboles H Su et B ^ouen 

de la mort du Saint. Dans Su. elle est attendue : dans Kouen, 
elle est réalisée. Des deux côtés an parte de festins ; mais à la 
2« ligne de KoUén,'\l s'agit de la dernière cèrte, tandis qu'à la 
S^ ligne 'il s*agii de ce /estin éternel auqnel les élus s'assole- 
ront avec leur' roi. -C'est pourquoi Hiang-ngsin-cfn a raison 
d&dire .' « La 2<* ligne du synibole H Kùuen w\ lafoêtae que 

^ la 5« du symbole H, 8u (25); » _:_ ' ' > 

^^^^ 

2^ Dans l'explication du symbole :rz: m Souy (le 17«J, 

- » • . » *^ ^* » 

•on Ut: « Le SciirU eo.tre le, soir et s^ cûuciiaptilfipit{26). 9 



t*«^ii I i >« «1 I « !■■> I ■* I ■ ^1 liii»ip| I <p ■ n «| >il»i>l| 



(24) !^ ;i^ ^ z ^ é Wi Z i^ ojji :^ 

^ &, ^ Js; !^ JJi. Yking, «ymbole 5. p, 13. , 

(25) m Z X Z. ^ W Z ^ s. JiL- Biang. 

ngan^fii. Yern 1165 de J.-C. 

f-kina, symbole 17, d. 5. ,* . 



nAwnom OÊKÈttamm ni gaimi. — ait. ▼• 

n làut remarquer qu'en dessons se trouTe ~ fl| Tching on 
le tonnerre^ le moteur, le premier-né, etc., et qu'en dessus 
^1 7 A EE % Touî, que le symbole emploie pour représenter 
un Agneau, et qui, marquant la joie et la gràce^ ne peut être 
pris que métaphoriquement pour agneaux. 

Lors donc que le texte dit :* « Au milieu \% tse, est S luei, 
c'est comme s'il disait ^ + W ft •?, prémier-né dans 
VAgneaUpDieu dans la chair. Les Cliinois ne peuvent pas de- 
TÎner cela, parce qu'ils ne connaissent pas le Dieu incarné. 
Yen ^ signifle proprenfient festin, et à cause de cela les in- 
terprètes donnent à ce caractère le sens de n^an 5fi^ tranquil- 
lement, afin de le joindre à $y jj^, reposer. Mais JE» sy si- 
gnifie aussi bien éteindre et mettre fin, que se reposer et 
respirer. 

Gomme le symbole =^ K Soui (le, 17«) nous fournit 

^^ 00 le premier^né au milieu de ^ Ta^eaU, le texte a 
raison de dire que le Saint entre au festin et y met fin. Dans 
ce festin fut apporté l'Agneau pascal comme un type et une 
figure. Ensuite le Saint se donna lui-même, comme Tindique 
le caractère ^ Yen; car r^ représente le cénacle, B le 
soleil est le symbole de == ou du Verbe, et ^ niu vierge 

est le symbole de =^ ou de TAgneau^c'esl-à-dire delà chair 
qu'il revêtit, et par ce rite il mit fin à tous les rites. 

C'est pourquoi le texte dit : c J|. sy , il finit. » Par ce divin 
pbiltre letiaint attire tout à lui-même ; c'est poun|Uoi iç sym- 
bole est appelé H Souy (le 17e). C'est aussi pour cela qu'à la 6« 
ligne il est fait mention de sacrifice, et le livre Siang-tcAao 
indique le mystère par une sorte^le divination, quand il s'ex^ 
prime ainsi : « Lorsqu'il dit en cet endroit : il sacrifie sur la 
» montagne de VQccident, c*est la même chose que lorsqu'il 
» a dit : Il fait un festin vers le soir, et il y met fin (27). « 

3^ Celte même nourriture supersubslantielle est très-bien 



• <27) V m ffl T H if IHI ft Jb ^ .- 4. htSian 
^00. Yoirci-desittiyn. 9, 



.. TiKOlMMBS TIii8 DK8 U^I8« . M9 

design^ par le symbple ^ 'Ji ^ Tahiou (Je 26«)» c est- 

à-dire grande nourriture. On le joint à r^ 36 & '^^ou* 

vang (le .2&^ ; c'est-à-dire vérité. L'bomme doit dire, autant 
i|tte possible, Vou-i^ang, c'est-à-dire sans vanité et sans péchés 
pour manger Ta-htou ^ ]f « 1^ grande noiirritnre ; et ce 
Ta-Atott hit qu'il est constamofient Vou-vang^ sam faute. Le 
symbole Vou-vangf suppose qu'on possède la vie^ et ie symbole 
Ta-Atou alimente la vie. Ces paroles tirées du chapitre Tsa«* 
koua ':X: ¥ tt 4b ne peuvent pas être prises dans un autre 
sens (28). Car si par 1^ Chi vous entendez lé tômp$. comme 
on fait ordinairement^ il n*y a aucun symbole dans tout le Y- 
king dont on ne dise aussi qu'il est |^ le temps. Pourquoi 
donc n'appliquer ce caractère qu'à ce seul symbole ? ^ est 

un caractère usuel ; on doit récrire 2jL ou fit* or X est la 

ême cbose que tcAi ±^, passer. Et qu'est-ce t|ue le temps?. 
Cest il tchij le passage Je B du soléiL Cela est àïM 
la nature des choses, et se trouve merveilleusement dans le 
sens symbolique. Qu'est-ce que le soIei{ Q , sinon le symbole 
dn Seigneur? Donc B il ou J^^ signifie la p/ia^e^ ou le 
passade du Seigneur. On voit tout de suite pourquoi dans le 
symbole ^ H Ta-htou, il est dit ^ jji^. Car Tagneau pas*- 
cal, que mangeait autrefois chaque année le Peuple de Dieu, 
n'était qu'une fif^ure du pain sacrd que nous goûtons aujour« 
d*hui. Voilà donc la divine nourriture qui alimefate les àmés 
et qui les conserve dans la vérité, c'est-à-dire dans la vie. Ce 
qui fait qu'on explique hiou )t par yan^ ^, nourrir et 
être nourrU Et qu'est-ce que f|î sinon c/ie Jf rnanger^ 
ywy ^. YagneaUf comme si rbofnme ne pouvait nourrir 
sop corps qu'avec la chair de l'Agneau. 

û texte du symbole Ji: W Ta-hiou (le 26«), dît : « Il faut 
» conserver la droiture, il ne mange point dans une maison 



(2S) T»king, di. Tfa-iroiia,D. S. 



. V 



tH TBADIT10N8 '<ni«Éni8inil0 m- GHIRB. «4^ ART. y. 

» privée. C'est loin, il fau^ passer le torrent (29). » Les deux 
caractères ^ ^^ il tching indiquent quels doivéntétre ceut 
qui s^assoieot à cette table. Qir ce n'est point une nourriture 
privée et pauvre pour toute personne, mais une noUr Hlure 
hiyate. Le Roi t'appelle au festin. Qaoi de plu? beureuxT Tu 
dois passer le torrent, c'est-à-dire vaincre tout ee qui terendraît 
moins digde.tfua tel honneur/. i^t accomplir tout œ qu'il con- 
Tiènt que tu fasses, après avoir pris un tel allmeiitA Le peuple 
dé Dieu ne passa la mer Rouge qu'après avoir mangé Meneau 
pascal. • 

Voici comfnent l^s Chinois modernes çctpUquent ces roots 
7 9K it pou'hia^ché ; ils veulent qile tous les- sages soient 
appelés à la cour et comblés de. présents et .de revenus. Mais 
si,commeilslediHii^tfivec.rai6on, danm le sf^mbole Vou-- 
vsLTig, la vertu n'est pratiquée que danj^. cette espérance; ce 
n'est pa^ une sagesse mais une vanité. N'importe ! disent-ils, 
li appartfenVà un^bon Roi de les honorer ainsi/ quoiqu'ils 
s'en pvéoécupent peu.. Et tnoi je dis : . eorameiit ce roi discer- 
nert^t-ii les vrais ètles faux lages sans crainte d'erreur ? et de 
plus oh prendca*-t*41dequoi'flQaftir avec tant de mog^ifioepoe 
ees'innombrables tipupeaux de-Lettrés? . 

Ces rêves de ri;mmaincsage^c son.t énoncés s^vec splendeur^ 
mais 01) ne peut les mellre eu pcalique. Dieuiseula des trésors 
infinis; Dieu ^\ sonçle )e cœur. Il n'y a donc que lu| qui 
pui^ dooper si aboiiclamment sans se Iromper^ et sans ja- 
oiais être ruilpé. Il faut donc servir Dieu seul, et les hommes 
çeijdement à cause de lui.' 

. Ces m$mesmots ^ ^ "^ pou-hia-tfhe.nouis présentent 
encore un magnifique sens spirUuel. Quiconque a foi. en toi- 
même, est esclave de la vanité, et ^ |^ kia-cM, c'est-à-dire 
vii'du sien-, et par Conséquent vit dans la misère et le néant. 
Mais quiconque place toute son espérance dans la vérité, celtfl- 

Ih ^ fH ,Jt, ne vie pas der 5oi, mais de Dieu; ll'eôt comme 



■' - '- -■■'-»? M.. ■ -j-^.-.-l ' i i- i .-'f ii 



ma I * 



(29) vitmÂoTFmt^mwm 

IJI* T'kingf symbole 26, n. ]• • - > . 



TiMOttllA«lS TUUfeS DIS JUTMB. Vfi 

le Dfiystique Mong r~E de ce symbole qui réchauffadaasson 
lefn non po6' la terre, mais le ciel tout cutter ^; tivre de 
soi; c'est se repaître de vanité j^ ^ : Vivre de Dieu, c'est se 
nourrir de vérité 5E ^^^ Se vang. Et de itièmé qoe celui 
qui se conflc dans le Seigneur est toujours heureux ^ ki, 
aussi celui qui se fie en lui-mèmé est toujours malheureux 
tu hioTiff. 

4* Dans le symbole ^ H Kouen (le 47«)^ on Ut à la 2« 

ligne : « Il est patient dans le festin : il prend un vêtement 
» rouge. Il faut qu'il s'offre en sacrifice. C'est ainsi qu'il vain*' 
n cra le mal et enlèvera les péfbés (30). » La Glose dit : t Pa- 
» «tient dans le festin, c'est le médialenr, suprême félicité (3Î).» 
il faut remarquer que cette 2P ligne est Ta-gin ':k A» te 
Saint ^ dont le texte du symbole dit les mêmes choses. 11 est dit 
de lai 1^ qo'il éft dans un festin ; 2^ qu'il offre on sacrifice ; 
3*^ que son vêlement est rouge ; 4«' qu'il écrase le mal; S* qu'il 
enlève les péchés ; G^ qu'il a un grand bien. 
< «etttteif9ne,dUl'empercurKa9t0f-Ai,à)avertuduMédiateur, 
« q'esl pourquoi il peùlofirirlanourritureetiehreuvageensacri; 
» flceetdoni^erla{élicité(32).»Hta7ig-ngfan jcAiexpliquebienl^ 
deux cftT&ctères i$ j& en disant : « ? regarde le ciel y jg 
» regarde rbonime^33). » Certes puiaque le Saint est homme, 
il peut fit sseot s'immoler luî^même, et parcequ^il eel DieU|iI 
peut >$ hiang^ olTrir ua sacrifice plus qtae saCfUant; on bien, 
dite^ que ^ désigne un sacrifice sanglant^ et j£» un sacrifice 



»^»^»«^ < it M Jliiiatt > f t* ■ iilÉ*! 



(30) iL - ffl » « * o^ JB T a o * 

(31) %n o m-^^'ko^^B4L'Gu,H 

ror oerymbole de Gonfoctus, i&. d. 8. 

W Â 4b* L'empereur Kang-U^ qui a régné de 1662 à 1723, 

• (3$) 'f at 3t .0 iB É A- nUfiQ^^iS-^. V«lr le 
n. 23. 



Vn TRADITIOim CtfE É l iiWIWy BU CBiflÈ. ^ ART. V. 

non floAglanU II Va, offert une fois, ék il durera jusqu'à la cod- 
fommation des siècles* On dit que « ce yétemeot rouge «est le 
9 vêtement du Roi, ç'est-èdôe le vêtement du Fils du Ciel, 
» et qu'il s'eq ^t serv^ dans le sacrifice (34). t.Les interprètes 
disaient beaucoup àfi cbpses sur s^ forme, son ujsage et la di- 
Tersité de ses couleur^. Je passe volontiers tout cela sous 
silence, t parce que ces choses, comme dit Hou-chouang'^io^p 
» ne peuvent pas se prouver par les livres King (35). » Lài- 
tchi-tidit que |QE tcking ^ hiong es<ici hi nnêine* chose 
que jlfc ^ depjûser son âme,- donner, saL vie^ Bt.Tc/un* 

long-ftou explique le JK Kin^, par 'a il.M leplushaut 
faite de la féHcité: Voilà ce que disent les interpràles. 

C'est' (^burquoi Ta-^gin ^' A 1^ Saint ûiBîgnè par oaUe 
ligne, mange la dernière Pâque avee ses. disciples/ lei <Yia ûo 
du repas, en saqualiléde pnôtredu Dieutrès^^bSEut aelon l*ordre 
de llelcbisedech, il s'immole mystiquement loinmême, en 
instituant leisacriflce du pain et du t;in^et cette auit^là même, 
il est livré et vesse son sang. C'est pourquoi il est dit que 
yhabit roiApe n'est pasi loin^ Il s'agit de chasser dehors le 
prince de ce mondé ^ Ui et dé salisfaire pour tous. les pé* 
ehéë, % # V&U'hieou^ il est donc nécessfait'e <^e le Stiint 
s*offre lui-même comme une victime digne de Dieu. La Gloae 
s'attache aux quatre caractères S jfi^ f5 i^ et' avec raison, 
car, si on lés entend bien, ils eomprennent tout le reste. Mais 

quand elle afoute t^ W JE* ^^ achève d'cxpliquet adniir 
rablement la choseJ 4* Tchong, est le Médiateu^. Le fils de 
Vhomme doit donc mourir, puisqu'il se dit fils de Dieu. Le 
Médiateur de Dieu et des hommes doit être Homme et Dieu , 
et parce qu*il s'est offert lui-même comme Médiateur, c'est 
pour cela que toîît l'univers T^ Jt puise à la pléniîude d'ane 
si grande félicité et que. cette source .de félicitt nù sqra 



(34) ï « ± m 6 3i ^. ±. WH: Ù « 

Interprète. ■:'■ ' jf 

(^5) n ± mm ti o MMM mm m. 

HOtKhOUtMQ'hOU. 



DU SACRIFICE EN FORMB DE HEPXÉ. îl3 

jamais épuisée. La même chose est encore dite dans le 
symbole ^ Tsing (ie të^) , qui suit immédiatement H 
Kouen (le 47«). 



Du «aeriflee eit ferme de Repa« (Suite). 

5» A propos du symbole = -^ Ta ;^ 7jeoù (le U*) il faut 

remarquer tout d'abord que dans le Y-king il y a quatre sym- 
boles qu'on appelle Ta ':H grands. Ce sont : Ta-yeou 'jfi ^, 
)k îft Ta-tchouang (le 34«), i^ ji Ta-houo (le 28«), et 
i;^ ^ Ta-hiou (le 26«). Il y en a deux qu'on appelle àj\ Siao 
petits. Ce sont >J> jft Siào-houo (le 62«) et iji ff Siào-htou 
Je 9'). Il n'y a point de >J\ ^ Siao-xjeou, ni de Siko- 
Tchoùang. La raison en est que dans Y-king , il s'agit tou- 
jours de j^ Ta A Gin (le grand homme), et de ceux qui le 
suivent. Mais on ne peut pas dire que les choses qu'ils possè- 
dent soient pefifes }J> ^, ni qu'ils puissent les acquérir avec 
peu de force àjy ^. 11 n'en est pas de même de Siao-kouo 
et de Siao-hiou ; car nous pouvons nous élever et surpasser 
nos compagnons, mais notre élévation sera toujours comme 
rien >]> Siao ift houOj si on la compare à cette élévation 
que le Saint devait subir dans Jérusalem ^ îft Ta-ftouo. 
Et comme nous sommes composés d'un corps )J> fiS Siao-ti 
et d'une âme :^ ff Ta-fi, dit Meng-tsee, nous devons 
alimenter l'une el l'autre substance. Mais l'aliment périssable 
du corps est comme rien ij> H siao-hiou, si on le compare 
à la nourriture supersubstantielle ^ ^ ta-hiou. Celui qui 
la mange ne mourra point pendant toute l'éternité. 
L'empereur Kang-hi dit : < Quoique la ligne coupée de ce 

ysmbole = j^ ;g Tà-yeou (le 14«) ne puisse pas être 

» comparée avec la ligne pleine du symbole =^ Jt PI/ 

D (le 8*); ces paroles, félicité sans péché, qu'on lit dans Jt 
Prémabb. 18 



S74 niomoHS awknEsam m choce^ — ait. t. 

» pi/f ne penreot pas cependant ëire comparées aTec les deux 

• caractères % y'^^ ? heng,dn symbole Ta-yeou. Ainsi, 

• dans le symbole |^ ting de 50*), il dit aussi % yuen 
» 7 heng^ et rien autre chose. La raison de cela est que 
» dans tà-'yeou, les grands deviennent sages, et dans ting, 
n les sages sont nourris (36) t. 

Si, pir sages, on entend dans Ting, ceux qui sont saints et 
élus dans cette vie, el, dans Ta-yeou, les convives de la Jéni- 
salem céleste, ce sens est véritable et splendide. Quant à moi, 
je crois que les d^ux caractères py et fa-yeou représentent la 

gloire éternelle, avec cette différence que == JË py 

désigne le Saint en tant que Dieu, tandis que ^E :fi ^ 

ia-yeou le désigne en tant qu'il est homme. 

Dans la 3' ligne de ce symbole ta-yeou, on lit : « 1^ père 
» commun offre le sacrifice au fils du Ciel. Que l'homme 
9 pécheur ne brigue pas cette fonction, il en éprouverait un 
» grand dommage, selon Texprcssion de la Glose (37). I.es 
s anciens, dit Tchu-hi, écrivaient toujours ^ heng, pour 



(36) ':k^i.m^omT>ia}b^m^o 
Miti^X» o m T^ ia :k^ W. -È % 
??4oi»?«î-ir%?o^«1»R«S;2: 

]St 4L* Kanghi ; c'était l'empereur régnant (iGG2-1723). Il travailla 
et lit ttavailler plus de 36 ana, dit au miaaionnaire, à un commentaire de 
VY^ng, qu'il fit publier dans M vieillesse {Mém ehin., t. vm, p. 230). Il 
flt publier aussi en 100 libres, un commentaire sur le Hiao-king, ou livre de 
la piété filiale ; on peut voir la préface qu'il y joignit, et l'analyse du livre 
(ibid.f t. IV, p. 77). — On volt par la citation que fait ici le P. Prémare^ 
comment cet empereur trouvait dans VY-king les doctrines chrétiennes. C'é- 
tait les traces de la religion chrétienne primitive, méthode excellente, et 
que le« mieslonnaires auraient dû suivre et non condamner. 

(37) JL B S^ M '? n%^ o>J>A*^0 
M n O & M -? M % ^ o>J»AiF4. 

Y'kinQp symbole 14, n. 9 et 10. 



DU SAOUnCE EN FORME DE BEPAS. 275 

» exprimer la signification de pénétrer^ offrir ou préparer 
» des mets (38). » 

C'était un caraiitère qui n'avait qu'un seul objet, et dési- 
gnait un sacrifice étemel, institué par manière de festin^ et 
dans lequel le Fils unique est offert au Très-Haut, le ciel 
est ouvert, et les hommes entretienneut commerce avec 
Dieu. 

Ensuite Tchu-hi explique en cet endroit Tff heng, par 
!f£ hiang et dit :« Les sons et les traits des caractères parais- 
» sent avoir assez peu d'importance. Cest pourquoi les 
9 savants qui existèrent avant nous, croyant comprendre l'es- 
se senliel, négligèrent ces minuties. H est certain cependant 
«que si dans cet endroit, et dans les endroits semblables^ 
» vous n'examinez pas attentivement toutes choses, vous ne 
» découvrirez pas le sens propre, et souffrirez un grand dom- 
» mage(39).» Aussi Lieou^-ell-tchi prétend-il qu'on ne connaît 
» pas le véritable sens des livres fCtng, parce qu'on ignore la 
i vraie signification des caractères (40). i> 

Qui est donc désigné par cette 3" ligne ? C'est le Grand- 
Prêtre. Elle dit ^ Kong, parcequ'il est le père commun de 
tous, et le pasteur du troupeau tout entier ; elle dit !$ hiang 
parceque c'est à lui d'offrir le sacrifice en sa qualité de vicaire 
du Christ. I^e Christ l'ollre en tant qu'il est prêtre éternel. 
On Toffre au Christ en tant que le Christ est Fils de Dieu. 
Enfin cette ligne dit >J> A ^ JË? POur apprendre quelle 
est la dignité de prêtre, et quelle pureté de cœur exige un 
pareil sacrifice. 



(38) T&«?3io:|EKSStto«#^. 

Tchu-hi, auteur du 11* siècle ap. J.-C. 

(39) ^lÈtlft o MU^ m^ o Ik^fÊ 

m^:k^ o if;jo f& ^ ^ o it m 

9 JJL* TehU'hù 

(40) ^ ^ M- o M 8 ^ |Ai* Ueou-eU-tchif aatear. 
ehréUcD . 



276 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. V. 

6* Dans le symbole rz j^ Kan (le 29«), à la 4« ligne, 

on lit : « Un cratère d'argile, plein de vin, avec une coupe 
» d'argile. L'alliance est formée. Il illumine par soi. Il en^ 
» lève les pécbés à la fin. Ce cratère plein de via et celle 
» coupe, dit la Glose, marquent Tunion du fort et du fai* 
» ble (41) .» 

Ce qui montre combien ce texte est difficile, ce sont, 
non-seulement les opinions contradictoires des interprè* 
tes, mais même la variété des leçons et des ponctuations. 
Les uns lisent: Tsun-tsiou. Koue-elL Yong-feou. D'au- 
tres mettent Tsun-tsiou-kieou. ElUyong-feou. Us disent 
que les caractères kieou, feou^ yeou^ kieouy ont entre 
eux de la consonnance. D'autres avant Kieou ou Koûei, 
mettent ell JH, afin que ce soient deux vases de même 
sorte. Le caractère j|^ e22, de Taveu de tous, ne signifie pas 
ici deux, mais la même chose que fou gl], accompagner. 
D'autres lisent tsun-tsiou, ell-kieou, et non kieou-elL 
D'autres êtent de la Glose le caractère ell, d'autres le laissent^ 
Enfin, à la place de J(| yeou, caractère qui signifie fenêtre 
ou illuminer, quelques-uns lisent ^ yeou, attirer, exciter 
au bien. De tant de leçons diverses découlent nécessairement 
un grand nombre d'opinions diverses. 

Les uns recourent au mariage, les entres au sacrifice. Et 
Yu-fan remarque que « celte 4' ligne concerne 5^ S^ le 
» premier-né, qui préside au sacrifice (42). » D'autres ont 
recours au tem|)S malheureux de ce symbole kan ; ils disent 
« que la A* ligne ne peut pas aller trouver le Roi directement 
D et en passant par la porte, et qu'elle lui parle par la fenê- 



(41) nmna^m^omidinBiii^ 

Tsun, tsiou, ell, kieou, yong, feou, Na, yo, Uee, yeou, tehong 

vou, kieou, siang, yue, tsuh, tsiou, eU, kieou, kang^ jeou, tsi, ye 
y^king symbole 29, n. 13 et 14. 

(42) « ± SI g. Tu-fan. 



DU SACRIFICE EN FORME DE REPAS. 277 

> tre (43). » Quant à ces vases d'argile, ils se conleatent de 
dire que le Roi aime la simplicité et ne recherche pas le faste. 
En effet, il n'y a rien de plus simple que ces vases. 

Vang-pi ajoute le caractère SU Soui, quoique^ afin que le 
sens soit : a Quoiqu'il se présente devant le roi par la fenêtre^ 
» et avec ces vases fragiles^ il ne pèche point. » Il y en a 
d'autres qui expliquent plus subtilement les deux caractères 
Ê JS tsee-yeou. a PersonnCt disent-ils^ n'est si aveugle qu'il 
» n'y voie bien en quelcjue endroit. La i"* ligne entre par cet 
» endroit mêrne^ c*est-à-dire se sert de ce point lumineux 
» pour instruire le Roi. Voilà pourquoi on dit qu'elle entre 
» par la fenêtre (44). » 

Enfin, le livre Y-hoe prétend que « la 4« ligne élève la 2e 
» et l'unit à la 5* sans aucun sentiment d'envie, de sorte que 
» la 2e passe par la 4« comme la lumière par la fe- 
» nêtre (45). » 

Comment ces choses peuvent-elles se concilier entre elles, 
et quelle lumière jettent-elles sur le symbole iiCan, j'avoue 
ingénuement que je n'en sais rien. Mais enûn on voit là un 
petit spécimen de la manière dont les Chinois modernes inter- 
prètent le & S VY-king 

Mais je pense que le texte et la Glose de cette 4* ligne indi- 
quent obscurément le sacrifice du pain et du vin. Mais pour 
montrer la vérité ou plutôt la probabilité de mon opinion, il 
faut que j'analyse Ls caractères. Ce sont des épines^ mais les 
roses viennent parmi les épines, et j'espère que l'importance 
du sujet en diminuera l'ennui. 

Le caractère 1$ Tsun s'écrit fréquemment sans la clef /f; 



(43) 7^0 1» S K o :cn A ^o%fl^% 

%^ O f^ itV i, ^ JJL* Interprètes. 

m Si ^ a O iA B M m- Iruerpréuu 

(45) i^ n Si & ^ ^ M li^Zlo^Jiii 
QS ^ ils* I^ llvr* Y-lK>e, eompo(« was lei Miog, 868-573 de J.-& 



278 TKADmONS CH«iTIE51fB8 Hl CHINE. — AIT. Y. 

qui est à gauche. Il signifie un Vase ou un Calice plein de vin, 
et on remploie pour indiquer Thonneur qu'on rend et l'objet 
digne d'honneur, n Régulièrement on doit l'écrire ff . Il y a 
• au-dessus £ vin, et au-dessous deux mains ^ 3 4"^ l'<^* 
» lèvent et l'otTrent, comme dit le Choue-ven (46) ». 

Le caractère ^ tsieou donne une analyse admirable. Il 
» est composé, dit le Choue-ven, de S et d'un peu d'eau 
B qui apparaît au-dessus (47). > 

Examinons donc ce caractère 'gf yeou. On veut que ce 
soit Tantique caractère tsiou JS vin ; lequel, par sens dé- 
tourné, désigne le temps qui 8*éconle depuis 5 heures jusqu'à 
7 heures du soir. Le Chovié-ven l'écrit g yeou. 11 est ma- 
nifeste, pour celui qui examine un peu, que W ou ^ est le 
même caractère que W occident, &u milieu duquel on 
ajoute y — un ou gin A homme. Il Tant donc examiner 
le caractère sy IS occident. 

Le Dictionnaire Tching-tsee-tong le place sous le radical 
lif qui signifie protéger 3| -fc feou-ye. Le dictionnaire 
Tsing-ouen dit : « Le caractère un — représente le ciel ; 
» yf représente les influences du ciel qui descendent, et 
» la Tapeur de la terre qui monte en haut (48). > Ces pa- 
roles sont symt>oIiques, et la même image se trouve dans 

le làmeux symbole z3 ;^ tay (le il*), « qui représente 

» l'union du ciel et de la terre (49). > La pluie ne peut tomber 
du ciel pour arroser la terre, si les vapeurs de la terre ne 
montent pas d'abord pour fournir la matière de la pluie. 
Mais pour que ces vapeurs puissent monter, il est nécessaire 
que le sol soit d'abord agité et pénétré par la chaleur du ciel. 



(*6) 1ÎJHI5ÈÎB 83£t* ±- Chotu-ven, Racine 538. 
(47) g ISÊ W O 7jC ^ ^ ift ±. CAouc-tJen, Racine 538 

(48) - m 3^ f! o jfli H Ji ^ T PI o Jft ^ 

j; ^. Dlct. Tring-ouen. 

(49)' Ji HL ^ M' Y'king, symbole H, n. 3. 



DU SACRIFICE EN FORME DE REPAS. Î79 

Il faut donc que rioQueace du ciel descende 5c ^ T avant 
que lu vapeur de la terre monte Sft ^ Jl. 

Si vous demandez pourquoi le ciel descend, la seule raison 
est que cela plaît au ciel. C/est sur ce symbole qu'est fondé le 
principal chapitre de la doctrine du livre ^ ^ Y-kingj 
touchant Tunion de Dieu et de Thomme dans le Christ. 

Cela dit, revenons au caractère |f Sy. 11 est évident que 
c'est le caractère "jBi hia au pied duquel la ligne su- 
périeure — désigne le cîef, et la ligne inférieure — 
la terre, comme il arrive pour plusieurs autres caractères; 
et |ttt qui est au milieu^ offre le symbole de Tunion du 
ciel et de la ter^e: Tout le caractère H est pris pouf^ 
désigner la terre occidentale, parce que ce grand mystère 
devait s'accomplir en Occident. 

EnQn, à ce caractère "S ainsi expliqué» si vous ajoutez -*• 
ou A au milieu^ et qu'en même temps vous ajoutez un peu 
d'eau, vous aurez le caractère S ou g, qui signifle vin. 
Les modernes ont mis de l'eau sur le côté, c'est de là qu'est 
venu le caractère commun }g tsioù. Comment se fait-il que, 
pour désigner le vin, les anciens aient pris un peu d'eau et— 
A un homme ou le Saint de VOccident 1S syJ Ceux-là 
qui connaissent les mystères du Christ le diront ; surtout, 
s'ils ont lu ces paroles de Chou-hing : « Ce vin est employé 
» dans le sacrifice. Le ciel l'ordonna ainsi, quand il insti- 
» tua le grand sacrifice pour le peuple (50). » Les com- 
mentaires Sy-hiang disent : « Ce vin a pour effet de nous 
» rapprocher de l'Esprit intelligent. On ne le boit point 
» hors du sacrifice (51). » Assez pour le vin. 

Les caractères jÊ kieou et jg] fou, sont les vases du sacri- 
fice. Celui-là est rond en dedans et carré en dehors; celui-ci, 
an contraire, est carré en dedans et rond en dehors. C'est le 



^ (50) tulm m o ^^ 1» ^ o m m R «* 

JK* Chtm-kingt I. m, g. 4, n. 2. 

(51) ms, mm u m m m o ^ in^ 9t^ ^ ;f 

^ ftfC* Com. Si-kiang, 



no miMnow cnÉriBcu n csniE. — ait. t. 

même fymbole des deux côtés. Ils représenUcnt le Saint qui 
est carr^, lerre et bâh\e, parce qall est homme, et qaî est 
aossi nmd, cnA et fort, parce qnll est INea. Les dem symboles 
^ fH li^ 30^ cl E^ iJC ftaw (le 29*), montrent aux yeoi 
la même cbofe. Mais il y a les caraclères anciens et Téritabies 
qai expriment encore plus clairement le mystère. S est j^ 
hieau et ^ foix est ^. Les deux caraclères U et M 
signifient également deux vases, comme le remarque 
Tchang-tsien, Mais M ^Hn s'écrit proprement ^, forme 
qui approche plus du calice. C'est pourquoi le caractère Jl 
hiue ou plutôt ^ e^t un calice, dît le Chové-ven, dans 
lequel le signe — représente le sang et ^ kai signifie 
S 4b couvrir f protéger. |K Jfc. ifc, dit le même Choué-ven, 
est com|K>sé de ^ /liice et <1e :^ ta. On voit dans cette 
parole le caractère du sang et celui de grand, noble, élevé. 
Pourquoi cela T sinon parce que c'est le sang du grand 
homme ^ ta ou — A :2l EL? qaî nous protège et nous 
délivre de tous les périls. De même que le caractère Jl t^i^ 
ou ]|^ représente la forme du* calice; ainsi le caractère HT 
représente-t-il la forme d'une patène ou d'un plat. Mais il 
ne s'agit point en ce lieu de sang ni de vin. Aussi les anciens 
caractères ne portent pas A, mais XT. Les moderneiont témé- 
rairement ajouté la clef du bambou ^ au sommet, peut-êlre 
parce qu'ils croyaient ces vases faits de roseaux. Trompés par la 
ressemblance du son, ils ont écrit avec la même sottise 1|' fou 
pour ^ fou. Mais le caractère gA est composé, comme on 
le voit, de 'ff ché et de A 9^^9 ce qui donne manger de 
l'homme ou nourriture de l'homme. Le caractère \f fou 
indique quelle est cette nourriture : car ^^ comme il a été 
dit ailleurs, est l'époux et Vépouse^ parce que c'est H'A 
Eui-gin, le second homme fait. Voilà ce qu'il y a à dire à 
propos du pain . 
Après ces explications, reprenons tout le texte que nous 



(52) Sg^M^— l^lfilJ^- Tchang-Uien. 



DD 8AGHIFICB EN FORHB DE REPAS. S8i 

remettons en note avec sa prononciation (53) et posons quel- 
ques questions pour terminer : 

!• Pourquoi le texte dit-il f^ ^ yong-feou ? Parce que les 
divins mystères peuvent être célébrés avec de pareils vases 
si la nécessité Texige. Uaulel, où saint Pierre célébrait, était 
de bois grossièrement taillé. Peut-être aussi parce que quand 
nous mangeons pour nourriture le Christ, nous portons ce 
grand trésor dans des vases fragiles. 

2» Pourquoi le texte dit-il, |j^ |§ na-yo ? Parce (|iie c'est 
un pacte et une alliance entre Dieu et les hommes. C'est le 
calice de sang du Nouveau-Testament. 

3«" Pourquoi, dit-il g J3 tsee-yeou ? Parce que, comme 
dit réponse dans les cantiques, le bien-aimé regarde par la 
fenêtre, ou bien parce que ce sacrement est une source de 
lumière et qu'il illumine les esprits beaucoup mieux que le 
soleil n'éclaire les corps. 

40 Pourquoi dil-il ^ ^ vou kieou ? CV,st peut-être parce 
qu'à cette table il ne faut que des hommes purs et immaculés, 
ou parce qu'il y a là la chair et le sang de TÂgneau qui porte 
les péchés du monde. 

50 Pourquoi la Glose résume-t-elle tout cela en ces mots fS!| 
m PS kang-jeou'tsi ? Parce que c'est la communion, ou le 
sacrement de l'union de Tâme avec le Christ. On explique 
fSî tsy par ^ kiao ^ ho, joindre ensemble et devenir 
un. On peut encore dire que |SI est composé de ^ et de [S . 
Or ^ signifie sacrifice^ et [S est un caractère mis en abrégé 
qui signifie montagne, quand il est placé de cette sorte. C'est 
donc le sacrifice ^ qu'offrit sur la montagne |$ celui qui 



(53) ;;^lSod|t ffilKlgoffl^o|ft|§o 

lou, s$e^ tsun, tsiou, eU, kieou, yong, feou, na, yo, 

ijaio«$%#o|t m ^ m 1^ m o m 

Uee, yaou, tctwng, vou, fâeou, Siang, yue, tsun^ ttiou, eil, kieou, kang, 

^ RS 4b* Choue-ven. Racine 638, et les aalres auteore eiléa. 
jeop, ui, ye. 



Î82 TRADITIOHS CflBÉTIENflES ER CHllfB. — ABT. Y. 

seul est M et HI, c'est-à-dire Dieu et bomme. Le sacrifice 
qui est offert sur l'autel n'est-il pas le même? 

6* Pourquoi lit-on tout cela dans le symbole iji kan ? 
Parce que kan ne paile pas seulement de travaux et de souf- 
frances, mais aussi de festin, comme nous l'avons déjà 
remanfué. 

7* Mais pourquoi donne-i-il ces indications à cette 4* lîf;ne? 
Parce qu'elle désigne encore mieux que la première Tbuma- 
nité du Saint. 

8* Pourquoi y en a-t-il qui recourent au mariage pour 
expliquer ce passage ? Parce que l'Eucharistie renferme les 
noces de TAgncau, et s'approcher de Tblucbarisiie, c'est aller 
aux noces de l'Agneau. 

Et cela est très-vériiable, quoique les Chinois modernes ne 
s'en doutent pas. Il faut s'en approcher avec foi et amour ; ce 
qui fait dire au texte du symbole : « Il a la (oi ; le coSur et la 
» cbair pénètrent ensemble ; en y allant, il acquiert une 
p épouse (54). t ïjd livre Y-hoe dit aussi ce qui suit : c Le 
• corps, par rapport au cœur ou à rest)rit, est |f| ouei. Le 
» corps et l'âme se réjouissent ensemble. C'est pourquoi le 
» texte dit : lË >& ^ (53). » Le Saint a possédé cela au 
suprême degré. Son âme était, à la vérité, triste jusqu'à la 
mort, mais la divinité communiquait tant de force à son 
humanité, qu'il disait avec joie : Levez-vouSy allons, la 
grâce du Christ doit^ dans une certaiue mesure, produire la 
même chose en dou?, cette grâce, qu'on puise dans ce sacre- 
ment comme dans une fontaine^ et sans laquelle ce que les 
Chinois appellent ^ i& tao-sin, la lumière de la raison 
servirait de peu de chose. 

7* Arrivons maintenant au symbole nz ^ ting (le 50e), 



(54) W ^ 11 >& ?^ fi" W fï' f-king. symbole 1:9, 

"(55) » m ^ i:mo^ ^ ém ^ »0-^ ^ 

|£ >& ?• J-/»o^ Voir D, 46, 



DU SACRfFlCB EN FOIHB W KBPA8. Î89 

doDt il faut s^occuper avec grand soin. « Ting, dit le Ohot<e- 
» vert, est un vase précieux ; il a trois pieds et deux anses, et 
» en lui sont enfermées cinq saveurs (56). Fbu-^hi éleva tin 
• divint ing'] Hoang-ti fit trois précieux ting\ le grand Ya 
» en coula neuf ^57). » Lo^i explique ainsi ces traditions, t Ces 
» neuf font trois^ et ces trois ne font qu*un. C'est le sr/mbole 
» de la grande unité (58). » La tradition rapporte que Jes 
trois ting de Hoang^ti étaient « trois vases d'airain dans les« 
«quels il apprêtait la nourriture de ^immortalité (59). > £1 
Lo-picfiie nous venons de citer ^ dit: « Les neuf ting du grand 
» Yu étaient certaines tables sur lesquelles il avait peint Jes 
9 mauvais esprits des oeuf parties du monde pour apprendre 
» aux peuples à les fuir (60). » Il dit aussi «que ting est ce par 
» qubi la musique commence ; 3 fois 5 donnent 15, c'est le 
nombre de la table Ao-tou; 9 et 6 font aussi is, et c'est le 



(56) ^ B JESBoft3£Mti3|fg4t. 

Choué'ven, Racine 350. — Nous donnons ici la forme de ces deux Tin^ 
dans Iesq[ael8 les Chinois décoavraient tant de eboseSé Od peut y voir uae 
preuve deslo^nieux moyens par lesquels les Chinois conservaient la tradi- 
UoD primitive que Trois constituait la grande Unité, 





Extrait du Kia-'ly-tsi àe notre bibliothèque. Voir en outre le Chou-king de 
de Guignes, planche m, n. 13, p. 316, qui ne donne qu'une figure^ et une 
asses longue explication du P. Amiot, p. 345. 

(57) M'S^ M m m - o «* i^nM B o 

m X & B B ^ - o H«m m ± 

— • lo-pt, U70 de J.-C. Voir ait i, note 14. 

(59) mH^MTin^^â^^o. Tr.ditlon. 

(60) M i, jL M o ^ mm xm z nm o 

^ R ^ M' £o-p>, voir n. 68, 



tS4 TRADITIONS GHItiTlBinfES BN CHINB. — - ART. T. 

» nombre des symboles fg kien et il^ k.ouen (le l<^r elle 2«}. 
» On s'en sert pour marquer les 12 clefs de la musique (61). » 
Le dictionnaire Pin-tsee-tsien dit : « t^es iing d'Hoang-ti 
> étaient ronds et avec trois pieds. Les iing du grand Yii 
» étaient carrés, avec quatre pieds (62). » Ceux qui étaient 
» ronds^ dit le Tching-tsee-tong , représentaient |9 yang et 
» le cteL Ceux qui étaient carrés désignaient ]^ yn et la 
• terre (63). » Les ting, dit Tchao-yu-meoUf marquent si le 
t roi a de la vertu ou non^ et conséquemment, si lecomman- 
» demeqt du ciel sera stable ou non. Kie fut méchant et 
» les ting passèrent à Chang ; Tcheou fut cruel, et les ting 
» passèrent à Vou-vang (64). » D'après le livre Tc/ien-houd- 
tne, « on employa pour traîner chaque vase 90^000 hommes, 
» nombre qui, multiplié par 9, donne810,000 hommes (65).» 
Ting, dit Fang-chi, « est un vase spirituel, si pesant^ qu'on 
» ne peut le remuer (66).» 

Voyez^ d'après tous ces textes : lo si $ ting est vraiment 
une chaudière, une marmite ou un bassin ; 2« voyez avec 
quel soin les Chinois conservent les vieilles traditions, quand 
même ils ne les comprennent pas ; S"" voyez qu'en réalité on 



(61) J»«»JHÊ«l«-fcoJK*S + 

1k 4tO+:l#i:5fâ^ ^. lo-pt, voir n. 6S. 

(62) K^jftlBHJE o:fcSj|f:#ia je. 

Diet. Fin-Uet-ltien, pubUé en tC8T. 

(63) )R|||(ftoJft:#I^RI- r<M«tH««*4onff, ven 
m» de i.-C. 

:(64)««S«# miL^ojift^^^ 

Jft ^ ^ Si i^ ^* rcMo-yu-m«au. 

(65) jL-mmxnx%%i.oxxA-\- 

-^ ]K ^. Tefctff^AotM-toe. 

(66) Jll^ir»iifi£:^S£o;i;^ai$ 



DU SACRIf^lGB an FORME DE REPAS. i%9 

ne peut pas dire d*uae manière certaine^ ce que c'est que ^ 
ting. 

Le texte du symbole ting (le 50^), dit : « Le Principe 
» s'offre (67J. > Entre les deux caractères % yuen et ^, on 
met ordinairement le caractère "^y mais on le regarde 
comme superflu, parce qu'il n'est pas dans l'explication du 
texte, ni dans le symbole ta-yeou (le i4e), qui a, dit Tempe- 
reur Kang^hi, « la même signification que celui qui nous 
» occupe (68). » Les Chinois ne savent pas d*où vient cette 
identité de signification. La raison, c'est que dans ^ ting^ il 
s'agit d'un repas sacre où les saints et les sages se réjouis- 
sent sur la terre^ tandis que dans ;^ ^ ta-yeou, il s'agit du 

banquet éternel du ciel. Dans ting, % ? < le Principe 
» s'offre et se donne ; dans tà-yeou il se communique. » 

L'explication du texte dit : c Ting est un symbole et un 
9 sacrement. Le bois dans le feu; la nourriture est préparée; 
» le Saint fait un festin pour sacrifier au Seigneur suprême, 
j» et en même temps pour nourrir les saints et les sages. 11 est 
» docile. Tout arrive jusqu'à ses oreilles^ et ses yeux voient 
» tout, il entre doucement et s'élève en baut. Il est au milieu 
B et répond au fart. C'est pourquoi, dit-il» le « Principe 
» s'offre (69). > Un passage si remarquable doit être expliqué 
partie par partie. 

1" partie. — Hiang-ngan-ché dit avec raison : « Pour 

9 comprendre ces mots ^ H <&i c'est-à-dire la figure du 
» vase ting, il n'est pas nécessaire de cliercher dans les 
» lignes la figure d'un ?ase. Si ce symbole e^t appelé ^ ting 



(67) ^ o 7C ^. Y-kinflf, «ymbole 50, n. 1. 

(68) J»JÉ?|| I^^XSIhI. Kf^ng-hi. Voir le 
n. 36. 

(69) J»m4boJiU;f;^jXCo?|£4oS 

'^ &t IQ ?ft • r-*w^, symbole 60, n. 2, 3. 



286 TRADlTlOlfS CHKinBNIfES EN CHINI. — ABT. T. 

» ce n'est pas que ce soit un vase réel ; ce nom n'est qirune 
9 énigme el une figure f70) ». 

» Il faut, (}i( aussi Tchang^surif cbercber le sens du sym- 
» bole ^ ting eh le regardant, non comme un vase, mais 
1» comme une figure, i» Ting représente symboliquement tout 
» l'univers (71). tChin-ftai dit aussi que l'univers est un vase 
» spirituel (72). » Tchang-sun ajoute que Ting est l'effet du 

» symbote = ^ JH ta-tchouang (le 34*) (73). » 

Mais il n'en sait pas la raison. La voici : C'est que le pre- 
miér-né ^£ nous nourrit de lui-même, parce qu'ayant été 

élevé au-dessus des cieux ^E^ il n'^t pas voulu nous laisser 
orphelins. 
Vang-tong-hy tire un autre document du chapitre tsa- 

tious^y dans lequel ting est explif iié par sin ^, nouveau, 
et il dit : « La science que donne VT-king est quotidienne, et 
D cependant toujours nouvelle (74). » Eât*cc que cela ne con- 
vient pas bien à notre pain quotidien qui, comme la manne, 
a toujours une nouvelle saveur? Mais aussi il faut toujours se 
renouveler et le manger chaque jour avec un nouvel 9p[)€tit. 

Dan^ Tîn^ (le SO*"), le bois est dit dans le feu, dans ^ 
(le 48«) Tsing^ il est dit dans Teau (75). 

Les Chinois ne pénètrent pas au-delà de Téçorce : a Ting el 



m m m ^ T^ ^ M 1^ tt js; m ?^ o as 
•& o y:i m ^ iê^ ^ n m 4 o «f# « t, y:i « 

^ M" Iliang-ngan-^hé. 

(71) m 'Ê ^ t M^ o m T> mi, mo m m 

5c "T* Tehang-tun. 

(72) 5C T ** S 4- CWn-fcai. • 

(73) M 'Â ^ i, JSL' Tcharig-tufu 

•■ (74) mMfSfJSLoSfJiiL^oBmm q if 

^ ^ JJL' Vang-tong-ky et Tsorkom, h l^ fln de T-kingj n. f 0. 

(75) m &^y*^M 9C1^'^. * Wî J: * ^-T-kim 

symbole 50^ n. 2, et 48, b. 2. 



DU SACRIFICE EN FORME DE REPAS. 287 

» Tsing traitent du breuvag et de la nourriture nécessaire à 
» rhomme, dit F-c/ii (76) ,n et Siang-tchao dit aTis.«i :«Uhom- 
» me nr peut pas vivre sans feu et sans eau (77). » Mais est-ce 
assez de sofguer uniquement sa peau ? Bien plus ! suffit-il de 
se nourrir seuls ? Dans Tsing ^ il s'agil de la doctrine qui 
est la nourriture de 1 ame. Ueau signifie métaphoriquement 
la doctrine, et la doctrine signifie à son tour la nourriture. 

Dans ^ fing, c'est une nourriture réelle, quoique supersubs- 
tantfelle, une chair qui est réelle et véritable, quoiqu'elle 
nourrisse plus les âmes que les corps. 

Mais pourquoi ce feu ? Quand Dieu apparut à Moïse, il était 
buisson ardent ou bois dans le feu. Et le feu perpétuel, 
gardé dans le temple dn Seigneur, était la ligure d» feu 
éternel dont nous vivons. Et de même que le feu ne se cou* 
sume pas sans bois, c*est-à-dire sans aliment, ainsi notre 
amour ne peut pas vivre sans cette céleste nourriture. — 
Toute chose qui en contient une autre peut être nom- 
mée vase. Ainsi les Chinois moderne;s nomment la matière 
Ky ^ un vasey parce qu'elle contient, d'après leur doctrine, 
li 3 I^ raison, comme le vase contient l'eau. Cela posé, 
la très^sacrée humanité du Christ est le vase très-précieux, 
dans lequel habite corporellement toute la divinité. De même 
les espèces du pain et du vin sont des vases qui contiennent 
le Saint tout entier. Enfm nos corps sont des vases où nous 
recueillons celte royale nourriture. C'est là assurément un 
grand sacrement, c'est-à-dire un signe visible d'une chose 
invisible. Voilà pourquoi l'explication du texte dit: ^ 

2^ partie. — Elle consiste à expliquer les deux caractères "Ç 
f£ (78) auxquels se rapporte le symbole tout entier. J'ai dit. 



(76) ^^^:lihoJSl||AS«. T-chi. 

(77) 16^^* iK T- Ê. m o mm ^j^ <sm 

(78) ?? |£ -É,. TehU'hi. Voir n. 88. 



28S TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. V. 

à la page 273, que le seul caractère ?fr heng équivalait àtrois 
et avait trois sens. Il signifie offrir en haut et se prononce 
hiang j il signifie pénétrer, communiquer et se lit heng; il si- 
gnifie préparer un repas et se lit peng. Or, dans ce symbole 
ting, il a les trois sens à la fois. Un repas est préparé, il est 
oifert au Très-Haut, et ce qu'il y a de plus bas communique 
avec ce qu'il y a de plus élevé. Le caractère ftf gin est écrit de 
la manière suivante, par le Choué-ven ^ qui est composé de 
2 parties, savoir 1^ et ^ (79). Il faut que nous en parlions 
séparément. 

l"" Ché ^ est composé de A et de ^. A son tour ^ 
est formé de j^ et de [^ . Enfin g est composé de A ^^ 
de H. Cela est évident même pour les yeux. Arrivons an 
sens, ô P^ signifie blancheur, parce que ell-gin ^ J^ le 
2c homme ou le verbe incarné, est « la blancheur de la 
» lumière éternelle (80). » t est l'ancien caractère hoa flS 
changer. A tsy est un triangle équllatéral que le Choué- 
ven explique par H '^ — ? trois qui ne font qu'un (81). 
Le caractère ^ tout entier, signifie et manger, et nourri- 
ture; c'est le vrai Dieu qui est un et trois A et l'homme-Dieu 
^ est la nourriture dont vivent les anges et les hommes, 
et qui, pour être mangée^ transforme et change (^ ou Kj de 
telle sorte qu'ils deviennent un même esprit avec lui. Le 
Chouc-ren explique ^ par odeur de /"î^oment (82). Où a-t-il 
péché ce froment, je ne sais, mais cela est merveilleux et se 
rapproche encore plus du pain que nous rompons. 

Après avoir ainsi analysé un caractère à fond, il n'est pas 
nécessaire de recommencer cette analyse dans les autres carac- 
tères qu'il sert à former, il suffit d'en retenir le sens principal 
par exemple ^ Ché signifie manger. 



(79) Chùué'Ven» 

(80) Qui cam sU splendor gloriœ fjus (S. Paul, Héb, i, 8). 

(81) Choué-ven. 

(82) ir » if îî «• Ckoué^ven. 



1)U SACKlFlCfi EN I^OailE pE REfAS. 289 

La 2* partie du caractère ^ gin ou ^j ou bien 6E* 
comme on. l'écrit ordinairement, se compose de A Jy» i^ue 
le Ckoité*vm écril toujours A 9i^y et de i ssee, 
qui, à «on tour* e^t formé de ^^ et de — (83). Par — y 
^marqué le principe, et par -i" cké, la fin. b'où zt^^^ 
«fpitfle sage^ oo mteux^ la sagesse elle-même^ qui est VAlpAa 
et VOméga, et qui a pris la nature de V homme /^.C'e^l pour 
cela aussi que le Ckoué-ven explique £ gin par 4l ^^^^ 
m Hng, Roi des rois, dont ïes rois de la terre tiennent la 
place. De là encore, •£ gin est plocd dans tecoradère Cking 

S ^ui désigne le Samf. Des deux parties dii caractère $£ 
. flfin, vous concluerez qu'il signifie proprertient manger le Roi 
c!es rois. Ces malheureux Chinois n'ont aucune idée d'un si 
grand bien. C'est pour cela qu'ils attribuent au caractère '^É 
Ofin, le sens d'une chose bien cuite et bien assaisonnée. Et 
comme ils ont «goûté le caractère feu 9C} ou comme ils IVv 
crivent plus mal ^ ^ ^ ^, sous le trait 'Jy ils en ont fait 
le caractère ^ chov, mùr (maturv^), et parce que leur cœur 
est tout entier dans les marmites et les plats, iU expliquent }f{ 
par Jl cuire au /eu, et ^ |)ar ^y ce qui est bien cuit. Id 
quod bene coctum est. 

3e partie. — D.tns le texte cité ici, après J; ^ Chang-ly 
on lit d'ordinaire ces caractères M i^ ?• Miur-tcking 
assure avec raison qu'ils sont de trop (84); car ^ signifie le 
sacrifice par rapport au souverain Seigneur^ et repas, par 
rapport à nous, comme l'indiquent assez les lettres 2|[ et 3|| 
par lesquelles le texte explique '^. Malgré cela, la plupart 
reUennent ka earadères S :fc ?• Mais cela» conune l'as- 
wre Yu-^ffeUf « né marque pas quelque chose de plua digne, 
> mais seulement quelque chose de plus étendu et de plusôTi- 



(3d) Ckffué^Wi. 

{^) m A ^ Sk -9. X "» ^ M ^ « -H 

Pr&maib» 19 



S90 TBAMnORS CmiTlBlIltES » CHllO. — AIT. V. 

» dent (85). » Le livre Y-hoe £t : c Le suprême Seigneur 

> est unique, Deus nnicus est. C'est peur cela que le teste 

> porte 7. l£S sainte et \tÈ sages èoot nembreat.' Cest 
» pourquoi ilcônnené *^ ? (86). 1^ En eulre *Xc ?dcai||De 
bien la grande Cknt à laquelle noos ne d«voDs pas assialer 
sans l'habit nuptial, c'est^^àndire sans la sainteté et la gipeuffc 
requises. * 

■ Kntra toutes les offrandes, ^il TÀay-Jyuen, aucupe s'est 
9 aussi éleTée que celle qu'on offre au souverain MaHie. 
• Entre les botes, aucuns ne font aussi dignes d'bonneur que 
a les saints et les sages (87). » Nous sommes hôteSy tant que 
nous sommes loin de Dieu sur la ti^rre. Si un tel repas est 
offert aux hôtes |Uir le Saint ; quel sera celui qui sera seni 
aux citoyens de la céleste Jérusalem ! Aussi Tchu-îching dit- 
il avec raisc>n : t Le roi du ciel est Un, et parce qu'il gouverne 
» cl dispose de tout à son gré^ on rappelle Seigneur (88). » Je 
ne sais pas si l'on peut, connu par la lumière natm^le{B9), 



^. 



(85) ik-? m^ à^ o ^ t ft # ^. ru-^ 

(86) j:^it_oft jt B ^ o m^ m 

— O # jK ,H 7^ ^' Y-hoe. 

(87) J^* i :fc « o |t ttj i^ j: ^ 6 -j- * i 

M ^ O/^ J^ 1â M %' Tiay^juen, 

(88) 5C * - A JKl « ^.f!| lï «ilD S i: 

.ï o BJ ia,i ^. Tçhu^ching. 

(89) FtUoQt bieo aUeotion à cette parole du P. Prcmare ; il Tient, par 
les ciUlions les pïus nombreuses, d'ammiler, oa 'peut dire tnêtne <f Af^m^ifr 

' les cfôyascetf cblosises aree lep myaièrtA les plus pmrnadfl, InplM sarsA» 
torels ds la itOsioa ebréttaiie» .Tontes les nythsyfhM consipsécs f daiMaso 

.Vfi««i|iesft9omf»ée«des vestiges (fesUgis) d« la religion ehrétienw,^H 
Toilà qu'U attribue tous ces vestiges/ non iiu Verbe-Christ,^ mais à '^It 
lumière naturelle. Or, si la lumière naturelle a pu trouver tous les vestiges 
ebrétiëns, Il Mt clair que le CKrist-Ieiui â pu établir sa doetHoff, sa reltgmii 
eo tant qu'homme seulement, c'est-â-dire avec sa lumière naturelle. C'est la 
destmcUoo môme de ia Reliçlon chrétienne. Le P. Prémâré- imblieen ce 

'iBomeat tooC c« q»11viébt (MtriiMpoiM^De «e soufenir/^ae '^ o» ^Jil a 
appris dans soo cours de philosophie^ celui du ^. Chaiioeveil% Mtba|É|« 
ment. A. B. 



BU 9A€Hlf ICE £K VÙKME DB BfiPA^i Al 

donner une plud claire idée de Diea. Tehing^kiay dit: 
c Pourquoi lé Saint oiFre*Uil un sacrifice agréabite au Aouvie- 

. n ratti Seigneur. La raison en est que de même qu'il n'y a 
» rien au aioude que ne produise le souverain Seigneur^ ainsi 
». est-il qu'il n'est rien que le Saint ne renferme (90). » 

MoHfl-yntdit: a Le culte du souverain Seigneur exige une 
^ extrême sincérité d'esprit, parce que le ciel produit toirt, et 
» par conséquent il n'y a rien '(\n\ puisse suffisamment 
» jrépdndre à la vertu céleste (91). » Que ceci soit dit en faveur 

' de ceux qui veulent que les Lettrés dhirMis soient des athées. 
Que "Ç henff et ^ htang soient réeîfeitïcnt la même cheâe, 
cela resifiort évidemment soit des interprètes eax>mAiBes» «oit 
dé 4'analyse de la lettre ^ tsee, qui eisl composée de "T et de 
— . Le signé "T leao signifie appa^^aï^re, et félon leCAoue- 
ven, il n'est aulre chose qUé le signe X\ meoie, mais ren- 
versé, comme "^'esl ^p fsee, mais renversé. Quand appa- 
rut T Icao, rhumanilé du Sauveur notre Dieu, alors Xi» '^ 
seconde personne de la Trinité, fut comme annihilée (e.Yi- 
nanita) et renversée. 

Le signe ^ est composé de ^ et de > ; il* est Fangle 
droit du triangle A dont j'ai |)arlé ci-dessus^ et ain^i il repré- 
sente bien la 2» pe/*^onne de la Trinité. On y ajoute > qui 
veut dire Seigneur, afin que le sens soit que le Fils est 3ei- 
gneur^ comme A et > ne sont pas cependant trois Sei- 
gneurs, ^)arce que les trois sont un A- l>'où le signe S 
yun veut dire rerbe, et il est composé de Z^ el de /^. Le 
CAoue-vendit que T est /^ renversé (92), parce queda'fas 
rdrthogtaphe qu'il suit 9 est 7 et O est /^^ 

— . ^^ i ■ ' — ' ' fr—T* — " I ' ■■ 



. m^.A ^ £1 .? J: *. t o ^ 3Ç T'.M.-r 
fil ^ ± i» Z m Ê. oi«;^~«fr^^SAi: 

(91) ? f. « SU o ,«r t ^ ^ o. îiiii - 4j^ 

(92) Choue-veUf ci-desaas. 



S92 TRADmonS GHBÉTIBNNEg SN CHlIi». -^ ART. V. 

On saoule -- y, parce que, bien qu'elle se soit fiaUe 
taonmie, la 2» personne n'a pas cessé d'être Dieu. Le Choue 
vert recourt souvent à ces lettres rcntersées. Aînai lalettre zf. 
que Ton écrit faussement J|L heou, il l'explique par il c*a- 
rif^et récrit \|l, et <lit que c'est la lettre ^ renversée qn'il 
écrit (à. Vous voyez qu'au lieu de ^, il met ; bien plus, 
il ajoute ^i à savoir, soit que ^ tsee soit le /îfe, H 
yite ou parler , ou peut-être Q je le soleil, ou ^ 
yanflf Tagueau, ou 7j ou j^ renversé. Tout cela est dési- 
g/a^ avec clarté par toutes ces lettres. Il reste l§ ou la partie 
aupérieMre de ?, et selon le Chowé^ven, c'est fi kao i^ 
smg ou kao K abrégé. On peut dire aussi que c'est P la 
bouche du -1- ou ± chang, le Très-Haut et le Verbe du 
Seigneur, qui a été abrégé et s'est fait chair. 

Ainsi ^ a rapport au Chang-ti ± Ifî ou Seigneur 
suprême, et le texte emploie alors D^ hlang. c'est-à-dire 
apaiser et rendre propice par un sacrifice agréable et 
digne. ^ s'emploie aussi par rapport aux hommes justes, et 
alors le texte se eerl du mot yang, 3| nourrir et être 
nourri f ou de che f£ manger ^ yang ^Vagne^u^ ou don- 
,,nèr Tagneau aux autres à manger. Il a ajouté avec raison 
. oàing-hien |g 51 l«îs Saints et les sa^es. Car tous ceux qui 
sont souillés par le péché sont éloignas de ce festin : « Les 
» choses saintes sont aux saints et auxjustes (Sancfa sanctis et 
» justis). » Il ne faut pas omettre ce que dit le Choué-ven : 

« La Ictlre un ou ^ signifie offrir çn haut, et l|/ ou 31 

9 Aeou signifie .renverser ce|a et le placer en bas (93) ji> Dieu 
nous a donné son Fils et l'a envoyé sur la terre. Nulle charité 
n'est pareille à celle-là ! Et c'est pour cela que ce mot 1$. 
hiang s'explique par jen {z charité. Nous offrons à Dieu son 
Pila. Aucune oblation n^est aussi digne que celle *là^ et c'est 



(93) g^ « «J: 4 o S :?: jfé T o M * *. 

Choue-ven. racine 192. 



pour cela que 1$. Hang représente Vidée (î offrir en haHzU 
Il faut remarquer enfin que 1c texte donne un double serisi* 
au mot S chtng; le Saint, qui nourrit les sainte est Je Saint 
des saints» et THomme'-Diôn. Les saints ifiri «okit irawrins 
fiar le Saint, ce aoni tous ii» justes. Il y en a qui' veu- 
lent que par ces mots S A chtng-^gin, on entendale Jioi 
ètpar S Ht ching-hieri, \e% ministres du Roi, el ils ajou^ 
lent que Y^yxinj ministre du roi Tching-tang , est apptilç„ 
dans le t'Aou-ftingr, % H yuen-chin^ (94). Ils disent cela, 
parce qu'ils ignorent q\ie le Dieu-Homme est à la fois roi et 
vajeti et est ainsi désigné et par Tcking^-tang ei par Y-^yiinw, , 
4« partie. —* l^es autres paroles du texte expliquent ces 
mots je ^ qui sont dansie texte dusjmbole (95). UfaitaUu* 
sion à deux parties du symbole ^ sun et EE ly» ei^soite 
il parle de la 5* ligne séute, et enfio de la 4* et de la 2% 
ou plutôt de la 5« et de la 6*. Il signifie trois choses : 
î« Que ce soil H sun ou fc la charité ; 2* ^ jeow ou' 
m chun, la non-résistance ; 3* 4* iong, le médiateur, « qoi 
» voit tout et entend tout, dit Fan^f-ton^f-fti, par l'effet de 
> sa charité; qu'il entre et qu'il monte, c*est le frnit de sa 
» s<»uverainc bontés qu'il tienne le milieu et réponde pa'rfai- 
• tement au fort, c'est l'effet de sa digûité (96). » Le 8aint' 
possède ces trois choses dans le souverain degré, c^ost 
pourquoi le symbole dit % ^. Mais personne n'a compris, 
comment ces chose? sont i>ropres au svmbolè j^ ting 
(le 50*). On dit vulgairement que Pamouf est ingénieux. 
Cela apparaît très-clairement dans ce symbble. Car, qu^m 
Dieu s'offre à Dieu pour les hommes, et qu'il \mt dottOè sa 
chair à manger, assuréntent peut-ou ooneevoir une phis 
ingéiiieuse charité ? 



(94) Chou'king, 

(95) Y-kii^g, symbote 56, n. 1, 

(96) nMssiii^o m m.t. isl 4L o 

O B'J 4* t. 1$L 4it- Ung-tong-ki. 



Or nous avons vu cela^ans la S"" partie, makitenant il rp- 
ferme dana C€^ quatre iellrcs 3 S H lijj (97) lea ei£^ts 
d'aussi grande cbari^. Les inte^T^rèies remarquent que la 
y Ugtteou le fiyoïfcole =^ Ii/ mal B<ms Les yeux que dans ce 
prèMnt symbole tinff sont flgiHiéeir- les deux oreilles du vase, 
c^est pouf cela que le texte dît ell mou !l^ g les oreiller et 
les yeux. Mais cela est absurde en soi et indigne par conaéqiieql . 

lu livre Y-hing. Le Saint est figuré par Er le symbiile 

tiug, ainst 1*" ^ selsun = lo"' charilé, et il est li/. £H 9^ 
lumière. Le t^te ne dit pas ^ VR ven-mm^t comioe oyn 
le toit souvent, mais il dit I||i BQ tsong^ming ,.ccmme le 
livre CkoU'hing dit: Otiei-fie»-taong«mmq. ^|| ^Jft^»' 
Vinielligenco parfaite ne convient qu'au Ciel (98). 

Ses oreilles sont toiûours ouveiles ; elles entendent nos 
prières, les désirs même et les gémissements de notre (;œur^ 
ijes yeux sont toujours ouverts et ils .nous votent à tous lesi 
instants. Le Saini se conduit ainsi non |)ourdevèDir plus Sainte' 
comme djseot iesChinoi.s, car le Saint est la sagesse elle -même; 
mais pour pourvoir avec Jbontée^ amour à toutes nos néces- 
sités ! D'où, dam^ le sigii,c H ching, un si grand Roi ^ a 
les oreillea< !91 oit pour uous entendre; ii a haoii P Ja. 
Iiouobe pour nous instruire > npus consoler et iotenséder 
pour naua; Ces |M&roles. jeou ^ jH tsin (SU) forment ce sens. 
Celte divine nourriture entre , dans notre cœur et nous élève 
avticellei^i^bauL Comme médiateur est le Saint qui correspond 
parfaitement è JHeu ^au^iilest dit je. ? YMipn h^ng^ S'il 
étaiA impur bouline 9t*ne fais^iSipa^ une m^me'per^nne ^vec; 
le:Verbe;ion ne pourrait pas dire de lui % .? Tuen.h&ng,, 
Mais maintenant qu'il est médiateur et comme **t*- — • . 



(97) ^ W 3 S |& ^. r-Kn^..«yiiiWte 60» n. ♦. 

(98) C/uw-ktiif. L..4J, CbS, i^^- f 

.m MM m ± n o^ ^ n à % m o,Mi 

£( X ?• T'king, symbole 50, n. 3. 



hoiMmeet eomnw :«*- OioQ/iattSijtôt il4init le9idet»,e|iU^ 
mes, t'aitMàHlireiMea «l te6 bomaiea, si létfoitemeiit^ qu'il a 
pu Tnilmeiit dire s « Gelni qui mMgema chair et boit mqu . 
» MQg, deoriMMe en moi ai moi en lui (lOQ)^» ei qu'il hq . 
peHt'7 avoir une/vUnîoit |Hu6 Miroite, excepté Vunion hypor 
staiiqua (au peraoaiMlUa)^ .Cest pour cela qu'il est dit x. 
7^ yuen^/ieng,0'ecfc*A-dire 5C ^ Yuen hiang, il Affre te . 
saert/iee, et Yuan-penf/ X ^i^ prépat^e un .fesUn^ et 
Ytitoft^^fong*' 5C f^ il, "unit ie§ deiix 0xtrê)nas. Quoiqu'ils « 
disent «que la 5* ligue réponde à la 2% et que. des d^ui 
» 0» Xsise un &aau égal (IQl), » nous crpyons plutôt que. 
m Aang désigne la (^' ligqe -fi laquelle est soupise la 5^ Or . 
que la nature plus molle soit soumise à la plus forte, ç'i^st^a ., 
mèftie ebDse q^a 4'y ré|K)qdre parbitemenl IK VÎV* - 

2» PoinU -- Témoignsiges' tirés de& ^ hiéroglyphes. • 

!• Leâ' Chinois ont, 1h' Iradition suivante : aie premfei* ' 
» grand est le Cèe?. Le second petit est la ferre (1). » Si ^ous ' 
vous ert tenez à Técorcn dfe la lettre, vous ne saisirez jamâîs 
le sens de ces paroles. SI vous^pensez que le mothen JÇ, ■ 
Cial, veut désigner ici Dieu et celui de ty Jfe tèrre^ 6ù le 
Saint, ' vous commencerez à découvrir quelque chose; 
Cependant on ne verra pas encore pourqUol'Iâ terre Jfc <y * 
est' le second i)etit, H.iK eul siao, comme lé Cief 5c ^st 
le,.^ra^d lout^ — dz.y-tà. De plus, dit Lao-tsee : i Vraî- 
» ment le Ciel est grand, la (erre est grande, l'homme lui 
» aussi est grand (2). » Pour découvrir le sens de ces mots ' 
n ij\ le second petit, il faut savoir que jr5, ou ce qui revient *' 
au méme^ que f^ ky est par rapport à la terre^ la même 
chose que ché |l^ par rapport au Ciel; et cette double 



(100) Qai mandueat meam carneni etbibit meom sangiilDeai, in me 
manet et ego in illo (Jean ti, 57). 

(101)2 »:i o « fpï jfc. 

(1) — i*: Ô..3Ç O n ^h JS . M- .Tnidition. 
le toB-té^ng, e. 2ê, 



t96 TRADITIO)^*S CHKÈTICKRBS EN CffllfB. ^ AIT. V. 

lettfè désigne iin séal êtniéme louTeniin Saigneor^selta cette 
parole du Chouking : c II n'est pas gouin» an suprême 8ei- 
» gnenrdn ttel el de la terre (3), » et celle-ei de GoDructua : 
«Les tmhiào etch^ sont destinés à servir un asul aouveraio 
» Seigùéur (4). » De mènf>e que le mot tien Ji eiel^ est évi- 
demmetft y-fâ — :^ (sèuf9ràncl),aiii8i«sl*il juste île penser 
que ^ h/ est le second petite ri >J^« Meis le Saint est en 
même temps et le Ji Tiên^ ou — :^, y-ta (seul grand) 
phtce qu'A' est Dieu, ei hf yf^ ou ^ èl\ le aecood petit, 
parée qu'il est homme. Si Ton en croit pourtant le Choue^ 
vefif ff la partie supérieure du caractère 7Î% iy, n'est paseiU, 

> TL -sdcondy mais JL, c'est-à-dire l'antique caraolàre ChBOtg 

> ± Dieu (8). « 

On dit Chang-siao J: )J>, Dieu fait petit, comme Oki ^ 
est Chanp^ffin X Ay Dieu fait liomme^ La partie inférieure, 
selon le Choué-ven^ n'est pas nào, ij% joefà^ mais Jl\ , qui 
désigne, ici trois lumières savoir : celle du soleil ^ de la 
lune et des étoiles. Tout cela (^st symbolique. Le Saint, figuré 
par le soleil et par la lune, nous éclaire, et les Saints brillent 
dans l'église de Dieu comme les étoiles nu firmament. Mais 
d'où vient un sî grand bien, sinon de ce que Cfuinp Jt 
le souverain Dieu, s'est fait petit, siào /J^ homme humble, afin 
de nous élever par son humilité, et de nous faire passer à la 
lumière de la vie nouvelle par sa mort. 

Que si vous dites avec le Choue-ven que Cftanff J; est 
dans ky jf^j ou avec d'auires,que ce soit JIl eul le second, 
noy^s trouvons le même sens dans ce caractère, savoir : il 
représente Ja 2* personne de la Trinité, qui, venant à notis, 
sans aucun changement de sa Divinité, s'est fait pctiteJ'thus 
les caractères qui rehforment h/ ijc, ^e rapportent avant tout 
au Saint, et désignent la plupart le sacrifice du Saint. Cela 

(3) ^ :y ± ^ !♦ . «tt o. Oiou^king. L. ni (tnid.> I. iv), 
c* i> n. S. 

(4) 55 ii i: H MJK * ± ^. con/i.*»*,. 

