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Full text of "Vicissitudes de l'Église catholique des deux rites en Pologne et en Russie, ouvrage écrit en allemand, par un prètre de la congrégation de l'Oratoire"


7827448 7 


3 1761 C 





H 



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in 2010 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/vicissitudesdel02thei 



50 396 ^^ 



VICISSITUDES 

DK 

L'ÉGLISE CATHOLIQUE 

DES DEUX RITES 

EN POLOGNE ET EN RUSSIE. 



s ^ NOV 



K' 




ill»r 04; 



IMPRIMERIE DE E.-J- BAlUY, 

PLACE SOnBOKWK, 2. 



VICISSITUDES 

L'ÉGLISE CATHOLIQUE 

DES DEUX RITES 

EN POLOGNE ET EN RUSSIE; 

(Duorugr rrrit m alUmanb , 

PAR 

UN PBÊTRE DE LA CONGREGATION DE L'ORATOIRE, 



d'une collection de pièces justificatives et historiques 

AVEC l'allocution DE NOTRE SAINT PÈRE LE PAPE 
ET LE RECUEIL DES DOCUMENTS PUBLIÉS PAR ORDRE DE SA SAINTETÉ 
SUR CET OBJET, 

PRÉCÉDÉ D'UN AVANT-PROPOS 

l*AR 

I.IS COMTE DE MOMTAL.EI1BE1IT, 

Pair de France, ^ /^ 

TOME DEUXIEME. "' 



PARIS. 



D KBEC O U K T , M nu A I II E K DIT E V K 

RUE DES s\iNis-ri:uES, Gi. 

1845 



TABLE DU TOME DEUXIÈME. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES. 



I. Décret de* archevéquei el évé- 
ques ruthëoien* pour adoption 
«le la communioo de l'Église ro- 
maine en 1594. 

II. Lettre des évéquet ruthénîens 
au pape Clément VIII sur leur 
union. 

III. Union de la nation ruthé- 
nienue avec l'Église romaine. 

IV. Faculté accordée au métropo- 
lite des ruthëniens de consacrer 
les évéques d? ton rite. 

V. Admittion perpétuelle de 
quatre jeunet ruthénient au 
collège grec de Rome. 

VI. Injonction aux religieux de 
Saint>Batile d'obterrer le rite 
grec. 

VII. Lettredu pape Clément XIII à 
Ântoine-Casimir, évéque de Li* 
vonie. 

VIII. Id. à Auguste , roi de Po- 
logne 

IX. Id. à Stanislas- Auguste , roi 
de Pologne. 

X. Id. à Gabriel , archevêque de 
Gneten. 

XI. Jd. à Louis XV, roi de France, 

II. 



XII. Lettre à Charles 111, roi d'Es- 
pagne. 35 

XIII. Id. à Joseph, empereur d'Al- 

I lemagne. 36 

XIV. Id. aux archevêques et évé- 
ques du royaume de Pologne. 37 

4 XV. Id. aux mêmes. 38 

XVI. Bref dn pape Pie VI aux 

6 États de Pologne en 1788. 41 

XVII. Réponse des États de Polo- 
gne audit bref. 42 

17 XVIII. Lettres de plusieurs prélats 
ruihéniens au légat apostolique, 
à l'occasion de la promotion de 
20 l'évêque de Turovr, en 1798. 44 

XIX. Mémoire de la Prusse en fa- 
veur des dissidents en 1764. 49 
22 XX. Déclaration d« Catherine II à 

la diète de Pologne en 1766. 51 

XXI. Traité de Varsovie en 1768. 59 
25 XXII. Manifeste du maréchal delà 
confédénition de Crodno en 

27 1768. 85 

XXIII. Manifeste Je la confédéra- 

28 tion de Bar en 1768. 88 

XXIV. Acte de la confédération 
31 du palatinat de Sandorair, en 

■i:i 1769. * m 



XXV. Manifeste du paUtioat de 
Ruuie eu 1770. 9îi 

XXVI. Notei officielle» de l'ériqae 
de Poten ^ l'ambatsadeur de 
Russie, en 1774. 93 

XXVII. Noie ofBcielle de la délé- 
gation de la diète à l'ambassa' 
deur de Russie, en 1774. 96 

XXVIII. Proclamation delà diète 

de Pologne en 1789. Il»- 

XXIX. Extrait du protocole des tri- 
bunaux de Wlodzimirz , sur la 
déposition de Jean Lakajewict , 

en 1789. 98 

XXX. Acte séparé entre la Pologne 

et la Russie, en 1775. 101 

XXXI. Second acte séparé entre les 
mêmes puissances en 177 &. 103 

XXXII. Oukase de l'impératrice 
de Russie, coacenuot le* étran- 
gers, en 1763. 104 

XXXai. Oukase impérial du 21 
avrU 1785. 105 

XXXIV. Lettre de l'impératrice 
Catherine II au pape Pie VI , 
en 1780. /*• 

XXXvi Id., en 1782. 107 

XXXVI. td.. en 1783. 109 

XXXVII. Traiié de cession et de 
limites entre l'impératrice de 
Russie et la république de Po- 
logne en 1793. 110 

XXXVIII. Lettres patentes du roi 
de Prusse aux habitants de la 
Prusse et de la Poméranie polo- 
naise en 1772. lu 

XXXIX. Traité entre le roi de 
Prtuse et la république de Polo- 
gne en 1773. là. 

XL. Lettres patentes du roi de 
Prusse aux palatinats et districts 
appartenant ci-devant à la Polo- 
gne, en 1793. 112 

XLI. Traité entre le roi de 
Prusse et la Pologne en 1793. Ib. 

XLIl. Traité addiU4»|iDel relatif à 
Craeovie , entre l'Autriche , la 



Prusse et la Russie en 1815. 113 

XLIII. Manifeste impérial sur la 
juridiction des évéchés de la 
Russie blauche. 114 

XLV. Diplôme de fondation d'un 
évéché catholique pour l'empire 
russe. 117 

XLVI. Lettre du pape Pie VU à 
Joseph Rrystofowicz, en 1809. 120 

XLVII. Oukase impérial sur le culte 
catholique romain, en 1801. 121 

XLVIII. Oukase impérial sur l'ad- 
mission d'assesseurs ecclésiasti- 
ques grecs unis dans le collège 
ecclésiastique , en 1804. 124 

XLIX. Oukase impérial sur l'érec- 
tion du collège ecclésiastique 
grec uni, en 1828. 126 

L. Règlement préliminaire pour 
l'instruction publique. 130 

Ll. Oukase adressé an sénat diri- 
geant. 139 

LU. Acte de contirmation de l'u- 
niversité impériale de Wiloa en 
1803. Ih. 

LUI. Oukase impérial sur l'érection 
d'un séminaire général dans l'u- 
niversité de Wilna, en 1803. I4(> 

LIV. Oukase impérial adressé au 
collège ecclésiastique russe en 
1836. 150 

LV. Oukase impérial du 26 octo- 
bre 1833. 151 

LVI. Lettre du général Golowin à 
Monseigneur Guikowski , évé- 
que de Podlachie. 153 

LVII. Réponse de monseigneur l'é- 
véque de Podlachie, en 1835. 1.54 

LVIII. Oukase impérial sur l'aboli- 
tion des couvents incomplets de 
religieux catholiques. 157 et 264 

LIX. Liste des propriétés de cou- 
vents catholiques supprimés. 157 

LX. Population des couventscatho- 
liqucs en Russie, en 1834. 159 

LTtl. Oukase impérial de la fonda- 
dation de l'évéché grec sihisma- 



"J 



uqueàPolock.en 1843. 160 el 295 
LXII. Jà. à Varsovie. 160 el 295 

LXIII. Ouka«e impérial fur let ma- 

1()0 
riagc* mute». "" 

LXlV. |Ouka«e du sénat goaTer- 

nant sur les mari afes mixtes. 165 el 294 

LXV. Serment exiG^ au clergé 

grec uni. 
LXVI. Eut de situation officiel du 
clergé grec uni et armt'nien en 
Russie ,'en'1834. 
LXVll. Fondation de l'académie 
ecclésiastique catholique ro- 
maine à Wilna en 1833. 
LXVIII. Ordonnance sur les cou- 
venu de Mohilow. "0 et 2Ç9 
LXIX. Extrait de l'expose préseolé 
à l'empereur de Russie, pour 
1836. 
LXX. Oukase au sénat gouvernant 

en 1839. 
LXXI. Redonblcment de violences 
et de persécutions contre les ca- 
tholiques en Russie. 



166 



1G8 



170 



172 



LXXII. État du clergé séculier ca- 
tholique en Russie en 1804- 
I.XXII1. Étal du- clergé régulier 

catholique en Russie en 1801. 
LXXIV. Eut du clergé grec uni en 

Russie, en 1825. 
LXXV.*,Éui du clergé séculier ca- 
tholique et du clergé séculier 
grec uni en Russie, en 1834. 
LXXVI. État du clergé régulier 
caiholique et du clergé grec uni 
des deux sexe» en Russie en 1834. 
LXXVII. Lettre pastorale de mon- 
teigneur Michel Le^icki, arche- 
vêque desRuthènes unis en 1841. 
LXXVlll. Bref pontifical de Gré- 
goire XVI en réponse à la lettre 
pastorale de monseigneur M. Le- 

wicki. 
LXXIX .«Lettre du comte Ladislas 

0»lrowski en 1831.' 
LXXX. Répopse de S. E, le cardinal 
Bernetti ^ la lettre. 



175 
176 
177 

179 

180 

179 

194 
203 
20S 



173 



ALLOCUTION. 



Allocution du pape Grégoire XVI 
sur les maux dont la religion ca- 
tholique est affligée en Russie 
et en Pologne, en date du 22 
juillet 1842. 

DOCDVENTS OB l'aLLOCOTIOII. 

1. Lettre du comte Woronlzovr 
à l'archevêque de Mohilow , en 

1812. 

2. Oukase impérial pour l'éublis- 
sement d'un collège ecclésiasti- 
que pour la direction des affaires 
des grecs unis et suppression de 
l'évêché de Luck. 

3. Traité entre la Russie el la Po- 
logne, m 1773. 



4. Note du plénipoteutiaire russe 

au pape en 1832. 252 

.5. Lettre du pape aux évêques de 
Pologne pour les engager à la 
209 soumission au pouvoir temporel. 254 
G. Note confidentielle du secréta- 
riat de Rome, concernant les at- 
teintes faites à la religion catho- 
lique dans les domaines impé- 
245 riaux en 1832. 

7. Office adressé au cardinal se- 
crétaire dÉlat pour communi- 
cation du statut organique pour 
le royaume de Pologne. 
248 8. Oukase qui enlève aux Grecs 
nuis le monastère de Pociajow. 
2>2 0. Oukase impérial pour la sup- 



257 



262 



//' 



IT 



preulon de* provinciaux de 
l'ordre de Saint-Baiiie. 

10. icL, pour l'abolition dan» le* 
{cavememeDU occidenuox de* 

couvenU prëiendui inutiles. 

11. Ordonnance pour «upprtfiion 
de< couvents latins dans le res- 
sort de Bfobilow. 

12. Liste de couvenu supprimés 
dont les fonds forent vendas à 
l'encan. 

13. Nou officielle da ppesnr^ les) 
maux de la religion catholique en 
Ruuie et en Pologne en 1832. 

U. Mémoire de la Gourde Russie 
en réponse à la note précédente. 

13. Lettre du pape 4 l'empereur 
de Bossie, en l834. 

16. Décret du sénatdirigeant pour 
interdire l'introduction des bul* 
les pontificales dans les Éuu 
russes. 

17. Oukase pour remetue eu vi- 
guenrles peines portées contre 
les prétendus coupables d'avoir 
contribué à la conversion des 

schitmatiques à h religion ca- 
tholique. 

18. /</., relatif aux mariages mizlcs 
en 1332. 

19. Id., pour lorcer d'élever dans 
la religion dominante les en- 
fants provenant des mariages 
mixtes en 18.33. 

20. Id., pour érection d'un évé- 
ché du culte dominante Polock. 

21. Id., à Varsovie. 

22. Id., pour défendre d'admi* 
oistrer les sacrements aui per- 
sonnes inconnues. 

23. Décret impérial sur la sup- 
preuion du droit de patronage 
dans les églises du rite grec uni. 

24- Remontrances du clergé grec 
uni de Novogrodek sur les chan- 
gements dans le missel ci dans 



263 



26i 



S69 



273 



274 



276 



289 



291 



li. 
293 

294 

295 

Ih. 

•297 
298 



les rites ruthéniens imposés par 
le gouvernement en 1834. 

25. Pétition de la noblesse de 
Witepsk contre les violences 
employées pour faire passer les 
grecs-unis an culte dominant. 

26. Autre pétition pareille par les 
grecs-unis de la province d'U- 
sxacx en 1835. 

27. Id.fde» grecs onisdeLuhowics. 

28. Rapport du ministre de l'inté- 
rieur à l'empereur de Russie sur 
les changemenu des rites ruthé- 
niens. 

29. Communication du général 
Sxypovr à l'évéque grec uni de 
Chelm pour calmrr parmi ses 
diocésains la crainte de voir le 
gouvernement s'efforcer de les 
entraîner au culte grec-russe. 

30. Actes de l'autorité supéri»nre 
ecclésiastique pour obliger les 
curés grecs unis à embrasser le 
culte dominant. 

31. Acte synodal du clergé grec 
uni, à Polotsk, pour sa réunion 
an culte dominant. 

32. Supplique à Tempérer r au 
nom dei évéques grecs unis. 

33.^0ukase impérial adressé »u 
synode grec russe. 

34. Oukase pour réunion sous,une 
ménie^auiorité des deux sectiuns 
du synode des confessions grec- 
que russe et grecque unie. 

35. Décret du synode et approba- 
licn de l'empereur eu 1839. 

36. Doklad ou rapport à l'empe- 
reur de l'épiscopatgrec russe. 

37. Lettre synodale de l'épiscopat 
grec-russe an clergé de l'Eglise 
grecque unie. 

38. Défection des grecs unis de 
la Liibuanie et de la Russie 
Blanche eu 1840 

:»n. Autre lelaiion < onlenipordinr 



298 



301 



303 
304 



303 



307 

308 

310 
314 
315 

3(6 
10. 
320 

321 



du même éTéoemeat. 
iO. Auire relation pareille de U 
même époque. 

41. Décret du 5 mai 1S40 pour 
le diocète grec uni de Chelm, 
pour l'orgaiiisation conforme à 
celle de l'Église orienule. 

42. Requête présentée en 1841 
au conaistoire ecclésiastique ca- 
tholique romain de Mohiiew , 
par les paroissiens de Bialy- 
niue. 

43. Requête présentée en 1841 
par les catholiques romains de 
Worodzkow, au doyen de leur 
Église, à l'occasion des mauvai* 
traitements nnployés pour les 
contraindre à embrasser la reli> 
gion (jrecque russe. 

44. Autre requête pareille des 
paroiuiens de Rasno. 

45. Id., an consistoire catholique 
romain de Mobilew, par la no< 
blesse d'IsherikofT. 

4C. Rapport sur les requêtes sus- 
mentionnées à moiueigeur Paw- 
lowski, par le consistoire de Mo- 
hiiew. 

47. Antre rapport pareil du 5 avril 
I84I. 

48. Office du 12 mars 1841 adressé 
par monseigneur l'archevêque 
de Mohilow au comte StrogonofF 
sur les deux rapporuprécédenu. 

49. Antre oftice pareil du 8 avril 
1841. 

50. Rapport sur le même sujet pré> 
sente au consistoire catholique 
de Minsk par un curé de ce dio- 
cèse. 

51. Relation récente sur les mau- 
vais traitements que continuent 
il endurer les grecs unis qui per- 
sévèrent dans la confession de 
leur foi. 

'*'2. Allocution prononcée par le 



327 Saint-Père, le 22 novembre 1839, 
sur la défection des grecs unis 

329 rnthéniens dana ia»Utbtunîe et 

la Ruttie Blanche. 361 

53. Lettre de l'enipereiir de Rat- 
sie en réponse aux reconman- 

331 dation* do Saint>Père en faveur 
de ses tujeu catboliqaet en fé- 
vrier 1839. 355 

54. Réponse de Sa Sainteté potir 
exprimer ses remerciements et 

332 renouveler ses recommandations. 356 

55. Mémoire rerais à M. le cheva- 
lier Krivuow au sujet de« acru- 
salions portées par son ^gouver- 
nement contre l'rrêqne de Pod- 
lachie en 1837. 358 

56. Note officielle remise par la 
334 légatiou russe au cardinal secré- 
taire d'État sur U conduite de 

336 l'évéque de Podlachie à l'égard 

du gouvernement en 1838. 360 

57. Réponse officielle faite par le 

337 cardinal secréuire d'État. 361 

58. Note coofidenUelle de la lé- 
gation russe au cardinal secré- 
taire d'État sur la déportation de 

338 l'évéque de Podlachie. 366 

59. Note officielle du cardinal 
341 secrétaire d'état, au nom du 

Saint-Père, contre les nombreux 
outrages faita à la religion ca- 
tholique en Russie en 1840- 371 

3*6 60. Autre note officielle par la- 
quelle on réclame contre l'em- 

347 pécliement mis aux comuiunica- 

tions entre l'évéque de Podlachie 
et son diocèse. 378 

UI. Lettre du comte Nesselrode au 

349 c:irdiual secrétaire d'État, pour 
accréditer le chevalier Fuhrman. 380 

62. Note verbale remise au car- 
dinal secrétaire d'Étal, par le 
chevalier Fuhrman, lors de ta 

350 première mission k Rome. //>. 
G:^ Office accompagnant la noie 



VI 



(]ui précède. 981 

64. Lettre confidentielle/enToyée 

par le dievalitr Fubman. ib. 

65. Lettre de l'empereur deRiuiie 
■drenëe au Saiot-Pére, le 3 
décembre 1840. 382 

66. Lettre de monteigacur Paw- 
lowtki au Saint-Pire. 384 

67. Lettre da Saint-Pére à mon- 
seigoeur fëvéque de Podlacbie. Ib. 

68. Note verbale remiae au cheva- 
lier Fabrman par la secrétaire- 

rie d'État. 385 

69. Note signée par le chcTalier 
Fuhrman, et remise après sa 
mort au cardinal secrétaire d'É- 

ut, par M. de Potemkin. 389 

70. Office dont M. de Potemkin 
accompagna ladite note en la 
transmettant au cardinal secré- 
uire d'Éut. 396 

71. Réponse du Saint-Père. 397 

72. Oukase d'août 1839 qui dé- 
fend aux ecclésiastiques catholi- 
ques de baptiser les enfants nés 

de mariages mixtes. 398 

73. Oukase du 16 décembre qui 
remet en vigueur plusieurs ou- 
kases antérieurs restrictifs de 

la religion catholique. 399 

74. Autre oukase qui défend aux 
ecclésiastiques catholiques de 
prêter aucune assistance spiri- 
tuelle aux fidèles de paroisses 
autres que la leur propre. 400 

75. Ordonnance impériale concei^ 
nant les jojjements portés contre 
les individus supposés coupables 
de séduction au préjudice du 
culte dominant. 401 

76. Ordres qui dëcemcnt des ré- 
compenses au clergé russe pour 
attirer les catholiques au cuWe 
dominant. 40*2 

77. Décret qui défend de se servir 
du nom même d'Église grcc<|ue 



unie, et de mettre obstacle aax 
mariages mixtes. 

78. Oukase impérial qui^ordonne 
la conSscalion des biens^de qui- 
conque aurait abandonné le 
culte dominant. 

79. Office du ministre de l'in- 
térieur k monseigneur l'arche- 
vêque de Mohile'W pour expli- 
quer l'onkase précédent. 

80. Exil prononcé contre deux cu- 
rés pour n'avoir pas soumis à la 
censiu'e un de lenrt sermons. 

81. Ordre souverain au sénat di- 
rigeant qui interdit à l'autorité 
ecclésiastique catholique de ju- 
ger les causes matrimoniales 
déjà résolues par le synode grec 
russe. 

82. Oukase impérial au sénat 
dirigeant qui réuni*, aux domai- 
nes de la couronne ious les im- 
meubles des paysans y attachés, 
appartenantjusqu'alorsau clergé 
dans les provinces polonai- 
ses. 

83. Oukaseimpérial qui sanctionne 
le projet général de dotation Jk 
venir du clergé. 

84. Otïcedu ministre del 'intérieur, 
adressé au collège catholique ro- 
main pour l'exécution des ou- 
kases impériaux ci-dessus. 

85. Règlement spécial fixant le 
détail de la dotation sus-men- 
tionnée. 

86. État des immeubles de l'Église 
catholique adjugés aux' domai- 
nes de la couronne. 

87. 0:ikase qui nomme un suf- 
fragant pour le diocèse de Cra- 
covie dans la partie soumise à 
la Russie. 

88. Oukase pour la nomination de 
I évêijue de Sandomir. 

SO. Onk;isc pour la nomination 



403 



404 



406 



407 



408 



Ib. 
409 

411 
415 
420 

426 

II). 



VIJ 



d'un tufTra»;;<DC du diocè$e de 
Kalich. 426 

90. Oukaie qui nomme un suffra- 
de Lowicz.^dans l'archidiocéte 
de Varsovie. 437 

Traduction det.documenit italien» 
de l'allocution. 432 

Notes. 451 

COMPLÉMENT DES DOCUMENTS. 
LXXXf . Lettre de monseigneur de 



I>éo)jol au loétropoliiain ''e 
Halicc des Ruthéniens unit. Ab'J 

LXXXII. Observations critiques sur 
l'article relatif à la Russie, inséré 
dans le Jourual de Francfort, le 
22 avril 1839, 485 

LXXXllI. Eitrait du discours do 
cardinal Pacca à l'ouverture de 
l'académie de la religion catho- 
lique, en 1843. 518 



>fiH DE LA TABLK 



PIÈCES JUSTIFICATIVES. 



N» I. — DÉCRET DB DJÊLIBÉMATION BT DB CONCLUSION DES T. R. 
ARCHBVftQim BT ÉvAQUBB RUTHipaSNS POUR RECEVOIR ET ADOP* 
TBR LA COMMUNION DB LA SAINTE ÉGLISE ROMAINS» FAIT LB 2 DÉ- 
CEMBBB 1SG4. 



In nomme sanciœ vivicantis et individuœ Triniiatis Patn's 
et Filii et Spiritus Sancti, 

No5 infra nominatae personse, quae huic scripto nostro 
subscripsimus , quod introspicientes diligenter vocationes 
et officiam nostrum, quod est bujusmodi, ut uosmeripsos 
et hominum Christianonim gregem ovium Christi , nobis 
a Ghristo commissum , ad concordiam et unionem promo- 
veremus, prout nos Salvator Noster Ghristus Jésus edocuit, 
eamque doctri/iam sanguine suo obsignavit. Ac potissimum 
bis infelicissimis temporibus nostris , quibus multae ac variae 
hsElreses inter bomines grassantur , ob qaas plurimi rece- 
dentés a vera et ortbodoxa fide cbristiana , legem nostram 
deseninl, et ab Ecclesia Dei veroque in Trinitate illius 
cuitu se ipsos séparant. Quod non alia de causa accidit , 
quam ob dissensionem nostram cum doniinis Romanis, 
cum quibus cum simus unius Dei bomines, et tanquam 
unius matris sanctae Ecclesiae Catbolicae filii , ab iis divisi 
sumus : unde routuo auxilio prsesidioque invicem nobis 
II. I 



2 

prodesse nequimus. Et quamvis assidue Deum pro unione 
in fide orationibus nostris precemur, nihiloininus quonam 
pacto baec unio inter nos stabiliatûr : aliqiiando numquain 
nobis serio curae fuit , spectando semper Superiores nos- 
tros , et expectando si de bac ipsa unione inciperent esse 
solliciti. 

Verum cum nostra spes bac in re, ut boc eorum cura et 
studio perfici possit^in dies minuatur, non ob aliam rem, 
quam qnod isti servitute Paganorum oppressi , etiamsi ror- 
tasse vellent, non possunt. Igitur, ex inspiratione Spiritus 
Sancti , cujus baec sunt opéra et non bominum , considérantes 
cum ingenti dolore nostro quanta impedimenta bomines 
babeapt ad salutem absque bac unione Ecclesiarum Dei, in 
qua y incipiendo a Cbristo JSalvatoré Nostro et sanctis illius 
Apdstolis, praedecessores nostri perstiterunt, ac unum sum- 
mum pastorem primumque antistitem in Ecclesia t)eî bic 
in terris (prout ea de re ConciHa et canones manifestos 
babémtfs)^ et non quempiànfi àlium praeter sanctissimum 
Papam Romanum protitebantur, illique parebant in omni- 
bus; atquamdiu id uuiforhiiter in suo robore permansit, 
lethpèr in Ecclesia Dei ordo cqltusque divini incrementum 
fuit : inde consecutum est ÙC dilFficillimum foret baereticis 
i(Ua disseminare prava dogmata. Postquam autem muiti Su- 
përiorés esse cœpérunt, eam sibi auctoritatem potestatem- 
que arrogantes , nunc clare cerniihus ad quantas discordias 
fetëcbismata eb pluralitatcm Superiorum Ecclesia Déi de- 
Vëftît : èx qii'o fit ut baerelici tantas sumant vires. 
- Itàque, nolehtes ut conscientiœ nostrae tanto pond*ere 
éjgjrtiBiVarentur , si animarum satus mnltarum ob eas in reli- 
gione discordias diùtius periclitaretur (licet bac ipsa de re 
nos praedecessoresque nostri meditati fuerint, idque tenta- 
veriht), videntes institutum consilium intermissum esse, 
t>roposuimus , auxiliante Deo , mutuo isto vinculo nos ipsos 
éd proseqùendum boc negotium excitare et confirmare ; 
tit , quemadmodum antea , eodem labro et eodem corde 
possemus laudare et glorifiraro venerandum et magnificum 



nomen Patris et Filii et Spiritiis Sancti «um fratribus nos- 
tfts cliarisdtmis domihis Romanis, l^ertntinenlës'sub eodéin 
Pastore visibllis Ecclesiae Dei, oui haec prneenuhentia êetn* 
per debebatur. 

QuoÈÏrca id nobis mutuo promittentes coraHi Déû qtuiii- 
tum ip nobis. fuerit, corde sinçero et Candide à<î diligeiitia 
in hujusmodi negotio necessaria ac débita, nos omnem 
daturo^operam sppndemus in communi , et.quilibet per 
se, adbibitis mediis convenientibus , ut fratribus nostris 
Ecclesiasticis coipmunique plebi ad ineundam ùnioncm et 
concordiam simiis auctores,idque, divina adjuvante gratia, 
perficianius. 

Ut autem mojus incitàmentittn ad finienduiil bàbeaiiius , 
qiibque ittajbi' a noBis cUiià et sollicitlidb imneudatiir , 
scriptum praesens conhciinûs, quo sînceram proinptamque 
voluntatuni nostram a4 amplectandaiu cum Ecclesia Ro- 
mana unionem et consensuni testamur. Et Deus omnipo- 
tens , largitor omnium bononiin auctprque, ad concordiam 
sît diix , et protèctbr tdhi ^nbti iiëgotii Htijiib; cùi , iitî corda 
iiostrâ ; ità i?t baui trbiiiilcatem , prâeiéhti Scripto testantes , 
i^éhu |)rbpria âùbscribimUs : salvis iaHïeîi 'éC m iiîtegriim 
ôbsërvatis caeriiîiomis et ritlbùs ciittiis divini peragendi et 
Sîifibtorlib sact^mehtbrùin juxta cotisiietiidiiiénl Ecclesiae 
oHëntàliè, cori^ectis tantûmhiodo iis artlcù);s qui ipsam 
uiiitfnem inipediréht, ut more antiquo fiereiït omnia, sicùt 
ôirhi, ilhioiie durante, fuerunt. Datum anho Domini mine- 
sitiio qûingéniesimo nonagesimo qurn-to, die secxmda decvtnbï îs. 

Locus sigillorum. 

Deinde sequuntur subscriptiones , vîdelicet : 

Michael Rahosa , Metropolila Kioviçiisis , lialiciensis et 
totius Bussiœ f manu propria, 

IpatioUy Dei gratta Protothronius Episcopus f^'lodimiriensis 
Brestensisgne , manu propria. 

CyriUus Terlecki, Exarclia MetropoUtœ Kiovicn. Episco- 
pus I .uceoricmis Ostrovionsiscjxie . tnanu jnuipriti. 



4 

Gregorius y nominalus Archiepiscopus Fladika Poloce)isis 
FUebscensisque , manu propria. 

Dionysius Zbiruiski , Episcopus.Chelmensis BeUensisque j 
manu propria, 

Leontius Pelczicki, Episcopus Pinscensis Turoviensisque , 
manu propria. 

Jonas Hohol, Archinuindrita Kohrinensis Ecclesiœ S. Sal- 
vatoris, manu propria. 

Idem Jonas , nominatus Episcopus Pinscensis Turoviensis- 
que , manu propria hanc concordiam fratrum meorum sub- 
scripsi. 



IVo II. — LETTRE DE T. ' R. ARCHEVÊQl E DE KIOVV ET ATTIRES 
ÉVÊQUES RUTHÉNIEN8 AU PAPE CLÉMENT VITI, SUR LEUR UNION 
AVEC LA SAINTE ÉGLISE ROMAINE, LE 12 JUIN 1594. 

Sanctissime Pater, Domine et Pastor suprême Ecclesiœ 
Chrisii, Domine clementissime. 

Repetentes memoria consensum in omnibus atque unio- 
nem Orientalis et Occidentalis £:cleside, quam > majores 
nostri sub obedientia et regimine sanctse Sedis Apostolicae 
Romande coluerunc : ex altéra vero parte perpendentes ani- 
nûs dissensiones et schismata , quae bodie invaluerunt : non 
potuimus propterea non maximo dolore affici ; deprecaba- 
murque assidut Dominum ut nos aliquando in unitate fidei 
aggregaret, expectantes si forte Superiores et pastores nos- 
tri Orientalis Ecclesiae , sub quorum obedientia hucusque 
fuimus de ineunda, unitate et concordia quam in liturgiis 
quotidie a Deo efflagitant , cogitare serio, atque diligenter 
in eani rem et curam incumbere , vellent. Sed , cum vide- 
reiTius frustra taie quidpiam sperari ab illis , non tam ma- 
levolentia et temeritate fortasse eoruni , quam , quod sub 
gravissimo servitutis jugo crudelissimi lyranni et a religione 
Cbristiana alieni gemant, tentare id quod maxime vellent 
nuUo modo possunt : nos nibilominus, qui in bis partibus 



sub dominio Serenissîmi Poloniae et SUecidc Régis et Magni 
Ducis Lithuaniae constituti sumus, liberisque nobis prop- 
terea esse 1icet,attendentes officiiun nostrum, neque nobis 
ips)S et ovibus gregis Christi, quarum cura ad nos spectat, 
obesse, conscientiasque bac in parte nostras tôt animanim 
interitu , qui ex dissensionibus bis provenir , gravare volen- 
lentes, adjuvante Domino, ad unionem quae antea inter 
Orientalem et Occidentalem Ecclesiam viguit , inque FIo* 
rentina Synodo ab antecessoribus nostris constituta est, 
accedere decrevimus , ut, vinculo bujus unionis adstricti , 
sub obedientia atque regimine Sanctitatis Vestrae , uno ore 
et corde glorificeraus et laudemus omoes dtvinissimum et 
sanctissimom nomen Patris et Filii et Spiritus Sancti. 

Ac proinde, sciente volenteque domino nostro Sigis- 
mundo Tertio, Dei gratia Poloniae et Sueciae Rege Magnoquc 
Duce Litbuàniae, cujus etiam àinguiare ac sapientissimum 
studium in bac re enituit, mittimus ad Sanctitatem Vestram 
charissimos fratres nostros reverendos in Christo Hypatium 
Pociei , Protothronium atque Episcopum Vlodimirienscin 
Brestensemque , et Cyrillum Terlecki , Exarcbam atque 
Episcopum Luceoriensem Ostrosiensernque ; quibus mari- 
davimus ut Sanctitatem Vestram adeant, ac {siquidem Sanc- 
tUas Vestra administrationem sacramentorum , ritusque et cœ- 
rimonias Oiienialis Ecclesiœ intègre , inviolabititer, atque eo 
modo quo tempore unionis iUlis utebamur^ fiobis conseii'are , 
confirmareque pro se et successoribus suis, nihil in hac parte 
innovaturis unquam, dignetur) suum et omnium nostrum 
Arcbiepiscopi et Episcoporum , totiusque Ecclesiastici nos- 
tri status , et ovium commissarum nobis divinitus. nomiiie 
Sedi S. Pétri et Sanctitati Vestrae, uti summo Pasiori Eccle- 
siae Cbristi, debitam obedientiam déférant. 

Quse omnia petitaa nobis si obtinuerimus, Sanctitati Ves- 
trae cum omnibus successoribus suis nos et successores nostri 
dicto audientes subque regimine Sanctitatis Vestrae semper 
esse volumus. In quorum majorem fidem litteras praesentes 
manibus nostris subscripsimus , atque munivimus sigillis. 



6 

Data f ex Regno Poloniœ el niagiio Diicatu Lithuaniœ , die 
mJunii, atmo £ip^jmi MUi^fCf:^, j^^9 ^qlendarium velus, 

. . , ^ fjmii(litr^i (^ud Deftm watores et servi 

; . ;, siib^mptiqiies euro figiUiSt 
I\ficfiael , f^ei gm^q ArrJiiepisQÇpui J^çtropoli^a Kioviemis , 
If^ficf^ilsqije aç tQ^i^Ji iÎH5f'<^, ^¥{<^ pj-Qpria. 

ffia\jq^,Mei firçi{ii^ f^oplf^^^ ^piscqpus Vloditnirien' 
sif-fr.ç^^isq\^,wi^\tpr%ria' 

QyrU^ 'jffr(eçkit,jpiei g^i^tia Çxarcha Episcopus LtKco- 
r^nfif QstrQy,içt]fiisg3i^^ PWV: P^opria . 

Çr!^(j^rius,iPpm^tmy^rci^ Viadika Poiocensis 

MicktieL JKopi^tçn^it Episcopus Piœmisliensis Samborensis- 
qu^, m^mi pfoprk^. _ • 

ÇfldçoH BtUai^\, J^piscopus Leopoliensis , nianu propria. 
X{ff»)jr^Û4f ZfiiÇuiçk,i, Ejf^iscqp^ Chelmeftsis, manu propria. 
LfKtnfÎYri.P.e^zicki/jPpisçqpus P^censis Turopiensisque , 

/^Mf ^otfiih Axç^imfl^ita I^obrinensis eçcfe^ S. Sal- 
vatçm f (^m proprifi ^^Ui^çripsi. 

f^^ J^q^gs ^çj^( f noTn^tuUus Episcopus Pinscensis Tura- 
viei^i^uÇ,ma^uprçpria. . .,, 

IM<* fil*—' pNION 1)B XA NATION 9VTHÉN|EN^p AV|SC L'ÉG(.I81^ 

KOMAINE. 

...... . Jt .'i. J' ■■ 

O^illKN^ SPISCOPUS 
ServDS Seryor^m |)e| f)d pefpç^uafp rq roemoriain. 

Magnus Dominuç/èt laudabilis nimis in Civitate Dei 
nostri in monte sanÈto ejus. Givitas Dei supra montem 
posita, quae absbondî ndn'|)otéstVin qua gloriosa et admi- 
randa operatur DeUs, et ipse fùndavit'eam Altissimus, 
^ncta est Ëcclésiar tJnia Gathblica et Apostolica, àedificata 
a Christo Domino sUpra Beatissimum Apostoidrum Prîn- 

cipem Petrum, qui' est fundamentuiii Ecclesiîe , quod po- 



situm est a snmino archilccto Christo Jesu , qui cum sit 
primarium fundamentuni) et Lapis electus et aDgularjs, qui 
portât et sustentât qmnja verbo virtutis sua^^ideq] ipsequi 
vopa^e? quae non supt, tanquam ea quae sunt, et qui dixic, 
ey^ct^ sui^f) Sjiapnçm Jpi^a^t filiuin hominem mprtalem 
et nature $u^ iinbeqUein, sipgi^laris gr^tix privilégia Ge^ 
pbam vocayit , hoc est Fetrum , eiqne tantaof finnit^^eiii 
et soliditatem dédit, ut esset petra immobiiis supra quam 
œdificavit Sanctam Givitatem suam , quse est Ecclesia Dei 
viventis, eamdcmque per legitimam Summorum Roraano- 
rum Ppntificum successionem , in quibus Beati Pétri auçto- 
ritas piipquî^m deBci^ , cedificat autem usque in fineni saa- 
culorum. Itaque, per omnes aeta(es et tempora, ad banc 
petrani Fidei ,- Spiritu Sançto auctore, conBuunt gentes, 
et in |ianc Dec dilectam Civitatem per salutaris BapMsmi 
januam introducuntur uationes et populi mulli. b'aspe etiam, 
qui fall^ciis hominum et Diabuli insidiis seducti per deyia 
aberrantes, et perniçiosascbisra^ta sectati insenierunt se do- 
loribus multiSf et abbac Sancta Givitate discesserunt, iidem 
divinse misericordiae abundantia, per resipiscentiam, con- 
versionem et pœnitentiam, tanquam ex fluctibus emergunt, 
et erroribus , ac scbismatis damnatis et repudiatis, iterum in 
banc sanctam Givitatem a Summo Romano PontiHce, qui 
illius claves babet, reducuntur, et ad pristinam unilatem 
magno Ecclesiae Gatbobcae gaudio revocaniur. Et ne veterem 
antiquitatis memoriam repetamus , novissime , bis diebus 
nostris, illustre reconciliationis et reversionis ad Gatbolicam 
Ecclesiam exemplum exstiti^ Rutbenorum Episcoporum : 
qu^ in re abundantes divitias bonitatis Dei erga huinilitatem 
nostram agnoscimus, qui cum ita disposuerit, ut Pontifica« 
tus noster in tam multas Gbristianae Reipublicae calamitates , 
et tantam temporum acerbitatem incideret, ssepe etiam 
Secunduqi raultitudinem dolorum in corde nostro consola- 
tionibus suis laetificat animam nostram. Antea siquidem 
Rutheni Episcopi atqiie ea omnis copiosa et clara Natio 
cuui Romana Ecclesia, ouiuium Ecciesiaruin Maire et Ma- 



8 

gistra, non commnnicabat , sed proprii seimonis atque 
idiômatis usu , recento Graeco ritu , Tivebat , et luctuosum 
Graecorum schisma sequebatur : ex quo sane schismate , 
quod intimo cum dolore commemoramas , innamerabiles 
SBrumux et miseriae ad nobilissimam Graecorum gentera 
taoquam a fonte qiiodam promanamnt. 

§ I. 

Nuper vero Venerabilis frater Michael , Archiepiscopus 
et Metropolita Kiovienâis, Halicicnsisque, ac totius Russiae, 
cum eo plerique ejus Comprovinciaies Episcopi , videlicet : 
Venerabilis frater Htpatius , Prototbronius Episcopus Wlo- 
dimiriensis et Brestensis;CYRiLLiJS,Exarcba Episcopus Lu- 
ceoriénsis et Ostrosiensis ; Gregorius, nominatus Archiepi- 
scopus, electus in Episcopum Polocensem etVitebscensem ; 
Leontius, Episcopus Pinscensis etTuroviensis, qui paulo 
post ex bac vita decessit ; et Diontsius , Episcopus Chel- 
mensis et Belsensis ; et deinde Jonas , Archimandrita Kobri- 
nensis, electus in Eptscopum Pinscensem et Turoviensem in 
locum demortui Leontii praedicti ; hi omnes, divina Spiriius 
Sancti luce eorum corda coHustrante ,cœpenint ipsi secum 
cogitare, et ioter se multa consultatione et prudenti adhibita 
conferre, et serio tractare, se, et grèges quos pascerent, 
non esse membra corporis Christi, quod est Ecclesia, qui 
visibili ipsius Ecclesiae capiti Summo Romano PontiBci non 
cobaererent , et propterea spirituab's vitae influxus se non 
posse capere, neque crescere in charitate , cum ab eo essent 
disjuncti , ex quo secundum Deum pendet totum corpus 
compactum, et connexum per omnem juncturam submî- 
nistrationis in mensuram operationis uniuscujusque mem- 
bri 

§2. 

Quod igitur idem Michael Archiepi'îcopus et Coeplscopi 



9 

ejus supradicli salubriter statuerant sedulo cxequentes . 
duos ex eorum numéro delegerunt primarios Episcopos, 
Venerabiles fratres Htpatium » Protothronium Episcopum 
Wlodimiriensem et Brestensem, et Gyrillum» Exarcham 
Episcopum Luceoriensem et Ostrosiensem, praestantes vi- 
ros et zelo Dei praeditos, qui, cum Romam adveoissent, 
secum decretum illud detulerunt, de quo supra diximus, 
MiCHAELis , Archiepiscopi et Metropolitae, et sua, et alio- 
rum Episcoporum, qui superius enumerati sunt, manu 
subscriptum. . « é 

§ 3. 

Cum igitur duo supradicti Episcopi etOralores, Htpatius 
et Gyrillus, bénigne a Nobis in conspectum et colloquium 
nostnim essent admissi , easque litteras ab ipsis quoque 
subscriptas Nobis reddidissent, Nostram atque Apostolicsc 

Sedis gratiam humiliter petierunt, seque intra gremium 

Attulerunt iidem Episcopi praetcrea ad Nos litteras charis- 
simi in Christo Filii Nostri Sigismundi Poloniae et Sueciae 
Régis, qui , ut est egregie pius et Catholicae Religionis pro- 
pagandae cupidus, salutare boc negotium de Ruthenis ad 
rt-conciliationem et unitatemCathoIicae Ecclesiae recipiendis 
magnopere Nobis commendavit, quod et alii fratres Nostri 
Catbolici Episcopi Poloni fecere, hoc est, dilectus fîlius 
Noster Georgius , Gardinalis , Racivilius , Episcopus Cra- 
coviensis, Joannes Demetrius, Archiepiscopus Leopolien- 
sis, et Bernardus, Episcopus Luceoriensis. 

s 4- 

.... Curaque omnia accurate excussa et examinata essent, et 

duo Episcopi supradicti, Hypatius etCvRiLLUs prompti 

essent publiée fidem Catholicam ex formula pracscripta profi- 
teri , ac Nobis et Sedi Apostolicéc veram obedientiam exhibere, 
ob eas causas, statuimus ad Dei gloriam Ruthenos Episco- 
pos et Nationem ad corporis Ecclesiac el Romanae Ecclesiae 



10 

comiiiiinionem et unitatemadmiltendos et recipiendoscsse. 
Qupd utmoreniajjis solemni el majori cuin Ixlitia spirituali 
fieret, cer^o cpnspituto die, bac est hodieriK^ , qui est tertius 
et vigesimps fl^e^sis decfimbiis anai pf^aesqulis 1^95 

■ s 5. . 

Tum illi isutim Htpatius et €yrillus , tam suo proprio 
nomine, quam uti Oratores et Procuratores Michaelis Ar- 
chiepiscopi etCoépîscoponim suorum supradictorum, Bdem 
Catholicam , juxta formatn professionis fidei orthodoifae a 
Graecis facieodseab bac SanctaSede praescriptam , intègre et 
de verbo ad verbum professi sunt ; Nobis et Apostolicae Sedi 
debitam et perpetuam obedientiam et subjectionem prsesti- 
terunt, quam Nos una cum Venerabilibus fratribus nostris 
S. B. E. Çardinalibus recepiinus; atque baec omnia Arcbie- 
piscopum , et J^piscopos Rutbenos eorum colleras , ac Cle- 
rum, et Populum , rata et grata habituros, et eamdem Bdei 
professionem faccuros , atque obedientiam praestituros , 
omnia denique , per ipsos eorum Oratores et Procuratores , 
atque et promissa confîrmaturos, et obseryaturos bona fidc 
et corde sincero coram Deo, qui judicaturus est vivos et 
mortuos, jurejurando promiserunt. Primus autem Hypatius 
Episcopus fidei ortbodoxse professionem fecit latina lingua, 
quod ipse latine nosset , juxta formam prsedictam : legit 
autem eam clara voce de scripto intègre in eum qui sequi- 
tur modum. 

. § 6. 

Sanctissime et Beatissime Pater, ego bumilis Hypatius 
PociEY, Dei gratia Protothronius Wlodimiriensis et Bres- 
tensis, Episcopus in Russia, Nationis Bussorum seu Butbe- 
norum, unus ex Procuratoribus Beverendorum in Cbrisio 
Patrum dominorum praclatorum ejusdem nationis, vene- 
rabilis Michaelis Bahosa, Archiepiscopi MetropolitaL» Kio- 
viensis et Haliciensisac totius Bussiîe, et Giitcoini, Arcliic- 



11 

piscopi denominati, electi iù Episcopum Polocensem et 
Vitebscensem, et Jon.e Hohol, electi in Episcopum Pins- 
çensem etTufoviensem, et MicHAELis Kopystsnsri, Epi- 
sçppi PieniisliensU et Sambqriensis , et Gedeonis B^laiian , 
Episcppî LeopQl.ieQçis.y çt Dionysii Zbihuisky, Ëpjscopi 
Cneimensis, ab eis specialiter constitutus et missus una cum 
Reverendo ia Cbristo Pâtre domino CYaiLLO Terlecry, 
Ej^rcha Episcppo Luçeonensi et Os^rpsiensi , ejusdem 
nationis , altero ex Procuratoribus dictorum dominorum 
prselatorum et Gollega meo , ad ineundam et suscipiei^dam 
unionem §anctitatis Vestrae et Sanctae Romanae Écclesiae , 
atque ad deferendam debitam obedieotiam ipsorum om- 
niùm^ et totius Ëcclesiastici eorum status, et ovium eis 
commissarum pomine , huic Sanctae Sedi Beati Pétri , et 
SanctitatI Vestra;, ut» Summo Pastori Universalis Ecclesiae, 
ad pedes Sanctitatiç Vestrœ positus , ac infrascriptam Sanctae 
Ortbodoxae Fidei professionem juxta formam Graecis ad 
unitatem dicta; S. R. £. redeuntibus praescriptam facturus , 
et emissuriis, tam procuratorio nomme prsedictorum domi- 
nofum ^rcbiepiscopi et Episcoporum Rutbenorum meoruni 
prinçipalium, quam etiam meo proprio simul cum praedicto 
D. CXRILLO , Exarcba Ëpiscopo Luceoriensi et Ostrosiensi , 
Procuratpre, et CoUega meo, poUiceor et promitto , quod 
ipsî pD. Archiepiscopus et Episcopi illam ratam et gratam 
banebunt, ac suscipient, et acceptabunt, et intra tempus 
competens ratîHcabunt, et confirmabunt , atque de novo , 
juxta praedictam formam de verbo ad verbum facient et 
eraittent^et eorum uanu scriptam et sigillo obsignatam ad 
Sanctitatem Vestram et banc Sanctam Âpostolicam Sedem 
transmittent , prout sequitur : 

Firma fide credo et profiteor omnia et singula quae con- 
tinentur in Symbolo fidei quo Sancta Romana Ecclesia uti- 
tur, videlicet : 

Credo in unumBeum, Patrem oranipotentcm, factorem 
cœli et terrae , visibilium omnium et invisibilium. Et in 
unum Dominum Jesuui Chrisluni , Filium Dei unigenituni. 



12 

£t ex Pâtre natum antc omnia saecula. Deum de Deo , lu- 
men de lumine, Deutn verum de Deo vero. Genitum^ non 
factum , consubstantialem Patri : per quem omnia facta 
sunt. Qui propter nos liomines, et propter nostram salutem 
descendit de cœlis. Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex 
Maria Virgine , et homo factus est. Crucifixus etiam pro 
nobis : sub Pontio Pilato passas , et sepuhus est. Et resur- 
rexit tertia die secundum Scripturas. Et asoendit in cœlum : 
sedel ad dexteram Patris. Et iternm venturus est cum gloria 
judicare vivos et mortuos : cujus regni non erit finis. Et iii 
Spiritum Sanctum Dominum , et vivifîcantem : qui ex Pâtre , 
Filioque procedit. Qui cum Pâtre et Filio simul adoratur , 
et congloriHcatur : qui locutus est per Propbetas. Et unam 
sanctam Catbolicam et Apostolicam Ecclesiam. Confiteor 
unum baptisma in remissionem peccatorum. Et expecto 
resurrectionem mortuorum. Et vitam venturi saeculi Amen. 

Credo etiam, suscipio, atque polliceor ea omnia quae 
sacra CMEcumenica Synodus Florentina super unione Occi- , 
denlalis et Orientalis Ecclesiae definivit et declaravit, vide-' 
licet : quod Spiritus Sanctus a Pâtre et Filio aeternaliter est; 
et essentiam suam suumque esse subsistens habet ex Pâtre 
simul et Filio : et ex utroque aeternaliter, tanquam ab uno 
principio et unica spiratione, procedit. Cum id quod sancti 
Doctores et Patres dicunt, ex Pâtre per Filium procedere 
Spiritum Sanctum, ad banc intelligentiam tendat, ut per 
boc significetur Filium quoque esse , secundum Graecos 
quidem causam, secundu-n Latinos vero principiumsubsis- 
stentiae Spiritus Sancti , sicut et Patrem. Cumque omnia quae 
Patris sunt, ipse Pater unigenito Filio suo gignendo dede- 
rit, praeter esse Patrem; boc ipsum quod Spiritus Sanctus 
procedit ex Filio, ipse Filius a Pâtre aeternaliter babet, a 
quo aeternaliter etiam genitus est. Illamque verborum illo- 
rum , Filioque , explicationem veritatis declarandae gratia , 
et imminente tune necessitate, liciter ac rationabiliter Sym- 
bolo fuisse appositam. 

Item in azymo sive fermentato pane triticeo corpus 



15 

Christi veraciier confici , sacerdotesque in altero ipsum 
Doniini corpus conficere debere , unumqucnique sciiicet 
juxta 8uae Ecclesiae, sive Occidentalis , sive Orientalis , con- 
suetudinem. 

Item , si vere pœnitentes in Dei charitate decesserint an- 
tequam dignis pœuitentiae fruciibus de commissis satisfece- 
rint et omissis, eorum animas pœnis purgatorii postmortem 
purgari : et, ut a pœnis hujusmodi releventur, prodesse eis 
Fidelium vivorum suffragia , Missarum sciiicet sacrificia , 
orationes , et eleemosynas, et alia pietatis officia, quae a 
Fidelibus pro aliis Fidelibus fleri consueverunt secundum 
Eccbsise instituta. Illorumque animas qui post baptisma 
nullam omnino peccati maculam incurrerunt, illas etiam 
quae , post contractam peccati maculam , vel in suis corpo- 
ribus, vel eisdem , exutae corporibus ( prout superius dictum 
est) sunt purgatae, in cœlum mox recipi , et intueri clare 
ipsum Deum trinum et unum sicuti est, meritorum tamen 
diversitate alium alio perfectius. lilorum autem animas qui 
in actuali mortaii peccato, vel solo originali, decedunt, 
mox in infernum descendere, pœnis tamen disparibus pu- 
niendas. 

Item, sanctam Apostolicam Sedem, et Romanum Pontifi- 
cem in universum orbem tenere primatum ; et ipsum Pontifi- 
cero Romanum successorem esse beati Pétri Principis Apo- 
stolorum, et verum Christi Vicarium, totiusque Ecclesiae 
caput, et omnium Ghristianorum Patrem ac Doctorem exis- 
terez et ipsi in beato Petro pascendi, regendi et gubernandi 
universalem Ecclesiam a Domino Nostro Jesu Christo ple- 
nam potestatem traditam esse , quemadmodum etiam in 
actis OEcumenicorum Conciliorum et in sacris Canonibus 
continetur. 

Insuper, profiteor ac recipio alia omnia quae, ex decretis 
sacrae OEcumenicaî Generalis Synodi Tridenlinae, sacro- 
sancta Romana et Aposlolica Ecclesia, etiam ultra contenta 
in suprudicto fidei Symbolo , profitenda ac recipienda pro- 
posuit a que pr3cscri[ sit, ut sequitur. 



14 

Apostolicàs et ecclesiasticas traditiones, teliquasque ejus- 
derh Eçclesix bbervationes et constitutiones firmissime ad- 
mitto et amplector. 

ItÊni) sàcram Scripturaiti, juxtc! eani sensum quem tenuit 
et iehec sânctà mater Ecclesië, cùjus est jtidicare de Vero 
àèti^ et ititerpretatione saci-àrudi St ripturârum , açlinitto, 
iiéc ëaih utiqùàm liisi juxta uHanimeM consensum Pàtrum 
accipîahl et ihtérprëtàbbr. 

Prohteor quoque septem esse vere et prenne sacramenta 
novae. îegis a Jesu Cbristo Domino Nostro inb^ituta , atqne 
ad saldtem humani generls, licet non omnia siu^ulis, ne- 
cessaria, scilicet : Baptisn;um, Confirmatibnem , Ëunti^ris- 
tiaii), Pœmtentiam, Extremam Unctionem, Ôrdinem et Ma- 
trimonium; illaque gratiam comerre : et- ex fais Baptismom, 
Confirmationem et Ordinem sine sacrilegio reiterari non 
posse. 

Receptos quoque et approbatos Ecclesiae Catbolicse ritus 
in supradictorum omnium sacramentorum solemni admi- 1 
nistratione recipio et adniitto. 

• . Omnia et singula quae* de peccato originali et de justiFi- 
catione, in sacrosancta Tridentina Synodo defmita et decla- 
rata fuerunt , amplector et recipio. 

Profiteoi pariter in Missa offerri Deo verum , proprium 
et propitiatorium sacrificium pro vivis et defunctis , atque 
in sanctissimo Eucbaristia; sacramento esse vere , realiter 
et substantialiter corpus et sanguinem una cum anima et 
divinitàte Domini Nostri Jesu Christi ; fierique conversio- 
nem totius substantiae panis in corpus , et totius substantiie 
vini in sanguinem, quam conversionem Cathoiica Ecclesia 
transsubstantiationem appellat. 

Fateor etiam sub altéra tantum specie totum atque inte- 
jjrum Cbristam , verumque sacramehtum sumi. 

bonstanter teneo piirgatorium esfic , animasque ibi de- 
tentas Fidelium suffragiis juVari. Siiiiilitér, et Sanctos una 
cum Cbristo régnantes venerandos atque invorandos esse , 



13 

eosque orationes Deo pro nobis offerre , atque eorum re- 
liquiàs esse vonerandas. 

Fînnissime assero imagines Cliristi , ac t)eiparse semper 
Virginis, necnon aliorum Sanctorum, habendas et retinen- 
das èsse, àtque '^is debitum bonorein ac venèrationem im- 
pahtehdani. 

Ihdùtgentiàrum etiàm potestatem a Christo in Ëcclesia 
reUctam fuisse, illarumque usum cbristiano populo maxime 
salutarem esse affirmo. 

Sanctam Gàtholicam et Apostolicàm Romanam Ecclesiam 
bmiiiiirii Ecclcsiarum matrein et magistram agnosco , Ro- 
inàhoque Ponlifici , beati Petii Apostolorum Principis suc- 
cessori ac Jesu Christi Vicàrio , veram obedientiam spondeo 
ac juro. 

Caetera item omnia a sacris Ganonibus et OEcumenicis 
Conciliis ac praecipue a sacrosancta Tridentina Synodo 
tradita , definita et declaràta , indubilanter recipio atque 
profiteor: simulquc , contraria omnia, et scliismata, atque 
baereses quaScumqùe ab Ecclesia damnatas et rejectas et 
anatbematizatas , ego pariler damno , rejicio et anatbe- 
matizo 

Hanc vemm Catbolicam Bdem, extra quam ncmo sa) vus 
esse potest , quam in praesenti sponte profiteor, et veraciter 
teneo, eamdem integram_et inviolatam usque ad extremum 
vitae ^iritum constantissime , Deo adju'ante, relinere et 
confiteri , atque a meis subditis, vel iilis , quorum cura ad 
me in munere meo spectabit, teneri, doceri et pra^dicari , 
quantum in me erit, curaturum. Ego idem Hypatius Pociei, 
protothronius episcopus Vladimiriensis et Rrestensis, pro- 
cnrator supradictorum dominorum arcbiepiscopi et episco- 
porum Rutbenorum , procuratorio eorum nomine et meo 
proprio, ut supra, spondeo, voveo ac juro : Sic me Deus 
a'ijuvet ; et baec sancta Dei Evangelia. 



16 

S 7- 

Tum Ruthenica lingua conscripta, et similiter ab ipso 
subscripta, pro eo lecta est a dilecto filio Eustachio Volo- 
VITIO, canonico Vilaensis Ecclesiae ejusdein linguae perito. 
Deinde Cyaillus epicopus eaindem Orthodoxae Fidei pro* 
fessionem fecit,ad eaindem prorsus formam proutHvPATius 
episcopus feccrat rulhenice scriptam, eo quod linguam la- 
tinam non calleret. àSed, et latine scriptani, ac ab ipso 8ub> 
scriptam , ejus nomine legit dilectus filius Lucas y doctorius 
canonicus Luceoriensîs , bujusmodi sub tenore, yidelicet : 
Sanctissime ac Beatissime Pater, ego humilis Cykillus Ter- 
LEÇiLi f Dei gratia exarcba episcopus Luceoriensis et Ostro- 
siénsis in Russia , nationis Russornm seu Rutbenorum^unus 
eK Procuratoribus Reverendorum in Cbristo Patrum domi- 
norum Praelatorum ejusdem nationis, videlicet : Michaelis 
Rahosa , archiepiscopi uietropolitae Kioviensis , et Haii- 
ciensis , ac totius Russiae , etc. ( Répétition de la même for- 
mule et profession , voy. page lo et suivantes.) 



§ i3. 
Volumus autem , ut prsesentium litterarum transumptis 
eliam impressis, Notarii publici manu subscnptis, et sigillo 
personae in dignitate Ecclesiastica constitui:? obsignntis, 
eadem prorsus fides in judicio, et extra illud UiSique loco- 
rum habeatur, qaae iisdcro praesentibus baberetur, si forent 
exbibitae, vel ostensae. 

§ 14. 

Nulli ergo omnino bominum liceat banc paginam etc. 
nostrae receptionis, unionis, adjunctionis, annexionis, in- 
corporationis, permissionis, concessionis et indulti, infrin- 
gere , etc. 

Si quis autem etc. 

Datiun Romœ apud S. Petrum, anno Incarnalionis Domi- 
nicœ 1 595, (^ecimo kal, Januani; pontificatus nostri anno IF. 



47 



N" IV. — FACULTÉ DONNÉE AU MÉTROPOLITE DES EUTRÉNIINS, 
bE CONSACRBI^ LES ÉVÉQUES DE SON RITE AUX DIOCÈSES VACANTS, 
POURVU T0UT>:F0IS que lui-même AIT ÉTÉ CONFIRMÉ PAIt LE 
PAPE. 

aEMENS EPISCOPUS 

Servns Senroniai Dei. Ad perpetoam rei memoriam. 

Decet Romanum Pontificem eos qui , pravis schismatum 
erroribus relictis , ad sanctae matris Ecclesice unitatem re- 
dierunt specialibus favoribus prosequi, ut iUi in ejusdem 
Ecclesiae Bde et obedientia eo constantius persévèrent, 
quo cumulatioribus benefîciis se affectos esse perspexerint. 

Si. 

Cum itaque venerabiles fratres Hypatius, Protothronius 
Wlodîmiriensis et Brestensis , ac Gyrillus , Exarcha Luceo > 
riensis et Ostrosiensis , Episcopi nationis Rutbense, seu 
Russse, suo et venerabilium fratnim Michaelis, etc y no- 
mine, qui antea cum Romana Ecclesia non communicabant, 
sed , proprii serments et idiomatis usu retento , Graeco ritu 
vivebant, ad Nos et ad Sedem Apostolicam nuper accesse- 
rint,ac tam privato amborum, quam prpedictorura Michae- 
lis archiepiscopi et aliorum coepiscoporum communi et 
procuratono nomine, se et illos in ejusdem Ec^îesiae gre- 
hiium recipi y et tanquam mcmbra suo capiti uniri suppli- 
caverint, ac omnes suos et ipsorum errores, haereses et 
schismata damnaverint, et detestati fuerint, Fideique Or- 
thodoxae professionem, juxta formam Graecis ab hac Sancta 
Sede praescriptam, intègre et ad verbum fecerint et émise* 
rint, Nobisque et Sedi debitam obedientiam et subjectio- 
nem praestiterint, et perpétue praestare premiseriut; Nesque 
nomine pii Patris ipses , universumque eorum GlerUm , et 
pepulum Ruthenae, seu Russre, Nationis in ejusdem Eccle- 
siae gremium receperimus , et tanquam membra in Ghristo 
unitati Ecclesiae restituerimus, et incerperaverimus, rtcpw- 
terea ad Nostratn ergn ipsos charitatçm wagia ostendendam , 

II. A 



18 

o»pies sacras vUus et cœrwionias c/iiibus idem Ai'clUcpiscopus , 
seu Meb'opoiita , Episoopi et Clerus prœdicti , juxta sancto- 
rwH Pûtrwn Grœcàruni instituta, m divinis offîciis, et sacro- 
sancto Missœ sacrijîcio. et Sacramentorum administratione, aliis- 
que sacris fonctionibus titwltùr, dltmmodo veritati etfidei non 
catholicœ adversentur, et communionem cum Roniana Ecclesia 
non excludant, ex apostoUca benigwtate eisdem permiserimus^ 
eoncêsserùnus , et indulsenmus , attaque fecerimus quae in 
nostris sub plambo confectis litteri^ , datis decira.o kalend. 
jatioarii praesentis atioi , plenius cotitinentur. 

§ 2. 

Cupientes nunc eosdem ulterioribus gratiis prosequi, ciini 
proviQâia Buçsiaç, seu Biutbena, longo intervallo a Roinana 
curia distet» çt prqpterea Episcopis, qui pro tempore eli- 
gentur, valde incommodum futunim sit,ad Apostolicam 
%^ein pro suae eleçtipnis çonfirmatione açcedere,seu etiam 
aJI/Qsj qui eorimi noniine hujusixiodi confii*mationein pétant « 
adeamdeinSe^em transmiuere,eorunvinbac parle commo- 
des et Jndemnitati , quantum cum Domino possumus, con- 
sidère tolentes; toiotu propnoet ex cerla scientia nostris et 
S^ciis 4postolicae potestàtis plenitudine, bac nostra perpetuo 
valitura consti^uUone/ statuimus et ordinamus ut, quando- 
cUmque post^iaç aliquas ex prsediciis eo^um Catbedrabbus 
^clesiis, seu sedibus.Çpiscopalibus, Wlodimiriensi nimi- 
r|Ç^ Qt Br<2$tensi iuvicem , I^uceoriensi et Ostrosiensi etiam 
i/Dviçem, pplocensi et; Viiebscensi etiam iniricem, Promis- 
JUensi et Samborieosi similiter invicem , Chelmensi et Bel- 
sensi etiam invicem , Leopoliensi et Camenecensi etiam 
invicem perpetuo , vel abas unitis , seu annexis , pastoris 
fiolatio destitui) aut quovis modo vacare contigerit, is qui 
Âi4 4i<^tas ecclesias pastoris solaiio destitutas, seu vacantes, 
jux^ morem eorum, seu modum illis permissum, electus , 
seu nominatus fuerit, a pra^dicto Arcbiepiscopo Metropolita 
Kioviensi ac Halicicnsi nunc, et pro tempore existent!, 
auctoritate et nomine Sedis Apostolica* confirraari, vel iiis- 



49 

titui, elquc muniiR consccrationis impendi po<;<;it et debcnt , 
ac lit sid electns,seu nominatus, et confirMatus , vcl insli- 
totus, ab eodem Archiepiscopo Metropolita, vel de ejus 
licentia ab alioCathoIico antistlte ejusdehi Natiobis, {^ratiani 
et communionem Sedis Apostolicae babente, duobiis vel 
tribus allis communionem babentibusassistentibus, munus 
Consecrationis htijusmodi sascipérè , idemque ahtistites illi 
dictum' inunus impehdere valéànt. Siiper tfùo ipsi tâm in 
Episcopahi pro tempore electo, seu nominato, et confir- 
mato, quam Arcbiepiscopo Metropolilae pro tempore exis- 
tenti, plenam, amplam et libernm potestatem et facultatem 
per présentes concedimus et induigemus. 

§ 3. 

Veram cum Sedes Arcbiepiscopales , seu Metropolitaoas 
ecclesias Kioviensèm et Haliciensem prsedictas 'similiter 
invicerh pérpetuo^vel alias sive annexas per obitum' vel 
alias quotis modo, quandocumque, tam forsan in Romana 
ouria,'quara extra eam ubilibet. pastori» solatiô destitui, 
seu vacare contigerit, volumus, et pari motu atqne aucto- 
ritate perpetuo stiatuimùset ordinamus ut is qui in Arcbi- 
episcopum , seu Metropplitam, juxta eorum morem, seu 
modum illis permissum, pro tempore similiter electus, seu 
nominatus fuept, electiopis, seu nominationis suae eon- 
firmationem , institutionem seu provisionem, necnon et 
muneris consecrationis licentiam', a Nobis et n Romano 
Pontifice pro tempore existente , petere et obtinere omnino 
teneatur et debeat. 

. § 4. 

Volumusque, et similiter perpetuo statiiimus, ut litlerae 
confirmationis, seu institutionis, et provisionis luijusmodi , 
et licentiae praedictae in eadem Cnria per officiales ad 
qno8 speclat, per viam secretam gratis expediantnr. De- 
cernentes sic et non aliter por quoscuinque indices et 
Commis;<;arios qnacnnirpie aiiloritato et (li;;ni(nlf fiil^enfe^, 



20 

suLIata eis aliter judicandi et iïiterpretandi facultate et 
auctoritate, judicari et definiri debere; irritum quoque et 
inane , si secus super his a , quoquam quavis auctoritate 
scienter vel ignoraoter contigcrit attentari. 

§ 5- 

Non obstantibus quibuscumque Apostolicis, ac in uni- 

yersalibus, ProvincialibMsque, et Synodalibus conciliis edi- 

tis gëneralibus , vel specialibusconstitutionibus, etordina- 

tionibus apostolicis, caçterisque contrariis quibuscumque. 

§ 6. 

Volumus autem ut, praesentium exemplis etiam impres- 
sis, manu Notarii publici. subscriptis, et sigillo personae in 
dignitate ecclesiastica constitutae obsignatis, eadem prorsus 
fides in judicio , et extra illud ubique locorum babeatur, 
quae baberetur eisdem praesentibus , si essent exbibitae vel 
ostensae. Nulli ergo hominum etc. Nostrorura statutorum , 
ordinationis , concessionis , indulti, decreti et voluntatis 
infringere, etc. Si quis, etc. 

Datum Romœ apud S. Petnim , anno Incarnationis domi" 
nicœ iSgS , Fil kal. Martii; pontificatus nostri anno quinto. 

ï*' V. — QUATBB JEUNKS GENS DE CETTE PARTIE DE LA NATION WiV- 
THÉNIENNE QCi SONT BBVENVS A L'UMTÉ DE L'ÉGLISE, SERONT 
A L'AVENIR ET A PERPÉTUITÉ ADMIS ET ENTRETENUS AU COLLÈGE 
GREC DE ROME. 

PAULUS PAPA V. 

Ad perpetnam rei memoriam. 

Deret Romanum Pontificen» eos , qui pravis schisniatnm 
erroribus relictis ad sanctœ Matris Ecclesiae Caibolic-e Ro- 
mane unitatem, et crr>miunionein redierunt, specialibus 
favoribus, et gratiis prosequi, ut illi in ojusdem Ecclesiae 
fide, et obedientia eo constantius persévèrent, quo cumula- 
tioiibus bencficiis se affectos esse perspexerint. 



21 " 

§ I. 

Quapropter, ut Natio Rutheaa, seu Russa Bde catholica , 
ac sana» etorthodoxa doctrinamelius, et commodius im- 
boatur, providere volentes, supplicationibus etiam Yen. 
Fratris Josephi Archiepiscopi Kioviensis et Ualicien.Totius 
Nationis Metropolitse Nobis super boc buiililiter porrectis 
inclinati; quod de caetero perpetuis futuris temporibus 
qualuor dictse Nationis, ex iis scilicet, qui ad praedictam 
uoitatem redierunt, adolescentes in Col]egio Graeco de 
Urbe praedictam ob causam recipi, et admitli, 'bique ad 
instar aliorum dicti CoUegii Alumnorum ali , et teneri , ac 
in discedentium loca , alii ejusdem Nationis substitui de- 
béant, apostolica auctoritate, tenore praesentium , conce- 
dimus, et indulgcmus. 

Injungentes propterea Ven. Fratri nostro Benedicto Epi- 
scopo Sabinensi Gardinali Justiniano nuncupato , et pro 
tempore existenti dicti Collegii Proteclori, ejusdem vcro 
CoUegii Rectori caetcrisque, ad quos spectat, in virtute 
sanctae obedientiae ,ac sub arbitrii nostri pœnis mandantes , 
ut quatuor adolescentes hujusmodi in dictum Collegiuui 
juxta tenorem praesentium admitti faciant, et respective 
admittant) illisque, acin discedentium loca usque ad prav 
dictum numerum ex dicta Natione pro tempore subsd- 
tuendis faveant, et assistant, ac instar aliorum Aluiimu- 
rum sine aliqua prorsus differentia tractent. 

§ 3. 

Decernentes praesentes litteras validas, Himas, et effi- 
caces existere, et fore, suosque plenarios, et intègres 
effectus sortiri , et obtinere dcbere , ac irritum , et inane , 
quidquid secus super bis a quoquam, quavis auctoritate , 
scienter, vel ignoranter contigerit attentari. 



w>w) 



Non obstantibus Constitutioaibus, et Ordinationibiis 
A|[H)stoircis ; kiec tibà 'dlcti C6llé^ii, etiam jurâmetito, con- 
ftrmàtlbiie Apôstélica^ vèl iquàVis fihhitate élia^ roBoratis 
Stâtulli-; et CôtiétiëtUdinîbàs , privil%iis qùoqae; InduItiSf 
et Ktlêris ApoétoKcisi'ri côhtrarî'diin prdebiissorum qnomodo- 
l(l>ét bbhcèaléSs; cbbfiirmatSé , et ititiovéti^L Qùibo's omnibas , 
et sîn)àràlis, ebriith tenor'és pra^âehtibus pré expressis ha- 
bentes; Hlisialîàsih sb6Vobore pérmàhsùHs , hac Wce d\in- 
tâxat ^pécialiter; et expresse derogamus, caeierisque coh- 
tniHU qjtiibuécomque. 

Dtttîirh Romœ apiidSanctam Mariam Merjorem, sub amiulo 
jnscâiàris , dit 2 Detembris 1 6 1 5 ; ftontifiaitus nostri amo 
nkdécimo. 

!Vo VI* — INJONCTION FAITE AUX RELIGIEUX DE L'ORDRE DE SAINT 
BASILE D*OBSBRVBR FIDÈLEMENT LB RITE ET LA LANGUE GRECS. 

0ENE3MCXUS PAPA XIV. • , 

. Dilecti fiUi, salatanelapouolicambenedictionein. ( 

Eisi piénuàsudi tis^^dius , prbeclari Ordînis vestri in Ca- 
tholîc^ Cbclesâ cé1él>bH*imi râdôhës et institota, quae ad 
geùéiralîâ Icôiôîîtîà t6s accîVeWht, vos étfàih, dîlécti fiKi, 
satis admoji'érè, qtiâ cnrà; itjùa âolërtiâ, qua chantâtes qtio 
zelio omtiia Religîoiih veétHe nego'tîia peragéndà sunt; ad 
sStijgulââ^îâ âîneB dBstrani ërgâ eaihdem ordineni vestram 
benevoteinfêàuiîi vo^î^ co^n^ons^randam , laicerë non ^ossa- 
nitis'j <^in CbitimoHitii vestroirum istndia ad cônfinniEindain , 
augendamque r^;hfâi*ebi di'scîpitnam pâternis nionitis iexci- 
temus. 

Ac primum quidem , Dilectî filii , a vobis exposcimus , et 
vebeWentèr Vos Kbirtàtnutj bt cbmmtiiÎTbuà animis imum 
Deiim pràé ocalis bibiehtés^ eiim laùdàtissimb Ordiiii Vestro 
Abfêieih Getié\r^eni priseîîceVe é«ita(i;^tts, qui irit'er càeterôs 
Abbât*èè , ad qtîos spécial , priidenlia , dôctriiià, att^iîJe eme- 
rilis religiosae vîlae çtîpendiîs pn-eccirens , reRulârehi disci- 



2.% 



„l,„a.,. excnpU. Bccendat, char.ute loveat, aucto.iuie 
SlDe Je vero ,rov.de„ua™. "'»"Xre;inV 

aut dégénères a prislina religione mot?» Irrepserfnt. sala 
tarîbus statutis emendare sludeatu. , 

GrcL Ecclesm BUus, poil tôt, tam,ae ^""^J^ 'rTud 
siœ Gr^cc ab luerelicis, et schisn,aticis pertu^t' «.ces, ad 
Zc^.u,ue tempcm in eo servatur; oportetut O'nnemJ'ram 
stuid^ue 4-^tis , ,«0 idem Grjecu. Rtus, «t^-^^P- 
stolkœ W« prœcepta, at^uc in GenemlAus C'P^'^ 
Diœtis Ordinisve/ri décréta, deinceps integr'us custoduaw-. 
Zpropter Nos, .,uibus nu,.i,ne corii est. ni exacta ejusdem 
gSL cJto'dia in mnasteriispro RituGr.co constU^^ 
Mperseveret. vobis Dilec.i ^1' ■ Apo^'ol..^ auctonm.e 
nos^fnjuDgimus, et mandamus , ut omnia, et sm6ulal.u 
,Si décréta ad a„«um .sque mU.esimuto sepU.gen- 
tesimum quadragesimum secundum ed.u. .terum mCàp - 
„ o Geuel.!-. qua»pri.num per .os celebrando renovet^ 
confirmetis , et omnlno servanda dismcte F-'P^^'^J^;^ 
in^ovos certiores esse cupùnus, Pontifie,. '""'"^^""J^^ 
perratum.iucundunujuefuturum, si in '-^^ ''-'"J^'^^. 
%Lali novas ,uo,ue, co..en,aneas,ue e.dem G^^co^ ««« 
magis magUque stabiliendo , provehendoque , Ordmatu,nes 
Constitutionesqueprœscripseritis. „„,„,„. 

Praterea, ut paterni animi nostri sensushac super re vo- 
bis testatioressiDt.volumus itidem, atque praecp.mus Ot 
Abbates Monasteriorum Gr«ci Ritus, euams. ">"°«J*"»' 
et officlis, vel Proeuratoris Geuen.Us, vel V.s.u.t6ns^el 
DeBnitoris Oenenilis fungantur, ad M.ssam '»^«" «"^ 
Graeco celebraudam teneantur sub scver.or.bus Eccles.as- 
ticis pœnis, etcensuris. etiam privationis munerum, et 
officiorum, et privatiohU vocis activa , et P«'^» ^ • T;«°;'f 
,„od„... i.. DiiOta i„ bac «bna C.bc .,ost.a anno MnClAlH. 
habita p.;esc.ii,in..., ordinal. p.c fuit. l-.a.... pa..lcr 



24 

obligationi Missam Ritu Graeco célébra adi , et pœnis, ac 
censuris ohnoxioscsse déclara mus, etraandamus, Priores, 
et Magistros memoratomm Ritus Graeci Monasteriorum , 
cum una, auC dux Miss», quae Latioo Ritu juxta Aposto- 
licas coDstitutiones in ipsis Ritus Graeci Monasteriis, in 
quibus sex Tel plures Monachi reperiuntur, celebrari pos- 
sunt, per Monachos simplices, ut dicitur, non graduâtes 
celebrari debeant. 

Denique volumus, et mandamus, ut omnia, et singula 
Décréta, et Statuta tam in antecedentibus Capitulis Gene- 
ralibus, et Dixtis pro stabilitate, et fîrmitate Graeci Ritus 
condita, et ordinata, c(uam ea simul, quae in Capitulo ntox 
celebrando pro dicti Ritus Graeci manutentione fieri , et 
praescribi contigerit) post Capituli hujusmodi celebratio- 
nem ad Nos deferantur, ut quo firmius substent, et ser^en- 
tur exactius, ApostoHca auctoritate nostra approbemus, et. 
confirmemus, et inviolabili Apostolicae fîrmitatis patrocinio 
inuniamus. 

Porro facile Nobis persuademus , vos probe intellecturos ex 
lis , quœ ad custodiendwn y confirmandwnque ^ in Ordinc vestro 
Grœcum RUwn prœscripta sunt , opus esse , lU Grœcœ linguœ 
peridam^ non dlam quidem levem, et extimam, sed illam ver a 
perfectam , f.l omnibus nwneris ahsolutam , ad sanas candidas- 
que auctoram sententias cuUendas necessart'am , ediscalis , et 
comparetis; ac proùide, ut in hujusmodi studium Grœci idio- 
nuitis pro viribus incwnbatis , etiam atque etiam adhortamur et 
incitamus. 

Intérim ad prosperi successus, et caelestis praesidii auspi- 
cium Vobis, dilecti filii, Apostolicam Renedictionem, stu- 
diosae nostrae erga Vos voluntatis pignus , peramanter iui- 
pertimur. 

Datum Romœ apud Sanctam Mariam Majorem, sub annula 
Piscatoris, dkXXAprilis MDCCLI; pontificatus noslri amir 
Undecimo, 



25 



IV« VII. — VENBA4BILI FRATRI ANTONIO CA4IMIB0 EFISCOrO 
LIVORiBNSI. 

CLEMENS pp. Xm. 

VeDCk*4bilis Fraler, («latem et apostolicam bcncdictton^ai. 

Quantum anitno simt> s perturbât! , propter eas /ractioneSt 
sive, uti vocant t'/*vcrsaies , quas dilectissiinus in Christo Fi- 
lius Noster Carolus in ingressu Gurlandici DucaCus jureju« 
rando ser>'aturum se fore adpromisit, Tuae sapieniiac erit, 
Venerabilis Frater, existiraare : sive euim earumdeoi noyita» 
tem, sive exemplum aliis ad Catholicorum jura evertenda 
in iis proditum cum anime recogitamus, omnia suot ejus* 
modi , ut gravissimum inde Ortliodoxain Fidem nostram 
vulnus accepisse videamus, ex que magnum equidem do- 
lorem hausimus, sed non tantum adbuc, quantum pro im- 
posita nobis totius Christiani Gregis custodia videmur 
debere non dissimulabimus , tamcn solatium aliquod aegri- 
tudini Nostrae afferre virtutis Tuae opinionem ac studium 
catholic^ Fidei defendendae , quo flagrare Te audivimus , 
ut tantum dedecus Catholicse disciplina; inflictum obpieatur. 

Ad Te enim maxime pertinet , oves illas signalas san- 
guine Gbristi , quae sunt ex Tuo Oviii , ab bostium insidiis 
tueri, ea cum libertate Episcopo vere digna, qiiae decesso- 
res Tui usi fuere. Quod si ultimus ex iis nonnullisab bine 
annis palam conquestus fuit, Gatholicae Religionis jura in 
Gurlandia periclitari , eaque propter desideria Ecclesiae sux 
in Gonventu Venerabilium Fialrum Poloniae Antistitum ex- 
posuit ; quid Tibi modo agendum- ei 't , cum istbccc ob pacta 
negiecta prorsus ac feru^- pessumdata fuerint. Certe tempus 
nufiC est f non desideria modo y sed laaymas atque suspiria 
e^em^t^illudquepropterea diligcnter, ac fortiBter efficiendi, 
quod Venerabili fratri Nicolao Metelinae Arcbit»piscopo , 
Nostroque Apostolico Nuncio principio rescripsisti , Te sci- 
licet omnem motunim Inpidem , ut macula haec Catholic.v 
profession» inusta deleatur, et vero eiiam Tu.t ipsius Epi- 
scopalis jurisdictionis damnum sarciatur \ qua qiiidem iu ro 



neque ininuetur, ncque tcpescet sauclissinius urdor istu 
Tuus, queniadmodum Divina miseratione fretinonfidimu';. 
et quantum pOaVùÀi'us iiî pôminq veheménter inônernùs. 

Nos quidem ne impositx Nçbis Apostolicae servir.uti de- 
Hceremus, liuerasdedimuscarissimo in CbristoFiHo Nostro 
Poloniae Regt illustri, ejusque secundum carnem , Nostro 
a'ùtem ïn Christd ganter ditectiseiino Filio Caroio Curlun- 
diae I)aci,'<î'edînias etiam ad ven. fratrem Archiepiscopun» 
Ghéànensein , quibus dilîgentissime hortati sumus , atque 
etiâik obsecravimus . ut ^àtrôcinium veritatis suscipia/it , et 
ad prbpuléérridam illatam Catbûlicae Beligioili injuiiain, 
orani Sua ope-, atqùe auxilio adesse velint sicuti arctissima 
istius H'eipuDlicae cum Apostolica Sede conjunctio, ejusdem- 
que ^irsèstantissimi Régis optîmique Filii ireligiosae' mentes, 
et siricè)^ piètas postàlàht ; sed in fraternitatem Tuam bcu- 
los ànin^ùmque Nbstrubi in primis convertimus , etenim 
Diœceséos Tuiae causa agitur, cum qua Gatbolicse Reli]gionis 
Dignitateiît cobsbcîaiam esse intelligrâ 'y quatre incùmbe , 
Véberabilîs Fraltt* in eam curam , et cojgitationem , quie 
maxima omnfum tibî esse débet , ut aliqua ineatur ratio 
Gatbolicae rei in pHstinum locumrestituendae nunc maxime, 
dum instat jam et adpropinquat Comitiorum tempùs , quae 
in indyto isto Regnobaberi soient: quod quidem si nayiter 
ac sedulo aggrediaris, déderitque Dominus incrementum 
laboribus Tuis, nibil giatius Nobis , et Apostolicae buic Sedi 
contingere poterit, qiiamquam illud volumus^ ut in toto 
boc hegotîo, non Nos ipsos et gratiam Romanae Sedis tan- 
tunt i sed potissimum Dei optimi maximi unicum ac verum 
cultam , sarictâm EccTesiëbi Cbristi sanguine fundatam in- 
tuearis, atque interea A^^bstolicam Benedictionem ^era- 
manter largimur. 

Datum Ràmœ apud Sanctatn Mariam Majorem, sub annulo 
PiscatoriSy die \^ Àprilis l'jSo', pontijîcatus Jiostri anno se- 
cundo. 



27 



^o Vllt* — CARiftSlMO IN CHMISTO FiLIO NOSTHO Al'OVSTO 
POLONIAE REGI ILLUSTRI. 

CLEMENS pp. XUI. 

Cariuime in CbrUto filii Notter, Mlolem et apoitollcatu benedictiooem. 

MoliiloViensem Ëcclesiam ab Archiepiscopatu Polocénsi 
Scliisiiîatièoirum opéra, qui adhibitis Moschonim officiis, 
eàîo^ à mutco teinpore ikivaseruDC, diu est, cum Apostolica 
Se'aés dej)lbrat avulsam. Nam fel. rec. Benedictus XIV àd 
tle'giam Majestatem tuam , et multo anteà Benedictas XIII, 
àd gloridsse Mem. Aùgustum Regem inclytumPatremtûum 
quer'elas ea de re suas detulerunt. Sed modo cobni tum 
temporis bëllorurb motus, modo, quse a Moschis ojppone- 
bant^ir, fonhîdines, vestra de illo Episcopatu a Schismatico- 
1 uiki mànibus vindicando , semcl atque iterum praeclara frc- 
gerë'cbhsîlia.rîuncautem Ven. FraterJason Archiepiscopus 
)^oIbcè^8is bccâsionerh , ad quam isemper fuit intentus obla- 
itaîn sibi ëxUbmàt ; Mokilôwiensis Episcopatus l'ecupei^ndi, 
cùiïi èjus E'cdesîàe invasôrem Petropolim accersitum , famà 
est illinc noii amplius discessurum : ab eo tamen interea 
sbllicttàri Scbismaticum quemdam nomine Szinichi Szegv- 
menum Mokilowiensem, ut a regia Majestate tua ad eam Ëc- 
clesiam studeat se nominari. Et Nobis quidem ipse Arcbie- 
piiscopiis litteras deJit , quibus Nos impensissime Vogat, ut 
Nostrà apûd tlegiam Majestatem tuam adbibeamus officia , 
ne cuiqùaiii interea Scbismatico Regiac nominationis Di- 
ploma concédas, dum ilîe temporis spàtio, quod illi pr.ie- 
finieris, ea documenta possit conquirere, quibus explora- 
tissima sua in illam Ëcclesiam jura conBrmet. Hoc ille a 
Regia Majestate tua postulat, quo nibil aequius petere po- 
test, nibil moderatius. 

Verum Dei causara ipsi Nobis deserere videremur, si 
Regiam Majestatem tuam ad tantum vulnus Mokilôwiensis 
Eccresiae tum vêtus lamque pestiferum, quovis adbiblco 
medicaniento, sanandum non exci'taremus. Nec (quod pos- 
tulat Polocenpis Archiepiscopus) Majestatciu tuam rogamà? 



28 

ul tantisper, dum ille Ëcclesiae sax causam instruit, schis- 
matico postulant! Regiam nominationem retardes, sed Re- 
giam tuam in Deum fidem tuumque in orthodoxam Reli- 
gionem flagrantissimum studium obtestantes , Majestatem 
tuam quam maxima animi Nostri contentionc obsecramus, 
ut DuUi modo cuiquam unquam Catbolici nominis inimico 
nominationis diploma concédas, r^e, quaesumus, patiarc 
ampliusy carissime in Chris to Fili Noster, lupos in illum 
Gregem grassari et strages diutius edere. Satis cladium in 
auinias Chrisii Sanguine redemptas per hoc très et sexa- 
ginta annos illatum est, ex quo Schismatici in misei'am 
illam Ecclesiam imierunt. Est igitur Regiae pietatis et in 
Orthodoxam Ecclesiam laudatissimi zeli tui, dato diplomate, 
privilegiis Ântecessorum tuorum inbaerente , Mokilowien- 
sem Ecclesiam e Schismaticorum, quo a tam longo tenipore 
premitur jugo subductam, polocensi Archiepiscopo resti- 
tuere : tuaquc praecipua laus erit tam multas animas, ex ore, 
e faucibus Diaboli ereptas, ad Gregem Domini reduxisse. 
Haec pro pastorali Nostro munere , non s^ne magna animi 
Nostri soUicitudine , Majestati tuae scribere voluimus , ea 
Nobis proposita spe futurum, ut, hac Apostolica cohorlatione 
Nostra,digni pietate tua fructus existant. Denique, Ma- 
jestati tuae omni paternae nostrae erga illaà. cbaritatis sensu 
Apostolicam benediclignem amantissimc impertimur. 

Datum Roniœ apud S, Mariam Majoremy siib annulo Pisca- 
toris, die IV decembris 1762; pontificatus nostri anno quintn. 

!Vo IJL.— CARISSIMO IN CHRISTO FILIO NOSTRO STANISLAO AliGUSTO 
POLO!«IAE ILLU8TR1 REGI. 

CLEMENS pp. XIII. 

Carissime in Chritio bli Nosier, •alutem et apostolicam bencdiciioueni. 

Ubi primum regiam Majestatem Tuam Polonicum re- 
0num adeptum esse intelleximus , quantopere tibi tuisque 
studuerimus rébus, arbitramur abunde satis tibi perspec- 
tum. Et Nobis quidem ab eo temporc tua dignitas cara fuit 
majorem in modum et ainplitudo, le enim existimavimus 



29 

catholicx Heligioni fiuuruin honori et ornamento. Nec 
nostra Nos fefeliit opinio. Nam in novissimis comitiis ipse 
aeque atque inclyta ista Natio luculenlissimis cômprobastis 
indiciis egregium Vestrum erga catholicam Ecclesiam stu- 
dium, firmissimamque in vera Beligione constantiatn. Et 
in ea quidem re, vestra omnis agendi ratio apud omnes, 
quotquot sunt Catholici nominis, maximam ypbis peperit 
gloriam, et incredibili Nos gaudio complevit. 

F'ero omnes ejecit ex animo Nostro lœtitias quam rei catho' 
licœ apud vos audivùnus parari pernici'es , et nova nos terrent 
quœ vohis conflantur pericuta ad perturbandum Jiorentissimi 
regni Nobisque carîssimi tranquillitatem. Quamobrem ad mi' 
sericordiaruni patrem et totius consolationis Deum confugimus, 
eumque in humilitatc cordis nostri vivissimis precibus oramus 
et obtestamur, ne patiatwr venire gentes in hœreditatem suant , 
ejusque sanctum templum polluere. Dissidentes enim patrias 
snnctissimasquc leges refigert , et cum vestrae reipublicae 
statu ipsam conantur evertere Re/igionem ; sibique potcntissi" 
monim principwn ndscito patrocinio id maxime student , ut 
ex verae Religionis , quam Deibeneficio tam sancte colitis, 
detrimento privata sibi commoda et militâtes quaerant, < ni- 
liil verentcs privatarum rerum suantm studio ipsam niatt'em 
suam rempublicam prodere , camque fwiditus evertere » . Et 
cei'te f 5i (quod Deus longissime probibeat) consiiia sua aii- 
quando perjiciant^ oinnia isthic videbimus plena odiorwn et 
discordiaimm , ut non amplius starc respublica , nec nisi ejus 
cversionem expectarc jitbet divina illa Christi Domini vox , 
« Omne regnum in se diviswn desolabitur. » 

Tu autem, caiissime in Cbristo fili noster, quap lùa est 
egregia religio singularisque sapientia, fallacibus dissiden- 
tiuin rationibus, quas videri volunt ex communi petcre 
utilitatc, mmquam paliere te decipi. Este enim ut ex natio- 
nibus exteris a catbolica religione alienis adventitii bomi- 
ncs , libi siiLditorum numerum abquantulum augeant , 
aique etiam plura commoda regno alluturi prima fronte 
videnntur; qnanlulse isiae sunl utiliiates, cum bomines bu- 



30 

jusniodi , surnptis a^iquando viribus, et nimio potcntiorc:; 
facti, tranqutllitatein i^âipublicae perturbayerint : Nos qui- 
dem niiaime existimamus eo5 principes, qui ^issidentibus 
i^yeat, daturos unquam opcram ut emissa concordja , rçs- 
put>Uca vestra ç^epique conçidat. ià, sqspiçari Nos vetat 
eorum sapientia et justitiae auior et aniini magnitudo ; 
etenîm probe sqiiiQt non in ep positam esse suam gloriam , 
ut innoxiis genti|)u$ le^es imponant, sed illud sii>i esse 
maximae laudi, si eoru'm opéra in singulis quibiisquç na- 
tionibus sua çnique publica tranquillitas constet, atque 
secu^itas, leges.vigeant, seditiosi homines et noYandanim 
rerum çupidi coerceantur. £t quemadmodum vestra res- 
pu^Uca 6nitiiiioruni regnorum jura ne cogita tione quidem 
au4e;t infringere, ita nunquam egregii principes patientur 
vestrx reipublicae jur^ ab ipsis ejusdem reipublicac civibius 
labefectari ai^ue perrumpi. 

3,çd bxc tibi, carissime in Cbristo fili uoster, ut tempo- 
rsdium renini custodi et gubernatori consideranda relin- 
quimus. Quod unice ad Nos attinet, illud est, ut Jesu 
Cbristi Domini ^ostri verba illa in tui meinoriam rediga- 
mus : (^id prodest homini, si mundwn wiiversum lucretw\ 
animœ vero suœ detritnentiun ^patialur ? Teque se^u^o mo- 
neamus, quidquid catbolica Religio ex animi tui seu potius 
ministrorum tuorum raollitudine acceperit detrimenti , id 
omne aelernum judicem vobis ioiputaturum , vosque non 
vestrae modo, sed omnium istius gentis animarum rationem 
illi esse reddituros, cura eorum sanguinem de vestra requiret 
manu. Sed quœ adhuc regia Majestas tua et inclyta Polono- 
rum orthodoxa natio edidistis catholicœ Religionis defendendœ 
constantisiimi animi exenipla, cohortationem hanc nostram 
longius progredi vêtant, eamque si paulo vaiidius wgeremus , 
vehementer vereiemur ne tibi tuœgue religioni injuriant facere 
videremur. Portasse, quod aiebat Moyses Israeliiis : « Tentât 
vos Dotninus, ut palamfiat, an diligatis cum, an non^ in toto 
corde et in tota anima vestra. Dominiun Deuni sequimini et 
ipsuni timete , et mandata illius custodite, et aiidite vnceni 



ejus : ijjsi servîetis et {psi adhœrebitis. » I laque, carissi me 
in Christo fili noster, ponito in Deo nostro speni tuam , 
€ ffid de tantis periculis nos eripuit et eripit , in quem spera- 
mus quoniam et adhuc eripiet, » neque enim abbreyiata est 
manus Domim et Omnipotcntis, quin omnia qua?cumque 
voluerit faciat. Atque ille quidem, cujus voluntate inclytae 
istius gentis reg^end.ne tibi delacam est munus, çum et fa- 
cultatem tibi itidem dabat ut eam bene sapienterque re- 
gere,etaccep*^in a gloriosissimis praedecessoribus tuis hœ- 
reditatem conservare féliciter queas. £t regiae Majestati 
tuae, quam ic nostrae cbaritatis gerimus sinu , Apostolicam 
benedictionem amantissime impertimur, Z>a/um Romœ apud 
S. Peinan, sub annula Piscatoris , die décima aprilis 1767; 
pontijtcatus nostri anno nono, 

IV* X.~VENBRABILIFBATBI GABRIELI ABCHIEPISCOPO GNE8NEIS8I. 

CLEMENS PP. Xlil. 

Veaerabilit fraler, aalutem et aposlolicaai lienediclioncn). 

Guni catbolicae fidci videamus in die muliiplicari perl- 
cuIa,attentiore!» usquc nos facit instantia nos,tt*a quotiuiana 
et sollicitudo omnium ecclesiaruni , ne in vinea Domini ab 
inimico bomine superseminenlur zizania , quibus electu 
frumenti gnina opprimantur. Itaque , ut bonus pater-fami- 
jias et prudens, ad universaî Ecclesiae custodiam vigilantes, 
Nostri esse muneris arbitramur venerabiles fratres Episco- 
pos identidcm appellare, ut de iis quœ sibi quisque eorum 
opus esse existimet anxiores nos faciant, quo collatis opi- 
bus et consiliis zizania ro.dicitus evcllamus quae terram 
impediunt, quo minus temporibus suis fructum centupluin 
ferat. 

Quantani consolalionem Nobis attulcn't exitus comitiorum , 
quœ novissimc liabuit carissùna Nos'ra Polonorum respublica , 
neinini judicamus esse pérspectum magis quant Ven. Fratribus 
EpiscopiSyquiy erga suwn quisque gregcm charitate flagrantes ^ 
sentiunt, quœ quanlaque sit in ovcs sibi commissas vis pastoralis 



amoriset magnUudo. Quod enimf-uit noatrianimi gaudium, cum 
actepissemus , tanta animorwn consensionef tanta firmitudinc 
atque constantia, omnes inclytœ nalionis ordines ad catholkam 
Reltgionem in is(o regno constabiliendam certatim omnia studia 
sua contulisse. Fidimus in ea re , magna cum animi nostri lœ- 
tHia, quanta sediditate, vigUantia, episcopali charitate et zelo, 
poloni Episcopi concredilum sibi gregeni pascant etpaverint; 
et ovium laudavimus docUitatemy quœ,y pastorwn tantummodo 
vocem audierunt, eisgue ad salutaria pascua deducendas se 
permiserunt. Infiliis suis (ait Sapiens) agnoscitur vir, etjitius 
sapiens doctrrtui patris. Quamobrem in humilitate cordis 
Nostri Deo gratulati sumas, quod Vos fecerit dignos, qui 
gloriosissiroum catholicae Ecclesiae testimonium perhibere- 
lis, € utfidesvestra nwic annuncietur in universo mundo. 

Sed incrustabili judicio suo Deus noiuit eam lactitiam No- 
bis esse perpetuam. Incredibilis enim molestia nostrum ani- 
mum cepit, ciim accepimus Religioni strui novas insidias, 
sollicitari vos, ut animo siiis in posterum flexibiliore, novis 
pericnlis statiim reipublicae vestrae circumsideri, parum fir- 
mam esse tranquillitatem cjus et pacem ; agitari denique 
consilia, ut patriae sanctissimaeque leges convellantiir. Qtise 
omnia nos habent vebementer sollicites : et quae nunc ves- 
tram rempublicam premunt participes aerumnarum , dole- 
mus maxime in tantum adduci periculum Polonici regni 
statum et formam , cum qua ipsius catholicae religionis in- 
columitas conjuncta est et integritas. Sed ànimo minime de- 
spondemus ; Nosque consolatur bealissimi Apostoli exem- 
plum , qui in adversis ipse se ita sustinebat : Tribidationem 
palimuTy sednonangustiamury aporiamur sed non destituimw., 
persecutioriem patimur, sed non dereUnquimw\ dejicimur sed 
non pcrinius. c Adeamus igilur tuque et caeteri in iriclyto 
isto Regno VV. fratres cum Fiducia » ad thronwn gratiœ , 
Deum inclamemuSf quipotens est salvarc vel inpaucis, etom- 
nem solUcitudinem nostram projiciamus in eunij quoniam ipsi 
cura est de nobis. » Omnis enim causa haec Dei est, c^jus 
propterea ipse Deus erit defensor et vindex. Et magna qui- 



dem Nobis speà est fiituruiii , nt liafc tentât io vcstr.ie iii 
tuenda Religionc Constantin et firmitudini maximntn pa- 
riât gloriam. 

Te vero, ven. frater, cujus exceisa dignitas magnain in 
isto regno fraternitati tuse tribiiitauctoritatem, obsecramus, 
ut Coepiscoporum excites nunc maxime zelum atque pieta- 
tem , quo flagrantissimis orationibus quisqne suis a Deo sibi 
vim precentur, et in verbo virlutem, ut grèges suos conHr- 
mare possint in doctrina sana, cosque ad \eram excitent 
pœnitentiam, qua Déi iram et indignationem ab isto regno 
avertant. Illud autem in primis vos maxime admonemus at- 
que rogamus, ut observetis eos, qui dissentiones etoffen- 
dicula praeter doctrinam , quam vos didicistis, faciunt. Et 
quos oportet intereaarguere,obsecrari, increpare, inomni 
patientia et doctrina c haec sunt pastorum partes praecipuse, 
quas si impleverint , et grex eorum salutaribus vocibus se mo« 
rigerum praebet, nibil a misericordia Domini Nobis non 
pollicemur , cujus longanimitatem salutem denique arbitra- 
mur. Et fraternitati tuae , et universis istius regni VV. TT 
Episcopis , et orthodoxœ Polonoruni genti ob egregiam religio-* 
nem etfidem gloriosissimœ et inclytœ , intimo Nostri paterni 
cordis affectu Apostolicam benedictiv^nem peramanter im- 
pertimur. Datum Romœ apud Sanctam Mariam Majorem sub 
annulo Piscatoris, die décima octava Aprilis millesbno septin- 
gentesitno sexagesimo septimo ^ pontificatus tiostri anno nono, 

IVo XI. — CARIS8IM0 IN CHRI8TO FILIO NOSTRO LmOMCO f.ALLIV- 
Rl'M REGI CHRI6TIANIS8IMO. 

CLEMENS pp. XI[f. 

Curiisiroe iD Christo fili Nosier, ^aluiem et apoitolicam benediclioneni. 

Ea est de regia majestate tua, tuoque erga caibolicani re- 
ligionem studio, quam seinper babuimus , et habemus, 
existimatio , ut ad te nunquam tantj cum fiducia iinpe- 
trandi quod petimus accedamus , quam cum eidcm Reb- 
gioni si alicubi periclitetur, priepotentem opem tuam im- 
II. 



5i 

ploramus. Patcrniis ciliini crga to nositr amor postularn 
\idetur, ut verrcqiie solid.T tu.T laiidis cupidi , cas occasio- 
ues tibi commoiislremiis , quibiis Eccicsine primogenilus 
Hlius pietatem , qua sanctain Matrem tiiain complccteris 
gloriosiorem facere queat et intistriorem. Novit regia ma- 
jestastua , populos omnes , quibus Evangelii lumen affulsit, 
unum corpus conficere , catbolicam nimirum Ëcclesiam , 
cujus caput est Cbristus » etenim inuno spiritu omnes nos in 
unum corpus baptizati sumiis ^ ut beatissimus Pauhis , sive 
Judœi, sive gentiles , sive sehjî , sive liheri. » 

Quamobrein si quid patitur bujus corporis membrum , 
omnia membre compati oportet , ac propterea, carissime in 
Cbristo fili Noster, catbolicos in Polonia tuos in Christo 
fratres, ubi res civeris in maximas esse compulsos an« 
gustias, et catbolicam Religionem, nisi quis illi suppetias 
ferat, in extremum adductam esse discrimen, non dubita- 
mus te eorum aerumnis et angoribus vebementer esse com- 
motum. Dissidentes enim nihil sibi reliqui fecerunt adCatholi- 
cam Fidem in eo regno labejactandam , sanctissimasque leges 
funditus convellehdas ipsumque immutandwn reipublicœ sta- 
tum, a que rationes suas suspensas habet catholica ipsa Religio. 
Hanc qui tam gravibus conflictari malis intelligat, tuaeque 
similem , carissime in Christo fiii Noster, orthodoxie lidei 
bene cupientem animum gerat non recusaturum existima- 
rous diligentiam omnem conferre ad tantam a^rumnam ab 
Ecclesiae calholicae cervicibus depellendam. Et eam quidem 
e periculo praesentissime eripere quis non fateatur regia 
majestate tua esse dignissimum ? qui natus ad benefacien- 
dnm omnibus populis , sapientiam , mentemque plenam 
consiiii a Deo accepisti cum maximis opibus et potentia 
conjunctaui. Quae bona Deus, carissime in Christo fili No- 
ster, ideo tibi dédit in priinis, ut Dei causam tueri , Chrisii 
aiigere studeas gli)riain, et ah Ecclosia ejus spons;» tnique 
maire amantis^inm aiw toril;ile tci;j , oiimibnsqiie omni^;eni5 
adlubitis o!fi< iis et stiidiis qnaiiilihct prnpnlsandaiu riires 
injiM'inm, qua vcro raiione id consof|ni posais iiunn est jii- 



tlicare. Noj;, «l'iiv no>lr.T so^;u snut parlns, oxplovls^e nihi- 
tramur, cnm coljoriaiionihus Nostris alacrllatein libi adtli- 
inus aci icfereudam ejusmodi gloriam, qnn- propria viclolnr 
esse debere priinogeniti Ecclesiac lilii, Deuin precamur, ut 
cœlestlbus suis uiajestatem tuain iu dies cumulet bonis, 
tibique paterno animi nostri affecta , carissime ip Christo 
filINoster, aposto\icam benedictionem amantissimc imperli- 
inur. Dalum îiomœapudS. Mariam Majorcm sub anmtlo Piscato- 
ris^dieviyesinujnona Aprilis i -jti'j.poutificalus nostri annorinno. 

X» XII. — r.AniSSIMO IN christo FIHO NOSTno kvuolo mispa- 
!<iIARlIM REGI CATHOMCO. 

CLEMENS PP. XIÎI. 

Cari»>iine in CliriMo fili Nojier, wlnteni et apostolicam benrilirlionem 

Gravissimus ad nos allatus est nuncius, Polonam rempu- 
blicaui posiquain in novissimis comitiis illustre dédit fla- 
grantissimi zeli sui erga Ecclesiam catbolicam documentum, 
mmcmaximeadissidentibuspremict divexari, qui potentissi- 
niorum principuni patrocinio abutentes , omni contentione co- 
nanturveram in illo regno fidem /abe/actnrc, et ipsum reipu- 
blicœ statum convcllere. In Jiac tanta rerum Poloniarum per- 
turbatione urget Nos Aposlolici wuucris ratio, ut illic labenti 
propemodwn Religioniquoquomodo subveniamus,el orthodoxie 
gentis vicem miserantes a catholicis principibus opem illi im- 
ploremus. In quibus regia inajestas tua cum adeo excelsum 
leneat locum tibique maxime esse débet cordi, ut Cbristi 
regnum floreat ubique terrarum, leligionem tuam requiri- 
inus, teque obtestamur in Domino et obsecramus, ut qui- 
bus consiliis, officiis et studiis inclytxaeque ac innoxia.^ 
gentis calamitati succurrendum pro sapientia tua jp.dicave- 
ris, illi majestas tua suppelias veniat. Nibil autem ad mu- 
niendam tibi viam, qux ad aeternam salutem ducit praesta- 
bilius, gi atoque erga Dcum auimo tuo convenientius, quam 
si, qu'.x tibi orilur auctoiîtas ex tuis opibus et potenlia, 
eam omnem ad sublevandos tuos in Christo fratres impen- 
i\a^ pro gloria dimiiantcs ejusdem Cluisti Domiiii Jesu, a 



30 

qiio ipse acccpisti regiam potestatem , et longissinie latissi- 
incque patens imperium , ut ejus in primis tuearc atque 
etiam amplifiées gloriam. Et regiâe majeslai i tuae apostoli- 
cam benedictionem amantissime iropertimur. Datum Romœ 
apud S. Mariant Majorem sub aruiulo Piscatoris^ die XXXI 
Aprilis 1 767 , pontificatus nostri armo nono. 



I 1V« XIII. -- CABISSIMO IN CHBISTO FILIO N08TR0 JOSEPHO IN 
ROMANORUM IMPERATOREM ELECTO. 

CLEMENS pp. XIII. 

Carissimo in Christo fili Notter, salatem et apostolicam benedictionem. 

De periculis, quibus circumdetur in Poloniae regno catho- 
lica fides , vehementer solliciti , cum nulla nobis sit militiae 
illius gentis adjuvandae copia, Cœsaream Majestalem tuam, 
cujuscstproprium Catholicam tueri Ecclesiam nobis adeundam 
existiniavimus, tuamque nunc intendimus excilare pietatem ad 
eam gentem sublevandam, ex hac qua nunc temporis premitur 
œrumna sane gravissima. Non es nescius, carissime in Christo 
fili Noster, quœ dissidentes moliantur adversus catholicam 
Beligionem, et quanta verae pietati et incorrupto Dei cultui 
sit exstimescenda pemicies, si quse jam diu conantur, quod 
Deus longe prohibeat, aliquando perfecerint. Neque enirn 
contenti quod juxla patrias leges satis clementer et perhuma- 
niler habeantw, eo hue venerunt audaciœ , ut universœ Reipu- 
blicœ ipsi novas leges catholicis p^miciosas conentur imponere, 
idque maxime contendant a libéra et orthodoxa Republica 
eadem commoda extorquere, quibus principes a romana Fide 
alieni in sua quisque ditione catholicos frui vêtant. Ipsa vero 
justitia clamitut, sua quemque exempla debere aequo animo 
pati. »Serf illud spectare catholici principes potissimum debent, 
tnque, carissime in Christo fili Noster, in primis , ne si dissi- 
dentihus vires accesscrint et potent. 2 , ipsa 7'es catholica labe- 
factetur, et aliquando prope ad nihilwn rcdigatur. Quamobrem 
qui summum in Christiana republica tenes locwn, et catholicœ 
Ecclesiœ constitutus es Custos et vindçx , te oronius i» Domino 



57 

cl obtestamur, nt oiniiia comilia, studia et o/Jiciu, oninciuf/uc 
conféras diligentiam ad gregem dominicum in co rcgno ex hœ- 
resis prope faucibus , et ore liberandum. Profecto id a te ipsa 
tua dignitas postulat, ipsa etiam effiagitat anùni tui magnitudo, 
cui nulla major tribui poterit laus , quam si inclytœ Nationi in 
ea re bene/eceris. Sed illud longe maximum quod cum de 
aeterna proximorum salute sollicitus verae fidei te praestiteris 
custodem et assertorem, de setemx itidem salutis tuae spem 
tibi feceris firmiorem. Et majestati tuae omni patemi cordis 
Nostri affectu apostolicam benedictionem amantissime im- 
pertimur. Datum Romœ apud S, Mariant Majorent sub annula 
PiscatoriSf die XXX ^prilis 1767, pontificatus nostri anno 
nono. 

IV* XIV. — VBNERABILIfitJS FRATRIBU8 ARCHIBPI8C0PIS , ET 
EPISCOPI8 REGNI POLONIAE. 

CLEMENS pp. Xm. 

Venerabilei Fratret, salatem et apoitolicam benediciioneu. 

In bac tanta calamitate , quam in isto regno Catholic.ne 
Ecclesiae cemimus imminere, plures ad voslitteras dedimus, 
quibus vos cobortamur, ut non modo staretis in episcopali 
excubia, ne iis quae a dissidentibus catbolicae rei parantur in- 
sidiis vestrae fidei et vigiiantiae commissi grèges int rclude- 
rentur, sed etiam ut paratissimo animo essetis l resis- 
tendum eorum conatibus , qui catholicse Ecclesiae infensi 
sepem illam moliuntur evertere, quae vineam Doraini istbic 
apud vos custodivit incolumem. Ah bac vinea sua Dominus, 
quod illi gravissimum periculum impendet, dignetur aver- 
tere bancab illoejusdem vineae tutelaminhumilitate cordis 
nostri flagrantissimis precibus petimus. Verum si consti- 
tuent vineae Dominus nonnisi verbis impigre et efficaciter 
operantibus ab impendenti malo eam eripere videtis, vene- 
rabiles fratres, vobis ad episcopatum vocatis a Domino 
quanta esse debeat cura, quanta solitudo, ut ejns iinpleatnr 
voluntas, quam tum declaravit cum dixit « ego clegf ms, nt 
eatis etfructum affçratis çtfructus vcatcr juancaL » lta<|nc 



58 

nunc, cuiii maxime est opus « ntlenditc vobis et tiniverso 
gregi, in quo vos Sptritus Sanclus posnit ejnsrojtos rcqcrc Eccie- 
siamDei, qiiam acquisivii sanguine suo. » Vesînim unicuique 
dictum existiinare : « esto vigila.'is elcoo/irma cœteroy quœ mo- 
rittira erant. In mente habe qwtliiev acccperis, et audieris, et 
serva. Si non vigilaveris, veniam ^d te tanquam fur, cl ncscis 
qua horn veniam ad te. » 

Denique noUte èsse tanquam canes muli non volentcs 
laterare, sed voces vivîe gentis istius universic auribus în- 
sonent. Ne patiamini quemquam silentio veâtro deceptum , 
et in hac disâîdentium contentione nihil maii subesse falso 
existiroantem cum suae ipsius anima; pernicie in eirorem 
abduci. Neque a culpa vosabesse aibiiremini, si vel taccatis, 
aut quod idem est, in gravissimo catholicae rei pericuîo 
conniveatis. Denique idem plane sentimus , quod prsede- 
cessor noster S. Cœlestinus I. cum scribebat ad episcopos 
Galliae. « Tbneo^ inquit,?ie magis ipsi loquantur, qui pertnà- 
timt illis taliter loqui. In talibus causis non caret suspicione 
tacitumitas: quia occutTeret veritas , si falsitas displiceret. 
Mérita namque causa nos rtspicit, si silentio foveamus errorem. 
Ergocorripianlur Imjusmodi. ^ Sed nostrianimi sensus super 
hacre vobis explicatius exponet Ven. Frater Arcbiepiscopus 
Ancyranas, noster apostolicus Nuncius, cui mandavimns, 
ut vobis in tam periculoso tempore prcesto sit quibuscumque 
poterit officiis, studiis, atque consiliis. Vobisque omnibus, 
vestro zelo, Vestrae pietati et religionis studio Dei causam 
enixissime commendantes , apostolicam benedictionem 
peraraanter impertimur. Datum Romœ apudS. Marîam Ma- 
Jorem sub antudo PiscatoriSy die duodecima Septembris Ï767, 
• pontijicatus nostri anno decimo. 

'X" 3L¥. — VENERABILIBUS FRATRIBUS ARCHIEPISCOPIS, £T 
EPISCOPIS RCGM rOLOXIAE. 

CLEMExNS PP. XIII. 

Vcucrabilcs fratre» , salulem et j|)os(olicaiii Ijcncdiciioiicm. 

SuHinia, quae Nobis insidct ^oliicitudo de univcrso chii« 



59 
Stiano {jrege luendo', et île fratriiin nostroruin, (|ui varias 
iliius partes adininisti-nnt, curis adjnvandis, pro diversis 
Ecclesiae temporibus Nos excitât, ut eosdein sive iustiiinuuis, 
sive cohortemur, seu commoneanius. Perfuncli sane vo« 
bisciim saspe sumus, venerabiles fratres, hujusmodi aposto» 
latus nostri ofHciis ; potissiiiiuin ex quo illas animo prxvi- 
dimus tempestates , quas constari jampridem sentiebamus 
ad labefactandam rcgni istius religionem ; pro qua sartà 
tecla tuenda gentis vestrje tam egregia hactenus mérita éx- 
stitenint.Veruinlainen ea, qiiain verebainur, calamitas jam 
advenit , graviusque etiam opinione ac tenore nostro incu- 
buit ; propterea et acriore Nationis istius studio nunc corn- 
tnovemar; et, quo pro vestra praesertiin salute, qui duces 
caeterorum estis, inflanimamur, ardor pleniorem nunc ac 
vebementiorem Tocem desiderat, ut in animis vestris cœ- 
lestis illi gratix motus excitentur, quam in episcopatus inaii- 
guratione divinitus immissam suscepistis, cum boc certe 
tempus iilud sit, quo supremus patcr-fainilias debitos ac 
necessarios suorum niuneruin fructus a vobis expetat atque 
adeo efflagitet. 

Incredibili cum dolore accepimus, iniri in isto regno ne- 
farias pactiones, qnarum pravitate cum errore veritas, îucis 
splendor cum squallore ac tenebris componatur; ut hœc 
rerum inter se disjunctissimarum coagmentatio fidelem po- 
pulam facile ad perniciem impellat, et nbominationeni de- 
solationis in locum sanctum inducat. Verum ad hune anind 
nostri angorem maxinia accessiojieret, si in hac rerum pertur- 
balione Episcnporum voces ohtumescere^ si eorum esse neminem 
videremuSy quiprœsto esset ad pojmlnrwn mentes a contagione 
revocandas, atque in doctrines vcritatc confirmandns, ac maxime 
si guis aut metu, aut prava hominibus magis quam Dco pla- 
cendi voluntatc additctus diynitatem alque nuctorilalent , quœ 
vobis omnibus ad defendendam atque ornniidam Krcfcsiam est 
iraditay ad eaaulem opprimriidfiin cont'citrrrt. .Se<l millo modo 
persundori ^'ohis patieinm, ac idcrt* miquani posse , nt in 
labiis divini vcrbi pi. éditât ioiic scincl coii8c\ratis dcfuHnn 



•0 

sic vis atque virtus ad repellendura mendacium , dum in 
ipso Dci teinpio sedeni sibi audec ac triumplium exposcere ; 
ut manus Christi corporis coDtrectatione nobilitatx ad er- 
roris audaciam ac licentiam propugnandam scribcndo adbi- 
beautur; ut aures denique suavissimis Ecclesiae vocibus 
tantumraodo asf .etse, Satanx fraudes atque iosidias auscul- 
taturae sint. Nihilominus humani geoeris adversarii moli» 
tiones eo usque progressas videmus , ut nihil ferc non sit 
timendum. Atque utinam npnnulli errore ac dolis uon adeo 
sese abripi patiantur, ut quoniam ioipares sese agnoscunt 
ad retinendos, quibus opprimuntur impetus idcirco pasto- 
ralis officii legibus solutos etiam sese censeant : ut abjecta 
persona ab ipsa Ecclesia sibi imposita, aliaque magistratus 
ac reipublicae retenta, ultro illatis sibi detrimentis idem ipsi 
consentiant, quasi separari, ac sejungi geminae illae mu- 
nerum partes possiut, ueque omnino illam buic praepo* 
jiendam reputare constanter debeant. 

Quapropter omnipotenti& Dei nomine , cujus vicariam 
auctoritatem licet indigni sustinemud, hoc vobis decla- 
ramus, eum qui in banc fraudem atque errorem traduci 
se sinat caecum omnino esse , ac caecis ducatum praebere , 
et ob null&m ex bis quas praetexit causis excusatum esse 
posse, et propter ipsam episcopalis muneris ignorationem, 
a Deo condemnatum iri , ut Oseae IV, 6 , X : Quia scientiam 
repulisii, a me repellam fc, ne sacerdotio fungaris milU: 
cblita es legis Dei lui y obUviscar jiUorum tuorwn et ego. 
Quamobrem, Tenerabiles fratres, nulla ignorantiae , nulla 
errons, nulla metùs, nulla bumanarum rerum ratio, Vos ab 
episcopali naviter ^vosequendo ofBcio removeat. Tametsi 
bujus saeculi potestatem vires atque copiae ad Ecclesiae perni- 
ciem ingruant, sacrorum tamen pastorum facta orania atque 
consilia ad normam ab evangelicis praeceptis , a traditionc 
atque ab ecclesiastica disciplina praescriptam , unice erit 
dirigenda. 

Norint siquidcm bas primas ministerii sui partes esse, 
Ht se ipsi , tauquam murum , pro domo Israël contra omnes 



41 

adversariorum impetus firmissiine objiciant. Sui se gregis 
Ecclesiae ac I)ei desertores futuros arbitrentur, si inimi- 
corum fraudibus obsecundarint, aul quoquo modo illorum 
inachinationîbus coonivendo pacieodoque consenserint. 
Maximae quidem instent calatnitates , exilia, bonoruuiy 
fortuoarum, vitae ipgiusjactura consequantur. i£quo animo 
perferant, dum ne ipsae sacerdotales manus alieni sceleris 
coosensione iaquinentur, aut de religionis iotegritate se- 
medpsis auctoribus quidpiam immiouatur, ac .SaDCtuarium 
ipsum contaroinetur. Ac sane beatissimus is erit repu- 
tandus, qui bac judicis constantia brevem ac fluxam bujus 
vitae copditionem cum infinita atque aetema mercede como 
inutare posait, dignusque babeatur qui immarcescibilem 
illam coronam accipiat , quam ab optimo pastorum principe 
paratam illis credimus ; qui auimas suas pro ovibus suae 
fidei commissis posuerunt. Hxc babuimus, venerabiles fra> 
très, de quibus in re gravissima atque ad vestram gregisque 
vestri salutem pernecessaria vos commoneremus. Doniinus 
Noster Jésus Cbristus suse gratiae praesidio bos in vobis 
sensus confirmée atque roboret, qui vocationl vestrae con- 
sentanei sint ; paremque vobis ad eam adimplendam alacri- 
tatem atque animi magnitudinem afferant. Dum banc divi- 
norum vobis munerum ubertatem imploramus , eorumdem 
auspicem apostolicam vobis benedictionem peramanter 
impertimur. Datum Romœ apud S. Mariant Majorem^ sub 
annula PiscatoriSj die sexta Januariii'jSS, pontijicatus nostri 
anno decùno. 

IV* XVI.— BREF DE 8. 8. PIE VI, ADRESSÉ Aim ETATS DE LA RÉ- 
PUBLIQUE DE POLOGNE 80U8 LA DATE DU 14 AOUT 1788. 

Me* cher* fila, nous toiu donûons le lalut et noire be'aédicilon apostolique. 

Il y a longtemps que nous avons reconnu que votre 
ordre équestre méritait toute notre estime par ses soins 
pour la religion et la piété qu'il montrait lorsqu'il était 
assemblé pour décider du bien de TÉtat ; or, comme le 
temps approcbe où vous allez être assemblés à la diète , 



t2 

nous croyons nous ocquilter des devoirs que nous impose 
notre nniour paternel, non pas en vous exhortant à Id 
vertu , mais en vous faisant connattre ce que nous atten- 
dons de la vôtre. Vous savez sans doute de vous-mêmeâ 
combien le temps présent est plein d'envie et d'offenses 
envers la sainte Eglise, les choses sacrées et les hommes 
voués à Dieu, en sorte que rien n'est plus à craindre au- 
jourd'hui que les innovations qui blessent les droits de là 
religion. C'est pourquoi, quoique vous y soyez portés de 
vous-mêmes , nous vous cxhorton? encore de conserver 
dans vos comices l'esprit qui vous rendra favorable le 
Dieu des conseils et des œuvres; ce qui ne pourrait pa& 
être, si vous négligiez les choses qui concernent la religion 
orthodoxe et le Siège de la sainte Eglise. Mais noua pen- 
sons qu'il serait inutile d'en dire davantage à vous , ches 
qui l'on va voir réunis , et qui serez conduits par la pru- 
dence , la foi , l'amour de la patrie , la force de l'âme , 
l'imitation de vos ancôtres et la gloire de votre Ordre. 

Ces lettres vous seront présentées par le vénérable frère 
Ferdinand, archevêque de Carthage, nonce ordinaire du 
Saint Siège apostolique, interprète excellent de nos inten- 
tions envers vous, et qtie nous vous recommandons par- 
ticulièrement, et auquel vous pouvez avoir confiance, par 
quoi vous augmenterez notre bénévolence paternelle en- 
vers vous. 

Donné à Rome , à Sainte-Marie-Majeure , sous t anneau du 
Pécheur, le i4 août 1788 , dans la quatorzième année de notre 
pontificat, 

!V« XVII. — RÉPONSE DES ÉTATS DE POLOGNE AUDIT BREF DU 2i 

FÉVRIER 1789. 

E^ seniper fuit eritque Polonicaî gentis in sanctam Ro- 
manam fidem pietas, ut nuUam aliam nationem in prx- 
stnnda erga illani revcrenlia fide ac observantia antepo- 
nendam sihi arl>itrclttr: clinique persuasum ilia certuinqnc 
liabcat , nihil p^^nci[^ibu^ j>opulisqiic diviiia rellgione aiiti- 



quiiis esse debere , nihilqiie sine siipreiiii nuininis nulu 
ad salutem atque gloriam reipublicae idoneum fieri posse, 
nunquam profecto comraissura est, ut apud eain Dei divi- 
narumque rerum cultus, tôt patrix Jegibus, tôt inajoruin 
cxemplis institutus confirmatusque , vel minimum delri- 
menlum paliatur; inde factura est, Pater beatissimc, ut 
plenae caritatis ac benevolentiae litterae tuae, in conventu 
omnium reipublicae ordinum lectae, summa grati animi , 
obsen'antiac ac debitae supremo Ecclesiac capiti obedientiae 
significatione exceptae fuerint. Certe, si divino nobis favorc 
ac cœlesti consilto opus unquam fuit , hoc profecto tem- 
père ardentins ea nobis expetenda esse, indubitatum ha- 
bemus, cum praesentibus comitiis maximi momenti res 
nostrae aguntur, cum pluribus adhuc respublica calamita- 
tibus pressa , tandem ex malorum suorum fluctibus enier- 
gere atque in meliorem sese statum erigere conatur. Tua 
porro patèrna benedictione ) atque enixis ad Ghristianae 
religionis auctorem, cujus supremas in terris tanta cum 
sapientia ac sanctitate vices geris, tuis precibus felicem 
consiliorum nostrorum exitum obtenturo$; nos esse confi- 
dimus. Stanislai Augusti régis nostri clementissimi jamdu- 
dam sua in religionem pietate atque catholicae Ecclesise 
tuendae colendseque studio optime de rébus sacris meriti 
volnntatem , hos ipsos omnium ordinum sensus, non modo 
hisce nostris litteris, significare voluimus, sed eti^m reve- 
rendissimum Ferdinandum, archiepiscopum Cartbaginen- 
sem tuum ac apostolicae sedis apud nos nuntium, ut ad te, 
Pater beatissime, referret, rogandum duximus. Id vero eo 
libentius facimus, quod eximius hic amplissimusque vir, 
insigni sua prudentia , morum integritate gravitateque, 
optimo in Polonos animo, communem sibi omnium cxisti- 
mationem, benevolen.iam amoremque conciliaverit. Nequc 
illud reticere pobis fas est, sacrum antistitum caeterorumque 
Deo dicatorum hominum ordinem, optimo apud nos loco 
habitum habendumque, utpotc qui vitre ralione atque ins- 
titato. doctrina, sapicniiquc consilio, nec non oblatis ad 



ii 

tuendam servandamque rempublicain opibus, perainanles 
se patriae filios et optimos cives praestare non desinant. 

PergCf Pater sanctissùne , nationem hanc iwstram, jxde 
nunquatr. *'iolata sanctœ apostoUcce sedi addictam ac devotam, 
patema benevolentia amplectif Deumque O. M. rébus nostris 
propitium reddere. Quod a Te omnium reipublicoe ordi- 
num nomine ac mandato supplices , maximoque pietatis ac 
obsenrantiae sensu , postulamus. 

VarsavicBf die 24 Februarii 1789. 
1 

IV* XTIII. — LSTTUBS DE PLVSIEVBS PRÉLATS DES RUTHÉNIENS 
UNIS A LAURENT LITTA, ARCHEVÊQUE DE THÈBE8 , LÉGAT APO- 
STOLIQUE PRÈS LA COUR DE TOUTES LES RU88IE8, A L'OGCASIO?! 
DE LA PROMOTION DE L'ÉVÂQUB DE TUROW. 

§ I. 

Illustrissime, ExceUentissime et Reverendissime Domine, 
Patrone colendissime. 

Gum Ulustrissimus Dominus Episcopus Turoviensis, 
nominatus Brestensis, in animum induxerit, A. H. Patrem 
Silvestrum Antono^vicz in Gubernio Lithuanise, Ordinis 
nostri Superiorem Provincialem Petropolim , expcdire , ad 
meum officium pertinere arbitratus sum , bac occasione , 
Excellentiae Vestrae Illustrissiraae meam contestari vene- 
rationem et gratitudinem , cum bis in regionibus, tum 
etiam in Ordine Basiliano perpetuo duraturam, qucdEx- 
cellentia Vestra Illustrissima Union! Catbolicx opem tu- 
lerit, tôt cladibus oppressàm erexerit, et Pastoribus pro- 
viderit. Hxc Excelleutiam Vestram lUustrissimam , pro 
gloria Dei et populorum tranquillitate , peregisse nulla 
rerum vicissitudo obliterare poterit ; conservabimus pro- 
inde perennem memoriam , et rerum gloriose gestarum , 
et nominis amplissimi Excellentiae Vestrae Illustrissimae; 
quam Deus Optimus rébus omnibus florentissimam efBciat, 
sospitem et incolumem conservet diutissimc ad vota tôt 



nationum, et in particnlaii permanentis cnm profundis- 
sirao ciiltii. 

lUustrissimi y Excetlentissimi , Reverendissimi Domini 
Domini Patroni Colendissimi 

humilliaiDS Senrus 
Athanasius Falkowski O. s. B. M. 
Cong. Ruthen. Prolo-ArchiwumdrUa* 
Vilnœj 10 Octobris veteris sty'li 1798. 

§ 2. 

Illustrissime y Excellentissùne et Reverendissbne Domine, 

Patrone Colendissime. 

Non me latuit Excelientiam Vestram Ilustrissimam gra- 
tissima omnibus Catholicis et perpetiio memoranda soUi- 
citudinc curasse , ut pro diœcesibus ritus nostri , quarum 
Prœsules e Sedibus suis remoti Juere, destinareutur Pas- 
tores Parvulis petentibus denuo panem fracturi , idqae 
cum summa Nominis sai gloria et universi gregis Christi 
laetitia ad effectum deduxisse. 

Ex litteris autem Excellentiae Vestrae lUustrissimx die 
i4/25 septembris Petropoli datis, et ad me die 7/18 octo- 
bris delatis, intellexi memoratas diœceses noTis limitibus 
circumscribendas , atque désignâtes earum Pastores Apo- 
stolica auctoritate canonice instituendos et confirmandos 
esse , ac insuper Excellentiae Vestrae Illustrissimae placere, 
ut quod attinet meae diœcesis ordinationera, quam nova 
Episcopatuum dispositio requirit, sensum meum aperirem; 
profectO; spectata ipsa diœceseum et Episcoporum ritus 
nostri designatione , nibil magis expedire existimo quam 
ut mea diœcesis Pinscensis, quac se per tria gubernia, 
Voihynense, Minscense et Litbuanum protendit, cedat 
partim Ecclesiae Luceoriensi, partim Brestensi. Procédât 
itaque Excellentia Vestra Illustrissima, prout oplime cœpit, 
Vineam Christi meae fidei olim commissam disponere et 
ordinare ; quaeque pro Ecclesiae Dei honore et utihtate , 
Sanctae Sedis nomine, statuerit, credat me ea omnia hben- 



40 

tissiino animo acceptnrum , quemadinoclum nian^o ciiin 
profnndissinio cultii, obseqiiio et veneratione 

Iliustrissùnœ , Excellcnlissùnœ ac Heverendissimœ 
Dominationis Veslrœ, Patroni Coiendissimt. 

btunîllimtis Senrus 

JOACHIMDS HORBACKI, 

Epùeopus Piiucetuis. 
1798 39/18 Octobn's Stonimi. 

§ 3. 
Excellentissime y Illustrissime, Reverendissime Domine. 

Die 10/21 septembris gratipsissimum mandatum Suae 
Imperatorice Majestatis nominationis me<e in Episcopum 
Brestensem publicatuin a Justitiae Collegii departemento 
ad me advenit. Unde vocat me regimen polilicum adim- 
plere ea quîe munus episcopale requirit in diœcesi, non 
solum mea nuncupata quondara Pinscensi el Turovicusi, / 
etiam in ea, quse Bre^îtensis est, et quondam Lithuana Me- 
tropolitana fuit, demum, juxta Stipreraum Mandatum 28 
aprilis currentis anni in regimen monasticum, inspicere. 
His temporibus non latet Tuam Excellentissimam Domi- 
natiooem quanta cura et quam celerrima est adbibenda, 
ut quse noxia removeantur, et ut disciph'na ecclesiastica 
enervata, Deo juvante, sit quodammodo restaurata; pro- 
indéque spiritu meo antea laetatus fui,lectis expressis m 
sua epistola de die 7/18 Maji-Omnia instituta in inoderno 
regimine Ecclesiarum vigore specialiumS. Sedis facultaium 
ad executionem deducenda esse ab Illustrissime, Excellen- 
tissimo , Re^-erendissimo Doipino : Illas igiturnunc indigens 
auctoritatis apostolicœ facultates opporlunas supplex deprncor, 
ut legibus ecclesiasticis adjutus ac benedictionc hac sancta 
munitus alacriori animo et majori spe opérer in vinea Cliristi. 

Me intérim devoveo, quantum valebo, impendere dies 
meos pro bono Ecclesiae Catholicae, confi<lrns qnoque in 



i7 

sua (Icxtera proiectlono, cui me cominiito, et cnm (Ichiia 
observantia et cultu manco 

Exce/ientiisimi , Jllustrissimi , Rcverendissimi Domi'ni 
hnmillinius et dcvotissimni Servus 

JOSAPHAT BULHAK, 

Epitcopus, ttominohu Bre$len$is. 
Filnee, die 10/21 Octobr. 1798. 

§4- 

ExceUentîssinie y Illiislrisstme , Rêver endissitne Domine. 

NuUo pi*aetermi$âO tempore, eum Clementissimi nomi- 
nationis meae in Episcopum Brestensem Supremi edicti 
advenerit publicatio a Departemento rernm Catholicarum, 
functus sum officio meo, debitum venerationis Ecclesiae 
Gatholicae dociimentum per epistolam de die io/s>.i octo- 
brii currontis anni praesentare. Ut autem sortiatur effectum 
necessaria ad inunus episcopale accedendum submissio 
mea ad babendas facult&tes necessarias et opportunas ab 
apostolica benedictione, tam quoad translationeni ab epi- 
scopatu Turoviensi io Brestensem, quam ad subjungendas 
quoque aliorum Antistitum diœceses, démuni ad Monn- 
chos 0. S. Basilii Magni non obstantibus privilegiis eorum 
ordinis regendos, data commissionc per Instrumentum 
R. P. Silvestrum Antonowicz, Provincialem Lithuanum , 
ia Curiam Excellentissimi, lllustrissimi, Reverendissimi 
Domini mitto. Eique commendavi, ut prœsens Meo nomine 
declaret, eam Sedi Apostolicœ obcdientiam cl vencrationeni 
aim qua in dies omnes me esse futuriim projiteor. 

Rectptas hodie'litteras ad lllustrissimos Episcopos Vla- 
dimirens^m, Zuccoriens'em etVinscensem, euro quai» celer- 
rime ad eoruui nianus dcvenire; quod attinet praesenCn- 
tionem Suffi-aganei, juxta monitum Sua' Excelleniissima? , 
lUugtrissimac Dominationis, expouo mentem meam lllus- 
trissimo Arcbiepiscopo Moliileviensi, favoie Dluslrissimi , 
lleverendissimi Domioi Adriani Buirincowicz O. S. B. M., 



48 

Episcopi Colmensis ante aniium 179'! Siiffragnnci Metro- 
politani , ut eunodem Suae Imperatoriae Majestati commen- 
dare Telic. Quippe hic Supremo edicto congruani pro sus- 
tentatione sui dotem assignatam habeC; vel si hic non 
placuerit, commendo faTOri Illustrissimi , Excellentissimi 
Archiepiscopi Reyerendissimum DomiDum Matthiam Korn 
O. S. B. M. Abbatem Grodnensem , ad usque Offîcialem 
Archidiœcesis Metropolitanae, qui pariter ex sua Abbatia 
commode vivere poterit. Eos etiam gratiae Suae Excellen- 
tissimae, Illustrissimae DomiDationis ac Reverendissimae 
committo. — Praeter banc quam babet Plenipotens mémo- 
ratus commissionem , etiam banc gratiam Catbedrali Ec- 
desiae competentem, quae datur litteris apostolicis dé- 
mentis Papae VIII simul tune Unitae cum Vlodimirensi 
Ecclesia , mibi quoque elai^iri bénigne precor, quae est : 
Ut in sacrificio Missae aliisque cseremoniis gestare possim 
dictum Sacotium in Omnibus Suo Patrocinio confidens. 
Maneo 

Excellentissimi f Iliustrissimi, Reverendissimi Domini 
humillimiis Senrns 

JOSAPHAT BULAK, 

Ep:ieojm$ Ticrovientii, nomnatut BrestenHi, 
Octohris 11/1^ die 1798, Vilnœ. 

l 5. 

EUnchus Ecclesiarum Ritus Grœci Uniti in Diœcesi Brestensi 
actu existentium. 

In GHbtrnio Lilhuanteo, 

Ecclesiae Saeculares 386 

Ecclesiae Regulares curatae . . . . 1 3 

Ecclesiae Regulares sine cura animarum . . la 

/n Gubernio Minscenii. 

Ecclesiae Saeculares . . . . . .395 

Ex:clesiae Regulares curatae . . . . . 12 

Ecclesiae Regubres sine cura animarum . . i 



49 

In Curania, 

Ecclesioe Saeculares 
Ecclesise Regularcs curatae . 

§ 6. 



83o 



lilmtrissime , Excellentissùne et Revcrendissùne Domine, 
Patrone colendissime, 

Littcras delegationis Excellentiae Vestrae Illustrissimae in 
Persooam meam expeditas pro recipienda Fidei professione 
I]Iustrissiini et Reverendissimi DomiDÎ Episcopi Josapbat 
Bulak débita cum veneratione accepi, casque statim exe- 
cutioni mandaTÎ. Hujus rei fidem facit annexum folium , 
quod fidei professionis a praelaudato Illustrissimo et Reve- 
rendissimo Domino Episcopo emissae meum testimoDium 
prxsefert.Dumautem illud Excellentiae VestraelUustrissimae 
transmitto, committere non possnm quin Ei simul meum 
profundissimum cultum testatum faciam cum quo in per- 
petuum maneo 

Illustrissimi , Excellentissimi, Reverendiasimi Domini 
Domini Patront Colendissimi 

bumillimas Servns et Exonior 

Athanasius Falkowski O. s. B. M. 

Cmg. Ruthen. Proto-Arehmandrila. 

TorokaniiSy die 2gDecendtri$ veteris styli 1798. 

K** XIX. — MÉMOIRE DE LA FAUSSE EN FAVEIH DES DISSIDENTS 
DU 38 NOVEMBRE 1764. 

Les soussignés, l'envoyé extraordinaire et le résident de 
Sa Majesté le roi de Prusse, ont déjà eu l'honneur de pré- 
senter à Sa iSIajesté le roi de Pologne un mén.oire en date 
du 1 4 septembre de Tannée courante, relatif aux dissidents, 
dans lequel ils exposaient les sentiments du roi, leur maître, 
au sujet de cette affaire, ainsi que les motifs qui engagent 
Ji. 4 



KO 

Ba Majesté h s'iiuëretser k c^i dUiideius , dont une partie 
sont ses coreligionnaircâ , et auxquels les lois de la repu- 
Llique de Pologne accordaient jadis une pleine liberté de 
reli^on, -et assuraient une parfaite égalité de droits avec les 
attires citoyens. 

La confirmation de tous les droits des dissidents fut so- 
lennellement stipulée dans le traité d'OIiva.Les dissidents, 
cepeodwnl, se tit>aT««tit danit un év^t d'^tyfkpreukm plus 
grande que jamais. Daai cet état de choses, le roi, notre 
maître, se fit. un devoir d'employer ses bons offices, afin 
d^outenîr pleine justice pour eux, mettant toujours sa gloire 
à protéger 'partout les droits de Thumanité. 

l^els furent lés motifs qui portèrent Sa Majesté k con- 
templer avec la compassion la plus vive la situation actuelle 
Itles 4issident8 en Pologne ; leurs aïeux jouissaient dans ce 
rojaiime d^une parfaite égalité de droits et privilèges avec les 
autres citoyens du pays; aujourd'hui, ils se voient privés, par 
les mesures les, plus illégales, non seulement de toute pari 
au gouvernement du pays, mais encore de tout ce qui assure 
aux'autres habitants justice et même sécurité individuelle. 
La noblesse de Pologne, si fière et si jalouse de sa liberté, 
renoncerait à toute générosité et à toute justice si elle re- 
poussait les réclamations que ses frères, issus du même 
sang , adre^senit'li la république , et que le roi, notre souve- 
rain , vient, par la présente, appuyer de ses vœux les plus 
ardents. 

Les soussignés, ministres de Sa Majesté le roi de Prusse, 
ayant eu l'honneur d'exposer à Sa Majesté le roi de Pologne 
le viF îHtérêt que leur gracieux souverain prend à Tétat 
d'oppression des dissidents en général, ne peuvent d'ail- 
liMifS q[tte Vea rapporter aa mémoire sus-mentiofiné , plei- 
Hkémeiit '6<Miy<iinCu$ que, dans celte ciiconstai.je comme 
iàfctt* toutes les autres > Sa Majesté le roi de Pologne suivra 
les rnspiltitions de la justice, qu'elle ne refuse à aucun dé 
ttt Ém]ets, tt que Sa Majesté voudra rétablir les dissidents 
iâMwi totts leurs droits. Leur dévouement à leur patrie 



Kl 

n ayant jomalii fuilli, et lei droiu que noufl solUoitooi leur 
ayant été solenneUement accordëa par les lois «i tages de la 
république, par le traité d'Oiiva , et par plusieurs règle- 
ments spéciaux, s*y opposer doréuavaDt serait rompre les 
engagements les plus sacrés. 
Varsovie, le a8 novembre 1764. - ' 

C.-P. Carolat, m. p. , F. Benedict. 

:M« JfJL, ~* DéCLAaATION »K CATBBIItNB II, IMPtf âATRICB »t àtM- 
8IB, RBMUB A LA DIÈTE DV BOYAliMB DB POLOGNB, LE JO AWI, 

176Ô, PAR S. EX. LE rniNCE DE REPMN, AMBASSADEUR DE RUSSIE 
PRÈS r\ COUR DE VARSOVIE. 

. r y, ,ti :,. ,■ M ■.■ 

La communauté de religion et la gloire de contribuer à 
la félicité humaine ne sont point les seuls motifs qui déter- 
minent Sa Majesté Impériale à renouveler aujourd'hui, de 
la manière la plus pressante , en faveur des sujets du cnUe 
grec et des autres dissidents de la IV>lognc, son iuterven^ 
tion, afin qu il soit mis un terme ù l'oppression sous laquelle 
ils gémissent , et pour les rétablir enfin dans la jouissance 
de leurs droits. Le soussigné , dans le but d exposer les rai- 
sons qui motivent la présente déclaration , rappellera ici un 
fait dont le recueil des lois de la nation polonaise fait foi ; 
savoir : que les Grecs et les dissidents ont toujours été con- 
sidérés comme ayant droit à la qualité qu ils réclament au- 
jourd'hui, et furent traités en conséquence dans lestemps les 
plus heureux de la république ; ils jouissaient paisiblement, 
et sans restriction, de tous les avantages et privilèges qui 
leur étaient assurés en commun avec les antres citoyens du 
pays; ces droits furent solennellement reconnus et garan- 
tis par tout ce qui constitue le lien des nations, et par \es 
pactes les plus sacrés; établissant ainsi un droit public entre 
eux et leurs concitoyens , dont ils pourront ei» tout temps 
réclamer Te.^écution; droit imprescriptible , et ne pouvant 
jamais être annulé par des constitutions civiles d'une partie 
seulement de TÉtat. 

Ce serait nier l'cvidence que de ne pas reronnaîtrf , 



Ht 

(X>mlt>e un principe invariable, que le refus prolonge Ha 
Faire droit aux réclamations des dissidente finirait nëccssni- 
remenc par les affranchir de toute obli^tion envc'r.*i une 
aodété^ aux avantages de laquelle ils n*auraient aucune 
|)art ; que ce refus prolonge ferait des dissidents une 
communautf^ d'hommes parfaitement libres, tt leur don- 
nerait, sans qu^aucune loi humaine ni divine pAt les con- 
daniner^ le droit de choisir parmi leurs voisins des ju{*es 
entre eux et leurs égaux,' et de s'en faire des alliés s'ils ne 
pouvaient autrement se sotistraii^ à Ir persécution. Dans 
dêis temps passés , ta république avait été menacée de cettr: 
situation désastreuse; on a heureusement réussi à la pré- 
venir par la sanction que les traités conclus avec les puis- 
sances étrangères imprimèrent à ces conventions inténeures 
de la Pologne. Dès lors , le maintien de Tordre et de la 
tran<{iiillité de la république cessa d'appartenir exclusive- 
ment aux citoyens; le maintien de Tordre devint , en outre» 
un devoir impérieux pour les puissances qui, en traitant 
avec la république, avaient contracté des engagements en- 
vers tous ses membres divers. 
• C'est ainsi que la Russie, en vertu du traité de 1686 , et 
les autres puissances qui , de concert avec elle, tendent au 
même but , en vert» du traité d'Oliva , considèrent comme 
un devoir de veillera la sécurité de chacune des parties de 
l'État , de prévenir toute discorde entre elles , leur procu- 
rant une justice rigoureuse, et la jouissance pour tous et pour 
chacun de ce qui constitue leurs droits réciproques et géné- 
raux. C'est duuc pour demeurer fidèle aux traités, que Tim- 
përatrice s'efforce de réhabiliter les sujets grecs et les au- 
tres dissidents dans tous leurs droits, et de leur en assurer 
la (x>nservtttion. Des motifs non moins puissants surgissent 
de la position pamcuUère de lempire de Russie à l'égard 
de la république; car il est évident quelle ne saurait 
mettre de bornes à la protection qu'asile accorde aux dissi- 
denu, sans manquer à sa gloire, k la dignité de sa cou- 
ronne et à la confiance de ses amis. 