(5) jj; «É :i # /H o r: * x ,fc «? o /H 

B M M* Chtmé-veiit racloe $• 



se proii^ par i'eEplicathin de «ibektiMs caraetères Méroglf^ 
phlquiHi* 

1^ Lé tiiéfoglyplie 1^, «èlon le TcKÊmff*ts(en. éille IB % 
see tien, <piî vent ^\re sacrifier au Ciel (8), parce qu'il n'a po 
|)éfiélrer aù-(telà' ie ce sens. Cetiaraet^e paratt n^oWéiétvef&t^ 
pour insinuer que dans le Saint ^ ou J: ij> Chang^^êiào 
est 5^ tien ou y^ta — - ;^, ^ae^ frandy el réciproquement à 
cause de l'unité de la personne, pi^tie de ta même nnaDiè^e 
que ^ et 9S sont un dahs la seule lettre J5t Ainsi cet autre 
caractère liiérogfyphe j0i s'écrit cevnmundmènt iflf^ pin ti 
Teilt dire fa souveraine beauiéy laqueUe réwrile do lîuujoii 
de^t^ vmeldejRvoàj de teAesortex|Ue ce n'est m purement 
3)t ^^^y M purement f(J rrà, mais tes deux ensemlflé. Il est 
soirverainementahnable, parée qu'il est ;^ vi^ et :iji i^et 
homme ; il est souverainement à craindre, parce qu'il est fQ 
voà et Ji tiènj Dieu. 

2* Le caractère hiéroglyphe têt/ ^, signifie sacrifier. Ce 
caractère a trois parties, ff: kt/^ei M j^j vutride^ et € 3 ou 
^ la main. C est pourquoi le Choué-ven dit : « Ce caraclëre 
> ^ Teut dire : recevoir de la viande avec la main (7)^ » 
c'est-à-dire la viande de la victime, en signe de ce qui est 
offert, et cette chair est la chair du Dit;u homme, JIl ij% 

3* Le hiéroglyphe Kf siée est un sacrifiée continuel, du 
sans fin, dit le Choué-ven (0). Le caractère |j| sse signifie 
la même chose, il montre de plus que ce sacrifice diffère 
grandement de tous les autres, H y SS %y èacrifice trèa^ 
agirent; 

4» Le hiéroglyphe |fr c'est-à-dire ^ te'^gç ^«î^, le sacrifice 
de Tunion, un pain, un cœur, «ne àme; . . » 

5* Le hiéroglyphe HT huai^ é'est-à-dïre, la réuhîon de 



(S) Tckang-Uien, 

0) ^ fis 5^ JH ^ ^ ft* C/Mw«-wn, racine 3. 

(S) ^ M EL 4b^ CftoK0-i>0A« racine 'fi. 



toui^k(»^Miirifif$0^ # ?iofiM %• U winprend»:Qi "wiiiNf 
tous les sucriflces. Il est holocauste, il est eucharistiqmu#l • 
estfropitiatoir^, il^ iaip6iratoiffe»rTous.3peuveiU y ^v^'m^f 1q 
Juil comin^ le Gipec^ le barb.ar« et le ^iwtvl'^li^^et 
rtiomna libres», ^t il s'éteiid à kms )es Aièclee yaniéii, {»r4fla»t« 

ettqtMCs* . . < 

. . ... 

e^" Le biéroglyf^he !]( ^, sifl;nifitt bofi ^ heurouXf ^^/fy 
Jli yA Q'i^l ^ £|j oonai^e o# dit # A* l 
7/»^ Lie hiéroglyphe >jKi/^ marqoeileifcbef'dovsa^ifi^ il 

est compoiA, seloQ le Chf^ue^Benr <H :^ ot.da A DfiB^ > 
bouelM de rhonuM. Mieux vmiil^Mre qu'il vient de- JS Ulii^ - 
trèfo^ GèXi<fmwe oa l&.Yeît daoaAa Y^ing^ le, jinramier-^' * 
en^^lpus^ees frères préside «eul au aqicfifioe.. U e3( o^otre ; 
frèr^» panse qu'il eai pelitetliomm^ coff^iiie wm^^Màa 4^ . 
mau^ il. est le ^TQmifir^-nA^ parce qu'il .e^t.CAaai^ J; ou . 
DieVi ; 

8« Le hiéroglyphe |9 ^ est presque la ipê^e cbosç . Car 
%,j&tee 9igQifle^ ministre, et c*içst le caractère mêrue Jg* A^?/^ 
Roi^ renversé. , lie Saini est tout à la fois le minîstrcqui offre et - 
le Roiiiuquel on offre ; 

9° Le hiérogljjphe lî yn, esi un.sacrifice tres-pur: ïf Sy 
de r Occidentale + terre e*?ii Sî ^ sacrifice : , , 

10<^ Enfin viennent les hiéroglyphes jji. tsoù et ^ t«07i^ dont . 

nous allons. parler pLua eu délail.: « m est le.coincneiioen^nt 
» d'une basilique; selon lé Choue-ven (0). » Je dis. basilique, 
parce quec'est le vrai sensdu.mot miao.Jj^^ l^ clef du caraclër^! . 
f^yen.^ désiiçne une maison^ et Tautre parti^.]||^ào; veut 
la cour royale ; il montre aussi le soleil dans son char l$i > ' 
tcheyj et la h^neyu^'.J^^ jpinlaà lui, comme il l'est dans ce 
mot ^ minffy clarté, lumière. Le soleil est Tépoux : la lunp 
est l'épouse ; cooinie aons l'avons dit souvent. Le Ch^ue-ven 
explique avec raison le caractère jjfi tsoù par cJiè-miaOy jfy 
Jd, principe delà basilique, parce que Dieu est esprit €1 nTlST- ' 



■ ■ ■ » , ' ■ ^' ■ 'T 

i 



i^) JB 4ft JH 4kl* CAone-Mfi, raelo»^; 



hHe fM4aM les demeurett bila0>iwr lQ9i/lioqme« ;. e'âst««|}OMr , 
ceift qu^bn' l'aéoraitjadifl dattsJe 2i|(^ tfoo 4H> tifiér»i;<^ ténrrê 
él0êi^ Wt OD'ire PAdora dms lefr^mew ji|| 'Ou telnplts^ ^^i^evle^^ 
ment i^rte qfuele BcdfiinpteQr fulur «t ^rc d'oti uiooreaii: 
petrpli;, fntcoiinu;« Antr^tbis, dit le Tôfeaf9i.9-t6ion)le'CainBcH»er 
y\^ <««» était le mftne mot que *aDU' jjft ;^ » on y ajofiito'M 
ky iji, et le mot se troirvè appartenir à la 4« dassé*, dîlLiefort- 
euî-fchë flO). Cherchons donc le sens de J.. « lyëst/dîtié' 
» CAoue^r en, un autel aux pîeds duquel 'sont denx tr^averses 
• et — une ligne droite en bas, laquelle en est comme' le, 
> lien sur |a terre (11), » Tout le mot Su ^'^^^ dire: offrir. 
Lq Saint est à la fois prêtre, hostie et autel. Ne sachant pas 
cela, le CAoue-ren ne pouvait mie\ix parler qu'il ne Ta . feït 
dt\tsêe ^ et de Uou jjB,. Dans J[ on trouve eûl ^y ^le 
second, .dans Taute} p, sur la terre Indiquée ici par le 
trait — . Dans jfi. qn trouve» en outre, Clmng-^siâo J; >|\j 
le Dxeu'limrnfiie qnii 8^ offre ^,en victime. 

Le Ly-/iy dit : « Toutes les choses \irent leur source du 
» èiel, et tous lesjjeuples leur sàirïteté dii Saint (ti). » Je' 
traduis ainsi'ce'[)assage : i*.pàrce que telle semble être Tân- 
tique tradition ; 2° parce que de même que 5S. '^ est un, 
ainsi tsqù^JjH ^oit être aussi'un ; S^^dt mén^e qu'il n^'y a rien 

qui ne tire spnorigiue du Ciel i^^ ainsi il n'y a pas un, seul 
bomme<qt^i ne re<|[oive la vie , du .Saint; 4* parce que 
prendre leç cara»;tère9 jjj^ et ^ pour les aïeux et ies ancêtre 
de claqua famille, c*est rejeter sans cause réelle lé sens, des* 
cafactères (Chinois. 

Personne toutefois ne pouri;â uief qvie cela ne peufsse être' 
permis auxCiiipois, jgarce que, ajÀùt perdu oii n'ayadt peut- 

:{io) ii,,Ji\46. o. Jôu. M "t .* * «• ¥»«<«% 

naire Tchang-tsien. 

(11) Ji)i4fcot£no£W ;:' « o - 

^ T 4 4b O' Choue-tien, raelne 45i. 

(12) lï«r*^3Ç o A*^ a. l9-*i. 



3M TBABITIOUS CBtftrdMM BR CHOtté «— AIT. V. 

être jamais eu «ne cdoiiàinâiiee sufiMOle da MtM lwii fe, 
ib ne peurent msir le vrai leas des ctmelèies et è% le«rt 
livm saerés. Comme ils o'airaietit aocuM autres caradèns. 
aucoM autres livres, il a été néeossaife ifu'ils rapfiertiSBeiil 
fous tts sens à des sess obotei ns rappartacit à leur soeiélé 
liQfiiiîiie, à flioins que l'on ne dise, ce qui- est difficile à 
croire, que ces biéroglypbes o'aiepl eu dès le principe deux 
sens donnés par l'auteur ou par les auteurs de leurs moou- 
roents et de leurs ii\re8 ; l'un sacré, $e rapportant uniqueuieol 
aux mystères du Dieu-homme, et l'autre profane et vulgaire. 
Libre à quiconque d*adopter celte opinion, pourvu qu'il avoue 
qu'il est impossible dr ne pas reconnaître dane ces livres et 
dans CCS hiéroglyphes, les mystères sacrés de la religion. Je 
défends ici une cause qui me semble très-probable. 

Ijd hiéroglyphe ^ tsanff est le même caractère 7^ ky, 
mais y^oiléy /^, comme le soleil couvert de nitaffes. Ainsi les 
caractères hiéroglyphiques sont ap()elés ^ tuèe^ parce qu'ils 
sont autant de voiles ^ qui couvrent le fils ^. Ainsi ^ 
tchu est la tablette en l'honneur de Dieu, ou le voile i\ 
sous lequel se cache le Seigneur ; non pas qu'il se soit agi 
d'aucune personne réelle, quand les ' hiéroglyphes ont été 
inventés, mais parceque cette personne étail connue et 
attendue comme future. Les seules espèces sacramentelles 
sont vraiment ^, par ce que le Seigneur est caché sous ces 
espèces, lui qui seul est H A jy^ou-^m, Vhomme eaché^ dont 
parle le symbole Siào-hioùOe Ofe) du livre Y-king: 

Cela est confirmé : 1* |)ar les hiéroglyphes a\ ^ Lo^' 
isong, dont parle le Chou-king^ et Nyheou^yang-sieou a été 
assez fondé à dire que 7^ ^ est inférieur au suprême Sei- 
gneur J: ^ Cluing-ti et supérieur à tous les autres (15). 
En effet, il vient immédiatement après J: ^ Chang^, Si 
la chose est ainsi, cela vient de ce que UA 7^, mmJbre sùcy 
est le nombre du Saintf et fbymen sacré qui «mit le Ciel ^ 
et la terre |9» 



(13) Auteur.du U)< et du 11« siècle dn J.-C«, voir Ann. î. Yii.'p. 416 
(r •épte). * ' 



Aiosi on lil dans le Y'-kiny: c Le haut » t9^W ODiubvtt 
n le royaume du diable (14), » el, de peur 40e Ton ne s'aviiie 
d'appliquer cela à un roi de la 2« dynastie, ke Y^king dit 
ailleara : « Le premier'n4 comballe royaume du diable (itf)*» 
Donc ce X ^ est JB te premier-n4 .entre toutes le;i créa- 
torei^ le vainqueur du diable et le père du siècle fuii^r. 

Ou le prouve : 2« par le hiéroglyphe, ékk 4ui ^ d^ns le 
Chau&^ven ; il y est dit « tràs^ancieu, et le même que 
^JQ jfi chair et i^ kiàa^ Tefiu parfaite du fila (14). » $i par 
ce mot ^ hày on o'entend pas le Saint de Dieu et 1^ né- 
diateur des hommes, comme plus haut daus ^ ^^ quel 
rapport y a-t«il entre le mot g^ et |||| chaîr^ ou :^ hiaoj 
ponr qui! ait été pris autrefois pour oAotr ^ et pour hiao ^ 
obéid^dince filiale, ^a^u R chair se confond avec y«è M ^ 
lune, et désigne le Saint en tant qu'il est homme dans le 
temps. ^ Hiroj ou ùd qui revient au . mémo ^ ^ ho-têCj 
veut dire la même chose, en tant «|u'il est fils d^ toute iter- 
nilc. Le nombre «ûr a\ le repréaante en tant qu*il est^ média- 
teier et ainsi, homme et Dieu. Ce biéroglypbe 7^ est ¥oilé 
sous /S ^^^ è^ comme ^ dans ^A ^ daas- ^* 

Ajoutes-'y la lettre ;^ qui, comme le dit le Ohoué-ven, 
signifie ma^ngcr ce qui est laissé par lestement (17). Biais 

c'est Id chair de Vkùmtne girt^fo A A 4^ 1^ Saiat JT qui 

est tfalpha et l'ooséga^ — et -^, nous a laissé par testamoMt. 

le mot m veut dire cela. . 

2* Le ^ ^« Le CAotie-^ven donne à est hiéroglyphe» ce 

sens : « La meiZteure des graines (ittj. » Cela n'est donc 



(14) W^ «A* oH*«A. r^iv. 

symbole 63. n. 1 1. 

(15) m m i^ a :» o e # a ±. r-*.»« 

syaiholeOS, a. 12« . 
(16) CAoïM-tMfi. 

: (l!7) ^ l( Jl U 4- :^M>Mn. 

(18) ^ a IR 4- Ckoirf-wn. 



pas le ris, mais le^ froment. Quaâd le liVrd Chy^kng dit : 
t J{ a {at85id tombett mert^etUmisement ha. meilleure des 
» î^ratites (10) » ; il n'indique ceriaf nemeot pasv le ri^ mais le 
fifotnént. Le Choué-'isen ajoute t « Le faiérogtypiie ^ ib eat 
» composé dé tTuni /f: arbre, et ce trait J peint .sa tige, sdn 
:!^épi (Wj.' » Ce seul petit trait ^ incliné an htfUt de'^, 
déiiote f épi du irotnentet non celui' du riz. Mais, ciHUme 
le ri2 est fort en usage ei^ Ctiine, il n'est pas étonnant^na les 
Chinois tcKenl partout en ^ks/ Ai nsi ila disent que ^ my 
"est le riz |^^ de sa première écopce,et .le Ckoui^^ven attri- 
que ou oaractfere $ le seqs de la meilleure des graine. 
•S'ilVenteiidait rieri autre cboee quti le m, ï quoi servirdijl le 
-mot ^ .m peaûlMt^ f Maisicela f«(ra beaucoup si tops expli- 
quez If ey comme plus bâut dans |g tsieaiiy et si vous 
dites que ^ est H^ le riz d'aoeidenty comme ('5lant yào 
m irès^néeessaîre. Ge n-est rien 'autre que H deiniu ^ 
c'est-ft'dire Itimoiacnlée > bumanité du Saint ou la chair qu'il 
'devait revêtir «en Oeeideni. Revenons au caractère d^. 

iTll 0btùeiot ktvniiiendnim^^aale^Choue-ven^ et c'est 
D poMfîquotîlesidit^^ hâ (Sl^D^lea deux caraclèrfs^ ^ et 
%iy dit lAeau-M-teki, étaient jQdis d'im usage coiamuii et 
connu de chacun (92). Le Ckouéven ajoute :<t ^ Hô natt dans 
i»Ja^lnfie et mûrit 4<in» la 8^ <S5^ a Cela coQYJent nlîeliK 
ta froment^'qu^ftU'^îz ; mais eomme- il ajeute « que. ^ ait 
» le même que pfc, ci qu'il vit lorsque la bdia d^ininetiqurU 
» mdurfr'au cdnlraire^ (lorsque le métalrQgo^^(2A}\ * on 

** " * • • i* *.i.a J - ■ «1 I ■-■■.■-■■■ .^- ■ - . .'■ - r I I I t m . r| i l ^ 

(19) m Pf^ M fSt- Cky-king. 

(20) ^^;t: 1}é J om^ll- Ckoue-ten. 

racine iâi. 

W:^ ^ ii *Â M' -m»«-«f:lcW.»tei|^ chilien .. . . 

(23) ^ ::l M àk Ê. o /\ M m<§b' 'vhM^. 

racine 253. «, i • i 

(24) ^ 7^ 4b o '^ .£ JS ft â ft 'M) M 

JE. Chotttf-«en, racine 2&3. • _. >.,. ,„._ /", ' ' i ' 



pourrait pcut-êlre entendre t)ar /|C >nbi/, le nouveau prin^ 
tempÈ, et par Un ^ V automne \ maïs ce înat'peut sonfflrir 
UD sens bien plus nbblè, si au liçu d'enlenrfre par ;(^ hh un 
^rafn vulgaire, on entend le' fràmenî des élus tinî descend 

du Cîd. 

Cfest pour -cela que le Chy^^king f appelle 15|E' Wy^ ptit ce 
que, selon le Clioitè^ven, il ^mrè dii CieL et n*ègî autre 
qu'oïl ptéBent donné par le ciel (M). ^ ^ ert lé méfine 
que %i, parce qu'il ^onil téhiL (fov efi mëngent. Il M ptaid 
aussi pour moûT^^ parce qu^fl est t^rgin rf^ A? W Suint, qui 
disait: Je- suis le pain vivant qui suis descendu duCieliSÊé)^ 
e! a voDhi ttiouler Sur la croix -f pour nous réeoncHier «rec 
Dieu ^ %| -fc. C'est avec raison qu'on nartime- ^ vitant, 
lorsque mou jf:, le bois, règne, parce qu'il est nourri de 
mortMcatlons et de la croix, comme là terre* est fécondée |iar 
les pluie».' 11 meurt, au contraire, lorsque -le fliâtaldoaiMe, 

' parce que cette divine semence ^e la vie éteraelle est suffo* 
qoéepar les fallacieuies rkbeises de ,€e nieiide, (XMnme par 

- les.éfUQe8. H obtient.le milieu du temps, parce. que le S^nt 
a apparu au miliea du tomps» 

. Aiflviton& encore ^, cela l'explication de quelques carac- 
tères: 

■ 

fi® H .6S^^ première 4cs céréale^ et le fremeat sans pe^u, 

..f «U( ,Je,jÇ'^pue-ti!en; C??). » }^ tçAangf-isien, yojilapt.rçqçjre 

, ra^n. de c^a, dit : « ^ signifie xin beau fruit, ete'eM pour- 

a. qupi on récrit |3L i[2B). > iésus-Cburist, dfins le Très-Saiçt- 

. jSafCismeub peut êlre, appelé ^ ^ ^,^^ W, ^^r le 

fruit sanjs peau,^ pajrce qu'il y /est dépouillé de sa quantité et 

de ses accidents ;eï il' y est vraiment la pliis suave de toutes 

les nourritures ^ :£ ^ ^* Dans ce mystère, on fait 



■ '* t *■ 



(26) Ego sacn panis vivus qui de cibIo desceodl (Jean vt^ 51). 



ven, 

(28) Mi »'-^'m 4k 'M- JR. ném,.*^ 



304 nAUmoi» cuiEniim^ cauic — ait. y. 

mémoire de sa Passion^ et c'est pourquoi tous trouTez le 
caractère ^ nuntj aussi bien dans ^ que dans J^. 

2* Le hiéroglyphe IH est entendu par le C/ioue-uen de la 
peau de froment (89). La Glose conyieot que cela n'est pas 
intelligible, jjf: p^j ptirce qu'ils oe savent pas le sens de $^ 
oufeommeon l'écrili tort aujoQid'hui, de H iaoy agneau 
couvert de farine $. Oo peut mettre ici le caraclère 01 qui 
•îgsifle êppit^ amor€9, H Tagoeau proposé à être maqgé 
It* Oui n« wcaîl pv attiré par ceiapfièt 7 

3° Le htérogljpbe 31^ Ping est la main qui tient le fro^ 
ment^ sdoo le Càaue^ven (30). La Glose ajoute : c II n^y a 
* rien que Ihomme ne (toiue chercher aussi avi4^inent 
que le froment. 

4* Le lûéroglf phe i^ chè, ou mieux '^ a été expliqué i 
la page 180. De là gA cibus signifie nourriture* Mais i^f 
mIoo la Ckoue^venf cest manger le Saint iz Ai qttt s'est 
fait notre nourriture^ H/otm, aïoir faim. C^eat ehà ^ 
manger fl moié Recevez et mangez^ eeei est num corps (M) ; 
Dans le livre CAi/fttti9 on lit souvent eA^4fi&t |^ ^^lemanr 
ger. Les Chinois expliquent cela mal, en disant : lui servir des 
mets, &es{ plulAt manger, lui qui donnera sa chair pour 
que nous soyons rassasiés {quis det de camibus ejus ut 
saturemiis). JH ngo signifie avoir faim, parce que, comme 
le dit la Sagesse ; «< ileox qui me mangent auront èccore 
» faim (Stj». Le caraclère 1^ y a le même sens» sinon oo 
plus profond encore. Car ^ ne renferme |ias seulement 
l'idée de figb fj mot, mais dans la décomposittèn, 9 ren- 
ferme deux parties, d'où il résulte uri tout théandrique 
iPieU'homme) ; en effets )é caractère J4 veut dire ta dîvi- 

(29) ^ ^ Ht 4* Clum-ve». 

^. Ckom-ven. 

(31) Acdpite et compte ,. lioe est «irpiu tQ^uoi (MaUli. x\i1, T6), 
(3i bU) Job. XXXI, 3t. 

(32j O^sdsat iDt adiMs fiQtmUt^ uiX« V}* 



DU 8AGR1FICB EN FORHB DE REPAS. 305 

nitéy et P Vhumanité. Le caractère |§ est le même que |^. 
C'est ^y \q soleil H , et /^ avec la lune ^ et p /tien, 
comme nous l'avons dit tant de fois. 

Le caractère antique |i& est fort à remarquer. On l'écrit 
ainsi '^ ; il offre deux mains g appuyées sur Tautel 7c 
et tenant la nourriture céleste. Ainsi, à la page 170, vous 
avez le tsun f| le calice du viriy qui est élevé en haut par les 
deux mains. Enfin &, qui, proprement est écrit ^, n'est 
autre chose que t cJiarité, selon le Choue-ven. Ces paroles 
qu'il ajoute : |K M JKl ^ H -fe, semblent indiquer upe 
œuvre de miséricorde, destinée à nourrir les prisonniers. 
Mais elles cachent un sens encore bien plus divin, fa figure 
de cette lettre semble être le vase lui-même, dans lequel 
nous proposons le Très-Saint Sacrement à Tadoration. ^ est 
le pied du vase, et est le soleil dans lequel est placée la 
sainte Hostie. De plus, cette lettre H ou représente otn 
A Vhomme renfermé dans Q comme dans une prison 
c'est-à-dire le Christ sous les espèces du pain, qui demeurent 
là, pour être notre nourriture tant que nous sommes ici-bas. 

Le tableau suivant résume tout ce que nous venons de dire 




Charité ! 




XÎS 



Breuvage ! Nourriture ! 

Jésus ! 



(k\ 



Ce caractère tcJum ^ Seigneur^ vient de ^ tsih^ calice^ 
Vase, et du radical tchou ^ Seigneur, comme qui dirait : 

Lumière > dans un vase ^, Dieu dans notre corps, 
Jésus dans notre cœur. 

Prémare. 20 



306 



TRAOmOHS CHlÂTlElIlflS EN CfllRS. — AIT-V. 



Quand enlèvera-t-on le signe /S qoi voile ou cache le mys- 
tère qa'il renferme ? 



PÂBAGBAPHE 9* 

miTERft SYnseiifis dij saxvt 

•b«erT«ii«B prélInUialre 

Les différents noms donnés au Verbe-Jésus dans la Bible et les ofDces 

de l*£glife. 

Avant de publier les divers symboles du Saint que le P. Pré- 
mare a recueillis, conservés dans les livres cbiDois, nous croyons 
utile de les faire précéder des divers symboles ou noms que 
nous donnons à notre Saint, le Verbe-JésiLS. 11 faut se sou- 
venir d'abord du mot de S. Paul, que toutes choses arrivaient 
aux anciens en figures *. II ne faut donc pas s'étonner si 
en Chine, dans Tlnde et dans toute l'antiquité païenne, diffé- 
rents noms symboliques ont été donnés aux Divinités. C'étaient 
des souvenirs des croyances primitives. C'est parce que les 
Païens avaient perdu la tradition attachée à ces noms, que 
leurs 8ymt)oleB paraissent absurdes. Que dirait un homme, 
oubliant la tradition, qui entendrait dire à nos prêtres en pré- 
semant Vllostie consacrée : a Voilà TAgoeau de Dieu, voilà 
9 Celui qui efface les péchés du monde^ ?*C'est la tradition qui 
explique la réalité et la beauté de ces paroles. Voici donc 
quelques-uns des Noms donnés à notre Verbe-Jésus. Toutes 
les fois qu'on les trouve dans les croyances des peuples, il 
faut hardiment les prendre et les rendre au Verbe chrétien. 



Adam (le second). 1 Cor. xv, 45. 

Adam (le àsrntér)/ iïom., v. 14. 

Admirable. Isaïe, ix, 6. 

Agneau de Dieu effaçant les péchés du 
monde. A ia Messe de l'Ëglise. 

Agneau dominateur de la terre. Isaïe, . 
XV]. 1.1«' dimanche de l'Avént, au 
Rorale. 

Agneau, immolé dè^ le commence- 
ment du monde. Apoc.t xiii, S. 



Agneau, victime Tolontalre et sans se 

plaindre. Isaîe uu, 7. 
Ambre {Electram), Ezéchlel, i, 4. 
Ange du testament. Malacbie, m, 1. 
Amen, témoin fidèle. Isaîe, ljv, j6; 

Jean, xiv, 6 ; Apo,, m, 14. 
Ami de l'homme, Jean, xxy, H. 
Attente des nations. Genèse, xlix, 10; 

Jérémle, xiv, 22 ; Office de FEglise. 
Bon pasteur. Jean, xi, 14. 



* Omnia in figuris contingebant illls (I Cor, x, 11). 

^ Paroles du prôtre eatbolique en donnant la Communion, 



SYMBOLES DU SAINT. — l'aGNEAU IMMOLÉ. 



307 



Bouche de Dieu. Jérémie, xv^ 19. 
firasdu Père. Jean, xii, 38. 
Christ (le), ou Oint^ ou Consacré. 
Clef et porte-olef de David. Apoc. m, 7. 
Oonaeiller (le), isaïe, ix, 6. 
Désiré des uatious. Âggôe^ ii, 8 ; Office 

de TA vent. 
Dieu de toute la terre. Isaîe, liv, 5. 
Dieu donnant la paix. Jean> xiv, 17. 
Dlea fort, Isale^ ix, 6. 
Dominateur cherché. Malachie« ui, 1. 
Dominateur des dominateurs. 1. Tim, 

VI, 14. 
Doux et humble de cœur. Mattb.xi,29. 
Klectrum (Ambre). Ëzéch. i, 4. 
Emmanuel (Dieu avec nous). Isaïe^ 

vil, 14 ; Matth. i, 23. 
Envoyé (V), Messie. Jean, iv, 25. 
Epoux {V). Jean, m, 29. 
Escarboucle {Carhunculus). Ezéch., 

xwjii, 13. 
Face de Dieu. Malacbie, m, f . 
Feu dévorant. Malac. m, 2. 
Fils de l'homme. Jean, iii^ 13, 14. 
Fils unique dans le selo du Père. Jean, 

I, ft. 
Fleur do la racine de Jessé. Isaîe xi, 1. 
Frère de i'humme. Jean, xx, 17. 
Gloire du Pèie. Isaîe, xxxv, 2; xl, 5. 
Herbe des foulons. Malac. m, 2. 
Homme céleste. 1. Cor., xv, 47. 
Image de Dieu invisible. iJebr, ï, 15. 
Licorne ((ils delà). Psal. xxviii, 2. 
Lion de la tribu de Jnda. Apoc,,yf, 5. 
Lumière véritable. Jean, i, 9. 
Lumière pour éclairer les nations. 

Luc,u, 52. 
Lvs des Vallées. Cant. n, 1. 
Maître (Rabbi). Jean, x, 6. 
Mamelle du Père. Clémeot d'Alex. Pé- 
dagogue, i^ c. 6. 
Manne donnée aux Pères. ^Ijdo. ii, 17 ; 

office du S. Sacrement. 
Messie (le) oa Envoyé. 
Mur et contremur de l'Eglise, isaîe, 

xxvr, 1. 
Nazaréen ou fleuri. Juges, xiii. 5. 
Nourriture vraie de l'homme. Jean, 

VI, 55. 
Orient. Zacharie. in, 8 ; vi, 12; Luc, 

1, 78 ; office de TEglise. 
Pain laisaot vivre éternellement. Jean, 

VI, 51. 
Pain vivant descendu du Ciel. Jeaa, 

V, 35 ; VI, 33, 48. 
Pàque (notre). i« Cor, v, 7; offices de 

ITglise. 
Parole de Dieu. Sages'ie, xvi,ll, xvin, 

15 ; Jean, i, 1. 



Parole de Dieu, source de ht Sagesse. 
Eccli. I. 5. 

Pasteur (oon). Jean, xr, 14. 

Père du siècle futur. Isaîe, ix, 6. 

Personne (deuxième) de la Trinité, 
Théol. catholique. 

Pierre (la) était le Christ. I CorirU^x, 4. 
' Pierre angulaire. Ephes., n, 20. 

Pierre d'offense et de scandale. Isaîe, 
vnj, 22; xxvni,21; Pierre, ii,7;Paul, 
Rom, IX, 33. 

Pierre reprouvée. I Pierre, n, 7. 

Plénitude de la divinité. Colas, ii, 9. 

Poisson. Aux Catacombes. 

Porte (la). Jean, x, 9. 

Porle-clef de David, Isaîe, xxir, 22 ; 
Apoc, Uif 7. 

Porte- clef de Tabyme. Apoc, ix, 1. 

Premier des prédestinés. Ecd. iv, 18* 

Premier-né. Rom, viir, 29. 

Premier-né au-dessus de8 rois de la 
terre. P«aume, lxxxviu,28. 

Premier-né de toute créature. Coio., 1^15« 

Premier-né des morts, ilpoc, i, 5. 

Pnnce de la paix, Isaîe, ix, 6. 

Prince des rois de la terre, ilpoc. 1, 5. 

Principe do la créature de Dieu. Apoc, 
m, 14. 

Propitiateur (le). Rom. iii. 25. 

Rabbl (maître). Jean, x, 6. 

Racine de Jessé. Isaîe, xi, 1, 10. 

Kol des Juifs. Jean, ivui^ 33. 

Roi des rois. I Tim. vi, 14. 

Ruine et résurrection de plusieurs. 
Isaîe viii, 14 ; Luc, n, 34. 

Sagesse sortie de la bouche du Père. 
Eccli,, XV. 10. office de ri<:gli8e. 

Saint (le), idpoc. m, 7. 

Saint d'Israël. Isaîe, Liv, 9. 

Salut de Dieu. Luc, ii, 30. 

Saphir (le). Isaîe, liv, il. 

Scarabée {CarUharus) Habacuc, ii, 11; 
aussi S. Ambroise appelle Jésus /e 
J)on Scarabée ■; les gnostiqu es don- 
naient aussi ce nom à Jésus >, d'a- 
près tes Egyptiens qui adoraient le 
Scarabée, parce qu Us le croyaient 
né sans père, ce qui est encore un 
vestige de la croyance antique ^. 

1 S. Amb. in Luc, c. 113, Pat, £a^, 
t. XV, p. 1832. 

* Voir Malter, Ilist, des Gnostiques^ 
p. iO; pi. il B. et Reuvens UUrenà 
M. LetronnSf p. 40. 

3 Voir Champollion, Musée Char- 
les I, p. 43, 160, ICI; Panthéon 
Egyptien, pi. 12 et 13 ; Horapollon de 
Leemens, ch. x et p. 162. 



I 308 TRADITIONS CHUÉTIKimES EN CHINE. — ABT. V. 

I La Volgate traduit ce mot par i Tète de l'Eglise. Ephés.yt,2%. 

Bois, Ugnum, etc'eat le sens adopté I Tète de toute principante et de toui 



par S. Jérôme et Théodoret ^ 
Serpent. Nom, xxi, 8. 
Signe de œntradiction. Lnc, ii, 34. 
Soleil de Justice. Malacble, iv, 2. 
Splendeur du Père, Eebr. i, 3. 
Témoin fidèle et vrai . Apoc, i, 5^ m, 14. 

1 Voir S. Jér. Comm, in Hahacuc, 
dans Pat. laU, t. 25, p. 1297 et Théo- 
doret, Fol. Grec, t. 81. 1822. 



pouvoirs. GokM, ii, JO. 
Ver et non homme. Psaume, xxi, 6. 
Verbe de Dieu. Jean, i, 7; i4poc. xix. 
Verbe en Dieu. Jean i, 1. 
Verbe fait chair, Jeao, i, 14. 
Vérité (]e suis la). Jean, xiv, 6. 
Vie (Ja sais la). Jean, xiv, 6. 
Vigne. Luc, xiii, 6. 
Voie •''Je suis la). Jean, xjv, 6. 
Vrai (le). Apoe., m, 7. 



Voici maintenant le texte du P. Prémare : 

L'Ecrilure sainte désigne Jésus-Christ sous un grand nombre 
de symboles. Il y est appelé porfe, agneau, vigne, brebis^ 
lion, pierre, pierre angulaire, fils de la licorne^ fleur des 
champs, lis des vallées, orient j lumière du monde, serpent 
élevé dans le désert, rer, etc. Il n'est pas jusqu'au scarabée 
qui, aux yeux de S. Augustin, ne le représente (i). Il est 
vraiment merveilleux qu'on trouve tous ces signes et d'autres 
encore dans les monuments chinois. 

Tout le livre Y-hing est rempli de symboles qui désignent 
le Saint, ainsi que nous l'avons déjà montré. Comme ces 
symboles se tirent du grand et du petit Monde, ce livre mys- 
tique nous enseigne sans cesse et nous excite à considérer le 
Saint dans cet univers et dans chacune de ses parties. Car 
toutes les créatures^ grandes et petites, sont autant de miroirs 
et d'énigmes, par lesquels l'Architecte du monde^ et surtout 
le Sauveur du monde nous apparaissent. Mais si cela est vrai, 
de tout ce qui est contenu dans l'espace des cieux, cela res- 
sort davantage encore de ce que nous voyons dans le Ciel 
= et sur la terre = =, comme on peut le voir dans le sym- 
bole E^ Jl ^y (le 31«). Que la terre E E monte en haut, la 

raison en est que le Ciel = est premièrement descendu en 
bas. Après le péché, la terre était comme morte et n'aurait 
jamais pu se relever, si le Ciel ne s'était pas incliné jusqu'à 



(1) Nous avouons n'avoir pu trouver dans S. Augustin cette assimllatioD 
du scarabée avec Jésus-Chilst. C'e^t S. Amlrolse qu*il a voulu citer. 



STUBOtJES DU SAINT. — l'aGNEAC IMMOLÉ. 



309 



elle. I^ pluie, qui tombe du Ciel pour abreuver la terre et tout 
ce que lu terre engendre sous l'influence du Ciel, nous met- 
tent sous les yeux une idée de ce grand mystère. Le Vent ^=^ 
le Tonnerre E£, les Montagnes^ et l'humidité vitale qui 



féconde tout 



représentent également ces choses à ceux 



qui sont habitués à ces symboles. Enfin le Soleil ^:^ et la 
Lune E^, c'est-à-dire le Feu et l'Eau, proclament les 

mêmes idées. 

Pour mieux comprendre ce que nous disons nous plaçons 
ici les 8 symboles radicaux de 3 lignes, dans lesquels se 
résume la règle des 64 symboles : 



Kien 


le ciel, la tête. 


la force. 


Koiien 


Ho 0[ 

la terre, le ventre. 


m 

la faiblesse, 


Mo 

Tchîng 


go JE 
le (oonerre, les pieds, 


le mouvement, 


Ken 


lU ^ o 
la montagne, les mains, 


le repos, 


Sun 


m IB^ 
le vent, les reins, 


pénétrer. 


% îf Do 
Touy l'humeur vitale, la bouche, 


réjouir. 


Mo 


a o iXo B S 
le soleil ou le feu, les yeux, s'unir 


ï%0 


Mo iJHo % 


^ 



Kan 



la lune ou Teau, les oreilles, le péril. 



Il faut souvent consulter cette table ; si le lecteur désire de 
plus amples détails, il consultera le grand tableau complet 
que nous avons donné ; \oir ci-dessus, p. 82. 

Que si nous voulons, comme on le fait dans le Y-hing, 
entendre, concevoir par ces mêmes 8 symboles radicaux, les 



âlO TBADlTIOIfS CHRÉTIENNES EN CRINE. — ART. V. 

principales parties du petit Monde, comme la tête ^=, ic i 

venlre 3^, les pieds ^^, les mains ^^, les oreilles ^-^, 
les yeux E!E> ^^^ reiris 5^, la bouche ^^^ il en résulte 
une science admirable. Car, par tous ces emblèmes, le Saint 
est partout énoncé, et nous y apprenons avec grand fruit ce 
que nous devons être, nous qui sommes les membres du 
Saint. Si, enfin nous remarquons les qualités propres de ces 
symboles, on voit de suite ce qu'a fait et fera le Saint, et en 
conséquence, ce que nous ferons nous-mêmes. 

Dansée signe ^ on découvre la force invincible et infa-^ 
tigable du Saint, ^î|; dans 5E sa très-parfaife soumission 
et son obéissance rare, ^ ; dans E^ ^^ voit le principe et 
l'action, 91; dans ^ la fin et le repos ; par =^ il pénètre 
tout,A.>P^r ^, il réjouit tout ; dans ~, la nature faible 
s'attache à la forte, ft ; dans ^, la nature forte compatit 

à la plus faible R|. Mais pour le moment, il suffit d'avoir 
mis le doigt aux eaux de ces fontaines réservées. 

S. Jean, dans son Apocalypse, parle de 4 animaux mys- 
tiques, qui figurent les 4 Evangélistes (2). Car les SS. Evangé- 
listes considèrent le Christ, ou comme un lion, ou comme 
une vùdime s'offraot pour le salut du monde, ou comme fils 
de Ihomme, ou comme Verbe existant dès le commencement. 
Que ces animaux ne soient pas réels, mais soient de simples 
figures, cela est évident, car lorsque S. Jean dit : « le 1«' ani- 
B mal est semblable au lion, la 2« au veau, » il est assez clair 
que ce n'est ni un lion, ni un veau. Cela est encore mieux 
prouvé par la description qu'on lit dans le prophète Ezé- 
chiel (5). Partout, en dehors même de la Ste-Ecrilure, on 
trouve de semblables figures ou emblèmes. Ainsi on dit que 
le Pélican nourrit ses petits de son sang, et que le Phénix 
renaît de ses cendres. Les monuments chinois racontent de 
semblables choses merveilleuses de certains animaux. H y en 



(2) Apoealypse if , 7 et sufr. 
(9) Exéckiêl h 6 et saW. 



SYMBOLES DU SAINT. — L'AGNEACJ IMMOLÉ. 311 

a qui, d'après le Ly-ky, énumèrent seulement 4 espèces d'ani- 
maux de ce genre, savoir : Long || le dragon^ Lin Jg| la 
licomey Fang ]j^ Vaigley Kouei 3| la tortue* Quelques auteurs 
y ajoutent les suivants : Pee-hou ^ J^, le tigre blanc. Qa 
ne peut nier que le dragon^ la licorne^ ['aigle, et la tortufi^ 
ne soient des animaux existant réellement. Mais on ne voit 
nullement que ces animaux soient désignés dans les anciens 
livres de la Cbine par les mots Lon^;, liriy fong^ houei, et je 
ne puis assez admirer la naïveté des Chinois modernes, qui 
prennent ces symboles matériellement, et croient qu'ils esia- 
tent dans la nature. 

Bien que le tigre puisse aussi bien que le lion être pris pour 
le symbole du Saint, je remarque cependant qu'un bon 
nombre d'auleurs ne l'admettent pas, avec raison, parce que 
les Chinois qui> dès le principe, divisent les animaux en 5 
classes, à chacune desquelles ils assignent un roi, ne font pas 
mention du tigre. Voici ces 5 classes : a 1° animaux nus ; 
» 2® animaux à poils; 3' animaux à écailles; 4* animaux à 
9 cuirasses ; . 5^ animaux à plumes. Dans chaque classe, ils 
» comptent 360 espèces, à savoir autant qu'il y a de degrés 
> au Ciel. Le chef de la ire classe est gin A Vhomme ; de la 
» 2<î, c'est lin J|| la licorne; de la 3«, c'est long H le dragon-, 
9 dd la 4«, c'est hmei 3| la tortue ; de la 5e, c'est fong %, 
» V aigle (k). » 

Aucune de ces classes ne fait menlion du tigre blanc ou 
noir. Si la vraie tradition n'était pas perdue en Chinci ils 
verraient aussi bien le Saint dans :^ agneau^que dans lin 
la licorne, ou dans long le dragon. Les seuls oaractères hié- 
roglyphes parlent si clairement deyang^agneauy que je n'ai 



(4) Ul A H ® 7^ + 


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m A B s :^ -f 


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M Sk M Z :^' Les 


eluq clafises d'animaux. 







312 TRADITI0H8 CHBÂTlRfHES ER CHilfB. — ART T. 

rien dit jusqu'à présent^ dans tout cet ouvrage, qui mérite 
autant d'être noté. Je commencerai donc par l'agneau et j'ar- 
riyerai ensuite à la licorne^ au dragon, à Vaigle, à la tortue, 
et Foccasion s'en présentant, je dirai aussi quelque chose de la 
pierre précieuse X yû. 

i^ Point: De l'hiéroglyphe Yang :^ Agneau. 
OBSERVATIONS PBÉLIMINAmES. 

Avant de donner les curieuses et nouvelles traditions con- 
servées en Chine sur V Agneau, nous croyons devoir mettre 
sous les yeux de nos lecteurs ce que la Bible et l'Eglise chré- 
tienne disent de V Agneau : 

En tête lout-à-fait de notre Eglise, ou du commencement 
du monde^ nous trouvons Abel, qui fut Pasteur de brebis^ et 
qui,* avancé en âge, ou à la fin des jours, selon Texpression 
symbolique du texte, offrit à Jébovah un Agneau « un des 
» Premiers-nés ( >3W nroiD ) de ses troupeaux et de leur 
B graisse, et Dieu regarda Abel et sep> dons ^o 

Or, pourquoi cette immolation d'Agneau, pourquoi cette 
préférence de Dieu? « C'est par la foi, dit S. Paul, qu'Abel 
» offrit à Dieu un sacrifice plus beau que celui de Ca!n K > 
C'est donc que Dieu avait déjà fait connaître quel était le 
sens et le symbole de ce sacrifice. « Abel savait, dit le docte 
» Bochart, que Dieu avait établi le sacrifice des Agneaux 
> en figure du sacrifice qui devait être offert pour nous par 
B le Christ, dans lequel seul il avait placé tout l'espoir de 
» son salut et toute sa confiance. C'est pourquoi en immo- 
» lant V Agneau, il pensait à V Agneau qui a été immolé dès 
» Vorigine du monde, comme dit S. Jean ^. » 

Cette croyance et ce symbolisme se continuent et se confir- 
ment dans la personne d'Abraham. Il reçoit l'ordre de sacri- 

i Geniu, IV, 2-4. 

' Uehr,, XI, 4. 

» Bochart, Hierojoicon, c. 49, t. I, p. 538.; — S. Jean, Apoc.x, 12. 



STHBOLBS DU SAINT. — L'AGNEAU IMMOLÉ. 313 

tier son fils Isaac, mais quand le couteau est sur la tête de la 
victime, Dieu arrête son bras, et un bélier est immolé à sa 
place ' . 

2, mite« de riininolailOB de l'AsDeao. 

Nous avons déjà cité les paroles de Moïse établissant Vm^ 
molation de ï Agneau en forme de Repas, pour célébrer la 
Piîqiœ juive, c'est à-dire le passage de Dieu en Egypte pour 
délivrer le peuple qu'il s'était choisi ^. Nous ; ajoutons quel- 
ques rites sur Vimmolation même de l'Agneau. 

« Et vous mangerez celte nuit la chair deTAgneau r6tî, et 
)» le pain sans levain, avec des laitues sauvages ; et vous n*en 
• mangerez rien cru ni bouilli, mais seulement rôti ; vous 

V dévorerez la tête avec les pieds et les entrailles ; et il n'en 
» restera rien pour le lendemain et ce qui n'aura pas été 
» mangé, vous le consumerez par le feu.... C'est la Pâquey 
p c'est-à-dire le passage du Seigneur '. — L'Agneau se man- 
» géra en une maison et vous ne porterez pas sa chair au 
» dehors, et vous n'en romprez point les os *. » 

Au moment de mourir, Moïse régla ainsi les immolations 
de l'Agneau^ qui doivent être faites par les prêtres en l'hon- 
neur de Jéhovah. 

« Voici les sacrifices que vous devez offrir : 

» Deux Agneaux d'un an, sans tache tous les jours en ho- 
9 locauste perpétuel : vous en offrirez tin le matin et l'autre 
» le soir. 

' » Le jour du sabbat, vous offrirez deux Agneaux d'un an, 
» sans tache ^. 

» Au l** jour du mois... un bélier et sept Agneaux... Voici 
v les libations de vin, qui seront répandues pour chacune des 

V victimes... la 4^ partie du hin pour chaque Agneau ^ 

D Au 15* jour est la solennité de laPàque du Seigneur... 

» 

1 Genéte^ xxii, 13. 
s Voir cÛdessQB, p. 2jf0. 
s Esode^ xii, 8-11. 
A Ibid.. 46 et Nom. ix, 12. 
ft Exode, xzTiii, 3, 4,9. 
• Exode, »6. 17, 19. 



31 4 TBADITIONB CHUÊTIENIIES CN CHINE. — ART. V. 

» TOUS offrirez au Seigneur un sacrifice d'holocauste... 7 
» Agneaux d*un an, sans tache, chacun des 7 jours de 
• celte fête. 

» A la fête des prémisses, ou de la Pentecôte, vous offrirez 
» 7 agneaux pendant 7 semaines. 

» Le i'' Jour du 7' nioi^^ le jour du sou éclatant des Tronic- 
» pettes,.. vous offrirez 7 Agneaux K 

» Le 10« jour de ce mois. .. fcle des Expiations^ vous offri- 
» rez 7 agneaux ^. 

» Le 15« jour, du !• mois... fêle des Tabernacles, pendant 
» 7 jours^ vous offrirez le 1*^ jour 14 Agneaux, au S*" jour 7 
» Agneaux ^. » 

Tels étaient les sacrifices de V Agneau, au temple de 
Jérusalem. Or, il faut noter que tous les Israélites, qui étaient 
en voyage^ devaient, le jour de Pâques, immoler eux-mêmes 
Vagneau avec les mêmes rites ; Tétranger aussi pouvait et 
devait faire la même immolation, s'il s'était soumis à la cir- 
concision *' 

Toutes ces prescriptions furent rigoureusement observées, 
pendant toute la durée de la loi juive jusqu'à la venue de 
Jésus. 

Les prophètes rappellent souvent le symbolisme de ce sacri- 
fice de l'Agneau. 

Isaie d'un élan sublime s'écrie : 

« Envoyez l'Agneau^ Dominateur Àe Ja terré ^. » Puis dans 
ce fameux chapitre où le même prophète écrit une page de 
YEvangile, 700 ans à Tavance, il dit du Messie attendu : 

a [1 a été sacrifié parce qu'il l'a voulu, et il n'a pas ouvert 
» la bouche ; il sera conduit à la mort comme un Agneau ; 
» il sera muet comme une brebis devant celui qui la tond '^. > 

Jérémie avait le même spectacle sous les yeux quand il 
disait : 



I Exode xxTiii, 26-27; Letit^ xstii, 24 \Nom, xxix, t-3. 

• Lev, I7III, 37. Nom, xxx, 7. 

s Uv., ib. 34.: Nom, ib. 12, 13, 35, 36. 

^ Emode, xii, 48. 

» Emitte Agoana, Domine, dominatorem terra (Isaie» x?i» 1). 

* Id, Lin, 7. 



8TBIBOLE8 DU BAIIfT. — - L^AGNEAU IMMOLÉ. 31 li 

m 

9 Et moi, je suis comme un Agneau paisible qu'on traîne à 
» la mort u » 

Arrêtons-nous ici un moment, et avant de constater la 
conlinnalion du symbolisme de l'immolation deT^^neatt 
dans TEvangile et d'en retrouver des traces en Chine, voyons 
o.^ que les Grecs et les Latins en avaient conservé. 

3. I^'Imm^lalloB die l'Agiietoti chea les Grées. 

En Grèce, il existait une tradition qu'un Agneau à toison 
d'or était un présent de Dieu, annonçant la durée de 
l'empire. Voici ce que dit Atrée^ daî)s un fragment de tragé- 
die conservé par Cicéron : 

« Je possédais un merveilleux Agneau, que me donna le 
» père des Dieux comme un jrage assuré d« la durée de mon 
» empire, Agneau remarquable entre tous par sa toison 
• d'or, Thieste secouru de ma perfide épouse, me l'en- 
» leva 2.» 

Cet AGNEAU à toison d'or est resté célèbre chez les Grecs; 
Platon, Euripide, Pausanias en font mention '. 

Homère, le chanire voyageur, semble avoir rapporté de la 
Palestine le rite du sacrifice des Agneaux. Quand les Grecs 
sont sur le point de contracter une alliance dans le but de 
laisser Ménélas et Paris vider leur querelle, on prépare un 
Agneau blanc à immoler au Soleil et une Agnelle noire à la 
Terre, et un égal sacrifice à Jupiter. Les héraults les apportent 
avec une outre remplie de rin. Agamemnon lave ses mains, 
puis enlève sur la tête des Agneaux quelques poiis que Ton 
distribue aux chefs troyens et grecs. Puis il prend à témoin 
Jupiter, le Soleil, la Terre et les Dieux infernaux ; et alors il 
imniole les victimes *. Comme chez les Juifs, les cuisses sont 
brûlées et le vin est répandu sur les victimes ^. 

^ Jërémie, xi, 19. 

s Dane Cic. De NcUura Deor,^]. m, c. 27. 

s Platon, le Politique^ Astius, t. il, p. 44, que Coasin traduit i tort par la 
brebis, Euripide, Oreste, v. 812. — Pausanias, Corinth., i, i'S, où M. l'abbé 
Gedouln, dans sa traductioa met MoiUon au lieu d'Agneau, 

« Homère, lUadem, 103, 246, 273, 292. 

^ Odyttéet x\n, 242 ; zix, 398. 



316 TBADITI0N5 GHRËTIBPmBS EN CHINE. — ABT. V. 

Une hécatombe d'Agneaux est vouée à Apollon, Ajax man- 
que le but pour avoir négligé celte offrande et Mérion rem- 
porte le prix, pour ne Tavoir pas oubliée*; Neptune aussi 
recevait le sacrifice d'un Agneau ^. 

Hésiode parle de sacrifices aux dieux, mais ne désigne aucun 
animal ; il conserve pourtant le rite des cuisses brûlées sur le 
feu. 

« Offre, dit il, selon tes facultés, des sacrifices aux Dieux 

> matin et soir^ avec un cœur chaste et pur, et brûle en son 
» boimeur les cuisses brillantes des victimes ^. » 

c A Argos, il y avait un temple d'Apollon deiradiotès, oii, 
9 dit Pausanias, un oracle, qui prophétise encore aujour- 
» d'bui, opérait de cette manière : une femme qui n'avait 

> jamais connu d'homme rendait ainsi ses réponses : Elle 
» immolait chaque mois un Agneau, et quand elle avait bu 
» de son sang, alors elle était possédée du Dieu^. 

» Les Sicyoniens immolaient à Hercule un agneau, dont ils 
t faisaient brûler les cuisses sur l'aulel et qui étaient ensuite 
» mangées par les prêtres ^. 

ATanagre, en Béotie, il y avait une cérémonie fort singu- 
lière. < Les habitants choisissaient le plus beau jeune homme 
» de la ville, et le jour de la fête de Mercure, ils le prome- 
» naienl autour de la ville, portant sur ses épaules un Agneau 
» qu'ils immolaient ensuite ^. » 

Un fait digne de remarque c'est que les Lacédémoniens, 
qui, comme on le sait, avaient des alliances avec les Hébreux, 
ap[)eiaient leurs sacrifices Passages, A'.a&xT^pia ^, ce qui a la 
signification même de Pâques, que Philpn traduit en grec 
par le mot des Lacédémoniens. 

Les Athéniens ouvraient leur année en offrant pour victime 



> niade, lY, 102, 110; xviii^ 864. 

* Odyts., xxiii, 278. 

3 Hésiode, les travaux et les jours, v. 334. 

* Pausapias, Corinth, c. xziv, n. 1. 
^ PaasaDias, Corinth., xxiv, n. 10. 
« Pausanias, Béotie, c. 21. 

7 Voir Thucydide, v, 54 ; XeDop. iv, 7, 27 ; PluL lueuUus, c. 24 



SYMBOLES DU SAINT. — l'AGNEAU IMlfOLÉ. 317 

il Minerve des bœufs el des Agneaux ^ Une agnelle noire était 
immolée à la tempête *. 

A la tradition d'Abraham^ immolant un bélier à la place de 
son fils, doit être attribuée Ia fable d'Iphigénie sauvée de la 
mort par une intervention divine, et que Dictys de Crète ra- 
conte ainsi: 

« Pendant que les sacrificateurs hésitent, une voix sortie du 
» fond du bois leur défend de tremper leurs mains dans le 
9 sang d'Iphigénie^ et leur dit que la déesse (Diane) rejette une 
3> pareille offrande.... lisse demandaient quelle serait et où se 
» trouverait la victime qu'ils devaient immoler, lorsqu'une 
3> biche d'une grande beauté s'arrêta devant l'autel... Ils la 
> reçoivent comme un présent du ciel et ils Fimmo- 
B lent'. » 

On pourrait trouver le même souvenir chez les Lacédémo- 
niens, où on dit d'une Hélène vouée au sacrifice. « Comme on 
yt la conduisait à l'autel, un aigle enleva le couteau du sacri- 
D ficateur, le porta au-dessus d'un troupeau de bœufs, et le 
» laissa tomber sur une génisse. Ce prodige sauva la vie à 
» Hélène *. o 

De la Grèce, si nous passons en Egypte, Euscbc, en Tan 
1236, après Abraham, place un roi Bocchoris sous lequel un 
Agneau aurait parlé ^. Elien, dans sa nature des animaux, 
y ajoute ces détails fabuleux : 

a On assure que chez les Egyptiens (ce que suis loin de 
» croire), au temps où régnait le célèbre Bocchoris, il naquit 
i> un agneau ayant huit pieds et deux queues, avec deux têtes 
B et quatre cornes, et qu'il parla un langage humain ^. » 

En Afrique nous voyons les féroces Carthaginois, qui, dans 
une circonstance, avaient immolé 200 enfants à Saturne^, îm- 

1 niad., il, 550. 

* Aristoph. les GrenouiUes, v. 847. 

3 Dictys, Guerre de Troie, h i, c. 21 et 22 ; voir Tédit. ad usum delp,, 
pour les variantes. Euripide, IphigeniCy y. 1587; Ovide, Meta, xii, 34 ; Hyg^ 
Fab. 93. 

* Plut., ParaUéleSf c. 70. 

^ Kusèbe, chronicon, dans Pat. grecq,, t. xxvii, p. 347. 
« Ëlieo. Nature des animaux, 1. xii,c. 3. 
7 Diodore, I. xx, c. 14« 



318 TBADmO]|8 CHlftriBIfHfcS EH COllfE. — ART. V. 

moler aussi un Âgoeau à Jupiter. « Annibat, ditTile-LiYe, prit 
» un Agneau de la main gauche et une pierre de la droite, et 
» s'écrie : < Jupiter et vous tous autres Dieux, si je manquais 
» à ma parole, immolez-moi comme j'immole cet Agneau, 
> et selon sa prière^ il brise, avec la pierre^ la tête de l'a- 
B gneau ^ » 

4. MJÎmtuàmtmiimm ^Lem Ag,memux eheB lés Lallafl. 

Les Romain?, imitateurs des Grecs, regardaient comme eux 
les Agneaux commedes victimes choisies. « Agnus, dit Festus, 
9 vient du Grec Àyv^, qui signifie cAaste, parce que TA- 
» gneau est une victime pure et propre à être immolée \ • 

Le plus ancien de ces sacrilices est mentionné dans cette 
loi de Numa : « Que la concubine ne touche pas Tautel de Ju- 
non ; si elle y touche, que les cheveux épars, elle im- 
» mole à Junon un Agneau Temelle^. » 

Varron nous dit qu'avant de commencer les vendanges, le 
flamine immolait une Agnelle à Jupiter *. 

Cicérofi nous apprend qu'il y avait à Rome un marché par- 
ticulier nommé jEquimalium, où on achetait les agneaux que 
Ton voulait immoler ^. 

Virgile, voulant honorer Auguste comme un véritable dieu, 
nous apprend qu'il lui immolait souvent un Agneau ^ 

De plus il nous représente Enée, quittant la Sicile pouraller 
à Cumes, immolait une agncUenoire aux tempêtes, puis avant 
de descendre aux enfers, il immole aussi une Agnelle à la 
mère des Euménides, Li Nuit, à sa grande sœur la Terre, à 
Faune et aux dieux qui guérissaient des fureurs de Tamour '. 

Au Zépbir on immolait une Agnelle blanche ^ 

Horacej pour fêler la naissance de Mécène, immole en ce 

> Tite Li?e, 1. xxf, c. 45. 

' Festufl, au mot Àgnus, 

* Dans Aula-Gelle, Nuttx cutiques, 1. i?, c. 3. 

•* Varro,de Ling. lat., I. vi, c. iC. 

^ Gic, de divinat. U, 17. 

» Virg. EU,, I, 8. * 

' Virg. Enéid.y v, 772. 

» Virg. Enéid,, ui, 120. 



SYMBOLES DU SAINT. — l'aGNBAU IMUOLÈ. 319 

jour un Agneau à Faune, et au dieu Tt^rme une Agnelle *• 
Perse immole une agnelle aux dieux protecteurs ^ 
JuYénal nous offre une femme immolant une Agnelle à 
Janus et à Vesta et interrogeant ses entrailles pour savoir si 
un joueur de flûte, son amant» remportera la victoire aux 
combats de musique en l'honneur de Jupiter Gapitolin ^. 

Il est digne d'une Agnelle couronnée de fleurs^ dit-il d'un 
ami qui ne nie pas le dépôt qui lui a été confié *. — De plus 
pour célébrer le retour d'un ami, il immole une agnelle 
blancbe à Junon, et une autre à Pallas ^. 
On a lu dans Isaîe ces touchantes paroles : 
a II a été sacrifié parce qu'il l'a voulu ; il n'a pas ouvert la 
bouchr, il sera conduit à la mort comme un Agneau, il 

V sera muet comme une brebis devant celui qui lu tond *, » 
Or le souvenir de ces paroles semble s'être conservé 

chez les Grecs et les Romains. Voici ce qu'un oracle, conservé 
par Porphyre, disait au prêtre sacrificateur : 

« Il ne t'est pas permis, race des divins sacrificateurs, de 
9 mettre à mort un Agneau, mais seulement au prêtre, de sa- 
9 crifier celui qui volontairement se soumettra au sacrifice ^ » 
Cette prescription était rigoureusement exécutée : 
« Les sacrificateurs observent que si la victime qui est con- 
» duiie à l'autel se débat violemment et montre ainsi qu'elle 
f est conduite, malgré elle, à TauteK il faut l'éloigner, parce 
» qu'ils croyaient qu'elle était ofllerte contre la volonté du 
» Dieu. Mais lorsqu*en l'otTrant elle se tenait tranquille ils 

Y jugeaient qu'elle était agréable à la divinité ^ b 

Aussi les auspices étaient déclarés tristes et à expier, lors- 



1 Horace, IV. Ode xi, IS; 1 Qde iv, 12 ; Il Odê, xvii, 32; Bpwi» u 59. 
» Peree, v, 187. 
> Juveiial, S(U, VI, 385. 
* Ibid. XIII, 63. 
ft Ibid., XII, 1, 201. 
^ Voir Isaîe, lui, 7. 

7 Porphyre, De i'àbstiMncé dêt amvMUXy 1. ii, c. ; dans r£tûM. de la 
coll. Dldot. 
^ Macrobe, Saturnales^ 1. m, c. 5, 



320 TRADITIONS CHRÉnENlfBS EN CHIKK. — ABT. f. 

» que la TÎctime s'était échappée de Tautel, oa que frappée^ 
» elle avait poussé un gémissement ^ 

» Encore aujourd'liui, dit Plularqne, les prêtres observent 
» de ne pas égorger la victime avant qu'elle ait paru y con- 
» sentir par un signe de tête *. » 

Il y avait chez les anciens Latins un sacrifice dît pro ter- 
via ou propterviam ', pour le départ, pour le voyage, 
dans lequel c'était l'usage de brûler tout ce qui restait du 
festin ♦. 

Dans les sacrifices célébrés par les augustales rien de ce 
qui avait été offert ne pouvait être porté au dehors, mais de- 
vait être consumé dans les lares ^. 

Il est impossible, ce semble, de ne pas voir dans tous ces 
rites un souvenir des sacrifices offerts à Dieu dès le commen- 
cement du. monde. 

5. méalUatl«B do •ymb^llsme de l'AgBean dans la peraoaae 

du ¥erbe-Jé«nfl. 

Mais voici que les figures vont êire réalisées et l'Agneau 
va recevoir son vrai nom. Le Verbe s'incarne, il s'appelle 
Jésus et il esi toujours V Agneau. Dès son entrée dans la vie 
publique, Jean, son précurseur et son bérault, le proclame. 

a Le lendemain Jean vit Jésus venir à lui et dit : 

D Voici V Agneau de Dieu, voici Celui qui ûte les péchés 
» du monde, n 

C'est la parole d'isaïe, ce qu'il répète encore le lendemain : 

c Et regardaut Jésus qui s'avançait, il dit : Voici V Agneau 
» de Dieu *. » 

Puis Jésus lui-même consacre la figure de l'Agneau dans les 
hommes qu'il a constitués comme des Jésus, en disant à 
Pierre à plusieurs reprises : < Pais mes Agneaux ^. » 

Réalisant les paroles d'Isale, celles de l'oracle et la valeur 

* Festue, au mot piacularia auspida, 

s Piutarqae, Propos de table, I. viii^ quest. 8. 

3 NonioB, an mot Bidentes; Macrob. satur. li, 2. 

« Genialet aies, I. m, 1. 1, p. 703. Lttg. Bat., 1673. 

^ Suét. Claud., c. 6, et GaWa, c. 8. 

« Jean, i, 29, 36. 

7 Jean, xzi, 15, 16. 



SYMBOLES DU SADIT. — l'AGNBAU IMMOLÉ. Sfl 

des sacrifices païens^ il est dit de Jésus : « Comme un Agneau 
» muet devant celui qui le tond, il n'ouvrit pas la bou* 
» che*. » 

Quand Pilate l'interroge, il ne lui répond pas '. 

Son sacrifice est volontaire comme devait être celui de 
Fagneau sacrifié : 

tt Je dépose mon âme parce que je l'ai voulu '. » 

Ses jambes ne sont pas brisées sur la croix, parce que^ dit 
S. Jean, il fallait réaliser ce qui avait été dit par Moyse : « que 
i> les os do l'Agneau pascal ne devaient pas être brisés *. » 

Mais c'est surtout le disciple bien aimé qu'il faut entendre. 
Déjà il nous a montré le Verbe de Dieu au milieu de ce 
monde^ incarné et fait chair sous le nom de Jésus^ il va nous 
montrer Jésus dans le ciel, et recevant tous les hommages 
sous le nom de V Agneau. La scène est admirable et d'un gran- 
diose on peut dire infini. 

D'abord il nous montre Celui qui était assis sur le trône 
tenant à la main un livre scellé de sept sceaux et nul ne 
pouvait ouvrir ce livre. 

a Et je vis : et voilà au milieu du trône et des quatre ani- 
iy maux, et au milieu des vieillards, un Agneau se tenant 
» comme immolé, ayant sept cornes et sept yeux, qui sont les 
9 sept esprits de Dieu, envoyés par toute la terre. Et il vint, 
» et il reçut le livre do la main droite de Celui qui était assis 
» sur le trône. Et lorsqu'il eut ouvert le livre^ les quatre ani- 
» maux et les vingt-quatre vieillards tombèrent devant VA^ 
D gneau, ayant chacun des harpes et des coupes d'or pleines 
n de parfums, qui sont les prières des Saints. 

i> Et ils chantaient un cantique nouveau, disant : Vous êtes 
» digne, Seigneur^ de recevoir le livre^ et d'en lever les 
D sceaux, parce que vous avezété mis à mort, et que vous nous 
1» avez rachetés à Dieu par votre sang, de toute tribu^ de toute 
» langue^ de tout peuple et de toute nation. Et vous nous 

' Isaîe, uUt 7; Actes, vui, 32. 
3 Matth., xxTii, 14. 

* Jean, x, 17, 18. 

* Jeao, XIX, 36 ; Esod. xii, 46; N(m,, ix, 12« 

PntMABB. îl 



ttS TKÀDmOHS GHBiTtlNNES Bl CHIIIB. -^^ AH V. 

» avezfaits royaume et prêtres pour notre Dieu, et nousrégoe- 
» roDS sur la terre. £t je vis et j'entendis autour du trôoe^ 
» et des animaux et des vieillards, la voix de beaucoup d'an- 
» ges., dont le nombre était des milliers de milliers, disant 
B d'une grande voix : Il est digne^, Y Agneau qui a été immolé, 
n de recevoir la puissance et la divinité, et la sagesse^ et la 
» force, et l'honneur, et la gloire et la bénédiclion. Et toute 
i> créature qui est dans le ciel, sur la terre et sous la terre, et 
» celles qui sont dans la mer, et tout ce qui y est, je les eoten^ 
» dis toutes, disant : A celui qui est assis sur le trône, et à 
9 YAgnesiU, bénodiclioo, et honneur, et gloire, et puissance; 
à dans les siècles des siècles '. » 

Autre scène. 

Les Élus sont assemblés pour être marqués dn sigse du 
Dieu vivant ; et d'abord sont énumérés les élus des douze 
tribus d'Israël, et S.Jean continue : 

o Après cela je vis une grande multitude que personne ne 

> pouvait compter, de toutes les nations, de toutes les tribus, 
9 de tous les peuples et de toutes les langues, qui étaient dé- 
fi bout devant le trône, et en présence de YAgneSiUj vêtus de 
» robes blanches, avec des palmes en leurs mains. Rt ils 
» criaient d'une grande voix, disant : Salut à notre Dieu, qui 

> est assis sur le trône, et à VAgiieaiU ^... » 

c Alors un des vieillards prenant la parole me dit : « Ceux 
» que voici, vêtus de robes blanches, qui sont-ils ? et d'où 
t sont-ils venus? Je lui répondis: Mon Seigneur, vous le 
» savez. Et il me dit : Ce sont ceux qui sont venus de la 
» grande tribulation. et qui ont lavé et blanchi leurs robes 
9 dans le sang de VA(jnean. C'est pourquoi ils sont devant le 
» trône de Dieu, et ils le servent jour et nuit dans son temple 
» et Celui qui est assis sur le trône habitera sur eux. Us n'au- 
» ront plus désormais, ni faim, ni soif, et le soleil ne tombera 
» point sur eux, ni aucune ardeur ; parce que V Agneau qni 
9 est au milieu du trône sera leur Pasteur, et il les conduira 



i ApccahjTpsCf v, 6-13. 
3 Apocal}ip$e^ vu, 10. 



SYHBOLES DU SAIRT. — L^AGHBjUJ OQIOlir 3%3 

» aux fontaines des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute 
9 larme de leurs yeux \» 

Aulre scène encore : 

a Et je vis^ et voilà V Agneau debout sur la mon lag ne de 
B Sit>n, et avec lui 144,000, qui avaient son nom et le nom de 

> son Père écrits sur leur front... et ils chantaient comme un 
» cantique nouveau devant le trône^ et devant les quatre 
x> animaux et tes vieillards ; et nul ne pouvait dire le canti- 
» que, sinon ces 144,000 qui ont été rachetés de la terre. Ce 
» sont ceux qui ne se sont pas souillés avec les femmes ; car ils 
» sont vierges. Ceux-là suivent V Agneau^ partout où il va : 

> ils ont été rachetés d'entre les hommes, prémices à Dieu el à 
» l'Agneau -. » 

Enfin l'apôtre révélateur finit en mettant ces paroles dans 
la bouche de Jésus : 

a Je suis l^alpha et Toméga, le premier et le dernier, le prin- 
» cipeetlaûn. Bienheureux ceux qui lavent leurs vêtements 
» dans le sang de VAgneaUy afin qu'ils aient droit à l'arbre de 
» vie^.» 

Or, l'origine, la continuité, l'unité de la croyance à l'A- 
gneau sont constituées par cette parole : 

c Cet Agneau a été immolé dès le commencement du 
» monde *. » 

Quand l'apAtre Philippe rencontre l'eunuque Ethiopien 
lisant le texte d'isaîe sur l'Agneau il n'hésite pas à lui dire 
« que cet Agneau est Jésus ^. » 

Pierre continue ce témoignage et montre aux Juifs que c'est 
là l'Agneau dont l'immolation avait été ordonnée par Moïse 
et qu'ils immolaient encore le matin et le soir. 

«Vous avez été rachetés, dit il^ par le précieux sang du 
» Christ, comme de V Agneau, pur et sans tache ^. » 



' Apocalypse, vu, 13-17 
s lbid.y iiv, 3, 4. 
» Jlnd., xxu, 13. 14. 
4 /Md., Xui, 8. 

• Act99, im, 32, 35. 

• I Pienre, i, 19« 



324 TRADITIONS GERlTIBlfNBS EN GHINB. — ART. V. 

S. Paul dit également : 

« Notre Pâque, ou notre Agneau pascal, qui a été immolé 
1» pour nous^ c'est le Christ '; ce qu'il répète plus de 30 fois. 



•. C«BilnaaU«a du «7Bifc«ll«Bi« de l'Assean dam* l'fi^lUe 

du ChrUf. 

Tel est le symbolisme de VAgneau exposé dans nos Ecri- 
tures. On comprend que ce même symbolisme a dû se conti- 
nuer dans TEglise. Et, en effet, c'est sous ce nom que les 
premiers chrétiens cachaient et adoraient Jdsixs dans les cata- 
combes. On y voit en effet l'-4jneau divin sur son trône, et 
aussi se tenant avec sa croix à la porte de sa bergerie '. 

Mais c'est surtout dans la Liturgie que VAgneau fut placé 
et y tient encore la première place. 

Dès le commencement du sacrifice quotidien que l'Eglise 
offre au DUm très-haut, elle désigne quel est VAgneau à qui 
elle rend hommage et qui est le Dominateur de la terre. 

a Seigneur, fils unique, dit-elle, JÉSC/S-CHi?7ST, Seigneur 
» Dieu, Agneau de Dieu, fils du Père, qui effacez les péchés 
» du monde, ayez pitié de nous ^. » 

Rappelant les prescriptions de l'ancienne loi, et y faisant 
remonter ce sacrifice, le prêtre dit à Dieu : 

a Nous offrons de vos dons et de vos faveurs à votre grande 
9 majesté, cette Hostie pure, cette hostie sainte, cette hostie 
» immaculée, pain sacré de la vie éternelle, calice du salut 
» perpétuel, daignez les regarder d'un œil propice et serein, 
» et les recevoir comme vous avez daigné agréer les offrandes 
I» de votre serviteur, le juste Àbel, et le 5acrifice de notre pa- 
> triarcbe Abraham, elle Siicrifice saint, THostie immaculée, 
à que vous offrit votre grand-prêtre Melchisédec ♦. » 

Et pour montrer quelle était cette Hostie le prêtre dit, par 
trois fois, et en toute connaissance des paroles qu'il profèie : 

a Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, 

' / Cor,, V, 9. 