Ce n'est point pour provoquer de nouveau les remerct- 
jnents de la république que Ton retrace ici , encore une 
fois, C9 que Sa Majesté Impériale a fait pour elle; c*est uni- 
quement pour faire ressortir le motif qui la détermine k 
agir^ et fnire mieux sentir l'importance de donner satisfac- 
tion h la cause qui l'intéresse , tout en démoutratit Tinij oit- 
sibilité absolue, où la république elle-même a placé Sa Ma* 
jesté Impériale , de se désister de cette protection. C'est 
par Teffet de lamitié la plus sincère, et pour satisfaire aux 
devoirs de bon voisinage, que l'impératrice a pris et con- 
tinue de prendre intérêt au bien*être de la république; et 
elle s'est sentie heureuse de voir la nation polonaise , con- 
fédérée , lappeler à rétablir la tranquillité chez elle , à con- 
solider ses libertés, et à amener Vëlection libre d'un roi 
piast (d'origine polonaise). Tous ont pu voir la générosité et 
l'affection avec laquelle Sa Majesté Impériale a accordé 
cette demande de secours, et ce fut pour ansurer la félicité 
de tous les citoyens de la république qu'elle prit une part 
si vive aux affaires de sa voisine. L'élection libre d'un roi 
polonais fut un des motifs, et même le plus important de cen x 
qui avaient motivé un appel à l'intervention de l'impératrice ; 
cette élection eut lieu avec une tranquillité et une unani- 
mité dont la république citerait difficilement un autre 
exemple. Mais, quoique Sa Majesté Impériale ait réussi 
dans ce cas au delà de ses espérances, elle considérerait 
son œuvre comme incomplète si une partie quelconque 
des habitants continuait encore à être frustrée des heureux 
effets de son amicale intervention. Elle croTru toujours 
n'avoir accompli que la moitié de ce qu'eljc s'était proposé, 
et de ce qui lui a été demandé, tant que durera cette désu- 
nion intérieure , relative aux dissidents. C'est pourquoi Sd 
Majesté croit conforme à sa gloire de justifier jusqu'au 
bout la confiance que la république tout entière a placée 
dans son affection, et de continuer sans interruption l'en- 
voi si risquant de ses secours, jusqu'à la décision finale 



d'uiiç question si intimeineiit liée au bonheur dune partie 
des habitants. 

Sa Mtgest^, Impériale vient doue renouveler ses in- 
Sitançes auprès dei la, présente diète, pour qu'il soit mis un 
tcfmeàcette ^ouirçe^ ,4'j^t<çrmiQable8 discordes , et qu'une 
paifajte tranquillité sçit çu^dh fendue à la rëpubliqut. Tout 
enpriaint le roi et la nation dVcorderà cette affaire les 
^gprds et lati^entioa qu'elle mérite par son importance pour 
I^ bien général , Sa , Majesté Impériale la considère squs 
deux points de vufi distincts ; savoir : sous le point de vue. 
spirituel, et sous h point de vue temporel, Par rapport au 
premier, la répi^li que, sans avoir annulé les droits des 
Grecs et des dissidents, a cependant tellement multiplié les 
abus, et leur a permis d'ari^iver,à un tel degré, que la li- 
berté de conscience est réduite à rien, ou à presque riec. 
En conséquence, le soussigné demande, au nom del'impé' 
ratrice, sa souveraine « « que tous ces abus soient suppri- 
« mes, et que doréf^avant tout soit réglé de manière à ce 
« qu'on n'ait plus lieu de craiodre le renouvellement de ces 
« abus , ou d'autres pareils , ce qui ne peut se réaliser que 
« si la présente diète décrète les articles suivants : 
. Article I. Les Églises appartenant de droit aux dissi- 
4e^ts , et qui leur fiarent indûment enlevées , leur seront 
rendues; il ne sera mis aucun obstacle à la reconstruction 
de celles à qui le temps ou les incendies auraient porté 
dommage. 11 ne sera fait aucun empêchement à 1 adminis- 
tration des baptêmes et mariages, au service des morts , à 
la prédication de la 'parole de Dieu , tant dans les Églises 
qu'auprès d'*s malades ; il sera permis aux ecclésiastiques 
grecs et dissidents , dans Taccomplissement des actes sus* 
nieiiltionnés , de s'entourer- de. tout ce que réclame la dé- 
cence et le respect dus aax choses sacrées, de sonner les 
Glocbes,dc faire usage d'un costume convenable, d'avoir 
des cimetières , en un mot , d'accomplir, sans aucune oppo- 
sition , tout ce que réclamcrc radministration des sacre- 



b5 

Qi^nUi, çtl« service 4ivm (|'uqe religion quelcoaque ; tAU4 
C^$ détails Té,\fm$ coiuutuaa(i^ li^eyrt^ d^f Qi4t^9. .: ; :. 

Article II. Pour fixer dans ce royaume, d'une imu^iàr^ 
définitive «t coi^plète, la liberté dea cuUe^ , la di^e «ctuflle 
4^èiera que , (î^a toutes les viU«&, l)oi2rg$ e^ vilUg^i», ad^ 
Iç^ Grecs et dissidents n'auraient ni chapelle»» t^i égli|^, il 
sera désormais permis aux uiçnil^re^ de ces diff^renl#s f^f\f- 
fçssiQOS, vpulants'y ftxer, d'y établir des église», dos qiaie- 
t^^resif des prêtres c;t des pasteurs , et que la juridicù^a ec« 
clésiastique ne yiendni, en aqcune façon, géoer ces pr^^;€^ 
et pasteurs dans Taccomplissenient de leurs devoirs, e^ Tad^ 
ministration des sacrements. , ,.- , , r -> ■ 

Article III. La liberté de conscience est d^ droit ^yin, 
et ce fait intéresse tout citoyçn. Il est donc du devoir dç 
tout État bien ordonné d'en faire jouir tous.sos sujets» 4t 
de nç les faire dépendre, sous ce rapport t d'aoçuneaulre 
religion. Ce principe une fois posé, il est évident qi^ele 
tribut prélevé par les curés caiboliques sur les dissidents ^ 
pour funérailles, mariages et baptêmes , est abusif; Içs var 
riatipns, quant à sa quotité, dans les différentes pjroviqcçs, 
suffiraient, au besoin, pour çlénK>ntrer quelles «ont S9ps 
titre légal. Des abus aussi vicieiix dans leur principe ne 
peuvent acquérir force de loi , pur aucune constitution ptr- 
ticulière, si ceux qui y sont intéressés ne l'ont point \otée 
librement. U parait donc de toute justice de réforiver c^t 
abus; et, si toutefois les ordres réunis d'un État Ubre voun 
laient stipuler quçlqu.e distinction çn faveur de la v^i^ion 
dominante, il conviendrait de fixer, une fois pou^ tontes, 
une légère rétribut^i^n, considérée plutôt coinja^ ifoe 
marque de déférence que comme up tribut. 

Article ÏY. hfi séminaire grec, de Mobilew ne sem in-, 
quiété en s^içune façon ^ et continuera k vouer toqs se%. 
soins à ré4ucatiQn de la jeunesse grçcquç ^ saM$ qn^ p£r i 
soQi^e puisse y mettre çmpêcbemjçnt. 

Aifticle V. Le sé^in^irç et révêcbé de la îlussie-Çlanç^Mj, 
ainsi que toutes leurs dépendances, seront, k jaunis, ré-_ 



56 

serves au culte grec. Les Églises grecques et celles des 
dissidents continueront à appartenir à leurs confessions 
respectives. 

Article Vï. Aucun prêtre grec , aucun pasteur ni dissi- 
dent quelconque ne pourra, sous aucun prétexte, être cité 
devant un tribunal ecclésiastique ; ils dépendront unique- 
ment de la juridiction séculière. 

Article VII. Les mariages entre personnes de commu- 
nion différente ne seront point défendus , et les enfants sui- 
vront, d*après leur sexe, la religion de leurs parents respec- 
tifs. En un mot, les Grecs et les dissidents jouiront en 
Pologne, quant à leur religion, d'une paix entière, et de 
cette douce protection que l'équité et la raison doivent 
assurer à tout citoyen , et qui , à raison de cette seule qua- 
lité, est déjà de droit strict. 

Le rétablissement des Grecs et des dissidents dans leurs 
droits, quant au temporel, n'est pas moins réclamé par la 
justice, et intéresse tout aussi vivement Sa Majesté Impé- 
riale comme voisine intéressée par amitié, et obligée, 
par les devoirs de sa couronne, à assurer la'félicité de la 
Pologne et à y maint 3nir le bon ordre, qui en est la condi- 
tion. 

L!ëgalité de la noblesse est, sans aucun doute, la base de 
la liberté polonaise , et le plus sûr garant de ses constitu- 
tions. Toutes celles qui ont eu pour but, à différentes épo- 
ques , de dépouiller la noblesse grecque et dissidente de 
ses droits et prérogatives , furent l'œuvre malencontreuse 
des dissensions et de l'amarcbie; une partie de la nation, 
courant à sa ruine, croyait trouver de grands avantages à 
s'élever aux dépens d'une autre partie des habitants, et 
détruisait ainsi, par égoïsme et en vue de bénéfices passa- 
gers, les vrais et les seuls liens qui unissent les nations. 
Dans un temps de paix et d'accord universel, où tout con- 
spire au rétablissement d'une félicité entière et inaltérable, 
dans un moment où les lois retrouvent dans le zèle et dans 
le concert jnanime des patriotes le>ir ancienne lorce, et 



57 

promettent de rendre la republique plus florissante que 
jamais, tous les membre? de l'État doivent comprendre 
qu*il n^est pour eux de félicite possible que s'ils sont par- 
faitement unis ; et qu'en présence des anciennes lois de h 
république, qui accordent à toutes les religions une part 
égale dans le gouvernement de l'État, maintenir yne partie 
de la nation dans la possession exclusive des charges et di- 
gnités, serait sacrifier à un intérêt particulier la grandeur 
de la patrie. Ce point du droit public de la Pologne, à peu 
près anéanti par une suite de constitutions civiles, faites 
par une partie de l'État seulement, dans des temps de trou- 
bles et de dissensions , est précisément celui sur lequel se 
fonde Sa Majesté l'impératrice, pour demander qu'une né- 
gociation , avec cette partie des sujets de la république , 
qui ne diffère des autres qu'en ce que leur religion n'e^t 
point la religion dominante, détermine la part qui leur re- 
vient dans l'administration de l'État et dans leurs rapports 
avec la couronne. Ce ne sera qu'après avoir amené un ac- 
rofd parfait sur ce point que Sa Majesté croira avoir rempli 
ses obligations et satisfait aux sollicitations des divers or- 
dres de la république. Les secours qu'elle a accordés à la 
nation entière , pour son bien-être général , elle les doit pa- 
reillement , et ne peut les refuser, à une partie de la nation 
aussi considérable que les communautés des Grecs et des 
dissidents. Le coeur de l'impératrice ne serait point satisfait 
si elle n'avait procuré à la république qu'une tranquillité 
apparente; si elle ne l'avait préservée de la violence dont 
étaient menacées ses lois, sa liberté et ses constitutions, que 
pour abandonner une partie de la nation aux persécutions 
de l'autre ; si elle n'avait contribué à remettre en vigueur 
certaines lois que pour augmenter et perpétuer le joug des 
abus; son cœur, enfin, ne serait point satisfait si , pendant 
qu'une partie de la nation accepte avec bonheur ses secours 
et en recueille les fruits, une autre, plus considérable, 
ayant les mêmes droits à la sollicitude de Sa Majesté Impé- 
riale, n'ayant pat; moins invoque son appui, nayant pas 



58 

moins contribua à le rendre efficace; $i j^ dis-je ^ cçtte partie 
dé M nation continuait à géipir dans le malheur. 

La religion, les devoirs d'amitié çt de bon voisinage, lef 
objigatioqs qu'imposent les traités , ThonnQur attacbé à V^ç^ 
cômplissement de son çeuvre ,, le désir de répondre am es- 
pérances de la nation enti^e,^ placent Sa Majesté dansk U 
nécessité absolue ^e continuer ses efforts pour amener le ré^ 
tabli$sement de^ Grecs et dissidents dans la jouissance d? 
droits que leur çonfèi;e la qualité de membres d'uQ Etat^ 
libre, tant, au spirituel qu'au temporel. L'impératrice est 
convaincue que les bon$ offices d^une ami^ et d'une voisine 
suffiront pour que les dispositions que riQurrit à cet é^rd 
la partie, la plus sensée et la plus patriotique de la natjiçb 
deviennent communes à tous. Et comme ceux qui voudront 
sV opposer ne doivent être considérés que comme des en- 
nemis dç leur propre félicité et de celle de leur patrie^ $a 
Majesté Irnpériale qe se Iais.sera détoyrner par aucune con- 
sidération particulière de ce qui a pour but de ramener la 
tranquillité générale. Elle considère comme un devoir d'em- 
ployer contre eux tous les moyens quelconques , et ne 
croira p^s en avoir fait jamais un emploi plus louable. 

Voilà ce quç le soussigné a ordre de déclarer^ au nom de 
sa souveraine, à Sa Majesté le roi et à la république de Po- 
logpe, convaincu que des demandes si justes recevront une 
entière satisfaction de la part d'un, gQuveniemem essen- 
tiellement dominé par les principes de liberté et d'égalité ,t 
et qiv, par conséquent , ne peut qu'acçueillii;' favorablement 
toute demande faite au nom de rhumanité. 

(L.-S.) Le prince Repnin, 
Jtmbaisadeur extraorrtM&ire et miniitre plénipotentiaire 
de Sa Mc^esH tbnpératrioe de toutes ks Russies» 



Ci > 

■.' .,1. r. ' 



59 



IVo XXM, — TKAITi BNTAB 8. M. L^IMrÉKATftKS DE TOVTM EB9 
mCttIM BT •■• HAUTS ALUiS, 1.B8 |iOI8 Ni tmVSAB» PB DjUfB* 
MAACK, D'AMGLBTBiUUB BT DB RUBDE, riJNB PABT, BT %, M. tB 
nOI ET LA RÉPUBLIQUE DE POLOGNE, D'AUTBE PABT, CONCLU A 
VABSOVIE LE i3/24 FÉVRIER 1768. 

Jvra Distidentium in Polonia, UUiuania et annexit Prwmcits, tam spirituàlia quant 
aeeuUma , qva in ComitO» Mayni FmnamensHus anmo MDCCLXPft, in aetu 
prim» aeparata tmetm* Fonavignsi» r^ttitula m pntpetifum SHui. 

Actwt separatus primus, quo immunitates et prcerogathfœ 
Grœcorum Non-UnitOTtan, et Dtssidenttiun , Civiitm et IneO' 
[arum m Ditîomhus Serenîssimœ Repuhlicœ PofonÙB et armexis 
eidem Provinciis contùtentur. 

Quaiidoquidem Serenàsima Imperatoria Majesta^ totius 
RussÙBf et serenissimi eidem fœdere juncti Reges Borusfiœ, 
Daniœ, An^liœ et Suecice^ 9b una; in fundamento obliga- 
tionum Imperio, Regnisque suis incumbentium declararunt, 
sese habitantes in terris Reipublicse Grœcos Non-Uiiitos , et 
Dissidentes^ quorum jura tôt constitutionibus stabilita, Trac- 
tatu Olivensianni 1668 et Moscoviensi anni 1686 roborata 
sunt, manutenturos esse ; ab altéra etiam parte Serenissiraa 
Regia Majestas, et Reipublica Poloniae, Civibus suis jus 
suum tribuere cupiat, nec non alacritatem suam, in adim- 
plendis suis obligationibus desideriumque , omnimodam 
cum Serenissima Impei-atoria Majestate totius Russiae, et 
Serenissimis eidem fœdere junctis Regibus Anglicst Prussien, 
Sueciœ et Daniœ , intelligentiam , amicitiam , bonamque y\- 
cinitatem colendi probare peroptent, proinde suprafatis çx 
rationibus , et quo jura Tractatuum omnibus quippe Po- 
tentiis nimirum Serenissimae Iraperaloriae Majestati totius 
Russiae Serenissimisque Regibus Daniae Sueciae, Prussiae et 
Angliae, eorumdem, autpaciscentibus, aut sponsoribus et 
in hancce causam intranûbus, perpetuo sacrosanctorum in 
omni robore conserventur, modo subséquent! conventum^ 
et constitutum est. 

Art. I. 

Dum actus separati prsesentis vigore perfeclam cum 



60 

Graeçif Non-Unitis, et Dissidentibus Civium iaeamus Unio- 
nena , ea ante omnia -Religioni Romanae Catbolicae tanquam 
DonlînàntiV modo solennissimo reserramns ac assecura- 

mus : - 

§ I, Quotfes Religionis Romanœ Catholicœ in Legibus Con- 
sHttUwnibus y omnibusque Actis publicis fiet mentio; loties 
Eidem titulus Dominantis tribuetur; Eademque in perpetuum 
Domùiatum obtinebit, 

§ a. Referentes nos ad Jura Reipublicœ Cardinaliaty quorum 
vigore , a prima S. Fidei Romanœ Catholicœ Dominantis ori- 
gine j Tkronus Polonicus nonnisi a Romanis Catfiolicis possessus 
fait y insimulgue Constitutionem anni 1659 reassumentes , ac 
immutabilem déclarantes , perpetuis temporibus statuimùs : 
« Neminem infuturwn Regem Poloniœ esse posse, tiisiEum, 
qui aut natione , aut vocatione sit Bomanus Catholicus ; quod 
si vero quisquam Polonorum , alterius fidei Candidatum, ad 
Thronum Poloniœ promovere prœsumeret : eumdem pro hoste 
Patriœ et invindicabili Capite , irrevocabiliter declaramus. Si- 
militer Regina , tenore ejusdem Constitutionis anni 1 669. Na- 
tionej vel Vocatione Catholica esto : In casu autem quo alterius 
Religionis esset, Coronari non poterit^ antequam S. Fidem 
Catholico-Romanam amplexa fuerit. 

§ 3. Cum Religionem Romanam Catholicam in Polonia Do- 
minantem Juribus Cardinalibus annumeremus , c transitum ab 
Ecclesia Romana ad aliam qucuncumque Religionem in hoc 
poloniœ Regno , magno Lituaniœ Ducatu , et in annexis pro- 
vinciis, criminale delictum declaramus. » Qui itaque futuris 
temporibus transire ausus fuerit j exul Dominis Reipublicœ 
esto. Forum autem, coram quo contra hujusmodi transgres- 
sores ex Termino tacto agendum sit , Tribunalia Regni et 
magniDucatusLithuaniae assignamus. Ab bacce tamen Lege, 
omnes ii immunes sunto, qui bucdudum in boc casu exis- 
tèrent, quo8 bisce Pœnis in Legibus ISationalibus fundatis, 
ullo quoquam modo neque subjiciemus/neque ab aliis 
subjici permittimus. 

§ 4« Siquidem annus 1717 coniputaVido u priitia Januarii 



01 

in pi'%sentî Actu separato proanno nonnalirespectu inutuo 
administranda? jiistitia;, super prsetensionibus Graecorum 
NonoUnitorum , et Dissidentiura ad Catholicos, in Causis 
Religionis emanaotibus , assumptus est ; proinde omnes 
faocce termino antiquiores hisce mortificamus, neminique 
easdem sub quocumque praetextu resuscitare licitum erit. 

Art. II. 

Gum status Equestris Poloniae Incolae Graeci Orientales 
Noh-Uniti ac Dissidentes Utriusque Confessionis Evange- 
licae, pro restituendis Antiquis suis Juribus, et Libertatibus 
tam spiritualibus , quam temporalibus , Confœderationem 
inter se iniverunt; proinde Serenissima Regia Maj estas, et 
Serenissima Respublica praesenti actu separato mediante 
Confœderationes eorumdem, Tborunii et Sluciae ioitas ap- 
probantf easdemque, quarum legalibus a Confœderatione 
Generali agnita jam est, pro Legalibus agnoscunt; ita ut 
Confœderati hi incolae , oinnesque illi , qui iisdemmodo ac- 
cessionis se junxcrunt, tanquam Juribus suis subvenientés, 
justitiamque efflagitanles, veri Patriotae fidelesque Serenis- 
siniae Regiae Majestatis, et Reipublicae cives censeri de- 
beant. 

J i.Quoniam omnia antiqna Privilégia de annis i563, 
!563 et 1579, Confœdeiationes Conslitutionesquc de annis 
1669; 1573, 1676, 1682, 1648 et 1667 evidenter probant , 
statuta et edicta Jagellonica in annis 14^4 et 1489 contra 
haereticos emanata ad Graecos Non-Unitos et Dissidentes in 
Religione Christiana : ( Graecis Non-Uiiitis antiquitatem Ju- 
rtum suoruni spiritualium et teraporalium ab anno i34o 
deducentibus et demonstrantibus ) extendi nequeunt : de- 
cretum vero Januscii Ducis Masoviae anno 1 626 latum, cujus 
neque in accessione Ducatus Masoviîe ad leges Regni , 
neque in Legibus posterioribus , quae Reginiinis forinam 
perfectiorem reddiderunt, et pro basi icqualitatem nataliuni 
statuerunt, ulla sit mentio, ad praesens dissolvimus et abo- 
lemiis ; eupientes proinde omnesanibignitates tollere, supra 



dt 

m^morata ttatma lagellonict «d Grmcùt Non^Unitoi et 
Dittidentés non ))eitin«r6; Oecreuim autem Ducii Ma* 
%<jfiiK pro sublato ad prae8e<n« dedaramot , eamdomque in 
|>er))ètuam abk>ogamus. SimiKter omnia puncta , contra 
Gtiaecos I^on-Unitos et Dissidentes Gonfœderationtbns et 
Go^stitntionibnd de atinis «717, 173S, 1736, 1764 et 1766 
complexa, nec non clausuiam in praejudicium Graecorum 
Non-Unitorum et Dissidentium , Rothae Juramenti Cancel- 
lari4$rain et Dncum £xercitug per l^actatum 1 7 1 7 insertàm, 
cHmlis^mnibns, quse sorte legibus antiquioribus, post ini> 
tima belli Mieoici fwr PacemOIivensêm finiti; tum in pactis 
cooTentis Serenissimae Begiœ Majestatis féliciter nunc Re« 
^nantis , teorumdetn Personis cuj««cunique status et condi- 
tiODÎB, nec non illoram Religiôni contraria- invenirentur, 
pariter ac onmes reassumptiones , salvas et exceptiones , 
IVaerogatir^ ^qoalitatis de libero Beligionis eonimdem 
èxercitio praejudiciosfiS, in sop^oribus ie^ibus reperibiles, 
Tmctatibiis «utetn ^t substantiali Formse Regiminis Reipu- 
ïAicst m «vom co'jstitutse adversantes toliimus. 

f a>. Lex fumdafmestalis de anno 1 673 , et forma Juramenti 
omnkim Regom Polonise ad nostra usque teropc^ra clare 
docent, Nomen Dissidentium omnibus Religionibus Ghri^ 
tiânis aequali ratione inservire : attamen considorando, quod 
ab aliqéo tempore consuetndine introdnctum sit, ut qui Re- 
li^ooi Romanae Catbolkae non sint addicti , Dissidentium 
BOMHDe vocentur, statuirans abbinc : ( Nonderogando tamen 
hitrodactis semel in formam iosjurandi Serenissimorum 
Regum Punotis, qoae intacta manere debent) at Graed Non* 
Uniâ et Dissidetites sub immédiate expressp nomine intelli- 
(jantur, ac eodem irancupentur, serio caventes , sub pœnis 
contra -convuisores ieguni sancitis ne sœculares ciyuscvmque 
êlatus et conditwnis personœ Hœretici, Schisniatici , aut Disu- 
niti vocitentur, verum potius Crœci Orientales Non-Uniti, Dis- 
siderttes, vel Evangelici ; spirituales autem Persotiœ Grascorum 
Episcopi fVladycœy Evangeticorum vero, pro ratione officiorwn 
si^r%tm Sacer<l<rtes , Spirituaies , Pastonçg seu Ferbi Divini 



«5 

MMhH, Domui tukui Divino (hdicata Graeorum Son-Uni' 
forum Templa Dwinù; Dissidentinm vero Ecdesia, Cœtus, 
yteve fides eorumdem secta w/ hceresis, venonjîdës, KeRgio , 
'Confeisio tnm in puhlccis Actis, quam libris typo vtxfgûtis, 
^is^ue saiptis nomintnlttr. 

§ S. Tetnph. GixtcûTom Non-Unitorwn y et Etdàsilg DôîFi»- 
lieàikân tttriusque Cùnfessiûnis , ubtctanqtté in Règftù Magnb 
Ducittu Lkhuaniùs, et annexis prcfuindis actu reperittrida (M- 
fHscUmtfue eitam erectionîs iint, eorumdem Cameten'a, Schoia, 
Nosôcomia, et omnis tituli œdijfîciaj ad îpsoruni Ecclesias et 
fundôs spirituales pertinentia, pro subsistibiltbiis m perpetuinn 
dedatànturj cum omnimoda libe7iate, t cadem reparûndi quo- 
tie^cufnque iisdem libuerît; nec non ca^u, quù dictœ Ecclesitt 
tt omnis tituli adijîcia coUàberentur, vel igné absumentur, 
mnm ^xstruendi , eterigendi > sine onmi a jnrisdictionè spiri" 
tuali Botnana Cathblica impetranda lîcentia. Cam etiam di- 
tiewis in ïtïcis et occasionc harum Ecclesiannn, CoTlatores, 
GonmiYmitates, tebromdemquè mitiistri, diversis eomtn sab- 
^eUiift ^iHttiaHbus et ssecalaribtit in Jus vocati et litibus 
implrcati «unt ; pt^inde Graecis Non-Unitis ac Dissidehtibns 
titriosqne ■Coinfessionis , actnali» pdssessio Ecdestamm 
%tttirmn tn3ii obstantibuâ in qaoyis snbseHio emanatîs d^- 
tfelis «t pO^Trâlitatibtis irsdem decrelis injunctis, assecu- 
YSitity talia âùteiiâ Décréta tieqiie Possessioui neque Perronis 
eorumdeïn praejadicare debebunt. 

) 4' Quandoqaidem Dissidentibas ûtriusquc Confessionis 
fivangelicaî, tnahifariis modis, vàriisque Processuum rcxi<; 
ùontra lenorem Pacis Oîivènsis permukae Ecclesiae ademptae 
sunt, hi aûtem earomdem tcstitutiotiem modestia etmode- 
ratione ducti non urgent, verum easdem una cum fundis 
ad eosdem pertinentibus sponte libereqne cedunt, exceptis 
fatidis Nosocotniorum et Scbolarum, qui in quantum dc- 
monstratnm fuerit.- eos absque jure ademptos esse, Dissi- 
dentes vero in bujusmodi locis actnaliter adbuc degerent , 
restitni debebunt ; qnod idem de fundis etiam ad Ecclesias 
Ml actaali possessione Dissidenriam adhuc existentes perti* 



64 

nenlibus inielligenilum est, in quantum cornprobatum 
fuerit, dictos fundos ipsis illégitime ademptos, aut iujuria 
affectos esse, sive per baeredes bonorum sive horum fuu- 
dorum vicioos; proinde non splum cuique liberum ac li- 
citumesto, etquidem in Civitatibus Regiis et bonis regalibus 
cum permissione Sacrae Regiae Majestatis, in Capilaneaiibus 
cum consensu Capitanei et Confirmaiione Kegia : ( exceptis 
civitatibus majoribus Prussise, ubi Dissidentes jure extruen- 
darum Ecclesiarum a longo tempor^: gaudent ) ; in bonis 
terrestribus et Ecclesiasticig cum permissione Domini hae- 
reditarii in scriptis donatn , Templa et Ecclesias , nec non 
Scbolas et Nosocomia una cum .^dificiis ad eadem extruere 
necessariis, ita tamen ne quisquam Dominorum haeredita- 
riorum absque consensu Consis^orii illius Confessionis, in 
cujus usum templum, vel ecclesiam erigere voluerit, a^difir 
care praesumat, verum ibi etiam, ubi Ecclesiae non existunt, 
fundationes autcm ad easdem spectautes in actuali posscs- 
sione Dissideniium reperiuniur, dictx fundationes ad ipsos 
iu posterum perpetuo pcrtinebunt. Similiter si quis Do- 
minas baeredilarius Evangelicus , circa venditionem Bo- 
norum Catholico factam , fundationem Ecclesiae, areas in 
oppido aut pago, fundos et pagos ad fundationes spectantes 
in contractu exceperit, modernus autem Dominus baeredi- 
tarius aut Possessor ejusdem pagi, aut oppidi conirave- 
niendo buic exceptioni , fundationem Evangelicam sibi 
appropriaret y ad restitutionem exceptorui'n , ac satisfac- 
tionem contractui venditiouis bujus pagi vel oppidi oninino 
tenebitm\ Summas etiam Evangelicorum et fundationibus 
et legatis profluentes quisque Debitorum sive ex posses- 
sione, sive ex chirograpbica obligaiione, exsolvere ob- 
strictus erit. « Prœterea Grœci Non-Uniti et Dissidentes 
habebimt liberuni Religionis exercitiwn in extenso, videlicct 
actus Pietatis ad Cultum Divinwn pertinentes exerce ndi^ 
Sacerdotes ordinandi et vocandi, Sacramenta adnwiistrandi, in 
quacumque lingua conciotiandij liymnos decantandi, copulandi, 
funera publiée ducendi, œgrotos ubivis hcorum visitandi^ ipsis 



Siicnittic/ilii inipertô'fuli f liœcijHC otuniu stiif Jleliijtûnis liomi" 
nibns , nec non campanis et organis utendi. » Liberuni eliam 
erit Senioriius i/jsorum tam sœcularibus quam spiritualibus y 
Ecclesias suas visitare, t eaque onviia pcragere^ quœ cousue- 
tudo et rilits lUriusquc Rcligionisfenmt^ • iircquisitis Episcopo 
Diœcesano aut Parochis BonianchCatholicis , et absque oinni 
cujuscumquc impeditione ; Eadem ipsa libertate Grœci Non- 
Uniti gaudebunt , nimiruni lis civitatibus et locis , ubi Personœ 
Ritus Grœci Non-Uniti reperiimlur, cum scitu et permissione 
sui Episcopi aut Con^istoriiy c nova templa œdificanti et vetusta 
rcstaurandi , et in iisdem locis , et templis plenarium suum ii- 
bcrum Hciigijttis cxercitium liabendi » ( in quo etiani publicae 
froccssiones incltidunKir ), absque tamen impedimento 
Cultiis Divini Ilumano-Caiholicoiiiin et Processionum 
rorumdem. Qiiapropter Templa et Ecclesiœ non prius nisi 
duccntis ulnis ab Jùclesiis Romanis Catbolicis erigi pote- 
riint, idemqiie rcciproce in exstruendis Ecclesiis Romanis 
Calbolicis obscrvatidiim erit. Ad evitanda prseterea dissidia, 
duae niinqiiam proccssiones nec duo funcia uno codemque 
ifmpore ducantur ; verum tali in casu Rectores Ecclesiaruni 
de captando tempore amicnbiliter et absque omni alierca- 
lione inier se convenire tenebuntur. Quique primus Pasto- 
rem vicinum suum de necessilateProcessionis praemonuerit, 
in ducenda ctiam Processione vel fuuore prior erit. 

^ 5. Cum vcro nulla Communitas absque subordinatione 
et disciplina consistere qiieat; proinde Dissidentes ulriusque 
Confessionis plenariam babebunt libortaleui , propria Con- 
sistoria erigendi , Congregaliones suas Synodales, internum 
solummodo Reli[;ionis eoruni ordinem concernentts, abs- 
que cujusdam impedimento tenendi casdem toties, quoties 
necessarium ipsis visuin fuerit, convocandi, in iisdem om- 
nes causas, ipsorum doctrinam ecclesiasticam , ordinem, 
disciplinam, consuctudines , vitamque et mores Sacerdo- 
tiun concernentes , dijudicandi et ordinutidi ; casus itidcni 
dispensalionis et divorciorum inier conjuges dissidentes 
ulriusque Confessionis Evangelica,' de(i<lendi , et icruii- 
II. ,'^i 



G6 

nandi, il.a lit ncqno Clerus Homaii'H (^iholi<:iH , iicquc 
i}oniini liorcditurii ils scse ingérant , qui ex ratione do- 
minii nec directe nec indirecte Regimini E( clesiaslico se 
immiscere praesumant. Quod si praeterlapsis temporibus ii- 
demee^e forte ingesserint, resque nondum sopita sit, parti 
f;ravataip se senlienti actio in judicio mixto Ifbero reser- 
vatur. 

I 6. Graeci Non-Uniti et Dissidentes , tam spirituales 
quam sreculares, ab omni Jùrisdictione Ecclesiastica Ro- 
mana plenarie lîberi erunt/ita ut nemo eorumdem sive 
spiritualis sive saecularis sub qnocumque etiam praetextu , 
ad uUura quodque Romanum Consistorium, vel etiam Spi- 
rilnale Magni Ducutus Lithuaniae Tribunal adcitari debcat. 

g 7. Cum in plerisque locis abusus quidam irrepserit, 
^uo Cierus Romanus GathoIicu8,citra omnesjus, certam a 
Dissideptibus contributionem sub tilulo jnrium stolae exigit, 
Ucet hi proprios suos Sacerdotes sustentare teneantur; 
proinde Dissidentes utriusque Confessionis a solutione dic- 
torum jurium stolse ex nunc liberi pronunciantur. Clero 
Romano Catholico nullo quoquam praetextu licitum erit, 
ullas a Disgidentibus lam Nttbilibus qnam Civibuà et Ple- 
beiis dationes exigendi ; mos etiam pinribus locis intro- 
ductus slrenarumcolligendarum causa , hicri gratia adeundi 
domos Dissidvuium , et abusus Dissidentes cogendi, ut 
fchedula8 seu scriptas licentias a Pnrocbis Catbolicis Ro- 
manis impétrant, quibus Rirus Ecclesiasticos et officia Rc- 
ligionis 8uae exercere possint, in perpetuum tolluniur et 
annibilantur. Quae omnia de Grnecis etiam Non-Unitis intcl- 
ligenda sunt, salvis tamen Decimis, et Missaiibus, ubi eœ- 
dem ipsis hucusqae jure, nec non ex ratione compcsitio- 
niim super iisdem legaliier factarnm competierunt. 

S 8. Episcopus Msci.^lavit'iisis , Orszanemis ^ MohUoviensii ^ 
nunc sub titttio Episcopi lîussiœ Jlhic supradictas Cailicdias 
possidcns, cum onmibus \\\\c poriincntibus Templis et Mo- 
nasterii eorumque fnndaiionilnis, lain ils, in quorum pos- 
sessione idem Episcopus rjusqiic C^Ioriis iicinalitc:- cxi>(ii , 



07 

qunni illis, qn.»» ipsis prania dcdiwtione in jiwlicio iiukio 
iterum ailjuHicnreniiir, perpetiiis temporibus circa J{cii{j[io- 
nem Graeco-Orlentalcin Non-l-nifam conservabitur. Qui- 
quiddm Episcnptis Albœ Rtiisim iii 8ua Diœcesi Jiirisdictio- 
nem eodem ac Ëpigcopi noiiiani Catliolici m Dinecesibuii 
suis modo , sine rujusquain impeditione exercebit ; circa 
camdein Beli(][ionein Grœco-Orientalein perpetuis eliam 
tcmporibus omnia illa Moiiastoria et Templa , give lu 
Hcgno Poloni»;, sive Maguo Ducatii Litbuania» sita per- 
inanebiint, qure ad Ecclesiaiii Metropolitanain Kyovienseui 
Non-lJnitaiii, vcl quoscumque alioÀ bujus Heii^ionit> supe* 
riores, actu vel de jure pertincie debeie (tacta <'orain jii- 
dicio mixte denioniitratione) appariierint. 

§ (). Cuiii llbcriiin Rcli^ioniâ exercitiuin libros devotiuiii 
inscrvieuteti omnino exigat, Di$sidente<> vero proxiinis terii- 
poribus ex necessitatc adacti fiieriiu, ut eosdem extra Hnes 
llegni impi'imendos curare debueriiu ; antea tamen tain 
Dissidentes quam Oranci'Non-lJniti ejuftinodi libres absquc 
impedimeoto in Itegno imprimi faciebani; preinde in po- 
sterum restituuntur libcrtaii libre» type excudendi type* 
graphaeaque sua inslitucndi , prasvi^j, quantuui ad Civitates 
Itegias attinet , S. Kegix Majesbitis couseasu ; ea taipeu 
generali ad omnes Typograpbes l>oaiiuiis Ueipublica: repe- 
ribiles praPinonilieue , nu ullos liùras haneticos imprimant ^ ri 
in pwictis conlrouf.miin'uin a srominutiris r.rpn'ssioni/ni}i vl 
nspero stylo trplctiSj settulo (ovcnnl. 

§ 10. Matrinionia inter peraonas fh'iu'i'SiV H<di(jionis ^ id est 
Jtonmnœ Catholicœ , Giwco Non-Unitœ ^ çl lîvumjc/imi utn'ujt" 
que Confcssionis a ncmine prohihcnnttir ant impediantur. Pith- 
les fx mixto l'jusmodi matrintnnio He/itponem paroiitinn setitw- 
tur, fila Hcmpr Pnlris , FiliiC mal lis ; i E.nopto msit , <pto 
« Persona: Xolnirs in Pnclis anli: inilnnt Mnlrimttnium inter se 
< convenerint. » Copninlio a Sarcrdotr i>."l Minislio ejus Ileli- 
(fioniSy qtiavi sponsn pro/ifetui\ poraf/alur ; qnod si vent Para- 
chus spoiisif nonirutO'Cnt/ioiii'in copitUitioacm dt'tuujarct ^ Mi- 
iii^tro lidifjitmis Dissidrutii ,i> /i/ji-rl(i.\ rsin ciimdrni rttjiuhnidi. 



G8 

€ Decrelu fit-iiii^ne , si ffuœ forte Uuic saïKlioni ccmlrarin ex 
« quocutiique judicio emanata fuerint , pro nultiii doclarau' 
« tur. » 

§ 11. Pertinetad liberum exercitium Religionis, ne Grae- 
coriim Non-Unitum et Dissidentium aliqui Dies festos Ro- 
mano-Catholicorum celebrare,multo minus publicis Proces- 
sionibiis, aliisque Csereniooiià Ëcclesiae Romanae Catbolicae 
intéresse , vel etiam libertatcm ritus suos ecclesiasticos ob- 
servandi, pecunia redimerè cogantur; bine estquod iideni 
ad obsen'andos hosce dies festos, assistendiimque Procès- 
sionibus Gitbolicis compelli non debeant. c Famuli tamen 
ri snbditi S. Rcligionis Romanœ Catholicœ a dominis suis Dis- 
sidcntihus ^vel Grœcis Non-Unitis , quominus dies festos Catho- 
licos obso'veutj non impediantur. » 

§ 1 2. Seminaria seu Scbolas instraendi personis ad sta- 
ttini spiritualem se accingentibus , educandisque Juvenibiis 
(îraeco-Non-Unitis Status Nobilis et Civitatensis necnon 
Scholas Parochiales eidem juventuti in fide sua erudiendai 
dcstinatas , tam eas, quas dudum jam possident, quam illas 
etiain , quae in posterujn in locis, ubi Grseci Non-Uniti de- 
gunt, erigerentur, praecipue autem Seminarium Mohiloviœ 
:ictu jam exist«;ns , nemo turbare audeat. Sacerdotes Graeci , 
aeque ac ipsorum familiae , claustrales , spiriiuales , ac servi- 
tores Kcclesiarum , ad nullam aliam jurisdictionem prcTter 
judicinm Episcoporum Graeco-Non-Unitorum evocentur : 
L^usis ten^estribus juxta statutum Magni Ducatus Litbuaniae 
exceptis Graeci Non-Uniti et Dissidentes ad mutandam suam 
fidem nullo modo cogentur. Monastcria itidem clerusque 
Graeco-Non-Unitus et Dissidens et in conferendis oneribus 
publicis f Clero Romano Catliolico coaequantur, et a datio- 
nibus et obligationibus , quae Dominis solummodo a sui.<^ 
subditis praestari soient, immunis esto. Hac tamen immuni- 
tate filii sacerdotum nondum ordinati, et fundi, qui Eccle- 
siaslicae fundationis non sunt, nequaquam gaudebunt. Givi- 
ratibus,quas Graeci Non-Uniti inbabitant, omnia a Regibus 
légitime roîlata constitulionibinqne ronliiinata privilc.{»ia 



m 

iiiviolabilin nianebunt. Oinnia Teinpla et Monasteria Gianca, 
(le qiiibus facta probatione apparuer't, eaclein Graecis Non- 
Unitis modo illegitimu idempta esse, ipsis una cum pcr- 
tinentibus ad eadetn fuadis et summis reddi debebunt. 
Qunc omnia in Judicio mixto, iiituitu quidem tempiorum se- 
cundum bonam vohmtatem Parochianoram, respectu vero 
Monasteriorum , secundum fundationes examinabuntur et 
decidentiir. 

§ i3. Quoniain publica ti*anquillitas securitasqiic per^o- 
narum ex adrainistratione justitiae ab omni partiuin studio 
aliéna, niliilque nisi jus ac sequitatem respiciente pendet , 
et quoad {jravamina Religionum jain a majoribus nostris 
})ro securitate horum et bonorum Dissidentium, processus 
et executio utrique parti serviens desiderabatur; proindcad 
effectum deducendo lot Comitiorum Recessibus approinis- 
sum adinveniendae justitise modum,quo cuin Dissidentibus 
a nobis in Reb'gione Cbristiana concivibus Graecis Non-Uni- 
tis et Dissidentibus, ad osculuni pacis et justitiie pervenirc 
possimus, eosdem (cum usquedum via juris ad Tribunalia 
et Gonsistoria obstantibus annorum 1627, 1682, i638 et 
i64t Gonstitutionibus pertracti fuerint), tam in Âctoratu 
quam et in Reatu, intuitu yariarum infra expressarum can- 
sarum, a jurisdictione Tribunalium et Romano Catholico- 
rum Gonsistoriorum, nec non tribunab's spiritual is Magni 
Ducatus Lithuaniae omnimode liberos ac inimunes red- 
dendo, modo constituimus judicium mixtum , sive com- 
positum, ex septem supra deeem personis judiciariis; oclo 
nimirum saecularibus Religionis Romano-Galholicae, et octo 
Dissidentibus seu Graecis Non-Unitis, inter quos Episcopus 
Graecus Non-Unitus Albae Russia:, tanquam natus suae Ga- 
denti.ne Prœses, decimus septimus erit; insuper duo Notarii 
Decretorum absque voto decisivo. Duo itideni Régentes No- 
biles ad attendentiam Archivii eligantur : unus autem No- 
tariorum aeque ac unus Regentium Romano - Gatbolic;p : 
aller Notariorum, ac alter Regentium Religioni Grapco->'on- 
Unit.T, vcl Dissidentium. addicli suiito. 



70 

§ 1 j. Sarra lle{jia poteslas polleijit ex hiscc siipia iiic- 
inoralis Pcrsonis, quolannis mcuse JiiJio, sexdecem judices 
noinioandi, vel hos ipsos anioa jam constitutos aiic aliquos 
ex lis in secundiim arnuiin hoc in ol'ficio conservandi et 
conHnuandi. Nominatio aiilcin Nutariorum et Re^jentiuin , 
eorutndeiiique mutatio, .1 judicio iiiixto dependcbit. 

§ i5. Hi nominati a Sacra Itegia Majeslate judices, 
Varsavi;r; Joco opporîuiio se x nionsibus in anno jiidicia 
.sua pcrajjent, idque nio|jo sequciili : Quatuor Peraon.x* 
Kcligionis Roman ae Catholicîe , totideni Grircyp Non-Unii;v, 
vel Dissidenticae, in prima a Sa< ra Regia Majestate assi- 
{jnata Cadcntia conveniant, prynvioqne pntstito in Castro 
Varsaviensi juramento, Pnesideni Ron';ano-Catholicuni ex 
mcdio suo piuralitate votorum eligent, juridictionem suam 
fundabuut, exceptisque a Notariis et Regentibus juramen- 
tis, judicia sua per très menscs continuabuni. 

S 16. In casn absentiu* lujusdam ex octo istis Personis, 
numéros senarius ad plénum constiiuendum judicium suf- 
hciet; quodsi septera adfuerint, uUimu3 ordine ex eadem 
Religione, iu qua supernumerarius est, voto décisive ca- 
rebit; c'ompleto autem numéro sexenario, si prœses casu 
quodam in morbum incideret, primus in ordine ejusdem 
. fidçi,in locum ejus succedet ; quodsi hujusce religionis 
Démo superoumerarius adesset, Xotarius iili addictus , 
cum voto decisivo, et praîvio juramento, numerum asses- 
sorum suo ordine supplere poterit. 

§ 17. Piseside Romauo Catbolico, Notarius Dissideus 
(quamvis in locum Assessoris cum voto decisivo assumptu^ 
esset), et vicissim ^^otarius Romanus Githoîicus, Prx'side 
Cr«eo Non-Unito, vel Dissidente, munus suum exerce- 
bunt. 

§ ]8. Secunda bujus judieii mixti Cadentia , Personne 
ex uominaiione Sacrse Regise Majestati^f, cidem designatae, 
tribus secundis mensibns judicia sua instituent. In quorum 
initio, expleta jnrisjurandi religione, antc omnia, Prneses 
Dissidens cligendus erit. Conscqncntci., per piiiuain (^uientùr 



71 

medietatem Revercndus Episcopus Grœco-JVon'Unitus Albcc 
Bussiœ prœsidebil; cl in casu ejus absentiœ , Prœses Dissidens 
vices illiiii supplehit. Pari modo, Episcopus, in absentia 
Pra^sidis Dissidentis, altéra eliam Cadentiae medietate ad 
finem prsesidebit. Si vero casu quodam uterque Praeses 
abesset, primus in ordine Grsecus NonUnitus vel Dissi- 
dens in eorumdem locum succedet. Supernumerarius au- 
tem voto carens ejusdem religionis , ex cujus parte judex 
deest, numerum supplebit; quod etiain in casu necessitatis 
intuitu Notarii obervandum veniet. 

§ 19. Coram hoc ergo coinposito seu niixto judicio (ita 
tamen ut judiciis Reyiis, Post-Curialibns, Tribunalitiis , 
Succainerarialibus , Terrestribus et Castrensibus causas ad 
eadem proprie spectantes Ueli{jionique nullatenus connexae 
saivse maneaiit), forum $>uum sortientur causas, tani ex 
Actoratu quam ex Reatu , cum Reli^ione et rébus Eccle- 
siasticis counexionem habentes, in judiciis Castrensibus 
vel Terrestribus définitive prius decisae, indeque ex ap- 
pellatione vel remissione ad judicium hoc coramuue de- 
volulae, sigi.^'ntcr omnes causac, quae in posterum qui- 
buscumque Personis ad Ecclesiam Romanam Catholicam 
pertinentibus, cum Graccis Non-Unitis et Dissidentibus 
utriusque confessionis, spiritualibus et saecularibus cujus- 
cumque status et condiiionis, et e contra, intercèdent. 
Uti quidrm sunt causae calumniarum Religionis, caedis 
spiritualis pers'^ lae, violentiae personis spirituahbus illatae , 
violationis Ecclesiarum Fundaiionum, Scbolarum, Noso- 
comiorum , Caemeteriorum domuumque spiritualium a 
quocumque, sive spirituali , sive saeculari, perpetratae , 
violationis alienac jurisdictionis, et rituum Ecclesiae, con- 
troversiarum ratione juris Patronatus, inchisis etiam De- 
cimis, uno verbo ex Religione et ritibus Ecclesiasticis 
émanantes controversiie, quae pacem et tranquillitatem 
inter Dissidentes turbaverint. Intuitu .^uorum omnium 
judicium niixtum habehit potestatem ,»cf pluritatem voto- 
rum cognosccndi , piiniciidi, cl mcd.anto ;lchniti\a son- 



/:: 



teiilia sine uppeltuliuiie tiecunduiii jura et consuetudinc» 
clecidendi, eliani cum scquestratione provenluum s|Mi-i- 
tualiuin^ exceplis pœnis personalibus , quaruin iuluiiu per- 
soux 8pii ituales ad Ecclesiam Romanam Oatholicain perli- 
iieiUes ad Loci Ordinarioç:, îcque ac Personae Religiosx ad 
compétentes snos superiores remittentiir. Quod leque res- 
pectti personarum ctiain spiritualiuin Grœcorum Non-Uni- 
toriini et Dissidcntiuni servandum est. Provcnlus nimiruin 
eorumdem sequestrando , ipsosmcl autem pro pœnis per- 
sonalibus ad £piscopos suos scu Consistoria remiltendo. 
Dissidentibus etiam inutno ad inviceni , spiritualibus et 
ssccularibus , in causis supra expresse raliouis, in codem 
hocceforojus dicetur. Plena porro buic judicio tribnitur 
potestas , aniiqniorcs etiam bujns generis controversias , 
tam eas quae indécise adbuc remanserint, quam etiam 
istas quae , decretis cum gravamine parlium prolatis, et 
cxecutioni dcmandatis, finitoc jam sunt (si tamcn deter- 
niinatum boccc actu separato annum nonnalem, nimiium 
primani Januarii anno 1717 inclusive, non cxcedunt), 
denuo revidendi et finaliter dccidendi, parlibns injurititis 
eompensationem adjudicandi, easdemque possessioni Tem- 
plorum , Monasteriorum, Nosocomiorum, Scliolarum, Se- 
miuariorum , et fundationum suarum necnon bononnu 
personarum privatarum, cnjuscumque status fuerint (si 
autbcnticis docunientis probari poterit eadem praefatis 
injuriatis ex odio Rebgionis adempta esse) restituendi, 
omnemque justiliam administrandi. 

§ 20. Controversiae occasione bmitum cum Catbobcis et 
Graecis Non-Unitis, vel Dissidentibus , inter bona ecclesi?»- 
rum et fundationab*a exoriund^e, omissa alia prima instan- 
lia, directe ad judicium mixtum deferantur, quod idem 
judicium condescensionem , in :equali numéro commissa- 
riorum Catbolicorum cum Griecis Non-Unitis vel Dissi- 
dentibus, designare poterit. Ili vero, si jurnti judices, vel 
officiales terrestres, aur castrcn^es non luorint, juranicu- 
tum de juAc judirando in proximo « .islro puestarr, et dr 



iO 



piiTalilo aulheiiticiiiu e\ eodcni Castro Duciiinenluin ad 
lociirn condescciuionis adferre, jndicioqiie suo condcscen- 
soriali producere tcncbuntur. Tum vero aequali scinper 
numéro Catliolicoriim, Gr.Tcornm Non-Unitorum, vel Dis- 
sidentium , servato, controversias limitiim, prout jus et 
justitia exigit , vocato etiam geomelra jurato pro deli- 
neanda accurata mappa, disjudicarc debebunt; ab eortim- 
dem autem dccreto, parti gravatam se sentienti appellarc 
licebit ad judicium mixtum, a que deHnitivc bujuàmodi 
iiegotia decidentur. 

§ 21. Judices terrestres, vel castrenses, vel etiam no- 
minati a jiidicio mixto, pro condescensionc finium regun- 
doruiii commissarii, neque ad reddendam eidem judicio 
judicati suf rationem adigi, neque pœnalitatibus subjlci 
poterunt. 

§ 22. Et cuin ea judicii mixti institulionc puHico bono 
ot tranquillitati consulilur, xquum judicamus ut generosis 
Praesidibus et Judicibus ac Notariis et Regentibus ex pu- 
bliée aerano salaria constituantur. 

§ 23. Quoniaiii judicium boi: mixtum ex pari numéro 
judicum constituitur; proinde, incidente paritate votorum , 
si nimirum, post suffragla prima, et secunda vice publiée 
prolata, terlia autem in secreto expedita, iterum votorum 
paritas existât, causa talis per Prîesidem ejus Cadentiae 
rcsolvetur; oui, in casum paritatis, facultas duorum suffra- 
giorum tribuitur. 

§ 24. Quamvis determinatum sit ut nominatio bujus- 
modi judicum per Sacram Regiam Majestatem mense Julio 
tiat, prima tamen post pr.'esentis separati actus ;*atificatio- 
nem proxime subsequetur. Cadentia vcro prima incipiet 
prima Octobris anni 1768. Coiilinualio autem ulteriorum 
Cadentiarum, ut ot forma processuum, aliaeque instruc- 
tiones explicantur Fusius et plenius in Ordinatione huic 
judicio mixto pncscripia et constitutioui inserta. 

§ :>..'). Mec tcinpore iiiterregni j'idit ium boc( o nn'xtum 
a dicnido jnir viical>il, iuccdontcquc iiitorc.» tcrmiuo iio- 



74 

iiiiuatiunis judicum, ud Uevcrcndissiinuin in Cliristo Pa- 
trem, pro tenipore Primatcm regni, ipsorum nomiuatio 
pertinebit. 

§ ^6. Cum aulein necessarii pro parte Dissidentium of- 
ficiales Terrestres et Castrenses Dissidentes, qui ejusdem 
religionis sint, et iu pari cum officialibus Romanis Catho- 
licjs numéro, pro Condescensionibus, et ad Executiones 
decretorum Castrcnsium, Terrestrium, et in liocjudicio 
niixto ferendorum adhîberi possint, in hoc toto Regno 
ad praesens non existant; ratio auteni aequitatis omnino 
eorumdem institutionem suadeat; proinde , Sacra Regia 
Majestas potestatem habebit, eosdem mediantibus l'rivi- 
legiis sub titulo subdelegatorum, ad obeunda munia in 
Condescensionibus tantum pro parte Dissidentium, creandi. 
Liberum tauien semper erit partibus in judiciis Castren- 
sibus, Terrestribus , et in judicio mixte, circa assumendus 
ad prxmissa etiam soles Catholico'; officiales invicem cou- 
veniendi. Hi autem subdelegati Dissidentes a Sacra Regia 
Majestate privilegiati, ante exercitium ofHcii in Castro aut 
judicio Terrestri, juramentum explebunt. 

§ 27. Et quoniam judicio buic mixte Civitates", etiam 
majores et minores, Prussia? in causis supra expressi genc- 
ris suberunt, proinde solis causis harum civitalum ultimani 
cujusvis Cadenti^e hebdemadeui dcstinanius, qua causa? 
ex Regestro Pruthenico seorsim formate acclamari et ju- 
dicari debebunt. Durante ultima bac Iiebdemade, causis 
civitatum Prussiie destinata, unus ex quatuor candidatis 
a civifatibus bisce prsesentatis, quem Sacra Regia Majestas 
nominaverit, judicio mixto, qua judex cum veto décisive 
intererit, cui Assessori nomine civitatum Prussiae Dissidenti 
ultimus in ordine Dissidens locum suum cedet, salvo ta- 
men salarie integrœ Cadentiae locum cedenti reservate. 
Cautum pariter hisce civitatibus volumus easdem, proiit 
in ante ex prima instautia ad nullum inferius subsellium , 
verum directe ad judicia l*ostcurialia adscilatae fueraiit, 
ita et iii causis supra express;r rationis »ioii nisi ad judiciuni 



73 

jiiixtuiii directe adscilari debere. Proceësus vero ex Acto- 
raiii ipsarum procedentes, eodem supra recensilo inodo 
(pleuai'ie tauien cas a Consistoriis RomanoCatholicis exi* 
iiieudo),ex prima instaïuia in judiciis Castrensibus vel 
Terrestribus inchoari debent; in causis autem cum pri- 
vata et jurisdictioni civitateusi subjecta pcrsona interce- 
dcotibus, prima instantia reservatur Magistratui. 

§ 28. Jure patronatus ex consuetudine ad praerogativas 
Duminii haereditarii spectaute , Graeci Non-Uniti et Dissi- 
dentes nullateuus privati erunt vel privari debebunt. Gaii- 
debunt itaque hac Prœrogativa, tant în bonis quœ jure pcr^ 
petuo tenent , quam in aliis locis ex possessione bonorum ipsis 
compétente, œquali cuni Ramanis Catholicis modo,ea tamen 
condilione j ut Grœci iVon-Uniti et Dissidentes ad regendas 
ecclesias et tcnipla Romanorwn Catholicorum i/i bonis suis 
existentia sacerdotes romano-catholicos prœseniare teneantur ; 
e converso Possessores Romani Catbolici ad templa Grœ- 
corum Non-Unilorum et ecclesias Dissidenticas in bonis 
suis consistentes, quoad bénéficia Graeca Non-Unita Ec- 
clesiasticos ejusdem religionis bona* vita? ac nioruin , et 
testimonio sui Episcopi aut Consistorii pr.xditos, ad eccle- 
sias' autem Dissidenticas Ministros ejusdem, quam sua 
communitas profitetur confessionis , p» acsentare tenebun- 
tur; qui quidem Ministri pro more et ritu suae religionis, 
a connnunitate Parocbianorum praccedente, et eleclo et 
dando a potcstate sua spirituali in scripte testimonio nui- 
niti sunto; exceptis iis Litbuaniac locis ubi fundatores 
ccclesiarum jus suum pracscntandi Parocbum in Synodum 
Kvangelicam transtulerunt ; Pra?sby(erum vel Ministrum 
jam installatum beneficio privandi , Dominus bacreditarius 
potcstatem non babebit; Praesentationes eiiam utrinquo 
sine ullo lucro vel pecunia in recugnitionem solvenda cun- 
ferantur, ad depactionem et simoniam evitaudum. 

§ 29. Omnia Monasteria et fundationes, post ReForma- 
tiunem in saecularia immutata, tam in Regno Poloni:€quam 
in Ma;;uo Ducatu Lithuauia,etannexis provinciis, pcrpetui? 



76 

teiiipoiihiis in eodeiu , qiio nunc simi statu, pennanebtint. 

§ 3o. Quoniam anqualitas intcr Nobiles libcrtaiis PoIoni?e 
fundamenlum, et tulissimuin fulcrum patrianim legumesl; 
Graeci vero Mon-Uniti, ab ipsonim ad Rempublicam accès* 
sione; Dissidentes autem, a longiiis qtiam medio supra 
uoum sspculo ad annum usque 1717 vigore aiuiquorum 
juriuin, confœderationum, constitutionum et Privilegiorum 
in pérpetuum confirmatorum per Pacem Olivensem et Trac- 
tatum anni 1686, qui aptiquas illis assecurant sanctiones, 
in ejusdem aequalitatis usu et possessione exstiterunt; 
proinde restituimus ipsis eclus pracsentis separati tenorc 
omnia antiqua jara, et Praerogativas ; dedaramus ipsos ca- 
paces an ïiabiles obtinendis necnon obeundis omnibus mtmiîs 
Regnif Magni Ducatiui Lithuamœ\ et anncxarmv Provincia- 
rurriy dignitatibus Senatoriun et Ministrorum , Officiis Regni 
et Terrestribus , Commissorialibus , Lcgationibiis ad Exteros 
sive ad Comitia y fwictionibiib Trihunalitiis , omnibusquc aliis, 
quocwngue tiomine venerint j Benejiciis , ex distributiva Sacrœ 
Regiœ Majestatis gratia profluentibus , possidentis Capitanea- 
tibus y cum vel sine jurisdictione Bonis Regalibus , omnibusque 
jurisdictionibus Terrestribus , « Uno verbo, restituitur Grœcis 
Non-Unitis et Dissidentibus plenaria activitas tam in civilibus 
quant in militaribus y una cum ^participatione omnium ittili- 
tatuniy ad quorum communem cum RomanoCatholicis partici- 
pationem perfecta Nobilium œqualitasjus ipsis tribuit , quam 
ob œqualitatis Natalium rationem , Rciigio etiani Grœcis Non- 
Unitis, et Dissidentibus impedimento nullatenus erit in obti- 
nendis indigenatu et Nobilitate. 

§ 3i. « Cives itidem Religionis Grœcœ Non-Unitœy ac Dissi- 
denticœ utriusque Confessionis , in civitatibus plenaria ciun 
Romano-Catholicis œqualitalc y secundum capacitatem statui 
eorumdem congruam, gaudebuut; videlicetjure civitunfruendiy 
magistratus civitatum obtinendi , » quas cuique eorumdem in- 
colore libuerit , necnon commercia et mercaturani cxercendi , 
officinas opifcum institucndi ( salvo tanien in rivitntibus Hc- 
giis desuper inipetrando Piivilcj'.io lîc^jid, in Iîoims iiufrm 



i l 



Uj.'vcil'anni<, tnin pn(>is qiiaiu op|)i(Iis ol>iiiienda a Doinluo 
i)rerc<Iiiario periiu-ssione ) oiiiiiiliiiâque aliis iiiodis, slalni 
Civitatensi propriis, lucrum suum qiinerendi, aeque ac ipsi 
Romani Catholici ; hominibus vero plebeiae conditionis , 
tam Gnecis Non-Unilis qiiam Dissidentibus, in Bonis Re- 
{^alibus et Capitaneatibns degentibus, ratione perpessariiin 
injuriarum , et proccssuum suorum a judiciis hujug status 
boniinibus Romanis Catliolicis as«ii(];natis, aeqne ac his jus- 
titia ndniinistrabitnr. 

Art. lir. 

In omnibus tam mnjoribns quam rainoribus civilatibus, 
ac villis IVussi.t, JDissidentes vigore Pacis Olivensis , et 
(jraeci Xon-l'niti viilute pracsentis Actus separati , libero 
ReIif;ionis exercilio juxta statiitos articulos favore Dissiden- 
lium in tota Uepublica Mngno Ducatu Liibuanix et annexis 
Provinciis, quam plenissimegaudere debebunt; quamobrem 
nemo ex solo molivo religionis, a partiendis juribus et prae- 
rogativis civitalensibus, et muniis magistiatus illarum, 
( salva tamcn jiixta earunidem jura libéra electione, non 
obsiante, quod Givitateni Thorunensem altinet , Decreto 
anni 1724 ) excludi , impcdiri ac arceri poterit. 

§ I. Clerus Romanus Gaibolicus nuUo modo se jiuiidic- 
tionis saecularis civitatensis negotiis immiscere, ac ingerere 
poterit, prout id in pra^fatis arliculis favore Dissidentium 
in tota Republica cautum et expressum est. 

§ 2. Gum vero datum sit Dissidentibus jus et facultas , 
causas Ecclesiasticas et Consistoriales Dissidentium judi- 
candi, et dirimendi, idem etiam rursus competet civitati 
Thorunensi , non obstantibus , qua:* cum Episcopis acta et 
gesta sunt his contraria : ad quod civitaiis Tborunensis Con- 
sistoriumomnia etiam Dissidentium templa, oratoria,scbol<e, 
«•edesque spirituales ( um Ecclesiarum ministris, et ludi ma- 
gislris singulaque Gomnuuiilatum Dissidentium membra , 
iu spiritualibus, matrimonialibus, at(|ue disciplina Kccle- 
siastica, iu Clulmensi et Mariabur{;eii>i per tractum Dltecesis 



78 

Cnlmoiisifi, ntqiip in Archidiaconani risuiiinfiiisi , in Pome- 
raniasito, permanebunt. 

§ 3. Visitationes, oc Décréta Episcoponnn, alineqne Cleri 
Romani Calholîci Ordinationes, Prussi.np civitates respi- 
cientes, juribus et immunitatibus favore omnium in bac 
Repablica Graecorum Non-Unitornm et Dissidentium per 
praesentem Actum separatum stipulatis, derogare non pote* 
riint ; imo es?, qua* ipsis adversanlur, pro nnllis et irritis 
censendae sunt. ' 

§ 4' In omnibds civitatibus majoribns et minoribiis Piih- 
siae, opifices , qui in fundis Ecclesiasticis Cleri Romani Ca- 
thoHci tam sœcularis quam regularis babitant, aut domos 
eorum incolunt, jnrisdictioni civilatensi, et suis respec- 
tive contuberniis subjacere ac communes contribntiones 
Cnnfi aliis contuberniis per Mugistratum civiratis strinj^i de- 
bebunt. 

§ 5. Studiosi et Scholares tam Catliolici Romani qnam> 
Graeci Non-Uniti et Dissidentes, in dictis civitatibus tran. 
quille se gérant; in casu excitatarum a quocnmque ex illis 
perturbationum , ne Magistratus per eorumdem respective 
superiores u!Io praetextu impediatur, taies tanquam viola- 
tores trunquillitatis pubbcae detinerc , ut a judicc conipc- 
tcnte puniantur. 

§ 6, Inscriptio ex Decreto de anno 1724 supra mouu- 
mentum in angulo Caemeterii Ecclesiae S. Joannis prope 
Collegium Tborunense Patrum Jesuitarum positum, per 
eosdem patres Jeguitas tollatur, et Magistratui loci extra- 
datur, quiab origine dicti Decreti, salvis salvandis, in aliis 
punctis pracsentis actus sc[>arati expressis absolvitur. 

§ 7. Gymnasium et Scbolac Dissideniium civitatis Tboru- 
nensis et Typographia , qunn per Decretum anni 1724 P"**^- 
hibita sunt; omnibus suis libertatibus , qnibus antea et 
hucdum utebantur, non obstante diclo Decreto, plcno jtirc 
in posterum fruentur; conformitcr lamen ad prapscriptuni 
paragrapbum 9, pinesenli.sactus separati, circa 'PYpograplnns 
Graecorum Non-Unitoruin c» Dissidenliiim . qnoîul libros 



70 

(levotioiii^ et t'onrrovoisiariiin, in inatoria Iioiigioiiis iL>i(l(Ma 
imprimcndus. * 

§ 8. Templum Dissidenliiim Angiistan<T Confessioiiis in- 
varlatac, ante aliquot annos in veteri civitate Thoriinensi 
exstructuin, in libéra ejusdcni Confessionis ab omni impe- 
(Hinento possessione, in quaactii est, perpetuo existet, cum 
plena facultate circa idem aedificandx turris, et tenendarum 
ibidem campanaruni, prout id in toto Regno permissum 
est. 

§ 9. Nobilitas Palatinatus Culmensis , Personas e magi- 
stratu Thorunensi in Assessores judicioruni sacrum Terres- 
trium eliget, ita ut nemini Religio Evangelica impedimento 
essepossit. 

§ 10. In Patronatns EccIesiîK ParochialisS. JoannisTho- 
runii, ad Serenissimos Reges et Magistratum dictse civitatis 
ex alterna vice spectans, quo idem Magistratus ab co tem- 
pore, postquam illud Patribiis Jesuitis concessum est, ex- 
clusus fuerat, ad ipsum denuo pertinebit, illoque prima 
succedente vacatione utctur. 

§ II. Ecclesiae Thorunii existenles S. Jacobi Monialium 
Ordinis S. Benedicti in nova civitate, et S. Maria? Patriim 
Bernardinorum cum suis altinentiis, quac in banc usqne 
diem possident, penc ■ eosdem permanebunt perpetuo, et 
in aevum : compensatio tamen damnoruiii, exinde resultan- 
tium, pcr Rempublicam civitali Tborunensi suo tempon» 
providenda erit. 

§ 12. Parochi Romano-Catbolici Civitatis Eibingensis 
Transactionem Reverendi in Deo Rudnicki Episcopi Var- 
miensis, de anno 1616, in omnibus suis punctis et arlicniis 
exacte scrvare tenebuntur. 

§ i3. Constitutiones annorum 1717, 1733 et i7()|ronira 
principalem civitatis Gcdancnsis Ecclesiam lata^ , pricseiili 
Actu separato abroganlur. 

Art. IV. 
Diicatiis Curlandirc, et Seniif;alli:c in pcrpetmini, manu- 



m 

t^neri dchi ni ciica juia sita in l-!rrlesiii>>licls, scciiiidiiin 
leges Provinciales ; « Ncmoqnr n//n snb jnœtfxiu ad'uji po- 
terit t ad assignanda loca m exstructioncm temploriun alîo- 
rwnque œdijicioruin illuc spectaiitium , vei Domos ad axcv' 
ccndum ciiltum D ivinwn publicwu Jiomauum CathoUcum, jure 
tamen w/innis, tihicumquc cxstHerint ^ Sacramenta ndwinis- 
trandi integro pennanentc. 

§ I. lieligio Grœca Oricntalis NunUiiila hnbebit libenim 
Bitus sui exercitiimi in Diicati'bus Curlandiœ et Semigallbe , 
absque omni cujusvis impedilionc aut lurbationc 

§ 2. Clerus Catboiiciis non infringcl ( in prœjudiciwn itivcs- 
tilnrœ Ducalis)jw'a Diicum, eorwndentquc consisturionun. 

§ 3. Clerus Catho/icus non poteril in prœjndicinm Leguni 
Provincial iwn connubio jungcre scrvos et subditos , si/ie con- 
sensu corwndem Dontinontni. 

§ 4' Parochi Civitatis Mitavicnsis et GoMyiigensis , ad 
mentein Commissionis aiini 1717, et Convcntionis Varjia- 
viensis de anno 1740, inter Ducein Ciirlandiae , et eosdein 
Paroelios factae, et tandem secnndum leversales a Duce in 
anno 1 764 datas , bona Ducalia NcufricdricbslioJ/, et Bœnnen 
debenl reslituere, contenti illis , quaî ipsis supra nieniora- 
lis Docnnienlis slipidata siint. 

§ 5. Eeclesiœ, earwndeni nttinentiœ , ab uno tanlunt n/tcruve 
Cotlatoruni in prœjudiciinn reliquoriun Catholbis cessœ ,reddi 
debcni Religionem Cunfessiotu's Anguslanœ profitcntibus , et 
guident a prima Jannarii 1717 inclusive computav.do ; quud 
tamen extendi non poterit ad Lcclesiam Parocbia/eni llluxlcn- 
sem, quœ ùna ciun Collegio , .SVAo/v.s , /Jouis , omnibusquc u/iis 
pertinentiis Patrwn Societatis Jesu , in eornmdeni favoretn , a 
Magnifico Josaphat Zybetg, Cuslellauo Livouice, in bonis ipsius 
hœreditariis fundata^ vi hujus actus scparati approbatur. 

§ 6. Ecclesiae in univcrsuni omnts utriusque Pieli^>iotii> 
Evang[elic3e , quae nunc in Ducatu Curlandia; et Sen»ip,alli;t' 
existant , et quae in postenim exslruentur, juri dictanini 
Confessionum semper suberuiit, ucqne sid) ullo pr;cto\iii 
cuipiam mutaiioni vel reformât iuiii siihjn( el)unt. 



81 

§ 7' î^i^ituin non ciit erigerc Templa, Sacclla, Cœnobia 
il) bonis civiuitihusqnc Diicalibns, absque pcrnn'ssione Diw 
cis , in bonis vero terrcstribus sine licentia bcrcdiim; qncm- 
admodum vero Gonstitntionibus Reipublicae vetitum est, 
ne Glerus bona in emolumentnm Ecclesiae aut Communi- 
tatis cujusquam acquirat; proinde ita ejusdem Conslitutio- 
nibusauthoritas, visquc extenditur ad Ducatum Curlandiap, 
cum exccptionibus tanien iis , quae in Constitntionc sunt 
expressoe. 

§ 8. Jam cum in ditionibus Reipublicc per exœquatio- 
nem Graccorum Non-Unitorum et Dissidentinm utriusque 
Confessionis cum Gatliolicis, in ratione praerogalivannn ci- 
vil)us competentium ad honores et gratias Réglas capacitas 
sitagnita, eodem ipso jure, qiio Gathob'ci gaudent, incolae 
quoque Curlandiœ utriusque Gonfessionis authoritate prae- 
sentis Actus scparati gaudere debent ; proptereaque in Gur- 
landia et Semigallia , Nobiles iisdem addicti Religionibus, 
necnon Gatliolici , et Polonipn Rcgno oritnidi, pari cum 
ipsis Nobilil)ns (^ulaiuliic, modo possessiones inGurlandia 
habcant , IVui pr.nerogaliva dcbeni : quod eiiam de civita- 
lum incolis, quoad corum prn'rogativas , est intelbgen- 
duni. 

Art. V. 

Cum quae cuivis propria sunt, inrcgra fidem servari de- 
beant ; ideo incolis etiam Distrkius Piltiiicn9,is , ad tenoreni 
Tractatus inter Serenissiinos Stephanum Rathoreum Polo- 
niac, et Fridericum II Daniic, Reges , in anno 158') die lo 
Aprilis Gronenburgi initi ; itemque juxta Pacem Olivcnsem 
horum jurium integritatem , et quietam eorum, qu.r num- 
tenent , possessionem praesenti Actu separato in perpctuuni 
prrccustodimus et assecuramus. 

§ I. Primum igitur, totum Districtum Piltlncnseni eo in 

statu, in quo ànte memorattun annum Coronrcburgcnsis 

Tractatus erat, non modo quoad Religionem et Tcn)pla , 

sed etiani quoad immutatam Ronorum Ecclpsinsiironiin 

H. (i 



sa 

(:atholi.oru.n i» .a-cularia natu.a.n -li"q--- ; "l^;;;;;; 
auc Lpisconalus PiUincmîs » onmis posscssioms eo m Dish Un 
LaJm , et ab anno mcmorato ue.jlecUini. ac detnceps anno 
,G85 Euiscopatui Livoniœ annexum, Nominatione a bereius- 
sinu> lier Joha^me III fada, . cxtinguimus . . ^^'TbUita' 
ea Nominatione inter Révérendes Episcopos , et Nobil.ta 
tem Distiictus Pihin.nsis coortam, et ad relationisjudjc^ 
deductam, perpeln» oblivloni u.andamus , ueque ullam 
DistriciuiPiltinensi,utpotejam plane ab Ecclesiasticis ad 
sxculares traducto, nocere unquam posse declaramus. 

§ :,. Formam Regiminis interni in boc Distnclu pcr 
Commissionem anni 1617 a Serenissimo Sigismundo Hi 
Rege desigoatam, constitutam, in suo robore <;onserva. 
mus i sic tamen , ut in eodem Districtu non modo Dissiden- 
lium utriusque Confessionis, et Catbolicorum , sed brseco- 
vum etiam Orientalium Non-Unitorum Rcligio , hberum 
cxercitium babeat ; neque Religiones supra memoraïae un- 
quam obesse possint , quominus et dignitates ad.pisci , et 
bsereditaria bona conseqr.i possif. 

\ H. Nobiles ejusdem District.!^ l»lUincnsi.s quemadmo- 
<luui et ii, qui ab ipsis ('onorno cl solemni modo mtf.r No- 
biles Indigonas adoptai! snnt , i.. a^quablaïc jimum , cum 
relinua Nobiblale Livonia-, m.llo Rebgionis discrimme ba- 
bito juribus snis, pi^rogativis , lu RepubHca, annex.sqno 
ei provinciis,dummodo ibidem siat possessionati, gaudc- 
bunt; pari rationc Nobiles l>oloniîc,et anncxarum ei Pro- 
viuciarum juribus et prxrogativis paribus,in Districtu Pd- 

tinensi potientur. 

§ 4. Quod spcctat arcem, sive Capitaneatum Pikinensem, 
fuudosque, et praedia ad illam spectantia, de iis observan- 
dumerit, quodin Regiminis forma constitutum est , et posj 
sessori actuaU Capitaneo jus bypoibeca3 , et possession.s ad 
ville tempora assertum volumus. Caelera autem bona , quic 
a Nobibbns, et incolis Districius Piltimmsis tencntur , ad 
prxscripium Conslitutio.ns anni 1764 de Livonia conser- 
vaii volumus, neque illorum possessores qua^rere pccuba- 



«5 

rein pro illis ivtiiKMi(.li> conlirmaiionnin oportehlt. Ad ha't: 
ut fii^ilivi subditi Nobilium Districtits Piltincnsis, ubiqiic 
locoriim deprcbcnsi , iisdcm rcsticuantur ; Nobilibusquc 
Districtus Pillinensis, lite de restituendis ejusmodi subdi- 
lis, contendentibiis, in qiiovis subsellio jus siuitn tribuatur 
cavemus. 

L, Qiieniadmoduin vero omiiia siipradicta puncta innitunlur 
tam legi natura: et publicae, et Privilegiis, Constitutionibus 
antiquis, pro basi aeqiialitatein et libertatem Polonam hat 
bentibus,tuni etiam cuin Graeci Non-Uniii et Dissidentes 
lUriusque Confessionis , a longo tempore in pacifica posses* 
sione jurium suorum praero{jativarumque extiterant , ac 
nunquam in ea impediti fuerunt, pr.xtev illegitimas jam. 
post Pacem Olivensem, Tractatumque iC86, deinceps se- 
cutas Constitutiones; « Necnon cum Serenissima tolius Rus- 
siœ Imperatoria Majestas , Ficina , Rcipublicœ , ac Screnimmi 
Reges Sueciœ , Prussiœ , Aiiyliœ Daniœ , tanqnam partes me- 
diatione supradictorum Tractatnum sesc interponant, ex- 
poscanlque restitutionern jurium Privilegiorum Ornr^rorum 
Non-Unitorum , et Dissidentium , tam in spiritualibuà quant 
soccularibus ipsis competentium : Proinde ownia luec. puncta, 
in artkalis Aciusprœsentis separati contenta , vclntijurajirma, 
perpétua , et iinmulabilin Iwben , ccnscri , et ionservari dehe- 
bunt. Quicumque autan ca labefaclnre jnœsuincret , pro tur- 
batore publicœ pacis , hoslcquc Patrùe rcputabitur, tractabitur- 
que. 

Hic separatus Actus primus cum sit sub {];arantia sub- 
scripti bodie Tracta tus inter Serenissimam Imperatricem 
totius Russiae ab una^et Sercnissimum Regcni, Serenissi- 
mamque Rempublicam Polonam parte ab altéra, babere dé- 
bet eam omnem vini , effectum, et vincuhim, ac si idem 
Actus de verbo ad verbum buic Tractatui insertus esset. 
Proinde bujusmodi actiis in mutuis ratificaiionibus , Sere- 
nissima? utriusque Partis traclantis, iu tola sua extensione 
comprehendi débet. 

\\\ quorum fidem,Nos iiiriu<?quo Serenissimarum Pajj 



84 

lima jilena poUv-tale .solenniter iiistiiich , tuinc «soparatinH 
actnni , prnpriis iunnibus scriptuin, si{;illo Annorun» Nostro- 
ruiii tomuiiujivimiî!^. J^avsaviœdie vigesima quai la Novi slyli 
[Dccima tcrtia veteris si) lij mensis FeLniavii, aniio millcsôno 
septîngenlesimo scxagesimo octavo. ^'^ 

Le prince Nicolas Repnin, général major des armées de Sa 
Majesté l impératrice , envoyé extraordinaire et plénipoten' 
tiaire» 

Gabriel .Îkan Ji^noska Podoski, primat et premier prîjice 
du roynumr et du tjrand ditché de Lithuanie. 

Antoine OsirowsU , Kvc^que de Cujîuie. Antoine Barnabat J ablonowski , 
Palatin Uc I*osnanie. hjnace Twardowski, Pdlalin de Kaliscli. Tliadée 
Ilip^A'/, Ca'tellan de l.ciiczica. André Stams(ai Kosika, Ulodziejowtki , 
ICvôqoe de Przcmysl, Chancelier du Royaume. Salesiu* Potocki, Palatin 
de Kiow. hpiace Cetner, Palatin de Bêlez. Bernard Grodzki , Palatin de 
Podiachie. Boch Jabtomwtki , Castellan de WLsIica. Etieme Ciedroyc^ 
Ëvéque de l.ivonio. Micltel Oginski, Piilaiin de Wilna. Joseph Sotlohubf 
Palatin de Wiiebsk. Thadée Burzynski, Castellan de Smoleosk. Adam 
Brastonski, Castellan de Polock. Le Prince Michel Czarioryski, Chance- 
lier du G. D. de L. Jean Borch, Vice-Chancelier du Royaume. Théo- 
dore Weifci, Trésorier du Royaume. Le Prince Joseph Sanguzkoy Maré- 
f.lial du (i. b. <le L. Le Prince CItarles Badziwiil, Maréchal de la 
iionlédéralion du Royaume. Stanislas Br:,ostowtki , Staroste de Ry- 
glizyca, Maréchal de ta Confédératiou du G, D. de L. W'tadistas Gu' 
rowiki, Grand-Notaire du Royaume, Nonce de Posnanie. Charles Mal- 
czewtki , Colonel des Gardes du Corps de la Couronne , Nonce du 
Palatinai de Posnanie. Adam Poninski, Grand-Maitre de la Cuisine 
Royale, Nonce du Palatinat de Kalisch. Stanislas }yessel, Slarosie de 
Golupcc, Nonce du Palatinat de Lenczica. Adalbert Ostrowtkiy Juge de 
1** instance de Lcnczicn, Nonce du même Palatinat. Gaspar Lubomirski, 
Nonce du Territoire de Zips. Théodore S:,ydlotvtki , Porie-Enseignc 
de Varsovie, Nonce du même endroit. Casimir Szydioivski, Maître <rhôiel 
de Prasnicki, Nonce du Territoire de Wiski. Le Prince Casimir Ponia- 
tmciki , Sous-Chambellan de la Couronne , Nonce du Territoire de Za- 
kroczym. Chrysosiome Krojewski , Instigateur du Royaume, Nonce du 
Territoire de Rozan. Valeniin Sobolewtki , Capitaine des Chasses de 
Varsovie, Nonce du Territoire de Liw. Stanislas Badiiminski , Sous- 
Chambellan de Cicchanov, Nonce du Tcrriloirc de Nur. Xavier Bra- 
nicl;i, Grand-Vci.our delà Couronne, Nonce du Terriioirc de ce nom. 
Stanislai Gadomt'l.i , Irous-Chambellan de JSoch.iczow, Nonce du Terri- 



83 

toirc de ce nom. Anloinc Czazptki t^oui Cliauibcllan de Cbclm , Nonce 
du PaUtinat de Chelm. Vaterien Piwnicki , Porle-GlaJve de Prusse, 
Nonce du Palalînat de ce nom. François WtelopoUki, Blarquis de Pin- 
czow. Joseph \\ ielopolsk' , Porte Enseigne de la Couronne , Nonce du 
Palatinatde Cracovie. Hyacinthe Malachowskiy Rérércndaire de la Cou- 
ronne. Elias Wcdzickif Siarosie de Siobnica. Pierre Osoroiwfci , Gc- 
Dcral de l'Armée de la Couronne. Matthieu Skurupkuj Echanson de 
Droiiicz, Nonce du Palalînat de Sandomir. Antoine Potocki ,^Azro6le 
de Léopol. Ignace Bukowski, Aide de-Camp du Roi, Nonce deSaoock. 
Antoine Blaieivski ^ Sous-Maître d'hôtel, cl Nonce de Zdaczew. Mar- 
cien Potocki^ Nonce du Terrilolre de Halicz. Joseph Sosnowfki^ Notaire 
territorial de Lithuanie , Nonce de Chelm. Joseph Stempkowski , Ingé- 
nieur du Royaume, Nonce du Palaliiialdc Lubliii. Stanislas kamomki ^ 
Sous-Maître d'Hùlel de bielsk , Starostc d'Auguslow, Nonce du Terri- 
toire de Mielnik. Joseph Wilaewski, Sous- Chambellan de Vi>ki, Nonce 
du Territoire de Bielsk. Célestin Czap/ic, Sous Chambellan de Luck. 
Jean Néopomuc^ne Poninskiy Palatin de Posnanie, Nonce de ccii^ partie 
de la Livonie qui appartient à la Pologne. Michel Pae , Slaroste de Zio> 
low, Nonce du Palatluat de Vilna. Le Prince Stanislas RadziniUy 
Sous-Chambellan de Lithuanie, Nonce du Territoire de LiJa. Marcien 
JanotcicZy Directeur et Nonce du Territoire de Wiikomir. Etienne Ro- 
mer, Porte-Enseigne et Nonce de Troki. Antoine Zabiello, Capitaine dts 
Chasses en Lîlhoanie. Marcien Czemieiiîcz , Juge , et Nonce du Terri- 
toire de Kowno. Jean Pakusz , Notaire, et Nonce de Smolensk. Casimir 
Zablockif Nonce de Starock. François Giedroyc , Echanson et Nonce de 
Wolow. Pierre Bohomolec^ Notaire du Territoire de Witcbsk. Michel 
Szytzlo, Porte-Enseigne de Hussards , Nonce du Palatinatde Witcbsk. 
Le Vrïnce Michel Radziwill, Ecuycr tranchant de Lithuanie. Michel 
Domanskiy Nonce du Territoire de Pinsk. Nicolas Lopacinfki , Grand- 
Notaire du G. D. de L. Le Prince Adam Czartoriski , Gcn«;ral de la Po- 
dolie , Nonce de ceue partie de la Livonie qui apparticotà la LithuaDio. 
Antoine Tijzenhauzy Trésorier de la Couronne, et Nonce de Livonie. 

I¥« XXII. — MANIFESTE DU ÎIAnÉCHAL DE LA f;O.M ÊDÉ«ATI0.\ DE 
GPODNO, \0\CE DE LITUL-AME, A LA DIÈTE DV ROYAVME DE TO- 
LO^NE, PUBLIÉ LE 16 AVRIL I7G8. 

Charles Litlawor Glireptouicz, niaiccliiil de la ronfédc- 
ration, nonce du grand duché de lithuanie à la dirlc, pré- 
férant la liberté aux biens de ce monde, et la loi ( atholique 
à la libcrt/' elle-nu-nic, proteste contre les Hcfe.-> du pr n( (• 
Hepnin , ambassadeur de la rnm de Uu-^i'". «I d"inr n- 



8G 
le--Uemeiit à la tace du ciel et de la teire, en présence 
du royaume de Pologne, du roi Stanislas , son auguste sou- 
rerain, des antres rois et princes , et nommément en pré- 
sence de rimpératrice de toutes les Russies, que le prmce 
Repnin, ayant réuni dans le royaume de Pologne un grand 
nombre de troupes russes , a abusé , sans doute contre 1 m- 
tention de sa souveraine, du pouvoir qui lui était conféré 
et compromia ainsi l'honneur de Sa Majesté Impériale; 
qu'il a abusé de ce pouvoir pour opprimer la foi catholique 
orthodoxe, détruire et renverser les lois, les privdéges et 
la liberté de ce royaume. 

En effet, l'impératrice , ayant offert d'employer son au- 
torité en faveur des dissidents, a déclaré, par un acte en date 
du a6 mars 1767, qu'elle désirait que leurs griefs fussent 
écoulés et jugés d'après les lois établies, sans prétendre 
toutefois qu'il fiit en aucune façon porté atteinte aux droits 
ou à la hberté de la république et de la religion dominante. 
EUe avait de plus ordonné que ses troupes fussent em- 
ployées à maintenir la tranquillité et l'ordre parmi les ci- 
toyens, jusqu'au moment où la diète convoquée aurait ter- 
miné ses travaux, et mis un terme à ses discussions. 

Ck)mptant sur ces assurances , les États de la république 
se sont confédérés et réunis à Varsovie pour y constituer la 
diète, convaincus qu'ils pourraient y délibérer librement et 
sans crainte. Cependant , l'ambassadeur de Russie, violant 
la sécurité publique et les lois du royaume, commença par 
refuser aux membres de la diète le droit d'énoncer libre- 
ment leur opinion, et bientôt se laissa aller, au sein même 
de la diète assemblée, à des violences dont l'histoire ne 
présenlô d'exemple dans la conduite d'aucun ambassadeur 
ou résident accrédité auprès d'un souverain étranger. Il 
avait expédié des détachements de troupes russes partout 
où les diétines, convoquées avant la diète générale, avaient 
continué de se réunir; ces détachements avaient mission 
de repousser toute élection libre, de prociuer, i)ar l'elfel 
de la crainte et 'le la violence, la nomination de n.mco 



87 

vendus aux intérêts de l'ambassadeur. Il fut porté atteinte 
à la liberté des citoyens jusque da:is leurs propres maisons; 
les hommes les plus respectables de lf\ république furent 
retenus prisonniers chez eux ; d'autres , suus les yeax 
mévf^e du roi et des États confédérés du royaume et du 
grand duché de Lithuanic, furent violemment arrêtés et 
«emprisonnés par des soldats moscovites. 

Dès le moment où la diète ouvrit ses séances , l'ambas- 
sadeur fit placer des postes à toutes les issues de la ville; 
les sénateurs, les ministres et les nonces ne purent plus 
quitter la ville qu'avec des passeports signés par lui ; et, 
pour comble d'oppression, il déclara que cet état de 
choses ne finirait que quand les États réunis auraient cou- 
senti à tout ce qu'il avait proposé. Il exigea donc que la 
diète s'occupât , en premier lieu , des prétentions des dissi- 
dents ; cette matière si importante fut débattue la pre- 
mière , à la hâte, sans égard aux formes voulues par la loi, 
et décidée , non par les États eux-mêmes , mais par des com- 
missaires corrompus, intimidés et dominés parla faction. 

l'iusieurs sénateurs, outrés de tant de violences, voulu- 
rent former opposition ; mais , le 16 octobre, l'ambassa- 
deur les fit arrêter de nuit par des soldats, et emmener 
prisonniers loin de Varsovie. Le caractère d'cvêque , ni la 
dignité de sénateur ne purent les garantir d'outrages dont 
la mention seule fait frémir d'horreur. On ne leur permit 
pas de régler la moindre affaire; on les priva de leurs do- 
mestiques, leur refusant jusqu'au nécessaire; mais, privés 
de leurs biens, ils souffrent moins encore de leur propre 
malheur que de l'état désespéré de la patrie. 

Ce n'est pas tout : les archives de l'évêque de Gracovic, 
l'une des victimes de l'ambassadeur, furent soustraites, son 
argenterie pillée, ses effets de prix enlevés , tous ses biens 
saccagés. 

Le prince llepnin, pour justifier de pareils outrages 
commis envers des sénateurs, de.^ t'NCM|uos vt dos ikmm (•> , 
prétend qu'ils oui iu>idif I iiii|»<;i(ih iro, ci doiiin" (rodnu^t- 



88 
interpréutionsà leurs intentions. Mais on peut lire les dis- 
cours qu'ils prononcèrent à la diète, ils sont imprimés; 
persopoe ne saurait y trouTer un mot offensant pour Tini- 
poratrice. La conduite de ce prince fut celle d'un ennemi 
acharné de la Polocnc , et non celle de l'ambassadeur d'une 
impératrice alliée de la république. 

Je passe sous silence les menaces d'emprisonnement , 
d'exil, etc., faites aux sénateurs et aux nonces qui auraient 
voulu remplir leur devoir; les défenses signifiées aux no- 
taires et autres officiers publics, sous peine de la vie, de 
recevoir aucune protestation contre ces violences de l'étran- 
ger. Enfin, à la dernière séance de la diète, le prince 
Repnin présenta ses propositions, contro-res à nos lois, et 
insisu de tout son pouvoir pour les faire admettre. Il ex- 
torqua , par la force et la crainte , un consentement équi- 
voque. Le maréchal de la diète ayant consulté l'assemblée, 
six ou sept membres aux plus , vendus à l'ambassadeur, 
votèrent pour l'affirmative. Tous les autres, gardant un 
morne silence, témoignôrent par leurs regards et leurs 
larmes qu'ils protestaient contre cette violence, etc., etc., 
etc. 

I^'o X^UII. — MANIFESTE DE LA CONFÉDÉRATION DE BAR, PUBLIÉ 
LE 12 OCTOBRE 1768. 

Nous, le maréchal et les conseillers de la confédération 
de la couronne , proclamons solennellement , en notre nom 
et en celui de nos frères confédérés, présents et absents, le 

manifeste suivant : 

Lorsque la puissance russe parvint à laire entrer les dis- 
sidents au sein des diètes de Pologne, elle porta par là une 
atteinte grave à notre foi catholique, apostolique et ro- 
maine, qui, depuis tant de siècles, se conservait pure dans 
notre patrie; celte sainte religion qui^st notre bien le plus 
précieux, est aujourd'hui menacée dans son existence. 

Depuis la mort du roi Auguste 111, dont on ne saurait 
jamais assez regretter la perte, les conseils publics , les die- 



89 

tiucs, les diètes et les tribunaux , à la boute de la nation, 
.se sont constamment rassemblés et ont pris toutes leurs dé- 
cisions en présence et sous la contrainte d'années mosco- 
vites. Les lois nationales furent encore violées à la dernière 
diète, puisque aucun nonce no put y émettre librement 
son vote. 

Plusieurs sénateurs, deux évéques, un grand général et 
son fils furent arrêtés et conduits en pays étranger; ils y 
subissent encore tous les maux d'une atroce captivité. 

Pendant la négociation du ti-aité de Varsovie , le prince 
llepnin s'est permis de qualifier la czarine, souveraine des 
Grecs de toutes les terres d'Orient et du duché de Cour- 
lande, qu'elle vient d arracher par la violence à notre ré- 
publique. 

On a voulu nous imposer la garantie de la czarine, garan- 
tie dont nous n'avons aucun besoin ; car nous observons la 
paix, et n'avons fait tort à aucune puissance, ni violé aucun 
traité. 

Dans la mensongère confédération de Radom , il fut 
faussement affirmé que les lois que Ton voulait décréter 
n apporteraient aucune atteinte à la sainte foi catholique. 

Le prince Repnin poussa son audace jusqu'à vouloir em- 
pêcher tout rapport de la nation polonaise avec les j)uis- 
sances voisines; il prétendit, en outre, abolir les traités 
d'Oliva, de Varsovie, du Pnith et de Karlowitz, garantis 
parla Sublime- Porte, et pour le maintien desquels nous de- 
vons répandre jusqu'à la dernière goutte de notre sang. 

Depuis nombre d'années les Moscovites ruinent notre 
pays, nos églises, nos maisons, saccagent nos biens et pil- 
lent nos richesses. 

Des personnages de distinction sont arrêtés à Bar, en- 
chaînés et conduits à Kijow , par ordre du prince Repnin. 
Nous le savons par ses lettres que nous avons intercep- 
tées. 

Les Moscovites ameutent et poussent ù la révolte nos 
propres paysans (les Haydamaque?»), auxquels ils se ré- 



1)0 

unissent, pour assassiner des milliers de personnes, n'c- 
|>argnant ni le sexe , ni Tâge. Ils viennent ain^i de saccager 
et do détruire, au mois de juin dernier, les biens du séna- 
teur Castellan deSicradz, qui, après avoir été assailli, ou- 
tragé, blessé, put à peine s'écbapper de leurs mains. 

Aujourd'hui, pour compléter les mesures de ces iniquités, 
le prince Repnin vient de faire imprimer à Varsovie une 
déclaration de sa souveraine, datée de Pétersbourg, du 
II septembre, année courante, par laquelle Fimpératrice 
annonce qu au lieu de retirer ses troupes de Pologne , elle 
leur ordonne d'y prolonger leur séjour, pour donner plus 
de poids à sa garantie impériale; et, sous le faux semblant 
de maintenir la tranquillité pudique , elle soulève dans 
notre patrie tous les éléments de discorde, et y abolit la re- 
ligion catholique , par le pillage des biens ecclésiastiques et 
le massacre des fidèles. 

En conséquence, nous, les États confédérés de la répu- 
blique, déclarons, à la face de Dieu et des hommes, que i 
nous renouvelons les manifestes publics par le passé, pour 
la défense de notre sainte foi catholique romaine, de notre 
liberté et des lois fondamentales de notre patrie, et pour 
le maintien des anciens traités conclus avec les autres puis- 
sances , dans le but de conserver la liberté dont nous jouis- 
sions d'é.'ire nos rois, sans être en cela violentés par les ar- 
mées moscovites. La paix de notre patrie, la défense de nos 
églises et des lieux de pèlerinage, de nos biens, de nos 
propriétés et de notre pays , le désir d'arrêter les funestes 
conséquences qui retomberaient sur l'Europe entière, si les 
attentats des Moscovites n'étaient point réprimés, toutes 
ces causes réunies sont les motifs qui ont déterminé la for- 
mation de notre confédération, comme aussi l'émission par 
nous du présent manifeste. 

Daszkowce,le 12 octobre 1768. 
OiU signé : Michel Krasinski, maréchal de la confédération 

{;énérale ; Jean Moszyiiski , CastcUan de Sieradz; Joa- 

cliini Pulutki , j^rarid-échunson ; Josopli ruhnv>l\i, Si;«- 



rostci Warccki, maréchal des années de la couronne; 
Adalbert Rydzinski, maréchal de Posen, etc., etc., etc. 

IVo XXIV. — ACTE DE LA CONFÉDÉRATIOiN DU PALATINAT DE 
SANDOMin , FAIT A H08ZYNKA LE 49 AVRIL i769. 

Des Russes armés bouleversent la constitution fondamen- 
tale de la Patrie , détruisent les anciennes lois qui nous ont 
toujours été si chères. De nouveaux règlements sont éta- 
blis; Tautorité des grands généraux est anéantie; un évéque, 
un sénateur, un Nonce, malgré le rang qui les distingue 
et la sûreté publique, sont arrêtés et tenus jusqu'à présent 
dans les prisons. Le pays est surchargé d'impôts, les soldats 
Russes y vivent à discrétion : ils brûlent, saccagent, massa- 
crent sans aucune raison les citoyens de ce royaume , nos 
dépouilles les enrichissent , ils les transportent dans leur 
pays , rUkraine , dont le sort est si déplorable. Le reste de 
cette province qui ne leur est pas encore soumis , ils y fo- 
mentent la rébellion, ils engagent par des promesses ou par 
la force à leur prêter le serment de fidélité ; ils démembrent 
nos provinces , ils suscitent même dans les palatinats de Fo- 
Ihynie, de Bratzlaw et dans toute la Russie, les paysans à se 
révolter contre leurs seigneurs; ils sèment ainsi le germe 
dVne guerre civile. L'histoire nous fournit>elle de pareils 
exemples? Les patriotes sont enlevés de leurs maisons, 
chargés de chaînes et mis dans les prisons ; d'autres ne pou* 
vant soutenir ce traitement cruel , expirent dans la misère 
et les tourments. 

C'est ainsi que ce royaume, florissant par une longue 
paix, sous le règne du bicn-aiiné Auguste 111 , est saccagé , 
incendié, dévasté par des troupes qui se disent auxiliaires 
et nos amis. 

f Nous implorons donc le secours de toutes les puissances , 
de celles surtout qui sont de notre religion; nous leur présentons 
nos mystères profanés , tios églises pillées , tios prêtres 'ucurtris 
de conpSy nos cvéqiics enlevés. Nous montrons Tolat de uolrc 
pauio à ccj puibbQiiccs rcî^[)Cctablos , ((ui ont .;^;;uanli les 



92 

traites d'Oliva, de Carlowilz et du Pruth : notre siluation 
présente, avilit y anéantit et dégrade leur autorité. 

Nous appelons Jes puissances voisines, et nous les prévc- 
nons sur le danger qui les meiiacc, et ces puissances qui com- 
mercenî avec nous, feront une perte réelle par la dévasta- 
tion de notre pays. 

Nous deiiandons aussi aux puissances amies, les secours 
sur lesquels nous comptons sûrement ; mais pour que nous 
ne paraissions point \és attendre dans l'oisiveté, nous aban- 
donnons plutôt à notre ennemi la possession de notre patrie 
dévastée, que de souffrir qu'étant libres, on nous impose 
le joug honteux de la servitude. Nous courons aux armes 
avec empressement, sacrifiant nos maisons, nos biens et 
notre vie pour la défense de la religion, de la liberté et de 
nos anciennes lois. Nous renouvelons nos serments, et nos 
promesses mutuelles de fidélité et de n& point nous séparer, 
nous unissant suivant les règles de la Confédération de Bar, 
qui a déjà commencé depuis si longtemps , etc., etc. 

X» XXV. —MANIFESTE Dli PALATIXAT DE UtSSIE E.N 1770. 

Les manifestes de presque tous les palatinats et les cris 
de toute la nation ont publié suffisamment les moindres cir- 
constances des malheurs de notre république; ils sont par- 
venus à la connaissance de l'Europe entière. Mais nous ne 
pouvons passer sous silence deux traits inouïs de perfidie 
et de barbarie , dont les généraux russes se sont rendus 
coupables contre tout droit des gens et d'humanité. L'un 
est le traitement qu'essuya la première confédération de 
Cracovie; nos confrères ayant été forcés de se rendre et 
de capituler, le général Apraxin leur promit, sur sa parole 
d'honneur, qu'on aurait pour eux tous les ménagements 
possibles et qu'ils pourraient retourner librement dans 
leurs familles : il y a plus, après que la ville se fut rendue , 
il les admit aux fêtes qu'il jugea à propos de donner; mais 
trois jours après, ils furent étroitement reufeinu-^ et bur de 



nt)iivennx ordres, on Its î^ppela an cliùleau de la ville, pour 
y réitérer la renonciation à la confédération. Ixi noblesse 
<le cliaqiic palalinat s'y ^rendit sans méfiance, comptant snr 
la liberté qu'on lui avait promise ; mais elle n'eut pas plutôt 
satisfait à ce qu'on exigea d'elle , que tous les confédérés , 
sans distinction d'âge et de ran({, furent saisis, et menés 
comme un vil troupeau jusqu'à Kiow. Il n'y a pas de terme 
pour caractériser l'iidunnanité avec laquelle les confédérés 
ont été traités par le colonel Drewitz, commandant un dé- 
tachement russe ; la postérité refusera de croire que des gen- 
iilshommes, nés libres , et armés pour défendre la liberté et la 
religion de leur patrie , surpris et faits prisonniers par cet offi- 
cier, aient été mis à nu et égorgés de sang froid à coups de 
piques et de baïonnettes ^ par ses ordres et sous ses yeux. Ce 
n'est qu'en frémissant que nous rappelons cette atrocité, 
a peine connue chez les sauvages les plus féroces. 

Jt" XXVI. — NOTES OFFICIELLES DE L'ÉVKQrE DE POSF\, REMISES 
LE 21 FÉVniER 1771 Ai; comte de ST.VCKELBEnC , MINISTRE Pl.É- 
NIPOTE.NTIAinE DE RISSIE VHV.S L\ RKIMBI.IQrE DE POI.Or.NE. 

§ 1'"-. 

Le soussigné a ordre de représenter h. son Exe. Mgr. le 
grand chancelier de la couronne : que, malgré les déclara- 
tions réitérées de son Exe. Rîgr. le baron de Stackelberg, 
ministre plénipotentiaire de Sa Majesté Impériale de toutes 
les Russies, promettant de remettre aux Unis les églises dont 
ils étaient en possession et qui leur ont été récemment en- 
levées, respectant seulement le statu quo, jusqu'à ce que 
les commissaires nommés pour cet effet, de part et d'autre, 
ayent examiné les droits de chacun pour rendre pleine jus- 
tice aux lésés; les violences et les injustices ne cessent pas, 
mais au contraire augmentent de jour en jour. 

I. Les prêtres Przywalinski et Gzarnogrodzki ont été 
chassés de leurs paroisses, par un prêtre non-uni do Zasiow, 
soutenu par les troupes ([ni se trouvent à Biala-Cerkew. 



9i 

9.. Le prêtre non-uni Je Pohrebysko, >oiUcnn par les troupes, 
a pris Téglise de Kopczyk et s'y est installé. 3. Le prêtre 
non-uni de Biala-Cerkcw , nommé Zrazcwskiy ayant fait em- 
prisonner tous les prêtres-unisy la veille de Noël, selon Valma- 
nach grec, et les ayant retenus dans les prisons à Biala-Cerkew, 
pendant toutes les fêtes de Noël, les a relâchés ensuite, mais les 
a privés de leurs églises en les dowiant à des prêtres grecs non- 
unis. 4. Le même prêtre Zrazewski, « soutenu par le détache- 
ment de Biala-Cerkew et noimnément par le capitaine Krylow , 
s'est saisi du prêtre-uni, Suchowolski , curé de JVodzianice, et 
de deux autres, les a fait battre cruellement et ensuite mettre en 
prison, après leur avoir pris les clefs de leurs églises. » Les 
non-unis , dans toute la terre dé Bokitiany et dans plusieurs 
villages, ne se sont point contentés de reprendre les églises aux 
imis , avec F aide des troupes russes, sous les ordres dudit 
capitaine Ktylow; mais de plus , ayant airêté les curés unis, 
les ont conduits à Biala-Cerkew , pour les mettre en prison. 
6. L'apostat, curé de Berszada, ayant rencontré le prêtre 
uni, Jean Uozworowicz, doyen de Braclaw, la cruelle- 
ment battu, et rayant conduit à lîerszada, l'a fait atta- 
cher par le cou à un chêne ; il était aidé par deux cosaffue:; 
tjui se disaient autorisés par les ordres de M, général Szy- 
szkow. 7. Une violence toute récente, commise le dernier 
jour du mois passé, dans la terre de Jasnoliowd, appar- 
tenant au Kniaz Szuiski, fait voir que Ton veut entièrement 
anéantir la religion des Grecs unis. Les non-unis, appuyés 
par les troupes de Biala-Cerkew, se sont rendus dans cette 
terre, ont fait assembler tous les habitants, en ont fait battre 
et emprisonner plusieurs innocemment, et enfin les ont 
forcés à signer un écrit. 

C'est pourquoi le soussigné a ordre de supplier Son Exe. 
Mgr. le grand chancelier de la couronne , de vouloir bien 
s'entremettre auprès de Son Exe. Mgr. le baron de Stackel- 
berg, pour que les églises soient rendues le plus prompte- 
ment aux Grecs unis ; et qu'il daigne écrire à Son Exe. Mgr. 
le général Szvszkow et au prince Szerbatow, poiu- qu'ils 



î>5 

ai*i*étent Ic^ injustices susdites en défendant sévèreineot à 
leurs troupes de soutenir les non-unis ^ qui sans' cette aide 
n^oseraient commettre de telles violences. Varsovie ^ le iS 
février 1774* 

Signé S. Lewinsri. 
Le grand chancelier a accompagné ce mémoire de la 
note suivante. 

c Tandis quon se flattait de voir les Grecs tans 'h'tabri 
« des persécutions f d'après les déclarations réitérées de Son 
t Exe. Mgr. le baron de Stachelberg . ministre plénipoten- 
« tiaire 'de la cour de Pétershourg , on vient de recevoir des 
« plaintes nouvelles et très-graves contre les procédés des non- 
» unis y gui se prévalent de la protection des troupes impériales 
€ pour commettre les plus grandes injustices. Les soussignés ont 
€ ordre, en conséquence, de communiquer à Son Exe. le mé- 
€ moire ci-joint , et de le prier de s^employer efficacement pour 
< empêcher dés entreprises aussi peu conformes aux intentions 
c amicales de Sa Majesté impériale de toutes des Russies, quelles 
c sorU contraires aux assurances données pttr S. Exe. Mgr. le 
« ministre plénipotentiaire , et (i la teneur du traité. » 
j4 P'arsovie, le 21 février 1774- 
Signés Mlodziejowski , Vt'^yw^ de Posen, grand chancelier 
de la couronne. 

BoRCH , chancelier du royaume. 

§ H. 

< LVtat malheureux et les oppressions toujours plus 
« grandes des Grecs unis , obligent les. soussignés à des 
« communications fréquentes et très-fâcheuses : ayant 
« reçu un nouvel exposé de griefs, ils se croient obligés 
« d*en faire part à Son Exe. Mgr. le baron de Stackelberg , 
« ministre plénipotentiaire de Sa Majesté l'impératrice de 
« toutes les Russies, et de le prier le plus instamment de 
« faire tout son possible pour que toute oppression de la 
« part des non-unis cesse à l'avenir, et nommément pour 
t que Mgr. Primowicz, grand vicaire <le Kiovie, soit laissé 



* en RAiclé Cl à 1 «bi i ilo loute pour^uife de la |>nrt des 
< troupes impériales. » 

farsovie, le 8 mars 1774- 
Mlodzikjowski, ci'é^MC de Posen, grand chancelier de la 

couronne. 

BORCH , chancelier du royaume. 

Ko XXTU.-IfOTË OFFICIELLE DK LA DÉLÉGATION DE LA DIÈTE, 
BELATIVB AO MÊME 8WET. REMISE A 8. EXC. M. LE COMTE DE 
STACKELBERG, LE S JUIN 1T74. 

Les espérances données se trouvent maUicureusement 
démenties par l'expérience de nouvelles oppressions. Tout 
récemment, le colonel de Cosaque?, Tarnawski , a fait occu- 
per deux églisosdaDS le Doyenné de Pawolocz, après en avoir 
enlevé et emprisonné les curés unis. Dans le diocèse de Ka- 
mieniecdu rit grec uni, on a enlevé cinq éf;lises aux anciens 
possesseurs, et dan.s le Doyenné de Niemicrow, on vient d'en- 
lever l'église appartenant à la communion des Grecs unis , 
dans le village Du.boviec. C'est pourquoi la délégation réi- 
tère ses instances, pour que rélaigissemeul des prêtres 
unis soit incessamment suivi de leur réiiabiliiation ; que 
toutes les églises^ prises aux unis leur soient restituées 
dans le même éfat où elles se trouvaient avant qu'elles 
fussent envahies 5 que l'acte de soumission extorqué aux 
prêtres unis soit annulé , et qu'il y ait les ordres les plus 
stricts pour empMier toute violence et tout procédé désa- 
gréable contre les prêtres unis. 

I^.» XXVIII. — PROt:LlMATION PLULIÉE PAR LA DIÈTE GÉNÉRALE 
DE POLOGNE DANS SA 98' SÉANCE, LE 8 MAI 1789. 

c MaLachowski , grand référendaire de la couronne ; Sa- 
PIEHA , grand maître d'artillerie de Lit/manie , maréchaux de 
la diète et de la confédération générale de Pologne et de Li- 
thuanie , savoir faisons : 

< La tranquillité intérieure de l'État devant faire l'objet 
principal de chaque ç;ouvernement , In prévoyance de Sa 



07 

Majesté polonaise et des États roiifédérés du royaume, n a 
pu envisager aven indifférence, « la conduite des prêtres schi$. 
fitaligues, qui. de tétrmujcr, se sont clandestinement introduits 
en Pologne, conune aussi celui des vivandiers, voituriers, va- 
lets de bagage , philipons , qui, sous différents prétextes, se 
sont glissés dans le royaume , et qui tous ensemble ont entre- 
pris d'exciter les paysans polonais de reUgion schismati^ue 
à se révolter contre la noblesse catholique de Pologne ;• fait 
prouvé incontestablement, tant par les rapports militaires 
que par les enquêtes et parles perquisitions des tribunaux 
provinciaux du royaume. 

Sa Majesté polonaùe et les États confédérés du royaume, 
désirant calmer F alarme et la frayeur générale, que ces entre- 
prises ont répandues sur tous lef. citoyens, et apaiser les inquié- 
tudes de chacun pour sa propriété, ses biens et sa vie, ont 
ordonné de publier la proclamation suivante : 

« Nous ordonnons que les Russes qui font le métier de 
marchand, soient munis d'un témoignage du tribunal le plus 
proche, qui atteste qu'ils trafiquent véritablement; mais que 
tous les autres, qui sous le nom de vivandiers, voituriers, col- 
porteurs, valets de bagage , comme aussi tous les moines et prê- 
tres schismatiques qui, comme les vivandiers, se sont glissés 
en Pologne du dehors , et qui ont été convaincus par les rap- 
ports des officiers judiciaires , dt avoir allumé la révolte des 
paysans sc/iisr,waVMe5, retournent, quinze jours après la date 

de cette proclamation, dans le pays d'où ils sont venus : vou- 
lant que ceux qui agiraient contre cette ordonnance, soient 
immédiatement arrêtés par les détachements militaires , ou 
par les juridictions provinciales, conduits dans les forteres- 
ses, et punis exemplairement. 

. Et conune nous avons été informés que les prêtres schis- 
matiques, qui sont établis et demeurent en Pologne, nont 
jusquici prêté serment de fidélité ni au roi, ni à la repu- 
bliquc de Pologne, et quils osent au contraire invoquer et 
prier Dieu dans leurs prières publiques , pour une puissance 
étrangère, démarche qui en même temps qu'elle détourne 



m 

U iKMiple çclilsmniiquc, Ucmcurant en Polo(îno, delà foi. 
soumission et ol)éissance qu'il doit à la république, nuit 
aussi à l'outorité et à la souveraineté de la république : 
nous ordonnons que tout le clergé scbismatique demeu-* 
rant et établi en Pologne , et ceux qui aspirent à des béné- 
fiées, devront, qui.ize jours après la date delà présente, prê- 
ter devant les tribunaux provinciaux , serment de fidélité 
au roi et à la république, ne plus faire mention dorénavant 
dans leurs prières publitfues dune puissance étrangère; mais 
prier Dieu pour le roi et laréimhUque de Pologne, leurs sou- 
verains légitimes ; ordonnons que quiconque oserait contre- 
venir à la présente injonction , sera immédiatement privé 
de son bénéfice, et obligé de vider sur-le-cbamp la Pologne, 
c Mais pour que cette proclamation parvienne inces- 
samment à la connaissance des commandanU de troupes, 
des juges dans les terres et districts de la noblesse polo- 
naise , et également aussi du clergé scbismatique, des vi- 
vandiers, voituriers, valets de bagage, colporteurs russes, 
ex autres personnes de ce genre, qui se sont glissés 
en Pologne, la pr«*scnle a été signée par tous les maré- 
chaux de la diète, scellôc , et il a été par nous ordonné de 
l'envoyer sans délai à toutes les magistratures et tribunaux 
des provinces du royaume; voulant que le clergé, et sur- 
tout celui de la religion scbismatique, le publie en cbaire, 
et qu il soit répandu dans tous les endroits , villes , bourgs et 
villages situés dans le royaume. » 

]^* JJUX. — EXTRAIT DU PBOTOCOLE DRESSÉ PANS LES TRIBUNAUX 
DE WLODEIMIRE , CONTENANT LA DÉPOSITION DE JEAN Ll KAJE- 
>V1CB, rOP« OU ClJll* W MT CREC t'Nl. A »»K0 , LE 2 AVRIL 1789. 

u En Pan 1789, trois jours avant la foire de Wlodzimirz, 
deux revendeurs Russes sont venus chez moi avec diffé- 
rentes marchandises. T/un pouvait avoir environ 40 ans , 
le visage long, haut eu conlem,avec une barbe roussatre; 
l'autre était un homme d'environ 3o ans, le visage 
rond, marqué de la petite vérole, tous deux de taille 



91) 

inoyenno. Cos porfel»allts, nmvdii ftSiisko, et nprèi atoir 
VLMidii quclijues u)aiTbaniIi»e$ chez M. Glocliowaky, (li(rni- 
tuire de lu pruviiice, \ioi\y environ i4o flonns, se sont 
rendus cbez moi. Je les ai reçus; mais, quoique je n'eusse 
pas Tintention de les feiire coucher dans ma maison » de 
peur que, par quelque accident, il ne segaràt de leurs 
marchandises , je me laissai cependant gagner aux sollici- 
tations de ma mère, qui me disait qu'on ne pouvait refuser 
l'hospitalité à ces gens-là. Je me décidai donc à les loger, 
et même à partager avec eux mon souper. 

« Pendant le souper, ces marchands commencèrent à 
mettre sur le tapis les affaires de guerre entre les Turcs, 
les Russes et les Suédois; puis ils parlaient d'une grande 
armée russe prête à entrer en Pologne. Le plus âgé des 
deux ajouta qu'il avait appris de bonne part que l'inten- 
tion des Polonais était de déclarer la guerre à l'Impératrice 
de Russie, mais que cette souveraine enverrait contre eux 
les fils et descendants du famtux GonUi y cet auteur des 
massacres commis en 1770 >ur la noblesse de la répu- 
blique , et qui lui valurent d'être empalé vif ; qu'ils 
viendraient châtier les Polonais , et ne leur laisseraient 
point le temps d'exécuter leurs projets. [{ dit encore que, 
quoique S. M. Imp. eût prêté la main à la punition des 
coupables dans la dernière révolte, elle était résolue 
maintenant de permettre de inassatn-r tous les Polonais 
catholiques et juifs sans distinction. 

M Je me récriai contre un projet aussi barbare, mais il 
ine répliqua vivement, et s'emporta jusq a à dire que la reli" 
(fion des Polonais était une reliifion dec/iicns; et il répéta que 
l'Impératrice se servirait des descendants de Gonta pour 
purger le froment de ses impuretés ; qu'elle permettrait 
même ù toUs les paysans grecs de fuiie cause commune 
avec les Gonta. 

(V Eu achevant ces derniers mots, il tira de sa poche 
une grande paucartc, au bas de laquelle pendait un grand 
sceau. Kilo était ronçno on lan}^uc in«;so : je ne pus en 



100 
rongéqùenre lire ce qu'elle rontenait, et je la rendis aussi- 
tôt à ces marchand s. Le lendemain matin, quand nous 
nous revîmes, ils me dirent que y dans le cas que quelques 
paysans de mn paroisse voudraient se joindre à cette bande 
^assassins, iU recevraient pour prix de leurs services une 
récompense conndérable de l'Impératrice. Enîin, ils osèrent 
me proposer à moi-même d'y engager mes paroissiens. 
Ma réponse fot un ordre de vider sur-le-champ ma 

maison. 

. Le domestique de ma mère Sarmus Bikowiec et les 
deux paysans Corp et Maniewicz furent présents à cet 
entretien. Tai su ensuite que ces marchands avaient été 
encore vendre quelques marchandises dans le village; mais 
je n ai point entendu dire qu'ils eussent tenté d'ameuter 

les paysans. - 

t Au reste, je n*ai parlé à personne de cette ouver- 
ture qui me faisait horreur; je me souviens seulement 
d'avoir dit que /appréhendais qu'il ne se commtt , aux ap- 
proches de Pâques, quelques meurtres de Juifs et de Polonais. 
Je me rappelle encore que les mêmes marchands m'ont 
astuce n'être pas les seuls émissaires envoyés de Russie 
en Pologne , disant qu'il y en avait bien un millier, et que 
tous portaient aveq eux une provision de grands et de longs 
couteaux. • 

Cette déposition a été faite <n justice et signée par Jwn 
J.ukajewicz , curé de Susko, 

Le même curé a déposé, en outre, que la signature de 
la pancarte dont il est fait mention dans la précédente 
déposition était celle de l'Impératrice de Russie. 

Fait et déclaré par-devant Mr. Dionys Dubinskiy juge de 
Wlodriniirz , député de fa Voivodie de Folhynie , pour enquête 
concernant ta révolte des paysans; et en présence de toute la 
commission, devant laquelle ledit curé n ratifié sa déclaration 
par sennent. 

Signé J. Cli. Tomaszewsri, président de la commission. 



iOi 



!V« XXJk* — ACTE 8ÉPAAS SNTai SA MAJBSTK LB KOI ET LA M- 
PVBLIQI^ DE POLOGNE ET f A MAJEtT^ L'IMP^EATEICB DE TOUTE* 
LES KUSStBS, 8I0NB LE 15 MAIS 1779. 

Sa Majesté TlmpératHce de toute» les Russies ayant 
promis, par larticle VII du traité cooclu à- Varsovie le i8 
septembre 1773, de garantir tontes et telles consututions 
qui seront faites de concert arec les ministres des trois 
cours contractrantes, en la diète actuellement assemblée 
à Varsovie sous la forme de confédération , tant sur la 
forme du gouvernement libre, républicaine et indépen- 
dante, que sur la pacification et Tétat des sujets de là re- 
ligion grecque orientale non unie et des dissidents des 
deux communions évangéliqnes; les plénipotentiaires nom- 
més dans le corps dudit traité et autorisés pour cet effet 
ont statué, conclu et signé en conséquence les articles sui- 
vants , qui doivent avoir la même force et valeur que s'ils 
étaient insérés mot pour mot dans le traité. 

Art. 1. 

Sa Majesté 1 impératrice de toutes les Russies ayant sti- 
pulé, dans le traité du 18 septembre 1778 avec Sa Majesté 
le Roi et la République de Pologne, qu'il serait dressé un 
acte séparé rçlalivjement aux dissidents et grecs non unis 
en Pologne et Litbuanie; et Sa Majesté le Hoi et la Répu- 
blique de Pologne ayant désiré et demandé quelques adou- 
cissements dans larrangement fait dans le premier acte 
séparé du traité de 1768 au sujet des anciens droits ré- 
tablis de grecs non unis et dissidents; les deux hautes 
parties contractantes, en confirmant tout le reste du susdit 
premier acte séparé, sont convenues des modifications 
suivantes. 

I. 

Sa Majesté rhiiporairice de toulc-^ Ic> l«u«.sie>> voulant , 
par uu effet de sa invdéiution, otcr ju-jiju aux piclcxics «le 



désunion entre les divers membres de la Nation Polonaise, 
conként <|ae dorénavant les nobles greCs unis et dissidents 
demeurent exclus du séoat et du ministère de la Couronne 
et de la Lithuanie. 

2. 

Le drQÏtàe I4 noblesse dissidente et {grecque non unie 
à |tre éluç nonce aux diètes sera restreint au nombre 
d^ trpis, layoir, un pour chaque province. Les nobjes 
Çrec^ npi) uniç ^t dissidents jouiront d ailleurs de toutes 
)es préfogatiyes de la poblesse et de tous les avantages 
et charges de la Couronne et de la Lithuanie, pouvant 
remplir toutes les fonctions dans les tribunaux, commis- 
sjpns et, en qn mot, toutes les juridictions et dicastères 
dp la pépMblique dpns le civil et le militaire. Ces droits et 
prërog^Uyes ne s'étendront que sur les familles grecques 
non unies et dissidentes et leur postérité, qui ont actuelle- 
ment Vindigénat en Pologne et dans le grand duché de 
Lithuanie. 

3. 

Sa Majesté le Roi et la République ayant insisté sur 
Tabolition du judiciwn miitum , Sa Majesté rimpératrice 
de toutes les Russies consent que ce tribunal mixte soit 
aboli aux conditions suivantes : 

I. Que toutes les causes affectées et appropriées par 
le premier acte séparé du traité de 1768 audit tribunal 
mi&te soient remises à la cour de justice du Roi, c'est-à- 
dire à TAssessorie de Pologne et de Lithuanie. 

a* Qie si Télection aux Assessories n'eût pas nommé 
à ces jugements royaux un nombre égal de catholiques et 
de dissidents, Sa Majesté le Roi appellera, pour toutes 
les causes ti'ansportées da judicium mivlum h rnssessoric, 
autant de membres de la noblesse dissidente ou (grecque 
non unie avec voix décisive qu'il sera nécessiure pour éga- 
liser le nomlvre des assesseurs catholifiues et dissideuls, 

3. Quctouoicssixmoisii yuitun terme de <[ualreseuîaifU'<. 



103 

aussi bien dans TAssessorie de la Couronne que dans celle da 
grand duchë de Lithuanie, destiné à décider les susdites 
causes des dissidents et Grecs non unis; lesquelles seront 
décidées par la pluralité des voix, quand elles auront été 
jugées préalablement dans les tribunaux des villes et des 
provinces, et que de là on les aura transférées par voie 
d*appelIation ou de renvoi auxdites Assessories. Et , en cas 
de parité de voix, les causes seront décidées par la déci- 
sion du roi. En 1 absence de quelques juges, le nombre de 
quatre sera suffisant pour former une cour de justice 
complète dans les susdites affaires. 

4. Lorsque les dissidents et Grecs non unis voudront en- 
terrer leurs morts les jours de fêtes, ils le feront ou de 
grand matin , ou après la fin de la dévotion publique des 
Catholiques. 

5. Les dissidents se priveront pour lavcnir des cloches 
de leurs églises, à condition que celles-ci ne soient pas 
regardées pour cela comme des oratoires ; ceci ne sera en- 
tendu que des églises qui seront b.ilies à lavenir dans les 
villages. 

6. Les procès en divorce et en séparatiou a toro et a 
mensa , dépendront des jugements des consistoires catho- 
liques, lorsqu'un des époux sera catholique et Tautre 
dissident. 



IV« XXXI* — SECOND ACTE SÉPARÉ ENTRE LES MÊMES Pl'lSSANCEB 
CONTENANT DIVERSES STIPULATIONS EN DATE DU 15 MARS 1773. 

Art. IX. 

Les plaintes des Grecs non unis à la charge des Grecs 
unis , et réciproquement de ceux-ci contre les premiers , 
seront examinées et décidées par une coinmission qui sera 
désignée par les deux parties contrî^clantes, dans l'csparc 
de trois mois, h dater du présent acte ; laquelle coinmissioii 
examinera et Icsditcs plainte?, er les droits que eliarjne 
partie aura aux éjjlisr.-., «jiii lui oirt ci<) |»riso<î pur TautiP 



104 

depuis la date du traité de r^ 58 , la possession réciproque 
stipulée dans ce traité devant servir de règle aux commis- 
saires, de part et d'autre, dans leurs instructions. Et après 
nue ceux-ci auront jugé en conséquence à laquelle des par- 
ties ces églises devront légalement appartenir, ils les lui 
adjugeront, feront rentrer les prêtres dans la paciBque 
possession des églises auxquelles ils étaient attachés aupa- 
ravant, feront rendre ou bonifier ce qui leur a été enlevé 
par force et, en un mot, remettre les choses dans Télat con- 
venu et stipulé par !e traité de 1 768 : les choses tellement 
arrangées, la sentence sera incessamment exécutée selon la 
teneur du susdit traité. 

X» 3UtOI. — OUKASB DE 8. M. L'IMPÉRATRICE DE RUSSIE, CON- 
CERNANT LES ÉTRANGERS, DU 22 JUILLET 1733. 

Art. VÏ. 

Et afin que tous étrangers désirant s'établir dans noire 
empire voient jusqu'où s'étend notre bienveillance pour 
leur procurer tous les avantages possibles, nous leur accor- 
dons les privilèges suivants : 

c Chaque étranger qui voudra sVtablir dans notre em- 
pire, y jouira, sans y être troublé, du libre exercice de sa 
religion , suivant l'église et le rit dont il est. Ceux qui ne 
voudront pas demeurer dans les villes, mais former des co- 
lonies et bâtir des bourgs dans des terres qui ne sont pas 
habitées, pourront bâtir des <!^lises et des clochers, et avoir 
le nombre nécessaire de pasteurs ou prêtres pour le service 
divin, exceptant seulement toute construction de monas- 
tère ou couvent. Avertissons cependant tous ceux de la re- 
ligion chrétienne qui se trouveront dans nos Etats , qu'ils 
se donnent bien de garde de vouloir convenir à leur reli- 
gion, ou attirer à leur croyance qui que ce puisse être, sous 
peine d'encourir toute la sévérité de nos lois , excepté les 
nations de la religion niahoniélane, qui sous ditférents noms 
habitent le long des irontière< de noire empire, les<iuellcs 



i05 

non-seulement nous permettons de porter, par des moyens 
honnêtes, à embrasser le christianisme, mais même il sera 
libre à un chacun de les acheter et d'en fiaire ses propres 
gens. 

IV* XJUUII. — OVKASE IMPÉRIAL DU 31 AVBIL 1783. 
ABTICULU8 ia4* 

Permitlitur civibns alterius urbis, natioiiis, et religionis 
liberum exercîtium divîni cultus tam a venerandx mémo- 
rise sapientissimis Rossise Monarchis AntcccssoribusNostrts, 
quam etiam a Nobismet Ipsis jam constituti et confirmati. 
« Omnes gentes Rosshm incolentes laudent Deum omnipotent 
tem varits linguis secundum reliqionem et confessionem Majo- 
ritm siioriim, ■ benedicentes regno nostro et orantes Creato- 
rem mundi proaugmenlo felicilatis et stabilimento potentia: 
Imperii Rossici. 

!¥• 3tXXlV. — CATHARIXA SECl'NDA, ETC. 
no VI , SCMHO R. C. PONTIPia AC SUPnEUO PRI.XCIPI STATIS ECCLESfASTIGI. 

Motum est Orbi Universo, Vobisque Suprême Principi , 
facta accessione Albae Russiae ad Nostrum Imperiiim Eccie- 
sias unitas harum Provinciarum commissas fuisse Episcopo 
Smogorzewski , cujus ill<e Regimini subcrant , donec ipse 
sua sponte, ac propria optione ad Ministerium aliud, quod 
sibi coramodius judicaret in Rcpubiica Polona, sese trans- 
tulerit. 

Nos videntes relictam ab eo Diœcesim nuUa mora inter- 
posita,ejusregendimunus non alterius Professionis Pastori, 
sed recens ad id instituto Consistorio aliquot ex personis 
Ecclesiasticis cjusdem Professionis, viris spectatoe fidei, 
Nobis sacramcnto obstrictis, morunique integritate conspi- 
cuis, demandavimus : quo pacto, duhium non est, quiu illi 
?,nfficienter provisum sil. Ab initia regiminis Nostri ad prœ- 
seul cm tisffue dicni ratum fixunique liabuiinus , ut cuilibet in 
va!>lo Moslroruin Dominonun Im/>crio l'iviun Dettfn aninio li- 



100 

berû venerari Uceret, neve uUa Beiigio quoquo modo premere" 
tur; (fuinùno Sceptrum Nostrwn omnem Beligionem susiinetf 
«jusque cukores protegit , quamdiu id meretUur, satisfaciendo 
muneri fidelium subditorum, ac bonorum civium. 

His Rossiaci Imperiî principiis positis, cum nulla Religio 
quidpiam pertimescendum habeat,niullo inagis nihil est 
cur Ghristiani vereantur, ne concordia et mulna charitas 
inter eos turbetur, vel ne ipsi privilegiis, rituquesuo pri- 
ventur ; instituitur enihi bic principalis omnium Ocdesia- 
rum Régula , quod nimirûm ex Societati, non Societas ipsis 
inservire de bea t. Çua/>ro^(er nupernumdavimuSy ut déficiente^ 
aut moriente Parocho unito , exquiratur comniunitas , ".ujuS' 
natn Projessionis, et quem Sacerdotem desîderet ? ut secwcdum 
id quod optaverit, a Jurisdictione desideratas confessionis 
Parochus prœficiatur. 

Quod Nobis, Nostrique animi consiliis tantopere conB- 
das, Princeps Suprême, id Nobis pergratum , perque 
jucundum omnino habemns. Mediante ejusmodi cousilio- 
rum communicatione citius absque dubio rautua negotia 
effectum suum sortiuntur. His rationibus adducti pari sin- 
ceritate patefacimus desiderium nostruni, ut dignemini 
Mobiloviensi Episcopo Romane Catholicarum Ecclesiarum 
Stanislao Siestrezewiez conferre pullium , et dignilatcm 
Arcbiepiscopalein , necuon coadjutorem ipsi providerc , 
quem nos idoneum judicaverimus. 

Mirum, quam consolationein sentimus data occasione 
testificandi Vobis Nostrum studium atque jestimationem 
tanquam Principi tribucndi decus liuic tbrono , in qno Di- 
vina Providentia estis collocati , et prrcclaris faclis ac virtu- 
tibus praestanti ornamenlum priesenti saeculo , conjungi- 
musque vocem nostram cum Ortbodoxa Nostra Calbolica 
Ecclesia prècante unionem omnium. 

D^itum Petrnpoli in Urbc Scdis Nostrœ mf.nse Deccmhri 
3 1 die, anno saiutis 1 780. Jnipevii NoslriXIX, 



107 

j^'o XXXV. — LBTTEB DE 8. M. L'IMPSEATEICB DB TOUTES LBt 
BVSSIB8, ADRESSÉE A 8. S. PIE VI, DU ÔO JANVIER 1782. 

Nous avons eu le plaisir de recevoir votre lettre du 17 oc- 
tobre, et nous vous rendons grâces, puissant souverain, 
de toutes les expressions de confiance dont elle est remplie 
relativement à la nouvelle qui vous est parvenue, sur le 
voyage que doivent faire en Italie notre fils et notre bru. 
Nous sommes bien persuadée de la satisfaction qu'ils goû- 
teront par l'accueil affectueux que vous voudrez bien leur 
faire. Aussi regarderont-ils la connaissance de votre per- 
sonne comme une acquisition très-précieuse. Le dessèche- 
ment des vastes marais qui se trouvent dans le voisinage 
de Rome, et le voyage que vous y allez faire afin de voir 
tout par vos yeux, prouvent suffisamment que vous êtes un 
prince qui pense au bien de ses États, ce qui ne peut ser- 
vir qu'à augmenter votre gloire. 

En répondant aux autres articles de votre lettre, nous ne 
pouvons nous dispenser de nous en rapporter à la précédente 
du 3i décembre i-jSi , par laquelle nous vous fîmes savoir, 
puissant souvera'ui , que pour bien régler les affaires de t Église 
de nos sujets unis , nous avions établi «n consistoire composé de 
personnages de leur rit. Les personnes qui y président, 
nous ont assuré que ledit consistoire a réglé avec beaucoup 
d'ordre et de zèle les affaires spirituelles du petit troupeau 
qui lui a été confié, et comme personne n'est venu jus- 
qu'ici s'en plaindre au pied du trône, et que nous croyons 
suffisant 1 établissement que nous avons fait par l'autorité 
suprême que Dieu nous a donnée , nous ne voyons aucune 
nécessité de le changer. 

Quant à t Église romaine , vous ti ignorer, pas, puissant sou- 
verain, qu en vertu de la liberté accordée par nos prédéces- 
seurs et par nous-mêmes aux différentes religions de notre 
vaste empire, vous voyez professer vos dogmes noii-seulement 
dans nos provinces de la /iussie-Dlaiu hr , mais aussi dans les 
contrée.' /<-> plus éloignées de notre coipfrc. C'est p^r tciiiutil 



m 

que, des 1 77^ , nous avons cru qu'il éiail uécessaiie qu'il y 
eût WD pasteur pour nos sujets de la religion romaine, et 
depuis ce temps-là nous avons confié cette dignité à l'évêque 
Stanislas Siestrzencewicz. Nous avons vu que ce règlement 
a mérité votre approbation, comme une chose avantageuse 
à l'Église, dans laquelle vous, puissant souverain, avez été 
jugé digne d'occuper le premier posie/Ce qui fait connaître 
votre approbation, c'est la lettre écrite en votre nom au 
susdit évêque, dans laquelle vous lui recommandez de veil- 
ler sur les prêtres réguliers, qui sont du rit romain dans 
son diocèse, et d'en régler la conduite. Maintenant, l'éten- 
due du pays et le nombre des habitants de la religion ro- 
maine nous a contraint d'ériger en archevêché de la mênie 
religion le diocèse de Mohilow , et les services que nous 
a rendus l'évéque Sunislas Siestrzencewicz, ainsi que le zèle 
qu'il a témoigné pour le troupeau qui lui a été confié , ont 
tait tomber notre choix sur sa personne ; en conséquence 
de cela et en vertu de notre autorité suprême, qui s'étend 
sur toutes les communautés et tous les étals sans excep- 
tion, lesquels se trouvent dans notre empire, nous avons 
conféré à cet évêque la dignité d'archevêque de Mohilow, 
et pour l'aider dans son travail , vu l'étendue de son dio- 
cèse, nous en avons nommé coadjuteur J. Benislawsky, 
chanoine du même diocèse, supérieur de Dunabourg, dont 
le mérite a fixé notre choix. 

Comme nous connaissons votre façon de penser, puis- 
sant souverain, nous ne doutons point que notre soin pour 
le bien de l'Église romaine dans notre empire ne vous soit 
agréable, et nous sommes assurée que vous ne manque- 
rez pas de contribuer de votre coté à l'accomplissement de 
nos désirs; et comme vous nous avez informés que votre 
nonce près de S. M. le roi et la sérénissime république d« 
Pologne est muni de vos instructions pour les affaires de 
cette nature , nous avons ordonné au comte de Stackelberg , 
notre ambassadeur près de la même cour, de s'arranger 
avec lui concerrmiJt ce pcinl , et de shccoi dcr sur ce qui rc- 



100 

(jardera Ja consécration du nouvel cvéque-coadjuteur. Nou:: 
ne saurions vous cacher ^ puissant souverain, notre sensibilité 
à cause de votre méoontentement contre Carclievèque Stanislas 
Siestrzencetuicz ; mais il n a fait que s'acquitter de ce qu'il de- 
vait à sa souveraine comme sujet fidèle. La mention quil a faite 
dans sa lettre pastorale du désir que vous témoignez , quil 
veille sur les religieux de son diocèse et en dirige la conduite, 
est une preuve de son respect pour le premier évéque de son 
Église , noyant rien tant à cœur que le bien-être et la tranquil' 
lité de ses ouailles. Fos lumières et votre équité, puissant sou- 
verain, 710US assurent j que lorsque vous saurez que ledit ar^ 
chevêqne na rien fait d inconvenant,, vous lui rendrez votre 
bienveillance. C'est là ce dont nous vous prions en renouve- 
Jant notre ancienne demande pour que vous reconnaissiez 
J'archevêch»? dont nous avons fixé le siège à Mohilow, et 
dans le même siège Tarchevêque de l'Église romaine Stanislas 
•5iestrzence\vicz que nous avons élu , et auquel vous aurez 
la bonté d'envoyer le pallium qui appartient à sa dignité. 
Au reste nous réunissons nos prières à celles de notre Église 
orthodoxe, laquelle prie Dieu pour l'union de toutes. 

Fait en notre capitale de Pétersbourg Fan de grâce 1782, 
^e 3o janvier , et de notre règne le 20*. 

!¥• XXXVI.— CATHERITVE II, KTC, AU SOCVERAIX PONTIFE 

PIE Vf. 

^'ous avons reçu, puissant prince, votre amicale lettre 
du 1 1 janvier avec d'autant plus de plaisir, que nous avons 
rem&irqué votre empressement \\ satisfaire h notre demande 
faite en faveur de Mgr. Stanislas Siestrzencewicz , que nous 
avons établi archevêque de l'Église romaine, et de son co- 
adjuteur Jean Benislavvski , demande qui se fonde sur la 
justice et sur le bien-être même de celte Église. Nous re- 
cevons tout cela, de même que votre intention dVnvoyer un 
ministre à noire cour, comme une vraie marque de votre 
disposition amicale pour nous, et en vous en témoignant, 
puissant prince , noiro reronnais«anro , aussi vive que sin- 



110 

cère , nous voih prions d être pcrsuailc; do nos .'>cntinienl<; 
m:iproques pour vous et do notre disposition de complaire 
de toute manière possible à vos demandes. Votre ministre 
joun*a à notre cour de toutes les distinctions accordées se- 
lon notre étiquette aux ambassadeurs et ministres des têtes 
couronnées. Sa mission nous sera doublement agréable, 
car il sera témoin, tant de la liberté parfaite dont Ttlglise 
romaine jouit sous notre protection par tout notre empire, 
que des égards distingué^ dont nous sommes pénétrée pour 
vos émioentes qualités. 

En finissant, nous joignons nos vœux aux vœux de notre 
Eglise orthodoxe pour la réunion de tous les adorateurs du 
Dieu tout-puissant. 

Fait en notre résidence de Saint-Pierre, le i*"" mars 1783, 
de notre règne XXI. 

X» X3L5LVII. — TRArrÉ i.e cession et de limites entre s. m. 

LnMPÉRATRICB DE TOUTES LES RUSSIES ET S. M. LE ROI ET LA 
RÉPUBLIQUE DE POLOGNE, A GRODXO, LE iô JUILLET 1795. 

Art. Vril. 

Les catholiques romains, uliiusque rilus ^ qui, en vertu 
du second article du présent traité, passent sous la domina- 
tion de Sa Majesté Impériale de toutes les Russies , jouiront 
non-sealement par tout Tempire de Russie du plein et libre 
exercice de leur religion, conformément au système de to- 
lérance y introduit, mais ils seront maintenus dans les pro- 
vinces cédées par le susdit article II, dans l'état strict 
de possession héréditaire actuel. Sa Majesté Tlmpératricc 
de toutes les Russies promet en conséquence , d'une ma- 
nière irrévocable, pour elle, ses héritiers et successeurs, 
de maintenir à perpétuité lesdits catholiques romains des 
deux rites dans la possession imperturbable des |)réroga- 
lives, propriétés et églises, du libre exercice de leur culte 
et discipline, et de tous droits attachés au culte de leur re- 
ligion; déclarant pour elle et ses successeurs ne vouloir 
jamais exercer les droits de souverain an préjudice de la 



relif,ioii catholique romaine deâ deux rites (lan>> hs pay<« 
|)as8és sous sa domination par le présent traité. 

X'» XXXVIII. — nÉGIAE MAJESTATIS BORl'SSICAE LITTERAE PA- 
TENTES AD 0RDINE8 ET INCOLAS TERRAAUM PRVSSIAE ET POMI- 
RANIAE , QUAS POLOMAE REGE8 HUC L'SQUE DETINUERVNT, CTI ET 
TRACTUUM POLONIAE HAJORIS, C18 AMNBM NOTEZAM SITOBVM. 
DATAE BAROLINI DIE 13 SEPT. 1773. 

Nos contra spondemus et promittimus, omnes et singulos 
in suis possessionibus et juribus, tam in ecclesiasticis quam 
saecularibus, • praesertim Romano-Cathclicae Religioni ad- 
« dictos , ia libero religionis suse cultu et exercitio tueri et 
« manutenere, et generatim totam Provinciam ita regere, 
« ut recte sentientes incolae felices et contenti esse queant , 
« nec uUa unquam causa pœnitentiae ex bac mutatione eos 
« subitura sit. » Et ut Bdei ac obsequii eorum solemni et 
generali bomagio eo certiores reddamur, e re Nobis visum 
fuit, diem huic indiccre in civilate nostra Mariaeburgo, 
eumquc in finem diem dccimnm quartnm a dalo Iiarum 
Litterarum patenîium, videlicet 27 Septembiis , tonstitui- 
mu5. 

IV» XXXIX. — TRAITÉ ENTRE SA BIAJESTÉ LE ROI DE PRUSSE ET 
SA MAJESTÉ LE ROI ET LA RÉPL'BLIQUE DE POLOGNE, CONCLU A 
VARSOVIE LE 18 SEPTEMBRE 1773. 

Art. VIII. 

Les catholiques romains jouiront, dans les provinces cé- 
dées par le présent traité, tout comme dans le royaume de 
Prusse, et dans les districts de Lauenbourg, de Butow et 
de Draheim, de toutes leurs j>ossessions et propriétés, 
quant au civil; et, par rapport à la religiou , ils seront en- 
tièrement conservés m statu f/iio, c'est-à-dire dans le même 
libre exercice de leur culte et discipline, avec toutes et 
telles églises et biens ecclésiastiques qu'ils possédaient au 
moment de leur passage sous la domination de Sa Majesté 
Prussienne, au mois de septembre 1772; et Sadite Ma- 



i!2 

c je8t« et ses huccesseurâ ne se serviront point des dn»ils <le 
tt souverain au préjudice du statu (jiin de la religion catlio- 
« lique romaine, dans les pays susmentionnés. » 

fia XEm — LBTTECS-PATENTB8 DU ROI DE PRUASE, ADRESSÉES AIT 
éTATS BT HABITANTS DES PALATIWAT8 ET AUTRES DISTRICTS AP- 
PARTENANT CI-DETANT A LA COURONNE DE POLOGNE. BERLIN, LE 
âS MARS 1793. 

En revanche, nous sommes résolus et promettons par la 
présente, de la manière ia plus solennelle, de protéger et 
4e maintenir les Etats et habitants ci-dessus nommés, cha- 
cun et tous dans leurs possessions , privilèges et droits res- 
pectifs, tant séculiers qu'ecclésiastiques, surtout ceux de 
la religion catholique romaine, qui jouiront imperturbable- 
ment d'une pleine liberté pour l'exercice de leur culte, 
et de gouverner généralement les susdits pays de manière 
que la partie sensée et bien pensante des habitants n aura 
point à regretter d'avoir passé sous une nouvelle domina- 
tion. 

!¥• 3LIjI# — TRAITÉ ENTRE SA i^AJESTÉ LE ROI DE PRUSSE D'UNE 
PART, ET SA MAJESTÉ LE ROI ET LA SÉRÉNISSIME RÉPUBLIQUE 
DE POLOGNE DE L'AUTRE, CONCLU ET SIGNÉ A GRODNO LE 2:> 
«BPTBMBRB 4793. 

Art. V. 

Les catholiques romains, à l'instar de ceux de leur reli- 
gion qui ont passé précédemment sous la domination prus- 
sienne, jouiront, dans les provinces cédées par le pré- 
sent traité, de tous leurs droits et propriétés, quant au 
civil; et, par rapport à la religion , ils conserveront le même 
libre exercice de culte et de discipline que dans l'état 
actuel , avec toutes les églises et tous les biens ecclésiasti- 
ques dont ils étaient en possession ci-devant; Sa Majesté 
Prussienne déclarant pour elle et pour ses successeurs ne 
vouloir jamais exercer les droits de souveraineté an préju- 
dice de Téut actuel de la religion catholique dans Jes pays 
passés sous sa domination par le présent traité. 



il3 

Quant aux C(^Iiscs et foiiilnlions pieuses qui , situées dans 
un État, auraient une partie de leurs biens-fonds enclavés 
dans l'autre, les hautes parties contractantes en se les cé- 
dant réciproquement, avec tous les droits, soit spirituels, 
soit temporels , s'en réservent la disposition libre ; bien en- 
tendu que lesdits biens-fonds conserveront leur nature, et 
ne pourront être employés qu'à Tindemnisation réciproque 
des églises et communautés qui perdraient à ces arrange- 
ments, sauf à fixer dans les articles séparés le terme de la 
jouissance des revenus desdites églises et communautés 
respectives dans l'état actuel, sans préjudicier aux droits 
des advitalités des possesseurs et de leurs coadjuteurs 
actuels, et en séparant néanmoins dès à présent les biens- 
fonds de révéché de Posnanie , qui restent en Pologne à la 
disposition de la république, pour en fonder les revenus 
d'un nouvel évéché de Varsovie. 

N* XLII. - TRAnÉ ADDITIONNEL R£LATIP A CftACOVlB , ENTRE 
L'ACTRICHE, LA PRISSE ET LA RUSSIE, FAIT A VIENNE LE 31 
AVRIL (3 MAI) 1815. 

Constitution de la ville libre de Cracovie. 

ART. I. 

JjSi religion catholique , apostolique et romaine est main- 
tenue comme religion du pays. 

Traité additionnel. 
ART. i6. 

L'évêché de Cracovie et le chapitre de cette cité libre , 
ainsi que tout le clergé séculier etrégulier^ seront maintenus. 
Les fonds, dotations, immeubles, rentes ou perceptions 
qui constituent leur propriété, leur seront conservés. Il 
sera libre cependant au sénat de proposer aux assemblées 
de déceml.re un mode de répartition différent de celui qui 
pourrait exister, s'il était prouvé que l'emploi actuel des re- 
venus ne fût point conforme aux intentions des fondateurs, 
principalement dans ce qui a rapport à l'instruction publique 
ei à la malheureuse position du clergé inférieur. Tout 
11. 8 



,.|,anp,rinoni à n.l... ilevia pa.sor par los niôme<; formalité, 
riuc Tadoptioi: d'une loi tlKtaf. 

Article 17. 
La juridiction ecclésiastique de révêché de Cracovie ne 
devant point s'ëtendre sur les territoires autrichien et prus- 
sien, la nomination de Vévéque de Cracovie est réservée 
immédiatement à Sa Majesté l'empereur de toutes lesRus- 
sies, qui, pour celte fois-ci, fera la première nomination 
d après son choix. Par la suite, le chapitre et le sénat au- 
ront le droit de présenter chacun deux candidats, parmi les- 
quels Sadite Majesté choisira le nouvel évêque. 

Jcie du Congrès de Vienne du 9 ^um 1 8 1 5 . 
Article 1 1 • 
Les dispositions sur la constitution de la ville libre de 
Cracovie, sur 1 académie de cette ville , et sur Véveche et le 
chapitre de Cracovie, telles quelles se trouvent énoncées 
dan« les ariicle. 7, 1 5, . 6 et . 7 du ti-aité additionnel relatif 
à Carovie, annexé an présent traité général auront la 
même force et valeur que .i elles étaient textuellement in- 
sérérs dans cet acte. 

Xo,XMlI.-MAMFESTE IMPÈI^IAL SLR lA JURIDICTIOX DFS ÉVÊCnKS 
DE LA nUSSlE BLANCHE. 

MANIFESTUM SENATt'l NOSTRO. 

In acqni.iiis pcr Nos non pridem a Polonia ad impe. ium 
Jiossiacum provinciis lespectu spiritualis jurisd.ctionis et 
adminislrationis negotiorum spiiitualium; tam pro bccle- 
sii8 Noslr^e veregloriosae fidei,uti et pro Catholias et lui- 
tis statuimus , quod sequitut : 

1 Provinci» Vitcbscensis , Polorcnsis et Dunensis , re- 
speciu vere gloriosae Gra^co-Rossiacae f.dei Diœces. Plesco- 

viensi suhsunto. 

IL Mohiloviensis, Orscnsis , Mslilaviensis, et lloUacze- 
viensis, respeciu Kcclesiar.im et incolarum Nostra. et.am 
vere nloriosx f.dei D.œcesim Mohileviensem, ad ulterius 



41;; 

Miimlaliuii ajjnoscuiito ; et pr.Tcipiiiuis permanerc in ea 
inodcrno Episcopo Gcorgio , et tituluiii gcrere eumdcm, 
qiio ]iacc Dioccesis ad hoc tempus tisqite insij^niebatiir. Iti 
his duabus materiis dedimus particularc Nostium Manife- 
stum Synodi Nostrse. 

m. Etsi Catholicus Episcopus nunc nonduin existât, sed 
illc brevi futurus est, cujus spirituaii regiuiini JSos commit* 
timiis omuia Romano-Catbolica Mouasteria et Ecclesias, 
et pr.xterea Ecclesias Romanae Catholicae Ueligionis, qusc 
inveniuntur in variis urbibus totius Nostri imperii ; in qui- 
bus bic Catholicus Episcopus non solum secundum neces- 
sitatcm respectivornni Parochianorum debebit ordinare 
Patres et scculares Catholicos Sacerdotes , sed etiam discu- 
tere omnis generis negotia spirituaha inter parochianos et 
eorum Ecclesiasticos secundum ipsorum fidem et caerimO' 
nias Ecclesiasticas. Ut autem Githolicœ Ecclesiae ordinentur 
respectu negotiorum œconomicorum ,.Ecclesiasticarum a 
Parocliianis oblaiionuui, et aliaruui ordinein bouum spec- 
taotium circumstantianim : damus Epiacopo Calholico pro 
iiorma hanc îpsatft ordinnliunem , tjuntn nos VctropuliUwas Ca- 
tholicœ Ecrlesice nmtu i 769 , die Fel/r. 1 2 , propi'ia ^ostra 
manu consignatam dedimus j ex qua hoc tantiiuimodo exci* 
pitur,quod dcscriptum est in ea secundum iliius temporis 
circumstantias de accitu Patrum. lu ca?teris autem omnia 
dubia puncta claie sunt explicita , qux igitur sunt obser- 
vanda. 

IV. Unitus modenius Archiepiscopus in eadem Diœcesiy in 
qua nunc reperitur Archiepiscopus , manelo. Ipsius regùnini 
spirituaii solummodo in omnibus hiscc incorporatis Provinciis 
Monasleria et Ecclesiœ unitœ cum suis Pnrochianis commissa 
sunto. Respectu Ecclesianun Parochiaiium ordinis , sustenta- 
tionem earum spectanlis , secundutn prœscriptum in eadem Pe- 
tropoiilanœ Catholicœ Ecclesiœ. ordinationc expressum , sese 
gerito. 

V. Ambo hi Episcopi pênes domus suas spiritualia Consista- 
ria propter expedieiida sua negotia spiritualia habento : in qui- 



116 

bus liU constituere possunl , iecundwu suant necessUatem t duoi 
vel très e medio morum Ecclesiastkorum Assessores. 

VI. Episcopus Catholicuîi cum tota sua domo et Consisio- 
rio siistentationcm habebit c Canonicatibus Vilnensibus ad 
Nostrum Imperium nunc pertinentibus, e bonis spirîluali- 
bus Romano-Catholicis , et ex ordinationibus variae denomi- 
nationis Ecclesiasticonim et Presbyterorum saecularium, ad 
omnia quae huic Episcopo subsunt, monasteria et Ecclesias 
CathoHcas '. Unilus Archiepiscopus autem Ha provisus , uli 
uuHC reperihir, tnaneto, idque ad ulterixts mandatum ita esto, 

VH. Provinciis Plrscioviensi et Mohiloviensi regvndis Prœ- 
fecti accuratam altenttonem habento , « ne CathoHci et Uniti 
Episcopi, Catmnici, Sœcubres Presbjteri, et omnis nomhus 
eorum Ecclesiastici • uUo modo audeant, sub ullo prœtextu, 
vel secreto , vel publiée vere gloriosos Nostrœ Grœcœ confes- 
sionis ad aliam heligionem inclinare et convertere ; quod Gênera- 
lis Provinciis regundis Prœfectus secundum Noslrum mandatum 
singulari a se emanato nuini/esto in omnibus his incorporatis 
Provinciis publicato , cmn comminatione pro talitransgressione 
pcenœ ad normam legum infiigendœ. 

Vni. Si Episcopus Romano-Catholicus sive Cnitns judi- 
caTerit negotium Ecxlesiasticum spectans œconoraiam et 
bonum ordinem in Monasteriis et Ecclesiis Parochialibus , 
et hulc ejus judicio quis non acquieverit : ci appellatio con- 
ceditur ad Collegium Justiti» Livonicum ; ab hoc autem , 
secundum ordinem, ad Senatum, uti id a nobis praescriptum 
est in ordinatione Petropolitanae Catltolicae Ecclesiap a No- 
bis data. 

IX. Cum in his Provinciis Catholicae et Uniiae Ecclesiaï 
respeetu suse Behgionis maneant pênes sua dogmata et ca- 
Dones , qua de re jam etiam publicatum est : itaque si a Papa 
directe vel médiate per Congregationem vel aliam Catholi- 
cam Spiriiualcni Jurisdictionem missa fuerit qualiscumqiie 
spiritualis Potestaiis Bulla , sive aliud quoddam mandatum, 
pubhcationis ergo, reperibilibus in his incorporatis a Polo- 
nia Provinciis , Catholicis et Uniiis : talcs Pontificiae Bul- 



M7 

]x et mandata supra nomioata jurisdictionis spiritiialis ad 
Generalein PraeFectum regundx Albae Russiae propter ex- 
positionem Nobis ipsis , prias remittuntor , et permissio 
denunciandorum eorum populo a Mobis expectator. lo eis, 
quse ex hiscc omoibus supra scripiis spectant ad Nostram 
Synodum etGeDeralem refçundx Albae Russiae Praefectum : 
dedimus seorsim respectiva a Nobis signata Manifesta. 
Die i4 Decenibr. anno 1772. 

AulograpbuiD signatum c^t prnpria iiiantt- Soae 
Jmperatoriae Majeslaiis 

lia fiât 

CATHAUkNA. 



!¥« XMV.. 



IV* XliV. — DIPLOME DE FONDATION D*\JN BVÊCHÉ CATI0L1Q1 B rOt;» 
L*EaiPIRB RUSSE. 

Divina Auxiliante Graiia 
NOS CATHARINA If, 

lotperairii et Aaiocratrii loiius Rnssix, etc. 

Significamus uniTei*sis et singulis quorum scire boc in- 
terest, imprimis Praefecturae Albae Russiae et universi lm« 
perii Nostri incolis Religionem Romano-Catholicam pro- 
fitentibus. Quemadmodum a multis anm's y a Nostris piee 
memoriœ Prœdecessoribits , concessum f itérât ut omnes Ro- 
mano-Catholicœ religionis incolœ in Tmperio Nostro degentes 
libenan religionis suas haberent exercitium^ ita etiam Nos 
idenufue ipswn confirmavimus. Mque ideo,in utroque Imperii 
Nostri capite Petropoli et Moscux, plurimis ab aiiru's erecta 
sunt per ipsaruni parochianos Catholica templa, in quibus \ 
sicuti etiam in aliis Nostris quibusdam oppidis, Divina juxta. 
eorum religionem sine ullo impedimenta libère peragwitur. 
Nunc vero felicissime Nostris imperantibus cum aliquae 
provinciae, communi noniine Alba Russia appellatae, a 
Polonia Impcrio Nostro adscitae sint, in quibus aliquot 
Catbolicorum Poloiii^e Episcopatuum parles Noslro int 01 



il8 

poral^e sunt Doininio; Nos propterea, tranquilliiali bo- 
noque ordini Ecclesiaruin Romano-Catholicarum consu- 
lentes, acquaiii esse judicavirous, non solum omnes quae 
iliorum Catholicorum Episcopatuum conficiebant partes in 
unain Dioecesim Catholicam redigere, sed et omnes Catbo- 
licac , tum in capicibus, tum in aliis Imperii Nostri urbibus 
existentesEcclesias,et in variis longe dissitls locis degentes 
Romano-Catholicos sacerdotes illi aggregare. Diœcesim veto 
ùtatn nominavimtis Albœ Russiœ Cfitholirnm , constiluendo 
in ipsa Catholicuni Episcopnm, et pênes euin Consistoi i«un 
cuin assessoribus, juxia beneplucitum ejus instituendis ; 
quem jussimus nominari Episcopum Albœ Russiœ Catho- 
licarum Ecclesiarum ; illique permisimus ut juxta leges suas 
Canonicas, non tantum monasteria sua Catbolica constituât 
et in ordine retineat, sed etiam et ecclesias Canonicales 
et Parocbiales ad quas babet potestalem ille Episcopus , 
presbyteros secundum suos ritus ecclesiasticos ordinan- 
di , et unius cujusque ecclesiae parochiam pro sufficiente 
sustentatione distribuendi. Hic Episcopus et in omnibus 
ubiifue locorwn in Imperio Nostro existentihus Romano- 
Catholicis eccUsiis potestatem eamdem exercendi facultatem 
habet respectu religionis suce secundum canones suos ecclesias- 
ticos, Qaod vero attinet ad bonum ordinem œconomiae 
pênes ecclesias Gatholicas, nti in diœcesi Albx Russise, 
ita etiam in nniyerso Nostro Imperio existentes; bac in 
re immutabiliter observare débet ille Episcopus ordina- 
tionem Nostram Romano-Catholicae Petropolitanae ecclesiae 
anno 1769 februarii 12 die praescriptam, Nostraeque manus 
subscriptione firmatam,et mandatum anni 1772 decembris 
12 die. Qoam ob rem si contigerit, quemcumque in ne- 
gotio ad œconomiam pertinente non esse contentum , da- 
lur appellatio juxta vim illius mandati ad Nostrum Justitiîe 
Collegium causarum Livoniensium , Estboniensiura et Fin- 
nicanim. Quem^dmodum vero suprenio Nostro jussu et 
nomiue Nostro, generalis Albae Russiac regundic prœfectus 
per publicatum placitum elapsi anni i;-ii M'ptcnibris j die 



119 

iu omnibus Albae Russiic provinciis notum fecit; « J\'o$ 
universis et singulis, non solum plenam et nullis limitibus 
circumscriptam liberlatem piiblici Religionis exercitii, » sed 
etiam legitimcun cujuslibet possessionem et proprietaleni so- 
lenmiter confirmasse : ex inde colligitur quod etiam citjusvis 
ordhus Ecclesiasticos Catholicos hucusque Nobis subditos^ et in 
posterum anima habitandi in prœfecturam Albœ Russiœ adven- 
turos , et permanere sub Nostro Domimo desideraturos , cum 
omnibus monasteriis , scholis variîsque gymnasiis , ubi etiam 
cum pertinentibus ad eoruni monaslerin , et eos ipsos,mobi- 
libus atque immobilibus bonis, in omni integritate antiquœ 
eorum possessionis , uti etiam mobilium et immobilium pro' 
prietatum, intactos esse permansuros\ • Quod quilibet Epi- 
scopus Albœ Russiœ Calholicus in perpetuum observato et 
attendito , ut hœc Nostra solemnis securitatis assertio , tam 
quoad omnes Ordines Catholicos Ecclesiasticos , uti et quoad 
omnes Ordines Ecclesiasticos, uti et quoad Jesuitas, in Im- 
per io Nostro cxist entes , eo usque, quousque illi ipsi suœ 
fidelitatis et obedientiœ debitum et jusjurandum intaminate 
servabunt , Jirma atque immobiiis in œtema tempora perma- 
neat. » Fundata a Nobis hoc pacto Albse Russi?e Catholica 
Diœcesi , constituimus in ea Episcopum a Nobis electum 
Venerabilem Stanislaum Siestrzencewicz de Bohusz, antea 
Episcopum Mallensem , Canonicum Vilnensem et Equitem 
Ordinis Polonici Stanislai , cui locum diœcesanse residentix 
in urbe Mohilovia designavimus , et pro aula Ejus episco- 
pali cum assessoribug consistorii suFficientem annuam pen- 
sionem constituimus. Tn cujus robur in œtema tempora du- 
raturum hoc Nostnim Diploma Diœcesi Catholicœ Albœ 
Russiœ clementissimc impertimur, manu Nostra propria sub- 
scripsimus , et Imperii Nostri Sigillo muniri mandavimus. 

Datum in Pailla Nostra Rcgia, anno i'j'j4y ^'<^ '^ Maii, 
Imperii Nostn duodecimo anno. 

CATHARINA. 



420 

Hf* XWl, — WLECrO FILIO JOSEPHO MYSTOFOVVÎca ELECTO 

ARCBNSl 

Plus PP. VII. 

Dilecte fili , Mlotem et spostolicam b«netlictionen . 

Quuin Nos Te hodie Episcopali Ecclesiae Arcensi , quae 
in partibus Infidelium consislit, in Episcopum et Pastorem 
praefecerimus cum diversis gratiis et privilegiis , prout in 
Nostris in forma Brevis expeditis litlcris, quarum tenores 
prsesentibus pro plene et sufficienter expressis, ac de veibo 
ad verbum insertis baberi volumus, fusius continetur. 
Quumque, sicut accepimus, Veneralilis Frater Joannes 
Symonowicz, Archiepiscopus LeopoUensis Armem rituSy où 
locorum et temporwn adjuncta, spirUaalcm jwisdictionem in 
CathoUcos Armenos qui infra fines degunl Rossiaci Imperii 
exercere, coriimque curam gerere nidirJemis valait, cupiat- 
que propterea ac vchementer cfflagilct , ah'qua per Nos pro- 
videri ratione , ul ne pars illa Gregis Dominid in tanin rc- 
gioniim vastitale dispersa modo errant iitm oviwn rclinquatur 
absque pastore; Nos idcirca spectatam pluiibasque ac gra- 
vissimis tesliinoniis virtutem «uam probatam babentes,Te- 
que a quibusvis censuris, etc. , censenies, de Fencrabiliiun 
Fratrwn Nostrorum S. R. E. Cardinalium negotiis propa- 
gande Fidei prœpositorum consilio , auctoritate apostolica 
tenore praesentiuraTe in Vicarium Apostolicumdeputamus, 
nominamus et constituimus. Tibique ut Vicarii Apostolici 
Domine in Armenos omnes Catbolicos qui Rossiacie ditionis, 
qua late patet, finibus continentur, spiiilualem jurisdic- 
tionem exercere, atque ea omnia qua? bujus muneris sunt 
obire, ac explere licite valeas, facultates necessarias et 
opporlunas iribuinius et impertimur, juxta lamen instruc- 
tionera, ac salva in omnibus semper auctoritate eorumdem 
Cardinalium ; mandantes in virtute sanclae obedientiae uni- 
versis ac singnlis ad quos spectat et spectabit pro tempore, 
ut Te ad bujusmodi servitium Vicarii Apostolici, ejiisquc 
liberum cxerciliuni juxta corunidein icnorcm pr.Tsentiuni 



121 

recipiant et admitlant, Tibique in omnibus qux ad istud 
pertinebunt officium assistant et faveant, turo et mandata 
tua ac salubria raonita humiliter accipiant efficaciterque 
adimplere procurent; alioquin sententiam, sive pœnam, 
quam rite tuleris vel statueris in nebelles babebimus 
rataro, et faciemus auctore Domino ad satifactionem usquc 
condignam inviolabiliter observari. Non obstantibus, etc., 
quibuscumquc contrariis. 

Datum ïiomœ apud S. Mariam Majorcm sub annulo Pisca- 
toris, die 28 Martii i^og .pontificalus nostri anno decimo, 
Jtixtn /Jecreuim S. Congrcgattonis de Propaganda Fide 
dichMarltiiSOd. 

MiCHAEL Card.y de Peiro Prafcctus. 
J. B. Qu AR ANTOTTi , Seactanus, 

\o XL.V1I. - OUKASE IMPÉniAL POIH L'ADMINWTIIATIO!! «MM- 
* TCELLE ET ECCLÉSIASTIQUE VV CULTE CATHOLIQUE HOMAUC, W3 
10 NOVEBiBRB 1801. 

§ I. Spirituale forum ex iLcclesiasticis ac Laicis pcrsonis 
constare solitum concernit Causas communes secundum le- 
ges civiles; at pro Spiritualibus et Ecclesiasticis Causis , 
nuae dogmatibus Gdei, acjure canonico nituntur, nec sub- 
sunt foro civili, supersunt Ecclesiastica Ck)nsisloria m d.œ- 
cesibus ordinata et supra baec générale Consistorium Eccle- 
siasticum Romano-Catbolicum loco Departementi Collegu 

Justitiae. . . 

§ 2. In Collegio sit Prœsidens Membrum Archiepiscopus 
Mobilowiensis, unus ex Episcopis, unus ex Praelatis Infu- 
latis: in quorum locum , si quem vacare conligerit, CoUc- 
gium eligendo duos Candidatos repraesentat eos dirigenti 
Senatui , quatenus alteruter proponatur supreraa auctoritate 
confirmandus ; atque etiam ex qualibet sex Diœcesmm unus 
ex Praelatis , aut Canonicis eligendus est quolibet triennio. 

% 3. Quemadmodum Collegio , locorum Ordmanis , Con- 
sistoriis, ita etiam omnibus et singulis Romano-Catliolic, 
Ecclesiasticis Ueligiosisquc persuuis in expcdiendis causi< , 



122 

negotiis , ac officiis suis procedeuduin est ad normain le- 
gum et Canonum Ecclesiasticorum , observando praeterea 
indispeasabilif.er omnia,qiiae intuitii referentiae ad extra- 
neam jurifidictionern , etextraneain Ecclesiasticam commu* 
nicationem mandatis Imperatoris vetita ac praecepta sunt , et 
prxcavende pro nexu juratae subditalis fidelitatis jura Auto- 
cratici Dominii , statuta Imperialia , ac siipremum interesse. 

§ 4- Expostulationes contra Episcopos et appellationes a 
Consistoriis spectaut ad CoUegium ; in causis autem Divor- 
tii Matriraoniorum , iibi ad executionem requiruntur duae 
conformes Senlentiae, quando prima sententia in Consisto- 
rio propriae Diœcesis subsecuu fuerit, tum illa cum actis 
reinittitur ad Gollegium, quod secundum optionem utrius- 
que partis, et in casu dissensionis juxta propriam determi- 
nalionem designabit Consistoriuui alterius Diœcesis , et 
committec huic io eadem causa , ut judicet ; ubi vero fuerit 
ista primae conformis, tum Decretum executioni mandatur; 
at in casu non conformitatis , uti etiam cum partes illa de- 
cisione contcntae non fuerint , jaui tum Gollegium ultimaria 
definitione causam terminât. 

§ 5. Monasteria Religiosorum Ordinum gubenientur se- 
cundum omnes eorum Régulas , ac Gonstituiiones , et con- 
formiter his babeant suos Ordinum Prœpositos, aut Pro- 
vinciales : non audeant tamcn contra Suprema interdicla 
sub comminatione baberc quamcuraque communicaiioneni 
cum Generalibus Religiosorum Ordinum, aut aliisjurisdictio- 
nibus, qua in re dicti Ordinum Pricpositi aut Provinciales sunt 
rcsponsuri ; qui tametsi non sint subjecti locorum Ordina- 
riis, ad eos nibilominus in omni casu , pro ordinaria illorum 
in diœcesi jurisdictione uli etiara in casu , si nécessitas po- 
stularit , ut nliqui e Monacbis se transférant aut abscedanr 
alio, debent referri : neque inspcctioneni eorum , admom- 
lionesque quoad regularem obscrvantiam, ac 1. xinui ordi- 
ncm dcclinare. Incunibit ils referre ad locorum Ordinarios 
dt! oniui Motilia «iijjiio cveiitu iti MoncKstcriis i;i l)inMt'>i|)n - 
illonnu -ilis : de elri liour rr.vposilMrufn , lUrl'jntni'j'ir ; 



\2Ti 



de statu Monasteriorum,ReIiGio8orumque in iis residcn- 
tiuin: de possessoribus , summis pecunianim, capitalibus, 
redditibus, fundationibus , et çreneralim nosse oportet loci 
Ordinarium lanquam Priesuleiii omnium in Diœcesi Ec- 
clesiasticorum , pro quibus ille reddere tenetur rationem 
Superiori Auctoritali. Locorum Ordinarii non se ingérant 
indispo8itione6Monasteriales,electionesqueReliGio8orum; 

nltamen in casu obitus Praepositi Ordinis, aut Provincialis, 
post debitam de boc per Superiorem localem Monasterii ad 
sedelationem, tenenturhoc déferre Collegio, quod dispo- 
nere débet, ut electio Praepositi , a îU Provincialis ad prx- 
scriptum Constitutionum expediatur. Porro de electo, eh- 
gendisque Prœpositis aut Provincialibus ordo exponit Col- 
legio pro approbatione. Monasteria aliquando invisenda 
sunt per loci Ordinarium , aut per delegatam ab eo aliquam 
Spiritualem Personam ; inspiciendae sunt eorum fundatio- 
nes praecipue vero singulari cum advertentia attendat ea , 
quîc Litterarum studia concernunt, qua in re babet loci 
Ordinarius potestatem praescribendi consona legitimis re- 
gulis praecepta. In Prœpositum Ordinis , aut Provincialem 
supplicem Libellum suscipiet loci Ordinarius in suaDiœ- 
cesi, et perspectis circumstantii*, si quid adversi ex bac 
querela,aut ipse ex propria observatione invenerit, tum 
tenetur hoc exbibere Collegio ; quod Ura in correclionc , 
quam in animadversione in delinquentem procedere débet 
juxta Legum praescripta. . 

§ 6. In collatione Beneficiorum Curatorum locorum Or 
dinarii procedere debent secundum Ecclesiasticos Canones 
absque rainima ab iis deviatione, et per consequens loco- 
rum Ordinarii nec ipsiraet in suis aut aliis Diœcesibus pos- 
sideant Parœcias, nec cuiquam e Clero Regulari sub ullo 
praetextu plusquam unam Parœciam conférant. Non déro- 
gent, neque privent Ecclesiarum Patronos jure ipsis com- 
pétente prœsenuudi dignas Spiriruales Personas ad obu- 
iiendas Parœcias in posscssionibus Patroiiorum sita]: jaiii 
vcro do i)io)novcndiï, ad vucai.lcs I>i;;iiitatc. Ablu.tihu> m 



121 

Munasteriis, et pcncs Ecclesias Epi^copis SuFfraganeis, aut 
Prxpositis lufulatis, Collegio, hoc aiitem Seriatui, quate- 
nus proponantur Supreina? Con(irmdtioni. 

§ 7. Monasteriorum et Ecclesiarum bona smnmîequc 
Capitales conservanda sunt integerrime absque omDi damno 
eodcmjure, quo bonu Imperialiaf eodemqiie jure defendi 
debent spectantia ad Monasteria , Ecclesias , et iEdificia y 
fundalioiies ; uti etiam ea, qticc praederminata sunt pro Se- 
minariis, Scholis, Hospitalibus , debent nianere ad hune 
tantuin usuin,ad qucm crecta sunt. 

§ 8. Colle^um tanquain Generalis PricFeclura Spiritua- 
lis débet habere per Diœcesanos loci Ordinarios plenani, 
ac sufHcicntem notitiam de Monasteriis, Ecclesiis, de om- 
nibus ecclesiasticis institutionibus , possessionibus, sunimis- 
que , capitalibus ac notabilioribus eventibus ; de quibus 
quemadmoduni referre, ita etiam pro exigentia rei praesen 
tareDirigenti Senatui tenetur. Caeterum in causis, negotiis- 
que suisColIegium procedere débet, eaque decidere secun- 
dum Canones Ecclesiasticos, observando praeierea commu- 
nera ordinationem Collegiis generali regimine, ac caeteris 
Imperiahbus Statutis praescriptani. 

!¥• XliVIII. — OUKASE IMPiEIAL SUR L'ADMISSION D'ASSESSEURS 
ECCLESIASTIQUES GRECS UNIS DANS LE COLLEGE ECCLÉ8LASTIQUE, 
4 JUILLET 1804. 

Mandaium Dirigenti Senatui. 

Cum constitueretur Spirituale Romano-CathoHcum Col- 
]egium,tum in Remonslratione per Dirigentem Senatum 
facta, atque die i3 Novembris 1801 confirmata, inter cae- 
tera ordinatum fuit, Diœceses Unitorum subesse debcre 
Regimini Collegii juxU communes Canones Romauo-Gatho- 
licae Confessionis. Ast membra de Personis Spiritualibus 
Unitorum in organisatione hujusce Collegii minime posita; 
inconvenientiae in directione locali negotiorum Unitonim, 
indeque quaevis secuta, ac querehe ad Nos delatae , impule- 
runt Nos, quatenus ad avertendas hujusmodi inconvenien- 
tias, ordinationem aiino 1801 de Rei;iniine Spiritualis Ro- 



125 

)nano-CaiIioii<'i Cullo(^ii f.H tnin ninpliareiniis sequentiLua 
Articulis : 

I. Ad numerum Menibrorum , post Remonstrationem Se- 
natus de die i3 Novembris 1801 , in Roman o-CathoIico 
Gollegio positorum , adjungatur ex parte Confessionis 
Unitorum unus Episcopus, ac très Âssessores ex Pcrsonis 
Spiritualibus trium Diœcesium per suos respective Epi- 
scopos eligendis. 

a, Episcopns Unitus in Gollegio percipiat pcnsionem aequa- 
lem, ac Episcopi Romano-Catholicîe Confessionis, Asses- 
sores vero <le Spiritualibus Personis Uniiis, aequalem ei, 
quam percipiunt Canonici, seu Prœlati eidem Gollegio 
assidentes 

3. In negotiis, quae refenintur ad Confessionem Unitorum, 
Episcopus ac très Assessores hnjus Gonfessionis singuli 
gaudeant duplici voio, ut bac ratione servetur sequalitas 
eorum , respectu Membronim de (Hero Gatholico-Latino. 

4. Assessores in boc Gollegio de Confessione Unitorum, 
si successu lemporis in bac etiam Ordinatione Regiminis 
aperientur aliqusc quoad N^egotia Unitorum inconvénient 
liae, possunt seorsim per semetipsos facere DirJgenti Se- 
Tiatui expositionem, cuni dilucidalione ejusmodi incon- 
venientiarum , et modum opporlnnae reparationis ; qui- 
tus examinatis , Dirigens Senatus non omittet exbibere 
Nobis Remonstrationem suam pro ulteriori resolulione. 
In hoc fundamento Romano-Gatl'olicum SpiritualeGolie- 
"giura perficiens concredita sibi negotia , non omittet omni 
studio invigilare, quatenus Locnlia Spiritualia Consisto- 
iria , procedendo secundum régulas unicuique Confes- 
-sioni proprias, sub nullo pr.ietextu permiitant Spirituali- 
3)us Pcrsonis fieri qualescumque practentiones ad juris- 
diccionem alteriiis,et vel maxime coarciari libertatem 
conscientiae, aut detrubi dictamini ejiis quibuscumqtie 
inodîii, communi ordini, ac toleraniiie contrariis. 



\ÎH\ 



•V« XUX. - Ol'KASF. IMPKIIIAL Dl H AVflIL I8i8 SV.H I.-£HECTION 
DU COLLEGE ECCLESIASTIQUE GREC U.M. 

Désirant donner à la direction supérieure des affaires ec- 
clésiastiques de rÉglise grecque-unie , une organisation qui 
réponde pleinement aux besoins et à l'utilité réelle de ceux 
de nos fidèles sujets qui professent cette religiou, et qui 
soit en harmonie avec les institutions fondamentales do 
cette Église ; et voulant en même temps donner des mar- 
ques de notre bienveillaace au clergé grec uni , en général, 
et à son respectable chef, le métropolitain Josapbat Bulhak 
en particulier, nous ordonnons ce qui suit : 
i" Il sera établi pour diriger les affaires de l'église grec- 
que unie en Russie, sous la présidence du métropoli- 
tain de cette église, un collège ecclésiastique grec uni 
particulier, dont les membres seront un évêque et un 
arcbimandritc à notre choix, et quatre archiprétres au 
choix des évéques diocésains et des consistoires respec- 
tifs. Les appointements des membres et. des employés 
de la chancellerie de ce colK'ge, ainsi que les soinmos 
nécessaires ù ses autres dépenses, sont fixés dan^ Tétat 
ci-joint. 

Le collège ecclésiastique de TEglise grecque unie, chargé 
de la gestion des affaires de cette Eglise en Russie, est 
tenu de veiller soigneusement à ce que les institutions , 
les cérémonies du culte e" la discipline ecclésiastique 
soient observées ponctuellement, et prémunies contre Tin- 
troduction d^usages quelconques qui lui seraient étrangers 
ou ne répondraient point aux cérémonies grecques, telles 
qu'elles ont été fixées par les lettres-patentes de 1695, sur 
lesquelles est basée TUnion de cette Eglise. 

On emploiera à Tachât d'une maison à Saint-Péters- 
bourg, où l'on puisse placer l'église d'une manière con- 
venable , loger le métropolitain, les autres membres et 
les employés du collège ecclésiastique grec uni, 
I** i5o,000 roubles, que nous accortions à ce collégp; 



h27 

9*' Les sommes allouées j)Our la (;ou^lrll4;tiou d'une églis»- 
grecque unie à Saint-l*étersbourg, el celles que produiia 
la vente de la maison appartenant au département grec 
uni, située au Vassili-Ostrow 12 , num. 390. 
Nous avons adressé aujourd'hui à ce sujet un oukase 
particulier au chef dirigeant les affaires ecclésiastiques 
des confessions étrangères. 

On cooBera, sous la juridiction supérieure du collège , 
la direction des églises grecques unies en Russie aux chefs 
des deux éparchies dont les Eglises sont érigées en métro- 
poles : 
1° Une pour la Russie Blanche dans la ville de Polotsk , 

où réside l'archevêque grec uni de cette ville. 
2° Une pour la Lithuanie près du couvent grec uni de 
Zyrowice, situé dans le gouvernement de Grodno, dis- 
trict de Slonim, résidence habituelle de Tévéque de 
Brest de cette confession. 

Auprès de chacune de ces métropoles seront établis un 
consistoire^ un séminaire et une école ecclésiastique infé- 
rieure, et, en onlre, à Poloisk une académie ecclésias- 
tique grecque unie. Il sera donné dans la suite à ces^,coii- 
sistoires des écoles, où les enfants de pauvres grecs unis 
seront élevés gratis. 

Cliacunc de ces métropoles aura six archiprétres supé- 
rieurs et douze inférieurs, chargés de remplir les fonctions 
du culte public, déjuger dans les consistoires, de diriger 
les éludes dans les écoles. 

Seront admis à ces fonctions honorables des hommes 
choisis dans les chapitres actuels et, en général, dans le 
clergé séculier de l'Eglise grecque unie. 

Ils seront choisis parmi les ecclésiastiques les plus res- 
pectables, qui auront prouvé leur dévouement au troue 
et leur zèle pour le bien de leur E^^iise. Tous ces archi- 
prétres, les jeunes aussi bien que les anciens, jouiront 
d'uue pension particulière, outre les revenus quils peu- 
vent tirer des paroisses, qu ils continueront à desservir. 



12S 

Nous donnerons des ordres p.irticnliors au clief diri- 
geant les affaires ecclésiastiques des confessions étran- 
gères sur les mesures à prendre, et sur le temps conve- 
nable pour accomplir notre volonté relativement aux frais 
d*entretien de ces métropoles. 

Seront agrégés à Téparcbie de l'archevêque grec uni de 
Polotsk : 

1* Les districts de la Russie Blanche dans le gouverne- 
ment de Minsk, ceux deDzisna, de Borissow, d'Igu- 
roen , de Bobruisk, de Retschitza et de Mozyr; 
a* Les districts d'Ovrutsch dans le gouvernement de Vol- 
hynie, et de Radomysl dans celui de Kiew, qui sont at- 
tenants aux deux derniers ; 
3* Le district de Selbourg dans Je gouvernement de Cour- 
lande, qui touche aux conBns de la Russie Blanche , et 
où se trouvent six églises grecques unies. 
L'éparchie grecque unie de la Lithunnie sera formée des 
gouvernements de Grodno et de Wilna, de la province de 
Bialystok, et des Eglises grecques unies des districts sep- 
tentrionaux du gouvernement. 

Le collège ecclésiastique grec uni est chargé de faire 
On état particulier et détaillé des églises de ce rite qui se 
trouvent dans d autres districts de ce gouvernement, ainsi 
que dans les gouvernements de Kieuet autres, afin que le 
chef de cliaque éparchie connaisse exactement les limites 
de sa juridiction. 

Ce collège fera aussi les dispositions convenables pour 
que les affaires des consistoires grecs unis de Luck et de 
Wilna qui ont subsisté jusqu a ce jour soient remises aux 
consistoires de la Lithuanie et de la Russie Blanche, et il 
fera au chef dirigeant les affaires ecclésiastiques des con- 
fessions étrangères les présentations ^ur la nomination 
des évéques et des vicaires aux diver^ éparchies. 

Tous les couvents de Tordre de S. Basile situés dan.^ 
les deux éparchies grecques nnies seront subordonnés aux 
évéques et aux consistoires respenifs de ces éparchies. 



120 

Les provincii«u\ Itasiliens ne pourront prendre d'arran- 
gements quelconques pour la direction des (couvents qui 
leur sont confies, ou en faire la visite sans que les chefs 
des éparchies en soient instruits préalablement, et y aient 
donné leur consentement. 

Le collège ecclésiastique grec uni nomme et change les 
prieurs de ces convents. 

Dans chaque éparchie, outre le séminaire et les écoles 
attachées aux églises cathédrales, seront établies des écoles 
ecclésiastiques inférieures dans les couvents des Basiliens 
qui ont des revenus suffisants pour les entretenir. 

Il sera donné à ce sujet les ordres nécessaires aa chef 
dirigeant les affaires ecclésiastiques des confessions étran- 
gères, conformément à Topinion que nous a soumise le 
département grec uni. 

Pour entretenir les séminaires avec les deux écoles ec- 
clésiastiques inférieures, pour établir Tacadémie ecclésias- 
tique à Polotsk, pour faire face aux dépenses additionnelles 
des consistoires, on prendra les sommes nécessaires snrles 
revenus des biens immeubles désignes ci-après, qui sont 
restés jusqu'ici sans destination, ou qui surpassent les vé- 
ritables besoins de leur destination : 
i*' Des revenus destinés par l'oukase du i6 décembre iSo6 

à la chaire grecque-unie de Polotsk ; 
2® Des revenus qui ont servi jusqu'à ce jour à Tentietien 

du consistoire vacant de Wilna et de son sufiragant; 
3° Des revenus qui servaient à Ventretien du consistoire 

de Luck et de son suffragant; 
4** Des revenus des couvents de Zyrowice et d'Owrucz , 

où on laissera un nombre suffisant de moines, dans le 

premier, pour remplir les fonctions sacerdotales, et 

dans le second, pour remplir en outre les fonctions 

pédagogiques à Técole séculière qui y est attachée, et 

à Técole ecclésiastique qui y sera établie. 

Lorsque la direction générale des affaires ecclésiastiques 
des confessions étrangères aura pris les renseignements 
ir. 9 



150 

né» (»*;?<uiio.>j à r«» sujet, ellt; somnelira à notro bon pluivir 
lin règienient sur la manière d'administrer ces revenus et 
d en faire la répartition convenable. 

État du collège ecclésiastique grec uni. 



50 ,• 


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2250 


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1875^ 




1200 


1200 


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1500 


6000 




3000 


3000 




1500 


1500 


1 


1000 


iOOO 

4040 

500 

540 

2500 



Au président, UétropoUlain des églises grecques 
unies de Russie , outre ses revenus comme Mé- 
tropolitain.;. .'. .....' 

A révéque, outré mb revenus comme évoque. . . 

A rnrcliiroandrite, outre ses revenus comme ar- 
rbimanfdrite. ; .:. 

Aux archiprélres des cathédrales 

Au procureur 

An secrétaire 

A rcxpéditeur, qui sera en même (cmps caissier, 
et arcbivisle 

Aux emploVës de fa 'chancellerie 

Pour les dépenses de la chancellerie 

A trois gardiens. 

Pour l'entretien et les réparations de In maison. 



Le procureur, en outre, occupera d'autres emplois. Il 
l'esté à la disposition du collège de distribuera ceux des 
employés de la cbancelleric qui se seront distingués par 
leurs travaux et leur intelligence les sommes restant <lc 
l'état des recettes de la cbanccllorie, avec l'approbation 
toutefois dn cbef dirigeant les affaires ecclosiasfiques des 
confessions étrangères. 

Styutî Nicolas. 

N<f Mé. '^ AÉGLEMENT PftKLIMINAïaB rOVR L-INSTRCCTIOX 
PUBLIQUF.. 

Chapitre I". 

De rétablissement des écoles. 

H I. L'instruction publique forme en Russie une brancbe 
particulière de l'administration de l'État. Elle est confiée 



au luitiisue Je ce déparlcment, ot conduite !;ou< une in- 
spection par le directoire général des écoles. ' 

§ 2. A fin de donner aux sujets de 1 empire une éduca- 
tion morale conforme aux devoirs et à Tatilité de chaque 
classe de citoyens, il sera établi quatre sortes d'éc<rfefl, et 
nommément, i** des écoles paroissiales, 2" d£s écoles d<( 
district f 3** des écoles de gouvernement on gymnases, et 
4** des universités. 

§ 3. 11 sera établi au moins une école paroissiale rour 
une, ou tout au plus deux paroisses, à raison du nombre^ 
des paroissiens et dé la distance de leurs habitations. * 

§ 4- l^ans les domaines delà couronne, les écoleë parois4 
siales seront sous la surveillance do cnré et d'un notable 
de la paroisse. Dans les villages- seigneuriaux, elles seront-' 
confiées auxsoins.éclairés et bienveillants des propriétaire!^ 
eux-mêmes. 

§ 5. Les inspecteurs des écoles de district surveilleront 
Tordre des études dans les écoles paroissiales de leurs dis- 
tricts. 

I 6. Dans chaque ville de district il y aura pour le moins 
une école du second ordre. 

$ 7. Les inspecteurs des écoles de district seront nom- 
més, ou immédiatement par Tuniversité , ou bien à la re- 
commandation du directeur des écoles du gouvernement; 
iU seront rangés dans la neuvième rIasKc , à moins qu'il<: 
niaient un grade supérieur. 

§ 8. Les inspecteurs des écoles de district sont suborn 
donnés au directeur des écoles du gouvernement en tout 
ce qui est relatif aux écoles de leur dépendance. Ils ponr* 
ront réclamer par eux-mêmes l'assistance des proprié- 
taires eè la coopération du maréchal de noblesse de leur 
district 0n tout ce qui concerne le bon ordre et la disci- 
pline des écoiles paroissiales dans les villages seigneuriaux. 

§ 9. Dans chaque ville du gouvernement, il sera établi, 
indépendamment des écoles inférieures du i" et du 2* or- 
dre, un gymnase qui sera <;ous la conduite et sous la sur- 



152 

\ei]\àrue immédiaie du directeur des écoles du {jouverne- 
meiu. 

§ 10, Les directeurs des écoles du gouvernement sont 
nommés par le directoire général des écoles, snr la présen- 
tation qu'en aura faite l'université de Tarrondissement au- 
quel elles appartiennent. Ils seront rangés dans la 7* classé, 
s'ils n'ont déjà un grade supérieur. 

§ II. Ces dircLteurs auront l'inspection générale, tant 
des écoles de district de leur gouvernement, que des éta- 
blissements particuliers de ce genre, tels que pensions , etc., 
à Texception de ceux qui , pour des raisons spéciales , se- 
ront confiés h d'autres autorités. 

§ 12. Toutes les fois où, pour le bien et l'utilité des gym- 
nases et des écoles de district ou paroissiales de leur dé- 
pendance, les directeurs des écoles du gouvernement au- 
ront besoin de Taf^sislance de l'autorité civile du lieu, ils la 
réclameront par l'entremise du gouverneur. 

§ i3. Les écoles de quelques gouvernement)^ limitro- 
phes, ayant des rapports de localité, formeront un ar- 
rondissement séparé, sous l'inspection d'un des membres 
du directoire général des écoles. 

S 1 4* Dans chaque arrondissement, il y aura une univer- 
sité pour l'enseignement des hautes sciences. Le nombre 
de ces établissements est porté pour le présent à six. Outre 
celles qui existent déjà à Moscou, FUna et Dorpat, on en 
établira encore trois autres dans les arrondissements de 
St-Pétei'sOourg, Cusany et dans celui de Charkoffy en consi- 
dération des offres patriotiques faites par la noblesse et la 
bourgeoisie de ce dernier gouvernement. En sus , on dési- 
gne d'avance pour des établissements de ce gei>re les villes 
à^Kimv,Tobolsky_Ustilug'Veliky et autres, selon que leur 
local fournira des facilités au but proposé. Les arrondisse- 
ments de ces derniers seront formés en leur temps par des 
gouvernements limitrophes. 

§ i5. Chaque université a son administration particulière. 
Klle cfel présidée par le recteur, qui est élu par Tassein- 



135 

blée générale de Tuniversité ; le directoire général des écoles 
le présente à la confirmation de Sa Majesté impériale par 
lentremise du ministre de rinstruction publique. 

f 16. Les professeurs sont élus par rassemblée générale 
de l'université, et sont confirmés sur pr^enCatidn du Cura- 
teur par le ministre de rinstruction publique. Le St Synode 
nonmiera des ecclésiastiques pour enseigner la tbèologié 
dans les universités. Les professeurs ordinaires dont rangée 
dans la V classe , et le recteur dans la .V, pendant tout le 
temps quHiâ sont en place. 

§ 17. L'université charge un ou plusieurs de ses mem- 
bres de foire la visite annuelle des écoles de sa dépendance, 
pour juger de leurs progrès. 

§ 18. Le recteur, en qualité de principal de funiversité, 
reçoit les rapports des gymnases sur tous les objets d'ins- 
truction et d'administration des écoles de son arrondisse- 
ment. Il on réfère au membre du directoire général de» 
écoles, nommé par Sa Majesté impériale Curateur de l'uni- 
versité et de sa dépendance. 

§ 1 9. Le directoire général des écoles est composé des 
Curateurs des universités et d'autres membres nommés à 
cet effet par Sa Majesté impériale, 

§ 20. Le Curateur est responsable du bon ordre des éco- 
les de l'arrondissement qui lui est confié. Il reçoit les rap- 
poru de son université , et jusqu'à l'établissement de celle- 
ci et à l'organisation générale de l'arrondissement, il les 
recevra immédiatement des écoles de la manière énoncée 
ci-après; il réfère des affaires courantes au Ministre, et 
attend sa résolution dans celles qui, par leur importance , 
outrepasseraient ses pouvoirs. Il surveillera l'éiablisse- 
raent de l'univei-sité et des autres écoles dans son arron- 
dissement là où eUes n'existent pas encore , les portera à un 
étet fiorissant, en prenant le présent règlement pour base ; 
en un mot il veillera aux progrès et à l'auiélioralion de rins- 
truction publique dans tous les cncUoils conHc? a ;h sui- 



134 

.v«illaDC«. II présentera iminëdiacement à là confirmation du 
^DÎftrd l^s professeurs et directeurs de gymnase; mais 
toute inno¥«uoo relative aux études et à Téconomie sera 
30^B|ii^ k. l*ppiDia>Q générale de ses collègues; il rendra 
fl^j^n^Mp compte exact de toutes les sommes assi^ëes 
aonufsHeineot pour Tentretien des écoles de son arrondis* 
semf Qt. Iljui sera accordé un nombre suffisant de secré- 
taire^ pour sa correspondance. 

I 21. Le Curateur est tenu de visiter les écoles* de sa 
dépendance pour le moins une fois en deux ans; et, en cas 
d'empêchement, le ministre prend les ordres de Sa Ma- 
jesté impériale pour y envoyer un autre membre du direc- 
toire général des écoles. 

§ 22. Tous les ans il sera distribué des gratifications à 
tin certain nombre d'instituteurs de chaque sorte d'école, 
dont les élèves se tseront distingués par des progrès mar- 
qués. 

§ 23. Ceux qui, après s'être voués à l'état d'instituteurs 
dans les écoles publiques, auront rempli leurs devoirs avec 
assiduité et exactitude, obtiendront des pensions propor- 
tionnéeà an nombre de leurs années de service. 

§ 24. Personne ne pourra à l'avenir être admis à rem- 
plir un poste qui exige des connaissances de jurisprudence, 
ou autres, avant d'avoir achevé ses études dans un institut 
public oo particulier. Cette loi n'aura son effet dans les di- 
vers gouvernements de chaque arrondissement, que cinq 
ans après que les établissements d'instruction publique y 
auront été organisés. 

§ a5. Les universités auront le droit de conférer des 
grades académiques, après un examen rigoureux. 

I 1^. Les grades académiques sont : celui de candidat, 
qui équivaut à la 12* classe; celui de maître ès-arts, à la 9% 
de laquelle «ont aussi les maîtres supérieurs des gymnases ; 
celui de docteur, rangé dans la 8« classe, ainsi que les ad- 
joints de l'université; les maîtres subalternes des gym- 
nases sont de la loV et ceux des écoles tlo district delà 



155 
I a' classe. Les étudiants, après avoir terminé leurs études, 
entrent au service avec le rang de la 1 4* classe. 

§ 27. Ceux qui ont des grades académiques , en produi» 
sant les certificats dont ils sont munis, seront reçus à un 
genre de service conforme à lei^rs connaissi^Qces , avec le 
rang qui répond à leur grade; et en cas qu'ils, dçnnent 
leur démission directement de leurs fonctions académi- 
ques, ils obtiennent le grade civil supérieur, s'ils ont servi 
le nombre d'années requis par les lois pour l'avancement. 

§ 28. La police académique appartient exclusivement 
aux universités, pour tout ce qui concerne les établissements 
et les individus qui leur sont subordonnés. De la décision 
du conseil de l'université on ne peut appeler qu'au Sénat 
dirigeant. En cas d'affaires criminelles, l'université, après 
avoir préalablement examiné le délit, envoie l'accusé au 
tribunal compétent , en lui communiquant son opinion , 
afin qu'il y soit jugé et puni selon les lois. 

§ 29. Les universités , dans leurs rapports avec les tri- 
bunaux, vont de pair avec les collèges de TEmpire. 

§ 3o. La censure de tous les livres qui seront imprimés 
dans les gouvernements appartiendra uniquement aux uni- 
versités, dès qu'elles seront éublies dans leurs arrondis- 
sements respectifs. 

§ 3i. Il sera rédigé pour les uuiversités, gymnases et 
autres écoles, des règlements particuliers. Les Curateurs 
présenteront au directeur général des écoles , chacun pour 
son arrondissement, leurs opinions et les renseignements 
nécessaires pour la confection de ces règlements. 

CUAPITHE II. 

De Corganisation des écoles pour la paHie de renseignement. 

% 32. Dans les écoles paroissiales on enseignera aux élèves 
à lire, à écrire, et les premiers éléuienis d'arillimrtiquo ; 
un leur développera les premiers prin« ipe- de la reli/'.iou , 
de la morale; on K'ui iipprrinliii à c.»m»ai(ic leuis d< voir- 



136 

envers le souverain, les supérieurs et le prochain; en géné- 
ral on s'appliquera à leur donner d'une manière simple et 
claire ) et qci soit à leur portée, des idées justes sur tous 
les objets. Les études dureront depuis la fin de la moisson 
jusqu'au commencement des travaux de la campagne. 

§ 33. Gomme il serait de la plus grande utilité que les 
curés et autres derservants des églises exerçassent eux-mê- 
mes les fonctions d^institu leurs , si conformes à leur voca- 
tion, le St Synode doit preudre ses mesures, afin que cela 
soit mis à exécution sans aucun retard, et sans porter pré- 
judice ui aux curés ni aux paroissiens. 

§ 34' Dans les écoles de district, on enseignera aux 
élèves qui y seront venus des écoles paroissiales , la gram- 
maire russe et celle de la langue du pays , telle que le po- 
lonais, lallemand, etc.; la géographie et Thistoire en 
abrégé, les premiers éléments de la géométrie et de l'his- 
toire naturelle; on leur apprendra à connaître les devoirs 
de rhomme et du citoyen, et on leur donnera des con- 
naissances pratiques relatives à Tindustrie locale et aux be- 
soins de la province. 

S 35. Dans les gymnases, on enseignera les belles-let- 
tres, les langues latine, française et allemande , la logique, 
les éléments des mathématiques pures, la mécanique, Thy- 
draulique, ainsi que les autres parties de la physique, et 
surtout celles dont la connaissance est nécessaire dans I-.i 
vie commune, l'histoire naturelle en abrégé, la géographie 
et l'histoire universelle, les éléments de Téconoraie politique 
et du commerce. De plus , o:i fera lire et traduire les ou- 
vrages propres à former le cœur et à donner des idées 
justes sur la religion et les devoirs du citoyen. Indépen- 
damment des maîtres fixés par TÉtat, on peut en avoir 
pour les exercices gymnastiques. 

§ 36. A ceux qui passeront des gymnases aux univer- 
sités, en qualilr d'étudiants, ou qui a la suite d'un exuincn 
en auront ctc tioti\és dijjnos, on ciiscii^ncra dui.- loute l<.ur 



137 
étendue les sciences nécessaires pour tous les ëuis et pour 
les différentes branches du service de l'Empire. 

§ 37. Dans les universités, les professeurs forment pour 
le maintien du bon ordre et pour les discussions relatives 
aux études, suivant les différentes branches des sciences, 
différentes sections ou facultés dont chacune élit, à la plu- 
ralité des voix, un doyen pour un temps déterminé. Ces 
doyens et le recteur forment le comité administrauf ; les 
professeurs de toutes les facultés réunis forment l'assem- 
blée générale de Tuniversité. 

§ 38. Dans les écoles paroissiales et de districts, ainsi que 
dans les gymnases , on se servira pour l'instruction des 
mêmes livres et de la même méthode dHnstruction , mdi- 
qués par l'assemblée générale des professeurs et présentes 
à Texamen du Curateur. 

§ 39. Chaque université doit avoir im institut pédago- 
îjiquc pour former des maîtres. Les ét.idiants admis ob- 
tiendront le grade de candidats et jouiront d'appointements 
pour leur entretien. ^ ^ 

§ 40. Le nombre déterminé de=, candidats sera complète 
de préférence par des élèves de la couronne. Ils ne pour- 
ront quitter sans de graves raisons l'état d'instituteur, avant 
d'y avoir servi au moins pendant dix ans. 

§ 4 1 . Il sera publié sous l'inspection du directoire général 
des écoles , un ouvrage périodique, aHn que le public ait 
connaissance des progrès de l'instruclion nationale. 

Chapitre III. 
De radministration des écoles pour la partie économique. 

§ 42. Les sommes nécessaires pour l'entretien des écoles 
paroissiales ne seront fixées que lorsqu'on aura pris connais- 
sance des ressources et des circonstances locales. 

§ 43. Les écoles de district seront entretenues pour tout 
ce qui concerne les inspecteurs, les maîtres et les bâtiments, 
;mx frais des villes; en cas d'insuffisance , il y sera suppléé 
]>ar Ih couronne. 



1315 

i 44. he^ gymnases seiont entretenus aux trais des çham- 
bres'de tutelle. Si leurs fonds n y suffisent pas, la couronne 
y supplé^a ëgial.Çinent. 

^.,1,45. tç^ autorités respç^çt^ves doivent employer tous les 
Wyfi?lf>VpW.encourî^e^.rg^^^ ^^ pensionnats, 

iû^t Ips e|^^r.epi;e^eMrs sçi^ien^çharçés de la surveillance, 
d^ 3a Sonduit«î et^^ç l'entr^Uen des jeunes gens «^ui fçjut 
ieurs^tude^ dans les époles public|ues. 

§ 46. Le ^irectoir^ général des écoles rendra compte de 
l'emploi des sommes assignées pour l'établissement et Fen- 
ueticn des écoles, conformément à larticle i:jdu manifeste 
du 8 septembre i8o3.Ce compte rendu sera ensuite publié 
d^ la manière indiquée dans Tarticle 41. . 

,5 47. Tous les. instituts supérieurs auront leurs biblio- 
ibèques, qui seront ouvertes à certaines beures pour tous 
ceux, qui voudront s'y rendre, ainsi que des cabinets d'bis- 
loire naturelle, des collections de productions des arts, des 
imprimeries et autres établissements semblables. U sera fixé 
dans les États desdits instituts, des sommes pour l'entretien/ 

de ces différents objets. 

§ 48. Les autorités du lieu qui , sans avoir recours aux 
mesures de rigueur, auront par leur activité et leur sagesse 
contribué à l'exécution des vues du gouvernement en fa- 
veur de l'instruction publique, mériteront son attention 
particulière. De même les citoyens bien intentionnés qui, 
nar des offres patriotiques et en sacrifiant leur intérêt per- 
lonnel à l'utilité publique , seconderont le gouvernement 
dans l'établissement des écoles , acquerront par là un litre 
distingué à la considération de leurs compatriotes et à la 
4'econnai8sance solennelle des établissements qui vont con- 
tribuer à augmenter pour le présent, et à affermir pour 
l'avenir la prospérité et la gloire de leur patrie. 
' • ' V orùjinal sifjué : 

Comte PlEHUI, Z.WADOVSKY, 
Minislic <k finslntrlion imblh/nc. 



150 

IV« lil. — OUKASE ADRESSÉ AU SÉlfAT DlftlOfiAinr. 

Après un ibûr exameD du rapport qui nous a été présenté 
par 1q Ministre de rinstruction publique., conjpinteinent 
avec i^s iu,çnibi;és du directoire deséppie^, sur les différents 
étf.bl^e^ents d'instruction et le .pro|près de» sciences en 
ç^néjral dans rétendue de notre empire , il, nous, a plu de 
con^urmer le. règlement préliminaire pour Finstruction pu- 
blique. Et com,nie cette partie- de ladnunistration , parla 
multiplicité. des objets qu'elle embrasse, ne concerne pas 
moins les ^lutorités civiles que les autorités ecclésiastiques, 
nous ordonnons par les présentes au sénat dirigeant, de 
prendre de commun accord avec le Saint Synode les dispo- 
sitions nécessaires quant à Texécution du règlement ci- 
joint. Nous sommes convaincus que tous nos fidèles sujets 
prendront la parc la plus active à des institutions qui ont 
pour objet le bien public autant que l'avantage des particu- 
liers, e( concourront par là même à seconder nos efforts 
pour atteindre un but aussi important et si cher à notre 
cœur. 

SainUFétersbourg, le 2 i^ janvier i8o3. 

Uoriginal est signé de ! a propre main de Sa Majesté impériale : 

Alexandre. 
Contresigné : Comte Pierre Zavadovsky. 

IV* UI. — ACTE DE CONFIRMATION DE L'UNIVERSITÉ IMPÉRIALE 

DE WILNA. 

Nous ALEXANDRE P', 

Par la friee de Dka empcvfor et aatocrate de toutes Ici Rnssie* , «te. 

- Désirant fonder sur la propagation des lumières et l'in- 
stmction publique , la prospérité des sujets des différentes 
parties de notre empire, nous avons reconnu que le premier 
pas à faire et le moyen le plus sûr de réussir dans une en- 
treprise aussi importante, était de mettre tous nos soins à 
ériger de nouveaux établissements pour rinstruction de la 
jeunesse, el à pertcctionner cwix dont une longui; expt*- 
ri«.'utc a conildU' 1 utilité; à ce^ caubet^, il nous a j>lu de cou- 



140 
firmer par le présent acte, rétabUsseuient de f ancienne 
Université de WHna, fondée en 1678, et réorganisée en 178 1, 
sur le modèle, et d'après le degré de lumières et d'instruc- 
tion des nations les plus éclairées de TEurope. Et, afin qde 
ladite Ûniversiié trouve dans sa propre constitution tous 
les moyeiis d'atteindre le but important de son institotion , 
qui est de former déi'èitoyens utiles dans tous les états et 
pour tous les genres de service, notis avons pour nota et 
nos successeurs f statué et ordonné ce qui suit. 

§ I. La susdite Université prendra dorénavant laxlénomi- 
nation A'Uhiversité kmpétiale defVilna , et formera on corps 
séparé , régi par ses propres règlements , conforme d'ail- 
leurs aux autres établissements dti même genre. 

§ 2. L'Université de Wilna dépendra, sous notre auto- 
rité immédiate, du Ministre de l'instruction publique et 
d'un membre du directoire général des écoles, qui sera 
spécialement chargé de surveiller cette université et tout 
son arrondis6ement(i).Gonférmémentà son organisation 
actuelle , elle aura un conseil composé de professeur» émc- 
lites.de professeurs en activité et du recteur Je l'Université 
qui en est le président. Il devra être élu parmi les pré- 
sidents émérites ou ceux en activité dans la môme Umver- 
sité. Cette nomination sera présentée à notre confirmation 

impériale. , , 

8 3. Les statuts de l'Université , ou ses règlemenu géné- 
raux, seront par nous confirmés, et en conséquence de ces 
statuu et des ordres supérieurs, l'Université a le droit de 
faire pour son régime intérieur toutes dispositions particu- 
lières et arrangements de détaU qu'eUe jugera convenables, 
en faisant son rapport au Ministre de l'instruction pubUque, 
par l'entremise de son curateur pour,eo obtenir la confir- 
mation.. , rw 
$ 4. Toutes les sciences, les belles lettres et les arts libe- 

U) Ce po.te fu. .lor, confié au prince Ao.vM Czautobyski , avec le litre de Gara- 
lcurd.rUnUer.itédeWilnn.rtrutoccnfKl>arhùav.c Ih jlus g.. «Je d.M.ncl.on 

jiuqu'en i9i\. 



Ul 

raux seront enseignes à l'Univcrsiio fie Wilna, et Icur^ 
diff<5rentes pai'tîc9 seront divisées en sections ou facultés, 
dans cfaacuhe desquelles les professeurs qui la composent, 
choisiront un ancien ou doyen. 

I 5. La nomination à tontes les places et fonctions de 
rUniversité, sans en excepter celle des professeurs en tbéo- 
log;ie, sera effectuée à la pluralité des suffrages recueillis 
dans Rassemblée générale de rUniversité, et présentée à la 
confirmation du Ministre par le curateur de TUiiiversité. 

§ 6. 11 appartient à TUniversité d'exercer Tautorité et la 
police intérieure sur tous les membres qui la compoisent , 
et sur tous les subordonnés et leurs familles, de manière 
que dans tous les cas litigieux , entre un membre de Tuni- 
versité on toute autre personne qui en dépendrait, et un 
particulier ou un corps qui lui serait étranger, Taflairc 
•devra être portée au tribunal de l'Université; si le prévenu 
•ou défenseur en dépend, la sentence du jugement étant 
rendue , il ne pourra en être appelé qu'au sénat dirigeant. 
"Quant aux procès intentés sur les biens immeubles , ils ne 
pourront être portés qu'aux tribunaux et cours de justice 
•desquels ils ressortissent : dans les affaires criminelles, 
l'Université après avoir fait une première instruction , ren- 
"verra l'afBaire et l'accusé au tribunal , auquel il appartient 
•d'en juger, en y joignant son opinion. 

§ 7. Le recteur étant principalement chargé de veiller au 
nuiintien de la police et du bon ordre, en tout ce qui peut 
être du ressort de l'Université, il lui est accordé le droit, dans 
lesc&is graves, dedemander les secours de rautorité militaire. 

§ 8L Les bâtiments, les salles, les cabinets, les labora- 
toires y leff imprimeries , les pharmacies et les hôpitaux de 
rUnivei .'sité, dépendront uniquement d'elle ; ils seront, ainsi 
que les jnaisons habitées par les professeurs , exempts des 
logements militaires. 

§ y. L'U niversité aura sa propre censure et l'exercera tant 
sur les ouvrages académiques , et autres productions litté- 
xairçs relaftives aux sciences et à la littérature, qui devront 



\¥2 

êire imprimés dans sa propre imprimeiie , que sur (oiis la* 
livres qu'elle fera Tenir de TétraDger pour sou usage parti* 
culier : Tentrée de ces derniers par terre et par iner, lui est 
permise sans restriction; toutes les imprimeries dfv V.irroo-, 
dissement sont égalemept sous la surveillance de ladite 
cengore. , , 

^ io. Le^ gymnaoe de^ Wilna dépendra immédiatement de 
rUniTersitéy do"*^ Tautorité s'étendra aussi sur tous les in- , 
stituts et pjsnsipns, tant, publics que particuliers, qui^y exis;- 
tent déjà ou qui serqnt érigés par la suite à Wilna, ou dans 
les ;au^^ lieux de rarrqpdissement scolaire. 

f 9 1. L^Univei'siié, con^rmément à ses anciens, statuts, a 
le drpiti 4le ^conférer tomJes grades acadéqiiques , tels qi^e 
ceux de, ttuittre ès-arts, de docteur en théologie, en philo- 
9afkfm'^ea^mà^tfteMUi.ct en d'roit, après avoir fait, au préa- 
Uifl^des «aMBaKha^ff^fi^^ conformément ù la teneur du 
règlement. I^es cand'diti liaf j fwiMm^,iet après avoii* reçu 
leurs grades 4^ rUniversité, pourroftit^siMBS. être assujettis à 
de n<Miveaax examens, entrer immédiatemeaiLdni^rexAr'j 
cice des fonctions de leurs, carrières respectives. . 

I ;ia. L'Université a le droit d'associer des savants à se» 
travaux littéraires et académiques , et de les choisir soit 
parmi nos sujets, soit parmi les étrangers, en qualité de. 
membres honoraires. 

: $,i3. L'Université, son recteur, les professeurs et tous 
ceux qui en auront obtenu un grade, continueront à jouir 
des marques de distinction et des titres qu'elle leur aurait . 
précédemment accordés. 

I j4« Le recteur de l'Université est compté dans la 5' 
classe pendant tout le temps de son administration. — Les 
professeurs et autres personnes en placé qui, selon les sta- 
tuts, marchent de pair avec eux, tels que l'astronome 
observateur, seront comptés dans la 7* classe, et recevront 
des patentes conformément à leur rang; les docteurs le se- 
ront dans la 8* ; les maîtres ès-arts daus la 9' et les candi- 
dats dans la 12*. Les étudiants qui entrent au service sont. 



145 

rompk's dans la i^' «lasse. — Tous ceux (|ni auront un des' 
(grades ci-dessus mentionnes jouiront de tous les droits et 
prérogatives attachés à ces différentes classes* dans noCie 
empire, et, en passant à d*autres départements, ils seront' 
reçus avec le grade correspondant à la classe dans laquelle 
ils sont comptés, après avoir produit un attestât de IXIni- 
versité. '"*■ . 

§ 1 5. Les étrangers placés à rUniversilé ponrront sortir' 
du pays, sans que le fisc ait rien à prétendre sur leurs pro-' 
priétés ; à leur première entrée en Russie, il leur est permis 
d apporter avec eux ou de faire venir toutes choses Ifeur 
appartenant en propre pour la valeur de 3,ooo roubles.''' 
§ i6. 11 nous a plu de confirmer l*uni versité de Vilna 
dans la possession de tons les édifices, bâtiments et ten'ains 
qui lui appartiennent, nous réservant en ontre de lui don- 
ner par la suite , et selon les convenances, cenx qui, situé> 
dans la ville de Vilna, et ayant autrefois appartenu à Voràtte' 
des jésuites, ont été lors de leur suppression affectée â W- 
ducation de la jeunesse, ont fait partie des fc^Ééa qni y 
étaient destinés, et qui jusqu'ici n'ont été m vendus, ni 
légalement aliénés. -~ Sur quoi TUnirmité noris fera en 
son temps, et en se conformant aTrt formes prescrites par 
la loi , ses propositions pour obtenir notre confirmation. 

§ 17. Il nous a plu d^a^stgner dès à présent et à perpé- 
tuité à Tuniversité de Vilna, pour son entretien , la somme 
de cent cinq mille roubles, argent blanc (1), à prendre sur le 
revenu annuel des biens des ex-jésuites; celte somme s«ra 
payée annuelletnent et à des termes fixés, à dater du t" jan- 
vier i8o3, sur l'assignation qu'en donnera le trésorier de 
Tempire. — -Cette somme sera versée immédiatement dans 
la caisse de l'Université, et confiée au recteur et au conseil, 
qui seront tenus de présenter chaque année au ministre 
de rinstruction publique, par rentrémise du curateur, un 
compte exact des revenus et dépenses de ladite Université, 
conformée son état et à ses statuts; indépendamment de 

(1) 4oo,ooo franc». 



441 

quoi rUnivcrsité publiera ces comptes^ iMidiis par In vole de 
l'impressioD. 

. § i8. Tous les biens, revenus, édifices, bâtimeiKs et 
autres propriétés des ex-jésuites, que TUniversité tient de 
nous, ou pourrait obtenir à Tavenir, de même que toutes 
les acquisitions qu'elle aura faites sur des particuliers par 
cession, don gratuit, on par legs, ne pourront être aliénées 
ni être con?erties à aucun usage étranger au but de TUni- 
Tersité. 

§ 19. Tout professeur qui, durant iringt-cinq an<: , aura 
rempli les deyoirs de sa place avec zèle , et d'une manière 
irréprocbable, sera, d après un ancien usage de TUniver- 
sité, qualifié du titre de professeur éméritc, et, au cas 
qu'il voulût prendre son congé, il conservera, sa yfe du- 
rant, ses appointements ordinaires à titre de pension , 
avec permission d'aller vivre partout où il jugera à pro- 
pos; de même s'il arrivait qu'un professeur en activité ou un 
adjoint de l'Université eût justifié par un témoignage du 
conseil quête mauvais état de sa santé l'empùcbe de remplir 
les devoirs de sa place, il conservera ,1a moitié de ses ap- 
pointements à titre de pension. — Mais si l'un d'eux 
JG^gnait à ces circonstances la considération d'un mérite et 
de services distingués, et une recommandation particu- 
lière de l'Université, il conserrera ses appointements en to- 
talité. Dans ce cas, le ministre doit, à la présentation du 
curateur, demander notre confirmation impériale. 

§ 20. Les veuves des professeurs et des maîtres, ainsi 
que leurs enÊints en bas âge, obtiendront une année des 
appointements du défunt une fois payés , ou auront encore 
en sus une pension. — Les titres requis pour obtenir cette 
dernière sont les suivants : si un professeur, qui aura servi 
dans l'Université pendant l'espace de cinq à quinze ans , 
vient à mourir, laissant une femme et des enfants en bas 
âge, il leur sera assigné, outre une année désappointe- 
ments du défunt, le cinquième de ces mrnies appointe- 
ments en forme de pension. — Si les professeurs ou maîtres 



445 

vionncnt à inoniir après quinze ans conri))hftâ de sen'ice en 
ladite Université, leurs femmes et leurs enfanti: obtiendront, 
indépendamment d'une année des appointements du dé- 
funt, la quatrième partie de ces mêmes appointements en 
pension. Les susdites pensions cesseront: T si la veuve con- 
tracte un nouveau mariage; 2° si les enfants ont atteint l'âge 
de vingt-un ans, et même avant ce terme pour les fdles , si 
elles viennent à se marier, et pour les garçons s'ils entrent 
au service. — Si les professeurs et maîtres qui n auront pas 
ser\'i l'espace de cinq ans venaient à mourir, on n^accor- 
dera à leurs veuves que les appointements de leurs époux, 
une fois payés, à moins que les qualités distinguées du dé- 
funt ne méritent à la veuve et aux orphelins l'attention par- 
ticulière de l'Université, qui, dans ce cas, fera une présen- 
tation au ministre sur la convenance de leur accorder une 
pension ù raison des services du défunt, pourvu, toute- 
fois, que ladite pension n'outre-passe pas le cinquième de 
ses appointements. 

§ 21. L'Université a le droit de choisir parmi les profes- 
seurs ecclésiastiques émérites, et en activité , ou, à leur dé- 
faut, parmi d'autres ecclésiastiques éclairés, un certiin 
nombre d'individus, et de les présenter pour être admis à 
posséder les canonicats ou bénéfices désignés ci-après, sa- 
voir : quatre c?nonicats dans les chapitres de la cathédrale 
de WiinOy quatre dans celui de Samogitie , et dans chacun 
d'eux à la première vacance qui s'ouvrira ; en outre , la place 
de prélat suffragant de Troki ^ et dix bénéfices dans diffé- 
rentes villes et autres lieux appartenants ù la couronne, tels 
qjie : la prévôté de la chapelle de Saint-Casimir dans la 
cathédrale de Wilna, la prévôté ou cure de Troki^ la prévôté 
mitrée de Geranony, la prévôté ou cure de Saint-Jean à 
Wilna , et celle de Niemenczyn , di!Onikszty^ de Kowno^ de 
Volpay (VOszminna et de Grodno ; par quoi il ne sera nulle- 
ment empiété sur les droits des bénéficiers actuels, et de 
leurs coadjuteurs. — L'Université commencera à entrer 
en jouissance des droits qui lui sont accordés par le pré> 
II. 10 






sent ncto, îi mef^nro qnr lôs siisdifs hénëficp^ viondionl 
vaquer en vertu des lois canoniques «le l'Église romaine. 
— Les professeurs cctl('«siasti(|ues renonceront, lorsqu'ils 
aef ont en possession de ces bénéfices , en tout ou en partie , 
auxpeiisions auxquelles ils auraient eu droit de prétendre. 
I 22. Chaque professeur recevra par an , pour un cours 
complet, looo roubles, et pour un cours supplc^mentaire, 
56o roubles argent blanc. 

Affermissant ainsi à jamais rétablissement derUniversité 
de Wilna, et répandant sur elle les dons de notre munifi- 
cence, nous la recommandons à la haute bienveillance de 
nos successeurs, dans Patiente des heureux effets que ré- 
pandra èc monument des sciences sur Tinstruction pubh- 
que, et sur la félicité de l'empire, — nous exhortoni ses 
chefs et ses membres à coopérer avec zèle au but que 
nous nous sommes proposé ; nous annonçons à tous nos 
lidèles sujets des provinces adjacentes, quon comptera 
au nombre de leurs plus véritables services, les secours 
quMls prêteront à FUniversité de Wihia.— Pour sanctionner 
irrévocablement le présent acte , et le confirmer dans toute 
sa validité et ses effets, tant pour îc présent que pour l'a- 
venir, il nous a plu de le munir do notre propre signature, 
et d'y faire apposer le sceau impérial de nos armes, en le 
confiant à la garde du conseil de l'Université 
Fait à St'Pélcrshourtj y le \ Jvril i8o3. 
L*origlnal est signé tic la main tic Sa Majesté l'empereur 

Alexandre. 

Contresigné : 

Le comte PiEn r e Z aw a dowsk i , 
Ministre de t Instruction publique. 

M* lilll* — OUKA8E IMPÉRIAL SCR L'ÉRECTION D'UN SÉMINAIRE 

GÉNÉRAL DANS L'UNIVERSITÉ DE WILNA, DU ib FÉVRIER 1803. 

ManaaUim S. M. Aleiandri 1 , loiiui Rusiiae Impcraloiia. 

Exàminata a Dirigenle Senatu propositione nobis facta 
de constiluendo penes Wilncnsem Universitatem generali 



117 

Seminnrio juxla P»oninno-Catl»olic'oniin vola , in qnn juvo- 
nef> Oierlci ils posseiit vacarc «icieiiliis ac sitir^iiN , (|iia.* Kc> 
clesiastici siint status , pro ccrto nos habente.^ , eclucatio- 
nern ac bonos inore.s ministrorum Reh'gionis in popnli mo- 
res aiq:ie cducationcin inflnere^ nocessarinm csso dnximu<i 
sancire , ut seqnitur : 

§ I. IVîecipimus , ut pencs Wilnensein Universitatem 
{générale institnatur Seminariuni pro Ccclcsiasticis juveni- 
bus Romano-Catholici Ritus , Mobilowiengis, AVilnensis , 
TiUceoriensis, Saniogitensis , Kaniencccnsis, et Minscen<;is 
Diœccfiiuin , ncc non pro Ecclesiasticis Roniano-GraDci uniti 
RItu.s Di(L'cesinm Poloccnsis, Drestensis, et Lnceoricnsis. 

§ 2. Kcclcsiaslicum Romano-Catbolicum CoUegium. — 
I. Postqnam ex(|nisierit , qui Clericoruni numcius prrefa- 
tis Diœcesibus sit necessariu», atquc attenta quanlitate Be- 
nePiciornm , atque Ecclcsiarum , qux pracserlini annexani^ 
babent curam animaruin, constituere debot, qiiot Clerici 
ex qualibet Diœcesi ad (générale Scminariuin niiitendi sunt. 
— 2. Pro sustentationc,. et proventibus bujusinodi Semina- 
rii suminam decernet i5,ooo rnblornin arpjenieoruin quo- 
libet anno. -- 3. Summa brrr coUigi débet singidis annis ex 
redditibus Monaslerioruni utiiusque sexus possidcntiuni 
bona immobilia , vel suninias capitales; exceplis tanieii 
Monasteriis Societatis Jesu, Scbolaruin Piaruin , Missiona- 
rionim Ordinis S. Vinrentii, fr.itrnni S. Joannis de Dco, et 
Monialiuni Visitationis B. M. V. , ot sororum Misericordi;r, 
nec non exceptis illis Monasteriis, quil)us nunc, vel iinpo- 
stemm a Curatore Universitatis Wilnen<îis deniaixlabitur 
scbola Districtuà ; exceptis deniquc Monasteriis Wilnensi- 
biis, in quibus (postquam Acadeniia sniiin Ciiratorcin cer- 
liorem reddiderit , atquc ab eo retnlnit npprobaiioncni) 
alendi eruntjuvenes Religio-^i profftsi, qui studiurum cur- 
S!ini pr.Tscripto ordine pern{;ent in Wilncnsi ÏTniversitate , 
etdequibiis pr.xvio exauuno ron-^titerii , optalum in studiis 
profjressnni facturos. 

§ i. Roinano-Catliolirum Coliecinni pi'rp(Mt>is i-eddiiibu> 



148 

tnm.neressariis qnam siiperiluis Moiiastciiorum, qua- in 
praeFata exceptione non fucrunt comprcliensa, debcbil in- 
tegrain summam pro sustentatione generalis Seminarii jain 
-praescriptam convenienti modo, et spectatis redditibus iii- 
ter Monastcria partiri, etaccuratani claramque praescribere 
methodum, qiia summa haec exigi,et que termino ad ibe- 
saunim generalis Seminarii debeat abunoquoque Monaste- 
rio transmitti. 

§ 4» Romano-Catbolico Collegio cura committUur eli- 
gendi Wilnne decenlem domum pro memorati seminarii 
erectione. 

§ 5. Snb prae$idcntia rectoris Urtiversitatis Wilnensis 
habebitur congregalio constans ex tribus tbcologicae fa- 
cultatis professoribns, ex duobns membris calbedralis Wil- 
nensis capiluli , atque ex uno ex praelatis unitis, cujus erit 
régulas et constitutiones praescribere quoad internam se- 
minarii hujusmodi directionem et regimen, et planuin 
instiluerc educationis. Hae tamen constitutiones et pla- 
nûm a reclore per Universitatis curatorem exbiberi deb^nt 
ministro educationis, ut nobis deinde confirmandae porri- 
gantur. 

§ 6. Constitutiones praescribendae haec continere prac- 
cipue debent : — i° Quilibet episcopus ad praefatum se- 
minarium débet ex sua diœcesi praeBxum mittere cleri- 
corum numerum, qui in seminario diœcesano peregerunt 
studia, quique praevio examine idonei quoad scientiam 
atque mores reperiunlur. — 2® Si quis ex clericis in ge- 
nerali seminario admissis incapax ad studia et moribus 
corruptus primo anno deprehendatur, ex eodem seminario 
juxla moduma congregatione decretum ejicietur. — 3" Cle- 
ricis omnibus in praefato seminario receptis cubile, vestis, 
victus, ligna et lumina subministrabuntur. — 4° Circa 
eorum mores , educationem , et in studiis profectum , se- 
dula adbibenda erit cura et vigilantia : principalis eorum 
insiructio versabitur in perdiscenda etbica practica morali, 
ac ritibus, caeremoniis et consuetMdinibus Ecclesiap. Qiia- 



149 

pi'optcr ecclesiasticus qui rectoris munus geret optinise 
indolis, humanitatis, prudentiae ac scientise dotibus débet 
esse insignitus : quiqne a tribus theolof^icseifacultatis pro- 
fessoribus, a duobus membris Wilnensis capituli atque ab 
uno ex praelatis unitis quolibet triennio erit eligendus, 
titque bacc electio a Rumano-Catholico CoUegio coDHrma« 
bitur. — 5° Omnes clerici in generali seininario morantcs 
tenentur studiorum cursum in Universitate peragere, sub- 
csse praxi atque statutis in ea vigentibus. — 6" Générale 
seininarium erit sub immediata jurisdiclione ac directione 
congregationis constantis ex tribus tbeologicae facultatis 
professoribus , ex duobus membris capituli Wilnensis 
atque ex uno ex pr?elatis unitis, quae congregalio quolibet 
anno ab Universitate atque ab eodem capitulo erit eli- 
genda. 

§ y. Seminaria omnia qux in catholicis diœcesibus nunc 
reperiuntur relinquuntur ut existunt in praesenti eorum 
statu. Commendatur taraen episcopis et capitulis ut omneui 
curara adbibeant ad illa in meliorem statum rcducenda. 
Directio autcm bujusmodi seminariorum quoad studia 
atque educationem conformari débet rcgimini generalis 
scniinarii. 

§ 8. Relinnuitur etiam seminariuni diœcesanum Wil- 
ncnse, eique omnes relinquuntur provenlus. Cum autcui 
Iii proventas ad alendum sufticiant numeruni dericoruni 
qui Wilnensi diœcesi sint necessarii, et cum scminarium 
lioc in eadem reperiatur civitate in qua et Universitas rc- 
peritur, ideo a privilegio excluditur mittendi suos alum- 
nos ad générale seminarium , ad cujus tamen normam et 
regimen débet et illnd dirigi et régi. 

§ 9. Ecclesiastici ad Ecclesiae digiiiiates quae non suiit 
subiimiores eligi possunt, etiamsi in solo diœcesano scmi- 
nario sua studia peregerin». Cum tamen majores dignilaies 
niajorem etiam et subliiniorcm rcquirant sciciuiani , luu' 
de causa clapso dcccnnio ab crcctionc seuiiiKiiii j;«îiiciiili.', 
ncmo ex Ixoinano-Car.holicis ccclci«ia>licis potcril ('s>.c cpi- 



îiropii.s, iHiciiiUis , Cciiiunicii.^, assessor, Itoinano-Catholici 
CoIle{}ii, ofifidarîs, judex aut concionator in caihedralibus, 
ncc non in ùrbîcariis eçclesiis, nisi in generali seininario 
studiis vacàvertt; iis lainen cxceptis qui ad gratînm doo 
(oratuf),vél in théotdçia , vë) in jure ranonico, fuerint ah 
Unîversîlate promoli , vcl qui de hoc gradu authenticas 
testimoriiaTéH liltérâs eidem Universitati praesentaverint. 

f îo. Kemo etiain ex reguîarium ordinuni religiosis , 
cxccpio drdine fratrum S. Johannis de Deo» post elapsuni 
ah hoc lemporc decennîuni , poterit esse vcl cwjcionatov, 
vel parochns, vel tlieolojpx aut scicntiarnm prbfessor, aut 
in siii br()inis monasteriis, aut in publiais Univcrsilalis 
{];yinnasiis ; riec pariter poterit esse de novo electus provin- 
cialis qui prius sua non peregerit studia in Wilnensi €hi- 
vcrsitate, aut qui praévio examine testimonium su.ne in 
scientiis idoneitatis ab illa non obtinuerit. 

!¥<> IjIV. — OUMA8B IMPÉRIAL DU â8 MARS i8Ô6. 

Lt CoUége ecclésiastique catholique. 
D'après loUkase dé S. M. Tempereur, ledit Collège a en- 
tendu l'exposé de M. ïê ministre de l'intérieur, chevalier 
Dmilri Nikolàiewitch Ëludbw , par lequel il donne con- 
naissance de la décision du très-saint synode gouvernant^ — 
prise à Tôccasiob dé Tëvénement singulier du changement 
de la religion grèccjue russe contre celle des catholiques 
romains, par madame Elisabeth Woytkowska, — portant 
règlement de ce qui devra être observé désormais par le 
clergé grèclriisse, pour entretenir exactement une liste des 
personnes approchant du Sacrement de la Pénitence dans la 
religion grecque russe, — et déclarant au sénat gouvernant 
que le clergé des auires commutjioTis devra être soumis 
à l'obligation de ne point admettre des personnes inconnues 
nu tribunal de la Pénitence et à la participation des saints 
sacrements y afin de remplir le but du règlement, et empê- 
cher le retour des crimes [)révus par la loi. (Page 8i, 
1828.) 



loi 

M. le miiii«u*é , ayant reçu à cet effet une ordonnauce 
du sénat gouvernant, a enjoint au Collège d'envoyer à 
toutes les autorites ecclésiastiques des ordres nécessaires 
pour Texccution fidèle de la décision du très-saint synode 
par le clergé catholique romain, sous peine de la plus sé- 
vère responsabilité de la part de celui qui oserait admettre 
à la confession et à la communion des personnes qui ne lui 
seraient point connues. 

Le Coliéye a décidé de trcinsmctlre le règlement et d or- 
donner aux évéques, aux administrateurs des diocèses et 
aux provinciaux des couvents, de faire passer leurs ordres 
aux. ecclésiastiques soumis à leur autorité, afin que la dé- 
cision du très-saint synode qui défend l'admission d'os perr 
sonnes inconnues au sacrement de la Pénitence soit exac- 
tement observée sous la plus sévère responsabilité de celui 
qui Tenfreindrait. Il s'empresse d'eu informer M. le ministre 
de Tintérieur et chevalier Dmitri Nikolaiewitch Bludow. 
28 mars i836, Saint-Pétersbourg, 
(Signé) 

UEvéque président y Ignace Pawlowski. 
Le Secrétaire, Pierre Irofianowicz. 

K» LV. — OUKASE IMPÉRIAL. DC 26 OCTOBRE 18Ô3. - 

Rapport trèS'SOuniis du trèS'Saint Synode. 

Le uionastère de Poczaiow a été fondé dans la confession 
orientale-orthoxe-catholique , et son fondateur avait près- 
crit par testament particulier qu'il restât à jamais dans cette 
même confession orthodoxe. 

Mais par la suite , dans des temps défavorables à Tor- 
thodoxie, il est devenu un monastère grec uni basilicn, et, 
grâce à la tolérance du gouvernement russe , est resté 
longtemps (25o ans) dans celle dernière position. — Enfin, 
pur suite d'événements dt'jfcndanls des derniers habi- 
tants de ce monaslèrc, [)ai la juste rélribuiio». divine et 



152 

par rordre de Votre Majesté Impériale, Ic^it institut reli- 
gieux a été rendu à sa primitive destination. Votre Majesté 
•Impériale a daigné destiner ce monastère pour résidence 
de Tarchimandrite éparchial de Volhynie avec son chapitre, 
et ordonner qu'il devînt un lieu de retraite pour des moines 
grecs et fût élevé au rang de cathédrale. 

Conformément à ces ordres, le chapitre cathédral grec 
de Volhynie est déjà installé dans le monastère de Fo- 
czaiow avec un nombre convenable de dignes moines grecs 
■tirés des autres cparchies. 11 a été pris des mesures pour 
approprier . ces bâtiments à leur destination actuelle, et 
•pour les entourer d'une muraille. C'est pourquoi le synode 
t!roit devoir arrêter le rang et la composition de la société 
religieuse de cet établissement, suivant l'exemple des aun 
très sociétés religieuses orthodoxes grecques , et en le mo- 
difiant selon les circonstances particulières ; c'est ce qui fait 
l'objet du rapport actuel dans lequel le synode soumet très- 
humblement à l'approbation de Sa Majesté Impériale ce qui 
suit : 

.1. Le monastère de Poczaiow acquiert la dénomination 
de cathédrale Uspensk de Poczaiow. 

2. Elle tiendra le quatrième rang après les trois cathé- 
drales existantes. 

3. A Tinstar de ce qui existe dans d'autres cathédrales, 
l'archimandrite de Poczaiow prenJra le titre d'évéque de 
Volhynie. 

Le chapitre de cette cathédrale sera composé comme il 
suit : 

Lieutenant i. 

Suffragant i. 

Caissier - i. 

Économe. . , . . i . 

Garde-meuble. . . . . . i . 

Moines en dignité 20. 

Diacres 10. 

Simples moinei^ 10. 



155 

Ce personnel sera entretenu des retenus de la cathé- 
drale, d'après le règlement qui en sera fait plus tard par 
rdvéquc et le synode, etc., etc. 

L original signe par le très-saint synode dirigeant. 

Et par Sa Majesté. Ainsi soit- il. Nicolas. 

A Çzarskeselo , i4 — 26 octobre i833. 

IV» Il VI. — LETTRE DU GÉNÉRAL GOLOWIN, DIRECTEUR-GÉNÉRAL 
DE LA COMMISSION DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE KT DES CULTES, 
ADRESSÉE A MONSEIGNEUR GUTKOWSKI, ÉVÊQUE DE PODLAGHIE. 

Monseigneur, 

J'apprends, à mon retour de Varsovie, qu'à l'occasion 
du règlement de la commission , daté du 3o janvier, par le- 
quel il a été interdit aux autorités ecclésiastiques catholi- 
ques romaines toute cérémonie religieuse en faveur des 
personnes professant le culte grec russe, ce culte ayant uu 
clergé particulier dans la ville, vous avez publié, le 04 
mars, dans le diocèse de Podlacbie, une lettre pastorale 
dont la copie est ci-jointe. 

Cette lettre renferme, à côté de recommandations d'obéis- 
sance envers le pouvoir séculier, des expressions inconve- 
nantes à l'égard de ce même poirvoir et contraires au respect 
dû au culte régnant dans l'empire. Vous y avez renouvelé 
de plus, sans qu'elle ait aucun rapport avec le sujet que je 
viens de traiter, votre défense antérieure faite contre la vo- 
lonté expresse du gouvernement, de bénir les mariages 
contractés entre personnes appartenantes à des cultes 
différents. 

[I m'est impossible de vous dissimuler, monseigneur, 
la pénible impression que m'a faite cotte nouvelle, et 
j'ai l'honneur de vous prier de me faire connaître , dans 
le plus bref délai possible, si effectivement une pareille 
lettre a été écrite par vous, si elle a circulé dans le diocèse 
de Podlacbie, et dans quel but le texte suivant, pris dans 
saint Jean Chrysostome , y est cité : a Quand vous entendrez 
dire : Rendez à César ce qui est à César, n'appliquez ce 



^5i 

]>i iiiti|)U qua lout ce (jiii ne porte point prcjudice à la piété 
et à la relijjion , car tout ce qui est contraire à la foi et à la 
vertu n'est point un tribut à G'sar, mais un tribut à Sa- 
tan. » 

11 e>t de mon devoir de vous prévenir, monseigneur, 
que si une cbosc de cette nature avait eu lieu, le gou- 
vernement y verrait une preuve non équivoque d'une con- 
duite opposée à ses règlements , tandis qu'il avait eu l'espoir 
que le désir du bien pubfîc ainsi que de mAres réflexions 
vous avaient ramené à employer tous les moyens d« conci- 
liation possibles, afin, de dissiper à jamais tous les malen- 
tendus existants jusqu'ici. Dans une circonstance aussi dou- 
loureuse, le gouvernement se verrait avec regret obligé de 
sévir d'une manière plus efficace, afin d'empêcher doréna- 
vant la publication de semblables lettres pastorales dans le 
diocèse de Podlacbie. 

J'aime à me flatter que vous calmerez incontinent mes 
craintes relativement à cette affaire, et j'ai Tbonneur d'être, 
monseigneur l'évêque, avec respect, votre très-bumble , i 
etc. , - 

Varsovie y lo juin i835. 

Signé : Es. Golowin. 

X» I«VI1. — néPONSB DE MOX8EIGNEIIR L'ÉVÈQUE DE POOLACHIB 
A LA LETTRE QUI PlUÉCCVE. 

Monsieur le général et directeur, 
.Vai riionneur de répondre à vos deux lettres, du 1 5 mars 
et du lojuin de cette année. Vous me permettrez de coui- 
mencer par vous témoigner mon extrême étonneraentdc ce 
qu'il ne se soit point trouvé jusqu'à présent, dans la commis- 
sion du gouvernement, un seul employé qui ait pu examiner 
avec attention et connaissance de cause, tant ma réponse 
cum ernant le livre intitulé: Concordance et dfscordfince,v\r., 
que ma (lemande de siispcnsiioii du prêlre Nawrocki , ma 
dclcnse de l>énir les mariages entiu personnes de cultcà 



différent», et une foule dautres conununicaiiuns de eu 
genre qui ont été envoyées 5 la commission depuis cinq ans 
environ. Comment se fait-il, dis-je, qu'il ne se soit trouvé per- 
sonne qui ait pu vous rendre compte, monsieur le général, 
du contenu de toutes ces pièces, des citations et de l'exposé 
qu*elles renferment, des privilèges et des lois de TLglise? 
Sans cette exacte connaissance de ce qui a eu lieu , je ne 
vois pas quel motif vous pouvez avoir de ni'écrjre, monsieur 
le général , et de me presser si péniblement de vous ré- 
pondre. 

Pour ce qui concerne cependant les sujets dont il vient 
d'être question , je n*ai d'autre réponse à faire , que de dé- 
clarer officiellement au gouvernement ( en me rapportant à 
ce que j'ai précédemment cité dans mes écrits), que les ques- 
tions de ce genre n'entrent point dans le domaine du gou- 
veroement séculier; que la conduite d'un évêque catholique 
romain à cet égard, ne dépend en rien dudit pouvoir sécu- 
lier; que ce n'est donc point l'évéque qui se révolte, mais 
le gouvernement qui agit ouvertement contre les privilèges, 
les règlements et l'indépendance de l'Lglise , à laquelle 
seule, entre toutes les autres églises , le Sauveur du monde 
a accordé le privilège d'être toute-puissante sur la terre. Le 
gouvernement ne peut point se mettre à l'abri en disant 
que ses règlements sont exécutés dans d'autres diocèses du 
royaume; car, quand même le nombre des pasteurs de ces 
diocèses serait égal à celui de tous les évéques de l'ancienne 
et fidèle Pologne, ce ne serait encore que comme un fleuve 
à côté d'une vaste mer, par rapport à l'Église universelle 
catholique-romaine , aux règlements de laquelle j^ai le bon- 
heur de me conformer fidèlement. 

La lettre pastorale du i4 mars, dont vous vous plaignez, 
monsieur le général, dans votre dépêche du 22 juin, a été 
publiée en latin. Ce n*en est donc pas une copie, mais une 
tniduction qui lui est adjointe. Permettez moi, monsieur lo 
gënéial , de contester le passage dans lequel vous .semble/, 
faire entendre que ma lettre pastorale renferme des cita- 



156 

lions, et des insinuations contraires à rauU>rité séculière et 
au culte grée russe. Je n'ai fait que nmarquer les limites tra- 
cées par les lois de Dieu et de l'Église pour ce pouvoir sé- 
culier, limites qu'il ne lui est pas permis de franchir. « Ne 
vous mêlez point, 6 empereur, » disaient les évêques à l'em- 
pereur Constantin, comme l'atteste saint Athanase, « ne vous 
mêlez point des affaires de l'Église , ne nous donnez point 
vos ordres là-dessus, mais plutôt soyez instruits par nous; 
Dieu vous a donné l'empire et nous a confié , à nous , les 
intérêts de l'Église. Cjclui qui regarde votre domination de 
mauvais œil, est en opposition avec les intentions de Dieu ; 
de même prenez garde , lorsque vous voulez vous mêler des 
affaires spirituelles, de ne pas tomber dans un grand péché. 
11 est écrit : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce 
qui est à Dieu. ■ 

Quant à ce qui regarde le culte grec russe , ne soyez pas 
offensé, monsieur le général , si je vous déclare ne pouvoir 
trouver nulle part, pas même dans les traductions que vous 
m'envoyez, un seul mot qui puisse autoriser voire récrimi- t 

natiou. 

Le passage de saint Jean Chrysostomc , dans ma letlre 
pastorale , n'a d'autre but que celui qu'avait Grégoire XVI, 
gouvernant aujourd'hui notre église, lorsqu'il adressait aux 
évêques polonais, le 9 juin 1882, sa circulaire insérée par 
ordre du gouvernement russe, dans les journaux de celte 
époque et dans laquelle il disait ce qui suit : « Il n'est permis 
« de désobéir au pouvoir que dans le cas où il exigerait quel- 
« que chose contre la loi de Dieu ou celle de TÉglise. » Lui 
obéir par conséquent dans ce cas-là, n'est j.as lui rendre 
hommage, mais payer tribut au démon. 

Je répète enfin que, si l'on vous avait rendu compte de 
tous les rapporte dans lesquels je développe successivement 
toutes ces questions, et qui ont éié envoyés à la commission 
du gouvernement, vous vous scriezcerlainementconvamcu, 
monsieur le général, que ma conduite épiscopalc, tant nuiô- 
rieure qu'actuelle, n'a mérité nullement la disgrâce (\\i\ m'a 



nltoint et l'i.llo »loiU on me monacc onrorc. Toutefois, tout 
ccqni pourrait m'arri ver de fâclienx de la part du gouverne- 
ment étant depuis longtemps prévu yiav moi, ne m'effraie 
nullement ; j'espère au contraire supporter avec résignation 
toute espèce de persécution, plutôt que de dévier de là 
ligne de mes devoirs de pasteur de l'Église, et du chemin 
qni m'est tracé par ma religion et ma conscience. 

J'ai l'honneur d'être, monsieur le général, avec la plus 
grande considération, prêt à vous servir. 
28 Juin i835. 

GUTKOWSKI , 
Évêque de Podiacbie. 

IVo IjVIII. — OUKASE IMPÉBIAL SUR L*A*0LIT10N DES COUVE?(TS 
INCOMPLETS DE HELICIEUX CATHOLIQUES DANS LES GOr«'EII<VE- 
MENTS OCCIDENTAUX DE L*EMP1RB. 

Voyez aux Pièces justificatives jointes a l'Allocution du 
2a juillet 1842, n' 10. 

'X'> 1<IX. — LISTE DES PROPRIÉTÉS DE COUVENTS CATHOLIQUES 
ROMAINS SUPPRIMÉS, MISES A L'ENCUF.RE PAR LE GOUVERNEMENT 
RUSSE. 

Nombre 

de 
Paysans (1). 

Dans le district de Minsk. 
Couvent de Dominicains à Minsk; ferme de Wol- 

kowsczyzna 3u 

District d'ihumen. 

Dominicains de Stolpce 7 

Dominicains de Zaslaw, ferme Koczkuny 3?. 

Bénédictins de Minsk, fermes Niedreska et iJoroszki i^ï!j 
Franciscains de Minsk , une terre. 

Franciscains d'Iwieniec, ferme Pokucie 89 

Dominicains de Rakow, ferme GinicAvicz 3.\ 

District de DorysoNv. 
Bernardins de Bcrezina. 



Ml 

(1) Serf* iii'ilcs. Manière d'i'valticr Ips ipirrs tljns l'rin|tire niv'îc. 



Noailire 
P.iysaii.«. 

347 

Dominicains de Gholopienice , ferme Mocharyn . . 221 

id. de Chotajewice , ferme Chotajouice . . 142 

id. de Ziabin , ferme Polany 67 

Piaristes dç Luzce , ferme Wiesnik » • 1 

Dislrict de Bobrujsk. 
Bernardins de Husk. 

District de Wilejka. 
Carmélite» de Siaromiadzioly , ferme Uiidowszyzna. . 2 3 
Triniiaires de Krzysvice. 
id. de Molodeczna. 

District de Dzisna. 

Dominicains de Driijsk , ferme Dziedzii» 93 

Franciscains de Postawsk, ferme Kononowo 38 

iil. deDzisoa ^ 

id. de Prozorow, ferme Borkowo *9, 

District d'Ihnmen. ' 

Franciscains de Serafin , ferme Maciejewice 4^ 

Missionnaires de Smilow, ferme Wolna 38G 

District de Mozyr. 
BtMiinidins de Mozyr. 

Dislrict de Rzerzycc. 
Bernardins de Jurewicc. 

Dominicains de Rzeczyce, ferme Rowno 222 

District de Sluck. 
Bernardins de Sluck. 
Dominicains de Kleck , ferme Czarkovsczyzna ... . 101 

District de Pius»k. 
Bernardins de Pinsk-Karolin. 

Carmélites de Pinsk ï 

Capucins de Lubieszow. 

Dominicains de Kamieniokoszyr, ferme Cyr 224 

214G 



Ct.-*r- 



150 



W-* LX. — r.E JAUIINAL ni- MINISTÈRE DE LIXTÉRIEI'II, A I.\ 1>ATC 

DU 10/SI FÉvniER 185G, contient ce qi i sqiT : 

Couvents catlioliques romains en Russie , en 1 834' 

Il y aTait des cloîtres ayant paroisses 69; sans paroisses 49; 
cliapelles dans les cloîtres 89 ; religieux profès 1860; no- 
vices 7 1 ; religieux employés auprès des églises des sccu» 
tiers 4i4i religieux chapelains dans des maisons privées io3; 
il en est mort ou sorti des cloîtres depuiâ le i'^ de jan- 
vier 1834 jusqu'au i"* de janvier i835, i23 ; entré 6. il y 
4vait des paroissiens des deux sexes 163,877; ^^^ paysans « 
selon la dernière révision, 33,339 hommes; 19,668 fem- 
mes. Les cloîtres avaient des capitaux placés en biens im- 
meubles , ou dans le dépôt de TÉtat, pour i ,9o3,3 1 1 roubles 
d argent; en capitaux sans hypothèque, 1 74)809 roubles d'ar- 
gent ; en intérêts des capitaux, 74*849 roubles d'argent. 
Les couvents entretenaient des écoles séculières; de celles 
de district, il y avait 1 40, avec 1,696 élèves; de celles de 
paroisses, 39, avec 804 élèves : en outre des hospices de ma- 
lades 1 1, où on donnait des soins ik 180 malades; des hospi- 
ces (maisons de refuge) 69, où on recueillait 619 personnes. 
Dans Tordre des Bernardins il y avait reli{;ienv profès 
523; dans celui des Dominiciiins il y en avyit 4^6; dans ro- 
Ini des Franciscains i83; dans celui des Jarnios de lan- 
cienne règle 142; dans celui des Piaristes (T^colos Pies) 98 ; 
dans celui des Carmes déchaussés 84 ; dans celui de la Sainte- 
Trinité 59; dans celui des Capucins 67; dans celui des Bé- 
nédictins 35; dans celui des Augustiniens 4 1 ; dans celui des 
Missionnaires 40; dans celui des chanoines de I^itran 3u; 
dans celui des Bonifratelli 1 8 ; dans celui des Réfunnés, dans 
celui de Cîteaux 10, dans celui des Mariens. 

Couvents de religieuses catholiques romaines m liussicy 
en 1834. 

Couvents 48; religieuses 555; demoiselles de cloître 1 1 ; 



iOO 

en novicMt 48, mortes ou sorties i4,cntr.'ns 1 S. Ces couvents 
avaient des paysans au nombre de 14,275 hommes et 1 4,21 5 
fejnmes.ûipitanx placés en biens immeubles ou dans le tré- 
sor de rÉut, 572,904 roubles d'argent; sans hypothèque 
169,563; intérêts 3 1,871 roubles d'argent. Ces couvents en- 
tretenaient pour de jeunes personnes séculières, 36 écoles 
avec 1,062 élèves; i3 hôpitaux où on donnait des soins à 
3,552 malades; 8 maisons de refugs, où on recueillait 528 

personnes. 

Dans l'ordre de Saint-Benoi> il y ava't i34 religieuses, 
dans celui de Saint-Bernardin ii3, dans celui de Sainte- 
Birgitte 43 , dans celui de la Visitation 39, dans celui de 
Saint-Dominique 33, dans celui des Carmélites 3o,dans 
celui des Mariavites 98 , da^s celui de Cîteaux i3, dans 
celui de Sainte-Catherine 1 1 , des Sœurs de la charité 41. 

M" Ij3LI. — OUKA8E IMPÉRIAL DE LA FONDATION DE L'ÉVÊCHÉ GREC 
8CHHMATIQIIE A POLOCK. SAINT-PÉTERSBOURG, LE 12^4 Jl IN tWô. 

Voyez aux Pièces justificatives jointes à l'Allocution du 

21 juillet 1842. n* 20. 

W» liXII. — OCKASB IMPÉRIAL DE LA FONDATION DE I/ÉVftCHÉ 
GREC 8CHISMATIQUE A VARSOVIE. 

Voyez aux Pièces justificatives jointes à rAllocution du 

22 juillet 1842, n® 21. 

IV» Ij!UII.— OVEASE IMPÉRIAL DU 23 NOVEMBRE 1832. 

Sur les mariages qui se font entre les personnes grecques 
russes, dans les provinces polonaises unies à l'empire , et les per- 
sonnes iPun culte différent d'après les lois générales de l empire. 

Le sénat dirigeant a entendu l'exposé du très-saint sy- 
node sur le rapport du prince Siergieiewitch Meszczerski , 
procureur en chef du synode , conseiller intime et cheva- 
lier, — présenté à la révision suprême de Sa Majesté Impé- 
riale; ce rapport contenait la décision sur ce qui a été 
présenté par Taumonier en chef de 1 armée et de la marine 
sur les mariages entre personnes grecques russes dans 



161 
Jes gouvernements polonais réunis à l'empire. L'aumônier 
demandait dans cette présentation que l'on fît soumettre 
ces mariages aux lois générales établies 4ans l'empire 
russe , qui demandent la décision préalable de l'Archierei 
diocésain gréco-russe et l'obligation contractée avant le ma- 
riage par la personne de l'autre culte, que les enfanU seront 
élevés dans la religion gréco-russe. Sa Majesté Impériale, 
après avoir examiné ce rapport, a daigné y apposer, le 20 
août, de sa propre main, la réponse suprême suivante: 
a Approuvé invariablement avec ordre positif que les ma- 
« riages bénis seulement par les prêtres catholiques ne 
« soient pas regardés comme valides jusqu'à ce qu'ils 
« aient été bénis par un prêtre russe. » Cette volonté su- 
prême a été notifiée au très-baut synode |>ar le procureur 

en chef. 

Le rapport du procureur contenait en outre l'extrait de 
l'exposé de Taumônieren cbef de l'armée et de la marine, 
M. Mauswetow, qui informait le très-haut synode que 
parmi Içs troupes russes qui résident dans les provinces 
polonaises réunies à l'empire, il arrive souvent que ^^es 
officiers de l'état-major, des officiers supérieurs et même 
des militaires de rang inférieur, russes natifs et apparte- 
nant à la religion gréco-russe, épousent des femmes catho- 
liques , et se font marier par les prêtres dans des chapelles 
catholiques ; que de pareils accidents n'arrivent pas seule- 
ment dans les provinces polonaises, mais aussi dans d'au- 
tres provinces de l'empire. Or, quoiqu'on trouve établi 
dans le premier acte de séparation , art. a, § 10 du traité 
du 24 février 1768 entre la Russie et l'ancienne répu- 
blique de Pologne, et dans la décision suprême du 20 
mars 1812 sur les mariages en Finlande, que les ma- 
riages mixles, c'est-à-dire entre personnes appartenant 
aux religions catholique romaine, gréco-russe et évan- 
gélique, doivent être bénis par les prêtres du culte au- 
quel appariient la fennne; louiefois, comme l'armée russe, 
aussi bien dans les provinces polonaises unies à l'empue 

11 



162 

que dans le r.-.yaumc de Pologne el ilans If diiclié fie Fin- 
lande , ne s'y trouve que inomenlanénient pour cause de 
service , et que les militaires de cette armée né sont 
nullement habitants de ces pays, il a paru à Taumônier 
en chef nécessaire de porter ces faits à la connaissance du 
très-haut synode, comme étant d\me haute importance 
par leurs conséquences, car les parents mariés par les 
prêtres catholiques en prennent occasion pour foire bap- 
tiser les enfants dans des églises catholiques, et par ce 
moyen ils multiplient parmi les Russes natifs la divergence 
des cultes. L'aumônier en chef soumet à la décision du 
très-haut Synode la question de savoir si les aumôniers de 
l'armée doivent regarder tranquillement de pareils ma- 
riages, ou les empêcher, parce que les prêtres des autrfes 
cultes, et notamment les prêtres catholiques romains et 
grecs unis, bénissent ces mariages contractés avec des 
femmes de leur culte contrairement aux règlements des 
oukases du 18 septembre 1783 et 23 septembre 1798, sans 
demander l'attestation des aumôniers de l'armée pour 
savoir si ces personnes peuvent librement contracter le 
mariage on non, et sans s'informer sur les degrés de 
parenté et d'aHiancc et sur le temps dans lequel il est th'- 
fendu à ces personnes de se marier. 

Le très-haut synode, ayant pris en considération les faits 
contenus dans le rapport de l'aumônier eu chef de l'armép 
et de la marine, a trouvé nécessaire de considérer les deux 
points suivants : 

1 . Les mariages des militaires grecs russes avec des per- 
sonnes d'un culte différent, dans les provinces polonaises 
et dans le duché de Finlande, peuvent-ils être contrac- 
tés d'après les lois respectives de ce» provinces et du 
duché de Finlande , ou doivent-ils être contractés d'a- 

- près te règlement général qui a été établi à ce sujet pour 
' toute l'étendue de l'empire russe l'an 1721 , le 18 août, 
parle très-haut synode? 

2. Quelle doit être aujourd'hui la force obligatoire «1 ela 



105 

loi sppci.ilc roncornant les mariarjo.-; inl.\ies étahlie |)ar 
lart. 2 (le Pacte de séparation flans le tniité du ?. | fé- 
vrier 1768, entre la Russie et la république de (Po- 
logne? 

Le très-haut synode , ayant mûrement délibéré sur toutes 
les constitutions qui ont rapport à ce sujet, a porté la dé- 
cision additionnelle suivante, en date du 1 5 juin passé : 

Quant au i", puisque les lois spéciales sur les mariaj^es 
mixtes, établies par les décrets pour le royaume de Po- 
logne et le grand-duché de Finlande et pour les provinces 
polonaises réunies à l'empire, ne sont relatives qu''aux ha- 
bitants de ces pays (ces pays deviendraient im asile poiu' 
tous ceux qui voudraient se soustraire aux lois générales de 
Tempire russe), donc les mariages de militaires qui sont en 
cantonnement dans ces pays doivent être contractés selon 
la loi générale de l'empire russe, c'est-à-dire selon la dé- 
cision du très-haut synode du 18 août 1721 , par laquelle 
ces mariages doivent être bénis parles prêtres grecs russes 
attachés aux régiments. Quant au 2*"^ 

Attendu, i<*, que le traité de 1768 et l'acte séparé sur 
les mariages mixtes cessent d'être obligatoires du moment où 
la république n'existe plus; 

Attendu, a", qu'en conséquence les règles prescrites par 
les oukases du Sénat gouvernant de Tan 177^, J780, et 
basées sur le traité en question, ne doivent plus avoir la 
force obligatoire qu'elles avaient eue au temps de l'exi-.- 
tence du traité et de la république ; 

Attendu, 3°, qu'il serait plus utile, pour le présent et 
l'avenir des habitants, que les provinces polonaises unies 
à l'empire fussent soumises h la loi générale qui existe en 
Russie en matière des mariages mixtes; 

Attendu, 4% ^"e cette décision est conforme à l'esprit de 
l'oukase suprême du i*' janvier i8.1i, par lequel on étend 
les lois générales de la Russie aux gonveruicnts de WJJebsk 
et de Mohiiew ; 

Attendu, r>", que celte décision doil contribMci ;i réprimer 






i4G 
«les excès qui se commettent ( suivant le rapport de larcln- 
prélre ) par le clergé romain et grec uni , qui bénit les ma- 
riages (les personnes de confession différentes sans les 
formalités préalables et nécessaires. 

Toutes ces considérations envisagées, il a été décidé que le 
ronseiller intime, procureur-général du synode, et cbevalicr, 

M. le prince Pierre Siergiejcwii z Meszczerski , représente- 
rait trcs-bumblement à Sa Majesté impériale la nécessité 
d'un ordre suprême, afiti que les mariages entre personnes 
de communions différentes, dans les gouvernements réu- 
nis de la Pologne , soient contractés conformément aux 
lois généndement en vigueur dans l'empire de Russie; 
savoir: avec permission de l'Arcfiierei diocésain grec russe, 
bénis par un ecclésiastique grec russe, après engagement 
préalable de la personne de communion différente, que 
les enfants seront élevés dans la communion grecque russe. 
Ensuite de cela, le très-saint synode a joint à roukqse 
de Sa Majesté impériale , relatif aux mariages de per- 
sonnes de la communion grecque russe avec les personnes 
des autres communions dans les gouvernements réunis 
de la Pologne, — la décision annexée dans l'appendice, 
du i5juîn de l'année courante, portant que dans toutes 
les provinces polonaises, ainsi que dans le grand duché de 
Finlande, les mariages de différentes communions, à cause 
des lois spéciales laissées à ces provinces, seront con- 
iractés seulement parmi les personnes indigènes, puant 
:uix mariages des militaires, cantonnés ou séjournant 
dans ces endroiu, ils doivent être bénis par les ecclésias- 
tiques grecs russes. Pour assurer la connaissance et l'exé- 
cution de ces dispositions., il est ordonné d'envoyer les 
présents oukases au très-saint synode de Moscou et de la 
Géorgie, aux membres du synode, aux archiereis, aux 
couvents et monastères, à l'arcbiprétre de l'armée et de la 
Hotte, 5^ la cantorie typographique du irt-s-saint synode à 
Mostou, et d'en faire le rapport au sénat. 11 est en outre 
ordonné, pour a<:snr(M' égaleuicnt rexéruiiou de ces uk'iihn 



165 

(lidpo^iliuns, do prusciirc leur tidèlc ob^ervaliuii à tontes 
les autorités des gouvernements de district, aux chanceile- 
lies militaires et sièges de tribunaux, enfin de notifier les 
mêmes di>|)osilions à MM. les ministres, les gouverneurs 
et commandants de villes, (Penvoyer des avis à tous les dé- 
partements du sénat gouvernant, et d'en informer le très- 
saint synode gouvernant. 

Le 23 de novembre i832. ( i. département. ) 

IV" JLXI%'. — OLKASE DU SKNAT GOUVEnNANT DU à(j AOUT 1835 SI.'R 
LES MARIAGES MIXTES. 

Voye;£ aux Pièces justificatives jointes à l'Allocution ùu 
22 judleL 1842, u" ly. 

^« 1<X.%'. — FORMA J un AME.\'TI QCOD EXIGITI'U A NA«.EnDOTlllL'!( 
GRAECO-LXITIS COACTE AD SCHISMA TRAMSELNTlBlJi. 

Sacerdos unitus volens reconciliari Grteco-RossiaccC ileli- 
gioni, débet stare ante fores Ecclesiae, quemcum in modum 
percontatur Haegumenus : 

Q. Serve aberrationis quid vis? 

R. Volo reconciliari Graeco-Rossiacie catli. fidei. 

Q. Quam ob causam id optas? 

R. Causa salutis aeternae. 

Hic converti jubet facie ad occasum solis, sicque couver- 
sum ulterius interrogat : 

Q. Abrenuutiasne execrabili traditiouiRomano-Uiiiutica>? 

R. Renuntio.(Et spuit singulis vicibus ad trinam interrc- 
gationem respondendo.) 

Q. Abrenuntias-tu omnibus nugis Uniaticis? 

R. Abrenuntio.(ïerinterrogatur, ter respondendo spuit.) 

Q. Abrenuutiasne ba^resi Romano-Uniaticae? 

R. Abrenuntio. (Ter interrogatus , ter spuit.) 

Tostea retroversus facie ad se interrogat : 

Q. Appromittisne fideliter servire et obedire Gi;fio- 
Roàsiacac Catb. Ecclesix ? 



1GC> 

IL Verc approuiitlo, l'aler Révérende! et tune porrigit 
extremitatcm stolae in manus introducenrli in Ecclesiam 
diccns : Intra in domum Doinini et adora, etc. Atque ante 
Tetrapodon , in quo duae candelx accensae , Crux et Ëvan- 
geiiuiu positae sunt, jubet cum recitare : Giedo in Deum 
rattem , etc., et postea inlerrogat. 

Q. Dolesiie tu quod ad hoc tein])Ui> in cxseciabili haeresi 
Dniatica perinansisti? 

R. Doleo. 

Q. Dolesnc quod noîi >oinin ipse indigne adminislra^li 
Hiystcria Christi ; scd et alios ad id inducebas, adniinis- 
trandu sacrilège? 

R. Doleo. ' i - 

11 ic super genuUccientcni manus imponit cl legit ora- 
tionem absolutionis a vinculo Excommunicationis, irregu- 
laritatis, etc., postea dicit : « Surge, Sacerdos NN., (anquani 
asummo aberrore Uniatico. «Tandem excipit juramentum 
Ecclesise Graeco-Rossiacae et perpétuas persévérant!» in illa 
ad extrema vila:; suae, — et quod usque ad aniksioneni 
vitae suae defendet fidem Graeco-Rossiacam. — Delhum in- 
duit ad sanctuarium per fores latérales, et jubet confiteri : 
^ost confessionem, factis 5o adorationibus ( 5o poklonov ), 
jubet idem Haegumenus in sui assistentiaMissam celebrari, 
informans neoconversum celebrantem Presbyteruni in om- 
nibus caerimoniis. 

X» IjSLVI. — ÉTAT DE MTL'ATION OFFICIEL DC CLERGÉ GREC LM 
ET AllMÉNIEN EN KLSSIE Eff 1834. 

Clertfé séculier. 

11 t avait dans le diocèse de, la Russie-Blanche 699 églises 
paroissiales, dans celui de la Lithuanie 770; dans celui de 
la Russie-Blanche luS paroisses filiales, dans celui de la 
Lithuanie 87 ; en outre dans celui de la Russie-Blanche il y 
avait 702 chapelles, et dans celui de la Lithuanie 325. T.e 
[iremier diocèse comptait 966 prêtres de tout grade, le se- 



107 

cQud io5o; il en est mon dans tous les deux 53, entré 22. 
La diocèse de la Russie-Blanclic avait 680,393 paroissiens 
de«dcuK sexes, celui de la Lithuaoie 829,888^, dans celui-là 
les biens des ecclésiastiques contenaient, selon la dernière 
révision, 6690 paysans hommes, et 5,3 10 femmes; dans ce- 
lui-ci aooi hommes et 1985 femmes. Les capitaux dans le 
premier diocèse, placés en biens immeubles ou dans le 
trésor, montaient à 1 19,909 roub. dar{];., ceux sans hypo- 
thèques à 5o, 1 54f les intérêts à 7, 1 45 roubles ; dans le second 
diocèse les capitaux placés montaient à 21, 444» ceux sans 
hypothèque à 3,ooo, les intérêts ù 1,299 roubles d argent. 
Il y avait dans les séminaires 24 professeurs, 199 élèves 
dans le premier, 3oo dans le second diocèse. Dans tous les 
deux il y avait 2 écoles de paroisse avec 83 élèves, 57 hô- 
pitaux, dans lesquels 470 malades. 

Clergé monastique. 

11 y avait dans le diocèse de la Russie Blanche 8 couvents 
ayant des paroisses: dans celui de la Lithuanie il y en avait 
i3. Couvents sans paroisses : 4 dans le premier, 8 dans le 
second diocèse. Les couvents dans le premier comptaient 
cp outre 8 filiales et 4 chapelles, ceux de la Lithuanie 2 cha- 
pelles, Il y avait 1 1 4 religieux profés dans le diocèse de 
la Russie Blanche, 2o3 dans celui de la Lithuanie, 12 no- 
vices dans le premier, 3 dans le second. II en est mort 17 
religieux et novices, entré i , passèrent au rit romain ca- 
tholique 25 , au rit grec russe 1 2. Les paroissiens des deux 
sexes étaient dans le diocèse de la Russie Blanche au nom- 
bre de 7,239, et de 21, 832 dans celui de la Lithuanie; 
ces couvents avaient dans leurs biens , selon le dernier re- 
censement, 3,869 paysans hommes, 3,933 femmes dans le 
premier diocèse, et 5,620 hommes, 5,3oo femmes dans 
le second. Les capitaux ( comptant en argent ) placés en 
immeubles ou dans le irésor nioniaient à 1 1 7,63o, ceux sant, 
hypothèque à i2,i3o, les intérêts à 6,817; dans le diocèse 
de la Russie Bluucliu, et dans celui de la liilliuanic les 



168 
capitaux placésraontaientà3i8,54i ;ceux*sans hypothèque, 
à 719, les intérêts à 1 5,538 roubles. Il y avait 12 hospices, 
où on donnait des soins à 74 personnes, 1 1 écoles avec 
325 élèves. 

Couvents de religieuses. 

Il y en avait 3 dans le diocèse de la Russie Blanche , 7 
dans celui de la Lithuanie, 28 religieuses dans le premier, 
44 dans le second et 2 au noviciat. Ces couvents av:jient 
dans le premier diocèse 1 13 paysans hommes, io4 femmes; 
dans le second i,33o hommes, 1,271 femmes; dans celui- 
là 12,432 roubles de capitaux, dans celui-ci 77,200, et dans 
les deux diocèses 8 écoles pour les jeunes gens séculiers , 
1 1 8 élèves ; 3 hospices où 9 perswmes recevaient dos soins. 

Clergé arménien grégorien en Russie, en i834. 

52 églises, dans ce nombre 8 cathédrales et 36 parois- 
siales. 85 prêtres,' i séminaire, 1 3 écoles paroissiales, 34,7^7 
paroissiens des deux sexes, 3 couvents, 5 religieux. 

Clergé arménien catholique. 
Dans le gouvernement de Podolie : 4 églises paroissiales, 
I chapelle, 4 prêtres, 566 paroissiens des deux sexes, i3i 
paysans hommes, i3i femmes, i:,o82 roubles de capitaux, 

1,292 d'intérêts. 

Dans la Géorgie, dans le district du Caucase et dans les 
provinces au delà du Caucase : 25 églises paroissiales, i cha- 
pelle, 57 prêtres, 8,445 paroissiens des deux sexes. 

On n'a pas reçu de notice sur les églises de la Tauride. 

%" I^XVII. — FONDATION DE L'ACADÉMIE ECCLÉSIASTIVJl'E 
CATHOLIQUE ROMAINE A VVILNA. 

Oukase impérial adressé au sénat dirigeant, le \': juillet 1 833. 

Désirant donner à ceux de nos sujets catholiques romains, 
qui aspirent aux dignités élevées de leuf culte, les moyens 



109 

'dWquërir les connaissances ihéologiques nécessaires, nous 
ordonnons : 

1. D'établir à Wilna une école supérieure de théologie ca- 
tholique romaine portant le litre à' Académie ecclésiasti- 
que catholique romaine. 

2. De suivre dans Torganisation et la direction de cette 
Académie ecclésiastique nouvellement établie les règle- 
ments publiés ci-après , renfermés dans la loi établie par 
le conseil d'Etat et par nous confirmée. 

3. D'y joindre les séminaires diocésains de Wilna, tant 
principaux que partiels , ainsi que la acclion qui va être 
fondée et destinée à former les clercs du rit arménien ca- 
tholique. 

4' D employer à l'entretien de ces 'jtabliiscniciits scienti- 
fiques : 1° les fonds attachés jusqu'ici au séminaire de 
Wilna et aux deux séminaires de Bn^esc ; 2" les terres et 
donations appartenantes jadis à TUnive^.sité de Wiliia « 
excepté celle de Mussa , destinée à Tentreuen du suffra- 
gant de Troki ; 3° sur les capitaux provenant de.' cou- 
vents supprimés et destinés aux écoles ecclésiastiques , 
et autres nécessités des diocèses catholiques romains , 
on prendra la somme nécessaire pour couvrir les dé- 
penses établies par le budget. 

5. De donner à l'Académie le pouvoir tel que l'avait l'Uni- 
versité de Wilna , et de présenter aux places de profes- 
seurs les ecclésiastiques qui l'auront mérité dans le cercle 
de l'Académie. 

6. Le ministre de l'intérieur est chargé de pourvoir à un 
local convenable pour l'Académie, ainsi que pour le sémi- 
naire et pour la section arménienne catlwlique qui en 
feront partie, et d'indiquer le mode de direction des 
fonds destinés à l'entretien de ces élahlissemcnts scien- 
tifiques, tout en soumettant ses projets à notre délibéra- 

s tion. 

Extrait du règlement de t Académie catholique romaine 



170 

tU Wiiua, confirmé par S. M. l'Empereur, en date du i"JuU' 
Ut i833 «. 



Ai* I«X^VIII« — OaOOIVNANCB DB 8. E. LE MUflSTRE DES CUL^VS ET 
DBS C0?rFESSI0N8 BTBANGÈRES, BELATITB AUX COCVBlfTS DB L4 
MÉTROrOLIB DB MOHILOW. 

Voyez aux Pièces justificatives joiutes à rAlIocqtioq du 
22 juillet i34^» li" Pi 

IV» IiXIX. — EXTBAIt' DB L'EXfOSÉ rRÉSENTÉ PAU LE MINISTRE 
DB L*UnrBBlBim a L'SlCrBBEOB PB BUtSIB POUB L*AN1>IBB i83#, 
EN DATE DU 30 AVRIL 1857, ET IFfSéRÉ DANS LE JOURNAL OFFI- 
CIEL DU MIKIST&RE DE L'INTÉRIEUR, PAGES ÎS3, 67, Tf 7, JUILLET 

1837. 

Un changement important a été introduit dernièrement, 
selon votre suprême volonté, dans une des parties de la di- 
rection des affaires ecclésiastiques des communions étran- 
gères. Après avoir soumis à la direction de la commission 
des écoles ecclésiastiques orthodoxes, les instituts d*éduca-i 
tion de la jeunesse ecclésiastique grecque unie; après avoir' 
pris en considération le lien étroit qui unit ces afifoires à 
celles de la juridiction éparchiàle elle-même, il a plu à Votre 
Majesté d^ordonner que toutes les affaires ecclésiastiques 
de la confession grecque unie fussent aussi soumises à la 
direction du procureur-général du très>saint synode, et cela 
pour qu'il en résulte une plus grande facilité dans les rap- 
ports , et une plus grande unité dans la direction. — Les 
conséqiiences de cet ordre suprême de V. M. f. seront 
utiles, on ne peut en douter, tant à Téducation de la jeu- 



(I') Ce rèr,lcnicat coolirnl le» dix rhapiiret fuivan» : 1* sur le but, lu Lousiinuioii 
et la dëpeodaiicc àc rAc«léaiie ; â" M*r U coui|K>Mlioii et \'»cùoa de la direction de 
rAcadcniici Z" Mir les profcSkcnrt , le» adjoints et le» lecicor» ; 4° sur l'adoiittiuii 
rt le reiMoi de* M^niiuarisies ; 5* «iirla «tirveillanee des «Icvei; 8*kiir rorganhatiun 
i\a df^rtemeiit svientifiqne et littéraire ; 7" sur l'ur^jaDÏMliou éionouiique ; 8'> sur 
l«l coiiCértuccs et la dinuibuliou de* grades scieuiib<|ucs; 9> sur la ccuMire; lO'tur 
les rapports des pouvoirs du Collège Calholitjiic nouiain cl des ClirPs du diocèse de 
Wilua avec cens de l'Acadéaiic et du scmiuairc, aiu^i que de b jcclion Aimifiio- 
Cjthotk]ae , qui t seront allachcs. \ 



ni 

Desse ecclésiastique grecque unie , et par conséquent au 
recrutement du clergé même de cette confession, qu'an 
prompt et durable rétablissement du rit et des constitu- 
tions de rÉglise grecque unie , dans toute leur ancienne 
pureté, et conformément aux rils et aux constitutions de tÉ- 
glise orientale^ — Du reste , il y a longtemps que le collège 
ecclésiastique grecque uni a en vue ce retour an rit ancien 
de son église. Les propositions qu*il a faites à ce sujet, et 
qui ont mérité la suprême approbation de Votre Majesté 
au mois de février 1 834, ont ^^^ mises dès lors à exécution 
avec beaucoup de zèle, et autant que le permettaient Texi- 
giiité des ressources pécuniaires et le manque d'ecclésias* 
ques capables. On est parvenu , toutefois, malgré ces diffi- 
cultés, à établir, dans l'espace de trois an^ (1834*1837), des 
iconostases dans 317 églises de Téparcbie de la Russie 
Blanche, et dans 609 de l'éparchie lithuanienne. — I^e plus 
grand nombre des églises grecqnes unies des villes et des 
villages ont également été pourvues des livres liturgiques, 
imprimés à Moscou, ainsi que de ciboires, des chapes ei 
d'autres ornements sacrés. Parmi les nouveautés étrangères 
à la liturgie de Téglise orientale, se trouvait Tusage , établi 
chez les Grecs unis, de sonner pendant la messe. Cet usage 
indispensable, peut-être, pour faire remarquer les parties 
les plus importantes de l'office , dans les églises romaines, 
où on célèbre les offices dans la langue latine incompréheu' 
sible pour le peuple, a été jugé aussi incommode qu inutile 
dans les églises où on célèbre les offices en langue slave ; il 
a donc été aboli dans toutes les églises grecques unies. Do 
même , il y a dans beaucoup d'églises grecques unies , à 
Tinslar des églises latines, dcj autels latéraux extérieurs et 
des orgues; mais à présent que les iconostases sont déjà 
rétablis, ces autels vont être détruits, suivant Tordre qu'en 
ont donné les autorités éparchiales, à Texcepliun, toutefois, 
de ceux d'entre eux qui peuvent se trouver lies au système 
d'architecture de l'église même , ou qui, par la beauté de 
l'exécution, peuvent leur servir d'ornement^ et méritent 



17:2 

d'éti'e conserves couinic uhjels (rari; inaia, cunforinéuiciit 
aux rits de Téglise oricnule, le service divin ne sera )>Ius 
jamais célébré sur des échafaucla^'cs. 
. /Quant aux orgues, qu'un trouvait encore dans quelques 
églises grecques unies, on n jugé opportun, Tan dernier, 
de mettre la main à leur destruction déHnitive, car elles 
p^avaient plus aucune utilité; des écoles ayant été établies 
àPolock et à Zyrowice, où Ton l'ait apprendre les cérénio* 
nies de Téglise, aussi bien que le chant, et dans lesquelles, 
avec les élèves qui y sont entretenus aux frais du gouver- 
nement, on y reçoit encore des élèves pour le compte des 
paroisses qui ont plus de ressources. Kniin , suivant la déci* 
sien du collège grec mii , on a distribué également aux 
églises de Téparchie lithuanienne, des livres de baptême 
munis de titres et d'in8crr{)tions en langue russe , et on voit, 
d après les rapports qu'on a reçus Tannée dernière, que 
tous les extraits de baptcuie se font maintenant en russe 

dans cette épàrchie. 

( 
-^ / 

IV** JL%JL, — OUKASE AU SÉKAT GOUVERNANT. 

Reconnaître comme utile, conformément à l'exposé du 
procureur-général du saint synode, l'union des deux dé- 
partements séparés, celui du clergé orthodoxe et celui des 
grecs unis, ainsi que de leurs chancelleries. Organiser 
l'état de la chancellerie du procureur-général du saint sy- 
node d'après celte nouvelle organisation. Faire exécuter 
cet oukase le i" avril de l'an courant. 

Le Sénat gouvernant doit immédiatement prendre les 
mesures nécessaires pour faire exécuter notre volonté. 

St'Pélersbourg , ce i" (i?.) mars \83g. 

Signé : NicoLAs. 



173 



V* EiX^KI. — REDOVRLEWCXT DF. VIOLENCES ET DC rCBSécUTIONfl 
CONTRE LES CATHOLIQUES R\ RUSSIE. PARIS, i7i MARS. 

Nous avons reçu, il y a peu de jours, de la Russie, une 
Ictlrc qui contient les plus tristes renseignements sur la si- 
tuation dos catholiques dans ce pays. Notre correspondant 
nous écrit que si le Saint-Siège et l'-Europc n^intcrviennent 
pas activement, toutes traces du catholicisme auront dis- 
paru, avant |>eu, de toute la Russie. A l'appui de cette 
lettre, voici un document qui confirme toutes ces craintes, 
c'est un décret vérilahlement sanguinaire de l'empereur 
Nicolas contre tous ceux qui se rendraient coupables de 
conversion au catholicisme. Les accusés ecclésiastiques sont 
enlevés à la juridiction ordinaire et livrés aux tribunaux 
criminels. Ce décret serait de nature à nous donner des es- 
pérances , et à n.ius faire croire que la religion si violem- 
ment persécofée possède encore une vitalité énergique, et 
qui, là comme partout ailleurs, sera plus forte que toutes 
les Fureurs de la tyrannie. 

Saint-Pétersbounj ^ •2,2 février. — Sa Majesté vient d'ap- 
prouver les dispositions suivantes , auxquelles les tribunaux 
devront se conformer dans les cas où des membres de l'É- 
glise dominante auraient rtc pervertis au point de passera 
l'Eglise catholique. 1. Indépendamment du règlement, 
proposé en iS.'îi par le couiité du ministère et approuvé 
par l'euipereur , d'après leqtiel toutes les affaires de per- 
version de foi ou de construction arbitraire d'église pour 
des confessions étrangères devront être portées par les tri- 
bunaux sur le rôle d'urgence, il sera pris en outre des me- 
sures , afin qu'aussitôt que les autorités éparchiales auront 
fait part aux autorités gouvernementales de l'existence de 
(|iielque crime en matière de religion, finstruction com- 
mence sur-le-chauqi, avec adjonction de députés du clergé 
orthodoxe ainsi que du clergé romain. La non-comparution 
d'une de ces personnes ne devra [>oint retarder la marche 
«le l':irfiiire. 2. Toute personne, tout ecclésiastique ou laï- 



I7i 

que qui se sera permis un acte de séduction en luaticTC de 
foi, sera, aussitôt que le crime aura été constaté par une 
instrucuon en règle, livre immédiatement aux tribunaux, 
et quant aux ecclésiastiques, on ne suivra point à leur égard , 
comme on ta fait jusqu'ici par erreur, les règles adoptées à 
regard du clergé grec , c* est à-dire quon ne les renverra point 
au consistoire catholique romain, mais d après la régie co;/i- 
mwie aux tribunaux criminels j ainsi qu'il est spécifié plus eu 
détail dans le quinzième tome du Code de TEmpirc; car 
ils ne sont p6inc accusés de violation des lois de ^Église 
romaine, mais des lois générales du pays. 3. Les arrêts 
rendus par les tribunaux criminels intermédiaires devront 
être exécutés conformément h Tavis approuvé du conseil . 
de TEmpire, et être envoyés par le chef du gouvernement 
au ministre de l'intérieur pour être approuvés. 



175 



IV« IjXJKII. — STATUS CLEBI 8AECULARIS ECCLESIAE CATHOLH 



TABULA 

Exhibens Diœceses in Imperio Ros 
siaco existentes , numerum templo- 
rom, EcclesiasUcorum, reddituum, 
sumroarum Capilaliuoi, ac Parochia- 
Dorum. 



In Archi-Episc. Mohiloviensi 

In Episcopatu Wilncnsi. 

> Samogitiensi 

» Luceoriensi 

• 
• Caraenecensi 

> ftlinscensi 

Samma Latino-Gatholicorum 

In Archi-Episcopatu Polocensi. . . . 
In Episc. Luceoriensi Graeco-Unilo. 

» Breslensi 

Summa Graeco-Unilorum 

Sunima Laiini el Grœci riius 



Ecdesiae lam 
Saeculares 

quam 
Regolares. 



Ecclesùe 

Religio- 

sae. 



186 

269 

171 

83 

74 

H 



877 



445 
141 

802 



1,588 



i,265 



S 



70 
101 
17 
60 
2 

44 
519 
19 
28 
36 
85 
402 



S 

9 

if 



Cs3 



264 
588 
190 
146 
102 
143 



1,253 



467 

172 
843 



1,482 



2,715 



Persons 
Ecclesiasiicœ. 



la 

Monaileriis. 






204 
626 
388 
214 
142 
145 



1,717 



605 
146 
950 



1,681 



5,598 



-1 

Si 

S ô 



621 

1,229 

198 

550 

195 
555 



3,146 



12i 

286 
558 



768 



3,914 



44 

^64 

36 

51 

16 

108 

619 

Ti 

20 
56 

87 

706 



9 
C 



869 
2,219 
622 
815 
553 
601 



5,482 



760 

452 

1,524 



2,536 



8,018 



Sabditi 

Ecclesiasticarum fun- 

daiiouum. 



Pene» 
Monasleria. 

i.! 

3 M 

u -a 

us ^ S 

^ a 



6,986 
24,518 
9,702 
5,562 
2,766 
6,705 



56,039 



1,893 

168 

1,040 



5,101 



59,140 



24,892 

18,438 

906 

4,865 

2,184 

9,724 



61,009 



5,977 
6,099 
5,816 



17,892 



78,901 



1,611 

475 
2,008 



4,092 



r,092 



175 



E8IAX CATHOLICAE UTRIVSljVE HITUS IN RVSSIA ANNO 1804. 



Sabditi 
giisticarum fun- 
datiouuiD. 



Pene* 
Monasteria. 



s " 



24,892 

18,458 

906 

4,865 

2,184 

9,724 



61,009 



5,977 

6,099 

5,816 

17,892 

78,901 



'ÙL 



1,611 
473 
2,008 
4,092 
4,092 



il 

£•3 

1/2 



31,878 
42,756 
10,608 
10,427 
4,950 
16,429 



117,048 



7,870 

6,267 

6,856 

20,993 

I c = 

138.041 



Sommae Capitales 

Fondalionam in Rubl. 

argenieis. 



» 3 



61,774 

347,755 

169,558 

431,557 

81,224 

62,922 



1,157,370 



9,060 

98,400 

29,532 

136,992 

1,294,562 



i S 



201,528 
861,697 
97,347 
568,667 
204,076 
242,042 



2,175,357 



204,137 
201,150 
185,475 
590,760 
2,766,117 



9 

Ut 

o 



266,302 
1,209,452 

267,705 
1,000,004 

283,310 

309,964 



5,338,737 



213,197 

299,550 

215,005 

727,752 

4,066,489 



Annui reddilus 
exfrubditiset 

censibus 
pecuniariis. 



^ 3 



20,980 
103,519 
57,727 
44,727 
18,300 
23,900 



249,153 



3,100 

7,500 

5,866 

16,466 

265,619 



55,969 
112,132 

12,890 
32,892 
15,779 
61,544 



289,206 



27,G2I 
o9,2o6 
40, 461 

107,509 
\ = 

396,543 



«0 

S 
S. 

9 
(/3 



S 



74,949 
215,651 
50,609 
77,619 
51,079 
85,444 



538,351 



50,721 

46,756 

46,268 

125,745 

662,096 



E 

3 
O 

c s . 
S-o § 
b o o. 

S-S i 

A ^ ^ 



01 

Ou 




1,655,496 



568,78 
81,108 

748,585 
1,598,478 
3,035,968 



k 



176 



*<» liXXIII. — STATUS CLERl REGULARIS ECCLE8IAE 



CATHOLICA 



TABULA GENERALIS 

Exhibens Monasteria Religiosorum Ordinum cl 
nnmerum personarum. 



f Augustiniani 

Basiliani ,\\* ['[ 

Bernardini F. M. *. . . . . *. * * ' * .' **.'*.* 

Bonifraires *.'.'.*.*.*.*.*.*. 

Cislercienses .*.*!!!.*!.'!.*!! 

Dominicani *.*.*.*.*.!*.! 

Franciscani in Cornent. ..*.*.*.*.*.*.*.*.*** 

iLaieranenses Canonici V. . . , . . . . 

ICanonJci a Pœniientia !'..*.!*.! 

jCarmolitae ant. obs !!!!!!**! 

/Carmelitae discalceali '..'..'/. 

Cjpucini !!!!!! 

jCariliusiani '.!*.!*.*.!!! 

JCoinmunislae *.*.* .*!..*!!]] 

jMariani '/.*.*. !.'!!!!![ 

IMissionarii a S. Vinc. !!!.*.'!!!!!! 

rSocielat. Jesu i !!!!!!*.*!* ! 

' Scliolarum Piarum '.!!!!!!.'*! 

Refomiaii !!!!.*!! 

Rocbitae Hospital. .... . . . .*........* 

Camaldulenscs !!!!!! 

Benedictini '.*.!'.!!*. 1 

[A. SS. Trinitale. . . . . . ' * 



'S. Basilii.... 
S. Beoedicti. 
S. Francise! . 
S. Brigiuae.. 
Cistercienscs. 
S. Dominici, - 



Summa. 



I j De Monte Carmelo. 
/Colleciae. 



t Marianae 

f Sorores a Chariiaie. 
A Visilalionc 



Summa Monialiura... 
Summa Personarum IUligios. utriusq. scxus. 



In Mobilo- 

viensi Arcbi- 

Dioecesi. 



19 
7 



I 

t 

3 

21 

1 

2 



77 



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» 

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247 

10 

12 



16 



587 



11 

55 



46 
"635" 



In Wilnensi 
Diœcesi. 



2 

10 
4 
1 

23 

14 
5 

15 
9 
7 



42 

215 
25 
12 

326 

147 
23 
59 

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108 
60 
» 
26 
20 
14 
14 
22 
38 

360 



In Saœogi- 
liensi. 



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> 

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44 



388 



30 
I 
» 

15 



T33 






176 



ICCLE8IAB CATHOLICAE UTBIUSQUE RITUS IN RU8SIA ANPTO 1804. 



Id Samogi- 
Uensi. 


In Luceo* 
riensi. 


In Came- 
neceiisi. 


In Mios- 
censi. 


loPoIocensi 
uoita. 


In Luceo- 
riensi R. U. 


InBrestensi 
R. U. 


Summa Mo- 

nasieriorum ei 

Personar. 


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!¥• liXJLV, — ÉTAT DU CLERGÉ SÉCULIER CATHOLIq' 



Diocèses. 



de 



Mohilew 

Wilna 

Samogitie 

Luck 

KamieDiec 

Hiosk 

Total..-. 