2 Voir Hossi SuU, di archeoU Crist., t. m, p. 126 et 135. 
> Domine, flli untgenite^ Jesu Gliriste, Domine Deue, Agnas Dei, filius patris, 
qui tollis peccata mundi, miserere uobis (Dans le Gloria in eaBceltii), 
^ \u Canon de la Messe. 



SYMBOLES DU RAmi. — L'j^GNEAU ItfMOLÉ. 32? 

» ayez pitié de nous, ayez pitié de nous, donnez nous^ la paix^» 

Hais les anciens devaient manger de la victime qui était 
ofiffîile ; tous les Juifs étaient obligés de manger de V Agneau 
pascal, cela se réalise dans l'Eglise; les fidèles s'avancent pouf 
recevoir leur part du sacrifice et le prêtre leur dit encore : 

• Voila l'Agneau de Dieu, voilà Celui qui efface les péchés du 
ê monde *. » 

Certainement, si la tradition historique ne donnait pas l'ex- 
plication de toutes ces paroles, et ne nous faisait pas connaître 
Torigine et la signification de ce magnifique symbolisme, ces 
paroles seraient incompréhensibles. 

C'est en les comparant à toutes ces traditions qu'il faut lire 
celles que le P. Prémare va nous exposer sur le symbole de 
VAgneau, conservé en Chine. 

De l'Kiéroglyplie Tang TAgnean. 

On n'est pas d'accord sur la véritable analyse du caractère 
f^ yâng. Le Choue-ven dit a qu'il appartient à la 2e classe et 
» rapporte ces paroles comme venant de Confucius (5) : Les 
1» caractères qui expriment le bœuf et l'agneau peignent les 
» objets aux yeux (6). » Mais le dictionnaire Tching-tsee-tong 
j) nie ouvertement que Confucius ait jamais prononcé ces 
» paroles (7). » Il y en a qui veulent que ^ nieou diffère 
de 'Vî parce que les cornes du bœuf s'étendent au dehors, 
celles du bélier au-dedans; mais Tchang-tsien rejette cela, 
avec raison, comme incertain ^ >ÈJ ^ -È», Ouei pi-yen-ye. 
On peut toutefois laisser le caractère ^ dans la 2® classe, 
jusqu'à ce qu'on puisse l'élever à la 4« classe. 

Tous, sans exception, expliquent ^ yang par jj^ tsiang. 



1 Aa Canon de la Messe. 

* A la Communion quia lieu à la Messe. 

(5) Confucius, dans le texte ci-après. 

(6) 4 :^ i: ^ JtU ^ * ^. C/km^en, racine 114. 

(7) ?L ? ^ jfc ^' i-o dict. Tching-tsee-tong, sous les Ming, 
1368-1573 de J.-C, par Tchang-tse-lith, 



326 TRADlTIOlfS CtTRÉTlSimBS EN ffllUB. — XHT. V. 

Et qu'est-ce que jj$ tsiang ? lo On l'explique par Ckan if^ 
le horif h/ § propice et heureux ; 2^ c'est un signe pris, soit en 
bonne, soit en raaui^aise part ; 3® c'est le nom d'un sacrifice 
qui chasse les malheurs et procure le bonheur. Voilà ce que 
disent les Chinois, mais ils ne peuvent donner la raison de 
ces choses^ parce qu'ils ignorent le Saint. Le mot ^ tsianff 
est de la é^* classe; il se compose de jf^ et de ^. Il n'est pas 
seulement :^ ou Jt ^J^ chang-'eiao^ le souverain devenu 
petit ; mais aussi c*est yomg ^ agneau et victime. De là 
toute félicité et tout bien. Une telle victime chasse tous les 
maux et amène tous ks biens, jj^ tsiang se prend dans 
l'un ou l'autre sens, parce que a le Saint a été pour la 
» ruine et pour la résurrection dç plusieurs (8). » Bon de soi, 
et juste à notre égard. 

Le livre Chy-king, dans l'ode appelée ^ê ^ hao^ang^ 
parle de la peau de Tagneau^ perforée en s endroits. Cela 
parattdès le début de l'ode, car il dit : Kao yang tchi pi ^ 
^ ;2^ Jft, la peau de l'Agneau (9), et dans cette peau, il y a 
5 to fè) 5 t807ig 1^, et 5 yû |^. Les interprèles chinois 
avouent ingénuement qu'ils ne savent ce que veulent dire ces 
caractères %t ^o et |K tsong. El, en conséquence, ils disent 
que £ 1^ ^w y^h veulent dire les 8 coutures (sutura). Le 
Choue-ouen ne lit pas |^, mais !^ yw, et par la couleur 
noire Aè S|, le sang versé et la cicatrice, qui demeure, sont 
assez bien indiqués. Ils pensent qu'il s'agit ici d'un habit fait 
avec la peau d'agneau; mais aucun d'eux ne dit pourquoi 
ou comment cet habit n'est cousu qu'en a endroits. Mais 
comment pouvaient-ils le voir, eux qui ont perdu le fil de la 
tradition ? 

11 est question dans cette ode, de Tajneau qui a été tué dès 



(6) Eece postias est hic ioruinam et in resurrecUonem multornm in Israël 
(Luc 11, 34) ; paroles de Simon le juste, adressées à la Vierge Marie quand 
elle vint offrir Jésus au Seigneur dans son temple. 

(9) Chy-king, I, i, c. 2, Ode 7, n. 1. Kao^ang. 



SraiOIiES DU SAIKT. -^ L'AGNEAD IMMOLÉ. 3t7 

le commencement du monde (iO) et qui a reçu ^ plaie$ en 
son corps ; il a touIu en ooneerver les vestiges pçur l^ mon^ 
trer à son Père quand il intercède pournous (êi); or cette 
Cène dont il est fait 3 fois mention dans la même ode, n'est 
attire, selon mon opinion, que celle a dans laquelle on mange 
» le froment avec Tagneau, » ainsi parle le Ly-ky (12). Mais 
les Chinois ignorant le mystère d'une telle nourriture disent 
a que l'agneau est un animal très-chaud et tout de feu; 
» quand donc l'homme souffre du froid, il en roaoge et il se 
> rétablit (15). > 

LeR. P.Julien-Placide Hervieu, qui, chaque fois que des 
occupations plus importantes ne le retenaient pas, se livrait 
aune étude sérieuse des livres sacrés des Chinois, et a inter- 
prété dans un sens sacré et mystique, sinon tout le Chi-king^ 
au moins la plus grande partie, m'écrivait un jour son 
opinion sur la plupart des odes de ce livre mystique. Sur 
celles dont je parle à présent, il disait qu'il y était question 
de la robe qu'a revêtu le grand maître :h ^ ta foik. 
KUe était triple. Ou les 5 ouvertures n'étaient pas ouvertes 
ou elles étaient' visibles, ou enûn elles étaient faites en 
broderie. Il ajoutait que la 1'^ robe to était l'habit de 
l'agneau, qui a été mis à mort dès l'origine du monde. 
La 2« tsong, l'habit de l'agneau mourant sur la croix. La 
3' yu, l'habit de l'agneau triomphant de la mort. Par la 
cène ou le repas, il entendait également la dernière Cène 
de Pâques que Notre-Seigneur a faite avec ses disciples, et 
dans laquelle il s'est donné lui-mémo. 11 n'exposait pas 
moins ingénieusement, et quoique divinement, avec non 
moins de probabilité, les 3 parties de J'ode '[j* ^ kan ianffy 
qui précède de peu (14). 

(10) Agous, qui occisuseat ab origine inundi {Àpoc, xiir, 8). 
(11) ... ut appareat nuiic valtui Dei pro nobis {Ueb. ix, 26). 

(12) ir iF ^ ^- Lety-ky. 

(13) ^i«:«A o ^ "^ m "k i, SX 5 

^ ^ Interprètes. 

(U) Chy-king^ 1. 1, c. 2, ode 5. Kan-Umg* 



3f8 TiAMnoNB cnÉmniift m qiiri. — an. t. 

n disait : les ans détruisent la croix da Christ, les astres la 
9 soaiDent, quelques-uns la repooaent. Cette ode nous offre 
s trois paissants motib d'aimer la croix ; le f parce qoe 
» le Christ Fa aimée ; le 2* parce qoe le Christ a goûté de 
» ses fruits ; le 3^ [»aree que le Christ est mort pour eile. Oh ! 
s combien les réyeries des interprètes chinois me paraissent 
s puériles, quand j'ai eu la satisfoetion de lire de semblables 
» chosesl» 

Un des hait symboles radicaux du Y-king est ft ^ 
(le &8^), il désigne les grâces^ les bienfait, la joie et se met 
pour Ta^neau. C'est pourquoi le Y-king fait souTent mention 
de Panneau. Il nous est agréable d'apporter ici un exemple 
tiré du symbole -fc St Ta-tchcmang (le 34') que Toici : 

6* — ligne 
5» — ligne 
4« — ligne 
3« — ligne 
2* — ligne 
I'' — ligne 

Bien que ce symbole nous semble au premier aspect n'ex- 
primer que ridée de force, si on l'examine de plus près, il 
veut dire aussi la douceur de Vagneau. Les interprètes 
remarquent « que si des 6 lignes du syml>oIe ta-tchouang 

E= les deux dernières sont fondues en une seule, on aura 

» alors EE <>w agneau (15). » Je me souviens avoir déjà 
averti le lecteur que dans le symbole unique de 6 lignes, 
avant tout changement, sont contenus 4 symboles de 

3 lignes, bans le symbole ^= ta-tcJumang ^ous avez 

donc ^ et E^, c'est-à dire le Père et le Fils ; et dans 



(15) 7^ 5t â^ W « H o Bfl * « E£ *. Mi«^. 



8THB0LBS DU SAINT. — l'AGNBAU IMMOifi. 329 

les 4 lignes du milieu VOUS avez = et EE le Père ei VA- 
gneau. Donc le symbole ^= ta-tdiouang n'est autre que 

^^ agneau = de Dieu ^ Fils ^^ du Père. Uais 
arrivons aux changements. Si l'on change la 3<^ ligne, il naît 

ce symbole "^^ tf M kauei-mouei (le 54«), dans lequel 
Tousv^yezau bas EE agneau, et au-dessus 5^ Fils. Si 
l'on change la 4* ligne, on aura =£ M ^y ('^ H'')» dont 
les 4 lignes du milieu donnent E:5 Vigneau et 5^ F^^^' 
Enfin» sien change la 5* ligne, on aura le symbole ^= 

j^ kouai (le 43'), dans lequel on voit au bas ^ DieUy 
et au-dessus E= agneau. Mais cette 5* ligne n'est plus 

Tagneau infirme et doux, comme dans ^^ ta-tchouang, 

mais c'est ^^ Dieu, parce que Dieu seul sera exalté eo ce 

jour. 

Par ce symbole ^ kouay^ se termine ce que j'extrais du 
Y'king. Si vous désirez pins de détails, ayez recours au livre 
lui-même. Je n'ai voulu qu'insinuer doucement combien, de 
combinaisons et de changements on pouyait opérer dans 
chaque symbole. 

Dans tout le Choué-ven, on ne trouve pas une seule lelUre 
qui exprime la brebis. Car il explique les ciractères !#• et 5|^ 
ou If^ par ceux de tovryang 4t ^ le bélier, et il dit que f^ 
est H^.^ et ainsi que c'est un mêde. C'est sans fondernent 
que Lieou-ell-tchi veut que les caractères f^ et |j|* déno- 
tent les femellesy et que )|$ et |$ expriment les mâles ; 
Tchang-tsien n'a pas plus raison de dire que ^ signifie 
brebis, parce que f^ est la femelle des oiseaux ; car le Choué- 
ven n'ignorait pas cela, et cependant i) dit que 40 est le 
nom de certain agneau i^ ^ mine/. Si par ^ on entend le 
animaux qui portent lainé^ il est certain que parmi eux il y a 



3)0 TIABmOlfS GHBfeTlBimitg EN CHIRK. — ART. V. 

des mâies et des femelles. Que si tous avez en tuc le Saint, 
qui est figuré par i'agneau, alors on peut dire avec raison <)c 
^ y^^^) comme de H long, qu'il n'a pas de femelle, 

/entends toujours agneau par 03 signe ^ 9^^9 ^ît 
parce ()ue tout ce que je dirai ne peut s'appliquer qu'au seul 
agneau, type du Saint, soit parce qu'un ancien interprèle 
décrit ffL par ces paroles : • 11 aime ta société, mais il fuit 
» la foule séditieuse. Quand on s'empare de lui, il ne pousse 
» aucun bêlement ; quand on le lue, il ne crie point ; durant 
» sa vie, il ne manque à aucun deroir ; par sa mort^ il rem- 
» plit toute justice (16). » 

Dans le livre Chan^hai-hing , dans le Lou-sse, dans le 
Tchin-tse-tong , dans le Choue-ven, etc., on lit : « L'ayneau 
» spirituel, qui, par sa nature, est tchong Jg, fidèle jitsqu'à 
» ta mortf et qui, apercevant un homme méchant^ se préei- 
« pite incontinent sur lui (i7). » D'eu les anciens avaient 
coutume de dire que l'agneau spirituel chasse les méchants, 
et possède par sa nature le don de connaître les coupables. 
Autrefois, Xao^yao, le grand juge criminel, ^il y avait un 
doute au sujet d'un coupable, employait un agneau pour voir 
s'il le frapperait de ses cornes, et ainsi dans tout l'univers 
aucun ne pouvait se plaindre raisonnablement. 

Hoan Hl^ désigne un animal admirable dont le Chan-kai" 
king parle ainsi : « 11 est semblable à l'agneau, il n'a pas de 
D bouche, et par conséquent sans voix. On ne doit fias le 
» mettre à mort (18). Ce caractère veut dire agneau ^ des 



(16) m^n :ï^m o m ±,^% o ^ t,:^^ 

9K O ^ It % il* knôitnifUerprèU. 

(17) WfW-n&o^f^mmo-àfSLm 

hai-king, Louasse, Tehing-tsee-tong, Ckoué-ven. 
kinf. 



dTKBOLES DU SAINT. — L'AGNBAt IXIIOLË. 33! 

tribulations j£.. C'est ainsi quMl est appelé par le Prophète, 
Yhomme des douleurs (19). 

Il y a une autre tradition qui dit : a Long a des oreilles^ et 
» pourtant il n'entend pas ; Tang n'a pas de pupilles, et pour- 
» tant il voit (20).» Ils ajoutent que Long Toit par ses cornes ; 
mais je n'ai pu découvrir encore de quelle manière Vàgneau 

voit. Enfin le Choite-ven ajoute que fj/an veut dire «c agneau 
1» dont le ventre est jaune (SI). » Tchang-tsien ajoute « que 
» cet agœan est d'un pays étranger (M)^ > et il cite une tra- 
dition qui veut « que celui qui mange l'agneau d'or ait le 
» privilège de Timmortalité (95). » 

• N'est-ce pas là ce que dit l'agneau : Celui qui mange ma 
chair vivra éternellement (24). De là^ comme le dit le 
P. Bouvetj la toison d'or du bélier était la figure de l'huma- 
nité du Christ, offert à Dieu comme un prix d'or pour le salut 
du monde. 

On appelle le ^Soin^ hoang-Yang ^ ^ Vaffneaujtmnej de 
même que dans le T-king il est désigné par ^ ^ Hoàng* 
nieoûj i|| ^ hoang-changj ^ ^ hoang-U (8S). Hoang veut 
dire ici sa divinité ; yâng, nieoû et chang-li figurent son 
humanité. ]\^ais rien peut-être ne prouve plus fortement que 
les mystères de l'agneau divin n'ont pas été plus inconnus 
aux anciens Chinois que les caractères suivants : 

1"* Le caractère ^ kào. Ce mot doit s'écrire ||. Ces 4 points 
qui sont placés dessous au lieu de j/tC? 1^ sont à tort, ^ diffère 
beaucoup de H mouei. ^ ou mieux |^ kao veut dire un 



(19) Vir dolorum {Isaie uUj 2). 

(20)fiw5M;ïîiio ^ u ^ m m 

f^. Tradition. 

(21) 31 JS ^« Choue-ven, 

(22) ^ m :^. Tchang-tsien. 

(^^) ^ K ^ ^ M* Tradition d'après Tchanff-Uien, 
^4) Qui mandueat œeam camem... hai)et vitam eternaBo... qui maadncat 
huncpanein vivet lu œternum (Jeanvi, 65, 59). 
(26) J'king. 



I 



332 TRADITIONS GHRilIinVIVBS EN CHINE # — ART. T. 

petit agneau* On y ajouta 9i léfeu^ dit Tchang-tsieriy « parce 
» qu'il est excellent rôti (26).» Comme ce motif semble in- 
couTenant pour un hiéroglyphe, Pao-chi veut qu'il y ait une 
erreur dans la lettre H; il écrit donc, seulement un petit 
et tendce agneau ij> ^ (27), comme H mauei est ^ ^ 
le f^tand agneau. Maijs cette supposition est futile, car ^ 
mouei ne signifie pas précisément un grand agneau, mais 
tout ce qui est beau et bien se désigne par H mouey* Bien 
pluâ, le caractère ^ ta qui contient ta *Xc grand eit/ang ^ 
agneau^ s'entend d'un petit agneau. On place le feu ^ ho 
sous ^ yang dans le mot kaoy comme on le place au-dessus 
de gin A homme, dans le mot ^ houang^ que Ton écrit 
à tort 36 et qui signifie lumière, « Je suis la lumière du 
» monde (28), dit l'agneau, et je suis venu apporter le feu 
sur la terre (29) ; » et il est dit de la Jérusalem céleste, gîte sa 
lumière est l'agneau (30). 

Le Choue-ven, à la lettre ^ kaOy ne dit pas qu'il y ait le 
feu 9C f^i mais il dit que tchao illuminer, abrégé, donne 
le son de hao. Ces abréviations ne sont pas toujours dépour- 
vues de sens, mais je placerais, moi, la lettre ^ kao 
dans la A* classe des caractères, et je dirais qu'elle est compo- 
sée de ^ yang et de i§ tchào-sengy parce que cet agneau 
divin est la uraie lumière^ laquelle tchaOy illumine tout 
homme (51), mais à cause de nous elle a été abrégée. Ajoutez 
ici m kao que le Choue-ven explique par |Ç J^ ell-choù^ 
un certain appas (52). C'est l'agneau qu'on nous invite à 
manger H ^. Qui ne sera pas attiré par une telle riourri- 



(26) Thcang-tsien, 

(27) FaO'Chù 

(28) Ego sum Inx mundi {Jean Tin, 12)« 

(29) Ignem venl miUere in terram (Luc zii, 49). 

(30) Et (ucerna ejus est agnus {Apoc. xii, 29). 

(31) Verbum.... erat lux vcra qaiB Ulamhial omnem homioeip Tenientem 
in tiuDC mundam (Jean i, 9). 

(32) C/ioué-ven. 



STMBOLBS DU SAINT. — L^AGNEAU IMMOLÉ 3^3 

ture ? De même HI Arfo est -JS; ^le grand Ckef^ selon le 
Choue-ven^ auquel rien d'autre ne se présentait à dire : « Lès 
» brebis suivent l'agneau partout où il Ta, dit l'Ecriture (53), 
» l'agneau est leur Chef ^. Enfin H kenffy selon le 
)» Choue-ven, est le mets qui renferme toute saveur (M), b 
La raison en est qu'il est l'agneau très-bon et très4>eau, 
fl m(meiy qui, comme la manne, contient en soi toutes les 
saveurs. Ce caractère keng H est comme le jj^ que nous avons 
vu plus haut, c'est-à-dire Vaçneau qui est tout à la lois grand 
et petit ; grand en lui-même , petit par rapport à nous; gnmd 
comme Verbe» petit comme Chair. 

2* Le caractère IfE kiun signifie les égaux^ les compagnons 
du même iroupesai^^J^peyyeyVi'm^i parle leChoue^ven (3b). 
Quelques-uns disent que les brebis vont par trou|)e, et que 
ron met pour cela $ agneau; d'autres disent que le Chef les 
précède toujours, et que l'on met pour ce motif S Idtm. Joi- 
gnez ces deux mots : ^ ^ ^ J© et l'on a Roi des brebis 
ou bon Pasteur. Le divin agneau a la même nature que ses 
brebis ifê |£ $ ; cependant il est roi et Dieu '^ ^ M' 
Il est agneau ^ yang^ parce qu*il est homme ; il est ^ kiun^ 
parce qu'il est Dieu. 

3® Le caractère J$ siang signifie Ecole, c'est-à-dire J** 
la maison de Vagneau ^. ^ signifie la même chose, ce 
qui est ou ^ ma 7** maison^ ou J^ ^ la maison dés dons, 
^ sîu est Tordre, car cette maison n'est pas une Babylone. 
Dans cette Ecole^ mon seul maître est ^ mon ^ agneau ; 
et il n'enseigne rien autre chose que la douceur , l'humilité 
et l'ordî^e. 

4° Le caractère jt fi^ng signifie : les hommes pasteurs de 
brebis de l'Occident. Ainsi parle le Choué-ven. a Ce carac- 



(33) Virglnes enlm sunt ; hi seqauniur agnum quoimmqae iet'it (Apoc, 
XIV, 4). 

(34) 3l ^ ft H. Choue-ven. 
(3&) Choue-ven, 



324 TRADITIONS GHRiTDBlfNBS EN CHINE. — ART. V. 

S. Paul dit également : 

« Notre Pâque, ou notre Agneau pascal, qui a été immolé 
» pour nous, c*est le Christ ^; ce qu'il répèle plus de 30 fois, 

•• CoBtlnnaltoB du «yntibAlIfline de TAsBeAn d«B« l'JSglIne 

do ChrUf. 

Tel est le symbolisme de V Agneau exposé dans nos Ecri- 
tures. On comprend que ce même symbolisme a dû se conti- 
nuer dans TEglise. El, en effet, c'est sous ce nom que les 
premiers chrétiens cachaient et adomeni Jésus dans les cata- 
combes. On y voit en effet V Agneau divin sur son trône, et 
aussi se tenant avec sa croix à la porte de sa bergerie K 

Mais c'esi surtout dans la Liturgie que. V Agneau fut placé 
et y lient encore la première place. 

Dès le commencement du sacriflce quotidien que l'Eglise 
offre au Dieu très-haut, elle désigne quel est VAgneau à qui 
elle rend hommage et qui est le Dominateur de la terre. 

01 Seigneur, fils unique, dit-elle, JÉSUS-CHRIST, Seigneur 
» Dieu, Agneau de Dieu, fils du Père, qui effacez les péchés 
B du monde, ayez pitié de nous ^. > 

Rappelant les prescriptions de l'ancienne loi, et y faisant 
remonter ce sacrifice, le prêtre dit à Dieu : 

a Nous offrons cle vos dons et de vos faveurs à votre grande 
j> majesté, cette Hostie pure, celte hostie sainte, cette hostie 
9 immaculée, pain sacré de la vie éternelle, calice du salut 
x> perpétuel, daignez les regarder d'un œil propice et serein, 
» et les recevoir comme vous avez daigné agréer les offrandes 
9 de votre serviteur, le juste Àbel> et le sacrifice de notre pa- 
» triarcbe Abraham, et le sacriûce saint, THostie immaculée, 
» que vous offrit voire grand-prèlre MelcAisddec*. » 

Et pour montrer quelle éUiit cette Hostie le prêtre dit, par 
trois fois, et en toute connaissance des paroles qu'il profèie : 

a Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, 

* / Cor., V, 9. 

2 Voir Kossi BuU. di archeoL Crisi.y t. m, p. 126 et Itô. 

> Domine, illi un<genfte, Jesu Gliriste, Domine Deus, Âgnas Del, filial patris, 
qui toUis peccata mundi, miserere nobis (Dans le Gloria in excelnt), 
^ Au CaTwn de la Messe. 



STMBOtËS DU aAINT. — L^iGNEAU lUMOLÉ. 32^ 

» ayez pitié de nous, ayez pitié de nous, donnez nous la paix^» 

Mais les anciens devaient manger de la victime qui était 
oITerte ; tous les Juifs étaient obligés de manger de V Agneau 
pascal, cela se réalise dans l'Eglise; les fidèles s'avancent pour 
recevoir leur part du sacrifice et le prêtre leur dit encore : 

« Voilà TAgneau de Dieu, voilà Celui qui efi'ace les péchés du 
à monde ^. » 

Certainement, si la tradition historique ne donnait pas l'ex- 
plication de toutes ces paroles, et ne nous faisait pas connaître 
l'origine et la signification de ce magnifique symbolisme, ces 
paroles seraient incompréhensibles. 

C'est en les comparant à toutes ces traditions qu'il faut lire 
celles que le P. Prémare va nous exposer sur le symbole de 
VAgneau, conservé en Chine. 

De THiéroglyplie Tang l'Agneau. 

On n'est pas d'accord sur la véritable analyse du caractère 
^ yâng. Le Choue-ven dit a qu'il appartient à la 2e classe et 
» rapporte ces paroles comme venant de Confucius (5) : Les 
K caractères qui expriment le bœuf et l'agneau peignent les 
» objets aux yeux (6). » Mais le dictionnaire Tching-tsee-tong 
» nie ouvertement que Confucius ait jamais prononcé ces 
» paroles (7). » Il y en a qui veulent que ^ nieou diOère 
de "¥> parce que les cornes du bœuf s'étendent au dehors, 
celles du bélier au-dedans; mais Tchang-tsien rejette cola, 
avec raison, comme incertain ^ >È& j^ J^y Ouei pUyen-ye. 
On peut toutefois laisser le caractère ^ dans la 2*^ classe, 
jusqu'à ce qu'on puisse l'élever à la 4® classe. 

Tous, sans exception, expliquent ^ yang par jj^ tsiang. 



1 Aa Canon de la Messe. 

* A la Communion qui a ilea à la Messe. 

(5) ConfucitUy dans le texte ci-après. 

(6) ^ ^ ± ^ JSl ^ * ^- Chouê-ven, Tidne iih. 

(7) ?L "? ^ Jft ^« Le dict. Tching-tsee-tong, sous les Ming, 
1368-1573 de J.-C, par Tcha'ng-tse-lieh, 



33^ TBADITIONS CHRATtERlISS Bff CHINE. — ART. T. 

ç 

» tère Teut dire A ou fl A homme quij à cause de son 
» extrême charité s'est faiLt^n^au :^ (59). r> Ajoutez ^ yé- 
mssemenU de V enfant, selon le même Choue^en, caractère 
lemâiDeque Pâ (SV7), duquel ob ne peut donner aucune 
expltcationi sinon qu'il faut Tentendre du vrai Heou-tsiy qui, 
connue le dit le Ckg-'kinjji, « remplissait la route de ses cris et 
» de se9 gémissenaenls (S8). » Cet enlant est jt homme- 
agneau^ et P 2a Ixmche du Seigneur^ ^^ M. l^ roi par lui- 
même, 

b^ Le biéroglypke K est écrit aussi f^^ ou ^ ycmg 
agneau et % eul enfant Le Ckoue-ouen dit « que c'est l'a- 
w gneau d'une terre étrangère (41). vG'est Tagneau attendu si 
longtemps par les anciens, et qui faisait dire à Isale : « En- 
» Toyez l'agneau dominateur de la terre (48). > 

Ces caractères sont les mêmes que fi| et jS ^ iS- Car 
A? 'iCj ? et ^ désignent la même chose, à savoir le Saint 
en tant qu'homme. 

^'^ H 1/^9 selon le Choué-ven, est « l'eau ou le fleuve 
» coulant au loin (4S)' Ce mot présente j^ yùn^ éternel et 
^ yâng agneau. » Si on l'entend du fleuve, c'est ^ ^ le 
fleuve de Vagneau dont parie le livre Chan-hay-kinq (44). 
C'est avec raison qu'on l'appelle ^ tchang et ^ yùn étemel^ 
puisqu'il arrosera^ pendant toute l'éternité, la montagne 
de Dieu. 

V H sieuy désirer vivement^ est composé de ^ tsé «^ue le 



(36) ISjftft^A-fco m AUW- Choue^ven, 
racine 114. 

(37) ^ >J> % ?i 4 O Pâ >J> % M JSL' CKoue-ten. 

(38) ^ fi Pi PS o m M M9i' Chy-king. I. lu, c. 2; 
Ode 1, n. 3. 

(41) Choué'ven. 

(42) Emitte agnum domlnatorem terr» [Utiïej xxvi, 1). 

(^3) fli ;4C ;S 4t»* C/Mu^-ven. 
(44) CJ^dfi-ftai-Inny, 



BIFFÉRBim VOUS DOfIfliS AS BÂmfié dlS 

choue-^en explique en ces termes : désirer de telle sorte 
que la salive en vienne à la bouche (48). C'est ainsi 
que familièrement nous disons en français : l'eau en 
vient à la bouche. Que désire-t-on ayec tant d'empres- 
sement? L'agneau :^. Si Ton divise en deux parts le carac* 
tère ffty on trouvera dans H le fleuve de l'agneau ^ ifiy 
le fleuve de volupté et de joie ^ jfc. Aimons ce fleuve. 

8* # yânffy dissimuler. On raconte que ^ ^ Ky-tsét 
feignit être fou ^ ^ dans la cour d'un tyran et cela pour 
éviter la mort (40). Le Saint a passé pour fou devant Hérode. 
Ce mot # est A Vlwmme ^ Agneau. 

9* ^ yang^ tristesse, maladie. Le Tchanq-tsien c rapporte 
» que les anciens avaient cette coutume de s'interroger mutuel- 
> lement de l'Agneau (47). d Et pour donner une explication à 
ce qu'il ne pouvait savoir, il ajojte niaisement que « les 
9 agneaux ont une laine molle ; quand le cœur est mou, il est 
«rempli de tristesse (48). > Quelqu'un dira que ces carac- 
tères sont placés ici pour ^ |^ vou yang\ le sens est 
• que les anciens slnforniaienl poliment de la santé les 
» uns des autres, qu'ils se la souhaitaient bonne, » comme 
on le fait dans nos sociétés nKMlernes ei qu'il n'est pas 
nécessaire de recourir pour cela à la i** antiquité iSr A* 
liais, je demande pourquoi l'a^eau ^ dans le cœur 
V^y dénote le chagrin et la maladie 1 II me semble qu'oH 
ne peut en donner une autre raison que celle-ci à savoir que 
l'agneau futur était toujours dans le cœur des anciens 
saints et qu'ils ne désiraient rien aussi ardemment que sa 
venue. L'espoir difl'éré remplit Tâme de tristesse. De tii ite 



(4ô) ^ 3 9i U ft' Choué-ven. 
(4S) Ky*-Ue. 

(47) llï A ^ ^ ^ Tehang^tsien, criUqne fameux qui a 
paué plua de 80 ans à Térifier, éclaircir «t corriger Je Chou^^veup cC qiÉ en a 
donné une ^ition qae Ton cite eous son nom IMém, Mnoii^ L i, p^ a04 et 
U n, f. 35â et 389. 

(48) ^Bfl^ O Hc^&fRS- Maf^'tH&ii. 



336 TBADITIORS GBBÉT]Slfni6 EN CHtNC — A1IT. Y. 

s'écriaient sans cesse : ^ ^ V agneau ne vient pas ? et ils 
s'informaient les uns aux autres %^: N'y a-t-il aucune 
7iouvelle de l'agneau, que mon âme désire ? 

Le Choué'Ven à ce mot, ^ ou ^ tOy qu'on écrit commu- 
nément par a^ chi, serpent, dit : 

C'est-à-dire c autrefois le Serpent des tribulations se cachait 
9 sousTlierbe, c'est pour cela que l'on s'interrogeait mu- 
stueUement: Le serpent est il caché ici? Pourquoi dit-il 
» autrefois J: "ET- Est-ce qu'à présent le serpent ne se cache 
' pas aussi sous l'hei^be ? Pourquoi le nomme-t-on j^ JÈ 
â serpent des tribulations ? Les anciens disaient ces mots : 
^ f!k iè par crainte, et ceux-ci ^ ^ par désirs (49).» 

10. H yeou montre les deux caractères ^ l'Agneau et ^ 
Kieou ancien. Cet agneau est plus ancien que le Ciel et le ca- 
hos, et nous conduit seul au bien. C'est pourquoi le Choué-ven, 
suivant une antique tradition, explique H yeou par ^ tdn 
entrer ^ chauj dans le bien et H yeou se confond avec yeoùy 
Dl pouaserj exciter à^ tenter. On loue Confucius de ce 

qu'il poussait doucement au bien ses disciples # SI A- ^ 
ce n'est pas mal de la part des Lettrés de la dynastie Song 
d'avoir emplojé ce caractère yeoù pour ^ tab ; bien 
qu'ils aient complètement ignoré comment ^ ^, Tantique 
a^neaUy est appelé m tab^ sageeee^ route^ parole, verbe, 

11* H Sieoiu Ecoutons le Choué-ven. Ce mot 'signifie: 
offrir en haut- Il se compose de Tagneau ^ qui est offert 
et du caractère 5 tcheou (80). Ce dernier caractère est 
absolument le même que ^ sieouy comme la lettre > est la 



(49) Choue-vefit racine, 475. 

m mm m 4L o ^ ^ o ^ m m 4b o 

I9§ S O dE ^ S> Choué-ven, racine, 529. 



DIFFÉRBNTS ROMS IK>NNÉ8 AU SAINT. 337 

même que ^ tchou, seigneur. Mais il faut savoir que S est 
le nom de la 2«' heure depuis la 1'« après minuit jusqu'à la 
la 3"" h. Une tradition porte que le <e ciel a été ouvert à la 
» !'• heure, appelée en chinois ^ tsè, que* la terre a apparu 
» à llieure suivante dite S tcheau ; que Thomme est né à la 
» S^* heure dite S| yn (Si). » 

Bien qu'on puisse entendreces paroles de Tœuvre des 6 jours 
on leur trouvera pourtant un sens bien plus digne et plus 
saint, si Ton dit 3^ ^ jfSf ?, parce que les cieux ont 
été créés par le Fils; M H !fô 5, parce que l'oblalion 
de l'agneau a réparé la terre ; A ^ i& Hj P^^rce que les 
hommes ont reçu de cet agneau une nouvelle vie. . 

La vérité ou la probabilité de cette explication est évidente 
et se prouve 1*» par la lettre «3: qui signifie, /ite. Ilest cer- 
tain que tout a été fait par le Fils; 2« par la lettre 5 qui est la 
même que ^ offrir un Agneau ; 3« par la lettre H yn qui est 
mieux écrite de cette façon ^ et représente fS un dais sous 
lequel est le Saint X ou — A> sur lequel deux person- 
nes A A> AdameiEvey s'appuient avec toute leur posté- 
rité pour avoir la vie. Enfin ce même mot H veut dire : 
aliment et alimenter, comme 31 2/^''^ ^^ut dire manger 
Vagneau ^ ^. Le dictionnaire Tching^se-tong explique le 
caractère 51 ^wmr par "^ yoù nourrir et par ;ê longtemps. 
(82). Or W se compose de if ou % filius^ mais renversé 
et de A joùf viande. C'est donc le fils descendant en bas 
et devenu chair. ^ Tclmng^ comme je l'ai dit souvent, si- 
gnifie long et étemel, 

12® 5 <^*î*Wj dont je crois avoir déjà parlé. Ce mot est le 

même que 3^ hiang où vous voyez fiU^^tX agneau $ pris 
l'un pour l'autre sans distinction. Ensuite on l'explique par 
X tcliou. 3c SÎ> <Jit Tchouang-tsee, est une nourriture 



(51) acHiftS: oJfili»aoA^« 

s* ^ Tradition. 

(52) Tching-ue-tong, célèbre dictionnaire publié en 1670. 



338 TEADITIONS GHRÉTIENNBS BR GHINB. — ART. Y. 

céleste, ou le pain du Ciel, ou le Ciel nourriture ^ ^ (ItS). 
13° H moueij doux, suave, selon le Choue-ven. Il se com- 
pose de ^ et de i:^ (54), dans le même sens que chan ^ bien. 
Quand TAgneau est ^rand, dit la Glose^ alors il est beau et 
bon (55), d'où le mot ^ moueij beau, bon, renferme le mot 

5fe to, jfrand. Sur ce, Tchang-tsien fait remarquer avec rai- 

au 
son « que ^ est vraiment la même chose que H numei (66). 

uu 
Dans Tun et l'autre on trouve ^ le grand agneau. Et cepen- 

dant, selon le CAoue-ren, "^est un jeune et tendre Agneau. 

>J> ^ <Ët. La raison que donne la Glose est donc peu admis- 
sible. Celui qui était grand par lui-même s'est faft petit à 

cause de nous ; et c'est pourquoi le caractère s^ ta signifie 

un petit Agneau. Mais Dieu Ta élevé et comblé d honneurs ; 

c'est pourquoi on trouve ^ dans ^. Que ce soit ^ ou j|, 

on trouve toujours iA; ou — A Dieu homme, fait agneau ^ Le 

caractère g ta est le même que ^ Ce trait L désigne 

les pas de l'Agneau ; d'où il veut dire atteindre. < Il touche au 
7> haut ci au bas, dit le Chou-king (57), parce qu'il est petit et 
grand tout à la fois, vrai Dieu et médiateur des hommes. 

14"* ^y, justice, se compose, selon le Choué-ven, de ngo- 
y&ng ^ $, mon Agneau. La Glose ajoute que c'est le même 
sens que H OAan^bon, et qu'il se compose de ^ (58)« 



(53) 1^ % ^ M O ^ 1^ 4tf Tehfmang-Uee, 

(54) m^i^om^ m'^ ^mm m-ch^ven, 

racine 114, n. 25. 

(65) ^ * filj H O Éfc «§ *. Glose, ibii. 

(56) TcAanflf-toicn, volro. 47. 

(57) îfe Ji jR ± T- Cfcou^in». 

(58) jlkHIllRlS O &I9§^. C/umé-Mn. radoe 
lU, n. 26. 



DIFFÉRENTS NOMS DONNÉS AU SAINT. 339 

Je sais des Chinois que la lettre H y yeut dire : Moi 
V Agneau |I2 $ ou mon Agneau. Mais comment l'idée de jus- 
tice qu'ils attachent à ce mot est-elle venue ? Les Chinois ne le 
savent certainement pas. L'auteur de ce signe a agi avec un 
grand tact en prenant, pour enseigner la justice au peuple^ 
ces deux mots ^ et $. Car, pour cela, il ne suffit pas de pren- 
dre le signe Agneau et victime et celui de ^ ngoy moiy le Roi. 
Mais Tun et l'autre doivent être tellement disposés, que le 
sens donne Agneau-Roi et Roi-Agneau^ c'est-à-dire Dieu 
homme et homme-Dieu. Mon Agneau ^ ^^ dit le Père, satis- 
fera abondamment à ma justice ; ^ ^ moi Agneauy dit le 
Fils, c'est-à-dire ma chair paiera rigoureusement la dette due 
à mon Père. ^ ^ mon Agneau^ dit le fidèle, c'est Jésus-Christ 
qui est toute ma justice ; par lui, j'apaise la colère de Dieu et 
je satisfais à la justice divine. Enfin, moi Agneau ^ ^ on 
H est justice, car sans cet Agneau, nul ne peut être juste. 
Ajoulez ici ^ qui est le même que ^ Ay victime. Selon le 
Choué'Ven, il se compose de ^ et de ^ (89). Ç est une 
particule qui exprime une grande stupeur et admiration^ de 
sorte que H ^ est comme si l'on disait : quelle justice que 
celle qui demande une telle victime ! De même m y veut dire 
& JJÊà f'èglet et ^ chan^ bien, etc. j| A 6st le juste, ou si vous 
le préférez ^ $ A »w^?n Agneau homme. De même ^ y, parler, 
disputer ^ Jjl. L'analyse donne ou ^ a^ ^ moi le Verbe 
AgneaUy ou ^ $ ^ parler de mon Agneau. Ces paroles ne peu- 
vent être appliquées qu'à Notre-Seigneur. La lettre IS9 que le 
Choué^en explique par ^ Ma beau .H chanj bien, donne la 
même analyse (60). Car ;& est proprement le Verbe incarné, 
parce que c'est H ou Jl le suprême, ZLeul second, P hou fait 
chair. Dieu dit donc ^ |f voilà ma Parole ; ^ ^ voilà mon 
Agneau. Nous pouvons, nous aussi, dire de Notre Seigneur 
qu'il est nôtre, mais en dehors de Jésus-Christ, il ne peut y 



(59) Choué-ven. 

(60) Choué^en, 



340 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. V. 

avoir rien de bien et de bon. Vous allez le voir encore mieux 
dans rarticle suivant, sur le mot ^ chan. 

15^ % chan^ dont la vraie et ancienne orthographe est ^, 
signiûe bon, vrai, heureux, bonheur. « 11 est composé de ff ff 
Ti et de ^. L'analyse nous donne le même sens qae jt et 
» ^ (61). » Ces mots, qu'on lit dans le Choué-ven, ne peuvent 
évidemment venir à Tesprit de celui qui n'a jamais ouï parler 
de V Agneau vrai. Je ne voudrais pas cependant afûrmer que 
Hiu-tching (62). auteur du dictionnaire Choué-ven, en trans- 
mettant àla postérité ces traditions, en ait eu lui-même une 
vraie notion. Mais il est nécessaire que les anciens qui ont 
inventé ces signes, aient eu une idée très-ckire du mystère 
de TAgneau. Autrement, comment auraient-ils pu détermi- 
ner ce signe ^, ou ^ V Agneau entre deux parûtes l^j pour 
signifier bon, vrai, heureux, bonheur, etc. ? Les Saintes 
Ecritures avant le Christ ne sont pas moins :ê^ ^ la 
parole de VAyneau^ que les Saintes Ecritures après le 
Christ. Sous son inspiration les anciens prophètes parlaient de 
l'Agneau futur el disaient paroles de V Agneau, |F ^ ; mais 
aux derniers temps, TAgneau lui-même a parlé ^ % 
Maisi)Our que ||| soit le vrai et le bien^ ou TAgneau lui- 
même doit parler, ou les hommes doivent parler de lui. En 
dehors de cela, tout n'est que paroles et bagatelles (nugœ nu- 
(/arum). Selon le Choué-ven, le caractère ordinaire H se com- 
pose de ^ et de §, mais en abrégé (65). La parole de TA- 
gneau, soit que l'Agneau parle lui-même, soit qu'on parle 
de luj^ est toujours une parole abrégée, parce que plus on 
dit, plus il reste à dire. Ajoutez ici f^ tsiâng^ clair, éuidenty 
intelligible. Il n'y a rien de plus commun dans les inter- 
prètes chinois, que de dire ^ W} oue tsiâng, tdautel lieu 



(61) m^ JiL o mu^ m o ib m^mm 

A* Choué-ven, racine 57. 

(G2) BiU'Uhing, auteur du Choué-ven, 89-121 de J.-C. 
(63; Choué'Ven. 



LB ORAfiON neUBANT U BAIHT. 34! 

est inexplicable. Cela ne doit pas étonner. Car FAgneau divin 
ne leur avait pas encore parlé ^ :^ |f. « L'Agneau seul est 
» digne d^ouvrir le livre et de briser ses sceaux (64). » 

16° 5S ^^y vénérer y remarquer y veiller. Ecoutons le Choné- 
ven (65). Ce signe est composé de ^ et de @ selon le sens et 
l'analyse des lettres H H et H y mouei chan. Selon le même 
Chaué^efiy ^ pao est composé de A 6t de ^. 

Donc le fils de Thomme devenu Agneau est l'objet de 
notre culte et le motif de notre attention et vigilance, suivant 
l'esprit de ces anciens. Que si par ce mot ^ paoj vous enten- 
dez embrasser, le sens ne sera pas changé. Il sera celui-ci : 
embrasse TAgoeau ^ ^ et cela voudra dire : vénérer et 
veiller. Dans le cours du temps, la lettre ^ a été abrégée 
en 135' et l'on a mis à côté la clef Jt qui veut dire : frapper ; 
parce qu'il y en a beaucoup qui ont besoin d'être stimulés 
par les éperons. Ainsi ^ Maoy la loi; ^ hiao suffit aux par- 
faits, qui honorent Dieu comme leur père ; on prépare aux 
autres ^ kiao^ afin qu'ils le craignent dans ses coups. La loi 
n'esi pas pour les justes ; ama et fac quod vis (66). Les 
trois signes ^H, ^y ^ appartiennent à la même catégorie 
quant au sens et à l'analyse^ parce que ^, Agneau, A» 
Homme, -J^, Fils, f , Verbe, ^, Pierre précieuse et î Roi, 
disent tous la même chose. 

17** H Tcliat/y envoyé, dont l'orthographe ancienne est 
^, se compose, à savoir de JH Verbe et de # Agneau^ vrai 
Messie. Il a été Messie pour sauver le monde; la rédemption 
des hommes est l'cBMvr^ X de l'Agneau ^. Vous voyez que X 
Kong et ZL eut se prennent ici l'un pour l'autre. L^ Tchang- 
tsien veut (|ue de même que X signifie un et trois, ainsi 
JLKonff est un ti double. Ainsi, bien que Tchao-fan'fou{ii7), 



(64) Apocalypse, \, 2, 8. 

(65) m o i9§^t£â o mm m ë mm- 

Choué'Ven. 

(66) Vlmitation de J.-C 
(61) Tchao-fan-fou. 



342 iBADinow uttÊiumis m cmwL -* abt. t. 

auteur du dictioanaiie Tchang-tsien (68), n'ait pas ni cela, 
il n'y a qu'une seule personne | communiquant en haut et 
en bas, parce qu'elle a deux natures, l'une di?ine désignée 
par la ligne supérieure — 9 l'autre humaine qui est désignée 
par — de la ligne inférieure. X ^eut dire, travail, parce 
qu'entre les œuvres de Dieu, il n'y en a aucune de meiUeare 
et de plus grande que celle du Christ et parce que, comme 
le dit fort bien le Chou-king : a l'homme, c'est-à-dire le 
» Saint, a accompli, à la place du Ciel, une œuvre céleste, ea 
> sauvant le monde par sa mort (69); n il avait été envoyé pour 
cela H- 

11« FOiNT. — Db £ LONG, ou du Dragon. 

Cet hiéroglyphe a été jadis écrit de bien des manières : i"* 
on l'écrivait : ^ ou ^ dont la tête ^ semblé être l'Agneau 
^ comme dans le mot g^ King. 2« ^;^. On explique % 
par Ht Jieou et celui-ci par ta ^ grand ; ^% esX donc la 
même chose que ta-ty ifc ^ le grand seigneur. 3" WA 
signifie esprit intelligent \ car le caractère % houy ne 
doit pas toujours recevoir une mauvaise acception , qu'il 

n'a pas de lui-même. 4'' M^ S dont le sens se tire de Tfc et 

de 7Î% que l'on a déjà expliqués plus haut. Ces signes, que 
l'on trouve dans le nouveau dictionnaire appelé Kang-hy- 
tsée-tien (70), montrent assez que par H I^ng, on n'entend 
pas toujours le dragon. Lorsqu'on parle du dragon^ on 

met sous les yeux ces signes J^ ^ qui peignent assez 
grossièrement cet animal. 

Le signe le plus usité est ^ qui a 3 parties : La l'*" est 
jfc- Le Choué'Ven prétend que c'est un abrégé du caractère 



(68) _;tHSî O— « nSX. Le Tchang^ 
Uietiy dictionnaire, dît le P. Prémaie^ nom sembiable à celai da critique 
désigné n* 47. 

(69) Ji X O A ft fÇ i:* Chou-Hng, L 1, c 4, n. 6. 

(70) Dict de Femp. Kang-hi. 



LB DRA60N nfillIlAlVr LB 8AIIIT« 343 

Jj^ Tong qui donne ici le son et Taccent de Long (71). 
La 2« est ^ jou^ chair ; la 3* est ^g, qne le Choue-ven dit 
être le même que ^ /<?y, voler (volare) (72).« Tchang^tsien 
» dit que l'animal Long n'a pas de femelle et que c'est pour 
» cela qu'il est composé de ^ Tonffy qui signifie enfant 
» vierqe (75). » Long est monté au ciel ; c'est pourquoi on y 
à ajouté I qui veut dire voler. Personne ne dit pourquoi on y a 
ajouté le caractère J| chair. <i Long^ dit le Choué-ven, est 
» invisible et visible^ grand et petit, fini et infini ; à Téquinoxe 
> du printemps il est monté au ciel ; au milieu de l'automne^ 
» il est descendu dans Tabime. il est le cbef^ le roi de tous les 
y animaux qui portent écaille (74) ; sur la tête il porte un 
» os appelé tchi-mou, lequel a la forme du mont po; sans lui» 
• Long ne peut monter au ciel (75). » 

Long appartient à l'eau, de telle sorte que la pluie ne 
tomberait pas, si Long n'était pas monté au ciel (76). 
a Long entend par ses cornes et non par ses oreilles (77), 
» Long a la vue très aiguë, mais il n'a pas d'oreilles (78). 
* » Enfin Long est armé de 5 ongles, insignes de Tempereur de 
» la Chine. » 
Ainsi partent les monuments chinois. 



(71) Choue^ven, racine 427. 

(72) Choué'Ven, Ibid. 

(73) gg i!^ lit 4fc tK A- Tchang-tsien, voir nui. 

(74) ȉii::goiiiiiigBj o mmm:E 

W îlîîl o ^ Jk M±^ o M 'S M' aotte-t?en, racine 427. 
(75) LeR. P. Hervieu fuit remarquer avec ra' son que les caractères ^ 

et ^ signifient vulgairement court et long ; mais tout ce qui est flnl est 
court, et tout ce qui n'est pas éternel n'est point long (Note du P. Prémare). 

(76) m m ± w#inis aj«0x*o 

ÎS . K ît^ ^ lÊ ^f" ^' Chouéven. , 

(77) Il » JK ft :i^ 4U 5. Ch<mé.ven. 

(78) ^ 3 S # flB ^ 5. Choué-ven, 



344 TRADmoiis GHBiriBiifnss m ghiub. *- àbt. V. 

. Eq tout cela il faut remarquer 3 choses : 1« on le nomme 
leAoides animaux à écailles; entant qu'on le considère 
comme un animal véritable et alors on peut lui donner le 
nom de dragon ; 2* il y a certaines choses tirées de l'ordre 
physique ; les sapeurs qui sortent de la terre et des eaux 
montent» se condensent en nues^ et se dissolvent en pluie. 
De là les Chinois, s'en tenant à Técorce, se figurent que c'est 
réellement Long qui produit la pluie. 3° Dans les autres sont 
cachés des mystères inconnus aux Chinois. 

Cependant ils reconnaissent que Long est le symbole du 
Saint et Tchang-tsien écrit avec assurance t que le Long 
» est quelque chose de divin qui opère des changements et 
V des conversions admirables et inexpliquables (79). i» Mais 
comme ils n'ont pas uue idée exacte du Saint y ils ne peuvent 
expliquer les traditions qui ont été conservées sur Long. 

Long n'a pas de femelle. On dit la même chose de Lin, de 
LongM mèmede l'Agneau ^. Le Saint esi vierge et fils d'une 
vierge, et son père n'a jamais eu commerce avec la femme. 
D'où le Choué'Ven dit, d'après la tradition : Jt ^ Tong- • 
sengf, enfant abrégé (80). Isaïe avait déjà dit près de 900 ans 
avant : « un Enfant nous a été donné (81). :> 

Dans le symbole f| long^ on met ^ dvair^ non-seulement 
parce que le Verbe s'est fait chair (82), mais aussi parce qu'il 
a élevé au plus baul degré de gloire cette chair qu'il avait 
revêtue. 

Cette nouvelle explication ne détruit pas celle que donne 
le Choué-ven en disant : ^% yn est la même chose que jt 
* ^, élever la chair (85). » 

Dans Long, on ajoute | voUr^ car pour voler on a besoin 



• (79) Il H Tiff fil % ^ yf^ M* Tchang^uien, Tolr 
n.47. 

(80) Choué'Ven, 

(81) Parvolus datas est Dobis (isaïe, ix/ 14). 

(82) Et Verbudi caro factam est (Jean i, 14). 

(83) Choué'Ven. 



X 



IB DRAGON FIGURANT Ll SAINT. 349 

d'ailes^ et ici on trouve la cbair. Mais la chair a pénétré les 
cieux^ soutenue par la Divinité, sans avoir besoin d'ailes et 
elle est assise à la droite de Dieu. Le motif pour lequel on dit 
que le Long H est grand et petite etc.^ est que le Saint est 
Dieu et homnle. D'où on le dit If 1^ chose spirituelle. II a 
changé et converti toute la face de la terre, on ne peut le 
comprendre pas plus en tant qu'il est Dieu qu'en tant qu'il 
est homme. Long est le symbole du Saint, et c'est pour- 
quoi on le nomme ^ ^ Chouy-oue^ Chose appartenant à 
l'esLU. » 

La pluie ne tombe qu'autant que Long est monté ; l'esprit 
n'était pas encore donnée parce que Jésus n'était pas encore 
glorifié. 11 s'est plongé volontairement dans Tabime des dou- 
leurs, mais ensuite ressuscité il est monté aux cieux. Que 
s'il est monté aux cieux^ n'est-ce pas parce qu'il est descendu 

d'abord jusqu'aux entrailles de la terre }^ |9^— ^^^^i 4^' 
est descendu est celui-là même qui ensuite est monté au 
faîte des deux, ^ ^, afin de tout accomplir. On ne dit pas 
que Long n'entende pas du tout ^ ^, mais qu'il entend 
par sa corne et non par ses oreilles. Le signe |fi Ting ne 
signifie pas moins exaucer les prières qu'obéi?' aux ordres^ 
et la corne figure la force ou la divinité. Ainsi parce que le 
divin Long entend par la corne, i) sait tout ce qui plaît à son 
père, et il sait tout ce dont nous avons besoin, parce qu'il 
obéit par sa corne, son obéissance est d'un mérite infini ; 
parce qu'il exauce par sa corne il n'y a rien qu'il ne puisse 
donner. 

Mais que dire de cet os énigmatique. Il me semble à 
moi que c'est la croix elle-même que le Saint a prise comme 
une épouse chérie ; d'où il a pu dire : « Je monterai sur le 
» palmier et je cueillerai ses fruits (84). » Le caractère ^ 
ftou est purement métaphorique; en effet, c'est TcM-mcu f^ 
;tC. Tchi est une mesure et une régie. Nous aussi nous 
devons tout mesurer avec la seule règle de la Croix. « /^ est 



(84) Aseeiidam in palinam et apprelModam fructua eiiu (Cant. c. vii, 8). 



346 TRADITIOHS CHBAtIBIINBS SN CHDŒ. — ART. T. 

» composé de P et de X.- P !•' signe, est un homme mort. 

:> 1 le 2* est tt oue^ chose, i^ yC ^ ^ j-* i /^i. 

jF L ic ^ cDi j|» , ^ ta^ comme le dit le Choue- 

vert (88). Nous n'avons accès auprès du père que par la 
mort et la croix du Saint. Sans X ^y Xon^ ne peut monter 
au ciel ; et lui-même n'a-t-il pas drt : N'a-t-il pas fallu que 
le Christ souffrit et qu'il entrât ainsi dans sa gloire (86). 
Enfin, comme dans la suite des temps, les Chinois ont appli- 
qué à leur empire, par une grande adulation ou par une 
gi*ande ignorance, à peu près tout ce qui est dit du vrai et uni- 
que Ji J- Tien-tsee^ fils du ciel et maître de tout Tunivers^ 
comme cela était consigné dans leurs anciens manuscrits, il 
n'est pas étonnant que Long soit devenu Tinsigne des rois de 
la Chine. 

Dans les six lignes du symbole = Ifê Kieny (lel«0> 

toute la vie du Saint s'y déroule d'une façon admirable, et 
» on les nomme les Lou-long^ 7^ H, les six^ long^ non pas 
• qu'il y ait 6 Long, mais parce que le divin Long^ qui est 
» un et sans égal, a parcouru les 6 lignes, ou les 6 états^ ou 
» grades, chacun en son temps afin de pouvoir régner dans 
» le ciel (87). 
Symbole 1" |È Kim de l'Y-King : 

6« ligne 

5« — ligne 

4« — ligne 
3. — ligne 

2" ligne 

1'* ■ — ligne 
Dans la l'* ligne est figurée la vie cachée et privée du 
Saint. Soit quand il éUiit caché dans le sein de son' Père 
durant l'éternité, soit qand il demeurait caché pendant 



(89) Choué-ven. 

(86) Non De bœc oportuit pati Christam et ita intrare in gloriam snam 
(Luc xxi^, 26). 

(87) Ifif fH A il JH ^ %' T-king, «ytDbole i, n. U. 



LE DRAGON FIGURANT LE SAINT. 347 

30 ans dans la boutique de Joseph, c 11 ne cherche pas la 
» gloire dans ce monde, dit Ou-tching^ d'après le texte et la 
» glose de ven-yen ; il ne désire pas être connu des hommes. 
» Il est aussi grand étant caché qu'il l'est après s'être mani- 
9 testé ; il ne perd rien de sa gloire dans les plus grandes hu- 
» miliaiions; comme il n'y ajoute rien dans les plus grands 
p honneurs (88). » 

Dans la 2« ligne, c'est la vie publique du Saint. Le texte 
dit KL Long a apparu dans le champ (89)^ »et la Glose ven^y en 
s'efforce de le peindre ainsi : « 11 est droit et au milieu ; sa 
9 vie est ordinaire, commune, mais ses paroles sont sincères 
> et ses actes prudents y il chasse les \ices ; observe la vertu ; 
» remplit le monde de ses bienfaits ; il est humble de cœur ; 
» enfin sa vertu est souverainement parfaite et il a par ce 
» motif le don de convertir les cœurs (00).» 

Dans un autre symbole du premier-né lequel est le dragon 
Lonff H, le texte dit : « le premier-né dompte la région des 
» ténèbres et après 3 ans il reçoit sa récompense dans le grand 
» royaume (91). » Getle 2e ligne ajoute encore ceci :« Heureux 
» ceux qui verront Je Saint (le grand homme (92). » — « Ce 
» Saint, dit Mong-yn, surpasse de beaucoup tous les autres. 
» Comment Confucius et Mencius pourraient-ils être dits la 
B paix et la lumière du ciel inférieur et Long être dit 
B marchant sur la terre ? Est-ce que leurs bienfaits 
s> atteignent tellement tout le monde, que par leur pré- 



(88) :r^^^'Ë:mor^^^MAomm 

^^ëi^O M :h fr ^ M ^- Ou-tchtng et Ven^yen, 
(89) X» fi ^ H* T-hing, aymholei, n. Z. 

(90) îlfêMiE+«4oJt-i"±1S oJ» 

n ^ m o mm^ ^ m ot iÉiîr;ffÇo 

fê IS M TU* Comm. Ven-yeriy dans VY-king, symb. 1, n. 26. 

(91) m m fi %:» oH^wîr»* a. 

Y-king. 

(92) M ^ :k A- Y-king, symbole !, n. 3. 



348 TRADITIONS GHRÊTIBlflfBS EN CHINE. — AET. V. 

» sence une si grande utilité se répand sur toutes cho- 

» ses (95)? V 

Ces mots ^ % Ifi A ^^ ^^ ^ ^^ se lisent aussi à la 5* 
ligne ; c'est pourquoi Hiang ngan che dit : « II y en a qui 
» pensent qu'il est utile à la 2« de Toir la 5« et à la 5« de re- 
1 garder la 2* ; mais cela est faux. Car dans le^ deux lignes 

> on dénote des hommes auxquels le plus grand avantage sera 
» de voir le Saint homme. Quand le Saint est caché, le 
» monde languit dans les ténèbres et quand le Saint apparaît, 
» il remplit le ciel inférieur de sa lumière (94). » Ainsi parle 
cet auteur. 

< C'est-à-dire, comme dit Mong-yn, le ciel inférieur est 
» converti par le Saint (95). « o Dans les autres symboles, 
» dit Yu-yen, la 2^ ligne est le lieu du ministre du roi, mais 

> dans le symbole Kien |g, les six lignes se rapportent toutes 
» au roi (96). » D'où vous conclurez que dans la 6« ligne 
% H ne signifie pas lerebeHe Long, 

Dans la 3<* ligne se trouve la fin de la vie du Saint. C'est 
avec raison que le chapitre Ven-yen dit : c En haut il n'est 
» pas au ciel ; en bas, il n*est pas dans le champ (97). Sur 
» le soir il craint, dit le texte, et il tremble jusqu'au ma- 
» tin (94).ï>Le Fen-yen en donne la raison, à savoir c'est que 



(93) ?LS««3ST3îtBJollîl«lîl 

O ^^^ !« iK 4» o M :$ 4» J% ^ s ^* jfong. 

yn, yen 1400 de J.-C. 

(94)^s-« fis o s:*lfi:io* 

JiL o m M A m M. Z o m m A» o 9A 

the, aateor da 13* siècle ap. J.-C. 

(95) 5cT«*3lC«:2:fl:. Mong^n. 

(96) flia^£i ::ôe o*»£l^«S 

o IËA\3to'S'é:&±^- Yu-yen, 

(97) ±^^È5c o T^'HÈ ffl- F«i-!/ffn dans r-]fctny, 
symbole 1, n. 53. 

(98) 5f tft % $î* y-Wnflf, voir iWd., n. 4 et 27. 



LE 0RAGO1V FIGURANT LK SAINT. 349 

» son heure est venue (99). n Ce qui semble manquer ici^ à 
savoir l'effusion du sang du Saint et sa mort se trouve 
très-clairement dans le symbole suivant i^ Kouen^ en ces 
termes : « Long combat hors des murs ; son sang est jaune- 
]> noir (100). » 11 a souffert hors la porle et par figure on dit 
que son sang est jaune-noir, c'est-à-dire de la couleur du 
ciel et de la terre, parce que c'est le sang d un Dieu-homme. 
» Si Ton disait S H ce serait, selon Siang-tchao, le crime 
» d'un fils impie, mais en disant Long-tcheriy il marque la 
Il vertu d'un fils excellent (iOl). » 

Dans la 4« ligne, leSâîn^ descend aux enfers. «Si vousregar- 
» dez en haut, fait remarquer le Ven-yen^il n'est pas au ciel; 
» si vous regardez en bas, il n'est pas dans le champ; si vous le 
t cherchez au milieu, il n'est pas parmi les hommes(iOS).»II a 
été enlevé et a pénétré les abîmes ^ H yuen. Il faut remar- 
quer que dans ces deux lignes on lit % ^ vou-Meouy car il 
a souffert et il est mort pour satisfaire pour le péché. Il faut aussi 
remarquer que ce sont là les deux seules lignes où on ne lise 
pas H lonffj parce que la divinité s'est en quelque sorte tuée, et 
le Saint est mort comme homme, autrement, Thomme ne se- 
rait pas sauvé; que si vous entendez avec les Chinois modernes 
le symbole |Ë Kien d'un monarque temporel, comment 
vous tirerez-vous de l'explication de ces deux lignes?.. Com- 
ment un roi peut-il tant souffrir et descendre dans l'abyme, 
et ensuite monter au Ciel ? Vous feriez certainement plus 
de violence au symbole que je ne pourrais jamais en faire à 
un texte quelconque. 



(99) Q ^ ^ % tfi« yen-yen, ibid., o. 27. 

(100) %IK]liJio^JliL£S- Y'king, symb. 2, 

°'(ioi) ^ 9t m n mmn^ &m % i. ':fi 

4b* Siang-Uhao, vivant soas les Ming, 1333-1638 de J.-C. 

(102) ±:^ ^ ^. o y /f^ « » o * ^ ffi 

f/C* Ii6 Feni^en, dans J-king, symbole 1, o. &4. 



380 TRADITIONS GHRtnÈRllES RR CHINB. — ART. Y. 

Dans la 5^ ligne, le Saint est monté aux cieux. a Bien hen- 
B reux ceux qui le verront, » ainsi porte le texte. La Glose 
ajoute : a II a été le Saint homme (103).» Sur ce lieu voici ce 
que dit Van-tchong lié :cc Le grand homme dont il est ques- 
» tion à la 5* ligne est tout à fait le même que le Ciel ; et c'est 
B pourquoi on dit qu'il gouverne le Ciel, et qu'il régit le Ciel ; 
» ailleurs on dit qu'il embrasse le ciel et la terre et opère 
:» les mutations du ciel et de la terre, comme le potier forme 
9 ses vases. Donc avant que n'existât ce Ciel visible, qui 
-» nous couvre, il existait un quelqu'un par qui tout a été fait. 
» Kouan-yun-tsee le nomme le Ciel du Ciel Ji Jiy c'est-à- 
B dire donnant au ciel d'être ciel, et Han-chan-tse le nomroe^ 
» le ciel au milieu du ciel. 11 est évident par là que le ciel et 
» la terre ne sont rien autre qu'une chose sortie du sein de 
n cette suprême raison ou parole (104). d 

Dans la 6« ligne, le Saint triomphe de «tous ses ennemis. 
C'est pourquoi le texte dit : a Ceux qui se sont révoltés contre 
» le divin Long s'en repentiront (103). » Je me souviens 
avoir déjà expliqué ce texte (106). Et Hiang-ngan^ché 
donne la même explication lorsqu'il dit : a A la 5® ligne, 
« Long, qui est monté au cieL est le grand Saint Dans la 
7> 6"* ligne celui qui se révolte contre Long est un grand 
» scélérat (i07). » 



(103) ^H^^ O ^ Mé ]k A' T-king. aymb. 1. 

°' (104) ;!l S :?: -^ A » M - m% jH o «fc 

(105) /C % ^ i^' T-king, symbole 1, d. 7. 

(106) Voir d-deasus, p. 142. 

(107) £tjL S Hm oSX*iAo£l 

itjfLi^yUoft^fi^A- HianÇ'^an'Che, sods les 
Song, 1165-1173 de J.-G. 



LA UCORNS FIGURANT IB 8AIKT. 351 

Nous avons souvent dit que le Y-king se rapporte tout 
entier aux deux symboles |g Men et Hf kcuetif qui joints 
ensemble nous donnent toute Tbistoire du Saint Dans $g 
Kien le Saint est comparé au Long H, parce qu'il est Dieu 
fort et sévère. Dans i^ Koueny on le compare à ^ ^pin-ma^ 
parce qu^il est infiniment doux. Ainsi vous avez dans le 
Cantique : a Je t'ai comparée^ mon amie, à mes coursiers des 
» chars de Pharaon (108). d Les Septante traduisent Tîj tinRp 
{Aou^ à ma cavsilej et Horace appelle une jeune fille « une 
» cavale de 3 ans qui joue et bondit dans les champs (iOB).» 
11 est probable que de là vient la tradition qui rapporte qu'un 
animal Long j| et un cheval ^ Ma sont sortis ensemble 
Tun fleuve et ont rapporté sur leur dos Tancien tableau ^ 
B Jwtou. Chacun avoue que le Y-king qui se résume 
en entier au Long f| et au Ma ^ ou au |Ê ^^^ c* 
Hjf h(mm est tiré de ce tableau. « Le tableau est sorti du 
• fleuve et le fleuve sort du paradis terrestre. Comme cela 
» est connu de tout le monde, dit Lo-pi (iiO). » 

3* Point. — De (H Lin, Ja Licorne. 

Ceux qui examinent légèrement les monuments chinois^ 
en voyant le cerf H Lm au côté du signe Lin, ne doutent 
pas que lin ne soit une espèce de cerf^ et quand dans Kou- 
leançy ils trouvent vnà Jg cheval pour Zoù ^ cerfy ils di- 
sent que les cer^s sont semblables aux che^avx et qu'ainsi 
on écrit indistinctement foà (| ou ma ||(. Ainsi nos Euro- 
péens, quand ils entendent dire que Lin n'a qu'une corne, 
disent aussitôt c'est unicomis ou la Licorne^ et quand ils 
voient L(mg £ peint partout par les ignorants chinois^ ils 
disent que c'est le dragon ou le serpent, grand et ailé. 



^108) Eqoltatuimeo.... In eurribus Pharaoni asalmflavi te, arnica mea 

{Cani. I, 8). 

(109) Qas, velat talis equa trima campls 

Ludit exBUlUm (Hor. m, ode xi, 9). 

(110) 19 m ]tft tt É- JLo^i, virant Tcw 1170, ap.J.-C 



382 TRADITIONS GHBÉTIinNBS m CHINE. — AET. Y. 

Pourquoi dans le signe Lin ff^ esUil mention du cerf, 
gg loùf Uemandez-le à TEpouse^ qui dit si souvent dans 
le Cantique : « Fuis^ mon bien-aimé^ et sois semblable 
» au chevreuil et au faon des cerfs (t). » < l^s hommes 
» après le péché, dit le P. Joachim Bouvet, erraient à travers 
» les déserts de ce monde, et soupiraient après un Sauveur 
B comme le Cerf altéré soupire après l'eau des fontaines. 
» Dieu a eu pitié d'eux. C'est pour cela que Lin JH est corn- 
B posé de H Lin et de |£ Ml » C'est assez bien. Les 
Chinois avoueat eux-mêmes que j| dans ce caractère est le 
même que tH ^^9 avoir compassion. Le Saint est devenu 
en tout semblable aux autres à l'exception du péché (2) 
et c'est pourquoi on le nomme K^ Ky, c'est-à-dire ^ i£ 
ee cerf y comme on dit de lui ^ A ^ hamtM et ^ ^ c^ 

filSj, etc. On a dit aussi ^ comme ci-dessus ^ parce qu'il 

est leur roi et leur chef. 

Ajoutez à cela que Si lou^ cerf, peut aussi bien être pris 
pour victime que ^ nieou ou que ^ U Agneau. Les Diction- 
» naires donnent à H lin le sens de ces feux follets qu'ils 
» croient sortir du cadavre des morts (5).» Comment donner 
un tel sens à cette lettre ? Est ce parce qu'au lieu de :^ il 
faut lire ^f^ double? Cela est bien ; mais pourtant on ne 
peut pas employer une telle flamme pour désigner de sem- 
blables feux, sinon au moyen de l'autre partie de tout le 
signe. Quant à ^ je l'ai déjà expliqué (4). J'ai dit qu'il s'agis- 
sait du péché ou de deux pécheurs, d'après les auteurs 
chinois même. Que faire ici de ces feux follets et quel rap- 
port ce feu follet a t-il avec le Ky4inl Peut-être met-on ces 



(1) Foge, dUecte ml, et assimilare câpres, hinnuloque cenromm 
(Coni. Tiii, 14). 

(2) Tentatnm antem per omnia pro similitadine absqne peccato (S. Pial, 
Hébr. 1?, 15). 

(3)ioIR^4c.oA%iK^il|olt jS 

Mi O A 6 S II* Diaionnairei, 
(4) Voir d-deans, p. 271. 



Ul LIGORH^ FI6UBART LE A^UiT, : , ^ 

deux feux $, rioférieur, qui aeogeivlrél^pécbé ^«.elt,-l# 
supérieur, parce qu'il l>a détruit. Teiie eit mon laualyse ^ 
auasi a»*Je emplegré le. mot peut^étre^ EUe convint biw 
eu to«it au Saint, dont Idn est le symbole. . . 