Nombre 
des églises. 



254 

299 

105 

87 

81 

91 



917 



90 

59 

59 

6 

3 

48 

265 



409 
209 

92 
125 

54 
174 



1,063 



"? Ê 



32(1 
582 
432 

leu 

209 



1,896 



3 

00 



2- 

2 « 

.a c 

S = 

c — 



755,086 
863,566 
391,968 
166,711 
214,847 
231,809 



i, 604, 047 



iNombre d 
sujets 
ou vassau* 



u s 



Suivant le deri 
(lénoinbreme< 



8,877 
25,402 
9,877 
9,531 
4,595 
5,805 



64,147 



8,7 

23,8" 

l,Ot 

9,6: 

4,2 

o,fl(i 



53,4' 



ÉTAT DU CLERGÉ SÉCULIER GREC UNI EN 

§2. 



&léth)pole de la Russie Blauclie, . . . 

Métropole de la Liihuanie 

ToUl 



569 
770 



1,339 



126 

37 

163 



702 
525 



1,027 



956 
1,050 



2,006 



33 



53 



22 



22 



680,395 
824,888 



1,506,281 



6,090 
2,001 



5,31 

1,98 



8,091 7,29 



I 



179 



SiCULISR CATHOLIQUE ROMAIN EN RCBSU BN 1831. 




180 



m' fttXXVI. — ÉTAT DV CLERGÉ REGLLIEB CATHOLIQUE! 

I. — ReliL'ieii 



§ l.-Religi 



Total 




§ 2. — Religieus 



Total. 



48 



C12 



14,275 



U,2I6I 



ÉTAT DU CLERGÉ RÉGULIER GREC UM DES D 

§ 1. — Basiliei 



Métropole de la Hassie Blanche 

Métropole de la Litliuanie 


4 

8 

12 


8 
13 

21 


8 

1 

1 


6 


136 
206 

342 


17 
"17 


1 


3,869 
5,620 

9,489 


3,933 
5,300 


1 


ToLal 


6 




9,255 


4 






§ 2. — Basilicnnc 


Métropole de la Uussie Blanche 

Mélropole de la Lilhuanie 


3 

7 

10 


1 
t 


1 


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30, 
44 

"i 


» 

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1 

»' 

j 


U3 

1,330 


104 
1,271 








1 uiai 


1,413 


1,375 





l 



480 



iOilLtEB. CATHOLIQUE ROMAIN DES BEUX SEXES ETV RUSSIE EN iS5i. 

§ 1. — Religieux. 



Moiubre des 

sojeis 
ou vassaux. 



Q 



Suivant le dernier 
dénombremeni. 



23,339 



19,668 



Capitaux. 



Placés en 
biens fonds 

on 
au trésor. 



Non 
places. 



loléréis 

des 
capitaux 



En roubles d'argent. 



1,903,311 



174,809 



74,849 



Élablissements 
d'instruction. 



Écoles 

du 
district. 



140 



1,696 



Ecoles 
des pa- 
roisses, 



39 



804 



Hôpitaux 



11 



180 



Hôpitaux 

ou 

maisons 

de refuge 




§ 2. — Religieuses. 



14,275 



14,215 



572,904 



168,563 



31,871 



10 



62 



13 



3,552 



DtlER GREC UNI DES DEUx' SEXES EN RUSSIE EN 183t. 

§ 1. — Basiiiens. 



7 1 

n 


3,869 
5,620 


3,933 
5,300 


117,630 
318,541 


719 
12,130 


6,817 
15,388 


11 
11 


325 


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1 


1 
> 


> 

> 




12 


74 


7,239 
21,852 


9,489 


9,235 


430,171 


12,849 


22,353 


525 


> 


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12 


74 


29,071 




§ 2. — Basilicnnes. 


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113 

1,330 


104 
1,271 


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1 


1 


12,432 
77,260 


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118 
1*8 


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1,375 


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89,692 


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IV* ULJLim, -» LKTTBB PASTORALE DK MONSEIGNEUR LURCHE- 
VÉQCSDBS RVTBiNES UNIS, MÉTROPOLITE DE LÉpPOL, HALICC, 

Etc., *rc., Etc. 

, Michel Lewicki, par la miséricorde divine et par ^autorité 
du iaint'5i4ge apostolique , archevêque des Buthènes unis, mé- 
trcpoUte de Léopol et de UalicZy évéque de Kamieniec, etc, etc. 

Au Ténërable clergé des Rmhénes unis, salut dans le 
Seigneur, et bénédiction archipastorale. 

' Très-chers frères en Jésu»42iristl 

n est démontré, par les prenves les plus fortes de la 
science théologiqne, et il est connu devons tous, que la 
primauté de TEglise catholique est d'institution divine, 
ayant été conférée par J.-C, le sauveur du inonde lui- 
même, an bienheureux apôtre Pierre, et transférée aux 
successeurs de cet apôtre, les évéques de Rome. Mais il 
Tant la peine de déduire cette vérité relativement à l'E- 
glise d'Orient, des livres liturgiques de cette Eglise, qui 
jusqu'ici sont en grande estime parmi les non-unis, et 
qu^ils emploient constamment dans leurs liturgies. 
.. CSettè déduction, nous vous la communiquons, pour 
votre instruction, par notre présente encyclique. 

Et nommément : 

I. L'Eglise d'Orient honore la mémoire des liens de 
Fapôtre Pierre le i6 janvier, et dans ses Stichùres, dans 
ses Tropaires (antiennes et répons), constituant l'ofBce 
pour ce jour, elle loue itérativement et célèbre cet apôtre 
comme le fondement de F Eglise, le roc de la foi, le porte- 
clef du royaume des deux, le possesseur du premier trône 
apostolique, le premier de tous les apôtres, la lumière secon- 
daire illuminant les âmes, F immobile fondement des dogmes, 
auquel Cauteur de toutes les créatures luirinême a fait don des 
clefs divines et du pouvoir de lier et de délier, le désignant 
pour pattre les brebis, pour paître les élus, pour paître les 
agneaux. 

II. 12 



180 

II. I/Kglise orientulc proclame les mêmes choses du 
biçnlieareUx Pierre, le 29 juin, dans les Tropalres , les 
Stichires et les hymnes composés pour ce jour. En ce même 
jour et dans le même office, l'Eglise d'Orient célèbre à la 
vérité les louanges de Tapôtre Paul, mais elle vénère ex- 
pressément Pierre comme le /jrtmaf et le plus grand dés 
apôtres, et elle confesse itérïitivement que t Eternel a établi 
cet apôtre comme préposé et assis sur le premier tràtie ; que le 
Christ notre Dieu ta déclaré le ferme trésor du royatsme; 
que c'est à lui que le Christ a spécialement confié le gouvernail 
de sa divine Eglise, et ^quil lui a donné lé pouvoir de lier et 
de délier; que c'est à lui, eomme[au glorieux évéque des apô- 
tres, qu après sa résurrection il a premièrement apparu; que 
c est à lui, enfin, que, pour pi'ix de sa triple manifestation 
damour, U a confié son troupeau bien-aimé. \ 

Mais lËglise orientale professe de même, et enseigne 
c[ue )a primauté, conférée par J.-C. N.-S. au bienheureux 
apôtre Pierre, é passé à ses successeurs, les éyêques Âc 
Rome, comme il est prouvé par les passages suivants. 

m. A la fin du premier siècle de Tère chrétienne, saint 
Clément gouvernait l'Eglise romaine. Sa mémoire est vé- 
nérée ^ans TEglise d'Orient le a5 novembre, et dans son 
office, compris aux ilf^/i^es, pour ce jour, elle déclare que 
saint Clément a été disciple du premier entre les apôtres , 
et qu'il s'est édifié lui-même sur cette roche comme une 
pierre honorable; que de f Occident il a lui comme tm soleil 
rayonnant; que de sa doctrine il a illuminé le monde, se re- 
fondant jusqu'aux régions orientales ; qu'il a annoncé les pré- 
ceptes divins jusqu'aux extrémités de la terre; que semblable 
h Paurore il a répandu sa lumière sur le globe entier; qu'il 
a expliqué à tous la loi divine, et parfait les doctrines de CE- 
gUse ; que par ses prédications tous ont été amenés à la foi du 
Christ; qu'il a reçu du Christ, sauveur du monde, le pouvoir 
de 'ier et de délier les péchés; que , en qualité Je disciple et de 
sectateur de Pierre ^ il est véritablement devenu l'héritier de 
son siéfjc; et que, enfin, F Eglise cousidrrc /es jncceptcs quelle 



a vécus de lui coftune son jmncipal oni^tntini , duqud. elle se 

IV. Au temps de i'eippereur ConMantii^i vers Tan 3f 4» 
Sj^jr^^ SUvc^stre occupait le siège rovaiof L*£glise orientale, 
c4\éï^ni le :f japvier m mémoire, »^«xprime ainsi sur ce 
gfiiu; pputife ; <,U a été la colonne de feu dirigeant le «acre 
Q?lMge (1^ corpf^ de&évéques); le fleuve de sa doctrine a ar- 
roié tpute la terre; ses discours avaient la douceur du oûel 
eq quelque lieu qu'ils se répandissent, et la lumière de sa 
dpctrine a éclaira l'univers ; il a été le prio^ac du çacré col- 
lège et Tornement du premier trône apostolique; cbefi di- 
vin des Pères consacrés, il a confirmé la. $aiQte doctrine , 
et i),9,ferqité les bouches impies des hérétiques « etc. 
. .y. Vers le milieu du cinquième siècle, le siège de Home 
était çcqupé par saint Mon. Ju'BgUse d'Orient célèbre sa 
mémoire le i8 février*, et, dans l'office composé en son 
hpuneUTt elle, l'appelle le chef de l'orthodoxe Eglise du 
Çh^St, Tœil et. le ferme fondement de la foi, l'union du 
suprén^e collège (des évéques), la règle certaine de la doc- 
trine , le possesseur du siège primatial de Pierre , resplen- 
dissant des yerjtus et du 9/^le de cet apôtre, la colonne de 
l'Eglise orthodoxe du Christ, le vainqueur de toutes les hé- 
résies» Taufore et le soleil resplendissant de TOccident, le 
véi)èral^le ^i^cceiseur de Pierre, doué de sa primauté et de 
la. fçry^ur de sou 9èle, 

yir Au milieu du septième siècle , ^«int Martin gouver- 
nait l'Eglise romaine. L'Eglise d'Orient honore sa mémoire 
le^4 avfilf et , dan? l'office prescrit pqur ce jour dans les 
M.4né^t elle rappelle,, piU'mi d'autrçs louanges, « qu'il a 
été le glorieux ius^tjçucteur de la doctrine orthodoxe et le 
chef ^ncère des sacrés principes divins. » Elle l'appelle 



* Il eu rMn^rqiMlblr ^d^ «n fut ce gttqd pr|)« qui rtO««» la.taq«tion a|>ot(oliqnc 
aux iroii dernirr^ canons des conciles deClialc^doine, qui assifjnaieni au patriarche 
de CopsuniiDople le second rang dans rtlglisc. Aujourd'hui, l'tvrfjue ilo Rysance 
prétend au premier rang , et l'Église d'Orient le lui reconnaît , et crpmilant elle 
vénère la mémoiic dr saint l.don, qui lui refilait \e <r(oiiil. 



182 

encore « un fleuve rempli des eaux spirituelles; un can- 
délabre brillant de la lumière de l'orthodoxie, venant à la 
vérité de rOccident, mais brillant aussi dans FOrient; rem- 
pli! dé zèle et consolidant la doctrine de TEglise; injus- 
tement précipita du siège de Rome, et affligé par des 
hommes' d'iniquité *, et néanmoins s'avançant tomme la 
lumière da isoleil et éclairant tous les orthodoxes. » Elle 
ajouté enfin t que saint Martin a été Tornement du siège 
de Pierre, et que sur ceiite pierre il a conservé rimmùable 
Eglise; que, cotiitné on brillant soleil tourné vers TOrient, 
il Fa éclairé de TOccident, et que des rayons de Tortho- 
doxie il a illuminé la terre tout entière. ' 

De semblables éloges se trouvent encore dans d'autres 
livres litut^qués de TEglise d'Orient et dans les œuvres 
de ses 'plus célèbres écrivains. Il suffira pour cette fois de 
citer les suivants. • ' 

a. A la louange du saint pape Célestin , revêtu du pon- 
tificat entre 4^3 et 432, il est rappelé dans les Synaxaires 
de TEgliie orientale, pour le 8 avril, qu'ila étouffé Thé- 
résie impie de Nestorius , qu'il a fait déposer du siège de 
Constantinople le patriarche, coupable de blasphème envers 
la Vierge mère de Dieu. 

b. A la louange de saint Agapète, pape romain qui flo- 
rissait au sixième siècle, il est dit : c qu'il a privé du siège 
patriarcal de Constantiiiople Antime, infecté de l'hérésie 
eutychienne, et qu'il y a élevé à sa place le patriarche 
Mennas. « 

c. A la mémoire du saint pape Grégoire II , parvenu à 
kl chaire romaine en 7 1 5 , les Menées du 1 2 mars disent : 
« Dieu t'a appelé pour être le suprême èvéque de son 
Eglise et le successeur de Pierre, le prince des apôtres. » 

d. Saint Théodore Studite, demandant au pape Léon III> 
qui occupait le siège de Rome à la fin du huitième et au 

* Ce taial pape fui enlevé de Borne par l'ordre de l'empereur Constant, fauteur 
det hérétiques. Il fut détrnu dans un affreux cachot pendant trois anuées , puis re- 
Uf^nr dans la Cherioné:te-Tanrique, où il monrui de niijèrc le 18 septembre <l.'»ri. 



ii 



185 

coininencement du neuvième siècle, la suppression de la 
pecnicieuse doctrine des hérétiques , s'exprime ainsi dès le 
commencement de la lettre qua ce sujet il adveasait au 
pape ) qu'il appelait le Père des Pères et le pape apostoUque ; 

« Puisqu'après avoir donné au grand Pierre les défo du 
royaume des Gieux, le Christ, Notre Dieu, lui conféra én^ 
core la dignité de la principauté pastorale, il est nécessaire 
que tout ce qui, dans TEglise catholique, est ihnové par 
ceux qui s'écartent de la vérité soit rapporté à Pierre ou 
à ses successeurs. CTest ce que nous aussi humbles 'et les 
moindres de tous , mais enseignés par nos Pères saints et 
anciens, croyons devoir faire , depuis que dans notre Eglise 
une nouveauté s'est élevée, en en référant par notre simple 
lettre à l'ange de votre suprême béatitude. » Daiis le cours 
de cette lettre il appelle le même pontife : c Le très>divin 
chef de tous les chefs, Tarchipasteiir de TEglisequi est sous 
le Ciel; » il l'appelle à plusieurs reprises : « revêtu de la 
divine principauté pastorale. » 

Le même saint Théodore Studite , demandant recours 
contre les Iconomaques , appelle le pape Paschal , dans la 
lettre qu'à ce sujet il adresse à ce pontife, c le chef apo- 
stolique , le pasteur préposé par Dieu aux brebis de Jésus- 
Christ; le portier du royaume des cieux; la roche de la foi 
sur laquelle est bâtie l'Eglise catholique; Pierre, en ce 
qu'il orne et gouverne la chaire de Pierre , etc. ■ 

Écrivant enfin aux frères dispersés , détenus pour Jésus* 
Christ dans les cachots et dans les exils , il les exhorte « à 
fuir la communion des hérétiques et à rester unis à TEglise 
cathohque; car, ajoute*t-iI, cette Eglise bysantine en est 
une branche hérétique et séparée qui se laisse fréquem- 
ment retrancher des autres *. » 

Il est évident que toute l'Eglise d'Orient pense de même 
avec saint Théodore Studite, car cette Eglise, célébrant la 



' Théodore Siiidiic, cpiire$ {;rcc<(itcs ci latines- Taris, 1090, iii-'.oli 
^|iitre 33«, p. 300 et suit. 



181 

mémoire de ce saint le ii novembre, dans'-l office destiné 
à ce jour, le loue d'avoir é.té le défenseur de l'orthodoxie , 
le.précLicateur ardent de k vérité, la colonne de la forte- 
resse, de la foi orcbodoze; oo de ce qu'il a éclairé tont le 
monde par sa doctrine , et réprimé les dogmes impies des 
hérétiques , etc. '» (■>' 

lOr, il existe dans l'Eglise orientale une ordonnance qui 
prescrit de faire lecture des discours du même saim, dans 
les monastères, après la LUie, en commençant au dimanche 
du pharisien et du publicain. Cette lecture doit être faite 
par le faégonmène en personne ou , en son absence , par 
Tecclésiarque , et to|i» les frères doivent y prêter attention. 

Toutes ces choses et beaucoup d'autres encore montrent 
jusqu'à Tévidence que Tantiqne Eglise orientale était fet< 
mement persuadée, et enseignaii ouvertement, que la pri» 
mautë de Pierre a été divinement instituée par N.-S. J.-C. 
lui«même ; que de e^t apôtre elle a passé à ses successeurs, 
les évêques de Rome, et qu'iU ont à plusieurs reprises 
exercé cette même primauté en Orienf. 

Les choses ainsi établies, il nous reste , chers frères, à 
considérer ce qui sait : 

I. Les pauiarches de Constantinople Photius et, long- 
temps après Ini,^ Michel Cérulaire, qui les premiers osèrent 
nier la primauté du pontife romain , ne peuvent en aucune 
manière être excnsés , car ils osèrent renverser une vérité 
établie par N»>8. J.-C. lui-même , comme par la tradition 
continue de l*Ëglise universelle, et saintement gardée en 
Orient aussi bien que dans TOccident. Qui ne voit que par 
nne si damnable audace tout téméraire peut être focile- 
ment induit à aller plus avant, et jusqu'à la hardiesse de 
renverser, non pas seulement la primauté dans l'Eglise 
fondée par N.-S. J.-C, mais son Eglise elle-même, les 
dogmes révélés et les mystères sacramentels institués par 
lui? Et c'est aussi ce que, au seizième siècle, osèrent ten- 
ter Luther, Calvin , Zwingle et leurs adhérents , et ce que , 
confiants outre mesure en leur propre génie, font encore 



185 

lés inrtombrabies enneUiis de Jésus-Christ et dé «a révéla-* 
titttt , faisant tisage de toutes leur» forces poui' sé persuader 
à eiix>mémes et à d'autres qu*îl ne faut accorder kiicane foi 
à TEglise; que le mode du culte à rendre à Dieu est aban- 
donné au choix de cbacUn ; qne de quelque religion qtie 
chacun fasse choix, à quelque Eglise qu'il appartienne^ 
et lors même qu*il ne serait membre d'aucune Eglise, son 
salut n*en est pas moins partout assuré. 

2. La primauté attribuée par Photius et par Cérulaire 
au patriarche de Constantinople n'est pas de droit divin, 
et pas le moindre document ne peut être allégué en sa 
faveur, ni dans le texte de la sainte Ecriture, ni dans la 
tradition. Elle n'est fondée que sur l'opinion erronée de 
ces denx coryphées du schisme , et elle n'a que le caractère 
d'une institution humaine ; raison pour laquelle elle a subi 
le destin commun aux choses humaines; car, tandis que la 
véritable Eglise catholique, édifiée par N.-S. J.-C lui-même 
sur la très-solide roche contre laquelle les portes de l'enfer 
ne prévaudront jamais, reste debout et immobile depuis 
plus de dix-huit siècles, et que le pontife romain maintient 
fermement et exerce ses droits antiques primatiaux sur la 
terre entière, que de malheurs ont atteint le patriarche de 
Constantinople et l'Eglise orientale tout entière dont il a 
usurpé la primauté ! Les plus grandes portions de cette Eglise 
ont depuis longtemps renoncé à la suprématie du partiarche 
de Constantinople, pour se constituer en Eglises nationa- 
les, indépendantes de toute autorité ecclésiastique, et elles 
souffrent que, conformément aux opinions acatholiques ^ 
les choses saintes soient adtaihistrées par des synodes ins- 
titués çà et \h. par les puissances civiles et dépendant du ca- 
price de ces mêmes puissances ; cela contrairement à l or- 
dre antique de la sainte hiérarchie, fondée par N.-S. J.-C. 
lui-même et conservée conformément aux doctrines apo- 
stoliques. Enfin, les Orientaux proprement dits , tombés en 
une infinité d'erreurs l'une à laulre contraires ', ne sont 

« Au dix-septième siècle, Mcli:c Siiiorlr.\sijki , aiclicvèquc non uni de rolot>k: ei 



plus unis, ni entre eux ni au patriarche de Con$tantJoople, 
par aucun lien de soumission ou d'obéissance. Ils n'ont plus 
qu*ini principe de concorde avec le patriarche de Gonstan- 
tinople, qui est le refus obstiné de reconnaître la véritable 
Eglise catholique et son primat y le pontife romain. Ce n*est 
donc pas sans raison que Ton peut dire que les régions 
orientales subsistent , mais que VEglise (TOrtentf ancienne- 
ment si florissante par son union avec TOccident, a cessé 
d'exister depuis que, séparée de cette union, elle est déso- 
lée et desséchée comm^ le cep arraché à la vigne ; ecw tout 
royaume divisé contre lui-même sera désolé y et toute ville ou 
ntaison divisée contre elle-même ne subsistera pas. 

C a donc été une résolution bien fondée et pleine de sa- 
gesse que celle qui a été prise par les Grecs , au temps du 
concile de Florence, d'abjurer Terreur de Photius et de 
Cérulaire, et d'embrasser l'ancienne union avec l'Eglise 
d'Occident. Et nos aïeux de la nation ruthène n'ont pas 
agi avec moins de sagesse et de bonheur, à la fin du dix- 
septième siècle, lorsque, à l'aide de la grâce divine , ils ont 
reconnu la même erreur, et rendu la soUmissioa et l'o- 
bédience dues au pontife romain, Clément VJII, qui alors 
occupait la chaire de Pierre. Depuis, les Ruthènes unis de- 
meurent comme le cep dans la vigne véritable ; et ce que, 
comme nous l'avons vu , ils chantent dans leurs Menées du 
bienheureux apôtre Pierre et de ses saints successeurs 
Clément, Silvestre, Léon, Martin, il;i ne I'î professent pas 
seulement de bouche, mais aussi de cœur, comme il appar- 
tient à de fidèles sectateurs du Christ. 

3. Quoique, depuis le schisme Photien, il se soit glissé 
aux livres liturgiques de l'Eglise orientale des erreurs graves 

anugonitie paittoonë de l'union qui se traitait à cette époque , dëclare daus un ^crit 
imprimé en 1628, qu'il counait par sa propre expérience les graves erreur* qui, 
déjà de ton temps , s'étaient glissées dans les doctrines de l'Église d'Orient. Ce pré< 
lat , de retour d'un Toyage qu'il avait fait en Orieni , abjura le schisme et embrassa 
la communion de l'Ëglise romaine, sons le pape Urbain VIII. Voyei aussi la disser- 
tation de Jacques Sutsen , c>équc de Clieliu , sous ce litre : l'anl et Saul de la lui- 
lion ndlivnienne , iuipriiucc à Home en IHQO. 



et contraires à la loi confirmée par une tradition conti- 
nue depuis les temps des Apôtres, cependant, et comme 
nous l'avons dit, il n est entré dans l'esprit d'aucun désuni 
de corrompre ou d'éliminer des Menées ce qui y est dit de 
la primauté dérivée de Pierre l'apôtre au profit de ses suc- 
cesseurs les évêques romains. Elles sont demeurées intac- 
tes dans leurs versions slaves, illyriennes, valaques, etc., 
même dans leurs plus récentes éditions. Et que nul ne 
pense que cela soit arrivé par quelque aveugle hasard, 
mais plutôt par une disposition de la Providence divine , 
qui daigne toujours diriger miséricordieusement toutes 
choses à ses très-sages fins, qui ne souffre jamais que quel- 
que mal advienne aux hommes, sans qu'aussitôt elle ne leur 
prépare un remède à leur portée pour revenir au salut. 
Pourrait-il bien arriver que ce qui chez les désunis est si 
solennellement chanté, à des jours fixes de Tannée, et con- 
signé dans les Menées de leurs offices divins, à la louange 
de la primauté conférée à lapôtre Pierre par N.-S. J.-C 
lui-même et transmise aux évêques romains, légitimes suc- 
cesseurs de cet apôtre, ne touche jamais leurs cœure et ne 
les ramène pas un jour à embrasser cette même vérité que 
si souvent ils chantent à haute voix et prononcent de 
leur propre bouche? Nous voyons cependant avec quelle 
rigueur ils insistent, même chez nous, sur le rétablisse- 
ment et sur l'exacte observance des rites antiques et des 
cérémonies primitives de l'Eglise d'Orient. Et ce zèle même 
manifeste Timpulsion de la grâce divine, aux yeux de la- 
quelle mille ans ne sont que comme la journée dhier qui s est 
écoulée; et certainement cette grâce fera tôt ou tard que, 
s'occupant avec tant de zèle des choses extérieures de l'an- 
tique Eglise orientale, ils en viennent enfin à reconnaître 
la doctrine professée dès la plus haute antiquitt et sain- 
tement conservée par cette même Eglise, et qu'ainsi ils 
retournent à l'antique union avec le pontife romain ; union 
que saint Athanase, saint Jean Chysostome, saint Ignace 
et unt d'autres Pères et prélats de l'EgUac d'Orient, éga- 



188 

leii&ént il1ustre$ pâf leur doctrine et par lâ saîoCeté de leur 
vie V et zélateiirs éùi-itaénlës des rites et des cërémbnies 
aotiqdèë , n*ônt êessë de dôurrîf. Alors seta atteint Teffet 
dé cé^^^rièré^ qde/eti Conformité de ées cérémonies et de 
ceiÉ rites àntlqtids', \U répètent d*une voix solennelte aux 
lîtàrgîes dé^Sàiiit Jean Chi^sostome et de saint Basife, sV- 
criant api*és là consécration : Et donnez-nous de glorifier 
d'une Seule Bouàhè et ^un C(eur^ et de lùuet votre vénérable 
et magnifique nom dû Père, du Fils et du Saint-Esprîty niàin- 
tenûntei toujôïtrs et daris'les siècles des siècles. Jmen, Et un 
pea plus loin, ayant foraison dominicale : /)cm<7nc/ant Tu- 
nion de la foi et ta corÀthunioh du Saint-Esprit , recommandons- 
nous nous-mêmes étTun Fautre, ainsi que toute notre vie, au 
Christ notre Dieu!" ' 

La mêrtie prière est récitée chaque jour dans FEglise 
des Ruthènes unis , implorant ainsi , du Dieu tout-puissant^ 
pour elle le don de la persévérance dans son union avec 
TEglise cadiolique et, pour ceux qui ont abandonné cette 
Eglise, la grâce de la conversion, afin qu'un jour ils ren- 
trent au sein de la mère abandonnée par eux, et que dans 
Tunité y non-seulement de boucbe, mais aussi de cœur, ils 
glorifient le Père céleste. 

Les adversaires de la sainte union , outre les autres mo- 
tifs de leur aversion pour l'Eglise romaine, ont coutume 
d'alléguer que cette Eglise s'efforce de substituer le rit la- 
tin aux rites orientaux , de déroger à l'autorité et à la juri- 
diction àes évéques grecs , d'entraîner leurs ouailles au rit 
latin, et de tendre ainsi à supprimer, pied à pied, l'Eglise 
unie ; motifs pour lesquels ils prétendent que cette Eglise 
se voit spoliée de ses biens et de ses lionneurs , son clergé 
et son peuple livrés au mépris , et toutes clioses en elle 
réduites au plus misérable état. 

Des monuments publics attestent et fout voir combien ces 
assertions et d'autres semblables sont éloignées de la vérité. 
Car, passant sous silence beaucoup d'autres choses, nous fe- 
rons remarquer q'ie, par les actes méuie du concile œcumé- 



189 

Inique de Florence, il est prouvé que l'Eglise rblnaine n avait 
pour bat que k seule unité delà foi et de la charité; qu'elle 
laissa intacts, pour Fusage des GrêCJ, les rites'orientaux ; 
et qu'elle conserva entière à leurs métropbîftés et à leurs 
ëvéipes la juridiction et Tautorité compétentes à chacun 
d'eux. Dans des temps postérieurs, et lorsque les Huthënes; 
sons le pontificat de Clément Vllf, embrassèrent l'union , 
la chaire romaine n'altéra en rien leurs rites et n'abrogea 
nullement la juridiction métropolitaine et épîscopale ; elle 
voulut, au contraire, que tout demeurât intact, n'insistant 
que sur cette unité de doctrine et de discipline que mainte- 
nait rantique Eglise d'Orient ^ Il existe, en outre , une mul- 
titude de décrets et de constitutions des pontifes romains , 
qui ordonnent la conservation du rit grec parmi les unis, et 
qui interdit le passage arbitraire de ce rit au rit romain *. 
Il est erinn connu de tous, et c'est ce dont nous vous avons 
encore fait part par l'encyclique émise par nous, le 1 6 février 
de l'année dernière, en conséquence de Tallocution de notre 
très-saint seigneur le pape Grégoire XVI, gouvernant ac- 
tuellement et heureusement l'Eglise, avec quelle paternelle 
sollicitude les pontifes romains se sont toujours occupés des 
Rnthènesunis, et comment, entre tant d'autres bienfaits 
dont ils ont été comblés, ils ont érigé, en divers lieux et 
nommément en celte ville de Léopol, sous la direction des 
PP. Théatins, des collèges destinés à l'éducation des clercs 
ruthènes dans la sainteté de la foi et des mœurs '. 

n en est résulté que déjà, dans le dernier siècle, et avant 
qu'eût eu lieu la réclamation de la Gallicie, l'Eglise desRu- 

• Bref de ClemciU VTII aux archevêques et e*»éque« Je la nation raihéniciinp , 7 
fërrier 14Ô5, e«Bimcn(;aBt fàr ce» paroles : BeiitdkUt sit Ukffastor bonni. BuHe A» 
même poutifi : Dcus, t-omanum ponltfictm, 7 des caksmlet tic man 1Ô93. 

> Décreu «le Léon X , 18 mai I5Î1 ; de Clémeni VII, 2U mars |.">2« ; de Paul V, 
10 décembre Itil.»; d'Urbafo Vlll , 7 ftvricr et 7 joillci 162 4 ; de Ilcnoli XIV, de* 
2 1 décembre 1743, Il mai I7it, 29 mars 1751 et 18 septembre 17:.l, et de 
PieVn, I3juin 1802. 

' L'encyclique porle ici énuméraiiou d'un bon nombre d'évéquc» cl de prêtre» du 
rii grec rettés célèbre» par leur érudition théoIo(;iquc. 



190 
ihènes unis a produit des clercs solidement versés dans les 
sciences tbéologiques , et qui se sont distingués dans les 
plas émincntes fonctions de l'EglUe aux trois diocèses de 
Léopol, de Halicz et de Kamieniec, soumis à un seul éyê- 
qc^ résidant à Léopol, mais ayant alors leurs cathédrales 
propres et leurs chapitres distincts *. 

Tant s'en fout donc que par suite de l'union l'EgUse ru- 
thène ait perdu quelque chose de ses rites ou de sa splen- 
deur, quil est au contraire évident que ses honneurs se 
sont accrus en proportion de la meilleure instruction de 
son clergé, dont il était entièrement dépourvu dans Tétat 

de désunion. 

Rien n est donc plus mal fondé que ce que rêvent nos 
adversaires d'une dépression quelconque que l'union au- 
rait attirée à l'EIglise des Ruthènes , s'efforçant d'attaquer 
par l'injure et même par la calomnie cette union, dans 
leurs œuvres théologiques et jusque dans leur enseignement 
des choses divines. Ces calomnies ne sauraient certes nuire 
à la vérité, et elles leur conviennent on ne peut pas plus mal. 
Mieuxleur vaudrait de consacrer tant d'efforts à la recher- 
che de l'ancienne doctrine de l'Eglise d'Orient; peut-être 
parviendraient-ils plutôt à reconnaîure à quelle distance ils 
se trcavent de la doctrine et de la discipline de cette sainte 
Eglise. Mais, hélas ! ils ne savent ce qu ils font. Pour vous, ne 
TOUS laissez point ébranler par leurs arguties; réjouissez- 
vous plutôt de ce qu'U vous est donné de maintenir cette 
union sainte, de laquelle découle tout l'honneur de notre 
EgUse. Car, que sert de vanter la splendeur extérieure des 
rites et des cérémonies, ou les ornements ecclésiastiques 
et leur magnificence, lorsque cette pompe des ornements 
et des rites n'offre aucun refuge contre les pénis qui me- 
nacent le salut? Or, il est évident que ceux qui déchirent 
runité de l'Eglise s'exposent à ce péril , puisque N.-S. J.-C. 

. Suit rexpo.;.ion d« fareur. accorJéc. à Uz^^c crrcquc urne de Gallicic, par 
le. «..«raioVet prinm de la maiso.. dAu..ichc; uou. la .upprimons comme nof- 
fraot «|u'uo iotcrél local el «ecoodairc. 



191 

a dît : Je suis in voie y la vérité et la t;i>, et je suis la viyne 
véritable, vous êtes les ceps. — Je suis la porte y si if uelqu un 
entre par moi il sera sauvé.... Je suis le bon pasteur^ et fat 
d autres brebis qui ne sont pas de ce bercail; celles-là aussi il 
faut que je les amène , et elles entendront ma voix, et il ri y 
aura plus qu un bercail et un seul pasteur. Le tout-puissant 
Sauveur a donc vouln que dans ce monde'visible il y eût 
UNE Eglise visible soumise à la vigilance d*UN seal pasteur 
visible; et dans cette Eglise unique il a dépose tons les 
moyens de sajut. Et lorsqu'il dit à Pierre : Cest à toi que 
je donnerai les clefs du royaume des deux.... confirme tesfrè- 
res.... pais mes agneaux ^ pais mes brebis; il a établi cet ap6^ 
tre, à sa place, pasteur suprême de cette unique Eglise qui est 
la sienne. Ceux donc qui méprisent cette unique Eglise du 
Gbrist fondée sur Pierre, ceux qui Tabandonnent, qui la 
déchirent pour se construire des Eglises nationales, cenz>là 
ne résistent'âls pas aux commandements de N.-S. J.-G. , et 
n^exposent-ils pas leurs âmes à un péril imminent, ainsi 
que le déclare le Sauveur lui-même , lorsqu'il dit : Celui 
qui me méprise et qui 7i accepte pas mes paroles à quelqu'un 
qui le juge, les discours que j'ai prononcés le jugeront au 
dernier jour. 

Le danger de ce jugement si terrible, l'Eglise rulhé- 
nienne s'y est soustraite par l'union. Car plusieurs mêlions * 
de ses fidèles , ramenés à Tunique et véritable bercail du 
Christ, écoutent la voix du pasteur unique des agneaux et 
des brebis, et se glorifient bien moins de la propriété exté- 
rieure de leur Eglise qu'ils ne se réjouissent, à bon droit, 
et rendent à Dieu de continuelles actions de grâces , de ce 
qu'il a voulu qu'ils fussent compris dans l'Eglise qui, édi- 

* Suivant le* tableaux de la population les plus rëcenti, l'on compte dans Tar* 
chidiocèse de Léopol , 1 ,259,502 ame>. 

Au diocèse de Preroytl, 820.l(i8 

AuK deai diocèses , 2,079,670 imes rutbénes unies. 

Un en compte encore un très-grand nombre dans les autres domaioes delà mo- 
narchie aiitrirliiennc, principalement en Hongrie. 



492 

fiée par 5î.^. J.-C. lui-même, suUisU depuis plus de dix-Jiuît 
*iè<;lf i; au seio de Uqoellc se conierve dans toute son inté. 
grité Udpctrii^e de ^^. J.-C,,«t PÙ sont adminUtrés les 
Iiiy*l4re« du salut mmtués par lui î Eglise doùt la foi s est 
répandue par tout Tuoiver»; contre laquelle d'innombrables 
ennemis ont «* vainjrémi et médité d'impuissantes attaques ; 
è la téie de laquelle d4jà d«ax cent soixante-sept primats 
^ sont succédé sans interrtiption , à commencer du bien- 
bjeureujc Pierre» prince ,des Apôtre», «t qui est bonoré, 
copune le montrent les aocUmente biitoriques, non-seu- 
lement de ceux qui professent une autre foi , mais même 
des infidèles; Eglise que, »ême de nos jours, illustrent 
a^s jbpmiues apostoliques qui, sous la direction du pontife 
inn^in , pirê^nt } i foi aux régions les plus reculées de la 
terre, et la scellant de lenr sang, à l'exemple des saints 
confesseurs et njartyrs de la primitive Eglise, sont dignes 
des louange*par lesquelles autrefois le bienheureux Pierre 
célébrait la vertu^ et la constance manifestées dans la foi 
de« anciens patriarches depuis l'origine du monde jusqu'à 
David e; jusqu'aux prophètes. 

Vous voyez donc, chers frères, combien d'avantages ré- 
sultent pour nous de l'union avec la sainte Eglise catholique 
romaine, non-seulement dans l'ordre .temporel, mais, ce 
qui est de la plus haute importance, dans l'ordre éternel. 
Ne ciessez jamai» d'en occuper pieusement vos esprits , et 
récapitulez a^idAment les choses que nous venons de vous 
exposer, nan»8^uJement dans vos études privées, mais aussi, 
comme nops vous l'avons déjà d'autres fois recommandé, 
daof» les êynodes d^écanaux où, conformément à l'antique 
]i^ï du diocèse, vous vous assemblez à chaque trimestre; 
afin que, fermement convaincus de l'excellence de la sainte 
union, vous puissiez aussi y confirmer le peuple des pa- 
roisses qui vous sont confiées. Cette union, comme nous 
vous l'avons dit, n'exige nullement l'abolition des antiques 
rites orientaux. Ils ont pour auteurs des saints Pères do 
VEgVise, et sont saints eux-mêmes. Gon^ervoz-les ave(r fer- 



195 

metë,et ne souffrez pas que qui que ce soit y porte pré- 
judice* Maiâ fouvenez-vouâ aussi que les ritafl^lÉiint, non 
moins que ceux de r£glise arménienne qui fleurie en Gai- 
licie^ sont également lfi§ oeuvres de eaints Pères àe TEgiise 
et sont également saints. Accordez donc k ces rites un pieux 
respect, et gardez-vous surtout que^ par votre faute, vous 
ne paraissiez dérogera leur sainteté ou aux droits du clergé 
qui les professe. Vous le savez, que le royaume de Galikie, 
et principalement sa capitale, la ville de Léopol, se distingue 
par cet honneur insignç, qui souvent a été consigné aux 
annales de Jliistoire , et qui vraisemblablement ne se ren- 
contre en aucun autre lieu : c est celui de renfermer dans 
ses murs des clergés et des peuples de trois rites différents 
et soumis à des ordinaires spéciaux ' pour chacun d'eux^ 
mais qui nenprofessentpas moins une seule et mêm^J^oi^ et 
qui sont soumis au seul chef de t Eglise universelle , ,/e pontife 
romain; qui adorent ainsi ^ dans r unanimité des cœurs , im seul 
Dieu, étant ^xmis dans un même esprit par une charité mu- 
tuelle. 

Ayez donc soin, cliers frères, de conserver cette unité d'es- 
prit dans le lien, de la paix , afin que parmi vous se vérifie 
toujours cette belle parole du saint psalmiste : Qu'il est bon, 
quil est doux (V habiter ensemble en frères ! car c'est là que le 
Seigneur a envoyé sa bénédiction et la vie pour les siècles ! 

Du reste, que la grâce de N.-S. J.-C. , et la charité de 
Dieu, et la communication du Saint-Esprit soient avec vous 
tous. Amen. , • 

Fait à Léopol, en notre cathédrale archiépiscopale de 
Saint-Georges, le grand martyr, le lO* jour de mars i84i- 
Signé: Michel, métropolite. 

• L« »nie ée Léopol r»t eo effet gouvera^ , ao spirkuci , par troJ« si^Rc» métro- 
JwiiuiiM c«tboliqoes : aa tiége Ulin , wn MC§e grec uni et lui tiége arraénien , lou* 
chant tableau de la concorde de la foi oialjré la diveriiié des ritet. 



i9i 

N* UUl¥in.-BMIP POHTIFICAL DE 8. S. LE PAPE GKéOOIBB XVI. 

^u vénérable frère Micliely arcltevétjue de LéopoL, de Ualicz 
r-< et fU Kamieniec y du rit BtUhène. 

Grégoire, PP. XVI. 

Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique! 

Il nous est parvenu un exemplaire de la lettre pastorale 
donnée par vous le to mars de cette année, dans Tintention 
de recommander avec le plus grand zèle au clergé de vos 
diocèses, et par lui aux Butbènes fidèles commis à vos 
soins, la doctrine de la suprême autorité du Pontife rô* 
main , et la nécessité de se maintenir en communion avec 
lui. Par cette preuve de votre vigilance et de votre zèle , 
la très-amère douleur dont depuis longtemps Notre rjeur 
est abreuvé, à cause des dommages qu^a soufferts en quel- 
ques lieux, de la part des Rutbènes, la religion catholique ; 
à cause aussi du grand danger que courent pour leur reli- 
gion tant de Nos fils en Jésus-Christ; mais surtout à cause 
de Tépouvantable crime de quelques évêques Rutbènes , 
qui , ayant , il y a deux ans , passé aux Gréco-Russes aca- 
tboliques , ont levé des armes parricides contre la Mère- 
Église; cette amère douleur a reçu quelque soulagement. 
Cest pçurquoi Nous vous félicitons de tout Notre cœur, 
dans le Seigneur, de ce que, bien que vous gouverniez un 
troupeau placé sous la souveraineté d'un prince catholique, 
rempli pour lui de bienveillance et d*amour, il n a pas ce- 
pendant échappé à votre prudence combien est grande or- 
dinairement la force de si mauvais exemples, et de quels 
artifices se servent les acatholiques pour séduire les simples ; 
et de ce que, par ces motifs, vous avez compris le devoir 
de vous occuper avec sollicitude du salut de vos ouailles 
chéries, en résistant, dès le conunencement , de toutes vos 
forces et de tout votre pouvoir, aux périls dont elles sont 
menacées. Nous vous félicitons spécialement du moyen 



195 

qu'avec tant de prudence vous avez choisi , en faisant 
usage des témoig^nages confirmatifs de la primauté ponti- 
ficale contenus dans les livres liturgiques dont se servent 
les Ruthènes, ou Gréco-Russes, soit catholiques, soitaca- 
tholiques, de toutes nations, même de nos jours. Certes, 
il devait suffire à tons ceux qui se glorifient du nom de Chré- 
tiens de cette convaincante démonstration qui éclate dans 
les livres saints , aussi hien que dans la constante tradition 
des Pères anciens de TOccident conmie de l'Orient , et par 
conséquent dé la doctrine irréfbrmable de l'Église univer- 
selle. Toutefois, la confirmation de ce dogme tirée des 
livres même que l'antique usage recommande au respect 
des Ruthènes , et qui (comme vous le remarquez très-hien) 
ont été traduits en beaucoup d'autres langues, ont une 
force encore plus grande pour maintenir les Catholiques 
de ce rit dans la sainte union , en même temps qu'ils ré- 
futent surabondamment les Gréco-Russes, c'est-à-dire les 
Ruthènes acatholiques, par des témoignages sortis de leur 
propre bouche. Il importe peu même si, dans ces derniers 
temps, ils ont supprimé ou artificieusement corrompu quel- 
ques passages de celte espèce : de pareils changements , 
outre qu'ils rendraient inexcusables leurs auteurs, ne fe- 
raient que rendre encore plus évidente et plus manifeste , 
par l'e^et même de leur fraude, la force de ces témoignages. 
Ce qui n'est pas moins opportun dans la cause , c'est ce 
que , dans votre lettre , vous avez fait remarquer de l'état 
actuel de la schismatique église de Constantinople, ainsi que 
des autres rebelles à l'autorité de ce saint-siége , qui , tom- 
bées en diverses erreurs, et peu à peu séparées les unes des 
autres, ne conservent plus même l'ombre de cette unité 
sainte , catholique et apostolique qui doit appartenir à la 
véritable Église de Jésus-Christ, comme eux-mêmes le pro- 
fessent avec nous dans le symbole de Constantinople. A ce 
sujet vous avez savamment observé que plusieurs d'entre 
elles sont tombées dans une sujétion absolue des pouvoirs 
civils, et que, contrairement à Tordre hiérarchique institué 
ir. 13 



19C 



narNotre-Seigneur Jésus-Christ-, elles sont gouvernée» de 
Lmanièrelaplusabsolue et laplus arbitraire par ce, mêmes 

^itZ a été également trè«.8^1e de Ure dans votre 
Uttre ce que vous , feites remarquer .ur ceux ?"'«»'»»»; 
Le de «ilomnier le saint-siége. avançant çid sétudte à 
éloigner de leur rit propre, soit le» autre. Onentaux, .wt 
S^Ruthène. qui leur »o« soumis, afin d« les amene^ 
enfin au rit latin. Combien cette asseruon s éloigne dete 
vérité, cela r^sort avec la plus g^nde ^vjdence d «n p^d 
nombre de règlemenU émanés des PO°«î«^""^" ' "^ 
Z par vous, eu vertu desquels l'usage de leur» ntes sont 
ÏomCëment permis a^ autre» orientaux con^e^x 
Rutbènes cathoUques, à la seule condition gue <^sraes 
Î!Ï 4. de Straire à la virUé ci à la foi catholujue 
"e^^ils n^e^cluerU pas la corn^union a.ec ^ ^-^2: 
D-où a est arrivé que , si quelquefois , dans le nt de quel- 
oues église., a a été demandé quelque changement sur un 
Pluelcô-I-. - <='-"8en.enC n'a été approuv on d^ 
crété Mr le siège apostolique qu'à raison de graves motifs 
21e œnseiuientf de sone qu'il a été pourvu à ce que 
le» constitutions pontificales, ainsi que les décrets de con- 
cUes généraux louchant les Orientaux, demeurassent en vi- 
gueur. C'est aussi à quoi se rapporte l'institution d écoles 

r^?:..t,u.; ....a .i,. ». .-;ori,. a. v. J-'^» -"^^^ " «^ 

„„u..„.d<.m?A,...c.u»p.bi.nd».ï»oJ" °°' f "^"J. ;,. ^cilA 
r..t»n.«lu!l»lp.r.u».i.-i. !.. »P<r.»r.«on. .«r......... Kr..« 1« 

13 février 1 596 ; ei ce«i ce ^u a eacore déclara Pau» V, dan. m coniuiunon 
ciixumspecla , \0 décembre 1615. 



197 

et de collèges érigés aux frais do lautorité ou par les 
soÎDS de Nos prédécesseurs , h Rome même ou 6n d autres 
lieux » pour rinstruction dei clercs de différents rites ; les 
églises destinées à leur usage , et la permission donnée à 
leurs évéques et à leurs prêtres de célébrer, «oivant leuri 
usagés, mérae dans les églises latines; la doctrine depuis 
longtemps établie que toutes les fois que le pontife romain 
célèbre solennellement les saints Mystères , il y est assisté , 
outre les latins , d'un sous-diacre et d*un diacre du rit grec, 
qui chantent dans leur langue TEpitre et TEvangile. Enfin, 
les pontifes romains n'ont pas manqué de blâmer la conduite 
mal raisonnée de ceux qui attireraient au rit latin les catho- 
liques orientaux. Tous ces procédés de l'Eglise romaine, dont 
le but est non-seulement de permettre , mais de protéger et 
d'honorer les rites tant des autres Orientaux que des Rn* 
thènes , sont détaillés et appuyés de preuves de toute es- 
pèce par Noire prédécesseur, d'immortelle mémoire , Be- 
nott XIV, dans ses lettres qui commencent par ces paroles , 
AUatœ sunt, du 26 juillet 1 766 ', et par lesquelles quiconque 
voudra les lire avec attention trouvera de quoi arguer 
d'ignorance ceux qui prétendent accuser les souverains 
pontifes d'avoir manqué d'équité envers les rites orien- 
taux *. 

Ce qu'il y a de douloureux , c'est que les Gréco-Russes 
acatholiques prennent occasion d'abuser, près des Ruthènes 
catholiques, de' la conservation même de leur rit, pour les 
détom^ner frauduleusement de l'Eglise romaine , comme si 
la diversité des rites entraînait ces divergences de la foi , 
et qu'ils usent de ce même moyen pour les gagner à leur 

> BuUarium Benedicti XIV, t. IV, ConstHui. 47. 

* Tout cet paiMges rt plusieurs autres du bref poniiticai contienncDt une solide 
rëfntation du manifette publié par le synode de Russie ù l'occasion de r.i|>ost3ste 
det «'iréquet grec* uuit de la foi caiholique. Les mêmes accusations se trouvent rëpc- 
lëei dans les autres actes officiels relatifs à cette défection et à la persécution qui 
s'en est suivie. Ces documents de riiisioire ecclésiastique contcmporaiue se trouvent 
in extenso dans Pouvragc très<ODnu qui a poiii litre : P«3ccm(iom> et soufjiances de 
i'Bglisc eutholiquc en Rufsie, Cbci Gaume frf re$. 



m 

communion schismatique, en leur représentant qu'elle ne 
diffère de leur culte que par des différences minimes et à 
peine remarquables. Or, vous savez, vénérable frère, quelle 
est souvent la puissance des captieuses insinuations, tirée 
de la similitude et comme de la face extérieure des cboses , 
sur un peuple simple et peu instruit. Ne cessez donc point 
dé mettre en œuvre votre vigilance pastorale tout entière , 
pour empêcher qu^il ne soit séduit par ces ruses. A cet 
effet , et de peur que le péril de la séduction ne vienne à 
grandir, il faut principalement s'opposer à tout change* 
ment qui tendrait à rapprocher davantage les rites catho- 
liques des Ruthènes de ceux des schîsmatiques , en leur 
imprimant une plus grande similitude. Car, si Nous parlons 
des rites qui se rapportent en quelque sorte à la profession 
de la foi et de l'unité catholiques , ainsi qu'à la détestation 
du schisme, il est d'une haute évidence que ceux-là ne 
peuvent subir aucune variation. Quant aux formes des rites 
que les Ruthènes catholiques ont retenues de toute antiquité, 
ou que plus tard ils ont adoptées , soit à Tappui de leur sé- 
paration des schîsmatiques, soit pour quelque autre cause, 
ceUx-là certainement ne doivent pas être légèrement chan- 
gés ; et , dans ce temps de si grands périls , il serait surtout 
extrêmement imprudent d'en rien retrancher, d'y rien ajou- 
ter, ou d'y rien innover, au gré des schismatiques. A ces 
précautions , joignez une continuelle surveillance pour em- 
pêcher qu'il ne parvienne aux mains du clergé ou du peu- 
ple des Missels ; des Catéchismes ou d'autres livres de li- 
turgie ou de religion sortis des presses schismatiques. Sur 
cet objet, il faut une vigilance d'autant plus grande, que 
l'on apprend que tout nouvellement les Gréco-Russes ont 
fait imprimer en très-grand nombre des livres des cette es- 
pèce. artiBcieusement adaptés à leurs erreurs, et quUs 
s efforcent de répcu».dre à vil prix, ou même gratuitement , 
parmi les Ruthènes catholiques. Ainsi ils viennent de publier 
un Catéchisme, non-seulement dans leur propre langue, 
mais aussi en langue allemande ^ ce qui doit inspirer la 



199 

crainte qu'ils ne se répandent non-seulement parmi les 
Ruthènes de vos diocèses , mais aussi parmi les habitants 
de quelques contrées de l'Allemagne» 

Vous continuerez ensuite de pourvoir avec toute sollici- 
tude à ce que les prêtres qui vous sont subordonnés s'oc- 
cupent entre eux et avec vous , suivant que les faits et les 
occasions pourront l'exiger, à instruire avec opportunité le 
peuple y et à lui bien faire comprendre que les différences 
qui font distinguer les Ruthènes des Latins, ne portant que 
sur quelques points de pure discipline et des rites sacrés , 
di^érences autorisées par le saint-siége, ne rompent aucu- 
nement entre eux le lien qui unit les véritables ouailles de 
Jésus-Christ; que, en revanche, toute la similitude de leurs 
rites avec les vôtres ne peut porter aucun avantage aux 
Gréco-Russes , attendu que , malgré cette ressemblance , ils 
n'en sont pas moins en désaccord avec tous les CSatho- 
liques, tant Ruthènes que Latins, sur des choses qui font 
partie de la véritable foi dont vit le juste ', ainsi que sur 
la soumission due au successeur de Pirrre, le prince des 
apôtres, au Pontife romain, auquel, pour nous servir des 
expressions des Pères de Calcédoine , la garde de la vigne a 
été commise par le Sauveur ^y avec fEglise duquel, comme 
dit saint Irénée, il est nécessaire que toute f Eglise, c est-à- 
dire tous ceux qui sont fidèles en J.-C. demeurent d'accord, 
à cause de sa première principauté^; et avec lequel enfin, 
comme dit saiat Jérôme, quiconque n assemble pas dissipe ; 
c'est-à-dire que celui qui nest pas avec Jésus-Christ est à 
C Antéchrist *. 

Insistant donc , d'après ce qui a été dit , sur la méthode 
que vous avez déjà sagement employée, vous ne cesserez 
pas d'avertir votre troupeau et de l'engager à s'attacher 

* Ép. «uxHâ>r., X, 38. 

* CoDctL. œcam. Chalcedon. in Felat. ad Leonem Papam. T. IV, p. 1775, 177G. 
Concilior. Labbenae collectionis. Veneiiis iteruin edil.T/a Colcio. 

' Lih. 111 , contra ban-eses , cap. S. 

* Epiit. ad Damatain,4ux csi|, p. 15, in t. l opp. S, Hicronymi, Vcroiix ciiit. 
a Vallaraio. 



constamment à cette sainte unité et foi catholique annon- 
cée par le Christ et par ses apôtres , iuviolablement gardée 
par les saints Pères, tant latins qu orientaux, préchée et 
transmise jusqu'à nous par lassentiment unanime ; unité 
que professaient aussi les Ruthènes et tous les Russes , au 
temps où, par les soins de prêtres grecs, alors attachés au 
siège de Rome S ou même de prêtres latins ^ ils ont été 
amenés au bercail de Jésus-^Christ. Quant à la communion 
schismatique des GrécO'Russos, vous continuerez à prendre 
soin que vos ouailles comprennent qu'il n^y a pas d'autres 
auteurs de leur scission d'avec Nous que Michel Gémiaire 
et quelques autres du onzième siècle depuis Jésus-Çhrist , 
ou d'une époque encore plus récente ; hommes orgueilleux 
qui ont osé lever l'étendard de la révolte contre la doctrine 
et contre l'autorité de l'Eglise catholique, unanimement 
recoqnues de l'antiquité, et dont les pensées se sont con- 
fondues au point de laisser subsister intactes aux livres li- 
turgiques de leurs sectes les prières et les louanges qui 
proclament à haute voix la suprême autorité de l'Eglise 
romaine , objet de leur profonde haine. 

Mais , pour que parmi les Ruthènes fidèles l'amour de 
l'union croisse de plus en plus, et qu'à cet effet ils reçoi- 
vent en plus grande abondance la grâce divine , il sera bon 
de leur enseigner quelque courte formule de prières par 
laquelle ils demandent fréquemment à Dieu que , par sa 
• 

* La convemon gëoérale de U Rouie i est accomplie avant l'an 1000, soos le 
très pieax prince Wladimir, «uiTant le témoignage , entre antres , du moine Nes- 
tor, le père des historiographes russes , consigné dans ses Chroniques écrites en 
langue «lare et pabliées à Pétersbottrg. U y avait un siècle que le schisme de Phu- 
Uns avait eeuë. Wladimir nonrut en 1016, et par conséquent longtemps avant 
I053t année dans laquelle Michel Cénilaire rétablit le schisme à Gonstantinople. 
Mais les Russes persévérèrent longtemps encore dans leur obéissance à l'Église ro- 
maine. U est même connu par les lettres de Grégoire Vil à Désoélrius (isiasiaf ), roi 
des Russes , et ii son épouse (t. XU f p. 355 des Concil.), qn'ils avaient envoyé leur 
fils à Rome , pour placer leur royaume sous la protection de saint Pierre. 

* Entre ceux-ci sont célèbres les évêqucs Rcinbcrt cl Bruno ou Boniface, dont le 
second, après avoir amené à l'Eglise catholique uu nombre ioBui de Russes, moug 
rut martyr eu 1008. 



SOI 

miséricorde, ils soient jugés dignes de confesser constam- 
ment la vraie foi catholique , et de persévérer ainsi ferme- 
ment dans la communion si nécessaire de ce saint-siége. 
L'usage de ces prières remplacera de plus amples instruc- 
tions, dont les laïques d'infime condition ne sont guère ca- 
pables. 

Mais, pour le clergé, il faut travailler à lui donner la 
connaissance de tout ce qui est de son office , et qu'il ne 
manque pas, dans Tordre du sacerdoce , d'un bon nombre 
d'hommes plus fondamentalement instruits des sciences 
sacrées, puissants en paroles, pour exhorter dans la saine 
doctrine et pour en réfuter les contradicteurs. Et, afin 
de mieux atteindre encore ce but dans l'avenir, vous 
continuerez, comme vous le faites jusqu'ici, à employer 
tout votre zèle pastoral , en sorte que vos clercs mineurs 
soient forr .es à la vertu et à une doctrine toute catholique 
et en tout point opposés à l'erreur. A cet effet, vous aurez 
soin que le plus grand nombre d'entre eux (comme le con- 
seillo le concile de Trente •) soient reçus, dès leur bas âge, 
dans un séminaire ecclésiastique où, instruits par des hom- 
mes éprouvés , ils croissent sous vos yeux pour l'espérance 
de l'Eglise. Vous ne cesserez de surveiller les directeurs 
de ce séminaire, ainsi que les maîtres extérieurs dans les 
sciences inférieures et supérieures, de manière à ce que 
aucun d'eux ne manque à ses devoirs , mais que , au con- 
traire, ils prennent tous un soin commun de planter, 
dans les jeunes esprits de ces adolescents, l'amour de la 
vérité catholique et l'horreur du schisme. Ainsi, et à laide 
de la bénédiction divine , il arrivera que votre clergé ne 
connaîtra rien de plus pressant que de prêcher la véritable 
foi catholique, dont il est dit : que siquciquwi ne la con- 
serve dans sa pureté et dans toute son intégrité, il périra, sans 
aucun doute, pour F éternité *. Vous ne connaîtrez rien de plus 



» Se»«. 2S, cap. 18 de ncforni. 

' El Symbole : Quiciiniquc, in ['rincii'io. 



202 
imporUiDt que de conserver lanion avec rEglise catholi- 
que, sachant que quiconque s en sera séparé naurapomt ta 
lie! et de maintenir Tobéissance envers cette chaire de 
Pierre , où Jésus^hrist lui-même a posé le fondement de 
son EgUse, et danshqueUe, par conséquent se trom-e f«- 
tégrUé et la parfaUe solidUé de la religion chrétienne . 

C» sont là, vénérable frère, les choses dont, dans cette 
lettre, Nous avons voulu traiter avec vous, unt pour vous 
féliciter de votre partage vigilance, que pour ven.r en 
aide à votre «le, suivant le devoir ^\^'>''\^?°''f^l 
Nous ne doutons nullement que les mêmes [f c'^"»"' 
ne vous soient adressées par vos autres vénérables frères, 
les évêques catholiques Ruthènes, et queux-memes nen 
tirent un plus grand courage, afin de prémunir chacun son 
troupeau,avecun îèle encore plus ardent, contre les fraudes 
des schismatiques, et pour le conserver à l'unité catholique. 
Ah! pourquoi quelques évêques de votre nt, dont nous 
avons il y a deux ans si amèrement déploré la rebelhon , 
nous ont-ils tous si douloureusement contrislés ! G est pour- 
quoi nous ne pouvons cesser de pleurer le malheur des 
brebis fidèles auxquelles ils étaient proposés, et qui main- 
tenant au lieu de pasteurs n'ont plus que des loups cruels 
acharnés à leur perte. Quant à non., tout sera tenté pour 
les arracher à leurs denU meurtrières, et pour les relever. 
Dieu aidant, du misérable état dans lequel e les ont ete 
précipitées. Et,c.rtes, noue ne cessons pomtd adresser au 
Père des miséricordes, par son fils Jésus-Chr.st , nos fer- 
ventes prières, et de le conjurer de tous nos vœux de da.- 
pner fortifier de grâce» plus puissantes ces oua.lles s. ché- 
ries de nous, et de se montrer propice à noue solhctude, 

• Paroi» tirées de la règle de loi, ou uu • „lusicur5 

ac.o, ponûficat. au conunenceœcut du sixième Mèclc. et plus tard, eu plus.cu 

occasion» , fut sigoc par 1« évcqucs dOrieni. 



205 

en verta de laquelle nous nous efforçons de kur apporter 
du soulagement et de Fassistance. 

En6n, Ténërable frère, nous tous souhaitons ardem- 
ment, à TOUS, aux ouailles confiées à vos soins, ainsi 
qu'aux Ruthènes fidèles de tous les autres lieux , de la part 
du Seigneur, tout ce qui est nécessaire à votre prospérité 
et à votre salut ; en même temps que , en témoignage de 
notre très-affectueuse bienveillance, nous vous accordons 
d'un cœur plein d'amour notre bénédiction apostolique. 

Donné à Rome , à Sainte-Marie-Majeure , le 17 juillet de 
Tan i84f , et de notre pontificat le onzième. 

Grégoire, pp. XVI. 

IV* liXaUDK. — LBTTRS DU COMTB LADISLA8 08TKOW8KI, MAmi- 
CHAL DE LA DIÈTE DE POLOGNE, AU SAUTT PÈRE GHÉGOIEB XVI. 
VABSOVIE, 1*' MAES 1851. (dBS ACTES ET DES DOCUMEITIt DfPOR- 
TANTS T iTAIXirr ANIfBXjftS.) 

Très-Saint Père, 

• La nation polonaise était indépendante depuis dix siè- 
cles. Subjuguée par Feffet du changement des choses humai» 
nés , elle a gémi pendant près de quarante ans dans Tescla- 
vage , se soumettant à la volonté de Dieu , et attendant pa- 
tiemment de lui sa délivrance Mais toute mesure a été 

comblée; les </rotif5<^aran<t5, méconnus; la liberté individuelle 
assurée par serment, violée, et ce qu'il y avait de plus dou- 
loureux pour les Polonais, toujours fidèles à la religion et aux 
mœurs de leurs ancêtres, c'était de voir ces mœurs expo- 
sées aux plus grands dangers, par la démoralisation et l'as- 
tuce des agents de l'autorité , qui ne considéraient la reli- 
gion que comme un instrument de despotisme, et la mi- 
naient par là dans ses fondements. On ôta à tous les fidèles, 
et particulièrement auxévêques, la liberté de recourir au 
saint-siége, dans les difficultés de conscience, en faisant 
passer les communications par les mains du gouvernement; 
et quant à vos réponses, Très-Saint Père, si elles n'étaient 
pas à sa convenance , elles étaient tues et anéanties. C'est 



^04 

pourquoi on empêchait , autant que possible , les ecclésias- 
tiques de se rendre à Rome, et ceux qui en revenaient 
étaient soumis à une obsenration rigoureuse; et, pour Ater 
aUx Grecs unis jusque l'espérance de relations quelconques 
aTOc Rome » leur église immémoriale de la Madona dtf Pa- 
sedo, sise à Rome , a été abandonnée à la propagande. En 
i8fd) la plupart des couvents ont été supprimés; le clergé 
séculier a été appauvri par la conversion de^ dlrnes; 
les mesures étaient priées pour en foire des stipendiés du 
gouvernement, en les dépossédant de toute propriété, 
comme nous lavons vu sur les évéques, qui étaient mena- 
cés d'être privés de leur pension , s'ils ne cédaient en tout 
au gouvernement. Les Polonais pouvaient-ils supporter un 
tel abaissement de la religion? eux, dont le roi sMtait au- 
trefois désisté du trône de Russie pour ne pas changer sa foi ! 
eux, qui s'arrêtèrent dans la plus avantageuse et la plus 
glorieuse des guerres , dans l'espoir que la Russie entrerait 
dans le sein de l'unité de l'Église! eux, enfin, qui n'épar- 
gnèrent ni leur sang ni leurs biens pour arrêter les enne- 
mis de la chrétienté I Ils se rappellent la violence par k* 
quelle on est parvenu k arracher à l'unité de l'Église le peupla 
ignorant de l'Ukraine, de la Volhynie et d'une partie de la 
Lithutnie , violence qui a été renouvelée de nos jours avec 
UD redoublement d'astuce et de perfidie^ par les règle- 
ments imposés aux Grecs unis, dont on altérait la litur- 
gie, en la rapprochant de la liturgie sdiismatique. Les 
Polonais ont levé les armes dans la défense de leurs droits 
et de leur religion ; ils ne rompirent néanmoins le serment 
prêté au roi que quand le maréchal Diebitch les eut dé- 
darés des rebelles dans sa proclamation publiée au nom du 
souverain , et qu'il eut condamné à mort quiconque porte- 
rait les armes, achevant ainsi , par la rupture définitive des 
serments prononcés par l'empereur Nicolas en montant sur 
le trAne, de délier les Polonais de celui qui leur avait été 
imposé. En conséquence de quoi la nation se reconnut in- 
dépendante à la séance de la diète du 2 5 janvier de l'an- 



908 

n^e eoumnte , et elle déclara qu*elle avait le droit d*offrir 
la ouoronne à celui qo^oUe en reconnaîtrait le plus digne. 

Nous espëroni) Très-Saint Père, que tous daignerez ap- 
précier la justice de nos motifs/ que tous bénirez Tépée 
tirée dans la défense de la liberté et de la foi de Jésus- 
Qirist, dont toos êtes le vicaire; et comme Père commun 
des fidèles , vous daignerez tous adresser en notre laveur 
aux souverains de la cbrétienté , à qui nous demandons seu- 
lement de reeotmattre Findépendance dont nous avons 
)Otii pendant dix siècles, et dont nous avOns été si injuste- 
ment privés pendant quarante ans. 

Signé Ladislas, comte OSTBOWSKI. 
Fait à Vanowe^ U i*' mars i83i* 



IV* UUU* — lUiroimi ai t. ■. i.a cAaBniAL bsbuitti, sacaé 
TAiac A'iTAT} A i<A LiTTai QVi Fascàos. 



MONSIBUB , 

Je me suit fait un devoir de mettre sons les yeux de Sa 
Sainteté les documents que Votre Seigneurie m*a confiés, 
avec toute la diligence qu'exigeaient leur objet et les cir- 
constances. «^ Vous pouvea vous représenter sans peine , 
comme le Saint-Père a été profondément touché de la con- 
fiance que la nation polonaise a mise en lui , dans sa situa- 
tion actuelle; et comme il a été satisfiit d'apprendre qu'une 
partie si chère du troupeau catholique apprécie à un si juste 
degré le vif intérêt qu'il loi porte. 

Néanmoins, les circonstances sont loin de permettre 
que Sa Sainteté puisse effectuer l'œuvre qui lui est de- 
mandée. •— Le Saint-Père renonce volontiers à considérer 
si la démarche à laquelle il est invité eût pu être risquée par 
lui avant le terme actuel, et avec queUe efficacité elle l'eût 
été, parce que d'autres réflexions, d'une importance plus 
immédiate, sont suffisantes pour lui faire sentir qu'il n'y au- 
rait plus lieu de la tenter aujourd'hui, même en le voulant. 



206 

Il ne peut vous être inconnu , Monsieur, que plusieurs 
des puissances du premier ordre ont récemment entrepris , 
de leur propre impulsion, d^amener selon les convenances, 
soit dans un congrès de représentants des cours euro- 
péennes, soit par la voie d^one intervention officieuse, la 
fixation du sort futur de la Pologne , à la satisfaction com- 
mune des parties , et sans qu'il soit versé plus de sang. 

Il n'est pas nécessaire que j'ajoute quel a été le. résultat 
de ces tentatives encore peu connues , et qui peut-être ne 
vous sont plus cachées à cette heure. -—Il est évident, d'ail- 
leurs , que, ou bien ces ouvertures auront obtenu en Rus- 
sie l'accueil désiré, et en ce cas il n'y a plus lieu d'espérer 
que les cabinets abandonnent la voie adoptée , ou bien 
qu'elles auront été reçues avec peu de faveur, et alors, 
comment le Saint-Père pourrait-il davantage prendre l'ini- 
tiative désirée, lorsque quelcpies-unes dès principales cours 
de l'Europe se sont déjà interposées? Les réponses ne 
peuvent pas rester stériles; les cabinets qui les ont provo- 
quées d'un commun accord ne peuvent s'abstenir de pro- 
céder à de nouvelles communications entre eux. — Je ne 
saurais deviner quel en sera le résultat, qui assurément sera 
digne de leur habileté et de leur prudence ; mais je puis 
avancer, sans crainte de hasarder un jugement précipité, que 
quiconque voudrait en proposer un nouveau, non-seule- 
ment s'y serait pris tard, mais ne pourrait recevoir qu'une 
réponse justifiée par l'inopportunité d'une initiative tardive 
et déplacée. A quoi donc servirait de le tenter? — Mais, 
si le Saint-Père, mu par des raisons si évidentes, ne peut 
se prêter à seconder les désirs qui lui ont été exprimés au 
nom de la nation polonaise, il ne laissera pas toutefois de 
îaÀre tout ce qui lui sera possible pour concourir au bien 
- d'un peuple valeureux, qui mérite, par l'éminence de son 
esprit k<ligieus, l'attention la plus bienveillante du Père 
commun des fidèles. 

Il se propose d'exciter, le plus tôt, possible , quelqu'un 
des plus puissants souverains catholiques à s'y intéresser, et 



207 

de le prier d'entamer les démarches conciliatoires, et de mé> 
diation amicale, que le chef de la religion commune ne 
peut pas ne pas préfe'rer à tout autre qui sortirait unique- 
ment de considérations politiques, auxquelles il aime à 
demeurer étranger et par devoir et par penchant naturel. 

Je ne doute point que tous ne sentiez toute la force des 
motifs exprimés ici, et ne soyez persuadé que , dans des cir- 
constances moins contraires, les entrailles du Père commun 
des fidèles se seraient bien plus tendrement ouvertes en 
faveur d'une nation qu^il met au nombre de celles qui ont 
le plus mérité envers notre sainte religion. De tout ce que 
j'ai eu rhonneur de vous exposer, votre Seigneurie saura 
tirer ce qu'il convient, afin que vos respectables commet- 
tants apprennent combien le Saint-Père aurait voulu com- 
muniquer directement avec eux, en réponse à la lettre 
qu'ils lui ont adressée. — Vous avez trop de perspicacité 
pour ne pas comprendre que Sa Sainteté n'aurait pu la don- 
ner d'une autre manière, sans s'éloigner des égards que la 
situation des choses publiques lui fait un devoir de respec- 
ter. Je saisis avec empressement cette circonstance, pour 
assurer Votre Seigneurie de mon estime particulière et dis- 
tinguée, etc. 



ALLOCUTION 

DE SA SAINTETÉ NOTRE SEIGNEUR 

LE PAPE GRÉGOIRE XVI 

AU SACRÉ œiXÉGE, 
9âMB UB OO miS T O iaB 8BCBET VO 291 JUILLET 1S42; 



svinz 
D'infB EXPOSITION y CORROBOaÉE DE DOCtMENTS, 

SUR LES SOINS INCESSANTS DE| SA SAINTETÉ 

POOB PORTER REMÈDE 

▲OX MAUX G&AYES DONT LA RELIGION CATHOLIQUE EST AFFLIGES 
DANS LES ÉTATS DfPilUAUX ET ROYAUX 



DE LA RUSSIE ET DE LA POLOGIVE. 

(RoMl. imprimerie de la Secr^tairerie (l'Étal. ) 



Vererabiles Fratbes» 

Hserentem dtu animo nostro dolorem ob mîserrl- 
mam Gatholicse Ëcclesise in Russiaco Imperîo condi- 
tionem, alias» Yenerabiles Fratres » Vobîscum ex hoc 
ipso loco commimicavlmus. Testis quidem lile est , 
cujus , immerentes utique , vicaria potestate fiuigimur 
in terris, Nos statim ab inito supremi Pontifîcatus 
munere nullam soUicitudinis studiique partemprae- 
termisisse, ut tôt tantisque quotidie ingravescentibus 
malis , quoad fieri posset , mederemur. Qnis autem 
impensis hujus modi curis responderit fmctus , facta 
etiam recentissima satis superque demonstrant. Quan- 
tum inde assiduus Noster dolor excreverit, magis Vos 
cogitatione praecipitis , quam Nobis liceat verbis ex- 
pticare. Est vero quod intimae amaritudici summum 
veluti cumulum addit , quodque nos , pro Âpostolicî 
ministerii saixctitate , praeter modum anxios ac sollici- 
tos habet. Cum enim quae ad incolumitatem Catholicae 
Ecclesiae intra Russiacae dominationis fines tuendam 
indesinenter praestitimus , in iis maxime regionibus 
palam non inuotuerint, illud sane molestissimum 
aœidit, ut apud degentes inibi permagno numéro 
fidèles, avita Sanctae hujus Sedis inimicorum fraude , 
II. i^ 



212 

rumor invalucrit, Nos sacralissinii olïicii imraemorcs 
tantam illorum calamitatemsilenlio dissimulasse, at- 
que adeoCalholicaeReligionis causam pêne deseruisse. 
Itaque eo jam adducta res est , ut lapis ofTensionis ac 
petra scandali propemodum evaseriraus amplissiroaB 
parti dominici gregis , cui regendo divinitus positi su- 
mus ; immo vero univers» Ecclesiae super Eum tan- 
quam super ûrmam pelram fundatîe , cujus ad Nos , 
utpole successores, veneranda dignitas promanavit. 
Haec porro cum sint, id Dei, Religionis, et Nostra etiam 
ratio omnino postulat, ut yel ip$am tam injuriosse cul- 
pae suspiciouem longissime a Nobis propulsemus. Ât- 
qne hœc causa est, cur onmem seriem curarum, 
quas pro Catholica Ecclesia in memorato Imperiô 
soscepimus, peculiari eipositione ad unumquenique 
Yestnim mittenda, pateQeri jusserimus ; quo nimirum 
TiniversofîdeliOrb^ elucescat, Nos proprio ApostolatUs 
muneri Dullatenus defuisse. Ceterum non concidamus 
animo , Venerabiles Fratres , futurum sperantes ut 
potentissimus Russiarun^ Imperator et Poloniae Rex 
Ulustris, pro sua aequitate et excelso quo prseslat ani- 
mo diuturnisNostris ac subdit» sibi catholicse gentis 
votis bénévole obsecundet. Hac spe fulti non desista- 
mus intérim oculoâ ac manus in montera, unde ve- 
niet auxilium nobis , fidenti cum prece levare , omni- 
potentem ac pientissimum Deum una simul enixe 
obsecranies, ut labcranti jamdudum Ecclesia:.* suae 
6xpectatissimam opem quantocius largiatur (1). 

(4) VâiiÉRABLEs Frères , 

Déjà, dans ce lieu môme, Nous avons épanché avec vous, Vé- 
nérables Frères, la douleur que dès longtemps a proft)ndéœent 
enraciné dans notre âme la condition misérable de l'Eglise Ca- 
tholique au sein dé l'empire de Russie. Cejui dont Nous sommes, 



215 

quoique indigne» le Vicaire sur la terre, nous est témoiQ que» 
dépuis le moment où nous fûmes re?êtu de la charge du souyc' 
rain pontificat , Nous n'ayons rien négligé de ce que commande 
la sollicitude et le zèle pour remédier, autant qi^e cela était 
possible , à tant de maux chaque jour croissants. Mais quel 
a étjé le fruit de tous nos soins ? X^ei faita et des i^ts très, 
récents ne le disent que trop. Combien notre douleur» toi^ours 
présente, s'en est accrue I Vous le Toyez mieui parla pensée qu'il 
ne nous est possible à Nous de l'expliquer par des paroles. Mais 
il y a quelque chose qui met comme le comble à cette intérieure 
amertume, quelque chose qui, à cause de la sainteté du minis- 
tère apostolique, nous tient outre mesure dans l'anxiété et 
l'affliction. Ce que Nous ayons fait, sans repos ni relâche, pour 
protéger et défendre dans toutes les régions soumises à la domi' 
nation Russe ics droits inviolables de l'Eglise catholique, le pu* 
blic n'en a point eu connaissance ; on ne Ta point su dans ces 
régions surtout , et il est arriyé , pour ajouter à notre douleur , 
que parmi les fidèles qui les habitent en si grand nombre, les 
ennemis du Saint-Siège ont , par la fraude héréditaire qui les 
distingue, fait prévaloir le bruit qu'oublieux de notre ministère 
sacré , Nous couvrions de notre silence les maux si grands dont 
ils sont accablés , et qu'ainsi Nous avions presque abondonné la 
cause de la Religion Catholique. Et la chose a été poussée à 
ce point que nous sommes presque devenu comme la pierre 
d'achoppement, comme la pierre de scandale, pour une partie 
considérable du troupeau du Seigneur, que nous sommes 
divinement appelé à régir; et même pour TÉgUse univer- 
selle fondée, comme sur la pierre ferme, sur Celui dont la di- 
gnité vénérable nous a été transmise, à Nous , son successeur. 
Leschoses étant ainsi, nous devons à Dieu, à la Religion, àNous- 
mème de repousser bien loin de nous jusqu'au soupçon d'une 
faute si injurieuse. Et telle est la raison pour laquelle toute la 
suite des efforts faits par Nous en faveur de l'Eglise Catholique 
dans l'empire de Russie , a été par notre ordre mise en lumière 
dans un exposé particulier qui sera adressé à chacun de vous , 
afin qu'il soit manifeste à tout l'Univers fidèle, que nous n'avons 
en aucune façon manqué aux devoirs que nous impose la charge 
de l'Apostolat. Du reste , notre âme ne se laisse point abattre , 
Vénérables Frères ; nous espérons que le très-puissant empereur 



2U 

dé toutes les Rossies et Roi de Pologne » écoutant sa justice et 
respHt élevé qui le distingue , voudra bien se rendre à nos vœux 
instants et i ceux des potnilations catholiques qui lui sont 
soomises. Soutenu par cette espérance, ne cessons pas cepen- 
dant de lever , en priant avec Confiance, les yeux et les mains 
vers la montagne d'où Nous viendra le secours, et demandons 
avec ardeur et supplication au Dieu à la fois tout puissant et 
tout miséricordieux , d'accorder bientôt à son Eglise , depuis 
longtemps soufrante , l'aspistance qu'elle attend. 



EXPOSITION CORROBORÉE DE DOCUIENTS, 



rc 



LES SOINS INCESSANTS DE SA SAINTElilË,* 

rov% rcKTOL rchêob 

AUX MAUX «tAVVS DONT LA EELIClOIf CATHOUOOB EST KfTUQiE 
DANS LES £TAT8 I1IP<1U17X ET ROYAUX DE LA tUSSIE ET DE LA POIOGME. 



La situation déplorable où se trouve depuis fort long- 
temps rÉglise catholique dans Timmense étendue des 
possessions russes, est assurément la plus grave des cau- 
ses nombreuses d'indicible sollicitude et de poignante 
amertume, qui tiennent dans Tangoisse Tâme du Saint- 
Père, depuis les premiers jours de son laborieux Pon- 
tificat. Bien qu'un ordre suprême, toujours et dans 
ces dernières années peut-être encore plus étroitement 
exécuté, interdise, sous les peines les plus sévères, 
sous les peines capitales , aux évêques et aux catholi- 
ques sujets de la Russie , toute libre communication 
avec le Saint-Siège pour les affaires spirituelles (i); 
et, bien qu'en dépit de demandes réitérées, et en pré- 
sence de la Légation Russe établie à Rome , le Saint- 
Siège n'ait pas même, auprès de la Cour Impériale et 
Royale , un Représentant par lequel il puisse être in- 
formé du véritable état des choses de la religion dans 
ces contrées lointaines; cependant, malgré les diffi- 
cultés et les périls , les plaintes déchirantes d'une mul- 
titude dé fidèles unis d'esprit et de cœur au centre 



(i] Docnmeni n* I. 



2i6 

de l'unité catholique , sont /l'une après l'autre , arri- 
vées au Vatican , et d'ailleurs il y a eu un tel ensem- 
ble de faits universellement connus, qu'on n'a pu les 
dérober entièrement aux yéux du chef de l'Ëglîse. 

Sa Sainteté savait donc quel mal fait à la religion 
catholique et combien a contribué à sa lamentable 
décadence , la dépendance presque totale imposée par 
le gouvernement rusée aux évéques dans l'exercice 
de leur autorité et du-ininistère pastoral ; de telle 
sorte que des personnes séculières et appartenant à 
une communion dissidente de la communion catholi- 
que, sont chargées de régler les choses ecclésiastiques 
et les intérêts des catl^oliques (i)« Sa Sainteté savait 
qu'on avait de même confié à de pareils hommes, ou 
du moins à des hommes dépourvus de toute instruc- 
tion dans les sciences sacrées , sinon imbus des prim 
cipes les plus erronés, la surveillance de l'enseigne- 
ment et de l'éducation du clergé séculier et régu- 
lier, dans les universités et dans les autres établis- 
sements publics, en excluant formellement de ces 
fonctions les évéques 6t les supérieurs des ordres re"" 
ligieux (3). Sa Sainteté savait à quel état de pau- 
vreté l'enlèvement dé tant de biens ecclésiastiques, 
propriétés de l'Ëglise , la suppression de tant de bé- 
néfices, de monastères et d'autres pieuses institu- 
tions avait réduit le clergé ; et que par suite de ces 
spoliations , il se trouvait dépourvu des moyens né- 
cessaires à un honnête entretien du culte et des mi- 
nistres sacrés dans un nombre proportionné au besoin 
des âmes (3). Sa Sainteté savait les dispositions prises 
au grand préjudice des ordres réguliers , dont on a 
bouleversé de fond en comble les saintes disciplines 

(i) Voir Nou I. rr- (a) Voir Note 2. — ('<) Voir Noie 3. 



217 

établies par les canons et les constitutions apostoli» 
ques , pour soustraire les diverses familles religieuses 
à Tautorité et h la dépendance de leurs supérieurs 
généraux , en les assujettissant aux ordinaires diocé- 
sains , et en leur imposant des règlements nouveaux 
en tout ce ^ui concerne là profession , les vœux mo- 
nastiques, le noviciat, les études et choses sembla- 
bles. Sa Sainteté savait les suites funestes, soit de la 
trop grande étendue des diocèses, tant dans l'Empire 
que dans le royaume proprement dit de Pologne (1), 
soit de la vacance indéûniment prolongée des églises 
épiscopales et du système doublement anti-canonique 
en vertu duquel on en confie l'administration à d'au- 
tres évêques, déjà impuissants à remplir auprès d'un 
troupeau trop nombreux leurs devoirs spirituels (2) , 
pour donner ensuite à ces églises veuves, des pasteurs, 
ou fort avancés en âge , ou dépourvus de toute force 
physique et morale , ou qui ne furent jamais formés 
pour le sanctuaire et pour le ministère de l'Eglise, ou 
que d'autres raisons rendent impropres à la grande 
charge de la dignité et de la juridiction épiscopales : 
et enfin, passant sous silence beaucoup d'autres 
griefs, le Saint-Père savait qu'après avoir enlevé, au 
clergé catholique séculier et régulier de l'un et de 
l'autre rit, un grand nombre de leurs églises et de 
leurs monastères , on avait livré ces monastères et ces 
églises au clergé de la religion dominante en Russie ; 
il savait que , bouleversant de nouveau toute la hié- 
rarchie des grecs russes unis , l'Ukase du 22 avril 
1828 (3) supprime l'évêché de ce rit , érigé de toute 
antiquité àLuck, capitale de la Yolhynie (4). 11 sa- 

(i) Voir Noie l. -(0 Voir >oic -V - S) Dociiuiciu Ji ' 1. — (î) Voir Note n. 



vait que, suivant le plan malheureusement tracé vers 
la fin du siècle dernier, tous les ressorts étaient mis en 
jeu , tous les moyens étaient employés pour séparer 
les grecs unis de l'unité catholique et pour les incor- 
porer à la communion gréco-russe. 

Cette série de faits, s'appuyant les uns les autres , 
et tendant tous à détruire le bien-être spirituel d'en- 
viron douze millions de catholiques épars dans l'em- 
pire réuni de Russie et de Pologne, ne pouvait qu'affli- 
ger profondément le cœur paternel de Sa Sainteté ; eu 
effet, Dieu qui lui a confié le soin de ces douze millions 
d'âmes, lui en demandera un compte sévère; et sa 
douleur ne diminuait pas , lorsque , comparant les ac- 
tes aux promesses, le Saint-Père relisait, non-seule- 
ment les antiques et solennels engagements pris , dès 
Tannée i775, par le gouvernement Russe, de con- 
server le statu quo de la religion catholique dans les 
provinces cédées à la Russie (1)', mais encore les pro- 
testations toutes récentes et fort explicites par les- 
quelles ce gouvernement promit , à diverses repri- 
ses , d'accorder sa protection , sa bienveillance et ses 
faveurs au culte catholique et à ceux qui le pro- 
fessent. Le Saint Père put donc croire que ce qui 
se passait dans les possessions russes était dû aux 
manœuvres des ennemis de notre religion; les- 
quels, par la calomnie, par les insinuations de leur 
malice , excitant la colère et les défiances du gou- 
vernement contre les sujets catholiques de l'un et 
de l'autre rit , Tauraient ainsi poussé a ces résolutions 
extrêmes d'une déplorable vengeance, en dépit de 
traités solennellement conclus , de promesses maintes 
fois renouvelées, et de ces intentions paternelles, de 

(i)DocameDt a'>3. ^ 



219 

cette bonté miséricordieuse, apanage naturel du 
puissant souverain. Et Ton comprend que les premiè- 
res et les plus vives sollicitudes du Saint-Père , dès 
qu'il eut pris le gouvernement universel de TËglise, le 
portèrent à entreprendre de réparer , autant que cela 
était possible, ces lamentables désastres de la religion 
catholique en Russie et en Pologne, d'éloigner les cau- 
ses funestes qui semblaient les avoir amenés , et de 
réclamer, dans ce but, la protection et la faveur im? 
pénales. 

Le royaume de Pologne était alors en proie à un 
coupable esprit de sédition, et entièrement bouleversé 
par des événements politiques qui sont trop connus. 
Le Saint-Père , maître universel de la grande famille 
catholique, dépositaire jaloux et zélé soutien des doc- 
trines sans tache d'une religion, aux yeux de laquelle 
a été et sera toujours sacrée , entre les autres , la 
maxime de la parfaite fidélité , de la soumission et 
de Tobéissance dues par les sujets au souverain tem- 
porel dans l'ordre civil , vit le besoin et sentit le de- 
voir de rappeler et d'inculquer cette maxime , dans 
cette occasion , à la nation polonaise , de peur que les 
passions du temps et les conseils trompeurs de ceux 
qui osaient abuser du saint nom de la religion, pour 
leurs desseins pervers, ne réussissent à l'altérer et à 
la détruire parmi ce peuple ; et aussi afin d'empêcher 
que le débordement des maux sans nombre dont une 
conduite opposée aux immuables principes catholi- 
ques devait inévitablement être la source , ne retom- 
bât malheureusement et sur cette chère et nombreuse 
portion de ses fils séduits par la méchanceté de quel- 
ques-uns , et sur la religion elle-même , déjà si mal- 
traitée et si affligée en Pologne. Mue par ces sentiments; 



220 
Sa Sainteté adressa sans délai unô lettre aux évéques 
de ce malheureux pays , pour les exciter à Taccom- 
plissement de Tobligation attachée à leur sacré mini- 
stère, les conjurer d'entretenir dans lé clergé et dans 
le peuple la fidélité , la subordinationf , la paix , et de 
rappeler h Ynnet à raiitré la grave faute dont se ren- 
dent coupables , devant Dieu et devant TÉglise .ceux 
^ùi résistent à la puissance légitime. Et, cotomë il y 
eut quelques raisons de croire que peut-être , par l'ef- 
fet même du trouble des choses publiques, la voix du 
Suprêîiie Pasteur n'était point parvenue jusque dans 
ces contrées, le Saint-Père, déférant d'ailleurs a la 
dénàande qui lui en fut faite au nom de l'auguste Em- 
pereur et roi par son ministre plénipotentiaire , le 
prince Gagarin (i), voulut bien renouveler ses tendres 
et sages àvei'tfesements aux évêqnes du royaume, dans 
le but dé coopérer , par leur moyen , à la perpétuité , 
à la consolidation de l'ordre politique , depuis peu ré- 
tabli en Pologne, et de ramener, en particulier, dans 
la voie du devoir , les membres du clergé qui , par 
malheur, s'en seraient écartés (2). 

Mkh lès cruelles angoisses qu'il renfermait au fond 
de sdri cœur à la vue du triste état des choses catholi- 
ques dans les domaines royaux et impériaux ne lui 
permirent point de laisser passer cette oocasion favo- 
rable sans la mettre à profit. Heureux qu'elle se fût 
présentée, et désirant avec sollicitude s'en prévaloir , 
il voulut que , conjointement avec sa seconde lettre 
aux évêqties , on fît parvenir, de la secrétairerie d'É- 
tat, au ministère russe, un exposé des divers maux con- 
nus jusqu'à ce jour , et soufferts par la religion calho- 
Kque dans ces vastes contrées, les uns exactement re- 

(i) Document u'^ i. —(2) Uocumcui u'' 3, 



â2i 

traces, les aulres seulement indiqués, à cause du 
moins de certitude et de précision dans les houvelles 
reçues ; pour tous une réparation conrenable était ré- 
clamée de la justice, de Téquité et de la grandeur 
d'àme de l^empereur et roi (1). Et ce fut dans cette 
même occasion que Sa Sainteté fit renouveler (mais tou^ 
jours inutilement) la demande formelle qu'un chargé 
d'affaires du Saint-Siége demeurât accrédité àPéters- 
bourg, afin que Rome fût instruite par lui de ce qui con** 
cerne l'Eglise catholique, tant dans l'empire russe que 
dans le royaume de Pologne. C'est ainsi que si , d'un 
côté, la demande faite par le gouyemement impérial té- 
moigna glorieusement de la bienfaisante influence de 
ia religion catholique pour la tranquillité et la sou- 
mission de ceux qui la professent , et par conséquent 
de l'absolue nécessité de respecter et de protéger cette 
religion de paix ; de l'autre, dans les soins pleins de 
sollicitude pris par le Saint-Père pour les malheureu- 
ses vicissitudes de la Pologne , le monde eut une nou- 
velle et éclatante preuve de celte vérité déjà rendue 
évidente par l'expérience de tant de siècles , que lé 
Saint-Siége, toujours étranger aux ténébreuses me- 
nées de la politique , offre un bras sécouràble , et em- 
ploie sans cesse son influence morale pour écarter leâ 
périls dont les trônes, a travers la succession des 
temps et l'inconstance des choses publiques , sont si 
souvent menacés ; et que tous ses vœux , ses désirs , 
ses sollicitudes, ne tendent uniquement qu'à l'avan- 
tage spirituel des catholiques , en quelque lieu qu'ils 
se trouvent. 

Tandis que par l'ordre de Sa Sainteté on donnait 
cours à ces actes, les indices les plus consolants et les 

(i) DoeumeniQO 6. 



222 

mieux fondés faisaient espérer un avenir prospère ou 
plutôt une ère nouvelle pour la religion catholique dans 
les possessions russes. Le statut organique du royaume 
de Pologne» promulgué dès le premier rétablisse- 
ment de l'ordre public dans ce pays , et communiqué 
par la légation impériale au ministère pontifical , par 
la dépêche officielle du 12 avril 1852 (1) , donnait 
l'assurance que la religion professée par la plus grande 
partie des sujets polonais serait toujours l'objet des 
soins spéciaux du gouvernement de Sa Majesté , et 
que les fonds apparienant au clergé catholique , tant 
latin que grec uni, étaient reconnus comme proprié- 
tés communes et inviolables ; de même on décla- 
rait sacré et inviolable le droit de propriété des indi- 
vidus non moins que celui des corporations en géné- 
ral. Et ces assurances, quoique données pour le 
royaume de Pologne tel qu'il est constitué depuis la 
restauration de 1815, étaient telles , qu'il devenait 
impossible de ne pas les recevoir comme s'appliquant 
également aux possessions et propriétés du clergé ca- 
tholique dans les provinces polonaises russes. Cette 
persuasion résultait invinciblement de la pleine con- 
formité de ces assurances , non-seulement aux iné- 
branlables principes de la justice , mais aussi à la te- 
neur des anciens traités concernant ces dernières 
provinces. 

Or, qui pourrait redire la douloureuse surprise du 
Saint-Père lorsqu'ilfut instruitqu'en opposition ouverte 
avec de telles garanties, d'autres expropriations avaient 
été récemment décrétées au préjudice des communau- 
tés religieuses et du clergé séculier, et que de nouvelles 
dispositio is , extrémeoieut funestes , étaient prises à 

(i) Document d' 7. 



225 

l'égard des calhoHques des deux rites, dans le royaume 
de Pologne , comme dans les provinces russes polo- 
naises ; en sorte qu'on ne paraissait pas tant vouloir 
punir.dans les sujets lé délit de révolte, qu'accabler et 
éteindre la religion à laquelle ils étaient attachés. En 
effet , pour ce qui regarde le royaume de Pologne , 
Sa Sainteté apprit que les biens des ordres réguliei:s 
auparavant supprimés dans ce pays , biens dont les 
revenus, selon la prescription de la bulle Ex imposita 
de l'immortel Pie Yll , et le sens des traités conclos à 
cette époque entre le Saint-Siège et l'empereur Alexan- 
dre, de glorieuse mémoire, devaient servir de subsides 
aux églises cathédrales et aux séminaires, avaient été 
adjugés au fisc (1) ; que le gouvernement de Pologne 
avait fait demander à chacune des administrations épi- 
scopales la cession d'une église catholique désignée, afin 
de la destiner à l'exercice du culte grec non uni, chose 
à laquelle ni les évêques ni leur clergé ne pouvaient 
se prêter sans forfaire à leur propre religion et sans 
trahir leur conscience; que les traitements assignés aux 
évéques en compensation des biens appartenant à 
leurs églises avaient été réduits de moitié ; enfin, que 
des milliers de familles polonaises avaient à déplorer 
le sort de leurs enfants, transportés dans l'intérieur de 
l'empire russe et mis dans le péril prochain d'aban- 
donner la communion catholique, au sein de laquelle 
ils étaient nés et avaient été élevés. Quant aux pro- 
vinces polonaises russes , le Saint-Père ne tarda pas à 
apprendre , si ce n'est avec unç précision parfaite , du 
moins avec une certitude suffisante, la concession faite 
par l'autorité du gouvernement impérial , aux Grecs 
non unis, du magnifique sancluairc de Notre-Dame 

(i) Voir Note 7, c 



224 
JePoczajow, célèbre parles pieux pèlerinages qui s'y 
faisaient de toute la Russie, ainsi que du riche cou- 
vât des Basiliens annexé à cette église dans la Volhy- 
nie;deplus,la concession faite encore à la même com- 
munion , des églises et monastères du même ordre en 
Lithuanie ; ainsi que celle de la grande chartreuse de 
Bercza , et d'un nombre considérable d'autres tem- 
ples ou couvents , tous enlevés au culte catholique 
latin ou grec uni , auquel ils étaient consacrés depuis 
leur fondation , ou depuis un temps immémorial. 

La douleur profonde dont Sa Sainteté fut pénétrée 
à des nouvellessi funestes et si inattendues , fut por- 
tée au delà de toute expression, lorsqu'en recevant 
peu après les Ukases impériaux qui avaient trait à 
ces diverses mesures, elle put trop bien voir l'étendue 
et les conséquences incalculables pour la ruine du culte 
catholique des deux rites. Et en effet, des dispositions 
qui s'y trouvaient contenues en vertu et pour l'accom- 
plissement de ces mêmes Ukases, le susdit Sanctuaire 
de Poczajow était devenu un Evêché de !a communion 
grecque russe ; Tordre de saint Basile, honneur , or- 
nement et principal soutien de l'Eglise gre^^que unie, 
dans la Lithuanie et dans la Russie-Blanche , avait été 
presque anéanti et détruit; le diocèse latin de Luck 
avait perdu dix-sept églises, et le même diocèse grec 
uni, un beaucoup plus grand nombre, lesquelles 
avaient toutes été livrées au culte dominant; on avait 
également ravi un grand nombre d'églises des deux 
rites au diocèse latin de Kaminieck (1) ; dans li vaste 
étendue des provinces polonaises russes la faux de 
la suppression avait abattu en même temps deux 
cent deux couvens latins de différents Ordres , parmi 

(i) Voir Noie I4 



225 
les 291 qui y cxislaient ; cnûn la vente aux enchères 
(les terres qui appartenaient à quelques-uqs de ces 
couvens (1), et l'adjudication faite au profit du trésor 
public, avaient atteint jusqu'aux fonds des écoles pa- 
roissiales et des collèges (2). 

Cependant , sans avoir encore des renseignements 
précjs , le Saint-Père , certain de la substance des 
faits qui lui avaient été précédemment rapportés, 
frappé de leur gravité , en même temps fidèle aux 
obligations sacrées de sou ministère apostolique , ne 
différa pas un instant d'ordonner que , par une note 
officielle du cardinal secrétaire d'Etat» ou adressât 
à ce sujet les plus vives remontrances au ministre 
russe résidant à Rome, afinque ces remontrances par- 
vinssent par cette voie à la connaissance de l'empereur 
et roi , Sa Sainteté ne voulant pas renoncer à l'espé- 
rance de voir ce puissant monarque se rendre , après 
un mûr examen , à la justice de ses réclamations (5). 

Plusieurs mois s'étaient déjà écoulés, et Ton atten- 
dait encore la réponse du Cabinet russe à cette note , 
aussi bien qu'à l'exposé dont nous avons déjà parlé , 
et qui avait été adressé à l'empereur , au nom de Sa 
Sainteté, à la fin du mois de juin i 852, lorsque le comte 
Gourieff , successeur du prince Gagarin dans la léga-* 
tion impériale à Rome, présenta, au mois de mai 
1855, au ministre pontifical , un mémoire en forme 
verbale, renfermant les observations de son gouverne- 
ment en réponse aux divers points, objets des réclama- 
tions contenues dans la première note particulière et 
dans la note officielle de la secrétairerie d'Etat. Cesob- 
scrvations, outre qu'elles passaient tout à fait sous si- 



(0 Documemi n«« 8 , 9, 10, Il , 12, — (i) Document n* 13, — (3) Docuoieiu 
n<> 19. 



226 
lencc la demande explicite d'envoyer à Pétersbourg 
un chargé d'affaires du Sainl-Siége, outre qu'elles ne 
touchaient pasles divers articles de la susdite note con- 
cernant les persécutions dirigées en dernier lieu contre 
la religion catholique dansleroyàume de Pologne pro- 
prement dit , n'étaient point , quant au reste, dénature 
à dissiper les craintes et à calmer la douleur de Sa 
Sainteté (1). Pour s'en convaincre, il n'est besoin que 
de lire avec impartialitéle Mémoire remis par le co^te 
Gourieff, et d'en confronter patiemment les assertions 
et les arguments avec ce qui se trouve avancé et 
déduit daas la communication particulière et dans 
la noteôfficielle de la secrétaiterie d'Etat, et surtoui 
avec la série des faits qui n'avaient pu être qu'in- 
diqués dans cette note, vu que l'on n'avait point alors 
des renseignements précis. Mais néanmoins ces infor- 
mations sont aussi publiquement connues que cela est 
possible, pour des choses qui se passent dans des pays 
éloignés, et d'ailleurs elles sont attestées par des docu- 
ments îrréfragableset par les actes mêmesdu gouver- 
nement impérial. 

Cependant une circonstance heureuse sembla de- 
voir adoucir l'amertume de la douleur du Saint- 
Père , qui voyait sans efifet favorable ses soins pour 
l'Église catholique en Russie et en Pologne; l'as- 
surance lui fut donnée qu'en un moment solennel 
Tauguste empereur et roi s'était exprimé dans 
les termes les plus flatteurs en faveur du culte ca- 
tholique et de la portion si recommandable de ses 
sujets qui professent ce culte. Le Saiat-Père sentit 
avec joie se ranimer dans son cœur la douce confiance 
que lui avaient toujours inspirée l'élévation et la no- 



(i) VoirNott 9. 



â27 

blesse de caractère de S. M. Impériale et Royale, et 
se fit un devoir de lui en manifester sa vive recon- 
naissance ; mais en même temps , après avoir retrace 
encore une fois , à cette occasion , avec une entière 
loyauté, les maximes de la religion catholique, cons- 
tamment mises en pratique par le Saint*Siége, Sa 
Sainteté fit un nouvel appel à la bonté naturelle et à 
la haute protection de ce puissant monarque, pour ses 
sujets catholiques et pour TEglise de Dieu (1). 

Et certes, cette manifestation bienveillante des sen- 
timents de l'Empereur, ces recommandations du Saint- 
Père à Sa Majesté arrivaient à propos, car Sa Sainteté 
venait d'apprendre que , par un décret du sénat diri- 
geant, du 10 mars 1852, il était formellement interdit 
de publier ou de recevoir, dans les États impériaux, 
aucune espèce de Rescrit ou de Bulle Apostolique (2).' 
Semblablement , un ukase, presque du même jour, 
remettait en vigueur les peines les plus sévères contre 
les prétendus coupables , qui auraient , disait-on , 
travaillé à des conversions du culte dominant à la re- 
ligion catholique romaine (5). En outre , Tukase du 
20 août de la môme année, confirmé et expliqué par 
celui du 26 août 1855, assujettissait la Pologne aux lois 
en vigueur dans Tempire isse , qui exigent pour les 
mariages mixtes, comme une condition absolue, la 
promesse formelle d'élever tous les enfants à naître , 
dans la religion grecque unie; et par ce même ukase, il 
étaitdisposé que de pareils mariages contractés devant 
le seul curé catholique doivent être regardés comme 
non valides, jusqu'à ce que la cérémonie ait eu lieu de- 
vant le prêtre grec russe (4). Bien plus, un autre ukase 

(i) Document n» 15. — (a) /^. n« IC — (3) lù. n» H. — (4) 10. n" 18 et 
no 19. 

II. 15 



de 1853, remettantenvign4iTur les ordonnaDced depuis 
longtemps tombées en désuétude, de l'impératrice Ca- 
therine H, dispose, dans le but évident , et qui n'a été 
que trop atteint , de supprimer un nombre immense 
dç paroisses catholiques, qu'il n'y aura désormais 
d'église et de prêtre que là où les catholiques forme- 
ront une population agglomérée de 400 habitans (1). 
En exécution de deux ukases du 24 juin de la mèine 
année et du 22 avril 11854, relatifs à l'érection de detix 
évéchés du culte grec non uni à Varsovie et k Polock, 
une magnifique église fut enlevée aux catholiques 
dans la première de ces deux villes : c'est ainsi qu'ils 
avaient perdu , dans une autre circonstance , le grand 
temple de saint Casimir à Wilna (2). Mais l'époque où 
furent prises les diverses mesures que nous venons 
d'énumérer précède, ou du moins ne dépasse pas les 
derniers mois de 1855 et les premiers de 1854 , sauf 
celles qui n'étaient que la conséquence des choses pré- 
cédemment ordonnées ; de sorte que les ministres de Sa 
Sainteté , n'en ayant eu connaissance que plus tard , 
n'en purent rien dire dans les remontrances dont nous 
venons de parler. Du reste, d'après toutes les informa- 
tions qui sont parvenues au Saint-Siège, depuis le jour 
où le Saint-Père eut adressé au magnanime monar- 
que la lettre que nous rappelions tout à l'heure , plus 
d'une année s*écoula sans que de nouvelles et odieuses 
mesures fussent prises au détriment de la religion 
catholique dans les possessions russes ; il faut pour- 
tant en excepter la mesure d'une si grande gravité , 
que contient l'ukase du 28 mars 1856 , par lequel il est 
interdit aux prêtres latius , soit d'entendre les confes- 
sions sacramentelles des personnes qui ne leur sont 

(t) Voir Note 10. — (î) Document! no» 20 ci 21. 



poiot particulièrement connues, soit d'admettre jamais 
de telles personnes à la communion eucharistique {{), 
Mais que ce temps de calme fut court et insi- 
dieux! les ennemis de l^Ëglise surent le mettre à 
profit pour Texécution de leurs ténébreux et vieux 
desseins, et leurs manœuvres en firent Tavant-cou- 
reur de cette horrible tempête qui jeta , bien loin du 
port de salut , plusieurs évéques, ainsi qu'une grande 
partie du clergé et du peuple grec russe uni. Il serait 
long et trop douloureux de rapporter minutieusement 
toutes les circonstances, et de retracer la marche 
progressive de ce déplorable événement. Quelle en ^ 
été la cause etForigine? pendant combien de temps 
a-t-il été préparé avec autant d'ardeur que d'habileté? 
quels moyens, quelles honteuses pratiques, quelles 
perfidies y furent employées? le but une fois atteint , 
sous quelles couleurs s'est-on efforcé de le représenter 
au moncle? avec quelle adresse et avec quelle persé- 
vérance cherche-t-on maintenant à en étendre les ef- 
fets dans les autres parties des États impériaux, et jus- 
que sur les sujets catholiques du rit latin? La réponse 
à ces questions résulte , avec une entière évidence , 
d'un tel ensemble de documens authentiques et d'un 
tel nombre de relations publiées dans les journaux des 
pays étrangers , avec tant de précision , d'exactitude, 
avec des détails tellement circonstanciés (puisqu'on 
désigne nommément les personnes, les temps, les 
lieux auxquels chaque fait se rapporte), que, dans leur 
substance du moins , on n'essaiera même pas de les 
démentir (2). Ceux qui , sur de pareils faits, veulent 
avant tout savoir la vérité, pourront donc la connaître 

(i) Docament n» 22. — (i) Voir le» Dorainrn s depuis le n* 23 jusqu'au 
n» 51. 



â30 
et apprécier toute rimporlance de cette déplorable 
défection des grecs russes dans les provinces russô- 
polonaises. Et les fils de TÉglise catholique , quel que 
soit le lieu de la terre qui les accueille , auquels par- 
viendra ce cri de notre douleur, tout en respectant 
profondément les jugements de Dieu sur d'infortunés 
prévaricateurs , et tout en battant des mains au cou- 
rage chrétien, à la constance religieuse de ceux qui , 
sous le poids delà persécution, ont su résister et se 
conserver fidèles à runion catholique , jugeront , en 
connaissance de cause , si la mémoire de ce funeste 
événement peut de bonne foi être perpétuée par une 
médaille portant cette légende : Séparés par la violence 
en 1596, réunis par ramour en 1859 (1). 

A la nouvelle de la détestable apostasie des éveques 
grecs russes , lé Saint-Père, chef suprême de l'Eglise 
catholique , ressentant toute la douleur de cette plaie 
atroce , ouverte dans le sein de la commune Mère, eut 
aussitôt à élever, devant le Sacré Collège réuni, sa 
voix apostolique, pour reprocher à ces malheureux 
leur foi violée et leur indigne trahison (2). Dans la 
même occasion, ne pouvant cacher les longues et af- 
freuses angoisses dont accablaient son âme tous les 
autres maux que la religion souffre dans les posses- 
sions russes, et voulant aussi faire connaître avec quel 
amour, par quels soins incessants il avait cherche a y 
porter remède , le Saint-Père résolut de faire parta- 
ger à ses bien-aimés fils, les catholiques sujets de l'em- 
pire de Russie, sa douce espé ance de voir enfin 
couronnées de succès les réclamations déjà soumises 



(,) On «ait que l'empereur de Russie a denniremcnt faii frapper une mca. 
»ur laquelle e»i {jraTée celte inscription, 
(i) UoruMient n» 52. 



daille 



251 

tant de fois et de nouveau en leur faveur, à S. M. l'em- 
pereur et roi. Et ces paroles pontificales n'étaient pas 
uniquement appuyées sur l'idée de la justice et de la 
magnanimité de ce puissant monarque; ce prince venait 
de faire donner de nouvelles et consolantes assurances 
qui justifiaient ces paroles. S. A. I. et R., le prince hé- 
réditaire de toutes les Russies, était depuis peu venue 
à Rome, et y avait séjourné ; Sa Sainteté s'était trouvée 
heureuse de renouveler en cette occasion, avec effu- 
sion de cœur et avec confiance, ses recommandations 
en faveur de l'Ëglise et des sujets catholiques de S. M. 
Dans sa réponse, l'empereur et roi promit la plus large 
protection, la plus sincère bienveillance, ce qui enga- 
gea le Saint-Père à renouveler ses instances avec en- 
core plus d'ardeur et de zèle (4.) 

Cependant deux questions particulières étaient en- 
gagées entre le Saint-Siège et le gouvernement russe : 
l'une à l'égard de Mgr Ignace Pawlowski , déjà 
évéque de Mégare in partibus infidelium, et suffragant 
de Kaminiek; l'autre concernant Mgr Marcel Gut- 
kowski, évêque de Podlachie, dans le royaume de 
Pologne. Quant au premier, par plusieurs raisons gra- 
ves, entre lesquelles figuraient au premier rang celle 
d'avoir souscrit et enjoint au clergé catholique l'ob- 
servance de l'ukase impérial qui tendait à défendre à 
ce même clergé d'administrer les sacrements à des 
personnes inconnues. Sa Sainteté, suivant l'ifnpulsion 
de sa conscience, avait différé l'institution canonique 
de ce prélat pour l'église métropolitaine de Mohilow. 
Quant à Mgr l'évêque de Podlachie , quoique entière- 
ment exempt, aux yeux du Saint-Siège, des taches 
criminelles que le gouvernement lui reprochait, et 

(i) Dociimcuts n»» 53 cl 'ti. 



232 



évidemment justifié de ces accusations dans les offices 
adressés, à différentes époques et sous diverses formes, 
par le ministère pontifical à la légation russe a 
Rome (4). il avait été, par Vordre du gouvernement 
impérial, violemment éloigné de son siège et enfermé 
dans le couvent de Ozeransk, dans la province de Mo^ 
hilow. Il est inutile de dire au*à la nouvelle de ce nou- 
vel affront fait à TÉglise, dont le Saint-Siège eut 
connaissance par les communications du ministre im- 
périal lui-même (2), celui que Dieu a établi pour 
protéger les droits de son épouse ne resta point muet. 
Le Saint-Père , toujours animé par la conscience iti- 
lime de ses devoirs , ordonna que, par une note offi- 
cielle du cardinal secrétaire d'État du 1" jum 4840, 
laquelle fut suivie d'une autre note le 16 août , on 
adressâtàqui de droit, sur ce sujet, les plus pressantes 
réclamations, et ce fut encore d'après sa volonté ex- 
presse qu'on revint, à cette occasion , sur les maux 
soufferts par la religion catholique en Russie et en 
Pologne, en raj^pelant tout ce qui avait été exposé an- 
térieurement jusque vers la fin de 4852, et en y ajou- 
tant de justes doléances pour d'autres faits, q.ui, ainsi 
que nous l'avons indiqué ailleurs, n'éuient point à 
celte époque connus du Saint-Siège (5). 

Après avoir attendu , pendant plusieurs mois, une 
réponse quelconque de la part du gouvernement im- 
pénal, on vil arriver à Rome, au mois de septembre 
4840, le conseiller d'Élat chevalier Fûhrmann, accré- 
dité par une lettre de M. le ministre des affaires 
étrangères h Pétersbourg, comte de Nesselrode, pour 
entrer avec le cabinet pontifical ddns quelques pour- 
parlers relativement à différentes questions, lesquelles 



253 

S. M. I. désirait sincèrement voir terminées dans un 
esprit de conciliation et de convenances mutuelles (1). 
Du reste» le but de cette mission, reuouvelëe dans le 
mois de d^mbre suivant, et après la malheureuse 
mort subite du susdit envoyé, poursuivie jusqu'à son 
terme par M. de Potemkin, ne fut autre que de solli* 
citer au nom même de l'empereur et roi, l'institution 
canonique de Mgr Pawlowski à l'archevêché de Mo- 
hilow, et la coopération pontificale pour persuader à 
Ifgr Gntkowski de se démettre volontairement de l'é* 
glise fie Podlachie. En proposant ces deux demandes, 
l'envoyé russe n'omit pas de faire clairement entendre 
que l'adhésion du Saint-Père serait le gage et la mesure 
des bienveillantes dispositions de son souverain à l'é- 
gard de l'Église catholique dans toute l'étendue de ses 
États. Telles sont, disait le chevalier Fûhrmann, dans 
une note verbale passée au cardinal secrétaire d'État, 
le 19 du mois susdit, c les deux demandes dont VaC" 
ceptaiion amènerait l* accomplissement des voeux que 
Sa Sainteté s'est plu à exprimer à différentes reprises 
en fatfetir duculte et du clergé catholique, dans Us Étais 
de Sa Majesté Uempereur et roi, > 

Et, au commencement de la même note, exprimant 
avec quelle peine le gouvernement impérial voyait 
que les premières et heureuses relations entre les deux 
cours se trouvaieni altérées par les deux questions in- 
diquées, il assurait que c le cabinet russe désirait in» 
finiment remédier à un état de choses qui, sil devait se 
prolonger, réagirait nécessairement sur la paix de l*Ë' 
glise eatholiiiue dans les États de S. M. V empereur, 
ainsi que sur les dispositions qui animent S. M, à son 
égardfi), > En outre, dans un second office , adressé 

(i) Document n" tjl. — /'». n"' GJ et (>5. 



234 

le 23 du même mois, lorsque, du côté du Saint-Siège, 
on s'était borné à remarquer qu'il éUit nécessaire de 
soumettre à un mur examen les deux propositions 
impériales, le chevalier Fûhrmann faisait observer 
qu'il s'agissait c du maintien de la paix religieuse et 
de la consolidation du bien-être de l'Église, du clergé 
et des populations catholiques en Russie et en Pologne, 
que le gouvernement impérial désire seconder par tous 
les moyens en son pouvoir, > ajoutant que c un appel 
fait au chef de CÈgHse catholique, au nom d*intérêts 
aussi graves, mérite de fixer la sollicitude paternelle 
de Sa Sainteté({). > Telle fut aussi la manière dont 
l'auguste souverain s'exprima lui-même dans une let- 
tre du 3 décembre 1840 à Sa Sainteté, lettre apportée 
par le chevalier Fubrmann, lors de son second voyage 
à Rome, vers la finxlu même mois (2). 

En réalité, le Saint-Père avait compris, par le sens 
de toutes ces communications, et, sur la parole for- 
melle de l'envoyé russe, tenait pour certain que l'u- 
kase impérial du 28 mars i83(5, relatif à l'administra- 
tion des sacrements , souscrit par Mgr Pawlowski et 
imposé par lui au clergé catholique, était pleinement 
révoqué, et révoqué sur les insunces du prélat lui- 
même. Sa Sainteté crut d'ailleurs pouvoir s'en rap- 
porter à la déclaration de ses sentiments que Mgr Paw- 
lowski lui avait adressée par écrit (3); et, par ces 
motifs, après avoir beaucoup réfléchi devant Dieu, 
elle consentit à accueillir les deux demandes et à leur 
donner son assentiment. Donc, après avoir préconisé 
dans le consistoire du 4" mars 1841 Mgr Pawlowski 
pour l'église métropolitaine de Mohilow, le Saint-Père 
écrivit, peu après, un bref en forme de lettre à Mgr l'é- 

(i) Docuaent'n» 64. — {->) il: n«» 65. — (H) 10. u» 66. 



256 

véque de Podlackie, l'exhortant avec conseils et par 
les raisons ci-dessus exprimées, à la résignation spon- 
tanée de son siège (\). 

' ' Tandis ique ces négociations suivaient leur cours , 
M. de Potemkin avait, depuis plusieurs semaines, re« 
mis au cardinal secrétaire d'État une note confiden- 
tielle signée par le chevalier Fuhrmann et trouvée dans 
ses papiers après sa mort, note qui était destinée à 
remplacer tout la fois et la note verbale (2) remise par 
le cardinal au chevalier pendant sa première mission, 
et les deux notes ofûcielles de 1832 et 1840 , dont il 
est fait mention dans la note verbale. Cette note de 
l'envoyé russe, qui venait de mourir, se réduisait en 
substance, ainsi que le mémoire antérieurement pré- 
senté par M. le comte de Gouriefi en 1855, à passer 
cx)mplétement sous silence quelques-uns des faits dont 
le Saint-Siège s'était plaint, et à en nier quelques au- 
tres qui étaient notoires, tout en accumulant des 
assertions sans preuve et des éclaircissements insuffi- 
sants; elle fut donc bien loin de produire une heu- 
reuse impression sur l'esprit de Sa Sainteté, sans cesse 
tourmentée par la vue des maux de TËglise catholique 
en Russie et en Pologne (5). Cependant cette note 
même fut l'objet de sérieuses considérations do la part 
de celui qui du haut de la chaire de saint Pierre, où la 
divine Providence l'a placé pour le gouvernement de 
rËglise universelle, voit les difficuUés, apprécie les 
dangers , se pénètre de la triste condition des temps 
et des lieux ; si bien que Sa Sainteté finit par se 
convaincre qu'il était bon d'engager davantage le 
puissant empereur dans ses promesses sacrées en 
faveur de ses sujets et du culte catholique, et pour 

(i) Document n* 67. -- (i) 10. W 68. — (3) Ib. n^ 69 et 70. 



236 

cela d'accéder aux deux demandes particulières que 
nous avons indiquées. 

Voilà pourquoi, dans ladite note verbale remise aux 
mains du chevalier Fûbrmann, après avoir expliqué 
dans quel sens Sa Sainteté avait l'intention d'adhérer 
à ces mêmes demandes, on continuait ainsi : Par tout 
ceci, l*empereur et roi, dam félévoùon de son âme, 
comprendra facilement que le SairU'Père aimeà^uS" 
ser la déféreiaee et lés égards envers Sa Majesté jusqu'à 
cette Limite, qu'il ne lui est point permis d^ outrepasser. 
Mais il comprendra également que la condescendance 
dont S. S. est disposée à user dans les termes que nous 
venons ^assigner, se base essentiellement sur les tm» 
périales et royales promesses de Sa Majesté en faveur 
de l'Église catholique. Sa Sainteté se regarde donc 
comme assurée de voir ces promesses réalisées au plus 
tôt ; et c'est dans la vue de hâter ainsi, pour l'Église i 
elle-même, un avenir prospère dans la vaste étendue de 
Vempire russe et du royaume de Pologne, que S. S. a 
trouvé un moyen de se rassurer A l'égard des demandes 
énoncées. Et, dans le bref même en forme de lettre, 
adressé k Mgr l'évéqae de Podlachie, le Saint-Père 
voulut mettre les expressions suivantes : Proindè stU' 
dio pacis dueti, de tua etcui prœes dioceseos incolumi' 
tate solliciti, nec non iUecti spe desponsi nobis ab 
serenissimo imperatore et rege prœsidii in levamen 
malorum, qtiibus catholica religio in vasùssimis Rus^ 
siœ et Pûloniœ regionibus dudum afiigitur, hortatares 
et suasores tthi, veneraÔilis frater, esse debemus, ad 
Podlackieneem Ecclesiam spente dimittendam. Pour 
savoir zvec quelle franchise le Saint-Père, dans cette 
circonstance , dévoila direclcraent au monarque ses 
profondes angoisses et lui exprima sa foi eiilièrc dans 



257 

ses impériales et royales promesses, il faut lire la te- 
neur entière de la lettre qu'il envoya le 7 avril 1841 
k Sa Majesté, par le moyen de la légatioa résidant à 
Rome. Cest à la même légation que fut transmis le 
bref en forme de lettre pour Mgr Gutkowski» évéque 
dePodlachie(l). 

Après tout ce qui vient d'être rapporté, qui eût pu 
croire que la pesante expression sous laquelle gémis- 
saient les malheureux catholiques dans les possessions 
russo*polonaises , au lieu de diminuer, s'accroîtrait, 
que de nouvelles et plus odieuses mesures seraient 
prises contre le culte qu'ils professent ; en un mot , 
qui eût pu croire qu'après de tels engagements les 
choses iraient de mal en pis? Et pourtant il en fut 
ainsi ; et les rapports les plus certains, les documents 
les plus authentiques, les faits les plus notoires en 
portent, dans tout esprit de bonne foi, l'amère convic- 
tion. Nous ne voulons pas dire, sur ce fait, que le Saint* 
Père n'a pas même reçu , jusqu'à présent, un mot de 
réponse , pas la moindre commmiication dn cabinet 
ru&«e sur les points indiqués dans sa dernière lettre si 
pressante à S. M. l'empereur et roi ; nous ne remar* 
querons pas non plus que quinze mois se sont écoulés 
depuis qu'on a confié à la légation russe le bref en 
forme de lettre adressé à Mgr l'évéque de Podla- 
chie, sans qu'on ait reçu aucune réponse de ce pré- 
lat, ce qui porte à croire que ledit bref n'est jamais 
arrivé à sa destination (2). Mais nous dirons qu'un peu 



(i) Document n*7l. 

(a) Au moment où l'on aclicvaiià Rome d'imprimer ce manifeste île Sa Sainicu-, 
M. Rrivlzow, char{^é d'affaires de Russie prî-s le Saint-Sic'gc, on ral>senco du ini- 
nittre plënipotenliaire , M. de Potemkin.annonpit par son office du i8 juillet i84i, 
au cardinal secrétaire d'Etat , qa'on avait fait part ii 'Mjr l'cvéquc de Podiachie de 
la lettre fjiic lui avait adresser le Sainl-I'èrc, le - avril i8}i. ci que ce prélat s'i- 



238 

avant la première arrivée à Rome du chevalier Fuhr- 
mann, un grand nombre d'actes, de décrets et d'u- 
kases impériaux avaient été rendus, tous souveraine- 
ment contraires à la religion catholique , et que le 
Saint-Siège n'en eut connaissance que fort longtemps 
après ; que l'envoyé russe eut soin de les tenir cachés 
et de n'en rien dire, quoique les circonstances et le 
sujet même des conférences qu'on avait avec lui, sem- 
blassent faire un devoir à la loyauté de son gouver- 
nement de ne point dissimuler de pareils faits ; de 
sorte que les ministres de S. S. ne purent pas même 
avoir l'idée de s'en plaindre et d'en demander rai- 
son. Parmi ces actes divers , citons l'ukase du mois 
d'août 1839, qui défend , sous peine de destitution, à 
tous les ecclésiastiques catholiques des provinces orien- 
tales de l'empire , de baptiser les enfants nés de ma- 
riages mixtes, et, pareillement, d'admettre jamais à la. 
communion quiconque a , une seule fois, participé au 
rit gréco-russe ; un tel acte ayant la vertu , d'après le 
gouvemementimpérial,d'incorporeràrÉglise grecque 

ceux qui l'accomplissent, de telle sorte qu'ils ne 
peuvent plus en aucune manière cesser d'en faire par- 
tie (2). Citons encore l'ordre souverain du 16 dé- 
cembre de la même année qui, remettant en vigueur 
plusieurs anciens ukases, interdit formellement de 
bâtir des églises catholiques, si ce n'est en certains 
lieux et sous certaines conditions ; qui limite le nombre 
des paroisses et le nombre des curés ; qui enjoint aux 
membres du clergé catholique romain, tant séculier 
que régulier, de ne sortir sous aucun prétexte de leur 

Uit demis de ton tiéee; miii jusqu'au aa juillet i84î, Sa Saiolclc navail encore 
rien reçu de ce prélat , ni m déiuittiou ui une réponse quelconque. 
(i) Document n» 77. 



230 

domicile/ sauf dans certains cas rigoureusement dé- 
terminés ; qui enfin défend aux curés d'accorder ja- 
mais les secours spirituels aux habitants d'autres pa- 
roisses , n'exceptant de cette règle que quelques cas 
particuliers , pour lesquels même sont imposées di- 
verses prescriptions (1). Citons le décret par lequel 
sont établis de nouveaux règlements , et un nouvel 
ordre de justice contre les personnes accusées d'a- 
voir cherché à propager la religion catholique , au 
préjudice de la religion dominante, et qui livre à la 
merci des tribunaux criminels de l'empire les ecclé- 
siastiques catholiques accusés de ce prétendu forfait ; 
pendant que d'autre part » des honneurs , des distinc- 
tions , des récompenses de toute espèce sont prodi- 
gués aux membres du clergé russe, qui se sont effica- 
cement employés à obtenir la prévarication des catho- 
liques (2). Citons la défense femelle , promulguée le 
20 janvier 1840, de prononcer jamais à l'avenir le mot 
d'Église grecque unie , et de mettre aucun empêche- 
ment aux mariages entre grecs russes et grecs catho- 
liques ; avec la clause expresse et toujours en vigueur, 
que les mariages célébrés en présence seulement du 
prêtre catholique sont déclarés non valides (3). Citons 
enfin l'ukase impérial du 21 mars de la même année, 
qui décrète la confiscation des biens, contre quiconque 
abandonnera la religion dominante, sans préjudice 
d'autres peines établies par les lois préexistantes, le 
tout accompagné d'autres prescriptions fort sévères 
sur le même sujet (4). 

Disons en outre que, d'après les renseignements 
fournis en dernier lieu au Saint-Siège , l'ukase impé- 

(0 Documenl n»» "3 et 74. —(a) Ib. n" 75. — (3) !b. n» 76 — (4) lù. 
no 77. 



240 

rial , par lequel il est défendu au prêtre catholique 
d'administrer les sacrements à des personnes incon- 
nues ou qui appartiennent à d'autres paroisses que la 
sienne, n'a nullement été révoqué, quoique le cfaeva- 
lier Fûhrmann en eût donné sa parole au nom de l'em- 
pereur, mais bien au contraire que , sous prétexte de 
modiûer cet ukase et d'en éclaircirle sens, on l'a con- 
firmé (1). 

Constatons enfin aue, dans l'intervalle de la pre- 
mière à la seconde mission du chevalier Fûhrmann et 
de son séjour à Rome, on ne se relâcha en rien du sys- 
tème de dureté etde véritable oppression rois en œuvre 
contre le clergé et contre le culte catholique. Dans 
certains gouvernements de la Lithuanie et de la Russie- 
Blanche, il n'est pas permis aux curés d'exercer le 
grand ministère de la parole, de remplir le devoir sa- 
cré qui leur est imposé de prêcher et d'instruire le 
peuple ; la seule liberté qui leur soit laissée est de ré- 
citer successivement certains sermons approuvés et 
déterminés ; dans le reste des anciennes provinces po- 
lonaises, toute prédication , availt d elre prononcée, 
doit être soumise à la censure de ce qu'on appelle les 
doyennés. En conséquence de ces dispositions souve- 
raines, un ordre du ministre des affaires intérieures, du 
5 décembre 1840, exile dans les districts de la grande 
Russie, pour y vivre à demeure sous la surveillance 
la plus rigoureuse de la police , deux curés , dont le 
seul crime est d'avoir exhorté leurs paroissiens respec- 
tifs à demeurer fermes dans la foi de leur pères, sans 
avoir soumis à Texamen préalable de la censure le 
texte de ces exhortations (2). 

Et nous sera-t-il permis de garder le silence sur 

(i) Document n* 79. — (î) Ib. no 80. 



241 

tous les maux fails à la religion catholique dans tous 
les États russes, depuis la conclusion des négociations 
commencées par le chevalier Fùhrmann, menées à 
fin par M. de Potemkin , et dont le résultat avait été 
Tassentiment pontifical doniV3 aux deux propositions 
impériales, relatives à Tarchevéque de Mohilow et à 
révéque de Podlachie? Un ordre souverain adressé au 
sénat dirigeant, le 22 mai i841, interdit aux autorités 
ecclésiastiques catholiques romaines de recevoir les 
demandes et de connaître des causes de séparation 
conjugale déjà jugées par le haut synode gréco- 
russe (1). Les déplorables conséquences d'une telle 
mesure pour la ruine de la discipline et de la morale 
catholique sont trop manifestes, pour qu'il soit néces- 
saire de les détailler ici. Plût à Dieu , du moins, que 
le Saint-Siège n'eût pas à se plaindre de la coupable 
connivence de certain dignitaire élevé de l'Église, qui, 
foulant aux pieds ses principes inviolables, a accordé 
kl célébration et le sacré rit du mariage à un catho- 
lique, avec une personne gréco-russe séparée de son 
premier mari, uniquement en vertu des décisions du 
synode grec uni 1 

Mais le dernier coup devait être porté aux infortu- 
nés catholiques de ces vastes régions, le jour même le 
plus sacré pour eux. Un ukase impérial , daté du jour 
de Noël dernier , a consommé la spoliation , depuis si 
longtemps entreprise , des propriétés ecclésiastiques, 
ordonnant que : Tous les biens immeubles peuplés par 
des paysans y attachés, appartenant jusqu'alors oai 
clergé du culte étranger des provinces occidentales, 
passent sous la régence du ministère des domaines na- 
tionaux, en exceptant seulement de cette mesure les 

(i) Document D* 81. 



ut 



biens qui, ne faisant point partie des possessions de la 
haute hiérarchie, ou ne formant point un fonds des ca- 
pitaux de fondation, se trouvent uniquement dans la pos- 
session du clergé administrant les paroisses (1). L'irn- 
portance de ce décret souverain et sa connexion né- 
cessaire avec rextrême avilissement ou , pour mieux 
dire , avec la ruine totale de TÊglise catholique dans 
les provinces polonaises russes, ne peut être bien 
comprise, si on ne le rapproche de divers autr^ actes 
mis en même temps à exécution par le gouvernement 
impérial , et surtout si on néglige d'établir une com- 
paraison exacte entre les possessions qu'avait encore 
en Russie, malgré les malheurs passés, le clergé ca- 
tholique, et le peu qui lui est maintenant assigné (2). 
Après tout cela, on sera peut-être moins étonné de 
voir l'autorité impériale choisir et nommer, le 22 mars 
dernier, sans avoir en aucune manière consulté le 
Saint-Siège, un suffragant pour la partie du diocèse de/ 
Cracovie soumise à la Russie (5), puis choisir et nom- 
mer encore de la même manière, par trois décrets du 
10 mai . un évêque et deux suffragants pour le royaume 
de Pologne, comme si la promotion aux évêchéset la 
collation de la dignité sublime qui leur est attachée, ne 
dépendaient pas essentiellement du chef de l'Église (4) ; 
et tout ce qui précède fera recevoir de même, sans 
trop de surprise, l'ukase récent, dont ont parlé plu- 
sieurs journaux, en vertu duquel le calendrien julien 
est substitué, dans ce même royaume de Pologne , au 
calendrier grégorien, pour bouleverser toute la disci- 
pline ecclésiastique et tous les usages et droits reli- 
gieux des Polonais. 

(,) Document n- 82.- (i) li. noi 83, 89,83 et 86.;- (3) Ib. n" 87, -(4) //-. 
aM 88, 89 et 110. 



245 

Ici se termine ce désolant exposé des maux si grands 
sons le poids desquels est courbée la religion catho- 
lique dans la vaste étendue des possessions russes, et 
en iméme temps des travaux incessants , mais, hélas ! 
toujours inutiles , du Saint-Père, pour en arrêter le 
cours et y porter remède. Après l'avoir lu, qui pourra 
dire que le Saint-Siège, laissant ces infortunés Gdèles 
sans défense ni secours au milieu de leurs calamités» 
ait abandonné , en quoi que ce soit , la grande cause 
de la religion catholique? Et cependant, parce que les 
plaintes, les réclamations, les démarches, les prières, 
les sollicitudes de tout genre , employées selon les 
besoins du moment par Sa Sainteté, n'ont pas été pu- 
bliquement connues , les ennemis du Siège aposto- 
lique ont abusé de ces circonstances pour le décrier 
et Tavilir, donnant à entendre que tout ce qui s'est 
fait d'outrageant et de funeste , en Russie et en Po- 
logne, au détriment des droits et des intérêts du culte 
catholique (ce qui indigne les gens de bien), n'est 
que le résultat de concessions antérieures faites par 
le chef de TËglise , ou du moins que le souverain 
pontife ayant tout su, a tout dissimulé et continue à 
tout couvrir de son silence. Le Saint-Père ne l'ignore 
point, et il sait aussi qu'on n'a pas rougi d'insinuer eC 
de répandre, en des temps jugés opportuns, les plus 
atroces calomnies. Mais à Dieu ne plaise que le vi- 
caire de Jésus-Christ, le grand pasteur et gardien du 
troupeau catholique , devienne jamais une cause de 
scandale, une pierre d'achoppement! Réduit à cette 
extrémité, et les impérieuses lois du devoir et de la 
conscience ne lui permettant pas de s'y soustraire , le 
Saint-Père s'est trouvé dans l'inévitable nécessité de 
rendre public cet exposé des soins qu'il s'est donnés 
II. 16 



encore k Jawçif . ^Js^^t l^ Ti9ê?^ qv^'eitef^Ow^seeiite 

mi ^î?.^ fpM * W ffl^^îs ^\^^éw^ WJ?4çi^ e^ X<^^ i 
«8 n?éw^. ^^°u^ w>A^ ^ Mih mi^n k r^ï*e«T 

thoiiflu^^ d^ ^ ^^ w^^ % h m^m tey^wWô 

àe l'Eglise g^i ^oljUge ^ ç!fy^^tk^à^e^^ff^§4è\^ 
?^J^^.eg\fBià çaj^, de là, cçainte, 93^ bigft rfqtiit 

Bb la SBCMÊTAIRKRlEb b'ËtAT , LE 82 fCILLET 1842. 



D0CITMENT3. 



N* I. — LETTRE E!f FORME D^UKASE ADRESSÉ^ PAR |.E CpHTE WOflOVTZOW, 
AU ROM DE S. ir. L'CMPEREDR DE RUSSIE, A L*ARCBETÊQUE DE MOBI- 
Um, LB 46 DECEMBRE i8i9 {*)t INTIMANT DÉFENSE AU CLERGÉ DE 

rcoourir ad saint-tlégb ou a ses représentants. 

Monsieur , 

Lorsque, après la réunion de la Russie Blanche àTEropiretSa 
(fuç WUje^t^ r|mpéf^;ric^ (J^^enwç II inf|UtU4le Siège Èpisco- 
jn} p^il^ç^qye; Roflft^, c(f Mob^lqw , et ^ign4 y appeler Votre 
^f^nçe, ^*y^sç ^P^^, ^ Ç^\^ ocç^oa défeqdait expressé- 
xniçntf 4f; S9^w^(^^ ^ f uçunf hiA^c^çq ^Irvig^cç les affaivea qui 
nq^Y^Cf^t jç^érossef }ç$ ég^se4qi(lioliqi)i$9 romaines de l'empire. 
t)f pi^^ dé(ep^ (qt depuis re^wvelée ^ div^r^es époques ^ et 
^Qtfux^mçpt lprsq^'t>p i-^unit, en i79^i è l'eiPilM'e l«s autre» dio^ 
cèses ci-devant dépendants de la P^çga^ , ci^niQ aussi lorsque 
vçjus (v\^B?», ^ 17Ç^, ^|eif^ ^ \^ i\fs»\té de Mélropolitain unique 
dfs^ ég;!^ ç^tl^pliqu^çs ro^fUi^ça ^e Russifi, en vertu d'un ordre 
4Upfé^ç ^ ^a Majesté rempeyeuir P<ml. 

Aux ^fines d^, di£(^fait^. ordonnances qui parurent alors , 
^\lc^^ éi(éq\^ç, F^trt;, 9V «MJ*^^ catholique, quel qu*iî fût, ne 
poi^Xa^, Siao« «^courir le^ peines c«pit«lea l«t plus sévères, se 
pçfi^^trçï d'e^M'e^ftir 4^ relations d'aucune espèce , et sous 
auç^^ p^ét^xç qv^ ^ i^ût, ^ifçc la cour de Boine , ou toute au- 
ti^e i^utpùté l^ors de# Uia^tes de Tenapire. 

Cependant, malgré des déiens^aMSsi positives, et aussi souvent 
réitéré^ , il e^t paryepu à la connaissance de Sa Majesté impé- 
riale, que plusieurs communautés ou individus ont osé avoir des 
rapports avec la cour de Ronie et ses représentants. Sa Majesté 

(*) il est ëtoonant que la Russie parle en 1812 de son représenunt auprès du 
Saînt-Siëge : elle n'en avait pas depuis l809, ^|>oquc de l'enlèveoient de Pie VII. 
Un reprëseotant rn5se n'arriva i Rome qu'à la Kn de 181 i. 



^A6 



Impériale, justement mécontente d'une conduite aussi rcpié- 
hensible, m'a donné l'ordre de recommander à votre Excel- 
lence la surveillance la plus rigoureuse à cet égard, et de vous 
tracer en même temps. Monsieur l'archevêque , la marche que 
vous dcvei suivre àravcnir dans les affaires ccclésiasuques de 

votre compétence. . . *. . ^ 

Lorsqu'il surviendra dans l'étendue de votre jundicUon mé- 
tropoUtaine quelqu*incident de nature à mériter rattcnlion de la 
couV de Rome , l'évêque diocésdn sera tenu de vous en faire ^^^ 
rapport, pour que voui. prononciex définitivement, si laflaire 
ne^Was^pas vos poavçirs, et, dans -cas. vous en r^^^^^^^^ 
au ministre impérial , qui prendra les ordres de Sa ^^}^l^Jl 
donnera en conséquence ses instructions au ministte de Ri^ie a 
Rome,pourqu'il fasse auprès du Saint-Siège les démarches né- 



cessaires. 



De même s'il arrivait, ce qu'on nedoit pas présumer, que san» 
égard pour les lois étabUes, la cour de Rome vous adressât di- 
rectemVnt, ou à quelqu'un des ecclésiastiques , ou aux monas- 
lères de l'empire , des Bulles, Décrets, ou Instructions sur quel- 
que objet que ce soit, vous devez au préalable, M. 1 ardieveque, , 
les porter sans délai à la connaissance du ministre impérial, sans 
jam^s en permettre ou tolérer la pubUcation , à moms d un 
ordre exprès du gouvernement. ' 

Sa Majesté impériale, par une suite de la sollicitude constante, 
avec faqueUe elle veille au bien-être de tous ses sujets , saw 
distinction de reUgion. veut bien entretenir un ministre auprès 
de U cour de Rome , pour y traiter tout ce qui peut mtéresser 
les besoins spiritueU des cathoUques romains de son empire , et 
Elle a décidé dans Sa Sagesse, que ce sera toujours par cette 
voie, et jamais autrement, que devront passer toutes les affaires 
qui sont dans le cas de nécessiter des rapports entre leSouveram 
Pontife et les égUses , ou sujets de la communion romame dans 
tout l'empire. Sa Majesté impériale ne se verrait quà^ regret 
dans la nécessité d'user de rigueur contre les infiracteurs de cette 
ordonnance, et elle s'attend que vous ne négUgerez rien de ce 
qui dépendra de vous pour veiller à ce qu'il n'y soit fait aucune 



contravention. 



coniravcnxiou. , . ... 

Cette lettre écrite par l'ordre exprès de Sa Majesté impériale , 
devant avoir force de loi pour tous les sujets catholiques romains 



247 

de Temptre, votre Excellence voudra bien en donner communi- 
cation par une circulaire à tous les ëvéques diocésains , pour 
qu'ils la fassent publier, et exécuter dans toute Téteodue de leurs 
diocèses respectif , et que personne n*en puisse prétendre cause 
d'igncMance. 

. Je crois en même temps devoir vous informer que , d'après 
les ordres de Sa Majesté impériale , le contenu de la présente 
sera aussi communiqué au sénat dirigeant, pour qu'il soit à 
même d'en surveiller de son côté l'exécution, conformément aux 
lois. 

Votre prudence ordinaire , et la connaissance approfondie de 
vos devoirs , prouvée par la plus constante pratique dans tout le 
, cours de. votre vie pastorale , ne laissent aucun lieu de douter 
que vous ne iiusiez tous vos efforts pour remplir les intentions 
précises de Sa Majesté impériale, et justifier ainsi l'estime que 
votre Excellence s'est acquise, en alliant toujours à l'exercice des 
. vertus évangéliques l'accomplissement de tous ses devoirs de bon 
et fidèle sujet. 

J'ai l'honneur, etc. 

GOMTZ AlEXAITSKE de WOR02fTZOW. 



Juxta mandatum sus imperatorise majestatis Alexandri im- 
peratoris et autocratoris totius Russiae, etc. Domini nostri cle- 
mentissimi. 

Per magnum cancellarium imperii russiani comitem Alexan- 
drum Worontzow de propriis ipsius manibus redditas mibi 
archiepiscopoMobilewiensi, métropolite catbolico in Russia, vim 
legis habentes litteras publicas facio, etc., atque ut in effectuiu 
deducantur, tum in hoc quod concernit personas spirituales 
utriusque ritus , tum etiam integrum catholicuni gregem , com- 
mendo, etc. 

Datum Petropoli 15 decembris i8i3. 

Stanislaus Metropolit\. 

Inpreitum Wilax in Typograpliia Diœcesana, die 12 Jaouarii 181 i. 



248 

î^ it. — CKA6E DE S. M. L*EMPEREUR DE TOOTES LES BUS8IES, OON EN 
bicA^TÀNT L^étAU.iSSBilkNT D*UÎf COLLEGE ECCLÉSIASTIQUE POOR Là. 
DIREttlOM bË8 AFFAIRES DES CUCS UmS, DOOLETEKSE TODTE LEUR 

fatùnâtmt kt tid^Màt l^v^tài de ce rit a luck. 

Dëéirant donner à U directicm Su))éri«iire dM âfikiires eicdé- 
fliasOqnes de Tëglise grecque taitie Uilé ôfgàkiiëàtiôn i^ répbiide 
pliânemént ans beieins et à Tiitiiité tée\\è de i^ht dfe littt fidèle 
sujets qui professent cette treti^bh ', et qui soit %n bâritlonie avec 
les institutions fondamentaies de cette église ; et voulant êti 
même temps donner des mat-qnes de noue bléiiVeillAiiêe au 
clergé gret uni en générai , et à k>n respeeiftble thef le ttiétfô- 
poUtain Josaithat Bulhak en particulier^ Noui ordOniio&i êe qui 
suit t 

Il sera établi poiir diriger lesi afiainé» dH églises grecques 
unies en Russie ^ sons la présidente du métropolitain dé ces 
églises, un éollége ecclési}>8tique grec ttni p&rtietiliéi', dont lés 
membres seronv un évêque et un archimandrite à faôti^e chc^t, 
et quatre archiprêtres au choix des évéques diocésains et des 
consistoires respectifs. Les appointemens des membres et des 
enî'ployéè d« la t:bâhtètlërîë dé ce collège , ainsi que les sommes 
nécessaires à ses autres dépenses , sont fixés dans Tétat ci-joint. 
Le collée ecclésiastique de Téglise grecque unie , chargé de la 
gestion des afihires de cette église en Russie , est tenu de veiller 
Bdigiiditeiiifeht à tè <^é lés institiitions, les cérémonies du culte, 
H la dl^dpfiné éëblë^tiqué , soient observées ponctuellement , 
et munies contre l'introduction d'usages quelconques , qui lui 
ftéxtieiit étt^g^H , et qui ne répondisseiit point aux fcérémonies 
gtécqUeS , tielleé qU'ellâ ôiii été fixées par les lettres patentes de 
1995 itii leàifaHÙëé est biueë l'unioh de ces églises. 

Od empldetft 4 técliat d*une maison à Saint-Pétersbourg , où 
TôÙ pûlé&é plàtét l'église d*une manière convenable, et loger le 
métrO{«otiuifli , èi lès autres membres et employés dd collège 
ecclésiastique grec uni : 

1) 150,000 roubles que nous accordons à ce collège. 

2) Les sommes collectes {sic) pour la construction d'une église 
grecque unie à Saint-Pétersbourg, et celles que produira la 
vente de la maison appartenante au département grec uni , situé 
au Vassili-Ostiow douzième , signe Nro. 390. 



fTàHii Hvhhà dbilâé itijdilra'btii i tè stijèC U tik&iiiè j^M&er 
àà a>éf diHéé&Hi dé» àffîdreà ébclësiétô'4Uy« ékH mif^m 
ëtrangères. 

m t&Àû^y mA U jtcHâictiââ snî^Hëof^ an M^; ti dii^leo. 
tk»Éi d«8 éj^UÎeé gréc^ës dtieâ en RtiteHé àoi ciii^ de dedt 
Eparchies dont les ^lises sont érï^jééi en métropblèi i 

1) Vàé paar là RdfetëiBlàiithe dàiiji là tificf dé iH^lbUi^ où ré- 
sidé Fàh^étê^è géëé itni de teuë ville. 

2) Utlë pbûr la Eith^âiiiè pr» db cbttTeiit gfèë uni dé lehyWitt , 
situé dans le gouyernement de Grodno , district dé Slbiiiétk ^ 
iéAdétcé UàbittiéUë de TéVéque de Brëèti dé cette cdniï^cili. 

àttprISk dé tbactiiie dé cH inëifb^lèS ietbûi établis, un tdn- 
sistdiré i ùii sédiitiàifë j et une école ecclésiastique îAfêHëttfé , éi 
en ôttifè à t^oldtsk une atàdémie écdésiasd4iiè grèc^é tdilë. Il 
sera donné,' dans là sliitè, des états à ces cbiisisic^res et écoles, où 
lès énf&nti del |Mlùtf es dëséeÉrrants grees-uùis seront élevés gratis^ 

Ghàttiliëdé cet iiiétH>]fble8 àttrà six archiprétreit hûpériètïtif 
éi dMze ififél'lèÙH ; cbârgés d'éiérbèt \té fdnctidtii du cUlte 
pù^t i de jd^èt dans les tdiisistoirést j dé diriger lès étùdeâ dàUs 
lëirêëdleé; 

Sërotit àdmiiés à cèé fôUctîdiis hdtibfâblëi dfes pefèbiinês tirées 
des membres des chapitres actuels, et en général du dei^éiëeii- 
liè^ dé réglliè gt-ec^ iinié; 

Gé« iriémbrtiS ^éfdnt th^AAi |tarini \éi «ccléaiâitH|deé lés plus 
respectables, qtiî sùl'ttiit lé miètil |>itmvé leur dévdiiemeni Mu 
tMtftf i éi lèiir tèlé |K)Ui- le bien de letit égli^. Tdàif ces irchi- 
|>téltéSi !i» jeunes knsrî bien <pié leS ancien^, jotiifoiit d'uile 
f>eii^oit ^iiculièré , bûXié les retëbus qu'ils ^ffdént tirer 
déir^»ftr^«Sé4 qil'ils tèntinuetaiéiit à deiséHîi-. 

Noiis dértltièlt^ ddl àtàtkA pàrikùlieH au d<èf fflrigèâftt des 
affaires ecclésiastiques des confessions étrangères ,' kat la nlesUte 
i phrendre, et »it le tèriips ëotitenâblé plonr mettre à éiécution 
HMtfe volonté É-elàtitemëÀt i \à ttkitàûoh 6teà étàiÈ dé ce* nïé- 

IfOpOR^. 

Seront agrégés à FEpài-ëfale de TaftheVèthé ghkr tini de 
Pdlotsit : 

1) Lès DMrkts MélaÉtgéà! atec la Russie- Blànebe d^tis le gou- 
vettilefhèàt de MiHik , tel que ceurx de Disùèn , dé Bocissow , 
d'Igvùtfaen y de Bobrovisk , de Retsdiitz , et de Mdgir. 



250 

5t) Les Districts d'Oyrsutsch dans le gouyernementde.Volhynie 
et de Radomir, dans c^ui de Kiew, qui sont attenants aox deux 
derniers. 

3) Le Pistrict de Zelbourg dans le gouyemement de Gourlan- 
de , -qui touche aiuc confins de la Russie-Blanche , et où . se trou- 
vent six églises grecques unies. 

L'Eparchie: grecque unie deLithuanie xn formée des gou- 
vememens de Grodno et de Wilna , de la province de Bialistok , 
et .des ^jlises grecques unies des Districts septentrionaux du 
ffiouvemement. ^ 

Le collège ecclésiastique grec uni er^ chargé de faire ^sx" état 
jpaitiçulier et détaillé des. églises de ce rit, qui se trouvent dans 
d*autres districts de ce gouvernement, ainsi que dans les gou- 
vernements de Riew et autres , afin que le chef de chaque 
éparchie connaisse exactement les limites de sa juridiction. 

Ce collège fera aussi les disposi^ons convenables pour que les 
affaires du consistoire grec uni de Luck et de Wilna qui ont sub- 
sisté jusqu^à ce jour, soient remises aux consistoires de Lithua- 
nie et de la^ Russie-Blanche , et il fera , au chef dirigeant des af- 
faires ecclésiastiques des confessions étrangères, les présen- 
tations pour la nomination d'évêque ou vicaire aux diverses i 
éparchies. 

Tous les couvens de Tordre de saint Basile , se trouvant dans 
les deux éparchies grecques unies, seront subordonnés aux évê- 
. ques et aux consistoires respectifs des éparchies. 

Les provinciaux Basiliens ne pourront prendre d'arrangement 

. quelconque pour la direction des couvents qui leur sont confiés , 

ou en faire la visite , sans que les chefs des éparchies en soient 

instruits préalablement , et n'y aient donné leur consentement. 

Le collège ecclésiastique grec uni nomme, et change les prieurs 

de ces couvents. 

1) Dans chaque éparchie , outre le séminaire et les écoles 
. attachées aux églises cathédrales , seront étabUes des écoles 

ecclésiastiques inférieures dans les couvents des Basiliens qui ont 
des revenus suffisants pour les entretenir. 

Il sera donné à ce sujet les ordres nécessaires au chef dirigeant 
. des afijûres ecclésiastiques des confessions étrangères, conformé- 
ment à l'opinion que nous a soumise le département grec uni. 

2) Pour entretenir des séminaires avec les deux écoles ecclé- 



251 

•iaâtiques inférieures érigées près d'eux, pour établir i*ac«déiiiie 
ecdésiastique à Polotsk , pour faire lace aux dépenses, addition- 
nelles de l'état des consistoires , on prendra lea soojinies néces- 
saires sur les revenus des biens inuneubles (fundoucbe) désignés 
ci-déssocis , qui sont restés jusqu'ici sans destination , ou qui 
surpassent les véritables besoins de leur destination. 

1) Des revenus destinés par l'Ukase du 16 décembre 1806 à la 
chaire grecque unie de Polotsk. 

2) Des revenus qui ont servi jusqu'à ce jour à l'entretien du 
consistoire vacant de Wilna , et de son rafiragant. 

3) Des revenus qui servaient à l'entretien du consistoire de 
Luck , et de son suffragant. 

4) Des revenus des couvents de Jerowitz et d'Owriatock, où 
on laissera un nombre suffisant de moines , dans lepremier , pour 
remplir les fonctions sacerdotales ; et dans le second , pour rem- 
plir en outre les fonctions pédagogiques à l'école séculière qui 
y est attachée , et à l'école ecclésiastique qui y sera établie. 

Lorsque la direction générale des afiaires ecclésiastiques des 
Gonfesàons étrangères aura pris les renseignemenst nécessaires à 
ce sujet, elle portera à notre connaissance (elle soumettra à no- 
tre bon plaisir) un r^ement sur la manière de gouverner ces 
(fimdouche) revenus , et d'en ùàre la distribution ( la disposi- 
tion) convenable. 

ÉTAT DU COLLÈGE ECGLÉSLISTIQUE GREC UNI 
Au priùdeni mitropoUtain des igliui grecque* unit en Ruuie, outre iet 

retenus comme 



Métropolitain 

A TEféqae, également outre ses reve- 
nus comme évéque 

A PArchimandrite, outre tes revenus 
comme archimand 

Aux Archiprétres des cathédrales . . . 

Au Procureur 

An Secrétaire 

A rexécuieur, qui sera en même 
temps caissier et archiviste 

Aux employés de la chancellerie. . . . 

Pour les dépenses de la chan(udlerie. 

A trois gardiens 

Pour Teutrelien et les réparations de 
la maison 



Nombre 

des 
Personnes. 


A un seul. 
Roubles. 


A tous. 
Roubles. 




2250 


2250 




1875 


1875 


4 


1200 
^500 
3000 
1500 


1200 
6000 
3000 
1500 


1 


1000 


1000 

4040 

500 

540 

2500 



Le prdcut-iKlt éd outre OËtiap«ra d'aulrà emploisi II resté à la 
clis]Mi^iitdii dti coUëge de diltlibder A ceui des eénpbyës dé la 
chancellerie qui iésêroût distingues par leurs travaux ëtleurè ft'' 
ËuUjé» ) les èoiritnes i^estafatês de l'éuitde la chaocellerie^ tovie^ 
fois avec ra|j)»rébatidn du tHef «dirigeant dés afEaires etxléiiésti- 
ques des confeisiuiis ëtrattgèreè; 

Signé t NieoLté. 

N* Si — nàAéf ENTâB LA coum w lussu d^onb part» it m boi bt 

LA RÉPUBLIQUE DE POIOGNB DE L*AUTRB, CONCLU A TARSOTUE,. LE 18 
SEPTEMBRE 1775 *. ,, ^ 

Art. YIII. Les catholiques romains jotdBBt dàtis lèii îj^orlillêes 
cédées ]iàT le présëbt iHiiié; ; . . dé toutëè les t^rdt^Héié^ q'ttkht au 
fcÎTil; éi par in^pàti à la h;li^bu , ilH sei-dni ëhdèrëtHétit koh- 
Serves iRtfom^d^ c'feSt-â-dire diùs le Hiêtnë libfë éiércicéde 
lehr thlié et di^dpUnè, àtét tbbiés et tëUt» égliSèS ëi blëni ëcdé- 
siastiqués <|u*ils po^âédâiëfit âU liioUiéUt dé letir piàâèàgé sduè la 
domibdUdb dé S. M. t; iii tiibis dé «ë^teiUbèë itTS ; et Sa dite 
Màjé^é ëi iék ktibcééSèufs âè èè sè^rbhi f^iiiidëidi^tiidè 
ibUVeràih i àil préjùdibè dd mw (fm de là i<éU§idh baihdlii^k ^ 
rdniàihê dàhl le^ pa^ susdientibunëé; i 

N** 4. — NOTE REMISE LE 20 AVRIL 1832, PAR M. LE PRINCE GA^ARIN, 
MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE ET ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE DE 8. M. L'eM- 
PEREUR ùk RU^iE , DÉlÉA^fijIMf ^tlB tt ^AtffT-Pfeité ExfaoktE LE CLERGÉ 
PdLONAll À LA i^Aft ET A Li SdUÉlBStON DCÊ AU POùi^lR TfcÉPditEL; 

Le s o u s sign é; envoyé eztraurdinaire et ministre plénipotentiaire 
de Sa Majesté rem|>ereur de tdntes les Russies près le Saint-Siège, 
a déjà eu l'hôilncur de pré%ëriir verbalement son Emiuence Rn>« 
monseigneiirle cardinal Bernetti, secrétaire d7!itatdéSaSahltété, 
de la démarche importante <|ùë SQii aiigusté souverain lui avait 
prescrit de faire auprès de Sa Sainteté. Sa Majesté TemperéUr et 
roi , dont léS vUes patet-nelles pour la prospéHté dé Son enhpire 
sMdeniifiërdt toujours avec lé bièn-étre générai de l'Europe en- 
tière , n a i'IëU de plus à cœur que d'en assurer le repoS et 
d'employer sa puissance pour eh garantii* la trahquilUté ; mais si 
pour y contribuer il a dû , dans Une circonstance grave qui a 

' Martcds, Rcctieil des principaux Traités, t. Il, p. i4f). 



255 

porté dé fti Ainëstéè atteintes à là inrosi^ërit^ êé )k I^Ibgtié , ré- 
coarir à la force des armes , son Vteu le p\û» diër est d'bbtéhir, 
ftiit 1» doiiteur et la persuâsiott, léd résultats ifdï întéreésetit è^à- 
iement toutes les (iûiSMiidêë ttinies de l'ordi-é èi lé Skiiit-Siége 
tout pardeulièretiietlt. 

La deroièré rébellion de Pologne ; qtii â présenté tih aipect 
aussi metiaçaiit i aurait pu Jafcilèiiient àcqtiérîl' Une iiliibefasè ex- 
tedsion , si elle n'atait été répHtti^ }ter les année» Vibtdriedèés 
de Sa Majesté impériale ^ mais pour àsiUrér le bieti<téb^ réel de 
•es sujets t il èst indispensable d'^toulfér juSqii'aiik dëmiérè ger- 
mes révolutionnaires qui peurént encore èjdstér dàné lé pays. 
. C'est ^r une influence morale (pie te résilltit peut êt^e bbtètiti. 
En est-il de plus puissante que celle de là i^ligidii? 

Cette source divine de tous les biens et dé iôiitès les cbtisblk- 
tions k heureusement encore nné àcHbû piiiSsantè èh Pblogné , 
et rien ne serait plus désirable que de Voir le cierge pdidûàis em- 
ployer sdn influence dans le ftài sens dtl ministèti^ saint dont il 
est revéiù , ministère entieremëht de paix ; de souHlissibn ; de 
conciliation. Malheureusement il n'éii à pOiht été kibéi pendant 
les derniers désastres qui ont affligé la Polc^ne ; les ecclésiasti- 
ques de toutes les classes oubliant la sainteté de leur mission, se 
éoiit iniHéà àxi± actes les plus sanguinaires, ont presque partout 
été à la télé des menées révolutionnaires, et la fureur de leur 
exaspération les a plus d'une fois portés sur les champs de ba- 
taille où ib ont été acteurs et victimes. 

Le cœur paternel de Sa Sainteté déplorera sans doute, plus que 
personne, de pareils excès, et se prêtera d'autant plus volontiers 
au désir de Sa Majesté l'empereur et roi , qui charge le soussi- 
gné de prier Sa Sainteté d'employer la voix de sou autorité spi- 
rituelle pour engager le clergé polonais à se repentii- d'aussi 
coupables et funestes erreurs^ et pour lui dire avec énergie, qu'il 
ne peut les réparer qUe par une entière sOumissioh aux lois, par 
une coopération ifranche â tout ce qui peut garantir à jamais 
l'obéissance la plus sincère et la plus réelle à Tordre de choses 
légitime. Le Saint-Père se persuadera facilement qu'en soute- 
nant les droits du trône , il défendra de la manière la plus 
puissante ceux de la religion. La répression de la révolte en Po- 
logne a été un immense service rendu à toutes les puissances , 
sur lesquelles reposent encore dans ce niomeut les garanties de 



254 

la conservation de l'ordre social; le retour de pareiUcs alarmes 
menacerait FEurope entière de maux qui la pousseraient vers un 
abîme, dont l'imagination s'effraye en en envisageant la profon- 
deur, etd^quelb.puisssance de l'empereur l'a préservée pour le 
moment. C'estpourquoi SaM&jesté, forte de la persuasion qu'eUe 
n'agit que dans des intérêts communs à tous les souverains , 
s'adresse à Sa Sainteté avec autant de confiance que d'abandon , 
pour en obtenir , envers le clergé polonais, une démarche , dont 
le Saintp-Père dans sa sagesse reconnaîtra toute l'utilité, et pour 
laqueUc , quant au mode d'exécution , Sa Majesté impériale se 
rapporte complètement à Sa Sainteté pour les moyens qu'eUe 
voudra choisir et qu'elle jugera les plus efficaces. La grandes du 
but indique asseï quelle doit être la portée des moyens , et Sa 
Sainteté ne peut ne pas voir combien de considérations ^e 
la nature la plus élevée se rattachent à la démarche dont le sous- 
signé est aujourd'hui l'organe. 

Il profite de cette occasion pour renouveler à son Eminence 
révérendissime monseigneur le cardinal secrétaire d'Etat , les 

hommages de sa plus haute considération . 

Gaoarin. > 

N« ». —LETTRE ADRESSÉE PAR LE SAINT-PÈRE AUX ÉVÊQOES DE POLOGNE 
LE 9 JOW 1832, POUR IHCULQUER LA MAXIME DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE 
TOUCHAirr LA SOUMISSION AU POUVOIR TEMPOREL DANS l'ORDRE CIVIL. 

Yenbrabiles Fratres, etc. 
Cum primumad aures nostras fama acerbissimarum calamita- 
tum, qu« elapso anno florentissimum istud regnum graviter op- 
presseront , perlata est; simulque accepimus ilbs non aliunde 
profectas, quam ab aliquibus doU mendaciique fabricatonbus , 
qui, subreligionis praetcxtu, nostra bac miseranda aetate, adver- 
sus legitimam principum potcstatem caput extollentes, patriam 
suam omni débit» subjectionis vinculo solutam tristissimo luctu 
compleverant; nos posteaquam ad Dei optimi maximicujus, 
licet immerentes, vices in terris geriinus, pedes provoluti, uber- 
rimaslacrymaseffudcrimus.asperrima mala lugentes , quibus 
portio ista dominici gregis sollicitudini infirmitatique nostrae di- 
vinituscommissiafflictabatur; posteaquam in humilitate tordis 
nostri vehemcntiori affecta misericordiaruni patrem precibus , 
suspiriis, gemilibusque flectcre studuerinius , quatenus cito pro- 



258 

vinciâs istas ve5itras tôt tamque diris dissentionibuscommotas, 
pacatas tandem et le^itiinae potestatis imperio restitutas nobis 
videre contingeret ; encyclicas litteras statim ad vos, Yenerabiies 
Fratrcs, dare studuimus, ut et malonim vestronim pondère nos 
quoqne premi intelligeretis , et solatii aliqnid roborisque adde- 
remus pastorali sollicitudini vestrae , quo ad saniores doctrinas 
propugnandas, illasque carissimis clero gregique yestro suadendas 
et inculcandas . novo semper ardentiorique zelo incumberetis. 
Yérum cam nobis renuntiatum sit epistolas illas nostras ob sum- 
mam teinporum difficultatem ad vos minime penrenesse , ideo 
nunc temporis quo prsesenti Dei ope factum est, ut pacat» res 
sint atque tranquilla?, rursus cor nostrum , Yenerabiles Fratres, 
vobis aperiiÀus , zelum soUicitudinemque vestram magb magis- 
que , quantum cum Domino possumus , excitantes , quatenus 
omni vi et studio veram prsteritorum malorum causam e grege 
vestro arceatis. In hoc nimirum sedulam curam diligentiamque 
omnem impendere debetis , ac maximopere yigilare , ne dolosi 
homines ac novitatum propagatores erroneas doctrinas falsaque 
dogmata in grege vestro disseminare pergant , publicumque bo- 
num, uti soient , prsetexentes, aliorum credulitate , qui simpli- 
ciores et minus cauti sunt , abutantur , adeo ut eos pneter ipso- 
rum intentionem in r^^i pace turbanda , societatique ordine 
eyertendo veluti cœcos ministros fautoresque habeant. Profecto 
horum pseudo-doctorum fraus ad Ghristi fidelium utilitatem et 
instructionem perspicuoserraone est detegenda ; cogita tuum vero 
eonimdem faliada decretoriis et inconcussis divin» Scripturae 
oraculis , nec non sacrae ac venerabilis ecclesix traditionis certis- 
simis monumentis forti animo ubique refellenda. Ex hisce fonti- 
buspurissimis (ex quibus catholicus clerus instituends vitas suae 
rationem, documentaque populo in concionibus tradenda haurire 
débet) apertissime edocemur , obedientiam , quam praestare ho« 
mines tenentur a Deo constitutis potestatibus , absolutum prae- 
ceptum esse, cui nemo^praeterquam si forte contingat aliquid im- 
perari, quodDei et ecclesise l^ibus adversetur, contraire potest. 
Omnts arùma (inquit AposuAm) potestatibus sublimioribus subdita 
sit. Non est enim potestas nin a Deo : quœ autem sunt, a Deo ordi" 
nata sunt; itaque qui resistit potestati, Dei orcUnationi resistit.,, 
Ideo necessitali subditi estote , non solum propler tram, sed etiam 
propter conscienliam (ep. ad Rom.). Similiter S. Petrus {ep. I.) 



^6 

imiy€r^dpcetfidelc$pmnihuffiaDîecrcatur2esuddiiosc$«epvop- 

si^^ç^ sçcya^^^ ?nftq«<>? chr^^anos , çtiam sapyie^jMbu? pWfir 
«]|tioftil)as, de ipiis ïpnn^iiftis lupperato^ibus , dçquç imm WÇ*** 
Içoftitatç |JCD^ meri^iise connut, ^i^^^ ckr^^im» ^it ^- A^gM** 
tipus , «cruw»*' im^er^u^ri m^^ : ubi vemebam ad wuiam 
C^U ^o^ çmm^m^ m '*^m «ui m cœlis eiçat. DJ^i^v^ue- 
bfim Domi^u^i€^{enpm » Dçimno u;mp<îr<^t (in p*aL Î24>- Hanc 
4qctrin^ , ut noiO* , Ve^ietaO^Hef Fralrçs, SS. Pa,vçç^ topstan- 
tiçsimç ira^eri^t ; bapç sçmpw docuit ac docct ç^^oUça eç- 
clesia j haci d^mque primi cbri^M fidçles infprmali ^lwa Vivendi 
^geodiq«ç laiionem inicru»t,ut, Ucel pusilUnimimia infide- 
Utatisque criwcn pagaAQruin «erçUus ^nfcçerit , çed chrislianor 
rmftlegiopc^nunquaw. Ad rem TçrMUanus : QrçamajfitaUm, 
inquit, mperatorii mfamamHr , tamen nuwfuam AUfinlani, nec 
lii^rùm* vfi Catsiam iuveniri poUterarU ckruùaui, Sed iidcm 
ifm»q^în^ 5«w« 9wwn in pridU uufue juraveranl, qui prosa- 
Um eorMVk /^oïliai el facerant el vavenml, qtii chrisûanos mpt 
d(tiBsav£r4iiU imiu conwB mu% r^exlk. CànUiawu nidiiuz est houiê 
v/çç4^m t9if^fl(âri4; q^€m mam a 4><o tuo comUmi, necetse «« 
^ #f ip^m d»%M, €i rcvcrealur, et honoret» et saivuu veUt, 
H«c dum yobift, Yçneïabiles Fraucs , copimunicamus , sic a 
nobu dicta yplumm , no» quasi illa comperU «on habeatis , aut 
q^a4 i^G» timeaoïua ne satia ardent» iclo in ptopugnanda disse- 
a4pand<iqu« suâpriadoctiin» prjwepu, circaobedientiam quam 
(ubditi legitimo principi luo «xbibere tenentur , incumbatia; sed 
cçi ^lia diwnWi qw> iaciliua intclligatis, quinam sit aniwus nos- 
tçr e^ff^ yoa , et quomodo cupiamus oinnes islius regni ecclesias- 
tiços Tiroa ^oçtônae puriuie, prudentiae splendore, vil»que 
«anctimonia ita elmc«;re , ut omnium ocuba et judicio irrepre- 
bensibiks appariant. Hoc modo omnia , uli speiau^us , e votia 
feUcitcrque procèdent. Forlissimu^ imperator vestsr benignun\ 
^ erga vos gweti ottcia nosUa, qu« certe interponere non 
omi^^cmus.pwimUtionesque vestrase bono calUolic* religiom» , 
quam regnum istud pcoEietur , cuique pauocinium suum nuilo 
unquao^ ten^pore n^aiurum promisit , aequo semper auuuo ext 
çipieL S^piente«,quivereules sunt, promeritis vos budibus 



«57 

pil>ieq\i9n|ur ) et qui fx adv^r$Q mni verebumur ttihil habeniet 
tnali écwfi de nobit, I^teril^ l^vaptes io ccslum lnan^^ Qostras» 
Jifivm pro vo^U 4eprfcamurt ut unumquemque y^tnim c<ele«- 
tiiim tirfcuttun copU in 4i«i mfigb çU(et ^t repliât. Yofqu^temper 
in cwk hçibeniet htarumur, ut mpleaiis goudium nostrum, iiem 
9apH(k, eamdcm wriUkUm habenUi umnimier uUptum nnUcn- 
ta; lûqi^mm cmuei tfitœ décent ianani doctrmam, verbum «onuat 
ineprehembilej depontum cwiodite, itate inuno spiritu unam- 
met coUaborautei fiki evangelii. Ûrate demum sine int^nnisaione 
D^i^m proinoliUt qui appstp\icam benedicùooem , patcnusc4ri- 
UiVà pignuB, ¥QbU , gr^ibusquç Qwaa v^trae commisaU amaa- 
^Vm9 «nperùînur. 

{i*< a^ -rrVfiT^ ço;|F^>^iax^ (/ujj/lp^^a^*^ i'A^^e km juin 1833 pas 

LE CARDINAL SECRÉTAIRE d'ÉTAT A M. LE MINISTRE DE RUSSIE, CONCER- 
NAMT LES ATTEINTES HUL'^irLIÉES FAITES A LA REUGION CATHOLIQUE 
fi/LR9 LES^DOMAINES IMPÉRIAUX. 

JiukB pilleurs écrila çQmmuqiqués depuis quelques mois à 
ft. S. le cardinal secrélaira d'^ta( , par \e ministre de Husaie 
prêt le Sidnt-;Siëge , concernant le projet d'une nouTelle délimi- 
tation des diorèsfti de la Russiei-filanche , il est dit : qu'un 
dérèglement de mfpurset un affaihUyeroent notable dans la (bi sç 
Ibnt remarcpier parmi les catholiques de ces contrées, et au sein 
cki clergé lui>méme. Le chef de VÉgUse connaît depuis longtemps, 
et déplore amèrement Tétat de décadence auquel la religion ca- 
tholique est réduite par le £ût de ces circonstances , non-seule- 
ment dans la Russie-Blanche, mais encore dans toutes les contrées 
soumises au régime Russe, tant en ce qui concerne le lit latin 
que le rit grec uni. 

Toiitefois , le Saint-Père ne peut se dissimuler que la cause 
principale de ce désordre vient des nombreuses innovations et 
pragmatiques que les mesures poli tiques du gouTernemen eusse ont 
lût pénétrer dans les matières ecclésiastiques , innovations qui 
dri*ent et se perpétuent au grand détriment de la religion. Au 
nombre des ces mesures nous citerons : en premier lieu , la dé- 
fense de communiquer librement avec le Saint-Siège dans les 
matières sprituelles, défense laite aux évêques , aux ecclésiasti- 
ques et généralement À tous les catholiques , sujets de la Russie, 



258 
sous les peines les plus sévères et capiules, comme on le voit dans 
un écrit de Tarchevêque de Mohilow du 12 Janvier 1814 , im- 
primé à Wilna. Cette défense qui continue à être rigoureusement 
maintenue, met les sujets catholiques dans l'impossibilité d'expo- 
ser leurs besoins sjHrituels au père commun des fidèles, qui de son 
câté ne peut leur prêter aucun secours, ne peut même exercer 
aucun contrôle sur renseignement de la sainte doctrine,sur 1 ob- 
servance de» sacrés canons, la discipline de l'Église, et la bonne 
direction des choses ecclésiastiques. Les communications que 
Von prétend autoriser à cet égard par la voie ministérielle^ ne 
sauraient suffire : cette manière de communiquer n'étant point 
libre, ne pourrait, dans les rapports nombreux en matière spm- 
tueUe et dans les innombrables crji de conscience , inspirer la 
confiance nécessaire à ceux qui voudraient déposer le sccre^ de 
leurs misères dans le sein du pèrp commun pour y trouver des 



secours. 



secours. 

La communication des fidèles avec le Pape est un point essen- 
tiel delà constitution de l'Églbe catholique , et partout ou 1 on 
chercherait à l'entraver . une grave atteinte serait portée à cette 
constitution même. Quelque exemple d'une pratique contraire , 
que l'on voulût opposer , cet exen.ple ne saurait qu en démon- 
ter l'inconvénient : il ne se présente , au reste, sous aucun des 
gouvernements auprès desquels le Saint^iége se troave repré- 
senté. Les évêqnes et même les fidèles de ces pays écrivent et ex- 
posent en toute liberté leurs besoins au Pape, soit directement, 
^indirectement; et le Saint-Père leur répond avec la même 
hberté, et pourvoit nux besoins qui se présentent ; de cette ma- 
nière U foi etla m raie conservent leur pureté et la disciphne 
ecclésiastique se maintient dans le clergé et parmi les cathoU- 

^^ second heu , la trop grande étendue des diocèses empêche 
que U «irveillance pastorale ne s'exerce sur tous les points ; elle 
ue peut plus accourir aux besoins des fidèles places à de si 
mandes distances : il ea résulte nécessairement que les fidèles 
Manquent souvent de secours spirituels et d'instructions sur 
leurs devoirs , tant en matière de foi qu'en ce qui concerne les 
mœurs. Ils manquent aussi de la convenable co. recUon canoni- 
que nécessaire dans les cas de déviation ce ^a route prescrite. 
Ce flitdéjà si contraire en lui-même au in?.ntien de la religion 



259 

et de là morale parmi les fidèles, devient d*autant plus pernicieux, 
Iwsqu'on érige en système de laisser pendant longtemps les si^es 
épiscopaux vacants, etd*en confier temporairement l'administra- 
tion à d'antre sëvéques , qui, ne pouvant suffire' aux besoins de 
leurs diocèses déjà trop vastes , peuvent bien moins encore pour- 
voir aux soins de ceux dont le gouvernement leur est confié. En 
troisième lieu, la gêne imposée, par le gouvernement, aux évêques 
dans l'exercice de leur juridiction et l'accomplissement, conforme 
aux sacrés canons , de leur ministère pastoral ; et nommément 
dans la visite pastorale, daùs la réunion des synodes de diocèse 
pour la réforme des mœurs, dans la collation des bénéfices, dans 
la surveillance et l'admonition du clergé, dans la connaissance des 
causes spirituelles , matrimoniales et autres qui , d'après les dis- 
positions du Concile de Trente , sont de la compétence de l'auto- 
rité ecclésiastique, enfin dans la défense de l'immunité du clergé , 
si efficace pour conserver parmi les peuples l'esprit religieux et. 
le respect et la vénération dus à tout ce qui tient à la religion. 

En quatrième lieu ; l'appauvrissement du clergé dépouillé 
des biens appartenant à l'Eglise , la suppression de tant de béné- 
fices, monastères, pieuses institutions qui enlèvent aux ministres 
de l'Eglise les ressources nécessaires à leur entretien convenable, 
à la pompe du culte divin , et par conséquent rend insuffisant 
le nombre de ces ministres, nécessaire à l'assistance spirituelle des 
âmes. Combien après cela ne serait-il pas contraire à tout principe 
d'équité et de justice, d'expulser de leurs églises et de leurs mo- 
nastères une partie du clergé et des religieux catholiques , pour y 
introduire un clergé et des religieux d'une communion différente ! 

En cinquième lieu : l'enseignement dn clergé séculier et ré- 
gulier est enlevé aux évêques et à leurs supérieurs respectifs ; il 
est confié à une direction étrangère : cette direction est compo- 
sée fréquemment de personnes d'une autre communion , igno- 
rantes en matière ecclésiastique , imbues de principes erronés j 
faisant usage pour l'enseignement de doctrines et de livres condam 
nés, et cela dans les universités, les lycées qui offrent aux (clercs) 
séminaristes, tant séculiers que réguliers , d'innombrables occa- 
sions de corruption, de séduction et de dissipation. Ce système est 
d'autant plus funeste à la religion catholique, que les sujets élevés 
de cette manière sont destinés à remplir les emplois les plus dis- 
tingués etappelés à occuper les évéchés, les dignités, les paroisses, 
les bénéfices, les grades réguliers, les fonctions de prédicateurs. 
II. 17 



m 

En eiwème lieu z le peu de capacité et de zèle montré quel- 
«uefpU , par le^ indiridijs ^erés à U dignité épifcoptle . pnau 
surtimt rabus commis par pliwieHrt d'être eux de» f€iaiov^ 
CKlinmre* a|taché« h leur diguité ; et plu? couvent encore , ralm» 

éudent expirés, ou epûaq^i l#ur a?»i^ut ét^ «onCére». dans un 
l^t ^u^e que celui pour leqwel iU les employaient Qu cpnnall 
4 cet égard 1^ actM arlHtr|iire# de ^u p^o^seigneur §tw»u>W 
Sie^trenczewic», anJifiyêque 4*. ?ÏQ^^ilpw, qu».pep4ft^^ 
aiminûftr* tioT^ du diQc^,it4nt ^even» ouyerte^en^ prptfipteuf 
des sociétés «ibiiques, a co^acr^ e^ a4mi9 4p ppw^rf H^P^ / W= 
Vations, des toîw p€r»«?i«W»^ ^ ^ 4p<}tnne p$ à la ^KjçiplWÇ W 
l'Église catholique. , 

En septïèipc Ueu : un g»w^ 9fiV>44le «^ ^P plm ww^8 
wmple sont dft^péi» ai^ fidèlef», wr 1^ W^^RM TO f^ ^«^^^ 

lûons qui s'y sont introduites ç^ pon^mément en 4^r§anisan^ 
la discipline respective, établie par les sacrés i»^m ^} \f 
constifutîons appstoliques ^ en ]es séparant et l^ rendant indé- 
pendants des supénpurs générftu^ de leurs ordres i en les sou, 
mettant aux ordinaires diocésains j en introduisant de nojiy^U? 
règlements, relatifs à la profession et aux voeux mona^ti<ju^, 
à réd^cation reli^euse e^ aux études dans les universités et le^ 

^En huitième heu : le rei^versement de la discipline ecclésias- 
tique en général, et partipuUèrement celuj de? procé.4ures à^s 
causes ecclésiastiques , surM*»» 1 4e cel|es qui op^ rapport a|»3p ina- 
Sges , par la faciUté avec laquelle on autorise et l'on prononce 
Jçs divorces , au mépris de la doptripe de l'Eglise catholique sur 
l'inviolabihté du lieçi inatriiiionial, facilité qui entraîne d'innom- 
brables 8çaR4ales et 4ésordres, fim\ pr^judiçi^les ^ 1^ reU- 
l^qp qu'à 1^ société poUt^qi^e. 

• Enfi^ il est 4p^lo^re^xd« YoirlegQ^vern^Bl?»fftnmper^ala.çcpr- 
4er s» protecMPià à cen? qui n'iE^t 4'^u|rcb^> m 4e4wÇfpdHer 
4 lies yev^^ ses swjets catholique^ 4^ V»*» Ç^ 4« l^aut^Ç r\^ » jP^*" 
}^ calomnie et le? moyeps les phij? condamnables , ^fin d'exçi^er 
jçpntre eux la déûance dugonvemenipo^ et de le pousser > des 
Ricsures opprséps aux assurances les plus expresses d'appui et de 
protecûon pour le culte catholique , contenues dans les sapul^- 
Lns de l'aunép \77%,<in\ garantissent le slalu quo, spécialemept 



261 

par rapport aux affaires de la religion dans les provinces et états 
passés alors sous la domination russe, 

Mal^é <^e le Saint-Siège n'ait rien n^ligé de ce qui était en 
son pouvoir,' et de ce que réclamaient tant de faits désastreux , 
mentionnés ci-dessus, et tant d'autres encore omis dans cet 
lémt » aii£4B 4e se» efforts, aucunie det ^tesures qu'il a adoptées 
l^'a fîl»l#<»^ ie 9DCcèf» désiré. On «ait, e» effiet , qo'4 différentes 
4poqvei e^ toujoura da^f ce même but» le Saint-Siège envoya à 
If^ cour de ^pvP4«ersbourg, eji qu^livé de nopce^ et ambassa- 
deurs e:|Ltraqrdinaires , les prélats Arcbetti , Litta , AreuQ , 
Bernettif qi4 dans la suite reçurent Iç chapeau de cardinal. On 
sait aussi que le Saiut-Siége a accep^ le projet de la nouvelle dé- 
limitatiou des diocèses en Russie et eu Pologne ,nialgré les maux 
si graves qui devaient en résulter pour la religion catholique ; 
il eu a rempli les cpuditious epi ce qui \p concernait, en autori- 
saut la #uppressioP et ia réiiqi<m des églises et des bénéfices , en 
sanctionnant de nombreuses aliénations des biens ecclésiastiques, 
en délivrant aux ordinaires resperdfs, les facultés apostoliques 
extraordinaires , selon l'urgence des circonstances. 

Nonobstant ce qui précMe , le Saint-Siège voyant les affaires 
de la religion catholique dans ces contrées continuer à aller de 
mal en pis , a dû encore renouveler ses plaintes , et adresser 
ses réclamations et de respectueuses représentations à S. M. I. Et 
t*ést par la même raison que le chef de l'Église vient renouveler 
ses réclamations au sujet des griefs susmentionnés, et de plu- 
sieurs encore à l'égard desquels, manquant de communications et 
de notions précises, il n'est point suffisamment informé, mais sur 
lesquebil a reçu des avertissements nombreux et qu'il ne saurait 
traiter légèrement. Cependant, pour aviser d'une manière 
efficace et durable à cet état de choses , il demande avant tout 
qu'un chargé d'affaires du Saint-Siège envoyé de Rome, et muni 
de toutesa confiance, soit reçu à Pétersbourg et accrédité près la 
cour impériale et royale. Ce chargé d'affaires aurait mission de 
transmettre à Rome des rapports sur Pétat réel des affaires de 
l'Église catholique tant en Russie qu'en Pologne. 

Le droit de réciprocité donnerait un titre suffisant pour que 
cette demande fiit favorablement accueillie de S. M. impériale; 
cependant on invoque, surtout dans le cas présent, les sentiments 
connus d'équité et de justice qui distinguent S. M. non moins 
que la loyauté éprouvée et les bons offices de son ministre. 



262 

N* 7. — OFFICE ADkKSSâ LB 13 AVUL 1832, PAU M. LB FtIHCK GiGA- 
BW, MIMISTU AB RUSSIE, AU CARDINAL 6BCRÉTAIRE D*ÉTAT, POUR LUI 
GOMIUmiQUER LB STATUT ORCULNIQUE /UBLIÉ PEU AUPARATAKT POUR LB 
ROTAUHE DE POLOGNE. 

n sera sans doute agréable à yotre Eminence rërërendinime 
de cmmaitre les bases de la nouvelle oi|;anisati<m du royaume de 
Pologne , dont les destinées ont été définitivement fixées par le 
statut ôi^anique du 14 lévrier dernier, dont j'ai l'honneur de 
vous communiquer ci-j<nnt un exemplaire. — Veuillez, Mon- 
seigneur, après avoir pris lecture de cet intéressant document , 
me le restituer, attendu que je ne possède que cet exemplaire. 

Tai l'honneur d'être avec la plus haute considération. 

N* 8. — UKASE DU 26 OCTOBRE 1835, qiai uakn aux grecs unis le 

MORASTfcRE DE POCZAiOW , ET T llTAUiT UN ÉVÊCBÉ DU CULTE DOMINANT. 

heMomutère de Poczajow a été fondé dans la confesûon orien- 
tale orthodoxe catholique , et son fondateur avait prescrit , par 
testament particulier, qu'il restât k tout jamais dans cette même 
confession orthodoxe. 

Mais par lasuite,dansdes temps défavorables^ l'orthodoxie, il 
est devenu un monastère grec uni Basilien, et grâce à la tolérance 
du gouvernement Russe, il resta longtemps (250 ans) dans cette 
dernière position. Enfin , par suite des événements dépendants 
des derniers habitants de ce monastère, par la juste rétribution 
divine et par Tordre de Y. M. impériale, ledit institut religieux 
a été rendu à sa primitive destination. Y. M. impériale a daigné 
destiner ce monastère pour la résidence de l'archimandrite épar- 
chial de Yolhynie avec son chapitre, et ordonner que par la suite 
il devint rouie des dignes moines grecs et fût élevé au rang d'une 
CatbédraU. 

Conformément â ces ordres U chapitre eaihédral grec de Volhy' 
me est déjà installé dans le monastère de Poczajow avec un nom- 
bre convenable de dignes moines grecs tirés des autres éparchies. 
li a été pris des mesures pour approprier ces bâtiments à leur 
destination actuelle , et pour les entourer d'une muraille. C'est 
pourquoi le Synode croit devoir arrêter le rang et la composition 
de la société religieuse de cet endroit , suivant l'exemple des au- 
tâ*^ sociétés religieuses orthodoxes grecques, et en le modifiant 



I ■ 



263 

selon les circonstances particulières ; c'est ce qui £&it l'objet du 
rapport actuel dans lequel le Synode soumet très-humblement à 
l'approbation de Sa Majesté impériale ce qui suit : « 

1* Le monastère de Pocxajow acquiert la dénomination de la 
eaihédraU Utpemk de Poexajow. 

2" Bïle tiendra le quatrième rang après les trois cathédrales 
existantes. 

3* A Tinstar de ce qui existe dans d'autres cathédrales , Varcld' 
mmuiriie de Pocxajow prendra le titre d^évêque de VoUupûe, 
Le chapitre de cette cathédrale sera composé comme il cuit : 
Lieutenant 
Suffragant 

Gûssier 1 

Econome 1 

Garde-meuble 1 

Mrânes en dignité . • . . . 20 

Diacres 10 

Simples moines 10 

Cette société sera entretenue des revenus de la cathédrale, d'a- 
près le règlement qui en sera fait plus tard i>ar l'évéque et le 
Synode, etc. 
L'original signé par le très-saint Synode dirigeant. 
Et par Sa Majesté. Ainn toit-il, 

Nicolas. 
A Gxarskozelo 14/^ octobre 1833. 

N* 9. — UKAZC nOÉRIiL ADRESSÉ AD MINISTRE DE L*i!VTÙUEUR , LE 16 
FÉTRIER 1832, SUR LA SCPPRESSIOIf DES PROVINCIAUX DE l'ORDRE DE 
SAUTT-RASILB. 

Par notre ukase adressé au sénat le 22 ayril 1828, les bases fon- 
damentales de roi|;anisation de l'administration de l'église grec- 
que unie ont été fixées par nous ; et par un autre ukase spécial 
du 17 octobre de la même année , nous avons ordonné de ratta- 
cher aux connttoires grect unis toutes les affaires relatives à l'ad- 
ministration des couvents par les provinciaux. Nous avons de 
plus accordé la permission , pour que des membres des couvents 
puissent siéger dans ]r^ consistoires , a6n de rendre plus facile 
l'appréciation des affaires des couvents, et en attendant que ces 
membres soient choisis et acceptés par nous , nous avons autorisd 



264 

lef trois |>r6Tiiici*ux bMiliens ejiialaiit à celte époque^ à les rem- 
placer dans les cobflùloirefl- Maiatéàaât que deux de ces proTÎxt- 
ciaux «ont déjà morlt, et que le démier^JeêepkZanlH, Tient 
d'étfé ■tîinirr^ par nctus membre du collège ecclésiastique grec 
uni, nota trouvons inuùle de conéerver plus kmgumps dàiu 
Cê§Uit pêcqué unie les foneiiemlUs provincuttuc^ n peu tànfor- 
me» à la régie de fondation du grand Saint Basile, et ncms or- 
dokmmi de le$ supprimer à jamais , et de procède* k l'ckctiori des 
membres des eoiiy entSy qtti doiTeû t siéger dans les eoiisistoires con* 
ibrinéihent k notre loi du 17 octobre 1828. 

))0 10. — AUTRE DES MÊMES MOIS ET AXUéZ POVS L^IBOUTION DANS LES 
GOCTEMŒMEirrS OCCIDENTAUX BE L'EMPIRE , DES COOTEHTS PRÉTENDUS 
INUTILES ou INCOMPLETS. 

Sa Majesté impériale ayant acquis là persuasion , par les rap- 
ports des autorités locales et autres sdtfrces , qtieles nombreux 
couvents cathoHques romains étaient en état de dé^rdre, et que 
tous les moyens pris pour y remédier restaient sans effet , a dai- 
gné <irâdbnét au Biihistfe de Vilitériear d'apprdfondir les Vérita- 
ble^ câtises de ce mal , et éë trtmtér éh xhètiie tert^ un too>yen 
pour corriger et organiser les associations religieuses, en hêrtnsf- 
nie avec le btit pritoiti^dé leur institdtioû , avec Tcsprit vériU- 
ble du christianisme, et avec les besoins présents dcl*Egtisé dadio- 
lique romaine en Rtissie. 

Pour exécuter cet ordre du monarque , le ministère al crû Né- 
cessaire de recueillir d'abord et de comparer entre eux tous les 
rèuscigûeltients Concernant Tétat actuel des couvents catholiques 
romains et de les vérifier par des ifeclierclies nouvëltés dans les 
archives. Ce travail a démontré que la cause principale de la 
décadeoee des cièrporations religieuses , qui avait même causé 
•oorent du mécontentement atix supérieurs darïs la hiérarchie 
da elergé csrthohque romain , éuit le petit nombre des religieux 
qui dès lôngteinps ne correspondait plus au nombre des monas- 
tères existants, et qui allait tou^urs en diminuant par l'influence 
ftaiureUe du siècle (l), 

(i) Le Donbre àe ce« compas e»t biea trop crand , et incompatible aussi bien 
atec les besoios de rÉglite, qu'avec la population de la Communicn Calholiqu« 
Romaine. Il y a , en tout, à peu près 3oo couvents sur la popalatioD de 2,5oo,ooo 
Imet , cei(>à-<lire an cotlrent pour 8,000 personnes des deui sexes. U serait con- 



265 

Cet {Ûténwéûïeni allait èi loia en plusieurs endroits , que cer- 
taiiHiS cdmtntiriâatél religieuses n'araient pas métne le nombre 
d^ tiidttidUâ iit^é pat- leé tbit^titbtlbhs leè plus mOul^entet de 
Vi^Mée^Ht pat* edtfsë(|ue&t étaient irritées de toute iiiàpeetibh 
mutuelle et de tout enseignement (1). 

8a Majesté impériale v^ trouvé absoluiiiebt néte^frè^met- 
ith un tetme à cette itifrattion des règle» et à tous lèà désordres 
qtii 6b déritent (2) , atlt admissions Inconsidérées dans la tëli- 
^ott ,' à Textirêtne relâchement de la discipline , à la Matiraisè 
àdtnihiéttatt^ii des liAetiàîÈleii coëtents par les 8tipéi>ieti^ iodtent 
èilàtigëi et ^a habiles, et MKout ati t'elâcheàieht déi incetirâ 
liifntcinéei putihi les rnoitieè qui ne èont paâ surveillés. Le iiieil- 
lëtli' et HiêtHë Ufdqiàè et efficace moyen pour cela a paru être l'a- 
BUBÛm déi éOUttnté établie au delà de la nécessité, recdtintis tels 
â èitiéê dé ktir pràpté itisaffisanêé ob de leiir jkjsition locsUe (3) 



traire à rëTidence et à la natare d'admettre qne , d'ua cercle aussi restreint , con- 
sidérant le refroidissement çéâénl de nos jonra pour la vie cloîtrée, on pât 
è^sir pkhtt éliàqàe cofarèat on noinbre toffisant de personnes d'mie moralité et 
a*idi8 càpÊàti ij^vniH ; et de eroire que tous cens ijû s'engagent dans la pro- 
ftttiou religicaae, 1* fassent par la vraie Tocation, et oniqaement par la pure con- 
viction intérieure. 

(i) Èa ce qui concerne le personnel des convents il ett établi par les règlements ca* 
À'âU^'és qné, dans cîiaciin d'eu, doivent ie ttbuiér io piètres et jamais moins 
de 6. fe k^èkt énr é^ fobdement ^ue lé pape Benoit XIV ordonna, en 1744, aa 
to <i r»pelitain dti Gitet nuit de l^rmer tentes les maisons incomplètes. Dans la 
•eeonde partie de la Bulle, qu'il a publiée à ce sujet, il est dit entre autres : «Nous 
avons appris que nombre de couvents de la province polonaise sont tombés dans une 
telle misère qne les moyens leur suffisent à i>eine ponr l'entretien de denx ou trois 
l^iÉ^*etti ; dàiis déi drc6nstances pareilles, \ei l6?s fcànonfqaei prescrivent là réu> 
ïhtin de (iliHièurè èouvéots en an setil, en sorte que le personnrl de clntcdn se 
cempoie de 10 ou an moins de 8 personnes, et paisse avoir un entretien décent. ■ 

(a) La pensée du rétjhlissement de la vie austère dans les couvents, cl de l'ancien 
ordre et discipline proscrits par les constitutions reli(]i<-u$ts, occupait (Ujà depuis 
longtemps notre gbuvèmeineni. Oii eh ir.iHvè les preuves dans le privilège très- 
g^ a^ feti 's t m ent éobcÀlé le 21 novembre 1783 pàut l'érection d'un siège métroj)o- 
liiain ^ Mobilow , aussi bien que dans le rcscrit imprrial donne sous la date du 
3 sej>têinbre 1795 aii géiicrat gouverneur d'triasiav, Braclav et Minsk, Monsieur 
aé Jutolmine. 

(3) I>a position locale des couvenis catholiques fournit aussi des preuves qu'un 
grand nombre d'entre enz fut fondé sans aucdu biil, et qu'ils existaient sans au- 
cun profit (Mnr la population d'alentour. l£n Liiliuanie, en Saiiiogiiie et dms les 
distHcts de là Livonie Polonaise, où la population est |irincipalenicnt callioliquc , 
on trouve un couvcut pour 20, 3o cl nicmc ^o niilli- lioninies dv cdlc comnin- 



266 

trop éloignée des villes et villages de la cominuiiioa et du rit ca- 
tholique romain , afin de réunir par ce moyen les moines, disper- 
sés jusqu'à présent dans différents endroits, dans des cloîtres, qui 
se distinguent le plus par leur bonne oi|;anisation , et par la pru* 
dence éprouvée de leurs supérieurs. 

Sa Majesté impériale daigna reconnaître qu'une telle dispo- 
sition, en ramenant les religieux à leur destination , sera d'ail- 
leurs utile à rÉglise catholique romaine , et à son troupeau ; 
parce que la suppression de quelques couvents, et la réunion de 
leurs capitaux à la masse commune des biens de cette Eglise, créera 
des ressources pour corriger les nouveaux et nombreux vices de 
sa constitution et de son administration , pour agrandir les sé- 
minaires où on formerait un nonibre suffisant <\e prêtres , pour 
fonder des établissements dans le but de pourvoir aux besoins 
des ecclésiastiques d'un âge avancé ou atteints de maladies incu: 
râbles. 

Par motif de ces considérations Sa Majesté Tempereur a dai- 
gné ordonner le 17 juillet de l'année courante : 

VDe faire connaître au collège ecclésiastique catholique et aux 
autorités supérieures du gouvernement de l'Ouest , la suppression 
des couvents incomplets , comme manquant des moyens pour 
maintenir l'ordre et la paix entre les reUgteux , en désignant nom- 
mément dans une liste tous les couvents destinés à la suppres- 
sion , et en déclarant qu'il n'y a que les couvents qui offrent 
plus ou moins de commodité pour le placement des moines des 
autres couvents supprimé^: , qui seront exceptés de cette mesure 
générale. 

2* Faire connaître pareillement la suppression des couvents qui 
se trouvent au milieu de villages Grecs Russes et des Grecs unis, 
et dont les religieux ne peuvent nullement être nécessaires aux 
fonctions ecclésiastiques. 

3* Transférer les rehgieux des couvents supprimés dans d'au- 
tres couvents du même ordre, ayant égard dans le choix des der- 

nion, tandu qae dant les gonTernement* âa Midi, et en Ratsie-Blanche, oix pres- 
que toai les habitants professent la religion grecque unie , la proportion des cou- 
Tents est de i sur a,ooo et même sur looo âmes des deux seies, sans compter les 
églises paroiuiales régies par les prêtres séculiers. 11 n'y a pas de doute que les 
religieux de ces couvents étaient forcés, par la seule position, de mener une vie oi- 
•ive, sans ai»cao profit pottr le prochain, et qui devenait souvent un fardeau pour 
la société. 



267 

niersàleur po&ition,àla commodité de remplacement, aux 
moyens de subsistance. Charger de l'exécution de ce règlement 
le coll^ cathc^que romain , les autorités des diocèses , ainsi que 
les autorités civiles des lieux, en ce qui les regarde respecti- 
yement. 

. 4* Changer les ^;lises des couvents supprimés, auxqudles sont 
attachées des paroisses , conformément à l'avis des autorités lo- 
cales avec Taulorisatioa du ministère de Tintérieur, soit en sim- 
ples ^lises , soit en succursales^ mtdt dont le au teulement où le 
nombre considérable des habitants et une trop grande distance 
de leur habitation aux autres églises paroissiales l'exigercKit impé- 
rieusement ; dans le cas contraire les changer^ ainsi que les bàti« 
ments monastiques , en établisements d'ntiUté publique. 

5* Gomme en Russie-Blanche et dans les gouvemements méri- 
dicmanx les paroissiens sont en plus grand nombre dispersés dans 
des villages élo^nés les uns des autres, et que beaucoup d'entre 
eux , la petite noblesse surtout, n'ont pas même de demeure fixe, 
il est ordonné de prescrire aux autorités du gouvernement, d'ob- 
server fidèlement , dans la conservation des églises monastiques, 
l'ukase de 1792 adressé dans le temps au général gouverneur de 
laRus8ie*BlaDche,M. Passek, et contenant la loi expresse qu'il y 
ait au moins 100 maisons pour un curé de paroisse , savoir des 
maisons appartenantes à des habitants stables. 

6" Employer des moines pour des fonctions paroissiales dans le 
cas du manque de clergé séculier, et prescrire en même temps 
à ces moines de conserver leurs habitudes et leurs costumes mo- 
nacaux , autant que leurs nouvelles fonctions le leur permet- 
tront. 

7* L'ordre prescrit l'an dernier pour la nomination des curés 
et adressé à tous les diocèses catholiques romains et cathoUques 
grecs unis, doit être observé ^(alement pour la nomination des 
moines aux fonctions de curés des paroisses des églises suppri* 
mées ; et le droit de collation (nomination) appartiendra au gou- 
vernement. 

8* Les charges attachées aux fondations des couvents suppri- 
més, seront laissées aux églises changées en paroissiales , si ces 
charges peuvent être remplies par le clei^é séculier, conformé- 
ment aux dispositions de l'ukase de l'an 1795, c'est-4-dire par un 
prêtre pour 100 foux , et par deux pour 200; dans le cas contraire. 



ses 

tMDsfërer les chargée des tbodâtidiis cohjoiiltefiMiHt ftteë hê tèU- 
gieux à d'aatreé ooutentf 4 ; ^ 

^ ; 9« Joindre les èapitaiil. des emiveftti éëSs^ àU eà|Htél j^énéttA 
aiSeciéaa&iseamrs dû dergë cithoHqfié (f ) et ià AHtlÛëféëii Mm- 
mes suffisantes à subvenir aux besoins de l'Eglise romainfe JÊtfllid- 
lique^t.d'iiccord avec ses lois et aree l^*ei{ttit dtl cbtistiriifîsfhe » 
mbiéaTani/toisi detânèf ces somitiM è satisfiiire atm obligàtièhs 
des fondations quittaient à lirofaairge des eoutetits siipf^itn^jà 
efatretenir des curés Ûtasi les paroisws de ces mêmes eotttenttf ^ à 
angmctiitel: et à agrandir les séminaires pour fortner des pi-éttes 
séculiers i et k étàbUir des maisoiis dé refuge pour deé prètfes àil^ 
eéièn %e| oii atteint^ de maladiar ineurâblfté. 

i<y Faire passer Uà biens itnmetiHlè» et aUtf» pdMéSâfidâf (9) 
dèacourents qu'on supprimé ^ sous fai <âirefetl<^ du tr^Mrj îk>ur 
employer les. rerenus qu'on en livef d «n fsveur des inëtîMtions 
de charité y entre autres à fdmder desétei^^ p(>ér f«lttplài:ét> 
celles qui étilient tenues par les oduvents. <• : 

< 1 1®, Charger de FexédutioD les autorités ecclésiastiques lotalès 
nn«||a qui touelMijQt étàblisseneiittde «harité ; et le niinisièref de 

■ (i} Le capital àfiècti aiis lecour* des pauvres églises et couvenu catholiques a 
f»Hi b^nihct ftflVildi le ^^ojet dh fÀftropàlÙe Siééirënaeiviçi-Èèliuh, Je sahtk 
mémoire, de l'excédant du Ui^èrid d« |<Mi(èrif«' é^iicft èJfAdKq(<éi. fc(<(tè kdAlitit 
^ tofu^ ]«• Ax di^eèsta rapport* aoib M ass ^^S^fi .rottbiM e4 astigoéfCl; Éilé coin> 
mença^dn \\* Janvier i8a3. Anjourd'hoi ee ctpital OKAite à 3SO|OOo roabks d'ar- 
gent, y compté les 100,900 roubles ^ui ont été donnés très-graçieusemeot du trésor 
de tÈbii 'et àir^I 1 839, afifa dé grossif ce capital qui niontera jusqu'il la somme de 
4ii&ti)6bh, *fik* qti'oÉ jr joiM4« Iè« cài^iàkix des coûtent éassés. 

(a) Les pouessions des couvents catholiques consistent en fermes, champs laboi- 
rablcs , prairies, forêts, villages et capiuiu. 

Ces possessions ont été acquises par les couvents en différentes maoières : plusieurs 
ont passé dans léuH ASktfaï èri vértii du aroit de rachat (vîderlaul), maïs la plupart 
\tit Mt Hé dodfiéés ^hr legi et tés<àiAettts orMnÀHti, il U charge de^t^è dès ÂJé^ses 
pour U repM de» étses^ «a bien à ht cha^ de fondef ^«i^ties iiMhHmtH de 
charité. Les capitaux aasuré* sar les bien* des fbiidateur», où d'autfes personnes 
appartenant au clergé régulier, montent à la toniiie de 4â>487 ducats, 83,i35 
écus, 3,173,490 roubles d'argent; les dîmes ou les annales montent à 3,4âo sacs 
(*Mt«i«tt') dèblé,' tft étt «rgé« i è,63é Vo'rfblei ; on ctttti^te 39/^4^ pa^sàiis, sujets 
)iérédiuire« des CDwems, ^ui, dans U Rifssk*Bla«tbe et d«M« lès iHM (^uféèM- 
neuM du Midi soqt Jtresque tous tfn rit grec rnsse; les revenns de tontes ées 
sources montent à 340,908 roubles d'argent. Dans ce nombre, les possessions des 
éotfv^nt^ sttpprdâés' consistaient en 18,098 paysaiu, 7,378 ducau, 3,600 ccus, et 



269 

rinstruction , en ce qui touche les ëcole».aUadkéef aai coiveuf 
supprimés ; destiner ie^ édifiées et lés bâtiments des couydtitji sup- 
primes à des établissements d'utilité publique, à l'exception de 
l'habitation dés prêtres aùprèi des ^tiâé^ <(iii ont été changées 
en paroissiales , et laissant en outre dansi chaque diocèse tin coii^ • 
vent pour les besoins du clergé , surtout pour servis derêfi|g;e 
aux prêtres avancés en âge ou gravement ittabH^es» >i .> .^^ ' / 
12*> Afin d'introduifë titi meillear oi6rè dans lèsc«uvedt9 et de 
surveiller de plus près les religieux, donner aux évêques dio- 
césains une pleine autorité sur les fiouyents , suivant la teneur 
des lois de 1798^61 mettre sur leur . responiabiliié la sur- 
veillance géneri^ sur Temploi des fonds qu'on a laissés aux 
couvents. 

N* ii4 «. oiMMlNlilCB Mf MlilMlTttl Bli CdLTBl, DO MOIS DE FÉVRIER 

liUB, Éona la wrnmnKm D*tm oiand MeuaB de couvents latins 

DAM Ll ftIftBOM tu LA MÉTROPOLE tfK MOHILOW. 

li BukUàmtivSf savoir Faanciscains db la aivoRiiE de sawt 

Bj^HNARUIN PE SIEMÏB. 

On en a supprimé lét eouvents suivantt .* 

ï>e Pinsk-Karoiin , de Juf ewicze , de Mbzyf , d^' Bérézyiià y de 
Hlusk , de Gudnow, de Barchov^iec , de Janowiëc , dé Kuscion , 
de Jarmolinice , de Janow, de Witebsk , de ï'ofock , de Mikii^ 
lia , de Sieleç) de Sluck , de Welona , dé Mscistaw» dé ftohàc- 
zéw^d'Ut'szany. 

On a iaiué la couvenU. 
De Linsk , de Buclaw, de Nieswiez , de Druysk , i^é Wilna ».de 
t*ràskuny , de Juiejsk , de "troki , de Slonim , de Lûch , de 2as- 
law, de 2!ytomiesz , de ï)ubno , Kretinga, de Dathoiv, de Cyto- 
wiany^de Jelsze ,deBinieà)déWdlozyn,deKowno, deGrodno, 
de Mohilew. 

II. Chanoines réguliers de la pénitence. 

On en à supprimé les èôuvènts : 
A Mictaliszkî, à Miédniki, â Widze, à Kurklâny, à Skic- 
miany, à Jurin , à Suwiejnitock , à Kwieck , à Popiel , à Ponic- 
mun\ à Sokolin'y & Ewerec , à Siuolov^. 



270 

Oh a àtttté les eoëvenu : ^ 

De MTilna , de Wormie , de KiesioUje (1 ). 

.. ^ m. GhANOINBS RÊOUUE&S OX IiATtAM. 

{henatupprimélecimtteni: 

A Krzemieniec. . 

OnalaisséletcouvenU: 

A Wilna t à Slonim , à Ozierany, i Bychow. 

lY. DomnicAiivs. 

Les eouventt tupprimét de$ Donûmeaint sont Ut mvantt.* 
De Rzeciyce , de Zaslaw , de Rakow, de Stolpce , de Rleck , de 
Drujsk, de ChlopieDice) de Chotajewice, de Zieinbin, de Sko- 
pUk , de Wysokodwor, de Buchowice , de Polonkow, de Ko- 
niuchow, de lelmiensk , de Wasiliszki , de Welona, de Taro- 
wice , de Kozien'sk , de Kamieniokoszyr, de Czartoryski, de 
Iliewierkow, dé Ktdezyn^de Starokon^antynov, de Smo- 
tryeze , de Szaroriec , de Yinnica , de Tyérkoy , de Tulezyn , 
de Bar, de Sokolec , de Sotopkov, de Szktov, de Pozinsk , de 
Çzo9znic , de Usxacz , de Rniazyce , de Hotovezyn , de Knyesev, 
de PackoT, de Malatyc'z , de Biellie , de Dudakovice , de Smo- 
lensk , de Witebsk , de Byszov, de Gzamobyl , de Hodarkoy, de 
KlimoT, de Riuzoy , de Osiroyiany, de Horoszen*, de Kijoy, de 
Merecx , de Minsk. 

On a lamé la convenu. 
De Dimiloyiec, de Niesyiez , de Piusk , de Yilna de St.-Esprit , 
de Szumsk, de Playiensk, de Grodno , de Noyogrodek, de 
Lack , de laloyiec , de Lachoyieze , de Ylodzunien , de Kamie- 
niec , de Aglonsk , de Rosanostock , de Orsza , de Polock , de 
Kalyaria , de Lubar, de Rossienie , de Murajoy , de Yerki , de 
Ostroyiertk ,de Oszmiana , de Koyno yde Slonim , de Zabiebk. 

Y. Fbanciscains. 

On en a supprimé iet couvents smvants: 

De Lukom , de Slubin , de Polock , de Lisiany, de Drohoczyn, 
de Sokolnikoy, de Horodeez, de Przykomorgrod , de Bar, de 
Wien'koyiec , de Szumsk , de Krzemieniec , de Druzkopol , de 
Korrec , de Wienieck , de Helyany, de Holszany , de Narvi- 

(i) Cet trou derniers ont été sapprimës depoic, et les religieux ont élé places 
•après de diverse* églises et coareius cPaatres ordres religicox. 



271 

liszki, d'Olkienice, de Koltyniany, de Svislocs, de Drokic- 
zyn ) de Lopiniec , de Szwejbak polonaû , de Minsk , de Tuje- 
niec , de Postawa , de Serafin , de Dzisnieo , de Prozorok , de 
Zogin. 
On a laissé les suivants: 
jyOma. , de Siensk , de Mcjeryce, de Wilna , de Pinsk, dlJd- 
zial , d'Oszmiana , de Kowno , de Grodno -, de Nowogrod. 

yi. RÉvoRKia. 

On a tuftprimé les couvents suivanu : 

A Zornice » à Bocki. 
On a laissé celui : 

De Dederkow. 

VII. BÉNiDICTIlft. 

On en a supprimé les couvents : 

A Minsk, à Ponoltunie. 
On a laissé ceux: 

A Nieswierz , à Horodyzeze , à Stestrok. 

YIU. Garmzs de l'ancienne obsektanck. 

On en a supprimé les convenu : 

A Radomel , à Mazikin , à Stankow, à Kniazynie , à Kuniaki , 
à Dorogostaje , à Labunie , à Kislin , d'Oliwa , d'Uszomierz , à 
Mscislaw, à Toporzyce, d'Annopole, à Biatynice , à Gzonsow, 
à Horodnia , à Taburyce , à Pompiany, à Kiejdany, à Sczem- 
stowszyn , à Rosienie , à Lida , à Linkow, à Kolesnie ^ A 
Zolendz. 

On a laissé ceux : 
De Luck, de Wilna, de Slobodzk , de Zaswierz, de Kainieniec i 
de Mnipczyn , de Ghuyorynie. 

IX. Màbianites ou Servîtes. 

On en a supprimé le couvent : 
A Beredyn , et ledssé celui .* De Rojnie. 

X. Carmes déchausses. 

On en a supprimé les couvents : 

A Staromiadziole , à Pinsk , à Wilna, (1) d'Antolepty, de Bud- 
haje , à Poszmiana , de Nowowisniowice. 

(t) ConTcot de taiote Thérèse, de l'antre càié de U rivière , tUné prêt du ctme* 
tièrè. 



872 
- . Se SlQbèckV à^O^itahnn^r^pMùimù , dfll&codliO» Al ier- 

XI. PlARISTES. .. •,.; ^ 

On a Udtsé ceux : 
De Drohoczyn , de Wiliià, dé Vilkomierz, de Lida , de Lubie- 
8Z0W, de Micdzyrzec. •. ..iUfsn'--'- >ur . " •,>"^? ''.•.?».> k^'; 

XII. GAPucms. ! ;' 

On en a nipprimé Us couvents : . r , . , j .. , p r , / 

De Zatory , de Przyl^çi^çie |4^ yU^ipiir, de Uscilug , d*Ôstrog, 
de Lubieszow. , , ■ . : 

On a laissé ceux : ' . ^ . . > » . y < -, 

De Suredkow , de Brzeslaw , dé Wionica , de . . . . d^ • • t • 

XIII. MlS8IONIf4IllSS DK ^AIVT VuidlHT |>S PaUL. 

On a supprimé iet'mms»ns » 
A Hrincizhi , à Vilna de St.-GMÎiBir, à Sifim 9 i Siiiilow* ' ' 
. Qà^ùdsséùttUfi^ 

De.WUat , ^9 Glugutnice , dfi ^tawa , de Bialo^tok » de . . . 

;. A Sj>a3|aw, à Simci^, à ^amortc;. 

^ Qn avoft ^p|rrim« 01 rétofr/t eniuiieà la denumde des autorités lo- 
cales les maisons. 
De Bobrujsk , de Subocz y de Dweta. 

XIV. Frères dx la cqarité ou. B^nvratelli. 

On en a supprimé lef hontices .• 
De Mirice , de Wilna , de Nowogrod , de Luck. . . . . , de ... 

XY. Triniiaubs bb St.-Jbav de Disf . 

Ou en a supprimé le* êmiweal»: 

De Krywice , de Molodec :any , çj^ TarpoppI, de I{mQ>v^ ^e ^o- 
. fijBOiyp. , 4e Bfé^mpTZt de ^erestecil^p , 4e Wi^U?^, ^ Bra- 

claw, de . . . . , de . . , . , (ilB • r r * • 
On a laissé ceux : 
De WUna , de Luck , de Krzemienice. 



\^ 



- ' ■' XVI. Cisterciens. 

On en a iupprirè U couvent : ^ ^ ,. i , »> 

De Kimborcwo. ,.k',M:..^ 

XVII. AuGusTitfs. ' "--^^ '^^ '-•^^•■'^^ 

On crt a «upprimiî^i*;» coïil>e|ltt.• 
DeZat,deBud,de ...., 

^ /atisé rsuo; ; ^., ., i, 

ï)cWilna,deRowno. \\ 

Total. Couvents jsppprimës , . 205^ ...f^; : 

' , . , , , laissés .., ^ 89 
Signé sur Toriginal , pour le directeur F. Wigel. 

Chef de division et Conseil|er,4'l^(fi^t. 
A. Jlgolin. 
St.-Pétersburg le .... février 1832. 

l|t |S, — liste de PLUSiniM GOOTEVre SOPf RlMig A L*iMKKIB SI»HIEN- 
TlOiméE, ET DONT LES FONDS FURENT PLUS TARD VSNDOS A l'ENGAS. 

Nom}>re 

... :.'i ^OT 

Dans le dittncl de Minsk, 
CouventdesDominicainsà Minsk:lafermeWolkowsczyna. 30 

Bislriel d'Jgumen, 

Dominicains de Stolpce 7 

Oominicains d^ Zaslaw, ferme fioczkuny 32 

Bénédictins de Minsk, fermes Niedreska et Hoioszki . . 155 
^l^^;çk|4^^ ^e Minsk unis de teiTe. 

{"ra^^KaÎAS d'JwieniM, ferme Pokacie . 89 

QfMiliiÛMiBt ÛB ftakow, ferme Giniewicze 34 

Dulrict de Borysow. 
Bernardins de Berezina. 

Dftfflinirftia» de €boiopien|ce» ferme Mocharyn .... 221 
i^. 4* ClM>tajemcie , ferme Cbotajewicze . . 142 

là. de Ziacbin , ferme Polany 67 

!P^li|t^de Luz'çe, ferme Wies'nick 211 

IHMt^^ ^ Bobrimk . 
S^fVanUi^ de Husk. 



274 

Nombre 

des 
payMiM. 

IHitriet de Wil^ka. \ 

Carmélites de Suromiadzioli , ferme BialowsczyzOa , . 23 

Triaitaires de KrzysYice. 
■ id. de Molodeczna. 
Dtstriet de Disna. 

Dominicains de Drujsh , ferme Bziedzin . d3 

Franciscains de Postawsk , ferme Kononowo 38 

id. deDisna * v ^ 

id. de Prozorow» ferme Borkowo 19 

JHttriet d^Jgumen. 

Franciscains de Seràfin , ferme Maciejewicze 43 

Misnonnaires dé Smilow, ferme Wolima 386 

Dutrietde Moxyr, 

Bernardins de Mozir. 
Dittnct de Rzeezyee. 

Bernardins de Jurewice. 

IkininicaiBs de, Rseczyce, ferme Rowno 222 

District de Slutzk. 

Bernardins de Slutzk. 

Dominicains de Kleck , ferme Gzarkovsczyzna . . . . iOl 
JHitrict de Pinsk. 

Bernardins de Pinsk-Karolin. 

Carmélites de Pinsk 1 

Capucins de Lubieszow. 

Dominicains de Kamieniokoszyr, ferme Cyr 224 

N* 18. — IfOTB OPnCIBLLE DU 6 SBPTBMBaB 1832, PAR LAQCfiLLE LE 
CAEDIIUL SECRÉTJURE D*ÉTAT RÉCLAMI , AD IfOM DU SAniT-PfeRE , SUR 
LE MtlIB 8IUET, DBS MAUX 80DPFBRT8 PAR LA RELIGION CATHOLKHIE EN 
RUSSIE ET EN POLOGNE. 

Sa Sainteté , dans la sollicitude que les devoirs de son minis- 
tère apostolique lui imposent envers toutes les églises , ne peut, 
sans manquer à sa conscience, se dispenser de recourir à la gé- 
nérosité , et même à la justice de S. M. l'empereur de toutes les 
Russies , roi de Pologne , pour réclamer contre plusieurs faits , 
qui, portant un grave préjudice aux intérêts de l'Eglise catho- 



275 

lique dans les Etats de Sa Majesté , plonge son cœur paternel 
dans la plus profonde afiliction. 

Le Saint-Père comptan tT pleinement sur l'efficacité des pro- 
messes exprimées par S. M. dans le statut oi|;anique octroyé au 
royaume de Pologne le 14 février de Tannée courante, et com- 
muniqué par l'office de Votre Excellence le 12 avril , au card. 
secrétaire d'Etat , savoir que la religion catholique professée par 
ja majeure partie des sujets polonais de S. M. sera toujours l'ob- 
jet de la sollicitude spéciale de son gouvernement, et «que les 
fonds appartenant au clergé catholique des deux rites latin et 
grec unis sont reconnus propriété inaliénable, Sa Sainteté ne 
saurait prêter foi aux informations qui lui parviennent , si elles 
ne se rapportaient à des fcùu et à des fcùu de notoriété publique. 
. Cette contradiction si surprenante oblige Sa Sainteté à suppo- 
ser que ces mesures ont été prises contre la yolonté de S. M. , 
et ne doute point, en conséquence, qu'il ne suffiisé de les £Edre par- 
venir à la connaissance de l'auguste empereur et roi, pour qu'il 
cherche aussitôt à y porter remède. Il est parvenu, en efiet, à 
la connaissance de Sa Sainteté : 

Que les biens des ordres religieux supprimés dans le royaume 
de Pologne , et dont les revenus , d'après la teneur de la Bulle 
du pape Pie VII de sainte mémoire (Bulle qui fut le résultat des 
arrangements conclus à cette époque entre le Saiiat-Si^e et l'em- 
pereur Alexandre de glorieuse mémoire), avaient été affectés à 
l'entretien des églises cathédrales et des séminaires : que ces 
biens viennent d'être adjugés au fisc ; 

Que le gouveinement de Pologne a fait demander à chacun 
des sièges épiscopaux la cession d'une ^lise catholique au choix 
du gouvernement , la destinant au culte grec non uni ; demande 
à laquelle , d'après les principes de la religion cathoUque , les 
évéques et les administrations des évêchés ne peuvent consens 
tir; 

Que des milliers d'enfants polonais sont déportés dans l'inté- 
rieur de l'empire russe , où ils courent le plus grand danger d'a- 
bandonner la religion cathoUqûe, à laquelle ils appartiennent ; 

Enfin , que dans le royaume de Pologne , les pensions payées 
aux évêques comme indemnité de leurs biens supprimés, ont été 
réduites de moitié. 

Ces faits coucernent le royaume de Pologne proprement dit , 
II. 18 



276 

en faveur duquel est solennellement engagée l'auguste parole de 
S. M. I. et R., exprimée d'une manière précise dans le r^lement 
organique cité ci-desnis. Mais ces alkurances fondées sur la jus- 
tice et sur le respect que S. M. professe pour la religion eatholi- 
que , étant conformes à la noblesse et à la magnanimité des sen* 
timens de S. M.^ Sa Sainteté n'hésite pas à les invoquer, même 
en fiiTeur des catholiques des provinces russo-polonaises , dans 
lesquelles , d'après les communications reçues par Sa Sainteté , 
il se passe des choses aussi préjudiciables aux intérêts de l'Eglise 
«Atholique , que douloureuses pour le Saint-Père. 

Tels sont : la remise au culte grec non uni du célèbre sanc- 
tuaire de Notre-Dame de Poccajow, en Yolhynie, et du couvent 
det Basiliens annexé A cette église ; la remise au clei^é grec non 
uni de plusieurs églises et monastères de l'ordre de Saint-Basile , 
enLithtianie ; l'enlèvement au culte catholique de la Chartreuse 
de Bercsa , et d'autres églises et monastères appartenant aux ri- 
tes latin et grec uni , que l'on dit avoir été concédés au clergé 
grec non uni. 

Tels sont les faits principaux rapportés à Sa Sainteté. Le sous- 
ngné cardinal secrétaire d'Etat s'empresse de les communiquer 
à vo^*e Excellence , afin qu'elle veuille bien les porter à la con- 
naissance de S. M. I. et R. et accompagner de ses bons offices la 
demande suivante , que Sa Sainteté, conformément aux devoirs 
sacrés qui lui sont imposés , ne saurait s'abstenir de lui adresser, 
savoir: que, par l'effet de la justice et de la magnanimité de S. 
M. il soit ordonné qu'un compte exact des faits sus-indiqués lui 
•oit rendu, afin qu'il soit porté remède aux maux qui pourraient 
frapper l'Eglise catholique, et que les intentions bienveillantes 
de Sa Majesté enrtn ses sujets catholiques , reçoivent leur en- 
tier accomplissement. 

Le cardinal soussigné profite de cette drconstance pour re- 
nouveler à votre Excellence l'assurance de sa considération dis* 
tinguée. 

N* 14. — MÉMOIRI EEMIS EH MAI 1853, A Ll CHANCELLERIE d'ÉTAT, 
PAR M. LE COirrE GOORIEFF, MINISTRE DE LA COUR DE RUSSIE, EN RÉ- 
PONSE A LA NOTE DU MOIS DE iUIN 1852, ET A LA NOTE OFFICIELLE 
DO 6 SEPTEMBRE DE LA MÊME ANN^E. 

Une simple note renfermée dans un mémoire du ministère 
impérial relatif au projet d'une nouvelle circonscription des 



diocèses en Russie, e( qui observe que, depuis quelque teçapa, on 
remarque parmi les sujets , et même parmi le clergé du rit latin 
de la |ii,thuauie , un certain relâchement 4^ loceui^ et de raûai- 
blissejpaent de la foi , parais avoir fourni au Sainl-Siége l'occasioA 
etlet^tedVn mémoire volumineux, dans lequel on essaie 
4'attribuer Torigùte de ces. maux aux mesures du gouvernement 
impérial et aux r^lemens récemment émanés de lui, sur Vorga^* 
nisation et les rapports du clergé catholique dans l'empire. 

Le présent nxémçire a pour objet d'etamineir avec franchise 
et impartialité , et de répondre point par point à chacun des 
huit grie£» articulés par la cour de Rome à la chaîne du gouver- 
nement Russe. 

Par le premier point , la corruption des moeurs et l'afiEsiblisse- 
raent de la foi sont attribués à la défense Êûie aux sujets Russes 
de l'Église catholique d'entretenir des rapports libres avec la 
cour de R<»ne. 

B est évident qu'on quaUfie ici de défense la simple circon- 
scription de ces rapports dans de certaines limites et la voie légale 
par laquelle ces rapports doivent passer, c'est-à-dire celle du 
ministère impérial. Nous répondrons à ces doléances par l'exposé 
de l'origine de la régularisation de ces rapports. Elle ne date pas 
seulement de Tannée 1814 , comme il est dit dans le mémoire de 
la cour de Rome, mais elle remonte à l'année 1772 , époque de 
la rénnion. de b Russie-Blanche à Fempirc. Le premier motif 
de cette mesure a été fourni au gouvernement par les sujets ca- 
tholiques eux-mêmes , qui portaient plainte à S. M. l'impératrice 
Catherine II contre les membres de leur propre clergé , sur ce 
que plusieurs d'entre eux , s'étayant sur des pouvoirs qu'ils 
avaient reçus de Rome , considéraient comme leur propriété 
particulière ce qui appartenait aux églises , empruntaient de 
l'argent sur l'hypothèque de ces biens , et quittaient ensuite le 
territoire de- l'empire sans rendre compte de leur gestion , et 
laissant peser sur les paroissiens les charges qu'ils avaient con- 
tractées dans leur propre intérêt. 

Le premier r^lement pubHé à cet effet par l'ukase impérial 
du 12 décembre 1772 , fut con6rmc plus tard par les décrets 
du 47 janvier 1782, du 6 septembre 1795, du 28 avril 1798, du 
13 décembre 1803, et par plusieurs ordonnances postérieures. Il 
apparaît du texte même de ces décrets , que le gouvernement a 



278 

été chaque fois coutiaint au rappel et à rintimation réitérée de 
ces règlements par les raisons suivantes : 

1) Par les refus obstinés du clergé de s'y conformer , et parce 
qull persistait à disposer arbitrairement des revenus des églises 
en faveur d'autorités ecclésiastiques étrangères à 1 empire, et 
qu'il entretenait avec eUesdcs relations hostUes et subversives 

de l'ordre établi. j i • • 

2) Par l'ingérence des ecclésiastiques étrangers dans la juri- 
diction des évêques ordinaires et par les désordres qui en résul- 
taient. 

3) Par U teneur même des buUcs et lettres encycbques et 
autres actes émanés de temps à autre du Saint-Siège. Quant à 
ces derniers, il est hors de doute qu'ils renferment souvent des 
principes et des expressions qui ne sauraient être admis par le 
gouvernement impérial, et même incompatibles avec les règles 
de tolérance religieuse , scrupuleuseuient observées en Russie , 
et en vertu desqueUcs . en assurant le libre exercice à tous les 
cultes, le gouvernement ne permet à aucun d'eux d'empiéter 
sur les droits de l'Église orthodoxe ou sur ceux des autres 

croyamces. . 

Du reste le gouvernement Russe a de tout temps su apprécier 
la distinction des rapports religieux d'avec les rapports politiques. 
Une longue expérience lui a démontré que non-seulement la re- 
ligion chrétienne, mais que toute autre croyance religieuse sert 
d'appui au trône et de garantie au repos public. Dans cette 
conviction , loin d'opposer des difficultés aux catholiques romains 
qui pour leurs besoins spiritueb ont recours à Rome , le gouver- 
nement impérial emploie au contraire ses bons offices pour leur 
procurer dans ce but toutes les facUités possibles, et en leur 
offrant le secours de sa médiation, il se charge lui-même de la 
transmission de leurs demandes et de l'argent qu'ils envoient 
aux tribunaux romains, sans exiger pour cela aucune rétribu- 
tion. La légation même accréditée auprès du Saint-Siège par 
feu l'empereur Alexandre , a pour principal objet de prêter ses 
bons offices à tout ce qui a rapport aux appels, en cour de Rome, 
des catholiques de l'empire. 

Voilà donc à quoi se réduit en substance le grief de la restric- 
tion des rapports des cathoUques avec le Saint-Siège; restriction 
qui n'est autre chose que rindicalion d'une voie légale et régu- 
lière , tracée dans l'intérêt même des postulants. Des formalités 



279 

^Iu8 OU moins semblables sont requises et observées dans tout 
État bien organisé, sans excepter les pays catholiques romains. 

Le deuxième point , qui traite du projet d'une nouyelle cir- 
conscription des diocèses , fait Tobjet d'un mémoire spécial. 

Dans le troisième point, le relâchement des mœurs est attribué 
à la compression du pouvoir épiscopal, pour ce qui concerne 
l'administration de la justice et dans l'exercice de son ministère 
sacerdotal , tel qu'il a été institué par les canons de l'Église ca- 
tholique. 

Panmi les attributions qui sont considérées , par la cour de 
Rome , comme relevant du pouvoir épiscopal , on cite plus spé- 
cialement la réforme des mœurs , la discipline ecclésiastique , et 
les affaires matrimoniales. Il paraîtrait que les vœux de la cour 
de Rome tendraient à remettre en vigueur à leur égard les sti- 
pulations de quelques-uns des anciens conciles , ou d'autres dé- 
crétales tombées aujourd'hui en désuétude. Vouloir faire revi- 
vre cette latitude du pouvoir épiscopal , serait empiéter sur le 
domaine du pouvoir politique , appelé à régler en dernier ressort 
les rapports des différentes autorités entre elles, et à fixer les 
limites de leurs attributions respectives. C'est aussi par des con- 
sidérations de cette même nature que plusieurs anciens règle- 
ments de l'Église dominante en Russie sont depuis longtemps 
frappés de prescription et ont subi des modifications, que la 
succession des siècles introduit insensiblement dans toutes les 
matières législatives. 

Le mémoire signale comme quatrième cause des dérèglements 
du clei^é , l'état d'indigence dans lequel , suivant les auteurs du 
mémoire, languit le clergé catholique en Russie, par suite de 
la supression de plusieurs bénéfices , couvents et autres œuvres 
pies. 

Dans l'ignorance où nous nous trouvons sur les bénéfices , 
couvents et œuvres pies dont il est ici question , puisqu'aucun 
de ces établissements n'a été spécifié , nous ne croyons pouvoir 
mieux faire, que de donner ici un exposé succinct de tout ce qui 
a rapport à ce sujet. 

1) Loin de priver les églises de leur propriété, le gouverne- 
ment Russe se faiit au contraire un devoir de défendre les droits 
du clei^é, à l'égal des intérêts du fisc , toutes les fois qu'ils se 
trouvent en Utige avec des particuliers. C'est grâce à cette pro- 
tection que le clergé catholique a gagné dans le court espace de 



280 

]pea d'années, et par l'intekcessioa du ministère des Cultes étran- 
gers , plusieurs centaines de procès des plus compliqués et dés 
plùsddateàx. 

Ilést vhù ique^dans les derniers temps, quelques églises parois- 
siales et 'i^uelques couvents sont tombés dans un état d'indigence 
extrénie, mais la faute n*én péUt être imputée au gouvernement, 
il foiit en chercher les causes soit dans la baisse des productions 
agricoles, soit dans rinsolvabilitédés débiteurs bu des fondateurs, 
dans la négligence de ces établissements de faire valoir leurs titres 
au terme l^al , enfin dans Vextrême incurie, ou dans l'ignorance 
dés préposés à TadininUtratipu dé ces instituts. 

2) Pour ce qui concerne les bénéfices dont parlent les auteurs 
du mémoire, il est apparémniént question de ceux qui, en vertu 
d'un ukase du 4 avrillSOS, ont été affectés à l'université de 
Wilna. Or il n'y a certes rien d'injuste ni d*ill^al dans une 
disposition qui répailit le superflu dp revenu d'une partie du 
clergé catholique, parmi les membres les plus dignes de ce même 
dei^é , qui président ^ l'éducation de la jeunesse laïque et ecclé- 
siastique de la même religion. Du reste ces biens viennent éga- 
lement de recevoir une nouvelle destination plus conforme , 
peut-être, aux vœux delà cour de Rome, ayant été, en vertu d'un 
ohire suprême du mois de juin 1832, affectés à l'Académie ecclé- 
siastique ouverte à Wilna, et destinée exclusivement à former 
des prêtres séculiers du rit latin. 

3) Bien qu'on ne puisse préciser de quelle suppression de 
couvents il est question dans le mémoire du Saint-Siège , nous 
supposons qu'on veut parler des 4 couvents de la ville de Brest- 
Litowski supprimés en 1830, parce que leurs bâtiments entraient 
dans le plan de la fortification de la ville, et 6 couvents supprimés 
en 1831 pour avoir participé à la révolte. Les biens-fonds appar- 
tenant aux premiers ont été conservés à leurs ordres respectifs , 
et Don-seulement on ne leura rien pris, mais ils ont encore reçu, 
d'après l'estimation qui en a été faite , la valeur des bâtiments, 
qui ont dû subir les effets de la loi d'expropriation pour cause 
d'utilité publique. En outre les religieux de ces couvents ont ob- 
tenu, à leur translation dans d'autres monastères, une rémuné- 
ration suffisante , et les frais de route nécessaires. 

Quant aux couvents supprimés pour leur participation à la ré- 
volte contre le gouvernement, les lois du pays les condamnaient 



281 

à la peioe de la confiscation. Malgré cela une partie de ces biens 
a été assignée à raccomplissementdes obligations qui leur étaient 
imposées par les fondateurs , à l'entretien du clergé séculier et 
des coufents convertis en églises paroissiales. D'autres couTentg 
qui ont (ait cause commune avec les insurgés, et dont le nombre 
était trèsHionsidérable , ont été amnistiés par S« M; Tempereur 
et subsistent encore aujourd'hui. 

Mais la conduite coupable de ces moines , une trahison aussi 
inouïe dans les annales du cicrftre , et leur démoralisation t ont 
forcé le gouvernement d'adopter à leur ^ard des mesures éner- 
giques et propres à mettre un terme à un état de choses déplo* 
rable » en les ramenant au but de leur institution primitive. En 
conséquence, et dans la conviction que le relâchement des mœurs 
et de la discipline parmi ces religieux provenait principalement des 
réductions qu'ont éprouvées leurs communautés, réduction qui 
les affranchit entièrement du contrôle et de la surveillance mu* 
tuelle , si indispensable pour la conservation du bon ordre parmi 
eux I le gouvernement a dû procéder à la suppression de ceux 
des couvents qui continuaient à subsister en contravention 
à la bulle de Benoit XIY donnée en 1744 au sujet des couvents 
de la Pologne : en l'appliquant plus spécialement aux couvents 
qui, par suite d'une administitition vicieuse , s'étant eux-mêmes 
privés des moyens de subsistance pour les membres les plus in- 
dispensables de leurs communautés , tombaient rapidement en 
décadence et en discrédit. Leurs biens n'ont cependant point 
été soustraits aux besoins du clergé catholique romain en géné- 
ral , aii contraire leur destination actuelle est plus conforme aux 
r^lements de l'Église romaine et plus eu harmonie avec l'esprit 
de charité chrétienne , car ils out été plus spécialement affectés 
à la réparation de vieilles égUses , aux secours à fournir aux sé- 
minaires et à la fondation de lieuxd'asile pour des ecclésiastiques 
infirmes ou âgés. 

4) Le reproche fait a» gouverneuieiit impérial de la suppres- 
sion d'œuvres pies est également dénué de tout fondement. Au 
lieu d'être supprimés , les établissements de ce genre, qui dé- 
pendaient des couvents évacues, ont été tous conservés, et il 
leur a été alloué des fonds sur les capitaux devenus disponibles. 

Tout ce qui précède démontre doue jusqu'à révidenre, que ce 
n'estpoiutlasuppression de quelques couvents, devclmeindisi>cn- 



282 

sable et qui s'opère seulement aujourd'hui , qui a pu réduire le 
clergé catholique à la pauvreté dont on se plaint , mais que c'est 
au contraire cette même pauvreté et les inconvénients qui en 
résulteot , qui ont placé le gouvernement dans la pénible obli- 
gation d'adopter à leur égard des mesures efficaces et propres à 
parer aux désordres qui en étaient Tefifet , et non la cause. 

Nous ajouterons aux observations ci-dessus développées quel- 
ques notions statistiques qui feront, mieux que des arguments à 
priori, ressortir la situation du clergé catholique en Russie sous 
le rapport financier. Les émoluments d'un évéque de l'Église 
dominante dans l'empire (y compris toutes les allocations de la 
couronne) s'élèvent à 2200 roubles (environ 440 piastres) par 
an ; tandis que les évéques catholiques jouissent d'un revenu 
annuel de 20^000 à 80,000 roubles (5 à 16,000 piastres). Le ca- . 
suel des curés grecs monte de 100 à 500 roubles ; les traitements 
des archiprétres y chanoines du même rit , ne dépassent presque 
jamais 700 roubles; pendant que les annates des prêtres et pré- 
lats catholiques s'élèvent de 2,000 à 10,000 roubles et au delà. 
La proportion l^ale du terrain assigné aux églises parois- 
siales du rit oriental est de 33 dessiatines ; tandis que les églises 
catholiques du même genre possèdent souvent quelques milliers 
d'arpents de terre. Le clergé de l'Eglise orthodoxe n'a point de 
serfo , et ne peut point en posséder : le clergé catholique romain 
au contraire possède 90,000 paysans qui travaillent pour lui et 
dont un grand nombre professe la reUgion de la majorité des 
sujets russes. 

A la fin du quatrième point, les auteurs du mémoire élèvent 
des plaintes contre la remise de quelques églises cathohques à la 
disposition d'autres cultes , et qualifient cette mesure de con- 
traire à tout principe de justice et d'équité. Nous présumons que 
ces doléances se réfèrent à quelques églises de la Russie-Blanche, 
restées vacantes après le départ des Jésuites , et à quelques cou- 
vents également abandonnés. 

Pour juger impartialement de l'opportunité etdu but de cette 
mesure , il eût été juste de considéier les besoins actuels des 
provinces où ces mutations onteulieu. De temps immémorial, la 
Russie-Blanche n'était peuplée que d'habitants professant la reli- 
gion grecque orientale, et n'avait d'autre clergé que le clergé grec. 
A l'époque de l'asservissement de cette partie de l'empire par la 



283 

Pologne ) quelques-unes des églises grecques furent spoliées sous 
prétexte de l'umon, d'autres furent expropriées arbitrairement 
et de la manière la plus violente. Malgré ces persécutions , les 
populations de ces pays , ainsi que celles de la YoUiynie et de la 
Podolie , ont conservé intacte la religion de leurs pères , et on y 
voit néanmoins des églises et des couvents catholiques élevés sur 
les débris des églises grecques au milieu des populations ortho- 
doxes. N'était-il pas juste dès lors que le gouvernement adoptât 
des mesures pour garantir à l'avenir les sujets de sa 
croyance, de l'esprit de prosélytisme du clergé catholique , tout 
comme vn souverain catholique aurait à sa place veillé à la con- 
servation de ses propres croyants? Car en accordant, par suite des 
principes reconnus de sa tolérance rehgieuse , la liberté à tous 
les cultes chrétiens , le gouvernement , de son côté , est en droit 
d'attendre que cette protection ne devienne point un ins- 
trument hostile qu'on emploie pour semer parmi ses sujets le 
germe de discussions pour le moins oiseuses, et toujours nuisibles 
à la tranquillité intérieure. 

Dans le cinquième point, le gouvernement impérial est accusé 
de priver les évêques et les autres autorités ecclésiastiques des 
moyens de surveillance de l'éducation du jeune clergé séculier 
et réguher. Les plaintes de cette nature se retrouvent plus ou 
moins dans toutes les lettres pastorales ou encycliques adressées 
par le Saint-Siège à différents gouvernements. Quant au gouver- 
nement russe il a la conscience de n'avoir non-seulement jamais 
empêché la surveillance épiscopale , mais il en fait au contraire 
une obligation expresse aux évêques, ainsi qu'on peut le voir par 
le § 7 de l'ukase impérial du 18 juillet 1803, disposition qui 
subsiste encore aujourd'hui dans toute sa vigueur. Le grand sémi- 
naire, dont il est peut-être question ici , a été dès sa fondation 
placé sous l'inspection immédiate de trois professeurs de la fa- 
culté théologique , de deux membres du chapitre de Wilna élus 
dans son propre sein , et d'un prélat du rit grec uni. Le gouver- 
nement se bornait à exercer sur cet établissement une surveil- 
lance , ou plutôt une protection générale , en se reposant pour le 
reste entièrement sur les soins des ecclésiastiques qui en étaient 
plus spécialement chargés , et auxquels il accordait un degré de 
confiance dont ils ne jouissaient guère dans les pays catholiques. 
Il était impossible de donner à ce séminaire une organisation 



284 

dififérenle, par la raison que les élèves appartenant à des dio- 
ches et à des ordres religieux divers , il eût été injuste de les 
assujettir sans distinction à l'évêque de Wilna ; la juridiction ne 
pouvait en appartenir qu'au primat du clergé catholique en 
Russie, c'est-à dire à l'archevêque de Mohilow; on a donc été 
obligé de le placer sous la direction d'une autre autorité , mais 
toujours ecclésiastique. Ce séminaire a également subi une réfor- 
me qui sera sans doute approuvée par la cour de Rome. Par un 
ukase du 1*' mai 1832, il a été érigé en académie ecclésiastique 
avec des privilèges plus étendus et l'allocation d'un revenu com- 
posé de tous les bénéfices qui appartenaient autrefois à l'univer- 
sité de Wilna. Cette nouvelle académie doit passer dans le 
nouveau plan de circonscription des diocèses , sous la direction 
dn métropolitain ou de l'administrateur de Wihia. 

Le mémoire de la cour de Rome signale, comme sixième 
cause de l'afiaiblissement de la foi' parmi les catholiques de la 
Russie , les abus que les évêques se permettent des pouvoirs qu'ils 
reçoivent de Rome. On y cite entre autres feu le métropolitain 
Siestrenczewict, romme ayant introduit des innovations con- 
traires aul doc' ânes de l'Église romaine. A ces inculpations un 
peu vagu28 nous ne pouvons répondre que par l'observation géné- 
rale que, durant le demi-siècle que monseigneur Siestrencrewicz 
8'«st trouvé à la tête de l'Église catholique romaine en Russie, 
il aconstammentsuivilepréceptedel'Évangile qui lui ordonnait 
de rendre à Dieu ce qui est à Dieu , et à César ce qui est à César, 
et qu'il a laissé à ses successeurs deux grands exemples à suivre : 
un amour pur pour la religion qu'il professait, et un entier 
dévouement à son souverain légitime. 

La septième cause de l'affaiblissement de la foi el du relâche- 
ment de la discipline monastique est attribuée à raflranchisse- 
ment des religieux de l'autorité de leurs supérieurs et à leur as- 
sujellissement à l'autorité épiscopale, ainsi qu'aux mesures prises 
par le gouvernement relativement à la fixation de l'âge d'entrée 

dans les oi-dres. 

Il a été dit plus haut que les plaintes des catholiques eux- 
mêmes contre les abus que se permettaient les supérieurs des 
couvents au détriment des propriétés ecclésiastiques, et contre 
les graves désordres qui en résuluient , ont été le premier motif 



285 

pour lequel le gouvernement s'est tU oblige à soustraire ces con- 
grégations à ratitorité des supérieurs étrangers et de les soumet* 
tre à la juridiction des éçêques, d'autant plus que plusieurs de 
ces couvents étaient en même temps des paroisses et avaient cure 
d^êime» laéiuelle de droit est du ressort de l'ordinaire. Une autre 
raison de la subordination de ces couvents à l'autorité épiscopale; 
c'est qu'elle dotine plus d'unité à l'administration diocésaine , et 
est niéme prescrite , pour de certains cas , par les dispositions du 
Concile de Trente , session 25 , cbapitre YII. Nous ajouterons h 
cela, que lors de la dernière négociation pour la circonscription 
deJB diocèses en Russie, le nonce apostolique monseigneur Litta fut 
informé, par une noteofficielle en date du 20 avril 179B, des mo- 
tifs qui déterminaient le gouvernement à placer les touvents sous 
la juridiction des évéques , et le nonce , dans sa réponse du pre- 
mier thai de la même année, y adhéra entièrement Pli 3 tard les 
couvents furent replacés sous l'autorité de leurs supérieurs, et 
jusqu'à l'époque du dernier règlement du 10 juillet 1832 , les 
ordinaires n'exerçaient presque plus aucune iniiuenre sur le clergé 
régulier ; ils ne peuvent par conséquent pas être responsables 
des désordres qui avaient pris naissance antérieurement. 

Dans les plaintes élevées au sujet des vœux monastiques, il s'est 
glissé une erreur de date, car on attribue aux règlements de 1829 
le relâchement de la discipline , tandis que dans les bulles pon- 
tificales des années 1778, 1784, 1812 et 1815, adressées ai> 
métropolitain Siestrenczewicz, on reconnaît déjà la nécessité 
des mesures adoptées contre ce relâchement. 

Quant à la prohibition d'entrer dans les ordres religieux avant 
l'âge de 22 ans accomplis, la cour de Rome ne saurait sans doute 
discoilvenir dé l'utilité de celte défense. L'expérience n'a que 
trop démontré l^s ihconvénients de la disposition du Concile de 
Trente qui permet de faire dés vœux monastiques à l'âge de 16 
ans , c'est-à-dire à une époque de la vie où il est impossible de 
juger si on possède les qualités physiques et morales requises 
pour une vocation ausssi austère. Les temps où de pareilles lois 
furent données sont trop éloignés de nous, les circonstances qui 
les ont fait naître s'identifient trop peu avec les besoins de la 
société actuelle , pour qu'il soit possible de vouloir leur donner 
de nos jours une rigoureuse application. Les conséquences de 
ces anciennes lois se sont montrées bien des fois funestes aux 



286 
individus qui les subissent , comme au repos de U société en 
oénéral. On a vu de» jeunes gens se repentir d une résolution 
^révocable prise dans un moment d'exaltation : ne Uouvant 
point dans le gouvemement, fidèle à observer les règlements de 
mîtise, des faciUtés pour se déUer de leurs vœux , ils désertaient 

enPologne. dontle clergé était moins '^V^^^;^\^^^ ^^ 
cettea^rtionnouspouvonsciterl'exempledel'evechédeWilna, 

quicompteàluiseul,depuisl801jusqu»àl829,centet dix mornes 
L ontdéserté leurs couvents, et dont 44 ontobtenudes dispo- 
ses de la cour de Rome. On peut en conclure à combi în de dés- 
ordres entraînerait aujourd'hui l'observation dérèglements faits 
sous Tempire de circonsunces si différentes des temps dans les- 

quels nous vivons. , » ^ '♦•♦;«« 

Lehuitièmepointn»est,àproprementparler. qu une répetUion 

des récriminations générales sur les causes du relâchement de la 
foi et des mœurs parmi les cathohques en Russie. Nous aimons 
à croire , d'après ce qui précède , que nous sommes parvenus , 
auunt que cela dépend d'une argumentation basée sur la bonne 
foi et sur la connaissance des faits, à détruire les prevenUons du 
Saint^iége contre les intentions et les vues du gouvernement 

""p^urce qui concerne les matières matrimoniales et les di- 
vorces, le gouvernement s'est fait une loi de ne jamais s ingérer 
dans les discussions de cette nature et les a toujours déférées au 
jugement et aux décisions des autorités ecclésiastiques. 

Le mémoire de la cour de Rome invoque finalement le traite 
de 1772 qui confirme et garantit le ilatu quo des droits et pré- 
rogatives du dergé et des catholiques passés alors sous la domma- 
tiX Russe. Nous n'avons que peu de mots à répondre a cette 
invocation. Un manifeste impérial pubUé simultanément avec 
le traité de 1772 garanUt en effet au clergé cathoUque le mam- 
tien et la jouissance de ses anciens droits, aussi longtemps, 
ajoute le manifeste, que ce clergé observera lui-même le serment 
de njélion et de fidéUié prêté à son nouveau Souveram. Or le 
clergé , tant sécuUer que régulier , n'a que dans trop d occasions 
abu^ de la protection que lui accordait le gouvernement , pour 
répandre parmi les sujets de l'Eglise orthodoxe l esprit de son 
pr^lytisme; U a trahi la confiance de ce même gouvernement 
en inculquant à la jeunesse, dont l'éducation lui avait ete confiée. 



287 

des jprincipes hostiles à Tautoritë légitime et à l'ordre établi ; il a 
enfin pris une part ouverte et active à la dernière révolte. C'est 
donc le clergé qui, par sa conduite coupable et ingrate, a déchiré 
le pacte qui lui assurait la jouissance paisibledes bienfaits qui en 
découlaient. Après l'avoir soumis par la force de ses armes , aux- 
quels il Ta obligé de recourir, le gouvernement rentre dans le plein 
exercice de ses droits de vainqueur, et c'est à lui seul aujourd'hui 
qu'il appartient de prononcer sur les moyens qu'il jugera les plus 
efficaces pour prévenir le retour des désordres qui ont momen- 
tanément plongé ces provinces dans toutes les horreurs de l'anar- 
chie civile et religieuse. 

Mais désirant couvrir à jamais du voile d'un généreux oubli 
les écarts d'une partie des ministres d'une religion fondée toute 
sur la paix et l'amour, l'empereur n'écoutant que les inspirations 
de sa clémence a accordé , dans le seul diocèse de Samogitie , le 
pardon à 432 prêtres insui^és et les a tous réint^rés dans leurs 
anciennes fonctions ,en conservant leurs dotations et les biens qui 
formaient leur propriété particulière. C'est par un effet de cette 
même générosité que Sa Majesté impériale a gracié la plus grande 
partie des ecclésiastiques des autres provinces , qui ont participé 
à la révolte. 

Il nous reste maintenant à examiner la note du cardinal Ber- 
netti en date du 6 septembre dernier , qui a trait aux mesures 
prises par le gouvernement impérial à l'égard des couvents catho> 
liques romains et grecs unis , situés dans quelques-unes des an- 
ciennes provinces Polonaises. Gomme les observations émises 
dans la note ont été réfutées en grande partie par les réponses 
faites aux mémoires précités , nous nous bornerons ici à expli- 
quer simplement les circonstances extraordinaires qui ont obligé 
le gouvernement de recourir à des mesures sévères, mais justes, 
i l'égard du couvent cartésien de Bérésa et de celui dePotchayeff 
appartenant aux Grecs unis. 

Nous commencerons par rappeler ici encore une fois la garantie 
conditionnelle promise en vertu du traité de 1772 aux établis- 
sements ecclésiastiques du rit latin. Rien de plus juste qu'une 
telle réserve ; car les transactions de tout genre, en matière po- 
litique , comme en matière civile , ne sauraient être obligatoires 
pour un parti , sansTélre en même temps pour l'autre. 

Il parvint à la connaissance de Sa Majesté l'empereur que, lors 
de l'insurrection éclatée dans le gouvernement de Grodno, les 



â88 

moines cartésiens de Bérésa réunirent une tourbe de factieux , y 
enrôlèrent des hommes de toutes les classes , leur fournirent des 
armes et des vi?reset se mirent à leur tète. Attaqués et défaits 
par les troupes impériales, les moines furent faits prisonniers. 
Informé de ces événements, l'empereur ordonna de supprimer 
le couvent et de le convertir en église de paroisse , en assignant 
à celleH:i les fonds nécessaires pour son entretien 4 quant aux 
biens-fonds de ce couvent, ayant été employés par les moines 
comme moyen d'agir hostilement contre le gouvernement , ils 
furent confisqués à l'instar des biens des particuliers qui auraient 
participé à la révolte. En même temps que cette mesure fut ar- 
rêtée, le clergé catholique régulier en fut sur-le-champ informé, 
afin de le mettre en garde contre les suggestions dés ennemis 
du gouvernement et pour le prévenir des conséquences inévi- 
tables auxquelles il s'exposerait en imitant un aussi coupable 
exemple. 

Nonobstant cet avertissement paternel , on apprit , lors de 
l'invasion du rebelle Dwernitzki en Volhynie, que les moines 
Basiliens de Poic/uit/e/f s'étaient mis en relation avec ce partisan, 
l'avaient reçu en hbérateur avaient célébré son arrivée par un , 
Te Deum ; qu'ils faisaient imprimer , et répandre des écrits 
incendiaires pour appeler le peuple des environs à la révolte ; et 
lorsque Dwernitzki fut obligé à se retirer, ces moines allèrent 
le rejoindre. 

Mais Sa Majesté l'empereur s'abandonnant toujours à l'espoir 
que les esprits égarés retourneraient dans le sentier du devoir , 
balança longtemps encore entre la miséricorde et la justice, et 
ce n'est qu'après avmr acquis la pénible certitude de l'incorrigi- 
bihté et de l'endurcissement de ces moines dans le crime , que 
Sa Majesté impériale résolut d'adopter à leur égard les mesures 
qui font aujourd'hui l'objet des plaintes et des accusations de la 
cour de Rome. 

Les locahtés mêmes du couvent de PotchayefiT, situé sur une 
hauteur considérable , d'où les moines donnaient des signaux et 
entretenaient des communications avec l'ennemi , et menaçaient 
la tranquillité de la Volhynie , devaient être pour le gouverne- 
ment un juste motif pour détruire ce foyer de troubles sans cesse 
renaissants. Ces considérations, ainsi que la fondation primitive 
même de ce couvent, portèrent le gouvernement à le restituer 



289 

au clergé de l'EglUe orthodoxe. Car la cour de Rome ne saurait 
ignorer que cet ëtablisseinent religieux , quoique fonde depuis 
l'union, futexcluiivemeot consacré au culte de l'église orientale ; 
^*il fut reconnu comme tel par les rois de Polc^ne , dont les 
décrets le protégeaient, jusqu'au commencement du dix-huitième 
siècle, contre les empiétemens des Grecs unis, et que ce n'est que 
beaucoup plus taid , et de la manière la plus illégale , qu'il fut 
enlevé au clergé r^ulier du rit oriental. 

L'autre couvent dont parle la note est probablement celui 
d'Owrùcz. Mais il iaut remarquer que lors de la confiscation de 
ce couvent , dont les moines ont aussi pris la part la plus active 
à l'insurrection, l'église paroissiale qui en dépendait, a été 
conservée , qu'on lui a préposé un prêtre séculier grec uni , et 
que le gouvernement a pourvu largement aux moyens de son 
entretien. 

Nousdirons en résumé que sur plus de 50 couvents catholiques 
et grecs unis, qui tous au mépris de leurs devoirs les plus sacrés , 
e( foulant aux pieds toutes lois divines et humaines , ont arboré 
l'étendard de la révolte contre leur souverain et leur pays , ô à 
6 seulement des plus coupables ont subi la peine de la confiscation , 
tandis que tous les autres ont été amnistiés. Mais prétendre que 
les premiers continuent à demeurer dans la pleine et entière 
jouissance de toutes leurs propriétés meubles et immeubles , ce 
serait assurer à l'avenii- l'impunité aux crimes les plus manifestes 
et fournir un encouragement et un prétexte au reste du clergé 
pour imiter ce funeste exemple. Responsable devant Dieu et de- 
vant le tribunal de sa propre conscience du repos et du bonheur 
de ses sujets, l'empereur ne pouvait, ni ne devait souffrir un pa- 
reil scandale. 

14* t^. — LETTBB ADAESSÉB, PAR LE SAiri-PÈBE, A g. M. l'EMPEREUR DB 
BU8SIB, LE K JANVIER 1834. 

Fatti consapevoli dall* Imperatore d'Austria délie démenti 
espressioni di cui Vostra Maestà è stata cortese coii esso lui in 
Mùnchengratz sul conto délia Chiesa Cattolica nci vastissimi 
Suoi imperiali e Reali Dominii , Ci crediamo nel più sacro do- 
vere di testificare alla Maeslà V- stra con questa lettera, chc Le 
scriviamo di proprio pugno, la sincera riconoscenza délia qualc 
l'animo Nostro trovasi altamente commosso. Non dubitiamo di 



290 

assicurai-nela, cbc la sola notizia délie dî Lei bénévole disposi- 
zioni ed amorevoli sentimenti verso la medesima Cbiesa , alla 
quale appartiene gran numéro de' Suoi sudditi , ba operato in 
Noi la più viva e consolante sensazione , ed ba sommamente rad- 
dolcito Tamarezza del Nostro spirito, coa cui ne deploravamo le 
calamità. 

Noi perciè tnentre Le profesaiamo tutta la gratitudice, e Le 
presentiamo i Noslri più sinceri ringraziamenti , Ci sentiarao 
ispirare dalla magnanimità del Suo cuore una piena e dolce 
fiducia pcr invocare Tlmperiale di Lei protezione in favore délia 
Cbiesa stessa , e di tutti i CattoHci degl* Imperiali e Reali Suoi 
Stati. 

£ qui Ci sia permesso di ripetere francamente a Vostra Maeslà 
ci6 die abbiamo pubbUcamente e solennemente annunziato a 
tutti ed in faccia a tutlo il mondo , cbe la Cbiesa Cattolica , 
lungi dall' approvare îospirito d'insurrezione conti*o le legittime 
Potestà , lo riprova anzi , et lo condanna vigorosamente. Ne sarà 
ceitamente ignoto alla Maestà Vostra quello cbe riportano gU 
stessi pubblici giornali , tanto in ordine alla costante fermezza 
con cui aU)iaino sempre insistito et Ci siamo efficacemente ado- 
perati , ancbe in questi ultimi giorni , onde radicalmente elimi^^ 
nare un taie spirito dall'animo de* cattolici , quanto circa i felici 
e consolantissimi risultati cbe se ne sono a quest'ora di già otte- 
nuti. Coerentemente pertanto a siffatte inconcusse massime délia 
Cattobca Cbiesa da Noi cosi solennemente annunziate e vendi- 
cate, assicuriamo Vostra Maestà , cbe per quella parte cbe puô 
dipendere dall' apostolico Nostro ministero, e cbe puô essere 
in rapporto colla suprema Nostra spirituale potestà , Noi siamo 
dal canto Nostro disposti , anzi ardentemente desiderosi di coope- 
rare alla pace e tranquilUzzazione de' Suoi popoli , e di potere 
cosi coadiuvare la Maestà Vostra nella temporale felicitazione 
dei medesimi. 

Siccome poi Ci sentiamo animati a mettere tulta la nostra con- 
fidenza nelï'efficacisQmo di Lei sovrano patrocinio per un nii- 
glior avvenire délia medesima cattolica Cbiesa ne' Suoi Stati, 
specialmente nel regno di Polonia ; cosi supplicbiamo islantc- 
mente Vostra Maestà a volerci accordare egual confidenza nell' 
esercizio del Nostro ministero apostolico per tutti quei provvedi- 
menti , cbe la Cbiesa stessa nei predetti Suoi Stali , o pcr tute- 



291 

larne Tint^rità della dottrina , o per consenrame , e richia- 
marne in vigore la disciplina , potesse esigere. 

AcGolga benignamente la Maestà Yostra nellaigenerotità del 

* Suû cuore questi Nostri sentiment! ; e non cessereœo di pregare 

Iddio Signore a volernela ricolmare di <^ni prosperità non meno 

nell' augusta di Lei persona , che in tutta la Sua famiglia , ed a 

conservarla lungamente a beneficio de' Suoi sudditi. 

Roma dal Nostro Palazzo Yaticano ec. 

N* iO. — DÉCRET DO SÉNAT DIRIGEAMT, IN D4TE DU iO MAM 1832, 

QUI Interdit de recevoir les bulles pohtificàles daiu les états 

RUSSES. 

Ukase suae imperialis majestatis autlrocratoris omn. Russ. e 
consistorio romano catiiolico latine luccoriensi. 

CoUegtum audito decreto dirigentis senatus de die 10 Martii 
a. c. No. 15605 ut ubique publicarentur décréta de non admit* 
tendis bullis pontificiis, transmisit exemplar hujusdecreti dirigen* 
tis senatus adomnes episcoposdiœcesanos, administratores dice- 
cesum, et ad hocce consistorium, ut communicaretur cum omni 
clero saeculari et regulari , ad debitam executionem. In seque- 
lam hujus notum fiât decretum romano catholici collegii toti 
clero bu jus diœceseos tam sœculari, quam regulari, erga rêver- 
sales a decanis , et vice-decanis colligendas. De quo fiât relatio 
romano* catbolico collegio ecclesiastico. 

N* 17. — UEASE RENDU A U MÊME ÉPOQUE POUR REMETTRE EN VIGUEUR 
LES PEINES PORTÉES CONTRE LES PRÉTENDUS COUPARLES D'aVOIR CONTRIBUÉ 
A LA CONVERSION d'iNDIVIDUS DU CULTE DOMINANT A LA RELIGION CATflO» 
LIQUB. 

Senatus dirigens audivit relationem Doinini secretarii statut) 
sua; imperialis majestatis fungentis offîcio supreini directoris 
rerum ecclesiasticarum peregrinarum coofessionum de die 15 
mensis Augusti a. c. No. 1585, quod altissimo decreto, et mul- 
tis statutis severe probibilum sit romano-catholicis inclinare, et 
convertere ortbodoxos homines in suam fidem , quodque ex 
mandato supremae directionis rerum ecclesiasticarum peregrina- 
rum confessionum , vi altissimorum Decrelorum jam aliquoties 
ejusmodi probibitio facta sit clero Roinano-Catbolico ; atta- 
men e multis querelis nuperrimeallatis compertum est, conver- 
stonem bominum c religione dominante in nliquibus locis ad- 
II. 19 



m 

hue ùeiï tam ex parle clerl saecularis , qu^in ex parte homi- 
nuiu religiosorum ulriusque sexus in parceciis et scbolis sxcula- 
xibu5. Hos conatus promoyeAt £ccle8Ûe et sacella erigi loUta 
a ciVibus Komano-Catholicis in iqedio Russicarum parcencianuii. 
Sanctissima Synodus expœtulavit per supremum suum Pxoci»- 
îratofem, ut seTera adhiberentur média ad coerceoduiu in potte- 
rum clemm romauo-catholicuin a similibus conatibuf. 

Item ad coercendum abusum ia erigendis Romano-GathoUds 
ecclesiis , et sacellis in medio Russicarum paroeciarum , proposita 
foerant dirigenti Senatui 30 Dec. i830, N** 2291, média aÛqua. 

Nuper autem ad coni^lenda , et accuratius cîrcumsciibenda 
tam privilégia dominantis Religionis , quam saluberrima slatuta 
lolerantiae , et reciprocs actiyitatis in 8]MrituaIibu8 orilibus 
Graeco-Russiacis , et Romano-Çatfac^icis Dominus ftmgens officio 
supristni Directoris reram ecclesiasticarnm per^rinamm c^n- 
feasionum exbibuit tupremo Soté Imperialis Majestatis judido 
teqaentita poneta. 

i) Iterando tolerato in Russia dero romano-catholico pro- 
hibitionem exhibendi obsequia spiritnalia orthodoxis. Tel fa- 
ciendi animadrei^ones Religionem concernentes , addatuf ' et 
hoc, quod eo minus huic clero permissam sit admittere quas- 
cumque intercessiones , d«nuntiationes , ycl pâssus judiciales re- 
late ad eos , qui ab orthodoxa 6de deficere optarent. 

2) Qui hoc praeceptum violasse deprehensus fuerit, a benc- 
ficio sibi commisso, et a functionibus Parochi removeatur. 

3) Superioribus ordinum religiosorum , qui ortbodoxos con- 
vertere ausi fueriut, vel id a suis subditis fieri permiserint, non 
concedalur ut vel sint superiores , vel ad aliquod officium cli- 
gantur. 

(4) Quoad scholas , quae sunt sub regimine religiosorum , con- 
stituatur, ut religiosi in quos suspicio cadit , quod sibi permise- 
rint convertere scholares aliarum confessionum ad romano-ca- 
tliolicam , illico amoveantur a inunere docendi , siinulque con- 
foriniler secundo punclo non adiniitantur neque ad ofliçium Pa- 
rochi, heque ad alia munia spiritualia exercenda , excepio casu 
urgenûs necessitatis. 

6) Assidemia in consistorlis romano catholicis membra, 
qn^e ostenderint conniventiaiu in lebus concernentibus convei- 
sionem ab orthodoxa fiJe leuioyeaiilur juridice a suis offidis. 



9^ 

6) Tapdem si vir ecclesiasticus in quein jam ccciderat pcna 
sulispunctis 2f 3 et 4, assignata, denuo ausus fuerit convertere 
queinc|iinc|ue Qithpdçx^ Russiacs ConfÎBSfiODis , hic foiinali ju- 
4lcîo, juxta cie<;relum alùssimi Ukatf subjici&lur. 
, ^»C ^Mittita confirinare dignata est Sua Majestas Gae$area. 
^ ])k>p(i|QUs fuDgeos officiosupremi Directoris lerum ecclesiastt- 
qirujh pçregrinarum conÇesaioDuni , ut lisec sututa dirigeotit 
J^a^ ezecutioni maudentur. 

MANDATDM. 

..•■.tî»-»: • 

Qirca raperiut memorata , et confirmata statuta ]>oniiiii fun- 
gtntis olfide tapremi Directoris rerum ecclesiaslicarum pere- 
grinanun confessionum eo fine , ut custodiantur leges , et con- 
serventur statuta tolerantiae, et reciprocœ activitatis in spiri- 
tualibus ovilibus Giaeco-Russiacis , et Romano<CatIiolicis , mitta- 
tUr a Sénatu manda tum {UkoM)' romano-catholico ecdesiaatico 
coU^io; item mittantur mandata pro notitia , et irrevocabili 
ezecud^me ad subsellia gubernalia, circulai-ia ad cancellarias 
mUitares i item ad dominos minis ti-os bellicos gubernatoret gé- 
nérales ^beliicosgubernatareshaben tes partem regiminis civilis, 
praesides urbium. Mittatur etiam notificatio sanctissimae diri- 
geai synodo , et ad omnes sectiones Senatus. 

h* M. •«-outB wriaiAL an 80 AOtrr 1852» qui «rABLrr que Uâ 
siAaiAGBi EirràB djik rassomiE «aicQim-RDSSB et une PERSoniiE at- 
TAcaâs A vas adtee cotipsatiON, sbeomt mécessauement RÉrurte 

HOa YAUOEg, s'ils k'ONT ÈT& G0RTRACTÉ8 EN PEÉSEMCE b'u.M PtÉTEE GEEC- 
ROSSE ET APRÈS PROMESSE , FAITE PAR LA PARTIE APPAETErfA-IT A ME 
AUTRE C0NFES$10,N , d'ÉLETER TOUS LES ENFANTS PANS LA EEUftlON 
GRECQUE-RUSSE. 

ExTEACTUM ex Ephemeridibus Petropolitanis. 
Nro. 262 de 29 novembris , et 1 1 decembris 1832. 

1) De 22 novembrif. Senatus imperii etc. 

2) De 23 novembiis. Proposiliones sanctœ synodi dirigentis. 
l)Ut matrimonîa inter pei-sonas gr«co-russiacas , et alteri 

confessioni addictas in gubeiniis a Polonîa recuperatis, juxta 
I^es in imperio russiaco communiter vigentes, id est cum con- 
sensu Arcbipresbyteri Ëparcbatus coram sacerdote Ecclesix 
Grcco^Russiace ineantur, postquam persoua alteri confessioni 



29i 

addicu Ûdcm dederit, proies in reUgione imperii esse ^cdu- 

candas. . . ir •«* 

• 2)UtctiamhiregnoPolomae,ctm magno prmapatu linniî*, 
cjusmodi inatrimonia juxta proprias eis regionibus rescrvata» 
leges , solummodo ittter vcros actualcô indigenas ; pro miliUbus 
autem confessioni gr«co-tiissiacœ addictis, qui in eas regiones 
missi sunt, et solummodo miUtarem habcnt stationcm , coram 
sacerdotibus graco-russiacis juxta communes leges supra aU- 

tas ineantur. 

Sua Majestas manu propria die ^ augusti resolvere dignaU 
est: JnfalUbUiur etma^pioma Ruuorum , quœ solummodo co- 
ram sacerdotibus calhoUcis ineuntur, toimfiu ut invatida sunt 
hubenda, quamtUu non fuerint etiam eoram sacerdcte russo con- 
tracta. \' 

N» iO.— L'OKASE ÉMIS PA» LE 8É«AT, LB 26 AOUT 1833, PAR LEftOBL, BIEN 
QO'lL SOIT DÉCURÉ QUE l'OEASE QOI PRÉCÈDE, QUANT A l'aDMINISTBATION 
DES BAPTÊMES , ET A L^ÉDDCATIOil DES EUFANTS , NE DEVIENT OBLIGATOIRE 
QO*A PARTIR DU WUR DE SA PDBLICATION ; TOUTEFOIS, POBR LES CAS ANTÉ- 
RIEURS, LB CUaCÉ «BEC EST AUTORISÉ A EMPLOYER SES EFFORTS POUR 
QUE TOOi LES BHFAinS SOIENT ÉLITÉI DAM LA EEUCIO» DOMINANTE. J 

Le 21 août, au sujet de doutes qui sont survenus dans les gou- 
vernements de Grodno et de Podolie, sur Vexécution de l'ukase 
du 20 août 1832 , concernant le baptême des eniants nés d'un 
mariage dans lequel un des époux serait de la religion grecque , 
et conclu dan» les tcrmesdu traitéde 4768 ; le Uès^aint Synode, 
conformément à la présentation faite par Monseigneur le Mi- 
. nistre de l'Intérieur , a arrêté ce qui suit : 

Discutant ce sujet , et concluant que la force engageante du 
droit commence au moment de sa publication et ne sert qu'à 
l'avenir , qu'il y aurait injustice à contraindre la personne qui 
^aurait contracté les liens , à rempUr les conditions inconnues 
d'elle auparavant, et envers lesquelles elle ne s'était point en- 
gagée ; le très-saint Synode a signiBél MM. les Evêques qui ad- 
ministrent les Éparchies de Podoiie, de MoiMew, de Minsk, de 
Polock et de Volhynie, que la force de l'ukase impérial du 
20 août 1832, par lequel on ordonna de conclure les mariages 
entre 1rs personnes de religion diÉférente dans les provinces re- 
conquises de la Pologne , sur les bases du droit universel pour 



Sd5 

rempire de toutes les Russies, engage ces personnes seulement; 
qui ont contracté les liens après la publication dudit ukaae; et 
quant aux parents professant des religions différentes, et qui 
ont contracté leurs liens avant la pablicaiio|i de Vukase, ils 
sont autorisés à remplir les conditions, quant au baptême et à 
l'éducation des enfants, qu'ils se sont ia4K)«ées avant le mariage 
et d'après les lois qui existaient dans le temps :^ si donc les en- 
fants d'un même sexe devaient être élevés dans la religion do- 
minante , et ceux de l'autre à la volonté du père ou de la mère , 
ces derniers peuvent être élevés dans une religion différente de 
celle du pays , mais dans ces cas<là le Synode autorise le Clergé 
grec à faire des démarches pour que tous les enfants soient 
élevés dans la religion orthodoxe-russe. 

No 90. — UKASE IMPÉRIAL OC 94 JUIN 1838 , PAR LEQUEL UN ÉVÊCHÉ 
DU CULTE DOMINANT EST'ÉRIGÉ A POLOCK. 

En vertu d'un exposé du trèsHUÛnt Synode, confirmé par Sa 
Majesté le 30 avril 1833 , un siège épiscopal particulier du rite 
grec-russe s'établit i Poloek, L'Evéque portera le titre de l'é- 
véque de Poloek et de Wilna ; son diocèse doit se composer du 
gouvernement de Wilna, de Witepsk et de la Courlande, et le 
diocèse de Minsk comprendra le gouvernement de Grodno , ainsi 
que le raison de Bialistov. Le nouveau diocèse de Poloek sera 
classé au troisième rang et compté immédiatement après celui 
de WUuUnUr. 

Du nombre des trois candidats qui furent présentés par le 
Synode à Sa Majesté , l'empereur a daigné nommer le vicaire 
du diocèse de Saint-Pétersbourg , évêque de Poloek et de Wilna t 
-et Mgr Smaragde, évêque de Revel. 

N** SI. — AUTRE DU 92 AVRIL 1854, POUR L'ÉRECTION D*UN ÉVÊCHÉ DU 
CULTE DOMINANT, A VARSOVIE. 

Sa Majesté impériale a daigné confirmer, le 22 avril 1834, la 
proposition suivante du très-saint Synode. 

Le saint Synode , obligé de veiller 9ur les églises orthodoxes 
qui se trouvent situées dans le royaume de Pologne, a remarqué 
que les prêtres orthodoxes et le? paroissiens de ce pays sont 
exposés à plusieurs incommodités , à cause de leur séparatio/i 



296 
ât TëTêqtfe grec orthodoxe, et qu'il ferait bien utile qu'un 
évèmie orthodoxe r^ldàt dans le royaume de Pologne, pour 
«dti#6ir donner des résélutions plus promptes aux requêtes qui 
demanderaient une décision épiscopale; pour pouvoir surveiller 
de pltti près lé clei^ orthodoxe, prendre des mesures locales 
touchant rédticatloà dét enfimts du clergé en question , et for- 
mer , par ce moyen , dès candidats immédiats et bien instruiu 
pour les etnplob spirituels de ces contrées , enfin pour relever 
aussi le culte extérieur orthodoxe daus l'endroit central ou 
réside un nombre considérable de hauts fonctionnaires de cette 

confession. , ^r • 

Ces considérations ont fait naître l'idée d'insUtuer à Varsovie 
un évêquc , vicaire de l'Éparchie de "Volhynie. 

D'après l'ordre de Sa Majesté l'empereur il a été ordonné, à 
révêque éparchial dé Volhynie, de se mettre en relation per- 
sonneUe , à ce sujet , avec le lieutenant du royaume de Pologne. 
Le résulut de cet reUU^insa confirmé le Synode dans U con- 
victioi» d« U nécessité d'un évêque à Varsovie , et cette convic- 
tioo a été fortifiée encor« par U considération , que le Vicaire 
d«s Varsovie serait en eut d'aider de temps en temps et d'une 
manièi« efficace l'évèque éparchial de Volhynie dans U surveil- 
lance d'une partie da l'Épeirchie qui contient 1400 égUses. 

Toutes CCS raisou. décident le saint Synode à présenter tres- 
homblement, À la confirmation de Votre Majesté, les résolu- 
tions suivantes : , „ „ . i 

i) Nommer un vicaire pour l'Eparchie de Volhyme, sous le 

litre d'éfèqua de Varsovie. ^ r 

S) FUer U réildeiiceà Varsovie, et pour cette fin y laire 

construire une cathédrale Orthodoxe avec une habiution con- 

venable pour l'évêquc et pour sa suite. 
3k L'évéqae rempUra ses fonctions d'après l'instruction qui 

lui sera donnée par le Synode , appliquée aux circonstances qui 

accompagnent son service. % . • • 

4) Etablir , à Varsovie , une administraUon ecclésiastique 
pour les affaires de l'Église et pour la juridiction spirituelle, 
ittr les bases des administrations semblables qui sont établies 
dans les autres Éparchies de la Russie . 

5) L'argent nécessaire à l'entretien , conformément à ce qui 
se pratique à l'égard du reste du clergé du royaume , devra être 



297 

touche par le vicaire et par sa suite , au trésor du royaume , 
selon le rè^lemeiK ci-joint. Quant aux frais d'établissement pri- 
mitif, il devra être payé à Tévéque une somme approximative- 
ment désignée dans le compte ci-joint également. 

Sire, le saint Synode, en vous présentant très-humblement 
cette décision , attend là-dessus votr^* ukase. 

Sa Majesté a signé , sur l'original , de sa propre main : 

Oh doit le faire ainsi. NICOLAS. 

N* 9S. -— DKASK IMPÉRIAL PROMULGOÉ PAR LE COLLÈGE, DIT COLLÈGE 
ECCLÉSIASTIQUE CATHOLIQUE DE PÉTER8B0URG , QUI DÉFEND D*ADM INISTRER 
LES SACREMEim AUX PERSO.XIfES INCONNUES. 

Conformément au décret de Sa Majesté impériale , le collège 
susdit a entendu une ordonnance du ministre des affaires inté- 
térieures, chevalier Démétrius Nicolajewicx Bludow. En nous 
communiquant cette pièce , le miuistre nous a appris que le 
saint Synode permanent, ayant à résoudre le cas particulier 
d'Elisabeth Weytkowski , qui passait de la foi dominante à la re- 
ligion catholique romaine, et en prescrivant au clergé grec 
russe de tenir exactement note de tous ceux qui professent la 
religion dominante, a présenté ce décret au Sénat gouvernant, 
pour qu'il fût défendu , au clergé des autres communions , d'en- 
tendre en confession , et d'admettre aux sacrements les per- 
sonnes inconnues. Ayant reçu , à ce sujet , l'ordonnance du Sé- 
nat régissant , le ministre recommande au collège d'ordonner 
de sa part, à tous les prêtres callioUqucs romains , de se confor- 
mer ponctuellement au susdit décret du saint Synode , et de 
leur défendre, sous une responsabilité grave, d'entendre les 
confessions des personnes qui leur seraient inconnues , et de les 
admettre à la communion. 

Le collège, ayant reçu cette ordonnance, a résolu de pre- 
scrire à tous les évéques administrant des diocèses, et à tous les 
provinciaux, d'ordonner aux prêtres qui leur sont soumis , d'ob- 
server exactement ledit décret du saint Synode touchant la dé- 
fense , sous une responsabilité £^rave , d'entendre en confession 
les personnes inconnues. Et il a communiqué ce décret au mi- 
nistre des affaires intérieures, chevalier Démétrius Nicolajewic^ 
Bludow, 

Signé : l'Éuêffue préiident, Ignace PAWLOWICZ. 
Le secrclnire , Pierre IKOFIIMOWICZ. 



S98 



N* 95. — DECRET IMPERIAL lUR LÀ BUPPRESSIOM DU DROrT tï PATRONAGE 
DAMS LES ÉGLISES ET PAROISSES DU RIT GREC UNI. 

^ ^ Domeniea i^/^s Maggio 1833. 

Gaxetta di St. Ptelrohurgo Nro. 110. 

Altissimo decreto commanicato al Senato diligente. 

Li 21 aprile. Nella Chiesa Greco-unita fu introdotto per con- 
snetndine il Giuspattrioato , che precedentemente non esisteva , 
in conseguenza del quale le provisioni parrocchiali dipendono 
dalla presentazione del Patrono délia Chiesa. Or trovando S. 
M. rimperatore,'che taie innoyazione ne corrisponde allô spi- 
rito deUa Chiesa Orientale , né è conforme alla vera istituzioue 
degU ecclesiastici paston di anime , ed ai yanta^i délia commu- 
nità , tante mène qnando persone di estera confessione sono in 
possesso di quel privilegio ; è stato soVranamente prescritto j che 
in arvenire la nomina degU Ecclesiastici presso la Chiesa Greco> 
nnita dipenda unicamente e solamente dalla loro Ecclesiastica 
Autorità dopo la conferenza col rispettivo govemator générale, 
siccome su ciô è ordinato intomo aile Coniunità che si troyano 
in possesso délia Gorona. 

N* 94. — REMOirnUIfCEB adressées, le 2 AVRIL 1854, PAR LE CLERGÉ 
CaSG UNI DU district de IfOTOGRODEK , A MONSEIGNEUR SIEHIASZKO, 
ÉTÊQUB DE CK RIT Elf LITHUANIE , MTR LES CHANGEMENTS DANS LE MISSEL 
ET DANS LES MITES IDTHÉNIENS , IMPOSÉS PAR LE GOUVERNEMENT. 

C'est avec le respect dû à votre dignité pastorale , que nous 
exposons, à l'occasion de la réforme proposée pour les rites grecs 
unis, nos vœux exprimés dans les points suivants : 

4) De même que Tunion solennelle de l'Église orientale et oc- 
cidentale fut décrétée Tan 1439, au concile général de Florence, 
de même on y adopta la réforme des rites grecs , réforme que 
ITglise schismatique , excitée par l'esprit turbulent de Marc , 
cvéque d'Epfaèse , ne voulut pas recevoir. Mais pour nous , à 
l'exemple de notre métropolitain Isidore de Kiow , et de Joseph 
patriarche deConstantinople, nous sommes décidés unanimement 
à la suif re, car cette réforme a été prescrite pour toute l'Eglise 



299 

grecque, comme une règle que nous tous, en qualité de Grecs 
unis, sommes tenus d'observer. 

2) Lorsque, après le schisme de la Russie septentrionale, le 
clergé romain de Lithuanie, sous son métropolitain Michel 
Rahoza , se fut uni à la sainte Église romaine , dans le synode 
tenu à Bressici (Lithuanie) en 1594 , et que cette union eut été 
confirmée Tannée suivante par le pape Clément YIII ; le même 
synode nous prescrivit , comme une règle inviolable pour tous 
les siècles futurs , la profession de foi de même que- la réCoirme 
des rites décrétée dans le concile de Florence. 

3) Léon Kiszka, métropolitain de toute la Russie, dans le 
synode (ecu à Zamosc (petite Russie ou Russie-Rouge) en 1720, 
non-seulement confirma avec tous ses prélats la susdite union, 
mais en outre , pour l'approuver davantage, il spécifia la diffé- 
rence entre les rites schismatiques et les rites grecs unis ; il ré- 
forma les cérémonies dans le sens de l'union ; il détermina l'ap- 
pareil pour la célébration de la messe et tous les vases sacrés, en 
se conformant plus à la solide dévotion et à l'usage du pays , 
qu'aux anciens usages de Gonstantinople. Un exemplaire authen> 
tique de ces résolutions fut laissé, pour mémoire éternelle, au 
clergé de la Hongrie , de l'Ësclavonie , de la Dalmatie , de la 
Croatie, etc., et il nous obligea, par serment, à garder éternel- 
lement l'union avec la sainte Eglise romaine. 

(4) En comparant les plus anciennes éditions des missels, 
faites par le soin et l'autorité des évéques, savoir : le missel pu- 
blié en 1659 par le métropolitain Cyprien Zachowski et dédié au 
prince Charles-Stanislas Radziewil, avec une très-belle préface 
où l'on exhorte le clergé à garder l'union ; de même le missel 
publié en 1727 par le métropolitain Riszka, et le missel imprimé 
en 1790 par le métropolitain Szeptycki ; enfin , pour ne pas 
faire mention de plusieurs autres , le missel pubUé à Wilna par 
le soin de notre métropolitain Joseph Bulhah , encore vivant ; 
en comparant tous ces missels, disons-nous, nous trouvons qu'ils 
ne diffèrent en rien ; de même nous voyons que tous les rituels 
s'accordent ensemble, et que b difiere-ice entr'eux est très-petite. 
Tout cela prouve que ces missels et ces rituels émanent de la 
source commune de l'Eglise d'Orient, puisqu'ils ont été approu- 
vés, durant un si long espace de temps, par tant d'évéques 
grecs unis. 



300 
5) Comme la mi«el à l'usage du clergé grçcuiii, imprimé 
àMoscou ea 1831 , diÉFère de nos missels, daus l^rttcle essen. 
ticl de la procewion du Saint-Esprit . et dans d'autres oraisons 
qui y ont été ajoutées; de plus, comme il ne fiiit aucune men- 
lion du souverain pontife, à qui nous avons promis avec serw 
ment, lort de notre ordination, obéissance et respect, n<m 
moins qu'à Vempereuf; ncus supplions votre autorité pastorale 
de ne pas nous forcer i recevoir ce missel , et de nous laisser les 
missek de l'édition de Wilna , dont nous nous servons jusqu à 

présent. 

6) Le peuple grec uni est accoutumé depuis environ cWux 
siècles aux génuflexions , aux expositions du Saint-Sacrement 
les jours de fêtes et les dimanches , aux messes privées et chan- 
téei , aux Utanies , aux processions et aux profondes adoratoons 
de la sainte Eucbaristie. Toutes ces choses sont nécessaires daiis 
notre rit , et elles ne peuvent être aboUes sans offenser le peuple, 
qui parait en vouloir sérieusement au clergé. 

7) Sous le règne de notre très-clément empereur et au mi- 
Ueu de tant de maUoos de sujets, le clergé grec uni , qui lui 
doit plus d'un bienfait , jouit aussi de sa protection paternelle. 
Et comme sa suprême volonté laisse i tout le monde la pleine 
liberté de professer sa propre religion , il a voulu en particuher 
que celte liberté demeurât intacte au clergé grec uni. C'est pour- 
quoi nous ne sommes pas moins tenus que les autres commu- 
niocs de conserver la uès-ancicnne pratique de nos dévotions , 
de peur que nous ne paraissions faire peu de cas de k «mve* 
raine bonié'de notre très-clément empereur. 

Enfin , poor^pie l'Eglise grecque unie soit distinguée de l E- 
glise schismatique, notre clergé du district de Novogrodek ex* 
pose ses vœux avec le respect dû à votre bienveillance pastorale, 
et implore la soUiciUide et la protection de son excellent pas- 
tcun Ces vœux exprimés unanimement dans les points susdits , 
ont été signés de notre propre main. 

Donné à Novogrodek , le * avril 1834. 

Onlngné^prêltes. 



soi 



M* fttt, -«- r^TlTIOH n LA NOBLEttB AD GOVTBMBIBinr M WITIiiK« 
AfiUSSÉE EN 1834 A l'emPERKUR , POUR RÉCLAMER CONTRE JM ViOUMCSf 
BXPUnrÉBS PODR FAIRE PASSER LES GRECS UNIS AU CULTE DOMIXAMT. 

Le très-clément empereur, aujourd'hui heureusement ré- 
guant dans le gouyemement continuel et général de ses peuples, 
désirant aussi , pour les cas particuliers , de donner à ses fidèles 
snjeti rpccasioti de proposer leur^ hunibles requêtes , a statué , 
dans son décret touchant Tordre des asseirblées , que la no- 
blesse , réunie en session , pourrait examiner ses propres be- 
soins et ce qui lui paraîtrait utile , et les lui (aire connaître par 
le président de l'assemblée. Appuyée sur ce fondement , la no- 
blesse de la province de Witepsî , pleine de sentiments de 
gratitude et animée d*une confiance filiale , prend la liberté 
d'exposer les faits suivants. 

Dépuis qu^l^ue temps , mais surtout dans la présente année 
1834 , on m^t tout en œuvre pour entraîner les Grecs unb à la 
relî|^6n dominante. Ces manœuvres ne feraient aucune impres- 
sion sur les esprits , dans cette province , si on permettait aux 
fidèles de se diriger, pour cette réunion , par la voix de la con- 
science et par une forte conviction. Mais les moyens qu'on em- 
ploie remplissent Tâme de terreui*. Car, en beaucoup d'endroits, 
on convoque un petit nombre de paroissiens , sans la participa- 
tion et à Tinsu des autres , et on les oblige , non par la voie de 
la libre persuasion , mais par une violence contre laquelle ils ne 
peuvent lutter, d'embrasser la religion dominante; et quoique 
ce prétendu acte d'adhésion soit le fait du petit nombre , on 
annonce à tous les autres habitans du village ou de la paroisse , 
qui demeurent à la maison , qu'ils doivent professer la religion 
dominante. Quelquefois , n'ayant aucun ^ard aux réclamations 
qui se faisaient dans ràssend}lée publique , on mettait tous les 
paroissiens au nombre de ceux qui professent la religion domi- 
nante. Dans l'un et l'autre cas , on chassait l'ancien curé et on 
changeait l'Église unie en grecque , en négligeant les règles pre- 
scrites en cette matière. L'union ayant ainsi été établie par la 
violence et en dépit des habitants , si ceux-ci recouraient à l'au- 
torité ecclésiastique ou civile, en protestant qu'ils voulaient 
demeurer inviolablement attachés à la foi de leurs ancêtres, et 
défendre leur cause d'une manière légale , leur démarche a Ji«^ 



502 

considérée comme une désertion de la religion dominante , libre- 
ment acceptée par eux , et comme tels ils ont été soumis à dif- 
férentes peines. Dans quelques paroisses , où une partie du 
peuple demeurait fidèle à la foi de ses ancêtres , on transformait 
malgré cela Tj^lise paroissiale , on fermait même les églises 
filiales, et on les munissait d'un sceau. C'est ainsi que les uns, 
sans avertissement préalable et par le seul ordre des magistrats, 
les autres, effrayés par une persécution atroce, dont ils voyaient 
de fréquents exemples, d'autres encore , par l'espoir d'obtenir 
quelques grâces particulières, ou d'être délivrés des chaînes pu- 
bliques ou de l'esclavage ;. c'est ainsi , disons-nous , qu'ils ont été 
entraînés à la religion dominante. Et tandis qu'ik la . profes- 
saient , ils demeuraient fermement attachés, dans le cœur , à la 
reli|^on que suivaient leurs ancêtres , et qu'eux-mêmes obser- 
vaient depuis si longtemps. Ib avouaient même à ceux qui les 
forçaient d'embrasser la religion dominante , qu'ils obéissaient à 
la vérité aux ordres qu'on leur donnait , qu'ils allai.ent aux 
^lises et fréquentaient les sacrements de la religion dominante , 
mais qu'intérieurement ils demeuraient fermement attachés à 
leur ancienne religion. Finalement, ceux qui ont persévéré dans 
la foi , se sont vus dépouillés de leurs églises et de leurs prêtres , j 
et ils éprouvent la plus grande difficulté pour se procurer l'in- 
struction chrétienne et les autres secours spirituels. 