Le dictionnaire Pin^tée^taien, d'après le livre tching* 
tsianff'ky, dit « qu^fj^fy est le màle,«t Linest la feoieUe(8). 
liais ce qu'il ajoute est :ini6ux : « Parmi les oiseaux, le Fong- 
9 ho&nff n'a pas de générations. Parmi les animaux, le Kyilin 
kinalt sans semence (A). » Le Chauéi-ven ditc.qœ k%f est 
^Vaniinal de la eharkét: |K ^lb. It explique lia^ par Je 

■ET 

^ ^ ië Suivant lui, ce dernier signe est le même que 

» eetf mâU ((t jg (7).. b C'est ainsi que le cite le dtetiohnaire 
de Kang-hi [S) : 

Le signe^ IB^ est rarement en usage tout ^ul ; an con* 
traire. Un JH est d'un usage fréquent; il est souvent remplè^cé 
par Jg, lin. « Il ne mange rien de ce qui est vivant, dît le dje- 
t tionnaire Py-ya, et cela marque sa charité^). «C'est pour cela 
que ^ Un entre dans ce caractère. Cependant ce dernier si g[ne 
^ Un est toujours pris en mauvaise part dans le Y-king. C'est 

pourquoi le dictionnaire tsingf-otten écrit ^ et dit : « Il 

t répand de tels rayons de lumière, (jUe lés yeux ne penrvenl 
» les soutenir (10) ». Ce caractère est composé de '^ ouen, et 
c'est à tort que l'on^net ^ Lin. Kong^Uong-tse dit fort bien : 
« Tous les oiseaux honorent Fong ; et tous les animaux vcnè- 

(5) <({: B 1% <) 4f: B ft|> Dlct. Pir\rtset$ien, puUM en 1687, de J.-O. 

(6) J^ M H. A a .O K H». tt AI «. /dn». , 

(7) Cho^ê-ven. 

(8) Dict. de Kang-hi, publie en 1716, à la leUre. * ' ' 

(9) f ^ It 4 « o W.ft.:^ .« o m H^ tf^ 

Uiet. Py-^a. 

• (10) f *ffi o * *iîF -^ mm, o m m % % 

lE 9* Dlet TftfH^-otien. . . . \\ 

PaiXABB. 23 



3fM tEAfMTIOM CnMBNRÈS tR tBWt. — ARt. t. 

fènl Lin (It) «.Vous voyez qu'il parle de lamâme 'manîèfe de 
Fcng et de lin» et quil feit lin le roi de tous les quadrupèdes 
de la terre. C'est donc avec raison qu'on iui donne le nom de 
» tZ eharitéy vertu qui seule suffit pour régner dans le cœar 
» de tous, cemme le dit le cliapitre ven-yen (12). % 
Ou ddcrit, symboliquement, le Lin de eeUe façon : 
« 11 a le corps du cerf, là queue du bœuf, les pieds du 
» cheval, la couleur de te terre, les plantes des pieds rondes, 
^nne corne; le bout de laquelle est charnue; loi^a'U 
s pousse un cri, c'est un concert parfait, lorsqa'il agit> il cod- 
s serve exactement toutes les règles ; il choisit la terre sur 
» laquelle il marche ; il ne s'arrête que dans les lieux où il 

• voit clairement où il est ; il n'écrase pas même un petit ver, 
n il ne foule pas les herbes vivantes et vertes ; on ne le farouve 
s pas dans la foule ; il ne marche pas avec un compagnon , il 
» ne tombe pas dans les fossés, ni dans les pièges ; son orne- 

• ment est la beauté ^ il est en même temps ^ vm et f( vbu, 
»^La grande charité de ce Roi fait qu'il se montre au 
» dehors (15). » 

Le livre Touan-yng^tou dit « qu'il est le signe de l'arrivée 
> du grand Roi, il mange la moelle du meilleur grain, il boit 
^te fleur des perles et des pierres précieuses (I4)« Il est 
» comme le signe de la grande paix (Itf). 11 j en a qui lui 

i I ■ I I ■ ■ I ^ I ■I., I . I , 

(11) flkMniM.oMMmM' KonfU<m9^, 
veit 331 ap. J.-C. 

(12) tt t: £ £1 £ A. ChoM-txn. 

(i3)«o§# o ^JioJi|£o«Ô o 
U n o - n o Jl J8 W A o t ^* tt 

(14) IK|l£iri:»Jp^oir«.^jfct. o 

ik "Hi "É. i. 1k» îbuanKnji-tw». 

(15)« !%» Sk âg :tff. iUtf; 



LA LIMMB fieOMOIT LB SAHIT. .'SIRS 

m dranent des aile& ; d'autres le napportent à Teau ; d'autre^ 
» m bois (â6). » Aussi le liyre PacHifeien-tou ditril : La plar- 
» aètade Jupiter se change en lin (17). » Ho^kù%ia.n^t$a dit : 
Ky-lm est la s&mence (semen) de la dernîàre lune ; la vertu 
» dllud advoc&t (18)^ s 

Les Chinois osoderoes ne. peuvent riea expliquer de tous ces 
vestiges ; ils âtseut, avec le dicUpnuaire Tohinff^tse-tcmg^ 
tque ce sont autant de songes qui ne méritent àuciuie 
» créance (19), s . 

lis dqnneni, comme ils peuvent, une courte explication de 
ces signes. Ainsi le livre Kang^tsing-foUj que les dictionnaires 
citent, dît : « Lin n'a. qu'une corne. Le sens est que dans les 
» quatre mers, il n'y a qu'un Roi (80). » Et Kong-yng-tk 
dit : s Sa corne signifié sa force; mais à l'extrémité de cette 
1» corne, il y a de la chair ; le sens est qu'il n'emploie pas sa 
1» force (81). »A ce peu de mots^ qui ne sont pas du tout mau- 
vais, ceux qui ont connu le Saint peuvent ajouter un meilleur 
et plus explicite commentaire. 

Le JTy-Itn est ^ S> <>^ tckonçy le Saint pas né à la mcmière 
humaine. Le Kylin ne mange pas de choses qui ont eu vie. 
Le Saint est venu pour que les autres aient la vie (!2S). Le £y- 
Un, comme le soleiI,.ne peut être fixé avec les yeux. Les enfants 
d'kraêl ne pouvaient pas fixer la face de Moïse et celui-ci 

• 1 

(17) là M % A SI* Livre PM4!MiMim. 

W m « £ fê 2, «» O mtt » Z' H,^*ow^ 
«e, ancien ermite. 

(19) jii:*ifAtto7£1S*Iie dictionnaire TMng- 

<aO> M - -ni b £ f» d ^ - ^ ift. Kan. 
tsing-fou. 

m n ^ ^^ o n m m o ^7 ;» 4. 

Mong^ng-ta, vivant en S3S de J . -C. 

(^Ut #4aiii «ni eyedl^ in ipuni pou ffre^t^ seA |iaM|t ? lltm iMemam 
(Jean m, IS). 



. • • 



*M6 TRADinoM CHiftimm m cstni*:-* ait. t. 

est plus que Moïse (SUS). Le Ky^-lin n'est venu ^ue ptr k 
grande ebarité du Roi ; Dieu a tellemenut aimé le numde 
qu'il lui a donné son Fils (24). Le Ky^lin est le ceigne d'one 
paix parfaSfe ; ainsi le Y^king au symbole Ht ^^ dit : a A 
» l'arriTée du Saint tous les royaumes sont en paix (fttt). » La 
corne dn f y^Iin est couverte de cbair ; la divinité du Saint 
voilée par son bumanité. Le Ky-lin est orné ^ f^. Le Saint 
est tout à la fois % rà, |>arce qu*il est Dieu, et ^ ouen, parce 
qu'il est homme. ]fÊ ttm^ comme nous l'avons dit souvent, 
est le symbole du Tout-puissant^ et se prend pour cheval et 
ciel, mil hauen est le symbole du parfait obéissant et se prend 
pour boeuf et terre. La couleur de la terre est jaune et la 
figure du ciel est ronde. Le Sainf est ]fê kien et Hlf houen^ 
parce qu'il est Dieu et homme. De là, vous comprendrez 
pourquoi le Saint est dit avoir quelque chosç du bœuf et du 
cheval, la couleur jaune et Tongle ronde. Le Ky-lin ne broie 
pas les vers rampants, il ne foule pas les herbes vivantes» Et 
il est écrit du Saint : Cafamum qtiassatum non conteret 
et liffnum fumigans non extinguet (2tt bis). On ne trouve pas 
Ky-lin dans la foule, comme le Saiîit, n'est pas dans le tumulte 
des passions. Ky-lin ne marche pas avec un compagnon; parce 
que le Saint est unique et sans égal. Ky-lin ne tombe pas 
dans les fossés, ci dans les filets ; parce que le Saint est sans 
péché, et cela par sa nature. Le mot |p tsauy péché , veut 
dire, selon le Choue^venf voler dans un filet (S6). Le Ky-lin 
se rapporte à Teau comme H hng ; Teau est Je symbole du 
Saint; le Ky-lin e&t la planète de Jupiter; on en dit autant 
de X iching == premier^é. Lé Ky^lin ne vit que de perles 



(33) Voir Etrode xxxif, 86 ; U Cor. m, 1, 13 ; MitUi. xii, 41, 41* 
(24). Sic entiri D«U8 iUeill. inuliiloiD, at fllium ^nm iiii||gpfilin«i #aret 
(Jean, ui, 16)J 

(25 bi») Iwîe^xuiyS. 

(M) «1 ±9k o m » stm o mm m »- 

Chmié-ven. •; . . • - ) 



LA LNOm fIGOlAirr W UIMT. Wl 

et de pierrab prédeiiMt, Les Ghineis peignaot tout cèle detant 
lui, parce qu*ilfl ignoreot que le Saint a^dolé la, t^rre de tQus 
les biepst et qu'étant plus pur que le jade S jfo, tous ceux 
qui le suivent doivent être purs et ornés de toutes les vertuf. 

Td semble être le sens propre du livre Chy^king, à la 
derpière ode^ T' chapiUre de la 1** partie^ laquelle nous 
exboirte à la ebarité et à ta mansuétudei i^ar reseniple du 
Ky^lin. Elle compte trois strophes, selon l'babilude. Dans la 
première, il est question des pieds Ky-lin; dans la deuxième, 
de son front ; dans la troisième, de sa corne. Et ceux qu'elle 
ppmme sont : !• & 3F loong-tsej flls du Roj ; 2* ^ H hoiig^ 
êity^ les parents du Roi ; 3* &j^ hong-tsau^ les alliés du 
'Roi(«7). ' 

Par ^ hmg^ les interprètes entendent Ven-vatLg ; .je w 
combattirai pas cette opinion^ bien qu'on ne lise pas cela dans 
le texte^ si, toutefois, on entend par Ven-vang le Saint, 
qui est le vrai Roi de la paix. 

Les interprètes font aussi remarquer que « Ky-lin a des 
» talons, mais il ne les dirige contre personne, (ca/ce^, sed 
» nemini eos illidU) ; il a un front, mais il ne bat personne. 



(27) «I :?: 9f£ o « « & m o ^.t^m ^ 

Mnip, l"* part., e. 1, odeill. Ndiu eroyoui devoir dooner toi la Uiduefidi 
.q«'cfl a bite M. Pauthler •* 

Noua omUooi lai eetls ode parea qu'elle eal courte,. et qo'oD aéra l)leo alae 
fie la lire. , 

IryunMia. -^ Éloge de Vaniiàal fabuleux, le Ky-Lln, dont Vappariiionest 
loiv'Mift de Ifon mtgure : 

i. Qui o'admlre pas un aDimalipie Von oomnf My^n, dont lee pleda-ni 
font qu'effleurer la terre ; qui eal doué des plus graudn «entlmenta de bleiivelt- 
laiice envers tous les êtres vivants. Oh I c'est admirable 1 oe seront d'autres 
Un, 

2. Le Un porte sur son front la marque (de son origine divine : une corne 
ineffeu^T®)*' '^^^ ^^^ lUiquds il donne nalsâence sont douée des 
mêmes vertus. Oh 1 qui n'aurait pas la plus grande admlratton pour la Ltii J 

3. Le lÀn porte nue corne à «on front. L.es fondateurs des familles souve- 
mines, qui so sont consacrées au bien de l'humanlié, Kunt tous, ébose digne 
4'adariratio«, eonme des. autres Ufi {ffÊtff-Hng, traduction eomplèle, eô 
pytiefar Jt, PauUiler. da^s BibUatkèque ormuak, t. u, p. 264). 



988 TRADiTiom cnÉtanBvn m cbdol • -^ - ait. t. 

* Il aune corne^ mais U m Erappe p98.(9B). • Dàw ehâqtie 
fttroplie ob répète jR teUn ^ tehin^ ce qn'ils eiptiquent 
par tl ff' ffinrheau, eharké et bonté; ^ tôkik signifle prepre- 
•Riéiit relever les malheureux et secourir oeux qui sont en 

danger. A la fiû de chaque strophe, il s'écrie : % PS i| ^y 
comme 8ll disait : c Hélas! vous aussi vous êtes Lm^fildyes 
» donc doax et bénins, comme totre Roi et père Test * 
Si quelqu'un voulait entendre par ^ ^ kùng^tsêe \esaip6lres^ 
par ^ JËÈ ^o^^^9 les /ils de'l^lise naissante, surtout des 
Juifs ; par ^Ifk hong-tsauy tous ceux qui croient et croiront 
en le Christ, dé toute tribu, langue, peuple et nation, cette 
explication me plairait t)eaucoup. Il ne frappe pas du pied« 
celui-là qui ne méprise personne. 11 ne bat pas du front celui- 
là qui ne se préfère à qui que ce soit. U ne frappé pas dà'4a corne, 
celui-là qui n'use de son pouvoir que pour fait'e des bienfaits. 
'Tel est le Ky^lin, tels doivent être ceux qui sont à lui. 

Le dictionnaire Pin-fse-fsien cite ces paroles du livre Chê" 
y-fty : « Avadt la naissance deCpnfuciusy un Lin vint se pro- 
» mener dans cette contrée. H vomit des caractères de la 
t pierre yii, dont le sens 'était : Le fils de Vean très-limpide 
9 succédera à la dynastie Tcheou, et il y aura un roi sans 
a aucun |àrd^ La. mère de Confudus^ admira ^la, et lia la 
» corne du ICy-Iin avec une bandelette de soie. Le Ky^Un, 
» n'ayant aucune crainte ni appréhension, paissa U nuit en 
1 cet endroit, et ensuite il partit. L'an 14 de Nffay roi de Lau, 
t des chasseurs prirent en occideint Ky-^lln. Gmfùchis ^é^ 
» cria : Quel est donc celui qui doit venir ? Quel, est celui ' qui 
» doit venir? U n'est pas certain que ce Kyrlin |ie&it pas^elui 
» que sa* sainte mèt^ avait vu <B0). ». 



(28) «I W tt « 7 » o ^ Mm ^ a Q 

W A W >P $!• Interprètes, 

(29). IL ^^^J^.o ^ mMHkm g. o nk 
sfto A^B o Ti^m i, "j- o m m m o 



LA UGOMB PlOmum U 8A0tt. SN 

Je M me mets pas beaucoup eo peine de savoir TautorUé de 
ce tt^i^ piijs(|u'pi| lit cela de côté ot d'autre* 

CbaoQO e^it que le Tchun-tsieou commence par |[| ^ IV 
hong, et qu'il finit à la mort et à la prise du Ky-lin. Si irous 
demandes aux Chinois pourquoi cela T Ils tous répondront 
âtec Nseouyanff-^aieou, qu'ils ne le savent pas $ Jf! fB ^. 
m Yn, veut dire : se cacher, être caché, et-ce Yn^hong semUe 
Atie la figure du Dieu caché, de même que Ky-lin est le sym- 
bole du Satnf, qui a été mis à mort en Occident par ceux qui 
ne le connaissaient pas. Confucius, comme on peut le croire 
avec probabilité, savait cela par une anUqae tradition. Donc, 
lorsqu'il parcourait le livre Tchun-tsieou (qui oserait affirmer 
que c'est le même que nous avons à présent) et qu'il fut arrivé 
à la flUt où la mort du Sauveur est rapportée d'une manière 
mystique, il s'écria par deux fois : « Quel est donc celui qui 
» doit venir t 11 versa d'abondantes larmes en apprenant la 
» mort du Saint, et il dit $ H^ H ^, c'est-à-dire, la doc- 
» trine, que J'ai professée prend sa Un. n Car lorsque celui-là 
sera venu il n'y aura plus Tespoir et l'attente fliyou, mfitsia 
(6i et la vérité {S ; parce que VHomme^Verbe J^ 9 parfera 
lui-même. Cette histoire du KyAin^ qui renferme la prophétie 
sur le roi ftatnr semble fabriquée en l'honneur de Gonfuchia^ 
ou elle Ini a été maladroitement appliquée* 

Ainsi disait S. Jean : c Es-tu celui qui doit venir, ou en 
» atlendons-nous un autre (30) f » Ce mode de parler est le 
même absolument, car Gonfucius ne dit pas H JfE iS qui 
vient ou qui viendra î mais il dit : j| Qui IK est 3jE jg^ à 
venir 7 De telle manière que 3|E Lay est comme le nom èous 
lequel il le désigne. Le Saint est dit k venir comme on dit : 
Meséie. Fou est appelé JD ^ Jourlay ; il n'est pas le vrai 



âo^iS^l^il #^£;^ CI 4- LeC/ie.y.fti, 
daot te ittit. Mi-(M4fi#fi. voir d. 8. 

(SO) Ta «9- qui teabirai ett «o tUam eipectearas (IbUti. zi| 3) ? 



BtO TRADnioNg canBfitmiis m comi. *^ art. y. 

Mes^^il'eèl'pris fadsttment -pour tel. l^Ssdvt à mntr «st 

figuré sur la leilrefmême ^j tù vous vofyez le grand bômme 

^ ^ tongiriy sur la Kroix ^ et les petits hûrpi/nes'èj< A ^**o- 

ffin) ainsi se nomment les Chinois entre eux), slappuyant sur 

lë'Srftnt. 

->. Ebay-^tan-tsè nous aconservé une excellente tradttton qui 

trouve sa place ici. Voici ses paroles : 

« Quand le Kt/Ain Qombaitra, le soleil et U lune seront en 
• ^Kpse (91) » Je mets le futur s9ront, tar rien ne m^ôUigé 
à (trouver autre chose. L'auteur du dictionnaire IcAtTt^-tse^ 
tong se rii*de ces paroles, et il n*a paâTcmarqué qu'il est luit 
même beaucoup plus ridicule/ lorsque, se moquant de HgMh 
Tance de Eoay^nàn-vang^ il dit : « lè ne sait pas que quand 
» la lune couvre le soleil, celuHci soufilre une éclipse; mais 
:» quand la luné combat contre le soleil, et ne 'veut pas. lui 
m Céder, alors a lieuTécllpse de la lune (511). « Il igaore- lui- 
même que réclipAO de lune vient de la position de la terre 
«entre la lune et le soleil. Et la lune combattant contre le 
.soleil)' ne voilà-t-il pas une chose bien plus ridicule q4ele 
.8oleil,çt la lune s'écUpsant, quand le Ky-lin conabat ? Car la 
tradition dit que le Ky^Un ^ teou^ combat^ comme le Y-Jàoig 
dH que Mi ^ lang-tehanj le dragon, combat et()u« le soleil et 
la lune perdent à la fois leur lumière» «ela n'est, jamais arrivé, 
. ai oe n'eai quand le Saint est mort. 

i jy • PowT .— ie hiéroglyphe de Voiseau A FongJigunMt U Saù^. 

Le Chou'king et le Chy-'king font mention d\i fong- 

,hflang. Ils ne disent pas quel est cet oiseau, mais iisinsi- 

Diuent as^z que c'est un oiseau de bon augure. Pour avoir 

une idée plus nette de ce synlbole, il faut avoir recours à 



(;M)H IK H O B M fk' noaf-nan^Ue, 105 oa 900 npg 
av. J.-C. 

(32) 7(i ^ M ^ B m Q ^ iL à o n /C 



d'autres . liVréft' qui> qmAqm d'Une antoi^ténuiindmviifQt 
^urtant andeos aussi. . . . t 

. Touebadl l'analyse de ce mol et sa forme diverse, on remai^ 
quepa : l^^.quei^in^,^ s'écrivait autrefois'^ et ]^j^ La 1er ^y 
fiii. la mâme chose que J9i e\^, bien qu'à présent on.qe frq^ 

nonce pltisees deux ûttnkit^f&np: Ajoutae^y '^ qa'Mlrdirvè 

dans le dictionnaire do Kang-hy , et qui n'est autre que 
Tien-niao 35 ft oiseau céleste. Remarquez : 2* que dans le 
'ChoU'king et le Chy-hing, le caractère hoang ne s'écrit pas 
Jl^y mais seulement ^,et tous avouent que ce clernier signe ^ 
est la vraie manière j/j/i ^ jpen-tsi de désigner ïoiseau Fong- 
hoariQ* On l'écrit ansEi â| c'est-à-dire Roi des oiseaux J^ ^ 
On le trouve encore de cette ouiDière : U c'est-àrdirei oiaeau 
^f»Dhé J^ K. Remarquer en 3» lieu ^ue A est compfsé, 
dfai^rès le Choué^euy de Jft et de {/L qui loi donne m^ 
accent (1). Il.seraitmieni de dire que lAr appartient surtout 
au sens du mot. Car d'après la mèrQeanalyse, il cof^ale que JKi 
cooime il.récrit f\y se compose de :l et de K %> qu'on 
écrivait jadis ^ (2)« Quant à pè j^, qu'il dit' anssi oomposé 
'àt n^eelaî'est'vhii, commeon peut le voir par soiv antique 
forme ^, dans laquelle un voit ^ on A comme dans '^ qui 
Vécril à' présent @ pao ei dans laquelle on trouve Zl ^)* 
Or R kg Teut dire : parvenir jusque. Donc Fùng H, «st -^Z. 
second JSt parvenant jusqu'à f^ l'oiseau, i/analy se, dit 
•TûAan^-tsten/est la'mëme que dans ML/^g le t^ent. S est 
'^ second J^ descendant jusqtfau j^ vér. Ainsi il change et 

itonvertit tout, comme on :peut le voir dans le sy0)|)ok» ^ 

siun (le 57«], qui désigne le vent (4). Revenons à la thèse : 



(1) JlkM a !A M- JChauérvtif^. 

(2) >jlhé:i ifÈ K o K» ^ K^.ckM<^. 

K3) M. M M, M tH' Clumé-ven. 



. fïiiaqiia J^ofigf 11, n^est aatTB cfaoi» 4|M Zl* Ji A» il n'fa 
rien d'étonnant à ce qu'on le nomme Ji A mmou eéate^ H 
A ditedtt jpîrû««{, A 'fi rot de» oiffMiia?! | A <f*^^^ eoêhé. 
le m'étonne que les Européens, même savants, lui dïHiMist 
le nom &aiffle où d'oiseau du Paradis, à mcrins qu'ils n'en 
luml awi danç un sens symbçiUque« Ifatfs je m'étonne, encore 
plus que les Ghhiois disent que le m&le est Fonç A et la fe- 
melle Éfoang ^. Que par l'oiseau on désigne très-bien la chair 
que le Verbe à revêtue, S. Grégoire sur ces paroles de Job : 
L'oiseau a ignoré sa voie, renseigne clatrament. « Nolre*8ei- 
t goeur^ dit-il, a été fort bien appelé oiseau, parce qult a 
s dirigé aus cieux son corps ctiarnel, quia, corpus cameum 
« ad a^era HhrsLvit ; H a ignoré la voie de cet oiseau, celai 
• qui ne croit pas qu'il est monté au ciel (tt)T » 

Le CJkouié-t^en et le livre Han-cAi-tTay-tc/iouen citent les 
paroles du VieiUmd célests Ji ^ Tim^4èo (•). Quel est ce 
tielllardt On ne le sait pas encore, dit Tokmff^teienj ^ ||^ ouri^ 
4siang. Ils disent que ce vieillard céleste 5^ ^ répondit à 
Hoang-ty, qui désirait l'arrivée de Totseau Pong et deman- 
dait quelle était son espèce : 

€ L'image de Fong est celle-ci : Sa parlie antérieure est 
•» semblable à celle de l'oie sauvage H Iwng ; sa partie posté- 
» riéure est semblabk à celle de la Licorne 41 ^ ; il a le col 
» da serpent et la queue du poisson ; il a la grâce et la ^len- 
p deur du Dr^f^n Zdmff tt» te corps de la Tortue Kami fi, 
» le menton de rhirondell^ y^ iK» et le bec de la poule. Sur 
«a sa tête il porte la vertu, sur. son dos la chanté ; dans son 
» cœur il entretient la fidélité, et ses côtés sont ceints de la 
» {ustice. Le Fér^ seul communique la f licite du ciel el la 



(6) Nom tradnifloni mot à mot Is texts qne lo P, Prémars eite de nié- 
moire. Yoict le Trai texte de S. Grégoire : 

Quis hoe looo avis Domine, Mat Me aignator, ^ eorpaa eaiaenn ^aod 
MeuB^kitt» aiètadeado ad «tbera Ubravit (S. Gtig., in M xMii, 7 ; Fot. 
UU., U 16, p. 67)? 

(6) X ^ * ». CAoua-w». 



♦ . I 



ihMRAV fORe raDUUIT IS SAHIT, <3(I8 



« Itomdité do la lerre. Il -ooneHie les dnq «èw ettos^ra 
•'- 1« aeuf teiti3u. Quand la sagesse règne sur la terre, si celle* 
» ci possède les yertas symboUipies de œt oiseau, alors le 
« Fùng passe par là ; si elle en a 2, atora le Fong y TOlUge ; 

• si elle en a 3, il s'y asoed ; si elle ena 4, alors Ftmff^yl^tA 
m au prifitempaet en automne; Si elle en a 5, alofs il y fait sa 

> demeure perpétuelle (T). » 

liO li?fè Cken-haif^iinff dit-qoe « sur la mouline de l'aUtre 
9 immortel H y a une atondaiîce d'or et de piètre S^- U 
s^totitaine de Fimmortalité en sort et coule au midi Là est 

• l'toiseaii semblable à la poule; beau par la tartélé deses 
» eioq couleurs ; Use nomme fcnj^-hùatiff. L'ornement de sa 
» tAte est la verlu^ la beauté de ses ailes est la Justice, celle de 

> sota dos, IHirbanilé, celle de sa poitrine ht cAiarité, et de son 
a Tentée la toi. Par soi, il mange et boit, par soi il chante, 
m par sol il danse, et quand il apparaît, tout l'univers jouitde 
s la traoquillllé et de la paix (8). » 

Le môme liirre décrit les peuples d'un certain royaume, HH 
OMO. Hyi^t9éAèTe qm signifia arroser, purifier , parfaire» etc. 



tt wi m M. m o n-^ is m & o mm^ 

«tl^^ii: oftJftJI o#£toK 
jL a o 35 T W »^ o«E«i:-o9iâ 
«±0 «Ami::loWAI^:^o«A 

tk z B^ p mjÊk m t o«Am:â:ao.m 
M. m n r z o ft /ji fk t ^ o « A ft 

(8) n^ ± ili o » ±^ ft 2Ë ^ i#:iil 

Sl^fi^o«aaâd«3tiaiio 
«.« m is o #Jb 4Llk t Q m o s 



I 

4 



S6# TKAwmm a màimmu n cnnu ^ àxt. t. 



#00 mwgMtles «ab de r<9iieta Fon^ et tioîTeiit naeitMrt 
j» douce roiée ; ils oMser^eBt tovjoort le goût irt la nYeur de 
9 iMi les vivras qai sont agréables à leurs |iaiais (è). • 
■ Le dietionnaire Pin^se-tsien ajeiite, d'apria ^cwiettis aa- 
imrs « que leFon^a sii images» Sa tâte reprasenSe le Giei, ses 
p yeux le soleil^ son dos la kine^ aes ailes les veirts, ses pieds 
» la terre, et sa qaeae les planètes (M). » 

'H dit encore : «Le Fmiy nesé repose que sur les arbres 
^'Ow-Umffi il ne mange que les fruits de la canne IcAu, il ne 
» boit que les eaux d'une fentaiue ti3ês-Uni|iîdé. U est ené de 
»..5 eouleuni» sa voii atteint les 5 sons musicaux ; partout où 
»J1 estp où il va, les autres oiseaux le suivent^ Fong se pbœ 
jrau milieu (il)* » 

. Il n'est pas nécessaire, ce me aemtrie, de résumer celn et 
de ^expliquer en détaU. Ceux qui sont un peu babîtoés auK 
symbole» en saisiront le sens de suite. Les principales vertus 
que Ton attribue à Fong sont fz H ^*^ ^ A ^sAm^; dane 
Sli^^ iz il» la miséricorde et la justice du Médiateur sont 
indiquées, et tout ce qu'on- peut ^dger du Médiateur 
comprend tehong ^ ou la fidélité jusqu'à la mort. Le seul 
Médiateur est jft 3^ jjt iong-tisnrtchiy parce qu'il est Dieu» 

et K Jll IK V^9^ l^ "fditoà qu'il est. homme. Il aime ceux 
qui lui sont semblables, et plus la ressemblance est grande» 
plus il demeure longtemps au milieu d'eux, ie ' laisse le resle 
au lecteur à niédiler \ pour moi je ne doute nullemeni que 
le Sftfnt souffrant ne soit désigné parle Ky-lin^ le Saint ren- 



(9) « ±»: o E A i m *> o -t » « 

#: • O * * JK 8fe O ^ * il #. Chanrha^dnt. 
M M M, 0£il^b JiaitE. IN)!t. fin-ù^-ttien, 

(n) E a 1^ « « ^ » o » It H :7 JT 

o j^ u m ;i: «t o ^ fli 3t ^ o « ^ s 
vt a »^m m Jk «±.o E âK « Mm 



\ t'oMuv FORo neoÊâm ix «ami tM 

tnnt.aU'Cid, par Fong^hoang, Van ei Fouh^ des tleift 
états est figuré patXong. 

Au commeiiGeaiellt, j'ai dil que A s'éarWait jD^f, leqael 
ligm 6St le m^me que JHetlQ. J'en donue ici une couple 
expUcatioD. Nous ne copsidérons plus le Fonff oomme oiseau 
mystique, oiaîs comine une cbœe précieuaB, JK est placé dans 
les dicHoafmairiBS sous la clef de M 9¥^ la Itme. Le Tehinff-im^ 
tongr^veot. cependant ,<i qu'ici ce ne soilni la lune, ni la chair, 
a «l parce motif on ne doit paa écrire toi^t droit JH, mais 

« d^une façon inclinée ^ (IS). it Cette raison est peu sensée^ 

comme si dans S ^^ lune, le caractère îQ n'était pas tout h 
Tait incliné, et que dans ^ ^^> le caractère viande; M n'était 
pas de même incliné. Il n'est pas jusqu'à lui-même qui^ un 
î>eu plus bas, ne dise « qu'il y a 2 lunes qui s'éclairent mu- 
s tuellement, ou 2 chairs on 2 hommes qui se soutiennent 
9 mutuellement (15).dI1 rapporte aussi cette lettre quil expose 
ainsi ^. • Elle présente 2 hommes )f ; chacun a au milieu 
» le chiffre deux JH. Deux paires d'hommes font Vhommes. 
» D'où la multitude des hommes est appelée Jfj^ pong (14). » 
Qu'il donne au caractère (9 se le sens de multitude, 
cela est bien, mais le reste nW pas exact. Une réunion peut 
exister à la vérité, entre un bon nombre de personnes, mais 
l'amitié n'est qu'entre 2 personnes.. JIB JP(^ veut dire amU 
Mais pour que Tamitié soit vraie, elle. doit, être fondée sur | le 
Saintj et c'est pour cela que dans Je mot ^^ on niet le a^foe 
deux ^«.Les amis doivent se ressembler. Le l*' ^ est le 
Dieu homme, l'autre j)Ofi$r ^ est Thomme pur, le fils adpptU^ 
ffç^x est uni par la grâce et la^volc^té au Saintj cmnwe l'huma^ 
nitéau Verbe par l'unité de personne. Que. si qu^qu'iin.dit 



^tm .L u ,!, faiM..^iii la^aiiiiii <«l III 1 ^J l 



(13) M M M ^ ï^ o MA^Btf!. Met rdktuf. 

w (M)ji»*\« .^; Ac o.* *i«<«i «in- o-n A a 

« a H o A a fl *^. /<im. . -rs T - 



3M TBADITNM CORAmm» EN OHNI* ^ ART. Y. 

que €6 ligne M souflT» pa» une si noble eziAication, feu 
reviens à IB et k H, dont on doit dire h mAme chose* 

DéjJt Je rd annoncé, le caractère fjfl fi^ ne pent être 
appliqué qu^au seul Saint ; parce que seul il est B et j| 
mMl-lmœ^ Diet^homme. Hais J9I se dit fort bien, soit du 
Samten tant qu'il est bomme^ soit des hommes justes et 
amis de Tépoux en taUt qu'Us sont le corps du Christ et bss 
membres de ses membres. Queei fwM tous entendea Zuiseï 
la ifi dAligMra lliQDmmtèdii^ainl qui .nous édake fendant 
la nuit et les, ténèbres de cette vie ; et la 2«akniQera les justes 
qui sont illuminés par le Saint. Que si vous prenex J^ joà 
pour de la chair, le 1*' signe sera la chair du Christ ; le 2* la 
nôtre quli est consacrée par l'humanité sacrée du Christ» Que 
si on entend par JK pong^ une certaine monnaie, quelle en 
est sa valeur, cela est incertain. 

Plusieurs pensent « que deux X Pfif foo^ un JIB pong^ 
s d'autres en demandent 5 et /Usent que ^ est La valeur 
s d'un JB ou de 216 pnCes (15). i Admettons cela, ht carac- 
tère JQ renferme le même signe répété. Quand on imprime 
un sceau sur de la cire, ou que le portrait du roi est gravé 
sur la monnaie, l'image est semblable à Toriginal qu*on a 
voulu reproduire, et la flgure du sceau ressemble.au modèle 
qui sert à la tormer. 

* Tout le prix de Thumanité du Christ consiste en cela qu'elle 
est unie au Verbe ; tout tîe prix de notre âme vient de ce 
qu'elle est unie à Dieu par le Christ. Si enflu nous pirenons 
JI9 pour JK f<^ff9 songeons quel 'est celui, qui en premier 
Héu est désigné par ce symbole, et conclaons ce que nous 
^vons Ôlre^ nous-^mèmeft, comme je le di^s plus haut en 
pariant du H Zin. 

11 est évident que M est la mâme chose que JH ; cela se 

prouve parce que deux pq/ ^. font un pong M ^i par le 

» . ' •. ' ' 
■*•»"' t " ' ' 1 ' ' -■ ' ■ ■ l'i* 

— + A%t Interprètes. ." ) . ' o 



LA yORTtI tWBt Ft6MiffT tW ÈKIÈf. Mf 

fémoignage du lirfe Tchàng^tsien et de Tsing^ouen «faidit i 
< m est l'aûcietine lettre J|9 et on devrait récrire |{ (16). êi 
« Le CAou^-ven explique par Ung^hê S[ fl^ oriïenoent du 
» cou (17). » Et le dictionnaire Pien-hay ajoute : « fS ^st un 
» collier de pierre que Ton pend au cou pour ornement ; les 
» jeunes filles s^en ornent (18), » mais cela n*a pas lieu en 
Chine, où la femme se couirre entièrement le cou. Le C/iy- 
hmg loae les armements dans les cbeTcwx (18)» mais per* 
sonne en Chine n'a les cheveux frisés, soit naturellement,, 
soit artificiellement. Le Choué^ven donne à ^ poei^ le 
sens .de « coquilles qui autrefois ser?aient comme de moii'^ 
» naie (20). » Cela apparaît par l'ancienne lettre @§y qui, bien 
qu'elle offre aux yeux l'aspect d'une coquille, renferme un 
grand mystère. Car JH etd désigne la divine personne dtl 
Verbe ;et () sont les 2 parties de la coquille (corps et &me), 
dans laquelle est renfermée une si précieuse marguerite. 
Dans K on double le signe ^, soit pour que nous connafstions- 
notre dignité ou notre prix, à nous f|ui portons dans de» 
Tases fingiles un tel trésor, soit pour que nous soyons avertis 
par là de conserver notre cœur et notre corps purs» cemme 
étant le palais d'un si grand Roi. Chôué^x^en ajoute « que liS9 
s anciens employaient ^ pour richesses et fjj^ hnteij peur Ik 
» chose la plus précieuse de toutes (SI). » Mais cela sera expU*> 
que dans le point suivant. 

V Miiif .*-i>0 Vhiéfoglypke ft Kwd^ TaHmJifmu4 U Smi^.. 

On donne générdlement à ce signe le sens de tortue. J'aime 
mieux employer le mot chinois kouei^ comme je l'ai fait pour 



■ ■ » * im *^ ^^'^^^'^•^•^m^m^fmmm^m 



(16) À %t X «I O * f^ ». Ttif^-oM»^. 

(18) % Â «ii S B M o A 3: tfr A. ^nH^y. 

(18) Ch^-^ng. 
(20) C'Mmé-twn. 

(21) 9^ m ât 1k 4L 0%% o t m t. Si m 



9Ml TRADriil9|l9. GfiRfHBHll^ BN CBOVB. ,7^. ART*. Y. 

UmOy lin et fong.lA raiwà en est qu'il n'^t pas rooios cfiffi* 
cile,4'expliquer tout ce qu*oii racontj^ de la tortue qu'il ne l'é- 
tait du dr 9^071^ de la licorne et de l'oiseau fong. 

Examinoqs sanâ retard les Ijetires : La i» est ancienne ; la 
i* est propre ; la 3* est vulg^aire ; la 4* est abrégée^ les autres 
sont lettres çoinposoesi Je ne m'occupe pas de ces dernières. 
Ainsi, on peint grossièrement'^ la tortue comme un dragon 

jl^, iliaut en dire antaatKle ^ q^ l'^m troi^ve dansTchan^** 
Hien d'où || a été abrégé. 11 but dire la même chose de ^ 

qui' YÎent' de l'antique qu'on troute dans le Choué- 

ven (23). Ils veulent que ce caractère représente le dos de la 
tortue avec sa tête et sa queue, les pieds retirés en dedans et 
ne paraissant pas. Mais pour que cela Mt aussi vrai que cela 
est affirmé gratuitement, comment ces 4 petites croix expri- 
mçraient-elles les marques qui sont sur le dos de la tortue T 

\e signe ordinaire est 9l qui ne diffère de la lettre propre ^ 
si ce,n'qst par ce trait supérieur ij^. C'^t sfins fondement 
et san^ raison qu'il y en a qui veulent^ d'après le Choué- 
ven^i* que ^ soit la tête, .^ le tbor£^, Jl les pieds et 
» la ligne inférieure, la queue (S3). » Le Chqué-ven donne 
ujpe,x;ai9o.n futile quand il dit que U tête de la tortue est 
semblaMeii la latte du. serpeoi* Le signe ^. dont il se sert a 
coutume de s'écrire ^ et veut dii:e le ser^ept. Adniettons 
que la tête de ces 2 animaux ne diffère que très-peu ; est-ce 
une raison suffisante pour que la lettre ^ ûhé vaille la lettre' 
iH koueif Cet analyste ne se trompe pas moins lorsqu'il dit 
(;(ue la lettre ^£ donne la figure ,du serpent. Ce dernier signe 
qui veut dire coeur ^ en diffère peu. Quelle ressemblance peut- 
il y avoir entre cœur et serpent T 

I^ P. Joachim Bouvet dans la lettre £ hm^ trouve .une 
lyre^ ce qui, ce me semblé^ est bien plus probable que la tor- 
tue, des.Chiiioisu La.iyre.a en effet une. tête, une queue .et. des 



(23) ft « H Ê H m- Chaue^ven. 



'^.w 



* -^ 



LA TOKTCB KOUBI FlGCBAlfT LB SAINT. 369 

• • . • . . '.. 

cordes qui ne sont pas mal figurées clan3 ||; elle a, en outre^ 
un çbeviUet que IJl exprime assez bien, entin ce trait 3, veut 
dire les deux mains qui touchent la lyre. Et peut-être e^t-ce 
la raison pour laquelle tortue et lyre sont synonymes? Le P. 
Joseph Jouuency en donne pour raison des paroles d'un 
poète lyrique : 

testodinis aures 
Dolcemqae strepltum, Pi«ri, temporas (24). • 

La lyre, dit-il, est appelée tortue parce que Mercure a febri- 
qiié la première lyre avec la conque et le dos de la tortim. On 
peut objecter deux choses à l'analyse qu'en donne le P; Bbtt- 
vet: !• 11 n'est pas d'une grande importance que les Chinois 
ne prennent pas la tortue pourlajfyre; comme si un Eo* 
ropéen^ imbu des mystères delà religion , ne panirait pas tirer 
des lettres et des livres chinois, des choses qui sont complet 
tement inconnues-aux Cbinois ! D'autant qu'il constê.que, suif 
10 parties de la doctrine contenue dans ces monuments» six 
ou sept ont complètement disparu } 2^ on peut oj[)jecter que 

kouei est un des 4 animaux qu'on nomme ling ||. Cela 
n'empêche nullement que kouei ne veuille dire aussi instr^]** 
ment de musique, soit qu'il ait été fabriqué avec le dos de la 
tortue, soit parce qu'il en a la forme. Ainsi ayon&-oous vu plus 
haut que B9 est non-seulement l'oiseau fong-koang^ mais 
encore une chose précieuse. Ainsi en estïl de kouei fi^ 

Le signe ling S favorise plutôt cette explication qu'il ne lui 
est opposé. Car il signifie tout ce qui, dès qu'on le touche, 
donne de suite un son, et ce san est toujours conforme au' 
mode dont on touche cet objet ; si on le touche bien^ le son* 
est bon; si oq le touche mal; le son estmau;vais'; or tout cela, 
convient bien à la lyre. Le signe ling ne prouve nullement 
que long, lin, fong et ioueî soient autant d'animaux réelle- 
nient^xi^nts ; on peut fort bien leur donpertenotfi de|9 
fl sse-linff, lors memi^ qu'ils ne seraient q^e symt>oltqueir 
et faits avec des aninriaux fabuleux ou inventés; kouei n'est pii 
moins symbolique que fong ou lin. 



(24) Horace, 1. vi, ode m, 17. ,. 

PRiMARS. 24 



370 TBADITIONS CHftËTIBKlIBS BN CHINE — ART. ¥. 

De même que les Chinois disent que long est saps femelle 
% 1^ ou tsee^ ainsi disent-ils que kouei est sans mâle JH H 
ou hiong, Pe même qu'ils donnent des ailes à fong, à lin et à 
{on.gf, ainsi «sur le mont houen-lun est le spirituel kouei^ 
» avec ses quatre ailes, perché sur un arbre et proférant des 
» paroles, comme le rapporte le dictionnaire Poei-ven-^yun 
1 fou (Stt). » De môme que lin a une corne eouTerte d'une 
plitflir tendre, ainsi hoxiei a une chair couverSe d*une peau 
dure. Le symbole E^ han exprime ifne chose dure au 
dodcps et mpUe au deharç ; il indique ainsi les travaux. Au 
contraire, le symbole EE RI fy est dur au dehers et mou 
ou dedans» 

Vous remarquerez : !• que =IE ly ^ prend pour le soleil» 
pour le feu et pour la tortue ; 2'' que R| hf est f oiseau apiri-r 
tael i|i Jl|, l'oiseau inteUigent M A ^ût-fno, el qu'on lui 
donne encore le nom de tchang-ly -Sk Itty pa^ce qu'en le 
prend pour le roi des oiseaux et qu'on le confond avec 
fong JK ; 3* que de même que EE ^^ et EZ fy désignent 
le soleil et la tune, le feu et l'eau, la force et la faiblesse, ainsi 
kouei contient-il, selon le Choué-ven^ la nature du ciel et 
dé la terre (86). Cela est beaucoup plus vrai que ce que rap- 
porte le livre Tar-tey-ly, à saToiT « que la tortue» par son dos 
» courbé» représente le CieU et par son ventre plat, la 
n terre (97); • Cela sert à expliquer les paroles énigmatiques 
qu'on trouve daas le Sse-hy : « Le Giel emploie surtout long^ 
n la terre la jument ; l'homme la tortue kouei (98), La 
nature divine est figurée par lonç et par tien ^^ Ib Ciel ; la 
nature humaine par i^ J^ pin ma jument^ et par tjf jd la 



Je ^ K' 'â' 4lb« t>iet. Po«t-i)«n-tnm'/bu. 

(26) fit 1^ % % ±, {£. Choue-om, netae «6. 

(27) tk JL^tkHy ^^ «l- T^i^. 

(28) ^A Hinao JiiJSS«ilgo AJa 

Ik ill ft* Ste^hy de Su-VMk-Uien^ 202 av. J;-e. 



LA TOUTOE KOCBI FIGURAITT LB SAIltT. 371 

terre ; j'en ai fait plus d'une fois déjà la remarque. On peut 
encore voir que par A ^^ on entend le Saint, et par koueif 
Fnnion de tous denx. 

Cela fait comprendre pourquoi koud est appelé linç f|, in- 
telligenl ; % y"^> principe ; |i|i Mn, esprit ; |f pàoy chose 
très-précieuse. Nous allons dire un mot de ces 4 carac- 
tères : 

J"" Kouei est quelque chose de très-^précieux. Dans le 
Chou'Idngy on lit ^ 3K fi^ ^t les anciens se serraient, dans 
le commerce réciproque, de coquilles ou autres objets de ce 
genre, mais ils regardaient kouei comme une chose sans 
prix, comme je Tai déjà dit (2U). De là, Ck)nfucius lui adjdnt 
la pierre j/o £ dont je parlerai à la fin de ce point, et dit : 
c Si houei et yo périssent dans Tarche, qui faut-il accu- 
% ser (30) ? » Sur ces mots, un ancien interprète, Kcng-j/ft- 
éa, parle ainsi : a kouei et yo sont des choses très-précieuses^ 
« et) pour ce motif, on les cache avec soin dans une cas-* 
» sette (5i). » Comment peut-on dire cela d'une tortue ; je 
ne le comprends pas. 

2* « 'jjlf chên, comme le porte le livre Tâ*tay-{y, n'ignore 
» rien de tout ce qu'on peut demander (52). i> Il est souverai- 
nement intelligent,dit un interprèle duTc/iéoK^iy (55). Et un 
auteur que cite le livre Poei-^ven-yun-foUf dit : « Lorsque le 
» Ciel veut faire apparaître quelque image^ le spirituel kouei 
» sort et apporte sa carte (mappam) (54). » Il fait allusion k 
la table Lo^chou^ dont je parlerai plus bas, p. 56. 

3* X ft y^*^ k(fueiy lit-on dans le Chou-king (55). C'est 



(m l&^ll^îloSfll-Les anciens. 

(30) US WtM^H^ O M Mi. i&H. Confucius. 

(31) iil ft Pï M 5f ^ ^. Kong-yng-ta.jfen m de J.-C. 

(32) S it W- To-tai-ly. 

(33) Interprète du Tcheou^ly. 

(34)3cS^illt0JPtfiffîft ■• Pcei^ve,^ 
yun-fou. * 

(35) ChouMng* 



372 TRADITIONS CHBÉTIENMES EN CHINE. — ART V. 

le priocipe céleste ^ jc Jden yuefij et le principe terrestre 
j^ JQ Kouenryuen dont parle le Y-kittg (56). 

Si quelqu'un voulait expliquer x y^^ P^r ]h ^ ^^ R^ 
*^ chéouj il rencontrerait ta même difficulté^ car du seul 
Homme-Dieu, on peut dire véritablement qu'il est )f^grandj 
ou — A <^ hommej et qu'il est la tête de tout "^ ffi £| 
^9 comme le dit le Y-Ung. 

4* On lit dans le Y-Ung f| Ling-houei' La 1« ligne du 

symbole == SS (^^ ^*^') •' Eloigne de moi ta tortue spiri- 

» tuelle et tu verras comment j'agiterai mon menton (57), v 
et videbis quomodo mentum a^ifem, c'est-à-dire, comment 
je mangerai bien et boirai bien? La lettre |^, qui suit im- 
médiatement, semble insinuer quelque chose d'inconvenant 
et la Glose qui dit :« Quel ornement peut-il y avoir en lui (58).» 
11 s'agit donc ici de la luxure et de l'intempérance qui atti- 
rent les hommes et qui disent : A quoi vous sert cette 
stérile et pauvre vertu de la tempérance? Bien qu'elle porte 
un nom célèbre, de spirituelle et de grande intelligence, il 
n'y a rien pourtant que de lent et d'inerte dans la tortue. 
Laissez-la, venez à moi, rassasions-nous de biens (safiemur 
bonis) c mangeons et buvons (51i). » Qu'ajoute le texte ? 
1^ hiang, c'est-à-dire ce chemin conduit à la 0M>rt; et la 
Glose : a on ne rencontre là qu'infamie et déshonneur. » Si 
TOUS entendez ici par ce caractère un animal aquatique, 
vous direz de grandes fadaises, si vous lui donnez le sens 
d'un instrument de musique, la métaphore sera heureuse. 
Comme la lyre donne des sons et les harmonise^ ainsi la 
tempérance dirige les mouvements de l'âme et du corps, afin 
qu'il n'y ait rien de discordant entre eux. /^oey-ven-yun fou 
cite un livre qui dit : c Le spirituel Kouei a 5 couleurs, il est 



(36) 7'kingy symboles i et 3. 

(37) ^ mm&W.^ ^m\^' r^king, symbole H, d. 5. 

(38) ^ 7 lË H «ffi». Y'king, Bymt>ole 27, n. 6. 
(39} Isaîe XXII, 13. 



LA TORTUE KOUKl FIGURANT LB SAINT. ^13 

» semblable au jade et à Tor (40). » Ayez recours au sym- 
bole, il n'y a rien d'aussi beau, attachez-yous au sens de 
tortue, rien de plus inepte. On dit enfin que Ling-Kouei 
appelle |Ê % ^^ ''^^^ ^^ le premier né ££ tching est 
dit Chan-ming ^ q| parce que, le l'*", il appelle et excite. 

Le livre Tcheouly assigne Kouei au ciel, à la terre et aux 
4 parties de la terre (41), et son interprèle Tchin^-hiien 
dit : « La couleur du céleste Kouei est Je bleu azuré, du ler- 
» restre, le jaune; de roriental, le vert; de roccidenlal, lé 
» blanc; du méridional, le rouge; du septentrional, lé 
» noir (42). s fis placent de la même manière les 5 fong Sk 
et les 5 ty^ ou seigneurs, dans les 4 parties du monde, même 
dans le milieu, avec les mêmes couleurs. Kouer a cela de 
plus, qu'il est placé dans le ciel, 9Ç ||. L'ancien diction- 
naire Ell-ya compte jusqu'à 10 Kouy, et les répand dans 
tout le globe, de telle sorte qu'il y en a même dans le fèu 
i^ H (45). • Le livre Ses-ky en nomme hait : « !<> le ftouei 
» de la grande ourse ; 2<* celui du pôle opposé; 3® celui des 
» h planètes ; 4« celui des 8 vents ; 5** celui des 28 constella- 
» lions ; 6" celui du soleil et de la lune ; 7** celui des 9 parties 
» de la terre ; 8« celui de la pierre yo {44).»Qui peut entendra 
tout cela de Kouei animal ? 

H Kouy parait aussi avoir été le nom d'une monnaie 
ancienne. L'histoire de la dynastie Ilan dit: « Il y a 3 espèces 
» de monnaie d'argent. La 1" était ronde et valait 3,000 
» sapèques, elle portait Teffigie du dragon {on^ ; la 2"^ était 



(40) fi Ji 5Bl Ê O ftl 3>. ia ^. Poet^ven^yurirrou. 

(41) Tcheou'ly. 

â O $ & # O 4b H ^- Tching-huen, lié ans après J.-C. 
(4ï)Dict. Eul-ya: voir la figure <l« ces lu tortoef, Ht. x«, n. 497-S8, 
et les n. 33, 34. 

' (44) - 4b 51-. Il o :l ô * -^ H o H o JE 

SaoKASJloïon+A^ao- 
T^o B M m o Z o :fL ^ & o . .A ï H. 

Sse-hy; voir n. 28. 



374 TBADITIONS GHRÉTlEimfcS EN CHINE. — ART. V. 

» carrée, elle valait 500 sapèques et son efQgie était le cheval; 
» la 3« était ovale, valait 300 sapè(]ues, et représentait un; 
» Kouei (4i$). ù De même la torlue Kouei, de différentes 
grandeurs et de prix divers, servait à distinguer les différents 
degrés des dignités dô l'empire. On lit. dans la même his- 
toire : « La l" % yuen Kouei ^ ou tortue, propre de 
» l'Empereur, avait 1 pied et 2 pouces, elle valait 2,160 sa- 
» pèques. La 2« 2^, Kong Kouei^ pour la 2* dignité, avait 
» 9 pouces et valait 500 sapèques. La 3* ^ heau Kouei 
» pour le 3<^ ordre, avait au moins 7 pouces et valait 
1 300. La 4« ^ Tse Koueiy ou de Tordre suivant, avait 
» 5 pouces et valait 100. La dernière dignité qui est H nan^ 
» ne portait pas Tefflgie de la tortue (40). » Le Choué-ven ne 
raconte pas la chose ainsi ou du moins il parle d'un autre 
signe semblable. U donne au « Kouei ou tortue de Tempereur 
1 pied 2 pouces, à celle des reguli 1 pied, à celle des grands 
8 pouces et à celle des lettrés 6 pouces (47). • Le livre 
Pe hou tong applique à tort cela aux Sorts (48). Ces signes 
& % R9 & semblent être des symboles et des insignes, 
comme la plupart l'affirment; ainsi nous-mêmes avons-nons 
plusieuis espèces de croix qui distinguent les différents ordres. 
Or, si Kouei signifiait seulement tortue, à quoi bon rappli- 
quer aux usages ci-dessus ? 
Chacun sait que Tancienne figure ^ ^ Lo^hou est 



(45) é^Hn^p o«-IBoîtH^o4 

jr.flSolâ^Wo^3lCfi- Histoire d$8 lian. 
Biliaire des Han. 

(47) ^ JF R^H-^o^nRo^^A 

tJ" o i /\ V • Choue-veÂi racine 476. 

(48) Lé livre Pe-htm-tongy li*Te attribué â PatirJtou, mort 9'î de J.-C, 
mais plus andeiiv 



LA TORTUE fiOUSI FIGCRAKT LK SAINT. 375 

ainsi appelée, parce qu'une tortue, sertaiit du fleuve Là, 
la portait écrite wt aon dos ; elle aaittenl 9 numéros ainsi 
disposée par 9 carrés, pour former un carré-magique, et 
que lé nombre 5 est au milieu en forme de croix^ mnsi 



formé 0. De même Tautre figure dile Hô-tou ^ H 



est I origine du livre VY-king^ et c'est pour cela qu'on la dit 
apportée par le Long^ma H ,^, le cheval Long, parce que, 
comme on Ta dit si souvent, ces mots Long-ma désignent 
1^ Kùuen itji Kien qui^ selon les Chinois, contiennent tout le 
Y'King. Ainsi la figure Lo^chou fl^ ^, selon ces mêmes 
Chinois, est-elle la source du chapitre très-célèbre du Chou- 
king, dit Hong-fan (40). C'est l'opinion de Kong-ngan Koue, 
ancien interprète du Chou-king (ttO), ce chapitre expose en 
9 articies la divine harmonie que le Saint seul peut réa- 
liser; on dit celte figure apportée par la tortue, parce que 
la tortue est la {yre divine que touche le Saint pour faire 
un admirable concert. 

Nous donnons, page suivante» les deux figures du Ho-tou 
et du LO'ChoUf dont parle ici le F. Prémare, dont il a déjà 
parlé plusieurs fois, et qui sont si célèbres chez les Chinois. 

Si Ton se rapporte aux figures qtxe nous avons données ci-" 
dessus, p. 79, on aura aiusi toutes les figures symboliques 
jointea à VY-king. 



(49) Chourking,], m, c. 4 ; trad. I. i\% c. 4. 

(50) ?i| 4S ;IL HS O m m m ^ M JiL' Kon,^an 
houe, Ters 484 ap. J.-G. 



.. •' 



376 



TBADITI0N8 CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. T. 

Figun^ dit Ho-Tou 



< • «1 




Figure du^lîo-Chou. 




LA TORTUE KOUEI FIGURANT LESAim*.' ^77 

4 

Oa croU communément (voir l(ïs figures ci-conlre) que les 
anciens se servaient de la tortue pour consulter les Soris. 
Sur quoi on pourrait dire une foule de choses plus ou moins 
curieuses. Nous en choisirons quelques unes seulement : 

Le livre Chou-king dit-: « Il a consulté trois Kouei, tous 
* les présages étaient heureux (81). » Le livre To-ftai dit : 
« Dans f% Po on employait trois Kouei et danô ^ CM 
trois $lt Y (52). Po [% signifie consulter et Jï cM s'enten- 
dait d'une certaine herbe tout-à-fait inconnue en ce moméntl 
On peut conclure des paroles du To-hai, que de même qu'an- 
cien nement le livre §f ^ était triple\ ainsi Kouei était aussi 
un livre triple. Mais chacun avoue que ce livre a péri (85). 
D'où Koriff-yng-ta dit avec raison : a Tout ce qui regardé la 
» substance et l'usage de Po et de Chi est très-obscur, très- 
» difficile à comprendre. Aussi les Lettrés en parlent-ils difl'é- 
t rémment, et Ton ne peut savoir celui qui approche le plus 
» de ta vérité (84. » Or, ce qu'ont pensé les ancieus est àss( z 
indiqué par ce caractère fs iPo. Il, montre parce trait \ les 
communications du h:ii]l et du ba^,ou le chemin par lequel le 
Verbe du Père est descendu, lequel Verbe est désigné par la 
ligne courte — , c'est à-dire composée de 2 point?. D'où le 
signe ff* t>sl K J\^, Po-gin^ consulter sur Vhomme, qm de- 
vait sauver le monde, « sur leciuel salut, comme dits. Pierre, 
» opt scruté les prophètes, qui ont prophétisé sur là grâce fu- 
» lure en vous, recherchant en quel temps et dans quelles cir- 
» constances Tesprit du Christ le leur ferait connaître, en pro- 
» nonçànt à l'avance quelles soiil les passions dans le Christ 
» et les gloires qui doivent les suiyre (88). 



(51) h jir. H O — M '^' Chau-hing. 

(32) JtfflHîloffilSH^. Le livre To-hai. 

(53) ^ ^ 7 fflf- Divers auteurs. 

(54) hi[±»lfffl«IBJoft*fll#J[U 

3RSÈO :^^lfc#^^- Kong-yng-ta, en 629 de J.-C. 

(55) De qaa Bahite exquislerunt atqae scnitaU sunt Prophctx, qui de 
fatnra in vobia gratia prophutavcrunt, scrutantes in qi/od vel qaale tem- 



378 TBADITiONS CHBÉTIERIŒS EN CHINE. — ART. V. 

Le Choué'Ven explique |f^ par tun (g, abaisser la tête jns" 
qu'à terre (56) ; ce qui exprime fort bien la grande vénéra- 
tioq avec laquelle les anciens s'informaient de Tarrivée da 
Saint. Leur face était contre terre, comme le raoonte Daniel 
de lui-même, quand Fange lui révéla ce temps (57). Quand 
même on voudrait que tout ceci signiflâty dans ce chapitre 
horiff-fariy les sorts qu'on tirait par le kouei et Therbe chi, 
cela ne détruirait en rien mon explication ; mais, en outre, 
cela prouve solidement la Providence divine. Le t3xte veut 
deux choses : i** Qu'il soit question d'une chose de la plus 
grande importance *^ ^ ta-y^ et que le roi, les grands et le 
peuple atteignent toule la mesure de perfection que réclame 
ce chapitre hong-fan ; 2« que le roi examine avant tout la 
chose en son cœur et demande ensuite Favis des grands ; et 
même plus, qu'il aille jusqu'au peuple^ afin de savoir sa vo- 
lonté^ ses désirs, et enQn, qu'après tout cela il consulte le 
Ciel. Que si le Ciel, le Roi, les Grands et le Peuple ont les 
mêmes vœux, cela se nomme :^}^tà tong^ grande conformitéj 
et rien n'est plus heureux. Que si le Roi, les Grands, le Peuple 
ont les mêmes vues, mais que le Ciel n'y soit pas conforme, 
alors il faut patiemment attendre un autre temps, celui auquel 
le Ciel daignera enfin consentir. Cela prouve clairement la 
Providence, soit que le ciel pense avec toi de peiv* que tu ne pe- 
lisses, soit qu'il iie pense pas avec toi, afin que tu ne périsses 
pas. Hais, comme aujourd'hui on ignore tout à fait ce qu'é- 
taient houei H et chi ^, je pense qu'il n'est pas improbable 
que CCS deux choses n'aient été dans la loi de nature^ à peu 
près comme les urim et les thummin sous la loi écrite(ii7 his). 



pus sigDiflcaret 1d eU Spiritus Ghristi, pranuotianB ea< qoae In Christo sont 
passioneg et posteriores glorias (1 Pierre, i, 10, il). 

(56) Choué-Den. 

(57) Gumque loqueretur ad me, coUap^us sum pronus iD terrain (Oaniel 
viii, 18). 

(&7 bis) Deax pierres prddeaaes sur le rat(onal dà grand prltie, qae l'on 
consultait pour connaître la volonté de Dieu. — Les Theraphim étalent les 
Idoles que Racbel déroba A son père (Gen. xxxi, 19). Voir sur ces trois mots 
Dictf de D, Galmet, 



LA TOBTUB KOUBI F16UBABT LB SAINT. 379 

Et ce serait sans motif que Ton rapporterait cela aux théra- 
phim dont se servaient les Gentils, adorateurs des idoles. 

(lar il n'est pas permis de croire que les Chinois ont été tels, 
anssi les auteurs modernes disent avec Pe-hou-tong : « Kauei 
» H veut dire long et durable ; ^ chè est le même que ^ 
:^ chi^ volonlé. Enfin ISLy que quelques-uns confondent à tort 
■ avec IF rberbe chi est le même que ^ (tttt). » Si hmei H 
est la tortue, et ^ chè ou cAi H une certaine berbe, coili* 
ment pourrait-on les entendre de la volonté ^y qui désire la 
vérité iii sm^ et Kieou ^ l'éternité. Cerlainement cela ap-* 
proche bien plus des urim et de Thummin que les 70 traduis 
sent par difXupev et iXt/kurt, c'cBt-^i-dire doctrine et vérité. Le 
P. Emmanuel Sa explique, d'après les racines hébraïques, 
urim par doctrine, et thummin par foi (tt9). Le mot chinois 
(S an signifie foi et vérité. 

On parle encore d'un antique emblème que l'ancien et bon 
roi Hoang-^ty avait coutume de peindre sur ses étendards. H 
représente le serpent joint à la toWue. D'où peut être cette 
parole du Choué-ven n qu'il n'y a pas de mâle parmi les tor> 
» tues, mais qu'elles sont fécondées par le serpent (00). » 

Plusieurs examinent si ce fait est possible ; pour moi. Je ne 
puis croire qu'un roi aussi honnête art choisi pour symbole 
sur un étendard, une figure qui serait aussi immorale que 
celle de Vunion du serpent et de la tortue. Je pense, avec 
beaucoup plus de probabilité, que c'était un signe mystique 
sous la loi naturelle, et qu'il avait une affinité avec le serpent 
d'airain que Moïse éleva dans le désert (61). Que ce ser^ 
peut soit d'airain, d'or, d'argent, ou simplement peint, il n'en 
f^t pas moins le Christ, parce que ce serpent figure le vrai aer- 



(58) ||±SW^4t o #i:S-ir#4o 

^ :^ A ^" O IK 4b # lE 4b- Le Pe-hou-tongr, attribué à 
Pan-kou^ mori 92 de J.-G. 

(59) Le Père Enom. 5a, Jéaaite^ mort en 1596. 

(jiO) H U M o SI a* A ii' CluAU-ven. 
(61) Fedi ergo MoIms serpentem sneum, et posait eum pro aigno» quetit 
^um pereusai aspicerent sanatiaoUir {Num, zxi, 9). 



380 



TRADITIONS CeitJétlEimES EN <!HINE. - ART- V. 



penl, à IVxception qu'il n'a pas de venin. Ainsi le Christ est 
vraiment homme, « mais il n'a pas le péché (62). » Ainsi par- 
lent Theophilacte et Rupert (65). Maldonat ajoute « que 
» d'après Eufhymius, de même que le serpent d*airain n'a pas 
> été fait par le mode ordinaire de génération des créatures, 
» maïs coulé au feu, ainsi le Christ a-l*il été conçu du Saint- 
-Esprit^ et comme le serpent a été élevé sur un pieu, ainsi le 
» Christ a été élevé tin croix (64). » 

Si rien n'empêche qu'on ne dise que ce pieu a figuré . la 
croix, qui empêche qu'on en dise ^tant de houd H, surtout 
si on le prend dans le sens d'instrument de musique? On me 
trouverait peut-être un peu hardi, si je disais que le Christ a 
été uni à la croix, comme un époux à son épouse, et que 
de cette union sont nés tous les fils d'adoption*. 

C'était là ce que signifiait l'emblème de, l'ancien Hoang-ty:, 
et c'est pourquoi il l'avait peint sur son étendard. Le serpent 
d'airain faisait allusion à un autre point de doctrine, à savoir, 
que nul ne pourrait être sauvé du péché, si ce n'est par Jésus 
crucifié. Cet emblème ainsi exposé sert si bien à expliquer 
ce passage c<'dèbre du Y-kinÇf que cette exposition donne une 
grande force au Y-feing, comme le Y-king ne jette pas sur 
ces faits une médiocre lumière. 

Mais pour que le sens du Y^king soit mieux compris, re- 
marquez : 1"* que ce passage se trouve daus la 2* ligne du 

symbole r r ^i/ (le 42«), et dans la 5* ligne du symbole 

rr 1^ <ww (le 41«). Toute la différence est que la 2« ligne 

qui désigne l'humanité est lue :^ il *$ yun-tchmg^kyyéi 
dans la 5^ celle qui figure là divinité est lue % "§ yuen-iy; 
2* que ces deux symboles ne doivent en faire qu'un, comme 



(62) Tentatnm aiitem per oronla absque peccato (Paul, ad Bjehr. iv, 15). 

(03) Theophilacte, Pat. grecque, t 123-12G, et Rupert. Pat, lot., ' 
1. 167-170). • . . 

(61) Maldonat (le P.), jésuite, mort en 1583, et Kuthymlirs, Pat, grecque 
t. 128-181). ' ' . 



. LA. TORTUE KOUBI FIGOJRAKT. LB SAIMX. . . W 

je Taî dit tant de fois de |g kien et de J# hmen ; 3« que dans 
le symbole S y on trouve ^, J: S T> c'est-à-dire par la 
souffrance du supérieur, profiter à l'inférieur ; et dans le 
symbole J| mn^ on trouve ^i T S -t? c'est-à-dire la souf- 
france de l'inférieur profite au supérieur ; 4* que dans ces 
2 symboles il est question de sacrifice. Car dans le symbole 
S y on lit : «Le roi l'emploie pour offrir un sacrifice agréable 
» au Seigneur («») ; » et dans le symbole ^ «m on trouve : 
«11 suffit pour un grand sacrifice (66) ; » 5» que Fégalilé ré- 
sultant des deux symboles sun et y n'a pas moins pour objet 
principal le Sainf que l'égalité résultant de l'union |È ^n et 
i$ hmei. Le Saint est en effet tout à la fois J: et T. ^^ 
et bas, parce qu'il est hommp-Dieu, médiateur des hommes. 
Kelativementaux hommes, il est an-dessus de tous, parce qu'il 
est Dieu, comme son Père est Dieu. Il a dit lui-même : Moi et 
» mon Père, nous sommes un (67). » Donc, quand il nous 
racheta par sa mort, il a été vraiment, par la souffrance du 
supérieur profitant à l'inférieur. A l'égard de Dieu le Père, il est 
l'inférieur, parce qu'il est homme comme nous; d'où il a dit ; 
a Mon Père est plusgrand que moi (68)» »> Ainsi, quand par sa 
mort il a souyerainement glorifié son Père, il est vrai de dire : 
paria sooflrance de l'inférieur il a profité au supérieur. 

6« Que ce même sacrifice, bien qu'embrassant ces deux 
points de vue, est désigné par chaque symbole, par ces mots 
S i JK + JW :fc ffi- Ce qui n'est pas aisément compris 
par les interprètes chinois. Car en conjecturant d'une manière 
générale, ils disent avec Yen-lin-chi a que ces symboles 
» désignent une chose de grand prix (69), » ou, avec Tchu- 
Tiy « que deux Aom^ font un Qg pong. DenC houei qui vaut 



(65) ^ M ^ 'JA^' Y'f^^y »y«*^l« ^2, n. 8. 

(66) rT ^ •?. r-Wnff, Bymbole4I, n.2. 
(67j Ego et pater oDum suiiios (Jean x, 30). 
(B8} Pater major meest^CJieaQ nx, 28). 

(6») +jà±&oâiâ^ftA- len-Ufirchi. 



iSi TBADinOlfS CHKÉETinnm su CHUfB. — ABT. Y. 

» tO pofiff est chose fort précieuse (70). » D'autres, suivant 
Ou-fcftin^, expliquent la chose autrement : c Its disent que 
» 5 X poei disaient autrefois un IR ponçy et que le iboun 
n valant 50 ^ po«, est nne chose très-précieuse (7 J). > Fimy^ 
cAîn-fsee dit, dans un sens neuf et différent: c Dix amis lui 
» prêtent leur concours (7S) ; » et en effet, %pof^ veut dire 

amt.£reoufto(7S)dit:cqueIesdoaxsyinbole9 == et r= 

figurent la tortue, parce que l'un et l'autre est intérieu- 
rement mou et extérieurement dvr^ comme la tortue* 
Selon quelques-uns, £ hmei désigne la 2« ligne et Fu-yen(7^ 
veut qu'elle désigne la 6«. C'est la fonction de la 2« ligne selon 
quelques-uns; on l'attribue à la 5% selon d'autres. X 'n ^^ '& 
même chose que ^ |^, ainsi parle Ko-pe-yun (7$). 

Tout ceci prouve que les Chinois ne sont pas d'accord entre 
eux, et d'ailleurs ils n'ont pas pressenti la profonde beauté de 
ce passage. D'ailleurs, ayant tout à fait perdu la trace de la 
Traie tradition, nous allons suppléer 'à ce qu'ils ne peuvent 
dire. Donc ces mots ^ i. &^ "Y^ i. fi signifient, selon 
moi, qu'on lui donne la croix de dix amis ou une croix 
d'une valeur infinie. Cela vient du sens donné à M* fi 
houeiy tortue; elle est appelée croix, parce que, de même que 
Mercure, plaçant des cordes sur le dos de la tortue, a inventé 
la musique, ainsi le Saini^ montant sur la croix, a rendu cette 
divine harmonie qui a réconcilié les horamea avec Dieu, et 



(70) Mfi«i»o + «i:fiX«4. ti^k 

mort en noo de J.-G. 

(71) S»l»o-afi£ + m:*:«4. 

OU'tching^ soas les Han^ 202-264 de J.^« 

(72) + A % J9r il* Vm^hùnrtH^ um Uit IWn, 12^^1368 
de J.-C. 

(73) £reou4(o. 

(74)SI|-#o^l&^Wofi iL fi 4. 



LA PIBBRB FRÉGIEUSB TO, SYMBOLE DtJ BAmt. 38.1 

d'esclaves, d'ennemis, eu a fait des amis et des fils de Dieu. On 
dit ^ HRlOpangfy pour indiquer tous les fidèles et amis du 
Christ, depuis le commencement jusqu'à la fin^ comme l'insi- 
mie assez le nombre cfix. Les paroles qui suivent ^ j|g ^, 
je les rapporte avec beaucoup d'interprètes au Saint, qui a 
été ol^éissant jusqu'à la mort de la croix« A ta 2* ligne on dit 
^ il "ëicar ^ j>ar^ery comme le tronc de Tarbre porte 
Varbre. L'humanUé du Christ a supporte la croix. Dans la 5** li- 
gne, on voit ces mots % ^y parce que la divinité du Cbf ist 
a rainené la félicité première qui avait péri par le péché, et a 
rouvert l'entrée de la vie éternelle. Il a été vraimectt ^ \^ 
ta (onffy c'est-à-dire la grande similitude, parce que bommo 
semblable à nous |PI A9 il ^ élevé la Croix, comme un étea- 
dard vers leqqel tout l'univers doit accourir. 