Il résulte de tout cela qu'on commence à croire généralement 
parmi le peuple , que la religion peut changer d'après les cir- 
constances , et qu'il n'est pas nécesssdre d'être persuadé qu'elle 
est vraie et d'y consentir intérieurement, et qu'on peut l'aban- 
donner dans la vue de se procurer quelque avantage parliculier. 
De U vient que les maximes religieuses ne font pas sur les cœurs 
l'impression qu'elles devraient fBiire ; elles cessent d'être le fon- 
dement de tous les devoirs et des vertus civi' ^. Les citoyens et 
les sujets sont en proie à des doutes continuels et à de vives in- 
quiétudes , tantôt à cause du bruit généralement répandu qu'il 
faut changer de religion , tantôt à cause des dénonciations aux- 
quelles ils sont incessamment exposés, sous le prétexte qu'ils 
empêchent la propagation de la religion dominante. 

Par ces motifs, la noblesse de la province de Witepsk, quoique 
persuadée que la liberté de conscience est suffisamment garantie 
par les lois de l'empire et par la suprême volonté de l'empereur 



303 

heureusement régnant , et que la religion dominante ne prescrit 
pas moins que les autres confessions, Tobligation de remplir ses 
devoirs , en insérant dans sa morale les principes des vertus re« 
ligieuses et civiles ; néanmoins , effrayée des moyens qu'on em* 
ploie pour la propager, et des suites que cette violence ne peut 
manquer d'avoir, elle a résolu de recommander au président de 
la noblesse , de recueillir tous les faits particuliers et certains 
concernant cette affaire , d'en faire part à qui de droit et de 
présenter une supplique à l'empereur. 

N' 96. — AUTRE PÉTITION PAEBILLB /aDBESSÉB EN 1858 PAR LES FIDÈLES 
CKBCS UNIS DE LA PEOVINCB D'uSZACZ. 

An mois d'août de l'an 1835, nous, habitants de la paroisse 
d'Uszacz , vassaux de M. le comte Plater, nous envoyâmes une 
supplique au ministre des cultes à Saint-Pétersbourg , implorant 
sa grâce et sa miséricorde, parce que, privés de notre église, 
nous nous voyions forcés de professer une religion que nous n'a- 
vons point voulu embrasser ; mais nous ne reçûmes aucune ré- 
ponse. Seulement l'évêque Bulhac nous prévint, que bientôt 
arriverait une commission avec le prêtre qui nous était destiné. 
Et en effet , la commission s'est présentée le 2 décembre , et 
ayant convoqué le peuple , elle l'a invité à embrasser la religion 
grecque. Nous nous sommes tous écriés d'une voix , que nous 
voulions mourir dans notre foi, que jamais nous n'avons voulu ni 
ne voulions (f autre religion. Alors la commission , laissant les 
paroles , en vint aux faits , c'est-à-dire qu'on se mit à nous ar- 
racher les cheveux , à nous frapper les dents jusqu'à effusion de 
sang, à nous donner des coups à la tête , mettre les uns en pri- 
son , et à transporter les autres dans la ville de Lepel. Enfin , la 
commission voyant que ce moyen ne lui réussi.ssait point non 
plus , défendit à tous les prêtres grecs unis d'entendre nos con- 
fessions , ou de nous administrer quelque autre secours spiri- 
tuel. Mais nous avons dit : « Nous demeurerons sans prêtres , 
nous ferons nos prières à la maison : nous mourrons sans prê- 
tres , nous confessant les uns aux autres ; mais nous n'embrasse- 
rons point votre foi. Qu'on nous réserve plutôt le sort du B. Jo- 
saphat : c'est ce que nous désirons ! > Mais la commission s'en 
est allée, en se moquant de nos larmes et de nos prières. Et nous 



504 

nommtf demcmés comme des brebis ci raûte3 , et nou« a'avom 
plusd^àsUe. 
^pussignOD^. 

«• «7, — AOTMPiTITIOM DES FIBÈLE» «RECS UMB Df WBOWICÎ, DO 40 
.= . .» . ! lOILLET, MÊME AILNÉE, 80R LB MÊME SUJET. 

Très-aùgnstc ël très-clément Empereur , 
Ecoutez la voix de ceux qui souffrent persécution sans le mé- 
riter, de ceux qui implorent U clémence de Votre Majesté ira- 

nérisile» 

Nos Incêtres, nés dans la foi grecque unie, toujours fidèles au 
trône et à la patrie, ont passé. paisiblement leur vie dans leur re- 
ligion ; et nous, nés dans la même foi , nous la professions libre- 
ment depuis longtemps. Mai» parU suprême volonté, comme on 
nous disait, de l'impéraUice Catherine, d'heureuse mémoire, 
l'autorité locale, en employant des moyens violents et des pemes 
corporelles , était parvenue à forcer beaucoup de nos co-parois- 
siens d*abandonncr la religion de nos ancêtres. Quelques-uns 
cependant d*êntre eux , quoiqu*ayant subi les mêmes peines , , 
comptant sur le secoure divin, et mettant leur espoir dans la mi- 
séricorde de Vimpératrice. pcrsévérèrenldansFanlique foi. NoUe 
espérance ne fut pas trompée ; l'impératrice arrêta la persécu- 
tion et nous laissa dans la religion de nos pères. Cette religion , 
nous la professions librement jusqu'aujourd'hui , sous la protec- 
tion de Yotre Majesté impériale , et nous ne pensions pas que , 
Mins un ordre exprès de votre volonté impériale, nous pussions 
eue troublés dans lahbre profession de la foi que pi ofessaient aussi 
nos ancêtres, et dans laquelle nous sommes nés comme eux. Mais 
les prêtres de la religion dominante, alléguant pour prétexte que 
quelques-uns d'enUe nous, ce qui n'a point eu Ueu , ont été dans 
la communion de la religion grecque russe, nous forcent d'abjurer 
notre foi , non par des peines corporelles , mais par des moyens 
beaucoup plus atroces, c'està-dire en nous privant de tous les 
secours spirituels, en défendant à nos propres prêtres de baptiser 
nos enfants , d'entendre nos confessions , et de bénir nos maria- 
ges. C'est de celte manière qu'ils nous arradient à nos pasteurs. 
Dans une si cruelle persécution , il ne nous reste de refuge 



m 

que dans la clémence de Voire Majesté impériale, -r- Monarque, 
défendez ceux qui souffrent pour la foi. 

Ont signé 120 paroiuiem. 

M^ M. — RAPPORT MI MINISTRE DE L*l>TÉaiBUR A L'EMPEREUR DE RUSSIE, 
SUR L^AOCOMPUSSEIIEIIT DE SES ORDRES REUT1VEME.NT AUX CHANGE- 
MEHTS DES RITES DANS L'ËGLISE GREC UNIE RUTHÉNIENNE. 

Ce rapport est extrait des pièces de rannée 1836, publiées le 30 syril 
18S7 et insérées dans le Journal officiel da ministère de rintérieor, pag. 
6S et suivantes, &* 7, juillet 1837. Péter»boarg, de rinprimerie de ce 
ministère. 

Un changement important a eu lieu dernièrement , suivant 
votre suprême volonté, dans une des ])arties dévolues à la Direc- 
tion des affaires ecclésiastiques des confessions étrangères. Après 
avoir soumis à la direction de la commission des écoles ecclésias- 
tiques orthodoxes les instituts d'éducation de la jeunesse ecclé- 
siastique grecque unie, et après avoir pris en égard le lien étroit 
qui intercède entre les affaires de ce genre et les affaires de la ju- 
ridiction éparcbiale elle-même, il a plu à Votre Majesté d'ordon- 
ner que toutes les affiadres ecclésiastiques de la confession grec- 
que unie fussent aussi sous la direction du général procureur 
du trèt-sahu synode^ pour qu'il en résultât une plus grande faci- 
lité dans les rapports , et une unt<é de cUrection dans les affaires 
susnommées. Les suites de celte suprême disposition de Votre 
Majesté impériale seront utiles , on ne peut en douter , aussi 
bien pour l'éducation de la jeunesse ecclésiastique grecque unie, 
et par conséquent à la formation du clergé de cette confession , 
et pour la prompte et durable restauration, dans toute leur an- 
cienne pureté , des rites et des constitutions (règles) de l'Eglise 
grecque unie , qu'elle avait conformés aux rites et aux constitu- 
tions (r^les) de l'Église orientale. Du reste, il y a longtemps que 
?o collège ecclésiastique grec uni a en vue cette restauration des 
rites antiques de son église. Les propositions qu'il a faites à ce sujet, 
et qui ont mérité la suprême approbation de Votre Majesté au 
mois de février 1834, ont été mises à exécution dès ce temps , 
avec un constant effort , autant que le permettaient l'exiguité 
de ressources pécuniaires et le manque d'ecclésiastiques capables. 
Malgré ces difficultés, on a, dans l'espace de trois ans '* 834-1 837), 



306 

établi de nouveau les iconostases {i ) dans 317 églises de TEpar- 
chie de la Russie-Blanche ; et dans 509 de l'Eparcbie Lithua- 
nienne. Le plus grand nombre d'églises grecques unies des villes 
et des villages a été pourvu des livres liturgiques imprimés à 
Moscou, ainsi que des ciboires , des capes et d'autres om,îments 
sacrés. — Parmi les nouveautés, étrangères à la liturgie de 
l'Église orientale, il y avaii la coutume reçue par les Grecs unis 
de sonner pendant' la messe avec une sonnette ; celte coutume , 
indispensable peut'-être pour annoncer les pardes les plus in^- 
porUntes de la liturgie dans les églises romaines, où on célèbre 
la liturgie dans la langue latine incompréhensible pour le peu- 
ple, a été aussi importune qu'inutile là où Ton célèbre la litur- 
gie en langue slaVe ; par conséquent , cette coutume a été chan- 
gée dans toutes les élises grecques unies. De la même manière, 
par imitation des latins, il y avrvit dans beaucoup d'églises ^ec- 
ques uniesdes autels latéraux extérieurs (2), et des orgUes. Main- 
tenant que les iconostases sont rétablies, ces autels extérieurs 
vont être détruits suivant l'intimation des autorités éparchiales, à 
l'exception toutefois de ceux d'entre eux qui se trouvent liés avec 
lé système d'architecture de l'église, ou bien qui , par leur belle 
exécution , lui peuvent servir d'ornement; mais l'office divin ^ 
suivant les règles de l'Église orientale, ne sera jamais célébré suV 
ces échafaudages , qui se trouvent en dehors de l'autel. ^Quant 
aux orgues, puisqu'on a établi à Polock et à Zyrowice des écoles 
où on fera apprendre les cérémonies de l'Église aussi bien que le 
chant , et qu'en dehors des élèves entretenus aux frais du Gou- 
yemement , on y reçoit encore des clercs pour le compte des 
paroisses qui ont plus de ressources , par ce motif on a , dans le 
courant de l'année passée, jugé opportun de mettre la main à la 
décisive destruction des orgues qui pouvaient encore rester dans 
quelques églises grecques unies. 
Suivant la décision du Collège grec uni , on a distribué aux 

(1) Sorte de grande porte , cachant entièrement le chœur et l'abside de l'église , 
et toute couverte d'images, circonstance qui lui a donné son nom d'iconosUse. 

(2) Dans l'Élise orienule, le prêtre célébrant la litmfpe est toujours tourné 
▼ert le peuple, de aorte que l'autel te trouve entre le peuple et lui, et on pourrait 
appeler cet autel intérieur, par opposition au mot extérieur, employé ici pour dési- 
gner les autels latéraux, qui, éunt atUcbé* aux murs, te trouvent toujours en 
dehon du peuple et du prêtre. 



307 

églises de rEparcIiielilhunnicnnedes livres de baptême avec des 
titres et des inscriptions en langue russe, et on voit, d'après les 
rapports qu'on a reçus Tannée passée, qu'à présent tous les ex- 
traits de baptême dans cette Eparckie se font généralement en 
russe. 

N** 29. — COUMDNICATION DU GÉNÉRAL SZYPOW, PnÉSIDENT DE LA COU- 
MISSION. DES CULTES, A MONSEIGNEUR l'ÉVÊQUE GREC UNI DE CilELM 
DANS LE ROTAUHF DE POLOGNE, POUR CALMER PARMI SES DIOCÉSAINS LA 
CRAINTE DE VOIR LE GOUVERNEMENT S^EFFORCER DE LES ENTRAINER AU 
CULTE GREC BUSSE. 

Il est arrivé à la connaissance de Son Altesse le prince lieute» 
nant, qu'une partie des Grecs unis du gouvernement dePodla- 
chie s'est convertie au culte catholique romain. Les renseigne- 
ments reçus là-dessus prouvent qu'une des causes de cette con- 
version , est la rumeur que les catholiques sèment parmi les 
unis, sur la prétendue intention du gouvernement de les con- 
yerlir à la foi grecque russe. La liberté des cultes dans le royau- 
me de Pol(^ne est garantie par les lois qui ont été données par 
notre gracieux souverain ; le gouvernement ne peut donc nulle- 
ment se proposer de violer la tolérance. 

Comme d'après la bulle du saint>père Benoît XIY, les Grecs 
unis ne doivent pas quitter leur rit pour passer au rit latin, le 
gouvernement n'a d'autre buten secourant présentement l'Eglise 
Oiientale grecque unie, que de faire respecter la dignité primi- 
tive de cette Eglise , dont elle s'était éloignée beaucoup depuis 
quelque temps, par l'influence du catliolicisme d'Occident. Pour 
éteindre donc les fausses rumeurs semées par des hommes mal- 
yeillans , je vous invite , Mgi- l'évêque , d'après la volonté du 
prince lieutenant, à tâcher de calmer les esprits des Grecs unis 
par l'entremise du clergé de votre diocèse, et de les assurer que 
le gouvernement ne désire non-seulement pas attaquer la hberté 
de leurs consciences , mais qu'il désire au contraire les garantir 
de toute influence étrangère, et protéger en tout l'intérêt de l'E- 
glise grecque unie , de son clergé et des séculiers de ce culte, eii 
les prémunissant contre toute oppression , et en défendant toutes 
les prérogatives qui leur ont été garanties par les lois. 

Le général aiUe'de-camp j Szypo>v. 

Le 12/24 mars 1838 , Varsovie. 

II. 20 



308 

N* 80. — ACTBS hK Vimotni gupéaisuBB EcaésiABTiQUB poua obu- 

GBR LES COa^S GRECS UNIS A EUttOASSER LE CULTE DOMINANT . 

!• Decani Bielscensls, Magistri S. Theologîa, Parochi Ecclc- 
siae S. Micliaelis , Ganonici Adse Roztycewuz ad Parockos Eccle- 
siaruin in Bochi, Ferezyce, Mielnlhl et Siemiatyce. 

N* 164. Ex mandate Superioruin Ecclesiaslicorum injungitur 
Parocliis supi-adictarum ecclesiarura , quatenus die 5 niensis 
ineuntis niaii comparere dignentur personalitcr in Pazynki ut 
consignent subscriptiones, ad quas expediendas papyruinquoque 
subministrare tenentur : quod si jussis non obtempèrent, absen- 
tes deferentur superiori poteslati ecclesiaslicae. 

Pazynki die 25 aprilis 1838. 

In Aulbentico subscriptus : Decantu Canonicm KQXlyçewu^._ 
Prima Norina Subscriptionis. 

Gor.victus de ortbodoxia Ecclesi» greco-russiacse consentie in 
uoionem cum eadem y dumuiodo permittatur niihi barbam ra- 
dere, nec non gestare yestilum hucusque consuetum ; de caetero 
submitto me plenarie dispoûlioni superiorum meorura. 

In quorum fidem manu propria subscribo i Parochus Ecsle- , 
siœ N. N. t 

2^ Decani Bielscensis Ganonici Ad» Koztycewuz ad Parochos 
Ecclesiarum Decanatus Bielscensis nominatim. 

Ad Deputatum Florianum Zienkievûz. 

Elapsi mensis maii die ô ad efiecium convocationis meac Rêve- 
i^entia YesUra una cam aliis convenistis in Pazynki, ad dandas sub« 
scriptiones in re bene RR. Yestris nota, nibiiominus R. Yestra 
non obstante mandate Illustrissimi ac Reverendissirai Episcopi 
ac Equitis Antonii sibi significato, necnon dispositione superioris 
potestalis ecclesiasticœ , rejecit consilium meum perraovens ad 
dandas subscriptiones; praeterea in congregatione coacta in Eccle- 
aia Gurniaviensi produxi palam Edictum (Ukaz ) Gonsistorii {A- 
tbuanici die SI elapsi maii emanatum, in que denuntiatar quod 
universi presbyteri a concepta boua spe in prsesenti negotio 
alieni amovebuntur a suis parœciis ; bine ego exitium vestrum 
desuadens, procurons autem omne emelumentum ac pacera , 
peropportvinuiu anime reputayi notificare ei inevitabilem obli- 
gationem absolutae submissionis superiori auctoritali ecclesias- 
tica;, ut quantocius receplis prs^sentibus Utteris festinare digne- 



300 

Uir adetse in Paiynki ad expediendam prœdictam suUcripUo« 
nem. Quod si autem et banc meam injunctionem juridicain ne- 
glexeris in animum induceie, rogo ut peculiari suipto consigna- 
tam elucidationein ralionuni, ob quas parère snperiori auctori- 
tati ecclesiasticae renuis , inibi transiniltai. Interea praînioneo , 
Vestrain Rcverenliam absque dubio bac super re accusatum iri 
œquc ac alio» presbytères, qui vestro scandab seducti conanlur 
se eximere a dando consensu. Citissimam deniquc a vobis prœs- 
tolor declarationem superiori potestati ecclesiasticaî per me in- 
cuucunter producendain. 1838. Die 17 junii in Pazynki. 

In Autbentico subscriptus DccanusKo^fi/ceunu. 
3» Bielscensis Dccanus Canonicus Adamus Kozlycewûi Paro- 
cbis ^desiarum Mielnicensis ac Ferezycensis. 

N» 300. Excellentissimus ac lUustrissimus Episcopus Sufifraga- 
neus Brest-Lilbuanicus, ac Eques Antonius simul cuni rescripto 
8UO de die 25 elapsi junii n" 332, inisit et norniam subscriptionis, 
juxta quam obligatur Cleius exbibere suas subscriptioncs exigi 
solitasper superioremAuctoritatem ecclesiasticam, necnon com- 
mendavit milii , ne compellatur Clerus quidpiain parocbianis 
edicere. Insuper Excellentia Sua opportunuin judicavit adji- 
cere : sola politica Aulae Poloniae ac Curi» Romanaî factura esse, 
ut d(^matica differentia orientalis et occidentabs Ecclesiaî animis 
insinuarctur, cum reipsa différât utraque Ecclesiaab iuvicem in 
nonnullis duntaxat opinionibus quibus non immutatur ipsa 
substantiadoctrins Gbristi; neque nos immutamus doginala aut 
hierarcbian), quae nuUatenus spectat parocbianos sub reginiine 
eorumdein Presbyterorum mansuros, sub quibus bucusque ma- 
nebant. Ad effectum ejusdem pastorabs mandati mittens Reve- 
rendis Dominis novmain praescriptam , adstringo vos , ut mihi 
incunctanter exactas subscriptioncs exbibere festinetls. 1838 die 
2 julii in Pazynki. 

In Authentico subscriptus Decanus Kozlijccwûz. 
Secuoda Norina Subscriptionis. 
Annol838 ra.N. d. N. Infrascriplus pr^sentibus Ulleris manu 
meaconsigno quod ego paralus sum uniricuuiEcclesiagreco ros- 
siaca sub bac conditione , ut mibi, prout hucusque fuit , liceat in 
posterum barbani radere, pristinum vestitum gestare, ac ad finem 
vilse manere in administratione liujus parœciœ , cujus imprpc- 
senliaruni curam gero : poslremo confidens plenarie bonis cona. 



310 

tibus Regiminis juxta ac Paslorum mcorum, spbndeo me imple- 
turum quidquid bac super re mihi a superiori auctoritate pra> 
scriptum fuerit. ïii quorum evictionem praesentes manu propria 
roboro. Parochut Ecclestœ N. N. 

N^ 51. — ACTE SYNODAL DU CLBBGÉ GREC UNI , DANS L^ASSEMBLÉB TENUE 
A POLOTSR, LE 12 FÉVftlER 1839, POUR SE RÉUNIR AU CULTE DOMINANT. 

« Au nom du Père , et du Fils , et du Saint-Esprit. 

e Nous , par la grâce de Dieu , évêques et très-vénérable con- 
cile de l'Eglise grecque unie de Russie , après plusieurs délibéra- 
tions , avons reconnu et pris en considération ce qui suit : 

« Depuis son origine, notre Eglise, était unie avec l'Eglise 
sainte, apostolique ortliodoxo-catholique , qui, instituée en 
Orient par Notre-Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ lui- 
même , a répandu sur le monde sa, lumière venue de l'Orient, 
et qui ayant jusqu'ici conservé dans toute leur intégrité et leur 
invariabilité les dogmes divins de la doctrine du Christ , n'y a 
jatnais rien admis provenant de l'esprit de la vaine sagesse des 
hommes. C'est dans cette lons^ue et bienheureuse union univer- 
scilc que notre Eglise formait une partie indivisible de l'Eglise 
gréco-russe , de même que nos aïeux , tant par leur langue que 
par leur origine, formaient une partie mà\\ntibie du peuple russe. 
Mais /a douloureuse séparation des provinces habitées par nous , 
de notre mère la Russie , arracha aussi nos ancêtres à la vérita- 
ble union catholique, et la force de la conquête étrangère les 
soumit à l'Eglise romaine, sous la dénomination à'uniaies. Et 
quoique , en vertu d'actes formels, elle nous eût garanti la litur- 
gie oiieniale dans notre langue héréditaire russe , ainsi que les 
cérémonies et jusqu'aux institutions de l'Eglise d'Orient ; et quoi- 
qu'il eût même été défendu de passer à la confession romaine 
(preuve évidente de la pureté et de la droiture des antiques in- 
stitutions de l'Orient) , l'astucieuse politique de la ci-devant ré- 
publique de Pologne , et, d'accord avec elle , l'impulsion donnée 
par le clergé latin de nos localités, ne pouvant souffrir ni l'es- 
pril de la naltonalité russe, ni les rites antiques de l'orthodoxe 
Orient , mirent en œuvre toutes leurs forces pour effacer, s'il eût 
été possible, jusqu'aux derniers vestiges de l'ancienne origine de 
notre peuple et de notre Eglise. Par suite de cette violence des- 
tructive , nos ancêtres , après avoir accepté l'union , éprouvèrent 



311 

le sort le plus déplorable. La noblesse , opprimée et lésée dans 
ses droits, passa à la confession romaine, tandis que les bour- 
geois et les paysans , ne voulant pas renoncer aupe coulumet de 
leurs ancêtres, souffraient la plus dure persécution. Mais bientôt 
ces coutumes , nos rites et cérémonies sacrées , et jusqu'à notre 
liturgie, couunencèrent à subir des changements essentiels : à leur 
place , l'on en introduisit de latines , entièrement dissemblables 
et impropres. Le clergé paroissial grec uni, privé de tous moyens 
d'instruction , réduit à l'indigence , à l'avilissement et à une dé- 
pendance servile du clergé romain , se voyait en danger d'une 
suppression totale ou de l'apostasie , si le Très-Haut n'avait mis 
un terme à ces efforts séculaires en replaçant sous le sceptre de 
la Russie les provinces que nous habitons, ancien domaine héré- 
ditaire des Russes. Se prévalant d'un événement aussi heureux , 
une grande partie des uuiates se réunit dès lors avec l'Eglise or- 
thodoxo-catbolique orientale , et forme actuellement , comme 
elle l'était anciennement , une partie indivisible de l'Eglise de 
toutes les Russies ; le reste trouva , autant qu'il était possible , 
sous le bienfaisant gouvernement russe, protection contre la 
puissance oppressive du clergé romain. C'est à la magnanimité 
patriotique de notre très-pieux Seigneur , l'empereur Nicolas 
Paulovitch , aujourd'hui glorieusement régnant , que nous de* 
vous l'entière indépendance actuelle de notre Eglise, des moyens 
abondants pour l'éducation convenable de notre jeunesse cléri- 
cale , la réparation et le magnifique embellissement de nos tem- 
ples sacrés, où se célèbre la liturgie dans la langue de nos aïeux, 
ainsi que les saintes cérémonies rendues à leur antique pureté. 
Maintenant se rétablissent graduellement toutes, les institutions 
de notre chère Église orientale , de notre chère Église russe. Il 
ne reste plus à désirer que de voir cet ordre antique et chéri de 
Dieu consolidé, pour les temps à venir, en faveur de tout l'é- 
tablissement uniate en Russie , afin que , au moyeu de l'entier 
rétablissement de son ancienne union avec l'Eglise russe , 
cette partie de son ancienne famille puisse , auK bras de sa 
véritable mère , récupérer cette paix et cet avancement spiri- 
tuel dont elle a été privée pendant tout le temps qu'elle lui est 
restée étrangère. Par la grâce du Seigneur, nous aussi , qui avons 
été éloignés de notre ancienne mère , rEp,lise orthodoxo-caiho- 
lique orientale , et de l'Eglise russe en pailiculicr, l'avons été 



512 

bien moins d'eipril, que par l'effet de notre dépendance de l'é- 
tranger et d'ëvénementâ déplorables ; mais aujourd'hui , par la 
grâce de Dieu infiniment bon , nous nous sommes de nouveau et 
tellement rapprochés d'elle , qu'il devient indispensable , non de 
rétablir , mais de manifester notre réunion avec elle. 

< A ces causes , après nous être répandus en prières ardentes, 
et après avoir invoqué du fond de nos cœurS la grâce de Notre- 
Seigoeur Dieu et Sauveur Jésus-Christ ( qui seul est le véri- 
table chef de son unique et véritable Eglise) , et du Saint-Esprit 
consommateur de toutes éhoses , nous avons fermement et inva- 
riablement résolu et déterminé : 

f 1» De reconnaître de nouveau l'unité de notre Eglise avec 
l'Eglise ortbodoxo-calhoUquc orientale , et en conséquence , de- 
meurer, à dater de ce jour, avec les ouailles qui nous sont con- 
fiées , en unanimité avec les très-saints patriarches orthodoxes 
d'Orient , et dans robédicnce du très-saint synode dirigeant de 
toutes les Kussies. 

2» De supplier , dans la soumission la plus profonde , le très- 
pieux seigneur empereur de recevoir et de placer notre inten- 
tion présente sous sa très-auguste protection, et de vouloir bien 
coopérer à la paix et au salut des âmes, au moyen de $on très- 
haut assentiment et de sa souveraine volonté, de sorte que, sous 
son sceptre bienfaisant , et d'accord avec tout le peuple russe , 
nous confessions , d'une voix unanime et d'un cœur unique, 
Dieu un en trois personnes, suivant l'antique définition aposto- 
lique , conformément aux canons des saints conciles œcuméni- 
ques , et à la tradition des grands pontifes et docteurs de l'Eglise 
ortbodoxo-catbolique. 

€ En foi de quoi, nous tous, évêques et clergé supérieur, 
confirmons cet acte synodal de nos signatures autographes, et 
pour plus certaine assurance de l'asseniiment commun du reste 
du clergé grec uni , nous joignons ici les déclarations signées de 
la propre main de prêtres et de moines , au nombre de mille 
trois cent cinq personnes. 

c Fait en la cité de Pololsk , que Dieu garde , l'an de la créa- 
tion du monde sept mil trois cent quarante-sept, et de l'incar- 
nation du Dieu Verbe, l'an mil huit cent trente-neuf, le dou- 
zième jour de février, le dimanche de l'orthodoxie. • 

L'original est signé ainsi : 



513 

L'humble Joseph , évéque de Lithuanie ; 
L'humble Basile, évcque d'Orclia, administrateur du diocèse 
de la Russie-Blanche ; ' 

L'humble Antoine, évéque de Brest, Tiraire du diocèse de 
Lithuanie ; 

L'assesseur au collège ccclësiaslique grec uni , l'archiprétre 
cathédral , Jean Koniîcbefsky ; 

L'assesseur au collège ecclésiastique grec uni, l'archiprctre 
cathédral , Léon Pankofsky ; 

Le président du consistôii'é de Lithuanie, l'archiprctre cathé- 
dral, Antoine Foubalsky ; 

Le président du consistoire de la Russie-Blanche , recteur du 
séminaire, l'archiprétre cathédral, Michel Chélépine ; 

Le tice-présidànt du consistoire de Lithuanie, rarchiprétre 
cathédral, Michel Goloubavitch ; 

L'archiprétre cathédral, faisant fonctions de recteur du sé- 
minaire , F. Gomolitsky ; 

Le vice-président du consistoire de la Russie-Blanche, l'archi- 
prétre Constantin Ignatovitch ; 

L'igoumen décoré de la croix , membre du consistoire de la 
Bnssie-BIanche , Joseph Vyckinsky ; 

L'igoumen , membre du consistoire de la Russie-Blanche, Jo- 
seph Novilsky ; 

L'inspecteur du séminaire de la Russie-Blanche , l'archiprctre 
cathédral, Thomas Malicheîsky ; 

L'inspecteur du séminaire de Lithuanie, le prêtre-moine, dé- 
coré de la croix , Ignace Jelasofsky ; 

ht custos de la cathédrale de Sainte-Sophie de Pololsk, S. P. 
Michel Konetsky ; 

L'économe du séminaire de la Russie-Blanche , l'arcliiprctre 
cathédral , Jean Chensnovitch ; i 

L'archiprétre cathédral, assesseur au consistoire de Lithuanie, 
Placide Yankofsky ; 

L'assesseur au consistoire de la Russie-Blanche , l'archiprétre 
Jean Glybofsky; 

L'assesseur au consistoire de Lithuanie, Grégoire Koutsevilch; 

L'assesseur au consistoire de la Russie-Blanche , le prêtre 
Jean Stshensnovitch ; 



514 

L'assesseur au consistoire de la Russie-Blanche, Thomas Ko- 
lovitcb; 

Le prêtre-moine, décoré de la croix, faisant fonctions de se- 
crétaire du révérendissime é?éque de Lithuanie^ Faoust Mikh- 
nevitch ; 

Le prétre-moin^ faisant fonctions de secrétaire près le rêvé- 
rendissime Antoine , Pierre Mikhalevitch. 

M* 82. — SUPPLIQUE Eir MTÊ DO MÊME JOUR, ADRESSÉE A L*EMPEREUR 
AU NOM DES ÉTÊQUES GRECS UNIS. > 

Très- auguste Monarque , 
Très-gracieux Seigneur, 

Depuis la séparation de la Russie , dans des temps de troubles 
de ses provinces de VOuest , et par suite de leur réunion à la 
Polc^ne , qui en devint la conséi^ence , le peuple orthodoxo- 
russe qui y est établi, fut soumis à de rudes épreuves, à raison de 
la violence continue avec laquelle tant le gouvernement polonais 
que la cour de Rome s'efforçaient de les séparer de l'Église 
orthodoxo-catholique d'Orient, pour l'unir à l'Eglise d'Occident. 
Les personnes d'une condition élevée, opprimées dans tous leurs / 
droits par toutes les mesures prises à leur ^ard, embrassèrent 
la confession romaine qui leur était étrangère, et oublièrent de 
même jusqu'à leur origine et leur nationaliU. Les bourgeois et 
les paysans furent enlevés à l'unité de l'Eglise orientale , au 
moyen de l'union introduite à la fin du seizième siècle. Depuis 
lors, ce peuple se trouva séparé de sa mère la Russie, par leurs 
continuels ailifices ; la politique et le fanatisme s'efforçaient de le 
rendre complètement étranger à »on ancienne patrie, et les uniates 
éprouvèrent , dans l'acception la plus rigoureuse , toute la pe- 
santeur du joug étranger. 

La Russie ayant recouvré ses anciens domaines, la grande 
moitié des uniates s'empressa de se réunir à l'Eglise gréco-russe, 
celle de ses aïeux ; et ceux qui restaient trouvèrent protection et 
appui conti'e le pouvoir abusif du clergé romain. Et sous le 
r^ne béni de votre majesté impériale, sous votre bienfaisant 
regard , très-gracieux Seigneur , furent rétablis , dans leur pureté 
primitive, les rites et les institutions de l'Eglise gréco-orientale ; 
sa jeunesse cléricale reçoit une éducation qui répond au but de son 



315 

institution ; ils peuvent , dè$_ à présent, être et i'appeUr Ruuet» 
Mais rÉglise grecque unie , dans sa situation isolée parmi les 
autres confessions, ne pourrait jamais atteindre une organisation 
parfaite , ni cette tranquillité indispensable à sa prospérité, et les 
nombreux habitanls des gouvememenls de l* Ouest qui y appar- 
tiennenl, quoique Russes par leur langage et par. leur origine , 
courraient le danger de conserver une pontion soumise aux 
vicissitiides des circonstances , et de se trouyer , jusqu'à un cer- 
tain point , étrangers à leurs frères orthodoxes. 

Ces motifs , mais principalement le soin du bonheur étemel 
du troupeau qui nous est confié , nous engagent , fermement 
convaincus que nous sommes de la vérité des dogmes de l'Eglise 
sainte , af)Ostolique , orthodoxo^atholiqiie d'Orient , à nous pro- 
sterner aux pieds de votre majesté impériale, et à vous prier, 
dans la soumission la plus profonde , souverain monarque , d'as- 
surer les destinées futures des uniates , en leur permettant de se 
réunir à l'Église de leurs aïeux , l'Église orthodoxe de toutes les 
Russies ; et pour donner l'assurance de notre assentiment géné- 
ral et commun à cette demande , nous avons le bonheur de vous 
soumettre l'acte synodal délibéré et rédigé par nous , évêques , 
et par le clergé supérieur de l'Église grecque unie, en y joignant 
les déclarations autographes de treize cent cinq personnes du 
clergé grec uni. 

Signé à l'original : 
Joseph, évèque de Lithuanie ; 
Basile, évêque d'Orcha, administrateur du diocèse 

de la Russie-Blanche. 
Antoine, évêque de Brest , sufTragant du diocèse 
de Lithuanie. 

N<* 33. — UKÂ8B IHPÙIIÂL DU 1*^ MARS MÊME A^^éB, ADRESSÉ AU 
SYNODE GREC RUSSE. 

Les évêques de l'Église grecque unie de notre empire nous ont 
présenté , par l'organe du comte Pratassoff, chargé de connaître 
les affaires ecclésiastiques de cette confession et procureur su- 
prême du très-saint synode , leur supplique afin qu'il leur soit 
permis , en communaulé avec les oucûlles qui leur sont confiées, de 
se réunir à l'Eglise orthodoxe , à laquelle leurs aïeux ont été en- 
levés dans les temps de triste mémoire des conquêtes polonaises 



516 

dans les provinces russes de l'Ouest. £a même teui pi ils nous 
ont soumis TÂcte synodal décrété par eux et par le reste du 
clergé supérieur dans la ville de Pototsk , le 12 février , et par 
lequel ils manifestent leur ferme intention de reconnaître l'anité 
de leur Église avec l'Eglise orthodoxo-catholiqae orientale) et de 
se placer sotis l'obédience du très-saint synode de toutes les 
Russies ; et pour preuve de l'assentiment de tout le reste de leur 
clergé , ils joignent à cet acte les déclarations autographes de 
mille trois cent cinq prêtres et moines. 

Rendant du fond de l'âme des actions de grâces à Dieu tout- 
puissant , qui a disposé les cœurs d'une si nombreuse pATtié du 
clergé russe à retourner en communauté nvtt set oUailiei, au 
sein de leur véritable mère , l'Église orthodoxe , nous avons 
ordonné au procureur suprême du très^nt synode, déporter 
ledit acte ainsi que les déclarations au très-saint synode, poUr les 
soumettre à son examen , afin d'arrêter les mesures à prendre 
sur ce sujet, en conformité avec les canons de TEglise. 

L'original est signé de la propre ma'm de Sa Majesté impériale. 

Pficolat, 

N* 54. — OEASI IMPÉRUL, BEMIS LB iS MARS 1839 AU SÉNAT ftlRI«| 
GBAMT» PAk LBQUKL IL EST OBDONNÉ QUE LES AFFAIRES ECCi^IASTIQUES 
DES CONFESSIONS GRECQUE RUSSE ET GRECQUE UNIE, AD LIEU d'ÉTRB 
COUME AUI>AR\VANT DIRIGÉES PAR DEUX SECTIONS DIFFÉRENTES DU SYNODE, 
SERONT DÉSORMAIS RÉUNIES SOUS UNE SEULE ET MÊME AUTORITÉ. 

Reconnaître comme utile, conformément à l'exposé du procu- 
rcur général du saint synode , l'union des deux départements 
séparés, celui du clergé orthodoxe, et celui des grecs unis, 
ainsi que de leurs chancelleries. Organiser l'état de la chancel- 
lerie du procureur général du saint synode d'après celte nou- 
velle réoq^nisation. Faire exécuter cet ukase le 1 avril de l'année 
courante. 

Le sénat gouvernant doit immédiatement prendre les mesures 
nécessaires pour faire exécuter notre volonté. 

Signé : Nicoloi. 

N" 3tf. — DÉCRET DU SYNODE ET APPROBATION DE L'EMPEREUR EN DATE 
DU 25 MARS 1839. 

Au nom du Père et du FiU et du Saint-Esprit , l'an du Sci> 



317 

gneui* 1839 , le sixième jour de mars , cù vertu de b souveraine 
volonté du très-pieux seigneur, l'empereur Nicolas Paulovitch, 
autocrate de toutes les Russics , le très-saint synode dirigeant de 
tontes les Hussies étant assemblé , il y a été porté, et lecture a 
été faite et entendue d'un acte synodal décrété le 12 f février 
dernier par les évêques et par le reste du clergé de VËglise jus^ 
qu'ici appelée grecque unie en Russie , par lequel , manifestant 
leur union ancienne et primitive avec l'Église sainte apostolique 
orthodoxo>catholique en général , et en particulier avec l'église 
russe; puis, déclarant l'involontaire séparation de leurs aïeux 
de cette unité , par suite de leur malheureuse sépai-ation de 
l'empire de Russie, ils ont solennellement énoncé leur ferme et 
invririable résolution de reconnaître de nouveau l'unité de leur 
Église avec l'Église orthodoxe-catholique d'Orient , et puis de 
demeurer, à dater de ce jour , et en communauté avec les ouail' 
les qui leur sont confiées, dans l'unanimité avec les très-saints 
patriarches orthodoxes d'Orient, et sous l'obédience du très-saint 
synode dirigeant de toutes les Russies , et cette intention , ils 
l'ont placée sous la très-auguste protection du très-pieux seigneur 
empereur. 

Cet dcte est signé de tous les éyêques grecs unis en Russie , 
et du clergé le plus élevé en dignité après eux. Mais pour con- 
stater l'assentiment unanime du reste du clergé grec uni , il a été 
joint les déclarations autographes de mille trois cent cinq prêtres 
et moines. 

Après avoir entendu la lecture de ce document , le premier 
et général mouvement du très-saint synode a été de glorifier, par 
des actions de grâces, Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ , qui , 
par les inscrutables voies de sa bienfaisante sii^^mllancc, pour- 
voyant sans cesse à l'accomplissement de son infaillible promesse, 
que les portes de l'enfer ne prévaudraient pas contre sa vëriia- 
ble Eglise , rend vains aujoui^'hui les innombrables , les conti- 
nuels et même, en apparence, les victorieux efforts des hommes, 
pour enlèvera l'Eglise orthodoxe de Russie une portion considé- 
rable d'une même foi et d'un même sang , a mis au coeur du très- 
pieux seigneur, t empereur Nicolas Paulovitch ^ la résolution 
de soustraire les chefs du clergé grec uni à l'influence étrangère; 
et qui , depuis lors , par son invisible opération y a excité les 
cœurs qui s'étaient éloignes , à retourner à la vci itabie unité 



518 
orOiodoxcxatholiquc, et cela avec une libre unanimité, telle 
qu'elle doit devenir un exemple bien remarquable dans les an- 
nales de TEglise. . , „ » . 

Après cela, se livrant à un examen plus appix>fondi de 1 objet 
qui lui ëteit soumis , le Uès-saint synode a pris en considération 

ce qui suit : 

La séparation de ceux que Ton appelle grecs unis , de l'élise 
orthodoxe d'Orient , a été réellement amenée par l'interruption 
de leur communion hiérarchique, de manière cependant qu'Us 
ont conservé l'ancien rit oriental de la liturgie ainsi que les céré- 
monies sacrées, qui, pénétrées de l'esprit des dogmes et des 
traditions orthodoxes , ont résisté , par leur puissance intrinsè- 
que, à la destruction totale de l'ancienne unité , quoique, à 
l'extérieur, elle fût rompue par leur soumission à une domination 

étrangère. 

Quoique par la suite des tem^w ce rit ait commencé à s'altérer 
par l'effet de l'influence étrangère , et que par là les invendons 
humaines y aient acquis une force plus grande : cependant, à 
peipe des barrières eurent été mises à la violence étrangère, que 
les chefs de l'Eglise grecque unie s'empressèrent de s'occuper de 
son entier rétablissement dans son antique pureté. C'est ce que fe 
très-saint synode a plus particulièrement remarqué en l'année 
1834, lorsque tous les évêques grecs unis résolurent , à l'unani- 
mité , d'emprunter au très-saint synode les principaux livres h- 
turgiques , en quoi il fut alors satisfait à leur désir. 

La solennelle confession, exprimée aujourd'hui dans leur acte 
synodal : que leSeigfieur Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ est 
seul le véritable chef de l'umque et véritable Eglise, et la pro- 
messede demeurer dansl'unanimité avec les très-saints patriarches 
orthodoxes d'Orient et avec le très-saint synode , ne laisse plus 
rien à exiger de l'Eglise grecque unie pour l'union véritable et 
essentielle delà foi, et par ce motif il ne reste rien qui puisse 
s'opposer à la réunion hiérarchique. 

D'après ces considérations , le très-saint synode , en vertu de 
la grâce , du don et de la puisssance qui lui est conférée du 
grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ et du Saint-Esprit 
consommateur de toutes choses, a résolu et décrété : 

1) D'admettre les évêques, le clergé et leurs ouailles spiri- 
tuelles de l'Eglise jusqu'ici appelée grecque unie, conformément 



319 

aux règlements ecclésiastiques et aux exemples des saints Pères, 
à rentière et parfaite communion de la sainte orthodoxo-catho- 
lique Eglise d'Orient , et comme partie intégrante de Tf^lise de 
toutes les Russies ; 

2) D'accorder en particulier aux évéques et au clergé la béné* 
diction du très-saint synode , comme bénédiction d'un concile , 
en adressant au suprême pontife de notre confession , Jésus- 
Christ, la prière de la foi et de la charité, afin qu'en ce jour 
il les confirme dans la profession qu'ils ont exprimée , et que 
par sa grâce il dirige leur ministère vers la perfection des 
Saints ; 

3) Quant au gouvernement des ouailles qui leur sont confiées, 
ils auront à se conformer aux dispositions de la parole de Dieu , 
des règlements ecclésiastiques et des lois de l'empire, et à remplir 
les prescriptions du très-saint synode ; ib ar^ront à confirmer les 
ouailles qui leur sont confiées dans l'unaniuiité delà foi orthodoxe; 
et pour ce qui concerne la différence de quelques coutumes lo-. 
cales qui ne regai-dent ni les dogmes ni les sacrements , ils ma- 
nisfesteront une condescendance apostolique, de manière à ne 
les ramener à l'antique uniformité qu'au moyen d'une libre 
conviction , en toute douceur et longanimité. 

Enfin le très-saint synode a résolu de rendre grâces , au nom 
et de la part de l'Eglise de toutes les Russies, au très-pieux 
seigneur empereur et autocrate de toutes les Russies , pour le 
ièle qvCxl a apporté à cette bienfaisante et salutaire entreprise , et 
puis de placer l'exécution de la présente résolution synodale sous 
sa souveraine protection ; et de délivrer aux révérendissimes 
évêques réunis un documentservantà les informer et à leur faire 
part de la bénédiction synodale. 

Ecrit dans la cité que Dieu garde et résidence impériale de 
Saint-Pierre, l'an de la création du monde sept mil trois cent 
quarante-sept, et de l'incarnation de Dieu le Verbe, mil huit 
cent trente-neuf. 

L'original est signé : 
L'humble Séraphin, 'nétropolite de Novgorod et Saint- 
Pétersbourg ; 
L'humble /^/li/aréfe, métropolitedeKiefeldeGalitch ; 
L'humble Phxlarète , métropolite de Moscou ; 
L'humble Jonas , niétropoUlc •■, 



S20 

I^'humhl^ Wladimir, ardievéque de Kazan ; 
L'humble Nathanael , archevêque de P»kof ; 
L'arcbiprêtre NicoLat Houxoftky; 
Le prêtre supérieur Basile KoulnevUch, 

N* 3G. — IK)KLAD ou niPPORT A. L*E1IPER£UR DE L*ÉPISCOPAT GREC 

RUSSE. 

Très-bumble et très-soumis doklad du synode. 

Par son ukase nominal du premier jour de ce mois , Votre 
Majesté impériale a bien voulu ordonner au synode de se livrer, 
conformément aux règlements ecclésiastique», à Texanien de 
L'acte synodal fait et décrété par les évèques et par le reste du 
clergé de l'Eglise grecque unie en Russie, concernant sa réunion 
avec l'Eglise de toutes les Russies. 

Le synode s'est occupé de cet examen avec une attention 
correspondante à l'importance de son objet , et ayant résolu, en 
conséquence du susdit décret, d'admettre l'Eglise grecque unie 
de Russie dans l'entière et parfaite communion de la sainte 
ortbodoxo-catb'olique Eglise d'Orient et de l'accepter comme 
partie indivisible de TE^lise de toutes les Russies , il propose ^ 
dans la soumbsion la plus profonde , ce qui ressort de cette 
œuvre synodale au bienveillant examen de votre majesté , et 
place son exécution sous sa protection souveraine. 

Très-gracieux seigneur , à cette occasion , le synode , rempli 
d'une consolation spirituelle et de gratitude envers Dieu , le 
bienfaiteur de son Eglise, qui comble de ses bénédictions le règne 
de Votre Majesté impériale , la félicite en foute dévotion , et au 
nom de toute l'Eglise de Russie , sur le pacifique tiiomplie de la 
réunion avec elle d'un si grand nombre de ses fils , réunion si 
favorable à l'unité rée//c et civile entre eux tous ; il élève vere Vo- 
tre Majesté impériale d'unanimes actions de grâces pour l'heu- 
reuse et prévoyante organisaHon par laffuelle s'est ouverts pour 
V Eglise grecque tinie une voie libre et débarrassée de toute espèce 
de barrières, afin de pouvoir accomplir son retour aux bras de 
sa véritable et antique mère, — rÉglise de toutes les Russies. 

S'étant ensuite occupé de ce qui doit s'ensuivre de celte réu- 
nion, le synode pense qu'il conviendrait : 

1<* De laisser dans leur situation actuelle l'administration des 
diocèses réunis ainsi que des écoles ecclésiastiques qui en Jépen- 



521 

4 

dmt» le rét^nranl rexamea ultérieur des moyem qui pourront 
être recounui les meilleurs et les plus convenables pour con- 
former cette administration à celle des diocèses anciennement 
ortbo^oses { 

2) Bo mettre le collège ecclésiastique grec uni en rapport 
avec le très-saint synode, dans l'ordre hiérarchlquie, à l'instar de 
ce qui subsiste pour ses comptoirs de Moscou et Grusino-Imcré- 
tiens, et de l'appeler collège ecclésiastique de Russie-Blanche et 
lâtbuanie; 

3) d*ét«bHr Tévêque de Liihuanie, Joseph, président du 
ooll^e ecclésiastique de Russie-Blanche et de Lilliuanie , en 
l'élevant à la dignité d'archevêque. 

Ti'ès-gracieux Seigneur , 
]Çn soumettant ces dispositions à votre très-gracieux examen , 
le syDode vous suppUe, dans la soumission la plus profonde, 
de lui (aire parvenir le très*haut ukase de Votre Majesté. 
I)fl Votre Majesté impériale, 

Les très-soumis sujets. 
Signé A Toriginal : 
Séraplûn, métropolite de Novgorod et Saint-Péters- 
bourg; 
Philarètê , métropolite de Rief ; 
Philarèle , mélropohte de Moscou ; 
Jouai , métropohte ; 
Wladimir, archevêque de Razan ; 
NaUianael , archevêque de Pskof ; 
L'archiprêtre N'tcola* Bouzoftkij ; 
Le prêtre supétieur, Basile Koutnevitch, 

N* 57. I- LETTRE SYNODALE DU SUSDIT ÉPISCOPAT, ADRESSÉE AUI 
ÉVÊQUES ET AU CLERGÉ DE L^ÉGLISE GRECQUE UNIE. 

Par la grâce de Dieu. 

Le très-saint synode dirigeant de toutes les Russtes , aux 
évêques , très-chéris en Dieu , Joseph de Lithuanic , Basile 
d'Orcha , et Antoine de Brest , à leur clergé et à leurs ouailles 
sjMrituelles. 

Que la grâce et la paix soient sur vous , de Dieu le Père , de 
Notre-Seigneur Jésus-Christ, et du Saint-Esprit. 

Béni est Dieu qui a mis dans vos cœurs de droites , de bonnes 



322 # 

eldcsaluuires intentions de paix, et qui piir là nous donne la 
consolation de vous adresser des paroles de concorde et de 

charité. 

En effet, autant il nous était douloureux de voir que ceux qui, 
depuis des siècles , nous étaient unis , de l'unité de naissance , de 
patrie , de langue , de foi , de culte et de soumission à la même 
autorité spirituelle, par suite d'une déplorable séparation, aient 
ca à endurer bien des labeurs et beaucoup de misères, et le 
danger même d'une séparation spirituelle absolue , autant nos 
vœw sont aujourd'hui comblés en voyant se fortifier de nou- 
veau l'antique lien rompu entre nous, etse rétabUr une parfaite 

unité. . 1 

Notre espérance de voir s'accomplir un événement si ardem- 
ment désiré se fondit principalement sur ce que dans vos 
éalises iéiaU comervé , par la grâce de Dieu , le sacre ni omntal 
dans la liturgie , imprégné de l'esprit des dogmes et des tiidiuons 
orthodoxes. A mesure qu'en ^ertu de la protection souveraine 
du seigneur l'empereur, Nicolas Paulovitch, vous avez ete deli- 
vrés de la dépendance étrangère, et que vous avez uni tous vos 
efforts pour le rélabUitement de ce rit sacré dans toute son anti- 
que pureté , notre attente grandissait , et enfin , frères cLens ai 
Dieu, vous l'accomplissez en son entier en revenant à l antique, 
véritable et sainte unité , avec un clergé si nombreux et si una- 
nime, que ce retour présente un exemple digne d'une éternelle 
mémoire dans les annales de l'Église. 

Nous avons prêté l'oreille à votre promesse générale et solen- 
nelle de reconnaître de nouveau l'unité de votre Eglise avec 
l'Église orthodoxo-calhoUque d'Orient , et de demeurer, à dater 
de ce jour, avec les ouailles qui vous sont confiées, en unanimité 
avec les uès-saints patriarches d'Orient , et dans l'obédience au 
très-saint synode de toutes les Russies ; et recevant de vous cette 
promesse , à la face de Dieu , en vertu de la gi Ace , du don , et de 
la puissance qui nous sont donnés du Dieu trcs-grand , et de notre 
Sauveur Jésus-Christ et du Saint-Esprit, consommateur de 
toutes choses, surtout les règlements de l'EgUse et les exemples 
des saints Pères, nous vous recevons , et avec vous, voire clcnje 
et votouaxlUs spinlucUcs, dans l'enUère et parfaite communion 
de la sainte Église orlhodoxo-caUiolique orientale , et comme 
une partie indivisible de l'Église de toutes les Russies, élevant 



1»^- 



m 
vers le grand arcbipasteur qui a pënctré les cieiix , Jésu»-Ciirist , 
le suprême pontife de notre confession , la prière de la foi et de 
la charité, afin qu'il vous maintienne dans robsenration de la 
profession exprimée par vous, et qu'il dirige en bien les clioses 
de votre ministère jusqu'à la perfection des Saints. 

Quant au gouvernement des ouailUs confiées à vos 901ns, il 
convient , comme vous le jugerez vous-mêmes, que vous suivies 
la parole de Dieu, vous conformant aux canons des saints apôtres, 
des sept saints conciles universels et locaux , et dec saints pères , 
ainsi qu'aux lois de TÉtat. Ainsi, frères chéris en Die;t, confirmes 
les ouailles qui vous sont confiées , dans l'unanimité de la foi. 
Pour ce qui concerne la divergence de certaines coutumes loca- 
les, qui ne concernent ni le dogme ni les sacrements, nous avons 
résolu de manifester une condescendance apostolique, et de ne 
les ramener à l'ancienne uniformité qu'à l'aide d'une libre per- 
suasion , en toute mansuétude et longanimité. 

Donné en la cité, que Dieu garde, et résidence impériale de 
Saint-Pierre , l'an de la création du monde sept mil trois cent 
quarante-sept, et de l'Incarnation de Dieu le Verbe, mil huit 
cent trente-neuf, le trentième jour de mars. 
Signé à l'original : 

L'humble Sérapfùn, métropolite de Novgorod et Saint- 
Pétersbourg ; 

L'humble PhUarèle , métropolite de Rief et Galitch ; 

L'humble Philarèle, métropoUte de Moscou et Kolom- 
na; 

L'hunr\ble /onas, métropolite ; 

L'humble Wladimir, archevêque de Kasan et Swiaje ; 

L'humble Nalhanael, archevêque de Pskof etLivonie; 

Le prêtre , archiprêtre, Nicolat Motixofslâ; 

Le prêtre, supérieur, Basile Koutnevitch, 

N* S8. — > RELATION DE LA MANIÈRE DONT S'CST OPâRâB LA DÉrEfiTION 
DES CEECS G.1I8 DANS LA LITBOANIB ET LA RUSSIE BUNCDE , EXTRAITE 
DO iOURNAL DE GENÈVE DU 16 JANVIER 1840. 

La nouvelle de la destruction de l'Eglise grecque unie est sans 
doute parvenue jusqu'à vous, et vous devez connaître l'ukase du 
czar , du 5 juillet , par lequel il donne communication univer- 
selle de sa confirmation du statut synodal , arrangé par Joseph 
11. 91 



m 

%em^%ï,Q et d'autres /wdai qui lui i csscDibleat , et qn^ plu* df 
il39Q prclre* OBl é\^ forcés de wgqçr. Mfti&TOUi uc pouvez «^voir 
;9U^ lea ^é^ibi det yipkpççft et de^ pejrftécuUpm qui furçi^^ diû'- 
g^ coplire Icf l/nii d^»« npf p^oviACÇa, dep\Wf Iç mWCO^ W 
l'on 'songea pour h pieuuère Cou 4 Içs obliger d^ p^«e<r a»» 
^hviqe. U^ premières déwarcb«f ^^J^^^S ^^'^}^^, ^^ ipaigwfi?n- 
|çt i jl fi^t, pw exifin^le, ei^oiï^*^* ^'f^ cùaAter d^pi l^ur? 
egi^ , i V\ii\»X de? m^iéVita We? ^ de? pri^retpouç le c»r 
cv i« (^i^illç ; epwïitç QR y<\MlvA (ei Qh\%^t 4 wuoer les clocha 
ç^(^^pp«^n|; 4*1^ aewl <^té avec le %lt^t, La r^taoçede» 
p^^tçe» u^ûfi, do» iio^xgeoi^ ftda peuplç de cette ^r^yapçe, 
çfttïTfiï^ la plu^ tçrribk per^çuÛQ^^ QU W^^ja 

Jl|. $ç^Q^e^,p\Qt^tant in^riA ujnç IViww , pQur ^tre çoviver- 
BÇi^î 4ç l^m^ince; celui-ci | ç^ij^oin.teipeflt aycç le fi^i^mïk 
^tjjrod^U, TfircWrea/ dePplocV, Smar^do, et le proiopm 
Paul , venu de WiUf , çouam^UJia Vçeuvre de la w^Yersiç^, 

l^ mall^ew-çwe* ai^^e? |8.îl3 çt 4334 awep^rejRt la fawine 
jlapal^ ^i4|ii£-^(Wiç)M; (pjro.vinçQ pptowiaç, réuiûe à l'empire 
|<^, en m^ I^ pQj»ci.3çûi8in^â^«ç»', proeiant de la wUère 
du peuple , oiOfrirent i cba^U^ j'^fT^^'* ^^\ xi^ndrait siguer l'acte 
du schisme, un demi-sâc deÂr|n«par moi?, ha signature ( faite 
^j\ ^orwe de^ troi» croix par*çeui;'<^W oe avaieat pa^ écrire) une 
ïois extorquée, a devant le c/wmirç ^reç\ afin qu'il pût servir 
de témoi^ , le pQP^ pet ÇQUÇeait plus à remplir sa promesse de 
fç^pirlebli',«\q¥an'lîe:p^y9in croy^V égalenjent dégagé 
'de la 'sienne ,' il étâii pris, mis en prison , enchaîné et fouetté 
jusqu'à ce qu'il ratifiât SQp CQesePt.em.eqt au parjur^. Les mal- 
Iveurçip, in^.trfkit,é8 ayeç tapt 4® <î> *^^i e^nliquaient à leurs 
^«)Urre4^x, auivJMat 4^^ l^ ychi&we,il8 av^ent trouvé, 

auprès des i4u^ riche» bour^i^is, des secours <jue ceu^-ci leur re- 
fusaient depuis au'iû le? i«^agçdaient cpm^e des renégats ; que 
de plus ils ne trouvaient aucun des avantages dont les popes les 
9>\9mi be^péf. Yqwi m^ vondri» pa* croire <^ue k bienfaisance 
^ii,efût regardée çQOimeiivi cçii^çd'Çtat. tjnericb^ bourgeoise 
de WÎlir, nommé War^Mta^ç^wn^f)^^ *^ gé^S^rPliié , fut 
citée à comparaître devant l'autorité et à donner explication de 
sa condu'rte et des motifs qui lui avaient fait refuser l'aumône à 
ceux qui s'étaient faits scbismatiques. C*est en vain qu'elle pro- 
tesuit que sa main fauche ignorait ce que la droite donnait : 



525 

elle ii*AUriiit cerUmenient pas échappé à la persécution , si elle 
n'ATÛt eu les inoyeus de payçr ceux qui avaient été chargés de 
Tenquéte. i 

Les foDctionnairef puhUc^ envoyés dans |cf terres du trésor , 
promettaient la liberté aux serfs qui enil^rassaient le s<'hi5me. 
Le pauvre peuple » séduit par l*app4^ de réinancipation , s*y 
laissa prej&dre ; inais cette îil^té ne dura que dix ou qu'uize 
jours, après quoi il fut de nouveau re^issous le jouç, et la 
moindre résistance fut punie de la manière la plus inhumaine. 
Un soivieliii/(> suivi du prqtçpQpe: et de gendarmes, venait sur 
le lieu, fustigeait impitoyablement des populations entières. 
Pour vous donner une. idée de Vacharnement avec lequel Ui 
popes poursuivaient leur œuvre, je vais vous dire que nous 
avons vu le proiopape Paul donner le knout, de sa propre 
main , anx habitants d^un village qui avait appartenu aux prêtres 
missionnaires, et cela sans épargner les vieillards. Le Dieu de 
miséricorde envoya son châtiment à ce monstre , qui , frappé 
d*apoptexie, rendit Tâme des le lendemain en retournant à 
Polock. 

Dons les domaines des particuliers , on s*empara de force des 
égltsesB «niei. Une dame nommée Baszcxewika ayant refusé de 
livrer la clef de l'église que ses parents avaient bâtie à leurs frais, 
fut de suite mise eu prison , et un procès criminel lui fut intenté 
pour désobéissance aux ordres du gouvernement. 

ToiU. par quels artifices , quelles violences et quelles persécu- 
tions , on contraignit plus de 11,000 âmes dans la Starostie de 
Jenierzyce à passer au schisme. 

Le czar Nicolaa, afin de récompenser Schroeder de ses cniautéSf 
loi donna, en 1834 , 1,200 roubles de revenu, qu'il augmenu 
plus tard de 33,000 roubles payés chaque année pour les 33,000 
âmes qu'il avait gagnées au schisme. Je doute qu'il se trouve 
dans le monde un être aussi vil que celui-là. Y^udre à un rouble 
pièce, Tàme de ceux dont il chargeait sa conscience! Par combien 
de hnqes et de sang nVt-il pas acheté ce bienfait du czar ! Sa 
£svenr ne dora pas longtemps : prévenu de concussions, il tom- 
ba en disgrâce , et fut forcé de quitter Witepsk à pied et pendant 
la nuit , pour échapper à la vengeance populaire. Ses terreurs 
n'étaient pas mal fondées , car le peuple guettait sa voiture près 
du pont, et en la voyant approcher, unv^ foule de bourgeois se 



326 

jetèrent dessus. N'y trouvant pas l'objet de leur haine, ils 
couvrirentde malédiction» et de crachats la famille du coupable. 
Il faut que je vous raconte encore quelques traits qui vous fe- 
ront connaître le fond de Taffairc, mieux que tous les raisonne- 
ments. Il arriva une fois que les prisons de Witcpsk se trouvèrent 
icllement encombrées , qu'il n'y eut plus de place pour de nou- 
velles victimes. Le désir de faire des économies (de pain et d'eau , 
seuU aliments accordés aux détenus) engagea le gouvernement 
à donner l'ordre de U libération de ceux qui s'obstinaient à ne 
pas ratifier leurs promesses d'apostasie. Les gens de police arri- 
vent pour ôter les fers aux malheureux et leur annoncer qu'ils 
sont libres. Ceux-ci refusent de sorUr de prison. On en informe 
le gouverneur, qui fait comparaître les plus âgés. Ceux-ci lui 
expriment avec larmes qu'ils préfèrent rester enfermés et même 
mourir , que de retourner auprès de leurs femmes et de leurs 
enfants , qui les couvriront de méprb et leur refuseront du pam» 
par suite de leur promesse de renonciation à la foi. Schroeder 
lâche de calmer leur conscience ; à quoi ils répondent : c Non^ 
Excellence, nos âmes seront prises par le démon , comme celles 
de Basile et de Dimide, car teUe est la fin des renégats. . Or il 
faut savoir que ce Basile et ce Dimide moururent presque la 
même nuit et peu de temps après l'introduction du schisme dans 

leur village. , 2 j 

Vers le même temps les mères et les femmes des prévenus de 
Witepsk se rendirent près de Yarchirey (un archevêque schis- 
maUque), le suppliant d'intercéder auprès du gouverneur en fa- 
veur de ceux-ci. Après avoir vainement tenté de leur faire 
adopter sa doctrine . l'archirey ne trouva pas de meUleur argu- 
ment que de faire venir la police et de faire disperser à coups de 
bâton les femmes, toujours bien fermement persuadées de la 
présence de Satan dans les œuvres des schismauques. 

Le gouverneur Schroeder essaya un jour d'engager un des pre- 
miers notables de Witepsk , du nom de Rynda , grec uni , à pas- 
ser au schisme, en lui disant qu'il convenait à l'un des premiers 
de la ville de donner l'exemple. « H faudrait, repUqua Rynda, 
que l'exemple vînt de plus haut encore et que Votre Excellence 
quitUt le protestantisme pour prendre la religion qu'on nous 
impose. . - « Non , dit le gouverneur, je suis foncuonnaire 
temporaire, mais vous , vous êtes toujours ici ! » 



527 

Je dois ajouter , par égard pour la mémoire de l'inflexible dé- 
fen«^eur de la foi , le métropolite Bulhak, que, malgré son âge 
avancé il ne ternit jamais son caractère par de la 'faiblesse, et ne 
participa aucunement aux cabales et aux intrigues des traîtres ; 
aucune faveur du czar ne put tirer de lui la moindre concession, 
et il ne mit pas un? seule foi Tétoile de St.- André qui lui fut 
envoyée par le monarqde et qui valait 17,000 roubles. 

Le czar croit que sa parole suffit pour changer la croyance et 
faire taire la conscience. Cependant les cerldew ou églises russes , 
où leurs popes sont venus conduits par la main des bourreaux , 
restent vides quoique ouvertes. Le peuple, traîné aux offices des 
dimanches par les driesietniks , s'enferme dans les maisons ; là il 
prie en pleurant, et couvre de ses sanglots le son des cloches 
schismatiques , ce son qui lui annonce la destruction de la foi de 
ses pères. 

Voulez-vous voir une population rassemblée en prière ? allez 
dans les villages, pendant la nuit , approchez de T^lise fermée, 
là vous entendrez à ses portes gémir, dans les ténèbres , des fa« 
milles entières prosternées. Leurs larmes sont la rosée qui pré- 
cède le lever de l'aurore. 

N« 59. ADTaE REUTIOX CONTEMPOIUINE DU MÊMB éVÉNEMENT. 

A la suite de l'infâme apostasie des trois évèques (Grecs Ru- 
théniens unis) , le gouverneur Schroeder en Russie-Blanche et 
l'évêque Russe schismatique Smaragde , assistés de l'appui mili- 
taire , convertissaient le peuple à la foi dominanle, tantôt en lui 
iburnissant de l'eau de vie gratis, tantôt en lui distribuant le 
knout (fouet) ; dans les Ueux où le clergé de campagne et le 
peuple résistaient opiniâtrement, ils s'emparaient des ^lises par 
force et exilaient les pauvres prêtres unis dans différents mena- 
stères russes éloignés , la plupart à Kourzk et à Voronége, où on 
leur avait déjà préparé des couvents comme lieux de pénitence 
et de tourments ; beaucoup d'entre ces malheureux (prêtres) , 
trop faibles contre la souffrance prolongée , passèrent au schis- 
me, d'autres y souffrent encore. Le prêtre Joseph Sosnowski , curé 
de KUschtchèlé en Lithuanie, docteur en théologie, et ci-devant 
o/^da/ du diocèse de Yyî/na , vieillard septuagénaire , fut enle- 
vé de son presbytère et emprisonné. Le prêtre Michel Onacéuicz, 



528 

doyen à GrOdno (Lfthaànie), priré et dépoui va de son bénéfice 
de Criilow , et dé tout ce qti*il possëdait^j^ôurut dé privationA 
et dé doûleàt : Ml itemme^t tes enftntt en bas àfge furent mît i 
là péHé ; Sokï beatt-fiUsle ptétre /ean Tamtxkiéwi, appelé au 
cdn^istôiirè à 2tf>^(sé (Lithuanie), y fut contraint aux plus bu- 
tnilia^ts Services cUuib les bâtiments du séminaire : revêtu d'un 
babit de paysan il sUblssàit la plus douloureuse enquête ; ques* 
tibnné journellement s'il ne voulait pas enfin passer à la relijgion 
orthodùte f nt pouvant rieti obtenir sur son zèle et Sa iermet«t 
on l'envoya connue diacre dans un couvent élmgné russe : sa 
femme et ses enfentt jont réduits A la mendicités Oui t nombre 
de docteurs et maîtres en théotoçie-, transformés en domestiques 
de la plus basse classe» remplissent les services les plus vils auprès 
des consistoires et des séminaires. Ceàt vingt prêtres Autbéniens 
unis présentèrent une supplique à l'empereur en le priant 
buinblement de nommer un éféque à la place de l'apèstat 
Siémattko; mais l'empereur remit la requête entre les mains du 
même SiemàizkOp et celui-ci dispersa ces prêtres dans différents 
cloîtres rosses pour y être tourmentés jusqu'à ce qu'ils consen- 
tent à se convertir auscbisme. On recherdie) en outre^ piariui les 
catholiques romains, tous ceux dont les mères et aïeules étaient) 
du rit ruthéuien uni, et par suite de TtiAose (ordonnance) sur' 
lesmariages mixtes, considérant l'Union déjà comme non exis- 
tante, on lés envisage comme provenant de tnariages ihiites, et 
piar un abus'dé pouvoir Inbui, donnant à la loi une extension et 
upe' forcé rétroactive, on les bblî^é de se convertir à la religion 
4é 1*Ëiat. Le^enijants catholic[ties romains, élevés dans les écoles 
et dàhs les corps de cadets, où tout leur est enseigné en langtie 
russe , priv^ d'aumôniers ou chapelains catholiques, oublient 
naturelleï]fkent le catéchisme , et les prières catholiques polonai- 
ses, car en laâgiiè russe il n'y a m livres de dévotion ni prières 
catholiques ; toutes lesniésUres tendent à dé^racinér la religion 
ainsi que la langue de nos ancêtres; un catholique dans l'empiré 
russe est presque au-dessous du juif^ un Polonais au-dessous du 
Càlinoue. \\ ** / 

Lé clergé et le 'pèii^te qui tient encore à la vraie foi au milieu 
de ce système de corruption çl de terreur, se découragent de plus 
en plus et sUccopnbent énfiii sous le poids : le goiivernementetses 
suppôts tâchent absolument de faire croire que la foi grecque 



rtiéèë et la hÔtHJ éôril là niêttiè tbos* ; depuis peu, oh TappêUé 

thème Cti{/^o/i^tté^/{dmâ{^'0/tcHfàf« : on veut lé persuader k 

ibtilefbrbé, cl 1^ esprits vacillent , iéui ihcêrlitddé s^actfolt i)à)^ 

là ebii^!^^àtlbii,x)iie tandis t]ue lé Séliit-Sié^ ayigouréuséthetit 

t^tbiësië totkkre lèil ^MpiétéMëùts dd pfbteéiahtisi^è à Coifo^é 

«t à PàïMj il ite lâèhi pas hhe ^rolè de blâme contre tlbè 

àposiaU, bi d*êltictmt^^èût atncMèlbâ ici. Si vdus trouy» 

tndyêh, faitèft éùtêûdk^ auï pieds du SàitiUPèkt notre Cfi de 

dëth»^! L'otdi'e de Sàint--Bàsne, téi antique cbàmpioh cottik'e 

le icilisfalé d*Ôrîèht , est iTtiVël*5é ; séè ihfembres éi^i's, fësièà 

fidèiéS & là foi ; gémissent dàUs Te^U, leiii- parole ne peut plù^ 

ihlUter ponrlàvï^e initf^èttbh l:'elr{^léiiSè ; une, ptu^ puistôniéét 

infaillible, pouffait seule ëiicorc arrêter et saûrei- Ceux qui déjà 

ont tin pied dails Tâblme. Dieu m'aide! dané meà dérnièrfl 

moments, èbmme je lie ioûi dià fien que là pure et triste Viérité, 

je me fais tttl Cas de eobsciénèè de he pas laisser ëchappet* Cette 

unique occasion qui , àû niilieu dHnnoilibrables obstacles , èé 

présenté à moi pbtii^ fzlire enténdi^e ma voix loin au-delà des 

frobtiëré^, Càf ici personne n'osé ouvrir h boncbé, étlamoindt'é 

manifestation d*(ihe Opposltibù passive aux vues du ^UVe^né* 

inëiit est punie pdr la déhiititiOh et rèlil. 

L'Eglise grecque vient de redonqitéi'ir les Unis dans l'empité, 
et âhné notre district atust un colonel est chm-gë d'inspecté si 
le tiotitéÀii ril «»t âdèlément iititi par les curés des pâft)iiAéi(; 
OuèlquëS i^CàlcUràîiii ^ àommément les curéi Urbancntski et 
MâckiéWi^t, Obt été mbfiét^ pai* la gendarmerie à Kieif.d où iV 
dit t^iili^ se^ôtit ëtiVôyi^ à itouVsk^ o(î Vcmpéreur leur à fdit 
désignée tin Coùrètit, dil il« pôQf i*«iit suivre 1« rite d'Occident 
iHé tèûléùt K'y ébStillSfi Céi malUciortfux laissent f^hnAèë éC 
èilfiittls dàiis lit pInS griAfidé mîsèh^. 

On joint la note dèé pÉLuVréi CUfëSgrecS Ubis chttssé^/ 

iHib^ts, émpH^ndëA, dégMdés delà pfêlrise, tous pour A'à voir 
'pAa V6ula kîgiiéi* lâir kdbësiori àU ëèhismtf de PHètius, et avoir 
HébAnit baiitemétt^ Rdme priiir l'Église Aposlbliq^ié; Ils désire* 
tiiéàt que lèiir sotimlàitioA fi\t counue dd Saînt'-P^e , h\tii\ que 
léUf fidélité. Il y t) déUt cUi'és du hom et des drmeé d^ Zsbieao, 



S50 

Vuç est père de huit enfants , l'autre en a aussi ; le premier { 
yënérable pasteur, avait la cure de Swislocz , qu'il gërait depuis 
douze années; l'autre possédait celle de Mscibow. Après bien 
desjQaenaceset bien des promesses tour à tour, après qu'on leur 
eut plusieurs fois promis une impunité entière , pourvu qu'ils 
adhérassent aux dogmes nouveaux, sinon de £aiit, au moins de 
nom , s'ils ne consentent pas , en les chassant de leurs cures , on 
les retient prisonniers, les faisant grossièrement travailler, 
ensuite de quoi plusieurs sont morts sur place. Le curé Alexandre 
BaroDOwsky , ci-devant curé à Bobre , district de Lida , est.mort 
en réclusion à Zyrovrice. Nicolas Wierzbicki , curé à Wielki-Las, 
autrement Dabrowa, est mort de frayeur au moment où l'on 
devait l'enlever. Adam Plyszewski , curé à Swirony, prédicateur 
à Zyrowicc , est mort à Bytèn , en réclusion. Jean Ratkiewicz , 
curé à Labiada, district de Lida, est mort à Bytèn, en réclusion. 
Sosnowski y est mort aussi. L'éVêque Zarski est mort à Bytèn , 
non en réclusion , mais de désespoir, pour ne s'être pas d'abord 
aperçu de quoi il s'agissait. Alexandre Zabietio est relégué à 
Borki , pour y servir conuue Dziak auprès du curé Dylewski , 
district de Slonim, homme dur, implacable ; sa famille est épar- 
pillée et dépossédée. Il y a encore un second Zabietto , f fère du/ 
premier, Clément persécuté et pris, mais il a moins d'enfants. 
La liste ci-jointe est de la main d'un des malheureux. Les enfants 
de Zabietto n'ont plus ni moyens d'existence ni d'éducation ; il 
y a beaucoup de gens dans leur triste cas. 

Les [Mrètres ci-après ont été emmenés du diocèse de Lilhuanie 
dans celui de Potock : du doyenné de Dzismin, l'abbé Jean 
Obuch , doyen ; du gouvemementde Witepsk , district de Lepel, 
l'abbé Antoine Korzun , l'abbé Antoine ]>owhiato ; du doyenné 
de Potock , les abbés Âlichel Loski , Stratanowicz , Chnicki , 
Stulginski, Kozakiewicz , Murawski , Mancewicz , Jacques Niko- 
nowicz , assesseur au consistoire et doyen de Lepel ; Etienne 
Pleszezynski , doyen de Dryzno ; Makowiecki , doyen de Potock 
et Oswiej , André Nikonowicz , député. 

. Le nombre des prêtres enlevés et relégués dans différents 
gouvernements, et nommément dans les gouvernements de 
Koursk , Mohilew , Grodno , Witepsk et Minsk , s'élève à peu 
près à 160 individus. Les premiers qu'on ait envoyés dans le 
gouvernement de Kurslç , sont : l'abbé Jean Ihnatowîcz , asses- 



551 

leur au consistoire de Potock, et Aâam Tomkowia » inspecteur 
au séminaire de Potock. 

M* 41. — DECRET IMPéaUL DD 5 MAI ISiO PODE LE DIOCk&B DB CHELM 
(lB seul do rit CREC U.fl DANS LE ROTADMB DE POLOGNS) , QUI OB- 

donne: 1* l*£eectio!< d*£cuses grecques orientales; 2* l^mteoduc* 
tîok la!fs les lêclises grecques unies db ce qu*oif appelle les 
Porte» Orienialei; 3* la DisraiBirrioN de certaim subsides aux pa- 
roisses GRECQUES UNIES POUR L*ACQUISITION DB DIVERS 0BIBT8 N^ES- 
SAIRE8 AD CULTE, A CONDITIOH TOVTBrOlS QOB TOUT SERA CORFOtMB AU 
RIT SB l'église ORIENTALE. 

Le prince lieutenant a fait part, au Conseil administratif du 
royaume de Pologne/de la volonté suivante de Sa Majesté l'em- 
pereur de Russie : Vu le nombre restreint des Églises grecques 
orientales dans le gouvernement de Lublin , oà la masse du 
peuple est principalement de cette croyance ; vu le grand nom- 
bre de régiments qui sont destinés à occuper ce même gouverne* 
ment, et dont les chapelles se trouvent souvent élevées dans des 
maisons appartenant à des juifs ; 

Il est ordonné de bâtir dans chaque endroit 6xé d'avance pour 
cette destination , des Eglises grecques orientales , en commen- 
tant par la ville de Chelm , où se trouvent deux états-majors de 
l'armée en permanence. Une somme de soixante-<]uinze mill^ 
florins est destinée à cet effet pour la première fois. 

Eu égard à la demande faite par le recteur du séminaire grec 
uni à Chelm , il est ordonné d'agrandir les portes impériales 
(ykonostaz) de l'église paroissiale de Saint-Michel à Chelm dans 
le but de (aciliter aux séminaristes l'acquit des usages et du rit 
de l'Eglise orientale , et de livrer à cet effet une somme de 
13,800 Oorins. 

Eu ^ard à l'état de pénurie dans lequel se trouve un certain 
nombre de paroisses dans le diocèse de Chelm , il est ordonné 
de délivrer à chacune de ces paroisses une somme de 4000 florins 
destinée à l'érection des portes impériales et à l'achat d'un cer- 
tain nombre d'objets nécessaires au culte, à la condition absolue 
que le tout sera organisé d'après le rit de l'Eglise orientale. 
Quant aux prêtres qui ont témoigné eux-mêmes le désir d'obte- 
nir ces secours du gouvernement, une somme de 2000 florins 
doit leur être délivrée pour cette première fois avec l'autorisa» 



55S 
tteii de ^^c«étttêf tinè ëcttiàûtle d'aOgrfténUÛdtt de «éeôbW, fti lé 
besoin s'en faisait sentir. 

Conformément au rapport de Tévêquc, il est ordonné d'orga- 
nijèr dans le Voisinage de iVgtise une ^cole pôUr lès chanteurs 
de IVglise, en destinant à cet effet 6000 àorins pour l'érection de 
la maison et l3,èS0 pour rcptretien de Técole. 

N» 4f« — BfOOtTt ntt^Éinik tH î%k\ kt tbssïsTOttiÈ ECCLÉitàSti^oK 

CàTBOLîOWS I»^AÏ» t>t MO«tlLEW» PÀB tî» tàROltetkSS t8 L*EGL18B 

DB haltkitcb, DinniCT db Hbtttttw, AHH b'ÈTHB ifA^wiist bAKi le 

PAISIBLE EXERCICE DOlCULTE CATHOLIQUB AÔilÀtff , ï>i tÔtJt tEÏfrS I»à0- 
FESSâ PAR EOX. 

A la fin d» l'année 1840 b corotnission de pefqiilsitbft établie 
sous k présidence du colonel TrouchatcheVr vint pair ttûtt dé 
monsieur le gouvemeut crvil de Mohllew siéger à Blâlyfiitlè , 
pour découYt^ir les paroissieni des églises nouvelltmetit f^Uniefc 
à l'Église dominante, qm étaient passés du rit ci-dévani gfet «toi 
au rit romain : ccue commission défendit aui prêtifcé Catholi* 
ques romains de nous recevoir à confesse, et dëdàtA qUé nôU^ 
devions accûnlpUr tous les devoirs de la religion , nnn dâfti Vé- 
gli«« catholique à laquelle nous appartenoni pat ttotïe cwyâncët 
mais dans les églises orthodoxes , quoique hôUs tt'aybni Jàinàis 
5îlé grecs trais , que nous n'ayons jàrtiaii adopté tB rh, ètqtoè 
nous n'ayons jamais païllcipé â aucune térémbnle de t^ fit , 
mêm« tcmporaif eraent , car noui avons tôujdili's proféiéé Uni- 
quement la TcUgioh ckithoUque wmaine. Tout cela a ^lé exigé 
de nouai cdmiàB \i apparaît aujourd'hui , païté que lès prèles 
tïëo-brihodoxe» (*) de Blaly nîtiè btot dressé secrètement une liste 
de noof tous V anciens caiholiqués, et Vont présentée à laCotti- 
mission de perquisition en nous désignant comme des pèMbUnes 
qui ont passé du rit cidcvani grce uni , lâns en cxtepter faiêtoe, 
i l'étonnemènt dé tout le monde, des persbnnes <iUl sdbt altà- 
chéeé atl iertice d« églises ctttholiqaes. Ladite CommiséibU, 
sans nbUï questionner et. sans ftlr* Une enquête, si nouà 
avionk été véritablement tôUjoUrteaiholrques romains , ou si 
quelqu'un de nous avait changé sa première rellgiott (où Si ttbè 
enftnts ont été grecs unis), sanà eiiger de*i»fôtre4 caiholi^tieé 

(*) Ct»t afnsî qu'on di«»ignc !« pfÀrCs èiioslals ilti rit çiec ùui. 



555 

romains rexhibition de leurs rostres de baptême, pour se con- 
vaincre par quels prêtres nous avons été baptisés , iions et noë 
enfants « en un mot, sans faire la moindre investigation, décida 
secrètement que nous étions tous passés du rit grec uni, et en> 
voya l'affaire au gouverneur. Elle s*est fondée uniquement Sur 
là liste dressée par les prêtres néo-ortbodoxesy sans aucune con- 
viction que leur déoUratioB est conforme à la vérité. A cause 
de cela hous n*exerçoBS aujourd'hui aucune religion, nous 
sommes navrai de tristesse, d'abattement et des tourments de la 
eoùsciencec ce lualheur surpasse tous les autres ; nous sommes 
nés dans la foi de boa àneèUrês catholiques romains j nous avons 
professé touJoUirs cette foi» et nous désicons de mourir dans le 
girOn de la même Eglise sans aucun changement, en professant 
ses dogmes, jusqu'au moment où il plaira au Tout-Puissant de 
mettre Un terme à notre vie passagère dans ce monde; 

Attendu que les lois de notre très^gracieux empereur , vol; 1 , 
art. 44 et 45 1 et de ses ancêtres accordent à tous les sujets de la 
Russie^ qui n'appartiennent pas à l'Église dominante , la liberté 
de professer la religion de leurs ancêtres, en bénissant la domi- 
nation des monarques de Russie et en priant Dieu pour la pros- 
périté et la puissance de l'empire , attendu que de ce bienfait 
jouissent plusieurs millions de sujets , et que notre patrie se glo- 
rifiet dans tout l'univers, de tolérance; nous sommes remplis 
d'espérance, que» n'ayant jamais appartenu au ritgi-ecuni, 
nous ne sei-bnS pas prités du droit de jouir de cette grâce de 
notre monarque, et de publier la démence de Sa Majesté impé- 
riale ; pour cela j comtne catholiques, nous réclamons la protec- 
tion du consistoire , et nous supplions tiès-huœblement d'exami- 
ner notre position et d'intercéder pour nous auprès du pouvoir 
iécuUer, afin qu'il ordonne de faire une nouvelle et sévère en- 
quête sur la déclaration col}traire à la vérité des prêtre» néo- 
orlhodoxes de Bialynitze » et de désigner à cet effet des députés 
ecclésiastiques conjointement avec des employés du gouverne- 
ment intègres et consciencieux , de quelque confession chrétienne 
que ce soit; enfin de nous laisser la liberté de professer la reli- 
gion catholique ronlaine , qu'ont professée nos ancêti-es , et de 
ne pas nous défendre d'accompUr les rites de notre religion, 
comme nous l'avons fait jusqu'à présent en vertu des lois bien- 
faisantes de l'empire» 



3S4 

N* 43. — REÛOéTt PRÉSENTÉE EN LA MÊME ANNÉE, PAE LES PAROISSIENS 
. CATHOLIQUES ROMAIN» BE WORODZEOW, DISTRICT D*18CQERIK0FF , AO 
IK)TBN DE LEOR ÉGLISE, A L*OCCASION DES MAUVAIS TRAITEMENTS EMPLOYÉS 
PODR LES CONTRAINDRE A EMBRASSER U RELIGION GRECQOE RUSSE. 

La Commission composée d'employés du gouvernement de 
Mohilcw, savoir : le chef militaire du second arrondissement, 
ïieutenant<olonel Konarokoff, le commissaire de police du se- 
cond arrondissement du district de Tchérkofif , Koliada, et en 
fait d'ecclésiastiques nouvellement passés de l'union à l'ortho- 
doxie , Boreïko , prêtrfe de l'église de Droboselsk, Bogdanowski , 
prêtre de l'église de Potsoltowxk, et Stratonowitch , prêtre de 
l'église de Worodikow , s'étant établie au village de Glupiki dans 
la maison du propriétaire Jot. Wamajinitch nouvellement con- 
verti de l'union à l'orthodoxie , nous fit sommer tous, hommes, 
femmes , enfants , de comparaître en sa présence ; cette somma- 
tion nous fut signifiée par le commissaire de police Koliada,' at- 
taché à la Commission en qualité d'huissier, et par les employés 
■subalternes de la |k)lice du lieu , centurions , décurions, qui em- 
ployèrent A notre égard toute espèce de traitements grossiers et 
trataux , et se portèrent même à des violences inouïes contre 
plusieurs d'entre nous qu'ils maltraitèrent de coups ; ils nous 
chassèrent comme des criminels de nos domiciles, nous obligeant 
à comparaître immédiatement devant le tribunal à des distances 
de 15 et de 26 werstes! Une fois en présence de la Commission , 
'sans nous déclarer pourquoi on nous avait ainsi fait emmener un 
à un, par l'entremise du nommé Zakilinski, inspecteur du même 
-village, on exigea de ceux qui savaient écrire qu'ils signassent 
eux-mêmes, et de ceux qui ne savaient pas écrire, qu'ils prêtas- 
sent leurs mains à d'autres pour leur faire signer, au moins de 
cette manière, un papier préparé d'avance où il était dit que nous 
désirions, de plein gré , passer de la religion catholique romaine 
à l'orthodoxie : mais nous, dont les ancêues ont de tout temps 
professé la religion catholique romaine , nou- avons tenté de 
nous opposer à cette injuste exigence , refusant de signer le pa- 
pier qu'on nous présentait ; alors il nous fallut essuyer, de la 
part des knembres mêmes de la Commission , toutes sortes d'in- 
dignes traitements, des injures grossières , principalement de la 
part de» prêtres qui ne taisaient pas difficulté d'avilir leur dignité 



535 

en prononçant des paroles de la dernière inconvenance , et dei 
imprécations contre rÉglise catholique ; ensuite on nous uiit 
aux fers, on nous enferma , par un froid des plus rudes, dans 
des bains non chauffés que Ton rempUssait d'une fitmëe fétide 
et étoufiante ; on nous menaça de nous faire battre de verges, 
de nous envoyer à Mohilew et de là à Witepsk après nous avoir 
fait subir la peine du fouet ; à ces menaces on joignit force coups 
et mauvais traitements , en un mot un criminel même n'endura 
jamais autant de souffrances que nous pendant ce temps où l'in- 
humanité de nos bourreaux nous retenait trois, quatre jours aux 
fers , souffrant la famine, le froid et les injures ; en sorte que 
plusieurs d'entre nous tombèrent grièvement malades, d'autres 
sont encore en danger de mort , et d'autres , plus malheureux , 
incapables de supporter tant de maux présents et redoutant 
ceux qui les attendaient encore , consentirent enfin, ceux qui 
savaient écrire à signer pour eux, leurs femmes et leurs enfants, 
et ceux qui ne savaient pas écrire, à prêter leurs mains à Stra- 
tanov«ritsch et aux autres prêtres, ainsi qu'à Wamajinitsh Zaka- 
linski , aux huissiers et aux autres personnes étrangères qui se 
prêtaient à cette manœuvre , sans doute dans l'espoir de quel- 
que récompense. D'autres encore furent contraints, par les 
mêmes menaces et violences, de signer à domicile ces mêmes en- 
gagements , qui furent ensuite présentés à la Commission. Après 
quoi il nous fut signifié que nous n'appartenions plus à la com- 
munion catholique romaine , mais que nous avions passé dans 
le sein de l'orthodoxie, que nous devions désormais aller aux 
églises paroissiales ; défense expresse faite sous les plus graves 
peines d'observer en quoi que ce soit le rit latin, ou de recevoir 
jamais quelque secours spirituel d'un prêtre catholique. Main- 
tenant donc, nous voyons par l'ukase même du consistoire ca- 
tholique romain de Mohilew , qui nous a été signifié dans l'é- 
glise paroissiale de Worodzkow , que cette G)mmission a été 
formée , non pour amener avec violence à l'orthodoxie les per- 
sonnes professant la foi catholique romaine, mais uniquement 
pour dresser des registres où seraient inscrits les noms de tous 
ceux qui seraient revenus à l'orthodoxie , ainsi que de ceux qui, 
ayant quitté l'union , auraient embrassé la foi catholique , et 
cela dans le but de les ramener par conviction à l'orthodoxie. Il 
s'ensuit que nous, dont l'adlié^iion a été arrachée par la vio- 



556 

l«nce, oout ne pouvons d'aucune manière élre considérés 
comme unis à l'orUiodoxie à laquelle nous déclarons ne vouloir 
{>oint appartenir , désirant au contraire de demeurer toujours , 
BOUS et 1106 lamiiles (à l'esceptioo de ceux qui soni obligés d'ad* 
li^ror à l*ortbodoxie), attachés à la religioD catholique romaine i 
que noe père» ^t professée. 

- C'est poarqitoi , humblement prosternés aux pieds de Votre 
Aéréreace, nous tous sopplionsi comme pasteur de vos ouailles, 
de vouloir bien nous soutenir dans les démarchesque nous tou- 
Ions faire pour détruire les engagements qu'on nous a ainsi arra- 
chés , nous le répét^tts\ par des moyens aussi cruels que con- 
traires aux lois. Nous tous conjurons aussi d'appeler l'attention 
de l'autorité sur la conduite des membres de la Commission, 
principalement des prêtres qui s'étaient fait les instigateurs de 
tontes les mesures illégales dont il a été lait mention, et d'obtenir 
qu^une enquête, sous la direction d'un député ecclésiastique 
catholique romain , prenne connaissance de ces fûts , et dé- 
couvrant la turpitude des coupables les livre au jugement des 
lois.. 

Quant à nous , nous tous supplions de ne nous p<Hnt exclure 
du nombre de vos ouailles dont nous n'avons jamais cessé 4e 
faire partie, mais au contraire de nous coDipter toujours d'après 
les registres de la paroisse parmi vos paroissiens les plus atta* 
"chés, désirant. de rester tels jusqu'au tombeau. 

Si^ni par 64 personnes, tant nobles que paysans. 

24* 44. — ÀUTEE REQOÊTB PAREILLE DES PAROISSIENS DÉ L*£GLISE DE 
RASNO, DISTniCT D^fSCHERIKOFF. 

L'année passée 1840, au mois de décembre, la Commission 
installée dans la maison paroissiale de Symonowski , et composée 
du lieutenant-colonel Kakurakine , de l'archiprêtre Bbreïko et 
du prêtre fiogdanouski , nous a ordonné de comparaître avec les 
gentilshommes voisins de cette contrée : là, IVIM. les commis- 
saires nous insinuèrent que le gouvernement ordonnait de passer 
k la rehgion orthodoxe. Nous répondîmes que |iuisque nos an- 
cêtres n'avaient jamais appartenu au rit grec uni, ni à la religion 
orthodoxe, que nous étions baptisés par des prêtres catholiques 
romains, et que noui professions toujours cette religion, nous 



357 

^e pouTiQOi donner p^rcilU signature. On nous annonça que le 
gouvernement nous punirait sévèrement : après cela , voyant 
notre indignation de ce procédé , on nous mit aux arrêts pour 
kMlgtflQiin» Nous y résumes josqn'à ce qu'un certain genlil- 
h«mme,^ aommé Mytgailo , donna en notre nom la signature 
exigée, sans toutefois que nous y eussions consenti, puisque nous 
|Mtnon9 pu signer noa9-roéme8; si noos avions consenti 4 passer 
lâUns la religion orthodoxe. Quel était le contenu 4u document 
•^u4 en notre nom pax; Mysgailo, nous Vignorona ; tou^ nos 
iUK»tres et QQS parents ont professé la religion catLoUque ro- 
maine , Ul P*çat jamais changé de religion , et lU n'ont jamais 
donné volontairement de pareilles signatures , et ce n*est qu'en 
cédant 4 la violence qu'a signé en noire nom le susdit Mysgailo, 
Itona jjw^ &isQna savoir tout ceci, Monseigneur le curé, parce 
q^ue vous êtes notre confesseur» et nous vous supplions de nous 
accorder yolre protection afin qu'<^ ne noua force pa3 dfq passer 
dam U religion orthodoxe. 

fii* 4IS^ -<- At7.B( aK<KQ^K soa lb niuK swn , Apaass^js ao costsuroiat 

jtWQrr 

X«e c^ef dfi deuxième arrondissement do gouvernement de 
l^qhijkiit, Ueutenapt colonel I^uraliine » avec le Sunovoi Pris- 
laye (çomi)9Usai.re de police n^rale) , et en iait d'ecclésiastiques 
Ict pi:élrfs nouvellement passés du rit grec uni au rit ortlio- 
doxe^ lavoir : de l'église de Dobroselsk , l'archiprétre BoreïKo , 
et de r^fUse de Podsoltowsk, le prêtre fiogdanowski, nous ont 
ordonné de comparaître devant eux j on nous a fait subir de 
cruelle^ vexations, et ils nous qnt extorqué la signature que nous 
pasÂQ^ de la religion catholique romaine à la religion orthodoxe ; 
mais patce qi^e npua professons depuis notre eniance » comme 
fuaù nw Pf^rçs ont professé i la r^^ligion catholique romaine , et 
que noui^ ne voulons pas la changer ; pour cela nous suppUons le 
coosiatoice d'aonuller la signature extorquée par la force et la 
cruauté I d*?o ^U'e son rapport où de droit, et d'ordonner aux 
çiués dea pa4*oisses de Worodzko^ et de Rasno qu'on ne nous 
]^ve pas dea Sacrements de notre religion. Pour s!assurer que 
DO^e «igfiaktvre «^ ét^ ^torquée» nous prions de faire faire une 



558 

«nquèt« sur les lieux, mais avec l'assistante d'un députe de la 
part du clergé catholique romain. 

N' 46. — «APPoaT PUT lb26 février 4841 au n^TROPOLiTAni, sur ta 

REQUÊTES SOt-MENTlONAÉES, ▲ JlOIfSBIGMEUR PAWtOWbKI, PAR :B COlf- 
SlfTOlRI DE HOHOEW. 

Le consistoire de Mohilew , après avoir reçu les documents 
suivants, a mis en délibération ; 1* le rapport envoyé par le 
doyen de Mscislaff, le prêtre Kinsing, en date du 9 janvier 1841 , 
N*6, dans lequel il écrit que le supérieur de TégUse de Wo- 
rodzkow , le cLanoiné Kolankowski , l'a informé ^ue dans sa 
paroisseon avait établi une Commission composée du lieutenant- 
colonel Kakurakihe /de l'archiprêtre Borelko , du prêtre de l'é- 
gUsc de Podsoltowsk, Bogdanowski, du curé de l'église de Worodz- 
kow, Stratanowitz, et du commissaire du deuxième arrontdisse- 
ment, Kolada, afin dlncorporer'à l'église orthodoxe les personnes 
qui sont passées du rit grec uni au rit catholique romain. Soiis ce 
prétexte on fait violence aux personnes dont les pères et les an- 
cêtres ont toujours professé la religion catholique romaine, on 
emploie toutes sortes de moyens, surtout auprès des pauvres, tant 
nobles que paysans, qui ne savent pas lire ni écrire ; on les forcfe 
de donner leur signature , comme quoi ils consentent à rentrer 
dans le giron de l'Église orthodoxe; tout cela on l'exécute saiis 
un député de la part de l'ÉgUse catholique romaine. Pour em- 
pêcher tout ce désordre , le Décanat insiste pour qu'il soit fait le 
plus vite possible des représentations où de droit, et il demande 
qu'on permette aux personnes qui ont été forcées de donner de 
pareilles signatures , d'accomplir les devoirs de la religion catho< 
lique romaine. 2* Un second rapport du même supérieur Kinsin g, 
en date du 13 janvier, N* 12 , et un rapport du prêtre Zaremba, 
curé de Kritcheff, qui fait savoir que la susdite Commission , 
après avoir établi son tribunal dans l'enceinte de Glupiki, a fait, 
au moyen de vexations, des conversions à ia religion orthodoxe 
parmi les paroissiens de KritzolT, surtout parmi les gens pauvres 
qui ne savent ni lire ni écrire, tant nobles que paysans , et les a 
forcés de donner leurs signatures comme quoi ils consentent à 
embrasser la religion orthodoxe, sous prétexte que ces gens sont 
passés du rit grec uni au catliolique romain. 3» Le rapport du 
prêtre Bychowetzki, supérieur de l'église deSmolany, en date du 



539 

15 janvier 1841, N'* 3 , dans lequel il énonce que le prêtre nëo- 
ortBodoxe, curé de Tëglise de Welikoccls, Jacques Melanto- 
vilz, lui a envoyé une communication en date du 11 janvier» 
N* 1, dans laquelle il lui fait savoir, que plus de ZO personnes 
sont passées de la religion catholique romaine à la religion 
ortliodoxe , que ces gens demeurent en partie dans le district de 
Senno et appartiennent à la paroisse de Smolany ; il exige donc 
qu'elles soient rayées des registres paroissiaux catholiques ro« 
msdns; pour cela le supérieur, Bychowetzki, soumet à la décision 
du consistoire la question de savoir sMl a le droit de rayer les 
personnes qui ont été confiées à lui et inscrites dans les registres 
de paroisse comme catholiques romains, sans le consentement 
de ses supérieurs , et de sa propre autorité , en se fondant seule- 
ment sur l'exigence du seul prêtre susdit , et surtout en consi- 
dérant les circonstances suivantes : (a) que le commissaire du 
district de Senno , Skripnikoff, avec deux prêtres néo-ortho- 
doxes, Strichorovitz et Slavetzki, ont parcouru, sans aucun 
député catholique romain, toute la paroisse de Senno, et même 
sans le faire savoir à lui , curé catholique ; qu'ils ont rédigé à 
volonté la liste des personnes qu'ils ont voulu faire passer dans 
la reUgion orthodoxe ; (6) que le prêtre Melantovitz , tout en 
envoyant la liste des personnes, n'a cependant cité aucune 
preuve de leur libre consentement, ni aucune autre; (c) que la 
susdite Commission , en parcourant le district , a traîné avec elle 
plusieurs personnes comme prisonniers, après leur avoir mis le 
bois aux pieds, et que partout elle a donné des preuves de la par- 
tialité de ses procédés. A cause de toutes ces vexations, craignant 
d'être responsable devant Dieu et devant ses supérieurs, le 
prêtre Bychov«rctzki supplie le consistoire de lui donner des in- 
structions , comment il doit a^T en pareil cas , et lie mettre un 
terme, en se fondant sur les lois, à l'incertitude dans laquelle il 
se trouve. 4*> Un rapport du chanoine Kolan> owski , supérieur 
de l'église de Worodzkow, du 9 janvier, N° 4, avec la supplique 
des paroissiens de cette église , tant nobles que paysans du dis- 
trict de IscherikofT, dans laquelle ils portent plainte contre la 
Commission , composée des employés civils : le lieutenant co- 
lonel Rakurakine , le commissaire Kolada et les prêtres néo- 
orthodoxes Boreïko , Bogdanowski et Stratanowitz. 5° Un rap- 
port du prêtre Eysmon te, du 15 janvier, N*3, avec la supplique 
II. 22 



310 

deipaioissiens du ilistricl de Isclierikoff. 6» Un rapport du même 
curé Eysmonte, du 6 février 1841 , N» 5 , avec la relation de la 
Commission établie pour faire retourner à la religion ortbo- 
doxc ceux qui sont passés au rit latin, avec une liste de 188 
personnes ; la Commission exige de les rayer du nombre des pa- 
roissiens catholiques romains, et défend à leur curé et à son 
Tkaire de leur prêter les secours spirituels de rÉgfise catholi- 
que romaine,^ parce qu'ils sont déjà réunis aux orthodoxes, 
«près avoir donné leurs signatures envoyées au gouvernement. 
7* Un rapport du chanoine Kolankowski , supérieur de Téglise 
de Worodikow , du 2 février 1841 , N« 6 , dans lequel p dit : 
qne la Commission établie pour faire retourner k la religion or- 
thodoxe ceax qni sont passés au rit latin, lui a envoyé une liste 
de 803 personnes, soit retournées à l'Église orthodoxe, soit an- 
dens catholiques entrés dans cette Église, en exigeant de lés 
rayer du nombre des paroissiens , attendu qu'elles appartien- 
nent À son Église , et en défendant au curé de leur célébrer Vof- 
fice catholique romain , parce qu'elles sont déjà réunies aux or- 
thodoxes, ayant à cet effet donné leurs signatures envoyées au 
gooTemement. Le chanoine, en transmettant tous ces documents 
en original au consistoire , lui fait savoir : qu'ayant reçu du d^ 
canatdel8cherikoff,le9 janvier 1841 , l'okase du consistoire 
•ousN* S398, en date du 20 juillet 1840 , il avait promulgué cet 
nkàse par trois fois dans l'église. Les paroissiens, après en avoir 
écouté la lecture, ont protesté à haute voix dans l'église que 
tous, tant nobles que paysans, ont été forcés par des moyens in- 
humains et par des vexations, à donner leurs signatures pour 
entrer dans FÉglise orthodoxe, et quoique , non pas librement 
mais seulement pour échapper à de cruels tourments, ceux qui 
lavent écrire aient signé, tandis que les autres ont présenté leurs 
mains, cependant ni les uns ni les autres ne veulent professer la 
reUgioB orthodoxe. Ils ont présenté des suppliques en deman- 
dant de les envoyer où de droit pour annuler leurs signatures. 
Quoique le susdit ukase ne,défende ps de prêter aux personnes 
qui effectivement appartiennent à TEglise catholique romaine les 
secour 5 spirituels , jusqu'à la décision du ministre des affaires in- 
térieures, qui aura lieu à la suite de la relation présentée par 
Monseigneur le métropolitain à ce ministre , quoique pour cela 
le chanoine, en se fondant sur les registres primitifs, compte 



341 

toutes IfS personnes qui ont donné leurs signatures au nombre 
des anciens catholiques romains , qui n'ont jamais fait partie de 
l^lise orthodoxe, puisque la Commission elle-mcirte les nomme 
catholiques romains dans le titre de ses registres en disant : la 
liste de quelques anciens catholiques romains ; cependant , pour 
éviter la responsabilité devant les supérieurs , il ne peut pas se 
résoudre à porter les secours spirituels aux personnes qui sont 
inscrites dans les susdits rq^istres , jusqu'à ce qu*il connaisse la 
décision du consistoire, et pour cela il demande de la lui envoyer 
le plus tôt possible. 8* Une supplique des paroissiens de IVglise 
de Blalynilte. 9* Une supplique des nobles du district de Ische- 
rikoff, présentée au consistoire de Mohileff. 

Le consistoire a décidé : attendu que dans de pareilles circon- 
stances , il â fait déjà ses représentations à Votre Eminence et 
que vous arcï bien voulu entrer eh correspondance avec Mgr le 
dirigÊànt^u ministère des affairée intérieures en demandant une 
décision à l'égard de cet objet très-grave , le consistoire jusqu'à 
celte décision ne peut donner aucune solution ni aux rapports 
ni aux suppliques des personnes qui ont professé jiisqu'à présent 
la religion catholique romaine , et à cause de cela il soumet en 
original tons les rapports et les suppliques des paroisses de Wo- 
rodikow, Hamo et Bialynitze à Votre Eminence pour en dé- 
cider. En même temps, le consistoire a donné des arrêts au 
doyen Keyseman , au chanoine Rolankowski , et au prêtre de 
Rasno , Eysmonte , portant que jusqu'à la décision de V. E. le 
consistoire ne saurait donner aucune réponse pour les cas susdits. 

Ce rapport est signé par les vicaire chanoine Laski , assesseur 
Brinu , assesseur Wroble\vski , secrétaire Ostankoiwitz , N" 859, 
le 26 février 1841. 

N* 47. — AUTRE PAREIL DO î> AVRIL DE LA NÊUB AN.\ÉE. 

Après avoir envoyé à Votre Excellence le rapport du 26 fé- 
vrier, N" 869, avec les suppliques des paroî^siens catholiques 
romains de Worodzkow , Kasno et Bialynitze, se plaignant 
qu'une commission sans député catholique romain les avait for- 
cés de passer à la religion orthodoxe , le consistoire a reçu une 
communication du gouverneur de MohilefFdu 27 février, N*'532, 
avec la copie des signatures des personnes revenues à la reli- 



542 
gion orthodoxe dans la paroisse de Bialynitze ; le gouverneur 
exigeant d'ordonner aux prêtres catholiques romains de ne plus 
recevoir le» personnes nommées dans la liste ni à confesse ni à 
la communion, et de ne plus leur célébrer l'office catholique 
romain. Le consistoire a observé qu'on avait inscrit sur ces Ustes 
de paroissiens de Bialyniue , prétendus revenus à la religion or- 
thodoxe , 443 personnes des deux sexes pour lesquelles , étant 
illettrés, avait signé le chef du village (Voyte) Clime , fils de Jean 
Kossakowsin, et comme témoin le noble DomikeviU, pour 
certifier le commissaire de poUce Werewkine, et le prêtre or- 
thodoxe député Vinceht Wiscnewski. Le consistoire a envoyé 
ces listes à \otrc ExceUence le 17 mars, N» 1358, endeman- 
dantdes insîructions pour ce cas ; en même temps le consistoire 
a fait part de sa démarche à M. le gouverneur civil. Sur ces 
entrefaites , le chef miUtaire du troisième arrondissement, co- 
lonel Troukatcheff, a demandé au consistoire d'envoyer pour 
le 3 mars un député de la part de VÉgUse catholique romaine à 
Bialynitze, afin de finir l'affaire relativement aux paroissiens pas- 
sés du rit grec uni au rit latin ; le prêtre député KonceviU étant 
tombé malade , on a désigné pour le remplacer le prêtre MarUii 
Wicliamowski. Ce député écrit dans son rapport du 19 mars que) 
tous les membres de la Commission de Bialynitze ont décidé en 
vertu de l'ordonnance du gouvernement , de faire signer les ha- 
biunts de Bialynitze, marqués comme ayant passé du rit grec 
uni au rit latin, de même que les prêtres de Bialynitze (ainsi 
que l'a fait le curé Kowalski), pour qu'ils ne prêtent plus des 
secours spirimels à ces personnes, et ne les reçoivent plus à 
confesse. Cependant les paroissiens ayant été mandés et ayant 
comparu par devant la Commission, la plupart ontdédaré, qu'ils 
sont fermement résolus de rester jusqu'à la fin de leur vie dans 
la religion cathohque romaine qu'ils professent aujourd'hui et 
dans laquelle ils sont nés. Après cela la Commission a seulement 
pris les signatures de ceux qui ont avoué avoir changé le rit 
grecuniaprès l'année 1793. En passant en délibéraUon, la Com- 
mission a élevé des doutes relativement à la religion des enfants 
nés des mariages mixtes. Le député Wicliamowski a cité l'oi-don- 
nance du synode promulguée dans l'ukase du collège catliolique 
romain du 10 juin 1834, N» 1276, que les enfants nés de ma- 
riages mixtes doivent être baptisés et instruits : les fils dans la 



343 

religion de leurs pères , et les filles dans la religion de leurs mè- 
res ; mais le député de la part de la religion orthodoxe a présente 
son opinion par écrit en proposant de suspendre toute la pro* 
cédure de la Commission parce qu'elle avait déjà reçu les signa- 
tures de tous les paroissiens comme quoi ils avaient professé 
toute leur vie la religion orthodoxe , et que ces signatures 
étaient envoyées où de droit; en même temps, le commissaire 
Schelhoma a présenté le rapport par lequel ces signatures 
avaient été envoyées au gouverneur , et a montré la copie de 
l'ordonnance en vertu de laquelle elles avaient été recueillies. 
Sur cela , les membres de la Commission ont décidé le 9 mars 
de suspendre toute la procédure jusqu'à nouvel ordre de la part 
des supérieurs ; mais le député Widiamowski n'a pas consenti 
à cet arrêté , et a présenté par écrit son opinion en exposant les 
motifs suivants : 1" qu'il était nécessaire de produire les signatu- 
res déjà recueillies , afin d*examiner si elles ont été reçues sépa- 
rément de chaque personne , ou en commun d'un village entier, 
de plus dans quel sens elles ont été données , qui nommément a 
signé de sa propre main et qui par la main d'autrui après sa de- 
mande , et pour quelle raison ? car il y a dans le bourg de Bia- 
lynitze des paysans qui savent écrire , et qui, par conséquent, au- 
raient pu tous signer eux*mêmes. 2* Que la Commission , en re- 
cevant dans son tribunal les déclarations des paroissiens , a re- 
connu, que plusieurs marqués comme ayant quitté le rit grec 
uni , sont au contraire nés de parents catholiques romains et 
qu'ils ont hautement déclaré , qu'ils désirent rester toute leur 
vie dans la religion cathoUque, qu'ils professent aujourd'hui, et 
en même temps ils n'ont fait aucune mention des signatures sus- 
dites; ceci fait naître des doutes sur la réalité des signatures , et 
sur la légalité des listes arrangées par les prêtres orthodoxes. 
3" Que le curé de Bialynitze , Kowalewski , dans sa pétition du 
8 mars a réclamé la protection des lois pour lui-même, rehuve- 
ment à une signature qu'il a donnée imprudemment , et aussi 
pour les paroissiens de Bialynitze qui ont été mis sur des listes 
injustement, comme ayant passé du rit grec uni au rit latin ; il 
conclut qu'on doit examiner les signatures pour apaiser le mé- 
contentement des paroissiens à cause de cette démarche de leur 
curé Kowalewski , et à cause de la mort de Catherine Orlowski , 
et de Jacques Lavrinovitz , décèdes sans confession et commu- 



344 

nion, et enterrés sans aucune cérémonie cbrctienne. Pour ces 
raisons le député opine qu*il faut continuer l'enquête entamée 
par là Commission , et examiner toutes les signatures , et en 
outré qu'il faut réchercher s'il ne se trouve pas dans le nombre 
déè signatures des personsc^ vivantes , celles de Catherine Or- 
lowski et de Jacques Lavrinovitz , morts au mois de décehibre 
1840 , et qu'il était par conséquent impossible de faire signer au 
mois dé février 1841. Le député ajoute qu'après cette protesta- 
tion de sa part est Venu à Bialyhitze un employé du gouveme- 
tnebt civil de Mobilcff pour faire une enquête sur les causes qui 
ont amené l^is paroissiens de ÎBialynitze à supplier de les' laisser 
dans la religion catholique romaine. Cet employé a suspendu 
l'action de la Commission , et a pris lès actes de la procédure 
polir vérifier les circonstances. 

Le curé de Bialynltze, Kowalewski , a envoyé au consistoire 
le l6 mars le rapport Tï" 6, dans lequel il déclare : que sur 
la demande que la Commission d'enquête établie à Bialynitze 
lui a adressée le 7 décembre 1840 , il adonné sa signature de ne 
plus administrer la confession , ni de célébrer l'office aux pa- 
roissiens de Bialynitze qui ont été mis sur les registres rédigés 
par les prêtres orthodoxes. A présent , ayant examiné la liste 
conimunlquéé ^ lui par la Cominission , 11 .aperçoit qu'on y a 
mis une grande quantité de paroissiens qui sont de naissance 
catholiques romains et quelques-uns qui sont passés du rit grec 
uni , mais déjà depuis longtemps : pour cela il doit entendre 
leurs plaintes amères dans les fréquentes occasions où ils ne peu- 
vent recevoir de lui les secours religieux d'après leurs vifs désirs ; 
ils sont évidemment en danger dé leur salut , voyant que , à 
causé de leUr signature, deux personnes sont mortes sans con- 
fession et communion, et ont été enterrées au mois de décembre 
18&0 sans aucune cérémonie chrétienne. Aujourd'hui la Com- 
mission étant établie pour le même objet , il prie le consistoire 
d'entrer en communication avec qui de droit pour annuler la 
signature donnée par imprudence , et de protéger ainsi les pa- 
roissiens qui désirent vivre et mourir dans la religion catholique 
romaine , et qui sont navrés aujourd'hui de tristesse, en se sou- 
venant de leur devoir de faire la confession et la communion 
pascales ; donc , pour ne pas laisser les paroissiens sans aucun 



545 

•ecouM religieux , U prie de lui donner des instructioni, s'il peut 
leur en prêter. 

Le consistoire a décidé que la correspondance , qu'il possède 
relativement aux paroissiens catholiques romains de Bialynitze , 
qui sont passés du rit grec uni au rit catholique romain , lait 
voir que la première enquête dans cette afiaire a été instruite 
par le chef militaire colonel Trouatz>;ir avec des députés de la 
part de l'Église orthodoxe et de rÉglise cathoUque romaine, et 
que jusqu'à présent elle n'est pas tout à fait finie, parce qu'oti 
Voit des rapports du prêtre député \^icliampwitz ; que tous les 
papiers sont remis à l'employé du gouvernement civil de Mo- 
hiléCr, envoyé à Bialynitze pour découvrir les motifs qui ont 
forcé les paroissiens à présenter une supplique pour, les laisser 
dans la religion catholique romaine. Quant aux raisons sur les- 
quelles on s*est fondé pour établir d'abord à Bialynitze une au- 
tre Commission composée seulement du commissaire de police 
Tchestoif, et d'un seul prêtre orthodoxe, Vincent Wichnewski, 
sans demander un député catholique romain (laquelle Com- 
mission a recueilli les signatures des paroissiens de Bialynitze 
soi-disant passés dans la religion orthodoxe, qui, pour cette 
raison, ont présenté leur supplique) , le consistoire n'en connaît 
aucune , excepté la communication du gouverneur civil de Mo- 
liileiT, par laquelle il demande de défendre aux prêtres catholi- 
ques romains de célébrer Toflice à ces paroissiens : cette com- 
munication a été envoyée à Votre Eminence le 17 mars , 
N* 1538; comme il est donc démontré que l'enquête de la pre- 
mière Commission n'est pas finie , le consistoire ne comprend 
pas pourquoi les actes de toute la procédure se trouvent chez 
l'employé du gouverneur civil. Cette affaire , après la conclusion 
de la Commission , doit être envoyée , comme l'exige l'ukase du 
3 août 1827, au consistoire pour être examinée ; malgré tout 
cela les paroissiens catholiques romains de Bialynitze, à cause des 
signatures exigées d'eux et du curé Kowalewski , restent sans 
confession et communion , quoiqu'ils désirent être toujours ca- 
tholiques romains ; et outre cela deux personnes , Catherine 
Orlowski et Jacques Lavrinovitz , sont morts sans confession , et 
ont été ei terrés sans aucune cérémonie chrétienne ; le consis- 
toire expose donc de nouveau toutes ces circonstances en sou- 
mettant les rapports du député WicUamovitz cl du curé Kowa* 



346 

lewski à Votre Excellence, en U suppliant de donner jusqu'à la 
fin de Tenquête aux prêtres de Bialynilze l'autorisation de por- 
ter les secours religieux à tontes les personnes qui sont d'an- 
cienne date catholiques romains et qui dësirent professer cette 
reDgion ; par ce moyen on peut apaiser leur mécontentement 
excité par la privation de tous les secours de la reL'gion. Le con- 
sistoire a ordonné aussi au prêtre Wicliamoviu d'accomplir 
strictement jusqu'à la fin de cette affaire dans la commission 
d'enquête tous les devoirs d'un député,sans la moindre omission, 
et a lait savoir au colonel Trouatieff sa décision , et qu'il peut 
réclamer le député préire Wicliamoviu à tout moment à Bia- 
lynitie. Enfin , comme Votre Excellence a ordonné le 15 no- 
vembre 1840, N* 1117, au consistoire de .Caire ses représenta- 
tions au collée catholique romain , il envoie Uii pareil rapport 
audit collège. 

Ont signé ; vicaire chanoine Laskj , 

assesseur chanoine BaiNX, 
assesseur chanoine VVeoblewski, 
secrétaire Qbtankowitz. 

N* *B, — orpiCB M) 12 MAas, mêhb ahxée, ADasssâ pae monseigneur ' 

a'AKCHKVÊQDK DE MOHILOW A S. B. LE COMTE ALEXANDRE STR0GO:«0FF , 
DIRECTEUR !»U MINISTÈRE DE L'iHTÉRIEUR, CONFORMÉMENT AUX DEUX RAP- 
PORTS 8ut-MEimcairés. 

Votre Excellence voudra bien relever du rapport du consis- 
toire de Mohileff du 26 février 18-41 , N* 859, et des quatre sup- 
pUques présentées par les paroissiens des églises cathoUques ro- 
maines de Worodzkow, de Rasno et de Bialynitze : l*>quela 
Commission composée d'employés civils et de prêtres néoortho- 
doxes , établie dans le but de ramener à la reUgion orthodoxe 
les personnes passées du rit grec uni à l'église latine, a usé de 
procédés cruels et violents envei-s des individus dont les pères, 
les grands-pères et les ancêtres ont été cathoUques romains, et 
qu elle a insisté pour qu'ils donnassent leurs signatures comme 
quoi ils avaient embrassé la religion orthodoxe de bon gré. 
<^uant aux paroissiens cathoUques romains de Bialynitze, elle les 
a inscrits comme appartenant à TEgUse orthodoxe sans leurs si- 
gnatures, en ne se fondant que sur le rapport des prêtres néo- 
orthodoxes ; enfin qu'elle a exigé que les prêtres cathoUques ne 



347 

leur donnassent plus aucun secours religieux. 2* Que ces derniers, 
c'est-Â-dire les catholiquesd'origine, ont été forc<bdedonner leurs 
signatures , et que ceux qui n'ont point donne de pareilles si- 
gnatures, ont déclare solennellement, qu'ils n'ont jamais voulu 
et qu'ils ne veulent pas plus maintenant changer de croyance ; 
pour cela, ils supplient de ne pas les rayer des registres catholi- 
ques romains , et de faire une enquête pour constater que les 
uns ont été forcés par des menaces , des chAtiments et des 
moyens ill^ux, et que les autres , quoiqu'ils n'aient pas donné 
leurs signatures, n'en ont pas moins été mis sur les listes des 
adhérents k la religion orthodoxe par la Commission , qui s'est 
fondée sur les faux rapports des prêtres néo-orthodoxes : ils de> 
mandent donc qu'on établisse une commission l^le avec un 
député de la part de l'Eglise catholique. 

En envoyant ce rapporta Votre Excellence je la prie de vouloir 
bien entrer en communication avec l'autorité compétente , afin 
qu'il soit fait droit aux réclamatioiis présentées contre les 
procédés ill^ux mis en œuvre par la susdite Commission , qui 
n'a été établie que pour ramener à la religion orthodoxe les per- 
sonnes qui ont récemment embrassé le rit latin , mais qui a 
étendu également son action aux personnes qui de temps immé- 
morial ont été catholiques. Je prie aussi Votre Excellence de 
vouloir bien prendre les mesures nécessaires pour empêcher à 
l'avenir de pareils désordres. En même temps je vous supplie , 
M. le comte , de vouloir bien m'honorer d'une réponse relative- 
ment à ma dernière communication, et aux précédentes du 13 
mai , N» 394 , du 21 juin. N- 629 , du 4 décembre , N* 1 161 , et 
du 21 décembre, N" 1225 , de Tannée passée 1840 sur le même 
objet , afin que je puisse prendre de ma part les dispositions 
convenables pour faire droit à plusieurs représentations du 
consistoire de Mohileff concernant cet objet. 

Signé : Ignace Pawlowski, 

N* 49. — ADTâE OFFICE PAREIL DO 8 AYEIL , MÊME AXitE, 

Le consistoire catholique romain de MohilefF m'annonce par 
son rapport du 17 mars, N" 1358 , que le gouverneur civil de 
Mohileff , en lui envoyant des listes des paroissiens cadioliques 
romains de Bialy nitze, demande qu'il ordonne au clc rgé catholique 



548 

de ne plus dispenser les sacrements du culte f omaln aux persoa* 
nés citées dans ces listes. 

Dans ces listes sont indiques comme ayant appartenu i r^;Iise 
catholique'romaine ée Bialynitxe etcomme, étant ensuite reyenus k 
laibi orthodoxe, dans les églises orthodoxes defiialynitze, savoir t 
a) dans l'église d*£lie, 66 hommes et 71 fenunet : b) dans TégUse 
de Nicplast So hommes et 87 femmes ; c).dans IVg^iiÇ de U i^- 
sance.de Marie^ 68 hommes et 66 femmes^ et<ilJtdapsr^Use4^ 
ZarucJLo 3ialyniued'Ouspenskyy8hommeset7fiemmf;i;en tout 
443 personnes des deux sexes. Ûsont donne leur signature après 
qu'on leur avait notifia la disposition supérieure df rester jus- 
qu'à la un de le^r vie dans la foi orthodoxe des aïeux , et ils ont 
déclaré leur volonté de s'unir à l'Église orthodoxe, et ont promis 
de lui obéir sans faute; pour tp^s ces gens-là, étant illettrés, 
et pour sa personne, a signé le Yoyte (maire) de la YtUe de;Bia- 
lynitze, et Klime IvaQoff KoUossowsky, et comme témoin le noble 
André Dorkinewilch i ceci est confirmé par le Stfnowoy Pristano 
(commissaire de police) Nerewkin Schemot Schemot et leprêue 
député Njschnewsky. 

En outre le consistoire de Mohileff, à la suite des requêtes du 
doyen Ëyssmont, du supérieur de Yorodzkow, chanoine Kolan-^ 
kowski, du supérieur de Smclinsk , prêtre Buchowetzki | et du 
prêtre de Rasno, Eyssinont, aussi bien que des paroissiens de 
Vorodskow , de Rasno et de Bialynitze qui se plaignaient d'avoir 
été ramenés contre leur gré à la foi orthodoxe, m'en afait rapport 
le 26 février, N* 859 , en m'envoyant les suppliques dei parois* 
siens mentionnés , et en demandant les instructions sur les rae> 
sures à prendre pour satisfaire à la demande du gouTerneur 
civil de Mohileff. 

Ayant déjà exposé à Votre Excellence une aHaire semblable 
par mon office du 12 mars, N* 232 , et me trouvant maintenant 
embarrassé à prendre iine résolution à l'égard de la représenta- 
tion du consistoire catholique romain de Mohileff, je prie très- 
humblement Votre Excellence de m'honorer d'une réponse 
définitive à ce sujet. En joignant les copies des quatre listes 
mentionnées, j'ai l'honneur d'être avec respect, etc. etc* . 

Signé t Ignace Korvin Pawlawikl, 
Archevêque de Mohileff, Métropolitain des 
églises cathoUqucs romaines en Russie. 



549 



K» iJO. — RAPPORT sua LE MÊME SUJET, EN DATE DU 15 nSVJJKt Iftil» 
ra^BINTÉ AD COmSTOIRB EOCUBIASTIQDB CATBOUQUI de HIIOE , l>AR 

Dx cimÉ 01 ce Diocto. « 

Le 15 juillet de la présente année, M. Melnikoff, employé près 
le gouverneur général et se disant envoyé par son ordre dans U 
district de Disoa , accompagné de deux assesseurs et d'agents su- 
balternes de la police communale , ainsi que du doyen de la 
reli^^on orthodoxe de ce district , le père Slowkaliuch , et de 
trois autres ecdéssiastiques de U même conTesnoa , loot arrivés 
au bourg de pêchebrad, d*oii les assesseurs ont envoyé aux 
propriétaires , des ordres séyères d'y (aire corinpareitre leurs 
paysans accompagnés de leurs familles. Tous ceux qui arrivaient 
au bourg de Pschebrad étaient d'abord inscrits, sans enquête 
préalable, sur le rit auquel ils appartenaient, sur des r^;i8tres 
que ces ecclésiastiques orthodoxes avaient formés eux-mêmes 
antérieurement sans la participation d^aucun délégué du clergé 
catholique romain , et sans admettre de la part des curés ca« 
tholiques aucune preuve relative au rit suivi par un chacun ; 
après quoi les assesseurs et agents de police usant de contrainte 
et de violence , menaçant des fers et du fouet, poussèrent sans 
pitié dans l'Eglise orthodoxe tous ceux qu*on venait de porter 
sur ces r^istres. Pendant que les agents de la police, armés de 
bâtons , faisaient la garde aux portes , le doyen Stoukalitsch et 
ses aides, traitant de rebelles tous les sujets fidèles et dévoués à 
Sa Majesté impériale qui étaient catholiques romains , les con* 
fessèrent malgré eux , et leur mirent l'Eucharistie de force dans 
la bouche. Ceux qui restèrent furent mis aux fers , détenus et 
exposés aux tourments de la faim pendant trois jours , et forcés 
à embrasser le rit de l'Eglise orthodoxe ; d'autres , pour se sous-* 
traire à cette violence , à ces abus jusqu'alors inusités , se virent 
contraits d'abandonner leurs demeures et de se cacher çà et li. 
Dans ce désordre et cette confusion , la plus grande partie de la 
paroisse catholique romaine de Miory étant réunie violemment 
à l'Eglise orthodoxe de Pschebrad , je ne sais plus comment ad- 
miuistier les saints sacrements et queb secours porter à ce peu- 
ple qui , les larmes aux yeux , vient tous les joui-s m*adresser ses 
plaintes. Dans l'espoir d'obtenir une décision favorable , je me 



350 

faÎB un devoir de porter tout ceci à la connaissance du très-illus* 
tre consistoire. 

Le consistoire en a référé au collège catholique romain 
fous la date du 5 septembre 1841 , N* 3269. Ksçu le 15 sep- 
tembre. 

K* tfi. — KELATIOIf EéCBlITE SUB LES MlUVAiS TRllTEMENTS QOE CON- 
TIIfUENT A ENDUKER LES GRECS UNIS QUI PEBSBYÈREirr 0AK8 LA GON- 
FBISIOlf DE LEUR FOI. 

« In Russidi et praecîpue ultimis temporibus in gubernio Yol- 
hiniensi , ubi episcopi cum omnibus monasteriis Ba&ilianorum , 
pneter nonnullas personas , schisraatici iacti sunt , sacerdotes 
gr»co>uniti nolentes scbisma acceptare , priyati sunt beneBciis , 
intrusi in monasteria Basilianorum , qui schismatici facti sùnt , 
commissumque est praepositis sujperioribus , aut neo-electis, aut 
confirmatis , ut pro fide et religione incarceratos omnibus modis 
reducant ab ecclesia genuina romano-catholica , cogentes illos 
ad schisma. Propterea incarcerati sacerdotes adhibentut* nd vilis- 
simaserritia^accipientes victuminignominiam simul cumserris, 
in vili yestitu ; nonnulli perpetuo sunt clausi in frigido cubili per i 
quinque yel sex dies, nihil accipientes ad mabducandum,neque 
poculum habentes permissum aquae ; non licitum est illis uUis 
fungi officiis religionis , et si Abbas aut Superior resciat incarce- 
ratorum aliquem sacramentaliter confessum fuisse coram sacer- 
dote pariter carceri roancipato, non tantum maledictissiinis 
verbis contra Papam et patientem prolatis excipitur , sed etiam 
aliquando pugnis tractatur , percutitur , et calcibus calcatur , 
absque misericordia, ac si homo non esset. Sic Abbas octogena- 
rius vespere a suo persecutore percussus clainavit ad suum crea- 
torem : » Miserere mel, Deus, » et in frigore et farae per nocteui 
damans, confessione per januam coram socio martyrii absoluta, 
gemens et confirmans alios in fide sancta romano-catholica 
animamsuam puram Deo reddidit, quem superior apostata jam 
mortuum conspiciens , in desperationem raptus undts piscinse se 
suffocavit, et spiritum infeliceinemisit;particeps autem criminis 
bujus pede sibi eodem die fracto pœnam divinam expertus est. 
Hac pœna diyina martyres Christi confirmati sunt , ut ab hoc 
tempore usque ad diem sex tara Januarii 1842 puUus atrocissimis 



ODl 

etiam pœnis a fide roniano«catbolica abduci se passus sit. Ad 
supradictam diem, id est, sexîam Januarii, martyrum honim 
sanctorum solum sacerdotum numerantur 170. ' 

E plèbe nonnulU decepti sunt , ac si sacerdotes schisma sasce- 
pisseot , non mutantes extema signa unionis y reluti tonsionem 
barbae , quœ licita essent ; alii flagellis et militia coacti debent 
pertinere ad ecclesiam schismaticam. Caeteri denicfue timentea 
atroces pcenas , externe adéunt templa scbismatica , sed interne 
sunt yeri romano-^atholici expectantes misericcrdiam divinam. 
£ nulla confessione reLgiosa licet transire ad roinano*catboli* 
cam. Judseum baptiiare in Gatbolicum licet, sed cum permis- 
sione ipsius imperatoris, quœ sub conditionibus dalur difficiUbua 
cd explendum. NuUi sacerdoti catholico ritus latini licet habere 
serrum qui esset ritus grœci : proceribus tamen licet. Nonnullis 
diebus festis execrantur in templo Papam , et hos oranes qui 
olim univerunt se cum Ecclesia romana. Qualibet die dominica 
et festiva praescriptum est post raissam cantare orationes pro 
Imperatore et tota familia. Sacerdotibus catholicis non licet in 
Goncionibus populum edocere , fidem romanam catholicam esse 
▼eram. NuUi licet habere sacella privata catliolica; attamen ia 
M<^tkach inveniuntur. Sacerdotes scbismatici confessionem 
produnt horum , qui quamcumque infidelitatem ei^ Imperato- 
rem conGtentur. • 

N*tfS. — ALLOCOTlOn PaO!fOKCéB PAR LB 8AI!<T-PÊRE DANS SON CONSIS- 
TOIRS SECRKf DU 22 NOVBMBRR 1839 SUR LA DÉFECTION DES GRECS 
ROTHéNlENS UNIS , DANS LA LITHUANIB ET LA ROSSIE-BLANCOE. 

Venerabiles Fralres, 

Multa quidem gravia et acerba inde ab inito apostolîci ofiicii 
munere coacti fuimus diutuma teniponim adversitate ex hoc 
ipso loco nuntiare. At quod in hodierno cœtu vestro mœrorem 
inter ac luctum ecclesiae univers» sumusnuptiaturi, ejusmodi 
profecto est, ut malorum , quae alias ingemuimus, longe superet 
acerbitatem. 

Nemo vestrûm ignorât, Ruthenos episcopos, oinnemque in- 
clytam nationem illam qux post susceptam cum christiana fide 
catholicam unitatem misère ab ea defecerat, etproprii sermonis 
usuGraecoque ritu reteoto, luctuosum graecoruin schisma seque- 



352 

l>a'tur, deûrmoac siuccro ad romanam Ecclesiatn rcdiiu non 
semel , dWina excilante gratia, cogitasse. Hinc primum in cecu- 
menica florentioa syoodo una cum Grsecis ardiiepiscopus Kio- 
vieBsit totitu Russie metropolita celebratissimo unionit decreto 
subtcripsit. Licet autein res in irritum mox cessent per obortas 
turbaS) et bostiles eoruin conatus , qui lumini rebelles scbismati 
pertinacius adhaerebant } nanqtiam tamen episcoponim praeser- 
tim consilia et studia in idipsum destiteront : illuxitque tandem 
dies anspicatissioius, quo, iaciente Deo misericordias suas, 
Ralbenonun genli datum erat ad désertas Matris sinum reverti, 
sanctamqueillamrurstis iugredi cÎTi^temab altissiœofundatam, 
Lt qua unice fas est salulem invenire. Qui enim saeculo decimo 
sexto exeunte piissimi SigtsmundîIII, Poloniee et Suecise régis ac 
magni Litbnaniae ducis, civili doniiuationi suberant Rutheni an^ 
tistites ) cuin memoria répétèrent concordiam quae inter orien- 
talem et occidentalem Ecclesiani antea viguerat , quamque ma- 
jores sui sub apostolics sedis regimine impense foverant, non vi 
coacti aut artibus decepti , non animi vel ingenii levitate ducti , 
non temporalis comraodi illecebrisallecti, sedsola superna; lucis 
claritate perfusi , sola veritatis agnitione compulsi , sola demum 
salutts suae et commissarum sibi ovium cupidine incensi , postf 
babitam in communi conventu de tantonegôtiodeliberationem, 
per binos collegas ad banc beati Pétri cathedram totius cleri ac 
populi nomine legatos, schismaticorum erroribus penilus eju- 
ratis , romans? Ecdesiœ rursus consociari , pristinaeque cum illa 
unitati restitui postularunt. Quo tune caritatis studio CIcmens 
YIII sa. me. prsccessor noster eos inter catholici orbis plausus 
exceperit , qua deinde sollicitudine sancta bsec sedes ipsos con- 
stanter fuerit prosecuta , qua indulgentia: sagacitate tractaverit, 
quot quantisque modis juverit, apertissime testantur complures 
apostolics constitutiones , quibus tum peculiares gratiae et ma- 
xima bénéficia in gentem illam collata sunt, tum servati ipsius 
clero, quatenus catbolicse unitati non officerent, sacri ritus ab 
orientalis Ecclesix consuetudine profecti , tum erecta pluribus in 
locis , ac praesertim Yilnae , vel annuo censu ditata coliegia ad 
Rutbenx nationis clcricos in sanctitate fidei morumque insti- 
tuendos. Molestissimum equidem fuit, instauratam adeo féliciter 
cum romanaEcclesia Rulhenoruni conjunctionem adversis vici- 
bus fuisse progressu temporis obnoxiam. Illud tamen supererat 



355 

omtiino Itttandum , quod ingens illorum pars , sacrorum in 
prinûs prssalum constanlia piseunte, tani firmiter aposlolic» 
sedi derota , atque ab faoc unitatis cenlro indivuisa permanserit, 
at, serp^tibns licet elapso sxculo per suas regiones inanis phi- 
losophis fallaciis, prayisque opinionum commentis,acatholicae 
doctrinse fidéique integritate nuliiniodo deflexerit. 

At o miseram etinfélicem rerum convei-sionem ! durissiniam 
et nUAqaam satis lameritandam Ruthenae gentis calamitatem ! 
0aos namque patres ac pastores proximis temporibusacceperat, 
qttosqué idcirco duces ac tnagistros exp>iriri debuisset,ut arctiori 
asque nexucorporiCbristi, quod esiEccIesia. junctaservaretur; 
eos nuper in extremam suam perniciem sensit novs defectionis 
auctores. Hoc porro est , Yenerabiles Fratres , quod nos anxios 
tehementer et sollicitos habet : boc ad ingruentes undique ama- 
ritudiaesaccessitlacrymispoliusquam verbis commemorandum. 
Fateinur quidem , nos initio adduci nequaquam potuisse, ut 
fidem iis omnibus adhiberemus quae bac tristi de re fuerant 
nimore perlata ; inspecta praîsertim summa locoiiim distantia , 
et gravi qua angimur difficultate cum catbolicis passini ibi 
degentibns communicandi. Atque id caussfuit, cur bactenus 
distulerimus damores questusque nostros pro inali inagnitudine 
atlollere. At certis subinde nuntiis acceptis , reque per publicas 
épbemeridas jam palam evulgata, sicuti altissime dolendum, ita 
minime dubitandum, plures ex Rulbenis unitis episcopos in 
Lithuaoia et Alba Russia cum cleri ac populi sibi crediti parte , 
relicta miserabiliter communione romans Eccleslse, unde unitas 
sacerdotalis exorta est , ad scbismalicorum castra transiisse. £a 
autem fuit iniqui ipsorunn consilii ratio, ut inductis pamum 
frandnlenter in sacri celebratione libris , quos a grxco-russis re- 
ceperant, omnem propemoduin divini cul tus peragendi formam 
ad homm nsus retulerint : quo nerape ignara plebs ex rituum 
aimilitudine sensim invalescente in scbisma vel invita traduce- 
retur. Dein mandato illorum convocati pluries parocbi , et lit- 
terae identidem ad eos datx sunt, quibus inter impudentes fal- 
lacias indicebatur, ut quisqueadhaesionem suam Ecclcsiœ grœco- 
rusiiacœ luxia. proposîtam in id formulam profiteretur; monliis 
nna simul renuentibus de parœciali niunere illico aniittendo , 
deque certa accusatione ad superiorem auctoritatem con'ra 
ipsos cœterosque presbyteros eoi-um exemplo similiter detret- 



35^4 

Untcs. TaniUni posl alias adhibitas niachinationcs eo pervcisi- 
tatisdevencruDt, ut publicc dcclarare non crubuerint »uam ad 
prsdiclam EccUtiam accedenli Toluntatem , et preccs insuper 
subjecti quoque gregis uoinine adjicere , ad impériale ea de rc 
yeniam impelrandam. Necdefuit eorum volis effectus. Omnibus 
quippe pcr acbisœaticann Synodum Metropoli manentem ina- 
truclis , ac tanclione firmalis , Ruihcnonim praBsulum cleriquc 
ac populi hactenus roman» Ecclesi» nnixorum Ecclwam grœcch 
ruttiocom aggregaliodecreia etconcelcbrata solemniter est. Tœdct 

hic recolerc «pue iniandum ejusmodi cventum jam diu porten- 
derent, quibuique detnuiu incitamcntis adducli dégénères bli 
pulores in tantum nequiti» ac perdilionis barathrum se ipsos 
demerserint. Respidenles poiius ad miserriinuni eorum casum 
juvat sacri eloquii verbis eiclamare : JutUcia Dei abytsui 

multa! 
Caeterom ex tam alrocicatliolicaEcclesiainflicto vulnere pro« 

be perspicilis , Venerabilcs Fratres, quo Undem animo simus , 

quaque inlrinsecus aîgriludine conûciamur. Dolemus atque iuio 

ex corde ingemiscimus redactas in slerns salutis discrimen lot 

animas, quasChrislus suo sanguine redemerat; dolemus viola- 

Um turpiter per descrtores episcopos fidem iUam.quam romansç 

Ecclesiae primum desponderant ; dolemus despeclum pessime ab 

lis characterem sacralissimum, quo ex hujus apostolicœ sedis auc- 

toriute fuerant insignili. Sed ingens etiam nos tenet sollicitudo de 

|.|in€«îmU ex ea gente filiis, qui nec artibus illusi, nec minis perter- 

riti , nec exempU pravilaie seducti firmiter in calboUcae commu- 

nionisyinculo perstiterunt. Neque enim latet quam gravia in eos 

damna ex aliorum defeclione fuerin t consecuta , quan taque adhuc 

ipsos oporteat ob suam in sancta unitate constantiam lolerare. 

Atque utinam licerct illos patema horlatione cominus solari ; et 

aliquid gralia spiritualis ad eos confirmandos impertiri ! Inlerea 

memores officii quod gerirous, nobisque, uli olim prophetx, 

indictum desuper arbitrantes : Clama, ne ceues, quasi tuba 

exalta vœem tuam, annuntia populo meotcelera eorum, et domui 

Jacob peccata eorum; ex hoc supremi apostolatus fastigio^in 

conspectu tolius chrisliani oi bis , Rulhenorum et maxime epi- 

scoporum defeclioncm incessanter querimur, iisque illatam 

calholicaeEcclesiie tali facinore injuriam gravissimeexprobramua. 

Verum , cum illius vice fungamur in terris , çtii rfires eU \n mi- 



355 

sericordia, cogilatcomHin paciSp cl non a/piclionis, imiuoeiiaiu 
vemt quœrere et salvum facere quod perlerait quia apostolicaiu 
in ipsos caritatem penitus exuamus , unumquemgue illorum 
studiosissime admoneinus , utanimo rcputent unde exciderint , 
et in quas formidabiles poenas juxta sacros canones fucrint 
prolapsi; yideant quo aeiernamsui salutem obliti temerepergant; 
payeant principem pastorum sanguinem deperditarum ovium ex 
ipsoruin manibus requisituruin : ac terribilis expectatione jndicii 
salubriter perculsi in viam justitiae et veritatis, a qua piocul 
aberrarunt, sese dispersuinque misère grcgem reducant. 

Post haec dissimulare minime possumus, Venerabiles Fratres, 
latins patere causam doloris nostri de lei catholica; in vastissi- 
mis Russiaci iniperii finibus conditione. Novimus enim quantio 
illic religio nostra sanctissima jamdiu prematur angustiis. His 
sane levandis omnem pastoralis sollicitudinis operam inipcndere 
non praetermisimus ; nuUisque in posteruui parcemus curis 
apud potentissimum imperatorem, adhuc sperantes, ipsum pro 
sua aequitate , ac excelso quo est aninio , postulationes et vota 
nostra bénévole accepturum. Quem in finem communibus pre- 
âhusadeanius cum fiducia ad thronum graliœ , Patrem mxseri- 
cordiarumet Deumtotius consolationis unaniiiiiter obsecrantes,ut 
in hxreditatem suani benignus respiciat , Ecclesiam sponsam 
suam filiorum jacturam acerbissime ploranteni opporluno auxi- 
lio soletur , optatamque diu in tôt adversis serenitatcm cicmeu- 
tissime largiatur. 

N* l$5. — LETTRE DE 8. M. L*EHPERBUR DE RUSSIE, DU 25 FÉVRIER 
1839, PAR LAQUELLE, EN RÉPONSE AUX RECOMMAXDATIOS QUE LE SAINT- 
PÈRE LOI A FAIT PARVENIR PAR L'ENTREMISE DE 8. A. I. LE PRINCE HÉ- 
RÉOITAIRE , IL ASSURE QUE SA SOUVERAINE PROTECTION NE FERA POINT 
DÉFAUT A SES SUJETS CATHOLIQUES. 

Très-Saint Père , je remplis un devoir qui m'est bien cher, en 
exprimant à Votre Sainteté , combien je suis touché des bontés 
dont elle a comblé mon fîls, pendant son séjour à Rome. 
L'accueil plein de bienveillance et de sollicitude, vraiment pa- 
ternelle, qu'il y a trouvé auprès de Votre Sainlclé , lui a inspiré 
pour elle des sentiments de reconnaissance, auxquels je m'associe 
bien sincèrement. C'est aussi du fond de mou cœur que j'ac- 
cueille les vœux que vous venez de m'cxprimcr, Très-Saint Père, 
II. 25 



356 

en recommandant particulièrement à mes soins les intérêts de 
l'Eglise Latine dans mes Etats. Mon fils m a exactement rendu 
les paroles affectueuses, que Votre Sainteté a daigne lui confier 
poi^ moi. Je me plais à y répondre par l'assurance renouvelée , 
que je ne cesserai jamais de mettre au nombre de mes premiers 
devoirs, celui de protéger le bien-être de mes sujets catholiques, 
de respecter leurs convictions , d'assurer leur repos. Mais, pour 
qu'il soit possible d'atteindre ce but salutaire , l'intérêt réel de 
l'Eglise Latine elle-même réclame que Votre Sainteté daigne , à 
son tour , usçr de son ascendant légitime , afin que le clergé ca- 
tbolique en Ryssie et en Pologne ne s'écarte pas des devoirs de 
fidélité et de soumission aux lois du pays sans lesquelles il n*y a 
nulle part ni paix ni prospérité durable. Au milieu du désordre 
universel qui afflige le monde , il importe plus que jamais que 
l'Eglise prête son assistance morale à l'autorité souveraine , afin 
que celle-ci puisse veiller avec une entière sécurité au repos des 
consciences. C'est cet accord mutuelet cette assistance réciproque 
que j'appelle de tous mes vœux , et que je serai prêt à seconder 
toujours de to.us mes efforts. Je prie Votre Sainteté d'en agréer 
l'assurance, ainsi que celle de ma haute considération. 