§ IX. — V« POINT (Suite). 
l|e 1» mierre précleQiAe TA, symbiile du Saint. 

J'ai promis de dire quelque chose de la pierre précieuse 
que l'on nom me y^ 3£ en chinois. Il suffit de citer et d'expli- 
quer la 6« ligne du symbole =: ^ ting (le 50«). Lé texte 

dit : « Les anses du vase ttng en pierre précieuse yb £ indi* 
• quent une grande félicité, une utilité générale, a Et la 
Glose dit : «i Tanse en pierre précieuse est au haut du vase. 
» Ije dur et le mou se tempèrent mutuellement (1). » 

la piètre précieuse nommée f/6 3£ n'est pas moin? nijs- 
tiifue et symbolique que le vase Unff ^ Sdou le Chcué^ven^ 

> elle est ki pins belle des pierres précîeiases, ou la beauté mémei 
» des pierres. Elle représente 3 pierres précieuses liées entre 

> elles ; et ce trait ( est le lien qui les unit. Autrefois ce 
» signe s'écrivait iiinsiy^ j^ (5)i). » 

(X) m ^it O i^% Q, % ^ m Q % ^ O 
Sii^ËJl OPH I^fi4b- T-^ng, symbole 50, n. 16 «t 1«. 

(2) S « :t H- o A 2 S ± % o l Jllt 



384 TRADlTlOIfS CBRÉTIENlfES BH GH0S. — ART. Y. 

Ce signe a un grand rapport avec le caractère £ vang qoi 
veut dire Roi et doat l'analyse est Un comprend Trois — Jf 
H» c'est-à-dire unité^trine. Dans l'analyse do caniclère 3£ 
yây 1e.C/iot6e*i7en ne dit pas précisément H *àny trois, mais 
êàrtyâ H 3^9 parce qu'il ne s'agit pas ici de personnes ft ouy^ 
mais bien de subsianéés, ty ||. Or dans le Saint, qui est h 
pierre angulaire et la pierre produisant les eaux du salut, il j 
a vraiment 3 substances qui sont fort précieuses, saToir: 
1* Une substance divine et incréée p^r laquelle Dieu est ; 
2* une substance créée et spirituelle ou la très-sainte âme du 
Christ ; 3* une substance créée et matérielle^ c'est-à-dire sa 
chair très-pure. Et ce trait | est le lien admirable de ces 
^substances dans Tunique personne du Fils^ laquelle |}er- 
sonne est désignée par les deux points que l'on voit dans l'an- 
tique caractère ^ yô. 

Le CAouë-ven énumère ensuite les vertus ou qualités qui 
sont le propre de cette pierre mystique. Ces rertus sont au 
nombre de cinq, savoir : c I^ charité, la justice, la prudence, 
B la force, la pureté (5).»Les anciens comparaient le Saint à la 
pierre précieuse y<5 3E- U n'est pas étonnant qu'ils aient attri- 
bué a une pierre précieuse tout ce qui convient au Saint dont 
la pierre est la figure (4). o Je songe au Saint, dit l'épouse dans 
vies chants chincTis; il est suave comme la pierre^ £ (tt).»£t 
Hoai-nan-^sè dit c que la pierre yô 3£ contient en elle-même 
» la semence du ciel et de la terre (6). » Le Choué^-ven disait 
plus haut la même chose de la tortue houei H «qu'elle avait la 
» nature du ciel et de la terre (7). > Pdo^chè affirme f que les 
» anciens n'offraient aucun sacrifice au vrai Dieu, ne disaient 



(3) A W £ ft O tl Hk ^ S Mf- Ch(me-c«ii.Hac6- 
-- (^) Voir Ja. dissertaUon sur la pierre» figure du Yerl>erJtoft dUA TantL- 
quîfé et dans l'Eglise, Annales, t. ii, p. 308 (Ce cérle). 

(5) ir ^ M ^. <> S #; in s o. QiaaU du T- 

(6) Jl # 3C Ji t. iH' Bôai^ndn^tsé. S £ 

(7) £ ^ M ± tt- fih€iêé-ven. 



LA PIBRBB PRiCIBUSB TO, STKDOLB DU. SAINT. 385 

» au Ciel aucune prière sans employer la pierre yô BË (B). » Car 
ils savaient que tout sacrifice, toute prière tirait sa valeur du 
Saint à venir, et que les anciens rites étaient des figures du 
grand et seul sacrifice, dans lequel la chair très-pure du 
SaAnty désignée par la pierre précieuse yh ï, devait être 
immolée. Ajoutez à cela le signe Sf Ido^ auquel le Choué-ven 
donnele sens de deux pierres précieuses qui n'eu font qu'une. 

Il fait la même remarque sur le signe |9 yng qui renferme 
la même idée (9). 

Cette union est ou bypostatique comme dans le Tout-tfaéan- 
drique, ou morale comme dans le Christ^ entant qu*il est le 
chef, et dans tous ses membres qui doivent être autant de 
pierres précieuses, vives, et pouvant servira élever le temple de 
Dieu. D'où les 2 caractères Un sh'^^ ^ qui ne signifient pas 
seulement lyre et guitare, mais indiquent la plus étroite 
union. Dans le second de ces 2 caractères, on peut remarquer 
le trait ^ py qui veut dire certainement^ assurément, et 
dans le 1«', le trait Mn ^ qui veut dire aujourcChui^ à pré- 
sent. Ceci est dit per transennam. 

Nous avons vo plus haut les Chinois dire de la tortue Kouei 
qu'elle vivait dans le feu, de même un auteur du nom de Ly- 
hOj avec bon nombre d'autres écrivains, dit : « L'or craint le 
1» feu, mais la pierre yâ ^ n'en a pas peur (10). On dit la 
même chose de l'aimant, mais la pierre^ BË ^ des propriétés 
qui ne conviennent pas à Taimant. Ainsi l'écrivain Tong-hou 
dit : <c L'or est dur et pourtant changeable, mais la pierre 
»2^â^est molle et cependant elle n'est pas changeable; 

» dans le aymbole ^ Ting (le 50^, la 5* ligne moUe reçoit 
» la force de la 6«, c'est pour cela qu'elle a en si graad prix 



(8) l& ^ :$^ ir II «^ M lÈ. PiotM. 

(9) g o II ï * â- O m O n M * -â-. Choué. 

«en. Racines 7 et 228. 

<10) ^ & 9(i o m M ^ Si 9(i. m-h,. 

PfitMABE. 23 



386 TRABiTiaiis GmtArfEiwBS m cum. ^ Airr. v. 

» une anse d'or. La 6^ ligne Toite et dure reçoit la moilesae» la 
» souplesse de la 5«' ligne ; c'est pourquoi elle estipie laat cette 

n anse faite de la pierre précieuse ^ 3Ë (il). * Ahisi parte 
cet auteur. 

Que manquet-il à ces paroles et à ces symboles, siûoa qod- 
qu'un qui montre ijue sous ces figures, sous ces ômblèttneei il 
s'agit du Sainf 7 Le livre F-/ioè dit : a La pierre>$ S ièflapère 
» en elle d'une taçon admirable la dureté et la mollesse (19$.^ 
Cet auteur fait allusion aux paroles de la Gtoe. Les écrivains 
Chinois ajoutent encore que, dans le claapitre C/ioue-^/u^tuida 
livre T-'king, le caractère kièn |g qui est employé paur 
Père, est figuré par les 2 signes yô 3^ et long 9|^ el que le 
caractère tchên S qui est employé ponr Fils, a aussi le même 
sens que les signes yô et long, par la raison que le Père et 
le Fils sont un (13). L'écrivain Lay-tchUie dit : « Comment 

avec la pierre t/ô 3£ peut-on confectionner une anse de 
D vase ? Elle est un symbole comme lorsque l'on drt: un char 

1 d'or (14). » Aussi est-ce avec raison que Técrivain Tchang- 
sun, dit: a L'anse en pierre y(5 5 a 3 propriétés : i^ses 
y> voies ne marquent rien autre chose que la concorde et la 
» dilection ; 2"" par l'amour et la force du moyen il change les 
D cœurs ; 3" par cette même dilection et union^ ii gouverne. 
» L'anse d'or soutient le monde par sa force. L'anse eo pierre 
J>t/Ô ^ soutient le monde par sa vertu moyenne (Itt). » 



.'i- 



(11) ^mm mm o ^&m :^m o sis, 

Jjlà* Tong-kou, 

(12) m m M HH M A' LiViyn r-Aoe. 

(13) ig^sjK n nia oSJKa:S£ o 

>S "^ ^' Choué kowb, c. xt, no 1-3, dans Y-king. 

(14) ^ fi. rt. iê. Ii o W. * 1^ *. ^^ * ô » 

(15) M ii iÉS-W * %-±Jtt o>* na iL ft o 



éte^ié w V^n m^ 8pa 9M]»p(>ri om ^oa ansp, mn toi]|i, r.wyeyp 
.^rU élevé i«u? le )Sa.in(» , ., ., .,,.,, 

il Oo.p^»t/Eûpotei?qq(jtep,2narti^a(lu iça?aiciè^e Aiu^ li j^Up, 
4îawàjlQ8Jflterpr^e5|, j'^ai tnadMit.par,amqdç vase* ip^iouepl 
-Jd^n^ôiaeiHiystèra. Papto 1-» partie de: .ce caractàra ^J^'n^ie>ir> 
.dont Jb^€4Nuteur est ja^«nQ^4$it)d4sÂginéfî U.^r^^e^t par. la;2»parr 
4ie> du caraotère i3^' kiuen^eit défSÎgDée l&ootileut} dJi c^L C'eàL 
^aiiiéiqtie'lei sang' dû' dm» Lbn^ est 3g; )(' («tt&Ài^r^T*)-, igt 'le 
yfihbtMB EEj^i'èwiieb-néi ait auisi Muên-^fiomngfièiubtiiffeT) ^ 
^ ét/dàns cet endroit' dri ïé tiottnhe j^ô' Afc^ 

.' • ! ' <j 1 1 ) . r »! - j '" iî ' j • j i .; ; H '§'•'"5?'' ^' '.' * ' ■' J ■ ■ i î : '. - ' .1 i I 

jh 'îu , ; j.> j i:. > J'* /'ii^ii'} ;.• • 'I- ,i • "i. -'>.i. ii.-j ; ;• -■..;! » ,. 

Des figures et Aemtjw^f^.fffpii.^lu^^^iii^et^e^^^l 

Saint. 

Le type et lé symbole diiferent en ce qne le Symbole con- 

#ifit($k!diafis les^ (tjffénemtes parties 4" nioade^ 3oit.en;,C)liiQses 
rjnaadioéea pomiDe la pierre préçieuçq yà £, çQm]fî^,|fqi.pQ- 
f^qwllej9ey.^9 comme le ciel et Jai, terre, lei feu. et r«au»..les 
-i»pof4goes!et,leJ)OiSr etc.yjioit en çbQSi^^ ;aD9ni^$ o^. réeUfs 
-cqnjiwe.il'ftgnwUàile.HQn, lei;çerpflnti.etc.i; «)|t,^jq içhç^s^s 

fictiv,^:i(M)nnme[,.}ei dragpp^ ia.liqQrji^ii rqiaeawi ffQnjiv .la 
;)tor*n^ii etc. i^tToiterift^^, en cbftçeç lwteade,:inaiM d-Uom?ne, 
nooHîme >lft> ]1mii\e^':imtS'Mîng :^y le( vaae iii]{8M(((ttt ^tâng^^j 

.Ifes.li^e^ ^ut. eàoxposeat \Q)iivrejY'kmg et.eooore tes.'oacaç- 
..tèreii triéroglypbiquesj . > . ^ / .. a.. i ...i ,. 

- ^ Qtilintanx.Typee>iil».jBxigeB(t despeffsonoesfioit.réellttB^Mit 
•*«ïi»*Q|iftUQ^«.fit,^vre»Mi}t, jipftgiîlwep, Tplç.;sojtt tous les 
>4ieui64e, l'a^cjennçk Gi;èce .% Jupiter, Apoltoq, iVMm etc.; 
. tel^^A^ 4»^»>^'3Wi«* TwlaoîQnt ; Abql^^ Ijaaç^jlowpJ^, ,^- 

flWOi; fil^ijMte ^n^fi^njes apffiftn^.Rois,4<^J.)[p^^ ^eRtion 

les annales fort antiques de la Chine. 



ai 



.. f ' ' i ' I ! t . 1 1 ' i .' 



Tl*f l-l^ m L L.* ..V ' ' i > I !t .il >i .'> t ' i.tii.; 



38S TKAt>ni<Hl8 GBBBTIKmBS Blf CHllVB. — AKT. V. 

Qu'il y ait eu chez les Chinois comme chez tous les autres 
peuples des A^la et (AtSOtxa, des faits incertains et my- 
thiques, cela me semble hors de tout doute, mais à quelle 
époque précise ont fini ces temps incertains et mythiques, il 
me semble quil n'est pas plus facile de le préciser pour ce 
que les Chinois racontent de leur pays, qu'il ne Test pour 
nous de marquer d'une façon indubitable la raison des temps. 
La plupart fixent cette époque à la [^ olympiade (776 ans 
ay. J.-C), et ils doivent rejeter la ruine de Troie qui est placée 
bien auparavant (1270 av. J.-C). f^e très-docte Evêque d'A- 
vrancbes, Huet, a ajouté Romulus et Codrus aux autres types 
counus. Mais te que l'on permet aux érudits» parlant des 
choses de l'Europe, plusieurs ne veulent pas nous le permettre 
à nous qui parlons des choses de la Chine, et cela, de peur de 
déplaire aux Chinois^ selon cet adage : 

Ohtequium amicos, veritat odium parit (16)* 
La flatterie engendre des amie, la vérité, la balne. 

Quoi qu'il en soit, je pense qu'il faut bien se garder de 
confondre les livres qu'on nomme kîng fty et que toute la 
Chine regarde comme canoniques ou sacrés, avec les livres 
historiques que l'on nomme ssee J^. Les Chinois ne supporte- 
raient pas que Ton fit une telle confusion, et, du reste, Ta- 
mour de la vérité historique ne le permet pas davantage. 

Parmi les auteurs modernes qui ont essayé d'écrire une 
histoire complète de la Chine, aucun ne peut être mis en 
parallèle avec Tclwrhy et avec Ssè-mà-feoitangf (17). Le 
premier commence ses annales à l'année 722 av. J.^, 
laquelle année commence le livre que l'on nomme To/iun- 
tsikou ^ ft» Le second, un peu plus scrupuleux, commence 
son histoire à l'an 425 av. J.-C, époque où surgirent les 
guerres civiles K B Tehinrhoui du royaume de la Chine. 

Lors môme que nous voudrions, avec beaucoup d'autres^ 



(16) Térence, ilndfto, t. 68. — Il est & remarquer que Virgile, Horace 
Jayiénal, Martial, TiboHe; PéhroDne, Catulle, les pettta poètea ii*ont jamais 
employé le mot ventai. 

(17) Voir sur ces auteurs cinlessus p. 28 et passlm. 



FIGURES ET TY»BS LIS PUIS CÂEAbKBS DD SAIITT. 3i9 

remonter jusqu'aux années dites kong^hb ^ ^y dans les» 
quelles un prince du comté, que Ton nomme kong-pè ^ fjg 
et qui portait le nom de Hd %, a pris les rênes de TEtat, 
eomme le prouve Técrivain Lo-py; si nous voulons, dis-je^ 
remonter jusque-là, nous arriverons à Tannée 827av. J.-C., 
non loin de la i>« (Âyrapiade (en 776). 

Que si nous remontons jusqu'à Tempereur Yaô ^ dont on 
place le commencement du règne à Tan 2357^ les mission* 
naireS; en général^ ne feront aucune obiection; mais on se 
trouvera alors opposé à jfln-gin-cAan. avec le docte Sè-mâ- 
kouang c qui inflige un blâme sévère à cet historien Kinr 

>eAî ^ A pour avoir placé le commencement de son 
» histoire aux époques dont parlent les livres sacrés que Ton 
» nomme Choù-king et Chy-king (18). » 

Un autre objectera i'éclipse de soleil dont il est fait men- 
tion dans les chroniques chinoises, et qui a eu lieu l'an du 
monde 3445, Tan 2155 av. J.-C., dans Thypothèse de ceux 
qui placent la naissance de Notre- Seigneur à Tan 5500 du 
monde (t9). J'admets cette éclipse dont les plus savants mis- 
sionnaires de la Chine confirment Texistence, et j'en tire cc^ 
argument, que la nation chinoise est fort ancienne. Toutefois, 
n'en déplaise à tous ces savants, je soutiens que Ton ne peut 
prouver l'existence de celle éclipse par le livre Chou-king. 
Mais avançons. 

Si rhistorien Kin-gin-chan a commis une faute en com- 
mençant son histoire à l'empereur Yaô, combien plus grande 
encore n'est pas l'erreur deSsè-ma-tsien (80) ? Celui-*ci n'é- 
pargne pas davantage les livres sacres, mais il remonte jus- 



(18) ti Ûl ^ R o m^m B f^^ o Ji ^ 

^ m ilk "J^ Jtb' Kinrginrchan, historien sous les Song (954-1279 
deJ.-C.) 

(i9) Voir le Chou-king, I. i, c. 9. — Lire sur cette éclipse une disser- 
taUoD du P. Gaobil dans le P. Souciet, f. m, p. 110. 

(20) Se-ma'tsien, historiea vivant 202 av. J.-G. — Voir ci-dessus, p. 23 
et4S. 



nié TàMrnim '-MUÈtmtm^^MMi^ Âw^nt-:\ 



qQ'à'ltoffipâreujflHb^Ëng^tt/) «fésUindMre àiHàni>26t3»ruJiMG2 
î(hU^|l Faut sa^irfqueiisÎ! JèË »y)aataiebÂii«ifr ooiabl^iiliëdl«8^ 
$i9à-rM*tsim h CMis«: 4|e j^Q^éloquflpçfi,^ ^p «Wigqnifi,, i|§ 

.. L'autre écTivam.:iluffiôme..;qpm:dfii.Ss€ï;rH^,jPftu 

disceraer de son homonynne,iaaifvitqj,À;ll9fl i^SmkiWf9i4fl 
Fe^'^^fmààhMM'^S^ A:«fift oMimeirtair^idiis 

iSa^:^':^ sâr TottVrag^eiiiSitfe-j^jfciBB^joe «leraiv éfcrîMki 
aetioore âfbâCé rJri^iri»' ided^d ^ iprênhieivs' lempei^un, S'^ <& 
tt^ savoir :7^oii-Kt/, • ATiu-ôua et- CAifi-ntm^.» ewié ÉèttVèBë 
ipoquë; qui commence 'à"\P\^tt*>ryi'biëû qtfeBfeWnfe MA (Mtk 
«eietéè par la )ââ|}6tfrë<et la-plM4flin6 pMrtia'deB (^oÊs/'âoît 
^fàmM'^i^m^^l^Éfiri^'^èlk^^ JÛw dilogéiidt 

Noé. Car, comme Ie& âlfinoi^^ (^tac^O leid^l A ^«iègne>ide 

«ly >^ê ^irègtie/ à' Fob-À$ "-t^^ianrv! Dn- >addilidii«9uU ncêk 
^a«d\ ^Mv^y lOfJ iailtia iî5t»^d6, ««sqvîéfe, fjoihtgl i^704;( *■! 

r' I^oiir ëvoit^les «fUnëesIdti mbnddf^stt^tot tel clirfoiM«ite^Ait6 
'70 qiH tiouâ-'ëSt'' le- ptns iav^rMHë^' OU» ««Miâ.^'q^firffayopift 
davantage leë 'éèrïValiiâ -^bibôit^y'lilisâ^ j^ié te^Délu^oa^ 
arrivé en Tan du monde 2264, et que Notre-Sôtgt|«uif(fe»1iiiè 
i^bn 6B00'd(i'iii<»ilé^^'ftëtôti rdt)ln4én'de\643^r^d»^^^ et de 
'l^iœ|AiorèdeGon6tduiin()plè'tM)i.'Dei(^^ 
lès ahtiëés2969/én atrr«i1^'an^ti^cftèmiM4^^ 
la i ^ dt!i^ teigne tlé^Foû-^h^fi Gei\é i la nuée ^fii t /ki: ^ 9^ jfinuVU 
lourde Babel qui a été construite l'an du monde 2736. Noë 
vivait encore, car il n'est mort que Tan 2592. 
^M^siçej^n^l^reuse^lQmed'iiopiim^ M'^jif ^> l'i^9^85 
^aiU Isr^li^rs^n dcs^peuplè;^:. aUer, sojis lacQKuluUe jde 
FqU'hihSQ^ùxGv sur Icï terres de la criinev^clqelîe..? ifuejes 

(21) Geor^es-Îe-Syncplle; «Aronôgraphte, à ran'HSOO*; tli, p!* 3^ /'hWI^, 
Bonïr, rsîîT; êl'ditfe le'môrtfttbmcr, p: 718,16 téited« Nfcïpliôr^, iapche. 
de GoQfttanUoopie, et dans Pat. grecque deMigoe, t. 100, p. 1010. -^^^ ^^ 



FICUSK8' Ef" TYPVS LB9 PLO^ CâliEBRES BU SAINT. 3^1 

Eafo^péens en jugent. Fou-hy, en effet, est sauvé de cette 
mairière des eaux du déluge, mais il semble bien difficile d'ad- 
mettre qu% celte époque il ait pu régner en Chine. 

QttedJÉ'éàlorsdel'éorHrain Lieoil-cAi(a2), qui, de même 
qde Ss^-mà-kouâng , s'est çccupé d'écrire T histoire, et qui fait 
commencer ses annales, dont le litre est Vay-hy ^ |Q, au 
cetttibémsernent mémedn monde ? Voilà ce qu'ont fait aussi, 
à sdn etstemple, le» autres écrivains qui ont composé dos 
abrégea d'annales histotrtqu^s, sous le titre générique de 
Kanff^kien 'iHH fj^, dans lesquels, pour ne rien perdre, rien 
omettre, ils racontent tout ce qu'ils ont trouvé chez les 
ameas . auteur», . tafitôt eii ajoutant, tantôt en modifiant 
qqplque cJtiose.. 
;^jqsirbislorien Tchinff-tse-king(2^)^ en se servant de I'out 

vrage Vc^-ty, 5h, S& de Lkou-tao^yuen^ et de l'histoire des 
3 erapecour» H M ÎB Sàn-koâng-^hy du petit Ssè-mà , a 
composé son livre qui a pour titre So-^ien ig( |g. Dans 
Toavrage Kcmg-kisn^po^ iM fli H? l'historien Yxim^leao* 
/an (94) a particulièrement cet avantage sur Ihs autres qu'il 
olte souvent la critique, la censure des savants, sur une foule 
Ije pointe qui sont expliqués par eux ou r^etés comme 
Incertains ou sans valenr. 

< Mbis persotine n'a ni mieux, ni plus abondamment parlé 
•de ces ' tettips héroïques que l'écrivain Lo-py (25), dans son 
trèë^docie otivx-age qui a pour titre Lou-ssè f& ^. Là on 
trouve les opinions les plus diverses des auteurs qui se com^ 
baltentyvtà:.fioqt. rjelaiéa tous les calculs des années, là sont 
indiquées les sources où ont puisé ceux qui ont voulu les pre- 
miers parler de Tantiquité et écrire rbistoire, là on lit 
que depuis le commencement du monde jusqu'à la prise 



.{ i _. . k - ■ ^ '1 , ----^ .^^^ 



■' p2) lÀeoU'thi OM lietnirttLO-yuen, vivant sous >f»n-fôongf, 4«emp. ^lea 
Song, m9-l<>54 de l.-C. 

(?3) TMiiQ-tsc-kingy \iva<t sous les Yuen, 1280 à 1368 de J.-G. 

(24) Tuen^leao-fan vivall sous la dyna-HIe Ming 1333 à 1628 de .l.-C. Voir 
cf-dessus, p. Ihh. 

(?5) lO'py, vers 1170. Voir sa notice ci-dessus, p. 26. 



399 TRADITIONS CHKÈniNlfES EN GHIlfB. — ABT. T. 

du Ky-lin (2% les uns comptent 2,276,000 ans. 

les autres 2,760,000 — 

ceux-ci 2,759,860 — 

ceux-là vont jusqu'à 9,696,740 — 
Et en cela, les Chinois n'ont pas été plus sages que les 
Egyptiens et les Chaldéens. 

J'ai voulu noter ces choses à l'avance, afin que Ton ait une 
légère idée de Thistoire de la Chine, et que Ton pût juger des 
Types dont je vais parler dans la partie suivante de mon ou- 
vrage. La matière est curieuse et abondante , je la traiterai en 
13 articles différents. 

Conmtoncenieiitfl mytliiqueM de^diver* pempàem (A) 

On vient de voir comment les Chinois font remonter à des 
temps indéfinis le commencement de leur empire, et du 
monde. Ils sont d'accord en cela avec les divers autres 
peuples. D'où viennent ces légendes et quelle en est la valeur? 
On ne saurait le dire. La plupart des auteurs y ont vu de» 
allégories. Nous croyons plutôt y remarquer des débris épars 
de la vie des anciens Patriarches, conservés très-confusément 
dans les familles ; ces traditions confuses furent, dans 
des temps postérieurs, mises par écrit, et amalgamées tant 
bien que mal, mais offrant encore des souvenirs reconnaiasa- 
bles de Texistence des Patriarches bibliques, et de leurs actions 
pendant leurs longues \ies. Nous allons donner un tableau 
succinct des temps mythiques chez les divers peuples. Com- 
mençons par les Japonais voisins des Chinois. 

1. Temps nijtliiques de« Jap«ii»ls. 

Voici ce que M. de Rosny a extrait de leurs livres * : 
Les Japonais comptent sept Génies célestes. 



(26) CeUe époque de la prise du Ky-Un au temps de Confucius est 
très célèbre, et on peut la regarder chez les Chinois comme on regarde chez 
nous la 1'^ olympiade. Elle tombe à l'an du monde 5018 dans l'Hypothèse 
que N.-S. scùt né l'an du monde 5500, c'est l'époque môme où Goofuclus est 
mort. — Le P. Prémare. 

(A) Cette dissertation est de M. Bonnelty. 

^ VoT la dissertation insérée dans les Annales, t. xti, p. 60 et 3S0 
(4* série). 



TBMPg KTTHIQCnU DBg INDIBIIS. 393 

AmcMio-Kami» — Les Génies célestes. 
1. itotifU-toko-totn-JftTMXo^ c'est-à-dire i'Aogaste perpétaellement existant 

(debont) dans l'empire. 
S. Kouni'Sa'tstmUi-Mikoto, 11 régna par la yertn de l'ean (le premier des 

cinq éléments) pendant 10,010,000 années. 

3. royo-fcoumott-fOtt-iriAoto. H régna par la verta da fea (le second élé- 

ment), 10,010,600 années. 

4. Ou-fUsi-^^Mikoto, génie mAle. Il régna par la vertu du bois (le troi- 

sième élément). 11 eut une épouse nommée Stm-fUsi-nl-Mikoto, 

20,030,000 années. 

5. Oho-ta^tsi-MikotOf génie mAle, régna par la vertn du métal (le qua- 

trième élément. Son épouse se nomnudt Oho-Uhb^Mikoto, 

20,020,000 années. 

6. OïïUhtarou-Mtkoto, génie mâle, régna par la vertu de la terre (le cin- 

quième élément). Il eut pour épovae Kasiko-ne-Mikoto, 

20,020,000 années. 

7. l'Xa-na-nagi-Mikoto, génie mâle, et le dernier des Génies du ciel. Son 

épouse s'appelait /-jro-namt-lfifeoto. Règne de 23,040 snnées. 

Total du règne des Génies célestes 180, 105, 040. 

Sur ces Génies, il est à remarquer le premier, régnant per- 
pétuellement par luùmême. 

T$ou4n^notirKani. » Les Génies terrestres des Japonais. 

Ces Génies naquirent du 7« Génie céleste et de son épouse^ 
En Yoici les noms : 

1. Ama-terasou-oho-kami ou Oho-firou-me-Moutsi 260,000 

2. Àma-virosi-v«ro-mimi-Mikoto 300,000 

8. Ni-nl-gi-Mikoto 310,000 

4. Flko-fobo-de-mi-Mikoto 637,892 

5. On-kaya-fonU-avasesou-no-Mikoto 836,042 

Total de la durée des règnes des Génies terrestres 2,333,934 

On Yoit ici que quelques-unes des traditions chinoises ont 
aussi été recueillies par les Japonais. 

n. TeMtpai mythiques ûem Indiens. 

Ici nous allons tomber dans TinOni, ou au moins dans Fin- 
déflni. 

11 y a d'abord Brahma qui vit alternativement un jour et 
une nuit. Quand il veille dans son jour, le monde existe ; mais 
quand il s'endori dans sa nuit, alors le monde rentre dans le 
néant. Brahma fait cette double opération tous les 4,320^000^000 
ans. Il a ainsi créé et détruit le monde 36^001 fois. 

Sa vie doit durer 311, 040,000,000,000. 

Comme pour les Japonais, il y a eu chez les Indiens le règne 
des dieux et le règne des hommes. 



m TRADITlOl^ 'tMÉffttklfiifS )i« (flTlTrfc; -^ ABT. Y. 

Ages mythiques des dfeux qut sout èompléif par jqur et crépuscules et qui 

• .ît./. :.:»:!•• ...;•: • • réat^tm^ûi quatirè dgès . '., ' /' . ' 

,Le, !•' ifge...-: Le Ifrif^-^Tong^ du Vage'deç fci.eûiç^^vaut 
4j00Û. a,p^iU,est précédé et suivi de dm\ çréflUWulfiségaiWL 
qtA Vâlent€D6ea(ibl«6CK)«lD8yCe>qui feiiiirt' total de 4;960Vaos. 
En ty)tnti|[>11artt ce nombre par 360, on a. en antiëës des 
ti^trynes. /: :':'';. \'y'. V\"l.,^. '. :., ; ,. 1,728,00^ ans. 
^ Le %^.âge„ — Vaut 3,000 ans et a deux 
oirépuscules de ifiOO ans* , En muUiplianice» ' 
deux nombres pàr^3«0> oîta .. . . : . . . J 1,î9ft,'000 

Lé 3^ Me, — Vaut 2.000 ans et deux cré- . 
pûscules d§ 40Q ans, q? qvii dopi^et. \^ <i .•«♦.!: 86^,000 
. J^A^Age* — Vaut 1,000 ans et àeux cré- 
«pasdules de 200 aUs, ce qdi'doilte. . . . . / 432;00Q^ .: 

La somme des 4 âaes dçs dieui,e.sl de • . 4,320,000 ans. 
\, Aprèç les âges des dieifx^ yienn^a^ IesâgjQs^4^â l)99i^^f^^ 

Ages mythiques des hommes chez leslndieBs* 

DasjiiteJ^'^e, la vertu régnai! seule sur la ^erre; cet âge 
^ém& 1^^728^00 a^nëes. Lfhdmmê^ avait tinéitiril)ed6 vingt et 
une coudées, et il n'était appelé par la moti qo^ab' bomt^iië 
400 tftts. La justices lenftit'fëi-nVéComtoê un bdfe'ûr gljfr fe^^ 
quatre pieds. î / 

» DaDsl<^ 2* âge, la justice était descead^^o^ayèc ld\ yçrjt4 à 
un quajTi du puits : les hommes avaient un qaar4'de mal «dans 
leurs atlions et trois quatts' dé bîiem Ils vivaient 300 ans et 
%Jraient-q««or2e eourfées-de hfeiut} ce second âge «i^ttaré 
1,296,000 ans. ' . ^ - - ^^^^^^ 

» Le 3'^^$«j>]1f^e9t'^e«94',00rMS,étvHrl!16KiéVbn, moitié 
-rtràùi^tiid. Ua j«stJ(ie, Tept»èseiitéë jiar !ê Talirëaè; n*«lvëit'<jue 
deux pieds. Les hommes avaient sept coudées de haut ; la' Wroj^ 
)tié de ietfi^6 déU'trV^élMt'lMfiâi^, î^iitre, hiauvaîrâè,^ife t^i^a^nt 
^OO^n^.' ■^■'''' * '*''' '' '•'' » •"''■ •• ■•"'"' î 'î " '.' ■' :-ï 

^1 «te 4*1 iô^é, quî est'fe n/Jtrej doit durer 434,000 ads$' •èto 
'1845; il 7 à 4,946 ans qu'il est coinméncé. La justice, te HMVê 
et la vertu sent dépendues a^ix tpois quarts du puits; le Tatif- 
reau qui les représenté n"a'jyi(i<i i\n^ut\ pifd.^Lès hbmmes nfen- 
■tëûttrdis fblsaV^nt d^-dlre iiri mof-de vrai ; ils ne vivettique 
100 ans, et ils non! que tn>is coudées et-domie^dehâut (Ce qét 



leur fait une laille moyenne de 5 pièiï^ '3 pokices anglais) ^ t» 
Mais les Brahmes du éjèngale ont iéncpre'ptus^ augmenté ces 

âges. >-: -u. .::.-••/. .'.• 

« L'homme viyaîlTlTaprês" eus, dans le 1" âge, l'âge delà 
vertu complète^ tant qy^V^toulail^ i&morf ne le frappait qu*à 
«f^dt^ali thovi>éb\iOAifiûi^\Kns\i 'sontiiof*p»a^âif^iai|jeiiirr sa 
•p4u»-.toilteiirigMéirn;;-t!t) >.:i )ij:! /.li ^iiiMi/ "«ii dm - )ii|.iil)7iij 
il >1>Xe8flbanlhefidùl6^âgû)vWafki&lt^!l,2^flanfit^l)c8pH jaaiês 
^qaiUaitfquii quandllearft pst s(àliN|ihiieBÂHBl: sV»^llu 
ni »^^DtoS' Jà3^49^> Fâlne qtittail le icot^psJde) l'homme! au^boiÙ 
tdÉilitQQftaïQd^^pârQle vquûllélsaBgl6ll/a¥âit^^ilté ilesi 

B Enfin, dans râgèide IfiFoiij le 4')âge^>le»jh6iklinfâsiDiet'yfhrfinjt 
que 120jfl^çt^^yi8Qp/iftnj^fll^iJI^S^îi^t,^.|n^^^ » 

d hommes, crées ou plutôt enfanlés de la substûncè jïjêmei^e 
Brahma. - , i . • • 

La l"' caste est spx.tjiç, de, sj|jji^pçbp,.ç'eftl celle des Brahmes. 

La 2'' castQ:4Mit (Sortie de ses.brasj cfj^st.CfiUe.des Khyettris, 
ou guerriers. '^•" "^'^-'-'^ / •>■'■ -•' ' '• •'•'-' •- 

La 3* casfe est S(:rrtie de ses cuiséés, c*efét'cëlle',des Voishyas, 
ou agriculteurs. :;:; ^.^ n^in ! ^ 

La 4* caste est<j$Kirtie de ses pieds, c'eglxi^lie des Shoudras^ 
la plus abjecte. ..j ;.q/ .j yn i... ..t, < u . . .i 

111. Veanps niytMigMi«|i dm AMyricn*. 

Pour se former Ime idée complète desSl^esmythiques des 
Assyriens, il faut attendre que leurs livrée' àjefxl été traduits et 
publiés. En altei[),9ant, écoutons ce qu^ pQi^s <în dit Bérose^^ 
en nous servant ^des chifTres qu'il dondOMs^iiat de leurs noms : 

1. Iterus règne pendant 10 nrasi 

2. Af&|>arus 3 

3. Atmelon 13 ^ «: 

4. Ammenofr'i -: >'' .i:---' --•fî" ■ '■■ ■''''- 

5. (ÂBiegalaras 18 

6. Davonas -^ ' '^to*- " • '^ - '■' '■"■ *'•!' '^ 

^ Voii^'ilé'^/bfexf^ Jfttnôii,^!.' i,^eiVeé et strfv.^ct1è'T)réeîi6u]r'oiivrîfeé de 
M.rabWOuérin, YAtiron6mîBindiefir^,\i,'^e\ 88,T>ârts; t847t diei ViAeïier. 
•'^' * Wk^ifdViourl /, V:W-8è;dait8 Ouéfm,p.-^. ' - '=^ ''- ' 

* Bërose dans les Frag, hUt. grae. deiJîdb^;U.*,•V.''4^è(^^0;' '^ •'''■ 



II. . ■ 



396 TRADmoNs GHftimiiiiw m orans. — ait. y. 



7. Edoranehns 


18 


7. AmemphsiDiis 


10 


8. OUartet 


8 


9. Xisathrus 


18 


Ce qai fait 


120 saret*. 


qol Mot éTaloéi 


482,000 ans. 



Nous le répétons, pour se former une idée exacte des temps 
mythiques ou des vieilles traditions conserrées par les Assy- 
riens, il faut attendre que leurs livres miraculeusement, on 
peut dire, conservés sur briques et qui se trouvent au musée 
de Ijondres soient traduits. Les Annales de philosophie en 
ont publié deux grands extraits : l'un sur le déluge et l'autre 
sur la descente d'une déesse aux enfers ^. Ces deux extraits 
confirment la Bible, comme on peut le voir. 

IV. Teaipa myiMqwes des Egxjpf leiis. 

Ces temps sont encore divisés en âges ou règnes des dieux 
et des demi-dieux. 
L'âge des dieux renferme 7 personnages : 

RègDo deg dienx égyptiens. 



1. Voloatn qui a régoé 


9,000 ans. 


2. Soleil, fils de Viilcain 


992 


3. Agathodsmoa 


700 


4. CroDDS 


501 


S. Osim et Ids 


433 


6. Typhon 


350 


Règne des deml-dlenz égyptieofl. 


1. Oras règne pendant 


100 ans 


2. Ares 


92 


8. Aonbls 


68 


4. Héraclès 


60 


5. Apollon 


iOO 


6. Ammon 


120 


7. Tltboea 


108 


8. Sosoe 


i28 


9. Zens 


80 


10 et 11 dont le nom manqoe 


2 



868 
Ce qui fait une durée totale de 12,843 ^. 



* Voir sur les sares Annalet, t. vi, p. 1, t. zti, p. 332 (6« série). 
s Voir Annales, t. it, p. 406, et t. viii, p. 210 (6« série). 
> Nous donnons ceaebiffres d*après les FragM Manethon, dans ItsFrag, 
hirt, grϝ,j de Oldot^ t ii, p. 531. 



«SK MTTHIQflKS DIS «MOB VT MB 90WM%. WH 

hes éludes et les découvertes égyptiennes sont en pleine ex- 
ploitation ; les Annales en ont donné de nombreux fragments 
et prouvé que tous les temps mythiques n'ont rien d'opposé à 
la Bible '. 

T. Temps mytliiqLaett d«s Etrusiiiies. 

Ce que nous savons sur ce point nous le devons à Suidas. 
Il l'aurait puisé dans un auteur étrusque qui n'est pas arrivé 
jusqu'à nous. Deux parties sont à considérer : ta création du 
monde eC sa durée. 

On voit d'abord que le Dieu démiurgique employa 6,000 
ans à la formation de toutes choses, y compris celle de 
rbomme. Suivant la Genèse étrusque^ clairement dérivée, dit 
Micali \ des traditions orientales^ il Ut, dans le 1*' millé- 
naire, le ciel et la terre ; — dans le 2*, le firmament visible 
qu'il nomma le ciel; — dans le 3% la mer et toutes les eaux 
qui sont sur la terre; — dans le 4% les grands luminaires, le 
soleil, la lune et les astres; ^ dans le 5% les âmes des oi- 
seaux, des reptiles et des quadrupèdes qui vivent dans Tair, 
sur la terre et dansTeau; dans le 6% Tbomnie. 

Ces six premiers mille ans se sont écoulés avant la création 
de rhomme. Quant à la durée du genre humain^ elle doit 
être aussi de 6,000 ans. Dans ce système, 12,000 années^ par- 
tagées en deux grandes périodes^ composent le cercle entier 
de l'existence des êtres ^. 

Il est inutile de faire remarquer combien cette cosmogonie 
se rapproche du récit biblique. 

TI. Tmwmpm mr^hi^uMi des Crées et Aee Ronmlne. 

Nous ne donnerons pas le tableau des temps mythiques de 
ces deux peuples; d'abord parce qu'ils n'<rfûrent aucune date, et 
puis parce que, grâce à nos étvdes classiqueSs, tout le monde, 
même les jeunes flUes, savent que ces peuples avaient les 
grands dieux au nombre de 12, et puis les petits dieux ou 
hérosy à un nombre indétermmé. Varron les portait^ l'un 

^ Voir les mots EgypU et Egyptiens daiie les Tables générales. 
' Micali, YltaUe Offant la domination des Romains, i, n, p. 241. 
* Voir le texte de Saidas, et tons let éclaireiBsemeots but eette eoemogonle 
etMir la^afidecM»ii^eétnuqoe,dâJi8leflilnna{ef t. xvi, 9. 46(4« série). 



4M .'K9^$Mn»miwa9inmaskm Gmif/t^i mfjmustj^ 

fermées. Nous en avons donné les preuves ailleurs S 



>•<< «I 



Ovide en a conserve les principaux traits, et nous. Jes avons 
cites lOinU aux traditions conservées par les auteurs grecs^ 
(juarid ncfus'àv(»ns BLtidl^^séké^'Mëtkniôrphô^sr^'''' ''i' ' 
' ' ' ^Ut- côiitlbsfiMi' a i tirer de ' tou^ cé^ «aMeaOï- ùmHi^'mm^tti' 
'tfaeiitqûll'ë'À^il ê&sè^ëtiià ^«Ii tid ëtkted é^o(plK6» dé» ifif éi- 
miers hommes dont parle la Bible. Cela re^sorûral eÂcd^e fM^ 
clairertièrïtl»'dti tableau des 10 pktHaf^chés; \ti[ipt6btëineni 
appeiés^eMj^)^é%<r^,de la €hine^'^é ddus ftHètfé^eOtn^àrér^ux 
'l^ ptétn\ét»pâmâroheebimi\ix^s^h*d-ipm^ 4«8)i' '^ » 

Viùt. QiîelqiuéÀ reche^eites pour sêifVir, de 0ol4l^e^ 
'^ÂM r étude détf preniIcH ii^iÉiiè diVhWi#)fi^ 

"!•'.. '■ 1 ; . !.■• . ' ■{ i '. ' 'j 1. — 1 1 .'.' I j 'm ' tM».;- iif j. 

.. OUi peut dire sans hésiter que la plus grande p|[;ép<^(|upat|9n 
.à^-\^Pm9^ historique et g^ographiqup dpif^ etpe e^^ ^ 

ment itelle de savoir quel e;^^ ct?t; EUqpir^ qui sTappellfi^TiJ^n- 
./^03. (fç Gif l inférieur), ^t Tchonff:^p^e ^{ye^^^^ 
j^jppire.d>y.spnt exclu? ip^s}e^Jér^^qn^,}o^^^^^^^ 
-Wf ..spnt, r^^^uép h9f^ des .4,li%lps çqp? lé nc^, jje rep- 
..ti^Ç^HWr^M n^di ; de cl^iens, 2% au ngrd; de;?orcs/^T^^^^ 

l'orient; de chèvres (Kiang) à rocoiden-t? Ofiçl^fîs\^^}!S^r,ge 

>R?W^ft i9W >>PPfi>!f?iPe.vp\e <\^. ciel . {^eri-mn)^;^^^^ 
et droit (Leang-mm), peuple du F^U (j^-î^jj^), uçu.p e ^^ 
le gouverneur est dit Fils du ciel (Tièn-ise), ou plulôt nts du 

1 ' ' Voi)à (i*i fret^lènlerdigoe des roehârplMa doi noti giéogsapbes^ 
t de>DOs hislorieil6-efi|irin€lipa|eafMii<j dtsudoâiSkitifjiigii^ini! >. > j 
. )t)fl(oiis'41lo€i6 ^ssay«r<ie doûner qofilqueâ ifidki^tioMa^iftSifr 
< le tiom de eelpcnple; J2^8^iai9MiJ«rigijlAiet âee^firviiieraK^M- 
i-pepami^ottvpa^iavèhBsg >') c^^ -'ii •>'i<i<Mo.. ifi 7.).')\\> •.\)UiM\> 

"" / Voir !^n;m/e« t. i, p!' 137 f6*' sis'ÂèyWVés'iyaÂiitàAiû^ AVia ^eUgi(ki'è^ 

9 Volninna^ tj^v^aai (5vAéite),eiti)ociimfKs,ie(«.».\t, \ai p^,;4M.* 
>ii< ^Voiriesitntta-cliinois daiiAijiniiiato4^.>z^p, 386>-:^<i9llt>jTimiP.<M9, 



1. 9ov le i&onn de Ttiltin^ wa €lif nel% etj Tihfv^ ou 



(il dis$eriatioj3 ia.plus curiqusa et la plujs sayanie aur le oom 
;fit Torigine 4ii peuple cbinois est ccme que le Cl), de Par^v^y a 
;;Cf)liijposée ^)us Je titre de ; Di^ert^tipn abrégée sur h nom 
:j^ntiqvfi .et hiéroglyphique dp la Judëe, ou traditions Qçnr 
.^rpées çn Chine siJ^r l'ancien,. pays de^Js^\ii,,par/Syqid,f}Jjt 
celui des céréales et de la croix *, dissertation remplie, ço^fiçi/e 
tous le9 , tmajjix de M. de . Parayçy, d'uue. foule de tç^tes 
:$4Y|\qts ei^ bqos à, étudier, ,ms|is qp peu çonfuséiueu^ ept^^- 
mêlés. Nous en extrayons ce qui a/apport au jautijit.ei à.Vftr^ 
gine de la Chiqf , . / . 

,/. J^^. de .Paravey oyvre le difljorinaire KjaT^grhArtsc-tienj 
ippmposé par l'ordre et sous la direct^Qu du fameux ernpejTÇfur 
.Kang-hi (1662;1723), qui> après avoir uie»tioûné que ^ 

-Cbiue porte le Aom de ^ Tén, s'expjinfie ainsi .: . . , 
aPeplus.'Jftpyamoede T^-t^iînou Qr^md$'Sinf$Q\isl^H^r^' 
» postérieurs dans le pay^ dej Siyry^ (ou des villes mpi^éçs.j/jtc 

j^,,eq Orient .^i/).{ies ti;a4Uiou^ (disep^). : le T^^r^iri ç^\ sijt|ié à 
1» Touest [sy) de la mer (hay)^ et aussi on rappelle r.Qyauvf^e 
» de Hay-sy. De. lui^lçs hoippie^ et 1q peuple sont^ gps^ 
• forts (chang) et grands^(fu), unis ou paisibles, droits, et ils 
» sont do la race du roytiume du Milieu (ou de la Chine). C'est 
» pourquoi on nomme eux Ta-sm (Grands â|os},?. 9 . 

h s'agissait desavoir quel est ce peuple Ta-sin^ et où il est 
situé. On l'apprend danslô texte suivant^ éxtrft^) du SâH-feay- 
tou'hoei, ou Bocy cbpé(ilii& K^}iii}Qi6e ; 
. ..« Le Ta-tsin-^oueji.ou.rcjyaunaç.deiT^a-isin, c'est le \\efx où 
» les marchands voyageurs (chang) et étrangers (fan) des li- 

■,i| qfltcBjOcfiiJegtate? {^'fmS) sQ^affemblepiJ (teouy). \- . 

^ ( .>^ Spn rcfi (fy-F^yJse sert {y}y lorsqu'il sacrifie q]u lorsqu'il 
9 garait en public (pou), d'une bande ou pièce de soie .v^pie.x>u 

.. fi,,de. latfttasi (pertohyh dfoù .^pcteui [tchu] dps lettrep à*or 
» {kin'tse)y et il en entoure' (toftan). sa tête (.teoit)«. ^ . „ . . m> 

^'Insérée dàhsledinnalé^ âepnHûsophienh(^,l, iai,)^, ^45tl<'^séHè), 1S36. 



400 TBADIT10N8 CHRÈriEHNl» 101 GHIIffi. — ART. Y. 

<x Cette terre produit (ty^seng) du corail précieux (cftan- 
> hou) et elle engendre (seng) des étoffes de soie brochées de 
» fleurs d'or (c'est à dire des étoffes de Damas) (kin-hoa^kin)^ 
» des pièces de soie unies {moen)^ des toiles fines Ipou), des 
» perles précieuses et véritables (tckin-tchu) et autres ctioses 
» de cette espèce (teng^voë) */ » c'est-à-dire sans doute, des 
cristaux et yerroteries^ serrant, comme les perles^ à se 
parer. 

Les détails donnés ici conviennent parfaitement à la Syrie^ 
ou à la Judée, dont le Grand-Prêtre portait sur le front en 
lettres d'or les mots sacrés : 

rmh cnp - SAINT A JEHOVAH K 

M. de Paravey, pour confirmer cette synonymie, adonné de 
plus la forme d'un de ces Changs ou marchands^ portant en 
Chine le corail de la Phénicie et de la mer Rouge. Quant aux 
étoffes de soie et aux perles précieuses, on sait assez par la des- 
cription qu'en fait Ezéchiel combien la ville de Tyr et la Phé- 
nicie en étaient abondamment pourvues ^ 

Les dictionnaires chinois donnent la forme antique du nom 
du pays de Tsin. 

Cette forme antique est '^, où se voient : 

lo Le ciel ou le grand comble ^ V^. 
2* La croix -|-. 

3« Le bois ^ , dont cette croix est formée. 

4* Deux mains j^"^, qui invoquent la croix K 

Tels sont les symboles choisis pour désigner la Syrie^ ou la 

^ i|fif* San-tsay-toth-hoa, 1. xiv, 3* secUon celle dee hommes. 

* Ta feras, dit Dieu à Moue, on diaddme d*or par, ta graveras en gravure 
de cachet: Saint à JihovahiEMdeyXTvm, S6). 

s Voir la forme de ce marchand dans Annalet, U xii, p. 261 (!■'• série). 

4 Eiéchiel, ch. xxvi, xxyii, xxvui. 

6 Le Lou-^chou-tong donne cette forme et de pins 14 autres reaJtermant 
tontes les mêmes symboles. 

Le TehowMg-Ue-goei donne ponr variante un carré avao le bois an nùUtu, 



SUE LB NOM DB T€HIN OU CHIRB. 401 

Jvdée, cette terre où se sont accomplis de si grands éréne-* 
ments. Qui nous dira pour quel motif les inventeurs de récri'* 
ture chinoise les ont ainsi choisis et groupés! C'est aux mis- 
sionnaires chrétiens à le demander aux mandarins. 

Hais, en attendant, on doit convenir qu'on ne saurait roiem 
constater Tunité d'origine des Tsin delà Chine et des Tsin de 
Judée, ou de Syrie, ou (ï Assyrie. Aussi, lorsqtfen 78 1 les 
Neskoriens gravèrent la grande et célèbre inscription chrétienne 
de Si-ng&n-fou ^, ils n'hésitèrent pas un instant à dire que le 
Messie était né dans le Ta-tsin ^; « Une vierge ^, y est-il dit, 
» enfanta le Saint dans le Ta^tsin ^. » 

Après avoir constaté l'identité des Chinois (Sères) et des 
Syriens ^, il s'agit de savoircomment ces peuples de Vextrdme 



ol6fll4;— le Choue-ven la donne aussi stoc les mêmes symboles, ra* 
eiiie2S3. 

' Les Annaleê ont donné la double traduction littérale et paraphrasée due 
au P. Visdeloa, avec les notes de ce Père et de H. de Paravey dans leor 
t. xn, p. 149 et 185 (l'« série). Elles y ont ajouté la forme de la Croix 
d'après le P. Boym et une notice sur tontes les traductions qui en ont été 
feites. Voir de plus les articles de M. Paothier sur ce monument dans le 
t. vil, p. i50 et surtout t. xv, p. 143, 253 et 459 (4« sérié). 

> Voir le texte de cette grande inscription dans l'ouvrage de M. Pantbier 
intitulé : Inscription Mnoise de Singan^fou, monument,., Nestonen-chré^ 
tien élevé en ChiTie, Van 781 ; texte chinois y accompagné de la prononcùk- 
tion figuréCy d'une version latine verbale, d^une traduction (un peu para- 
phrase) française, et des commentaires chinois, ainsi que de notes phitokh 
giques et historiques, et la reproduction complète de VinscripUon sur une 
grande planche in-fol., Paris, 1868. ^ Chef-d'œuvre de science et de criti- 
que que tous les missionnaires, tous les séminaires devraient posséder et qui 
n'a pas été vendu au nombre de 20 exemplaires. M. Paothier voulait détruire 
cette preuve importante de VHistoire de la prédication évangéUque, qui 
restait inutile dans son magasin ; nous Peu empêchâmes. On en trouve encore 
des exemplaires chet M. Leroux, prix 7 fir. 50. 

* Pour exprimer le mot vierge les Chinois disent femme de la maison 

^ Chi-niu, comme si une vierge ne devait pas sortir de la maison de sa 
mère (Paothier, ibid, p. 56, note 13.) 

* K Vt ^ 'i^ )k M* DansTédlUon de Pauthier, p. 8. 

& Voir dans l'article de M. Pauthier intitulé : Le Ta-4sin n'est fHU. la 
P^rsêf le texte de tous les auteurs chinois qui parlent da Ta^tsin et 
l'appliquent à la Jadée et à Temphre romain. Annales, t. xv, 276 et 459 
(4* série). 

PbÉIUBB. 26 



40i TRABinOia CHBiTlBIQŒS EN CHINB. ~ ART. V. 

Orient se sont eux-mêmes appelés Tsin. Ils auraient pris ce 
nom des Phéniciens ou des Tyriens, dont le nom en hébreu 
est Tsyrim ons S de m Tsir, Tyr leur capitale. Les Chinois 
n'ayant pas de r, ils en ont fait Tsin K 

•. Identité d€0 iO premièreM génÊérmiimnu éÊÊÈmmêF' 
•C0 mrme lem tO «éMér»li«ns Mlili^iies ^*mwmn€ 
le Déliifle. 

En identifiant les Tsin; ou Chinois^ ou Sères de FOrienl avec 
les Tsir ou Syriens de TOccident, il ne faudrait pas en con- 
clure que la colonie chinoise est partie de la Syrie. Il faut dire 
plutôt que ces deux peuples^ partis de TAsie centrale^ se sont sé- 
parés pour aller, l'un en Orient et Tautre en Occident. A quelle 
époque eut lieu cette séparation ? Les uns la mettent plus haut, 
les autres plus bas. M. de Pararey veut que Tempire chinois 
n'ait été constitué que 256 ans avant notre ère. Il est impossible 
de préciser cette époque. On ne pourra le faire que lorsqu'on 
aura traduit les ouvrages des Chinois sur les peuples étran- 
gers et surtout les Annales de toute l'Asie, qui sont encore 
cachées dans les briques babyloniennes. Cela se fera ; ces an- 
nales dorment en sûreté dans le Musée britannique, la gra- 
vure les éternise ; on les lit et on les traduit : patience. 

Ce que Von peut dire c'est que la colonie était peu nom- 
breuse. C'est ce que prouve le titre de 100 familles donné 
par les Chinois à leurs ancêtres^ nombre qui s'est légère- 
ment augmenté et qui sert encore à nommer les 400^000,000 
d'habitants du Céleste empire K 

Quoi quMI en soit^ il est certain que cette tribu emporta 
avec elle la langue, les caractères et les livres qu'elle possé- 
dait avant son départ. Malheureusement ces livres ne nous 
sont pas arrivés intacts, mais tels qu'ils existent, ils soatencore 
les plus anciens, les plus authentiques, les plus importants, en 
dehors de la Bible. 

1 Voir I ParaUp. xxii, 4; et Josae xix^ 29. 

s Les preaves des rapports des deax peuples sont citées .longaement par 
M. de Faravey dans .* Diisertation tur le nom anlique $t hiéroglypkiqne de 
la Judée. Insérée dans les Annaies, t. iii; p. 185, 237 (!'• série), — Voir eo 
outre son artide intittilé s Bistoire du monde antique diaprés lee caroeUre» 
et lee \wru eMnoù, AnnaUe, t. m, p. 165 (6« série). 

s Voir la liste des caractères de ces 100 familles dans le t. ii, p« 168, do 



1»^ 



IDEHTITÈ DBS OiNiRATIOHB CHINOISBS BT WÈUQCVS. 403 

Comme tous les autres peuples païens, les Chinois, ainsi que 
nous Tarons tu, ont leurs temps mythiques ou héroîqxie^f 
compilés tard la plupart, mais où se trouvent encore les plus 
précieux restes de la primitive histoire. 

M. de Pavarey, négligeant les temps légendaires^ commence 
Fhîstoine de la Chine par Hoang*ty , en prenant pour guide Sse- 
ma-tsien, THérodote delà Chine, le Tsûts-chou, chronique noa 
viciée et^ non remaniée par Confucius S et le Lt-tay-Awéd, 
et la conduit parallèlement à la Bible jusqu'à la 10* généra- 
tion, ou Noë. 

Voir le Tableau ci-contrej le seul qui renferme un peu 
d'ordre dans cette histoire chinoise, dont le R. P. Prémare 
va notis exposer la confusion, et où, en désespoir de cause^ 
il ne fait de tous les premiers empereurs que des types. • 

Faisons quelques remarques sur les noms hiéroglyphiques 
de te Tableau, et d'abord, sur celui d'Hoan^ H ttf %> <pn 
ouvre la liste : 

Les caractères qui entrent dans ce nom sont remarquables. 
Ty ^, signifie seigneur, patriarche, et non empereur, et 
Hoang, J|, signifie couleur de la terre, couleur rouge^ ou 
plutôt couleur orange^ jaune-^rouge. 

Et, en effet, ce caractère, dans sa forme antique, s'écrivait 

^, caractère formé de i tcu^ terre, et de i^ Ao, feu. 

Gomme on le voit, la forme ancienne de ce caractère est 
bien différente de la moderne $ qui Ta rempbtcéee. Elle 
semble même oubliée en Chine et dans nos dictionnaires eu- 
ropéens. On ne la trouve ni dans le Choue-ven, ni dans le 
Tcfiouen-tse-groei, ni dans le grand dictionnaire de Kang^hi, 
ni dans Morisson^ ni dans Ganzaloès, qui donnent les carac- 
tères antiques de la langue chinoise ; mais nous l'avons trou- 
vée dans le Lou'Cho%nrtongf ou Dict. tonique des six classes. 
On y met en note que celte forme était celle dite de H £ 

Dictionnaire ekinoU de M. Tabbé Peray et l'explication qn'il en donne daoa 
sa Gram. de la langue orale, p. 113. 

^ C'est un ouvrage traduit par M. Biot fils, màifi qui, comme tous nos sino- 
iogoea, a retranché tout ce qui lui a paru mythique ; volutne de 83 ^gea, 
Paris 1842 ; extrait du Journal atiaUgue, t. m, n« 17, 1841. ^ 



Ck^tcheou, réUbUe en 827araDt J.-C, par l'ordre de rem- 
pereur Siuen-vang, qui, royant que la forme des lettres 
avait subi des altérations, chargea Tcheou ^, l'historiographe 
de Tempire, de fixer /a forme des caractères en la ramenaat^ 
autant que possible, à ia forme antique; c'est ce qu'exécuta 
Tcheou dans l'ouvrage intitulé: Che-Tcheou che ou pian, 
ou Les 15 livres sur V histoire des caractères par Tcheou» 
Ji'empereur les fit graver sur dix grands tambours de marbre 
dont 9 existent encore à Pékin. Malheureusement cette ré- 
forme, par différentes causes, fut négligée et la confusion se 
remit dans les caractères. 

L'ouvrage de Tcheou existe à Texception de six chapitres 
.qui se sont perdus sous Ou-ty (140*87 av. i.-C). M. l'abbé 
perny en a donné un spécimen, p. 70^ de sa Grammaire c/ii- 
noise de la langue savante ^ Les sinologues futurs ne man- 
queront pas de les examiner, c'est le monument le plus ancien 
et le plus authentique de la civilisation naissante et primitive 
de ce peuple. En effet, l'historien Hiong-pong-lay, dans son 
Chou-tsouan, les fait remonter à Chao-/iao, fils de Hoang^ 
ty , ou d'Adam lui-même *. 

Outre cette forme, le Lou-chou-tong donne 23 autres for- 
mes au caractère Hoang ; c'est une autre étude à faire pour 
les sinologues futurs. 

Pour revenir à ce caractère, tout le monde sait comment la 
Bible raconte la formation de l'homme : a Le Seigneur-Dieu 
• forma l'homme du limon de la terre ; il souffla sur son 
» visage le souffle de vie , et Thomme eut une âme vi- 
» vante '. v 

Il semble qu'il était difficile, pour rappeler ce souvenir, de 
choisir un symbole plus expressif, plus palpable, que de 
prendre de la terre et d'y mettre du feu en dessous; c'est 
ainsi, en effet, que se forment les briques et les tuiles^ et, 
suivant la qualité de la terre^ les briques deviennent rouges 

1 C'est la 32« forme dite Siao-tchouan du fameux Eloge de la viUe de 
Moukden, composé par Temp. Kien-long (1736 -J 796) et tradaitpar le P. 
Amiot, iD-8«, Paris 1770, p. 174. 

« Voir JWd. 176. 

' Genèee, u, 7. 



IDE!ITITt DBS GiNÉftATlONS GHinOlSBS BT milQUBB. MS^ 

OU jaunes^' ou couleur mélangée rouge-j&wie; «n sorte que 
le nom de Thomme dut être le Rouge-jaune. 

Or, c'est précisément ce qui arrive, crne Adam, en hébreui 
comme Hoang yty en chinois, signifie rouge, œuleur de 
terre, couleur des lentilles^ de joue rose, de vin K C'est le 
nom par lequel nous nommons encore le premier homme. De 
là rhomme est appelé omrjs, Ben- Adam, Fils de Thomme^; 
c'est le nom général de Thomme. C'est pour cela que le 
Verbe-Jésus, continuant l'ancien Testament^ s'est appelé 
Fils de Vhomme, c'est-à-dire d'Adam '. 

Les Chinois semblent avoir pris de la terre colorée par le 
feu, plutôt la nuance jaune-rougeâtre, et voilà sans doute 
pourquoi ils se sont appelés la race jaune; et ayant donné le 
nom de Hoang au premier homme, que les traducteurs ont 
sottement appelé empereur, ils l'ont continué, en attribuant 
la couleur jaune ou d'or à l'empereur. Encore en ce jour, 
l'empereur est hoang ou jaune, et ses vêlements sont jaunes; 
lui seul a le droit de les porter^ ses emblèmes sont d'or ou 
jaunes, etc., etc. 

Que nos missionnaires donnent cela à expliquer aux man- 
darins chinois. 

Les légendes nous disent, en outre, que ceHoangAy naquit 
avec une intelligence extraordinaire, qu'il sut parler en nais- 
sant, et qu'il régna par la vertu de l'élément de la terre *, 
qu'il tua le rebelle Tchy-yeou, et dompta un grand nombre 
d'animaux féroces. 

C'est à lui qu'on attribue l'observation des astres et des phé- 
nomènes, l'invention du cycle de 60 ans, de la sphère et du 
calendrier, la manière de compter, les poids et les balances, 
la musique et la flûte. 

C'est sous son règne que furent établies les formes des goU' 
vernements, inventés les différentes sortes d'habits^ les ten- 
tures, les vases et les différentes armes. 

On creusa des arbres et Ton en fit des barques, et on lui a'^ 

» Voir Genèse, v, 2 ; xxv, 30 ; Cant,, v, iO; Prov., xiii, 20, !^4. 

* La femme est aussi appelée Adam ou La rouge ((^e?i.,vi, 2; Isaîe luv, \o,. 
8 Ptal, aux, 3 ; — Matth., xvi, 13 ; — Marc, vin, 3! ;— Lue, ix, 22. 

* Voir le Discours préiim, du Chou-kmQf p. cxxx. 




IM: ItADIMHS CBMÉrUQOQbS BU CHIKB. — ART. ¥• 

tribue an traité de médecine qu'il nomma Noui-king f^ 

Enfin ce qai est remarquable, c'est qu'il construisit un 
temple ou une église qu'il appela Ho-kong ^ ^, pour y of- 
frir des sacrifices au Chang-^ty J: ^, ou souverain Seigneur ^ 
On trouvera peut-être que c'est beaucoup de choses attri-'. 
buées ÏAdam ; mais, quand on ee souviendra, qu'il vécut, d'a^ 
près la Bible, 930 ans^ il n'y a aucun doute àavmr qu'il forma 
une société complète, et l'on peut même dire trte-parfaite. 
Trop longtemps on a supposé les premiers hommes barbares, 
dépourvus de civilisation ; on a pris quelques tribus errantes^ 
fifiles probablement de Catn.pour la société Adamiqueentière. 
Ces traditions plus que probables ceraplètent la Bible. 

Mais les livres chinois ont conservé le nom de la femme 
d^Hoang^ty et ils l'appellentl/ou^H^ tsou jj|; or, c'est ici encore 
qu'on ne pourrait méconnaître l'Être de la Bible. En effet, dans 
son nom les Chinois lisent ^ Niuj femme, et |^ Law/y c'est, 
à-dire embarras, tache, manquement, souiller^ Ker, impii- 
quer les autres dans son mal *. Ce caractère décomposé offre 

encore ffl iten, le jardinage et ^ my, signe de la filature ou 
de la soiej occupation naturelle de la femme. 

Le second caractère jB. Tsouy signifie l'afeu/e^la grande aïeule; 
principe, origine, commencement, et il est formé de 7^ chy 
eiprity génie et de Si ^^^j signe initial de la parole, en sorte 
que les deux caractères signifieraient prière aux génies. 

Voilà pour les premiers auteurs du genre humain et de la 
1^ génération, d'après les signes chinois. 

2« génération, — Mais on a attribué kHoang-ty un fils aîné, 
qui est supposé lui succéder et qui a nom Chao^hao ^p ^. 
Le caractère ^p chao, formé du cœur traversé d'une flèche, si-* 
gaifle tout ce qu'il y a de plus petit, de plus défectueux, de 
plus séparé. Mot à mot : 

c Chao, non-beaucoup, non-plusieurs, petit en quantité, en 
» faible degré, peu en nombre, jeune en années, le détaché 
» dCj le être manquant à, le insuffisant, le devoir, créan- 

1 Voir Sse-mthttient Liv. i du Sse-ki et Lo-py, 2* part, du Lourtie, 1. 1, c. 6. 
> Voir le grand dict. chinois, de de Guignes, racioe 120, n^ 779Q et 8077. 



» eiet endetté^ le souffrir, \e manqit/s de^ le être éifKfi^ 
p sédé dey le amoindri *. » 

Voilà ce que signifie le caractère Chao. 

Le second nom ^ Aao est formé de deux éléments : 
y<mei 0, parole, parler, et de tien 5tj ^ d^l} ou de y — 
detd, rmique et de to |;;fi; grand* Ce qui, joint au caractère 
précédent, dirait aux yeux : manquer à la parole du Seul 
Grand. 

Cbao-Aaa s'appelle aussi Eiuen^ le noir et Atao 9 
le vociférateur, le blasphémateur. 11 semble qu'on ne pou** 
Tait mieux désigner le fratricide Gain. 

En outre, dans le discours préliminaire du Chou-kiTig ^ U 
est nommé Uh/ |^, o'est-à-dire avide et jaloux d'acquérir, 
de posséder. 

Si un élément devient son symbole, c'e&t le métal, soit le 
fer, soit Tor ^ Kin. S'il compose une musique, c'est la mui' 



slque yun ^w ou Ta^yuen -^ fJH celle du grand abîme. 

S'il a des ministres, ce sont les jl^ Sieaii ^ Zy ou les Neuf 
noirSj espèce de démons, compagnons de Tchy-yeouj que 
nous verrons être Safan, Tadversaire de Hoang-ty^ ou Adam. 
Sous ce Chao-haOj enfin, ces Kieou-ly « excitent des troubles, 
> corrompent les mœurs; la justice est bannie, on ne voit que 
» des fourbes et des magiciens, tout était déjà dans la confu- 
D sion*. » 

Tout porte donc un caractère sombre dans cette histoire du 
premier meurtrier parmi les hommes. 

Maie Hoang-ty avait un autre fils ayant aussi deux noms. Le 
premier est Tay-hao ^ ^. Ce nom montrait aux yeux tay 
3fc, grtmd^ supérieur, et hao, ^ parole de Dieu; et Tensemble 
signifie bien, supérieur, en opposition à Chao ^ inférieur, en 
ce qui concerne la parole de Dieu. 

Le second nom est Fo ^ Ey m. 

Il était pasteur, nous dit-on, et son nom f^ Fo figure un \ 

1 Ce caractère De se trouve pas dans de Gaigoes, c'est dans Morisson que 
nous le copions. 
' Disc. prél. , p. cxxxtii. 
' Ibid, p. cxxxvu. 



hmime et ua H ehim; l'autre partie fl| ^ othre un f hœ^j 
un :^ offnecm^ une ^ tTuztra, une :J$ houlette^ et une «orfe cfe 
marteau^ ^. Abrégé, il a donné le caractère lH F, offrant seu- 
lement Ta^neau, la main, et la houlettey et signifiant jiisffce, 
ce qui est convenable ; et abrégé de nouveau, il a donné évi- 
demment, en retranchant Tagneau ^, le symbole ^ de la 
main de justice ^, car rien n^entraine dans la main, plutftt 
que dans la tête, des idées de justice et de vertu ; les cornes de 
bélier que l'on voit à plusieurs têtes de rois, sur des pierres 
antiques, ne dérivent aussi, que de ta même origine historique, 
qui, à la figure du pasteur ^el, avait attaché la plus pure idée 
de vertu et d'équité. Cette idée de juste appliquée à Abel a été 
conservée par l'Eglise qui parle du juste Abel, dans le canon 
de la Messe. Fo^hy a encore, dans les traditions chinoises, bien 
d'autres noms tous élogieux et marquant la plus grande véné- 
ration pour ce juste de la primitive origine. 

On le nomme Tchun-^hoang ^ ^ ou le seigneur du prin- 
temps, du commencement des germinations ; Afou-Aoang ;tc 
S, ou le Souverain du Bois, Tien-hoang Ji â^'^ le Souverain 
du Ciel; Gin-ty A ^ ou le patriarche des hommes; enfin Pao- 
Ay» f& 41) lieu du sacrifice, victime de couleur sans mélange, 
c'est-à-dire de la victime qui devait être immolée. 

JMais, nous dira-t-on, comment a-t-on pu mettre il bel et 
Seth, sous leur nom d'apothéose ou d'état^ de profession, Fo- 
hy et C/dn^nong, avant celui d'^ldam, leur père, que nous 
reconnaissons dans Hoang-ty ou l'homme par excellence, 
rhomme formé de la terre rougie par le feu, sens du nom 
d'Ad&m ? 

A cette question qui parait embarrassante, dit M. deParavey, 
notre réponse sera facile, cependant. 

c( Les Calendriers ont exercé de tout temps, sur l'histoire, 
une très-haute influence, et, de tous temps aussi, on y a fait 
entrer les anniversaires des hommes célèbres que Ton véné- 
rait, ou que l'on avait redoutés; et quels hommes durent 

i Voyez 8ur Fo-ky, et sur sa vie, entoarée d'accessoires dus à rimaglnaUon 
orientale, le Chou-king, Discours préliminaires, p. c, et Sse-ma-Uterif 1. i, 
c. 1, et Lojri, 2« part., 1. 1, c. 1 



iDBfmA ms GÈntRATioiiB GBUioian vr bimliqim. 409 

plutftt 7 figurer qu'Adam, ses trois fils, et Enos^ son religieux 
pelit-fils ? 

> On établit donc des saisons spéciales pour les honorer. Fo^ 
hy ou Ahely le pasteur, fut honoré au printemps; Chin-nong 
ou Sethy le pieux laboureur, fut honoré en été; Hoang-ty ou 
Adam, le centre de Thumanité, au milieu de Tannée; Chao^ 
hao ou Catn, le forgeron^ l'architecte^ répondit à l'automne; 
et Tchouen-hiu ou Enos, Tastronome et le religieux fils de 
Seth^ fui Yénéré par ses descendants en hiver^ et fui même 
placé au ciel et dans la sphère primitive^ comme étant l'homme 
du Verseau des Grecs ^ 

C'est ce qui est expliqué dans un Calendrier composé sous 
les Tsin, plus de 140 ans ayant notre ère et renfermé dans le 
Ly-hy, sous le nom de Yue-ling ou règlement des lunes. 

Voici ce tableau : 

!• TAY-HAO on PO-HY (abel). 2» CHIN-NONG ou YEN-TY (sbth). 

Printems; Eté. 

3« HOANO-TY on KONG-TSUN (ada>). 

Milieu du Taonée. 

4» GHAaHÂO ou YUEN-TUN (CAÏ«). 5« TCHOUEN-YUou LWG-KOUEr(RNOs) «. 

Automne. Hiver. 

On voit comment Abel et Seth, ouvrant Tannée par le prin- 
temps et Tété (saisons où ils étaient honorés), se sont trouvés 
placés avant Adam, leur père, honoré au milieu de Vannée^ 
et répondant au sommet de Tespcce de grande pyramide que 
formaient dans les fêtes de Tannée ces cinq patriarches, les 
plus anciens et les plus célèbres des hommes. 

» Non-seulement^ les quatre saisons et le m,ilieu de Tannée, 
eomme une sorte de pyramide, répondirent à ces cinq pa- 
triarches, tiges du genre humain; mais les cinq planètes et les 
cinq éléments correspondants leur furent également attri- 

1 Voir le P. Ganbil, LeUres édifiarUes, t. xzvi, p. 89, édit de 1783. 

* n ne faut pas chercher ce texte dans le Ly-ky traduit par M. Callery 
d'après l'abrégé iaforme de Fan-tite-lan, et les commeotalres de Cheu-che. 
On le trouve au 1. ij, c. vi, no 75 du Ly-ky complet et II est ainsi figuré dans la 
table du Sse-ky de Sse^ma-tsien. Ce chap. n'a pas été publié. M. Pauthier le 
traduisait au moment de sa mort ; nous ne savons ce qu'est devenu son ma- 
nuscrit. Nous en avons une traduction complète faite eu commun par 
M. Brosset et M, de Paravey, en 1826. 



baéftt ainsi qu'une coiileiir spéç^^ un ton inusical> etc,, etc« 
Ainsi à Abel répondit la planète de Jupiter; à Seth, celle de 
Mars; à Caïn ceU^ de Vénus, emblème des volupté^ auxquel- 
les ses fils se livrèrent; à Enos enfin^ celle de Merc^re^ le 
plus jeune des dieux. 

» Le P. Gaubil areniarqué 'cette affectation depersonna^f es 
Aumains à chaque saison, chaque petite planète, chaque cou^ 
leur, saveur y odeur^ ton musical, et chaque élément; et avec 
une attention un peu plus soutenue^ il eût vu là i à la fois, de 
précieuses traces de la Bible, et la source d'idolâtries^ infini- 
ment anciennes ^. 

Chose très-remarquable, ce souvenir du primitif Hoang, 
le patriarche jaune-roicgfe, s'est toujours conservé en Chine^ 
et en ce moment même; on lui rend un solennel hommage* 
Tous les ans, au milieu de Vannée, à cette place d'honneur 
que Ssè«ma-t3ien et les autres historiens donnent à Hoangr-f y, 
l'Empereur vient faire un sacrifice à la Terre, et s'entoure de 
tous côtés de cette couleur jêLune-rouge, qui est le nom 
même du primitif Hoang-ty. Voici, en effet, ce que nous 
lisons dans le Ly-fty, ou Livre des cérémonies, le *• des 
livres sacrés ou King s : 

Q Sur ceue époque (du milieu de Tannée) on dit : Son 

» Seigneur ou son Ty est Boang-ty ^ ^, le Seigneur 

i> jaune^rouge»... Le fils du ciel (Tien-tse) habite (hin^ 
• la grande enceinte (ta-c/it) du grand temple (ta-miao). Le 
» char [lou) de son quadrige (tcheou) est fort grand (ta). 
» Les- chevaux (kia) ont la couleur jaune-rouge Boang^ 
» Zieou)-"^, il porte (Tay) un étendard jaune-rouge (toang-fty). 
» Ses vêtements de dessus (y) sont jaunea-rouges moang)^ il 



1 GaubU, ibid., p. S4 ; voir Essai sur Vorigine unique et hiérogh/pMpte 
des leUres, planche fl, où M. de Paravey a analysé ce calendrier antiqae. 

' Voir toate la dis^ertatioD de M. de Paravey dans Annales^ t. xTi, p. 126 
(2« série). 

' Le Dict, chinois de De Guignes dit de la couleur de ces chevaux .- Equus 
croceus seu rubus cum crinibus nigris (n* 12, 5020}. On voit que ce n'est 
pas sans raison que nous donnons à Hoang-ty le nom de flouée, en bébrea 
Adam. 



IDUrriTi P98 GtaliEATlOllS GHIHOISSS BT BIBUQUJK. 4if 

» 9^ pare de pierres jaunes-rouges (hos^ng-yu) sur ses Tête- 
• roents. Il se nourrit de lentilles ou de millet (dont la cou- 
» leur est jaune-roxige) et raange de la viande de boeuf 
» (dont la peau esijaun^rouge). Ses vases royaux ou Tings ^ 
» sont de forme ronde ^ » 

On Yoitj par cet exemple, comment sont enracinées et en- 
core vivantes les traces des temps primitifs en Chine. Nous 
n'honorons pas aussi bien notre Rouge ou Adam. 

Enfin les traditions chinoises donnent à Chao^hao un 3* 
frère nommé To/ianp-y, g ^ dont le nom signifie celui qui 
est de bonne volonté,, elle petit nom Chi Ç pierre, bome^ 
stabilité. Ce frère de Chao-Cain, ne peut donc être que SetA 
dont le nom signifie, en hébreu rw^ posé, miSy fixe, stable K 

Ce qui vient à l'appui de cette identification, c'est que ce 
Tchang a un fils Tchouen-hiu 1% qui fait régner la 
paix, établit un calendrier, rétablit le culte religieux et in-- 
stitue des prêtres pour y présider*. Or, on dit de même 
d'£nos, fils de Seth^ « qu'il commença à invoquer le nom du 
» Seigneur ^. n 

Nous ne poursuivrons pas plus loin ce parallèle ^; mais il y 
a trois faits qu'il est important de signaler. 

La Bible nomme deux Henoch, l'un fils de Caîn, à la 3« gé- 
nération, et Tautre à la ?• génération, fils de Jared '. Or, en 
Chine, on trouve à la 3* génération un fils de Chao-Cain, , 
et à la 7* génération un empereur, qui, l'un et Tautre, ont un 
nom commun Kiaoj^ÇVoxr le tableau]. Cette coïncidence 
est, sans aucun doute, remarquable. 

Encore une coïncidence : 



> Voir la forme de ces Tings, ci-dessas, p. 283. 

> Le Iy«^, 1* II, c. c. 6., n. 7& et 76. 

* Coart de Gébelin a montré qne dans toutes les langues les deax conson* 
nés S*r offrent des idées deSt-ablIité, St-èle, St-atoe. 

* Voir Disc, prél, p. cxxxvn, cxxxyiii. 

A Sed et Seth nttiu est filins qnem vocaTlt Eoos ; iste cœpit fnvooare 
nomen Dominl (Gen. iv, 26) . 

* On peut en voir la continuation dans la dissertation de M. de ParaTey, 
Annales, t xvi, p. U9 (2« série). 

î Genise^iY, 17 et y, 18. 



4lt TIADITI0II8 CHRiTIBimBS EN GHIHB. — AKT. T. 

A la 10* génération, la Bible place Noé^ sous lequel arriva 
le Déluge et dont le nom signifie repos, gémissant, se lamen- 
tant, et Ton sait qu'il fut averti longtemps à l'avance de l'ar- 
rivée du terrible fléau. Or, en Chine, nous trouvons un 10* em- 
pereur nommé Ty-Ko ^*^, le seigneur, Ty, averti avec 
une grande sollicitude^ ICo, et qui, de plus^ a un se- 
cond nom Eao ^ Sin 3^, ou Vhomme aux grandes an- 
gois2es,ei sous lequel aussi arrive le Déluge. 

Enfin, à la 10* génération après le Déluge, la Bible place 
Abraham qui, nommé d'abord Abram tnoK, phre élevée 
fut ensuite nommé Abraham omMCpère de la multitude *. 
Or,en Chine on trouveencore à cette époque un empereur TaYt- 
Fou M^> qwi a ces deux significations; et, comme Abraham, 
il a deux fils, l'un Tay-pe jcfÔ» qui s'exile chez les Barbares, 
comme Ismael, qui, chassé, s'en va en Egypte, et l'autre, 
Ky^lié $ jffi, dont le nom, Lie ou Ly, est celui du Bélier ; 
qualification qui désigne bien Isaac , d'autant plus que ce 
Ky-lié engendre un fils Tchang ^ ou Ven-vang, 3C î> 
roi des lettrés^ qui donne le jour à 12 fils dont l'un disparaît 
bientôt, ce qui convient parfaitement à Jacob, père des 12 pa- 
triarches *. 

Nous allons reprendre maintenant la suite du manuscrit du 
P. Prémare. 

Dans les treize points suivants, le P. Prémare va faire passer 
devant les yeux tous les personnages que les divers auteurs 
chinois mettent à la tète de leur histoire. On y verra quelle con- 
fusion règne dans ces récits. Le grand tort de ces historiens, 
c'est d'avoir voulu faire de tous ces personnages des empe- 
reurs, et de plus de faire une histoire régulière de leur règne. 
Le P. Prémare, dans l'impossibilité de pouvoir admettre ces 
histoires, dont il prouve Tincohérence, n'a voulu en faire que 
des types, des figures, des symboles. Et en cela il a eu tort, et 
a fait rejeter toutes ses idées. En réalité, ce sont les anciens 
patriarches, cheiks, ou chefs^ dont on a conservé quelques 



> Genèse t xvu, 5. 

s Voir en outre innoiei, t, xiz, p . 233 (?• lérie). 



DES TYPES EN GÉNÉRAL. 413 

traits épars» disloqués, défigurés; mais, pour la plupart, réels 
et historiques. Nous venons d'en voir, d'après M. de Paravey, ce 
qu'il y a de plus net, et de plus historique. 

Notons que la plupart de ces traits nous ont été conservés par 
Lopy qui, vers 1190 de J.-C, composa son Lou-sse, que Ton 
peut traduire par Recueil des choses laissées sur le chemin, 
c'est-à-dire négligées par les auties auteurs, et qu'il a conser- 
vées. 

ParAgraplie iO« de Fariicle V. 

Je diviserai ce paragraphe en plusieurs points : 

1* Des types en général ; 

2« De plusieurs types en particulier et en général; 

3* De Fott-hl ; 

4« De Nîn-oua ; 

5« De GhinHiiong; 

6» De Hoang-ty ; 

V De Heon-tsy ; 

80 De Sie ; 

9* De Yaoj 
10* De Cbun ; 
lloDeTa-yu ; 
12« De Tching-tang ; 
13« De Yen et de Vou^ précédés d'une courte introduction. 

l^ Point. — »•• types en général. 

C'est une manière solennelle propre à tous ceux qivveulent 
cacher quelque doctrine sous les voiles des figujK, d'unir 
plusieurs personnes en une seule, ou de diviser une seule en 
plusieurs. Ce dernier parti a lieu nécessairement chaque fois 
qu'on a tant et de si grandes vertus à décrire que, si on vou- 
lait les attribuer toutes à une seule personne, ce ne serait 
plus une histoire composée de figures, mais ou une vaine 
&6tion de l'esprit, ou la vérité nue et ouverte, laquelle ne 
trouverait pas créance, si on ne la prouvait d'ailleurs. Que si 
l'on attribue à plusieurs ces vertus, on dira des choses vrai- 
semblables, et de ces choses divines naîtra la belle idée qu'on 
a eu en vue. C'est ce que l'on voit surtout dans les anciennes 
traditions que les Chinois ont coTiservées ; la même chose 
apparaît aussi dans les fables de nos divinité et héros. Que si 



4U TRADITlOlfg CBBJmSlVmBâ EN CHINE. — ABT. Y. 

VOUS en enlevez toutes les saletés, dont les mœurs corrompues 
des âges suivants, une ignorance crasse les ont souillés^ on 
trouve dans tous et dans chacun d^eux des Testiges nombreux 
et assez bien conservés de la tradition du vrai Dieu-Sauveur 
du monde ; mais il ne sera question ici que de ceux qu'on 
trouve en Chine. 

Je dis quMl me semble très-probable que tous ces dieux, 
ces héros, ces rois qui forment Tâge héroïque, convergent 
tous au seul Christ. Aussi, tous ces héros ne sont pas nés 
par la voie ordinaire, mais d'une Vierge mère, a\ec la coopé- 
ration de Dieu. De là encore, on dit de tous qu'ils ont inventé 
une divine musique qui unissait les éléments disjoints et 
surtout unissait la terre au ciel. De là encore tous ont reçu 
d'en haut les tableaux fp^ M Bô-tou et Lthchau jff H (voir 
ces tableaux ci-dessus, p. 376), qui, selon Lo-py et les autres, 
< sont des paroles secrètes de TEsprit céleste adressées au 
n Saint Roi (I) (A.) De là encore, tous ont vaincu Kong-kong, 
Tchy-yeou et autres monstres, c'est-à-dire le Démon. De là 
encore, la terre pacifiée par leurs travaux héroïques: a II est 
» descendu du Ciçlune très-suave rosée, l'oiseau Fong a paru, 
» des fontaines de nectar ont surgi et coulé de tous côtés (2) d 
Remarquez surtout que tous ces faits ne peuvent être attribués 
à de simples mortels, comme nous le verrons tout à Theure. 

Iln'estpersonneenChinequineconnaisselesîVowfiloaw^ H 
^ etles^nq Ty ^, rois ou partriarche. Mais que furent-ils? 
Yoilàqui est incertain. Car il y en a qui placent, immédiate- 
ment après Pan-kou les troia Ling 3. fi auxquels ils don- 
nent le nom de trois premiers Hoang Als citent ensuite trois. 



(i)M ■ nt m o ^ ^ mn ir^#£. 

Lchpi dans le Lori-sse. Recueil des choses laissées dans le chemin, V^ pir- 
tle, 1. V. 

(A) Tchin-hue dit : • Ce sont les paroles de l'Esprit dn Ciel, par lesqttellee il 
I donne ses ordres : • (cité par le P. Prémare dans piéfaoe da Chùt^king 
p. XCVII). La même chose sera dite encore à plusieurs d-après ; on voit alns 
qne Diea n'a pas laissé l'homme à lui-même pour inventer sa religion. C'est 
mie tradition parfaitement conservée en Chine. A. fi. 

(<> -tt- s pf o m ê s il â ai- lo-m 



DBS TYPES Blf GÈNiKAL. éïfi 

autres Hoang comme mitoyens »=f< H M ; ils disent* que c'est 
le Ciel ou le Hoang du Ciel 3Ç ê ; ^e Hoang de la terre ^ ^, 
et le Hoang de VTiomme A ê- Après ceux-ci viennent les troU 
dernière Hoâng H H M> sur lesquels on n'est pas encore 
d'accord. Car, selon les uns, ce sont Fou-Iii/^Niu-oua et CAin- 
nong; les autres pensent que c'est Soùy^kiy Fou-hy et CAin- 
nong ; d'autres s'arrêtent à Fou-hy, Chin-nong, Hoang-ty. 
Le Lou-ssBy lui, ouvre une autre opinion. Après Pan-kou^ on 
aurait eu de suite trois Hoang ^, puis deux Ling S? ^i^suite 
-^ 8B ^^ ^!/y c'est-à-dire dix périodes d'années^ dont cha- 
cune a eu un bon nombre de familles royales de divers noms. 
De celles-ci et des autres tous parlent avec ni plus ni moins 
d'autorité les uns que les autres. 

Pourcequi regarde les Cinq Ty^ ou patriarches, les auteurs 
chinois ne s'accordent pas mieux entre eux. Les uns nomment 
Fou-Ay, Chin-nong, Hoang-ty, Yao et Chun; les autres sont 
pour Boang'ty,Tchouen-hiOy Ty-fto, Yao et Chun; les autres 
veulent Hoang-ty, Chao-hao, Ty-fto et Tao. Il y en a qui pen- 
sent que ces noms ne sont pas ceux de personnages différents, 
et pour ce motif ils les placent au milieu et aux 4 coins du 
globe, et les mêlent aux cinq planètes^ et ils attribuent Tune 
des cinq couleurs à chacuû d'eux ; ainsi le jaune est attri- 
bué à Hoang-ty, etc. (B). 

Pour moi je pense que par ces mots y^ ^ Loyrteorig^ il ne 
faut pas entendre six personnages vénérables^ mais un seul 
Saint, médiateur de Dieu et des hommes, que ce titre de 
sixième {senarius), en tant que hymenceus, représente 
une flgure. Ainsi pensé-je relativement aux Ch^ty ^ ^ les 
cinq Ty ; ils figurent non cinq rots, mais le même Saint en 
tant que Dieu est homme. Les raisons suivantes m'en donnent 
une forte conviction, si elles ne me persuadent tout à fait : 



(fi) Le P« Prémare^doDoeiei la nomenclature des diverg ayatèmee histo- 
riques des Chinois, avec le Dom des personnages. Cette connaissance pent 
être très-utile aux missiounaires. On voit -aussi comment le système histo- 
rique et chronologique exposé par M. de Paravey est le seul qui jette ^pelqae 
jour sur les premiers tempe du peuple «hinola. ▲\ B. 



I 



4i6 TRADrnoifg Gflninianns bn chine. — art. y. 

!• Le mot Yue (cinquième), qui est dit Hermaphrodite 
(ipfAonppoSttbc)^ paraît l'insinuer ; 

2* Lieou'tao-yuen prouve savamment que ces rois n'ont 
jamais existé (3) ; 

3*^ Les Ctiinois sont aussi peu certains des cinq ty%^ eu 
tyj que des si» tscng ^ ^ Lourtsanffy et entre toutes leurs 
opinions, il n'y en a pas une qui mérite plus de créance que 
l'autre ; 

Tong'tchong-'Cku auteur connu dtt que « les 3 Koang sont 

les 3 puissances ; les 5 Ty sont les 5 vertus. Les 3 Vang H £ 
» ouTondateurs de dynasties sont les 3 luminaires et les£fg 
1» sont les 5 montagnes (4). » Or ceci comprend à peu près 
tout le temps qui est avant la dynastie Tsing ^ dont le fon- 
dateur est CU-hoang Hj^ ^y parce que nul avant lui n'avait 
réduit tous ces pays-là sous une même domination ; 

4» Dans l'ancien livre des cérémonies Tcheovrly^ les 5 7^ 31 
$ Oi^ty sont honorés parfois avec les mêmes rites que pour 
Wi^là CAan^fy, et quelquefois on rend un culte inférieur 
aux mêmes Ou-ty. N'est-ce pas parce que le Saint est homme 
et Dieu et quMl est égal à Dieu sous quelques rapports, comme 
il|lui est inférieur sous d*autres ? 

5* Dans les commentaires du Ly-hy^ on lit que Ven-van^ 
est le principal des 5 T^r £ $ (»). Mais, d'après l'histoire, Fen- 
vang est éloigné des5 Ty^^ de plus de mille ans ; 

6® Les sens qu*ili attribuent au mot ty $ tendent au même 
but. Selon le chapitre Chi-fa, « un Ty ^ est celui dont la 
» vertu est l'image du Ciel et delà terre (6). » La Glose donne 



(^) !& SR ^ A* UeoU'UatHyuen, sous les Song, 954-1279 
d J.G. 

c:>^<IBi o£fÔ£9l «ifei* Tont^ckong-elM, «ona Im Ha», 
S09-190 av. J.-a 

(5) « aE ft £ * ;?: ^. r»-kï? 

(6) m M Ji mm ». CM-fa: 



PLCSlBimS TTPBS BN PABTIGDLIER ET EN GillÉRAL. 417 

ce nom a à celui qai, par sa vertu, est uni au Ciel et à la terre» 
» ou qui unit le Ciel et la terre (7). » Et le livre Pe^hou-tong 
]» veut qu'il ne soit pas autre que le Ciel et la Terre (8). i Alors 
Ty ^ n'est-il pas le même que Tienrgin 5c A) Dieu-hammef 
Bien que tous ces types^ pris dans leur ensemble, «e rappor- 
tent à la personne du Christ^ chacun d'eux a quelque carac- 
tère qui le figure plus directement ; JS S Souyhoûfng nous 
le figure en tant qu'il vient apporter le feu sur la terre; ^ 
^ Niuroua comme vainqueur de l'enfer ; 9fl J| Chitimong 
comme, un bon médecin qui, en parfaite santé, a goûté le 
prepier le remède afin que le malade n'hésite pas à le boire ; 
T^yiH comme nous alimentant du froment des élus ; ^ Siê 
en tant qu'il nous apprend la loi de vie ; Chun ^ sa par» 
faite obéissance ; Tu H ses immenses travaux ; jft ^ TcUng- 
tang sa satisfaction pour nos péchés; Ven^oang 3ît 3E 
Fexemple accompli de toutes les vertus; Vou-vang^ i£ le 
même triomphant de la tyrannie et dominant toute la terre (9). 

W Poiirr. — De plustottM types considérés en 
psrticaUer st en généml. 

Nous émettrons dans cet article beaucoup de choses qui 
n'appartiennent pas directement au Saint qui nous occupe; 
mais, l'occasion se présentant, j'ai voulu parcourir ces temps 
anciens, non-seulement pour recueillir des documents qui 
seront agréables aux curieux, mais aussi afin que les hommes 
savants dansces matières m'apprennent de quel droit ou mieux 
de quelle source on peut, avec ces matériaux, composer une 
histoire réelle et continue. 



(7) a # X ii H *. Ck>«a. 

(8) ^ Hi ^ ftb B ^* P^hfm-tong, de J.-a, dlt-oo, an 92 
mal» plus aoden. 

(9) Il faut avoaer que le P. Prémare pousse an pea trop loio le système 

des types. C'est une exagération qui a contribué à lui ôter, nos Tétudier, sa 
plus grande autorité ; mais il montre d'ailleurs assez de science et de rappro- 
chements réels pour qu'on puisse retirer un grand fruit de ses travaux* 

A. fit 

Phéhasb. tl 



418 XRÂDmOllS CHBÉTUHNEd EN CHINE. -^ AftT. V. 

Cominençons : 

10 H -j^ Panrhou^ Fantiqae Pan. 11 est certain qu'on le 
nomme Te&oi^-C!%eou[ti "^jtêteaj^raismnicaAdehorê.^Geîi l'An* 
wîwn des jouts dont onlçnore rorigine, dît Hou ou fong (lO),» 
Et Lo-piyle nomme cat^oriquement (rotundè) : c Le créateur 
> de tout^ le maître de la oatu^rQ universelle (II). » Le signe 
tao n veut dire former, comme le potier fait un vase, jH 
9(mff est la raéœei chose que t^V^Q^ corder Us méUxus, jft 
feaOy en faire, ffe hoa signifie renverser. C'est pourquoi Pan- 
Aou lest comme le Seigneur qui A formé et comme coulé^ créé 
et converti toutes cboses ; il semble être le même que le Iloev 
de» Grecs, non pas à la vérité oetle divinité lionteuse des ber- 
gers, mai^ celui qui est tout et rien, xal navra xal «AU, 
comme le dit S. Grégoire de Nazianze (12). 

2° Tienrhoang Ji ê> VHoang du Ciel. Il est dit être le prin- 
cipe de toutes choses, dans les mêmes termes qui concernent 
le jSaint dans le Y-king au s jmbole |g Men (15) Le même 
Hoang « a mis, a classé en divers ordres les figures de toutes 
» les^cboseseta parfait leur matière (14)* » C'est là le sens que 
le Dictionnaire de Kang-fty donne à ces deux signes ^ ^ 
dont Lao-i5e s'est servi (18). 

3<> Ty-hoang :bb â» ^^ Hoang de h, terre; on le nomme Tee-- 
ymn ^ % (le fils principe), c 11 a le visage d'une jeune fille. 
» 11 a séparé la lumière des ténèbres (16). » TcAeott-cAt, cité 



(10) il » * <&• BotHm-fàng. 

(11) miâ m it i. É.''i^. 

(12) S. Grégoire de Nazlanze; Poèmes dogmatiques, xix, ▼. 12; Pat, yrec., 
t. 37, p. 508. 

(13) 'M' ffî B 4É* Y'king, 8;mboie 1, vfi la. 

(14) i^ $ It 4É- Jto-py, 1. 1, c. î. 

(15) ^ Il S ^ ^ O S Si Jift A Ji* ^^ 

(16) la *13fc?oê^*ït. low.Ilyapln. 
Blwrs textes, dont le P. Prémare ne donne pa» les «ulcais. La plupart Bont 
eitraiis de Lo-jn ; voilà pourquoi noùë les lui attribuons, sans ganiotlr. 



PLUSIRDM TYPK8 EM PARTlCCIilR ET BN OiVÈMÂL. il 9 

par Yum-leao-fan^ ajoute : « IL a appelé soleil la lumière 4u 
». jour e( lune celle de la nuit (i7). » 

'.40 Qinrhoofng A H^l® hoang deê hommes. Oaleuomine 
atiSêi Tcfy-homff :{( ^, comme s'il était plus que les 2 autres*. 
Oâ le noinme aussi Ki^ot^^A^n^ ^ ^, lehoang deêi nenf 
-g^xM/è^', parccf qoe^ selon eux, il aurait divisé la terre eo neuf 
ppjrtîès. « Il a la face d'un koiqme et la tête de long (1^. » 

J'ai dit au point précédent qu'au commencement il y aY^ît 
8fiMrlvRig H S ou Le% ircis inteUigenûéBy 1*" Hoang; ensuite les 
trois Hoang du milieu, dont je parlais tout-à-^f heure ; enfin 
les Irois damiers Hoang* Tous réunis font neuf; mais» 
coitunole'dit Lo-f)y, « Les neuf font, trois et les trois sont 
• uot (18). n EU dans un autre lieu, le même auteur dit : « Les ) 
» troi^ Hoang n'en font qu'un. I^ souveraine perfection est 
» droite et une. Elle ne naît pas. Elle ne change pas. Elle protège 
3>.et dé^nittout (20). » Le C/iou^^wn dit à son tour: « Le 
» ^gne S y|ent de g tseçX de £ vang et g est le même que 
>4/kcki^ commencer; il est Roi par lui«môme et dès le prin- 
Aicipe; ilesiroi, triple, auguste et grand Roi (Si). » 

Je traduis ainsi, car celui qui . règne de lui-même et dès le 
principe ne peut être deux. On parle bien de trois Augustes, 
mai^ un seul est Gratnd roi. Par les 3 intelligenceê H S ^<^^ 
ling^ gn a^ àigoifié di reclemeut le Dieu trine et un, qui est vivant 
etintdlig^nt. Carie caractèce ling J| qui s'écrit mieux i^^ du- 
quel si vous enloyet f^j ce qui est indifférent pour le sens, il 
restera trois bouchés o o o ou mieux la ligne parfaite o o O^ 



(17) m %m.m o m iL h o w ^ « « o 

<(18) A W « #.^ ' 

'<19) %-^' :^ ^=. iP — • i*-W. I" part., c, 1. 

(20) H â' -^ O ± Jift JE - O ^ 4 ;F fl! o 

S ^ W '^* ^^f>^f 1'* P&rt., c 1 et 2. 

^(21) ê^muu^oni&JiLoièsiMo 

.=^ A ^ ^ 4ib« Ck^-^viMi, racknoS* . . a ' 



450 TRADITIONS GHBiTlBNKES BW CHINE. — ABT. V. 

qbî consiste en 3 potnls el qui est le symbole de Vunité trin^. 
De môme encore, le vrai Dieu est désigné symboUquement 
par le CteJ, la Terre el V Homme. Car comme Thomme est dit 
le lien da Ciel el de la Terre, ainsi l'Amour éleruel est le lien 
àijt Père et du Fils: Enfin les 3 derniers Hoang % H â Ûg"^ 
rent le même type. Par Fouhy, qu'on nomme Tay-haa -ja ^ 
le souveraiinement élevé, on figure le Père ; Nixtrowi ^ jjjk 
figure le Fils ou la sagesse do Père ; CUn-nong |l|i J| <ï"* «si le 
roi du feu^ ^ %^ y^-^ Agn^e lefëu di^in de l'Amour étemel. 
Vous m'objecterez peut-être ici que j'ai loué le P, Bouvet 
d'avoir dit que Fou-hy était le patriarche Henoch. Je dis à cela 
qu'il faut envisager la même personne sous divers aspects. 
Comme, d'après lesuns, Fou-hy est le clief des 3 Hoang, que, 
d'après les antres, i! est placé dans le 7* *y fc, que IfO-;py 
luI-mAme ne ie place qu'au 9e ft, et que Niu-oiia est sa sœur 
et sa femme, rien n'empêche que Fou-/iy, considéré sous cette 
nouvelle forme, ne désigne \dL divinité du Saint el Niu-oua 
son humanité, d'autant mieux qu'on dit « que Fou-hy a créé 
» le Ciel et la Terre el que Niu-oua a tout remis dans ua 
» meilleur ordre (M); » ce qui certainement no peut se dire 

à'Henochi 
Ajoulezque rien n'est aussi embrouillé et aussi incertainque 

cet lo période des + fc dû: kg. La 1'* se nomme jlM ^* 
neirfiMes ou les neuf hoang XÂyOU-j^j^ tayhoang^ le Grand 
règnani par lui-même. H y en a qui veulent que ce soit Chinr 
nong. La 2« se nomme Ourîong % H, les 5 Long, comme au- 
dessus les 5 TV 3l ^* Les uns leur donnent le corps des Dra- 
gons ou des Long. Les autres disent qu'en parcourant le globe 
ils avaient le Long en guise de chevaL Lesunslesplacentavant 
le 3!c ê Tien-hoang. Les autres n'en comptent pas 5, mais 12^ 
el les tiennent pour les Esprits des 12 heures. Ce serait en 
vain que j'apporterais d'autres citations. C'est un assez grand 
travail quo de retirer quelques types de ce labyrinthe et de 



mik il ^ 3^ ift o ^ « fi! X «if. L^.i-v^ 



PLUSIBUBS TTPBS BN. PARTICULIER ET IN ÇtàlOLAL. .4)1 

les expliquer en peu de mots. Avant le 7e h/ IQ, ou période^ on 
ne peut les prendre pour des liorames. 

Depuis la 7« période, on trouve : l'^ jK Ifi Hoang-dm^ TK^prit 
rougeatré. Un bon nombre pensent que c'est Laotsècincaraé 
» au tempsde la paix moyenne (25). > Le texte chinois est remar- 
quable et il serait difficile d'exprimer plus clairement le mot 
incarnation. Cependant Lo-py pense qu'il faut entendre ces 

parolesd'un autre personnage. 2'' On en peut tirer lH $ Tay-y 
la grande Unité. On l'appelle encore ^oan$F«^ g ^, Tbomme 
auguste, ainsi que Siao^tse àj^ ^, le petit fils; et encore Tuen- 
Jdun X Sj le premier chef, le grand chef ; et encore Tien- 
iching hoang^n 5c H Ê A* << H H eu pour disciples Chin-rumg^ 
» Hoang-ty et Laotsè (24). d Hoang-ty a parvint jusqu'au 
» mont Ngo-moei pour voir Tien-tching-hoang-gin, il le 
» salua dans le palais de jade yo et lui dit : Je voudrais 
» apprendre de vous quelle estla raison de l'Unité trine(2S)!.;i 
On ne voit nulle part que ce philosophe ait été roi, mais com- 
ment atil pu instruire Lao-tsè, celui qui, d'après le témoi- 
gnage de tous, est le contemporain de Gonfucius? 

De la 8« période Pa-kg A tiy on peut recueillir ceci : Yeoi^ 
tsao ^ £ habite un nîd comme les oiseaux; peut*étre que ce 
nom est fictif. On loue fort son gouvernement « pour aV<»r 
o soigné la vie des hommes, et ne permettant {las qu'aucun 
» mourût. Sa charité embrassait tous les borrîmeé ; il n'en 
» haïssait aucun ; il donnait toujours et ne recevait rien. Les 
» hommes n'allaient pas chez lui comme à une cour, mais 
» tout le monde avait recours à sa charité (26). » 



(23) +^^«5g^A«#l*l«A. L^,if^ part. 

(24) # « »♦ Il « 5 * » * S ij.^ o m 

^^^-^Sl^îftllSxS. Lo^py, 1" part. 

(25) 3Jc«ia«Elol5SllâAo3¥i 
2Ea6eoSJ:B9iSriSH-;2:Jt. lo-py. ir. p^ri. c. a. 

(26) ^i& » Ê.m m «... o * t « «ï ;f » 

o /f' H ^ M o 5cT5:A:^||ftlËMa 

^ il* i^o^, 1^ part, c. V, famUle 11«. 



lit TRAIOTimS CHMtriENIIES f» GHINB ^ ÀBT. T. 

H faut dire aussi un mot de Souf/-^^ ^, qu'ils font 
€ l'inventeur du feu. Il donna les noms aux choses^ aux rep- 
» tiles, AUX oiseaux, aux bêtiîs de la terre ffi7). » On en dit 
autant de Fou-fey, de Hoanjr-ty et du grand Yu. Us disent 
« que aowff^gin régnait au Ciel, Fou-hy chez les bomnoes et 
i»Chin*nong sur la terre {a«)f. » Les autres disent *qu*il est 
Qvnrhxmg A S ^t on lui donne ^ou-hy pour* successeur^ 

Dans la 9* période, on place Ssê-hoanff j^ ^ bien avant Fou-- 
kg. Vulgairement on le nomme ^ % Tsan^hie, « Il avait 
» 4 yeux Irëstétincelaàts, ain^i on donne 4 mamelles à Ven- 
■ vànff (29), » Ssé-ma-tsien en fait un ministre de floang-ty, 
mais^c'est à tort dit Lo'py (50). 1} a r eçu ie tableau Hodou^ ou, 
selon quelques*uns, le Lo-chou ; il aurait composé les lettres 
qu'il aurait nommées chou-ky $ |g. Zro-py dit que ce^ lettres 

senties anciennes leltres dites !f4^^^*^^^9 ^u'oa aurait 
trouvées demi-usées dans un mur de 1|l maison de Ctonfuçius. 
Kong-ynf'tà remarque avec raison que, « bien que la forme 
n de ces caractères ait changé, cependant l'es&ence des 6 classes 
» est demeurée la même (Al). » Les lettres de Tsang^kiet^ dit 
le livre Ban^tchi, a sont anciennes et génfécalemenjt inçon- 
» nues à mis maîtres (58)« ^ Ils disent « qu'après l'inventixui 
)» des oaractèr^i il est tombé du Ciel .une graine et que durant 
» la nuit les ftjmos ont |H)ussé des gémissecQ^n|6 (53). Les uns 
regardent cetau^urecamme favorable^ les autres comme né- 



(27) f^lSI^AJi^^«lrÂAKoli^«JEiSo 

WlIfoS^î ^lU M' L<^-py, 1" part , c. V, fam. 12. 

(28) ^â n'% oissâ« A o Jiâ« 

(29) m B « * o 2it i H II- fo^. 1" pait.^. VI, 9. 9it. 

(30) ir * A t t M o H * o. lo-pyf 

(31) :& ffi S ^ ^ Il H « O îfiî- ^ «i 

5f^ "É" ^ ^ &' Kùng-yng-ta, vers 629 de J.-C 

(32) it ts $ t ^^m ^^ m-Ba*^ 

(33) 5!; 1^ 1 91 o % M ^^' ut^uuun.: \ . 



PLVSIBOBS TTPK8 EN PARTICOLIKR ET BN 6ÉNÈBAL. 423 

hsle. Il y en a qui nient que Sse-hoang ^ ^ soit l'inventeur 
des signes et ils les atlribuent à Fou-hy. Les autres affirment 
qu*fl faut en faire honneur à Hoang-ty et non à Fou-hy. 
Kong-yng-ta rtsume fort bien cette controverse : « Il y avait 
È sans contredit des lettres avant Fou-hy, maïs on ne les ëm- 
» ployait pas encore pour instruire lès peuples. Mais au 
» temps de Fou-hy, on commença à employer lechou-fty (54).» 
On place après Sse-hoin^ et avant Fou-hy un bon nombre 
de rois, desquels je choisis cinq noms : 1* il^ jH Hè-souy (le 8*) 
sous le règne duquel « le peuple ne savait que faire à la maison 
» et il ignorait ou aller au dehors. 11 frappait sur son ventre en 
» guise de tambour et se promenait librement ; il avait tou- 
» jours la bouche pleine et jamais la tristesse ne s'emparait 
w de lui. Il agissait de jour et se reposait la nuit ; il buvait 
• quand il avait soif et cherchait à manger quand la faim le 
» pressait (5tf). « 

Le 2e est jjjt jA Teho-yong^ qui a inventé la musique. <k Celte 
» musique, dit Lo-py, n'est rien autre chose qu'un gouver- 
n nement souverainement parfait (36). i» 

Le 3* est un autre ^ ^ Yeou-fsao (le 13«), duquel on dit les 
mônies choses. On le nomme 'é' ê KowJwang. 11 avait pour 
monture six 2(m^ H elle Zinai'Z^ J||. Il reçut lui aussi leJf o-tou 
et le LO'ChoUf ce qui est arrivé à d'autres, selon Ming^hoa-ky 
cité par Lo^py (37). « Le Bô-tou n*est autre chose, dit Kong^ 
» ngfa?i-ftoue, que les 8 symt)olesdu Y-king, LeLo-chou n'est 
» autre chose que les 9 ordres (38). « Et ailleurs il dit : a Le 



(34) 3:^«ift«lîro4#*ffli:«:1So 

(35) A^T-^^®o n J- ^ M ± à Wl 

umm o ^ mm m o iEiiii9»o^iio.ê. 

tS 9J ^ ft O il iJ 2JS ^./-o-py, 2«part.,o. vii,S-roi. 

(36) «I « î& M 4- Low, ibid. 

(37) li ^ Jm ^ -^ W ±.irtn^-fco<jhifct,cIléparIo-py,aul3Tol 

(38) ifi m A 1ê^ ^ O^ f& XtÊ &' Kong-ngar^ 
chouê, 140 av. J.-C. ; voir notice, ci-deBsos, p. 24. 



424 TRADITIONS GHRÉTIBNIIBS EN GHINB. — ABT. ¥. 

t grand Yu a reçu du Ciel^ le Lo-chou, ou la grande fompe 
» d'un excellent gouvernement (59). » . 

Le 4« est ^ )| TcJum-siang. « Ll a inventé la cithare à 5 
» cordes^ pour régler les saisons qui étaient troublées et assu- 
rer la vie de tous les êlres (40). » 

Le 5* est |{^ fll Vou-hoat/, c'est-à-dire sans souci* On ra- 
conte des merveilles sur son époque : 

c La vertu rendait le corps tranquille ; on estimait beaucoup 
» la vie ; le corps prenait de Texercice, mais l'esprit ne cou- 
» naissait ni l'amour^ ni la baine ; les coqs et les chiens se ré- 
» pondaient, en chantant et en aboyant, les uns aux autres, 
» d'un lieu à un autre, et les hommes ne mouraient que dans 
n une grande vieillesse. On jouissait d*une paix profonde. 
t L'oiseau fong desc(3ndait; kouey et long apparaissaient. Les 
» vents, etla pluie gardaient une mesure. Le chaud et le Irojd 
» se succédaient avec ordre (41). ». 

Sse ma tsien place trois rois enlreBoang-ty et Fao ; sur 
chacun d'eux voici un mot. 

1** W fil Tsing-yang^ vulgairement ^p ^ Chao-haOy et 
encore JH §j^ Kiang-sang. Comme des précédents, f on dit 
» qu'il a été miraculeusement conçu et né; que l'oiseau fong 
B s'est montré; qu'il a reçu le Ao-tou et le lo-chou^ qu'il a 
» inventé la musique pour accorder les hommes et les esprits, 
» etpourréconcilier les choses inférieures aux sqpérieures. On 

» le nomme encore W ^ Sy-hoang^ roi d'occident (42).» 
^"^ îff fil Kao-yang^ vulgairement j^ }â Tchmenridojei 



(39) %7i 9k ^mi^ xm o m m^tt m 

J|B»* Kong-ngan cho^i. 

(40) f^£iÉ t, m &. is^f^ fiLsx -^m ëL. 

lo-py^ 2« part., c. ix, 9* période, 14* roi. 

(41) Kl m^ m o A-w »ms a*^ o 
^wftf^ o >& % »m o m % z #«« 

nHoAMtt OÎiO$#iHF- to-pir, «M., le* roi. 

(42) f^ ISI iait A J» IB «I ± T. Sn^AH^ dan. 
$w-U et lo-py, ,2* part., c. 7, qui porte Siao et huq CKao* 



FQU-BT. . tt5 

.encore £ ^ Huenrty^ roi céleste, et 3l iP Yo'têei fils de la 
pierre yo. « Sa mère vit une lumière autour de la une^ 

• elle en fut éinue> elle conçut et enfanta ce roi auprès de 
» Teau de l'obéissance (45). Il a inventé la musique afin de 
9 faire accorder Yn yang et d'offrir un sacrifice au Souverain 
» Seigneur (44). » 

Le 3^ egt iK ^ JToo-Aft, vulgairement ^ ^ Tyko. « Sa 
» mère filBt <?uo-paomit le pied sur un grand vestige et quand 

> Ty 'ho naquit, elle ne sentit rien. Et aussitôt son enfant 

> l'appela par son nom, etc. (4i(). » 

III« POINT. — F^u-liy. 1a 

On le nomme fj^^ Tayhao^ le Très-Haut, ^^^Tien-hoang^ 
le Roi auguste du cfel, ^ ^, Tchun-hoang^ le Seigneur du 
printemps^ Tf; ^, Mou-tyj Roi du bois. Son nom (^ Wtz^) est 
Mtfongy vent. « Sa mère appelée ^ ^, Noa^m^ mit le pied 

• sur un grand vestige ; elle conçut. Tare céleste vint à elle, 
Y> elle demeura enceinte pendant 12 ans et le 4 de la 10® lune, 
B elle enfanta un Esprit (46). d D'autres disent « qu'elle a 
» conçu d'un Serpent (47). » Fou hy avait le corps du Long 
n et la tête du bœuf, ou, selon Ven tsQ, le corps du ser- 
pent et la tête du lAn JH (4tî}, ou, selon d'autres, c les lèvres 
de Long et les dents de Koueg^ |i^ la tortue. Sa vertu était 




(43) # 4IÏÉ5Ë it n z m ëL Hè ikiè 

Ste-ma-tsien. 

(44) i^msimmfàM^X'»- /««». 

^(45)# JS ^»0...* # i ^11 KUfto 

(46)#JRi*:|j:o*£B.â:to H^ + « 

(47) ?Ê W « t& W ^. 

(48) n ê "¥ t o a ^ mt o usm 

tt* Divers et Ven4se, 604 av. i.-G. Voir note, eîideania, p. 14S, 



4t6 TRADITIONS CBRiTtËfROCS KN CH1NB. — ART. V. 

semblarble â la clarté du soleil et de la lone (4Ô); il reçut le 
. Bo-tou et a composé le Y King. « Sa lyre avait 27 cordes ; par 
» elle il attirait les bienfaits du Ciel, et réconcilia le ciel et les 
M bommes ()I0). » Selon d'autrs, sa lyre avait 15 on 20 ou 10 
> Ott5 cordes% dleo fit une de 36 cordes pour améliorer la per- 
B sonne de Thomme et le ramener à la rectitude céleste (51).» 
Selon d'autre, b» çord«5 étaient au nombre de 30 ou 25. Ses 
epseignemenls se nommaient £on^ cAou jH ||.ll fut le prv* 
mier à faif:e usage des lettres. « Il promulgua sa loi en 10 
«paroles. Quelques uns lui en donnent 12 (32);» d'autres disent 
qu'elle n'a pas été écrite ({(5}. a Enfln on lui attribue la créa- 
» tion du ciel et de la terre (M) »r Je passe sous silence une 
foule de cboses de ce genre et je laisse au jugement des 
autres de dire si Fou hy représente plus la figure du Christ 
que celle du palriarcbe Henoch- 

iv* powT. -* nrtu ett», -fc fé- 

Je ne pense pas que personne puisse nier que, Niu 
Orta ne renferme un type remarquable du Verbe incamé, 
pour ptfu qu'on remarque attentivement ce qui suit. Niu oua 
marque ici^yn le ^enre féminin, non pas à cause du sexe, 
mais à cause d'un mystère. :! eul on deux désigne j^yn, et 
'yw, tomme je l'ai déjà dit, désigne la 2« personne, ^ 5r, -S^ 
yttn, d'où Ton dit toujours S ^ yn yanffy parce que la con- 
naissance précède toujours Tamour, etlaconnaissancenevient 



^ (50) i^wz^^Jti^o^^mnmi.9SLo 

ut # 5t A ± %• LO'pyf 

(51) f^ ?i H + w 7^ 3^ o la « > o a 

tt'o R ^ 5^ flt- lo-pyr 

(52) f^+W:2:»o+^Wi«:o^lr 

(63) f^«iii«jmig$o»«i8. ^W? 

(54)i^« Jft % ». l^py? 



pas deTamoar) mais l'amour de la con naissance. Comme Nm 
o^<^ iK Hky danslesmonuments chinôiè^esile type de la Sagesse 
Wioréée, ainsi Minerve etPàilas âont-elles, chez nous, l'une 
Temblême de làjpaia 5^, l'autre de la guerre |^ vcu. Toutefois 
Niu ouR désigne tellement la sagesse éternelle qu'elle est en 
même temps le type de la chair ou dé rhutnànité que le Verhe 
a reVêtuë. Cette sainte humanité tlu Verbe petit justement 
être a,pïiélée sôBiir et épouse, ël par rapport au Verh'è époux on 
la rapporte à t/n. De là Nîu oua ;^ ^ est par quelques uns 
appelée Ta sCeyit du Très-Haut, par d'autres son épouse (5^). 
Ainsi Jùnon est appelée 'W reine des Dieux et la sœur et Té- 
potise de Jupiter : 

Ast ego, quœ Dt^in incedô' regina^ Jovisque 
' . • Bt flofor et coojux (Virg. JËneid. i, 50.) 

Elle est son épouse parce que le Verbe l'a prise en unité de 
personne. Klle est sa sœur parce qtré le Sainf, comme 
homme, est le flis de Dîen. D'où, dans le Chy-ftinj, ce ù'efst 
IpiisNiU'Oua, mais une autre figure du rtiême'genre qui ^t 
appelée Tien mouei % ^ sœiir dii deî. ' ' ' ' ' ' " ' 

Le rj ora de famille ^ èing , donné à Niu oûa, est f$ yun, ou 
^ jpin fe Verbe en tant que pluie. ï| descendant du Ciel. On 
la nomme ,î$c ^ ifiu-Koang^ c'est-à-dire Vierge régnant dès 
le commencement, ai) ^térno ordinata sum.., 0^,(86). 
Elle! est 1^ f^ chin mœi^ l'épouse spirituelle. Anciennement 
les Çrrecs disaient la même chose de Juuon : 

... ;PrJinaçt iellas et pronaba Janon , 

Dant sigiuim (ifin«fd. iv,.166). 

Elle est l'épouse, !• parce que le Verbe a uni à sa personne 
la nature humjaine comme une épouse; 2* parce qu'il a ré- 
concilié en soi les hommes à Dieu -^ Jl T- 1^ ly^® mysti- 
que de la Reine Niu-oua comptait 25 cordes. Le P. Bouvet 
explique savamment cette figure pftr le faipew prob{êjf}[w de 
Pythagore. DaAS un triangle rectangle, le carré», quod a latere 
' rectum angulum subtendente describitur, œqualeest qiwi- 



■^-r 



(55) ± ^ ±, M Odk ^ £.1$* ht-pvt 

(56) Proverbe*, viii, 23. . . < . . 



430 TBADIT10N8 CHRÉT1B1WR8 SU CHINE. — ART. V. 

» posé : « Le roi rap|K)rte to\it à ^ sœur, t Hiea n'est f^as 
cl2â(;(piie ces paroles quaôd on connaU d'aiUeurç. la vérité. Car, 
alors, ii faut dire : La S*" estime souyeràinemeotla 2* et la 2* 
* .f^PPQK^ twtàla 5« (66) » et ainsi on aura le véritable sens 

de ce passage. II est évident que la 2« lign^ Er é^t ^yang 

ou entière et digne àe tout honneur. EHe est cependant 
d^iis la p9tFti«. inférieure du symbole et occupe le sîége du mi- 
nistre. U en résulte que par cotte ligne Id Verbe est :Comme 
anéanti et est réduit' au sifi et à la pl9.ce de sujeL 
Bien qu'il descende jusque-là, il n'en, est pas moins :Roi et 
Seigneur ^ JZ^. La 5« ligne est ($ Yn 00 rornpue^ manquant 
et vile par sa nature» Elle siège pourtant au 1"»^ rang. et pour 
cela çetto Ugne n'exprime pas^ moins bien Vbumanité prise 
par^ljs. Yetpe jçt ^ssic^ au plus haut lifîu «à^ droite delà 
» vertu de pieu (60), » Bien qu'elle soit si hî^ujt^ elle n'en est 
pa^ moiç^ la, petite soeur j^ Moei^ Cette très-sainte |leine 
se ^^oumet trè^-bumblement et; tpiaien^^tà soa.époux £ jt 
Jll au^hca^-ell^ la 5* ligne estsoumise à la 2*. Mais puisqu'elle 
est répoij^se du Verbe, elle est auçsi la Maîtresse, du Ciel et 
de la Terre, et cela de droit. Elle a d'ailleurs 1^ mérites infi- 
nis d^un monde racheté par la croix et par la mort. C'est 
pourquoi l'Epoux lui-même la place sur un trône et lui rap- 
porte l'œuvre de la Rédemption. Ainsi la félicité première 
pepdue par, le péché est recouvrée avec honneur. C'est ce 
qù exprime le texte. 

On touphe ce mystère dans un bon nombre d'au trois. sym- 
boles. La source est unique à savoir : l'union de la ligné brisée 
— — avecja ligne entière; — , c'est-à-dire de la^ naiçire in- 
firme aveè la forte (}ans la persbnne du Médiateur ; mais que 
de^iisseaux sorient de cette fontaine perpétuelle et eoulebt 






(66) ri n^so 15 i » z. Q jf'îi n 

%z, oi«:i o m f^» % o m SI « s 

tt i^* Y-hoe* 

(67) Erit ûlia9 bominis fled6n|i.A dextdsVirttUfl Ud (^ xjiii, 



agi^Memcnt à travers les^cbamps fleuris du lAyrb'^Y^kirtç^ 

5"^ J'avais promis, dans le 5« paragraphe n** 6, de pacterà la 

00 d'un si beau sujet ; mais cela demanderait trop de dé*» 

toils, je renvoie donele lecteur au livre Y-king^ > ' 

V* pourr. — OlAmHMUHI II jK* 
Chhi'nong, c'est-à-dire le divin agriculteur, a Se mère avait 
» nom ^ S Nganr4engym*ii^^Nivr4mgyVhBi^epro^ 
D Elle conçut d'un Esprit dans un lieu appelé ^ ^ ehang^ng^ 
» agneau éternel, et enfanta Chin-nong tfans Tari trexin 'mont 
» Lié(l). » On ditque Lao-tseest néau mêmeKeu (&). «C/ltn- 
:^nong avâii le corps^de rhominfe et la tête du bœuf. 9n-le 
» nomme Dl ^, Ten^tr/^ l^mpereur du feu. U grandit sur les 
» bords du fleuve Kiang (3), » d'où il tira son nom. A fa letlbé' 
Sianffy H, le Choue-ven parle ainsi : « Chin-nong habitait 
» près du fleuve Kiang^ d'où on lui donne ce nom; c'est 
» pourquoi le signe H a :^ pour clef (4). s c Si le fleuve 
» Kiang portait ce nom auparavant, dit le Tchang-tsien; 
» à quoi bon y ajouter ces mots US ]JC (^) ? » C'est qu'iU 
ignorent que le Saint en tant que homme n'a pas de père, il 
est né d'une vierge ^ ^ Niu^senff et tire son nom de sa 
mère. Sa itnère est H Kiang ou ^ ^ Niu-yang^ laquelle 
nous a donné l'Agneau dans Tantre de Bethléem. ChiU" 
nong a composé l'ouvrage appelé SE jl| Lien-chariy qui* 
con^mençait par le symbole ^ hen (le 52«). 11 a fait dans le, 
même but que Fou-hy une lyredenx)U de 25 cordes (0)- 

(1) ic S jtt 9» « !S ^ o ^ m A « n lU 

i^ IS ^ Io»pyf 

(2) ^ 5F * ^ » * Lo^T 

(4) 1^ o m 9k ^ H » £1 » ttH ^. « 

^. Choue-vea, racine 443. | 

' (5> 31 pfC ^ ^ H p ^ ^ i^r il- rcAaiviiiifnf 
TOir ci-cl6880t^ p. 335. 

(6) It A 5& o :K ft x; ffi. £( £ »' o lt:A 



434 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. Y. 

n les sacrifices au Souveraia Maître. Ce palais porte les 
» noms de ming-tang ^ ^ demeure brillante^ de minff- 
3) ting BQ j^ palais éclatant^ de ming^tay ^ tertre ce- 
j> lèbre ^17). Il cultiva toutes les intelligences ; il me- 

. ji) surû les 4 parties du globe ; monté sur Long f| , il par- 

; j» courût les 4 plages (18). » <t II fit 3 Tings (18 bis), (conraie 
» symbolesdc la Grande Unité 3 quand son œuYr4î fut accomplft^, 
» il mourut. Quelquee-uns disent qu'il n'est pas mort, qu'il 
» est monté sur le dragon f| et est allé au Ciel (19). » « D'autres 
b pensent qu'il fut enseveli sur la mont ^ kiao; qu^diH boni 

' ») de SOO ans ce mont s'afl'aissa et qu'on ne retrouva plus le 
» corps dans le sépulcre (20). » D'autres donnent cette tradi- 

• Uon : Les vases Ting étant achevés, tous les Long descen- 
te dirent au-Klevant de lui ; il monta lui-même sur une nuée 
D blanche et pénétra dans la demeure du Seigneur. Les man- 
D.darins ont caché ses habits dans le mont Kiao (21). d 

11 est superflu que je donne mon opinion sur tout cela ; 
chacun peut expliquer ces paroles encore mieux que moi ; 

- mais je me borne à faire remarquer au lecteur^ s'il a été sage 
de la part de Sse-ma-tsien de commencer son ouvrage par 
Ho&ngrty (B). 






(17) f^^§^»E±^o-Hl» 

^ M O PS- Lo-py? 

'. (18) fiililo 8im:ffomnmnM' 

(IS'his) Voir la figure de ces Ting ; ci-dessus^ p. 283. 

Ml fi Lt #. io-p5? 

(20) n^ tuo ms.\Bm(u»o^m. 

% Jf^. Lo-py? 

v« i(2i)..ji ^ mm y m o mM.ù m o m 
]E& ^ ^ o m^ ^ m ^"ii M i&m m- lo^^ 

aî .Ib) i'^I'- P^émare oublie .de dire ^e ce D'est pas seulement Sue-mo- 
men^maie le Jwu-çftou e^ Je Ly4ai/-fty-^s«, qui commeiuseat rhi^Uûre de la 
ChiDe par' Hoang-ty. TfoiïB avons reproduit ci-dessons p. 409, la^ forine même 



HE00-T8T. 435 

VU» POINT. — MeovL-tmj /p ^X 

NousavoQsdéjà parléde Heou-tsy et deSie (ci-dessus, p..205) . 
Mais il reste beaucoup de ctioses à dire. Voyons de suite ce 
que disent sur la naissance de Heou-tsy les Gliinois savants, 
surtout ceux de la famille royale Han (202 av. 220 ap. J.-C.)» 
qui n'ont pas rougi de coudre les premiers, à leur histoire^ 
les li^Tes canoniques et doctrinaux IjR King. 

Ils veulent que TEmpereur Ty-ko ait eu 4 femmes^ « une 
» légitime et 3 concubines (22). d D'autres disent qu'il eut B9 
D iB Sse-féj/y 4 concubines ; et que cette lettre n'a aucun 
mauvais sens. » 

Selon Lo-py et beaucoup d'autres, « la l'* femme était 
» Kiang-yxien ; elle avait toutes les vertus d'une bonne 
» épouse, elle s'attachait seulement à son maître et ne suivait 
» que lui ; elle enfanta en son temps JS^, c'est-à-dire Hectir 
» tsy. Ki signifie le premier-né (23). » 

Mà'jong pense autrement, a 11 veut que le roi Ty^ko ait eu 
» un premier fils dit JK Tchey qui succéda à son père, et celui- 
» ci, ou rejeté comme plusieurs le pensent, ou mort, un 2^ fils 
» de Ty-fto, appelé Yao ^, fut élevé sur le trône. Le 3« fils 
» est Siè, le 4* et dernier est Heou-fsy, qui naquit le 10^ mois 
» après la mort de Ty-fto. » 

Comme sa mère savait qu'il ne pouvait arriver rien de mau- 
vais à ce saint enfant S& ^"vj} ^ pi-pofurho-haiy elle l'exposa 
» sans délai, et Yao, pour la même raison, ne fit rien pour 
x> détourner Kiang-yuen de faire cela (24). » 



de la table de Sse^ma-tsien qui explique commeDt Hoang-tyy placé au milieu, 
est par là même le premier. 

Qaaod ani différentes actions et inventions qui lai sont attribuées, 
elles s'adaptent très- bien à Adam, comme l'a montré M. de Paravey. 

(22) — Â JE O H S fe. io-py. 

(23) iè mmm ^- o ^ 1^ ^ o m "(^ 

H O ^^W^HoilSJCd^' io-py, 1" part., 

* (24) iB jifc m -f w gi # ;?: fc o m m m 

^ M^ il Wt' Ma-jong, sous les Han, vers 201 av. .l.-C. 



436 TRADITIONS CHRÉTIENNES EN GBTNE. — ART. Y. 

D'autres auteurs repoussent avec indignation ce système 
honteux et ne proposent rien de mieux à sa place. Ils disent 
» qu'il n'est nullement avéré que les Saints engendrent tou- 
» jours des Saints ; bien plus, que Fao, Chun et Ven-vang 
JD ont eu des fils très -mauvais ; que par conséquent, Kiang- 
» yuen, en exposant ainsi son enfant^ imprimait une taclie 
» honteuse à sa réputation et à son époux défunt (125). » 

Sse-ma-tsien, expliquant mal deux lettres du Chy-hing^ ne 
parle pas moins ridiculement quand il dit que Kiang-y-uen^ 
j> quand par hasard elle se promenait dans les champs, trouva 
» les traces d'un Grand Homme imprimées sur le sol; elle s*ea 
9 réjouit et voulut y marcher dessus ; aussitôt elle conçut, 
» et^ le temps écoulé, elle enfanta un enfant qu'elle exposa, le 
i> croyant né sous un mauvais augure, j» 

Le même auteur ajoute « que Ty-ho consulta les sorts sur 
» la destinée de ses 4 ûls, et qu'il en connût que chacun d'eux 
D devait commander à tout l'univers (26). » Mais, selon 
(c Ma-jonff, quand il mourut, Ty-ho ne savait même pas que 

» Kiang-yuen fut enceinte ^ ^ffl H j^ W #• » 

Vang-sou révoque en doute toutes les merveilles dont on 
entoure la naissance de Heou-tsy, Les autres auteurs l'en 
blâment sévèrement «c en lui reprochant de ne pas nier que 
•» la détestable femme Pao-sse soit née contre les lois de la 
» nature pour la perte du roi Yeou (27). a Gomme si le Souve- 
» rain Seigneur n'avait de puissance que pour nuire. Ils 
» ajoutent , d'après le môme Vang-sou et Ma-jong , que 
» Kiang-yuen fut l'épouse de Ty ko, et que le roi Yao fut le 
» fils de Ty-ko (28): » 



(25) Autres. 

(26) mm m m. o ^ :e A m o J^nm^i 

^ERo Si. 18 ^ M M i,' Ste-ma-tsien, l'an 20J av. J.-C. 
(27) nm^.::^n&m±&^mmB- Sse-ma-uten. 

(28) ± ^ i& m i^ m :^ tè & M m o. & 

JftfiSo^^lK lî* rtmgsott, 2(tt av. J.-C. et antres. 



0BOU-TST. 437 

Comment donc Yâo puUil permettre que son frère fut 
» exposé comme illégitime ? Car il savait que Heou^tsy était 
» Saintf et que par conséquent le Ciel le conserverait ? Mais 
» dans ce cas, pourquoi Yao o'a-t-il pas, durant 70 ans, élevé 
» à aucun emploi un frère aussi Saint. ? d C'est ainsi que par- 
lent les auteurs chinois. 

Il ne manque pas d'autres auteurs qui, pour débrouiller ce 
chaos, supposent qu'il y a eu 10 générations entre Ty-ho et 
YsLO, Cela posé, Kiang-yuen ne serait plus la femme de Ty- 
ko ; ce que cependant tous, sans exception afarment. 

J'ai posé ces prémisses, afin qu'un lecteur équitable voie sur 
quels pauvres fondements s'étayent les interprètes Chinois. 
Quand un Européen dit avec confiance : Tous les Lettrés chi- 
nois assurent ceci ou cela, c'est une marque qu'il en connaît 
bien peu, et qu'il n'en a* lu encore qu'un moindre nombre. 

Examinons maintenant brièvement les noms de la mère et 
du fils. La mère est appelée H Kiang^ comme ci -dessus celle 
de Chin-nong, Elle est vierge 2fc niu^ parce qu'elle a conçu 
un Dieu d'un Dieu ^ c'est un agneau ^ yang qui a engendré 
de sa substance un agneau y^our nous. Elle est appelée Jg 
K/^n, parcequ'elle estlasourceetrorigine>^ de la virginité 
-^^ niu. On ne voit nulle part qu avant elle, quelqu'une ait fait 
vœu de virginité (G). Son fils estappelé ^Kj/yrejeté^comme^'il 
était Vopprobre des hommes et Vabjection des peuples (29). 
Aussi le Chy-king le nomme-t-il Min J^ peuple. Il étaitdonc 
comme un homme du peuple ^t Tong-gin ^ X habitant 
parmi les hommes. Son nom propre est Yun J^ ; Yun 5 
Verbe^ désigne sa divinité ; Niu ^femrm^ son humanité. On 
lui donne aussi le nom de tchu ^ colonne^ parce que, comme 
toute la maison repose sur les colonnes, ainsi tout le genre 
humain est appuyé sur leSainf ; mais le signe î^È ^^Aw offre 



(G) On Yo't encore ici que ce n'est pas seulement Isaie qui a dit : Yoiia, 
qyûunft Vierge enfantera^ tout l'Orient avait conservé la tradition que le Saint 
devait naître d'une Vierge. 

(:29) Ego autecn sum vermls, et non homo, opprobrium hominnm, 
abjectio plebis {Fsal. xxi, 7). 



43^ TRADITIONS CHHETIENNES EN'lCHINB. — ART. V. 

aux yeux, ceux-ci vang 3E Seignewr^ et rmm ffi boisj Seigneur 
par le bois ; ou bien encore c*est Gin J^ homme y attaché sur la 
croix +, et cependant le Seigneur de tous ^Tchcu. t Enfin, 
» à cause de sa dignité, de son emploi, on lui ii donné le nom 
» de Je" ^ Heou-^tsy. Car Heou ^ c'est roi^ ou, comme je l'ai 
h déjà dit, c'est un homme chargé de promulguer les lois qui 
» doivent instruire les 4 parties du monde (29 his) ; » tsy ^ 
s'entend communément des grsiins^ surtout du froment. 
Pourquoi Ta-t-on nommé ainsi ? j'en dirai la raison plus tard; 
j'w hâte d'arriver au Chy-king, Ce livre a deux odes qui trai- 
tent de la naissance de Heoutsy. 

La 1'» porte le nom de ^ Je Seng-miru Voici comment elle 
commence : « A ce commencement où le peuple est né, Kiang- 
» yuen a été la mère commune. Comment cela a-t il eu lieu? 
» Elle offrait de tout son cœur ses vœux et ses sacrifices, très 
> triste, parce qu'aucun fils ne lui naissait. Elle pensait pro- 
» fondement en elle à la paix qu'apporterait le Seigneur, quand 
» elle fut subitement exaucée (50). s Tous les commentateurs 
appliquent ce mot J5 ^*'^ à Heou-tsi/y et avec raison. Mais on 
peut aussi l'appliquer littéralement à tous les peuples qui ont 
été ramenés à la vie par la naissance de Heou-tsy, né de 
Kiang-yuen; le mot seng ^ naCi?^, s'entend élégamment dans 
ce sens. Kiang-yuen est appelée la mère d'un peuple nou- 
veau ; parce qu'elle est la mère du Sauveur, Je traduis le mot 
%fouy d'après les interprètes, par ne pas se réjouir et sup- 
porter avec peine. Le texte dit pou-tee |J| 3F «o^ fil^y comme 
f\us hdiut pou-yang fl^ ^ non agneau. Bien qu'il s'agisse de 



(29 bis) ^ o WkAi.mn^£i^n *. 
(30) «iB^s o i^ mm m O ^ RM 

Wi Ifi' Chy-king, 1. m, c. 2, ode i, n. 1. Le P. Lacharme traduit ainsi ce 
texte : Gens {tcheou) inclyta originem trahit a muliere Kiang hiuen, et 
applique à cet empereur tout ce que le texte va dira de Kiang-yuen et de 
son fils. C'était une manie chez certains jésuites, en oppodtion avec leu/s 
confrères, de ne vouloir trouver dans les livres chinois aucune tradition. Le* 
P. Glbot traduit bien plus etactement ce texte {Mém, chinois, t. jx, p. 887) 



TEpfan t qu'elle djoit eaf anler, elle ne le : ^t . j^s . éwcore* et ^ 
gémit de ce que. le Fils promis m yient pas euqpre. }'^^\^^ 
duit ke-yn ;ê JS> ke-sse ;^ ipB>P?^r l^s vpaux eUesj^fi^Tçes, 
qu'elle faisait, lesquelssont des espèces de sacriûctis. cêpeudant 
jjJB sse signifie sacrifice perpétuel, et JM yf^ est le 5; sahific^^ 
à la terre occidentale i H. La lettre kà ^ a de réflergie,' 
elle semble faire allusion au sacrifice de Heou-tsy mêmq^ que 
Kiang-yuen, en obtenant Heou-tsy, obtint en mêfhe tempis,^ 

Ils expliqueni sottement les 4 lettres suivantes, d'après Se^; 
ma-isien (51), ^li y^tyy^ voù^ ^ 7un, puisqu'ils veulent^ 
que voù gjsignifie vestige et min ^ lepowce du piad. C'est là^ 
ce qui adonné lieu à la fable du vestige du pied du Géant» 
qu'ils débitent sans bonté. Ils ne voient pa3 que le signe ti/ ^ 
demeure comme dans le vide et ne peut plus avoir aucune 
connexion avec les autres. Le seul Mao-tchang traduit t^ 
par le roi. Ty-ko (52). » Mais comme le dit fort bien Kong- 
yng-ta, «cela posé, cette naissance ou conception n'a pluà rien 
» que de fort commun (55). » Pourquoi alors le Chy-king 
nVt-il de louanges que pour la Mère et rien pour le Père ? 
Mais à quoi bon un interprète quand le texte est clair? 

Voici comment parle le Chy-king dans l'autre ode appelée 
|g § Pi'kong : 

« Quelle est grande, Kiang-yuen 1 Combien elle est auguste, 
» pure et immaculée 1 Le souverain Seigneur repose sur 
3» elle (54). » Comme, dans.ce passage, on emploie les mots de 
Chmg-ty Jt ^ Souverain-Seigneur j il est évident que dans 
l'ode ..gen^-min, le mot Ty désigne le mêmeSeigneur, etaipsi 
MaO'tchang se trouve réfuté- Selon le Choue-ven et d'autres, 
le mot^i^ouest Jh uMj s' arrêter ^ Qi^ko signifie, arme^ .; 



(31) Sse-ma-tsien Voir n« 26. 

(32) MaO'tchang, 202 av. J.-C. Voir ci-deasu?, p. 24. 

(33) m â- ^ ^ o A t, "Ê m o m ni^ ik 

iê. Ik M 1^ O ^ M M '^- Kong-yng-ta, vers 629 do J.-C. 

(^) mm m m 'O ^ m ^ m'o ± !^ à 

IR. Chy-king t 1. iv, c. 2, ode4, n. i. 

- • ' • • •. . : L r 



440 TRADinOllS CHRAnirtlIBS EN CHllIB. *— AET. V. 

c'est pourquoi il désigne le généreux et saint vainqueur^ qui 
ne combat que pour mettre fin aux guerres et établir la paix 
éternelle. Ainsi le yainquenr du tyran TcAeouest appelé. Vou- 
^^''^ S ï* L*ode ne dit pas Vou-vang Sî ï> ni Vcu-ty fÇ 
J, mais Ty-v(m % HÇ, comme on dit Ty-ko^ Ty-yaoj Ty-^ 
ehufij etc. A layérité ^ ly yeut dire fouler (caXcare) ; mais ici 
c'est une métaphore ; ainsi on dit ly-ty ^ jg^fotder Us ritesj 
pour dire : les observer minutieusement. C'est pour cela que 
J'ai expliqué que Kiang-yuen foulait en esprit le roi vain- 
queur, c'est-à-dire pensait à lui, le désirait de toute l'affection 
de son cœur. 

Enfin Id signifie accélérer, se dépêcher, ou selon le Choué- 
veuj mouei 4f fréquemment ^ frapper (58) ; » on ne frai:pe 
pas seulement avec les mains, mais surtout avec les prières et 
vœux. Le Tching-tse-tong explique ifi dans un sens accomo- 
datif par tsy ^ vite, promptement^ et on peut le prendre ainsi, 
|ff[ signifie exaucer les vœux, les avoir pour agréables. Mais 
de peur que quelqu'un ne dise que je fais violence au texte, je 
citerai un Chinois qui pense tout à fait comme moi. Il sépare, 
comme je l'ai fait, les 2 lettres |ft |fj[ des 3 autres, et il dit que 
ces 2 lettres signifient combien Kianff^yuen-d promptenient 
remué le Ciel. C'est comme si l'ode disait : s Le suprême Sei- 
t gneur descendit et aussitôt Kiang-yuen conçut (56). » Ainsi 
parle Yeou-chi dans le commentaire Sy-kiang. 

Dans la strophe suivante, on décrit le mode merveilleux dont 
naquit Heou- tsy. Le voici : a Son temps écoulé, Kiang-yuen 
» mit au monde son fils premier-né, comme un tendre 
» agneau, sans lésion, ni dissolution {dissolutione), sans 
• détriment ou dommage aucun (57). » Vous avez (ci-des- 



(35) ChoHé-ven, racine 93, d. 5. 

(36) ikn o •& AWi t m o ii±i&«fo 

IP ^ # s* Yeou-chi. 

(37) ISk m m M o^^«a^o7l^7 

¥A O M ^ M 1t* CAy-Mnff, I. m, c. 2, od« 1, n. 2. 