Nicolas. \ 

N** }t4. — RÉPONSE DE SA SAINTETÉ, DU 6 AVRIL MÊME ANNÉE, PAR LA- 
QUELLE ELLE CXPRIME DERECHEF SES PLUS VIFS REHEPIlEME.VTS , ET 
RENOUVELLE AVEC INSTANCES SES RECOMIIANDATIONS. 

GREGORIUS PP. XVI. 

Serenissime ac potentissime imperator salutem. Litteras 
Ubeoii:'3ime acccpimus, qu<c ab iinpeiiali et Regia Majestate tua 
data; ad nos sunt die 25 februarii hujus anjii. Non çral sane cur 
tantas nobis gratias persolvcres, quod celsissimum principem 
magnum ducem priinogenitum tuum , paucis diebus , quibus 
Roirix, te annuente, moiatus est, omni , qua potuimus , honoris 
et amica; voluntatis significatione prosequuti sunius ; cuni nos 
potius gratos tibi atque illi esse oporteat , qui eam nobis optatis- 
simam prxbueritis occasionem declarandi quanto in pretio et 
imperialcm inajestatem tuam , et ipsum tuum egregia; indolis 
Filiuui habeamus. Scd illud deinJe cordi nostro jucundissiiuum 
accidit, quod ex iisdem iittcris intclleximus , majrstalem tuam 






557 

beneyolenter excepisse nostras commendationes pro catholicis 
ditioni tuae subjectis ; quas ut apud te nostro nomine iteraret , 
memoratam principem rogaveramus. Magnus enimvero est in 
latissimis istis regionibus illoruni numerus, quorum et si non- 
ùulli latinos , nonnulii gixcos seu alterius linguae ritus obser- 
vent, cuncli tamen catholicse fidei et communionis vinculo sub 
apostolicae hujus sedis auctoiitate sociati , peculiarem a nobis 
soUicitudinem merenlur ; proindeque nihil gratius esse nobis 
potest , quam , ut iidein omnes validissimo benignitatis tua; 
prse;iidio fruantur, et uaicuique in ditione tua intégra semper 
ac tuta sit catholicœ religionis libertas. Quod vero a nobis pos- 
tulas , ut vicissini nostram velimus conferre operam catbolicis 
iisdem ad obedieutiain in rébus civilibus majestati tuse debitam, 
catbolicorum praesertim sacerdotum ministerio, excitandis, id 
quidem faciemus pro nostro munere, prout opus fuerit, nequc 
antehac facere praeterinisimus. Habes sane hujus nostri studli 
testimoniuin locuples iis in litteris , quas ipso nostri pontifîca- 
tus initio , atque itemm subseqaevti anno ad Polonise antistites 
dedimus : quibus (ut de aliis taceamus nostrae in id sollicitudinis 
documentis) accessit paulo post et epistola encyclica data a nobis 
ad universos catholici orbis episcopcsXVIIIcalendasseptembris 
MDGGGXXXII in qua item de obedentia erga principes inter 
caetera sermonem habuimus ; cujus etiam doctrinam vindicavi- 
mus deinceps in encyclica alia data YII calendas julias MDCGG- 
XXXrV ubi episcopos eosdem de seditiosi cujusdam libelli pra- 
vitate alloculi sumus. Ita scilicet neque nos abstinuimus , neque 
abslinebit unquam sancta bxc sedes, quominus inter alia 
catholicœ veritatis capita , illud etiam opportune inculcet, quod 
est de obligation. , ut fidèles suo quique principi subditi sint , 
sicuti paulus apostolus loquitur < non solum propter iram sed 
etiam propter conscicntiam. > Uiinain vero non tantus hodie 
esset eorum numenis, qui occulto adversus sacerdolium juxta 
atque imperium odio animati machinationes suas eo dirigunt, ut 
sacram Ecclesix catholicse auctoritatem , atque imprimis supre- 
niam ipsam Pétri sedem in suspicionem et in contempluraaddu- 
cant; ex quo illud porro se assequuturos non dubitant , ut ho- 
mines Ecclesise jussa violare assuctos , ad siinilcm erga principes 
contumaciam facile aliiciant. Verum bona spesustenlamur fore, 
ut c?clestis misericordiarnin palcr, conspirantibus nobiscum 



358 

piorum hominuin precibus exoratus, piava illorum consilia 
dissipet, fidelesque suos a novarum seditionuin turbis custodiat. 
Quod superest, majestati tux pro humanissiino litterai'um 
officio ) ac pro singulari , quam eœ prxseferunt , erga catbolicos 
tibi subditos bene volentia plurimas denuo gratias agimus ; ac 
Deum suppUciter oramus , ut te , serenissime iiuperator et rex , 
amplioribus aageat sus dementiae donis , perfectaque nobiscum 
cantate conjungat. 

Datum Romae apud S. Petrum die 6 aprilis anno 1839 ponti- 
6calu8 nostri anno nono. 

N* S6, — MÉMOIRE REVIS EN OCTOBRE 1837 A H. LE CHEVALIER KRIVT- 
ZOW, CHARGÉ d'affaires DE RUSSIE, AD SUJET DES ACCUSATIONS POR- 
TÉES PAR SON COUVERNSMERT CONTRE MONSEIGNEUR L*ÉV#QUE DE POD- 
LACHIE. 

1) La prima accusa che viene ^pressa contro monsignore ves- 
covo di Podlackia è che esso si sia ricusato di sopprimere Topera 
che ka per titolo unitas et €UscrepanUa,eic. Monsignore vescovo 
sostiene non cpnlenere quest' opéra che i sentiment! dei santi 
padri délia chiesa latina e greca riunlti in più conciU col fine 
di riunire la parte separata délia chiesa Orientale con la chiesa,' 
Universale Romano-CattoUca. La S. Sede potrà giudicare 
délia uatura del libro, qualora le se ne faccia giungere un 
esemplare. 

2) Viene imputato al Yescovo diPodlachiadinon conformarsi 
agli ordini del governo, con cui proibiva che il clero cattolico 
amministrasse i sacramenti ai gveco-russi. 

La insussistenza di sifiatta accusa viene dimostrata évidente- 
mente da una circolare di quel prelato diretta al clero délia sua 
diocesi il 14 marzo del 1835, délia qualesi unisce una traduzione 
italiana. 

3) Viene accusato quel prelato di avère délie intelligenze e re- 
lazioni con i rifugiati Polacchi, e di avère communicato le sue 
corrispondenze col governo ai giornali csleri. 

Il governo russo saprà probabilmente che monsignore Vescovo 
nega nel modo il piu decito, che ciù sia vero. Eccitato nel 1831 
a prendere parte alla rivoluzione , vi si rieuse pienissimamente ; 
ue otlenne Iode dallo stesso imperatore , mentre gl'insorli Polac- 
chi lo accusavano , quasi che favorisse il governo impériale turpis 



359 

lueri graUa. 11 Vescovo a&serisce nel modo il più posiiivo essere 
falso del tutto, che egU sia in relazione con giornali esteri , e die 
ai medesimi mandi i suoi scritti per essere pubblicati. Asserisce 
sul suo sacro caratlere epiicopale di non avère alcuaa relazione o 
vincolo con i rifugiati Polacchi ; di non aver dato i suoi scrilti ad 
alcun giornale estero, anzi di non aver neppure letto alcun 
foglio estero , ne ritenerne di tali presso di se. 

Niuno al certo potrà censurare il santo padre, se presta fede 
alla sacra parola di un Vescovo , fino a tanto che non gli si di- 
mostri il contrario. 

4) Yiene accusato monsignore Vescovo di dilapidare le pro- 
priété délia chiesa. Il VescovodiPodlachia,esseDdostatoprivato 
délie rendite délia sua mensa destinate al suo mantenimento, ha 
diritto di vivere e di essere mantenuto con le rendite del suo 
vescovato. Forse egli avrà fatto uso di qualche altra rend i la col 
consenso di coloro, ai quali questa rendita spettava. Se eglisenza 
questo consenso si fosse appropriate le rendite altrui j vi sarcb- 
bero dei ricorsi délie parti pregiudicate. Ma finora non si conosco 
che tali ricorsi esistano. 

5) Viene imputato a delitto al Vescovo di Podlachia perché 
nei giorni di grande solennité non vada al capo luogo per assi- 
stervi aile cérémonie. 

E noto essere monsignor Vescovo di salute delicata assai ed 
infermiccia. Se alcune di queste solennità hanno luogo in in- 
verno o inautunno, stagioni alla di lui salute contrarissime, 
questo sarebbe evidentemente il principale motivo per cui non 
interviene aile medesime. A ciô si aggiungc che per andare a 
queste solennità con quella pompa che si con viene , forse monsi- 
gnor Vescovo mancherà di mezzi proporzionati ; e certo ne 
manca da che non riceve più li suoi appuntamenti. Finalmentc 
in taU occasioni il Vescovo dovrebbe condurre seco non pochi 
del clero per rendere decorosa la sua rappresentanza. Forse il 
riflesso che in Siedlec il suo clero dovrebbe prendere alloggio in 
locande di ebrei , avrà anche trattenulo quel prelalo. Si è 
anche conosciuto che sebbene monsignore Vescovo non intervc- 
nissc a quelle solennità , ciô non ostante questo suo contegno 
non impediva che i rivoluzionari lo credesscro ligio de! Governo, 
e giungestero fino ad insidiargli la vila. 

Del reslo da persone degnissimc di fedc, e ben lonlanc dall' 



360 

esscre parligiane délia rivoluzione polacca, viene assicurato esser 
inonugDore Gutkowski uoino stimabilissimo , e degno dcl ca- 
rattere e digDità vescovile , e corne taie essere conosciuto ed ap> 
prezzaloda tutti i cattolici. 

N« U0. — NOTF. OPFICIBLLK REMISE LE 9 FÉVRIER 1838 PAR Là LOCA- 
TION ROSSE iiU CARDINAL SECRÉTAIRE d'ÉTAT SDR LA CONDVITB DUI>rr 
ÉYÊOUK A l'Égard du GOWSRNEtfBNT. 

Le soussigné , envoyé extraordinaire et ministre plénipoten- 
tiaire de Sa Majesté Fempereur de toutes les Russie» près le 
Saint-Siège , remplit les ordres de sa cour en s'adressant à son 
EminenceRévérendissime monseigneur le cardinal Lambruschi- 
ni , secrétaire d'Éut de Sa Sainteté , pour appeler pour la der- 
nière fois la plus sérieuse attention du Saint-Siège surune affaire, 
que depuis plusieurs années la légation impériale a été chargée 
de traiter avec le gouyernement pontifical , et dans laquelle Sa 
Majesté Tempereur s'est plu à donner au Saint-Père et au 
Si^e apostolique des témoignages irréfragables d'égards et de 
déférence. 

Il s'agit de l'aiEûre de Tévéque Gutkowski , dont la conduite* 
continuellement hostile , et l'opposition systématique envers 
l'autorité légitime avaient été l'objet des représentations itérati- 
ves, de la part du gouvernement impérial. Ces représentations 
avaient provoqué à deux reprises les censures deSaSainteté;mais 
loin de produire sur l'esprit de monseigneur Gutkowski l'effet 
salutaire auquel le gouvernement de Sa Majesté était en droit de 
s'attendre , ces dernières semblent n'avoir été pour l'évéque de 
Podlachie , qu'un encouragement de plus à persévérer dans son 
coupable aveuglement, au point d'exposer l'EgUse, dont il est 
le pasteur, à des maux inévitables et dont la longanimité de Sa 
Majesté impériale a pu seule la préserver jusqu'à présent. Depuis 
les dernières démarches laites à ce sujet par la î:%ation impériale 
près du Saint-Siège , de nouvelles circonstances ont a^ravé les 
torts de ce prélat, et sa correspondance avec le prince-lieutenant 
de l'empereur dans son royaume de Pologne, que le soussigné 
cMHt devoir joindre ci-après en copie , en fournit la preuve in- 
contestable. En répondant avec dérision et ironie à des paroles de 
paix et de conciliation , monseigneur Gutkowski a montré jus- 



361 

qu'où peuvent Tentrainer les sentimentsquiranimentetqui s'ac- 
cordent si peu avec sa sainte vocation. 

Après une provocation aussi gratuite et dont la culpabililé ne 
Murait être méconnue par les personnes les plus disposées à 
pi«ndre la défense de Tévêque de Podiacbie, il est de toiite im- 
pombilité qu'il reste plui longtemps au poste qu'il occupe; 
car il lui manque une des premières conditions à la boan'e 
administration de son diocèse « la confiance du gouTernemcnt 
légitime. 

En conséquence Sa Majesté l'empereur^ tnu par le sentiment 
de i*atfcoiiiplissement du premier de ses devoirs, celui de garantir 
de toute atteinte la tranquillité et la paix intérieure des Etats 
qtie la divine providence a placés sou^ son sceptre , a décidé que 
l'évêque Gutkowski serait irrérocablement éloigné de son dio- 
cèse { mais désiretijc néanmoins d'offrir au Saint-Père une nouvelle 
preuve d'égards , Sa Majesté impériale a voulu laisser à Sa Sain- 
teté l'initiative d'une mesure devenue désormais indispensable , 
en lui abandonnant avec une entière confiance l'adoption de tel 
moyen que» dans sa haute sagesse, elle trouvera le plus en har- 
monie avec les intérèU de l'Eglise , dont il est le chef suprême , 
•oit en rappelant l'évêque Gutkowski , soit en l'engageant à se dé- 
mettre volontairement de ses fonctions épiscopales ; ce que Sa 
Majesté Impériale accepterait comtne Une marque de déférence 
de la part du Saint-Siège. 

Dans l'espoir que les motifs ci^essus développés seront dû- 
ment appréciés par le gouvernement pontifical , le soussigné 
profite de l'occasion qui lui est offerte de renouveler à son Emi- 
nence f évérendissime monseigneur le cardinal secrétaire d'Etat 
l'hommage de sa haute considération. 

N* tf7. f RÉPONSB SOVS FORMB É6ALEMBNT OFFICIELLE FAITE PAR LE 
CARDMAL SECRÉTAIRE n'ÉTAT, DU 2S DU MÊME MOIS. 

Sua Santitâ , desiderosa di far cosa grata a Sua Maestà l'impc- 
ratore di tutte le Russie , re di Polonia , ha preso nelh più im- 
pegnata e matura considerazione la nota direlta dall' eccellenza 
vostra al sotloscritto cardinale segretario di stato in data del 
giorno 9 del corrente , relativaa monsignor Gutkowski Vescovo 
di Podiachia, ta condotta del qualc si rlguarda dal ministero 
impériale corne ostile al governo di sua macslà impçriale, e corne 



362 

opposta per sistenia alla autorité legittima. Si dicbiara dall' ec- 
cellenza vostra nella citata nota , che Sua Maestà impériale e 
reale per tal motivo ha deciso , che il Vescovo di Podlachia sia 
irrevocabilmente allontanato dalla sua diocesi ; Dia che pir un 
riguardo verso la Santa Sede la maestà sua, dirigendosi per Yul- 
tima Tolta al santo padre , lascia a lui il modo di es^^uire questa 
sua risolu7.ione, soit en rappelant Vévêque Gutkowsld, soit en l'en: 
gageant à se démettre volontairement de ses fonctions épiscopales. 
Per ben comprendere la posizione in cui dal gabinetto Russo è 
stato posto il Santo Padre in questo disgustoso a£faré , e per os- 
servare sotto il suo vero punto di vista quel che egli ha fatto e 
quel che far possa per compiacere Sua Maestà l'imperatore, con- 
Tiene percorrere rapidamente la storia dei iatti , e separare per 
un niomento il fondo dalle forme. 

■ Âllorchè Sua Maestà impériale fece rappresentare al Santo 
Padre che neir ultima rivoluzione délia Polonia erasi giunto 
ad abusare del nome délia santa religione e délia chiesa per ec- 
citare i popoli alla ribellione , Sua Santità non una , ma due 
volte scrisse premurosissimamente ai Yescovi délia Polonia per 
ricordare gl'immutabih principii délia Chiesa cattolica circa Tob- 
bedienza dovuta nell'ordine civile aile potestà suprême che dio 
La costituite suUa terra, come ne fa fede il brève diretto dalla San- 
tità Sua a ciascunodei Yescovi délia Polonia nel maggio del 1832. 
Fu perô in questa circostanza che il Santo Padre con somma sua 
consolazione connobbe che la condotta di monsignor Gutkowski 
non avea dato al governo di Sua Maestà impériale e reale alcun 
motivo di dispiacere. 

- Allorchè nel 1836 la legazione impériale rappresentô , la 
condotta del Yescovo di Podlachia non solanoente non ispirava 
fiducia al governo di Sua Maestà impériale, ma che avea costan- 
temenle incorso la sua disapprovazione per essere la di lui maniera 
di agire al piii alto grado pregiudizievole al rispetto che dee mC' 
ritars il carattere vescovile, alla religione stessa, ed alla tranquil- 
lità del regno di Polonia ; non si lasciô di richiedere confiden- 
zialmente quali fossero i fatti che potessero rimproverarsi al 
Yescovo di Podlachia , e da qualche cenno che si ebbe potè fino 
d'allora sospettar8i,che il disgusto di qualche autorità subalterna 
procedesse dal non aver potuto il Yescovo prestarsi a qualche 
ordine relativo a matericreligiose,alquale la conoscenza de' suoi 



363 

pastoral! doveri impedivagli di prestarsi. Taie fu per esempio il 
torto attribuito al Yescovo di essersi opfK>sto per la sua parte 
alla soppressione di un libro diretto a favorire runione fra la 
Ghiesacattolica apostolica roniana e la Greca non unita. Giô non 
ofitante , essendosi ripetutamente assicurato dalla legazione im- 
périale, che il disgusto di Sua Maestà Timperatore verso monsi- 
gnor Gutkowski non procédera da cose che avessero relazione 
alla sua pastorale amministrazione, ina dal Ibmite che n credeva 
che egli apprestasse allô spirito rivoluzionario ; Sua Santità 
diresse al Yescovo di Podlachia la lettera del 45 novembre 1836 
nella quale gll comunicô candidamente tutto ci6, monstrando* 
gli la sua sorpresa che egli potasse essere incolpato di tali cose , 
specialmente dopo il Brève del mese di roaggio del 4832; ma 
senza nascondergli che le relazioni giunte alla Santità Sua erano 
di tal peso che non era ad essa lecito di dissimularle ; ed esor- 
tandolo a condursi in modo da allontanare da se ogni più Ueve 
sospetto. 

Da questa epoca il Santo Padre, nell' obbligo che gli corre di 
prendere esatte informazioni sulla condotta e sulle qualità di un 
Yescovo che per un cosi rispettabile mezzo venivagli indicato 
quasi come istigatore dello spirito di ribelîione , ne essendogli 
stato fiuora possibiledi ottenere di avère un rappresentantepresso 
la impériale e real corte , onde potere essere officialmente in- 
formato di quanto possa interessarlo come capo supremo délia 
Ghiesasi vide nella nécessita di dirigersi a persone private si, ma 
di fede sicura, e che ben potevano conoscere U Yescovo di Pod- 
lachia, affine di avère da esse i maggiori iumi possibili in un 
afEare di tanta gravezza per il sommo pontefice e di tanta deli- 
catezza. Intanto giunse a monsignor Gutkowski per mezzo del 
ministro impériale la lettera del Santo Padre del 15 novembre 
ldd6. Il Yescovo ne fu profondamente colpito, e senza ritardo 
si dië premura di far giungere a Sua Santità una ingenua 
dichiarazioue dei suoi seutimenti. Egli protesté di preferire 
qualunque patimento e la stessa morte piuttostochè aderire o 
favorire o fomentai e in qualunque siasi modo , diretto o indiretto 
la ribelîione contro il suo legittimo Sovrano , o la disobbedieoza 
ai di lui comandi. Nel tempo stesso pcr6 pregô il Santo Padre 
di voler considerare quali fossero i motivi , per i quali avea in- 
contrato il disgusto del ministro, motivi che, présenta ti alla in> 



364 

corrottA giustizia di Sua Maestà impériale non sotto il vèro loro 
aspetto , potevano avergU ingerito una idea falsa dei sentimenti 
di fedelU di an tal Prelato. 

Gontemporaneamente andavano giungendo da più parti alla 
Saotità Saa ie informanoni richieste sul conto di monsignor 
Guikowtki a persone lotto ogni rapporto stimabilissitne. Quette 
furono tutte concordi nel rappresentare monsignor Yescovodi 
Podlacbia corne un pastore virtaosissimo : né il Cardinale BOttoè» 
critto credenella sua lealtà di dover celare a Yostra Eccellensa , 
che tutte furono uniforroi nel dire , che il principale -moÛTû' 
délie contrariété incontrate da monsigoore Gutkowski , e délia 
pena già inflittagli col priyarlo délie sae temporalité , e ridurlo 
a dover vivere di elemosine , era la costanza e la liberté evange» 
lica con la quale egli avéra avuto il cora^lo di reclamare con- 
tro alcane misure pregiudizievoli alla Chiesa cattolica « e cdntro 
alcuni prindpii non conciliabili con le massime fondamentali 
délia medesima. 

Mentre questi riscjntri andavano succéssivamen te giungendo 
al Santo Padre , tomù ne'i primi mesi dello «corso anno la leg&- 
zione nuià ad insisterez perché la Santità Sua volesseallonianare 
il Vescovo di Podlachia dalla sna diocesi ; e siccome nell' annof 
ISdôefa stato confidenzialmente (atto sentit^e alla legatione im-' 
periale, <^eSoa Santità non avrebbe potuto prendere una mi- 
sUhi di rigore contro il Vescovo , ne infliggcrgU una pena ( e tall 
sarebbero giosta le leggi délia Chiesa le misure che il ministero 
russo ha provocato fin dal principio contro monsignor Gutkowski ) 
senza chefossero specificati e provati i torti che si asset-iva aver 
esso verso il governo civile ,* cosi la missions impériale in questa 
circostanxa non lasciô d'indicarli. Si convinse allora mâggiôr"* 
mente Sua Santità délia candidezza di carattere del Vescovo 
Gutkowski , poichè rilevô che i pretesi torti che si affacciavano 
contro di lui erano precisamente quegli stessi , che il Vescovo 
aveva indicati alla Santità Sua corne motivi per i quali egli aveva 
incontrate disgUsto presso il ministero. Fu allora che nelle ver" 
bali conferenze avute colle penone délia legazione impériale si 
dichiarô loro lealmente, che il Santo Pâtre nella sua qualità di 
capo délia chiesa , di difensore e custode délie sue sacre leggi y 
non potevacondannarenèrimproverare il Vescovo di Podlachia 
per quelle cose délie quali il ministero si doleva. Non potrebbe 



365 

iniàtli Sua Sanùtà liuiuorere uu Vescovo dalia tua lede per 
avère ammonito i suoi parrochi di non benedire i matrimonii 
fra GattoUci ed AcattoUci senza la dispenxa apottolica. Non po« 
trebbe esortarlo a hnunziare spontaneamente per itou aver to- 
luto privare del benefiiio un parroco per sentenxa délia potestà 
laica, ma a?erlo volutp assoggettare ad un processo canonico, 
ed averlo quindi punito tecOndo le risultanie del medesimo. Non 
potrebbe la Saatità Sua privarlo del vescovato per arer ordinato 
ai suoi preti di batteuare i ianciulli dei greci non uniti quando 
foMero in pericolo di morte, né alcuno dei loro preti ri fosse ; 
corne anche di amministrare i sagramenti a quelli fra i russi che 
fbssero passati alla religione cattolica. Ma questi ed altri delU 
stessa natura essendo i torti affacciati contro il VescoTO di Pod-^ 
lachia , è chiaro cbe Sua Santità « riguardatoil fondo délia cosa, 
non potrebbe per questi rimproverarlo , ne molto meno separarlo 
dal suo ovile dal quale è yenerato ed amato. 

In&tticonosciutosi dal SantoPadre dalle communicazioni délia 
missione impériale in Roma , da una letlera del 'Vescovo , e da 
particcl&ri relazioni , quali fossero i supposti torti di raonsignor 
Gutkowiki, e ladolorosa impressione fatta nel di lui animo dalla 
Pontificia lettera del 15 novembre 1836; la Santiti Sua si credè 
in obbligo di indirizzargU una Wuera consolatoria in data del 
21 di gingno 1837 , nella quale manifestogU di quanta soddisfa* 
zione fosse riuscito al paterno suo. animo l'apprendere che egli 
fosse , e sempre fosse stato pronto a soffrire qualunque maie , 
piuttosto che mancare ai doveri di buon suddito verso il suo le- 
gittimo sovrano, ed insieme lo esortà a continuare neir adempi- 
mento del suo sacro ministero , ad operare con evangelica sem- 
plicitie prudenza, eda porre tuttalasua ûdncia in Dio. E chiaro 
pertanto ad ognuno , che giudicar vc^ia del présente afiare se- 
conde i principii délia Chiesa cattolica , che il Santo Padre non 
puô ne rimproverare , ne condannare monsignor Gutkowski 
per quello che a lui si è opposto, considerata la sostanza délie 
cose , e che per conseguenza ron puô ne ricfaiamarlo dal Vesco- 
vato, ne adoperarsi autorevolmente perché egli spontaneamen te 
rinunzi. 

Rimane adunque a considerarsi Taffare nelle sole sue forme 
estrinseche. La più grave accusa che sottoquesto rapporlo recasi 
contro monsignor Gutkowski , si ë la lettera da lui scritta a Siia 



366 

Altezza il principe di Vaisavia, ia data del giorno 8 novembre 
delio scorso anno. 

Il Cardinale sottoscritto non intraprenderà di giustificare le 
forme di questalettera,ed accordera chelecose stesse avrebbero 
potato esprimersi con frasi più ricercate, ed il YescoYO stesso 
il confessa nel fine délia sua lettera , e ne chiede scusa. Ma il 
sottoscritto pr^a Yostra Ëccellenza di considerare , che il Santo 
Padre , senza mettersi in con^addizione coi suoi sagri doveri, 
non potrebbe rimprorerare il Vescovo per le cose che ivi espri- 
me. Il sottoscritto pregaaltresil'EccellenzaVcstraa rifiéttere, 
cbè trattasi di un Vescovo conscio a se stesso délia fiedéHà sua 
alla Maestà dell' Imperatore, e di un Vescovo che per avfir sos- 
tenuto i principii ed i diritti délia Chiesa trova»i dà Uungo tompo 
privato délie rendite del suo vescovato e ridotto a vivere di ele- 
mosine. • ' ' 

Il Santo Padre adunque non potrebbe adottare la misura 
richiesta verso monsignor Gutkowski , il quale ai suoi occhi ed 
agli occhi dell' intiero Episcopato cattolico non potrà mai com- 
parire colpevole per aver sostenuto e coraggiosamente difeso i 
principii c le discipline délia Chiesa. Sua Santità confida che il 
potentissimo imperatbre di • tutte le Russie nella magnanima 
leallà e giustizia del suo carattere voprà esseme persuaso, e non 
dar s^^toalladeterminazionediallontanare monsignor Vescovo 
di Podlachia dalla sua diocesi , ànche per risparmiare al paterno 
cuore délia Santità Sua una afflizione araarissima. 

Il Cardinale sottoscritto nel partecipare air Ëccellenza Vostra i 
motivi per i quali il Santo Padre non pûô in questa circonstanza 
compiacere i desiderii di Sua Macstà impériale e reale, la prcga 
di Tolere elevarli ail* animo benevolo délia Maestà Sua accompa- 
gnati dai suoi buoni officii , dei quali non saprebbe dubitare , e 
profittando di questo incontro le rinnova i sentimenti délia sua 
distinta considerazione. 

N* S*. — NOTE EN FORMB CONFIDENïiELLB REMISE PAR LA LÉGATION I. 
ET R.y AU CARDINAL SECRÉTAïaE dV^FAT , LE 17 MAI 1840, SDR l'aR- 
RESTATION ET LA DÉPORTATION PAR ')RDRE DO GOUVERNEM^-NT ROSSE DE 
MONSEIGNEUR l'ÉVÊQUE DE PODLACHIl'. 

Au moment de me rendre à Florence , où m'appelaient les 
devoirs de mon poste, un courrier, arrivé de Ft.-Pétersbourg de 



367 

la part du gonvei->iement impérial, vient ni'imposer l'obligation 
de différer mon voyage, afin de pouvoir porter à la connaissance 
du cabinet pontifical les communications qui m'on^t été trans- 
mises à cette occasion et dont je m'empresse de faire part à Votre 
Eminence révérendissime. 

Les griels du gouvernement impérial de Russie contre mon- 
seigneur Gutko^^ki , évêque de Podlachie,sont trop bien connus 
de Votre Eminence révérendissime pour que j'aie besoin de ré- 
capituler un à un les torts graves dont cet ecclésiastique s'est 
rendu coupable , et qui depuis plus de six ans ont fait l'objet 
des réclamations itératives de la part de la l^;ation impériale 
auprès du Saint-Siège. 

Tant c[ue ces torts pouvaient être envisagés sous un point de 
vue religieux, Sa Majesté l'empereur s'est constamment rapporté 
à l'arbitrage du Souverain Pontife pour la solutioa des difficultés 
sans cesse suscitées par l'opposition systématique de l'évêque 
de Podlachie , en réservant en toute confiance au Saint-Père de 
décider, dans sa sagesse et son équité, du degré de culpabilité du 
prélat accusé, subordonnant ainsi les considérations importantes 
de la sûreté et de la dignité de <«on gouvernement au soin scru- 
puleux de ne point empiéter sur les droits du Siège Pontifical , 
dans le juste espoir que docile aux admonitions du Saint-Père 
contenues dans les brefs qui lui avaient été adressés , et touché 
enfin de la longanimité dont il a été usé envers lui , réyéque 
Gutkowski rentrerait dans la voie du devoir. Loin de li, soit 
qu'il n'ait pas vu dans la lettre de son chef spirituel une con- 
damnation assez explicite de sa conduite, soit qu'il ait voulu 
braver la puissance du chef de l'Eglise, comme il bravait l'au- 
torité temporelle , l'évêque Gutkowski vient de mettre le com- 
ble à son audace , en se permettant des manifestations tellement 
outrageantes à la dignité du gouvernement , que l'on a pu sup- 
poser un instant qu'elles avaient été l'effet d'un dérangement 
dans ses facultés intellectuelles , mais que, dans tous les cas, un 
gouvernement qui se respecte devait réprimer au risque im- 
minent de compromettre la sûreté de l'Etat. Sans vouloir citer 
d'autres actes d'insubordination dont ce prélat vient récem- 
ment de se rendre coupable , il me suffira sans doute , pour con- 
vaincre Votre Eminence révérendissime de la justesse de ces 
allégations, de mettre sous ses yeux la réponse ci-join(e, que 



368 

l'éréquc Guikowski s'est permis de faire à une interpellation 
qai lui avait été itëralirement adressée par la commission de 
Tintérienr des cultes du royaume de Pologne , dans le simple 
bot d'obtenir des renseignements sur l'origine et la nature des 
confréries existantes dans son diocèse. L'évéque ne se borna 
point à i-eftiscr dans les termes de la plus amère ironie les ren- 
seignements demandés , mais saisit encore cette occasion pour 
déverser sans le moindre déguisement la haine dont il est animé 
contre le gonvcmement , et poussa Taudace de ses imprécations 
jutqn^à énoncer clairemeiit l'espoir consolateur qu'il Nourrissait, 
que Dieu mettrait fin à ce gouvernement (e( hu quoque dabil 
ikut finern). 

J'en appelle maintenant à la sagcsseet à l'équité de Votre Smi- 
nence révércndissime, pour qu'en sa Qualité de ministre, placé 8 u 
timon de lElat, elle décide elle-même s'il est possible qu'un go j- 
▼ernement quelconque, soigneux de sa dignité, puisse tolérer un 
pareil langage dans un haut fonctionnaire ; et le chef de l'Eglise 
catholique, qui est en même temps souverain temporel, sotif- 
frirait-il lui-même qu'on évêquc , se dépouillant scandaleuse- 
ment do caractère de mansuétude que lui impose sa saiiil^ 
vocation , se permit de vilipender ouvertement le gouverne- 
ment qui l'a investi de sa confiance. 

Une démonstration aussi haineuse qu'elle a été gratuite, venue 
à la suite d'une série d'actes constamment empreints de disposi- 
tions hostiles contre le gouvernement impérial , a donc dû le con- 
vaincre que Gotkowski n'était qu'un instrument aveugle dans 
les mains du parti révolutionnaire. 

Quoiqu'il en soit, la patience de l'Empereur avait atteint sa 
dernière limite, et Sa Mujesté résolut de ne plus tolérer un état 
de choses qui compromettait au plus haut degré la tranquillité 
do royaume, et fournissait un exemple pernicieux au reste du 
clergé catholique. 

En conséquence Sa Majesté impériale s'est vue , quoiqu'à re- 
gret , dans la pénible nécessité d'éloigner monseigneur Gut- 
kowski de son siège episcopal , mesure dont l'application éven- 
tnelle a été depuis long-temps annoncée à îa Cvour de Rome , et 
qui n'a été ajournée jusqu'ici, que pour donner au Saint-Siège 
une preuve de plus de la déférence que Sa Majesté impériale 
s'est plu en tout temps de témoigner à Sa Sainteté , et dans le 



369 

juste espoir que le Sainl*Pèi'e aviserait aux moyens d'épargner 
à l'Empereur un acte de rigueur, mallieureusement derenu au- 
jourd'hui inë?itable. * 

Toutefois, avant de prononcer sur le d^é de culpabilité de 
révêque, Sa Majesté impériale a voulu constaterpar une enquête 
si sa conduite inconcevable devait être attribuée à un système 
arrêté d'opposition, ou bien si elle avait été l'effet de l'abaisse- 
ment de ses facultés intellectuelles, que son âge et ses infirmités 
peuvent avoir affaiblies au point de lui interdire une parfaite 
liberté d'action et d'esprit. 

Par suite de cette détermination le prince lieutenant du 
royaume, se conformant aux ordres derKmpereur, nomma une 
commission composée de quatre membres de divers états , à la- 
quelle fut adjoint le prêtre Yalentin Wieribicki, procureur du 
séminaire de Janow, jouissant de l'entière confiance de Tévêque. 
Cette commission s'étant rendue au lieu de la résidence de l'évê- 
que, et ayant , par suite dSin entretien de plusieurs heures , 
auqnelasslsta également le frère de l'évêque, le chanoine Simon 
Gutkowsky , reconnu que l'évêque était dans la pleine jouis- 
sance de ses facultés, lui annonça Tordre qu'elle avait reçu de le 
transférer au couvent d'Ozeransk dans le district de Rogalcheff, 
gouvernement de Mohilew. Sur l'invitation de la commission , 
l'évêque se décida â partir , en demandant seulement le temps 
nécessaire pour mettre ordre à ses affaires, ce qui lui fut plei- 
nement accordé. Après avoir pris les dispositions qu'il jugea 
convenables, il descendit sans la moindre résistance, et monta 
en Toiture, accompagné de l'oflficier chargé de le conduire au 
couvent ci-dessus désigné, où un appartement convenable à son 
rang lui avait été préparé. Par l'effet de cette magnanimité qui 
ne se dément dans aucune occasion , l'Empereur fit assigner à 
Tévêque une pension mensuelle de mille florins , en lui con- 
servant la libre disposition de tous ses biens. 

En annonçant ainsi à Votre Eminence révércndissime la déci- 
sion prise à l'égard de l'évêque GutkoTVsky , et les niolifs graves 
qui ont forcé Sa Majesté l'empereur, dans l'inlérèt de sa propre 
dignité et du repos de ses fidèles sujets, à n'en plus différer la mise 
à exécution, je ne me dissimule point la pénible impression que 
doit produire sur le cœur de Sa Sainteté la conduite que je viens 
de retracer d'un dignitaire si haut placé dans la hiérarchie ccclé- 



S70 

siastique qui, livré aux passions n.ondaînes et peu soucieux des 
exhorUtions paternelle» que Sa Sjinteté lui avait adressées, n'a 
pas craint d'attirer le déshonneur sur le saint ministère , et d'ex- 
poser l'Église à un affront, auquel Sa Sainteté déclare, sdon les 
expressions du bref du mois de novembre U^ô, ne pouvoir elle- 
même porter remède. 

Avant de terminer cet ofiSce, Monseigneur , je ne saurais 
passer sous silence une circonstance qui s'est présentée à cette 
occasion , et sur laquelk je m'interdirai toute réflexion. Parmi 
les papiers saisis ou a trouvé une correspondance çlandeslme 
entre le nonce apostolique à "Vienne et l'évêque Gutkowsky , 
dans laquelle monseigneur Altieri, au nom du Saint-Père, fait 
réloge du zèle de monseigneur Gutkowsky, le représente comme 
en butte aux persécutions les plus injustes , et l'exhorte à persé- 
vérer dans sa conduite précéd/ente. Quelle que soit l'apparente 
contradicdon d'un tel langage avec les admonitions de Sa Sain- 
teté, ci-dessus mentionnées, et nonobstant l'extension que 1 e- 
vêque Gutkowsky a pu donner au véritable sens de ces paroles, 
l'Empereur se plaisait toujours à rendre une entière justice à 
la loyauté du caractère du Souverain Pontife, n'a voulu y vcyr 
que des exhortotions, qui n'avaient rapport qu'aux attributiohs 
purement spirituelles, et aux fonctions ecclésiastiques derévê- 
que, afin de le confirmer de plus en plus dans le véritable ca- 
ractère du sacerdoce, que Sa Sainteté a si noblement retracé 
dans ses letttes encycliques, où elle engage les évêques à être 
lea véritables ministres d'une rehgion de paix et de concorde , 
et leur prescrit d'obéir aux autorités légitimes , non-seulement 
par crainte, mais par conviction et une entière adhésion de 

conscience. 

Je conclurai par une dernière réflexion , qui parait parfaitemen t 
résumer l'état de la question , et devoir justifier, aux yeux de 
tout homme impartial, la mesure de rigueur adoptée à l'égard de 
monseigneur Gutkowsky. 

Si, dans l'opinion du chef de l'Église catholique, monseigneur 
Gutkowsky ne mérite pas pour les faits articulés à sa charge 
d'être destitué de son siège épiscopal, celte question rentre dans 
le domaine de la discipline ecclésiastique, dont la solution ap- 
partient à Sa Sainteté, et dont l'Empereur mon auguste maître 
ne veut pas se constituer l'arbitre. Mais aux yeux de Sa Majesté 



571 

impériale, Gutkowsky , sujet et fonctionnaire public, s'est 
rendu coupable de désobéissance manifeste aux ordres du gou- 
vernement , dans des questions entièrement étrangères à la re- 
'ligion. Ce n'est donc pas comme évéque, mais comme sujet et 
fonctionnaire public , que ITmpereur se reconnaît le droit de 
le juger, de lui retirer sa confiance et de Tempécher, par les 
moyens qu'il a à sa disposition , de poursuivre ses coupables 
manœuvres , et d'exercer plus longtemps une influence , dont 
il a si scandaleusement abusé, en se montrant ouvertement 
l'ennemi du gouvernement, et en excitant ses concitoyens à la 
désobéissance et au mépris de l'autorité , an nom d'une religion 
de paix et de concorde, qui lui commandait au contraire d'être le 
premier à leur donner l'exemple du respect et de la soumission 
envers cette même autorité. 
J'ai l'honneur d'être avec la plus haute considération, etc. 

N* tf 9. — NOTE OFnCIELLB DU CARDINAL 8ECI16TAIRB D'iTAT , DU i" 
JDHf 1840, POUR RÉCLAMER AU NOM DU SAINT-PÈRE CONTRE LE FAIT 
SUg-MENTIONMÉ, ET EN MÊME TEMPS CONTRE LES NOMBREUX OUTRAGES 
FAITS A LA REUGION CATHOUQUE DANS LES DOMAINES RISSES. 

Il sottoscritto cardinal s^relario di stato si è iatto un dovere 
di porre , sotto gli occhi del Santo Padre , la nota direttagli da 
YostraEccellenza in data del 17 maggiooradecorso, concemente 
la communicazione délie misure di rigore adottate da SuaMaestà 
l'imperatore di tutte le Russie e re di Polonia a carico di monsi- 
gnor Gulkowski Yescovo di Podlachia. 

Lo scrivente si astiene dall' esporre ail' Eccellenza vostra la 
dolorosa impressione che la notizia del fatto sopraccennato ha 
prodotto neir animo del Santo Padre, perché non potrebbe 
trovare termini sufficienti ad esprimerla. Vostra Eccellenza me- 
desima lo caratterizza abbastanza, chiamandolo un affronto fatto 
alla Chiesa. 

Ripeterà qui il sottoscritto a Vostra Eccellenza ciô ch' ebbe l'o- 
nore di scriveiie con la sua nota del 26 febbraio 1838, cioè 
che egli non intraprenderà a giustificare le forme del rapporto di 
nionsignor Vescovo di Podlachia alla commissione delT interno 
e dei culli nel regno di Polonia in data del 9 di maggio , ?d ac- 
cordera ché alcune frasi di quel rapporte potevano evitarsi ; ma 
non puô dispensarsi dall' osservaie clic la frase la più forte , 



372 

rilevaU da Vo»tra Eccellenia ncUa sua nota, cioè la sptranza 
coniQktrice nudHta dai Yacovo che JHo melUrtbU fine al go-^ 
umo di Sua MaeUà imperiaU ruUa Poloma , presenU un tutt 
tàVfO unao da queUo cori inoon?€nientc et audace che vi si è vo- 

luto atuiboire. , .. 

Quantunque il Santo Padre non abbia avuto soU occhio il 
tenoi^ délia doroanda fatu dalU commissione amministraUva 
al Yescovo dl PodUchia , ne conosca altro che la tradutione di 
un estrailodeUampoêiaddVescovo; pure queslo solo docu- 
mento indica ahbasunza che monsignor Guikowsky non ha in- 
teio di parlare di Swa Maetià impériale e reale , ne del govemo 
«iperiore del regno di Polonia, ma lUMcamente del governo m- 
lerioi« , owia di quelU autpriU civile che è perfino «oggetta agh 
ordini delU commissione amministi-aûva. « A celte occa»ion 
(co«sil«^eneU'e»tratlodelUri&po»udimonsignorGutkoWsky) 

l'évêque recommande ici à la coifemission administraUve, qu elle 
ait à .'occuper de cho«es plu» sérieuses , et qui ont trait au bien- 
être des éghaes comme de leurs revenus etc. ; de veiller séneu- 
8er.ent à aviser autant que possible aux moyens d'obliger 
VaûtoritêeimledePodlaekiedemeUreàexécntion les ordres de 
la çommtsston adrmnUtralive , ce à quoi elle ne pense pa», ainsi 
qu*il lui en a déjà iait la remarque par son rapport du 25 février 
dernier. A de pareUles reprëscnUlions l'évêque n'a point eu de 
réponse » : e questo è il govemo che egU chiama injuste, 
et méchammmtimçuciani pour les inUr^u de VEgliie catholique. 
Ciô si conferma daUe ultime paxole dçUa risposU medesuna , 
con le quaU il VeKovo domanda che la sua risposta sia leiteral- 
mente communicata al ^upcriore governo , cioè al ministre sc- 
gre^rio di Stato. Q^alunque frase pertanto abbia usata monsi- 
BUor QuO^owAv in questa sua riposta, essa è unicamente diretta 
Ja» awritê^ civUe délia provincia, c U lettera di lui non e che 
un réclame ail' autorità supcriore contre la oscilania o anche 
l'iagiUAtixia délia autorità inferiore. 

Ck)nviene poi anche considerare la situazione del Vescovo che 
lia date U rispoata (^Ua quale si tratta. ed accordare pure una 
qualche indulgenza aile dobrose circostanzc nelle quaU si trova- 
va- EgU eradalungotemposcopoalleanimavversionidelgovemo 
per avère con apostoUco zelo difesala causa délia Chiesa cattolica. 
EgU trovavasi pure da qualche anno privato délie rendue del 



373 

•uo yescovato. Eq\ï non ignorava di essere stato accusato di feU 
lonia al capo suprerao délia Cliiesa caltolica , mentre sentivasi 
innocente da questa colpa , clie yeratuente avrebbe {)otuto ren- 
derlo agti occhi del Santo Padre reo , corne Yostra Eccellenza si 
etprime , di non curanza délie paterne esortaxioni délia Santità 
Sma; le quali perd a ciô solo si liferiyano , e non a prestare una 
cieca obbedienzaagU ordini dell' autorità civile contrarialle mas- 
siine ed alla disciplina délia Ghiesa catlolica. Ora qiial meraFÎ- 
glta che un Yetcovo posto in questa si penoea ed insopportabile 
situasione , yedendo tutti i reclami da lui portait al govemo res- 
tare senza risposta , dica in un momento délia più amara affli- 
zione cbe la sola consolazione cbe gli resta nel suo dolore si è il 
pensare, che il govemo del regno di Polonia non è l'ultima is- 
tanza per lui , ma la provvidenza , la quale spera cbe vorrà por 
fine non già al govemo di Sna Maetià , ma quella non curanxa 
dei 8Uoi reclami in difesa dei diritti délia Chiesa , che ii Veteovo 
ttetio da ri tungo tempo tperimenlavn. 

Del resto il cai-dinal sottoscritto ricorda bene le accuse portate 
da codesta I. e R. L^azione contro ntonsignor Gutkowsky , ma 
ricorda egualmente le risposte da lui date ; corne pure ricorda 
che fitto al momento présente non sia stato mai prodotto alcuno 
di quei document! che la legazione Russa scrisse possedersi dal 
goremo impériale , e costitniredes donnéetporithei des coupables 
intelligences de l'évêque avec les réfugiés qui conspirent dans les 
autres pays le renversement de l'ordre établi. 

In ultima anahsi tutto ciô che si è portato a notizia della S. 
sede contro la condotta di monsignor Gutkowsky in c^getti che 
non siano relativi aile leggi ed alla disciplina della Chiesa, per i 
quali, corne il sottoscritto ha lealmente detto e scritto a codesta 
I. e R. Legazione , il Santo Padre non solo non poô condannar- 
lo , ma deve lodarlo, si riducono alli segucnti , cioè : i) AU' 
essersi il Yescovo ricusato di consegnare aile autorité civiii il 
libro intitolato c concordanza e discordanza fra la Chiesa Orien- 
tale ed Occidentale ; ossia idea della unione délia Chiesa greco- 
scismatica con la Chiesa romano-cattolica. > S) Alla lettera scittta 
da lui a S. A. il principe di Varsavia nel novembre 1837. 3 ) 
Air attuale risposta da lui data alla commissione dell* Interno e 
dei culti del regno di Polonia. 4) Finahnente a délie vaghe asser- 
zioni di costante sua avYersionc al governo. Ma riguardo al 1 . il 



374 

faltodclb (lisgraziata defezione de* greci uniû fa ora abbaslanza 
chiaramente conoscere, da qualespiritofosseanimato il Vescovo 
diPodlachianclricusarsiaconsegnare sponteneamentequel libro 
al governo, c da quali viste fosse questo condotto nel ritirarlo ; e 
fa perciô ricntrare questo capo di querela fra quelli che riguar- 
dano il Vescovo corne Vescovo , cioè corne difensore dci dogmi e 
délia disciplina délia Ghiesa. La costante avversionedimonsignor 
Gutkowsky al governo è smenlita dalcontegno da lui tenuto nel 
tempo délia rivoluzione Polacca ; non è provata da alcun fatto 
dedotto a notizia délia S. Sede ; e solo riducesi alla avver^ione di 
lui , non ail* autorità civile , ma agli atli di questa contrari ai di- 
litU délia Ghiesa , awersione spiegata forse con semplicità e 
senia omamcnto di frasi o scella di sludiati modi , e che perciô 
appunto ne discopre l'indole , e ne détermina la natura ben di- 
versa da quella àe vorrebbedarlesi. Non restano adunque che 
le due lettere scritte dal Vescovo Gutkowsky li 8 novembre 
1837, ed il 9 maggio 1840, nelle quali separando il fondo 
dalla forma nulla vi è di ostile o di avverso , ne ail' au- 
gusta pcrsona di Sua Maestà impériale, ne al suo I. e R. 
governo. 

GonsideraU dunque la condotta di morsignor Gutkowsky 
aotto questo aspetto , che è quello sotto del quale la Santa 
Sede deve considerarla , mentre nulla è stato alla medesima 
dedotto contro la fedeltà di quel prelato verso il suo legitimo 
sovrano , non è meraviglia che mentre il Santo Padre nel 
novembre 4836 colpito dalla gravezza dei termini coi quali gli 
si denunziava la condotto del Vescovo corne suddito , sebbene 
non potesse persuadersene , pure patemamente e gravemente 
avvertivalo; ricevute poi le di lui giustificazioni nel giugno 
1837 si dimostraasc soddi&fatto e contento délia disposizione 
di animo del Vescovo di soffrire piuttosto qualunque maie 
cbe mancare alla fedeltà promessa et dovuto a Sua Maestà 
l'imperatore c re ; e lo esortasse a continuare con evangelica 
semplicità e prudenza nell' adempimento del sacro suo ministère 
«d a porre tutta la sua confidenza in Dio : come pure non 
è da meravigliarsi che il nunzio apostolico in Vienna informato 
di tutte le particolarità di questo affare , avendo avuto qualche 
occasione di scrivere al Vescovo di Podlachia , gli scrivesse 
(sebbene senza aveme ricevuta commission e dalla S. Sede) 



575 

nel senso medesimo in cui il Santo Padr« aveagU scritto. 
Stando cosi le cose, la iinpressione prodotta neir animo 
del Santo Padre dalla lettura délia nota di Yostra Eccellenza 
doYea necessariamente essere la più forte e la jhÙ dolorosa. 
Il fatto délia deportazione del Yescovo di Podlachia pone 
il Santo Padre nella dura alternativa o di avère l'apparenza 
di condannare col suo silenzio corne reo di yiolata fedeltà 
e di grave disobbedienza al suo legittimo sovrano in cose 
civili , un Yescovo che in sostanza altro non fece che zelare 
Tadempiraento de' suoi doveri ecclesiastici ; o di disgustare 
il potentissimo Imperatore délie Russie. Un Yescovo è un 
dignitario délia Ghiesa; e non già un pubblico funzionario 
che puô essere collocato o rimosso dalla sua carica dalla 
volontà del sovrano. Il Yescovo è unito con vincolo sacro- 
santo alla diocesi per la quale ha ricevuto la missione dalla 
suprema autorità ecclesiastica , ne contro il suo volere puô 
esserne disciolto che per gravissimi motivi espressi nel diritto 
canonico, e con certe forme dal medesimo prescritte. Yostra 
Eccellenza dichiara nella sua nota che se nella ojHnione di Sua 
Santitâ , monsignor Gutkowsky non • mérita di essere destituito 
dalla sua sede Yescovile , la soluzione di taie questione appar- 
tiene a Sua Santità, e Sua Maestà l'imperatore non vuole 
costituirsene Tarbitro. Ma il fattto délia deportazione di monsi- 
gnor Gutkowsky è direttamente contrario alla dichiarazione. 
Dicesi che il Yescovo di Podlachia agli occhi di Sua Maestà 
impériale si è reso colpevole di disobbedienza manifesta agli 
ordini del governo in questioni intieramente straniere alla 
religione ; ma i latti allegati sono di tutt' altra natura ; ed il 
Santo Padre non puô dubitare che se i medesimi fossero stati 
rappresentati a Sua Maestà l'imperatore sotto il loro vero 
punto di vista , il Yescovo Gutkowsky non avrebbe incontrato 
la disgrazia del suo sovrano, il quale avrebbe in lui ravvisato un 
suddito, la di cui condotta, malgrado le forme, era peiô in 
sostanza regolata dal principio : « Reddite quœ sunt Caesaris 
Csesari , et qua; sunt Dei Deo. • 

Ed oh ! piacesse a Dio che le doglianze del Yescovo Gutkowsky 
contro gli ordini del governo non fossero state fondate^c che nei 
vastissimi dominii di Sua Maestà impériale e reale la Ghiesa catto- 
lica non avessc i più gravi ed i più giusti motivi did(^lianzcl Ma le 



376 

coae disgraxiatamente non 80D0 cosi. I Umenti d€i catloUci êuddiù 
di Sua Mawtà impériale giungono da ogni parte al Santo Padrc 
malgrado i «ommi rigori coi quaU si vuole impedire la coinuni- 
caMone dei fedcli col loro capo visibilc, il somme ponteficc, a 
mené che quota non passi pel canale del ministero impériale. 
MolUc molli sono gU stcssi edilti impcriaU che da pochi âûni 
hanno aggratato la mano sopra la Chiesa cattoUca. Il Santo 
Padre ha voluto che in quesla doloiosa circostania, nella quale 
rivolgesi alla equila e alla magnanimità del potentissimo impe- 
ratore di tutte le Russie in favore del Vescovo di Podlachia , 
non si omettesse di portare al trono délia Maestà Sua i suoi più 
impegnati recUmi contre tutto ciô che opprime nei Dominii 
di Sua Maestà U liberlà delU Chiesa cattolica , c ne ôffende i 
diritû ; e nominatamente contre la proibizione fatta al clerc 
latino di ascollare le confessioni sagi-amentaU di persone che 
non siano dal clero stesso conôeciute, e di ammeUerle alla 

comunione. 

Non puô eguahnente il sottoscritto passare sotto sUenuo ne 
l'Ukase del 26 octobre 1833 , col quale fu soppresso il célèbre 
monastero di Pociajow dell' ordinc Basiliano, ed eretto in catte- 
dralc greco-russa col titolo di VescoTato di VoUnia , nella quale /' 
occasione fu soppressa la sede Rutena di Lùck; ne quelle del 
4833, col quale fu oïdinaU la chiusura di tutti i Noviiiati 
pcr accclelare la estinxionc degU ordini rehgiosi; ne gU altri 
fatti, contre i quah fu già reclamato con Nota del 6 settembrc 

1S32: 

Non l'Ukase del 23 novembre del Aestè citate annomterne 
ai matrimoni misli, csteso anche alla Polonia , malgrado 
gU antichi trattati fra la Russia e Tantica rcpubhca di 

Polonia : 

Ne quelle del 1833 , col quale fu richiamato in vigore altro 
Ukase dell* impératrice Caterina II ove si disponeva che per 
ogni 400 abitanti vi fosse una chiesa ed un prête , per potere 
cosl facilmente sopprimere moite parrochie , come di fatli è 

seguito : 

Ne finalmcnte gli Ukasi del 24 giugno 1833 e del 22 aprile 
1834 , con i quaU ordinavasi la erczione di due Vescovali greci 
non caltolici a Varsavia ed a Polosck, per la esccuxione dei 
quali Ukasi fu tolta ai caltolici la niagnifica chiesa di Santa Ciw:e 



377 

che arevàno in Vars&Tia , corne hanno anche perduto in Yilna 
il gran templo di S. Gasimiro. 

Oltre a questi imperiali ordini sond quasi senza nninero le 
prescririoni délie autorità subalterne , tendent! tuite a dilatare 
per ogni modo la religione grecaunita, e ad aTrilire, oppri- 
merez ed estinguere se fia possibile la religione cattoÛca. 
Infelicemente i fatti dimostrano abbastanza questa universale 
teadenia délie autoritA civili. La récente defesimie dei greci 
uniti ) preparau da lango te&:po coa mezzi indiretti ma efficaci; 
ne è una prova palpabilé ; ma altra non meno chiara se ne 
scorge nelle proyincie Polacco Russe aggregate ail' impero nel 
1^3. In esse esisterano moltissime scuole a Vantaggio délia 
gîôventù , le qnali erano assistite dai rellgiosi Domenicani e 
Scolopi , o dai monaci Basiliani Ruteni , o anche dai maestri 
secolari càttolici, e l'Istitutore nelle dottrine religiose era 
sempre Un ecclesiastico cattolico. Ora la maggior parte di 
quelle scuole ha cessato di esistere in forza délia seguita soppres- 
sione de* conventi : le superstiti poi sono regolate secondô 
il metodo délie greche non unité, ed assistite da maestri secolari 
délia stessa confessione , o protestanti , ovvero da qualche catto- 
lico di solo nome. L'Istitutore poi in punto di religione è in tutte 
un prête greco non cattolico. Per distruggere in fine tutte le 
speranze del clero, dopo essere stati chiusi in Polonia ^recchi 
seminari sotto il pretesto délia rivoluzione del 1830^ fu resa 
quasi impossibile Tammissione dei nuovi alunni per Wgravissi- 
me condizioni ira poste vi. 

Air aspetto di un insieme di circostanze , di leggi , di fatti , di 
tendenze cosi minaccevoli per la Ghiesa cattolica nei dominii 
Russi, Tanimo paternodel Santo Padresentesi crudelmente la- 
cerato, ne altro conforto gli resta, che quello di rivolgersi 
con plena confidenza alla glustizla ed alla inagnanimità dell' 
Imperatore eRe , lusiogandosi che con Tautorità sua vorrà por 
fine a tanti mali. 

Il Santo Padre, posponendo ogni umano riguardo ail' adem- 
pimento dei doyeri del suo apostolico ministero , confîda nella 
dlvina grazia che non sarà mai per mancarvi ; e se i suoi reclami 
dovessero reslare senza effelto , avrâ almeno la consolante testi- 
monianza délia sua coscienza di aver fatto da! canto suo qiianto 
era in suo poiere, c di non essere co!|>evoIe iiinauzia Dio , il 



578 

quale secondo le sue infallibili promesse non abbandonerà mai 
la sua Ghiesa. 

Il soLtoscritto nel pregare l'Eccellenra VosUa di voler elevare 
la présente risposta ail' alla cognizione di Sua Maestà impériale 
il di lei Auguste Sovrano , profilta di questo incontro per rinno- 
yarle le proteste délia sua distinta considerazione. 

H» 60. — AOTIUE ROTE OPnCIELLE DO 16 AOUT, MÊME ANNÉE, PAR LA- 
QUELLE ON RÉCLAME CONTRE L'eMPÊCHEMENT MIS AUX COMMUNICATIONS 
ENTRE LE PRÉLAT SU8-MENTI0NNÉ ET SON DIOCÈSE. >^ 

( 

Il sottoscritto Cardinale Segretario di stato ha messo sotto gli 

occhi del S. Padrc la lettcra del capitolo cattedrale di Janow 

nella diocesi di Podlachia, che V. S. Illma. ha accompagnata 

colla sua Nota del giorno 7 dello scorso mese. Col più yiva 

rammaricoe con eguale sorpresa,Sua Santità è venuta a conos- 

cere da detta lettera , corne monsiguor Guikowski dal punlo 

délia sua rilegazione nel monastero di Ozeransk trovasi per 

colmodi yiolenza nella dura circonstanza di non potere, inalcun 

modo, comunicare col suo gregge, ne dare per iscrittp le 

disposizioni occorrenti al retto andamento délia sua diocesi. Ed . 

egli è ben facile il comprendere i giusti raotlvi délia inaspettala 

dispiaccTole impressione ond' è stato colpito l'animo del S. Padre. 

Cotesta Impériale legazlone nell' antécédente sua Nota del 17 

maggio mchiarb che se nell* opinione del capo délia Chiesa 

cattolica'monsignor Guikov siii non meritava di essere destituito 

dalla sua sede vescovile, la soluzione di tal questione, compressa 

nella sfera délia disciplina e.'.clesiastica, apparteneva al S. Padre, 

e Sua Maestà l'imperatore non voleva costituirsene l'arbitro : 

essendosi d'altronde creduto in diritto di procedere contro lo 

stesso prelato, non corne vescovo, macome sudditto e funziona- 

rio pubblico , e corne quello che si cra reso colpevole di disobbe- 

dienza manifesta agU ordini del governo in oggetti interamente 

stranieri alla rehgione. Il S. Padre non potendo ammettere 

sifiatte asserzioni , mentre ordinô che in risposta si schiarissero 

anche una volta i fatti addebitati a monsignor Gutkowski , e si 

dimostrasse di quai natura essi fossero realmenle, fece altresi 

rilevare che un vescovo , essendo non già un pubblico funzio- 

nario , ma un diguitario délia Chiesa unito con vincolo sa^,ro- 



379 

santo alla sua diocesi per cui ha ricevuto la missione dalla 
supreina autorità ecclesiastica , non puô esseme allontanato a 
taleoto del soVrano territoriale. Gomunque pcrô Sua Santità 
non potesse permettere che si passassero in silenzio le suddeite 
asserzioni espresse nella precitata Nota ; tuttavia a senso pure 
délie medesime nienle doreva attender ineno che monsignor 
Gutkowski, rilegato, al dire dell' impériale Icgazione, non 
corne vescovo, ma corne funzionario pubbUco , fosse posto nell* 
impossibilità di adempire in alcun modo, anche per yia di 
comunicazioni epistolari, ai doveri che gVincombono come 
Vescovo. Siccome in fatti Sua Maestà ha riconosciuto essere 
unicamente riservato al capo délia Ghiesa catlohca il giudicare, 
se il prelato anzidetto méritasse di essere destituito dalla sua 
sede vescovile ; cosi per identità di principio dce riconoscere , 
esseredi esclusiva pertinenza délia suprema autorità Ecclesiastica 
Timpedire allô slesso prelato l'uso délie funzioni inerenti alla 
sua dignità. Astretto quindi il S. Padre dai sacri doveri dell' 
Apostolico mlnistero ha imposto al Cardinal sottoscrito di recla- 
mare altamente nel pontificio suo nome contro le suindicate mi- 
sure , del pari ingiuste che violente , prese a carico di monsignor 
Vescovo di Podlachia , e contro la grave offesa che ne risulu ai 
diritti délia Chiesa, délia S. Sede, del venerando ordine episco- 
pale. Intanto il S. Padre nella lusinga che Sua Maestà l'impera- 
tore e re vorrà quanto prima far cessare un fatlo contro del 
quale ogni buon diritto reclama , ha manifestato al capitolo di 
Janow le pontificie sue intenzioni per il provvisorio régime di 
quélla diocesi , avendo in pari tempo ordinato al sotloscritto di 
dichiarare , che se le sue speranze andassero deiuse, si vedrebbe 
allora costretto per il présente e per più altri fatti , che oppri- 
mono troppo la Ghiesa cattolica nei dominii di Sua Maestà , di 
venire suo malgrado a quel passi ulteriori , che dagli apostohci 
suoi doveri gU saranno consigliati ed imposti. Il Cardinale scri- 
vente in adempimento dei venerati comandi del S. Padre prega 
V. S. Illma. di portar tutto ciô a cognizione di Sua Maestà 
impériale il di lei augusto Sovrano , e profitta di quest'incontro 
per confermale i sensi délia sua distinta stima. 



580 



N^ 61. — LETTRE DU COMTE NESSKLROOE, HIIflSTRE DES AFfAtRES ÉTRAN- 
GÈRES A PÉTBMBOURO, EN BATE DU 18 JOILLET 1840, ADRESSÉE àO 
CARDINAL SECRÉTAIRE D*ÉTAT POUR ACCRÉDITER LE CHEVALIER FUHR- 
MAim. 

C'est le conseiller d'Etat Fuhrmann qui aura rhonneur de 
remettte la présente à Votre Eminence. Le ministre de Sa 
Majesté l'empereur étant absent de son poste, M. de Fuhrinann 
est "en même temps chargé d'entrer avec le cabinet pon- 
tifical dans quelques pourparlers relativement à différentes 
questions, qui ont surgi en dernier lieu entre le cabinet impérial 
et la cour de Rome , questions que Sa Majesté impériale désire 
sincèrement voir terminées dans un esprit de conciliation et de 
convenances mutuelles. 

Cet à ce titre , monsieur le cardinal , que je prends la liberté 
de recommander monsieur de Fuhrmann à la bienveillance par- 
ticulière de Votre Eminence , en la priant de vouloir bien ajou- 
ter une foi entière aux explications qu'il aura l'honneur de lui 
fournir au nom du cabinet impérial. 

J'ai l'honneur d'être avec une haute considération, etc. . 

/ 

N** 02. — NOTE VERBALE REMISE AU CARDINAL SECRÉTAIRE d'ÉTAT , PAR 
LE CHEVALIER FUHRMANN , LORS DE SA PREMIÈRE MISSION A ROME. 

Le gouvernement impérial n'a pu voir qu'avec un sentiment 
de regret sincère , que ses relations avec la cour de Rome , qui 
pendant une longue série d'années avaient été toujours mutuelle- 
ment satisfaisantes, s'étaient dans les derniers temps altérées par 
des causes incidentelles et pour ainsi dire involontaires de part 
et d'autre. Le cabinet russe désirerait infiniment remédier à un 
état de choses qui, s'il devait se prolonger , réagirait nécessaire- 
ment sur la paix de l'Église catholique dans les Etats de Sa 
Majesté Tempereur , ainsi que sur les dispositions qui animent 
Sa Majesté A son égard. 

Afin de mettre un terme à cette situation délicate et épineuse, 
qu'il est autant dans l'intérêt de la cour de Rome que dans 
celui du gouvernement impérial de prévenir , il serait désirable 
que le Saint-Siège voulût de son côté prêter son concours au 
pouvoir temporel pour résoudre certaines questions , dont la 



381 

solution déûnitiTC et finale dépend aujourd'hui uniquement de 
Sa Sainteté. 
Dans ce but le Saint-Père est instamment prié : 

1) De vouloir bien user de ses conseils et àb son autorité spii-i* 
tuelle pour engager l'évéque Gutkowski à se démettre déûniti- 
Tement d'une charge (celle du siège épiscopal de Podlachie 
dam le royaume de Pologne) que ses sentiments hostiles envers le 
gouvernement l'empêcheraient toujours de remplir dans l'esprit 
de paix et de soumission envers l'autorité légitime. Sa Sainteté 
peut d'ailleurs se reposer avec une entière confiance sur le gou- 
vernement impérial du soin d'assigner à ce prélat des moyens 
d'existence proportionnés au rang qu'il occupe dans la hiérarchie 
ecclésiastique. 

2) De vouloir bien ne plus retarder , dans l'intérêt de l'Eglise 
cathoUque elle-même » l'institutiou canonique de monseigneur 
Pawlowski , comme archevêque de Mohileff, métropoUtain des 
églises catholiques en Russie. 

Telles sont les deux demandes dont l'acceptation amènerait 
l'accomplissement des vœux que Sa Sainteté s'est plu à 
exprimer à différentes reprises en faveur du culte et du 
clerçé catholique dans les États de Sa Majesté l'empereur 
et roi. 

N^ 63. -»orFicE DU 16 septembre 1840, accompagnant la note qui 

PRÉCÈDE. 

Conformément aux désirs de Votre Eminence y je m'empresse 
de placer sous ses yeux la substance des communications confia 
dentielles que j'ai eu l'honneur de lui faire dans l'audience de ce 
matin y et je profite de celte occasion pour lui réitérer l'hommage 
des sentiments très-respectueux avec lesquels je suis, etc. 

f!* 64. — LETTRE OD NOTE CONFIDENTIELLE ENVOYÉE PAR LE CUEVALIER 
FDBRMiNIl LE 23 DD MÊME MOIS. 

En accusant à Votre Eminence révérendissime la réception 
de l'office confidentiel qu'elle m'a fait l'honneur de m'adresser 
en date d'hier, j'éprouve le besoin de lui exprimer la vive recon- 
naissance dont je suis pénétré pour l'empressement qu'elle a bien 
voulu mettre à porter à la connaiiisance du Saint-Père les coin- 



382 
municalions confidentielles dont j'ai été chargé de m'acquitter 
auprès du cabinet pontifical. 

Tout en appréciant les considérations développées dans l'of- 
fice précité de Votre Emincnce, quant à l'opportunité de sou- 
mettre à un même examen les demandes dont j'ai été l'organe , 
j'avais lieu de supposer queles explications précédentes fournies 
par la légation impériale les avaient déjà suffisamment éclaircies, 
et que l'opinion du cabinet pontifical relativement à ces questions 
était fixée depuis longtemps. C'est en partant de ce principe que 
j'ai pris la respectueuse liberté de supplier "Votre Eminence de 
solliciter les déterminations finales de Sa Sainteté sur l'accueil 
qu'il lui plairait de faire aux deux demandes que j'ai eu l'hon- 
neur d'exposer à Votre Eminence d'abord verbalement et plus 
tard par écrit. 

Aussitôt qu'il me sera permis de compter sur un accueil 
favorable de ces demandes, je m'estimerai henreux de m'ac- 
quitter en entier des ordres éventuels qui m'ont été donnés à cet 

effet. 

Eminentissime Seigneur , il s'agit du maintien de la- paix reU- 
gieuse et de la consolidation du bien-être de l'Église , du dergé 
et des populations cathoUques en Russie et en Pologne, que la 
gouvernement impérial désire seconder par tous les moyens en 
son pouvoir. Un appel fait au chef de l'Église caUiolique, au 
nom d'intérêts aussi graves , mérite de fixer la sollicitude pater- 
nelle de Sa Sainteté. 

C'est avec une confiance illimitée en la sagesse, la loyauté et les 
lumières de Votre Eminence , que je la supplie de concourir à 
l'accomplissement d'une œuvre aussi salutaire , et de me faire 
connaître le plus tôt possible les déterminations définitives du 
Souverain Pontife. 

Je suis avec un profond respect, etc. 

I^« 6i5. — LETTRE DE 8. M. l'EMPEREUR DE RUSSIE ADRESSÉE AU SAINT- 
PÈRE, LE 3 DÉCEMBRE 1840. 

A son retour de Rome le conseiller d'État Fuhrmann lu'a 
rendu un compte fidèle du résultat des explications dont j e l'avais 
chargé auprès du cabinet pontifical , ainsi que de l'audience dont 
Votre Sainteté a bien voulu l'honorer. 

C'est avec une véritable satisfaction que j'ai reconnu, dans les 



583 

rapports de cet employé, lesilisposilionsconciliaDtes quianiineut 
Votre Sainteté à mon égard. Certain aujourd'hui de l'appui que 
Votre Sainteté consent à me prêter, ponrm'aider à accomf)lir le 
bien que je serai toujours disposé à faire au clergé et à l'Eglise 
latine dans mes Etats, je me plais à compter avec une entière 
confiance sur la réalisation des promesses qu'elle m'a fait 
donner, relativement à l'institution canonique du nouvel arche* 
vêque métropolitain de Mohileff, ainsi qu'aux exhortations à 
adresser à l'évéque de Podlachie, pour l'engager à se démettre 
définitivement de ses fonctions épiscopales. 

De mon côté, Très-Saint Père , je ne manquerai pasdem'oc- 
cuper incessamment du remplacement de Gulkowski , par un 
ecclésiastique qui saura réunir , j'aime à l'espérer , aux qualités 
du sujet fidèle à soa souverain , celles d'un ministre conscien- 
cieux et pénétré de ses devoirs religieux j car ce n'est qu'A cette 
double condition qu'il pourra remplir dignement une mission 
de paix et de concorde. Quant à l'ancien évêque , son éloigne- 
ment ayant eu uniquement pour objet de prévenir le mauvais 
effet que l'exemple de son opposition aurait fini par produire 
dans le pays , Votre Sainteté peut en toute confiance se reposer 
sur moi du soin de lui conserver des moyens de subsistance 
proportionnés au rang qu'il occupe dans la hiérarchie ecclésias- 
tique. 

Le conseiller d'Etat Fuhrmann, qui aura l'honneur de vous 
remettre la présente , est chargé de concerter avec le cabinet de 
Votre Sainteté les moyens les plus propres pour donner suite 
aux déterminations qui serontdéfinitivementarrêléessur les deux 
principaux objets de sa mission. 

Je ne saurais, Très-Saint Père, terminer cette lettre sans 
vous exprimer l'intérêt sincère que je prends au maintien delà 
tranquillité des provinces gouvernées par Votre Sainteté. Héri- 
tier du trône de feu l'empereur Alexandre , je le suis également 
de ses principes pacifiques et conservateurs , et j'aime à garder 
le souvenir de la part active que mon frère, de glorieuse mé- 
moire , a prise à la restauration du pouvoir temporel du Saint- 
Siège. 

C'est dans ces sentiments que je prie Votre Sainteté d'agréer 
la nouvelle expression de ma haute considération. 

Signé : Nicolas. 



584 



f]« C6. ** LBTT&S t>E MOnSBIGNEUR IGNACE PiWLOWSKI AU SAINT-PÈRÈ , 
RBMI8S PAA Lg ÇHETAUER FCOMIAIIN LORS DB 8A SECONDE MISSION A 
ROMI. 

Cum sedes archiepiscopalis Motiloviensis , cui annexus est 
titulus metropolitani omnium in univorsa Rulhenia ecclesiarum 
roniano-catholicanim.postobitumultimiarchiepiscopihcclitulo 
insigniti, tamdiu vacasset, Augustissirau» imperator, propter 
constantem curam suam de commodis spiritualibus calliolicc- 
rum potestati sux subjeclorum , ejusmodi lacunam explere sta- 
tum ac deliberatum habuit. 

Posteaquam Suae ImperatoriîE Majestati , Domino, meo cle- 
mentissimo , huic muneii , tam gravi et in hierarchia cadiolica 
eminenli , me , licet indiguum et minime merilis coospiçuum , 
designare placuit, audeo Te, Beatissime Pater, orare atque 
obtestaii , ut banc meam promotionem ratam babendam et ca- 
nonice instituendam , nec non iacullatem roetropolitanae juris- 
dictionis , ut facilius boc gravissimum onus gerere possim , mibi 
concedendam decern re benignissime digneris. 

Beatissime Pater! Quod»i puraî doclrinaistudiura,piaequeme|i- 
tis calor, et devotio filiabs sanclœ Sedi , eamque nunc occupauti 
successori Principis Apostolorum , aliarum virtutum defeclui 
succurrere possint, id minimum Sanctitati Tuse , post concessas 
mibi gratias , a beneficentia tua petitas , certum exploratumque 
fore spero, quod in remotissimis bu jus Imperii regionibus ba- 
buerit sedulum et vigilem pastorem , eu jus mens non nisi ad 
salutem œternam suo gregi administrandara erit intenta. 

Ita devoto auimo me affectuui ad pedcs Sanctitatis Tuœ pro- 
voWo, et ut suppbcantem Aposlolica benedictione faveas de- 
precor, 

N* 67. — LETTRE DO SAINT-PÈRE A MONSEIGNEUR L'ÉVÊQDE DE PODLA- 
CBIE, 7 AVRIL 1841. 

Memores officii tuendorum Ecclesiai jurium, quod nobis im- 
positum est , ut primuin accepimus illatani supeiiori anno Fra- 
ternitati Tuœ calamitatem , expostulationes Nostras iis, ad 
quos pertinebat, delerendas curavimus. Quod deinceps eliani 
prîcstaie data occasione non priclerniisimus. Al dolentes cogi- 



585 

mur signiûcare iteratas in id a Nobis curas exitu , quem opta* 
bamus , omoino caruisse. Quemadinoduin euim imperiali ac 
regio nomine declaratum non semel fuit, suscepta in te du- 
riora consilia ab causis religionia negotio prorsus extraneis pro- 
manaste ; ila nil plane imroinuta est advcrsa de te ipso poten- 
tissinii totius Rusftiae imperatorif ac Polonis régis opinio. Hinc 
porro eo rem devenisse non sine uiaxima cordis aegritudiue sen- 
timus , ut stante hujusmodi Majestatis Sus aversione , tuus in 
Podlachiensem sedem reditus desperandus procul dubio videa- 
tur. Intérim autem elapso jam anno ab violenta tua abscntia y 
siuiulque iiupedita penitus Tibi Episcopali administratione, 
probe noscis quo inajori in dies detrimento grex fidei tu?c cre- 
ditus afficiatur. Proinde studio pacis ducti , de tua et oui prxes 
diœceseos incolumitite solliciti, nec non illecti spe desponsi 
nobis ab sereniselnio Imperatore et Rege prsesidii in levainen 
malorum, quibus catholica religto in vastissimis Russia? et Po- 
loniae regionibus dudum affligitur, hortatores ac suasores Tibi , 
Yenerabilis Frater, esse debenius ad Podlachiensem ecclesiam 
sponte abdicandam. Nec profecto dubitainus , te nostiisbiscc 
consiUis, qusc Apostolica suggerit caritas , facile obsecuturum. 
Pro ea namque, qua pncstas, sapienlia, certc non ignoras, 
quod S. Augustinus Africanorum Episcoporum nomine ad Mar- 
ccUinum tribunum scribebat, cuin Antisiites illos paratos lesta- 
retur ad Episcopatum dimittendum : Episcopi autcm propier 
ehristianos populos ordinamur. Quod ergo christiaiiis populis ad 
chrïilianam pacem prodest , hoc de noslro Episcopatu faciamus. 
Cumque praeterea non minus virtute pollens, religioni Tibi du- 
ces Redemplori noslro sacrificium istius Immililalis offerte , quo 
ceteroquin amplissimam in cœlis mcrcedem promcrebis. Quod 
ad nos attinet, persuasum Fraternitali tusc esse volumus, nihil 
unquam omissuros ad te quibuscunique rébus liceat juvandum, 
et firmissimos usque fore in patcrna propensione, cujus veluli 
certum pignus apostolicam benedictionem tibi peramantcr im- 
pertimur. 

Datum Romx apud S. Petruni, etc. 

N*^ 68. — NOTE VERBALE REMISE AU CHAVALIER FUHRMANN PAR LA 
SECaJhTAIRERlE d'ÉTAT , LE 2 OCTObRC 1840. 

Lo staloinfelice, sotto oui geme da gran tempo la Cbiesa cat- 



386 

tolica nci vasli paesi soggelU allô scellio del polentissimo iin- 
peratore di tutie le Russie e re di Pulonia , La forinato sempre il 
più giusto moiivo di acerbo dolore ail' aninio del Santo Padre 
già per tante altre cause profondamente afflitio. Malgrado la 
gravedi£Eicoltâdicommunicazione con quelle contrade, Sua San- 
tità era ben consapevole di quanto uel corso di più anni vi ha 
avuto luogo in pregiudizio délia Chiesa medesima : e sebbenc 
nella penosa inancanza di un suo rappresentante presso la Im- 
périale e Real Corte non fosse in grado di accertarsi délie rela- 
tive parlicolari notizie ; pure non potea affatto dubitare délia 
loro sussistenza, trattandosi di fatti, e di fatti publicamente 
contestati. D'altronde essendo quesli fatti del tutto opposti aile 
itcbili prérogative di giustizia, di magnanimità, di beneficenza, 
onde si gloria V eccelso Monarca , non che alla sua augusta pa- 
rola iinpegnata in più solenni guise a favore délia Chiesa catto- 
lica nella estensione dei suoi dominii; il Santo Padre dovea 
esser persuaso che i Catti slessi avessero tutt' altra origine, che 
quella délia volontà e diretla disposizione Sovrana. Nella fi- 
ducia pertanto che, rappresentati al Trono nel genuino loro 
aspetto, vi sarebbe apportato l'opportuno riparo,fu sollecito fin 
dal principio del pontificato di reclamare a Sua Maestà impé- 
riale e reale , ed anche di récente ne ha invocato in proposito 
1' equità e clemenza. 

In attenzione del bramato corrispondente risultamento, per 
mczzo di persona appositamente spedita ed accreditata si è do* 
mandato in nome dell' imperatore e re a Suà Santità : 

1* Che vogUa usare dei suoi consigli , e délia spirituale sua 
autorità per impegnare monsignor Gutkowski a dimettersi dalla 
sede Vescovile di Podlachia nel regno di Polonia. 

2° Che non voglia più differire l'istituzione canonica di mon- 
signor Pawlowski ail' Arcivescovado di Mohilefl. 

In pari tempo si è positivamente aggiunto che l' accettazione 
di quesie due domande condurrebbe seco 1' adempimeuto de 
voti, che il Santo Padre ha più volte espresso a pvo del culte c. 
clero cattolico negli stali di Sua Maestà impériale e reale. Ha 
poi il Signer Inviato pienamente garanlilo la già scguila revoca 
di uno degli ukasi impcriali , oui si riferivano gli ultimi Ponli- 
ficii reclami, quelle cioè risguardanic la proibizieiie fatla al clero 
catholico-romano di ascoUarc le confessieui sagramentali di per- 



587 

sonc clie non siano al clero stcsso conosciutc, c di ammettcrle 
alla co^iuiunione. 

Sua Santità ha accolto le iudicale comunicazioni coi più vîro 
interesse, e le ha prese nella considerazione che bcn esigevano 
la sublime loro provenienza e l'importanzadei rispettivi oggetti. 
Nel ponderarle seriamente dinanzi a Dio , cui è responsabile 
délia pastorale soUecitudine di tutte le cliiese , ha fissato in 
modo particoiare la sua attenzione neir assoluta consolante pro- 
messa dell'augusto Iniperatore e Re in vantaggio délia religione 
cattolica. Affidato quindi il Santo Padre a siffatta promessa, c 
mosso dal gran fine del pubblico bene délia chiesa negli imniensi 
dominii di Sua Maestà impériale e reale , ha ordinalo di dichia- 
rare, che essendo costantemente disposto a deferire , ovunque 
possa y ai desiderii dell' encomiato monarca , lo è eziandio sul 
particoiare délie due anzidette domande , in quanto gUelo con- 
scntono i suoi inviolabili doveri verso la Chiesa e l'Ëpiscopato 
cattolico. 

E per quel che spetta a monsignor Vescovo di Podlachia ' 
Sua Santità , corne più volte ha iatto esporre al governo impé- 
riale ; non puô riconoscerlo colpevole di una mancanza , per cui 
debba essere destituito dalla sua sede od interdetto dal sacro 
ministero a senso del diritlo canonico e nelle forme dal mede- 
simo prescritte. Ne ciô sembra lontano dal divisajnento stesso 
deir imperatore e re, nel cui nome fu già dichiarato, che le 
misure prese a carico del prelato provenivano da quistioni to- 
talmente estranee alla religione. Ma poichè monsig. Gutkowski 
avendo per altri titoli incorso la disgrazia del suo sovrano , non 
puô non trovarsi nella massima difficoltà di esercitare utilmente 
il governo spirituale del suo gregge , il S. Padre non è alieno 
dal far uso de' suoi consigli ed insinuazioni , afUne di persuadera 
l'anzidetto Vescovo a dimettersi spontaneamente dalla sua chiesa. 
In questo caso perô, se il S. Padre, presso le assicurazioni date 
dair invialo impériale , non puô dubilarc che saranno assegnati 
a monsignor Gulkowski i mezzi di sussistenza proporzionati al 
giadoch'cgli tiene nella Gerarchia ccclesiaslica , riposando in- 
siemesulle promesse faite per parte di S. M. in favorc del culto 
c del clero callolico , rilicne che la chiesa di Podlachia potrù 
csser sollecilamente provvedula di un pasloïc, il qualcalla pru- 
dcnza ed di modi di dovuta sommissione al legittimo sovrano 
II. 25 



588 

riuniscala purezza délia dotlrina, il fervov dello zelo, la since- 
ritàdeir attaccamento alla S. Sede ed aile Icggi délia Chiesa , e 
lutte le altre qualità richieste dai canoni in chi è posto alla 
cura délie anime, ed al reggimento spirituale dei popoli. 

Passando a monsignor Pawlowski , Sua Santità dopo averne 
fin qui sospesa la istituzione canonica ail' Arclvescovado di Mo- 
hileff, non vuol nascondere di sentirsi tanto più disposta a se- 
condare la impériale domanda di non differirla ulteriormente , 
in quanto che coll* asserila revoca del predelto ukase , soito- 
scritto già dal mentovato prelato per ingiungerne l'osservanza al 
clero cattolico romano, è slato rimosso uno dei più forti ostacoli, 
ond' era indispensabilmente rilardata. Ma sul riflesso di altre 
deviazioni dalle regole ecclesiasticlie , che monsignor Pawlowski 
si è permesso sopra punti gravissimi , il S. Padre prova tuttora 
nella sua coscienza una gran ripugnanza ad accordare la ri- 
cbiesta istituzione , se pure non possa in qualchc modo assicu- 
rarsi délia integrità délie massime e dei sentiment! del Promo- 
vendo. 

Da tutto ci6 l'Imperatore e Re nella elevatezza e rellitudine 
délia sua mente rileverà di leggieri , come il S. Padre araa di 
spingere la deferenza ed i riguarJi verso la Maestà Sua, fino a 
quel limite che non gli è lecito di oltrepassare. Ma rileverà 
egualmente che la condiscendenza, cui Sua Santilà è disposta ad 
usare nei termini sovraespressi , si basa soslanzialmente sullc 
imperiali e régie promesse in beneficio délia Chiesa catlolica : 
ed è appunto nella sicurezza di vederle al più presto avverale, e 
nella vista di agevolare alla Chiesa stessa un prospero avvenire 
neir estesissinio tratto dell' impero Russo e del regno di Polonia, 
che la Santità Sua ha aovato una ragione di acquietarsi riguardo 
air enunciate ''ondiscendenze. 

Del resto si porrebbe qui fuor di luogo una nuova esposizione 
dei gravami che soffre nei suddelti dominii la cattolica religione. 
Nel riportarsi a quanto fu sviluppalo nelle due note inolirale 
dal ministero pontificio alla legazionc Russa il 6 sellembre 1832, 
e 1 giugno 1840 , e nei uoniandarnc inccssantemente alla gius- 
tizia e magnaniuùlàùril' Jmperatore c Re il convcnienteriparo; 
ha ingiunto il S. Padre , che particolarmente di un oggetto tor- 
nasse a farsi più espressa menzione : ed è quello dei povcri 
greci-unili soggelli alla tejuporalc doniinazioue di Sua Maeslà 



589 

impériale e lealc. Il fatlo délia defezione di una gran parte di 
essi dalla cominiinionc caltolica è di troppo fresca e trisla me- 
moria. £ mal se ne opporrebbe la spontaneità dal canto loro, 
meutre sono abbastanza conosciuti i mezzi forse indiretti , ma 
sempre efficacissimi , coi quali fu da luogo tempo preparata ; 
mentre sopratulto sono palcsi e noioiie, fino a de»lare la pub- 
blica coinmiserazioae ed il pianto comune , le durezzc , le ves- 
sazioni, le traversie , aile quali si fanno soggiaccre coloro, che 
stimolati ad abbandonare Tanità caltolica hanoo voluto rima- 
nerle iedeli. Bramano e chicggono solo quel sudditi imperiali di 
coDservarsi uella professioue di fede in cui sono stati educati, e 
che banno ûnora seguito con tranquillità di spirito, e senza de- 
trimento di quella eslerna concordia e carità cbe pur influisce al 
bene dell' impero. Sua Maeslà non potrà non ascoltaie in loro 
favore le voci del suo cuore , ed usare del potenle suo braccio 
per liberarli dalle penosissime molestie cbe conlro la sovrana in- 
tenzione vengono loro inferite. 

Frattanto per dare effelto aile sovraespresse pontificie dispo- 
siaioni in ordine aile due domande dell' cccelso monarca, il 
S. Padie attenderà le ulteriori comunicazioni di Sua Maestà im- 
périale e reale , sul senso nel quale le dispoeizioni medesime sono 
State qui manifestate. 

N» 69. — NOTE SIGNÉE PAR LE CHEVALIER njHRMANN , LE 31 JANVIER 
1841, ET REMISE APRÈS SA MORT AU CARDINAL SECRÉTAIRE d'ÉTAT, PAR 
M. DE POTEMKIN , MINISTRE RUSSE RÉSIDANT A HOME. 

Vers la fin du mois de septembre dernier Son Eminence 
le cardinal secrétaire d'Éut remit au soussigné une note confi- 
dentielle dans laquelle , après lui avoir fait connaître les déter- 
minations de îja Sainteté relativement h l'objet spécial de la 
mission dont il avait été chargé auprès du cabinet pontifical, 
l'Éminentissime Cardinal se réfère au contenu de deux noies an- 
térieures, remises à la mission de Russie à Rome , l'une en date 
du 6 septembre 1832 , l'autre du 1" juin 1840, et qui contien- 
nent rénumération des griefs dont la cour de Rome désire obte, 
nir la réparation. 

Ce vœu du cabinet pontiûcal ayant été porté à la connais- 
sance du miuislcrc impérial celui-ci a autorisé le soussigné à 



590 

fournir à la cour de Rome les explications qui font l'objet de la 
présente note confidentielle. 

Toutefois , en acquiesçant à ce vœu, le cabinet de Sa Majesté 
n'a nullement en vue de s'engager dans une discussion de prin- 
cipes sur lesquels il serait difficile , sinon impossible , de tomber 
d'accord ; tout, au contraire, ce qu'il désire , c'est de clorre, une 
fois pour toutes , les controverses de ce genre et de replacer la 
discussion sur le terrain de la conciliation et des convenances 
mutuelles ; attendu que c'est là le seul moyen véritablement 
pratique de s'entendre et d'éviter à l'avenir des contestations , 
dont le moindre inconvénient serait celui de ne conduire à au- 
cun résultat. Tout autre mode de négociation serait d'autant 
plus fâcheux qu'il ferait perdre de vue le bien réel qu'on pour- 
rait obtenir par un certain tempérament ; une application moins 
rigoureuse de doctrines qui semblent inconciliables lorsqu'on 
les prend dans un sens absolu , mais qui , modifiées et adaptées 
aux circonstances, aux temps et aux localités, deviennent d'une 
application moins difficile. 

Après avoir précisé ainsi le point de vue sous lequel la cour 
de Rome est instamment priée d'envisager la présente commu- ; 
nication tiès-confidentielle , le soussigné entrera dans l'examen 
des différents points développés dans les notes du 6 septembre 
1832, et du 1" juin 1840. 

Pour plus de clarté on placera en regard, d'un côté, les récla- 
mations du cabinet pontifical, et de l'autre les réponses et expli- 
cations y relatives (1). 

Ad 1. Les biens des corporations religieuses et autres instituts 
ecclésiastiques, supprimés en vertu de la bulle du pape Pic Yll, 
n^oul point été adjugés au fisc du royaume. Jusqu'en 1830, ces 
biens se trouvaient sous une administration spéciale. Depuis le 
rétablissement de l'ordre légal , ils ont été, il est vrai, soumis à 
l'autorité qui régit les domaines de l'État en général , mais cela 



(i) Note du 6 septembre i833. 

« Il est revenu au Saint-Père que les biens des ordres religieux supprimes dans 
le royaume de Pologne, dont le revenu, en vertu d'une bulle do Pie VII (icsuiiat 
des négociations termint-es à cette epoqut entre le Saiut-Si»-gc et fcu l'empereur 
Alexandre), était destiné à servir de Stib»ides uux eijlises cathédrales et aux séuii- 
iiaircs , ont éié adjugés au lise. • 



391 

uniquement dans rintérèt financier du clergé lui-nièmc, et 
noiinnément pour lui faciliter le recouvrement des redevances 
payables par les fermiers et par les colons. Le revenu net de ces 
biens, qui s'élève à 536,624 florins 17 gros, n'est employé que 
conformément à sa destination. Les fonds, provenant de cette 
origine, sont repartis de la manière suivante : 

a) pour l'entretien des assesseurs ecclésiasti- 
ques auprès de l'archevêque de Varsovie. . . fl. 17,500 

b) pour les évèques suffragant3 18,500 

c) pour les églises collégiales 13,517 

d) pour les curés 65,296 

e) pour les séminaires diocésains 63,i09 

f) pour l'académie tliéologique 100,909 

g) pensions accordées aux membres des cou- 
vents supprimés 114,157 

Il en est de même du restant du revenu en question , il ne 
sert qu'à couvrir les besoins du clergé , tant séculier que ré- 
gulier. 

Quant à l'académie ecclésiastique de Varsovie il faut observer 
qu'indépendamment de la somme de 100,909 fl. allouée sur les 
fonds des corporations supprimées , le trésor du royaume 
ajoute annuellement, sur ses propres fonds, une somme de 
50,000 florins pour couvrir les dépenses de ladite académie. 

De plus, l'administration du royaume vient de dépenser, tou- 
jours de ses propres fonds , plus d'un demi-million de florins pour 
la restauration de l'église cathédrale de Saint-Jean à Varsovie, 
et de près de 300,000 florins pour celle des Piaristes. 

Loin donc de détourner, au profi^. du fisc, le revenu des biens 
ecclésiastiques supprimés , le fisc se charge au contraire de faci- 
liter au clergé le recouvrement de ce revenu , et le trésor du 
royd'.nie a fait des sacrifices considérables en faveur du clergé 
catholique (1). 

Ad 2. Cette allégation est erronée. Jamais le gouvernement 

(i) Nole'du 6 septembre l83a. 

« Le Sainl-Siége a appris de plus que le gouvernement tlu royaume a fait ile- 
manJcr, à chacune des église» i-piscopales ilii rovaunic , la cession d'une t-j^lise ca- 
tholique , désignée parle gouvernenieDi lui-nié'.ue comme devant servir .'• l'exercice 
du culte grec ; ce à quoi les principes de la religion caiholiquc empéclieut les cvc- 
qucs d'adbcrcr. > 



392 

n'a demandé au clergé calliolique la cession d'églises de son 
culte pour les convertir en églises grecques. Il est impossible de 
comprendre ce qui peut avoir donné naissance à un tel bruit. 
Peut-être est-il question des bâtisses abandonnées à Lublin et à 
Radom , après la suppression des corporations religieuses, ruines 
qu'on a voulu utiliser pour y construire des églises à l'usage 
des habitants gréco-russes (1). 

Ad 3. Voici , en peu de mots , l'exacte vérité sur le prétenda 
enlèvement d'enfants catholiques. Après la prise d'assaut de Var- 
sovie, un nombre considérable d'enfants étaient restés orphelins 
par la mort de leurs pères , qui avaient combattu dans les rangs 
des insurgés. Les propres mères de ces enfants, privées de tout 
moyen de subsistance, vinrent elles-mêmes implorer la compas- 
sion du vainqueur, pour le supplier de prendre ces oi-phelins 
sous sa puissante protection. 

Touché par leur sort, jetant un généreux oubli sur le passé, 
et ne voulant pas punir dans les enfants la faute de leurs pères , 
le général, commandant en chef l'armée impériale (aujourd'hui 
maréchal , prince de Varsovie) , accorda un asile provisoire à 
ces malheureux enfants , les fit nourrir et vêtir, et après avoir 
pris les ordres de Sa Majesté l'empereur, et vu l'impossibilité 
de les placer en Pologne , où l'insurrection avait désorganisé 
tous les établissements pubhcs , ils furent répartis dans les diffé- 
rentes écoles militaires de l'intérieur de l'empire , où il leur est 
ouvert une voie de s'instruire et de servir un jour utilement 
leur pays. Gomme d'ailleurs la plupart de ces écoles se trouvent 
ou dans des villes ou dans leur proximité , ces enfants ne man- 
quent nullement d'ecclésiastiques de leur religion , et ne risquent 
en aucune manière d'abandonner leur croyance. Ainsi donc, 
le fait que des enfants catholiques ont été conduits en Russie, 
est matériellement vrai ; mais la malveillance , si prompte à dé- 
naturer toute chose , a représenté un acte de bienfaisance et 
d'humanité comme un acte d'oppression. Cet exemple prouvera 
à la cour de Rome combien elle doit se méfier de la véracité des 



(i) Noie du 6 septembre i8!l2. 

• On a en onire rapporte au Saint-Père que des milliers d'cnfapls catholiques 
ont ité transportés dans l'intérieur île l'empire , oi'i ils sont cravement exposes au 
danger d'abandonner la communion catholique ù laquelle ils appartiennent. » 



395 

rapports qui lui parv-enncat par d'autres voies que par celle 
du gouvernement impérial (1). 

Ad i. Avant l'insurrection de 1830 , la dotation de chaque 
évêque diocésain était fixée à 50,000 florins. En 1831 , les évê- 
ques du royaume firent spontanément au gouvernement insur- 
rectionnel abandon d'un tiers de leurs émoluments , pour servir 
à la cause révolutionnaire. Après le rétablissement de l'ordre 
légal , le gouvernement n'a non-seulement pas réduit à la moitié 
le taux fixé, pour ainsi dire , par les évêques eux-mêmes , mais 
il l'a au contraire augmenté jusqu'à la somme de 40,000 florins 
que chaque évêque touche actuellement. 

Tels sont les éclaircissements et les explications que le sous- 
signé est autorisé à fournir au cabinet pontifical sur le contenu 
de la note du 6 septembre 1832. Cette pièce renferme en outre 
quelques allégations , qui se .aj^portent à la situation du clergé 
catholique dans l'empire de Russie. Cette matière ayant été 
épuisée dans un volumineux mémoire présenté au cardinal Ber- 
netti , en 1833, par l'envoyé comte Gourieff , le soussigné doit 
se borner à s'y référer pour tout ce qui concerne cette partie 
de la note du 6 septembre 1832 (2). 

Ad 5. Le cabinet pontifical voudra bien considérer que d'an- 
ciens traités , conclus avec une puissance qui a depuis long- 
temps cessé d'exister, ne sauraient avoir de force obligatoire 
pour l'une des parties contractantes seulement , tandis que 
l'autre est hors d'état de remplir les engagements contractés. De 
plus, le cabinet de Sa Sainteté ne saurait ignorer que les tran- 
sactions dont il invoque l'autorité , consacrent des principes que 
le Saint-Siège s'est constamment refusé de reconnaître , nom- 
mément celui qui établit que dans les mariages mixtes, les fils 
doivent suivre la religion du père , et les filles celle de la mère ; 
tandis que la cour de Rome veut que les enfants des deux sexes 
professent le culte catholique. Au reste , il n'existe actuellement 

(i) Note du 6 septembre l832. 

u Finalement il a e'tc rcfc'rc h la cour de Rome que dans le royaume de Pologne 
le» pensions que rcroivcnt les évêques, en couipensaiiou des biens ccclcsi.'>siiqucs , 
ont ëlé réduites à la moitié. » 

(i) Note du l'fjuin 1840. 

■ La cour de Home se plaint de l'ukase <lu t3 novembre i833 relatif aux n>a- 
riagcs mixtes, étendu rfjnlcment .'1 la Po!of;iie , maljjrc les anciens traités entre li 
Hussie et la république iioloiiaisc. » 



394 

dans le royaume de Pologne aucun règlement qui impose au 
clergé catholique l'obligation de bénir les unions de ce genre (i ) . 

Ad 6. L'ukase dont il est question n'est , ainsi que le cabinet 
pontifical en convient lui-même , que la remise en vigueur d'un 
ancien règlement , antérieur au règne actuel. 

Ce règlement est d'ailleurs parfaitement en harmonie avec 
les besoins spirituels des populations catholiques. 

Dans l'Eglise dominante , on voit quelquefois un seul ecclé- 
siastique et une église suffire aux besoins religieux de 1000 pa- 
roissiens ; on peut donc affirmer que sous ce rapport l^s catho- 
liques en Russie sont même plus favorisés que les sujets professant 
la religion de l'État (2). 

Ad 7. La création d'un évêché grec à Varsovie s'explique 
très-naturellement par le nombre considérable d'habitants grecs 
étabUs aujourd'hui dans la capitale du royaume de Pologne; 
comme aussi par la présence des troupes et des administrations 
mihtaires composées , pour la plus grande partie , d'individus 
appartenant à l'Eglise gréco-russe. Ne serait-il pas d'ailleurs in- 
juste de prétendre que dans une grande ville comme Varsovie , 
il ne puisse pas y avoir d'église épiscopale de la religion du sou- 
verain du pays , tandis que dans la capitale de son empire toutes' 
les confessions chrétiennes jouissent paisiblement du libre exer- 
cice de leur culte? Quant à l'assertion que l'égUse de Sainte- 
Croix ait été soustraite aux catholiques , elle est complètement 
erronée, attendu que cette église , une des plus belles de Var- 
sovie , continue à appartenir aux catholiques romains. Pour ce 
qui concerne enfin le temple de Saint-Casimir à Vilna , c'est une 
ancienne église des Jésuites , dont la clôture remonte à environ 
un quart de siècle , c'est-à-dire à l'époque de l'expulsiop de la 

(i) Noie du i«r juin i84o. 

- Cette note cite encore un ukase de l'année i833, par lequel est remis ea vigueur 
un ukase de l'impératrice Catherine II, qui pr.?scrit que sur cliaque 4oo liabitanis 
catholiques il y aurait une dglisc et un prcire, afin (ajoute lu noie) de pouvoir de 
cette manière supprimer beaucoup de paroisses , ainsi que cela est effectivement ar- 
rivé. ■ 

(a) Note du i»f juin i84o. 

« Ou se plaint des ukases du 24 juin i833 et du 32 avril i834 qni prescrivent l'é- 
rection de deux évcchés grecs, l'un à Varsovie, l'autre ;i l'olock. par suite de quoi 
il a clé enlevé aux catholi(|ues l'église de Sainle-Croix qu'ils possédaient ;'i Varsovie, 
comme ils ont aussi perdu h Vijiia le grand temple de Saiiit-Casiniir. >• 



395 

Compagnie de Jésus. On ne saurait donc rendre le gouvernement 
actuel responsable d'un acte auquel il devait nécessairement 
rester étranger (1). 

Ad 8. L'aisertion relative à l'instruction religieuse de la jeu- 
nesse catholique confiée à des ecclésiastiques grecs , est complè- 
tement dénuée de fondement. Quant aux modiGcations intro- 
duites dans le mode de réception de novices , ces restrictions ont 
été adoptées dans l'intérêt même de la religion catholique, et 
ont uniquement pour but d'empêcher l'admission dans les 
couvents d'individus qui , sans aucune vocation réelle pour la 
vie monastique , ne prennent l'habit religieux que pour vivre 
dans l'oisiveté et se soustraire aux devoirs de la société. Ces 
mêmes individus , entrés dans les couvents , deviennent ainsi la 
cause principale du relâchement de discipline que l'on remar- 
que souvent parmi le clergé régulier. Pour obvier à ces incon- 
vénients , le gouvernement devait donc soumettre l'admission 
des novices à une surveillance plus sévère et entièrement con- 
forme aux intérêts bien entendus de la religion. 

Après avoir répondu ainsi , point par point , à toutes les deux 
notes du cabinet pontifical , l'une du 6 septembre 1832, l'autre 
du 1" juin 1840 , le soussigné se flatte d'avoir éclairci , à la satis- 
faction du Saint-Siège , les différentes questions qui y sont 
traitées. 

La présente communication est spécialement destinée à prou- 
ver au cabinet pontifical que le gouvernement impérial, loin 
de se refuser à des explications que la cour de Rome croit devoir 
lui demander, ect au contraire toujours disposée à lui fournir 

(i) Note du i*rjuin l84o. 

« Il existait dans les provinces polonaises réunies ;» l'empire en lygS, un grand 
nombre d'écoles pour la jeunesse, assistées par des religieux dominicains et par dei 
moines basilicns ruthcniens, comme aussi par des maîtres laïques catholiques, et 
dans lesquelles l'instruction religieuse était toujours confiée à un ecclésiastique catho- 
lique. Aujourd'hui la majeure partie de ces écoles a entièrement cessé d'exister, par 
suite de la sup])ression des couvents ; celles qui restent encore sont dirigées d'après 
la méthode des écoles grecques non unies, par des maîtres séculiers du même rit, 
ou par des protestants , ou enfin par des catholiques de nom seulement. L'instruc- 
tion religieuse y est partout confiée h im prêtre grec non catlioliquc. Afm de déiruirc 
le dernier espoir du clergé , après qu'on a fermé phisieurs séminaires sous prétexte 
de la révolution de i83o, l'admission de nouveaux élèves est dcveauc presque inipos> 
sihle par les conditions attachées h cette admission, n 



390 

tous les rcnscifincincnts qui peuvent servir à la rassurer sur la 
situation du clergé catholique dans les états de Sa Majesté im- 
périale. 

S'étant ainsi acquitté des ordres de son gouvernement, le 
soussigné profite de cette occasion d'offrir h l'Emincntissime Car- 
dinal secrétaire d'Etat de Sa Sainteté l'hommage de ses senU- 
ments les plus respectueux. 

Le Conseiller d'État , Fuhrmann. 
N» 70. — OFFICE Do^^^ h. de potemkin accompagna ladite note, le 

12 FÉVRIER SUIVANT, EN LA TRAUSMETTANT AU CARDINAL SECRÉTAIRE 
D ÉTAT. 

Ayant été appelé par ma cour à concourir à la négociation que 
feu M. de Fùhrmann avait été spécialement chargé de poursui- 
vre avec le cabinet pontifical , je me trouve aujourd'hui , par la 
mort subite de cet employé, dans la stricte obligation de donner 
cours aux communications dont M. de Fùhrmann , en consé- 
quence de ses instructions , avait été sur le point de s'acquitter 
auprès de Votre Eminence Révérendissime. Il est de mon devoir 
en conséquence, de vous transmettre , Monseigneur, la note ci- 
jo.nlc, signée par feu M. de Fùhrmann, quelques instants 
avant la déplorable catastrophe qui a tranché ses jours ; elle a 
pour objet de fournir au cabinet pontifical des éclaircissements 
à l'égard des divers griefs qui étaient énumérés dans la note 
du 1" juin 1840, que Votre Eminence Révérendissime m'avait 
fait l'honneur de m'adresser et que je m'étais empressé de faire 
parvenir au cabinet impérial. 

En m'acquittant ainsi auprès de Votre Eminence Révérendis- 
sime d'une communication dont elle appréciera sans doute l'im- 
portance , j'ose me flatter que Voire Eminence Révérendissime 
reportera vis-à-vis de moi les mômes dispositions bienveillantes 
avec lesquelles elle avait daigné accueillir les ouvertures que feu 
M. de Fùhrmann avait été chargé de lui faire, et qu'elle envi- 
sagera la présente démarche auprès du cabinet pontifical comme 
la preuve d'une entière solidarité de ma part dans la négociation 

Si malheureusementsuspendue par la mort de M. deFulirmann. 
Agréez, Monseigneur, les assurances de la haute considéra- 
tion avec laquelle j'ai l'hi^jneur d'être , etc. 



397 



N*7f. — néPONSE DU SAINT-rkRE, DU 7 AVRIL 1841, PAR LAQCELLE , 
EN ANNONÇANT SON ADUÉSION A DEUX DEMANDES DE l'EHPEREUR , 8. 8. 
EXPRIME LES MOTIFS QUI L*ONT DÉTERMINÉE, ET REKOUYELLE SES RE- 
COMMANDATIONS PARTICULIÈRES EN FAVEUR DES GRECS UNIS. 

Magna cum animi voluptate parique observantia accepimiis 
litteras ab imperiali et regia Majcstate Tua ad nos missas die 
3 decembris superioris anni per altcnim ex imperii Consiliariis , 
quem immatura morte in hac urbe sublatum nuper indoluimus. 
Gumque una siinul alla ta fuerit epislola , qua venerabilis frater 
IgnaCius Ludovicus tune episcopus Meçarensis doctrinae suaî in- 
tegritatem , praMîipuamque nobis et Apostolica; Sedi devotionem 
profitebatur, nil amplius distulimus , quin ipsum ad mctropoli- 
tanam ecclesiani Mohiloviensem promovendum decernercnuis : 
quod reapse in subsequuto xnox consistorio calendis marlii per- 
fectum est. Modo vero scripsimus ad venerabilem fralrcin Joa- 
nem Marcellum episcopum Podlachicnsem , hortantes niminiin 
ac suadentes , ut Ecclesiam suam sponte dimittat. Ita porro con- 
sentaneus ex parte nostra respondit exitus volis Majcslatis Tua; 
peculiari semel atque iterum missionc patefactis. Hinc auteni 
jure confidimus fore, ut vota item nostra pro catholicis impe- 
riali ac regiae tuae dominationi permagno numéro subjeclis eura 
coDsequantur effectum , de quo data ipso tuo nomine fidcs du- 
h'iare non sinit. Et sane cogimur hoc loco, Serenissime ac Poten- 
tissimelinperator et Rex, ha;rentem cordi nostro amaritudinein 
angoresque gravissimos, quibus indesinentcr hujusmodi de causa 
divexamur, Majestati Tuœ apciîe significare. Licet in ea condi- 
tione molestissima simus ut nec aliquem istic habeamus , qui 
nostram sancta;que hujus Sedis pcrsonam gerat , ncc facultas 
detur cum episcopis vastissimœ ditionis tu?p circa Ecclesicc ncgotia 
libère communicandi , minime tamen nos latct quot quantisque 
ibidem malis catholica religio jamdudum prematur. Id quidem 
pro ea, quam gloriscTibi ducis,ccquitate animiquemagnitudine 
voluntati luaî prorsus alienum arbitramur. Altamen , ne sin- 
gula percenseamus , id unum dicimus, Potcntissime Imperalor, 
quod aliunde exploratura satis est , talem nempc in variisdissi- 
tisque imperii ac rcgni provinciis agcndi ralionem adhiberi con- 
suevisse , qua; certe catbolicx Ecclesiac incolumitati ac conuno- 
dis plurimum adversatur. Ha;c profecto ratio ut cxpcclatuiii 



598 

tanidiu nobis finem quantocius liabcat , vel unico supremaî auc- 
toritatis tuaî nutu vales efTiceie. Atque luic omnino spectant 
cuiœ, postulationes, precesquc etiam nostia;, quibus apostolici 
ministerii sollicitudine iinpuki apud imperialem et regiam Ma- 
jestatem Tuam, majorcm in modam vehemcnter instamus. Pi œ 
ceteris autem iniserrimos graîci ritus calholicos justiliaî ac cle- 
mentia; tuaî studiosissime commendamus. Movet eniin nos pla- 
neque conturbat asperrima eorum conditio, unde in proxinmin 
Mscrimen adductam sentiuntsuam in catbolica unitate constan- 
tiam. lilud tantummodo, Serenissime Imperator ac Rex, effla- 
gitamus, ut libéra ipsis et intégra stet ejus fidei professio, in 
qua nati sunt atque insUtuti; cuique hactenus adhœserunt 
absque ullo detrimento externaî tranquillitatis et ccncordia , 
quae ad imperii bonum maxime confert. Merito proindc ab 
exceisa benignitate tua validissimum prœstolantur prœsidium , 
quo ab tanta calamitate liberentur. Hanc et nos fiduciam de 
re, quae in primis animum nostrum urgent, ultro foventes , 
sane non prœtermitlimus multas Majestati Tuœ habere gratias 
pro desponso nobis studio , quod utique maximi facimus , ad 
temporalium nostrarum diUonum integdtatem tutandam. Quod 
superest, Deum suppliciter obsecramus, ut te, Potentissilne 
Imperator et Rex, amplioribus augeat largitatis suce donis , per- 
fectaque nobiscum caritate conjungat. 
Datum Roma; apud S. Petrum etc. 

N° 72. — UKASE D'AOUT 1839, QUI DÉFEND AUX ECCLÉSIASTIQUES CATHO- 
LIQUES DE BAPTISER LES ENFANTS NÉS DE MARIAGES MIXTES, ET d'aD- 
«ETTRE A LA COMMUNION QUICONQUE A, UNE SEULE FOIS ET D'UNE MA- 
NIÈRE QUELCONQUE, PARTICIPÉ AU RIT GRÉCO-RUSSE. 

(Gazette Universelle num. 218 — 6 août 1839.) 

^ La gazette ecclésiastique évangélique de Berlin annonce que 
l'empereur des Russies a étendu aux provinces occidentales 
de l'empire, la loi qui interdit (sous peine de destitution) aux 
ecclésiastiques non schismatiques de baptiser un enfant, dont le 
père ou la mère appartiendrait au schisme, même alors que 
les parents voudraient faire baptiser l'enfant dans un autre rit. 
Il est de même interdit à ces mêmes ecclésiastiques de donner la 
communion à quiconque a une seule fois communié selon le rit 



399 

grec ; un tel individu ne pouvant plus jamais être séparé de l'É- 
glise grecque. 

N" 73. — UKASE DU 16 Dl^.CEMBRE 1859, QUI REMET EN VIGUEUR PLU- 
SIEURS UKASES ANTÉRIEURS, DÉTAILLE LES CONDITIONS AUXQUELLES 
SEULES IL EST PERMIS DE BATIR DES ÉGLISES CATHOLIQUES ET DÉTER- 
MINE LE NOMBRE DE PAROISSIENS, DE SERVICE DES PAROISSES, ET 
AUTRES DÉTAILS DU MÊME GENRE. 

Par un ordre suprême du 16/28 décembre Sa Majesté l'em- 
pereur a daigné enjoindre qu'on réitère dans les gouvernements 
de Vilepsk, Mohileff, Kief , Podolie , Yolhynie , Minsk, Wilna, 
Grodno, et dans la province de Bialistok , par l'intermédiaire du 
collège ecclésiastique catholique romain et des généraux gouver- 
neurs respectifs, l'ordre de mettre à exécution : 

1) L'ukase du sénat dirigeantdu 14 juillet 1819 d'après lequel 
il n'est permis de bâtir des églises du rit catholique romain que 
dansleslieuxoùilya, suruneespacc peu étendu , un nombre de 
paroissiens tel, qu'il y ait 100 à 150 feux pour une église à un 
desservant, 200 à 250 feux pour une église à deux desservants, 
300 pour une église à trois desservants, en comptant 4 parois- 
siens par feu , conformément à ce qui s'observe dans la religion 
dominante où , d'après l'ukase de 1795 , une paroisse à un des- 
servant doit contenir 400 paroissiens. 

2) L'Avis du conseil de l'empire, confirmé par Sa Majesté 
impériale le 8 octobre 1831 , portant que l'autorité diocésaine du 
culte catliolique romain ne peut pas nommer des desservants 
spéciaux aux églises et chapelles bâties sans autorisation, et en- 
core moins permettre que des ecclésiastiques sans place s'y éta- 
blissent en permanence et y exercent les fonctions du saint 
ministère; que ces chapelles soient annexées aux églises parois- 
siales et que le seul doyen , ou son remplaçant en cas de maladie 
ou d'absence, puisse venir y faire le service divin ; à l'efiet de 
quoi le collège ecclésiastique catholique romain déterminera les 
époques où, dans le courant de l'année , ledit doyen peut venir 
officier dans ces chapelles annexées. 

3) Les ukases suprêmes du 10 juin 1830 et 11 juillet 183G 
par lesquels il est interdit au clergé catholi{[nc romain, tant ré- 
gulier que séculier, de prendre au service, des individus de la 
religion dominante. 



400 

4) L'Ordre suprême de 1831 par lequel i est oi*donné au 
clergé calholique romain régulier et séculier , de ne quitter le 
domicile que sous les conditions suivantes A : que pour le dépla- 
cement dans le même district l'ecclésiastique soit muni d'un per- 
mis par écrit de son doyen , et les moines en outre d'un permis 
de l'autorité administrative du lieu B ; ) que pour le déplacement 
hors du district il soit muni d'un permis de l'autorité diocé- 
saine , et de l'autorité administrative du lieu ( sont exceptés les 
ecclésiastiques délégués pour enquêtes, visites d'église, etc., 
auxquels il suffît d'être munis de l'ordre de leurs supérieurs 
ecclésiastiques). 

Ainsi que les instructions supplémentaires rendues en 1832 
concernant le passage d'un district à l'autre , sans sortir de la 
même paroisse, pour les besoins spirituels, pour la visite 
des biens d'église, ou pour remplir les devoirs de délégués. 

Et en outre les règlements de l'année 1835 par lesquels il est 
enjoint à l'autorité ecclésiastique de veiller à ce que ceux à qui 
elle accorde les permis de déplacement, les présentent à l'autorité 
administrative du lieu pour en obtenir un permis de passage 

dans les formes requises. i 

» 

N** 74. — AUTRE UKASE DU MÊME JOUR , QUI DÉFEND AUX ECCLÉSIASTIQUES 
CATUOLIQUES DE PRÊTER AUCUME ASSISTANCE SPIRITUELLE AUX FIDÈLES 
DE PAROISSES AUTRES QUE LA LEUR PROPRE , ET FAIT d'aUTBES INJONC- 
TIONS SEMBLABLES. 

Sa Majesté l'Empereur a daigné ordonner, en date du 16/28 
décembre, d'enjoindre à qui de droit la mise à exécution, dans 
les gouvernements de Vitepsk , Moliileff, Kief , Podolie, Volhy- 
nie , Minsk , Wilna , Grodno , et dans la province de Bialislok , 
les dispositions suivantes : 

1) Que les autorités des diocèses catholiques romains soient 
requises de présenter (d'après le modèle qui sera expressément 
présenté à cet effet) un tableau de toutes les paroisses contenant : 
le nom de chacune d'elles ; le nombre de leurs desservants ; 
quelles sont nommément les églises filiales et chapelles annexées 
à chaque paroisse ; à quelles époques nommément il est permis 
d'y célébrer l'office divin ; quelles sont les localités et villages 
dont se compose la paroisse , et combien ils contiennent de 
paroissiens catholiques romains. Ces tableaux doivent être 



401 

présentés, dans un temps tléterniiné , au collège ecclésiastique 
catholique romain en deux exemplaires, dont l'un sera transmis 
par le collège au département des cultes étrangers et l'autre sera 
gardé dans le dit collège. 

2) Qu'il soit intimé aux curés du rit calliolique romain de ne 
pas recevoir à confesse les individus d'une autre paroisse, à 
l'exemple de ce qui s'observe dans le rit dominant, sauf les cas 
de maladie grave ou de séjour prolongé dans la paroisse d'indi- 
vidus arrivés de loin , et à condition que ces cas soient expressé- 
ment consignés dans les registres de confession, avec désignation 
de la paroisse à laquelleappartient la personne qui s'est confessée 
et que les doyens ou surintendants ecclésiastiques portent leur 
attention sur ces cas , à chaque révision des livres de l'église 
paroissiale. 

3) Qu'il soit enjoint aux propriétaires et aux régisseurs de 
veiller à ce que les individus du rit dominant, qui se trouvent 
à leur service, assistent tous les dimanches et fêles au service 
divin dans les églises du rit précité , qu'ils y fasssent leur 
confession et communion pascales, et que pour s'y préparer, 
ils soient libérés , ainsi que tous les paysans , de tous tra- 
vaux durant une semaine, sans ètie tenus à aucune in- 
demnité. 

L'autorité administrative tiendra la main à la stricte exécution 
de ces dispositions. 

N** 7i>. — ORDONNANCE IMPÉRIALE DU MÊME JOUn, CONCEnNANT LES JU- 
GEMENTS PORTÉS CONTHE LES LND1VU)US SUPPOSÉS COUPABLES DE SÉDUC- 
TION AU PRÉJUDICE DU CULTE DOMINANT. 

Par décision suprême du 16 décembre 1839, Sa Majesté l'em- 
pereur a daigné ordonner, quant aux poursuites et jugements 
pour détournement de l'Orthodoxie au Latinisme : 

1) Qu'indépendamment de l'arrêté du comité des ministres 
approuvé par Sa Majesté le 9 avril 1832 , d'après lequel les 
causes pour détournement susdit, ainsi que pour érection arbi- 
traire d'églises dissidentes , sont décidées dans les tribunaux 
hors de rôle , il soit procédé iiumédiatenicnt dans les causes re- 
latives aux délits contre la religion , sur l'invitation de l'autoriie 
diocésaine à l'autoritégouvernemcntalc, àl'cnqucte, en présence 
des délégués du clergé orthodoxe et du clergé romain, sans que 



402 

d'ailleurs la non-arrivée de l'un d'eux , au ternie indiqué pour 
l'enquête, puisse en entraîner la suspension. 

2) Que les individus tant ecclésiastiques que laïques, convaincus 
par une enquête régulière de détournement susmentionné, 
soient livrés immédiatement et directement à la justice , confor- 
mément à la loi commune, non plus à la justice des consistoires 
romains, comme cela se pratiquait jusqu'ici, par suite d'une 
application inexacte à leur égard des lois concernant le clergé 
orthodoxe, mais à la justice séculière criminelle , ainsi qu'il est 
prescrit par la loi commune et nommément par le digeste au 
vol. XV, livre 2, titre 1, chapitre 2, sur la compétence, attendu 
qu'ils sont prévenus, non d'avoir enfreint les lois de l'Eglise ro- 
maine, mais les lois générales de l'Etat; sauf néanmoins que les 
jugements des instances intermédiaires ou des chambres crimi- 
nelles soient, en surséant à l'exécution, présentés par les chefs 
des administrations gouvernementales au ministère de l'intérieur, 
comme cela a été réglé par l'Avis du conseil de l'empireapprouvé 
le 30 janvier d838 par la volonté suprême. 

N" 7G. — ORDRES QDI DÉCERNENT DES RÉCOMPENSES A DIFFÉRENTES PER- 
SONNES DU CLERGÉ RUSSE, LESQUELLES SE SONT DISTINGUÉES PAR LEUn' 
ZÈLE A ATTIRER LES CATUOLIQUES AU CULTE DOMINANT. 

Arlicie de Sainl-Pélersbourg. Sa Majesté impériale a daigné 
accéder à la très-humble représentation de monsieur le procureur 
du Synode gouvernant , et approuvera 17 septembre la décision 
du dit très-saint Synode , par laquelle il confère au préposé du 
consistoire de Vitepsk , Protorey Stefanowicz , l'usage de la 
calotte en velours violet, pour s'être acquitté avec succès rfc^ 
ordres dont il était chargé en convertissant un grand nombre 
des grecs unis dans le gouvernement de Witepsk à la foi gréco- 
russe. 

Le saint Synode a communiqué au sénat dirigeant, en date 
du 13 janvier dernier , que Sa Majesté impériale avait daigné , 
sur le très-humble rapport de monsieur le procureur général de 
ce Synode , accorder le 7 décembre dernier , au doyen de l'église 
de Druya (diocèse de Minsk), le prêtre IMlchcl Stoukalitch, le 
droit de p. 1er la Kamilavliu (barrellc de velours violet), et au 
prêtre Jonnar Sawitzki de l'église de Pchebrod ccluide porter la 



405 

Sknfia (calotte de velours), en récompense du zèle distingue ma- 
nifesté par eux. 

N" 77. — DÉCRET DU 20 JANVIER 18 tO, QUI DÉFEND DÉSORMAIS DE SE 
SERVIR MÊME DU NOM d'ÉGLISE GRECQUE UNIE, ET DE METTRE AUCUN 
OBSTACLE A l'aCCOMPLISSEHENT DE MARIAGES ENTRE LES GRECS RUSSES 
ET LES GRECS CATHOLIQUES. 

Le procureur en chef du saint Synode vient de nie communi- 
quer ce qui suit : 

Le consistoire de Litliuanie (1) informé au mois de novembre 
dernier par le doyen Droujany des entraves apportées par les 
ecclésiastiques latins aux mariage» entre les individus de la con- 
fession réunie et de la confession romaine , par le refus de déli- 
vrer à ces derniers les certificats requis, se concertait avec le 
consistoire catholique romain de Wilna à l'effet d'écarter ces 
entraves , lorsqu'il reçut de ce dernier un office énonçant que 
l'administrateur du diocèse catholique romain de Wilna venait 
de transmettre à sa décision sept rapports reçus de divers déca- 
nats, au sujet de la célébration prétendue illégale de ces maria- 
ges ; et qu'à cet effet le consistoire catholique en avait référé au 
collège ecclésiastique catholique romain pour obtenir une déci- 
sion , afin que les anciens règlements et coutumes, quant aux 
mariages sus-mentionnés et à l'éducation des enfants , fussent 
maintenus à l'égard des individus professant la religion catholi- 
que romaine, et qu'il avait en même temps enjoint au clergé qui 
lui est subordonné, de s'en tenir, jusqu'à la décision de cet 
objet, auxdits règlements. Les renseignements que transmet 
l'administration du diocèse de Lithuanie constatent que l'admi- 
nistration du diocèse catholique romain de Wilna (à laquelle 
sont connus et l'événement rendu public de la réunion à 
l'Eglise orthodoxe des ci-devant grecs unis de l'empire de Russie 
et les lois concernant les mariages , dans cet empire , des indi- 
vidus de la religion orthodoxe avec ceux des autres reUgions) 
n'en continue pas moins d'appeler du nom d'unis les individus 
réunis, et entrave l'application à leur égard des lois sus-meutiou- 
nées , en opposition directe aux ukases suprêmes rendus à ce 
sujet , et au mépris de la dignité de la réunion qui a mis fin à 

(i) Le consistoire du diocèse de Litluiauic, c'cst-à-dirc le ci-devant grec uni. 

ir. 2G 



404 

l'existence en Russie de l'union , et ramenant les ci-devant unis 
au giron de l'Eglise orthodoxe , les a placés, quant à leurs droits, 
sur le même pied que tous les autres oriliodoxes. En consé- 
quence le saint Synode, trouvant parfaitement juste la réclama, 
tion de radministration du diocèse de Lithuanie contre ces actes 
contraires aux résolutions souveraines, et préjudiciables à 
l'ortbcdoxie , m'invite à prendre des mesures pour qu'il soit 
prescrit au clergé catholique romain , de la manière la plus 
rigoureuse, (a) de ne plus appeler le clergé et le peuple ci devant 
grec uni , ce ce nom , mais de '>;elui d'orthodoxes , et de n'ad- 
mettre entre eux et les anciens orthodoxes aucune distinction , 
(b) de ne mettre aucun obstacle aux mariages de ses paroissiens 
avec les orthodoxes et A délivrer les certificats exigés par le 
clergé orthodoxe, et (c) d'observer scrupuleusement l'article 
57, tom. X du Digeste, portant que les mariages des Russes célé- 
brés par les seuls prêtres catholiques romains ne sont pas recon- 
nus valides tant qu'ils n'ont pas été célébrés par im ecclésiasti- 
que orthodoxe (1). 

N" 78. — UEASB IMPÉRIAL DU 2i MARS 1840, QUI ORDONNE LA CONFIS- 
CATlOiN DES BIENS DE QUICOiNQUE AURAIT ABANDONNÉ LE CULTE DOKI- 
HANT. 

Considérant qu'un des premiers devoirs qui m'ont été impo- 
sés par la Providence est le maintien de l'inviolabilité de la foi 
orthodoxe de nos pères, parmi mes fidèles sujets, et trouvant que, 
SOUS ce rapport, il faut donner une attention toute particulière 
à ceux d'entre eux qui, par les droits de leur condition, peuvent 
exercer de l'influence sur les autres orthodoxes, tant par leur 
pouvoir sur eux que parleur exemple, j'ai jugé de statuer ce 
qui suit : 

Art. 1. Tout individu, possédant des serfs, qui sera convaincu, 
tait par son propre aveu, soit par une enquête judiciaire, d'avoir 
quitté l'Eglise orthodoxe, afin de préserver de toute atteinte la 
foi de ses sujets orthodoxes, on prendra sous tutelle ses biens 
territoriaux , sans préjviâice d'autres mesures indiquées par la 

(i) Le texte lie la loi porte : par un crclrsiaslir/ite )-ussc ; car la religion domioanie 
ne «'appelle géDiralement ortliodoxc, que depuis uii onîre suprême émané en dé- 
cembre l83o; elle se donnait auparavant les différentes dénominations de religion 
grecque, gréco-russe , gréco-uricntale, calliolito-oricnialo , ci cnliii de rdljjion de 
toutes les Il,ussies, 



405 

loi contre sa personne (1). Celle tutelle sera instituée et gérera 
les biens d'après les lois , mais ni le mari de celle qui a 
apostasie, ni la femme de l'apostat ne peuvent en faire 
partie (2). 

Art. 2. L'individu qui aura apostasie ne devra garder à son 
service aucun de ses serfs de la religion orthodoxe , ni demeurer 
dans aucune de ses propriélés habitées par des gens de la religion 
dominante. 

Art^ 3. Ces mesures cessent du moment où l'apostat retour- 
nera dans le sein de l'orthodoxie par suite des admonitions d'un 
prêtre. 

Art. 4. Le fait de l'apostasie sera établi d'après les prescrip- 
tions légales pour les enquêtes en matière criminelle. 

Art. 5. Le ministère de l'intérieur est chargé de l'observation 
de ces lois et de toute > ler. dispositions à prendre. Dès que le faut 
de l'apostasie paiviendra à sa connaissance, et ministère, après 
eu avoir acquis la certitude, donnera suite à l'aflaire, en vertu 
des règlements ci-dessus et des lois générales sur les crimes 
contre la loi. Le fait peut être constaté par le propre aveu du 
coupable, et par l'enquête judiciaire. 

Art. 6. En même temps le ministère de l'intérieur p/end 
les renseignements nécessaires suk- la famille de l'apostat ; et 
s'il se trouve de^ enfants en bas âge , il me fera son rapport 
sur les mesures à prendre afin de mettre à l'abri leur ortho- 
doxie. 

Si«né : Nicolas. 
(Office de M. le secrétaire d'État Tanéeff à M. le présideni de 
la section législative au conseil d'Etat , le conseiller privé intime 
BloudofT.) 

J'ai l'honneur de transmettre ci-joint à Votre Excellence 
l'ukase sur les apostasies. 

SalVIajesté impériale veut que les dispositions du présent ukase 
soient incorporées d'après le mode usité au Code criminel (Swod) 
avec la remarque, qu'aucune prescription ne doit être prise en 
considération dans les causes de cette nature , vu que l'apostasie 
ne constitue pas la matière d'un crime une fois commis , mais 

(i) Réclusion pcrpélaelle dans un monasièrcr. 

(a) ToHie propriété mise sou» tutfllc en l'.us5ic est considérée comme confisqui-e. 



40G 

forme une action criminelle continuelle jusqu'au retour à la foi 
orthodoxe. 

N" 79. — OFFICE DO MINISTRE DE l'INTÉRIEUR, A MONSEIGNEUR PAW- 
LOWSKi, ARCHEVÊQUE DE MOUILEW, PAR LEQUEL IL EXPLIQUE l'dKASE 
SUS-MENTIONNÉ , SUR L'aDMINISTRATION DES SACREMENTS AUX PERSONNES 
INCONNUES. 

Vous avez bien voulu me représenter que si la mesure pres- 
crite au collège ecclésiastique catholique romain pour être mise 
à exécution dans son ressort , savoir que les prêtres latins ne 
puissent administrer les sacrements que dans l'eaceinte de leurs 
paroisses respectives, était étendu aux églises auxquelles sont 
attachées, pour certaines fêtes, des indulgences spéciales, dans ce 
cas les personnes professant la religion catholique romaine et qui 
n'appartiennent pas aux paroisses de ces églises, se trouveraient 
privées de la faculté de profiter de ces indulgences , lesquelles , 
d'après votre exposé , tiennent aux dogmes. A l'effet de quoi 
vous sollicitez que les curés catholiques romains soient autorisés 
de recevoir à confesse des personnes appartenant à d'autres 
paroisses latines, pourvu qu'ils se gardent bien de prêter leur 
ministère ecclésiastique à des individus d'une autre confession , 
sous peine d'encourir les peines les plus rigoureuses prétraites 
par la loi. En réponse à cette communication , je me fais un 
devoir de vous faire savoir , que dans l'adoption des mesures 
imposées par l'indispensable nécessité d'obvier à l'immixtion 
constamment remarquée dans les gouvernements occidentaux , 
de la part des prêtres latins dans les affaires du clergé de l'église 
orthodoxe, par l'exercice du saint ministère à l'égard d'individus 
appartenant à cette église, on n'avait nullement en vue, comme 
il s'entend de soi-même , d'entraver l'exercice des rites et du 
ministère pratiqués dans les paroisses catholiques romaines 
d'après les dogmes de leur égUse. Mais bien que l'obligation im- 
posée aux curés des paroisses de ne point admettre à confesse et 
à la communion des individus appartenant à d'autres mroisses, 
n'implique pas , à l'égard de ces derniers , la défense de se con- 
fesser au su de leurs curés dans d'autres paroisses ; toutefois, si 
on ne s'assurait suflisammentdans celles-ci que ces individus sont 
de la religion catholique romaine, il pourrait se trouver dans 
leur nombre des personnes qui ne la professent pas; ce qui ex- 



407 

poserait les piètres de ces paroisses à la responsabilité prescrite 
par la loi. Je trouve par conséquent indispensable que les indi- 
vidus qui se présentent dans ces paroisses lors de la célébration 
des fêtes , pour y recevoir les sacrements , n'y soient pas admis 
autrement que sur exhibition de certificats délivrés par leurs 
curés respectifs , constatant qu'ils appartiennent à l'Eglise ro- 
maine ; sans quoi la mesure dictée par une nécessité absolue , 
dont l'observation d'ailleurs , en se conformant à la disposition 
ci-dessus, ne présente aucun inconvénient, deviendrait illusoire. 
Le 20 janvier 1840, etc. 

N" 80. — ORDRE d'exil PRONONCÉ PAR LE MÊME MINISTRE, LE 5 DÉ- 
CEMBRE 18i0, CONTRE DEUX CURÉS POUR ^'AVOIR PAS SOUMIS A LA 
CENSURE UN DE LEURS SERMONS AVANT DE LE PRÊCHER AU PEUPLE. 

En conséquence d'une affaire des prêtres Bireti et Baranows- 
ki, paroisse Benusowski etDawilski, mis en jugement à cause de 
leur opposition aux progrès de la religion orthodoxe , j'avais 
fait l'exposition de cette affaire à l'empereur, et Sa Majesté , le 
21 novembre 1840, entre autres choses, a ordonné : 1) d'envoyer 
les prêtres Bireti et Baranowski dans les gouvernements de la 
grande Russie , pour y fixer leur demeure sous la sévère sur- 
veillance de la police ; parce qu'ils ont agi de propos délibéré 
contre les progrès de la religion orthodoxe , et pour les sermons 
qu'ils ont prononcés sans permission de la censure, en contra- 
vention à l'ordonnance suprême du 16 décembre 1839. 2) En 
considération que l'ordre établi pour la censure des sermons n'a 
point été observé, et que le Décanat du lieu s'est relâché dans 
sa vigilance à l'égard des prêtres Bireti et Baranowski , cette cir- 
constance doit être examinée et jugée par la principale autorité 
ecclésiastique catholique romaine du pays. 

Je notifie cette suprême volonté au collège ecclésiastique 
catholique romain afin qu'elle soit convenablement exécutée. 

Signé : Le dirigeant du ministère des affaires intérieures , gé- 
néral aide^e-camp. 

Comie Slroganoff. 



408 

N** 81. — ORDRE SOUVERAIN LU 22 MAI 1841, ADRESSÉ AU SÉNAT DIRI- 
GEANT, QUI INTERDIT A l'aUTORITÉ ECCLÉSIASTIQUE CATHOLIQUE DE JU- 
GER ET CONNAITRE DES CAUSES MATRIMONIALES DÉJÀ RÉSOLUES PAR LE 
SYNODE GREC RUSSE. 

Sa Majesté l'empereur, sur la demande qui lui a été adressée, 
savoir : si l'administration spirituelle catholique romaine serait 
autorisée à recevoir des demandes en séparation selon les lois 
catholiques , de la part des catholiques mariés à des personnes 
de la religion orthodoxe déjà séparées par le haut synode , a 
daigné ordonner comme il suit : en vertu de l'article 2143 vol. X 
du Gode législatif, il ne sera pas permis aux autorités catholiques 
romaines de recevoir de la part des catholiques , déjà «éparés 
par un tribunal orthodoxe , des demandes en séparation selon 
les lois catholiques romaines. 

N" 82. — UKASE IMPÉRIAL DU 25 DÉCEMBRE 1841 , ADRESSÉ AU SÉNAT 
DIRIGEANT , QUI RÉUNIT AUX DOMAINES DE LA COURONNE TOUS LES IM- 
MEUBLES DES PAYSANS Y ATTACHÉS, APPARTENANTS JUSQU'ALORS AU CLERGÉ 
DANS LES PROVINCES OCCIDENTALES (POLONAISES). 

« Poursuivant l'exemple de nos grands prédécesseurs, nous 
avons trouvé bon d'ordonner, que pour décharger le clergé or- 
thodoxe dans les provinces occidentales, des soins incompatibles 
avec leur état ecclésiastique, par l'administration des biens 
immeubles peuplés par des sujets y attachés , ceux-ci retour- 
nassent sous le ressort du ministère des domaines nationaux; et 
avons , à la suite de cette mesure , ordonné par un ukase dirigé 
au très-saint Synode de choisir les moyens convenables à l'ac- 
complissement de cet œuvre , en intimant à celui-ci l'ordre de 
nous présenter un plan de la dotation du clergé et de divers 
instituts des provinces occidentales pour qu'il puisse être 
approuvé par nous , après examen. Et en même temps que nous 
ordonnons l'application des mesures adoptées déjà dans toutes 
les autres parties de nos États aux provinces occidentales, nous 
avons conclu de les étendre dans la même teneur au clergé des 
autres cultes desdites provinces, eu vertu de quoi nous ordon- 
nons : 1° Tous les biens immeubles, peuplés par des paysans y 
attachés, appartenant jusqu'alors au clergé du cuUe étranger 
des provinces occidentales , passent sous la régence du ministère 



409 

des domaines nationaux , en exceptant de celte mesure les biens 
qui , ne faisant point partie des possessions de la haute hiérar- 
chie, ou ne formant point un fonds de capitaux de fondation , 
se trouvent uniquement en possession du clergé administrant les 
paroisses. 2° Nous ordonnons qu'un projet nous soit présenté 
concernant la dotation des évcchés , ainsi que touchant les fonds 
nécessaires pour l'entretien des couvents formés par legs et dota- 
tions actuelles, en énumérant, dans ledit projet, le personnel des 
couvents , leurs besoins respectifs et la pension devant être ré- 
partie en conséquence des divers rangs et différents postes du 
personnel des maisons ci-dessus mentionnées , pour qu'il nous 
plaise d'approuver ledit projet. Vu cependant l'insufli^ance des 
revenus provenant des biens ecclésiastiques dans les provinces 
occidentales, et voulant assurer à l'avenir au clergé dans leurs 
instituts respectifs une position plus lucrative , nous avons statué 
d'y pourvoir, eu employant à ce but les revenus des biens con- 
fisqués dans les provinces occidentales à la suite de la dernière 
révolution , après en avoir cependant satisfait en premier lieu 
les dettes et les diverses obligations dont lesdits biens se trouvent 
chargés. > 

N** 85. — UKASE IMPÉRIAL LU 1" JANVIER 1842, QUI SA^CrIO^NE LE 
PROJET GÉiNÉRAL DE DOTATION A VENIR DU CLERGÉ. 

Ayant confirmé les élats qui nous ont été soumis, tant pour les 
administrations diocésaines que pour les couvents catholiques 
romains dans les gotivcrnements occidentaux, nous ordonnons 
de les mettre à exécution à partir du 1"' mai de l'année cou- 
rante , en réservant à notre sollicitude d'améliorer encore le 
sort de ce cleigé. 

Le sénat dirigeant est chargé de l'exécution de la présente. 

Etats des administrations diocésaines et des couvents 
catholiques romains. 

/. Maisons des évéqucs cl cathédrales dans les diocèses de la 
première classe. 

JiouLles ir.ugcii», 

A l'évèque et pour sa maison G^GlO 

Pour le clergé de l'église cathédrale 5,390 

Total , roubles d'argent. . 12,000 



ilO 

Datii les diocèses de la deuxième classe. 

Roubles d'arg, 

A l'évcque et pour sa maison 5,475 

Pour le clergé de l'église cathédrale 4,525 

Total , roubles d'argent. . 10,000 

Dans les diocèses de la troisième classe. 

A l'évèque et pour sa maison 4,480 

Pour le clergé de l'église cathédrale 4,120 

Total, roubles d'argent. . 8,600 

Evêques coadjuleurs et suffragants , à chacun. . 2,000 

//. Prélats mitres, à chacun 574 

///. Consistoires ecclésiastiques 

du 1" ordre 5,300 

du 2* — 4,800 

du 3" — 2,500 

IV. Couvents de religieux 

de lai" classe. . . ". 3,185 

de la 2' — 2,220 

de la 3' — 1,540 

de religieuses 

de la 1" classe 2,765 

de la 2« — 2,155 

de la 3* — 1,455 

Les pères provinciaux des ordres , à chacun. , . 400 

Observations. 

V Les détails de ces états, concernant tant les appointements 
des individus que les autres articles de dépense dans chaque en- 
droit , seront déterminés par un règlement séparé. 

"2" Le surplus d'un article de dépense dans chaque endroit 
pourra , en cas de besoin et avec la permission de l'évèque diocé- 
sain , être employé pour d'autres articles de dépense dans le 
même endroit, pourvu que le total de la dépense ne dépasse pas 
la somme entière fixée à cet effet. 

3° Si au bout de l'année , toutes les dépenses faites , il reste un 



AU 

excédant » il sera employé au profit et pour les besoins de cet 
endroit , d'après l'autorisation de Tévéque diocésain. Il pourra 
cependant aussi être employé pour les besoins d'autres endroits» 
avec la permission du ministère de l'intérieur. 

N" 84. — OFFICE DU MINISTRE DE l'iNTÉBIEOR ADRESSÉ AO COLLÈGE, 

DIT collège ecclésiastique catholique romain , par lequel il donne 

DES ordres ultérieurs POUR L*EXÉCDTI0N DES CRASES IMPÉRIAUX CI- 
DESSUS, DU 25 DÉCEMBRE 1841 ET DU T' JANVIER 1842. 

Par les ukases suprêmes des 25 décembre et 1*' janvier der- 
niers , communiqués au collège ecclésiastique catholique par les 
ukases du Sénat dirigeant des 30 décembre et 5 janvier derniers, 
il est ordonné : 

Par le premier, de remettre à l'administration du ministère 
des domaines de l'empire tous les biens immeubles appartenant 
au clergé dans les gouvernements occidentaux, à l'exception de 
ceux qui se trouvent en possession du clergé séculier paroissial , 
ne faisant point partie de la hiérarchie supérieure ni de la com- 
position actuelle des chapitres , ni d'autres institutions pareilles. 

Par le second , de mettre à exécution les états pour les admi- 
nistrations diocésaines et couvents catholiques , à partir du l*'du 
mois de mai prochain. 

En même temps Sa Majesté impériale a daigné ordonner : 

1° Le ministère des domaines de l'empire et celui de l'inlé- 
rieur détermineront de commun accord l'ordre de la remise des 
biens , en désignant pour les niaisons épiscopales et couvents , la 
portion de dépendances immédiates (ougodie) (1), et le nombre 
de domestiques établis par la loi ; et ils procéderont à l'exécution 
de manière à ce que la remise des biens soit terminée au com- 
mencement de l'année courante à la fin du terme économique 
de chaque bien. 

2* Les diocèses catholiques seront divisés en trois classes. Dans 
la première, on comptera le diocèse de Mohilew comme siège 
métropolitain. Dans la seconde , ceux de Wilna et de Telsche. 
Dans la troisième, ceux de Luck , de Kaminiek et de Minsk. 

(i) N. B. Ougodie sont les jardins, prairies , eic, qni entourent immédiatement 
\ri maisons ecclésiastiques. On en laissera une portion aux couvents d'après l'exem- 
ple des couvents schismatiqucs. 



412 

Pareillement, les consistoires ecclésiastiques catholiques seront 
divisés en trois classes, suivant l'étendue de leurs ressorts. Dans 
la première classe, on comptera le consistoire de Wilna; dans 
la seconde, ceux de Moliilew et de Telsche; et dans la troisième, 
ceux de Luck , de Kaminiek et de Minsk. 

3. Les couvents catholiques seront divisés en couvents effectifs 
et surnuméraires. En outre les premiers seront divisés en 3 
classes : il y aura 50 couvents effectifs, dont 36 de religieux, en 
mettant douze dans chaque classe; et 14 de religieuses, en met- 
tant dans la d" classe 6, dans la 2' 4, et dans la 3' 5 couvents. 
Le reste des couvents doit être considéré comme surnuméraire. 
La répartition des couvents en effectifs et surnuméraires , et la 
division des classes , seront faites par le ministère de l'intérieur , 
avec l'approbation de Sa Majesté, sous la condition qu'il 
soit mis dans la 3"* classe 5 couvents de Récollets et de 
Capucins. 

4) Comme les sommes affectées à l'entretien des administra- 
tions diocésaines et des couvents ne sont indiquées qu'en gros 
dans les états, le collège ecclésiastique est invité à faire 
une répartition spéciale des émoluments , sauf l'approbation de 
Sa Majesté. 

5) Aux religieux et aux religieuses surnuméraires , au nombre 
de 1041 , il sera affecté une pension de 40 roubles, en tout 41 ,640 
roubles par an , en comprenant dans cette somme toutes les dé- 
penses, tant pour leur entretien commun que pour l'administra- 
tion intérieure de chaque couvent surnuméraire ; le tout indé- 
pendamment des secours qu'ils retireront de la portion de dé- 
pendances immédiates (ougodie) qu'on leur laisse. 

6) Il sera fixé une somme extraordinaire de 20,000 roubles 
d'argent par an , dont le ministère de l'intérieur disposera pour 
couvrir les dépenses qui n'ont pu entrer dans les états, et pour 
les augmentations qui seront reconnues absolument nécessaires, 
d'après les circonstances locales, comme, p. e., dans quelques 
endroits pour le chauflage , et dans d'autres pour la réparation 
des maisons , et d'autres dépenses imprévues. 

7) Les établissements ecclésiastiques d'éducation resteront 
dans l'état actuel , et recevront pour leur entretien les sommes 
qui y éliiient affectées jusqu'à présent. 

8) La somme nécessaire pour couvrir toutes les dépenses 



415 

désignées ci-dessus sera fournie par le ministère des finances, 
d'après les avis de celui de l'intérieur, en la prenant dans 
les ressources extraordinaires, au nombre desquelles se trouvent 
aussi les capitaux des administrations diocésaines et couvents 
catholiques. 

9) A cet effet on concentrera dans le ministère de l'intérieur 
l'administration de tous les capitaux du clergé catholique (excepté 
ceux qui appartiennent au clergé paroissial et le capital auxi- 
liaire). Sur les intérêts de ces capitaux il sera versé dans le trésor 
impérial une somme de 73,344 roubles d'argent par an pour 
couvrir les dépenses susdites. 

10) Si un ecclésiastique possédant un bien-fonds , n'avait pas 
reçu tous les revenus qui lui reviennent jusqu'au terme écono- 
mique , ou s'il les avait perçus d'avance, alors, dans le premier 
cas , le restant lui sera bonifié sur le revenu de ce bien ; et dans 
le dernier cas tout le surplus qu'il a pris sera défalqué de ses 
appointements. 

En notifiant ces ordres de Sa Majesté au collège ecclésiastique, 
je l'invite : 

(a) Ad N» 2 , à faire les dispositions nécessaires pour diviser 
les diocèses et les consistoires en classe. 

(b) Ad N" 3 , concernant la division des couvents en classe et 
en couvents effectifs et surnuméraires , et ad N°. 5 , concernant 
la distribution des secours aux religieux dans les couvents surnu- 
méraires (leur vie-durant, ou jusqu'à leur passage sur l'état ef- 
fectif) , à présenter ses conclusions d'après les renseignements 
qu'il possède , en désignant la caisse de district le plus voisin de 
chaque couvent pour toucher les pensions fixées. 

(c) Ad N** 4 , à faire le calcul des appointements pour les 
administrations diocésaines et les couvents, en apostillant les 
projets d'états ci- joints sous A. T. B. F.D. E. et X, à déterminer 
les personnes qui recevront les appointements , de même que 
la caisse , où elles les toucheront , et à me présenter ses 
propositions. 

(d) Ad JN° 6, concernant la fixation d'une somme extraordi- 
naire pour les dépenses imprévues qui ne sont pas entrées dans 
les états, à présenter son avis , en prenant pour règle une stricte 
économie. 

(e) Ad N"' 8 et 9, concernant la concentration des capitaux 



AU 

au ministère de l'intérieur. Outre les données que je vais 
demander incessaramentaux administrations diocésaines et cou- 
vents sur leurs capitaux , d'après les formulaires ci-joints sous 
les N<>' 1, 2, 3, le collège ecclésiastique recueillera et présentera 
de son côté les mêmes renseignements sur les capitaux 
déposés dans les établissements de crédit de l'empire, d'après 
les formulaires susdits, pas plus tard qu'au mois de mars 
prochain. 

(f) Ad N** 10, concernant le calcul des restants et anticipations 
des revenus au terme économique , le collège ne manquera pas 
de prévenir qui de droit. 

Pour ce qui concerne les §§1 et 7 des ordres de Sa Majesté, 
quant au § 1 la remise des biens ecclésiasuques sera effectuée 
sans délai , et quant au § 7 concernant la dotation des établisse- 
ments d'instruction , elle sera mise à exécution , en mettant les 
sommes nécessaires dans le compte que le ministre de l'intérieur 
présentera à celui des finances. 

Enfin, pour que les biens ecclésiastiques avec serfs, qui passent 
sous l'administration du ministère des domaines , ne puissent 
essuyer aucun dommage avant leur remise, soit par incurie, 
soit par malveillance, j'engage le collège avant tout, et indé- 
pendamment de toutes les autres dispositions^ à prescrire à qui 
de droit de conserver soigneusement les biens destinés à la 
remise, en ajoutant que tout dommage sera exigé des coupa- 
bles , qui en outre seront passibles des peines prononcées par 
les lois. 

Signé : Peroffski. 



415 

N' 85. — RÈGLEMENT SPÉCIAL FIXANT LE DÉTAIL DE LA DOTATION 
SUS-IIENTIONNÉE. 

(A) 
ETAT 

d'dNK maison ÉPISCOPALE et d'une CATHÉDRALE CATHOLIQUE DANS 
UN DIOCÈSE DE LA l'* CLASSE. 

MAISON ÉPISœPALE 

Roubles d'argent. 

Appointement de l'évêque , par an 2,650 

Pour la table 4,000 

Pour l'équipage » 750 

Pour le service » 500 

Total , roubles d'argent 4,900 

Pour sa suite i ,500 

Pour les domestiques et ouvriers de la maison . 410 

Somme totale, roubles d'argent 6,610 
CATHÉDRALE. 

Nombre dei Boubl«i par an, 

pcrtoDDrt. • «Licun. i toui|' 

ILeur nombre est fixé par j 

la constitution du cha- \ 1 674 574 

pilr e» mais les plus an- 1 2 315 630 
ciens recevront: (1) J 

Chapelains (mansionaiii) 4 288 1,152 

Prédicateur 1 288 288 

Sacristain 1 288 288 

Bedeaux 2 86 172 

Gardiens 4 45 180 

Sonneurs 5 45 225 

Ministranls (du séminaire) .... 8 — — 

Organiste 1 151 151 

Maître de chapelle 1 150 150 

Au même, augmentation s'il y a lieu , — 160 160 

Musiciens et chantres 22 45 990 

Pour les besoins du culte .... 72 72 72 

Réparations de la maison et de la sacristie — — 358 

Total , nombre des personnes 52 roubles 5,390 

Somme totale pour la maison épiscopale > 6,610 

En tout pour la maison épiscopale etla cathédrale, roubles 12,000 

(i) Les autres tireront leur subsistance de leurs cures ou d'autres emplois (ju'iN 
cierccni. 



416 

(T) 
PROJET DE L'ÉTAT 

d'une administration diocésaine de la 2* CLASSE, 

MAISON ÉPISCOPALE. 

Appointements de l'évêque roubles 2 400 

Pour la table . , qqq 

Pour l'équipage , qqq 

Pour le service , ^qq 

Total, roubles 4,000 

Pour sa suite , 1 075 

Domestiques et ouvriers de la maison . . » 4oo 

Somme totale , roubles 5,475 
ÉTAT DE LA CATHÉDRALE. 

Nombre des Roubles par an, 
pcrtonuei. à chacun, à loui. 

Chanoines. | ^^"^ "^^^^ /^^^ «'» *"^^«- 1 2 272 5^ 

Cliapelains 3 234 702 

Prédicateur 1 283 283 

Sacristain 1 234 234 

Bedeaux 2 86 172 

Gardiens 3 45 135 

Sonneurs 5 45 225 

Ministrants (du Séminaire) 6 — «_ 

^''ganiste 1 150 I50 

Maître de chapelle 1 150 i50 

Au même, augmentation s'il y a lieu. . — 150 150 

Musiciens et Chantres 20 45 &00 

Pour les besoins du culte 72 

Réparations de la Maison et de la sacristie. — 458 

Total, nombre lies personnes. . 46 roubles 4,525 
Somme totale pour la maison épiccopale » 5,475 

Eu tout,pour la maison épiscopaleet la cathédrale, roubles 10,000 



417 

(C) 

PROJET DE L'ÉTAT 
d'une administration diocésaine de la troisième classe. 

MAISON ÉPISCOPALE. 

Appointements de l'Évêque roubles 1 ,800 

Pour sa table » ^^ 

Pour l'équipage /• • • • " ^^ 

Pour le service * ^"0 

Total roubles 3,200 

Pour sa suite " ^^^ 

Domestiques et ouvriers de la maison. . . • 300 

Total. .... roubles 4,480 



ÉTAT DE LA CATHÉDRALE. 

Nombre dei Roublrt 
pcrtODoei. à chacun, 

Prélats l ) 1 290 

\Leur nombre fixé utimpr a. \ ^ o-ia 

Ghaaoïnes. j i ^ ^"^^ 

Chapelains 3 190 

Prédicateur ^ ^'^^ 

Sacristain ^ ^^^ 

Bedeaux 2 86 

Gardiens ^ ^^ 

Sonneurs ^ ^^ 

Minîstrants (du séminaire) 6 

Organiste * 

Maître de cliapeUe 1 

Au mcMie, augmentation s'il y a lieu . . — 

Musiciens et Chantres. ^^ 

Pour les besoins du culte — 

Réparations de la Maison et de la sacristie. — 

Total , nombre des personnes . . 45 roubles 4,120 
Somme totale pour la maison épiscopale. » 4,480 

En tout, pour la maison épiscopale et la cathédrale, roubles 8,000 



pir an, 
à tout. 

290 
472 
570 
231 
190 
172 
135 
180 



150 150 

150 150 

150 150 

45 900 

— 72 

_ 458 



418 



(F) 
PROJET DE L'ÉTAT 

DES CONSISTOIRES ECCLÉSIASTIQUES CATHOLIQUES DE LA PREMIERE 
CLASSE (dans les DIOCESES QUI ONT AU-DELA DE 70,000 AMEs). 

Nombre det Boublei par aa, 
periAonei 1 chacun, à toai. 

Membres ^ — 

dont les quatre plus anciens, outre les 

appointements provenant d'autres em- 
plois 4 200 800 

Secrétaire 1 550 550 

Le nombre du personnel de chancellerie, 

y compris le secrétaire particulier de 

l'évêque, ainsi que celui des copistes et 

serviteurs , est fixé d'après les besoins 

des localités. 
En tout pour appointements et frais de chancellerie. . 3,950 

Total . . . roubles 5,300 



DE LA DEUXIÈME CLASSE (700,000 A 400,000 AMls). 

Nombre de* Rouble! par an, 
penoniicj. à ctiacuo, à tou>> 

Membres 5 — — 

Aux 4 plus anciens 4 200 800 

Secrétaire 1 550 550 

Aux autres employés, et frais de chancellerie. . . . 3,450 

Total. . . '. roubles 4,800 



4i9 



(E) 

DE LA TR0I2tl£K'E CLASSE (aU^DESSOUS DE 400,000 AMEs). 

Nomb' ' ' '1 Boal>I«< par m, 
pcnonott. à rbacuo, i totu. 

Membres 5 — — 

Aux 4 plus anciens 4 200 800 

Secrétaire 1 550 550 

Aux autres employés, et frais de chancellerie. . . . 1,150 

Total. . . roubles 2,500 



(X) 
PROJET DE L*ÉTAT 

DES ÉVEQUES COADJUTEUB.S ET SUFFRAGANTS. 

A l'évêque, 

Appointements. , , , . « 

mlTi > roubles 1,300 

Service. 

Pour sa suite » 200 

Secrétaire particulier • 200 

Chancellerie » 300 

.Total. . . . roubles 2,000 

Abbé Mitre » 574 



II. "-Il 



420 



N" 8G. — ÉTAT DES IMIIELIlLES DE l'ÉGLISE CATHOLIQUE ADJUGÉS AUX DO- 
UAINES DE LA COURONNE EN VERTU DE l'OUKASE DU ^ DÉCEMBRE 1841. 

y. B. Snk la comparaison entre rëTaToatlon detdits immeallet et celle de la 
QouveU« do«aiioB. 



I. DIOCÈSE DE MOHUJEIW. 



1' L'Archevêque actuel était doté sur les 
revenus des biens de l'évêque deWilna 
confisqués antérieurement. Il recevait 
du gouvernement : 

BoubL d'arg. 

a) comme Archevêon*. , . 6,300 

b) en sa qualité de Métropoli- 
tain. ... . . , . â,857 

c) comme président du col- 
lège ecclésiastique catholi- 
que 1,714 

d) pour sa chancellerie . . 914 

11,785 

2'* Les prestimonies étaient de. . . . 

3° Biens affectés à l'entretien des vicai- 
res de la cathédrale 

4-^ FondatioB pour Tentretien de la mu- 
sique . , 

h° Les Cfijaseuta dû religieux et de reli- 
gJQttses possédaient : 
<0 6n biens fonds 

Rotrbl. d'arg. 

b) capitaux : 50 mille 
140 écus de Hollande 
(à 133 1/2 cop. arg.) 40,236 90 

1,561,000 lier, de Polo- 
gne (à 15 cop. arg.) 234,150 »> 

130,450 roubles en pa- 
pier monnaie font. . 37,271 42 

En argent blanc. . . 89,420 ii 

6° La dotation des deux évêques suffra- 
gants était de 

Total 



Valeur 

■ des Propriétéi 

foncières 

exprimée 

fln Dombres 

de 

lerfs qui y sont 
attachés. 



2,642 
560 
340 

8,415 



1,500 



Cafitaat 

eo Reobte* 
d'argent. 



13,457 



401,078 32 
19,125 r>i 



420,205 32 



421 



II. DIOCÈSE DE WILNA. 

!° Le dernier évê(tue lirait son enlre- 
lien des revenui d'un suffraganat et 
d'un canonicat de éa cathédrale, 
dotée de • 

4® Les deta soffraganats posiédaient» 

î° Les prestimonieB étaient de 

40 Le chapitre possédait. ...«.»..»•• 
et un capital dé ».<*«»•* 

8® La cathédrale atait <•«»«. 

6* Les vicaires.. * . ♦ » é . 

et un capital de 

î« Le séminaire <..*.» 

8** Patrimoine des pauvres 

9° Une abbaye mitrée possédait, .... 

10° a) Biens-fondâ des couvents de 
religieux et religieuse». 

Roubl. d'arg. 

i>)Capitaux: 36,205 
ducats de HoUan. 
{à295i/3cop.)». 106,455 23 1/2 

56,000 écus 74,760 »» 

3,486,738 flor.de 

Pologne 520,010 70 

En argent blanc. 752,645 a 



Propriëles. 



Total... 



817 
1,000 
1,211 
5,775 

808 
100 

1,123 

192 

2,115 

14,586 



Capitaux. 



162,880 



»i 



23,646 » 



25,727 



1,456,868 95 1/2 



1,643,394 93 1/2 



4â2 



m. DIOCÈSE DE SAMOGITIE 
(aujourd'hui de tblschb). 

i** L'évêque possédait 

2** PresUmonies en biens-fonds 

en capital 

5^ Les vicaires de b cathéd^'ale avaient 

en biens-fonds. . • 

et en capital.. • 

4® Le séminaire en biens fonds. 

et en capitaux ; 

5** Les conventt de religieux et religieur 

ses 

Boobl. d'arg. 

et en capitaux : 14 J86 

ducats de HoU... 45,567 54 
17,885 écus de Hol. 25,876 47 l,/2 
116,966 ttor. de Pol. 17,544 90 
Roubles arg. blanc-. 65,059 > > 



6** L'abbaye mitrée de Scbidlow possé- 
dait 

Total.... 



Propri^t^t 



5,000C) 
5,000 



560 
120 

650 



590 



9,500 



Capitaux. 



55,200 >> 

2,169 >> 
50,818 »» 



147,858 71 1/2 



256,025 71 1/2 



(*) Cet pot»essloni ëtaSeot d'une très-grande valeur, à cause du revenu qu'elles 
Jonoaient, et <ju'oQ estimait i 15,000 ducats de Hollande. 



423 



IV. DIOCÈSE DE MINSK. 

L'évéqne, le chapitre, le séminaire et 
les vicaires de la cathédrale ne pos- 
sédaient plus rien en propre, et li- 
raient lenr entretien d'une rétribu- 
tion que leur faisaient les curés des 
cures que les membres du chapitre 
occupaient, et des intérêts de quel- 
ques capitaux provenant des fonda- 
tions pieuses à titre onéreux, d(»t on 
Ignore le montant, et qui paraissent 
n'avoir pas été compris dans celle 
dernière confiscation. 
Les religieux et religieuses avaient 
en biens-fonds 

Boabl. d'arg. 

et en capitaux : 58,000 

ducats de Hollande... 111,454 

1,673,000 flor. de Polog. 250,950 

Argent blanc 147,773 



Total. 



Propriëtéi. 


Capitaux. 


8,908 


510,177 


8,988 


510,177 



4^ 



V. DIOCÈSE DE LUCK. 

I 

I* L*évêqne avait * 

t*^ Les prestimolûes étaient de 

et en sus un capiul de 4$0»000 flo- 

I rins de Pologne » 

V^ Biens du séminaire et des vicaires d« 

la cathédrale • . • • 

et en sus un capital de 5^5,000 flo- 
rins de Pologne 

i** La cathédrale de Zytomeritz f) avait 
on capital partîcolier de 110,140 flo* 
rins de Pologne >. . 

h'* L'abbaye raitrée d'Olyka possédait*. . 

et un capital de 248,000 florins de 

Pologne 

6** Les couvents possédaient 

floobl. d'arg. 

Capitaux : 2,884,553 

florins de Pologne. 452,649 05 
Argentblanc 192,260 >» 



Total.... 





Capitaux. 


2.60Q 
800 






79,000 


OSO 




' 


51,750 


800 


17,436 


7,540 


57,200 




584,909 95 


12,550 


765,295 95 



(*) Âitjoord'iiiii résidence de 1 evéque par ordre do gonTeroement. 



PROSPECTUS 

des Biens enlevés au Clergé des Provinces Polacco-Rosses e 



PROPRIÉTÉS CONFISQUÉES. 



I. Arcbidiocèse de Mobile w 

II. Diocèse de Wilna 

III. Diocèse de Sanir^îiic 

lY. Diocèse de Miosk 

V. Diocèse de Luck 

VI. Diocèse de Kaminick 

Total 







VALEUR 


SERFS. 


CAPITAUX. 


totale 

EN ROUBLES 

argent. 


13,457 


419,937 


2,102,062 


25,727 


1,642,643 


4,858,518 


9,500 


236,040 


1,423,510 


8,908 


510,443 


1,623,943 


12,350 


463,297 


2,004,547 


3,000 


246,750 


621,750 


72,922 


3,519,110 


12,634,360 


1 minimum de 


4 0/0 


505,374 



Remarque. — Les biens-fonds étant (jénéralement estioiés de 100 à 200 roubles argent par 
serf, et rapportant jusqu'à 6 0/0 ic revenu , on ne saurait taxer d'exagérée leur évaluation en 
masse à 125 roubles argent par tête de serf, et à 4 0/0 de revenu de cette valeur. 



CHAR 



1} Éutd'uu 
D de 2 
I de 5 

2) État d'un 
> de 2 
» >3 

5) État de V. 
» deli 
» l. 

4) État de ', 



5) AuxSuffr 

qu'il y e 

6) Aux Abb« 

7) Aux Reli 

1,041 ir 

8) A 12 Prc 

9) Somme c 

rieur, p 



RÉSUMÉ. 

Produit annuel des Propriétés confisquées au minimun 
Total des charges annuelles de compensation au maxi 

DiFFÉ 



T, M . n. i^.*». 



ÎPECTUS 

>lacco-Riiflse8 et des Pensions assurées en échange. 



CHARGES RÉSULTANT DE LA CONFISCATION. 



i) Éutd'ua Êvôché de 1'* classe 

I) de 2 I * V b 

• de 5 ' » » 3* » 

2) Eut d'un Cunsistoire de la 1"' class^^ 

> de2 » r » 

I » 3 » 3* » 

3) État de 12 Couvents d'hommes de la V classe. 

» de 12 I » » 2" » . 

» 12 » » > S"" > . 

4) État de 5 Couvents de femmes de la 1^ classe. 



2' 



5) Aux Suffragants et Coadjntcurs, à 2,000 par tête, en admettant 

qu'il y en aura 6 

6) Aux Abbés mitres, à 574, mettant 4 

7) Aux Religieux et Religieuses des Couvents surnuméraires , 

1,041 individus à 40 roubles par tête 

8) A 12 Provinciaux d'Ordres, à 400 roubles 



9) Somme extraordinaire à la disposition du Ministre de l'Inté- 
rieur, pour les besoins imprévus du Culte Catholique 



Total des Charges nu maximum , 



BOUBLES 

ARGENT. 



12,000 

20,000 

25,800 

5,300 

0,600 

7,500 

58,220 

26,640 

17,480 

13,825 

8,620 

7,275 

12,000 
2,2% 

41,640 
4,800 

20,000 



i272,l»l)6 



smuÉ. 

ies au minimum. 
sation au maximum, 

I Différence. 



roubles 505,574 
» 272,996 



roubles 232,378 



423 



VI. DIOCËIS^ m KAMUSIEK. 

1° Les biens de la mense épiscopale, 
jùnti qM emix ihi «hs^pitre , de la ea< 
tbédndfi , da sémi— ire , avaient déjà 
été confisqués lors da dernier partage 
de ia PologDÇf Jl^ prélats et cbanoh 
nés tiraient lenr subsistance des cures 
et de quelques capitaux légués à titrt 
onéreux^ comme ceux de Minsk. 

2' Le dernier évêque jouissait des reye- 
mis d*Bn« poneasion tfagère de 1000 
serfis, que l'empereur Alexandre lui 
tTAil «OBcédée. 

3^ Les couvents d'hommes et femmes 

possédaient 

et un capital de 1,645,000 florins de 
Pologne ,. . 

Total. . . . 



Propriéléi. 



3,000 



Capitaui. 



246,750 



5,000 



246,750 



s. B. Les propriétés foncières sont estimées de 100 à 200 roubles d'argent par 
s«rf. En prenant aealeuient liS comme terme moyen, les biens-fonds reprdscnte- 
rai^Dt \int ifAtxn de 9,llâ,8&0 roubles d'wgent , et les capitaos éuai de 3 mil- 
lions 819,846 roables, la totalité des confiscations serait au minimum de 12,035,006 
roubles, valant un pea plus de 4 francs le rouble. Par conséquent l'Eglise perd en 
Knssie 61,740,884 francs. L'intérêt à 4 p<Air 100 (ait 517,403 roubles d'argent, 
ou 2,0d9,€U tnmet. 



426 



N<* 87. — UKASE DU 10 MARS 1842, QUI NOMME UN SDFFRAGANT POUR LE 
DIOCÈSE DE CRACOVIE DANS LA PARTIE SOUMISE A LA RUSSIE. 

Dei gratia Nicolaus I. Imperator omnium Hussiarum, etc. 
Proponente vicaiio nostri rcgai Polonise, 

Nominamus administratorem Kielecko Gracoyiensis diœcesis 
canonicum Ludoyicum Letowski, sufifraganeum ejusdem diœ- 
cesis. 

Executionem praesentis nostri decreti mandamus consitio ad- 
minbtrativo r^ni Poloniae. 

Datum Petropoli die 10/22 martii anni 1842. 

Subsc. Nicolaus. 
Minister secretarius status Ignatius Turkull. 

j N** 88. )- AUTRE UEASE PAREIL DU 10 MAI 1842 POUR LA MOMUfATION 
DE L'ÉVÊQUE DE SANDOMIR. 

Par la grâce de Dieu, Nous, Nicolas I»"^, empereur et autocrate 
de toutes les Russies, roi de Pologne, etc» 

Sur le rapport de notre lieutenant dans le royaume de 
Pologne , 

Nous nommons par le présent , suivant l'article 26 du statut 
organique octroyé à ce royaume, Mgr Tabbé Joseph Goldman , 
sufifragant du diocèsede Kalisch et de Kujavie, évêque du diocèse 
deSandomir, en remplacement de M. l'abbé Giément Rakievicz, 
décédé. 

L'exécuUon du présent ukase est ordonnée au lieutenant du 
royaume. Donné à Pétersbourg, le 28 avril (10 mai) 1842. 

Signé : Nicolas. 
Par l'empereur et roi, le ministre secrétaire d'État, 

Ignace Tcrkull. 

N* 80. — autre UEASE POUR LA NOMINATION D'UN SUFFRAGANT DU 
DIOCÈSE DE KALICH. 

Par la grâce de Dieu, Nous, Nicolas I", empereur et autocrate 
de toutes les Russies , roi de Pologne, etc. 

Sur le rapport de notre lieutenant dans le royaume de 
Pologne, 



427 

Nous nommons , par le présent , Mgr le comte abbé Thadée 
Lubienski ; chanoine du chapitre cathédral de Kalisch et de 
Kuiavie, suffragant du diocèse de Kalisch. 

L'exécution du présent ukase est ordonnée au lieutenant du 
royaume. Donné à Pétersbourg, le 28 avril (40 mai) 1842. 

Signé : Nicolas. 
Par l'empereur et roi, le ministre secrétaire d'Etat, 

Ignace Tobkull. 

N** 00. — AUTRE DKA8E PAREIL QUI NOMME UN SUFFRAGANT DE LOWITZ 
DANS L'aRCHIDIOCÈSE DE VARSOVIE. 

Par la grâce de Dieu, Nous , Nicolas I", empereur et autocrate 
de toutes les Hussies, roi de Pol(^ne, etc. 

Sur le rapport de notre lieutenant dans le royaume de 
Pologne , 

Nous nommons, par le présent, Mgr l'abbé Antoine Kotowski , 
doyen du chapitre métropolitain de Varsovie, suffragant de 
Lowit2 de l'archidiocèse de Varsovie. 

L'exécution du présent ukase est ordonnée au lieutenant du 
royaume. Donné à Pétersbourg le 28 avril (10 mai) 1842. 

Signé : Nicolas. 
Par l'empereur et roi, le ministre secrétaire d'Etat, 

Ignace Turkull. 



TRADUCTION 

DES DOCUMENTS ITALIENS DE li'iOiLOCtJTION. 



N* XV. — Lettre adreuée par le Saint^Père à Sa Majesté 
l'empereur de Russie, le 4 janvier 183i : 

■ Sa Majesté l'empereur d'Autriche nous ayant fiait part de la 
manière bienveillante dont Votre Majesté a parlé ayec lui de 
la situation de l'Eglise catholique , dans la vaste étendue de 
vos possessions impériales et royales , nous croyons que c'est 
pour nous un devoir sacré , de témoigner à Votre Majesté par 
cette lettre , éçritâ de potre propre main , la reconnaissance 
sincère dont nous sommes profpndémeqt péi)4t4'é. Nous n'hési- 
tons pas à l'assurer que la seule connaissance de ses dispositions 
bienveillantes , et de ses sentiments de bonté pour l'Eglise à 
laquelle appartient un si grand nombre de ses sujets, nous a 
ému de la manière la plus douce et la plus consolante , et a sin- 
gulièrement adouci l'amertume dont les malheurs de cette même 
Eglise remplissaient notre âme. 

« Mais pendant que nous exprimons à Votre Majesté notre 
gratitude, et que nous lui offrons nos remerciments , nous sen- 
tons que la magnanimité de son cœur nous inspire une entière 
et douce confiance pour réclamer sa protection impériale , en 
faveur de l'Eglise , et en faveur de tous les catholiques de ses 
Etats impériaux et royaux. 

c Et ici , qu'il nous soit permis de répéter avec franchise à 
Votre Majesté ce que nous avons publiquement et solennelle- 
ment déclaré à tous , A la face du monde savoir : que l'Eglise 
catholique, bien loin d'approuver l'esprit d'insurrection contre 



429 

les puissances légitimes, le réprouve au contraire et le con- 
damne énergiquement. Votre Majesté n'ignore certainement 
pas ce qu*ont rapporté même les journaux , de la constance in- 
ébranlable arec laqueUe nous avons toujours insisté , et par la- 
quelle nous avons travaillé efficacement , en ces derniers temps 
surtout, h arracher da cœur des catholiques tout germe d'un 
pareil esprit. On sait pareillement quels résultats heureux et 
cpnsolants nos efforts ont déjà obtenus à cette heure. Conformé- 
ment à ces maximes immuables de l'Église catholique , si solen- 
neUement annoncées et défendues par nous, nous donnons à 
Votre Majesté l'assurance qu'en tout ce qui peut dépendre de 
notre ministère apostolique , en tout cequi peut se rapporter à 
notre suprême puissance spirituelle , nous sommes, pour notre 
part , disposés et fort désireux de contribuer à procurer a»ix peu- 
ples de Voire Majesté la paix et la tranquillité , et d'aider amsi 
Votre Majesté à faire leur bonheur temporel. 

. De même que nous nous sentons poussé à mettre toute no^ 
tre confiance dans la puissante et souveraine protection de Votre 
Majesté , de même nous la conjurons de vouloir bien nous ac- 
corder une égale confiance dans l'exercice de notre ministère 
apostolique, pour toutes les mesures que peut exiger la situation 
présente , afin de protéger, de conserver ou de rétabUr , dans les 
États de Votre Majesté , l'intégrité de la foi et la vigueur de ]". 
discipline. 

« Que Votre Majesté accueille avec bicaveill4nce , dans la 
générosité de son cœur, cette expression de nos sentiments ; pour 
nous, nous ne cesserons pas de prier le Seigneur Dieu, afin qu'il 
daigne combler de prospérités Votre Majesté et toute sa famille, 
et afin qu'il la conserve de longues années pour le bonheur de 
ses sujets. 

m Home, dans notre palais du Vatican , etc. » 

N" XXin. — Dimanche, le 14/^6 mai 1833. Gazette de 
Saint'PéUrsbourg , n* 110. 

Décret suprême communiqué au sénat dirigeant. 

Le 21 avril, le/iwpafronott« , qui s'est introduit dans l'Eglise 
grecque unie, où il n'était pas en vigueur précédemment, place la 
nomination des curés dans la dépendance des patrons des Egli- 
ses. Sa Majesté l'empereur trouvant que cette innovation ne 



430 

s^accorde pas avec l'esprit de l'Église d'Orient , ti'est point con- 
forme à la véritable institution des ecclésiastiques pasteurs des 
âmes, et au bien-être spirituel des communautés , surtout lors- 
que des individus d'une autre croyance sont en possession de ce 
privilège , ordonne qu'à l'avenir la nomination des ecclésiasti- 
ques pour les églises grecques unies dépendra uniquement et 
exclusivement de leur autorité ecclésiastique qui en référera au 
gouverneur général respectif, comme il est ordonné de procéder 
à ce sujet , à l'égard des communautés qui sont propriété de la 
couronne. 

N* LV. — Mémoire passé, en octobre 1837 , à M. le cheva- 
lier Krivtzow , chargé d'affaires de Russie , au sujet des accusa- 
tions portées par son gouvernement contre monseigneur l'évê- 
que de Podlachie. ■. 

€ V La première accusation exprimée contre monseigneur 
l'évêque de Podlachie , c'est qu'il s'est refusé à supprimer l'ou- 
vrage intitulé : Unitas et Discrepantia, etc. Monseigneur l'évêque 
soutient que cet ouvrage ne contient que les sentiments des saints 
Pères de l'Eglise latine et grecque, rassemblés en différents con- 
ciles, dans le but de réunir la partie séparée de l'Eglise orien- 
tale avec l'Eglise universelle romaine catholique : le Saint-Siège 
pourra juger de la nature du livre, lorsqu'on lui en fera parvenir 
un exemplaire. 

u 2" On impute à l'évêque de Podlachie son refus de se con- 
former aux ordres du gouvernement , par lesquels il est défendu 
au clergé catholique d'administrer les sacrements aux Grecs- 
Russes. 

« L'invalidité de ce chef d'accusation est évidemment démon- 
trée par une circulaire adressée par le prélat au clergé de son 
diocèse, le 11 mars 1835, dont nous joignons ici une traduction 
italienne. 

« 3* Le prélat est accusé d'avoir des intelhgences et des re'a- 
tions avec les réfugiés polonais , et d'avoir communiqué leurs 
correspondances ayec le gouvernement aux journaux étrangers. 

Le gouvernement russe sait probablement que monseigneur 
l'évêque nie de la manière la plus positive que cela soit vrai. 
Excité , en 1831 , à prendre parti dans la révolution , il s'y refusa 
d'une manière absolue, ce qui lui valut des éloges de l'empereur 



451 

lui-même, tandis que les Polonais soulevés l'accusaient presque 
de favoriser le gouvernement , liirpis lucri gratta. L'évèque af- 
firme de la manière la plus positive qu'il est tout à fait faux qu'il 
soit en relation avec des journaux étrangers, et qu'il leur envoie 
ses écrits pour être publiés. Il affirme sur son sacré caractère 
éphcopal , qu'il n'a eu aucune relation ou lien avec les réfugiés 
polonais, qu'il n'a donné ses écrits à aucun journal étranger , 
bien plus , qu'il n'a lu aucune feuille étrangère et n'en a point 
gardé près de lui. 

c Assurément personne ne pourra faire un reproche au Saint- 
Père , d'il prête foi à la parole sacrée d'un évêque , jusqu'à ce 
que le contraire lui soit démontré. 

« 4° Monseigneur Téyêque est accusé de dilapider les propiié» 
tés de l'Eglise. L'évèque de Podlachie ayant été privé des re- 
venus de la raense , destinés à son entretien , a le droit de vivre 
et de s'entretenir avec les revenus de son évêché. Peut-être 
aura-t-il fait usage de quelque autre revenu du consentement de 
ceux que ce revenu regardait. S'il s'était approprié, sans ce con- 
sentement , les revenus d'autrui , il y aurait quelque recours 
du côté des parties lésées. Mais jusqu'à présent on ne sait pas 
qu'il y ait eu un pareil recours. 

« 5® On fait un délit à l'évèque de Podlachie de ce qu'aux 
jours de grande solennité , il ne se rend point au chef-lieu , pour 
y assister aux cérémonies. 

c II est connu que monseigneur l'évèque est d'une santé assez 
délicate et maladive. Si quelques-unes de ces solennités ont Ueuen 
hiver ou en automne, saisons très-contraires à sa santé , ce serait 
là évidemment le principal motif de son absence à ces cérémonies. 
Il faut ajouter à cela que monseigneur l'évèque, pour s'y rendre 
avec la pompe qui convient , manque peut-être des moyens né- 
cessaires, et certainement il en manque depuis qu'il ne reçoit 
plus ses appointements. Enfin , dans ces occasions , l'évèque de- 
vrait conduire avec lui un certain nombre de membres du clergé, 
pour faire honneur à sa représentation. Peut-être le prélat a- 
t-il été retenu aussi par cette réflexion, que son clergé, à Siedlec, 
serait obligé de se loger dans les auberges tenues par des juifs. Il 
est d'ailleurs connu que , quoique monseigneur l'évèque ne se 
trouvât point à ces solennités , cela n'empêchait point que les 
révolutionnaires ne le crussent l'homme lige du gouvernement , 



432 

et ne ioient allés jusqu'à lui dresser des embûches pour le faire 
périr. 

« Du reste , par des personnes très-dignes de foi , et bien 
éloignées d*être partisans de la révolution polonaise , on a la 
certitade que monseigneur Gutkowski est un homme parfaite- 
ment estimable et digne du caractère et de la dignité épiscopale, 
et qu'il est connu et apprécié comme tel par tous les catboli- 
qtiesu 

'Si'^Lyil. ^^ Réponse j sous forme également o/JicieUe, faite par 
le carfUnal secrétaire d'État, le^ du même mois. 

Sa Sainteté désirant faire une chose agréable à S Majesté 
Tempereur de toutes les Russies, roi de Pologne, a pris en mûre 
et sérieuse considération la note adressée par Votre Excellence 
!e 9 de ce mois au soussigné cardinal secrétaire d'État > relatirc 
à monseigneur Gutkowski, évêqoe de Podlachie, dont la conduite 
est considérée par le ministère impérial comme hostile au gou- 
yemement de Sa Majesté, et opposée par système à l'autorité 
légithne. Votre Excellente déclare dans la note susdite, que Sa 
Majesté impériale et royale a décidé par ces motifs, que l'évêque 
de Podlachie sera irrévocablement éloigné de son diocèse ; mais 
que , par égard pour le Saint-Siège, Sa Majesté s'adressant pour 
la dernière fois au Saint-Père , lui laissera exécuter cette résolu* 
tion soit en rappelant l'évêque Gutkowski , soit en rengageant à 
se démettre volontairement de ses fonctions épiscopales. 

Afin de bien apprécier la position dans laquelle le cabinet 
Russe a placé le Saint-Père dans cette affaire si remplie de dé- 
goûts , et pour mettre dans leur véritable jour et les actes anté- 
rieurs du SaintrPc/e et ce qu'il lui est encore possible de faire, 
pour satisfaire aux vœux de Sa Majesté, il est nécessaire de rap- 
peler en peu de mots le passé en séparant, pour un moment , le 
fond de la question, des formes. 

Lorsque Sa Majesté impériale fit représenter au Saint-Père , 
que pendant la dernière révolution de Pologne , on avait été 
jusqu'à abuser du nom de la sainte religion et de l'Église, pour 
exciter les peuples à la rébellion , Sa Sainteté éciivit non pas 
une fois , mais à deux reprises et avec la plus vive insistance aux 
évéqoes de Pologne , pour leur rappeler les principes immua- 
bles de l'Église catholique , en ce qui concerne l'obéissance due 



435 

dans l'ordre civil aux puissances suprêmes , instituées par Dieu 
lui-même sur la terre. Le bref du mois de mai 1832, adressé 
par Sa Sainteté à cliacim des évêqu^ de Pologne , en iait foi. 
Ce fut alors que le Saint-Père apprit avec bonheur , que la con* 
duite d(î niKMiâeigneur Gutkowski n'avait aucunement encouru 
le , déplaisir du gouyernement de Sa Majesté impériale et 
TOyak. 

« Loxsqu*eiki836 la légation impériale représenta que, non* 
jeulement la condnite de i'érêquede Podlachie n'inspirait pas 
de confiance au gouvernement de Sa Majesté impériale, mmi 
même eftie ie prélat itvmt eomtomment encouru sa détapprobtuwriy 
porre tfue m maiùèrt cCagir eu au. pins haut degré pr^wticiaHe 
anretpeet que doit mériur U caractère épiscopat, à la retigton 
eU^^même, et h la tranquillité d% royaume de Pologne , oa ne 
négligea pas de rechercher, confidentiellement, quels étaient les 
fmia que Von pouvait reprocher à Tévêque de Podlacbie , et par 
tous ka indices que fon a eus , on peut jcssqu'à présent soup- 
çosuaer que le mécontentement de quelque autorité subalterne 
est Tenu de ce que l'évêque n'a p*i , connaissant ses devoirs d'é- 
¥cque,ae prêter à quelque ordre relatif aux matières rel%ieuses. 
Tel étant, par exemple, le tort attribué à l'évêque, de s'être 
opfiosé de soD cMéà la suppression d'un livre , qui avait pour 
bat de favoriser l'union entre l'Eglise catholique apostolique 
romaine et l'Eglise grecque non unie. Cependant , comme il 
était sans cesse a£Bnné par la legaticm impériale que le mécon- 
tCBtMBcnt de Sa Majesté l'empereur à l'égard de monseigneur 
Gmtkowslû ne venait point de choses pi eussent rapport à son 
adjnxatstration pastorale , mais de la e/oyance où l'on était qu'il 
excitait l'esprit révolutionnaire, Sa Sainteté adressa à l'évêque 
de Podlacbie la lettre» du 15 novemb/e i 836, dans laquelle il lui 
oommuniqoaitfranchement son opinion, Ini témoignant combien 
il était surpris qu'il eût pu se rendre coupable de telles choses , 
surtout après le bref du mois de mai 1832; sans hii cacher que 
les rapports parvenus à Sa Sainteté étaient tellement graves 
qu'il ne lui était point permis delelui dissimuler, etTexhor- 
tant à se conduire de manière à éloigner de lui jusqu'au plus 
léger soopfon. 

A dater de cette époque le Saint-Père, obligé de prendre des 
informations exactes au sujet de la conduite et des qualités d'un 



454 

ëvèque , accusé par uu orgaiie aussi respectable , de fomenter 
l'esprit de rébellion ; n'ayant pu jusqu'ici faire admettre près la 
cour impériale et royale un représentant qui pût ofBciellement 
l'informer de tout ce qui l'intéresse , comme chef suprême de 
l'Église f se vit réduit à recourir à des personnes n'ayant pas, à 
la vérité, de caractère officiel , mais d'une véracité certaine , et 
qui pouvadent connaître personnellement l'évéque de Podla- 
chie , afin d'obtenir par leur entremise les notions exactes que 
réclame une affaire aussi délicate et d'un intérêt aussi grave 
pour le Souverain Pontife. 

« Cependant la lettre du Saint-Père parvint à monseigneur 
Gutkowski par le moyen du ministère impérial. L'évéque en fut 
profondément affecté , et sans retard il s'empressa de faire par- 
venir à Sa Sainteté une déclaration ingénue de sesr senti- 
ments. Il protesta qu'il préférerait toute espèce de soufDrances, et 
la mort même , plutôt que de partager, ou de favoriser, ou de 
fomenter , de quelque manière que ce fut, directement ou indi- 
rectement, la rébellion contre son légitime souverain et la déso- 
béissance à ses ordres. Mais , en même temps , il pria le Saint- 
Père de considérer la nature des motifi qui lui avaient £ût en- 
courir le mécontentement du ministère , motifs qui , présentés à 
l'incorruptible justice de Sa Majesté impériale, sous un aspect 
qui n'était pas le leur, pouvaient liù avoir donné une £ausse idée 
des sentiments de fidélité du prélat. 

« Dans le même temps , arrivaient de plusieurs côtés à Sa 
Sainteté les informations demandées , sur le compte de monsei- 
gneur Gutiowski, à des personnes très-estimables sous tous les 
rapports. Ces personnes furent toutes d'accord pour représenter 
monseigneur l'évéque de Podlacbie comme un prélat très>ver- 
tuenx, et le cardinal soussigné ne croit pas, dans sa loyauté, devoir 
cacher àTotre Excellence, que toutes furent unanimes à dire que 
le principal motif des contrariétés souffertes par monseigneur 
Gutkowski , et de la peine qui lui avait été déjà infhgée , en le 
privant de ses revenus temporels et en le réduisant à la nécessité 
de vivre d'aumônes, était la constance et la liberté avec laquelle 
il avait eu le courage de réclamer contre quelqr.es mesures pré- 
judiciables à l'Eglise cathoUque, et contre quelques principes qui 
ne pouvaient se concilier avec les maximes fondamentales de la 
même Eglise. » 



455 

Pendant que des rapports conçus dans ce sens continuaient à 
parvenir au Saint-Père , la légation Russe recommença dès les 
premiers mois de Tannée dernière à insister pour que Sa Sainteté 
consentit à* éloigner Tévêque de Podbchie de son diocèse; 
ainsi , quoique dès Tannée 1836 on eût conBdentiellemeut 
représenté à la légation impériale , que les mesures réclamées 
par elle, dès Toriginede cette affaire, contre Tévèque Gutkowski 
ne ser&ient rien moins qu'un châtiment , qui ne pouvait lui être 
infligé qu'en se conformant aux lois de TEgiise, et que Sa Sainteté 
ne pourrait sévir ainsi contre lui, sans que ses torts envers le 
gouvernement civil eussent été spécifiés et prouvés ; la mission 
impériale continua néanmoins à réclamer ces mesures. 

Sa Sainteté reconnut alors encore plus la candeur de Tévéque 
Gutkowski, en retrouvant dans Ténumération des torts que Ton 
cherchait À lui imputer, précisément ceux qui avaient été rap- 
portés à Sa Sainteté par Tévéque lui-même, comme les motifs qui 
lui avaient attiré le mécontentement du ministère. On déclara 
dès lors loyalement, dans les conférences verbales qui eureint 
heu avec les membres de la légation russe, que le Saint-Père , en 
sa quahté de chef de TEglise , de défenseur et de gardien de ses 
lois sacrées , ne pouvait condamner ni réprimander Tévéque de 
Podlachie , pour ceux de ses actes dont le ministère se plaignait. 
En effet , Sa Sainteté ne pouvait éloigner un évêque de son 
siège, pour avoir interdit à ses curés de bénir, sans dispense 
apostohque, les mariages entre cathohques et acathoUques. Le 
Saint-Si^e ne pouvait exhorter un évêque à se démettre sponta- 
nément de ses fonctions épiscopales , pour avoir refusé d'enlever 
à un curé son bénéfice en exécution d'une sentence du pouvoir 
laïque, et pour avoir voulu le soumettre d'abord à un procès 
canonique, et l'avoir puni ensuite selon l'arrêt qui en était ré- 
sulté. Sa Sainteté ne saurait priver de son évcché un prélat 
pour avoir ordonné à son clergé de baptiser les enfants des grecs 
non unis , lorsque ceux-ci seraient en danger de mort , et qu'au- 
cun de leurs prêtres ne serait à portée , et avoir ordonné à ses 
prêti-es d'administrer les sacrements aux Russes qui auraient 
embrassé la religion catholique. Or les torts reprochés à Tcvôque 
de Podlachie étant tous de cette nature, il est évident que le 
Saint-Père, considérant le fond de la question , ne saurait 
H. 28 



436 

l'en blâmer, et encore moins le séparer d'un troupeau qui l'aime 
et le vénère. 

it Enfin , le Saint-Père étant venu à connaître par les com- 
munications de la mission impériale à Rome, par uhe lettre de 
l'évêque et des rapports particuliers, quels étaient les prétendus 
torts de monseigneur Gutkowski et la douloureuse impression 
qii'avait faite dans son esprit la lettre pontificale du 15 novehibre 
1836, ^e crut obligé de lui adresser une lettre de consolation , 
en date du 21 juin 1837 , dans laquelle il lui fit savoir quelle 
satisfaction avait éprouvé sdn cœur paternel, en apprenant qu'il 
était et avait été toujours prépané à souffrir toute espèce de 
maux, plutôt que de manquer aux dôvoiis d'un bon sujet à l'é- 
gard de son souverain légitime ; en même temps il l'exhortait à 
persévérer dans l'accomplissement de son sacré ministère, à agir' 
avec prudence et avec une simplicité évangélique , et k placer 
toute sa confiance en Dieu. 

« il est donc évident, poui* tous ceux qui voudi-ont juger fcette 
affaire selon les principes de l'EgUâe catholique , que le Saint- 
Père considériiht lé fbnd des choses ne saurait blâmer ni con- 
damner monseigneur Gutkovrskî, pour les faits -qui lui éont 
repi'Odîés , el qu'en conséquence il ne peut Ui le rappeler de 
son évêché , ni user de son influence pour l'amener à se dé- 
mettre volontairement. 

« Il reste donc à considérer l'affaire sous ses seules forihes ex- 
trinsèques. La plus grave accusation qui , sous ce rapport , soit 
alléguée contre monseigneur Gutkowski , est la lettre écrite par 
lui à Son Altesse le prince de Varsovie , à la date du 8 novembre 
de l'année dernière. 

• Le cardinal soussigné n'entreprendra point de justifier les 
formes de cette lettre, et il accordera que les marnes choses pou- 
vaient être exprimées avec des phrases plus étudiées (i'tcerca(e), 
et l'évêque lui-même le confesse à la fin de sa lettre et en de- 
mande excuse. Mais le soussigné prie Votre Excellence de con- 
sidérer que le Saint-Père , sans se mettre en contradiction avec 
ses devoirs sacrés , ne pourrait , en aucue manière , blâmer l'é- 
vêque pour les choses qu'il y exprime. 

€ Votre Eïcellence voudra en outre observer qu'il s'agit ici 
d'un évoque qui a la conscience de s:\ fidélité à son souverain , 



^1 

d'un évêquc qui, pour aVoir soutenu les principes et le» droits de 
l'Église, se voit depuis longtemps prive des fe?enu3 de son ëvè'> 
chë et réduit à vivre d'aumôries. 

• Donc le Saint-Père ne pourrait ad<iptér la mesura que Ton 
l-equiert vis-à-vis de tnonseignenr Gutko^ski , lequel à ses yeux 
et aux yeux de l'ëpiscOpat catholique tout entier ne pourra ja- 
mais paraître coupable pour avoir soUtenU et défendu courageu- 
sement les principes et les disciplines de l'Eglise. Sa Sainteté a 
la confiance que le très-puissant empereur de toutes les Russies, 
dahs la magnanime loyauté et là justice de son caractère, vou- 
dra eu être persuadé, et ne pas donrier suite à la détermination 
d'éloigner monseigneur l'évêque de Podladiie dé son diocèst) , 
ne fût-ce que pour épargner au cteur patérllel de Sa Sairiteié 
une afflictiou ti*èS*amèie. « ' 

Le cardinal soussigné , en coihmUniquant â Votre Excellence 
les motifs qui s'opposent â ce que Sa Sainteté puisse , dans cette 
circonstance , accéder aiix désirs de î?a Majesté impériale et 
royale , la pHe de vouloir les sotimetire à ^appréciation bien- 
veillante de Sa Majesté , en lés accompagnant de ses bons offi- 
ces, qu'il ne saurait mettre en doute, et profitant de cette cir- 
constance , il lui renouvelle l'assurance de sa considération dis- 
tinguée. 

N** LIX. — Noie officielle du cardinal secrétaire d'État, en d(Uc 
du i^'juin 1840, dans le but de réclamer au nom du Saint-Père, 
contre le fait ci-dessus rapporté , et en même temps contre les 
nombreux outrages faits à la religion catholique ^ dans les 
domaines russes. 

Le soussigné, cardinal secrétaire dT3tat, s'est fait un devoir 
de soumettre au Saint-Père la note q«ic Votre Excellence lui a 
adressée , en date du 17 mai dernier, concernant la communica- 
tion des mesures de rigueur adoptées par Sa ^Pajesté l'empereur 
de tontes les Russies et roi de Pologne, contre monseigneur 
Gulkowski , évêquc de Podlachie. 

Le soussigné s'abstient d'exposer ù Votre Excellence l'impres- 
sion douloureuse que l'annonce du fait précité a produite sur 
l'esprit du Saint-Père , car il ne saurait trouver des paroles qui 
suffisent à l'cxprinicr. Votre Excellence clle-inônie le caractérise 
suflisanmient ci» le qualifiant d'nflVont fait à rE};lisr. 



458 

Le soussigné répétera ici à Votre Excellence , ce qu'il eut 
l'honneur de lui communiquer dans sa note du 26 février 1838, 
savoir : Qii'il n* entreprendra pas de justifier les formes dix rapport 
que monseigneur l'évêque de Podlachie a adressé le 9 mai à la 
commission de l'intérieur et des cultes du royaume de Pologne ; 
il reconnaît que plusieurs phrases de ce rapport auraient pu 
être évitées ; mais il ne peut s'abstenir d'observer que la phrase 
la plus forte , relevée p?r Votre Excellence dans sa note , savoir 
que l'évêque nourrit Vespoir consolant que Dieu mettra un terme 
au gouvernement de Sa Majesté impériale en Pologne, présente 
un sens tout autre que le sens si inconvenant et si audacieux 
qu'on a voulu lui prêter. 

Malgré que le Saint- Père ignore le texte de la demande faite 
par la commission administrative k l'évêque de Podlachie , qu'il 
n'ait connaissance que de la traduction d'un extrait de la ré- 
ponse de l'évêque, pourtant ce seul document suffit pour prou- 
ver que monseigneur Gutkowski n'a point eu l'intention de 
désigner la personne de Sa Majesté impériale ni le gouverne- 
ment supérieur du royaume de Pologne, mais qu'il voulait 
uniquement parler du gouvernement subalterne, c'est-à«dire 
de l'autorité civile , qui est elle-même placée sous les ordres de 
la commission administrative. Voici ce que nous lisons dans l'ex- 
trait de la réponse de monseigneur Gutkowski : e A cette occa- 
« sion , l'évêque recommande ici à la commission administra- 

< tive , qu'elle ait à s'occuper de choses plus sérieuses , et qui 
« ont trait au bien-être des ^lises , comme de leurs reve- 
« nus , etc. , etc. ; de veiller sérieusement à aviser autant que 
« possible aux moyens d'obliger C autorité civile de Podlachie à 

< meure à exécution les ordres de la commission admimstrative, 
• ceà quoi elle ne pense pas , ainsi qu'il lui en a déjà fait la re- 

< marque par son rapport du 25 février dernier. A de pareilles 
€ représentations , l'évêque n'a point eu de réponse. • Or donc , 
c'est là le gouvernement que monseigneur Gutkowski appelle 
injuste , et méchamment insouciant pour les intérêts de l'Église 
catholique. 

Ce fait est confirmé par les dernières paroles de la même ré- 
ponse, pai- lesquelles il demande que sa réponse soit iiuéralement 
communiquée au gouvernement supérieur , c'est-à-dire au ini- 
nislrc sec ré laire d'Etat. Quelle qu'ait été, toutefois, la phrase 



439 

employée par înonseigneur Gutkowski dans cette répouse , il 
est évident qu'elle était adressée seulement à l'autoritc civile de 
la province, et que sa lettre n*est qu'une réclamation auprès de 

Tautorité supérieure contre {la Oieitanxd) ou l'injustice de 

Tautorité inférieure. 

Il serait juste, au surplus, de considérer la position de l'évè* 
que qui a fiiit la réponse en question , et d'accorder quelque in- 
dulgence aux circonstances douloureuses ac milieu desquelles il 
se trouvait. En butte, depuis longtemps, aux rigueurs du gou- 
vernement , pour avoir avec un zèle apostolique défendu la 
cause de l'Église catholique, il se trouvait depuis plusieurs an- 
nées privé des revenus de son évêché. H n'ignorait pas ^u'on 
l'avait accusé de félonie par-devant le chef suprême de l'Eglise 
catholique , et, quoique sûr de ne point mériter ce reproche , il 
savait qu'aux yeux du Saint-Père , et selon l'exprctsion de Votre 
Excellence , il aurait pu être taxé à* insouciance pour les exhor- 
tations paternelles de Sa Sainteté; lesquelles, toutefois, n'a- 
vaient eu rapport qu'à cela seul, et ne lui commandaient point 
une aveugle obéissance pour des ordres de l'autorité civile con- 
traires aux maximes et à la discipline de l'Eglise catholique. 
D'après cela qu'y at-il d'étonnant qu'un évêque place dans 
une situation aussi pénible wi insupportable, voyant toutes ses 
réclamations adressées au gouvernement , demeurer sans ré- 
ponse , ait dit dans un moment d'affliction amère , que la seule 
consolation qui lui reste dans sa douleur, est de penser que le 
gouvernement du royaume de Pologne n'eat pas pour lui la 
dernière instance, mais qu'il espère en la Providence , laquelle 
daignera mettre un terme , non point au gouvernement de Sa 
Majesté» mais bien o cette insouciance pour ses réclamations dans 
la défense des droits de l'Église, insouciance que l'évêque ren- 
contre depuis « longtemps? 

Au reste le soussigné se souvient très-bien des accusations im- 
putées à monseigneur Gutkowski par la légation russe, mais il 
se souvient également des réponses qu'il y a faites : il rappelle 
surtout que jusqu'ici la légation russe n'a produit aucun des 
documents qu'elle affirmait être en la possession du gouverne- 
ment impérial, et constituer des données positives sur let coupa- 
bles inUlUgences de C évêque avec les réfugiés qui conspirent, dans 
les autres pays » le renversement de l'ordre établi. En deinièrc 



440 

analyse, quant à tout ce qu'on a porté contre monseigneur Gut- 
kowski à la connaissance du Saint-Siège, sur des sujets qui n'ont 
point rapport aux lois et à la discipline de TÉglise, et sur lesquels, 
ainsi que le soussigné Tu franchement dit et écrit à la légation 
impériale et royale, le Sainl-Père,Join de pouvoir le blâiner, lui 
doit tiDcontraireson entière approbation. !<> Le refus de l'évéque 
se réduit aux reproches guivftOtd : de remettre à l'autorité civile 
le livre intitulé : « Ck>ncGFdance et divergence entre les églises 
« Orientale et Ocoidçnule^ ou idées sur l'union de l'Église 
« grecque schiumattque avec l'élise catliolique romatite. > 
3* La lettre écrite en novembre 1837, par l'évéque , à S. A. le 
prince de Varsovie. 3^ La réponse faite par l'évéque à la com- 
mission de l'intérieur et des cultes du royaume de Pologne. 
4* Enfin , des assertions vergues sur la constante aversion de l'é- 
véque pour le gouvernement. Quant au premier chef -d'accusa- 
tion , le fuit ai déplorable de la défection des grecs unis ne fait au- 
jourd'hui connaître,quetropbienf l'espritdontl'évêquedePodla- 
chie étaitanimé lorsqu'il refusait de remettre volontairement au 
gouvernement le Uvre mentionné, et les motiia de ce dernier pour 
le retirer ; ce point de contestation rentre donc dans la caté- 
gorie de ceux qui concernent l'évéque comme évéque , c'est-à- 
dire comme défenseur de» df^mes et de |a discipline de l'Eglise. 
L'averaion constantç pour le gouvernement , reprochée à mon- 
seigneur Qutkowski , est démentie par la conduite de celui-ci 
au temps de la révolution polonaise ; elle n^est prouvée par 
aucun dit porté à la connaissanee du Saint-Siège ; elle se réduit 
à l'aversion témoignée par l'évéque , non pour l'autorité civile , 
n^ais pour les actes de celle^i -, en tant que contraires aux droits 
de l'Eglise ; aversion exprimée peut-être avec trop de simplicité, 
sans recherches dans les phrases, sans tournures étudiées, mais 
dont ces caractères même démontrent la nature bien diflérente 
deceUe qu'on voudrait lui donner. Il ne reste donc plus que les 
deux lettres écrites par monseigneur Gutkowski le S novembre 
1837 et le 9 mai 1840, dans lesquelles, en séparant le fond de la 
forme, on ne trouve plus rien d'hostile ni de contraire à l'au- 
guste personne de Sa Majesté impériale ni à son gouvernement. 
Ik>nc , en considérant la conduite de monseigneur Gutkowski 
sous cet aspect, qui est celui que le Saint-Siège doit accepter, 
aussi lon{;leuips que rien ne lui cstdcuiontié qui luiirniela liMé- 



441 

lité de ce prélat envers son souverain Ié{ptime, il n'est point 
étonnant que le Saint-Père, frappé d'abord de la gravité des 
accusations faites, en novembre 1836 , contre l'évèque, et sans 
même pouvoir y ajouter foi, l'en ait averti paternellement et 
térieus^nent ; puis qu'ensuite» ayant reçu de lui, en juin 1837, 
ses justifications, il ait témoigné sa satisfaction et sa joie de voir 
quecetévéque se déclarait prêt à endurer toutes sortes de maux, 
plutàt que de manquer à la fidélité jurée et due 1 Sa Majesté 
l'empereur et roi ; et qu'il l'ait exhorté à persévf /er avec pru- 
dence et .' vec la simplicité évangélique dans l'accomplissement 
de spn sacré ininistèfe, mettant toute sa confiance en Dieu. II 
n'y a rien non plus de surprenant que le nonce apostolique i 
Vienne, informé en détail de cette aâaire , et ayant eu une occa- 
sion pour écrire à l'évêque de Podlachie, lui ait écrit, sans même 
en avoir reçu l'ordre du Saint-Siège , dans le même sens que le 
Saint-Père. 

Les choses en étant à ce point, la lecture de la note de Votre 
Excellence a dû nécessairement produire sur le Saint-Père une 
impression profonde ^t douloureuse. Le fait de la déportation de 
l'évoque de Podlachie place je Saint-Père dansla pénible alterna- 
tive , ou de paraître par son silence condamner comme coupable 
de violation et de fidélité et de désobéissance grave , en matière 
civile h son Souverain légitime , un évéque qui , en résumé , n'a 
commis d'autre faute que d'accomplir avec zèle ses devoirs ecclé- 
siastiques, ou bien de déplaire au très-puissant empereur des 
Russies. Un évéque est un dignitaire de l'Église , et non un 
fonctionnaire public , susceptible d'être placé ou écarté de ses 
fonctions par la volonté de son Souverain. Un évéque est uni 
par un lien sacré au diocèse pour lequel il a reçu sa mis- 
sion de l'autorité suprême ecclésiastique ; il n'en peut être 
arraché malgré lui que pour des motifs très graves, exprimés 
dans le droit canonique et d'après de certaines formes également 
tracées. Votre Excellence déclare dans sa noie que, si dans l'o- 
pinion de Sa Sainteté monseigneur Gutkowski ne mérite pas 
d'être destitué de son siège épiscopal , la soluiion de celle 
question concerne Sa Sainteté, et Sa Majesté l'empereur ne vent 
pas s'en constituer l'arbitre. Cependant le fait de la déportation 
de monseigneur Gnikowski csl diamétralement cppos*' à » cite 
déclaration. L'on prétend qu'aux yeux de Sa "M.ijcsu' , l'év. qur 



442 

de Podlachie s'est rendu coupable de désobéissance manifeste 
aux ordres du gouvernement, dans des questions entièrement 
étrangères à la religion ; mais les faits allégués sent de toute 
autre nature; et le Saint-Père ne peut pas douter que, s'ils 
eussent été représentés à Sa Majesté l'empereur sous leur vérita- 
ble point de vue, monseigneur Gutkowski n'aurait point encouru 
la disgrâce de son souverain , qui aurait vu en lui un sujet 
dont la conduite, malgré ses formes, était en substance réglée 
par le principe : « RecUUte quœ sunt Cœsaris Cœsari, et quœ sunt 
Dei Deo. » i 

Hélas ! plût à Dieu que les doléances de monseigneur Gut- 
kowski contre les ordres du gouvernement fussent sans fonde- 
ment, et que dans les vastes domaines de Sa Majesté impériale 
et royale, l'Eglise catholique n'eût pas les plus graves et les plus 
justes motifs de se plaindre! Mais malheureusement il n'en est 
point ainsi. Les plaintes des catholiques sujets de Sa Majesté 
impériale arrivent au Saint-Père de toutes parts , malgré que 
l'on cherche, par les plus grandes rigueurs , à empêcher toute 
communication des fidèles avec leur chef visible, à moins 
qu'elles ne passent expressément par l'entremise du ministère 
impérial. Les édits impériaux , qui , depuis peu d'années , 
sont venus accabler l'Eglise catholique , ne sont que trop 
nombreux. Le Saint-Père a voulu que, dans cette circon- 
stance douloureuse , et tout en s'adressant à la magnanimité du 
puissant empereur de toutes les Russies en faveur de l'évêque 
de Podlachie, ou ne négligeât point de porter au trône de Sa 
Majesté ses plus pressantes réclamations centre tout ce qui , 
dans les Etats de l'empereur et roi , opprime la liberté de l'Eglise 
catholique ou en blesse les droits ; et nommémei;t contre la dé- 
fense faite au clergé latin, d'entendre la confession sacramentale 
des personnes qui ne leur seraient pas connues , et de les admet- 
tre à la sainte coLimunion. 

Le soussigné ne peut, non plus , passer sous silence : 

L'ukase du 26 octobre 1833 , qui supprime le célèbre monas- 
tère de Poszajow, appartenant à l'Ordre de Saint-Basile, et l'é- 
rigé en cathédrale grecque russe , avec le titre d'évèché de Vol- 
bynie , circonstance qui coïncida avec la suppression du sicge 
épiscopal ruthénien de Luck ; 



443 

ÎSi Tukase de 1833 , qui ordonne la fermeture de tous h» no- 
viciau pour accélérer l'extinction des ordres religieux ; 

Ni les autres faits contre lesquels on a déjà réclamé dans la note 
du 6 septembre 1832 ; 

Ni l'ukase du 23 novembre de la même année , sur les maria- 
ges mixtes , étendu paiement à la Pologne , malgré les anciens 
traités conclus entre la Jlussie et l'ancienne république de 
Polc^e ; 

Ni l'ukase de i833 , qui remet en -vigueur un ukase de l'im- 
pératrice Catherine U , portant que , pour chaque 400 habitants, 
il y aura un prêtre et une église; afin de pouvoir ainsi supprimer 
facilement de nombreuses paroisses , ce qui n'a pas manqué 
d'arriver ; 

Ni enfin les ukases du 24 juin 1833 et du 22 avril 1834 , qui 
ordonnent l'érection de deux évêchés grecs non catholiques à 
"Varsovie et à Polock , ce qui fit enlever aux catholiques de Var- 
sovie la magnifique église de Sainte-Croix , comme ceux de Vilna 
avaient déjà perdu le grand temple de Saint-Casimir. 

Outre ces ordres impériaux , il serait difficile d'énumérer les 
ordonnances des antorilés subalternes, qui tendent à répandre 
par tous les moyens la religion grecque non unie, ei à avilir, 
opprimer et éteindre , s'il était possible , la religion catholique. 
Les faits ne démontrent malheureusement que trop cette ten- 
dance universelle de l'autorité civile. La défection récente des 
Grecs unis , préparée depuis longtemps par des moyens indirects, 
mais efficaces, en est une preuve palpable; mais une autre 
preuve non moins irrécusable se manifeste dans les provinces 
polono-nisses annexées à l'empire en 1793. Il existait dans ces 
provinces un grand nombre d'écoles pour la jeunesse , où l'en- 
seignement était donné par des religieux , dominicains et piiaris- 
tes, ou par des moines de Saint-Basile ruthéuieus , ou bien par 
des professeurs séculiers catholiques ; le professeur chargé de 
l'ensieignement de la reUgion y était toujours un ecclésiastique 
catholique. Actuellement , par suite de la suppression des cou- 
vents , la majeure partie de ces écoles n'existe plus ; celles qui se 
maintiennent encore sont organisées à la manière des écoles 
grecques non unies , et confiées à la direction de professeurs sé- 
cuUers appartenant au culte dominant , ou au culte protestant , 
ou à un professeur catholique, mcùs de nom iculemenl. Quant à 



4U 

l'instruction religieuse, elle est partout confiée à des prêtres 
grecs non catholiques. Enfin, pour détruire toutes les espérances 
du clergé, après ayoir fermé en Pologne plusieurs séminaire sous 
le prétexte de la révolution de 1830, on a rendu l'admission de 
nouveaux élèves presque impossible, en leur imposant des con- 
ditions le plus souvent inexécutables^ 

A la vue d'ur ensemble de circonstances , de lois , de faits et de 
tendances si menaçantes pour l'Eglise catholique dans les Etats 
russes , Tàmé du Saint-Père se sent cnieliément déchirée , et il 
ne lui resté que de s'adrefser avec confiance à la justice et à la 
magnanimité de l'empereur et roi , se flattant qu'il voudra par 
son autorité mettre un terme à tant de maux. 

Le Saint-Père, plaçant l'accomplissement des devoirs de son 
ministère apostolique bien au-dessus de toute considération hu 
inaine , espère que la grâce divine lui accordera de n'y manquer 
jamais ; et si sct réclamations devaient rester sans ^et , il aura 
du moins dans sa conscience le témoignage consolant d'avoir fait 
pour sa part tout ce qui était en son pouvoir, et de n'être point 
coupable devant Dieu , qui , d'après ses promesses infaillibles , 
n'abandonnera jamais son Eglise. 

Le soussigné , en priant Votre Excellence de vouloir porter 
la présente réponse à la connaissance de Sa Majesté impériale , 
votre auguste souverain , saisit celte occasion pour lui renouveler 
l'assurance de sa considération distinguée. 

N« LX. Autre noiCj du 16 aoûl de la même année ^ par laquelle 
le cardinal secrétaire d'État réclame contre L'empêchement des 
communication* en^re le prélat et ton 4iocèse, 

Le soussigné cardinal secrétaire dTtat a mis sous les yeux du 
Saint-Père la lettre du chapitre calhédral de Janow, diocèse de 
Podlachie, qui accompagnait la note de Votre Excellence , en 
date du 7 du mois dernier. Sa Sainteté a reconnu par cette let- 
tre, avec une vive douleur et une égale surprise, que monsei- 
gneur Gutkowski, relégué dans le monastère d'Oieransk , se 
trouve, peur comble de violence , dans la cruelle situation de ne 
pouvoir en aucune manière communiquer avec son troupeau , ni 
même donner par écrit les dispositions nécessaires pour la con- 
duite régulière de son diocèse. Il est facile de comprendre 
(onibien l'âme du Sainl-Pèrc fut allcctéc de cette nouvelle 



445 

pénible et inattendue. La légation russe déclara , dans sa note 
du 17 mai, que si, dans l'opinion du chef de l'Eglise catho- 
lique, monseigneur Gutkowski ne méritait pas d'être destitué 
de son siège épiscopal, la solution de cette question, qui est du 
ressort de la discipline ecclésiastique , appartenait au Saint-Père, 
et Sa Majesté l'empereur ne voulait aucunement s'en constituer 
l'arbitre ; toutefois Sa Majesté l'empereur s'était crue en droit 
de sévir contre ce prélat, non comme évêque, mais comme sujet 
et fonctionnaire 'public, ei comme coupable de désobéissance 
manifeste aux ordres du gouvernement , en matière entièrement 
étrangère à la religion. 

Le Saint-Père ne pouvant admettre de semblables assertions, 
ordonna , dans sa réponse , de reproduire encore une fois les faits 
imputés à monseigneur Gutkowski , et de démontrer leur carac- 
tère. Il fit en même temps observer qu'un évêquc n'étant point 
un fonctionnaire public , mais un dignitaire de l'Eglise uni par 
un lien sacré à son diocèse, pour lequel il a reçu sa mission de 
la part de l'autorité suprême ecclésiastique, ne saurait être 
éloigné pa^r le souverain territorial. Ainsi , quoique Sa Sainteté 
ne pût permettre que les assertions de la note du 17 mai fussent 
passées sous silence , toutefois leur teneur même ne permettait 
pas de supposer que monseigneur Gutkowski , relégué , au dire 
de la légation impériale elle-même , non comme évéque , mais 
comme fonctionnaire public ^ fût placé dans l'impossibilité de 
remplir en aucune manière , pas même par correspondance , ses 
devoirs tprame évéque. Ea effet, de même que Sa Majesté a re- 
connu qu'il était uniquement réservé au chef de l'Église catho- 
lique de juger si le prélat susdit méritait d'être privé de son 
siège épiscopal ; de même aussi, par identité de principe, Sa 
Majesté doit reconnaître que l'autorité suprême ecclésiastique 
peut seule interdire à ce même prélat l'usage des fonctions in- 
hérentes à sa dignité. —En conséquence, pressé par les devoirs 
sacrés de son ministère apostolique, le Saint-Père a ordonné au 
cardinal soussigné de réclamer hautement , en son nom ponti- 
fical , contre les mesures précitées , aussi injustes que violentes , 
prises contre monseigneur l'évêque de Podlachie, et contre l'of- 
fense grave qui en résulte pour les droits de l'Eglise et du Saint- 
Siégc et de l'ordre vénérable de l'épiscopat. — Le Saintl'èrc se 
flattant que Sa Majesté l'cMipcrcnr cl roi consentira à fuie tes- 



446 

ser bientôt un état de choses contraire à toute justice, a ma- 
nifesté, en attendant, au chapiwe de Janow, ses intentions 
pontificales au sujet de l'administration provisoire de ce diocèse ; 
en même temps il a ordonné au soussigné de déclarer que , si 
ses espérances étaient déçues, il se verrait alors, pour remédier 
au cas présent et à plusieura autres circonstances qui occasion- 
nent à l'Église catholique dans les domaines de Sa Majesté une 
oppression trop grande, contraint de recourir, bien malgré lui , 
aux démarches ultérieures qui lui seront conseillées et imposées 
par ses devoirs apostohques. 

Le cardinal soussigné rehi plissant ici les ordres vénérés du Saint* 
Père, prie Votre Excellence de porter tout ceci à la connaissance 
de Sa Majesté impériale , votre auguste souverain , et saisit cette 
occasion pour renouveler à Votre Excellence l'assurance de sa 
considération distinguée. 

N" LXVni. — Note verbale remise au chevalier Fuhrmann par 
la secrélairerie d'État, le 2 octobre 1840. 

La condition malheureuse dans laquelle l'EgUse catholique 
gémit, depuis si longtemps, dans les vastes contrées soumises au 
sceptre du puissant empereur de toutes les Russies et roi de Po- 
logne , fut toujours une juste cause de douleur poignante pour 
le Saint-Père , si profondément affligé d'ailleurs par tant d'au- 
tres motifs. Malgré les nombreuses difficultés de communica- 
tions avec ces contrées, Sa Sainteté connaissait parfaitement ce 
qui s'était accompli depuis plusieurs années au préjudice de 
cette même Eglise ; et bien que contrarié par l'absence d'un re- 
présentant à lui près la cour impériale et royale , il fût dans 
l'impossibiUté de faire vérifier les nouvelles particuhères qui se 
rapportaient à ces faits , il ne pouvait cependant pas douter 
de leur réalité , puisqu'il s'agissait de faits , et de faits publique- 
ment attestés. D'ailleurs, ces faits étant diamétralement opposés 
aux nobles attributs de justice , de magnanimité et de bienfai- 
sance dont ce grand monarque se glorifie; étant, en outre j 
contraires à son auguste parole engagée de la manière la plus 
solennelle , en faveur de l'Église catholique dans l'étendue de 
ses Etats : le Saint-Père dut croire que ces faits avaient une 
origine tout autre que la volonté et les dispositions directes du 
souverain. Convaincu que, dès que ces faits seraient représentés 



47 

à l'empereur sous leur Teritable aspect, il y serait aussitôt porté 
remède , le Saint-Père s'empressa , dès le commencement de son 
pontificat, d'en appeler à Sa Majesté impériale et royale, et a 
récemment encore invoqué à ce propos son équité et sa clé- 
mence. 

Par égard pour un résultat désiré si ardemment du Saint- 
Père, une personne, expressément déléguée et accréditée, fut 
chargée au nom de l'empereur et roi de demander à Sa Sainteté : 

i" Qu'il voulût faire usage de ses conseils et de son autorité 
spirituelle, pour engager monseigneur Gutkowski à se démettre 
de son siège épiscopal de Podlacliie dans le royaume de Po- 
logne ; 

2" Qu'il voulût ne pas différer plus longtemps l'institution 
canonique de monseigneur Pawlowski à l'archevêché de Mo- 
hilew. 

En même temps on ajoutait expressément , que l'acquiesce- 
ment à ces deux demandes amènerait à sa suite l'accomplisse- 
ment des vœux que le Saint-Père a exprimés à plusieurs reprises 
en faveur du culte et du clergé cathoUque dans les Etats de Sa 
Majesté impériale et royale. M. l'envoyé a en outre pleinement 
garanti la révocation déjà accomplie de l'un des ukases de l'em- 
pereur, auquel se rapportaient les dernières réclamations pon- 
tificales , savoir : de celui qui porte défense au clergé catholique 
romain d'entendre la confession sacramentale de personnes 
qui lui sont inconnues , et de ne point les admettre à la com- 
munion. 

Sa Sainteté a accueilli ces communications avec le plus vif 
intérêt , et leur a donné l'attention que réclamait leur auguste 
origine et l'importance des objets auxquels ils se rapportaient. 
Tout en les pesant sérieusement devant Dieu , envers qui Sa 
Sainteté est responsable de sa sollicitude pastorale pour toutes les 
Eglises, le Saint-PCri'e a fixé d'une manière particulière son at- 
tention sur la promesse absolue et consolante de l'auguste eni> 
pereur et roi en faveur de la religion catholique. Le Saint-Père 
se confiant dès lors à cette promesse , et mu par le grand but de 
servir le bien général de l'Eglise dans les immenses Etats de Sa 
Majesté impériale et royale, a ordonné de déclarer, qu'étant 
constamment disposé à déférer, autant que possii)lc, aux désirs 
de Sa Majesté , il l'est aussi à consentir aux deux demandes 



418 

susdites , en tant que le lui permeltent ses deyoirs inviolables 
envers l'Eglise et l'épiscopat catholique. 

Quant à monseigneur Tévêque de Podlachie , Sa Sainteté l'a 
déjà fait exposer plusieurs fols au gouveraernent impérial ; elle 
ne peut le reconnaître coupable d'une faute pour laquelle il 
doive être destitué de son siège ou interdit dans son ministère 
sacré, en conformité avec le droit canon et dans les formes pres- 
crites par ce droit ; et ceci ne paraît pas être loin de l'opinion 
de l'empereur et jrt>i lui-même , car on a déclaré en son nom , 
que les mesures prises contre ce prélat , provenaient de ques- 
tions totalement étrangères à la reli^on ; mais puisque mon- 
seigneur Gutkowski a encouru pour d'autres motifs la disgi'âcede 
son souverain , il ne peut que rencontrer les plus grandes diffi- 
cultés pour exercer uûlement le gouvernetnent spirituel de sdn 
troupeau ; le Saint-Père ne se refuse pas à user de ses conseils 
et insipuatioBS , à l'effet de déterminer l'évêque susdit à se dé- 
mettre volontairement de son Église. Dans ce cas cependant , le 
Saint-Père se fiant aux assurances données par l'envoyé impé- 
rial, ne peut douter que monseigneur Gutkowski ne soit pourtu 
de moyens de subsistance proportionnés au rang qu'il occupe 
dans la hiérarchie ecclésiastique; d'autre part', rassuré par les 
promesses de Sa Majesté en faveur du culte et du clergé catho > 
liquc , il compte que l'Eglise de Podlachie pourra être promp- 
tement pourvue d'un pasteur, qui réunira à la prudence et à 
la soumission due au souverain légitime , la pureté de la doc- 
trine, un zèle fervent, un attachement sincère au Saint-Siège 
et aux lois de l'Eglise, et généralement toutes les qualités re- 
quises par les canons, dans celui qui est préposé au soin des 
âmes et à Isi conduite spirituelle des peuples. 

Passant maintenant à monseigneur Pawlowski , Sa Sainteté , 
après avoir jusqu'ici suspendu son institution canonique à l'ar- 
chevêché deMohilow, ne cherchera pas à dissimuler qu'elle est 
disposée à accéder à la demande impériale de ne pas la différer 
davantage, d'autant plus qu'eu révoquant, ainsi que l'assurance 
lui en est donnée, l'ukase précédemment mentionné et déjà signé 
par monseigneur Pa\vIov«rski , pour en enjoindre l'observance au 
clergé catholique romain , on a écarlé un des obstacles les plus 
sérieux et une des causes qui devaient nécessairement retarder 
cette institution. — Mais en songeant aux autres déviations des 



449 

règles ecclésiastiques que monseigneur Pawlowski s'est permises 
sur des points très-graves ^ le Saint-Père continue à éprouver 
une grande répugnance à accorder Tinslitution réclamée , s'il ne 
par^fient de quelque manière a s'assurer de l'intégrité des princi- 
pes et des dispositions du candidat {Promovendo?). De tout cela, 
l'empereur et roi reconnaîtra aisément, dans l'élévation et la 
droiture de son esprit , que le Saint-Père désire pousser la défé- 
rence et les f^rds envers Sa Majesté jusqu'aux limites qu'il ne 
lui est pas permis de Cranchir. Mais il reconnaîtra aussi que la 
condescendance dont Sa Sainteté est disposée à user dans les 
termes exposés ci-dessus , est particulièrement fondée sur les pro- 
messes de Sa Majesté l'empereur et roi en faveu»- de l'Église ca- 
tholique ; et c'est précisément dans la certitude de les voir au plus 
tôt réalisées , et en vue de préparer à cette même Eglise un ave- 
nir prospère dans les Etats si vastes de la Russie et de la Pologne, 
que le Saint-Père a trouvé un motif de se rassurer au sujet des 
condescendances énoncées. 

Au reste, ce n'est pas ici le lieu de faire une nouvelle exposi- 
tion des maux que la religion catholique endure dans ces contrées. 
En se reportant à l'expose développé dans les deux notes pas- 
sées par le ministère pontifical a la légation russe les 6 septembre 
1832 et 1" juin 1840, en s'adressant sans relùche à la justice et 
à la magnanimité de l'empereur et roi pour obtenir un remède 
convenable à tant de maux ; le Saint-Père a enjoint qu'il fût fait 
une mention expresse des pauvres grecs unis, soumis à la domi- 
nation temporelle de Sa Majesf^ impériale et royale. — Le fait 
de la défection d'une grande partie de ceux-ci de la communion 
catholique est de trop fraîche et trop triste mémoire. C'est eu vain 
qu'on voudrait parler de leur hbre accession au culte dominant; 
on connaît du reste les moyens, peut-être indirects, mais toujours 
suffisamment efficaces, qui ont depuis longtemps préjiaré cette 
défection ; les duretés , les vexations, les contrariétés auxquelles 
s'exposent ceux qui , excités à abandonner l'uniic catholique , 
ont voulu rester fidèles , sont surtout évidentes et notoires, et 
ont excité la compassion générale et les larmes de tous. — Cette 
partie des sujets de l'empereur ne désire et ne demande que «le 
rester dans la foi , au sein de laquelle ils ont été élevés , qu':!r orxt 
jusqu'ici pratiquée avec une entière tranquilTté d'esprit, et sans 
détriment de la concorde et de la charité extérieure qm influe 



450 

aussi sur le bonheur de Tempire. Sa ALijesté ne pourra rester 
sourde aux inspirations de son propre cœur en leur faveur, ni 
renoncer à faire usage de son bras puissant pour les délivrer des 
tourments accablants qui, contre son intention souveraine, leur 
sont infliges. 

Toutefois t avavit de donner eflet à ces dispositions pontificales 
relativement aux deux demandes de Sa Majesté l'empereur et 
roi, le Saint-Père attendra les communications ultérieures de 
Sa Majesté impériale et royale , pour connaître le sens dans le- 
quel elle aura reçu cette manifestation. 



NOTES. 



Note I. — Les évoques des anciennes provinces polonaises rosses 
sont presque entièrement sous la dépendance du ministre des cultes , 
qui appartient à U communion dominante. Il ne leur est pas permis 
d'admettre des jeunes gens dans les séminaires, de les élever aux or- 
dres, de leur conférer des bénéfices , de punir suivant les saints Canons 
les clercs tombés en faute, d'exercer aucun acte de juridiciion ecclésias- 
tique saoi l'autorisation de ce ministre. La condition des évoques dans 
lé royaiime de Pologne est moins dure, mais non pas substantiellement 
différente. Il n'est pas nécessaire d'exposer ici quelles en sont les suites 
pour la ruine de l'institution religieuse et morale du clergé , et par con- 
séquent de tout le peuple. 

Note 2. — Le Souverain-Pontife Grégoire XIII, de sainte mémoire, 
avait magniûquement fondé à Wilna une célèbre université et un col- 
lège ou séminaire pour les jeunes gens russes et moscovites. Le sémi> 
nàire fut détruit et n'a pas été rétabli ; on a rétabli l'université en 1803 , 
mais en la transformant complètement. Tout droit y a été enlevé aux 
évoques ; et la surveillance sur les doctrines et les personnes des profes- 
seurs , le choix de ces mêmes professeurs , même dans l'ordre des scien- 
ces sacrées, et celui des livres qui doivent servir de texte dans les diffé- 
rents cours consacrés aux disciplines ecclésiastiques, sont exclusive- 
ment attribués à l'université môme. Un ukase, ^.<i 48 février de la même 
année 1803, ordonna l'érection près l'université d'un séminaire général 
pour l'éducation du jeune clergé des deux nves, latin et grec-uni. A ce 
séminaire, dont !a surintendancefut confiée h une commission établie par 
Pautorité laïqne et même par des évoques catholiques, devait se rendre 
un nom^r'^ déterminé de clercs des divers diocèses de l'empire, aux- 
quels, d'après le môme ukase, étaient réservés, après leurs études et l'ob- 
tention des grades , les évêchés, les dignités, les prébendes c.inonicales, 
II. 20 



452 

les cures ainsi que les prérogatives , honneurs et privilèges les plus dis- 
tingués. Le clergé régulier devait aussi se former à celle école; car il 
était ordonné que ceux-là seulement pourraient obtenir les grades divers 
dans leurs ordres respectifs ou avoir les charges de prédicateur , de 
curé, etc., etc., qui auraient fait le cours de leurs études dans ladite 
université , ou qui du moins pourraient présenter un ceriificat de capa- 
cité délivré après examen par ses professeurs. En conséquence des me- 
sures prises, les élèves du clergé séculier et régulier furent, pendant 
leur séjour au séminaire généra», et pendant le cours de leurs études à 
l'université, soustraits à toute direction, soins et surveillance de leurs 
propres évêques et supérieurs , soit en ce qui touche à la conduite reli- 
gieuse et morale, soit en ce qui concerne l'instruction scientifique. II est 
vrai qu'en vertu d'ordres successifs, le séminaire général a éié dissous, 
et qu'a n'y a maintenant à \Yilua que le séminaure diocésain Uiin ; mais 
les évêques n'oat pas été pour cela réintégrés dans leir droit inviolable 
de surveiller renseignement ç^ubUc, spéçialemea^ dans les facultés sa- 
crées^et on a laissé subsister les çoaditigns imposées au clergé séculier 
et régulier quant à l'intervenliou de l'oaiv^ilé , pour pouvoir aspirer 
aux bénéfices, grades, honneurs, etc., etc. Cependant U est hors de 
doute que l'enseignement ecclésiastique dans cette université se donne 
d'après des livres fgjt suspect* et presque tous proscrits par le Saint- 
Siège et rais à l'index. AiouM)Da que les séminaires caihoUques des çreçs 
unis étant entièrement supprimés , les jeunes clercs de ce rit ont été 
contramts, d'abord indirectement, puis, en 1835, par un ordre exprès, 
de faire leurs études théologiques dans le grand séminaire gréco-russe 
d'Alexandre Newski , à Pélersbouïg , faute de quoi iU doivent reaoncer 
à l'espoir d'être pronau» aux ordres saçîés. Tout ceci regarde particuliè- 
rement les provinces polonaises russes ; quant au royaume actuel de 
Pologne, l'Université de Varsovie, fermée durant les dernier» boulever- 
semenu politiques , n'a pas été rouverte, et l'académie qtM y existe en- 
core est soumise à la commission des culte» et de l'inslruclion publique , 
composée de personnes séculières aiiacbées à la communion grecque 
non unie. D'où l'on voit le peu d'imporunce de la part attribuée, dans 
U direction , à l'arcUevêque catholique , lorsque le siège n'eat pa& vaçanl. 
El u'ouUions paa de dire que l'évèque grec russe, établi tout récemment 
dans cette ville, ne laisse pas que d'exercejf sur cette acadéiw© quelque 
influence , ayant le droit 4ô la visiter à son gré, d'assister aux exa»en$ 
de* élèves, même catholique*, ol jouissant d'autres privilèges qu'on 
n'accorderait peut-être pas aussi /olonliers au prélat catholique. 

Note 3. — La rareté des nùoislres sacrés, extrêmement désolante 
dans la vasie étendue des provinces polonaises russes , n'est pas moins 
sensible dans le royaume de Pologne. l'our en donner une idée , il est 



455 

bon d'exposer l'ciât du clergé dans Tarcitidiocese de Varsovîe, qoi n'esl 
point le pins vaste, et qui en d'ailleurs mieux pourvu que les autres. 
Cet archidiocèse embrasse du coiicliaDt au levani, dans sa pi ds grande 
longueur, 140 milles d'Italie, et du noid au midi , dans sa plus grande 
large«ir»GÛ milles; dans celte vaste étendue de territoire eiisteot 55 
villes grandes ou petites, et Ton compte , partagées entre vingt doyen- 
nés , 378 églises paroissiales. D'après les relevés autitentiques, qai sont 
babltuellement imprimés cbaqMC anné'i par les doyens respectifs, ie nom- 
bre des catholiques , un peu «vant 1830 » e'élevait à 4âO,000 , en comp- 
tant seulement ceux qui étaient admis ù la confessûm sacramentelle. Or , 
dans un territoire si vaste, et pour une population si nombreuse, il n'y 
avail dans ee temps-là que 5i0 prêtres plus ou moins aptes au minis- 
tère ecclésiastique, desquels, après on avoir ôté 35 prélats et clianoincs 
et 180 réguliers que réunissaient alors les divers couvents et monastères, 
il ne restait à peine que 327 P'étres pour soutenir la charge et satisfaire 
aux besoins de presque un demi-million d'âmes. Pour ce qui regarde les 
provmces russo-polonaises, ilsuflit de dire que, dans toute la très-vaste 
étendue de l'archevêché de Mohilow et des cinq diocèses placés sous 
sa juridiction métropolitaine, on ne compte pas plus de 1,828 membres 
du clergé séculier. En quelques endroits de ces pays-là , b rjéaurie des 
ministres sacrés est telle que, paiiticulièremeut à caiise de la distance 
celative des lieux , les chefs de famille doivent assister aux mariages et 
administrer le b?plême. Cette fâcheuse pénurie dVcelésiasilques , outre 
le manque de moyens convenables de subsistance , dérire des difliculiés 
Irès-graves apportées à l'éducation du jeune clergé dans ks séminaires 
épiscopaux. Celui qui veut y être admis doit : 1'^ être noble; 2" avoir 
étudié dans l'Université ou dans les lycées ; 3*^ avoir atteint l'âge de 
vingt ans ; 4° avoir fourni un remplaçant à la milice ; S*^ être autorisé 
pai une permission écrite du minisire des cultes. Le nombre des jeunes 
gens qui peuvent être reçus dans ces séminaires est d'ailleurs tellement 
restreint par les lois, qu'il reste immeosément au-dessous des besoins 
urgents de l'Église. Le nombre des élèves d» séiniuaire de VVilna , par 
exemple, a été fixé à 75. Par la rcslriciion apportée ici , on peut juger 
de ce qui a été fait potur les autres diocèses , surtout si Ton considère 
que celui de Wilna est un des plus vastes d]es possessions polonaises rus- 
ses, puisqu'd compte près d'un million de iiuéles avec ^72 paroisses, 
sans compter les églises succunsales. En i8.'^3, le séannaire de kami- 
niek, d'après les nouvelles qui en furent reçues à cette époque, avait à 
peine les moyens suiliiants pour entretenir seize élèves. Et dans le 
royaume de Pologne, ainsi que le comie Mist(Av»ki, ministre de l'inté- 
rieur et de la police , le rapporta oiricLellemcnt au sénat de Varsovie , 
le 30 mai 1830, eu j^ïéitnce de S. Al. l'euipcreui- de Uussie , quinze sé- 
minaires ''nseiublo no reidèrmaient .^uc 370 élovcs. On omet de dire 



454 

que plusieurs de ces étahlissemenls , après les dernières vicissiludes da 
royaume, ont élé fermés, et que les biens de leur dépendance onlc.é 
adjugés au fisc. 

Note 4. - Ouire le royaume de Pologne , tel qu'il fut établi en 1815 . 
huit autres provinces que leur étendue , la douceur du climat , la ferti- 
lité du terroir rendent les plus belles de l'empire russe , forment la to- 
talité de sa population catholique. Quatorze diocèses du rit laun , et , de- 
puis la détestable défeciion des évéques russes dans les provinc»^ polo- 
naises russes, un seul diocèse du rit grec uni, forment ia cuconscrip- 
lion spirituelle de cette population éparse , sur un territoire qui sjtend 
dans sa longitude des frontières de la Silésie au-delà du Bopsibene , 
vers les anciennes frontières de !a Moscovie (14 degrés et plus , et dans 
£a plus grande latitude , de la mer Baltique aux frontièr^ de 1 Autriche 
(6 degrés et plus). D'où il suit , évidemment , que l'étendue de ces dio- 
cèsen est vraiment démesurée. Cette circonstance est en même temps la 
cause principale de l'extrême pénurie des ressources, nécessaires ce- 
pendant , pour subvenir aux besoins spirituels de ces populations , d au- 
tant plrs que de nombreuses colonies de catholiques étrangers , établies 
dans '.empire russe, font partie de quelques-uns de ces diocèses. C est 
ainsi que la population catholique de la province de Bessarabie, près 
Odessa, dépend de l'évêque de Kaminiek. De même un grand nombre 
de catholiques établis dans les pn vinces septentrionales de la Russie . 
au-delà de la Moscovie, sont sous a juridiction de l'archevêque de Mo- 
hilow. Pour que l'on comprenne mieux quelle est l'immense étendue de 
ces diocèses , il est bon de remarquer qu'avant 1773 le rit latin , dans 
le royaume de Pologne, comptait quatre-vingts sièges épiscopaux, y 
compris les suffraganU, et que le rit grec uni en avait dix. En tenant 
compte de cette partie de la Pologne qui , depuis 1772, est passée sous 
la domination d'autres j>uissances, chacun voit quelle est la différence 
entre l'ancien étal et l'état présent des diocèses catholiques, dans la 

plus grande partie de la Pologne cédée à la Russie. 

Note 5. - A l'époque à laquelle il est fait allusion , c'est-à-dire lors- 
Que le Saint-Père Grégoire XVI prit le gouvernement universel de 1 h- 
Sise, dans les six diocèses qui comprenaient alors toute 1 immense 
Lndue des provinces polonaises russes, les sièges suivants ^^t^'ent va- 
cants; savoir : l'archevêché de Mohilow et ses deux suffragan.s, l évc- 
Sé<i;Wilnaettrois de ses suffragants. c'est-à-dire le -'îragant de 
Waua lui-même, celui deTroki. celui de la Courlnnde e f^^^^J'- 
vôcli^dc Luceoria et Zylomeritz. ainsi que son suffmgant à Luceoria. 
tf veTagVde quelquiunes de ces églises duraitdéjà depuis tort long^ 
lemp.; le siège illustre de Wilna, par exemple, ota.i vacnl dc,uis 



455 

quinze années. Quant au royaume <^a Pologne, réduil à huit diocèses, 
il ne comptait pas un seul évoque sur la rive gauche de la Yisiule ; l'ar- 
chevêché (Je Varsovie, les évéchés de Kalirsk et de Sandoœir étaient va- 
cants, ainsi que tous leurs suffraganis. Sur la rive droite, l'église d'Âu- 
gustoff était également vacante. Ce désolant veuvage , qui a plus ou 
moins duré par la suite, et qui, pour plusieurs des églises que nous venons 
de nommer , et pour d'autres devenues vacantes plus tard , dure encore, 
est d^autant plus préjudiciable au gouvernemeiu spirituel. de la popula- 
tion catholique en Russie et en Pologne , qu'on y a pris systématique- 
ment le parti de confier l'administration des églises vacantes à l'un des 
évoques survivants. Le diocèse de Wilna , par exemple , privé de pas- 
teurs depuis tant d'années, étaif en'dernier lien adminisué par le défunt 
archevêque de Mohilow , Mgr Stanislas Siestrcnczewicz. À sa mort , on 
transféra à cet archevêché Mgr Ciedszowski , déjà évêque des églises 
réunies de Luceoria et Zytomeritz , qui deroe'jrèrent sous son adminis- 
tration , ainsi que Wilna ; et ainsi furent remis entré les maïiis d'an seul 
homme trois diocèses immenses , pour chacun desquels les travaux d'un 
seul évêque seraient insuffisants. Et cet abus ne s'arrête pas aux sièges 
épiscopaux , il s'étend même aux cures. Drns le royaume de Polugne , 
surtout , le gouvernement s'altribuant le droit de palroTuige sur une 
grande partie des paroisses , il a pris depuis quelque temps l'habitude 
de ne pas pourvoir aux nominations des curés , et d'abandonner ces pa- 
roisses aux soins d'un administrateur dont la position est toute dépen- 
dante et précaire. VAlmanach du Clergé dudit royaume attestait , ces 
dernières années, la vacance d'un nombre inouï de paroisses. Et déjà 
bien auparavant , dans les provinces polonaises russes , on ne souffrait 
point qu'il fût pourvu aux cures vacantes des grecs unis , de sorte que 
le Saint-Siège fut obligé bien souvent de réclamer , mais toujours en 
vain. 

Note G. — La hiérarchie des grecs unis dans les provinces polonaises 
russes, après avoir été entièrement bouleversée, pour ne pas dire dé- 
truite , pendant la dernière partie du siècle passé , fut remise en ordre 
par la bulle de Pie VI de sainte mémoire, en date du 15 -^.ovembre 1798 , 
de la Charti'euse de Florence , commençant par ces mots : Maximis undi- 
que pretsi, et qui fut le résultat des négociations suivies avec la cour de 
Russie sous l'empereur Paul l", par le prélat envoyé du Saint-Siège , 
depuis cardinal Litta. D'après cette bulle, la hiérarchie grecque unie 
était formée ainsi qu'il suit : 

De l'archevêque de Polotsk, capitale du palatinat de ce nom , dont la 
juridiction s'étendait àSmolensk, Micislavie, et jusqu'aux provinces de 
Mohilow et Witepsk. 

De l'évêquc de Luck ou Luceoria , capitale de la Vulhinie, où réside 



iS6 

eu outre un évéque latin du même titre ; h juridiction de Tévêque de 
Lnck s*étenâait sur tous les catholiques du rit grec en Russie, sauf ceux 
des diocèses de Foiotsk et de Bre^t; c'est pourquoi il prenait le titre 
d'etarquc. 

De révoque de Brest, dont la juridiction s'étendait sur tous les catlio- 
liqueft du rit grec des gouvernements de Liihuanie et de Minsk. Chacur. 
de ces irois évéques avait Taide d*un suffragant. 

Aujourd'hui, l'ukase impérial du ^2 avril 1825, ayant partagé la juri- 
diction des églises grecques unies entre les chefs des deux éparcbics , 
dont les églises ont été érigées en métropoles , l'une pour la Russie- 
Blanche, à Polotsk , l'autre pour la Liihuanie, au couvent de Jerowitz , 
fixé comme résidence de l'évéque grec uni de Brest , l'évêché du même 
rit , qui était à Luck , se trouve supprimé de fait , et en même temps 
tombe en ruines tout ce que la bulle de Pie VI avait réglé quant à la 
hiérarchie des grecs unis dans ces provinces. 

Note 7. — La bulle Ex imvotitu , du !8 juillet 1818 , eut principale- 
ment pour but de régulariser la circonscription des diocèses dans le 
royaume de Pologne, après son rétablissement en 1815. Cette nouvelle 
répartition diocésaine ayant fait supprimer quelques-unes des anciennes 
cathédrales et en ayant érigé d'autres , il fallut pourvoir à leur dotation , 
à celle des nouveaux chapitres et séminaires. D'après les demandes fai- 
tes au nom de l'empereur Alexandre , et les négociations avec la léga- 
tion russe h Rome , le Souverain-Pontife Pie VU , de sainte mémoire , 
conféra par la même bulle , à Mgr Malezewski , alors évêque de VJadis- 
lâu et ensuite archevêque de Varsovie , la faculté de supprimer (après 
avoir entendu , selon les formes canoniques, les parties intéressées) au- 
tant d'abbayes , de monastères et de bénéfices simples qu'il serait néces- 
saire, pour compléter la convenable ou entière dotation des mcnses 
épiscopales , des chapitres de cathédrale et de'i séminaires , dans )c^ 
diocèses compris audii royaume; sous la condition toutefois qu'il serait 
conjointement pourvu à l'entretien des églises qui regardaient les ab- 
bayes, les monastères et les bénéfices simples à supprimer, et qu'il res- 
terait dans chaque diocèse un nombre suffisant de bcnénces simples , 
c'est-à-dire que les évoques seraient en mesure de récompenser les ec- 
clésiastiques qui auraient bien mérité. Bientôt après on représenta au 
Saint-Siège que Mgr Malezewski avait excédé les limites de la faculté qui 
lui avait été accordée , en supprimant indistinctement ou en marquant 
pour la suppression lous les monastères , abb.iyes et bénéfices simples, 
sans entendre les parties intéressées. Sur ces entrefaites , lorsqu'à peine 
le décret de suppression venait d'éire signé et expédié, le prélat mou- 
rut. Pie Vll,:«vcc sa parfaite sagesse, tout en comincltnnt, par un bref 
du Itj février 1820, à Mgr Iloiowczyc, monté sur le siège éjiiscopal do 



457 

Varsovie, Texécution finale de ladite Bulle , lui ordonna expressément 
de réparer bniieax possible les manquements dont on accusait son pré- 
décesseur. D'après tout ce que le méuic Mgr Ilolowczyc a rapporté an 
Saint-Siège 8ur cette affaire, dans un mémoire (foglio) du 29 août ISiO , 
intitulé : Exposilio 6uppretsionis » on a vu clairement que la suppres- 
sion n'avait point été faite conformément aux intentions du Souverain- 
Pontife , mais d'un plein et entier accord avec le gouvernement. Le fait 
est qn'one masse de fonds de la propi iélé des monastères et bénéfices 
supprimés, et du revenu très-considérable d'une année , a passé dans le 
tré&or public ) et que la plus grande partie a été employée à des usâg«6 
profanes , on certainement tout à fait éloignés des prescriptions faites par 
la Bulle plusieurs fois citée. 

Note 8. — Parmi les églises, la plupart paroissiales , que l'on sait 
avoir été enlevées aux catholiques , en 1835 , dans le diocèse de Luck , 
pour être données aux grecs russes , on peut nommer celles de Czarto- 
cysk , de Staro-Konsuntinow , de Kulczon , de llozin , appartenant aux 
PP. Dominicains ; de Brnszkopol , de Szumsk , de Krzemienietz , de 
Korzec, assistée par les religieux Mineurs-Ck)nventuel8 ; de Janovsr , de 
Kustin , de Warkovricc « administrée par les Mineurs de l'Observance ; de 
Uèzomir, de Toporzyce, de Horodyszcze , de Dorohestaj , regardant les 
PP. Carmes; de Uscilug et d'Ostrog, desservie par les religieux Capu- 
cins. Quaht au diocèse de Kaminiek, il suOira d'indiquer les églises de 
Jarmaiince, de Braïlo\^, de Tulczin, de Winnicn, de Dunajowce, de 
Zbrzyz , de Rupin et de Szaccwka. 

Note 9. — Dans l'ukase impérial du mois de février 1832 , par le- 
quel fat décrétée la suppression d'une multitude de couvents dans les 
provinces polonaises russes, on invoque :''ppui des règles et prescrip- 
tions canoniques qui requièrent dans chaque couvent un nombre déter- 
miné de religieux. Sans dire qu'il upparlcilait à Tauloritc mcmc , d'où 
émanaient ces règles et prescriptions , de juger si elles s'appliquaient aux 
cas particuliers ; sans dire que ces règles et prescriptions , quand même 
elles se fussent appliquées aux cas dont il s'agissait, n'emportaient pas 
indifltinctëntent l'efibt de h 'suppression totale , nous prions qu'on fasse 
attention aux ordres précédemment donnes par le gouvernement, en 
vertu desquels nul ne peut prendre Thabit religieux , s'il n'a d'abord 
exhibé les preuves de noblesse de sa l'amillc, et obtenu une permission 
par écrit du ministère des cultes ; qu'on se rappelle aussi que la solen- 
nelle profession n'est permise qu'après l'àgc de vingt-deux ans .iceoni- 
plis. Cest une chose notoire qu'ù partir du moment où ces comliiions 
ont été imposées, tris-peu u'indiviilus ont quitte le siècle pour entrer 
dans les cloîtres. Celle cause, joinlc à d'autres di'jà cxislaM'"^ , a dû \nu- 



i58 

duirc une notable diminiiUon d'individus dans les communautés reli- 
gieuses. Ainsi, on peut aisément recourir, pour les supprimer, au 
défaut du nombre prescrit par les règles canoniques. Il est d'ailleurs 
très-certain que la suppression a frappé beaucoup de couvents qu* 
avaient un nombre de religieux bien supérieur à celui que demandent 
les canons. 

KoTE 10. — Les ordonnances de l'impératrice Catherine II, d'après 
le quelles les commune» de cent feux, c'est-à-dire de quatre cents ha- 
bitants, à raison de quatre individus par feu , pouvaient seules avoir une 
église , qui ne pouvait être dçsservie que par un seul prêtre , ces ordon- 
nances , après être tombées en désuétude , avaient été remises en vi- 
gueur en 1853, et elles ont été promulguées de nouveau par Tukasc 
du 16 décembre 1838 , qui en ordonne la pleine et perpétuelle exécu- 
tion. (Voir le document n** lxxhi, où se trouve ledit ukase.) Cet ukase 
est conçu en termes , non pas prohibitifs , mais plutôt permissifs. Ainsi ; 
il déclare que la construction des églises catholiques n'est permise que 
dans les lieux où , sur une petite étendue de terrain , se trouvent agglo- 
mérées 100 à 150 maisons, c'est-à-dire iOO à 600 personnes attachées 
au culte catholique. Si l'on considère quelle est l'étendue de territoire 
sur lequel se trouvent ordinairement dispersés , dans les provinces polo- 
naises russes , un pareil nombre de catholiques , on voit que la consé- 
quence inévitable de cette mesure sera de supprimer la plus grande 
partie des paroisses dans les six diocèses que forment ces provinces. 
L'ukase ne précisant pas sur quelle étendue de territoire devra être ag- 
gloméré le nombre fixé de 400 à 600 catholiques, pour avoir une église 
et un prêtre de leur culte , il en résulte qu'on ne peut pas non plus cal- 
culer d'une manière précise combien de paroisses seront supprimées, 
liais cet ukase étant déjà , depuis plusieurs années , en voie d'exécution , 
une cruelle expérience ne nous a que trop appris que le nombre de ces 
suppressions sera très-grand. On rapporte avec beaucoup de vraisem- 
blance que , dans quelques-uns de ces diocèses, et notamment dans celui 
de Luck , il y a déjà des localités où , sur une étendue de plusieurs 
centaines de milles italiens , ne se trouve qu'une seule église catholi- 
que. Remarquons que la superficie de ce diocèse est de 1,073 milles 
italiens carrés. 



COMPLÉMENT DES DOCUMENTS. 



Rf" liXXXI. — LETTRE DU TRÈS-EXCELLENT, TRÈS-ILLUSTRE ET 
TRÈS-RÉVÉREND SEIGNEUR ARCHEVÊQUE DE LÉOPOL, AU TRÈS- 
EXCELLENT, TRÈS-ILLUSTRE ET TRÈS-RÉVÈRFND MÉTROPOLITAIN 
DE HALICZ DES RUTHÉNIENS UNIS (l'original est en latin). 

Excellentissime , illustrissime et révérendissime seigneur, 
Peu de temps après ma prise de possession de mon dio- 
cèse, étranger que j'étais à la pratique des autres églises, je 
me suis trouvé dans un grand embarras : il s'agissait de 
mettre fin aux contestations continuelles entre les curés de 
Tun et de l'autre rit catholique , touchant Tabandon libre et 
volontaire, de la part des fidèles, d'un rit pour l'autre, et 
cependant je compris, en réfléchissant à cette affaire im- 
portante, qu'il fallait craindre qu'elle n'affaiblît la charité 
mutuelle. Je crus devoir, avant tout, chercher les causes de 
ces démêlés, de manière à pouvoir régler quelque chose. 
Maintenant donc que je suis convaincu que ce n'est pas le 
mauvais vouloir, mais l'ignorance des lois, qui a coutume 
de diviser les curés, mon intention est, dans ce qui regarde 
le changement des fidèles du rit grec uni catholique pour 
le rit latin, de faire un recueil de tout ce qui a été décidé 
sur ce point, tant par le Saint-Siège que par le gouverne- 
ment impérial et royal, et d'y ajouter des corollaires et d'en 
ordonne! aux prêtres de mon église la stricte exécution. En 



460 

appelant l'attention de Votre Grandeur, je la prie humble- 
ment de lire ce qui suit. Qu'elle daigne, de plus, me faire 
connaître son opinion particulière, et, en m'encourageant 
dans une œuvre de charité , me permettre de m appuyer 
sur sa science , sa sagesse connue et son expérience consom- 
mée. Fort de ses forces, je pourrai contribuer à la gloire de 
Dieu, et la voir se manifester de plus en plus, de manière 
que ceu:: qui ont une même foi auront aussi un seul genre 
de corîauite. 

Je saisis cette occasion pour témoigner de ma vénéra- 
tion particulière pour Votre Excellence, et me dire avec 
respect, 

Votre frère , 

FRANÇOIS DE PaULB, 

^rchevêKjaé, 
tcopoî, 4avHl 1838. 

Il arrive souverit que des discussions ont lieu, quelque- 
fois avec aigreur, entre parties des deux Htes, patcë (Jtiè les 
curés du rit grec catholique t-eprochent àUx iBdèles de léut 
Église d'embrasser le rit latin et d'y detlaeilrer soiitnis. De 
nombreux rapports m'en ortt été faits; caf tefe déhiôlés ri'otit 
d'autl-e cause que celle-ci : les prêtresi tant du rit (jrëc ca- 
tholique que du rit latin oht obtenu du Saint-Siégë et du 
gouverhemeht iiiipérial et royal des règles cju'ilfe SUitrerit le§ 
uns et les autres. Nous VouloUs dbtic dohtier, dans les pie- 
sentes, Uhe récapitulation de ces règles, y ajouter quelques 
explicatioHs dont rôbsérvattcfe pratique sei*a ordbhnée, et 
commuiiiquer cet ensemble à tout le cletgé de ttotte ar- 
chevêché. 

lia règle la plus antienne qui ait été donnée par le 
Saint-Sidge, sur le passage des fidèles du rit grec catholi- 
que au rit latin, se ttouve ddhS deux réscfîts du pape Ur- 
bain Vnl* Dani» le pi^emier, eU date dll ^ fëvHet- i62/\, il 
est dit : t il tt'e^t pas permis aux ruthénietis Uili*?, soit laï- 
n ques, soit èctidsiasliques , séculiers ou réguliels, et prin- 



461 

« cipalement aux moines de Saint-Basile, pour quelque 

< cause que ce soit, même en cas d'urgence , d'adopter le 
t rit latin sans une autorisation spéciale du Saint-Siège. » 
Dans le second, en date du 7 juillet 1624, l'obligatioii où 
sont les prêtres et les autres ecclésiastiques des rutliéniens 
unis , et surtout les moines de Saint-Basile, de n'adopter le 
rit latin qu'après l'autorisation spéciale du Saint-Siège, est 
de nouveau mentionnée, mais il n'y est pas question des 
laïques. Ces rescrits ont acquis une nouvelle force de l'ap- 
probation des souverains pontifes Benoît XIV, Clément XiV 
et Pie Vil. Ptus tard fut publiée, pour les grecs italiens, la 
Bulle de Benoît XIV, qui commence paf ces mots : Elsi 
pastorales Elle est du 26 mai 1742 : le Saint-Père y or- 
donne ce qui suit î t Les enfants nés d'un père et d'une 
€ mère grecs doivent être baptisés suivant le rit grec, à 
« moins que les patents ne désirent qu'il en soit autre- 
€ ment; encore doivent-ils avoir l'autorisation de TOrdi- 
« naire. Ceux qui sont nés d'un père latin et d'une mère 

< grecque doivent être baptisés avec les cérémonies de TE- 
f glise latine; car l'enfant doit suivre le rit de son père, 
« quand celui-ci est latin ; si au contraire il est grec, et que 
c la mère soit latine , il sera libre au père de le faire bap- 
c tiser ou suivant le rit grec, ou suivant le rit latin, si la 

< mère latine l'emporte, c'est-à-dire si, par condescen- 

< dance pour son épouse, le père grec donne son consen- 
t tement. » 

Enfin, le 24 décembre 1743 ,1e même pape Benoît XIV 
publia une encyclique pour les Melcbites, laquelle com- 
mence ainsi : De mdttdatum : les règles suivantes y sont don- 
nées : « Que les enfants suivent le rit de leurs parents, tou- 

< tes les fois que ceux-ci appartiennent h la même Eglise : 
t dans le cas de différence , l'enfant doit suivre le rit du 
€ père. S'il arrive que, dans un cas de nécessité, comme 
t serait le manque de curé catholique du rit grec, un en- 
« fant reçoive le baptême d'un prêtre latin , il ne devra pas 



462 

€ être, pour cela, considéré comme ayant embrassé le rit 
c latin. » 

Ces deux dispositions de Benoît XIV n'ont pas été pu- 
bliées, dans l'origine, pour les ruthéniens; la première re- 
garde les grecs italiens , l'autre les Melcbites ; mais il est 
très-vraisemblable, eu égard surtout aux Lettres encycli- 
ques postérieures du même pape, lesquelles commencent 
ainsi: Interplures, en date du 2 mai 1744, qu'elles ont été 
communiquées à Tarchevêque métropolitain de Buss^e , 
Mgr Athanase Szeptycki. 

Bappelons encore l'encyclique de Benoît XîV, dont le 
commencement est : Allâtes sunt. Dans cette pièce on lit : 
« Le rit latin étant en usage dans la sainte Eglise romaine, 
« qui est la mère et la raaîtressç des autres Eglises , il doit 
« être préféré à tout autre : d'où il suit qu'il n'est pas per- 
« mis de quitter le rit latin pour le rit grec, ni loisible à 
« celui qui a quitté le rit grec ou celui d'Orient de reve- 
t nir à l'Eglise grecque. » 

Le clergé latin de Pologne a, dans diverses occasions 
solennelles, exposé ces décisions du Saint-Siège aux autori- 
tés du gouvernement impérial et royal, et Sa Majesté im- 
périale et royale a trouvé bon, par un décret de gou- 
vernement du 26 février 181 5, de faire les dispositions 
suivantes : 

1° Il n'est pas permis aux fidèles de quitter de leur 
propre gré le rit grec pour le rit latin; l'autorisation ne 
doit en être donnée que sur un motif valable. 

2*> Quand la force des cboses justifie ce changement , 
la dispense du Saint-Siège n'est pas absolument néces- 
saire. 

3° Mais si des ecclésiastiques du rit grec catholique , 
soit de ceux qui n'ont point encore terminé leurs études, 
soit de ceux qui, ayant charge dames, sont demeurés 
dans le célibat, voulaient, pour différents motifs à ex- 
poser à leurs èvèques, passer au rit latin; et si les évè- 



463 
ques du rit grec catholique déclarent n'avoir point le 
droit de donner cette autorisation, alors ces évêques , ou 
bien les évêques latins , — les autres ayant donné leur 
consentement, — pourront, s'ils sont disposés à admet- 
tre dans leur rit les ecclésiastiques dont il s'agit , re- 
quérir par les voies prescrites l'autorisation du Souverain- 
Pontife. 

4° Les évêques du rit grec catholique doivent per- 
mettre le changement de rit aux laïques, toutes les fois 
que ce changement est justifié par un motif raisonnable. 
Si un candidat pour l'état ecclésiastique demande cette 
autorisation afin de prendre une cure du rit latin , l'Or- 
dinaire doit l'autoriser; cette décision se trouve implici- 
tement dans le rescrit pontifical du 7 juillet 1624 et dans 
la Bulle de Benoît XIV : « Etsi parochialis ; » car cette 
Bulle , quoiqu'elle n'ait pas été faite pour la Gallicie, lui 
est applicable, puisque c'est à cette pièce qu'on avait 
coutume de recourir dans ces sor.^es d'affaires, et que 
les fidèles de Gallicie ont reçu les mêmes droits pour en 
user avec modération. 

5« Dans les mariages mixtes, il est permis aux époux 
de conserverie rit suivant lequel ils vivent; on peut bap- 
tiser et élever les enfants selon le rit de leurs parents et 

le sexe. 

Les évêques du rit latin doivent exhorter leur clergé à ne 
pas provoquer inconsidérément le changement de rit. 

Comme les canons, lorsqu'il s'agit de mariages mixtes, 
permettent, pour parer à beaucoup d'inconvénients, de 
passer du rit grec catholique au rit latin, sans plus de re- 
tour, et, après ce changement, de baptiser tons les enfants 
et les élever suivant le rit latin , le cardinal-préfet de la pro- 
pagande , Litta, ayant écrit à Mgr le (omte Anlowiez, ar- 
chevêque latin de Léopol, que les époux désireux de pas- 
ser au rit latin doivent obtenir le consentement de leur 
Ordinaire, Sa Majesté impériale et royale a promis que les 
évêques grecs catholiques se montreraient faciles pour ces 



464 

sortes de permissions. Si Ton avait été fidèle à Texécmion 
de ces prescriptions , nul doute qu'on n'eût pas vu tant 
de débats : du moins voulons-nous que désormais : 

i' Aucua fidèle du rit grec n^adopte, de sa propre auto- 
rité, le rit latin; mais qu'il présenté à son évéque du rit 
grec une demande appuyée de motifs raisonnables, et la 
transmette, soit directement, soit hiérarchiquement, à notre 
consistoire. 

2" Nous rappelons à nos cnrés que le rit grec catholique 
jouit des mêmes droits et des mômes privilèges que le rit 
latin et le rit arménien catholique , et nous leur défendons 
expreissément d'uecr d'aucune influence pour détourner 
les ^dèles de l'Eglise grecque catholique du rit qu'ils ont 
sr<ivi depuis leur naissance : nous voulons qu'ils laissent la 
plus entière liberté d'action à ceux qui désirent pour eux- 
mêmes un tel changement; qu'ils s'abstiennent de tout acte 
propre à troubler la bonuD harmonie entre les curés grecs 
catholiques. Nous espérons en Dieu que , par un juste re- 
tour, il sera fait pareillement à notre égard. 

3" Que dans chaque paroisse il y ait un registre où les 
questions à adresser aux époux avant le mariage, et leurs 
réponses, seront consignées. Dans ce registre, les époux 
des mariages mixtes déclareront, en présence de deux té- 
moins et sous la responsabilité de leur propre signature , 
suivant quel rit les enfants seront baptisés et élevés, se 
conformant à Fcsprit de» prescriptions que nous avons 
rappelées plus haut. 

4" Quiconque est passé de sa pleine antonté du rit grec 
catholique au rit latin, doit accomplir les ccndili<ïns im- 
posées, et solliciter, après coup, l'autorisation de se'» 
évêque. 

5° Le passage du rit latin au rit grec n'est pas permis : 
nous n'avons pas reçu du Saint-Siège le pouvoir d'en ac- 
corder l'autorisation. Si donc un liJèlc né dans l'Eglise 
latine se trouvait cvoir, pour quelque motif que ce soit, 



465 
embrassé le rit grec , il doit rentrer dans son ancienne 

Eglise. 

Nous ordonnons à notre clergé la stricte observation do 

ces règles. 

Réponse h la lettre qui précède. 

Trèsh^icellent , très-illustre et très-révérend seigneur, 
î^s lettres de Votre Excellence, en date du 4 avril der- 
nier, sont un modèle de piété, de zèle et de charité. Vous 
y manifestez le désir de trouver les moyens d'empêcber que 
le changement arbitraire de rit ne trouble la paix et la 
coiiCX)rde entre le clergé et le peuple des deux rites, qui ne 
reconnaissent qu'une seule mère, la sainte Église catholi- 
que; ces moyens tendraient à empêcher en génér-^l que la 
différence seule des rites ne fût une cause de discussion 
entre les fidèles qu'une même foi doit conserver unis par 
les liens de la plus étroite charité. 

Nul doute que Votre Excellence ne connaisse parfaite- 
ment l'histoire de ce pays : elle sait par conséquent que les 
hahilaots qui suivent ici le rit slavo-grec (rulhénien), con- 
vertis à la foi chrétienne en l'année 988, entrèrent dans 
l'Église catholique, dont ils furent comme uu ornement 
dan& (î^te Eglise qui repousse la fourberie et la ruse de 
l'homme impie, dans laquelle Terreur ne peut pénétrer 
furtivement ni être autorisée ou approuvée; qu'ils eurent 
pour la foi chrétienne un tel attachement, que privés de 
Jeurs princes légitimes , et forcés, en i34o, de livrer leur 
capitale au roi de Pologne, Casimir, abandonnant ce qu'ils 
avaient de ph^s cher, ils demandèrent pour seule grâce la 
liberté de cooservei' le culte du Dieu de leurs pères. Ils 
espéraient obtenir facilement cette faveur de vainqueurs 
chrétiens comme eux, et ils ne furent pas irompés dans 
leur espérance. 

Le traité qui eut lieu ne mettait obstacle ni a la propa 
galion de la vérité, ni au progrès d'erreurs invétérées, et 



466 

quoique les moyens employés ne puissent tous être approu- 
vés (i), on doit louer les efforts de ceux qui cherchaient à 
ramener dans \e sein de l'Eglise catholique les hommes 
égarés par Terreur. En l'année iSgS, les Russiens (ou Ru- 
thcniens) s'étant enfin unis à TEglise catholique, au milieu 
des transports de joie, comme le prouve la bulle d'union, 
les chefs de la nation russiennc revinrent de Rome, où ils 
avaient reçu le baiser de paix du pasteur commun des 
fidèles, et parurent apporter dans ce pays la paix tant et si 
longtemps désirée. Il se rencontra alors des hommes qui , 
mus par un zèle peu mesuré, et voulant être plus catho- 
liques que le premier pasteur lui-même, pensèrent que 
l'unité de foi ne suffisait pas pour le salut, qu'il fallait en- 
core suivre le rit latin. 

Ainsi, malgré l'union des Russiens avec l'Eglise romaine, 
la division régna entre les habitants de cette contrée, et 
principalement entre le clergé catbolique grec et le clergé 
latin. Ce qui augmenta surtout la division, ce fut la conduite 
de quelques membres du clergé latin qui firent tous leurs 
efforts pour attacher à leur Eglise ceux dei» Russiens unis, 
distingués par leur noblesse, leurs richesse» et leur puis- 
sance. Les chefs de l'Eglise grecque, voyant leur troupeau 
diminuer de jour en jour, et se voyant eux-mêmes privés 
d'un éclat utile et des secours nécessaires, se plaignirent 
amèrement aux souverains pontifes, et implorèrent leur 
appui contre l'injustice dont ils étaient les objets. 

De là, à différentes époques, et pour assurer la conser- 
vation du rit grec catholique, de nombreux décrets des 
souverains pontifes, et des monitoires multipliés, furent 
adressés au clergé latin , lesquels leur enjoignent de ne pas 
attirer au rit latin les Russiens unis du rit grec catholique. 
11 serait long de rappeler ici tons ces décrets, et d'ailleurs 
les actes du consistoire dfî Votre Excellence en témoignent 
suffisamment. 

(i) Trli que !e renouvellement îles Lnjitémes des riithénicns , le dc'tourncnicnt 
des Lieni eccUsiattiques et la priie de )iosse<iion des églises. 



m 

Celte funeste division entre le clerf;é et le pein)le de l'un 
et de l'autre rit dure depuis plus de deux cents ans, et n'a 
pu être affaiblie par le progrés ni par les différences des 
temps et des gouvernements; il faut bien en reconnaître 
d'autre source que; celle qu'il a plu à Votre Excellence de 
supposer, l'ignorance seule des lois ; alors même que les 
lois dont vous parlez, seraient de nouveau promulguées, 
elles paraîtraient à peine suffisantes. Mais posé même que 
l'ignorance des lois fût la cause des démêlés dont il s'agit, 
je ne crois pas utile que les règles dont vous faites des cita- 
tions dans votre lettre , soient proposées de cette manière 
au clergé, car je pense qu'elles devront exciter de nou- 
veaux et plus vifs ressentiments. 

Vous citez d'abord deux décrets du pape Urbain VIII : 
le premier, daté du 7 février 1642, permet le passage du rit 
grec au latin, seulement avec l'autorisation du Saint-Siège 
apostolique; dans le second, cette restriction est renouve- 
lée peur ce qui regarde les prêtres et les autres ecclésias- 
tiques, mais il n'est pas fait mention des laïques. On pourra 
savoir dans quel sens on doit prendre ces décrets et com- 
ment il faut les interpréter, si Ton se rappelle dans quelles 
circonstances ils ont été rendus, et si Ton fait attention aux 
constitutions ultérieures dans lesquelles les souverains pon- 
tifes ont longuement exposé ce qu'ils pensent du change- 
ment d'un rit pour l'autre. 

L'union venait à peine d'être introduite, que les ruthé- 
niens unis commencèrent à être entraînés vers le rit latin ; 
de là, mille querelles, raille différends dont le bruit alla 
jusqu'à Rome. Déjà, en Tannée 1608, Claudius Aquaviva, 
général de la Société de Jésus, écrivait à la société des jé- 
suites de Pologne touchant les ruthéniens : < Nos frères 
« qui n'ont jamais appartenu au rit latin, ne peuvent, en 
c cet état, en suivre les ordonnances après l'union, puis- 
« qu'il a été prescrit par l'Eglise, et particulièrement fixé 
« par les lettres d'union sous Clément VIII, que chacun 
< reste attaché au rit de son Eglise: mais comme il peut 

11. r»o 



^68 

« arriver qu'il y ait nécessité de les admettre, il faut en 
« obtenir l'autorisation du Saint-Siège. > Comme peu de 
temps aj)rès, pour troubler la paix sans doute, on répandit 
un bruit qui s'accrut bientôt que le rit qu'avaient suivi les 
rutbéniens depuis leur retour à la foi éfait détruit , le sou- 
verain pontife Paul V, dans des lettres apostoliques, datées 
de Tannée i6i5, déclare positivement sa volonté en ces 
termes : f Que les rutbéniens unis conservent la foi et la 
doctrine catboliques ; qu'ils admettent la communion avec 
l'Église romaine ; que TÉglise romaine ne peut et ne saurait 
jamais être supposée avoir l'intention d'affaiblir ou de rui- 
ner l'Église grecque catholique; bien plus, elle a approuvé 
avec sa bienveillance accoutumée le rit grec et en a permis 
et approuvé les observances aux évéques et au clergé ru- 
tbénien. » > 

Nonobstant cette déclaration ^ les efforts pour faire dis- 
paraître le rit grec continuèrent, et les Russiens grecs catho- 
liques éprouvèrent mille mauvais traitements; alors leur 
métropolitain, Joseph Velaminus Rutilis, que le souverain 
pontife Urbain VJII appelle le chef de Tunion, la colonne 
de r£glise , TAthanase de la Russie, se plaignit amèrement 
à la congrégation de la Propagande, des injures que rece- 
vaient les évéques et le clergé des rutbéniens unis : il ter- 
mina ainsi sa lettre de plaintes : c Jusqu'à présent nous 
€ avons gardé le silence sur tant de tourments, parce que 
« nous avons eu à cœur la paix et le maintien de la charité 
€ fi-aternelle; nous attendions du temps et des circonstances 
ff le remède à nos maux ; mais aujourd'hui que nous sommes 
• privés de nos chefs par l'abandon qu'ils ont fait du rit grec, 
c et dépouillés de nos plus beaux ornements, nous pouvons 
i voir que tout secours nous est enlevé ; le mal prend 
c racine et grandit de jour en jour. Comme au sortir d'un 
€ songe , nous comprenons combien nous sommes tombés, 
€ et en comparant le présent an passé, notre affliction est 
€ profonde , et nous éprouvons le besoin d'empêcher do 
« nouveaux progrès du mal. > 



m9 

Le souverain ponlife Urbain VIII, voulant ramener la 
paix et la concorde, et mettre un terme aux injures et aux 
querelles, déclara, par un décret du 7 février 1624» ^^c le 
passage du rit grec au latin ne pouvait avoir lieu qu'avec 
Tautorisation du Saint-Siège. Ce décret n'a été ni annulé, 
ni restreint par aucun autre. A la vérité, un décret posté- 
rieur, mais qui ne fait aucune uionlion de laïques, déclare 
nécessaire pour les clercs séculiers et réguliers , l'autorisa- 
tion du Saint-Siège, s'ils veulent quitter le rit grec pour le 
latin. Ce décret paraît avoir eu pour motif la conduite de 
deux moines de l'ordre de Saint-Benoît, Gissianus Sakoun'z 
et Clément, dont le nom ne s'est point transmis , qui, mé- 
connaissant l'autorité ecclésiastique, embrassèrent le rit 
latin; cette circonstance explique comment, dans cette 
décrétnle, il est question des ecclésiastiques et non de.s 
laïques. 

De plus, on peut se convaincre par les faits, et par d'ex- 
presses déclarations , que rien n\n été changé au décret du 7 
février 1624, et qu'il a toujours force de loi. 

Conformément à ce décret d'Urbain Vj|[, le H. P. ré- 
néral de la Société de Jésus reçut, en date du ?, 1 octobre 
1624, ordre de recommandera ses Pères de ne pas provo- 
quer parmi les laïques le passage du rit grec au rit latin. Le 
R. P. Matthias Vitelleschi , général des Jésuites, écrivit, le 
2 octobre 16518, une lettre encyclique en !*ologne et en 
Lilhuanie; il y parle en ces termes : f D'après l'ordre de 
t N. S. Père, j'enjoins à Votre Révérence de déclarer à 
« tous ceux de nos Pères qui entendent la confession des 
< ruthéniens unis à l'Eglise romaine, ou qui instruisent 
n leurs enfants dans les écoles, qu'ils ne doivent user d'au- 
« cun moyen pour détourner les fidèles de l'Eglise grecque 
« de leur rit, ni par conséquent If s inviter ou les exhorter 
« ù entrer dans l'Eglise r;omaine. » L'année suivante, en 
1629, le 19- septembre le R. P. général s'exprime en ces 
termes : « Je viens de recevoir une lettre du très-illustre 
« métropolitain de Russie, par laquelle il me prie de re- 



470 

« commander à nos Pères de ce pays l'anion des Riissiens 
« avec la sainte Eglise romaine , et de les engager à ne pas 
« favoriser le passage du rit grsc au rit latin, bien plus, 
c d'exliorter ceux qui désireraient ce changement à rester 
« fidèles à leur rit. Comme ce désir du métropolitain de 
« Russie est conforme aux recommandations qui m'ont été 
« faites si souvent par la Cîongrégation de la Propagande , 
« je veux que Votre Révérence fasse en ce sens des injonc- 
« lions aux supéiieurs de sa province. » 

Dans la réunion qui eut lieu le 29 juillet 1 63 1 , il fut dé- 
claré qu on devait s'en tenir au décret d'Urbain VIII ; sur le 
rapport d'éminentissime personne, le cardinal du titre de 
saint Sixte , on pensa qu'il fallait continuer ce qui avait été 
fait relativement au passage des ruthéniens au rit latin, et 
comme la puissance temporelle a refusé et refuse encore la 
promulgation du décret d'Urbain VIII , l'assemblée ordonne 
que l'on écrive au nonce de Pologne pour qu'il s'entende 
avec les provinciaux, ceux surtout de la Société de Jésus, 
et qu'il rappelle aux autres nonces , d'avertir les confesseurs 
de leurs Eglises respectives , et cela de la part du Souve- 
rain Pontife et de la sainte Congrégation, de s'abstenir de 
toute influence relativement au passage des ruthéniens unis 
au rit latin. 

Le 3i janvier 1702, la Congrégation de la Propagande 
publia le décret suivant : « Sur le rapport du R. P. dom 
« Charles-Augustin Tabrono , secrétaire, la sainte Congré- 
« pation a voulu qu'il fût ordonne, comme par le présent 

< décret elle ordonne à tous et à chacun des préfets des 

< missions apostoliques qu'ils n'aient garde de dispenser 

< dans la suite les catholiques de l'Orient, de quelque na- 
« lion qu'ils soient, sous quelque prétexte et dans quelque 
« circonstance que ce puisse être , des prières , cérémonies 
m et jeûnes prescrits par le rit de ces chrétiens et approu- 
41 vés par le Saint-Siège. En outre , la même Congrégation 
u< a pensé qu'il n'a jamais été et qu'il n'est pas permis aux 
« liclèles d'Orient de se soustraire aux observances et de 



471 

« négliger les coutumes de leur rit particulier, approuvé 
1. par la sainte Eglise romaine. « Ce décret étant ainsi con- 
firmé et renouvelé, les Pères les plus distingués d'entre les 
préfets apostoliques en ont ordonné l'observation absolu- 
ment et sans balancer. 

Le saint Père Benoît XIV a souvent déclaré que le pas- 
sage du rit grec au rit latin n'est pas permis. On peut s'en 
convaincre dans la Bulle «« De mandatum cœlituSy » du 24 
septembre 1743,§ i5: t En outre, nous défendons expres- 
€ sèment à tous les Melcbites catholiques qui vivent sui- 
€ vant le rit grec d'adopter le rit latin, et nous voulons que 
« les missionnaires , sous les peines indiquées plus bas et 
e sous d'autres peines que nous pourrions infliger dans la 
H suite, ne prennent pas sur eux d'engager les fidèles à 
€ changer de rit, bien plus, ne permettent pas le passage 
€ d'un rit à l'autre à ceux qui le désireraient, sans avoir 
c consulté le Saint-Siège. » Cette prescription est encore 
énoncée dans la bulle « ^llatœ sun<, » § 21 ; on y ajoute 
qu'elle est conforme aux décrets d'Urbain VIII , en date 
du 7 février et du 7 juillet 1642. 

On peut voir que les Souverains Pontifes romains ont 
toujours blâmé le passage du rit grec au rit latin, dans la 
lettre de Benoît XIV aux évêques ruthéniens de Léopol et 
de Premysl, en date du 1 8 septembre 1 76 1 . « Votre lettre du 
7 jjii.Met, y est-il dit, nous a été remise. Vous vous plaignez 
avec raison de l'abandon , de la part des fidèles , du rit grec 
pour le rit latin , parce que vous savez, vénérables frères , 
que nos prédécesseurs l'ont toujours blâmé ; nous le blâ- 
mons également, car nous qui désirons, non le renverse- 
ment, mais la conservation du rit grec, nous avons déjà , 
en l'année 1748, fait traiter la question relative au passage 
des ruthéniens au rit latin , qu'il fallait empêcher. Toute- 
fois, aucune résolution ne fut prise, parce que le roi de 
Pologne refusa d'accepter les décrets d'Urbain Vill qui 
donnaient des règles touchant cette matière. Mais cette 
question sera reprise, examinée h fond , de manière à ce 



472 

que la défense de changement de rit soit définitivement 
faite et le décret rendu exécutoire. En attendant, nous vous 
donnons , vénérables frères , à vous et à vos chers trou- 
peaux, notre bénédiction apostolique. > 

lie décret prohibitif d'Urbain VIII a été confirmé en en- 
tie*' par le souverain pontife Pie Vil, ce qui est évident, 
d'après les lettres de la Congrégation de la Propagande , 
remises par Tintermédiairc de la nonciature de Vienne, 
le 2 avril i8o3, à Tévéque de Premysl, qui depuis est 
monté sur le siège métfropolitain de Halicz, lettres dont 
nous mettons ci->après la copie. 

Après la mort de notre prédécesseur Antoine Angelo- 
wicz, pendant la vacance du siège et à la prière du vicaire- 
général capitulaire, le cardinal Litta, préfet de la Congré- 
gation de la Propagande, publia tin rescrit,ea date du 26 
novembre i8i5; en voici la teneur: < Le changement du 
rit grec pour le rit ^atin n'est pas permis, sans un induit du 
Saint-Siège, puisque telle a été la discipline constante de 
l'Eglise, et que les constitutions des Souverains Pontifes 
le prescrivent ouvertement, r Si donc le- Saiat-Siége ré- 
serve ce cas à son jugement particulier , l'administrateur du 
diocèse a sagement agi, connaissant les démarches des évo- 
ques latins et des membres du clergé ruthénien qui de- 
mandaient à suivre le rit latin, de renvoyer leurs suppli- 
ques au Saint-Siège, à qui seul il appartient d'autoriser ce 
changement. 

Kous avons encore une preuve qu'aucun fidèle, même 
laïque, ne doit volontairement passer du rit grec au rit latin, 
dans la résolution prise tout nouvellement par la Congréga- 
tion de la Propagande, à l'occasion d'un certain laïque, 
Théophile Baczynski. Voulant entrer dans la Société de Jé- 
-sus, et, à cette fin, demandant que la faveur de changer de 
rit lui fût accordée, le 4 février de l'année présente, Sa 
Sainteté Grégoire XVI , qui occupe pour In bien de tous la 
chaire de saint Pierre, venant en aide à cttte lésolulion, 
jugea à propos de me renvoyer le sieur llaczyuski, avec 



473 

charge d'examiner cette affaire , et de m'investir du pouvoir 
apostolique de lui permettre les observances du rit latin , 
si je croyais celte permission convenable et utile. 

Ce que j'ai dit jusqu'ici prouve manifestement que de 
tout temps et dans toutes les occasions les Souverains Pon- 
tifes ont déclaré illicite le passage du rit grec au rit latin , 
et ont ajouté qu'il ne pouvait être admis qu'en cas de né- 
cessité. Ceux donc qui excitent les fidèles à abandonner le 
rit suivant lequel ils ont vécu, pour un rit étranger, et 
ceux qui suivent ce conseil, ne sont pas mus par le désir 
d'atteindre au salut éternel, que grecs et latins peuvent 
obtenir, ainsi que l'Eglise catholique l'a toujours enseigné ; 
ils ne peuvent pas non plus invoquer leur respect pour les 
lois, puisque les lois ordonnent de suivre le rit dans lequel 
chacun est né, mais ils sont conduits par d'autres motifs 
quelquefois trés-répréhensibles : pour excuser leur con- 
duite, ils ont coutume d'en appeler aux constitutions du 
Saint-Siège. Ils s'efforcent de donner à ces pièces fonda- 
mentales un sens tout-à-fait étranger au sens manifeste des 
paroles des Souverains Pontifes, ou d'étendre à d'autres 
pays des ordonnances faites pour certaines régions expres- 
sément désignées, lorsque ces ordonnances contiennent 
des principes qui favorisent leur opinion. Quiconque, dés- 
intéressé dans la question, examinerait les arguments qu'em- 
ploient ceux que je signale ici, s'étonnerait sans doute de 
voir leurs raisons prises dans quelques constitutions de 
Benoît XIV, le même Souverain Pontife qui fit de si grands 
efforts pour conserver le rit grec, qui montra un si grand 
et si paternel amour pour les ruthéniens unis à l'Eglise la- 
tine, et qui en donna de si touchants témoignages cîans ses 
rescrits. Nous voyons, en effet, dans la bulle du i i mai 
1744, adressée à Mgr Athanase Szeptycki, métropolitain de 
toute la Russie , et qui commence par ces mots : * Intcr 
vîmes, » § 3i , qu'après avoir déclaré qu'il faut sévir tliari- 
tahlenicnt, par les peines du droit, (outif lc> fi<li'K'> dr>- 
obéissants; il ajoute : " priiics. que noii> c^jx-inti- n'avoir 



474 

< jamais besoin d'einj)loyer à Tégard des religieux d'«in or- 
« dre aussi illustre que Test celui de Saint-Basile-le-Grand , 
c ni à l'égard des Hussiens , que nous aimons si tendrement , 
€ à cause de leur respect pour le Saint-Siège , respect que 
« tous nos prédécesseurs se sont plu à signaler, et princi- 
« paiement Clément III , Innocent IV et Grégoire XI , dont 
f les témoignages ne périront jamais. » Le même Souve- 
rain Pontife commence ainsi son encyclique du i" mars 
1766: « Depuis le moment de notre élévation sur le trône 
de saint Pierre jusqu'à ce jour, nous pensons avoir donné 
des preuves de la tendresse paternelle qui nous anime à 
regard des ecclésiastiques et des laïques catholiques d'O- 
rient, que l'on appelle unis ^ et qui se sont tenus éloignés 
du schisme; nous n'avons rien négligé pour que les schis- 
matiques, témoins de notre union fraternelle, pussent ab- 
jurer leurs erreurs et rentrer au sein du catholicisme. Notre 
intention n'est pas de rappeler ici ce que nous avons fait 
dans ce but, puisque les annales de la Congrégation de la 
Propagande sont remplies de nos décrets sur ce sujet, de 
lettres apostoliques et de constitutions faites sur l'état de 
l'Eglise d'Orient. Chacun peut voir, dans les volumes de 
notre bullaire et dansl'Eucologe, où tout est religieusement 
consigné , que les interprétations les plus favorables ont 
été portées, de manière que votre rit ne pût jamais tom- 
ber en désuétude. Nous croyons que notre amour particu- 
lier et la protection du Saint-Siège vous sont suffisamment 
démontrés par tant de témoignages. Vous comprendrez que 
le zèle le plus ardent et la plus tendre sollicitude nous ani- 
ment : et nous ne doutons pas que de votre côté, vénéra* 
bles frères, vous ne persévériez dans la sainte union, et que 
nos frères égarés , reconnaissant un jour leurs erreurs, ren- 
treront dans l'unité, et, avec la grâce de Dieu, dans la 
voie du salut. « Ce serait faire injure à >in Souverain Pon- 
tife , qui manifeste d'une manière aussi explicite son amour 
poui la concorde, de supposer qu'il ait jamais pu rendre 
un décret propre à affaiblir ou à renverser l'Eglise grecque. 



475 

Mais considérons plus attentivement encore les constitu- 
tions apostoliques que l'on a coutume de citer. 

La bulle du souverain pontife Benoit XIV , « De manda- 
tum cœlituSy » du 24 décembre 1743, adressée au patriar- 
che d'Antioche, chef des Melchites catholiques, et aux évé- 
ques soumis à ce patriarche, avait pour but de répondre à 
certains doutes proposés , les uns relativement au maintien 
des rites et aux coutumes de l'Eglise grecque, les autres 
touchant la juridiction du patriarche et des évéques de son 
patriarcat, juridiction que cherchaient à déconsidérer les 
évéques maronites et les missionnaires latins : quelques 
doutes encore avaient pour objet la discipline monastique 
et la soumission que doivent les moines à leurs supérieurs. 

Cette bulle est citée dans la lettre apostolique du même 
Souverain Pontife au métropolitain de Russie, Athanase 
Szeptycki, en date du 1 1 mai 1744» laquelle commence par 
ces mots : « Inter plures. » Ello traite de la fusion des mo- 
nastères de Tordre de Saint-Basile-le-Grand en une seule 
congrégation; elle contient en outre plusieurs prescriptions 
sur la direction de l'ordre : au § 24 > o" remarque les phra- 
ses suivantes: « Comme, le 24 décembre de l'année der- 
nière, 1743, nous avons adressé au patriarche d'Antiochc 
une lettre encyclique dans laquelle sont données différentes 
prescriptions sur le jeûne et l'abstinence, nous voulons 
que vous fassiez aussi mention de ces coutumes de l'E- 
glise , etc., etc. 

Il est clair que dans cette lettre le Souverain Pontife n'a 
pas examiné seulement ce qui regarde la juridiction du pa- 
triarche d'Antioche , mais bien encore ce qui a rapport au 
rit grec et à la discipline du monastère, et que les disposi-