HEOU-TftT. JLÀfi 

8QS, p. '338), Texplication du mot j^ ta. Les modernes, d'a- 
près Tch6u-hy, veulent t|ue ces 2 mots ^ ^ sien et seng 
soient la même chose que "^ ^ cheou-seng^ de telle sorte que 
Heou-tsy, sortant du sein de sa mère, ait montré d'abord la 
tête, comme le font les agneaux. Mais ce mot ^ signiQe aussi 
bien principe que tête ; or, qu'il s'agisse ici du fils premier- 
né, cela est certain, d'après les anciens qui disent : « Heou- 
» tsy est le premier-né de la reine JTiangf-yuen (5U). » On ne 
voit nulle part siHeou-tsy a eu ou n'a pas eu d'autres frères 
et soeurs de la même mère. Ajoutons que si on admettait l'ex- 
plication inconvenante des modernes, qu'en serait-il alors de 
la virginité de Kiartff-yuen ? El comment pourrait-on expli- 
quer les paroles suivantes ? Elles sont tellement claires que les 
auteurs modernes n'osent pas douter du miracle. Aussi le 
livre Sy-hiang dit-il clairement: « Comme il a été conçu sans 
D semence virile, il est clair qu'il est le fils du Ciel, et ces mots 
» sans lésioTiy ni dissolution, ne prouvent pas moins claire- 
» ment l'intégrité de la Mère (59). d Cela est tellement vrai, 
qu'on dit vulgairement îJ ^ po^Inriy pour dire^rdfr^ la vir- 
ginité. 

Kong-yng-ta fait une remarque encore meilleure ; a c'est 
» que ces mots sans lésion ou perte sont placés dans l'ode 
» Py-hong avant l'enfantement de l'enfant, et dans TodeSeng- 
B min, ils sont placés après l'enfantement de l'enfant, pour 
» montrer, dit-îl, qu'elle a conçu vierge, a enfanté vierge, et 
» est demeurée vierge à jamais (40). » 



(38) ^mMmmi.m^âc,^oB 
^ m n ^ M B s o «^ % ^ m- Us 

BDCi6T)S 

_ (39) UAmmÊ,o&x&i:j&oii^ 

^ Su o ^ s Hi 4Ëf Sy-kiang, livre par Veou-chy. 

(40) m'^BoU^m^omz>mo& 

^ O ^ 1^ M S* Kong-ing-ta. Voir ci-dcssu8^ D. 33. 



442 TRADITIONS GHRiTI9«IB6 BflifGHINE. — ART. V. 

Dans la strophe suivante^ on lit : « Aussitôt qja'il fut<né, elle 
i> le plaça dans un lieu étroit^ sur le bord dii chemin 4 les 
» bœufs et les brebis Ten^ironnaient et le réchauffaient ayec 
» amour. » L'étable de Bethléem pouvail-il être plus claire- 
ment dépeint? « L'hiver froid régnait alors, ainsi poursuit 
l'ode^ il fut placé sur la glace froide, et les oiseaux étendant 
» leurs aîles, le garantissaient du froid (41). » Les commen- 
taires Sy-hiang remarquent avec raison que ce mot g| tan 
est un mot d'admiration et d'étonnement. Car tout ce que l'on 
rapporte ici est admirable et presque incroyable (42), et c'est 
pourquoi le texte répète ce mot à plusieurs reprises. Ensuite 
cette lettre a été employée pour signifier la naissance^ surtout 
celle de FEmpereur. Elle ne dit rien autre chose que ^ Ië 
yên-yén, parole étendue. Il nV a rien de plus merveilleux 
que la nativité et Tincarnation du Saint, par lesquelles le 
Verbe s est merveilleusement étendu à tous les hommes. 

On ne doit pas moins admirer que toutes les circonstances 
de cette sainte naissance se trouvent rapportées dans cette ode. 
Car en passant sous silence les Anges qui sont figurés là par 
les oiseaux, on y voit les bergers représentés par ces cultiva- 
teurs abattant du bois. Car Tode dit : a II fut placé merveilleu- 
» sèment au milieu de la forêt et les bûcherons le recueil- 
» tirent (45). » Ces 3 mots M Iffe i2l ^'^ cheou tclie^ sont 
ajoutés par les interprètes pour expliquer ce texte difficile et 
incomplet. Il n'est pas jusqu'aux gémissements du divin 
enfant pleurant sur la route^ dont il ne soit fait mention. Le 
texte continue : a Le petit Heou-tsy rendait des gémissements 



Sf i ••• s ^ O J^ 5 s i- Chy-Hng, L ni, c. 2, ode 1, 

" (42) SI ^ ^ ^ ^ m tf m M o mm^ 

Sy-kiang. 

(43) uiMt^no^i^^i^nmf&z. 

Chy-king. ïbid. 



• ' HBDU-TST^ ..: 443. 

» et versait des larmes. Sa Toix remplissait le. chemin fft4}. » 
Le livre Sy-kiangy déjà cité deux fois, expose trésrbi^n touta 
la série et Tordre de cette histoire, eo ces tefrines : « Le début.. 
D commence à la conception miraculeuse de Heou-tsy. On ^ 
raconte ensuite sa naissance qui n'est pas moins étonnante. 
» Il est dit enfm comment il a été abandonné par les hommes. 
» Et tout cela a eu lieu pour qu'il devint manifeste que le Ciel 
» l'avait envoyé (48). » 

Ces paroles tirées de Tode Seng-min suffisent. Les autres ne 
sont pas moins belles ; mais comme elles ont trait à l'agricul- 
ture que Heou-tsy a enseignée et que cette doctrine serait 
toute mystique^ elle demanderait une longue explication. Je 
prends donc ces paroles- ci qu'on trouve à la fln de l'ode. Les 
voici : 

« HeoU'tsy institua le sacrifice perpétuel^ par lequel les 
j> péchés d'un grand nombre sont effacés, et il subsiste jus- 
* qu'à ces jours (46). » Selon le Choué-vetty jjE sse est un 
» sacrifice sans fin^ c'est-à-dire perpétuel et ne cessant jamais : 
J> S îR B -fc tsi-vou^yy e (A7). » Tching-huen^ ancien 
interprète, dit : « Heou-tsy est le premier qui ait sacrifié au. 
9 Souverain Seigneur hors des murs, et tous les peuples, 
» qui sont sous le Ciel, ont recouvré leur place et n'ont plus 
» eu de jpéchés. La postérité participe à cette félicité jusqu'à ce 
» jour (48). » 



(4*> ^ il PU ^.- O « K « K. Chyking. Ibid. 

(45) -t-gs^jJ: m O ^Wl^^iâ 

o ^^ n. m t ^ o JH£*5«^ -Wt %. 

Sy-kiang. 

^. Cfcy-kin^, tWrf., n. 8. 

(47) Choue-ven, racine 3, n. 26. 

(48) !^m^m±%n^om^y *jê 

o M#ft£iro n ^ w m JiL o ^ m m n 

M SJk M "Sk ^- Iching-huen, vers 202 av. J.-C. Voir cl-destus, 
p. lU. 



444 TRADITIOIIS GHBiTUHlin Ifl CHINE. — ART. V. 

Que ce sacrifice soit celui du pain^ du vin^ cela est assez évi- 
dent par l'ode elle-même : « Il a envoyé d'en liaut une 
» semence admirable pour être employée à l'institution du 
» sacrifice perpétuel (40). d Et dans J'ode Ssee-ven^ le poêle 
interpellant fJeou tsy lui-même, lui dit : « Ton mérite est 
immense, parce que tu nous a relevés, quand par testament 
» tu nous a laissé le froment (50). d 

Il donne au froment le nom de ^ ^ laymeouy dont noqs 
avons déjà donné le sens. Il suffit qu'on fasse mention du pain 
pour qu'on comprenne aussi le viUy qui, comme nous lavons 
déjà dit, est toujours employé dans les sacrifices. La victime a 
une chair et du sang^ et ainsi elle doit être pain et vin^ nour* 
riture et breuvage (D). 

Vf« POINT. — Sie §i. 

Les Chinois rapporteni une belle histoii^e sur la naissance 
de Sié. Sse-ma-tsien dit : « T^ fille d'un roi ou prince Song 
» vit des œufs d*hironde)le qui étaient tombés^ elle les prit et 
» le» mangea ; elle en devint enceinte et elle enfanta 
» Sie (81). » 

Tching-ktien dit : a Sous l'Empereur Ifao-sin, une hiron- 
D délie abandonna ses œufs. Song^hien les mangea et mit 
t au monde Sie (82). Le livre Chi-ouei, dit : <i La mère de 



(49) 9g 1$ £ S O £1 IS 91 SE. ay-ib>H7, i&id, n. 6. 

(50) :â^$ëâ9^âo%gifi€ioii&^» 

^« Chy-king, ode Ssée-ven, I. iv, c. 1, ode 10. 

(D) De quelque maDièrc que Ton entende toutes ces traditions ou inven- 
tions sur HeùU'tsyy on ne peut qu'être étonné de trouver de tels détails, si 
conforni'j à ce qu'on lit dan8 la Bible, et l'on est force d'admettre que des 
révélations avaient été faites à Adam et aux premiers hommes sur le Saint, 
sur sa Mèt^e et sur sa naissance non-naturelle. Ce ne sont pas là des choses 
qu'on invente, ou li!S confond, on les dénature, mais on ne les invente pas. 

(51) jliSIÈWAo£3Ë.%BI»mo1gf 

jRS^i OS^^IS- Sse-ma-isien. Le 5xe-fcy, 1. in, c. 3. 

(52) «*±-ift£â« IBoJljSffl#:t 115 

^ ^- Tching-huen, notice ci-dessus n* 48. 



SIS. 445 

T> Sié, nommce Teou-song^ prenait un bain dans la fontaine 
» de la colline 3^ htœn ; elle vit une hirondelle portant à son 
D bec un œuf ; comme elle passait, Tœuf tomba ; la mère de 
D Sié le ramassa, le mangea^ et de suite elle enfanta Sié (US).» 
Yang-cM réfute ainsi cette fable dans le Louasse : 
« Les œufs demeurent sur la plume du nid et les hi- 
» rondelles ne changent pas de nid. Comment a-t-on pu 
». dire que Thirondelle portait en son bec un œuf ? Mais 
» admettons que cela soit, et que par imprudence elle Tait 
» laissé tomber. Certainement l'œuf en tombant a dû être brisé. 
» Admettons encore qu'il ne Tait pas été. Comment peut-on 
^ dire que cette femme Ta pris et avalé (84) ?» 11 pouvait 
ajouter : supposant qu'elle ail mangé Tœuf, comment Sié 
pouvait-il en naître de suite t 

On peut rire de Sse-ma-isien et de ses œufs. Mais que dire 
des paroles expresses du livre canonique Chy-king ? Yoici ses 
paroles : a Le Ciel a envoyé l'oiseau huen-niao £ ,% ; il est 
D descendu, et Chang est né (58). » Il est ridicule de vouloir 
que huen-niao £ J% soit l'hirondelle. La cause de cette 
erreur semble venir de ce que tous ces types ont été conçus 
au commencement du printemps et sont nés en biver^ à 
cause du Prototype. A chaque printemps l'hirondelle revient; 
c*est pour cela qu'ils n'ont pas douté que huen-rnao ^ J% ne 
fut l'hirondelle. Mais cela est vain et futile ; le Tchang-tsien 
dit ouvertement et très-bien : «Ce que le Chy-Aing appelle 



(53) |J«o»K££ci:*oB»£ 

^ ^. Chi-ouei. 

(54) ^m:^ tsmomT-mMo^m^ 

# Z o i«ï ^ ^ I8- Yang-chi. 

, (55) K^SâoPIW^iK. Chy-kinç, 1. !▼, c. 5, 
ode 3, n. 1. 



446 TRADITIONS CHRÈTIEN1IB8 m GHllŒ. — ART. T. 

» Toiseau hum £ est quelque chose de divin et bien diffé- 
» rent de Thirondelle qui revient chaque année au nouveau 
» printemps (86). d 

Par la même erreur il prend 2* Y pour l'hirondelle ; 2» ®st 
la même chose que huen-niao 3g J% ; c'est pourquoi il intro- 
duit le mot kong ^ qui ne dit autre chose que Zi % ou 
huen-tse £ :9f: Toiseau-fils. Ainsi a-t -on appelé Kieou S: 
philosophe de la province du Chan-tong^ de même que H Tany 

autre philosophe du même temps a été appelé Xroo-toé^SF* 
Mais comme Sse-ma-kouang et beaucoup d'autres pensent 
qu'il y a eu deux ^ % Lao-tae^ ainsipeutondirequMly aeu 
deux 3L 3R Kong'4se. Et certainement Tcho-leang-tse, qu'ils 
prétendent être le père de ce Kieou £q, ne portait pas le nom 
de JBTonjr. Ainsi on pourrait dire sur Confucius et Lao- 
tse tout ce que le docte Hiiet a dit de Romulus et de Codrus. 
Mais ce n'est pas ici le lieu d'en parler. 

Que ce caractère huen £ veuille désigner ici lEsprit-saiint, 
quia daigné apparaître sous la forme d'un oiseau, ce signe 

£ le prouve assez. Autrefois on l'écrivait ^ et O est l'an- 
tique signe B Jt/y soleil. Le soleil en tant que feu est le sym- 
bole du Saint-Esprit c Notre Dieu^ est-il dit^ est un feu 
1» dévorant (S7). — Vous serez baptisés dans TEsprit-saint et 
» le feu (88). — Des larufues de feu apparurent sur chacun 
» d'eux, etc. (89). » 

On double le signe O, parce que l'Esprit se montre au dehors 
pour revêtir de chair le soleil de fustice. L'Esprit saint est le 
soleil invisible ; et le Saint, sauveur^ est le soleil visible, 
parcequ'il est revêtu de lumière ou d'une chair comme d'un 
vêtement. 



(56) ©±SA«it«fo* ^ i&^ i.^ 

^« Tchang-tsien. Voit notice ci-dessas, o. 5. 

(57) Deus noster ignls consamens est {Deut. xXiV,^). 

(58) Ipse vos baptizablt in Spiritn sanoU et igni (Loc^ lU, 16)^ 

(69) Et apparnerant illlB disperUt» lingas^ (anquam ignia {Àdm, u, 3). 



8IE. *47 

Ajoutez que le signe ^, auquel le Chou^-r en donne le sens 
d'Esprit |# ^, est, dans récriture antique -^ 'X Kou-^eriy le 

même que £ huen; on récrit aussi q mais revenons au 
passage d u . Chy-king . 

Par cosigne ^ chang on entend ^ Sie^ comme par |g min 
qn entend ci-dessus Heou-tsy. Le signe ^ /Sï^ est le même 

que ^ et ^. J'ai déjà fait remarquer qu'on désignait le 

Saint par A 5^^^? homme ; par ^ <a, grand ; par ?tc mou, 
le bois ; reste le signe é*] <pii veut dire scu/pter ; parce que 
le Trai Sié a gravé sa loi divine dans les tables charnelles de 
nôtr^ cœur (60). De là l'ancienne écriture est appelée 
ChotMcff ^ ^9 et ce Sié^ comme on le rapporte» était sous 
le roi Yaoy ^ ^ Sse-touy c'est-à-dirè docteur et précepteur 
de tout l'univers. On l'appelle dans le ChofUrUng^ Huen-vâng ^ 
3E (61), parce que le Saint a été conçu du Saint-Esprit. On 
ayoute qu'il était appelé Tse 3i le JGils, par Fao : a Tu es mon 
> fils, est-il dit dans la Bible (62). » Ce mot Tae 5p, indi- 
que ici le ^ dng le nom et non pas la dignité tsiô jjl, comme 
cela est évident par le mot chi Jg qu'on y a ajouté, et par ces 
paroles que Tou-seng attribue èfConfucius : « Sié a reçu de 

» Fao le nom de 3F; ^^^? ûls^ et Heou-tsy a reçu du même le 
9 nom de Y (63)« » Le livre Chy-king, parlant ailleurs de Sié, 
dit : Lorsque le Seigneur voulut donner l'empire à son fils, 
» il produisît Chang, c'est-à-dire Sié (64). » Parce que les 
Chinois modernes ne pouvaient comprendre ce passage si 



; (^) C'est le système pbiiofiophiqœ que Von avait eoMigné aa P. Prémare. 
Il ne fait pas attention que le texte dont il se sert parle d'hommes qui avaient 
reçu de renseignement de la société au milieu de laquelle Us vivaient, lei 
lois qui étaient écrites dans leur cœur {Rom. u, 15). 

{6i) Chou-kin^. 

(02) Filius meus es tu ; ego hodie geoui te {Psal. n,l ; ad Hebrœos, i, 5). 

(63) m.^ m iÊ,^ & o ^ ^ M m R' c^^ 

riîittfV d'après iW:#en5« 

(64) ^ jt 3Ê 4 S* Chy^Hng, 1, iv, c. 3, ode 4, b. 1. 



448 TRADinOMS CHRÊTIERKBS EN CHINE. — ART. V. 

célèbre, ils Tont indignement interprété. De ces paroles qui 
précèdent W iiS 3& W 9 ils font naître un royaume imaginaire 
qu'ils appellent W i& Yèourjongy dont ils font la patrie de la 
mère de Sié, qui, pour cela, est appelée JlS ffi Jong-lden. 
a Lorsque le Seigneur a voulu élever le fils de cette femme, il 
1» a produit Cha.ng (6S). » Ils ajoutent eux-mêmes ces trois 
lettres ^ :^ ;2l Qui ne sont pas dans le texte. Et de là ils 
disent puérilement, lorsque le Seigneur voulut élever CJiang, 
il produisit C/iangf. Cette manière de s'exprimer est lout à 

fait étrangère aux livres King. Le texte dit bien : W A ^ , 
parce que le Saint, en tant que Dieu, est le fils du Seigneur 
engendré de tonte éternité. Avec raison il ajoute ^ fi Sing- 
fcâo, parce que le Saint en tant. qu'homme est né dans le 
temps, et son type est Chang ou Sié. 

IX» POINT. — 




Il ne s'agit plus ici de l'antique chronique, à laquelle les 
Chinois eux-mêmes ne croient pas ; bien plus, il ne s'agit plus 
ici de l'histoire fameuse de Se-ma-tsien. Nous arrivons au 
Chou-^ing lui-même, qui commence par Fao. Je prie le 
bienveillant lecteur de remarquer avec soin si ce que je vais 
rapporter, peut être appelé histoire, ou si ce ne sont pas plutôt 
les mêmes choses que celles que nous avons vu plus haut en 
parlant de Fou-Ay, Chin-nong et autres. 

La mère de Yao est appelée Jj^ |B Kinff-tou. c Lespirittxel 
» Long apparut d'abord dans Tendroit dit ^ ^ tchang- 
m yang. King-iou eut commerce avec lui et elle enfanta 
» Fao (66). j> 

Selon d'autres, « le rouge Long apporta un tableau, au bas 



(65) W jL ^ iC i. 3^. ëc. ti* Chy^king, 1. iv,c. 3. od«l, 

""' (66) ^mn^uiiAis^om»iStzës. 

^« Aatenr chinois. 



TAO. 449 

» duquel il y avait en peinture un homme Yâtu d'habits 
» rouges ; la mère de Tslo eut commerce avec lui ; aprèc^ ce 
«mariage. Long disparut et Kingston enfanta et nourrit 
» YaOy qui était en tout semblable à la peinture du 
» tableau (67). B 

Une autre Tersion raconte ainsi le fait : < Le roi Rouge pro« 
n duisit le tableau : alors les ténèbres, les vents et les pluies 
» se formèrent ; Kinff-tou alla au-devant et fut émue. Une 
». nuée jaune lacouvrit, et au bout de 14 mois elle enfanta sur 
» le mont de Timmortalilé (6U). » — « Yao avait la face de 
» Long, les cornes du soleil, 8 couleurs et 3 pupilles (68). » 

Quelques-uns partent de sourcils de 8 couleurs (70). » 

> Fao était bon comme le CieU savant comme un esprit, 
D clair comme le soleil et caché comme |^ yn (71). Sa lyre 
» avait 7 cordes et sa guitare 23. » 

Ce n'est pas en vain qu'on attribue à tous ces rois l'invention 
de la lyre et de la guitare. Le nombre de cordes n'est pas non 
plus désigné au hasard. Le P. Joajchim Bouvet, qui est un 
très-célèbre mathématicien et musicien, en tire d'admirables 
conclusions que mon ignorance ne peut comprendre. « Yao a 
n purgé la terre de divers monstres, et a amerié les hommes à 
» une viey nouvelle (72). » 11 a reçu, lui aussi, leHo-touet le 
LO'Chou ; il envoya le grand Yu pour remédier aux maux 



(67) #KftH^T HA^I^^otiR 

lu 1« Auteur chinois. 

(68) #^ liH«^mMoJilKlft1if«l 

i: o mm ikt, o m-Y ^n nm Ê^ikn 

B}. />>-pî/, 1. X. Vao, II. 5. 

(69) #1 H H O A ^ = I*. io-py.AM. 

(70) ^ W A 5^. £»-py,iWd. 

{Il) $L nia H o is ia m o m iOi a oH 

iD ^- lo-py, *«, n. 8, 

(72) X JS ft £• Antear eblDois. 

PutaUAB. 29 



4S6 TRADITIOKS CHRÉTIENlfB9 «N CHINE. — ABT. V. . 

do déiugejHeoU'fêypoviT nontrir ie peuple: Sié pour Hos- 
truiré; H choisit Chun pour lui succéder et lui donna ses 
î fiUes en mariage. — ^ Pour comprendre tout ceci, pensez 
que Fao' figure ici en beaucoup de choses la personne de 
Dieu ; son nom le dit assez. U) vrai Dieu était nommé chez les 
Hébreux Yko, selon le témoignage de T/iëodoret (73) et de 
s: Cyrille (74). De là l'oracle d'Apollon : 

Mtximns ilie Deumtîbisit coi nomenTao (75). 

Tu, Tsijy Sié et CAun indiquent le Sainf sous un quadruple 
rapport. ï^renez cela à la lettre ; et vous souillerez leslivre? 
King d'une foule de délires et de sottises, comme cela appa- 
raîtra tout de suite avec la plus petite attention. 



] i 



X« PomT. «^ cnbim ^ 



. 1« EiaminoQS le mA ^ Chun. Le Choué-ven dit « que 
»:€'est une fleur qu'on nomme encore^ fou. Elle se répand 
» beaucoup ; elle est blaucbe etrooge (I). v Aussi le Cfu>u*- 
Miig donne-t-il à Chun le nom de fi ^ Tchofiff-hoa, fleur 
double (1i). a L'ancienne lettre, dans le Choué-ven, est ^ 
^ Chun. Elle a 3 parties : M jo^j chair ; ^ double feu, el 
3> -jr touj terre (S). » Comment peut-on dire ces choses d'une 
fleur î Cette fleur divine est chair ^ joùj parce que le Verbe 
s'est fait chair ^ elle est sur la terre^ parce qu'i2 a habité 
parmi nov^ (A) ; elle brûle d'un double feu ; par là il faut 
éntt^dreNce^>doûl^lQ^anf\Our'du Christ pour Dieu, sçsa père, et 
^ui^ Jesrliofitimes', SOS ^ères. he tigm î^ qui ^'est rien 
autre que ^ ^ Chunraeng^ est expliqué par le Choint^en 
ftinsl ? <^ lË fl^ 4b hjMryong-yéy le davet.desfleurs^ oumieif^^i la 



(73) Theodoret, i$^rp. 1& ptr l'exode, dans Pat. gftcq^ê^ t. 80, p. 243« 

(74) S. Cyrille. 

(75) Dans Macrobe, 5a£uf. \, 18. 

(1) <.7ioit#-rcn. 

(2) Chourking, 

(3) C/ioue-ven. 

(4) Et Verbam caro faetum est et hàbitavlt In n^U'^ean i, H). 



.'» ABi^r des flears (S), ou la gloire des fleur».» H Junastgloire, 
.et Chun ^ ^, est cet ornement des fleurs qui naît. Oefl^ 

on a fait ^ joù, en ôlant la clef +4-, on a ^ /loang. Roi par 
lUjirmême. CeUe fleur n'est donc pas réelle, mais Rym})olique, 
oomaie lorsque le Cantique dit : t Je suis la fleur des 
DChamps (6) i»; ou Isaîe :« Une fleur montera de sa racine (7).t 
Si nous voulons encore scruter le signe ^ ^Chun^ nous y 
trouverons la JBgure du pécheur ^ devenu maudit pour 
nous (8) ; mais au-dessus est la main du Tout^puissant 
qui le protège. Car le Choué-ven même prend ^ pour 
. la main, dans le signe ^ cheou, recevoir ; et sans cesse il 

explique *-*♦ par fou-yé S A protéger. 

2^ Là conception de Chun b'est pas nooins miraeulense que 
celle de Heou-^tsi. « Sa uôre a vu Tarc^en-ciel ; elle a conçu 
» aussitôt et a enfanté Chun (9). » L'arc-en-ciel est le signe de 
l^alliancei entre le Ciel et la terre. On dit que Chun est le fils 
de Kcu'seou. ff Kou veut dire a.veugle, non <]u*il fut aveugle 
des^eux du corps; « mais^ comme le dit ruen-teao/ parce 
» qu''il ne discernait pas le mal du bien (iO). » f^ Saint est 
fits d'Adam selon la chair ; et Adam en péchant est devenu 

>: aveugle et a rfehdu aveugle toute sa postérité, à l'exception du 
Saint et de sa Mère. 
3* Le livre Yv^n-ming-pEO et d^autres, disent « que Chun 

' >.avait^tine double pupille (il), » et c'est la même chose qu'un 
double principe. Hoay-nkn-tsè dit : « Chun avait une double 
» pupille ; la raison en est qu'il avait une double intelli- 



^y ^^.. ...1 . ■■ m m» ! '*.< «'■ ' ;i' *!■■ f\ 



(5) ChoM-%>en. 

(6) Ego flos campi {CafUiqw ii, ]). 

(7) Floflde radiceejuB ascendet (baie, xi, 1). . . .^ 

(8) Factu9 pro uobis maledictam (Paul. ,Ga[a(. iil^ l.i}. 

{9) ^% '^m,ia. o M Am ëLm- 10^? 

(10) « a m:^ ^^ M »m o^m pik 

M i, $k ^ 4t' TuenrUao. 

(11) » m Mm o mtim s^, t^^^m»,^,^. 

liTre. 



152 TRADITIOnS GHRÉTIEKHiiS EN CBINE. — AIT. T. 

» gœee (ii):» Les Chinois iîetiDent cela de leurs ^mélces 
^ le livrent' à lents- descendants qadiqu'ils ikh le compren- 
nent pas. Par cette double pupille on touche les deux 
natures qui sont dans le Saint, qui font qu'il est intelligent 
d'une double manière, et comme Dien, dont le soleil est le 
" symbole» et comme Homme, dont la lune est Temblême (IS). 
Il est aussi le double Principe 3^ X ^ ^t ;% % « par lequel 

> tout a été faf f et refait (i4) . » 

' 4* On dit « que sa bette- njère, et le ûls de sa belle-mère étaient 
» fort dépravés, ffi dang If ^ liia-yu^ et qu'ils employèrent 

^^n tbus les moyens pour faire mourir Chun innocent (15). » 

''Que fit Chun en face d'une si grande haine? Le Chou-king 
dit : « Il gravit la montagne ; il cria avec gémissements et 
», larmes vers son pèvé qui est dans le Oiel^et il prit volontaire- 

Il 91. ment sur lui la cbai^çe des pochés du monde entier {M), v 
MoTig-'tse: fait une violence évidente a cepassage^ parce que 
:iie sachant pas les enseignements chrétiens, il ne le corn- 

. prenait.pas (47). 

Vendit que C/iun.a été « cultivateur, pécheur, potier et 

> pfisteur (18),P C'est ainsi qu'on a fait Chin-nong cultivateur 
y. et / médecin, (lom.biien tous ces traits tonviennent au Cbrist? 
n)çeb parle de.^oi^On dit la même chose d'Apollon dan» les 

fables occidentales. 

. ' ,\5? Yao a iJonné ses. 2 filles en mariage k Chun (iO). Mong- 
: t$Q se met à la t<H'lure pour concilier cela ailles rits'(8Q),£t 

•» • •'»!» •• ; . . .. • » f ' . '. • • 1 

-r »'"" )l 'l ' i ■ •' ' . '. ^\ ■ ■ 

(12) »S*^. oSfflSW- Hoay^n4ie, rm 
179 av. J.-G. Voir cl-dessas, p. 49. 

(13) Le SaiDt. 

(14) Omnia per ipsam facta suot (Joan. i, 3). 

(15) Auteur chinois. 

(16) Si ilô» S lUa^KBoBfftîÈ»* 

»^^^;.^.0. ^ i^. §1;© C%)u-WfH^,I,i,c; 3,0.21. 

Hong-tse, mort 479 av. J.-C. Voir ci-dessos, p. 35,« , v 

(18) Auteur chinoia. < s : • 

(W) -Cliofft-Wf*. S» ïi « i- .: ' ' ' 

(20) Mong-tse ; cl-denoa n. 17. 



enûdmettant.toutee qu'il dit gratuitement,, jl ne reste }>a3 ^ 
une méijiocre absurditév que Ngeou-ya.ng^sieou a exposiéq;^^!: i 
réfutani Sse-mà-tsien (21), à savoir a que Chun^ de qçllÇj « 
D manière, avait épousé ses deux grandes-tantes (22)», (i|$|«. 
tantes deJui de 4 générations, comme cela est prouvé pailles,.' 
généalogies citées par Sse-ma-f sien. . 

Mais prenez tout cela dans, un sens religieux^ rjan de plusw; 
vrai. Le Christ a épousé la Nature humainej le jour où il a 
été coqçu dans le sein d'une Vierge, et il a épousé VEqlise,, 
quand il est mort sur la croix et c^tte nouvelle épouse est 
sortie de son côté. La 1^' épouse, porte Je nom de J^Sf^^ihçP'^Wt 
^, elle est ma fille, ^ -fC} dit Dieu, et païf e qu-eUÎe est unie à 
la personne du Ver)>e, elle e^t ^ JSoang^ Reine,: comtneiile « 
Verbe luit^môrae. La seconde cstinfc '^ Nmr^ang..EÏ\Q est/ 
vierge^ ntu comme. son époux, et couronnée d'épiiies tsao • . 
-^^ comme lui ; et elle habite au milieu jjit. C'est de là que 
son royaume est dit du miHeu t^ Tchong. ' » . ^» 

7* Le roi Yao transféra^toute la pompe de sa coup dans te^' 
petitchamp que xuUivait Ctmny.eï toute i»^c©u^;î<|at)ant\ 
Chun^ n'osait pas même élever la voix, -. Ceci est k peinai J 
crùyaiïle dans le sens matériel ; dftni» le sens mystique : ccles ^ 
» Anges i?';ipprochèceptçt le servaient. (25). d ; /à 

8^ On dit qu'alors il y avait quaire fnéabants pj '^^ Seè» •• 
Aiong /24). 11 n'est pas. nécessaire deriâfcourir àTEcritare qui ^ 
dit ; a pat'.les quatre vents (25), p c'c^t-à^dire de toute part; . 
par la seule lecture des livres Ch.an-hay-*ing eiY^chin^king^r. 
ii ^si évident que par ces quatre méchants jhompjçs il faut : 
entendre, tous, les méchantS] les pécheurs et les réprouvéSi 
qu(î Chun a chassés du Tchong-koue ou de l'Empire du 
Miheu, c'est-à-dire de son domaine, et a relégués dans les lieux 



:.;.•.! - 



' " ■ ' > : M — r-r 



(2t) NgheoH-ifang-sieou, ver» 960 del J.-iG. Voir cî-^essos, p'j 32. ' " - ' 
(22) Sse-ma-tsien ; vers 260 av. J.-C^ Voir ci-dessus, p[. 23. . j^ ^ :'.*' . 
(23] Et ecce angelL accesserunt et mlnistraiKinMI (J^faMb» iv, il);,, :tii 
{2h) Chou-king. . .. ■; ..:•:) .w. i-r. 

(25) A qaataor vbDtis (Ezéchiel xxxvii, 9). .-. '. i.i, 



454 TRADITIONS GHRÈTIBNlfES f^ CHINE. — ART V. 

déserts habités par les seuls démons % JSr Kouei-fang. Le 
Cbrist^ à la fin des siècles, dira à tous les méchants :' « Allez 

» maudits Vous n*aurez aucune part dans mon 

» royaume (26). » Fao ne pouvait faire cela, parce qu'il ne 
pouvait pas mourir pour le peuple comme le Christ est mort» et 
c'est pour cela que le Père avait donné tout jugement au Fils. 
Dans tout cela Fao représente la personne de Dieu. 

9^ Les auteurs disent « que Chun porte 6n son cœur les 
» mérites de tout Tunivers (87)^ et que de lui a commencé 
» Témulation pour pratiquer la vertu (28}. • 

10® Enfin parmi les vertus que possède Chun, « celle qui 
» brille le plus c'est ^ hiao^ robéissance^ par laquelle il a pu 
» (rffrir le monde entier à son Père (29). » On ne peut dire cela 
vérïtablement que du seul Christ, qui, en effet, a offert à Dieu^ 
son père, le monde entier acquis par son sang^ Lesigne :|& hiao^ 
selonle Choué^uen, se compose de ^ laoel de <^ tse, c'est^àrdire 
Vantique fils ; or, aucun n'est plus andeo que celui qui n'a pas 
eu de commencement. Et comme Dieu esH sans cesse appelé 
par le peuple Lao-tier^ye ^ Ji $^y le Ciel aneieriy il n'y a 
rien d'étonnant à ce que son Fils unique soil appelé ^ ^ Lao^ 
tseu II est étonnant surtout que ces 2 signes^ réunis donnent 
Mao ^y qui est le propre caractère du Christ a qui est devenu 
» obéissant jusqu'à la mort de la croix (50) i», et par sa mort, 
a pu vraiment offrir à Dieu le monde entier^ « ce qui est ie 
> comble de Tobéissance filiale (31). » Le signe ta ÎJigraindy 
arrive à propos dans ce texte, parce que c'est l'obéissance du 
y^ — A?l*horame unique, ou le Christ. C'est aussi ^vec 
raison que Hong-suen-tchi dit 2 « Un saint père comme 



(26) Discedite a memaledicli in fgnem œternam (MaUh. vu, 41). 

(27) Hi»:2:&M«^îP:5:ïlf. Auteur chiaoU. 

(28) 3^ T m ^ O M U m^16i^ Auleor ohiooli. 

(29) £I3ÇT?IISloA#-Ê« Auteur chinôrg. 

(30) HumUîaYit Bemet ipsum, ftictns obediens osque ad mortem, moriem 
aatem crucia (Paul, Phipp, ii, 8). 

(81) i&td* 



CHWf, 489 

» Yao, un saint fil9 comme C/iten, vdUàla règle et le'nfodèlé 
» parlait du père et du fils (52). » :. .: ' : i. i\ 

On dira peut-être ici que le Ckôxi^king rapporte de 
Chun «i qu'i\ oV fit un sacrifice au Souverain-Soigneur, eln 
» suite aux six vénérables^ puis aux moniagnes et aux fleurs^ • 
et enfin aux esprits de tous genres (35). d li est certaia 
auësi que Yao livra Tempire à Chun^ et celui-ci à Yu. 

Je réponds à cela : i"" Donc Chun ne peut, en une foule de 
cas^ être le type du Christ^ je nie la conséquence; 2<> je ne nie 
nullement que mon opinion ne souffre plusieurs graves diffi-* 
cultes ; je ne la donne pas comme certaine, mais comme prcH 
bable. Mais ce que j'ai allégué jusqu'ici semble mô donner 
droit de résoudre de telles objeclions. Quand Yao et Chun 
donnent la terre entière^ ils figurent Geldi qui a dit : aDe- 
» mandcrmoi et je te donnerai les nations (o4]>, » Quand 
Chun et Yu reçoivent le monde, ils figurent la personne de 
Celui qui a dit : « Toute puissance m'a été donnée (58), » Yao 
est le père, Chun est le filî^ ; Yu est Thumanité qui a reçu 1^ 
monde de son époux, que le fils a reçu de' son père. Le sens-dè 
ce passage, que Tobjection rend plausible par une version 
inexacte, n*est pas dans le Chou-king aussi plausible* J'ai déj^ 
montré que Lou-Uong 7^ ^ ne veut pas dire. les 6 vénérable^*. 
Si le Christ s'est soumis aux puissances du siècle, et s'il e»i 
écrit de lui : < Vous l'avez ;ibaissé un . peu au-dessous des. 
» anges (36) », qui empêche^ qu'en tant qu'homme, iln'ai^ 
rendu quelques honneurs aux anges, pendant « que les anges 
» le reconnaissent comme leur Seigneur et le servent (57) ? p 
N'a-t-il pas été aussi soumis à la Bienheureuse Marie et à 



(32) |g ^ jta ^ o S ^ in » o 1 rT m ^ 3- 

i ÎÈ ^' HùY^-smnrlehi. : • ' 

jl| O ^ i& ? iît- C/iou-Wny, 1. I, c. 2,11, 6, 

(34) Postula a me et tlbi dabo gentes hereditatem tuam {Psal. ir, 8). 
, (35) Data est mibi omnia potestaa ia celo et in terra (Maitb. xnyiii, 18). 

(36) Minuisti eum paolo minus ab angells [Psal yiii^ 6). 

(37) Etecceangeli accesserunt et mioistrabant ei (Matth. iv. 11). ' 



456 TRADITIONS GHRÉTIBNNBB EN CHINE.— AfiT.V. 

S. Joseph^ bien que Marie et Joseph Tadoraient comme leur 
Dieu ? Mais qui me montrera clairement que ce pas^ge ne 
contienne pas l'instruction nécessaire sur Tordre qui doit être 
entre les divers objets de notre culte ? Le Gtirist, Tauteur de 
la vraie religion, a posé cet ordre-ci : l'* Il a toujours son Père 
sur les lèvres et il le place au-dessus de tout ; 2*" il se propose 
pour être adoré : « Vous croyez en Dieu, croyez en moi (38); » 
3® il recommande le respect pour les anges tutélaires : « Leurs 
B anges voient toujours la face du Père (50) -, » 4* enûn il 
parle d'Abraham, d'isaac, de Jacob, comme vivants actuelle* 
ment et dignes d'honneurs : « lis siégeront avec AbrahaTn, 
» Jsaac et Jacob j dans la maison de mon Père (40). » 

Xi^ POINT. — Tu -fi. 

Bien qu'en parlant du Déluge, nous ayons beaucoup parlé 
de Yu (40 bis), il reste encore à dire sur lui quelque chose, 
qui mérite attention. Le Chou-king le nomme Ven-mùig <r 
4^j ce qui est plus expressif que Ven-van^ ^ 5E; le 1*' dé- 
signe à la fois sa mission et son office. ^ ming doit être moins 
pris ici pour un empire sérieux que pour une mission, "^ Ven 
est la raison céleste du gouvernement. Le nom de famille est 
tS Sfse^ qui veut dire y-mw JH :ft,par une vierge. En effel, le 
Christ nous est né par Marie. Me-tse dit a que M Kouen a été 
» le !•' né du Seigneur (41). »En effet, le premier Adam pou- 
vait être appelé x ^ Yum tse. Mais il est devenu indigne de ce 
titre à cause de sa désobéissance. « Le Seigneur l'a repoussé 
» et a mis à sa place le grand Yu, comme on Ta dit (42). » 



[ (38) Creditls in Denm et In me crédite (Jean xiv, i). 

(39) Angeli eoram In cslissemper vident faciem pétris mei (MatUi. rvni tO. 

(40) Recumbent cum Abraham, et fsaac, et Jacob, in regno cclonim 
(Matth. Tm, 11). 

(40 bis) Voir ci-dessus, p. 165. 

(41) TfJ Z yC "X» Me-tse, philosophe an 5« siècle; voir d-dessua, 
p. 25. 

(43) Voir ci-deseae. 



TU. 457 

i 

La conception et la naissance de Yu ont des circonstances 
dignes de remarque. On dit « que sa mère mangea une perle 
» divine tombée de la lune^ et qu^elle conçut aussitôt. Â[)rè8 
» qu'elle eut mis au monde un flis par une ouverture latérale, 
» elle fut changée en pierre (45). » Pour expliquer ceci, que 
de rêveries n'ont pas imaginé les Chinois ? a Ce qui tomba de 
» la lune était une pierre, disent-ils^ et voilà pourquoi on la 
> dit changée en pierre (44). b Quand « les étoiles tombent 
» sut laterre, dit Tso-chiy elles sont changées en pierre (48).» 
Toutes ces raisons font rire, mais que peuvent-ils dire, 
ayant perdu le vrai sens de ces paraboles ? Cette pierre pré- 
cieuse ou perle divine qui tombe de la lune (4Ô), m'est autre 
chose que cette pierre détachée de la, montaffne, qui est 
devenue elle-même une m,ontajgne (47). Ces étoiles qui se 
changent en pierre (48), désignent cette étoile de Jacob qui, 
descendue du Ciel, est devenue la pierre qui, frappée deux 
fois (49), a fait jaillir les torrents de toutes les grâces. La lune, 
dont il e^t question ici, est la figure de la chair du Christ. . 
Elle a enfanté, comme je Tai déjà dit : l'enfant sort par le 
côté, afin de conserver intacte la virginité de la mère. Une 
femme qui ne peut enfanter des fils est dite JQ jf che-fou. 
Mais ce qui dans les autres est une dure nécessité, est un 
choix libre dans la mère du Christ. 

On ne lit pas tout cela, me direz-vous, dans les King ; j'en 
conviens. Qu'en coucluerez-vous contre moi ? Ne trouve- t-on 
pas une foule de faits semblables dans les Kinff't Si Ton 
ajoute foi aux mensonges de Se-ma-fsien et des autres, quand 
il s'agit de fabriquer une histoire futile, si Ton dévore saris 



(43) « # » ^ » o « W # ;?: ^ ^. lu. 

(44) « # §1 ^ tt « o # ;â: 15 ^ «. r«. 

(45) Â # # Hi 5^. Tso-chi. 5» siècle a?. J.-C. Voir ci-deasiw, 
p. 23. 

(46) S W K W âË- Tsochi. 

(47) Abaclssus est lapis jde monte (Dan. il, 34). 

..(48) M à m n it w. Tu>^i^ 

(i9) Percusslesque petrnra, et exibitëx ea aqua {Exod. xvu, 6). 



4^^' TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. V. 

nausée les contradictions et ïês inepties qu'on trouve à 
chaque page, est-ce qu'il faudra rejeter toute foi aux très- 
anciens livre?, parce que quelque mystère sera caché sous 
Tenveloppe des expressions î 

J'ai parlé longiieuient,àla page citée ci-dessus, du Délugede 
mauxdontle grand Tu délivra la terre. Âla fin de ses travaux, 
Yuy parlant de lui-même, dit : « Que tous placent ma vertu 
» au-dessus de celle des autres, et que nul n'ose transgresser 
» mes voies (80). » !1 emploie le mot J^ cAin, que le Fils du 
Ciel, 5c ^ 2^^W"fe^> peut seul employer; ensuite il dit: «éf 
egoy moi; -^ est la bouche du Seigneur, et le mot ^, 
parce qu'il s'est fait homme p. 

X\b POINT. — Tchtng-tàng' ^ i^ 

Tching-tàng jjft }g est appelé Tièn-y Ji 2j> Verbe de 
Dieu, et ce nom convient très- bien au Verbe divin, car c'est le 
second dans la Trinité. « Sa mère a vu un nuage blanc qui 
» traversait la lune. Elle en fut émue et elle enfanta 
» Tien-y (M}. » Chacun sait que Tc/i'ing-fangr fut mis à la 
place de Kiè. Si donc Kiè est le type du premier Adam, 
comme son nom ^ Kié l'indique assez, il est nécessaire que 
Tang soit le type du second Adam . 

On objectera que Tang, après avoir expulsé Kié a rougi de 
son action. Mais il faut savoir ^u'il est fort probable que ces 
paroles ont élc ajoutées au Chou-king par celui qui en a dis- 
posé le chapitre, de telle sorte que Touvrage semblât être un 
livre historique. Car si on n'a pas recours aune figure,ce serait 
avec raison que Tching-tang aurait du se repentir,lui qui, sujet 
et va^s&l aurait renversé du trône son roi légilitiïe et seigneur. 
Et ce que Tchang-hoei lui allègue dans son discours ne 



(50) iEéS^O^EB^fx. Tu-chou-king. 

(51) ««£è«R^ o««iB^3ÇZi. 

Auteur chiiurts. 



suffit t^s pour apaiser Tesprit du roi pénitant. Mais en suppo^ 
santqae Kié et Tang aient réellement existé, tout ce qne Ton 
raconte d'eux offre un fondement suffisant pour dire que l'an 
a été le type d'Adam et du démon, l'autre le type du Christ. 

On* place sous Tching-tang une grande stérilité qui au- 
rait persisté pendant 7 ans (tt2). Mais les Chinois les plus 
érudits la mettent en doute. Fuen*{eao-fan dit : a Si pendant 
» 7 ans, la pluie n'était pas tombée, toutes les semences au- 
» raient péri, aucun être vivant n'aurait survécu dans le 
» monde (SS). 9 L'Ggypte et les pays voisins, direz-*vous^ ont 
été conservés. Je connais cela ; mais Dieu avait révélé cet évé- 
nement au patriarche Joseph, et cela fut tait afin que pendant les 
7 ans de fertilité^ il put recueillir autant de grains qu'il lui en 
fallait pour supporter la lamine. Hais comme on ne lit rien de 
semblable dans les >lnna{es de Chine, il s'ensuit que le rai- 
sonnement deY'uert'leao-fan conserve sa valeur. 11 de faut pas 
cependant nier tout à fait les 7 ans de stérilité ; mais je l'en- 
tendrais volontiers dans un sens figuratif, comme le Déluge 
qui est placé sous Yao (A). On raconte qu'après maintes consul- 
tations sur cette calaniité « on annonça au roi qu'il fallait 
B apaiser le courroux du ciel par du sang humain (S4). > 
a Gela me regarde, reprit Tchinff-tang, et sur le champ il 
» revêtit rhal;ût di^une humble victime et se dévoua à la mort 



(52) ij; 41 ^ ^. Chov^ng, 

(53) ^a^^^iH*!^ o & m ^ m 

tt O ^ JË IrT ift W- fuenrUwhfant environ tZ^Z de J.-C. 

(A) n est impossible de traruformer ces 7 années de stérilité en une 
simple flgnre ; tous les historiens cbinois en parlent. Le Sse-kt de Sse-ma- 
Uien le place sous le règne de Tching-tang, de Tan 1766 à l*an 1760 avant J.-(j« 
Or, Ussérius place iette disette en Egypte, >de l'an 1758 à l'an 1752« C'est nne 
ioof priante c^cordai^c^ avec lotexte hébreu, Voir le Tsou-chou, 1. xv, année 19 à 
2^ Martlni,^lrwt: SiÀ., 1. lii, r;'p. 75; ifém. c/wii/, t. m, p. 24; Gaubll^ Chron, 
ehin,, p. 25 ; Mailla, Hist. de la Chine, 1. 1, p. 174 ; Pauthier, Chine pt'M.^ 
t..i,rp. SS^.ettm Muai tur Ventrée des Juifs en 'Chine, dahs les Annales, 
t. XVI, p. 220 (2« série). ~ M. de Paravey dans ses Mémoires manuscritt 
prouve qu'a s'agit de la même stérilité, À. B. 

m mit £1 A m- 



460 TRADITIONS CHRÉTIBlimS BI|i€fflNS. — ART. ¥• 

» em le mont deâ arbces Sang (US). » Il a aio&i accompli la 
parole qu'il aidait dite : «Tous les péchés du monde sont sur 
» moi (S6). » 

Il y en a qui nient ce fait ; Hou-ting-nari dit : « Le ciel aime 
D les hommes ; dire donc qu'il veut, qu'il aime le sang bu- 
» main c'est pécher contre le ciel. Tang est attaché à sa per- 
1» sonne ; dire qu'il s'est ainsi dévoué en victime» c^est pécher 
» envers Tching-tang (d7;. » Ils blasphèment ainsi ce qu'ils 
ignorent. Hais lorsqu'on raconte a que Tcheou-hong, mû 
» par le noême motif, s'est dévoué pour le salut de son 
» frère i&S), i» ou pour celui de tout le monde,, comme parle 
SoU'tong-po (89); parce qu'on lit cela dans le Chou-hing^ cea.. 
mêmes chinois n'ont pas assezde louanges pour Tcheou-konÇy 
etilaavouentqueDieu l'exauça (60). « Tching-tang lui sjïsh 
» exaucé pour son humilité et une grande fertilité suivit (61}. . 
» Ce désir Ue donner sa vie pour le peuple, dit Tchin-ming' 
» king fut assez efficace pour émouvoir le cœur du ciel (62).» 

Tching-tang se dévoua hors des murs, sur la montagne . 
des arbres Sang (mûriers), ^ce qui rappelle le mot biblique: 
« Atiii que celui qui vainquait par le bois fut aussi vaincu par 
le bois (05) et que le second Adam trouvât la vie là où le pre- 



•*»*> 



(55) $ li^ g t o Ji JIU ;g fli 4Ê o II :S& # 

# i ^- Chou. 

(56) lï * « P O &^ - A. Ckou. 

(57) % Z» A 4L o'W Si # «r Ja A » o 

%JiLo m ^\9. » 4L o m m »^ âr 

O J^ iS iSr «&• Hov^ting-nan. 

(58) ^ a S 5C T »»• Chou. 

(59) Sou-tong-poj du 2« sièele de J.-C. 

(60) Jt W m M ^ i.^ Chourking, iv<» part. 

(61) 5cift^f^llo î'TtîgSTMoaMSK 
' (62) JH>« JH M-;^ ««»5^*6 T- 

Tchivrmin^^kingy auteur moderne. 

(63) Ut qui in ligno vincebat in ligno quoque vincefetur {Préface de la 
messe de la croix). . ; 



mier Adam av^L trouvé la mort. Car j'ai montré plus haut 
par des conjectures plausibles (64) que Tarbre Sang |j| 
devait être entendu de Tarbre défendu^ et ailleurs en- 
core (68) , j'ai montré avec plus de bonbeur qu'il figurait 
Tairbre de la Croix. 

Dans le livre Chang-hay-king on le nomme « f arbre 
-nSang de la Reine vierge^ ou de la fille du Seigneur (66), »et 
les 3 mains iS placées sur Tarbre ?fc, figurent la mafn du 
Médiateur, qui, joint à celle de Dieu et à celle de Fhomme, est 
signe de paix. Le Saiig ^ peut donc vraiment être dit Tarbre 
de la Science du bien et du mal. Sans le fruit de cet arbre 
défendu, rbomme n'aurait pas connu le mal, et sans le frriit 

.,de l'arbre de la croix -4- il ne connaîtrait pas celui du bien. 

.JU>rsque TcWng-tangf s'imm*oleasurle mont des mûriers, ]R 

m ♦f^ il i?> » il est le type véritable du Christ lorsque sur le 
mont Calvaire ou du Crâne, ainsi nommé du Crâne d'Adam^il 
monta sur lacroix^ il paya la dette d'Adam^ et, ouvrant toutes les 

.lontainesdusalut, il arrosa en mourant' toute lafacedelaterre. 
Ua;tel exemple de charité est difficile à croire, je l'ai déjà 
exposé ^(67) . par les textes des anciens auteurs. On peut en- 
core ajouter ces paroles de Hoay-nan-tse : « Le Saint pense 
«jour et nuit dajQs son cœur aux moyens d'enrichir et de ren- 

. 9 dre heureux, les peuples; il sent à peine les humiliations 
» qu'on lui fait ; mais ce qui l'afflige est de voir que sa divine 

,.» dootrioe est méconnue ; il lui importe peu que sa vie soit 
» courte ;,mais il gémit uniquement de l'extrême misère à 
» laquelle les peuples sont réduits (68).d Ensuite Hoay-nan-tee 
propose l'exemple du grand Yu et du roi Tang. 

(64) Voir ci-dessus, p. IJiO. 

(65) Voir ci-dessas^ p. iZe. 

(66) fft ]fc* è m* Chanrhairfnng, Vnhrt Sang. 

(67) Voir. cl-dessQs, p. 226. 

9Ê O 16 It WbtÈ i,fli' Boay-ntmriie, Tirant 179 aV. J.-O: Voir 
d-deains, p. 49. ^« . • t 



\ 



•462 TRADITIONS CHRtaSNNBfi W GHINB. — ART. Y. 

iBitÎPttduction à Vartiéle èuiviRitt. 

Tel est le titre donné par le P. Prémare £^u chapitre que 

nous allons publier. U précède le chapitre sur les rois Vert- 

vang et Vou-vanÇy par lequel se termine Touvr^ge. Ces To\s 

nouent fin à la dynastie des Chang^en détrôna^t^ sur Tordre 

du Cid, le roi Kie oiiTcheou que le Gielavail réjeté à cause 

, de ses crimes. Dans tout ce chapitre, le Pv Prémare veut 

prouver que, nonobstant cet ordre du Ciel, Ven-vang et 

Fou-tiangf furent des rebelles^ et que jamais il n'est permis 

. de combattre et de détrôner un roi légitime^ et comme tous lés 

l^ing comblent d'éloges et raeitent au rang des saints 

hommes les rois Ven-vang et iTou-v^nj', le P. Prènriarè, 

.publiant les éloges çxagérés qu'il^a donnés à ceS Kingj cherche 

à prouver qu'ils ont élé altérés et qu'il ne faut pas lés croire 

sur ces faits. 

» ■ 

Ceci nous parait uiiè falsification des tiraditions primitireSf 
'èlnous y voyons Finfluence de cet enivrement du pouvoir 

royal qui, dans la personne dé Louis* XlV, h'adnaéttaitaucmi 
'intermédiaire entre Dieu et le Roi, et Soustrayait ainsi les rois 

k l'obligation de se coiifèrmer aui lois dbnnées primitite- 

'ment par le Verbe-Jésus. • ' 

"' C'est une attaque directe au pouvoir qu'aVàit exefcé l'Erse 

au moyen-âge, en frappant d'anàthème quelques rois per- 

vers. 
C'est un blâme infirmé à Dieu même; qui ota le royaume à 

$aûl pour le donner à David, et qui ota 10 tribus sur 12 à 

Roboam pour les donner à Jéroboam:^. 

C'est là surtout falsifier leS Kingei les traditions anliquéfe, 
- et c'est pour rétablir la réalité de cette croyance, que nous 

allons donner quelques extraits des Kirig qui ont r^ppçrt à 

ce fait important. 
Voici d'abord ce que dit le frër^aÎBé da Roi Tcheou^ au fils 

du Roi: 
;. <i-Fils.duRol,<^ si le*'Ciel' fait tomber sur notre Dynastie 

tant.de ma|beurs et ta^i^t de c^an^jités/ c'est pafce que je ^1 
. e^ plongé da^s le vin. ' 

1 VoirIjSow, c. XYi,v. I,i2,— mjRoù»xi, 31. \* .., .:Jj. 



» Il n'a aucun.égard pour ceux, qu'il doit estimer; il mal- 
traite et il éloigne tes anciennes famUIe^s et ceux qui depuis 
longtemps étaient en place. 

» Aiyourd'hui le peuple même vole les animaux destinés 
aux cérémonies des Esprits; il y. a des juges qui lés reçoiyent 
et qui les mangent, et on ne les punit point. 

» On extorque Targent des peuples comme s'ils étaient des ^ 
ennemis. De là naissent des querelles, des haines et des veo- 
•geances; les méchants sont unis entre eux; dans le peuple, 
plusieurs périssent de misère et personne n'en donne avis^ o 
, Uans ses additions au Chou-king, M. de Guignes a signalé 
aussi les crimes des rois de cette époque. 

«Ainsiy dit-il, le Sang-mo, d'après le Sse-hi, rapporte à cette 
8« année, au sujet delaconçubiue Tan-fci,que le Roi étaitlivré 
au vin^ aux femmes et à la musiquedes honnête, qu'il ne suivait 
que les conseils de celte femme; qu'il avait fait faire un étang de 
.vinjOÙ une foule de débauchés comme lui, hommes et femnies, 
s'enivraient et commettaient les plus grands excès. Tan-ki 
riait à la vue des supplices que Ton faisait souffrir aux mal- 
heureux. En générai on rapporte à peu près de ce Roi les 
mêmes traits que du£i^,le dernier delaDynastie desHia. Tout 
était dans un si grand désordre, dit le Kang^mo, d'après un 
autre écrivain, que Ton doutait de ce que Ton voyait, que 
•ceux qui entendaient n'entendaient point, que ce que l'on 
savait on ne le savait point, que vivant on était mort, qi^e 
Je matin le soleil ne se levait plus, et que pendant la nuit la 
lune et les étoiles ne paraissaient plus^. » 

: Eoouton^ o^aintenajoit le discours où Vou-vang donne les 
raisons qui )jui ont fait détrôner le Roi. 

f- Aujourd'hui TcheoUy roi de la Dynastie des Chang^ n'a ati- 
; cun r^pect pqur le Ciel ; il vexe le peuple. Il est adonné au v^n 
et à l<a débauche, il se plaît à exercer des cruautés inouïeç ; 
lorsqu'il punit, la punition s'étend sur toute la famille ; s^il 
donne des dignités, il les rend Jbéréditaires. 11 fait des dépenses 
excessives en maison de plaisance, en tours, en belyeders, en 

i Chourkingf texte, 1. ii> c. 11» trad. J. lu, c. H, n. h-l, p., 83« |nid« 
Panihier. 
» Le (ikmr^^fHk^Vf 4« Golgpw, jp 137 



464 TRADITIONS C HHt T IKNHK S BN CHINB. — ART. ▼. 

chaussées 6t en lacs ; il épuise les peuples par ses exactions ; il 
fait embrocher et rôtir les gens de bien, et ouvrir le ventre des 
femmes enceintes. L'auguste Ciel irrité^ a mis entre les mains 
de mon illustre père (Fen -rang), son autorité respectable; 
mais mon père n'a pu achever d'exécuter les ordres du 
Ciel. 

» C'est pourquoi, moi, Fsl\ tout faible que je suis, et vous 
qui commandez aux Royaumes voisins, examinons le gouver- 
nement des Chang. Le roi Tcheou ne pense point à réformer 
sa conduite ; tranquille sur soa Etat, il ne rend plus ses devoirs 
ni au Souverain Seigneur (Chan^-ty), ni aux Esprits; il ne 
fait plus les cérémonies dans la salle de ses Ancêtres ; il laisse 
prendre par des voleurs les animaux destinés aux offrandes ; 
et les autres choses. Je dis en conséquence, puisque c'est moi 
qui suis chargé des peuples, et qui en ai Vordre du Ciel, ne 
dois-je pas remédier à ce désordre? 

»LeCiol a établi un roi pour conserver les peuples et pour les 
instruire. Ce roi est le ministre du Chang-ty pour gouverner 
paisiblement et avec douceur Tempire. 

» Les crimes du Roi des Chang sont à leur comble ; le Ciel 
veut qu'il soit affligé, et si je ne me conforme au Ciel, je serai 
complice de Tcheou, 

» Tous les jours je tremble et je m'observe. J'ai succédé aux 
droits de mon illustre père : je fais, à Thonneur du Souverain 
Seigneur (Chany-ty), la cérémonie Louy; à l'honneur de ia 
Terre, la cérémonie F, et je me mets à votre tête pour faire 
subir les peines statùées par le Ciel^. 

' ^ ' B Les crimes de Kie ne sont pas cependant aussi grands que 
ceux de Tcheou. Celui-ci a chassé son frère aîné, qui était 
doué d'une grande sagesse ; il a fait souffrir une mort cruelle 

' à ceux de ses ministres qui lui faisaient des représentations ; 

^ii a osé dire qu'il avait le mandat du Ciel, qu'il n^étaît pas 
nécessaire d'être grave ni réservé, que les sacrifices et les cé- 
rémonies n'étaient d'aucune utilité, et que sa rigueur et 8a 

^'cruauté ne pouvaient lui faire aucun mal^ d 

1 C'est un des noms da Vou-^vang. 

* Chour-king, texte, 1. m (trad. 1. jy), c. j, n. 4-10. 

' jR^. 1. m (trad. 1. it), ch. 1, 2* èection, n. 5/ p. is, tr. Pàntliier. 



lNtROt)UGTION A L* ARTICLE StlVANt. 468 

Puis Vou-variff parle ainsi à ses troupes : 

a Vous qui m'avez suiyi du pays occidental^ et qui êtes si 
sages, écoutez : La Loi du Ciel se fait clairement entendre et 
connaître; ses différents articles sont clairs. Aujourd'hui le Roi 
des Chang ne fait aucun cas des cinq devoirs, et les viole sans 
crainte, quand il le juge à propos ; le Ciel Varejeté, les peu- 
ples le baissent et se plaignent hautement de lui. 

» Il a fait couper les jambes à ceux qui, le matin, avaient 
passé la rivière à gué. 11 a fait ouvrir le cœur à ceux que la 
vertu rendait respectables ; par ses cruautés et par les tour- 
ments qu'il a fait souffrir, il a réduit tous ses sujets au déses- 
poir. 11 a donné son estime et sa confiance à des scélérats, et 
a cassé ceui que leur mérite avaitélevés aux premières charges. 
11 a foulé aux pieds les lois de l'Etat^ et à fait mettre en prison 
ceux qui étaient distingués par leur sagesse; il a laissé dépérir 
les lieux où se font les sacrifices Kiao et Che. Il n'a point fait de 
cérémonies dans la Salle des Ancêtres; pour complaire à une 
femme qu'il aime^ il a eu recours à des moyens extraordinaires 
et à des artifices. Le Souverain Seigneur [Chang-ty), qui ne s'est 
pas uni à lui^ a résolu sa perte. Soyez-moi donc sincèrement 
attachés^ il faut que nous exécutions les ordres du CielK b 

Un autre magistrat Tsou-y, dit au même roi Tcheou : 

a Fils du Ciel, le Ciel a révoqué l'ordre qu'il avait donné à 
notre Dynastie Yn (ou Chang). Les hommes intelligents et la 
grande Tortue (où l'on consultait les sorts) n'annoncent aucun 
bonheur. Ce n'est pas que les rois nos ancêtres nous aient 
abandonnés, c'est vous/ qui en donnant dans toutes sortes 
d'excès, êtes l'auteur de notre ruine. Parce que le Ciel nous a 
rejetés, nous ni vivons plus en paix, nous ne pensons pas à ce 
que la Conscience ^ nous dicte, et nous ne gardons aucune 

> Chou'king, 3« sect, n. 2, 3. 

> la Conscience nous dicte. — Noos avons immédiatement reconnu 
dans ces mots du P. Gaubil une traduction pliilosophique moderne. 
M. Pautbier traduit nature céleste^ mais que peu?eat signifier ces mots? Le 

icxte porte yC^ ^Zt Tien-sing. Ce mot, d'après le Via. de Guignes, 
serait nature de DieuTiAoîa que signiiie : v, Nous ne pensons plus à ce que 
» nous dicte la nature de JXeu ? » Nous avons consulté le Dict. de 
Morrison, et nous trouvons parmi les significations de Sing, les principes 
communiqués par le Ciel ou Dieu {Tien). C'est le vrai sens. 

PrÉHARB. 30 



466 TRADITIONS CHRETIENNES CN GQlNB. — AKT. V. 

règle *.»Dc tout cela il nous semble ressorlir pleinement que la 
croyance antique est que les rois doivent être soumis aux lois 
de Dieu, et que Dieu leur ôte Tempire quand ils se révoUent 
contre lui. 
Voici la thèse contraire soutenue par le P. Prémare. 

Introduction n l'article suivant. 

SI j'avais pu m'arrêter davantage à ces temps anciens et 
obscurs que Ton nomme San^hoavff^ ^ les trois Hoang et 
Ou-tt/ 3£ ^ les 5« Ty, je ne rencontrerais plus d'adversaire 
ou, du moins, très-peu; mais maintenant comme je semble 
mettre Yao, Chun, Tang, Ven-vang et Voxi-vang sur la 
même ligne et au même rang que Niu-oua et Chin-nong, 
quel est celui qui imbu même légèrement des opinions vul- 
gaires de la Chine ne s'élèvera pas aussitôt contre moi et ne 
rejetera pas un tel système non seulement comme impro- 
bable mais comme ouvertement faux et téméraire. 

Biais pour éviter d'être condamné sans être défendu, j'ai 
résolu d'exposer ici clairement ma manière de voir. Ce 
n'est pas tine petite chose. Je prie donc mes lecteurs de bien 
faire attention à ce que je vais dire. 

Chacun sait que dans les King jg il est fort souvent ques- 
tion de Tang y de Ven-vangy de Vou^vang. Le Y- king parle 

de Tang et de Vou au symbole =. $ Ké (le 49») et de 
Ven-vang au symbole EE §| 5| Mng-y (le 36*). Les înter- 

prêtes du symbole = ^ *M Ta-hmé (le 28*) apportent en 

exemple Tao et Chun, Tang et Vou. Enfin Sse-ma-isim et 
autres historiens racontent les faits des dififérents rois, qui 
s ils ne sont pas les mêmes personnages ont certainement 
les mêmes noms. Il faut donc examiner de suite ce que l'his- 
toire rapporte de Ven-vang et de Vou-vang. 
Selon Sse-matsien.hiQTi plus selon Confucius^<i Ven-vang, 

* Chou-king, ibid.e. x, n» 23. 



IHTRODVCnON A L'ARTICLB SUlYAlTr. 467 

« 

1» de trois parties du monde, en possédait déjà deux du Tivant 
» du roi Tcheou. Le roi Tcheou le fit mettre en prison et 
» celui ci^ pour sa rançon ^ fit offrir au roi des perles, des 
» cheyaux de prix, et de charmantes jeunes filles (I). C'est 
dans cette prison que Ven^vang composa ses Commentaire$ 
pour expliquer le Y-king (i bis). 

Je sais qu'il y en a qui cberchent à nier ceci. Hou^hou-' 
fong nie pleinement que la puissance de Ven-vang ait été 

aussi grande jlb è£!> É iS ^ % (^)- Et Confucixxs donne 
une bénigne version qui consiste à dire qu'il ne s'agit pas 
d^une domination réelle mais de là réputation du roi Ven*- 
vang répandue partout (5). 

Quelques-uns affirment que tous ces brillants et riches 
cadieaux offerts au roi Tcheou ne sont que de llnvention de 
Sse-ma-tsien jt il S ISf- U rapporte cependant cela en 
deux endroits et je ne vois pas pourquoi les Chinois qui ac- 
cordent pleine créance à cet auteur dans une foule de faits 
semblables» crieraient àrimposture pour celui-ci. Mais admet- 
,tons « que ces cadeaux aient été faits à Tinsu de Vert" 
D vang (A). » Au moins, on ne niera pas que dans le même 
endroit on ne lise ces mots : "S fô Si-pe^ c'est-à-dire Ven- 
» vang, sorti de prison, cultiva secrètement la vertu ; une 
» foule de petite rois se séparèrent de Tcheou et passèrent au 
» parti de Ven-^vang, d'où il arriva que l'autorité de Fen- 



M ^- Ssè-ma-tsien, dit l'Hérodote de la Chine, antear da Sse-ky, 
vivant vers 145 av. J.-C. 

(i his) Voir uo exemple de ces oetmmeataires dans la tradoction com- 
plète que M. Pauthier a doonée da 24« symbole^ celai da nombre 7, ou de 
la semaine, daas Annales, t. xx, p. 365 (4« série). 

(2) HoU'hoU'fong. 

(3) * 3^ W -1 â « o «f# JK 2iC ï i: S ^ 

^ SI M ^ O ^ 'Î9 jft 9 f6« Sté-mn-tnen. 



468 TRADITIONS CUBÉTlEnKES EN CHINE. -^ AKT. V. 

ù'vang s'accrul coasidérableraent et peu à peu Tcheou perdit 
» le pouvoir (i),y> 

Je le demande, esl-ce là être saint et très-fidèle à son roi 
légitime? Esl-ce là le Ven-vang dont le CJiy*king dit ce que 
je vais rapporler un peu plus loin? 

LesanciensPa7i-ftou, Sse-ma-tsien^ Tchinflr-fciten, etc. assu- 
rent que les Commentaires sur le Y-ftinj; sont de Ven-vang. 
Mà-jongf, Vanff'SoueiLoU'ts]f sont les premiers qui ont dit : 
a que l'explication des 384 lignes était due à Tcheou-kong; 
» mais, ajoute Ly-/ongf-c/ian, il n'y a rien dont iQY^hing sur 
D quoi ils puissent appuyer leur opinion (G). » 

En admettant que Ven-vang ait commenté le Y-king il 
s^en suit évidemment qu'il a été lui-mênie le louangeur ma- 
gnifique d^ sa propre gloire, et, ce qui est plus honteux, de 
n'avoir pas rougi de vouloir par un écrit prouver qu'il était 
le Saint, qui par son fils Vou-vang devait chasser du trône 
le roi Tcheou, dont l'un ou l'autre était vassal E TcAw, en 
excluant Iiî/-tse et Oueirtse, ornés de vertus et légitimes hé- 
ritiers du royaume. Certainement cela ne cadre pas avec la 
doctrine des King. 

Pour ce qui regarde Yoû-vang il résulte, d'après Sse-ma- 
tsien (7), 1° qu'il a pris les armes contre son propre roi ; 
2«", qu'il a lancé trois flèches contre le corps du roi morl; 
3° qu'il l'a percé de part en part avec son épée ; 4"" qu'il lui 
a coupé la tête et placée au bout d'un étendard blanc ; enfin^ 
qu'il a occupé son trône. Que disent à cela les Chinois? 

Quelques-uns répondent sottement que de même qu'il y a, 



*■■■ < ■■ ■ I I » 



a ^ W fâ O W fÔ m * O # fi :! ?t 3^ 

• Ssè-morlsien, ci-dcBSuS; note l . 

(G) s$ m X M m m fi^ ^ M ^ i^ ^ m :t 

O ^ ^ ^ Mi* Li-Umg-chan. 



INTRODUCTION A L^ARTIGLB SUIVANT; 40^ 

dans Tannée^ diverses saisons, ainsi dans le gonvernement, 
il faut discerner les temps : sous Yao et Chun,ceîui un prin- 
temps délicieux ; sous le grand Yuj ce fut l'été ; sous Tang et 
VoUy ce fut Vautomne ; et l'automne fait tout périr. 11 ti'y 
a rien d'étonnant à ce que Kie et Tcheou aient été tués alors. 

(i'est là une vaine raison prise d'une plus vaine comparai- 
son. Mais soyons larges. 

Ne dit-on pas les mêmes clioses de Yao, de Càuriy de Vu, 
sous lesquels ils placent le printemps et l'été? « Dans sa vieil- 
9 lasse, dit le livre Tsou-chou, la vertu de Fao fut affaiblie, 
» et il fut enfermédans une prison par Chun (8).i» « C/iun, dit 
» Sô*yi«, exila le vieillard Yao à Ping-yang. Et lui-même par 
» ta suite fut mis par Yu dans une prison perpétuelle (9). • 
Han-fey-tse dit sur le même foit : v Chvui a fort mal traité 
» Yao, et Yu a traité de même Chun (iO). ». Chin-hay de- 
mande c pourquoi dans le symbole Ming-y (le 36«) on ne 
D parle pas de Fou-ranjf, et il répond que le cas étant ex- 
» traordinaire on ne doit pas le prendre pour un docu- 
» ment (11). i> 

Quelques-uns, pour excuser Tang et Vou ont recours à 5c 
^ Tien-ming et à I5 )& Min-sin^ et comme le Ciel ci les 
hommes ont été favorables à Tang et à Vou, on les trouve 
sans pécbé. Il est vrai que, selon le Chou-king, a le seul 
» Chang-ty J: ^ fait les rôls et leur conQe le peuple à 
» élever et à régir; et c'est pour cela qu'on dit qu'ils tiennent 
» leur mandat du Ciel ^ ^. S'ils méprisent leur mandat et 
» le Ciel, celui-cî les rejôle et donne le royaume à un plus 
» sage.» Alors le nouveau roi non-seulement est dit remplis- 



(8) ^±if^iêmU^Bi\S' Tsou-chou, à la 
fin du roi Fao, p. 8. 

(9) ^ JK ^ ]fô ^ I^ O lS ^. So-yu. 

(10) # jg ^ O iS iS ^- llan-fei-Uee, BOue Tsi- 
hoang-ty. 

(11) ^^ ^ Z ^ O # W JW »« A. CMn.kav, 
> 80US les Song (900-1279 de J.-C). * 



470 TRADITIONS GHKinraRBS EN GH1NB. — ABT. V. 

ê(mt le mandat^ Clteou-ming ^ 4^ ; mais ce qui est plus 
a Ké'ming 1S^ ^j renouvelant le maniai du Ciel, qui n'était 
» pas observé et en le suivant il rend les peuples heureux (tS). 

Si les historiens Chinois pouvaient prouver solidement que 
Tang et Vou ont vraiment été choisis par le Ciely on ne les 
tiendrait plus pour des usurpateurs, mais de cette façon là, 
ils ne figureraient qu'imparfaitement le Saint qui fait 
l'objet des King^ par ce qull n'est pas un pur ^homme mais 
un Homme-Dieu. Hais les remarques qui suivent montreront 
que les plus doctes Chinois ne regardent pas Tang et Vou 
comme élu8 du Ciel. 

» Aucun crime n'est comparable, dit JVgheou-t/ang^teou^ 
» à celui d'un sujet et et d'un vassal qui devient régicide (18).» 
Quoi ! Si un fils devient parricide, ce crime serait^il moindre? 
Ce que dit Sieou est donc dur. Mais ce qu'il ajoute est plus dur 
et plus mauvais encore : f Si le roi ne se conduit pas en roi, 
9 par là même il cesse d'être roi (14). » 

Je m'étonne que ce savant d'un tact fin n'ait pas senti la 
pauvreté d*une telle maxime. Il est vrai qu'il parlait ainsi 
après Mong^ise et qu'il ne lui est pas même venu en pensée 
de soupçonner que Mong-tse ait si étrangement erré (14 bis). 
Je pourrais dire avec autant de droit : Si un père ne se 
conduit pas en vrai père^ il cesse par cela même d'être père. 
Mais comme les oreilles se refusent à ouïr de telles paroles, 
ayons recours à un autre eiemple. 

Que le sage Ouei-Ue chasse du trône son frère Tcheou peu 
recommandable, il recevra la couronne qui lui est due ; mais 
il n'usurpeii pas celle d'un autre comme Vou^vang. 

Si on loue OueUtse de n'avoir pas imité cette conduite, 



{n) Chou-king, 1. iv, c. 16 et 28 ; trad. p. 232 6t 309. 

(13) îîJ ^ >^i ^ £1 15 ^ ]&• Nghecm-yang-sieou, sous 
les Song. Voir Ann. t. vu, p. 416, n» 30. 

(u) s ;?: s m # s ^. w. 

(14 hû) On sait que Mong-tse est uo des plus grands moralistes de la 
Chine. Voir l'analyse de sa doctrine dans VUm^ersité calholiquey U yiw 
p. 279(2« série): 



INTRODUCTION A L'ARTICLR SUIVANT. 471 

comment peut-on louer Vou-vang (A) ? « La grande justice 
D qui soutient le monde, dit Lo-py^ réside surtout dans le 
D roi et les sujets. Maintenant, si sous prétexte qu'il n'est 
1» pas vertueux^ il est [)ermis d'expulser un roi^ assurément 
B les séditieux et les mauvais fils vont de concert se montrer 
D et réduiront en pratique de telles luaximes (15). » 

PaO'poU'tse parle de la même façon : 

tt Le roi, dit-il, par rapport à son peuple a en lui le mandat 
n du père et du CieL S'il est permis de déposer le roi, il ne 
» sera pas moins permis d'abandonner le Ciel et de changer 
» de père. Tous les livres des Saints veulent que le roi soit 
9 bonoré immédiatement après le père. Il y a trois choses qui 
» font à des titres à peu près égaux Tobjet de la vénération 
» du peuple. Si Ton permet de déposer un roi et d'en élever 
» un autre;, on ouvre aussitôt la porte au crime et il sera inu- 
p tile d'invoquer alors les documents (16). d 

H est certain que chez les Chinois fé M P^'V résista en 
face à Vou'Varig^ il Tabhora comme un parricide et il aima 
mieux mourir de faim que de le reconnaître pour roi. Confu- 
dus loue largement Pe-y et dit :aPe-y n'a pas voulu le recon- 
x> naître pour ne pas souiller d'ignominie sa personne, aussi 
» sa louange est-elle encore dans la bouche de chacun (17). }> 



(A) Voilà donc le P. Prémare cherchant à réruler les maximes antiques 
du Chou-king par les opinions de Lo-py du 13* Elôcle ap. J.-C, et d aalres 
auteurs modernes. 

(15) % y t. A m oitifES o^jws 

$ fô M ^ ^* Lo-pi/, vtrstlT» de J.-C. Vois ci-des!;u!<, p. 2G. 

(16) *s3c4^^fco^ffDRrjSfo mji 

O m lUl illi ^* Pao-pCfU-tse, sous les //an, 209 nv. 490 ap. 
J.-C. Voir cl-deàsus, p. 125. 

(17) tiâ^;fPi#^o^Ji^J|>oi5 

s M ^M i.' Confuelu. 



472 TBADITIONS GmtÉTIBNNES EN CHINE. -— ART. V. 

KO'kien-chan applique à Pe-y ces belles paroles du 
T'king : « Il est seul debout et ne craint pas, il fuit le siècle 
» et il n'est pas triste. Quel est celui qui, autre que Pet/, pou- 
» vait offrir un tel exemple (18)? a Et Tchou-han-chang re- 
marque ayec raison que « personne ne peut, s'il ne surpasse 
B les autres en vertu, accomplir ces deux choses ^ ^ 
» Ta-ko {i9). » Ainsi fut Pe-xj; que dire de Vou-vang? 

Ngheou-yanff'Sieou, examinant le fait plus mûrement, de- 
mande si Confucius approuve oui ou non Vou-vang. Il 
répond : « Confucius pense sans cesse à Ven-vang et ne peut 
p le quitter. Par la même qu'il comble d'éloges Ven-vang^ il 
» insinue assez que Vou-vang ne lui était pas agréable (20). » 

Il manifeste ouvertement sa pensée en ces termes : « = |g 

ï Kieau et E z i$ Kauen (symboles 1 et 2), dit-il, contiennent 

» la vraie règle du Roi et du Sujet. Or, qui oserait faire men- 
A tion de Tang et de Vou dans ces deux symboles (21) ? 
11 va encore plus loin en expliquant le symbole Ming-y ff\ 

51 Er (le 36«) : « La cécité du roi Chang a été l'occasion 

» de mettre en évidence la célébrité de la maison de Tchew J^. 
» La lumière a jailli des ténèbres de Chang. » Confucius loue- 
I» t-il ? Nullement. Confucius condamne Vou^vang et ne 
» songe qu'à louer Ven-vang (22). » 



(18) m^^T^m^^lÊm o^fôBli: 

^ "iè ^* JTo-kien-c/ian et Y-king. 
(19) Tchourhatkrctiang. 

(20) ?L •?, i g S 3: 3E M :?; B o « jg ft 

M; O il fi jfê ti RT ^ ^. Ngheou-yang-sieou ; ci- 
dessus, N** 13. 

(21) «iiii«o:gë:tjE^4o îRlg» 

M % ^ l£ ^i ^* ià,em et Confucius. . 

(22)]$i^:^iiio n'A zm ^ o S^BI 



INTRODUGTIOrt A l'ARTIGLB SUIVANT. 473 

L'auteur Sou^tong-po en fait de même dans le discours qui 
a pour titre : « lî ï |^ H A Vo^irvang n'est pas le Saint 
» homme et parler autrement, c'est manquer gravement à 
» Confucius (25). d 

a Hélas, s'écrie Tchang-sun^Vou-vang n'est pas exemplde 
» faute et j'ai trouvé cela dans le symbole Mmg -y (24) .Si Vou- 
» vang avait eu le cœur et l'esprit du roi Chun^ n'est-il pas 
» vrai qu'il aurait servi, comme un vassal, Ky-tse à qui le 
» trône appartenait (23). 

Que le lecteur se souvienne ici de ce qu'on a dit au 1«' arti- 
de, 8* point (26), qu'on ne peut rien trouver dans les King 
qui ait l'apparence, même légère^ du mal; tellement que dire : 
cela n'est pas dans les King, c'est la même chose que si l'on 
disait : cela est mauvais et apocryphe. Cette idée est tellement 
fixe dans les os et la moelle de la nation chinoise qu'il est im- 
possible de l'enlever. D'où il est permis d'argumenter ainsi. 
Prenez Sse-ma-tsieii et les autres historiens qui ne sont pas 
plus anciens que la dynastie des Han, aussitôt vous les verrez 
presque à chaque page taxer d'orgueil, d'hypocrisie et de 
rebelles révoltés contre leur légitime souverain la préten- 
due sainteté de Yao, de Chun, de Tang, de Ven-vang et 
de Vou'-vang. Or si jamais quelque chose a été Pou-king ^ 



^» fdem, 

(23) Sovriong-po, vers iOGO de J.-C. Voir ci-dessus, p. 31, N» 28. 

(24) i&% i,-^^-s.% o n m i^U^ o 

m $(. isi m^ JE o «t^t o ^^Sit 

iÊ A <&• Tcha'iig-sun, 

(25) f^vf^onït^m^ o ^ i& ^% 

"î*. ]dem 
(26) Yoir ci-dessus, p. 42. 



474 TRADITION? CHBiTIEimES m CHINE. — ART. V. 

S contre les King ; c'est certainement cela au suprême 
degré et rien ne pent être plus opposé à la doctrine illustre, 
que les King enseignent partout. 
Donc ou ces King ont été hideusement déQgurés par les 

historiens, ou ces livres qu^on nomme iTin^ dissimulent les 
vices des hommes et par le plus énorme des forfaits, érigent 
en Saints, ornés de toutes les vertus, des rois superbes, hy- 
pocrites et rapaces. Mais comme on ne peut même penser 
cela des vrais ifing, il s'en suit, je pense, que ces King ont été 
mal expliqués par les historiens et misérablement altérés par 
eax(B). 

Tien-hi-lun 5c I& 1^ dit fort bien : « Les livres King trai- 
lent de la vraie justice. Les livres des historiens rapportent 
» les faits (27).» «La vertu et les faits sont d'un poids différent, 
» et ainsi le corps de l'histoire et le corps de la doctrine dif- 
» fèrent beaucoup entre eux, dit Sse-ma-kouang (28). » 
Donc si les faits racontés par les historiens ne peuvent se 
mettre en harmonie avec la vertu et la justice, dont parlent les 
King, il est évident qu'il faut mettre de côté les historiens 
pour s'attacher aux King J^, car les historiens peuvent ou 
tromper ou être trompés, ce qu'on ne peut dire des livres King. 
Doncque rhistoircdelaChine par Sse-ma-tsien, par Pan-ftou 
etc. demeure ce qu'elle est, vraie ou fausse, certaine ou non, je 
la laisse. Les Chinois ne sont pasd*accord là-dessus. Je demande 
(Seulement ceci, que par une telle histoire les anciens et sacrés 
monuments dits King n'en soient pas souillés et ne' cessent 
pas d'être ce qu'ils sont réellement. 

Je ne puis cependant nier qu'on rapporte dans les King ce 
fait, à savoir que Tang a chassé Kié et Vou-vang a régné à la 



(B) Ainsi voilà le P. Prénmre annulant l'autorité de ces King qu'il a dit 
8l souvent saints, sacrés et même inspirés, parce qu'ils ne reconnaissent pas 
rimmniab lil6 des droits des rois, et attribuent au Chang-ty le droit de chan- 
ger une dynastie perverse par une dynastie fidèle. C'est du liOiiisXlV. 

(27) m Bi n ^ m o ^ m m^ ^ JiL o. 

Tien-ki-'lun, 

(28) mM^^Motk»nm:^mo 



IlfTRODUGTION A L'ARTIOB SUIVAKT. 475 

place de Tcheou ^. On troave ce fait longuement raconté dans 
le C*ou-ftingf,el le ChyMng le chante (29) Je Y-kiriff dit clai- 
rement au symbole ift Ké (le 49*) : « Tang etVou ont changé 
» le mandat (50). » Or^ nous avons tu que ces paroles prises 
dans un êens vulgaire et entendues de simples hommes sont 
rejetées par les Chinois. Donc il faut dire quil ne faut pas 
entendre les Kin^ dans un sens vulgaire, ni qu'il y est 
question de simples hommes (C). De là le lecteur concluera 
combien la loi chrétienne mérite bien de ces antiques monu* 
ments. Car s'ils nous servent à démontrer la vérité de la loi 
chrétienne^ la loi chrétienne montre à son tour combien ces 
monuments King sont dignes de vénération. 

Adam, fils dégénéré, était devenu indigne de Tempire du 
monde* Dieu le répudie et transfère Tien-hia 5c T> î© C&^ 
inférievnrj au Christ. C'est ce que figure Yao lorsqu'il trans- 
fère Tempire à Chun, et Chun quand il le donne à ¥u le 
grand. Le diable, ce tyran abominable tenait le monde sous 
sa dure servitude; le Christ le combat et le met dehors. C'est 
ce que figurent Tang et Vou-vang, quand ils renversent du 
trône Kie et Tcheou. Kie et Tcheou, dans le Choufking^ 
figurent la même chose, ainsi que Kong-hong et Tchy^yeou 
dans l'antique chronique. 

Et, par ce seul système, non-seulement on sauve les livres 
King, mais ce qui est plus important on les élève, après les té- 
nèbres de tant de siècles, au rang des livres prophétiques (D). 



Sie-ma'kouang, né vers 1018 de J.-C, mort en 1084, auteur de Tse- 
tching'tong-kienj chronique de 339 av. Ji.-C. à 959 après J.-G. ; ouvrage 
ioBéré dans le Tong-kien^kan-mou de Tchu-hi ; le Tong-kien est de Sse-ma- 
kouang ; le Kan-mou est de Tchu-hi. 

(29) Voir le Chou-hing, cité ci-dessus, et le Chy-king. 

(30) se îif' ^ ô"* Y-king, symbole 49, n« 4. 

(C) On le voit, toute Thistoire chinoise est réduite à ne renfermer que des 
symboles. C'est là le côté faible du P. Prémate, et ce qui lui a ôté Tautorité 
que ses travaux exigeaient. 

(D) Nous y voilà. Les livres chinois^ les plus anciens du monde, ne sont 
plus des monuments renfermant les traditions primitives plus ou moins bien 
conservées, ce sont des livres composés par des hommes inspirés par le 



476 TRAOlTIONfi XIHRETIBNIHES EN CHINE. ^ ART. V. 

Aussi rancien interprète Hong-ngan-kouey dans sa pi^éface 
du Chou-king y (]}[' il fort bien: a Les livres qui traitent de 
» FoU'hij, Chin-nongj Hoang-ty sont appelés Sân-fèn H 
i> ij les trais Tombeaux et ils donnent une grande doctrine. 
» Ceux qui traitent de Chao-hao, de Tchouen-hio, Kajo^sin, 
» Yao, Chun sont dits Ou-tien Jl M ^^^ ^^ Tieriy et coniien* 
j> nent la doctrine éternelle. Enfin les livres sur Hia, Chang 
> et Tcheou bien qu'ils proposent la loi de diverses manières, 
» leur sens profond et caché, revient au même; c'est-à- 
dire qu^il doit être ramené à une seule et même doc- 
» trine(3l) (E). » 

Si quelqu'un adopte avec moi celte parole de JCon.Of-cAi, j'en 
aurai un vrai plaisir. Si Ton exige, au contraire^ de moi des 
preuves positives et décisives pour montrer que les San-tay H 
fÇ les trois Tay^ ne doivent pas être pris dans le sens vulgaire 
et obvie je répondrai ingénieusement que Je n'ai pas de telles 
preuves. Il me suffit d'avoir appris des Chinois qu'il ne faut 
chercher dans les King, que la grande et éternelle raison (F). 
Je propose simplement mes conjectures; et je ne leur donne 
de probabilité qu'autant qu'un lecteur, exempt de passion et 
de préjugés, voudra leur en accorder. 



Saint-Esprit, et contenant des prophéties, non pas celtes émise? parle Verbe 
JésuS; dès le commencement, mais inspirées directement; parle Saint-Espiit. 
Le Yerbc-Clirist est mis de côté. 

(31) i^afpmiî* i.m o Mi, HJJto 

M ^ m, ^ o *p ^M'^m ^ Mmzm o. 
«o mwL ik z^ ^ o mm %Wk o -^m — 

^oJi*S: MfÇSe^:J[U;f, i^fH. Kong-ngan-koui, 
vers 140 av. J.-C. Voir ci-dessus, p. 24. 

{Vi) Nous demandons si ce raisonnement prouve en rien qne ces livres 
sont propMtiques. 

(32 àis) Ting-chi-hoang^ en î;4G av. J.-C, est le 3* roi de cette dynastie 
qui a pour fondateur Tchao-siang-vang, en 255 av. J.-C. M. de Paravoy croit 
aussi que c'est de là que date la fondation de l'empire chinois. 

(F) Voilà les King soumis en dernier lieu à la Raison^ comme les ratio- 



VEM-VANG et VOII-VANG, TVPES DtJ SAINT. Ali 

XIlIc Point. — Ten-vang et Vou-vang, Tyjoes du Saint^ 

Chacun sait que Vou-vang est fils de Ven-vang^ et qu'il 
est le fondateur de la 3" dynastie (celle des Tcheou, 1122 ans 
av. J.-C). Mais à quelle époque ont-ils vécu, voilà ce qui vaut 
la peine d'être recherché. Car ce point éclairci, comme le dit 
Sse-ma-tsien, ce sera poser la base de l'histoire. Mais comme 
cet Hérodote chinois a commencé à Iloang-ty et en fait des- 
cendre tous les rois dont il écrit les faits et gestes, il a tressé 
plusieurs généalogies dont nous présentons ici le tableau. 
(Voir p. 478). 

De ce système, Ngheou-y^ng sieou tire certaines conclu- 
sions très-curieuses : 

1' D'après Sse-ma-tsien le roi Yao donne ses deux filles en 
mariage à son ministre Chun. Donc Ohun a épousé les filles 
de son frère germain son atavus (29). 

2° D'après le même, le roi Yao, âgé de 86 ans, prend pour 
ministre et coadjuteur CAun, âgé de 30 ans. Donc Tao, à 
57 ans, avait dans Chun un petit-neveu à la 5« généra- 
tion (50). 

3° D'après le même encore, Chun a vécu 112 ans et Tu 
100 ans. De même, Yu a été à la cour du roi Chun pendant 
82 anS| et lui a survécu de 13 ans, qui ajoutés à 82 font 95 ans. 
Donc, quand Chun a été élu par Yao, à l'âge de 30 ans, il 
avait dans Yu son bisaïeul (pi^oavus) âgé de 6 ans (Si). 

4° D'après le même encore, il est évident que Vang-hy et 
Tching-tang ont été contemporains- Car Vang-ky est éloigné 



nalistes y soumettent la Bille. Nous ajoutouj, voilà où l'on arrive irrévoca- 
blement, quand on ne reconnaît plus daos rhistolrc-ct la philosophie les 
enseignements primitifs donnés à l'homme par le Verbe-Christ. 

(2d)_m m ^ u o ^M m s. ic o tSi m 

>@ '@^ jfi iè* Ngheou-yang-steoUf sur Sse-ma-lsien. 

(30) ^ # £ + ^ 'B a 1^ E 1Ê ±^m 

^ "■" ]gÉ. Idem, 

(3i)^^H + JSf£S^ffl1ftilSJi:36f^ 



478 



TRADITIONS dAÉTIENNES EN CHINE. — AAT. V. 



Tafileau des Générationfii dainoisefl. 

Hoang-ly ^^ ^ff !•' empereur. 



Tritavi a vus 

Tritavi pater Tchang-y â 3^ . Hncn-hiao ^ ^ 

Triiavus Tcbouen-hio SR îK 2« emp. Ty-ko ^ r^ 3 

Kiong-tchen H j$. Kouen Yao £^ ^ 4« emp. 



Atavus 

Ahavtis 
Proavus 
Avus 
Pour 



King-kang ÎK ^ «S Yu 6« emp. 
Kia-vang ^iji M 
Kiao-nîen % ^ 
Koa-seoa ^ B$ 
Chan ^ 5« cmp. 



emp. 

a 

Sie 



De cet arbre géoéalogique, il ressort: 
I* qae Hoang^ti est le proavus de 
Kouen et du roi tao ; 2* que Hoangti 
est ef(a5avu« du grand Tu ; 3« que Foo 
est le germanus de Tatovus du roi 
Ch,un\ 4« que le grand Yu est le 
germanus du même roi Chun ; 5* que 
de Kien jœqu'à Kiè, il y a i3 généra- 
tions*; 60 que de Kié à Tc^tn^-tan^ 
il y a anssi 13 générations ; 7'' que 
de Heourlsi à Tam^-ki il y a aussi 
13 générations ; 8* enfin - que de 
Tchi'ng-tang à Tcheou îN" H Y 
15 générations. 



1 
2 
3 
4 

5 

6 

7 

8 

9 
10 
11 
12 
Kie 



« 5 :2 -g 

s en g i; 

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(3 S S ^ 

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1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 
10 
11 
12 

Tching-tang, 

15 générations 
attirent 
Jusqu'à 
Tcheou $^* 



HeoQ-tai 

1 

2 
3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

Vang-kJ. 

2fc i 

Veo-Tang. 
Von-yai^. 



VEN-VANG BT VOU-VAKG, TYPES 1)€ SAIKT. -i79 

de HeoU'tsy par 13 générations, et Tching-tang ne lest pas 
moins de Sié. De niême, il est certain, d'après le raême Sse- 
rna-fsien, que de Tching-tang k Tchcou, i) y a 16 générations, 
pendant lesquelles Vang-ky a engendré Ven-vang. Donc 
Veri'vang^ en servant Tcheou ^ était soumis à son neveu à 
la 15« génération, et Vou-vang en chassant Tcheou levait 
les armes contre son neveu à la 14« génération (52). Que peut- 
on imaginer de plus inepte, je vous en prie? 

5» D'après le même auteur encore, Ven-vang meurt à Tâge 
de 97 ans et 3 ans après meurt Vou-vang, âgé de 93 ans. 
Donc Ven-vang, âgé de 7 ans, avait déjà engendré plusieurs 
enfants, car Vou-vang n'est pas l'aîné. Or, selon le même . 
Sse-vna-tsien, Ven-vang à Tâge de 12 ans n'était pas encore 
marié. 

Pour mieux comprendre les généalogies, nous donnons ici 
les noms de celles de Sié^ deHeou-tsi et de lu^-tsù 







(B) Noms des Rois : 








Siê. 


Beou-tsû 


Tu le Grand. 






Tchao-miog. 


PoQ-ko. 


Ky. 






Siang'tou. 


Kiou. 


Tay-kaag. 






Tdiang-jo. 


Kong-iieoa. 


* Siang. 






Tsao-yu. 


King-tslè. 


Ghao-kaog. 






Y. 


HoaDg-poa. 


Yu. 






TcfaiD. 


T*ay-foc. 


Kouel. 






Ouei. 


Hoey-yu. 


Vaog. 






Pao-ling. 


Kong-fey. 


Sié 






Pao-y. 


Kao-fou. 


Pou-kiang. 






Pao-ping. 


Ya-yu. 


* Ly-kong-kla. 






Tchu-gin. 


Kong-cbon-tsau. 


Kao. 






Tcba-koaei. 


Tan-fou. 


Fa. 






Tchiog-tang. 


Vang-ky. . 


Kle âl- 


* 



(32) ^||î$^iio^T« + ^ii 

nft^Uom .... fë i: £ o fi ^m m- um. 



480 TRADITIONS CHRÉTIENNE^ EN CHINE. — ARt. V. 

* Tay-king. Ven-vang. 
Tay-kia. Voo-vang. 
Ouo-ting. TchlDg-vang. 

* Siao-kia. 

* ïchang-liDg. 

* Tsoa-y. 
Tson-sin. 
Tsoa-tiog. 
Yang-kia. 
Ponan-king. 

* Siao-y. 
Vou-ting. 
Tsoa-keng. 
Lin-siu. 

m 

* Vou-y. 
Tay-ting. 
Ty-y. 

^ Tcheou. 
Les rois marqués d*aDe étoile ne sont pas fils du précédent, mais 
viennent par ligne collatérale. 

Or de ces 5 articles, qni ne yieoDeat pas de moi, mais d'un 
Chinois, un lecteur sage pourra juger quelle foi méritent les 
histoires de Chine avant les guerres civiles qui ont précédé la 
monarchie fondée par Tsing-c/it-hoany (255 av. J.-C). J'ai 
voulu seulement signaler Tépoque de la nativité de Ven-vang 
dans Sse-mâ-tsien, qui est appelé par honneur Tay-sBC-hong 5Jj 
^ 5^, fe grand roi et père de V histoire. 

Le mode de conception et de naissance de Ven-vang dif- 
fère fort peu de celui de Heou-tsy^ que nous avons raconté. 
Voici comment on eu parle dans le livre Koue-yu. « J'ai 
» appris par la tradition que anciennement rjj^^ ^ Tay-gin 
» ayant conçu Ven-vang n'en éprouva aucun changement ; 
» elle entra dans une étable à porc et y enfanta Ven-vang 
» avec autant de facilité que si elle eut voulu verser de 
» reau(33). 

Il faut remarquer l*' que cet auteur cite la tradition des an- 



(33) ë.m m ^ ± ^m -^ 3L yi^m o *jf. 

jê M ^ O ^iliiSXŒ- JC<mei,u. 



YIN-VAN6 ET YOn-VARG, TTPÉ8 DU SAim. 48! 

ciens ; 2^ qu'il dit ceci être armé anciennement ; 3* que si 
Tay-ffin n'a pas changé en devenant mère, certainement elle 
dèmearayierge; 4® ^ ^ veut dire mingere ou plus poli- 
ment verser de Veau. Les interprètes avouent que c'est là 
une comparaison, de manière que le sens est que comme ver- 
ser de Teaii ne blesse pas la virginité, ainsi la naissance da 
petit Vert'vang ne Ta pas blessée davantage; 5<^ le lieu de la 
naissance est vil et abject, parce que le véritable Ven-vang 
n'a pas dédaigné la crèche d'un étable (54). 

Mais comment peut-on entendre dans un sens historique 
et vulgaire, ce récit appliqué à une si grande Reine à la veille 
d'enfanter. 

« Veri'Vang, comme les personnages dont on a parlé cides- 
» sus, avait la face de Long et les sourcils du tigre j^ lum^ les 
> cornes du soleil et le nez J6^ ouy c'est:à-dire aquilin. 11 por- 
9 tait sur sa poitrine 4 mamelles, comme à Chun on donne 
» une double prunelle. » Veri-vang devait abi*euver largement 
du lait pur de la divine doctrine les peuples des 4 parties du 
globe. On lui donna le nom de g Tchang^ c'est-à-dire, selon 
le Choue^ifeny f| moei "gf yeriy deux lettres déjà expliquées, qui 
par l'analyse signifient jy-yi^ B B paroles du soleil; car la 
glose du Choue-ven dit que le caractère B est pris pour ^ 
Fen. L'antique signe était ^ parole du soleil, ou, organe 
sacré par lequel, le Soleil de justice nous a parlé. De là a été 

formée la lettre ^ que le Chou&^ven explique par Tien-men 

y^ 3ill^ ^9 ^ j>orte du ciel. 

Comment ces anciens ont-ils pu prendre g et P) pour dé- 
signer la porte du cîel î Peut-être est^e parce que g s'expli- 
que par H tnoey. Mais pourquoi Tchang g est-il la même 
chose que Moey H, sinon parce que Tehang g désigne celui- 



(84) Et pepeiit flliom ranm primogmitiun et paonh eam inToltit et 
reclinayit eam In pnosepio, quia non erat df locus in divenoiio 
(Lac n, 7). 

(35) ^ ^nn o AM o & n oAâo 

M 19 |L«Aatean. 

PbèIUBB. 31 



là qui seul est H Moey ou Y-gin-yang — *> A ^* s^^ui hooiBne 
agneau^ et qui dit : a Je suis la porte (56). * 

Lao-fsè appelle cette porte Jl^ 1^ :^ F? P^^^ ^ toutes les 
merveilles (57). De là aussi le signe §3 eompcâir^ eomtoler^ saiur- 
vevk Le Chcuérven dit : présenter le Sauveuir à la porté (98). Il 

pouTait aussi bien dire:c Ven ^ est tout prèsà la porte;»Tail& 
cpie votre rédendptîon approche (59). 

Quand le Chou*-hing dit ïïao-mîn, ^ J5 couver fe jt>««- 
pfe (40), cela ne convient qu'à J 3E Ven-vang^ Hais il faut un 

_ _ _ 4 

peu plus expliquer ce mot ^ Ven. Il y a deux parties Ju et 
^. Or, j'ai déjà dit plusieurs fois que JU est la même chose que 
Charte/ ^, suprême ^ très-haut. Le Choué-ven explique 
Tautre partie par ^ ^ 3!t Siang-ldoo^en. Pour comprendre 
cela, il faut savoir que ^ renferme trois sens : l*" c'est la 
même chose que ou % cinq; 2* il signifie régir et gouverner^ 
ainsi remploie souvent le Chou-king; S*" il montre deux H* 
gnes qroisées et dit pour cela Kiao-ven ^ ^. Kiao nnarque 
Yunion ; voilà pourquoi il est composé de ;^ Sia et de >l^ ou 

£ oin^r^ lesquels deuv nonibres indiqués atteigneat directe- 
ment le Christ^ comme je Tai déjà dit. 

Les deux lignes croisses >( représentent mieux l'Humaaité, 

et Jt^la Divinité. Ypici coiiiment le Choue-ven explique la 

.Ipltpe 1^ ffMvg, le mal. jj jSan représente Touverture deto 

deirre et. /^ ceax' qui iombeul conjornteniçnt uivîs (41); « Le 
» corps et rame tcmbent enseiptde» di^' JUec^eH-chî, C'est 
» piourqutpîil est^4Jit(Ge qui est le texte) (4a). »I)obc la ieltre ^ 
Von et les deux lignes JL ^désignent leco^p&et Tteie. 



fci 1 



(36) Ego gam ostium (Jeao, x, 9). 
i^) lao-UBi TaO'tê-l^ng, t. i, c. 1. 

(3â) es., m 1$ â P9 4lt^^ Chouan. Aàb. «S8. 
(a9) Qaonjam apfropinqaftt redampUo vestra (Lmxxt, SS); 

(40) Chourking, ). i, c. 8, n» 2, trad., 1. ii, c. 3, n* 2« 

(41) Cbouef-ven. Bac. 460. 
(4ft> LieoureU-chi 



YBN-VANG ET y6c-VAN6^ TYPES DU SAimr. 483 

Donc ^ ven exprime que celui qui réunit en lui deux 
natures, figurées par les lignes croisées ^, ou par le nombre 
cinq, est le suprême Seigneur de toutes choses J: ou Ju. TW- 
chin-tsé dit que le composé du faible et du fort se nomme 
Veri (43), et Hian-ngan-chè dit : « Celui qui est ^ Mng se 
» nomme Ven, parce que Ming est aussi composé du fort 
» et du faiblCi c*est-à-dire du Soleil et de la Lune (i4).iiEt parce 
qu*il n'y a rien dé plus précieux que le Verbe divin, rien de 
plus beau que l'humanité du Verbe,^ Venexprime toutes les 
girâces, tous les genres de beautés réunis en lui. L'appellation 
de ^ Ven-mùiff donnée au roi Chun et que le Y-king 
donne si souvent au Saint, qui esiji If ^ ^ la paix et la 
lumière du Ciel inférieur, est tout à fait la même que celle de 
Ven-vang. 

De là les .sages de la Chine disent ouvertement « que le 
» Saint aide le Seigneur dans les choses qu'il ne peut faire lui 
» seul (48). » Le Saint, en tant qu'homme, peut mourir, le 
Seigneur ne le peut pas ; mais pour que le Saint aide, par sa 
mort, le Seigneur^ il est nécessaire que des deux natures il se 
fasse un tout théandrique (Dieu-homme), qui puisse sauver 
comme Dieu, et mourir comme Homme. 

Il n'est aucun interprète qui à l'ode OueUtien-tchi-ming 
ne dise pas qiie Ven-vang est le Ciel et que le Ciel est 
Ven-vang. Et à l'ode Nffo-tsiang^ ils remarquent qu'au 
début il est question seulement de Ven-vang, le Ciel étant 
passé sous silence; ensuite qu'il est fait mention seulement 
du Ciel et Ven-vang étant passé sous silence (46). « La raison 
9 enest, disent-rts, que Ven^ang estle Ciel et le Ciel est Ven- 
» vang. En imitant Ven-vang, nous imitons \e Ciel, en crai- 
» gnant le Ciel, nous craignons Ven-vang ; car le Ciel et Ten* 



(43) M^ B 41 3C* Vang^m-Ue. 

(44) ^ :S H '3fi:* BianmganrcM. 

(45) S A H JKl ± ^ t m :7 iS. Lcb sages. 

(46) 3lt |P s 4b O X ftl X 4. €hy4ring,h ii, c i, 
odbf,iL 2etn. 7. 



1 



484 TRADITIONS CBRËTIENTOkS BN CHINE. — ART. V. 

s> vang ne font qu'un (47). » £t pour dire yrai c'est là le sens 
naturel de cette ode (48). 

Mais à quoi bon s'arrêter à quelques odes^ quand les Chinois 
rapportent tout le Chy-fting à Ven-vang. 

La 1" partie de ce livre mystique se nomme Koue-fong B 
A ^ conversion du monde. Et dans la 1"* ode on amène de 
suite Kiu-tse 1^ ^^le fih du roi, ou le Verbe éprouvant 
un immense désir à l'égard de son épouse. Cette épouse 
ans tache se nomme i^ Chou ^ niu, c'est-a dire chaste 
et toute belle^ entièrement soumise à son époux, uniquement 
occupée à lui plaire et tellement digne qu'elle mérite d*élre 
choisie par le Très-Haut pour épouse. Et comme elle a com- 
plété toutes les vertus J$ kouen, elle aide et complète la con- 
version que lË Kieny son époux, opère (49). 

Or, voilà le vrai sens de ces paroles de l'ode : « L'épouse 
immaculée est la belle épouse du fils du roi (ttO). » Le signe 
j^ Kieou désigne l'une et l'autre des deux parties qui, jointes 
ensemble, font un tout. 

Vang-yen dit avec raison : « Tout le Chy-king n'a trait qu'à 
» Ven-vang. La l^ partie est la conversion du monde com- 
» plétée par les vertusde Yen-vanç. La 2« est le gouvernement 
• divin de Ven-vang. La 3* est Ven-vang recevant du Ciel 
» le monde entier ; U 4« contient les rites de Fen-t?ang, qui 
» dureront jusqu'à la fin des siècles. Et bien que l'empire ait 
» été fondé par Vou-ran^,ilfauten faire remonter l'honneur 
> à Ven-vang j comme l'effet à sa cause (tti). » 



(47) &3ÎCÏ SfJ!Ui*5c4to«X»a« 

3SC 3E -fc O 5c il :X — A- Les Sages. 

(48) Comparer avec la tradnction latine donnée par le P. Laehanne, et 
récemment par M. Pauthier, dont la traduction française ne va que josqn'aii 
I. II, sect. 3, chant 2 ; le reste est traduit da P. Lacharme. Voir BibUoth. 
orierUale, t. ii, p. 321. 

(49) îlt*jlî)H»-oW«JHïeS» o 

il^flÊ.Wf^i.MoSiM1lè^- ay-fctfi^, L I. e. 1, B.l. 
(50) ^ ^ î*t A o è SP # 'Si- Idem. 

(51) Miii^3s:£:tft o mmm'Xît, 



YKN-VAN6 ET YOU-VANG, TYPES DU SAIITT. 485 

Le Saifit peut être envisagé sous un double rapport, comme 
homme privé et comme roi des rois, dans l'état d'humilia- 
tion et dans Tétatde gloire, comme souffrant et comme triom- 
phant. Sous le premier rapport c'est ^ £ Vert^ang ; sous 
second c'est |^ £ Vou-vang. Dans toute sa vie, il est humble 
et soumis ; après la résurrection, sublime et commandant. 
Et parce que la gloire naîtde ThumUiation, c'est pour cela 
que Ven-vang est donné comme ie père de Vou-vang, 

Celte doctrine est merveilleusement expliquée dans divers 

endroits du Y-king, surtout dans les symboles ^^ ^ Ssè 

®* ^'E. Jt Py (le 7« et le 8«); mais il faut les réunir. J 

V^en sans |SC ^^^ ^'^^^ P^s proprement Vert, et Voû sans Vert 
n'est pas proprement Vou^ parce qu'alors on abandonne le 
milieu et Ton tombe avec excès dans les extrêmes. Joignez les 
deux et vous aurez ce que vous voulez louer, ^ Ven est Mi- 
nerve ^ |£ Fou est Pa/IaSé Minerve et Pallas ne font qu'un 
symbole de l'éternelle sagesse, type unique. Ven et Vou ne 
sont pas distingués réellement, mais seulement formellement. 
Ainsi dans le Christ, le Dieu et l'Homme peuvent être distin- 
gués formellementy mais réellement j physiquement et per- 
sonnellement^ ils ne sont qu'un. 

Dans leChoU'king, Chun est saint, esprit, pacifique, guer- 
rier (52). Dans le Chy-hing, Tching-tang est appelé Fou- 
rang et le même livre attribue à Ven-vang lui-même la vertu 
de Vou. Ainsi il dit : « Ven-vang a reçu le mandat du Ciel et 
» il a le mérite du vainqueur (53). » 

La glose expliquant ces paroles dit : « S'il est vrai que 



^«:g<1Éi:iË^ o î m & M IR î o 

WJS8JHjfti:*3S:i4- Vang-yen. 

(52) ;^^7}ït753C^S- Chou-king,vMsim. 

(53) XïSAr O WftiCïd- Chy^ing,l.m,c.3, 
ode 10, no 2. 



486 TBADmONS CHRÉTIBIfNBS KN GHIRB. — AIT. ▼. 

» Ven-vang a le mérite d'un vainqueur, il s'en s|iil <j)u'il est 
» f^ou-ua?igf ; car Ven-vang, Vou-vang sont le seul et même 
» Ciel (54). » 

Cette doctrine est clairement enseignée dans Tode Ven-variff 
yeoU'Chin, dans laquelle on montre: 1*. que J VenesijR 
Vou ; 2» que fC ^^ est J F^ et les interprètes disent : 
« L'esprit du père et du fils est le même, la Raison est la même 
» dans t Ven et K Vou (88). d Ils ajouteraient rHpmme 
et Iç Ciel sont une nçiême personne, s'ils n'avaient pas à 
déplorer la perte des anciennes traditions. Ven-vang est 
appelé dans la même ode 3E J§ Vang^h^au, et Vou-^vangi ^ 
ï Hoang-vang. Le premier titre désigne THumanité du Saint, 
l'autre sa Divinité, comme on le voit par le^ le^ices feeou et 
hoang déjà expliquées. » 

Le chapitre Chi-fa définit ainsi Ven et Fou : « ^ P^ 
» donne l'exemple de toutes les vertus, et il comble de ses 
» bienfaits tous les hommes (86). » Le Christ a fait cela pen- 
dant toute sa vie. «Fou chasse au loin tous les maux (87). b Le 
Christ par sa mort et sa résurrection a fait cela. Si l'on a écrit 
de lui : « 11 sera mené à la mort comme un agneau (88), » 
.on a écrit aussi sur lui ces mots : « Le lion de la tribu 
» de Juda a vaincu (80). J Ven est Tagneau ; |C Vou est le 
lion. 

L'ode Ta-ming rapporte flgurativement la naissance de 
Ven et de Vou (60). « Les saints et les sages ne naissent pas 
D au hasard, dit Tchin-chi. Ils ont des épouses ornées de 



£ — ^ M &• La GlMe. 

(55) ^?->&o2»:i5-aoXA-fi. 

(46) IK H ft ^. Chy-k^, ch. Chirùu-chang.fa, 1. w, c 3, ode 4 

(57) (^ S » K- /tkm. 

(58) Sicut ovis ad occislonem ducetur (Uald, lim, 7). 

(59) Vicit leo de tribu Juda (^poc, v, 5). 
l^yChy-king, 1. m. o. 1, ode 2. 



n toutes tes vertas et engendhnit des fils recottimandables pàv 
» leurs Tertus. C'est ainsi que le Chy-king parlant de Heou- 
» isy cite Ki&iiff-^yuen, parlant de V&n-vang il cite Tat/- 
»,gin^ parlant de Vou-vs^ng il loue Tay-sse (61). v 

4insi parle cet auteur^ mais il oe remafrque pa& que Yao^ 
Çhun^i Vert'-va.ng ont eu 4^ farès^infligoes fils. L'ode Ha-* 
miny dit: « Tay-gin qu'on nonime ainsi parce qu'elle est 
n la mère du Médiat^ir» sortit de Chang et yjat à TcAi^u* 
B Elle épousa Vang^hy ; l'un et l'autre époux gardait la. 
» chasteté. Tay-gin conçut, environna un liomme et elle 
» enfanta le Sauveur (62). » 

les interprètes chinois donnent à H^ Tché qui signifie 
prendre, le pens de je ne sais quel royaume, d'où ils veulêlit 
(^Ué ia mère de Ven-vang soit sortie. Ensuite changeant 
Yoitùrè naturel des Htots ; ils disent, sans qu'il y ait aucun 
eièiiriple de cela, que R ft Chy^n est la même chose que 
^ IÇ Gin-chyyixm femme appelée Gin, Reste le màX Tthong 
rf» qtfé par une grande violence ils prennent comnle ii c'éldit 
Tchxmg^iu ^ ^Jf, naifu «écun<ia, qée la seconde. 

Personne ne doit donc être surpris que j^aié donné un autr^ 
sens à ces quatre mots. Je dis que Marie y est désignée. Elle est 
appelée avec raison -jï Gini car ce mot veut dire joao ^ con- 
ienirj porter; aînsî Gin-van-ming ^"M Rf porter en soi le saltU 
de tous les peuplée* £ Gin est le même que Gin H^ œnoevoirj 
porter dans son sei$i^ et c'est une des dix lettres mystique^ 
qu'où nomme ^ Kan. Le ChoxMe-ven l'explique ainsisC « Ce 



» ■» « P < ■ ■■! I ' ' ■ «■4«^—i p^j^»^. 



(61) aRi:4^ffi«s«. o m-'^ms: 

R * ifl O "Il Je *f TehOt^i, . , 

(62) m ^ R ^ o ^tAWtmoinimM 

O ëû! ib jSC £• (^iMïifitf, ode TtHhinft, Irui, o. f, ode 2, a. t. * 



488, TRADITIONS CBBiTlElfNKS EH GEDO. «^ ART. V. 

» mot joint la fin désignée par hay ^ et le principe désigné 
ft par ^ Ue (65). p 

Ed effet, après l'année Sm-hay ^ ^ vient l'année ^ % 
Gin-tse. Si Ton joint ^ et^,on aura le signe |f| qui yeut dire 
petit enfant^ celui-là qui est né au milieu de la nuit et nous 
a fait passer des ténèbre ^ Aay à la lumière ^ (se. Et 
comme hay et tse sont les heures du milieu de la nuit, ainsi 
w ^ et ouy 5f;, expliquées déjà, sont telles du mili«u du 
jour, à l'heure de hay et tsè, le Saint a été déposé dans la 
crèche ; à l'heure de ^ ou et 5^ ouy, il a été attaché au gibet. 
Que si Ton ajoute A fl^^ ^ i ff^n on aura ^ gin, ou ^ 
A? femme enfantant Thomme. 

Hais quel homme ? celui qui ;est appelé pf> Jg Tchcmg-chy 
médiateur ou Jésus j voilà son nom Je C%y. -Sfom Ta reçu 
lit, et l'a porté dans son sein pendant 9 mois; les autres lettres 
sont faciles â expliquer. De la Synagogue elle a passé aa 
Royaume de son Fils pour en être la Reine. Vcmg-U £ ^ 
est le type de S. Joseph. On le nomme Vang £ rot, parce 
qu'il est de la maison et famille de David; on le nomme 
itt/„ le dernier^ parce qu'il est le dernier dans la généalogie 
du Sauveur. L'époux et l'épouse gardaient l'un et Tautre la 
çontinence.îMarie a conçu du Saint-Esprit et a mis au monde 
Ven-vang , le roi de la paix. 

L'ode rapporte ensuite la naissance de Vou-vang et dit : 
c Qu'une autre femme du nom de Sse jg est la sœur du Ciel 

* 95 3S M (tt4).»LescommentairesSy-ftiany remarquent que 
« Ven-vang étant le Ciel et Tay-sse vivant avec lui dans la 
» chasteté, elle peut vraiment être appelée la sœnr du Ciel. 
9 Ainsi elle est la sœur et l'épouse du roi Ven (96). » Voilà 
vraiment iedens de If ode. 



(63) *^ija^4iâ"4t. Choue^en. Rae. 6». 

(64) Chy4»ngr ibid,, n. 4. 

(66) XI6|l3Ç«-o *il35*o*IB 



YEll-VANG BT V0D*TAH6, rEPIB DU SAHIT. 489 

Mais comment ceux qui n'ont aucune idée du Christ peu- 
vent-ils entendre ces choses ? ::JC ffi Tay-gin désigne Marie, 
^ jH? ^^y **^> TEglise. Le Christ n'est pas seulement l'époux 
de TE^lise, il en est le frère. D'où TÉpouse s'écrie : t Qui rae 
» donnera toi, mon frère (66)? » Le Christ lui répondant 
dit : « Ma sœur et mon épouse (67). 

L'Eglise est née quand Fen-vang, étant mort, son côté 
% été ouvert) et Vou-vang est né, quand au 3' jour, Fen- 
vB.ng ressuscité a apparu plein de gloire ; non plus sou- 
mis aux puissances de ce monde, mais « à Celui là seul qui 
» lui a tout soumis, afin qu'il soit Dieu, tout en tous (68). « 
« C'est alors qu'ont été brisées les portes d'airain et les ver- 
» FOUS de fer (60). » Alors Fou-vang brisa l'arc, fracassa les 
x| armes et brûla les boucliers dans le feu (70). » Et enfin, le 
Diable étant vaincu, le Christ remonta dans le del, et s'assit 
sur le trône de tout l'univers, pacifié et réparé. 

CantoD, 21 mai 1725. 



(66) Qais mihl det te, fratrem meum (CtMl, ?ui, 1). 

(67) Soror measpoosa (Cant, v, 1). 

(68) Ipse Filius sabjectus erit ei, qui subjecit slbi omnia, nt ait Deas 
(Munfa in omnibus (S. Paal, 1 Cor,, xv, 28.) 

(6V) Qnia contrlvlt portas aareas et vectes ferreos eonfregit (Ftal. cvi, 16). 

(70) <lT^::J5o<l^O^ ^. ay-kifH/, 1. iv, ode 8. 



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TAfiLE OE CONCORDANCE 

DE9 TBXTES BJBUQUES AXBG LES TBAMTIOXiS CBINOf$^S. 



i4(4<\ dn apôtres ; coooordanca &tb€ 

168 traditions cbinoisea : Jésas n'ou- 

' WH pas la bouche, ési ; l'agneau 

iOMUolé eat Jésas, 323; éea langues 

comme du feu leur apparalsseut et 

. iQir lurent distribuées, 446 

Amos \ concordance avec les traéi- 
tioiïs chinoises : En ce jour, le soleil 
a*9h8Ciireli}a.6n mttiea du jour, et je 
ferai obscurcir toute la terre. 253 

Àpocaliypse ; Voir Jean. 

Augwfifi (^.) ; eoueerdanees avec les 
traditions oblnoises : Que la religion 
chrétienne fi existé dés le commen- 
cement du monde, 9; la raison de 
toutes choses dans Tesprit de Dieu, 
108 ; le Christ ef t venu pour nous 
donner une ferme locution de Dieu, 
120; ne séparez pas le Christ de 
son Epouse, ils sont deux dans 
une chair, 195 

€ 

Cantique dee cantiques ; iienoordan- 
ces avec les traditions chinoises: 
Gomme un pommier au milieu des 
arbres^ ainsi mon bien-aimé au 
milieu des Jeunes hommes, 237 ; je 
monterai sur le |)Blmier et je cueil- 
lerai ses fruits, 345 ; je t ai com 



éltions ehinoises tFè^hl |»romidgtoa 
sa loi en dix pAqoles,. 426 

Deutéronome ; iîoocordances avec les 
tradition» idhfnolses i Naviitdé Dieu 
est celui qui est pendu 4ur io J^jis, 
238 ; notre Dieu est uu feu consu- 
mant, -«46 



; 



paré à mes coursiers, 351; fuis, mon 
ami, 352; mon bieu aimé est Adam 
on rouge, 405 ; je suis la fleur des 
champs, 451 ; qui te donnera à 
moi, mon frère, 489; ma sœur, 
mon épouse, 480 

CUm^ d'Aiexandrie ; eoneordance 
avec les traditions chinoises : Sur 
lao ou Jehovah, 202 

O 

Daniel; concordance avec les tradi- 
tions chinoises : L'ancien des jours 
s est assis, le fils de l'homme venait 
sur les nuées, et parvint jusqu'à 
Thncicn des j ours, 245 ; comme 
l'ancien me parlait je tombai la 
face contre terre, 378 ; une pierre 
a été détachée subitement de la 
montagne, 457 

Décalogue ; concordances avec les tra- 



Ecclésiatti^ffie ', concordance avec les 
traditions chinoises : Dieo igouta 
1b discipline et dpnyia en bériHi^ 
la loi de la vie... leurs oreilles en- 
tendront l'homme de sa voix, 114 

EgJUse {Rites de t'):coneordfipc^4Fe& 
les traditions cninolses: Seigneur, 
fils unique, Jésus-Christ, agnean da 
Dieu, Mis du Père, effaçant les pé- 
chés du monde, 324 ; hostie, pure, 
pain sacré, calloe dn Mini, juste 
Abel, sacrifice de Melchisédec, 324; 
agneau de Dieu qui effacez les po- 
chés du monde, donnei-noos la 
paix, 324 ; voilà l'agneau de Dieu 
qui efface les péchés du monde, 
325 ; afin que celai qui vainquit par 
le bois fut vaincu par le tx)i9, 460 

Bxode ; concordances avec les tradi- 
tions ohinoisses: L'Immolation de 
l'agneau, 261 ; rllesde cette Immo- 
lation, 313, 314 ; les 08 de l'agiiaau 
ne seront pas brisés, 821 ; la face 
illuminée de Moïse, 356 ; tu feras 
un diadème d'or sur lequel tu gra- 
veras : Saint à Jehovah, 400; ta 
frapperas la pierre et il en sortira 
de l'eau, 457 

Ezéchiel ; eoneordances avec les tra- 
ditions chinoises : Les animaux 
symboliques, 310; les étoffes de 
soie et les perles, 400 ; par les qua- 
tre vents, 453 

CI 

Genèse ; concordances avec les tradi- 
tions chinoises : Le Christ est l'at- 
tente des nations, 53 ; l'esprit de 
Dieu «tait porté sur les eaux, 108 , 
Dieu dit que la lumière soit et la 
lumière fut, 1 13 ; vous serez comme 
des dieux, 1 20 ; Dieu dans le prin- 
cipe ou fils a créé toutes choees^ 128 ; 



i^ nrrv%.BiKf0FBg. 



Mi 



l68 flea^eB du panais, 129 \ le bols 
de yte au milieu du Paradis, 133 ; 
Dieu chassa Adaia, et plaça devant 
le Paradis un chérubin ayant un 
glaive tournoyant pour défendre le 
bois de vie, 134; leurs yeux furent 
ouverts et connurent qu'ils étaient 
nus, 135 ; et Adam donna leur nom 
k tous les animaux; 136 } vous serei 
comme dés dieux sachant le bien 
et le mal, 157 ; la terre sera mau* 
dite dans son travail, 164 ; le nom 
de Jéhovah, 202; agneaux premiers* 
nés sacrifiés, 312 ; sacrifice d'Abra- 
ham, 313; sur les Théraphims, 378 i 
Dieu forma Tbomme du limon de la 
terre, il souffla sur son visage 
un souffle de vie, et Thomme eut 
une flme vivante, 404 ; Adam ou le 
rouge, 405 ; la couleur rouge, 105; 
Euoa commença à invoquer le nom 
du Seigneur, 411 ; deux Henoch, 

. 411; Abraham pèire élevé, et père de 
la multitude, 412 

Grégoire (S.} ; concordances avec les 
traditions chinoises : Le Christ a 
élevé au ciel, comme un oiseau, 
son corps charnel, 362; dieu tout 
et rien, 418 

I 

lioXé ; coDoordanees avec les (radi- 1 
tiens chinoises : Comment ea-tu 

- tombé du ciel, Lucifer?... Je mon < 
teral par-dessus les deux et je 
serai semblable au Très-Haot... 
mata ta as été Jeté dans l'enfer, 
140, 154 ; il m'a entouré d'un vête- 
ment de justice, comme nne épou»e, 
195^ que les nuées pleuvent ie inste, 
208, 487 ; envoyez l'Agneau domi* 
nateur de la terre, 314. 334 ; il a 
été sacrifié parée qu'il ra voulu ; il 
sera conduit à la mort comme un 
agneau, 314, 331,486; i*bomme de 
douleur, 331 ; un enfant nous a 
été donné, 344 ; à l'arrivée du Saint 
tous les royaumee sont en paix, 
856 ; mangeons et buvons, 872 ; la 
f emma nommée aussi Adam ou la 
rouge, 405 

Jean (S.); concordances avec les tradi- 
tiens, coinoises : Je sais le commen- 
cement et la fin, dit le Seigneur- 
Dieu, qui est, qui doit venir, le 
Tout> puissant, 107; le Verbe a fait 
toutes choses, 113, 120 ; au com- 
mencement étfilt le Verbe, il était 
Dieu, il s'eat /ait chair, 12p, 128, 



244 ; noua avonsvu aa gloiit» i20, 

128 ; il V eut un grand combat dana 
le ciel, Michel et ses anges combat- 
taient contre le Dragon... et le 
Dragon, Tancien Serpent a|>pelé le 
Diable et Satan, fut précipité en 
terre, 140 ; et les étoiles tombèrent 
du ciel... la fumée monta des puits 
de Tabime, 141 ; mon père est plus 
grand que moi, 27b, 381 ; mon père 
et mol sommes un, 225; si le grain de 
froment ne meurt pas, il ne rap- 
porte aucun fruit, mais s'il meurt, 
il rapporte beaucoup de fruits, 241 ; 
celui qui mange ma chair et boit 
mon sang demeure en moi et mol 
en lui, 295, 331 ; je auis le pain 
vivant, qui suis descendu du ciel, 
305 ;les quatre animaux mystiques, 
310; Tagneau aété Immolé dès le 
commencement du monde, 312, 313, 
327; voici l'agneau de Dieu, celui 
qui ôte les péchés du monde^ 320 ; 
pais mes agneaux, 320 ; je dépose 
mon âme parce que je Val voulii, 
821 ; ses jambes ne sont pas bri- 
sées; 321; à l'agneau, bénédiction, 
biinneur et gloire, 322; salut è notre 
Dieu qni est assis sut le tréne et à 
l'agneau, 32?, l'agneau seia leur 
pasteur et essuiera leurft larmes, 
322 ; tes vierges le suivront partout 
où il va, 323, 333 ; Je suis le prin- 
elpe et la fin ; ceux nui ont été 
lavés dans le sang de 1 agneau ont 
droit à l'arbre de vie, 826 ; celui 
qui mange ma chair a la vie éter- 
»nene,33l ; sa lumière est l'agneau, 
332 ; je suis ia lumière du nioade, 
332 ; le Verbe est la vraie lumière 
qui éclaire tout homme venant en 
ce monde, 332; Tagneau seul est 
digne d'ouvrir le livre, 841 r afin 
que celui qui croit en lui ne pé- 
risse pas et ait la vie éternelle, 355 ; 
il a tellement aimé le monde ou'il 
loi a donné son fils, 356 ; il a habité 

Î^armi nous, 460; tout a été fait par 
oi, 452; vous croyez en Dieu, cro- 
yet en moi, 456 ; je suis la porte, 
48S ; le hon de la tribu de Juda a 
vaincu, 486 

Jérémie ; concordœce avec les tradi- 
tiooa cbUioiaes : Je auis cemoe ^n 
agneau qu?on trahie à la moft» 315 

Job ; concordance avec les tradîtions 
chinoises, 3 : Qui nous donnera de 
ses cbairs afin que nous soyons 
ia«âaaiés 7 . . 304 

-Josué; concordance avec \m tradl- 



4*2 



tAMLB DB GONCOKDAIKX 



ttoos ehinois«8: Leg Tifrim sont les 
Ghnois, 402 

II 

LéviUque ; coDcordance avec les tra- 
ditions chinoises : Rites de l'immo- 
lation de Tagoeau, 314 

Lue (S.); concordances arec les tradi- 
tions chinoises : C'était la sixième 
heure, et les ténèbres couvrirent 
tonte la terre, 257 ; Toilà que celui- 
el a été posé pour la rnine et la ré- 
surrection de plusieurs, 326; je suis 
Tenu jeter le feu sur la terre, 332 ; 
ne fiillait-ii pas que le Christ soufTilt 
pour entrer dans sa gloire, 346 ; le 
nie de l'homme doit souffrir et être 
réprouvé et être mis à mort^ 405 ; 
il est assis à la droite de la vertu 
de Dieo, 430; il vous baptisera dans 
l'Esprit-Saint et le fen, 446 ; elle 
l'entoure de langes et le dépose 
dans une crèche, 481 ; parce que 
votre rédemption approche, 482 



Mare (S.); eoncordaooes avec les tra- 
ditions chinoises : Le Christ-Jésus 
sortit de Teau, 128; le fUs de 
l'homme doit souffrir, et être re- 
prouvé, et être mis à morf, 40& 

Matthieu (S.) ; concordances avec les 
traditions bibliques .- Jésus vint*., 
pour être baptisé, 128 ; tout m'a été 
donné par mon Père, 225 ; je ne 
boirai pas de ce jus de la vigne, 
jusqu'au jour où j'en boirai de nou- 
veau avec vous dans le royaume 
de mon Père, 266 ; recevez et man- 
ges, ceci est mon corps, 304 ; et Jé- 
sus ne répond pas, 321 ; celui-ci 
est plus que Jonas, plus que Salo- 
mon, 336 ; es-tu celui qui doit 
venir ou en attendons-nous un au« 
tre, 369 ; le fils de Thorome, 405 ; 
les ang^ s'approchèrent de lui et le 
servaient, 463, 465 ; retirez-vous 
do moi, maudits, 454 ; toute puts- 
aanoe m'a été donnée dans le ciel 
et sur la terre. 465 ; leurs anges 
voient toujours la face du Père, 466; 
ils reposeront avec Abraham dans le 
royaume des deux, 466 

M 
Nombres ; concordances avec les tra- 
ditions chinoises : Rites de l'immo- 
lation de J'agneao, 313^ 314 ; les os 
de Taimeau ne seront pas brisés, 
321 ; Moïse fit un serpent d'airain, 
qui guérissait ceux qui le regar- 
daient, 319 



Paralipoménes ; concordance avec 
les traditions chinoises : Les Tsirim 
sont les chinois, 402 

Paul (S.); concordances avec les tra- 
ditions chinoises : Le Christ, hier, 
aujourd'hui et dans tous les siècles, 
107 ; le Fils est la splendeur du 
Père, 128, 288 ; toutes choses ont 
été faites en figure ches les anciensL 
164, 306 ;il a effacé le titre qui était 
contre nonset t'a attaché à la croix, 
238 ; le Christ est ressuscité d'entre 
les morts, prémice des morts, 244 ; 
par la foi, Àbel offrit le sacrince de 
ragneau. 312 ; notre Pâques, notre 
agneau immolé, c'est le Christ, 324 ; 
atin qu'il apparaisse pour nous de- 
vant le visage de Dieu^ 327; tenté en 
tout pour similitude à l'exeeptlOD 
du péché, 362, 330; celui-ci est plot 
que Moïse, 356: tu es mon Fils, je 
t'ai engendré aujourd'hui, 447 { 
les lois écrites dans le cœur, 447 ; 
devenu maudit pour noui>, 451 ; il 
s'est humilié lui-même et devena 
obéissant Jusqu'à la mort de la 
croix, 454 ; le Fils lui-même sera 
soumis à Celui qui loi a tout soumis 
afin que Dieu soit tout en. tontes 
olàoses, 489 

Pierre (S.); conoordau ces avec lea tra- 
ditions chinoises : Vous aves été 
rachetés par le sang du Christ 
comme de l'agneau pur et sans 
tache. 323 ; les prophètes ont re- 
cherché et prophétisé sur les pas- 
sions et les gloires du Christ, 377 

Proverbes; concordances avec les tra- 
ditions chinoises : Ne pas écouler les 
paroles do la femme, 161; la vierge 
ornée dès le commencement, 4§7 

Psaumes ; concordances avec les tra- 
ditions chinoises: Tu es mon fils. Je 
t^ai eneendré aujourd'hui, 107 ; par 
la parole de 4éhovbh, les deux ont 
été faits... lui-même a ]Mrlé et tout 
fut, lui-même a ordonné et tont 
subsiste, 113 ; la déclaratioa de tes 
paroles iilumine et donne l'intelli- 
gence aux enAints, 113 ; sur la lu- 
mière imprimée, 121 ; il boira l'eao 
du torrent et pour cela il élèvera la 
tête, 229 ; vous êtes monté en haut 
et avez fatt la captivité captive, 242; 
le Fils de 1 homme que vous vous 
êtes confirmé, 406 ; il a rempli les 
ruines, 426 ; je suis un ver et noo 
un homme^ l'opprobre des hommes 



ATBO LES TSXTBS BIBLIQI^IB. 



493 



et rab]ection des peuples, 437; tu es 
mon fils. Je t*ai engendré aujour- 
d'hui, 447 ; une fleur sortira de la 
race de Jessé, 451 ; demande-moi 
et je te donnerai les nations pour 
héritage, 455 ; vous l'aves diminué 
un peu au-dessous des anges, 465 ; 
il a brisé les portes d'airain et les 
barreaui dé fer, 487 



RaiM ; concordance ayec les tradi- 



tions ehlDoisee: Dieu ôte leroyanme 
h Roboam pour le donner à Jéro- 
boam, 462 

S 

Sageue ; eonoofdtoee ayec les tradi- 
tions chinoises: Le Fils est l'éclat de 
la lumière éternelle, 128 

Serpent ; concordance avec les tradi- 
tions chinoises ; Le Serpent est-Il 

' caché ici ? se demandaient les an- 
ciens, 336 ; Toir Agneau. 



êH^ 



TAlBtV DES ItATIÂRKS, 



TABLE 

DES HATIÈBE8, DES AUTBDBS ET DES OfTYRAGES 



Adam^ le rouge^ est TEmp. Hoang-ty, 
le roage, 403 ; sa chute. 140, 146 
Abel; le Fou-hi chinois. 407 

Agneau; Hgure du Saint; sacrifié 
chez tous les peuples, 312; l'agneau 
ne vient-il pas encore? salutation 
des anciens, 334, 335 ; V oir Serpent. 
Amiot (le P.), Jésuite ; de la doctrine 
des livres chinois, S ; sur Hoay-nan- 
tse. 125^ 129 

Anges; leur chute. 142 

Annales de philosophie; liste de 
tous les articles sur la Chine, qu'el- 
les ont publiés, 2 et passlm. 
Aristote; cité sur la parole. 117 

Auteurs chinois cités; sur la chute des 
anges, 155; sur le Ky-lin, 354; sur 
Tinvention des caractères, 422 ; sur 
la naissance miraculeuse de Tem- 
pereur Yao. 448 



Benrier (Le chan.); sur son livre Per- 
petuitas fidei, 51; notice. 175 

Biot fils ; dféfaut de sa trad. du Tsou- 
chou. 403 

Boulduc (Le P.); sur son livre De 
EccUsia ante legem, 52 

Bouvet (Le P.), jésuite, Pe-tsing- 
ming en chinois ; sa vie, ses tra* 
vaui, i7\ sju influence sur Temp. 
Kang-hi, 13; que IT-king a été 
composé par Fou-hi. qui est Heooc, 
27; Tagneau figure du Christ. 331 

e 

Gain est le Chao-hao chinois. 406 

Gallerv ; sa traduction du Ly-ky. 90 

Ghan-hai-king ; livre très -antique, 
50 ; sur le mont Kouen-lun, 130 ; 
sur Tarbre de Tlmmortalitô, 133, 
456, 461 ; sur le Paradis terrestre, 
134; sur Lucifer, 148, 154; sur l'a- 
gneau, 330, 334 ; sur la venue du 
Saint. 363, 364 

Chang-tang-sse-khao-tchhig-tsi; sur le 
Saint de TOccident. 192 

Ghang-ty ; Voir Dieu. 

Chao-hao est Gain, 406. 

Ghe-chen-kin ; livre aur Lao-tse. 49 

Che-ky ; Vohr 8se-ky. 



Che-tonngHM>ul-ouay; livre de Lîeoa- 
tchi-ky. 25 

Che-y-ky; le Ky-lin, la licorne^ ilgure 
du Saint. 8S0 

Ghi-fa ; sur le Ty. 416 

Chio-nong ou Seth,lS2; sa léffeDde,437 
Chinois ou Tchins; leur origine sy- 
rienne, 398; Adam ou Hoang-ty, 
leur premier Empereur, 402; ta- 
bleau de concordance des lOpremlè* 
res générations Bibliques et chinoi- 
ses, 40?; fables de leur histoire. 413 
Chi-tsee; l'arbre de vie. 237 

Ghin-kai ; l'univers vase splritael. 286 
Ghlog-gln, le Saint homme. 32 

Cho - ouôn - tchany - tsien; voir Choaé- 
ven. 40 

Cho-yuen. 37. Voir Lieou hiang. 
Chou-chan-chi; roi mythique. 157 
Ghoa-kin§^ ou Ghou-kin, 2* livre sa- 
cré des chinois, composé primitive- 
ment de 300 chap., réduit par Con- 
fucius à 39 chap., brûlé dans rio- 
sendie des livres, reconstitué de 
mémoire par Fou-sen, établi dans 
l'état actuel par Kong-ngan-koue, 
24,39; sur le Tien, GLei, que ce nom 
désigne Dieu, 56 ; il régne par lui- 
même, 57 ; sur le Gbang-ty, le Sei- 
gneur suprême, 67 ; la propension 
au bien, 77 ; ressentiel est d'être 
uni à la suprême Unité, 101 ; rien 
n'est plus délicat que le cœur du 
Tao ou de Dieu, 124 ; royaume de 
la lumière, invention du feu, 135; 
l'état primitif heureux, 136, 157; le 
premier rebelle a introduit tous les 
crimes, 147 ; le bien et le mal ne 
sont pas choses légères, 158; ne 
rendre aucun culte, c'est renverser 
la vertu, 164 ; les eanz du déluge,. 
165 ; le Souverain Seigneur a re- 
gardé les peuples et n'a plus trouvé 
aucune odeur de vertu^ 167 ; tout 
l'Univers a été Infecté de venin, 168; 
il a violé Ia.4oi et perdu le genre 
humain, 169; le Saint est Cet homme, 
189; il est Père-mère de tous le» 
peuples, 194 ; attendons notre roi 
qui nous délivrera, 201 ; lol éter- 
nel Père-mère des peoplea, 202, 



DBS AonRtts'tfr Dils ottnufiBs. 



4^ 



i; le CIbI donne le Saint pour 
docteur et pour roi de tout l'Univer», 
219; le Ciel mit le vin dans le grand 
sacrifice pour tous les peuplea, 279 } 
l'intelligeoce cooQplète ne convient 
qu*aaQel,.29i ; le suprême Seigne«r 
du Ciel et de la terre, 29^; Tagneau 
touche au haut et au bas, 338; le 
Saint a sauvé le monde par sa mort, 
342 ; le principe céleste et le prin- 
cipe terrestre, 371 ; sur le Lo-chou, 
375 ; les présagea heureun, 377 ; 
éclipse du soleil, 389; le Saint 
conçu du Saint'Espirit, 447 ; Chun, 
est M. Qéur double, 4M)<i le Saint 
ftrâvt la modlagae^ cria avec 
laripes vers son Père, prit sur 
lui les péchés du monde^ 452 ; les 
quatre méctiant6,,4S3 ; sacrifice au 
souverain Seigneur et aux- esprits, 
45^^ la famine de 7 ans, 459 ; se 
dév6ue k la mort, 463 ; tous les pé- 
chés du monde sont sur mol, 460 ; 
une grande fertilité suivi^t, 460 ; 
le Ciel ôte le pouvoir aux mauvais 
rois, 462, 464, 469; sur le mot Cuns- 
cle'nce. 465 

Choué-koaa,.cIuip. de TY-king. 

Clioué-ven, Cho-vuen et Chou-ven, 
pa^ Hiu-uhl,*, Dict. expliquant les 
cfatactéres antiques, vers 121 de 
i.-C.; sur les Lettrés modernes qui 
ont corronipu le sens des caraetères 
antiques, 40; son importance, 50 ; 
le 'faô, ou rajsoni parole, a fait le 
ciel et la terre, 77; sur la Triutté, 
fn, 100 ; le Tao est la parole, 114, 
126; sou ao'jlvse, 122; le 6 est le 
nomWe de ri^-kiog, 138; s«r Yeott 
figure de Lucifer, l46; les méebants 

, Jet» dans »11 gouffre*, 149; sur le 

. ea^elère^rottlIMsri», 156 ; le Déluge, 
157, 164; ftttF Adam^ 169; le blanè 
couleur de TOocident, 196; ud légla-t^ 
lateitt onivemel, 2tiS;lfa Saints nés 
de mères vierges, 204 ; les caractè- 
res mifia et vitfge^ 266 ; l'bomme 
nature noble du elel et de la leere, 
222 ; Tarbre de l'obéissance, 236, 
253; la GxoU'CooteBaatlet 4 'parties 
du monde, 24$> son Bymbolisme^ 
2i9i 990» 2519 U Gf01x ditêtiétriste, 
254 ; tribulatlon^ 255 ; le saoïiftce, 
UB.bonsQii eonclié et donnant, 263; 

. du vin élevé pajr deux, maina, 978 ; 
n9i9rrj(lwrv «le l'honanie, 280, 288, 
289; antique caractère de Dleui 296; 
recevoir la chair de Dieu« fi97)ç l'aitf- 
telf 99^p W . froneM^ 801, att^i 
^r^ittSaint, 30*9 t^Woaii^- 



dèlejuBqu'àlamort,325, 330; Odes 
expliquées, 326, 327; bon à manger, 
332 ; a toute saveur, 333 ; bomme 
fait agneau, 334 ; étranger, désiré, 
334, 335 ; 1 agneau ne vient-il pas î 
salutation ancienne, 336; le serpent 
est-il caché Ici ? 336 ; Tagneau en 
haut et en bas, 338 ; Verbe-agneau, 
339, 340 ; adoré, 341 ; sur le dra- 
gon figure du Saint, 343, 344; le 
K y-lin, Tanimal de la charité, 353 ; 
le Foûg figure du Saint, 361; ia Tor- 
tue figure du Saint, 367, 870 ; vé- 
liéré, obéissant, baissant la tête 
jusqu'à terre, 378 ; femme fécondée 
par le serpent, 379 ; sur la pierre, 
' Yo, 383; la Trinilé-une. 384; rhoïir- 
me dieu, triple, auguste, grarïd' roi, 
419; sacrifice effaçant les péchés, 
443 ; vovage d'une, mère-vier^ft^-ent 
fantant le Sauveur. 487 

Cbûm-yun, Voir Tchong-yoïre* 
CUun; ses légendes; 450 

Chute d'Adam, traditions eonaexvées, 
140 ; ses différealea figure» ou ty- 
pes, 163 
Cny-